First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
49599
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
Présidente :
L’honorable MOBINA S. B. JAFFER
Monday, June 4, 2012
Le lundi 4 juin 2012
Issue No. 14
Fascicule no 14
Fifth meeting on:
Cinquième réunion concernant :
Issue of cyberbullying in Canada
with regard to Canada’s international
human rights obligations under
Article 19 of the United Nations Convention
on the Rights of the Child
La question de la cyberintimidation au Canada
en ce qui concerne les obligations internationales
du Canada en matière de droits de la personne
aux termes de l’article 19 de la Convention
des Nations Unies relative aux droits de l’enfant
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
STANDING SENATE COMMITTEE
ON HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Patrick Brazeau, Deputy Chair
Vice-président : L’honorable Patrick Brazeau
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Ataullahjan
* Cowan
(or Tardif)
Harb
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Robichaud, P.C.
Meredith
Seidman
White
Zimmer
Ataullahjan
* Cowan
(ou Tardif)
Harb
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Robichaud, C.P.
Meredith
Seidman
White
Zimmer
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 85(4), membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 85(4) du Règlement, la liste des
membres du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Seidman replaced the Honourable
Senator Nancy Ruth (June 4, 2012).
L’honorable sénateur Seidman a remplacé l’honorable sénateur
Nancy Ruth (le 4 juin 2012).
The Honourable Senator Nancy Ruth replaced the Honourable
Senator Andreychuk (June 4, 2012).
L’honorable sénateur Nancy Ruth a remplacé l’honorable
sénateur Andreychuk (le 4 juin 2012).
The Honourable Senator Robichaud, P.C., replaced the
Honourable Senator Campbell (June 4, 2012).
L’honorable sénateur Robichaud, C.P., a remplacé l’honorable
sénateur Campbell (le 4 juin 2012).
The Honourable Senator Campbell replaced the Honourable
Senator Hubley (June 4, 2012).
L’honorable sénateur Campbell a remplacé l’honorable sénateur
Hubley (le 4 juin 2012).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
4-6-2012
Droits de la personne
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAL
OTTAWA, Monday, June 4, 2012
(16)
OTTAWA, le lundi 4 juin 2012
(16)
[English]
14:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day, at 1:36 p.m. in room 160-S, Centre Block, the chair, the
Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 13 h 36, dans la salle 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer
(présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Ataullahjan, Harb, Jaffer, Meredith, Nancy Ruth, Robichaud,
Seidman, White and Zimmer (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Ataullahjan, Harb, Jaffer, Meredith, Nancy Ruth, Robichaud,
Seidman, White et Zimmer (9).
In attendance: Julian Walker and Lyne Casavan, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament; Ceri Au, Communications Officer, Senate
Communications Directorate.
Également présents : Julian Walker et Lyne Casavan, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque
du Parlement; et Ceri Au, agente de communications, Direction des
communications du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, November 30, 2011, the committee continued its
examination of cyberbullying in Canada with regard to Canada’s
international human rights obligations under Article 19 of the
United Nations Convention on the Rights of the Child. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 6.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 30 novembre 2011, le comité poursuit son étude sur la
question de la cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les
obligations internationales du Canada en matière de droits de la
personne aux termes de l’article 19 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant. (Le texte intégral de l’ordre de
renvoi figure au fascicule no 6 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Springbank Middle School:
Springbank Middle School :
Bill Belsey, Teacher (by video conference);
Bill Belsey, enseignant (par vidéoconférence);
Samantha Hoogveld, Student (by video conference);
Samantha Hoogveld, étudiante (par vidéoconférence);
Mariel Calvo, Student (by video conference);
Mariel Calvo, étudiante (par vidéoconférence);
Emily Dickey, Student (by video conference);
Emily Dickey, étudiante (par vidéoconférence);
Emilie Richards, Student (by video conference);
Emilie Richards, étudiante (par vidéoconférence);
Molly Turner, Student (by video conference);
Molly Turner, étudiante (par vidéoconférence);
Katie Allan, Student (by video conference);
Katie Allan, étudiante (par vidéoconférence);
Shelby Anderson, Student (by video conference);
Shelby Anderson, étudiante (par vidéoconférence);
Sloane Anderson, Student (by video conference);
Sloane Anderson, étudiante (par vidéoconférence);
Oliver Buchner, Student (by video conference).
Oliver Buchner, étudiant (par vidéoconférence).
Anti-Defamation League:
Anti-Defamation League :
Scott Hirschfeld, Director of Curriculum (by video conference);
Scott Hirschfeld, directeur du programme d’études (par
vidéoconférence);
Seth M. Marnin, Assistant Director, Legal Affairs, Civil Rights
Division (by video conference).
Seth M. Marnin, directeur adjoint, Affaires juridiques,
Division des droits civils (par vidéoconférence).
Egale Canada:
Helen Kennedy, Executive Director.
Vidéotron:
Marie-Eve Villeneuve, Director, Corporate Communications.
Egale Canada :
Helen Kennedy, directrice exécutive.
Vidéotron :
Marie-Ève Villeneuve, directrice, Communications corporatives.
14:4
Human Rights
UNICEF Canada:
Marvin Bernstein, Chief Advisor, Advocacy.
Canadian Red Cross:
4-6-2012
UNICEF Canada :
Marvin Bernstein, conseiller principal de la promotion et de la
défense des droits.
Croix-Rouge canadienne :
Chris Hilton, Senior Manager, Government Relations;
Chris Hilton, gestionnaire principal, Relations gouvernementales;
Alisha Virmani, Youth Leader;
Alisha Virmani, leader des jeunes;
Amélie Doyon, Creating Safe Environments Officer.
Amélie Doyon, agente, Création d’environnements sûrs.
Canadian Council of Provincial Child and Youth Advocates:
Conseil canadien des défenseurs des enfants et de la jeunesse :
Christian Whalen, Acting Child and Youth Advocate, Office
of the Ombudsman of New Brunswick.
Christian Whalen, défenseur des enfants et de la jeunesse par
intérim, Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick.
Mr. Belsey, Ms. Hoogveld, Ms. Calvo, Ms. Dickey,
Ms. Richards, Ms. Turner, Ms. Allan, Ms. Shelby Anderson,
Ms. Sloane Anderson and Mr. Buchner each made a presentation
and answered questions.
M. Belsey, Mme Hoogveld, Mme Calvo, Mme Dickey,
Mme Richards, Mme Turner, Mme Allan, Mme Shelby
Anderson, Mme Sloane Anderson et M. Buchner font chacun
une déclaration, puis répondent aux questions.
At 3 p.m., the committee suspended.
At 3:08 p.m., the committee resumed.
Mr. Marnin, Mr. Hirschfeld and Ms. Kennedy each made a
presentation and together answered questions.
À 15 heures, la séance est suspendue.
À 15 h 8, la séance reprend.
M. Marnin, M. Hirschfeld et Mme Kennedy font chacun une
déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 4:30 p.m., the committee suspended.
À 16 h 30, la séance est suspendue.
At 4:37 p.m., the committee resumed.
À 16 h 37, la séance reprend.
Ms. Villeneuve made a presentation and answered questions.
Mme Villeneuve fait une déclaration, puis répond aux questions.
At 5:02 p.m., the committee suspended.
À 17 h 2, la séance est suspendue.
At 5:37 p.m., the committee resumed.
À 17 h 37, la séance reprend.
Mr. Bernstein, Mr. Hilton and Ms. Virmani each made a
presentation and, together, answered questions with Ms. Doyon.
M. Bernstein, M. Hilton et Mme Virmani font chacun une
déclaration puis, avec Mme Doyon, répondent aux questions.
At 6:52 p.m., the committee suspended.
À 18 h 52, la séance est suspendue.
At 6:54 p.m., the committee resumed.
À 18 h 54, la séance reprend.
Mr. Whalen made a presentation and answered questions.
M. Whalen fait une déclaration, puis répond aux questions.
The Honourable Senator Meredith moved:
L’honorable sénateur Meredith propose :
That the committee allow the transcription and recording
of the in camera portions of meeting involving minors;
Que le comité permette la transcription et l’enregistrement
des parties à huis clos de la réunion avec des mineurs;
That one copy be kept in the office of the clerk of the
committee for consultation by committee members and by
the committee analysts, and
Qu’une copie soit conservée dans le bureau du greffier du
comité pour que les membres puissent la consulter ainsi que
les analystes du comité, et
That the transcript be destroyed by the clerk when
authorized to do so by the Subcommittee on Agenda and
Procedure.
Que la transcription soit détruite par le greffier une fois
que le Sous-comité du programme l’aura autorisé à le faire.
After debate, the question being put on the motion, it was
adopted.
The Honourable Senator Meredith moved:
That senators’ staff not be allowed in the room for the in
camera portion of meetings involving minors.
Après débat, la motion, mise aux voix, est adoptée.
L’honorable sénateur Meredith propose :
Que le personnel des sénateurs ne soit pas autorisé à
rester dans la salle pendant les réunions à huis clos avec des
mineurs.
4-6-2012
Droits de la personne
The question being put on the motion, it was adopted.
At 7:41 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
14:5
La motion, mise aux voix, est adoptée.
À 19 h 41, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Daniel Charbonneau
Clerk of the Committee
14:6
Human Rights
4-6-2012
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, June 4, 2012
OTTAWA, le lundi 4 juin 2012
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 1:36 p.m. to study the issue of cyberbullying in Canada
with regard to Canada’s international human rights obligations
under Article 19 of the United Nations Convention on the Rights
of the Child.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne
se réunit aujourd’hui, à 13 h 36, pour étudier la question de la
cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les obligations
internationales du Canada en matière de droits de la personne aux
termes de l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant.
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[Translation]
Le sénateur Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, this is the 16th meeting of
the Standing Senate Committee on Human Rights of the
41st Parliament. We have a mandate from the Senate to study
human rights issues in Canada and around the world.
La présidente : Honorables sénateurs, nous en sommes à la
16e réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la
personne de la 41e législature. Le Sénat nous a confié le mandat
d’examiner les questions relatives aux droits de la personne au
Canada et ailleurs dans le monde.
My name is Mobina Jaffer, and as the chair of this committee,
I am pleased to welcome you to this meeting.
Je m’appelle Mobina Jaffer et, en tant que présidente de ce
comité, j’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à cette réunion.
[English]
[Traduction]
I would like members of the committee to introduce themselves.
J’aimerais que les membres du comité se présentent eux-mêmes.
Senator Ataullahjan: I am Senator Salma Ataullahjan from
Toronto, Ontario.
Le sénateur Ataullahjan : Je suis le sénateur Salma Ataullahjan,
de Toronto, en Ontario.
Senator White: Vern White from Ottawa, Ontario.
Senator Meredith: I am Senator Don Meredith from Toronto.
Senator Harb: Mac Harb from Ontario.
[Translation]
Senator Robichaud: Fernand Robichaud, Saint-Louis-de-Kent
in New Brunswick.
[English]
The Chair: It looks like we have so many Ontario senators on
this committee; we will have to hear from Ontario with respect to
what they are doing on bullying.
[Translation]
Le sénateur White : Je suis Vern White, d’Ottawa, en Ontario.
Le sénateur Meredith : Je suis le sénateur Don Meredith,
de Toronto.
Le sénateur Harb : Je suis Mac Harb, de l’Ontario.
[Français]
Le sénateur Robichaud : Fernand Robichaud, Saint-Louis-deKent au Nouveau-Brunswick.
[Traduction]
La présidente : Il semble que le comité compte beaucoup de
membres ontariens; nous allons savoir ce qui se passe en Ontario
au chapitre de la lutte contre l’intimidation.
[Français]
On March 15, 2001, the Senate amended its Rules to create a
new standing committee, the Standing Senate Committee on
Human Rights. This committee has a number of duties, such as
educating the public, ensuring that international laws and
principles pertaining to human rights are applied and respected,
and ensuring that Canadian laws and policies are enforced
properly, in compliance with the Canadian Charter of Rights and
Freedoms and the Canadian Human Rights Act.
Le 15 mars 2001, le Sénat a modifié son Règlement afin de
créer un nouveau comité permanent, soit celui des droits de la
personne. Ce comité assume plusieurs fonctions, notamment celle
de sensibiliser le public de veiller à la bonne mise en application et
au respect des lois et principes internationaux des droits de la
personne, et de s’assurer que les lois et politiques canadiennes sont
bien mises en application, et ce, conformément à la Charte
canadienne des droits et libertés et à la Loi canadienne sur les
droits de la personne.
On November 23, our committee submitted a report on the
sexual exploitation of children. During our study, we examined
the causes of child sexual exploitation and focused on the role
played by the Internet. It was brought to our attention that the
Le 23 novembre, notre comité a déposé un rapport sur
l’exploitation sexuelle des enfants. Au cours de notre étude, nous
nous sommes attachés aux causes de l’exploitation sexuelle des
enfants, et nous avons souligné le rôle d’Internet. On a en effet attiré
4-6-2012
Droits de la personne
14:7
Internet has broadened the scope of sexual exploitation by
facilitating direct and anonymous contact. After identifying the
role the Internet plays in the sexual exploitation of children, our
committee decided to look into the other ways in which the
Internet compromises the safety of our children.
notre attention sur le fait qu’Internet avait élargi la portée de
l’exploitation sexuelle en facilitant un contact direct et anonyme.
Après avoir établi le rôle joué par l’Internet dans l’exploitation
sexuelle des enfants, notre comité a décidé d’examiner les autres
façons dont l’Internet nuit à la sécurité de nos enfants.
On November 30, 2011, the Senate gave our committee the
mandate to examine and report on the issue of cyberbullying in
Canada with regard to Canada’s international human rights
obligations under Article 19 of the United Nations Convention
on the Rights of the Child.
Le 30 novembre 2011, le Sénat a confié à notre comité le
mandat d’examiner la question de la cyberintimidation au
Canada en ce qui concerne les obligations internationales du
Canada en matière de droit de la personne aux termes de
l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative aux droits
de l’enfant et d’en faire rapport.
[English]
[Traduction]
On November 30, 2011, the Standing Senate Committee on
Human Rights was authorized by the Senate to examine the
report upon the issue of cyberbullying in Canada with regard to
Canada’s international human rights obligations under Article 19
of the United Nations Convention on the Rights of the Child.
Le 30 novembre 2011, le Comité sénatorial permanent des droits
de la personne a été autorisé par le Sénat à étudier la question de la
cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les obligations
internationales du Canada en matière de droits de la personne aux
termes de l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant et à faire rapport sur la question.
On April 18, 2011, the UN Committee on the Rights of the
Child stated that mental violence, as framed in Article 19 of the
convention, can include:
Le 18 avril 2011, le Comité des droits de l’enfant des Nations
Unies a précisé que la violence mentale tel qu’entendu à
l’article 19 de la convention peut inclure :
Psychological bullying and hazing by adults or other
children, including via information and communication
technologies (ICTs) such as mobile phones and the Internet
(known as ‘‘cyberbullying’’).
Les brimades et le bizutage psychologiques de la part
d’adultes ou d’autres enfants, y compris au moyen de
technologies de l’information et de la communication
comme les téléphones mobiles et Internet (on parle alors
de cyberintimidation).
The Standing Senate Committee on Human Rights is aware
that the face of bullying has changed. For now it has moved from
classrooms and schoolyards into the security of our homes by the
way of the Internet. In addition to the social, verbal and physical
abuse, many children today are forced to endure cyberbullying,
which is yet an additional challenge to young people.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne
n’ignore pas que l’intimidation a pris une nouvelle forme. Elle est
entrée dans les salles de classe et les cours d’écoles, dans la sécurité
de nos foyers au moyen d’Internet. En plus de la violence sociale,
verbale et physique que doivent subir de nombreux enfants, la
cyberintimidation pose un problème supplémentaire pour les
jeunes d’aujourd’hui.
Cyberbullying as defined by the Montreal police is the posting
of threatening or degrading messages about someone using words
and images, and it also includes harassment. Cyberbullying takes
place through emails, in chat rooms, in discussion groups, on
websites and through instant messaging. This is a problem that
many of our young people are facing. In fact, recent studies have
indicated that 25 per cent of young Net surfers say they have
received hate messages from other people via email.
La police de Montréal définit la cyberintimidation comme la
publication en ligne de messages menaçants ou dégradants à
propos d’une personne en se servant de mots ou d’images, et cela
comprend aussi le harcèlement. La cyberintimidation se manifeste
dans des courriels, dans des clavardoirs, dans des groupes de
discussion, dans des sites web et dans des messageries
instantanées. C’est un problème auquel de nombreux jeunes
sont confrontés. Selon des études récentes, 25 p. 100 des jeunes
qui surfent sur le Net disent avoir reçu des messages haineux, par
courriel, au sujet d’autres jeunes.
Over the past decade, we have watched bullying move from our
classrooms and playgrounds into our homes by way of the
Internet. With the popularity of handheld devices and
smartphones today, it has become very difficult, if not
impossible, to escape cyberbullies. One can even make the
argument that handheld devices, like BlackBerrys and iPhones,
have become a part of many young people’s anatomy as they are
rarely separated from these devices.
Au cours de la dernière décennie, nous avons vu l’intimidation
passer des salles de classe et des terrains de jeux à nos foyers au
moyen d’Internet. De nos jours, en raison de la popularité et de
l’utilisation très répandue d’appareils portatifs et de téléphones
intelligents, il est devenu très difficile, sinon impossible,
d’échapper aux cyberintimidateurs. On pourrait dire que les
dispositifs portatifs comme les BlackBerry et les iPhone font
maintenant partie de l’anatomie d’un grand nombre de jeunes, car
ces derniers s’en séparent rarement.
14:8
Human Rights
4-6-2012
Without protection and assistance, many children who are
victims of cyberbullying are left to face these challenges alone.
Our committee intends to examine ways in which we both protect
and assist our children.
Sans protection et sans aide, de nombreux enfants qui sont
victimes de cyberintimidation se retrouvent seuls pour affronter
ces difficultés. Notre comité a l’intention d’examiner les façons
dont nous pourrions protéger et aider nos enfants.
The Standing Senate Committee on Human Rights understands
how important it is to include in our study the voices of young
people who are affected by cyberbullying. That is why I am
extremely pleased today to welcome back Mr. Bill Belsey, who is
joining us by video conference, along with several students.
Mr. Belsey, you have appeared in front of this committee before,
and we were very struck by your presentation. You certainly raised
many issues with us. Since that hearing, you have continued to work
with us, and we are very appreciative that you have made available
today your class of grade 8 students, ages 13 and 14, for them to
share with us their concerns about cyberbullying.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne sait
combien il est important d’inclure dans notre étude les témoignages
de jeunes victimes de cyberintimidation. C’est pourquoi je suis
extrêmement heureuse aujourd’hui d’accueillir de nouveau M. Bill
Belsey, qui se joint à nous par vidéoconférence, de même que
plusieurs élèves. Monsieur Belsey, vous avez comparu devant le
comité par le passé, et nous avons été très touchés par votre exposé.
Vous avez assurément abordé de nombreux problèmes. À la suite de
cette audience, vous avez continué à travailler avec nous, et nous
vous sommes très reconnaissants d’avoir amené aujourd’hui avec
vous vos élèves de la huitième année âgés de 13 et de 14 ans, afin
qu’ils nous parlent de leurs préoccupations au sujet de la
cyberintimidation.
Senators, as you can see from the list in front of you, there are
many witnesses. Therefore, I will ask your indulgence that for
each witness we will have a maximum of two senators ask the
questions. I do not mean to limit you, so if there is a third senator
who really wants to ask a question of that witness, I will not stop
it. However, for us to be able to get through all these witnesses, I
will need your indulgence. Is that acceptable, senators?
Chers membres, comme vous pouvez le voir sur la liste devant
vous, les témoins sont nombreux. Je vous demande donc d’être
indulgents et d’accepter que chaque témoin soit questionné par
deux sénateurs tout au plus. Je ne veux pas vous limiter, alors si
un troisième sénateur tient à poser une question à un témoin, je ne
l’empêcherai pas de le faire. Toutefois, afin que nous puissions
entendre tous les témoins, j’implore votre indulgence. Êtes-vous
d’accord, mesdames et messieurs?
Hon. Senators: Agreed.
Des voix : Oui.
The Chair: Mr. Belsey, I will have you make some introductory
remarks and then call the first witness.
La présidente : Monsieur Belsey, veuillez faire votre déclaration
préliminaire et céder ensuite la parole au premier témoin.
Bill Belsey, Teacher, Springbank Middle School: Thank you
very much, Madam Chair. I will keep my comments extremely
brief today. It was an honour to have presented before you back
in December 2011.
Bill Belsey, enseignant, Springbank Middle School : Merci
beaucoup, madame la présidente. Je vais être extrêmement bref
aujourd’hui. C’était un honneur pour moi de comparaître devant
le comité en décembre 2011.
When I first coined the term ‘‘cyberbullying’’ over a decade ago,
there were many people who did not take me very seriously. Sadly
and tragically, we have lost the lives of many young people, and
many others have been hurt and intimidated with respect to this
issue. Just prior to my departure from Parliament Hill, I suggested
you might consider hearing from young people, and I am so thrilled
and proud as their teacher that my grade 8 students will have the
opportunity to share their voices. I think this is really critical.
Quand j’ai forgé le terme « cyberintimidation » il y a plus de
10 ans, bien des gens ne m’ont pas vraiment pris au sérieux. Il est
malheureux et tragique que de nombreux jeunes aient perdu la vie
et que bien d’autres aient été blessés et intimidés à cause de ce
problème. Juste avant de quitter la Colline du Parlement, je vous
ai suggéré d’entendre le témoignage d’adolescents; et, en tant
qu’enseignant, je suis très fier et ravi que mes élèves de la huitième
année aient l’occasion de se faire entendre. À mon avis, c’est
vraiment crucial.
Without further ado, I will let my students take it from here. Is
there a particular order you would like to have them called to
present, or would you like me to simply select them?
Sans plus attendre, je vais laisser mes élèves s’exprimer.
Souhaitez-vous suivre un ordre de comparution en particulier
ou préférez-vous simplement que je les appelle à comparaître?
The Chair: I will have you select them however you think they
will be comfortable. However, before you stop, I am sure my
colleagues and the audience that will be watching this program
are curious as to what is in the background. Can you quickly
explain what is in the background? Then I will leave it to your
good hands as to which students will speak first and their order.
La présidente : Je vais vous laisser procéder selon une façon
qui, selon vous, les mettra à l’aise. Toutefois, je suis certain que
mes collègues et que le public qui nous regardent aimeraient que
vous fassiez d’abord une mise en contexte. Pouvez-vous le faire
rapidement? Puis, je vous laisserai le soin de déterminer l’ordre de
comparution des élèves.
4-6-2012
Droits de la personne
14:9
Mr. Belsey: Yes, I should explain right away that we are sharing
this videocast with you from Springbank Middle School. We are a
school from grades 5 to 8 with over 500 staff and students. When we
heard that we had the opportunity to introduce other facets of the
school, students wanted to help and support. This is a hand-painted
backdrop. It says ‘‘Springbank Middle School fights cyberbullying.’’
In the middle is the eagle, which is the symbol of the Springbank
Middle School. I am just thrilled by it. Kalli, Katie, Connor,
Malana and Kailey were the artists who did this, and I am
incredibly proud they did it. They painted it all by hand.
M. Belsey : Certainement, je devrai tout de suite mentionner
que c’est de l’école intermédiaire Springbank que nous nous
joignons à vous par vidéoconférence. Notre école dispense des
cours de la cinquième à la huitième année et compte plus de
500 employés et élèves. Quand nous avons appris que nous
aurions l’occasion de présenter d’autres facettes de l’école, des
élèves ont offert leur aide et leur appui. Le décor derrière nous a
été peint à la main. Il est écrit : « L’école intermédiaire
Springbank s’oppose à la cyberintimidation. » Au milieu du
panneau, on voit un aigle, symbole de notre école. Je suis
enchanté de cette création. Il s’agit d’une œuvre de Kallie, Katie,
Connor, Malana et Kaley, et je suis extrêmement fier de leur
travail. Tout a été peint à la main.
I realize, technically, it is a bit busy for a background, but they
put their hearts into it, and so we are really proud to have their
help and support. This is what you will be seeing behind the
students who will be presenting this morning.
Je sais, sur le plan pratique, c’est un décor un peu chargé, mais
ces élèves se sont donnés corps et âme à la tâche, et nous sommes
donc très fiers de leur aide et de leur appui. Vous allez d’ailleurs
constater le même dévouement chez les élèves qui présenteront un
exposé ce matin.
The Chair: Okay. Please have the first student come and
address us.
La présidente : D’accord. Veuillez inviter le premier élève à
comparaître.
Mr. Belsey: I will call upon Samantha Hoogveld.
M. Belsey : Ce sera Samantha Hoogveld.
The Chair: Samantha, thank you for being the first student. It
is always difficult. Please introduce yourself, including your full
name and your grade, and then start with your remarks.
La présidente : Samantha, merci de passer en premier. C’est
toujours difficile. Veuillez vous présenter en disant notamment
votre nom au complet et votre année d’instruction, puis livrer
votre présentation.
Samantha Hoogveld, Student, Springbank Middle School:
Hello, honourable senators, my name is Samantha Hoogveld,
and it is an honour to present to you today. I am in grade 8.
Samantha Hoogveld, étudiante, Springbank Middle School :
Bonjour, mesdames et messieurs les sénateurs. Je m’appelle
Samantha Hoogveld, et c’est un honneur pour moi de
comparaître aujourd’hui. Je suis en huitième année.
Earlier this year, I did a position paper in Mr. Belsey’s class on
female relational aggression. Being a girl myself I know that girls
will do anything to stay in top of the food chain in their school or
community. I have several reasons why I think that. First, they
will take each other down socially, not so much physically.
Second, they can turn on each other’s backs just from hearing a
simple rumour that may not be true. Third, they will hide behind
technology, such as texting, Tumblr, Twitter, Facebook, et cetera.
Plus tôt cette année, dans le cours de M. Belsey, j’ai rédigé un
exposé sur les agressions relationnelles entre filles. Je suis moimême une fille, alors je sais qu’elles sont prêtes à tout pour rester
au sommet de la hiérarchie sociale de leur école ou de leur
collectivité. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles je pense cela.
Premièrement, les filles s’en prennent aux autres pas tant
physiquement que socialement. Deuxièmement, elles peuvent se
retourner contre leurs amies simplement à cause d’une rumeur
peut-être fausse. Troisièmement, elles le font de façon dissimulée
au moyen des technologies comme les messages textes, Tumblr,
Twitter, Facebook, et cetera.
One of the most common ways that bullying is being done
today is online in the virtual world. Girls will target other girls
because they are in competition over each other’s attention,
popularity and overall happiness. Most of the time, it is just to
prove that they have more power over another girl or that simply
they can just push them around.
Une des façons les plus courantes de recourir à l’intimidation
de nos jours, c’est en ligne, dans le monde virtuel. Les filles se
prennent mutuellement pour cible, car elles luttent pour avoir de
l’attention, pour gagner de la popularité et pour être heureuses.
La plupart du temps, elles agissent ainsi seulement pour prouver
qu’elles ont plus de pouvoir qu’une autre fille ou qu’elles peuvent
les bousculer.
In a girl’s world, you never know when you will come to school
the next day and have everyone turn their backs on you from
someone just simply starting a rumour about you. A lot of girls
Quand on est une fille, il nous arrive à tout moment d’arriver à
l’école et de constater que tout le monde nous ignore simplement
parce que quelqu’un a lancé une rumeur à notre sujet. Bien des
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Human Rights
4-6-2012
will not go looking for the truth when something close enough to
the truth is in easy reach. They constantly talk about each other
behind each other’s backs, make fun of each other, and judge.
filles ne chercheront pas à aller au fond des choses quand il y a
apparence de vérité. Elles parlent constamment dans le dos des
autres filles, elles se moquent d’elles et les jugent.
From girls’ insecurities about their imperfections to their
competitiveness to be the best and anxieties over not measuring
up, they can really be cruel when they want to, and that cruelty
can be greatly amplified online. More technology means new and
more ways of cyberbullying. Texting, Facebook, Twitter, Tumblr
and other social media are what girls will hide behind when it
comes to bullying each other. When you are on the Internet, you
can and will feel like you can say and do anything you want with
no one finding out what you are doing. After a while, bullying can
really cut you deep inside and may change you forever. When a
girl wants to say something about another girl but does not have
the courage to do it face to face, she will go immediately to the
online world, and sometimes not even considering the option of
face-to-face bullying. This is when people can become withdrawn,
because identities can be concealed and hidden online.
Pour ce qui est de l’insécurité vécue par les filles au sujet
notamment de leurs imperfections, de leur désir d’être la meilleure
et de leurs craintes de ne pas se montrer à la hauteur, elles peuvent
être très cruelles quand elles le veulent, et cette cruauté peut être
grandement amplifiée en ligne. Les technologies offrent de
nouveaux moyens additionnels de faire de la cyberintimidation.
Quand elles veulent intimider quelqu’un, les filles le font par
l’intermédiaire de messages textes, de Facebook, de Twitter, de
Tumblr et d’autres médias sociaux. Sur Internet, on a l’impression
qu’on peut dire et faire n’importe quoi sans que personne ne le
découvre. Après un bout de temps, l’intimidation peut vraiment
laisser des plaies profondes et changer une personne pour
toujours. Quand une fille veut dire quelque chose au sujet d’une
autre fille, mais qu’elle n’a pas le courage de le lui dire en
personne, elle va immédiatement le faire en ligne, même si,
parfois, elle ne songerait même pas à agir ainsi dans la vraie vie.
La victime peut donc se replier sur elle-même, car il est possible de
dissimuler son identité dans le monde virtuel.
On the Internet, it can feel like a faceless crowd, hidden behind
personal anonymity, when girls will start breaking rules and
become bullies. When you are surrounded by virtual people, you
can be motivated to bully and not feel so guilty insulting someone
you do not particularly like. You can feel like no one can discover
what you are saying while you are under the cover of an avatar
online.
Sur Internet, on peut se sentir comme dans une foule sans visage
et avoir une impression d’anonymat; c’est dans ce contexte que les
filles commencent à enfreindre les règles et à intimider les autres.
Quand on est entouré de personnes virtuelles, cela peut nous
motiver à faire de l’intimidation sans nous sentir très coupables
d’insulter quelqu’un qu’on n’aime pas particulièrement. On peut
avoir l’impression que personne ne découvrira que c’est nous qui
avons tenu certains propos par l’intermédiaire de notre avatar.
Typically, girls will use indirect means such as backbiting,
manipulation in social circles, and creating cliques to cause
mental pain, which may become physical pain that they inflict on
themselves. Indirect aggression is a type of behaviour to attempt
to hurt someone in such a manner that it makes it seem like there
was no intention to hurt them at all. Girls will usually have much
more difficulty getting over the problem, even if it was only a
rumour. They will struggle with the emotional fallout of maybe
years of relational aggression.
Souvent, les filles utiliseront des moyens d’intimidation
indirects, comme le dénigrement, la manipulation dans les
cercles sociaux et la création de cliques pour créer de la
souffrance psychologique, qui peut entraîner des blessures
physiques que les victimes s’infligent à elles-mêmes. L’agression
indirecte est un type de comportement qui vise à faire du mal à
quelqu’un en dissimulant ses intentions. Les filles auront
habituellement bien plus de difficulté à surmonter le problème,
même s’il s’agit seulement d’une rumeur. Elles seront aux prises
avec les conséquences émotionnelles de ce qui peut être des années
d’agression relationnelle.
Now that I have thought about it, I have come to the
conclusion that, yes, girls are terrible bullies to each other. Girls
will torment each other emotionally and, the rare time, even
physically. They can be driven to suicide from each other’s hurtful
rumours from around their school and so much online, getting
haunted by their own peers.
Après y avoir réfléchi, je viens à la conclusion que les filles sont
effectivement des intimidatrices impitoyables les unes envers les
autres. Elles tourmentent les autres émotionnellement et, dans de
rares occasions, même physiquement. Les rumeurs blessantes
répandues à l’école et bien souvent en ligne, les persécutions par
leurs pairs peuvent pousser les victimes au suicide.
I would really like this to stop. Cyberbullying is becoming
worse and worse every day. I think once there is a consequence for
cyberbullying, people stop and consider their actions.
J’aimerais vraiment que ça cesse. Le problème de la
cyberintimidation empire de jour en jour. Selon moi, quand
cette pratique entraîne des conséquences, les gens s’arrêtent et
réfléchissent aux gestes qu’ils posent.
The Chair: Thank you very much, Ms. Hoogveld. There are
some senators who would like to ask you questions, and we will
start off with Senator Ataullahjan.
La présidente : Merci beaucoup, Mme Hoogveld. Il y a des
sénateurs qui aimeraient vous poser des questions. Nous allons
commencer par le sénateur Ataullahjan.
4-6-2012
Droits de la personne
14:11
Senator Ataullahjan: Thank you, Ms. Hoogveld. As an artist,
the artwork is lovely and I appreciate that.
Le sénateur Ataullahjan : Merci, madame Hoogveld. Moi qui
suis artiste, je trouve le décor merveilleux et je l’apprécie.
Ms. Hoogveld, I wanted to ask you the following: How often
do you use social media such as Facebook and Twitter? How
often are you online?
Madame Hoogveld, voici ma question : à quelle fréquence
utilisez-vous les médias sociaux comme Facebook et Twitter? À
quelle fréquence êtes-vous en ligne?
Ms. Hoogveld: I use it multiple times a day. I have my
cellphone. I am on Facebook and Tumblr. I use it quite often.
Mme Hoogveld : J’y vais plusieurs fois par jour. J’ai un
cellulaire. Je suis sur Facebook et Tumblr. J’utilise ces médias
assez souvent.
Senator Ataullahjan: When you say ‘‘quite often’’ that is,
what, 10, 20, 30 times?
Le sénateur Ataullahjan : Quand vous dites « assez souvent »,
voulez-vous dire 10 fois, 20 fois, 30 fois?
Ms. Hoogveld: Maybe 30 times a day.
Mme Hoogveld : Peut-être 30 fois par jour.
Senator Ataullahjan: How many email accounts do you have?
Le sénateur Ataullahjan : Combien de comptes de courriel
avez-vous?
Ms. Hoogveld: I have two accounts, but I do not often use them.
Mme Hoogveld : J’en ai deux, mais je ne les utilise pas souvent.
Senator Ataullahjan: You are basically on Facebook, and that
is what you use most of the time?
Le sénateur Ataullahjan : Essentiellement, vous allez sur
Facebook? C’est ce que vous utilisez la plupart du temps?
Ms. Hoogveld: Yes, and I do a lot of texting.
Mme Hoogveld : Oui, et j’envoie beaucoup de textos.
Senator Ataullahjan: I was just looking at a study that was
recently released, and they are saying that, on average, kids get
189 texts per day. Would that be true, or is it less than that?
Le sénateur Ataullahjan : Je viens de lire dans une étude
récemment publiée qu’en moyenne, les jeunes reçoivent 189 textos
par jour. Est-ce que c’est vrai ou est-ce que ce chiffre est exagéré?
Ms. Hoogveld: Depending on the person, it can be even more
than that, but I would say that is average, yes.
Mme Hoogveld : Tout dépend de la personne, ça peut même
être plus. Mais je dirais qu’en moyenne, c’est cela.
Senator Meredith: Thank you, Ms. Hoogveld, for your
presentation. I admire your courage, along with the other
students, for taking on this fight and ensuring that other young
people feel supported.
Le sénateur Meredith : Madame Hoogveld, merci de votre
présentation. Je vous trouve courageuse — tout comme les autres
élèves — de mener cette lutte et de veiller à ce que les autres jeunes
se sentent appuyés.
One of my questions to you, Ms. Hoogveld, is the following:
What support does the school provide when you know someone
has been cyberbullied or been bullied at school?
J’aimerais poser la question suivante, madame Hoogveld.
Quelle forme de soutien l’école offre-t-elle aux personnes victimes
d’intimidation, que ce soit en ligne ou dans la vraie vie?
Ms. Hoogveld: I think, depending on the school, there is a lot
of support with the CDA and the office. They can really help you.
Even if you know someone who is getting cyberbullied, they will
do everything they can to make it stop.
Mme Hoogveld : Je pense que, tout dépendant des écoles, le
conseiller pédagogique et son bureau offrent beaucoup de soutien
aux élèves. Ils peuvent vraiment nous aider. Même si l’on sait que
quelqu’un est victime de cyberintimidation, ils feront tout leur
possible pour que ça cesse.
Senator Meredith: How do you encourage others that you
know have been cyberbullied? What do you do?
Le sénateur Meredith : Comment encouragez-vous les jeunes que
vous savez être victimes de cyberintimidation? Que faites-vous
Ms. Hoogveld: I would say just go talk to a parent and make
sure that it is being stopped and that you are not just alone in the
world of cyberbullying.
Mme Hoogveld : Je leur dirais d’en parler à leurs parents et je
m’assurerais que ça cesse et qu’ils ne sont pas laissés à eux-mêmes.
Senator Meredith: Thank you so much, Ms. Hoogveld.
Le sénateur Meredith : Merci énormément, madame Hoogveld.
The Chair: Thank you, Ms. Hoogveld.
La présidente : Merci, madame Hoogveld.
May we have the next speaker?
Qui est le prochain témoin?
Mariel Calvo, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators. I will be speaking about how it feels to be
cyberbullied, whether or not this is an issue in Canada, and what I
think we could do about it.
Mariel Calvo, étudiant, Springbank Middle School : Bonjour,
mesdames et messieurs les sénateurs. Je vais vous expliquer ce qu’on
ressent quand on est victime de cyberintimidation — que ce soit ou
non un problème au Canada — et ce que je pense que nous
pourrions faire pour l’enrayer.
14:12
Human Rights
4-6-2012
Cyberbullying is a huge issue to Canadian teenagers throughout
the country. To those people who say that it is nothing, that it is not
a big deal and that it is teenagers being dramatic, that is completely
wrong. It affects our lives enormously. The outcome of this
harassment can lead to poor performance at school, low self-esteem
and serious emotional consequences, including depression and
suicide, so it is much more than just teenagers being dramatic.
La cyberintimidation représente un problème très grave pour
les adolescents canadiens. Les gens qui disent que ce n’est rien,
que ce n’est pas important et que les jeunes exagèrent ses
conséquences ont complètement tort. Ce problème a une énorme
incidence sur notre vie. Cette forme de harcèlement peut donner
lieu à de mauvais résultats scolaires et à une faible estime de soi et
entraîner d’importantes conséquences psychologiques susceptibles
de mener à la dépression et au suicide. On ne peut donc vraiment
pas dire que les adolescents en font tout un plat pour rien.
The biggest difference between being bullied while in the
classroom or playground and being cyberbullied is that we can be
targets of cyberbullying 24/7, and that makes you feel as if there is
no safe place. Whenever you are at school or home, everywhere you
go, you can be a target of this. That puts a huge dent in your life,
because you are always pretty shaken up by this and kind of scared.
La principale différence entre l’intimidation en classe ou dans
la cour d’école et la cyberintimidation, c’est que nous pouvons
être victimes de cyberintimidation en tout temps et que cela nous
donne l’impression de n’être en sécurité nulle part. Qu’on soit à
l’école, à la maison ou n’importe où ailleurs, on peut être pris
pour cible. Cela nous rend la vie extrêmement difficile, car nous
en ressortons toujours assez ébranlés et quelque peu effrayés.
On the Internet, you can be anyone. You can act in a certain
way and say certain things that normally you would not. You
have a lot of power when you go online. I find that a lot of
teenagers abuse that power and use it just to hurt others.
Sur Internet, on peut être n’importe qui. On peut agir
différemment et dire des choses qu’on ne dirait pas normalement.
On a beaucoup de pouvoir quand on est en ligne. Je trouve que bien
des adolescents abusent de ce pouvoir et l’utilisent simplement pour
blesser les autres.
Some kids make Facebook groups or pages where the sole
purpose is to make fun of or humiliate one of their peers. They
actually send invites or something like that. They send it out and
they say, ‘‘Yeah, join this group that is making fun of you and
that is saying these awful things about you.’’ It is not nice, and it
really hurts. They also send threatening text messages or
comments to another person. They start or spread rumours
about someone, but it does not just have to be people from your
school.
Certains jeunes créent des groupes ou des pages sur Facebook
dans le seul but d’humilier un de leurs pairs ou de se moquer de
lui. Ils envoient des invitations ou font d’autres choses du genre.
Ils l’envoient et disent : « Oui, joins-toi à ce groupe où l’on se
moque de toi et où l’on dit des choses terribles à ton sujet. » Ce
n’est pas gentil, et c’est très blessant. Aussi, ils envoient des
messages textes ou des commentaires menaçants à d’autres
personnes. Ils lancent ou répandent des rumeurs à propos des
autres. Il peut s’agir de gens qui ne sont pas de notre école.
There is a website called Tumblr, and you can send anonymous
messages. A lot of people send hate, and they call it ‘‘anon hate.’’
These people, who have probably never even met you before, call
you fat, ugly and stupid. They tell you to go die sometimes, and
they tell you that no one cares about you. Once you hear this
enough, you start to believe it. I have heard stories, and I have
seen a lot of people get so hurt from this that they physically harm
themselves, because every day they would have to come home
from school and see this stuff written about them and to them,
and they did not do anything wrong.
Il y a un site web, Tumblr, où l’on peut envoyer des messages
anonymes. Bien des gens s’en servent pour envoyer des messages
haineux en prétendant qu’ils ne le sont pas. Ces gens disent à des
personnes qu’ils ne connaissent probablement même pas qu’ils sont
gros, laids et idiots. Parfois, ils leur disent qu’ils devraient se tuer et
que personne ne se soucie d’eux. À force d’être exposés à cela, on
commence à y croire. J’ai entendu des histoires et j’ai vu bien des
gens être blessés par cela au point de s’infliger eux-mêmes des
blessures parce que, chaque jour, quand ils rentraient à la maison
après l’école, ils voyaient ces choses qu’on avait écrites à propos
d’eux ou directement à eux, alors qu’ils n’avaient rien fait de mal.
What could we do to prevent this? That is really difficult, I
think, because cyberbullying is cyber. It is on text messages. It is
using technology. We obviously cannot cut that out. I have seen
six-year-olds walking around with iPhones, and I do not even
have a phone.
Comment pouvons-nous empêcher que cela survienne? C’est
très difficile, selon moi, car la cyberintimidation se fait en ligne.
Cela se fait au moyen de textos, au moyen de technologies.
Évidemment, on ne peut pas éliminer cela. J’ai vu des enfants de
six ans se balader avec des iPhone, alors que moi-même je n’ai
même pas de téléphone cellulaire.
You cannot cut technology out. However, I think that making
a law about it would not do much, because I just do not think that
teenagers would listen. It just does not seem real enough. It might
make them a bit more aware and careful of what they say or do,
but I do not think they would stop.
On ne peut pas éliminer la technologie. Toutefois, je pense que
l’adoption d’une loi à ce sujet ne ferait pas grand-chose, car je ne
crois tout simplement pas que les adolescents la respecteraient. Ça
ne paraîtrait pas assez réel. Ça les rendrait peut-être un peu plus
prudents et un peu plus conscients de ce qu’ils disent ou de ce qu’il
font, mais je ne pense pas qu’ils cesseraient pour autant d’agir ainsi.
4-6-2012
Droits de la personne
What I think we should do is get people speaking about it, get
people aware, and make sure that everybody knows what this
does to people and how it harms people, how it consumes your
life completely. Also, as I said before, there are little kids walking
around with this technology in their hands. If we teach them from
a young age how to use it properly and how to use it in a nonnegative fashion, I think that would help a lot and prevent a lot of
cyberbullying.
That is what I think. Thank you.
14:13
Selon moi, nous devrions encourager les gens à parler de ce
problème, les sensibiliser et veiller à ce que tout le monde sache à
quel point cela peut causer du tort aux autres et complètement
détruire leur vie. De plus, comme je l’ai dit, il y a des petits enfants
qui se promènent avec de tels appareils technologiques. Si nous
pouvions apprendre aux enfants à les utiliser d’une façon
convenable et non négative, je pense que ce serait très utile et que
cela contribuerait beaucoup à lutter contre la cyberintimidation.
Voilà ce que je pense. Merci.
The Chair: Both of you have given us a lot of information. Do
you think that before a parent buys, especially for a six year old or
for a young child, an iPhone or a BlackBerry, there should be
some kind of education for the parent as to the bullying that can
occur through that device?
La présidente : Vous avez tous deux fourni beaucoup de
renseignements. Croyez-vous qu’avant d’acheter un iPhone ou un
BlackBerry à leur enfant — surtout s’il est âgé de six ans, qu’il est
en bas âge —, les parents devraient avoir une certaine discussion
avec lui au sujet de l’intimidation qui peut être faite par
l’intermédiaire d’un tel appareil?
Ms. Calvo: Yes, definitely. I think that if parents teach their
kids and if they are aware, just as equally as everyone, it could
prevent a lot and it could really, I think, fix this problem.
Personally, I actually do not think six year olds should have
phones. I am 14. I do not have a phone and I really do not need
one. Yes, I think parents should be aware, and they should know
and should talk to their kids.
Mme Calvo : Oui, certainement. À mon avis, si les parents
apprennent à leurs enfants à bien les utiliser et s’ils sont conscients
du problème — comme tout le monde —, cela pourrait être très
bénéfique sur le plan de la prévention et vraiment régler le
problème. Personnellement, je ne pense pas que les enfants de six
ans devraient avoir un téléphone cellulaire. Moi, j’ai 14 ans. Je
n’ai pas de téléphone cellulaire et je n’en ai pas du tout besoin. Je
pense en effet que les parents devraient être conscients du
problème et qu’ils devraient savoir ce que c’est et en parler à leurs
enfants.
Senator Robichaud: How many youth in your age group have the
means to communicate? How would a person in your age group feel
if they did not have that phone or whatever other things that they
need to communicate? Would they not feel left out?
Le sénateur Robichaud : Combien de jeunes de votre groupe
d’âge ont les moyens de communiquer? Comment une personne
de votre groupe d’âge se sent-elle si elle n’a pas de téléphone
cellulaire ou d’autre appareil de communication? Ne se sent-elle
pas exclue?
Ms. Calvo: Yes. I think it also depends on who you are. Some
kids my age do not have Facebook or anything; they are okay with
it. Really, in our generation, it is how we connect with each other; it
is our social life. People make friends over Facebook and Tumblr
and whatever. That is how they meet people. That probably sounds
very odd to you guys because you are older and —
Mme Calvo : Oui. Je pense que cela dépend aussi des gens.
Certains jeunes de mon âge n’utilisent pas Facebook ou d’autres
médias du genre, et cela ne les dérange pas. C’est vraiment ainsi
que notre génération communique; c’est notre vie sociale. Les
gens se font des amis sur Facebook, sur Tumblr, et cetera. C’est
ainsi qu’ils font connaissance. Ça vous paraît probablement très
bizarre, car vous êtes vieux et...
Senator Robichaud: We are old; we are.
Le sénateur Robichaud : Nous sommes vieux; c’est bien vrai.
Ms. Calvo: It is the way we connect. If you cut those out, yes,
you definitely would feel left out. Personally, sometimes, yes, I
feel left out. I go to school the next day — and I did not go online
the night before — and everyone is talking about something and I
have no idea what is going on. It makes you feel left out because
that is where everything happens, online.
Mme Calvo : C’est ainsi que nous communiquons. Sans ces
technologies, on se sent certainement exclu. Personnellement, il
m’arrive de me sentir exclue. Quand je vais à l’école sans être allée
la veille sur Internet, il arrive que tout le monde parle de quelque
chose qui m’échappe complètement. On se sent exclu quand cela
se produit, car tout se passe en ligne.
Senator Meredith: You do not need a cell phone; it gets too
expensive.
Le sénateur Meredith : Vous n’avez pas besoin d’un téléphone
cellulaire; cela coûte trop cher.
Ms. Calvo, I thank you for your comments. You said that
making a law will not allow young people to act more responsible
and they will not listen to it. What do you think we should do
with the parents or what do you think parents should be doing
Madame Calvo, je vous remercie de vos commentaires. Vous
avez dit que le fait d’adopter une loi contre l’intimidation n’aidera
pas les jeunes à agir de façon plus responsable et qu’ils ne la
respecteront pas. À votre avis, qu’est-ce que nous devrions faire
14:14
Human Rights
4-6-2012
about talking to their kids about technology and the impacts that
they will have when they use that technology in a negative way?
Do you think parents are doing a good job or a terrible job there?
en ce qui a trait aux parents ou qu’est-ce que ces derniers
devraient faire pour expliquer à leurs enfants les risques liés aux
technologies et les conséquences entraînées par leur utilisation
abusive? Croyez-vous que les parents font un bon ou un mauvais
travail à ce chapitre?
Ms. Calvo: I think it depends on your relationship with your
parent. If you talk to your mom or dad a lot, then you can talk
about this, but if you don’t and you kind of shut them out — my
brother does not talk to my parents about anything that he does
online — it all depends on how your relationship with your
parents is. Sometimes parents do need to improve and get more
involved with their children. I think that would also help because
they could talk about this.
Mme Calvo : Je pense que tout dépend de la relation qu’on a
avec ses parents. Si on parle beaucoup à sa mère ou à son père,
alors on peut parler de ce problème, mais si ce n’est pas le cas et
qu’on ne communique pas avec eux — comme mon frère, qui ne
parle jamais à mes parents de ce qu’il fait en ligne... Tout dépend
de la relation qu’on a avec ses parents. Parfois, les parents doivent
s’améliorer et se rapprocher de leurs enfants. Je pense que ça
aussi, ce serait utile, car ils pourraient parler du problème.
A lot of kids who are being cyberbullied do not come forward
and do not talk about it and it eats them up inside. That is a big
problem, too. If you talk about it with your parents you can
prevent it more and stop it.
Bien des jeunes qui se font harceler en ligne ne le signalent pas
et n’en parlent pas, et cela les ronge de l’intérieur. C’est aussi un
gros problème. En en parlant à ses parents, on peut mieux le
prévenir et l’enrayer.
Senator Meredith: You think parents need to speak to their
young people more and find out what they are engaged with. If
there is open communication, do you think this will help these
young people who are being bullied to come and talk about what
they are facing in the social media?
Le sénateur Meredith : Selon vous, les parents doivent
communiquer davantage avec leurs enfants et savoir ce qu’ils
font. Croyez-vous que le fait d’avoir une communication ouverte
aidera les jeunes victimes d’intimidation à parler de ce à quoi ils
sont confrontés dans les médias sociaux?
Ms. Calvo: Yes, definitely. If you feel comfortable talking to
your parents or even if the adults come to you and they talk to
you, I think that would help enormously.
Mme Calvo : Oui, c’est certain. Je pense que si on est à l’aise de
parler avec ses parents, ou même, si les adultes viennent nous
parler, c’est extrêmement bénéfique.
Senator Meredith: When parents do find out that their young
people have used the technology that they have purchased for
them inappropriately, what are some of the consequences that
you think should be meted out?
Le sénateur Meredith : Que devraient faire des parents qui
découvrent que leur enfant a utilisé de façon inappropriée un
appareil technologique qu’ils leur ont acheté?
Ms. Calvo: I am not too sure. I cannot really speak to that
because it is different with every family. Some parents would take
all the phones and make them get rid of their Facebook and stuff;
some may not even care. Personally, I do not know. I cannot
speak for them, but I think an appropriate punishment would be
to apologize and really just try to do right from wrong. I am not
too sure; I have never actually been placed in that position.
Mme Calvo : Je ne sais pas trop. Je ne peux pas vraiment
répondre, car c’est différent dans chaque famille. Certains parents
confisqueraient le téléphone cellulaire de leur enfant et leur
interdiraient d’utiliser Facebook, par exemple; d’autres ne se
préoccuperaient peut-être même pas de ce qu’il a fait.
Personnellement, je ne sais pas. Je ne peux pas parler en leur
nom, mais je pense qu’ils devraient obliger leur enfant à s’excuser et
vraiment essayer de lui faire comprendre qu’il a mal agi. Je ne sais
pas trop; je ne me suis jamais retrouvée dans cette situation.
Senator Meredith: You talked about a law not working and I
am thinking that parents need to get more involved. They need to
know exactly what their children are doing on Facebook or on
Twitter and the damage that they are causing to other young
people. They could use that somehow as an opportunity to teach
their children about responsible usage and to ensure that there are
some consequences so that it does not happen again.
Le sénateur Meredith : Vous avez dit qu’une loi ne donnerait
rien, et je pense que les parents doivent jouer un rôle plus actif. Ils
doivent savoir exactement ce que font leurs enfants sur Facebook
ou sur Twitter et le tort qu’ils causent à d’autres jeunes. Ils
pourraient en profiter pour apprendre à leurs enfants à utiliser ces
technologies de façon responsable et pour prendre les mesures qui
s’imposent afin que cela ne se reproduise plus.
You see firsthand how this behaviour is eating up young people
and how it is driving some of your friends to suicide. You have
read in the newspaper about other young people being bullied and
taking their own lives. This is why we are here, working with your
schools and others across the country. That is what this
committee is trying to prevent.
Vous voyez par vous-même comment de tels gestes peuvent
blesser certains de vos amis et les inciter au suicide. Vous avez lu
dans les journaux que des jeunes victimes d’intimidation ont fini
par s’enlever la vie. C’est pourquoi nous sommes ici et que nous
travaillons avec vos écoles et celles d’autres régions du pays. C’est
ce que le comité essaie d’empêcher.
4-6-2012
Droits de la personne
14:15
I want to thank you for your time and for your input this
afternoon.
Je vous remercie des commentaires que vous avez formulés et
du temps que vous nous avez consacré cet après-midi.
Senator Ataullahjan: Ms. Calvo, you should be proud of
yourself that you do not have a cellphone. It shows that you
are not a follower. You will be a leader one day.
Le sénateur Ataullahjan : Madame Calvo, vous devriez être
fière de ne pas avoir téléphone cellulaire. Cela montre que vous
n’êtes pas une suiveuse. Vous serez une meneuse un jour.
We talked about kids talking to their parents, but what happens
if you cannot go to your parents? Who else can you turn to?
Nous avons parlé des jeunes qui discutent avec leurs parents,
mais qu’en est-il de ceux qui ne peuvent pas le faire? Vers qui
doivent-ils se tourner?
Ms. Calvo: Teachers, the CDA, even friends. If I had problems,
I would turn to my friends; they have always been there for me.
They can help. I see a lot of people get cyberbullied and they feel
pathetic, weak and stupid, so they do not say anything. That is a
big problem. Even with your friends, you think that no one can
help, but really they can. There are many people out there willing
to listen and to help you out and to help stop this.
Mme Calvo : Vers leurs enseignants, leur conseiller pédagogique
ou même leurs amis. Si j’avais un problème, je demanderais de l’aide
à mes amis; ils ont toujours été là pour moi. Ils peuvent m’aider.
Bien souvent, je vois des victimes de cyberintimidation qui ne disent
rien parce qu’elles se sentent misérables, faibles et stupides. C’est un
gros problème. On peut penser que même nos amis ne peuvent pas
nous aider, mais ils le peuvent vraiment. Bien des gens sont là pour
nous écouter, pour nous épauler et pour nous aider à faire en sorte
que ça cesse.
Emily Dickey, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators. My name is Emily Dickey, and I am here
to speak to you about the effects of cyberbullying and what I
think needs to be done about it.
Emily Dickey, étudiante, Springbank Middle School : Bonjour,
mesdames et messieurs les sénateurs. Je m’appelle Emily Dickey et
je vais vous parler des effets de la cyberintimidation et vous dire ce
qu’il faut faire, selon moi.
The Chair: Please go ahead. You can start your presentation.
La présidente : Allez-y, je vous prie. Vous pouvez présenter
votre exposé.
Ms. Dickey: I think the worst part of cyberbullying — and I
think a lot of other people would agree — is that the bullies can
do it completely anonymously. It is like being stabbed in the back
and having no way of knowing who did it. To the bully, they may
type this message and send it and they may think of it as a joke;
they may be being sarcastic. They have no way of knowing how
the victim will react. They do not know what the victim will do.
Mme Dickey : À mon avis, ce qu’il y a de pire dans la
cyberintimidation — et je pense que bien des gens seraient
d’accord avec moi —, c’est que les intimidateurs peuvent en faire
de façon tout à fait anonyme. C’est comme être poignardé dans le
dos sans qu’il y ait moyen de savoir qui a fait ça. L’intimidateur
peut écrire un message et l’envoyer en se disant que c’est une
blague; il peut être sarcastique. Il n’a aucune façon de savoir
comment la victime réagira. Il ne sait pas ce qu’elle fera.
I have really close friends, and a family member, who went
through cyberbullying. They got anonymous messages every day
on Formspring, Tumblr, Twitter and everything. They were told
that they were ugly and that they should just kill themselves. They
do not know who did it. They do not know if it is someone who
they know personally or if it is just someone who goes around and
sends these messages. They have actually considered suicide, and
one of them has actually tried to kill themselves.
J’ai des amis très proches ainsi qu’un membre de ma famille qui
ont été victimes de cyberintimidation. Ils recevaient des messages
chaque jour sur Formspring, Tumblr, Twitter et d’autres
plateformes. On leur disait qu’ils étaient laids et qu’ils devraient
simplement se tuer. Ils ne savent pas qui est l’auteur de ces
messages. Ils ne savent pas s’il s’agit d’une personne qu’ils
connaissent personnellement ou plutôt d’un simple inconnu qui
navigue sur Internet et qui envoie cela. Ils ont d’ailleurs eu des
pensées suicidaires, et l’un d’entre eux a même essayé de se tuer.
Kids all over Canada are receiving these awful messages and
they do not know what is going on. They do not know what they
did to deserve them; they did not do anything.
Des jeunes de partout au Canada reçoivent ces horribles
messages sans savoir ce qui se passe. Ils ignorent ce qu’ils ont fait
pour mériter un tel traitement; ils n’ont rien fait.
Cyberbullying does hurt. It drives people to suicide and to hurt
themselves; it does all of these things. Yes, I think something
obviously needs to be done about cyberbullying, but like
Ms. Calvo said, I do not think passing a law will help much.
Cyberbullying will still go on because if these victims are not
reporting the bullying to their friends, family and schools, who
says that they will want to report it so that the people to get in
trouble with the RCMP?
La cyberintimidation, ça blesse les gens. Ça pousse certaines
personnes à se suicider et à se faire du mal; ça fait tout cela. Je
pense effectivement que, de toute évidence, il faut faire quelque
chose contre la cyberintimidation, mais, comme l’a dit
Mme Calvo, je pense que l’adoption d’une loi ne changera pas
grand-chose. La cyberintimidation continuera, car si les victimes
ne dénoncent pas leur agresseur auprès de leurs amis, de leur
famille et de leur école, pourquoi le dénonceraient-ils à la GRC
pour qu’il ait des problèmes?
14:16
Human Rights
4-6-2012
I think students and kids who are going through this need to be
able to talk to a professional without their parent finding out. I
think there is a policy that they have to tell your parents. Maybe
your parents are not understanding about it or they think you are
just doing this for attention. They should be able to talk to
someone who understands without their parents finding out.
Selon moi, les élèves et les jeunes qui vivent une telle situation
devraient pouvoir en discuter avec un professionnel à l’insu de
leurs parents. Je pense que, selon une politique, ils doivent en
parler à leurs parents. Mais peut-être que leurs parents ne
comprennent pas le problème ou pensent qu’ils le font seulement
pour avoir de l’attention. Ils devraient pouvoir en parler à
quelqu’un qui comprend le problème sans que leurs parents le
sachent.
Perhaps even a website like www.bullying.org could help.
There should be more of those websites and the government could
raise awareness that the victims are not alone; there are other
people going through this and other people can help them.
Peut-être même qu’un site web — comme www.bullying.org —
pourrait être utile. Il devrait y avoir plus de sites web du genre, et
le gouvernement pourrait mener une campagne de sensibilisation
pour faire comprendre aux victimes qu’elles ne sont pas seules,
que d’autres personnes vivent la même chose et que des gens
peuvent les aider.
The government also needs to raise awareness about the subject.
I think maybe even adults do not know what cyberbullying is.
Everyone needs to know how serious it really is. Thank you.
Le gouvernement peut aussi sensibiliser la population au
problème lui-même. Je crois que même les adultes ne savent pas ce
qu’est la cyberintimidation. Tout le monde doit savoir à quel
point c’est grave. Merci.
The Chair: We will go on to questions.
La présidente : Nous allons passer aux questions.
Senator Harb: Thank you very much for your excellent
presentation. If you were to look at other forms of bullying —
for example on the playground, in the gym or between classes —
would you say cyberbullying is number one or number two? What is
number one crisis grade 8 or grade 7 students are facing these days?
Le sénateur Harb : Merci beaucoup de votre excellente
déclaration. Diriez-vous que, par rapport à d’autres formes
d’intimidation — dans la cour d’école, au gymnase ou entre les
cours, par exemple —, la cyberintimidation se classe au premier ou
au deuxième rang? Quel est le principal problème auquel sont
confrontés les élèves de septième ou de huitième année de nos jours?
Ms. Dickey: I think cyberbullying is probably a lot more. Most
kids are scared to say what they want to the victim’s face, so they
just do it online. It is just a lot easier for them, I guess you could
say. Cyberbullying can also be a lot more hurtful because on the
playground they say some things and it is hurtful, but with
cyberbullying, people can write paragraphs and paragraphs about
what they do not like about this person. They can make websites
and private Facebook groups and gang up on them a lot easier.
Mme Dickey : À mon avis, la cyberintimidation est
probablement bien pire que les autres formes. La plupart des
jeunes n’osent pas dire directement à la victime ce qu’ils veulent
lui dire, alors ils le font simplement en ligne. C’est bien plus facile
pour eux, je suppose. La cyberintimidation peut être bien plus
blessante, car elle permet aux intimidateurs d’écrire plusieurs
paragraphes sur ce qu’ils n’aiment pas au sujet d’une personne au
lieu de faire quelques remarques insultantes dans la cour d’école.
Ils peuvent créer des sites web et des groupes privés sur Facebook
et se liguer contre les victimes bien plus facilement.
Senator White: Thank you very much for your presentation
today. Your school is seen to be one of the leaders when it comes
to cyberbullying. Does your school have the correct rules in place
when people cyberbully other children and if so, can you explain
some of them to me?
Le sénateur White : Merci beaucoup de votre déclaration.
Votre école est perçue comme un chef de file en matière de lutte
contre la cyberintimidation. Votre école dispose-t-elle de règles
adéquates pour réagir quand des jeunes en harcèlent d’autres sur
Internet? Si oui, pouvez-vous me donner des exemples?
Ms. Dickey: Yes, they have a lot of rules about it. If the victim
reports it to the school then the person who did it can get in lots of
trouble. They can get an in-school suspension or just suspension.
It is not tolerated.
Mme Dickey : Oui, il y a beaucoup de règles à ce sujet. Si la
victime signale le problème à la direction scolaire, alors
l’intimidateur peut s’attirer beaucoup d’ennuis. Il peut écoper
d’une suspension devant être purgée à l’école ou à la maison. Ce
n’est pas toléré.
Senator White: Do those rules work in your opinion?
Ms. Dickey: I think they work if the victim comes forward with
it, but a lot of the time the victim does not tell anyone; they just let
it happen.
The Chair: Thank you for your presentation.
Le sénateur White : À votre avis, est-ce que ces règles
fonctionnent?
Mme Dickey : Je pense qu’elles fonctionnent si la victime
signale le problème, mais bien souvent, elle ne dit rien à personne
et laisse simplement les choses aller.
La présidente : Merci de votre témoignage.
4-6-2012
Droits de la personne
14:17
Emilie Richards, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators, it is an honour to be presenting today. In my
statement I will discuss how serious cyberbullying is, what it is like
to be a victim, and what I think we can do about it.
Emilie Richards, étudiante, Springbank Middle School :
Bonjour, mesdames et messieurs les sénateurs. C’est un honneur
pour moi de comparaître aujourd’hui. Dans ma déclaration, je
vais expliquer à quel point la cyberintimidation est grave,
comment on se sent quand on en est victime et ce qu’on peut
faire pour améliorer les choses, selon moi.
Cyberbullying is a serious thing happening to students and
even adults across the country. Someone told me there is a group
of boys in her school who have a private Facebook group. They
take pictures that people in younger grades post on Facebook and
add rude and harsh things to them. They show them to the rest of
the grade and eventually it makes it back to the person in the
photo. That is one of the many examples of cyberbullying.
La cyberintimidation est un problème grave qui touche des
élèves et même des adultes de partout au pays. Quelqu’un m’a dit
qu’un groupe de garçons de son école ont créé un groupe privé sur
Facebook où ils publient des photos d’élèves plus jeunes et
écrivent sur eux des commentaires méchants et insultants. Ils les
montrent aux autres élèves de leur année, et la personne sur la
photo finit par le savoir. C’est une des nombreuses formes que
peut prendre la cyberintimidation.
Imagine being the victim and the feeling of seeing the photo
you thought you looked good in and being laughed at and called
names. There is so much that goes unnoticed and victims that do
not come up. They keep all of it inside of them and there is only so
much you can take before you break. I know from personal
experience that cyberbullying can have a huge toll on someone’s
life. I have been called every name in the book anonymously
online. People have even gone as far as to tell me to kill myself.
Fortunately, I did not, but messages pointing out all the things I
am already insecure about get into your head little by little. It has
caused me to do some crazy things to myself.
Imaginez ce que c’est d’être la victime et de découvrir que la
photo sur laquelle vous croyiez bien paraître attire les moqueries
et les insultes d’autres personnes. Il y a énormément de choses qui
passent inaperçues et de victimes qui ne parlent pas de leurs
problèmes. Elles gardent tout à l’intérieur d’elles-mêmes, et à un
moment donné, elles n’en peuvent plus. Je sais par expérience
personnelle que la cyberintimidation peut avoir des conséquences
terribles sur la vie d’une personne. Sur Internet, je me suis fait
traiter de tous les noms de façon anonyme. Des gens m’ont même
dit de me suicider. Heureusement, je ne l’ai pas fait, mais les
messages qui se moquaient de toutes les choses à cause desquelles
je manquais déjà de confiance en moi se sont mis peu à peu à me
trotter dans la tête. Je me suis beaucoup torturée à cause de cela.
I strongly believe that education can help prevent
cyberbullying by showing how it is to be at the receiving end,
how the messages that they have given — and do not think twice
about — can crash someone’s self-esteem and to let victims know
they are not alone. It is not embarrassing to come forward about
it. They did not deserve it or bring it upon themselves; lots of
people go through the same thing and they can get help.
Je suis fermement convaincue que l’éducation peut contribuer à
prévenir la cyberintimidation en expliquant quelles conséquences
elle entraîne sur les victimes et comment les messages transmis par
l’intimidateur — qui n’y pense même pas à deux fois — peuvent
détruire l’estime de soi de la personne ainsi qu’en faisant
comprendre aux victimes qu’elles ne sont pas seules. Il n’y a
rien d’embarrassant à dire qu’on se fait harceler en ligne. Les
victimes ne méritent pas un tel traitement et n’ont rien fait pour
s’attirer des ennuis; bien des gens vivent la même chose, et elles
peuvent obtenir de l’aide.
I also believe that no matter how hard we try, bullying will
always go on. People will always get jealous and say things they
do not always mean. We can make people ‘‘bully aware,’’ so
everyone knows what is going on, what people use technology for
these days, and how clicking send or post can really make a
difference in someone’s life. It can actually end it if you do not
think twice about it.
Je crois également que, peu importe nos efforts, nous ne
pourrons jamais enrayer l’intimidation. Il y aura toujours des
gens qui sont jaloux et qui disent des choses qu’ils ne pensent pas
toujours. Nous pouvons sensibiliser les gens au problème afin que
tout le monde sache ce qui se passe, à quelles fins les technologies
peuvent être utilisées de nos jours et comment le fait d’envoyer ou
d’afficher un message peut transformer la vie d’une personne. Ça
peut même l’amener à mettre fin à ses jours si on va trop loin.
Thank you for the honour of presenting today and I hope you
take action on this very serious subject.
Je suis honorée d’avoir pu faire cette déclaration, et je vous
remercie de m’en avoir donné l’occasion. J’espère que vous
prendrez des mesures pour lutter contre ce problème très grave.
Senator Ataullahjan: Ms. Richards, thank you for your
presentation. I think you are an incredibly brave girl to come
and tell us about the problems you have had. Do you think most
victims do not talk about cyberbullying? Do they just keep quiet
and hope it will go away?
Le sénateur Ataullahjan : Madame Richards, merci de votre
témoignage. Je vous trouve extrêmement brave de nous avoir parlé
des problèmes que vous avez vécus. À votre avis, est-ce que la
plupart des victimes de cyberintimidation s’abstiennent d’en parler?
Est-ce qu’elles font juste garder le silence en espérant que cela cesse?
14:18
Human Rights
4-6-2012
Ms. Richards: Yes, I believe that because I feel they think it is
embarrassing to come up. They feel like it is only happening to
them, that they are a freak or they deserve it, or there is a reason
why it is happening. They do not feel like it is okay to come
forward. They might not have someone they can go to. For some
people, their parents might be half the problem and then with the
cyberbullying, where do you go to if they do not trust anyone?
Mme Richards : Oui, et je pense que c’est parce qu’elles croient
qu’il est embarrassant d’en parler. Elles ont l’impression d’être les
seules à se trouver dans cette situation, d’être un monstre ou de
mériter ce qui leur arrive ou elles croient qu’il y a une raison
derrière tout cela. Elles n’ont pas l’impression de pouvoir en
parler. Peut-être qu’elles n’ont personne vers qui se tourner. Pour
certains, leurs parents peuvent représenter la moitié du problème.
Alors, quand elles sont victimes de cyberintimidation, avec qui
peuvent-elles en parler si elles n’ont confiance en personne?
Senator Ataullahjan: How can we encourage kids to come
forward? What can be done? How can we let them know they are
not alone?
Le sénateur Ataullahjan : Comment pouvons-nous encourager
les jeunes à en parler? Que pouvons-nous faire? Comment
pouvons-nous leur faire comprendre qu’ils ne sont pas seuls?
Ms. Richards: Make websites like bullying.org and tell them
that unfortunately it is a common thing to go through and a lot of
people have gone through the same thing. There are a lot of
people who can come and help you. Keeping it inside is not a very
good thing to do because you can only keep so much inside before
you crack.
Mme Richards : En créant des sites web comme bullying.org et
en leur disant qu’il s’agit malheureusement de problèmes courants
et que bien des gens vivent la même chose. Il y a beaucoup de
personnes qui peuvent venir en aide aux victimes. Ce n’est pas une
bonne idée de garder pour soi ce que l’on vit, car, à un certain
moment, c’est trop, et on craque.
Senator Ataullahjan: Did anyone come to your defence when
you were being cyberbullied? Did any of your friends speak on
your behalf?
Le sénateur Ataullahjan : Est-ce que quelqu’un a pris votre
défense quand vous étiez victime de cyberintimidation? Est-ce que
certains de vos amis vous ont défendue?
Ms. Richards: Yes.
Mme Richards : Oui.
Senator Ataullahjan: Did you find that helpful?
Le sénateur Ataullahjan : Est-ce que cela vous a aidée?
Ms. Richards: Oh, yes. There are more people in this classroom
that this has been said to.
Mme Richards : Oh, oui. Il y a d’autres personnes dans ma
classe qui ont vécu la même chose.
Senator Meredith: Thank you for your presentation. You
talked about your personal experience. How did you cope with
being bullied? What were some of the things that you did to
ensure that you did not fall victim like others students or other
kids across the country who have taken it to the next step of
saying that they want to end their lives?
Le sénateur Meredith : Merci de votre exposé. Vous nous avez
fait part de votre expérience personnelle. Comment avez-vous fait
pour endurer cette situation? Quels gestes avez-vous posés pour
éviter de faire comme d’autres élèves ou d’autres jeunes Canadiens
qui en sont venus à dire qu’ils souhaitaient mettre fin à leurs jours?
Ms. Richards: With Mr. Belsey and with our school, I have
always kind of known that it is not just me. Most of these
messages were directed to someone else as well, so just having her
there too was really helpful. Most of the people in this room were
there too. It is not just me that this happens to; there are a lot of
us who have gone through it.
Mme Richards : Grâce à M. Belsey et à notre école, j’ai toujours
su que, d’une certaine façon, je n’étais pas seule. En outre, la plupart
de ces messages étaient aussi adressés à quelqu’un d’autre, alors le
simple fait que nous étions deux à vivre cela m’a beaucoup aidée. Et
puis, la plupart des gens dans cette salle m’ont soutenue. Je ne suis
pas la seule à avoir été victime de cyberintimidation; bon nombre
d’entre nous sont passés par là.
Senator Meredith: Having that support system around you of
friends who have had similar experiences allowed you to cope?
Le sénateur Meredith : Est-ce que le fait de bénéficier d’un
réseau de soutien composé d’amis qui ont vécu des expériences
similaires vous a aidée à vous en sortir?
Ms. Richards: Yes.
Senator Meredith: Did you talk to your parents about what
you were going through?
Ms. Richards: No, I did not.
Senator Meredith: Why did you not? Why do you think that
young people are so afraid to talk to the parents who love them
and nurture them and bought them the technology that they are
using? Why do you think that young people are so afraid to talk
to their parents? Do you think that they will banish you from
Mme Richards : Oui.
Le sénateur Meredith : Avez-vous parlé de votre problème à
vos parents?
Mme Richards : Non, je ne l’ai pas fait.
Le sénateur Meredith : Pourquoi donc? À votre avis, pourquoi
les jeunes craignent-ils autant d’en parler à leurs parents qui les
aiment, qui prennent soin d’eux et qui leur ont acheté les appareils
technologiques qu’ils utilisent? Pourquoi les jeunes sont-ils si
réticents à en discuter avec leurs parents? Croyez-vous qu’ils vous
4-6-2012
Droits de la personne
14:19
Facebook or Twitter or Tumblr? What do you think it is? Tell us
today why students or individuals are so afraid to talk to their
own parents?
interdiront d’aller sur Facebook, Twittter ou Tumblr? À votre
avis, quelle est la raison de cette crainte? Veuillez nous dire
pourquoi les élèves ou les jeunes craignent tant de parler de ce
problème avec leurs propres parents.
Ms. Richards: I think it is because most of them are not very
close to their parents. The parents go to work, and they go to
school. Then they go off to do sports or whatever, and there is just
not much time to talk to them and actually grow a connection
with them to become friends instead of parents and daughter,
parents and son. I did not really have that great connection, so I
just did not tell them.
Mme Richards : Je pense que c’est parce que la plupart d’entre
eux n’ont pas de liens très forts avec leurs parents. Les jeunes vont
à l’école, et les parents travaillent. Ensuite, les jeunes vont faire du
sport, par exemple, et ils n’ont donc pas beaucoup de temps pour
discuter avec eux et se rapprocher réellement d’eux afin de nouer
des liens d’amitié au lieu d’être seulement leur fille ou leur fils. Je
n’avais pas vraiment de liens très forts avec mes parents, alors je
ne leur ai tout simplement pas parlé de ce que je vivais.
Senator Meredith: Thank you for that.
Le sénateur Meredith : Merci.
The Chair: Thank you very much, Ms. Richards. You were
very brave in sharing your views with us.
La présidente : Merci beaucoup, madame Richards. Vous avez
très courageuse de nous faire part de votre point de vue.
Molly Turner, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators. My name is Molly Turner. It is an honour
to be able to present to you today on the issue of cyberbullying in
Canada. Cyberbullying is a huge issue. It may not seem like it, but
it really is. An adult may think that it is one hurtful message or
one mean text. It is never just one text or one message. It is a flood
of snide comments and cruel words, and it is not always even said
to the person directly. It can be a message saying some things
about you that one person says to another, and then that person
sends it to another person. Then, they send it to someone else
until the whole school has heard about this thing that you
supposedly did or said. Everyone has heard that saying, ‘‘Sticks
and stones may breaks my bones, but words will never harm me’’
or some variation of that, but it is not true; words do hurt, even
virtual ones.
Molly Turner, étudiante, Springbank Middle School : Bonjour,
mesdames et messieurs les sénateurs. Je m’appelle Molly Turner.
Je suis honorée de comparaître devant vous aujourd’hui
pour vous parler de la cyberintimidation au Canada. La
cyberintimidation est un problème extrêmement grave. Ça ne
paraît peut-être pas, mais ça l’est vraiment. Un adulte peut penser
qu’il est seulement question d’un message blessant ou d’un texte
blessant. Ce n’est jamais juste un texte ou un message. C’est un
flot de commentaires narquois et de mots cruels qui ne sont même
pas adressés directement à la victime. Une personne peut envoyer
un message à propos de vous à quelqu’un d’autre, qui l’envoie à
son tour à une autre personne. Puis, celle-là l’envoie à quelqu’un
d’autre, et ce, jusqu’à ce que toute l’école sache ce que vous avez
supposément fait ou dit. Tout le monde a déjà entendu l’adage
voulant que les bâtons et les pierres peuvent nous briser les os,
mais que les mots ne peuvent jamais nous faire du mal — ou
quelque chose du genre —, mais ce n’est pas vrai : les mots font
bel et bien mal, même ceux en ligne.
I could tell you a lot of stories about cyberbullying. Way too
many people I know have gone through this, but one of them
really comes to mind when I think about how bullying affects
people who are not even involved. On Tumblr, you can send an
anonymous message, and no one will know who you are. Most of
the time, I see this used by people who need advice on something
deeply personal and do not want anyone to know who they are. I
have seen teens go to others for help for anorexia, self-harm,
relationship issues and a million and one other things that young
people can help each other with.
Je pourrais vous raconter plein d’histoires à propos de la
cyberintimidation : bien trop de gens que je connais sont passés
par là —, mais il y en a une à laquelle je pense surtout quand
j’essaie d’expliquer comment l’intimidation touche des gens qui
n’ont même rien à voir avec la situation. Sur Tumblr, on peut
envoyer un message anonyme; personne ne saura qui on est. La
plupart du temps, je vois que cette fonction est utilisée par des
personnes qui ont besoin de conseils au sujet d’une question très
personnelle et qui ne souhaitent pas que leur identité soit révélée.
J’ai vu des adolescents demander de l’aide à d’autres à propos de
problèmes comme l’anorexie, l’automutilation, les relations de
couple et une foule d’autres problèmes concernant lesquels les
jeunes peuvent s’aider mutuellement.
I have some friends who run a really popular blog. They have
so many followers it is amazing, and they get a lot of anonymous
messages like that. A lot of young kids turn to them for help.
They also get a lot of hate, so much that they had to turn off their
anonymous setting. They cut off the ability of those other young
people to turn to them for help with serious issues. Those few
people who felt the need to bully my friends affected other people
J’ai des amis qui tiennent un blogue très populaire. Ils ont un
nombre formidable de lecteurs et reçoivent beaucoup de messages
anonymes pour cette raison. Bien des jeunes leur demandent de
l’aide. Ils reçoivent aussi beaucoup de messages haineux, au point
d’avoir dû bloquer les commentaires anonymes. Ils ont ainsi
empêché d’autres jeunes, aux prises avec des problèmes graves, de se
tourner vers eux pour obtenir de l’aide. Ces quelques personnes qui
14:20
Human Rights
4-6-2012
without even realizing it, so, even if you are targeting just one
person with your hurtful words, it will never affect just them. The
affect will always spread like when you drop a rock into a pond.
The ripples will reach further than you ever could have imagined.
I think that there are many potential solutions to the problem of
cyberbullying. It will be hard, but there are things that we can do.
One of discussions we have had is that the government is
considering passing a law to make cyberbullying illegal, and I
know that there are mixed feelings on this.
ont senti le besoin d’intimider mes amis ont nui à d’autres personnes
sans même s’en rendre compte; et c’est pourquoi je dis que, même si
on cible seulement une personne avec des mots blessants, ce n’est
jamais seulement elle qui est touchée. L’effet se répand toujours.
C’est comme quand on lance un caillou dans un étang : les ondes
sur la surface de l’eau se rendent toujours plus loin qu’on aurait pu
l’imaginer. Je pense qu’il y a bien des solutions potentielles pour
régler le problème de la cyberintimidation. Ce sera difficile, mais
nous pouvons faire certaines choses. Nous avons notamment
discuté de la possibilité que le gouvernement adopte une loi pour
rendre illégale la cyberintimidation, et je sais que ce n’est pas tout le
monde qui est d’accord.
My opinion is that, while a law may not help to resolve the
issue right away, after a time it may help to discourage young
people from bullying others if they see the consequences of
cyberbullying. For example, it is now illegal not to wear a
seatbelt, but, not so long ago, that was acceptable. It was after the
law had passed that more and more people gradually started to
wear seat belts after seeing the consequence of not wearing one. I
think the same thing might happen with cyberbullying. If the
government were to set up a very definite consequence for anyone
breaking the law on cyberbullying, it may make cyberbullying
more and more unacceptable in society, just as not wearing your
seatbelt is now considered unacceptable. It would not solve
everything and definitely not right away, but it, along with other
measures, might help.
À mon avis, même si une loi ne nous permettra pas de régler le
problème tout de suite, elle pourrait, après un certain temps,
décourager les jeunes d’en intimider d’autres s’ils prennent
conscience des conséquences de leurs gestes. Par exemple, il est
maintenant illégal de ne pas boucler sa ceinture de sécurité, mais, il
n’y a pas si longtemps, c’était acceptable. Après l’adoption de la loi,
de plus en plus de gens se sont mis à boucler leur ceinture après
avoir compris ce à quoi ils s’exposaient s’ils ne le faisaient pas. Je
pense que cela pourrait être la même chose avec la
cyberintimidation. Si le gouvernement établissait des conséquences
très précises auxquelles s’exposent les personnes qui enfreignent la
loi en faisant de l’intimidation en ligne, ça pourrait rendre la
cyberintimidation de plus en plus inacceptable dans la société, tout
comme le fait de ne pas boucler sa ceinture est maintenant considéré
comme inacceptable. Ça ne réglerait pas tout — et certainement pas
tout de suite — mais, avec d’autres mesures, ça pourrait être utile.
I believe that cyberbullying, as it is now, is a serious issue and
could get even worse if we, as a society, do not do something
about it. It affects a lot more than just one person, and I think
that the government could potentially help to save a lot of young
people from having to take on this burden because to be bullied is
to carry a burden. It is a huge weight on your shoulders, and, if we
can help to relieve some of that weight, we should.
Je pense que la cyberintimidation est un important problème à
l’heure actuelle et qu’il pourrait même empirer si nous ne faisons
rien en tant que société. Il touche beaucoup de gens, pas juste une
personne, et je pense que le gouvernement pourrait éviter à bien
des jeunes de devoir porter ce fardeau — car se faire intimider,
c’est vraiment un fardeau. C’est un énorme poids à porter, et, si
nous pouvons l’alléger un peu, nous devrions le faire.
Senator Harb: Thank you very much. What I hear you saying is
that we need to have more awareness. Do you have a website in
your school so that, for example, if someone is bullied, they can go
and report it to the school without having to mention their names?
Le sénateur Harb : Merci beaucoup. Si je vous comprends bien,
nous devons accroître la sensibilisation. Votre école est-elle dotée
d’un site web qui vous permet, par exemple, de lui signaler que
quelqu’un vous harcèle sans devoir vous nommer?
Ms. Turner: We do not have a school website, but bullying.org
is the big one here. Our teacher, Mr. Belsey, started it, and it has
been a huge help to kids all across the country. It is there that you
can go and tell your story and write poems or whatever you want
to. It is where you can go for help. We do not have a website for
the school, but I know that that particular website, bullying.org,
is a big help.
Mme Turner : L’école elle-même n’en a pas, mais le site
bullying.org est couramment utilisé. C’est notre enseignant —
M. Belsey — qui l’a créé, et ce site a énormément aidé les jeunes
de partout au pays. On peut y raconter son histoire et écrire des
poèmes ou n’importe quoi d’autre. C’est là qu’on peut obtenir de
l’aide. Notre école n’a pas de site web, mais je sais que le site
bullying.org est très utile.
Senator Harb: What do you think the government should do to
assist?
Le sénateur Harb : À votre avis, qu’est-ce que le gouvernement
devrait faire pour aider les jeunes?
Ms. Turner: There is kind of the same general consensus all
around here that you have to raise awareness, to tell people what
it is like to be cyberbullied and to tell parents that this is not a
little thing but a huge thing. You have to tell bullies how it feels
Mme Turner : Tout le monde ici est plutôt d’accord pour dire
que vous devez accroître la sensibilisation, expliquer aux gens ce
que ça fait d’être victime de cyberintimidation et de faire
comprendre aux parents qu’il s’agit non pas d’un petit
4-6-2012
Droits de la personne
14:21
when they send those messages, and you just generally have to
kind of spread the news. It is a big issue. We have to stop this and
spread awareness.
problème, mais d’un problème très grave. Il faut expliquer aux
intimidateurs ce que ça fait de recevoir leurs messages et, de façon
générale, informer la population des conséquences de la
cyberintimidation. C’est un gros problème. Nous devons y
mettre fin et sensibiliser les gens.
Senator White: Thank you very much for your presentation
today. For kids in your school involved in cyberbullying and
bullying other kids, is there an in-school program where other
kids get involved in dealing with them, like a peer justice system?
Le sénateur White : Merci beaucoup de votre exposé. Dans
votre école, existe-t-il un programme ou une sorte de système de
justice par les pairs pour les jeunes qui se livrent à de la
cyberintimidation et qui s’attaquent aux autres?
Ms. Turner: There is not, actually. I have a friend who was
cyberbullied by another boy, and in-school suspension is really
the punishment. He was suspended for a day. I really do not think
that that does anything. I think maybe a peer justice system would
be a good idea because, at the moment, it is just teachers and
administration dealing with this, and they do not really
understand how it feels and how much it hurts. I think a peer
justice system or some other way that the students could help to
deal with these problems would really be a good idea.
Mme Turner : En fait, il n’y en a pas. Un de mes amis s’est fait
intimider en ligne par un autre garçon, et, dans ces cas-là, on donne
surtout comme punition une suspension au sein de l’école. Le
garçon a été suspendu pour une journée. Je ne crois pas que cela ait
vraiment un effet. Selon moi, un système de justice par les pairs
serait peut-être une bonne idée parce qu’à l’heure actuelle, il n’y a
que les enseignants et la direction qui s’occupent du problème, et ils
ne comprennent pas vraiment comment on se sent et combien ça
blesse. Je pense que ce serait vraiment une bonne idée d’instaurer un
système de justice par les pairs ou de trouver un autre moyen qui
permettrait aux élèves de contribuer à régler ces problèmes.
Senator Robichaud: How often do those people who have been
bullied, as a group, find the source of the bullying in discussions
among themselves? When you say that we should put some
measures in place, it should be aimed at those persons who do the
bullying. How often do you find that there are a couple of people
who usually are the source of the bullying that you are subjected to?
Le sénateur Robichaud : À quelle fréquence les victimes
d’intimidation trouvent-elles ensemble l’auteur de ces gestes en
discutant entre elles? Vous dites que nous devrions prendre des
mesures; elles devraient viser les intimidateurs. À quelle fréquence
découvrez-vous que deux ou trois personnes sont habituellement
la source des gestes d’intimidation dont vous êtes victimes?
Ms. Turner: That is a problem. As other people have said
before me, with the anonymous settings on so many websites, you
do not know, you cannot know who it was. It could be someone
in your class. It could be someone you see every day, but you
would not know. It is really hard to find that source. Sometimes
we do, and sometimes there is a consequence and sometimes it
stops, but often there is no way of knowing. I think that is another
problem, and I really do not know how to resolve it, but we
should resolve it, because if we do not know the source of the
bullying, then we cannot always make it stop.
Mme Turner : C’est un problème. Comme d’autres personnes
l’ont dit avant moi, les commentaires anonymes étant autorisés
sur tant de sites web, on ne sait pas et on ne peut pas savoir qui est
le coupable. Ça pourrait être une personne de notre classe. Ça
pourrait être une personne qu’on voit chaque jour, mais qu’on ne
connaît pas. Il est vraiment difficile de retracer la source de tels
commentaires. Il arrive que nous y arrivions, qu’il y ait une
conséquence et que le problème se règle, mais, souvent, il est
impossible de découvrir qui est le coupable. Je pense qu’il s’agit
d’un autre problème et je ne sais vraiment pas comment le régler,
mais nous devrions le faire, car, si nous ne savons pas qui est la
source de l’intimidation, alors nous ne pouvons pas toujours faire
en sorte que ça cesse.
Senator Robichaud: Thank you for your presentation. I
appreciate what you told us.
Le sénateur Robichaud : Merci de votre déclaration. Je l’apprécie.
The Chair: Thank you very much, Ms. Turner, for your
presentation. May we have the next presenter?
La présidente : Madame Turner, merci beaucoup de votre
exposé. Pouvons-nous entendre le prochain témoin?
Katie Allan, Student, Springbank Middle School: Honourable
senators, my name is Katie Allen. Today in my submission I
would like to argue that cyberbullying is a big deal for Canadian
tweens and teens alike. I will cover three topics: whether
cyberbullying is a big issue, how much it hurts from a teen’s
perspective, and what I think needs to be done to prevent it.
Katie Allan, étudiante, Springbank Middle School : Mesdames
et messieurs les sénateurs, je m’appelle Katie Allen. Aujourd’hui,
dans mon exposé, j’aimerais faire valoir que la cyberintimidation
représente un problème grave pour les préadolescents et les
adolescents canadiens. Je vais aborder trois points : je vais
expliquer pourquoi la cyberintimidation est un problème
important, à quel point c’est blessant pour un adolescent, et ce
qu’il faut faire, selon moi, pour la prévenir.
14:22
Human Rights
4-6-2012
As you know, the number of teen suicides is quite high in
Canada, and obviously something needs to be done about it. You
cannot know the exact reason why certain people commit suicide,
but I believe when it comes to teens it must have something to do
with bullying. All the technology that we are surrounded with has
made bullying much easier, and I can tell you that from personal
experience. There is nowhere to hide. When you go home it is there.
Even at school, when you have your phone on, it is still there.
Comme vous le savez, le taux de suicide chez les adolescents
canadiens est assez élevé, et il est évident que nous devons faire
quelque chose à ce sujet. On ne peut pas connaître la raison exacte
pour laquelle certaines personnes se suicident, mais je pense que,
chez les adolescents, ce doit être lié à l’intimidation. Toutes les
technologies qui nous entourent ont rendu l’intimidation beaucoup
plus facile, et je le sais par expérience. On n’a nulle part où se
cacher. Quand on rentre à la maison, le problème est là. Même à
l’école, quand on a un téléphone cellulaire, il est encore là.
It is much easier to insult someone over texts or Facebook
because you do not see that look of hurt and betrayal on their face.
Il est beaucoup plus facile d’insulter quelqu’un sur Facebook
ou au moyen de textos, car on ne peut voir sur son visage les
sentiments de douleur et de trahison.
The Chair: I am sorry, Ms. Allan, you have such important
things to say to us, and we are having difficulty hearing. I
understand from here there may be someone using a cellphone in
the room that you are in. Can you ask them not to, please? I
sincerely apologize. This is hard enough, and I am asking you to
repeat what you were saying, because we have not heard you. Can
you start again, Ms. Allan?
La présidente : Madame Allan, veuillez m’excuser. Vous avez des
choses très importantes à nous dire, mais nous avons de la difficulté
à vous entendre. Je crois savoir qu’une personne dans la pièce où
vous vous trouvez utilise son téléphone cellulaire. Pouvez-vous lui
demander de ne pas le faire, s’il vous plaît? Je suis sincèrement
désolée. C’est déjà assez difficile comme ça, et je vous demanderais
de répéter ce que vous venez de dire, car nous ne vous avons pas
entendue. Pouvez-vous recommencer, madame Allen?
Ms. Allan: That is fine. Today in my submission I would like to
argue that cyberbullying is a big deal for Canadian tweens and
teens alike. I will cover three topics: whether cyberbullying is a big
issue, how much it hurts from a teen perspective, and what I think
needs to be done to prevent it.
Mme Allan : Pas de problème. Aujourd’hui, dans mon exposé,
j’aimerais faire valoir que la cyberintimidation représente un
problème grave pour les préadolescents et les adolescents
canadiens. Je vais aborder trois points : je vais expliquer
pourquoi la cyberintimidation est un problème important, à
quel point c’est blessant pour un adolescent, et ce qu’il faut faire,
selon moi, pour la prévenir.
As you know, the number of teen suicides is quite high in
Canada, and obviously something needs to be done about it. You
cannot know the exact reason why certain people commit suicide,
but I believe when it comes to teens it must have something to do
with bullying. All the technology that we surround ourselves with
has made bullying much easier. There is no place to hide and you
are never safe, at home or at school, even on vacation.
Comme vous le savez, le taux de suicide chez les adolescents
canadiens est assez élevé, et il est évident que nous devons faire
quelque chose à ce sujet. On ne peut pas connaître la raison exacte
pour laquelle certaines personnes se suicident, mais je pense que,
chez les adolescents, ce doit être lié à l’intimidation. Toutes les
technologies qui nous entourent ont rendu l’intimidation
beaucoup plus facile. On n’a nulle part où se cacher et on n’est
jamais à l’abri du risque, qu’on se trouve à la maison, à l’école ou
même en vacances.
I would like to tell you that from personal experience. It is
much easier to insult someone online because you do not see that
look of hurt on their face.
J’aimerais vous faire part de mon expérience personnelle. C’est
bien plus facile d’insulter quelqu’un en ligne, car on ne voit pas la
douleur sur son visage.
When you are the victim of cyberbullying, it is not just
upsetting; it is way more than that. It is a total mix of emotion —
anger, confusion, regret, shame; the list goes on. You do not just
feel anger for the bully but for yourself, for letting them do that to
you. You start beating yourself up and you start believing that the
bully is telling you the truth. This can lead to self-harm, eating
disorders, depression, suicidal thoughts and even suicide itself.
Quand on est victime d’intimidation, ce n’est pas seulement
dérangeant; c’est bien plus que cela. On ressent tout un mélange
d’émotions : de la colère, de la confusion, du regret, de la honte,
et cetera. On est fâché non seulement contre l’intimidateur, mais
aussi contre soi-même, car on l’a laissé nous traiter ainsi. On
commence à se tourmenter et à croire que l’intimidateur nous dit
la vérité. Cela peut amener la victime à s’infliger du mal,
provoquer chez elle des troubles alimentaires, la dépression et des
pensées suicidaires et même la pousser au suicide.
When you have a bully face to face, it hurts, but over the
Internet when you cannot defend yourself and half the time you
do not know who the bully is, it feels like a punch in the gut. To
put it simply, you feel defenceless.
Quand quelqu’un nous fait la vie dure en personne, ça fait mal;
mais sur Internet, où on ne peut pas se défendre et où on ignore une
fois sur deux qui est le coupable, c’est comme recevoir un coup de
poing dans le ventre. On se sent tout simplement sans défense.
4-6-2012
Droits de la personne
14:23
A friend of mine is an owner of a blog on Tumblr, and she has
received so much anonymous hate that it caused her to take her
own life. That is hard for everyone, even all the people on Tumblr.
It makes you scared. Tumblr is a great resource that you can use
to express how you feel, and after something like that happens,
you do not really want to anymore.
Une de mes amies possède un blogue sur Tumblr, et elle a reçu
tellement de messages haineux anonymes qu’elle a fini par
s’enlever la vie. C’est dur pour tout le monde, même pour
toutes les personnes sur Tumblr. Ça fait peur. Tumblr est un outil
super qu’on peut utiliser pour exprimer ses émotions; mais, quand
quelque chose du genre se produit, on ne veut plus vraiment le
faire.
I honestly think that what needs to be done to prevent
cyberbullying is for the bullies to see the toll it takes on people, to
have the opportunity to hear the stories of those who have been
bullied and see what these people do to themselves.
Honnêtement, je pense que si on veut prévenir la
cyberintimidation, on doit faire comprendre aux intimidateurs à
quel point ils blessent les gens et leur donner l’occasion de
connaître le point de vue des victimes et de constater le mal
qu’elles s’infligent.
Thank you for this.
Je vous remercie.
The Chair: Ms. Allan, you were very patient with us and you
had some false starts. I apologize, but we thank you. You
certainly got your message across; I can assure you about that.
La présidente : Madame Allan, vous avez été très patiente à
notre égard malgré votre faux départ. Je m’en excuse, mais nous
vous remercions. Votre message a certainement passé; je peux
vous l’assurer.
Senator Ataullahjan: Ms. Allan, do you find that most
cyberbullying is done by people you know or is it done by
people who do not know you? The word that jumped out at me
from when you were speaking is ‘‘hate.’’ There seems to be a lot of
hate. Is it directed at you by people that you know, or some of the
people you do not know at all, anonymously?
Le sénateur Ataullahjan : Madame Allan, à votre avis, est-ce
que la plupart des activités de cyberintimidation sont causées par
des personnes connues de la victime? Quand vous avez prononcé
le mot « haineux » dans votre exposé, cela m’a saisie. Il semble y
avoir beaucoup de haine. Est-ce que ce sont des gens que la
victime connaît ou de purs inconnus qui écrivent ces propos
haineux de façon anonyme?
Ms. Allan: If it is anonymous, you are not really sure if you
know them or not. It depends on which sites you are using. On
Facebook people do not really have the ability to be anonymous,
unless they make fake accounts, but I would say it is a mix of
both. Sometimes you get hate from people that you know and
other times you get hate from people you have never even met or
seen; they live in a total different country from you.
Mme Allan : Si c’est anonyme, on ne sait jamais vraiment si on
connaît la personne. Tout dépend des sites qu’on fréquente. Sur
Facebook, les gens ne peuvent pas vraiment être anonymes, à
moins de créer de faux comptes, mais je dirais qu’il s’agit d’un
mélange des deux. Parfois, on reçoit des messages haineux
provenant de personnes qu’on connaît; et d’autres fois, ils
proviennent des personnes qu’on a jamais rencontrées ni vues et
qui vivent dans un autre pays.
The Chair: Thank you. May we now go on to the next presenter?
La présidente : Merci. Pourrions-nous entendre le prochain
exposé?
Shelby Anderson, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators. My name is Shelby Anderson and I am
honoured to be here with you today.
Shelby Anderson, étudiante, Springbank Middle School :
Mesdames et messieurs les sénateurs, bonjour. Je m’appelle
Shelby Anderson et je suis honorée de comparaître devant vous
aujourd’hui.
What is cyberbullying? It is anything from a mean message on
Facebook, an inappropriate picture of you fooling around on the
Internet that you did not know was taken, an email you received
about how ugly, stupid or retarded you are, death threats, and even
in text messages. If you get a text message from someone and it is all
in capitals, you do not know if they really mean what they are
saying or they are just saying it to play around or joke with you.
Qu’est-ce que la cyberintimidation? Ça peut être un message
méchant sur Facebook, une photo inappropriée de vous en train
de faire des folies qui a été prise à votre insu et qui circule sur
Internet, un courriel vous disant à quel point vous êtes laide,
stupide ou attardée, des menaces de mort et même des textos. Si
on reçoit un texto écrit tout en majuscules, on ne sait pas si la
personne qui l’a envoyé est sérieuse ou si elle l’a écrit juste pour
plaisanter ou pour faire une blague.
Cyberbullying is everywhere, and it really hurts. It makes you
want to crawl in a hole and just stay there. It makes you feel like
you are the only one and no one is out there to help you; no one
can help you.
La cyberintimidation est partout, et ça fait vraiment mal. Ça
donne envie de se tapir dans un trou et d’y rester. Ça donne
l’impression qu’on est tout seul et que personne n’est là pour nous
aider, que personne ne peut nous aider.
14:24
Human Rights
4-6-2012
Is cyberbullying a big deal? It is a big deal, especially for kids.
With adults, if they see it, they usually think it is just a joke
between the kids, and it is not something they need to worry
about. Kids are getting meaner and meaner. At 10 years old, kids
are already deciding who the loser kids are and who the cool ones
are. Cyberbullying, or bullying in general, is causing kids to take
their own lives because they cannot take the harassment, and they
start to believe what the bullies are saying. Boys and girls will hear
the whispers, the giggles and their names coming up in every
conversation. What the bullies say will echo through the victim’s
ears.
La cyberintimidation est-elle un problème important? Ça l’est,
surtout chez les jeunes. Quand les adultes en sont témoins, ils
pensent habituellement qu’il s’agit seulement d’une blague entre
jeunes et qu’il n’y a pas de soucis à se faire. Mais les enfants sont
de plus en plus méchants. À 10 ans, ils décident déjà qui est un
rejet et qui est populaire. La cyberintimidation — ou
l’intimidation en général — amène des jeunes à s’enlever la vie
parce qu’ils n’en peuvent plus d’être harcelés et qu’ils commencent
à croire ce que disent leurs intimidateurs. Les victimes — garçons
et filles — entendent des murmures et des gloussements, et on
mentionne leur nom dans toutes les conversations. Les paroles des
intimidateurs se fraient un chemin jusqu’aux oreilles des victimes.
Facebook, for example, is an amazing site. You can share your
pictures, you can stay in contact with family around the world,
and talk with your friends, but Facebook has an evil side to it, as
well. It is a perfect place for bullies to choose their victims. There
are usually two things the bullies will do from Facebook. One is
that they will look at a picture of someone and the person in the
picture will think it is a really good picture, but the bullies will
comment horrible things and make the person in the picture feel
insecure and horrible about themselves. Second, they could copy
the picture and show it to their friends who will show it to their
friends, and it will make the rumours grow bigger and bigger.
Facebook, par exemple, est un site formidable. On peut
partager des photos, rester en contact avec des membres de sa
famille partout dans le monde et clavarder avec ses amis. Mais
Facebook a aussi des aspects négatifs. Pour un intimidateur, c’est
l’endroit parfait où choisir ses victimes. Il y a habituellement deux
choses que font les intimidateurs sur Facebook. La première, c’est
trouver une photo sur laquelle une personne croit très bien
paraître pour y laisser des commentaires horribles et faire en sorte
qu’elle n’ait pas confiance en elle et qu’elle se sente très mal dans
sa peau. La deuxième, c’est copier la photo et la montrer à leurs
amis, qui la montreront aux leurs, ce qui répandra de plus en plus
la rumeur.
How can we prevent cyberbullying? Personally, I am not sure if
there is a way that we can completely stop cyberbullying because
it is hard. Everyone around the world can do it. Even if we try to
stop it, people can continue doing it.
Comment pouvons-nous prévenir la cyberintimidation?
Personnellement, je ne suis pas certaine qu’il existe un moyen de
l’enrayer complètement, car c’est difficile. Tous les gens du monde
peuvent en faire. Même si nous essayons de faire cesser la
cyberintimidation, les gens peuvent continuer à en faire.
I do not think laying down a law will work. With a law, I feel
like kids will still do it because they do not think the law will stop
them. However, if you are the parent of a child who is bullying
someone, do not be angry at them, but try to talk them into it and
saying, ‘‘The people you are bullying are humans, too, and they
have feelings just like you and me, and it hurts them, as well.’’
Je ne pense pas qu’une loi réglera le problème. Je pense que
même si on adoptait une loi, les jeunes continueraient quand
même à poser de tels gestes, car ils ne penseraient pas qu’elle
entraînerait des conséquences pour eux. Cependant, si on est le
parent d’un enfant qui intimide les autres, il ne faut pas se mettre
en colère contre lui; il faut plutôt essayer de lui parler et lui dire :
« Les gens que tu intimides sont humains, eux aussi, ils ont des
sentiments comme toi et moi, et ce que tu leur fais les blesse. »
If your child is the one being bullied, try and tell them it is okay
to come and talk to you. Even if it is tough and you are there for
them always, it is hard for kids to come clean about things like
bullying. It is hard to take things off your chest like that, but it
really helps to do it.
Si votre enfant est victime d’intimidation, essayez de lui faire
comprendre qu’il peut vous en parler. Même si c’est dur et que
vous êtes toujours là pour lui, les jeunes ont de la difficulté à
admettre qu’ils sont victimes d’intimidation, entre autres. Il est
difficile de confier de telles choses à quelqu’un, mais ça fait
vraiment du bien.
For the friends of the ones being bullied, do not just sit back.
Do not just watch them being bullied. Do not just watch them
being hurt. You need to go tell someone; you need to tell a parent
or a teacher, and they will help, as well.
Si vous êtes l’ami d’une victime d’intimidation, ne restez pas là
à ne rien faire. Ne la laissez pas tout simplement se faire
malmener. Ne la regardez pas tout simplement se faire faire du
mal. Vous devez en parler à quelqu’un; vous devez en parler à un
parent ou à un enseignant. Ils aideront la victime, eux aussi.
We need to find a way to stop bullying because it is hurting
kids all around the world, and it is just wrong. Thank you.
Nous devons trouver une façon de mettre fin à l’intimidation
parce que cela cause du tort à des jeunes de partout dans le monde
et que c’est mal. Merci.
The Chair: Thank you very much for your presentation. We
will now go on to questions.
La présidente : Merci beaucoup de votre déclaration. Nous
allons maintenant passer aux questions.
4-6-2012
Droits de la personne
14:25
Senator Robichaud: Thank you very much for your
presentation. In your school, you have come together and, I
understand, put groups together that talk about bullying and the
effects of bullying. Have you seen any changes in the behaviour of
bullies? Is there less bullying taking place?
Le sénateur Robichaud : Merci beaucoup de votre exposé. Dans
votre école, vous vous êtes unis et, d’après ce que je comprends,
vous avez créé des groupes pour discuter de l’intimidation et de ses
effets. Avez-vous constaté des changements dans le comportement
des intimidateurs? Y a-t-il moins d’intimidation que par le passé?
On the other side, are more of your friends who are being
bullied coming out to seek some support?
Par ailleurs, vos amis qui sont victimes de tels gestes sont-ils
plus nombreux à chercher du soutien?
Ms. Shelby Anderson: I think so. Now that our school and
bullying.org are out there, I think the people being bullied know
there are people that can help them and that the bullying can stop
if they come out and talk. It is hard, but if they do come out, they
can get help.
Mme Shelby Anderson : Je pense que oui. Maintenant que
notre école est sensibilisée au problème et que le site bullying.org
existe, je pense que les victimes savent que les gens peuvent les
aider et que l’intimidation peut cesser si elles en parlent. C’est
difficile, mais si elles le font, elles peuvent obtenir de l’aide.
As far as how it affects the bullies, I do not think it is
completely stopping it, but the bullies are decreasing because
there are more and more kids coming out with their problems,
and they are growing. The ones being bullied are bigger than the
bullies themselves.
Pour ce qui est de la façon dont ça touche les intimidateurs, je ne
pense pas que ça fasse complètement cesser l’intimidation, mais il y
a de moins en moins de gens qui en font, car il y a de plus en plus de
jeunes qui osent parler de leurs problèmes, et ils continuent de
grandir. Ceux qui se font intimider sont plus grands que les
intimidateurs eux-mêmes.
Senator Robichaud: I think that what you are doing is part of
the solution — getting people to talk about it and to have
professionals help those who are being bullied. Maybe this kind of
exercise should happen in all the schools, from one end of Canada
to the other. I congratulate you for participating in that and
saying just what can be done. Thank you very much.
Le sénateur Robichaud : Je pense que ce que vous faites
constitue une partie de la solution, en ce sens que vous encouragez
les victimes à parler de ce qu’elles vivent et à chercher de l’aide
auprès de professionnels. Peut-être qu’on devrait mener ce genre
d’exercice dans toutes les écoles du Canada. Je vous félicite d’y
avoir participé et d’avoir expliqué ce qui peut être fait pour lutter
contre ce problème. Merci beaucoup.
The Chair: Thank you, Ms. Anderson. May we have the next
presenter? Senators, I am sorry I have to be arbitrary. I will just have
one senator ask the question because we are running out of time.
La présidente : Merci, madame Anderson. Pouvons-nous
entendre le prochain témoin? Chers membres, je suis désolée,
mais je dois être arbitraire. Je vais laisser seulement un sénateur
questionner le témoin, car le temps file.
Sloane Anderson, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators, my name is Sloane Anderson. I am very
honoured to be here to present my speech to you today.
Sloane Anderson, étudiante, Springbank Middle School :
Bonjour, mesdames et messieurs les sénateurs. Je m’appelle
Sloane Anderson. C’est un grand honneur pour moi de pouvoir
vous présenter mon exposé aujourd’hui.
Bullies are people who are jealous, scared, hurt, and
emotionally and physically disturbed. For me, people bully
because of what could have happened to them; maybe they got
bullied when they were little or are getting bullied now, so they
feel like they have to be bullies themselves. There are bullies at
every age. It is sad to see how many bullies there are in the world
and how many kids are getting bullied to the point where they do
not want to live anymore. For me, it seems like, if we cannot stop
it now, the lives of our children might be way worse than they are
now. There might be way more suicides and other stuff that could
happen, so we need to stop it before it gets worse.
Les intimidateurs sont des personnes jalouses, craintives,
perturbées sur le plan émotionnel et physique. Selon moi, s’ils
intimident les gens, c’est à cause de certaines choses qu’ils ont pu
vivre : ils se sont peut-être fait intimider quand ils étaient petits ou
ils le sont peut-être maintenant, alors ils ont l’impression qu’ils
doivent faire subir la même chose aux autres. Il y a des
intimidateurs de tous les âges. Il est triste de constater combien
il y en a dans le monde et combien de jeunes se font intimider au
point de perdre le goût de vivre. Je pense que, si nous ne pouvons
pas régler ce problème maintenant, la vie des enfants deviendra
peut-être bien pire que ce qu’elle est actuellement. Il y aura peutêtre bien plus de suicides et d’autres tragédies, alors nous devons
faire cesser l’intimidation avant que les choses ne s’aggravent.
When kids get bullied, they always feel powerless and alone.
However, there are always people who can help them, like their
friends, their family, even their bus driver if there are bullies on
the bus who are bullying you. You can always tell someone. There
is always help.
Quand les jeunes se font intimider, ils se sentent toujours seuls
et impuissants. Cependant, il y a toujours des gens qui peuvent les
aider, par exemple leurs amis, leur famille ou même le chauffeur
d’autobus, s’ils se font intimider dans l’autobus. On peut toujours
en parler à quelqu’un. On peut toujours obtenir de l’aide.
14:26
Human Rights
4-6-2012
Bullying is an everyday thing. I do not think a law will help
bullying because, like Ms. Calvo said, we are teenagers. Lots of
people will not listen to it. On Facebook, if you send a mean
message or a death threat to someone, you can just delete it
afterwards. Therefore, if the victim decides to come forth and tell
an adult, then the bully can say ‘‘No, I did not do that,’’ because
they deleted it, and that is not right because it did happen and
there is more that you could do.
L’intimidation est un problème de tous les jours. Je ne pense
pas qu’une loi contribuera à l’éliminer, car, comme l’a dit
Mme Calvo, nous sommes des adolescents. Bien des gens ne la
respecteront pas. Si on envoie un message méchant ou des
menaces de mort à quelqu’un sur Facebook, on peut simplement
supprimer par la suite ce qu’on a écrit. Donc, si une victime décide
de parler de son problème à un adulte, alors l’intimidateur peut
supprimer le message et dire : « Non, je n’ai pas fait ça »; et c’est
faux, car il l’a bel et bien écrit. Il y a d’autres choses qu’on
pourrait faire.
Also like Ms. Anderson said, you do not know what tone the
bully or anyone is using on the Internet. You do not know if it is
nice or mean. It is by your point of view. You have to decide what
they are saying, so you do not know if it is nice.
De plus, comme l’a dit Mme Anderson, sur Internet, on ne sait
pas quel ton est utilisé par l’intimidateur ou par toute autre
personne. On ne sait pas s’il veut être gentil ou méchant. C’est une
question de point de vue. Il faut juger soi-même du sens que
voulait donner la personne à son message, alors on ne sait pas si
elle voulait être gentille.
Cyberbullying is a big deal and it can start at any age. For me,
cyberbullying is something that causes kids to fake accounts
because they are scared of what people might think of them. They
can get bullied for their image, what their personality is or what
they like to do. It does not matter; there is always something that
they can get bullied over, and it is really sad. Therefore, they make
fake accounts so nobody really knows them. You have to be true
to yourself, so just be you.
La cyberintimidation est un problème important qui peut
survenir à tout âge. À mon avis, c’est quelque chose qui pousse
les jeunes à créer de faux comptes, car ils ont peur de ce que les gens
pourraient penser d’eux. Ils peuvent se faire intimider à cause de leur
image, de leur personnalité ou de ce qu’ils aiment faire. La raison n’a
pas d’importance; on peut toujours trouver un prétexte pour les
intimider, et c’est vraiment triste. Donc, ils créent de faux comptes
afin que personne ne sache vraiment qui ils sont. Il faut s’accepter
comme on est, alors on devrait simplement être soi-même.
There is not very much you can do to prevent bullying, but I
think some of the things you can do is not give out your account
passwords or security codes to anyone, even if you trust them,
because you do not know if it will slip out.
On ne peut pas faire grand-chose pour prévenir l’intimidation,
mais je pense qu’il faut notamment éviter de révéler nos mots de
passe ou nos codes de sécurité à d’autres personnes — même si on
leur fait confiance — car on ne sait jamais si d’autres personnes
finiront par les connaître.
Also, if someone sends you a mean message or a death threat,
do not respond to it. Tell a parent or anyone. If you are really
angry and you decide to take it out on someone and send a mean
message, think before you press send, because you do not know
what will happen; imagine if you were the person receiving the
message. How would you feel?
De plus, si quelqu’un nous envoie un message méchant ou des
menaces de mort, il ne faut pas y répondre. Il faut plutôt en aviser
ses parents, par exemple. Si on est vraiment fâché contre
quelqu’un et qu’on décide de lui envoyer un message méchant
afin de se venger, il faut y penser deux fois avant de cliquer sur le
bouton d’envoi, car on ne sait pas ce qui pourrait arriver.
Imaginez que c’est vous qui recevez le message. Comment vous
sentiriez-vous?
Thank you.
Merci.
The Chair: Thank you very much for your presentation.
Senator Meredith will ask a question.
La présidente : Merci beaucoup de votre témoignage. Le
sénateur Meredith va vous poser une question.
Senator Meredith: Ms. Anderson, thank you for your
presentation. Your school has been very proactive in stopping
bullying in your school, but you have friends in other schools. Are
they as proactive as your school has been in stopping cyberbullying?
Le sénateur Meredith : Madame Anderson, merci de votre
exposé. Votre école a joué un rôle très proactif pour ce qui est de
mettre fin à l’intimidation dans l’établissement, mais vous avez
également des amies dans d’autres écoles. Sont-elles aussi proactives
que la vôtre au chapitre de la lutte contre la cyberintimidation?
Ms. Sloane Anderson: Our school is probably one of the
schools that is doing the most because we have Mr. Belsey, who
started the bullying.org website. I think there are a lot more
schools that are doing more stuff, but I am not quite sure how
they are helping.
Mme Sloane Anderson : Notre école est probablement celle qui
a pris le plus de mesures pour lutter contre ce problème, car nous
avons comme enseignant M. Belsey, qui a lancé le site web
bullying.org. Je pense qu’il y a bien d’autres écoles qui font
d’autres choses, mais je ne sais pas trop lesquelles.
4-6-2012
Droits de la personne
14:27
Senator Meredith: The kids at your school, then, feel that the
administrators are doing everything they can to stop bullying.
How could they spread this across the rest of your school district
to ensure that other kids who feel unsupported are getting the
support they need?
Le sénateur Meredith : Donc, les jeunes de votre école sont
d’avis que la direction fait tout son possible pour éliminer
l’intimidation. Comment pourrait-elle transmettre cette approche
à l’ensemble de la commission scolaire pour s’assurer que d’autres
jeunes qui ne se sentent pas appuyés obtiennent le soutien dont ils
ont besoin?
Ms. Sloane Anderson: I think not just the teachers or staff here
could do something, but the students could tell other students at
other schools. We could all come together and do something. It
might make a big difference. I hope it does. We can all just come
together and do something.
Mme Sloane Anderson : Je pense que ce n’est pas seulement les
enseignants et les employés de l’école qui pourraient faire quelque
chose, mais aussi les élèves, qui pourraient sensibiliser les élèves
d’autres écoles. Nous pourrions tous nous unir et agir. Ça
pourrait grandement changer les choses. J’espère que ça le fera.
Nous pouvons tous nous unir et agir.
Senator Meredith: Thank you, Ms. Anderson. I appreciate that.
Le sénateur Meredith : Merci, madame Anderson. J’apprécie
vos commentaires.
The Chair: Thank you very much.
La présidente : Merci beaucoup.
We will now go on to the next presenter.
La parole va maintenant au prochain témoin.
Oliver Buchner, Student, Springbank Middle School: Hello,
honourable senators. I will talk to you today about the issue of
cyberbullying in Canada.
Oliver Buchner, étudiant, Springbank Middle School : Bonjour,
mesdames et messieurs les sénateurs. Aujourd’hui, je vais vous
parler du problème de la cyberintimidation au Canada.
We all know that cyberbullying is a big issue that affects
everyone, either directly or indirectly. In my presentation I will
talk about how cyberbullying affects the victim, why a law would
not stop cyberbullying, and how we can prevent cyberbullying
without a law.
Nous savons tous que la cyberintimidation est un problème
important qui touche tout le monde de manière directe ou
indirecte. Durant mon exposé, je parlerai des effets de la
cyberintimidation sur ceux qui en sont victimes, des raisons
pour lesquelles une loi ne parviendra pas à mettre fin à la
cyberintimidation et des mesures que nous pouvons prendre pour
prévenir le problème sans recourir à une loi.
I found that most kids who were bullied or cyberbullied never
actually tried to say anything to an adult or someone who could
help. Not telling anyone is one of the things that I think
encourages cyberbullying. The bullying will drag on and on
because the bully knows the victim will not tell, even if it is the
right thing to do. Most kids do not want to look like a coward by
telling an adult that they are getting bullied.
J’ai constaté que la plupart des jeunes victimes d’intimidation ou
de cyberintimidation n’avaient jamais véritablement tenté de
discuter de leur cas avec un adulte ou une personne en mesure de
les aider. À mon avis, le silence est l’un des éléments qui favorisent
la cyberintimidation. L’intimidateur continuera de harceler sa
victime car il sait que celle-ci ne le dénoncera pas, même s’il
s’agirait de la chose à faire. En général, les jeunes craignent de
passer pour lâches s’ils disent à un adulte qu’ils sont victimes
d’intimidation.
Kids think that telling is a sign of weakness, but cyberbullying
affects the victim’s personal life, family life and even his or her
school work, and can eventually lead to depression or suicide. A
kid who is cyberbullied will always have the problem in the back
of his or her mind and it will distract them when they need to
think, such as at school or at work.
Pour les gamins, la dénonciation est un signe de faiblesse.
Toutefois, la cyberintimidation a des répercussions sur la vie
personnelle et familiale de la victime, et même sur ses résultats
scolaires, et peut mener à la dépression ou au suicide. Un jeune
qui est victime de cyberintimidation ne parvient jamais à oublier
totalement le problème, et cela l’empêche de se concentrer
lorsqu’il doit le faire, par exemple, au travail ou à l’école.
A law might help some problems, but for cyberbullying it will
not cut it. As a modern child, I know that a law against
cyberbullying will not stop someone from sending a dirty or mean
message. Even with a law, most kids will not admit to being
bullied or cyberbullied. It will be hard to track cyberbullying
without that.
Une loi pourrait régler quelques problèmes, mais ne pourra pas
mettre fin à la cyberintimidation. En tant que jeune d’aujourd’hui,
je sais qu’une telle loi n’empêchera personne d’envoyer un message
grossier ou méchant. Même en présence d’une loi, la plupart des
jeunes victimes d’intimidation ou de cyberintimidation garderont le
silence, de sorte qu’il sera difficile de repérer les intimidateurs.
In my opinion, teachers should educate their classes on the
issue of cyberbullying, as well as normal bullying. They could
have class discussions and guest speakers. They could talk to kids
Selon moi, les enseignants devraient éduquer leurs élèves à
propos de la cyberintimidation et de l’intimidation proprement
dite. Ils pourraient mener des discussions en classe et inviter des
14:28
Human Rights
4-6-2012
about how cyberbullying and bullying affects kids. I think that if
we did this, we could reduce the number of kids getting bullied.
By educating kids about bullying, we would realize how much it
affects the victim and his or her family and why they should never
do it. By discussing it, a kid will know that it is okay to tell
someone about being bullied.
intervenants à s’adresser aux élèves. Ils pourraient parler des
répercussions de la cyberintimidation et de l’intimidation sur les
enfants. À mon avis, cela pourrait réduire le nombre de cas
d’intimidation. En éduquant les jeunes, on leur permettrait de
prendre conscience de l’ampleur des effets de l’intimidation sur la
victime et les membres de sa famille, et de comprendre pourquoi il
ne faut jamais adopter un tel comportement. Grâce à la
discussion, les jeunes comprendront qu’il n’est pas condamnable
de s’adresser à quelqu’un pour lui dire qu’on est victime
d’intimidation.
Senator White: Thank you very much. You talked a little bit
about the fact that you do not believe a law would necessarily be
successful. Your school does have rules — which could be
considered laws within the school — that suspend students for
their behaviour in relation to cyberbullying. Would you make
changes to the rules you have in your own school as well?
Le sénateur White : Merci beaucoup. Vous avez dit quelques
mots à propos du fait que, selon vous, une loi n’aurait pas
nécessairement de résultats probants. Dans votre école, il y a des
règles à suivre, et ces règles peuvent être considérées comme les
lois de l’école. Selon ces règles, les élèves qui pratiquent la
cyberintimidation sont passibles d’une suspension. Voudriezvous, en plus, que les règles de votre école soient modifiées?
Mr. Buchner: We could probably change the rules so that if
anyone was bullied or cyberbullied, they could tell someone, such
as the guidance counsellor at our school; and the person who is
the bully will have to face the consequences of what they have
done, because it is not a good thing to do.
M. Buchner : Nous pourrions probablement changer les règles
de manière à ce que toute victime d’intimidation ou de
cyberintimidation puisse s’adresser à une personne, par exemple,
le conseiller d’orientation de l’école, et que l’intimidateur subisse
les conséquences de ses actes, vu qu’ils sont répréhensibles.
Senator White: What consequences would you recommend:
what you have now or something different?
Le sénateur White : D’après vous, quelles devraient être ces
conséquences : celles qui sont prévues actuellement ou d’autres?
Mr. Buchner: Right now we normally have suspensions, but
that is the only thing that our school really does right now.
M. Buchner : À l’heure actuelle, en règle générale, la
conséquence est une suspension, mais il s’agit de la seule
véritable sanction imposée par l’école.
Senator White: Thank you for that, and thank you for your
presentation as well.
Le sénateur White : Merci de vos réponses, et merci également
de votre exposé.
Mr. Belsey: Hello again, honourable senators. We have come
to the conclusion of the students’ presentations. I just want to say
again that it has been a tremendous honour for the students from
Springbank Middle School to have their voices heard. I am really
quite proud of my students. I thought that they represented
themselves very well. I hope you felt that their insights will help
you in the difficult task you have ahead of you.
M. Belsey : Rebonjour, honorables sénateurs. Cela met fin aux
exposés des élèves. Je tiens simplement à répéter que les élèves de
l’école intermédiaire Springbank ont été extrêmement honorés
d’avoir eu la possibilité de se faire entendre. Je suis vraiment très fier
de mes élèves. Je crois qu’ils ont été très fidèles à eux-mêmes.
J’espère que vous êtes d’avis que les commentaires qu’ils ont
formulés vous aideront à accomplir la tâche ardue qui vous attend.
As their teacher who teaches them language arts this year, I like
to think that we in our class are leaders in many ways. My
students have used Twitter. We use Skype. All the students have
their own blogs, which they use on a regular basis to share and
publish their writing. Rather than banning and blocking these
technologies, what we have tried to do — in, I hope, an insightful
and progressive way — is to use these various technologies to
have my students and others know that these are the most
powerful communicative tools in the history of mankind, and the
computer and the Internet. I hope that this year my students felt
that they understood the positive power of these tools and,
through their presentations today, maybe gave you some insights
into how incredibly hurtful, harmful and really terrible this issue
is in their lives.
Cette année, j’enseigne les arts du langage et, à ce titre, il me
plaît de penser que les élèves de ma classe sont, à bien des égards,
des chefs de file. Ils ont utilisé Twitter. Nous utilisons Skype. Ils
ont tous leur propre blogue, dont ils se servent régulièrement pour
diffuser les textes qu’ils rédigent. Plutôt que de bloquer l’accès à
ces technologies ou de les interdire, nous avons tenté — de
manière éclairée et progressiste, du moins je l’espère — de les
utiliser afin de montrer aux élèves et à d’autres personnes que
l’ordinateur et Internet sont les plus puissants outils de
communication de l’histoire de l’humanité. J’ose espérer que
mes élèves ont l’impression d’avoir compris, cette année, la
puissance positive de ces outils, et que les exposés qu’ils ont
présentés aujourd’hui vous ont donné une idée de la mesure dans
laquelle la cyberintimidation a des effets incroyablement nocifs,
nuisibles et terribles sur leur vie.
4-6-2012
Droits de la personne
I wondered if you had any final questions, either for me or my
students, at this point.
The Chair: Senator White has a question.
Senator White: Yes, a couple of us have questions.
14:29
À ce moment-ci, si vous avez des questions finales à poser à
mes élèves ou à moi, je vous invite à le faire.
La présidente : Le sénateur White a une question à poser.
Le sénateur White : Oui, deux ou trois d’entre nous avons des
questions à poser.
The question I have is in relation to the rules. A number of the
students referred to suspensions. I have about a 25-year history of
developing restorative justice practices in schools and communities,
and I was wondering whether that is a consideration, going
forward, at Springbank Middle School as well.
Ma question concerne les règles. Un certain nombre d’élèves
ont fait allusion aux suspensions. Depuis environ 25 ans, je
participe à l’instauration de pratiques de justice réparatrice dans
les écoles et les collectivités, et j’aimerais savoir si l’école
intermédiaire de Springbank envisageait d’adopter de telles
pratiques dans l’avenir.
Mr. Belsey: Absolutely. I think restorative justice is a really
important thing. When you hear terms that are bandied about
these days in education, such as ‘‘zero tolerance,’’ the idea to not
want to tolerate bullying is laudable; however, to say, ‘‘If you
bully, you are out,’’ really does not, of course, change anything.
What is important with approaches like restorative justice is that
there are consequences, but they are formative consequences,
consequences that teach.
M. Belsey : Tout à fait. À mes yeux, la justice réparatrice est
très importante. Dans le secteur de l’éducation, par les temps qui
courent, il y a certaines notions dont on parle beaucoup, par
exemple celle de « tolérance zéro ». L’idée de ne pas tolérer
l’intimidation est louable, mais le fait de suspendre tout élève qui
se rend responsable d’un tel acte ne permet évidemment pas de
changer les choses. L’élément important des démarches comme
celle de la justice réparatrice tient à ce que les responsables
doivent faire face aux conséquences de leurs actes, mais il s’agit de
conséquences formatrices et riches d’enseignement.
As an educator, I went to a wonderful school in Ontario. I did
four years of teacher training. In my four years at a fantastic
Canadian university, studying to be a teacher, I received not one
single research-based course or even a class about bullying, and
certainly not cyberbullying, during my entire teacher training.
That is something that needs to be addressed. As you heard the
students say today, students are often cautious, fearful or loath to
come forward and tell an adult, because in some cases they are
worried that a teacher, unfortunately, may unwittingly make the
situation worse; or a parent loves their kids but may really not
know what to do.
L’école que j’ai fréquentée en Ontario pour devenir enseignant
était merveilleuse. J’ai suivi une formation de quatre ans; durant
ces études, que j’ai menées dans une fantastique université
canadienne, je n’ai pas suivi le moindre cours axé sur la
recherche, ni même une leçon, sur l’intimidation, et encore
moins sur la cyberintimidation. Il s’agit là d’un problème qui doit
être réglé. Comme mes élèves vous l’ont dit aujourd’hui, bien
souvent, les jeunes craignent de se manifester et de se confier à un
adulte, ou répugnent à le faire, car il leur arrive de redouter,
malheureusement, qu’un enseignant puisse involontairement
aggraver la situation, ou que leurs parents, même s’ils les
aiment, ne sachent pas vraiment comment réagir.
If I am going to say to my students, whom I care very much
for, ‘‘Do not keep this to yourself; tell an adult or someone you
know and trust,’’ the next part is: What if that adult does not
know what to do? The research is telling us that people often have
to tell 10, 12 or more adults until finally they may find someone to
help. I think restorative justice is a strong example of formative
consequences, which are consequences that teach, and I would
certainly support any move along those lines, in my school and
beyond.
Si je pouvais recommander à mes élèves, dont le bien-être me
préoccupe énormément, de ne pas garder le silence et de
s’intéresser à un adulte ou à une personne qu’ils connaissent et
en qui ils ont confiance, je leur indiquerais également ce qu’ils
doivent faire si l’adulte auquel ils se sont confiés ne sait pas
comment réagir. Les recherches révèlent que les jeunes doivent
souvent s’adresser à 10 ou 12 adultes, voire davantage, avant de
finalement trouver quelqu’un qui puisse les aider. À mes yeux, la
justice réparatrice est un exemple éclatant de démarches se
traduisant par des conséquences formatrices, c’est-à-dire des
conséquences dont on peut tirer des enseignements, et je
soutiendrais assurément l’instauration, dans mon école et
ailleurs, de mesures de cette nature.
Senator White: Thank you for sharing your school and
students with us today.
Le sénateur White : Merci de nous avoir fait connaître votre
école et vos élèves aujourd’hui.
Senator Ataullahjan: We heard from nine students today. Eight
of them were girls and one was a boy. Are girls being bullied more
or are they just more willing to talk about the issues that affect
them?
Le sénateur Ataullahjan : Nous avons entendu neuf élèves
aujourd’hui, soit huit filles et un garçon. Est-ce que les filles sont
plus souvent victimes d’intimidation, ou sont-elles simplement
plus disposées à parler des problèmes qui les touchent?
14:30
Human Rights
4-6-2012
Mr. Belsey: I left the presentations optional for my grade 8
students. I think, as you may have heard from Ms. Hoogveld’s
presentation and from some of the other young ladies, when I asked
them, ‘‘Do you think it is more of an issue for girls than for boys,’’
many of the female students in my class felt strongly that it was.
M. Belsey : La présentation d’un exposé était un exercice
facultatif pour mes élèves de huitième année. Je leur ai posé la
question suivante : croyez-vous que l’intimidation est un
problème qui touche davantage les filles que les garçons?
Comme vous l’avez peut-être compris d’après l’exposé de
quelques-unes des jeunes filles que vous avez entendues,
notamment Mlle Hoogveld, bon nombre des jeunes filles de ma
classe croyaient fermement que c’était le cas.
Certainly boys do experience bullying in different forms, but
social forms of bullying tend to be perpetrated by girls, and that is
borne out by research. Probably more importantly than research,
you heard from a lot of young female students in my class. I do
not know if they can smile at me or not if I am right, but I think
one of the reasons why, when I left the invitation open to them,
there were so many young women, is that they feel strongly that
this affects them as young women, as students in our school, and
as young women generally. They felt that this is particularly a
problem for their gender.
À coup sûr, les garçons subissent diverses formes d’intimidation,
mais comme le montrent les recherches, l’intimidation sociale a
tendance à être le fait des filles. En outre, vous venez d’entendre un
certain nombre de jeunes filles de ma classe, ce qui est peut-être plus
important que ce que mentionnent les recherches. Elles pourront me
faire un signe pour m’indiquer si j’ai raison ou si j’ai tort, mais je
crois que l’une des raisons pour lesquelles un si grand nombre de
jeunes filles ont répondu à l’invitation que j’ai lancée, c’est parce
qu’elles ont la forte impression que le problème les touche en tant
que jeunes filles, en tant qu’élèves de notre école et, de façon
générale, en tant que femmes. Elles croient qu’il s’agit d’un
problème qui touche particulièrement les personnes de leur sexe.
I am getting a lot of smiles and head nods. I think that they felt
particularly strong about having the opportunity to present their
thoughts, feelings and experiences about cyberbullying with you
today.
Elles me sourient et me font signe que oui de la tête. Je pense
qu’elles se sont senties particulièrement fortes d’avoir l’occasion
de vous faire part aujourd’hui de leurs réflexions, de leurs
sentiments et de leur vécu en ce qui concerne l’intimidation.
Senator Robichaud: Mr. Belsey, bravo. I think the students
who gave us their part of their story did it very well. They were
articulate and well spoken. I am sure this is a reflection of the
work do you in your school. I hope that kind of work is done in
all the other schools — not to put down anyone else, but it shows
a positive image of what you are doing. To those students, thank
you for job well done; and to you, sir, keep on doing what you are
doing because, from what we heard from the students, it is having
an effect. Thank you very much.
Le sénateur Robichaud : Monsieur Belsey, je vous félicite. Vos
élèves nous ont présenté le problème selon leur point de vue et, à
mon avis, ils ont très bien fait cela. Ils se sont exprimés avec clarté et
aisance. Je suis certain que cela reflète le travail que vous faites dans
votre école. J’espère que l’on fait le même type de travail dans toutes
les autres écoles, et je ne dis pas cela pour dénigrer quiconque. Ce
que l’on a vu aujourd’hui donne une image positive du travail que
vous faites. Je remercie les élèves de leur bon travail. Quant à vous,
monsieur, je vous encourage à poursuivre votre travail, car d’après
ce que j’ai entendu, il porte ses fruits. Merci beaucoup.
The Chair: Mr. Belsey, we appreciate all the work you did to
put these panels together. We look forward to working with you
in the future. Thank you very much.
La présidente : Monsieur Belsey, nous vous sommes
reconnaissants du travail que vous avez fait pour préparer ces
exposés. Nous nous réjouissons à l’idée de collaborer avec vous
dans l’avenir. Merci beaucoup.
I would like to welcome our next panel. We have the AntiDefamation League, with Mr. Scott Hirschfeld and Mr. Seth
Marnin joining us by video conference, and we have the pleasure
of welcoming Ms. Helen Kennedy, the Executive Director of Egale.
We are very familiar with your work, so we welcome you again.
Nous allons maintenant accueillir un autre groupe de témoins.
D’abord, accueillons M. Scott Hirschfeld et M. Seth Marnin, de
l’Anti-Defamation League, qui participeront à la réunion par
vidéoconférence. Nous avons également le plaisir d’accueillir
Mme Helen Kennedy, directrice exécutive, Egale. Nous
connaissons très bien votre travail, et nous vous souhaitons de
nouveau la bienvenue.
Seth M. Marnin, Assistant Director, Legal Affairs, Civil Rights
Division, Anti-Defamation League: Good afternoon, honourable
senators. Thank you for the invitation to present today. I am Seth
Marnin, Assistant Director, Legal Affairs, Civil Rights Division.
Bullying and cyberbullying are among the substantive legal issues
I handle in this role. Joining me is Scott Hirschfeld, Director of
Curriculum, who develops diversity, anti-bias training and
curricular resources.
Seth M. Marnin, directeur adjoint, Affaires juridiques, Division
des droits civils, Anti-Defamation League : Bonjour, honorables
sénateurs. Merci de nous avoir invités à vous présenter un exposé
aujourd’hui. Je m’appelle Seth Marnin, et je suis directeur adjoint,
Affaires juridiques, Division des droits civils. L’intimidation et la
cyberintimidation font partie des questions juridiques
importantes dont je m’occupe dans le cadre de mes fonctions. Je
suis accompagné de Scott Hirschfeld, directeur du programme
4-6-2012
Droits de la personne
14:31
d’études, qui est responsable de l’élaboration de la formation
relative à la diversité et à la lutte contre les préjugés et des
ressources pédagogiques.
The Anti-Defamation League has been fighting discrimination
and bigotry since its inception in 1913. Our mission is to fight the
defamation of the Jewish people and to secure justice and fair
treatment for all.
Depuis sa création en 1913, l’Anti-Defamation League —
ADL — lutte contre la discrimination et le racisme. Notre
mission consiste à combattre la diffamation à l’endroit des Juifs,
et à faire en sorte que tous aient accès à la justice et soient traités
de façon équitable.
For over 25 years ADL has been taking a leading role in
working to combat online bullying, raising awareness by
developing curriculum and programming for teachers, students
and the community on how to recognize and respond to
cyberbullying. ADL has worked closely with state legislatures
around the nation to craft anti-bullying laws. We have developed
a model law to address problems caused by cyberbullying and the
use of electronic media to extend the reach of bullying beyond the
school yard and even into the sanctuary of the a child’s bedroom.
Depuis plus de 25 ans, l’ADL est un chef de file en matière de
lutte contre l’intimidation en ligne et de sensibilisation grâce aux
cours et aux programmes qu’elle élabore à l’intention des
enseignants, des étudiants et des membres de la collectivité afin
de leur apprendre à reconnaître la cyberintimidation et à y réagir.
L’ADL travaille en étroite collaboration avec des assemblées
législatives du pays en vue de mettre au point une loi sur la lutte
contre l’intimidation. Nous avons élaboré une loi-type visant à
régler les problèmes occasionnés par la cyberintimidation et le fait
d’utiliser les médias électroniques afin d’étendre l’intimidation audelà de la cour d’école, voire jusque dans le sanctuaire que
constitue la chambre d’un enfant.
ADL is also a proud advocate of preserving freedom of
expression. We understand that our own first amendment of the
U.S. Constitution is unique and sometimes frustrating for others
whose legal frameworks allow for more government restrictions
of speech, particularly with regard to content on the Internet.
Even in the U.S. the right to free speech is not absolute. U.S.
courts have struck a balance between constitutional rights and
protecting society from harm, for example, in speech that
intimidates, threatens or defames in addition to certain student
expression.
L’ADL est également fière de militer contre la protection de la
liberté d’expression. Nous sommes conscients du fait que le
premier amendement de la Constitution des États-Unis est unique
en son genre, et qu’il peut occasionner des frustrations à certains
États dont le cadre juridique permet l’imposition d’un plus grand
nombre de restrictions de la liberté d’expression, surtout en ce qui
concerne le contenu diffusé sur Internet. Même aux États-Unis, la
liberté d’expression n’est pas absolue. Les tribunaux américains
ont établi un équilibre entre les droits constitutionnels et la
protection de la société contre les préjudices découlant, par
exemple, des discours intimidants, menaçants ou diffamatoires,
ou dans certains cas, de la liberté d’expression des élèves.
Indeed, school children have constitutional rights but those
rights are, and can, be limited. As I will discuss, U.S. courts have
struck a balance between free expression and the protection and
safety of students, which leaves a certain kind of legal legroom for
communities to engage our youth and schools in proactive
strategies to combat bullying and hate online, and promote a civil
electronic discourse. We encourage you to develop similar
strategies to combat bullying, bigotry and hate.
De fait, les élèves ont des droits constitutionnels, mais ces
droits sont limités, et peuvent l’être. Comme je l’expliquerai, les
tribunaux américains ont trouvé un moyen terme entre, d’une
part, la liberté d’expression, et d’autre part, la protection et la
sécurité des élèves, ce qui confère aux collectivités, sur le plan
juridique, un certain type de marge de manœuvre leur permettant
de mobiliser nos jeunes et nos écoles dans le cadre de stratégies
proactives visant à lutter contre l’intimidation et les discours
haineux en ligne et de faire la promotion de la courtoisie
électronique. Nous vous encourageons à élaborer des stratégies de
ce genre afin de combattre l’intimidation, le racisme et la haine.
There are a number of legal limitations on school
administrators when considering ways to treat an incident of
cyberbullying. When determining how to respond to an incident
of cyberbullying, schools must take into account the sometimes
competing objectives of safeguarding students’ right to free
expression, the right to privacy, duty to appropriate a safe
learning environment, and the duty to abide by civil rights laws
that prohibit discrimination. In the U.S. those constitutional
rights can be limited, as I mentioned before.
Les administrations scolaires se butent à un certain nombre de
restrictions juridiques au moment d’examiner les façons de traiter
un incident de cyberintimidation. Au moment de décider des
mesures à prendre pour donner suite à un tel incident, les écoles
doivent tenir compte d’un certain nombre d’objectifs parfois
contradictoires, à savoir la protection de la liberté d’expression
des élèves, la protection de la vie privée, le devoir d’offrir un
environnement d’apprentissage sécuritaire et l’obligation de
respecter les lois en matière de droits civils qui interdisent la
discrimination. Aux États-Unis, comme je l’ai mentionné, on peut
imposer des restrictions à ces droits.
14:32
Human Rights
4-6-2012
In 1969 the case Tinker v. Des Moines in the U.S. Supreme
Court set the standard for balancing student expression with the
right of a school to punish speech. The court held that a school
can restrict speech if it causes a substantial and material
disruption of an educational objective or interferes with another
student’s rights.
En 1969, dans le cadre de l’affaire Tinker v. Des Moines, la
Cour suprême des États-Unis a fixé la norme à respecter au
moment de trouver un juste équilibre entre la liberté d’expression
des élèves ou le droit d’une école de punir ces derniers pour
certains types de discours. Selon la cour, une école peut
restreindre la liberté d’expression si elle nuit de façon sérieuse et
importante à la réalisation d’un objectif éducatif ou si elle empiète
sur les droits d’un autre élève.
Courts around the country have used this Tinker standard as a
means of permitting schools to prohibit bullying and
cyberbullying that substantially and materially disrupts the
school’s mission. The application of the Tinker standard has
been challenged, most often in incidents involving schools that
discipline students for cyberbullying another student when the
perpetrators’ expression was created off the physical school
campus. U.S. courts continue to grapple with this issue, but more
and more can consider school action constitutional if there is a
censoring of that speech, a nexus between the off-campus
expression and the effect it is having on campus.
Partout au pays, les tribunaux ont utilisé le critère énoncé dans
Tinker afin d’autoriser les écoles à interdire les actes
d’intimidation et de cyberintimidation perturbant leur mission
de façon notable et importante. Dans la majorité des cas où des
écoles ont pris des mesures disciplinaires contre des étudiants
ayant commis des actes d’intimidation à l’endroit d’un autre
étudiant depuis un ordinateur situé à l’extérieur du campus
proprement dit, l’application du critère en question a été
contestée. Les tribunaux américains continuent de se débattre
avec cette question, mais peuvent de plus en plus considérer
comme constitutionnelles les mesures prises par une école si les
propos visés ont fait l’objet d’une censure, si les propos tenus hors
campus ont des répercussions sur ce dernier.
A school must also consider a student’s privacy rights. The
government is prohibited from searching someone’s property
unless there is a probable cause to suspect unlawful activity. In a
school setting however, the government needs only reasonable
suspicion. The standard allows for more leniency in searching cell
phones and computers. On the other hand, they must also
consider the rights of the students being bullied. Schools have a
duty of care toward students and in a recent case, a school was
ordered to pay $800,000 in damages to a student who claimed the
school did not do enough to protect him from years of bullying.
Schools may also be subject to civil rights statutes if it is
motivated by a student’s race, ethnicity or gender.
Les écoles doivent également tenir compte des élèves en matière
de protection de la vie privée. Le gouvernement ne peut pas
effectuer une fouille au domicile d’une personne s’il n’a pas de
raison valable de soupçonner qu’elle s’est livrée à des actes
illicites. Cependant, pour mener une fouille dans un établissement
scolaire, il n’a qu’à invoquer l’existence d’un doute en ce qui a
trait à la fouille de téléphones cellulaires et d’ordinateurs, car le
critère est moins rigide. En revanche, les écoles doivent également
prendre en considération les droits des victimes d’intimidation.
Elles ont un devoir de diligence à l’égard des élèves et, dans le
cadre d’une affaire récente, une école s’est vu ordonner de
verser 800 000 $ en dommages-intérêts à un élève qui faisait
valoir que l’administration scolaire n’en avait pas fait assez pour
le protéger contre les actes d’intimidation qu’il avait subis durant
des années. En outre, les écoles peuvent être assujetties aux lois en
matière de droits civils si les motifs de l’intimidation sont liés à la
race, à l’origine ethnique ou au sexe de l’élève.
Finally, there may be criminal issues in play, as mentioned
above. Not all expression is protected, such as intimidation or
threats. Further, if one of these crimes is motivated by a personal
or immutable characteristic of the victim, the incident may be a
hate crime. Schools must be equipped to reach out to appropriate
authorities if such crimes are suspected. These legal limitations
must be taken into account when considering strategies and
recommendations for action with regard to bullying or any other
incidents of hate.
Enfin, comme il a été mentionné précédemment, des questions
liées au droit pénal peuvent entrer en ligne de compte. La liberté
d’expression n’englobe pas tous les propos que l’on peut tenir; par
exemple, elle n’englobe pas les discours intimidants ou menaçants.
De plus, si une caractéristique personnelle ou immuable de la victime
est à l’origine de l’acte criminel perpétré à son endroit, l’incident peut
être considéré comme un crime haineux. Les écoles doivent être en
mesure de prendre contact avec les autorités appropriées si elles
soupçonnent qu’un crime de cette nature a été commis. Ces
restrictions juridiques doivent être prises en considération au
moment d’examiner des stratégies et des recommandations
touchant les mesures à prendre à la suite d’un acte d’intimidation
ou d’un autre type d’incident motivé par la haine.
I would like to invite Mr. Hirschfeld to address training and
workshops.
J’invite maintenant M. Hirschfeld à vous parler de la formation
et des ateliers.
4-6-2012
Droits de la personne
14:33
Scott Hirschfeld, Director of Curriculum, Anti-Defamation
League: Good afternoon and thank you for the opportunity to
address the Senate on such an important matter.
Scott Hirschfeld, directeur du programme d’études, AntiDefamation League : Bonjour et merci de nous donner
l’occasion de vous parler d’un sujet extrêmement important.
I am the Curriculum Director for the Anti-Defamation League
and am involved in helping to develop and implement ADL’s
training and curriculum programs on anti-bias and anti-bullying
issues. I will talk for a couple of minutes about the program
offerings on cyberbullying from ADL.
Je suis directeur du programme d’études de l’Anti-Defamation
League, et je participe à l’élaboration et à la mise en œuvre des
programmes de formation et des programmes pédagogiques de
notre organisation en matière de lutte contre les préjugés et
l’intimidation. Pendant les deux ou trois minutes qui vont suivre,
je vous parlerai des programmes offerts par l’ADL en ce qui
concerne la cyberintimidation.
We offer half-day and full-day training for educators,
administrators, youth service providers, family members and
youth that increase awareness about the unique features and
impact of cyberbullying, provide strategies for responding
effectively and fostering increased culture of e-safety, and
respect for differences among youth. These interactive training
programs provide practical information and opportunities for
skill-building that support participants in developing
comprehensive plans for preventing and taking action against
cyberbullying and social cruelty and online forums. We currently
offer four programs different members of the school community.
Nous offrons aux éducateurs, aux administrateurs, aux
fournisseurs de services aux jeunes, aux familles et aux jeunes
des ateliers de formation d’une demi-journée ou d’une journée
complète. Ces activités visent à mieux faire connaître les
caractéristiques et les répercussions particulières des actes de
cyberintimidation, à présenter des stratégies permettant de réagir
efficacement à de tels actes et d’accroître les connaissances en
matière de sécurité électronique et à favoriser le respect de la
différence chez les jeunes. Ces programmes de formation
interactive fournissent aux participants des renseignements
pratiques et des occasions de renforcer leurs compétences qui les
aideront à élaborer des plans exhaustifs afin de prévenir la
cyberintimidation et la cruauté sociale en ligne et de prendre des
mesures pour les contrer. À l’heure actuelle, nous dispensons
quatre programmes à divers membres de la communauté scolaire.
We have a program for educators called Trickery, Trolling and
Threats. It is a half or full day program for middle and high
school educators, administrators, youth service providers and
other adults in the school community that increase awareness
about the impact of cyberbullying and provide strategies for
responding effectively.
L’un de nos programmes s’intitule « Trickery, Trolling and
Threats ». Il s’agit d’un programme destiné aux éducateurs de
niveaux intermédiaire et secondaire, aux administrateurs, aux
fournisseurs de services aux jeunes et aux autres adultes de la
communauté scolaire. Pendant une demi-journée ou une journée
complète, nous accroissons leurs connaissances à propos des effets
de la cyberintimidation, et leur présentons des stratégies leur
permettant d’y réagir de manière efficace.
This program tries to increase adults’ understanding and
awareness of the issues and how cyberbullying manifests and
occurs among youth in their communities. It explores the
connection between cyberbullying, bias-motivated behaviour
and online hate activities, and helps them learn strategies for
empowering youth to respond to cyberbullying.
Dans le cadre de ce programme, nous tentons d’amener les
adultes à mieux comprendre et mieux connaître les problèmes liés
à la cyberintimidation, et à leur apprendre comment celle-ci se
manifeste et se produit chez les jeunes de leur collectivité. Nous
étudions les liens entre la cyberintimidation, les comportements
motivés par des préjugés et les activités haineuses en ligne, et
aidons les adultes à apprendre des tactiques qui les rendront
capables d’habiliter les jeunes à lutter contre la cyberintimidation.
We also offer a program called Cyberbullying: Focus on the
Legal Issues for school administrators and others concerned
about the legal framework surrounding cyberbullying. This is an
interactive two and a half hour training that looks in-depth at the
legal and constitutional issues including free speech, privacy,
liability and criminal law. We discuss hate crimes and bias
incidents in cyberspace and examine appropriate intervention
strategies and disciplinary responses to cyberbullying and
cyberthreats.
Nous dispensons également un programme intitulé
« Cyberbullying : Focus on the Legal Issues », destiné aux
administrateurs d’école et aux autres personnes qu’intéresse le
cadre juridique relatif à la cyberintimidation. Il s’agit d’une
formation interactive d’une durée de deux heures et demie durant
laquelle on se penche de façon approfondie sur des questions de
nature juridique et constitutionnelle touchant la liberté d’expression,
la protection de la vie privée, la responsabilité et le droit pénal. On
examine également des questions concernant les crimes haineux et
les incidents fondés sur des préjugés survenus dans le cyberespace,
de même que les stratégies d’intervention et les mesures
disciplinaires auxquelles il convient de recourir dans les cas de
cyberintimidation et de menaces en ligne.
14:34
Human Rights
4-6-2012
We have a program called CyberALLY that offers practical
information and opportunities for skill-building that support
youth in developing internal strategies for protecting themselves
against cyberbullying — as well as acting as cyberallies — or
preventing and taking action against cyberbullying and social
cruelty in online forms when they encounter it.
Dans le cadre du programme « CyberALLY », nous
fournissons aux jeunes des renseignements pratiques et leur
donnons l’occasion d’acquérir des compétences qui les aideront à
élaborer des stratégies personnelles afin de se protéger contre la
cyberintimidation et à jouer le rôle de cyberallié, ou à prévenir la
cyberintimidation et la cruauté sociale en ligne ou à lutter contre
elles lorsqu’ils s’y heurtent.
We have another program called Youth and Cyberbullying:
What Families Don’t Know Will Hurt Them. It is a two-hour
interactive training for parents and adult family members which
helps increase their understanding about the language, skills,
information and challenges associated with cyberbullying. It
assists families, children and teens to respond in appropriate ways
to incidents of cyberbullying and promote safe and respectful
online environments for all people.
Le dernier programme dont je vous parlerai s’intitule « Youth
and Cyberbullying : What Families Don’t Know Will Hurt
Them ». Il s’agit d’une formation interactive de deux heures
destinée aux parents et aux adultes qui a pour but de les aider à
mieux comprendre les termes, les compétences, les renseignements
et les problèmes liés à la cyberintimidation. De plus, cette
formation aide les familles, les enfants et les adolescents à réagir
de façon appropriée aux actes de cyberintimidation, et fait la
promotion d’environnements électroniques respectueux et
sécuritaires pour tous.
We believe at ADL that bullying and cyberbullying are wholecommunity problems, which is why we involve youth educators,
administrators, families and other members of the school
community. Since their inception, ADL has conducted
approximately 500 cyberbullying programs reaching about
30,000 people in 25 regions across the United States.
L’ADL estime que l’intimidation et la cyberintimidation sont des
problèmes qui touchent l’ensemble de la collectivité, et c’est la
raison pour laquelle elles mobilisent les personnes chargées de
l’éducation des jeunes, les administrateurs, les familles et d’autres
membres de la communauté scolaire. Depuis sa création, l’ADL a
dispensé environ 500 ateliers de formation sur la cyberintimidation
à l’intention de quelque 30 000 personnes dans 25 régions des
États-Unis.
I will turn it back to my colleague Mr. Marnin. We will briefly
share some recommendations and best practices.
Je vais redonner la parole à mon collègue, M. Marnin. Nous
allons brièvement présenter quelques recommandations et
pratiques exemplaires.
Mr. Marnin: The primary recommendation from the legal
perspective is the importance of enacting bullying and
cyberbullying prevention policies and laws that are both
proactive and responsive and engage the community to action.
In particular, national and local education authorities should
adopt bullying prevention policies and should be compelled to do
so by law. The policy should entail disciplinary measures in
addition to proactive measures that combat and deter future
incidents. A strong bullying prevention policy will, of course,
prohibit bullying. It should include a clear definition of bullying,
specifically one that defines electronic communication broadly so
that students and the community know exactly what is and what
is not acceptable.
M. Marnin : Sur le plan juridique, notre principale
recommandation concerne l’importance d’adopter des politiques
et des lois de prévention de l’intimidation et de la cyberintimidation
à la fois proactives et souples, et de mettre la collectivité à
contribution. Plus particulièrement, les autorités nationales et
locales du secteur de l’éducation devraient adopter des politiques
de prévention de l’intimidation, et des lois devraient être mises en
place pour les obliger à le faire. Ces politiques devraient comprendre
des mesures disciplinaires, de même que des mesures proactives
ayant des effets préventifs et dissuasifs. Bien entendu, une politique
solide de prévention de l’intimidation interdira l’intimidation. Elle
devrait comprendre une définition claire de l’intimidation, ainsi
qu’une définition large des communications électroniques, de
manière à ce que les élèves et la collectivité sachent exactement ce
qui est admissible et ce qui ne l’est pas.
It should involve government officials, school districts, parents,
teachers, students, school volunteers, law enforcement officials
and community members in developing policy. It should create
specific avenues for students and teachers to report incidents of
bullying and they should be able to do so safely and free from
retaliation.
Dans le cadre de l’élaboration d’une telle politique, il faudrait
solliciter la participation de fonctionnaires, de districts scolaires,
de parents, d’enseignants, d’élèves, de bénévoles du secteur
scolaire, de policiers et de membres de la collectivité. En outre,
la politique devrait offrir aux élèves et aux enseignants des
mécanismes leur permettant de signaler les cas d’intimidation de
manière sécuritaire, et sans craindre de faire l’objet de représailles.
The policy should require explicit notice to parents and
students of the prohibition on bullying and the avenues for
reporting incidents. It should provide counselling services for
La politique devrait exiger qu’un avis explicite soit transmis
aux parents et aux élèves pour les informer de l’interdiction visant
l’intimidation et des mécanismes de signalement des incidents.
4-6-2012
Droits de la personne
14:35
victims of bullying, and require schools to report bullying activity
to a government authority so there is an awareness and
accountability for all schools, require training about bullying
and cyberbullying for teachers and students and, importantly,
should include explicit enumerated categories, including race,
religion, national origin, gender, sexual orientation, gender
identity and expression, disability or other identifiable
characteristics. Naming the categories removes all doubt that
anti-Semitic bullying or anti-gay bullying or bullying of other
specifically targeted groups is included within the prohibitions. It
also underscores that hatred based on bigotry and stereotypes
affect communities in a unique way and will not be tolerated.
Elle devrait prévoir des services de counseling à l’intention des
victimes d’intimidation, exiger que les écoles signalent les actes
d’intimidation à une autorité gouvernementale de manière à
favoriser la sensibilisation et la responsabilisation de toutes les
écoles, exiger que les enseignants et les élèves suivent une
formation sur l’intimidation et la cyberintimidation et, élément
important, comprendre une liste précise de diverses catégories, y
compris la race, la religion, l’origine nationale, le sexe,
l’orientation, l’identité et l’expression sexuelles ou le handicap.
Le fait de mentionner de telles catégories permet d’indiquer
expressément que l’intimidation visant, par exemple, les Juifs, les
gais ou d’autres groupes spécifiques est visée par l’interdiction.
Cela permet également de mettre l’accent sur le fait que la haine
fondée sur le racisme et les stéréotypes a une incidence particulière
sur les collectivités et ne sera pas tolérée.
While the strategy used to combat bullying can teach lessons
for combating the broader problem of cyberhate, schools and
students do not bear the entire onus to address this issue. It is of
the utmost importance to have a constant and civil dialogue from
various facets of society.
Dans le cadre d’une stratégie de lutte contre l’intimidation, on
peut apprendre aux gens à combattre le problème plus vaste de la
haine dans le cyberespace, mais les écoles et les élèves ne portent
pas l’entière responsabilité de régler ce problème. Il est crucial que
les divers secteurs de la société établissent entre eux un dialogue
civil constant.
Industry and consumers should partner to identify ways to
collaborate and promote civil discourse. As consumers, it is our
responsibility to work with the industry on ways to minimize the
dangers and risks of cyberbullying and cyberhate. We recommend
that Internet consumers commit to helping those in the industry
understand what is and what is not problematic content by
engaging in positive responses. We recommend to the industry to
understand the laws as they relate to cyberbullying, hate crimes
and cyberhate and work with youth where possible.
L’industrie et les consommateurs devraient s’associer afin de
trouver des moyens de collaborer et de favoriser le dialogue au sein
de la société. En tant que consommateurs, nous avons la
responsabilité de collaborer avec l’industrie afin de mettre le doigt
sur des moyens de réduire au minimum les dangers et les risques liés
à la cyberintimidation et à la cyberhaine. Nous recommandons que
les utilisateurs d’Internet s’engagent à aider les membres de
l’industrie à comprendre et à distinguer le contenu problématique
de celui qui ne l’est pas et à prendre des mesures positives à ce
chapitre. Nous recommandons aux membres de l’industrie de
comprendre les lois touchant la cyberintimidation, les crimes
haineux et la cyberhaine et, dans la mesure du possible, à
travailler auprès des jeunes.
We recommend Internet providers define prohibited hate
speech and prohibit the use of hate in any terms of service
agreement. A responsible website will establish clear, user-friendly
reporting mechanisms for reporting hateful content and will act
quickly to remove or sequester hateful content once it is reported.
That is not censorship; it is compliance with Internet service
providers’ terms of service.
Nous recommandons aux fournisseurs de services Internet de
définir les discours haineux à proscrire, et d’interdire, dans le
cadre de toute convention de services, l’utilisation de propos
haineux. Un site web responsable doit mettre en place des
mécanismes clairs et conviviaux de signalement du contenu
haineux, et prendre rapidement des mesures afin de saisir et de
retirer tout contenu haineux signalé. Il s’agit là non pas de
censure, mais de conformité avec les modalités d’utilisation
énoncées par un fournisseur de services Internet.
Finally, government leaders and public figures must continue
to condemn bigotry and violence motivated by bias wherever and
whenever it arises. As always in order to combat hate online, we
need the cooperation of communities in the fight against hate. It is
hard to overstate the importance of public officials and lawenforcement authorities willing to speak out against hate,
discrimination and bullying. That leadership helps nurture a
climate and culture in which other members of the community are
willing to condemn bigotry and combat the effects of hate online.
Enfin, les gouvernements et les personnalités publiques doivent
continuer à condamner le racisme et la violence fondés sur les
préjugés chaque fois que des incidents de cette nature surviennent,
et peu importe où ils se produisent. De manière à combattre la
haine en ligne, nous avons besoin, comme c’est toujours le cas, de
la coopération des collectivités. On ne saurait surestimer
l’importance du rôle joué par les représentants publics et les
services de police prêts à se prononcer contre la haine, la
discrimination et l’intimidation. En prenant une telle initiative, ces
14:36
Human Rights
4-6-2012
gens favorisent l’épanouissement d’une culture et d’un climat au
sein desquels les autres membres de la collectivité sont disposés à
condamner le racisme et à combattre les effets de la haine en ligne.
Mr. Hirschfeld: I will conclude ADL’s testimony by
highlighting several recommendations and best practices at the
school level for addressing cyberbullying in a comprehensive and
proactive way.
M. Hirschfeld : Pour conclure le témoignage de l’ADL, je
présenterai plusieurs recommandations et pratiques exemplaires
que les écoles peuvent mettre en œuvre pour s’attaquer de façon
exhaustive et proactive à la cyberintimidation.
First, it is important that school leaders conduct needs
assessments at their schools. They should be implementing
surveys of students, staff and families and other members of the
community to learn more about their experiences, perceptions
and needs with regard to cyberbullying and other issues related to
school climate and safety. This data can be used to inform policy,
program and instruction.
Premièrement, il est important que les administrations scolaires
procèdent à l’évaluation des besoins au sein de leur établissement.
Elles devraient mener des sondages auprès des élèves, du
personnel, des familles et des autres membres de la collectivité
pour en apprendre davantage à propos de leur vécu, de leurs
perceptions et de leurs besoins en ce qui a trait à la
cyberintimidation et aux autres questions touchant la sécurité
dans l’école et le climat régnant dans cette dernière. Ces données
peuvent être utilisées pour éclairer les politiques, les programmes
et l’enseignement.
Second, every school should have a committee in place to deal
with these issues. They should form a team or assign an existing
committee to be responsible for keeping up with laws, policies,
best practices and current trends regarding cyberbullying and
Internet safety to plan and coordinate instructional and
programmatic activities that increase awareness of cyberbullying
in their institutions, to build relationships with relevant
communities members, including local law enforcement officials
that deal with cybercrimes.
Deuxièmement, chaque école devrait établir un comité appelé à
se pencher sur ces questions, ou charger un comité existant de le
faire. Ce comité aurait la responsabilité de se tenir au courant des
lois, des politiques, des pratiques exemplaires et des tendances en
matière de cyberintimidation et de sécurité sur Internet afin de
planifier et de coordonner les activités d’enseignement et de
programmation qui accroissent la sensibilisation à propos de la
cyberintimidation au sein de leur établissement, et d’établir des
relations avec les membres pertinents de la collectivité, y compris les
responsables de l’application des lois touchant la cybercriminalité.
Third, schools should establish and enforce policies. They need
to set clear guidelines for technology use at their institutions, and
update anti-bullying, harassment and disciplinary policies
accordingly. They should publicize and educate about these
guidelines and make youth aware of the consequences of online
cruelty.
Troisièmement, les écoles devraient adopter des politiques et
les appliquer. Elles doivent mettre en place des lignes directrices
claires en ce qui a trait à l’utilisation des technologies au sein de
leur établissement et mettre à jour, à cette fin, leurs politiques de
lutte contre l’intimidation et le harcèlement et leurs politiques sur
la discipline. Elles devraient diffuser ces directives et faire de
l’éducation à leur sujet, et faire connaître aux jeunes les
conséquences de la cruauté en ligne.
Fourth, schools need to develop reporting and investigation
processes. They must establish safe and confidential reporting
mechanisms for cyberbullying incidents and make youth aware of
these structures. They should develop incident review protocols so
that it is clear how reports of cyberbullying will be followed up in
a timely and thorough fashion, and they should identify school
action options including disciplinary consequences, working with
families, involving guidance counsellors, and bringing in law
enforcement, legal professionals and phone in Internet service
providers as appropriate.
Quatrièmement, les écoles doivent mettre au point des
processus de signalement et d’enquête. Elles doivent mettre en
place des mécanismes sûrs et confidentiels de signalement des cas
de cyberintimidation et informer les jeunes de leur existence. Elles
devraient créer des protocoles d’examen des incidents de manière
à énoncer clairement les mesures qui seront prises pour assurer le
suivi opportun et exhaustif des cas signalés, et dresser la liste des
options en matière de mesures à prendre, y compris les mesures
disciplinaires, en collaboration avec les familles, les conseillers en
orientation et les professionnels des secteurs de l’application de la
loi et de la justice, et, au besoin, entrer en communication avec les
fournisseurs de services Internet.
Fifth, the community needs to be educated. Schools should be
engaging youth in activities and discussions on an ongoing basis
about ethical standards for online activities, teach them that all
forms of bullying are unacceptable and help them identify
strategies for responding to cyberbullying and online hate.
Cinquièmement, il faut éduquer la collectivité. Les écoles
devraient faire régulièrement participer les jeunes à des activités et
à des discussions concernant les normes éthiques régissant les
activités en ligne, leur enseigner que toutes les formes d’intimidation
sont inadmissibles et les aider à mettre le doigt sur les stratégies leur
permettant de contrer la cyberintimidation et la haine en ligne.
4-6-2012
Droits de la personne
14:37
Schools should also provide professional development and
family education that helps adults in the community to better
understand how to recognize the warning signs of cyberbullying
and how to respond effectively when it occurs.
Les écoles devraient également dispenser aux adultes de la
collectivité des cours de perfectionnement professionnel et
d’éducation familiale afin de les aider à mieux reconnaître les
signaux d’alarme de la cyberintimidation et à y donner suite de
façon efficace.
Finally, schools should implement a comprehensive Internet
use management plan. They need to institute supervision and
monitoring practices that keep relevant staff at their institutions
informed about how technology is being used onsite and that help
them to enforce rules and policies. Blocking and filtering software
can be included as part of a comprehensive monitoring strategy
but should not be relied on as the solution or the only tool for
ensuring safe online environments.
Sixièmement — et il s’agit de la dernière recommandation —,
les écoles devraient mettre en place un plan exhaustif de gestion de
l’utilisation d’Internet. Elles doivent instaurer des pratiques de
supervision et de surveillance grâce auxquelles leur personnel
pertinent demeurera informé de la manière dont les technologies
seront utilisées au sein de l’établissement, et qui les aideront à
appliquer les règles et les politiques. Le recours à un logiciel de
blocage et de filtrage peut faire partie d’une stratégie de
surveillance exhaustive, mais ne devrait pas être considéré
comme l’unique moyen de garantir la sûreté de l’environnement
électronique.
With that, we will conclude our testimony and are happy to
respond to any questions from the Senate at this time. Thank you
very much for your attention.
Cela met fin à notre témoignage. Nous serons heureux de
répondre à toutes vos questions. Merci beaucoup de votre attention.
The Chair: Thank you very much. We will now go on to
Ms. Kennedy from Egale.
La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant
entendre Mme Kennedy, d’Egale Canada.
Helen Kennedy, Executive Director, Egale Canada: Senators, I
wish to preface my remarks by saying that this paper is adapted
from a presentation prepared by Dr. Catherine Taylor, PhD,
University of Winnipeg, member of the Education Committee,
Egale Canada.
Helen Kennedy, directrice exécutive, Egale Canada : Chers
sénateurs, avant de commencer, je tiens à signaler que mon exposé
est une adaptation d’un exposé rédigé par Mme Catherine Taylor,
Ph.D., Université de Winnipeg, et membre du comité sur
l’éducation d’Egale Canada.
Egale Canada is our national lesbian, gay, bisexual and trans —
LGBT — human rights organization, advancing equality, diversity,
education and justice.
Egale Canada est une organisation canadienne de défense des
droits des gais, des lesbiennes, des bisexuels et des transgenres —
des GLBT — qui vise à promouvoir l’égalité, la diversité,
l’éducation et la justice.
Egale’s vision is Canada free of homophobia, bi-phobia and
transphobia and all other forms of discrimination so that every
person can achieve their full potential, unencumbered by hatred
and bias.
La vision qu’a Egale du Canada est celle d’un pays où les
homosexuels, les bisexuels et les transgenres ne font l’objet d’aucune
haine et ne suscitent aucune crainte, et où aucune forme de
discrimination n’a cours, de sorte que chaque personne peut réaliser
son plein potentiel sans se heurter à la haine et aux préjugés.
We were founded in 1986. We were incorporated as a federal
not-for-profit organization in 1995, with a focus on education,
advocacy, litigation and expert consultation.
Notre association a été créée en 1986. Elle a été constituée en
tant qu’organisme fédéral sans but lucratif en 1995. Ses
principaux secteurs d’intérêt consistaient en l’éducation, la
défense des droits, les poursuites et la consultation à titre d’expert.
The existence of LGBTQ students is more obvious in some
schools than others, but they exist in every class in every school. If
their presence is not obvious, they are likely pretending to be
heterosexual or conventionally gendered to avoid harassment.
La présence d’élèves GLBTQ est plus évidente dans certaines
écoles que dans d’autres, mais chaque classe de chaque école
comprend une personne de ce groupe. Si leur présence ne saute
pas aux yeux, c’est probablement parce que ces personnes
prétendent être hétérosexuelles ou présenter les caractéristiques
habituellement associées à leur sexe afin d’éviter d’être harcelées.
This afternoon I will discuss the topic of cyberbullying, in the
course of reporting on the findings of our first national survey on
homophobic and transphobic violence in our Canadian schools.
J’aborderai cet après-midi la question de la cyberintimidation
en m’appuyant sur les conclusions de notre premier sondage
national sur la violence homophobe et transphobe dans les écoles
canadiennes.
I brought a copy of the final report for you, and I will submit
that to the committee.
J’ai apporté une copie du rapport final, que je vous fournirai.
14:38
Human Rights
4-6-2012
Egale’s committee of educators and school trustees from across
Canada designed this national study to answer research questions
about homophobic and transphobic violence in our schools.
Cette étude nationale a été conçue par le comité des éducateurs
d’Egale et des commissaires d’école de toutes les régions du pays
afin de répondre à des questions soulevées par des recherches
concernant la violence homophobe et transphobe dans nos écoles.
After 18 months of data collection, ending in June of 2009, we
had over 3,700 participants. The sample was representative of the
Canadian population in terms of region, ethnicity, city, suburb,
town, rural and remote.
Pendant 18 mois, nous avons recueilli des données auprès de
plus de 3 700 participants. Cette collecte de données a pris fin en
juin 2009. Notre échantillon était représentatif de la population
canadienne dans la mesure où il comprenait des gens de diverses
régions et origines ethniques, de même que des personnes habitant
dans une ville, une banlieue, un village, une région rurale ou une
région éloignée.
What did we learn? First, we learned that schools are indeed
unsafe and disrespectful for our LGBTQ students.
Qu’avons-nous appris? Tout d’abord, que les écoles sont bel et
bien des lieux où les élèves GLBTQ ne sont pas en sécurité et ne
sont pas respectés.
In the area of symbolic violence, for example, 70 per cent of all
participants, gay and straight, reported hearing of expresses such
as ‘‘that’s so gay’’ every day in school. It is often said that students
do not mean homosexual, they just mean stupid or worthless. For
LGBTQ students, that means hearing a word that goes to the core
of your identity used as a synonym for stupid or loser every single
day. Almost 50 per cent of the students surveyed heard remarks
like faggot, queer, lezzie and dyke on a daily basis in our
Canadian schools.
En ce qui a trait à la violence symbolique, par exemple, une
proportion de 70 p. 100 des participants homosexuels et
hétérosexuels ont indiqué entendre au quotidien des expressions
comme « c’est tellement gai » dans leur école. Il est souvent
mentionné que, pour les élèves, cela renvoie non pas aux
homosexuels, mais simplement à quelque chose de stupide ou
d’inutile. Ainsi, les élèves GLBTQ doivent composer chaque jour
avec le fait qu’un terme qui concerne le fondement de leur identité
est utilisé comme synonyme de « stupide » ou de « bon à rien ».
Près de 50 p. 100 des répondants ont indiqué entendre
quotidiennement dans leur école des expressions comme
« tapette » ou « gouine ».
We asked participants: Are any of the following places in your
school unsafe for LGBTQ students to go? We gave them a list of
everyday spaces, including the classrooms, the corridors, the
change rooms, the washrooms, the cafeteria, the bus and walking
routes to and from school.
Nous avons demandé aux participants de nous dire s’ils
croyaient que certains endroits de leur école étaient dangereux
pour les élèves GLBTQ. La liste des endroits comprenait les salles
de classe, les corridors, les vestiaires, les toilettes, la cafétéria,
l’autobus et les chemins menant à l’école.
For example, 79 per cent of the trans-students, 70 per cent of
the LGB students and 47 per cent of the heterosexual students
saw at least one place in school as unsafe for LGBTQ students,
with washrooms, change rooms and hallways being at the top of
the list.
Quelque 79 p. 100 des élèves transgenres, 70 p. 100 des
GLB et 47 p. 100 des élèves hétérosexuels ont répondu
moins un endroit de l’école était dangereux pour les
GLBTQ. Parmi ces endroits, les toilettes, les vestiaires
corridors ont été les plus souvent mentionnés.
Violence at school bleeds into violence online, where we can see
the same patterns continuing. Trans-students were most likely to
be targeted, followed by female sexual minority students and then
male sexual minority students.
La violence à l’école se transforme en violence en ligne, où les
mêmes types de comportement se perpétuent. Les élèves
transgenres sont les plus susceptibles d’être pris pour cibles,
suivis par les filles appartenant à une minorité sexuelle, puis les
garçons appartenant à une telle minorité.
Thirty per cent of the female sexual minority students told us
that they were harassed about being LGBTQ in cyberspace.
Twenty-three per cent of the gay males said that they were
harassed online for being gay. Forty-seven per cent of the transstudents said that they were harassed in cyberspace, compared to
5.6 per cent of our straight population.
Environ 30 p. 100 des filles appartenant à une minorité sexuelle
subissaient du harcèlement en ligne en raison de leur identité
GLBTQ. Quelque 23 p. 100 des garçons homosexuels ont indiqué
qu’ils étaient harcelés en ligne en raison de leur orientation sexuelle.
Une proportion de 47 p. 100 des élèves transgenres ont mentionné
subir du harcèlement dans le cyberespace, comparativement à
5,6 p. 100 pour la population hétérosexuelle.
élèves
qu’au
élèves
et les
4-6-2012
Droits de la personne
14:39
Sixteen per cent of the female lesbian/gay/bisexual students were
harassed daily or weekly online about being LGB. Ten per cent of
the gay males were harassed in cyberspace on a daily or weekly
basis, compared to 26.7 per cent of our trans-students.
Environ 16 p. 100 des élèves lesbiennes ou bisexuelles ont dit
subir chaque jour ou chaque semaine de l’intimidation en ligne en
raison de leur identité sexuelle. Chez les élèves gais, cette
proportion s’élevait à 10 p. 100, et chez les élèves transgenres, à
26,7 p. 100.
The impact of cyberharassment on targeted individuals, those
who skip school because they feel unsafe for being harassed in
cyberspace, is 51 per cent of those surveyed. That is a huge
amount of the student population.
Une proportion de 51 p. 100 des répondants ont indiqué qu’ils
avaient manqué des journées d’école en raison du harcèlement
qu’ils subissaient en ligne, ce qui montre l’effet que peuvent avoir
les actes de cette nature sur ceux qui en sont victimes. Il s’agit
d’une proportion énorme de la population étudiante.
For all students, LGBTQ and heterosexual, we understand the
basic contours of online harassment. It is permanent. We might
persuade the perpetrators not to do it again, but they have lost
control over the vile words once the send button is pressed. The
message can keep circulating through social media and text
messaging forever.
Nous comprenons le profil de base du harcèlement dont sont
victimes en ligne l’ensemble des élèves, hétérosexuels ou GLBTQ.
Il s’agit d’un phénomène permanent. Nous pourrions convaincre
les personnes qui ont commis des actes de harcèlement de cesser
d’agir de cette façon, mais dès qu’ils pressent sur la touche
« Envoyer », ils perdent toute maîtrise des propos abjects qu’ils
ont tenus. Ils continueront indéfiniment d’être diffusés dans les
médias sociaux et par message texte.
It is ubiquitous. There is no safe space left for the victim. We
know that children and teenagers often sleep with their cellphones
under their pillows and compulsively check through the night,
afraid that, if they do not keep messaging, they will be messaged
about and find themselves alone on the target range. Perpetrators
can act anytime, anywhere, with or without adult supervision, inbetween bites at a family dinner.
Les victimes ne se sentent plus en sécurité nulle part — ces
messages les accompagnent partout. Nous savons que les enfants et
les adolescents dorment souvent avec leur téléphone cellulaire sous
l’oreiller, et qu’ils le consultent compulsivement toute la nuit parce
qu’ils craignent que, s’ils ne le font pas, on diffusera des messages à
leur propos et ils se retrouveront seuls au milieu du champ de tir.
Ceux qui pratiquent le harcèlement peuvent frapper à tout moment
et en tout lieu, qu’ils soient surveillés par des adultes ou non, et
même entre deux bouchées durant le souper en famille.
It is impulsive. The ability to act instantly on an abusive
impulse leaves little room for sober second thought.
Il s’agit d’un acte impulsif. Une telle impulsivité laisse peu de
place à une réflexion à tête reposée.
It is quasi-real. The impact of cyberharassment is all too real
for its victims, but the casually abusive perpetrator might have a
lowered sense of the significance of the action.
Il s’agit de quelque chose de presque réel. Les répercussions du
harcèlement en ligne sur les victimes ne sont que trop réelles, mais
la personne qui l’exerce comme si cela n’avait pas d’importance
n’a peut-être pas pleinement conscience de la portée de ses actes.
There is a group mentality. One comment on social media can
quickly escalate to gang assault, leaving the victim feeling alone in
the world and humiliated.
Il existe un esprit grégaire. Un commentaire diffusé sur les
médias sociaux peut rapidement prendre une ampleur accrue et se
transformer en agression de groupe, ce qui mènera la victime à se
sentir humiliée et seule au monde.
For LGBTQ youth, homophobic cyberbullying broadcasts
their sexual or gender identity to the world. Even adults, in 2012,
are still careful about who we come out to so as to be safe or
simply to avoid having to deal with bigotry. For LGBTQ youth,
maintaining control over who knows can be a matter of life and
death.
La cyberintimidation à caractère homophobe a pour effet de
divulguer au monde entier l’identité sexuelle d’un jeune GLBTQ.
En 2012, même les adultes demeurent prudents et choisissent avec
soin les personnes auxquelles ils divulguent leur identité sexuelle
de manière à préserver leur sécurité ou simplement à éviter d’avoir
affaire à l’intolérance. Pour les jeunes GLBTQ, le fait d’exercer
une maîtrise sur la divulgation de leur identité sexuelle peut être
une question de vie ou de mort.
There is a solid bank of scholarly research showing that
depression and ‘‘suicidality’’ skyrocket after disclosure of sexual
identity to parents and family members. Even when youth feel most
hopeful about their parents’ acceptance, they are often wrong.
Although many parents accept and support their LGBTQ children,
the literature shows that many other parents react to disclosures of
Une banque solide de recherches érudites montre que les cas de
dépression et de tendance suicidaire chez les jeunes GLBTQ
montent en flèche après que leur identité sexuelle a été divulguée
à leurs parents ou à des membres de leur famille. Bien souvent, les
jeunes qui ont bon espoir que leurs parents réagiront bien à cette
nouvelle se trompent. Même si bien des parents accueillent
14:40
Human Rights
4-6-2012
their child’s status with hostility, ranging from shock and horror to
grounding or eviction to being sent to the so-called conversion
therapy to intense verbal and physical abuse.
favorablement la nouvelle et soutiennent leur enfant, la littérature
révèle qu’une kyrielle d’autres parents réagissent de manière
hostile — ils peuvent être choqués et horrifiés, mettre leur enfant
à la porte, le priver de sortie, l’envoyer suivre une prétendue
thérapie de conversion ou l’agresser verbalement et physiquement.
We know that LGBTQ youth who are rejected by their families
are nine times more likely to commit suicide than their straight
counterparts.
Nous savons que les jeunes GLBTQ rejetés par leur famille
sont neuf fois plus susceptibles que les jeunes hétérosexuels de se
suicider.
Despite the gains made in LGBTQ rights in recent years, it is
still deadly to be identified as LGBTQ in some circles. The news
stories on homophobic cyberharassment contain many examples
of malicious outing, for example, the college roommate who
secretly filmed a young man, Tyler Clementi, having sex with
another man and uploaded it to a social media site, leading to a
U.S. suicide.
En dépit des gains réalisés au cours des dernières années au
chapitre des droits des GLBTQ, dans certains milieux, il demeure
mortel d’être défini comme GLBTQ. Les journaux regorgent
d’exemples de harcèlement homophobe et de divulgation
malicieuse de l’identité sexuelle d’une personne; par exemple, aux
États-Unis, un étudiant a secrètement filmé son jeune camarade de
chambre, Tyler Clementi, pendant qu’il avait une relation sexuelle
avec un autre homme, et a téléversé la vidéo sur un site de
réseautage. Le jeune homme ayant été filmé s’est suicidé.
We are not taking cyberharassment seriously enough. Part of
the problem is that we do not want to deal with homophobia in a
vigorous way because we are afraid of media attention and
parental backlash, but part of the problem is that focusing on the
term cyber-bullies is distracting us from the facts.
Nous ne prenons pas suffisamment au sérieux le
cyberharcèlement. Cela tient en partie au fait que nous ne voulons
pas nous attaquer vigoureusement à l’homophobie parce que nous
craignons d’attirer l’attention des médias et de provoquer une
réaction hostile chez les parents, mais également au fait que l’accent
mis sur le terme « cyberintimidation » détourne notre attention.
First, it depersonalizes. The term cyberbullying obscures the
agency of the bully and suggests that the bully exists only as a
function of cyberspace, not in physical space.
Premièrement, ce terme dépersonnalise le comportement — il
masque le fait que le comportement est exercé par un
intimidateur, et donne à penser que l’action de ce dernier se
limite au cyberespace, sans avoir d’effet dans le monde concret.
Second, it minimizes. The language of bullying itself is
problematic. For all the work that has been done in the Safe
Schools Movement to bring attention to the issue, bullying still
does not convey the seriousness of the behaviours it covers. If
adults were being subjected to vicious insults and goaded to
commit suicide in cyberspace or in physical space or were being
slammed into walls and sexually assaulted in locker rooms, we
would be using the felony language of harassment, uttering
threats, battery and sexual assault.
Il minimise l’importance du comportement. Les mots utilisés
pour exercer l’intimidation posent eux-mêmes des problèmes.
Malgré tout le travail effectué dans le cadre du mouvement pour
la sécurité dans les écoles afin d’attirer l’attention sur le problème,
on n’accorde toujours pas aux comportements liés à l’intimidation
tout le sérieux qu’ils méritent. Si des adultes étaient victimes
d’insultes vicieuses et si on les incitait à se suicider dans le
cyberespace ou dans le monde réel, ou si on les plaquait contre le
mur et les agressait sexuellement dans des vestiaires, on
qualifierait cela de harcèlement, de profération de menaces, de
voies de fait et d’agressions sexuelles, c’est-à-dire d’actes
délictueux graves.
Third, it depoliticizes. Focusing on cyberspace obscures the
structural sources of violence, the enduring homophobia and
transphobia of school culture that supply motive, logic and
institutional authority for violence.
Troisièmement, il s’agit d’un terme qui dépolitise le problème.
Le fait de mettre l’accent sur le cyberespace masque les sources
structurelles de la violence et l’homophobie et la transphobie
persistantes de la culture scolaire qui confère aux actes de violence
un mobile, une logique et une justification institutionnelles.
Another problem is our focus on cyberspace as the problem.
Would Jamie Hubley’s suicide have caught the media’s attention
if it had not been shown in cyberspace?
Le fait d’insister sur la question du cyberespace constitue aussi
une partie du problème. Est-ce que le suicide de Jamie Hubley aurait
attiré l’attention des médias s’il n’avait pas été diffusé en ligne?
Much of the media reporting on harassment in cyberspace spins
cyberspace itself as a lawless frontier that needs to be colonized by
adult surveillance systems to enforce good behaviour on youth.
However, cyberspace is not the criminal. There is no doubt that
harassment is a crime of opportunity and that the ubiquitous ease of
Une grande partie des reportages sur le harcèlement dans le
cyberespace diffusés dans les médias présente le cyberespace en
tant que tel comme un lieu où règne la loi de la jungle et qui doit
être colonisé par des adultes utilisant des systèmes de surveillance
pour forcer les jeunes à bien se comporter. Toutefois, le
4-6-2012
Droits de la personne
14:41
electronic communication provides ample opportunities, but
cyberspace is just as happy to be a field of dreams as a stalking
ground for LGBTQ youth. We have online anti-bullying sites, Egale
has a website called mygsa.ca,which is a site that deals with
education and establishing safe spaces — gay-straight alliances — in
our school system across the country. The It Gets Better campaign
is another classic example. Cyberspace can also be an organization
and communications space for work that does not get done in the
bricks and mortar school system, a place for adults and students,
heterosexual and queer, to organize. Cyberspace itself is not the
problem. Terrible and wonderful things happen there, but Canada’s
high schools remain a kind of land that time forgot, where youth
and adults are still prowling for LGBTQ youth, and we need to
challenge the culture of homophobia and transphobia that persists
in our schools the way that we have tackled them in the adult world
by law but also by loosening up about the law of silence and
admitting that LGBTQ people should be admitted into the
everyday and everyday conversation.
cyberespace n’est pas responsable des crimes commis en ligne. Il
ne fait aucun doute que le harcèlement est un crime de situation,
et que l’omniprésence et la facilité d’utilisation des moyens de
communication électronique créent de nombreuses occasions de
commettre de tels actes, mais pour les jeunes GLBTQ, le
cyberespace peut aussi bien être un lieu de rêve qu’un endroit
où ils sont traqués. Il existe des sites web de lutte contre
l’intimidation, et Egale est responsable d’un site — mygsa.ca —
qui vise à éduquer les jeunes et à créer au sein du réseau d’écoles
du pays des espaces où homosexuels et hétérosexuels peuvent
communiquer en toute sûreté. La campagne « It Gets Better »
constitue un autre exemple classique. Le cyberespace peut être un
lieu d’organisation et de communication pour les activités ne se
déroulant pas dans les écoles en tant que telles, un lieu où adultes
et élèves, hétérosexuels et GLBTQ, peuvent organiser des
activités. Le cyberespace en soi n’est pas le problème. Des
choses terribles et des choses merveilleuses se produisent dans le
cyberespace, mais les écoles secondaires canadiennes semblent en
quelque sorte être demeurées figées dans le temps; des jeunes et
des adultes continuent d’y traquer les jeunes GLBTQ, et nous
devons nous attaquer à la culture homophobe et transphobe qui
persiste dans nos écoles de la même manière que nous avons lutté
contre elle dans le monde des adultes, c’est-à-dire au moyen de
lois, et également en mettant fin à la loi du silence et en admettant
que les GLBTQ doivent être admis tels qu’ils sont au sein de la vie
de tous les jours.
The good news is that in schools where even small efforts have
been made, students report a better climate. We can police
cyberspace all we want and maybe even significantly reduce the
incidence of homophobic and transphobic harassment that occurs
there, but that is just moving the problem back to physical space,
not making it better.
La bonne nouvelle tient à ce que les élèves ont fait savoir que le
climat s’était amélioré même dans les écoles où seuls de petits gestes
ont été posés. Nous pouvons surveiller autant que nous le voulons
ce qui se passe dans le cyberespace, et peut-être même réduire
notablement le nombre de cas de harcèlement homophobe et
transphobe qui y sont commis, mais cela revient non pas à régler le
problème, mais à le ramener dans notre sphère physique et concrète.
To make it better, we need to make use of the pedagogies that
we have developed in the last 50 years to promote safe and
respectful schools for other forms of diversity: coming down hard
on abusive language and direct harassment in the hallways,
studying the historical construction of prejudice, representing
LGBTQ people in the curriculum, using inclusive language,
holding inclusive events and supporting students in their efforts.
Pour améliorer les choses, nous devons recourir aux moyens
pédagogiques que nous avons mis au point au cours des
50 dernières années pour promouvoir la sécurité et le respect à
l’égard de la diversité au sein des écoles. Parmi ces moyens,
mentionnons les sanctions sévères à l’égard des propos violents et
des actes de harcèlement directs dans les corridors, l’étude des
causes historiques des préjugés, la représentation des personnes
GLBTQ au sein des programmes de cours, l’utilisation d’un langage
n’excluant personne, la tenue d’événements ouverts à toutes les
tendances et la prise de mesures visant à soutenir les efforts des
élèves.
Harassment policies and gay-straight alliances are important
elements of a safe and respectful school culture, but they are not
enough in themselves to transform school culture. The single
biggest opportunity that educators have to shift school culture is
through classroom teaching, and right now almost nothing is
happening there.
Les politiques sur le harcèlement et les alliances entre
homosexuels et hétérosexuels sont des éléments importants
d’une culture scolaire sécuritaire et respectueuse, mais ne sont
pas suffisantes à elles seules pour transformer la culture d’une
école. À cette fin, le meilleur moyen dont dispose un éducateur
consiste en l’enseignement qu’il dispense en classe et, à l’heure
actuelle, à ce chapitre, presque rien ne se fait.
We need a strong mandate, from ministries of education across
the country, to integrate sexual and gender diversity into
classroom teaching, just as we now integrate content regarding
Il faut que les ministères de l’Éducation de toutes les régions du
pays ordonnent fermement que la question de la diversité sexuelle
soit abordée en classe, de la même façon que les questions liées à
14:42
Human Rights
other kinds of social diversity. Otherwise, fear of repercussions
and lack of training will continue to prevent many school
divisions and most of their teachers from doing it. Above all, we
need to end the taboo status of LGBTQ people in our classrooms
and in our society.
Thank you.
4-6-2012
d’autres types de diversité sociale ont été intégrées au contenu
scolaire, à défaut de quoi la crainte des répercussions et l’absence
de formation continueront d’empêcher de nombreuses divisions
scolaires et la plupart des enseignants de le faire. Par-dessus tout,
nous devons faire tomber le tabou qui entoure les personnes
GLBTQ dans nos salles de classe et au sein de notre société.
Merci.
The Chair: Thank you very much. We will now continue with
questions.
La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant
passer à la période de questions.
Senator Ataullahjan: Do we still have the Anti-Defamation
League online?
Le sénateur Ataullahjan : Sommes-nous toujours en
communication avec les représentants de l’Anti-Defamation League?
The Chair: Yes.
La présidente : Oui.
Senator White: They are hiding there.
Le sénateur White : Ils sont cachés juste là.
Senator Ataullahjan: My question is for Mr. Marnin. This
study relates to an issue of child protection under Article 19 of the
UN Convention on the Rights of the Child. How does your
cyberbullying initiative, in particular the cyberbullying of youth,
fit under your mandate as an organization? Are you relating it to
the upholding of human rights? Also, how does combating
cyberbullying fit into the mission of the ADL?
Le sénateur Ataullahjan : Ma question s’adresse à M. Marnin.
L’étude du comité porte sur une question liée à la protection des
enfants aux termes de l’article 19 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant. Dans quelle mesure votre
initiative en matière de cyberintimidation — plus particulièrement
celle envers les jeunes — s’inscrit-elle dans le mandat de votre
organisation? À vos yeux, la lutte contre la cyberintimidation estelle liée à la défense des droits de la personne? Comment la lutte
contre la cyberintimidation s’intègre-t-elle dans la mission de
l’ADL?
Mr. Marnin: On the first part of your question, our framework
for addressing cyberbullying has not been contextualized in that
manner. We have come at it more from the approach under U.S.
law and of our opportunities and obligations therein.
M. Marnin : En ce qui concerne la première partie de votre
question, je soulignerai que nous n’avons pas inscrit notre
initiative de lutte contre la cyberintimidation dans un tel
contexte. Nous nous sommes davantage inspirés d’une
démarche fondée sur le droit américain, de même que des
possibilités qu’il nous offre et des obligations qu’il suppose.
In terms of how it relates to the Anti-Defamation League’s
overall mission and work, in the efforts to stand up for the rights
of all, we understand ‘‘all,’’ obviously, to include our youth,
LGBT youth and others. We saw quite clearly how bullying and
cyberbullying were impacting our youth and took it up.
Interestingly enough, we took up cyberbullying prior to bullying
in our history, and began to understand that as a larger part of
bullying.
Pour ce qui est de la manière dont cette initiative s’intègre dans
l’ensemble de la mission et des travaux de l’ADL, je vous dirai que
nous déployons des efforts pour défendre les droits de tout le
monde, ce qui comprend, bien entendu, les jeunes, qu’ils soient
GLBT ou non. Nous avons constaté très clairement les
répercussions de l’intimidation et de la cyberintimidation sur les
jeunes, et nous avons décidé de nous attaquer à cela. Il convient
de souligner que, avant de nous intéresser à l’intimidation en tant
que telle, nous nous sommes penchés sur la question de la
cyberintimidation, pour ensuite comprendre qu’il s’agissait d’une
forme d’intimidation.
Senator Ataullahjan: We have new issues that come into focus.
Should schools be punishing students for their off-campus
activities? Do they have the right, or should they be given the
power to do that?
Le sénateur Ataullahjan : De nouvelles questions ont été
soulevées. Est-ce que les écoles devraient punir les élèves pour
des gestes qu’ils ont posés à l’extérieur du campus? Ont-elles le
droit de le faire, ou devrait-on leur accorder le pouvoir de le faire?
There are concerns also that any legislation on cyberbullying
will infringe on the rights of freedom of expression. The lines are
blurred between what is allowed to be expressed by an individual
and what is hate. How do you define this line?
En outre, on craint que des dispositions législatives touchant la
cyberintimidation ne portent atteinte à la liberté d’expression. La
frontière entre liberté d’expression et liberté de tenir des propos
haineux est floue. Comment établissez-vous la distinction?
Mr. Marnin: It is a line that we care very much about, given the
constitutional work that we have done here at the ADL. From
our perspective, understanding the ways in which cyberbullying
M. Marnin : Il s’agit d’une frontière dont nous nous
préoccupons énormément, vu les travaux menés par l’ADL sur
des questions de nature constitutionnelle. À nos yeux, il faut
4-6-2012
Droits de la personne
14:43
affects the targets of the bullying in interrupting their education
and interrupting the school day, and it is just as detrimental to
those youth as if it were happening right there in the school.
Therefore, when cyberbullying happens in a way via the Internet
or via text messages, it does not happen in a vacuum. It deeply
affects the students and their capacity to attain education. We just
heard about the percentage of youth not going to school because
of their experiences with bullying and cyberbullying, and that
deeply concerns us. That is how we understand this.
comprendre les effets de la cyberintimidation sur les victimes. Ces
dernières en viennent à interrompre leurs études ou à manquer des
journées d’école, de sorte que la cyberintimidation est aussi
nuisible pour ces victimes que des actes d’intimidation qui seraient
posés à l’école. Ainsi, même si les actes de cyberintimidation sont
posés au moyen d’Internet ou de messages textes, il ne s’agit pas
d’un phénomène en vase clos. La cyberintimidation a de
profondes répercussions sur les élèves et leur capacité de
poursuivre leurs études. Nous venons tout juste d’entendre des
statistiques concernant le pourcentage de jeunes qui ne se
présentent pas à l’école parce qu’ils ont été victimes
d’intimidation et de cyberintimidation, et cela nous préoccupe
vivement. C’est de cette manière que nous voyons les choses.
We certainly have no interest in impinging on the freedom of
expression guaranteed under our Constitution in this case, but we
must also understand how that expression, when it is targeting
someone, is not protected speech any longer, in the same way that
inciting violence is not protected speech.
Nous n’avons assurément aucun intérêt à empiéter, à ce
chapitre, sur la liberté d’expression garantie par notre
Constitution, mais nous devons également comprendre que les
propos dont nous parlons, qui prennent pour cible une personne,
ne relèvent plus des propos protégés par la liberté d’expression, de
la même façon que les propos incitant à la violence ne sont pas
protégés par la liberté d’expression.
Senator Ataullahjan: My question is for Ms. Kennedy. Thank
you for your presentation. We heard from you that cyberbullying
of the LGBT youth is a prominent human rights issue in Canada.
Can you tell me what is currently being done by the federal,
provincial and municipal governments in this regard, and what is
being done by the civil society groups?
Le sénateur Ataullahjan : Ma question s’adresse à
Mme Kennedy. Merci de votre exposé. Vous nous avez dit que la
cyberintimidation envers les jeunes GLBT est une question relative
aux droits de la personne qui occupe une place importante au
Canada. Pouvez-vous nous indiquer ce que font actuellement, à ce
chapitre, les gouvernements fédéral et provinciaux, les
administrations municipales et les organisations de la société civile?
Ms. Kennedy: There are very few provinces in Canada doing
anything about it, with the exception of Newfoundland and
Labrador, although Ontario currently has Bill 13 that they are
looking at. It will make amendments to the Safe Schools Act to
include gay-straight alliances within the school structure in
Ontario.
Mme Kennedy : À l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, et
malgré le fait que l’Ontario se penche actuellement sur le projet de
loi 13, il y a très peu de provinces canadiennes qui font quoi que
ce soit à ce propos. Il faudra modifier la Loi sur la sécurité dans
les écoles de manière à intégrer les alliances gais-hétéros au sein de
la structure scolaire de l’Ontario.
Recently, we did a series of training sessions in Newfoundland
and Labrador of all the principals, vice principals, guidance
councillors and school administrators in every district in that
province. It was incredibly successful. The Ministry of Education
in Newfoundland Labrador is taking a very proactive approach
to this issue because they know of the problems. We are going
back in the fall to do all of their 5,000 teachers.
Nous avons récemment tenu, dans chaque district de TerreNeuve-et-Labrador, des séances de formation à l’intention des
directeurs d’école, des directeurs d’école adjoints, des conseillers
en orientation et des administrateurs d’école. Cette initiative a été
couronnée de succès. Le ministère de l’Éducation de cette
province a adopté une stratégie très proactive en la matière, car
il est au courant des problèmes qui se posent. À l’automne, nous
retournerons là-bas pour dispenser des séances de formation à
l’ensemble des 5 000 enseignants de la province.
In Canada, across the country, we are seeing little or no preservice education providing teachers with the tools they need
before they end up in the classroom. We are asking an awful lot of
our teachers to take on these issues when we are not providing
them with the resources they need in order to address them:
understanding the language such as trans, which is understanding
transgender and transsexual. It is a holistic approach.
Au Canada, les enseignants ne reçoivent, avant de commencer
à enseigner, aucune formation leur fournissant les outils dont ils
ont besoin, ou alors ils reçoivent une formation très sommaire. Il
est impensable de demander à nos enseignants de prendre en
charge ces problèmes si nous ne leur fournissons pas les ressources
dont ils ont besoin afin de les régler. Ils doivent comprendre des
termes comme « trans », qui renvoient à transgenres et à
transsexuels. Il s’agit d’une démarche holistique.
In terms of civil society, there is a little work being done through
organizations in the U.S. and organizations in Britain. Canada now
has a survey — the first of its kind in the country — that actually
En ce qui concerne la société civile, je mentionnerai que des
organisations américaines et britanniques font un certain travail.
Le Canada dispose à présent d’un sondage — le premier du genre
14:44
Human Rights
4-6-2012
examines the climate for our LGBTQ youth. Interestingly, we
discovered that it is girl-on-girl violence in the segregated areas that
is more extensive than the violence against what is perceived to be
the young gay male. Also, 58 per cent of the students who identified
as straight said that they were upset about what was happening to
their LGBT peers in their school system.
au pays — qui porte sur le climat dans lequel évoluent les jeunes
GLBTQ. Nous avons découvert une chose intéressante : la
violence des filles à l’endroit d’autres filles dans les zones isolées
est plus répandue que la violence envers les garçons perçus comme
gais. En outre, une proportion de 58 p. 100 des élèves se disant
hétérosexuels ont indiqué que les actes dont étaient victimes leurs
pairs GLBT au sein du réseau scolaire les contrariaient.
From a federal level, there is not a lot being done. There are
pockets within the country at the provincial level that are actually
now starting to address this, but it is not as extensive as it should be.
À l’échelon fédéral, peu de choses se font. À l’échelon
provincial, à certains endroits, on commence à se pencher sur le
problème, mais les mesures à ce chapitre n’ont pas l’ampleur
qu’elles devraient avoir.
Senator Ataullahjan: Do you feel that cyberbullying should be
included in teacher training, that they should be given the tools to
say what acceptable behaviour is and training on how to use
social media? Should they be taught that and see where the lines
should be drawn in schools as to what is acceptable behaviour?
Le sénateur Ataullahjan : Croyez-vous qu’un volet touchant la
cyberintimidation devrait être intégré à la formation des
enseignants? À votre avis, devrait-on offrir à ces derniers les
outils leur permettant de cerner les comportements admissibles, et
leur dispenser une formation sur la façon d’utiliser les médias
sociaux? Devrait-on leur apprendre cela, et leur enseigner à établir
la frontière entre un comportement admissible à l’école et un
comportement qui ne l’est pas?
Ms. Kennedy: Absolutely. Our study has shown us that
teachers are sometimes part of the problem. They engage in the
homophobia. We have incidents of teachers laughing at young
boys because of the way they run. This is not acceptable. If we do
not give the teachers the knowledge and the resources that they
need in order to address the issue, then we will never tackle this
problem in the way that it should be addressed.
Mme Kennedy : Tout à fait. L’étude que nous avons menée
révèle que les enseignants font parfois partie du problème. Ils
participent à l’homophobie. Il est arrivé que des enseignants se
moquent de jeunes garçons en raison de leur manière de courir.
C’est inadmissible. Si nous ne fournissons pas aux enseignants les
connaissances et les ressources dont ils ont besoin pour régler le
problème, nous ne parviendrons jamais à nous y attaquer de la
façon dont on devrait le faire.
Senator White: Thank you for your presentations. My question
actually pertains specifically to the bully and the differences that
most of us see between a cyberbully and the old-fashioned bully in
the classroom or schoolyard. Many would say that they are not
the same and must be managed differently. I do not know that
any of us have our head around that. How can we manage both of
these differently? That is a question for you, Ms. Kennedy, if you
do not mind. I think you are probably hearing that, as well.
Le sénateur White : Merci de vos exposés. Ma question concerne
spécifiquement les personnes qui pratiquent l’intimidation, et les
différences que la plupart d’entre nous établissent entre la
cyberintimidation et l’intimidation à l’ancienne qui se pratique
dans les salles de classe ou les cours d’école. Pour bien des gens, il
s’agit de deux choses distinctes qui doivent être prises en charge de
manière différente. Je ne pense pas que quiconque ici comprenne
cela. Comment peut-on prendre en charge ces deux problèmes de
façon distincte? J’aimerais que vous répondiez à cette question,
madame Kennedy, si vous le voulez bien. Vous entendez
probablement vous aussi des propos de ce genre.
Second, many would argue that reconciliation in the school can
come from dialogue and discussion, not from hiding it. I do
appreciate some of the discussion that is taking place. Some would
suggest that ought to come in the form of plays and other things
that make it more acceptable and palatable for the discussion and to
take away some of the seriousness around it. Have you had any
experiences or are you seeing any schools do that?
De plus, de nombreuses personnes feraient valoir que, pour que
la réconciliation se concrétise dans les écoles, il faut engager — et
non pas empêcher — le dialogue et la discussion. Une partie des
discussions qui ont lieu me plaisent. D’aucuns avanceraient que,
pour engager la discussion, il faudrait utiliser des pièces de théâtre
et d’autres activités afin de rendre le sujet plus présentable et
agréable, et de le délester d’une partie du sérieux qui le caractérise.
Avez-vous essayé cela? Y a-t-il des écoles qui font cela?
Ms. Kennedy: Our study has shown us that schools that have
inclusive policies that actually spell out anti-homophobia and antitransphobia policies and that say lesbian, gay, bisexual, sexual
orientation, gender identity and gender expression, and schools that
have gay-straight alliances are safer, more inclusive schools.
Mme Kennedy : D’après notre étude, les écoles qui ont adopté
des politiques inclusives, les écoles qui ont formulé clairement des
politiques de lutte contre l’homophobie et la transphobie
englobant les lesbiennes, les gais, les bisexuels et l’orientation,
l’identité et l’expression sexuelles, et les écoles où ont été créées
des alliances gais-hétéros sont plus sécuritaires et plus ouvertes à
la diversité.
4-6-2012
Droits de la personne
Senator White: So open dialogue is the key?
Ms. Kennedy: The open dialogue is extremely important. When
a student sees a sticker on a teacher’s door that indicates it is a
safe space, they know that they can go and talk to that teacher
and that the teacher has an understanding and an acceptance of
who they are —
Senator White: And the issue.
14:45
Le sénateur White : Ainsi, le dialogue ouvert est la solution?
Mme Kennedy : Il s’agit d’une chose extrêmement importante.
Lorsqu’un élève voit sur la porte du bureau d’un enseignant un
autocollant indiquant qu’il s’agit d’un lieu sécuritaire, il sait qu’il
peut entrer et discuter avec une personne qui comprend et admet
son identité...
Le sénateur White : Et le problème.
Ms. Kennedy: — and the issue. That is really, really important.
The more open and the more included we are in the curriculum,
the better it is. I have two small boys. They are both in schools in
Ontario. They are 6 and 8. I know that my kids can go through
the school system and never see our family reflected in the
curriculum. It is that constant negativity around who we are that
will stay with them. Therefore, the more open we are about it and
the more we talk about these issues, the safer, more inclusive and
accepting we will become as a society.
Mme Kennedy : ... et le problème. Il s’agit d’une chose d’une
extrême importance. Plus le programme de cours sera ouvert et
inclusif, mieux ce sera. Mes deux jeunes garçons, âgés
respectivement de six et huit ans, fréquentent l’école en Ontario.
Je sais qu’il est possible qu’ils mènent à bien toute leur scolarité
sans jamais que le modèle de leur famille ne soit mentionné dans le
cadre d’un cours. Cette négativité qui nous entoure constamment
les suivra toujours. Ainsi, plus nous parlerons de ces questions et
plus nous le ferons ouvertement, plus notre société deviendra
sécuritaire, rassembleuse et tolérante.
Senator White: Back to my first commentary, do you also agree
that there are dramatic differences between the cyberbully and the
bully, regardless of whether it is in relation to the LGTB
community or others, but that there is a different type of bully we
are seeing as well?
Le sénateur White : J’aimerais revenir à mon observation
initiale : croyez-vous également qu’il existe une différence
fondamentale entre une personne pratiquant l’intimidation et
une autre pratiquant la cyberintimidation, indépendamment du
fait que la victime appartienne à la communauté GLTB ou à une
autre collectivité? S’agit-il de deux types distincts d’intimidation?
Ms. Kennedy: Sure. I think it is a lot easier to be a cyberbully in
many respects, because you can hide. You can do it from anywhere,
any location, and there is a certain anonymity that goes with it, for
sure.
Mme Kennedy : À coup sûr. Sous bien des rapports, il est
beaucoup plus facile, selon moi, de pratiquer la cyberintimidation,
car il est possible de le faire en cachette, depuis n’importe quel
endroit, et de façon anonyme.
Senator White: Thank you for your comments and for your
presentation.
Le sénateur White : Merci de vos commentaires et de votre
exposé.
The Chair: Senator White, may we open up your question to
the Anti-Defamation League?
La présidente : Sénateur White, peut-on demander aux
représentants de l’Anti-Defamation League de répondre à votre
question?
Senator White: Sure. I do not know if you heard my questions
or not. If you did, you may reply to one or both.
Le sénateur White : Bien sûr. Je ne sais pas s’ils ont entendu
mes deux questions; si c’est le cas, ils peuvent répondre à l’une
d’entre elles ou aux deux.
Mr. Hirschfeld: Yes, I did hear your question.
M. Hirschfeld : Oui, nous avons entendu votre question.
When you look at traditional forms of face-to-face or schoolyard
bullying, we mostly think of students who have more physical or
social power and can use that power to bully others. Absolutely,
when we move to an online environment, that whole dynamic
changes and any student, no matter where they are in that power
structure, can bully online.
Lorsque nous pensons à l’intimidation sous sa forme classique —
l’intimidation qui se pratique en personne, par exemple dans la cour
d’école —, nous songeons essentiellement à des élèves qui tirent
parti de leur force physique ou de leur pouvoir social pour intimider
les autres. Il ne fait aucun doute que toute cette dynamique n’a plus
cours dans le cyberespace, où tout élève peut pratiquer
l’intimidation, peu importe sa force physique ou son pouvoir social.
With cyberbullying, we are finding a wider array of students
participating in it. Sometimes it might be for retaliation. They
might not feel the confidence, physical power or social standing to
retaliate face to face. They might turn to the online environment
to do that. We see social climbing hierarchies where some youth
are participating in cyberbullying because they feel it is a way to
become more popular or more ‘‘in’’ with a certain crowd.
Nous constatons que l’éventail des élèves pratiquant la
cyberintimidation est beaucoup plus vaste que celui des élèves
pratiquant l’intimidation classique. Il arrive que des élèves aient
recours à la cyberintimidation pour se venger d’autres élèves qu’ils
n’auraient pas le courage d’affronter en personne parce qu’ils ne
disposent pas de la force physique ou du pouvoir social nécessaire
à cette fin. Ces élèves ont recours au cyberespace pour exercer leur
vengeance. Il arrive que des jeunes utilisent la cyberintimidation
14:46
Human Rights
4-6-2012
afin de grimper dans l’échelle sociale, car ils croient que cela les
aidera à devenir plus populaires ou à se faire admettre au sein
d’un groupe particulier.
Definitely across the spectrum we are seeing a wider variety of
students participating in online cruelty. It speaks to the need for
there to be, as my colleague just stated, lots of specific education
carved out in the curriculum.
L’éventail des élèves pratiquant la cruauté en ligne est
assurément plus vaste que celui des élèves pratiquant la simple
intimidation. Cela indique qu’il est nécessaire, comme ma collègue
vient de le mentionner, d’intégrer bien des éléments au
programme d’enseignement.
In the United States there is very little time carved out for
social and emotional types of learning and topics. We give a lot of
lip service to it; however, in the end, the curriculum is dominated
by the subject areas that are tested, the ‘‘hard academic areas.’’
There is little time built in to give kids information, to help build
skills, and to give them time and support in practising how to
interact ethically and positively in an online environment, what to
do if they come across bullying or if they are pressured into
participating in that kind of behaviour. We definitely need to
carve out time for that type of education.
Aux États-Unis, très peu de temps est consacré à
l’apprentissage et aux sujets de nature sociale et émotionnelle.
Nous formulons beaucoup de vœux pieux à ce chapitre, mais au
bout du compte, le programme d’études est dominé par les sujets
éprouvés, les matières scolaires bien établies. Les programmes ne
prévoient que de courtes périodes où l’on peut fournir de
l’information aux enfants, les aider à renforcer leurs
compétences, leur accorder du temps et du soutien pour qu’ils
mettent en pratique des comportements éthiques et positifs dans le
cadre de communications en ligne et pour leur apprendre ce qu’ils
doivent faire s’ils sont témoins d’actes d’intimidation ou si on fait
pression sur eux pour qu’ils participent à de tels actes. Nous
devons incontestablement prévoir du temps pour dispenser aux
jeunes un enseignement sur les choses de ce genre.
Senator Zimmer: In my day, you dealt with the bully yourself.
In my day, if you talked about the bully or revealed the bully’s
name, you were tagged as a tattletale or a squealer and there was
retribution beyond the usual treatment. Even though the teacher
or professor would say it stops now, they have ways to get you.
Le sénateur Zimmer : Dans mon temps, on réglait soi-même le
différend nous opposant à l’agresseur; si l’on parlait de lui ou
dévoilait son nom, on se voyait qualifié de porte-panier ou de
mouchard, et un châtiment venait s’ajouter aux actes dont on était
déjà victime. Même si l’enseignant disait que ces actes devaient
cesser, les agresseurs trouvaient le moyen de recommencer à s’en
prendre à leur victime.
Is there still retribution and retaliation beyond dealing with the
issue through the proper authorities? Yes, Facebook and Twitter
can be useful, but they also can be abused. The question is: If you
report bullying, is it worse because they will come back and get
you? They say they are going to respond positively, but do they in
fact get you behind the tool shed later and retaliate separately?
Does telling make it worse?
À présent que l’on peut utiliser d’autres moyens que les
autorités appropriées pour régler le problème, est-ce que les
châtiments et les représailles de ce genre existent toujours? Oui,
Facebook et Twitter peuvent être utiles, mais peuvent également
être utilisés de façon abusive. Ma question est la suivante : est-ce
que le fait de signaler des actes d’intimidation aggrave les choses,
vu que cela amènera les agresseurs à se venger de ceux qui les ont
dénoncés? Ils affirment qu’ils agiront dorénavant de façon
positive, mais dans les faits, est-ce qu’ils attendent leur victime
derrière la remise pour exercer leur vengeance? Est-ce que la
dénonciation aggrave les choses?
Mr. Hirschfeld: I can respond to that. Certainly, retaliation does
still happen. I do not think that overall it makes things worse. We
definitely encourage youth not to keep incidents of bullying or
cyberbullying to themselves, because we feel that it creates
significant emotional damage for them to hold that in. We
encourage youth to confide in a friend or a trusted adult, whether
it is a parent, teacher, counsellor at school, and so forth. Retaliation
is a reality in some situations, but we feel it is always better to bring
the issue out into the light and for adults to work with students to
solve it in a way that will be beneficial for everyone.
M. Hirschfeld : Je peux répondre à cette question. À coup sûr,
les représailles existent toujours. À mon avis, de façon globale, je
ne crois pas que la dénonciation aggrave les choses. Nous
encourageons assurément les jeunes victimes d’intimidation ou de
cyberintimidation à ne pas garder le silence, car nous croyons que
cela occasionne des dommages considérables sur le plan émotif.
Nous encourageons les jeunes à se confier à un ami ou à un adulte
auquel ils font confiance, par exemple, un parent, un enseignant
ou un conseiller de leur école. Dans certains cas, les représailles
sont quelque chose de bien réel mais nous estimons qu’il est
toujours préférable de dévoiler un problème de manière à ce que
les adultes puissent collaborer avec les élèves pour le régler d’une
manière qui profitera à tout le monde.
4-6-2012
Droits de la personne
14:47
The question you raise is important because it speaks to an
issue of an entire school culture. Much of the research shows that
most students and young people are privately uncomfortable with
bullying and retaliatory behaviour; however, they may feel that
they are the only ones who are feeling or thinking that way and
that the rest of their peers would support that kind of negative
behaviour going on in the environment.
Votre question est importante parce qu’elle concerne un
problème qui englobe la culture entière d’une école. La plupart
des recherches montrent que, dans leur for intérieur, la plupart
des élèves et des jeunes ne sont pas à l’aise avec les actes
d’intimidation et de représailles; cependant, ils croient peut-être
qu’ils sont les seuls à éprouver ou à penser cela, et que le reste de
leurs pairs sont d’accord avec les comportements négatifs de ce
genre.
You have a lot of students who share the same feelings and
beliefs, all keeping quiet, because they feel that they are the only
ones who think that way. It is the responsibility of a school to
open up the dialogue, to educate, and to make students aware
that the majority of students want a safe, supportive environment.
The majority of kids do not support the bullying behaviour.
When that information gets out in the open, the social norms of
the entire community can be adjusted, and most students can be
empowered to act as allies and supporters so that retaliation
cannot take hold.
Beaucoup d’élèves partagent les mêmes sentiments et les mêmes
pensées, mais ils gardent le silence parce qu’ils croient être les
seuls à penser de cette façon. Les écoles ont la responsabilité
d’engager le dialogue, d’éduquer les jeunes et de leur faire savoir
que la plupart des élèves veulent évoluer dans un environnement
sécuritaire et stimulant. En règle générale, les jeunes n’approuvent
pas les comportements intimidants. Une fois cette information
divulguée, on peut rajuster les normes sociales de l’ensemble de la
collectivité, et la plupart des élèves peuvent être habilités à s’unir
et à s’entraider de manière à ce que les actes de représailles ne se
répandent pas.
That is really what we are aiming at with this type of education.
It is not just disciplining the few individuals who may be involved
in an incident, but providing the kind of education to the entire
community that reshapes the norms so that retaliation and other
negative forces cannot thrive. I will stop there on that question.
Il s’agit là de l’objectif que nous poursuivons avec ce type
d’éducation. Il s’agit non seulement d’imposer des mesures
disciplinaires aux quelques personnes mêlées à un incident, mais
aussi d’éduquer l’ensemble de la collectivité afin de redéfinir les
normes de manière à ce que les actes de représailles et les autres
comportements négatifs ne puissent pas prendre de l’ampleur. Je
m’en tiendrai à cela sur cette question.
Senator Zimmer: I guess it could happen to them too. Even
though they are silent, they are probably thinking that if they do
not bully someone else, it could happen to them. Therefore, they
need the support of the school, the community and their parents.
Thank you very much.
Le sénateur Zimmer : J’imagine que cela pourrait leur arriver à
eux aussi. Même s’ils gardaient le silence, ils croient probablement
que, s’ils n’intimident pas les autres, les autres pourraient cesser
de les intimider. Par conséquent, ils ont besoin du soutien de
l’école, de la collectivité et de leurs parents. Merci beaucoup.
Ms. Kennedy: I completely agree. I do not think that any of
this work can be done in isolation. I think it is a holistic approach
to the whole education system and the work we do before the
teacher ever ends up in the classroom. The earlier we start the
education around LGTBQ issues and bullying in an ageappropriate manner, that is what we should be looking at.
Mme Kennedy : Je suis tout à fait d’accord avec cela. J’estime
que rien de tout cela ne peut être fait de façon isolée. À mes yeux,
il faut adopter une démarche holistique en ce qui a trait à
l’ensemble du système d’éducation et à la formation préalable des
enseignants. Il faudrait envisager d’éduquer les gens, en fonction
de leur âge, à propos de l’intimidation et des questions liées aux
GLTBQ, et commencer à le faire le plus tôt possible.
Senator Meredith: Thank you so much, panellists. I keep going
back to this question of how we change a culture within our
schools, within our institutions, and within government in terms
of the issues around bullying and the attitude that is taken when
someone does come forth with a complaint. How do we change
that culture? Ms. Kennedy, you mentioned teachers being part of
the problem when it comes to the LGTB community, almost the
sense of ‘‘suck it up,’’ or ‘‘deal with it.’’ A sense of empathy is still
not demonstrated. How do we change that to really get to the root
of the problem?
Le sénateur Meredith : Je remercie les témoins. Je reviens sans
cesse à la question de savoir comment nous devons nous y prendre
pour changer la culture qui règne au sein de nos écoles, de nos
établissements et du gouvernement en ce qui concerne des
questions touchant l’intimidation et l’attitude adoptée envers
une personne qui dépose une plainte. Que devrons-nous faire
pour changer une telle culture? Madame Kennedy, vous avez dit
que les enseignants faisaient partie du problème en ce qui a trait
aux GLTB, à qui ils disent presque de prendre leur mal en
patience ou de s’arranger eux-mêmes avec leurs problèmes. Ils ne
font toujours pas preuve d’empathie envers ces jeunes. Quelles
mesures devrons-nous prendre pour changer cette attitude de
manière à ce que nous puissions vraiment nous attaquer à la
source du problème?
14:48
Human Rights
4-6-2012
Ms. Kennedy: There are so many different ways of dealing with
it and addressing it. One way of doing it would be to have role
models at every level of the political realm, for example, role
model teachers and role models in the sports world. There are
hardly any ‘‘out gay’’ athletes or politicians.
Mme Kennedy : Il existe une multitude de moyens de prendre le
problème en main et de le régler. L’un de ces moyens consiste à
offrir des modèles de comportement à chaque échelon du domaine
politique, par exemple, du domaine de l’enseignement ou du
domaine sportif. Il n’y a pour ainsi dire aucun athlète ou
politicien ouvertement gai.
This week we have before the house Bill C-279, the gender
identity bill. If it passes second reading, it will go to committee,
and we would have transgender people included in our Canadian
Human Rights Act and in the Criminal Code of Canada. If we
continue to hide and to not address the issue of the LGTBQ
populations within our society, we will continue to think that it is
not okay to be gay, and we will continue to send those negative
messages to our youth, who are already struggling with their
identity through their teen years.
Cette semaine, le projet de loi C-279, qui porte sur l’identité
sexuelle, fait l’objet d’une deuxième lecture par la Chambre des
communes. S’il franchit cette étape, il sera renvoyé à un comité, et
les personnes transgenres pourraient se voir englober par la Loi
canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel du
Canada. Si notre société continue de fermer les yeux sur
l’existence des GLTBQ et de refuser de se pencher sur cette
question, nous continuerons de croire qu’il est répréhensible d’être
gai, et nous continuerons d’envoyer des messages négatifs de ce
genre à nos jeunes qui sont déjà aux prises avec des difficultés
d’ordre identitaire durant leur adolescence.
We need to start talking more freely and openly about LGTB
populations within our society. Currently there are 77 countries
around the world that criminalize homosexuality, and in 5 countries
it is punishable by death. As an ‘‘out person,’’ I see that, and that
has a negative impact on our community on a regular basis. We
have to start opening up the dialogue and being respectful of
people’s religious interpretation of LGBTQ issues, while at the same
time recognizing within our publicly funded education system that
every child has the right to be safe and educated.
Notre société doit commencer à parler plus librement et plus
ouvertement des questions touchant les personnes GLTB. À
l’heure actuelle, quelque 77 pays ont adopté des lois criminalisant
l’homosexualité, et dans cinq de ces pays, les homosexuels sont
passibles de la peine de mort. En tant que personne « sortie du
placard », je constate que cela a régulièrement des répercussions
négatives sur notre collectivité. Nous devons engager un dialogue
ouvert et respecter l’interprétation religieuse que font certaines
personnes des questions relatives aux GLBTQ, et ce, en veillant à
ce que notre système d’éducation publique reconnaisse que
chaque enfant a le droit d’être en sécurité et d’être éduqué.
Senator Meredith: Mr. Hirschfeld, would you like to comment
on that as well?
Le sénateur Meredith : Monsieur Hirschfeld, avez-vous des
observations à formuler à ce sujet?
Mr. Hirschfeld: I think that the first response I have is the dictum
that change is a process, not an event, so there are no short-term or
easy-fix kinds of interventions for this problem. Whole communities
need to be involved, and it needs to be an ongoing, long-term effort.
All the research shows that schools have to be involved in a multiyear effort to address issues like bullying, anti-bias and prejudice, in
order for it to begin to take hold and for a community to shift.
Whole communities can and will shift when the commitment is
made. It means starting at the earliest grades, with curriculum and
training for teachers and parents, and establishing a mission that
has to do with social and emotional learning. Very much the way
that you would plan for the academic curriculum, you also have to
plan for the safety issues and emotional issues that you will teach. It
must be across the board. They must be consistent messages
between home and school, and there must be a commitment over a
number of years. There is no secret formula; it is consistency and, as
I said, a whole-of-school commitment. Where that happens, we see
the behaviour shift and larger numbers of students being
empowered to act as allies, to behave respectfully toward their
peers and to stand together when individuals express bias, prejudice,
bullying and so forth.
M. Hirschfeld : Je rappellerai tout d’abord la maxime selon
laquelle le changement est un processus, et non pas un événement.
Ainsi, il n’existe aucune solution simple et rapide à ce problème. Il
faut mettre à contribution l’ensemble des collectivités, et il faut
déployer des efforts permanents et à long terme. Toutes les
recherches montrent que, pour s’attaquer à des problèmes comme
ceux liés à l’intimidation et aux préjugés, il faut que les écoles soient
mises à contribution dans le cadre d’une initiative pluriannuelle —
c’est de cette manière que l’on commencera à obtenir des résultats
durables et que l’on amènera une collectivité à changer. Des
collectivités entières peuvent changer et changeront effectivement du
moment où elles se seront engagées à le faire. Cela signifie que l’on
doit commencer à éduquer les jeunes dès les premières années
d’école — ce qui passe par une modification du programme
d’études et la fourniture d’une formation aux enseignants et aux
parents — et conférer à l’éducation une mission liée à
l’apprentissage social et émotionnel. Il faudrait planifier
l’enseignement de questions relatives à la sécurité et aux émotions,
à peu près de la même façon que l’on planifie le programme
pédagogique. Il doit s’agir d’une initiative touchant tous les secteurs.
Le message transmis à l’école doit concorder avec le message
transmis à la maison, et il doit s’agir d’un engagement pluriannuel.
Il n’existe aucune solution miracle — la solution réside dans la
cohérence et, comme je l’ai dit, dans la mobilisation de toutes les
4-6-2012
Droits de la personne
14:49
personnes évoluant au sein d’une école. Si l’on fait cela, on
constatera des changements de comportement, et on remarquera
qu’un plus grand nombre d’élèves sont en mesure de jouer le rôle
d’alliés, de faire preuve de respect envers leurs pairs et de demeurer
unis lorsque des gens pratiquent l’intimidation, adoptent des
comportements fondés sur des préjugés, et cetera.
Senator Ataullahjan: It is interesting. You just spoke about
involving the community as a whole. So far, we have spoken
about the responsibility of the schools, the teachers and the
parents, but I would like to ask you what role advertising plays in
forming ideas amongst youth and even young children? Quite
often, advertising informs ideas and perceptions of what is cool
and normal, and bullies often prey on those who are different
from perceived ideas of what is normal. While we talk about
educating children about bullying, we also need to make adults in
positions of influence take responsibility too.
Le sénateur Ataullahjan : C’est intéressant. Vous venez tout
juste de dire qu’il fallait mettre à contribution l’ensemble de la
collectivité. Jusqu’ici, nous avons parlé de la responsabilité des
écoles, des enseignants et des parents; à ce moment-ci, j’aimerais
que vous me parliez du rôle que joue la publicité sur le plan de la
formation des idées des jeunes, et même des enfants. Bien souvent,
la publicité influence les idées et les perceptions qu’ont les jeunes
de ce qui est branché et normal, et les personnes qui pratiquent
l’intimidation s’attaquent souvent à ceux qui ne correspondent
pas à ces idées et ces perceptions. Nous parlons du fait qu’il faut
éduquer les jeunes à propos de l’intimidation, mais nous devons
également faire en sorte que les adultes qui occupent des postes
d’influence assument eux aussi leurs responsabilités.
Mr. Hirschfeld: I could not agree with you more on that. One
important part of the curriculum that should be included at every
school and age level is media literacy, where students are taught to
be critical consumers of everything from movies and television to
advertisements and videogames so that they are thinking critically
about the messages — who makes them, why, what they mean —
and the extent to which they are buying into those messages and
ideals, et cetera. Really making that an explicit part of the
curriculum is important.
M. Hirschfeld : Je suis entièrement d’accord avec vous. Il serait
important d’intégrer aux programmes d’études de chaque école et
de chaque niveau scolaire des cours d’initiation aux médias dans
le cadre desquels les élèves apprendraient à faire preuve d’esprit
critique à l’égard de tout ce qui leur est proposé — films,
émissions de télévision, publicités et jeux vidéo — de manière à ce
qu’ils s’interrogent sur la signification des messages qui leur sont
transmis, leur origine et leur raison d’être, sur la mesure dans
laquelle ils adhèrent à ces messages et aux idéaux qu’ils véhiculent,
et ainsi de suite. Il est important que cela fasse vraiment partie
intégrante du programme d’étude.
It is also important for agencies like ADLs and other
educational organizations that are working on issues like
bullying and bias to form partnerships with media agencies to
educate them and build awareness within those industries about
how their messages impact youth and to help to shape and re-shift
messages where possible. At the ADL, we have several
partnerships with media agencies. One is with MTV. They are
running, in the United States, a campaign called A Thin Line to
deal with digital abuse and cyberbullying issues. We act as an
advisor on that campaign and work with them to help to shape
expectations and to build awareness amongst youth. We are
working with the Ad Council here, which is about to release an
anti-bullying campaign, a series of TV and radio spots and other
types of media interventions.
Il est également important que des organismes comme l’ADL
et d’autres organisations du secteur de l’éducation qui
s’intéressent à des problèmes comme l’intimidation et les
préjugés établissent des partenariats avec des organisations du
secteur des médias afin de les éduquer et de les sensibiliser à
propos de l’incidence de leurs messages sur les jeunes, et pour les
aider, dans la mesure du possible, à élaborer et à réorienter leurs
messages. L’ADL a créé des partenariats avec plusieurs
organisations du secteur des médias, notamment MTV. Aux
États-Unis, cette chaîne de télévision mène une campagne
intitulée « A Thin Line », qui porte sur la violence numérique
et la cyberintimidation. L’ADL fait office de conseiller de MTV
dans le cadre de cette campagne, et collabore avec elle pour
contribuer à orienter les attentes des jeunes et accroître la
sensibilisation chez ces derniers. Nous collaborons également avec
l’organisation Ad Council, qui est sur le point de lancer une
campagne de lutte contre l’intimidation constituée d’une série de
messages publicitaires destinés à la télévision et à la radio et
d’autres types d’interventions médiatiques.
There are other examples, but we need to work in partnership
with various media agencies and with the industry as a whole to
educate them and to help them to get the right messages out to
youth, in a large-scale way that we cannot do on our own.
Je pourrais donner d’autres exemples, mais l’essentiel tient à ce
que nous devons travailler en partenariat avec diverses
organisations médiatiques et l’ensemble de l’industrie afin de les
éduquer et de les aider à transmettre aux jeunes des messages
14:50
Human Rights
4-6-2012
appropriés que nous n’avons pas la possibilité de diffuser à grande
échelle, car nous ne disposons pas des mêmes moyens de diffusion
que ceux que possèdent ces organisations.
Mr. Marnin: To add to that, it is important to hold media
outlets, websites and so forth responsible for their terms of
service. They put out guidelines by which they agree to operate,
and one of the things that we have found useful in educating them
about the issues is reminding them of the ideals and
responsibilities that they have and hold, as well as the policies
that they themselves have established. When their media is being
used in ways that contradict those policies, I think that they often
recognize the value those policies in other ways and like to affirm
those policies and live up to them.
M. Marnin : J’aimerais ajouter à cela qu’il est important que
les organismes médiatiques et les sites web, entre autres, soient
tenus responsables de leurs propres modalités de service. Ils
publient des lignes directrices touchant leurs activités qu’ils se
sont engagés à respecter, et l’une des choses que nous avons
trouvées utiles au moment de les éduquer à propos des problèmes
consiste à leur rappeler leurs idéaux et leurs responsabilités, de
même que les politiques qu’ils ont eux-mêmes mises en place. Je
crois que, bien souvent, lorsque l’un de leurs utilisateurs
contrevient à ces politiques, ils voient ces politiques d’un autre
œil, prennent position en leur faveur et assument les
responsabilités qui en découlent.
Overarching with that and with the prior question about
changing the culture, I wanted to add that having laws and
policies allows and forces discussion of these issues, which allows
for the conversations to happen to change the culture. It affirms
government’s perspective on what is okay and what is not okay
and also holds communities responsible. When you talk about the
teachers who are engaging in this behaviour, there is a mechanism
to hold them responsible for their activities and speech.
Pour aller au-delà de cela et de la question précédente
concernant le changement de culture, je tenais à ajouter que le
fait d’établir des lois et des politiques nous donne l’occasion de
parler de ces questions, et nous contraint à le faire, ce qui rend
possible un changement de culture. Ces lois et ces politiques
énoncent la position du gouvernement sur ce qui est admissible et
ce qui ne l’est pas, et obligent les collectivités à assumer leurs
responsabilités. Vous avez parlé des enseignants qui prenaient
part à ce type de comportement; ces lois et politiques constituent
un mécanisme qui les tient responsables de leurs activités et de
leurs propos.
Ms. Kennedy: Now, more than ever, we are seeing gay characters
in sitcoms, and that has given our youth permission to come out at
an earlier age. However, when they do that, we are not providing
resources in the school system because the teachers do not have the
training that they need to address the transphobia and homophobia
in the hallways. Our LGBTQ youth are being given a false sense of
security because they are not getting the backing that they need, on
a daily basis, in the school environment.
Mme Kennedy : Plus que jamais, les séries télévisées
comprennent des personnages gais, et cela a amené les gens à
dévoiler leur homosexualité à un jeune âge. Toutefois, une fois qu’ils
l’ont fait, ils ne sont pas soutenus par le réseau scolaire parce que les
enseignants n’ont pas reçu la formation dont ils ont besoin pour
régler les problèmes de transphobie et d’homophobie qui se
manifestent dans les corridors des écoles. On donne à nos jeunes
GLBTQ un faux sentiment de sécurité, car on ne leur fournit pas le
soutien dont ils ont besoin au quotidien dans l’environnement
scolaire.
Senator Meredith: Some of you have touched on this already
with respect to the education that still needs happen. How
effective do you think your education programs have been in
reaching those individuals who are still resistant to the changes
that you would like to see? In terms of programs that you have
introduced that have helped to alleviate or bring more awareness
to the issues facing your community, with respect to cyberbullying
or bullying in general, are we getting the message across? Is it
resonating in the changes that you would like to see?
Le sénateur Meredith : Ma question porte sur un élément dont
quelques-uns d’entre vous ont déjà parlé en ce qui concerne les
mesures qui doivent encore être prises en matière d’éducation. À
votre avis, dans quelle mesure vos programmes d’éducation ontils réussi à toucher les gens qui résistent encore aux changements
que vous aimeriez voir survenir? Est-ce que vous parvenez à faire
passer le message dans le cadre des programmes que vous avez
mis en place et qui ont contribué à atténuer les problèmes — par
exemple, la cyberintimidation ou l’intimidation en général —
auxquels fait face votre communauté ou à mieux les faire
connaître? Est-ce que ce message se traduit par les changements
que vous souhaitez?
Ms. Kennedy: The work that we are doing in Newfoundland
and Labrador has been very successful.
Mme Kennedy : Le travail que nous faisons à Terre-Neuve-etLabrador est très fructueux.
When a child comes out to the parent, the parent is afraid of
the child not being successful in life because they do not
understand what it means to be LGBTQ. We have given the
Lorsqu’un jeune révèle son homosexualité à ses parents, ceux-ci
craignent que leur enfant rate sa vie parce qu’ils ne savent pas ce que
cela signifie que d’être GLBTQ. Nous avons appris aux enseignants
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Droits de la personne
14:51
teachers and the educators the information that they need to be
more comfortable with what it means to be LGBTQ. We are
having success, in Newfoundland and Labrador in particular and
also in Ontario, with the work that we have done. We now have
simple things like gender neutral bathrooms, which has a huge
impact on a child who is transitioning. These are things that were
not being addressed before we did our training. Another example
is policies that actually spell out what lesbian, gay, bisexual and
transgender mean. Schools have rewritten their policies to reflect
the diversity and the student population within their school
environment, and it has been very successful.
et aux éducateurs qu’ils devaient mieux comprendre cela. Le travail
que nous avons fait a donné de bons résultats, plus particulièrement
à Terre-Neuve-et-Labrador, et aussi en Ontario. Nous avons mis en
place des choses simples comme des toilettes unisexes, ce qui a une
énorme incidence sur un enfant en période de transition. Notre
formation a permis de régler des problèmes. Je pourrais également
donner l’exemple de politiques qui ont été établies et qui énoncent
une définition des termes « lesbienne », « gai », « bisexuel » et
« transgenre ». Les administrations scolaires ont réécrit leurs
politiques afin de refléter la diversité de la population évoluant
dans leur établissement, et cela a porté ses fruits.
Mr. Hirschfeld: We found that our education and training
around cyberbullying has been very well received and had a big
impact. We have actually found that a lot of educators and
administrators are hungering for it because there is now so much
attention on this issue swirling around the news. Many new laws
are being handed down on what seems to be a monthly basis.
People are scrambling for information and support. We found
that it has been very welcoming. We have had resistance when a
negative incident explodes and then the school is under a lot of
scrutiny from the media and the community. Sometimes walls get
put up and there is a resistance to invite organizations in to help
them deal with their ‘‘dirty laundry.’’ It is important for us to
work in a proactive way to build relationships with institutions —
not in response to a problem, but before any problem occurs — to
help them build an environment where everything is in place
before those problems arise. That is one issue.
M. Hirschfeld : Nous avons constaté que l’enseignement et la
formation que nous dispensons à propos de la cyberintimidation
ont été très bien accueillis et ont eu d’importantes répercussions.
En fait, nous avons remarqué que beaucoup d’administrateurs et
d’éducateurs désignent ardemment suivre une telle formation, vu
que la question attire beaucoup l’attention des médias en ce
moment. Il semble que, chaque mois, de nouvelles lois en la
matière soient déposées. Les gens se bousculent pour obtenir de
l’information et du soutien. Nous avons constaté que les gens
voyaient cela d’un très bon œil. Nous nous sommes heurtés à une
résistance dans les cas où une école était surveillée de très près par
les médias et la collectivité à la suite d’un incident négatif. Il arrive
qu’une école se replie sur elle-même, et soit réticente à l’idée
d’inviter une organisation à l’aider à se pencher sur ce qui ne
tourne pas rond. Il est important que nous établissions des
relations avec les établissements de façon proactive — non pas en
réaction à un incident, mais avant qu’un incident ne survienne —
afin de les aider à créer un environnement où toutes les solutions
sont en place avant que les problèmes ne surgissent. Il s’agit là
d’un élément.
I would say the greatest difficulty or level of resistance is not in
people opening themselves up to wanting this information and
these programs; it is fitting into the school program with all the
competing demands. In the United States there is such a
tremendous emphasis on testing and standards now. I do not
know if the same trends exist in the Canadian system, but the
pressure to spend so much time on ‘‘hard core’’ academic subjects
and what is on the tests is driving out professional development
and classroom time for a lot of the social and emotional issues.
Even while there are bullying incidents in the news every day and
everyone is saying we need to deal with this in our schools, they
are finding it really difficult to carve out the time — and often the
money — to have the necessary training. We want to see a lot of
changes from the top down in the way that school authorities are
structuring time spent on various parts of the curriculum.
Je dirais que la principale difficulté ou résistance tient non pas
au fait que les gens ne veulent pas utiliser ces renseignements et
ces programmes, mais plutôt au fait de trouver une place pour
ceux-ci au sein du programme pédagogique, qui comprend toutes
sortes d’exigences contradictoires. À l’heure actuelle, aux ÉtatsUnis, on met énormément l’accent sur les tests et les normes. Je ne
sais pas si une tendance semblable existe au Canada, mais aux
États-Unis on exerce des pressions sur les écoles pour qu’elles
consacrent beaucoup de temps aux matières de base et aux sujets
qui feront l’objet d’évaluations, de sorte que l’on n’a plus de
temps à consacrer au perfectionnement professionnel et aux
questions de nature sociale et émotionnelle. Même si les médias
révèlent chaque jour de nouveaux incidents d’intimidation, et
même si tout le monde affirme que nous devons régler ce
problème qui touche nos écoles, on a beaucoup de difficulté à
trouver le temps — et bien souvent l’argent — nécessaire pour
dispenser la formation requise. Nous voulons qu’une foule de
changements soient apportés, de manière descendante, à la
manière dont les administrations scolaires fixent le temps qui
devra être consacré aux divers éléments du programme d’études.
Ms. Kennedy: With the help of Justice Canada, Egale has
travelled across the country training police officers or school
resource officers; the officers specifically called into schools to
Mme Kennedy : Grâce au soutien de Justice Canada, Egale
s’est rendu dans toutes les régions du pays pour dispenser une
formation aux policiers et aux personnes-ressources des écoles.
14:52
Human Rights
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address issues of bullying, cyberbullying and suicide. It is a very
successful program, and Justice Canada has played a significant
role in helping us address that issue.
Les policiers avaient expressément été invités à venir dans les
écoles pour parler des problèmes liés à l’intimidation, à la
cyberintimidation et au suicide. Il s’agit d’un programme qui
donne de très bons résultats, et Justice Canada nous a beaucoup
aidés à régler le problème.
Senator Robichaud: To the first witness, you told us you have
six programs that you offer and most of them deal with educators.
Then you mentioned family education. How much take is there
from parents who have children in those schools that bother to
come out, listen and educate themselves about cyberbullying?
Le sénateur Robichaud : Ma question s’adresse au premier
témoin. Vous nous avez dit que vous disposiez de six
programmes, et que la plupart d’entre eux étaient destinés aux
éducateurs. Vous avez également fait allusion à l’éducation
familiale. Dans quelle mesure les parents d’enfants fréquentant
ces écoles se donnent-ils la peine de participer à ces programmes
de formation, d’écouter ce qu’on leur dit à propos de la
cyberintimidation et de s’éduquer à ce sujet?
Mr. Hirschfeld: That question is for me, correct; for ADL?
M. Hirschfeld : La question s’adresse à moi, pas vrai? On
s’adresse à l’ADL?
Senator Robichaud: That is right.
Le sénateur Robichaud : C’est exact.
Mr. Hirschfeld: It is definitely a challenge. We find that parents
and families are much more involved when their children are
young, at the primary school ages. As kids become teenagers they
are less involved in school life. It is harder to get them to
participate in programs. That is definitely an ongoing challenge.
M. Hirschfeld : Il s’agit assurément d’un défi. Nous constatons
que les parents et les familles s’investissent beaucoup plus dans les
programmes lorsque leurs enfants sont jeunes et fréquentent
l’école primaire. Les adolescents participent moins à la vie
scolaire. Il est plus difficile de les amener à participer aux
programmes. Cela représente sans aucun doute un défi constant.
We try to have those workshops and training opportunities for
parents and families that are able to and want to attend. Those
need to be coupled with other efforts by the school to send out
lots of literature and information and to have clear policies in
place. Sometimes schools have policies and contracts that need to
be reviewed and signed by families, so they can discuss it at home
with their kids. There can be pamphlets and other literature sent
home to educate parents about the issues, the school’s approach
to dealing with them and what language to use in response.
Nous essayons d’offrir les ateliers et les occasions de formation
aux parents et aux membres de la famille qui sont en mesure d’y
participer et qui souhaitent le faire. Ceux-ci doivent s’assortir
d’autres efforts déployés par les écoles pour envoyer beaucoup de
documentation et d’information et mettre en place des politiques
claires. Dans certains cas, les écoles ont des politiques et des
contrats que les parents doivent examiner et signer, ce qui fait
qu’ils peuvent en discuter avec leurs enfants à la maison. Il peut y
avoir des brochures et d’autres documents envoyés à la maison
pour renseigner les parents sur les problèmes qui se posent, sur la
démarche que l’école adopte pour les régler et sur ce qu’ils
devraient dire lorsqu’ils en prennent connaissance.
There must be a number of initiatives working together to
reach parents, many of whom are busy working and not able to
physically come into the school environment to attend programs.
Il faut qu’il y ait plusieurs initiatives parallèles pour joindre les
parents, puisqu’il y en a beaucoup qui sont occupés par leur
travail qui ne peuvent pas se rendre à l’école pour participer aux
programmes.
[Translation]
Senator Robichaud: Ms. Kennedy, do you speak French?
[English]
[Français]
Le sénateur Robichaud : Madame Kennedy, parlez-vous français?
[Traduction]
Ms. Kennedy: No.
Mme Kennedy : Non.
Senator Robichaud: That is all right.
Le sénateur Robichaud : Ce n’est pas grave.
You say you have programs in Newfoundland and Labrador
and also in Ontario. Why just two provinces? What is not
happening?
Vous dites que vous offrez des programmes à Terre-Neuve-etLabrador et aussi en Ontario. Pourquoi dans deux provinces
seulement? Qu’est-ce qui manque?
Ms. Kennedy: That is a very good question. I think that in
Newfoundland and Labrador they did an extensive review of the
survey results and realized the extent of the problem. I wish I had
Mme Kennedy : C’est une très bonne question. Je pense qu’à
Terre-Neuve-et-Labrador, on a examiné attentivement les
résultats du sondage et pris connaissance de l’ampleur du
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Droits de la personne
14:53
the answer to that. In other provinces, we have tried to get the
ministries of education to respond to the survey, to introduce gaystraight alliances in schools and introduce curriculum and teacher
training. We have not been as successful as we have been in
Newfoundland and Labrador. They are open to it.
problème. J’aimerais pouvoir vous répondre. Dans d’autres
provinces, nous avons essayé d’inciter les ministres de
l’Éducation à répondre au sondage, de créer des alliances gaishétérosexuels dans les écoles et d’offrir une formation dans le
cadre des programmes et aussi aux enseignants. Nous n’avons pas
connu autant de succès qu’à Terre-Neuve-et-Labrador. Là-bas,
les gens sont ouverts à l’idée.
Senator Robichaud: The problem is not educators, it is
politicians?
Le sénateur Robichaud : Le problème vient non pas des
éducateurs, mais plutôt des politiciens?
Ms. Kennedy: That is very astute.
Mme Kennedy : Voilà qui est très perspicace.
Senator Robichaud: You can say it. Someone, somewhere, has
to realize that the situation is such that things must move. Usually
it starts with politicians, with a minister, supported by staff.
Le sénateur Robichaud : Vous pouvez le dire. Il faut que
quelqu’un quelque part se rende compte que la situation doit
changer. Habituellement, cela commence par les politiciens, par
un ministre, soutenu par du personnel.
Ms. Kennedy: Exactly. If you look historically at how the
LGBTQ movement in Canada has gained their rights, they have
been done through the courts. It has not been done at the political
level.
Mme Kennedy : Exactement. Au Canada, le mouvement
GLBTQ a fait valoir ses pouvoirs en s’adressant aux tribunaux.
Cela ne s’est pas fait par la politique.
Like every other marginalized group in society, we have had to
fight through the courts. That is for any myriad of reasons,
whether it be parental backlash or religious versus human rights.
It is really problematic when we cannot address these issues in our
parliaments.
Comme tous les autres groupes marginalisés de la société, nous
avons dû nous battre devant les tribunaux. C’est attribuable à
toutes sortes de raisons, que ce soit la réaction négative des
parents ou le combat entre les droits liés à la religion et les droits
de la personne. C’est un problème grave lorsqu’on ne peut pas
aborder ces questions aux parlements.
Senator Robichaud: It does not only have to do with educators.
You mentioned the people who go into the schools, like police
officers or counsellors. All those people must receive some kind of
training to deal with that.
Le sénateur Robichaud : Ce ne sont pas que les éducateurs qui
sont concernés. Vous avez mentionné les gens qui se rendent dans
les écoles, comme les agents de police ou les conseillers. Tous ces
gens doivent recevoir une formation quelconque dans le domaine.
Ms. Kennedy: Absolutely. If they do not get that training, they
will never be able to address what it means to be LGBTQ. They
will not have an understanding. They will not know the language.
They will not understand the language and until we start
addressing that as a society, I think we are going to continue to
have these problems. They are not going to get any better.
Mme Kennedy : Assurément, s’ils n’ont pas cette formation, ils
ne seront jamais en mesure de comprendre ce que cela signifie que
d’être GLBTQ. Ils ne pourront pas comprendre. Ils ne
connaîtront pas les termes. Ils ne comprendront pas les
expressions qui sont utilisées, et, tant que notre société n’aura
pas abordé ces problèmes, je pense qu’ils vont continuer d’exister.
Les choses ne vont pas s’améliorer.
The Chair: Ms. Kennedy, you made some comments which
concern me and that is the definition of bullying and that it does
not — if I understood you — adequately reflect the severity of the
acts involved. You went on to say that if it was committed by
adults, we would use language of criminal law such as harassment
and assault.
La présidente : Madame Kennedy, vous avez dit quelque chose
qui m’a préoccupée, et c’est que la définition d’intimidation ne
reflète pas, si je vous ai bien comprise, la gravité des actes qu’elle
désigne. Vous avez ajouté que, si ces actes étaient commis par des
adultes, nous parlerions de harcèlement et d’agression, comme en
droit pénal.
Are children receiving equal benefit of the law as guaranteed by
section 15 of the Charter?
Est-ce que les enfants sont protégés au même titre que les
adultes par l’article 15 de la Charte?
Ms. Kennedy: I think that many times, especially when it comes
to LGBTQ issues and youth, parents’ rights trump the right of the
child. As educators within our school system, I think we need to
address that. The sexual harassment, sexual assault, verbal abuse
and cyberbullying are not being addressed in the same way it
would be if an adult were being targeted in the same fashion.
Mme Kennedy : Je pense que dans bien des cas, surtout
lorsqu’il s’agit de jeunes GLBTQ, les droits des parents ont
préséance sur ceux de l’enfant. Je pense qu’en tant qu’éducateurs
travaillant au sein de notre système scolaire, nous devons régler ce
problème. Le harcèlement sexuel, l’agression sexuelle, la violence
verbale et la cyberintimidation ne sont pas traités de la même
manière que si c’était un adulte qui était la cible.
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Human Rights
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I feel in many cases it is a total power imbalance for our youth
if the policies and processes are not in place within our education
system; often the school is the only place where that child may
have some refuge for six hours in a day. If the school is not
accepting, then the child does not feel safe to go into school.
Je pense qu’il y a dans beaucoup de cas un déséquilibre total de
pouvoir pour nos jeunes lorsque les politiques et les processus
n’existent pas au sein du système d’éducation. Souvent, l’école est le
seul endroit où l’enfant est capable de trouver refuge, pendant six
heures par jour. Si l’école ne l’accepte pas, il ne s’y sent pas en
sécurité.
The Chair: What should be done to better protect children’s
rights?
La présidente : Qu’est-ce qu’on devrait faire pour mieux
protéger les droits des enfants?
Ms. Kennedy: First and foremost we should educate the
educators and give them the language, knowledge and expertise
they need to help the child, policy development, role models and
early curriculum that is age appropriate. We have to create a
space that is caring and inclusive for everybody.
Mme Kennedy : D’abord et avant tout, nous devrions informer
les éducateurs et leur fournir le vocabulaire, les connaissances et
l’expertise dont ils ont besoin pour venir en aide aux enfants,
l’élaboration de politiques, des modèles de comportement et des
premiers programmes adaptés à l’âge. Nous devons créer un
milieu où tout le monde peut se sentir bien et qui est accueillant
pour tous.
Mr. Marnin: Our position has been generally that individuals
should use the law as it exists. If the behaviour reaches the level of
criminal behaviour, there is no reason not to utilize it. The
department of education has also indicated and emphasized with
school districts to use our civil rights laws as well, particularly
when individuals are targeted because of a protected category,
that those should be used in addition to criminal laws when the
criminal law is violated.
M. Marnin : En général, nous prônons l’idée que les gens
devraient recourir aux lois sous leur forme actuelle. Si le
comportement en question a la gravité d’un comportement
criminel, il n’y a aucune raison de ne pas le faire. Le ministère
de l’Éducation a aussi insisté auprès des districts scolaires pour
qu’ils aient recours aux lois en matière de droits civils également,
surtout lorsque des gens sont visés parce qu’ils appartiennent à
une catégorie protégée, et on devrait avoir recours à ces lois en
plus des lois pénales lorsqu’il y a infraction à celles-ci.
Ms. Kennedy: If the child or the youth does not have the
support of the home, the law is not always an option for many of
our youth.
Mme Kennedy : Lorsque l’enfant ou le jeune ne trouve pas de
soutien à la maison, dans bien des cas, le recours à la loi n’est pas
une solution qui s’offre à lui.
The Chair: Earlier today we had a number of young people
who presented. My colleagues may disagree with me, but the two
things I heard clearly was that, first, they need more parental
support, and second, that it is not necessarily that the law needs to
change, but attitudes.
La présidente : Plusieurs jeunes gens ont présenté un exposé
plus tôt dans la journée. Mes collègues ne seront peut-être pas
d’accord avec moi, mais les deux choses qui sont ressorties
clairement à mon avis, c’est que, premièrement, ils ont besoin de
plus de soutien de la part de leurs parents, et, deuxièmement, ce
n’est pas nécessairement les lois qui doivent changer, ce sont
plutôt les attitudes.
Ms. Kennedy: That is right.
Mme Kennedy : C’est vrai.
The Chair: I am sure you both deal with LGBTQ and issues
about defamation and the things that the Anti-Defamation
League has talked about. They are not in silos. There is also the
issue of other groups, people of colour who are part of your
group. What challenges do they face?
La présidente : Je suis sûre que vous vous occupez tous deux de
jeunes GLBTQ et de problèmes de diffamation, ainsi que des
choses dont le représentant de l’Anti-Defamation League a parlé.
Ce n’est pas compartimenté. Il y a aussi la question des autres
groupes, les gens de couleur qui font partie de votre groupe. Quels
sont les problèmes auxquels ils font face?
Ms. Kennedy: The whole intersectionality of race and sexual
orientation and gender identity is very complex. Homophobia and
transphobia transcend all cultural boundaries, I believe. I do not
think you can look at any one particular group in society and say
they discriminate against the LGBT population more than others.
Mme Kennedy : Toute la question de l’aspect multidimensionnel
de la race, de l’orientation sexuelle et de l’identité sexuelle est très
complexe. L’homophobie et la transphobie ne connaissent aucune
frontière culturelle, je crois. Je ne pense pas qu’on puisse isoler un
sous-groupe au sein de la société et dire que celui-ci exerce une
discrimination plus marquée que les autres envers les GLBTQ.
The Chair: Maybe I did not put it clearly. I meant that the
people who belong to the LGBT groups and are people of colour
probably face greater challenges.
La présidente : Je n’ai peut-être pas posé ma question de façon
claire. Je voulais dire que les gens qui font partie des groupes
GLBTQ et qui sont en même temps des gens de couleur font
probablement face à des problèmes plus importants que les autres.
4-6-2012
Droits de la personne
14:55
Ms. Kennedy: Absolutely. Our Aboriginal two-spirit people
would face all the other ‘‘isms’’ that go with being Aboriginal and
First Nations. A lesbian of colour would also face those issues
around sexism, racism, homophobia and transphobia. That whole
intersectionality piece is very significant when it comes to the
LGBTQ population for sure.
Mme Kennedy : Certainement. Les Autochtones bispirituels font
face à tous les autres « ismes » associés au fait d’être Autochtone et
membres d’une Première nation. Les lesbiennes de couleur sont aux
prises avec des problèmes de sexisme, de racisme, d’homophobie et
de transphobie. L’aspect multidimensionnel est assurément très
important lorsqu’on parle de la population GLBTQ.
The Chair: Do you have any specific recommendations of what
we could do to assist them, especially on the issue of cyberbullying?
La présidente : Avez-vous des recommandations précises
concernant ce que nous pourrions faire pour venir en aide à ces
gens, surtout pour ce qui est de l’aspect cyberintimidation?
Ms. Kennedy: Education.
Mme Kennedy : Informer les gens.
Mr. Hirschfeld: I concur with Ms. Kennedy’s comments
100 per cent. Traditionally, the Anti-Defamation League has
worked on anti-prejudice issues. We have never been a bullying
prevention agency. The reason we got into this end of the work is
because we saw that in so many instances of bullying, kids were
being targeted with bias, prejudice or hate. We saw a lot of the
same dynamics in bullying situations play out the way they do
with situations of prejudice, which is why we took on this work.
M. Hirschfeld : Je suis tout à fait d’accord avec ce qu’a dit
Mme Kennedy. L’Anti-Defamation League cherche à combattre
les préjugés. Notre organisme n’a jamais été axé sur la prévention
de l’intimidation. La raison pour laquelle nous avons abordé cet
aspect, c’est que nous avons constaté que, souvent, lorsque les
jeunes sont victimes d’intimidation, c’est en raison d’un parti pris,
de préjugés ou de la haine. Nous avons retrouvé en grande partie
la même dynamique dans les situations d’intimidation que lorsque
des préjugés interviennent, et c’est la raison pour laquelle nous
avons entrepris un travail dans ce domaine.
I agree with Ms. Kennedy that we need to have a holistic
approach that looks at the intersections of all forms of bias, how
they are connected, and that we can never be working on one form
of prejudice in a silo. We have to be talking about them all as one.
Je suis d’accord avec Mme Kennedy pour dire que nous
devons adopter une démarche globale qui porte sur les liens entre
toutes les formes de parti pris, ainsi que pour dire qu’il ne nous
sera jamais possible de travailler sur une forme de préjugé de
façon isolée. Il faut tenir un seul discours sur tous ceux-ci.
Having said that, I also want to highlight that when you look
at the research on students who are bullied and they identify the
reasons why some of the groups seem to be disproportionately
impacted, at least according to the literature here in the United
States, it is our LGBT students or students who are perceived to
be LGBT by their peers.
Cela dit, j’aimerais aussi souligner le fait que, selon les travaux
de recherche portant sur les élèves qui sont victimes
d’intimidation et précisant les raisons pour lesquelles certains
groupes semblent plus touchés que d’autres, du moins d’après les
études menées aux États-Unis, ce sont les élèves GLBTQ ou ceux
qui sont perçus comme étant GLBTQ par leurs pairs qui le sont.
Also ‘‘weightism’’ is a huge issue. Children being targeted
because they are overweight is a huge problem that is not really
addressed in the same direct way that issues of racism and sexism
may be. That is not to say that any one form of bias is more
important than another. As stated earlier, they have to be
addressed holistically, but the literature is showing that there are
certain groups of children that are being disproportionately
affected by bullying and we need to make a special emphasis to
educate around those issues and support those children and, as
stated earlier, to also ensure that our policies include enumerated
categories. When we say we do not accept bullying and spell out
the different groups of people who are protected under that
policy, that speaks loud and clear. That is very different from
saying ‘‘We do not tolerate bullying against anyone, but we will
not name who those groups are.’’ We have to say out loud and
clear, our lesbian, gay, bisexual and transgender students are from
different racial and ethnic groups, our immigrant students,
et cetera. It is more than just symbolic; it is an important
statement and an important part of the policies we put in place.
La discrimination fondée sur le poids est aussi un problème
extrêmement important. Le fait que les enfants soient ciblés parce
qu’ils sont obèses est un problème très important qui n’est pas
vraiment abordé aussi directement que le racisme ou le sexisme. Je
ne dis pas qu’il y a des formes de préjugés qui sont plus
importantes que d’autres. Comme nous l’avons dit tout à l’heure,
la démarche de lutte contre les préjugés doit être globale, mais les
études montrent que certains groupes d’enfants sont plus touchés
que les autres par l’intimidation et que nous devons mettre
l’accent sur l’information concernant les enjeux en question et sur
l’aide offerte à ces enfants, et, comme nous l’avons mentionné
tout à l’heure, nous devons aussi nous assurer que les politiques
comportent les différentes catégories. Le message sera très clair si
nous disons que nous n’acceptons pas l’intimidation et nommons
les différents groupes de gens qui sont protégés par la politique
que nous formulons. C’est très différent que de dire que nous ne
tolérons l’intimidation en aucun cas, mais sans nommer les
groupes protégés. Il faut que nous disions haut et fort que nous
avons des élèves qui font partie du groupe des lesbiennes, gais,
14:56
Human Rights
4-6-2012
bisexuels et transgenres et qui sont issus de races et de groupes
ethniques différents, de l’immigration, et ainsi de suite. C’est plus
qu’un symbole; c’est une prise de position importante et une
partie importante des politiques que nous mettons en place.
The Chair: We have heard a lot about education. The cigarette
packages have a warning. Should the education to the parent be
that if you buy this device for your child, there are consequences?
What kind of education should there be?
La présidente : Nous avons beaucoup entendu parler du fait
qu’il faut informer les gens. Sur les paquets de cigarettes, il y a un
avertissement. Est-ce qu’on devrait informer les parents en leur
expliquant qu’il y a des conséquences lorsqu’ils achètent tel ou tel
appareil pour leur enfant? Comment faut-il s’y prendre pour
informer les gens?
Ms. Kennedy: Addressing it at a very early age is important.
Changing curriculum and how we teach our children, teaching
acceptance and respecting difference is a really good start.
Mme Kennedy : Il est important de commencer à un très jeune
âge. Modifier nos programmes et la façon dont nous enseignons à
nos enfants, leur enseigner l’acceptation et le respect de la
différence, ce serait vraiment un bon point de départ.
As I mentioned in my presentation, the Internet and
cyberspace can be a very healthy place if it is monitored and
dealt with respectfully. Teaching respect crosses all kinds of
boundaries in society. If we start there, then we will go a long way
to addressing some of these issues.
Comme je l’ai dit dans mon exposé, Internet et le cyberespace
peuvent être un milieu très sain, si celui-ci fait l’objet d’une
surveillance et est traité avec respect. L’enseignement du respect se
fait au-delà de toutes sortes de frontières au sein de la société. En
commençant par là, nous allons contribuer pour beaucoup à
régler les problèmes en question.
Senator Ataullahjan: Does cyberbullying, like regular
schoolyard bullying, get any better as kids get older? Our study
has been going on for some time, and the one thing that we hear is
that when kids are younger, in elementary schools, it is the girls
who tend to do more bullying. I was surprised to hear that you do
have some form of cyberbullying at the university level also. Do
you have any statistics or facts that that is true at the university
and high school level?
Le sénateur Ataullahjan : Est-ce que la cyberintimidation
devient moins présente lorsque les enfants vieillissent, comme
l’intimidation ordinaire dans les cours d’école? Nous menons la
présente étude depuis un certain temps, et ce que nous entendons
dire, c’est que ce sont davantage les filles qui ont tendance à poser
des gestes d’intimidation lorsque les enfants sont jeunes, au
primaire. J’ai été surprise d’apprendre que la cyberintimidation
existe aussi au niveau universitaire. Avez-vous des chiffres ou des
données qui prouvent que c’est vrai aux niveaux universitaire,
collégial et secondaire?
At the high school and university level, boys are involved in
cyberbullying as well as girls, where at the elementary school level
it seems to be mostly girls. As we saw with the students today, out
of nine students it was eight girls and one boy.
Aux niveaux secondaire, collégial et universitaire, les garçons
se livrent à la cyberintimidation comme les filles, tandis qu’au
primaire, il semble que ce sont surtout des filles qui le font. Nous
avons pu le constater aujourd’hui. Huit des neuf élèves qui sont
venus témoigner étaient des filles.
Ms. Kennedy: The statistics certainly that we gathered in our
survey indicate very highly that the girls are the target and the
girls are targeting. We do have the statistics that would back that
up. That is in cyberbullying and in general physical bullying.
Mme Kennedy : Les chiffres que nous avons tirés de notre
sondage indiquent clairement que ce sont surtout les filles qui sont
ciblées et qui ciblent les autres. Nous avons effectivement des
chiffres pour appuyer cette affirmation. Je parle de la
cyberintimidation et de l’intimidation physique en général.
At the university level, we do not have those statistics, but
certainly at the high school level we know that it is a prevalent
problem amongst our young girls.
Pour le niveau universitaire, nous ne disposons pas de chiffres
de ce genre, mais pour le secondaire, nous savons que c’est un
problème courant chez les jeunes filles.
Senator Ataullahjan: At the high school level, it is still the girls
who are being bullied and doing the bullying, too?
Le sénateur Ataullahjan : Au secondaire aussi, ce sont les filles qui
sont victimes d’intimidation et qui posent des actes d’intimidation?
Ms. Kennedy: Yes. It is in the segregated areas like the
women’s washroom and the women’s change room.
Mme Kennedy : Oui. L’intimidation a lieu dans les endroits
isolés comme les salles de bain et les vestiaires des filles.
Mr. Hirschfeld: With traditional forms of face-to-face bullying,
we usually see a peak at the middle school level and begin to
decrease as students enter high school.
M. Hirschfeld : Pour ce qui est des formes habituelles
d’intimidation en personne, normalement, le phénomène atteint un
sommet à l’école intermédiaire, pour ensuite diminuer au secondaire.
4-6-2012
Droits de la personne
14:57
With cyberbullying, some of the literature suggests that
cyberbullying does not peak and then decrease as kids get to
high school. It continues to stay at the same levels or maybe
escalate a little bit. Cyberbullying is not a problem that kids are
growing out of, as many might assume.
Dans le cas de la cyberintimidation, certaines études semblent
indiquer qu’elle ne connaît pas cette phase de sommet puis de
déclin au secondaire. Elle demeure tout autant présente ou le
devient même encore un peu plus. La cyberintimidation n’est pas
un problème que les jeunes règlent avec le temps, contrairement à
ce que beaucoup de gens pourraient penser.
I do not know the literature at the university level as well, but
anecdotally, because ADL does run campus programs, I have
heard it is a growing problem and that more and more of the
colleges we have worked with are asking if we can deliver some
cyberbullying training at that level. Anecdotally, that suggests to
me that it is a problem, even amongst university-aged students.
Je ne connais pas aussi bien les études menées au niveau
universitaire, mais de façon anecdotique, puisque ADL offre aussi
des programmes dans les universités, j’ai entendu dire que c’est un
problème qui s’accentue, et de plus en plus d’établissements avec
lesquels nous collaborons nous demandent si nous pouvons offrir
une formation sur la cyberintimidation à ce niveau. De façon
anecdotique, cela me porte à croire que c’est un problème qui se
pose, même chez les étudiants de niveau universitaire.
As well as the gender split, I think the research shows — and I
hate to generalize, but the research has shown this — that girls are
involved more heavily in relational kinds of aggression and
bullying, such as gossiping, exclusion and cliques, versus physical
forms of bullying. Those relational and verbal forms of aggression
lend themselves much more to online environments, and so the
literature does show that, oftentimes, girls are disproportionately
involved in cyberbullying or online incidents of aggression a little
bit more than boys are. However, both sexes are certainly
involved in this problem.
En plus de la différence selon le sexe, je pense que la recherche
montre — et je déteste faire des généralisations, mais la recherche
a démontré ce que je viens de dire — que les filles se livrent
davantage à des actes d’agression et d’intimidation relationnels,
comme les commérages, l’exclusion et la formation de cliques,
qu’à des formes d’intimidation physique. Ces formes d’agression
relationnelle et verbale se transposent mieux dans le monde
virtuel, et les études montrent donc que, dans bien des cas, les
filles sont à l’origine de cyberintimidation et d’incidents
d’agression en ligne un peu plus que les garçons. Le problème
touche cependant les deux sexes, c’est sûr.
Senator Nancy Ruth: You had said that one of the good things
happening in Newfoundland was that there were gender-neutral
washrooms. I assume you were saying that in terms of the kids
who were transitioning from one gender to another.
Le sénateur Nancy Ruth : Vous avez dit qu’une bonne chose
qu’on a faite à Terre-Neuve, c’est de créer des salles de bain
neutres sur le plan du sexe. Je présume que vous parliez des jeunes
qui sont en train de changer de sexe.
In terms of the bullying happening in girls’ washrooms in high
schools, would you think that having gender-neutral bathrooms
there would limit this, or will it make any difference at all in terms
of the young women who are doing it now?
Est-ce que vous pensez que l’existence de salles de bain neutres
ferait diminuer le nombre d’incidents d’intimidation qui ont lieu
dans les salles de bain pour les filles des écoles secondaires? Est-ce
que cela empêcherait les jeunes femmes qui posent des gestes
d’intimidation de le faire?
Ms. Kennedy: I think it will make the school climate safer for
sure. I think having gender-neutral bathrooms, and individual
stalls — because most schools would not be set up currently to do
that, so it would be primarily individual stalls — would make the
schools safer. Potentially, the incidents of violence would decrease.
Mme Kennedy : Je pense que les écoles seraient certainement
plus sûres. Je pense que l’existence de salles de bain neutres sur le
plan du sexe et de cabines de toilette individuelles — parce que la
plupart des écoles ne pourraient pas faire la transformation en ce
moment, ce qui fait que ce serait surtout des cabines de toilette
individuelles — rendrait les écoles plus sûres. Il est possible que
cela fasse diminuer le nombre d’incidents de violence.
The Chair: I want to thank both the Anti-Defamation League
and Egale Canada — Ms. Kennedy, Mr. Marnin and
Mr. Hirschfeld — for giving of your time today. We have learned
much from you and we look forward to working with you.
La présidente : Je voudrais remercier les représentants de
l’Anti-Defamation League et d’Egale Canada — Mme Kennedy,
M. Marnin et M. Hirschfeld — d’avoir pris le temps de venir
témoigner aujourd’hui. Vous nous avez appris beaucoup de
choses, et nous avons hâte de travailler avec vous.
We would now like to welcome Ms. Marie-Eve Villeneuve,
Director of Communications at Vidéotron. We have been looking
forward to your presentation, and I know you have some
introductory comments.
Nous souhaitons maintenant la bienvenue à Mme Marie-Eve
Villeneuve, directrice des communications à Vidéotron. Nous
avions hâte d’entendre votre exposé, et je sais que vous avez une
déclaration préliminaire à présenter.
14:58
Human Rights
[Translation]
4-6-2012
[Français]
Marie-Eve Villeneuve, Director, Corporate Communications,
Vidéotron: First of all, I would like to thank you for giving us this
opportunity to tell you about our Vigilance on the Net program,
the largest Internet safety awareness campaign in Quebec to date.
Marie-Eve Villeneuve, directrice, Communications corporatives,
Vidéotron : J’aimerais d’abord vous remercier de nous permettre
de présenter notre programme Vigilance sur le Net, à ce jour la
plus grande campagne de sensibilisation aux dangers d’Internet
au Québec.
Vigilance on the Net was designed by Vidéotron and was
established in 2007. Its main objective is to inform Québécois
families about the potential dangers of the Internet while at the
same time providing them with the necessary tools to protect
themselves.
Conçu par Vidéotron, Vigilance sur le Net a vu le jour en 2007.
Son principal objectif consiste à informer les familles québécoises
des dangers potentiels d’Internet tout en leur fournissant les outils
nécessaires pour bien se protéger.
Several realities led to the creation of this program. As an
Internet service provider, Vidéotron felt they had a moral
obligation to raise awareness of the dangers of certain uses
made of its services. We began to offer our clients our parental
control software for free as of 2007.
Plusieurs réalités ont mené à la création de ce programme. En
tant que fournisseur de service Internet, Vidéotron sentait qu’elle
avait l’obligation morale de faire de la sensibilisation à l’égard des
dangers de l’utilisation qu’on fait de ces services. Dès 2007, nous
avons commencé à offrir gratuitement à nos clients notre logiciel
de contrôle parental.
[English]
However, we knew this was not enough. We felt we had to
provide a wider range of practical tools for Quebec Internet users,
kids and adults alike. Bear in mind that in 2007 there was little
information available about Internet security.
[Translation]
[Traduction]
Toutefois, nous savions que cela ne suffisait pas. Nous avons
senti le besoin de mettre une gamme plus étendue d’outils
pratiques à la disposition des usagers d’Internet du Québec, jeunes
ou adultes. N’oubliez pas qu’en 2007, il y avait peu d’information
accessible sur la sécurité Internet.
[Français]
We therefore carried out a Léger Marketing survey of
600 Quebec parents and their 12- to 17-year-old teens. The
survey was conducted with the aim of identifying in which sector
we could be useful. The results told us that overall, parents were
rather well aware of their teenagers’ Internet habits. However,
they underestimated certain practices that could put them at risk.
Moreover, the survey showed us that despite their awareness of
the hazards of the Web, 80 per cent of young people did not,
unfortunately, navigate safely. They felt safe and secure at home
in front of their screens. Vidéotron therefore decided to target
young people who were born with a mouse in their hand.
Nous avons donc mené un sondage Léger Marketing auprès de
600 parents québécois et leurs adolescents âgés de 12 et 17 ans. Ce
sondage a été réalisé dans le but de préciser le secteur dans lequel
nous pourrions être utiles. Les résultats nous ont indiqué que de
façon globale, les parents connaissaient assez bien les habitudes de
leurs adolescents sur Internet. Par contre, ils sous-estimaient
certaines pratiques qui pourraient les mettre en danger. De plus, le
sondage nous a indiqué que malgré leurs connaissances
des dangers du web, 80 p. 100 des adolescents ne naviguaient
malheureusement pas de façon sécuritaire. Ils se sentaient bien en
sécurité à la maison, derrière leur écran. Vidéotron a donc décidé
de cibler les jeunes nés avec une souris à la main.
In 2007, we decided to create the Vigilance on the Net Tour,
which visited Quebec secondary schools over a three-year period.
The content was designed with the collaboration of one of
Quebec’s foremost Web experts, Mr. Denis Talbot, who was able
to identify the main risks on the Internet and develop the content
around various themes: file-sharing, bogus gifts, phishing,
passwords, chat rooms and social networking.
En 2007, nous avons décidé de créer la Tournée Vigilance sur le
Net qui a sillonné les écoles secondaires du Québec pendant trois
ans. Le contenu a été conçu avec la collaboration d’un de nos grands
experts du web au Québec, M. Denis Talbot, qui a su identifier les
principaux dangers d’Internet et tisser le contenu autour de divers
thèmes : le partage de fichiers, les faux cadeaux, l’hameçonnage, les
mots de passe, le clavardage et le réseautage social.
The Vigilance on the Net Tour involved more than
100 awareness workshops in the schools and meetings with
close to 25,000 young people. At the beginning of 2010, we
realized there was a need to raise awareness among a greater
number of young people in all regions of Quebec. As a result,
Vidéotron decided to launch an educational package for teachers.
Based on the same Internet risks as those targeted during the tour,
La Tournée Vigilance sur le Net, c’est plus de 100 conférences de
sensibilisation dans les écoles et la rencontre de près de
25 000 jeunes. Au début de l’année 2010, nous avons constaté
qu’il existait une nécessité de sensibiliser un plus grand nombre de
jeunes dans toutes les régions du Québec. Dès lors, Vidéotron a
décidé de lancer une trousse pédagogique destinée aux enseignants.
Fondée sur les mêmes dangers d’Internet que ceux ciblés par la
4-6-2012
Droits de la personne
14:59
this educational kit includes a supplementary module on
cyberbullying, an increasingly topical issue at the time of its
launch.
tournée, cette trousse pédagogique comporte un module
supplémentaire portant sur la cyberintimidation, sujet de plus en
plus d’actualité au moment du lancement
We had to reach more young people because, even today,
58 per cent of adolescents do not believe that publishing
photographs and providing personal information online is
dangerous. Moreover, 54 per cent of teens have private
conversations with strangers using instant messaging.
Nous devions joindre plus de jeunes puisque, encore aujourd’hui,
58 p. 100 des adolescents ne croient pas que publier des
photographies et donner des informations personnelles en ligne
est dangereux. De plus, 54 p. 100 des adolescents ont des
conversations privées avec des inconnus via messagerie instantanée.
The Vigilance on the Net Kit is a tool that includes an
educational activities guide allowing those using it to organize their
own awareness activities. It also includes explanatory texts and
workshops that stakeholders can undertake with young people.
La Trousse Vigilance sur le Net est un outil contenant un guide
d’activités pédagogiques permettant aux intervenants d’organiser
leurs propres activités de sensibilisation. On y retrouve des textes
explicatifs et des ateliers que les intervenants pourront réaliser
avec leurs jeunes.
[English]
You do not have to be an Internet expert to use this tool kit.
We guide the teachers step by step with clear instructions. The
content is divided into four modules: computer viruses; fraud and
identity theft; chatting and social networking; and finally,
cyberbullying.
[Translation]
[Traduction]
Nul besoin d’être un expert d’Internet pour utiliser cet
ensemble d’outils. Nous donnons des directives claires aux
enseignants à chaque étape. Le contenu est réparti en quatre
modules : les virus informatiques, la fraude et le vol d’identité, le
clavardage et les réseaux sociaux et, enfin, la cyberintimidation.
[Français]
As far as cyberbullying is concerned, our approach was
essentially to make young people aware of this serious problem
by illustrating the consequences for victims. As a practical
workshop, we get them to imagine how the victim must feel and
we make them play the role of the person explaining to the youth
how to react if they are a bullying victim.
Sur le plan de la cyberintimidation, notre approche consiste
essentiellement à conscientiser les jeunes à ce problème grave en
illustrant les conséquences pour les victimes. Comme atelier
pratique, nous leur faisons imaginer comment la victime doit se
sentir et nous leur faisons jouer le rôle d’un intervenant qui
expliquerait au jeune comment réagir s’il était victime d’intimidation.
Each learning module can be carried out in 30 minutes or
more, according to the needs. The various workshops can be
adapted to the age of the group and allow young people to express
themselves on the issues raised, to talk about their own
experiences and to demonstrate their skills at home. This new
tool allows teachers to engage in dialogue with students on
burning issues that are part of their daily lives. So far, close to
100,000 young people have benefited from the Vigilance on the
Net Kit.
Chaque module d’apprentissage peut être réalisé en 30 minutes
ou plus, selon les besoins. Les divers ateliers peuvent être adaptés
à l’âge du groupe et permettent aux jeunes de s’exprimer sur les
sujets abordés, de raconter leurs propres expériences et de mettre
leurs acquis en pratique à la maison. Ce nouvel outil permet aux
enseignants d’engager le dialogue avec les élèves sur des sujets au
cœur de l’actualité et faisant partie de leur vie quotidienne. À ce
jour, près de 100 000 jeunes ont connu les bienfaits de la Trousse
Vigilance sur le Net.
It should be noted that the kit is offered for free to elementary
or secondary school teachers who request it.
Il est à noter que la trousse est offerte gratuitement aux
enseignants des écoles primaire et secondaire qui en font la
demande.
[English]
We also encourage people to visit our website,
vigilancesurlenet.com, which has a fountain of information,
practical tips, video capsules and more.
[Translation]
[Traduction]
Nous invitons également les gens à visiter notre site web,
vigilancesurlenet.com, qui contient toutes sortes de renseignements,
de conseils pratiques, de capsules vidéo et bien d’autres choses.
[Français]
There is growing demand for the Vigilance on the Net Kit.
Since the beginning of 2012, more than 130 kits have been sent to
educational institutions and various youth centres.
La demande pour la Trousse Vigilance sur le Net est
grandissante. Depuis le début de 2012, plus de 130 trousses ont
été envoyées dans les institutions scolaires et divers centres jeunesse.
Surfing the Net is something like going on a car trip: it can be
dangerous but that does not mean you should not do it. We try to
help young people create their own ‘‘seatbelt’’ and hone their
Naviguer sur Internet est un peu comme se balader en voiture,
cela peut être dangereux, mais cela ne veut pas dire qu’on ne doive
pas le faire pour autant. Nous essayons d’aider les jeunes à créer
14:60
Human Rights
instincts as far as safety is concerned. We hope that in doing so
they will acquire the tools that will allow them, as adults, to help
their children be aware of the dangers online.
[English]
4-6-2012
leur propre ceinture de sécurité et à développer leur instinct en ce
qui concerne la sécurité. Nous espérons qu’ils auront ainsi acquis
des outils qui leur permettront, une fois adulte, d’aider leurs
enfants à prendre conscience des dangers du web.
[Traduction]
Senator Ataullahjan: Thank you for your presentation. What
means do parents have if their child is being cyberbullied and they
are using your service? How can they report the cyberbullying to
you, and what happens if they do report it to you?
Le sénateur Ataullahjan : Merci de votre exposé. Quels recours
les parents ont-ils si leur enfant est victime de cyberintimidation
en utilisant votre service? De quelle façon peuvent-ils vous le
signaler? Que se passe-t-il lorsqu’ils le font?
Ms. Villeneuve: Vidéotron is an Internet service provider, so we
are not the experts where you would actually call in cyberbullying.
We offer on our website, though, different organizations that
help, such as Tel-jeunes in Quebec, which is quite big. The
children and the parents can call. There is a line for both. At the
same time, if a parent is interested in this tool, it is at the intention
of the teachers. We would like them to recommend to the schools
to get themselves a tool kit.
Mme Villeneuve : Nous fournissons des services Internet, et
nous ne sommes donc pas les experts à appeler pour signaler des
cas de cyberintimidation. Nous offrons cependant sur notre site
web les liens vers différentes organisations qui fournissent de
l’aide, comme Tel-jeunes au Québec, qui est un organisme assez
important. Les parents et les enfants peuvent téléphoner. Il y a
une ligne pour les jeunes et une ligne pour les adultes. En même
temps, si un parent s’intéresse à l’outil, celui-ci a été créé à
l’intention des enseignants. Nous aimerions qu’il le recommande à
l’école et se procure une trousse d’outils.
Senator Ataullahjan: Would you be able to take down a
cyberbully’s account, though?
Le sénateur Ataullahjan : Pourriez-vous fermer le compte d’un
cyberintimidateur, par contre?
Ms. Villeneuve: This is a different subject for cyberbullying. If
people are victims of cyberbullying, identity theft, or anything like
that, they can go on the Vidéotron.com website and report an
abuse. Then we do — I am sorry; the words are not coming in
English this afternoon.
Mme Villeneuve : C’est un sujet différent pour ce qui est de la
cyberintimidation. Si les gens sont victimes de cyberintimidation,
de vol d’identité ou de quelque chose de ce genre, ils peuvent se
rendre sur Vidéotron.com et signaler l’incident. À ce moment-là,
nous faisons — je suis désolée; les mots ne me viennent pas en
anglais cet après-midi.
Senator Ataullahjan: You can say it in French.
[Translation]
Le sénateur Ataullahjan : Vous pouvez répondre en français.
[Français]
Ms. Villeneuve: The Vidéotron information security team
would then conduct an investigation as to what should be done
in the future. But we are indeed in touch with the police, if we
need to take it to another level.
Mme Villeneuve : Ensuite, l’équipe de sécurité informatique de
Vidéotron pourrait faire une enquête pour voir la suite des choses.
Mais on est en contact avec la police, effectivement, s’il faut aller
à un niveau supérieur.
Senator Robichaud: When you are informed of a cyberbullying
incident, can you find the source? Young people were telling us
earlier on that they create phony accounts and all sorts of
messages are sent. That must go through a service provider, does
it not?
Le sénateur Robichaud : Lorsque l’on vous rapporte une
incidence de cyberintimidation, pouvez-vous trouver la source?
Des jeunes nous disaient tantôt qu’il se crée des comptes fictifs et
toutes sortes de messages sont envoyés. Cela doit passer par un
fournisseur de service, n’est-ce pas?
Ms. Villeneuve: Vidéotron has a computer security team that
does indeed carry out investigations on these kinds of accounts.
At the same time, we work alongside the police, because above
and beyond action taken by the Internet service provider, a police
investigation is required.
Mme Villeneuve : L’entreprise Vidéotron a une équipe de
sécurité informatique qui justement fait des enquêtes sur des
comptes de ce genre. En même temps, on travaille de concert avec
la police, parce que c’est plus une intervention policière qui est
nécessaire plus qu’une intervention du fournisseur Internet.
Senator Robichaud: But, if I may, can you identify the source?
Le sénateur Robichaud : Mais, si vous me permettez, vous
pouvez déterminer la source?
Ms. Villeneuve: I am not the security expert for the company, I
am in charge of the Vigilance on the Net program. I would have
to find out that information.
Mme Villeneuve : Je ne suis pas l’experte de la sécurité pour
l’entreprise, je suis plutôt en charge du programme Vigilance sur
le Net. Il faudra que j’aille chercher l’information.
4-6-2012
Droits de la personne
14:61
Senator Robichaud: We are told that these messages are
impossible to trace, which is why it is so difficult to fight
cyberbullying. It seems to me, given today’s technological
advances, that there must be a way. Perhaps I am wrong.
Le sénateur Robichaud : On nous dit que c’est impossible de les
retracer, c’est ce qui fait que c’est si difficile de combattre la
cyberintimidation. Il me semble, considérant les avancées
technologiques d’aujourd’hui, qu’il devrait y avoir un moyen. Je
suis peut-être dans l’erreur.
Ms. Villeneuve: I will have to check with my information
security team.
Mme Villeneuve : Je devrai me renseigner auprès de mon
équipe de sécurité de l’information.
Senator Robichaud: Thank you, Ms. Villeneuve.
[English]
Le sénateur Robichaud : Merci, madame Villeneuve.
[Traduction]
The Chair: This afternoon, we heard about Tumblr and
Formspring, two forums the young students were speaking about,
where you can be anonymous and send anonymous messages to
different people, and classmates would not know who the message
came from. Would your company be able to find out who that
anonymous sender is?
La présidente : Cet après-midi, les jeunes élèves nous ont parlé
de deux forums, Tumblr et Formspring, où on peut conserver
l’anonymat et envoyer des messages à diverses personnes, sans
que les camarades de classe ne sachent de qui vient le message.
Est-ce que Vidéotron pourrait retrouver l’auteur du message?
Ms. Villeneuve: I will have to check. It is most likely related to
the IP address, but I will have to check and get back to you.
Mme Villeneuve : Il faudrait que je vérifie. C’est lié surtout à
l’adresse IP, mais je vais devoir vérifier et vous répondre plus tard.
The Chair: Thank you.
[Translation]
La présidente : Merci.
[Français]
Senator Robichaud: At the end of your presentation, you
compared surfing the Internet or the Web to a car trip and that
there could be an accident. You invited young people to have
their own seatbelt. What is that seatbelt if they want to protect
themselves?
Le sénateur Robichaud : À la fin de votre présentation, vous
avez comparé la navigation sur Internet ou sur le web à un voyage
en voiture et qu’il y avait danger d’accident. Vous invitez les
jeunes à avoir leur propre ceinture de sécurité. Quelle est cette
ceinture s’ils veulent se protéger?
Ms. Villeneuve: In the various modules, we give them practical
advice that they can try at home and put into practice.
Mme Villeneuve : Dans les différents modules, on leur donne
des trucs pratiques qu’ils peuvent essayer à la maison et mettre en
pratique.
We try to use common situations of everyday life. Then, we tell
them to do it on the Internet and we ask them if they would do it
in real life. They are practical tips. Often, when we are in front of
a computer, we feel safe. If someone is cyberbullying, we invite the
people into the schoolyard or ask them to create a Facebook page
against someone. Many young people do not transpose it into real
life. It would be the same concept as mounting a smear campaign
against someone and issuing an invitation to a live event. Many
young people feel protected by their anonymity and they feel
stronger in front of the screen or surrounded by their family. We
try to give them some tools so they realize the scope of what they
are doing.
On essaie de prendre des situations de la vie courante. Ensuite,
on leur dit de le faire sur Internet et on leur demande s’ils le
feraient dans la vraie vie. Ce sont des conseils pratico-pratiques.
Souvent quand on est derrière un ordinateur, on se sent protégé.
Si quelqu’un fait de la cyberintimidation, on invite les gens à venir
dans la cour d’école ou de faire une page Facebook contre
quelqu’un. Beaucoup de ces jeunes ne font pas la transposition
dans la vraie vie. Ce serait le même concept que de monter une
campagne de salissage sur quelqu’un et de faire une invitation
pour un événement en personne. Beaucoup de jeunes se sentent
protégés par l’anonymat et plus forts derrière leur écran ou
entourés de leur famille. On essaie de leur donner des trucs pour
réaliser l’ampleur des gestes qu’ils commettent.
Let’s take the simple example of publishing a vacation photo
on your Facebook page. If that page is unprotected, it is the
equivalent of going to the street corner and distributing vacation
photos at the beach with your family to everyone. This is concrete
advice that they can associate with their online behaviour.
Without moralizing, we try to give them some tips.
Prenons l’exemple simple de publier une photo de vacances sur
sa page Facebook. Si la page n’est pas protégée, cela équivaut à
aller sur le coin d’une rue et distribuer des photos de vacances à la
plage avec la famille à tout le monde. Ce sont des trucs concrets
qu’ils peuvent associer à leur comportement sur le web. Sans être
moralisateur, on essaie de leur donner des trucs.
Senator Robichaud: We must not preach, but give them the
means with which to protect themselves.
Le sénateur Robichaud : Il ne faut surtout pas être
moralisateur, mais leur donner les moyens de se protéger.
14:62
Human Rights
4-6-2012
Ms. Villeneuve: For example, regarding passwords, we explain
to them that a password is often the name of their first pet along
with their year of birth. When you give the year of birth and go
into a chat room, that attracts people who are not the age they say
they are. People believe they are chatting with people their own
age. They see 92, but in the end, it is someone passing themselves
off as being younger. We explain to them how to create more
complex passwords, but ones they will be able to remember.
Mme Villeneuve : Par exemple, pour les mots de passe, on leur
explique qu’un mot de passe est souvent le nom de leur premier
animal de compagnie avec leur année de naissance. Quand on
donne l’année de naissance et qu’on fait du clavardage, cela attire
les gens qui n’ont pas l’âge qu’ils disent avoir. Ils croient clavarder
avec des gens de leur âge. C’est marqué 92, mais finalement, c’est
quelqu’un de plus âgé qui se fait passer pour plus jeune. On leur
explique comment se créer des mots de passe plus compliqués,
mais dont ils peuvent se rappeler.
Senator Robichaud: I also have difficulties with passwords.
Le sénateur Robichaud : J’ai des problèmes de mot de passe
aussi.
Ms. Villeneuve: Come and see me afterwards and I will give
you some tips.
Mme Villeneuve : Vous viendrez me voir après et je vous
donnerai des trucs.
[English]
The Chair: I have some questions for you. I understand you are
a service that is only provided in Quebec, correct?
Ms. Villeneuve: Yes, Quebec and the Ottawa region.
[Traduction]
La présidente : J’ai des questions à vous poser. D’après ce que je
comprends, vous n’offrez des services qu’au Québec, n’est-ce pas?
Mme Villeneuve : Oui, au Québec et dans la région d’Ottawa.
The Chair: Do you know if there are services like yours across
the country?
La présidente : Savez-vous s’il y a d’autres services similaires
ailleurs au pays?
Ms. Villeneuve: I know that in Quebec we are the main one,
and we developed the program into a toolkit for teachers, so I
think we are the only one in Canada.
Mme Villeneuve : Je sais que nous offrons le principal service
de ce genre au Québec, et nous avons transformé le programme en
un ensemble d’outils pour les enseignants, ce qui fait que je pense
que nous sommes les seuls à offrir un service du genre au Canada.
The Chair: Sorry, I have not had the opportunity to look at
your modules. I have some questions about the modules. Can you
expand on how many modules there are? You said, if I
understood you correctly, that it takes half an hour for a module?
La présidente : Je suis désolée : je n’ai pas eu l’occasion de
consulter vos modules. J’ai quelques questions au sujet de ceux-ci.
Pouvez-vous nous dire combien il y en a? Si je vous ai bien
comprise, vous avez dit qu’il faut une demi-heure pour faire un
module?
Ms. Villeneuve: Yes.
Mme Villeneuve : Oui.
The Chair: Is there a specific module directed to parents or
guardians as to the challenges of bullying?
La présidente : Y a-t-il un module qui porte précisément sur les
problèmes liés à l’intimidation et qui s’adresse aux parents ou
tuteurs?
Ms. Villeneuve: I will come back to the different modules.
There are four modules: one on computer viruses, one on fraud
and identity theft, one on chatting and social networking, and one
on cyberbullying.
Mme Villeneuve : Je vais revenir sur les différents modules. Il y
en a quatre : un sur les virus informatiques, un sur la fraude et le
vol d’identité, un sur le clavardage et les réseaux sociaux, et un sur
la cyberintimidation.
The way it works for the modules, we always start with a video
that impersonates a situation that a teenager may find himself or
herself in. Then we have it followed by different types of
questions, quizzes, discussion subjects and topics that can be done
for 30 minutes or more, depending on the subject.
Dans les modules, nous commençons toujours par une vidéo
qui présente une situation dans laquelle un adolescent peut se
retrouver. Ensuite, il y a différents types de questions, de jeuxquestionnaires et de sujets de discussion qui peuvent être abordés
en 30 minutes ou plus, selon le sujet.
It is interesting that sometimes a teacher can adapt the modules
to a situation that has just arisen in the school or on TV,
something that is happening right now.
Une chose intéressante, c’est que, dans certains cas,
l’enseignant peut adapter les modules en fonction de quelque
chose qui vient de se produire à l’école ou dont on vient de parler
à la télévision, quelque chose qui se produit au même moment.
There is not a portion for parents, but we hope students can
bring home the tools and what they learn in the modules.
Il n’y pas de section pour les parents, mais nous espérons que
les élèves peuvent rapporter à la maison les outils et ce qu’ils ont
appris dans le cadre des modules.
4-6-2012
Droits de la personne
[Translation]
Senator Robichaud: You offer various packages. When
someone is requesting a package, do you provide information
on possible accidents — I do not mean dangers on the Web — or
do you not talk about that, because that could harm the publicity
of the good services that you offer?
14:63
[Français]
Le sénateur Robichaud : Vous offrez différents forfaits. Lors
d’une demande de forfaits, donnez-vous l’information sur les
accidents de parcours — je ne veux pas dire des dangers sur le web
— ou vous n’en parlez pas, car cela pourrait nuire à la publicité
des bons services que vous offrez?
Ms. Villeneuve: Concerning Vidéotron?
Mme Villeneuve : Par rapport à Vidéotron?
Senator Robichaud: Yes.
Le sénateur Robichaud : Oui.
Ms. Villeneuve: The kit has four modules. Teachers who
request it receive all of that on a CD, with posters, questions,
and even a printable brochure for the parents.
Mme Villeneuve : Il s’agit d’une trousse avec les quatre
modules. Les enseignants qui en font la demande reçoivent tout
cela avec un CD-ROM, des affiches, des questions, même un
dépliant imprimable pour les parents.
Senator Robichaud: I am not talking about what you distribute
to the schools. If I buy one of your packages, for television,
Internet, et cetera, your marketing is based on the services you
offer. Are there any warnings?
Le sénateur Robichaud : Je ne parle pas de ce que vous
distribuez dans les écoles. Si j’achète un de vos forfaits, la
télévision, Internet, et cetera, votre marketing se fait sur la base
des services que vous offrez. Y a-t-il des mises en garde?
Ms. Villeneuve: For our products, yes. We use the commercial
Internet site Vidéotron.com to provide the greatest number of
tools to our clients to calculate their Internet use, as well as
parental control, et cetera. There is a lot of advice on the
Vidéotron.com website, but above all, Vigilance on the Net is also
a reference for advice on phishing, identity theft and fraud.
Mme Villeneuve : Pour nos produits, oui. On utilise le site
Internet commercial, Vidéotron.com pour donner le plus grand
nombre d’outils à nos clients pour calculer leur consommation
Internet, le contrôle parental aussi, et cetera. Il y a beaucoup de
conseils sur le site Internet de Vidéotron.com, mais surtout,
Vigilance sur le Net est aussi en référence pour les conseils sur
l’hameçonnage, le vol d’identité et la fraude.
Senator Robichaud: We must visit your website, is that right?
Le sénateur Robichaud : Il faut visiter votre site n’est-ce pas?
Ms. Villeneuve: Our customer service agents have the training
to provide information to people. We will not necessarily talk
about the dangers of the Internet, because we are really a
provider, but we feel a social responsibility to make the
information available to our clients.
Mme Villeneuve : Nos agents de service à la clientèle ont la
formation pour informer les gens. On ne va pas nécessairement
parler des dangers d’Internet, car on est vraiment un fournisseur,
mais on se sent une responsabilité sociale de rendre l’information
disponible à nos clients.
Senator Robichaud: You have answered my question. Thank you.
Le sénateur Robichaud : Vous avez répondu à ma question,
madame. Merci.
[English]
[Traduction]
The Chair: Are youth using your services? What kind of
feedback are you getting from youth and adults on the services
they use?
La présidente : Est-ce que les jeunes utilisent vos services? Quel
genre de commentaires recevez-vous de la part des jeunes et des
adultes concernant les services qu’ils utilisent?
Ms. Villeneuve: When we started giving out the toolkits, we
sent out surveys. It was our first try at the toolkit. Teachers are
happy with the product because it is really easy to use. Often
teachers think they know less than the kids they teach with respect
to the Internet, so with this tool, they can actually do their own
little events and start discussions. They are equipped now to do
something, and it was something they were looking for.
Mme Villeneuve : Lorsque nous avons commencé à distribuer
les trousses, nous avons envoyé des sondages. C’était la première
fois que nous offrions une trousse. Les enseignants sont contents
du produit, parce qu’il est vraiment facile à utiliser. Souvent, ils
ont l’impression d’en savoir moins que les jeunes auxquels ils
enseignent en ce qui concerne Internet, alors grâce à l’outil, ils
peuvent organiser leurs propres petits événements et lancer des
débats. Ils ont maintenant ce qu’il faut pour agir, et c’est quelque
chose qu’ils attendaient.
There is more information in English than in French, so there
is definitely a need there. The feedback from the teachers is very
positive.
Il y a plus d’information en anglais qu’en français, et il est donc
très clair qu’il y a un besoin à ce chapitre. Les commentaires des
enseignants sont très positifs.
14:64
Human Rights
When we used to do the tour, we would get feedback from the
kids every single time we had a session. It was really appreciated
because of the tone and the examples we provided, which hit
home.
[Translation]
4-6-2012
À l’époque où nous faisions la tournée, nous demandions des
commentaires aux jeunes chaque fois que nous tenions une
séance. Ils aimaient vraiment ce que nous offrions en raison du
ton utilisé et des exemples fournis, qui les interpellaient.
[Français]
The Chair: What technologies, in your opinion, will be used by
people who will be cyberbullying in the near future, of which the
committee should be made aware?
La présidente : Quelles sont les technologies qui, d’après vous,
seront employées par les auteurs de cyberintimidation dans un
proche avenir et dont le comité devrait être informé?
Ms. Villeneuve: Future risks? I would say identity theft. We
talk about it less now, but it is a danger. People sometimes think
that it is safe to enter information on a website, but we should
always ask ourselves questions. There is a lot of awarenessraising. Therefore I would say identity theft, the sharing of
confidential information that we should keep to ourselves.
Mme Villeneuve : Les prochains dangers? Je dirais le vol
d’identité. On en parle moins maintenant, mais c’est un danger.
Les gens pensent parfois qu’il est sécuritaire de rentrer de
l’information sur un site, mais il faut toujours se questionner. C’est
beaucoup d’éducation. Donc je dirais le vol d’identité, le partage
d’informations confidentielles qu’on devrait garder pour nous.
The Chair: What kinds of technologies do law enforcement
agencies, teachers or parents need to counter future challenges?
La présidente : Et quelles sont les technologies dont auraient
besoin les organismes d’application de la loi, les enseignants ou les
parents pour parer aux difficultés à venir?
Ms. Villeneuve: To begin, a parent should use common sense. I
will not necessarily recommend a certain technology, but I would
say that parents should put the computer in a central location in
the home so that they can keep an eye on it. This is the best kind
of parental control you can have at home. I think it is really
important for parents to monitor their kids’ access to the Internet.
You can also see what is going if you are on Facebook and
Twitter. The police also give a lot of workshops on the subject. It
is information. I think that type of thing is more effective than
going through technology, because curiosity and education, both
on the part of parents and children, will help put into practice
these little tricks. You can never completely protect yourself, but
if you are aware, you can make more enlightened choices.
Mme Villeneuve : À la base, un parent devrait aussi utiliser le
gros bon sens. Ce n’est pas nécessairement une technologie que je
vais vous donner, mais c’est de mettre l’ordinateur à un endroit
central dans la maison où ils peuvent garder un œil sur
l’ordinateur. C’est le plus grand contrôle parental qu’on peut
avoir dans une maison. Se doter de contrôle parental pour
l’Internet, je pense que c’est vraiment important. On a une page
Facebook et une page Twitter, donc on voit un peu ce qui se passe
aussi, on garde l’œil. Il y a également beaucoup d’ateliers qui sont
donnés par les forces policières. C’est l’information. Je vais aller
vers ça plus qu’une technologie, c’est la curiosité et l’éducation,
tant des parents que des enfants, pour mettre en pratique ces
petits trucs. On ne sera jamais à l’abri, mais si on est conscient, on
peut faire des choix plus éclairés.
The Chair: Ms. Villeneuve, thank you for your presentation
and for having answered our questions. You have provided us
with a lot of useful information for our study.
La présidente : Madame Villeneuve, je vous remercie pour
votre présentation et d’avoir répondu à nos questions. Vous nous
avez donné beaucoup d’informations utiles pour notre étude.
Ms. Villeneuve: Thank you.
[English]
Mme Villeneuve : Merci.
[Traduction]
Thank you. We have learned a lot. This is an ongoing topic,
and we looked for to meeting with you again.
Merci. Nous avons appris beaucoup de choses. C’est un sujet
dont nous allons continuer de parler, et nous espérons vous
rencontrer de nouveau.
I would now like to welcome Mr. Marvin Bernstein, Chief
Advisor, Advocacy, UNICEF Canada. We always appreciate
your contribution and look forward to what you have to say.
J’aimerais maintenant souhaiter la bienvenue à M. Marvin
Bernstein, conseiller principal de la promotion et de la défense des
droits à UNICEF Canada. Nous apprécions toujours vos
témoignages et avons hâte de voir ce que vous allez nous dire
aujourd’hui.
Marvin Bernstein, Chief Advisor, Advocacy, UNICEF Canada:
On behalf of UNICEF Canada, thank you for inviting me to
contribute to your study on the important issue of cyberbullying
and Article 19 of the UN Convention on the Rights of the Child.
Marvin Bernstein, conseiller principal de la promotion et de la
défense des droits, UNICEF Canada : Au nom d’UNICEF Canada,
je vous remercie de nous avoir invités à contribuer à votre étude sur
l’importante question de la cyberintimidation et de l’article 19 de la
Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
4-6-2012
Droits de la personne
14:65
Thank you for the kind introduction. For the record, I should
indicate that I am a lawyer with 35 years of senior leadership and
advocacy experience in the fields of child welfare and children’s
rights. Prior to joining UNICEF Canada in 2010, I served as
Saskatchewan’s second children’s advocate from 2005 to 2010,
where I was an independent officer of the provincial legislature.
Merci de m’avoir présenté de façon aussi flatteuse. Pour le
compte rendu, je devrais dire que je suis avocat et que j’ai 35 ans
d’expérience comme conseiller principal de la promotion et de la
défense des droits dans les domaines du bien-être des enfants et de
leurs droits. Avant de me joindre à UNICEF Canada en 2010, j’ai
occupé le poste de deuxième défenseur des droits des enfants en
Saskatchewan, de 2005 à 2010, ce qui était un poste d’agent
autonome au sein de l’assemblée législative provinciale.
I would like to start by thanking the committee for your
important work to advance children’s rights, as evident by both
the current study on cyberbullying and past initiatives such as the
report, Children: The Silenced Citizens. UNICEF Canada is
particularly impressed by your efforts at youth engagement in the
course of this study.
J’aimerais commencer par remercier le comité de l’important
travail qu’il fait pour promouvoir le droit des enfants, notamment
son étude actuelle sur la cyberintimidation et les initiatives passées
comme le rapport intitulé Les enfants : des citoyens sans voix.
UNICEF Canada est particulièrement impressionné par ce que vous
faites pour mobiliser les jeunes dans le cadre de la présente étude.
It is well known that more children are online than ever before.
The advancement of the Internet, mobile phones and other digital
media bring an increased risk of bullying.
Il est bien connu qu’il y a plus d’enfants que jamais qui naviguent
en ligne. La progression d’Internet, des téléphones cellulaires et des
médias numériques accroît le risque d’intimidation.
However, at the same time, these evolving digital media also
provide children and young people with many educational and
social benefits, such as levels of access to information, culture,
communication, socialization and entertainment impossible to
imagine even 20 years ago.
Toutefois, l’évolution de ces médias numériques offre en même
temps à nos enfants et aux jeunes beaucoup d’avantages sur le
plan de l’éducation et sur le plan social, par exemple un degré
d’accès à l’information, à la culture et au divertissement ainsi que
des possibilités de communication et de rapports sociaux
impossibles à imaginer il y a 20 ans seulement.
Many reactions to cyberbullying either undershoot or
overshoot the mark. At one end of the spectrum, some
individuals minimize bullying as just another normal, age-old
part of growing up, a rite of passage. Even the courts sometimes
see the impact of cyberbullying of a child as only a mild form of
embarrassment, as evidenced by the statements made by both the
Nova Scotia Supreme Court and the Court of Appeal in the case
of A.B. v. Bragg Communications, the Halifax Herald and Global
Television, referred to in our brief. UNICEF Canada was, for the
first time, granted intervener status in the appeal proceedings in
the Supreme Court of Canada. The appeal was recently heard by
that court on May 10, and judgment has been reserved. Our
factum can be provided to this committee if so requested.
On voit beaucoup de réactions exagérées dans un sens ou dans
l’autre face à la cyberintimidation. À l’une des extrémités du spectre,
il y a des gens qui minimisent l’importance de l’intimidation en
disant qu’il s’agit simplement d’un rite de passage, d’une chose qui
va avec le fait de grandir, qui est normal et qui existe depuis
toujours. Même les tribunaux voient parfois les répercussions de la
cyberintimidation sur un enfant comme un léger embarras, comme
en témoigne ce qu’ont dit la Cour suprême et la Cour d’appel de la
Nouvelle-Écosse dans A.B. c. Bragg Communications, the Halifax
Herald et Global Television, affaire qui est citée dans notre mémoire.
Pour la première fois, UNICEF Canada s’est vu accorder le statut
d’intervenant dans la procédure d’appel devant la Cour suprême du
Canada. La cour a instruit l’appel récemment, le 10 mai, et son
jugement est en délibéré. Nous sommes disposés à fournir notre
mémoire au comité s’il le souhaite.
On the other hand, others overreact and wish to restrict
children’s access to digital media based on fear and insufficient
understanding. It is, therefore, important to respond to the risks
presented by the digital environment in a balanced, evidenceinformed and measured way, while ensuring that children are
safe. Young people themselves identify cyberbullying as the most
serious online threat. It can be particularly traumatic because of
its anonymity, its capacity to intrude at any time into places that
would otherwise be safe for young people and its public and
permanent character that can seriously damage reputations and
future educational and employment prospects. Bullying, including
cyberbullying, is a serious form of violence against children, the
effects of which can include violations of many rights under the
Convention on the Rights of the Child. In this regard, Appendix 2
of our written brief, on pages 17 and 18, sets out the provisions of
the convention that, in our estimation, are most relevant and are
À l’autre bout du spectre, il y a des gens qui ont une réaction trop
vive et qui veulent restreindre l’accès des enfants aux médias
numériques par crainte et par manque de compréhension. Il est
donc important de réagir au risque que pose le milieu numérique de
façon équilibrée et posée, en fonction de données probantes, tout en
s’assurant que les enfants sont en sûreté. Les jeunes disent euxmêmes que la cyberintimidation est la menace la plus grave qui
existe en ligne. La cyberintimidation peut être particulièrement
traumatisante en raison de son caractère anonyme, de la possibilité
qu’elle soit présente à n’importe quel moment dans des endroits qui
seraient normalement sûrs pour les jeunes, ainsi que de son
caractère public et permanent, qui peut gravement nuire à la
réputation et aux possibilités de formation et d’emploi.
L’intimidation, y compris la cyberintimidation, est une forme
grave de violence faite aux enfants, dont les effets incluent la
violation de nombreux droits garantis par la Convention relative
14:66
Human Rights
4-6-2012
potentially engaged by the issue of cyberbullying. The UNICEF
report, Child Safety Online: Global Challenges and Strategies,
which has been provided to you, reflects on the need to frame a
convention-based protection response that strikes a balance
between all forms of violence, such as cyberbullying, sexual
abuse and exploitation, on the one hand, and the right to
information, freedom of expression and association, privacy and
non-discrimination, on the other hand. The balance must be
anchored in the best interests of the child, as the primary
consideration, taking into account the child’s right to be heard
and taken seriously and the recognition of the evolving capacities
of children and young people. The child rights-based approach
means keeping not only the protection of children in the front of
one’s mind but also the range of these rights in balance. It also
means keeping in view the impacts of policy, programming and
legislative decisions on all children engaged in the cyberbullying
processes, be they victims, perpetrators or bystanders, as they can
all be seriously affected in different ways. The UNICEF report
suggests that the challenge for policymakers is to coordinate
action, by a range of public and private actors, on a number of
interrelated issues that ultimately come under the topic of
building a safer Internet.
aux droits de l’enfant. À cet égard, l’annexe 2 de notre mémoire
écrit, c’est-à-dire les pages 17 et 18, indique les dispositions de la
convention qui, selon nous, sont les plus pertinentes et celles que
peut faire intervenir le problème de la cyberintimidation. Le rapport
de l’UNICEF intitulé La sécurité de l’enfant en ligne : les stratégies
et enjeux mondiaux, qui vous a été remis, contient une réflexion sur
la nécessité de définir les mesures de protection fondées sur la
convention qui aborde d’une façon équilibrée toutes les formes de
violence, comme la cyberintimidation, l’agression et l’exploitation
sexuelle, d’une part, et le droit à l’information, la liberté
d’expression et d’association, la protection de la vie privée et la
non-discrimination, d’autre part. Cet équilibre doit être ancré dans
l’intérêt supérieur de l’enfant, comme considération principale,
compte tenu du droit de l’enfant d’être entendu et d’être pris au
sérieux et de la connaissance du fait que les capacités des enfants et
des jeunes évoluent. La démarche axée sur les droits des enfants
suppose que la protection des enfants demeure à l’avant-plan, mais
sans compromettre l’équilibre de cet ensemble de droits. Il s’agit
aussi de garder en tête les répercussions des décisions relatives aux
politiques, programmes et lois sur tous les enfants concernés par la
cyberintimidation, que ce soit les victimes, les auteurs ou des
spectateurs, puisque tous peuvent être grandement touchés, de
différentes façons. Selon le rapport de l’UNICEF, le défi que
doivent relever les décideurs, c’est de coordonner les mesures prises
par divers intervenants des secteurs public et privé à l’égard de
plusieurs problèmes interreliés qui, au bout du compte, relèvent tous
du fait de rendre Internet plus sûr.
A multi-tiered approach is necessary to effectively respond to
the potential threats to children’s well-being and safety in the
online environment. Parents, teachers, social workers, health
professionals, law enforcement officials and even the media all
have a role to play. Of course, the best way to deal with
cyberbullying is to stop it before it happens, but no singular
action will do so. According to the UNICEF report, the
development of a strategic protection framework should be
based on four main objectives: firstly, to empower children and
promote their resilience; secondly, to remove impunity for
abusers; thirdly, to reduce the availability of access to harm;
and lastly, to promote recovery and rehabilitation for children
who have experienced harm.
Une démarche à plusieurs volets est nécessaire pour réagir de
façon efficace aux menaces au bien-être et à la sûreté des enfants
dans le monde virtuel. Les parents, les enseignants, les travailleurs
sociaux, les professionnels de la santé, les policiers et même les
journalistes ont un rôle à jouer. Bien sûr, le meilleur moyen de lutter
contre la cyberintimidation, c’est de l’empêcher de se produire, mais
aucune mesure ne va permettre de le faire à elle seule. D’après le
rapport d’UNICEF, l’élaboration d’un cadre stratégique de
protection devrait être fondée sur quatre grands objectifs :
premièrement, favoriser l’autonomie et la résilience des enfants;
deuxièmement, faire en sorte que les agresseurs ne puissent plus agir
en toute impunité; troisièmement, réduire l’accès à des occasions de
faire du mal; et enfin, favoriser le rétablissement et la réadaptation
des enfants qui ont subi un préjudice.
While anti-bullying legislation is not a panacea in and of itself,
it remains an important prong of a multi-tiered approach to bring
attention to the negative and life-threatening impacts of bullying
behaviour in all of its manifestations. In our view, any effective
anti-bullying legislation should contain the elements set out on
page 13 of our written brief.
Les lois concernant l’intimidation ne sont pas en soi une panacée,
mais elles constituent tout de même un volet important d’une
approche multidimensionnelle visant à attirer l’attention sur les
répercussions négatives et qui menacent la vie du comportement
d’intimidation sous toutes ses formes. À notre avis, pour être
efficace, toute loi visant à enrayer l’intimidation devrait renfermer
les éléments décrits à la page 13 de notre mémoire.
Before anti-bullying legislation is developed, however, a child
rights impact assessment process should occur so that the best
interests of children are placed front and centre, risks can be
mitigated, and further harm and rights violations do not
unintentionally occur. For example, some laws allow for criminal
charges for distributing and accessing child pornography by young
Avant qu’une loi concernant l’intimidation soit adoptée, il
devrait cependant y avoir un processus d’évaluation des
répercussions sur les droits des enfants, de façon à ce que
l’intérêt supérieur des enfants soit mis à l’avant-plan, à ce que les
risques puissent être atténués et à ce qu’il n’y ait pas par accident
d’autres préjudices et violations des droits. Certaines lois, par
4-6-2012
Droits de la personne
14:67
people when teens share sexual images of themselves and others and
perhaps are not even fully aware of some of the implications. One of
the main objectives of a child rights impact assessment is to ensure
that while seeking to protect certain rights of children and youth,
other rights are not inadvertently undermined. For example, in
seeking to support the implementation of Article 19, the right to
protection, it is important not to undermine rights related to
education in Articles 28 and 29, as can happen when bullies are
suspended or expelled from school rather than receiving supportive
interventions such as counselling.
exemple, autorisent des poursuites judiciaires pour diffusion et
consultation de pornographie juvénile lorsque les adolescents
s’échangent des images à caractère sexuel d’eux-mêmes et
d’autres, même s’ils ne savent peut-être pas bien quelles sont les
conséquences de leurs gestes. L’un des principaux objectifs d’une
évaluation des répercussions sur les droits des enfants, c’est de
garantir qu’en cherchant à protéger certains droits des enfants et
des jeunes, on n’en enfreint pas d’autres. En cherchant, par
exemple, à soutenir l’application de l’article 19, le droit à la
protection, il est important de ne pas enfreindre les droits liés à
l’éducation prévus aux articles 28 et 29, ce qui se produit lorsque
les intimidateurs sont suspendus ou renvoyés de l’école plutôt que
de bénéficier d’interventions de soutien comme le counseling.
In conclusion, in order to strengthen the protective environment
and to effectively address the risks inherent in cyberbullying,
UNICEF Canada is pleased to put forward 10 recommendations
for this committee’s consideration as summarized in Appendix 1, on
pages 15 and 16 of our written brief. In fact, the way the written
submission is formatted, there is an attempt to identify five different
prongs to support protective strategies, and then the
recommendations are grouped under those five separate headings.
En conclusion, afin de renforcer la protection offerte par le
milieu et d’aborder de façon efficace les risques inhérents à la
cyberintimidation, c’est avec plaisir qu’UNICEF Canada présente
10 recommandations au comité, lesquelles sont résumées à
l’annexe 1, aux pages 15 et 16 de notre mémoire. En fait, la
façon dont le mémoire est présenté constitue une tentative de
définir cinq volets différents de soutien offert à des stratégies de
protection, et les recommandations sont regroupées sous ces cinq
rubriques distinctes.
Thank you for your time, and I look forward to responding to
your questions.
Merci de votre temps. J’ai hâte de répondre à vos questions.
The Chair: Thank you very much, Mr. Bernstein. We very
much appreciated you providing a brief beforehand so that we
had an opportunity to look at it.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Bernstein. Merci
beaucoup de nous avoir présenté votre mémoire à l’avance, de façon
à ce que nous puissions prendre connaissance de son contenu.
I am pleased to say that we now have the representatives of the
Red Cross, Mr. Chris Hilton and Ms. Alisha Virmani.
J’ai le plaisir de vous présenter les représentants de la CroixRouge, M. Chris Hilton et Mme Alisha Virmani.
Chris Hilton, Senior Manager, Government Relations, Canadian
Red Cross: Thank you for having us here. My name is Chris
Hilton. I am Senior Manager, Government Relations, with the
Canadian Red Cross. I am happy to be here today to participate
in this study and to share some perspectives from the Canadian
Red Cross on this important issue.
Chris Hilton, gestionnaire principal, Relations
gouvernementales, Croix-Rouge canadienne : Merci de nous avoir
invités. Je m’appelle Chris Hilton. Je suis gestionnaire principal,
Relations gouvernementales, à la Croix-Rouge canadienne. Je
suis heureux d’être ici pour participer à l’étude et vous faire part
du point de vue de la Croix-Rouge canadienne sur le sujet
important que vous abordez.
We are an active player in Canada in the important job of
raising awareness of bullying and helping to prepare and train
communities, schools and individuals to deal with the problem.
For the last 28 years, we have been working on preventing
violence in Canada and around the world. Part of this work has
resulted in the creation of a program called Beyond the Hurt. This
is a program that is specifically focused on preventing bullying
and harassment.
Nous prenons part activement au travail important qui se fait
au Canada dans le but de sensibiliser les gens à l’intimidation et de
préparer et de former les collectivités, les écoles et les citoyens
pour qu’ils puissent s’attaquer au problème. Nous travaillons
depuis 28 ans à la prévention de la violence au Canada et ailleurs
dans le monde. Une partie de ce travail a donné lieu à la création
d’un programme qui s’intitule Au-delà de la souffrance. Il s’agit
d’un programme axé sur la prévention de l’intimidation et du
harcèlement.
Last year alone, in Canada, we trained more than 100,000 adults,
children and youth in bullying prevention. This program is unique
because it engages youth directly. We have more than 1,000 youth
facilitators. What this means is that the Canadian Red Cross train
youth who, in turn, become leaders in their schools and deliver the
program to peers and younger students. They also play a lead in
bullying prevention events, such as Pink Shirt Day and bullying
prevention weeks.
L’an dernier seulement, nous avons formé plus de
100 000 adultes, enfants et jeunes du Canada en prévention de
l’intimidation. Le programme que nous offrons est unique en ce
que les jeunes y participent directement. Plus d’un millier de
jeunes jouent le rôle d’animateurs dans le cadre de celui-ci. Ainsi,
la Croix-Rouge canadienne forme des jeunes qui, à leur tour,
deviennent des chefs de file dans leur école et offrent le
programme à leurs pairs et à des élèves plus jeunes qu’eux. Ils
14:68
Human Rights
4-6-2012
jouent aussi un rôle important dans le cadre des événements de
prévention de l’intimidation, comme la Journée du chandail rose,
et les semaines de prévention de l’intimidation.
With me at the table is Amélie Doyon, who works in our
national office, in the RespectED Department, and hopefully she
and I can provide some context and understanding of the work
that the Red Cross does around the country.
Je suis accompagné d’Amélie Doyon, qui travaille à notre
bureau national, à la section ÉduRespect, et j’espère qu’elle et moi
allons être en mesure de mettre en contexte le travail de la CroixRouge à l’échelle du pays et de vous permettre de vous en faire
une idée.
However, I think of greater interest to the committee and to
senators is Alisha Virmani, who is sitting beside me. She is a
youth facilitator and has travelled here from New Brunswick to
be with us today.
Je crois que ce qui intéresse encore plus le comité et les
sénateurs, toutefois, c’est le témoignage d’Alisha Virmani, qui est
assise à côté de moi. Elle est animatrice auprès des jeunes au
Nouveau-Brunswick, et elle a fait le voyage aujourd’hui pour
participer à la séance.
Ms. Virmani has been instrumental in combatting the scourge
of bullying in her home province of New Brunswick. Recently she
played a key role in helping suggest legislative amendments to the
Education Act in New Brunswick, which focused on
cyberbullying. She is here to talk to you about the reality of
young people in schools today and about how she is fighting
bullying with the Canadian Red Cross in her school and in her
community. It is through courageous leaders like Ms. Virmani,
who herself has dealt with cyberbullying, that the Canadian Red
Cross is working to make communities, homes and schools safer
for youth across the country.
Mme Virmani a joué un rôle essentiel dans la lutte contre la
multiplication des cas d’intimidation dans sa province natale, le
Nouveau-Brunswick. Elle a fait de même récemment lorsqu’elle a
participé à la présentation de modifications touchant la Loi sur
l’éducation au Nouveau-Brunswick, modifications qui concernaient
la cyberintimidation. Elle est ici pour vous parler de ce que vivent
les jeunes dans les écoles aujourd’hui et de ce qu’elle fait au sein de
la Croix-Rouge canadienne pour lutter contre l’intimidation dans
son école et dans sa collectivité. C’est grâce à des gens courageux qui
prennent l’initiative, comme Mme Virmani, qui a elle-même fait
face à la cyberintimidation, que la Croix-Rouge canadienne arrive à
rendre plus sûrs pour les jeunes les collectivités, les écoles et les
foyers de tout le pays.
I will turn it over to her for a few minutes to give an
introduction, and then we would be happy to take your questions.
Je vais lui céder la parole pendant quelques minutes pour
qu’elle se présente, puis nous serons heureux de répondre à vos
questions.
Alisha Virmani, Youth Leader, Canadian Red Cross: Hello
again. I am a student in high school, in grade 12. I am here from
Fredericton, New Brunswick. I am delighted and honoured to be
here and to be able to talk to you today.
Alisha Virmani, leader des jeunes, Croix-Rouge canadienne :
Rebonjour. Je suis une élève de la dernière année du secondaire. Je
viens de Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Je suis très heureuse
et honorée d’être ici et de pouvoir m’adresser à vous aujourd’hui.
My role with the Red Cross is as a youth facilitator. We do
training sessions and presentations, not just for students; we work
with adults as well. Locally, at home, I do a lot of work with the
Department of Education and some new legislation that has been
put in place in New Brunswick in terms of amendments to the
Education Act with regard to cyberbullying and bullying as well.
Mon rôle à la Croix-Rouge est celui d’animatrice auprès des
jeunes. Nous tenons des séances de formation et présentons des
exposés, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les
adultes. Dans ma province, je travaille beaucoup auprès du
ministère de l’Éducation, ainsi que sur de nouvelles dispositions
législatives qui ont été adoptées au Nouveau-Brunswick dans le
cadre de modifications de la Loi sur l’éducation et qui concernent
la cyberintimidation et aussi l’intimidation ordinaire.
In talking about my recommendations and suggestions, I am
always open to talking about my own experience. I was a victim
of cyberbullying in high school and middle school. Much of the
impact that bullying has had on me is able to come out into
suggestions as to what can be done so that other students do not
have to face the same negative impact that I experienced as a
child. Again, I am willing to take any questions you may have.
Je suis toujours disposée à parler de ce que j’ai vécu moi-même
pour appuyer mes recommandations et suggestions. J’ai été victime
de cyberintimidation au secondaire et à l’école intermédiaire. Une
bonne partie des répercussions que l’intimidation dont j’ai été
victime a eues sur moi peut être transformée en suggestions
concernant ce qui peut être fait pour que d’autres élèves n’aient pas
à subir les choses négatives que j’ai vécues quand j’étais petite.
Encore une fois, je suis prête à répondre à toutes vos questions.
Senator Ataullahjan: Thank you for being here and for your
presentations.
Le sénateur Ataullahjan : Merci d’être venus, et merci de vos
exposés.
4-6-2012
Droits de la personne
14:69
Ms. Virmani, if there is one thought you would like to leave us
with, what can we, as a committee, do? What recommendations
can we give that would help young students like you, students
who have been cyberbullied? Did you get help from your parents,
your peers or the teachers? How did you cope with this?
Madame Virmani, s’il y avait une seule idée que les membres
du comité devraient garder en tête par rapport à ce que le comité
pourrait faire, qu’est-ce que ce serait? Quelles sont les
recommandations que nous pouvons formuler pour venir en
aide à de jeunes élèves comme vous, des élèves qui ont été victimes
de cyberintimidation? Avez-vous obtenu de l’aide de la part de
vos parents, de vos pairs ou des enseignants? Comment avez-vous
composé avec la situation?
Ms. Virmani: In response to the question about the one main
thought I want to get across, my main suggestion for the Senate
committee would be with regard to education. When I was in
elementary school, there was not a lot being taught, as part of the
traditional education curriculum, in terms of compassion and
normal social skills. A lot of the skills are assumed for children to
develop, and it is assumed that these skills are taught by their
parents. Much of the time there are missing links there and the
actual education for children is not put in place; it is put in place
much later on.
Mme Virmani : En réponse à la question concernant la
principale idée que j’aimerais que vous reteniez, la suggestion
que je ferai au comité sénatorial concernerait l’éducation. Lorsque
j’étais au primaire, il n’y avait pas grand-chose, dans le
programme d’études normal, au sujet de la compassion et des
aptitudes sociales de base. On présume que les enfants vont
acquérir beaucoup d’aptitudes eux-mêmes et que ces aptitudes
vont leur être transmises par leurs parents. Il arrive souvent qu’il y
ait des choses qui manquent et que l’éducation des enfants ne se
fasse pas dans ce domaine; elle se fait beaucoup plus tard.
Currently, programs are offered through the Red Cross
regarding bullying and developing compassion. However, that is
an external resource. It is something that schools can choose to
participate in. It is not something that is legislated in education
throughout Canada. It is not something that is mandatory. We need
to focus on developing that education for children, and not just for
children but for parents as well, because many parents have the
misconception that if I was bullied as a child, it is a phase of life. My
children can be bullied as well, because that will happen.
La Croix-Rouge offre actuellement des programmes portant sur
l’intimidation et la compassion. Toutefois, il s’agit d’une ressource
externe. C’est une chose à laquelle les écoles doivent choisir de
participer. Ce n’est pas quelque chose d’obligatoire dans le domaine
de l’éducation au Canada. Nous devons prêter une attention
particulière à l’éducation des enfants et aussi informer les parents au
sujet de l’intimidation, parce que beaucoup de parents pensent à
tort que l’intimidation est une phase de la vie des enfants. Il se peut
que mes enfants soient victimes d’intimidation eux aussi, parce que
ce sont des choses qui arrivent.
Senator Ataullahjan: When you needed the help, who did you
go to? Did you talk to your parents, your teachers or your peers?
Le sénateur Ataullahjan : Quand vous avez eu besoin d’aide, à
qui vous êtes-vous adressé? Avez-vous parlé à vos parents, à vos
enseignants ou à vos pairs?
Ms. Virmani: I talked directly to my guidance counsellor, who
reported the bullying incident to my principal. Unfortunately, in
my case it was not dealt with properly.
Mme Virmani : J’ai parlé directement à mon conseiller en
orientation, qui a signalé l’incident au directeur de mon école.
Malheureusement, mon cas n’a pas été traité de façon adéquate.
To give you a bit of background so that you understand the
scenario, I was bullied on Twitter. A lot of sexually harassing
comments about me were on Twitter. When I reported it to my
principal and my guidance counsellor, the response given was that
everybody gets bullied; this is kind of a normal thing that kids go
through. The response given through the administration was that
this is just boys being boys, and it was just shrugged off. The
response was not as good as I wanted, even though I had
approached the appropriate group.
Pour vous donner quelques éléments de contexte afin que vous
puissiez comprendre ce qui s’est passé, j’ai été victime
d’intimidation sur Twitter. Beaucoup de choses constituant du
harcèlement sexuel ont été écrites à mon sujet sur Twitter.
Lorsque j’ai dit ce qui se passait au directeur de mon école et au
conseiller en orientation, la réponse qu’ils m’ont donnée, c’est que
tout le monde est victime d’intimidation, que c’est en quelque
sorte une phase normale par laquelle les jeunes passent. La
réponse de l’administration, c’est que des garçons seront toujours
des garçons, et on a simplement écarté mon cas du revers de la
main. Je m’attendais à une meilleure réaction, puisque je m’étais
adressée aux bonnes personnes.
Senator Ataullahjan: At any time did you speak to your parents
about the bullying?
Le sénateur Ataullahjan : Avez-vous parlé du fait que vous étiez
victime d’intimidation à vos parents à un moment donné?
Ms. Virmani: I did.
Senator Ataullahjan: Did they go to the school and talk to the
principal?
Mme Virmani : Oui.
Le sénateur Ataullahjan : Est-ce qu’ils sont allés parler au
directeur de l’école?
14:70
Human Rights
4-6-2012
Ms. Virmani: They did, and they were absolutely furious with
how they responded. My parents brought in the Human Rights
Code. They brought it forward to the principal and said they
would like to talk to the constable about it, that it was infringing
on human rights because it was sexual harassment. However, the
school shrugged it off and said they did not want to discuss it any
further, that it had been dealt with. There are a lot of issues with
regard to maintaining reputations.
Mme Virmani : Oui, ils étaient tout simplement furieux de la
réaction de la direction. Mes parents ont invoqué la Loi sur les
droits de la personne. Ils l’ont invoquée devant le directeur et lui
ont dit qu’ils souhaitaient en parler à l’agent responsable et qu’il
s’agissait d’une violation des droits de la personne puisque c’était
du harcèlement sexuel. La direction de l’école a cependant rejeté
leurs arguments et dit qu’elle ne voulait plus en discuter, que le
dossier était clos. Il y a beaucoup d’enjeux liés à la préservation
des réputations.
Senator Zimmer: To all of you, thank you for being here;
Ms. Virmani, especially you, because it is courageous of you to
be here.
Le sénateur Zimmer : Merci à vous tous d’être ici, et tout
particulièrement à Mme Virmani, parce que vous faites preuve de
courage en venant témoigner ici.
This is a continuation of Senator Ataullahjan’s questions.
Maybe I did not get this right. When you discovered someone
being a cyberbully, did you just go to the teachers or did you
confront the individual who was doing it?
Je vais donner suite aux questions du sénateur Ataullahjan. Je
n’ai peut-être pas bien compris ce que vous avez dit. Lorsque vous
avez découvert que quelqu’un se livrait à de la cyberintimidation,
vous êtes-vous adressée à vos enseignants ou avez-vous confronté
la personne en question?
Ms. Virmani: I did not confront the individual doing it, for the
sake of my own safety. He is a large gentleman, a football player,
and I am a petite girl. My safety came first. I approached the
guidance counsellor, my teacher and the principal. The response
was: ‘‘We will give a two-day suspension.’’ That is it. When I
asked how will we change his behaviour and stop him from
repeating this, it was not talked about; it was just case closed.
Mme Virmani : Je ne l’ai pas confrontée, pour ne pas me
mettre en danger. C’est un grand gaillard, un joueur de football,
et je suis toute petite. J’ai voulu d’abord assurer ma sécurité. Je
me suis adressée au conseiller en orientation, à mon professeur et
au directeur de l’école. On m’a dit : « Nous allons le suspendre
pendant deux jours. » C’est tout. Lorsque je leur ai demandé en
quoi cela allait le faire changer de comportement et l’empêcher de
recommencer, ils ne m’ont rien répondu; pour eux, le dossier
était clos.
Senator Zimmer: Did the bully know or find out that you had
gone to the teachers?
Le sénateur Zimmer : Est-ce que l’intimidateur savait ou a
découvert que vous aviez dit ce qui se passait aux enseignants?
Ms. Virmani: He was under the assumption that I had told the
principal, but he did not have confirmed sources of whether it was
me or not.
Mme Virmani : Il présumait que j’en avais parlé au directeur,
mais il n’était pas sûr du fait que c’était moi ou quelqu’un d’autre
qui l’avait dénoncé.
Senator Zimmer: With the suspicion, was there further retaliation
because he thought you might have gone to the teachers?
Le sénateur Zimmer : A-t-il exercé des représailles, vu qu’il
soupçonnait que vous l’aviez dénoncé auprès des enseignants?
Ms. Virmani: There was, actually. It resulted in more bullying,
not on Twitter but in person, in terms of gossiping, bad talking,
exclusion in the classroom and discriminatory remarks made in
front of me.
Mme Virmani : Oui, en fait. Il s’est livré à d’autres gestes
d’intimidation, pas sur Twitter, mais en personne, sous forme de
commérages, de propos négatifs, d’exclusion en classe et de
remarques discriminatoires faites devant moi.
Senator Zimmer: What is the end result? Has that now been
dealt with and resolved with the individual, or does it continue?
Le sénateur Zimmer : Comment l’affaire a-t-elle fini? Est-ce
qu’elle est réglée? Est-ce que l’intimidation se poursuit, ou est-ce
qu’elle est terminée?
Ms. Virmani: It was dealt with by the fact that we are all
graduating now, so we avoid crossing paths. However, it was not
properly resolved. The solution that the school gave was a twoday suspension. In the bully’s opinion, in terms of what he posted
on Facebook regarding that, he said, ‘‘Awesome, a two-day
suspension. I can go party now.’’
Mme Virmani : Cela s’est réglé par le fait que nous avons tous
terminé nos études, et nous nous évitons. Toutefois, le problème
n’a pas été réglé de façon adéquate. La solution que l’école a
choisie, c’était une suspension de deux jours. Pour l’intimidateur,
d’après ce qu’il a écrit sur Facebook, c’était parfait, parce qu’il
était libre pour aller faire la fête.
Senator Zimmer: Did the bully continue to do this to others
after that, and has it not been resolved at all with him at this time?
Le sénateur Zimmer : Est-ce que l’intimidateur a continué
d’agir de la même façon avec d’autres par la suite? Est-ce qu’on a
fait quelque chose pour qu’il règle son problème depuis?
4-6-2012
Droits de la personne
14:71
Ms. Virmani: No. He has done it to other women as well and
made the same derogatory comments. If the behaviour is not
being stopped, that cycle of bullying is not being changed,
especially if the school is not intervening by providing supports
for the bully. There are many supports for the victims but not
many for the bullies themselves. If that cycle is not being broken,
he will not learn a lesson and he will keep doing what he is doing.
The behaviour that he is putting in place right now as a high
school student, he will go on to university and to the workplace,
and those behaviours will not change.
Mme Virmani : Non. Il a posé des gestes d’intimidation à
l’endroit d’autres femmes et a tenu les mêmes propos
désobligeants. Si personne ne met fin au comportement, le cycle
d’intimidation n’est pas interrompu, surtout si l’école n’intervient
pas et n’offre pas d’aide à l’intimidateur. On offre beaucoup
d’aide aux victimes, mais pas beaucoup aux intimidateurs. Si le
cycle n’est pas interrompu, il ne va pas apprendre et va continuer
d’agir de la même façon. Le comportement qu’il adopte
actuellement en tant qu’élève du secondaire va se répéter à
l’université et dans le milieu de travail, et les comportements
d’intimidation ne changeront jamais.
Senator Zimmer: Are the bully’s parents influential in the
community such that maybe the school did not want to deal with
them, because of who the family is?
Le sénateur Zimmer : Est-ce que les parents de l’intimidateur
sont des gens influents, de sorte que l’école a voulu éviter d’avoir
affaire à eux, parce qu’il s’agit d’une famille importante?
Ms. Virmani: That is a very valid point that you raise. It was
not about the parents being influential. The bully being a football
player, and with the homecoming game coming up, the principal
himself had said, ‘‘They have a big game coming up and I do not
want to put anything else in place.’’ In my opinion, that is
discrimination itself, because if a studious student came to school
and you said, ‘‘I am giving a two-day suspension,’’ that is taking
away something that is important to them; whereas for a football
player, sports are important to them. Taking school away from
them will not do anything versus taking away their sports.
Making a special exception for the homecoming game, in my
opinion, is clearly unacceptable.
Mme Virmani : Vous soulevez un point tout à fait valable. Il ne
s’agissait pas d’une famille influente dans ce cas. C’était plutôt
que l’intimidateur était un joueur de football et que le directeur
n’a pas voulu intervenir parce qu’une partie importante allait être
disputée à domicile. À mon avis, c’est la définition même de
discrimination, parce que si c’était un élève studieux qui avait reçu
une suspension de deux jours, on l’aurait privé de quelque chose
d’important à ses yeux, tandis que pour le joueur de football, c’est
le sport qui est important. Le priver de classe ne sert à rien : il faut
le priver de sport. À mon sens, il était clairement inadmissible
qu’on fasse une exception dans son cas parce qu’une partie
importante s’en venait.
Senator Zimmer: Let me know his number. I will call the
opposition playing against him and make sure they take the
number on his back.
Le sénateur Zimmer : Vous me direz quel est son numéro. Je
vais téléphoner à l’autre équipe pour m’assurer qu’on lui fasse la
vie dure.
Congratulations to your mom and dad.
Vous féliciterez vos parents de ma part.
Senator Ataullahjan: You brought up an interesting point, I
think one we are hearing for the first time: support for the person
who does the bullying. What kind of support are you talking
about? We have heard from previous experts that we should
engage them in dialogue, that zero tolerance does not work, yet
there should be consequences for their actions. You brought up
the idea of support.
Le sénateur Ataullahjan : Vous avez soulevé un point intéressant,
et je crois que c’est la première fois que nous entendons cette idée,
c’est-à-dire le fait d’offrir de l’aide à la personne qui a posé les actes
d’intimidation. De quel genre d’aide parliez-vous? Des experts qui
sont venus témoigner ici avant vous nous ont dit que nous devrions
entamer un dialogue avec les intimidateurs, que la tolérance zéro ne
fonctionne pas, mais qu’il faut quand même faire en sorte que les
intimidateurs assument les conséquences de leurs gestes. Vous avez
évoqué l’idée de leur offrir de l’aide.
Ms. Virmani: When I was talking to the New Brunswick
ministerial committee, that is now in the New Brunswick
legislation. I am not familiar with the Ontario legislation and
what is in place, but the suggestions that I had made that are
being put in place in New Brunswick are, as in support for the
bully, there needs to be more conversation and dialogue with the
guidance counsellors. Many students do not realize that the
guidance counsellor is not just there for the victim but is there for
the bully as well; and that can be made an approachable resource.
Mme Virmani : Les choses dont j’ai discuté avec le comité
ministériel au Nouveau-Brunswick font maintenant partie des lois
de la province. Je ne connais pas bien les lois ontariennes ni les
mécanismes qui sont en place, mais ce que j’ai suggéré de mettre
en place au Nouveau-Brunswick pour venir en aide aux
intimidateurs, c’est la possibilité pour ceux-ci de discuter
davantage avec un conseiller en orientation. Il y a beaucoup
d’élèves qui ne savent pas que les conseillers en orientation sont là
pour venir en aide aux victimes, mais aussi aux intimidateurs.
Voilà une ressource à laquelle on pourrait faciliter l’accès.
Another thing is education for the bully. Many times the bully
does not realize the seriousness or impact of what they are doing.
They do not realize they are infringing on codes that are in place.
There is a Human Rights Act, but do kids know that they are
Une autre chose importante, c’est d’éduquer l’intimidateur. Il
arrive souvent que les intimidateurs ne se rendent pas compte de la
gravité de leurs gestes ni des répercussions que ceux-ci peuvent
avoir. Ils ne se rendent pas compte qu’ils enfreignent des codes
14:72
Human Rights
4-6-2012
infringing on someone’s rights? Do they realize it is a criminal
offence? It is not defined for children. They do not know. Much of
this language is either not shown to them or the language being used
in these codes is not in children-friendly words for them to
understand. There are great resources. It is just making use of them.
existants. Il y a une loi sur les droits de la personne, mais est-ce que
les gens le savent lorsqu’ils ne respectent pas les droits de quelqu’un?
Est-ce qu’ils se rendent compte que l’acte qu’ils posent est un acte
criminel? Ces choses-là ne sont pas définies pour les enfants. Ils ne
savent pas ce qu’ils font. Soit on ne leur présente pas le contenu de
ces codes, soit la façon dont ceux-ci sont formulés n’est pas facile à
comprendre pour des enfants. Il s’agit pourtant d’excellentes
ressources. Il faudrait simplement les utiliser.
In addition to guidance counsellor support, there needs to be
less emphasis on suspensions. I understand schools have a zero
tolerance policy, but a suspension is not teaching anything and it
is not breaking a cycle. It is a form of discipline, but a better form
of discipline would be encouraging community service. If you are
doing community service, you are becoming compassionate. You
are becoming more caring. You are learning proper social skills.
En plus de l’aide qu’offrent les conseillers en orientation, il faut
cesser d’insister autant sur les suspensions. Je comprends que les
écoles aient une politique de tolérance zéro, mais on ne tire aucune
leçon d’une suspension, et cela ne met pas fin au cycle. C’est une
forme de mesure disciplinaire, mais une meilleure forme que celle-ci,
ce serait la participation aux services communautaires. Lorsqu’on
fait des travaux communautaires, on devient plus apte à éprouver
de la compassion. On fait plus attention aux gens. On acquiert de
bonnes attitudes à la vie en société.
In addition to community service, they can be engaging in
reflections, refocusing on the behaviour and realizing what the
root cause is, why they are bullying. Until that root cause is
discovered, they will not change their behaviour. That bully will
still bully.
En plus du service communautaire, il est possible d’amener les
intimidateurs à réfléchir, à revenir sur leur comportement et à en
découvrir les causes fondamentales. Tant que ce qui cause la volonté
d’intimider n’est pas découvert, l’intimidateur ne changera pas de
comportement. Il va continuer d’intimider les autres.
Senator Ataullahjan: At any stage, do the bully’s parents get
involved?
Le sénateur Ataullahjan : Est-ce que les parents de l’intimidateur
interviennent à un moment donné dans le processus?
Ms. Virmani: In my situation, my parents directly approached
the parents and the parents defended the child. The exact words
said by the father were, ‘‘He is just being a child. He is just being a
boy. I was bullied as a kid. You get through it. It happens to
everybody.’’ The response from parents is that every parent wants
to protect their child. Many times parents do not even know how
to respond. They know how to respond if their child is being
victimized, but often parents do not know how to respond to the
fact that their child is a bully and coming to the realization that
sometimes there are issues that need to be dealt with.
Mme Virmani : Dans mon cas, mes parents se sont adressés
directement à ses parents, et ils ont défendu leur fils. Le père de
mon intimidateur a dit exactement ce qui suit : « Il agit
simplement comme un enfant. Il fait simplement ce que font les
garçons. J’ai été victime d’intimidation quand j’étais petit. On s’en
sort. Ça arrive à tout le monde. » La réponse des parents, c’est
que tous les parents veulent protéger leur enfant. Dans bien des
cas, ils ne savent même pas comment réagir. Les gens savent
comment réagir lorsque leur enfant est victime, mais souvent les
parents ne savent pas quoi faire lorsque leur enfant en intimide
d’autres, et ils ne se rendent pas compte, parfois, qu’il y a des
problèmes à régler.
Mr. Hilton: Chair, if I can add a little point, one of the focuses of
the Red Cross work is that it is not targeted just at youth. We have
programs targeted at adults. We have programs targeted at people
who will be in charge of youth and children, and making the entire
population understand the problem. It is not isolated with one
student. It is not isolated in one school. It is a better understanding
overall that this is occurring, and giving schools and community
groups the resources to deal with this as the larger scale.
M. Hilton : Madame la présidente, si vous me permettez
d’ajouter quelque chose, le travail de la Croix-Rouge ne vise pas
que les jeunes. Nous avons aussi des programmes pour les adultes.
Nous offrons des programmes aux gens qui vont être responsables
d’adolescents et d’enfants et qui visent à ce que toute la
population comprenne le problème. L’intervention ne se fait pas
qu’auprès d’un seul élève. Elle n’a pas lieu que dans une seule
école. Il s’agit de faire en sorte que les gens en général sachent que
le phénomène existe et d’offrir aux écoles et aux groupes
communautaires les ressources dont ils ont besoin pour
s’attaquer au problème dans son ensemble.
Ms. Virmani and I were talking on the way up here that bullying
comes to the forefront when there is an incident that is so significant
that the media picks it up and then there is a reactionary response.
The Red Cross is working hard to have knowledge and awareness
across the country, in schools, with people who deal with bullying,
Mme Virmani et moi parlions en venant ici du fait qu’on
ramène l’intimidation au premier plan lorsqu’un incident assez
important pour que les médias en parlent se produit, ce qui
engendre une réaction de désapprobation. La Croix-Rouge
déploie beaucoup d’efforts pour informer et sensibiliser les gens
4-6-2012
Droits de la personne
14:73
and we think that is key to bringing this idea of respect for one
another to the forefront and having students, youth and adults all
understand what bullying is and how to deal with it.
un peu partout au pays, dans les écoles, les gens qui sont aux
prises avec l’intimidation, et nous pensons que c’est essentiel pour
placer cette idée de respect mutuel à l’avant-plan et faire en sorte
que les élèves, les jeunes et les adultes sachent tous ce qu’est
l’intimidation et comment s’attaquer à celle-ci.
The Chair: Mr. Bernstein, do you want to add anything to that?
La présidente : Voulez-vous ajouter quelque chose, monsieur
Bernstein?
Mr. Bernstein: Yes. I wanted to reinforce the value of legislation
as one prong. Legislation is not a panacea. In Ontario, Bill 13,
which has been ordered for third reading, is the government’s
provincial bill. When you go through the preamble in terms of the
objects of the bill, it talks about the importance of education and
prevention. It does speak to providing support not only for victims
of cyberbullying but also the perpetrators and the witnesses, the
bystanders who are all impacted in different ways. It speaks to the
value of instituting implementation plans for prevention and
intervention to address cyberbullying. It places obligations on the
minister, on boards and on the principal within individual schools.
Part of the preamble speaks to the fact that there is a responsibility
on members of the whole school. It also speaks to the importance of
providing training and in-service supports and information for staff
and students. It talks about the importance of the parents’ role.
M. Bernstein : Oui. Je voulais insister sur l’utilité de la loi
comme volet de la lutte contre l’intimidation. La loi n’est pas une
solution miracle. En Ontario, le projet de loi proposé par le
gouvernement provincial, c’est le projet de loi 13, qui a été
renvoyé en troisième lecture. Le préambule explique les objectifs
du projet de loi et il parle de l’importance de l’éducation et de la
prévention. Il y est question d’offrir de l’aide non seulement aux
victimes de cyberintimidation, mais aussi aux auteurs et aux
témoins, qui sont tous touchés d’une façon différente. Il y est
question de l’utilité de mettre en place des plans de mise en œuvre
des mesures de prévention et d’intervention visant à mettre fin à la
cyberintimidation. Le projet de loi confie des responsabilités au
ministre, aux conseils scolaires et aux directeurs des écoles. Le
préambule parle notamment du fait que tous les gens qui
travaillent à l’école ont une responsabilité. Il parle aussi du fait
qu’il est important d’offrir de la formation et de l’aide et de
l’information sur place au personnel et aux élèves. Enfin, il parle
de l’importance du rôle des parents.
Sometimes what one hears is that there is other legislation:
There is criminal law, tort law, human rights law. The difficulty
with looking to other legislation that is not specifically targeting
anti-bullying is that it is a blunt instrument. It is not designed to
address the problem, the mischief of cyberbullying. It also is after
the fact. It is responding to cyberbullying or bullying that has
already taken place.
On entend parfois dire qu’il y a d’autres lois : il y a les lois
pénales, les lois qui portent sur la responsabilité délictuelle et
celles qui portent sur les droits de la personne. Ce qui pose
problème, dans le cas des autres lois qui n’abordent pas
précisément l’intimidation, c’est que ce sont des instruments
grossiers. Ils ne sont pas conçus pour régler le problème, le méfait
de la cyberintimidation. C’est aussi quelque chose qui intervient
après coup. Ce sont des choses qui permettent de réagir à la
cyberintimidation ou à l’intimidation ordinaire une fois que les
actes ont déjà été posés.
We want to provide prevention, information and quality
education. As we say in our submission, an Angus Reid opinion
poll conducted in February of this year indicated that 90 per cent of
Canadians support provincial legislation to address cyberbullying.
Ce que nous souhaitons faire, c’est offrir des mesures de
prévention, de l’information et une éducation de qualité. Comme
nous le mentionnons dans notre mémoire, un sondage d’opinion
mené en février dernier par Angus Reid indique que 90 p. 100 des
Canadiens sont en faveur de l’adoption de lois provinciales sur la
cyberintimidation.
What we do not want to see is the focus on legislation that is all
about sanctions, consequences and penal implications, because just
as this young girl has indicated, many times the perpetrators of
cyberbullying do not understand the implications. They may not be
receiving proper information and effective parenting at home.
Ce que nous voulons éviter, c’est que l’accent soit mis sur des
lois qui ne prévoient que des sanctions, des conséquences et des
répercussions sur le plan pénal, parce que, comme la jeune fille
vient de le dire, bien souvent, les auteurs de cyberintimidation ne
comprennent pas les conséquences de leurs gestes. Il est possible
qu’ils ne reçoivent pas d’information et de directives adéquates de
la part de leurs parents.
One of the points that we make in our submission is that one
has to look at the whole environment of violence. Oftentimes the
victims of physical punishment, those who are being abused or
neglected within their own homes, become the very students who
are engaging in bullying behaviour. In a sense we are penalizing
Une chose que nous affirmons dans notre mémoire, c’est qu’il
faut envisager le contexte de la violence dans son ensemble. Dans
bien des cas, ce sont des victimes de châtiments physiques, des
jeunes qui sont agressés ou négligés par leurs propres parents, qui
adoptent des comportements d’intimidation à l’endroit des autres
14:74
Human Rights
4-6-2012
them; we are re-victimizing them. It is not about consequences. It
is not about penal sanctions. The Ontario legislation also speaks
to progressive discipline.
élèves. Dans un sens, nous les pénalisons en en faisant de nouveau
des victimes. Il ne s’agit pas de les punir. Il ne s’agit pas de leur
imposer des sanctions pénales. La loi ontarienne parle aussi de
mesures disciplinaires progressives.
We have seen that zero tolerance does not work. It is not about
punishing children who will then go out and repeat the same acts.
How do we redirect them? How do we give them proper
information and engage them? What is the curriculum? What is
the intervention plan that will be developed within the schools?
Nous avons pu constater que la tolérance zéro ne donne pas de
résultats. Il ne s’agit pas de punir des enfants qui vont quand
même poser les mêmes gestes après. Comment nous y prendre
pour les réorienter? Comment faire pour leur donner de
l’information adéquate et favoriser leur participation au
dialogue? En quoi le programme devrait-il consister? Quel sera
le plan d’intervention qu’élaboreront les écoles?
That is exactly what we are seeing. The Ontario bill has a
definition of bullying and cyberbullying. In the Quebec legislation
there is a reference to student committees. The Ontario bill
empowers young people to create their own committees, to create
their own organizations that they can lead, and they can address
gender discrimination and discrimination on the basis of visible
minorities, disabilities, sexual orientation.
C’est exactement ce que nous sommes en train de voir. Le
projet de loi ontarien contient une définition de l’intimidation et
de la cyberintimidation. La loi québécoise parle de comités
d’élèves. Le projet de loi de l’Ontario confère aux jeunes le
pouvoir de créer leurs propres comités, de créer leurs propres
organisations qu’ils pourront diriger, et qui leur permet de
s’attaquer à la discrimination fondée sur le sexe et à celle qui est
fondée sur l’appartenance à une minorité visible, sur un handicap
ou sur l’orientation sexuelle.
The Quebec bill speaks to the fact that there can be student
committees. They also postulate a student ombudsman to support
children within the process, to facilitate ongoing communication
and proper mediation.
Le projet de loi québécois parle du fait que des comités d’élèves
peuvent être créés. Les jeunes peuvent aussi nommer un élève qui
jouera le rôle d’ombudsman et qui sera chargé de soutenir les
enfants dans le cadre du processus, ainsi que de faciliter les
communications et d’assurer une médiation adéquate.
Our concern is more rooted in the federal bill and in Nova
Scotia, which imposes liability and sanctions on parents who
should know that their children are engaging in cyberbullying. If
we want to see a change in attitudes, we have to educate; we have
to prevent; we have to build in supportive counselling for victims,
for perpetrators and bystanders. We should not engage in a cycle
of more sanctions and more penalties. That will not turn this
around.
Ce qui nous préoccupe davantage, c’est le projet de loi fédéral
et celui de la Nouvelle-Écosse, qui imposent une responsabilité et
des sanctions aux parents qui devraient savoir que leurs enfants se
livrent à des comportements de cyberintimidation. Si nous
voulons un changement d’attitude, nous devons informer les
gens, nous devons faire de la prévention et nous devons offrir des
services de soutien aux victimes d’actes d’intimidation, aux
auteurs et aux spectateurs. Nous devrions éviter de nous
engager dans un cycle où il y aura encore des sanctions et des
punitions. Cela ne va pas régler le problème.
Senator White: I want to congratulate you, Ms. Virmani, on
the maturity of your response. I am not sure many bullies would
understand it, but I do appreciate it.
Le sénateur White : J’aimerais vous féliciter, madame Virmani,
de la maturité avec laquelle vous avez réagi. Je ne sais pas si
beaucoup d’intimidateurs comprendraient votre réaction, mais
moi je comprends que c’est la bonne.
We have heard a lot about bullying over the last few weeks,
with many people saying that sanctions are not the answer,
although it seems to be the only solution that we are using in most
schools, namely, suspensions and expulsions.
Nous avons beaucoup entendu parler d’intimidation au cours
des dernières semaines, et beaucoup de gens nous ont dit que la
solution, ce n’est pas d’imposer des sanctions, quoiqu’il semble
s’agir de la seule solution que nous offrons dans les écoles, c’est-àdire les suspensions et les expulsions.
My background is in policing, but primarily over the past
25 years, it has been in restorative practices. In New Brunswick,
do they use restorative practices in their schools, and, in
particular, would it have been a better solution to your
situation? Restorative practices mean peer justice systems and
community justice. Instead of a stick, many would say trying to
get something that does stick.
J’ai travaillé au sein des services de police, mais depuis 25 ans,
je m’intéresse surtout aux pratiques de justice réparatrice. Au
Nouveau-Brunswick, c’est ce qu’on utilise dans les écoles, et je
voulais savoir si vous pensez que cela aurait été une meilleure
solution dans votre situation à vous. Les pratiques de justice
réparatrice, ce sont les systèmes de justice par les pairs et la justice
communautaire. Beaucoup de gens diraient qu’il s’agit de trouver
quelque chose qui colle, qui favorise un changement chez
l’intimidateur, plutôt que de lui coller une gifle.
4-6-2012
Droits de la personne
14:75
Ms. Virmani: In regard to that, on the school level, there is still
a focus on the expulsions and suspensions. That has not been
changed, but the education act and the suggestions that I made
about legislation are being put in place in September. I would be
graduated by then through the school system, but, again, those
suggestions about a more restorative approach will be put in place
in September.
Mme Virmani : À cet égard, dans le milieu scolaire, on met
encore beaucoup l’accent sur les expulsions et les suspensions. Cela
n’a pas changé, mais la Loi sur l’éducation et les suggestions que j’ai
faites concernant cette loi vont être adoptées en septembre. Je ne
fréquenterai plus l’école à ce moment-là, mais, encore une fois, ces
suggestions concernant une démarche davantage axée sur la
réparation vont être appliquées en septembre.
Senator Robichaud: Mr. Bernstein, you are saying that different
measures in law are being put in place in difference provinces, but
what we heard through the youth that presented some testimony
this afternoon is that cyberbullying is anonymous. There is no way
of finding out, at least from what the youth were telling us, who is
doing it and where it is coming from.
Le sénateur Robichaud : Monsieur Bernstein, vous dites que
diverses mesures législatives sont adoptées dans les provinces,
mais ce que nous ont dit les jeunes qui ont témoigné cet aprèsmidi, c’est que la cyberintimidation se fait dans l’anonymat. Il n’y
a aucun moyen de savoir qui pose les gestes, du moins d’après ce
que les jeunes nous disent.
Will this fact of having legislation put us in a sort of false sense
of security? We think we will be protected but it will not change
much.
Est-ce que nous allons avoir un faux sentiment de sécurité
après avoir adopté une loi? Nous pensons que nous allons être
protégés, mais les choses ne vont pas beaucoup changer.
Mr. Bernstein: I think that it will change attitudes. I think young
people sometimes are not aware of the impacts. They may think
they are engaging in something that is a practical joke. What we
have seen is the level of seriousness. It is not just a mild form of
embarrassment. We are not toying with just the feelings of other
children, other students, but we have seen youth suicides. We have
seen young people engage in serious acts of self-harm because they
have been ridiculed, and it is important for children to receive the
proper information so that they understand that not only are they
hurting other children but they may be also incurring some
potential liability ‘‘reputationally.’’ When they transmit something,
it has a permanent quality to it. It could affect their job prospects
and their educational prospects into the future.
M. Bernstein : Je pense que cela va engendrer un changement
d’attitudes. Je pense que les jeunes ne savent pas quelles seront les
répercussions de leurs gestes dans certains cas. Ils peuvent avoir
l’impression qu’ils ne font que jouer un tour à quelqu’un. Ce que
nous avons constaté, c’est le sérieux de la chose. Ce n’est pas
qu’un léger embarras. Nous ne faisons pas que jouer avec les
sentiments d’autres enfants, d’autres élèves : il y a des jeunes qui
se sont suicidés. Nous avons vu des jeunes s’automutiler
gravement parce qu’ils ont été ridiculisés, et il est important
pour les enfants de recevoir de l’information adéquate pour qu’ils
puissent comprendre que non seulement ils font du mal à d’autres
enfants, et qu’ils pourraient aussi avoir une responsabilité sur le
plan de la réputation. Lorsqu’ils transmettent un message, celui-ci
a un caractère permanent. Cela pourrait avoir un effet sur leurs
possibilités d’emplois et de formation dans l’avenir.
It is important to provide this information and to have a focus
within the school. In many instances, these are children who are
not receiving the information from home. They may be children
who are in institutional care, children who are within the child
protection system, so if they do not get the information in the
school, where will they get it from?
Il est important de fournir cette information et de veiller à ce
qu’il y ait une orientation à l’école. Dans bien des cas, il s’agit
d’enfants qui ne reçoivent pas d’information de la part de leurs
parents. Il peut s’agir d’enfants confiés aux soins d’un
établissement, d’enfants pris en charge par le système de
protection de l’enfance, alors s’ils ne reçoivent pas l’information
à l’école, où vont-ils la trouver?
Senator Robichaud: You are making the point that I wanted to
make. Yes, legislation can serve a purpose, but it should be well
communicated to the people, the parents and the school system.
All the recommendations we heard were around education. I am
trying to make the point here that if you have legislation, people
should know about it and there should be programs to put it out
so that the youth are aware. I suppose this would be done through
the school.
Le sénateur Robichaud : Vous m’enlevez les mots de la bouche.
Oui, les lois peuvent servir à quelque chose, mais il faut bien
communiquer le message aux gens, aux parents et aux
intervenants du système scolaire. Toutes les recommandations
que nous avons entendues concernaient le fait d’informer les gens.
Ce que j’essaie de dire, c’est que si on adopte des lois, il faut que
les gens le sachent et qu’il y ait des programmes visant à diffuser
l’information, de façon à ce que les jeunes soient au courant. Je
suppose que cela serait fait dans les écoles.
Mr. Bernstein: That is right, and this ties in as well with the fact
that there needs to be some kind of campaign, some public
awareness campaign so that parents are understanding that this is
reaching a certain level of concern within the school system, and
they should be attempting to remain vigilant and support their
children.
M. Bernstein : C’est juste, et c’est lié aussi au fait qu’il doit y
avoir une espèce de campagne, une campagne de sensibilisation de
la population visant à faire en sorte que les parents sachent que le
phénomène prend des proportions inquiétantes au sein du système
scolaire et qu’ils devraient demeurer vigilants et chercher à offrir
de l’aide à leurs enfants.
14:76
Human Rights
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One of the things that came out of the UNICEF report is that
one of the most important considerations for children who are the
victims of bullying and cyberbullying is to have a responsive
parent. Often there is a digital divide so that parents and adults do
not understand the online environment as well as their children.
There is a need for them to become engaged, not only children
receiving the education but parents as well, so that they
understand some of the risks that are being undertaken by their
children, and they can support them. They can build trust and
more effective communication so that if their children are
experiencing some level of risk or concern, or if they have a
sibling, friend or peer who is at risk, they can go to their parents
and talk about it. That is an important point within this whole
system. It is not just children. It is families, it is parents and it is
the community.
Une chose qui est ressortie du rapport de l’UNICEF, c’est que
l’une des considérations les plus importantes pour les enfants qui
sont victimes d’intimidation et de cyberintimidation, c’est que
leurs parents réagissent bien. Souvent, le fossé numérique fait en
sorte que les parents et les adultes ne comprennent pas aussi bien
le monde virtuel que leurs enfants. Il faut qu’ils agissent, qu’eux
aussi soient sensibilisés au phénomène comme leurs enfants, pour
qu’ils connaissent les risques auxquels font face leurs enfants et
puissent venir en aide à ces derniers. Les parents peuvent établir
un lien de confiance et améliorer la communication, de sorte que
leurs enfants puissent s’adresser à eux s’ils courent un risque ou
ont des préoccupations, ou encore s’ils ont un frère ou une sœur,
un ami ou un pair qui est à risque. Voilà un élément important de
tout ce système que nous évoquons. Il ne s’agit pas seulement des
enfants. Il s’agit de la famille, des parents et de la collectivité.
Senator Robichaud: With respect to the Red Cross, you said
that you work with about 100,000 individuals of all ages?
Le sénateur Robichaud : Vous dites qu’à la Croix-Rouge, vous
travaillez auprès de quelque 100 000 personnes de tous âges?
Mr. Hilton: Last year, we trained 100,000 adults, children and
youth in respect to specifically the Beyond the Hurt programming.
M. Hilton : En dernier, nous avons formé 100 000 adultes,
enfants et adolescents dans le cadre du programme Au-delà de la
souffrance.
Amélie Doyon, Creating Safe Environments Officer, Canadian
Red Cross: We have different types of programs in violence and
abuse prevention. Last year, we trained 362,000 adults, children
and youth in violence prevention. Specifically on bullying and
harassment prevention, we trained 100,000 people.
Amélie Doyon, agente, Création d’environnements sûrs,
Croix-Rouge canadienne : Nous offrons divers types de
programmes de prévention de la violence. L’an dernier, nous
avons formé 362 000 adultes, enfants et adolescents en prévention
de la violence. En prévention de l’intimidation et du harcèlement en
particulier, nous avons offert une formation à 100 000 personnes.
I cannot agree more with what my colleague is saying. The
education needs to touch the parents, the youth and children, and
it needs to come at a very young age, but we also need to provide
some solutions and tools for schools. Most of the time they do not
know how to approach the problem, and they do not know how
to solve it.
Je suis tout à fait d’accord avec ce que dit mon collègue. Il faut
éduquer les parents, les adolescents et les enfants, et il faut le faire
à un très jeune âge, mais nous devons aussi offrir des solutions et
des outils aux écoles. La plupart du temps, ils ne savent pas
comment aborder le problème, et encore moins comment le régler.
That is our approach at the Red Cross. For every youth
training session that we have, we also have an adult component to
it, so everybody is on the same page. They all understand the
problem in the same way, and they are all looking for solutions
that are applicable to their reality and to their communities.
C’est ce que nous faisons à la Croix-Rouge. Pour chaque
séance de formation offerte aux jeunes, il y a un volet pour les
adultes, de façon à ce que tout le monde soit au diapason. Tout le
monde envisage alors le problème de la même façon, et les gens
peuvent chercher des solutions qui s’appliquent à leur situation et
à leur collectivité.
Senator Robichaud: What initiates those training sessions? How
do communities go about it?
Le sénateur Robichaud : Qu’est-ce qui lance les séances de
formation? Comment les collectivités procèdent-elles?
Ms. Doyon: It is usually a request from the school. There may
be a problem in the school, they come to us and we provide them
with some training. We usually enter into an agreement with the
school and have a partnership with them. Teachers select youth
facilitators in the school — Ms. Virmani is one of them — we
train those youth, and they remain in the schools and provide
education to their peers and to the younger students. We have
different activities for different grades, so it is not always the same
information that is repeated over and over. We are kind of
building on the knowledge, grade after grade.
Mme Doyon : Habituellement, c’est l’école qui en fait la
demande. Il peut, par exemple, y avoir un problème dans une
école, et la direction s’adresse à nous, puis nous offrons une
formation. Habituellement, nous concluons une entente avec
l’école et travaillons en partenariat avec celle-ci. Les enseignants
choisissent des élèves qui deviendront animateurs — c’est le cas de
Mme Virmani —, et nous formons les jeunes, qui restent à l’école
et sensibilisent leurs pairs et les élèves plus jeunes qu’eux. Nous
offrons diverses activités selon le niveau, de sorte que ce n’est pas
toujours la même information qui est répétée chaque année. Nous
permettons en quelque sorte aux jeunes d’acquérir de plus en plus
de connaissances au fil de leur progression à l’école.
4-6-2012
Droits de la personne
Senator Robichaud: If I may ask Ms. Virmani, what school and
what community? I did not catch that.
Ms. Virmani: It is Fredericton, New Brunswick.
14:77
Le sénateur Robichaud : Puis-je demander à Mme Virmani
quelle école elle fréquente et dans quelle collectivité elle vit? Je n’ai
pas compris?
Mme Virmani : Je viens de Fredericton, au Nouveau-Brunswick.
I would like to add something, though, to what Ms. Doyon
was saying. There are great suggestions from adults about
legislation and education, but as a student, I would like to say
there are many resources out there. There is a lot of great
community outreach, for example, through UNICEF and the
Red Cross, through the community programs, but they are not
being requested until after an incident occurs. The problem with
that is people hear all these news stories about bullying, those
incidents are being shown in the media and turned into this big
news event, but people are developing a sense of immunity to
hearing about bullying stories. They hear about it so much that
people do not realize the impact, that it is still the lives of students
that are being lost. Every single story needs to be treated on an
individual basis and looked upon as something very important.
Parents, students and educators do not see that because they have
developed a sense of immunity and a tolerance to the effect of this
is happening so often and what is going to change.
J’aimerais ajouter quelque chose, cependant, à ce que
Mme Doyon a dit. Les adultes font d’excellentes suggestions
concernant les lois et la sensibilisation, mais, en tant qu’élève,
j’aimerais dire qu’il existe beaucoup de ressources. Il y a de
nombreux excellents programmes communautaires, par exemple,
qui sont offerts par l’UNICEF et la Croix-Rouge, mais on n’y a
recours qu’une fois qu’un incident est survenu. Le problème, c’est
que les gens entendent toutes sortes de reportages concernant
l’intimidation, que les médias font des incidents qui se produisent
des sujets d’actualité importants, mais les gens sont de plus en plus
insensibles à ce qu’ils entendent. Ils entendent tellement parler
d’intimidation qu’ils ne rendent pas compte des répercussions, du
fait qu’il y a encore des élèves dont la vie est détruite. Chaque cas
doit être traité de façon personnelle et vu comme étant très
important. Les parents, les élèves et les éducateurs ne s’en rendent
pas compte parce qu’ils ont acquis une tolérance face à la
description de ce qui arrive souvent et de ce qui va changer.
My concern regarding having just the legislation or even
education is that, if it is not something that all schools must
participate in and it is not something that is regulated — it is not a
request; it is something that needs to be put in place, it is not
something that they have to go out and get, if that makes sense.
Ce qui me préoccupe, dans le fait qu’il y ait seulement des lois
ou même seulement des initiatives de sensibilisation, c’est que, si
ce n’est pas une chose à laquelle toutes les écoles doivent
participer et si ce n’est pas quelque chose d’obligatoire... Ce n’est
pas une demande, c’est quelque chose qui doit être mis en place, et
ce n’est pas quelque chose que les écoles doivent aller chercher, si
vous voyez ce que je veux dire.
Senator Robichaud: You are putting the responsibility to bring
that in the schools on provincial governments, then, so that this is
part of the responsibility of the school.
Le sénateur Robichaud : Vous voudriez donc que les
gouvernements provinciaux soient responsables de veiller à ce
que les écoles prennent des mesures, de sorte que cela fasse partie
des responsabilités des écoles.
Mr. Hilton: To make it a little simpler across the board for
provincial governments, curriculum is defined by a variety of
different reasons and what students need. Clearly, we are seeing
across the country that there is a need for education and
understanding around bullying. Governments, boards of
education, school boards and even individual schools need to try
and take responsibility to protect their children and educate
themselves as to what tools we have, what avenues we can put in
place and —this is really important — what standard operating
procedures we can have so that we can deal with these kind of things.
M. Hilton : Pour que les choses soient un peu plus simples dans
l’ensemble pour les gouvernements provinciaux, les programmes
d’études sont définis par divers facteurs et par les besoins des élèves.
À l’échelle du pays, nous constatons clairement qu’il y a un besoin
d’information concernant l’intimidation. Les gouvernements, les
conseils scolaires et même les écoles en tant que telles doivent
assumer la responsabilité de la protection des enfants qui relèvent
d’eux et s’informer sur les outils dont ils disposent, sur les mesures
qui peuvent être mises en place et, chose très importante, sur les
procédures normalisées qui peuvent être suivies pour régler les
problèmes de ce genre.
You can see from Ms. Virmani’s story that it is one-off too
often; they are dealing with cases in vastly different ways from one
to the next, and that is no way to find real solutions. There has to
be an understanding that this will happen, and we need to have
procedures to handle it.
Le cas de Mme Virmani témoigne d’une chose qui arrive trop
souvent, c’est-à-dire qu’on fait des exceptions et qu’on traite les
cas de façon vraiment différente d’une fois à l’autre, ce qui n’est
pas propice à la mise en place de vraies solutions. Il faut que les
gens sachent que des incidents de ce genre vont se produire et
qu’ils puissent suivre une procédure pour régler le problème.
Senator Robichaud: Are attitudes changing? When Ms. Virmani
made her comment that the first reaction from the authorities was,
‘‘Well, boys will be boys and they are fooling around; they have no
idea of what they are doing or the effect,’’ are people starting to
Le sénateur Robichaud : Est-ce que les attitudes sont en train de
changer? Lorsque Mme Virmani a dit que la première réaction des
autorités a été de dire que les garçons agissent toujours comme des
garçons et n’ont aucune idée de ce qu’ils font ni des conséquences
14:78
Human Rights
4-6-2012
realize that bullying was happening? In your case, it was not
anonymous. I am just saying that from the students we heard this
afternoon, there is a lot of cyberbullying going on, which is
anonymous. Was that the case in your school, too?
que cela peut avoir, est-ce qu’on peut dire que les gens commencent
à se rendre compte qu’il y a de l’intimidation? Dans votre cas, cela
ne s’est pas fait de façon anonyme. Ce que j’essaie de dire, c’est que,
d’après les élèves qui sont venus témoigner cet après-midi, il y a
beaucoup de cyberintimidation qui se fait de façon anonyme. Est-ce
que ça a été le cas dans votre école aussi?
Ms. Virmani: I knew the Twitter account in the Twitter
incident. Without my own experience, some of my friends have
experienced issues regarding bullying being anonymous. I am not
sure if you are aware, but there is a website called Formspring.
People can ask questions anonymously; there is no way to track
who said it. It is supposed to help you better get to know a person
or better get to know your friends, but it is being used as a huge
avenue for cyberbullying and it is completely anonymous. One of
my friends at my local high school, instead of writing a question,
there was a comment, and the comment that was left was, ‘‘Why
do you not go back to your own country?’’ This girl was a
student. She had just come to Canada; she was here from Sri
Lanka, and she was doing her exchange program here. That was
the comment left on her Formspring.
Mme Virmani : Je connaissais le compte Twitter à l’origine de
l’incident. Mis à part ma propre expérience, certaines de mes
amies ont eu des problèmes liés au fait que l’intimidation se fait de
façon anonyme. Je ne sais pas si vous connaissez un site web qui
s’appelle Formspring. Les gens peuvent poser des questions de
façon anonyme; il n’y a aucun moyen de savoir qui a dit quelque
chose. L’idée, théoriquement, c’est de permettre aux gens de
mieux connaître quelqu’un ou d’apprendre à mieux connaître ses
amis, mais le site est vraiment beaucoup utilisé pour faire de la
cyberintimidation, et l’anonymat est complet. J’ai une amie à mon
école secondaire à qui on a laissé un commentaire plutôt que de
poser une question, et c’était « Pourquoi ne retournes-tu pas dans
ton pays? » Il s’agit d’une élève. Elle venait d’arriver au Canada.
C’était une Sri Lankaise, et elle participait à un programme
d’échange. C’est ce que quelqu’un a écrit sur sa page Formspring.
There are incidents like that, even for me. I have experienced
similar things on Facebook. On Facebook, there are external
applications. A lot of parents and educators see that, yes, there is
bullying on Facebook, but they only see the surface of it. They see
that people post photos and videos, but there is so much more to
Facebook that adults do not realize how much of an avenue it is
to bullying. There are external applications that students
download and put on their Facebook; there are things like
Compare People, How Ugly Are Your Friends, Rate My Friends,
and Bathroom Wall. These are all applications hosted by thirdparty companies. They are getting money to run these
applications on Facebook, so these are businesses promoting
bullying, in a sense.
Il survient des incidents de ce genre, et même moi j’en ai vécu.
J’ai vécu des choses similaires sur Facebook. Il y a des
applications externes sur ce site. Beaucoup de parents et
d’éducateurs savent qu’il y a de l’intimidation sur Facebook,
mais ils ne voient que la pointe de l’iceberg. Ils savent qu’on y
affiche des photos et des vidéos, mais il y a tellement d’autres
choses sur Facebook que les adultes ne se rendent pas compte à
quel point c’est un site propice à l’intimidation. Il y a des
applications externes que les élèves téléchargent et ajoutent à leur
page Facebook. Il s’agit de choses comme Compare People, How
Ugly Are Your Friends, Rate My Friends et Bathroom Wall. Ce
sont toutes des applications hébergées par d’autres entreprises.
Celles-ci reçoivent de l’argent pour assurer le fonctionnement de
ces applications sur Facebook, et il s’agit donc en quelque sorte
d’entreprises qui font la promotion de l’intimidation.
Through things like that, like the Bathroom Wall, people had
written really negative and mean comments about me and about
my Indian heritage, they were anonymous, so I could not track
them down.
À l’aide de choses de ce genre, par exemple le Bathroom Wall,
les gens ont écrit des messages vraiment négatifs et méchants sur
moi et sur mes origines indiennes, et ce, de façon anonyme, ce qui
fait que je ne pouvais pas savoir qui écrivait.
It was not just an issue of Facebook; it was an issue of external
third-party applications on Facebook. Therefore, it is a larger
issue than people see.
Le problème ne venait pas seulement de Facebook; il venait aussi
d’applications externes fournies par des tiers sur Facebook. C’est
donc un problème plus important que ce que les gens pensent.
Mr. Bernstein: I just wanted to talk about changing attitudes.
One of the recommendations that UNICEF is advancing to this
committee is promoting rights respecting schools. I did want to
indicate that there are 12 rights-respecting schools in Canada that
emphasize the importance of changing the culture, having a
healthy attitude, and bringing information around children’s
rights and the Convention on the Rights of the Child. This is
reaching about 3,000 children in Canada. In the United Kingdom,
there are 2,500 rights-respecting schools.
M. Bernstein : Je voulais simplement parler des attitudes qui
changent. L’une des recommandations de l’UNICEF à l’intention
du comité concerne la promotion du respect des droits dans les
écoles. Je voulais vous signaler qu’il y a au Canada 12 écoles
respectueuses des droits qui insistent sur l’importance de changer la
culture, d’avoir une attitude saine et d’offrir de l’information sur les
droits des enfants et sur la Convention relative aux droits de l’enfant.
Environ 3 000 enfants bénéficient de cette initiative au Canada. Au
Royaume-Uni, il y a 2 500 écoles respectueuses des droits.
4-6-2012
Droits de la personne
14:79
The research that has been done in the United Kingdom has
shown that the schools see a decrease in bullying, with incidents of
bullying referred to as ‘‘minimal,’’ a reduction in prejudices,
improved rates of attendance, improved student self-esteem and a
stronger engagement in learning and leadership. Teachers also
report a greater level of job satisfaction and a greater level of
communication about respectful behaviours.
Les travaux de recherche menés à ce sujet dans ce pays ont
montré qu’il y a moins d’intimidation dans les écoles, le nombre
d’incidents étant qualifié de « minimal », qu’il y a moins de
préjugés, que l’assiduité est accrue, que les élèves ont davantage
confiance en eux et qu’ils prennent part plus activement au
processus d’apprentissage et ont plus de leadership. Les
enseignants se disent aussi plus satisfaits de leur travail et
signalent que les comportements respectueux sont mieux
communiqués qu’avant.
This is an initiative that is taking hold incrementally within
Canada, and is a direction that we would commend to this
committee.
Il s’agit d’une initiative qui s’installe tranquillement au
Canada, et c’est une voie que nous recommanderions au comité
de suivre.
The Chair: Ms. Virmani, I have a few questions of you. Before
I ask them, I want to say to you that we had via video conference
a number of students as witnesses earlier, and I want to convey to
you that our committee very much appreciates your being here.
We certainly are concerned that you do not have any other issues
because you have presented here, so please stay safe.
La présidente : Madame Virmani, j’ai quelques questions à
vous poser. Avant de le faire, je veux vous dire que plusieurs autres
étudiants ont témoigné avant vous par vidéoconférence et que les
membres du comité sont très contents que vous soyez ici. Nous
voulons être sûrs que vous n’ayez pas de problème parce que vous
avez témoigné ici, alors je vous demande d’être prudente.
What would you have liked to have happened immediately
when you reported it to the counsellor? We would like to look at
recommendations as might emerge from that.
Qu’est-ce que vous auriez aimé qu’il se passe immédiatement
lorsque vous avez signalé le problème au conseiller? Nous
aimerions examiner des recommandations à ce chapitre.
Ms. Virmani: In regard to my particular experience?
Mme Virmani : En ce qui a trait à ma situation particulière?
The Chair: When you went to report it to the counsellor, what
would you have liked the counsellor to do? You have mentioned
some of the things, but what would you have liked the counsellor
and the principal to have done?
La présidente : Lorsque vous êtes allée voir le conseiller, qu’estce que vous auriez aimé qu’il fasse? Vous avez mentionné
certaines choses, mais j’aimerais savoir ce que vous auriez voulu
que le conseiller ou le directeur fasse?
Ms. Virmani: At that very moment, I would have liked to know
how things were being dealt with, because the only response given
to me by the school was, ‘‘It has been dealt with; it has been taken
care of.’’ I understand that schools have a policy about
confidentiality and protecting other students, but just being told
that things have been dealt with is not satisfactory enough for me
to know that I am safe and that things will change for me. That
left me with no answers.
Mme Virmani : À ce moment précis, j’aurais aimé savoir ce
qu’on faisait pour régler le problème, parce que la seule réponse
que j’ai reçue de la part de l’école, c’est que le problème avait été
réglé. Je comprends que les écoles ont une politique de
confidentialité et de protection des autres élèves, mais me faire
dire que le problème avait été réglé ne suffisait pas à me rassurer
et à me convaincre que la situation allait changer. Je me suis
retrouvée devant une absence totale de réponses.
At that moment, that would be the number one thing: I would
like to know what the school will do; how will the school help
protect me; and what changes will they make directly, so that
when I go to my next period class, I am not sitting beside the
bully, because I had to go to my next period class and sit right
beside the bully.
À ce moment-là, ça aurait été la principale chose : j’aurais aimé
savoir ce que l’école allait faire, comment elle allait me protéger et
quels changements elle allait apporter immédiatement, de sorte
que je soie pas assise à côté de l’intimidateur dans mon cours la
période suivante, ce qui a été le cas, en fait.
Simple things like that: Just having let me know in the moment
how the school will protect me would have been much appreciated.
Des choses simples comme cela : le simple fait de me dire tout de
suite comment l’école allait me protéger aurait été bien apprécié.
Looking at a broader scheme of what I would expect to see
within the week, I would have expected to hear, ‘‘This is the
consequence that has been put in place and this is how we plan on
changing it.’’ It ought to start off with ‘‘these are what our goals
are for the procedure’’ and ‘‘this is how you can expect things to
proceed’’ — just hearing the expectations that I should have for
the school.
Quant à ce qui aurait dû se passer au cours de la semaine, je me
serais attendue à ce qu’on me dise quelles allaient être les
sanctions et comment l’école prévoyait s’y prendre pour faire en
sorte que la situation change. Il faut d’abord que l’école explique
ses objectifs par rapport à la procédure et dise à la personne
comment elle peut s’attendre à ce que les choses se déroulent. Il
s’agit simplement de savoir ce à quoi on peut s’attendre de la part
de l’école.
14:80
Human Rights
The Chair: Was that the last you heard from the school on this
issue?
Ms. Virmani: Yes.
4-6-2012
La présidente : Et vous n’avez plus eu de nouvelles de l’école
par la suite?
Mme Virmani : Non.
The Chair: If you think of any other recommendations later on,
please let us know because it is really important for us to hear
from people like you, who are suffering. We have heard about
Formspring. We have heard about Tumblr, and these are all new
things for us. However, we will certainly be looking at what can
happen on this. Thank you for sharing that with us.
La présidente : Si d’autres recommandations vous viennent à
l’esprit plus tard, n’hésitez pas à nous les communiquer, parce
qu’il est très important pour nous d’entendre le témoignage de
gens qui, comme vous, souffrent. Nous avons entendu parler de
Formspring. Nous avons aussi entendu parler de Tumblr, et ce
sont toutes des choses qui sont nouvelles pour nous. Nous allons
toutefois nous pencher sur ce qui peut être fait dans le domaine.
Merci de nous en avoir parlé.
I have a question for the panel. The committee has done two
previous reports. One is called Children: The Silenced Citizens,
and the other one is The Sexual Exploitation of Children in
Canada. In both these reports we recommended that, under the
Convention on the Rights of the Child, there be a national
children’s commissioner. Do you agree that there should be a
national children’s commissioner? If so, how would that
commissioner help with cyberbullying? We will start with you,
Mr. Bernstein.
J’ai une question pour l’ensemble du groupe de témoins. Le
comité a déjà rédigé deux rapports, intitulés Les enfants : Des
citoyens sans voix et L’exploitation sexuelle des enfants au Canada.
Dans ces deux rapports, nous avons recommandé qu’un poste de
commissaire national à l’enfance soit créé dans le cadre de la
Convention relative aux droits de l’enfant. Êtes-vous d’accord
avec cette recommandation? Le cas échéant, que pourrait faire le
commissaire dans le dossier de la cyberintimidation? Nous allons
commencer par vous, monsieur Bernstein.
Mr. Bernstein: From the standpoint of UNICEF Canada, we
would totally support that recommendation. There is currently a
private member’s bill before the House of Commons to establish a
National Commissioner for Children and Young Persons. That
position would be very helpful in terms of dealing with
standardizing some of the approaches across the country.
M. Bernstein : UNICEF Canada appuie pleinement cette
recommandation. Il y a devant la Chambre des communes un
projet de loi émanant d’un député qui vise à créer un poste de
commissaire national à l’enfance et à l’adolescence. La création de
ce poste contribuerait pour beaucoup à la normalisation des
démarches adoptées un peu partout au pays.
We often see that children are treated differentially. Their rights
are not respected in a consistent way from one end of the country to
the other. A national children’s commissioner could work
effectively with provincial and territorial child and youth advocates.
Il arrive souvent que les enfants soient traités différemment selon
le cas. Leurs droits ne sont pas toujours respectés de la même façon
partout au pays. Le commissaire national à l’enfance pourrait
assurer une collaboration efficace avec les défenseurs des droits des
enfants et des adolescents des provinces et des territoires.
We hear about the proliferation of different pieces of legislation
to address bullying behaviour. The difficulty is that these pieces of
legislation do not always contain the same elements or the same
approaches. If we had a national children’s commissioner who
could look at what is happening in terms of best practices, conduct
evidence-based research from coast to coast and work with the
provincial and territorial advocates, we would have less of a
fragmented approach. We would have a more consistent national
strategy and perhaps an effective campaign across the country,
looking at more standardized approaches to combat bullying and
cyberbullying. We need a coherent vision.
Il est souvent question de la multiplication des textes législatifs
adoptés pour enrayer les comportements d’intimidation. Le
problème, c’est que ces textes ne contiennent pas toujours les
mêmes éléments et n’abordent pas toujours le problème de la
même façon. S’il y avait un commissaire national à l’enfance
capable de se pencher sur les pratiques exemplaires, de mener des
recherches fondées sur des données probantes partout au pays et
de collaborer avec les défenseurs des droits des enfants des
provinces et des territoires, le travail serait moins fragmenté.
Nous pourrions appliquer une stratégie nationale uniforme et
peut-être mener une campagne efficace dans l’ensemble du pays
dans le but de normaliser les mesures prises pour lutter contre
l’intimidation et la cyberintimidation. Il faut que nous nous
dotions d’une vision globale.
The other point is that within federal jurisdiction, although we
have education and child welfare that falls within provincial
jurisdiction, there are other areas that fall within federal
jurisdiction. Many issues pertaining to our Aboriginal population
fall within federal jurisdiction. Oftentimes it is our Aboriginal
children, our children who look different, our children from
minority groups and disadvantaged groups that are the subject of
cyberbullying.
L’autre chose que je veux dire, c’est que, même si l’éducation et le
bien-être des enfants relèvent des provinces, il y a d’autres aspects
qui relèvent du gouvernement fédéral. C’est le gouvernement fédéral
qui s’occupe de beaucoup de choses qui ont trait à notre population
autochtone. Ce sont souvent les enfants autochtones, les enfants
dont l’apparence est différente de celle des autres, les enfants qui
appartiennent à une minorité ou à un groupe défavorisé qui sont
victimes de cyberintimidation.
4-6-2012
Droits de la personne
14:81
I think that position perhaps could work more effectively with
Aboriginal peoples in terms of understanding some of the special
impacts upon our Aboriginal children. For those reasons, having
a national children’s commissioner to attempt to work on the
issues inherent in bullying and cyberbullying would be extremely
valuable.
Je pense que le commissaire à l’enfance pourrait être en mesure
de faire un travail efficace auprès des Autochtones en arrivant à
bien comprendre les répercussions particulières de la
cyberintimidation sur les enfants autochtones. Pour toutes ces
raisons, je crois que le travail d’un commissaire national à l’enfance
sur les enjeux propres à l’intimidation et à la cyberintimidation sera
extrêmement utile.
Mr. Hilton: The Canadian Red Cross echoes some of the
points Mr. Bernstein just mentioned. More specifically, I think
any national commission, any organization, any group idea that
has an end result of protecting youth, protecting children and
protecting the weakest people is something that the Canadian Red
Cross would support. We are an organization that stays as best as
possible out of the political sphere and decisions made therein.
These are issues that all politicians and legislators across the
country can oftentimes come together and find common ground
on. If the goal and the results are ultimately that children are
better protected, then it is one that we would of course support.
M. Hilton : La Croix-Rouge canadienne insiste elle aussi sur
certaines des choses que M. Bernstein vient de dire. Plus
précisément, je pense que toute commission nationale, toute
organisation ou toute idée collective qui permettra de protéger les
jeunes, de protéger les enfants et de protéger les personnes les plus
vulnérables recevra l’appui de la Croix-Rouge canadienne. Notre
organisme s’exclut le plus possible de la sphère politique et des
décisions qui y sont prises. Il s’agit de questions à l’égard
desquelles tous les politiciens et les législateurs du pays arrivent
souvent à trouver un terrain d’entente. Si le but et les résultats
sont au bout du compte une meilleure protection offerte aux
enfants, c’est évidemment quelque chose que nous appuierions.
The Chair: My next question is on Article 19 of the United
Nations Convention on the Rights of the Child, which requires
that all appropriate parties take legislative, administrative,
educational and social measures to protect children from all
forms of physical and mental violence.
La présidente : Ma prochaine question concerne l’article 19 de la
Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, qui
exige que toutes les parties prennent les mesures législatives,
administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger
les enfants contre toute forme de violence physique ou
psychologique.
General Comment No. 13 from the Committee on the Rights
of the Child confirms that physical and mental violence includes
bullying between two or more children and that mental violence
includes cyberbullying. In your opinion, Mr. Bernstein, is Canada
meeting its obligations under Article 19?
L’observation générale no 13 du Comité des droits de l’enfant
confirme que la violence physique et psychologique inclut
l’intimidation entre deux enfants ou plus et que la
cyberintimidation constitue une forme de violence
psychologique. Selon vous, monsieur Bernstein, le Canada
respecte-t-il ses obligations aux termes de l’article 19?
Mr. Bernstein: I think there are attempts to address some of
these issues. One of the approaches that we have identified in our
submission is the importance of using child rights impact
assessments before developing policy and legislation and
attempting to look in a structured way as to what would be the
best outcomes, how to promote the best interests of children and
how to achieve the best outcomes. Sometimes it seems to be a
scattergun approach, very reactive to particular events that occur
in the media rather than looking at this and applying a perspective
that looks at the various rights contained in the convention, the
guiding principles of the convention and a structure that is being
used in many of our jurisdictions around the world.
M. Bernstein : Je crois que des mesures sont prises pour
pouvoir régler certains de ces problèmes. Une des approches que
nous avons mentionnées dans notre déclaration est l’importance
d’évaluer les conséquences sur les droits de l’enfant avant
d’élaborer des politiques et des lois et de déterminer de façon
structurée quels seraient les meilleurs résultats, comment
promouvoir l’intérêt supérieur de l’enfant et comment atteindre
les meilleurs résultats. Cette approche peut parfois sembler
désorganisée et adoptée en réaction à des événements signalés
dans les médias au lieu d’être axée sur la situation et sur
l’application d’une façon de faire qui tient compte des droits
énoncés dans la convention, des principes directeurs de la
convention et d’une structure utilisée dans bon nombre des
administrations partout dans le monde.
We hear from other national committees globally, where
UNICEF has offices, that there are other countries using this
approach, weighing competing rights and doing literature reviews,
being evidence-informed. What we are hearing today
encompasses the voice of young people. What do young people
think about that proposed policy, about that proposed piece of
legislation? We are attempting to develop more consistency in
those approaches.
D’après d’autres comités nationaux rencontrés dans le monde,
où l’UNICEF est installé, d’autres pays utilisent cette approche,
comparent les droits qui s’opposent et consultent la documentation
fondée sur des données scientifiques. Ce que nous entendons
aujourd’hui reflète la voix des jeunes. Que pensent les jeunes de cette
proposition de politique, de cette proposition législative? Nous
tentons d’harmoniser davantage ces approches.
14:82
Human Rights
4-6-2012
In terms of child protection, we see different ages of the
maximum for finding children in need of protection. In some
provinces it is 16; in other provinces it is 18; in British Columbia it
is 19. There are different child protection grounds and different
reporting requirements in different jurisdictions. There is some
confusion around whether or not there is a need to report online
sexual exploitation as opposed to something happening in a more
tangible way.
Pour ce qui est de la protection de l’enfant, l’âge maximal dont
on tient compte pour assurer la protection des enfants varie. Dans
certaines provinces, c’est 16 ans; dans d’autres provinces, c’est
18 ans; et en Colombie-Britannique, c’est 19 ans. Chaque
administration a ses propres motifs de protection de l’enfant et
ses propres exigences redditionnelles. On ne sait pas vraiment s’il
faut signaler l’exploitation sexuelle en ligne ou s’il faut que
l’atteinte soit plus concrète.
There is a lot more that could be done in terms of addressing this
issue, and it seems as though we have a checkerboard approach.
Oftentimes we wait until there are serious episodes. We see teen
suicides, self-destructive acts and tragedies. Oftentimes that shapes
policy. I think we need to be more reflective and child-centred. We
need to look at this whole constellation of rights under the
convention. We need to look at Article 19 and General Comment
13. How do all of these pieces fit together? They are all interrelated.
Nous pourrions en faire beaucoup plus pour régler le problème,
et notre approche semble varier d’un cas à l’autre. Nous attendons
souvent qu’un incident grave se produise. Nous voyons des
adolescents se suicider, s’automutiler ou être victimes de tragédies.
Ce sont souvent ces événements qui façonnent les politiques. Je
crois que nous devons nous pencher davantage sur la situation et les
besoins de l’enfant. Nous devons examiner l’ensemble des droits
prévus à la convention. Nous devons consulter l’article 19 et
l’observation générale no 13. Quel est le lien entre toutes ces pièces?
Elles font toutes partie du même casse-tête.
Sometimes, in my experience, having spent much of my career
in child protection on the one hand and advancing children’s
rights on the other, we do not integrate the two. We have a needsbased system in child protection, and then we have child rights
advocates. What he we need to see is an encouragement of greater
child participation within the child protection system. We need to
hear from young people, like this young woman here today, in
terms of what is happening and how we can improve the situation.
J’ai consacré la plus grande partie de ma carrière à la
protection de l’enfant et à la défense de ses droits, et, d’après
mon expérience, ces deux sujets sont parfois abordés de façon
distincte. D’un côté, il y a le système de protection de l’enfance
axé sur les besoins, et de l’autre, les défendeurs des droits de
l’enfant. Nous devons encourager les jeunes à intervenir au sein
du système de protection de l’enfance. Nous devons entendre des
jeunes, comme cette jeune femme aujourd’hui, pour savoir ce qui
se passe et comment nous pouvons améliorer la situation.
There is a lot of goodwill and commitment, people trying to do
the right thing, but I think we still have some distance to go.
La volonté et l’engagement sont là, et nous tentons de faire la
bonne chose, mais je crois qu’il y a encore du chemin à faire.
The Chair: Mr. Hilton, did you want to add anything to that?
La présidente : Monsieur Hilton, avez-vous quelque chose à
ajouter?
Mr. Hilton: Just a couple of quick points on that. First, I think
everyone can do better. Singling out one level of government, one
provincial government and one school, on an issue such as this
and saying they are doing well and another is not is not looking at
the problem in the way that perhaps we need to. All of us together
can do more. All of us together can do a greater job.
M. Hilton : J’aimerais ajouter rapidement quelques points.
D’abord, je crois que tout le monde peut en faire plus. Dans le cas
d’un tel problème, je ne crois pas que la solution soit de comparer
les ordres de gouvernement, les provinces et les écoles et de
déterminer lesquels font bonne figure et lesquels s’en tirent mal.
Ensemble, nous pouvons en faire davantage. Ensemble, nous
pouvons nous améliorer.
Being responsive, as I think was noted here, is not the most
successful way to achieve the solutions we are looking for. We
need to be more proactive. All governments need to look at what
we are trying to protect our youth from. What conditions are they
are in? How it is evolving and moving forward? What we can do
pre-emptively to start that?
Réagir, comme on l’a déjà mentionné, n’est pas la meilleure façon
de mettre en œuvre les solutions que nous souhaitons. Nous devons
être plus proactifs. Tous les gouvernements doivent se pencher sur
les problèmes contre lesquels nous voulons protéger nos jeunes.
Dans quelles conditions se trouvent-ils? Comment la situation
évolue-t-elle? Comment pouvons-nous prévenir les problèmes?
Perhaps this is a good segue to point out one thing
Ms. Virmani has not talked about, which is she has turned her
incident into a positive and worked with the Canadian Red Cross
to promote work groups within her school to make activities that
have now moved across the entire province of New Brunswick.
Listening to that side also gives you a better understanding of the
potential opportunities out there when we shine a spotlight on this
problem that needs more sunlight.
Voici peut-être l’occasion de souligner un point que
Mme Virmani n’a pas souligné : elle a transformé son expérience
en point positif et a travaillé avec la Croix-Rouge canadienne à la
création de groupes de travail au sein de son école pour la
réalisation d’activités, initiative maintenant mise en œuvre dans
l’ensemble de la province du Nouveau-Brunswick. Cette façon de
voir les choses nous aide aussi à mieux comprendre les solutions
potentielles et jette la lumière sur un problème qui en a bien besoin.
4-6-2012
Droits de la personne
14:83
The Chair: I was going to ask you this question, and you have
started answering it. Today’s meeting has generated enough tweets
that it has reached almost 400,000 people. You have done a great
service today. Earlier on we had 10 young people speak on this.
La présidente : J’allais vous poser la question, mais vous avez
déjà commencé à y répondre. La réunion d’aujourd’hui a généré
tellement de gazouillis qu’elle a atteint près de 400 000 personnes.
Vous nous avez rendu un grand service aujourd’hui. Dix jeunes
sont venus nous en parler plus tôt.
Mr. Hilton, I never thought the Red Cross gets involved in
domestic situations. I know you do when there is an emergency,
such as fire or flood. I understand that. That is my ignorance.
Monsieur Hilton, je ne pensais pas que la Croix-Rouge
intervenait dans des situations familiales. Je sais qu’elle se
mobilise en cas d’urgence, comme un incendie ou une inondation.
Je comprends cela. Je ne le savais pas.
How would the Red Cross get involved in an issue like this in a
school? If someone is going through some of the challenges that
Ms. Virmani has experienced, how would they contact you?
Dans le cas d’un tel problème, comment la Croix-Rouge
interviendrait-elle dans une école? Si quelqu’un éprouve les
difficultés auxquelles Mme Virmani a fait face, comment peut-il
communiquer avec vous?
Mr. Hilton: Unfortunately, we still get that often. People are
surprised that the Red Cross does this kind of work.
M. Hilton : Malheureusement, nous entendons souvent cela.
Les gens sont surpris à l’idée que la Croix-Rouge se penche sur ce
problème.
RespectEd, which was started in 1984, has done training and
education for 4.4 million Canadians in just under 20 years. We are
in several hundred Aboriginal communities across the country. As
you said, we respond to an emergency every four hours
throughout this country through our disaster management, but
that is only one side of our much larger platform.
ÉduRespect, créé en 1984, a donné des séances de formation et
de sensibilisation à 4,4 millions de Canadiens en un peu moins de
20 ans. Nous sommes présents dans plusieurs centaines de
collectivités autochtones, partout au pays. Comme vous l’avez
mentionné, notre équipe de gestion des sinistres intervient en cas
d’urgence toutes les quatre heures d’un bout à l’autre du pays,
mais cela ne constitue qu’un volet de notre grande mission.
Ms. Doyon: We have been working in violence and abuse
prevention with RespectEd for 28 years. We try to be on the
ground and really connect with people. We have offices across the
country. We try to reach out to the schools in the areas we are in.
The schools come to us and we go to the schools to promote our
program as much as possible.
Mme Doyon : Nous travaillons avec ÉduRespect sur la
prévention de la violence depuis 28 ans. Nous tentons d’intervenir
sur le terrain et d’établir des liens avec les personnes. Nous avons
des bureaux partout au pays. Nous tentons de rejoindre les écoles
des régions dans lesquelles nous nous trouvons. Les écoles font
appel à nous, et nous nous y rendons pour promouvoir le plus
possible notre programme.
Schools can contact us through our website or their local
office. We have the RespectEd program in all the provinces as
well as in two territories, I think. We respond when there is a need
as well as trying to be proactive.
Les écoles peuvent communiquer avec nous par l’entremise de
notre site web ou de notre bureau local. Le programme
ÉduRespect est présent dans toutes provinces ainsi que dans
deux territoires, je crois. Nous intervenons en cas de besoin et
nous tentons aussi d’agir de façon proactive.
Senator Robichaud: Last night on Connect with Mark Kelley
there was a whole hour on this topic. I am sure you have seen it.
How does that help?
Le sénateur Robichaud : Hier soir, au cours de l’émission
Connect with Mark Kelley, une heure complète était consacrée à ce
sujet. Je suis sûr que vous l’avez vue. Comment cela peut-il aider?
Mr. Hilton: I saw only a small part of the program last night.
M. Hilton : Je n’ai vu qu’une petite partie de l’émission,
hier soir.
Perhaps Ms. Virmani can talk about how programs in her
school have helped. That may be the best way to show a real-time
incident that turned into something positive.
Peut-être que Mme Virmani peut nous expliquer comment les
programmes donnent de bons résultats dans les écoles. C’est peutêtre la meilleure façon de montrer comment un incident réel s’est
transformé en quelque chose de positif.
Ms. Virmani: Before I talk about that, I have a list of
suggestions that I would like to share.
Mme Virmani : Avant que j’en parle, j’aimerais vous faire part
d’une liste de suggestions.
My first suggestion is to follow up with the bully. A lot of
bullies do not know that their acts are an infringement on the law
and they do not know what consequences to expect if their
Ma première suggestion est de faire un suivi auprès des auteurs
d’intimidation. Bon nombre d’entre eux ne savent pas que leurs
actes violent la loi et quelles seraient les conséquences s’ils étaient
14:84
Human Rights
4-6-2012
bullying is reported. Although I was not aware of what to expect,
ideally the victim would be aware of that. The bully also needs to
be aware of what to expect if they bully and that it can be an
infringement of the law.
signalés. Même si je ne savais pas à quoi m’attendre, idéalement,
la victime le sait. L’auteur de l’intimidation doit aussi connaître
les conséquences de ses actes et savoir que cela est contre la loi.
My next suggestion is to re-emphasize existing resources. Many
times kids are not aware of the community supports and outreach
programs that exist. They are often not aware of the rights of the
child or of the Criminal Code of Canada. Kids need to be more
aware of when actions are infringing on the law and on rights.
They need to be made aware of things that are already in place.
Je suggère aussi de faire de nouveau porter l’accent sur les
ressources existantes. Bon nombre d’enfants ne connaissent pas
les groupes de soutien et les programmes de liaison offerts dans
leur collectivité. Souvent, ils ne connaissent pas les droits de
l’enfant ni le Code criminel du Canada. Les enfants doivent
connaître les actes qui violent la loi et briment leurs droits. Ils
doivent être tenus au courant des mécanismes en place.
I am not sure how much control you have on this, but many
third-party companies are promoting bullying behaviour. Those
applications on Facebook are getting money to support bullying
behaviours. These companies need to be sure that they are
following the Human Rights Act and the code and be aware of
the impact that they are having on a national scale.
Je ne connais pas la mesure de votre influence à cet égard, mais
de nombreuses sociétés tierces font la promotion de l’intimidation.
Certains créateurs d’applications sur Facebook touchent de l’argent
pour encourager l’intimidation. Ces sociétés doivent veiller à
respecter la Loi canadienne sur les droits de la personne et le
Code et connaître les conséquences de leurs activités à l’échelle
nationale.
Another suggestion is to have more outreach programs
mandated into the education act and having more programs
like Beyond the Hurt through the Red Cross, or having UNICEF
presentations. We do a lot of outreach with the Red Cross where
we meet with children and talk to them. Beyond the Hurt is a
youth program run by youth for youth. Students do not always
have to approach a teacher or counsellor if bullying is happening;
they can talk to another student, and we act as peer mentors. It
becomes another resource, and more schools need to have more
resources like that.
Une autre suggestion est de mettre en œuvre davantage de
programmes de liaison dans le cadre de la Loi sur l’éducation et
plus de programmes comme Au-delà de la souffrance de la CroixRouge ou d’exposés d’UNICEF. Avec la Croix-Rouge, nous
menons beaucoup d’activités de liaison, qui nous permettent de
rencontrer les enfants et de leur parler. Au-delà de la souffrance
est un programme pour les jeunes et géré par eux. Les élèves ne
sont pas obligés de se confier à un enseignant ou à un conseiller
s’ils sont victimes d’intimidation; ils peuvent en parler à d’autres
élèves, et nous agissons comme des pairs dans un contexte
d’encadrement. Cela nous fait une ressource de plus, et toutes les
écoles en ont besoin.
Another suggestion is supports for workplaces. If parents are
not educated on how to change their behaviours, they will teach
the same behaviours to their children. Many parents missed out
on the education that kids are getting these days. In order to
avoid the repercussions of youth engaging in negative behaviours,
we need to teach adults appropriate social behaviours. We need
more education not only in schools but also in the workplace,
because it is a cycle.
Du soutien doit également être offert en milieu de travail. Si les
parents ne savent pas comment changer leur comportement, ils le
transmettront à leurs enfants. Bon nombre de parents n’ont pas
l’éducation que les enfants obtiennent aujourd’hui. Afin d’éviter
les conséquences des comportements négatifs chez les jeunes, nous
devons enseigner aux adultes les comportements sociaux
appropriés. Il faut sensibiliser davantage les personnes non
seulement dans les écoles, mais aussi en milieu de travail, car il
s’agit d’un problème cyclique.
As I said before, we should reduce suspensions and encourage
community service. We need more emphasis on reflective
workshops. Suspensions do not teach children anything. They
are a form of discipline, but it is no different than hitting a child.
It just reinforces negative behaviours and negative consequences.
It is not teaching a child anything.
Comme je l’ai déjà mentionné, nous devrions réduire les
suspensions et encourager le travail communautaire. Nous
devrions tenir davantage d’ateliers de réflexion. Les suspensions
n’apprennent rien aux enfants. C’est une forme de discipline
certes, mais le résultat ne sera pas mieux que de frapper l’enfant.
Elles ne font que renforcer les comportements négatifs et aggraver
les conséquences. L’enfant n’apprend rien ainsi.
We need more supports for the bullies themselves. We need to
ensure that bullies are aware that these resources exist. We need to
ensure that parents know that their children can get support to
change their negative behaviours about bullying. They must be
made aware that there are guidance counsellors, teachers and
community programs to which they can reach out to change that
behaviour.
Nous devons fournir plus de soutien aux auteurs d’intimidation.
Il faut veiller à ce qu’ils connaissent les ressources existantes. Les
parents doivent savoir qu’il existe pour leur enfant du soutien pour
l’aider à changer de comportement et à cesser l’intimidation. Ils
doivent savoir qu’il existe des conseillers en orientation, des
enseignants et des programmes communautaires pouvant leur
venir en aide pour changer le comportement.
4-6-2012
Droits de la personne
14:85
My last major suggestion is early mandated education;
teaching kids compassion and social skills. In New Brunswick,
sexual education is part of our curriculum. As part of that,
measures for the prevention of sexually transmitted diseases are
taught. If that is being taught in health class, why can measures
for the preventive of bullying not be taught? We could teach
children at a young age suggested behaviour, typical behaviour,
social norms and how to act in society. It is often assumed that
children know these things. The thing is this: To assume is to
make a you-know-what out of you and me.
Ma dernière suggestion d’importance concerne l’éducation à
un jeune âge; il faut enseigner la compassion et les aptitudes
sociales aux enfants. Au Nouveau-Brunswick, l’éducation sexuelle
fait partie de notre programme, qui traite entre autres des mesures
de prévention des maladies transmises sexuellement. Si cela est
enseigné dans les cours sur la santé, pourquoi ne pas parler des
mesures de prévention de l’intimidation? Nous pourrions
enseigner aux jeunes enfants les comportements recommandés,
les comportements types, les normes sociales et la conduite en
société. Souvent on estime que les enfants sont déjà censés
connaître ces choses-là. Une chose est sûre : ils sont peut-être
censés les connaître, mais il n’est pas sensé pour nous de le croire.
Senator Meredith: I enjoyed your presentation and your
recommendations. I had not thought about Facebook and other
companies benefiting from this. Would you recommend
legislation imposing severe penalties on companies that promote
cyberbullying? I guess you would be a proponent of that.
Le sénateur Meredith : J’ai apprécié votre exposé et vos
recommandations. Je n’avais pas pensé que Facebook et d’autres
sociétés pouvaient tirer profit de cette situation. Recommanderiezvous l’application de lois imposant de graves pénalités aux sociétés
qui font la promotion de la cyberintimidation? Je suppose que vous
seriez d’accord.
Ms. Virmani: As part of the Red Cross, we encourage the
protection of children and making a safe environment for them.
There is no sense in companies making money from encouraging
negative behaviour, and that is something that can be regulated.
Mme Virmani : À la Croix-Rouge, nous encourageons la
protection des enfants et la création d’un environnement
sécuritaire pour eux. C’est insensé que des sociétés fassent de
l’argent en encourageant un comportement nuisible, et nous
avons intérêt à réglementer cela.
Senator Meredith: You said that you applaud the efforts of the
government on 273. Where do we draw the line on consequences
when someone is cyberbullied and then commits suicide?
Le sénateur Meredith : Vous avez mentionné que vous vous
réjouissiez des efforts du gouvernement relativement au projet de
loi C-273. Comment délimite-t-on les conséquences lorsqu’une
victime de cyberintimidation se suicide?
The Chair: Senator Zimmer will ask his question and then
Mr. Bernstein can answer both of them.
La présidente : Le sénateur Zimmer posera sa question, et
M. Bernstein pourra ensuite répondre aux deux.
Senator Zimmer: Ms. Virmani, when the bully was in class
beside you, were you the only one he was bullying? Most bullies
are cowards. Did he bully you in person or was he quiet?
Le sénateur Zimmer : Madame Virmani, lorsque l’enfant qui
vous intimidait était à côté de vous, en classe, étiez-vous sa seule
victime? La plupart de ceux qui se livrent à l’intimidation sont des
lâches. Est-ce qu’il vous intimidait ouvertement ou était-il discret?
The Chair: Senator Robichaud, please ask your question as well.
La présidente : Sénateur Robichaud, veuillez s’il vous plaît
poser votre question aussi.
Senator Robichaud: Following on Senator Meredith’s question,
you said that companies are making money from this. Are you
talking about Facebook? I am completely ignorant about the web. I
do not know very much, only what I hear. Are you saying that those
companies are working through the web or through Facebook?
Le sénateur Robichaud : Concernant la question du sénateur
Meredith, vous avez affirmé que certaines sociétés font de l’argent
avec l’intimidation. Vous avez parlé de Facebook? Je ne connais
absolument rien du web. Je sais très peu de choses sur ce sujet,
seulement ce que j’entends. Vous dites que ces sociétés œuvrent
par le truchement du web ou de Facebook?
Mr. Hilton: To give a quick example, oftentimes on Facebook,
third party apps are add-ons that you have to proactively move
through to include them on your Facebook site. This opens up to
different forms of advertising, different clicks and different web
hits that they will generate money on; very small amounts, but
over the hundreds and thousands of hits they create larger money.
It is focused on attracting a certain segment of youth, with little
regard for how it will be used, or whatnot.
M. Hilton : Pour vous donner un bref exemple, il existe sur
Facebook de nombreuses applications de sociétés tierces que
n’importe qui peut inclure dans son profil Facebook. Cela laisse la
place à diverses formes de publicité et entraîne des clics et des
accès qui génèrent des profits. Ces profits, très petits à la base,
sont colossaux, compte tenu des centaines et des milliers d’accès.
On cherche surtout à attirer certains groupes de jeunes, sans se
soucier de l’utilisation qu’ils en feront.
Ms. Virmani: On your question about how it happened, the
funny thing is that it was actually done a cellphone in class, sitting
beside me. When these Twitter posts happened I found out at
Mme Virmani : Concernant ce qui s’est passé, le plus ridicule,
c’est qu’il m’intimidait par téléphone cellulaire en classe, juste à
côté de moi. C’est chez moi que j’ai vu les commentaires en ligne
14:86
Human Rights
home online, but the student had enough courage to with write
these posts on his BlackBerry sitting next to me within an arm’s
distance away. Yes, he had the courage to do it.
Senator Zimmer: What a coward.
4-6-2012
sur Twitter, mais l’élève avait eu assez de courage pour les écrire à
partir de son BlackBerry, juste à côté de moi, si près que j’aurais
pu le toucher. Eh oui, il a eu le courage de le faire.
Le sénateur Zimmer : Quel lâche.
Mr. Bernstein: I think there is a distinction between adult
perpetrators and youth perpetrators. The emphasis in the case of
other children who may be the perpetrators really should be on
education, prevention and rehabilitation. What do they need to
do? What information do they need to have to correct their
behaviours? If we start piling on criminal sanctions — if we start
expelling these children — they will not get the information. They
will just become more frustrated, more angry, no better informed,
and likely to repeat those acts on more unsuspecting children.
M. Bernstein : Je crois qu’il faut faire la distinction entre les
auteurs d’intimidation adultes et les jeunes. Dans le cas des
enfants qui se livrent à l’intimidation, il faut vraiment mettre
l’accent sur l’éducation, la prévention et la réadaptation. Que
devons-nous faire? Quelle information doit-on leur transmettre
pour qu’ils changent de comportement? S’ils accumulent les
sanctions pénales — si nous commençons à les expulser —, ils
n’obtiendront pas cette information. Ils seront plus frustrés, plus
en colère, ne seront pas mieux informés et récidiveront à l’endroit
d’autres enfants qui ne s’y attendent pas.
The concern from UNICEF is those children who are the
perpetrators. For adults who are malicious — punitive — I think
that some level of sanction as a last resort is a reasonable
approach. However, we are very concerned about young people
getting caught in the crossfire.
Ce sont les enfants auteurs d’intimidation qui préoccupent
l’UNICEF. Dans le cas des adultes malveillants, je crois qu’une
certaine sanction est raisonnable en dernier recours. Toutefois, ce
sont les jeunes qui sont pris entre deux feux qui nous préoccupent
beaucoup.
The Chair: I want to thank the panelists for their presentations
today. As you can see, you have got us thinking about a lot of
things. We have learned a lot from all four of you. We certainly
hope that if you think of any other suggestions you will be in
touch with us.
La présidente : Je tiens à remercier les invités de leurs exposés
d’aujourd’hui. Comme vous pouvez le constater, vous nous
amenez à réfléchir à beaucoup de choses. Vous nous en avez
appris beaucoup, tous les quatre. Nous espérons que, si toute
autre suggestion vous vient à l’esprit, vous nous en ferez part.
Ms. Virmani, the next person who comes on is an ombudsman
from your province. It is obvious you have not had a resolution to
your situation and after hearing him there might be one.
Madame Virmani, le prochain invité est un ombudsman de
votre province. Il est évident que votre situation n’est pas réglée,
mais son témoignage vous donnera peut-être des pistes.
Mr. Hilton: Ms. Virmani has a bullying prevention bracelet for
each of you.
M. Hilton : Mme Virmani a un bracelet pour la prévention de
l’intimidation pour chacun d’entre vous.
Ms. Virmani: I have bracelets for all the senators for inviting
me to come all the way from New Brunswick and speak on behalf
of my province and youth in general. The bracelet I am wearing is
a design that is happening in our school, locally. Again, it is one
of the ways, through the Red Cross, that we are promoting antibullying movements. It says ‘‘labels are for soup cans.’’ It is based
on and ad and T-shirt campaign I created that is being used
throughout Atlantic Canada.
Mme Virmani : J’ai des bracelets pour tous les sénateurs en
guise de remerciements de m’avoir invitée à sortir du NouveauBrunswick afin que je puisse parler au nom de ma province et des
jeunes en général. Le bracelet que je porte a été conçu à notre
école. Encore une fois, c’est une façon de promouvoir la lutte
contre l’intimidation par l’intermédiaire de la Croix-Rouge. Il y
est écrit « labels are for soup cans » (les étiquettes, c’est pour les
boîtes de soupe). Cela est inspiré d’une campagne de publicité et
de t-shirts que j’ai élaborée et qui est utilisée partout dans le
Canada atlantique.
In addition to the T-shirt campaign, our bracelet version says
that labels are for soup cans. The reason it is pink and blue is
because of the anti-bullying colours. Each bracelet is tie-dye and
they are all unique. No bracelet is the same. The reason we have
done it in the tie-dye is it is similar to bullying; students get bullied
because they are different. We are trying to send the message that
all students are the same. In the end, all the bracelets have the
same message and purpose of being a bracelet, but are all
different, beautiful and unique in their own way.
En plus de la campagne de t-shirts, il est écrit sur nos bracelets
que les étiquettes sont pour les boîtes de soupe. Ils sont rose et bleu,
car ce sont les couleurs de la lutte contre l’intimidation. Les nuances
de couleur sont inégales, et chacun est unique. Il n’y en a pas deux
de pareils. Nous avons utilisé cette coloration parce qu’elle
ressemble à l’intimidation; certains élèves se font intimider parce
qu’ils sont différents. Le message que nous voulons transmettre,
c’est que tous les élèves sont égaux. Au bout du compte, tous les
bracelets portent le même message et ont la même fonction, mais ils
sont tous différents, uniques et beaux à leur façon.
The Chair: Thank you very much.
La présidente : Merci beaucoup.
4-6-2012
Droits de la personne
14:87
I would like to welcome the final witness for this evening.
Joining us is Mr. Christian Whalen from the Canadian Council of
Provincial Child and Youth Advocates.
J’aimerais souhaiter la bienvenue au dernier témoin de la
soirée. Voici M. Christian Whalen du Conseil canadien des
organismes provinciaux de défense des droits des enfants et des
jeunes.
I understand you have some remarks for us. Thank you very
much for coming. This is an important part of our study that you
are here for.
Je crois que vous avez quelques déclarations à nous faire.
Merci beaucoup d’être venus. Vous êtes ici pour éclairer une
importante partie de notre étude.
Christian Whalen, Acting Child and Youth Advocate, Office of
the Ombudsman of New Brunswick, Canadian Council of
Provincial Child and Youth Advocates: I wish I had allowed
more of my time for the exchange that I came in on the end of. I
made note of Ms. Virmani’s recommendations and am looking
forward to following up with her in Fredericton. I had much of
the same kind of feedback a few weeks ago when I presented to
the Ministerial Advisory Committee on Positive Learning and
Working Environments in New Brunswick. Ms. Virmani had
been there just before me and everyone was talking about it.
There was really quite a buzz.
Christian Whalen, défenseur des enfants et de la jeunesse par
intérim, Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick, Conseil
canadien des défenseurs des droits des enfants et de la jeunesse :
J’aurais aimé avoir plus de temps pour assister à l’échange dont
j’ai seulement entendu la fin. J’ai pris note des recommandations
de Mme Virmani, et j’ai bien hâte de m’entretenir avec elle à
Fredericton. J’ai reçu à peu près les mêmes commentaires il y a
quelques semaines, lorsque j’ai présenté un exposé au Comité
ministériel consultatif sur les environnements d’apprentissage et
de travail positifs, au Nouveau-Brunswick. Mme Virmani avait
présenté un exposé juste avant moi, et tout le monde en parlait. Il
y avait tout un engouement.
[Translation]
[Français]
Honourable senators, thank you for inviting me to your
hearings on this important issue. My name is Christian Whalen.
Since April 1, 2011, I am the Acting Child and Youth Advocate in
New Brunswick. In 2008 and 2009, in my capacity as the legal
advisor for our ombudsman, I had the opportunity to chair the
joint working group, which was comprised of various child and
youth advocates and privacy commissioners in Canada, and we
were actually studying how to protect the privacy of children in
the Internet age.
Honorables sénateurs, je vous remercie de pouvoir prendre
part à vos audiences sur cette question importante. Je m’appelle
Christian Whalen. J’agis depuis le 1er avril 2011 à titre de
défenseur des enfants et de la jeunesse par intérim au NouveauBrunswick. En 2008 et 2009, j’ai eu l’occasion, à titre de conseiller
juridique de l’ombudsman chez nous, de présider un Groupe de
travail conjoint composé de quelques défenseurs des enfants et de
la jeunesse et de Commissaires à la vie privée du Canada où nous
nous penchions justement sur la question de la protection de la vie
privée de l’enfant à l’ère l’Internet.
My brief presentation for today’s meeting gave me the
opportunity to revisit this subject, and for that I am grateful to
you. I have left a copy of the 2009 report of the working group
with the clerk of the committee.
Ma brève préparation pour cette rencontre aujourd’hui m’a
permis de me replonger dans ce dossier et pour cela je vous suis
reconnaissant. J’ai laissé une copie du rapport de 2009 de ce
Groupe de travail avec le greffier du comité.
[English]
[Traduction]
As I scanned the transcripts of the committee’s hearings since
December, I was heartened to note the vast experience and
expertise that witnesses have shared with the committee. My
expertise is not as great. However, I can offer the perspective of a
child and youth advocate and statutory officer who is a human
rights and children’s rights generalist.
Pendant que je consultais les transcriptions des séances du
comité tenues depuis décembre, la grande expérience et l’expertise
que les témoins ont partagées avec les membres du comité m’a fait
chaud au cœur. Je n’ai pas une grande expertise. Je peux toutefois
donner le point de vue d’un défenseur des droits des enfants et de
la jeunesse et d’un titulaire d’une charge créée par une loi qui a
une connaissance générale des droits de la personne et de l’enfant.
As senators will see from a quick glance at my brief, my main
submissions are directed at how the committee’s work could help
address some of the underlying conditions which have allowed
bullying and cyberbullying to proliferate. I do not speak on behalf
of the Canadian Council of Provincial Child and Youth
Advocates, but I am pleased to share news of these proceedings
with my colleagues on council.
Comme les sénateurs pourront le constater dans mon mémoire,
mes principales déclarations visent à aider le comité à aborder
certaines des conditions sous-jacentes qui ont entraîné une
prolifération de l’intimidation et de la cyberintimidation. Je ne
parle pas au nom du Conseil canadien des organismes provinciaux
de défense de droits des enfants et des jeunes, mais je serai ravi de
parler de la présente séance avec mes collègues du conseil.
14:88
Human Rights
[Translation]
4-6-2012
[Français]
I will limit my remarks this evening to three key messages which
summarize the recommendations contained in my submission. The
first is this: to the extent that cyberbullying is the symptom of a
bigger problem pointing to the breakdown of harmonious and
responsible relationships between people, as Mr. Wayne MacKay
pointed out in his February report, we must figure out how to treat
the underlying problem and not only the symptom.
Je limiterai mes remarques ce soir à trois messages clés qui font
une synthèse des recommandations énumérées à ma soumission.
Le premier est que s’il est vrai que le phénomène de la
cyberintimidation est un symptôme d’un problème plus général
d’une dégradation des relations harmonieuses et responsables
entre les gens, comme le souligne Wayne MacKay dans son
rapport du mois de février, il faut s’interroger sur comment traiter
le malaise et non seulement le symptôme.
Second, creating a general culture around children’s rights is
not an easy thing to do, but it is probably the best way to respond
to the breakdown of harmonious and responsible relationships
which others have described. To achieve this, we need powerful
institutional leadership, which unfortunately is still lacking in
Canada today. It will also take the sustained action of all key
actors in the public sector and in civil society.
Deuxième message, établir une culture générale des droits de
l’enfant n’est pas une chose facile, mais c’est probablement la
meilleure réponse à cette dégradation des relations harmonieuses
et responsables que d’autres décrivent. Pour ce faire, cela prend
un leadership institutionnel puissant, qui malheureusement fait
encore défaut aujourd’hui au Canada. Cela prend aussi la
mobilisation soutenue de tous les acteurs clés du secteur public
et de la société civile.
Just as the chair pointed out the interest people have for this
afternoon’s proceedings, it seems that the participation of young
Canadian citizens in matters surrounding this file is mobilizing
these actors. So we have to take advantage of that.
Comme madame la présidente a noté l’intérêt pour la procédure
de cet après-midi, la participation citoyenne des jeunes canadiens
sur ce dossier est en train de mobiliser ces acteurs. Donc il faut en
prendre avantage.
Third, I will very briefly address the fact that, while cyberbullying
is without a doubt one of the worst problems facing young people
today, an in-depth analysis of the situation, based on an approach
centered on the rights of children, inevitably leads us to other issues,
which in turn might lead us to ask whether our basic laws rightly
recognize the rights of children.
Troisièmement, je vais traiter très brièvement du fait que bien
que la cyberintimidation est, sans aucun doute, l’un des problèmes
les plus percutants des jeunes aujourd’hui, une analyse
approfondie de la situation, basée sur l’approche des droits de
l’enfant, nous mène inéluctablement vers d’autres enjeux qui
peuvent même nous amener à songer si notre droit fondamental
reconnaît à l’enfant le rôle primordial qui lui revient.
[English]
The first point I wanted to stress was made by Wayne
MacKay, in his task force aptly titled Respectful and Responsible
Relationships: There’s No App for That. In our brief, I urge
senators to ask about the root causes of this supposed breakdown
in respectful and responsible relationships. Of course, there are
many contributing factors. Mackay lists some of them: monster
homes, no-touch policies in schools, too much screen time and a
drive-through culture. I was also interested to note the
committee’s exchanges, in earlier proceedings, with the Media
Awareness Network, about websites to which young people flock
and the ways in which misogynist or other anti-social messages or
subtexts may be influencing young people. Here again, the
linkages with Article 17 of the Convention on the Rights of the
Child are obvious. Article 17, senators will note, indicates that
States Parties shall: ‘‘ensure that the child has access to
information and material from a diversity of national and
international sources’’ — that much is achieved — ‘‘especially
those aimed at the promotion of his or her social, spiritual and
moral well-being and physical and mental health. To this end,
States Parties shall: encourage the mass media to disseminate
information and material of social and cultural benefit to the
child, in accordance with the spirit of article 29,’’ which outlines
the aims of education, ‘‘and encourage the development of
[Traduction]
Le premier point que je veux soulever est tiré du rapport de
Wayne MacKay et de son groupe de travail, intitulé à juste titre
Respectful and Responsible Relationships : There’s No App for That.
Dans mon résumé, je presse les sénateurs de s’interroger sur les
causes fondamentales de cette disparition prétendue des relations
respectueuses et responsables. Évidemment, les facteurs sont
nombreux. M. Mackay en dresse une liste : maisons immenses,
politiques interdisant tout contact physique dans les écoles, nombre
exagéré d’heures passées devant un écran et culture de l’instantané.
Je me suis aussi intéressé aux échanges antérieurs du comité avec le
Réseau Éducation-Médias, concernant des sites web que les jeunes
fréquentent et les façons dont des messages ou des sous-textes
misogynes ou antisociaux peuvent influer sur les jeunes. Encore une
fois, le lien avec l’article 17 de la Convention relative aux droits de
l’enfant est évident. Je fais remarquer aux sénateurs que l’article 17
indique que les États parties « veillent à ce que l’enfant ait accès à
une information et à des matériels provenant de sources nationales
et internationales diverses, » — ce qui est déjà le cas —
« notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social,
spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale. À cette fin,
les États parties [...] encouragent les médias à diffuser une
information et des matériels qui présentent une utilité sociale et
culturelle pour l’enfant et répondent à l’esprit de l’article 29 » — qui
4-6-2012
Droits de la personne
14:89
appropriate guidelines for the protection of children from
information and material injurious to his or her well-being,
bearing in mind the provisions of article 13 and 18.’’
souligne les objectifs de l’éducation — et « favorisent l’élaboration
de principes directeurs appropriés destinés à protéger l’enfant contre
l’information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte
tenu des dispositions des articles 13 et 18. »
What are these guidelines in Canada as they apply to
cyberspace? How is Club Penguin fairing in accordance with
Article 17 of the convention? What about newgrounds.com, the
site to which Ms. Wing, from the Media Awareness Network,
referred the committee in her earlier testimony as one of the most
popular sites in Canada for kids in grades 4 to 9. Ms. Virmani
spoke just now about Bathroom Stall application on Facebook.
How do all of these online services comply or not with Article 17
of the Convention on the Rights of the Child? Again, if the
committee considered how much screen time Canadian children
had, this could be analyzed as an indication of their enjoyment or
exercise of their rights under Article 17. However, one would have
to question how it is impacting a child’s right to play and rest,
their physical activity levels or, in the words of the convention,
their ‘‘social, spiritual and moral well-being and physical and
mental health.’’ I have been seeking to get a handle on screen time
usage in New Brunswick for the last couple of years.
Quelles sont les lignes directrices qui s’appliquent au cyberespace
au Canada? Le Club Penguin est-il conforme à l’article 17 de la
convention? Et qu’en est-il du site web newgrounds.com, qui figure
parmi les sites les plus populaires au Canada chez les jeunes de
quatrième à neuvième année, comme l’a mentionné Mme Wing du
Réseau Éducation-Médias au comité. Mme Virmani vient tout juste
de parler de l’application Bathroom Stall sur Facebook. Comment
ces services en ligne se conforment-ils ou non à l’article 17 de la
Convention relative aux droits de l’enfant? Encore une fois, si le
comité prenait en considération le nombre d’heures que les enfants
canadiens passent devant un écran, il pourrait le comparer à leur
plaisir ou à l’exercice de leurs droits en vertu de l’article 17. Par
contre, il faudrait se demander comment cela influe sur le droit de
jouer et de se reposer de l’enfant, son niveau d’activité physique ou,
d’après les termes de la convention, « son bien-être social, spirituel
et moral ainsi que sa santé physique et mentale ». Depuis quelques
années, j’essaie d’obtenir des chiffres sur le temps passé devant un
écran au Nouveau-Brunswick.
In November of 2011, our office, jointly with the New
Brunswick Health Council, published its Play Matters! report,
and I have a copy of that for the committee as well. It is our
approach to a framework on the implementation of the Rights of
the Child in New Brunswick. How do we prove due diligence? How
are we keeping our promises to children? That is the challenge that
this committee has put out to Canadians and a challenge that we
have sought to take up in our province with method.
En novembre 2011, notre bureau a publié le rapport Jouer, ça
compte en collaboration avec le Conseil de la santé du NouveauBrunswick, et j’en ai une copie pour le comité. Notre approche
consiste à élaborer un cadre pour la mise en œuvre des droits de
l’enfant au Nouveau-Brunswick. Comment pouvons-nous faire
preuve de diligence raisonnable? Comment pouvons-nous tenir les
promesses que nous avons faites aux enfants? C’est un problème
que le comité a présenté aux Canadiens et que nous tentons de
résoudre méthodiquement dans notre province.
We took the 40 some articles and guarantees in Convention on
the Rights of the Child, analyzed them and grouped them into
nine broad category areas, one of which — question 2 — looks at
how well children and youth are expressing themselves in New
Brunswick and all the rights related to expressive rights. For those
we identified, through our data sets, about 33 different indicators
of rights and well-being implementation, two of which deal with
screen time usage.
Nous avons analysé les quelque 40 articles et garanties de la
Convention relative aux droits de l’enfant, nous les avons répartis
en neuf grandes catégories, dont une — la question 2 — permet de
vérifier comment les enfants et les jeunes s’expriment au NouveauBrunswick et tous les droits d’expression. Parmi les 33 indicateurs
de droits et de bien-être que nous avons cernés à l’aide de nos
données, deux concernent le temps passé devant un écran.
Questions 13 and 14 come from our school wellness surveys.
There is a question there and data reported with respect to a child
who has two hours or less of screen time most days, at the
grades 4 and 5 level, and another indicator for grades 6 to 12
youth who spend two hours or less in sedentary activities. These
are described as watching TV, movies and video games, and
having computer time et cetera.
Les questions 13 et 14 sont tirées de nos enquêtes sur le bienêtre à l’école. Il y a une question et des données concernant un
enfant qui, en moyenne, passe deux heures ou moins devant un
écran en quatrième et cinquième années et un autre indicateur
pour les jeunes de la sixième à la douzième année, qui consacrent
deux heures ou moins à des activités sédentaires, comme regarder
la télévision, des films, jouer à des jeux vidéo, passer du temps à
l’ordinateur, et cetera.
The difficulty is that this is self-reported data. It is reported as
two hours or less, which is not helpful in measuring how many
youth are consuming many more hours of screen time per day.
Le problème, c’est que ces données sont autodéclarées. On
indique deux heures ou moins, ce qui ne permet pas de savoir
combien de jeunes passent beaucoup plus de temps devant un
écran chaque jour.
14:90
Human Rights
4-6-2012
Next year, we will be able to break this down further and provide
a clearer picture in New Brunswick, but the data, as far as I have
been able to ascertain, is not available. There is no comparably data
for that kind of indicator data nationally. It is an example of the
challenge in doing due diligence in whether or not we are respecting
children’s rights. You want to try to measure it, but then you get
embroiled with identifying the right indicator, measuring it and
figuring out how we have reliable, comparable data. We are pleased
that, with the help of the Health Council, we have been able to
provide this report as a first template. We are looking forward to
updating it next fall, and we are hopeful that other child and youth
advocates and health agencies — the Public Health Agency of
Canada, perhaps — can play a part in supporting that kind of
measurement process.
L’année prochaine, nous pourrons creuser davantage et brosser
un meilleur portrait de la situation au Nouveau-Brunswick, mais
d’après ce que je sais, les données ne sont pas disponibles. Il
n’existe aucune donnée comparative pour ce type d’indicateur à
l’échelle nationale. Voilà ce qui explique en partie pourquoi il est
difficile de faire preuve de diligence raisonnable et de savoir si
nous respectons les droits des enfants. Nous voulons mesurer la
situation, mais nous avons de la difficulté à trouver les bons
indicateurs, à les mesurer et à déterminer si les données sont
fiables et comparables. Nous sommes heureux d’avoir pu
présenter ce premier modèle de rapport, en collaboration avec le
Conseil de la santé. Nous le mettrons à jour à l’automne prochain,
et nous espérons que d’autres organismes de la santé et de défense
des droits des enfants et des jeunes — l’Agence de la santé
publique du Canada, peut-être — appuieront cette évaluation.
Essentially, there are many contributing factors of this noted
breakdown in respectful, responsible relationships. No one has said
that this is a problem related to youth, and we might question also
how to nurture that culture of tolerance and respect among adults
in families and workplaces. We can look at the ties with respect to
workplace harassment policies and legislation in different
employment standards, which are now starting to develop, that
prohibit these kinds of bullying behaviours in the workplace,
another human rights issue for the committee to consider.
Essentiellement, de nombreux facteurs expliquent la disparition
marquée des relations respectueuses et responsables. Personne n’a
dit que ce problème touche seulement les jeunes, et nous devrions
peut-être trouver des façons de favoriser la tolérance et le respect
entre adultes en famille, et au travail. Nous pouvons examiner les
liens avec les lois et les politiques contre le harcèlement en milieu de
travail dans le cadre de diverses normes de travail qui sont de plus
en plus mises en œuvre et qui interdisent les comportements
d’intimidation au travail, autre problème lié aux droits de la
personne que le comité devra examiner.
If we want to address this issue of the breakdown of respectful,
responsible relationships in relation to children, we must also
consider the early stages of child development and the ways that
we can equip infants and pre-kindergarten children with the
supports they need to become caring and nurturing children and
adults. The experience, in our office, of working with youth with
complex needs suggests to me that we have to do more, as a
society, to support parents in their parental role, at the very early
stages of life. These types of investments will pay large dividends
in the long run. I would urge the committee, in drafting its report
and recommendations, to consider, at every step, whether each
recommendation is directed at a symptom or a root cause. This
type of causal analysis is what methodic child rights-based
analysis is all about.
Si nous voulons résoudre le problème des relations respectueuses
et responsables chez les enfants, nous devons aussi nous pencher sur
le développement de la petite enfance et les façons dont nous
pouvons donner aux nourrissons et aux enfants d’âge préscolaire les
outils dont ils ont besoin pour devenir des enfants et des adultes
attentionnés et responsables. D’après mon expérience acquise dans
notre bureau auprès des jeunes ayant des besoins complexes, nous
devons en faire plus en tant que société pour aider les parents à
assumer leur rôle parental dès les premières étapes de la vie. Un tel
investissement portera des fruits à long terme. Je demanderais au
comité, au moment de préparer l’ébauche de son rapport et de ses
recommandations, de vérifier si chaque recommandation est
associée à un symptôme ou à une cause fondamentale. L’analyse
des causes constitue la base de toute analyse méthodique des droits
de l’enfant.
My second point in terms of how we build this culture of rights
respecting children’s rights is that it will be require an awful lot of
leadership. It will require partnerships at all levels of society and
constant effort. Again, to affirm the old adage, the best defence to
bullying is a strong offence, an offence of tolerance, respect,
caring and diversity. That is what we have been trying to do, in
partnership with many partners in New Brunswick, over the last
year. We have established a secretariat and a working group on
children’s rights in the francophone cultural space, jointly
through the Organisation internationale de la Francophonie and
its member networks. We have also developed a provincial youth
engagement framework, developed with Youth Matters, a
provincial youth advocacy network. We have created a
children’s rights and well-being framework, jointly with our
Mon deuxième point concernant la création d’une culture des
droits de l’enfant est que tout cela exigera l’exercice d’un
leadership fort. Il faudra déployer des efforts constants et
établir des partenariats à tous les niveaux de la société. Encore
une fois, la meilleure défense contre l’intimidation est une attaque
offensive, une offensive axée sur la tolérance, le respect, la
compassion et la diversité. C’est ce que nous avons tenté de faire
au Nouveau-Brunswick en collaboration avec de nombreux
partenaires, au cours de la dernière année. Nous avons mis sur
pied un secrétariat et un groupe de travail sur les droits de l’enfant
dans l’espace culturel francophone de concert avec l’Organisation
internationale de la francophonie et ses réseaux membres. Nous
avons élaboré un cadre provincial de mobilisation des jeunes en
collaboration avec Youth Matters, un réseau provincial de
4-6-2012
Droits de la personne
14:91
Health Council and many provincial child-serving ministries and
departments. This Play Matters! report also sets out a provincial
roadmap for the progressive implementation of article 31 of the
convention, calling inter alia for a provincial children’s plan to
coordinate the implementation of children’s rights, in accordance
with Canada’s National Plan of Action, and an annual
publication of a children’s budget, tracking any increase or
reduction in expenditures affecting public services to children,
their rights or well-being. Initial training on children’s rights was
offered to all child and youth advocate staff and representative
staff from youth-serving departments and agencies presented by
UNICEF Canada. That was a huge piece. We just went through
that process. I am thinking that is the kind of training that would
be of benefit even to parliamentarians. Part of the challenge, just
listening and following the conversation and the transcripts of
proceedings, is that we are all trying to raise our game. We are all
concerned with this issue. We see the potential of a culture of
rights respecting a culture of tolerance as embodied in
international human rights instruments and in our Charter. We
want to achieve, we want to implement and make those values
real, but we do not have the language.
défense des droits des jeunes. Nous avons aussi créé un cadre pour
les droits et le bien-être des enfants avec notre Conseil de la santé
et de nombreux ministères et organismes provinciaux au service
des enfants. Le rapport Jouer ça compte présente aussi une carte
provinciale pour l’application progressive de l’article 31 de la
convention, notamment un plan provincial pour les enfants en
vue de coordonner l’application des droits de l’enfant,
conformément au plan d’action national du Canada, et la
publication annuelle d’un budget pour les enfants faisant état de
toute augmentation ou réduction des dépenses associées aux
services publics aux enfants, à leurs droits ou à leur bien-être. Une
formation initiale sur les droits de l’enfant a été offerte à tous les
défenseurs des droits des enfants et des jeunes et aux représentants
de ministères et d’organismes au service des jeunes présentés par
UNICEF Canada. C’est un processus très important que nous
venons tout juste de terminer. Selon moi, même les parlementaires
tireraient profit d’une telle formation. D’après les conversations et
les transcriptions des séances, une partie du problème est que nous
tentons tous d’assurer notre place dans la lutte. Cette situation
nous préoccupe tous. Nous voyons l’avantage d’une culture du
respect des droits et de la tolérance, comme le prévoient les lois
internationales des droits de la personne et notre Charte. Nous
voulons implanter et concrétiser ces valeurs et réussir, mais il nous
manque des outils.
The Convention on the Rights of the Child has been in
existence for 20 years, the most universally ratified human rights
instrument in the world, yet it has not really percolated and
impacted our universities, our curriculum. Our social workers
graduate from social work schools, our educators come out of
faculties of education, lawyers graduate from law faculties
without any notion of children’s rights. There is a huge bit of
work that must be done at that level.
La Convention relative aux droits de l’enfant existe depuis
20 ans, et il s’agit de l’instrument législatif des droits de la
personne le plus reconnu dans le monde; pourtant, elle n’a pas fait
son entrée dans nos universités ni dans notre programme de
cours. Nos travailleurs sociaux sortent des écoles de travail social,
nos enseignants, des facultés de l’éducation, nos avocats, des
écoles de droit, mais aucun d’entre eux ne connaît les droits de
l’enfant. Il y a beaucoup de travail à faire à ce sujet.
We organized, in the beginning of May, a provincial sharing
dialogue around this document. We had a good cross-section of
policy-makers in various government departments, academics and
community organizations, 60 to 70 people from across the
province to focus their work on children’s rights and how we can
do a better job of implementing children’s rights in New
Brunswick. What we found is that we did not have a common
language. We were not really able to approach that task.
Au début de mai, nous avons organisé un dialogue provincial
sur le document. Parmi les participants figurait un bon éventail de
décideurs de divers ministères, de chercheurs et d’organismes
communautaires, de 60 à 70 personnes de la province dont le but
était d’intégrer les droits de l’enfant à leur travail et de mieux les
appliquer au Nouveau-Brunswick. Nous avons constaté que nous
ne voyons pas tous la situation de la même façon. Nous n’avons
pas vraiment réussi à atteindre notre objectif.
We have to start with very basic steps. We have been trying to
support that as well, through outreach to professional organizations.
Certainly, our office has always had a very strong tie and working
relationship with the New Brunswick Association of Social
Workers. We are almost unknown as a child and youth
advocate’s office to members of the practising bar. The New
Brunswick Teachers’ Federation has very little interface with us;
Allied Health Professionals the same. We are trying to establish that.
Il faut commencer à la base. Nous avons également tenté
d’appuyer cela en faisant appel à des organismes professionnels.
Notre bureau a toujours entretenu un lien et une relation de
travail solides avec l’Association des travailleurs sociaux du
Nouveau-Brunswick. Nous sommes quasiment inconnus à titre de
bureau de défense des droits des enfants et de la jeunesse auprès
des membres du Barreau. La Fédération des enseignants du
Nouveau-Brunswick communique très peu avec nous, et c’est la
même chose pour les professionnels paramédicaux. Nous tentons
de remédier à la situation.
I do not think the situation would necessarily be very different in
many other parts of Canada. Unfortunately, the reality in Canada is
that our experience of child and youth advocacy really comes out of
a North American experience of having a champion in the corner
Je ne crois pas que la situation serait bien différente ailleurs au
Canada. Malheureusement, au Canada, notre expérience de la
défense des droits des enfants et des jeunes est fondée sur le modèle
nord-américain, qui met l’accent sur les jeunes très vulnérables. Les
14:92
Human Rights
4-6-2012
for very vulnerable youth. Youth in care and youth in custody need
an advocate, but in many provinces of Canada there is no advocate
for children generally. When the committee put the invitation out to
the Canadian Council of Provincial Child and Youth Advocates, we
were seized of this matter May 9 and 10 at our meeting in
Vancouver. There were not many takers. Much as everyone was
preoccupied with the situation of cyberbullying and how it impacts
youth in care and youth and children in their jurisdictions, it
basically fell to me to come. Like I said, I am here speaking from
our experience in New Brunswick and not speaking on behalf of
council. We do not have generally in Canada a national body, and
even at the provincial level we do not have provincial legislative
authorities for the main part responsible for implementing the
Convention on the Rights of the Child.
jeunes pris en charge et les jeunes détenus ont besoin d’une personne
pour défendre leurs droits, mais bon nombre de provinces
canadiennes ne comptent pas d’organismes de défense des droits
de tous les enfants. Lorsque le comité a lancé l’invitation au Conseil
canadien des organismes provinciaux de défense des droits des
enfants et des jeunes, nous participions à notre réunion des 9 et
10 mai, à Vancouver. Il y avait peu de volontaires. Même si tout le
monde est préoccupé par la cyberintimidation et ses conséquences
sur les jeunes pris en charge ainsi que les enfants et les jeunes de leur
administration, c’est moi qui ai dû me présenter aujourd’hui.
Comme je l’ai déjà mentionné, je suis ici pour parler de notre
expérience au Nouveau-Brunswick et non pas pour témoigner au
nom du conseil. Il n’existe aucun organisme national au Canada, et
même à l’échelle provinciale, nous ne disposons pas de pouvoirs
législatifs qui nous obligeraient d’appliquer la Convention relative
aux droits de l’enfant.
In New Brunswick, in Newfoundland, in jurisdictions where
there is a more recent legislative model, that is the pattern that we
have adopted, but we are still learning. When we go to find and
recruit staff and experts, we are looking to social workers with
20 or 30 years of experience; we are looking to educators and
lawyers, but we are not finding people with all the skill sets in
terms of children’s rights. There is much to be done.
Au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve, où le cadre législatif
est plus récent, c’est le modèle que nous avons adopté, mais nous en
avons encore à apprendre. Lorsque nous embauchons du personnel
et des experts, nous recherchons des travailleurs sociaux ayant 20 ou
30 ans d’expérience ainsi que des enseignants et des avocats, mais
personne n’a toutes les compétences requises au chapitre des droits
de l’enfant. Il y a encore beaucoup de pain sur la planche.
To that end, we have, jointly with the Canadian Council of
Provincial Child and Youth Advocates and this working group on
children’s rights in the Francophonie, established at the
University of Moncton this summer a summer institute on
children’s rights. It will be the first of an annual series of courses,
a 10-day course on children’s rights, this year with a thematic
focus on Article 31, on the child’s right to play, rest, leisure,
recreation, arts and culture.
À cette fin, nous avons, en collaboration avec le Conseil
canadien des organismes provinciaux de défense des droits des
enfants et des jeunes et le groupe de travail sur les droits des
enfants dans la francophonie, établi cet été à l’Université de
Moncton une école d’été sur les droits de l’enfant. Ce sera la
première d’une série annuelle de cours d’une durée de 10 jours sur
les droits de l’enfant. Cette année, le thème sera l’article 31
concernant le droit de l’enfant au jeu, au repos, aux loisirs, aux
activités récréatives, à l’art et à la culture.
We have also recently this year had UNICEF back down to New
Brunswick to do some training with our staff and other educators to
roll out and implement this rights-respecting school model. I know
senators have heard about rights-respecting schools from a number
of witnesses. We see it as having huge potential. When I presented
the model to the New Brunswick Teachers’ Federation, they were
early adopters all around the room, looking for that kind of an
answer, a program that is holistic, that looks at working with the
strengths of the local community school, and building upon those
strengths to mobilize students, teachers and parents in reinforcing a
culture of children’s rights and human rights and building towards
global citizenship.
Encore cette année, des représentants d’UNICEF se sont rendus
au Nouveau-Brunswick pour donner une formation à nos employés
et à des enseignants en vue de présenter et de mettre en œuvre le
modèle de respect des droits dans les écoles. Je sais qu’un certain
nombre de témoins vous ont déjà parlé des écoles respectueuses des
droits. Nous voyons là une importante occasion. Lorsque j’ai
présenté le modèle aux membres de la Fédération des enseignants
du Nouveau-Brunswick, ils ont décidé rapidement de l’adopter à
l’unanimité, car c’était la solution qu’ils cherchaient : un
programme holistique axé sur les points forts de l’école locale qui
utilise ses points forts pour mobiliser les élèves, les enseignants et les
parents en vue de favoriser une culture des droits des enfants et de la
personne ainsi que la citoyenneté universelle.
We know that the rights-respecting school has had great success
in Great Britain. Mr. Bernstein was talking about 2,500 schools
now throughout the U.K. Interestingly enough, they borrowed the
idea from Canada. It was Katherine Covell at the University of
Cape Breton who developed that model. It has been a huge success,
particularly in addressing bullying behaviour in U.K. schools. We
know that we can do the same in New Brunswick, so we are really
motivated and mobilized to have more rights-respecting schools.
Nous savons que les écoles respectueuses des droits ont eu
beaucoup de succès en Grande-Bretagne. M. Bernstein a
mentionné environ 2 500 écoles partout au Royaume-Uni. Il est
intéressant de souligner qu’ils se sont inspirés du Canada. C’est
Katherine Covell, de l’Université du Cap-Breton, qui a élaboré le
modèle, qui a eu un succès phénoménal, particulièrement dans le
cadre de la lutte contre l’intimidation dans les écoles du
Royaume-Uni. Nous savons que nous pouvons faire la même
4-6-2012
Droits de la personne
14:93
There are not any currently in Atlantic Canada. Come September,
there will be at least one in Fredericton and we are hoping many
more in the months to follow.
chose au Nouveau-Brunswick, alors nous sommes très motivés et
nous nous mobilisons pour accroître le nombre d’écoles
respectueuses des droits. Actuellement, il n’y en a aucune dans
le Canada atlantique. En septembre, il y en aura au moins une à
Fredericton, et nous espérons que de nombreuses autres se
joindront au mouvement au cours des mois suivants.
The Chair: I will ask you to sum up what you are saying
because we have many questions of you.
La présidente : Je vous demanderais de conclure, car nous
avons beaucoup de questions à vous poser.
Mr. Whalen: To sum up, I will say again that all these concerns
are central to our times. They underscore the need today for
stronger constitutional and legal guarantees protecting privacy
and children’s rights generally. Institutional protections and
measures through establishment of a national children’s
commissioner’s office, ratification of communications procedure
under the third protocol to the convention, adoption of children’s
rights impact assessment processes — these I hope will all be
matters that the committee will consider in its report and
recommendations to Parliament by way of response.
M. Whalen : En guise de conclusion, je tiens à répéter que
toutes ces préoccupations sont à l’image de notre époque. Elles
font ressortir le besoin de mettre en œuvre des dispositions
constitutionnelles et législatives pour protéger la vie privée et les
droits des enfants en général. Des mesures de protection prises par
un nouveau commissariat national à l’enfance, la ratification de la
procédure de communication prévue à la troisième partie de la
convention et l’adoption de processus d’évaluation des
conséquences sur les droits de l’enfant sont tous des éléments
que le comité devrait prendre en considération au moment de
rédiger son rapport et ses recommandations au Parlement.
There is also in our brief recommendations with respect to the
role of child and youth advocate offices and how maybe a process
could be devised as to how those offices could work better jointly
with the national children’s commissioner toward building a
culture of children’s rights.
Nos brèves recommandations traitent aussi du rôle des
organismes de défense des droits des enfants et des jeunes et de
la création d’un processus qui pourrait permettre à ces organismes
de mieux travailler avec le commissaire national à l’enfance à la
promotion d’une culture des droits de l’enfant.
More broadly and fundamentally, I hope I will have at least
piqued your curiosity, if you read the brief, in considering that a
dedicated focus on child-first policy-making is an idea worth
further study.
D’un point de vue général et fondamental, j’espère avoir au
moins piqué votre curiosité et, si vous lisez le mémoire, vous avoir
transmis l’idée que le processus décisionnel axé sur l’enfant mérite
d’être exploré davantage.
The Chair: Thank you very much. You have done a very
detailed brief, which we certainly will be reading, and looking at
the nine recommendations that you have made.
La présidente : Merci beaucoup. Vous avez préparé un
mémoire très détaillé que nous allons certainement lire, et nous
examinerons vos neuf recommandations.
Earlier on I asked Mr. Bernstein from UNICEF this question,
and I ask you: Do you see that the time has come when Canada
should have a national children’s commissioner?
J’ai déjà posé à M. Bernstein d’UNICEF une question que je
vous pose maintenant. Croyez-vous qu’il est maintenant temps
que le Canada ait un commissaire national à l’enfance?
Mr. Whalen: I think the time has long passed. I think this
scourge of bullying and cyberbullying really points out the need
for a strong champion at the federal level who can mobilize the
live forces of Canadian youth that you heard from here today in
addressing that problem.
M. Whalen : Cela fait déjà longtemps. Je crois que les
problèmes de l’intimidation et de la cyberintimidation montrent
qu’il faut un champion solide à l’échelle fédérale, quelqu’un qui
peut mobiliser les jeunes Canadiens comme ceux que vous avez
entendus aujourd’hui en vue de le résoudre.
Senator Ataullahjan: On my way here I was looking at a study
that I heard about today and I was astounded. I want to share
some figures with you.
Le sénateur Ataullahjan : En venant ici, je consultais une étude
dont il a été question aujourd’hui, et les chiffres m’ont surprise. Je
veux vous en mentionner quelques-uns.
This was a study of about 367 students and they found that the
average time they spent is about 2.78 hours a day; the highest
amount was 8 hours. Talking to a student from Alberta earlier on,
that the average student gets about 189 text messages a day, she
said that was about right, and the highest is 3,000.
L’étude a été menée auprès d’environ 367 élèves, et les
chercheurs ont constaté qu’ils passaient en moyenne 2,78 heures
par jour... et le nombre d’heures le plus élevé était huit heures.
D’après une élève de l’Alberta qui a témoigné plus tôt, l’élève
moyen reçoit environ 189 messages textes par jour, et le nombre le
plus élevé est 3 000.
The average child has over two email accounts, but some have
as many as 25 email accounts. Cyberbullying is something I
follow, and I am just astounded by all this.
L’enfant moyen a plus de deux adresses électroniques, mais
certains en ont jusqu’à 25. La cyberintimidation est un phénomène
auquel je m’intéresse, et je suis estomaquée par tout cela.
14:94
Human Rights
4-6-2012
Canada is a diverse country, and it is often difficult to
implement one technique or program in every school in the
country. Do you find that there are commonalities in antibullying or anti-cyberbullying programs among provinces? Are
there any best practices that you could share with the committee?
I am thinking of the peer intervention technique in particular,
which has had great success in countries like Norway.
Le Canada est un pays diversifié, et il est souvent difficile de
mettre en œuvre une technique ou un programme dans toutes les
écoles, d’un océan à l’autre. Voyez-vous des similitudes entre les
programmes de lutte contre l’intimidation ou la cyberintimidation
mis en œuvre dans les provinces? Y a-t-il des pratiques
exemplaires que vous aimeriez communiquer comité? Je pense
particulièrement à la technique d’intervention par les pairs, qui a
eu beaucoup de succès dans certains pays, dont la Norvège.
Mr. Whalen: Absolutely, and the testimony that you had this
afternoon from Ms. Virmani reinforces that ‘‘labels are for soup
cans’’ campaign she was referring to. It has gone gangbusters. If
you tap into the creativity of Canadian youth and put the
challenge out to them, they will find much better and inventive
ways of connecting with peers, opening up the conversations and
challenging behaviours that are unwanted.
M. Whalen : Absolument, et le témoignage de Mme Virmani
cet après-midi renforce la campagne « Les étiquettes, c’est pour
les boîtes de soupe » à laquelle elle faisait allusion. Ce type de
mesure a un impact important. Les jeunes Canadiens sont
créatifs, et si vous leur lancez le défi, ils trouveront de
meilleures façons novatrices d’établir des liens avec les pairs, de
lancer le débat et de lutter contre les comportements nuisibles.
I can think of another initiative by high school youth in New
Brunswick on another topic, but one that speaks to the global
citizenship that Canadian youth involvement in social media is
awakening. There are a couple of high school students at FHS
and Leo Hayes in Fredericton this year that have established
Graduates without Borders, along the lines of Doctors without
Borders, but they are now fundraising through their graduation
activities for overseas development assistance.
Je pense à une autre initiative de jeunes du secondaire au
Nouveau-Brunswick; elle concerne un tout autre sujet, mais qui
touche aussi la citoyenneté universelle à laquelle s’ouvrent les
jeunes Canadiens dans les médias sociaux. Des élèves des écoles
secondaires FHS et Leo Hayes de Fredericton ont créé cette année
Diplômés sans frontières, comme Médecins sans frontières, mais
ils ramassent actuellement des fonds pour leurs activités de fin
d’études, soit de l’aide au développement à l’étranger.
When one looks at the issue of bullying and cyberbullying, in
particular, in Canada, what is telling is this is an issue that
Canadian youth themselves have identified and brought to the
fore through the pink shirt campaigns and in so many other ways.
Canadian youth are driving this agenda. I think that is something
they have to be commended for, and we have to, as adult allies,
work with them toward solutions that they may devise.
Lorsqu’on se penche sur la question de l’intimidation et de la
cyberintimidation, particulièrement au Canada, on remarque que
ce sont les jeunes Canadiens eux-mêmes qui ont cerné le problème
et qui l’ont mis sur la place publique avec les campagnes des
chandails roses, entre autres. Ce sont les jeunes Canadiens qui
mènent le programme. Je crois que nous devons les féliciter de
cela et, en tant qu’adultes et alliés, nous devons travailler avec eux
à la recherche de solutions.
Senator Ataullahjan: How do we teach the youth responsible
digital citizenship? They know, yet we are seeing that cyberbullying
is increasing.
Le sénateur Ataullahjan : Comment pouvons-nous enseigner
aux jeunes la citoyenneté responsable à l’ère numérique? Ils sont
au courant, mais la cyberintimidation s’amplifie.
Mr. Whalen: In the statistics that you referred to just a minute
ago, one of the most troubling points is seeing excessive use of social
media or online technologies. If children have over 10 email
accounts and are accessing thousands of individual communications
per day, and if they are spending hours, most of their waking day, in
online activities, then, clearly, that speaks to a challenge in terms of
parental monitoring. When do parents have to step in? Is the
challenge more around how we educate youth, or as Ms. Virmani
was saying this afternoon, how we educate parents about their role
in monitoring those activities? That is one factor.
M. Whalen : Dans les statistiques que vous avez mentionnées il
y a quelques minutes, un des éléments les plus troublants est
l’utilisation excessive des médias sociaux et des technologies en
ligne. Si un enfant a plus de 10 adresses électroniques et traite des
milliers de communications personnelles par jour, s’il consacre des
heures, donc la majeure partie de sa journée, à des activités en
ligne, il est évident qu’il y a un problème sur le plan de la
surveillance parentale. Quand les parents doivent-ils intervenir?
Le problème concerne-t-il davantage la façon d’éduquer les jeunes
ou, comme Mme Virmani l’a mentionné cet après-midi, comment
nous présentons aux parents leur rôle dans la surveillance de ces
activités? C’est un facteur.
Senator Meredith: Thank you for your presentation.
Ms. Virmani talked about Facebook and companies benefiting
from the promotion of cyberbullying. I hope you were in the
room for that comment.
Le sénateur Meredith : Je vous remercie de votre exposé.
Mme Virmani nous a parlé de Facebook et des sociétés qui tirent
profit de la promotion de la cyberintimidation. J’espère que vous
avez entendu son témoignage.
Mr. Whalen: Yes.
M. Whalen : Oui.
4-6-2012
Droits de la personne
14:95
Senator Meredith: In your final recommendation to us, you
said that this committee should look at the need for regulation of
children’s online play space, avoid inappropriate behavioural
marketing, data mining or other forms of commercial exploitation
of children online.
Le sénateur Meredith : Dans votre dernière recommandation,
vous avez mentionné que le comité devrait se pencher sur la
réglementation des jeux en ligne pour enfants, la promotion de
comportements inappropriés, l’exploration de données ou
d’autres types d’exploitation commerciale des enfants sur le web.
Can you dig into that a little more for me? That is where I think
we have opportunities to be able to bring about particular
legislation to target that. We have other legislation that is on the
books now to deal with release of information when it comes to
an investigation and from the IP providers and so on. I think we
have something there that has been brought to our attention as a
committee, something that we may want to look into further.
Pouvez-vous m’en dire davantage à ce sujet? Je crois que c’est
sur ce point que nous avons l’occasion de proposer des mesures
législatives. Nous avons d’autres lois touchant les livres et la
divulgation d’information dans le cadre d’une enquête et auprès
des fournisseurs IP, entre autres. Je crois que cela intéresse
particulièrement le comité, qui voudra peut-être explorer
davantage la question.
Mr. Whalen: I am glad to have that question. I was thinking
the same thing when Ms. Virmani made the comments. I am not
specifically aware of the third party applications that she was
mentioning. That is one aspect of the commercial exploitation of
children online, and I think she addressed that point, as did
Mr. Hilton.
M. Whalen : Je suis heureux de répondre à cette question. Je
pensais la même chose lorsque Mme Virmani a fait ses
commentaires. Je ne connais pas particulièrement les applications
de sociétés tierces auxquelles elle a fait allusion. C’est un aspect de
l’exploitation commerciale des enfants sur le web, et je crois qu’elle
a éclairci la question, comme M. Hilton.
Beyond that, so much of children’s online play spaces have
been completely unregulated. We can think for a moment about
the kind of environments we are providing and reference
article 17 of the Convention on the Rights of the Child, look at
the standard; look at article 29, the aims of education; and look at
Article 17 with respect to the role of the mass media, and then ask
them the questions. Are they doing a fair job? Is a federal
legislated response the right one? Possibly. What about industry
self-regulation in this respect?
J’ajouterais que la plupart des jeux en ligne pour enfants ne sont
pas du tout réglementés. Nous pouvons réfléchir à l’environnement
que nous leur donnons dans le contexte de l’article 17 de la
Convention relative aux droits de l’enfant. Regardons la norme;
regardons l’article 29 sur les objectifs de l’éducation; regardons
l’article 17 en ce qui a trait au rôle des médias de masse, et posonsleur les questions. Ces sociétés font-elles un bon travail? Faut-il une
intervention législative du gouvernement fédéral? Peut-être. Et
qu’en est-il de l’autoréglementation de l’industrie à cet égard?
Neopets, Club Penguin, Webkinz and many of those
‘‘children’s’’ websites are an opportunity for data mining. Kids
go online. They are doing these fun play activities, but in order to
get points, they answer questions. You can drill down into some
of those websites and look at some of the questions that children
as young as four, five, six or ten are answering. They are asked
what kind of brand preferences they may have for cigars. It is a lot
of data mining for consumer consumption habits in North
American households. That is what drives the business model for
those online play environments.
Neopets, Club Penguin, Webkinz et de nombreux autres sites
web « pour enfants » visent l’exploitation des données. Les
enfants naviguent sur le web. Ils jouent à des jeux amusants,
mais, s’ils veulent gagner des points, ils doivent répondre à des
questions. Explorez ces sites web et regardez les questions
auxquelles répondent des enfants de quatre, cinq, six ou 10 ans.
On leur demande quelle serait leur marque préférée de cigares.
C’est une exploration agressive des données visant à connaître les
habitudes de consommation des ménages nord-américains. Cela
est au cœur du modèle opérationnel de ces jeux en ligne.
Other kinds of online play environments that are questionable
are situations. I know that barbie.com has evolved and made
some changes, and Valerie Lawson is a local Canadian expert
with respect to how large corporations may groom young children
as clients, and how they may play on a child’s impressionability.
The child may be invited into a relationship of friendship with this
online commercial product. Is that appropriate? Those are
important questions, and they would certainly be an interesting
area for further study by this committee.
D’autres types de jeux en ligne sont aussi douteux. Je sais que le
site web barbie.com a évolué et que des changements y ont été
apportés. Valerie Lawson est une experte canadienne des mesures
prises par de grandes sociétés pour faire de jeunes enfants des
clients et tirer profit de leur caractère impressionnable. L’enfant
peut être invité à se lier d’amitié avec un produit commercial en
ligne. Est-ce approprié? Ce sont des questions importantes, et il
serait intéressant que le comité s’y attache davantage.
[Translation]
Senator Robichaud: I would like to go back to the question put
by Honourable Senator Meredith. In your last recommendation,
you say the following:
[Français]
Le sénateur Robichaud : Je reviens à la question de l’honorable
sénateur Meredith. Dans votre dernière recommandation vous
dites ce qui suit :
14:96
Human Rights
[English]
Finally it is suggested that the committee also consider at
an early opportunity the need for regulation . . .
[Translation]
4-6-2012
[Traduction]
Enfin, nous suggérons au comité de se pencher rapidement
sur le besoin de réglementer...
[Français]
Do you have any suggestions? Have you considered how this
could be done?
Est-ce que vous avez des suggestions? Avez-vous regardé de
quelle façon cela pourrait se faire?
Mr. Whalen: The 2009 report produced by the Privacy
Commissioner and Child and Youth Advocate Task Force was
the start of the thinking process on this matter. One of the models
that drew our attention at that time was in fact the Quebec
example. This province had, for a long time, consumer protection
legislation that bans advertising directed at children. The Quebec
legislation came into force back in the 1970s. It was not
specifically drafted to consider cyberspace or the Internet.
However, it is interesting to see how this legislation has been
applied and we are starting to see these principles being extended
to advertising campaigns of large North American corporations
that are on the Internet.
M. Whalen : Le rapport de 2009 du Groupe de travail du
commissaire à la vie privée et du défenseur des enfants et de la
jeunesse était un début de réflexion en ce sens. Un des modèles qui
avait retenu notre attention à l’époque était justement le fait que,
au Québec, depuis longue date, en matière de législation sur la
protection du consommateur, on prohibe les annonces
publicitaires faites aux enfants. Le texte de la loi québécoise
date des années 1970. Ce n’est pas spécifiquement rédigé dans le
contexte du cyberespace ou d’Internet. Il est tout de même
intéressant de voir que dans l’application des faits, on a
commencé à voir l’extension de ces principes aux campagnes
publicitaires des grandes sociétés nord-américaines sur Internet.
Rather than testing the Quebec regulator’s position through
the courts, Nestlé, McDonald’s and these large corporations have
preferred to comply. So I do think that there are ways that will
enable us to have an influence on harmful practices.
Plutôt que de tester la position du régulateur québécois devant
les tribunaux, Nestlé, McDonald’s et ces grandes sociétés ont
préféré obtempérer. Donc, je crois qu’il existe des moyens par
lesquels on peut avoir une influence sur les pratiques néfastes.
At the Office of the Child and Youth Advocate, in New
Brunswick, we often receive public complaints in the Acadian
communities. We hear people wondering why they saw television
advertisements aimed at children. They do not think that this should
happen. We have to then correct their misconceptions and explain
that this is a Quebec standard that comes under Quebec legislation.
When you watch Radio-Canada, you become accustomed to certain
practices. How could we expand this principle?
Au Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse, au
Nouveau-Brunswick, on a souvent des plaintes du public dans les
communautés acadiennes. On entend les gens se dire comment se
fait-il que j’ai vu cette annonce à la télé et c’était vraiment orienté
vers un enfant? Cela n’a pas sa place. On doit alors corriger le tir et
dire qu’on parle d’une norme québécoise et qu’une loi québécoise
réglemente. En regardant Radio-Canada, on devient habitué à
certaines pratiques. Comment pourrait-on étendre ce principe?
And in the famous Irwin Toys case, which went before the
Supreme Court of Canada, the Quebec legislation was challenged.
The Supreme Court defended this so-called violation of a
corporation’s commercial freedom of expression precisely on the
grounds that the child is vulnerable. Children under the age of 13
are very easily persuaded by marketing and therefore the child
must be protected.
Et dans la célèbre cause de Irwin Toys, devant la Cour suprême
du Canada, on avait contesté la loi québécoise. La Cour suprême
a défendu un bris soi-disant dans la liberté d’expression
commerciale des sociétés, pour le motif justement que l’enfant
est vulnérable. Âgé de moins de 13 ans, il est très assujetti aux
forces persuasives du marketing. Il faut donc le protéger.
More recently, the Europeans developed guidelines on
behavioural marketing aimed at children. If the Europeans can
do this, I think that there is certainly a way that we should also be
able to do this in Canada. The difficulty in this debate pertains to
the fact that we are often dealing with a North American reality.
American Internet regulatory standards are very different from
European and Canadian standards.
Les Européens pour leur part, plus récemment, ont développé
des lignes directrices sur le behavioral marketing des enfants. Si les
Européens le font, je pense qu’il y a sûrement moyen qu’on puisse
le faire également au Canada. La difficulté dans tout ce débat est
lié au fait que l’on fait souvent affaire à une réalité nordaméricaine. Or les normes américaines en matière de
réglementation de l’Internet sont bien différentes des normes
européennes et canadiennes.
Senator Robichaud: When we consider Facebook, Twitter and
other media, in order to identify whether children are exposed to
advertising, you first of all have to find out whether the children
are able to go on these networks, right? And this is not an easy
Le sénateur Robichaud : Lorsqu’on parle de Facebook, Twitter
et des autres médias, pour savoir si la publicité est exposée aux
enfants, il faudrait d’abord savoir si les enfants ont les moyens
d’aller sur ces réseaux, n’est-ce pas? Et ce n’est pas chose facile car
4-6-2012
Droits de la personne
14:97
thing to do because young people, from what we hear, and even
the very young, have the communication means to access these
services.
les jeunes, d’après ce qu’on entend, et même les très jeunes ont les
moyens de communication pour accéder à ces services.
Mr. Whalen: Although the fact is they often have to lie to have
access to the service. According to Facebook policy, you have to
be 13 years of age in order to have an account. Senators probably
all know one or two children under the age of 13 who have a
Facebook account. That is another issue of debate.
M. Whalen : Bien que souvent ils doivent mentir pour y
accéder. La politique de Facebook est qu’il faut avoir 13 ans pour
avoir un compte. Les sénateurs connaissent tous probablement un
enfant ou deux de moins de 13 ans qui a son compte Facebook.
C’est un autre sujet de débat.
In the report, I in fact refer to the work done by John Lawford,
at the Public Interest Advocacy Centre, which in their report
entitled All in the Data Family put forward some very interesting
proposals for better legislation and monitoring of pre-adolescent
activity in the social media. The American approach is typically to
say that the youth can have an account providing he or she has
parental consent. The problem with this approach is: how do you
really ensure that the legislation is being respected? Very often,
the legislation is respected more through violations than it is
through compliance. That is why the PIAC recommended more
regulatory approaches.
Dans le rapport, je fais justement allusion au travail de John
Lawford, au Public Interest Advocacy Centre, qui, dans leur
rapport intitulé All in the Data Family a fait valoir des
propositions très intéressantes pour mieux légiférer et contrôler
l’activité des préadolescents dans les médias sociaux. L’approche
américaine est typiquement de dire que dans la mesure où il y a le
consentement du parent, le jeune peut avoir son compte. Le
problème avec cette approche est comment vraiment s’assurer que
la loi soit respectée. Très souvent, la loi est respectée plus souvent
par le bris que par son observation. C’est pourquoi le PIAC
recommandait des approches plus réglementaires.
How do we ensure compliance with the standard? Once again,
this is quite a challenge. However, if we set the standard, we could
find ways to make the industry accountable.
Comment faire respecter la norme? Encore là, on est devant un
défi. Toutefois, si on établit la norme, on pourra trouver les
moyens de responsabiliser l’industrie.
Senator Robichaud: And the parents as well.
Le sénateur Robichaud : Et de responsabiliser les parents aussi.
Mr. Whalen: Of course.
M. Whalen : Bien sûr.
Senator Robichaud: We on this side have a tremendous amount
of work to do. People do not understand all the information that
is out there and how easy it is to have access to it.
Le sénateur Robichaud : De ce côté, il reste énormément de
travail à faire. Les gens ne réalisent pas toute l’information qui est
véhiculée et comment il est facile d’y accéder.
Mr. Whalen: That is why I am suggesting that this could be the
subject of another study. The question is a broad one, there are
pros and cons. The senators certainly heard the testimony given
by the Media Awareness Network about the advantages of digital
literacy and how we can use social media in the classroom.
M. Whalen : C’est pourquoi je suggère que cela pourrait faire
l’objet d’une autre étude. La question est large, il y a des pours et
des contres et certainement le témoignage que les sénateurs ont
entendu du Media Awareness Network concernant les avantages
de la digital literacy et comment se servir des médias sociaux en
salle de classe.
Canadian youth also have expectations. We have to move with
the times, but I think that we have to be prudent and responsible.
Il y a une expectative aussi de la jeunesse canadienne. Il faut
bouger avec son temps, mais je pense qu’il faut être prudent et
responsable.
[English]
[Traduction]
Senator Ataullahjan: If I have taken anything from today’s
witnesses and experts, it is the involvement of parents. We seem to
be hearing that consistently. Why is it that the parents are not
realizing the effects of social media? Are they not using it
themselves? What is it? Why is there a disconnect between parents
and children?
Le sénateur Ataullahjan : Ce que je retiens des déclarations des
témoins et des experts d’aujourd’hui, c’est le rôle des parents. Cela
semble revenir constamment. Comment se fait-il que les parents
ne se rendent pas compte de l’impact des médias sociaux? Ne les
utilisent-ils pas eux-mêmes? Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi y at-il un fossé entre les parents et les enfants?
Senator Meredith: That was actually along the same lines in
terms of, again, I believe in parents being engaged in their
children’s lives so that they know what their children are viewing,
and vice versa; that their children are able to come to them and
talk to them about being cyberbullied. We heard today about the
fact that many kids are detached from their parents. They are
going through a crisis in their lives, and the parents are not at all
there for them.
Le sénateur Meredith : Je crois que cela nous ramène au fait
que les parents doivent s’intéresser à la vie de leurs enfants afin
qu’ils puissent savoir ce qu’ils regardent, et vice versa; il faut que
les enfants soient capables de se confier à leurs parents et de leur
dire qu’ils sont victimes de cyberintimidation. Nous avons
entendu aujourd’hui que de nombreux enfants ne sont pas
proches de leurs parents. Ils en sont à une étape difficile de leur
vie, et leurs parents ne sont pas du tout présents pour eux.
14:98
Human Rights
4-6-2012
What is the education piece? What else do we have to do in
order to engage these parents more in the lives of these youth who
are being traumatized on the Net, and also physically bullied?
Qu’en est-il de l’éducation? Que pouvons-nous faire d’autre
pour encourager ces parents à s’intéresser à la vie de leurs jeunes,
qui ont été traumatisés sur le web et qui ont été victimes
d’intimidation et de violence physique?
Mr. Whalen: There again, I think the best opportunity forward
is really to engage parents in those conversations through the
schools.
M. Whalen : Encore une fois, je crois que la meilleure solution
est de faire participer les parents à ces conversations dans les
écoles.
Senator Meredith: Some of them are not even showing up at
school, Mr. Whalen. They are not even coming for the PTA
meetings and IPRCs. They are not showing up for the fact that
their children are not even learning properly in the schools.
Le sénateur Meredith : Certains d’entre eux ne se présentent
même pas à l’école, monsieur Whalen. Certains ne vont même pas
aux réunions des parents et ne participent pas aux CIPR. Ils
n’interviennent pas, même si leurs enfants ont des problèmes
d’apprentissage à l’école.
Mr. Whalen: Right. I think there is a role for school authorities
to engage and require attendance at times. It is hard to imagine
the case, but certainly in the case of cyberbullying.
M. Whalen : En effet. Je crois que les autorités scolaires
doivent exiger la présence des parents à certains moments. C’est
difficile à imaginer, mais il faudrait certainement le faire dans le
cas de la cyberintimidation.
Senator Meredith: Should we legislate that?
Le sénateur Meredith : Devrions-nous légiférer sur ce sujet?
Mr. Whalen: I am not in favour of legislative responses across
the board. I know that the senators have heard from most
witnesses with respect to the need to emphasize educational
approaches. Obviously, the questions are difficult ones. They call
forward a kind of broader social change.
M. Whalen : D’après moi, une intervention législative n’est pas
la solution. Je sais que les sénateurs ont entendu la plupart des
témoins favoriser une approche éducative. Évidemment, les
questions sont difficiles à aborder et exigent un changement
dans la société en général.
Again, I will go back to the quote that I lifted from Wayne
MacKay’s report that talks about monster homes and drivethrough culture. That is the reality we are confronting, and I think it
is a huge issue for senators to try to determine what the answer is.
Encore une fois, je reviens au rapport de Wayne MacKay, dans
lequel il est question des maisons immenses et de la culture de
l’instantané. C’est la réalité à laquelle nous sommes confrontés, et je
crois que les sénateurs auront de la difficulté à trouver une solution.
My mother grew up in a house where she shared a bed with two
of her sisters. I grew up in a house where I shared a bedroom with
my brother. In our house, all four kids had their own bedroom,
and that was progress.
Durant son enfance, ma mère partageait son lit avec deux de
ses sœurs. Enfant, je partageais ma chambre avec mon frère. Chez
moi, nos quatre enfants avaient leur propre chambre, et ça c’était
le progrès.
Are children more isolated? How do we re-engage in those
conversations at home or in a school setting? In terms of what
public regulators and legislators can do, the task is probably to
work through public institutions. We do see great testimonies and
success coming from the U.K. with respect to what they have seen
in terms of a culture change, with 2,500 Rights Respecting
Schools through the country, and so we are putting a lot of our
efforts in that direction.
Les enfants sont-ils plus isolés? Comment pouvons-nous
relancer le dialogue en famille ou à l’école? Ce que les
responsables de la réglementation et des lois peuvent faire, c’est
probablement d’intervenir par l’intermédiaire d’organismes
publics. Le Royaume-Uni nous apporte des témoignages et des
réalisations intéressantes, compte tenu de son expérience d’un
changement de culture — ce pays compte 2 500 écoles
respectueuses des droits —, et c’est pourquoi nous déployons
beaucoup d’efforts en ce sens.
Another program that was launched by an educator in
Fredericton last year, at his school, has expanded now to four
different schools. We are hoping to roll out to many other schools
in the province this Young Leaders Program. However, Young
Leaders is based on the Duke of Edinburgh Awards Programme,
which is a leadership development program for adolescents. What
these early-years educators were saying is that leadership starts
very young, and they have lots of K-5 leaders in their primary
schools. They were saying we can celebrate those kinds of
successes in the school community, and whether it is a success in
the classroom or a success outside of the classroom, validating it
L’an dernier, un enseignant de Fredericton a lancé dans son
école un autre programme, qui est maintenant donné dans quatre
autres écoles. Il s’agit du Programme des jeunes leaders, que nous
voulons implanter dans de nombreuses autres écoles de la
province. Toutefois, le Programme des jeunes leaders est fondé
sur le programme Prix du duc d’Édimbourg, programme de
développement du leadership pour les adolescents. Les
enseignants de l’école primaire affirment que le leadership
commence à un très jeune âge et qu’ils ont beaucoup de leaders
de la maternelle à la cinquième année dans leurs écoles. Ils
soulignent aussi que nous pouvons célébrer ces réalisations dans le
4-6-2012
Droits de la personne
14:99
and celebrating it in the school community is nurturing the kind
of caring community, leadership and global citizenship that
schools should be developing.
milieu scolaire. Que ce soit un succès réalisé en classe ou ailleurs,
le fait de le reconnaître et de le célébrer en milieu scolaire favorise
une collectivité responsable, le leadership et la citoyenneté
universelle que les écoles devraient encourager.
Therefore, through that program they look at developing
leadership skills, community development skills, physical activity,
school involvement, and there is a fifth plank of the program that
I am forgetting now. However, it is amazing what these young K
to 5 kids can do when you put the challenge out to them. That is
about developing sound, respectful, tolerant behaviours and
rewarding them. I think it is the best kind of anti-bullying policy
you can have.
Ce programme vise à favoriser les aptitudes de leadership, le
développement communautaire, l’activité physique, la mobilisation
des écoles et un cinquième élément qui m’échappe pour le moment.
C’est incroyable ce que peuvent faire ces enfants de la maternelle à
la cinquième année, si on leur en donne l’occasion. L’objectif, c’est
de miser sur les comportements sains, respectueux et tolérants et de
les encourager. Je crois que c’est la meilleure politique antiintimidation que l’on puisse trouver.
The Chair: Thank you very much. I appreciate you took on the
challenge to meet with us. As you can see, we need people like you
to make presentations to us so that we get a better understanding.
We could not have timed this better to have Ms. Virmani and you
here at the same time, so that was fortuitous. We want to thank
you for your presentation today and certainly for the paper that
you have prepared, which we will be referring to many times.
La présidente : Merci beaucoup. Je suis contente que vous ayez
accepté de nous rencontrer. Comme vous pouvez le constater,
nous avons besoin de témoins comme vous pour nous aider à
mieux comprendre. Il n’y avait pas de meilleurs moments pour
réunir Mme Virmani et vous ici en même temps; nous avons
vraiment eu de la chance. Nous voulons vous remercier de votre
exposé d’aujourd’hui et aussi du document que vous avez préparé
et qui nous servira souvent de référence.
Mr. Whalen: Thank you, Madam Chair.
M. Whalen : Merci, madame la présidente.
The Chair: Senators, there is a motion in front of you that has
been in front of you before. As you remember, we were to have
minor in camera witnesses, and there were issues about ensuring
those witnesses have proper protection. We have put that in place.
You have two motions in front of you. One is to allow recording
and transcription of an in camera meeting with minors. This
transcript will stay with the clerk and anybody can go refer to it.
Can I have a mover?
La présidente : Mesdames et messieurs les sénateurs, vous avez
devant vous une motion que vous avez déjà vue. Si vous vous
souvenez bien, nous devions entendre des témoins mineurs à huis
clos, et il a été question de leur protection adéquate. Nous avons
pris les mesures nécessaires. Vous avez deux motions devant vous,
dont une vise à autoriser l’enregistrement et la transcription d’une
séance à huis clos avec des mineurs. Le greffier conservera la
transcription, que tout le monde pourra consulter. Qui veut en
proposer l’adoption?
Senator Robichaud: No, I have a question, Madam Chair.
Le sénateur Robichaud : Non. J’ai une question, madame la
présidente.
The Chair: But before that, can I get somebody to move this?
La présidente : Mais avant cela, est-ce que quelqu’un veut en
proposer l’adoption?
Senator Robichaud: I am not a regular member, so I cannot.
Le sénateur Robichaud : Je ne suis pas vraiment un membre
régulier, alors je ne peux le faire.
Senator Meredith: I will so move.
Le sénateur Meredith : Je vais en faire la proposition.
The Chair: Go ahead, Senator Robichaud.
La présidente : Allez-y, sénateur Robichaud.
[Translation]
[Français]
Senator Robichaud: The last part of the motion in French is not
complete. It should read as follows:
Le sénateur Robichaud : La dernière partie de la motion en
français n’est pas complète. On devrait lire comme suit :
That the documents be destroyed by the clerk once the
Subcommittee on Agenda and Procedure has authorized
this destruction.
Que les documents soient détruits par le greffier une fois
que le Sous-comité du programme aura autorisé cette
destruction.
The Chair: Thank you very much.
[English]
Is there anything else or any other discussion? All those in
favour?
La présidente : Merci beaucoup.
[Traduction]
Y a-t-il autre chose ou un autre point de discussion? Ceux qui
sont d’accord?
14:100
Human Rights
Hon. Senators: Agreed.
Des voix : D’accord.
The Chair: Any against? No? Thank you.
La présidente : Ceux qui sont contre? Aucun? Merci.
4-6-2012
The second motion is to exclude staff for this in camera
meeting with minors. Senator Ataullahjan moves it. Is there any
discussion? No? All those in favour? Okay.
La deuxième motion concerne l’exclusion du personnel pour la
séance à huis clos avec des mineurs. C’est madame le sénateur
Ataullahjan qui propose. Avez-vous quelque chose à ajouter?
Non? Ceux qui sont d’accord? D’accord.
Thank you very much. It has been a very long day. I appreciate
all the support that you have given.
Merci beaucoup. La journée a été très longue. J’apprécie toute
l’aide que vous nous avez donnée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
Springbank Middle School:
TÉMOINS
Springbank Middle School :
Bill Belsey, Teacher (by video conference);
Bill Belsey, enseignant (par vidéoconférence);
Samantha Hoogveld, Student (by video conference);
Samantha Hoogveld, étudiante (par vidéoconférence);
Mariel Calvo, Student (by video conference);
Mariel Calvo, étudiante (par vidéoconférence);
Emily Dickey, Student (by video conference);
Emily Dickey, étudiante (par vidéoconférence);
Emilie Richards, Student (by video conference);
Emilie Richards, étudiante (par vidéoconférence);
Molly Turner, Student (by video conference);
Molly Turner, étudiante (par vidéoconférence);
Katie Allan, Student (by video conference);
Katie Allan, étudiante (par vidéoconférence);
Shelby Anderson, Student (by video conference);
Shelby Anderson, étudiante (par vidéoconférence);
Sloane Anderson, Student (by videoconference);
Sloane Anderson, étudiante (par vidéoconférence);
Oliver Buchner, Student (by video conference).
Anti-Defamation League:
Oliver Buchner, étudiant (par vidéoconférence).
Anti-Defamation League :
Scott Hirschfeld, Director of Curriculum (by video conference);
Scott Hirschfeld, directeur du programme d’études (par
vidéoconférence);
Seth M. Marnin, Assistant Director, Legal Affairs, Civil Rights
Division (by video conference).
Seth M. Marnin, directeur adjoint, Affaires juridiques, Division des
droits civils (par vidéoconférence).
Egale Canada:
Helen Kennedy, Executive Director.
Vidéotron:
Marie-Eve Villeneuve, Director, Corporate Communications.
UNICEF Canada:
Marvin Bernstein, Chief Advisor, Advocacy.
Canadian Red Cross:
Egale Canada :
Helen Kennedy, directrice executive.
Vidéotron :
Marie-Eve Villeneuve, directrice, Communications corporatives.
UNICEF Canada :
Marvin Bernstein, conseiller principal de la promotion et de la
défense des droits.
Croix-Rouge canadienne :
Chris Hilton, Senior Manager, Government Relations;
Chris Hilton, gestionnaire principal, Relations gouvernementales;
Alisha Virmani, Youth Leader;
Alisha Virmani, leader des jeunes;
Amélie Doyon, Creating Safe Environments Officer.
Amélie Doyon, agente, Création d’environnement sûrs.
Canadian Council of Provincial Child and Youth Advocates:
Conseil canadien des défenseurs des enfants et de la jeunesse :
Christian Whalen, Acting Child and Youth Advocate, Office of the
Ombudsman of New Brunswick.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Christian Whalen, défenseur des enfants et de la jeunesse par
intérim, Bureau de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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