First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Human Rights
Droits de la personne
Chair:
The Honourable MOBINA S. B. JAFFER
Présidente :
L’honorable MOBINA S. B. JAFFER
Monday, May 7, 2012
Le lundi 7 mai 2012
Issue No. 12
Fascicule no 12
Third meeting on:
Troisième réunion concernant :
Issue of cyberbullying in Canada with regard to
Canada’s international human rights obligations
under Article 19 of the United Nations Convention
on the Rights of the Child
La question de la cyberintimidation au Canada en ce qui
concerne les obligations internationales du Canada en
matière de droits de la personne aux termes de l’article 19
de la Convention des Nations Unies relative aux
droits de l’enfant
INCLUDING:
THE FIFTH REPORT OF THE COMMITTEE
(Invitation to the Minister of Indian Affairs and Northern
Development to appear with his officials before the
committee for the purpose of updating the members of the
committee on actions taken concerning the
recommendations contained in the committee’s report
entitled: A Hard Bed to lie in: Matrimonial Real Property
on Reserve, tabled in the Senate November 4, 2003)
Y COMPRIS :
LE CINQUIÈME RAPPORT DU COMITÉ
(L’invitation au ministre des Affaires indiennes et du Nord
accompagné de ses hauts fonctionnaires à comparaître
devant le comité afin de faire une mise à jour sur les actions
prises par le ministère concernant les recommandations
incluses dans le rapport du comité intitulé Un toit précaire :
Les biens matrimoniaux situés dans les réserves,
déposé au Sénat le 4 novembre 2003)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49518
STANDING SENATE COMMITTEE ON
HUMAN RIGHTS
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
DROITS DE LA PERSONNE
The Honourable Mobina S. B. Jaffer, Chair
Présidente : L’honorable Mobina S. B. Jaffer
The Honourable Patrick Brazeau, Deputy Chair
Vice-président : L’honorable Patrick Brazeau
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Andreychuk
Ataullahjan
* Cowan
(or Tardif)
Harb
Hubley
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Meredith
White
Zimmer
*Ex officio members
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Andreychuk
Ataullahjan
* Cowan
(ou Tardif)
Harb
Hubley
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Meredith
White
Zimmer
* Membres d’office
(Quorum 4)
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
7-5-2012
Droits de la personne
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAL
OTTAWA, Monday, May 7, 2012
(14)
OTTAWA, le lundi 7 mai 2012
(14)
[English]
12:3
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day, at 4:04 p.m. in room 160-S, Centre Block, the Chair, the
Honourable Mobina S. B. Jaffer, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 16 h 4, dans la pièce 160-S de l’édifice du
Centre, sous la présidence de l’honorable Mobina S. B. Jaffer
(présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Andreychuk, Ataullahjan, Brazeau, Harb, Hubley, Jaffer,
Meredith, White and Zimmer (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Andreychuk, Ataullahjan, Brazeau, Harb, Hubley, Jaffer,
Meredith, White and Zimmer (9).
In attendance: Julian Walker and Lyne Casavan, Analysts,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament; Ceri Au, Communications Officer, Senate
Communications Directorate.
Également présents : Julian Walker et Lyne Casavan, analystes,
Service d’information et de recherche parlementaires,
Bibliothèque du Parlement; Ceri Au, agente de communications,
Direction des communications du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, November 30, 2011, the committee continued its
examination of cyberbullying in Canada with regard to Canada’s
international human rights obligations under Article 19 of the
United Nations Convention on the Rights of the Child.
(For complete text of the order of reference, see proceedings of
the committee, Issue No. 6.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 30 novembre 2011, le comité poursuit son étude sur la
question de la cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les
obligations internationales du Canada en matière de droits de la
personne aux termes de l’article 19 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant. (Le texte integral de l’ordre
de renvoi figure au fascicule no 6 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
California Polytechnic State University and Concordia University:
California Polytechnic State University et Université Concordia :
Elizabeth Meyer, Professor, School of Education (by video
conference).
University of British Columbia:
Shelley Hymel, Professor, Department of Educational and
Counselling Psychology, and Special Education (by video
conference).
Carleton University:
Tina Daniels, Associate Professor, Department of Psychology.
Public Health Agency of Canada:
Marla Israel, Acting Director General, Centre for Health
Promotion.
Royal Canadian Mounted Police:
Elizabeth Meyer, professeure, École de l’éducation
(par vidéoconférence)
Université de la Colombie-Britannique :
Shelley Hymel, professeure, Département de pédagogie et
psychologie de l’orientation et de l’éducation spécialisée
(par vidéoconférence).
Université Carleton :
Tina Daniels, professeure agrégée, Département de
psychologie.
Agence de la santé publique du Canada :
Marla Israel, directrice générale par intérim, Centre pour la
promotion de la santé.
Gendarmerie royale du Canada :
Inspector Michael Lesage, Acting Director General, National
Aboriginal Policing;
Inspecteur Michael Lesage, directeur général par intérim,
Services nationaux de police autochtone;
Erin Mulvihill, Coordinator, RCMP Youth Engagement
Section, National Crime Prevention Services.
Erin Mulvihill, coordonnatrice, Section de mobilisation des
jeunes de la GRC, Services nationaux de prévention du
crime.
Public Safety Canada:
Daniel Sansfaçon, Director, Policy, Research and Evaluation,
National Crime Prevention Centre.
Sécurité publique Canada :
Daniel Sansfaçon, directeur, Politiques, recherche et
évaluation, Centre national de prévention du crime.
12:4
Human Rights
Ms. Meyer, Ms. Hymel and Ms. Daniels each made a
statement and, together, answered questions.
7-5-2012
Mme Meyer, Mme Hymel et Mme Daniels font un exposé
puis, ensemble, répondent aux questions.
At 6:06 p.m., the committee suspended.
À 18 h 6, la séance est suspendue.
At 6:30 p.m., the committee resumed.
À 18 h 30, la séance reprend.
Ms. Israel, Inspector Lesage and Mr. Sansfaçon each made a
statement and, together, answered questions.
Mme Israël, M. Lesage et M. Sansfaçon font un exposé puis,
ensemble, répondent aux questions.
At 7:45 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 45, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Daniel Charbonneau
Clerk of the Committee
7-5-2012
Droits de la personne
12:5
RAPPORT DU COMITÉ
REPORT OF THE COMMITTEE
Thursday, May 3, 2012
Le jeudi 3 mai 2012
The Standing Senate Committee on Human Rights has the
honour to table its
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a
l’honneur de déposer son
FIFTH REPORT
CINQUIÈME RAPPORT
Your committee, which was authorized by the Senate on
Wednesday, November 2, 2011, to invite the Minister of Indian
Affairs and Northern Development to appear with his officials
before the committee for the purpose of updating the members of
the committee on actions taken concerning the recommendations
contained in the committee’s report entitled A Hard Bed to lie in:
Matrimonial Real Property on Reserve, tabled in the Senate
November 4, 2003, is pleased to report as follows:
Votre comité, qui a été autorisé par le Sénat le mercredi
2 novembre 2011 à inviter le ministre des Affaires indiennes et du
Nord accompagné de ses hauts fonctionnaires à comparaître
devant le comité afin de faire une mise à jour sur les actions prises
par le ministère concernant les recommandations incluses dans le
rapport du comité intitulé Un toit précaire : Les biens
matrimoniaux situés dans les réserves, déposé au Sénat
le 4 novembre 2003, est heureux de déposer le rapport qui suit :
The Committee heard from the Minister of Aboriginal Affairs
and Northern Development on November 21, 2011 during its
study of Bill S-2, An Act respecting family homes situated on
First Nation reserves and matrimonial interests or rights in or to
structures and lands situated on thoses reserves. Since the
proposed legislation responds to many of the key concerns
identified in your committee’s report, it now reports that a further
meeting with the minister is no longer necessary at this point and
has hereby concluded its study into this matter.
Le 21 novembre 2011, dans le cadre de son étude du projet de
loi S-2, Loi concernant les foyers familiaux situés dans les réserves
des premières nations et les droits ou intérêts matrimoniaux sur
les constructions et terres situées dans ces réserves, le comité a
entendu le témoignage du ministre des Affaires autochtones et du
développement du Nord canadien. Puisque la mesure législative
proposée règle un bon nombre des préoccupations qu’il exprimait
dans son rapport, le Comité estime qu’aucune autre rencontre
avec le ministre n’est nécessaire et qu’il peut maintenant conclure
son étude de la question.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
La présidente,
MOBINA S. B. JAFFER
Chair
12:6
Human Rights
7-5-2012
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, May 7, 2012
OTTAWA, le lundi 7 mai 2012
The Standing Senate Committee on Human Rights met this
day at 4:04 p.m. to study the issue of cyberbullying in Canada
with regard to Canada’s international human rights obligations
under Article 19 of the United Nations Convention on the Rights
of the Child.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne se
réunit aujourd’hui, à 16 h 4, pour faire une étude sur la question
de la cyberintimidation au Canada en ce qui concerne les
obligations internationales du Canada en matière de droits de la
personne aux termes de l’article 19 de la Convention des Nations
Unies relative aux droits de l’enfant.
Senator Mobina S. B. Jaffer (Chair) in the chair.
[Translation]
Le sénateur Mobina S. B. Jaffer (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, this is the 14th meeting
of the Standing Senate Committee on Human Rights of the
Forty-first Parliament. This committee has been mandated by the
Senate to conduct reviews of issues related to human rights, both
in Canada and abroad.
La présidente : Honorables sénateurs, nous en sommes à la
14e réunion du Comité sénatorial permanent des droits de la
personne de la 41e législature. Le Sénat nous a confié le mandat
d’examiner les questions relatives aux droits de la personne au
Canada et ailleurs dans le monde.
My name is Mobina Jaffer and, as chair of this committee, I
am pleased to welcome you to this meeting. I would ask the other
members to introduce themselves as well. We will start with
Senator Brazeau.
Je m’appelle Mobina Jaffer et, en tant que présidente de ce
comité, j’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à cette
réunion. Je demanderais également aux autres membres de se
présenter. On va commencer avec le sénateur Brazeau.
Senator Brazeau: Patrick Brazeau from Quebec.
[English]
Le sénateur Brazeau : Patrick Brazeau, du Québec.
[Traduction]
Senator Ataullahjan: Senator Ataullahjan from Ontario.
Le sénateur Ataullahjan : Sénateur Ataullahjan, de l’Ontario.
Senator White: I am Vern White from Ontario.
Le sénateur White : Vern White, de l’Ontario.
Senator Andreychuk: I am Raynell Andreychuk from
Saskatchewan.
Le sénateur Andreychuk : Raynell Andreychuk, de la
Saskatchewan.
Senator Hubley: Senator Elizabeth Hubley from
Prince Edward Island.
Le sénateur Hubley : Sénateur Elizabeth Hubley, de l’Île-duPrince-Édouard.
The Chair: We have representatives from the Parliamentary
Officers’ Study Program with us. We welcome you to Standing
Senate Committee on Human Rights.
La présidente : Il y a parmi nous des représentants du
Programme d’études des hauts fonctionnaires parlementaires.
Nous vous souhaitons la bienvenue au Comité sénatorial
permanent des droits de la personne.
[Translation]
[Français]
On March 15, 2001, the Rules of the Senate were amended in
order to create a new standing committee, the Standing Senate
Committee on Human Rights. This committee has a number of
functions, in particular to educate the public, to ensure the proper
enforcement and respect for international human rights
legislation and principles, and to ensure the Canadian laws and
policies are properly enforced, in accordance with the Canadian
Charter of Rights and Freedoms and the Canadian
Human Rights Act.
Le 15 mars 2001, le Sénat a modifié son Règlement afin de
créer un nouveau comité permanent, soit celui des droits de la
personne. Ce comité assume plusieurs fonctions, notamment
celles de sensibiliser le public, de veiller à la bonne mise en
application et au respect des lois et principes internationaux des
droits de la personne, et de s’assurer que les lois et politiques
canadiennes sont bien mises en application, et ce, conformément à
la Charte canadienne des droits et libertés et à la Loi canadienne
sur les droits de la personne.
On November 23, our committee tabled a report on the
sexual exploitation of children. During our study, we focused on
the causes of sexual exploitation of children, emphasizing the role
of the Internet.
Le 23 novembre, notre comité a déposé un rapport sur
l’exploitation sexuelle des enfants. Au cours de notre étude, nous
nous sommes attachés aux causes de l’exploitation sexuelle des
enfants et nous avons souligné le rôle d’Internet.
7-5-2012
Droits de la personne
12:7
Here it was brought to our attention that the Internet has
broadened the scope of sexual exploitation by facilitating direct
and anonymous contact. After identifying the role the Internet
plays in regard to sexual exploitation of children, our committee
decided to further examine ways in which the Internet
compromises the safety of our children.
On a en effet attiré notre attention sur le fait que l’Internet
avait élargi la portée de l’exploitation sexuelle en facilitant un
contact direct et anonyme. Après avoir établi le rôle joué par
l’Internet dans l’exploitation sexuelle des enfants, notre comité a
décidé d’examiner les autres façons dont l’Internet nuit à la
sécurité de nos enfants.
On November 30, 2011, our committee was authorized by the
Senate to examine and report upon the issue of cyberbullying in
Canada with regard to Canada’s human rights obligations under
Article 19 of the United Nations Convention on the Rights of the
Child.
Le 30 novembre 2011, le Sénat a confié à notre comité le
mandat d’examiner la question de la cyberintimidation au
Canada en ce qui concerne les obligations internationales du
Canada en matière de droits de la personne aux termes de
l’article 19 de la Convention des Nations Unies relative aux droits
de l’enfant et d’en faire rapport.
[English]
[Traduction]
On November 30, 2011, the Standing Senate Committee on
Human Rights was authorized by the Senate to examine and
report upon the issue of cyberbullying in Canada with regard to
Canada’s international human rights obligations under Article 19
of the United Nations Convention on the Rights of the Child.
Le 30 novembre 2011, le Comité sénatorial permanent des
droits de la personne a été autorisé par le Sénat à examiner, en vue
d’en faire rapport, la question de la cyberintimidation au Canada
en ce qui concerne les obligations internationales du Canada en
matière de droits de la personne aux termes de l’article 19 de la
Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
On April 18, 2011, the UN Committee on the Rights of the
Child stated that mental violence as framed in the article 19 of the
convention can include:
Le 18 avril 2011, le Comité des droits de l’enfant des Nations
Unies a déclaré que la violence mentale dont il est question à
l’article 19 de la convention peut inclure ce qui suit :
Psychological bullying and hazing by adults or other
children, including via information and communication
technologies (ICTs) such as mobile phones and the Internet
(known as ‘‘cyberbullying’’).
L’intimidation psychologique et l’initiation par des
adultes ou d’autres enfants, y compris au moyen des
technologies de l’information et des communications (TIC)
comme les téléphones cellulaires et Internet (la
« cyberintimidation »).
The permanent standing committee on human rights is aware
that the face of bullying has changed. For now, it has moved from
classrooms and schoolyards into the security of our homes by way
of the Internet. In addition to the social, verbal and physical
abuse many children today are forced to endure cyberbullying
which is yet an additional challenge to a young person.
Le Comité sénatorial permanent des droits de la personne sait
que l’intimidation a changé de visage. Elle n’a maintenant plus
lieu dans les salles de classe et dans les cours d’école. Aujourd’hui,
elle déjoue la sécurité de nos foyers en passant par Internet. En
plus de la violence sociale, verbale et physique, beaucoup
d’enfants doivent maintenant endurer la cyberintimidation, qui
pose encore un obstacle de plus pour une jeune personne.
Cyberbullying, as defined by the Montreal police, is the posting
of threatening or degrading messages about someone using
words, images and it also includes harassment.
D’après le Service de police de Montréal, l’intimidation, c’est
l’affichage de menaces ou de messages dégradants au sujet d’une
personne à l’aide de paroles ou d’images, et elle inclut également
le harcèlement.
Cyberbullying take place through emails, in chat rooms,
discussion groups, web sites and through instant messaging.
La cyberintimidation se fait par courriels, dans les bavardoirs,
dans les groupes de discussion et dans les sites web et par
messagerie instantanée.
This is a problem that many of our young people are facing. In
fact, recent studies have indicated that 25 per cent of young net
surfers say they have received hate messages about other people
via email.
C’est un problème auquel font face beaucoup de nos jeunes. En
fait, selon des études récentes, le quart des jeunes internautes
disent avoir reçu des messages haineux concernant d’autres
personnes par courriel.
Over the past decade we have watched bullying move from our
classrooms and playgrounds into our homes by way of the
Internet. With the popularity of handheld devices and smart
phones today, it has become very difficult, if not impossible, to
escape cyberbullies. One can even make the argument that
Au cours de la dernière décennie, nous avons été témoins du
passage de l’intimidation de nos salles de classe et de nos terrains
de jeux à nos foyers, au moyen d’Internet. Vu la popularité des
appareils portatifs et des téléphones intelligents, il est devenu très
difficile aujourd’hui, voire impossible, d’échapper aux
cyberintimidateurs. On pourrait même dire que les appareils
12:8
Human Rights
7-5-2012
handheld devices like BlackBerrys and iPhones have become a
part of many young people’s anatomy, as they are rarely
separated from their devices.
portatifs comme les BlackBerry et les iPhone sont une nouvelle
partie du corps de beaucoup de jeunes, puisqu’ils s’en séparent
rarement.
Without protection and assistance, many children who are
victims of cyberbullying are left to face these challenges alone.
Our committee intends to examine ways in which we both protect
and assist our children.
Sans protection et sans aide, beaucoup d’enfants victimes de
cyberintimidation doivent arriver à surmonter ces obstacles seuls.
Le comité a l’intention d’examiner les façons de protéger nos
enfants et de leur venir en aide.
This is our third meeting on this study, and I would like to
introduce our first panel. We have with us today Dr. Elizabeth
Meyer, Dr. Shelley Hymel, and Dr. Tina Daniels. Professor
Meyer, who is joining us via video conference, is an assistant
professor of education at California State Polytechnic University
and has published a number of books and papers on
cyberbullying, bullying, harassment and gender, and she
examines how those issues affect young people in schools.
Il s’agit de notre troisième séance dans le cadre de l’étude, et
j’aimerais présenter les membres de notre premier groupe de
témoins. Nous recevons aujourd’hui Mmes Elizabeth Meyer,
Shelley Hymel et Tina Daniels. Mme Meyer, qui participe à la
séance par vidéoconférence, est professeure adjointe d’éducation à
California Polytechnic State University et l’auteure d’un certain
nombre d’ouvrages et d’articles sur la cyberintimidation,
l’intimidation, le harcèlement et l’inégalité des sexes, et elle
examine l’incidence de ces problèmes sur les jeunes dans les écoles.
Dr. Shelley Hymel is a professor of psychology at the
University of British Columbia. She has written a number of
publications pertaining to psychological and social development
in school-age children, and has focused on bullying and youth
aggression.
Mme Shelley Hymel est professeure de psychologie à
l’Université de la Colombie-Britannique. Elle est l’auteure d’un
certain nombre de publications sur le développement
psychologique et social des enfants d’âge scolaire, et elle s’est
intéressée en particulier à l’intimidation et à l’agression chez les
adolescents.
We also have the pleasure to welcome Dr. Tina Daniels. She is
an associate professor at Carleton University’s Department of
Psychology and is the Coordinator of the Child Studies program
at Carleton. She is an executive member of the anti-bullying
NGO, PREVNet, and is the current chair of the Ottawa Antibullying Coalition.
Nous avons aussi le plaisir d’accueillir Mme Tina Daniels.
Mme Daniels est professeure agrégée au Département de
psychologie de l’Université Carleton, et elle est la
coordonnatrice du programme d’études sur l’enfance de cette
université. Elle est aussi membre de la direction d’une ONG de
lutte contre l’intimidation, PREVNet, et l’actuelle présidente de la
Coalition contre l’intimidation d’Ottawa.
I would like to welcome all of you to the committee. I know
you all have opening statements; we will start with Dr. Meyer.
J’aimerais vous souhaiter à toutes la bienvenue à la séance du
comité. Je sais que vous avez toutes des déclarations préliminaires
à faire. Nous allons commencer par Mme Meyer.
Elizabeth Meyer, Professor, School of Education, California
Polytechnic State University and Concordia University: Good
afternoon, Madam Chair and honourable senators. Thank you
for the opportunity to present today. I am proud to have the
chance to address you as a parent, a teacher, a scholar and an
advocate for youth.
Elizabeth Meyer, professeure, École de l’éducation, California
Polytechnic State University et Université Concordia : Bonjour,
madame la présidente, mesdames et messieurs les sénateurs. Merci
de m’avoir invitée à témoigner aujourd’hui. Je suis fière d’avoir
l’occasion de m’adresser à vous en tant que mère, enseignante,
universitaire et défenseure des jeunes.
I would like to start with some stories from the U.S. to
contextualize my comments and recommendations. In the spring
of 2009, a 13-year-old Hope sent a sext message to a boy at school
she had a crush on. Another girl found this image on the boy’s
phone and forwarded it around the school. She was suspended at
school for sending the photo and was then subjected to sexual
harassment from her peers throughout the summer. When school
started in the fall, the school councillor noticed Hope had started
engaging in self-harm by cutting herself, and asked her to sign a
no-harm contract but did not inform the family of her concerns.
J’aimerais commencer par vous raconter certaines choses qui se
sont passées aux États-Unis pour mettre en contexte mes
observations et mes recommandations. Au printemps 2009, une
jeune fille de 13 ans, Hope, a envoyé un sexto à un garçon de
l’école pour lequel elle avait le béguin. Une autre fille a trouvé la
photo dans le téléphone du garçon, et elle l’a transmise aux autres
élèves de l’école. Hope a été suspendue pour avoir envoyé la
photo, et elle a subi du harcèlement sexuel de la part de ses pairs
pendant tout l’été. Lorsque les cours ont recommencé à
l’automne, le conseiller pédagogique a remarqué qu’elle avait
commencé à s’automutiler et il lui a demandé de signer un
engagement à ne pas se faire du mal, mais il n’a pas informé sa
famille de ce qui la préoccupait.
7-5-2012
Droits de la personne
12:9
Hope hanged herself from her bedpost the next day.
Her mother found her when she came in to say good night.
Hope s’est pendue au pied de son lit le jour suivant. Sa mère l’a
trouvée lorsqu’elle est venue lui dire bonne nuit.
There have been similar cases in Ohio, New Jersey and
California where such cyberbullying led to anti-bullying and
comprehensive cyberbullying legislation in those states. This
legislation is important because recent case law in the United
States has only muddied the waters on schools’ authority to
intervene in incidents of online harassment.
Il y a eu des cas similaires en Ohio, au New Jersey et en
Californie, où des occurrences de cyberintimidation de ce genre
ont mené à l’adoption de lois contre l’intimidation et de
dispositions législatives exhaustives concernant la
cyberintimidation. Les lois de ce genre sont importantes, parce
que la jurisprudence récente aux États-Unis n’a fait que rendre
confuse la question du pouvoir des écoles d’intervenir lorsque
surviennent des cas de harcèlement en ligne.
For example, a California case, J.C. v. Beverly Hills Unified
School District, had a group of students who had been filmed
talking about a classmate after school, calling her things like
‘‘slut’’ and ‘‘ugly.’’ It was posted to YouTube. The student
complained and the school then suspended the one who posted
the video. That student then successfully sued the school for
violating her expression rights.
Dans une affaire entendue récemment en Californie,
J.C. v. Beverly Hills Unified School District, par exemple, un
groupe d’étudiants avait été filmé en train de parler d’une
camarade de classe après l’école et disant d’elle qu’elle était
« laide » et que c’était une « putain ». Le film a été affiché dans
YouTube. L’étudiante concernée s’est plainte auprès de
l’administration de l’école, qui a suspendu la personne qui avait
affiché la vidéo. Cette dernière a ensuite poursuivi l’école pour
violation de son droit d’expression, et elle a eu gain de cause.
On the oppose side of the coin, a school district in West
Virginia was in a similar situation where students created a
MySpace page using sexualized insults about another female
student, such as ‘‘slut’’ and ‘‘whore.’’ The school’s action in this
case was supported by the courts.
À l’autre extrême, le district scolaire de Virginie-Occidentale
s’est retrouvé dans une situation semblable lorsque des étudiants
ont créé une page MySpace pour y afficher des insultes de nature
sexuelle au sujet d’une autre élève de sexe féminin, comme
« putain » et « prostituée ». Dans ce cas-ci, les tribunaux ont
confirmé le bien-fondé des mesures prises par l’école.
These conflicting legal decisions leave schools with no clear
guidance on how to respond. Teachers and administrators feel
insecure and powerless to intervene. Schools need clear
jurisdiction to be able to address incidents that take place
off-campus but clearly impact students’ feelings of safety at
school and, by extension, in their community.
Ces décisions contradictoires des tribunaux font en sorte que
les écoles ne savent pas comment réagir, puisqu’elles ne reçoivent
pas de directives claires. Les enseignants et les administrateurs
sont craintifs et se sentent impuissants. Il faut confier aux écoles
un pouvoir d’intervention clair pour qu’elles puissent régler les
incidents qui surviennent en dehors de l’école, mais qui ont
manifestement une incidence sur le sentiment de sécurité des
élèves à l’école, et par extension, dans leur collectivité.
We must also be aware of particularly vulnerable groups who
seek information and support online, particularly lesbian, gay,
bisexual and transgender youth. These young people are more
likely to have minimal support at home and in school, and even
experience negative and hostile responses from adults and family
members in their lives. They need alternative sources of support,
such as a national hotline or other federally-supported resources
because their local networks will not always be supportive.
Nous devons aussi tenir compte des groupes particulièrement
vulnérables qui cherchent de l’information et du soutien en ligne,
et surtout les jeunes lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres. Ces
jeunes sont plus susceptibles que les autres de recevoir peu de
soutien à la maison et à l’école, et même d’obtenir une réaction
négative et hostile de la part des adultes et des membres de leur
famille qu’ils côtoient. Ils ont besoin d’autres sources de soutien,
comme une ligne sans frais nationale ou d’autres ressources
financées par le gouvernement fédéral, parce que leurs réseaux
locaux ne leur offrent pas toujours d’aide.
Transgender and gender non-conforming youth are
particularly vulnerable. Research tells us that these young
people experience extremely high rates of verbal and physical
harassment at school and in their communities. Greater
protections for transgender Canadians must be clearly
incorporated in any human rights project.
Les jeunes transgenres et non-conformistes sexuels sont
particulièrement vulnérables. Les études montrent que ces
jeunes subissent du harcèlement verbal et physique à l’école et
dans leur collectivité dans une proportion extrêmement élevée.
Il faut que des mécanismes de protection des Canadiens
transgenres plus solides soient clairement intégrés dans tout
projet relatif aux droits de la personne.
12:10
Human Rights
7-5-2012
School leaders, local law enforcement, health and social service
agencies all must be encouraged to collaborate on solutions to
these problems in communities across Canada, with a particular
emphasis on issues related to gender and sexuality.
Les dirigeants des écoles, les services de police et les organismes
de soins de santé et de services sociaux doivent tous être
encouragés à collaborer à la recherche de solutions à ces
problèmes dans les collectivités de l’ensemble du Canada, en
mettant l’accent sur les questions liées au sexe et à la sexualité
Targets of cyberbullying often skip school and experience
higher levels of anxiety, depression, alcohol and drug abuse, and
suicidal thoughts. Therefore, there needs to be strong
collaboration with and support from the health and social
service agencies, as well as law enforcement and school discipline.
Les victimes de cyberintimidation ratent souvent des cours et
vivent davantage d’anxiété et de dépression et elles ont davantage
de problèmes de toxicomanie et de tendances suicidaires que les
autres. Il faut donc qu’il y ait une bonne collaboration avec les
organismes de soins de santé et de services sociaux et que ceux-ci
fournissent du soutien, comme les services de police et les
autorités scolaires.
Teachers feel they have very limited influence and authority in
school settings, especially related to cyberbullying. However, they
are often the ones tasked with tackling these complex and difficult
issues because they have the most direct contact with the students.
Les enseignants ont l’impression de n’avoir que très peu
d’influence et de pouvoir dans les écoles, surtout en ce qui a trait à
la cyberintimidation. Pourtant, ce sont souvent eux qui ont la
tâche de s’attaquer à ces problèmes complexes difficiles à régler,
parce que ce sont eux qui sont en contact direct avec les élèves.
We must do more to support classroom teachers by
recognizing and rewarding those who are modeling best
practices, such as human rights education, sexuality education,
digital literacy projects, and multi-cultural approaches to
classroom management and instruction; and supporting efforts
to pass best knowledge on through encouraging the development
of professional learning communities and other workshops and
professional development opportunities.
Nous devons soutenir davantage les enseignants en soulignant
et en récompensant les efforts de ceux qui adoptent des pratiques
exemplaires, comme l’éducation en matière de droits de la
personne, l’éducation sexuelle, les projets d’initiation au
numérique et les démarches multiculturelles de gestion de classe
et de l’enseignement, ainsi qu’en soutenant les efforts visant à
transmettre les meilleures connaissances et en encourageant la
création de communautés de perfectionnement professionnel et
d’autres ateliers et occasions dans ce domaine.
We cannot hope to effectively reduce the prevalence and
impacts of cyberbullying if we do not explicitly address the most
common and most hurtful forms of it: Those that are sexual,
homophobic and racist in nature.
Nous ne pouvons espérer réduire la prévalence et les incidences
de la cyberintimidation si nous ne nous attaquons pas précisément
à ses formes les plus courantes et les plus dommageables, c’est-àdire celles de nature sexuelle, homophobe et raciste.
I offer five specific recommendations for your consideration.
The first is to initiate and fund a public education campaign on
cyberbullying — what it is and whose job it is to prevent and
intervene. This should include traditional media outlets, as well as
online resources such as YouTube, Twitter and Facebook.
Je vous soumets cinq recommandations précises. La première,
c’est de lancer et de financer une campagne de sensibilisation de la
population à la cyberintimidation — ce que c’est et qui doit la
prévenir et intervenir lorsqu’elle survient. Cette campagne devrait
se faire par les médias ordinaires ainsi que par les ressources en
ligne comme YouTube, Twitter et Facebook.
Second, create a federal liaison to support and work with
provincial ministries, social service agencies, law enforcement and
education to assist in investigations and coordinate responses and
support mechanisms.
Ma deuxième recommandation, c’est de créer un organisme
fédéral de liaison qui fournira du soutien et collaborera avec les
ministères provinciaux, les organismes des services sociaux, les
services de police et le milieu de l’enseignement pour contribuer
aux enquêtes et coordonner les mécanismes d’intervention et de
soutien.
Related to this is my third recommendation: Build, endorse or
fund a central reporting mechanism, using the StopABully
website model, possibly including an app for smartphones.
Having a central place to report cyberbullying makes it an easy
entry point for students and parents to report and even tell them if
‘‘you feel unsafe right now.’’ Depending on the severity, it can put
them in contact with social services as well as law enforcement.
Ma troisième recommandation est liée à la deuxième : mettre
en place, appuyer ou financer un mécanisme centralisé de
dénonciation, à partir du modèle du site web StopABully, avec
peut-être une application pour téléphone intelligent. L’existence
d’une organisation centralisée auprès de laquelle dénoncer la
cyberintimidation facilite la chose pour les étudiants et les
parents, qu’il s’agisse même simplement de déclarer qu’on se
sent en danger. Selon la gravité de la menace, les gens de
l’organisation peuvent les mettre en contact avec les services
sociaux ou avec la police.
7-5-2012
Droits de la personne
12:11
Fourth, fund action-based research projects that prioritize
interagency collaboration, education and intervention in order to
establish local and provincial networks to create more holistic and
effective responses to cyberbullying.
Ma quatrième recommandation, c’est de financer les projets de
recherche axés sur les mesures ayant pour priorités la
collaboration, la sensibilisation et l’intervention et pour objectif
d’établir des réseaux locaux et provinciaux afin de lutter de façon
plus efficace et cohérente contre l’intimidation.
Finally, partner with the Canadian Teachers Federation and
provincial ministries of education to establish and fund initiatives
to support teacher professional development and integration of
human rights education and digital literacy activities in K through
12 classrooms.
Je vous recommande enfin de conclure un partenariat avec la
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants ainsi
qu’avec les ministères de l’Éducation des provinces dans le but de
mettre en oeuvre et de financer des initiatives de soutien au
perfectionnement professionnel des enseignants et à l’intégration
d’activités de sensibilisation aux droits de la personne et au
numérique dans les programmes de la maternelle à la douzième
année.
In conclusion, cyberbullying is an important human rights
issue to address, and any effort must also address the central
issues of gendered, racialized and sexualized bias that is the most
common and most hurtful forms of communication online.
Prevention through education and effective response through
collaboration are where we need the federal government’s
leadership on this issue.
En conclusion, la cyberintimidation est un problème touchant
les droits de la personne qu’il est important d’aborder, et tout
effort déployé en ce sens doit également aborder la question
cruciale des préjugés fondés sur le sexe, la race et la sexualité,
lesquels sont à l’origine des formes de communication en ligne les
plus préjudiciables et les plus courantes. C’est à l’égard de la
prévention par la sensibilisation et l’intervention efficace par la
collaboration que nous avons besoin que le gouvernement fédéral
joue un rôle de chef de file dans le domaine.
Shelley Hymel, Professor, Department of Educational and
Counselling Psychology, and Special Education, University of
British Columbia: Honourable senators, let me begin by thanking
the committee for giving me this opportunity to provide
testimony and recommendations regarding electronic bullying
here in Canada.
Shelley Hymel, professeure, Département de pédagogie et
psychologie de l’orientation et de l’éducation spécialisée,
Université de la Colombie-Britannique : Mesdames et messieurs
les sénateurs, permettez-moi de commencer par remercier le
comité de m’avoir invitée à témoigner et à formuler des
recommandations concernant l’intimidation électronique au
Canada.
Some have described electronic bullying as simply a new
medium through which to engage in relational or social
aggression, and this makes some sense in that when sex
differences are found, both forms are perpetrated more often by
girls.
On a décrit l’intimidation électronique comme étant
simplement un nouveau moyen par lequel poser des actes
d’agression relationnelle ou sociale, et cette description est
sensée, puisque, lorsqu’il y a des différences entre les sexes dans
ce domaine, les deux formes d’agression sont plus souvent le fait
des filles que les garçons.
However, the electronic medium changes the message in very
critical ways. Electronic bullying is pervasive and persistent.
Everyone can see it and it is difficult if not impossible to take it
back. Moreover, the online environment affords perpetrators
significant visible anonymity and a sense of privacy and
protection that can lead to even more negative behaviour.
Toutefois, le médium électronique modifie le message à
certains égards tout à fait fondamentaux. L’intimidation
électronique est omniprésente et durable. Tout le monde peut
voir l’acte d’intimidation, et il est difficile, voire impossible, de
l’effacer. En outre, le fait qu’il se passe en ligne permet à l’auteur
d’obtenir une importante visibilité tout en demeurant anonyme et
lui donne le sentiment d’être protégé, ce qui peut le pousser à
poser des actes encore plus malveillants.
Although this is the least frequent form of bullying that
students report, it is not surprising that that is the form they fear
the most.
Même s’il s’agit de la forme d’intimidation que les élèves
déclarent le moins souvent, il n’est pas étonnant que ce soit celle
qu’ils craignent le plus.
Our research shows that with electronic bullying, distinctions
between the bully and victim roles are often blurred, more so than
the traditional bullying. Children are more likely to admit being
both bully and victim. Perhaps students feel more comfortable or
more capable of relating through online and retaliating through
online aggression, making it difficult to determine where it all
starts.
Les recherches que nous avons menées montrent que, dans
l’intimidation électronique, la distinction entre le rôle de
l’intimidateur et celui de sa victime s’estompe souvent,
davantage que lorsqu’il s’agit d’intimidation ordinaire. Les
enfants sont plus susceptibles d’admettre qu’ils posent des gestes
d’intimidation ou qu’ils sont victimes. Peut-être que les élèves se
sentent plus à l’aise ou davantage en mesure de se sentir
12:12
Human Rights
7-5-2012
interpellés en ligne et d’exercer des représailles en posant des
gestes d’agression en ligne, ce qui fait qu’il est difficile de
déterminer à quel moment tout a commencé.
Research from our laboratory also informs our understanding
of the links between cyberbullying and mental health. We have
found that both cyberbullying and cybervictimization
significantly predict student reports of depression and suicidal
ideation, even after controlling for involvement in more
traditional forms.
Les recherches menées dans notre laboratoire sont également à
la base de notre compréhension des liens entre la
cyberintimidation et la santé mentale. Nous avons constaté
l’existence d’une corrélation importante entre la
cyberintimidation et la cybervictimisation, d’une part, et les
états dépressifs et les idées de suicide déclarés par les élèves, de
l’autre, même si l’on exclut les cas qui s’accompagnent d’une
forme plus courante d’intimidation.
We know that bullying in all its forms increases during the
elementary school years and peaks around grades 8 to 10. It
declines somewhat thereafter, but it never goes away. It is with
our adults in the workplace and in our communities.
On sait que l’intimidation sous toutes ses formes devient de
plus en plus fréquente au cours des années du primaire, pour
atteindre un sommet situé quelque part entre la huitième et la
10e année. Elle devient un peu moins fréquente par la suite, mais
elle ne disparaît jamais complètement. Des adultes s’y livrent dans
nos lieux de travail et dans nos collectivités.
To address this problem, I think we have to adopt a
developmental perspective.
Pour régler ce problème, je pense que nous devons adopter un
point de vue fondé sur le développement.
Social skills develop very gradually during the time children are
in school. By the late elementary years, when bullying reaches a
peak, they have well-developed skills sufficient to engage in
bullying. However, there are three areas that are not adequately
developed. First, children at this age tend to be entering a period
of identity development, trying to figure out who they are and
how they fit in. Some stumble upon bullying in this process and it
works.
Les aptitudes sociales se développent très graduellement chez
les enfants qui fréquentent l’école. Au moment où l’intimidation
atteint un sommet, c’est-à-dire au cours des dernières années du
primaire, leurs aptitudes sont suffisamment développées pour leur
permettre de poser des actes d’intimidation. Toutefois, il y a trois
aspects de leur personne qui ne sont pas suffisamment développés.
Premièrement, les enfants tendent à entrer à cet âge dans une
période de développement de l’identité où ils essaient de trouver
qui ils sont et quel est leur rôle au sein du groupe. Il y en a qui
découvrent l’intimidation dans ce processus et constatent que c’est
un moyen efficace.
Second, we know that this is the time when the frontal lobe of
the brain, the part that oversees executive functions and puts
information together to help us make the best decision, undergoes
a rapid period of development that continues into the mid-20s.
Deuxièmement, on sait que c’est à cette époque du
développement que le lobe frontal du cerveau, soit la partie de
celui-ci qui assure les fonctions exécutives et collige l’information
pour nous permettre de prendre la meilleure décision possible,
subit une période de développement rapide qui se poursuit jusqu’à
la mi-vingtaine.
Finally, at this point most children are considered to be in the
pre-conventional stage of moral development, focusing primarily
on what is it in for me. It is not that these children are immoral.
Rather, our research is showing that these children are just
beginning to understand the society as a social system where we
have to work together and help each other.
Enfin, la plupart des enfants sont considérés comme étant à ce
moment-là à l’étape préconventionnelle du développement moral,
ils voient surtout ce qu’une situation peut leur rapporter. Ce n’est
pas qu’ils soient immoraux. Nos recherches montrent plutôt que
les enfants ne font que commencer à comprendre à ce moment-là
que la société est un système social dans lequel nous devons
collaborer et nous entraider.
Our research shows that children who bully others, including
electronic bullying, are much more likely to morally disengage in
thinking about their own behaviour. They justify and rationalize
it in such a way that they minimize their own responsibility for the
outcomes and the outcomes themselves. Such moral
disengagement also predicts bystander behaviour.
Les études que nous avons menées montrent que les enfants qui
se livrent à l’intimidation, y compris à l’intimidation électronique,
sont beaucoup plus susceptibles que les autres de se désengager
moralement dans leur réflexion au sujet de leur propre
comportement. Ils le justifient et le rationalisent en minimisant
leurs responsabilités quant aux conséquences ainsi que ces
conséquences en tant que telles. Il y a aussi une corrélation
entre ce désengagement moral et le comportement de spectateurs
passifs.
7-5-2012
Droits de la personne
12:13
Given these developmental factors, my recommendations for
addressing bullying, both electronic and traditional, focus on
education. Dan Olweus, whom many consider to be the
grandfather of research on bullying, told us long ago that every
child has the right not to be victimized in school. If it takes a
whole village to raise a child, then I think it takes a nation to
change a culture, and that is what we need to do. We need a
national strategy supported by the government that focuses on
school and on research evaluating the efficacy of our work. The
success of such approaches in other countries around the world,
often led by ministries of education, lends hope to the success of
such efforts.
Compte tenu des facteurs développementaux que j’ai évoqués,
mes recommandations pour régler les problèmes de l’intimidation,
qu’elle soit électronique ou ordinaire, sont axées sur la
sensibilisation. Dan Olweus, considéré par beaucoup comme
étant le père de la recherche sur l’intimidation, nous a dit il y a
longtemps que tous les enfants ont le droit de fréquenter l’école
sans être victimisés. S’il faut tout un village pour éduquer un
enfant, alors je pense qu’il faut un pays pour changer une culture,
et c’est ce que nous devons faire. Nous devons adopter une
stratégie nationale appuyée par le gouvernement qui soit axée sur
les écoles et sur la recherche visant à évaluer l’efficacité de notre
travail. Le succès de démarches de ce genre dans d’autres pays,
souvent menées par les ministères de l’Éducation, permet
d’espérer que les efforts qui seraient déployés ici pourraient
également être couronnés de succès.
Moreover, schools are the most cost-effective place in which to
address bullying. For example, several studies have now
demonstrated links between early bullying and later delinquency
and criminal behaviour. Take that in conjunction with research
by an economist named Cohen in 1998 who determined that one
high-risk youth who drops out of school and becomes a career
criminal costs society $1.3 to $1.5 million over a lifetime. In
Canada, it is estimated that we spend over $9 billion annually on
relationship violence. I contend that the costs of prevention
through our schools and through research would be far less than
the cost of dealing with the aftermath.
Par ailleurs, les écoles sont l’endroit où il est le plus rentable de
s’attaquer au problème d’intimidation. Plusieurs études ont par
exemple montré l’existence de liens entre l’intimidation chez les
enfants et la délinquance et les comportements criminels plus tard
au cours de leur vie. Il faut penser en même temps aux travaux de
recherche menés par un économiste du nom de Cohen en 1998,
qui a déterminé qu’un jeune à risque élevé qui quitte l’école et
choisit la criminalité coûte à la société de 1,3 à 1,5 million de
dollars au cours de sa vie. Selon les estimations, nous dépensons
plus de 9 milliards de dollars par année au Canada pour régler les
problèmes liés à la violence relationnelle. J’ose affirmer que le
coût de la prévention dans nos écoles et par la recherche serait
beaucoup moins élevé que le coût qu’entraînent les conséquences.
In my view, bullying is part of a much larger issue for Canada,
be it electronic or traditional forms that we are talking about, the
need to address social and emotional development in our schools.
In the U.S., this movement is led by the Collaborative for
Academic, Social, and Emotional Learning, or CASEL, and their
research shows that school-based efforts to promote social and
emotional learning not only enhance pro-social behaviour and
reduce negative behaviour but also foster positive academic
performance.
À mon sens, l’intimidation fait partie d’un problème beaucoup
plus important qui se pose au Canada, que ce soit l’intimidation
électronique ou sous une forme plus courante, comme nous en
avons parlé, et il s’agit du fait qu’on ne parle pas suffisamment du
développement social et affectif dans nos écoles. Aux États-Unis,
le mouvement en ce sens est mené par le Collaborative for
Academic, Social, and Emotional Learning, le CASEL, et les
recherches que mène ce groupe montrent que les initiatives de
promotion d’apprentissage social et affectif dans les écoles a pour
effet non seulement d’accroître les comportements prosociaux et
de réduire les comportements négatifs, mais aussi de favoriser la
réussite scolaire.
This must become a mandatory part of training for both preservice and in-service teachers, as teachers tell us repeatedly that
they do not feel equipped to handle the problem. We need to stop
thinking about bullying as a discipline problem and to start
thinking of it as a teaching moment. The vast majority of schools
today still rely on punitive methods of discipline. A more effective
approach is to teach children to be responsible for their own
behaviour through restorative practices and restitution practices
that build empathy and help to make children who bully
accountable for their behaviour.
Cela doit faire partie de la formation obligatoire des
enseignants pendant leurs études et une fois qu’ils sont en poste,
puisque les enseignants nous répètent constamment qu’ils ne se
sentent pas bien outillés pour s’occuper du problème. Il faut que
nous arrêtions de voir l’intimidation comme un problème de
discipline et commencions à l’envisager comme un objet de
l’enseignement. Aujourd’hui encore, la vaste majorité des écoles
appliquent les méthodes de la discipline punitive. Une façon de
faire plus efficace, c’est d’enseigner aux enfants à être
responsables de leur comportement par des pratiques
réparatrices et de restitution qui favorisent l’empathie et aident
les enfants qui posent des gestes d’intimidation à se
responsabiliser à l’égard de leur comportement.
12:14
Human Rights
7-5-2012
Bullying is not just a school problem. It is a community
problem and a societal problem. Still, I believe that our greatest
hope in address bullying is by focusing on the next generation,
helping them to develop the competencies needed to avoid
negative behaviours such as bullying and aggression.
L’intimidation n’est pas un problème qui se pose seulement
dans les écoles. C’est un problème qui touche les collectivités et un
problème de société. Pourtant, je crois que notre plus grand espoir
réside dans le travail auprès de la prochaine génération, c’est-àdire dans le fait d’aider celle-ci à acquérir les compétences
nécessaires pour éviter les comportements négatifs comme
l’intimidation et l’agression.
With that, I want to read you a quote from a young girl, Sarah,
who at 17 had been the victim of much bullying, both traditional
and online. She gives us this message: In conclusion, there is no
conclusion to what children who are bullied live with. They take it
home with them at night. It lives inside of them and eats away at
them. It never ends, so neither should our struggle to end it.
Là-dessus, j’aimerais vous lire une citation d’une jeune fille,
Sarah, qui, à 17 ans, avait vécu beaucoup d’intimidation, en ligne
et dans la vie de tous les jours. Voici le message qu’elle veut nous
transmettre : enfin, ce que les enfants qui sont victimes
d’intimidation vivent est sans fin. Ils ne s’en libèrent pas
lorsqu’ils rentrent chez eux le soir. C’est en eux et ça les ronge.
Il n’y a jamais de fin, et notre lutte contre l’intimidation ne devrait
jamais en avoir non plus.
Tina Daniels, Associate Professor, Department of Psychology,
Carleton University: I thank you for the opportunity to speak to
you today.
Tina Daniels, professeure agrégée, Département de psychologie,
Université Carleton : Je vous remercie de m’avoir invitée à
m’adresser à vous aujourd’hui.
In Canada, at least 79 per cent of Canadian youth have access
to the Internet and more than half use it for at least an hour every
day, primarily for socializing and communicating with their peers.
This technological revolution brings with it many challenges, one
being how to help children navigate this lifeline to their peer
group with the pressures to fit in and to act in a certain way,
tempting them into acts that may be harmful and hurtful to
others.
Au moins 79 p. 100 des jeunes du Canada ont accès à Internet,
et plus de la moitié l’utilisent pendant au moins une heure par
jour, surtout pour établir des liens et communiquer avec leurs
pairs. La révolution technologique est à l’origine de nombreux
défis nouveaux, l’un d’entre eux étant de trouver une façon
d’aider les enfants à gérer ce lien essentiel avec leur groupe,
compte tenu des pressions liées à l’appartenance et au fait d’agir
d’une manière donnée, et de la tentation à laquelle ils sont exposés
d’agir d’une façon qui peut être nuisible et blessante pour les
autres.
This has led to much concern in the area of cyberbullying.
However, in many ways, cyberbullying is not very different from
traditional bullying. The underlying causes for these behaviours
do not differ significantly. Cyberbullying meets the same needs,
leads to the same emotions, and is motivated by the same desire
for power, status and control as are other forms of bullying
behaviour.
Beaucoup de préoccupations liées à la cyberintimidation
viennent de l à. Toutefois, à de nombreux égards, la
cyberintimidation n’est pas très différente de l’intimidation
ordinaire. Les causes fondamentales des comportements en
question ne sont pas vraiment différentes. La cyberintimidation
répond aux mêmes besoins, fait naître les mêmes émotions et est
motivée par le même désir de pouvoir, de prestige et d’emprise que
les autres formes de comportement d’intimidation.
Where it is different is in the magnitude of both the behaviours
received and the consequences of these acts.
Ce qui est différent, c’est l’ampleur des comportements
transmis et des conséquences des actes posés.
Children report that they will use more hurtful and harmful
behaviours on the Internet than they would face to face. The
effects are more harmful and seem to contribute hurt over and
above what traditional face-to-face bullying does. These
behaviours infiltrate homes such that no place is safe and they
are very hard to address. It can take many months to get a hurtful
website taken down.
Les enfants disent qu’ils sont capables d’adopter des
comportements plus blessants et préjudiciables sur Internet
qu’en personne. Les effets sont plus profonds et semblent
accentuer la blessure qui est causée par l’intimidation ordinaire
faite en personne. Ces comportements s’immiscent dans les foyers,
ce qui fait qu’il n’y a plus de lieux qui soient sûrs et qu’il est très
difficile de les enrayer. Il peut falloir des mois pour faire
disparaître un site web qui cause du tort.
Many argue that the distinctive user mentality and the
anonymity of cyberbullying represent a distinct difference.
Although this can be the case, research suggests that in many
cases individuals who are cyberbullied are cyberbullied by
someone they know.
Beaucoup de gens soutiennent que la mentalité qui est
distinctement celle de l’usager et l’anonymat de la
cyberintimidation constituent une différence nette. Ce pourrait
être le cas, mais les études montrent que les victimes de
cyberintimidation sont souvent intimidées par une personne
qu’elles connaissent.
7-5-2012
Droits de la personne
12:15
Another possible area of difference is the lack of feedback
received by the perpetrator regarding the level of harm that is
caused and that this may lead to more serious actions, but in
general, children who are cyberbullied experience the same
powerlessness and hopelessness as do those who are face-to-face
bullied, although it may be particularly difficult for them to
escape their tormentors due to the challenges of removing hurtful
material from the Internet.
Un autre aspect qui pourrait être différent, c’est l’absence de
rétroaction pour l’auteur des actes de cyberintimidation en ce qui
a trait à l’ampleur du tort qu’il a causé, ainsi que le fait que cela
peut le pousser à poser des gestes plus graves, mais en général, les
enfants qui sont victimes de cyberintimidation vivent la même
impuissance et le même désarroi que ceux qui sont victimes
d’intimidation en personne, quoiqu’il puisse être particulièrement
difficile pour ceux qui subissent de la cyberintimidation
d’échapper à leurs bourreaux parce qu’il est difficile de
supprimer le contenu préjudiciable affiché dans Internet.
Finally, contemporary social norms that accept these
behaviours as normal may foster online abuse.
Enfin, en tenant pour acceptable ce genre de comportement, les
normes sociales contemporaines peuvent favoriser la violence en
ligne.
Cyberbullying is becoming a widespread issue. In Canada, a
recent Alberta study has demonstrated that almost a quarter of
students report being targeted and 30 per cent state that they
have cyberbullied others at least once in the last three months.
La cyberintimidation est en train de devenir un problème d’une
grande ampleur. Une étude menée récemment en Alberta montre
que près du quart des élèves révèlent avoir été victimes de
cyberintimidation et que 30 p. 100 disent avoir posé des actes de
cyberintimidation au moins une fois au cours des trois derniers
mois.
Many studies do not find gender differences, but when they do,
they are small and it is girls who are more frequently experiencing
these behaviours, in particular being called names, having
rumours spread about them, and having someone pretend to be
them online. These behaviours are what I would refer to as social
or relational forms of bullying, which we do see in girls in
traditional bullying as well.
Beaucoup d’études n’ont pas établi de différences entre les
sexes dans le domaine, mais dans les cas où on en a découvert,
c’était de petites différences, et on a constaté que ce sont les filles
qui sont le plus souvent victimes de comportements de ce genre,
notamment le fait de se faire traiter de noms, de faire l’objet de
rumeurs à leur sujet et d’être la victime d’une personne qui se fait
passer pour la victime en ligne. Ces comportements relèvent de ce
que j’appellerais les formes sociales relationnelles de
l’intimidation, dont on constate l’existence chez les filles dans
l’intimidation ordinaire aussi.
The age effects in general have been found to be small, but the
highest rates are for grades 7, 8 and 9.
En règle générale, on a constaté que l’incidence de l’âge est
faible, mais les taux les plus élevés se constatent en septième,
huitième et neuvième année.
All of these numbers that I have talked about for cyberbullying
are similar to those that are reported for traditional bullying
behaviours. In general, youth are reluctant to report
cyberbullying incidents. Studies show that only about 1 to
9 per cent of victims of cyberbullying told their parents at the
time it was occurring. Another study reports that parents are
aware of only 8 per cent of bullying episodes on Facebook. Most
children do not report because they are afraid and they fear loss
of access to their technology.
Tous les chiffres que j’ai cités concernant la cyberintimidation
sont proches de ceux qu’on trouve pour l’intimidation ordinaire.
De façon générale, les jeunes sont réticents à signaler les incidents
de cyberintimidation. Les études montrent que de 1 à 9 p. 100 des
victimes en ont fait part à leurs parents lorsque la chose s’est
produite. Notre étude montre que les parents ne sont au courant
que de 8 p. 100 des cas d’intimidation sur Facebook. La plupart
des enfants ne disent rien parce qu’ils ont peur et qu’ils craignent
qu’on les prive de leur accès aux outils technologiques.
We do know, however, from the general bullying literature that
youth want help. I was recently contacted by two girls from a high
school where there were several Facebook pages up that they
found upsetting and they wanted me to do something about it. I
go to many schools and the students often tell me they feel it is an
adult’s responsibility to deal with bullying, but they also feel that
adults do not know what to do, and that is our challenge.
La documentation sur l’intimidation en général nous apprend
cependant que les jeunes veulent de l’aide. Récemment, deux
élèves d’une école secondaire ont communiqué avec moi pour
parler de plusieurs pages Facebook qu’elles trouvaient
choquantes et pour me demander d’intervenir. Je visite
beaucoup d’écoles, et les élèves me disent souvent qu’à leurs
yeux, ce sont les adultes qui devraient s’occuper de régler les
problèmes d’intimidation, mais qu’ils pensent aussi que les adultes
ne savent pas quoi faire, et c’est le défi que nous avons à relever.
Given what we know about cyberbullying at the current time, I
have given serious consideration to what I can suggest to you in
terms of recommendations. I believe Canada needs a national
Compte tenu de nos connaissances actuelles sur le phénomène
de la cyberintimidation, j’ai bien réfléchi à ce que je pourrais vous
suggérer en matière de recommandations. Je pense que le Canada
12:16
Human Rights
7-5-2012
anti-bullying strategy that encompasses cyberbullying that is
human rights based. We need legislation that gives a clear
message that bullying will not be accepted in our society. This is
necessary, but it is not sufficient to stop bullying.
doit se doter d’une stratégie nationale de lutte contre
l’intimidation qui englobe la cyberintimidation et qui soit
fondée sur les droits de la personne. Il faut que nos lois
envoient clairement un message que l’intimidation ne sera pas
tolérée dans notre société. Ce sont des choses nécessaires, mais
elles ne suffiront pas à mettre fin à l’intimidation.
As a society, we need to focus on a social norms approach, a
shared set of social values. We need to recognize that if our
children are to learn and succeed in the world, the fourth ‘‘R’’ —
relationships — is as important or even more important than
teaching them reading, writing and arithmetic. We need to teach
skills that are incompatible with victimization, such as empathy,
respect and acceptance of diversity.
En tant que société, nous devons mettre l’accent sur une
démarche axée sur les normes sociales, sur un ensemble commun
de valeurs sociales. Il faut que nous reconnaissions le fait que, si
nous voulons que nos enfants apprennent et réussissent dans le
monde, les relations sont une chose aussi importante ou même
encore plus importante que leur apprentissage de la lecture, de
l’écriture et des mathématiques. Il faut que nous leur permettions
d’acquérir des qualités qui sont incompatibles avec la
victimisation, comme l’empathie, le respect et l’acceptation de la
diversité.
We need to adopt a community approach to bullying. Schools
need support. Parents need support. We need to work together,
not at odds with each other.
Nous devons aborder le problème de l’intimidation à l’échelon
communautaire. Les écoles ont besoin de soutien. Les parents
aussi. Nous devons travailler ensemble, et non dans les directions
opposées.
Children are learning. They will make mistakes. This does not
mean they are bad children. They need to be taught the
implications of such behaviour. We need to focus on teachable
moments, not punishment.
Les enfants sont des êtres en apprentissage. Il est normal qu’ils
fassent des erreurs. Il ne faut pas en conclure pour autant qu’ils
sont méchants. Il faut plutôt leur faire comprendre les
conséquences des comportements qu’ils adoptent. Nous devons
nous concentrer sur les moments propices à l’enseignement, et
non sur les punitions.
We need to engage peers. It is the peer group that supports
these behaviours. In the bullying field in general, we are coming to
see how powerful the peer group can be in either fostering and
supporting these behaviours or in eliminating them. It is the social
environment that supports bullying behaviours. As Walter
Bandura noted, ‘‘conducive social conditions rather than
monstrous people produce heinous crimes.’’
Nous devons aussi faire participer leurs pairs. Ce sont les pairs
d’un enfant qui appuient leurs comportements. Dans le domaine
de l’intimidation en général, nous commençons à prendre
conscience du rôle puissant que les pairs peuvent jouer pour
soit favoriser et appuyer les comportements en question soit les
faire disparaître. C’est le milieu social qui permet les
comportements d’intimidation. Comme Walter Bandura l’a dit,
ce sont les conditions sociales propices et non des gens qui seraient
des monstres qui sont à l’origine des crimes haineux.
We have to be careful we do not place our children at more risk
by not supporting them. We cannot tell children to report
bullying and then not be there for them with effective strategies.
We need more education for parents and teachers, especially preservice education for teachers. If this is an important concern for
Canada, then we need to demonstrate the importance by putting
it on the radar of everyone involved.
Nous devons prendre garde de ne pas créer un risque encore
grand pour nos enfants en ne leur offrant pas de soutien. Nous ne
pouvons pas leur dire de signaler les gestes d’intimidation et
ensuite ne pas leur venir en aide avec des stratégies efficaces. Il
faut que nous informions davantage les parents et les enseignants,
surtout pendant leur formation dans le cas des enseignants. S’il
s’agit d’une préoccupation importante au Canada, il faut que
nous en soulignions l’importance en faisant en sorte que cela
devienne une priorité pour toutes les personnes concernées.
Finally, we need to provide parents, families, teachers and
schools with guidelines for the use of technology based on our
knowledge of developmental competencies when our children are
able to cognitively understand the implications and
responsibilities of having a cellphone or a Facebook account. In
Canada, you do not drive until you are 16, even if you really want
a car, and even then you have to have a lot of training before you
do.
Enfin, il faut que nous fournissions aux parents, familles,
enseignants et écoles des lignes directrices concernant l’utilisation
des outils technologiques fondées sur nos connaissances au sujet
des compétences qu’acquièrent nos enfants au cours de leur
développement lorsqu’ils sont en mesure, sur le plan cognitif, de
comprendre les conséquences et les responsabilités liées au fait de
posséder un téléphone cellulaire ou un compte Facebook. Au
7-5-2012
Droits de la personne
12:17
Canada, on ne peut pas conduire avant l’âge de 16 ans, même si
on veut vraiment une voiture, et, même rendu à 16 ans, il faut
beaucoup de formation avant de pouvoir le faire.
In conclusion, we are challenged with the task of changing our
social milieu by focusing on building skills that are incompatible
with bullying, that will modify children’s behaviour online, that
will empower victims of cyberbullying to report problems, and
that will build a social climate that is not accepting of such
behaviour.
En conclusion, le défi que nous avons à relever, c’est de
changer notre milieu social en mettant l’accent sur l’acquisition de
compétences incompatibles avec l’intimidation, qui vont modifier
le comportement que les enfants adoptent en ligne, qui vont
permettre aux victimes de cyberintimidation de signaler les
problèmes qui surviennent et qui vont contribuer à la création
d’un climat social où les comportements de ce genre ne sont pas
acceptés.
Thank you for this opportunity. I look forward to your
questions.
Merci de m’avoir invitée. J’ai hâte d’entendre vos questions.
The Chair: Thank you very much, Dr. Daniels.
La présidente : Merci beaucoup, madame Daniels.
I have a question for all three of you. As you are aware, the
United Nations Convention on the Rights of the Child requires
that in all actions of public or private social welfare institutions,
which includes schools, the best interests of the child shall be the
primary consideration.
J’ai une question pour vous trois. Comme vous le savez, selon
la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant,
dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient
le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale,
ce qui inclut les écoles, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une
considération primordiale.
How well are Canadians making the best interests of children a
primary consideration when it comes to bullying, and especially
cyberbullying?
Dans quelle mesure les Canadiens font-ils de l’intérêt supérieur
de l’enfant une considération primordiale lorsqu’il s’agit
d’intimidation, et en particulier de cyberintimidation?
Shall we start with you, Dr. Meyer? It is a little awkward for
you, coming from California.
Voulez-vous que nous commencions par vous, madame Meyer?
C’est peut-être une question à laquelle vous aurez un peu de
difficulté à répondre, vous qui venez de la Californie.
Ms. Meyer: Yes, I have only been here for six months. I was in
Canada for eight years before this, so I am happy to speak to the
question.
Mme Meyer : Oui, je ne suis ici que depuis six mois. J’ai passé
huit ans au Canada avant de m’installer ici, alors je serai heureuse
de répondre à la question.
I was in Montreal for the previous eight years and worked
closely with schools across Canada in my research. I do feel that
Canada, especially in the North American context, is doing quite
well in terms of having a human rights framework that is
articulated in the Canadian Charter and in the provincial human
rights codes. Unfortunately, I do not feel that we are doing a good
enough job of having that translated into children’s learning
opportunities in schools and in terms of getting youth voices
actively involved in shaping the human rights agenda of the
country. I feel that we have a ways to go, particularly in engaging
the youth in leadership opportunities and in giving them human
rights literacy through our curriculum. However, I definitely feel
that Canada is on the right path. We have the right conditions in
place; we just need to take more affirmative action in schools and
in working with youth and community organizations.
Avant de partir, j’ai passé les huit dernières années à Montréal,
et j’ai travaillé en étroite collaboration avec les écoles d’un peu
partout au Canada dans le cadre de mes travaux de recherche. Je
pense effectivement que le Canada, surtout dans le contexte nordaméricain, s’en tire très bien pour ce qui est d’avoir un cadre
relatif aux droits de la personne décrit dans la Charte canadienne
et dans les codes des droits de la personne des provinces.
Malheureusement, je pense que nous n’arrivons pas suffisamment
bien à traduire cela en occasions d’apprentissage pour les enfants
dans les écoles et en faisant participer les jeunes à l’élaboration du
programme du pays en matière de droits de la personne. Je trouve
que nous avons du chemin à faire, surtout pour ce qui est d’offrir
aux jeunes des occasions de faire preuve de leadership et de leur
apprendre à connaître les droits de la personne dans le cadre de
nos programmes d’enseignement. Je suis cependant convaincue
que le Canada est sur la bonne voie. Les bonnes conditions sont
en place; il ne nous reste qu’à militer davantage dans les écoles
dans le cadre de notre travail auprès des organisations de jeunes et
des organismes communautaires.
Ms. Hymel: I could not have said it better, Dr. Meyer. I agree
that Canada is on the right path. However, when it comes down
to the places where children live, work and play, that is where it
all falls apart. Teachers and administrators of schools tell me that
Mme Hymel : Je n’aurais pas pu dire mieux, madame Meyer.
Je suis d’accord pour dire que le Canada est sur la bonne voie.
Toutefois, c’est dans les lieux de vie, de travail et de loisir des
enfants que tout s’écroule. Les enseignants et les administrateurs
12:18
Human Rights
7-5-2012
they have several incidents a day and they do not have the staff or
the time to actually deal with these incidents in ways that do
respect the dignity of the children.
des écoles me disent qu’il y a plusieurs incidents par jour et qu’ils
n’ont ni le personnel ni le temps nécessaire pour régler, d’une
façon respectueuse de la dignité des enfants, les incidents qui
surviennent.
Similarly, we have a lot of situations — coaching situations,
little leagues, for example — where we have little effort to train
adults in how this translates into their actual work with children.
We have efforts in this regard. For example, a respected sport
program is used in many places to give this information to the
adults who work with children. I agree that we are on the right
path, but we are not there yet. I think the fallout is the children
who are being hurt by bullying.
Parallèlement, il y a beaucoup de situations — celles qui font
intervenir les entraîneurs, par exemple les ligues sportives pour les
enfants — où l’on ne déploie que peu d’efforts pour former les
adultes à l’égard de la façon dont la chose se traduit dans leur
travail auprès des enfants. Il y a des efforts qui sont déployés. Il
existe par exemple un programme sportif réputé dans le cadre
duquel on fournit l’information aux adultes qui travaillent auprès
d’enfants à de nombreux endroits. Je suis d’accord pour dire que
nous sommes sur la bonne voie, mais nous n’avons pas encore
atteint notre but. Je pense que ce sont les enfants qui sont victimes
d’intimidation qui en subissent les conséquences.
Ms. Daniels: I would like to say that, specifically in Ontario, it
is variable. It is certainly also variable across the country in
different provinces. I know that in Ontario we have a mandate to
have an anti-bullying program in every school in the province, but
how that is implemented is different in different schools. Some
schools are doing a great job and meeting the needs of children;
other schools have been much slower to move forward, and a lot
of that stems from not being sure about how to achieve that.
Mme Daniels : Je voudrais dire qu’en ce qui concerne l’Ontario
en particulier, c’est variable. C’est sûrement variable aussi d’une
province à l’autre à l’échelle du pays. Je sais qu’en Ontario, nous
avons le mandat de doter toutes les écoles de la province d’un
programme de lutte contre l’intimidation, mais c’est la façon dont
le programme est mis en oeuvre dans les différentes écoles qui
varie. Dans certaines, on fait de l’excellent travail et on répond
aux besoins des enfants; dans d’autres, les choses évoluent
beaucoup plus lentement, et cela vient en grande partie du fait
qu’on ne sait pas trop comment s’y prendre.
Senator Ataullahjan: Thank you for your presentation. I have a
couple of questions. I will ask one now and wait for the others.
Le sénateur Ataullahjan : Merci de votre exposé. J’ai deux ou
trois questions. Je vais en poser une tout de suite et attendre avant
de poser les autres.
When I proposed this study in late September or early October,
the issue of cyberbullying was relatively new. Even now in my
conversations with parents and grandparents, travelling back and
forth, I will discuss cyberbullying, especially with parents of
young kids, and many people do not seem to be aware of it. Often
I will be asked: What is cyberbullying?
Lorsque j’ai proposé l’étude que nous menons actuellement à la
fin septembre ou au début octobre, la question de la
cyberintimidation était quelque chose d’assez nouveau. Même
maintenant lorsque je discute avec des parents et des grandsparents, à différents endroits, je parle de cyberintimidation,
surtout avec les parents de jeunes enfants, et il y a beaucoup de
gens qui semblent ne pas savoir de quoi il s’agit. On me demande
souvent ce que c’est la cyberintimidation.
How do we get the message out that this is something that is
really hurting our children? I think there needs to be a community
role. We need to have teachers involved. Maybe we need teachers
who are trained in social media and the acceptable use of social
media. Parents and the community need to get involved.
Comment faire pour livrer le message que c’est vraiment
quelque chose qui fait du mal à nos enfants? Je pense que la
collectivité doit jouer un rôle. Il faut que les enseignants
participent. Peut-être faut-il que les enseignants suivent une
formation sur les médias sociaux et sur l’utilisation adéquate de
ceux-ci. Il faut que les parents et la collectivité participent.
What can we do, as a community, as parents and as teachers,
to become aware of cyberbullying and the harm it causes?
Que pouvons-nous faire, comme collectivité, comme parents et
comme enseignants, pour nous sensibiliser à la cyberintimidation
et au tort qu’elle cause?
Ms. Meyer: You are absolutely right that there needs to be
increased awareness. As you have been hearing, there is this issue
of the ‘‘digital natives,’’ which are the young people who have
grown up with and are very comfortable and familiar with these
new technologies; whereas the parents, teachers and
administrators are considered to be ‘‘digital immigrants.’’ We
are not quite as well versed in the vocabulary and skills in terms of
ways to navigate these online environments.
Mme Meyer : Vous avez tout à fait raison de dire qu’il faut
sensibiliser les gens. Comme vous l’avez entendu dire, il y a le
problème de l’existence de deux groupes : les « indigènes » du
monde numérique, c’est-à-dire les jeunes qui ont grandi avec les
nouvelles technologies et qui sont très à l’aise avec celles-ci et les
connaissent bien, et les parents, les enseignants et les
administrateurs, qui sont considérés comme des « immigrants »
7-5-2012
Droits de la personne
12:19
du monde numérique. Nous ne connaissons pas aussi bien le
vocabulaire ni ne possédons les mêmes aptitudes que les jeunes
lorsqu’il s’agit de naviguer dans ces environnements en ligne.
That is why one of my key recommendations was a public
education campaign that uses traditional media that would access
the older generation, who are more comfortable with newspaper
and television, but that also would activate the networks through
social media that the youth are being driven by and driving
themselves. We have a shared vocabulary and a shared
understanding, but a part of that social media and the public
outreach campaign, I think, needs to explicitly address and give
examples of what cyberbullying can look like. Oftentimes, as is
the case with many anti-bullying initiatives, it is generic, people
not being nice to each other, people calling each other nasty
names; however, there is never the explicit mention that this could
be biased in nature, racist, anti-religious, sexualized or
homophobic. If we do not explicitly establish these social norms
of what human rights mean and look like in Canada, then we will
have a much harder journey in trying to get a holistic community
response to have an effective intervention in dealing with these
forms of cyberbullying. These types of behaviours do not emerge
in a vacuum, as Dr. Daniels pointed out. The social context must
be there that somehow condones this sort of language or
behaviour in any context. That is why I believe that any public
education campaign must be multi-pronged but explicit in its
approach, very much like the sportsmanship campaign from a few
years back, which I thought was effective.
C’est la raison pour laquelle l’une de mes principales
recommandations concernait une campagne de sensibilisation de
la population menée à l’aide des médias ordinaires pour joindre la
génération des gens qui sont plus à l’aise avec les journaux et la
télévision, mais qui recourraient aussi aux réseaux des médias
sociaux qui influencent les jeunes et que les jeunes dirigent euxmêmes. Nous avons une terminologie et une compréhension
communes, mais il faut qu’une partie de cette campagne dans les
médias sociaux et de sensibilisation de la population aborde
explicitement ce qu’est l’intimidation, je crois, et donne des
exemples concrets de ce phénomène. Souvent, comme c’est le cas
de nombreuses initiatives de lutte contre l’intimidation, le message
est générique, et il parle de gens qui ne sont pas gentils les uns avec
les autres, les gens qui se traitent de noms méchants; cependant, il
n’est jamais clairement mentionné que l’intimidation peut être
fondée sur un préjugé racial, religieux, sexuel ou homophobe. Si
nous n’établissons pas explicitement de normes sociales relatives
aux droits de la personne permettant de comprendre et de
reconnaître ces droits, nous allons avoir beaucoup plus de
difficulté que si nous le faisions à obtenir une réaction
cohérente de la collectivité qui permettrait une intervention
efficace dans la lutte contre les formes de cyberintimidation en
question. Le genre de comportements dont nous sommes en train
de parler vient forcément de quelque part, comme Mme Daniels
l’a fait remarquer. Il doit y avoir un contexte social qui tolère les
paroles ou les actes d’intimidation dans un contexte quelconque.
C’est la raison pour laquelle je crois que toute campagne de
sensibilisation de la population doit être plurielle, mais dotée
d’une démarche explicite, tout comme la campagne sur l’esprit
d’équipe qui a été menée il y a quelques années, et que j’ai trouvé
efficace.
Ms. Hymel: I would add one thing to that. I think that is an
excellent idea. We need that information.
Mme Hymel : Je voudrais ajouter quelque chose. Je trouve que
c’est une excellente idée. Nous avons besoin de cette information.
One of the challenges is getting the students involved. My
experience is that the students themselves are not always aware of
what is going on. This goes back to my comments about moral
disengagement. They do not recognize the harm that is caused
and do not recognize that they are contributing to it.
L’une des difficultés, c’est de faire participer les élèves. Ce que
j’ai constaté, c’est que les élèves eux-mêmes ne savent pas toujours
ce qui se passe. Cela revient à ce que j’ai dit au sujet du
désengagement moral. Les élèves ne voient pas le tort qui est
causé et ne pensent pas y contribuer.
A few years ago we polled students from secondary schools
about bullying, including cyberbullying, and asked whether they
understood that some of the behaviours we are talking about were
against the law such as slander, libel, et cetera. We found that a
shocking 28 to 35 per cent of kids did not believe that was the
case. They thought we were kidding.
Il y a quelques années, nous avons mené un sondage auprès
d’élèves du secondaire concernant l’intimidation, y compris la
cyberintimidation, et nous leur avons demandé s’ils savaient que
certains des comportements dont nous sommes en train de parler
constituaient des infractions à la loi, comme la diffamation, le
libelle, et ainsi de suite. Nous avons constaté avec grand
étonnement que de 28 à 35 p. 100 des jeunes ne croyaient pas
que c’était le cas. Ils pensaient que nous n’étions pas sérieux.
I think the kids themselves have a problem. They are not aware
of the laws that exist, that what they are doing is, in fact, bullying
and does have a harmful effect. That is very important.
Je pense que les jeunes sont eux-mêmes aux prises avec un
problème. Ils ne connaissent pas les lois en vigueur, et ils ne savent
pas que leurs actes sont en fait de l’intimidation et ont bel et bien
un effet néfaste. C’est très important.
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Human Rights
7-5-2012
At the secondary level here in British Columbia we have
students in competition doing PSAs about bullying, in particular
with regard to racial discrimination and homophobia. That seems
to be effective in getting the word out to kids.
Ici, en Colombie-Britannique, nous organisons des concours
pour les élèves du secondaire qui doivent rédiger des messages
d’intérêt public au sujet de l’intimidation, et en particulier sur la
discrimination et l’homophobie. Il semble que ce soit un moyen
efficace de sensibiliser les jeunes.
Ms. Daniels: I would like to address what was referred to as the
‘‘code of secrecy’’ that occurs in traditional bullying and also
cyberbullying. In general, children are quite reticent to report
bullying. Until it is safe to do so and we have effective ways to
address it, this will be kept under the radar as much as possible.
The statistics that I mentioned earlier — that less than 8 per cent
of parents know when a cyberbullying incident has occurred —
reflects that. There is also a fear amongst youth that if they tell
adults about cyberbullying that they will lose access to their
technology. They are highly motivated by the social connections
that technology provides to them — to protect that — at quite a
cost.
Mme Daniels : J’aimerais parler de ce qu’on a appelé la « loi du
silence » et qui est appliqué dans l’intimidation ordinaire comme
dans la cyberintimidation. En général, les enfants sont très
réticents à signaler les cas d’intimidation. Tant qu’il ne sera pas
sûr de le faire et que nous n’aurons pas trouvé des moyens
efficaces de régler le problème, ils vont être le plus discrets
possible. Le chiffre que j’ai cité tout à l’heure — que moins de
8 p. 100 des parents sont mis au courant lorsqu’un incident de
cyberintimidation se produit — reflète cet état de fait. Il y a aussi
chez les jeunes la crainte de perdre l’accès à leurs outils
technologiques s’ils parlent à des adultes de la cyberintimidation
qui a lieu. Ils sont très motivés par les liens sociaux que ces outils
leur procurent et sont prêts à payer un prix assez élevé pour les
protéger.
Senator Ataullahjan: Along the same line, they have discussed
that youth often have an impulse to share private information in a
public forum without thinking about the real world. The lines are
blurred between public and private spaces. What can be done on
behalf of parents, teachers and schools to provide guidance on
how to navigate these spaces?
Le sénateur Ataullahjan : Dans la même veine, on a discuté du
fait que les jeunes diffusent souvent impulsivement des
renseignements personnels dans des lieux publics sans penser au
monde réel. Les limites des sphères publiques et privées
s’estompent. Que peut-on faire pour aider les parents, les
enseignants et les administrateurs des écoles à orienter les jeunes
dans leur façon de gérer ces sphères?
Ms. Daniels: My first thought is that we need to think carefully
about what we are expecting of children, in terms of what they are
developmentally capable of understanding. I think back to when
my daughter was 10 and she got her first cell phone. I said, ‘‘It is
for emergencies. Do not show it to anyone. Do not do anything
with it. Put it in your suitcase.’’ The next day she came barrelling
home and said, ‘‘Look, mom. My friend put wallpaper on my cell
phone.’’ I said, ‘‘I told you do not show it to anyone or take it out
of your bag.’’ She said it was not anyone; it was my friend.
Mme Daniels : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est
que nous devons réfléchir soigneusement à nos attentes face aux
enfants, c’est-à-dire à ce qu’ils sont capables de comprendre vu
l’étape de leur développement où ils en sont rendus. Je repense à
ma fille lorsqu’elle avait 10 ans et qu’elle a eu son premier
téléphone cellulaire. Je lui ai dit que c’était pour les urgences,
qu’elle ne devait pas le montrer à qui que ce soit ni faire quoi que
ce soit avec l’appareil, et je lui ai demandé de le mettre dans sa
valise. Le jour suivant, elle est entrée en trombe à la maison et m’a
dit : « Regarde, maman. Mon amie a mis un fond d’écran sur
mon téléphone. » Je lui ai répondu : « Je t’avais dit de ne pas le
montrer à qui que ce soit et de ne pas le sortir de ton sac. » Elle
m’a dit que ce n’était pas qui que ce soit, puisque c’était son amie.
When we talk about private and public separations, at certain
ages it is something that children are not developmentally capable
of comprehending or understanding. We need to take those kinds
of issues into consideration in terms of what expectations we place
on children and what kind of access we allow them to technology
at different ages.
Il y a un âge où les enfants ne se sont pas encore suffisamment
développés pour être en mesure de comprendre la distinction entre
la sphère privée et la sphère publique. Voilà le genre de choses que
nous devons prendre en considération lorsque nous établissons
nos attentes à leur égard et l’accès aux outils technologiques que
nous leur permettons d’avoir à différents âges.
Ms. Hymel: Another issue is that there seems to be a shift —
and I cannot prove this — in what the next generation is willing to
put out electronically. So many of us in my generation are
appalled at what kids willingly put on Facebook about
themselves. There seems to be a shift happening in terms what
is out there and what is not. You have to put that into the
equation as well. Certainly, the campaigns to warn students about
the dangers and potential challenges of having information out on
Facebook and the lot tends to be falling on deaf ears.
Mme Hymel : Une autre chose, c’est qu’il semble y avoir un
changement — je ne peux pas prouver ce que j’avance — à l’égard
de ce que la nouvelle génération est prête à révéler par voie
électronique. Il y a beaucoup de gens de ma génération qui n’en
croient pas leurs yeux lorsqu’ils voient ce que les jeunes révèlent
sur eux-mêmes par l’intermédiaire de Facebook. On dirait qu’un
changement est en cours par rapport à ce qui est diffusé
publiquement et ce qui ne l’est pas. Il faut tenir compte de ce
facteur aussi. Il est toutefois clair que les campagnes visant à
7-5-2012
Droits de la personne
12:21
informer les élèves des dangers et des problèmes qui peuvent se
poser lorsqu’on affiche de l’information dans Facebook ou dans
un autre site de ce genre ont tendance à rester lettre morte.
There are two things. I agree with Dr. Daniels that kids do not
really understand the impact of what is online, nor the
implications for themselves. We have to get to them, as well as
to the adults.
Il y a donc deux choses. Je suis d’accord avec Mme Daniels
pour dire que les jeunes ne comprennent pas bien l’effet de
l’affichage en ligne, pas plus que les conséquences pour
eux-mêmes. Il faut les sensibiliser, et aussi sensibiliser les adultes.
Ms. Meyer: I want to echo some of the points made in the
testimony provided by the Media Awareness Network. A lot of
schools have so many firewalls and blocks up that when teachers
are trying to do digital literacy activities they are not in an
authentic online environment. They do not have an opportunity
to work with students in an adult-mediated learning situation to
help them learn to navigate and make judicious decisions about
what goes online, in private spaces, semi-public spaces and public
spaces online. We need to think about how our schools are
dealing with this rather than building stronger firewalls — as far
as fencing everyone in — to being able to provide our teachers
with the technology, curriculum, and support to provide students
with authentic online learning activities in order to develop this
judgment, and to begin to recognize the impact of what they say
online and where it goes.
Mme Meyer : Je veux reprendre certaines des idées que les
représentants du Réseau Éducation-Médias ont abordées dans
leur témoignage. Dans beaucoup d’écoles, il y a tellement de parefeu et de choses qui sont bloquées que, lorsque les enseignants
essaient de tenir des activités d’initiation au monde numérique, ils
ne peuvent pas le faire dans un contexte réel. Ils n’ont pas la
possibilité de travailler avec les étudiants dans une situation
d’apprentissage supervisée par un adulte dans le but de les aider à
apprendre à naviguer et à prendre des décisions judicieuses à
l’égard du contenu qui peut être affiché en ligne, qui convient
pour les sphères privées, semi-publiques et publiques. Il faut que
nous réfléchissions à la façon pour nos écoles de s’occuper de la
chose, plutôt que de nous munir de pare-feu plus résistants — en
érigeant des murs pour protéger tout le monde — de façon à être
en mesure de mettre à la disposition de nos enseignants les outils
technologiques, les programmes et le soutien dont ils ont besoin
pour offrir aux élèves de véritables activités d’apprentissage en
ligne qui leur permettront de former leur jugement et de
commencer à comprendre les répercussions de ce qu’ils disent
en ligne et le cheminement de l’information qu’ils y affichent.
Senator Hubley: Thank you all for your presentations.
Le sénateur Hubley : Merci à vous trois de vos exposés.
The whole community approach is one that we are accepting as
being the most effective in dealing with bullying and
cyberbullying.
La démarche communautaire est dans l’ensemble celle que
nous admettons comme étant la plus efficace pour lutter contre
l’intimidation et la cyberintimidation.
Could you tell me how difficult it is to create this situation? I
believe some have suggested both students, family and teachers,
but it was also mentioned that the onus should be the
administrators and the school boards. What tools do they have,
if any, to create that situation for all of these young people who
are suffering from cyberbullying?
Pouvez-vous me dire à quel point il est difficile de réunir les
conditions nécessaires? Je crois que certaines personnes ont parlé
des élèves, de la famille et des enseignants, mais qu’on a aussi
mentionné que la responsabilité devrait incomber aux
administrateurs et aux conseils scolaires. De quels outils
disposent-ils, le cas échéant, afin de créer les conditions
nécessaires pour venir en aide à tous ces jeunes qui sont
victimes de cyberintimidation?
Ms. Meyer: I absolutely agree that in general the onus is being
placed on the school administrators and school boards. They need
greater support in order to do this effectively. Schools are the
natural place to look because this is where all of our students are
compelled to be to a certain age. Unfortunately, the
administrators have thousands of other things they are trying to
manage at the same time, which is why I feel we need to create
capacity-building in local regions so it is not just the principal.
Once the principal is informed, the principal can then activate a
network of support — whether it is counsellors, mental health or
law enforcement — so the sole responsibility is not lying on the
principal’s shoulders.
Mme Meyer : Je suis tout à fait d’accord pour dire que, en
général, la responsabilité incombe aux administrateurs des écoles
et aux conseils scolaires. Ils ont besoin de plus de soutien pour
l’assumer efficacement. C’est naturel qu’on se tourne vers les
écoles, parce que c’est un endroit que nos enfants doivent
fréquenter jusqu’à un certain âge. Malheureusement, les
administrateurs ont des milliers d’autres choses à gérer en même
temps, et c’est pour cette raison que, selon moi, nous devons
renforcer les capacités à l’échelle locale, pour que ce ne soit pas
uniquement le directeur de l’école qui soit concerné. Une fois que
le directeur sera informé, il pourra activer un réseau de soutien —
qu’il s’agisse de conseillers, de psychologues ou des services de
police —, et la responsabilité n’incombera pas ainsi au seul
directeur de l’école.
12:22
Human Rights
7-5-2012
I think they are the natural first point of contact, but I do not
think we should count solely on principals to be able to drive the
train, as far as effective education and community response. That
is why I believe need to put some funding and personnel into
building and establishing these provincial and regional networks.
Once a principal has noticed, he or she has a network they can
activate to connect the family for support, do investigations with
law enforcement, get health, mental health and physical health
workers in for the perpetrators as necessary. I think it is shortsighted to expect principals and school boards to be left holding
the bag by themselves.
Je pense que les directeurs sont naturellement le premier point
de contact, mais je ne pense pas que nous devrions compter
seulement sur eux pour tout diriger, c’est-à-dire la sensibilisation
efficace et l’intervention communautaire. C’est pour cette raison
que je pense que nous devrions consacrer des fonds et des
ressources humaines à l’établissement de réseaux provinciaux et
régionaux. Une fois que le directeur d’école aura été informé, il
disposera d’un réseau qui lui permettra d’offrir du soutien à la
famille, de mener une enquête en collaboration avec la police ainsi
que de faire intervenir des travailleurs capables de fournir des
soins de santé mentale et physique auprès des auteurs d’actes
d’intimidation au besoin. Je pense que c’est une erreur que de
s’attendre à ce que les directeurs d’école et les conseils scolaires
arrivent à tenir le fort tout seuls.
Ms. Daniels: I wanted to mention the approach that we have
been taking with the PREVNet research network and our joint
work with a number of NGOs in the country.
Mme Daniels : Je voulais mentionner la façon d’aborder les
choses que nous avons adoptée au réseau de recherche PREVNet
et dans le cadre de nos travaux de collaboration avec un certain
nombre d’ONG du pays.
I developed a program for Girl Guides of Canada called Girls
United, which is a primary prevention program to address social
bullying among girls in Girl Guide units. We have a number of
other collaborations. I think what is important in terms of a
whole school community approach to anti-bullying is that
children get the same message in a variety of environments.
When you are playing team sports you have the same language
and the same message from your coaches as when you are going
to Girl Guides, Scouts, Boys and Girls Clubs and summer camp.
An important aspect of addressing the issue in a country is that
children have a common language and they get that same message
across a wide variety of their experiences.
J’ai mis sur pied un programme pour les guides du Canada qui
s’appelle Girls United, et il s’agit d’un programme de prévention
primaire qui vise à aborder le problème de l’intimidation sociale
avec les filles qui sont membres d’une unité de guides. Nous
prenons part à de nombreuses autres collaborations. Je pense que
ce qui est important, dans une démarche communautaire faisant
intervenir toute l’école dans la lutte contre l’intimidation, c’est
que les enfants reçoivent le même message dans divers milieux. Il
faut qu’ils voient le même message formulé avec les mêmes mots
lorsqu’ils font des sports d’équipe et que leur entraîneur leur en
parle et lorsqu’ils prennent part aux activités des guides, des
éclaireurs, des clubs des garçons et filles et des camps d’été. Un
aspect important de la démarche visant à régler le problème à
l’échelle d’un pays, c’est que les enfants soient exposés à un
vocabulaire qui soit toujours le même et qu’ils reçoivent le même
message dans le cadre de nombreuses activités.
Ms. Hymel: I have a couple of comments. I agree with
Dr. Meyer that it is not appropriate to pin it all on the
administrators. However, my experience is that the leadership in
the school is absolutely important. If they are not on board,
nothing else will happen. I do not think that makes them solely
responsible, but I think that without them, nothing happens.
Mme Hymel : J’ai deux ou trois choses à dire. Je suis d’accord
avec Mme Meyer lorsqu’elle dit qu’il ne faut pas rendre les
administrateurs responsables de tout. D’après ce que j’ai pu
constater jusqu’à maintenant, il est toutefois vraiment très
important qu’il y ait une orientation au sein de l’école. Si la
direction ne participe pas, il n’y a rien qui se fait. Je ne pense pas
que cela fasse de l’administration la seule partie responsable, mais
je pense que, sans elle, il n’y a rien qui peut se faire.
With regard to a whole community approach, I want to make a
point about that. As Dr. Daniels mentioned, it is important.
There is a common message and common language, and kids are
hearing repetition with variation, which I think is critical.
Quant à la démarche faisant intervenir l’ensemble de la
collectivité, je veux dire quelque chose là-dessus. Comme
Mme Daniels l’a mentionné, c’est important. Il y a un message
et un vocabulaire constants, et les enfants sont exposés à des
variations sur un même thème, et je pense que c’est essentiel.
Let us back up a bit there. There is a huge push right now for
evidence-based practice. In schools in particular, we are supposed
to use those techniques that have been proven to be effective.
However, the evidence in the last five years or so — large-scale
meta-analyses and reviews of the intervention literature — does
Arrêtons-nous un instant là-dessus. Il y a à l’heure actuelle un
mouvement très marqué par l’adoption de pratiques fondées sur
des données probantes. Dans les écoles en particulier, nous
sommes censés appliquer les techniques éprouvées. Toutefois,
selon les études menées au cours des cinq dernières années à peu
près — il s’agit de méta-analyses à grande échelle et de revues
documentaires concernant les interventions —, la meilleure façon
7-5-2012
Droits de la personne
12:23
support the notion that the best approach is the whole community
approach, but even those approaches have only reduced bullying
by 40 per cent, at best.
d’aborder le problème, c’est de faire intervenir toute la
collectivité, mais même les démarches de ce type n’ont permis
une réduction des cas d’intimidation que de 40 p. 100 au mieux.
After initially being evaluated, when these model programs are
left to schools, the research is suggesting the reduction is more like
17 to 23 per cent.
Après l’évaluation initiale, lorsque les programmes modèles en
question sont laissés entre les mains des responsables des écoles, la
réduction oscille plutôt entre 17 et 23 p. 100, d’après les études
qui ont été réalisées.
I want to make the point that we do not really know yet how to
stop bullying. I am talking here about all forms of bullying. One
of the challenges we have is that I am hearing administrators tell
schools that you must do a whole school approach, you must do
evidence based, and you must avoid one-off programs.
Ce que je veux dire, c’est que nous ne savons pas encore
vraiment comment empêcher l’intimidation. Je parle de toutes les
formes de celle-ci. L’une des difficultés qui se posent est illustrée
par ce que j’entends les administrateurs dire aux écoles, c’est-àdire qu’il faut adopter une démarche pour toute l’école, axer les
initiatives sur les données probantes et éviter les programmes
ponctuels.
I was on a symposium internationally about what is being done
with regard to anti-bullying programs. I was to present regarding
what is happening in Canada. In contrast to other countries where
there are national strategies and ministries of education that have
helped to develop these large-scale programs and implement them
across schools, we do not have such a thing.
J’ai participé à un symposium international sur les programmes
de lutte contre l’intimidation. Je devais présenter un exposé sur ce
qui se fait au Canada. Contrairement aux pays où il y a une
stratégie nationale et où le ministère de l’Éducation a contribué à
la mise en oeuvre d’un programme à grande échelle dans
l’ensemble des écoles, il n’y a rien du genre ici.
What we do have, though, is some amazing work that is often
being done by people out there who are not connected to an
institution. They are basically doing this because of the passion of
their views. An example is the Roots of Empathy program
developed by Mary Gordon, or the SAFETEEN program, an
assertiveness teen program by Anita Roberts. In Alberta, there is
the Dare to Care program developed by a councillor, Lisa DixonWells, and the police liaison officers. These are people who, by
their own experience, have created these amazing programs.
Ce qu’on trouve chez nous, cependant, c’est le travail
extraordinaire qui est fait par beaucoup de gens qui le font
indépendamment de toute organisation. Essentiellement, ils font
ce travail par passion. Il y a par exemple le programme Racines de
l’empathie créé par Mary Gordon, ou encore le programme
SAFETEEN, qui est un programme d’affirmation de soi pour les
adolescents créé par Anita Roberts. En Alberta, il y a le
programme Dare to Care qui a été mis au point par une
conseillère, Lisa Dixon-Wells, et les agents de liaison de la police.
Il s’agit de gens qui sont partis de leur expérience pour créer ces
programmes extraordinaires.
The problem is that they are not coordinated. A lot of times,
they will put it into a school and the school will check off that
they have done something to stop bullying.
Le problème, c’est qu’ils ne sont pas coordonnés. Bien souvent,
ces programmes sont mis en place dans une école, et la direction
de l’école peut ainsi dire qu’elle fait quelque chose pour lutter
contre l’intimidation.
Therefore we have to understand that a whole community
approach is critical, but how to accomplish that is not clear, and
we are still open to the possibility that there are other ways to
combat this and that some of the our programs rights now are
effective, at best, only part of the time. I think there is a lot of
work to do and I think research is key. I do believe in evidencebased practice but there is no guarantee that the techniques that
work in other countries or in other places will work in a particular
setting. As Dr. Daniels mentioned, the context is absolutely
critical.
Nous devons donc comprendre qu’une démarche faisant
intervenir l’ensemble de la collectivité est essentielle, mais que la
façon de la mettre en oeuvre n’est pas évidente, et nous sommes
encore ouverts à l’idée qu’il existe peut-être d’autres façons de
mener le combat et que certains de nos programmes en place à
l’heure actuelle ne sont efficaces que partiellement, dans le
meilleur des cas. Je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire
et que la recherche est essentielle. J’ai foi en l’application de
pratiques fondées sur des données probantes, évidemment, mais
rien ne garantit que les techniques qui fonctionnent à l’étranger
ou ailleurs fonctionneront dans un milieu donné. Comme
Mme Daniels l’a mentionné, le contexte est un facteur
absolument essentiel.
I think all of us have experience where schools have been
amazing in transforming the climate of their school and in
reducing bullying. Yet we see other schools that believe they are
doing the same but are very ineffective. Schools collaborating
Je pense que nous connaissons tous des écoles qui ont fait un
travail extraordinaire pour changer le climat dans leurs couloirs et
réduire l’intimidation. Néanmoins, nous voyons d’autres écoles
où l’on croit faire la même chose, mais où l’intervention est très
inefficace. Les écoles qui collaborent avec les chercheurs — c’est
12:24
Human Rights
7-5-2012
with researchers — which is why I support the PREVNet work —
are important in evaluating whether whatever we are doing is
actually making a difference.
la raison pour laquelle j’appuie le travail de PREVNet — jouent
un rôle important en nous permettant de déterminer si ce que
nous faisons change les choses.
Senator Hubley: When we are trying to prevent bullying, we
have not been successful. Should we be focusing on coping
mechanisms for children who are bullied in order to help prevent
the extreme responses, such as suicide? Also, should we be doing
more to focus on children’s mental health in these situations?
Le sénateur Hubley : Nous n’avons pas réussi à prévenir les
actes d’intimidation jusqu’à maintenant. Devrions-nous nous
concentrer sur les mécanismes qui permettent aux enfants de
composer avec la situation lorsqu’ils sont victimes d’intimidation,
de façon à prévenir les réactions extrêmes, comme le suicide?
Devrions-nous aussi nous occuper davantage de la santé mentale
des enfants dans les situations de ce genre?
Ms. Hymel: I can start on that: Absolutely. In fact, I find that
it is almost frightening how little we have spent time on this.
Mme Hymel : Je peux répondre en premier à cette question :
certainement. En fait, j’ai presque peur lorsque je pense au peu de
temps que nous avons passé là-dessus.
In July, for example, we invited Dr. Phillip Slee from Australia
to come to the ISSPD conference in Alberta because he has
worked extensively on helping to develop programs for coping
with bullying. Australia has been a leader here, with lots of
support for the research on how to help kids cope with bullying.
We need to do a lot more about that. One of the reasons that I
invited Dr. Slee in particular is because he has the most
experience in this area.
En juillet, par exemple, nous avons invité M. Phillip Slee, de
l’Australie, à participer à la conférence de l’ISSPD en Alberta
parce qu’il a beaucoup travaillé à la création de programmes
visant à permettre aux jeunes de composer avec l’intimidation.
L’Australie est un chef de file à cet égard, puisqu’on y soutient
beaucoup la recherche sur les façons d’aider les enfants à faire
face à l’intimidation. Il faut que nous fassions beaucoup plus de
choses dans ce domaine. L’une des raisons pour lesquelles j’ai
invité M. Slee en particulier, c’est que c’est lui qui a le plus
d’expérience dans ce domaine.
As for the links with mental health, that is absolutely
imperative. For example, I work in a lot of teacher education
programs. We do not give teachers adequate information and
training — much less administrators — and, as Dr. Meyer
pointed out, we do not have good connections between mental
health service agencies and schools. Dr. Stan Kutcher is trying to
do something about that in Canada. Right now, he is focusing on
anxiety and depression, but I think that movement of linking
doctors and mental professionals and schools has to move
forward in a much broader way.
Quant aux liens avec la santé mentale, c’est absolument
impératif. Je travaille par exemple dans le cadre de nombreux
programmes de sensibilisation des enseignants. Nous ne
fournissons pas aux enseignants de l’information et une
formation adéquates — et encore moins aux administrateurs —,
et, comme Mme Meyer l’a fait remarquer, nous n’avons pas établi
de liens solides entre les organismes de soins de santé mentale et
les écoles. Le Dr Stan Kutcher essaie de remédier à cette situation
au Canada. En ce moment, il se concentre sur l’anxiété et la
dépression, mais je pense que le mouvement vers l’établissement
de liens entre les médecins, les professionnels de la santé mentale
et les écoles doit prendre beaucoup d’ampleur.
Ms. Meyer: It is essential to talk about the issue of children’s
mental health as we do see the long-term negative impacts of all
forms of bullying. I am cautious, though, because sometimes
when they talk about coping mechanisms, it falls into
assertiveness training where you teach targeted children to stand
up for themselves in unsafe settings.
Mme Meyer : Il est essentiel de parler de la santé mentale des
enfants, car nous constatons les effets négatifs à long terme de
toutes les formes d’intimidation. Je suis prudente, cependant,
parce que, parfois, lorsqu’on parle de mécanismes de défense, on
tombe dans l’apprentissage de l’affirmation de soi par lequel on
apprend à des enfants à s’affirmer dans une situation dangereuse.
If we are to talk about coping mechanisms, we need to work,
again, as a country on removing the stigma of seeking counseling
in mental health services. Family members oftentimes will avoid
going to counseling because they are afraid that it will signal to
others that there is a problem that they cannot handle. I think we
need to be frank that oftentimes we need experts to help us
through difficult situations. We need to remove the stigma for
teachers, for parents, and for children to go in and see that
councillor or go in and make an appointment for mental health
support services.
Si nous décidons de parler des mécanismes qui permettent de
composer avec l’intimidation, encore là, nous devons travailler,
comme pays, à la suppression des stigmates associés au fait de
recourir aux services des professionnels de la santé mentale. Les
gens refusent souvent de demander de l’aide parce qu’ils ont peur
que les membres de leur famille pensent qu’ils font face à un
problème qu’ils ne sont pas en mesure de régler. Je pense que nous
devons nous avouer que nous avons souvent besoin d’experts
pour composer avec des situations difficiles. Il faut que nous
supprimions le stigmate pour permettre aux enseignants, aux
parents et aux enfants de demander l’aide d’un conseiller ou de
prendre un rendez-vous avez un professionnel de la santé mentale.
7-5-2012
Droits de la personne
12:25
Those coping mechanism can be valuable, but in a more whole
school approach. We are teaching youth effective ways to
interrupt any kind of name-calling or bias-based incidents and
encouraging bystander responsibility so that you are not putting
the responsibility on an already-targeted, victimized, or isolated
individual.
Les mécanismes de défense en question peuvent être très utiles,
mais surtout dans le cadre d’une démarche faisant intervenir toute
l’école. Nous enseignons aux jeunes des moyens efficaces de faire
en sorte que les autres arrêtent de les traiter de noms ou de nourrir
des préjugés à leur égard et d’encourager la responsabilisation des
témoins d’incidents, de façon à ne pas rendre responsable
seulement la personne qui est déjà visée, qui est la victime ou
qui est isolée.
However, we must get the whole community of the school to
recognize that it is all of our responsibilities to intervene in cases
of bullying. It is then also important to be able to stand up and
help someone get the resources and support they need if they have
been targeted.
Nous devons toutefois faire en sorte que toute l’école
reconnaisse qu’il est de notre responsabilité à tous d’intervenir
en cas d’intimidation. Il est alors aussi important de pouvoir se
lever et d’aider une personne à obtenir les ressources et le soutien
dont elle a besoin si elle a été ciblée.
Ms. Daniels: I want to mention that, in conjunction with
CHEO, I had the opportunity to do a couple of town halls at one
of the local high schools and one in Arnprior where over
400 parents came to ask questions from an expert panel about
mental health concerns and worries in relation to bullying. The
thing I saw was how much need for support there is out there for
parents. There is a lot of worry and concern and not a lot of
awareness of how to actually support their child through those
kinds of experiences. I think there is a huge need there that we
need to be thinking about in terms of addressing individuals who
have been targeted by bullying behaviours.
Mme Daniels : Je veux mentionner que, en collaboration avec
le CHEO, j’ai eu l’occasion de tenir deux ou trois assemblées
publiques dans l’une de nos écoles secondaires et une à Arnprior
où plus de 400 parents sont venus poser des questions à un groupe
d’experts concernant les préoccupations relatives à la santé
mentale découlant de l’intimidation. Ce que j’ai constaté, c’est
l’ampleur du soutien dont ont besoin les parents. Ils s’inquiètent
beaucoup, mais ils ne connaissent pas bien la façon d’offrir du
soutien à leurs enfants lorsqu’ils vivent ce genre de situation. Je
pense qu’il y a un besoin énorme auquel nous devons penser pour
ce qui est de venir en aide aux personnes qui sont victimes de
comportements d’intimidation.
There is another thing that I think is important. It is an
approach I have been adopting in the schools a lot lately and that
comes somewhat from the time when I was chairing the Ottawa
Anti-bullying Coalition. I met many adults who had been
seriously harmed as children through bullying experiences. They
had a real desire to help kids not go through those same
experiences. I spoke to many of them and never once did one of
them tell me that they wished that the person who had bullied
them had been punished more. However, they always said that
they wished someone had said to them that what was happening
to them was not okay.
Il y a aussi une autre chose importante selon moi. Il s’agit d’une
façon d’aborder les choses que j’ai beaucoup appliquée dans les
écoles récemment et qui vient en partie de la période que j’ai
passée à la présidence de la Coalition contre l’intimidation
d’Ottawa. J’ai rencontré de nombreux adultes qui avaient subi
beaucoup de torts lorsqu’ils étaient enfants à cause de
l’intimidation. Ces gens souhaitaient vraiment aider les enfants
à ne pas vivre le même genre d’expérience. J’ai parlé à bon
nombre d’entre eux, et personne n’a exprimé le regret que leur
intimidateur n’a pas été suffisamment puni. Ils m’ont tous dit
cependant qu’ils auraient aimé que quelqu’un leur dise que ce qui
leur arrivait n’était pas normal.
We can go a long way to helping individuals who are being
targeted if other kids can say — even not in the moment but later
— ‘‘I saw what happened to you on the playground and that was
bullying, and I did not agree with it.’’ Most children who are
being targeted say that because no one says anything, they think
that everyone is in agreement and that everyone thinks they
deserve what they got. Engaging other kids to provide some
support can be important.
Nous pourrions grandement aider les enfants ciblés en faisant
en sorte que les autres enfants puissent leur dire — peut-être
même pas sur le coup, mais plus tard — qu’ils ont vu ce qui leur
est arrivé au terrain de jeu et qu’ils trouvent que c’est déplorable.
La plupart des enfants qui sont victimes d’intimidation disent
que, parce que personne ne dit rien, ils pensent que tout le monde
est d’accord et que tout le monde pense qu’ils ont eu ce qu’ils
méritaient. Amener les autres enfants à fournir du soutien
pourrait être important.
I also wants to reiterate Dr. Meyer’s point that we need to be
careful that we do not move into victim blaming, that there is
something about the individual who has been targeted that needs
fixing. I would caution about that in terms about talking about
coping.
Je veux également répéter ce qu’a dit Mme Meyer au sujet du
fait que nous devons faire attention de ne pas commencer à
blâmer les victimes, à dire que la personne qui a été ciblée a
quelque chose à régler. Je formulerais une mise en garde à cet
égard lorsque nous parlons des mécanismes permettant de
composer avec l’intimidation.
12:26
Human Rights
7-5-2012
Senator Ataullahjan: My question is for Dr. Meyer. We keep
hearing about cyberbullying being like a prison sentence, but I
was wondering about the short- and long-term psychological
affects. Does cyberbullying significantly affect a child’s
development into adulthood?
Le sénateur Ataullahjan : Ma question s’adresse à Mme Meyer.
Nous entendons constamment dire que la cyberintimidation est
comme une peine d’emprisonnement pour la victime, mais je me
demandais quels étaient les effets psychologiques à court et à long
terme. Est-ce que la cyberintimidation a un effet important sur le
développement de l’enfant vers l’âge adulte?
Ms. Meyer: We know that the acts of verbal and psychological
harassment, which can be face to face or online, have much more
negative long-term effects than isolated acts of physical bullying
and aggression, because it does get into your mind and your sense
of self, and it will stay there and, just as the quote from the
student that Dr. Hymel read, it eats away at you.
Mme Meyer : Nous savons que les actes de harcèlement verbal
et psychologique, qu’ils soient posés en personne ou en ligne, ont
un effet à long terme beaucoup plus négatif que les actes
d’intimidation physiques et d’agression, parce qu’ils affectent
l’esprit et l’identité, et ils ne s’effacent pas, ou, pour reprendre la
citation de l’élève que Mme Hymel a lue, ils vous rongent.
I do not have research that shows that this is will have a direct
relationship on someone’s developmental pathway, but we know
from these large-scale studies that students who have been
victimized repeatedly over time with various forms of bullying
and harassment have a much greater likelihood of engaging in a
whole variety of self-harming behaviours. They are more likely to
have symptoms of depression, anxiety, and physical health issues;
and those students who have been targeted for their sexual
orientation or their gender identity are even at greater risk for
certain categories of behaviours because they do not have some of
those buffering mechanisms that can help reduce the harm, such
as a safe and supportive home environment or close relationships
with other adult mentors. We need to pay attention to those
different forms of bullying and harassment and how they can
have greater impacts on certain populations because of certain
societal stigmas that we are still working slowly to eradicate in
Canadian society.
Je n’ai pas d’exemple d’études montrant un lien direct avec le
développement d’une personne, mais nous savons grâce aux
études d’envergure qui ont été menées que les élèves qui ont été
victimisés à répétition par des personnes qui les ont soumis à
diverses formes d’intimidation et de harcèlement sont beaucoup
plus susceptibles que les autres de se livrer à toutes sortes de
comportements autodestructeurs. Ils sont plus susceptibles de
présenter des symptômes de dépression, d’anxiété et de mauvaise
santé physique, et les élèves qui ont été ciblés en raison de leur
orientation ou de leur identité sexuelle sont encore plus à risque à
l’égard de certaines catégories de comportement parce qu’ils n’ont
pas accès aux mécanismes d’atténuation auxquels les autres ont
accès et qui peuvent réduire les dommages, comme un milieu
familial sûr et qui offre du soutien ou des liens étroits avec un
mentor d’âge adulte. Il faut que nous fassions attention aux
diverses formes d’intimidation et de harcèlement et aux effets
qu’ils peuvent avoir sur certaines populations à cause de certains
stigmates sociaux que nous travaillons encore à supprimer
lentement de la société canadienne.
Ms. Hymel: It is a very important point. We have very little
research about cyberbullying separate from traditional bullying.
Some of the work has been done in collaboration with a former
student of mine, Dr. Rina Bonanno. She was very much of the
opinion that cyberbullying affects kids over and above traditional
bullying. We do have some research to show that in terms of both
suicidal ideation and depression, even after you control for the
effects of traditional bullying, cyberbullying adds significantly to
that prediction.
Mme Hymel : C’est une chose très importante. Il y a très peu
d’études portant seulement sur la cyberintimidation et qui ne
portent pas en même temps sur l’intimidation ordinaire. Il y a des
travaux qui ont été réalisés en collaboration avec l’une de mes
anciennes étudiantes, Rina Bonanno. Elle est convaincue que la
cyberintimidation affecte encore plus les enfants que
l’intimidation ordinaire. Il y a effectivement des études qui
montrent que la corrélation est encore plus forte entre la
cyberintimidation et les idées de suicide et la dépression, même
lorsqu’on écarte les effets de l’intimidation ordinaire.
We also know that we have to be careful about the effects of all
this. In the last round, we were talking extensively about the role
of the witness, the bystander. In many cases there have been
efforts to push that angle, that we need to have kids stand up and
be part of that. I am not against that, but there is some caution
that must be considered there.
Nous savons aussi que nous devons faire attention aux effets de
tout cela. Au cours du dernier tour, nous avons beaucoup parlé
du rôle du témoin, du spectateur. Il y a eu dans bien des cas des
efforts visant à insister là-dessus, sur le fait que nous devons
inciter les enfants à intervenir. Je ne suis pas contre, mais il ne faut
pas négliger de faire preuve d’une certaine prudence à cet égard.
First, many kids believe that you can really only do two things
to help someone being victimized: You can stand up or get an
adult to help. One of my colleagues has developed a racial
discrimination program called active witnessing. He has
effectively taught kids there are many things they can do. They
can go and help the victim after the fact, as one example. He has
nine different techniques. As part of the education system that we
Tout d’abord, beaucoup d’enfants croient qu’on peut
seulement faire l’une de deux choses pour venir en aide à une
victime : soit intervenir soit demander de l’aide à un adulte. L’un
de mes collègues a créé un programme de lutte contre la
discrimination raciale qui s’appelle Active Witnessing. Il a
montré à des enfants qu’il y a beaucoup de choses qu’ils
peuvent faire. Ils peuvent par exemple aider la victime après
7-5-2012
Droits de la personne
12:27
are talking about, we need to give kids the opportunity and the
strategies for helping victims when they see it. It is all part of that
coping process we were talking about earlier.
coup. Il présente neuf techniques différentes. Dans le cadre des
mesures de sensibilisation dont nous sommes en train de parler, il
faut que nous fournissions aux enfants la possibilité de venir en
aide aux victimes lorsqu’ils sont témoins d’intimidation et les
stratégies dont ils ont besoin pour le faire. Tout cela fait partie du
processus de défense contre l’intimidation dont nous parlions tout
à l’heure.
The other thing Rina Bonanno has demonstrated in her
doctoral research is that bystanders are also at risk. We are not
just talking about bullies and victims being at risk for long-term
problems; so are witnesses. If you think of it as analogous to
exposure to violence, her research has demonstrated that the more
you observe or witness bullying in your school, and in fact the
more you are willing to help, puts you at risk for both depression
and suicidal ideation, over and above the experience of being
victimized or being a bully yourself. We have to be a little
cautious there as well and give kids more strategies.
L’autre chose que Rina Bonanno a démontrée dans ses travaux
de recherche doctoraux, c’est que les témoins d’un incident sont
aussi à risque. Ce ne sont pas que les intimidateurs et les victimes
qui risquent d’avoir des problèmes à long terme : les témoins
aussi. Un peu comme lorsqu’on pense à l’exposition à la violence,
elle a montré dans ses recherches que plus on observe d’actes
d’intimidation à l’école, et en fait, plus on est prêt à venir en aide à
la victime, plus on risque de souffrir de dépression et d’avoir des
idées de suicide, en plus de ce que l’on vit lorsqu’on est soi-même
victime ou intimidateur. Il faut que nous fassions preuve d’une
certaine prudence à cet égard aussi et que nous mettions
davantage de stratégies à la disposition des enfants.
Ms. Daniels: I very much agree with Dr. Hymel. I think those
are important points. I want to add that we do not know
specifically with cyberbullying, but with bullying in general we
know that over time we see decline in self-esteem, so we know that
children who have low self-esteem are not necessarily targeted but
that their self-esteem is eroded by the process of experiencing that
type of victimization.
Mme Daniels : Je suis tout à fait d’accord avec Mme Hymel. Je
pense que ce sont des choses importantes. J’aimerais ajouter que
nous ne savons pas précisément ce qu’il en est dans le cas de la
cyberintimidation, mais que nous savons que l’intimidation en
général entraîne une baisse d’estime de soi avec le temps,
c’est-à-dire que les enfants qui ont peu d’estime de soi ne sont
pas nécessairement ciblés, mais que leur estime de soi se trouve
diminuée par ce type de victimisation.
Senator Meredith: Thank you so much, panellists. I enjoyed
listening to your responses. Forgive me for missing half an hour
of your presentations, but again, it was something that is near and
dear to my heart.
Le sénateur Meredith : Merci beaucoup à nos témoins. J’ai
beaucoup apprécié vos réponses. Pardonnez-moi d’avoir raté la
première demi-heure de vos exposés, mais je voudrais dire encore
une fois que c’est un sujet qui me tient vraiment à coeur.
As a youth activist, I have come across many young people
who have been bullied. One of the things I keep coming back to in
dealing with young people who have participated in violence or
been incarcerated as a result of their violent acts is the
involvement of parents. You talk about a community approach.
What more can we do to engage parents to ensure that they are
dealing with and ‘‘consequencing’’ their children when caught in
such behaviours, such as removing their devices or, again,
recognizing, as Dr. Daniels talked about, a teachable moment,
coming to grips with what they have doing to fellow classmates, to
ensure that they understand that there are some consequences to
their actions? What else can we do to engage those parents? I will
start with Dr. Daniels.
Je milite pour les jeunes, et j’ai rencontré beaucoup de jeunes
gens qui avaient subi de l’intimidation. L’une des choses
auxquelles je reviens constamment lorsque je suis face à des
jeunes qui ont pris part à des actes de violence ou qui ont été
incarcérés pour avoir commis des actes de violence, c’est la
participation des parents. Vous parlez d’une démarche
communautaire. Qu’est-ce que nous pouvons faire de plus pour
engager les parents à s’assurer qu’ils s’occupent de leurs enfants
lorsqu’ils découvrent qu’ils se livrent à des comportements de ce
genre et qu’ils leur imposent des conséquences, par exemple en
leur enlevant leurs appareils ou, encore une fois, qu’ils
reconnaissent, comme Mme Daniels le disait, qu’il s’agit d’un
moment propice à l’enseignement, à faire en sorte que les enfants
prennent conscience de ce qu’ils font à leurs camarades de classe,
de façon à s’assurer qu’ils comprennent que leurs actions ont des
conséquences? Que pouvons-nous faire d’autre pour mobiliser les
parents concernés? Je vais commencer par Mme Daniels.
Ms. Daniels: I think you have identified one of the biggest
challenges. I was recently at a staff meeting where teachers were
discussing that same issue. Often they felt that a lot of good work
they had done all week went down the tubes when the child was
Mme Daniels : Je pense que vous avez mis le doigt sur l’un des
plus importants défis qui se posent. J’ai assisté récemment à une
réunion du personnel où des enseignants parlaient précisément de
cela. Ils ont dit avoir souvent l’impression qu’une bonne partie du
travail positif qu’ils font pendant toute la semaine est gâchée
pendant la fin de semaine, lorsque l’enfant est à la maison. Il y a
12:28
Human Rights
7-5-2012
home for the weekend. There are often big differences in
expectations for children between home and school, especially
amongst children inclined to use bullying behaviours.
souvent des différences importantes sur le plan des attentes envers
les enfants entre la maison et l’école, surtout chez les enfants qui
ont tendance à adopter des comportements d’intimidation.
In terms of engaging parents, there are several different levels
we need to approach. We need a lot of education. I speak to many
parents. I give parent talks regularly. There is concern and worry,
but not many ideas about how to deal with it in an effective way.
We definitely need a lot of education.
Pour ce qui est de mobiliser les parents, nous devons aborder la
chose à différents niveaux. Il faut faire beaucoup de
sensibilisation. J’ai parlé à beaucoup de parents. J’anime
régulièrement des discussions avec des parents. Ils sont
préoccupés, mais ils n’ont pas beaucoup d’idées pour régler le
problème de façon efficace. Il faut assurément que nous fassions
beaucoup de sensibilisation.
Also, for some children, the reality is that the expectations at
school and the community will be significantly different than at
home. One thing I find encouraging is that children can learn that
the expectations are different in different places and that is why a
community approach is so important. We need to change the
social environment such that it does not endorse those types of
behaviours.
Par ailleurs, dans le cas de certains enfants, le fait est que les
attentes de l’école et de la collectivité à leur égard divergent
passablement de celles de leurs parents. Une chose que je trouve
encourageante, c’est que les enfants sont en mesure de
comprendre que les attentes peuvent être différentes selon le
lieu, et c’est la raison pour laquelle il est si important d’adopter
une démarche communautaire. Il faut que nous apportions des
changements dans le milieu social pour que les gens ne s’en
tiennent pas aux comportements en question.
Ms. Meyer: I agree. Many parents are concerned but again,
our youth need more strategies, as do the parents. They feel like
the only response they can give is to take away a cellphone or not
allow the child to be on the computer for the next week.
Mme Meyer : Je suis d’accord. Beaucoup de parents sont
préoccupés, mais, encore une fois, nos jeunes ont besoin de plus
de stratégies, comme leurs parents. Ces derniers ont l’impression
que leur seule réaction possible, c’est de confisquer le téléphone
cellulaire de l’enfant ou de ne pas lui permettre d’utiliser
l’ordinateur pendant une semaine.
What I propose, rather than turning things off, is engaging
with and suggesting the parents sit down and play the video game
alongside their son or daughter, or go ahead and visit some sites
with them online and use that as an opportunity to engage in
dialogue and as teachable moments. Even though it might be
some place that they are uncomfortable, they might say, ‘‘Just
teach me. I want to know more about what you are doing here
and why this is important to you.’’ That is a valuable in because if
parents want to bridge differences with their adolescents they
need to show interest in their interests and hobbies and activities,
rather than removing access to those outlets. That will give
opportunities for teachable moments. Watch a show with your
child. Have a conversation about what you have just seen, a show
your child has chosen, not one that you have chosen as safe for
the family. They will watch it without you later so maybe you can
be there and use that as a starting point for some of those
conversations.
Ce que je propose de suggérer aux parents, plutôt que
d’éteindre les appareils, c’est de s’asseoir avec leur fils ou leur
fille et de jouer à un jeu vidéo avec eux ou encore de visiter les sites
web avec eux et de profiter de l’occasion pour dialoguer et créer
un moment propice à l’enseignement. Même si c’est un domaine
dans lequel ils ne sont pas à l’aise, ils peuvent dire : « Montremoi. Je veux savoir ce que tu fais ici et pourquoi c’est important à
tes yeux. » Cette démarche est utile, parce que, si les parents
veulent combler le fossé entre leurs adolescents et eux, il faut
qu’ils s’intéressent à ce qui intéresse ces derniers, à leurs loisirs et à
leurs activités plutôt que de leur enlever l’accès aux moyens
techniques. Cela leur permettra de créer des moments propices à
l’enseignement. Regardez une émission avec votre enfant.
Discutez avec lui de ce que vous venez de voir, une émission
que votre enfant aura choisie, et non une émission que vous auriez
choisie vous-même parce qu’elle convient à la famille. Vos enfants
finiront par regarder sans vous de toute façon, alors vous pouvez
peut-être être là et utiliser cet élément comme point de départ
d’une conversation.
We need to include parents in our community outreach efforts,
inviting them to be part of anti-violence task forces or
anti-bullying initiatives in school boards. We need to offer
educational opportunities to the parents who can come and can
give of their time to be able to then become advocates in the
community and share that information outward.
Nous devons faire participer les parents aux initiatives de
sensibilisation communautaires, les inviter à devenir membres des
groupes de lutte contre la violence ou à prendre part aux
initiatives de lutte contre l’intimidation des conseils scolaires.
Nous devons offrir des occasions d’apprentissage aux parents
pour qu’ils puissent faire du bénévolat, faire de la promotion dans
la collectivité et diffuser l’information.
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Droits de la personne
12:29
Just as Dr. Daniels pointed out, we need to be clear with our
students. We know that our students sometimes go home and get
conflicting messages from the message we are trying to send in
schools. They know from classroom to classroom that the rules
and expectations are different, so they are very capable of being
able to identify and exhibit the appropriate behaviour in public
that we as Canadians expect of citizens in our democratic society.
Comme Mme Daniels l’a fait remarquer, nous devons
transmettre un message clair aux élèves. Nous savons qu’ils
reçoivent quelquefois un message qui est en contradiction avec
celui que nous essayons de leur transmettre à l’école. Ils savent
que les règles et les attentes changent en fonction des classes, alors
ils sont très bien capables de se reconnaître dans l’exemple de
comportement adéquat en public auquel les Canadiens
s’attendent des citoyens de notre société démocratique et
d’adopter ce comportement.
Ms. Hymel: There are several things I want to add to that.
First, I totally agree with Dr. Meyer that we really need to get
parents to engage with their children. That is more difficult than I
would like to admit.
Mme Hymel : J’ai plusieurs choses à dire pour compléter. Tout
d’abord, je suis tout à fait d’accord avec Mme Meyer pour dire
qu’il faut vraiment que nous incitions les parents à discuter avec
leurs enfants. C’est plus difficile que je ne voudrais l’admettre.
One of the problems is that parents are not necessarily very
well informed. We started an initiative back in 2008 and we now
have three editions. There is an online magazine for parents in the
U.S. called Education.com. It is out of California, Dr. Meyer.
L’un des problèmes qui se posent, c’est que les parents ne sont
pas nécessairement très bien informés. Nous avons lancé une
initiative en 2008, et il y a maintenant trois éditions. Il y a aux
États-Unis un magazine en ligne pour les parents qui s’appelle
Education.com. C’est un magazine californien, madame Meyer.
In 2008, we started with a special edition of Education.com on
bullying. Over the last few years we have had three editions — the
last one just came out — where we have had researchers from
around the world basically trying to contribute readable, parentfriendly advice, information, or summaries of research so that
parents can get educated. We need more of that kind of thing for
parents, and we need to let parents know that those things are
available.
Nous avons commencé en 2008 par faire un numéro spécial
d’Education.com sur l’intimidation. Au cours des dernières
années, nous avons publié trois numéros — le dernier vient de
paraître — dans lesquels nous avons demandé à des chercheurs de
partout dans le monde d’essayer de présenter des conseils, de
l’information ou des résumés de travaux de recherche faciles à lire
pour les parents, pour que ceux-ci aient la possibilité de
s’informer. Il faut davantage de choses de ce genre pour les
parents, et nous devons faire savoir aux parents que ce genre de
choses existent.
One suggestion I found — and I am sure Dr. Meyer and
Dr. Daniels would agree — is that we often do parent workshops,
but what happens is that a small percentage of the parents
actually attend. The problem is getting the information to the
parents. I have two suggestions in that regard. One comes from
Donna Cross, a researcher in Australia doing anti-bullying work.
She says that if you want to get the parents to come, you need to
feature their children. She recommended doing a school play in
which kids are there and parents come.
Une suggestion que j’ai trouvée — et je suis sûre que
Mme Meyer et Mme Daniels seraient d’accord avec moi —,
c’est que nous tenons souvent des ateliers pour les parents, mais,
ce qui arrive, c’est qu’une petite proportion des parents concernés
y participe. Le problème, c’est de faire parvenir l’information aux
parents. J’ai deux suggestions à cet égard. L’une me vient de
Donna Cross, qui fait de la recherche en Australie et travaille à la
lutte contre l’intimidation. Elle dit que si on veut que les parents
viennent, il faut que les enfants soient là. Ce qu’elle recommande,
c’est de monter une pièce de théâtre avec les enfants et que les
parents y assistent.
We did this here in Vancouver. We talked to the school board
about it. They took a school and did a whole thing on online and
other kinds of bullying, but especially online bullying. They put
all the kids into this play in various ways, and parents came;
parents were out there in droves. They had information booths
available for parents, and of course there was a message from the
play. That is one way to get parents involved.
Nous l’avons fait en Vancouver. Nous en avons parlé aux
représentants du conseil scolaire. Ils ont choisi une école et lancé
tout un projet sur l’intimidation en ligne et sous d’autres formes,
mais surtout l’intimidation en ligne. Ils ont fait participer tous les
enfants à la pièce d’une façon ou d’une autre, et les parents sont
venus la voir; ils sont venus en très grand nombre. Il y avait les
kiosques d’information pour les parents, et, bien entendu, il y
avait un message dans la pièce. Voilà une façon de faire participer
les parents.
Many parents do not want to admit that their children are
involved in this, either as victims or as bullies. Another suggestion
is public service announcements, with online links where parents
can get information and support. I think we have to start using
new technology to reach those parents, more than ever.
Beaucoup de parents ne sont pas prêts à admettre que leurs
enfants sont concernés, qu’ils soient victimes ou intimidateurs.
Une autre suggestion, c’est de diffuser des messages d’intérêt
public, avec des liens vers les sites web où les parents peuvent
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Human Rights
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obtenir de l’information et du soutien. Je pense que nous devons
commencer à utiliser les nouvelles technologies pour joindre les
parents concernés, plus que jamais.
I often recommend that parents have to start the conversation.
When I do workshops, I often tell them about books that are
available about bullying so that at least they have the opportunity
to talk it over with their children.
Je dis souvent dans mes recommandations que les parents
doivent entamer le dialogue. Lorsque je tiens des ateliers, je leur
parle souvent de livres qui existent sur l’intimidation, pour qu’ils
puissent au moins avoir l’occasion d’en parler avec leurs enfants.
I think the WITS program that has been developed at the
University of Victoria, which is an anti-bullying program, also
involves biblio-therapy. There are a number of avenues for getting
parents involved, but we have to get more creative. It is no longer
a case of ‘‘if you build it, they will come.’’ If you build it, they will
be too busy to come.
Je pense que le programme WITS qui a été mis sur pied à
l’Université de Victoria et qui est un programme de lutte contre
l’intimidation, comporte également un volet de bibliothérapie. Il y
a de nombreuses façons de faire participer les parents, mais il faut
faire preuve de plus de créativité. Ce n’est plus vrai qu’il s’agit de
bâtir quelque chose pour que les gens viennent. Aujourd’hui,
même si on bâtit quelque chose, ils vont être trop occupés pour
venir.
Senator Ataullahjan: My question is specifically for Dr. Meyer.
You were just saying that instead of turning things off, engage in
a dialogue. However, kids need to be responsible for their
behaviour. We heard last week that zero tolerance does not work,
but perhaps having some sort of consequences for their actions
might be a bit better.
Le sénateur Ataullahjan : Ma question s’adresse précisément à
Mme Meyer. Vous venez de parler du fait d’entamer un dialogue
plutôt que d’éteindre les appareils. Il faut toutefois que les enfants
soient tenus responsables de leur comportement. Nous avons
entendu la semaine dernière que la tolérance zéro ne donne pas de
résultats, mais peut-être qu’on en obtiendrait davantage en faisant
en sorte que les gestes posés aient des conséquences.
Ms. Meyer: I definitely believe in authentic consequences;
however, I do not think it is possible to have meaningful
consequences if you do not really know what is going on.
Oftentimes what happens is that the student is punished because
they retaliate because someone has already targeted them. If you
punish a child because you only know one piece of the situation,
and you have not been engaging with them in a meaningful way
and you do not know the history of their relationships with their
peers and their school and what has been going on in their life,
there is that danger of punishing a child for an isolated act, when
they were provoked and did not know what else to do because
they did not have an adult they felt they could talk it out with.
Mme Meyer : Je crois certainement aux conséquences
lorsqu’elles sont véritables; cependant, je ne pense pas qu’il soit
possible d’imposer de vraies conséquences lorsqu’on ne sait pas
vraiment ce qui se passe. Souvent, ce qui se passe, c’est que l’élève
est puni parce qu’il riposte après avoir été ciblé par quelqu’un
d’autre. Si l’on punit un enfant en ne connaissant qu’une partie de
la situation, sans avoir eu une vraie discussion avec lui et sans
connaître les relations qu’il entretient avec ses pairs et son école,
ni ce qui se passe dans sa vie, il y a un danger qu’on punisse
l’enfant pour un geste isolé, alors qu’il a été provoqué et qu’il ne
savait pas quoi faire d’autre parce qu’il n’avait pas l’impression de
pouvoir en parler avec un adulte.
I am not saying that we need to give students a free pass or give
our children free rein on the Internet. I am saying that we, as
adults, need to take the time to get to know the realities of our
students’ social lives, to know what kinds of media influences they
are being exposed to and responding to, and to be there for them,
on their terms.
Je ne dis pas que nous devons laisser les élèves agir comme ils
l’entendent ni que nous devons laisser les enfants faire ce qu’ils
veulent sur Internet. Ce que je dis, c’est qu’en tant qu’adultes,
nous devons prendre le temps de nous informer au sujet de la vie
sociale de nos enfants, du genre d’influence des médias qu’ils
subissent et à laquelle ils réagissent, et d’être là pour les aider,
selon leurs conditions.
Oftentimes, you will see that the parents are uncomfortable
and they will avoid conversations because they are tired or they
are getting dinner on the table and they do not have time.
However, our children will not listen to us if we only ask them to
listen to us when we are ready to talk. We need to create the
context for those relationships so that our children know they can
come to us in crisis, whenever, for whatever, so we can then
provide them the coaching and the scaffolding.
Souvent, les parents sont mal à l’aise et évitent les
conversations parce qu’ils sont fatigués ou s’occupent du souper
et n’ont pas le temps. Pourtant, nos enfants ne vont pas nous
écouter si nous leur demandons de nous écouter seulement
lorsque nous sommes disposés à parler. Nous devons créer le
contexte qui permet l’épanouissement des relations pour que nos
enfants sachent qu’ils peuvent nous voir en temps de crise, quand
ils le souhaitent, pour quelque raison de ce soit, afin que nous
puissions leur fournir l’encadrement et la structure dont ils ont
besoin.
7-5-2012
Droits de la personne
12:31
In educational psychology we talk about Vygotsky’s zone of
proximal development. We cannot give students consequences for
behaviours we have not taught them how to do in meaningful
contexts. We cannot just set them free in the Wild West of the
Internet and expect them to know intuitively what is appropriate,
what is inappropriate, what is mature and what is irresponsible.
En psychologie de l’enseignement, nous parlons de la zone de
développement proximale de Vygotsky. Nous ne pouvons pas
imposer des conséquences aux élèves pour leur comportement si
nous ne leur avons pas appris la bonne façon d’agir dans des
contextes significatifs. Nous ne pouvons pas simplement les laisser
évoluer dans les contrées sauvages d’Internet et nous attendre à ce
qu’ils sachent intuitivement ce qui est approprié, ce qui ne l’est
pas, ce qui est mature et ce qui est irresponsable.
I am saying that parents need to be side by side throughout
their child’s development in order to respond meaningfully and
with a deep understanding of the situation so that the
consequences are authentic and not just punitive.
Ce que je dis, c’est que les parents doivent être aux côtés de leur
enfant pendant tout son développement pour intervenir
adéquatement et avec une compréhension profonde de la
situation, afin d’imposer des conséquences véritables, et non
seulement des punitions.
Senator Meredith: Thank you so much for that.
Le sénateur Meredith : Merci beaucoup de votre réponse.
Let us get back to the schools. We heard several comments
already with respect to differences of opinion. Dr. Meyer, you
alluded to the fact that the principals ought to be responsible.
Dr. Hymel said: No, I do not fully agree with that.
Revenons aux écoles. Nous avons déjà entendu plusieurs
choses qui témoignent de divergences d’opinions. Madame
Meyer, vous avez parlé de la responsabilité des directeurs
d’école. Mme Hymel a dit qu’elle n’était pas tout à fait d’accord
là-dessus.
The principal, obviously, is the administrator in the school and
they are responsible for behaviours within the school and when
something is reported. If they are not acting upon it right away,
these young people’s lives — we have heard this — could be taken
if appropriate action is not taken.
Le directeur d’école, de toute évidence, est celui qui administre
l’établissement, et il est responsable des comportements des élèves
à l’intérieur de l’école et doit prendre en charge les faits qui lui
sont signalés. S’il n’agit pas sur-le-champ en prenant les mesures
appropriées, ces jeunes gens pourraient perdre leur vie — nous
avons entendu parler d’incidents de la sorte.
Are we doing enough to educate our guidance counsellors on
the importance of administrators acting quickly when they realize
there are incidents within their schools?
Prenons-nous suffisamment de mesures pour informer les
conseillers en orientation sur le fait qu’il est important que les
administrateurs réagissent rapidement lorsqu’ils apprennent que
des incidents se produisent au sein de leur établissement?
Ms. Daniels: There are a couple of issues. Ken Rigby’s work in
Australia has shown that how much buy-in there is from the
administration very much predicts how well an intervention
program works. Therefore, it certainly is very important to have
the principal on side and taking a strong leadership role. In a
school, that can be particularly important.
Mme Daniels : Il y a deux ou trois choses à dire à ce propos.
Les travaux menés par Ken Rigby en Australie ont montré que la
mesure dans laquelle une administration adhère au programme
d’intervention mis en place au sein de son établissement permet de
prédire avec beaucoup de précision la réussite de ce programme.
Par conséquent, il est assurément très important d’obtenir
l’adhésion du directeur, et que celui-ci assume un véritable rôle
de chef de file. Au sein d’une école, cela peut être très important.
He also shows that teachers need to think it is important and to
be able to relate to it. Teachers who feel it is a worthwhile
endeavour certainly have a much better outcome, and that seems
to be more important than what specific program they are
implementing in the school. There have certainly been many
suggestions that it is important to tailor a program specifically to
the needs of a particular school. That would be my first thought.
Ces travaux montrent également que les enseignants doivent
considérer qu’un tel programme est important, et se sentir
interpellés par lui. Les enseignants qui estiment qu’il s’agit
d’une initiative valable obtiennent de bien meilleurs résultats, et ce
sentiment d’adhésion au programme semble être plus important
que la nature même du programme mis en place au sein de l’école.
À coup sûr, de nombreux éléments permettent de croire qu’il est
important que le programme soit adapté aux besoins de chaque
école. Il s’agit de ma première réflexion à ce sujet.
Ms. Hymel: I definitely want to reiterate that I think
administrator buy-in is absolutely critical, but it may not be
sufficient. The extra challenge there is that principals,
vice-principals and even counsellors do not necessarily have any
training on what to do.
Mme Hymel : Je tiens absolument à répéter que, selon moi, il
est tout à fait crucial qu’un administrateur adhère au programme,
mais il se peut que cela ne suffise pas. À cet égard, l’autre
difficulté qui se pose tient à ce que les directeurs, les directeurs
adjoints et même les conseillers n’ont pas nécessairement reçu une
formation sur les mesures à prendre.
12:32
Human Rights
7-5-2012
We did a study a few years ago asking teachers what they
would do if they were faced with certain bullying situations, and
the vast majority would send them to the administrators, a viceprincipal or principal. What we realized was that often the viceprincipals and the principals do not know what to do about that.
Training is really important.
Il y a quelques années, nous avons mené une étude dans le
cadre de laquelle nous avons demandé aux enseignants d’indiquer
ce qu’ils feraient s’ils étaient aux prises avec tel ou tel cas
d’intimidation, et la vaste majorité d’entre eux ont répondu qu’ils
enverraient les responsables au bureau des administrateurs — du
directeur adjoint ou du directeur. Ce que nous avons constaté,
c’est que, bien souvent, les directeurs adjoints et les directeurs ne
savent pas quoi faire dans de telles situations. La formation est
très importante.
Second is adequate personnel. I will tell you about an incident.
Several years ago, when my son was in grade 8, I got a phone call
saying, ‘‘There has been an incident at school. I think your son is
okay, but you will want to take him to the doctor.’’ It took me
about an hour to get there, which gave me a lot of time for
thought. When I arrived, the principal said there was absolutely
nothing that my son did. He was a victim. It was an older kid
picking on a younger kid situation.
En outre, les écoles doivent disposer de suffisamment de
personnel. Je vais vous raconter un incident. Il y a plusieurs
années, on m’a téléphoné pour m’informer du fait que mon fils,
qui était en huitième année, avait été mêlé à un incident à l’école et
que, même s’il se portait bien, il faudrait l’amener chez le médecin.
Il m’a fallu environ une heure pour me rendre là-bas, ce qui m’a
laissé beaucoup de temps pour réfléchir. Lorsque je suis arrivée
sur les lieux, le directeur m’a dit que mon fils n’avait absolument
rien à se reprocher, et qu’il était la victime — il s’agissait de l’un
de ces cas où un enfant s’en prend à un plus jeune que lui.
I said, ‘‘Can we get the boys together? Can we talk this out?
Can we get the parents together?’’ The principal looked at me and
said, ‘‘Shelley, you don’t get this. I get four or five of these
incidents a day. I don’t have the personnel or the time to deal with
it. Moreover, most parents want a pound of flesh, and they want
it immediately, regardless of whether their child was the victim or
the perpetrator.’’
J’ai demandé que l’on organise une réunion avec les deux
garçons et leurs parents pour que nous discutions de ce qui s’était
passé. Le directeur m’a répondu : « Shelley, tu ne comprends pas.
Quatre ou cinq incidents du genre se produisent chaque jour. Je
ne dispose pas du temps ni du personnel requis pour régler les
problèmes de ce genre. En outre, la plupart des parents veulent
que des sanctions soient imposées sur-le-champ, peu importe que
leur enfant ait été la victime ou l’agresseur. »
Those words really stuck in my head. We have to realize what
principals are facing in large-scale schools, especially at the
secondary level. We also need to have personnel available. I do
not think counsellors have more time either. They are often doing
guidance counselling for educational advancement and college
preparation. How much training do we actually do for school
counsellors in terms of dealing with bullying? We have to rethink
what we are doing in terms of giving them the skills and the tools
in order to actually deal with it effectively.
Ces paroles m’ont vraiment marquée. Nous devons prendre
conscience des problèmes auxquels les directeurs font face dans les
grands établissements, surtout au niveau secondaire. En outre, les
écoles doivent disposer du personnel requis. Je ne pense pas que
les conseillers ont plus de temps que les administrateurs à
accorder aux incidents de ce genre. Bien souvent, ils fournissent de
l’orientation aux élèves pour les encourager à poursuivre leurs
études et les préparer en vue de leurs études collégiales. Dans
quelle mesure les conseillers scolaires sont-ils formés pour prendre
en charge les cas d’intimidation? Nous devons revoir la formation
que nous leur dispensons afin qu’elle leur permette d’acquérir les
compétences et les outils dont ils ont besoin pour prendre en
charge ces cas de façon efficace.
Ms. Meyer: I echo Ms. Hymel’s statement that principals are
generally overworked. Many are moved into administration
under a business management model, with the emphasis on
running a tight ship and balancing budgets. Dealing with issues
like school climates, human rights and positive relationships is not
something that they choose to spend a lot of time on. Often times
when they deal with reported incidents, they minimize the impact
it has on the student and do more harm. I have heard horrible
stories about times when a student went to a principal because
someone called them a homophobic remark. The principal said,
‘‘Well, are you? You should expect to be treated like that if you
are going to act that way in this school.’’ There is definitely a
disconnect between the school leadership model; I think a lot of
us would advocate for that.
Mme Meyer : Je reprends à mon compte l’affirmation de
Mme Hymel selon laquelle les directeurs sont généralement
débordés. Bon nombre d’entre eux abordent l’administration
d’une école comme s’il s’agissait de la gestion d’une entreprise
qu’il faut d’abord et avant tout administrer rigoureusement, et
dont on doit équilibrer le budget. Ils ne veulent pas consacrer
beaucoup de temps à des questions comme celles du climat qui
règne au sein de leur établissement, du respect des droits de la
personne à l’intérieur de l’école ou des relations positives entre les
gens qui la fréquentent. Bien souvent, lorsqu’on leur signale des
incidents, ils minimisent les répercussions qu’ils ont sur les élèves,
et causent ainsi d’autres torts. J’ai entendu des histoires horribles,
par exemple celle d’un élève qui s’était adressé au directeur parce
qu’il avait fait l’objet d’un commentaire à caractère homophobe.
7-5-2012
Droits de la personne
12:33
Le directeur lui a répondu : « Eh bien, es-tu gai? Tu dois
d’attendre à être traité de la sorte si tu agis de cette façon à
l’école. » Nous sommes assurément bien loin d’un modèle fondé
sur l’exercice des responsabilités par les administrations scolaires.
Je crois que bon nombre d’entre nous seraient favorables à un tel
modèle.
We need to have these visionary school leaders who come from
this social, emotional leadership and human rights perspective;
school boards are looking to hire a business person who will run a
tight slip and balance budgets. We need to think about who the
best person is for the visionary leader in the schools. When we
talk about guidance counsellors, they often have 500 or 600 kids
and are trying to get their curriculum plan for the next cycle of
classes. The idea of making sure schools have funding to possibly
have a vice-principal or administrator whose sole responsibility is
school climate and positive relationships and healthy emotional
learning is really essential. When teachers send those students to
the principal’s office, you end up with a band-aid solution. You
do not end up with a long-term follow up, what can we learn from
this, what behaviours are appropriate in our school and how can
we deal with this?
Nous avons besoin de dirigeants d’école visionnaires, qui
exercent leurs fonctions en tenant compte de facteurs sociaux et
émotionnels et en tenant compte du respect des droits de la
personne; à l’heure actuelle, les conseils scolaires cherchent à
embaucher des gens d’affaires qui exerceront une gestion serrée
des finances et équilibreront les budgets. Nous devons rechercher
les personnes les plus aptes à jouer ce rôle de dirigeant visionnaire
au sein des écoles. Quant aux conseillers d’orientation, ils doivent
souvent s’occuper de 500 ou 600 jeunes, et ils tentent de mettre au
point leur programme de cours en vue du cycle d’études suivant.
L’idée de veiller à ce que les écoles disposent des fonds requis pour
embaucher éventuellement un directeur adjoint ou un
administrateur dont l’unique responsabilité consistera à
s’occuper du climat régnant dans l’école, des relations positives
et de l’apprentissage affectif sain est une idée vraiment essentielle.
Le fait d’envoyer les élèves fautifs au bureau du directeur
représente une solution temporaire; cela ne donne lieu à aucun
suivi à long terme, ne nous permet pas de tirer des leçons des
incidents survenus, ne nous indique pas quels comportements sont
appropriés à l’école et ne nous apprend rien sur la façon de régler
ce type de problème.
The Jubran case in British Columbia is a perfect example of
how the school fell short in its duty by the principal punishing
every time they were alerted to a occasion of bullying against
Azmi Jubran However, when the decision came down there was a
laundry list of things that the tribunal said the school could have
done to more effectively eradicate the discrimination and
harassment that was happening in the school community.
En Colombie-Britannique, l’affaire Jubran nous a fourni un
exemple éclatant d’un directeur d’école qui ne s’est pas acquitté de
son devoir de punir les responsables chaque fois qu’on lui
signalait qu’Azmi Jubran avait été victime d’intimidation. Au
moment de rendre sa décision, le tribunal a fourni une liste de
mesures que l’administration de l’école aurait pu prendre pour
éradiquer efficacement les cas de discrimination et de harcèlement
à l’intérieur de l’établissement.
Yes, the administrators need to be visionary leaders on this
issue, but we also need a paradigm shift of what school districts
and school boards are looking for when training and hiring
administrators. Often, what the parents want and what the
superintendents want are two different people.
Oui, les administrateurs doivent jouer le rôle de dirigeants
visionnaires à cet égard, mais les arrondissements et les conseils
scolaires doivent également adopter une nouvelle vision des
choses en matière de formation et d’embauche des
administrateurs. Bien souvent, un monde sépare ce que les
parents veulent et ce que les directeurs veulent.
Senator Meredith: It comes down to the correlation between
low self esteem of pupils and being bullied. Do you have any
statistics that you can share with us in terms of someone that
already suffers from low self-esteem and compounded on that,
they are being either physically or cyberbullied. How do parents
or administrators deal with that double whammy in individuals
that suffer from low self-esteem and compounding their problems
within the school system is that they are being either cyber-bullied
or bullied?
Le sénateur Meredith : Cela se résume à la corrélation qui
existe entre la faible estime de soi qu’ont certains élèves et le fait
d’être victimes d’intimidation. Avez-vous des statistiques à nous
fournir en ce qui concerne le lien qui existe entre le fait d’avoir une
faible estime de soi et le fait d’être victime d’intimidation physique
ou de cyberintimidation? Comment les parents ou les
administrateurs composent-ils avec ce problème à deux volets,
c’est-à-dire que, en plus d’avoir une faible estime de soi et d’avoir
des difficultés au sein du système scolaire, certains élèves doivent
faire face à de la cyberintimidation ou à de l’intimidation.
Ms. Meyer: What we know about all forms of bullying it is
that often someone with more social power who is targeting or
trying to get the better of someone, is in some sort of vulnerable
Mme Meyer : En ce qui concerne l’intimidation en général,
nous savons que, bien souvent, les personnes qui détiennent un
plus grand pouvoir social et qui s’en prennent ou tentent de s’en
12:34
Human Rights
7-5-2012
situation. We know youth who have other issues related to selfesteem are more vulnerable because they are already socially
isolated or do not have that gregariousness that allows them to
surround themselves with a circle of highly socially competent
peers.
prendre à quelqu’un d’autre se trouvent souvent dans une certaine
position de vulnérabilité. Nous savons que les jeunes qui ont des
problèmes liés à l’estime de soi sont plus vulnérables parce qu’ils
sont déjà isolés sur le plan social, ou ne possèdent pas cet instinct
grégaire qui leur permettrait de s’entourer de personnes très aptes
à vivre en société.
I think Ms. Daniels spoke to the issue and that there is a close
relationship between students being repeatedly victimized and a
negative impact on their self-esteem. However, we also know
students who are already vulnerable — for a whole host of social
reasons — will also be more likely to be targeted because they do
not have that buffering effect of a social group or a strong,
supportive network they can turn to.
Je crois qu’il existe une relation étroite entre une faible estime
de soi et le fait d’être constamment victime d’intimidation — si je
ne m’abuse, Mme Daniels a abordé cette question. Toutefois,
nous savons également que les élèves qui sont déjà vulnérables —
en raison d’une foule de facteurs de nature sociale — seront plus
susceptibles d’être pris pour cible, car ils ne peuvent pas profiter
de l’effet tampon que procure un groupe social ou un solide
réseau de personnes sur lesquelles on peut compter.
Ms. Daniels: I would agree with that and when we think about
vulnerable populations, we see children who tend to be repeatedly
victimized. That can have quite debilitating effects on children.
Mme Daniels : Je suis d’accord avec cela. Nous constatons que
les personnes vulnérables ont tendance à être constamment
victimes d’intimidation. Cela peut avoir des effets très
débilitants sur un enfant.
Ms. Hymel: Yes, much of this research goes back to the work
of Dan Olweus in Norway. They started studying this in the late
1970s and have been following it for years. They have some of the
best longitudinal studies. Kids who are repeatedly victimized
show deficits in self-esteem, even into adulthood.
Mme Hymel : Oui, une bonne partie de cette recherche nous
ramène aux travaux menés en Norvège par DanOlweus. On a
commencé à se pencher là-dessus à la fin des années 1970, et on a
continué de le faire pendant des années. Il en a résulté quelquesunes des meilleures études longitudinales. Les enfants qui sont
sans cesse victimes d’intimidation affichent une faible estime de
soi, avec laquelle ils doivent composer même lorsqu’ils ont atteint
l’âge adulte.
We have very few long-term studies. That is one of the
problems. Longitudinal research is difficult, expensive and it is
hard to get funding. When it has been done, I think Sorander’s
group has demonstrated that the kids showing the worst effects of
beings victimized — in terms of self-esteem and other things —
are kids who are already vulnerable. It is exactly what you said. It
is the double whammy. Kids have already had a few problems and
are coping, and then they have bullying on top of that. We have to
look at our vulnerable youth.
Très peu d’études portant sur une longue période ont été
menées. Il s’agit de l’un des problèmes. Les recherches
longitudinales sont complexes et coûteuses, et il est difficile
d’obtenir du financement pour les mener. J’estime que le groupe
de Sorander a montré que les enfants sur lesquels la victimisation
a les répercussions les plus néfastes — sur le plan, entre autres, de
l’estime de soi — sont les enfants qui sont déjà vulnérables.
C’est exactement ce que vous avez dit : il s’agit d’un problème à
deux volets. Les enfants qui ont déjà quelques problèmes dont ils
tentent de venir à bout doivent, de surcroît, faire face à
l’intimidation. Nous devons veiller sur nos jeunes vulnérables.
It is complicated and the research is just getting in.
With respect to self-esteem, a paper was presented a few years
ago — I cannot recall the author — and they were comparing kids
who are the only child victimized in a classroom versus children
who were one of several kids victimized in the classroom. That
alone made a difference as to whether it had an impact on their
self-esteem and other outcomes. It is complicated. It is not
automatic that it would be a low self-esteem effect, although that
would be the most likely first effect you would see. However, we
have to look at each case individually. One thing I have learned in
this area is there is no one-size-fits-all solution here and you have
to look at each case individually.
C’est compliqué, et les recherches à ce sujet ne font que
débuter.
En ce qui concerne l’estime de soi, il y a quelques années, un
article — dont le nom de l’auteur m’échappe — a été publié à
propos d’une recherche dans le cadre de laquelle on avait comparé
des enfants qui étaient l’unique victime d’intimidation de leur
classe à des enfants qui étaient une victime d’intimidation parmi
d’autres dans leur classe. Ce seul paramètre avait une incidence
sur l’incidence qu’avait l’intimidation sur l’estime de soi et
d’autres caractéristiques de ces enfants. Il s’agit d’une question
complexe. L’intimidation n’a pas systématiquement pour
conséquence d’affaiblir l’estime de soi, même s’il s’agit fort
vraisemblablement de la première répercussion que l’on pourra
constater. Cela dit, chaque cas doit être examiné de façon
7-5-2012
Droits de la personne
12:35
individuelle. S’il y a une chose que j’ai apprise dans ce domaine,
c’est qu’il n’existe aucune solution miracle, et que chaque cas
constitue un cas d’espèce.
Senator Harb: Thank you very much for your presentation. It
seems to me everyone agrees on the fact that the age group — or
the grade — where we have the most of the problems seem to be
grades 7, 8 and 9; most witnesses told us the same thing.
Le sénateur Harb : Merci beaucoup de votre exposé. Il semble
que tout le monde s’entend pour dire que le groupe des élèves de
septième, de huitième et de neuvième année est celui où l’on
constate le plus grand nombre de problèmes. La plupart des
témoins que nous avons entendus ont dit une chose semblable.
The committee is looking at Article 19 of the Convention on
the Rights of the Child and looking at what to do. I will read one
line of that convention which states that:
Le comité se penche sur l’article 19 de la Convention des
Nations Unies relative aux droits de l’enfant, et se demande quoi
faire pour y donner suite. Je vais vous lire une phrase tirée de cet
article :
States Parties shall take all appropriate legislative,
administrative, social and educational measures to protect
the child from all forms of physical or mental violence
Les États parties prennent toutes les mesures législatives,
administratives, sociales et éducatives appropriées pour
protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte
ou de brutalités physiques ou mentales [...]
They defined mental violence as something that includes
cyberbullying.
Selon la convention, la cyberintimidation constitue une forme
de violence mentale.
You spoke extensively about the science and the art and
obviously we all agree. It is not perfect science or art, but a
combination of the two.
Vous avez beaucoup parlé de la science et de l’art, et de toute
évidence, nous sommes tous d’accord là-dessus. La solution réside
non pas dans une science irréprochable ou un art parfait, mais
dans une combinaison des deux.
My colleagues and I would be interested to find if there is
anything legislatively that this committee can recommend for
Parliament to do. For example, should we look at the Criminal
Code and make it mandatory for every school board to subscribe
to best practices or certain rules and guidelines? Or should we, for
example, introduce a penalty for lack of action by individuals who
are in supervisory positions over a child if they were to encounter
cyberbullying? Those are the kinds of things I suppose my
colleagues would be interested in hearing from you. Legislatively,
is there anything we can or should be doing?
Mes collègues et moi aimerions savoir si le comité peut
formuler une quelconque recommandation de nature législative à
l’intention du Parlement. Par exemple, devrions-nous envisager de
rendre obligatoire, aux termes du Code criminel, l’adhésion de
chaque conseil scolaire aux pratiques exemplaires ou à certaines
règles ou lignes directrices? Devrions-nous, par exemple, proposer
l’instauration d’une sanction qui serait imposée aux personnes qui
ne prennent aucune mesure pour mettre fin aux actes de
cyberintimidation dont est victime un enfant placé sous leur
surveillance et dont ils ont été informés? Je présume que mes
collègues seraient intéressés à entendre ce que vous avez à dire sur
des choses de ce genre. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons
ou devrions faire sur le plan législatif?
Ms. Daniels: It is certainly something my graduate students
and I talked about a lot about when I was preparing to come.
Mme Daniels : À coup sûr, il s’agit d’une chose dont j’ai
beaucoup discuté avec mes étudiants des cycles supérieurs en vue
de la présente réunion.
I have been in the field for a long time and I was very excited
when the Minister of Education in Ontario did require antibullying programs in every school in the province. We need more
guidelines in terms of supporting that happening and dollars to
have it happen. However, I thought that was a positive step.
Je travaille dans le secteur depuis longtemps, et j’étais ravie
lorsque le ministre de l’Éducation de l’Ontario a exigé que chaque
école de la province se dote d’un programme de lutte contre
l’intimidation. Pour qu’une telle initiative puisse être mise en
oeuvre, il faudra du financement et de nouvelles lignes directrices.
Cela dit, à mes yeux, il s’agit d’un pas en avant.
In Canada, we are challenged in contrast to other countries
that have been much more successful — Norway, Finland,
Sweden, England and Australia — who have had countrywide
anti-bullying programs for almost 20 years. We are somewhat
hampered because education is provincial so every province is
doing something different.
Le Canada est désavantagé par rapport à d’autres pays —
la Norvège, la Finlande, la Suède, l’Angleterre et l’Australie —
qui ont obtenu de bien meilleurs résultats et qui disposent de
programmes nationaux de lutte contre l’intimidation depuis près
de 20 ans. Ici, une telle initiative est quelque peu entravée par le
fait que l’éducation est un domaine de compétence provinciale, de
sorte que chaque province fait quelque chose de différent.
12:36
Human Rights
7-5-2012
I am hesitant to move toward punitive approaches. I am
reticent about that because they were not particularly successful
when we tried them. We had zero-tolerance in Ontario and
although the suspensions went up dramatically, bullying did not
decrease. Therefore, I would be hesitant about a punitive type of
approach. I am not a politician, so I am not exactly sure about a
legislative approach. However, any kind of statement that makes
it clear that this is a concern and is something to be addressed in
Canada would be important.
J’hésite à préconiser une démarche punitive. Nous avons tenté
d’adopter des démarches de cette nature, et elles se sont révélées
peu fructueuses. En Ontario, on a adopté une politique de
tolérance zéro, et même si le nombre de suspensions a augmenté
de façon spectaculaire, le nombre de cas d’intimidation n’a pas
diminué. Par conséquent, j’hésite à prôner une démarche de
nature punitive. Je ne suis pas politicienne, et je ne sais donc pas
exactement quoi penser d’une démarche législative. Toutefois, il
est important d’indiquer clairement que, au Canada,
l’intimidation est une préoccupation sur laquelle on doit se
pencher.
Ms. Hymel: I tend to agree with Dr. Daniels; I am not
convinced that punitive approaches will work. In fact, I would
also argue that we already have a lot of those policies in place in
other areas and they are not necessarily working.
Mme Hymel : J’ai tendance à être d’accord avec Mme Daniels;
je ne suis pas convaincue que les démarches punitives
fonctionnent. En outre, je tiens à mentionner que, en fait, nous
disposons déjà, dans d’autres domaines, de politiques de cette
nature, et qu’elles ne sont pas nécessairement fructueuses.
However, in addition to the things we have already mentioned
about more education and training, I think it would work to make
this a priority in schools. I think Dr. Daniels’ comment about it
being provincial makes some sense. Here in B.C. in 2010, the
Ministry of Education made social responsibility a foundational
skill, which put it on par with reading, writing and numeracy.
A couple of years later, the next Minister of Education made
schools do accountability. Every year schools have to basically
demonstrate that they are doing something with regard to
reading, writing, numeracy and social responsibility.
Cela dit, même si je suis d’accord avec ce que nous avons déjà
mentionné, à savoir que nous avons besoin d’un plus grand
nombre de programmes d’éducation et de formation, je crois qu’il
faudrait également que l’on fasse une priorité de la lutte contre
l’intimidation dans les écoles. À mon avis, ce que Mme Daniels a
dit à propos du fait que l’éducation est un domaine de compétence
provinciale a un certain sens. Ici, en Colombie-Britannique, en
2010, le ministère de l’Éducation a fait de la responsabilité sociale
une compétence essentielle, au même titre que la lecture, l’écriture
et la numéracie. Deux ou trois ans plus tard, le même ministère a
exigé que les écoles fassent de la reddition de comptes; pour
l’essentiel, chaque année, elles doivent prouver qu’elles prennent
des mesures relatives à la lecture, à l’écriture, à la numéracie et à
la responsabilité sociale.
That has basically forced schools to start looking hard and
directly at what is happening. For us, we have been engaged in a
lot of collaborative work with schools to identify bullying and
whether it has been going down.
En substance, cela a contraint les écoles à commencer à se
pencher sérieusement et directement sur ce qui se passe. Quant à
nous, nous avons participé à un bon nombre de travaux en
collaboration avec les écoles afin de repérer les cas d’intimidation
et de déterminer si leur nombre a diminué.
My experience has been that, when you start working with
schools and you provide them with evidence year after year about
whether things are going up, down or not changing at all, that is
when you give them something to work with. In many cases, they
are already very motivated to do something to improve the
schools.
Ce que j’ai pu observer, c’est que l’on doit se mettre à
collaborer avec les écoles et leur fournir chaque année des
renseignements à propos des effets négatifs, positifs ou nuls des
mesures qui ont été prises — il faut leur donner du matériel sur
lequel ils peuvent s’appuyer. Dans bien des cas, les
administrations sont déjà très motivées à l’idée de faire quelque
chose pour améliorer la situation dans les écoles.
We have two years of evaluation in a number of elementary
schools. Six months ago, I gave feedback to the schools about
what was happening over the two years. Many principals were
devastated by the fact that, although they felt they were doing a
lot of things, things were not changing. That information alone
really empowered them to step it up — ‘‘let us look and try harder
and do more than any kind of superficial thing.’’
Nous avons mené des évaluations pendant deux ans dans un
certain nombre d’écoles primaires. Il y a six mois, j’ai fourni aux
écoles une rétroaction à propos de ce qui s’est passé au cours de
ces deux années. Bon nombre de directeurs d’école étaient
terrassés d’apprendre que la situation ne s’était pas améliorée,
et ce, même s’ils avaient l’impression d’avoir fait bien des choses
positives. Le seul fait d’apprendre cela les a vraiment incités à
intensifier leurs efforts, à examiner la situation, à tenter d’en faire
davantage et à ne pas se contenter de mesures superficielles.
7-5-2012
Droits de la personne
12:37
Therefore, I definitely think that something more along the
lines of empowering schools to do something and making them
accountable is in order.
Par conséquent, je crois assurément qu’il convient d’adopter
une stratégie qui consisterait en quelque sorte à donner aux écoles
les moyens d’agir et à exiger qu’elles rendent des comptes.
Also, if you really want to make kids accountable for their
behaviour, we have to move from punitive to restorative
practices. My experience both as parent and as an educator is
that punitive practices teach kids in many cases how to get away
with it and how not to get caught. I am not sure it works the same
way for adults. I think restorative practices where you have to
make up for any kind of harm that was caused are much more
effective in getting kids to understand the impact of their
behaviour on others.
De plus, si l’on veut réellement rendre les jeunes responsables
de leur propre comportement, nous devons abandonner la
démarche punitive au profit de pratiques de justice réparatrice.
En tant que parent et éducatrice, j’ai pu constater que, dans bien
des cas, les mesures punitives ont pour effet d’apprendre aux
jeunes la manière dont ils doivent s’y prendre pour s’en tirer et ne
pas se faire prendre. Je ne suis pas certaine que cela fonctionne de
la même façon pour les adultes. À mon avis, les pratiques de
justice réparatrice — dans le cadre desquelles on doit racheter le
tort qu’on a causé à une personne — parviennent beaucoup mieux
à amener les jeunes à comprendre les répercussions qu’a leur
comportement sur les autres.
Ms. Meyer: To echo my earlier recommendation, I think it
would help clear the waters for a lot of administrators to be able
to make that clear statement that it is within the jurisdiction of the
school to take action in a case of cyberbullying that is impacting
the health of the school community, particularly when they feel
like ‘‘this took place off school property, on their own private
devices, outside of a school activity — why does this fall into my
lap?’’ We need a clear message from the federal government where
the school’s jurisdiction lies in the case of cyberbullying. That
would provide guidance to ministries and implementation across
the country.
Mme Meyer : Pour faire suite à la recommandation que j’ai
formulée plus tôt, je dirais que, à mon avis, pour permettre à
beaucoup d’administrateurs d’y voir plus clair, il faudrait que l’on
puisse énoncer clairement qu’il revient aux écoles de prendre des
mesures à l’égard des cas de cyberintimidation qui ont une
incidence négative sur la communauté d’un établissement, surtout
dans les cas où une administration estime que ce n’est pas à elle de
prendre de telles mesures puisque l’acte a été commis à l’extérieur
du périmètre de l’école, qu’il n’avait aucun lien avec une activité
de l’école et que le responsable a utilisé son propre matériel pour
le commettre. Il faut que le gouvernement fédéral indique
clairement ce qui relève de la compétence des écoles en matière
de cyberintimidation. Cela fournirait une orientation aux
ministères, et permettrait une mise en oeuvre à l’échelle du pays.
I also want to shy away from more punitive measures because
we do know, as with zero-tolerance policies, that they are
disproportionately targeted to youth of colour. LGBT youth
sometimes suffer the consequences of these harsher punitive
responses. If you pass legislation that says everyone needs to have
more policies, oftentimes you get words on a page that change
and you do not have life in the school that changes.
En outre, si je veux que nous nous abstenions de prendre
d’autres mesures punitives, c’est parce que nous savons que les
politiques de tolérance zéro sont exagérément axées sur les jeunes
d’une minorité visible. Les jeunes gais, lesbiennes, bisexuels et
transgenres subissent parfois les conséquences de ces mesures
punitives plus sévères. Lorsque l’on adopte des dispositions
législatives obligeant tout le monde à adopter de nouvelles
politiques, bien souvent, cela est assimilable à un coup d’épée
dans l’eau — on apporte des changements en surface, mais rien ne
change dans les écoles.
You have the carrots and the stick. The legislation is the stick
and the funding is the carrot. If we can provide schools with
incentives and opportunities to initiate these action-based
research projects where they can evaluate themselves over years
and implement some kind of sustainable change — so that after
the two- to three-year projects it does not dry up and end but
becomes part of the lifeblood of that school community — then
we will be more likely to see some sustained success.
Cela nous ramène à la technique du bâton et de la carotte : le
bâton, ce sont les mesures législatives, et la carotte, c’est le
financement. Si l’on peut, au moyen de mesures d’incitation,
donner aux écoles l’occasion de lancer des projets de recherche
ayant une orientation pratique dans le cadre desquels elles
s’évalueront elles-mêmes au fil des ans et mettront en oeuvre
certains changements durables — de manière à ce que les résultats
découlant des projets menés pendant deux ou trois ans deviennent
un élément essentiel de la communauté d’une école donnée, et ne
soient pas tout simplement oubliés —, nous accroîtrons nos
chances d’obtenir quelques succès durables.
As Dr. Hymel pointed out, ‘‘one size fits all’’ will not work. We
have such a diverse nation with so many different schools, school
districts and communities that we need to empower the local
educators, families and community leaders to evaluate their own
Comme Mme Hymel l’a souligné, il n’existe pas de solution
miracle qui convienne à tous. Le pays est extrêmement divers, et
chaque école, chaque arrondissement scolaire et chaque
communauté scolaire est unique. Par conséquent, nous devons
12:38
Human Rights
7-5-2012
needs and establish language and priorities based on the specifics
of their community, but within a human rights framework. We
can have some legislative leadership in sample wording with
enumerated, protected classes. We know that makes a difference,
based on research in the United States. If it is not clearly listed as
a protected class from formal bullying harassment, it is more
likely to be ignored, minimized and not addressed.
donner aux éducateurs de chaque région, aux familles et aux chefs
de file communautaires les moyens d’évaluer leurs propres
besoins, de formuler les choses à leur façon et de fixer leurs
priorités en fonction des caractéristiques de leur collectivité, et ce,
à l’intérieur d’un cadre axé sur les droits de la personne. Une
certaine initiative législative pourrait être prise, et fournir un
exemple de libellé d’une politique touchant les classes énumérées
et protégées. Grâce à des recherches menées aux États-Unis, nous
savons que cela permet de changer les choses. Si l’on n’indique pas
clairement qu’il s’agit d’une classe protégée contre l’intimidation
et le harcèlement en bonne et due forme, il est plus probable
qu’improbable que l’on ferme les yeux sur le problème, qu’on le
minimise et qu’on ne le règle pas.
We also know that response times matter. As the earlier
senator pointed out, if you let something sit for 15 to 30 days,
then the reaction and response will not be meaningful for the
people involved. Ongoing evaluation and implementation over
three to five years after a new policy has been put in place is also
important.
Nous savons aussi que le temps de réaction a une importance.
Comme un sénateur l’a mentionné plus tôt, si on attend 15 ou
30 jours avant de réagir, l’effet de l’intervention sur les personnes
responsables sera moindre. De plus, il est important que, après
qu’une nouvelle politique a été mise en place, on poursuive sa
mise en oeuvre pendant trois à cinq ans, et qu’elle fasse
continuellement l’objet d’une évaluation durant cette période.
If we have some kind of clear leadership that X is what a good
anti-bullying policy should look like, you can provide effective
guidance to the schools across the country to take that change,
but from their own initiative rather than a top-down way.
Therefore, when the policy changes in writing, it has an impact on
the lives of the children in that school.
Si l’on peut indiquer clairement à quoi devrait ressembler une
bonne politique de lutte contre l’intimidation, on pourra offrir
une orientation efficace aux écoles du pays afin de les amener à
procéder à ces changements, mais il faut qu’elles le fassent de leur
propre initiative, et non pas pour donner suite à des directives
venant d’en haut. Ainsi, les changements de politique ont une
réelle incidence sur la vie des enfants d’une école.
The Chair: Dr. Daniels, you mentioned some countries and
they have been mentioned in the past as well. The retort has been
that those are more homogeneous countries; we have a more
diverse country, so we have more challenges. Can you expand on
that — from the countries you mentioned that tend to be more
homogeneous than our country is?
La présidente : Madame Daniels, vous avez mentionné
quelques pays qui ont déjà été mentionnés dans le passé. Ce
qu’on a répliqué à ceux qui s’appuyaient sur ces exemples, c’est
que ces pays sont plus homogènes que le Canada, qui présente
une plus grande diversité et a donc davantage de problèmes.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus long sur cette question,
c’est-à-dire sur le fait que les pays que vous avez mentionnés ont
tendance à être plus homogènes que le nôtre?
Ms. Daniels: Yes, I suppose that is the case. I think the
challenges I have heard have not been as much related to the fact
that we have a multicultural population but I think that the size of
our country is a big challenge. I know that right now Finland is
operating probably one of the best anti-bullying programs today.
It is called KiVa. It is in every school in the country and it is
funded by the government. Those are huge advantages.
Mme Daniels : Oui, j’imagine que c’est le cas. À mon avis, les
problèmes dont j’ai entendu parler sont liés non pas tant au
caractère multiculturel de la population canadienne qu’à la taille
de notre pays, laquelle pose de grandes difficultés. Je sais que, à
l’heure actuelle, la Finlande exécute ce qui constitue
probablement l’un des meilleurs programmes de lutte contre
l’intimidation du monde. Ce programme — le programme Kiva a
été mis en place dans chaque école du pays, et est financé par le
gouvernement. Il s’agit de deux énormes avantages.
The biggest issues to my mind are not as much the
multicultural population that we have, though I think that is
one challenge. The bigger challenge is that we need more of a
national strategy. Right now we are dealing with bullying at the
provincial level, and it is very variable what is happening in
different provinces. Right now Ontario is moving forward; British
Columbia has been moving forward for quite a bit longer and has
made progress.
À mes yeux, la principale difficulté tient non pas tant au
caractère multiculturel de la population canadienne — même si,
selon moi, cela pose des difficultés — qu’au fait que nous avons
besoin d’une stratégie nationale. À ce moment-ci, ce sont les
provinces qui prennent des mesures pour lutter contre
l’intimidation, et elles varient beaucoup d’une province à
l’autre. L’Ontario est en train d’aller de l’avant avec un
programme de lutte contre l’intimidation; en ColombieBritannique, un tel programme est en place depuis un certain
temps, et des progrès ont été réalisés.
7-5-2012
Droits de la personne
It is unfortunate that we seem to be reinventing the wheel back
and forth across the country. Those seem to be bigger challenges
at this point in time.
Senator Harb: Thank you very much for your intervention.
12:39
Il semble que, dans toutes les régions du pays, nous tentons de
réinventer la roue, et cela est dommage. J’estime que, à ce
moment-ci, ces éléments posent d’importants problèmes.
Le sénateur Harb : Merci beaucoup de votre intervention.
It seems to be unanimous that none of you would support
punitive measures such as to put something in the Criminal Code
or any of that.
Il semble qu’aucune d’entre vous ne soit disposée à appuyer des
mesures punitives qui seraient inscrites, par exemple, dans le Code
criminel.
Let me try this. What if, for example, we were to look at an
amendment to the national health act where we have joint
responsibilities provincially as well as federally? We talk about the
mental health of the child. Is there a venue there for an
amendment to the act in order to ensure that the provinces are
in compliance with Article 19 of the Convention on the Rights of
the Child?
Permettez-moi de vous poser la question suivante : que diriezvous, par exemple, si l’on envisageait d’apporter des
modifications à la Loi canadienne sur la santé de manière à ce
que les gouvernements fédéral et provinciaux se partagent les
responsabilités? On a fait allusion à la santé mentale des enfants.
Y aurait-il lieu de modifier la loi de manière à faire en sorte que
les provinces respectent les dispositions de l’article 19 de la
Convention relative aux droits de l’enfant?
As a country, we have approved and adopted the United
Nations Convention on the Rights of the Child. Therefore, we
have to fulfill every article of it. I submit personally that we are
not in compliance with Article 19 because every witness that has
appeared before us told us the same thing: The problem is still
there. It is not working because of the diversities and the multiple
jurisdictions, and because it is not compulsory. They have yet to
subscribe to a certain set of rules; yet the convention is quite clear,
telling us what we are to do legislatively, administratively, socially
and educationally. We did two out of those three, somewhat, but
we have not done the third one. I am looking for some
enlightenment from your end to tell me whether or not you
think there is a venue there.
Le Canada a approuvé et adopté cette convention. Par
conséquent, il doit respecter chacune de ses dispositions. Pour
ma part, j’affirme qu’il ne le fait pas, car chaque témoin qui s’est
présenté devant le comité a dit la même chose : le problème existe
toujours. Nous ne parvenons pas à le régler en raison de la
diversité et des multiples administrations du pays, et parce que la
convention n’a pas force obligatoire. Le Canada n’a toujours pas
souscrit à un certain nombre de règles; pourtant, la convention est
très claire, et énonce ce que nous devons faire sur les plans
législatif, administratif, social et éducatif. D’une façon ou d’une
autre, nous avons fait ce qu’il fallait à l’égard de deux critères,
mais rien à propos du troisième. J’aimerais que vous me disiez s’il
existe une possibilité à ce chapitre.
Ms. Daniels: It is important that we do have a clear message
that is at both the provincial and the federal levels. I would be
very much in favour of that.
Mme Daniels : Il est important que nous envoyions un message
clair aux gouvernements fédéral et provinciaux. Je serais très
favorable à cela.
Dr. Hymel’s comments about emphasis on tracking and
following school climate and monitoring would be valuable and
important in the sense that it gives schools an opportunity to deal
with the issue in a way that is tailored to them but also places a
responsibility to track and monitor.
Mme Hymel a dit que nous devions mettre l’accent sur les
activités de suivi et de surveillance du climat régnant dans les
écoles; j’estime que cela serait utile et important dans la mesure où
cela donnerait aux écoles la possibilité de prendre des initiatives
taillées sur mesure pour s’attaquer au problème, tout en assumant
une responsabilité en matière de suivi et de surveillance.
I was in a school on Thursday where we were tracking the
amount of bullying in their school. Across the year it declined by
50 per cent. They had big charts in the halls and were
congratulating the children. It was powerful for them and
highly motivating as well.
Jeudi dernier, je me trouvais dans une école où nous menions
une activité de suivi en ce qui concerne le nombre de cas
d’intimidation; au cours de l’année, ce nombre a diminué de
moitié. Dans les corridors étaient affichés de grands tableaux et
des messages de félicitations s’adressant aux enfants. Cela a eu un
effet convaincant sur eux, et les a également beaucoup motivés.
Ms. Hymel: To ensure compliance is what you are asking for.
Mme Hymel : Votre question porte sur ce que nous devons
faire pour assurer la conformité.
My experience is that everyone wants to comply. That is not
the problem. I do not think we need more legislation necessarily
to enhance that. What we do not have is adequate skills, tools,
training and personnel. We would be more effective in providing
more education and training and providing schools with more
À ma connaissance, tout le monde veut se conformer. Là n’est
pas le problème. Je ne pense pas que nous ayons nécessairement
besoin de nouvelles dispositions législatives pour accroître la
conformité. Ce dont nous avons besoin, c’est de compétences,
d’outils, de programmes de formation et d’employés adéquats.
Cela nous permettrait d’être plus efficaces au moment de
dispenser davantage de programmes d’éducation et de
12:40
Human Rights
7-5-2012
opportunities and personnel to actually deal with it, and also
providing the opportunity and the facility to track what is
actually happening in their schools.
formation et d’offrir aux écoles un plus grand nombre d’occasions
et d’employés pour véritablement régler le problème, et également
d’offrir aux administrations l’occasion de suivre l’évolution de ce
qui se passe vraiment au sein de leur établissement, et les moyens
de le faire.
My experience with schools is that once we as a partner provide
that information on a regular basis, they are more than willing to
comply. The problem is that they do not necessarily know how or
they do not have the personnel to do it in the most ideal way.
Ce que j’ai pu observer, c’est que les écoles sont plus que
disposées à se conformer lorsque, en tant que partenaires, nous
leur fournissons régulièrement ces renseignements. Le hic, c’est
qu’elles ne savent pas nécessairement comment elles doivent s’y
prendre pour y donner suite de la meilleure manière possible, ou
qu’elles ne disposent pas du personnel requis à cette fin.
The other thing I want to remind the committee about is the
fact that there is a real developmental perspective here. The fact
that bullying reaches a peak somewhere between grades 7 and 10
has been found around the world. We know that these kids are
developing. I do not think we will ever totally eliminate bullying.
We can reduce it but we will not eliminate it because part of it is
children learning about power. That does not mean we have to let
it go and allow kids to do terrible things to each other. We can
certainly minimize it. However, if we really want to stop bullying,
as Dr. Daniels has said and I have said before, we have to start
providing the education and the tools to do it. We will never
eliminate it by creating more laws. We will eliminate it by
providing the opportunity and the means by which schools can
address it.
Je tiens également à rappeler au comité que l’on doit également
tenir compte de questions réelles liées au développement. Partout
dans le monde, on a constaté que l’intimidation atteignait son
paroxysme dans le groupe des enfants de septième, huitième,
neuvième et 10e années. Nous savons que ces enfants sont en
cours de développement. Je ne pense pas que nous parviendrons
jamais à éradiquer totalement l’intimidation. Nous pouvons
réduire le nombre de cas, mais nous n’éliminerons jamais
l’intimidation, car elle découle en partie de l’apprentissage du
pouvoir que font les enfants à cet âge. Cela ne veut pas dire que
nous devons les laisser faire et leur permettre de se faire des choses
terribles les uns les autres. Nous pouvons assurément réduire le
nombre de cas d’intimidation. Toutefois, comme Mme Daniels et
moi-même l’avons dit précédemment, si nous voulons vraiment
mettre fin à l’intimidation, nous devons commencer à éduquer les
gens et à mettre en place les mécanismes requis. Pour faire
disparaître l’intimidation, nous devons non pas créer de nouvelles
lois, mais donner aux écoles la possibilité de le faire et les moyens
dont elles ont besoin à cette fin.
Ms. Meyer: The benefit in potentially amending this act and
ensuring it is explicit that the federal government does have a role
to play is in providing that support and coordination to the
provinces. Yes, education is a provincial responsibility but that
does not mean that the federal government cannot provide
financial support, expertise and coordination efforts to ensure
that the ministries and the local school districts and school boards
get access to this information and take the time to coordinate
their efforts, disseminate the information and encourage this sort
of grassroots change that must happen if we want schools to have
sustainable change. We know even within one school district or
school board there is great variation from school to school, based
on the leadership and the values within that local community.
Mme Meyer : Le fait de modifier cette loi et de veiller à ce
qu’elle énonce expressément que le gouvernement fédéral a un
rôle à jouer serait bénéfique dans la mesure où cela procurerait du
soutien et de la coordination aux provinces. Oui, l’éducation est
un domaine de compétence provinciale, mais cela ne signifie pas
que le gouvernement fédéral ne peut pas offrir un soutien
financier et de l’expertise ou prendre des mesures de
coordination pour faire en sorte que les ministères et les
arrondissements et les conseils scolaires aient accès à ces
renseignements et prennent le temps de coordonner leurs efforts,
de diffuser l’information et d’encourager le type de changement à
l’échelon local qui doit survenir si nous voulons que les écoles
changent de façon durable. Nous savons que, même au sein d’un
seul et même arrondissement ou conseil scolaire, la situation varie
énormément d’une école à l’autre, en fonction des dirigeants et des
valeurs de chaque collectivité.
We need leadership from the federal government. It is
important for the federal government to find ways to explicitly
partner with the provinces to provide the support, but just as
Dr. Hymel so eloquently stated, we need to get the resources and
the tools in the hands of the right people. Educators go into
education because they care about kids. They will do the right
thing if we create the context that makes it possible for it to
happen.
Il faut que le gouvernement fédéral joue un rôle de chef de file.
Il est important qu’il trouve des façons d’établir clairement des
partenariats avec les provinces afin de leur offrir du soutien, mais
comme Mme Hymel l’a si bien dit, il faut que les bonnes
personnes disposent des ressources et des outils dont elles ont
besoin. Ceux qui deviennent des éducateurs sont des gens qui se
soucient des enfants. Ils feront ce qu’il convient de faire si nous
mettons en place le cadre qui rend cela possible.
7-5-2012
Droits de la personne
12:41
Senator Brazeau: Given the fact that we are dealing with
cyberbullying, I will focus my question on social media.
Obviously, there are many similarities between traditional forms
of bullying with the more modern form of cyberbullying. One of
those differences in particular is the fact that any adolescent child
could go on social media and come up with an anonymous name
to publish various things about an individual on any type of social
media on any type of blogs.
Le sénateur Brazeau : Comme nous devons nous pencher sur la
cyberintimidation, ma question portera principalement sur les
médias sociaux. De toute évidence, la cyberintimidation présente
de nombreuses similitudes avec les formes classiques
d’intimidation. L’une des choses qui les distinguent tient à ce
que chaque adolescent peut afficher sur n’importe quel média
social ou blogue des commentaires de toutes sortes à propos d’une
personne, et ce, de façon anonyme.
Individuals could basically go on these social media forums
and invent an anonymous name for themselves and publish a
whole bunch of nasty things about another child, while at times
using their friends to do the same thing anonymously so that it
seems more like it is a collective effort to target a particular child.
I can go back to when I was a bit younger. Obviously, there was
no Facebook or social media at that time, but to many of these
kids social media is like the universe to them. Whatever is written
is sort of the bible or the gospel, call it as you may.
Pour l’essentiel, un jeune peut se rendre sur l’un de ces médias
sociaux, créer un pseudonyme et écrire une foule de choses
méchantes à propos d’un autre jeune, et demander à ses amis de
faire la même chose, de façon anonyme, de manière à ce que la
victime ait l’impression d’être visée personnellement par une
attaque collective. Je me rappelle comment les choses se passaient
lorsque j’étais plus jeune. Bien entendu, Facebook et les autres
médias sociaux n’existaient pas à l’époque. Les médias sociaux
constituent l’univers dans lequel évoluent bon nombre de ces
jeunes. Tout ce qui est affiché sur ces sites est en quelque sorte
parole d’évangile, si je peux dire.
Do you believe that the fact that children can now go on the
Internet and use anonymous names to publish these nasty things
is leading to higher rates of cyberbullying?
À votre avis, est-ce que le fait que les jeunes peuvent
aujourd’hui se servir d’Internet pour faire paraître
anonymement sur des médias sociaux des propos méchants à
propos d’autres personnes contribue-t-il à accroître le taux de
cyberintimidation?
Ms. Daniels: I do not know that I know if it is leading to higher
rates of cyberbullying. I know that it is one of the most
problematic things for individuals who are victimized because
of the feeling that the information goes out into the universe and
there is no way to take it back. If someone writes a nasty note on
a piece of paper, that can be torn up and put in the garbage.
However, once it is out on the Internet, it is not able to be
retrieved. I know that victims report that that is significantly
disturbing to them.
Mme Daniels : J’ignore si cela contribue à l’augmentation du
taux de cyberintimidation. Ce que je sais, c’est qu’il s’agit de l’une
des choses qui posent le plus de problèmes aux victimes, car elles
ont l’impression que le monde entier prendra connaissance des
propos publiés à leur sujet, et qu’il n’existe aucune façon de les
faire disparaître. Si quelqu’un écrit quelque chose de méchant sur
un bout de papier, on peut le déchirer et le jeter à la poubelle.
Toutefois, les propos publiés sur Internet ne peuvent pas être
retirés. Je sais que les victimes disent que cela est extrêmement
perturbant pour elles.
When I think about these anonymous sites, what supports
those is the others kids who log on, click ‘‘like,’’ ‘‘comment,’’ or
whatever. We need to be educating our youth to not support
those kinds of sites. I agree with you that it is incredibly difficult
to get them taken down; it is incredibly difficult to address them,
and they are particularly harmful. We need to work a lot on
education in terms of how harmful the effects are because that is
another thing that has been talked about in cyberbullying, that
the individuals who perpetrate this do not see how harmful the
effects are. If you are bullying someone in class, you see how upset
or distressed they are, whereas you lose that piece of information
when you are engaging in social media types of bullying.
Ceux qui soutiennent ces sites sur lesquels on peut s’exprimer
de façon anonyme, ce sont ces jeunes qui ouvrent une session et
cliquent sur la touche « J’aime », « Commenter », et cetera. Nous
devons apprendre à nos jeunes à ne pas soutenir les sites de ce
genre. Je suis d’accord avec vous pour dire qu’il est excessivement
difficile de faire retirer ces messages; il est extraordinairement
difficile d’y faire face, et ils sont particulièrement nuisibles. Nous
devons prendre une foule de mesures pour éduquer les gens à
propos des effets nuisibles de la cyberintimidation, car il s’agit
d’un autre aspect du phénomène qui a été mis en évidence, à
savoir que les personnes qui commettent des actes de ce genre ne
savent pas à quel point ils ont des conséquences nuisibles. Si vous
intimidez un camarade de classe, vous pouvez voir à quel point il
est troublé ou bouleversé, ce que vous ne pouvez pas voir lorsque
vous utilisez les médias sociaux pour pratiquer l’intimidation.
Ms. Meyer: The anonymity of the Internet definitely creates
problems for everyone, not just youth. Adults have a hard time
composing a respectful email at times when they are frustrated,
because the anonymity of typing to a screen and not having that
immediate human interaction allows people to say and do things
Mme Meyer : L’anonymat que procure Internet crée
certainement des problèmes non seulement pour les jeunes, mais
pour tout le monde. Lorsqu’ils sont frustrés, les adultes ont
parfois de la difficulté à rédiger un courriel respectueux, car le fait
de se trouver seuls devant un écran leur permet de dire des choses
12:42
Human Rights
7-5-2012
that they would not do in a face-to-face interaction. Being able to
set up an anonymous user name as well gives an extra layer of
power because you know what you are doing and the person you
are targeting does not know where it is coming from, which makes
the threat that much more intimidating because you do not know
who is the source of this filthy, scary, whatever information.
qu’ils ne diraient pas s’ils se trouvaient face à face avec leur
interlocuteur. Le fait de pouvoir se créer un pseudonyme procure
un sentiment de puissance supplémentaire, car on sait que la
personne à qui l’on s’attaque ne peut pas nous identifier, ce qui
rend le message beaucoup plus intimidant — la victime ne sait pas
qui est à l’origine de ces messages orduriers ou effrayants.
I do feel that this is one of the other huge pieces of the federal
government, being able to monitor and help investigate these
cases, because that is where local law enforcement falls short.
They have a hard time being able to track ISPs and get sites shut
down. If we have someone at the federal level in each province
helping to deal with these situations, then we can hopefully help
schools take proactive steps to shut down these kinds of sites or
blocking or removing these kinds of offensive content.
À mes yeux, il s’agit là de l’une des autres énormes tâches
auxquelles devra s’atteler le gouvernement fédéral — il doit être
en mesure de faire de la surveillance et de contribuer aux enquêtes
touchant les cas de cyberintimidation, car c’est ce que les services
policiers locaux ne réussissent pas à faire. Ils ont de la difficulté à
mettre un doigt sur les fournisseurs d’accès Internet et à mettre fin
aux activités d’un site web. Si le gouvernement fédéral aidait
chaque province à faire face aux situations de ce genre, on
pourrait, du moins je l’espère, aider les écoles à prendre des
mesures proactives pour mettre fin aux activités de ce type de
sites, bloquer l’accès à ces sites ou les obliger à retirer leur contenu
choquant.
The media literacy piece, the digital literacy piece that has been
spoken about, is also essential in being able to understand
appropriate and respectful use. Also, if you are having a difficult
situation with someone, rather than flaming them anonymously
online, finding other ways to promote a healthy resolution or a
more proactive way of dealing with that situation is definitely
where schools have a role to play.
Les activités d’initiation à la culture médiatique et numérique
dont on a parlé sont également essentielles au moment d’amener
les gens à comprendre l’utilisation appropriée et respectueuse que
l’on doit faire des médias sociaux. En outre, il faut apprendre aux
gens que, lorsqu’un différend les oppose à quelqu’un, ils doivent
non pas diffuser anonymement en ligne des propos incendiaires à
leur sujet, mais trouver un moyen sain ou plus proactif de régler le
problème. À cet égard, les écoles ont assurément un rôle à jouer.
Ms. Hymel: I would totally agree with my colleagues. Yes, it is
definitely true, as the senator suggested, that anyone can do
damage via social media; and yes, it is true that peers can enhance
or support the likelihood of such behaviour. The important thing
is to educate kids so that they do not want to bully, which requires
them to see alternatives, and for bystanders to not go along with
it. We know from some of the research of more traditional
bullying that the peer group can also stop it and suggest not to go
there.
Mme Hymel : Je suis tout à fait d’accord avec mes collègues.
Oui, à coup sûr, comme le sénateur l’a avancé, n’importe qui peut
causer du tort aux autres en utilisant les médias sociaux. De plus,
il est vrai que les pairs peuvent favoriser un tel comportement ou
accroître la probabilité qu’il soit adopté. Ce qui est important,
c’est d’éduquer les enfants de manière à ce qu’ils ne veuillent pas
intimider leurs pairs, ce qui suppose qu’ils puissent voir qu’il
existe d’autres solutions, et que ceux qui sont témoins d’actes
d’intimidation ne se prêtent pas aux manoeuvres de ceux qui les
commettent. Selon quelques recherches portant sur les formes
plus classiques d’intimidation, les pairs peuvent aussi mettre fin
aux actes d’intimidation, et suggérer à celui qui envisage de poser
de tels actes d’y renoncer.
I think we have to back up and start earlier. We want to make
it so that kids do not want to bully and so that they understand
the negative impact of their behaviour. We also need to think
harder — and I am not sure how to deal with this problem —
about the role models that we put out there. It seems to me that
kids have learned quite a bit from adults in terms of how to harass
each other. We have several things we can do to minimize the
likelihood of kids bullying.
Je crois que nous devons aller plus loin et intervenir de façon
plus précoce. Nous voulons faire en sorte que les enfants refusent
l’intimidation et comprennent les répercussions négatives de leur
comportement. De plus, nous devons réfléchir davantage aux
modèles de comportement que nous présentons aux jeunes. Je ne
suis pas certaine de savoir comment nous pouvons nous y prendre
pour régler ce problème. Il me semble que les enfants ont
beaucoup appris des adultes en ce qui concerne la manière de
harceler quelqu’un d’autre. Il y a plusieurs choses que nous
pouvons faire pour réduire au minimum la probabilité qu’un
enfant en intimide un autre.
7-5-2012
Droits de la personne
12:43
Senator Brazeau: In the realm of cyberbullying, what level of
responsibility would you put place on Internet service providers,
social media outlets and governments in terms of developing
public awareness campaigns and trying to discourage people from
going on these Internet sites or social media anonymously?
Le sénateur Brazeau : Dans quelle mesure les fournisseurs de
services Internet, les sites de réseautage social et les
gouvernements devraient-ils participer à l’élaboration de
campagnes de sensibilisation du public à l’égard de la
cyberintimidation, et tenter de dissuader les gens de diffuser sur
les médias sociaux des propos de façon anonyme?
I know this is probably more geared towards a larger debate,
but what about the possibility or eventuality that a piece of
legislation would be enacted that would outright ban individuals
from going on these social media outlets on an anonymous basis,
if at all possible?
Je sais que ma question est probablement de nature plus
générale, mais croyez-vous qu’il serait possible de promulguer des
dispositions législatives qui interdiraient purement et simplement
aux gens de diffuser anonymement des messages sur les médias
sociaux?
Ms. Daniels: I wanted to add one piece to the last question,
which I think will lead into this question. Christina Salmivalli,
who is running the KiVa program in Finland, has some
interesting research that shows that what predicts how much
bullying occurs in a classroom is not the individual children but
the peer attitudes, beliefs and norms of the school and the
classroom. In a school where the attitudes and beliefs are positive
about bullying, there will be significantly more bullying. It is not
so much an individual characteristic of particular children; it is
the characteristics of the social climate, whether they support and
accept those behaviours or not. That is important when we start
talking about how to deal with these anonymous sites.
Mme Daniels : Il y a quelque chose que j’aimerais ajouter en
réponse à la question précédente, et je crois que cela nous mènera
à celle que vous venez de poser. Christina Salmivalli, qui dirige le
programme KiVa en Finlande, a mené une recherche intéressante
qui montre que ce qui nous permet de prédire l’incidence des actes
d’intimidation au sein d’une classe, c’est non pas le caractère des
enfants en tant que tel, mais l’attitude des pairs, de même que les
croyances et les normes qui ont cours au sein de l’école et de la
classe. Le nombre d’actes d’intimidation sera considérablement
plus élevé au sein d’une école où l’attitude et les croyances à
l’égard de l’intimidation sont positives. Le facteur essentiel tient
non pas aux caractéristiques de chaque enfant, mais à celles de
l’environnement social — il s’agit de savoir si cet environnement
favorise et admet les comportements de ce genre. Il s’agit d’un
élément important à prendre en considération au moment où
nous nous penchons sur les mesures à prendre à l’égard des sites
que l’on peut fréquenter de façon anonyme.
Incident I was telling you about, where some high school girls
sent a message to me that there were some Facebook sites that
were unpleasant, and could I do something about it, by the time I
got online, looked at them and contacted someone, two of them
were down because the word was out that someone was doing
something.
Je vous ai parlé du fait que des filles de niveau secondaire
m’avaient envoyé un message pour m’informer du fait que
certaines pages du site Facebook étaient déplaisantes, et me
demander de faire quelque chose à ce propos. Le temps que je me
rende en ligne pour voir de quoi il retournait et que je
communique avec quelqu’un, deux de ces pages avaient été
supprimées, car on avait fait passer le mot que quelqu’un faisait
quelque chose.
I read the Media Awareness transcripts when they spoke to you
last week. I am aware that much of the time, although there are
guidelines and regulations about what can and cannot be posted,
compliance is not being monitored too closely. That is an area we
might want to explore in terms of looking more at monitoring for
compliance on those sites. The idea of not being able to post
anonymously is not a bad one, from my perspective, in terms of
children. I do not know exactly what the logistics of that are for
the service providers.
J’ai lu la transcription du témoignage qu’ont présenté devant le
comité des représentants du Réseau Éducation-Médias la semaine
dernière. Je suis consciente du fait qu’il existe des directives et des
règles en ce qui concerne ce qui peut être affiché ou non, mais que,
la plupart du temps, on ne s’assure pas vraiment qu’elles sont
respectées. Nous pourrions peut-être surveiller de plus près ces
sites pour nous assurer que les règles sont respectées. L’idée
d’interdire aux enfants d’afficher des messages anonymes n’est pas
mauvaise, à mon avis. Je ne sais pas exactement ce que cela
suppose sur le plan logistique pour les fournisseurs de services.
Senator White: Some school boards in the province of Ontario
— in particular, both the Catholic and public school board in
Ottawa and Trenton, as well as Durham District School Board —
have had great success when it comes to dealing with bullying
through their use of restorative justice practices. In fact, they
would argue that the training of all staff, teachers, counsellors,
principals, as well as volunteers, has seen a reduction in recidivism
among some of the youth. Because they use a peer process of
Le sénateur White : En Ontario, dans quelques conseils
scolaires — plus particulièrement le conseil des écoles
catholiques et publiques d’Ottawa et de Trenton et le conseil
scolaire du district de Durham —, le recours à des pratiques de
justice réparatrice a donné d’excellents résultats sur le plan de la
lutte contre l’intimidation. En fait, on fait valoir que la formation
de l’ensemble du personnel, des enseignants, des conseillers et des
directeurs, de même que des bénévoles, a entraîné une réduction
12:44
Human Rights
7-5-2012
restorative justice practices, they would also argue that it is a
more fulsome response than some of the responses I might have
used.
du taux de récidive chez certains jeunes. En outre, on avance que,
vu qu’il s’agit d’un processus auquel participent les pairs, il s’agit
d’une initiative plus globale que quelques-unes de celles
auxquelles j’aurais pu avoir recours.
Have you seen that elsewhere? Is that something you consider
to be a best practice?
Avez-vous constaté cela quelque part? S’agit-il d’une chose que
vous considérez comme une pratique exemplaire?
Ms. Daniels: Yes, we are seeing the use of restorative justice
practices increasing in general in school boards. I am doing some
work in the Carleton Catholic District School Board of Eastern
Ontario, where they are running restorative practices in all their
schools. They have a whole-board approach, which I think is
important, and it seems to be working well for them.
Mme Daniels : Oui, nous constatons que, de façon générale, les
conseils scolaires ont de plus en plus recours aux pratiques de
justice réparatrice. Je mène des travaux au sein du conseil des
écoles catholiques du district de Carleton, dans l’Est de l’Ontario,
où toutes les écoles utilisent les pratiques de justice réparatrice. Il
s’agit d’une démarche adoptée à l’échelle du conseil — et je crois
que cela est important —, et cela semble bien fonctionner.
I think that peer-mentored type solutions are very important. I
have heard many researchers, and as you mention, say that it is
their lives and that they have a much better understanding of the
issues and how to address them and how best to deal with it.
À mes yeux, ce type de solutions dirigées par les pairs sont très
importantes. Comme vous, j’ai entendu de nombreux chercheurs
dire qu’ils consacraient leur vie à étudier le sujet, et qu’ils avaient
acquis une bien meilleure compréhension des problèmes, de la
manière de les régler et de la meilleure façon d’y faire face.
The other point is that when we talk about formative
consequences for those kids who are perpetrating bullying
behaviours, oftentimes they have lots of leadership skills and
they can be socially skilled. We need to channel those kinds of
skills into more of a mentoring role.
En outre, en ce qui concerne les conséquences formatrices, il
faut souligner que, bien souvent, les jeunes qui commettent des
actes d’intimidation ont une foule d’aptitudes au commandement,
et peuvent avoir des aptitudes sociales. Nous devons amener ces
jeunes à canaliser les aptitudes de ce genre de manière à ce qu’ils
s’en servent plutôt pour jouer un rôle de mentor.
Often with younger children I have seen it work very well,
where children in grade 5 or 6 were having a lot of issues
themselves. They had to put together a program for the primary
grades and take it around and tell the little ones what they should
do if something was happening to them on the playground. It was
incredibly effective in reducing bullying and also in building
competence in those individuals.
J’ai souvent constaté que cela fonctionne très bien avec les
jeunes enfants de 5e ou de 6e années. On a dû mettre en place un
programme pour enseigner aux enfants du primaire ce qu’ils
doivent faire s’ils sont victimes d’intimidation dans la cour de
récréation. Cela s’est révélé extrêmement efficace au moment de
réduire le nombre de cas d’intimidation et de renforcer les
compétences de ces jeunes.
Senator White: They would also argue that the building of the
conflict resolution skills themselves is something that they
typically do not have the opportunity to do. Second, peers
holding peers to account has a greater impact that someone in
authority holding someone to account, which is similar to what
we have seen in restorative justice in other countries as well.
Le sénateur White : Les administrations des écoles pourraient
également faire valoir qu’elles n’ont généralement pas l’occasion
de s’occuper elles-mêmes du renforcement des aptitudes en
matière de résolution de conflits. En outre, le fait de devoir
rendre des comptes à un pair a une incidence plus importante sur
un jeune que le fait d’avoir à rendre des comptes à une personne
en position d’autorité — on a constaté cela également dans
d’autres pays où l’on a eu recours à la justice réparatrice.
Ms. Daniels: Yes. We need to be cautious that we do not
confuse situations where children have a conflict where they are of
equal status, where they are able to resolve the issue themselves,
to bullying situations where there is a significant power
differential, where often we have erred on the side of saying
that kids need to solve problems themselves. Yes, they do, but not
without support and scaffolding.
Mme Daniels : Oui. Nous devons prendre garde de ne pas
confondre les situations où les enfants s’entendent en quelque
sorte sur un pied d’égalité et ont la capacité de régler eux-mêmes
leur différend avec les situations où la personne qui pratique
l’intimidation a un ascendant considérable sur sa victime — dans
de tels cas, on a souvent erré en jugeant que les enfants devaient
régler eux-mêmes leur différend. Oui, ils doivent le faire, mais
nous devons les soutenir et les appuyer.
Senator White: Restorative justice practices are not one to one;
they are group to one.
Le sénateur White : Dans le cadre d’une séance de justice
réparatrice, le responsable n’est pas seul face à sa victime; il est
seul face à un groupe.
Ms. Daniels: That is right.
Mme Daniels : C’est exact.
7-5-2012
Droits de la personne
12:45
Senator Zimmer: When I put my hand up, it was to signal the
page for a Kleenex. However, it is like a live auction; when you
put your finger up to scratch your eyebrow, your bid stands.
Le sénateur Zimmer : Lorsque j’ai levé la main, c’était pour
demander au page de m’apporter un mouchoir. Toutefois, ici, les
choses se passent comme pendant une vente aux enchères : si vous
levez le doigt pour vous gratter le sourcil, votre enchère est
acceptée.
I have a supplementary to the senator’s first question. In my
day, children or students who reported bullying were known as
squealers. When the teacher or administrator went to the student
who was doing the injustice, the student would say ‘‘Yes, I will
change’’ and all of that. However, late at night, on the way home,
they got you in the back alley.
Ma question fait suite à celle posée par le sénateur. Dans mon
temps, les enfants ou les élèves qui signalaient des actes
d’intimidation étaient qualifiés de mouchards. Lorsque
l’enseignant ou le directeur s’adressait à l’élève qui avait commis
l’acte en question, celui-ci répondait : « Oui, je vais changer » et
tout le bataclan. Toutefois, à la fin de la journée, lorsque vous
rentriez à la maison, on vous attrapait et vous amenait dans la
ruelle.
First, have you seen that in any of the reports? If so, how do
you deal with it? Instead of solving the problem, you have made it
worse.
Tout d’abord, est-ce que l’un ou l’autre des rapports que vous
avez consultés mentionnent cela? Le cas échéant, comment régler
cela? Plutôt que de régler le problème, cela ne fait qu’empirer les
choses.
Ms. Hymel: Thank you for raising that. Unfortunately, the
notion of ‘‘do not be a tattler or a squealer’’ is pervasive in terms
of beliefs. Certainly, many of the intervention programs have
worked to try to teach children the difference. For example, I
have problems with Barbara Coloroso’s work in other ways, but
she says a wonderful thing about tattling versus telling, and she
teaches the difference between the two. One of the anti-bullying
programs developed by the Ministry of Education here in British
Columbia has a beautiful section of lessons on ratting versus
reporting.
Mme Hymel : Merci d’avoir soulevé cette question. Hélas, cette
croyance selon laquelle on ne doit pas dénoncer ou moucharder
est très répandue. À coup sûr, dans le cadre de bon nombre de
programmes d’intervention, on a tenté d’enseigner aux enfants la
différence entre le signalement et le mouchardage. Par exemple,
même si, à certains égards, les travaux qu’a menés Barbara
Coloroso me posent certains problèmes, je dois souligner qu’elle
enseigne la différence entre le mouchardage et le signalement, et
qu’elle dit des choses merveilleuses à ce sujet. L’un des
programmes de lutte contre l’intimidation élaborés par le
ministère de l’Éducation de la Colombie-Britannique comporte
un beau volet où l’on enseigne la différence entre le mouchardage
et le signalement.
Sadly, I think your observations are correct that this is still an
issue for kids and they are told by adults not to be a tattler. I
think that is pervasive. However, there are efforts to counter that
in some of the training programs, where they basically try to tell
kids what is the difference between the two. I am an advocate of
education in order to change that.
Hélas, je crois que vous avez raison lorsque vous dites que cela
représente toujours un problème pour les enfants, et que les
adultes leur enseignent à ne pas moucharder. À mon avis, cette
vision des choses est très répandue. Toutefois, des efforts sont
déployés pour lutter contre cela; dans le cadre de quelques
programmes de formation, on tente essentiellement d’enseigner
aux enfants la différence entre les deux. Pour changer les choses à
cet égard, je préconise l’éducation.
Ms. Meyer: That was an issue that came up in my research
with teachers. They felt at a loss as to how to respond because
they did not want to exacerbate the situation for the student by
making them more victimized, because then the goalie has been
punished for the behaviour. I feel again this whole culture of no
snitching is part of what has to transform with any effective antibullying initiative.
Mme Meyer : Il s’agit d’un problème qui a été soulevé lorsque
j’ai mené ma recherche auprès d’enseignants. Ceux-ci ont indiqué
qu’ils ne savaient absolument pas quoi faire, parce qu’ils ne
voulaient pas aggraver la situation — en effet, s’ils punissent le
responsable, la victime risque de subir de nouveaux actes
d’intimidation. Là encore, j’estime que toute initiative efficace
de lutte contre l’intimidation doit parvenir à transformer cette
mentalité qui consiste à confondre signalement et mouchardage.
These examples that Dr. Hymel just mentioned are essential in
helping students understand the difference and the teachers being
able to model and respond effectively, because if we do not have a
shared understanding, we do not have a shared vocabulary, the
school community will not be able to have this holistic response.
You do have the after school, back alley retaliation, but if you
engage the youth, as Senator White pointed out, through
Les exemples que Mme Hymel vient de mentionner sont
essentiels au moment d’aider les élèves à saisir la différence, et
d’amener les enseignants à faire office de modèles de
comportement et à réagir efficacement, car si l’on ne dispose
pas d’une compréhension commune et d’un vocabulaire commun,
la communauté scolaire ne sera pas capable de mener une
intervention holistique. Il faut tenir compte de ce qui se passe
12:46
Human Rights
7-5-2012
restorative justice, and you get the whole staff involved in any
kind of intervention, you will have far more success than trying to
deal with these isolated fires as they pop up.
après l’école, des mesures de représailles dans la ruelle, mais
comme le sénateur White l’a souligné, si l’on mobilise les jeunes
au moyen de la justice réparatrice, et si l’on fait participer
l’ensemble du personnel à toutes les interventions, on obtiendra
de bien meilleurs résultats que si l’on tente de régler des problèmes
isolés à mesure qu’ils surviennent.
Ms. Daniels: I would add that one component of many
successful anti-bullying programs is anonymous reporting,
either formal or informal, that addresses some of the concerns.
I agree with Dr. Meyer that much of it is setting up the
expectation that we have a responsibility for each other, a circle
of caring, and that the classroom is seen as a community where
the goal is to keep each other safe.
Mme Daniels : J’ajouterais que l’un des éléments de bon
nombre de programmes fructueux de lutte contre l’intimidation
est le signalement anonyme, officiel ou non. Cela contribue à
dissiper quelques-unes des préoccupations. Je suis d’accord avec
Mme Meyer pour dire que, pour l’essentiel, nous devons fixer une
attente, à savoir que nous sommes responsables les uns des autres,
et devons instaurer un climat de bienveillance réciproque. En
outre, la salle de classe doit être vue comme un lieu
communautaire où l’objectif de chacun consiste à veiller à la
sécurité des autres.
Senator Zimmer: Is there a difference in gender and age, and
what reason do bullies give to justify their behaviour?
Le sénateur Zimmer : Y a-t-il des différences en fonction du
sexe et de l’âge? Quelle raison les personnes qui commettent des
actes d’intimidation invoquent-elles pour justifier leur
comportement?
Ms. Daniels: Is there a difference in age and gender in
perpetration of bullying behaviour?
Mme Daniels : Vous voulez savoir si l’âge et le sexe ont une
incidence sur la perpétration d’actes d’intimidation?
Senator Zimmer: Yes.
Le sénateur Zimmer : Oui.
Ms. Daniels: In general, boys and girls traditionally bully
equally, if we look at all forms of bullying, physical, social and
verbal. In cyberbullying, although the numbers are not very
different, girls may be targets a little more, but perpetration seems
to be equal across gender. The incidence of bullying tends to peak
around grades 7, 8 and 9.
Mme Daniels : En général, il y a toujours eu autant d’actes
d’intimidation chez les garçons que chez les filles, et ce, peu
importe la forme d’intimidation — physique, sociale ou verbale.
En outre, on constate que, même si l’écart n’est pas très
important, les filles sont peut-être un peu plus souvent victimes
d’actes de cyberintimidation que les garçons, mais pour ce qui est
de la perpétration, elle semble être le fait des garçons et des filles à
parts égales. L’incidence des actes d’intimidation a tendance à
atteindre son paroxysme en septième, en huitième et neuvième
années.
Senator Zimmer: What reason do bullies give to justify their
behaviour?
Le sénateur Zimmer : Quelle raison les intimidateurs
invoquent-ils pour justifier leur comportement?
Ms. Daniels: A lot of work I do looks at social bullying and the
reasons that girls give for social bullying. In general, it is power,
control, status and self-interest. If you are using social bullying in
contrast to physical bullying, children report they are significantly
more concerned about not getting caught as it is more hidden, and
trying to maintain a relationship with the rest of the peer group.
Mme Daniels : Bon nombre des travaux que je mène portent
sur l’intimidation sociale et les motifs qu’invoquent les filles pour
la pratiquer. En général, les motifs ont trait au pouvoir, au
contrôle, au statut social et à l’intérêt personnel. Les enfants qui
pratiquent l’intimidation sociale plutôt que l’intimidation
physique mentionnent qu’ils le font parce qu’il s’agit d’une
forme d’intimidation moins visible et qu’ils y ont recours parce
qu’ils craignent beaucoup de se faire prendre. En outre, ils tentent
d’entretenir leur relation avec le reste de leur groupe de pairs.
Amongst girls, we see that issues related to unrealistic
expectations for close friendships and high levels of jealousy
and desire for exclusivity will lead to social bullying.
En ce qui concerne les filles, nous constatons que l’intimidation
sociale découle de questions liées à des attentes irréalistes en
matière d’amitié, à une grande jalousie et à des désirs
d’exclusivité.
Ms. Hymel: This is something that we started looking at in our
research on moral disengagement. Based on a theory of moral
disengagement developed by Albert Bandura studying soldiers
and terrorist, with regard to how kids justify this behaviour, we
Mme Hymel : Il s’agit d’une chose que nous avons commencé à
examiner dans le cadre de notre recherche sur le désengagement
moral. Nous avons constaté, en nous fondant sur une théorie du
désengagement moral qu’a élaborée Albert Bandura au cours
7-5-2012
Droits de la personne
12:47
found that kids are very good at justifying this behaviour. We find
this two things. One is that many kids do not realize what they are
doing is bullying so part of it is lack of awareness entirely. In
those cases, in many situations we have been able to point out to
them the impact of their behaviour.
d’une étude sur les soldats et les terroristes, que les enfants
parvenaient très bien à justifier leur comportement. Nous avons
observé deux choses. Tout d’abord, bon nombre d’enfants ne sont
pas conscients du fait que les actes qu’ils posent sont des actes
d’intimidation; ainsi, une partie du problème découle entièrement
d’un manque de connaissances. Dans de nombreux cas de ce
genre, nous avons été en mesure de faire observer à ces enfants les
répercussions de leur comportement.
It is also true that many kids can justify and rationalize their
behaviour. For example, ‘‘It is okay to pick on losers.’’ We had
25 per cent of our kids endorsing that. ‘‘Most students who get
bullied bring it on themselves.’’ We find that across schools there
is a huge variability here in the degree to which kids can justify
this behaviour. ‘‘I was not bullying him. I was trying to teach him
a lesson.’’ ‘‘I was not bullying him. I was trying to make him
understand what is important to the group.’’
En outre, il est vrai qu’une multitude d’enfants peuvent justifier
et rationaliser leur comportement, par exemple en disant qu’il est
admissible de s’en prendre aux perdants. Quelque 25 p. 100 des
enfants que nous avons interrogés étaient d’accord avec cela. Les
enfants peuvent également se justifier en faisant valoir que la
plupart des élèves qui sont victimes d’intimidation l’ont bien
cherché. Nous constatons que la mesure dans laquelle les enfants
peuvent justifier ce comportement varie énormément d’une école
à l’autre. Ils disent aussi : « Je ne l’intimidais pas, je tentais de lui
donner une leçon », ou bien « Je ne l’intimidais pas, je tentais de
lui faire comprendre ce qui est important pour le groupe ».
In many cases, they actually believe them; they are not just
excuses. We found there is a small proportion of kids who believe
this is the way to solve problems.
Dans bien des cas, les enfants croyaient cela; pour eux, il ne
s’agit pas simplement d’excuses. Nous avons constaté qu’une
faible proportion d’enfants estime qu’il s’agit de la façon de régler
les problèmes.
We had one incident where there were two young boys who got
together and picked on a child three years younger than they were
because that child was bullying one of the boys’ brothers. It was
fascinating to watch what happened. Their intention was to stop
bullying, but they did it by bullying. These kids just did not get it.
Nous nous sommes penchés sur un incident mettant en cause
deux jeunes garçons qui s’étaient unis pour s’en prendre à un
enfant qui avait trois ans de moins qu’eux parce que celui-ci
intimidait les frères de l’un des deux garçons. Ce qui s’est passé est
fascinant : l’intention des deux jeunes était de mettre fin à
l’intimidation, mais ils ont eu recours à l’intimidation pour le
faire. Ces jeunes n’ont tout simplement rien compris.
A lot of these kids are not able to look seriously at their own
behaviour. We find that the degree to which kids morally
disengage from their behaviour is a critical predictor, not only
of an individual child but the context in which they live. If we
have a classroom or school where most kids are able to morally
disengage and think this behaviour is okay or it is all in good fun,
we see a lot more bullying. There is definitely a problem with the
degree to which kids can do this. Sadly, it is also something that is
based on the context of the classroom or the school.
Bon nombre de ces gamins ne sont pas capables de poser un
regard sérieux sur leur propre comportement. Nous constatons
que le degré de désengagement moral que ces enfants présentent à
l’égard de leur comportement est un élément crucial qui nous
fournit des indications à propos non seulement d’un enfant
donné, mais également de l’environnement au sein duquel il
évolue. Nous observons un nombre beaucoup plus élevé d’actes
d’intimidation dans les classes ou les écoles où la plupart des
enfants sont capables de faire preuve de désengagement moral, de
croire que leur comportement est admissible ou qu’ils pratiquent
l’intimidation simplement pour s’amuser. La mesure dans laquelle
les gamins sont capables de faire preuve de désengagement moral
constitue assurément un problème. En outre, il s’agit
malheureusement d’un phénomène qui prend sa source dans le
climat qui règne dans la salle de classe ou dans l’école.
Ms. Meyer: Because we have all agreed that puberty generally
is when much of this behaviour peaks and emerges, I focus on
issues of gender and sexuality and how they influence the terms
that people use to bully and why certain people are bullied more
than others.
Mme Meyer : Tout le monde s’entend pour dire que, en règle
générale, c’est au cours de la puberté que ce type de
comportement voit le jour et atteint son paroxysme. Ainsi, je
m’intéresse plus particulièrement aux questions liées au genre et à
la sexualité, et à l’incidence qu’ont ces facteurs sur les termes
qu’emploient les intimidateurs et aux raisons pour lesquelles
certaines personnes sont plus souvent victimes d’intimidation.
12:48
Human Rights
7-5-2012
The issues of sexual orientation, whether you are perceived to
be gay, lesbian or bisexual, issues of gender expression, whether
you are seen to be as masculine as other boys or as feminine as
other girls, those are highly involved reasons that students are
targeted. They are often the most ignored by the teaching staff.
They are not even acknowledged as forms of bullying because
they are so embedded in the psyche and culture of our nation, of
what it means to be a macho, popular, cool boy, a desirable
feminine, attractive girl. These gender expectation, these
sexualized criteria are taught and reinforced oftentimes by the
adults in the community, that our youth then repeat and
perpetuate on each other, and are often ignored as forms of
bullying. The kids do it because it is completely modelled,
condoned and accepted. They do not even have to justify it
because it has already been justified for them.
Les élèves sont très souvent pris pour cibles pour des raisons
liées à l’orientation sexuelle — le fait d’être perçu comme gai,
lesbienne ou bisexuel — et à l’expression sexuelle — le fait d’être
considéré comme « masculin » par les autres garçons ou
« féminine » par les autres filles. Les actes d’intimidation liés à
de telles raisons sont souvent ceux auxquels le personnel
enseignant prête le moins d’attention; ils ne sont même pas
reconnus comme constituant des actes d’intimidation, car ils
découlent d’une mentalité profondément ancrée dans la psyché et
la culture de notre nation et au moyen de laquelle nous
définissons ce que cela signifie d’être un garçon viril, populaire
ou branché et une fille désirable, féminine et attrayante. Bien
souvent, ce sont les adultes au sein de la collectivité qui établissent
ces attentes liées au sexe et ces critères sexualisés, les transmettent
et les renforcent. Nos jeunes assimilent ces attentes et critères,
adoptent à leur tour le comportement qui en découle et
commettent des actes d’intimidation à l’égard des autres, actes
qui, bien souvent, ne sont pas considérés comme relevant de
l’intimidation. Ces jeunes agissent de la sorte parce qu’ils
prennent modèle sur les adultes, et que ces actes sont
entièrement admis et tolérés. Ils n’ont même pas à justifier leurs
actes parce que quelqu’un l’a déjà fait pour eux.
The Chair: On behalf of the committee, I would like to thank
all three of you. We have certainly learned a lot from you. We will
be reflecting on many of the things you have said. I want to thank
you for your time and presentations.
La présidente : Au nom des membres du comité, je tiens à vous
remercier toutes les trois. À coup sûr, vous nous avez beaucoup
appris. Nous réfléchirons à bien des choses que vous avez dites.
Merci d’avoir pris le temps de venir ici et de nous avoir présenté
des exposés.
Unfortunately, we could not hear from Egale Canada today.
They were fogged out and their representative was not able to
come today.
Nous n’avons malheureusement pas pu entendre aujourd’hui la
représentante d’Égale Canada — le brouillard l’a empêchée de
venir ici.
I would now like to introduce our final panel for this evening.
Je vais maintenant présenter les derniers témoins que nous
entendrons aujourd’hui.
We have joining us Marla Israel, Acting Director General,
Centre for Health Promotion, Public Health Agency of Canada;
Erin Mulvihill, Coordinator, RCMP Youth Engagement Section,
National Crime Prevention Services; Inspector Michael Lesage,
Acting Director General, National Aboriginal Policing, Royal
Canadian Mounted Police; and Daniel Sansfaçon, Director of
Policy, Research and Evaluation, National Crime Prevention
Centre, Public Safety Canada.
Nous accueillons Marla Israel, directrice générale par intérim,
Centre pour la promotion de la santé, Agence de la santé publique
du Canada; Erin Mulvihill, coordonnatrice, Section de
mobilisation des jeunes de la GRC, Services nationaux de
prévention du crime; l’inspecteur Michael Lesage, directeur
général par intérim, Services nationaux de police autochtones,
Gendarmerie royale du Canada; et enfin Daniel Sansfaçon,
directeur, Politiques, recherche et évaluation, Centre national de
prévention du crime, Sécurité publique Canada.
We welcome all of you here today and we will be starting with
Ms. Israel.
Nous vous souhaitons à tous la bienvenue ici aujourd’hui.
Nous allons d’abord entendre Mme Israel.
Marla Israel, Acting Director General, Centre for Health
Promotion, Public Health Agency of Canada: Thank you
honourable senators. I am pleased to be here with you tonight.
Marla Israel, directrice générale par intérim, Centre pour la
promotion de la santé, Agence de la santé publique du Canada :
Merci, mesdames et messieurs les sénateurs. Je suis heureuse
d’être ici avec vous ce soir.
I am Marla Israel, Acting Director General, Centre for Health
Promotion, Public Health Agency of Canada.
Je m’appelle Marla Israel et je suis directrice générale par
intérim du Centre pour la promotion de la santé de l’Agence de la
santé publique du Canada.
The Public Health Agency of Canada has a mandate to
encourage the promotion of health and the prevention of disease.
Le mandat de l’Agence de la santé publique du Canada est de
promouvoir la santé et de prévenir les maladies.
7-5-2012
Droits de la personne
[Translation]
Article 19 of the United Nations Convention on the Rights of
the Child emphasizes the need for member states to take
appropriate measures to protect children from all forms of
physical or mental violence, injury, neglect and abuse. The
impacts of bullying, including cyberbullying, are included within
this domain and relate directly to the agency’s work.
[English]
12:49
[Français]
L’article 19 de la Convention des Nations Unies relative aux
droits de l’enfant met l’accent sur la nécessité des États membres
de prendre les mesures appropriées afin de protéger les enfants
contre toute forme de violence physique ou mentale, de blessures,
de négligence et de mauvais traitements. Les répercussions de
l’intimidation, y compris la cyberintimidation, font partie de ces
enjeux et reflètent directement le mandat de l’agence.
[Traduction]
Bullying, with its repercussions and implications from poor
mental health outcomes, increased stress and diminished
emotional capacity, is still in its infancy with respect to
understanding its causes and effects. That is why I am looking
forward to the committee’s report in this regard.
On ne comprend pas encore bien toutes les causes et les
conséquences de l’intimidation et de ses répercussions, comme les
troubles de santé mentale, un stress accru et une capacité
émotionnelle réduite. C’est pourquoi j’attends avec impatience
le rapport du comité à ce sujet.
Bullying is a public issue of concern that affects a number of
Canadian children and youth. It is often based on power
imbalances that arise through physical, psychological, social or
systemic advantages or by knowing someone’s vulnerability and
using this to cause distress.
L’intimidation est un grave problème de santé publique qui
touche un grand nombre d’enfants et d’adolescents au Canada.
Elle est souvent attribuable à un déséquilibre des rapports de
force découlant d’avantages physiques, psychologiques, sociaux et
systémiques, ou du fait que l’intimidateur utilise la vulnérabilité
de la victime pour la harceler.
Cyberbullying allows bullies to hide behind a screen and be
persistent with their threats, harassment and social exclusion.
La cyberintimidation permet aux intimidateurs de se cacher
derrière un écran et de continuer à proférer des menaces, à
harceler et à exclure socialement la victime.
Victims of cyberbullying can be perpetual targets. A victim
who is sent harassing text messages, for example, can only avoid
their bully by avoiding all forms technology. As well,
cyberbullying does not stay at school. It comes into the home; a
place where victims would otherwise seek refuge.
Les victimes de cyberintimidation peuvent être continuellement
ciblées. Par exemple, une personne recevant des messages textes
harcelants peut uniquement éviter son intimidateur en n’utilisant
aucune forme de technologies. De plus, la cyberintimidation n’a
pas lieu qu’à l’école, elle entre dans le foyer de la victime, un
endroit où en temps normal elle trouverait refuge.
To better understand bullying, the Public Health Agency of
Canada supports surveillance activities to collect data on the
health of Canadian children. One of the most important studies
on the health of young people in Canada is the Health Behaviour
in School-aged Children. Funded by the Public Health Agency of
Canada and led by the researchers at Queen’s University, the 2010
study — with its first time focus on mental health — has been able
to collect valuable information to inform future policy directions
and program initiatives for government departments at both
federal and provincial levels, educator, academics and
researchers.
Dans le but de mieux comprendre l’intimidation, l’Agence de la
santé publique du Canada appuie les activités de surveillance pour
recueillir des données sur la santé des enfants canadiens. Une des
études les plus importantes effectuées au cours des derniers mois
est l’Enquête sur les comportements liés à la santé chez les enfants
d’âge scolaire. Financée par l’Agence de la santé publique du
Canada et dirigée par des chercheurs de l’Université Queen’s,
l’enquête, qui met pour la première fois l’accent sur la santé
mentale, a permis de recueillir des renseignements précieux qui
éclaireront l’élaboration de futures orientations stratégiques et
initiatives de programmes pour d’autres ministères fédéraux et
provinciaux, des éducateurs, des universitaires et des chercheurs.
Data from the 2010 study indicates that 22 per cent of students
in Canada aged 11 to 15 are victims of bullying, 12 per cent are
bullies and 41 per cent are both being bullied and are bullying
others. Rates of cyberbullying are fairly steady across grades 6 to
10 for girls, and increase slightly for boys from 11 per cent in
grade 6 to 19 per cent in grade 10.
Les données de l’Enquête 2010 sur les comportements liés à la
santé chez les enfants d’âge scolaire montrent que 22 p. 100 des
élèves au Canada âgés de 11 à 15 ans sont victimes d’intimidation,
12 p. 100 sont des intimidateurs et 41 p. 100 sont à la fois
victimes d’intimidation et intimidateurs. Les taux de
cyberintimidation sont à peu près les mêmes chez les filles de la
sixième à la dixième année et augmentent légèrement chez les
garçons; de 11 p. 100 en sixième année, le taux passe à 19 p. 100
en dixième année.
12:50
Human Rights
7-5-2012
Certain populations are at greater risk of being bullied, such as
those who identify as lesbian, gay, bisexual or transgendered,
those who have a disability and those who are overweight or
obese. In Canada, bullying is reported most frequently in the
school setting and is typically comprised of emotional abuse such
as teasing, exclusion or spreading lies. Our research shows that
children, both bullies and victims, are at much higher risk of
immediate and long-term emotional behavioural and relationship
problems.
Certains groupes de la population sont plus susceptibles d’être
victimes d’intimidation, tels que les lesbiennes, les homosexuels,
les bisexuels ou les transgenres, ainsi que les personnes qui ont une
incapacité, un surpoids ou qui sont obèses. Au Canada,
l’intimidation se pratique le plus souvent en milieu scolaire et
consiste habituellement en violence psychologique prenant la
forme de moqueries, d’une exclusion ou de calomnies. Nos études
révèlent que les enfants, tant intimidateurs que victimes, sont
beaucoup plus à risque d’avoir des problèmes émotifs,
comportementaux ou relationnels, au moment des faits et à
long terme.
Childhood bullying can lead to sexual assault, harassment,
dating aggression and other forms of violence later in life,
especially among boys. In terms of physical health, studies show
that children who are bullied are more likely to report headaches,
stomach aches, anxiety and depression. Both bullies and victims
report increased suicidal tendencies and are at higher risk for poor
school functioning, poor attitudes towards school, low grades and
absenteeism.
L’intimidation dans l’enfance peut mener plus tard dans la vie
à la violence sexuelle, au harcèlement et à la violence dans les
fréquentations amoureuses ainsi qu’à d’autres formes de violence,
surtout chez les garçons. Les études révèlent, au sujet des effets
physiques de l’intimidation, que les enfants qui en sont victimes se
plaignent plus souvent de maux de tête, de maux de ventre,
d’anxiété et de dépression. Les intimidateurs et les victimes sont
plus nombreux à dire qu’ils ont des tendances suicidaires et sont
plus à risque d’avoir des problèmes de fonctionnement scolaire,
une opinion négative de l’école, de mauvaises notes et des
problèmes d’absentéisme.
Research also suggests that there are long-lasting changes to
the brain that can be directly attributed to bullying, making it
difficult to concentrate, remember and learn.
Les études révèlent également que des modifications durables
du cerveau, qui affectent la concentration, la mémoire et
l’apprentissage, peuvent être directement attribuées à
l’intimidation.
[Translation]
I encourage the committee to read the chief public health
officer’s report on the state of public health in Canada in 2011,
which focuses on youth and young adults. Specifically, the third
chapter deals with the impact of bullying.
[English]
[Français]
J’encourage le comité à lire le rapport de l’administrateur en
chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada
en 2011, lequel met l’accent sur les jeunes et les jeunes adultes.
En particulier, le troisième chapitre touche aux conséquences de
l’intimidation.
[Traduction]
No single factor determines who will bully, who will be a victim
and what form of violence will be used. What is known is that
anti-bullying interventions depend on the involvement of many
players, including parents, caregivers, educators and
communities. At the Public Health Agency of Canada we
support a multi-sectoral approach to address bullying and
cyberbullying. Through several programs, the agency works to
foster positive self-esteem, healthy relationships and mental
health and raise awareness about the importance of positive
coping mechanisms in children and youth.
Il n’y a pas de facteur unique déterminant qui sera victime ou
quelle forme prendra la violence. Il est toutefois reconnu qu’une
action efficace contre l’intimidation passe par la participation de
nombreux acteurs, notamment les parents, les personnes qui
s’occupent des enfants, les éducateurs et les collectivités. L’Agence
de la santé publique du Canada favorise une approche
multisectorielle de la lutte contre l’intimidation et la
cyberintimidation. Par divers programmes, elle travaille à
favoriser l’estime de soi, les relations saines ainsi que la santé
mentale et à mieux faire comprendre l’importance des mécanismes
d’adaptation positifs chez les enfants et les adolescents.
The agency’s innovation strategy has invested $27 million in
community interventions with an objective of building socioemotional protective factors in school aged and children and
increased self-esteem.
L’agence a investi, par l’intermédiaire de sa stratégie
d’innovation, 27 millions de dollars dans des interventions
communautaires visant à aider les enfants d’âge scolaire à
développer des moyens de protection socioémotionnelle et à
accroître leur estime de soi.
7-5-2012
Droits de la personne
12:51
The WITS program — Walk away, Ignore, Talk it out and
Seek help, which is implementing an anti-bullying interventions in
four provinces — aims to reduce peer victimization and chronic
bullying by enhancing child and adult confidence in dealing with
peer conflicts and victimization.
L’initiative WITS — acronyme anglais pour « éloigne-toi, ne
t’occupe pas d’eux, parles-en et va chercher de l’aide » —, qui met
en place, dans quatre provinces, des mesures de lutte contre
l’intimidation, vise à réduire la victimisation par les pairs et à
mettre un terme à l’intimidation chronique en renforçant la
confiance des enfants et des adultes de sorte qu’ils interviennent
plus activement dans les situations de conflits entre pairs et de
victimisation.
As well, over $114 million each year is invested in health
promotion programs for at risk children and their families,
including Aboriginal Head Start in urban and northern
communities, the Community Action Program and the Canada
Prenatal Nutrition Program.
En outre, on investit annuellement plus de 114 millions de
dollars dans des programmes de promotion de la santé ciblant les
enfants à risque et leur famille, ce qui comprend le Programme
d’aide préscolaire aux Autochtones dans les collectivités urbaines
et nordiques, le Programme d’action communautaire pour les
enfants et le Programme canadien de nutrition prénatale.
We also support the Joint Consortium for School Health,
which is a consortium made up of federal, provincial and
territorial governments working together promote the health of
children in the school setting. The consortium is currently
developing its work plan and anticipates a strong future focus
on promoting positive mental health messaging.
Nous appuyons également le Consortium conjoint pour les
écoles en santé, qui regroupe les gouvernements fédéral,
provinciaux et territoriaux travaillant de concert à la promotion
de la santé des enfants et des jeunes en milieu scolaire. Il dresse
actuellement son plan de travail et prévoit privilégier fortement à
l’avenir les messages positifs sur la santé mentale.
[Translation]
The agency also leads the family violence initiative and,
through collaboration with partners like the Promoting
Relationships and Eliminating Violence Network, is facilitating
the dissemination of evidence-based violence prevention
programs on the agency’s Canadian best practices portal.
[English]
[Français]
L’agence dirige également l’initiative de lutte contre la violence
familiale et, en collaboration avec des partenaires comme le
Réseau pour la promotion des relations et l’élimination de la
violence, facilite la diffusion de programmes de prévention de la
violence fondés sur des données probantes sur son portail
canadien des pratiques exemplaires.
[Traduction]
Finally, the agency provides support and guidance through the
Government of Canada Healthy Canadians website that contains
information on bullying and bullying prevention strategies and
intervention mechanisms.
Enfin, l’agence fournit de l’aide et des conseils sur le site
Canadiens en santé du gouvernement du Canada, lequel contient
de l’information sur l’intimidation et des stratégies de prévention
ou des mécanismes d’intervention relativement à cette pratique.
Through these partnerships, the agency collaborates with our
partners to promote violence prevention, encourage healthy
relationships and promote positive mental health among young
Canadians.
Dans le cadre de ces partenariats, l’agence collabore avec ses
partenaires afin de promouvoir la prévention de la violence,
d’encourager l’établissement de relations saines et de favoriser la
santé mentale chez les jeunes Canadiens.
I wish you the best as you complete your study and I hope this
information has been helpful. I am pleased to answer any
questions you may have.
Je vous souhaite que tout aille pour le mieux d’ici la conclusion
de votre étude et j’espère que cette information vous a été utile.
Je répondrai avec plaisir à vos questions.
Inspector Michael Lesage, Acting Director General, National
Aboriginal Policing, Royal Canadian Mounted Police: Thank you
for the opportunity to speak with you today about initiatives the
RCMP is currently employing to address the issue of
cyberbullying.
Inspecteur Michael Lesage, directeur général par intérim,
Services nationaux de police autochtone, Gendarmerie royale du
Canada : Je vous remercie de me donner l’occasion de vous parler
des initiatives auxquelles la GRC a recours actuellement pour
lutter contre la cyberintimidation.
The RCMP believes that awareness and education is key to
helping youth, parents, teachers and police deal with the growing
problem of cyberbullying. We have developed outreach initiatives
and program initiatives at both the national and provincial level
that deal with the issue. Our goal is to reduce the occurrence and
increase the reporting of cyberbullying.
La GRC estime que la sensibilisation et l’éducation sont les
moyens à privilégier pour aider les jeunes, les parents, les
enseignants et les policiers à composer avec le problème
croissant de la cyberintimidation. Nous avons conçu des
initiatives de rapprochement et des activités de programme, à
12:52
Human Rights
7-5-2012
l’échelle tant nationale que provinciale, pour composer avec ce
problème. Notre but est de réduire l’incidence et d’augmenter le
signalement de la cyberintimidation.
I would like to provide you with an overview of what the Royal
Canadian Mounted Police is doing at the national level.
D’abord, j’aimerais faire le survol de ce que fait la GRC à
l’échelle nationale.
The Royal Canadian Mounted Police’s deal.org is a ‘‘by youth,
for youth’’ Web-based program geared toward the 12- to 17-year
age group. It also has a companion site, deal.org/parents. Both
websites have audience-specific products aimed at cyberbullying
awareness, including fact sheets, an online interactive game and
blogs written by youth.
La Gendarmerie royale du Canada exploite choix.org, un site
web mis sur pied par les jeunes pour les jeunes âgés de 12 à 17 ans.
Un volet de ce site, les parents sur choix.org, s’adresse aux
parents. Chacun de ces sites offre des produits adaptés au public
cible traitant de la cyberintimidation, comme des fiches
d’information, un jeu interactif en ligne et des blogues rédigés
par des jeunes.
The RCMP believes that youth have valuable solutions to offer
and should play an active role in their communities. For this
reason, deal.org also profiles young leaders who are addressing
the issue of cyberbullying in their communities and schools in the
hopes of inspiring other youth to do the same.
La GRC croit que les jeunes ont des solutions valables à
proposer et qu’ils doivent jouer un rôle actif dans leurs
collectivités. En ce sens, choix.org met en vedette de jeunes
leaders qui s’attaquent au problème de la cyberintimidation dans
leurs collectivités et leurs écoles, dans l’espoir d’en inspirer
d’autres à en faire autant.
In 2011, the RCMP National Crime Prevention Services, in
collaboration with the RCMP Musical Ride, produced an anticyberbullying trading card that was distributed to youth who
attended our musical ride performances throughout Atlantic
Canada, Saskatchewan and Alberta. The card was such a success
that it will be distributed again during this year’s tour in Ontario
and Manitoba.
En 2011, les Services nationaux de la prévention du crime, de
concert avec le Carrousel de la GRC, ont produit une carte
anticyberintimidation à collectionner qui a été distribuée aux
jeunes qui ont assisté aux spectacles du Carrousel dans les
provinces maritimes, en Saskatchewan et en Alberta. La carte a eu
une telle popularité qu’elle revient pour la tournée de cette année
en Ontario et au Manitoba.
In 2009, the Royal Canadian Mounted Police, in partnership
with other police agencies, developed the National Youth Officer
Program. The program brings youth officers from across Canada
together to train, share resources and best practices via the Royal
Canadian Mounted Police’s Youth Officer Resource Centre,
YORC. YORC is a website that provides front line youth officers
working in schools with age-appropriate cyberbullying lesson
plans that teach youth how to recognize, respond to and prevent
cyberbullying behaviour.
En 2009, la Gendarmerie royale du Canada, avec d’autres
services de police, a mis sur pied le Programme national des
policiers éducateurs. Grâce à ce programme, les policiers
éducateurs de partout au pays peuvent suivre des formations et
partager des ressources et des pratiques exemplaires par
l’entremise du Centre de ressources pour les policières
éducatrices et les policiers éducateurs, le CRPEPE, de la
Gendarmerie royale du Canada. Le CRPEPE est un site web où
les policiers qui travaillent auprès des jeunes dans les écoles
peuvent trouver des plans de leçon adaptés à l’âge des enfants
pour leur montrer à reconnaître et à prévenir les comportements
relevant de la cyberintimidation et à y réagir.
Royal Canadian Mounted Police youth officers also provide
DARE, the Drug Awareness Resistance Education prevention
and education program, to school children across the country.
The DARE curriculum includes a lesson plan on bullying where
the issue of cyberbullying is discussed, as well.
Les policiers éducateurs de la Gendarmerie royale du Canada
offrent aussi le programme de prévention et d’éducation DARE,
qui vise la sensibilisation aux dangers de la drogue, aux écoliers
partout au pays. Le programme DARE comporte un plan de
leçon sur l’intimidation qui donne l’occasion de discuter aussi de
cyberintimidation.
The RCMP understands that we need to tailor our policing
approaches to meet the distinctive needs of our youth.
Accordingly, the Royal Canadian Mounted Police’s Youth
Engagement Section runs a youth advisory committee that we
consult with annually to obtain the youth perspective on issues
such as cyberbullying. This enables us to learn about new trends
happening in our communities and to identify any gaps in the
information we provide.
La GRC comprend qu’elle doit adapter ses stratégies policières
en fonction des besoins particuliers des jeunes. Pour ce faire, la
Section de l’engagement des jeunes encadre un comité consultatif
jeunesse que nous consultons chaque année pour obtenir le point
de vue des jeunes sur des dossiers comme la cyberintimidation.
Cela nous permet de connaître les nouvelles tendances qui
pointent dans nos collectivités et de cerner les lacunes dans
l’information que nous transmettons.
7-5-2012
Droits de la personne
12:53
The Royal Canadian Mounted Police recognizes that the root
of the cyberbullying problem is not social media sites and/or the
Internet but rather the manner in which Internet users interact
while using social networking sites. In fact the Royal Canadian
Mounted Police uses social media ourselves as a means to reach
out to the public on the issue. For example, in November 2011 we
ran a one-week awareness campaign where each day we used
Facebook and Twitter to post information on topics such as
forms of bullying, what to do if you are being bullied, bullying
myths, and youth-led initiatives aimed at reducing all forms of
bullying. We plan to do this again in 2012 during the Bullying
Awareness Week.
La Gendarmerie royale du Canada reconnaît que le noeud du
problème de la cyberintimidation n’est ni les réseaux sociaux ni
Internet, mais la manière dont les internautes interagissent sur les
réseaux sociaux. D’ailleurs, la Gendarmerie royale du Canada
utilise elle-même les réseaux sociaux pour joindre son public. Par
exemple, en novembre 2011, nous avons mené une campagne de
sensibilisation d’une semaine et, chaque jour, nous avons publié
sur Facebook et Twitter de l’information sur divers sujets, tels que
les différentes formes d’intimidation, que faire si vous êtes victime
d’intimidation, les mythes sur l’intimidation et des initiatives
menées par des jeunes pour réduire l’intimidation sous toutes ses
formes. Nous entendons refaire la même chose en 2012 pendant la
Semaine de la sensibilisation à l’intimidation.
There is also much effort being made at the provincial level of
the Royal Canadian Mounted Police to address the problem of
cyberbullying. I will now take a moment to highlight after few
provincial initiatives.
L’échelon provincial de la Gendarmerie royale du Canada en
fait aussi beaucoup pour contrer le problème de la
cyberintimidation. J’aimerais prendre quelques minutes pour
présenter quelques-unes de nos initiatives provinciales.
In British Columbia, the Royal Canadian Mounted Police
developed iSMART, the Internet + Social Media Awareness
Resource Toolkit, to provide police officers, educators and
communities with access to current Internet safety information.
This resource supports the RCMP’s effort to prevent online
victimization of children and youth by providing the information
and tools necessary to engage smartly over the Internet.
En Colombie-Britannique, la Gendarmerie royale du Canada a
conçu iSMART, la trousse des ressources de sensibilisation à
Internet et aux réseaux sociaux, afin de donner aux policiers, aux
enseignants et à la population accès à l’information la plus récente
sur la sécurité Internet. Cette ressource soutient l’effort de la GRC
pour prévenir la victimisation en ligne des enfants et des
adolescents en faisant connaître les précautions à prendre et les
outils nécessaires pour avoir une présence intelligente sur la Toile.
In Nova Scotia, Antigonish Royal Canadian Mounted Police
and the St. Francis Xavier University Department of Athletics
and Recreation partnered to develop the X-Out Bullying
program. The program brings local Royal Canadian Mounted
Police officers and varsity athletes together to deliver
presentations to Grade 4 classes and community groups upon
request. The presentation includes speeches, skits and discussions
on bullying and the bystander effect. They also have brainstorm
sessions on resolving the issue of bullying. Follow-up sessions are
done with each group to determine progress made.
En Nouvelle-Écosse, le détachement de la Gendarmerie royale
du Canada à Antigonish et le département de l’athlétisme et des
services récréatifs de l’Université Saint-FrançoisXavier ont uni
leurs efforts pour élaborer le programme X-Out Bullying pour
enrayer l’intimidation. Le programme consiste à réunir des
policiers de la Gendarmerie royale du Canada locale et des
athlètes universitaires pour présenter des exposés dans des classes
de quatrième année et sur demande dans des groupes
communautaires. Une séance comporte des exposés oraux, des
sketches et des échanges sur l’intimidation et sur l’effet de témoin.
Il y a aussi des séances de remue-méninges pour trouver des
solutions à l’intimidation. Une séance de suivi est faite auprès de
chaque groupe pour évaluer les progrès accomplis.
Antigonish RCMP also worked with their local Crime
Stoppers to help a local high school launch a youth-led antibullying program called Eliminating Victimization Action
Committee. As part of the program, the Crime Stoppers’
number was printed on the back of each student ID so that
when a student was being bullied or a student witnessed the
victimization of another student, they could call Crime Stoppers
to anonymously report it. The goal is to create a school
atmosphere where all forms of bullying are not tolerated.
Le détachement de la GRC à Antigonish a aussi collaboré avec
le programme local d’Échec au crime pour aider une école
secondaire à lancer le programme de lutte contre l’intimidation
mené par des jeunes. Par ce programme, le numéro d’Échec au
crime a été imprimé à l’endos de toutes les cartes d’étudiant, de
sorte que l’élève qui se fait intimider ou qui est témoin
d’intimidation à l’endroit d’un autre élève peut appeler Échec
au crime et signaler l’incident anonymement. Le but est de créer
une atmosphère à l’école où l’intimidation sous toutes ses formes
ne sera pas tolérée.
While the Royal Canadian Mounted Police strives to promote
cyberbullying awareness and prevention, we recognize that we
cannot do it alone. We stress the importance of establishing
networks and/or partnerships with external community
stakeholders who can assist us in delivering prevention and
awareness programs.
La Gendarmerie royale du Canada a beau sensibiliser et
prévenir la cyberintimidation, elle sait bien qu’elle n’en viendra
pas à bout toute seule. Nous soulignons l’importance de créer des
réseaux et des partenariats avec des intervenants communautaires
qui peuvent nous aider à offrir les programmes de prévention et
de sensibilisation.
12:54
Human Rights
7-5-2012
The following summarizes a few of the Royal Canadian
Mounted Police’s national partnerships that focus on
cyberbullying.
Voici quelques-uns des partenariats nationaux de la
Gendarmerie royale du Canada en ce qui a trait à la
cyberintimidation.
In December 2011, in collaboration with Promoting
Relationships and Ending Violence Network, PREVNet, and
researchers at the University of Victoria, the Royal Canadian
Mounted Police began piloting the WITS — Walk away, Ignore,
Talk it out, Seek help — program for the prevention of peer
victimization and bullying, including cyberbullying. Seven RCMP
officers from rural and remote sites in six provinces across
Canada came together in Ottawa for the training. These RCMP
members have already engaged 11 schools and 1,380 children in
the program’s activities.
En décembre 2011, en collaboration avec le réseau de
promotion des relations et de la fin de la violence PREVnet et
des chercheurs de l’Université de Victoria, la Gendarmerie royale
du Canada a commencé à tester le programme WITS —
acronyme anglais pour « éloigne-toi, ne t’occupe pas d’eux,
parle du problème et demande de l’aide » —, qui vise à prévenir la
victimisation et l’intimidation, y compris la cyberintimidation, par
les pairs. Sept policiers de la GRC affectés dans des milieux
ruraux et isolés de six provinces se sont réunis à Ottawa pour
recevoir une formation. Déjà, ces membres de la GRC ont visité
11 écoles et attiré 1 380 enfants dans les activités du programme.
The Royal Canadian Mounted Police National Youth Services
has also formed a partnership with the Canadian Centre for Child
Protection. We have taken on an active role in ensuring the Royal
Canadian Mounted Police front line officers are aware of and
have access to resources produced by the CCCP such as
cybertip.ca; the national tip line for reporting online child
abuse; and Kids In the Know, an interactive safety program for
increasing the personal safety of children and reducing their risk
of sexual exploitation.
Les Services nationaux à la jeunesse de la Gendarmerie royale
du Canada ont aussi formé un partenariat avec le Centre canadien
de protection de l’enfance. Nous nous assurons activement que les
policiers de première ligne de la Gendarmerie royale du Canada
connaissent les ressources offertes par le CCPE, comme
cyberaide.ca, la centrale nationale de signalement des cas
d’exploitation d’enfants sur Internet et enfantsavertis.ca, un
programme interactif d’éducation à la sécurité pour accroître la
sécurité personnelle des enfants et réduire les risques qu’ils soient
exploités sexuellement, et aient accès à ces ressources.
One last example is our ongoing affiliation with the Canadian
Teachers’ Federation. In 2011, the CTF created an information
package on cyberbullying for teaches. This package includes
research, fact sheets and pamphlets to help educators better
understand the issue of cyberbullying and how to address it in the
school setting. We have committed to making these products
available to our front line youth officers as another awareness
tool they can use.
Comme dernier exemple, je parlerai de notre association de
longue date avec la Fédération canadienne des enseignantes et des
enseignants. En 2011, la FCEE a créé une trousse d’information
sur la cyberintimidation à l’intention des enseignants. Cette
trousse comporte des rapports de recherche, des fiches
documentaires et des dépliants pour aider les enseignants à
mieux comprendre le phénomène de la cyberintimidation et la
manière d’y réagir en milieu scolaire. Nous nous sommes engagés
à rendre ces produits accessibles à nos policiers éducateurs pour
lesquels il s’agit d’un outil de sensibilisation de plus à leur
disposition.
While, as government officials, the Royal Canadian Mounted
Police cannot comment on whether there is a need for additional
legislation to address the issue of cyberbullying, we can advise on
how we work within the framework of existing legislation.
Criminal activities conducted via the Internet such as bullying
are traditional crimes committed through the use of an electronic
device and are therefore covered by applicable sections of the
Criminal Code of Canada. Cyberbullying is investigated
according to the circumstance and evidence of the offence
reported. Offences currently contained in the Criminal Code do
address incidents of cyberbullying.
À titre d’agents du gouvernement, les membres de la
Gendarmerie royale du Canada seraient malavisés de se
prononcer sur la nécessité ou non de nouvelles dispositions
législatives pour traiter du problème de la cyberintimidation, mais
nous pouvons vous éclairer sur ce que nous faisons dans le cadre
législatif dont nous disposons actuellement. Les activités
criminelles menées à l’aide d’Internet, comme l’intimidation,
sont des crimes traditionnels commis à l’aide d’un moyen de
communication électronique et sont donc visés par les articles
applicables du Code criminel du Canada. On enquête sur la
cyberintimidation selon les circonstances et la preuve de
l’infraction signalée. Les infractions déjà prévues dans le Code
criminel du Canada couvrent les incidents de cyberintimidation.
While the initiatives I have touched on today are not an
exhaustive list, I hope it has given you some insight into how
important the issue of cyberbullying is to the Royal Canadian
Mounted Police. We continue to strive to maintain positive lines
of communication with our youth to ensure that they feel comfort
approaching us should they become victims of crime.
Je vous ai parlé aujourd’hui de quelques initiatives parmi tant
d’autres, et j’espère avoir su vous montrer combien le phénomène
de la cyberintimidation est important pour la Gendarmerie royale
du Canada. Nous poursuivons nos efforts afin de maintenir une
saine communication avec les jeunes, pour qu’ils soient à l’aise de
nous parler, s’ils en venaient à subir ce type de crime.
7-5-2012
Droits de la personne
I thank you again for inviting me here. I look forward to
answering any questions you may have.
[Translation]
12:55
Je vous remercie encore une fois de m’avoir invité; je suis
maintenant prêt à répondre à vos questions.
[Français]
Daniel Sansfaçon, Director, Policy, Research and Evaluation,
National Crime Prevention Centre, Public Safety Canada: Thank
you for your invitation to come and talk to you this evening as
part of your study on cyberbullying.
Daniel Sansfaçon, directeur, Politiques, recherche et évaluation,
Centre national de prévention du crime, Sécurité publique Canada :
Merci de m’avoir invité ce soir dans le cadre de votre étude sur la
cyberintimidation.
Bullying can take various forms from physical, verbal and
social to cyberbullying. As you will learn from my presentation
this evening, the National Crime Prevention Centre has so far
really only worked on the issues of physical and verbal bullying.
L’intimidation, effectivement, prend diverses formes. Elle peut
être physique, verbale, sociale ou se faire par Internet. Comme
vous le constaterez à l’audience de ma présentation ce soir, le
Centre national de prévention du crime à Sécurité publique
Canada n’a, jusqu’à présent, travaillé véritablement que sur les
questions de l’intimidation physique ou verbale.
I will not repeat all the statistical data that has been presented
to you so far, including what was provided by my colleague from
the Public Health Agency. For the moment, I will point out,
though, that the research indicates that, in general, the various
forms of physical and verbal bullying occur more frequently than
cyberbullying. Studies also indicate that boys are more likely than
girls to engage in physical bullying, and that girls are more likely
to bully socially and to be victims of this form of bullying. It is
also interesting to note that, according to some studies, older
victims of cyberbullying, individuals older than age 25, are
generally less likely to know their bully than the younger victims,
individuals younger than age 25.
Je ne répéterai pas toutes les données statistiques qui vous ont
été présentées jusqu’à maintenant, incluant celles de ma collègue
de l’Agence de la santé publique. Il suffira d’indiquer, pour
l’instant, que les données de recherche indiquent que,
effectivement, les diverses formes d’intimidation physique ou
verbale sont plus fréquentes que la cyberintimidation. Les études
indiquent aussi que les garçons sont plus susceptibles que les filles
de se livrer à l’intimidation physique, et les filles sont plus
susceptibles de se livrer à l’intimidation sociale, mais aussi d’en
être les victimes. Il est aussi intéressant d’observer que, selon
certaines études, les victimes plus âgées de cyberintimidation,
celles qui notamment ont plus de 25 ans, connaissent
généralement moins souvent leur auteur que les victimes plus
jeunes, celles qui sont âgées de moins de 25 ans.
Bullying in schools is not a new issue, but rather one that is reemerging.
Bien que l’intimidation en milieu scolaire ne soit pas un
problème nouveau, tout indique qu’elle est en recrudescence.
Bullying is a growing concern in many jurisdictions, and a
number of provinces and territories have developed strategies and
programs to address this problem. Education is indeed one area
that plays a crucial role in responses to bullying, since most
bullying incidents do occur on school premises. As such,
recognizing their role in education and the management of
schools, provinces and territories have a key role to play to
implement measures that would address bullying.
L’intimidation est une préoccupation croissante pour de
nombreuses administrations. Plusieurs provinces et territoires
ont d’ailleurs élaboré à cet effet des stratégies et programmes pour
s’y attaquer. Le monde de l’éducation joue réellement un rôle
essentiel dans la lutte contre l’intimidation puisque la plupart des
incidents ont lieu sur les terrains d’une école. Ainsi, en
connaissant le rôle qu’ils occupent dans l’éducation et la gestion
des établissements scolaires, les provinces et territoires ont un rôle
clé à jouer dans l’implantation des mesures en vu de contrevenir à
l’intimidation.
[English]
[Traduction]
Given that bullying has been linked to delinquency, it does
constitute a part of NCPC’s work. In fact, back in 2003, the
NCPC funded a three-year initiative, led by well-known doctors
Wendy Craig and Debra Pepler, and their report, A National
Strategy on Bullying: Making Canada Safer for Children and
Youth, proposed elements of a strategy to reduce bullying among
children and youth through partnerships with national
organizations.
Comme l’intimidation a été reliée à la délinquance, elle fait
aussi partie du mandat du CNPC. De fait, en 2003, le CNPC a
financé une initiative de trois ans dirigée par Mmes Wendy Craig
et Debra Pepler, spécialistes du domaine reconnues, et, dans leur
rapport, A National Strategy on Bullying : Making Canada Safer
for Children and Youth, elles proposent des éléments de stratégie
visant à réduire l’intimidation chez les enfants et les jeunes grâce à
des partenariats avec des organismes nationaux.
The National Crime Prevention Centre’s mission is to provide
national leadership on effective and cost-efficient ways to both
prevent and reduce crime by addressing known risk factors in
La mission du Centre national de prévention du crime est de
faire preuve de leadership à l’échelle nationale quant aux moyens
efficaces de prévenir et de réduire la criminalité par l’intervention
12:56
Human Rights
7-5-2012
high-risk populations and places. A primary area of focus for the
NCPC is to develop and disseminate knowledge of effective
practices that will prevent children and youth at risk from
engaging in anti-social behaviour and delinquency. This is why
the NCPC supports community-based crime prevention projects
that aim to reduce the impact of risk factors and increase
protective factors.
sur les facteurs de risque connus chez les populations les plus
vulnérables et dans les milieux à risque élevé. Un grand objectif du
CNPC est d’établir et de communiquer des pratiques efficaces
pour empêcher les enfants et les jeunes à risque d’adopter des
comportements antisociaux et de se tourner vers la délinquance.
C’est pour cette raison que le CNPC soutient les projets de
prévention du crime mis en oeuvre par les collectivités pour
réduire les effets des facteurs de risque et augmenter les facteurs
de protection.
Risk factors are characteristics that increase the likelihood of
an individual committing a crime, while protective factors are
positive influences that mitigate the effects of risk factors and
decrease the likelihood of individuals engaging in crime. The more
risk factors a person experiences, the higher the probability that
that person will commit a crime. For example, early aggressive
behaviour, truancy, and low attachment to school, delinquent
peers, and early contact with the police are factors that contribute
to increased likelihood of juvenile delinquency.
Les facteurs de risque sont les caractéristiques qui augmentent
la probabilité qu’une personne commette un crime, et les facteurs
de protection sont les influences positives qui atténuent les effets
des facteurs de risque et diminuent la probabilité qu’une personne
adopte un comportement criminel. Plus il y a de facteurs de risque
dans la vie d’une personne, plus la probabilité que cette personne
commette un crime est élevée. Par exemple, un comportement
agressif précoce, l’absentéisme scolaire, de faibles liens avec
l’école, la fréquentation de pairs délinquants et des démêlés
précoces avec la justice sont tous des facteurs qui contribuent à
augmenter la probabilité de délinquance juvénile.
We know there is a degree of overlap between risk factors for
youth offending and bullying, particularly in the individual,
family and school domains. In 2008, the NCPC published an
overview of risk factors for bullying, best whole-school practices
to prevent bullying, and promising and modern programs
designed to prevent and reduce it.
Nous savons que certains facteurs de risque liés à la
délinquance juvénile sont aussi des facteurs de risque liés à
l’intimidation, en particulier sur les plans personnel, familial et
scolaire. En 2008, le CNPC a publié un aperçu des facteurs de
risque liés à l’intimidation, des pratiques exemplaires holistiques
en milieu scolaire pour la prévention de l’intimidation dans les
écoles et des programmes modèles et prometteurs conçus dans le
but de prévenir et de réduire l’intimidation.
Existing literature establishes that bullying behaviour during
childhood is closely associated with future delinquent and
criminal behaviour in adolescence and adulthood. Self-reported
delinquency studies, for example, reveal that 40 per cent of the
boys and 31 per cent of the girls who frequently bully are also
involved in delinquent behaviour, as opposed to 5 per cent of the
boys and 3 per cent of the girls who never or infrequently bully.
Selon la documentation existante, le fait de pratiquer
l’intimidation pendant l’enfance est étroitement lié à la
délinquance et au comportement criminel futurs à l’adolescence
et à l’âge adulte. Des enquêtes sur la délinquance par
autoévaluation révèlent que 40 p. 100 des garçons et 31 p. 100
des filles qui se livrent fréquemment à l’intimidation affichent
également un comportement délinquant, par rapport à 5 p. 100 et
des garçons et à 3 p. 100 des filles qui ne recourent pour ainsi dire
jamais à l’intimidation.
Furthermore, research has found that children who bully are
37 per cent more likely than those who do not to commit offences
as adults. They may also be affected later in life by psychological
problems, such as aggressive tendencies, depression and substance
abuse.
En outre, les recherches révèlent que les enfants qui s’adonnent
à l’intimidation sont plus susceptibles, dans une proportion de
37 p. 100, de commettre des infractions une fois arrivés à l’âge
adulte que ceux qui ne pratiquent pas l’intimidation. Ils
pourraient également être plus nombreux à avoir plus tard dans
la vie des problèmes psychologiques comme des tendances
agressives, la dépression et la toxicomanie.
The literature indicates that key risk factors for bullying
include persistent negative attitudes and early aggressive
behaviour. Other risk factors for bullying are also general risk
factors for delinquency, such as those I mentioned earlier.
La littérature indique que les principaux facteurs de risque liés
à l’intimidation comprennent les attitudes négatives persistantes
et le comportement agressif précoce. Les autres facteurs de risque
liés à l’intimidation sont également des facteurs de risque
généraux liés à la délinquance, par exemple ceux que j’ai
mentionnés plus tôt.
Given that many of the risk factors that underlie bullying are
similar to those that contribute to juvenile delinquency,
interventions funded by the NCPC to prevent youth crime are
Puisque de nombreux facteurs de risque liés à l’intimidation
sont semblables à ceux qui contribuent à la délinquance juvénile,
les interventions financées par le CNPC en vue de prévenir la
7-5-2012
Droits de la personne
likely to also impact on the factors associated with bullying and
subsequently help to potentially prevent it. Between 2007 and
2012, the NCPC funded roughly 30 community-based projects
that address primarily youth violence and, indirectly, bullying.
These projects take place in schools and communities and include
examples such as Stop-Now-And-Plan, reconnecting youth in
schools, youth inclusion programs and alternative suspension,
which aims to reduce the number of repeat suspensions among atrisk kids.
[Translation]
12:57
criminalité juvénile devraient avoir une incidence sur les facteurs
associés à l’intimidation et pourraient peut-être également la
prévenir. De 2007 à 2012, le CNPC a financé une trentaine de
projets communautaires axés en premier lieu sur la violence chez
les jeunes et, indirectement, sur l’intimidation. Ces projets se
déroulaient dans des écoles et au sein des collectivités et
comprenaient des initiatives comme Stop Now and Plan;
Reconnecting Youth, programme en milieu scolaire; Youth
Inclusion Programs; et Alternative Suspension, qui vise à
réduire le nombre de renvois successifs de l’école chez les jeunes
à risque.
[Français]
The NCPC, as the national centre of excellence for crime
prevention, collaborates with various federal organizations such
as the RCMP, the Public Health Agency or Health Canada, to
facilitate information sharing, consultation, and integration at the
federal level. Through the federal/provincial/territorial working
group on community safety and crime prevention, the NCPC
works closely with the provinces and territories to advance
effective crime prevention strategies and programs, including for
bullying.
À titre de centre d’excellence en matière de prévention du crime
à l’échelle nationale, le CNPC collabore avec divers organismes
fédéraux comme la GRC, l’Agence de la santé publique du
Canada ou Santé Canada pour favoriser la diffusion
d’information, la consultation, mais aussi une meilleure
intégration à l’échelle fédérale. Par l’entremise du groupe de
travail fédéral-provincial-territorial sur la sécurité communautaire
et la prévention du crime, le CNPC travaille en étroite
collaboration avec les provinces et territoires pour faire
progresser les stratégies et programmes efficaces touchant la
prévention du crime généralement y compris, dans ce cas-ci, en
matière d’intimidation.
Thank you again for your invitation. I will now be pleased to
answer any questions you may have.
Je vous remercie à nouveau de votre invitation. Il me fera
plaisir de répondre à vos questions ce soir.
[English]
The Chair: Thank you very much for all your presentations.
[Traduction]
La présidente : Merci beaucoup pour tous vos exposés.
I have one clarification from you, Ms. Israel. In your
presentation, you mention on page 3, in the last paragraph, that
certain populations are at greater risk of being bullied, such as
those who identify as lesbian, gay, bisexual, transgendered, those
who have a disability and those who are overweight or obese.
Je dois obtenir une clarification auprès de vous, madame Israel.
Dans votre exposé, vous avez mentionné à la page 4, au dernier
paragraphe, que certaines populations sont plus susceptibles
d’être victimes d’intimidation, telles que les lesbiennes, les
homosexuels, les bisexuels ou les transgenres, ainsi que les
personnes qui ont une incapacité, un surpoids ou qui sont obèses.
We have been holding these hearings for the last several weeks.
We heard that another group that faces these challenges are the
racialized groups, the ethnic, visible minority groups. Has that not
been your experience?
Nous tenons des séances comme celle-ci depuis plusieurs
semaines. Nous avons entendu dire que les groupes racialisés —
les groupes ethniques et les minorités visibles — étaient aussi
exposés à ces difficultés. N’avez-vous pas observé ce phénomène?
Ms. Israel: It was not mentioned per se in the course of my
remarks, but certainly within the health behaviours for schoolaged children, that has been the focus of our study, other
community health surveys. I would have to go back and see if our
data was aligned with your data, and I am happy to do that. I did
not specifically look at the research with respect to those
disadvantaged groups.
Mme Israel : Je ne l’ai pas mentionné explicitement dans le
cadre de mes remarques, mais, assurément, notre étude des
comportements de santé des jeunes d’âge scolaire, tout comme
d’autres enquêtes sur la santé, a ciblé cet aspect communautaire. Il
faudrait que je retourne voir si nos données sont en harmonie avec
les vôtres, et je serais heureuse de le faire. Je n’ai pas examiné la
recherche en détail pour ce qui est de ces groupes défavorisés.
Senator Brazeau: Thanks to all of you for being here this
evening.
Le sénateur Brazeau : Merci à tous d’être venus ici ce soir.
My question is for Inspector Lesage. Obviously, the Royal
Canadian Mounted Police cannot comment on whether there is a
need for additional legislation to deal with this issue. Having said
that, obviously you have experience; you deal with some of these
Ma question s’adresse à l’inspecteur Lesage : de toute évidence,
la Gendarmerie royale du Canada ne peut pas se prononcer sur la
nécessité de dispositions législatives supplémentaires pour
composer avec ce problème. Cela dit, de toute évidence, vous
12:58
Human Rights
7-5-2012
issues. I am sure you look into some complaints that may be made
across the country. You are probably aware of what some of the
barriers may be in fully tackling this issue. Would you be able to
comment on the following: If there were legislation, what would
that look like to better facilitate your job in dealing with
cyberbullying?
avez de l’expérience; vous composez avec certains de ces
problèmes. Je suis certain que vous vous penchez sur des
plaintes qui ont été déposées aux quatre coins du pays. Vous
êtes probablement au courant de certains des obstacles qui
empêchent de pleinement s’attaquer au problème. Pourriez-vous
répondre à la question suivante : S’il y avait des dispositions
législatives, quelle devrait être leur teneur pour faciliter votre
travail au chapitre de la cyberintimidation?
Mr. Lesage: As I said earlier, as government officials, we are
not in a position to comment or support the legislation. It is our
duty to enforce it if it becomes law. Any advice that we would give
when it comes to legislation, we give at the drafting stages. That is
about all I can say on that one.
M. Lesage : Comme je l’ai dit plus tôt, en notre qualité
d’agents du gouvernement, il serait malavisé de nous prononcer
sur les dispositions législatives ou de les approuver. Notre tâche
consiste à les appliquer si elles entrent en vigueur. Dans le cadre
d’un projet de loi, nous serions seulement prêts à donner des
conseils à l’étape de la rédaction. C’est à peu près tout ce que je
peux vous dire là-dessus.
Senator Brazeau: If I can perhaps just try to dig a little deeper.
Le sénateur Brazeau : Si vous me le permettez, je vais essayer
d’aller un peu plus loin.
Earlier I asked a question to previous witnesses with respect to
the phenomenon of social media and the Internet, people being
able to go on Facebook, for example, create an anonymous or
fake name, and start spreading lies and rumours about any
adolescent kid across this country, which would basically come
under the definition of cyberbullying; however, very little could be
done, unless I am wrong.
Plus tôt, j’ai posé une question à un témoin en ce qui concerne
le phénomène des médias sociaux et d’Internet; les gens peuvent
aller sur Facebook, par exemple, créer un profil anonyme ou un
faux nom et commencer à diffuser des mensonges et des rumeurs
au sujet d’un adolescent canadien, ce qui entrerait essentiellement
dans la définition de la cyberintimidation. Toutefois, on pourrait
faire très peu de choses — à moins que je ne me trompe.
Can you comment on what happens with some of those cases
where there may be complaints by parents, either by clicking with
the social media in terms of trying to report someone? What does
the social media outlet do with the RCMP? Do they contact you?
Could you elaborate on what the process is for some of the
complaints that are being made, specifically with social media,
which come into your hands?
Pouvez-vous nous expliquer ce qui arrive dans certains de ces
cas où un parent peut déposer une plainte — peut-être auprès du
média social dans une tentative de dénoncer la personne? Que
font les responsables du média social pour collaborer avec la
GRC? Vous contactent-ils? Pourriez-vous nous parler du
processus pour certaines des plaintes déposées, particulièrement
dans le contexte des médias sociaux, qui arrivent entre vos mains?
Mr. Lesage: With social media, it is the same as with most
offences; once the RCMP would receive a complaint, we would
initiate an investigation. When we do that, we have to determine
what offence has been committed. Once we determine an offence,
if it happened over Facebook or over the Internet, we would use
our conventional investigative techniques and start to draft search
warrants or production orders for the service providers to gain the
evidence we need to go forward.
M. Lesage : Dans le cas des médias sociaux, le processus est le
même que pour la plupart des infractions : une fois que la GRC
reçoit la plainte, elle entreprend une enquête. Lorsque nous
faisons cela, nous devons déterminer la nature de l’infraction
commise. Une fois que nous l’avons déterminée, si elle est
survenue sur Facebook ou sur Internet, nous employons nos
techniques d’enquête classiques et commençons à émettre des
mandats de perquisition ou des ordonnances de communication à
l’intention des fournisseurs de services pour obtenir les éléments
de preuve dont nous avons besoin pour progresser.
Senator Brazeau: Essentially, a big bulk of it is the
responsibility of Internet service providers and/or other social
media outlets to follow up on, perhaps, some of the rules that they
have against these things in order for it to get to your desk, for
example?
Le sénateur Brazeau : Essentiellement, une grande part de la
responsabilité revient aux fournisseurs de services Internet et aux
responsables d’autres médias sociaux qui doivent assurer
l’application, éventuellement, de certaines de leurs règles visant
à prévenir ces choses pour que cela arrive à votre bureau, par
exemple?
Mr. Lesage: In order for it to get to my desk, a report would
have to be made. Someone would have to come to the police
station and report an offence committed. We would work with the
service providers. Generally, we would need some type of judicial
authorization to be able to get the actual information within the
database or within the service provider.
M. Lesage : Pour que cela arrive à mon bureau, il faut qu’il y
ait eu un signalement. Quelqu’un doit se rendre au poste de police
et signaler qu’une infraction a été commise. Nous travaillons de
concert avec les fournisseurs de services. En général, nous avons
7-5-2012
Droits de la personne
12:59
besoin d’un type d’autorisation judiciaire pour pouvoir obtenir les
données réelles auprès de la base de données ou du fournisseur de
services.
If there was an offence that had been committed, we would
continue an investigation using whatever investigative techniques
we have within our realm of jurisdiction.
Si une infraction a été commise, nous poursuivons notre
enquête à l’aide des techniques à notre disposition selon notre
sphère de compétence.
Senator Brazeau: Would you happen to have any statistics with
respect to how many complaints have been made or provided by
Internet service providers, how many investigations have been
conducted and if any charges have been laid?
Le sénateur Brazeau : Auriez-vous, par hasard, des statistiques
relatives au nombre de plaintes déposées ou produites par les
fournisseurs de services Internet, au nombre d’enquêtes
entreprises et aux éventuelles accusations déposées?
Mr. Lesage: Our police reporting system does not collect
specific data to cyberbullying. Our statistics are collected
according to the Criminal Code offences. I would not have any
of those statistics.
M. Lesage : Notre système de rapports de police ne contient
pas de données particulières sur la cyberintimidation. Nos
statistiques sont recueillies en fonction de l’infraction au Code
criminel. Je n’ai aucune de ces statistiques.
Senator Harb: Mr. Lesage, it is excellent what you are doing in
conjunction with the teachers’ federation as well as with the many
youth groups across the country.
Le sénateur Harb : Monsieur Lesage, le travail que vous faites
de concert avec la fédération des enseignants, ainsi qu’avec les
nombreux groupes de jeunes au pays est excellent.
My question to all of you would be, given what we already
know, namely, that bullying happens in schoolyards and through
the Internet and so on, and given the statistics that we are mostly
dealing with kids in grades 7, 8 and 9, as we were told by many
witnesses, I cannot not see Mr. Lesage chasing a bunch of kids in
order to put them in jail for sending an email. It is difficult for him
to do that. The Criminal Code will not apply in this particular
case. My colleague asked, what else can we do?
Ma question, que j’adresse à tous, est la suivante : à la lumière
de ce que nous savons déjà, c’est-à-dire que l’intimidation survient
dans les cours d’école et sur Internet, entre autres, et à la lumière
des statistiques selon lesquelles il est surtout question d’enfants de
septième, de huitième et de neuvième années — comme nous l’ont
dit de nombreux témoins —, je vois mal M. Lesage pourchasser
un groupe d’enfants pour les jeter en prison parce qu’un courriel a
été envoyé. Il serait difficile pour lui de faire cela. Le Code
criminel ne s’appliquera pas dans ce cas particulier. Mon collègue
a demandé ce que nous pouvons faire d’autre.
I suppose my question is slightly different, given your answer
to Senator Brazeau. Are you aware if there has been a
stakeholders’ meeting in a national format where partners were
brought together, that is, teachers, psychologists, people in the
field such as the police, parents, and so on? Are you aware of
anything like that having ever taken place in Canada? If so, can
you share with us your observations on that?
Je dirais que ma question est légèrement différente, compte
tenu de votre réponse au sénateur Brazeau. Savez-vous s’il y a eu
une réunion d’intervenants à l’échelle nationale regroupant des
partenaires, c’est-à-dire des enseignants, des psychologues, des
intervenants sur le terrain comme des policiers et des parents?
Savez-vous si un événement de cette teneur a déjà eu lieu au
Canada? Le cas échéant, pouvez-vous nous faire part de vos
observations?
Ms. Israel: Coming out of the 2011 report, The Health
Behaviour in School-Aged Children, one of the things we are
conducting in the agency is the dissemination of that report in
terms of some of the statistics that are available with respect to
bullying, and now cyberbullying, and the whole effects of mental
health, being the first report that has been specifically on the
mental health of young adults and young children. There is a
whole dissemination strategy that goes out. There are
conversations that take place in the school setting, for example,
and through the Joint Consortium for School Health. Each of
those individual jurisdictions take it upon themselves to
disseminate that information and have conversations.
Mme Israel : Dans la foulée du rapport de 2011 sur les
comportements de santé des jeunes d’âge scolaire, l’une des choses
qu’a entreprises l’agence, c’est la diffusion des données du
rapport, comme certaines statistiques liées à l’intimidation — et
maintenant à la cyberintimidation — et l’incidence globale sur la
santé mentale, car il s’agit du premier rapport qui traite
précisément de la santé mentale des jeunes adultes et des jeunes
enfants. Il y a toute une stratégie de communication qui s’ensuit.
Des conversations ont lieu en milieu scolaire, par exemple, et par
l’intermédiaire du Consortium conjoint pour les écoles en santé.
Chacune de ces entités prend la responsabilité de communiquer
ces renseignements et de tenir des discussions.
With some of the other work we have done with Wendy Craig
and others from Queen’s University, a forum took place about a
year ago where 400 students were brought together with
educators and parents, et cetera, for conversations on bullying
Dans le cadre des autres travaux que nous avons menés avec
Wendy Craig et d’autres collaborateurs de l’Université Queen’s,
une tribune a été tenue il y a environ un an, à laquelle ont
participé 400 élèves, des éducateurs et des parents, entre autres,
pour discuter de l’intimidation proprement dite et de son
12:60
Human Rights
7-5-2012
per se, and the effects that it has not only on the person being
bullied but the bullies as well. Those are some of the fora that I
know have taken place from a Public Health Agency perspective.
incidence, pas seulement sur la victime, mais aussi sur les
intimidateurs. Voilà certaines des tribunes qui ont eu lieu à ce
que je sache, du point de vue de l’Agence de la santé publique.
Mr. Sansfaçon: I am not aware of any from NCPC. Maybe I
could find more from a historical perspective. I am not aware of
any forum that would have dealt specifically with bullying.
M. Sansfaçon : Je ne suis au courant de rien venant du CNPC.
Peut-être que je pourrais trouver plus de données historiques. Je
ne suis pas au courant d’une tribune qui aurait traité
particulièrement de l’intimidation.
As I mentioned in my presentation, we commissioned reports;
some studies, including through the Canadian Centre for Justice
Statistics, for example, the self-reported delinquency survey in
Toronto, which also included elements of it, but this was more
from a knowledge perspective. Otherwise, in terms of meeting
with stakeholders on this issue, no, there have not been, to my
recollection anyway.
Comme je l’ai mentionné dans mon exposé, nous avons
commandé des rapports — certaines études, dont celles menées
par l’intermédiaire du Centre canadien de la statistique juridique,
par exemple, le sondage sur la délinquance autodéclarée par les
jeunes à Toronto, qui intégrait des éléments connexes, mais se
rattachait surtout aux connaissances. Par ailleurs, quant à la
rencontre d’intervenants sur ce dossier, non, il n’y en a pas eu, pas
à mon souvenir, à tout le moins.
Senator Harb: I suppose, Mr. Lesage, you have the same kind
of response?
Le sénateur Harb : Je présume que, monsieur Lesage, votre
réponse sera semblable?
Mr. Lesage: We have meetings at the national level and partner
with various organizations. I spoke of PREVNet earlier. We
partner with the teachers’ association and any other agency that
allows us to get our awareness and education programs to
children.
M. Lesage : Nous avons des réunions nationales et collaborons
avec différentes organisations. J’ai parlé de PREVNet plus tôt.
Nous collaborons avec l’association des enseignants et tout autre
organisme qui nous permet d’offrir nos programmes de
sensibilisation et d’éducation aux enfants.
Senator Harb: From your perspective, it makes a lot of sense,
for example, as a way to set up a national strategy on
cyberbullying, which many of the witnesses told us we need,
best practices and so on.
Le sénateur Harb : De votre point de vue, cela a beaucoup de
sens, par exemple, pour établir une stratégie nationale sur la
cyberintimidation — dont nous avons besoin, selon nombre des
témoins —, des pratiques exemplaires et ce genre de choses.
Would it be of help if, for example, the minister responsible for
health were to initiate a national gathering and bring in all of the
different brains, leaders and players from the different sectors
together in one big room and have a day or two where we can
come out with some sort of strategy? It strikes me now that
because of the jurisdiction of the issue and where it is happening,
there are way too many stakeholders and not everyone is speaking
the same language. Everyone knows what the problem is but we
do not seem to be coming together collectively.
Est-ce que ce serait utile, si, par exemple, le ministre
responsable de la Santé organisait une réunion nationale et
regroupait tous les différents cerveaux, leaders et acteurs des
différents secteurs dans une grande salle pendant une journée ou
deux, le temps que nous en ressortions avec une forme de
stratégie? Je constate maintenant que, en raison de la question des
sphères de compétence à ce chapitre et de l’endroit où tout cela
survient, il y a beaucoup trop d’intervenants et tout le monde ne
parle pas la même langue. Tout le monde sait quel est le problème,
mais nous ne semblons pas arriver à nous rejoindre
collectivement.
Ms. Israel: One of the things that speaks to your point is the
number and diversity of stakeholders who are involved in an issue
like this. If you look at bullying, your committee has been
studying this issue, and you see the multitudes of players —
parents, schools, police, public health officials, et cetera.
Ultimately, there could be debate in terms of the roles and
responsibilities of those players or the effectiveness of coming up
with a strategy. From the public health perspective, we have put
our emphasis on prevention of bullying to begin with.
Mme Israel : L’une des choses qui se rattachent à votre idée,
c’est le nombre et la diversité des intervenants touchés par une
question comme celle-ci. Si vous prenez l’intimidation, votre
comité étudie la question, et vous voyez la multitude d’acteurs —
parents, écoles, police, représentants de la santé publique, et
cetera. Au bout du compte, il pourrait y avoir un débat sur les
rôles et les responsabilités de ces acteurs ou l’efficacité de
concevoir une stratégie. Du point de vue de la santé publique,
nous avons mis l’accent sur la prévention de l’intimidation pour
commencer.
What is it that could prevent someone from deciding to become
a bully? There are many factors involved, including the need to
promote positive mental health and positive relationships. Some
of the research has shown that successful interventions come from
Qu’est-ce qui pourrait empêcher quelqu’un de commencer à
intimider les autres? Bien des facteurs entrent en jeu, dont le
besoin de promouvoir une santé mentale positive et des relations
positives. Certains travaux de recherche ont révélé que les
interventions fructueuses naissaient de la possibilité de
7-5-2012
Droits de la personne
12:61
the perspective of being able to communicate openly. Individuals
can be reluctant to communicate openly or to bring issues in a
transparent, open way.
communiquer ouvertement. Une personne peut être réticente à
communiquer ouvertement ou à soulever des questions de façon
transparente et ouverte.
The Mental Health Commission has been studying this and
will be releasing its strategy. It is getting a lot of attention in the
media. It has talked about those positive, protective factors that
my colleague Mr. Sansfaçon was talking about.
La Commission de la santé mentale étudie cette question et
publiera sa stratégie. Elle profite d’une bonne couverture
médiatique. Elle a parlé des facteurs de protection positifs qu’a
mentionnés mon collègue M. Sansfaçon.
From the standpoint of bullying as an issue like so many public
health issues, it goes deeper than might be on the surface and as
we come to understand what works and what does not work,
much of it has been around positive mental health and being
aware of the need to talk about things in a transparent way, which
is what a lot of educational institutions and educational settings
are looking at.
Si on envisage l’intimidation comme un problème parmi tant
d’autres dans le domaine de la santé publique, il a des racines plus
profondes qu’on le croirait à première vue, et, à mesure que nous
comprenons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, on
constate que beaucoup de solutions s’appuyaient sur la santé
mentale positive et la prise de conscience du besoin de parler des
choses de façon transparente, ce qui est envisagé dans nombre
d’établissements et de milieux scolaires à l’heure actuelle.
Mr. Sansfaçon: If I may add, from the crime prevention
perspective, and I admit this is more specific in a sense than
bullying, or less so, and bullying being more specific, but many of
the same risk factors will apply to those who will eventually
become bullies in the more systematic way to those who will
eventually develop tendencies for later delinquency.
M. Sansfaçon : Si je peux ajouter, du point de vue de la
prévention du crime... Et je reconnais que cela est plus précis,
dans un certain sens, que l’intimidation — ou que l’intimidation
est plus précise —, mais nombre des mêmes facteurs de risque
s’appliquent autant à ceux qui finiront par devenir des
intimidateurs de façon plus systématique qu’à ceux qui finiront
par avoir des tendances délinquantes à l’âge adulte.
Also, without commenting on whether it might be pertinent,
for example, for the Minister of Health to convene a table of the
stakeholders, I can say from the crime prevention perspective that
federal, provincial and territorial ministers of justice and public
safety, at one of their recent meetings in Charlottetown, made
crime prevention a priority issue for this country. Therefore, there
will be more sharing of information as well as, hopefully, the
development of even more evidence-based practices that will help
prevent all these trajectories that lead, not only to delinquency,
but also more specifically to bullying.
En outre, sans faire de commentaires sur la pertinence
éventuelle, par exemple, d’une réunion d’intervenants convoquée
par le ministre de la Santé, je peux dire, du point de vue de la
prévention du crime, que les ministres de la Justice et de la
Sécurité publique fédéraux, provinciaux et territoriaux, dans le
cadre d’une récente réunion à Charlottetown, ont fait de la
prévention du crime une priorité pour le pays. Par conséquent, il y
aura un plus grand partage d’information et, on l’espère, encore
plus de pratiques fondées sur des données probantes, qui aideront
à freiner toutes les tendances qui mènent non seulement à la
délinquance, mais aussi à l’intimidation en particulier.
Senator Ataullahjan: My question for Public Safety Canada is
this: Have you specifically looked at youth to the age of 15?
Previous witnesses we heard told us something surprising: I
thought behaviour like bullying and cyberbullying would stop in
university, but apparently that is not the case. I would like your
comments on that. Is it just that you looked at younger youth and
did not touch on the older students?
Le sénateur Ataullahjan : Voici ma question à l’intention du
représentant de Sécurité publique Canada : avez-vous
précisément axé votre étude sur les jeunes jusqu’à l’âge de
15 ans? Des témoins antérieurs nous ont dit quelque chose
d’étonnant. Je croyais que le comportement comme l’intimidation
et la cyberintimidation cessait à l’université, mais, apparemment,
ce n’est pas le cas. J’aimerais avoir vos commentaires sur cette
question. Est-ce simplement parce que vous avez regardé chez les
plus jeunes et n’avez pas abordé les étudiants plus âgés?
Ms. Israel: We look at youth writ large, but you are quite right
that research has found that bullying does not stop simply at
adolescence. If someone has a tendency to be a bully in the
teenage years, then unless something happens and allows them to
realize the error of their ways, they would continue into
adulthood. That is what our research shows.
Mme Israel : Nous examinons la situation des jeunes dans son
ensemble, mais, en effet, la recherche démontre que l’intimidation
ne s’arrête pas tout simplement à l’adolescence. Si une personne
avait tendance à se livrer à l’intimidation durant son adolescence,
à moins que quelque chose ne se produise et qu’elle ne se rende
compte de l’erreur de ses actes, elle continuera de le faire à l’âge
adulte. Voilà ce que révèle notre recherche.
Senator Ataullahjan: How important is peer support in
stopping bullying and cyberbullying?
Le sénateur Ataullahjan : Dans quelle mesure le soutien par les
pairs est-il important dans la lutte contre l’intimidation et la
cyberintimidation?
12:62
Human Rights
7-5-2012
Ms. Israel: Our research has shown that peer support is very
important. Research has shown that the ability of developing a
sense of leadership and trust is critical. The WITS program has
been found to be successful because it is done in conjunction with
peers.
Mme Israel : Notre recherche démontre que le soutien par les
pairs est très important et que la capacité de développer un
sentiment de leadership et de confiance est primordiale. Le
programme WITS a du succès parce qu’il est mis en oeuvre en
collaboration avec des pairs.
Youth and adolescents understand that their leadership role is
not only to look at an educator or to look at a parent; they
themselves have a voice. If they see something happening — if
they see a child or a friend suffering from being bullied — they
have a responsibility to tell someone, especially when it comes to
cyberbullying, which happens through texting.
Les jeunes et les adolescents comprennent que leur rôle de
leader ne consiste pas seulement à avoir recours à un éducateur ou
à un parent; eux aussi peuvent changer les choses. S’ils sont
témoins d’un incident — si un enfant ou un ami est victime
d’intimidation —, ils ont la responsabilité de le signaler à
quelqu’un, particulièrement dans le cas de la cyberintimidation
qui se fait par messages textes.
We think of it as being quite obvious that youth would feel
empowered or have an ability to say something. However, with
each emerging public health issue, whether it is abuse, bullying or
cyberbullying, students or young people need to be taught that
they do have voices. It is learning how to use that voice and how
to be safe in using that voice that ends up being the most
successful.
Selon nous, il est évident que les jeunes se sentiraient
responsables ou auraient la capacité de s’exprimer. Cependant,
devant chaque nouveau problème de santé publique, que ce soit
les mauvais traitements, l’intimidation ou la cyberintimidation, il
faut rappeler aux élèves et aux jeunes qu’ils peuvent faire entendre
leur voix. C’est en leur apprenant comment utiliser leur voix et en
leur garantissant qu’ils peuvent le faire en toute sécurité que l’on
réussira.
Senator Ataullahjan: Is it also true that generally, when the
peers speak up, that most times the bullying stops, if they speak
up within the first short while after an incident?
Le sénateur Ataullahjan : Est-il aussi vrai que, la plupart du
temps, lorsque les pairs interviennent, l’intimidation cesse, s’ils le
font peu après l’incident?
Ms. Israel: Sure. Some of our research has shown that the
earlier you intervene, the better it will be at stopping the incidents
of bullying. Sometimes the courage to be able to speak up and to
be able to not worry about the effects of doing so is difficult. Peer
pressure is quite extensive at younger and younger ages and at
younger stages.
Mme Israel : Bien sûr. Certaines de nos recherches révèlent
que, plus l’intervention est rapide, plus on est susceptible de
mettre un terme aux actes d’intimidation. Parfois, il est difficile de
trouver le courage nécessaire pour intervenir et ne pas s’en faire
avec les conséquences. La pression des pairs peut être très forte
chez les plus jeunes, durant l’enfance.
You are quite right that research has shown that the earlier you
intervene, the better the likelihood that you will have success in
stopping the bullying.
La recherche montre effectivement qu’une intervention à un
jeune âge augmente la probabilité de mettre un terme à
l’intimidation.
Senator Ataullahjan: For Public Safety, how are the current
anti-bullying programs faring, and how effective is the whole
school approach? Is there a need for a national anti-bullying
initiative?
Le sénateur Ataullahjan : Du point de vue de la sécurité
publique, qu’en est-il des programmes actuels de lutte contre
l’intimidation et dans quelle mesure l’approche visant l’école dans
son ensemble est-elle efficace? Une initiative nationale de lutte
contre l’intimidation est-elle nécessaire?
In your presentation, you spoke about studies revealing that
‘‘40 per cent of the boys and 31 per cent of the girls who
frequently bully are also involved in delinquent behaviour.’’ For
kids who bully, is it part of their lifestyle? Are these children more
and more involved in alcohol abuse and drugs? Does your
research support that?
Dans votre témoignage, vous avez parlé d’études selon
lesquelles 40 p. 100 des garçons et 31 p. 100 des filles qui se
livrent fréquemment à l’intimidation adoptent aussi un
comportement délinquant. Dans le cas des enfants qui se livrent
à l’intimidation, est-ce que cela fait partie de leur style de vie? Ces
enfants sont-ils plus susceptibles de consommer de l’alcool et de la
drogue? Votre recherche confirme-t-elle cela?
Mr. Sansfaçon: On the first question regarding the most
effective practices, it appears that, among others, the whole
school approaches are quite effective — for example, the bullying
prevention programs are very effective — as would be, most
likely, the more targeted programs. Those are the ones that will
try to focus more specifically on those who do seem to show
systematic tendencies.
M. Sansfaçon : Pour ce qui est de la première question
concernant les pratiques les plus efficaces, il semble que les
approches axées sur l’école dans son ensemble sont assez efficaces
— par exemple, les programmes de prévention de l’intimidation se
révèlent très efficaces — comme le seraient, probablement, les
programmes plus ciblés, qui sont des programmes axés plus
particulièrement sur les jeunes qui semblent présenter une
tendance systématique.
7-5-2012
Droits de la personne
12:63
This is the segue to your next question, too. These youth are
the ones who, on a repeat basis, do these types of bullying
behaviour and they are at higher risk of turning to delinquency.
As you pointed out, this becomes, in a sense, a lifestyle. They do
have other risk factors, such as early substance use and, in
particular, frequenting delinquent peers. Just as having positive
reinforcement from peers can be a protective factor, frequenting
delinquent peers will be a risk factor.
Et cela me mène à votre deuxième question. Ces jeunes sont
ceux qui adoptent à répétition des comportements d’intimidation
et qui sont les plus susceptibles de sombrer dans la délinquance.
Comme vous l’avez mentionné, cela devient un style de vie, d’une
certaine façon. Ils présentent aussi d’autres facteurs de risque,
comme la consommation précoce de substances et, plus
particulièrement, la fréquentation de pairs délinquants. Autant
le renforcement positif des pairs peut constituer un facteur de
protection, autant la fréquentation de pairs délinquants peut
représenter un facteur de risque.
The culmination of these risk factors ends up creating a kind of
lifestyle. The risks are that this will become entrenched, although
not for everybody. This also, therefore, points to the need to have
programming that focuses particularly on these youth. Otherwise,
not only will they go beyond the age 16, 17 or 18 when it might
peak and continue these behaviours when they are adults, but
they may also commit other types of offences and potentially
more serious offences, because of the multiplicity of the risk
factors that they demonstrate.
L’accumulation de ces facteurs de risque entraîne un certain
style de vie. Le risque est que ce style de vie devienne permanent,
mais cela n’est pas le cas de tout le monde. Cela soulève donc le
besoin de mettre en oeuvre des programmes axés sur ces jeunes.
Autrement, non seulement ils continueront d’adopter un tel
comportement après l’âge de 16, 17 ou 18 ans, lorsque le
comportement pourrait être le plus problématique, et
poursuivront l’intimidation à l’âge adulte, mais ils risquent aussi
de commettre d’autres types d’infractions et peut-être même des
crimes plus graves, compte tenu du nombre de facteurs de risque
qu’ils présentent.
Senator Ataullahjan: My next question is for the RCMP. In
your experience, have there been many criminal offences related
to cyberbullying in Canada? Do you know of the latest statistics
or trends on this issue?
Le sénateur Ataullahjan : Ma prochaine question s’adresse à la
GRC. D’après votre expérience, y a-t-il beaucoup d’infractions
criminelles liées à la cyberintimidation au Canada? Connaissezvous les dernières statistiques ou tendances à cet égard?
Mr. Lesage: Currently there are no statistics on the
cyberbullying because the incidents are reported related to
Criminal Code offences, and there are no Criminal Code
offences for cyberbullying. It would fall within the other
categories of the offences we would investigate, so we currently
have no statistics for that right now.
M. Lesage : Actuellement, il n’existe aucune statistique sur la
cyberintimidation, car les incidents sont associés à une infraction
au Code criminel, qui ne compte aucune disposition sur la
cyberintimidation. Une telle infraction serait associée à une autre
catégorie sur laquelle nous enquêterions, alors nous n’avons
aucune statistique à ce sujet pour le moment.
Senator Zimmer: Looking at the other end of the culvert, how
soon after the bullying starts is it reported? The longer you delay,
the worse it gets and apprehension sets in with regard to reporting
it. Do you have any research that says how quickly or how soon
after it occurs that it is reported?
Le sénateur Zimmer : Pour regarder les choses d’un autre
angle, combien de temps s’écoule avant que l’intimidation soit
dénoncée? Plus on attend, plus la situation se dégrade et plus on
craint de la dénoncer. Des recherches ont-elles permis de savoir
combien de temps s’écoule entre l’intimidation et sa dénonciation?
Mr. Lesage: The RCMP does not have any research on that;
sorry.
M. Lesage : La GRC n’a fait aucune recherche à cet égard,
désolé.
Senator Zimmer: Thank you.
Le sénateur Zimmer : Merci.
Senator Meredith: This question is for Mr. Lesage. Thank you
so much; I used to work for a Mike LeSage; I know you are no
relation.
Le sénateur Meredith : Ma question s’adresse à M. Lesage.
Merci beaucoup. J’ai déjà travaillé pour Mike LeSage; je sais que
vous n’êtes pas parents.
I admire the work that the RCMP is doing in working with
various police agencies, especially within the Greater Toronto
Area, around youth violence and so on. The question keeps
coming back to me in terms of just seeing the devastation that is
caused to families when a message is sent and a child becomes
quite disturbed by those messages — in some cases taking their
lives. At what point do we draw the line and begin an
investigation to ensure that the perpetrator is actually held
responsible?
J’admire le travail que la GRC fait auprès de divers services de
police, particulièrement dans la grande région de Toronto, sur le
plan notamment de la violence chez les jeunes. La question me
revient toujours quand je vois la dévastation que subit une famille
lorsqu’un message est envoyé et qu’un enfant est très perturbé par
de tels messages — dans certains cas, cela les pousse même à
s’enlever la vie. Où est la limite et quand pouvons-nous
commencer à enquêter pour que l’auteur puisse être tenu
responsable?
12:64
Human Rights
7-5-2012
We heard from the previous witnesses about ‘‘teachable
moments.’’ When someone commits suicide, their lives are over.
Someone goes on — sort of carries on with their life. What
interventions are there between the time that the RCMP hears of
certain cases and a suicide is committed that there is a tracking of
those individuals, so they can be held responsible?
Nous avons déjà entendu d’autres témoins parler de
« moments propices à l’enseignement ». Lorsqu’une personne se
suicide, elle met un terme à sa vie, mais d’autres personnes restent
et poursuivent la leur. Quelles sont les interventions, entre le
moment où la GRC est informée de certains cas et un acte de
suicide, sur le plan de la surveillance des personnes en cause afin
qu’elles puissent être tenues responsables?
For me, I believe that is the crux of the matter here, going
across the country: You cannot bring back that loved one, but
somehow there must be some consequences. Yes, we have an
opportunity within the education system.
D’après moi, il s’agit du noeud de la question qui touche
l’ensemble du pays : on ne peut pas ramener la personne qui nous
est chère, mais il doit y avoir des conséquences. Et oui, nous en
avons l’occasion au sein du système d’éducation.
We have heard about it before: administrators feeling
overwhelmed, teachers not being adequately trained, guidance
counsellors not being in a position to deal with these issues, but
yet they are very important.
Nous en avons déjà entendu parler : les administrateurs sont
dépassés, les enseignants n’ont pas la formation adéquate, les
conseillers en orientation ne sont pas en mesure de régler ces
problèmes, mais ils demeurent très importants.
At what point do we begin to say that we need to hold people
responsible?
Quand devons-nous commencer à affirmer que nous devons
tenir quelqu’un responsable?
Mr. Lesage: I think the earlier the better. With the education
and awareness programs, it will give kids and youth the ability to
report these crimes as early as possible.
M. Lesage : Je crois que le plus tôt possible est le mieux. Les
programmes d’éducation et de sensibilisation permettront aux
enfants et aux jeunes de signaler ces crimes le plus rapidement
possible.
The second part of your question, if I understand it correctly, is
how long after the fact? If an offence has been committed, we can
go back as long as the service providers would have that type of
information on their servers if it was done through the Internet. It
can go back quite a period of time, but it depends on the different
providers and how long they keep the data.
Si j’ai bien compris, la deuxième partie de votre question
concerne le temps écoulé après le fait. Si une infraction a été
commise, nous pouvons retourner en arrière tant et aussi
longtemps que le fournisseur de services a conservé ce type
d’information sur son serveur, si cela a été fait par Internet. On
peut retourner très loin en arrière, mais cela dépend du
fournisseur et du délai pendant lequel il conserve les données.
With a lot of the incidents, if they are reported immediately,
the police can contact the service providers to preserve whatever
data is on that until we have the opportunity to come back with a
judicial authorization to obtain that information.
Dans le cas de nombreux incidents, s’ils sont signalés
immédiatement, les policiers peuvent communiquer avec le
fournisseur de services afin de lui demander de conserver toutes
les données jusqu’à ce qu’ils aient l’occasion de revenir avec une
autorisation judiciaire en vue d’obtenir cette information.
Senator Meredith: Walk us through that process. Enlighten
myself and the other members — Senator White will be very
abreast of this — in terms of the procedural aspect of things.
When a case is brought to your attention and saying, ‘‘Here are
the facts,’’ so that individual can be criminally charged, walk us
through that procedure, if you could.
Le sénateur Meredith : Expliquez-nous ce processus.
Éclairez-moi et les autres membres — le sénateur White en
connaît déjà beaucoup — sur la procédure à suivre. Lorsqu’un cas
vous est signalé et que l’on vous dit : « Voici les faits », afin que la
personne puisse être accusée au criminel, quelle est la démarche à
suivre? Expliquez-la-nous, si cela est possible.
Mr. Lesage: It would all start with a complaint to the police, to
the area of local jurisdiction, depending on where it was. Once a
complaint is initiated, that is when the investigation would begin.
It would begin immediately.
M. Lesage : Cela commencerait par une plainte à la police, au
service local, selon la région. L’enquête commencerait au moment
o ù la plainte est déposée. L’enquête commencerait
immédiatement.
It would start by trying to pull the information — as much
information as we could or as the police could on the offence —
on how it was done and are there any other witnesses to
interview? It would go along that route. If there was an offence
committed over the Internet, the police would contact certain
service providers or phones would be looked at. We would look at
telephone company service providers and gain that evidence.
On commencerait d’abord par recueillir l’information —
autant d’information que la police ou nous pourrions recueillir
sur l’infraction — afin que l’on puisse savoir comment l’infraction
a été commise et s’il y a des témoins à interroger. Ce serait dans
ces eaux-là. Si une infraction a été commise par Internet, la police
communiquerait avec certains fournisseurs de services ou le
contenu de téléphones serait vérifié. Nous consulterions le
fournisseur de services téléphoniques pour recueillir les éléments
de preuve.
7-5-2012
Droits de la personne
12:65
As I said, there is such a wide variety of how they would go,
but generally the police try to gain as much evidence as possible
that we could present in court.
Comme je l’ai mentionné, de nombreuses mesures peuvent être
prises, mais, en règle générale, les policiers tentent d’obtenir le
plus d’éléments de preuve possible qu’ils peuvent présenter au
tribunal.
Senator Meredith: Ms. Israel indicated that Article 19 of the
United Nations Convention on the Rights of the Child
emphasizes the need for member states to take appropriate
measures to protect our children.
Le sénateur Meredith : Mme Israel a indiqué que l’article 19 de
la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant
met l’accent sur la nécessité des États membres de prendre les
mesures appropriées pour protéger nos enfants.
Where do you see Canada today? Are we doing enough when it
comes to cyberbullying and physical bullying within our
educational system? Are we doing enough to ensure that we are
fulfilling this article?
Quelle est la position du Canada aujourd’hui? En faisons-nous
assez au chapitre de la cyberintimidation et de l’intimidation
physique au sein de notre système d’éducation? En faisons-nous
assez pour nous assurer de respecter cet article?
Ms. Israel: There is so much around issues; cyberbullying and
bullying are the types of issues that are emerging and have started
to gain ground over the course of the last five years, as colleagues
will be able to testify. As with any public health issue, the first
critical thing to do is to raise awareness. As you correctly noted,
you do not want to end up at the end, which is in a suicidal state.
Mme Israel : Tant de choses entourent les problèmes; la
cyberintimidation et l’intimidation sont des problèmes
émergents qui ont commencé à gagner du terrain au cours des
cinq dernières années, comme mes collègues pourront vous le
confirmer. Comme dans le cas de tout problème de santé
publique, la première étape fondamentale est la sensibilisation.
Comme vous l’avez bien mentionné, personne ne veut se rendre à
l’étape ultime : le suicide.
Provinces and territories are certainly aware of this issue. At
the federal level, we do what we can. However, in order to prevent
the issue from arising, it really does require a multi-sectoral
approach. It is like you say and like you see; it is not only the
police or governments. There is a wide variety of involvement in
order to be able to address this.
Les provinces et les territoires sont certainement conscients de
ce problème. À l’échelle fédérale, nous faisons ce que nous
pouvons. Toutefois, il faut vraiment adopter une approche
multisectorielle pour empêcher le problème de grandir. C’est
comme ce que vous dites et ce que vous voyez; ce n’est pas
seulement l’affaire des policiers et des gouvernements. On peut
intervenir de nombreuses façons pour tenter de régler le problème.
Generally, over the course of the last five years with Canada —
when compared to other countries — there is an awareness of the
importance of the issue. I think many provinces and territories are
taking steps to be able to address it. As with any public health
issue there is always the perception that more would need to be
done.
En général, au cours des cinq dernières années au Canada —
par rapport aux autres pays —, on a été conscient de l’importance
du problème. Je crois que les provinces et les territoires sont
nombreux à prendre les mesures qui s’imposent pour le résoudre.
Comme dans le cas de tout problème de santé publique, on croit
toujours que l’on pourrait en faire plus.
Senator Meredith: Mr. Sansfaçon would you like to comment
on that, please?
Le sénateur Meredith : Monsieur Sansfaçon, pourriez-vous
formuler un commentaire, s’il vous plaît?
Mr. Sansfaçon: It is always difficult to compare one country to
another and to determine whether Canada should do more in this
regard.
M. Sansfaçon : Il est toujours difficile de comparer un pays à
un autre et de déterminer si le Canada devrait en faire davantage à
cet égard.
Generally in regards to youth crime statistics, indications
would be that, first, we have rates that are in reduction and
second, we have rates that compare quite well to those of other
countries. With regard to the types of interventions done similarly
in my domain of crime prevention for example, we certainly have
a strategy, knowledge, tools, engagement strategies with
stakeholders that I would argue would put Canada at the
forefront internationally. We can probably do more, but certainly
to my knowledge — with regard to the domain of crime
preference — our country is one of the leaders.
Règle générale, quant aux statistiques sur la criminalité chez les
jeunes, nous remarquons d’une part que les chiffres sont à la
baisse et, d’autre part, qu’ils sont comparables à ceux d’autres
pays. En ce qui concerne les types d’interventions effectuées dans
mon domaine qui est la prévention du crime, par exemple, nous
disposons certainement d’une stratégie, de connaissances, d’outils
et d’initiatives de mobilisation avec les intervenants qui, selon
moi, font du Canada un chef de file à l’échelle internationale.
Nous pouvons probablement en faire plus, mais, d’après mes
connaissances — dans le domaine de la prévention du crime —,
notre pays est un des leaders.
12:66
Human Rights
7-5-2012
Senator Meredith: We heard previous witnesses talk about
providing the resources and not the punitive measures of zero
tolerance or cross-jurisdiction, but ensuring that proper resources
are being put forth.
Le sénateur Meredith : Nous avons entendu des témoins parler
de l’attribution de ressources, au lieu des mesures punitives de
tolérance zéro ou des différences entre les administrations, et du
besoin de s’assurer qu’il s’agit de ressources appropriées.
I would like you to comment from the RCMP standpoint. We
have done a lot of work with improving technology and capacities
within various police detachments. However, from the police,
Health Canada and the public service sector, are we ensuring that
we are doing what we can in terms of the resources that need to be
put up front so that we are not looking at the back end — which is
always what we tend to do — which is more reactive than
preventive?
J’aimerais entendre le point de vue de la GRC. Nous avons
travaillé beaucoup à l’amélioration de la technologie et des
capacités au sein de divers services de police. Cependant, selon les
policiers, Santé Canada et la fonction publique, faisons-nous de
notre mieux quant aux ressources qui doivent être mises de l’avant
afin que nous ne soyons pas pris avec des résultats non
souhaitables — ce que nous tentons toujours de faire — qui
ressemblent davantage à la réaction qu’à la prévention?
Ms. Israel: From the Minister of Health’s perspective, the
emphasis in recent years from her colleagues and provinces and
territories has been exactly that. The declaration on prevention
and promotion is something that all provinces and territories
signed on to. Efforts to be able to raise greater attention and
awareness on issues like mental health promotion and being able
to develop some of those protective factors goes a long way in
being able to have children communicate with their parents and
parents communicate with their children on, in essence, what is
right and what is wrong.
Mme Israel : Du point de vue de la ministre de la Santé, au
cours des dernières années, ses collègues ainsi que les provinces et
territoires ont fait exactement cela. L’ensemble des provinces et
des territoires ont signé la Déclaration sur la prévention et la
promotion. Des mesures sont prises pour sensibiliser davantage
les gens à des questions comme la promotion de la santé mentale
et les aider à renforcer certains facteurs de protection, ce qui
permet notamment aux enfants de parler avec leurs parents et aux
parents de parler avec leurs enfants de ce qui est bien et de ce qui
est mal.
I think more that emphasis is placed on the front end, like you
say, and recognizing that treatment and care is important as well.
In this case, I think the need to raise attention at the front end is
something that is being pursued.
Je crois que l’on met davantage l’accent sur la prévention,
comme vous dites, et l’on reconnaît aussi l’importance du
traitement et des soins. Dans cette situation, j’estime que la
sensibilisation au départ est un processus qui est mis de l’avant.
Mr. Lesage: The RCMP welcomes every resource that the
government has to offer us to help prevent crime. However,
resourcing can sometimes be challenging. We employ a number of
existing strategies to work effectively with the existing resources
by redistributing them through our priorities.
M. Lesage : La GRC apprécie toutes les ressources que le
gouvernement a à offrir pour nous aider dans la prévention du
crime. Toutefois, le ressourcement présente parfois un problème.
Nous utilisons certaines stratégies existantes pour travailler
efficacement avec les ressources que nous avons, en les
réaffectant selon nos priorités.
One of the RCMP’s five priorities is youth.
Une des cinq priorités de la GRC est les jeunes.
Mr. Sansfaçon: From the crime prevention perspective, clearly
we do not know how much is actually invested throughout the
country. We would need to include, for example, the strategies
adopted by provinces; Nova Scotia recently adopted one, Quebec
has revamped its own, and so on. We do not have the total tally of
all the monies that would be invested in crime prevention
generally, or for that matter, in the prevention of bullying.
M. Sansfaçon : Sur le plan de la prévention du crime, nous ne
savons pas quel montant est investi à l’échelle du pays. Nous
devrions inclure dans notre calcul, par exemple, les stratégies
adoptées par les provinces, notamment la Nouvelle-Écosse, qui en
a adopté une récemment, et le Québec, qui modifié la sienne.
Nous ne connaissons pas le montant total qui serait investi dans la
prévention du crime en général ni d’ailleurs dans la prévention de
l’intimidation.
Sufficed to say that sometimes it may not be so much a
question of how much is actually invested, but to what end it is
invested. In particular, there is a need that we would promote in
the NCPC to advance evidence-based preventive interventions so
as to have the maximum impact possible with limited resources,
because there are limited resources.
Je dirais seulement que, parfois, l’important, ce n’est pas le
montant réellement investi, mais le but de l’investissement. Plus
particulièrement, nous devrions encourager au sein du CNPC les
interventions préventives fondées sur les données probantes afin
d’avoir le plus d’impact possible avec des ressources limitées, car
les ressources sont limitées.
We think that by developing, disseminating and promoting the
use of evidence-based practices we can then maximize the use of
limited financial resources.
Nous croyons que, grâce à l’élaboration et à la communication
de pratiques fondées sur les données probantes et à la promotion
de leur utilisation, nous pouvons optimiser l’utilisation de
ressources financières limitées.
7-5-2012
Droits de la personne
12:67
Senator White: Some could argue that the criminal harassment
section of the code is not used for cyberbullying or bullying in
general because it specifically refers to contact, whether it is
physical or through email.
Le sénateur White : Certains diront que la disposition du Code
sur le harcèlement criminel ne s’applique pas à la
cyberintimidation ou à l’intimidation en général parce que cela
fait particulièrement allusion à un contact, qu’il soit physique ou
par courriel.
Do you have any comments to make as to whether or not it
could be used more often or in a more fulsome way?
Avez-vous un commentaire à faire à savoir si l’on pourrait
avoir recours plus souvent à cette disposition ou de façon plus
concrète?
You have identified what I see to be a lack of legislation when
it comes to accessing information, in particular, from ISP
providers. I guess the question is whether you think Bill C-30,
which is presently in committee at the House of Commons, would
have in some way allowed us greater access to the information
from ISP providers; and second, whether the retention
requirements in that legislation also would have satisfied what
you identified as a lack of legislative authority in the country.
Vous avez mentionné ce que je perçois comme une lacune
législative sur le plan de l’accès à l’information, particulièrement
dans le cas des fournisseurs de services Internet. Je me demande si,
selon vous, le projet de loi C-30, qui est actuellement étudié en
comité à la Chambre des communes, nous permettrait d’une
certaine façon d’avoir un meilleur accès à l’information des
fournisseurs de services Internet et si les exigences en matière de
tenue de registre prévues dans le projet de loi combleraient ce que
vous considérez comme un manque d’autorisation législative dans
notre pays.
Mr. Lesage: On the first question on criminal harassment, I
think you would have to look at each case individually. We would
have to follow the evidence as to how we would pursue the
investigation. I know there are a number of issues. The police
would just do the investigation, and the ultimate prosecution is
left with the Crown prosecutors.
M. Lesage : En ce qui concerne le harcèlement criminel, je
crois qu’il faut y aller au cas par cas. L’enquête doit se dérouler en
fonction des éléments de preuve recueillis. Je sais que cela pose
certains problèmes. Les policiers se chargeraient uniquement de
l’enquête, et la poursuite revient aux procureurs de la Couronne.
Senator White: I am always fearful because some states in the
United States have actually enacted more legislation to do what I
would argue the criminal harassment legislation in Canada
already does. I am always fearful that if we identify a lack of
legislative authority, that in some case it is not necessarily because
it is not there; it is because we are not using it. That is my greater
concern.
Le sénateur White : Je m’inquiète toujours, parce que certains
États américains ont adopté davantage de lois pour réaliser ce que
la loi canadienne prévoit déjà au chapitre du harcèlement
criminel. Je crains toujours que l’on souligne l’absence d’une
autorisation législative non pas nécessairement parce qu’elle est
inexistante, mais parce que nous ne l’utilisons pas. C’est cela qui
me préoccupe le plus.
The second point is on accessing ISP providers.
Mon deuxième point touche l’accès aux données des
fournisseurs de services Internet.
Mr. Lesage: I have no information on that. I did not come
prepared to answer any questions on that bill.
M. Lesage : Je n’ai aucune information à ce sujet. Je ne me suis
pas préparé à répondre à des questions sur ce projet de loi.
Senator White: Would anyone else like to answer? You may or
may not be familiar with Bill C-30, which is the legislation that
would allow greater access for police agencies and others when it
comes to ISP providers and more immediate access to
information and retention requirements that were identified.
Le sénateur White : Est-ce que quelqu’un d’autre aimerait
répondre? Vous ne connaissez peut-être pas le projet de loi C-30,
qui donnerait aux services de police et à d’autres organismes un
meilleur accès aux données des fournisseurs de services Internet
ainsi qu’un accès immédiat à l’information et aux registres visés.
Mr. Sansfaçon: I would not be in a position to comment on
this bill of law.
M. Sansfaçon : Je ne suis pas en mesure de commenter le projet
de loi.
Mr. Brazeau: I want to come back to the data collection again.
Mr. Lesage, you mentioned that the RCMP has no such data on
some of the complaints and investigations that are conducted.
Could you perhaps elaborate on why not?
M. Brazeau : Je veux revenir encore sur la collecte de données.
Monsieur Lesage, vous avez mentionné que la GRC ne dispose
d’aucune donnée sur certaines plaintes et enquêtes effectuées.
Pouvez-vous nous en expliquer la raison?
Mr. Lesage: The Uniform Crime Reporting Survey is a
computer system that the police use. It collects statistics based
on offences. For cyberbullying, the closest would be uttering a
M. Lesage : Le Programme de déclaration uniforme de la
criminalité est un système informatique utilisé par les policiers. Il
permet de recueillir des statistiques sur les infractions. Dans le cas
de la cyberintimidation, l’infraction qui se rapproche le plus serait
la profération de menaces. L’infraction serait liée à la profération
12:68
Human Rights
7-5-2012
threat. The offence would be linked to uttering threats or criminal
harassment, so it would not be specific to cyberbullying. In our
system, we report only on criminal offences.
de menaces ou au harcèlement criminel, alors la cyberintimidation
ne serait pas précisée. Dans notre système, nous déclarons
seulement les infractions criminelles.
Mr. Brazeau: Perhaps it is the fact that I may not know how
your system works in terms of data collection, but I was just
looking at the kit that you provided specifically for Aboriginal
communities, information on bullying and cyberbullying; and if
the RCMP is not collecting any data or cannot report back on
incidences of complaints of cyberbullying, then how can First
Nations people feel comfortable in going to the RCMP?
M. Brazeau : C’est peut-être le fait que je ne sais pas comment
votre système fonctionne pour ce qui est de la collecte de données,
mais je viens tout juste de regarder la trousse que vous avez
fournie et qui s’adresse particulièrement aux collectivités
autochtones et contient de l’information sur l’intimidation et la
cyberintimidation. Si la GRC ne recueille aucune donnée et ne
peut pas faire rapport sur les incidents de plaintes de
cyberintimidation, comment peut-on s’attendre à ce que les
Premières nations soient prêtes à faire appel à la GRC?
Let me provide a bit of context. As you are well aware, there
are First Nations communities that work well with the RCMP; in
some parts of the country there is more reluctance, for whatever
reason. How can we give the assurance to parents and others to
feel good about maybe going to the RCMP and providing a
complaint of cyberbullying? At the same time, if the RCMP
cannot respond back with respect to what they have been doing,
how many complaints have been submitted, how many
investigations were conducted and how many people were
punished in some way, shape or form, how can we give them
that assurance?
Laissez-moi faire une mise en contexte. Comme vous le savez
bien, certaines collectivités des Premières nations entretiennent
une bonne relation avec la GRC, tandis que dans certaines
régions du pays la résistance est plus forte, pour quelque raison
que ce soit. Comment pouvons-nous encourager les parents et les
autres à faire appel à la GRC et à y déposer une plainte de
cyberintimidation? En même temps, si la GRC ne peut pas rendre
compte de ses interventions ainsi que du nombre de plaintes
reçues, d’enquêtes effectuées et de personnes sanctionnées d’une
façon ou d’une autre, comment pourrons-nous les rassurer?
Mr. Lesage: We look at it from each investigation to charges
laid. We would be able to deal with those specific cases. Through
Deal.org, our prevention website, we track the number of visits to
certain cyberbullying fact sheets. We would track those visits. For
the local areas, we would have to rely on our front-line police
officers, who would make the connection with the communities.
M. Lesage : Nous nous penchons là-dessus, de l’enquête
jusqu’aux accusations portées. Nous serions en mesure de nous
occuper de ces cas particuliers. Par le truchement de notre site web
sur la prévention choix.org, nous vérifions le nombre de visites
pour certaines feuilles d’information sur la cyberintimidation.
Nous ferions le suivi de ces visites. À l’échelle locale, nous
devrions faire appel aux policiers éducateurs, qui établiraient un
lien avec la collectivité.
For the RCMP, another one of our priorities is the Aboriginal
policing. On a national level, we promote many of these crime
prevention initiatives and provide them nationally to our
Aboriginal policing sections within the country. We also work
with some of the stand-alone police forces in Ontario.
Une autre priorité de la GRC est les services de police
autochtones. À l’échelle nationale, nous faisons la promotion de
nombreuses initiatives de prévention du crime et en informons nos
services de police autochtones du pays. Nous travaillons aussi
avec certains services de police indépendants de l’Ontario.
Senator White: In line with Senator Brazeau, if I may. Under
the UCR survey, there is also UCR2, which allows you to gather
data survey data, which is not criminal in nature but secondary in
nature, specific to incidents or people. If there were a survey code
put in place for the incidents you referred to earlier, it could be
linked directly and allow for the later search of cyberbullying; is
that correct?
Le sénateur White : Si je puis me le permettre, j’aimerais faire
un parallèle avec ce qu’a dit le sénateur Brazeau. Il existe dans le
cadre du programme DUC le volet DUC2, qui permet de
recueillir des données secondaires liées non pas au crime, mais aux
incidents ou aux personnes. S’il existait un code de programme
pour les incidents que vous avez mentionnés précédemment, il y
aurait un lien direct qui permettrait ensuite d’effectuer des
recherches sur la cyberintimidation. Est-ce correct?
Mr. Lesage: I think it could be. It would be to deal with
computer crime. We would have to go back to a computer crime
variable, I believe it is called, and we would track it that way.
M. Lesage : Je crois que ce serait le cas. Il s’agirait de crimes de
nature informatique. Il faudrait se tourner vers une variable du
crime de nature informatique — je crois que c’est le bon terme —,
et nous en ferions le suivi ainsi.
Senator White: We could make a recommendation to the
Canadian Centre for Justice Statistics to look at a survey code.
That is how it is done. Survey codes are added, whether it is
alcohol related or young offenders. We have done it by race, by
Le sénateur White : Nous recommanderions au Centre
canadien de la statistique juridique d’envisager un code de
programme. C’est comme ça que cela fonctionne. Des codes de
programme sont ajoutés, comme les crimes liés à l’alcool ou les
jeunes contrevenants. Nous pouvons effectuer des recherches par
7-5-2012
Droits de la personne
individuals, and by incident, so it could be done, I guess. I am not
suggesting it is; I am not even suggesting it should have been. I am
trying to assist in responding to Senator Brazeau.
Mr. Lesage: From my knowledge of it, it could.
12:69
race, par personne et par incident, alors je suppose que cela est
possible. Je ne le confirme pas et je n’affirme pas non plus que cela
devrait l’être. Je tente seulement de répondre au sénateur Brazeau.
M. Lesage : D’après mes connaissances, cela est possible.
Senator Zimmer: To carry the line of questioning, would the
charge be criminal harassment? What specifically would the
charge be?
Le sénateur Zimmer : Dans le même ordre d’idées, y aurait-il
accusation de harcèlement criminel? Quelle serait précisément
l’accusation?
Mr. Lesage: It would depend on the offence. If it had to do
with a threat, it would be uttering threats. If it was ongoing
emails, it could be criminal harassment.
M. Lesage : Cela dépendrait de l’infraction. S’il y avait
menace, ce serait profération de menaces. S’il s’agissait plutôt
de courriels continus, ce serait harcèlement criminel.
Senator Zimmer: What if it was straight bullying?
Le sénateur Zimmer : Et s’il s’agissait d’intimidation pure et
simple?
Mr. Lesage: We would have to look at the offence, how it was
committed. Through our investigation, we would obtain
statements. We have to link all our investigations to a criminal
offence.
M. Lesage : Nous devrions nous pencher sur l’infraction, la
façon dont elle a été commise. Dans le cadre de notre enquête,
nous recueillerions des déclarations. Nous devons lier toutes nos
enquêtes à une infraction criminelle.
Senator Zimmer: You would look to see how severe it is and
the repetitiveness and all of that?
Le sénateur Zimmer : Vous examineriez, entre autres, la gravité
de l’infraction ainsi que son caractère répétitif?
Mr. Lesage: We would take that into account. We would build
our evidence to which offence. We would identify an offence
based on our first interactions and statements and investigate
through there, whether it is through witness statements or
through the Internet, trying to obtain any of the data. It would
depend on where the evidence led us.
M. Lesage : Nous prendrions cela en considération. Nous
regrouperions nos éléments de preuve en fonction de l’infraction.
La détermination de l’infraction serait fondée sur nos premières
interactions et déclarations, et nous enquêterions selon les
déclarations des témoins ou dans Internet, en vue d’obtenir des
données. La marche à suivre dépendrait des éléments de preuve
initiaux.
Senator Andreychuk: I am a bit confused. You say that you
could add cyberbullying as a subset to what you collect now.
However, you are saying that it is not cyberbullying that you are
collecting; you are collecting existing offences, whether they are
under separate legislation or the Criminal Code, because there are
some other quasi-criminal statutes. How would you do a subset?
Le sénateur Andreychuk : Je suis un peu perplexe. Vous
affirmez que vous pourriez faire de la cyberintimidation un
sous-groupe des données que vous recueillez déjà. Cependant,
vous dites que vous ne recueillez aucune donnée sur la
cyberintimidation; vous y allez plutôt selon les infractions
existantes d’après le Code criminel ou une loi distincte, parce
qu’il existe d’autres lois quasi criminelles. Comment créeriez-vous
un sous-groupe?
Mr. Lesage: It is under the Uniform Crime Reporting. It is
within the way we collect our data. There could be a variance. For
example, computer crime; from my understanding, it adds an
extra search capability. You would add a computer crime
variable. The offence of an utter threat or criminal harassment,
when it is linked to a computer, would be tracked.
M. Lesage : Cela fait partie du Programme de déclaration
uniforme de la criminalité. C’est dans la façon dont nous
recueillons nos données. Il pourrait y avoir une variance.
Prenons l’exemple des crimes de nature informatique; d’après ce
que je comprends, cela en ajoute à la capacité de recherche. On
ajouterait donc la variable du crime de nature informatique.
Ainsi, il serait possible de trouver une infraction de profération de
menaces ou de harcèlement criminel liée à un crime de nature
informatique.
Senator Andreychuk: That is my point. It would still have to be
harassment, as the section is in the Criminal Code.
Le sénateur Andreychuk : C’est ce que je veux dire. Il faudra
tout de même que cela soit considéré comme du harcèlement, aux
termes de la disposition du Code criminel.
Mr. Lesage: That is correct.
Senator Andreychuk: So it would not be cyberbullying; it would
be the criminal offences. Would that not be misleading? There is
cyberbullying going on. There is not zero tolerance within schools
and parents and communities, so you will pick up some statistics
but not all the statistics. You might, at best, get the most severe
M. Lesage : C’est exact.
Le sénateur Andreychuk : Donc, ce ne serait pas
cyberintimidation, ce serait une infraction criminelle. N’est-ce
pas trompeur? La cyberintimidation existe. Il n’y a pas de
tolérance zéro au sein des écoles et des collectivités et auprès des
parents, alors on recueille certaines statistiques, mais pas toutes.
12:70
Human Rights
7-5-2012
because there was a criminal charge, but you would not have any
idea what is going on in the community beyond that. That might
mislead the public to think there are only these cases so it is not a
big issue. What I am asking is, would that be a good way to go?
You know what I think.
Au mieux, vous pourriez repérer les cas les plus graves parce
qu’une accusation criminelle a été portée, mais vous n’auriez
aucune idée de ce qui se passe vraiment dans les collectivités.
Ainsi, le public pourrait croire à tort que seuls ces cas existent et
qu’il ne s’agit donc pas d’un gros problème. Ce que je me
demande, c’est si cela est la bonne marche à suivre. Vous savez ce
que j’en pense.
Mr. Lesage: It would only be one aspect that we could add to
the search capability. That is from my best understanding of it.
M. Lesage : Ce n’est qu’un des aspects que nous pourrions
ajouter à la capacité de recherche, d’après ce que je comprends.
The Chair: In the cooperation you have spoken about, you
talked a lot about local, provincial or national cooperation. Is
there any international cooperation on this issue by any of your
departments?
La présidente : Vous avez beaucoup parlé de coopération
locale, provinciale ou nationale. Y a-t-il une certaine coopération
internationale à l’égard de cette question au sein d’un de vos
services?
Mr. Lesage: There is not, that I am aware of, specific to
cyberbullying. However, the RCMP partners with a number of
different agencies on crime prevention and we provide crime
prevention education to other countries. We do teach, but
specifically to cyberbullying, I cannot answer that.
M. Lesage : Pas à ce que je sache en ce qui a trait à la
cyberintimidation. Cependant, la GRC entretient un partenariat
avec certains organismes de prévention du crime, et nous
fournissons une formation sur la prévention du crime dans
d’autres pays. Nous éduquons les gens, mais je ne peux pas le
confirmer dans le cas de la cyberintimidation.
Mr. Sansfaçon: Similarly, we cooperate with the likes of the
United Nations Office on Drugs and Crime from the crime
prevention perspective but, again, that is more general than
specifically on bullying. To my knowledge, there is no specific
international cooperation, at least from a prevention perspective,
on this specific issue.
M. Sansfaçon : Nous collaborons aussi avec des organismes
comme l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime
pour ce qui est de la prévention du crime en général, mais pas
particulièrement en ce qui a trait à l’intimidation. À ce que je
sache, il n’existe aucune coopération internationale à cet égard, du
moins du point de vue de la prévention.
The Chair: I would appreciate all your opinions on a gender
perspective. I will put all my questions.
La présidente : J’aimerais connaître votre opinion à vous tous
sur le plan du sexe. Je vais vous poser toutes mes questions.
Do boys and girls experience cyberbullying differently and who
are more likely to be victims, boys or girls? Who are more likely to
be perpetrators?
Les filles et les garçons vivent-ils la cyberintimidation
différemment et qui entre les garçons et les filles sont les plus
susceptibles d’en être victimes? Qui sont les auteurs le plus
souvent?
Ms. Israel: The research that I have shows that rates of
cyberbullying are steady across grades 6 to 10 for girls, so 17 to
19 per cent, and increase slightly for boys.
Mme Israel : D’après la recherche dont je dispose, les taux de
cyberintimidation sont constants de la sixième à la 10e année chez
les filles, soit de 17 à 19 p. 100, et augmentent légèrement chez les
garçons.
Research would show that boys are more likely the
perpetrators of cyberbullying and bullying writ large. From a
gender-based perspective, that is what our research would show.
La recherche révèle que les auteurs de cyberintimidation et
d’intimidation au sens large sont plus souvent des garçons. C’est
ce que démontre notre recherche sur le plan du sexe.
The Chair: Do you, Ms. Mulvihill, have anything to add to
that?
La présidente : Madame Mulvihill, avez-vous quelque chose à
ajouter à cela?
Erin Mulvihill, Coordinator, RCMP Youth Engagement Section,
National Crime Prevention Services, Royal Canadian Mounted
Police: No. We do not collect statistics.
Erin Mulvihill, coordonnatrice, Section de mobilisation des
jeunes de la GRC, Services nationaux de prévention du crime,
Gendarmerie royale du Canada : Non. Nous ne recueillons pas de
statistiques.
Mr. Sansfaçon: That would also be generally what we have
observed as well from available statistics. In terms of those who
commit and those who are victims, in one survey of
1,150 students, 48.8 per cent of those reporting being involved
in bullying were girls compared to 46 per cent of boys. As you
see, there are similar percentages in either case, which by the way
M. Sansfaçon : C’est également ce que nous observons
généralement dans les statistiques à notre disposition. En ce qui
concerne les auteurs et les victimes, selon une enquête menée
auprès de 1 150 élèves, 48,8 p. 100 de ceux qui ont indiqué avoir
été impliqués dans un incident d’intimidation étaient des filles, et
46 p. 100, des garçons. Comme vous pouvez le constater, les
pourcentages sont semblables dans les deux cas, ce qui est très
7-5-2012
Droits de la personne
12:71
is very different from what we know from general delinquency
patterns, where we know that boys are indeed way
overrepresented in general delinquency statistics.
différent de ce que nous observons dans la délinquance en général;
nous savons que les garçons sont effectivement surreprésentés
dans les statistiques sur la délinquance générale.
Senator Hubley: Ms. Israel, you have identified some of the
negative health outcomes associated with bullying and
cyberbullying and you have had research on both the victim
and the bully. Could you elaborate on where the research was
done and how it was gathered? If you might like to expand on
that, it might be interesting.
Le sénateur Hubley : Madame Israel, vous avez énuméré
certaines conséquences négatives sur la santé associées à
l’intimidation et à la cyberintimidation et vous avez effectué des
recherches sur les intimidateurs et les victimes. Pouvez-vous nous
préciser où la recherche a été effectuée et comment les données ont
été recueillies? Il serait intéressant d’en savoir davantage sur le
sujet.
It seems to be fairly serious in that research also suggests that
there are long-lasting changes to the brain that can be directly
attributed to bullying.
Elles semblent très sérieuses puisque la recherche indique aussi
que des changements durables du cerveau peuvent être
directement attribuables à l’intimidation.
Ms. Israel: I will have to verify the statistics, but most of the
work was done from the community Health Measures Survey of
Statistics Canada. Some of the research was also drawn from the
researchers at Queen’s University. Often people think that there is
no cause and effect when it comes to being bullied, but the
repercussions are not only felt from the physical side but also
from the mental and emotional side. That is where you see some
of the mood disorders arise, certainly in those who have been
victims of bullying; and our research is showing that depression
and anxiety are manifesting at younger ages.
Mme Israel : Je devrai vérifier les statistiques, mais le travail
est principalement fondé sur l’Enquête sur la santé dans les
collectivités canadiennes de Statistique Canada. Certaines
données sont aussi tirées de recherches effectuées à l’Université
Queen’s. On pense souvent qu’il n’y a pas de relation de cause à
effet lorsqu’il y a intimidation, mais les conséquences sont non pas
seulement physiques, mais aussi mentales et émotionnelles. Cela
explique certains troubles de l’humeur que nous observons,
certainement chez les victimes d’intimidation, et notre recherche
montre que la dépression et l’anxiété se manifestent à un plus
jeune âge.
This is more anecdotal than anything else. I would have to go
back to the research. I think probably colleagues around the
Senate table are also hearing about younger children who have
access to texting or what have you and are experiencing that. The
effects of it may not rear themselves until later ages and later
stages, but they probably have their origins in being bullied as a
youth.
Cela est surtout anecdotique. Je devrais consulter de nouveau
le rapport de recherche. Je crois que des collègues autour de la
table ont probablement déjà entendu parler de jeunes enfants qui
ont accès aux messages textes ou en ont déjà fait l’expérience. Les
effets peuvent être ressentis seulement plus tard, à une étape
ultérieure de leur vie, mais ils découlent probablement du fait
qu’ils ont été intimidés durant leur enfance.
The Chair: I want to say to Mr. Sansfaçon that it is good to
have you back here in the Senate. We know that you were one of
the main researchers on the illegal drug study under Senator
Nolin. It is good to have you back here in another capacity, but
back in the Senate.
La présidente : Monsieur Sansfaçon, c’est bon de vous revoir
ici au Sénat. Nous savons que vous figuriez parmi les principaux
chercheurs de l’étude sur les drogues illicites sous le sénateur
Nolin. C’est bon de vous revoir ici dans un autre domaine, au
Sénat.
I want to thank all of you for being here. As you can see, we
are trying to gather information on this very difficult issue. We
have a lot to reflect on, and your help makes our job easier.
Je veux tous vous remercier de votre présence. Comme vous
pouvez le constater, nous tentons de recueillir de l’information sur
ce problème très complexe. Il y a beaucoup de matière à réflexion,
et votre aide facilite notre travail.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
California Polytechnic State University and Concordia University:
Elizabeth Meyer, Professor, School of Education
(by video conference).
University of British Columbia:
Shelley Hymel, Professor, Department of Educational
and Counselling Psychology, and Special Education
(by video conference).
Carleton University:
Tina Daniels, Associate Professor, Department of Psychology.
Public Safety Canada:
Daniel Sansfaçon, Director, Policy, Research and Evaluation,
National Crime Prevention Centre.
Royal Canadian Mounted Police:
TÉMOINS
California Polytechnic State University et Université Concordia :
Elizabeth Meyer, professeure, É cole de l’éducation
(par vidéoconférence).
Université de Colombie-Britannique :
Shelley Hymel, professeure, Département de pédagogie et
psychologie de l’orientation et de l’éducation spécialisée
(par vidéoconférence).
Carleton University :
Tina Daniels, professeure agrégée, Département de psychologie.
Sécurité publique Canada :
Daniel Sansfaçon, directeur, Politiques, recherche et évaluation,
Centre national de prévention du crime.
Gendarmerie royale du Canada :
Inspector Michael Lesage, Acting Director General, National
Aboriginal Policing;
Inspecteur Michael Lesage, directeur général par intérim, Services
nationaux de police autochtone;
Erin Mulvihill, Coordinator, RCMP Youth Engagement Section,
National Crime Prevention Services.
Erin Mulvihill, coordonatrice, Section de mobilisation des jeunes de
la GRC, Services nationaux de Prévention du Crime.
Public Health Agency of Canada:
Marla Israel, Acting Director General, Centre for Health
Promotion.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Agence de la santé publique du Canada :
Marla Israel, directrice générale par intérim, Centre pour la
promotion de la santé.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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