Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Official Languages
langues officielles
Chair:
The Honourable CLAUDETTE TARDIF
Présidente :
L’honorable CLAUDETTE TARDIF
Monday, November 3, 2014
Monday, November 17, 2014
Monday, November 24, 2014
Monday, December 1, 2014
Monday, December 8, 2014
Le lundi 3 novembre 2014
Le lundi 17 novembre 2014
Le lundi 24 novembre 2014
Le lundi 1er décembre 2014
Le lundi 8 décembre 2014
Issue No. 9
Fascicule nº 9
Consideration of a draft agenda (future business)
Étude d’un projet d’ordre du jour (travaux futurs)
Second, third, fourth and fifth meetings:
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public)
Deuxième, troisième, quatrième et cinquième réunions :
Projet de loi S-205, Loi modifiant la Loi sur les langues
officielles (communications et services destinés au public)
Fourth meeting:
Study on the application of the Official Languages Act and
of the regulations and directives made under it, within
those institutions subject to the Act
Quatrième réunion :
Étude sur l’application de la Loi sur les langues officielles
ainsi que des règlements et instructions en découlant,
au sein des institutions assujetties à la loi
Second and third meetings:
Study on best practices for language policies and
second-language learning in a context
of linguistic duality or plurality
Deuxième et troisième réunions :
Étude des meilleures pratiques en matière de politique
linguistique et d’apprentissage d’une langue seconde dans
un contexte de dualité ou de pluralité linguistique
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51697-51735-51767-51791-51824
STANDING SENATE COMMITTEE
ON OFFICIAL LANGUAGES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES LANGUES OFFICIELLES
The Honourable Claudette Tardif, Chair
Présidente : L’honorable Claudette Tardif
The Honourable Suzanne Fortin-Duplessis, Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Suzanne Fortin-Duplessis
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
* Carignan, P.C.
(or Martin)
Chaput
Charette-Poulin
* Cowan
(or Fraser)
Maltais
McIntyre
Mockler
Seidman
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
Chaput
Charette-Poulin
* Cowan
(ou Fraser)
Maltais
McIntyre
Mockler
Seidman
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was amended as
follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres du
comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Mockler replaced the Honourable Senator
Poirier (December 8, 2014).
L’honorable sénateur Mockler a remplacé l’honorable sénatrice Poirier
(le 8 décembre 2014).
The Honourable Senator Maltais replaced the Honourable Senator
Rivard (December 2, 2014).
L’honorable sénateur Maltais a remplacé l’honorable sénateur Rivard
(le 2 décembre 2014).
The Honourable Senator McIntyre replaced the Honourable Senator Oh
(December 2, 2014).
L’honorable sénateur McIntyre a remplacé l’honorable sénateur Oh
(le 2 décembre 2014).
The Honourable Senator Oh replaced the Honourable Senator McIntyre
(November 28, 2014).
L’honorable sénateur Oh a remplacé l’honorable sénateur McIntyre
(le 28 novembre 2014).
The Honourable Senator Rivard replaced the Honourable Senator
Maltais (November 28, 2014).
L’honorable sénateur Rivard a remplacé l’honorable sénateur Maltais
(le 28 novembre 2014).
The Honourable Senator McIntyre replaced the Honourable Senator
Boisvenu (November 25, 2014).
L’honorable sénateur McIntyre a remplacé l’honorable sénateur Boisvenu
(le 25 novembre 2014).
The Honourable Senator Maltais replaced the Honourable Senator
Rivard (November 25, 2014).
L’honorable sénateur Maltais a remplacé l’honorable sénateur Rivard
(le 25 novembre 2014).
The Honourable Senator Boisvenu replaced the Honourable Senator
McIntyre (November 24, 2014).
L’honorable sénateur Boisvenu a remplacé l’honorable sénateur McIntyre
(le 24 novembre 2014).
The Honourable Senator Rivard replaced the Honourable Senator
Maltais (November 24, 2014).
L’honorable sénateur Rivard a remplacé l’honorable sénateur Maltais
(le 24 novembre 2014).
The Honourable Senator Poirier replaced the Honourable Senator Wells
(November 18, 2014).
L’honorable sénatrice Poirier a remplacé l’honorable sénateur Wells
(le 18 novembre 2014).
The Honourable Senator Wells replaced the Honourable Senator Poirier
(November 17, 2014).
L’honorable sénateur Wells a remplacé l’honorable sénatrice Poirier
(le 17 novembre 2014).
The Honourable Senator Seidman replaced the Honourable Senator Wells
(November 4, 2014).
L’honorable sénatrice Seidman a remplacé l’honorable sénateur Wells
(le 4 novembre 2014).
The Honourable Senator Fortin-Duplessis replaced the Honourable
Senator McInnis (November 4, 2014).
L’honorable sénatrice Fortin-Duplessis a remplacé l’honorable sénateur
McInnis (le 4 novembre 2014).
The Honourable Senator Wells replaced the Honourable Senator Seidman
(November 3, 2014).
L’honorable sénateur Wells a remplacé l’honorable sénatrice Seidman
(le 3 novembre 2014).
The Honourable Senator McInnis replaced the Honourable Senator
Fortin-Duplessis (November 3, 2014).
L’honorable sénateur McInnis a remplacé l’honorable sénatrice FortinDuplessis (le 3 novembre 2014).
The Honourable Senator McIntyre replaced the Honourable Senator
Rivard (October 28, 2014).
L’honorable sénateur McIntyre a remplacé l’honorable sénateur Rivard
(le 28 octobre 2014).
The Honourable Senator Charette-Poulin replaced the Honourable
Senator Jaffer (October 28, 2014).
L’honorable sénatrice Charette-Poulin a remplacé l’honorable sénatrice
Jaffer (le 28 octobre 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
8-12-2014
Langues officielles
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Monday, November 3, 2014
(24)
OTTAWA, le lundi 3 novembre 2014
(24)
[Translation]
9:3
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la pièce 9 de l’édifice Victoria, sous
la présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Charette-Poulin, Maltais, McInnis, McIntyre, Poirier,
Tardif and Wells (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Charette-Poulin, Maltais, McInnis, McIntyre, Poirier,
Tardif et Wells (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présents : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 12, 2014, the committee continued its study of
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public). (For complete
text of the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
12 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public). (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESS:
TÉMOINS :
Fédération des communautés francophones et acadienne
du Canada:
Fédération des communautés francophones et acadienne du
Canada :
Marie-France Kenny, President;
Marie-France Kenny, présidente;
Diane Côté, Director, Government and Community Relations.
Diane Côté, directrice des liaisons gouvernementales et
communautaires.
Société franco-manitobaine:
Daniel Boucher, CEO.
Fédération culturelle canadienne-française:
Société franco-manitobaine :
Daniel Boucher, président-directeur général.
Fédération culturelle canadienne-française :
Martin Théberge, President;
Martin Théberge, président;
Maggy Razafimbahiny, Director General.
Maggy Razafimbahiny, directrice générale.
Quebec Community Groups Network:
Quebec Community Groups Network :
James Shea, Vice-President;
James Shea, vice-président;
Stephen D. Thompson, Director, Policy, Research and Public
Affairs.
Stephen D. Thompson, directeur de la politique stratégique, de
la recherche et des affaires publiques.
Ms. Kenny, Mr. Boucher and Mr. Théberge made opening
statements and answered questions.
Mme Kenny, M. Boucher et M. Théberge font des
déclarations et répondent aux questions.
At 6:09 p.m., the committee suspended.
À 18 h 9, la séance est suspendue.
At 6:15 p.m., the committee resumed.
À 18 h 15, la séance reprend.
Ms. Shea made an opening statement and, together with
Mr. Thompson, answered questions.
Mme Shea fait une déclaration puis, avec M. Thompson,
répond aux questions.
9:4
Official Languages
8-12-2014
At 6:57 p.m., the Honourable Senator Maltais took the chair.
À 18 h 57, l’honorable sénateur Maltais assume la présidence
du comité.
At 7:04 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 4, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, November 17, 2014
(25)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 17 novembre 2014
(25)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria, sous
la présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Maltais, McIntyre,
Seidman, Tardif and Wells (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Maltais, McIntyre,
Seidman, Tardif et Wells (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 12, 2014, the committee continued its study of
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public). (For complete
text of the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
12 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public). (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESS:
TÉMOIN :
Treasury Board of Canada Secretariat:
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada :
Marc Tremblay, Acting Assistant Deputy Minister,
Governance, Planning and Policy Sector.
Mr. Tremblay made an opening statement and answered
questions.
Marc Tremblay, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur de
la gouvernance, de la planification et des politiques.
M. Tremblay fait une déclaration et répond aux questions.
At 5:58 p.m., the committee suspended.
À 17 h 58, la séance est suspendue.
At 6:04 p.m., the committee resumed.
À 18 h 4, la séance reprend.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
on the application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it, within those institutions
subject to the Act. (For complete text of the order of reference, see
proceedings of the committee, Issue No. 1.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
21 novembre 2013 le comité poursuit son étude sur l’application
de la Loi sur les langues officielles ainsi que des règlements et
instructions en découlant, au sein des institutions assujetties à la
loi. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 1 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Treasury Board of Canada Secretariat:
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada :
Daniel Watson, Chief Human Resources Officer;
Daniel Watson, dirigeant principal des ressources humaines;
Marc Tremblay, Acting Assistant Deputy Minister,
Governance, Planning and Policy Sector.
Marc Tremblay, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur de
la gouvernance, de la planification et des politiques.
8-12-2014
Langues officielles
9:5
Mr. Watson made an opening statement and, together with
Mr. Tremblay, answered questions.
M. Watson fait une déclaration puis, avec M. Tremblay,
répond aux questions.
At 7 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 heures, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation
de la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, November 24, 2014
(26)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 24 novembre 2014
(26)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria, sous
la présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Boisvenu, Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Poirier,
Rivard, Seidman and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Boisvenu, Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Poirier,
Rivard, Seidman et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 12, 2014, the committee continued its study of
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public). (For complete
text of the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
12 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public). (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
of best practices for language policies and second-language
learning in a context of linguistic duality or plurality. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
21 novembre 2013, le comité poursuit son étude sur les meilleures
pratiques en matière de politique linguistique et d’apprentissage
d’une langue seconde dans un contexte de dualité ou de pluralité
linguistique. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 4 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Commission nationale des parents francophones:
Commission nationale des parents francophones :
Ghislaine Pilon, Acting Executive Director.
Fédération nationale des conseils scolaires francophones:
Roger Paul, Executive Director.
Ghislaine Pilon, directrice générale par intérim.
Fédération nationale des conseils scolaires francophones :
Roger Paul, directeur général.
Ms. Pilon and Mr. Paul made opening statements and
answered questions.
Mme Pilon et M. Paul font des déclarations et répondent aux
questions.
At 6:23 p.m., pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee
resumed in camera for consideration of a draft agenda (future
business).
À 18 h 23, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement,
la séance se poursuit à huis clos pour étudier un projet d’ordre du
jour (travaux futurs).
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
of the application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it, within those institutions
subject to the Act. (For complete text of the order of reference, see
proceedings of the committee, Issue No. 1.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
21 novembre 2013, le comité poursuit son étude sur l’application
de la Loi sur les langues officielles ainsi que des règlements et
instructions en découlant, au sein des institutions assujetties à la
loi. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule n o 1 des
délibérations du comité.)
9:6
Official Languages
The committee considered a draft agenda.
At 6:52 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, December 1, 2014
(27)
[Translation]
8-12-2014
Le comité examine un projet d’ordre du jour.
À 18 h 52, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 1er décembre 2014
(27)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria, sous
la présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Oh, Poirier, Rivard,
Seidman and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Oh, Poirier, Rivard,
Seidman et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
of best practices for language policies and second-language
learning in a context of linguistic duality or plurality. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
21 novembre 2013, le comité poursuit son étude sur les meilleures
pratiques en matière de politique linguistique et d’apprentissage
d’une langue seconde dans un contexte de dualité ou de pluralité
linguistique. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 4 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Canadian Teachers’ Federation:
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants :
Diane Woloschuk, President;
Dianne Woloschuk, présidente;
Ronald Boudreau, Director, Services to Francophones.
Ronald Boudreau, directeur, Services aux francophones.
Ms. Woloschuk and Mr. Boudreau made an opening
statement and answered questions.
Mme Woloschuk et M. Boudreau font des déclarations et
répondent aux questions.
At 6:08 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 8, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, December 8, 2014
(28)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 8 décembre 2014
(28)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria, sous
la présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Maltais, McIntyre,
Mockler, Seidman and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, Maltais, McIntyre,
Mockler, Seidman et Tardif (8).
8-12-2014
Langues officielles
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
9:7
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, June 12, 2014, the committee continued its study of
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public). (For complete
text of the order of reference, see proceedings of the committee,
Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
12 juin 2014, le comité poursuit son étude du projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public). (Le texte intégral de l’ordre de renvoi
figure au fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Statistics Canada:
Statistique Canada :
Jean-Pierre Corbeil, Assistant Director, Social and Aboriginal
Statistics Division;
Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint, Division de la statistique
sociale et autochtone;
François Nault, Director, Social and Aboriginal Statistics
Division.
François Nault, directeur, Division de la statistique sociale et
autochtone.
Mr. Corbeil made an opening statement and answered
questions.
At 5:45 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
M. Corbeil fait une déclaration et répond aux questions.
À 17 h 45, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Daniel Charbonneau
Clerk of the Committee
9:8
Official Languages
8-12-2014
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, November 3, 2014.
OTTAWA, le lundi 3 novembre 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m. to study Bill S-205, An Act to amend the
Official Languages Act (communications with and services to the
public).
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour étudier le projet de loi S-205, Loi
modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public).
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
[Translation]
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, I call this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages to order.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare cette séance du
Comité sénatorial permanent des langues officielles ouverte.
I am Senator Claudette Tardif from Alberta and the chair of
this committee.
Je suis la sénatrice Claudette Tardif, de l’Alberta, et la
présidente de ce comité.
I invite the senators around the table to introduce themselves,
starting to my left.
J’invite les sénateurs autour de la table à se présenter, en
commençant à ma gauche.
Senator Poirier: Senator Rose-May Poirier from New
Brunswick. Good evening.
La sénatrice Poirier : Sénatrice Rose-May Poirier, du
Nouveau-Brunswick. Bonsoir.
[English]
Senator McInnis: Senator Tom McInnis, Nova Scotia.
Senator Wells: Senator David Wells, Newfoundland and
Labrador.
[Translation]
Senator McIntyre: Senator Paul McIntyre, New Brunswick.
Senator Maltais: Senator Ghislain Maltais from Quebec.
Senator Charette-Poulin: Marie Poulin. I have represented
northern Ontario since 1995.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
[Traduction]
Le sénateur McInnis : Sénateur Tom McInnis, de la NouvelleÉcosse.
Le sénateur Wells : Sénateur David Wells, de Terre-Neuve-etLabrador.
[Français]
Le sénateur McIntyre : Sénateur Paul McIntyre, du NouveauBrunswick.
Le sénateur Maltais : Sénateur Ghislain Maltais, du Québec.
La sénatrice Charette-Poulin : Marie Poulin. Je représente le
Nord de l’Ontario depuis 1995.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
The Chair: Today we are continuing our examination of
Bill S-205, An Act to amend the Official Languages Act
(communications with and services to the public.)
La présidente : Aujourd’hui, nous continuons notre étude du
projet de loi S-205, Loi modifiant la Loi sur les langues officielles
(communications et services destinés au public).
The bill introduces the concept of equal quality of
communications and services offered by federal institutions in
each official language. The enactment specifies the locations
where federal institutions have a duty to provide communications
and services in both official languages.
Le projet de loi présente la notion de qualité égale des
communications et des services offerts dans chacune des langues
officielles par les institutions fédérales. Il précise les lieux où les
institutions fédérales sont tenues d’offrir des communications et
des services dans les deux langues officielles.
Today we welcome two groups of experts. I will introduce the
first group: from the Fédération des communautés francophones
et acadienne du Canada, Ms. Marie-France Kenny, President, as
well as Ms. Diane Côté, Director of Government and Community
Relations. From the Fédération culturelle canadienne-française,
Mr. Martin Théberge, President, as well as Ms. Maggy
Razafimbahiny, Director General. Finally, Mr. Daniel Boucher,
CEO of the Société franco-manitobaine.
Nous recevons deux groupes d’experts aujourd’hui. Je vous
présente le premier groupe : de la Fédération des communautés
francophones et acadienne du Canada, Mme Marie-France
Kenny, présidente, ainsi que Mme Diane Côté, directrice des
liaisons gouvernementales et communautaires. De la Fédération
culturelle canadienne-française, M. Martin Théberge, président,
ainsi que Mme Maggy Razafimbahiny, directrice générale.
Finalement, M. Daniel Boucher, président et directeur général
de la Société franco-manitobaine.
8-12-2014
Langues officielles
9:9
Welcome. Thank you for having accepted our invitation. I give
the floor to Ms. Kenny.
Bienvenue. Merci d’avoir accepté notre invitation. Je donne la
parole à Mme Kenny.
Marie-France Kenny, President, Fédération des communautés
francophones et acadienne du Canada: Honourable senators, first I
want to thank you for having invited us to appear in the context
of your study of Bill S-205.
Marie-France Kenny, présidente, Fédération des communautés
francophones et acadienne du Canada : Honorables sénateurs et
sénatrices, je souhaite tout d’abord vous remercier de nous avoir
invités à comparaître dans le cadre de votre étude sur le projet de
loi S-205.
I want to emphasize how happy the FCFA is that the expertise
of the Committee on Official Languages will be brought to bear
for the study of this bill. We know that you are determined to
ensure that Canadian citizens will receive services and
communications in the official language of their choice.
Je tiens à souligner à quel point la FCFA est heureuse que
l’expertise du Comité des langues officielles soit mise à
contribution dans le cadre de l’étude de ce projet de loi. Nous
vous savons animés d’une détermination à vous assurer que les
citoyens canadiens puissent recevoir des services et des
communications dans la langue officielle de leur choix.
As you may imagine, the FCFA is very interested in this bill,
and for good reason. The federation has for close to 15 years been
actively requesting an in-depth review of the Official Languages
(Communications with and Services to the Public) Regulations.
This regulation goes back to 1991 and seems poorly adapted to
the 2014 realities of the francophonie, in our opinion.
Comme vous vous en doutez, la FCFA s’intéresse de près à ce
projet de loi, et pour cause. Il y a maintenant près de 15 ans que la
fédération milite pour une revue en profondeur du Règlement sur
les langues officielles — communications avec le public et
prestation des services. Ce règlement, qui date de 1991, nous
semble mal adapté aux réalités de la francophonie en 2014.
The FCFA broached this topic in a brief published in 2009 on
the 40th anniversary of the Official Languages Act; we gave a
copy of this brief to you.
La FCFA a abordé ce sujet dans un mémoire qu’elle a publié
en 2009 à l’occasion du 40e anniversaire de la Loi sur les langues
officielles, mémoire dont on vous a remis une copie.
In it we explain that in using strictly statistical data to define
what constitutes a francophone community, we exclude small
communities, or those that make up a small proportion of the
population but are nevertheless dynamic and determined to live in
French. We could also talk to you about emerging communities
such as Brooks, Alberta, where French-language immigrants, for
the most part, are creating a need for services.
Nous y avons expliqué que, en utilisant seulement des données
statistiques pour définir ce qui constitue une collectivité
francophone, on exclut des communautés de petite taille ou des
communautés qui constituent une faible proportion de la
population, certes, mais qui n’en sont pas moins dynamiques et
déterminées à vivre en français. On pourrait aussi vous parler de
ces communautés en émergence comme Brooks, en Alberta, où
c’est largement l’immigration d’expression française qui crée les
besoins en termes de services.
In our 2009 document, we talked about the importance of
adopting a more inclusive calculation, so as to measure not only
the number of French-language native speakers, but also all of
those who choose to communicate regularly in French in their
daily life.
Dans notre document de 2009, nous avons parlé de
l’importance d’adopter un calcul plus inclusif afin de mesurer
non pas uniquement le nombre de francophones de langue
maternelle, mais, également, le nombre de personnes qui
choisissent de communiquer régulièrement en français dans leur
vie quotidienne.
In it we also mentioned the importance of going beyond figures
by taking into account other factors that account for the vitality
of a community, such as French-language institutions, and the
importance of adopting a broader and more inclusive definition
of the francophone minority populations. Those are to us the
basic ingredients of regulation that would be adapted to today’s
francophone populations.
Nous avons aussi fait valoir l’importance d’aller au-delà des
chiffres en prenant en compte d’autres facteurs de vitalité de la
communauté, comme les institutions de langue française, et en
adoptant une définition plus large et plus inclusive de la
population de la minorité francophone. Voilà donc pour nous
les ingrédients de base d’une réglementation adaptée à la
francophonie d’aujourd’hui.
That is one of the reasons why the FCFA has from the
beginning supported Bill S-205. The other reason is that the bill
considerably clarifies the rights of travellers in particular, by
specifying which airports, train stations and ferries have the
obligation to serve the population in both official languages. In
the case of airports and train stations, the bill refers to, among
C’est l’une des raisons pour lesquelles la FCFA a appuyé dès sa
conception le projet de loi S-205. L’autre raison, c’est que le
projet de loi clarifie considérablement les droits du public
voyageur, notamment en précisant quels aéroports, gares
ferroviaires et traversiers ont l’obligation de servir la population
dans les deux langues officielles. Dans le cas des aéroports et des
9:10
Official Languages
8-12-2014
other things, metropolitan areas, provincial capitals, territorial
capitals and ferry stations that serve at least 100,000 people.
gares ferroviaires, on parle, entre autres, des régions
métropolitaines, des capitales provinciales et territoriales et des
gares de traversiers qui desservent au moins 100 000 personnes.
I also want to point out that we are happy to see in the bill
provision for a ten-year recurring review of the official languages
regulations. Not only is that useful, it is essential. We saw how
over the years the current regulations became progressively illadapted to the needs of the population. A review every ten years
will ensure that the regulations remain up to date and relevant.
Je tiens également à souligner que nous sommes heureux de
voir dans le projet de loi des dispositions proposant une révision
tous les dix ans de la réglementation liée à la Loi sur les langues
officielles. Ce n’est pas simplement utile, c’est essentiel. On a vu
combien, au fil des ans, le règlement actuel est devenu
progressivement déphasé par rapport à la population dont il
traite. Une révision décennale permettra de faire en sorte que la
réglementation demeure à jour et pertinente.
Moreover, we noted that the bill discusses community vitality
without defining it explicitly. Other concepts such as the
regulatory consultation modalities must also be well defined
and clarified. Of course once the bill is passed, the FCFA intends
to participate in the consultations to develop the new regulations,
and at that time it will be our pleasure to suggest such definitions.
D’autre part, nous avons noté que le projet de loi parle de la
vitalité communautaire sans pour autant la définir explicitement.
D’autres concepts, comme celui des modalités réglementaires de
consultation, doivent également être bien définis et clarifiés. Bien
entendu, après l’adoption de ce projet de loi, la FCFA entend
participer aux consultations qui mèneront à la nouvelle
réglementation et, à ce moment, nous nous ferons un plaisir de
proposer des définitions à cet égard.
In conclusion I encourage you in your study to keep the
objective of this bill in your sights: and that is the citizens of this
country who want to be served in the official language of their
choice, as they are entitled to be when they travel or deal with one
of the offices of their government.
En terminant, je vous encourage dans votre étude à garder bien
en vue l’objectif de ce projet de loi : les citoyens et citoyennes de ce
pays qui veulent être servis dans la langue officielle de leur choix,
comme ils en ont le droit lorsqu’ils voyagent ou s’adressent à un
bureau de leur gouvernement.
If the work of your committee leads to amendments of this bill,
we hope those amendments will strengthen and clarify its essence
and intention. When the government decided to make federal
offices accessible to persons with reduced mobility, it did not ask
how much it was going to cost; it simply did it because it was the
right thing to do in order to serve its citizens well. We encourage
you to study this bill in that same spirit. Thank you.
Si les travaux de votre comité mènent à des modifications de ce
projet de loi, que ces modifications soient de nature à le renforcer
et à en clarifier l’essence et l’intention. Quand on a choisi de
rendre les bureaux fédéraux accessibles aux personnes à mobilité
réduite, on ne s’est pas demandé combien cela coûterait; on l’a
fait, tout simplement, parce que c’était la chose à faire pour bien
servir les citoyens. C’est dans cet esprit que je vous encourage à
étudier ce projet de loi. Je vous remercie.
The Chair: Thank you, Ms. Kenny.
La présidente : Merci, madame Kenny.
Martin Théberge, President, Fédération culturelle canadiennefrançaise: I wish to thank the Standing Senate Committee on
Official Languages for the invitation to appear in the context of
its study of Bill S-205, in my own name but especially on behalf of
the Fédération culturelle canadienne-française, the FCCF.
Martin Théberge, président, Fédération culturelle canadiennefrançaise : En mon nom personnel, mais plus particulièrement au
nom de la Fédération culturelle canadienne-français, la FCCF, je
tiens à remercier le Comité sénatorial sur les langues officielles de
l’invitation à comparaître dans le cadre de son étude sur le projet
de loi S-205.
I also want to thank you for the attention and determination
you bring to the sustainable development of our communities.
Je tiens aussi à vous remercier de l’attention et de la
détermination que vous portez au développement durable de
nos communautés.
The FCCF is very interested in your bill, as our mission is to
promote the artistic and cultural expression of minority
francophone communities. The future of those communities is
very close to our hearts. And so it is as spokespersons for the arts,
culture and cultural industries of the francophone communities of
St. John’s, Newfoundland, Whitehorse, Yukon, Windsor,
Ontario, and Saint-Boniface, Manitoba, that we are here.
La FCCF s’intéresse de près à votre projet de loi, notre mission
étant de promouvoir l’expression artistique et culturelle des
communautés francophones en situation minoritaire. L’avenir de
ces communautés nous tient énormément à cœur. C’est donc à
titre de porte-parole du secteur des arts, de la culture et des
industries culturelles des communautés francophones de SaintJean, Terre-Neuve, à Whitehorse, au Yukon, en passant par
Windsor, en Ontario, et Saint-Boniface, au Manitoba, que nous
sommes ici.
8-12-2014
Langues officielles
9:11
The FCCF represents some 3,125 professional artists who live
in more than 200 communities from one end of the country to the
other, and over 180 French-language Canadian cultural
organizations represented by our 22 members. I am speaking to
you today on behalf of all of those people.
La FCCF représente quelque 3 125 artistes professionnels
vivant dans plus de 200 communautés d’un bout à l’autre du pays,
et plus de 180 organismes culturels de la francophonie canadienne
regroupés par nos 22 membres. C’est donc au nom de toutes ces
personnes que je prends la parole aujourd’hui.
The 1991 Official Languages (Communications with and
Services to the Public) Regulations seem very poorly adapted to
the realities of the Canadian francophonie and the arts, culture
and cultural industries sectors of today. We feel that measures
must be taken to insure a minimum for our artists, our cultural
workers and the artisans in cultural industries, in short, for our
communities as a whole.
Le Règlement sur les langues officielles — communications
avec le public et prestation des services, qui date de 1991, nous
semble très mal adapté aux réalités de la francophonie canadienne
et du secteur des arts, de la culture et des industries culturelles
d’aujourd’hui. Nous sommes d’avis que des mesures doivent être
prises pour assurer le minimum pour nos artistes, nos travailleurs
culturels et les artisans des industries culturelles, bref, pour nos
communautés entières.
The arts, culture and cultural industries of the francophone
and Acadian communities of our country are major components
in the development and growth of minority official language
communities, but also in the development of Canadian society as
a whole.
Le secteur des arts, de la culture et des industries culturelles des
communautés francophone et acadienne du pays est un élément
majeur du développement et de l’épanouissement des
communautés de langue officielle en situation minoritaire
(CLOSM), mais également du développement de la société
canadienne dans son ensemble.
You will not be surprised to hear me refer to the economic
spinoffs and job creation which this sector generates in Canada.
Among other things, in 2010 the arts and culture sector generated
a GDP of $53.2 billion and $25 billion in taxes for all levels of
government in 2007.
Vous ne serez pas surpris de m’entendre parler des retombées
économiques et de la création d’emplois qu’engendre ce secteur au
Canada. Entre autres, notons que le secteur des arts et de la
culture a engendré, en 2010, un PIB évalué à 53,2 milliards de
dollars, et 25 milliards de dollars en taxes et impôts à tous les
paliers de gouvernement en 2007.
In all, the sector employs 700,000 people in Canada, without
counting the 97 million hours of volunteer work that are
equivalent to 50,000 full-time jobs, generated by that sector in
2007.
En tout, le secteur embauche 700 000 personnes au Canada,
sans compter les 97 millions d’heures de bénévolat qui sont faites,
ce qui équivaut à 50 000 emplois à temps plein qui ont été générés
par le secteur en 2007.
Today we are also very interested in the social spinoffs of that
sector, and its contribution to the creation and strengthening of
the Canadian social fabric. According to Simon Brault, director
of the Canada Council, culture is the definition of the collective
‘‘we.’’ If that is the case, in my opinion, artistic expression
contributes not only to the building, development and expression
of that definition of culture, but also to reflection and to its
rootedness in our daily life. There is no doubt that arts, culture
and cultural industries contribute to the development of a sense of
belonging and the construction of the Canadian identity.
However, if creators are to contribute to their full capacity to
the sustainable development of our communities, we have to put
in place the necessary supports. Bill S-205 appears to us as one of
the legislative supports that could facilitate the contribution of
creators to the vitality of our communities. It goes without saying
that there are many others, but they are not our concern today.
Ce qui nous intéresse aussi beaucoup, aujourd’hui, ce sont les
retombées sociales du secteur et sa contribution à la création et au
renforcement du tissu social canadien. Selon Simon Brault,
directeur du Conseil des Arts du Canada, la culture est la
définition du « nous » collectif. Si c’est le cas, à mon avis,
l’expression artistique aide non seulement à élaborer, à concevoir
et à actualiser cette définition de la culture, mais aussi à la penser
et à faire en sorte qu’elle s’ancre dans le quotidien. Il n’y a pas de
doute, les arts, la culture et les industries culturelles contribuent
au développement du sentiment d’appartenance et à la
construction identitaire des Canadiens. Par contre, pour que les
créateurs puissent contribuer à la hauteur de leurs capacités au
développement durable de nos communautés, il faut mettre en
place les appuis nécessaires. Le projet de loi S-205 nous apparaît
comme l’un des appuis législatifs qui pourraient faciliter un
apport des créateurs à la vitalité des communautés. Il va sans dire
qu’il y en a bien d’autres, mais ce n’est pas là la teneur de nos
propos aujourd’hui.
We particularly support the bill’s proposal to take specificity
into account, particularly the number of people who can
communicate in the language, and the institutional vitality of
the francophone minority in the region being served. We are
particularly interested in and agree with the idea of broadening
the definition of ‘‘linguistic minority population.’’ In our opinion,
Nous appuyons particulièrement la proposition que fait le
projet de loi de tenir compte de la spécificité, notamment du
nombre de personnes pouvant communiquer dans la langue, et de
la vitalité institutionnelle de la minorité francophone de la région
desservie. Nous sommes spécialement intéressés et d’accord avec
l’idée d’élargir la définition de « population de minorité
9:12
Official Languages
8-12-2014
the specific elements that characterize the minority francophone
communities must be considered in the decisions taken by the
federal services concerned.
linguistique ». Selon nous, les éléments spécifiques qui
caractérisent les communautés francophones en situation
minoritaire doivent être considérés dans les décisions prises par
les services fédéraux concernés.
The repercussions and long-term effects of certain initiatives on
the vitality and development of communities must determine the
decisions, and not the number of those who will benefit from
initiatives proposed in the regions.
Les répercussions et les effets à long terme de certaines
initiatives sur la vitalité et le développement des communautés
doivent déterminer ses décisions et non pas le nombre de
bénéficiaires des initiatives proposées dans les régions.
As cultural workers we quickly learn that the number
participants or spectators in our activities is not a gauge
quality. In fact, other qualitative and abstract indicators must
taken into account just as well, such as the contribution
community vitality and the long-term structuring effect.
of
of
be
to
En tant que travailleurs culturels, nous apprenons vite que le
nombre de participants ou de spectateurs à nos activités n’est pas
gage de qualité. En effet, il faut tenir autant compte des
indicateurs qualitatifs et abstraits, comme l’apport à la vitalité
communautaire du milieu et l’effet structurant à long terme.
The FCCF believes that the introduction of the concept of real
equality of communications and services in both official
languages will have a major impact on our sector. This will in
particular allow for a better tailoring of communications to the
realities of the communities where our artists, creators and
cultural workers live, and will better support their work.
Selon nous, à la FCCF, l’introduction de la notion d’égalité
réelle des communications et services offerts dans chaque langue
officielle aura un impact majeur sur notre secteur. Notamment,
ceci permettra de mieux adapter les communications aux réalités
des communautés où vivent nos artistes, créateurs et travailleurs
culturels afin d’appuyer leur travail.
The many media platforms must be taken into account,
because this has completely changed the media environment. Add
to this the fragility of Radio-Canada, since it has to deal with
repeated budget cuts that will inevitably harm regional stations, in
particular.
La multiplicité des plateformes médiatiques est un phénomène
dont il faut tenir compte, car ceci a complètement changé
l’environnement médiatique. À cela s’ajoute la fragilité de RadioCanada, puisqu’elle est aux prises avec des compressions
budgétaires à répétition qui auront inévitablement un impact
néfaste sur les stations régionales, notamment.
In that context the FCCF fears that no organization will have
the real means to be an effective relay for regional information
that is varied and well documented. The UNIS network will
certainly do its best to reflect the reality of official language
minority communities, but it does not broadcast news bulletins.
Dans ce contexte, la FCCF craint qu’aucun organisme n’ait les
moyens réels d’être un relais efficace d’information régionale,
variée et bien documentée. La chaîne UNIS fera certes de son
mieux pour refléter la réalité des CLOSM, mais celle-ci ne diffuse
pas de bulletin d’informations.
In order to have proper news broadcast, we have to give
community media that are already present in our communities
increased means so that they become even more productive. Some
community media are already important partners of federal
public institutions, if only because that network broadcasts public
interest messages for those institutions in a clear and precise way.
Pour obtenir un relais efficace, il faut donner aux médias
communautaires qui sont déjà présents dans nos communautés
des moyens accrus pour que ceux-ci soient encore plus
performants. Il est bien de noter que, déjà, les médias
communautaires sont des partenaires incontournables des
institutions publiques fédérales, ne serait-ce que parce que ce
réseau diffuse les communications d’intérêt public émises par
celles-ci de façon précise et claire.
Moreover, these community media are grassroots
organizations that have high-level programming that creates
relevant local content that reflects the community. And so it
seems essential to us that the fragility of our public broadcaster,
as well as that of community radio and newspapers, be at the
centre of this reflection on the real equality of communications.
De plus, ces médias communautaires sont des organisations de
proximité qui ont des programmations de haut niveau et qui
créent ainsi des contenus locaux pertinents qui reflètent la
communauté. Il nous semble donc primordial que la fragilité de
notre diffuseur public, ainsi que des radios et journaux
communautaires, soit donc au cœur de cette réflexion sur
l’égalité réelle des communications.
Regarding the concept of offering services in French where the
services in question represent an important contribution to the
francophone population in a given region, we can only agree, and
we believe that that concept should also include the assessment of
requests for funding, in particular those submitted to Heritage
Canada, so as to take into account the specific characteristics of
the regions. It is sometimes due to francophone cultural
En pensant à cette notion d’offre de services en français, là où
les services en question représentent une retombée importante
pour la population francophone d’une région donnée, nous ne
pouvons faire autrement qu’être d’accord, et nous croyons que ce
concept devrait inclure aussi l’évaluation des demandes de
financement, notamment celles déposées au ministère du
Patrimoine canadien afin de tenir compte des spécificités des
8-12-2014
Langues officielles
9:13
organizations acting as the central hub of the community that the
francophonie exists in minority situations. Those organizations
need a minimum of funding in order to ensure their survival, so
that they can offer the tools and services that are necessary to the
development and fulfillment of the communities.
régions. C’est parfois grâce à des organismes culturels
francophones agissant comme noyau central de la communauté
que la francophonie se vit en situation minoritaire. Ces
organismes ont besoin d’un minimum de financement afin
d’assurer leur survie et d’être en mesure d’offrir les outils et
services nécessaires au développement et à l’épanouissement des
communautés.
Thanks to the changes proposed to the Official Languages Act
by Bill S-205, the cultural organizations and cultural workers will
be able to better support the creation of new initiatives in the use
of the language. Those organizations could also better participate
in promoting francophone arts and culture in the regions and thus
revitalize the use of that language.
Grâce aux changements proposés à la Loi sur les langues
officielles dans le cadre du projet de loi S-205, les organismes
culturels et les travailleurs de l’industrie pourraient mieux
appuyer la création de nouvelles initiatives d’emploi de la
langue. Ces organismes pourraient aussi mieux participer à la
promotion des arts et de la culture francophone dans la région,
revitalisant ainsi l’utilisation de cette langue.
Such initiatives will also support local creativity, which in its
turn will nourish the community and ensure the creation of a
feeling of belonging to it, the cultural community where the
language is used. The unifying effect of artistic and cultural
structures is undeniable and will make a significant contribution
to the development of the community. The cultural centre,
professional artists’ centres and francophone organizations are
for many communities what the church steps used to be a hundred
years ago.
De plus, de telles initiatives appuieraient aussi la créativité
locale qui, à son tour, nourrirait la collectivité et assurerait la
création d’un sentiment d’appartenance à la communauté
culturelle rattachée à la langue utilisée. L’effet rassembleur des
structures artistiques et culturelles est indéniable et contribuera de
façon significative à l’épanouissement de la communauté. Le
centre culturel, les centres professionnels d’artistes ou les
organismes francophones sont, pour plusieurs communautés, le
parvis d’église d’il y a 100 ans.
In conclusion, we hope that your committee will recommend
the adoption of Bill S-205.
En conclusion, nous souhaitons que votre comité recommande
l’adoption du projet de loi S-205.
The changes proposed will be beneficial to our sector and to
official language minority communities. The Official Languages
Act thus amended and modernized will allow us to ensure and
maintain the development of our communities thru arts, culture
and the cultural industry, among other things.
Les changements proposés seront bénéfiques à notre secteur et
aux CLOSM. La Loi sur les langues officielles ainsi modifiée
et modernisée nous permettra d’assurer et de maintenir de façon
continue l’évolution de nos communautés, en passant, entre
autres, par les arts, la culture et les industries culturelles.
Thank you.
Je vous remercie.
Daniel Boucher, CEO, Société franco-manitobaine: Thank you
very much, Madam Chair.
Daniel Boucher, président-directeur général, Société francomanitobaine : Merci beaucoup, madame la présidente.
It is my pleasure to appear before the Standing Senate
Committee on Official languages to offer my full and
unqualified support for Bill S-205, introduced by our senator
from Manitoba, the Honourable Maria Chaput, to modernize
Part IV of the Official Languages Act. We are also grateful that
your committee has agreed to consider this bill, which is an
important one for all of our communities.
C’est un plaisir de comparaître devant le Comité sénatorial
permanent des langues officielles pour appuyer pleinement et sans
réserve le projet de loi proposé par notre sénatrice du Manitoba,
l’honorable Maria Chaput, qui vise à moderniser la partie IV
de la Loi sur les langues officielles. Nous sommes également
reconnaissants que votre comité ait accepté d’étudier ce projet de
loi, qui est important pour l’ensemble de nos communautés.
This evening I will be sharing my views about the importance
of having more inclusive definitions that take vitality into
account, as well as an administrative calculation in the
regulations that more fairly and accurately reflects the
population regarding significant demand. I will leave it up to
experts to comment on the rights of the travelling public.
Ce soir, je partagerai surtout mes commentaires sur
l’importance d’avoir des définitions plus inclusives qui tiennent
compte de la vitalité et aussi un calcul administratif du règlement
qui reflète la population de façon plus juste et exacte lorsqu’on
parle de demande importante. Je laisse la tâche à des experts pour
commenter les droits du public voyageur.
I have had the pleasure of working at the SFM for over
20 years, and I have been able to watch as the francophone
community changed a great deal and made progress over the
years. In 2001 Manitoba’s francophone community took stock of
where we were as a community, and we undertook collectively a
strategy we called Expanding the francophone presence in
J’ai le plaisir de travailler à la SFM depuis plus de 20 ans, et j’ai
pu témoigner d’une communauté francophone qui a beaucoup
évolué, changé et progressé au fil des années. Dès 2001, la
communauté francophone du Manitoba s’est arrêtée pour revoir
où elle était rendue comme communauté. Nous nous sommes
alors engagés collectivement à une stratégie que nous avons
9:14
Official Languages
8-12-2014
Manitoba. Today it is our roadmap for the future. This strategy is
based on the following five strategic directions: full francophone
continuity, an interest in French by mixed families, the choice of
newcomers, connecting with bilingual Manitobans, and raising
anglophones’ awareness.
intitulée : Agrandir l’espace francophone au Manitoba. C’est
aujourd’hui notre feuille de route pour l’avenir, et cette stratégie
s’appuie sur les cinq orientations stratégiques suivantes : la pleine
continuité francophone, le goût du français dans les familles
mixtes, le choix des nouveaux arrivants, le rapprochement avec les
personnes bilingues et la sensibilisation des anglophones.
The SFM also developed a 2010-2015 Community Strategic
Plan to support and assist the development and vitality of
Manitoba’s francophone community. The plan reflects the
significant demographic and linguistic changes that Manitoba’s
francophone community has been going through in recent years.
We are well aware that this is also the case for our communities
across Canada.
La SFM s’est aussi dotée d’un Plan stratégique communautaire
de 2010 à 2015 qui vise à assurer l’épanouissement et la vitalité de
la communauté francophone du Manitoba. Ce plan tient compte
des importants changements démographiques et linguistiques
qu’a subis la communauté francophone du Manitoba au cours des
dernières années. Nous savons très bien que c’est aussi le cas dans
l’ensemble de nos communautés partout au Canada.
Finally, on November 29, we will be launching the États
généraux de la francophonie manitobaine, an initiative that will
help us shape a new vision for the future for a community in
constant evolution.
Finalement, le 29 novembre prochain, nous lancerons les États
généraux de la francophonie manitobaine qui nous permettront
de façonner une nouvelle vision pour l’avenir dans une
communauté en évolution constante.
The bill currently under consideration, Bill S-205, takes into
account community changes and developments, since we are
looking to modernize the official languages regulations so that
they more closely reflect what should be included in the
calculation of what constitutes significant demand in the
regulations.
Le projet de loi S-205 que vous étudiez présentement tient
compte des changements et de l’évolution de la communauté, car
on cherche à moderniser le Règlement sur les langues officielles
pour mieux refléter les personnes qui devraient faire partie du
calcul utilisé pour définir la demande importante dans le
règlement.
Incidentally, I would like to mention that at our recent annual
general meeting, the Premier of Manitoba announced that his
government is considering changes to the definition of
‘‘francophone’’ to make it more inclusive.
Parallèlement, je tiens à mentionner que le premier ministre du
Manitoba a récemment annoncé, à notre assemblée générale
annuelle, que son gouvernement étudie la possibilité de modifier
la définition de « francophone » pour la rendre plus inclusive.
As you know, Senator Chaput introduced the first version of
her bill in March 2010, the second in May 2012, and now this new
version in October 2013. From the very beginning, the
Honourable Senator Chaput consulted several groups across
Canada, including community leaders in Manitoba. We have
supported her approach from the very start.
Comme vous le savez, la sénatrice Chaput a déposé la première
version de son projet de loi en mars 2010, la deuxième en mai 2012
et, finalement, cette nouvelle version en octobre 2013. Dès le
début, l’honorable sénatrice Chaput a consulté plusieurs groupes
au Canada, y inclus les chefs de file de sa communauté au
Manitoba. Nous avons appuyé sa démarche dès le début.
As a way to provide further support to Senator Chaput, the
SFM felt it would be appropriate to take concrete action by
filing a complaint on May 21, 2013, with the Office of the
Commissioner of Official Languages regarding non-compliance
with sections 2, 21, 22, 23, 25, 41, 42 and 43 of the Official
Languages Act. Believe me, there are others, but we left some
aside. We are still awaiting a response to the complaint.
Dans le but de renforcer et d’appuyer davantage les démarches
de la sénatrice Chaput, la SFM a cru bon de poser un geste
concret le 21 mai 2013 en déposant une plainte au commissaire
aux langues officielles pour le non-respect des articles 2, 21, 22,
23, 25, 41, 42 et 43 de la Loi sur les langues officielles. Croyezmoi, il en reste d’autres, mais on en a laissé. Nous sommes
toujours en attente d’une réponse à la plainte.
As well, we received funding through the Language Rights
Support Program to challenge the constitutionality of the Official
Languages Regulations in federal court.
De plus, nous avons reçu du financement de la part du
Programme d’appui aux droits linguistiques pour présenter un
recours judiciaire devant la Cour fédérale afin de contester la
constitutionnalité du Règlement sur les langues officielles.
You will see that several of the issues we raised in
our complaint and court challenge are exactly those issues that
Bill S-205 is trying to address. This is why we are eager to see the
bill pass.
Vous allez constater que plusieurs des irritants que nous avons
abordés dans notre plainte et la contestation elle-même sont
précisément les points qu’on tente de clarifier et de régler dans le
projet de loi S-205. C’est pour cette raison que nous souhaitons
vivement que le projet de loi soit adopté.
We, along with the Fédération des communautés francophones
et acadienne du Canada, the FCFA, and a number of other
partners, believe that the Official Languages Regulations which
Selon nous, la Fédération des communautés francophones et
acadienne du Canada, la FCFA, et plusieurs autres partenaires, le
Règlement sur les langues officielles, qui définit ce que constitue
8-12-2014
Langues officielles
9:15
define what constitutes ‘‘significant demand’’ for the purposes of
providing services in the minority official language under the
Official Languages Act, do not take into account significant
segments of the population who speak the minority language and
would be likely to use or would be interested in using that
language in federal government offices.
une demande importante aux fins de l’offre de services dans la
langue officielle minoritaire en vertu de la Loi sur les langues
officielles, ne tient pas compte de tranches importantes de la
population qui parlent la langue de la minorité et qui seraient
susceptibles ou qui souhaiteraient en faire l’utilisation dans les
bureaux fédéraux.
Looking at the directions and groups addressed by our
Expanding the Francophone Presence in Manitoba strategy, it is
clear that the calculation in the regulations arbitrarily excludes
individuals who speak the minority language and could receive
services from federal government offices under the broadened
criteria of what constitutes significant demand.
Si on se réfère aux orientations et aux clientèles ciblées dans
notre stratégie Agrandir l’espace francophone au Manitoba, il est
évident que le calcul préconisé par le règlement exclut
arbitrairement des individus qui parlent la langue de la minorité
et qui pourraient recevoir des services des bureaux fédéraux en
fonction de critères élargis de ce que constitue une demande
importante.
First, the administrative calculation as it now stands does not
reflect the reality of mixed families whose members are bilingual
and declare both English and French as their mother tongues, but
for whom the language spoken at home is the majority language.
We are thinking specifically of the children from these families.
Even though these individuals use the majority language more
frequently at home, they are quite capable of working and
attending school in the minority language and accessing services
in that language where available.
Dans un premier temps, le calcul administratif actuel ne reflète
pas la réalité des familles exogames dont les membres sont
bilingues et qui déclarent à la fois l’anglais et le français comme
langue maternelle, mais où la langue du foyer est la langue de la
majorité. On peut penser particulièrement aux enfants issus de
telle famille. Malgré l’utilisation plus fréquente de la langue de la
majorité à la maison, les individus de ces foyers peuvent très bien
travailler et fréquenter une école dans la langue de la minorité et
faire l’utilisation des services dans cette langue-là où ils sont
offerts.
In Manitoba between 1971 and 2006, the percentage of
children of mixed English-French families out of all families
with at least one parent whose mother tongue was French
doubled from 33 per cent to 66 per cent. We also know that
50 per cent of individuals whose mother tongue is French speak
English more often at home.
Au Manitoba, entre 1971 et 2006, la proportion d’enfants issus
de familles exogames français-anglais, parmi l’ensemble des
familles dont au moins un parent est de langue maternelle
française, a doublé, passant de 33 p. 100 à 66 p. 100. Nous
savons aussi que 50 p. 100 des personnes de langue maternelle
française parlent anglais plus souvent à la maison.
So it goes without saying that children in mixed families who
learn English and French are quite likely to speak English more
often at home and as a result be excluded from the calculation in
the regulations. In 2006, 47,100 people reported French as their
mother tongue, whereas 43,000 were identified according to the
Statistics Canada formula. These are figures for Manitoba.
Il va donc de soi que les enfants issus de familles exogames, qui
apprennent le français et l’anglais, ont une forte chance de parler
plus souvent l’anglais à la maison et, par conséquent, de ne pas
être comptabilisés aux fins du règlement. En 2006, 47 100
personnes ont déclaré avoir le français comme langue maternelle,
tandis que 43 000 personnes étaient comptabilisées selon la
méthode utilisée par Statistique Canada. Ce sont les chiffres
pour le Manitoba.
Second, the regulations exclude individuals who are learning or
have learned the minority language as their second official
language, regardless of whether these individuals use this second
language in all aspects of their lives. Their mother tongue will still
be the majority language. For instance, all those who learned their
second official language in immersion schools are not included in
the relevant group under the regulations. We could also mention
the bilingual members of mixed families whose mother tongue is
English.
Deuxièmement, le règlement ne comptabilise pas les individus
qui apprennent ou qui ont appris la langue de la minorité comme
deuxième langue officielle, peu importe si ces individus utilisent
cette deuxième langue dans tous les aspects de leur vie. La langue
maternelle restera la langue de la majorité. À titre d’exemple, tous
les individus qui ont appris la deuxième langue officielle dans des
écoles d’immersion ne font pas partie du public ciblé par le
règlement. On pourrait aussi penser aux membres des familles
exogames bilingues, mais qui sont de langue maternelle anglaise.
In Manitoba, the current administrative calculation yields a
francophone population of 41,365, although more than 104,630
are able to communicate in French.
Au Manitoba, le calcul administratif actuel reconnaît une
population francophone de 41 365 personnes, alors qu’il y a plus
de 104 630 personnes qui ont la capacité de communiquer en
français.
Lastly, the regulations disregard the impact of immigration on
the demographic weight of the francophone population. Canada
takes in over 250,000 immigrants each year, but only about
Finalement, le règlement ignore l’effet de l’immigration sur le
poids démographique de la population francophone. Le Canada
accepte plus de 250 000 immigrants chaque année, mais seulement
9:16
Official Languages
8-12-2014
5 per cent of them have knowledge of French. Contrast this with
the close to 60 per cent who have knowledge of English. Despite
the fact that one of the objectives of the Immigration and Refugee
Protection Act is to support and assist the development of
minority official language communities, the demographic reality
of immigration reduces the relative weight of these communities,
even though they are growing in absolute terms. Unless the
regulations are amended, fewer and fewer communities will have
the size required to meet the significant demand criteria.
près de 5 p. 100 de cette population a une connaissance du
français. Au contraire, près de 60 p. 100 a une connaissance de
l’anglais. Malgré l’un des objectifs de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés, qui est de favoriser le développement des
collectivités de langues officielles minoritaires, la réalité
démographique de l’immigration réduit le poids relatif des
communautés de langue officielle minoritaires, et ce, lorsque
leur nombre absolu est en croissance. Sans modifications au
règlement, de moins en moins de communautés auront les effectifs
nécessaires pour répondre aux critères de la demande importante.
The 2006 and 2011 national censuses clearly illustrate the
inconsistencies in the administrative calculation. In comparing
both censuses, we see that there was a net increase of
560 Manitobans whose mother tongue is French, as well as a
net increase of 3,065 Manitobans who speak French at home at
least regularly. And yet these censuses show that the francophone
minority population saw a net decrease of 1,755. Only this last
statistic, which does not reflect the current reality of Manitoba’s
francophone community, will be used for the purpose of
providing services in the minority official language under the
Official Languages Act.
Les résultats des recensements nationaux de 2006 et 2011
illustrent très bien les incongruités du calcul administratif. Si on
compare, ces deux recensements démontrent qu’il y a eu une
augmentation nette de 560 personnes ayant le français comme
langue maternelle au Manitoba, ainsi qu’une augmentation nette
de 3 065 personnes qui parlent au moins régulièrement le français
à la maison. Or, ces mêmes recensements démontrent que la taille
de la population de la minorité francophone a connu une
diminution nette de 1 755 personnes. Ce n’est que cette dernière
statistique qui ne reflète pas l’état actuel de la communauté
francophone au Manitoba qui sera prise en compte aux fins de
l’offre de services dans la langue officielle minoritaire en vertu de
la Loi sur les langues officielles.
Bill S-205 is an attempt to rectify deficiencies and irritants in
the current regulations. No doubt, you have noticed that much
has changed since they were reviewed about 20 years ago. This is
why we support the provision in the bill that proposes a review
every 10 years of the regulations surrounding the Official
Languages Act.
Le projet de loi S-205 tente de remédier aux lacunes et aux
irritants qui se retrouvent dans le règlement. Vous avez sans doute
remarqué que les choses ont beaucoup changé et évolué depuis sa
dernière révision, il y a une vingtaine d’années. C’est pour cette
raison que nous appuyons la disposition du projet de loi qui
propose une revue décennale de la réglementation liée à la Loi sur
les langues officielles.
The bill also proposes making the obligation to consult the
communities on new regulations explicit in the act. We also
support this important provision and we know that our national
organization, the FCFA, and its members will be pleased to share
their ideas on modernized regulations that celebrate the fact that,
notwithstanding their mother tongue, more and more Canadians
value and use French across the country.
Le projet de loi propose également une obligation de consulter
les communautés au sujet des nouveaux règlements avant que ces
nouveaux règlements soient enchâssés dans la loi. Nous appuyons
aussi cette disposition importante et nous savons que notre
organisme national, la FCFA, et ses membres se feront un plaisir
de partager leurs idées sur un règlement moderne qui célèbre le
fait que, nonobstant la langue maternelle, de plus en plus de
Canadiens et Canadiennes valorisent et utilisent le français
partout au pays.
Thank you very much for this opportunity to present our point
of view. Many thanks to our Manitoba senator, the Honourable
Maria Chaput, for preparing and introducing this bill, which is so
important for our official language communities.
Merci beaucoup pour cette occasion de vous présenter notre
point de vue. Un grand merci à notre sénatrice du Manitoba,
l’honorable Maria Chaput, d’avoir préparé et déposé ce projet de
loi très important pour nos communautés de langue officielle.
Thank you.
Je vous remercie.
The Chair: Thank you, Mr. Boucher. We will now move on to
questions.
La présidente : Je vous remercie, monsieur Boucher. Nous
allons maintenant passer aux questions.
Senator Wells will go first, followed by Senator McIntyre.
Le sénateur Wells posera la première question, et il sera suivi
du sénateur McIntyre.
8-12-2014
Langues officielles
[English]
9:17
[Traduction]
Senator Wells: Thank you, panel, for your introductory
remarks. The danger in any new legislation is ambiguous
wording. I think we can all agree on that.
Le sénateur Wells : J’aimerais remercier les témoins de leurs
exposés. Je crois que nous pouvons tous convenir qu’un libellé
ambigu est le danger que peut présenter toute nouvelle loi.
Madam Kenny, you mentioned the need to define ‘‘community
vitality.’’ It is a fairly ambiguous term. Another metric of this bill
is ‘‘significant demand’’ component, in quotes, also ambiguous.
How would you define that term and what would you think
should be the trigger for enacting this provision in the
community?
Madame Kenny, vous avez mentionné la nécessité de définir la
« vitalité communautaire ». C’est un terme assez ambigu. Un
autre paramètre du projet de loi, la « demande importante »,
entre guillemets, est également ambigu. Comment définiriez-vous
ce terme et, à votre avis, quelle situation entraînerait la mise en
œuvre de cette disposition dans la communauté?
[Translation]
[Français]
Ms. Kenny: As far as the concept of institutional vitality is
concerned, we already have a number of ideas and are ready to
work with parliamentarians to define what institutional vitality
means, as I said in my presentation.
Mme Kenny : Pour ce qui est de la vitalité institutionnelle, nous
avons certainement déjà plusieurs idées et nous sommes prêts à
collaborer, comme je l’ai dit dans mon allocution, à définir avec
les parlementaires et les sénateurs la vitalité institutionnelle.
In our view, institutional vitality is partly measured by whether
the community has a school or community centre, but is not
limited to that component. Regions that come to mind are
Humboldt, in Saskatchewan, or Brooks, in Alberta, which now
has a school and a growing community. If I can make an analogy,
it is as though you have a beautiful healthy plant that gets a lot of
sunlight and, because it is so beautiful, you take even better care
of it, feeding it more; meanwhile, right next to that plant, you
have a little one that is dying and, yet, you give it no food. If you
do not give us access to services in French, you deprive us of the
opportunity to continue to grow.
Pour nous, cela se mesure, en partie, mais je ne voudrais pas
qu’on se limite à cela, en déterminant s’il y a une école, un centre
communautaire dans notre région. Je pense aux régions de
Humboldt, en Saskatchewan, ou de Brooks, en Alberta, où il y a
maintenant une école et une communauté qui se développent. Si je
peux faire une analogie, c’est comme si vous aviez une belle plante
en santé, qui reçoit plein de soleil, et, parce qu’elle est belle, vous
lui donnez encore plus d’engrais, alors que pour la petite plante, à
côté, qui est en train de mourir, vous ne lui en donnez pas. Vous
ne nous donnez pas la possibilité de continuer à nous épanouir en
français si vous n’offrez pas le service.
Institutional vitality includes that dimension as well. I remain
convinced, however, that consulting with the communities is the
way to go because they are not unreasonable. If no one lives in a
region, no one is going to ask for services in French. In an ideal
world, I would love to be able to access French-language services
anywhere in the country, but I am realistic; I live in
Saskatchewan, after all. But I want to be served in French in
designated offices. If mandarin suddenly became more widely
spoken in Vancouver, the government would not stop serving
people in English. And if it ever did, I would be there to stand up
for the rights of anglophones to ensure that English remained an
official language and that people could still access services in
English. I would stand alongside anglophones to fight for their
rights.
La vitalité institutionnelle, c’est également cela. Cependant, je
demeure convaincue que cela se fait en consultant les
communautés, parce que les communautés ne sont pas
déraisonnables. S’il n’y a personne dans une région, on ne va
pas exiger qu’il y ait un service en français. Dans un monde
utopique, je voudrais recevoir des services en français partout,
mais je suis tout de même réaliste, car j’habite en Saskatchewan.
Cependant, dans les bureaux désignés, je veux avoir le service. Ce
n’est pas parce que, demain matin, le mandarin sera plus répandu
à Vancouver qu’on arrêtera d’offrir les services en anglais pour
autant. Et si c’était le cas, à un moment donné, je voudrais être là
pour défendre les droits des anglophones afin que l’anglais
demeure une langue officielle et que les gens puissent encore avoir
accès aux services en anglais. Je serais aux côtés des anglophones
pour me battre avec eux.
To your question regarding significant demand, I believe a
single request is enough. Is that what is happening now? No. I will
give you a real-life example. When Ms. Glover, a native English
speaker, flies, she asks to be served in French because she is
bilingual; her French is as good as mine. According to our
definition of a francophone, Ms. Glover has chosen to live part of
her life in French. The same goes for Minister Moore. But if you
calculate significant demand under the current regulations, they
do not count. A friend of mine, Leia Laing, is an author,
composer and interpreter who works in French. She is raising her
children in French. She teaches French, but her native language is
Pour ce qui est de la question concernant la demande
importante, quant à moi, une demande est suffisante. Est-ce que
c’est ce qu’on demande aujourd’hui? Non. Je vais vous donner un
exemple très concret. Mme Glover, qui est de langue maternelle
anglaise, lorsqu’elle prend l’avion, demande le service en français,
parce qu’elle est bilingue et qu’elle parle aussi bien français que
moi. Dans notre définition de francophone, Mme Glover a choisi
de vivre une partie de sa vie en français. C’est la même chose pour
le ministre Moore. Pourtant, quand on fait le calcul à l’aide du
règlement actuel, on ne les compte pas. Leia Laing, une de mes
amies, auteure, compositrice et interprète, travaille en français.
9:18
Official Languages
8-12-2014
English. When she applies for a passport at the passport office,
she requests it in French. Yet she is not counted under the current
formula.
Elle élève ses enfants en français. Elle enseigne le français, mais sa
langue maternelle est l’anglais. Léa, quand elle va chercher son
passeport au Bureau des passeports, elle le demande en français.
Mais on ne la compte pas Leia.
I met with representatives of Canadian Parents for French a
few weeks ago. They told me that their children had few
opportunities to use French outside the classroom but would
speak it more if they had access to French-language services.
J’ai rencontré des gens de Canadian Parents for French il y a
quelques semaines. Ils nous disaient que leurs jeunes n’ont pas
souvent l’occasion, en dehors de l’école, de s’exprimer en français,
mais ils le feraient si les services étaient offerts.
Today’s technology makes it possible to offer French-language
services in every federal office; in fact, Service Canada carried out
a pilot project in that regard. In offices designated as bilingual, it
provides full French service, and in non-designated offices, it will
set up a French-language telephone line so that people can get
information in French. A French speaker will be able to call and
speak with a person somewhere else in French. I see no reason
why, today, that could not be done in all federal offices.
Aujourd’hui, avec la technologie, et d’ailleurs, Service Canada
l’a fait dans le cadre d’un projet pilote, en offrant un service en
français dans tous les bureaux. Dans les bureaux désignés, il va
offrir le service au complet en français, et dans les bureaux qui ne
sont pas désignés, il mettra une ligne téléphonique en français
pour que les gens puissent obtenir des réponses en français. Le
francophone pourra téléphoner et parler à quelqu’un ailleurs en
français. Je ne vois pas pourquoi, aujourd’hui, on ne pourrait pas
faire cela dans tous nos bureaux.
When the decision was made to make federal offices accessible
to people with mobility issues, no one asked how much it would
cost or how many people in the region would benefit. The
rationale was simply that doing so made sense.
Quand on a décidé de rendre nos bureaux fédéraux accessibles
aux gens à mobilité réduite, on ne s’est pas posé la question à
savoir combien cela coûterait, ni combien de personnes cela
aiderait dans la région. On s’est dit que c’était simplement
logique.
I am a French-speaking Canadian, and I have to tell you that I
find this a bit tough. I have been appearing before the committee
for five years now. Five annual reports of the Office of the
Commissioner of Official Languages have come across my desk,
even more actually, since I used to work in the area of official
languages previously. I find all this hard. We are told that
progress has been made. That is true, but the progress is sporadic
and scattered. No systematic efforts are made when it comes to
the Official Languages Act.
Je suis une citoyenne francophone, et je vous avoue que je
trouve cela un peu difficile, car je comparais devant votre comité
depuis cinq ans. Cela fait cinq rapports annuels du commissaire
aux langues officielles que je vois défiler devant moi, et même
plus, parce que, dans le cours ma carrière, j’ai travaillé dans le
domaine des langues officielles précédemment. Je trouve cela
difficile. On nous parle de progrès. Il y a certains progrès, mais ils
sont sporadiques, éparpillés, et rien n’est fait systématiquement
sur le plan de la Loi sur les langues officielles.
I remember back in 2009, I had just been elected president
when we prepared the brief you have there. I was doing the
rounds, meeting all the senators on the committee, and when I
met Senator Chaput, she told me about her bill and I gave her our
document because it talked about exactly the same thing. We have
had a statute in place for 45 years and we are still having trouble
implementing it in its entirety.
Je me rappelle que, en 2009, je venais d’être élue à la présidence
quand on a fait le mémoire que vous avez en main. Je faisais ma
ronde de rencontres politiques avec les sénateurs de ce comité-ci.
Lorsque j’ai rencontré la sénatrice Chaput, qui m’a parlé de son
projet de loi, je lui ai donné mon document, car c’était exactement
ce qu’il présentait. On a une loi depuis 45 ans, et on a encore de la
difficulté à l’appliquer aujourd’hui de façon intégrale.
Some departments are models of efficiency and effectiveness
when it comes to fulfilling their official languages obligations, but
there are others that still provide unilingual English service in
offices designated as bilingual.
Il y a des ministères qui sont des exemples incroyables
d’efficacité pour remplir leurs obligations en vertu de la loi, puis
il y en a d’autres où, encore, on reçoit des services en anglais dans
des bureaux désignés.
So, for us, that is the measure. You asked me what significant
demand is. For me, it is one person. We will not be unreasonable,
after all. A community exists. It is simply a matter of determining
who the francophones are. Take, for example, a man who comes
here from the Ivory Coast and whose native language is Agni; his
children go to French-language school. When he speaks to friends
and family or members of his community, he uses French first. So
he should be considered a francophone whose first language is not
Donc, pour nous, c’est la mesure. Vous me demandez ce qu’est
une mesure importante? Pour moi, c’est un citoyen. On ne sera
pas, tout de même, déraisonnable. Il y a une communauté. On
doit simplement déterminer qui sont les francophones. Prenons
l’exemple d’un homme qui arrive de la Côte d’Ivoire et dont la
langue maternelle est l’agni; ses enfants vont à l’école française.
Lorsqu’il s’adresse à son entourage, aux membres de sa
communauté, il le fait d’abord en français. Cette personne doit
8-12-2014
Langues officielles
French. He is a French speaker interacting with society in French,
just like Ms. Glover and Mr. Moore.
[English]
Senator Wells: That’s the most comprehensive answer I’ve ever
received at a committee.
9:19
donc être considérée comme un francophone de langue maternelle
autre que le français. C’est un francophone qui évolue dans la
société comme francophone, tout comme Mme Glover et
M. Moore.
[Traduction]
Le sénateur Wells : C’est la réponse la plus complète que j’ai
entendue en comité.
Ms. Kenny: Sorry. I’m passionate.
Mme Kenny : Désolée. Le sujet me passionne.
Senator Wells: Good for you.
Le sénateur Wells : C’est très bien.
Do you see a specific trigger for a term like ‘‘significant
demand’’? What’s ‘‘significant demand’’ in one community, town
or region where services might be rendered? For legislation there
has to be a metric attached for something like this. I think there is.
If it’s ambiguous, then there will be the back and forth, court
challenges and all the things we try to avoid when we bring things
to the Senate for consideration.
À votre avis, y a-t-il un élément déclencheur particulier dans le
cas d’un terme comme « demande importante »? Qu’est-ce qu’une
« demande importante » dans une communauté, une ville ou une
région où les services pourraient être fournis? Dans le cadre d’une
mesure législative, on doit attribuer des paramètres à ce type
d’élément. Je crois qu’ils existent. L’ambiguïté mène aux
contestations devant les tribunaux et à toutes ces choses que
nous tentons d’éviter lorsque nous présentons des documents au
Sénat pour qu’ils soient étudiés.
Could you further define, with a specific metric, ‘‘significant
demand’’? That’s the essence of my question, because I
understand your answer but I don’t know if we can consider
that as sort of a legislative term.
Pourriez-vous définir plus en détail, en lui attribuant des
paramètres précis, le terme « demande importante »? C’est
l’essentiel de ma question, car je comprends votre réponse, mais
je ne sais pas si nous pouvons considérer que cette expression est
un terme législatif.
[Translation]
[Français]
Ms. Kenny: I will answer your question by describing a
challenge or asking another question, if you will. The challenge
right now is that Canada’s population is largely being replenished
through immigration. In that regard, the department has set a
target of 5 per cent. It used to be 4.4 per cent, but Minister
Alexander is targeting 5 per cent to reflect the current population.
Without a francophone dimension, we would hit 2 per cent.
Mme Kenny : Je répondrai à votre question en parlant d’un
défi où en soulevant une autre question. Le défi, à l’heure actuelle,
c’est que la population du Canada se renfloue largement par
l’immigration. Quant à l’immigration, une cible de 5 p. 100 a été
fixée par le ministère. La cible était de 4,4 p. 100, mais le ministre
Alexander parle de 5 p. 100 pour refléter la population actuelle.
Sans lentille francophone, on arrive à 2 p. 100.
Earlier, my colleague was saying that the number of
francophones is growing in absolute terms. But when you take
into account that 98 per cent of new immigrants are anglophones,
you realize that our population is declining, proportionally
speaking.
Mon collègue, plus tôt, disait que, en chiffres absolus, on voit
une augmentation de francophones. Toutefois, lorsqu’on
considère que 98 p. 100 des nouveaux arrivants sont
anglophones, notre proportion diminue.
Tying my community’s survival and development to a number
reduces me to a second-class citizen. As a francophone, I should
have access to a minimum level of French-language service
wherever I go. I am not talking about my bank, but the
institutions to which my taxes go. I pay just as much in taxes as
everyone else, not a penny less. As I see it, regardless of how many
of us there are, it is possible to deliver a minimum level of service
in every office, especially in regions with an institutional vitality,
regions with communities of a certain size.
Le fait d’ancrer ma survie et mon épanouissement simplement
sur un chiffre, c’est me réduire à une non-citoyenne. En tant que
francophone, je devrais avoir un minimum de services, peu
importe où je vais. Je ne parle pas de ma banque, mais des
institutions pour lesquelles je paie des impôts. Je paie autant
d’impôts que les autres et pas un sou de moins. À mon avis, peu
importe le nombre que nous sommes, il y a moyen d’offrir un
minimum de services dans tous les bureaux, notamment ceux où il
y a une vitalité institutionnelle, une communauté qui est présente
et où on constate un certain nombre.
I will not say what size. If you ask me, I will tell you that one
francophone is all it takes to necessitate French-language services.
It would be inconceivable not to offer English-language services
to an anglophone in Canada.
Je ne vous donnerai pas de chiffres. Si vous m’en demandez un,
je vous dirai que, s’il y a un francophone, il faut offrir le service.
Jamais on ne songerait à ne pas offrir un service à un anglophone
au Canada.
9:20
Official Languages
8-12-2014
I am asked how many people are in my family. A person with
limited mobility would never be told not to go to a federal office
because it was not accessible.
On me demande combien nous sommes dans ma famille.
Jamais on ne demanderait à une personne à mobilité réduite de ne
pas se présenter dans un bureau, parce qu’il n’y a pas d’accès.
Am I a second-class citizen? No, I am a full-fledged citizen. I
will not give you a number, because I do not have one. The
formula is this: I am just as important as any anglophone or new
immigrant. I have the same needs. If the government genuinely
wants to enhance the vitality of minority communities, it will take
action to ensure that French-language services are provided, that
a minimum level of service is available in every single office and
that more services are available in certain offices.
Suis-je une citoyenne de seconde classe? Non, je suis une
citoyenne à part entière. Je ne vous donnerai pas de chiffres, car je
n’en ai pas. Le chiffre est le suivant : moi, je suis aussi importante
que n’importe quel anglophone et n’importe quel nouvel arrivant.
Mes besoins sont les mêmes. Si le gouvernement veut réellement
contribuer à l’épanouissement des communautés, il fera en sorte
que les services soient offerts, qu’il y ait un minimum de services
dans tous les bureaux et qu’il y en ait davantage dans d’autres.
My answer was quite long-winded. I care deeply about this
issue, so I get worked up.
Ma réponse est très longue, mais la question me tient à cœur et
je suis passionnée.
[English]
Senator Wells: Thank you for that. I didn’t expect a number,
but I wanted to put it on the floor for discussion and debate.
Thanks for your passion on that.
[Translation]
[Traduction]
Le sénateur Wells : Je vous remercie de votre réponse. Je ne
m’attendais pas à un chiffre, mais je voulais soulever la question
pour provoquer une discussion et un débat. Je vous remercie
d’être passionnée à cet égard.
[Français]
Senator McIntyre: Thank you for your presentations. First I
would like to share an observation. It is true that, in New
Brunswick, even though bilingualism has been part of the
landscape for 45 years, major improvements to the Official
Languages Act are still needed in order to put both language
communities on equal footing, as you know, Ms. Kenny.
Le sénateur McIntyre : Merci pour vos présentations. Je vais
commencer avec une observation. Il est vrai que, au NouveauBrunswick, même si le bilinguisme fait partie de notre paysage
depuis 45 ans, il reste encore des aménagements importants à
apporter à la Loi sur les langues officielles pour en arriver, comme
vous le savez, madame Kenny, à l’égalité des deux communautés
linguistiques.
Clearly, if organizations or lobby groups such as yours did not
exert pressure on the government, no matter who it was, to move
an issue forward, in most cases, the status quo would be good
enough. That is my opinion.
Il est clair que si le gouvernement au pouvoir, peu importe ses
couleurs politiques, n’était pas suivi d’organismes ou de groupes
de pression comme le vôtre pour que le dossier continue
d’évoluer, on se contenterait bien souvent du statu quo. C’est
mon opinion.
I have here a copy of the document you prepared, entitled The
Implementation of the Official Languages Act: a New Approach, a
New Vision. I noticed that section 3.1, on page 14, discusses
comprehensive official languages regulations. What I gathered
from that section was that your organization believes that
comprehensive regulations should be adopted in connection
with the implementation of Parts IV, V, VI and VII of the
Official Languages Act. Is that correct?
J’ai devant moi une copie de votre mémoire intitulé La mise en
œuvre de la Loi sur les langues officielles : une nouvelle approche,
une nouvelle vision. Je remarque que, à la page 14, on y retrouve,
au paragraphe 3.1, un règlement universel sur les langues
officielles. En parcourant ce paragraphe, je comprends que
votre organisme prône l’adoption de règlements universels sur
les langues officielles, qui couvriraient l’application des parties IV,
V, VI et VII de la Loi sur les langues officielles. Est-ce exact?
Ms. Kenny: What we called for were changes to the
regulations. The FCFA does not have the authority to amend
legislation, but if it could, this is a change we would ask for. As
you said, governments, regardless of political stripe, make
regulations that suit them. A government can amend
regulations however it sees fit. If the current government
supports the changes, the next one may not. The Official
Languages Act has existed for 45 years now. Governments have
come and gone. And still today, we have trouble implementing
the act.
Mme Kenny : Ce qu’on demandait, c’était un changement au
règlement. La FCFA n’a pas le pouvoir de modifier une loi.
Toutefois, si cela avait été possible, c’est une modification à la loi
qu’on aurait demandée. Comme vous le dites, peu importe les
gouvernements, les règlements sont faits au gré de ceux-ci. Un
gouvernement peut modifier un règlement comme il le veut. Si ce
gouvernement est favorable, le prochain ne le sera peut-être pas.
Nous avons une loi sur les langues officielles depuis 45 ans. Les
gouvernements se sont succédé. Or, encore aujourd’hui, on a de la
difficulté à appliquer la loi.
8-12-2014
Langues officielles
9:21
If it was within our power, we would bring forward legislation
to rectify that. Unfortunately, we do not have that power.
Consequently, what we are asking for, at the very least, are
amended regulations.
Si on avait pu le faire, c’est un projet de loi qu’on aurait
proposé. Nous n’en avons toutefois pas le pouvoir. Par
conséquent, ce que nous demandons, à tout le moins, c’est la
modification du règlement.
Now we have this bill. If you ask us what we think, we will tell
you that the legislation should guarantee that a new government
cannot come in to power tomorrow and undo everything we have
done today. This legacy must be left behind for the entire country.
Nous avons maintenant ce projet de loi. Si vous nous posez la
question, nous vous répondrons ce qui suit. La loi doit faire en
sorte que, demain matin, un prochain gouvernement ne viendra
pas défaire ce qui a été fait aujourd’hui. C’est un legs que l’on se
doit de laisser au Canada tout entier.
Modernizing the act through the proposed review every 10
years is very important. In fact, we saw that in New Brunswick,
and I believe Senator Mockler was there. The province completed
such a review last year, and we saw just how important it was in
improving the legislation and keeping it relevant.
La modernisation de la loi, c’est-à-dire cette révision décennale,
est très importante. On l’a vu d’ailleurs au Nouveau-Brunswick —
et je crois que c’était le sénateur Mockler qui était là. On a vu
l’importance de cette révision qui vient d’avoir lieu au NouveauBrunswick, l’an dernier, et la façon dont elle a permis justement
d’améliorer et de faire en sorte que la loi demeure pertinente.
Senator McIntyre: My first question is for the group in front of
us. Bill S-205 is partly intended to change four aspects of the
Official Languages Act: the regulations, the availability of
services, the rights of the travelling public and consultation.
Which of those four aspects do you consider a priority? Or are
they all priorities in your opinion?
Le sénateur McIntyre : Ma prochaine question s’adresse au
groupe qui est devant nous. Le projet de loi S-205 vise, en partie,
à apporter des modifications à la Loi sur les langues officielles à
quatre niveaux : la réglementation, l’offre de services, les droits du
voyageur et la consultation. Selon vous, lequel de ces niveaux est
d’ordre prioritaire, ou bien sont-ils tous d’ordre prioritaire?
Mr. Boucher: They are all priorities. We see the bill as a whole.
Consultation is important, all the more so if changes are
proposed. In that regard, the idea is simply to determine how
things can be improved.
M. Boucher : Ils le sont tous. Nous voyons le projet de loi
comme une entité. La consultation est importante et elle le sera
d’autant plus si on propose des changements. Dans ce contexte, il
suffit de voir comment on peut améliorer les choses.
As we see it, all of the bill’s provisions are linked. They are part
of a whole. It is not a matter of picking and choosing. All of the
elements in the bill are achievable. All it takes is will.
À notre avis, tous les éléments de ce projet de loi s’enchaînent.
C’est un tout. Ce n’est pas une question de choisir ici et là. Tous
les éléments du projet de loi sont réalisables. C’est une question de
volonté.
Mr. Théberge: I agree. As Ms. Kenny said, no Canadian is
more worthy than another. In that sense, then, if the government
were to tell us that, starting tomorrow, it would only look after
education, we would have a problem with that.
M. Théberge : J’abonde dans le même sens. Comme
Mme Kenny l’a dit, aucune personne n’est plus citoyenne
qu’une autre. En ce sens, si notre gouvernement nous disait
qu’il ne s’occuperait que de l’éducation à compter de demain,
nous aurions un problème.
So I would say the same thing. All of the proposed elements are
equally important.
Je dirais donc la même chose. Les niveaux proposés sont aussi
importants les uns les autres.
Ms. Kenny: The same goes for us.
Mme Kenny : Il en va de même pour nous.
Senator Maltais: I ask for your indulgence, as I have numerous
questions. First, I would like to say what an honour it is for me to
see you all here today. I would also like to highlight all the work
that the senators from central Canada do — we have three of
them here. They have our utmost respect. As a francophone from
Quebec, I have great respect for them. They work very hard to
keep the French language alive, precisely so that we do not have
two classes of citizens in this country.
Le sénateur Maltais : Je vous demanderai d’être indulgents, car
j’ai plusieurs questions. Dans un premier temps, j’aimerais dire
que c’est un honneur pour moi de vous voir, ici, aujourd’hui. Je
veux aussi souligner tout le travail que font les sénateurs du centre
du Canada — il y en a trois ici —et tout le respect que nous avons.
À titre de francophone québécois, j’ai beaucoup de respect pour
eux. Ils travaillent très fort pour garder la langue française bien
vivante, ceci afin que nous n’ayons pas deux sortes de citoyens
dans ce grand pays.
The proof that you are not second-class citizens — and we
experienced this in Quebec — is that the French president arrived
in Alberta today, the first such visit to western Canada since 1763.
So it has been a long time; the president does not come often.
That is a historic first.
La preuve que vous n’êtes pas des citoyens de deuxième
classe — et nous l’avons vécu au Québec —, c’est que le président
de la France, aujourd’hui, est arrivé en Alberta. C’est la première
fois depuis 1763; cela fait longtemps, il ne vient pas souvent. C’est
tout de même une première.
9:22
Official Languages
The Chair: Many stayed!
8-12-2014
La présidente : Plusieurs sont restés!
Senator Maltais: I must tell you that I have been in politics for
35 years. When I first came on the scene, Bill 63 was under study.
That was a long time ago. Bills 22, 101, 178 and 86 followed, all of
which were challenged before the Supreme Court. We had to keep
the last one, supported by two charters, the Canadian Charter
and the Quebec Charter, in order to obtain a law and achieve
linguistic peace. It is not easy. I know that the work you do is not
easy. I also know that the issue will not be totally resolved come
tomorrow.
Le sénateur Maltais : Je dois vous dire que je suis en politique
depuis 35 ans; quand je suis arrivé en politique, on étudiait le
projet de loi 63. Il y a longtemps de cela, il y a eu la loi 22, la
loi 101, la loi 178, la loi 86, qui ont toutes été contestées par
la Cour suprême. Nous avons dû garder la dernière en soulevant
les deux Chartes : québécoise et canadienne, pour obtenir une loi
et une paix linguistique. Ce n’est pas facile. Le travail que vous
faites, je sais que ce n’est pas facile. Je sais aussi que ce n’est pas
demain, non plus, que cela sera réglé à 100 p. 100.
Some things are unacceptable, however. I asked the
Commissioner of Official Languages just last week about
signage. This is a bilingual country, so if signs do not appear in
both languages all over the country, someone somewhere is not
doing their job. I do not know who, but we need to find them. Is it
the Commissioner of Official Languages? The Minister of
Canadian Heritage? The Prime Minister? We have to find out
who, because the law is supposed to be enforced. Lawmakers do
not enact laws simply to put them on the shelf. They enact laws so
they can be enforced. Switzerland has four official languages, so
all of the country’s signage appears in all four languages. It is
straightforward. Here, we have two languages, and from Victoria
to St. John’s, Newfoundland, every sign should appear in both
official languages. By the way, the signs in the St. John’s airport
are bilingual. Kudos!
Toutefois, il y a des choses qui sont inacceptables. J’ai posé une
question au commissaire aux langues officielles pas plus tard que
la semaine passée au sujet de l’affichage. On est un pays bilingue;
si l’affichage n’est pas bilingue partout au Canada, il y a
quelqu’un quelque part qui ne fait pas son travail. Je ne sais
pas qui, mais il faudra le trouver. Est-ce le commissaire aux
langues officielles, le ministre de Patrimoine canadien, le premier
ministre? Il faudra le trouver, parce qu’une loi, il faut qu’elle
s’applique. Les législateurs n’adoptent pas des lois pour les mettre
au placard. Ils adoptent des lois pour qu’elles soient appliquées. Si
vous allez en Suisse, il y a quatre langues officielles et, sur les
panneaux d’affichage, il y a les quatre langues, et ce n’est pas
compliqué. Ici, il y en a deux, et de Victoria jusqu’à Saint-Jean, de
Terre-Neuve, tout devrait être dans les deux langues officielles. En
passant, à l’aéroport de Saint-Jean, l’affichage est bilingue. Il n’y
a pas beaucoup de francophones à Terre-Neuve-et-Labrador,
mais c’est bilingue. Bravo!
Furthermore, we need to accept the fact that we do not need
new legislation to do what needs doing; we need to start enforcing
the one we already have. Together, all of us here today, around
the table, should find whoever is responsible and tell them that
they have not done their job and that they better get to work
immediately. We are talking about services: airports, train
stations and ferries. People put their lives in the hands of those
who operate these transportation services, so they should know,
at the very least, what they are supposed to do on an airplane and
where the exits are. The same goes for trains. And, even more
importantly, they need to know where the life preservers are on a
ferry. It makes absolutely no sense and is unacceptable; I fully
agree with you on that.
Deuxièmement, il faut que soit réglé le fait qu’on n’a pas besoin
d’une nouvelle loi pour le faire; il faut commencer par faire
appliquer celle qui est en vigueur. Tout le monde ensemble,
autour de la table, on devrait trouver le coupable pour lui dire
qu’il n’a pas fait son travail et qu’il devrait, demain matin, se
mettre à l’ouvrage. Il s’agit de services; on parle d’aéroports, de
gares ferroviaires, de traversiers. Ce sont tous des moyens de
transport auxquels les gens vont remettre leur vie, alors il faut
tout de même qu’ils comprennent ce qu’ils devront faire dans un
avion, par quelle porte ils vont entrer et sortir, de même que pour
les trains et, une chose encore plus importante, savoir où sont les
ceintures de sauvetage sur les traversiers. C’est d’un illogisme
inacceptable, et je suis 100 p. 100 d’accord avec vous à ce sujet.
I am getting to my question. I could engage you in
conversation for many minutes, but the chair does not want me
to and rightfully so; I am a bit of a chatterbox. The Commissioner
of Official Languages did not answer one question. I understood
your explanation, Ms. Kenny, but it is still a bit fuzzy in my head.
What does the term ‘‘sufficient number’’ mean to you? How many
individuals make up a sufficient number in order to warrant the
provision of services?
J’en viens à ma question, parce que je pourrais vous entretenir
pendant de nombreuses minutes, mais la présidente ne veut pas et
elle a raison; je suis un « placoteux ». Il y a une question à laquelle
le commissaire aux langues officielles n’a pas répondu. J’ai bien
compris votre explication, madame Kenny, mais cela demeure
ambigu dans ma tête; que signifie l’expression « le nombre
suffisant » pour vous? Quelle est la signification d’un nombre
suffisant pour avoir un service?
Ms. Kenny: Actually, a community’s vitality is not measured in
numbers. If we go by numbers, communities will simply dwindle.
As I said, there has been an increase in absolute terms. What we
are finding out, however, is that, under the exercise that was
carried out, the French-language services available in certain
offices will be reduced. Some offices that are currently designated
Mme Kenny : En fait, la vitalité d’une communauté ne se
mesure pas par un nombre. Si on se fie à un nombre, on va
simplement diminuer. Comme je le disais, en chiffres absolus, il y
a eu une croissance. Par contre, ce qu’on apprend, c’est que dans
le cadre de l’exercice qui a eu lieu, il y aurait une diminution de
l’offre de services en français dans certains bureaux. Il y a des
8-12-2014
Langues officielles
9:23
bilingual will lose that designation. Despite the fact that some
communities have experienced growth — such as in Manitoba,
where the proportion is below 5 per cent — we are hearing that
10 or so offices will no longer be designated bilingual.
bureaux actuellement désignés bilingues, mais malgré le fait qu’il
y ait eu une croissance dans des communautés — comme au
Manitoba, en proportion, on est moins de 5 p. 100 —, on entend
dire qu’il y aurait une dizaine de bureaux qui ne seraient plus
désignés bilingues.
Senator Maltais: I am going to stop you there, because I would
not want the word ‘‘sufficient’’ not to apply to you. What is a
sufficient number in your view? Is it zero or a thousand people?
The Supreme Court has not yet been able to define that term. In
the context of Bill 178, Bill 86 had to be introduced and the courts
did not define the term; our learned colleagues were not able to
define the term ‘‘sufficient.’’ That is the basis for the Supreme
Court’s use of the expression ‘‘a sufficient number.’’ But no one
has been able to tell me whether it refers to more than one person
or less than two.
Le sénateur Maltais : Je vous arrête, parce que je ne
voudrais pas que le mot « suffisant » ne s’applique qu’à vous.
Qu’est-ce pour vous qu’un nombre suffisant? Est-ce zéro ou
1 000 personnes? La Cour suprême n’a pas été capable de définir
cela encore. Dans le cadre de la loi 178, on a dû refaire la loi 86,
puis les tribunaux ne l’ont pas défini; nos savants confrères n’ont
pas été en mesure de définir le mot « suffisant ». C’est sur cela que
se base la Cour suprême en évoquant l’expression « un nombre
suffisant ». Mais personne n’a pu me dire si c’était plus d’un ni
moins de deux.
Ms. Kenny: One. I will ask you this question: how many
individuals with impaired mobility are necessary in order for an
office to be made accessible to a person in a wheelchair? Did
anyone go to the trouble of figuring out that number? No. And
rightfully so. I would not want it any other way. Why, then, in my
case, is a number necessary in order to tell me whether I am
entitled to receive services in French?
Mme Kenny : Un. Je vais vous poser la question suivante :
combien de personnes à mobilité réduite faut-il pour s’assurer
qu’une personne en fauteuil roulant ait accès à un bureau? Est-ce
qu’on a pris la peine de le mesurer? Non. Avec raison, d’ailleurs.
Je n’aurais pas voulu que ce soit autrement. Mais pourquoi, dans
mon cas, il faut une mesure pour me dire si oui ou non j’ai droit à
un service en français?
Senator Maltais: In your view, a sufficient number is equivalent
to one or more than one individuals. Is that correct?
Le sénateur Maltais : Le nombre suffisant, pour vous, cela
demeure un ou plusieurs individus; c’est bien cela?
Ms. Kenny: Absolutely.
Mme Kenny : Absolument.
I would like to respond to your first question regarding the
person responsible, if I may. A single person has the authority to
tell ministers what to do. Contrary to what people think, that
person is not Ms. Glover; even though she is the minister in
charge of official languages, she does not have the power to order
a minister to fulfill their obligations under the Official Languages
Act. The only person who has that power is the Prime Minister.
Prime ministers have come and gone over the past 45 years, and
not a single one has ever instructed all departments to enforce the
act in its entirety. It has been 45 years —
Si je peux me permettre de répondre à votre première question
concernant la personne responsable, une seule personne a le
pouvoir de dire aux ministres quoi faire. Contrairement à ce que
les gens pensent, ce n’est pas Mme Glover; elle n’a pas le pouvoir,
même si elle est ministre responsable des Langues officielles,
d’aller dire à un ministre qu’il doit s’acquitter de ses obligations en
vertu de la Loi sur les langues officielles. La seule personne qui a
ce pouvoir et cette autorité, c’est le premier ministre. Les premiers
ministres se sont succédé pendant 45 ans, et il n’y en a pas encore
un qui ait donné une directive à l’ensemble des ministères leur
disant d’appliquer la loi dans son intégralité. Après 45 ans...
Senator Charette-Poulin: I would like to thank the witnesses for
their presentations and their commitment to the issue. It is quite
impressive. You take the time to remind us of the fact that
bilingualism in Canada is not just a principle, but also the law of
the land. As you said, Ms. Kenny, it is a principle that every
prime minister has proudly boasted about. When they travel
abroad, all prime ministers point to Canada’s bilingual status as
one of the country’s keystones.
La sénatrice Charette-Poulin : J’aimerais remercier nos témoins
pour leur présentation et leur implication. C’est très
impressionnant. Vous prenez le temps de nous rappeler le fait
que le bilinguisme au Canada est un principe et un statut au pays.
Comme vous l’avez dit, madame Kenny, c’est un principe dont
tous les premiers ministres se sont fièrement vantés. Quand ils
vont à l’étranger, tous les premiers ministres parlent du fait que le
Canada est un pays bilingue qui reconnaît le fondement même du
pays.
I listened closely to your presentations and I heard something
that struck me. The regulations have not been reviewed in
20 years, and you clearly described how the services did not
reflect the social changes that had occurred during that time.
Senator Chaput worked very hard to take into account technical
J’ai écouté attentivement vos présentations et j’ai été frappée
par une chose. Le règlement n’a pas été révisé depuis 20 ans, et
vous avez parlé très clairement des changements sociaux qui ont
eu lieu au cours des 20 dernières années et qui ne sont justement
pas reflétés dans les services; la sénatrice Chaput a travaillé très
9:24
Official Languages
8-12-2014
changes in the current legislation, but I am getting the sense that
you are asking why you have to beg for services in French. Am I
wrong?
fort pour refléter des changements techniques dans le cadre d’une
loi actuelle, mais j’ai l’impression que vous êtes en train de nous
demander pourquoi nous sommes obligés de mendier des services
en français. Est-ce que je me trompe?
Ms. Kenny: No. Last week, I was watching La Facture on
Radio-Canada; the show featured a woman in a wheelchair who
was discussing the law requiring 10 per cent of hotel rooms to be
accessible to individuals with impaired mobility. She was saying
that that was not the reality and that it was humiliating to have to
ask people for help. As I was listening to her, I could not help but
draw a parallel with what I experience as a francophone. When I
arrive at the Regina airport, I am told that, no, no one can serve
me in French. And barely a few minutes later, I hear someone
asking, ‘‘Does anybody speak Polish? I have a Polish traveller.’’ In
my case, they do not even go to the trouble to find out whether
anyone can serve me in French. Alternatively, I am pushed aside
and told, ‘‘Get back in line. I don’t speak French.’’ It is insulting,
and it happens all the time.
Mme Kenny : Non. Je regardais la semaine dernière l’émission
La Facture sur la chaîne Radio-Canada; il était question d’une
dame en fauteuil roulant qui parlait de cette loi qui doit faire en
sorte que 10 p. 100 des chambres d’hôtel soient accessibles aux
gens à mobilité réduite. Cette dame disait que ce n’est pas le cas, et
que c’est humiliant d’être obligé de demander de l’aide aux gens.
Moi, j’étais assise, je regardais cela et je ne pouvais pas
m’empêcher de faire un parallèle avec ce que je vis comme
francophone. Lorsque j’arrive à l’aéroport de Regina et qu’on me
répond que, non, il n’y a pas de services en français, mais que
quelques minutes plus tard, j’entends demander : « Does anybody
speak Polish? I have a Polish traveller », alors qu’à moi, en
français, on ne s’est pas « bâdré » — comme on dit en Acadie —
de savoir s’il quelqu’un était capable de m’offrir le service en
français. Ou encore, on me dit de me tasser : « Get back in line. I
don’t speak French. » C’est insultant, et on vit cela régulièrement.
I do not want to overlook those departments and institutions
that do a terrific job, but I still do not understand why the
government is unable to enforce the act. It is a cultural change,
and yes, we are made to feel like beggars. I dream of the day when
my organization is no longer relevant. That day will come when
the rights of francophones and those of anglophones in Quebec
are respected and the two groups can live together.
Je ne veux pas passer sous silence les ministères et les
institutions qui font des efforts exceptionnels, mais je ne
comprends pas encore pourquoi on n’est pas capable
d’appliquer cela. C’est un changement de culture, et, oui, on se
sent comme des mendiants. Moi je rêve qu’un jour mon
organisme n’ait plus sa pertinence. Ce jour viendra quand on
respectera les droits des francophones et des anglophones qui
vivent au Québec et lorsqu’ils pourront vivre ensemble.
You said it earlier. Switzerland has four official languages and
they are managing to do just fine. I do not think other places have
groups such as ours who have to fight every single day just to have
their rights respected.
Vous l’avez dit tout à l’heure. En Suisse, il y a quatre langues
officielles et on réussit. Je ne pense pas qu’il y a des groupes
comme nous qui sont obligés de se battre tous les jours pour faire
respecter leurs droits.
Senator Charette-Poulin: I have a follow-up question. In light
of the changes proposed in Senator Chaput’s bill, could each of
you provide an example showing the importance of the ongoing
vitality of both French and English minority language
communities across the country? I would like a tangible
example, if you could.
La sénatrice Charette-Poulin : J’ai une question
complémentaire. Compte tenu des changements proposés par le
projet de loi S-205 de la sénatrice Chaput, pourriez-vous nous
donner chacun un exemple de l’importance de l’épanouissement
continu des communautés en situation minoritaire partout au
pays, francophones et anglophones? Pourriez-vous me donner un
exemple concret?
Ms. Kenny: Currently, the government is re-designating offices.
If a community has grown in size but decreased proportionally in
relation to the majority, that community will be told by the
government, ‘‘No, we are not going to enhance your vitality, we
are going to close your offices and we are going to stop serving
you in French.’’
Mme Kenny : L’exercice qu’on fait à l’heure actuelle, c’est de
redésigner les bureaux. Une communauté qui a eu une croissance
en nombre et qui a perdu en proportion par rapport à la majorité,
on lui dira : « Non seulement on ne va pas t’aider à t’épanouir, on
va fermer tes bureaux, on ne t’offrira plus le service en français
dans les bureaux. »
How can the federal government enhance a community’s
vitality when it ceases to provide that community, which already
represents the minority, with services in its own language? How
can that community’s vitality possibly be enhanced?
Comment contribuer à l’épanouissement d’une communauté
quand, en plus de vivre en situation minoritaire, il n’y a plus de
services offerts par le gouvernement fédéral dans notre langue?
Comment cela peut-il contribuer à la vitalité?
Mr. Théberge: There are so many examples. First of all, our
artists, the creators, are also members of society. So they too want
to receive services in French.
M. Théberge : Des exemples, il y en a tellement. Tout d’abord,
nos artistes, les créateurs, sont aussi des membres de la société.
Donc, eux aussi veulent recevoir des services en français.
8-12-2014
Langues officielles
9:25
If I had to pick an example, I would perhaps pick a cultural
centre whose programming funding was cut because the
community became smaller. In fact, this francophone cultural
centre is often the heart of the community, what used to be the
church 100 years ago. That is where the community gathers and
that is where it lives.
S’il faut donner un exemple, je donnerais peut-être celui d’un
centre culturel qui, parce que la communauté a diminué, le
financement qu’il recevait pour la programmation a été réduit. En
fait, ce centre culturel francophone est souvent le noyau de la
communauté, c’est l’organisme, c’est le parvis de l’église d’il y a
100 ans. C’est là où la communauté se rassemble et c’est là où elle
vit.
As Ms. Kenny said, if cuts are being made because there are
fewer people, in statistical terms, it is the entire community that
suffers, and we end up driving ourselves toward assimilation,
toward much greater challenges.
Comme Mme Kenny le disait, si on commence à couper parce
qu’il y a une diminution du nombre de personnes, en termes
statistiques, c’est la communauté en entier qui souffre, et on finit
par se pousser nous-mêmes vers une assimilation, vers des
difficultés qui sont beaucoup plus grandes.
Mr. Boucher: Basically, I would like to answer in a more linear
way, meaning that, when we talk about services in this context, it
is a matter of vitality, identity and attachment to institutions.
M. Boucher : Essentiellement, j’aimerais répondre de façon un
peu plus linéaire dans le sens que, lorsqu’on parle de services dans
ce contexte, c’est une question de vitalité, d’identité, et du
rattachement aux institutions.
I can tell you that the part that struck me the most in this bill is
the whole concept of identity. We do not recognize the identity of
the people who might be receiving services in this context and who
are contributing to the vitality of the community. Everyone must
answer difficult questions in the census. The president of my
organization is from Senegal, French is not his mother tongue and
he is not counted. I am in an exogamous marriage myself.
Je peux vous dire que, ce qui m’a frappé davantage dans ce
projet de loi, c’est toute la notion d’identité. On ne reconnaît pas
l’identité des gens qui pourraient se prévaloir de services dans ce
contexte et qui font partie de la vitalité communautaire. Tout le
monde doit répondre à des questions difficiles dans les
recensements. Le président de mon organisme est Sénégalais, le
français n’est pas sa langue maternelle et il n’est pas comptabilisé.
Moi, je suis dans un mariage exogame.
When the census asks me what language I speak the most at
home, I must answer English. However, once again, I have been
working in the community for 30 years and that is how I am
identified. We can talk about numbers, we can talk about all sorts
of things, but at some point, it comes down to recognizing
individuals and communities for who they are.
Lorsque le recensement me demande quelle langue je parle le
plus à la maison, je dois répondre que c’est l’anglais. Mais, encore
une fois, moi qui œuvre dans la communauté depuis une trentaine
d’années, c’est comme cela qu’on m’identifie. On peut parler de
chiffres, on peut parler de toutes sortes de choses, mais à un
moment donné, il est question de reconnaître des individus et une
collectivité pour qui ils sont.
It is not simple math, but the calculations will obviously help
us recognize that. So I see the situation more along those lines.
Ce n’est pas tout simplement un calcul, mais le calcul va nous
amener, évidemment, à reconnaître cela. Alors, moi, je le vois
davantage dans ce contexte-là.
Senator Charette-Poulin: One last question, quickly. Since the
federal government is still a leader in terms of bilingualism in
Canada, if Bill S-205 were to improve the current situation of
bilingualism in Canada, would providing services in both
languages not be a source of vitality for private companies in
our communities? What do you think, Mr. Boucher?
La sénatrice Charette-Poulin : Une dernière question,
rapidement. Étant donné que le gouvernement fédéral est tout
de même un chef de file en matière de bilinguisme au Canada, si le
projet de loi S-205 enrichissait le contexte actuel du bilinguisme
au Canada, est-ce qu’il ne serait pas une source de vitalité pour
que les entreprises privées dans nos communautés puissent offrir
des services dans les deux langues? Qu’est-ce que vous en pensez,
monsieur Boucher?
Mr. Boucher: Absolutely. People are recognized for who they
are. They have the opportunity to go find a service in another
language. They can do so in the private sector right now.
However, with this addition, if the federal government plays a
leadership role and defines it as such, there should be no
arguments afterwards. Right now, there is an argument. The
private business owner will say, ‘‘I do not need to do that, the feds
do not do it.’’ Your government does not do that although we are
a bilingual country.
M. Boucher : Absolument. Les gens sont reconnus pour qui ils
sont. Ils ont l’opportunité d’aller chercher un service dans une
autre langue. Ils ont l’occasion, en ce moment, de le faire dans le
secteur privé. Cependant, avec cet ajout, si le gouvernement
fédéral joue un rôle de leadership et le définit comme tel, il ne
devrait pas y avoir d’arguments après. En ce moment, il y a un
argument. L’entrepreneur privé dira : « Je n’ai pas besoin de faire
cela, le fédéral ne le fait pas. » Votre gouvernement ne le fait pas
alors qu’on est un pays bilingue.
9:26
Official Languages
8-12-2014
Senator Charette-Poulin: Mr. Théberge, would you like to add
something?
La sénatrice Charette-Poulin : Monsieur Théberge, voulez-vous
ajouter quelque chose?
Mr. Théberge: Actually, if I go back to what I was saying
earlier, according to Simon Brault, culture is defined by the
collective ‘‘we.’’ With the amendments proposed in Bill S-205, if
we are more inclusive with our communities, we end up with
people from Senegal, Belgium and France being part of our
community. Then, we are also accepting the definition of our
culture as something alive that adapts with our ever-changing
communities.
M. Théberge : En fait, si je reviens à ce que je disais tout à
l’heure, selon Simon Brault, la culture, c’est la définition du
« nous » collectif. Grâce aux modifications proposées dans le
projet de loi S-205, en étant plus inclusif avec nos communautés,
que nous nous retrouvions avec des Sénégalais, des Belges ou des
Français qui font partie de notre communauté, à ce moment-là,
nous acceptons aussi que la définition de notre culture soit
quelque chose de vivant qui s’adapte avec les mouvements de nos
communautés.
So, in that sense, private companies will eventually have to
adapt to that community as well.
Ainsi, dans ce sens-l à, les entreprises privées vont
éventuellement, elles aussi, avoir à s’adapter à cette
communauté-là.
Ms. Kenny: I wanted to say that I agree with my colleagues.
Mme Kenny : Je voulais abonder dans le même sens que mes
collègues.
Senator Chaput: I am going to add something to Senator
Charette-Poulin’s question. Briefly, what is your members’ profile
in general? Mr. Théberge, you talked about it briefly. What is the
profile of all these people able to speak French?
La sénatrice Chaput : Je vais ajouter quelque chose à la
question de la sénatrice Charette-Poulin. Brièvement, quel est le
profil de vos membres en général? Monsieur Théberge, vous en
avez parlé brièvement. Quel est le profil de toutes ces personnes
capables de parler français?
Mr. Théberge: We are a federation and therefore bring
organizations together. We are talking about 22 member
organizations representing arts and culture industries, various
industries and arts sectors, or even community cultural centres. So
these are provincial and territorial organizations.
M. Théberge : Nous sommes une fédération, donc nous
rassemblons des organismes. On parle de 22 organismes
membres qui représentent soit des artistes ou des industries
culturelles de différentes industries et de différents secteurs
artistiques, ou encore des organismes à caractère culturel
communautaires. Donc, des organismes provinciaux et
territoriaux.
Senator Chaput: In terms of speaking French, are there
requirements for being able to communicate in French?
La sénatrice Chaput : Pour ce qui est de parler le français, est-ce
qu’il y a des obligations de pouvoir communiquer en français?
Mr. Théberge: Absolutely. Our members are all francophone
organizations outside Quebec. Just now, when I mentioned the
3,125 professional artists, I was talking about 3,125 francophone
professional artists outside Quebec.
M. Théberge : Absolument. Nos membres sont tous des
organismes francophones hors Québec. Quand je parlais, tout
à l’heure, de 3 125 artistes professionnels, je parle ici de
3 125 artistes professionnels francophones hors Québec.
Senator Chaput: Is the first language of these artists always
French?
La sénatrice Chaput : Parmi ces artistes, la langue première
est-elle toujours le français?
Mr. Théberge: We should look at that question more closely,
but those people are committed to, and identify themselves as
members of, the community. They are people who speak French.
As to whether it is their mother tongue or not, I cannot really
answer that question right now.
M. Théberge : Il faudrait approfondir la question, mais,
effectivement, ces personnes sont engagées et s’identifient
comme étant membres de cette communauté. Ce sont des gens
qui s’expriment en français. Maintenant, à savoir si c’est leur
langue maternelle ou pas, je ne peux pas vraiment répondre à la
question en ce moment.
Mr. Boucher: Basically, the criterion that we use for our
members is the ability to speak French, of course. It does not
matter whether they come from abroad or from an immersion
school. For us, the desire to speak French is the criterion based on
which a person is automatically part of our communities.
M. Boucher : Essentiellement, le critère que nous utilisons en ce
qui a trait à nos membres, c’est le fait de pouvoir s’exprimer en
français, évidemment. Qu’ils proviennent de l’extérieur du pays ou
d’une école d’immersion, peu importe, cela n’a pas d’importance.
Pour nous, le fait de vouloir s’exprimer en français est le critère
selon lequel une personne fait automatiquement partie de nos
communautés.
Senator Chaput: Do you know what the percentage is?
La sénatrice Chaput : Avez-vous une idée du pourcentage?
8-12-2014
Langues officielles
9:27
Mr. Boucher: I do not know the exact percentage, but when we
look at the number of francophones who have been in Manitoba
for over 275 years, there are obviously still some. We receive
about 200 to 300 newcomers every year. So the profile changes a
great deal. It can vary in some schools, but the experience I had
with my children is that, over the past ten years, almost one-third
to half have been newcomers.
M. Boucher : Le pourcentage exact, non, mais quand on
examine le nombre de francophones qui sont au Manitoba depuis
275 ans, il en reste encore, c’est clair. Des nouveaux arrivants, on
en reçoit quelque 200 à 300 par année. Alors, le profil change
énormément. Ça peut varier dans certaines écoles, mais
l’expérience que j’ai eue avec mes enfants, c’est que, depuis une
dizaine d’années, environ du tiers à la moitié sont de nouveaux
arrivants.
This was not the case before. For people in immersion, the
system is completely different from ours, but more and more
people are getting involved. Our board of directors now has
English-speaking newcomers who learned French. Our profile is
quite varied in terms of the people who want to use French, speak
French, work in French or be part of this francophone
community.
Auparavant, ce n’était pas le cas. Pour ce qui est des personnes
en immersion, c’est un système différent du nôtre, mais de plus en
plus de gens s’y impliquent. Notre conseil d’administration
compte présentement de nouveaux arrivants anglophones qui
ont appris le français. Notre profil est assez varié en ce qui
concerne les gens qui veulent utiliser le français, s’exprimer en
français, travailler en français ou faire partie de cette
communauté francophone.
Senator Chaput: In your view, would there be francophones
interested in using French-language services, but who are not
counted in the current definition?
La sénatrice Chaput : D’après vous, ce serait des francophones
qui seraient intéressés à utiliser les services en français, mais qui ne
seraient pas comptabilisés selon la présente définition?
Mr. Boucher: Exactly.
M. Boucher : C’est exact.
Ms. Kenny: We are talking about 22 organizations. We are a
federation as well, but there is one organization per province — a
representative organization, such as the SFM, for instance — and
per territory, as well as sectoral working organizations, such as in
the areas of culture and health.
Mme Kenny : On parle de 22 organismes. Nous sommes une
fédération également, mais il y a un organisme par province —
qui est l’organisme porte-parole, comme la SFM, par exemple —
et par territoire, ainsi que des organismes à vocation sectorielle,
comme dans les domaines de la culture et de la santé.
These people represent French-speaking Canadians across the
country. If we go by our calculations and our definition of
francophone, we are talking about 2.6 million francophones
outside Quebec, whose mother tongue is French or another
language. These are people who have chosen to live part of their
lives in French, regardless of their mother tongue or their origins.
Ces gens représentent les citoyens d’expression française à
l’échelle du pays. Si on utilise notre calcul et notre définition de
francophone, on parle de 2,6 millions de francophones à
l’extérieur du Québec, de langue maternelle française ou autre.
Ce sont des gens qui ont choisi de vivre une partie de leur vie en
français, peu importe leur langue maternelle ou leur origine.
Senator Chaput: Ms. Kenny, earlier, you briefly talked about
the services provided by federal departments across Canada. You
have a lot of experience and knowledge since you have held so
many positions that I cannot even list them.
La sénatrice Chaput : Madame Kenny, vous avez parlé
brièvement, tout à l’heure, des services offerts par les ministères
fédéraux à travers le Canada. Vous avez beaucoup d’expérience et
beaucoup de connaissances, puisque vous avez occupé tellement
de fonctions que je ne pourrais même pas les nommer.
Now, have you ever thought about reorganizing the services
within Canada’s federal departments that are designated as
partially or fully bilingual right now?
Maintenant, avez-vous déjà songé à une réorganisation des
services au sein de ces ministères fédéraux canadiens qui sont
présentement désignés bilingues, partiellement ou complètement?
Ms. Kenny: Reorganizing?
Senator Chaput: Reorganizing the services so that they are
more effective perhaps?
Mme Kenny : Une réorganisation?
La sénatrice Chaput : Une réorganisation des services pour
qu’ils soient peut-être plus efficaces?
Ms. Kenny: The French-language services?
Mme Kenny : Les services en français?
Senator Chaput: Yes.
La sénatrice Chaput : Oui.
Ms. Kenny: It is no secret that, in my previous life, I was the
manager of a national official languages program at a federal
crown corporation, in Saskatchewan. As you might have guessed,
it was Farm Credit Canada. So I was on the other side of the
fence.
Mme Kenny : Dans ma vie précédente, je ne vous cacherai pas
que j’étais gestionnaire d’un programme national de langues
officielles au sein d’une société d’État fédérale, en Saskatchewan.
Vous pouvez peut-être deviner qu’il s’agissait de Financement
agricole Canada. Donc, je me suis retrouvée de l’autre côté de la
clôture.
9:28
Official Languages
8-12-2014
At that time, our CEO, John Ryan, was a unilingual
anglophone who became a champion of official languages to
the extent that he received an award from the Commissioner of
Official Languages.
À l’époque, nous avions un président-directeur général, John
Ryan, qui était unilingue anglophone et qui est devenu un
champion des langues officielles, à tel point qu’il a gagné le prix
de la commissaire aux langues officielles.
He had realized that the culture needed to be changed and that,
in order to make Farm Credit Canada stand out as a marketbased agricultural lender, we had to start making service a
priority. For him, a quality service was a service provided in the
client’s language. There was no compromise there.
Il avait constaté qu’il fallait opérer un changement de culture et
que, pour démarquer Financement agricole Canada, qui est un
prêteur agricole du marché, on devait accorder la priorité au
service, d’abord. Pour lui, un service de qualité, c’était un service
offert dans sa langue. Il n’y avait pas de compromis à faire.
As a result, without a budget other than a portion of my salary
and that of my assistant, a change in culture was made. There was
a will to make sure that we were providing services in all the
offices designated bilingual and that, in the offices that were not
designated bilingual, where we received requests from farmers
wanting to do business with us, we sent an employee who spoke
French.
Donc, sans autre budget qu’une partie de mon salaire et celui
de mon adjointe, un changement s’est opéré sur le plan culturel.
Une volonté s’est opérée pour faire en sorte que nous offririons
des services dans tous les bureaux désignés bilingues et que, dans
les bureaux non désignés bilingues, où nous recevions des
demandes de la part d’agriculteurs qui voulaient faire affaire
avec nous, nous allions envoyer un employé qui parlait français.
I was there when Farm Credit Canada’s regulations were
revised last. At that time, the Treasury Board Secretariat had
decided that two or three of our offices were no longer going to be
designated as bilingual. John Ryan indicated that there were
anglophone and francophone clients in those offices, including in
one in Quebec, and that the service was going to make all the
difference in our case. He decided to keep the bilingual
designation despite the commissioner’s recommendation.
J’étais là à l’époque de la dernière révision du règlement à
Financement agricole Canada. À cette époque, le Secrétariat du
Conseil du Trésor avait décidé que deux ou trois de nos bureaux
n’allaient plus être désignés bilingues. John Ryan a précisé qu’il y
avait des clients anglophones et francophones dans ces bureauxlà, y compris un au Québec, et que le service allait faire la
différence pour nous. Il a décidé de maintenir la désignation
bilingue malgré la recommandation du commissaire.
There are no financial costs for that. All you need is a will.
Tomorrow morning, we could decide to designate as bilingual all
the offices across the country and to find the means to provide a
minimum level of services — we talked earlier about a Service
Canada pilot project that provided the minimum level of services
to everyone — and in offices designated bilingual where there
might be an institutional vitality, a community and a need, there
would be a full range of services. I experienced that without a
budget, and Mr. Ryan received an award from Dyane Adam, the
commissioner at the time.
Il n’y a pas de coûts financiers liés à cela. Il faut une volonté.
On pourrait décider, demain matin, de désigner bilingues les
bureaux d’un bout à l’autre du pays et de trouver les moyens
d’offrir un minimum de services — on a parlé tantôt d’un projet
pilote de Service Canada qui avait permis d’offrir à tout le monde
un minimum de services —, et dans les bureaux désignés bilingues
où il y aurait une vitalité institutionnelle, où il y aurait une
communauté et un besoin, le service complet. Je l’ai vécu sans
budget, et M. Ryan a reçu un prix de la part de la commissaire de
l’époque, Dyane Adam.
The Chair: What connection do you see between the bill that
proposes to modernize Part IV of the Official Languages Act and
Part VII that deals with the development of communities?
La présidente : Quel lien voyez-vous entre le projet de loi qui
propose une modernisation de la partie IV de la Loi sur les
langues officielles et la partie VII qui parle de l’épanouissement
des communautés?
Ms. Kenny: The link is very important. If the service is not
there, how am I supposed to develop? How am I supposed to
continue to grow?
Mme Kenny : Le lien est très important. Si on ne m’offre pas le
service, comment voulez-vous que je m’épanouisse? Comment
voulez-vous que je continue à évoluer?
I am thinking of what my colleague said when he talked about
a complaint that was made. The regulations, as they stand, fly in
the face of the Official Languages Act. We cannot grow if our
services keep being reduced.
Je pense à mon collègue qui parlait d’une plainte qui a été
déposée. Le règlement, tel qu’il est conçu actuellement, va à
l’encontre de la Loi sur les langues officielles. On ne peut pas
s’épanouir si on continue à diminuer nos services.
I drew a parallel just now with a plant. A small community will
get less money, because it has a community centre with fewer
people, but the community with more people will get more
money. How can we say that those are fair and equitable services?
How will that small plant that has less fertilizer, less water and
Je faisais tout à l’heure une analogie avec une plante. On va
consacrer moins d’argent à la petite communauté, parce que c’est
un centre communautaire où il y a moins de gens, et celle où il y
en a davantage, on va lui offrir plus d’argent. Comment peut-on
parler de services équitables et égaux? Comment cette petite
8-12-2014
Langues officielles
9:29
less sun grow like the bigger plant that has all the means and
resources it needs? That makes no sense.
plante qui a moins d’engrais, moins d’eau et moins de soleil parce
qu’elle est plus petite va-t-elle s’épanouir comme la plus grande
plante qui, elle, aura tous les moyens et toutes les ressources? C’est
un non-sens.
The Chair: You talked about the concept of real equality in
your opening remarks. What do you think about the way this
principle —which has been expressed in case law — is applied in
the bill?
La présidente : Vous avez mentionné le concept d’égalité réelle
dans vos commentaires préliminaires. Comment voyez-vous
l’application de ce principe — qui a été évoqué dans la
jurisprudence — dans le projet de loi?
Ms. Kenny: In the bill?
The Chair: The bill proposed by Senator Chaput.
Mme Kenny : Dans le projet de loi?
La présidente : Le projet de loi proposé par la sénatrice
Chaput.
Ms. Kenny: I will define real equality for you. My colleagues
might want to add something.
Mme Kenny : Je vais vous donner la définition de l’égalité
réelle. Mes collègues voudront peut-être ajouter quelque chose.
Real equality does not mean that you will give me the same
thing in the same way. Let us take a fictional example. In a
community, say my community in Regina, Saskatchewan, Service
Canada decides to give training and says that, if 50 francophones
register, it will give training X. There might not be
50 francophones registering in Regina, so perhaps the limit will
be lowered to 20 registrations to reflect the situation. This is an
example of taking action to provide the same kind of service,
while factoring in the specificities of the community.
L’égalité réelle ne veut pas dire que vous allez m’offrir la même
chose de la même façon. Prenons un exemple fictif. Dans une
communauté, disons, chez moi, à Regina, en Saskatchewan,
Service Canada décide d’offrir une formation et détermine que,
dès que 50 francophones s’y inscrivent, il offre la formation X. Il
n’y aura peut-être pas 50 inscriptions de francophones à Regina,
on baissera peut-être alors le seuil à 20 inscriptions pour
s’adapter. Il s’agit là de prendre des moyens pour offrir le
même genre de service tout en tenant compte des spécificités de la
communauté.
Mr. Théberge: I would just add another example. When we
talk about communication, real equality does not mean doing the
same thing for everyone; it means tailoring the methods of
delivery. In this day and age, where Radio-Canada is affected in
some ways, we all know that, in some communities, RadioCanada is the only service provider, so those services must really
be used.
M. Théberge : J’ajouterais simplement un autre exemple.
Lorsqu’on parle de communication, l’égalité réelle, ce n’est pas
de faire une chose pour répondre à tous, mais d’adapter les
méthodes de livraison. Dans l’ère d’aujourd’hui, où RadioCanada est touchée de certaines manières, nous savons tous
que, dans certaines communautés, Radio-Canada est le seul
livreur de services, donc ils doivent effectivement être utilisés.
In other communities, like in Chéticamp, Nova Scotia, where
community radio not only has an audience rating of 96 per cent
from the community, but also a trust rating of 98 per cent from
the community, perhaps we should use Radio-Canada’s
community radio. There are some regions where we really have
to rethink our delivery methods to achieve this level of equality.
Dans d’autres communautés, comme à Chéticamp, en
Nouvelle-Écosse, où la radio communautaire a non seulement
une cote d’écoute d’environ 96 p. 100 de la communauté, mais
aussi un taux de confiance de 98 p. 100 de la communauté, peutêtre faut-il y utiliser plutôt la radio communautaire de RadioCanada. Il y a certaines régions où, effectivement, il faut repenser
à nos méthodes de livraison pour arriver à cette égalité.
Community radio is a very good example in a number of
francophone communities. In others, community newspapers are
very active and have some clout in the community. Let us
remember that media content often comes from the community,
so the link is already established. We do not need to reinvent the
wheel here; we just need to use what is already in place.
La radio communautaire est un très bon exemple dans
plusieurs communautés francophones. Dans d’autres, ce sont les
journaux communautaires qui sont très actifs et qui ont une
emprise sur la communauté. Rappelons-le, le contenu de ces
médias provient souvent de la communauté et ils ont déjà créé un
lien. Il ne faut pas réinventer la roue, ici, mais utiliser ce qui existe
déjà.
The Chair: Thank you for these clarifications. Seeing no other
senators wanting to ask questions, I would like, on behalf of the
Standing Senate Committee on Official Languages, to sincerely
thank our participants today.
La présidente : Merci pour ses précisions. Ne voyant pas
d’autres sénateurs qui désirent poser des questions, j’aimerais, au
nom du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
remercier très sincèrement nos participants d’aujourd’hui.
Thank you for your commitment. Thank you for your
patience. Thank you for sharing your comments with us. This
will definitely help us as we study the bill.
Je vous remercie de votre engagement. Merci de votre passion.
Merci d’avoir partagé vos propos avec nous. Il est certain que cela
nous aidera dans le cadre de notre étude du projet de loi.
9:30
Official Languages
We are going to suspend the meeting for five minutes to allow
our next witnesses to take their places.
8-12-2014
Nous allons suspendre la séance pendant cinq minutes afin de
laisser nos prochains témoins s’installer.
(The committee suspended)
(La séance est suspendue.)
(The committee resumed)
(La séance reprend.)
The Chair: Honourable senators, we are continuing our study
of Bill S-205. Our next witnesses are James Shea, vice-president,
and Stephen D. Thompson, director of policy, research and public
affairs, from Quebec Community Groups Network.
La présidente : Honorables sénateurs, nous continuons notre
étude du projet de loi S-205. Nos prochains témoins sont
M. James Shea, vice-président, ainsi que M. Stephen D.
Thompson, directeur de la politique stratégique, de la recherche
et des affaires publiques de Quebec Community Groups Network.
I invite the witnesses to give their presentation, and the
senators will ask their questions afterwards.
J’invite les témoins à donner leur présentation et, par la suite,
les sénateurs poseront leurs questions.
[English]
[Traduction]
James Shea, Vice-President, Quebec Community Groups
Network: Good evening, Senator Tardif, Senator FortinDuplessis and honourable senators of the Standing Senate
Committee on Official Languages. It is a pleasure for us to be
with you again and share our observations on Bill S-205, an act to
amend the Official Languages Act. I am the vice-president of the
Quebec Community Groups Network. With me this evening is
our director of policy, research and public affairs and the expert,
Stephen Thompson.
James Shea, vice-président, Quebec Community Group
Network : Bonjour, madame la sénatrice Tardif, bonjour,
madame la sénatrice Fortin-Duplessis, et bonjour, honorables
sénateurs du Comité sénatorial permanent des langues officielles.
Nous sommes heureux d’être de retour devant le comité pour
vous communiquer nos observations et nos commentaires sur le
projet de loi S-205, Loi modifiant la Loi sur les langues officielles.
We would like to congratulate Senator Chaput for her
leadership in creating and tabling this piece of legislation, the
most recent of the senator’s initiatives in this continuing effort
that the QCGN has and continues to support.
Je suis vice-président du Quebec Community Group Network.
Aujourd’hui, je suis accompagné de Stephen Thompson,
spécialiste et directeur de la politique stratégique, de la
recherche et des affaires publiques.
We would like to thank Senator Chaput for continuing to
consult the QCGN as the representative of Canada’s English
linguistic minority communities, which we collectively refer to as
the English-speaking community of Quebec. Our community, as
you know, represents half of all Canadians living in an official
language minority community. We have a vested interest in
federal legislation or regulations that affect the Official
Languages Act.
Nous aimerions féliciter la sénatrice Chaput de continuer de
consulter le QCGN en tant qu’organisme représentant les
minorités de langue anglaise du Canada, que nous appelons
collectivement les communautés anglophones du Québec. Comme
vous le savez, notre communauté représente la moitié des
Canadiens qui vivent dans une communauté de langue officielle
en situation minoritaire. Nous avons un intérêt particulier à
l’égard des lois ou des règlements fédéraux qui ont des
répercussions sur la Loi sur les langues officielles.
The doctrine of linguistic duality and the language of the
constitution make clear the equality of French and English, our
two official languages. Although the right to communicate with
and to receive available services from the Government of Canada
in our official languages are bounded, it is the duty of government
to be constantly expanding those borders.
La doctrine de la dualité linguistique et le libellé de la
Constitution établissent clairement l’égalité du français et de
l’anglais, nos deux langues officielles. Même si le droit de
communiquer avec le gouvernement du Canada et d’en recevoir
les services dans notre langue officielle est restreint, le
gouvernement a le devoir de repousser constamment ces limites.
The vision of Bill S-205 is certainly to move the official
languages forward. This ambitious legislation seeks to ensure
equal quality of communications and services offered by federal
institutions in each official language and significantly alter the
way demand is determined in fulfilling Part IV obligations. It
would also move matters now dealt with in regulations into law,
providing a level of stability. More consultations would be held
with the official language minority communities, and both official
languages would be more present and available in the lives of the
travelling public.
La vision du projet de loi S-205 est certainement de faire
progresser les langues officielles. Ce projet de loi ambitieux vise à
garantir l’égalité de la qualité des communications et des services
offerts par les institutions fédérales dans les deux langues
officielles et à modifier de façon importante la façon dont la
demande est définie pour répondre aux obligations de la partie
IV. Il intégrerait également dans la loi des éléments actuellement
visés par le règlement, ce qui procurerait une certaine stabilité. On
mènerait plus de consultations auprès des communautés de langue
officielle en situation minoritaire, et les deux langues officielles
seraient davantage présentes et accessibles aux voyageurs.
8-12-2014
Langues officielles
9:31
The QCGN has supported iterations of Bill 205, which we view
as a natural and necessary evolution of the Official Languages
Act. The QCGN is most impressed with clause 5(2) of the bill,
which would significantly increase the public demand calculation
in Quebec.
Le QCGN a appuyé les différentes versions du projet de loi S205, qui à notre avis représente une évolution naturelle et
nécessaire de la Loi sur les langues officielles. Les membres du
QCGN sont très impressionnés par le paragraphe 5(2) du projet
de loi, car il augmenterait de façon importante le calcul de la
demande publique au Québec.
Metropolitan areas like the Saguenay, Quebec City and TroisRivières would see population demands grow from under
2 per cent of the majority community to 20, 36 and 28 per
respectively.
La demande de la population dans des régions métropolitaines
telles le Saguenay, la ville de Québec et Trois-Rivières passerait de
moins de 2 p. 100 de la communauté majoritaire à 20, 36 et
28 p. 100 respectivement.
The demand population for Ottawa-Gatineau would increase
from 17.3 per cent to 64 per cent. Our understanding of the
impact of clause 5(2) will not be complete until the committee
hears from the Treasury Board Secretariat, who is, coincidentally,
leading the post-decentennial census official language regulations
reapplication exercise.
La demande de la population de la région d’Ottawa-Gatineau
passerait de 17,3 p. 100 à 64 p. 100. Notre compréhension du
paragraphe 5(2) ne sera pas complète avant que le comité entende
le Secrétariat du Conseil du Trésor qui, par coïncidence, mène
l’exercice de révision post-décennal de l’application du Règlement
sur les langues officielles.
A purpose of the Official Languages Act is to ‘‘support the
development of English and French linguistic minority
communities; and advance the equal status and use of English
and French.’’ All parts must be reviewed and viewed as
interdependent.
L’une des raisons d’être de la Loi sur les langues officielles est
d’« appuyer le développement des minorités francophones et
anglophones et de faire progresser l’égalité du statut de
l’utilisation de l’anglais et du français. » Toutes les parties
doivent être examinées et considérées comme étant
interdépendantes.
We wonder, however, whether expanding the demand
population under Part IV of the act will dilute resources
targeted to fulfill Part VII obligations. Bill S-205 adds the
number of persons able to communicate in the minority, in
effect, bilingual Canadians to demand population calculus. But
current approaches to the Government of Canada’s commitments
under section 41 of the act focus only on the English and French
linguistic minority communities.
Toutefois, nous nous demandons si l’expansion de la demande
de la population en vertu de la partie IV de la loi diluera les
ressources ciblées pour remplir les obligations de la partie VII. Le
projet de loi S-205 ajoute le nombre de personnes en mesure de
communiquer dans la minorité, c’est-à-dire les Canadiens
bilingues, au calcul de la demande de la population. Toutefois,
les approches actuelles liées aux engagements du gouvernement
du Canada en vertu de l’article 41 de la loi visent seulement les
communautés francophones et anglophones en situation
minoritaire.
The definition of those communities — how their membership
is determined — is a matter of regulation. Are there risks
associated with weaving Part VII concepts into Part IV of the act?
Can we have our cake and eat it, too?
La définition de ces communautés — la façon dont on
détermine leur composition — dépend des règlements.
L’intégration des notions de la partie VII dans la partie IV de
la loi pose-t-elle des risques? Pouvons-nous avoir le beurre et
l’argent du beurre?
We also note evolution in how federal services are delivered to
Canadians. Direct over-the-counter services are becoming much
less common as Canadians choose to access services by phone or
online. It is much easier to provide service of equal quality in both
official languages in this way, but it does dilute regional and local
contact and context and makes interfacing with the federal
government much more of an individual experience. The
consultative mechanisms that Bill S-205 would weave into
Part IV will be affected by this individual approach to service
delivery.
Nous remarquons également l’évolution de la façon dont les
services fédéraux sont offerts aux Canadiens. Les services offerts
directement au comptoir sont de moins en moins communs à
mesure que les Canadiens choisissent d’avoir accès aux services
par téléphone ou en ligne. Il est beaucoup plus facile de fournir
des services de qualité égale dans les deux langues officielles de
cette façon, mais cela dilue le contact et le contexte régional et
l’interaction avec le gouvernement fédéral devient une expérience
beaucoup plus individuelle. Les mécanismes de consultation que
le projet de loi S-205 intégrera à la partie IV seront touchés par
cette approche individuelle de la prestation des services.
Finally, we are concerned about the political risk that could
accompany Bill S-205’s implementation in Quebec. Again, we
defer to the experts in the Treasury Board Secretariat; however,
Enfin, nous sommes préoccupés par le risque politique que
pourrait poser la mise en œuvre du projet de loi S-205 au
Québec. Encore une fois, nous nous en remettons aux experts du
9:32
Official Languages
8-12-2014
we do not think that the bill would have significant impact in
Quebec. Optics, however, are another matter. Would it be
tempting to territorialize the bill’s effects?
Secrétariat du Conseil du Trésor. Toutefois, nous ne croyons pas
que le projet de loi aurait des répercussions importantes au
Québec. Mais c’est différent en ce qui concerne la perception.
Sera-t-on tenté de territorialiser les répercussions du projet de loi?
Senators, the QCGN is pleased to support legislation that
enhances our section 20 constitutional language rights and
welcomes opportunities to improve Canada’s Official Languages
Act.
Mesdames et messieurs les sénateurs, le QCGN est heureux
d’appuyer un projet de loi qui améliore nos droits linguistiques
constitutionnels conférés par l’article 20, et il accueille à bras
ouverts les occasions d’améliorer la Loi sur les langues officielles
du Canada.
The Chair: Thank you very much, Mr. Shea.
Le président : Merci beaucoup, monsieur Shea.
Senator Charette-Poulin: Thank you, Mr. Shea and
Mr. Thompson, for appearing before the committee. It is
interesting how your presentation reminds us, Mr. Shea, that
the story of official bilingualism is a story of its own in every area
of the country, so that the implementation of changes to the
Official Languages Act would be implemented probably in a very
different way in different parts of the country.
La sénatrice Charette-Poulin : Merci, monsieur Shea, et merci,
monsieur Thompson, de comparaître devant le comité. Monsieur
Shea, il est intéressant de noter à quel point votre exposé nous
rappelle que l’histoire du bilinguisme officiel a sa propre version
dans chaque région du pays, et que la mise en œuvre des
modifications apportées à la Loi sur les langues officielles
s’effectuera probablement de façon très différente dans chacune
de ces régions.
You gave numbers as an example of benefits for the bill, for the
English-speaking community in Quebec. Could you give me an
example of the service delivery that would be improved?
Vous avez cité des chiffres pour illustrer les avantages du projet
de loi pour la communauté anglophone du Québec. Pourriez-vous
me donner un exemple de la façon dont la prestation des services
serait améliorée?
Mr. Shea: I’m going to defer to Mr. Thompson on that one.
I’m not trying to duck the question, but I have approached this
from another mindset with respect to languages, and my
background, obviously, being in education, is more from that
perspective than from the service delivery perspective. I will leave
it to you, sir.
M. Shea : Je vais demander à M. Thompson de répondre à
cette question. Je n’essaie pas d’éviter la question, mais j’ai adopté
une approche différente en ce qui concerne les langues, car mes
antécédents sont manifestement dans le domaine de l’éducation,
et mon point de vue est davantage lié à ce domaine qu’à la
prestation des services. Je m’en remets donc à vous, monsieur.
Stephen D. Thompson, Director, Policy, Research and Public
Affairs, Quebec Community Groups Network: The majority of our
population lives in the census metropolitan areas, or CMAs, well
over 90 per cent, and we work very closely with Service Canada,
that does an excellent job consulting with the QCGN and the
community for delivery of services to Canadians through the
QCGN. We continue to be involved with the Treasury Board
Secretariat in the current exercise.
Stephen D. Thompson, directeur de la politique stratégique, de la
recherche et des affaires publiques, Quebec Community Groups
Network : La majorité de notre population, c’est-à-dire plus de
90 p. 100, habite dans les régions métropolitaines de recensement,
ou les RMR, et nous collaborons très étroitement avec Service
Canada, qui fait un excellent travail en ce qui concerne les
consultations auprès du QCGN et la communauté pour la
prestation de services aux Canadiens par l’entremise du QCGN.
Nous continuons de travailler avec le Secrétariat du Conseil du
Trésor dans l’exercice actuel.
We think that the bill would be relatively neutral for most
English-speaking Quebecers in terms of its effect. The only two
communities where there could be an increase in service would be
the Saguenay and the Trois-Rivières regions.
Nous pensons que les effets du projet de loi seraient
relativement neutres pour la plupart des Québécois
anglophones. Les deux seules communautés qui profiteraient
d’une augmentation des services offerts seraient celles du
Saguenay et de Trois-Rivières.
Senator Charette-Poulin: Those are important regions also.
La sénatrice Charette-Poulin : Ce sont également des régions
importantes.
Mr. Thompson: They are.
Senator Charette-Poulin: But you are supporting the bill.
Mr. Thompson: Of course.
Senator Charette-Poulin: Because we discussed with the earlier
panel the principle that it rests upon.
M. Thompson : Oui.
La sénatrice Charette-Poulin : Mais vous appuyez le projet de
loi.
M. Thompson : Bien sûr.
La sénatrice Charette-Poulin : Parce que nous avons discuté de
son principe fondamental avec les témoins du groupe précédent.
8-12-2014
Langues officielles
9:33
In your experience, and we were speaking privately, Mr. Shea,
of your experience with Parents for French, how do you see this
bill being of support to organizations other than your own?
Selon votre expérience — et nous avons parlé en privé,
monsieur Shea, de votre expérience avec l’organisme Parents for
French —, comment le projet de loi appuierait-il les autres
organismes?
Mr. Shea: I guess I see it from a perspective of a greater
proportion of our community moving towards bilingualism, and
choosing to, as opposed to needing to, request a service in one
language or another, but choosing to request that service in one
language or another, which is our right, and I find that more, in a
sense, are choosing to make that distinction.
M. Shea : Je présume que je vois les choses selon la perspective
qu’une plus grande partie des membres de notre communauté se
dirigent vers le bilinguisme, car ils choisissent — au lieu d’y être
obligés — de demander un service dans une langue ou une autre.
C’est notre droit, et je trouve qu’un plus grand nombre de
personnes choisissent de faire cette distinction.
As an English speaker who is learning to speak and use French,
one sometimes wishes to use that option to seek the service in the
French language in a sense to improve one’s ability to
communicate and understand. It is not a necessity, but it is
more of an expressed opportunity to be able to do that.
Un anglophone qui apprend à utiliser le français souhaite
parfois pouvoir demander le service en français, afin d’améliorer
sa capacité de communiquer dans cette langue et de la
comprendre. Ce n’est pas nécessaire, mais on souhaite avoir
cette occasion.
Obviously, a place to do it would be within the context of
federal institutions because, indeed, they’re required to respond.
One might indicate that if one is posing a question en français and
the recipient or the person at the desk providing the service senses
that they may want to speak English, well, the reality is if one
addresses the situation en français the person should respond en
français, even if the français is not as impeccable as the person
receiving the service might want it to be.
Manifestement, le contexte des institutions fédérales est un bon
endroit pour profiter de ce genre d’occasion, puisque ces
institutions doivent répondre à cette demande. On pourrait faire
valoir que si une personne pose une question en français et que
l’employé au comptoir donne l’impression de souhaiter parler en
anglais, eh bien, la réalité, c’est que si une personne s’exprime en
français dans une situation, l’autre personne devrait répondre en
français, même si le français n’est pas aussi impeccable que le
souhaiterait la personne qui reçoit le service.
Senator Wells: You noted near the end of your presentation,
Mr. Shea, and the question can be for whoever is more
appropriate for the response, that you are concerned about the
political risk that accompanies the implementation of Bill S-205
in Quebec. I go now to the legislative summary of Bill S-205, and
essentially, it is to clarify the duties of the federal government in
relation to Part IV, which deals with communications with and
services to the public; and Part VI, which deals with areas such as
consultations and proposed regulation.
Le sénateur Wells : Vers la fin de votre exposé, monsieur Shea,
vous avez indiqué — et la question peut être posée à la personne
la mieux placée pour répondre — que vous êtes préoccupé par le
risque politique qui accompagne la mise en œuvre du projet de
loi S-205 au Québec. Je me réfère au résumé législatif du projet de
loi S-205 et, essentiellement, il vise à préciser les obligations du
gouvernement fédéral relativement à la partie IV, qui concerne les
communications avec la population et les services qui lui sont
offerts, ainsi qu’à la partie VI, qui concerne des domaines comme
les consultations et les règlements proposés.
What do you see as the risk that could be there, in particular
for Quebec, but for other parts of Canada as well?
À votre avis, quel risque cela pourrait-il poser, surtout pour le
Québec, mais également pour d’autres régions du Canada?
Mr. Thompson: The fundamental change in the regulation or
the law, that the law is proposing as opposed to regulation — and
our understanding of this is slightly different than the previous
witnesses — is that, right now, a significant demand is calculated
on the first official language spoken. It is not a mother tongue
calculation; it is a first official language spoken calculation,
section 4 of the regulation for the Official Languages Act.
M. Thompson : Le changement fondamental dans le règlement
ou dans la loi, que la loi propose au lieu du règlement — et nous
comprenons cela un peu différemment que les témoins
précédents —, c’est qu’en ce moment, une demande importante
est calculée selon la première langue officielle parlée. En effet,
dans l’article 4 du Règlement de la Loi sur les langues officielles,
on ne retrouve pas un calcul fondé sur la langue maternelle, mais
un calcul fondé sur la première langue officielle parlée.
Census Canada counts this and has for a number of years. If
you go to the current census and the community profile, you can
pull up the language profile in that community. It gives you a
figure, and it gives you a percentage of that community, and the
current regulations are 5,000 and 5 per cent.
Recensement Canada effectue ce comptage depuis plusieurs
années. Si vous consultez le recensement actuel et un profil de
collectivité, vous pouvez extraire son profil linguistique. Vous
obtiendrez un chiffre et un pourcentage de cette collectivité, et
selon le règlement en vigueur, il faut 5 000 et 5 p. 100.
That’s the way it is done right now. What this legislation
proposes is to count people who can speak the official language.
C’est la procédure actuelle. Le projet de loi propose plutôt de
compter les gens qui peuvent parler la langue officielle.
9:34
Official Languages
8-12-2014
The highest rates of bilingualism in the country are found in
Quebec. It’s the highest bilingual anglophone cohort, and it
shouldn’t be surprising in Quebec, because it is a minority
language in Canada, that there is a very high level of francophone
bilingualism in Canada.
Les taux de bilinguisme les plus élevés au pays se trouvent au
Québec. C’est la cohorte anglophone bilingue la plus nombreuse,
et cela ne devrait pas être surprenant au Québec, car c’est une
langue minoritaire au Canada, qu’il y ait un taux de bilinguisme
très élevé chez les francophones du Canada.
We understand where other communities would have an
interest, and it might be politically feasible to count the number
of Canadians who speak French as part of a francophone
community outside of Quebec.
Nous comprenons pourquoi les autres communautés seraient
intéressées, et il pourrait être possible, sur le plan politique, de
compter le nombre de Canadiens qui parlent français et qui font
partie d’une communauté francophone à l’extérieur du Québec.
Would it be possible to count French-speaking Quebecers as
English speakers for the purposes of the provision of services in
Part IV of the Official Languages Act? That’s the political risk.
You saw the numbers we quoted tonight, which raises the
population of Gatineau, for example, from 17 per cent to
60 per cent. Imagine Saguenay waking up tomorrow and
finding out that 30 per cent of it is anglophone; there might be
some confusion.
Serait-il possible de compter les Québécois francophones
comme anglophones pour la prestation de services en vertu de
la partie IV de la Loi sur les langues officielles? C’est le risque
politique. Vous avez entendu les nombres que nous avons cités
aujourd’hui, et qui augmentent la proportion de la population de
Gatineau, par exemple, de 17 à 60 p. 100. Imaginez que les
habitants du Saguenay apprennent, du jour au lendemain, que
30 p. 100 de la population est anglophone. Cela pourrait créer
une certaine confusion.
How that would be worked out and how that would play out
on the ground might pose some political risk.
La façon dont cette mesure serait mise en œuvre et la façon
dont elle serait concrétisée pourraient poser un certain risque sur
le plan politique.
Senator Wells: Thank you. One more question, if I may,
madam chair.
Le sénateur Wells : Merci. J’aimerais poser une autre question,
si vous me le permettez, madame la présidente.
The Chair: Is it on the same topic?
La présidente : Est-ce sur le même sujet?
Senator Poirier: I can ask mine afterwards.
La sénatrice Poirier : Je peux poser ma question ensuite.
The Chair: Please go ahead, then, Senator Wells.
La présidente : Dans ce cas, allez-y, sénateur Wells.
Senator Wells: Thank you very much. Does the QCGN have an
opinion on how changes to the Official Languages Act might be
better effected? Again, later in your introductory comments, you
talked not specifically about Bill S-205 but in general about how
changes to the Official Languages Act might be done.
Le sénateur Wells : Merci beaucoup. Les membres du QCGN
ont-ils un avis sur la façon dont les modifications à la Loi sur les
langues officielles pourraient être plus efficaces? Encore une fois,
plus loin dans votre exposé, vous n’avez pas parlé du projet de
loi S-205 en termes précis, mais en général, de la façon dont les
changements à la Loi sur les langues officielles pouvaient être
effectués.
Mr. Thompson: With regard to the way that Bill S-205 is being
presented as a private member’s bill, private members’ bills have
affected the Official Languages Act in the past. Last year or the
year before, we saw the — I can’t remember. We supported it and
testified on it, the private member’s bill in the house for the agents
of Parliament bill. We supported that. It was a private member’s
bill, but it had all-party support and it made its way through the
house and then, of course, it became law.
M. Thompson : Le projet de loi S-205 est un projet de loi
d’initiative parlementaire, et les projets de loi d’initiative
parlementaire ont déjà eu des répercussions sur la Loi sur les
langues officielles. L’an dernier ou l’année précédente, nous avons
vu le... Je n’arrive pas à m’en souvenir. Nous avons appuyé le
projet de loi d’initiative parlementaire à la Chambre et nous avons
témoigné à son sujet pour les hauts fonctionnaires du Parlement.
Nous l’avons appuyé. C’était un projet de loi d’initiative
parlementaire, mais il avait l’appui de tous les partis et il s’est
rendu jusqu’à la Chambre et ensuite, évidemment, il est devenu
une loi.
We think that official language is one of those core Canadian
aspects where I think you always want to guarantee success. I
don’t think it’s in anybody’s best interest not to have an official
languages project not meet with success. You don’t want to build
expectations and then let those expectations down.
Nous pensons que les langues officielles représentent l’un des
éléments centraux du Canada dont on veut toujours garantir la
réussite. Je ne crois pas que l’échec d’un projet de loi sur les
langues officielles profitera à qui que ce soit. On ne veut pas créer
des attentes pour ensuite décevoir les gens.
8-12-2014
Langues officielles
9:35
So we would think that any amendment to the Official
Languages Act, no matter where it came from, should always be
done in a way that garners as much support as possible, and in
that way guarantee or give it as much chance as possible for
success.
Nous pensons donc que toutes les modifications à la Loi sur les
langues officielles, peu importe leur origine, devraient toujours
être présentées de façon à obtenir le plus grand appui possible,
afin de garantir leur réussite ou de leur donner toutes les chances
de réussir.
The other thing we would observe in Bill S-205 is that the
changes to Part IV of the act — and at least in Quebec, as we’ve
seen with the numbers we’ve presented tonight, and we expect it
would be the same in the rest of the country — it appears will
incur a greater draw on government resources to provide an
expenditure of resources. So maybe bills that require that kind of
commitment may be better originated in the house. Those would
be our observations on the legislation.
L’autre observation que nous aimerions formuler au sujet du
projet de loi S-205, c’est que les modifications à la partie IV de la
loi — du moins au Québec, comme nous l’avons constaté grâce
aux données que nous avons présentées aujourd’hui, et nous
pensons que c’est la même chose dans le reste du pays — semblent
exiger l’utilisation d’un plus grand nombre de ressources
gouvernementales pour fournir ces ressources. Il serait peut-être
préférable que les projets de loi qui exigent ce type d’engagement
soient présentés par la Chambre. Ce sont nos observations sur le
projet de loi.
Senator Poirier: My question is following some of the
comments that you were making to Senator Wells’ question on
the potential risks.
La sénatrice Poirier : Ma question fait suite à certains des
commentaires que vous avez formulés en réponse à la question du
sénateur Wells sur les risques potentiels.
I guess I have more of a comment than a question, but being
from New Brunswick, an official bilingual province, we dealt with
something similar to the risks you were just describing a little
while ago, where the government of the day, quite a few years
ago, made a decision that all municipalities in New Brunswick,
whether francophone or anglophone, if they had a certain
percentage of people living within their municipality that was in
the minority group but was over a certain percentage, they had to
suddenly make sure that everything they did was translated and
made available to the two communities.
Je présume que ma question est plutôt un commentaire, mais
étant donné que je viens du Nouveau-Brunswick, une province
officiellement bilingue, nous avons été confrontés à un risque
similaire à celui que vous venez de décrire, c’est-à-dire qu’il y a
quelques années, le gouvernement de l’époque a décidé que toutes
les municipalités du Nouveau-Brunswick, qu’elles soient
francophones ou anglophones, devaient soudainement veiller à
ce que toutes leurs activités soient traduites et offertes aux deux
communautés si un certain pourcentage de leur population faisait
partie du groupe minoritaire — il y avait un pourcentage minimal.
I remember specifically in one community not far from where I
live, which was an anglophone community in this section here,
where the mayor and all the council members were anglophone
and a good percentage of the community was anglophone, they
had never had any request from the public in general to have
everything translated. They fell within that fine line where they
had to have everything translated, and the risk was that it created
a financial burden because they didn’t have the manpower or the
finances to be able to go back and translate all the bylaws and
everything they had. I remember at the time the provincial
government had to come in and help by providing the money for
them, and they had to hire personnel to be able to do it.
Pas tellement loin de chez moi, il y a une localité dont le maire,
tous les conseillers ainsi qu’une bonne partie de la population
étaient anglophones. Personne n’avait jamais demandé que tout
soit traduit. Cette localité s’est retrouvée juste au- delà de la ligne
de démarcation de telle sorte qu’elle a dû assumer un fardeau
important, car elle ne disposait pas des ressources humaines et
financières nécessaires pour faire traduire ses arrêtés municipaux
et tous les autres documents requis. Je me rappelle que le
gouvernement provincial a alors dû intervenir pour aider
financièrement la municipalité afin qu’elle puisse embaucher le
personnel nécessaire à cette fin.
At the time, it caused certain communities — not all —
frustration because they felt there never was the need or the
demand from the community because of the number there being
more anglophone, they felt they were forced into doing that.
La situation était frustrante pour certaines localités — pas
toutes — qui ont dû composer avec cette obligation en sachant
qu’il n’y avait jamais eu de besoin ou de demande au sein de la
communauté, celle-ci étant majoritairement anglophone.
Mr. Shea, when you spoke earlier, even though you believe the
bill is going in the right direction, you also feel that in Quebec
there could be some risk of having the ability to be able to
implement this, and it’s probably again due to the financial
aspect. I just wanted to make note of that; there are challenges
when something like this arises. It doesn’t mean it’s good or bad;
Monsieur Shea, vous avez indiqué tout à l’heure que vous
estimiez que ce projet de loi est un pas dans la bonne direction
tout en exprimant des craintes quant à la capacité pour le Québec
de mettre en œuvre ces dispositions, sans doute encore une fois en
raison de considérations financières. Je voulais simplement
souligner que des mesures semblables peuvent parfois entraîner
9:36
Official Languages
it just means there are challenges and risks, and we need to look at
the big picture. I just wanted to put that on the record.
The Chair: Do you wish to comment?
8-12-2014
certaines difficultés. Ces mesures peuvent être valables ou non,
mais il faut considérer le portrait d’ensemble en n’ignorant pas
qu’il y aura des écueils et des risques. C’est simplement une
observation que je voulais faire.
La présidente : Des commentaires?
Mr. Shea: There is the acknowledgment that we come from a
province where there was significant provincial legislation with
respect to languages that we have to live with, adhere to and
respect. Sometimes we have to determine which hat we’re
wearing, depending on which body we’re addressing with
respect to language rights and language usage.
M. Shea : Il faut reconnaître que nous vivons dans une
province qui a légiféré de façon assez pointue en matière
linguistique et que nous devons vivre avec cette loi, y adhérer et
la respecter. Nous devons parfois choisir quel chapeau porter
selon l’instance à laquelle nous nous adressons pour discuter des
enjeux et des droits linguistiques.
In this case here, we have to truly determine that it’s with
respect to federal services that we’re entitled to. Sometimes that’s
not necessarily clear from the service that one is requesting
because we’re requesting it from government, for example, and
which jurisdiction is it in? I guess sometimes we have to remind
ourselves as to which jurisdiction that’s coming from.
Il faut qu’il soit bien clair que nous parlons ici des services
fédéraux auxquels nous avons droit. Lorsque nous avons recours
à des services publics, il arrive que nous ne sachions pas
exactement à quel gouvernement nous avons affaire. Il est
parfois bon de se poser la question.
Senator McIntyre: Gentlemen, thank you for your
presentations. I know that your non-profit organization was
founded in 1994. My understanding is that it’s made up of 41
English-language community groups from across Quebec.
Le sénateur McIntyre : Messieurs, je vous remercie pour vos
exposés. Votre organisation sans but lucratif fondée en 1994
réunit 41 groupes communautaires anglophones de toutes les
régions du Québec.
In your support of Bill S-205, do you have the unanimous
support of those community groups, or is it just partial support?
Jouissez-vous d’un soutien unanime de ces groupes pour
appuyer le projet de loi S-205, ou est-ce seulement partiel?
Mr. Shea: I’m going to address it from a regional perspective
because I also happen to be president of a regional association,
and it’s dependent, I would imagine, on where the regional
association lies. But I can tell you from my perspective that at the
regional association, there truly is support for it.
M. Shea : Comme je suis également président d’une
association régionale, c’est dans cette perspective-là que je vais
vous répondre. J’imagine que cela peut varier d’une région à
l’autre, mais je peux vous assurer que les membres de mon
association y sont vraiment favorables.
With respect to our membership, it’s growing. I happen to
chair the membership committee, so we have significant interest in
growing and expanding our membership. We find that the
membership is growing because QCGN appears to be and is the
body that the regional associations are coming to as a conduit.
Je préside aussi le comité responsable des adhésions et nous ne
ménageons pas les efforts pour accueillir de nouveaux membres.
Nous notons d’ailleurs une croissance à ce chapitre, car le QCGN
est perçu à juste titre comme l’instrument le plus à même de
canaliser les énergies des associations régionales.
I’m not sure if you used the word ‘‘unanimous’’ or not. It’s
difficult to say ‘‘unanimous’’ with respect to regional associations
because everyone has their own distinct flavour and application.
But from the point of view of the English-speaking communities’
network, there’s very strong support for our presentation.
Je ne sais plus si vous avez parlé d’un soutien unanime. Il est
difficile d’obtenir l’unanimité des associations régionales, car
chacune d’elles a son caractère distinct dans la réalité des choses.
Mais je peux vous assurer que le réseau des communautés
anglophones soutient sans réserve notre prise de position.
Senator McIntyre: You would have majority support?
Le sénateur McIntyre : Vous avez donc l’appui de la majorité?
Mr. Shea: Yes.
M. Shea : Oui.
Senator McIntyre: Mr. Thompson, do you wish to add
anything?
Le sénateur McIntyre : Monsieur Thompson, vous avez
quelque chose à ajouter?
Mr. Thompson: The vice-president is absolutely correct. I think
specifically for this bill, there’s absolute consensus in the
membership around this, simply because this is the latest in an
iteration of efforts by Senator Chaput. When these bills first
started, we had direct consultation with our members and
developed our initial position on the bills. Our membership is
updated weekly — on our activities, quarterly, and network news.
M. Thompson : Notre vice-président a tout à fait raison.
Comme ce projet de loi est le fruit des plus récents efforts de la
sénatrice Chaput, je peux vous garantir qu’il y a vraiment
consensus au sein de nos membres. En effet, lorsque les premiers
projets de loi en ce sens ont été présentés, nous les avons consultés
directement afin d’établir notre position de départ. Nos membres
sont tenus au fait de nos activités chaque semaine et reçoivent des
8-12-2014
Langues officielles
9:37
There have been resolutions passed at AGMs around the
principles that we stand on. That’s how the vice-president can
say, yes, there is consensus on support of our position.
nouvelles du réseau tous les trimestres. Nos assemblées générales
ont permis d’adopter des résolutions concernant les principes que
nous défendons. C’est ainsi que notre vice-président peut affirmer
qu’il y a consensus en faveur de notre position.
Senator Chaput: Bill S-205’s intent is to modify Part IV, and
Part IV is communications and services to the public from federal
offices. How many federal offices are there across Quebec?
La sénatrice Chaput : Le projet de loi S-205 vise à modifier la
partie IV de la loi qui porte sur les communications et les services
au public dans les établissements fédéraux. Combien y a-t-il de
bureaux fédéraux au Québec?
Mr. Thompson: I don’t know.
M. Thompson : Je l’ignore.
Senator Chaput: How many of those federal offices already
offer services in English? Do you have an idea?
La sénatrice Chaput : Combien de ces bureaux fédéraux offrent
déjà des services en anglais? En avez-vous une idée?
Mr. Thompson: I could find out. There’s a database called
Burolis. It’s easy to search. I looked at it in preparation for this,
and we looked at it during our work with Treasury Board. We are
very comfortable with the number of points of service that are
offering bilingual services.
M. Thompson : Je pourrais vérifier. Il est très facile de faire des
recherches dans la base de données Burolis. Je l’ai consultée pour
préparer ma comparution d’aujourd’hui, et nous l’avons aussi
utilisée pour notre travail auprès du Conseil du Trésor. Nous
sommes très satisfaits du nombre de points de service offrant des
services bilingues.
Senator Chaput: I have the numbers in my office but not with
me. However, from what we found on Burolis, most federal
offices in Quebec already offer services in English and French,
most of them. There are very few that do not. You don’t have the
numbers; I don’t have the numbers, but I’ve read about that.
La sénatrice Chaput : J’ai les chiffres en question dans mon
bureau, mais je ne les ai pas avec moi. Quoi qu’il en soit, d’après
ce que nous avons pu trouver sur Burolis, la plupart des bureaux
fédéraux au Québec offrent déjà des services dans les deux langues
officielles. Il y en a très peu qui ne le font pas. Vous n’avez pas les
chiffres; je ne les ai pas non plus, mais c’est ce que j’ai pu lire.
You will never lose your language because the English
language is everywhere, right? But francophones outside of
Quebec — because of many factors that are out of their reach;
there’s nothing they can do about it — could lose their language if
they don’t get the services to be able to live in French in their
province; is that right?
Je pense que vous pouvez convenir avec moi que vous ne
perdrez jamais votre langue, car l’anglais est omniprésent. En
raison de nombreux facteurs qui ne relèvent de leur contrôle, les
francophones hors Québec pourraient toutefois perdre la leur s’ils
n’ont pas accès aux services leur permettant de vivre en français
dans leur province. Vous êtes d’accord?
Mr. Thompson: I would completely agree with the premise
around the francophone-minority communities. I would,
however, point out that although there is no danger that we
will — I don’t think English is going anywhere any time soon.
There are communities in Quebec, English communities, that are
lost, that were there that are no longer there. They no longer exist,
so communities do disappear.
M. Thompson : Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous
dites concernant la minorité francophone. En revanche, si ce n’est
effectivement pas de sitôt que nous risquons de perdre notre
langue, il y a des communautés anglophones au Québec qui
disparaissent, qui cessent tout simplement d’exister. C’est donc un
risque bien réel.
Senator Chaput: Would you call this, then, the vitality of a
community?
La sénatrice Chaput : Ce serait alors attribuable à la vitalité de
la communauté?
Mr. Thompson: The vitality of the community is a term, as
Senator Wells alluded to earlier, not defined in law. It’s defined in
practice. It has to do with a certain amount of community
infrastructure and control over that infrastructure, the ability of a
community to renew, manage and lead itself.
M. Thompson : Comme le soulignait tout à l’heure le sénateur
Wells, le concept de vitalité d’une communauté n’est pas défini
dans la loi, mais bien dans la pratique. La vitalité est fonction du
contrôle qu’exerce la communauté sur une quantité significative
d’infrastructures locales, et de sa capacité à se renouveler et à
gérer ses propres affaires.
Senator Chaput: We’ve known each other for quite a few years
and I’m always very honest and so are you. What I’m trying to
understand is this political fallout you addressed, because most
federal offices across Quebec already offer services in English and
French. That I know. It’s unfortunate I don’t have the figures, but
I know. So even if many Quebecers are bilingual and speak
English and French, what’s the political fallout there?
La sénatrice Chaput : Nous nous connaissons tous les deux
depuis bon nombre d’années. Je suis toujours très honnête avec
vous, et vous l’êtes également. J’ai du mal à comprendre ce risque
de répercussions politiques dont vous avez parlé quand on sait
que la plupart des bureaux fédéraux au Québec offrent déjà des
services dans les deux langues officielles. Il est dommage que je
n’aie pas ces chiffres en main, mais c’est tout de même une chose
9:38
Official Languages
8-12-2014
dont je suis certaine. Alors, même en sachant que de nombreux
Québécois sont bilingues, quelles seraient donc ces répercussions
politiques?
Mr. Thompson: Our brief made quite clear, senator, that we
don’t think that the bill would have significant impact in Quebec.
Optics, however, is a different matter. All we’re suggesting —
we’re not warning or anything — all we’re bringing up is what is
the headline going to be when the federal government’s
calculation for the provision of those services that I absolutely
agree are already available, are already there? The English/French
signs are already there. What’s the headline going to be in Quebec
when the calculation of the little blue and white signs goes from
5,000 and 5 per cent to language understood, and Saguenay
overnight goes from 1.4 per cent to 20 per cent? There is a
political risk associated with that that, as you know, ma’am, as an
experienced politician, has very little to do with reality.
Senator Chaput: Thank you. I understand.
[Translation]
M. Thompson : Sénatrice, nous avons indiqué très clairement
dans notre mémoire que nous ne pensons pas que ce projet de loi
aura beaucoup d’impact au Québec. Les perceptions sont
toutefois une chose différente. Sans vouloir vous servir un
avertissement ou quoi que ce soit de la sorte, nous vous
invitons à vous demander quels seront les grands titres quand le
gouvernement fédéral appliquera sa méthode de calcul pour
l’offre de ces services qui, j’en conviens tout à fait avec vous, sont
déjà accessibles. Les affichettes Français/English sont déjà là.
Quelles seront les manchettes au Québec lorsque le calcul pour ces
affichettes bleues et blanches délaissera les seuils actuels de 5 000
et 5 p. 100 pour appliquer le critère de la compréhension de la
langue, et que la ville de Saguenay passera du jour au lendemain
d’une proportion de 1,4 p. 100 à un taux de 20 p. 100? Un tel
changement est assorti d’un risque politique qui n’a pas grandchose à voir avec la réalité comme vous le savez pertinemment,
madame la sénatrice, vu votre riche expérience politique.
La sénatrice Chaput : Je comprends. Merci
[Français]
Senator Maltais: Mr. Shea, Mr. Thompson, I would like to
thank you for being here today. I particularly appreciated the
content of your discussions and your brief, as well as your
extensive knowledge of the linguistic debates in Quebec.
Le sénateur Maltais : Monsieur Shea, monsieur Thompson, je
vous remercie beaucoup de votre présence parmi nous. J’ai
particulièrement apprécié la teneur de vos discussions et de votre
mémoire, ainsi que votre fine connaissance des débats
linguistiques au Québec.
I imagine that you are well aware that, as soon as Bill S-205 is
adopted, it will inevitably be challenged before the courts in
Quebec. The Province of Quebec has full jurisdiction when it
comes to language policy, and the federal government cannot
impose its legislation.
J’imagine que vous savez fort bien que, aussitôt le projet de
loi S-205 adopté, il sera inévitablement contesté devant les
tribunaux au Québec. La province de Québec a pleine
juridiction en matière de politique linguistique, ainsi, le
gouvernement fédéral ne peut imposer sa loi.
In the Saguenay-Lac-Saint-Jean region, be it at the Bagotville
base, the labour centre or the Service Canada office, services are
provided in both languages, but there’s a difference between that
and ordering them to do so. That would be akin to dropping an
atomic bomb.
Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, que ce soit à la
base de Bagotville, au Centre de la main-d’œuvre ou chez Service
Canada, les services sont offerts dans les deux langues, mais de là
à les imposer, il y a une marge. Cela aurait l’effet d’une bombe
atomique.
I represent the Shawinigan Senate division, which includes
Trois-Rivières. Trois-Rivières has a Royal Canadian Navy
school. Shawinigan also has a regiment of 800 cadets. As
unlikely as it may seem, most of the members of the command
post are from Montreal. These people are anglophones who
agreed to move to predominantly French-speaking regions. I
interact with them regularly, and I have never heard them
complain.
Je représente le district sénatorial de Shawinigan qui comprend
la ville de Trois-Rivières. À Trois-Rivières, nous avons une école
de la marine royale. Nous avons également un régiment à
Shawinigan, qui compte 800 cadets. Aussi invraisemblable que
cela puisse paraître, la majorité des membres du poste de
commandement proviennent de Montréal. Ce sont des
anglophones qui ont accepté de venir vivre dans des régions
majoritairement francophones. Je les côtoie régulièrement et je
n’ai jamais entendu de plaintes de leur part.
I completely agree with Senator Chaput about wanting to
protect the linguistic duality of her region, but having been
involved in every fight since Bill 63, I assure you that it will be
disastrous in Quebec. You mentioned it, and you are aware of it.
Je donne tout à fait raison à la sénatrice Chaput de vouloir
protéger la dualité linguistique dans sa région, mais ayant été de
tous les combats depuis le projet de loi 63, je vous assure qu’il
aura l’effet d’une bombe au Québec. Vous l’avez mentionné, vous
en êtes conscients.
8-12-2014
Langues officielles
9:39
The Government of Quebec decided to legislate on its official
language by agreeing to protect the anglophone minority. I will
give you a very real example because you are a Montrealer.
Defenders of the English language are too often from Montreal. I
will tell you why. People who do not come from Montreal have
the impression that there are no problems with the English
language.
Le gouvernement du Québec a décidé de légiférer sur sa langue
officielle en acceptant de protéger la minorité anglophone. Je vais
donner un exemple bien concret, parce que vous êtes Montréalais.
Les défenseurs de la langue anglaise proviennent trop souvent
de Montréal. Je vais vous dire pourquoi. On a l’impression qu’il
n’y a pas de problème de langue anglaise si on ne vient pas de
Montréal.
On the lower north shore, which I am sure you are familiar
with, there are dozens of fully English-speaking villages where
neither the federal government nor the provincial government
provides services in French; no one has ever complained about
that.
Sur la Basse-Côte-Nord, que vous connaissez sans doute, on
retrouve une dizaine de villages totalement anglophones où ni le
gouvernement fédéral ni le gouvernement provincial n’offrent de
services en français; personne ne s’est jamais plaint de cela.
In Labrador, English is a second language for the aboriginal
communities. All of their services are provided in English, and
they are not deprived of any services.
Au Labrador, les communautés autochtones ont l’anglais
comme deuxième langue; tous les services leur sont offerts en
anglais, ils ne sont privés d’aucun service.
If the francophone minorities outside Quebec were protected
under Bill 86, I think they would be very happy. What do you
think?
Si les minorités francophones hors Québec bénéficiaient de la
protection de la loi 86, je crois qu’elles seraient très heureuses.
Qu’en pensez-vous?
[English]
[Traduction]
Mr. Shea: I don’t come from Montreal.
M. Shea : Je ne suis pas de Montréal.
Mr. Thompson: I’m not sure where to start.
M. Thompson : Je ne sais pas trop par où débuter.
Mr. Shea: Let me start. The perception that all bright people in
Quebec come from Montreal, I would dispel that a little bit
because I come from the Pontiac, where indeed you have similar
influences, and in this case, of course, the influence is the province
of Ontario and the border and the Ottawa River. So the issue of
communities disappearing, it’s truly not going to happen,
certainly in the Outaouais area.
M. Shea : Permettez-moi de commencer. J’aimerais d’abord
rétablir un peu les faits. On n’a pas raison de croire au Québec que
tous les gens brillants viennent de Montréal. Ainsi, je suis moimême du Pontiac, une région soumise à des influences similaires
du fait de sa proximité avec la rivière des Outaouais et l’Ontario.
Le risque de voir une communauté disparaître n’est donc pas
vraiment très élevé dans une région comme l’Outaouais.
So the commentary from me, it’s pretty well personal in the
sense that families, communities become intertwined now. They’re
not as clearly defined as we would have liked them to have been
30 or 40 years ago, in the sense that, even for me, we went from
being angry-phones to anglophones who want to learn French
and be part of the Quebec community.
Si je puis exprimer un point de vue personnel, j’ai l’impression
que les familles et les communautés s’entremêlent de plus en plus.
Les choses ne sont pas aussi clairement définies que l’on aurait
voulu qu’elles le soient il y a 30 ou 40 ans. Ainsi, nous, qui étions
des anglophones en colère, sommes maintenant des anglophones
qui veulent apprendre le français et s’intégrer à la communauté
québécoise.
I realize there are different issues here, but the perception that
services still should be required in Canada in two languages,
whether it be in French in Manitoba or in English at TroisRivières, I think those of us who work in a community
organization have a responsibility to advocate for one another.
We would hope that the francophones in Manitoba would be in a
position to advocate for some of our issues with respect to
maintaining anglophone services in Quebec.
Mais si on estime que des services doivent encore être offerts au
Canada dans les deux langues officielles, que ce soit en français au
Manitoba ou en anglais à Trois-Rivières, je pense que nous
devons au sein de nos organisations respectives défendre les
intérêts de nos homologues de part et d’autre de l’équation. Nous
voudrions ainsi que les Franco-Manitobains puissent nous
appuyer dans quelques-unes de nos revendications pour le
maintien des services en anglais au Québec.
We build alliances as minority-language communities. Some of
us don’t like the concept that we’re a minority in Quebec. We
prefer to see ourselves as part of the majority, but we’ve learned to
be able to address that.
Nous établissons des alliances entre les communautés
linguistiques en situation minoritaire. Certains parmi nous ne
sont pas à l’aise avec l’idée que nous formons une minorité au
Québec. Nous préférons nous voir comme un sous-ensemble de la
majorité, mais nous avons appris à composer avec cette
perception.
9:40
Official Languages
8-12-2014
As Stephen said, a community is very difficult to define
because it’s not necessarily a geographic area. It’s an
accumulation of individuals who want to communicate for
particular reasons. It might even be a community, in this day
and age, that’s connected electronically. I’m digressing a bit.
Comme l’indiquait Stephen, il peut être très difficile d’établir
les paramètres définissant une communauté, car celle-ci ne
correspond pas nécessairement à une région géographique
donnée. C’est un ensemble de personnes qui souhaitent
communiquer entre elles pour des raisons bien précises. À notre
époque, il pourrait même s’agir d’une communauté reliée par voie
électronique. Mais je m’éloigne du sujet.
The issue of maintaining support services in the minority
language, whatever, I think it’s one that we should always be
aware of and always be in a position to support, whether or not it
applies to us individually.
Je pense que nous devons toujours demeurer aux aguets afin
d’être prêts à appuyer le maintien des services dans la langue de la
minorité, que cela nous touche directement ou non.
I realize I didn’t answer your question, but you had a long
question that was more of a statement anyway. I figured that I
had the right to make a little statement in response to the
question. I should be sitting as a senator.
Je n’ai pas répondu à votre question, mais votre longue
intervention prenait de toute manière davantage la forme d’une
déclaration. Je me suis dit que cela me donnait le droit d’y aller
moi-même de ma petite déclaration. Je devrais peut-être siéger
comme sénateur.
Mr. Thompson: First of all, it might be clarification around the
application of the Official Languages Act, which extends to
federal institutions and applies to federally regulated businesses.
The federal government has every right to govern its institutions
and talk about the language that will be used in those institutions,
as the Constitution talks about, and to expand upon the
constitutional language rights that we as Canadians hold,
including in the province of Quebec.
M. Thompson : D’abord et avant tout, il est peut-être bon de
rappeler que la Loi sur les langues officielles s’applique aux
institutions fédérales et aux entreprises sous réglementation
fédérale. Le gouvernement fédéral a parfaitement le droit
d’administrer ses propres institutions, de déterminer la langue
qu’on y utilisera, comme le prévoit la Constitution, et de préciser
ainsi les droits linguistiques constitutionnels dont jouissent les
Canadiens et, par le fait même, les Québécois.
The other thing I’d say is that I think the senators of this
committee learned a lot when they came and visited the Englishspeaking community in Quebec. I think a lot of the myths that
surround our community were dispelled.
J’ajouterais par ailleurs que les sénateurs membres de ce comité
ont pu en apprendre beaucoup sur notre situation grâce à leur
visite des communautés anglophones du Québec. On a ainsi pu
dissiper bon nombre des mythes qui circulent à propos de notre
communauté.
We always encourage people we meet for the first time to read
the Senate report on their visit, which remains a key tool for us in
busting the myths around our community. The myth of the
pampered minority living in Montreal with all of its institutions,
with all of the services available to it and all of the protections of
the Government of Quebec, is not our reality.
Nous encourageons toujours les gens que nous rencontrons
pour la première fois à lire le rapport du Sénat sur cette visite. Ce
rapport demeure pour nous un outil très efficace pour
déboulonner les mythes à notre sujet. Ainsi, la perception d’une
minorité choyée vivant à Montréal et jouissant de ses propres
institutions, de tous les services nécessaires et de toutes les
protections offertes par le gouvernement du Québec, n’est pas
conforme à notre réalité.
Right now we are in a significant battle in our community to
maintain care and control of health and social services institutions
that our community built and that are now in danger of being
taken away from us by government decree. So we have our
challenges in the English-speaking community of Quebec, like all
minority communities have.
Nous livrons actuellement un combat important pour
conserver la garde et le contrôle des institutions de santé et de
services sociaux que nous avons nous-mêmes mises en place et qui
risquent maintenant de nous être enlevées par décret
gouvernemental. Alors, la minorité anglophone du Québec vit
ses propres difficultés, comme toutes les autres communautés
minoritaires.
As well, we don’t think it’s useful in our business to compare
the advantages of one minority to the advantages or
disadvantages of another. We’re all in this together, from our
perspective. Whenever we appear in Ottawa or engage in a
national conversation, I hope — it is certainly our intent — that
our tone is equally passionate for the rights of the francophone
minority in the rest of Canada as it is for the men, women and
children who live in the lower north shore of Quebec, where ferry
service has just been discontinued, under government austerity
En outre, nous ne croyons pas utile de comparer les avantages
dont jouit une minorité aux avantages ou aux désavantages d’une
autre minorité. À notre point de vue, nous sommes tous dans le
même bateau. Toutes les fois que nous comparaissons à Ottawa
ou que nous participons à un dialogue national, j’ose espérer —
c’est du moins notre intention — que nous défendons avec autant
de ferveur les droits des minorités francophones du reste du
Canada que nous le faisons pour ces hommes, ces femmes et ces
enfants de la Basse-Côte-Nord au Québec qui ne bénéficieront pas
8-12-2014
Langues officielles
provisions, in the wintertime. Those people in the lower north
shore won’t get fresh vegetables, have access to hospitals or be
able to come home for Christmas and on vacation from school.
They’re effectively isolated.
Those are the realities of English-speaking Quebec, sir.
[Translation]
9:41
cet hiver d’un service de traversier en raison des restrictions
gouvernementales. Ces gens-là n’auront plus accès à des légumes
frais, ne pourront plus se rendre à l’hôpital ni revenir à la maison
pour Noël ou pour les congés scolaires. Ils sont totalement isolés.
Cela fait partie des réalités du Québec anglophone.
[Français]
Senator Maltais: Madam Chair, I cannot let that statement,
which is completely false, go. Mr. Thompson, with all due
respect, I know Quebec like the back of my hand, both Englishspeaking and French-speaking communities. However, when you
say things like what you just said, you have to be sure.
Unfortunately, I cannot believe you right now. Thank you,
Madam Chair.
Le sénateur Maltais : Madame la présidente, je ne peux pas
laisser passer cette affirmation, qui est totalement fausse.
Monsieur Thompson, avec tout le respect que je vous dois, je
connais le Québec par cœur, autant les municipalités anglophones
que francophones. Cependant, lorsque vous avancez des choses
comme celles que vous venez de dire en dernier, vous devez être
sûrs. Dans le moment, je ne peux vous croire, malheureusement.
Merci, madame la présidente.
The Chair: First, I would like to thank you for mentioning a
report that the Standing Senate Committee on Official Languages
drafted when Senator Chaput was chair.
La présidente : D’abord, j’aimerais vous remercier d’avoir fait
mention d’un rapport que le Comité sénatorial permanent des
langues officielles a préparé sous la présidence de la sénatrice
Chaput.
[English]
[Traduction]
The Vitality of Quebec’s English-speaking Communities: From
Myth to Reality was a very important report completed several
years ago.
Ce très important rapport intitulé L’épanouissement des
communautés anglophones du Québec : du mythe à la réalité a été
rédigé il y a quelques années déjà.
You made an important point about the greater proportion of
the English-speaking community choosing to request services in
one language, and that being the French language, one language
or the other. I think that was an important point. I think that
probably speaks to your support for the bill, that now there are
more and more English-speaking Quebecers who are choosing to
converse and study in French and become bilingual.
Vous avez soulevé un élément important en soulignant que les
membres de la communauté anglophone sont plus nombreux à
demander des services en français lorsqu’ils font un choix entre les
deux langues. C’est une considération importante qui va dans le
sens de votre appui à ce projet de loi du fait que de plus en plus de
Québécois anglophones choisissent maintenant de parler et
d’étudier en français, et de devenir bilingues.
Mr. Thompson: There would be a point of clarification,
senator. Although that may be true, that expectation should not
be extended to federal institutions where they have a
constitutional right to demand service in their official language.
We also can’t forget the 350,000 English-speaking Quebecers who
do not speak French.
M. Thompson : J’aimerais apporter une précision, sénatrice.
C’est peut-être ce que l’on peut constater, mais pas dans le
contexte des institutions fédérales où chacun a le droit
constitutionnel de demander des services dans sa propre langue.
Il ne faut pas oublier que 350 000 Québécois anglophones ne
parlent pas le français.
The Chair: No, I understand. I thought that was an important
point.
La présidente : Non, je comprends. Je pensais toutefois que
c’était un élément important à souligner.
Senator Chaput: It’s a question, but I also have thoughts that I
want to share with the two of you and with the committee.
La sénatrice Chaput : J’ai une question, mais j’aurais d’abord
quelques réflexions à partager avec vous deux ainsi qu’avec mes
collègues du comité.
I know that things can become political issues. I don’t like it. I
don’t agree with it and I can’t accept it, but it’s still the reality.
And I can’t accept that a question of rights can become a political
issue. That I will never accept, because language rights are my
rights, and I don’t like that.
Je sais que des questions semblables peuvent devenir des enjeux
politiques. Je n’aime pas cela, je ne suis pas d’accord et je ne
l’accepte pas, mais c’est quand même un fait. Je ne peux pas
accepter qu’une question de droits puisse se transformer en enjeu
politique. Je ne pourrai jamais l’accepter, car mes droits
linguistiques m’appartiennent en propre et je n’aime pas qu’ils
soient récupérés à des fins politiques.
9:42
Official Languages
8-12-2014
In a country like Canada, we have two official languages. We
have two official-language minorities. Families, as you said,
become intertwined. As you said also, we’re all in this together.
Au Canada, nous avons deux langues officielles et deux
minorités linguistiques. Comme vous l’avez dit, les familles et les
communautés se confondent de plus en plus, et c’est une question
qui nous concerne tous.
Mr. Thompson and Mr. Shea, how, as Canadians, can we have
two strong official language minorities? How can we have a
strong country with two official languages working together and
not shoot ourselves in the foot? If you help one official language
minority, then it’s not good for the other. How can we work that
out?
Monsieur Thompson et monsieur Shea, comment pouvonsnous faire en sorte qu’il y ait au Canada deux minorités
linguistiques fortes? Comment pouvons-nous faire du Canada
un pays fort de ses deux langues officielles où tous travaillent de
concert en évitant de se tirer dans le pied? Si l’on aide une
minorité linguistique, l’autre est désavantagée. Comment
pouvons-nous changer cette réalité?
I can tell our two witnesses tonight that we have a committee
here, and the members of this committee try to work together. We
work really well together, even though many times we don’t
believe the way to do it is the same. But the objective is usually the
same. So how can we work that out?
Je peux dire à nos deux témoins qu’ils comparaissent ce soir
devant un comité dont les membres s’efforcent de travailler
ensemble. Et cela fonctionne très bien, malgré que l’on ne
s’entende pas toujours sur les moyens à prendre. Mais notre
objectif est habituellement le même. Alors, comment pouvonsnous y parvenir?
If you were a French-speaking Manitoban like me, what would
you do?
Que feriez-vous à la place d’une Franco-Manitobaine comme
moi?
Mr. Thompson: The spirit of Bill S-205 is the way to go. It’s the
expansion and evolution of our constitutional language rights
under section 20. It’s pushing that forward. It’s the vision that
there aren’t francophone Canadians and anglophone Canadians,
but that there are Canadians and two official languages.
M. Thompson : Il faut travailler dans l’esprit du projet de
loi S-205. Celui-ci témoigne de l’épanouissement et de l’évolution
de nos droits linguistiques constitutionnels en vertu de l’article 20.
Il met de l’avant une vision suivant laquelle il n’y a pas de
Canadiens francophones et de Canadiens anglophones, mais
seulement des Canadiens et deux langues officielles.
That, I think, should be the spirit of Part IV of the bill.
À mon avis, c’est l’esprit qui devrait guider la partie IV de la
loi.
The problem is in the ‘‘significant demand’’ element. Like
Senator Wells said earlier, what does ‘‘significant demand’’ mean?
Why did they include ‘‘significant demand’’? They put it in
because that’s what Canadians do. It was a measured, flexible
response to the situation, but now we have to live with it. But the
vision of one people, two languages, should be where we should
all be headed.
Le problème vient de la notion de « demande importante ».
Comme le disait tout à l’heure le sénateur Wells, qu’entend-on
exactement par « demande importante »? Pourquoi avoir inclus
ce concept dans la loi? On l’a inclus parce que c’est la façon dont
on fait les choses au Canada. C’était une solution souple et
pondérée à une certaine situation, mais nous devons maintenant
composer avec cette réalité. Quoi qu’il en soit, nous devrions tous
adhérer à la vision d’un peuple et deux langues.
Although all parts should be read together, Part VII is designed
to protect the presence of linguistic minority communities from
sea to sea to sea. It has a different purpose within the grander
purpose of the act. I think it is right to extend the protections and
the efforts that are in Part VII of the act to the rest of the act, like
S-205 tries to do. I think it is going down the right path.
La loi devrait être considérée dans son ensemble, mais la partie
VII est précisément conçue pour garantir la présence de
communautés minoritaires de langue officielle à la grandeur du
pays. Cet objectif se distingue des visées générales de la loi. Je
pense que le projet de loi S-205 intervient dans le bon sens en
essayant d’étendre au reste de la loi les mesures de protection
prévues à la partie VII.
Senator Chaput: Thank you, Mr. Thompson. Anything to add?
La sénatrice Chaput : Merci, monsieur Thompson. Quelque
chose à ajouter?
Mr. Shea: I’m not sure if it’s going to answer your question,
but two observations: One should never have to apologize for
only speaking one language.
M. Shea : Je ne sais pas si cela va répondre à votre question,
mais j’aurais deux observations. On ne devrait jamais avoir à
présenter d’excuses parce qu’on ne parle qu’une seule langue.
Senator Chaput: That’s true.
La sénatrice Chaput : Vous avez raison.
8-12-2014
Langues officielles
9:43
Mr. Shea: If one is unilingual anglophone or unilingual
francophone, one should not be apologetic about that fact.
Such as, ‘‘I’m sorry, I don’t speak French.’’ To me, one should
respect that one only knows one language. That’s part of being
Canadian, that you speak one language.
M. Shea : Si une personne est unilingue anglophone ou
francophone, elle ne devrait pas avoir à se dire désolée de ne
pas parler l’autre langue. À mon avis, chacun devrait respecter le
fait que certains ne parlent qu’une seule langue. L’unilinguisme
est un autre élément de la réalité canadienne.
From a learning perspective, and I can’t help but bring that
into it, because that’s my background, I have found that the
opportunity to learn and speak English from the francophone
majority in Quebec is quite in evidence.
Je ne peux m’empêcher de vous parler d’éducation, car c’est
mon domaine. J’ai pu constater que la majorité francophone du
Québec a toutes les occasions voulues pour apprendre l’anglais et
le parler.
I have just been through an election campaign with respect to a
school board, I’m pleased to say, but with respect to the
francophones who are privileged by virtue of their parental
relationship to have the opportunity to send their children to an
English school, which is they’re finding a way around other
legislation with respect to prohibiting, and I find that rather
reassuring in a sense that they’re wanting to learn the other
language. People will find a way to do it. But that’s my
educational perspective, and that’s where I come from.
Je suis heureux de vous dire que je sors à peine d’une campagne
électorale pour une commission scolaire. Mais pour ce qui est des
francophones qui ont le privilège en raison de leurs antécédents
parentaux d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise, en
contournant ainsi d’autres dispositions législatives qui les
empêchent de le faire, je trouve plutôt rassurant de noter cette
volonté d’apprendre l’autre langue officielle. Les gens se
débrouillent pour y arriver. C’était simplement mon point de
vue sur l’éducation, mon domaine de compétence.
Back to the provision of services, we should do everything we
can to maintain that, and I forget what the language of the bill
said, but reasonable — and they’re qualitative. Quality is very
difficult to determine. Quality for me and quality for you are very
different. But the qualitative evidence of the interaction is difficult
to perceive.
Pour revenir à la prestation des services, nous devrions tout
mettre en œuvre pour maintenir, et j’ai oublié le libellé du projet
de loi, cette notion de qualité égale. Il n’est pas facile de juger de la
qualité de quelque chose. Nous pouvons avoir des opinions très
différentes à ce sujet, ce qui fait qu’il sera difficile de déterminer si
les interactions sont de même qualité.
We should always be trying to better that, for lack of a better
word, to improve that. I go back to what I said earlier with
respect to the other minority language community. I think we
have a responsibility to be in evidence, to support, because that’s
what minorities should be doing. Clearly, the majority should be
providing support to the minority.
Nous devrions toujours essayer de faire mieux. Je reviens à ce
que je disais tout à l’heure au sujet de l’autre minorité linguistique.
Je pense que nous devrions tous nous soutenir mutuellement, car
c’est ce que doivent faire les minorités. Pour sa part, la majorité
devrait appuyer les minorités.
I guess that’s a responsibility, and that’s your responsibility as
the federal government.
Je dirais que c’est une responsabilité qui vous incombe en tant
que gouvernement fédéral.
[Translation]
The Deputy Chair: Quebec undoubtedly has the most bilingual
individuals in Canada, both anglophone and francophone. Being
able to speak in both languages is thanks to the freedom our great
country affords us. I am always proud to speak my first language.
Thank you very much.
(The committee adjourned.)
[Français]
Le vice-président : Le Québec est sans doute l’endroit au
Canada où l’on compte le plus grand nombre de personnes
bilingues, tant du côté anglophone que francophone. Si l’on peut
s’exprimer dans les deux langues, c’est grâce à la liberté que nous
procure notre grand pays. Je suis toujours fier de m’exprimer dans
ma langue première. Merci beaucoup.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, November 17, 2014
OTTAWA, le lundi 17 novembre 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., to study Bill S-205, An Act to amend the
Official Languages Act (communications with and services to the
public).
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour étudier le projet de loi S-205, Loi
modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public).
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
9:44
Official Languages
[Translation]
8-12-2014
[Français]
The Chair: Good afternoon, honourable senators. My name is
Claudette Tardif. I am a senator for Alberta and chair of this
committee. Before beginning our study, I would like to ask the
senators to introduce themselves.
La présidente : Bonjour, honorables sénateurs. Je m’appelle
Claudette Tardif. Je suis sénatrice de l’Alberta et présidente de ce
comité. Avant de commencer nos travaux, je demanderais aux
sénateurs de se présenter.
Senator McIntyre: Paul McIntyre, senator for New Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, sénateur du NouveauBrunswick.
[English]
Senator Seidman: Judith Seidman from Montreal, Quebec.
[Translation]
Senator Fortin-Duplessis: Suzanne Fortin-Duplessis, deputy
chair of this committee. I am from Quebec City.
Senator Maltais: Ghislain Maltais, from Quebec.
Senator Charette-Poulin: Marie Poulin. I have been
representing northern Ontario since 1995.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
[English]
Senator Wells: David Wells, Newfoundland and Labrador.
[Translation]
[Traduction]
La sénatrice Seidman : Je suis Judith Seidman, de Montréal, au
Québec.
[Français]
La sénatrice Fortin-Duplessis : Suzanne Fortin-Duplessis, viceprésidente du comité. Je suis de la ville de Québec.
Le sénateur Maltais : Ghislain Maltais, du Québec.
La sénatrice Charette-Poulin : Marie Poulin. Je représente le
Nord de l’Ontario depuis 1995.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
[Traduction]
Le sénateur Wells : David Wells, Terre-Neuve-et-Labrador.
[Français]
The Chair: Today’s meeting is comprised of two parts. We will
begin with our study of Bill S-205, An Act to amend the Official
Languages Act (communications with and services to the public).
Following that, we will review Treasury Board Secretariat’s
annual reports on official languages for the last three years.
La présidente : Aujourd’hui, notre réunion comporte deux
parties. En premier lieu, nous étudierons le projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public). Ensuite, nous examinerons les
rapports annuels sur les langues officielles du Secrétariat du
Conseil du Trésor des trois dernières années.
Our first witness is Marc Tremblay, Acting Assistant Deputy
Minister, Governance, Planning and Policy Sector, at Treasury
Board Secretariat.
Notre premier témoin est Marc Tremblay, sous-ministre
adjoint par intérim, Secteur de la gouvernance, de la
planification et des politiques du Secrétariat du Conseil du Trésor.
I would like to remind you that this bill, sponsored by Senator
Chaput, introduces the notion of equal quality with respect to
communications and services offered in each official language
by federal institutions. The bill specifies the locations in which
federal institutions must offer communications and services in
both official languages.
Je vous rappelle que le projet de loi, parrainé par la sénatrice
Chaput, introduit la notion de qualité égale des communications
et des services offerts dans chaque langue officielle par les
institutions fédérales. Il précise les lieux où les institutions
fédérales sont tenues d’offrir des communications et des services
dans les deux langues officielles.
Mr. Tremblay, welcome.
Monsieur Tremblay, je vous souhaite la bienvenue.
Marc Tremblay, Acting Assistant Deputy Minister, Governance,
Planning and Policy Sector, Treasury Board of Canada Secretariat:
Thank you.
Marc Tremblay, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur de la
gouvernance, de la planification et des politiques, Secrétariat du
Conseil du Trésor du Canada : Merci.
The Chair: You indicated to the clerk that you did not wish to
make a presentation. We will therefore proceed directly to
senators’ questions.
La présidente : Vous avez indiqué au greffier que vous ne
souhaitiez pas faire de présentation. Nous allons donc procéder
directement aux questions des sénateurs.
8-12-2014
Langues officielles
9:45
Senator Fortin-Duplessis: I would also like to welcome you,
Mr. Tremblay, but I confess that I am disappointed to see you
have no opening remarks for us, as in my opinion the French
language across this country is really quite important.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Je vous souhaite également la
bienvenue, monsieur Tremblay, mais je vous avoue que cela me
déçoit que vous n’ayez pas de présentation préliminaire, parce que
j’estime que la langue française à travers le pays est vraiment très
importante.
According to Treasury Board Secretariat’s most recent report,
a review of compliance with the regulations is under way. Given
the testimony heard so far on Bill S-205, we can expect to see a
reduction in the number of offices that are designated bilingual
during the course of this review. Can you tell us approximately
how many federal offices and service locations will be affected by
the calculation of significant demand?
Dans le plus récent rapport annuel du Secrétariat du Conseil
du Trésor, il est indiqué qu’un exercice de révision de l’application
du règlement est en cours. Selon les témoignages entendus jusqu’à
présent concernant le projet de loi S-205, on peut s’attendre à une
diminution du nombre de bureaux désignés bilingues dans le
cadre de cet exercice de révision. Pouvez-vous nous dire environ
combien de bureaux et de points de service fédéraux seront
affectés par le calcul de la demande importante?
Mr. Tremblay: For the committee to understand this review of
regulatory compliance, we must begin by stating that we are
dealing with the 1988 Official Languages Act, which provides for
regulations to establish which locations have significant demand
or where the nature of the office warrants providing services in
both official languages. In 1991, as you know, regulations were
proposed. They entered into force in 1992. Under those
regulations, based on the data from the 10-year census, it was
determined which of the approximately 12,000 federal service
locations were under the obligation to offer the public services
and communicate in English in some cases, in French in others, or
in both English and in French in a third case.
M. Tremblay : Pour bien situer le comité par rapport à cet
exercice de révision de l’application du règlement, il faut
commencer par indiquer qu’il s’agit bien de la Loi sur les
langues officielles de 1988, laquelle prévoit l’adoption d’un
règlement pour établir les endroits où il y a une demande
importante ou encore là où la vocation du bureau justifie la
prestation de services dans les deux langues officielles. En 1991,
vous le savez, un règlement a été proposé. Il est entré en vigueur
en 1992. C’est ce règlement qui, sur la base des données du
recensement décennal, permettra d’établir lesquels des quelque
12 000 points de service fédéraux seront assujettis à l’obligation
d’offrir des services au public et de faire la prestation des
communications en anglais dans certain cas, en français dans
d’autres cas ou en anglais et en français dans un troisième cas.
This regulatory compliance review is based on data from the
most recent census, which was done in 2011. We have now
completed the second phase of that review and, in the case of
about 90 per cent of the offices, we are in a position to determine
the language requirements that apply, meaning for 90 per cent of
the offices that require a review every 10 years. Approximately
2,000 offices are automatically designated bilingual, either
because they are associated with a federal institution’s
headquarters or because they are located in the National
Capital Region. Of the remaining 10,000 offices, the 2-phase
review is completed for about 9,000 of them. At this stage, the
results, when it comes to previous bilingual designation with
respect to the proposed unilingual designation, are ‘‘positive’’,
since by virtue of the work I do, I have no opinion as to whether
designating an office bilingual or unilingual is a good thing or a
bad thing. The regulatory compliance review requires that we
apply neutral and objective rules.
L’exercice de révision de l’application du règlement se fonde
sur les données du plus récent recensement, celui de 2011. Nous
avons complété la deuxième phase de cet exercice et, dans le cas
d’environ 90 p. 100 des bureaux, nous sommes donc en mesure de
déterminer l’exigence linguistique qui s’y appliquera, c’est-à-dire
pour 90 p. 100 des bureaux pour lesquels il sera nécessaire de faire
une révision aux 10 ans. Il y a environ 2 000 bureaux qui, parce
qu’ils sont liés à l’administration centrale d’une institution
fédérale ou parce qu’ils sont situés dans la région de la capitale
nationale, sont désignés bilingues d’office. Dans le cas des
10 000 qui restent, l’exercice en deux phases est terminé pour
environ 9 000 d’entre eux. À cette étape-ci, le bilan, en termes de
désignation bilingue antérieure par rapport à la désignation
unilingue proposée est « positif », parce que je suis agnostique de
par mon travail quant à savoir s’il est une bonne ou une mauvaise
chose qu’un bureau soit désigné bilingue ou unilingue. L’exercice
d’application du règlement nous demande d’appliquer des règles
neutres et objectives.
Following the end of those first two phases, of the 9,000 offices
for which the work has been completed, 84 will have new
bilingualism requirements, meaning that offices that were
formally unilingual will become bilingual, and ten offices will
lose their bilingual designation at the end of a transitional period.
À la fin de ces deux premières phases, sur les 9 000 bureaux
pour lesquels le travail est terminé, 84 bureaux auront de
nouvelles obligations de bilinguisme, donc des bureaux qui
étaient anciennement unilingues et qui deviendront bilingues, et
10 bureaux perdront cette désignation bilingue à la fin d’une
période de transition.
9:46
Official Languages
8-12-2014
Under Treasury Board directives, in the case of an office that
was formally bilingual and becomes unilingual following the
application of the new census data, there will be a transition
period during which the community served by that office will be
consulted.
Les directives du Conseil du Trésor prévoient que, dans le cas
d’un bureau qui était anciennement bilingue et qui, à la suite de
l’application des nouvelles données du recensement, deviendra
unilingue, il y aura une période de transition pour permettre la
tenue de consultations auprès de la communauté visée par les
services de ce bureau.
Senator Fortin-Duplessis: Here is my second question: in your
opinion, is it possible to restructure the services on offer in order
to achieve the same results aimed for in the bill, that is, greater
respect for the principle of equal services offered in both official
languages?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Ma deuxième question est la
suivante : selon vous, y a-t-il moyen de réorganiser l’offre de
services de telle sorte qu’il y aurait les mêmes résultats que ceux
que vise le projet de loi, soit un plus grand respect du principe de
l’égalité des services offerts dans les deux langues officielles?
Mr. Tremblay: I am not certain there are other ways to obtain
precisely the same results Bill S-205 is aiming for. However, we
have noted that providing services in the context of online
services, for example, has repercussions that make the physical
presence of a local office progressively less important. As we
speak, while we are conducting the regulatory compliance review,
local offices do remain important, in terms of the volume of
service delivery and communications, but they become gradually
less important the more services are offered online or over the
telephone. According to the rules that currently apply, these
automated services or services that are provided through
centralized lines must be offered in both official languages, and
on that level, we have noted an increased availability of services
offered in Canadians’ language of choice.
M. Tremblay : Je ne suis pas certain qu’il y ait d’autres façons
d’obtenir précisément les résultats qui sont visés par le projet de
loi S-205. Par contre, ce que l’on est à même de constater, c’est
que la prestation de services dans un univers de services en ligne,
par exemple, a des retombées qui font en sorte que la présence
physique d’un bureau local devienne progressivement moins
importante. Au moment où on se parle, pendant qu’on mène cet
exercice de révision d’application du règlement, les bureaux
locaux demeurent encore importants, en termes de volume de
prestations de services et de communication, mais ils le deviennent
progressivement moins alors que l’on s’oriente de plus en plus vers
la prestation de services automatisés en ligne ou encore par voie
téléphonique. Selon les règles présentement applicables, ces
services automatisés ou ces services offerts au moyen de lignes
centralisées doivent être offerts dans les deux langues officielles et,
sur ce plan, on constate une hausse de la disponibilité de services
offerts dans la langue officielle de leur choix à davantage de
Canadiens et de Canadiennes.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you very much. I will have
more questions for the second round.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci beaucoup. J’aurai
d’autres questions au deuxième tour.
Senator Maltais: Welcome, Mr. Tremblay. Did you say that
you had 12,000 bilingual offices?
Le sénateur Maltais : Bienvenue, monsieur Tremblay. Vous
dites que vous avez 12 000 bureaux bilingues?
Mr. Tremblay: I have a total of 12,000 offices.
M. Tremblay : J’ai 12 000 bureaux au total.
Senator Maltais: How many of those are bilingual?
Le sénateur Maltais : Combien d’entre eux sont bilingues?
Mr. Tremblay: About 34 per cent of them are designated
bilingual. It is difficult to answer for all 12,000 of my offices
today, because 1,000 of them are still awaiting the final
assessment of their situation. We have begun phase 3 for those
offices.
M. Tremblay : Il y a environ 34 p. 100 de bureaux qui sont
désignés bilingues. Il est difficile de parler de façon globale de mes
12 000 bureaux aujourd’hui au motif que j’en ai 1 000 qui sont
encore en attente de la résolution de leur situation. Pour ceux-là,
nous avons entamé la phase 3.
This is a true measure, as opposed to a measure by
substitution. The other applicable rules are actually what are
called in English ‘‘proxies’’ meaning a substitution for real
demand, whereas in the case of these 1,000 offices, we will be
measuring demand on site. It is therefore difficult to establish the
number of offices we will have by the end of this exercise, but as
we speak — and by March 31 — approximately 34 per cent of all
federal offices are designated bilingual.
Il s’agit d’une mesure véritable, par opposition à une mesure
par substitution. Les autres règles qui s’appliquent sont
véritablement ce qu’on appellerait en anglais des proxies, soit
une substitution à la demande réelle, alors que, dans le cas de ces
1 000 bureaux, nous allons procéder à la mesure de la demande
sur le terrain. Il est donc difficile de déterminer combien de
bureaux nous aurons à la fin de cet exercice, mais au moment où
on se parle — et au 31 mars — environ 34 p. 100 de l’ensemble
des bureaux fédéraux sont désignés bilingues.
Senator Maltais: I imagine that it is Treasury Board, in
collaboration with Canadian Heritage, that is responsible for
enforcing the Official Languages Act. When you decide that a
Le sénateur Maltais : J’imagine que c’est le Conseil du Trésor,
en collaboration avec le ministère du Patrimoine canadien, qui est
responsable de l’application de la Loi sur les langues officielles.
8-12-2014
Langues officielles
9:47
certain office will be bilingual or that another one will no longer
be bilingual, is there an interdepartmental consultation or is the
decision simply made by Treasury Board?
Lorsque vous décidez que tel bureau sera bilingue ou que tel autre
ne le sera plus, une consultation interministérielle est-elle faite ou
s’agit-il simplement d’une décision du Conseil du Trésor?
Mr. Tremblay: The way you phrased your question leads me to
make some distinctions. I work at Treasury Board Secretariat,
which is the administrative arm supporting Treasury Board’s
mission. The regulations were adopted by the Governor-inCouncil, which means that the government, the cabinet, passed
these regulations. We administrators are simply enforcing the
regulations we were handed. The Department of Canadian
Heritage therefore has no role in this file, and we have no
discretion to exercise. We truly have a kind of numbers machine
we have programmed, in which we enter data and the list of
offices, and from which we receive a list of offices that are
unilingual English, bilingual or unilingual French.
M. Tremblay : La formulation de votre question me permet de
faire quelques distinctions. Je travaille au Secrétariat du Conseil
du Trésor; c’est le bras administratif qui appuie la mission du
Conseil du Trésor. Le règlement a été adopté à l’instance du
gouverneur en conseil, donc, c’est le gouvernement, le cabinet, qui
a adopté ce règlement. Nous, les administrés, n’avons fait
qu’appliquer le règlement qui nous a été confié. Le ministère du
Patrimoine canadien ne joue donc pas de rôle dans ce dossier et
nous n’avons pas non plus de discrétion à exercer. Nous avons
vraiment une espèce de machine à chiffres que nous avons
programmée et dans laquelle nous incorporons des données et la
liste des bureaux, et de laquelle ressort une liste de bureaux
unilingues anglais, bilingues ou unilingues français.
We are working closely with Heritage Canada, given its role of
horizontal coordination. Even if I gave you the positive count of
new offices designated bilingual as opposed to offices that will
lose their bilingual language designation, in any given village,
when an office that was formerly bilingual no longer is, that is a
true loss. That is why, given the important work done by Heritage
Canada with respect to interdepartmental consultation and the
consultation of minority communities, we do work in close
collaboration with that department.
Cela dit, nous travaillons de près avec le ministère du
Patrimoine canadien compte tenu de son rôle de coordination
horizontale. Même si je vous ai donné le décompte positif des
nouveaux bureaux désignés bilingues par opposition aux bureaux
qui perdront leur désignation linguistique bilingue, dans un
village donné, quand un bureau quelconque qui était
anciennement bilingue ne l’est plus, c’est une perte réelle et
nette. Ainsi, compte tenu du travail important que mène le
ministère du Patrimoine canadien en matière de consultation
interministérielle et de consultation des communautés
minoritaires, nous travaillons de très près avec lui.
Senator Maltais: With respect to the decisions you make, you
mentioned that you rely almost solely on numbers; there are the
two columns, and one arrives at an equation by the end of the
exercise. However, amongst other criteria besides numbers, does
the criterion of sufficient numbers mean anything to you?
Le sénateur Maltais : En ce qui concerne les décisions que vous
prenez, vous avez dit vous fonder presque uniquement sur des
chiffres; ce sont deux colonnes et on arrive à une équation à la fin
de l’exercice. Cependant, parmi les autres critères que les chiffres,
est-ce que le critère du nombre suffisant vous indique quelque
chose?
Mr. Tremblay: I would like to clarify something once again, if
you do not mind. Although I did say these were just numbers, I
would like to clarify that the regulations do not only take
numbers into account. The regulations identify, for example,
certain types of services that for obvious reasons mean a great
deal to the public, and for which the Governor-in-Council, in its
wisdom, has determined that no matter what the demand is,
services would be delivered bilingually.
M. Tremblay : J’aimerais apporter une précision, encore une
fois, si vous me le permettez. Si j’ai dit que ce n’était que des
chiffres, j’aimerais préciser que le règlement ne tient pas compte
uniquement de chiffres. Le règlement établit, par exemple,
certains types de services rattachés de très près — pour des
raisons évidentes — au public et pour lesquels le gouverneur en
conseil, dans sa sagesse, a déterminé que, peu importe le type de
demande, il y aurait une prestation de services bilingues.
We are also talking about the nature of offices; when it comes
to public safety and health, it will be necessary to apply consistent
rules automatically, and certain services will have to be bilingual.
There is one aspect that deals with measuring demand, precisely
because the legislator and the constituent before it, in enacting
section 20 of the Charter, indicated that services would not be
offered in English and in French everywhere in Canada, but
would be offered where demand warrants. Parliament therefore
gave us the same instructions, the Governor-in-Council put them
into the regulations, and we at Treasury Board Secretariat help
federal institutions to determine how to apply those rules on a
10-year basis, as stipulated.
On parle aussi de la vocation des bureaux; en matière de
sécurité et de santé du public, des règles d’application uniformes
et automatiques seront nécessaires et on exigera le bilinguisme
pour certains services. Il y a donc un volet qui concerne les
mesures de la demande qui s’appliquent, justement, parce que le
législateur et le constituant avant lui, lorsqu’il a édicté l’article 20
de la Charte, nous ont indiqué qu’on n’offrirait pas de services en
anglais et en français partout au Canada, mais qu’on les offrirait
là où la demande le justifierait. Le législateur nous a donc donné
les mêmes consignes, le gouverneur en conseil les a établies dans le
règlement et, nous, au Secrétariat du Conseil du Trésor, nous
aidons les institutions fédérales à déterminer l’application de ces
règles sur une base décennale, comme prévu.
9:48
Official Languages
Senator Maltais: If I have correctly understood, the expression
‘‘sufficient number’’ is not the one you use; you deal with demand.
Mr. Tremblay: Demand, yes.
8-12-2014
Le sénateur Maltais : Si j’ai bien compris, l’expression
« nombre suffisant » n’est pas celle que vous employez; il s’agit
plutôt de la demande.
M. Tremblay : La demande, oui.
Senator Charette-Poulin: Mr. Tremblay, over the course of my
20 years in the Senate, this is the first time I find myself before a
witness who has not made a presentation. I find it a bit difficult to
ask questions, without any frame of reference whatsoever. May I
ask why you have chosen not to speak about the bill?
La sénatrice Charette-Poulin : Monsieur Tremblay, au cours
des 20 ans que j’ai passés au Sénat ou presque, c’est la première
fois que je me retrouve devant un témoin qui n’a pas fait de
présentation. Je me sens un peu prise au dépourvu pour vous
poser des questions, parce que je n’ai pas de balises devant moi.
Est-ce que je peux savoir pourquoi vous avez choisi de ne pas
nous donner une présentation sur le projet de loi?
Mr. Tremblay: I am here as a technical witness to answer
questions about the application of the Official Languages Act and
its regulations, and to help the committee in its deliberations so
that if you have any questions about what may be replaced, you
have the necessary information to make decisions.
M. Tremblay : Je suis ici comme témoin technique pour
répondre à des questions sur l’application de la Loi sur les
langues officielles et de son règlement, et pour aider le comité dans
ses délibérations afin que, si vous avez des questions sur ce qui
pourrait être voué à être remplacé, vous ayez les renseignements
nécessaires pour prendre des décisions.
Senator Charette-Poulin: As you stated earlier, the secretariat
facilitates regulatory application, and if I have understood
correctly, that is your role and responsibility as Assistant
Deputy Minister of Governance, Planning and Policy. I realize
this is probably very complex work, and I am not trying to
simplify it, but I gather your responsibilities largely entail
facilitation that you provide to other departments.
La sénatrice Charette-Poulin : Si j’ai bien compris votre rôle et
vos responsabilités à titre de sous-ministre adjoint du Secteur de
la gouvernance, de la planification et des politiques, comme vous
le disiez plus tôt, le secrétariat facilite l’application d’un
règlement. Je sais que c’est probablement un travail très
compliqué, et je ne voudrais pas le simplifier non plus, mais je
comprends que les grandes lignes de vos responsabilités
concernent la facilitation que vous faites pour les autres
ministères.
Mr. Tremblay: Yes; I am acting assistant deputy minister. In
my usual work, to which I will soon return, I am the Executive
Director of the Centre of Excellence for Official Languages,
which is the organizational entity created to support the execution
of the Treasury Board president’s mission, which itself supports
Treasury Board’s functions under Part VIII of the Official
Languages Act.
M. Tremblay : Oui, je suis sous-ministre adjoint intérimaire.
Dans le cadre de mes fonctions quotidiennes, auxquelles je
retournerai bientôt, je suis le directeur exécutif du Centre
d’excellence en langues officielles qui est l’instance
organisationnelle vouée à appuyer l’exécution de la mission du
président du Conseil du Trésor qui, lui-même, appuie les
fonctions du Conseil du Trésor sous la partie VIII de la Loi sur
les langues officielles.
Treasury Board and its president recommend regulatory
measures to the Governor-in-Council, and did so following the
adoption of the act in 1988; these regulations were adopted in
1991-92. Since then, the administrative branch has been helping
institutions — because that is also part of our duties — to comply
with their obligations. We could leave them to it; at last count,
there were 191 federal institutions, which we could leave to
determine themselves how to apply the regulations. However, we
consider it more efficient and more certain to provide a central
role, to have one entity ensuring regulatory compliance rather
than 191, and therefore, exercise some degree of determinism as to
the execution of such an important mission.
Le Conseil du Trésor et son président recommandent au
gouverneur en conseil des mesures réglementaires; il en a
recommandé à la suite de l’adoption de la loi en 1988, et ces
règlements ont été adoptés en 1991-1992. Depuis, l’instance
administrative s’occupe d’aider les institutions — parce cela fait
aussi partie de nos attributions — à respecter leurs obligations.
On pourrait les laisser à elles-mêmes; on pourrait laisser, au
dernier compte, 191 institutions fédérales déterminer chacune leur
application du règlement. Toutefois, on considère qu’il est plus
efficace et plus certain d’assurer un rôle central, d’avoir une
machine favorisant l’application du règlement plutôt que d’en
avoir 191 et, donc, d’exercer un certain déterminisme sur
l’exécution de cette mission importante.
Senator Charette-Poulin: I would like to follow up on Senator
Maltais’ question. Even though you are what I call ‘‘responsible
for technical decisions,’’ those decisions still affect regional
offices; do you have a consultation system to help you make the
right decisions for the right cities?
La sénatrice Charette-Poulin : J’aimerais poser une question
complémentaire à celle du sénateur Maltais. Même si vous êtes ce
que j’appelle « responsable de décisions techniques », ce sont
quand même des décisions qui concernent les bureaux régionaux;
avez-vous un système de consultation qui puisse vous aider à
prendre les bonnes décisions pour les bonnes villes?
8-12-2014
Langues officielles
9:49
Mr. Tremblay: Once again, we do not really have any
discretionary power with respect to applying these rules. I do
not want to go into too much detail and you may have read the
regulations: this is not a document to help the public find out
where they may obtain a given service — because that would be
quite an arduous task to impose upon it — but rather to help the
administration make that calculation. Therefore, yes, these are
indeed technical demographic rules which determine, for example,
that in 2011, Vancouver was a census metropolitan area because
of its population, and that such and such a rule applied to
Vancouver generally speaking; the social development office
located downtown offers certain types of services under certain
provisions of the regulations, et cetera. The work we do is
ensuring that the right rules are applied to the right situations, but
the situations are determined by circumstance to a certain degree.
M. Tremblay : Encore une fois, nous n’avons vraiment aucun
pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne l’application de ces
règles. Je ne veux pas en parler avec trop de détails et vous avez
peut-être pris connaissance du règlement : c’est un document qui
sert non pas à aider les membres du public à déterminer là où ils
peuvent aller chercher un service — parce que ce serait un travail
plutôt ardu à leur imposer —, mais bien à aider l’administration à
faire ce calcul. Donc, oui, il s’agit de règles techniques
démographiques qui déterminent, par exemple, que, en 2011,
Vancouver était une région métropolitaine de recensement de par
sa population, et que telle règle s’appliquait à Vancouver de façon
générale; le bureau de développement social situé au centre-ville
offre tel type de services visé par telle disposition du règlement, et
cetera. Le travail que nous faisons consiste donc à nous assurer
d’appliquer les bonnes règles aux bons faits, mais les faits sont en
quelque sorte déterminés par les circonstances.
There are demographic data and there are the offices of federal
institutions. The federal institutions tell us how many offices they
manage, where they are located and the type of services they
provide. So this is a double interface. Departments enter data
about their offices into our software and we make sure the work
was properly done. Then, depending upon the determination,
different rules will apply to those offices. It is in fact, quite
technical.
Il y a les données démographiques et il y a les bureaux des
institutions fédérales. Les institutions fédérales vont nous dire
combien de bureaux elles gèrent, où ceux-ci sont situés et quel
type de services y sont offerts. Il s’agit donc d’une interface
double. Les ministères versent les données au sujet de leurs
bureaux dans notre logiciel et nous vérifions que le travail a été
bien fait. Ensuite, selon la détermination, différentes règles
s’appliqueront à ces bureaux. C’est, en fait, très technique.
We do have consultations in the sense that we ensure that those
we are serving — federal institutions, in this case — know what to
do and are able to determine what type of offices they have; they
ask us questions, they want to make sure they are doing the work
properly and applying the proper rules.
Nous tenons des consultations dans le sens où nous nous
assurons que ceux que nous desservons — les institutions
fédérales, dans ce cas-ci — savent quoi faire et puissent
déterminer quel type de bureaux ils ont; ils nous posent des
questions, ils veulent s’assurer de faire un bon travail et
d’appliquer les bonnes règles.
As an example, during phase 2, they must determine their
service area. In fact, I am not completely certain what
‘‘determining a service area’’ means. But in the case of certain
types of offices, once again determined by the regulations, the
linguistic designation of certain types of services was not
established by their location, but rather by their service area.
Therefore, we are talking about a geographical area for the
census. They must consult a map that we fine-tuned for them,
then they click on various service areas, or the various census
zones created by Statistics Canada, and when they click on that
map, they end up with the number of people whose first official
spoken language is the minority language, as well as the second,
third and fourth geographical areas. That number will determine
whether or not they are obligated to offer services in both official
languages.
À titre d’exemple, dans la phase 2, ils doivent déterminer leur
aire de service. A priori, je ne sais pas trop ce que veut dire
« déterminer une aire de service ». Mais dans le cas de certains
types de bureaux, encore une fois déterminés par le règlement,
certains types de services, leur désignation linguistique n’est pas
déterminée par leur situation, mais par leur aire de service. Donc,
on parle d’aire géographique pour le recensement. Ils doivent
consulter une carte qu’on leur a fignolée, et ils cliquent sur les
différentes aires de service, ou les différentes zones de recensement
que Statistique Canada a instaurées et, au total, quand ils cliquent
sur cette carte, cela leur donne le nombre de personnes qui ont
comme première langue officielle parlée la langue de la minorité,
ainsi que la deuxième, la troisième, la quatrième zone
géographique. C’est ce chiffre qui va déterminer s’ils sont dans
l’obligation d’offrir ou non les services dans les deux langues
officielles.
In determining which areas to choose, the institution must
make a decision about service delivery, and from that perspective,
they can consult us to find out which aspects should be taken into
account. From time to time, they may decide to consider, or even
reconsider, the work they have done. When the results they obtain
seem innocuous to them, or once they have shared their decision
with local and national organizations that represent the minority
— for example, when there is a loss of linguistic designation — the
Dans la détermination des aires à choisir, il y a une décision de
prestation de services que l’institution doit faire, et de ce point de
vue, elles peuvent nous consulter pour savoir quels aspects elles
devraient prendre en ligne de compte. À l’occasion, il leur arrive
de considérer, même de reconsidérer, de revoir le travail qu’elles
ont fait. Quand le résultat qu’elles obtiennent leur paraît anodin,
ou, une fois qu’elles le communiquent aux organismes locaux et
nationaux de représentation de la minorité — par exemple,
9:50
Official Languages
8-12-2014
local community may say, ‘‘Yes, but you did not take into
account the fact that between office A and office B, there is a river
with no bridge, or the bridge is very far, which means the local
community does not use the office you designated for it, and you
should have counted such and such a service area within the
service area of a different office.’’ In some cases, that may change
the service area for that office and change its linguistic
designation.
lorsqu’il y a une perte de la désignation linguistique —, il peut
arriver que la communauté locale dise : « Oui, mais vous n’avez
pas tenu compte du fait qu’entre le bureau A et le bureau B, il y a
une rivière et qu’il n’y a pas de pont, ou que le pont est très loin,
ce qui fait en sorte que la communauté locale ne se sert pas du
bureau que vous avez désigné pour elle, et vous auriez dû compter
telle ou telle aire de service dans l’aire de service d’un autre
bureau. » Cela peut, dans certains cas, modifier l’application de
l’aire de service pour ce bureau et modifier sa désignation
linguistique.
Senator Charette-Poulin: That is very helpful. I will not deny
that I would have liked for you to hear representatives from
different groups across the country who came to testify and spoke
to us with so much passion about the fact that sometimes, by only
considering numbers, some important factors go unrecognized as
they will only surface in the context of consultations.
La sénatrice Charette-Poulin : Cela aide énormément. Je ne
vous cacherai pas que j’aurais aimé que vous entendiez les
représentants de différents groupes au pays qu’on a reçus et qui
nous ont parlé avec autant de passion du fait que, parfois, en se
limitant à des chiffres, on manque des facteurs importants qu’on
ne peut connaître que dans le cadre de consultations.
Senator Chaput: Welcome, Mr. Tremblay. We met a few times,
in 2012, to discuss Bill S-205 that I tabled in 2013.
La sénatrice Chaput : Bienvenue, monsieur Tremblay. Nous
nous sommes rencontrés à quelques reprises, en 2012, pour
discuter du projet de loi S-205 que j’ai déposé en 2013.
During these meetings, you explained to me the work you had
to do in the context of applying the Official Languages Act and its
regulations. This is work that I found fascinating, because it is
comprehensive; there are endless details. I was wondering whether
you could tell us a bit more about it so that senators could
understand the scope of the work.
À quelques reprises, lors de ces rencontres, vous m’aviez
expliqué le travail que vous devez faire lorsqu’on parle de
l’application de la Loi sur les langues officielles et de son
règlement. C’est un travail que j’avais trouvé fascinant, parce qu’il
est exhaustif; il y a des détails à n’en plus finir. Je me demandais si
vous pouviez en parler un peu plus longuement afin que les
sénateurs comprennent l’ampleur du travail.
If I have understood correctly, to prepare for the 2011 exercise,
you had begun preliminary work at least two years previously.
Following that, there was the 2011 census; you received the final
data in 2014. Now, I presume you must work with departments as
to the application of this data.
Si j’ai bien compris, pour vous préparer à l’exercice de 2011,
vous aviez déjà commencé un travail au préalable au moins deux
ans auparavant. Ensuite, il y a eu le recensement de 2011; vous
avez reçu les données finales en 2014. Maintenant, je présume que
vous devez travailler avec les ministères en ce qui concerne
l’application de ces données.
Would it be fair to say that this major project has lasted about
seven years, including a few years before the census and several
years afterwards?
Est-ce qu’il serait juste de dire que ce travail de longue haleine
dure environ sept ans, soit quelques années avant le recensement
et plusieurs années après?
Mr. Tremblay: I will answer as a bureaucrat, for which I
apologize. Indeed, when we are given a 10-year cycle for such an
instrument, that means getting organized accordingly. We
organize our work for there to be a period before, during and
afterwards. I have other policy instruments which, for purposes of
internal management, are spread out over a 5-year cycle. Treasury
Board adopted these policies in 2012, we announced them, and
provided information sessions in 2013. In 2014, we began to see
how all of this had been implemented, whether there had been
problems or issues emerging. In 2015, we will start working again
to amend these policies.
M. Tremblay : Je vais parler un peu en bureaucrate, je suis
désolé. En effet, quand on nous donne un cycle de 10 ans pour un
instrument comme celui-ci, cela veut dire qu’on va s’organiser en
conséquence, on va organiser son travail pour qu’il y ait une
période avant, pendant et après. J’ai d’autres instruments de
politique qui, par mesure de régie interne, sont étalés sur un cycle
de cinq ans. Le Conseil du Trésor a adopté ces politiques en 2012,
on les a diffusées, on a fourni des séances d’informations en 2013.
En 2014, on commence à voir comment tout cela a été mis en
œuvre, s’il y a des problèmes ou des enjeux qui font surface. En
2015, on va recommencer la série de travaux pour la modification
de ces politiques.
So, over a 10-year cycle, there will be a bit of that, and
preparatory work is done. In the case of these regulations, one
particular factor that took up more of our time was technology.
During the last cycle, we worked on paper. It was not so long ago,
in 2001, but in 2001, we were working with paper and fax
machines.
Donc, dans un cycle de 10 ans, il y aura un peu de cela, on va
faire la préparation. Dans le cas du règlement, ce qui était
particulier et qui nous a pris un certain temps, c’était la
technologie. Au dernier cycle, on a travaillé avec du papier. Il
n’y a pas si longtemps de cela, en 2001, mais en 2001, on a
travaillé avec le papier et le télécopieur.
8-12-2014
Langues officielles
9:51
We have institutions like the RCMP, that assess their service
areas, who have over 200 stations spread out across the country
and who must undertake this exercise using geographic maps.
Working with fax machines is a huge undertaking and subject to
error. We had to reverify, redo, there were poor transmissions,
and so forth. Therefore, we wanted to design an automated
instrument to facilitate the work and ensure better quality.
Unfortunately, automated instruments mean challenges. At times,
things move along quite well, whereas at other times,
programming is more difficult. Did we really need two years?
Yes, we probably did need two years before having what I call the
‘‘machine.’’ Once we had the machine — you mentioned the
2011 census — indeed, it was 2012, nearly one year later, that
Statistics Canada published the census data pertaining to
language. For us, that is the instrument, those are the data we
will input into this machine to execute the exercise, and we had to
wait for the data.
On a des institutions comme la GRC qui évaluent leurs aires de
service, qui ont plus de 200 postes éparpillés partout au pays et
qui doivent faire cet exercice sur la base de cartes géographiques.
Procéder par télécopieur, c’est un travail immense, sujet à l’erreur.
Il fallait revérifier, reprendre, il y avait de mauvaises
transmissions, et cetera. Donc, on a voulu concevoir un
instrument automatisé qui faciliterait le travail et qui assurerait
une plus grande qualité. Mais qui dit « instrument automatisé »,
malheureusement, dit « défi ». Parfois, cela va très bien, alors
qu’à d’autres occasions, la programmation est plus ardue.
Compte tenu de la nature des données que nous avions, le
travail a été malheureusement plus ardu. Est-ce qu’il a fallu deux
ans? Oui, probablement qu’il a fallu deux ans avant qu’on ait ce
que j’appelle la « machine ». Une fois qu’on a eu la machine —
vous avez mentionné le recensement de 2011 —, en effet, c’est en
2012, presque un an plus tard que Statistique Canada ait publié
les données du recensement qui ont trait à la langue. Pour nous,
c’est l’instrument, ce sont les données que l’on va mettre dans
cette machine pour procéder à l’exercice, et il fallait attendre ces
données.
Then, we conducted validation exercises. We wanted to allow
institutions to learn about their results, but once we received the
machine and the data, we did not require much time to use the
software. Given the nature of the constitutional rights in question,
we took this very seriously and worked meticulously. We are now
talking about phase 1. That is when measuring the demand took
place, meaning that the numbers and data from the census on the
first official language spoken were evaluated.
Ensuite, on effectue des exercices de validation. On veut
permettre aux institutions de prendre connaissance de leurs
résultats, mais une fois qu’on reçoit la machine et les données, il
faut peu de temps pour passer le logiciel. Compte tenu de la
nature des droits constitutionnels en cause, on prend cela très au
sérieux et on fait un travail assidu. On parle ici de la phase 1. La
mesure de la demande se situe à ce niveau, soit les chiffres des
données du recensement sur la première langue officielle parlée
qui sont évalués.
During the second phase, which took about eight or nine
months, the institutions had to establish their service area. Earlier,
I referred to the software allowing them to that. Once again, there
was work to do.
À la deuxième phase, qui s’est échelonnée sur près de huit ou
neuf mois, les institutions devaient procéder à la détermination de
leur aire de service. J’ai fait allusion tantôt au logiciel qui leur
permettait de le faire. Encore là, il y a du travail à accomplir.
What is beyond our control is that at times institutions did not
maintain their list of offices up to date. They did not necessarily
see any great value in that. There are no other directories. In fact,
this is another anomaly, but we at the small Centre of Excellence
for Official Languages, are often called upon to provide data on
all the federal offices, as there is no other central office able to
do so.
Ce qui est hors de notre portée, c’est qu’il peut arriver que les
institutions n’aient pas maintenu de liste à jour de leurs bureaux.
Ils n’y voient pas nécessairement une grande utilité. Il n’y a pas
d’autres répertoires. En fait, il s’agit d’une autre anomalie, mais
on fait souvent appel à nous, au petit Centre d’excellence en
langues officielles, pour obtenir des données sur l’ensemble des
bureaux fédéraux, parce qu’il n’y a pas d’autre point central qui
puisse le faire.
However, if they do not do that work, when we tell the
institutions that they have X number of bilingual offices,
Y number of unilingual French offices, Z number of unilingual
English offices, they come back to us saying that their numbers
are lower. In those cases, we advise them to review their own lists.
There may be offices that no longer exist, offices that have been
amalgamated; all kinds of situations may transpire throughout
the history of an institution, and that creates certain delays and a
degree of complexity that is part of the administrative work of
each of our organizations.
Cependant, si elles ne font pas ce travail, les institutions,
lorsqu’on leur dit qu’elles ont X nombres de bureaux bilingues,
Y nombres de bureaux unilingues français, Z nombres de bureaux
unilingues anglais, nous reviennent en nous disant qu’elles en
comptent moins. À ce moment-là, on leur conseille de réviser leurs
listes. Il y a peut-être des bureaux qui n’existent plus, des bureaux
qui ont été amalgamés; toutes sortes de situations se présentent
dans l’histoire d’une institution, et cela crée certains retards et une
complexité qui fait partie du travail administratif de chacune de
nos organisations.
9:52
Official Languages
8-12-2014
Senator Chaput: Thank you, I understand better now. I am
pleased to hear that you are beginning to use an automated
service. The next 10-year census will take place in 2021; when will
you begin to prepare for that census?
La sénatrice Chaput : Je vous remercie, je comprends mieux
maintenant. Je suis contente de constater que vous commencez à
utiliser un service automatisé. Le prochain recensement décennal
aura lieu en 2021; quand allez-vous commencer à vous préparer
pour ce recensement?
Mr. Tremblay: I would have to take a look at our multiyear
planning, but it should begin around 2017 or 2018. Please
understand that we have an electronic machine that now
functions according to certain rules; between now and then, all
kinds of things can happen, including legislative amendments,
regulatory amendments, service delivery changes, and so forth.
Our electronic tool may no longer be appropriate, or it may fail
for other reasons. We will have to ensure that everything is
working properly, but normally, we would begin our preparations
in 2017-18 in order to have everything we need on the day
Statistics Canada provides us with its data, which I assume would
be in 2022.
M. Tremblay : Il faudrait que je regarde notre planification
pluriannuelle, mais ça devrait commencer vers 2017-2018.
Comprenez que nous avons une machine électronique qui
fonctionne maintenant sur la base de règles; d’ici là, il pourrait
se produire toutes sortes de choses, y compris des modifications
législatives, des modifications réglementaires, des modifications
dans les modes de prestation de services, et cetera. Notre outil
électronique pourrait ne pas être apte, ou encore, faire défaut
pour d’autres raisons. On va devoir s’assurer que tout fonctionne,
mais normalement, on commencerait nos préparatifs en 20172018 afin d’avoir tout ce dont on aura besoin le jour où — je
présume en 2022 — Statistique Canada nous fournira ses
données.
However, these are not considerable resources we are talking
about. There is one person in charge as the manager of three or
four others, and that person has many other issues to deal with.
The work will be spread over a period of time we call ‘‘keeping the
lights on.’’ There is a long period between two cycles where we
have to keep the lights on.
Cela dit, il ne faut pas penser que cela représente des ressources
importantes. Une personne s’occupe de ce projet à titre de
gestionnaire de trois ou quatre autres personnes, et elle a bien
d’autres enjeux à régler. C’est un travail qui va s’échelonner sur
une période de temps qu’on appelle, en anglais, keeping the lights
on. Il y a une grande période entre deux cycles où we have to keep
the lights on.
Senator Chaput: One last brief question. Given what you have
just told us, what would be the most appropriate time to amend
the regulations so that we can include these changes in the existing
process? Should such an amendment be made in 2017-2018 at the
latest?
La sénatrice Chaput : Une dernière brève question. À la lueur
de ce que vous venez de nous dire, quel serait le temps le plus
approprié pour apporter des modifications au règlement afin que
cela fasse partie du processus déjà en place? Est-ce qu’une
modification au règlement devrait être faite au plus tard en 20172018?
Mr. Tremblay: That is a question I can only answer by
analogy. In the context of the Official Languages Act, there are
two examples of regulatory measures: the first measure concerns
the regulations, and the second is to amend a provision in
response to a ruling by the courts stating that there was a slight
shortcoming to that regulation. In the first case, the law was
passed in 1988 but the regulation was only completed in 1991.
Why? In this case the issues are constitutional and quasiconstitutional because, under the Official Languages Act of
1988, an ironclad procedure was established for drafting
regulations. The procedure includes public consultations, and a
specific number of regulations required deliberations in both
Houses of Parliament — in the Senate and in the House of
Commons — before they could be adopted. This was all to ensure
that the work was done rigorously and that everybody,
particularly parliamentarians, could contribute fully to the
process. It also allowed for the full participation of the public
and members of minority communities.
M. Tremblay : C’est une question à laquelle je peux répondre
seulement par analogie. Dans le contexte de la Loi sur les langues
officielles, il y a deux exemples de mesures réglementaires; la
première mesure concerne le règlement, la seconde vise à modifier
une disposition pour faire suite à une décision des tribunaux selon
laquelle le règlement, à cet égard, souffrait d’une petite lacune.
Dans le premier cas, il y a eu la loi qui a été adoptée en 1988; le
règlement n’a été terminé qu’en 1991. Pourquoi? Parce qu’il s’agit
d’enjeux constitutionnels et quasi constitutionnels, parce que,
sous l’égide de la Loi sur les langues officielles de 1988, il y a une
procédure blindée, si vous voulez, pour la prise de règlements, qui
inclut des consultations publiques, un certain nombre de jours de
session d’étude pour chacune des Chambres du Parlement — le
Sénat et la Chambre des communes — avant qu’un règlement
puisse être adopté. Tout cela afin que l’on fasse un travail assidu
et que l’on permette à chacun — aux parlementaires, notamment
— de contribuer de façon complète au processus, et au public, aux
membres des communautés minoritaires de contribuer pleinement
à l’exercice.
It took three years the first time and two and a half years the
second time. You have to understand that in minority
government situations, for example, sitting days where
regulations can be submitted to the attention of Parliament may
Il a fallu trois ans la première fois et deux ans et demie la
deuxième fois. Il faut comprendre que, par exemple, des situations
de gouvernement minoritaire peuvent faire en sorte que les jours
de session où un règlement est soumis à l’attention du Parlement
8-12-2014
Langues officielles
9:53
occur in quick succession and that a certain amount of time may
elapse before arriving at a regulation that has gone through all of
the steps required in sections — if I remember correctly — 84 and
following of the act.
se succèdent rapidement et qu’un certain temps puisse s’écouler
avant qu’on ait un règlement qui ait suivi toutes les consignes
applicables aux articles — de mémoire — 84 et suivants de la loi.
Senator Chaput: So you cannot give me an answer in terms of
years? Would it be possible to aim for 2017-18?
La sénatrice Chaput : Vous n’êtes pas en mesure de me
répondre en termes d’années? Est-ce que 2017-2018 peut être
envisageable?
Mr. Tremblay: What I can tell you is that there are ways and
that it depends on the scope of the regulation you are trying to put
in place and how acceptable the project is. Was there much
discussion back and forth? In 1991, there had been much
discussion on both sides, and much parliamentary work was
done by this committee. If I remember correctly, this committee
was a joint committee at the time. Much work was done to study
this project. All of this is a little bit beyond the scope of my work.
This is why I cannot estimate how much time this would take.
However, experience shows that, in this field, a significant amount
of time will be required because this legislation attracts much
attention, and the regulations lead to debates that are quite broad,
as we have seen in the past.
M. Tremblay : Ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a des
moyens, et cela dépendra toujours de l’ampleur du règlement que
l’on aurait à édicter et de l’acceptabilité du projet. Est-ce qu’il y a
beaucoup de discussions de part et d’autre? En 1991, il y a eu
beaucoup de discussions de part et d’autre, il y a eu beaucoup de
travaux parlementaires en ce qui concerne ce comité. En fait, à
cette époque, c’était un comité mixte, si ma mémoire est bonne. Il
y a eu de nombreux travaux pour étudier ce projet. Tout cela est
un peu hors de ma portée. C’est pourquoi je ne peux pas vous
donner une évaluation de temps. Cependant, l’expérience nous dit
que, dans ce domaine, il faut prévoir une période substantielle,
parce que cette loi attire beaucoup d’attention, ces règlements
d’application suscitent des débats qui sont, par expérience,
amples.
Senator Chaput: We should plan for it to take two years rather
than six months, in that case.
La sénatrice Chaput : Il faudrait prévoir plutôt deux ans que six
mois, alors.
Senator McIntyre: Thank you for your presentation,
Mr. Tremblay. I understand that, under the Official Languages
Act, the Secretariat’s obligations are mainly related to Parts IV, V
and VI of the act. I also understand that you play a role in
implementing Part VII, which deals with the development of
official language minority communities and the promotion of
linguistic duality.
Le sénateur McIntyre : Je vous remercie pour votre
présentation, monsieur Tremblay. Sous le régime de la Loi sur
les langues officielles, je comprends que les obligations du
secrétariat touchent principalement les parties IV, V et VI de la
loi. Je comprends également que vous jouez un rôle dans la mise
en œuvre de la partie VII qui porte sur le développement des
communautés de langues officielles en situation minoritaire et la
promotion de la dualité linguistique.
The secretariat works very closely with Canadian Heritage in
this regard. Accountability, for example, is a responsibility shared
between the secretariat and Canadian Heritage. The secretariat
is mainly responsible for Parts IV, V and VI of the Official
Languages Act, while Canadian Heritage is chiefly responsible for
Part VII of the act. What connection or relationship do you
have with Canadian Heritage in terms of the implementation of
Part VII of the Official Languages Act?
À ce chapitre, le secrétariat collabore étroitement avec le
ministère du Patrimoine canadien. En ce qui concerne, par
exemple, la reddition de comptes, la responsabilité est partagée
entre le secrétariat et le ministère du Patrimoine canadien. Le
secrétariat porte surtout la responsabilité des parties IV, V et VI
de la Loi sur les langues officielles, alors que le ministère du
Patrimoine canadien porte surtout la responsabilité de la
partie VII de la Loi sur les langues officielles. Quel lien ou
relation entretenez-vous avec le ministère du Patrimoine canadien
en ce qui a trait à la mise en œuvre de la partie VII de la Loi sur les
langues officielles?
Mr. Tremblay: There are a number of elements to the answer
to this seemingly simple question. First of all, the Treasury Board
Secretariat is a federal institution and has no regional operations.
This federal institution does not have a grants and contributions
program. It is a central agency, and as is true of all federal
institutions, the secretariat is subject to Part VII of the act and
implements positive measures to support communities and the
equality of status for English and French.
M. Tremblay : Il y a plusieurs éléments de réponses à cette
question d’apparence simple. Tout d’abord, le Secrétariat du
Conseil du Trésor est une institution fédérale. Donc, il n’y a pas
d’opérations régionales. Cette institution fédérale n’a pas de
programme de contributions et de subventions. C’est une agence
centrale et c’est à titre d’institution fédérale que le secrétariat,
comme toute institution fédérale, est assujetti à la partie VII de la
loi et prend des mesures positives pour appuyer les communautés
et l’égalité du statut de l’anglais et du français.
9:54
Official Languages
8-12-2014
My team is not the organization within the Treasury Board
Secretariat responsible for ensuring the coordination of this
portion of our role; rather, that is what we call departmental
work, and it is the organization as organization. I have colleagues
who are in charge of the language of services and communications
and who are responsible for Part VII and other issues of this
nature at the departmental level.
Mon équipe n’est pas l’organisation au sein du Secrétariat du
Conseil du Trésor du Canada qui veille au respect de la
coordination de cet aspect du rôle, parce que c’est ce qu’on
appelle du travail ministériel, c’est l’organisation à titre
d’organisation. J’ai des collègues qui s’occupent de la langue des
services et des communications du Secrétariat du Conseil du
Trésor du Canada à titre de ministère, qui s’occupent de la
partie VII et d’autres enjeux de cette nature au niveau ministériel.
In other words, my team is responsible for our work in relation
to the central agency. Our work in this field consists in part of
supporting other policy centres and authorities that advise the
president and Treasury Board in developing this advice.
Donc, mon équipe s’occupe de l’aspect du travail par rapport à
l’agence centrale. Dans ce domaine, le travail que l’on fait
consiste, d’une part, à appuyer les autres centres de politique et les
autres instances du secrétariat qui offrent des conseils au
président et au Conseil du Trésor dans l’élaboration de leurs
conseils.
We represent the adviser to the advisers, the specialist who
advises our other colleagues at the Treasury Board Secretariat
when they are called upon to provide guidance. In this context, we
ensured that our consulting analysts at the secretariat who review
Treasury Board submissions have the tools, a manual and an
analysis worksheet to consider not only Parts IV, V and VI, for
which my unit plays a direct supporting role at Treasury Board,
but also for Part VII. We thought it was good policy and a best
practice to ensure that our colleagues take these factors into
consideration when providing guidance.
On représente le conseiller des conseillers, le spécialiste qui
avise les autres collègues du Secrétariat du Conseil du Trésor
lorsqu’ils ont des conseils à donner. Dans ce contexte, nous avons
veillé à ce que nos analystes-conseils du Secrétariat du Conseil du
Trésor, qui examinent les présentations au Conseil du Trésor,
aient des outils, un guide, une fiche d’analyse qui leur permettent
de tenir compte non seulement des parties IV, V et VI, pour
lesquelles mon unité joue un rôle direct d’appui au Conseil du
Trésor, mais aussi de la partie VII. Nous croyions qu’il s’agissait
d’une bonne politique et d’une bonne pratique que de nous
assurer que nos collègues tiennent compte de ces facteurs dans le
cadre de leurs conseils.
Senator McIntyre: I understand that the secretariat and
Canadian Heritage have changed their accountability approach.
They now report every three years instead of every year, as was
done in the past. What do you think of this new approach?
Le sénateur McIntyre : Je comprends que le Secrétariat du
Conseil du Trésor et le ministère du Patrimoine canadien ont
modifié leur approche en matière de reddition de comptes. Les
bilans se font maintenant aux trois ans, alors qu’auparavant, ils se
faisaient chaque année. Que pensez-vous de cette nouvelle
approche?
Mr. Tremblay: We just concluded the first three-year cycle
under this new approach. What is new is the fact that we worked
with Canadian Heritage to lighten the administrative burden of
about 200 federal institutions that are required to report on
Parts IV, V and VI as well as Part VII.
M. Tremblay : On vient de terminer le premier cycle de trois
ans quant à cette approche. Ce qui est nouveau, c’est le fait qu’on
ait collaboré avec le ministère du Patrimoine canadien par souci
de limiter le fardeau administratif des quelque 200 institutions
fédérales qui doivent soumettre des rapports sur les parties IV, V
et VI et sur la partie VII.
There are efficiencies to be gained by asking them to report just
once. But there is more. We also wanted to transform the
governance of official languages within institutions.
En ne leur demandant qu’une seule fois, il y a une certaine
efficacité qui entre en ligne de compte. Mais ce n’est pas tout.
Nous avons voulu transformer la gouvernance des langues
officielles au sein des institutions.
Traditionally, in the past, Parts IV, V and VI dealt with human
resources. When we began setting up the official languages
program, these positions had to be filled. My universe was
therefore made up of human resources branches from the
departments. At Canadian Heritage, this meant programs,
grants and contributions. All of these were included in the
policies or programs groups within the departments.
Traditionnellement, si on remonte dans le temps, les parties IV,
V et VI traitaient de ressources humaines. Lorsqu’a débuté la mise
sur pied du programme des langues officielles, il fallait doter des
postes. Mon univers était donc composé des directions des
ressources humaines des ministères. Au ministère du Patrimoine
canadien, il s’agissait des programmes, des subventions et des
contributions. Tout cela s’est retrouvé dans des boîtes de
politiques ou de programmes au sein des ministères.
This created silos that often did not communicate with each
other. It was inefficient for a deputy minister to receive a report
on Part VII of the Official Languages Act in November and to
Cela a donc créé des silos qui, souvent, ne communiquaient
pas. Lorsqu’un sous-ministre recevait en novembre un rapport sur
la partie VII de la Loi sur les langues officielles et qui, plus tard ou
8-12-2014
Langues officielles
9:55
also receive, before or after that report, another report from the
same institution for Parts IV, V and VI. There was also a lack of
coordination and overview of what the institutions could do to
comply with the entire act and also the spirit of the law.
auparavant, recevait un autre rapport de la même institution pour
les parties IV, V et VI, cela créait non seulement de l’inefficacité,
mais aussi un manque de coordination et de vue d’ensemble de ce
que l’institution pouvait faire pour respecter l’ensemble de la loi et
l’esprit de la loi.
We are at the second year of this cycle with Canadian Heritage.
We continue to believe that there were structuring effects and that
people from the various silos had more interaction, which allowed
for more communication between people with various official
languages responsibilities within the departments.
On est à la dernière année de ce cycle avec le ministère du
Patrimoine canadien. On continue de croire qu’il y a eu des effets
structurants, que les gens des différents silos se sont parlé
davantage et que cela a permis de mettre en contact des gens
qui exercent différentes responsabilités au sein des ministères au
titre des langues officielles.
The Chair: We will now begin a second round of questions. I
would ask you to be specific when asking questions because we
have little time.
La présidente : Nous commençons un deuxième tour de
questions. Je vous demanderais d’être précis dans vos questions,
car nous disposons de peu de temps.
Senator Fortin-Duplessis: Mr. Tremblay, although the two
recent annual reports from the Treasury Board Secretariat
mentioned the importance of social media as new methods of
communication and that a number of federal institutions already
use Twitter and Facebook, they did not indicate whether you had
conducted formal research on the use of social media, as we had
recommended in our committee report tabled in October 2012
entitled Internet, New Media and Social Media: Respect for
Language Rights! Are you planning to conduct formal research on
the use of social media by federal institutions?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Monsieur Tremblay, même si les
deux rapports annuels récents du Secrétariat du Conseil du Trésor
mentionnent l’importance des médias sociaux comme nouveaux
modes de communication et que plusieurs institutions fédérales
utilisent déjà Twitter et Facebook, ces rapports n’indiquent pas si
vous avez effectué une recherche formelle sur l’utilisation des
médias sociaux, comme l’avait recommandé notre comité dans le
rapport qu’il a déposé en octobre 2012, et qui s’intitulait Internet,
nouveaux médias et médias sociaux : des droits linguistiques à
respecter! Comptez-vous effectuer une recherche formelle sur
l’utilisation que font les institutions fédérales des médias sociaux?
Mr. Tremblay: I think the answer lies in the use of the word
‘‘formal.’’ We do not have any resources to allocate to this type of
research as part of immediate priorities in the sense that this kind
of research would require applying a scientific method, having
experts on the matter, and ensuring that the work was done
thoroughly.
M. Tremblay : Je crois que la réponse doit tourner autour de
l’utilisation du mot « formel ». Dans le cadre de nos priorités
immédiates, nous ne disposons pas des ressources à consacrer à ce
type de recherche, dans le sens où, pour exécuter une telle
recherche, il faudrait y appliquer une méthode scientifique, avoir
des experts en la matière et veiller à faire un travail rigoureux.
The world of social media evolves almost daily and the tools we
use are constantly changing. What we are doing instead, which is
in a way more compatible with our mission, is to monitor the
general way in which organizations use social media and stay
abreast of developments so that they can respond relatively
quickly.
Or, le monde des médias sociaux change presque
quotidiennement, les outils dont on fait usage changent de
façon constante. Ce que nous faisons, plutôt, et d’une façon qui
soit compatible avec notre mission, c’est de surveiller l’utilisation
de façon générale des médias sociaux par les organisations et de
demeurer à l’affût des changements pour être en mesure d’y réagir
relativement rapidement.
I repeat, things change very quickly and any studies we could
conduct on any aspect would become irrelevant very quickly.
Je le répète, les choses changent très rapidement, et des études
que l’on pourrait mener sur un front deviendraient, en peu de
temps, moins pertinentes.
Senator Fortin-Duplessis: In his 2012-13 annual report, the
Commissioner of Official Languages recommended that the
president of the Treasury Board verify whether federal
institutions had put in place a directive on language training
and report to Parliament in 2014-15. Has this type of directive
been put in place by all federal institutions?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Dans son rapport annuel de
2012-2013, le commissaire aux langues officielles recommandait
au président du Conseil du Trésor de vérifier si les institutions
fédérales ont mis en place une directive sur la formation
linguistique et d’en faire rapport au Parlement au cours de
l’exercice de 2014-2015. Est-ce qu’une telle directive a été mise en
place par toutes les institutions fédérales?
Mr. Tremblay: I do not know the answer to that question.
Treasury Board gave the secretariat the mandate to monitor the
implementation of current policies. There are no policies at
M. Tremblay : Je ne saurais vous répondre. En effet, le
Secrétariat du Conseil du Trésor a reçu le mandat du Conseil
du Trésor de surveiller la mise en œuvre des exigences de
9:56
Official Languages
8-12-2014
Treasury Board regarding language training. There is no
requirement that each deputy minister adopt a directive on
language training within his or her organization.
politiques actuelles. Or, il n’y a pas d’exigences, au sein des
politiques du Conseil du Trésor, qui concernent la formation
linguistique. Il n’y a pas d’exigence selon laquelle chaque sousministre doit adopter une directive sur la formation linguistique
dans son organisation.
We would be going beyond the responsibilities entrusted to us
if we went ahead. The commissioner’s first recommendation on
this subject was for deputy heads, who have not indicated how
they will follow up on these recommendations.
Ainsi, pour nous, ce serait sortir des responsabilités qui nous
ont été confiées que de le faire. D’ailleurs, la première
recommandation du commissaire en la matière s’adresse aux
administrateurs généraux qui, eux, n’ont pas indiqué quel suivi ils
choisissaient ou décidaient de donner à ces recommandations.
As a central agency, we work with these deputy ministers and
especially their representatives, as part of a working group on
language training to establish whether there should be any followups to this and other recommendations the commissioner made in
his reports. The departments and organizations are still reviewing
the issue at this time.
Nous travaillons, comme agence centrale, avec ces sousministres, avec leurs représentants surtout, dans le cadre d’un
groupe de travail sur la formation linguistique afin de déterminer
s’il y aurait des suites à donner à celle-ci ou à d’autres
recommandations que le commissaire a formulées dans ses
rapports. Pour l’instant, les ministères et organismes sont
toujours à l’étude.
Senator Fortin-Duplessis: In other words, you did not take this
directive into consideration?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Donc, vous n’avez pas tenu
compte de cette directive?
The Chair: Colleagues, I will remind you that we will be
receiving a second panel to discuss the annual reports of the
Treasury Board. Mr. Daniel Watson will join Mr. Tremblay to
discuss this issue. For that part of the meeting, we will focus on
Bill S-205.
La présidente : Chers collègues, je vous rappelle que nous
accueillerons un deuxième groupe pour traiter des rapports
annuels du Conseil du Trésor. M. Daniel Watson se joindra à
Me Tremblay pour discuter de cette question. Nous allons nous
concentrer sur le projet de loi S-205 pendant cette partie de la
réunion.
Senator Maltais: I have a brief question, Mr. Tremblay. You
said you were setting up Internet access. Have you received more
requests for information since you set up your Internet access?
Le sénateur Maltais : J’ai une brève question, monsieur
Tremblay. Vous avez dit que vous mettiez Internet en place.
Avez-vous reçu davantage de demandes d’information depuis que
vous avez Internet?
Mr. Tremblay: At the Treasury Board Secretariat?
M. Tremblay : Au Secrétariat du Conseil du Trésor?
Senator Maltais: Yes.
Le sénateur Maltais : Oui.
Mr. Tremblay: I would not say that there was a significant
increase in the number of requests related to official languages
that we receive from the public. Has there been an increase in the
use of Internet networks and other technologies for all federal
institutions? I think that the answer is clearly yes. Some service
providers promote this feature.
M. Tremblay : Je ne peux pas dire qu’il y ait eu une
augmentation significative des demandes qui nous parviennent
des membres du public en ce qui a trait aux langues officielles.
Est-ce qu’il y a une augmentation de l’utilisation des réseaux
Internet et d’autres technologies pour l’ensemble des institutions
fédérales? Je pense que la réponse est oui, évidemment. Il y a
certains prestataires de services qui favorisent ce recours.
As time goes on, I think some services will have to be available
electronically. That is the way of the future and of growth for
service delivery and communications.
Au fur et à mesure que le temps passera, certains services, je
crois, deviendront obligatoirement disponibles et offerts par voie
électronique. C’est la voie de l’avenir et de la croissance par
rapport à la prestation de services et de communications.
Senator Charette-Poulin: Mr. Tremblay, earlier you mentioned
that automated services are now being provided. Is the quality the
same in English and in French? Are all services provided in both
languages all across the country?
La sénatrice Charette-Poulin : Monsieur Tremblay, vous avez
parlé plus tôt des services automatisés qui sont maintenant
offerts. Est-ce que l’anglais et le français sont à qualité égale? Estce que tous les services sont offerts dans deux langues, partout au
pays?
Mr. Tremblay: The model that is generally used is that of
consistent bilingual service delivery. We could apply the act and
regulations a little more strictly and say that communications
from a local office should be subject to local rules. However,
M. Tremblay : En général, le modèle utilisé est celui de la
prestation de services bilingues uniformes. On pourrait prendre
une application un peu plus stricte de la loi et de son règlement, et
dire que, si une communication émane d’un bureau local, elle
8-12-2014
Langues officielles
9:57
federal institutions are increasingly deciding that if they are going
to do the work once, that is, preparing a tool for one region, why
not make it more broadly available? Most of our websites are now
used nationally, and we provide services in both official
languages. In that sense, there has been an increase in the
opportunity to use English and French nationally.
pourrait être assujettie à des règles locales. Mais, de plus en plus,
les institutions fédérales se disent que, si on a fait le travail une
fois, si on a préparé un outil à une fin pour une région, alors
pourquoi ne pas le rendre disponible de façon plus large? La
plupart de nos sites Internet ont maintenant une vocation
nationale, et nous offrons ces services dans les deux langues
officielles. Il y a une augmentation, à ce chapitre, des occasions
d’utiliser le français et l’anglais de façon nationale.
As for the quality of services, as with anything else, there are
situations when delivery is uneven. As the Supreme Court noted,
there may be times when services provided in English or in French
may not meet our expectations. In other cases, the French version
of a text may not have been prepared as carefully as it should have
been. We can all make mistakes, especially now that we live in an
era where the public expects things to be done quickly. It would
be inaccurate to say that these kinds of situations do not ever
occur. The goal is to have services in French offered as quickly
and at the same quality level as any services provided in English.
The guidance and manuals we provide to institutions are aimed at
ensuring that this is the case.
Quant à la qualité des services, il est certain qu’il y a, comme en
toute chose, des moments d’inégalité dans la prestation. Il
arrivera, et la Cour suprême en avait parlé, des occasions où le
service en anglais comme celui en français ne sera peut-être pas à
la hauteur de nos attentes. D’autres fois, la version française d’un
texte pourrait ne pas avoir été préparée avec tout le souci qui est
requis. Chacun peut faire des erreurs, surtout à l’ère de la rapidité
d’exécution qui fait maintenant partie aussi des attentes du public.
Donc, dire qu’il n’y a pas, à l’occasion, de tels écarts serait ne pas
donner tout à fait l’heure juste. L’objectif est d’atteindre une
situation dans laquelle, lorsqu’on offre un service qui est de
qualité en anglais, on l’offre au même niveau de qualité et avec la
même rapidité d’accès en français. Les conseils et les guides que
nous offrons aux institutions visent à faire en sorte que cet aspect
est vérifié.
Let us take 1-800 lines as an example. There are ways for
institutions to ensure that wait times to obtain services in French
are not any longer than those for services in English. Any
dedicated line system will not have longer wait times on the
French line than on the English line. You know, the French that is
used when responding to calls on these lines is the French that is
spoken by our francophones right across the country. These
services are most often delivered in the service provider’s first
language, as using these tools allow us to distribute the work to
areas where the capacity to provide these services exists. There are
therefore significant advantages, which we continue to discover,
to these methods of service delivery.
On parle, par exemple, de lignes 1-800; il y a des moyens pour
les institutions de veiller à ce que l’attente ne soit pas plus longue
pour obtenir un service en français que pour un service en anglais.
Si on offre un système de ligne spécialisée, la ligne attribuée au
service en français n’aura pas un temps d’attente plus long. Vous
savez, le français qui est utilisé pour répondre aux appels dans le
cadre d’un tel service, c’est le français qui est parlé par nos
francophones d’une mer à l’autre. C’est le plus souvent une
prestation de services dans la langue première du prestataire de
services, puisque le recours à ces outils nous permet de distribuer
le travail aux endroits où il y a une capacité d’offrir ce service. Il y
a donc des avantages importants, qu’on n’a pas fini de découvrir,
à ces types de prestation de services.
Senator Charette-Poulin: Thank you.
La sénatrice Charette-Poulin : Merci.
Senator Chaput: I would like to talk briefly about the cost of
regulation compliance review. We know your secretariat has a
budget to monitor this. If I understood correctly, each
department is responsible for its own review, using your tools.
The resources assigned to this exercise are distributed among all
departments and institutions providing services to the public.
That would be about how things are.
La sénatrice Chaput : Je veux vous parler brièvement du coût
de l’exercice de réapplication du règlement. Nous savons que
votre secrétariat a un budget pour surveiller l’exercice de
réapplication du règlement. Si je comprends bien, chaque
ministère est responsable de mener son propre exercice en se
servant de vos outils. Donc, les ressources attribuées à cet exercice
sont distribuées parmi tous les ministères et toutes les institutions
qui offrent des services au public. Ce serait à peu près la réalité.
Do you have an idea of the overall amount spent by all of the
departments and institutions, including the Treasury Board
Secretariat, to manage this exercise?
Avez-vous une idée du montant global qui est dépensé par
l’ensemble des ministères et des institutions, y compris le
Secrétariat du Conseil du Trésor, pour gérer cet exercice?
Mr. Tremblay: No, we do not have any specific numbers. It
would be very difficult to arrive at any. In most departments,
according to our policies, there is one person designated as the
person responsible for official languages. In some larger
departments, there may be a single person but that person
M. Tremblay : Non, nous n’avons pas de décompte. Il serait
très difficile de le faire. Dans la plupart des ministères, selon nos
politiques, il y a un poste désigné nommé « personne responsable
des langues officielles »; dans certains grands ministères, la
personne responsable des langues officielles est peut-être unique,
9:58
Official Languages
8-12-2014
would manage a whole team. In many smaller organizations,
there is one person who is in charge of this but who also has other
responsibilities.
mais elle gère une plus grande équipe. Dans beaucoup de plus
petites organisations, il y a une personne qui s’occupe de cela et
qui a d’autres responsabilités également.
In these cases, it is difficult to determine what the breakdown
is, unless the organization uses a time-reporting system, which
some, but not all, organizations do. Even within my own team,
nobody is in charge of this exercise full-time. At last count, six
people are currently working on the team responsible for the
regulation, but they also have a number of other duties and are
therefore indirectly related to regulation compliance review. It is
therefore difficult to add up the expenses related to this exercise
the way the Auditor General of Canada would.
Il est donc difficile, à ce moment-là, de déterminer quelle part
du travail est faite, à moins de se servir d’un système de
comptabilisation du temps, qui existe dans certaines
organisations, mais pas dans toutes. Même au sein de mon
équipe, personne ne s’occupe à temps plein de cet exercice-là. Aux
dernières nouvelles, il y a six personnes qui travaillent
présentement dans l’équipe responsable du règlement, mais qui
ont plusieurs autres fonctions, donc qui ont un rapport indirect
avec l’exercice du règlement. Il est donc difficile de comptabiliser,
au sens où le vérificateur général du Canada l’entendrait, les
dépenses qui ont trait à cet exercice.
Senator Chaput: That is what I thought, but I wanted to hear
you say it. If we were to propose a new regulation — this is
something I care about and bring back often, please forgive me —
your secretariat would be in charge of developing the required
tools and all the other departments that already have persons
responsible for official languages would be in charge of enforcing
the new regulation, instead of the previous version. That is quite
simplistic, but is that not how it would be?
La sénatrice Chaput : C’est ce que je croyais, mais je voulais
l’entendre. Si nous proposions — c’est ma marotte, veuillez m’en
excuser — un nouveau règlement, votre secrétariat serait chargé
de développer les outils nécessaires, et tous les autres ministères
qui ont déjà des employés responsables du dossier des langues
officielles seraient chargés d’appliquer le nouveau règlement au
lieu de l’ancien. C’est simpliste, mais est-ce que ce ne serait pas à
peu près la réalité?
Mr. Tremblay: That would essentially be what would happen,
but there would be other transition costs related to this step. For
now, we do not have any plans to amend the regulations. No team
at the secretariat is in charge of amending the regulations or
implementing new ones. This would take a fair number of
resources and it would also take two or three years, as I
mentioned previously. There would also be potential costs related
to the implementation of requirements for new bilingual offices,
as the bill would presumably increase the number of bilingual
offices instead of decreasing them.
M. Tremblay : Ce serait à peu près la réalité, mais ce ne serait
pas là les seuls coûts de transition liés à une telle démarche. Pour
l’instant, nous n’avons pas de projet de modification du
règlement. Donc, aucune équipe chez moi n’a la tâche de
modifier, ou encore, d’adopter de nouveau règlement. Il
faudrait passablement de ressources, et j’ai fait allusion tantôt à
deux ou trois ans de travail pour arriver à ces fins. Ensuite, il y a
les coûts que peut générer la mise en œuvre d’exigences liées à de
nouveaux bureaux bilingues, puisque l’objectif du projet de loi
serait de désigner, on le présume, davantage de bureaux bilingues
et non moins.
Senator Chaput: The goal could also be to use automated
services even more efficiently throughout the entire country so
that all of our federal offices can provide services in both official
languages all across Canada without generating additional costs.
We do not know, do we?
La sénatrice Chaput : Ou alors, l’objectif pourrait être de se
servir des services automatisés de façon encore plus efficace aux
quatre coins du Canada, de sorte que tous nos bureaux fédéraux
puissent offrir des services dans les deux langues officielles partout
au Canada, sans que cela ne génère de coûts additionnels. On ne le
sait pas, n’est-ce pas?
Mr. Tremblay: That is not quite the purpose of the regulation.
In fact, what you have just described as the ideal situation
already exists to a certain extent. Automated services, through the
1-800 number, are already provided to everyone. Everyone across
Canada has access to online services. Every single person in
Canada has access to services in the official language of his or her
choice. What the regulations deal with are situations where you
go to a federal institution’s local office — and this is provided for
under the act and its regulations — and services may not be
available in both official languages at the counter or when you
call that local office.
M. Tremblay : La vocation du règlement est autre. En effet, ce
que vous décrivez comme situation idéale existe déjà dans une
certaine mesure. Le service automatisé, le service de ligne 1-800,
est déjà offert à tout le monde. Tout le monde au Canada a accès
à des services en ligne. Il n’y a pas une seule personne au Canada
qui n’ait pas accès à des services dans sa langue officielle. Ce dont
il est question dans le règlement, c’est que, lorsqu’on veut se
rendre au bureau local de l’institution fédérale, il peut y avoir des
situations — et c’est ce que prévoit la loi et son règlement — où le
service ne sera pas disponible dans les deux langues au comptoir
ou lorsqu’on appelle la ligne locale de ce bureau.
Senator Chaput: Thank you for that clarification, it is very
much appreciated.
La sénatrice Chaput : Merci de cette précision, c’est très
apprécié.
8-12-2014
Langues officielles
9:59
The Chair: You have explained in detail the fact that, in your
role, you ensure that the regulations are respected and applied by
all departments. In the context of your responsibilities as assistant
deputy minister, do you advise the minister on the subject of
Bill S-205?
La présidente : Vous avez présenté, avec beaucoup de
précision, le fait que, dans votre rôle, vous veilliez à ce que le
règlement soit respecté et appliqué par tous les ministères. Est-ce
que, dans le cadre de vos responsabilités en tant que sous-ministre
adjoint, vous conseillez le ministre par rapport au projet de
loi S-205?
Mr. Tremblay: My advice to the president is subject to cabinet
confidentiality. As such, I am unable to answer that question.
M. Tremblay : Mes conseils au président sont visés par la
confidentialité du cabinet; je ne suis donc pas en mesure de
répondre à cette question.
The Chair: I did not ask you for your opinion of the bill,
Mr. Tremblay, but rather if, among your responsibilities, you
have that role.
La présidente : Je ne vous ai pas demandé votre évaluation du
projet de loi, maître Tremblay, mais si, dans vos responsabilités,
vous avez ce rôle.
Mr. Tremblay: In the context of my responsibilities, it is clear
that I am the main adviser to the president, generally speaking,
with regard to official languages.
M. Tremblay : Dans le cadre de mes responsabilités, je suis le
premier conseiller du président, de manière générale, au chapitre
les langues officielles, évidemment.
The Chair: Thank you. Are there any other questions? If there
are no further questions, I would like to thank you,
Mr. Tremblay, for appearing and providing your information
and explanations today. We will now take a five-minute break to
prepare the next group of witnesses.
La présidente : Merci. Y a-t-il d’autres questions? S’il n’y a pas
d’autres questions, je vous remercie, maître Tremblay, d’être venu
nous apporter ces précisions et ces explications. Nous allons
prendre une pause de cinq minutes afin de préparer le prochain
groupe de témoins.
(The committee suspended.)
(La séance est suspendue.)
(The committee resumed.)
(La séance reprend.)
The Chair: Honourable senators, we will now turn to the
question of the three most recent annual reports tabled by the
Treasury Board Secretariat in Parliament. Under the Official
Languages Act, the Treasury Board Secretariat has responsibility
for the general direction and coordination of federal policies and
programs relating to language of service, under Part IV; language
of work, under Part V; and the equitable participation of Englishspeaking and French-speaking Canadians in federal institutions,
under Part VI.
La présidente : Honorables sénateurs, maintenant, nous nous
penchons sur la question des trois plus récents rapports annuels
déposés par le Secrétariat du Conseil du Trésor au Parlement.
Sous le régime de la Loi sur les langues officielles, le Secrétariat du
Conseil du Trésor est chargé de l’élaboration et de la coordination
générales des principes et programmes fédéraux d’application de
la langue de service, selon la partie IV; de la langue de travail,
selon la partie V; et de la participation équitable des Canadiens
d’expression française et anglaise, selon la partie VI, dans les
institutions fédérales.
I am very happy, on behalf of the Standing Senate Committee
on Official Languages, to welcome Daniel Watson, Chief Human
Resources Officer and, once again, Marc Tremblay, Acting
Assistant Deputy Minister, Governance, Planning and Policy
Sector.
Je suis très heureuse, au nom du comité des langues officielles,
d’accueillir Daniel Watson, dirigeant principal des ressources
humaines et, encore une fois, Marc Tremblay, sous-ministre
adjoint par intérim, Secteur de la gouvernance, de la planification
et des politiques.
I invite Mr. Watson to begin his remarks.
J’invite M. Watson à commencer sa présentation.
Daniel Watson, Chief Human Resources Officer, Treasury
Board of Canada Secretariat: Thank you, Madam Chair and
members of the committee. As you know, I am accompanied by
Marc Tremblay, the Acting Assistant Deputy Minister of the
Governance, Planning and Policy Sector, within the Treasury
Board Secretariat. Let me begin with a few words on the role of
the Treasury Board Secretariat in official languages.
Daniel Watson, dirigeant principal des ressources humaines,
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada : Merci beaucoup,
madame la présidente et membres du comité. Comme vous le
savez, je suis accompagné de M. Marc Tremblay, sous-ministre
adjoint par intérim du Secteur de la gouvernance, de la
planification et des politiques au sein du Secrétariat du Conseil
du Trésor. Je commencerai par vous parler du rôle du Secrétariat
du Conseil du Trésor en matière de langues officielles.
We support approximately 200 federal institutions subject to
the Official Languages Act in fulfilling their linguistic obligations
under Parts IV, V and VI of the act.
Nous aidons environ 200 institutions fédérales assujetties à la
Loi sur les langues officielles à respecter leurs obligations
linguistiques en vertu des parties IV, V et VI de la loi.
9:60
Official Languages
[English]
8-12-2014
[Traduction]
Respectively, these three parts relate to communications with
and services to the public, language of work and the participation
of English-speaking and French-speaking Canadians. Our
support includes providing institutions with guidance,
coordination and the tools they need to comply with the
Official Languages Act.
Ces trois parties ont trait respectivement aux communications
avec le public et à la prestation de services, à la langue de travail et
à la participation des Canadiens d’expression anglaise et des
Canadiens d’expression française. Notre aide consiste, entre
autres, à donner aux institutions les conseils, les services de
coordination et les outils dont elles ont besoin pour se conformer
à la Loi sur les langues officielles.
As you know, our findings and observations on the progress
federal institutions are making are found in the annual report on
official languages. Our last report for the fiscal year of 2012-13
marked the twenty-fifth anniversary of the annual report on
official languages, as well as the renewed Official Languages Act
coming into force in 1988. This important milestone allowed us to
look back on how far we have come.
Comme vous le savez, nos constatations et nos observations
sur les progrès que font les institutions fédérales figurent dans le
Rapport annuel sur les langues officielles. Notre dernier rapport
pour l’exercice 2012-2013 a marqué le 25e anniversaire du
Rapport annuel sur les langues officielles, ainsi que l’entrée en
vigueur en 1988 de la nouvelle Loi sur les langues officielles. Cette
étape importante nous a permis de repenser à tout le chemin que
nous avons parcouru.
[Translation]
[Français]
Indeed, in 1988, one in three employees in the government was
bilingual. Today, the public service has a pool of bilingual
employees that makes up 45 per cent of its workforce. This has
allowed the government to communicate with and serve
Canadians more effectively in the official language of their
choice. Today, the vast majority of Canadians have access to
federal services in the official language of their choice by one
means or another.
En effet, en 1988, un employé sur trois au gouvernement était
bilingue. Aujourd’hui, la fonction publique possède un bassin
d’employés bilingues qui représente 45 p. 100 de son effectif. Cela
a permis au gouvernement de communiquer avec les Canadiens et
de les servir plus efficacement dans la langue officielle de leur
choix. Aujourd’hui, la grande majorité des Canadiens ont accès à
des services fédéraux dans la langue officielle de leur choix, par un
moyen ou un autre.
As you know, deputy heads of federal institutions have
primary responsibility for implementing the act within their
organization, including designing and delivering effectively the
Official Languages Program. Our annual reviews of their
activities and progress are now conducted on a three-year cycle.
This means every institution is up for review at least once every
three years, which is helping us to reduce the reporting burden of
federal institutions and leads to a better allocation of resources.
Comme vous le savez, les administrateurs généraux des
institutions fédérales ont la responsabilité première de la mise
en application de la loi au sein de leur organisation, notamment la
conception et la mise en œuvre efficace du Programme des langues
officielles. Nos examens annuels de leurs activités et progrès sont
maintenant effectués selon un cycle de trois ans. Chaque
institution doit donc faire l’objet d’un examen au moins tous les
trois ans, ce qui nous aide à réduire les exigences en matière de
rapports et contribue à une meilleure affectation des ressources.
This approach is consistent with the recommendations of both
the Auditor General and the Prime Minister’s Advisory
Committee on the Public Service, which have called on central
agencies responsible for human resources management to simplify
and integrate data collection.
Cette approche est conforme aux recommandations du
vérificateur général et du Comité consultatif sur la fonction
publique nommé par le premier ministre, qui ont demandé aux
organismes centraux responsables de la gestion des ressources
humaines de simplifier et d’intégrer la collecte des données.
In 2011-12, we also began coordinating data and information
collection with Canadian Heritage, which is responsible for
Part VII of the act. This is to ensure institutions only complete
one questionnaire, and is a positive step towards a more
consistent and integrated implementation of all parts of the
Official Languages Act.
En 2011-2012, nous avons aussi commencé à coordonner la
collecte des données et de l’information avec le ministère du
Patrimoine canadien, qui est responsable de la partie VII de la loi.
Ainsi, on s’assure que les institutions ne remplissent qu’un seul
questionnaire, et il s’agit là d’une mesure positive qui vise une
application plus uniforme et plus intégrée de toutes les parties de
la Loi sur les langues officielles.
[English]
Our annual reports indicate progress in a number of areas. On
training, they demonstrate that a majority of institutions provide
language training for career advancement and to meet position
[Traduction]
Nos rapports annuels indiquent des progrès dans plusieurs
domaines. En ce qui concerne la formation, ils montrent que la
majorité des institutions offrent de la formation linguistique pour
8-12-2014
Langues officielles
9:61
requirements. They also provide a work environment conducive
to the use and maintenance of second-language skills for
employees returning from language training.
l’avancement professionnel et pour satisfaire aux exigences des
postes. Elles offrent aussi un milieu de travail propice à
l’utilisation et au maintien des compétences en langue seconde
pour les employés qui ont suivi une formation linguistique.
On communicating with the public, our reports show that a
large majority of institutions have taken effective measures. For
example, almost all of the institutions questioned for the 2012-13
report stated that their electronic communications and website
content are available in both official languages, that they are
posted simultaneously, and that the English and French versions
are nearly always and very often of equal quality.
Pour ce qui est des communications avec le public, nos
rapports montrent que la grande majorité des institutions ont pris
des mesures efficaces. Par exemple, presque toutes les institutions
interrogées pour le rapport de 2012-2013 ont déclaré que leurs
communications électroniques et le contenu de leur site web sont
dans les deux langues officielles, que leur publication se fait
simultanément et que les versions anglaise et française sont
presque toujours et très souvent de qualité égale.
Institutions have also consistently indicated that they have
implemented effective measures to greet the public in both official
languages on the telephone and in their use of displays, posters
and recorded messages.
Les institutions ont aussi indiqué systématiquement qu’elles
ont pris des mesures efficaces pour accueillir le public au
téléphone dans les deux langues officielles et lors de l’utilisation
de présentoirs, d’affiches et de messages enregistrés.
However, they also recognize they must continue to improve
their results for the active offer of bilingual services in person. To
that end, many have introduced telephone or in-person checks at
some offices.
Toutefois, elles reconnaissent également qu’elles doivent
continuer à améliorer leurs résultats en ce qui concerne l’offre
active de services bilingues en personne. À cette fin, un grand
nombre ont mis en place des vérifications par téléphone ou en
personne dans certains bureaux.
As for language of work, a majority of institutions indicated
that documents can be written in the employee’s official language
of choice and that effective measures are being taken to create a
work environment that is conducive to the use of both official
languages.
En ce qui a trait à la langue de travail, la plupart des
institutions ont indiqué que les documents peuvent être rédigés
dans la langue officielle de choix de l’employé et que des mesures
efficaces sont prises pour créer un milieu de travail qui favorise
l’utilisation des deux langues officielles.
[Translation]
[Français]
Our reviews also show that anglophones and francophones
are well represented across federal institutions subject to the
act. The 2012-13 annual report shows the participation rate of
anglophones in federal institutions was 73.3 per cent, while the
participation of francophones was 26.6 per cent. This very closely
matches the latest census data, showing that English is the first
official language for 75 per cent of Canada’s population and
French for 23.2 per cent.
Nos examens indiquent aussi que les anglophones et les
francophones sont bien représentés dans l’ensemble des
institutions fédérales assujetties à la loi. Selon le rapport annuel
de 2012-2013, le taux de participation des anglophones dans les
institutions fédérales était de 73,3 p. 100, alors que celui des
francophones était de 26,6 p. 100. Ces chiffres correspondent très
étroitement aux dernières données du recensement selon lesquelles
l’anglais est la première langue officielle de 75 p. 100 de la
population canadienne, et le français, celle de 23,2 p. 100 de la
population.
We have also been working with institutions in helping them to
update the linguistic obligations of their federal offices, which
could change as a result of Statistics Canada’s release of the
language data from the 2011 census. This Official Languages
Regulations Reapplication exercise is currently underway, and
some 10,000 federal offices are reviewing and adjusting their
linguistic obligations. To put that in perspective, I think that there
are two and a half times more service points than there are Tim
Horton’s restaurants in Canada.
Nous travaillons aussi avec les institutions pour les aider à
mettre à jour les obligations linguistiques de leurs bureaux
fédéraux qui pourraient changer à la suite de la publication des
données linguistiques du recensement de 2011 par Statistique
Canada. Cet exercice de révision de l’application du Règlement
sur les langues officielles est en cours, et quelque 10 000 bureaux
fédéraux examinent et rajustent leurs obligations linguistiques.
Pour vous donner une idée de comparaison, je pense qu’il y a deux
fois et demie de plus de points de services qu’il y a de Tim Hortons
au Canada.
The preliminary results indicate that there will not be a
significant impact on minority official languages communities. In
the weeks and months to come, my office will continue to provide
advice and support to institutions require to take measures in
response to the census results. We will also continue to support
Les résultats préliminaires indiquent qu’il n’y aura pas de
répercussions importantes sur les communautés de langue
officielle en situation minoritaire. Dans les semaines et les mois
qui viennent, mon bureau continuera à donner des conseils et de
l’aide aux institutions qui doivent prendre des mesures à la suite
9:62
Official Languages
institutions in adapting to today’s rapidly changing environment
of instantaneous communication, particularly with respect to the
use of social media. For example, our new official languages
policy suite that came into effect in November 2012 takes into
consideration new technologies.
[English]
8-12-2014
des résultats du recensement. Nous continuerons aussi d’aider les
institutions à s’adapter au contexte des communications
instantanées d’aujourd’hui qui est en évolution rapide,
particulièrement au chapitre de l’utilisation des médias sociaux.
Par exemple, notre nouvelle série de politiques sur les langues
officielles, entrée en vigueur en novembre 2012, tient compte des
nouvelles technologies.
[Traduction]
Overall, the new suite gives deputy heads the tools they need by
clarifying official languages obligations while allowing them the
flexibility to put in place practices and procedures suited to their
institutions and to the public they serve.
Dans l’ensemble, la nouvelle série de politiques offre aux
administrateurs généraux les outils dont ils ont besoin en
clarifiant les obligations liées aux langues officielles, ce qui leur
donne la latitude nécessaire pour mettre en place les pratiques et
les procédures adaptées à leurs institutions et au public qu’elles
servent.
Since the release of the first annual report on official languages,
much has been achieved. Challenges remain, but institutions are
showing a strong commitment to meeting their obligations under
the act.
Depuis la publication du premier rapport annuel sur les
langues officielles, beaucoup de choses ont été réalisées. Des défis
demeurent. Mais les institutions montrent un engagement ferme à
respecter leurs obligations découlant de la loi.
[Translation]
[Français]
This completes my opening remarks. We would now be happy
to take the committee’s questions. Thank you.
C’est ainsi que se conclut ma présentation. Nous serons
maintenant heureux de répondre aux questions du comité. Merci.
The Chair: Thank you very much, Mr. Watson. The first
question goes to Senator Chaput, followed by Senator Maltais.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Watson. La
première question sera posée par la sénatrice Chaput, suivie du
sénateur Maltais.
Senator Chaput: Mr. Watson, I would like to ask a question
concerning federal institutions that use third parties to reduce
their operating costs, either through subcontracting, partnerships,
or privatization. I will use the example of Canada Post which, for
over-the-counter services, now signs an agreement with a third
party, who is often a private local business that also offers
Canada Post services.
La sénatrice Chaput : Monsieur Watson, je vais vous poser une
question concernant les institutions fédérales qui font appel à des
tiers pour réduire leurs coûts d’exploitation, qu’il s’agisse de soustraitance, de partenariat ou de privatisation. Je prends l’exemple
de Postes Canada qui, pour les services au comptoir, signe
maintenant une entente avec un tiers qui, souvent, est une
entreprise privée locale qui offre aussi les services de Postes
Canada.
Recently another Senate committee, of which I am a member,
studied the issue of prisons where chaplains’ services are now
offered by a private business, which provides chaplains who offer
service to prisoners.
Tout dernièrement, un autre comité sénatorial, dont je suis
membre, a étudié la question des prisons pour lesquelles les
services d’aumôniers seront maintenant offerts par une entreprise
privée, qui fournira des aumôniers pour offrir les services aux
prisonniers.
It is difficult to ensure that services are offered in both official
languages; this is the case, for example, in Manitoba, in French,
and it is that much more difficult when services are offered by a
third party, because of the language provision.
Il est difficile d’assurer les services dans les deux langues
officielles; c’est le cas, par exemple, pour le Manitoba, en français,
et c’est beaucoup plus difficile lorsqu’on passe par l’entremise de
tiers, parce qu’il est question d’une disposition linguistique.
If I understand correctly, your policies indicate that when
services are provided by a third party, there must be a language
provision. How can this language provision be enforced if it is not
respected? Who has that responsibility? This is a weakness. You
have remade your policies; some have a much greater scope, but
when it comes to subcontracting, there is truly a major weakness
which often comes out at the local level in the smallest
communities.
Si je comprends bien, vos politiques indiquent que, lorsque des
services sont fournis par des tiers, il doit y avoir une disposition
linguistique. Comment fait-on respecter cette disposition
linguistique si elle ne l’est pas? Qui a cette responsabilité? Parce
qu’il s’agit là d’une faiblesse. Vous avez refait vos politiques;
certaines ont beaucoup plus d’envergure, mais quant à l’aspect de
la sous-traitance, il y a réellement une faiblesse assez importante
qui se manifeste souvent au niveau local dans les plus petites
collectivités.
8-12-2014
Langues officielles
9:63
Mr. Watson: That is an excellent question. Under the act, the
deputy head is responsible for program and service delivery, and
regardless of the method of program and service delivery, the
deputy head remains responsible. Whether it is done by public
servants or people hired on a contractual basis, the responsibilities
of the deputy head under the act do not change at all. When we
negotiate a contract with a third party for program and service
delivery, yes, to meet these obligations, the deputy head will
ensure that the provisions are included in the contract.
M. Watson : C’est une excellente question. En vertu de la loi,
c’est l’administrateur général qui est responsable de la prestation
des services et des programmes et, peu importe les modalités de la
prestation des services et des programmes, l’administrateur
demeure responsable. Que ce soit fait par des fonctionnaires ou
des gens employés sur la base d’un contrat, les responsabilités de
l’administrateur général, en vertu de la loi, ne changent pas du
tout. Lorsqu’on négocie un contrat avec une tierce partie pour la
prestation de services et de programmes, oui, afin de répondre à
ses obligations, l’administrateur général s’assurera que les
dispositions seront intégrées au contrat.
We have all kinds of federal government contracts to manage a
host of things. We undoubtedly have more contracts than any
other employer or entity in Canada. The measures contained in
these contracts are measures that all involved are very familiar
with. It is through these contracts that the deputy minister ensures
that the group providing the program and service delivery meets
the requirements, and the contracts also outline penalties and
methods set out for cases of non-compliance.
Nous avons toutes sortes de types de contrats au gouvernement
fédéral qui doivent gérer toute une série de choses. Nous avons
sans doute plus de contrats que n’importe quel autre employeur
ou entité au Canada. Les mesures comprises dans ces contrats
sont des mesures très bien connues par tous et toutes dans le
domaine. C’est par l’intermédiaire de ces contrats que le sousministre s’assure que le groupe offrant la prestation de services et
de programmes répond aux exigences, et les pénalités ou les
modalités prévues en cas de non-respect à cet égard s’y retrouvent
également.
Senator Chaput: Have you ever had to impose penalties for
non-compliance with a contract? Does Treasury Board impose
the penalties or is it the deputy head of the department in
question?
La sénatrice Chaput : Avez-vous déjà eu à imposer des
pénalités en raison du non-respect d’un contrat? Est-ce le
Conseil du Trésor qui impose ces pénalités ou est-ce
l’administrateur général qui serait le ministère en question?
Mr. Watson: Let us look at how the act works. The act imposes
an obligation on the deputy head to oversee service under the act.
If a contract signed by a deputy head does not respect what it
stipulated in the act, the deputy head must take remedial action.
M. Watson : On en revient au fonctionnement de la loi. La loi
impose l’obligation à l’administrateur général de veiller au service
au sens de la loi. Si un contrat que signe un administrateur général
ne respecte pas ce qui y est stipulé, c’est ce dernier qui
entreprendrait les mesures correctives.
Senator Chaput: As regards the deputy head, in a case of a
service provided by a third party, like Canada Post, would the
department be responsible or is it Treasury Board who is the
deputy head in this case?
La sénatrice Chaput : Concernant l’administrateur général,
dans le cas d’un service donné par un tiers, comme Postes
Canada, est-ce ce ministère qui serait responsable ou est-ce plutôt
le Conseil du Trésor qui est l’administrateur général dans ce cas?
Mr. Watson: The responsibility under the act is always
assigned to the same person.
M. Watson : C’est toujours la même personne à laquelle a été
assignée la responsabilité en vertu de la loi.
Senator Chaput: Within a department.
La sénatrice Chaput : Au sein d’un ministère.
Mr. Watson: In this case, the deputy head of the entity would
be responsible for ensuring the service in question. My colleague,
Mr. Tremblay would perhaps like to add something on this, but
essentially that is how it works.
M. Watson : Dans ce cas, ce serait l’administrateur général de
l’entité qui aurait la responsabilité d’assurer le service en question.
Mon collègue, M. Tremblay, aurait peut-être quelque chose à
ajouter à ce sujet, mais, essentiellement, c’est ainsi que ça
fonctionne.
Senator Chaput: So it would be the entity or the department in
charge that would be responsible.
La sénatrice Chaput : Ce serait alors l’entité ou le ministère en
question qui serait responsable.
Mr. Watson: Yes, because it is the act itself that assigns that
responsibility to the deputy head.
M. Watson : Oui, parce que c’est la loi même qui assigne cette
responsabilité à cet administrateur général.
Senator Chaput: Does your responsibility end once you have
developed the policy? A linguistic provision is discussed and then
your responsibility at Treasury Board ends? The issue is not black
or white —
La sénatrice Chaput : Votre responsabilité se termine-t-elle
lorsque vous avez élaboré la politique? On parle d’une disposition
linguistique et, ensuite, votre responsabilité au Conseil du Trésor
se termine à ce moment-là? Disons que ce n’est pas noir ou
blanc...
9:64
Official Languages
8-12-2014
Mr. Watson: Our work is never done.
M. Watson : Bien, notre travail n’est jamais terminé.
Senator Chaput: Yes, I understand that.
La sénatrice Chaput : Oui, je comprends.
Mr. Watson: What we would do in that case is develop the
tools and good knowledge, develop the networks to help people
who are responsible in the various agencies and entities so that
they can come together and share best practices and be well
informed on the issue.
M. Watson : Ce qu’on ferait, dans ce cas, c’est de développer
des outils et une bonne connaissance, développer des réseaux afin
d’aider les gens qui sont responsables dans les diverses agences et
entités afin qu’ils se rassemblent pour partager les meilleures
pratiques et être bien informés à ce sujet.
We also produce reports. For example, as regards the report we
are discussing today, if someone failed to uphold his or her
responsibilities, we would identify that. The act confers that
responsibility upon the deputy head in question, and we help that
deputy head so that that person is more likely to adequately meet
his obligations.
Nous produisons aussi des rapports. Par exemple, en ce qui
concerne le rapport dont on parle aujourd’hui, si quelqu’un
manquait à ses responsabilités, on l’identifierait. La loi confère la
responsabilité à l’administrateur général en question, et nous
l’aidons afin qu’il soit beaucoup plus probable que la personne
réponde de façon satisfaisante à ses obligations.
Senator Maltais: Welcome, Mr. Watson.
Le sénateur Maltais : Bienvenue, monsieur Watson.
You indicated in your brief, like Mr. Tremblay, that the
institutions questioned are government services, and the various
departments have said that it is much quicker to communicate
using the website.
Vous avez indiqué dans votre mémoire, à l’instar de
M. Tremblay, que les institutions interrogées sont les services
gouvernementaux, et les différents ministères ont déclaré que les
communications se faisaient beaucoup plus rapidement par
l’entremise du site web.
If people now communicate more using electronic services,
which did not exist five or six years ago, does that mean that the
various offices across Canada require less personnel? If people are
now working more from their homes rather than going in to an
office, does that mean we need fewer regional offices?
Donc, si les communications se font davantage par
l’intermédiaire des nouveaux services électroniques — services
qui n’existaient pas il y a cinq ou six ans —, est-ce que cela veut
dire que les différents bureaux au Canada ont maintenant besoin
de moins de personnel? Si les gens travaillent plus souvent à partir
de leur domicile plutôt que de se déplacer au bureau, est-ce que
nous avons moins besoin de bureaux régionaux?
Mr. Watson: I am not an expert in designing services and
programs. I know of no study that establishes a clear link between
those two facts you stated. Canadians still use offices despite the
arrival of Internet and online services. It is clear, however, that in
the case of several services, people are going online. The Canada
Revenue Agency offers a good example: it announced that about
84 per cent of people filed their income tax papers electronically.
Ten years ago, almost no one did.
M. Watson : Je ne suis pas expert dans le design ou la
conception de services et de programmes. Je ne connais pas de
recherche qui indique un lien étroit entre ces deux faits. Les
Canadiens et Canadiennes se présentent toujours dans les bureaux
malgré l’arrivée de l’Internet et des services en ligne. Cependant, il
est clair que, dans le cas de plusieurs services, les gens utilisent des
services en ligne. Un bon exemple est l’Agence du revenu du
Canada qui a annoncé, je crois, qu’environ 84 p. 100 des gens
transmettent maintenant leur déclaration de revenus de façon
électronique. Il y a 10 ans, presque personne ne le faisait.
That being said, I don’t know if anyone has come to the
conclusion that this can allow for a reduced number of offices. I
really am not an expert on the issue.
Ceci étant dit, je ne sais pas si quelqu’un est arrivé à la
conclusion que cela permettait de réduire le nombre de bureaux.
Je ne suis pas vraiment l’expert dans ce dossier.
Senator Maltais: Are any of the bilingual service requests you
receive from communities across Canada in 2012 or 2013 under
review or backlogged, for administrative or other reasons? How
many of them are there?
Le sénateur Maltais : Que ce soit en 2012 ou 2013, est-ce que
plusieurs des demandes de services bilingues que vous avez reçues
des communautés à travers le Canada sont à l’étude ou en
suspens, que ce soit pour des raisons administratives ou pour
toute autre raison? Est-ce que vous avez beaucoup de ces
demandes qui sont en suspens?
Mr. Watson: Let us say that every time we have undertaken the
review — in 1991, 2001, and the one we started in 2011 — we have
observed a sometimes notable, sometimes minimal increase, in the
number of offices that ended up being designated bilingual. I
believe this illustrates the robust nature of the rules put in place to
deal with the major geographical and demographic changes we
M. Watson : Disons que, chaque fois que nous avons fait la
révision — donc en 1991, en 2001, et celle que nous avons
commencée en 2011 —, nous avons constaté une augmentation,
parfois sensible et parfois minime, dans le nombre de bureaux qui
ont finalement été désignés bilingues. Je trouve que cela démontre
la nature robuste des règlements qui ont été mis en place afin de
8-12-2014
Langues officielles
9:65
have seen in the last 25 years. It also indicates that there has been
an increase in the number of bilingual offices across Canada,
throughout all the regions. The bilingual offices didn’t all move to
a single region. All over Canada, we have seen not only good
stability, but also a certain amount of growth.
gérer les changements importants, qu’ils soient géographiques ou
démographiques, survenus au cours des derniers 25 ans. Mais cela
démontre tout de même une croissance dans le nombre de
bureaux bilingues au Canada, même à l’intérieur des régions. Ce
n’est pas comme si tous les bureaux bilingues s’étaient déplacés
vers une seule région. À l’échelle du Canada, nous voyons non
seulement une bonne stabilité, mais une certaine croissance.
Senator Fortin-Duplessis: The official languages commissioner
believes that the decentralization of official languages activities
has negatively impacted federal public servants’ rights regarding
language at work. I speak here of both public servants with
French as a mother tongue and those with English as a mother
tongue.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Le commissaire aux langues
officielles est d’avis que la décentralisation des activités en matière
de langues officielles a eu des effets sur le respect des droits des
fonctionnaires fédéraux en ce qui concerne la langue de travail. Je
parle autant des fonctionnaires qui ont le français comme langue
maternelle que ceux dont la langue maternelle est l’anglais.
The commissioner remarked in his 2012-13 annual report that
there is no central figure to supervise or assess the effects of this
decentralization. He spoke of having a ceiling in terms of
language at work. How do you deal with institutions that do
not fulfil their linguistic obligations? And what concrete measures
have you taken in recent years to strengthen the language rights of
federal public servants?
Il a noté dans son rapport annuel de 2012-2013 qu’aucun
acteur central ne surveille ni n’évalue les effets de cette
décentralisation. Il a parlé de plafonnement en ce qui concerne
la langue de travail. Quelles interventions faites-vous auprès des
institutions qui ne respectent pas leurs obligations linguistiques?
Et quelles mesures concrètes avez-vous prises au cours des
dernières années pour améliorer le respect des droits
linguistiques des fonctionnaires fédéraux?
Mr. Watson: Thank you for the question. We have taken
several measures. We understand the capital importance of
language at work, as well as that of having a bilingual public
service and institutions that Canadians everywhere can deal with
in their language of choice. We know it is very important and we
have to show that on a daily basis.
M. Watson : Merci beaucoup. En effet, nous avons mis sur
pied plusieurs mesures. Nous comprenons que l’enjeu de la langue
au travail, tout comme le fait d’avoir une fonction publique
bilingue et des institutions que les Canadiens et les Canadiennes
peuvent consulter en sachant qu’ils peuvent utiliser la langue de
leur choix, est très important. Nous savons que c’est très
important, et il faut le démontrer au quotidien.
In terms of measures, I can point to the new policy and the
three new directives adopted in 2012, which gather in a much
more cohesive way what before was scattered.
Dans le cadre des mesures mises sur pied, on retrouve la
nouvelle politique et les trois nouvelles directives de 2012, qui
rassemblaient de façon beaucoup plus cohérente ce qui,
auparavant, était éparpillé un peu partout.
Furthermore, we have made available to institutions an
electronic platform called ‘‘Clearspace.’’ In this new world of
decentralization and communications technology, we have
connected public servants from across the country so that they
may share their best practices, or simply encourage one another to
develop solutions to particular challenges faced by certain
institutions.
De plus, nous avons mis à la disposition des institutions une
plateforme électronique qui s’appelle « Clearspace ». Dans ce
monde de décentralisation et dans celui des capacités
technologiques de communication qui n’existaient pas
auparavant, on a réuni dans cette plateforme des fonctionnaires
d’un bout à l’autre du pays afin qu’ils puissent partager leurs
meilleures pratiques, ou simplement s’encourager, afin de
développer des solutions à des défis particuliers à certaines
institutions.
This platform is used by many people, but it is mostly used by
a group we call ‘‘COLOC,’’ made up of 237 members from
90 institutions that continuously work together and help each
other out. We are a part of the group and we support those
institutions and members.
Donc, cette plateforme est utilisée par beaucoup de gens, mais
elle est surtout utilisée par un groupe qu’on appelle « COLOC »
qui comprend 237 membres, émanant de 90 institutions, qui
continuent de travailler ensemble dans un but d’entraide. Nous
faisons partie de ce groupe et nous appuyons ces institutions et ces
membres.
We also organize events, awareness sessions, and meetings
to promote best practices. We hold, for example, an annual
conference bringing together all the official languages champions
in all government departments.
Nous tenons aussi des événements, des séances de
sensibilisation et des rencontres pour promouvoir de bonnes
pratiques. Nous organisons, par exemple, une conférence annuelle
de tous les champions des langues officielles des ministères à
l’échelle du gouvernement.
9:66
Official Languages
8-12-2014
We have also tackled certain policy governance issues to make
the processes clearer, and thus gain a better understanding of the
impact of our decisions.
Nous avons aussi modifié certaines questions de gouvernance
dans le domaine de ces politiques pour rendre les processus plus
clairs et atteindre ainsi une meilleure compréhension de l’impact
de nos décisions.
All of these measures aim not only to clarify standards and
expectations, but also to support people and help them achieve
those standards.
Je trouve donc que ce sont des mesures qui visent non
seulement à clarifier les normes et les attentes, mais aussi à
appuyer les gens et à les encourager à atteindre ces normes.
Senator Fortin-Duplessis: Have you something to add,
Mr. Tremblay?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Avez-vous quelque chose à
rajouter, monsieur Tremblay?
Mr. Tremblay: I would perhaps add two examples of the kinds
of actions that can be taken.
M. Tremblay : Je rajouterais peut-être deux exemples du type
d’intervention qui peut être menée.
The first example is the surveys taken of public servants, by
means of the champions’ network we alluded to. Mr. Watson is
also responsible for this survey given to public servants every
three years. A group came to us to make sure, first of all, that we
would maintain the five language-related questions we had in the
last survey. This group actually fought to get more questions
added, mainly a question about language used during meetings,
which is one of those issues that makes public servants feel their
right to work in the language of their choice is not always
respected. This tool will thus give us a clear view of the
impressions employees have about using their language in the
workplace. This information will support the development of
work plans by those highest up, meaning CEOs, deputy heads.
Le premier exemple concerne les sondages menés auprès des
fonctionnaires, par l’intermédiaire du réseau des champions
auquel on vient de faire allusion. M. Watson est également
responsable de ce sondage auprès des fonctionnaires qui a lieu
tous les trois ans. Ce groupe est intervenu auprès de nous pour
s’assurer, tout d’abord, que l’on maintiendrait les questions de
nature linguistique qui avaient été posées dans le cadre du dernier
sondage, afin que ces cinq questions soient maintenues. Le groupe
a en fait milité pour que des questions soient ajoutées, notamment
une question qui vise la langue utilisée lors des réunions, qui est
l’un des enjeux qui font en sorte que les fonctionnaires sentent que
leur droit de travailler dans leur langue n’est pas toujours
respecté. Cet outil va donc nous donner, encore une fois, un
portrait plus juste des impressions des employés quant à la
possibilité qu’ils ont d’utiliser leur langue en milieu de travail.
Ces renseignements viennent ensuite appuyer l’élaboration de
plans de travail par les responsables pour le premier chef de
leurs obligations, c’est-à-dire les premiers dirigeants, les
administrateurs généraux.
The second example is the work spearheaded by the former
Clerk of the Privy Council to develop a vision that we now know
as ‘‘Destination 2020.’’ It was a wide-ranging dialogue between
public servants on social media, without any censorship or
refereeing, which gave everyone the opportunity to lay out their
points of view or their grievances.
L’autre exemple, ce sont les travaux que notre ancien greffier a
lancés pour développer une vision autour de ce qu’on appelle
maintenant « Destination 2020 ». Il s’agissait d’une vaste
discussion entre les fonctionnaires par voie des médias sociaux,
qui n’était pas contrôlée, qui n’était pas arbitrée, et qui donnait à
chacun l’occasion de mettre sur la table ses points de vue ou ses
griefs.
That space saw a number of discussions regarding language,
and led the clerk to ask us to take certain steps in order to
improve the situation and respond to the concerns raised by
employees.
Dans ce contexte, il y a eu bon nombre de discussions à
connotation linguistique, et cela a généré chez le greffier le souhait
de nous voir faire certaines démarches pour améliorer la situation
et répondre aux préoccupations que les employés nous avaient
exprimées.
The School of Public Service committed to taking certain steps
to improve the availability of certain language training tools. One
of the employee complaints dealt with the difficulty in accessing
language training, particularly in the regions.
L’École de la fonction publique s’est engagée à prendre
certaines mesures pour améliorer la disponibilité d’outils de
formation linguistique. L’une des plaintes des employés
concernait la difficulté à accéder à la formation linguistique,
particulièrement dans les régions.
So there you have two examples of the additional measures we
have taken in response to certain weaknesses.
Ce sont deux exemples de mesures additionnelles que nous
avons prises afin de réagir à certains de ces points plus faibles.
The Chair: Mr. Watson, if I understand correctly, the 2013 to
2018 Official Languages of Canada Roadmap does not contain
any specific commitment pertaining to official languages in the
La présidente : Monsieur Watson, si je comprends bien, la
Feuille de route pour les langues officielles du Canada 2013-2018
ne contient pas d’engagement spécifique à l’égard des langues
8-12-2014
Langues officielles
9:67
public service. Furthermore, the funds previously earmarked for
the Official Languages Centre of Excellence and for the
governance of that horizontal initiative have been cut. When
will the government make public the horizontal management and
accountability framework for the 2013-18 roadmap?
officielles dans la fonction publique. De plus, les fonds consacrés
auparavant au Centre d’excellence en langues officielles et à la
gouvernance de cette initiative horizontale ont disparu. À quel
moment le gouvernement rendra-t-il public le cadre horizontal de
gestion et de responsabilisation par rapport à la feuille de route de
2013-2018?
Mr. Watson: My colleague here is an expert on the roadmap,
so I will yield the floor to him in a few minutes. We already use
many tools to measure impacts and results. One of these is the
annual report we draw up, which allows up to conduct follow-ups
with each institution on a three-year cycle. Another is the public
service survey, which is the second largest survey undertaken by
Statistics Canada. We just concluded it. We asked all sorts of
questions. We even added one that deals with the subject at hand.
The third thing I would point out is what we call the Management
Accountability Framework, through which we get a clear view of
departmental operations and what they do in a variety of areas,
including very critical official languages issues. With these three
measures, we illustrate the very important results and progress
achieved in the matter of official languages in the public service.
M. Watson : Mon collègue est un expert en ce qui concerne la
feuille de route même; je vais donc lui céder la parole dans
quelques minutes. Nous utilisons déjà plusieurs outils pour
mesurer les impacts et les résultats. L’un de ces éléments est le
rapport que nous faisons annuellement, grâce auquel nous faisons
des suivis auprès de chacune de ces institutions au cours d’un
cycle de trois ans. L’autre, c’est la question du sondage auprès des
fonctionnaires, qui est le deuxième plus grand sondage de
Statistique Canada dans l’ensemble de ces travaux; or, on vient
tout juste de le terminer. On pose toutes sortes de questions.
On en a même ajouté une qui touche ce sujet. La troisième
chose que je soulignerais, c’est ce qu’on appelle le Cadre de
responsabilisation de gestion, par lequel on rentre très clairement
dans les opérations des ministères pour voir exactement ce qu’ils
font dans plusieurs domaines, y compris en ce qui concerne
certaines questions de langues officielles qui sont très importantes.
Nous démontrons, par ces trois mesures, des progrès et des
résultats qui sont très importants dans le contexte des langues
officielles dans la fonction publique.
As for the roadmap specifically, the approach was a little
different this time around in terms of the issues discussed, and for
more detail, I will cede the floor to Mr. Tremblay.
En ce qui a trait spécifiquement à la feuille de route, l’approche
a été un peu différente cette fois-ci par rapport aux questions qui y
ont été abordées, et pour entrer dans les détails, je vais céder la
parole à M. Tremblay.
Mr. Tremblay: Mr. Watson spoke mainly of measures that fall
under the Treasury Board of Canada Secretariat’s purview,
meaning the Parts IV, V and VI we have been talking about. The
roadmap, for reasons stemming from the consultative process
underpinning it, is the product of wide-ranging consultations with
minority communities, who in the end did not raise, among the
issues and priorities concerning them, any tied to the public
service. The roadmap is a reflection of the wishes expressed
throughout the consultations. This does not mean — and I insist
on this — that there was any decrease in funding available for the
issues that TBS deals with. Those issues are simply no longer part
of the roadmap, but we still have the necessary resources to
continue our work.
M. Tremblay : M. Watson vous a parlé surtout de mesures qui
sont dans notre champ à nous, au Secrétariat du Conseil du
Trésor du Canada, donc liées aux parties IV, V et VI dont on
parle depuis quelque temps. La feuille de route, pour des raisons
issues du processus consultatif qui l’a animée, est tributaire
d’exercices tout de même vastes de consultations menées auprès
des communautés minoritaires qui n’ont pas, finalement, nommé
d’enjeux liés à la fonction publique parmi les enjeux et priorités
qui les préoccupaient. La feuille de route est le reflet de ces
souhaits exprimés par le truchement des consultations. Cela ne
signifie pas qu’il y ait eu — et je tiens à le préciser — une
quelconque diminution du financement qui est disponible pour le
soutien de ces enjeux qui sont les nôtres au Secrétariat du Conseil
du Trésor. Ils ne font tout simplement plus partie de cette vitrine
qui s’appelle la feuille de route, mais nous disposons toujours des
ressources nécessaires pour assurer le travail que nous faisons.
As for the accountability framework you alluded to and which
the commissioner suggested, — if memory serves, that was the gist
of your question — Canadian Heritage, as the coordinator of the
roadmap, will ensure its follow-up. However, I have no indication
from the work we do together that there will be any absence of
framework. It should come, and it will contain the same
accountabilities as found in our previous roadmap.
Quant au cadre de responsabilisations auquel vous avez fait
allusion et que le commissaire — si ma mémoire est bonne, je crois
que c’était là votre question — nous a suggéré, c’est le ministère
du Patrimoine canadien, à titre de coordonnateur de la feuille de
route, qui va assurer le suivi à ce chapitre. Cependant, je n’ai
aucune indication, de par nos travaux collaboratifs, qu’il n’y aura
pas de tel cadre. Il devrait suivre, et il y aura les mêmes
imputabilités qu’il y avait dans le cadre de la feuille de route
précédente.
9:68
Official Languages
8-12-2014
The Chair: As for the federal institutions not included in the
2013-18 roadmap, have you noticed any difference in their
compliance with linguistic obligations compared to the ones that
are included?
La présidente : Concernant les institutions fédérales qui ne sont
pas incluses dans la feuille de route de 2013-2018, avez-vous
remarqué s’il y avait une différence dans le respect de leurs
obligations linguistiques par rapport aux institutions fédérales qui
sont incluses dans la feuille de route?
Mr. Watson: I have not noticed anything of the sort. On the
contrary, when we raise official languages issues with our deputy
minister colleagues, for example, we also see what great respect
they have for them. When we undertook studies for the report, it
was clear that each institution we spoke to had put a lot of effort
into the issue of official languages as part of its business.
M. Watson : Je n’ai rien remarqué du genre du tout. Au
contraire, lorsque nous soulevons des questions de langues
officielles auprès de nos collègues sous-ministres, par exemple,
nous remarquons toujours un très grand respect de ces questions.
Lorsque nous avons fait nos recherches dans le contexte du
rapport, il était clair que chaque institution à qui nous avions
parlé avait mis beaucoup d’efforts sur la question des langues
officielles dans le contexte de son travail.
Despite the great changes to the size of the public service in the
last three years, we see that the percentage of bilingual employees
and positions has actually increased. This is not an accident. It is
because people have taken bilingualism seriously.
Malgré les changements assez importants qui sont survenus
quant à la taille de la fonction publique au cours des trois
dernières années, on remarque que le pourcentage d’employés et
de postes bilingues non seulement n’a pas diminué, mais qu’il a
augmenté. Ce n’est pas par hasard; c’est parce que les gens ont
vraiment pris cela en compte.
Senator McIntyre: I want to bring up the issue of obligations.
The secretariat’s obligations towards federal institutions are laid
out in Parts IV, V and VI of the Official Languages Act, whereas
the Department of Canadian Heritage has obligations under
Part VII of the Official Languages Act. Now with the exception
of the Senate, the House of Commons, the Library of Parliament,
the Office of the Senate Ethics Officer and the Office of the
Conflict of Interest and Ethics Commissioner, is there a follow-up
in terms of official languages?
Le sénateur McIntyre : J’aimerais aborder la question des
obligations. Les obligations du secrétariat à l’endroit des
institutions fédérales touchent principalement les parties IV, V
et VI de la Loi sur les langues officielles, alors que les obligations
du ministère du Patrimoine canadien touchent la partie VII de la
Loi sur les langues officielles. À l’exception du Sénat, de la
Chambre des communes, de la Bibliothèque du Parlement, du
Bureau du conseiller sénatorial en éthique et du Commissariat
aux conflits d’intérêts et à l’éthique, en ce qui concerne les langues
officielles, y a-t-il un suivi?
Mr. Watson: The goal of our report is to review all these
institutions on a three-year cycle in order to measure how well
they fulfil their obligations, as well as to provide an account of the
situation. Even though we are not responsible for ensuring the
delivery of services and programs as per the first question, we are
nevertheless responsible for reporting on it. We are tasked with
providing tools to help people arrive at conclusions we all hope
for, and we have the obligation to set the standards — the
expectations and the related policies. That is our role in that
environment, but it is the deputy heads who are responsible for
ensuring obligations under the act are fulfilled within their own
institutions.
M. Watson : Le but de notre rapport, c’est de revoir l’ensemble
de ces institutions sur un cycle de trois ans afin de constater dans
quelle mesure elles répondent à leurs obligations et de rendre
compte de la situation. Même si nous n’avons pas la
responsabilité d’assurer la prestation des services et programmes
suivant la première question, nous avons la responsabilité d’en
faire rapport. Nous avons la responsabilité d’offrir des outils pour
aider les gens à arriver aux conclusions que l’on souhaiterait tous
et toutes, et nous avons l’obligation de créer les normes,
essentiellement, les attentes et les politiques connexes à cela.
C’est notre rôle à l’intérieur de cet environnement, mais ce sont les
administrateurs généraux qui, au sein de leur propre institution,
ont la responsabilité d’assurer le respect des obligations en vertu
de la loi.
Senator McIntyre: So the follow-up is done by the deputy
heads and the Treasury Board Secretariat.
Le sénateur McIntyre : Donc, le suivi se fait par les
administrateurs généraux et le Secrétariat du Conseil du Trésor
du Canada.
Mr. Watson: Correct. The deputy head is responsible for
ensuring that he or she has met all the requirements under the
Official Languages Act as it pertains to his or her institution, and
we eventually issue a report on how well they did.
M. Watson : Justement. L’administrateur général serait
responsable de s’assurer qu’il a bel et bien répondu à toutes les
exigences en vertu de la Loi sur les langues officielles en ce qui
concerne son institution, et nous en ferions rapport également.
Mr. Tremblay: Perhaps I can offer a clarification. The
organizations you mentioned earlier lie, in fact, outside the
Treasury Board’s purview because they are parliamentary bodies.
M. Tremblay : Je peux peut-être apporter une précision. Les
organismes que vous avez mentionnés, qui sont, finalement,
soustraits au pouvoir du Conseil du Trésor le sont parce que ce
8-12-2014
Langues officielles
9:69
It would thus be inappropriate to subject organizations such
as the Senate, the House of Commons, the Library of Parliament,
or those entities known as ‘‘agents of Parliament’’ in common
parlance, such as the Senate Ethics Officer, to that oversight.
These entities have three masters: you, meaning Senate and House
of Commons committees; the Commissioner of Official
Languages, who has the mandate to investigate, and has done
just that in the case of parliamentary committees on occasion, and
the courts, which can intervene when there are allegations of
language rights being breached.
sont des instances parlementaires. Donc, il serait inapproprié
d’assujettir les organismes qui sont soit des entités parlementaires
— le Sénat, la Chambre des communes, la Bibliothèque du
Parlement — ou des entités qui sont appelées des « agents du
Parlement » dans le jargon populaire, comme le conseiller
sénatorial en éthique. Celles-ci ont trois maîtres : vous, le
comité sénatorial et le comité de la Chambre des communes; le
commissaire aux langues officielles, qui a le mandat de mener des
enquêtes et qui l’a fait à l’endroit des comités parlementaires à
l’occasion; et les tribunaux, qui peuvent, évidemment, intervenir
lorsque des violations aux droits linguistiques sont alléguées.
Mr. Watson: I misunderstood your question. I was speaking of
institutions for which we are responsible. I apologize if you meant
the others you named — I did not properly answer your question.
M. Watson : J’ai mal compris votre question. Je parlais des
institutions pour lesquelles nous avions des responsabilités. Si
vous parliez des autres, je m’excuse; j’ai mal répondu à votre
question.
Senator McIntyre: You and Mr. Tremblay answered my
question just fine. Thank you.
Le sénateur McIntyre : Vous et M. Tremblay avez bien
répondu à ma question. Merci.
The Chair: Second round of questions.
La présidente : Deuxième tour de questions.
Senator Chaput: My question is along the lines of those asked
by Senator Fortin-Duplessis, though it will take a different tack. I
want to know how budget cuts have affected the ability of federal
institutions to fulfil their language obligations.
La sénatrice Chaput : Ma question s’ajoute à celles posées par
la sénatrice Fortin-Duplessis, mais elle s’intéresse à un angle
différent. Ma question traite des incidences des compressions
budgétaires sur la capacité des institutions fédérales à respecter les
obligations linguistiques.
In his 2012-13 report, the Commissioner of Official Languages
broached the complaints he received on the matter, and said that
he needed to check with the Treasury Board of Canada
Secretariat. There was talk of providing the statements you ask
of federal institutions. There could be new questions to evaluate
whether the cuts had repercussions or not.
Le commissaire aux langues officielles, dans son rapport de
2012-2013, a traité des plaintes qu’il a reçues à cet égard, et il a dit
qu’il allait faire une vérification auprès du Secrétariat du Conseil
du Trésor du Canada. Il était question que soient ajoutés les
bilans que vous demandez aux institutions fédérales de vous
fournir. Il pourrait y avoir de nouvelles questions pour évaluer s’il
y avait bel et bien des incidences.
Do you currently have any way of measuring the effect of
budget cuts on the execution of the Official Languages Program?
Présentement, avez-vous les moyens de mesurer l’incidence des
compressions budgétaires sur l’exécution du Programme des
langues officielles?
Mr. Watson: I will say again that the deputy heads of
departments and institutions are the ones responsible for
insuring they fulfil all of their obligations under the Official
Languages Act. We then issue a report for all of the institutions,
on a three-year cycle. Through what we call the Management
Accountability Framework, and those official languages
champions networks, we have both formal and informal
discussions about the challenges faced by departments and what
can be done about them.
M. Watson : De nouveau, les administrateurs généraux dans
les ministères et les institutions sont responsables d’assurer le
respect de toutes leurs obligations en vertu de la Loi sur les
langues officielles. Ensuite, nous en faisons rapport, pour
l’ensemble des institutions, suivant un cycle de trois ans. Dans
le contexte de ce qu’on appelle le Cadre de responsabilisation de
gestion et dans le contexte de nos travaux avec les divers réseaux
où sont rassemblés les champions des langues officielles, nous
tenons des discussions formelles et informelles au sujet des défis
que vivent les ministères et sur les moyens de répondre à ces défis.
I have to tell you that in the context of the budget cuts we
recently saw, the departments and agencies in question closely
considered the delivery of all services and programs, including
official languages in particular. Again, I come back to the fact
that not only was there no drop in the number of bilingual
positions, but indeed, there was a slight increase in the percentage
of these positions. You do not get a result like that without
Je dois dire que, dans le contexte des compressions qui ont eu
lieu, la question de la capacité de faire la prestation de tous les
services et programmes était considérée en profondeur par les
ministères et les agences en question, y compris, plus
particulièrement, la question des langues officielles. De
nouveau, je reviens au fait que non seulement il n’y a pas eu de
diminution du pourcentage de postes bilingues, mais que, en fin
9:70
Official Languages
8-12-2014
spending a lot of time and effort thinking about how to maintain
the capacity to meet your obligations.
de compte, il y a eu une très légère augmentation dans le
pourcentage de ces postes. Or, on n’arrive pas à cette situation
sans avoir mis énormément d’efforts à considérer la façon de
maintenir cette capacité de respecter nos obligations.
Senator Chaput: So your reference tool is the reports you ask
the federal departments to provide?
La sénatrice Chaput : Alors, votre outil de référence, ce sont les
rapports que vous demandez aux ministères fédéraux?
Mr. Watson: There are the reports, yes, but there are also the
surveys given to public servants as well as the informal discussions
we have with the official languages champions. If we ever found
out that a complaint had been lodged with the Commissioner of
Official Languages, it would concern us greatly, and we would
analyze the situation to see if there were any lesson to be learned,
and sometimes, even before a report is published. Those are
additional important points.
M. Watson : Ce sont les rapports, mais ce sont aussi les
sondages menés auprès des fonctionnaires et les discussions
informelles que nous avons avec les champions des langues
officielles, par exemple. Si jamais nous apprenions qu’une plainte
avait été déposée auprès du commissaire aux langues officielles, ce
qui nous préoccupe beaucoup, nous analyserions la situation pour
voir s’il y aurait une leçon à en tirer, et cela, parfois, même avant
que le rapport ne soit publié. Ce sont les faits saillants à ajouter.
Mr. Tremblay: Not all data find their way into the reports. I
am simply making a clarification; there are data that are
systematically collected, such as our indicators on the program’s
health, that have been part of our annual reports for many years
and that show up in the statistics tables found at the end of the
report. The data come from the human resources payroll systems
and are collected annually for all institutions.
M. Tremblay : Certaines des données ne font pas partie des
bilans. C’est simplement une précision à apporter; il y a des
données qui sont recueillies systématiquement, comme certains de
nos indicateurs sur la santé d’un programme, qui font partie de
nos rapports annuels depuis de nombreuses années et qui figurent
dans les tableaux statistiques qui sont généralement joints à la fin
de ce rapport. Tout cela est extrait des systèmes de paie des
ressources humaines et est recueilli annuellement pour l’ensemble
des institutions.
Senator Chaput: Could this data be used to determine whether
budget cuts had an effect, for example?
La sénatrice Chaput : Ces données peuvent-elles être utilisées
pour déterminer s’il y a eu une incidence en raison des
compressions budgétaires, à titre d’exemple?
Mr. Tremblay: If we saw, for example, a drop in the proportion
of francophones below their representation in the general
population, which falls under Part VI of the act, it could signal
something requiring attention. If we observed a gradual decline in
the way bilingual position holders were meeting the linguistic
requirements of their job, it could be another indication that
something was off.
M. Tremblay : Si on voyait, par exemple, une diminution de la
proportion de francophones en deçà de ce qu’est sa représentation
dans la population canadienne, ce dont on traite à la partie VI de
la loi, cela pourrait être un signal qui mériterait une attention
particulière. Si on remarquait que les titulaires des postes
bilingues respectent dans une proportion qui va en diminuant
les exigences linguistiques de leur poste, cela pourrait être, à
nouveau, un indicateur qu’il y a quelque chose qui ne roule pas
bien.
All these indicators show us, in the reports we are studying
today and the ones Mr. Watson alluded to earlier, improved, or
at the very least, stable numbers. These indicators thus tell us
about the capacity to offer and deliver services, if you will,
according to policies and the requirements of the act.
Tous ces indicateurs nous démontrent, dans les rapports que
nous étudions aujourd’hui, et auxquels M. Watson a fait allusion
tout à l’heure, une progression ou, à tout le moins, une stabilité
dans les chiffres. Ce sont donc des indicateurs liés à la capacité
d’offrir et de livrer les services, si on veut, en fonction des
exigences de la loi et des politiques.
Mr. Watson: You asked if there was any way to determine
what difficulties budget cuts could have created. Had there been
problems, no matter the reason, we would have indicators that
would give us a good idea about what to watch closely.
M. Watson : Vous avez posé la question à savoir s’il y avait
moyen de déterminer quelles difficultés les compressions
budgétaires auraient pu entraîner. S’il y avait des problèmes,
peu importe la raison, nous aurions des indications qui nous
donneraient une bonne idée des éléments à surveiller.
Senator Chaput: If I understand correctly, you are open to
discussing the complaints he has received about the budget cuts
effects with the Commissioner of Official Languages? If he has
received such complaints, you would be ready to discuss the
matter with him?
La sénatrice Chaput : Si je comprends bien, vous êtes ouvert à
discuter avec le commissaire aux langues officielles des plaintes
qu’il a reçues à l’égard de cette incidence? S’il a reçu des plaintes,
vous êtes prêt à en discuter avec lui?
8-12-2014
Langues officielles
9:71
Mr. Watson: We are always ready and quite happy to speak
with the Commissioner of Official Languages.
M. Watson : Nous sommes toujours prêts et très heureux de
parler au commissaire aux langues officielles.
Senator Chaput: If those complaints turned out to be wellfounded, you would be ready, if need be, to add new questions to
the federal institutions review or to do what it takes to avoid the
situation in the future?
La sénatrice Chaput : S’il s’avérait que les plaintes avaient un
fondement, vous seriez prêt, si nécessaire, à ajouter de nouvelles
questions à l’intention des institutions fédérales ou à faire ce qu’il
faut afin que cela ne se répète pas?
Mr. Watson: If ever obligations under the act were not met, we
would want to know, and we would want to find solutions.
Absolutely.
M. Watson : Dans la situation où on n’a pas répondu aux
obligations en vertu de la loi, on veut le savoir et on voudrait
trouver des solutions, absolument.
Senator Maltais: All this work done by you and all government
departments must have a cost. Could you tell us what it is for
your department?
Le sénateur Maltais : Dans le cadre des efforts que vous faites
et que vous partagez avec l’ensemble des ministères, j’imagine
qu’il y a un coût pour votre ministère? Seriez-vous en mesure de le
chiffrer?
Mr. Watson: I have always had trouble with that question,
which is to determine whether answering the phone in one
language or the other, the language of the caller, costs more under
the obligations set out by the act than if we were to answer it in
only one language.
M. Watson : J’ai toujours eu de la difficulté à bien définir cette
question, à savoir si le fait de répondre au téléphone à quelqu’un
qui nous parle dans une langue ou une autre entraîne plus de frais
par rapport aux obligations liées au respect des langues officielles
que si on répondait toujours dans une seule langue.
Senator Maltais: I am sorry, I did not express myself correctly.
I understand quite well what you are saying, and that is perfectly
normal in a country like Canada. But is there a cost to
bilingualism?
Le sénateur Maltais : Je m’excuse, je me suis mal exprimé. Je
comprends très bien ce que vous dites et c’est tout à fait normal
dans un pays comme le Canada. Mais y a-t-il un coût au
bilinguisme?
Mr. Watson: If you are offering language training, for
example, there is a cost to that. I would not know where to
begin or where to end if I were to add or subtract costs to that. It
is up for debate. Through the years, we have had some data about
certain costs. I know people outside our department have offered
up their own ideas about the costs. We do not have a specific
number we could give you.
M. Watson : Si on offre de la formation linguistique, par
exemple, il y a des coûts qui y sont reliés. Je ne saurais pas
exactement où commencer ni où terminer si je voulais ajouter ou
soustraire des coûts à cela. Cela pourrait être débattu. Au fil des
ans, nous avons eu des données sur certains éléments des coûts. Je
sais que des gens à l’extérieur ont proposé leurs propres idées au
sujet des coûts. Nous n’avons pas de chiffre précis que nous
pourrions vous fournir.
Senator Maltais: What I am getting at is that bilingualism
cannot be calculated as a cost, simply because it is a service we are
providing to the population, and a service does not make money.
I have never seen a service that makes money, and this is a service,
as you say so well, offered from Vancouver to Labrador to
St. John’s and everywhere in between. We cannot assess its cost.
Le sénateur Maltais : Je veux en arriver au fait que le
bilinguisme ne peut pas se calculer en coûts monétaires, tout
simplement, parce qu’il s’agit de services que l’on offre à une
population et qu’un service ne rapporte pas. Je n’ai jamais vu un
service rapporter de l’argent, mais c’est un service, comme vous le
dites bien, de Vancouver au Labrador ou à Saint-Jean, en passant
par tout le Canada; on ne peut pas évaluer cela.
Now, if we were to add things to it, would there be costs? For
example, Senator Chaput’s Bill S-205. According to you are there
economic costs associated to it?
Maintenant, si on ajoute des choses additionnelles, y a-t-il des
coûts? Par exemple, le projet de la sénatrice Chaput, le projet de
loi S-205, d’après vous, y a-t-il des coûts économiques qui y sont
liés?
Mr. Watson: I am unable to prognosticate in that regard. I
would like to come back to the issue of serving Canadians across
the country. This obviously requires certain investments and
certain resources, but I am unable to attribute a set of activities to
a certain set of policies.
M. Watson : Je ne suis pas en mesure de faire un pronostic des
éléments. Je reviendrais à la question de servir les Canadiens et les
Canadiennes; cela nécessite certains investissements et certaines
ressources et, pour ma part, je ne suis pas en mesure d’attribuer
certaines activités à certaines politiques.
Senator Maltais: It cannot be assessed either. I do not think
you can establish the cost of a phone call. It would be impossible:
it is a service. Canada has two official languages, and Canadians,
whether they speak one or the other, are entitled to receive
services in the official language of their choice. In my view, that
Le sénateur Maltais : Ce n’est pas évaluable non plus. Je ne
crois pas que vous soyez en mesure d’évaluer le coût par appel
téléphonique. Il est impossible que vous puissiez l’évaluer; c’est un
service. Le Canada a deux langues officielles et les Canadiens, peu
importe qu’ils parlent l’une ou l’autre des langues, sont en mesure
9:72
Official Languages
8-12-2014
cost cannot be set. It is very difficult to do so. In Switzerland,
there are four official languages. They have five million people. I
asked the government there how much it cost them, and no one
knew, because these are mandatory services under the laws of
their country. I do not think anyone can provide an accurate
number for these services. We must see it as a service, and you
explain that well. I think your explanation is spot on, and that will
no doubt remove any judicial pressure, as always in cases where
costs cannot be assessed.
de recevoir des services dans la langue officielle de leur choix. À
mon avis, cela ne s’évalue pas. C’est très difficile à évaluer. En
Suisse, il y a quatre langues officielles. Ils sont 5 millions de
personnes. Je leur ai demandé combien cela coûtait, et personne
ne le savait, parce que ce sont des services obligatoires à offrir à la
population d’après les lois de leur pays. Je ne pense pas que
personne ne puisse donner un chiffre exact pour évaluer ces
services. Nous devons le voir comme un service, et vous l’avez
bien expliqué. Je pense que votre explication est très juste, et cela
va sans doute enlever une pression juridique, comme dans le cas
d’une chose que l’on ne peut pas évaluer.
I am reminded of a term that the Supreme Court was never
able to define: ‘‘sufficient number.’’ The court did not want to
define the term when Bill 178 was invalidated. The Official
Languages Commissioner did not wish to define it either.
Mr. Tremblay skated around it too, the sign of a good lawyer.
But these are all things we cannot define in absolute terms. That is
how I see it. If you have anything to add, please do.
Je me rappelle d’un terme sur lequel la Cour suprême n’a
jamais été capable de se prononcer, c’est celui de « nombre
suffisant ». La cour n’a pas voulu se prononcer sur ce terme
lorsqu’on a invalidé la loi 178. Le commissaire aux langues
officielles n’a pas voulu se prononcer non plus. M. Tremblay a
bien navigué autour de cela, c’est un bon avocat. Mais ce sont des
choses que l’on ne peut pas évaluer en termes absolus. Je le vois
ainsi; si vous avez quelque chose à ajouter sur ce point, je vous en
prie.
Mr. Tremblay: To us, as a central agency, quantifying costs
without taking into consideration the advantages would be a
mistake. These would probably be difficult to quantify as well.
However, a federal institution that begins to provide services in
the official languages will incur costs. We could draw up an
analogy with what would happen if Bill S-205 were passed and if
new regulation was put in place — similar to what we are seeing
now — the committee could ask that question of the Canada
Border Services Agency, for example. CBSA would have newly
designated bilingual offices, and given the nature of its services, it
would want to comply with the requirements of the regulation
compliance review, keeping in mind that its service includes the
use of firearms that require rather long mandatory training for its
employees, which would lead to significant costs. However, at
that point, CBSA would be quantifying costs and developing an
implementation plan as the initiative would be costly and
complicated. In the case of CBSA, given its staff, it would have
to move entire families of federal employees in order to comply
with the new requirements.
M. Tremblay : Pour nous, comme agence centrale, en effet,
quantifier le coût sans tenir compte des bénéfices, ce serait une
erreur. Mais cela aussi, ce serait probablement difficile à
quantifier. Par contre, une institution fédérale qui a à offrir
nouvellement des services dans l’autre langue officielle subira des
coûts. Donc, pour faire une analogie avec ce qui pourrait être le
cas si le projet de loi S-205 était adopté, s’il y avait une nouvelle
réglementation qui était édictée — on peut penser à la situation
que l’on vit présentement —, le comité pourrait en effet poser la
question, par exemple, à l’Agence des services frontaliers du
Canada. Celle-ci aura de nouveaux bureaux désignés bilingues et,
étant donné la nature de son service, qui inclut le port d’armes à
feu et donc une formation obligatoire plutôt longue pour ses
employés, laquelle entraînera des coûts substantiels, elle entend,
évidemment, se conformer aux exigences de l’exercice de révision
de l’application du règlement. Cependant, à ce moment-ci, elle est
en train de quantifier les coûts et d’élaborer un plan de mise en
œuvre, parce que cela ne se fera pas sans frais ni difficulté. Dans
son cas, compte tenu de ses effectifs, il faudra déplacer des
familles entières d’employés fédéraux pour permettre à
l’organisation de se conformer à ces nouvelles exigences.
Therefore there are implementation costs involved, but there
are also other, social costs: family costs, moving costs, language
training, firearms training, and the list goes on.
Il y a donc des coûts de mise en œuvre, mais aussi d’autres
coûts, des coûts sociaux : des coûts familiaux, des coûts de
déménagement, de formation linguistique, de formation liée au
port d’armes à feu, et cetera.
Thus, the CBSA, and other institutions, would be in a better
position to provide you with information on the costs related to a
new bilingual office designation, anywhere in Canada.
Ainsi, l’Agence des services frontaliers du Canada, comme
d’autres, d’ailleurs, serait en meilleure position pour vous fournir
certains renseignements sur les coûts liés à la désignation d’un
nouveau bureau bilingue dans un endroit quelconque au Canada.
Mr. Watson: It is very easy, relatively speaking, to spend more
or less money. What can sometimes be more difficult is
establishing where these increases or decreases will take place.
Clearly, then, we can spend more or less money on official
M. Watson : Il est très facile, relativement parlant, de dépenser
plus ou moins de dollars. Ce qui est parfois plus difficile, c’est de
déterminer à quoi on va attribuer cette augmentation ou cette
diminution. Donc, il est clair qu’avec quelque service que ce soit,
8-12-2014
Langues officielles
languages or on anything else we can think of to spend or save
money on. The issue that is more difficult to deal with is the
allocation of the money.
Senator Maltais: Thank you very much, that was very clear.
9:73
on peut dépenser plus ou moins lorsqu’il est question de langues
officielles ou de toute autre inspiration qu’on pourrait avoir pour
changer ces dépenses. C’est la question de l’attribution qui est
parfois plus difficile.
Le sénateur Maltais : Merci beaucoup, c’est très clair.
Senator Chaput: Regarding the allocation of services, at
another Senate committee meeting, we were just discussing the
issue of the related costs when a bill is passed. Is it not the minister
in charge who decides how the review will be conducted and who
sets the timeframes? Could the work not be done gradually
instead of being done from one day to the next? I thought it was
left to the minister’s discretion.
La sénatrice Chaput : En ce qui concerne la question de
l’attribution des services, je me souviens que, dans le cadre d’un
autre comité sénatorial, nous parlions justement de la question
des coûts d’attribution lorsqu’un projet de loi était adopté. N’estce pas le ministre responsable qui décide comment cela va se faire
et qui détermine les échéanciers? Cela ne peut-il être fait en
plusieurs étapes, sans qu’il soit nécessaire de le faire du jour au
lendemain? C’est laissé à la discrétion du ministre, n’est-ce pas?
Mr. Watson: That would obviously depend on which act you
are talking about. Some require that everything be done
immediately while others provide for greater flexibility. It would
of course depend on the specific context.
M. Watson : Cela dépendrait évidemment de la loi en question.
Certaines lois exigent que des choses passent aujourd’hui; d’autres
permettent une plus grande flexibilité. Cela dépendrait,
évidemment, du contexte spécifique.
The Chair: Mr. Watson, you referred to the list of 84 offices
subject to the regulation compliance review. Could we ask you for
this list? Or perhaps it was Mr. Tremblay?
La présidente : Monsieur Watson, vous avez fait référence à la
liste des 84 bureaux visés par l’exercice de révision de l’application
du règlement. Est-ce qu’on pourrait vous demander cette liste? Ou
c’était peut-être maître Tremblay?
Mr. Tremblay: There are 84 newly designated bilingual offices
and 74 offices that will no longer be designated as bilingual after a
transition period.
M. Tremblay : Il y a les 84 bureaux nouvellement désignés
bilingues et les 74 bureaux qui cesseront d’être désignés bilingues
après une période de transition.
The Chair: Could we ask you to provide that list to the
committee?
La présidente : Est-ce qu’on peut vous demander de fournir la
liste au comité?
Mr. Tremblay: Yes. Obviously, you will understand that the
numbers are always changing as the service delivery models
continue to progress day by day. But we can definitely send you
that list.
M. Tremblay : Oui. Évidemment, vous comprendrez que les
chiffres en question sont toujours en évolution, puisque le mode
de prestation de services ne cesse d’évoluer un jour donné. Mais
nous serons en mesure de vous donner cette liste.
Senator McIntyre: Mr. Tremblay, I have a question for you
regarding the Supreme Court of Canada ruling in the DesRochers
case. As you know, these decisions have an impact on all federal
institutions and I know that the Treasury Board Secretariat and
Canadian Heritage analyzed the decision carefully.
Le sénateur McIntyre : Maître Tremblay, j’ai une question
pour vous concernant la décision de la Cour suprême du Canada
dans l’affaire DesRochers. Comme vous le savez, cette décision a
eu des répercussions sur l’ensemble des institutions fédérales, et je
sais que le Secrétariat du Conseil du Trésor et le ministère du
Patrimoine canadien ont bel et bien analysé cette décision.
We are reminded of the following in the annual report of
2012-13, and I quote:
Dans le rapport annuel de 2012-2013, on nous rappelle ceci, et
je cite :
That said, the observations made by institutions
show there remain some interpretation challenges in
distinguishing between the principle of substantive equality
as applied in the context of Part IV of the act and the
principle of advancement of English and French that applies
under Part VII of the act.
Des défis d’interprétation demeurent quant à faire la
distinction entre le principe de l’égalité réelle, tel qu’il
s’applique dans le contexte de la partie IV de la loi, et le
principe de la promotion du français et de l’anglais qui
s’applique dans le contexte de la partie VII de la loi.
Could you tell us more about this?
Mr. Tremblay: I referred to that earlier when I said that there
were silos that developed more or less naturally within the
departments and that there are Part IV silos and Part VII silos.
All of that to say that one of them is in charge of Part VII; there is
an understanding of what community development means and
what progressing towards the equal status of French and English
Pourriez-vous nous en dire davantage à ce sujet?
M. Tremblay : J’ai fait un peu allusion à cela tantôt en disant
que, dans les silos qui s’étaient développés de façon plus ou moins
naturelle au sein des ministères, il y avait un silo lié à la partie IV
d’un côté et un silo lié à la partie VII de l’autre. Tout cela revenait à
dire que, dans l’un d’eux, on s’occupe de la partie VII; on comprend
ce que veut dire le développement communautaire, la poursuite de
9:74
Official Languages
8-12-2014
in Canadian society means; in the other silo, communication and
services, there is an understanding of what providing services of
equal quality means, and that is what they aim for.
l’égalité progressive du français et de l’anglais dans la société
canadienne en général; et dans l’autre volet, communication et
services, on sait ce que veut dire offrir des services de qualité égale,
et c’est ce qu’on vise.
The Supreme Court created a kind of link between these
two parts of the act by using words that are very similar to those
we have always used to talk about Part VII, that is, this idea that
we have to consider the impact of what we do on minority
communities. From now on, when providing services, we have to
consider the impact of the service delivery on official language
minority communities.
La Cour suprême a un peu créé des liens entre ces deux parties
de la loi en utilisant des mots qui ressemblent beaucoup à ceux
qu’on utilise depuis toujours pour traiter la partie VII, c’est-à-dire
cette notion de tenir compte de l’impact de ce qu’on fait sur les
communautés minoritaires. Donc, dorénavant, il faut, lorsqu’on
offre des services, tenir compte de l’impact de cette prestation de
services sur les communautés de langue officielle en situation
minoritaire.
For those working on Part VII and wondering whether they
were still working on Part IV as well, there was a certain amount
of confusion, which we are trying to alleviate by providing
information to federal institution representatives.
Dans le cas des gens qui traitaient de la partie VII et qui se
demandaient maintenant s’ils faisaient toujours de la partie IV,
cela a créé une certaine confusion que l’on tente d’atténuer en
donnant des renseignements aux représentants des institutions
fédérales.
Senator McIntyre: Is the challenge still to create that link
between Parts IV and VII?
Le sénateur McIntyre : Le défi demeure donc de faire ce lien
entre la partie IV et la partie VII?
Mr. Tremblay: Yes.
Senator McIntyre: Between the two silos you mentioned?
M. Tremblay : Oui.
Le sénateur McIntyre : Entre les deux silos dont vous avez
parlé?
Mr. Tremblay: That is correct. I was also going to say that one
of the factors that motivated us to adopt a common approach
with Canadian Heritage was ensuring that people with skills and
knowledge working in community development on one side
would not be isolated from those working on Part IV who must
now also consider the impact on minority communities.
M. Tremblay : C’est cela. Aussi, j’allais dire que c’est l’un des
facteurs qui nous ont motivés à adopter une approche commune
avec le ministère du Patrimoine canadien, pour ne pas que les gens
qui ont des connaissances et des compétences et qui s’occupent de
développement communautaire d’un côté ne soient isolés de ceux
qui traitent de la partie IV et qui doivent, dorénavant, tenir
compte également de l’impact sur la communauté minoritaire.
We hope there will be structuring effects to bring these people
closer together within their own organization. What we are
hearing is that it is easier to develop a lens focused on community
development now that all of these actors are working together
within their own organization.
On espère créer certains effets structurants pour les rapprocher
au sein de leur propre organisation. On commence à nous dire que
l’apport d’une lentille liée au développement communautaire est
plus facile à réaliser maintenant que tous ces gens se parlent au
sein de leur propre organisation.
The Chair: Mr. Watson and Mr. Tremblay, on behalf of the
Senate Standing Committee on Official Languages, I wish to
thank you very much for your participation today. Thank you for
sharing your knowledge and your expertise with us.
La présidente : Monsieur Watson et maître Tremblay, au nom
du Comité sénatorial permanent des langues officielles, je tiens à
vous remercier très sincèrement de votre participation ici,
aujourd’hui. Merci d’avoir partagé avec nous vos connaissances
et votre expertise.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, November 24, 2014
OTTAWA, le lundi 24 novembre 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m. to study Bill S-205, An Act to amend the
Official Languages Act (communications with and services to
the public).
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour étudier le projet de loi S-205, Loi
modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public).
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
8-12-2014
Langues officielles
[Translation]
9:75
[Français]
The Chair: I welcome you all to the Standing Senate
Committee on Official Languages.
La présidente : Je souhaite la bienvenue à tous au Comité
sénatorial permanent des langues officielles.
I am Senator Claudette Tardif, from Alberta, the chair of this
committee. Before we move to the presentations, I would invite
the senators to introduce themselves, starting on my left.
Je m’appelle Claudette Tardif, je suis sénatrice de l’Alberta et
présidente du comité. Avant de passer aux déclarations,
j’inviterais les sénateurs à se présenter en commençant à ma
gauche.
Senator Poirier: Senator Rose-May Poirier from New
Brunswick.
La sénatrice Poirier : Rose-May Poirier, sénatrice du NouveauBrunswick.
Senator Rivard: Good evening. Senator Michel Rivard from
Quebec.
Le sénateur Rivard : Bonsoir, Michel Rivard, sénateur du
Québec.
Senator Fortin-Duplessis: Good evening. Suzanne FortinDuplessis. I am the deputy chair of the committee and a
senator from Quebec. Welcome.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Bonsoir, Suzanne FortinDuplessis, vice-présidente du comité et sénatrice du Québec. Je
vous souhaite la bienvenue.
Senator Charette-Poulin: Good evening. Senator Marie Poulin
from northern Ontario.
La sénatrice Charette-Poulin : Bonsoir, Marie Poulin, sénatrice
du Nord de l’Ontario.
Senator Chaput: Senator Maria Chaput from Manitoba. Good
evening.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, sénatrice du Manitoba.
Bonsoir.
The Chair: Today, we are simultaneously examining the
two studies we have under way. First, we have Bill S-205, An
Act to amend the Official Languages Act (communications with
and services to the public). Then we have our study on best
practices for language policies and second-language learning.
La présidente : Aujourd’hui, nous examinons simultanément
deux études qui sont en cours, tout d’abord le projet de loi S-205,
Loi modifiant la Loi sur les langues officielles (communications et
services destinés au public), puis notre étude des meilleures
pratiques en matière de politique linguistique et d’apprentissage
d’une langue seconde.
I am well aware that our two witnesses today deal with French
as a first language and not as a second language. I understand,
therefore, that they will be focusing more on Bill S-205.
Je reconnais fort bien que nos deux témoins aujourd’hui
s’occupent du français langue première et non du français langue
seconde. Je comprendrai alors s’ils se concentrent davantage sur le
projet de loi S-205.
I would like to welcome Ghislaine Pilon, the acting executive
director of the Commission nationale des parents francophones
and Roger Paul, executive director of the Fédération nationale
des conseils scolaires francophones.
Je souhaite la bienvenue à Mme Ghislaine Pilon, directrice
générale par intérim de la Commission nationale des parents
francophones et à M. Roger Paul, directeur général de la
Fédération nationale des conseils scolaires francophones.
I will give the floor first to Ms. Pilon, with Mr. Paul to follow.
The senators will then have questions for you.
Je donne tout d’abord la parole à Mme Pilon qui sera suivie de
M. Paul. Par la suite, les sénateurs vous poseront des questions.
Ghislaine Pilon, Acting Executive Director, Commission
nationale des parents francophones: Distinguished members of
the committee, on behalf of the Commission nationale des parents
francophones, and in my capacity of acting executive director, I
thank you for this invitation. As the representatives of
francophone parents who are not only those first responsible
for our children’s education but also the beneficiaries of the
minority language educational rights granted by section 23 of the
Canadian Charter of Rights and Freedoms, we are pleased to be
with you for your study of Bill S-205 and of the best practices for
language policies and second-language learning in a context of
linguistic duality or plurality.
Ghislaine Pilon, directrice générale par intérim, Commission
nationale des parents francophones : Chers membres du comité, au
nom de la Commission nationale des parents francophones et à
titre de directrice générale par intérim, je vous remercie de votre
invitation. En tant que représentants des parents francophones
qui sont non seulement premiers responsables et premiers
éducateurs de nos enfants, mais aussi bénéficiaires des droits à
l’éducation dans la langue de la minorité qui découlent de
l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, nous
sommes heureux d’être ici, avec vous, dans le cadre de l’étude du
projet de loi S-205 et des meilleures pratiques en matière de
politique linguistique et d’apprentissage d’une langue seconde
dans un contexte de dualité ou de pluralité linguistique.
Let me tell you about our organization, its network and the
voice of francophone parents in minority settings in Canada. The
Commission nationale des parents francophones is the national
Pour ce qui est de notre organisme, de son réseau et de la
voix des parents francophones en contexte minoritaire au
Canada, la Commission nationale des parents francophones est
9:76
Official Languages
8-12-2014
voice of 12 provincial and territorial organizations. The
membership is collective in nature, parents’ committees, school
boards, individuals and so on. It represents the parents of more
than 23,400 children under the age of five attending francophone
pre-school services. The commission represents the parents of
150,000 children in 627 francophone schools, of whom 18,000 are
in kindergarten, 88,000 are in elementary school and 42,000 are in
high school, in minority francophone communities in Canada.
la voix nationale de 12 organismes provinciaux et territoriaux —
dont l’effectif se compose de membres collectifs, soit des comités
de parents, des conseils d’écoles ou autres, et des membres
individuels —, et représente les parents de plus de 23 400 enfants
qui fréquentent des services préscolaires francophones, c’est-àdire avant l’âge de cinq ans. La commission représente les parents
de 150 000 enfants inscrits dans 627 écoles francophones, dont
18 000 enfants à la maternelle, 88 000 à l’élémentaire et 42 000 au
secondaire dans les communautés francophones en situation
minoritaire au Canada.
The Commission nationale des parents francophones provides
both leadership at national level and support services to the
member organizations. This is in order to support parents (in
both francophone and exogamous situations) in making informed
choices so that they have a greater presence of French in their
lives and, as a result, can better guide their children in the
development of their identity, language and culture.
La Commission nationale des parents francophones exerce une
direction nationale et offre des services d’appui aux organismes
membres dans le but d’appuyer les parents (issus de couples
francophones et exogames) pour leur permettre de faire des choix
éclairés, et ce, afin qu’ils puissent rendre le français plus présent
dans leur vie et, par conséquent, mieux accompagner leur enfant
dans son développement sur les plans identitaire, langagier et
culturel.
The Commission nationale des parents francophones supports
Bill S-205. We believe that the bill will have a positive impact
through greater recognition of the wide diversity of francophone
parents and children in our Canadian francophonie. We know
that, in our network, we have francophone parents, parents who
have learned French, parents who have brought the language
back into their lives, meaning parents from rediscovered
generations, parents who are new to Canada, and parents who
speak several languages, of which French is one.
La Commission nationale des parents francophones appuie le
projet de loi S-205. Nous croyons que ce projet de loi aura un
impact positif en permettant une plus grande reconnaissance de
toute la diversité des parents et des enfants francophones qui
composent notre francophonie canadienne. Nous savons que, au
sein de nos réseaux, il y a des parents francophones, des parents
qui ont appris le français, des parents qui ont réintégré la langue
française ou des parents de générations retrouvées, des parents
nouveaux arrivants et des parents qui parlent plusieurs langues,
dont le français.
There are as many ways to live our lives in French as there are
families who give French a major place in their homes, in early
childhood services, in their schools, in their communities and in
society in general. Many of them are exogamous families: the
children have one francophone parent and one parent who speaks
English or some other language. The percentage of children in
exogamous families went from 64 per cent in 2001 to over
66 per cent in 2006, thereby confirming the marked trend
towards a gradual increase in the exogamous rate. The idea that
federal authorities would be able to recognize a wider and more
inclusive definition of who a francophone is could have a major
impact on census data, resulting in a greater recognition of our
country’s francophone vitality.
Il y a autant de façons de vivre notre francophonie qu’il y a de
familles qui accordent une place importante au français à la
maison, dans les services à la petite enfance, dans les écoles, dans
la communauté et dans la société en général. Au sein de ces
familles, de nombreux enfants vivent dans un contexte de famille
exogame : ils ont un parent francophone et un parent anglophone
ou d’une autre langue. De 64 p. 100 en 2001, le pourcentage
d’enfants issus de couples exogames est passé à 66 p. 100 en 2006,
ce qui confirme la tendance lourde d’une croissance graduelle du
taux d’exogamie. L’idée selon laquelle les instances fédérales
pourraient reconnaître une définition plus large et plus inclusive
de ce qu’est un francophone pourrait avoir un impact significatif
sur les recensements et, ainsi, entraîner une plus grande
reconnaissance de la vitalité francophone au pays.
In terms of the welcome and guidance for parents in
francophone minority communities in Canada, the question that
future parents ask about language, identity and culture often
comes up well before the birth of the child or during the first years
of early childhood. One of our greatest challenges is to reach
parents-to-be or those with young children in order to equip them
to be able to make informed choices about the place and the value
they will give to French, English and the other languages in their
lives.
En ce qui concerne l’accueil et l’accompagnement des parents
dans les communautés francophones en contexte minoritaire au
Canada, la question que se posent les futurs parents au sujet de la
langue, de l’identité et de la culture surgit souvent bien avant
la naissance de l’enfant ou au cours des premières années de la
période de la petite enfance. L’un de nos plus grands défis consiste
à rejoindre les futurs parents et ceux qui ont de jeunes enfants afin
de les outiller pour leur permettre de faire un choix éclairé sur la
place et la valeur qu’ils accorderont au français, à l’anglais et à
d’autres langues dans leur vie.
8-12-2014
Langues officielles
9:77
Equipping the parents also means answering their questions so
that they can make informed decisions. Here are some of the
questions parents ask and the kinds of answers our parents’
network provides. Must children learn two languages or just one?
Outiller le parent, c’est aussi répondre à ses questions afin qu’il
prenne une décision éclairée. Voici quelques questions que se
posent les parents et des pistes de réponses provenant de notre
réseau de parents : faut-il apprendre deux langues ou une seule?
A lot of research shows that the brain has the capacity to learn
not just one language well, but several. Parents who make the
choice for their children to become bilingual want them to know
the language of each parent very well. They want them to develop
a strong sense of belonging to, and being integrated into, the
francophone community without it harming their identity as
anglophones and their skills in English. They want them to learn
to appreciate the richness of the different cultures; they want them
to be fully competent in English and French and to keep that
competency for their entire lives; they want them to be able to
attend college or university in French and in English; they want
them to have access to more choices professionally with an
excellent knowledge of French and English; they want them to be
able to learn a third language more easily.
Plusieurs recherches démontrent que le cerveau a la capacité de
très bien apprendre non seulement une langue, mais plusieurs. Les
parents qui choisissent que leur enfant devienne bilingue veulent
que celui-ci connaisse très bien la langue maternelle de chacun de
ses parents; qu’il développe un fort sentiment d’appartenance et
un désir d’intégration à la communauté francophone sans que
cela puisse nuire à son identité anglophone et à ses compétences
en anglais; qu’il apprenne à apprécier les richesses des différentes
cultures; qu’il soit très compétent en français et en anglais et qu’il
conserve ses compétences tout au cours de sa vie; qu’il puisse faire
des études collégiales ou universitaires en français et en anglais;
qu’il ait accès aux avantages économiques liés au plus grand
nombre de choix sur le plan professionnel lorsqu’il est très
compétent en français et en anglais; et qu’il ait plus de facilité à
apprendre une troisième langue.
Another question that is often asked is: does my child run the
risk of becoming confused by learning two languages at the same
time? Some parents are often afraid that learning two languages
simultaneously will harm their children. Research results indicate
that there is no cause for concern because children can easily learn
two languages at the same time.
Une autre question souvent posée est la suivante : mon enfant
risque-t-il d’être mêlé s’il apprend deux langues en même temps?
Certains parents craignent souvent que l’apprentissage simultané
de deux langues nuise à leur enfant. Les résultats de recherches
montrent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter à ce sujet, car les
enfants peuvent très bien apprendre deux langues en même temps.
In a francophone minority situation, parents are strongly
advised to teach their children French from birth, since it is the
language under the greater threat. That is the best way to proceed
because it is easier to learn English when you know French first.
With exogamous couples, the advice often given to parents who
want their children to learn two languages at the same time from
birth is to observe the ‘‘one parent one language’’ principle. That
is, the francophone parent speaks French and the anglophone
parent speaks English. Other parents decide to teach their
children one language at a time.
En milieu francophone minoritaire, il est fortement conseillé
aux parents d’enseigner le français à leur enfant dès sa naissance,
puisque cette langue est la plus menacée. Il est préférable de
procéder ainsi, parce qu’il est facile d’apprendre l’anglais quand
on connaît d’abord le français. Dans le cas des couples exogames,
il est souvent conseillé aux parents qui souhaitent que leur enfant
apprenne deux langues en même temps dès sa naissance de
maintenir le principe suivant : un parent, une langue, c’est-à-dire
que le parent francophone parle en français et que le parent
anglophone parle en anglais. D’autres parents décident
d’enseigner une seule langue à la fois à leur enfant.
Will learning a second language harm the ability to acquire the
first language? No; there is no reason to believe that learning
French will be harmful in learning English or vice versa. A
concept, an idea or a word learned in French is equally well
understood in English, and the other way round.
Est-ce que l’apprentissage d’une deuxième langue nuira à
l’acquisition de la langue première? Non. Il ne faut pas croire que
l’apprentissage du français nuira à l’apprentissage de l’anglais ou
vice-versa. L’apprentissage d’un concept, d’une idée ou d’un mot
en français est aussi bien compris en anglais qu’inversement.
Some parents wonder what they can do to prepare their
children for school in French. In francophone minority situations,
it is important for parents to introduce their children to French
from the youngest possible age. Both francophone and
anglophone parents have an important role to play in
developing their children’s bilingualism. In our francophone
communities, we recognize the importance of a continuum of
programs and services in French, starting even before a child is
born and continuing all along the path of French-language
schooling, up to post-secondary level.
Certains parents se demandent ce qu’ils peuvent faire pour
préparer leur enfant à l’école française. En milieu minoritaire
francophone, il est important que les parents initient leur enfant à
la langue française dès son plus jeune âge. Autant le parent
francophone que le parent anglophone ont un rôle important à
jouer dans le développement du bilinguisme de leur enfant. Au
sein de nos communautés francophones, nous reconnaissons
l’importance d’un continuum de programmes et de services en
français qui débutent avant même la naissance de l’enfant et qui se
poursuivent tout au long de son cheminement vers l’école de
langue française, et ce, jusqu’au niveau postsecondaire.
9:78
Official Languages
8-12-2014
We know that there is a whole range of quality Frenchlanguage programs and services to meet the needs of pre-schools,
daycares, play groups, resource centres, child and family support
centres, and so on. Parents have primary responsibility for their
children and are their first educators. It is essential for the home,
the early childhood services, the school and the francophone
community to complement each other. Early childhood
professionals are francophone models and play an essential role
in children’s development. Particular attention must be paid to
the continuity of, and the transitions between, francophone
programs and services.
Nous savons qu’il y a tout un éventail de programmes et de
services francophones de qualité pour répondre aux besoins des
prématernelles, des garderies, des groupes de jeu, des centres de
ressources, des centres d’appui à l’enfance et à la famille, et cetera.
Le parent est le premier responsable et le premier éducateur de
son enfant. La complémentarité entre le foyer, les services à la
petite enfance, l’école et la communauté francophone est
essentielle. Les professionnels de la petite enfance sont des
modèles francophones et jouent un rôle essentiel dans le
développement des enfants. On doit porter une attention
particulière à la continuité et aux transitions entre les
programmes et les services francophones.
In our francophone communities, we recognize the importance
of the early childhood period as a gateway to schooling in French.
This is because we know that we must be mindful of children’s
overall development in order to smooth their path into attending
school in French. It facilitates the transition into French-language
schooling. It means that parents are supported as they prepare
their children to go to school. It means that the child’s transition
needs are met as they prepare for school, especially for
exogamous, immigrant and rediscovered-generation families. It
reinforces the language, the culture, the identity and the sense of
belonging to the francophone community.
Au sein de nos communautés francophones, nous
reconnaissons l’importance de la période de la petite enfance
comme porte d’entrée à l’école francophone, car nous savons que
l’on doit respecter le développement global de l’enfant pour
favoriser l’entrée des enfants à l’école francophone. Cela facilite la
transition à l’école francophone. Cela permet d’accompagner les
parents à préparer leurs enfants à l’entrée scolaire. Cela permet de
répondre aux besoins en transition des enfants, plus
particulièrement des familles exogames, immigrantes et de
générations retrouvées, et en préparation à l’entrée à l’école.
Cela renforce la langue, la culture, l’identité et l’appartenance à la
communauté francophone.
We also recognize the importance of the early childhood period
in the development of language, identity, culture, and sense of
belonging. We know that the first three years determine the
lifelong learning path and the ability to learn another language.
The choice of the language spoken at home, in the community,
and at school is made in the first months after birth, and even
before. Well-informed parents who fully understand their rights
and the impact of their decisions on the child in terms of
language, identity, culture and sense of belonging will make wise
choices.
Nous reconnaissons aussi l’importance de la période de la
petite enfance en ce qui concerne le développement de la langue,
de l’identité, de la culture et du sens d’appartenance. Nous savons
que les trois premières années déterminent l’évolution de
l’apprentissage la vie durant et la capacité d’apprendre une
autre langue. Le choix de la langue parlée à la maison, dans la
communauté et à l’école, se fait dans les premiers mois après la
naissance, et même avant. Un parent bien informé qui comprend
bien ses droits et l’impact de ses décisions sur son enfant en ce qui
a trait à la langue, à l’identité, à la culture et à l’appartenance fera
des choix éclairés.
Social contacts influence the spread of language and culture. In
the first years, the francophone identity is formed around family
practices. The first factor that contributes to children’s sense of
identity is the ties that bind them with their parents. When, in
everyday life, parents associate important, interesting and
reassuring things with French, children build a sense of identity
and a sense of affiliation with the language and the culture. The
emotional link created between parents, children and French is
very important. Particular attention must be paid to the
importance of the early childhood period in the development of
identity. Parents are their children’s first model for language,
identity and culture at home. It is at home where behaviours,
attitudes and values are first formed and where traditions are
created and continued.
Les contacts sociaux influencent la transmission de la langue et
de la culture. Au cours des premières années, l’identité
francophone se forme autour des pratiques familiales. Le
premier facteur qui contribue au sentiment d’identité chez
l’enfant est le lien qui l’unit à ses parents. Dans la vie de tous
les jours, lorsque le parent associe au français ce qui est
important, intéressant et sécurisant pour l’enfant, ce dernier
bâtit un sentiment d’identité et un sens d’appartenance à cette
langue et à cette culture. Le lien affectif créé entre les parents, les
enfants et le français est très important. Il faut porter une
attention particulière à l’importance de la période de la petite
enfance dans le cadre du développement de l’identité. Le parent
est le premier modèle pour l’enfant en ce qui a trait à la langue, à
l’identité et à la culture au foyer. C’est d’abord à la maison que les
comportements, les attitudes et les valeurs se forgent et que les
traditions se créent et se perpétuent.
Parents are the first cultural communicators for their children.
It is important to be able to guide francophone parents, as well as
parents who speak English or another language, so that they can
Le parent est le premier passeur culturel auprès de son enfant.
Il est important de pouvoir accompagner le parent francophone,
de même que le parent anglophone ou d’une autre langue afin
8-12-2014
Langues officielles
9:79
contribute together to the building of their children’s identity. Just
as professionals needs resources for their work, parents also need
to be supported and guided.
qu’ils puissent, tous les deux, contribuer à la construction
identitaire de l’enfant. Tout comme un professionnel dans son
domaine a besoin de se ressourcer, le parent a donc, lui aussi,
besoin d’être appuyé et accompagné.
What do we have to do to make sure that our children become
bilingual in francophone minority settings? In those settings, there
is always a major risk of learning and living one’s life in the
language of the majority at the expense of the language of the
minority. Research shows that, in francophone minority
communities, couples wanting their children to become bilingual
must focus on the region’s minority language, French, in this case.
Language experiences in various aspects of life can be cultivated
to facilitate this step of learning both languages and to encourage
the development of a sense of belonging to both cultures. There
are schools, early childhood services, the family, and the social
and institutional environment. Each of those aspects of life has
a specific, complementary role to play in children becoming
bilingual.
Que devons-nous faire pour nous assurer que notre enfant
devienne bilingue en milieu francophone minoritaire? En milieu
francophone minoritaire, le risque est toujours grand d’apprendre
et de vivre dans la langue de la majorité, et ce, aux dépens de la
langue de la minorité. Des recherches démontrent que, dans les
communautés où les francophones sont minoritaires, le couple qui
souhaite que son enfant devienne bilingue devra mettre l’accent
sur la langue de la minorité dans la région; dans le cas présent, le
français. Les expériences langagières vécues dans différents
milieux de vie peuvent se compléter pour faciliter cette
démarche d’apprentissage de deux langues et pour favoriser le
développement d’un sentiment d’appartenance à deux cultures. Il
y a l’école, les services à la petite enfance, la famille, et le milieu
social et institutionnel. Chacun de ces milieux de vie est appelé à
jouer un rôle complémentaire particulier afin que l’enfant
devienne bilingue.
As an example, the research project entitled ‘‘Readiness to
learn in minority francophone communities’’ emphasizes that a
quality francophone daycare environment, together with a
francophone home environment, has a greater impact on
children’s language behaviour and on their skills in mathematics
and reading.
À titre d’exemple, le projet de recherche intitulé « Capacité
d’apprentissage dans les communautés francophones en situation
minoritaire » souligne que l’environnement de garde francophone
de qualité, combiné à un milieu familial francophone, a un impact
plus prononcé sur le comportement langagier des enfants et sur
leurs compétences en mathématiques et en lecture.
How do francophone schools ensure the development of
bilingualism? In situations where English dominates, Frenchspeaking schools play a determining role in the way children
develop and maintain skills in French, and therefore in the
acquisition of high-level bilingualism. French language and
culture are an integral part of the students’ life at school, both
inside and outside the classroom. French school not only seeks to
meet the students’ academic needs, but it also guides them in
exploring and developing their francophone heritage.
Comment l’école française assure-t-elle le développement du
bilinguisme? Dans les milieux où la langue anglaise est dominante,
l’école française joue un rôle déterminant dans le développement
et le maintien des compétences en français de l’enfant et, par
conséquent, dans l’acquisition d’un bilinguisme de niveau élevé.
La langue et la culture française font partie intégrante de la vie
scolaire de l’élève, tant dans la salle de classe qu’en milieu
parascolaire. L’école française ne vise pas seulement à remplir
les besoins scolaires de l’élève, mais elle l’accompagne également
dans l’exploration et le développement de son héritage
francophone.
Parents also wonder whether their children will be able to
speak and write good quality English if they go to a francophone
school. Once again, research shows that students in minority
francophone situations will develop skills in English that are just
as good as anglophone students.
Les parents se demandent aussi si leur enfant pourra parler et
écrire un anglais de qualité s’il fréquente l’école francophone. Les
recherches, encore une fois, montrent que l’élève en milieu
minoritaire francophone développera des compétences aussi
bonnes en anglais que l’élève anglophone.
What is the social and institutional role in the development of
bilingualism? In a francophone minority situation, the reality is
that students will often be exposed to English, either as a result
of the community’s various anglophone institutions or of
anglophone media and commercial and public exposure.
Students will therefore develop their skills in English. To
encourage the learning of French, francophone environments at
home and at school serve as a counterbalance to the strong
presence of English in the social and institutional environments,
Quel est le rôle du milieu social et institutionnel dans le
développement du bilinguisme? En milieu francophone
minoritaire, par la force des choses, l’enfant sera souvent exposé
à la langue anglaise, que ce soit par le biais de différentes
institutions anglophones de la communauté, ou encore par la
présence des médias anglophones et de l’affichage public et
commercial. Il développera ainsi ses compétences en anglais. Pour
favoriser l’apprentissage du français, le milieu familial et le milieu
scolaire francophone agissent comme contrepoids à la forte
présence de l’anglais dans le milieu social et institutionnel.
9:80
Official Languages
8-12-2014
Parents are the children’s first educators. Parents play a crucial
role in the development of bilingualism in children of both
pre-school and school age. Fundamentally, for children to
become bilingual in a francophone minority situation, parents
must make certain choices from the earliest possible age. For that
to happen, everything must be in place to effectively welcome and
guide the parents.
Les parents sont les premiers éducateurs de leur enfant. Les
parents jouent un rôle crucial dans le développement du
bilinguisme chez l’enfant, que celui-ci soit d’âge préscolaire ou
d’âge scolaire. En fin de compte, pour que l’enfant devienne
bilingue en milieu minoritaire francophone, les parents doivent
faire un certain nombre de choix, et ce, dès son plus jeune âge.
Pour ce faire, on doit tout mettre en place pour accueillir et
accompagner efficacement ces parents.
The Chair: Thank you, Ms. Pilon. I now call upon Mr. Paul to
make the second presentation.
La présidente : Merci, madame Pilon. J’inviterais maintenant
M. Paul à faire la deuxième présentation.
Roger Paul, Executive Director, Fédération nationale des
conseils scolaires francophones: On behalf of the Fédération
nationale des conseils scolaires francophones, and in my role as
the executive director, I would like to thank you sincerely for your
invitation to join you today. Our organization is proud to appear
before the Standing Senate Committee on Official Languages as
part of its study on Bill S-205 and best practices for language
policies and second-language learning in a context of linguistic
duality or plurality.
Roger Paul, directeur général, Fédération nationale des conseils
scolaires francophones : Au nom de la Fédération nationale des
conseils scolaires francophones et à titre de directeur général, je
tiens à vous remercier chaleureusement de l’invitation que vous
nous avez lancée à comparaître devant le comité. Notre organisme
est fier de s’adresser au Comité sénatorial permanent des langues
officielles dans le cadre de l’étude du projet de loi S-205 et des
meilleures pratiques en matière de politique linguistique et
d’apprentissage d’une langue seconde dans un contexte de
dualité linguistique ou de pluralité linguistique.
Who are we? The Fédération nationale des conseils scolaires
francophones, or FNCSF, represents 28 francophone and
Acadian school boards across the country, with the exception of
Quebec. It provides advice to various policy-makers and provides
educational and administrative input through the Regroupement
national des directions générales de l’éducation (RNDGE), which
represents the 28 education branches across the country.
Qui sommes-nous? La FNCSF, ou Fédération nationale des
conseils scolaires francophones, est l’organisme chargé de
représenter les intérêts des 28 conseils scolaires francophones et
acadiens au pays, à l’exception de ceux du Québec. Elle intervient
sur le plan politique auprès des diverses instances concernées et
sur le plan pédagogique et administratif par l’intermédiaire du
Regroupement national des directions générales de l’éducation au
sein duquel œuvrent les 28 directions de l’éducation au pays.
Our organization fully supports Bill S-205. We believe that
passing this bill will improve the representation of Canadian
francophonie, which will enhance the services offered in French
and in turn promote the growth and vitality of the francophone
and Acadian communities our schools are part of.
Notre organisme appuie sans réserve le projet de loi S-205.
Nous estimons que l’adoption de ce projet de loi permettrait de
mieux refléter la réalité de la francophonie canadienne, ce qui
aurait pour effet de bonifier l’offre des services en français et ainsi
de favoriser l’épanouissement et la vitalité des communautés
francophones et acadiennes dont font partie nos écoles.
Many of our students are from exogamous families, so they are
not considered francophones at the federal level. Including new
admission criteria in the act and requiring that a review take place
every time there is a census will lead to a more inclusive definition
of francophone, which is a significant step forward, in our
opinion. We are very glad that the definition of a francophone
will be expanded to mean everyone who can express themselves
in French, whether they are a francophile, a first-language
francophone, a newcomer or someone for whom French is a
second or third language.
Beaucoup de nos élèves sont issus de familles exogames et ne
sont donc pas comptabilisés comme francophones par les
instances fédérales. De nouveaux critères d’application de la loi
et une révision à chaque recensement permettant une définition
plus inclusive de ce qu’est un francophone seraient considérés
comme une grande avancée pour nous. Nous voyons d’un très
bon œil le fait que la définition d’un francophone soit élargie pour
inclure toute personne pouvant s’exprimer en français, qu’elle
soit francophile, francophone de souche, nouvelle arrivante ou
personne pour laquelle le français est une deuxième ou même une
troisième langue.
Let us now talk about French-language schools versus
immersion schools. I would like to mention that my federation
is not involved with immersion programs at all.
Parlons maintenant des écoles de langue française et des
écoles d’immersion. Permettez-moi de vous informer que les
programmes d’immersion ne font pas partie des champs d’activité
de ma fédération.
However, we are very interested in these programs all the same,
because they contribute to the development and promotion of
linguistic duality in Canada, just as the French-language
education system does.
Toutefois, nous accordons un très grand intérêt au déploiement
de ces programmes, puisqu’ils contribuent, comme c’est le cas
pour le système d’éducation de langue française, à l’évolution et à
la promotion de la dualité linguistique au Canada.
8-12-2014
Langues officielles
9:81
Allow me to provide some clarification about language
learning. To quote Pierre Calvé, a former linguistics and
education professor at the University of Ottawa, ‘‘A language
basically serves four purposes: a) to communicate; b) to think,
reflect and develop ideas; c) to obtain and store information; d) to
forge an identity as a member of a specific human community.’’
Permettez-moi de faire une mise au point sur l’apprentissage
d’une langue. C’est tout d’abord Pierre Calvé, ex-professeur en
linguistique et en éducation à l’Université d’Ottawa, qui nous dit
qu’une langue sert essentiellement à quatre choses. Premièrement,
elle sert à communiquer; ensuite, à penser, à réfléchir, à
développer des idées; puis à acquérir et à emmagasiner de
l’information; et, finalement, à se forger une identité en tant que
membre d’une communauté humaine particulière.
In our view, learning the language both in immersion programs
and in French-language schools achieves these four functions of a
language, be it a person’s first or second language.
Or, selon nous, l’apprentissage de la langue, tant au sein des
programmes d’immersion que dans les écoles de langue française,
répond à ces quatre fonctions d’une langue, qu’elle soit première
ou seconde.
What is the difference between immersion and Frenchlanguage schools? In addition to making it possible to
communicate, think and obtain information, learning a second
language in an immersion program helps build a Canadian
identity characterized by linguistic and cultural duality.
Quelle est la distinction entre l’immersion et l’école de langue
française? Il y a une grande confusion à ce sujet sur le terrain.
Dans le cadre des programmes d’immersion, l’apprentissage d’une
langue seconde, en plus de permettre de communiquer, de penser
et d’acquérir de l’information, contribue aussi à la construction
d’une identité canadienne caractérisée par la dualité linguistique
et culturelle.
In French-language schools, language learning occurs in a
linguistic, cultural and civic context. In other words, all activities
related to teaching the curriculum contribute to the learning of
French as a first language, to the sharing of francophone culture,
and to the development of civic responsibilities as members of the
francophone and Acadian community in Canada.
Dans les écoles de langue française, les apprentissages se font
dans un contexte de socialisation linguistique, culturelle et
citoyenne. En d’autres mots, toutes les activités liées à
l’enseignement du curriculum contribuent à l’apprentissage du
français langue première, à la transmission de la culture
francophone, ainsi qu’au développement des compétences
citoyennes en tant que membres de la communauté francophone
et acadienne du Canada.
The cultural approach in teaching in the context of a Frenchlanguage ‘‘civic community school’’ contributes to and influences
the construction of individual and collective cultural identities
that are unique to the francophone and Acadian communities
that helped create the nation of Canada.
C’est ainsi que l’approche culturelle de l’enseignement, dans le
contexte d’une école communautaire et citoyenne de langue
française, contribue et influence la construction d’une identité
culturelle individuelle et collective propre aux communautés
francophones et acadienne qui sont à l’origine de la création du
Canada.
Furthermore, in French-language schools, second-language
instruction is essential. Even though English is accessible to
everyone since it is the majority language, we believe it is
important to teach English as part of the curriculum in Frenchlanguage schools. This gives our graduates enduring bilingualism.
De plus, dans les écoles de langue française, l’enseignement de
la langue seconde est primordial. Bien que l’anglais soit accessible
à tous, à titre de langue de la majorité, nous estimons primordial
l’enseignement de l’anglais au sein du curriculum des écoles de
langue française. Cela permet à nos finissants de profiter d’un
bilinguisme durable.
School boards are able to fulfill their mandate when the
language and cultural framework is clearly defined by the
department or ministry of education in that province or
territory and when this framework is supported by human and
financial resources.
Par ailleurs, les conseils scolaires ont pu pleinement remplir
leur mandat lorsqu’un encadrement linguistique et culturel était
clairement défini par le ministère de l’Éducation de la province ou
du territoire, et que cet encadrement était accompagné de
ressources humaines et financières.
For example, in Ontario, the ‘‘Aménagement linguistique’’
policy implemented 10 years ago has encouraged people to take
ownership of their language and culture.
Par exemple, en Ontario, la Politique d’aménagement
linguistique mise en œuvre il y a 10 ans déjà a eu des retombées
très positives sur la langue et l’appropriation de la culture.
New Brunswick has recently implemented a similar policy, and
the western provinces have taken steps towards implementing one
as well.
Le Nouveau-Brunswick s’est récemment doté d’une politique
semblable, alors que dans l’Ouest du pays, des démarches sont
entreprises pour mettre sur pied une telle initiative.
9:82
Official Languages
8-12-2014
We have taken the liberty of providing some recommendations
on Bill S-205 and on second-language learning. From a national
unity perspective, French-language schools and immersion
programs meet separate and complementary needs. Therefore,
we believe it is essential to ensure that they are developed and
promoted in an enlightened and fair way for all Canadians.
Nous nous sommes permis de faire quelques recommandations
par rapport au projet de loi S-205 et à l’apprentissage d’une
langue seconde. Les programmes d’immersion et l’école de langue
française répondent à des besoins distincts et complémentaires
dans une perspective d’unité nationale. Il nous apparaît donc
essentiel d’en assurer le développement et d’en faire une
promotion éclairante et loyale pour l’ensemble des Canadiennes
et des Canadiens.
For that reason, in terms of information and promotion, we
would like to see the Government of Canada support the steps
undertaken to inform Canadian residents, including immigrants,
about the French-language education system and immersion
programs in the English-language system, as well as on the
distinction between the scopes and mandates of these two
systems.
En ce qui a trait à l’information et à la promotion, pour cette
raison, nous souhaitons que le gouvernement canadien appuie les
démarches entreprises pour informer la population canadienne, y
compris la population immigrante, sur l’existence du système
d’éducation de langue française et des programmes d’immersion
offerts dans les écoles de langue anglaise, ainsi que sur la
distinction de la portée et du mandat particulier des deux
systèmes.
We believe that, if Canadians had a better understanding of
this distinction, there might be a decrease in the high percentage
of students from eligible families who do not attend Frenchlanguage schools.
Nous croyons qu’une meilleure compréhension de cette
distinction de la part de l’ensemble de la population canadienne
pourrait faire en sorte que le pourcentage élevé de la population
étudiante qui provient de familles d’ayants droit qui ne
fréquentent pas les établissements de langue française diminue.
Vous savez que plus de 50 p. 100 des ayants droit ne fréquentent
pas les écoles de langue française.
This approach could help resolve the problem with the capacity
of immersion schools to respond to the ever-growing demand and
enable French-language schools to fulfill their mission.
Cette approche pourrait contribuer à résoudre le problème lié
à la capacité des écoles d’immersion — qui débordent, nous
dit-on — de répondre à une demande toujours croissante et
permettrait aux écoles de langue française de réaliser leur mission.
My second recommendation is about funding. There is also a
fundamental difference in how immersion schools and Frenchlanguage schools are funded. To that end, we hope that there will
be better accountability with respect to education transfer
payments from the federal government to the provinces and
territories.
Ma deuxième recommandation concerne le financement. La
distinction fondamentale entre les écoles d’immersion et les écoles
de langue française passe également par un financement distinct.
À cet égard, nous souhaitons une meilleure reddition de comptes
par rapport aux paiements de transfert, consacrés à l’éducation,
du gouvernement fédéral aux provinces et aux territoires.
Currently, it is almost impossible to know exactly how these
amounts are being used. In some provinces and territories, it
seems that considerable amounts intended for education in
French as a first language were used to develop immersion
programs. There is a significant need when it comes to Frenchlanguage education, and federal contributions set aside for it are
essential to deploying a French-language education system.
En ce moment, il est presque impossible de savoir précisément
de quelle façon ces sommes sont utilisées. Cependant, en prenant
l’exemple de certaines provinces ou de certains territoires, il
apparaît que des sommes considérables destinées à l’éducation en
français, langue première, ont été investies pour développer des
programmes d’immersion. Les besoins en éducation de langue
française sont grands, et les contributions fédérales prévues à ces
fins sont essentielles au déploiement du système d’éducation de
langue française.
Our third recommendation is about a continuum. When the
time comes to make the important choice of education language,
Canadians consider a combination of factors related to
accessibility and quality of instruction, among other things. One
factor influencing this decision is the possibility of doing postsecondary studies in the language of choice.
Notre troisième recommandation porte sur le continuum.
Lorsque vient le temps de faire le choix important de la langue de
l’éducation, les Canadiennes et les Canadiens prennent en
considération un ensemble de facteurs liés, entre autres, à
l’accessibilité et à la qualité. Un des facteurs qui influencent ce
choix est la possibilité de faire des études postsecondaires dans la
langue de son choix.
To that end, we hope your committee will recommend to the
Canadian government that it look into post-secondary teaching in
French so that Canadians can choose a school that offers Frenchas-a-second-language immersion or French-as- a-first-language
Nous souhaitons donc que votre comité recommande au
gouvernement canadien de se pencher sur l’enseignement
postsecondaire en français langue seconde ou sur l’école de
langue française, langue première, afin que les Canadiens aient
8-12-2014
Langues officielles
9:83
education, with the assurance that they can continue their studies
in French at the post-secondary level. By doing so, we are
guaranteeing our country a generation of bilingual young
professionals who are able to take on our society’s political,
economic and cultural levers.
l’assurance de pouvoir poursuivre leurs études dans cette langue
au niveau postsecondaire. Ainsi, on garantit à notre pays une
génération de jeunes citoyens professionnels bilingues aptes à
assumer les fonctions politiques, économiques et culturelles de
notre société.
My fourth recommendation is about a linguistic and cultural
framework. Language planning policies or linguistic and cultural
frameworks encourage student growth and give French-language
school boards the ability to fulfill their mandate. These types of
policies should be implemented across the country, not just in
New Brunswick or Ontario.
Ma quatrième recommandation a trait à l’encadrement
linguistique et culturel. Des politiques d’aménagement ou
d’encadrement linguistique et culturel favorisent
l’épanouissement des élèves et permettent aux conseils scolaires
de langue française de remplir pleinement leur mandat. Il est donc
souhaitable que de telles politiques soient mises en œuvre partout
au pays, pas seulement au Nouveau-Brunswick ou en Ontario.
In conclusion, as a national organization whose primary
concern is the vitality of francophone and Acadian communities,
the Fédération nationale des conseils scolaires francophones
recognizes the importance of linguistic duality in this country. As
a result, we are eager to see Bill S-205 passed in order to update
the Canadian francophonie, to which many francophiles
contribute, whether they are Canadian or newcomers.
En guise de conclusion, en tant qu’organisme national ayant
pour intérêt principal la vitalité des communautés francophones
et acadienne, la Fédération nationale des conseils scolaires
francophones reconnaît l’importance de la dualité linguistique
au pays. En ce sens, nous souhaitons vivement l’adoption du
projet de loi S-205 afin d’actualiser la réalité de la francophonie
canadienne à laquelle contribuent grandement les francophiles,
qu’ils soient Canadiens ou nouveaux arrivants.
The additive bilingualism that we recommend is the key to
finding harmony between the two founding peoples of our
country. We believe that both immersion schools and Frenchlanguage schools are essential to help anglophones in Canada
achieve this bilingualism. Our recommendations above were made
with this in mind.
Le bilinguisme additif que nous recommandons est le gage de
l’harmonie entre les deux peuples fondateurs de ce pays. Nous
croyons que les écoles d’immersion et les écoles de langue
française sont essentielles pour permettre à la population
anglophone du Canada d’accéder à ce bilinguisme. C’est donc
dans cet esprit que nous avons fait les recommandations que j’ai
énumérées.
Thank you again for inviting us to appear. I am ready to
answer your questions.
Je vous remercie à nouveau de votre invitation. Je suis
maintenant prêt à répondre à vos questions.
The Chair: Thank you very much. We certainly have questions.
Let us start with Senator Fortin-Duplessis.
La présidente : Merci beaucoup. En effet, nous avons des
questions, et nous allons commencer par la sénatrice FortinDuplessis.
Senator Fortin-Duplessis: Welcome. Madam Chair, are we
asking questions on Bill S-205 only, or can I ask one question on
Bill S-205 and a question on the second topic?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Soyez les bienvenus. Madame
la présidente, est-ce que l’on pose les questions sur le projet de
loi S-205 uniquement, ou est-ce qu’on peut poser une question sur
le projet de loi S-205, ainsi qu’une question à propos du deuxième
thème?
The Chair: Yes, you can proceed like that.
La présidente : Oui, vous pouvez procéder de cette façon.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci.
I listened carefully to your two briefs. Ms. Pilon, you
mentioned the importance of parents. In order to learn French,
parents have to make some effort. That stays with me and I feel
that it is a good recommendation. The proposal in Bill S-205 is to
consider qualitative criteria such as institutional vitality and the
particular characteristics of the community in the determination
of significant demand. Could you give us some examples of
communities that would benefit from having criteria of that kind
included in the determination for them?
J’ai écouté avec attention vos deux mémoires. Madame Pilon,
vous avez mentionné l’importance qu’ont les parents; pour
l’apprentissage de la langue française, il faut que les parents
fassent un effort. Je retiens cela, et je pense que c’est une bonne
recommandation. Le projet de loi S-205 propose de tenir compte
de critères qualitatifs tels que la vitalité institutionnelle et la
spécificité de la communauté dans le calcul de la demande
importante. Pourriez-vous nous donner des exemples de
communautés qui bénéficient de l’inclusion de tels critères dans
leurs calculs?
9:84
Official Languages
8-12-2014
Ms. Pilon: For us, it is very important that services be provided
from the moment a child is born. If we have that advantage in
regions where numbers warrant, of course, it gives parents the
chance to become involved because they are able to call on health
services, financial services, or whatever, and to live in French.
That example lets children understand that they can live in
French, even in a minority situation.
Mme Pilon : Pour nous, il est très important que des services
soient offerts dès la naissance d’un enfant. Si nous disposons de
cet avantage dans les régions où le nombre le justifie, évidemment,
cela donne la chance aux parents de s’impliquer en faisant appel à
des services en santé, à des services financiers ou peu importe, et
de vivre en français. Cela donne l’exemple à l’enfant afin qu’il
comprenne que l’on peut vivre en français, même en situation
minoritaire.
Senator Fortin-Duplessis: My second question is about secondlanguage learning. Many studies show that learning a second
language is beneficial in a number of ways. Could you tell us
specifically about the economic and social advantages of knowing
both of Canada’s official languages? Give us the simplest
examples.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Ma deuxième question concerne
l’apprentissage d’une langue seconde. De nombreuses recherches
démontrent que l’apprentissage d’une langue seconde est
bénéfique de plusieurs façons. Pourriez-vous préciser les
avantages économiques et sociaux associés à la connaissance des
deux langues officielles au Canada? Donnez-nous des exemples
parmi les plus simples.
Ms. Pilon: One example is with children from exogamous
families, where one parent is francophone and the other speaks
English; it may be another language, but it is mostly English.
Linguistic duality is alive and well not only outside the home, but
inside it as well. Those children speak French to the parent who
speaks French and English to the parent who speaks English. The
brains of those children are already stimulated and research
shows that they learn differently. For children like that, learning a
third language is very easy compared to a child who speaks only
one language. In economic terms, when that child grows up, he or
she will have many more professional opportunities later, more
options of schools to attend, and more options because of
globalization. We see that as important: our children have two
languages already, so a third language is a bonus.
Mme Pilon : Par exemple, dans le cas des enfants issus de
familles exogames — où l’un des parents est francophone, et
l’autre est anglophone ou parle une autre langue, mais en
principe, la langue anglaise est majoritaire —, la dualité
linguistique ne se vit pas seulement dans le pays, mais elle se vit
également à la maison. Ces enfants parlent français au parent qui
parle français, et anglais au parent qui parle anglais. Ces enfants
ont déjà le cerveau éveillé, et les recherches démontrent qu’ils
apprennent différemment. Apprendre une troisième langue pour
ces enfants est très facile comparativement à l’enfant qui ne parle
qu’une langue. En ce qui concerne l’économie, cet enfant grandit
et aura, plus tard, beaucoup plus de débouchés professionnels,
plus d’options quant aux écoles à fréquenter, et plus d’options en
ce qui a trait à la mondialisation. Pour nous, c’est important; nos
enfants possèdent déjà deux langues, alors une troisième langue
devient un atout.
Does that answer your question?
Est-ce que ça répond bien à votre question?
Senator Fortin-Duplessis: Yes, I knew that. The fact that a
person is perfectly bilingual certainly opens many more doors in
life.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Oui. Je le savais; c’est sûr que le
fait qu’une personne soit parfaitement bilingue lui ouvre
beaucoup plus de portes dans la vie.
Ms. Pilon: They also see the world differently. They are not
afraid when they hear a third language that they do not
understand. Our kids are used to knowing more than two
languages, and that is a good thing.
Mme Pilon : De plus, on voit le monde de façon différente. On
n’a pas peur d’entendre parler une troisième langue que l’on ne
comprend pas. Nos jeunes sont habitués à connaître plus de deux
langues, et c’est bien.
Senator Fortin-Duplessis: Especially in the west; you see it less
in the east.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Surtout dans l’Ouest; on le voit
moins dans l’Est.
Ms. Pilon: Yes, it often happens in the west.
Senator Fortin-Duplessis: Mr. Paul, you mentioned that the
House of Commons Standing Committee on Official Languages
submitted a report on programs for teaching French as a second
language in Canada. One of the committee’s recommendations
was that the Government of Canada require better accountability
for the transfer payments for education that are made to the
provinces and territories:
Mme Pilon : Oui, c’est souvent le cas dans l’Ouest.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Monsieur Paul, vous avez
mentionné que le Comité permanent des langues officielles de la
Chambre des communes a déposé un rapport sur les programmes
d’enseignement du français langue seconde au Canada. L’une des
recommandations du comité visait à ce que le gouvernement du
Canada assure une meilleure reddition de comptes quant aux
paiements de transfert pour l’éducation versés aux provinces et
aux territoires :
8-12-2014
Langues officielles
9:85
Currently, it is almost impossible to know exactly how
these amounts are used. In some provinces and territories, it
seems that considerable amounts intended for education in
French as a first language were used to develop immersion
programs, and vice versa.
En ce moment, il est presque impossible de savoir
précisément de quelle façon ces sommes sont utilisées. Il se
pourrait que des fonds destinés à l’éducation en français,
langue première, aient été investis par les provinces ou les
territoires pour développer des programmes d’immersion et
vice-versa.
When we held hearings in Quebec to find out how anglophones
in Quebec were being treated, they provided us with testimony
that blew us away — Senator Chaput was there. It showed us just
how concerned anglophones were about knowing how federal
government money — money intended for education in English
for young anglophones living in a francophone majority in
Quebec — was being spent.
Lorsque nous avons tenu nos audiences au Québec pour savoir
de quelle façon étaient traités les anglophones du Québec, ceux-ci
nous ont livré des témoignages dont on ne revenait pas — la
sénatrice Chaput y était —, nous démontrant à quel point les
anglophones s’inquiétaient de savoir comment était dépensé
l’argent versé par le gouvernement fédéral pour l’éducation en
anglais des jeunes anglophones qui habitent au Québec au sein
d’une majorité francophone.
Could you explain to the committee the importance of
knowing precisely where the funds are invested? Do you have a
way to do that? How does it happen? In this case, we are talking
about the francophone side, of course.
Pouvez-vous expliquer au comité l’importance de savoir
précisément où les fonds sont investis? Avez-vous des moyens?
Comment cela se passe-t-il? Dans ce cas-ci, il s’agit du côté
francophone, bien sûr.
Mr. Paul: Yes, perhaps this is from the francophone side, but I
think it also applies to the anglophone side in Quebec. It is just as
much a concern on one side as on the other, because
accountability is a concern for all provinces.
M. Paul : Oui, c’est peut-être du côté francophone, mais je
pense que c’est aussi du côté des anglophones du Québec; c’est
autant d’un côté comme de l’autre, parce que la reddition de
comptes concerne toutes les provinces.
You do not need me to tell you that the federal government
assists the provinces and territories in minority language
education. Unfortunately, or perhaps fortunately — it is not a
debate; it is a reality — education is under provincial or territorial
jurisdiction. That means that sums of money can be sent to the
provinces and territories under the terms of certain memoranda of
understanding. However, the MOUs are written in quite broad
terms, meaning that not every ‘‘i’’ is dotted or every ‘‘t’’ crossed,
or that all the details are spelled out. At that level, it may be fine.
Je ne vous apprends rien en vous disant que le gouvernement
fédéral aide les provinces et les territoires en matière d’éducation
dans la langue de la minorité. Malheureusement ou
heureusement, peu importe — ce n’est pas un débat, mais bien
une réalité —, l’éducation est de compétence provinciale et
territoriale. Cela veut dire que l’on peut remettre des sommes
d’argent aux provinces et aux territoires selon certains protocoles
d’entente. Toutefois, les protocoles d’entente sont tout de même
écrits de façon assez large, c’est-à-dire qu’ils ne comptent pas tous
les points et toutes les virgules — et c’est peut-être très bien ainsi à
ce niveau — ou ils ne traitent pas de tous les détails.
When the decision is made to spend money and allocate it to
first-language French education programs, it does not mean
French as a second language. Our French-language school board
in the Yukon will be before the Supreme Court of Canada in
January. They won at the first trial and lost at appeal; now they
are before the Supreme Court. One of the Yukon’s arguments was
to paint a picture — a fairly clear one, in our view — of the money
set aside for first-language French education that actually went to
immersion. That is why this went to court: they asked questions
and brought in the deputy minister to try to explain where the
money had gone. At first sight, one might suspect that, if it is true
for the Yukon, it might also be true elsewhere; one might also
wonder why it happens. I feel that it may happen, because the
accounting is not rigorous enough. We understand that education
is under provincial and territorial jurisdiction. But, at the same
time, if the funds come from the federal government, I feel that
the federal government should be able to get more specifics on the
expenditures.
Quand on décide de dépenser des sommes et de les attribuer
aux programmes d’enseignement du français, langue première,
cela ne veut pas dire en français, langue seconde. Notre conseil
scolaire franco-yukonnais se retrouvera en Cour suprême du
Canada au mois de janvier; il a, dans un premier temps, remporté
la victoire en première instance pour perdre ensuite en appel, et se
retrouvera maintenant devant la Cour suprême. L’un des
arguments du Yukon qui a été démontré — assez clairement,
selon nous — portait sur des sommes consacrées à l’enseignement
du français, langue première, mais qui ont servi à l’immersion;
c’est parce qu’on est allé en cour, qu’on a posé des questions et
fait venir la sous-ministre pour essayer d’expliquer où étaient
allées ces sommes. Dans un premier temps, on peut soupçonner
que, si c’est vrai pour le Yukon, cela pourrait être vrai ailleurs,
également, et on peut se demander pourquoi cela se produit. Je
pense que cela peut se produire, parce que la reddition de comptes
n’est pas assez rigoureuse. On comprend que l’éducation est de
compétence provinciale et territoriale, mais, en même temps, si
des fonds sont octroyés par le gouvernement fédéral, je pense que
le gouvernement fédéral doit être en mesure d’obtenir plus de
précisions quant aux dépenses.
9:86
Official Languages
8-12-2014
Senator Fortin-Duplessis: Your recommendation to the federal
government would therefore be to do the appropriate checking, I
imagine. Would you go that far?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Votre recommandation au
gouvernement fédéral serait donc, j’imagine, de vérifier
convenablement; mais iriez-vous jusque-là?
Mr. Paul: The Fédération nationale des conseils scolaires
francophones has already done that through the appropriate
committee. We were invited there, several months ago, and we
made the same recommendation, because we stand by it. Our
school boards will soon be going to ask for the information, from
the federal government first. If the federal government cannot
find the information, school boards will be asking the provinces
and territories for it. It does not mean that we will get it, but we
are going to ask.
M. Paul : La Fédération nationale des conseils scolaires
francophones l’a déjà fait par l’intermédiaire du présent comité.
Nous avons déjà été invités — il y a plusieurs mois —, et nous
avions fait la même recommandation, car nous y tenons. Nos
conseils scolaires tenteront, bient ôt, d’aller demander
l’information, dans un premier temps, au gouvernement fédéral.
Si ce dernier ne peut pas trouver l’information, les conseils
scolaires demanderont cette information aux provinces et aux
territoires. Cela ne veut pas dire que nous l’obtiendrons, mais
nous allons la demander.
Senator Fortin-Duplessis: Very good. Madam Chair, I imagine
that there will be a second round, so please put my name down.
La sénatrice Fortin-Duplessis : C’est bien. Madame la
présidente, j’imagine qu’il y aura un deuxième tour, alors je m’y
inscris.
Senator Charette-Poulin: Ms. Pilon, Mr. Paul, your
presentations were extremely interesting. Ms. Pilon, I consider it
important that you brought up the matter of the census. In your
reply to my colleague, you correctly specified ‘‘where numbers
warrant.’’ Could you remind us what the limits of the definition of
francophone are at the moment, according to the Statistics
Canada census?
La sénatrice Charette-Poulin : Madame Pilon, monsieur Paul,
vos présentations ont été extrêmement intéressantes. Madame
Pilon, j’ai trouvé important que vous souleviez la question du
recensement. Dans votre réponse à ma collègue, vous avez bien
précisé « où le nombre le justifie ». Pourriez-vous nous rappeler
quelles sont les limites dans la définition de francophone, en ce
moment, selon le recensement de Statistique Canada?
Ms. Pilon: That is a question that would require a long answer.
Basically, we do not really know where our francophones are. The
short census does not indicate that, so we do not know. This is
greatly limiting. When we established our schools — I am not sure
if you know how it happened — we repatriated a group of parents
who spoke French, be it the father or mother, by telling them that
we would like to open a school. Where the numbers warranted,
depending on the region, with 15 or 20 people, we were able to
open a kindergarten school in the first year. The school grew over
time because it became popular.
Mme Pilon : C’est une question à laquelle il peut être long de
répondre. Simplement, nous ne savons pas vraiment où sont nos
francophones. Le recensement direct ne nous l’indique pas, donc,
on ne le sait pas. Cela nous restreint beaucoup. Quand nous avons
mis en place nos écoles — je ne sais pas si vous savez comment
cela s’est fait —, nous avons rapatrié un groupe de parents qui
parlaient français, que ce soit le père ou la mère, en leur disant que
nous voulions ouvrir une école. Là où le nombre le justifiait, selon
la région, avec 15 ou 20 personnes, on pouvait ouvrir une école
maternelle de première année. Cette école grossissait avec le
temps, parce qu’elle devenait populaire.
Where numbers warrant is a concept we have had a little
difficulty with because we are building our schools and filling
them. You could ask Mr. Paul; the new schools being built are
filled before they even open. Francophones are out there
somewhere, but the census does not tell us how many. There is
also the fact that individuals completing the census may not
indicate that they are francophone or that they speak both
languages. So they are counted as anglophone or francophone
half the time. Where numbers warrant, this is a very difficult
reality for the parents.
Là où le nombre le justifie, c’est un concept avec lequel nous
avons un peu de difficulté, car nous construisons nos écoles et
nous les remplissons. Vous pouvez le demander à M. Paul; les
nouvelles écoles qui se construisent se remplissent avant même
d’être ouvertes. Les francophones existent quelque part,
cependant, le recensement ne nous en donne pas le nombre, car
il y a aussi le fait que la personne qui y répond n’y indique peutêtre pas qu’elle est francophone, ou qu’elle parle les deux langues.
Elle est donc comptée comme anglophone ou francophone la
moitié du temps. Là où le nombre le justifie, c’est une réalité très
difficile pour les parents.
Senator Charette-Poulin: So there is a lack of clarity about the
very definition and the location.
La sénatrice Charette-Poulin : Donc, on manque de clarté
quant à la définition même, et quant à la localisation.
Ms. Pilon: Absolutely.
Senator Charette-Poulin: Thank you. It is extremely important
for Bill S-205.
Mme Pilon : Absolument.
La sénatrice Charette-Poulin : Merci, c’est extrêmement
important pour notre projet de loi S-205.
8-12-2014
Langues officielles
9:87
Mr. Paul, I would like to ask you a question about best
practices regarding language policies and second-language
learning. Those of us who are not educators are learning how
the brain works. I particularly liked the analysis you quoted from
Pierre Calvé from the University of Ottawa. As we know, there
are different approaches to second-language teaching. As an
association, you group all the French-language school boards.
What is the preferred age for second-language learning? What is
the best way to ensure that a child speaks both languages well
starting at a young age? Could you provide us with a summary of
the comments and research of your own teachers?
Monsieur Paul, j’aimerais vous poser une question sur les
meilleures pratiques en matière de politiques linguistiques et
d’apprentissage d’une langue seconde. Nous sommes en train
d’apprendre, nous qui ne sommes pas des éducateurs, comment le
cerveau fonctionne. J’ai particulièrement aimé l’analyse que vous
citez de Pierre Calvé, de l’Université d’Ottawa. Comme nous le
savons, différentes approches existent en matière d’enseignement
de la langue seconde. À titre d’association, vous regroupez toutes
les commissions scolaires de langue française. Quel âge est
préférable pour commencer l’apprentissage d’une langue seconde?
Quelle est la meilleure façon de s’assurer qu’un enfant parle les
deux langues dès un jeune âge, avec une bonne qualité de langue?
Pourriez-vous nous donner un peu les résultats des commentaires
et des recherches de vos propres professeurs?
Mr. Paul: It varies from province to province, obviously, since,
as I mentioned, education comes under provincial and territorial
jurisdiction. However, I can say that in Ontario, in terms of age,
second-language learning is done as early as possible because we
know that children are like sponges. They have an incredible
capacity for learning.
M. Paul : Cela varie d’une province à l’autre, évidemment,
puisque, comme je l’ai mentionné, l’éducation et un domaine de
compétence provinciale et territoriale. Cependant, je peux vous
dire qu’en Ontario, du point de vue de l’âge, l’apprentissage de la
langue seconde se fait le plus rapidement possible, car on sait que
les enfants sont comme des éponges. Ils ont une capacité
d’apprendre qui est incroyable.
I travelled to Europe and visited a few countries to speak with
other schools when I was a school principal. Take Luxemburg, for
example. There, they are not worrying about one, two or three
languages; they are dealing with four or five languages. These
eight- or nine-year-olds understand four or five languages. Why
are we having trouble with just two? I have a lot of difficulty with
that. A number of schools, private schools, among others, brag
today that their schools provide education in three languages:
Spanish, English and French.
Je suis allé en mission en Europe; j’ai visité quelques pays pour
discuter, quand j’étais directeur d’école, avec d’autres directions
d’écoles. Prenez l’exemple du Luxembourg. Là-bas, ils ne se
cassent pas la tête avec une, deux ou trois langues; ils sont rendus
à quatre ou cinq langues. Ces jeunes, à huit ans, neuf ans,
maîtrisent quatre ou cinq langues. Pourquoi avons-nous de la
difficulté, ici, avec deux langues seulement? J’ai vraiment de la
difficulté avec cela. Plusieurs écoles, des écoles privées, entre
autres, se vantent aujourd’hui d’offrir l’enseignement de trois
langues dans leur établissement — l’espagnol, l’anglais et le
français.
In response to your question, more specifically about secondlanguage learning, when children are about eight or nine years of
age, they are ready to learn this second language. Going back to
the reason the Fédération nationale des conseils scolaires
francophones exists, we really want to focus on francization —
French has practically become our second language.
En réponse à votre question, de façon plus spécifique en ce qui
concerne l’apprentissage de la langue seconde, vers huit ou neuf
ans, l’enfant est prêt à apprendre cette langue seconde. Je reviens
à la raison d’être de la Fédération nationale des conseils scolaires
francophones pour dire que nous voulons réellement mettre
l’accent sur la francisation — le français est presque devenu notre
langue seconde.
When children arrive at the school, because they are in a very
English, very anglophone, very minority area, we must try to
frenchify them, as soon as they enter the school. In the end, the
children learn English, but they do not speak French. However,
they are francophones, and this is the world upside down. If the
child learns English and does not speak French, when will the
child learn the second language? First, the question in this case
becomes: when will the child learn the first language? That is what
we are trying to say about the interpretation of section 23.
Quand le jeune arrive à l’école, puisqu’il est dans un milieu très
anglicisé, très anglophone, très minoritaire, nous devons, dès son
entrée à l’école, tenter de le franciser. Finalement, pour lui, il
maîtrise l’anglais, mais ne parle pas le français; pourtant, c’est un
francophone — c’est le monde à l’envers. S’il maîtrise l’anglais et
ne parle pas le français, à quel moment doit-il apprendre la langue
seconde? Dans un premier temps, il faut se demander à quel
moment il doit apprendre la langue première dans ce cas-là. C’est
ce que nous tentons de dire par rapport à l’interprétation de
l’article 23.
Although we are told that this begins in primary school — and
again, the definition varies from one province to another —
we are finding that the interpretation of section 23 handles
francophones and anglophones in an unequal manner. When
young anglophones arrive at school, they do not need to be
Bien qu’on nous dise que cela commence au primaire — et
encore, là, la définition varie d’une province à l’autre —, nous
trouvons que l’interprétation par rapport à l’article 23 traite de
façon inégale les francophones par rapport aux anglophones.
Quand les jeunes anglophones arrivent à l’école, on n’a pas besoin
9:88
Official Languages
8-12-2014
anglicized. They already speak their language well. So when they
learn French, they are going to learn it at seven, eight, nine or ten
years of age — in immersion, as I said earlier. However,
francophones face a double challenge. The first challenge is that
they have to master French — and ‘‘master’’ here is a big word —
let us say instead that they have the ability to speak French when
they arrive at school. The second challenge is the allocation of
resources for learning the first language. Then, I have to smile
when we talk about second-language learning for francophones.
Yes, they need to try to master it, but when they get to school, the
children have a certain mastery of the second language already.
de les angliciser. Ils maîtrisent déjà leur langue. Donc, quand ils
vont apprendre le français, ils vont l’apprendre à sept, huit, neuf
ou dix ans — en immersion, comme j’ai en parlé un peu tantôt.
Tandis que, pour les francophones, on a un double défi : la
maîtrise de la langue française — « maîtrise » ici est un grand
mot —, disons plutôt la capacité de parler français en arrivant à
l’école, et l’attribution de ressources à l’apprentissage de la langue
première. Ensuite, cela me fait sourire quand on parle de
l’apprentissage de la langue seconde pour des francophones.
Oui, on doit tenter de la maîtriser, mais en arrivant à l’école, les
enfants ont déjà une certaine maîtrise de la langue seconde.
Senator Poirier: Thank you both for your presentations. I have
one question for each of you. Ms. Pilon, you spoke in your
presentation about parents. Often, one is francophone and the
other is anglophone, and they quite often choose to favour one
language instead of starting to have the child learn both languages
from birth. I had a bit of that experience. I am from a Frenchspeaking family; my mother understood very little English, but we
were in an anglophone area where there was no French school.
So, for us, it was a challenge when it came to parent-teacher
interactions, and from the perspective of the parents’ involvement
at home when the children needed help with their schoolwork.
That was a challenge that we had to face.
La sénatrice Poirier : Merci à tous les deux pour vos
présentations. J’ai une question pour chacun d’entre vous.
Madame Pilon, vous avez parlé, dans votre présentation, des
parents, dont souvent l’un est francophone et l’autre anglophone,
qui choisissent bien souvent de privilégier une langue au lieu de
commencer l’apprentissage des deux langues dès la naissance. J’ai
vécu un peu cette expérience. Je viens d’une famille francophone;
ma mère ne comprenait presque pas l’anglais, mais nous étions
d’un endroit anglophone où il n’y avait pas d’école française.
Donc, pour nous, c’était un défi au niveau de la relation parentsenseignants, et du point de vue de la participation des parents à la
maison quand les enfants avaient besoin d’aide pour leur
apprentissage. C’était un défi auquel il fallait faire face.
Now, my daughter is married to an anglophone; she has three
children who learned both languages from birth and who go to a
French school. The problem is still there, but it is slightly
different. In her case, the father speaks English and says that he
cannot get more involved with school, with the parent-teacher
relationship, in school activities, or if the mother is not there to
help with homework, and things like that.
Aujourd’hui, ma fille est mariée à un anglophone; elle a trois
enfants qui ont appris les deux langues dès la naissance et qui vont
à l’école française. Le problème existe encore, mais de façon un
peu différente. Là, c’est le père qui parle anglais, et qui dit qu’il ne
peut pas s’impliquer davantage au niveau scolaire, dans la
relation parent-professeur, dans les activités de l’école ou si la
mère n’est pas là pour l’aide aux devoirs, et des choses de ce genre.
Is that something you see frequently? Are there any solutions
to help families who are in this situation, so that both parents,
whether they choose to put their child in a French or English
school, can benefit from the school’s support? Is that something
you see?
Est-ce que c’est quelque chose que vous voyez souvent? Est-ce
qu’il y a des solutions pour aider les familles qui se retrouvent
dans cette situation, pour que les deux parents, qu’ils choisissent
de mettre leur enfant dans une école française ou anglaise,
puissent bénéficier du soutien de l’école? Est-ce quelque chose que
vous observez?
Ms. Pilon: Yes, that is something that exists. We cannot forget
that one of the two parents speaks English when the child attends
French school and vice versa. What we are doing as the
Commission nationale des parents francophones is that we are
trying to create tools to equip the anglophone parent to help his
or her child to read. We are starting in early childhood. It is
essential for us that we take care of one- or two-year-old children,
and that we try to create tools designed with educators so that the
parent can read in French to the child and so that the parent
promotes French. Most of our schools now help anglophone
parents.
Mme Pilon : Oui, c’est quelque chose qui existe. On ne peut
oublier qu’il y a l’un des deux parents qui parle l’anglais alors que
l’enfant fréquente l’école française et vice-versa. Ce que nous
faisons en tant que Commission nationale des parents
francophones, c’est que nous essayons de créer des outils pour
habiliter le parent anglophone à aider son enfant à lire. On
commence dès la petite enfance. Pour nous, il est primordial
qu’on s’occupe de l’enfant qui a un ou deux ans, et qu’on essaie de
créer des outils, conçus avec des pédagogues, pour que le parent
puisse lire en français à l’enfant et pour que le parent favorise le
français. La majorité de nos écoles, maintenant, aident les parents
anglophones.
As far as I know, in the province, they are accepted, they come
into the school; they are generally asked not to speak too much
English, but they can usually speak to the teacher in English,
unless the teacher only speaks French.
À ma connaissance, dans la province, ils sont acceptés, ils
entrent à l’école; on leur demande, en général, de ne pas trop
parler anglais, mais ils peuvent parler à l’enseignant, en général,
en anglais — à moins que l’enseignante ne parle que le français.
8-12-2014
Langues officielles
9:89
That said, this is a problem, especially when the mother is
anglophone, because she wants to be even more involved in her
child’s education. However, she cannot be. The schools are open
on the anglophone side of things. I am sure that Mr. Paul will
agree with me that things are much more open than they were 20
years ago, when people were limited when it came to the second
language.
Cela dit, oui, c’est un problème, surtout quand la mère est
anglophone, car elle veut participer encore plus à l’éducation de
son enfant. Or, elle ne peut le faire. Les écoles ont ouvert le côté
anglophone. Je suis certaine que M. Paul pourra affirmer avec
moi que les choses sont beaucoup plus ouvertes qu’il y a 20 ans,
où on était restreint quant à la deuxième langue.
Senator Poirier: Mr. Paul, you mentioned that 50 per cent of
people could attend French-language schools and they do not.
Are they mostly francophones from families where one parent is
anglophone?
La sénatrice Poirier : Monsieur Paul, vous avez mentionné que
50 p. 100 des personnes pourraient fréquenter des écoles
francophones et qu’elles ne le font pas. S’agit-il, en majorité, de
francophones issus de familles où l’un des parents est
anglophone?
Mr. Paul: Of that 50 per cent, many are from exogamous
families or from families where the parents have lost their
language. We are trying to see what it involves when we talk
about rights holders.
M. Paul : De cette proportion de 50 p. 100, plusieurs viennent
de familles exogames ou de parents qui ont perdu leur langue.
Nous tentons de voir ce dont il s’agit lorsque nous parlons
d’ayants droit.
You spoke about the case in the Yukon that will be heard
before the Supreme Court on January 21. I would have two
points with respect to that. First, there is the issue of
infrastructure and schools. The other is the right to admit
students. If we cannot find more than one out of two children
who are entitled to education in French, at least give us the choice
to admit students whose parents are immigrants or who are from
exogamous families, or even who are francophiles.
D’ailleurs, nous vous parlions de la cause du Yukon qui sera
entendue par la Cour suprême le 21 janvier. J’aurais deux points à
soulever à ce sujet. Premièrement, il y a la question des
infrastructures et des écoles. L’autre question est celle du droit
d’admettre des élèves. Si on ne peut aller chercher plus d’un enfant
sur deux qui aurait droit à l’éducation en langue française, laisseznous au moins le choix d’admettre des élèves dont les parents sont
issus soit de l’immigration ou de familles exogames, ou bien qui
sont francophiles.
My wife, for example, was the principal of a school in the east
end of Ottawa. The school went from kindergarten to grade six
and had about 800 students. Of that 800, about 200 students were
not entitled. We really want to interpret section 23 in a very
limited way. For years, Ontario has recognized that it is up to the
school board to make the choice to admit to its schools the
students it feels will contribute to the francophone community.
Ma femme, par exemple, était directrice d’une école dans l’est
d’Ottawa. C’était une école des niveaux de la maternelle à la
sixième année fréquentée par environ 800 élèves. De ce nombre,
on comptait presque 200 élèves qui n’étaient pas des ayants droit.
On veut vraiment interpréter l’article 23 de façon très limitative.
L’Ontario a reconnu, depuis des années, que c’est au conseil
scolaire que revient le choix d’admettre dans ses écoles les élèves
qu’il estime qui contribueront à la communauté francophone.
It is undeniable that only one student out of two has the right,
for all kinds of reasons. There was a reason why I alluded earlier
to the difference between a French-language school and an
immersion school, which is basically an English-language school.
However, the parent is not aware of that. Some parents come and
want their child to be fully bilingual. Another child, who has not
quite mastered French, will be directed by his or her parents to an
immersion school in the hope that the child will learn French.
There are all kinds of myths about the mandate of Frenchlanguage schools and of immersion schools.
Il est indéniable que seul un élève sur deux a le droit, et ce, pour
toutes sortes de raisons. Ce n’est pas pour rien que je faisais
allusion, plus tôt, à la distinction entre une école de langue
française et une école d’immersion qui, dans le fond, est une école
de langue anglaise; or, le parent n’est pas conscient de ce fait.
Certains parents arrivent et souhaitent que leur enfant soit
parfaitement bilingue. Un autre enfant qui ne maîtrise pas tout à
fait le français sera dirigé par ses parents vers une école
d’immersion, où ceux-ci espèrent qu’il apprendra le français. Il
existe toutes sortes de mythes par rapport au mandat de l’école
française et à celui de l’école d’immersion.
My daughter’s husband is a teacher and came out of the
immersion system. Things went very well for him, and he is
perfectly bilingual. There are all kinds of immersion programs.
Some parents decide to send their child to an immersion school
with the expectation that the child will become perfectly bilingual.
Le mari de ma propre fille est enseignant et est un produit de
l’immersion. Pour lui, les choses ont très bien fonctionné et il est
parfaitement bilingue. Il existe toutes sortes de programmes
d’immersion. Certains parents décident d’envoyer leur enfant
dans une école d’immersion en s’attendant à ce qu’il devienne
parfaitement bilingue.
I was the director of a school board and had a 35-year career in
teaching. When we are talking about sustainable bilingualism, the
individuals who are perfectly bilingual are the ones who went
J’ai été directeur général d’un conseil scolaire et j’ai eu une
carrière de 35 ans en enseignement. Les personnes qui sont
parfaitement bilingues sont celles qui sortent des écoles de langue
9:90
Official Languages
8-12-2014
through French-language schools, without exception. It is from
that perspective that I am talking about second-language
learning. That is why we recommended to your committee to
try to explain the mandate of the French-language school.
Learning French as a first language is in its mandate.
française sans exception, lorsqu’on parle de bilinguisme durable.
C’est en ce sens que je parle de la question d’apprentissage de la
deuxième langue. C’est pourquoi nous faisions la
recommandation à votre comité de tenter de faire connaître le
mandat de l’école de langue française. Dans son mandat figure
l’apprentissage du français langue première.
English is learned from a young age. For those of you from
communities outside Quebec, if I asked you if you knew anyone
who lives outside Quebec and has not spoken English for a few
years, I do not think you would say that there were many.
L’apprentissage de l’anglais se fait dès un bas âge. À vous qui
êtes issus de tous les milieux hors Québec, si je vous demandais si
vous connaissez quelqu’un qui vit hors Québec et qui ne parle pas
l’anglais depuis quelques années, je ne crois pas que vous
répondriez qu’il en existe beaucoup.
So it is a question of learning the second language, the myth
between immersion schools and French-language schools, and the
number of children who are entitled but who are not in our
schools. I think we can make a direct connection between the
decision to send a student to another type of school and the fact
that the student will learn English.
Il est donc question de l’apprentissage de la deuxième langue,
du mythe entre l’école d’immersion et l’école de langue française,
et du nombre d’ayants droit qui ne se retrouvent pas dans nos
écoles. Je crois qu’on peut faire une corrélation directe entre la
décision d’envoyer un élève dans un autre type d’école et le fait
qu’il apprendra l’anglais.
Senator Rivard: My question is for Mr. Paul. I am going back
to your presentation. Senator Fortin-Duplessis raised part of the
issue. I would like to make sure that I understand it properly. You
were talking about the funding of immersion schools and French
schools. In your speech, you say that, using the example of certain
provinces or territories, it appears that considerable amounts
intended for education in French as a first language has been put
toward developing immersion programs.
Le sénateur Rivard : Ma question s’adresse à M. Paul. Je
reviens à votre présentation. La sénatrice Fortin-Duplessis a
soulevé une partie de la question. J’aimerais toutefois m’assurer
que j’en comprends bien le sens. On parle du financement des
écoles d’immersion et des écoles françaises. Dans votre allocution,
vous dites que, en prenant l’exemple de certaines provinces ou de
certains territoires, il apparaît que des sommes considérables
destinées à l’éducation en français langue première aient été
investies pour développer des programmes d’immersion.
You used to be a teacher. When you use the word ‘‘appears,’’
are you stating it or saying that it would seem to be the case?
Vous êtes ancien professeur. Lorsque vous utilisez le terme
« apparaît », vous l’affirmez ou vous dites qu’il semblerait être le
cas?
I am not a permanent member of this committee, but I was
four or five years ago, and I remember this statement being made
by francophones from the Yukon.
Je ne suis pas membre permanent de ce comité. Toutefois, je
l’ai été il y a trois ou quatre ans, et je me souviens que cette
dénonciation appuyée avait été faite par des francophones du
Yukon.
In your opinion, is this happening again in the Yukon, or are
other provinces making the same mistake? Am I to understand
that, by using the word ‘‘appears,’’ you are saying that you think
or that it is evident, and that you have proof that other provinces
are playing the same game, that is receiving money from the
federal government and using it for things other than what it was
intended for?
Selon vous, est-ce qu’on récidive au Yukon, ou est-ce que
d’autres provinces font la même erreur? Dois-je comprendre que,
en utilisant le terme « apparaît », vous dites que vous pensez ou
qu’il est évident, et que vous avez la preuve que d’autres provinces
ont fait le même jeu, soit de recevoir de l’argent du gouvernement
fédéral et de l’investir à d’autres fins que celles auxquelles il était
destiné?
Mr. Paul: Your question is a legitimate one. It ‘‘appears’’
because we have proof for the Yukon. The idea is that if one
territory does this and we cannot know how the money was spent,
it is easy to do the math, which is what we did.
M. Paul : La question est tout à fait légitime. Il « apparaît »
parce qu’on a des preuves pour le Yukon. On part du principe
que, si cette pratique se fait dans un territoire et qu’on ne peut pas
savoir comment l’argent y est dépensé, il est facile de faire
l’équation — et c’est ce qu’on fait.
Do we have proof that this is being done somewhere other than
the Yukon? We did not even have proof that the Yukon was
doing this until we forced them to open their books. I use the
word ‘‘appears’’ in that sense.
A-t-on des preuves que cette pratique existe ailleurs qu’au
Yukon? Nous n’en avions même pas dans le cas du Yukon avant
de les obliger à ouvrir leurs livres. J’emploie le terme « apparaît »
plutôt en ce sens.
Senator Rivard: That is what I thought, but I am pleased that
you could confirm it.
Le sénateur Rivard : C’est bien ce que je pensais, mais je suis
heureux que vous me le confirmiez.
8-12-2014
Langues officielles
9:91
I would like to talk about Bill S-205. Do you know whether
some federal offices that were previously required to provide
services in both official languages in certain communities have
lost that designation? If so, could you please name a few of them
and tell us what impact it had on those communities?
Parlons du projet de loi S-205. Savez-vous si des bureaux
fédéraux tenus, auparavant, d’offrir des services dans les deux
langues officielles dans certaines collectivités ont perdu cette
désignation? S’il y en a, pouvez-vous en nommer quelques-uns et
nous dire quel en a été l’effet sur ces collectivités?
Mr. Paul: I remember that this happened in New Brunswick. A
number of offices opened their doors to try to provide so-called
bilingual services, but they no longer exist.
M. Paul : J’ai souvenir que cela se soit produit au NouveauBrunswick. Plusieurs bureaux ouvraient leurs portes pour essayer
d’offrir des services soi-disant bilingues, mais ils n’existent plus.
Another example is president of the Fédération nationale des
conseils scolaires francophones, who was responsible for relations
on Prince Edward Island to try to promote agriculture and related
services in French. His position was abolished, and he was not
replaced.
Un autre exemple est celui du président de la Fédération
nationale des conseils scolaires francophones qui s’occupait, à
l’Île-du-Prince-Édouard, des relations pour essayer de faire
mousser l’agriculture et tous les services connexes en français.
Son poste a été aboli et il n’a pas été remplacé.
There are a few examples like that, but I do not have a full list
with me.
Il existe quelques exemples en ce sens, mais je n’ai pas la liste
exhaustive avec moi.
Ms. Pilon: I live in Mississauga, a city with a fairly large
francophone population, yet there is nowhere in Mississauga
where I can get a passport in French. It does not exist. I would
have to go to Sudbury or Etobicoke. I find the situation highly
disappointing.
Mme Pilon : J’habite Mississauga, une ville tout de même assez
populeuse en termes de francophonie. Or, il n’y a aucun endroit à
Mississauga où je peux me procurer un passeport en français. Il
n’en existe pas. Il faudrait que je me rende à Sudbury ou à
Etobicoke. Cette situation me déçoit beaucoup.
Mississauga has three French-language elementary schools and
a secondary school with 1,000 students. However, we cannot get
services in French for passports. I find this situation very sad. It
was just a comment because this reality affects me personally.
Nous avons, à Mississauga, trois écoles élémentaires
francophones et une école secondaire de 1 000 élèves. Or, nous
ne pouvons pas y obtenir de services en français pour les
passeports. Je trouve cette situation très triste. Ce n’était qu’un
commentaire, car cette réalité m’affecte personnellement.
Senator Rivard: But the former mayor, who was the best
known, went to Quebec. I had the opportunity to work with her
for a few years in the Federation of Canadian Municipalities. She
was very francophile.
Le sénateur Rivard : Pourtant, l’ancienne mairesse, qui était la
plus connue, est allée au Québec. J’ai eu l’occasion de travailler
avec elle pendant quelques années à la Fédération canadienne des
municipalités. Elle était très francophile.
Ms. Pilon: Yes, but it comes under federal jurisdiction, not city
hall.
Mme Pilon : Oui, mais c’est de compétence fédérale. Ce n’était
pas la mairie.
Senator Rivard: My other question does not have an underlying
purpose; I am asking it simply for information purposes. How are
your two organizations funded? Does the funding come from
the province, the federal government, or is it a volunteer
organization?
Le sénateur Rivard : Mon autre question n’est pas
tendancieuse, mais je la pose strictement à titre d’information.
Comment sont financés vos deux organismes? Est-ce que le
financement provient de la province, du gouvernement fédéral, ou
s’agit-il de bénévolat?
You have two very well-structured organizations that do a
good job of representing the community. I am not asking you
what your budget is or what people are paid, but where your
funding comes from.
Vous avez deux organismes très bien structurés et qui
représentent bien le milieu. Je ne vous demande pas le montant
de votre budget ni le salaire des gens, mais d’où provient votre
financement?
Ms. Pilon: It is very easy in my case. Canadian Heritage
provides us with $212,000 in funding annually. The envelope
comes from the federal government, since we are a federal
association.
Mme Pilon : Dans mon cas, c’est très facile, c’est Patrimoine
canadien qui nous finance à hauteur de 212 000 $ par année.
L’enveloppe provient du gouvernement fédéral, puisque nous
sommes une association fédérale.
We received a million and some dollars from the Department
of Human Resources and Skills Development a few years ago. We
created a round table on early childhood and did a lot to promote
French in early childhood. We have a national vision of what
francophone parents, the rights-holders with children who attend
Nous avions reçu une somme d’un million de dollars et
quelques du ministère des Ressources humaines et du
Développement des compétences il y a quelques années. Nous
avons formé une table ronde sur la petite enfance et nous avons
beaucoup fait avancer la petite enfance francophone. Nous avons
9:92
Official Languages
8-12-2014
French school, should do to ensure the vitality of our
francophone and Acadian communities.
une vision nationale de ce que les parents francophones, les ayants
droit d’enfants qui fréquentent l’école française devraient faire
pour assurer la vitalité de nos communautés francophones et
acadienne.
We were to offer a wide range of services in French at early
childhood and family centres, but since this falls under provincial
jurisdiction and, in Ontario, the cities look after early childhood,
it became very difficult and there was obviously much more
volunteer work. Last year, I volunteered for six months to ensure
that the association would survive. If there are no more
francophone parents, I do not think there will be any more
children who will decide to go to French school, and that will be
difficult. I am sorry, but that is how we see it.
Nous en étions à offrir une panoplie de services en français aux
centres à la petite enfance et à la famille, mais, comme cet aspect
relève de la compétence provinciale, et qu’en Ontario, ce sont les
villes qui s’occupent de la petite enfance, c’est donc devenu très
difficile, et il y a évidemment beaucoup plus de bénévolat. L’an
passé, j’ai fait six mois de bénévolat pour m’assurer que
l’association reste en vie. S’il n’y a plus de parents
francophones, je pense qu’il n’y aura plus d’enfants qui
décideront d’aller à l’école française, et ce sera difficile. Je
m’excuse, mais c’est ainsi qu’on le perçoit.
Mr. Paul: I would add that, no, your question is not
tendentious; it is public. We spoke to you earlier about the
Fédération culturelle canadienne-française, the Fédération de la
jeunesse canadienne-française, and the Association canadienne
d’éducation de langue française. The vast majority of these
organizations, if not almost all organizations like ours, receive
basic funding from Canadian Heritage. However, for us, at the
Fédération nationale des conseils scolaires, we have 28 school
boards, which means that the 28 school boards contribute to our
work.
M. Paul : J’ajouterais que, non, votre question n’est pas
tendancieuse; au contraire, c’est public. On vous parlait plus tôt
de la Fédération culturelle canadienne-française, de la Fédération
de la jeunesse canadienne-française, de l’Association canadienne
d’éducation de langue française. La grande majorité de ces
organismes, sinon à peu près tous les organismes comme les
nôtres sont financés grâce à un financement de base, par
Patrimoine canadien. Par contre, nous, à la Fédération
nationale des conseils scolaires, nous comptons 28 conseils
scolaires, ce qui signifie que les 28 conseils scolaires contribuent
à l’avancement de nos travaux.
However, I would also say that we play a fairly important role
beyond the operational funding we receive. We are funded for
projects. For example, the Fédération nationale des conseils
scolaires coordinates a tripartite committee. The committee is
made up of one francophone representative from each provincial
and territorial ministry of education, and it meets twice a year to
discuss education. We meet with Canadian Heritage, Citizenship
and Immigration Canada and community organizations at the
same table; so there is funding for that.
Cependant, je vous dirais aussi que nous jouons un rôle assez
important au-delà du financement de fonctionnement que nous
recevons; on nous finance dans le cadre de projets. Par exemple, la
Fédération nationale des conseils scolaires coordonne un comité
tripartite, un comité qui réunit, deux fois par année, un
représentant francophone de tous les ministères de l’Éducation
de tous les territoires et de toutes les provinces, pour parler
d’éducation. Nous réunissons autour d’une même table
Patrimoine canadien, Citoyenneté et Immigration Canada, ainsi
que des organismes communautaires; il y a donc un financement
prévu à cette fin.
We also receive funding to organize a national round table on
French-language education that brings together 12 pan-Canadian
organizations that discuss education. We also organize a summit
on education every five years, and the money that funds these
various projects comes from Canadian Heritage. I would say that
the funding situation is about half and half: 50 per cent of our
funding comes from the school boards, and 50 per cent comes
from Canadian Heritage.
Nous recevons aussi un financement pour organiser une table
ronde nationale sur l’éducation en langue française, où nous
réunissons 12 organismes pancanadiens qui parlent d’éducation.
Nous organisons aussi un sommet sur l’éducation tous les cinq
ans, et les fonds qui financent ces différents projets proviennent de
Patrimoine canadien. Je dirais que nous nous situons à environ
50-50 en ce qui a trait au financement : 50 p. 100 du financement
provient des conseils scolaires et l’autre 50 p. 100 provient de
Patrimoine canadien.
Senator Rivard: Thank you very much. That was very
informative.
Le sénateur Rivard : Merci beaucoup, c’est très éclairant.
Senator Chaput: My questions follow on those of my
colleagues, so they will not be very long.
La sénatrice Chaput : Mes questions s’ajoutent à celles de mes
collègues; elles ne seront donc pas très longues.
Ms. Pilon and Mr. Paul, I would like to tell you just how much
I appreciated your presentations. Thank you.
J’aimerais vous dire, madame Pilon et monsieur Paul, à quel
point j’ai apprécié vos présentations, et je vous en remercie.
8-12-2014
Langues officielles
9:93
My first question, Ms. Pilon, follows on what Senator Poirier
asked about welcoming anglophone parents into our education
system.
Ma première question, madame Pilon, fait suite à la question
de la sénatrice Poirier concernant l’accueil des parents
anglophones dans notre système d’éducation.
Your members now receive in the schools families where one
parent only speaks English. I think I saw a page on your website
that provided a guide in French and English for French-language
schools across Canada to give them some ideas about how to
welcome parents who do not speak French and to put them at
ease, because we know that they are very uncomfortable. Of the
ideas and suggestions in the guide, I think it was also explained
that parents could, for example, initially attend meetings only in
English, for the ones who do not speak French. That would make
them comfortable so that they could attend other meetings,
knowing very well that these schools do not have money for
translation.
Vos membres accueillent maintenant dans les écoles les familles
dont l’un des parents ne parle que l’anglais. Je crois avoir déjà vu
sur votre site web un feuillet, un guide s’adressant aux écoles
francophones à travers le Canada, en anglais et en français, pour
leur donner des idées sur la façon d’accueillir ces parents qui ne
parlent pas le français et de les mettre à l’aise, parce qu’on sait
qu’ils sont très mal à l’aise. Il me semble que ce feuillet, parmi les
idées ou les suggestions qu’il lançait, expliquait aussi que les
parents pourraient avoir, par exemple, au début, de petites
réunions uniquement en anglais, pour ceux qui ne parlent pas le
français. Cela permettrait de les mettre à l’aise afin qu’ils puissent
assister aux autres réunions, en sachant très bien que ces écoles
n’ont pas d’argent pour faire la traduction.
Were you the one who created that guide?
Est-ce que c’est vous qui aviez élaboré ce feuillet?
Ms. Pilon: We worked with the provinces to find ways to bring
parents into the schools, even if they are anglophone. If one
parent wants to be on the parent committee — this is a group we
hope parents will get involved with — and the parent only speaks
English, many school boards will pair the parent with another
parent who can translate. Eventually, this parent wants to learn
French.
Mme Pilon : Nous avions travaillé avec les provinces pour
trouver des moyens de ramener le parent, même s’il est
anglophone, dans nos écoles. Si un parent veut faire partie du
comité des parents — c’est un groupe dans lequel on souhaite que
les parents s’impliquent — et qu’il ne parle que l’anglais, de
nombreux conseils d’école vont le jumeler avec un autre parent
qui peut faire la traduction. Éventuellement, ce parent veut
apprendre le français.
Some schools have created French courses for parents who
want to learn French to better support their children. It is easier
for those parents because the child is just learning French at a
young age, and it is easier to speak to a two- or three-year-old
child in French than an adolescent in high school.
Il y a des écoles qui ont mis sur pied des cours de français pour
les parents qui voulaient apprendre le français afin de mieux
accompagner leur enfant. Pour ce parent, cela devient facile, parce
que l’enfant commence à apprendre le français en bas âge. Il est
donc plus facile de parler à un enfant de deux ou trois ans en
français qu’à un adolescent qui est au secondaire.
They are good partners for us because they have chosen the
French school, even though they are anglophone. We take care of
them, try to equip them so they can come and work or help in the
schools, or volunteer to accompany the children on trips.
Pour nous, ce sont de bons alliés, parce qu’ils ont choisi l’école
française même s’ils sont anglophones. On les garde, on essaie de
les outiller pour qu’ils puissent venir travailler ou aider dans les
écoles, ou encore se porter bénévole pour accompagner les enfants
lors de voyages.
Senator Chaput: Could you please give us another example of
what you mean by ‘‘equipping parents’’? I read the guide that I
found on your website. I even made copies and handed them out
when I attended meetings in Manitoba. Congratulations.
La sénatrice Chaput : J’aimerais que vous nous donniez un
autre exemple de ce que vous voulez dire par « outiller les
parents ». J’ai lu ce feuillet que j’avais trouvé sur votre site web.
J’en avais même fait des copies, et lorsque je participais à des
réunions, au Manitoba, je les distribuais. Je vous félicite.
Mr. Paul, my question concerns best practices for language
policies and second-language learning.
Monsieur Paul, ma question concerne les meilleures pratiques
en matière de politique linguistique et d’apprentissage d’une
langue seconde.
We would all like Canadians who want and choose to speak
both of Canada’s official languages to be able to do so very well.
In your experience, your travels and everything you have done,
what is really the best practice in terms of language policies and
second-language learning? Would what works very well, like
English in French schools, apply for French in an English school?
Nous voudrions tous que les Canadiens et Canadiennes qui le
veulent et qui le choisissent puissent s’exprimer très bien dans les
deux langues officielles du Canada. D’après votre expérience, vos
déplacements et tout ce que vous avez fait, quelle est vraiment
la meilleure pratique en matière de politique linguistique et
d’apprentissage pour la langue seconde? Est-ce que ce qui réussit
9:94
Official Languages
8-12-2014
I would like to hear what you have to say about this. What do you
think would be an important practice?
très bien, comme l’anglais dans les écoles françaises, s’appliquerait
pour le français dans une école anglaise? J’aimerais vous entendre
à ce sujet. Quelle serait, d’après vous, une des pratiques
importantes?
Mr. Paul: If I may, for information, I would like to tell you
about a guide that the Fédération nationale des conseils scolaires
put together for anglophone parents. It is titled I’m with you! And
can be found on our website. We give this guide to new parents
entering our system so that they can, first of all, understand the
added value of the school, but also so they can see that, even if
they do not speak the language, there are plenty of services that
we can provide to support them, especially for the second parent
of an exogamous family.
M. Paul : Si vous me le permettez, en guise d’information, je
voudrais vous parler d’un guide que la Fédération nationale des
conseils scolaires produit pour les parents anglophones intitulé
I’m with you! Vous pouvez le trouver sur notre site web. C’est un
guide que l’on donne aux nouveaux parents qui arrivent dans
notre système afin qu’ils puissent, tout d’abord, comprendre la
valeur ajoutée de l’école, mais aussi voir que, même s’ils ne parlent
pas la langue, il y a plein de services qu’on pourra leur offrir afin
de les appuyer, surtout en ce qui concerne le deuxième parent
d’une famille exogame.
That parent sometimes feels a little isolated, feels that he or she
is unable to contribute, but we explain in this guide what that
parent’s contribution can be and how he or she can get involved.
Parfois, ce parent se sent un peu isolé, sent qu’il ne sera pas
capable de contribuer, alors qu’on lui explique dans ce guide
quelle serait sa contribution et comment il pourrait contribuer.
With respect to language planning policies, I referred to
immersion, but let us talk about people who did well in an
immersion program. Why did they do well? Because they spent
half their day in French. Why do ours, in the French-language
boards, do well? Because they spend three-quarters of their life in
English.
En ce qui a trait aux politiques d’aménagement linguistique, je
faisais référence à l’immersion, mais prenons quelqu’un qui réussit
bien dans un programme d’immersion. Pourquoi cette personne
réussit-elle bien? C’est parce qu’elle passe la moitié de sa journée
en français. Pourquoi les nôtres, dans les conseils de langue
française, réussissent-ils bien? C’est parce qu’ils passent les trois
quarts de leur vie en anglais.
I am exaggerating, but as soon as they leave the building, the
children hear English. They are immersed in English on the
outside. We do not need to include English in our system because
it is there already. However, in our schools, we need to make sure
that they speak English well. They know the rudiments of the
English language, but do they speak it well? Not necessarily. On
the other hand, in a French immersion school, we need to spend
much more time in order to gain a mastery of French because
children do not learn it outside the school.
J’exagère pour vous dire que, aussitôt qu’il sort de l’édifice,
l’enfant entend de l’anglais. Il est en immersion anglaise à
l’extérieur. On n’a pas besoin d’inclure l’anglais dans notre
système, car il l’a déjà. Par contre, dans nos écoles, on doit
s’assurer qu’il parle bien l’anglais. Il connaît bien les rudiments de
la langue anglaise, mais la parle-t-il bien? Pas nécessairement. À
l’inverse, dans une école d’immersion en français, on doit passer
beaucoup plus de temps pour acquérir la maîtrise de la langue
française, parce qu’elle ne s’apprend pas à l’extérieur.
Language planning policies do not solely focus on second
language learning. They focus more on language planning, which
New Brunswick has just developed, as Ontario did ten years ago.
What is a language planning policy? English-speaking public
workers who worked for the Ontario Ministry of Education asked
or tried to explain what francophones wanted.
Quant aux politiques d’aménagement linguistique, elles ne
servent pas exclusivement à l’apprentissage de la langue seconde.
Il s’agit davantage d’une question d’aménagement linguistique,
dont vient de se doter le Nouveau-Brunswick, et comme s’est
dotée l’Ontario depuis une dizaine d’années. Qu’est-ce qu’une
politique d’aménagement linguistique? Les fonctionnaires
anglophones qui travaillaient au ministère de l’Éducation de
l’Ontario se demandaient ou essayaient d’expliquer ce que
voulaient les francophones.
[English]
What do the French want? What do the French need?
[Translation]
Then, as soon as I said,
[English]
‘‘Well, you know, we have a policy.’’
[Traduction]
Que veulent les francophones? De quoi ont-ils besoin?
[Français]
Puis, aussitôt que je leur disais :
[Traduction]
« Eh bien, vous savez, nous avons une politique. »
8-12-2014
Langues officielles
[Translation]
9:95
[Français]
— English-speakers were thinking ‘‘You have a policy.’’ Does that
not mean that the government is behind it? When a government is
the one developing the policy and it says, like in New Brunswick
and Ontario, loud and clear that it believes in French-language
education, that puts it in a whole different light.
... les anglophones se disaient : « You have a policy ». Lorsque
vous avez une politique, cela veut dire que le gouvernement y est,
n’est-ce pas? Quand un gouvernement est à l’origine d’une
politique et qu’il affirme, comme au Nouveau-Brunswick et en
Ontario, haut et fort, qu’il croit à l’éducation en langue française
ay moyen d’une politique, cela a une tout autre connotation.
That is what we are trying to do now in Manitoba. The
groundwork is now being laid in Manitoba for developing a
language and culture policy framework. Whatever the policy is
called, can the government provide a document to show that it
supports French-language education just as much as Englishlanguage education, not only with words, but also in writing?
C’est ce qu’on tente de faire maintenant au Manitoba. Un
cheminement est en train de se faire au Manitoba afin d’élaborer
une politique d’encadrement linguistique et culturelle. Qu’on
l’appelle comme on veut, le gouvernement peut-il, au moyen d’un
document quelconque, démontrer qu’il appuie autant
l’enseignement en français qu’en anglais, pas seulement par des
paroles, mais aussi par écrit?
When you have a policy, you feel much more supported by the
government. That is why we would like all the provinces and
territories to have governmental policies under which English
speakers, who are the majority, say loud and clear that they
believe in learning and in the rights of francophones, that they
believe in it so much that they have developed a policy.
Lorsqu’on est muni d’une politique, on se sent beaucoup plus
épaulé, appuyé par les gouvernements. C’est en ce sens qu’on
aimerait que toutes les provinces et les territoires soient dotés de
politiques gouvernementales selon lesquelles les anglophones, qui
sont majoritaires, disent haut et fort qu’ils croient à
l’apprentissage et aux droits des francophones, qu’ils y croient
tellement qu’ils ont rédigé une politique.
Senator Chaput: In terms of sustainable bilingualism, you
talked about universities. It is important for students to continue
their studies in the second language that they learned to be able to
remain bilingual, correct?
La sénatrice Chaput : En ce qui concerne le bilinguisme
durable, vous avez parlé des universités. Il est important que
l’on puisse poursuivre des études dans la deuxième langue qu’on a
apprise pour pouvoir demeurer bilingue, n’est-ce pas?
Mr. Paul: Thank you for the question. It has been only
15 years since French-language school boards have started having
a strong presence across the country. It took us a decade to set
ourselves up and have a structure. We now have our
infrastructure, which is not perfect, our human resources, which
are not perfect either, but things are moving forward.
M. Paul : Merci pour la question. Cela ne fait qu’une
quinzaine d’années que nous sommes forts d’avoir des
commissions scolaires francophones à travers le pays. Nous
avons passé une décennie à nous mettre sur pied et à nous
structurer. Maintenant, nous avons nos infrastructures, qui ne
sont pas parfaites, nos ressources humaines, qui ne sont pas
parfaites non plus, mais cela progresse.
We must therefore address the linguistic insecurity of young
people. First, some young people think that they are not able to
continue their post-secondary studies in French, while others
think there are no post-secondary institutions in which to do so.
So the problem is twofold.
Il faut donc s’occuper de l’insécurité linguistique des jeunes.
Dans un premier temps, certains jeunes pensent qu’ils ne sont pas
capables de poursuivre leurs études au niveau postsecondaire en
français, et d’autres se disent qu’il n’y a pas d’institutions
postsecondaires pour ce faire. Il y a donc deux volets.
First, we are losing our students because only 50 per cent of
those who are eligible end up in our schools. I gave you some
statistics just now about one out of every two students only, but I
am going to give you one more number that is much more, or just
as, alarming. If we were able to keep elementary school students
enrolled in our French-language high schools, we would double
the number of francophones in our schools across the country.
Dans un premier temps, on perd nos jeunes, parce que
seulement 50 p. 100 des élèves qui sont ayants droit se
retrouvent dans nos écoles. Je vous ai donné des statistiques
tantôt d’un élève sur deux seulement, mais je vais vous en donner
une encore plus inquiétante, ou aussi inquiétante. Si on réussissait
à garder les élèves inscrits à l’élémentaire dans nos écoles de
langue française pour le niveau secondaire, on doublerait le
nombre de francophones à travers le pays dans nos écoles.
Why are we not keeping our students? First, it is because
parents say that the children have learned enough French and
that the time has come for them to learn English. That is a fallacy,
given the different types of schools.
Pourquoi ne garde-t-on pas nos élèves? Premièrement, c’est
parce que le parent se dit que l’enfant a assez appris de français et
qu’il est le temps pour lui d’apprendre l’anglais. C’est une fausseté
par rapport aux différents types d’écoles.
Second, when parents or students realize that they have to
think about their future, they think there is no future in French,
because there are no post-secondary institutions. That hurts us.
Deuxièmement, quand un parent ou un jeune réalise qu’il doit
réfléchir à son avenir, il croit qu’il n’y a pas d’avenir en français,
parce qu’il n’y a pas d’institutions postsecondaires. Cela nous fait
9:96
Official Languages
8-12-2014
We want the best for our children. If there are no francophone
universities or colleges, of course, in theory we would quickly turn
to English, which would be better, that is normal. There is a
reason why there are all sorts of demands for the creation of
francophone universities and colleges in Ontario. Without going
into too much detail, we need only look at what happened with
the University of Ottawa. At first, it was a French-language
university for francophones. From being a Franco-Ontarian
university, it became a bilingual university, and now it is a
university open to the world.
du tort. Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants. S’il n’y a
pas d’universités ou de collèges francophones, il est sûr qu’en
théorie, le plus rapidement on passe à l’anglais, mieux ce sera, et
c’est normal. Ce n’est pas pour rien qu’il y a toutes sortes de
revendications pour la création d’universités ou de collèges
francophones en Ontario. Sans trop entrer dans les détails, on
n’a qu’à regarder ce qui est arrivé avec l’Université d’Ottawa. Au
début, c’était une université francophone pour les francophones.
D’une université franco-ontarienne, elle est devenue une
université bilingue et, maintenant, elle est devenue une
université ouverte sur le monde.
In the first year at University of Ottawa, you can take courses
in French. If there were universities like the University of Ottawa
across the country, we would at least have the first-year courses
offered in French. However, we are far from having universities
like that across the country. In the past, when students graduated
from high school, their parents told them that it was enough, but
today you do not get anywhere with a high school diploma. You
need to have post-secondary education, but where do our
francophone communities find post-secondary education?
En première année, à l’Université d’Ottawa, il y a des cours en
français. Si, au moins, il y avait des Universités d’Ottawa partout
à travers le pays, on aurait une première année de cours offerts en
français. Cependant, nous sommes loin d’avoir ce type
d’université à travers le pays. Auparavant, quand les jeunes
avaient terminé leur douzième année, les parents leur disaient
qu’ils en avaient assez, mais, aujourd’hui, on ne va nulle part avec
un diplôme d’études secondaires. Il faut faire des études
postsecondaires, mais où trouver le niveau postsecondaire dans
nos milieux francophones?
The Chair: Quickly, a second question from Senator FortinDuplessis.
La présidente : Rapidement, pour une deuxième question, la
sénatrice Fortin-Duplessis.
Senator Fortin-Duplessis: A number of stakeholders, including
the Commissioner of Official Languages, have pointed out that
having opportunities to practice the second language outside the
classroom and to interact with people in the other language group
are essential for the retention of language. You talked about that
and said it was important.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Plusieurs intervenants,
notamment le commissaire aux langues officielles, ont souligné
que les possibilités de pratiquer la langue seconde à l’extérieur de
la salle de classe et d’interagir avec des personnes de l’autre
groupe linguistique sont indispensables au maintien des acquis.
Vous en avez parlé, et vous avez dit que c’était important.
My three questions are about the Erasmus program, which, as
you might know, is a program that promotes exchanges and
dialogue between European university students. It is a very
popular program over there, which has become a real cultural
phenomenon.
Mes trois questions portent sur le programme Erasmus que
vous connaissez peut-être, programme qui permet de promouvoir
des échanges et des dialogues entre des étudiants européens de
niveau universitaire. Il s’agit d’un programme très populaire làbas, qui est devenu un véritable phénomène culturel.
What do you think about the exchange programs available in
Canada right now? What recommendations would you make to
improve those programs? In your view, would a Canadian
program similar to Erasmus be an effective way to promote
exchanges and dialogue between post-secondary students?
Que pensez-vous des programmes d’échanges qui existent
présentement au Canada? Quelles recommandations feriez-vous
pour améliorer ces programmes? Selon vous, est-ce qu’un
programme canadien semblable à Erasmus serait efficace pour
promouvoir les échanges et le dialogue entre les étudiants de
niveau postsecondaire?
Mr. Paul: Absolutely. First, in terms of exchange programs for
Canadians in Canada, there are some through ACELF that send
young people to different parts of Canada so that they can see
how things work in regions outside their province. The young
people come back all the richer from those exchanges, happy to
have rubbed shoulders with other young people.
M. Paul : Tout à fait. Dans un premier temps, en ce qui
concerne les programmes qui préconisent des échanges entre
Canadiens, dans notre pays, il y en a qui sont organisés par
l’ACELF, qui envoie des jeunes dans différentes régions du
Canada pour qu’ils puissent voir comment cela se passe ailleurs
que dans leur province. Les jeunes reviennent grandis de ces
échanges, ils sont heureux de s’être frotté les coudes à ceux
d’autres jeunes.
Exchanges are another way to promote French and English, as
well as to help young people realize how rich we are to have two
official languages in our country.
En ce qui a trait aux échanges, c’est une autre façon de
promouvoir la langue française et la langue anglaise, et c’est une
autre façon de réaliser la richesse que nous avons d’avoir deux
langues officielles dans ce pays.
8-12-2014
Langues officielles
9:97
If Canada can have exchanges to help young people become
more open to the world, I think our country and our young
people will come out stronger. Exchanges between Canadian
students and those from other countries reinforce and add value
to linguistic duality. This shows that French is not a dead
language, after all. It is a language that is very much alive, a
language spoken by millions and millions of people. This also
shows our francophones and Quebecers that they are not alone,
that they are not isolated on their small island.
S’il peut faire en sorte que nos jeunes soient ouverts sur le
monde par l’entremise d’échanges, je pense que le Canada en
sortira grandi et les jeunes aussi. La question des échanges entre
étudiants canadiens et ceux d’autres pays vient renchérir et
apporter une valeur ajoutée à la dualité linguistique. Cela vient
démontrer que, finalement, le français n’est pas une langue morte.
C’est une langue très vivante, une langue parlée par des millions et
des millions de personnes. Cela démontre aussi à nos
francophones et aux francophones du Québec qu’ils ne sont pas
seuls, qu’ils ne sont pas isolés sur leur petite île.
University exchanges are the next step we are working on. In
terms of people coming here because they want to study in our
country or if our young people want to study in other countries,
being immersed not only in a new language but also in a new
culture is an extraordinary asset. Those types of exchanges need
to be supported.
Par rapport aux échanges universitaires, c’est la prochaine
étape qu’on est sur le point de franchir. En ce qui concerne
l’immigration de gens qui veulent étudier dans notre pays et
l’immigration de nos jeunes qui veulent étudier dans d’autres
pays, c’est une richesse absolument incroyable de connaître non
seulement une langue, mais une autre culture. Ce genre d’échange
doit être encouragé.
Senator Fortin-Duplessis: Can I ask one last question?
The Chair: Quickly, senator.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Est-ce que je peux poser une
dernière question?
La présidente : Rapidement, sénatrice.
Senator Fortin-Duplessis: The witnesses before us came here
specifically to talk about learning a second language. I know I
should not ask the question, but how do you think the provincial
governments will react if we made some pretty strong
recommendations and we insisted on the learning of second
languages in Quebec, either in Quebec with anglophones or in
other provinces with francophones?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Nous accueillons des témoins
qui viennent parler justement de l’apprentissage d’une langue
seconde. Je sais que je ne devrais pas vous poser la question, mais,
comment pensez-vous que les gouvernements provinciaux
réagiront si on leur fait des recommandations assez fortes et
qu’on insiste sur l’apprentissage des langues secondes au Québec,
que ce soit au Québec avec les anglophones ou dans les autres
provinces avec les francophones?
Since you are more in touch with the provincial governments,
do you think they will tell you that this does not fall under their
jurisdiction?
Vous qui côtoyez davantage les gouvernements provinciaux,
pensez-vous qu’ils vous diront que cela ne relève pas de leur
champ de compétence?
Mr. Paul: I will give you a very practical answer. We try to
defend ourselves against governments that attempt to interpret
section 23 in a very limiting way. Would it be useful for the
francophonie in Canada to receive messages from the federal
government? Of course, some will agree and some will not.
M. Paul : Je vous répondrai de façon très pratico-pratique. On
tente de se défendre par rapport aux gouvernements qui tentent
d’interpréter l’article 23 de façon très limitative. Est-ce qu’il serait
utile à la francophonie pancanadienne de recevoir des messages
du gouvernement fédéral? Il est sûr que certains seront d’accord,
et d’autres pas.
But if four attorneys general decide to intervene in the Yukon
case, they are not going to intervene in favour of a more liberal,
broader interpretation of section 23.
Mais, si quatre procureurs généraux décident d’intervenir dans
la cause du Yukon, ils ne vont pas intervenir en faveur d’une
interprétation plus libérale, plus large de l’article 23.
The federal government should perhaps send some messages to
the provinces, but education will always fall under provincial and
territorial jurisdiction. This does not mean that people have no
opinions or that they do not value linguistic duality. I will say this:
I would not hesitate to send some messages that some will
appreciate and others not so much.
Il y a peut-être certains messages que le gouvernement fédéral
devrait lancer aux provinces, mais l’éducation sera toujours de
compétence provinciale et territoriale. Cela ne veut pas dire que
les gens n’ont pas d’opinion ou qu’ils ne valorisent pas la dualité
linguistique. Je vous répondrai ceci : je n’hésiterais pas à passer
des messages que certains apprécieront et d’autres moins.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you very much.
The Chair: Thank you very much. On behalf of the Standing
Senate Committee on Official Languages, I would like to thank
you for your excellent presentations. Thank you for taking the
time to appear before the committee today. There is no doubt that
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci beaucoup.
La présidente : Merci beaucoup. Au nom du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, je tiens à vous remercier de vos
excellentes présentations. Merci d’avoir pris le temps de
comparaître devant le comité aujourd’hui. Il ne fait aucun
9:98
Official Languages
8-12-2014
your two organizations contribute enormously to maintaining
and developing the French fact, the institutional vitality of our
official language communities and our francophone minority
communities. Thank you for the work that you do.
doute que vos deux organismes contribuent énormément au
maintien et au développement du fait français, à la vitalité
institutionnelle de nos communautés de langue officielle et à nos
communautés francophones en situation minoritaire. Merci pour
le travail que vous faites.
Mr. Paul: Thank you for having us. Thank you for your
questions that, at the end of the day, are just as important as the
report.
M. Paul : Merci de nous avoir invités. Merci pour vos
questions qui sont aussi importantes que le rapport, finalement.
The Chair: Thank you for being so generous in your answers.
La présidente : Merci d’avoir si généreusement répondu aux
questions.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, December 1, 2014
OTTAWA, le lundi 1er décembre 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m., to continue its study of best practices for
language policies and second-language learning in a context of
linguistic duality or plurality.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour poursuivre son étude des meilleures
pratiques en matière de politique linguistique et d’apprentissage
d’une langue seconde dans un contexte de dualité ou de pluralité
linguistique.
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
[Translation]
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, I call to order this meeting of
the Standing Senate Committee of Official Languages. I am
Senator Claudette Tardif from Alberta, and I am the chair of this
committee. I would ask the senators to introduce themselves,
starting on my left.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare cette séance du
Comité sénatorial permanent des langues officielles ouverte. Je
suis la sénatrice Claudette Tardif, de l’Alberta, et je suis la
présidente de ce comité. Je demanderais aux sénateurs de bien
vouloir se présenter, en commençant à ma gauche.
Senator Poirier: Good evening. Senator Rose-May Poirier
from New Brunswick.
La sénatrice Poirier : Bonsoir. Sénatrice Rose-May Poirier, du
Nouveau-Brunswick.
Senator Seidman: Judith Seidman from Montreal, Quebec.
La sénatrice Seidman : Judith Seidman, de Montréal, Québec.
Senator Rivard: Good evening, Senator Michel Rivard from
Quebec.
Le sénateur Rivard : Bonsoir. Sénateur Michel Rivard, de
Québec.
Senator Fortin-Duplessis: Suzanne Fortin-Duplessis from
Quebec.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Suzanne Fortin-Duplessis, de
Québec.
Senator Charette-Poulin: Good evening. My name is Marie
Charette-Poulin. I represent northern Ontario in the Senate.
La sénatrice Charette-Poulin : Bonsoir. Mon nom est Marie
Charette-Poulin. Je représente le Nord de l’Ontario au Sénat.
[English]
Senator Oh: Victor Oh, Ontario.
[Translation]
[Traduction]
Le sénateur Oh : Victor Oh, Ontario.
[Français]
The Chair: Today, the committee is continuing its study of best
practices for language policies and second-language learning.
La présidente : Aujourd’hui, le comité poursuit son étude sur la
question des meilleures pratiques en matière de politique
linguistique et d’apprentissage d’une langue seconde.
Our witnesses are members of the Canadian Teachers’
Federation. We are very pleased to welcome them, and I would
like to introduce them. Ms. Dianne Woloschuk, the President, and
Mr. Ronald Boudreau, the Director of Services to Francophones.
Welcome to the committee.
Nos témoins sont membres de la Fédération canadienne des
enseignantes et des enseignants. Nous sommes très heureux de
les accueillir, et j’aimerais vous les présenter. Mme Dianne
Woloschuk, présidente, et M. Ronald Boudreau, directeur aux
services francophones. Bienvenue au comité.
8-12-2014
Langues officielles
9:99
I give the floor to Ms. Woloschuk, who will be followed by
Mr. Boudreau. After your presentations, the senators will ask you
questions.
Je donne la parole à Mme Woloschuk, qui sera suivie de
M. Boudreau. Après vos présentations, les sénateurs vous
poseront des questions.
Dianne Woloschuk, President, Canadian Teachers’ Federation:
It is with pleasure that the Canadian Teachers’ Federation
accepted the invitation that had been extended to take part in this
consultation on second-language learning.
Dianne Woloschuk, présidente, Fédération canadienne des
enseignantes et des enseignants : C’est avec plaisir que la
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants
répond à l’invitation qui lui a été lancée de prendre part à cette
consultation sur l’apprentissage de la langue seconde.
I will begin by saying that we greatly appreciate your desire to
better understand the challenges in having two official languages
and more particularly in second-language learning. Learning the
second language is a fundamental component in a country that
highly values bilingualism.
D’emblée, nous tenons à préciser que nous apprécions les
efforts que vous faites pour mieux comprendre les enjeux qui
animent le dossier des langues officielles en général,
l’apprentissage de la langue seconde étant une composante
fondamentale des valeurs d’un pays qui accorde une grande
place au bilinguisme.
My name is Dianne Woloschuk, I am the president of CTF,
and it is my pleasure to be here today to speak on its behalf, for
two reasons.
Je suis Dianne Woloschuk, présidente de la FCE, et je suis
heureuse d’en être la porte-parole devant vous, aujourd’hui, pour
deux raisons.
First, CTF represents about 200,000 teachers through its
member organizations. Of these, over 10,000 work in Frenchlanguage schools in minority settings and around 8,000 work in
English-language schools in Quebec.
Tout d’abord, la FCE regroupe environ 200 000 enseignantes
et enseignants représentés par ses organisations membres. De ce
nombre, plus de 10 000 œuvrent dans des écoles de langue
française en milieu minoritaire et environ 8 000 dans des écoles de
langue anglaise au Québec.
It is estimated that some 40,000 teachers teach either English or
French as a second language. Since our membership reflects both
Canadian linguistic minority situations, CTF is well-positioned to
offer a balanced perspective on strategies that support the
teaching of both French and English as second languages.
On estime qu’environ 40 000 membres du personnel enseignant
œuvrent dans le domaine de la langue seconde, soit en immersion
ou en français de base, soit vers l’anglais ou vers le français. Cette
particularité de compter parmi nos membres des personnes en
provenance des deux minorités linguistiques canadiennes fait en
sorte que la FCE est persuadée d’avoir une perspective équilibrée
sur la question des stratégies propres à appuyer l’enseignement
des langues officielles comme langues secondes.
Secondly, I am proud to discuss this topic because I am also a
teacher with professional experience in both core French and
French immersion. And as a Franco-Saskatchewanian, I have
always been keen to teach my mother tongue to the Englishspeaking majority in my home province of Saskatchewan.
La deuxième raison pour laquelle je suis fière de vous entretenir
de ce sujet est que je suis moi-même une enseignante dont la
carrière comprend des expériences en français de base et en
immersion. Je suis Fransaskoise, et mes expériences en
enseignement sont empreintes du désir de faire apprendre ma
langue maternelle française à la majorité anglophone de mon
milieu d’origine, la Saskatchewan.
In the first part of this presentation, we will present you with
CTF’s policy which is the basis for our recommendations on how
to approach second-language learning in general.
Notre présentation se déroulera en deux temps : d’une part,
nous vous soumettrons respectueusement les principes directeurs
de notre organisation en guise de recommandations de nature
générale en ce qui a trait à l’apprentissage de la langue seconde.
In the second part, we would like to use a project we recently
launched in support of French as a first language in a minority
setting as an example of how a partnership could lead to
developing a common Canadian framework on the best pedagogy
for meeting the needs of second-language learners across Canada.
D’autre part, nous souhaitons prendre appui sur une initiative
que nous venons tout juste de lancer en français langue maternelle
pour présenter l’idée de se donner un cadre de référence commun
canadien sur la question de la pédagogie la plus en mesure de
répondre aux besoins de l’apprentissage de la langue seconde au
Canada.
I will now give the floor to my colleague, Mr. Ronald
Boudreau, who is the Director of CTF Services to Francophones.
Je vais maintenant passer la parole à mon collègue, M. Ronald
Boudreau, qui est directeur des Services aux francophones à la
FCE.
9:100
Official Languages
8-12-2014
Ronald Boudreau, Services to Francophones, Canadian
Teachers’ Federation: Good evening, and thank you for the
invitation.
Ronald Boudreau, directeur, Services aux francophones,
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants :
Bonsoir, et merci de l’invitation.
For many decades, CTF has been defending the rights of its
members and advocating for a just and equitable public education
system in Canada and throughout the world. Our policy is an
accurate reflection of our beliefs and aspirations for this unique
group which represents — as the president was saying — a
significant number of our members.
De longue date, la FCE défend les droits de ses membres et
exerce des pressions en faveur d’un système d’éducation publique
juste et équitable partout au Canada et ailleurs dans le monde.
Nos principes directeurs résument brièvement et fidèlement nos
croyances et les aspirations que nous avons pour ce groupe
particulier qui représente, comme la présidente le disait, un
important pourcentage de nos membres.
I will not go into detail by reading these policies, since you will
find them at the end of the document as a list of
recommendations, but you can find them there for future
reference.
Je n’entrerai pas en détail dans la lecture des principes
directeurs, puisque vous les retrouverez à la fin du document
sous la forme de recommandations, mais ils s’y trouvent pour vos
références futures.
We are particularly concerned about the 4 per cent decrease in
the number of students enrolled in core French programs between
2009 and 2013. The fact that these programs are optional —
which brings to mind our first policy — in most provincial and
territorial jurisdictions does not help and may explain their
elimination in some areas. However, one may wonder what was
done to preserve them.
Nous sommes particulièrement inquiets de la baisse relative de
4 p. 100 du nombre d’élèves qui ont suivi des programmes de
français de base de 2009 à 2013. Nous pensons que le fait que ces
programmes ne soient pas obligatoires — cela rappelle notre
premier principe directeur — dans la plupart des administrations
provinciales et territoriales explique l’abolition, dans certains
milieux, de ces programmes, alors qu’on peut se demander quels
efforts ont été déployés pour les maintenir.
We acknowledge that each linguistic minority faces
considerable challenges in its efforts to maintain its vitality.
However, francophones in minority settings are experiencing a
particularly difficult situation. The current context of linguistic
plurality — which I know is one of your committee’s concerns —
forces us to rethink the way we define bilingualism. Welcoming
this cultural and linguistic diversity does not mean that we have to
transform our Canadian identity, but rather that we must clarify
it.
Nous reconnaissons que chaque minorité linguistique fait face
à des défis considérables pour assurer son épanouissement. Il faut
cependant reconnaître que la francophonie en contexte
minoritaire vit une situation particulièrement difficile. Le
contexte actuel de pluralité linguistique — je sais que c’est l’un
des soucis de votre comité — nous oblige à repenser nos façons de
définir le bilinguisme. L’accueil de cette diversité culturelle et
linguistique ne signifie pas qu’il faille transformer notre identité
canadienne, mais plutôt qu’il faut la préciser.
Official bilingualism in Canada is a very powerful identity
characteristic that, unfortunately, seems to have been devalued
for some time by government authorities.
Le bilinguisme officiel du Canada est un trait identitaire très
puissant qui, malheureusement, semble moins valorisé depuis un
certain temps par les autorités gouvernementales.
We firmly believe that when members of the majority and
immigrants learn French as a second language, especially when
language programs promote an understanding of the prevailing
culture — I am referring, here, to our fourth policy — the
francophone community experiences a boost in terms of vitality.
This is the perspective of our presentation to you.
Nous croyons fermement que l’apprentissage du français
comme langue seconde par la majorité, et par des personnes
immigrantes, lorsqu’il tient compte d’une compréhension de la
culture ambiante — je fais référence, ici, à notre quatrième
principe — favorise l’épanouissement de la communauté
francophone. C’est sous cet angle que nous voulons vous faire
notre présentation.
Several examples have taught us that an anglophone person, or
a recent arrival to Canada who learns French, as well as the
Canadian francophone reality that accompanies the language, can
become excellent partners in an exogamous couple which, as we
know, leads too often to assimilation.
À titre d’exemple, on constate qu’une personne anglophone, ou
une personne nouvellement arrivée au Canada, ayant appris le
français et la réalité francophone canadienne qui l’accompagne,
sont d’excellents partenaires pour les couples exogames qui,
comme on le sait, engendrent trop souvent l’assimilation.
Other anecdotes have made us realize the extent to which an
anglophone or immigrant person who learns French and its
cultural basics — we insist on this point — can have a very
positive influence on bilingualism in their workplace. These
D’autres anecdotes nous font réaliser à quel point un
anglophone ou une personne immigrante ayant appris le
français et les rudiments de la culture — on insiste sur cet
aspect — peuvent avoir une influence très positive sur le
8-12-2014
Langues officielles
9:101
examples reinforce our conviction that second-language learning
must be combined with a good dose of cultural appropriation.
bilinguisme dans leur milieu de travail. Ce ne sont que des
exemples qui renforcent notre conviction que l’apprentissage de la
langue seconde doit s’accompagner d’une bonne dose
d’appropriation culturelle.
We are proposing a common framework to promote learning.
At CTF, we have been closely monitoring initiatives designed to
improve second-language teaching conditions, as in other fields.
We see the Diploma in French-Language Studies — commonly
referred to as ‘‘DFLS’’ — and the Common European
Framework of Reference for Languages (CEFR) as laudable
initiatives, that are mainly driven by the desperate need to support
second-language teachers.
Nous proposons un cadre commun pour favoriser
l’apprentissage. À la FCE, nous suivons de près les initiatives
qui visent à améliorer les conditions d’enseignement en langue
seconde, comme dans tout autre domaine. Nous voyons le
Diplôme d’études en langue française — communément appelé le
« DELF » — et le Cadre européen commun de référence (CECR)
comme des initiatives fort louables, mais l’engouement présent
semble surtout motivé par un besoin urgent et désespéré
d’appuyer le personnel enseignant de langue seconde.
There is no doubt that the DFLS and the CEFR are very
valuable, and we commend France’s and the Council of Europe’s
support in this regard. However, we believe that official
bilingualism provides ample justification for Canada to invest in
the development of a true Canadian framework of reference in
which the Canadian francophonie would be better reflected. We
are concerned to see the emergence of a generation of learners
who are systematically assessed in a French that has very little to
do with the reality of their community or even of the Canadian
francophonie.
Il ne fait aucun doute que le DELF et le CECR ont une grande
valeur, et nous apprécions l’appui de la France et du Conseil de
l’Europe dans ce domaine. Nous croyons, cependant, que le
bilinguisme officiel du Canada justifie amplement qu’on investisse
dans l’élaboration d’un cadre de référence où la francophonie
canadienne aurait prépondérance. Nous sommes inquiets de voir
poindre une génération d’apprenantes et d’apprenants qui sont
évalués systématiquement dans un français qui a bien peu à voir
avec la réalité de leur milieu ou même avec la réalité francophone
canadienne.
We at CTF have just launched a pedagogy adapted to the
context of Canada’s francophone minority. The Pédagogie à
l’école de langue française (pedagogy in French-language
schools), PELF, is an initiative of all provincial and territorial
ministries of education that agreed to make this project a priority.
The leading ministerial decision makers in francophone education
turned naturally to CTF to create a pedagogy that would address
the pressing needs of teachers who are facing some unique
challenges.
Nous venons tous juste de lancer à la FCE une pédagogie
adaptée au contexte francophone minoritaire canadien. La
Pédagogie à l’école de langue française, PELF, est l’initiative de
l’ensemble des ministères de l’Éducation des provinces et des
territoires canadiens qui se sont concertés pour faire de cette
pédagogie une priorité. Les cadres supérieurs francophones de
chacune des provinces et de chacun des territoires se sont ensuite
naturellement tournés vers la FCE, puisqu’ils avaient l’intention
de développer une pédagogie qui répondrait aux besoins pressants
du personnel enseignant face à ces défis particuliers.
As soon as CTF was given this mandate, it led to four years of
collaboration with some of the most prominent researchers in the
field of education in minority settings, as well as with dozens of
classroom teachers in our schools, which produced the pedagogy.
Thanks to a partnership with Les Productions Rivard, from
Saint-Boniface, in Winnipeg, we were even able to make this
pedagogy a reality by providing teachers with video-clips
presenting a variety of real life situations from the classroom,
including ‘‘how to be’’ and ‘‘how to do’’ types of situations.
À partir du moment où la FCE s’est retrouvée avec ce mandat,
quatre années de collaboration avec les chercheurs et chercheuses
les plus réputés dans le domaine de l’éducation en contexte
minoritaire et avec des dizaines de membres du personnel
enseignant de nos écoles ont permis de définir cette pédagogie.
Grâce à un partenariat avec les Productions Rivard, de SaintBoniface, à Winnipeg, nous avons même été en mesure de
concrétiser cette pédagogie au moyen de capsules vidéo qui
montrent au personnel enseignant des situations réelles de salle de
classe et des situations de type « comment faire » et « comment
être ».
Of course, I encourage you to visit the pelf.ca website to
discover this pedagogy and get a better idea of what it is about.
However, for the purpose of this consultation, I ask you to really
think about all we could do if such an initiative were launched by
all ministries of education to support second-language teaching
generally in Canada. We think that the PELF clearly
demonstrates that we do not need a European framework when
we, right here at home, in Canada, have the necessary resources,
research, and means to meet our teachers’ real needs.
Bien entendu, je vous invite à consulter pelf.ca pour découvrir
cette pédagogie et vous en faire une meilleure idée. Cependant,
dans le contexte de ces audiences, je vous invite surtout à penser à
ce que nous pourrions faire si une telle initiative de l’ensemble
des ministères de l’Éducation était lancée pour appuyer
l’enseignement de la langue seconde au Canada. Nous pensons
que la PELF est une preuve flagrante que nous n’avons pas à nous
tourner vers un cadre de référence européen lorsque nous avons,
chez nous, au Canada, les ressources, la recherche et les moyens
pour répondre aux véritables besoins du personnel enseignant.
9:102
Official Languages
8-12-2014
CTF is one of the national organizations that wholeheartedly
followed the lead of the Canadian government about bilingualism
and structural modernization. Our federation defines itself as
bilingual in its operations and publications. It serves
organizations whose membership reflects Canada’s linguistic
duality. We are proud to contribute in a significant manner to
the development of our country and of the values that make it
strong and unique, both at home and abroad.
La FCE est l’une de ces organisations qui ont d’emblée emboîté
le pas du gouvernement canadien en ce qui a trait au bilinguisme
et à la modernisation de sa structure. Notre fédération se définit
comme bilingue dans ses opérations et ses publications. Elle
dessert des organisations dont la composition reflète la dualité
linguistique canadienne. Nous sommes fiers de contribuer de
façon significative au développement de notre pays et des valeurs
qui en font sa force et sa particularité, tant sur la scène canadienne
qu’internationale.
Teachers in second-language programs face great challenges
that make their job increasingly difficult. As a national
federation, we believe in the importance of providing teaching
conditions that foster learning for all students, and we are
particularly concerned by the state of second-language teaching.
As such, we are grateful to the Standing Senate Committee on
Official Languages for letting us share our concerns and present
the following recommendations:
Le personnel enseignant des programmes de langue seconde
fait face à des défis importants qui rendent sa tâche de plus en
plus ardue. En tant que fédération nationale, nous croyons à
l’importance des conditions d’enseignement qui favorisent
l’apprentissage de tous les élèves, et la situation de la langue
seconde nous inquiète particulièrement. À ce titre, nous
remercions le Comité sénatorial permanent des langues
officielles de nous avoir donné l’occasion de partager ces
préoccupations, et nous vous soumettons les recommandations
qui suivent :
That the study of a second language be a requisite of the
curriculum and an integral part of provincial and territorial
legislative frameworks to protect this basic right of all
Canadian students;
Que l’étude de la langue seconde constitue une partie
obligatoire du curriculum et qu’elle soit intégrée au cadre
législatif des provinces et des territoires afin de respecter un
droit fondamental des élèves canadiens;
You will find that the following recommendations reflect our
guiding principles, our policies.
Vous retrouverez nos principes directeurs en lien, évidemment,
avec ces recommandations.
That all Canadian students be able to achieve at least
basic competency in the other official language, but that
they may seek higher levels of linguistic competency in that
language and acquire an understanding of the related
culture;
Que tous les élèves canadiens puissent viser de hauts
niveaux de compétence dans leur langue seconde, mais qu’ils
possèdent au moins une compétence de base dans
l’autre langue officielle et qu’ils puissent acquérir une
compréhension de la culture qui l’accompagne;
That the Government of Canada take actions to return
bilingualism to its rightful place as a national value and to
promote Canadian bilingualism in a multilingual context;
Que le gouvernement du Canada mette en place des
mesures visant à redonner au bilinguisme la place qui lui
revient comme valeur nationale et à promouvoir le
bilinguisme canadien dans un contexte plurilingue;
And, finally, that mechanisms, like the PELF we designed
for the francophone context, be put in place to provide
second-language teachers with a proper pedagogy and tools
to teach French or English as a second language, based on
Canada’s distinctive character and context.
Et, finalement, que les mécanismes soient mis en place, à
l’instar de la PELF que nous avons développée pour le
contexte francophone, afin de doter le personnel enseignant
de langue seconde d’une pédagogie et d’outils propres à
l’enseignement du français ou de l’anglais langue seconde et
qui se fondent sur les particularités et le contexte canadiens.
The Chair: Thank you very much to our two witnesses. We will
move on to questions, and the first will be asked by Senator
Fortin-Duplessis, deputy chair of this committee.
La présidente : Merci beaucoup à nos deux témoins. Nous
passons à l’étape des questions, et la première question sera posée
par la vice-présidente du comité, la sénatrice Fortin-Duplessis.
Senator Fortin-Duplessis: Welcome to you both. There are
different approaches to teaching a second language — basic or
intensive programs, language baths or immersion. Some parents
expose their children to a bilingual world from their birth, by
speaking to them in two or more languages at home. Others prefer
waiting until their children enter school to do so, while still others
wait until later or simply let the child decide.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Soyez les bienvenus. Que ce soit
par l’entremise de programmes de base, de programmes intensifs,
de bains linguistiques ou d’immersion, différentes approches
existent en matière d’enseignement de langue seconde. Certains
parents font baigner leurs enfants dans un milieu bilingue, et ce,
dès la naissance, en leur parlant deux ou plusieurs langues à la
maison. D’autres préfèrent attendre l’entrée à l’école pour le faire,
alors que d’autres attendent plus tard ou préfèrent laisser le choix
à l’enfant.
8-12-2014
Langues officielles
9:103
According to you, what is the ideal age at which to begin
teaching the second language?
Selon vous, quel est l’âge idéal pour commencer l’apprentissage
d’une langue seconde?
Ms. Woloschuk: I would say as early as possible. Frankly, once
students begin studying another language, they learn it since it is
so natural. They do not even realize they are learning.
Mme Woloschuk : Je dirais le plus tôt possible. Franchement,
quand les élèves commencent à étudier une autre langue, ils
l’apprennent, car c’est si naturel; ils ne se rendent même pas
compte qu’ils apprennent.
Where I grew up, my parents were both francophones, we
spoke French at home, and I lived in a tiny little francophone
village in the south of Saskatchewan. When I started school, I
spoke both languages and I do not remember learning either one.
For students who wish to learn — back home, for example, it is
the anglophone students who want to learn French — there are
French-language kindergarten and pre-k classes offered as soon
as they start school. That is where I signed up my children. The
earlier they start, the easier it is.
Où j’ai grandi, mes parents étaient tous les deux francophones,
on parlait français à la maison, j’habitais un tout petit village
francophone au sud de la Saskatchewan. Lorsque j’ai commencé
l’école, je parlais les deux langues et je ne me souviens pas d’avoir
appris l’une ou l’autre. Pour les élèves qui veulent apprendre —
par exemple, chez moi, ce sont les élèves anglophones qui veulent
apprendre le français —, dès qu’ils commencent l’école, il y a des
maternelles et des prématernelles offertes en français. C’est là que
j’ai placé mes enfants. Le plus tôt possible, quant à moi, c’est
beaucoup plus facile.
Senator Fortin-Duplessis: You say there are kindergarten and
pre-k classes where children can learn. Are there enough spots in
those classes for all those parents who want to send their kids
there?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Vous dites qu’il y a des
prématernelles ou des maternelles où les enfants peuvent
apprendre. Est-ce qu’il y a suffisamment de places pour tous les
parents qui veulent y envoyer leurs enfants?
Ms. Woloschuk: In the case of pre-k, I am not sure if there are
sufficient spots for all parents. But we have room for them in
immersion programs in our schools, starting in kindergarten.
Mme Woloschuk : Pour tous les parents, pour ce qui est de la
prématernelle, je ne suis pas certaine. Mais pour les programmes
d’immersion qui commencent à la maternelle, il y a des places
pour eux dans nos écoles.
Mr. Boudreau: If I may. . . if you consider that there is a
shortage of spots in French-language day care, then it seems to me
that there would be a pre-k shortage as well. Say an anglophone
parent wanted day care services that would allow their children to
learn a second language — I have a feeling it would be hard to
find them in certain areas.
M. Boudreau : Si je peux me permettre, si on tient compte du
fait qu’il y a tout de même une pénurie de places en services de
garde en français, cela me donne l’impression que le problème
doit exister aussi. Si, par exemple, un parent anglophone voulait
obtenir des services de garde qui permettraient à l’enfant
d’apprendre la langue seconde, j’ai l’impression qu’il pourrait
être difficile d’en trouver dans certains milieux.
Senator Fortin-Duplessis: What are the pedagogical elements to
consider when fostering optimal second-language learning?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Selon vous, quels sont les
éléments pédagogiques à prendre en compte pour favoriser
l’apprentissage optimal d’une langue seconde?
Mr. Boudreau: Our presentation was born out of a concern
raised during meetings with the second-language teachers.
Currently, there is a return to the European context of teaching
French as a second language. I dare say a return, because there
was a time when second-language teaching programs were
Eurocentric. That worries us because our research shows that
you learn better when the context of what you are taught is
similar to the one you live in.
M. Boudreau : Notre présentation est née surtout d’une
inquiétude où, lors de rencontres avec le personnel enseignant
de langue seconde, nous nous rendons compte que, présentement,
il y a un retour vers un contexte européen pour l’enseignement du
français langue seconde. J’ose dire un retour, parce qu’il y a déjà
eu une période où l’orientation des programmes de langue
seconde était très européenne. Cela nous inquiète, parce que nos
recherches démontrent qu’on apprend mieux lorsque le contexte
dans lequel on apprend ressemble à celui dans lequel on vit.
That is why we wanted to insist on the fact that at the moment,
at the CTF, with the moral and financial support of provincial
and territorial ministries of education, we have developed a
specific pedagogy for French-language schools. We believe there
is no reason why such an initiative could not be conceivable for
teaching the second language.
C’est la raison pour laquelle nous avons voulu mettre l’accent
sur le fait que, dans le moment, à la FCE, avec l’appui moral et
financier des ministères de l’Éducation des provinces et des
territoires, nous avons développé une pédagogie propre aux écoles
de langue française. À notre avis, il n’y a pas de raison pour
laquelle une telle initiative ne pourrait pas être envisageable pour
l’enseignement de la langue seconde.
9:104
Official Languages
8-12-2014
We have qualified researchers and highly competent secondlanguage teachers who could contribute, as they did for firstlanguage teaching, to the development of a Canadian secondlanguage teaching framework that we believe would clearly foster
learning.
Nous avons des chercheurs qualifiés et des enseignants très
compétents en langue seconde qui pourraient contribuer, comme
ils l’ont fait pour l’enseignement de la langue maternelle, à
élaborer un cadre canadien pour l’enseignement de la langue
seconde qui, à notre avis, favoriserait nettement l’apprentissage.
Ms. Woloschuk: I would like to add something. I started
teaching in 1977, and at the time, I think Saskatchewan and the
rest of the country were implementing learning and teaching
programs for French as a second language. The first year I taught,
it was in a small rural village in Saskatchewan, and the only
program available to students was Voix et images de France. That
was a program they picked off the shelf when the official
bilingualism policy became law, because there were no resources
to teach students. They were teaching Voix et images de France
everywhere across western Canada.
Mme Woloschuk : J’aimerais ajouter quelque chose. J’ai
commencé à enseigner en 1977, et c’était au moment où, en
Saskatchewan et partout au pays, je crois, on mettait en vigueur
des programmes d’apprentissage et d’enseignement du français
langue seconde. La première année que j’ai enseigné, c’était dans
un petit village de campagne en Saskatchewan, et le seul
programme disponible pour les élèves, c’était Voix et images de
France. C’est un programme qu’on était allé chercher au moment
où la politique sur le bilinguisme officiel avait été légiférée, parce
qu’il n’avait pas de ressources pour permettre l’enseignement aux
élèves. On enseignait Voix et Images de France partout dans
l’Ouest du Canada.
They quickly realized however that the program did not reflect
this country’s reality. The program worked fine in France, in the
context for which it was designed. But in Canada, a Canadian
program created according to the Canadian cultural context, that
supported the bilingual policies of the country, would have been
preferable for students here. That is when we saw homegrown
programs being developed, including one for international
French, and many others followed.
Toutefois, on s’est aperçu rapidement que ce n’était pas un
programme qui reflétait la réalité d’ici. Le programme
fonctionnait très bien en France dans le contexte pour lequel il
avait été conçu. Cependant, pour nos élèves, au Canada, on a
constaté qu’un programme canadien créé en fonction du contexte
culturel canadien, qui appuie les objectifs de bilinguisme du
Canada, serait préférable. On a alors vu le développement de
programmes au Canada, y compris celui du français international,
et plusieurs autres ont suivi.
I have since taught basic French and immersion French. In the
1980s and the 1990s, there were some very effective basic French
programs that motivated students. Now, we feel there is a lack of
resources for basic French teaching. It is essential that we once
more develop second-language programs for our students that
will foster their commitment and help them value learning a
second language.
J’ai enseigné le français de base et le français d’immersion
depuis ce temps. Il existait, dans les années 1980 et 1990, des
programmes de français de base vraiment très efficaces, qui
motivaient les élèves. Maintenant, nous avons l’impression qu’il y
a un manque de ressources pour l’enseignement du français de
base. Il serait important que l’on développe de nouveau des
programmes d’études en langue seconde pour nos élèves, qui vont
réellement susciter leur engagement et les amener à valoriser
l’apprentissage d’une langue seconde.
Senator Fortin-Duplessis: Mr. Boudreau, is Quebec a part of
your organization for second-language teaching?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Monsieur Boudreau, le Québec
fait-il partie de votre organisme pour l’enseignement de la langue
seconde?
Mr. Boudreau: You mean Quebec’s anglophone teachers’
organization?
M. Boudreau : Vous parlez de l’organisation des enseignants
anglophones du Québec?
Ms. Woloschuk: The Association professionnelle des
enseignants et enseignantes du Québec is part of our group.
Mme Woloschuk : L’Association professionnelle des
enseignants et enseignantes du Québec fait partie de notre
regroupement.
Mr. Boudreau: It is part of our federation.
M. Boudreau : Elle fait partie de notre fédération.
Senator Fortin-Duplessis: It is a part of your organization?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Elle fait partie de votre
organisme?
Mr. Boudreau: Yes. At the same time, we have very close ties
with the Fédération des syndicats de l’enseignement. We will be
meeting with them this weekend, for example.
M. Boudreau : Oui. En même temps, nous avons des liens très
étroits avec la Fédération des syndicats de l’enseignement. À titre
d’exemple, nous serons en réunion avec eux en fin de semaine.
8-12-2014
Langues officielles
9:105
Senator Fortin-Duplessis: Are you satisfied with the approach
demonstrated by the various levels of government? Do you think
they could do more? If not, apart from the recommendations you
have submitted, what changes would you make?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Êtes-vous satisfaits de
l’approche adoptée par les différents paliers de gouvernement?
Pensez-vous qu’ils pourraient en faire plus? Sinon, en plus des
recommandations que vous nous avez faites, quels changements
apporteriez-vous?
Ms. Woloschuk: First we have to prioritize teaching French as
a second language. This issue is critical. The same goes for
immersion teaching.
Mme Woloschuk : Premièrement, il faut que l’enseignement du
français langue seconde soit une priorité. Cette question est
importante. Il en va de même pour l’enseignement en immersion.
I spent years watching students learn. And it is honestly
inspiring seeing those students grow ever more confident by
expressing themselves increasingly better in French, living as they
do in Canada’s bilingual reality. We need support, financial
resources, and a renewed promotion of the teaching of French
outside Quebec, where francophones are in the minority. Many
anglophones want to learn French, but we need resources, and for
teaching to be valued.
J’ai passé des années à regarder les élèves apprendre.
Franchement, il est inspirant de voir ces élèves gagner en
confiance en s’exprimant de mieux en mieux en français, alors
qu’ils vivent la réalité bilingue du Canada. On a besoin de
ressources financières, d’appui et d’une revalorisation de
l’enseignement du français hors Québec où les francophones
sont en milieux minoritaires. Beaucoup d’anglophones veulent
apprendre le français, mais nous avons besoin de ressources et de
faire en sorte que l’enseignement soit revalorisé.
Mr. Boudreau: Ms. Woloschuk has already accompanied me to
meetings of the Canadian Association of Second-Language
Teachers, of which I was a member over the last two years. I
have to admit that the stories I heard from the teachers were
nearly terrifying. People were complaining of some atrocious
teaching conditions.
M. Boudreau : Mme Woloschuk est déjà venue avec moi à des
rencontres de l’Association canadienne des professeurs de langues
secondes, dont j’ai fait partie au cours des deux dernières années.
Je dois avouer que les histoires que j’ai entendues de la part du
personnel enseignant, à mon sens, étaient presque terrifiantes. On
dénonçait des conditions d’enseignement déplorables.
I echo what the president says about working conditions and
the valorization of the profession. It is clear that the latter is not
currently seen as a great priority. When a teacher does not even
have a classroom in which to teach, and all of the material is on a
cart he or she has to push around from one place to the next, how
can we expect a young person to master a language in those
conditions? It is nearly unfathomable. We truly need a
revitalization of the importance given to second-language
teaching.
Je fais écho à ce que la présidente mentionne au sujet des
conditions d’enseignement et de la valorisation de la profession. Il
est clair que ce n’est pas perçu, présentement, comme une grande
priorité. Quand un enseignant n’a même pas de salle de classe
pour enseigner et que tout son matériel se retrouve sur un petit
chariot qu’il ou elle doit pousser d’une classe à l’autre pour
enseigner, comment s’imaginer qu’une telle situation permettra à
un jeune de maîtriser la langue? C’est presque inconcevable. On a
vraiment besoin d’une revitalisation de l’importance accordée à
l’enseignement de la langue seconde.
Senator Fortin-Duplessis: The first level is the school board,
correct? When, in a school, you have a poor teacher who has to
walk around with their little cart, the first level of government you
turn to is the school board. I do not know if there are school
boards in other provinces, but Quebec has them.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Le premier palier est celui des
commissions scolaires, n’est-ce pas? Si, dans une école, le pauvre
enseignant est obligé de se balader avec un petit chariot, le
premier palier est celui des commissions scolaires. Je ne sais pas si
on retrouve des commissions scolaires dans les autres provinces,
mais au Québec, il y en a.
Mr. Boudreau: School boards exist everywhere. However in
our view, the solution lies in the revitalization of bilingualism in
Canada, in a return to the idea that our graduating students
should be bilingual. I believe school boards will follow the lead
when we value second-language teaching once again. If we expect
them to show the way however, I must say I will be less hopeful.
M. Boudreau : Il y en a partout. Toutefois, à notre sens, la
solution est liée à la revalorisation du bilinguisme au Canada; un
retour à l’importance de faire en sorte que les élèves finissants de
nos écoles soient bilingues, dans une langue ou dans l’autre. Je
crois que les conseils scolaires suivront cette tendance à la
valorisation de l’enseignement des langues secondes. Cependant,
si on leur demande d’amorcer le mouvement, j’ai moins d’espoir.
Senator Charette-Poulin: Ms. Woloschuk and Mr. Boudreau, I
want to congratulate you. Ms. Woloschuk, you are the president
of doubtless the most important association in the country. When
you know the influence teachers have on our future leaders, our
future employees and our future entrepreneurs, you know the
future of the very essence of this country rests in their hands.
La sénatrice Charette-Poulin : Madame Woloschuk et
monsieur Boudreau, je vous félicite. Madame Woloschuk, vous
êtes la présidente de l’association sans doute la plus importante au
pays. Quand on connaît l’influence qu’ont les enseignants sur nos
futurs leaders, nos futurs employés et nos futurs entrepreneurs,
c’est l’avenir même de l’essence du pays qui est en jeu.
9:106
Official Languages
8-12-2014
Mr. Boudreau, I appreciated your comment regarding the
importance of taking the time now to better value the role and
responsibilities of the teacher. I think everybody in this room can
remember a teacher in elementary, high school or at the postsecondary level that changed their lives at a certain point.
Monsieur Boudreau, j’ai apprécié votre commentaire lorsque
vous avez dit qu’il est important, maintenant, de prendre le temps
d’augmenter la valorisation du rôle et des responsabilités de
l’enseignant. Je crois que tout le monde, ici, dans cette salle,
pourrait dire qu’il ou elle se souvient d’un professeur au primaire,
au secondaire ou au niveau postsecondaire qui a changé sa vie à
un moment donné.
Congratulations! You truly play a key role, and I thank you for
being here.
Félicitations! Vous jouez vraiment un rôle clef. Merci d’être ici.
You also spoke of promoting bilingualism as one of the great
sources of pride in our country. Your third recommendation
reads as follows:
Vous avez aussi parlé de la valorisation du bilinguisme comme
l’une des grandes fiertés de notre pays. Dans votre troisième
recommandation, vous dites ce qui suit :
That the Government of Canada take actions to return
bilingualism to its rightful place as a national value and to
promote Canadian bilingualism in a multilingual context.
Que le gouvernement du Canada mette en place des
mesures visant à redonner au bilinguisme la place qui lui
revient comme valeur nationale et à promouvoir le
bilinguisme canadien dans un contexte plurilingue.
I immediately thought of the ParticipACTION campaign that
had a tremendous impact.
J’ai pensé automatiquement à la campagne de
ParticipACTION, qui avait eu beaucoup d’influence.
I will read back to you what a Statistics Canada official told us
when he appeared before this committee, and I would like to hear
what you have to say about it. His comments dealt specifically
with promoting bilingualism, and I quote:
Je vais vous citer ce qu’un représentant de Statistique Canada
nous a dit lors de sa comparution devant le comité, et j’aimerais
entendre vos commentaires à ce sujet. Ses propos touchent
justement la valorisation du bilinguisme, et je cite :
Learning and the ability to speak both official languages
represents an important facet of the concept of Canadian
linguistic duality. In 2011, 17.5 per cent of the country’s
population, or 5.8 million people, reported being able to
conduct a conversation in English and French. This is a
decrease from 2001, when this proportion peaked at
17.7 per cent. Among youth aged 15 to 19 years,
22.6 per cent could speak both languages in 2011, down
from 24 per cent in 2001.
L’apprentissage et la capacité de parler les deux langues
officielles constituent l’une des facettes importantes de la
notion de dualité linguistique canadienne. En 2011,
17,5 p. 100 de la population du pays, soit 5,8 millions de
personnes, déclaraient pouvoir soutenir une conversation
en français et en anglais. Il s’agit d’une baisse,
comparativement à 2001, alors que cette proportion
atteignait un sommet de 17,7 p. 100. De même, chez les
jeunes âgés de 15 à 19 ans, 22,6 p. 100 pouvaient parler les
deux langues en 2011, en baisse comparativement au taux de
24 p. 100 observé en 2001.
We know how, in North America, we are immersed in an
English-speaking universe, one that is enriched by social
networks. What would your recommendations be to reverse this
trend, should it continue, and to make it so that in 10 years’ time,
in 2024, we would be able to say that 28 per cent of youths speak
both official languages? What would your recommendations be?
Nous savons à quel point nous baignons, en Amérique du
Nord, dans un univers anglophone, un univers enrichi par les
réseaux sociaux. Quelles seraient vos recommandations pour
que cette tendance, si elle se poursuivait, soit renversée et que,
dans 10 ans, soit en 2024, on puisse dire que 28 p. 100 des
jeunes parlent les deux langues officielles? Quelles seraient vos
recommandations?
Ms. Woloschuk: First, the message is essential; governments, at
all levels, must insist in their messaging on the importance of
bilingualism, on the ability to speak both official languages, as
being part and parcel of the Canadian project.
Mme Woloschuk : D’abord, le message est important. Il
faudrait que, dans le discours des gouvernements, à tous les
paliers, on mette l’accent sur l’importance du bilinguisme, sur la
capacité de parler les deux langues officielles, et que cela fasse
partie du projet canadien.
Second, it is absolutely critical that financial resources be
dedicated to the development of programs and to research
focused on these issues.
Deuxièmement, il serait très important que des ressources
financières soient consacrées au développement de programmes et
à la recherche traitant de ces questions.
8-12-2014
Langues officielles
9:107
As I said, I taught for a long time, but in the 1980s and 1990s,
there were federal resources available to support language
programs. Today, that no longer seems to be the case. You
need those resources to support the programs.
Comme je l’ai dit, j’ai enseigné longtemps, mais, au cours des
années 1980, et même 1990, il y avait des ressources disponibles au
niveau fédéral pour appuyer les programmes de langue. On dirait
que cela n’existe plus. Il est important d’avoir des ressources pour
appuyer ces programmes.
Mr. Boudreau: If I may add something. . . I’m very happy
when I hear you mention social media, because I am convinced
that they are in large part at the heart of the transformation our
young people are currently going through. In the same vein, I
deplore the fact that many federal support programs that sought
to increase the presence of French on the Web have been
scrapped. These programs have all been abandoned. We did a
study two years ago, on technology used by 15-year-olds, for
example — in fact, we appeared before this very committee at the
time — and we realized how technology is an assimilating factor.
Given we no longer invest in increasing the presence of French on
the Web, you will find a bunch of websites that were designed
during the years we did get support and which were then
abandoned. These sites are obsolete for the youth, and they are
more prone to use English when they are surfing the Net. It is no
secret of course that they spend a tremendous amount of time
there.
M. Boudreau : Si je peux me permettre d’ajouter un élément,
cela me fait énormément plaisir lorsque vous faites référence aux
médias sociaux, car je suis convaincu qu’ils sont, pour une large
part, au cœur de la transformation des jeunes à l’heure actuelle.
Dans le même sens, je déplore, par exemple, l’abandon de
plusieurs programmes d’appui du gouvernement fédéral qui
visaient à rendre le français beaucoup plus présent sur la Toile.
Ces programmes ont été abandonnés. Nous avons réalisé une
enquête, il y a deux ans, sur l’utilisation des technologies par les
jeunes de 15 ans, par exemple — d’ailleurs, nous avions fait, à
cette époque, une présentation au Comité des langues officielles
—, pour réaliser à quel point il s’agit d’un agent assimilateur.
Étant donné qu’on n’investit plus afin d’améliorer la présence en
français sur le Web, on retrouve un tas de sites qui avaient été
conçus dans les années où il y avait un appui et qui ont été
abandonnés par la suite. Ils deviennent pour les jeunes des
références désuètes, ce qui fait en sorte que les jeunes sont portés à
aller vers l’anglais lorsqu’il s’agit du Web. Je ne sais pas si je vous
apprends quelque chose, mais ils y passent beaucoup de temps.
Senator Charette-Poulin: I have a brief follow-up question. I
completely agree with your respective analyses of the situation.
Do teachers use social networks to be or stay in touch, or to
discuss a particular school subject with their students?
La sénatrice Charette-Poulin : J’aurais une petite question
complémentaire. Je suis complètement d’accord avec vos analyses
respectives. Est-ce que les professeurs utilisent les réseaux sociaux
pour être ou rester en communication, ou pour favoriser tel ou tel
sujet avec leurs élèves?
Mr. Boudreau: Not enough, I would say, among other reasons
because of the lack of resources. There have been investments in
technology these last few years, but what is missing is a plan, a
national vision on the use of technology in education. It is plain to
see, everybody simply does as they see fit. Senator FortinDuplessis spoke earlier of that fact. As for national strategies to
support second languages, I am convinced that technology has to
be at the heart of the renewal. We have to give ourselves the
means and the tools here in Canada to do it, and to do it well.
M. Boudreau : Pas suffisamment, si j’ose dire, entre autres en
raison du manque de ressources. Il y a eu des investissements en
technologie dans les dernières années. Il manque un plan, une
vision nationale sur l’utilisation des technologies en éducation.
C’est évident, chacun y va de son bon vouloir, de son bon désir.
La sénatrice Fortin-Duplessis a mentionné plus tôt cette réalité.
En ce qui concerne l’idée de se concerter autour de stratégies
nationales qui appuient la langue seconde, je suis convaincu que
la question des technologies doit être au cœur de ce renouveau. Il
faut se donner les moyens, au Canada, d’avoir les outils
nécessaires pour le faire, et pour bien le faire.
Ms. Woloschuk: There is something I would like to say on this
point. We have a partnership with HabiloMédias, a group that is
doing great work on this issue. Teachers are starting to explore
the teaching possibilities of this technology. But there is also some
hesitation, first because there is a concern about capabilities, and
second because we want to avoid creating inequalities. While
almost all students have a cell phone, for example, it does not
necessarily mean that all indeed do. So we have to make sure that
all students, without exception, can participate. If we plan a
classroom activity during which the students will use their cell
phone to fill out a survey on an issue, we do not want some
students to be left aside. That is essential.
Mme Woloschuk : Il y a une chose que j’aimerais mentionner
sur ce point. Nous sommes en partenariat avec HabiloMédias, un
organisme qui fait un travail excellent sur cette question. Dans les
écoles, les enseignants et les enseignantes commencent à explorer
ce terrain en tant qu’outil d’apprentissage. En même temps, il y a
certaines hésitations : premièrement, à cause des capacités; et
deuxièmement, on veut s’assurer que cela ne pose pas un
problème d’inégalité car, si presque tous les élèves ont un
téléphone cellulaire, par exemple, cela ne veut pas dire que tous
les élèves, sans exception, en ont un. Il faut donc s’assurer que
tous les élèves puissent participer. Si on planifie une activité pour
la salle de classe lors de laquelle les élèves devront se servir de leur
téléphone cellulaire pour faire un sondage sur une question, on ne
veut pas que des élèves soient laissés de côté. C’est important.
9:108
Official Languages
8-12-2014
However, I agree that the students are constantly exploring in
an English-speaking media culture. It is not even Canadian
culture, it is really American. It has a profound influence on them.
Cependant, je suis d’accord que la culture des médias que les
élèves explorent — et ils le font constamment —, c’est une culture
anglophone. Ce n’est même pas une culture canadienne, c’est
vraiment une culture américaine. Cela a une influence profonde
sur les élèves.
Senator Charette-Poulin: I find it interesting to hear you say we
need a Canadian project and a Canadian vision. It reminds me of
when, in the early 1930s, as radio was taking off, a conservative
prime minister thought it essential that Canadian public radio be
used to balance access to culture for all Canadians.
La sénatrice Charette-Poulin : Je trouve très intéressant de vous
entendre dire qu’il faut un projet canadien; il faut une vision
canadienne. Cela me rappelle, au début des années 1930, lors des
débuts de la radio, le moment où un premier ministre
conservateur a pensé à l’importance d’une radio publique
canadienne pour équilibrer l’accès à la culture pour les
Canadiens et les Canadiennes.
We should one day have that Canadian project to rebalance
access to information in English and in French.
Il faudra un jour qu’il y ait ce projet canadien pour rééquilibrer
l’accès à l’information en langue anglaise et l’accès à l’information
en langue française.
Senator Rivard: Welcome to you both. Outside Quebec,
bilingualism remains limited among immigrants and young
anglophones. In the case of the latter, their knowledge of a
second language reaches its peak during their schooling years and
then wanes with age. In the case of young francophones outside
Quebec, we see the opposite: they are at their most bilingual in
their twenties. How do you explain these differences, and what is
the state of second-language teaching among immigrants?
Le sénateur Rivard : Bienvenue à vous deux. À l’extérieur du
Québec, le bilinguisme demeure peu élevé chez les immigrants et
les jeunes anglophones. Dans le cas de cette dernière clientèle, les
jeunes anglophones, le maintien des acquis en matière
d’apprentissage d’une langue seconde, bien qu’il atteigne un
sommet au cours de la fréquentation scolaire, tend à diminuer
avec l’âge; alors que dans le cas des jeunes francophones hors
Québec, c’est plutôt le phénomène inverse qui se produit : le taux
maximal de bilinguisme est atteint dans la vingtaine. Comment
expliquez-vous ces différences, et quel est l’état de l’apprentissage
de la langue seconde chez les immigrants?
Ms. Woloschuk: Outside Quebec, I can talk about my own
milieu. I grew up in a small francophone village. There were
39 students in 9th grade, of which 32 or 33 came from francophone
families. I was probably the only one, among the dozen at most,
who continued speaking French after leaving school. Saskatchewan
is an English-speaking place. If one truly wishes to live in French,
one must put in tremendous effort. My husband and I make up an
exogamous family. He does not speak French, I am bilingual, and
all of our children were in immersion programs. All three speak
French. They are not necessarily comfortable with French, but they
know the language and they can express themselves. Where will
they be in 10 to 20 years? I honestly do not know. But they are
going to have to take advantage of every opportunity to use their
language, otherwise they will lose it. That almost happened to me:
you perhaps notice that I sometimes have trouble expressing
myself. I almost lost my French. It is only through great effort that
I was able to continue speaking it. The issue is not an easy one.
Mme Woloschuk : Pour ce qui est des milieux hors Québec, je
peux parler de mon milieu; j’ai grandi dans un petit village
francophone. Nous étions 39 élèves en 9e année, dont 32 ou 33
venaient de familles francophones. Je suis probablement la seule,
parmi une dizaine au maximum, qui a continué à parler français
après avoir quitté l’école. La Saskatchewan est un milieu
anglophone. Si on veut vraiment vivre en français, il faut
déployer un effort considérable pour le faire. Mon mari et moi
sommes une famille exogame. Il ne parle pas français, moi je suis
bilingue, et nos enfants ont tous suivi des programmes
d’immersion. Ils parlent français tous les trois. Ils ne sont pas
nécessairement à l’aise avec le français, mais ils connaissent la
langue et peuvent s’exprimer en français. Où en seront-ils dans
10 ou 20 ans? Franchement, je ne sais pas, mais ils seront obligés
de profiter des occasions qui s’offrent à eux dans leur milieu pour
se servir de leur langue, car, autrement, ils la perdront. Cela m’est
presque arrivé; vous avez peut-être observé que, parfois, j’éprouve
des difficultés à m’exprimer moi aussi, car j’ai presque perdu mon
français. C’est seulement à force de faire des efforts que j’ai pu
continuer à parler français. Ce n’est pas une question facile.
Mr. Boudreau: It is clear that in francophone milieus outside
Quebec, we can rightly speak, as we did earlier, of an American
reality. It is not even English-Canadian, it is truly American. And
it is also clear that the dynamic is not the same for francophones
who wish to preserve their language outside Quebec. It is a
challenge. You need a community that allows for it, that
encourages it, and that is why we have made the connection
between a mother tongue and a second language.
M. Boudreau : Il est clair que, dans les milieux francophones à
l’extérieur du Québec, on peut parler, comme on le mentionnait
plus tôt, d’esprit américain. Ce n’est même pas canadien-anglais,
c’est vraiment américain. Il est clair que la dynamique n’est pas la
même pour un francophone qui veut conserver son français à
l’extérieur du Québec. C’est un défi. Il faut avoir un milieu qui le
permette, qui l’encourage, et c’est la raison pour laquelle nous
avons fait un lien entre la langue maternelle et la langue seconde.
8-12-2014
Langues officielles
9:109
We have realized that, in the case of an English-speaking
spouse or a new arrival to Canada who has learned French, if that
person understands the reality of the francophones in their
community, whether it be in Saskatchewan or any other minority
community, that person who has learned French and who has
understood what their French-speaking partner’s reality is would
be much more supportive of said partner and their efforts to
speak French in the household. That is not so much the case
somewhere where French was never really taught. There, the
anglophones will perhaps worry that their kids are going to
French school. They will wonder how to support them in their
learning, how to participate in their school life. It takes
tremendous courage on the part of the francophone spouse to
stand their ground and say, ‘‘My children will go to French
school, no matter what you think.’’
On se rend compte que, dans le cas d’un conjoint de langue
anglaise ou d’une personne nouvellement arrivée au Canada qui a
appris le français, si cette personne comprend la réalité des
francophones dans son milieu, que ce soit la Saskatchewan ou
tout autre milieu minoritaire, cette personne qui a appris le
français et qui a compris ce que vit son conjoint francophone sera
beaucoup plus portée à appuyer la démarche de ce dernier quant
au maintien du français au foyer. C’est davantage le cas que dans
bien des régions où on n’a pas appris le français du tout. À ce
moment-là, l’anglophone se sentira peut-être inquiet que ses
enfants aillent à l’école française, par exemple. Il va se demander
comment les appuyer dans leur apprentissage, comment participer
à la vie scolaire. Cela demande énormément de courage de la part
du conjoint francophone pour tenir son bout et dire : « Mes
enfants iront à l’école française, malgré ce que tu en penses. »
Obviously, when your spouse, whether anglophone or from an
immigrant family, has learned French in a context that makes
them appreciate what a challenge preserving your language is, he
or she becomes supportive, unlike a person who does not
understand the situation and simply wants to apply majority rule.
Donc, il est certain que, lorsqu’un conjoint anglophone ou
originaire d’une famille immigrante a appris le français dans un
contexte qui lui fait apprécier le défi de conserver sa langue dans
un milieu, à ce moment-là, cette personne devient un appui, plutôt
qu’une personne qui ne comprend pas la situation et qui veut tout
simplement appliquer la règle de la majorité.
Ms. Woloschuk: I would like to add that when it comes to
immigrants — and I do not have the numbers right now to back
up this answer — I know they display a marked interest for giving
their kids the best education possible. They see immersion
programs as value-added and enriched. Students learn the same
subject matter as in the anglophone program, but they learn it in
French. So it is twice the learning. The program also gives them
opportunities they might not otherwise have, such as cultural
exchanges and trips abroad, and the opportunity to meet with
other groups.
Mme Woloschuk : J’aimerais ajouter que, en ce qui concerne
les immigrants, bien que je n’aie pas de chiffres avec moi pour
étayer cette réponse, je sais qu’ils démontrent un intérêt
considérable pour que leurs enfants aient la meilleure éducation
possible. Ils perçoivent les programmes d’immersion comme étant
des programmes à valeur ajoutée, des programmes enrichis. Les
élèves apprennent le même contenu que les élèves du programme
anglophone, mais ils l’apprennent en français. Il s’agit donc
vraiment d’un double apprentissage. Ce programme leur donne
des occasions qu’ils n’auraient peut-être pas eues autrement,
comme des occasions d’échanges culturels ou de voyages, des
chances de s’entretenir avec des groupes.
Senator Rivard: Quebec aside, do you find that French as a
second language teachers are well-trained enough and in sufficient
numbers in the other provinces?
Le sénateur Rivard : À l’exception du Québec, dans les autres
provinces canadiennes, trouvez-vous que les enseignants du
français langue seconde sont en quantité suffisante et qu’ils sont
assez bien formés?
Ms. Woloschuk: I think they are well-trained. As for sufficient
numbers, I could not say. I know that school boards in western
Canada, at least, are often forced to recruit teachers in Ontario
and Quebec for Franco-Saskatchewanian and immersion schools.
Oftentimes, immersion teachers will also teach basic French.
Those are the teachers they would need to hire. There would then
be enough qualified teachers to teach basic French.
Mme Woloschuk : Je pense qu’ils sont bien formés. En quantité
suffisante, je ne le sais pas. Je sais que les conseils scolaires, dans
l’Ouest du Canada, du moins, sont souvent obligés de recruter en
Ontario ou au Québec, par exemple, pour trouver des enseignants
pour les écoles fransaskoises et les écoles d’immersion. Souvent,
les enseignants en immersion enseigneront aussi peut-être le
français de base. Ce sont les enseignants qu’ils auraient besoin de
recruter. Pour enseigner le français de base, il y aurait
suffisamment d’enseignants qualifiés.
Senator Rivard: Is it difficult to attract teachers from Quebec to
Saskatchewan, Alberta or elsewhere in Canada? Can you offer
them special conditions, say, like the isolation allowance paid to
certain workers? As for recruitment, whether in Saskatchewan or
Alberta or British Columbia, can we attract teachers by talking up
Le sénateur Rivard : Est-ce difficile d’attirer des professeurs du
Québec pour aller travailler en Saskatchewan, en Alberta ou
ailleurs au Canada? Est-ce qu’il y a des conditions spéciales que
vous pouvez leur offrir, comme les primes d’éloignement, par
exemple, offertes à certains travailleurs? Quant au recrutement,
9:110
Official Languages
8-12-2014
the challenge of leaving Quebec to go and teach French as a
second language elsewhere?
que ce soit en Saskatchewan, en Alberta ou en ColombieBritannique, peut-on attirer ces enseignants avec le défi, pour eux,
de sortir du milieu québécois pour aller enseigner le français
langue seconde?
Mr. Boudreau: The problem you have raised is of particular
interest to the CTF. We just had a meeting about it last week. A
study is underway to look at the shortage of jobs for teaching staff
and second-language teaching is of particular concern.
M. Boudreau : Vous soulevez un problème qui intéresse
particulièrement la FCE. On a justement tenu une rencontre à
ce sujet la semaine dernière. On entreprend une recherche sur la
pénurie d’emplois du personnel enseignant. On est préoccupé par
la question de la langue seconde.
I know that Saskatchewan has abolished second-language
teaching programs for lack of teaching staff. Given that the
program is not compulsory, it becomes easier to simply abandon
it than to make the necessary efforts to recruit, and that worries
us.
Je sais que la Saskatchewan a aboli des programmes
d’enseignement de langue seconde faute de personnel pour
l’enseigner. Étant donné que le programme n’est pas
obligatoire, il devient plus facile de l’abandonner que de faire
des efforts de recrutement, et c’est ce qui est inquiétant.
Now, add to that the conditions in which second-language
teaching staff has to work. I spent 20 years in the Halifax area,
and it was not uncommon to see teachers give up after a few
months because of the unacceptable working conditions they had.
Maintenant, ajoutez à cela les conditions de travail du
personnel enseignant langue seconde. J’ai passé une vingtaine
d’années dans la région d’Halifax, et il n’était pas rare de voir des
enseignants abandonner après quelques mois en raison des
conditions de travail inacceptables qu’on leur offrait.
When you know they have to teach French in three different
schools and wolf down their sandwich in the car so they can make
it to another school during lunchtime, you cannot blame a young
Quebecer for preferring to go back home, to his parents’
basement.
Quand il faut enseigner le français dans trois écoles différentes
et que le professeur doit manger son sandwich dans l’auto pour se
rendre à une autre école pendant la pause-repas du midi, on ne
peut pas en vouloir à un jeune Québécois de préférer retourner
chez lui, dans le sous-sol de ses parents.
Ms. Woloschuk: I would like to add that, sometimes, we opt
for different types of programs. For example, there are school
boards that have started implementing French programs called
‘‘Intensive French.’’ Immersion usually begins in kindergarten,
where the teaching is done nearly 100 per cent in French, and
then it decreases a little bit every year.
Mme Woloschuk : J’aimerais ajouter que, parfois, on va
chercher différentes sortes de programmes. Par exemple, il y a
des conseils scolaires qui ont commencé à mettre en œuvre des
programmes de français appelés « Le français intensif ».
Habituellement, l’immersion commence à la maternelle, où
l’enseignement se déroule presque à 100 p. 100 en français, et il
diminue par la suite d’une année à l’autre.
‘‘Intensive French’’ is a program that can start in fifth or sixth
grade, and students who have never heard a word of French find
themselves in a classroom where the teacher speaks to them in
French. They learn everything in French. It is instant immersion.
However, this type of FSL teaching has not been tested long
enough to determine whether the students who come out of it are
more comfortable with French than students in immersion.
« Le français intensif » est un programme qui peut commencer
en cinquième ou sixième année, et des élèves qui n’ont jamais
entendu parler un mot de français se retrouvent dans une salle de
classe où l’enseignant leur parle français; ils apprennent tout en
français. Il s’agit d’une immersion instantanée. Cependant, cette
méthode d’enseignement du français n’a pas été mise à l’essai
assez longtemps pour que l’on puisse déterminer si, vraiment, ces
élèves sont plus à l’aise avec le français que les élèves en
immersion.
If there is indeed a dearth of teachers, one way to remedy the
situation would be to offer this shortened program.
S’il y a un manque d’enseignants, ce serait une façon de
remédier à la situation en offrant un programme raccourci.
Senator Rivard: Thank you very much.
[English]
Senator Oh: Thank you, witnesses. I’m probably the only nonfrancophone speaker here today. I came from Singapore. There
we have four official languages. From a young age we learn
English, Chinese — Mandarin — Malay and Tamil. I was lucky; I
picked up three.
Ms. Woloschuk: Good for you.
Le sénateur Rivard : Merci beaucoup.
[Traduction]
Le sénateur Oh : Merci aux témoins. Je suis probablement le
seul non francophone ici aujourd’hui. Je viens de Singapour. Il y a
quatre langues officielles là-bas. Jeunes, nous apprenons l’anglais,
le chinois — le mandarin — le malais et le tamoul. J’ai été
chanceux; j’en ai appris trois.
Mme Woloschuk : Tant mieux pour vous.
8-12-2014
Langues officielles
9:111
Senator Oh: Today the Speaker of the Malaysian Parliament
came to the Parliament here, so I was able to practise my Malay a
little bit more.
Le sénateur Oh : Aujourd’hui, le président du Parlement
malaisien nous rendait visite, alors j’ai pu pratiquer mon malais
un peu.
According to a recent study, learning a second language may
have a range of benefits. Could you tell us about the benefits of
bilingualism in terms of brain development?
D’après une étude récente, apprendre une langue seconde peut
avoir divers avantages. Pourriez-vous nous parler des avantages
du bilinguisme pour le développement du cerveau?
Ms. Woloschuk: Actually, at our president’s forum last July
one of the presenters was a medical doctor from Winnipeg who is
in charge of a program called Healthy Child Manitoba. He was
our keynote speaker and gave quite a lengthy presentation about
the importance of brain development for children and their
learning. Learning languages, learning music, any symbolic
system, creates connection and neurons in the brain that
otherwise don’t get connected. It’s tremendously important for
young children in particular to be in an environment that is
healthy and supports their ability to learn, their growth and
development.
Mme Woloschuk : En fait, au forum de notre président en
juillet dernier, l’un des orateurs était un médecin de Winnipeg qui
gère un programme qui s’appelle Enfants en santé Manitoba. Il
était notre conférencier principal et a fait un long exposé sur
l’importance du développement du cerveau pour les enfants et
leur apprentissage. L’apprentissage des langues, de la musique ou
de tout système symbolique crée des connexions entre les
neurones du cerveau qui, autrement, ne seraient pas reliés. C’est
particulièrement important pour les jeunes enfants d’être dans un
environnement sain qui favorise leur capacité d’apprentissage,
leur croissance et leur développement.
We’ve done quite a bit of work at CTF on the impact of child
poverty on children’s learning in the last few years. There’s
evidence that some children, when they start school, depending on
the environment in which they’ve been raised to that point, begin
with a language deficit of a year and a half to two years. It’s
critical for brain development that children get that exposure to
many types of learning — music, art, language, all of those things
— but language is very important.
Au cours des dernières années, la FCEE s’est penchée sur les
effets de la pauvreté infantile sur l’apprentissage des enfants. On
constate que certains enfants, lorsqu’ils commencent l’école, selon
l’environnement où ils ont grandi, ont un déficit de langage d’un
an et demi à deux ans. Il est essentiel pour le développement du
cerveau que les enfants soient exposés à différents genres
d’apprentissage — la musique, les arts, les langues, toutes ces
choses — mais les langues sont très importantes.
It’s interesting that in some ways North America is a bit of an
English island, although there’s a lot of Spanish in the United
States. It’s striking when you look at school systems in other parts
of world. Many of them put a heavy emphasis on language
acquisition for their students to be multilingual. This is another
reason why we believe so strongly at CTF that it’s so important to
put an emphasis on language development. These two languages
are part of the identity of our country. It’s just so important. So
brain development, absolutely.
D’une certaine façon, il est intéressant de voir que l’Amérique
du Nord est un peu une île anglophone, bien qu’il y ait beaucoup
d’Espagnols aux États-Unis. Cela nous frappe lorsque l’on
regarde les systèmes scolaires d’autres parties du monde.
Nombre d’entre eux mettent fortement l’accent sur l’acquisition
des langues afin que les élèves soient multilingues. Voilà une autre
raison pour laquelle la FCEE croit si fermement qu’il est
important de mettre l’accent sur le développement des langues.
Nos deux langues font partie de l’identité de notre pays. C’est
tellement important. Alors le développement du cerveau,
absolument.
Senator Oh: Hopefully my brain is still developing, and I’ll take
up French this winter.
Le sénateur Oh : J’espère que mon cerveau est toujours en
développement, car j’étudierai le français cet hiver.
Ms. Woloschuk: Good for you.
The Chair: I understand it’s much easier to pick up a third or
fourth language once you are bilingual. You are already
trilingual, so I look forward to speaking with you soon in
French, Senator Oh.
Senator Oh: Thank you.
[Translation]
Senator Poirier: Do children who want to be in French
immersion programs need to have francophone parents?
Ms. Woloschuk: No.
Mme Woloschuk : Tant mieux pour vous.
La présidente : Je crois qu’il est plus facile d’apprendre une
troisième ou une quatrième langue une fois que l’on est bilingue.
Vous êtes déjà trilingue, alors j’ai hâte de parler avec vous en
français, sénateur Oh.
Le sénateur Oh : Merci.
[Français]
La sénatrice Poirier : Les jeunes qui veulent profiter d’un
programme d’immersion française doivent-ils avoir un ou des
parents francophones?
Mme Woloschuk : Non.
9:112
Official Languages
8-12-2014
Senator Poirier: Do the majority of these kids come from
families where one of the parents is francophone?
La sénatrice Poirier : Est-ce que la majorité de ces jeunes
viennent d’une famille où l’un des parents est francophone?
Ms. Woloschuk: I do not have any statistics regarding that.
Our immersion students are drawn from the great diversity of
Canadian society. Some have one francophone parent, while
others are from an entirely francophone family. The great
majority however do not have any francophone parents.
Mme Woloschuk : Là, encore, je n’ai pas de statistiques à cet
égard. Nos élèves en immersion viennent de la grande diversité de
la société canadienne. Certains ont un ou des parents
francophones. La grande majorité n’a pas de parents
francophones.
Senator Poirier: New Brunswick is an officially bilingual
province. My situation is similar to yours: I was born in a
francophone family, but I was raised in an area where there was
no French school. My daughter married an anglophone and my
three grandchildren learned both languages in their youth. They
attend a francophone school. I can see how all of it is sometimes
challenging.
La sénatrice Poirier : Le Nouveau-Brunswick est une province
officiellement bilingue. Ma situation ressemble à la vôtre : je suis
née dans une famille francophone, mais, là où j’ai été élevée, il n’y
avait pas d’école francophone. Ma fille a épousé un anglophone et
mes trois petits-enfants ont appris les deux langues durant leur
enfance. Ils fréquentent une école francophone. Je peux voir
comment cela poser un défi, parfois.
The majority of francophones in New Brunswick decide to
pursue their studies, once their elementary and high school
education is done. The francophone majority has the choice to
pursue them in English or in French. Do the students who have
been through immersion have the choice to continue studying in
either French or English, or is it a challenge for them to pick a
post-secondary institution? Could they do well in a francophone
high school? Also, do our universities and colleges offer courses
that allow students to continue learning French?
La majorité des francophones du Nouveau-Brunswick, une fois
leur éducation primaire et secondaire terminée, décident de
poursuivre leurs études. La majorité francophone a la capacité
de choisir de continuer à étudier en anglais ou en français. Les
élèves qui ont profité d’un programme d’immersion française ontils la possibilité de choisir l’anglais ou le français pour la suite de
leurs études, ou est-ce un défi pour eux de choisir un établissement
postsecondaire? Pourraient-ils réussir dans une école secondaire
francophone? Également, nos universités et nos collèges offrent-ils
des cours pour permettre de continuer l’apprentissage de la langue
française?
Ms. Woloschuk: They do have that possibility, but they will be
challenged. They have to perfect their French first. It is a kind of
francization we see in French schools. A student may have one or
two French-speaking parents, but he or she may have spoken very
little French, or perhaps the parents themselves speak little
French. By putting these kids through francization programs,
they eventually get to where they can succeed without any
support, and often very quickly. It is a little like students in
immersion. Several students I taught followed courses to become
French immersion or French-language teachers. It is like anything
else in life: some have an easier time than others, but as long as
there is a will, there is a way.
Mme Woloschuk : Ils ont la capacité, mais il y aura des défis. Il
faudrait qu’ils perfectionnent leur français. C’est une espèce de
francisation qu’on trouve dans les écoles francophones. Un élève
a peut-être un ou des parents francophones, mais il a très peu
parlé le français, ou peut-être que ses parents parlent très peu le
français. À force de plonger ces élèves dans des programmes de
francisation, éventuellement, ils arrivent à un point où ils sont
capables de réussir sans soutien, et souvent, de façon très rapide.
C’est un peu la même chose avec les élèves en immersion.
Plusieurs élèves à qui j’ai enseigné ont suivi des cours pour devenir
enseignants et enseignantes dans un programme d’immersion ou
de français. C’est comme pour toute autre chose, pour certains,
c’est plus facile, alors que pour d’autres, c’est plus difficile, mais
s’ils ont le désir et la bonne volonté de réussir, ils vont y arriver.
Senator Poirier: Are there effective programs in place, or is that
still a challenge?
La sénatrice Poirier : Y a-t-il des programmes efficaces en place
ou est-ce encore un défi?
Ms. Woloschuk: I can only speak about universities I know. In
western Canada, at the University of Manitoba, there is SaintBoniface College. In Alberta, you have the Saint-Jean Faculty.
The University of Regina offers a teaching degree in French. My
sister taught in that program, so I have a good idea what it is
about. As for the students, they have certain requirements, such
as reaching a particular level in French, and they also have
support to help them attain their goals.
Mme Woloschuk : Je peux seulement parler des universités que
je connais. Dans l’Ouest du Canada, à l’Université du Manitoba,
il y a le collège Saint-Boniface; en Alberta, il y a la faculté SaintJean; l’Université de Regina offre un baccalauréat en français axé
précisément sur l’enseignement. Ma sœur enseignait dans ce
programme, alors j’ai une bonne idée de ce qui s’y passe. En ce qui
concerne les élèves, il y a certains critères, soit un niveau de
français qu’ils doivent atteindre, et il y a du soutien pour les aider
à atteindre leurs objectifs.
8-12-2014
Langues officielles
9:113
Senator Poirier: In New Brunswick, the University of Moncton
offers more or less all the programs we need, but I was wondering
if English-language universities offer this type of program.
La sénatrice Poirier : Au Nouveau-Brunswick, l’Université de
Moncton offre plus ou moins tous les programmes dont nous
avons besoin, mais je me demandais si les universités anglophones
offraient ce genre de programme.
Mr. Boudreau: The Commissioner of Official Languages’
hobby horse at this time is to encourage English-language
universities to make more room for the second language, for
these kids who have spent years learning French and who would
perhaps like to continue their post-secondary education in an
immersion context, or one in which French had its place. We
certainly support the commissioner’s initiative.
M. Boudreau : C’est le cheval de bataille du commissaire aux
langues officielles, en ce moment, d’encourager, justement, les
universités anglophones à faire plus de place à la langue seconde
pour ces jeunes qui ont passé plusieurs années de leur vie à
apprendre le français et qui voudraient peut-être continuer leur
apprentissage au niveau postsecondaire dans un contexte
d’immersion ou dans un contexte où on offre une place au
français. On appuie certainement l’initiative du commissaire aux
langues officielles.
At the same time, we must continuously motivate the young
anglophone and young immigrant. Almost all the kids who
learned French want to maintain it. One of the ways to do that is
to undertake post-secondary studies in French. Another is to
work in French, or to have a francophone spouse, et cetera.
However we have to give ourselves the means. Kids who have
learned French as a second language in a certain sense go through
the same thing as francophones trying to preserve their language.
I really appreciate your question, because, yes, post-secondary
education is part and parcel of the solution we need to strive for.
En même temps, il faut que le jeune anglophone ou le jeune
immigrant soit motivé à continuer. Presque tous les jeunes qui ont
appris le français veulent le maintenir. L’un des moyens qui le
permettront serait que les jeunes fassent leurs études
postsecondaires en français ou qu’ils s’assurent de travailler en
français ou d’avoir un conjoint francophone, et cetera.
Cependant, il faut se donner des moyens. Les jeunes qui ont
appris le français comme langue seconde vivent, dans une certaine
mesure, la même réalité que les francophones qui essaient de
maintenir leur français. Je suis bien content de votre question,
parce que, effectivement, le postsecondaire fait partie de toute
cette solution vers laquelle il faut se tourner.
The Chair: You made a very interesting recommendation. The
first one is to make the study of a second language mandatory in
the curriculum and to integrate it into the provincial and
territorial legislative framework so as to respect the
fundamental right of Canadian students. How many provinces
and territories have made second official language teaching
mandatory?
La présidente : Vous avez fait une recommandation très
intéressante; votre première recommandation vise à ce que
l’étude de la langue seconde fasse partie obligatoirement du
curriculum et qu’elle soit intégrée au cadre législatif des provinces
et des territoires afin de respecter un droit fondamental des élèves
canadiens. Combien de provinces et de territoires rendent
l’enseignement de la deuxième langue officielle obligatoire?
Mr. Boudreau: If I may. . . In most cases, the program is
mandatory in elementary school. In high school, you get a little
bit of everything. It can be one of many optional classes a student
can pick, but the student can choose physical education over
French. The course is not in itself compulsory, though it may be
part of a compulsory set.
M. Boudreau : Si je peux me permettre, dans la grande majorité
des cas, les programmes sont obligatoires à l’élémentaire. Au
secondaire, on retrouve à peu près toute la gamme. Il peut s’agir
d’un cours parmi de nombreuses options où l’élève doit choisir,
mais l’élève peut décider de faire de l’éducation physique et de ne
pas faire le français. Ce n’est pas un cours soi-disant obligatoire; il
fait peut-être partie d’un bloc obligatoire, mais il ne l’est pas.
In other cases, a French class is mandatory during the last
three years. To the student, this becomes an annoying obligation.
We believe that the legislative framework should carve out a place
for French in the whole of school programming, so that kids who
were used to having a French class in their day in elementary
school may continue to have one in high school. It would be
better if it were not presented as an obligation, because you have
to find something to plug a hole somewhere.
Dans d’autres cas, on exige un cours en français pendant les
trois dernières années. Pour l’élève, cela devient une obligation
agaçante. Nous croyons que le cadre législatif devrait donner une
place au français dans l’ensemble de la programmation scolaire de
sorte que le jeune qui, à l’élémentaire, est habitué de suivre un
cours de français dans sa journée puisse continuer à le suivre
lorsqu’il est au secondaire. Il vaudrait mieux que ce ne soit pas
présenté comme un genre d’obligation, parce qu’il faut trouver
quelque chose pour remplir un trou quelque part.
Ms. Woloschuk: I have spent my whole life in the world of high
school education. Subjects like biology, chemistry and math are
highly valued, whereas bilingualism — not so much. That is truly
a shame, because bilingualism is tied directly to a career, and to
Mme Woloschuk : J’ai passé toute ma vie dans le domaine de
l’enseignement au niveau secondaire. Les matières comme la
biologie, la chimie et les mathématiques sont très valorisées, alors
que le bilinguisme ne l’est pas autant. C’est vraiment dommage.
9:114
Official Languages
8-12-2014
the requirements of certain university programs, programs that
are highly prized by young people. There was a time when
programs requiring a second language were more common.
C’est pourtant directement lié aux carrières, aux exigences de
certains programmes d’universités, des programmes qui sont très
recherchés par les jeunes. Il y eut un temps où les programmes qui
exigeaient une langue seconde étaient plus courants.
I believe we will have to re-establish the value of a second
language in all of society. Right now — in my province at least,
where credits count — out of 300 grade 10 students, 50 will be in
immersion, and perhaps another 30 registered for basic French
classes. The other students will take classes that, in their view, will
lead them to university or to post-secondary educational
programs they wish to pursue.
Je crois qu’il faut revaloriser la langue seconde dans toute notre
société. Dans le moment — dans ma province, du moins, où les
crédits comptent —, sur 300 élèves de 10e année, il y en aura
une cinquantaine en immersion et peut-être une trentaine inscrits
aux cours de français de base. Les autres élèves suivent des cours
qui, d’après eux, les mèneront vers l’université ou dans les
programmes d’études postsecondaires qu’ils veulent suivre.
Mr. Boudreau: I too am from New Brunswick, and English
classes were compulsory until the end of high school. There was
no question about it. But then, how could one second language
now be more important than the other? One cannot help but
wonder.
M. Boudreau : Je viens aussi du Nouveau-Brunswick, et le
cours d’anglais était obligatoire jusqu’à la fin du secondaire. La
question ne se posait même pas. Alors pourquoi, tout à coup, une
langue seconde serait-elle plus importante que l’autre? On peut se
poser la question.
The Chair: In Alberta, I know there is no obligation to teach
French, not even in elementary. In British Columbia, there is a
curriculum requirement to learn a second language between the
fifth and eighth grades, but the choice of language is up to the
student. It could be Spanish, Mandarin, German or any other
language besides one of Canada’s official languages.
La présidente : En Alberta, je sais qu’il n’y a aucune obligation,
même pas au primaire, d’enseigner le français. Je crois qu’en
Colombie-Britannique, il y a une exigence liée à d’apprentissage
d’une langue seconde entre la cinquième et la huitième année,
mais c’est laissé au choix. On pourrait choisir l’espagnol, le
mandarin, l’allemand, ou n’importe quelle autre langue que l’une
des langues officielles du Canada.
Francophones are guaranteed, under section 23 of the
Canadian Charter of Rights and Freedoms, access to a French
school managed by francophones.
Les francophones ont une garantie, en vertu de l’article 23 de la
Charte canadienne des droits et libertés, d’avoir accès à une école
française gérée par des francophones.
As for anglophones who wish to have access to an immersion
program, for example, spaces are limited. I am thinking here of
British Columbia and Calgary, where in the past you had lineups.
Parents would wait hours on end to register their children,
because there was no room.
Quant aux anglophones qui désirent avoir accès, par exemple,
à un programme d’immersion, parfois, les places sont limitées. Je
songe à la Colombie-Britannique et à Calgary où, dans le passé, il
y avait des files d’attente; les parents attendaient durant des
heures pour inscrire leurs enfants, car il n’y avait pas de place.
Should anglophones who wish to learn French as a second
official language be given that same right?
Les anglophones qui veulent apprendre le français comme
deuxième langue officielle devraient-ils jouir de ce droit?
Ms. Woloschuk: Yes, absolutely.
Mme Woloschuk : Oui, absolument.
Mr. Boudreau: It should be part of an official languages
promotion strategy, to create support measures for provinces, and
eventually, school boards, to implement equitable programming
that makes it possible for all Canadians to learn a second
language.
M. Boudreau : Cela devrait faire partie d’une stratégie de
valorisation des langues officielles; faire en sorte de créer les
mesures pour appuyer les provinces et, éventuellement, les
conseils scolaires à mettre en place une programmation qui rend
équitable, pour tous les élèves canadiens, la possibilité
d’apprendre une langue seconde.
Ms. Woloschuk: You mentioned, a few minutes ago, that in
Alberta, should you wish to learn another language, priority
would not be given to French. It seems to me that simply learning
another language is the point there, and that has more to do with
the personal and individual desire to do so. At the CTF, we
believe that learning French outside of Quebec is part of our
country’s national identity. Learning French is something more
than simply learning another language for oneself. It is part of a
larger project that is essential for our country as a whole.
Mme Woloschuk : Vous avez mentionné, il y a quelques
minutes, que, s’il y avait la possibilité en Alberta d’apprendre
une autre langue, la priorité n’est pas accordée au français. Il me
semble que la perception est liée à l’apprentissage d’une autre
langue, et que c’est vraiment quelque chose d’individuel et de
personnel. À la FCE, on croit que l’apprentissage du français hors
Québec fait partie de l’identité nationale de notre pays. Ce n’est
pas seulement une question de vouloir apprendre le français à titre
d’intérêt personnel. Cela fait partie d’un projet plus grand qui est
important pour nous tous en tant que pays.
8-12-2014
Langues officielles
9:115
The Chair: What role do you see for the federal government?
La présidente : Que voyez-vous comme étant le rôle du
gouvernement fédéral?
Ms. Woloschuk: Promoting the teaching of French. Promoting
bilingualism in a major way across Canada. Dedicating resources
to support French as a second language programs outside of
Canada. I would also add implementing programs that will
support French-language learning for francophone minority
communities. I know it is not the topic we are studying today,
but it is part of the range of supports we would like to see.
Mme Woloschuk : Valoriser l’enseignement du français.
Valoriser, de façon importante, le bilinguisme au Canada.
Consacrer des ressources qui peuvent appuyer les programmes
de français langue seconde hors du Canada. Je dirais, aussi, la
mise en œuvre de programmes qui appuieraient l’apprentissage du
français pour les francophones en milieu minoritaire. Je sais que
ce n’est pas la question que nous étudions aujourd’hui, mais elle
fait partie de toute la gamme d’appuis qu’on aimerait voir se
réaliser.
Senator Fortin-Duplessis: Are there provinces and territories
that are doing better than others in this regard? You have the
opportunity to see what is happening everywhere in Canada.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Y a-t-il des provinces ou des
territoires qui performent mieux que d’autres? Vous avez la
chance de voir tout ce qui se passe au Canada.
Mr. Boudreau: Without basing myself on any studies, I would
suggest Prince Edward Island is a province where bilingualism is
highly valued because of tourism. That is a reason, and as I say,
there sometimes needs to be a reason. The provincial government
promotes bilingualism because tourism is important there.
Bilingual tourism is important. A large number of Quebec
families visit the island during the summer, and these people
expect to receive services in French. That has had an impact on
second-language immersion programs, and on first-language
French programs in P.E.I., since there is such a compelling
reason to encourage people to commit to it. So without any
figures or studies to support my assertion, I would say P.E.I. is
doing well.
M. Boudreau : J’avancerais, et ce, sans me fonder sur des
études, que l’Île-du-Prince-Édouard est une province où on
valorise énormément le bilinguisme à cause du tourisme. Il y a
une raison, comme je dis qu’il faut parfois avoir des raisons.
Cependant, à l’Île-du-Prince-Édouard, il y en a une. Le
gouvernement provincial valorise le bilinguisme, car le tourisme
est important. Le tourisme bilingue est important. Un grand
nombre de familles québécoises visitent l’Île-du-Prince-Édouard
durant l’été, et ces gens s’attendent à recevoir des services en
français. Cela a eu un impact sur les programmes d’immersion de
langue seconde, de français langue maternelle à l’Île-du-PrinceÉdouard, car il y a vraiment une raison pour laquelle on
encourage la population à s’engager dans cette voie. J’avancerai
donc que l’Île-du-Prince-Édouard performe bien, sans chiffres et
sans études à l’appui.
In fact, when I am in Charlottetown, it is not uncommon to be
served in French in a restaurant by a young person who learned
the language. It happened to me just last week. The young person
waiting on us began speaking to me in French as soon as I spoke
it. That is what we want. We want to be respected in our own
language.
De fait, quand je suis à Charlottetown, il n’est pas rare, dans
un restaurant, de se faire servir en français par une jeune personne
qui a appris le français. Cela m’est arrivé la semaine dernière. La
personne qui a fait le service s’est mise à me parler en français dès
que je l’ai abordée en français. C’est ce que nous souhaitons.
Nous souhaitons être respectés dans notre langue.
Senator Fortin-Duplessis: As for the Territories — since there
are a lot of francophones who have gone to settle there — do they
have access to the same services as the other provinces? I was told
that French was taught there. Do you know anything about that?
La sénatrice Fortin-Duplessis : En ce qui concerne les territoires
— car il y a beaucoup de francophones qui sont allés s’y établir
—, ont-ils accès aux mêmes services que dans les autres provinces?
On m’avait dit que le français y était enseigné. Est-ce que vous le
savez?
Ms. Woloschuk: Yes, there are immersion schools in Iqaluit, in
Nunavut. There are schools in Yellowknife, in the Northwest
Territories, and there is a school in both Whitehorse and Hay
River, in the Yukon. In tiny communities I know in
Saskatchewan, groups of parents have come together to ask
their school board for an immersion program so that their
children may learn French. If the group is sufficiently large, the
school board is compelled to create one.
Mme Woloschuk : Oui, il y a des écoles d’immersion à Iqaluit,
au Nunavut. Il y a des écoles à Yellowknife, dans les Territoires
du Nord-Ouest, et il y a une école à Whitehorse et à Hay River, au
Yukon. Dans de toutes petites collectivités que je connais, en
Saskatchewan, un groupe de parents se sont mis ensemble pour
demander à leur conseil scolaire que leurs enfants puissent
apprendre le français dans le cadre d’un programme d’immersion.
Si le groupement est assez important, le conseil scolaire est obligé
de créer un programme.
9:116
Official Languages
8-12-2014
The Chair: You have focused immensely on culture, on
the knowledge of French-Canadian culture, and on the
understanding of that culture as well. What role could exchange
programs play in supporting young people in their learning?
La présidente : Vous avez accordé beaucoup d’importance à la
culture, à la connaissance de la culture canadienne-française et à
la compréhension de cette culture également. Quel rôle les
programmes d’échange peuvent-ils jouer pour les jeunes afin de
les appuyer dans leur apprentissage?
Mr. Boudreau: I have a personal example. I would not be
bilingual today had I not, at age 16, travelled on an exchange trip
to western Canada. That is clear. I come from a very francophone
area of New Brunswick, where there is little contact with English.
The exchange trip suddenly opened up a whole new world to me. I
am convinced that is what convinced me to learn English enough
to become bilingual.
M. Boudreau : J’ai un exemple personnel. Je ne serais pas
bilingue si je n’avais pas vécu, à 16 ans, un voyage-échange dans
l’Ouest. C’est clair. Je viens d’un coin très francophone du
Nouveau-Brunswick, où on avait peu de contacts avec l’anglais.
Le voyage-échange a fait en sorte que, tout à coup, je me suis
ouvert à tout un autre monde. Je suis sûr que c’est ce qui fait que
je me suis intéressé à l’anglais au point de devenir bilingue.
And I am just as convinced that the same is true for a young
anglophone taking part in an exchange trip to a francophone
community, and discovering a slice of Canadian life that they
would otherwise be unaware of.
Je suis persuadé que cela a un impact semblable chez un jeune
anglophone qui vit la même chose dans la relation inverse, en
faisant un échange dans une collectivité francophone et en
découvrant les éléments de ce volet de la vie au Canada que,
autrement, il ne connaîtrait pas.
I taught immersion in summer programs, and I still have
friends from those years when they had the opportunity to rub
shoulders with the francophonie. I will say it again: you do not
learn a language without having a reason to live in it. That is
crucial. We have to create all sorts of opportunities in which to do
that, through exchanges or what have you, but also through a
bilingualism promotion strategy throughout Canada.
J’ai été enseignant d’immersion dans les programmes d’été, et
j’ai encore des amis que j’ai rencontrés à cette époque où ils
avaient l’occasion de côtoyer la francophonie. Encore une fois, on
n’apprend pas une langue sans avoir une raison de la vivre. C’est
fondamental. Il faut trouver toutes sortes d’occasions de le faire,
que ce soit dans le cadre d’échanges, mais, certainement, dans le
cadre d’une stratégie de valorisation du bilinguisme au Canada.
The Chair: I wish to thank you very sincerely on behalf of the
committee for having shared your personal stories and your
expertise with the members here. I know your brief and your
recommendations will be very useful and relevant to our
committee’s work. Once more, thank you very much.
La présidente : Je tiens à vous remercier très sincèrement, au
nom du comité, d’avoir partagé vos expériences personnelles et
votre expertise avec les membres du comité. Je sais que votre
mémoire et vos recommandations seront très utiles et pertinents
pour les travaux du comité. Encore une fois, je vous présente tous
mes remerciements.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, December 8, 2014
OTTAWA, le lundi 8 décembre 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5 p.m., to continue its study of Bill S-205, An Act to
amend the Official Languages Act (communications with and
services to the public).
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour poursuivre son étude du projet de
loi S-205, Loi modifiant la Loi sur les langues officielles
(communications et services destinés au public).
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
[Translation]
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, I now call this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages to order.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare cette séance du
Comité sénatorial permanent des langues officielles ouverte.
I am Senator Claudette Tardif from Alberta, and I am the
committee chair. Before we get started, I would ask the senators
to introduce themselves.
Je suis la sénatrice Claudette Tardif, de l’Alberta, et la
présidente de ce comité. Avant de commencer, j’inviterais les
sénateurs à se présenter.
Senator Mockler: Percy Mockler from New Brunswick.
Senator Seidman: Judith Seidman from Montreal, Quebec.
Senator Fortin-Duplessis: Suzanne Fortin-Duplessis from
Quebec City.
Le sénateur Mockler : Percy Mockler, sénateur du NouveauBrunswick.
La sénatrice Seidman : Judith Seidman, de Montréal, Québec.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Suzanne Fortin-Duplessis, de
Québec.
8-12-2014
Langues officielles
Senator McIntyre: Paul McIntyre, a senator from New
Brunswick.
Senator Maltais: Ghislain Maltais from Quebec.
Senator Charette-Poulin: Good afternoon. My name is Marie
Poulin, and I am from northern Ontario.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
9:117
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, sénateur du NouveauBrunswick.
Le sénateur Maltais : Ghislain Maltais, du Québec.
La sénatrice Charette-Poulin : Bonsoir. Marie Poulin, du Nord
de l’Ontario.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
The Chair: Today, we are studying Bill S-205, An Act to
amend the Official Languages Act (communications with and
services to the public), sponsored by Senator Chaput. The
purpose of our meeting today is to gain a better understanding
of the difference between the variables currently used to calculate
significant demand and those proposed in the bill.
La présidente : Aujourd’hui, nous étudions le projet de
loi S-205, Loi modifiant la Loi sur les langues officielles
(communications et services destinés au public), parrainé par
la sénatrice Chaput. Le but de cette réunion est de mieux
comprendre la différence entre les variables qui sont présentement
utilisées pour le calcul de la demande importante et celles qui sont
proposées dans le projet de loi.
To help us today, we have two witnesses. It is a pleasure to
have both of you here. Jean-Pierre Corbeil is the Assistant
Director of the Social and Aboriginal Statistics Division at
Statistics Canada. He is joined by the Director of the Social and
Aboriginal Statistics Division, François Nault.
Pour nous aider, nous avons invité deux témoins aujourd’hui.
C’est avec grand plaisir que je vous souhaite la bienvenue.
M. Jean-Pierre Corbeil est directeur adjoint de la Division de la
statistique sociale et autochtone à Statistique Canada. Il est
accompagné de M. François Nault, directeur de la Division de la
statistique sociale et autochtone.
I will now turn the floor over to Mr. Corbeil. My
understanding is that Mr. Nault is here to provide support and
assist you in answering questions. Following your presentation,
the senators will ask you questions.
Je cède la parole à M. Corbeil. Monsieur Corbeil, si je
comprends bien, M. Nault est là pour vous appuyer et pour
répondre aux questions. Après votre présentation, les sénateurs
auront des questions à vous poser.
Jean-Pierre Corbeil, Assistant Director, Social and Aboriginal
Statistics Division, Statistics Canada: I would like to thank the
committee members for inviting Statistics Canada to appear
before the committee to inform its discussion on Bill S-205.
Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint, Division de la statistique
sociale et autochtone, Statistique Canada : Je remercie les membres
du comité d’avoir invité Statistique Canada à comparaître
devant eux afin de nourrir leur réflexion sur l’étude du projet de
loi S-205.
I will begin by providing some background on the concept of
the first official language spoken. Statistics Canada began
publishing population estimates based on the first official
language spoken variable in 1989. I will then discuss how the
country’s linguistic landscape has changed and how Canada’s
census took into account the demand for new statistical data to
enhance our knowledge of the situation facing official language
minority communities, in particular.
Je présenterai d’abord de l’information sur l’historique de la
notion de première langue officielle parlée dont les premières
estimations de population à partir de cette variable ont été
publiées par Statistique Canada en 1989. Dans un deuxième
temps, je présenterai de l’information sur l’évolution de la
situation linguistique au pays et sur la façon dont le
recensement canadien a pris en compte les nouveaux besoins de
données statistiques permettant d’approfondir notre
compréhension du sujet, en particulier la situation des minorités
de langue officielle.
The need for the federal government to measure the demand to
provide services to Canadians in each of the country’s official
languages emerged in the mid-1980s, with the significant upsurge
in international immigration. A growing wave of immigrants
whose mother tongue was neither English nor French were
arriving from non-European countries. The longer they stayed in
Canada, the more likely they became to speak English or French
at home or work, and less than 2 per cent of Canada’s population
reported being unable to speak either English or French. As a
result, numerous stakeholders and data users began to wonder
about how to obtain estimates on the first official language of
these individuals.
La nécessité d’estimer l’ampleur de la demande potentielle de
services à la population dans l’une ou l’autre des deux langues
officielles du pays par le gouvernement fédéral est apparue dans le
contexte de la poussée importante de l’immigration internationale
à partir du milieu des années 1980, une immigration de plus en
plus originaire des pays non européens et très majoritairement de
langue maternelle autre que le français ou l’anglais. Ces
immigrants, au fur et à mesure que se prolonge leur durée de
résidence au Canada, ont tendance à utiliser le français ou
l’anglais à la maison ou au travail, et moins de 2 p. 100 de la
population canadienne déclare ne connaître ni le français ni
l’anglais. C’est donc pourquoi nombre d’intervenants et
d’utilisateurs de données ont alors commencé à s’interroger sur
la façon d’estimer la première langue officielle de ces individus.
9:118
Official Languages
8-12-2014
Underlying this effort was section 20 of the Canadian Charter
of Rights and Freedoms, which stipulates that ‘‘[a]ny member of
the public in Canada has the right to communicate with, and to
receive available services from, any head or central office of an
institution of the Parliament or government of Canada in English
or French. . . . where (a) there is a significant demand for
communications with and services from that office in such
language.’’ With respect to measuring significant demand,
section 32(2) of the 1988 Official Languages Act indicates that
the government may take into account ‘‘the number of persons
composing the English or French linguistic minority population
of the area served by an office or facility, the particular
characteristics of the population and the proportion of the
population to the total population of that area.’’
Cette démarche s’appuyait notamment sur le fait que
l’article 20 de la Charte canadienne des droits et libertés précise
que « le public a, au Canada, droit à l’emploi du français ou de
l’anglais pour communiquer avec le siège de l’administration
centrale des institutions du Parlement ou du gouvernement du
Canada ou pour en recevoir les services [...] là où l’emploi du
français ou de l’anglais fait l’objet d’une demande importante ».
Pour estimer cette demande importante, la Loi sur les langues
officielles de 1988 précise, à l’article 32(2), que le gouvernement
peut tenir compte « de la population de la minorité francophone
ou anglophone de la région desservie, de la spécificité de cette
minorité et de la proportion que celle-ci représente par rapport à
la population totale de cette région ».
The 1986 census made it possible to disseminate numerous
language statistics illustrating various facets of the demolinguistic
reality, such as language transfers and English-French
bilingualism by language group. Nevertheless, some users were
interested in obtaining population estimates for both Englishspeaking and French-speaking Canadians. They sought a fuller
picture of the demolinguistic landscape, more complete profiles of
anglophone and francophone communities, and a measure of the
demand for services in each official language.
Bien que le recensement de 1986 rendait possible la diffusion de
nombreuses statistiques linguistiques permettant de décrire
différentes facettes de la réalité démolinguistique, notamment les
transferts linguistiques ou le bilinguisme français-anglais selon le
groupe linguistique, certains utilisateurs souhaitaient obtenir une
estimation du nombre de Canadiens d’expression anglaise et de
l’effectif des Canadiens d’expression française pour pouvoir
enrichir la description de la situation démolinguistique,
compléter le profil des collectivités anglophones et francophones
ou évaluer la demande des services dans chacune des langues
officielles.
Statistics Canada established the ‘‘first official language
spoken’’ variable in 1989, at the request of the federal
government, specifically, Treasury Board. Statistics Canada
then proposed two options, method I and method II, to obtain
estimates of the first official language spoken by Canadians.
Although both methods were based on a variety of assumptions,
they were distinguished by the order of importance given to the
three 1986 census variables.
La « variable » de première langue officielle parlée a été
développée par Statistique Canada en 1989 à la demande du
gouvernement fédéral, du Conseil du Trésor en particulier.
Statistique Canada avait alors proposé deux méthodes, soit la
méthode I et la méthode II, pour estimer la première langue
officielle parlée des Canadiens, méthodes qui reposaient sur
diverses hypothèses et qui se distinguaient selon l’ordre dans
lequel les trois variables présentes dans le recensement de 1986
étaient prises en compte.
In December 1991, the federal government adopted method
I in the Official Languages Regulations, governing
communications with and services to the public.
C’est la méthode I qui a été adoptée par le gouvernement
fédéral dans le Règlement sur les langues officielles —
communications avec le public et prestation des services, en
décembre 1991.
The Chair: Sorry, Mr. Corbeil, but would you mind slowing
down a bit? I am being told that the interpreters are having some
trouble keeping up.
La présidente : Pardon, monsieur Corbeil. Est-ce qu’on
pourrait vous demander de ralentir un peu? On me dit que les
traducteurs ont un peu de difficulté.
Mr. Corbeil: My apologies. Section 2 of the regulations
describes the method used to determine the first official
language spoken, which gives consideration, firstly, to
knowledge of the official languages, secondly, to mother
tongue, and thirdly, to language spoken most frequently in the
home.
M. Corbeil : Pardon, je m’excuse. À l’article 2 de ce règlement,
on y décrit la méthode utilisée pour déterminer « la première
langue officielle parlée », laquelle tient compte, premièrement et
successivement, de la connaissance des langues officielles,
deuxièmement, de la langue maternelle, et troisièmement, de la
langue parlée le plus souvent à la maison.
The notion of first official language spoken comprises two
specific dimensions. On the one hand, the epithet ‘‘spoken’’ refers
to the ability to carry on a conversation in the first language in
question. That means that the approximately 75,000 people whose
mother tongue was French and who lived in a province or
territory outside Quebec in 2011 reported being unable to carry
J’aimerais rappeler que la notion de première langue officielle
parlée comprend deux dimensions spécifiques. D’une part,
l’épithète « parlée » signifie qu’une personne doit pouvoir
soutenir une conversation dans la première langue assignée. En
d’autres termes, cela signifie que les quelque 75 000 personnes de
langue maternelle française qui habitaient dans une province ou
8-12-2014
Langues officielles
9:119
on a conversation in French, and were therefore not counted as
part of the population whose first official language spoken was
French.
un territoire à l’extérieur du Québec en 2011, qui ont déclaré ne
pas pouvoir soutenir une conversation en français, ne sont pas
comptabilisées dans l’effectif de la population dont le français est
la première langue officielle parlée.
On the other hand, the adjective ‘‘first’’ has two distinct
meanings. It designates the first language learned in childhood, or
what we call the mother tongue. Among people whose mother
tongue is neither English nor French, the term first official
language instead designates their primary official language, the
one that they know best at the time of the census or the one
spoken most often at home.
D’autre part, le qualificatif « première » revêt deux
significations différentes. Il désigne d’abord la langue apprise en
premier lieu dans la petite enfance, ce qu’on appelle la langue
maternelle. Chez les personnes n’ayant pas le français ou l’anglais
comme langue maternelle, il désigne plutôt, au sens de principale,
la langue officielle la mieux connue au moment du recensement ou
celle parlée le plus souvent à la maison.
In Canada, the term ‘‘first official language spoken’’ gained
widespread use in the study of the situation of official language
minority communities. In order to determine a person’s
membership in a given language group and that group’s status
in the various domains of the public sphere, the approach that
relied on the mother tongue variable increasingly gave way to the
more inclusive approach based on the first official language
spoken variable.
Au Canada, l’utilisation de la notion de « première langue
officielle parlée » s’est répandue dans l’étude de la situation des
minorités de langue officielle. Pour déterminer l’appartenance à
un groupe linguistique donné et la situation de ce groupe dans
divers domaines de la sphère publique, on a de plus en plus
remplacé l’approche centrée sur le critère de la langue maternelle
par celle, plus inclusive, qui utilise la première langue officielle
parlée.
[English]
[Traduction]
While the 1986 census had three language questions used to
derive the notion of first language spoken, three additional
questions have been added to recent censuses. Starting in 2001, a
new question on the other languages spoken on a regular basis at
home, other than the one spoken most often, has been asked in
the last three censuses.
Alors que le recensement de 1986 comportait trois questions
linguistiques qui ont servi à dériver la notion de première langue
officielle parlée, trois nouvelles questions ont été ajoutées dans les
recensements récents. Depuis 2001, une question complémentaire
sur les langues parlées de façon régulière à la maison, autres que
celle parlée le plus souvent, a été posée lors des trois derniers
recensements.
This question was added in response to requests from many
institutional and community stakeholders who believed that
though a mother tongue is not identified as being spoken most
often at home, it does not mean that it is not spoken at all.
Cet ajout visait à répondre aux demandes de nombreux
intervenants institutionnels et communautaires, pour qui
l’absence de mention de la langue maternelle comme langue
parlée le plus souvent à la maison ne signifie pas nécessairement
que cette langue n’est pas du tout parlée à la maison.
In this sense, the new information helped to distinguish
between, for example, the predominant use of English at home
and the French mother tongue being abandoned. The same thing
goes for other languages. Furthermore, a two-part question on
the language of work has been asked of Canadians in the 2001
and 2006 censuses and in the 2011 National Household Survey.
En ce sens, cette nouvelle information permettait d’éviter de
confondre, par exemple, l’usage prédominant de l’anglais à la
maison avec l’abandon du français langue maternelle. Il en va de
même pour ce qui est des autres langues. De plus, dans les
recensements de 2001 et 2006 et dans l’Enquête nationale auprès
des ménages de 2011, une question à deux volets sur la langue de
travail a été posée aux Canadiens.
What makes the data collected from this question unique is
that they cover the use of languages in the workplace, a key space
in the public sphere. However, we do not have information on the
language practices outside the home of the unemployed and those
not of working age.
La particularité des données recueillies à partir de cette
question est qu’elles portent sur l’utilisation des langues dans un
espace clé de la sphère publique, soit celui du milieu de travail. On
ne dispose cependant pas d’information sur les pratiques
linguistiques hors du foyer des personnes n’occupant pas un
emploi, ainsi que de celles qui ne sont pas en âge de travailler.
Following the 2006 census, and with the support of around
10 federal departments and agencies, Statistics Canada conducted
a large-scale survey on the vitality of official language minorities.
Thanks to this survey, important information was collected on the
link between the first official language spoken and the primary
À la suite du recensement de 2006 et grâce à l’appui d’une
dizaine de ministères et d’agences du gouvernement fédéral,
Statistique Canada a mené une enquête d’envergure sur la vitalité
des minorités de langue officielle. Cette enquête a notamment
permis de recueillir de l’information importante sur le lien entre la
9:120
Official Languages
8-12-2014
language or the one in which a person is most at ease speaking.
The results show that in Quebec the first official language spoken
was almost always the language in which one feels more at ease
speaking.
première langue officielle parlée et la langue principale, c’est-àdire celle dans laquelle on est le plus à l’aise pour parler. Les
résultats ont révélé qu’au Québec, la première langue officielle
parlée correspondait presque toujours à la langue dans laquelle on
est le plus à l’aise pour parler.
Outside Quebec, however, the relationship between the main
language and the first official language spoken varied widely. For
example, 83 per cent of adults in New Brunswick whose first
official language spoken is French reported being more at ease in
French, while 7 per cent reported being equally at ease in French
and in English. Conversely, 67 per cent of adults in Saskatchewan
whose first official language spoken was French, reported being
more at ease speaking English.
À l’extérieur du Québec, cependant, le lien entre la langue
principale et la première langue officielle parlée variait
grandement. Par exemple, les adultes du Nouveau-Brunswick
dont le français est la première langue officielle parlée ont déclaré
être plus à l’aise en français dans une proportion de 83 p. 100,
alors que 7 p. 100 ont déclaré être autant à l’aise en français qu’en
anglais. À l’opposé, parmi les adultes de la Saskatchewan ayant le
français comme première langue officielle parlée, 67 p. 100 ont
déclaré être plus à l’aise en anglais pour parler.
In 2006, in the provinces and territories outside Quebec, close
to one in three adults whose first official language spoken is
French reported being more at ease speaking English than
French. Therefore, francophones who live in a highly minority
language environment are more likely to use English and feel
more at ease speaking that language.
En 2006, dans les provinces et territoires hors Québec, c’est
près d’un adulte sur trois ayant le français comme première
langue officielle parlée qui déclarait être plus à l’aise en anglais
qu’en français pour parler. Ainsi, les francophones vivant dans un
environnement où leur langue est fortement minoritaire sont plus
susceptibles d’utiliser l’anglais et de se sentir plus à l’aise
d’employer cette langue.
[Translation]
[Français]
Simply because a person’s first official language spoken is
English or French, it does not necessarily mean that the language
is spoken at home. For instance, of the population outside
Quebec whose first official language spoken was French in 2011,
more than 20 per cent, or 193,000 people, reported that they did
not speak French most often or on a regular basis at home.
Le fait d’avoir le français ou l’anglais comme première langue
officielle parlée ne signifie pas nécessairement que cette langue
est parlée à la maison. Par exemple, parmi l’ensemble de la
population ayant le français comme première langue officielle
parlée à l’extérieur du Québec, en 2011, plus de 20 p. 100
déclaraient ne parler le français ni le plus souvent ni de façon
régulière à la maison, soit 193 000 personnes.
Of those who had both English and French as their first official
language spoken, 122,000 people, nearly 70 per cent used French
as a second language in the home, as opposed to a dominant one.
Chez les personnes qui se voient attribuer à la fois le français
et l’anglais comme première langue officielle parlée, soit
122 000 personnes, près de 70 p. 100 ne parlaient pas le français
tant comme langue prédominante que comme langue secondaire à
la maison.
It is worth noting that, among the population of workers
outside Quebec with French as their first official language spoken,
nearly 17 per cent, or just under 100,000 people, reported not
speaking or using French at home or at work.
Mentionnons, par ailleurs, que, parmi l’ensemble des
travailleurs ayant le français comme première langue officielle
parlée à l’extérieur du Québec, près de 17 p. 100 ont déclaré ne
parler ou n’utiliser le français ni à la maison ni au travail, soit un
peu moins de 100 000 personnes.
French may be spoken at home even when English is the
first official language spoken. Of the population outside Quebec
with English as their first official language spoken, more than
42,000 people spoke French at home either most often or just as
often as English, and 254,000 reported speaking French on a
regular basis at home in addition to the language spoken most
often.
Le français peut être parlé à la maison même si l’anglais est la
première langue officielle parlée. Ainsi, parmi la population ayant
l’anglais comme première langue officielle parlée à l’extérieur du
Québec, plus de 42 000 personnes parlent le français, soit le plus
souvent soit à égalité avec l’anglais, et 254 000 personnes parlent
le français de façon régulière à la maison en plus de la langue
qu’elles parlent le plus souvent.
In the case of the population with English as their first official
language spoken, speaking French most often or regularly at
home generally corresponds to the fact that more and more
francophones outside Quebec live in a household made up of an
exogamous couple, meaning that the spouses have different
mother tongues. For instance, of the population outside Quebec
Notons que, dans le cas de la population dont l’anglais est la
première langue officielle parlée, le fait de parler le français à la
maison le plus souvent ou régulièrement traduit notamment le fait
que les francophones à l’extérieur du Québec vivent de plus en
plus dans un ménage composé d’un couple exogame, c’est-à-dire
où les deux conjoints n’ont pas la même langue maternelle. Par
8-12-2014
Langues officielles
9:121
who reported having English as their mother tongue and who
live in an English-French exogamous couple household, nearly
50,000 people reported speaking French most often or regularly,
in addition to English, at home, in 2011.
exemple, près de 50 000 personnes résidant au Canada hors
Québec ayant déclaré avoir l’anglais comme langue maternelle et
vivant au sein d’un ménage composé d’un couple exogame
français-anglais ont déclaré parler le français le plus souvent ou
régulièrement, en plus de l’anglais à la maison, en 2011.
According to the 2006 Survey on the Vitality of Official
Language Minorities, a portion of generally English-speaking
young people outside Quebec who participated in a French
immersion program were also likely to speak French, at least on
a regular basis, at home. During the 2012-13 school year,
373,000 young people were in a French immersion program at
a French-language school outside Quebec.
Mentionnons également que selon les résultats de l’Enquête sur
la vitalité des minorités de langue officielle de 2006, une part des
jeunes fréquentant un programme d’immersion en français à
l’extérieur du Québec, bien qu’étant généralement de langue
anglaise, tendent également à parler le français, au moins de façon
régulière, à la maison. Rappelons qu’au cours de l’année scolaire
2012-2013, 373 000 jeunes fréquentaient un programme
d’immersion en français au sein d’une école française à
l’extérieur du Québec.
In conclusion, Statistics Canada provides data to its federal
government partners in their implementation of the Official
Languages Regulations. Bear in mind, however, that the method
used to obtain that data and estimate the anglophone and
francophone minority populations was adopted in 1991 on the
basis of 1986 census data.
En conclusion, permettez-moi de rappeler que les données
fournies par Statistique Canada à ses partenaires du
gouvernement fédéral pour l’application du Règlement sur les
langues officielles reposent sur une méthode d’estimation de la
population de la minorité francophone ou anglophone adoptée en
1991 à partir des données disponibles dans le recensement de
1986.
Statistics Canada has made every effort to deliver high-quality
data. Today, Canadians have access to other pieces of statistical
information, which have been added since 2001 to enhance our
understanding of the country’s language dynamics and reflect the
diversity and complexity of those dynamics.
Statistique Canada a tout mis en œuvre afin que les données
fournies soient de grande qualité. Les Canadiens disposent
aujourd’hui d’autres informations statistiques qui ont été
ajoutées depuis 2001 et qui permettent d’enrichir notre
compréhension des dynamiques linguistiques au pays et de
rendre compte tant de leur diversité que de leur complexité.
Lastly, at the request of the committee, you have a table and a
graph that provide comparisons based on 2011 census data. They
show the numbers and percentages of the official language
minority population by first official language spoken and
knowledge of official languages, for each province and territory.
Finalement, à la demande des membres du comité, vous avez
en votre possession un tableau et un graphique qui permettent de
comparer, à partir des données du Recensement de 2011, les
statistiques, en effectifs et pourcentages, qui portent sur la
première langue officielle parlée, et celles qui portent sur la
connaissance de la langue officielle minoritaire pour chacune des
provinces et chacun des territoires.
I would now be pleased to answer any questions you may have
on anything I have said. Thank you.
C’est avec plaisir que je répondrai à vos questions sur ce sujet et
sur le contenu de mon allocution. Je vous remercie.
The Chair: Thank you kindly, Mr. Corbeil. We will now start
the round of questions with Senator Fortin-Duplessis, the
committee’s deputy chair.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur Corbeil. Nous
passerons maintenant à la période des questions avec la
sénatrice Fortin-Duplessis, vice-présidente du comité.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you, Madam Chair. First of
all, welcome. It is always a pleasure to have you here.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci beaucoup, madame la
présidente. En tout premier lieu, soyez les bienvenus. C’est
toujours un plaisir de vous recevoir.
Part IV of the Official Languages Act concerns
communications with and services to the public. Could you
elaborate on what the census data reveal about the linguistic and
cultural assimilation of the communities? I would also like to
know how you define assimilation, statistically speaking.
La partie IV de la Loi sur les langues officielles porte sur les
communications et les services destinés au public. Pourriez-vous
nous dire davantage ce que révèlent les données de recensement en
ce qui concerne l’assimilation linguistique et culturelle des
communautés? J’aimerais également savoir comment vous
définissez l’assimilation en termes statistiques.
9:122
Official Languages
8-12-2014
Mr. Corbeil: Thank you for your question. For a variety of
reasons, Statistics Canada has always tried not to refer to
assimilation, because the data available over the years gave us
information on language practices in very specific contexts.
M. Corbeil : Merci de votre question. Statistique Canada a
toujours, pour toutes sortes de raisons, essayé d’éviter de parler
d’assimilation, parce que les données qui étaient disponibles au fil
du temps nous donnaient de l’information sur les pratiques
linguistiques dans des contextes bien précis.
For example, we know that there are Canadians outside
Quebec who, despite not speaking French most often at home, do
use it regularly outside the home. The question is this. At what
point do we consider a person to be assimilated?
Par exemple, on sait qu’il y a des Canadiens à l’extérieur du
Québec qui ne parlent pas le français le plus souvent à la maison,
mais qui peuvent l’utiliser de façon régulière à l’extérieur. La
question est la suivante. À partir de quel moment mentionne-t-on
qu’une personne est assimilée?
For a long time, the available data compared the language
spoken most often at home with the mother tongue, and that is
why the notion of substitution or language transfer was used.
Longtemps, les statistiques qui étaient disponibles comparaient
la langue parlée le plus souvent à la maison avec la langue
maternelle, et c’est la raison pour laquelle on utilisait la notion de
substitution ou de transfert linguistique.
That being said, at one point, we did also refer to the notion of
anglicization, which designates the phenomenon of English
occupying a growing place in daily life.
Cela dit, on a aussi, à un certain moment, utilisé la notion
d’anglicisation, l’anglicisation désignant le fait d’avoir l’anglais
qui occupe de plus en plus de place dans le quotidien.
I would say that the 2006 Survey on the Vitality of Official
Language Minorities, to the extent that it refers to a person’s
being more at ease in English than in French outside Quebec,
certainly addresses what can be called anglicization, where
English really becomes the main language.
Je vous dirais que l’enquête de 2006 sur la vitalité des minorités
de langue officielle, dans la mesure où elle mentionne le fait
qu’une personne est plus à l’aise en anglais qu’en français à
l’extérieur du Québec, témoigne certainement de ce qu’on peut
appeler l’anglicisation, puisque l’anglais devient vraiment la
langue principale.
Now, as for cultural or linguistic assimilation, we have often
used the term ‘‘vitality’’ as opposed to the term ‘‘assimilation.’’
For instance, certain communities in Canada have significantly
less institutional vitality than other communities; that
institutional vitality is characterized by the number of
institutions providing service in the minority language.
Therefore, as soon as a person begins to function essentially in
English outside Quebec, we can refer to anglicization or poor
linguistic or cultural vitality.
Maintenant, en ce qui a trait à l’assimilation culturelle ou
linguistique, on a parfois eu recours au terme « vitalité » plutôt
qu’au terme « assimilation ». Il y a différentes communautés au
Canada, dont la vitalité institutionnelle, par exemple, désignée par
le nombre d’institutions qui offrent des services dans la langue
minoritaire, est beaucoup moins importante que dans d’autres
communautés. Donc, il est clair qu’à partir du moment où une
personne fonctionne essentiellement en anglais à l’extérieur du
Québec, on peut parler d’anglicisation ou d’une faible vitalité
linguistique ou culturelle.
Senator Fortin-Duplessis: Could you elaborate on how
institutional vitality could be defined?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Pouvez-vous nous en dire plus
sur la façon dont on peut définir la vitalité institutionnelle?
Mr. Corbeil: The scientific literature provides a huge number
of possible definitions, and assigning a definition to the concept
has never been straightforward.
M. Corbeil : Dans la littérature scientifique, il y a énormément
de définitions possibles, et c’est un concept qui n’a jamais été très
simple à définir.
The first scientists to use the term were basically psychology
researchers, social psychologists, and they used different variables
to describe institutional vitality. Vitality stems from the fact that
the language has status, that the community in question enjoys a
certain degree of prestige in its interactions with other groups.
Demographics come into play. Bear in mind that a community’s
vitality is measured not just objectively — in terms of numbers
and demographic considerations — but also subjectively. In the
1970s and 1980s, many researchers showed that the way people
were perceived and portrayed within a community could be just as
important with regard to language behaviours as general
demographic factors.
Parmi les premiers scientifiques qui ont utilisé cette notion, qui
étaient essentiellement des chercheurs de psychologie, des
psychologues sociaux, ceux-ci ont utilisé différentes variables
pour parler de la vitalité institutionnelle. Ce qui témoigne d’une
vitalité est le fait que la langue a un statut, que les communautés
ont un certain prestige dans un contexte de rapports intergroupes.
Il y a la question de la démographie. Il faut savoir que la vitalité
d’une communauté se mesure en termes objectifs, de nombre et de
démographie, mais aussi en termes subjectifs. Il y a beaucoup de
chercheurs dans les années 1970 et 1980 qui ont démontré que la
perception et les représentations que les gens avaient au sein
d’une communauté pouvaient être aussi importantes sur les
comportements linguistiques que la démographie en général.
8-12-2014
Langues officielles
9:123
So the concept is polysemous, with a variety of facets, and no
researcher has managed to establish a simple definition. For
instance, a French sociologist, by the name of Bourdieu, used the
notion of capital. So communities would have demographic
capital, meaning a sufficient number or proportion of members.
He also talked about cultural capital, which takes into
consideration the presence of media, teaching institutions,
cultural institutions and so forth.
C’est donc un concept polysémique, qui a différentes
dimensions, et il n’y a pas un chercheur qui est arrivé à arrêter
une définition très simple. Par exemple, Bourdieu, le sociologue
français, utilisait la notion de capital. Il y a donc des
communautés qui disposent d’un capital démographique, donc
d’un nombre suffisant, d’une proportion suffisante dans leur
communauté. Il y a un capital culturel, où on se demande s’il y a
beaucoup de médias, s’il y a des institutions qui fournissent des
services d’enseignement, des institutions de nature à transmettre
la culture.
All of those facets make up vitality. It is a very broad concept,
and that is one of the reasons why, when the initial results of
Statistics Canada’s 2006 Survey on the Vitality of Official
Language Minorities were published, we avoided assigning a
very specific definition to the concept. It is very broad and
complex.
Ce sont toutes ces dimensions qui nous permettent de parler de
vitalité. Cependant, c’est un concept très large. C’est l’une des
raisons pour lesquelles, lors de la diffusion de 2006 des premiers
résultats de l’enquête de Statistique Canada sur la vitalité des
minorités de langue officielle au Canada, on a évité de donner une
définition bien précise de ce concept; c’est un concept très large et
complexe.
Senator Fortin-Duplessis: But you still have an idea?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Mais vous aviez quand même
une idée?
Mr. Corbeil: What Statistics Canada has been able to show
very clearly is that a population’s demographic weight, within a
given region or municipality, or its concentration within a region,
is significant. You can have cities like Toronto, where populations
are scattered, as compared with cities in Nova Scotia, for
example, where francophones are much more concentrated in
an area. It is obvious, then, that these factors affect vitality, not
just from a demographic standpoint, but also in terms of cultural
vitality, given that access to French services will also be based on
the proportion represented by the population.
M. Corbeil : Il est clair que ce que Statistique Canada est
parvenu à démontrer très clairement, c’est que le poids
démographique d’une population, au sein d’un territoire donné
ou d’une municipalité, ou sa concentration sur un territoire, est
important. Il peut y avoir une ville comme Toronto, où les
populations sont dispersées, comparativement à d’autres villes, en
Nouvelle-Écosse, par exemple, où les francophones sont
beaucoup plus concentrés sur un territoire. Il est donc clair que
ces facteurs ont une influence sur la vitalité, non seulement
démographique de la communauté, mais aussi sur la vitalité
culturelle, puisque l’accès à des services en français va aussi
découler de la proportion que représentent ces nombres.
Senator McIntyre: Mr. Corbeil, thank you for your
presentation. We have heard from a number of witnesses,
including someone from Treasury Board. I understand that
Statistics Canada is responsible for collecting and analyzing
census data. That responsibility, however, does not extend to the
application of the Official Languages Regulations.
Le sénateur McIntyre : Monsieur Corbeil, merci pour votre
présentation. Nous avons entendu plusieurs témoins, dont un
représentant du Conseil du Trésor. Je comprends que Statistique
Canada a la responsabilité de recueillir et d’analyser les données
du recensement. Cependant, cette responsabilité ne s’étend pas à
l’application du Règlement sur les langues officielles.
Mr. Corbeil: That is correct.
M. Corbeil : C’est exact.
Senator McIntyre: That responsibility falls more to Treasury
Board. That being said, could you briefly elaborate on how
Statistics Canada collects and analyzes census data?
Le sénateur McIntyre : Cette responsabilité relève plutôt du
Conseil du Trésor. Cela étant dit, pourriez-vous élaborer
brièvement sur la façon dont Statistique Canada recueille et
analyse les données du recensement?
Mr. Corbeil: Census data are collected the same way as all
other data. Census data provide information on families,
household members, age and gender. As you are well aware, in
2011, we had to provide the data to Treasury Board. As with all
of our data, census or otherwise, a tremendous amount of
cleanup, validation and quality control work is involved.
M. Corbeil : Les données du recensement sont recueillies au
même titre que les autres données. Elles portent sur la famille, les
membres du ménage, sur l’âge et le sexe. Comme vous le savez très
bien, en 2011, nous devions fournir les données au Conseil du
Trésor. Comme toutes les données dont nous disposons, soit dans
le cadre du recensement ou des autres enquêtes, il y a, bien sûr, un
très gros travail de nettoyage, de validation, et de contrôle de la
qualité de l’information.
9:124
Official Languages
8-12-2014
After all that has been done and the data has been published,
we put the information on our Web site. At that point, all the data
is provided to Treasury Board, precisely so it can make the
necessary updates in relation to the application of the regulations.
Après tout ce processus, une fois que les données sont rendues
publiques, elles sont affichées sur notre site Internet. À ce
moment-là, toutes les données sont acheminées au Conseil du
Trésor, justement pour lui permettre de mettre à jour l’application
du règlement.
In that sense, the data collected during the 2011 census was
subject to the same verification and analysis processes. Once we
were certain that the data was high quality, we were able to
forward it to Treasury Board.
En ce sens, les données recueillies lors du recensement de 2011
ont suivi les mêmes processus de vérification et d’analyse. Une
fois que nous nous sommes assurés que les données étaient de
bonne qualité, nous avons été en mesure de les acheminer au
Conseil du Trésor.
Senator McIntyre: When you review the documents and listen
to the presentations, you realize that two variables are at play.
One variable is used to calculate data in connection with the
application of the Official Languages Regulations, and a second
variable is used for the purposes of Bill S-205.
Le sénateur McIntyre : En repassant les documents et en
écoutant les représentations, on s’aperçoit qu’il existe deux
variables. Il y a la variable utilisée pour le calcul des données
associées à l’application du Règlement sur les langues officielles et
il y a la variable du projet de loi S-205.
As you just mentioned, the first variable takes into account
knowledge of the official languages, the mother tongue and the
language spoken at home. That said, Bill S-205 proposes taking
into account another variable, knowledge of the official
languages.
Comme vous venez de le mentionner, la première variable tient
compte de la connaissance des langues officielles, de la langue
maternelle et de la langue parlée à la maison. Cela étant dit, le
projet de loi S-205 propose de tenir compte d’une autre variable :
celle de la connaissance des langues officielles.
What do the 2001 and 2011 census data reveal regarding the
first variable, the first official language spoken variable, and the
second variable, the knowledge of official languages variable?
En examinant les données du recensement de 2001 et de celui
de 2011, que révèlent les données du recensement en ce qui
concerne la première variable, soit la première langue officielle
parlée, et en ce qui concerne la variable de la connaissance des
langues officielles?
Mr. Corbeil: In the case of the knowledge of official languages
variable, the size of the population is clearly much bigger.
According to the first official language spoken variable, the
population outside Quebec is approximately a million people.
According to the knowledge of French variable, the population
outside Quebec is approximately 2.6 million people.
M. Corbeil : Il est clair que, dans le cas de la variable de la
connaissance des langues officielles, l’effectif est beaucoup plus
important. Essentiellement, dans le cas de la population estimée
selon la première langue officielle parlée à l’extérieur du Québec, il
s’agit d’environ un million de personnes. Quant à la connaissance
de la langue française à l’extérieur du Québec, il s’agit d’environ
2,6 millions de Canadiens.
So there is a significant increase, and I provided the committee
with a table on that aspect. If we look at the situation in Quebec,
we see that about a million Quebecers have English as their first
official language spoken. But if we look at the number of people
who know English and are able to carry on a conversation in
English, we see that the population has 3.7 million people. So the
difference is about 2.6 million people who can speak English as
compared with those whose first official language spoken is
English.
Donc, il y a une augmentation importante, et je vous ai fourni
un tableau à cet égard. Bien sûr, lorsqu’on examine ce qui se passe
au Québec, on remarque qu’environ un million de Québécois ont
l’anglais comme première langue officielle parlée. Si on examine le
nombre de personnes qui ont une connaissance de l’anglais et qui
sont capables de soutenir une conversation, cela représente une
population de 3,7 millions de personnes, donc une différence
essentiellement de 2,6 millions de personnes qui peuvent parler
l’anglais par rapport aux personnes qui ont l’anglais comme
première langue officielle parlée.
Senator Chaput: If we apply the first official language spoken
variable to the number of francophones in minority communities
in Canada, my understanding is that the number of francophones
has gone up across the country, but the proportion has decreased.
Is that correct?
La sénatrice Chaput : Si on prend comme critère celui de la
première langue officielle parlée et qu’on examine le nombre de
francophones en situation minoritaire au Canada, d’après ce que
je comprends, le nombre de francophones a augmenté à travers le
Canada, mais le pourcentage a diminué. Est-ce exact?
Mr. Corbeil: That is correct.
Senator Chaput: What do you think that is due to?
M. Corbeil : C’est exact.
La sénatrice Chaput : À quoi cela est-il attribuable, d’après
vous?
8-12-2014
Langues officielles
9:125
Mr. Corbeil: International immigration is essentially the main
driver of population growth in Canada. The growth rate of that
immigrant population is clearly much higher than that of the
minority language population outside Quebec.
M. Corbeil : Essentiellement, l’immigration internationale est
maintenant le principal moteur de croissance de la population
canadienne. Il est clair que le taux de croissance de cette
population immigrante est de loin supérieur à celui de la langue
minoritaire à l’extérieur du Québec.
Since that population usually turns to English, we know that,
from the outset, nearly 80 per cent of the population has neither
English nor French as their mother tongue. We also know that
98 per cent of the immigrant population settling outside Quebec
chooses English, making English its first official language spoken.
D’une part, étant donné que cette population s’oriente
principalement vers l’anglais, on sait que, d’abord, près de
80 p. 100 de cette population n’a ni le français ni l’anglais comme
langue maternelle. Nous savons aussi que près de 98 p. 100 de
cette immigration qui s’établit à l’extérieur du Québec s’oriente
vers l’anglais, c’est-à-dire qu’elle a l’anglais comme première
langue officielle parlée.
That is why we indicate that approximately 2 per cent of the
international immigrant population outside Quebec is Frenchspeaking, whose proportion is less than the weight of the
francophone population.
C’est la raison pour laquelle on mentionne qu’environ 2 p. 100
de l’immigration internationale à l’extérieur du Québec est de
langue française, soit une proportion inférieure au poids de la
population francophone.
Senator Chaput: Would I be correct in concluding that, until we
set balanced immigration targets, French-speaking minority
communities will continue to lose ground?
La sénatrice Chaput : Ai-je raison de conclure que, tant qu’on
ne se donnera pas de cibles équitables en immigration, les
communautés francophones en milieu minoritaire continueront à
perdre du terrain?
Mr. Corbeil: It is rather obvious that, in terms of a
demolinguistic imbalance, as soon as you have a population
where the fertility rate is low and the intergenerational French
transmission rate is partial, at best, and low, at worst, the
international immigrant population turns primarily to English.
There is no denying, then, that the imbalance between the
English-speaking and French-speaking populations is growing.
M. Corbeil : Le constat est assez évident, c’est-à-dire que,
quand on parle d’un déséquilibre démo-linguistique, à partir du
moment où on a une population dont le taux de fécondité est
faible et que la transmission du français aux générations
subséquentes est au mieux incomplète et au pire plus faible, ce
qui se passe, c’est que l’immigration internationale s’orientant
principalement vers l’anglais. Il est donc clair que le déséquilibre
entre la population de langue anglaise et de langue française est en
train de s’accentuer.
Senator Chaput: Is it fair to say that this imbalance is
worrisome for francophone minority communities and that
people are becoming aware of the negative impact it will have
on the vitality and development of these communities?
La sénatrice Chaput : Est-ce que je peux dire que c’est
inquiétant pour les francophones en situation minoritaire,
justement, de voir ce déséquilibre, et qu’on commence peut-être
à se dire que c’est nuisible à leur vitalité et à leur développement?
Mr. Corbeil: All I can do is repeat what all of our partners have
been telling us. That is the argument being made by everyone who
turns to Statistics Canada for data.
M. Corbeil : Je me ferai simplement l’écho de ce qu’on entend
de la part de tous nos partenaires. De l’avis de tous ceux qui font
appel à Statistique Canada pour obtenir des données, c’est
l’argument qui est évoqué.
[English]
[Traduction]
Senator Seidman: You, Mr. Corbeil, presented refinements to
the definition that’s used to calculate the first official language
spoken, if I understand correctly. It was a very detailed
refinement with an addition of three more questions; is that
correct?
La sénatrice Seidman : Si j’ai bien compris, monsieur Corbeil,
vous avez apporté des précisions à la définition utilisée pour
déterminer la première langue officielle parlée. Il s’agissait de
précisions très détaillées, avec l’ajout de trois questions
complémentaires. Est-ce exact?
Mr. Corbeil: Actually what I said is that the objective in adding
these questions was not to refine the notion of first official
language spoken. The reason why these questions have been
added was mainly, when we look at the information available for
the languages spoken at home, people were really willing to jump
to conclusions when they only had the information on the
language spoken most often at home.
M. Corbeil : De fait, j’ai indiqué que l’ajout de ces questions ne
visait pas à préciser la notion de première langue officielle parlée.
Elles ont été ajoutées surtout parce qu’en regardant l’information
donnée sur la langue parlée à la maison, les gens étaient vraiment
portés à sauter aux conclusions, alors qu’ils n’avaient que
l’information sur la langue parlée le plus souvent à la maison.
9:126
Official Languages
8-12-2014
Many of our stakeholders mentioned that having the
information on the languages that are spoken on a regular
basis, even though it’s not the predominant language, still provide
information on the language dynamic at home.
Nombreux sont ceux qui ont fait valoir que le fait de disposer
de renseignements sur les langues parlées régulièrement, même s’il
ne s’agit pas de la langue prédominante, fournit tout de même de
l’information sur la dynamique linguistique à la maison.
We know, for instance, that quite a few young Canadians have
English as their first official language spoken but attend French
school or French immersion programs, and they speak French on
a regular basis with their parents at home.
Par exemple, nous savons qu’un grand nombre de jeunes
Canadiens ont l’anglais comme première langue officielle parlée,
mais fréquentent des écoles françaises ou suivent des programmes
d’immersion en français, et parlent régulièrement français avec
leurs parents à la maison.
The other two questions were added because the only
information that was available was the information whether in
the private domain that is at home or the language that had been
learned in childhood. We didn’t have any information on the use
of languages outside the home, and we know that the use of these
languages at work, where we see at least two thirds of the
population working on an everyday basis, the languages that are
used at work are also a very good indicator of the status of a
language within the public sphere.
Les deux autres questions ont été ajoutées parce que
l’information dont nous dispositions concernait la situation à la
maison, et relevait donc du domaine privé, ou la langue apprise
pendant l’enfance. Nous n’avions aucune information sur les
langues utilisées à l’extérieur de la maison, et nous savons que
puisqu’au moins les deux tiers des gens travaillent régulièrement,
les langues utilisées au travail constituent un excellent indicateur
du statut d’une langue dans la sphère publique.
Senator Seidman: Help me to understand. There’s a
departmental standard, if I understand correctly, in defining
first official language spoken. It’s derived from a series of rules
that take into account knowledge of the two official languages, an
individual’s mother tongue and the language spoken at home; is
that correct?
La sénatrice Seidman : Aidez-moi à comprendre. Si je
comprends bien, il existe une norme ministérielle pour définir la
première langue officielle parlée. Cette dernière est dérivée au
moyen d’une série de règles qui tiennent compte de la
connaissance des deux langues officielles, de la langue
maternelle d’une personne et de la langue parlée à la maison.
Est-ce exact?
Mr. Corbeil: The language spoken most often at home.
M. Corbeil : La langue parlée le plus souvent à la maison.
Senator Seidman: Most often at home, okay.
La sénatrice Seidman : Le plus souvent à la maison. D’accord.
What about immigrants who have a mother tongue other than
English and French and who might speak another language at
home; how does that definition allow for that?
Qu’en est-il des immigrants dont la langue maternelle n’est ni
l’anglais ni le français et qui pourraient parler une autre langue à
la maison? Comment cette définition tient-elle compte de cette
situation?
Mr. Corbeil: As I mentioned, that was the main reason why
some people started to think about developing a new variable to
take into account those specifically who do not have English or
French as their mother tongue. For instance, someone who
speaks both English and French, has Punjabi as his or her mother
tongue and speaks, let’s say, English most often at home, this
person would have been considered as having English as the first
official language spoken. It’s the same for someone who has
Arabic as their mother tongue but speaks French most often at
home, they would be considered as having French as the first
official language spoken.
M. Corbeil : Comme je l’ai indiqué, c’est la principale raison
pour laquelle des gens ont commencé à envisager d’établir une
nouvelle variable pour tenir compte de ceux dont la langue
maternelle n’est ni l’anglais ni le français. Par exemple, on aurait
considéré qu’une personne parlant anglais et français, dont la
langue maternelle est le pendjabi et qui parle le plus souvent
anglais à la maison a l’anglais comme première langue officielle
parlée. De même, quelqu’un dont la langue maternelle est l’arabe,
mais qui parle le plus souvent français à la maison aurait été
considéré comme ayant le français comme première langue
officielle parlée.
Senator Seidman: The question that I’m getting to is this: Do
you think that the method of derivation that Statistics Canada
uses to determine first official language spoken is accurate and do
you think it is fair?
La sénatrice Seidman : Voici ce que je cherche à savoir :
pensez-vous que la méthode de dérivation que Statistique Canada
utilise pour déterminer la première langue officielle parlée est juste
et équitable?
Mr. Corbeil: Certainly we have to think about what it means
when we say ‘‘accurate.’’ The idea is really to use three variables
that were available in 1986, as I said, and looked at for the first
time by Treasury Board in 1991 for the implementation of the
regulation.
M. Corbeil : Nous devons certainement réfléchir à ce qu’on
entend par « juste ». L’idée consiste réellement à utiliser trois
variables qui étaient utilisées en 1986, comme je l’ai indiqué, et qui
ont été examinées pour la première fois par le Conseil du Trésor
en 1991 pour la mise en œuvre du règlement.
8-12-2014
Langues officielles
9:127
This being said, I think we have to ask the question, if we want
to talk about relevance or accuracy, what are we trying to
measure here? If we’re trying to measure an individual’s main
language or the language in which this person is more likely to ask
for services, well, you know, we had to use the available
information at Statistics Canada. The method we have used up
to now, because this is the method that has been chosen by
Treasury Board, is the method of first official language spoken.
Cela étant dit, si nous voulons parler de pertinence ou de
justesse, nous devons nous demander ce que nous cherchons à
évaluer ici. Si l’objectif consiste à déterminer la langue principale
d’une personne ou la langue qu’elle est le plus susceptible
d’utiliser pour demander des services, eh bien, vous savez, nous
avons dû utiliser les données de Statistique Canada. La méthode
que nous avons utilisée jusqu’à présent, choisie par le Conseil du
Trésor, est celle de la première langue officielle parlée.
This being said, as I mentioned, things have evolved over the
last 20 years. Now the question is whether it is still the best
method to estimate the potential demand for services. It’s not up
to us to answer this question but, as I said, there are other
variables now in the census and National Household Survey.
Cela étant dit, comme je l’ai indiqué, les choses ont évolué
depuis 20 ans. La question est maintenant de savoir s’il s’agit
toujours de la meilleure méthode pour évaluer la demande
potentielle de services. Il ne nous revient pas d’en décider mais,
comme je l’ai souligné, il y a maintenant d’autres variables dans le
recensement et l’Enquête nationale auprès des ménages.
Senator Seidman: That makes it more relevant I suppose is
what you’re saying?
La sénatrice Seidman : Je suppose que vous voulez dire que cela
rend la méthode plus pertinente?
Mr. Corbeil: The thing would have to be looked at and
examined. But for now it’s not up to StatsCan to establish
whether this method is appropriate or if it needs to be looked at
again.
M. Corbeil : Il faudrait étudier la question. Mais pour l’instant,
ce n’est pas à Statistique Canada de déterminer si cette méthode
est appropriée ou s’il faut la réexaminer.
Senator Seidman: Okay, thank you very much.
[Translation]
La sénatrice Seidman : D’accord, merci beaucoup.
[Français]
Senator Charette-Poulin: My question is a follow-up to Senator
McIntyre’s.
La sénatrice Charette-Poulin : Ma question fait suite à celle du
sénateur McIntyre.
We have heard from numerous witnesses. Many of them have
made a point to tell us that Canada has two official languages.
Some groups could not understand why they had to fight so hard
to access services in an official language within a minority
community. Why does that challenge exist? It has been around for
decades. Even though they live in a country that has two official
languages, the members of minority communities have to fight to
obtain services in an official language.
On a entendu de nombreux témoignages. Plusieurs d’entre eux
nous ont rappelé que le Canada a, comme statut officiel, deux
langues officielles. Certains groupes s’étonnaient de devoir se
battre si fort pour obtenir un service dans une langue officielle
quand elle fait partie d’une minorité. Pourquoi cette difficulté
existe-t-elle? Elle existe depuis des décennies, tout de même. Il faut
se battre pour obtenir des services dans une langue officielle, alors
qu’on vit dans un pays qui a deux langues officielles.
Would you describe the data you collect as quantitative or
qualitative in nature?
À votre avis, les données que vous recueillez sont-elles
quantitatives et qualitatives?
Mr. Corbeil: Would you be so kind as to clarify your question?
I have a vague idea of what you are asking, but would you mind
explaining what you mean by ‘‘qualitative’’ data?
M. Corbeil : Pourrais-je vous demander de préciser ce que vous
entendez? J’en ai une petite idée, mais pouvez-vous préciser ce que
vous entendez par « données qualitatives »?
Senator Charette-Poulin: Let’s consider the quality of French
spoken in an entirely English-speaking environment. In other
words, do the questions allow you to evaluate the ability to access
a cultural and social francophone environment, precisely to
enhance the quality of French? A good example would be access
to the services of CBC/Radio-Canada, which gives individuals
and groups the opportunity to listen, watch or have Internet
access to products, programs and news in French in certain
provinces, and in English in Quebec. Such services go a long way
towards improving people’s ear for the language, as well as
language quality and even enjoyment. Can you assess the quality
of the language environment using your data?
La sénatrice Charette-Poulin : Prenons l’exemple de la qualité
de la langue française parlée dans un environnement
complètement anglophone. Les questions vous permettent-elles
d’évaluer, en d’autres mots, l’accès à un environnement culturel,
social, francophone, justement pour alimenter la qualité de la
langue française? Un bon exemple serait l’accès aux services de
Radio-Canada, qui donne l’occasion à des individus, à des
groupes d’écouter, de regarder ou d’avoir accès par Internet à des
produits, des émissions, des nouvelles en français dans certaines
provinces ou en anglais au Québec. Cela contribue énormément
au développement de l’ouïe, de la langue et même à la jouissance
de la langue. Vos données vous permettent-elles d’évaluer la
qualité de l’environnement?
9:128
Official Languages
8-12-2014
Mr. Corbeil: The current data could probably be used to do a
lot more than people think. Census data has its limits, of course.
That is why, in 2006, ten federal departments and agencies joined
forces to produce this detailed and thorough survey on official
language minority communities.
M. Corbeil : On pourrait probablement faire plus de choses
avec les données actuelles que ce que beaucoup de gens pensent.
D’une part, bien sûr, le recensement a ses limites. C’est la raison
pour laquelle, en 2006, 10 ministères et agences du gouvernement
fédéral avaient collaboré à la réalisation de cette enquête
approfondie, très détaillée, sur la situation des minorités de
langue officielle.
That said, it is clear that, as long as individuals are living in an
environment where they are by far a minority, the likelihood of
them coming into contact with French in their daily interactions
outside Quebec is quite low. We know full well that those people
can also have access to various media and to Radio-Canada. So
there are tools for transmitting French culture and language.
When it comes to individuals with very little contact with the
minority language, the probability of them maintaining that
language over time and transmitting it to their children is fairly
low. The most concrete example comes from situations where a
language is not at all used at home. In such cases, the likelihood of
the language being transmitted to the children is very low. This is
also observed when people leave the family environment and
don’t have an opportunity to use the language.
Cela dit, il est clair que, dans la mesure où un individu demeure
ou vit dans un milieu très minoritaire, dans ses interactions
quotidiennes, les probabilités qu’il soit en contact avec la langue
française à l’extérieur du Québec sont plutôt faibles. On sait très
bien que cette personne, si elle le désire, a aussi accès à des médias
et à Radio-Canada. Il existe donc des outils qui sont des vecteurs
de transmission de la culture et de la langue française. Dans le cas
d’une personne qui a très peu de contacts avec la langue
minoritaire, la probabilité qu’elle maintienne cette langue au fil
du temps et qu’elle la transmette à ses enfants est plutôt faible.
L’exemple le plus concret est lorsqu’une langue n’est pas du tout
utilisée à la maison. La probabilité de la transmettre aux enfants
est alors très faible. On le constate à l’extérieur aussi, dès que ces
personnes quittent le milieu familial et qu’elles n’ont pas
l’occasion de la mettre en pratique.
It is more difficult to assess qualitative elements. There was a
much more subjective question in the survey I mentioned on the
vitality of minorities. People were asked whether they felt that
their minority community’s vitality of was high or low. People
who were living in an environment where they were by far a
minority were more likely to be pessimistic about their language’s
future.
Les éléments de nature qualitative sont plus difficiles à évaluer.
Dans l’enquête à laquelle je faisais référence sur la vitalité des
minorités, il y avait un élément beaucoup plus subjectif. On
demandait aux gens s’ils estimaient que la communauté
minoritaire dans laquelle ils vivent manifestait une forte vitalité
ou une faible vitalité. Les gens qui vivaient en milieu très
minoritaire avaient plutôt tendance à être pessimistes face à
l’avenir de leur langue.
Senator Charette-Poulin: Are the following questions asked in
such research projects: ‘‘Do you have access to news in French?
Do you have access to programs? Do you have access to
newspapers? Do you have access to books? Do you have access to
music?’’ Are those questions being asked?
La sénatrice Charette-Poulin : Parmi les questions concrètes
posées dans le cadre d’une telle recherche, pose-t-on les questions
suivantes : « Avez-vous accès à des nouvelles en français? Avezvous accès à des émissions? Avez-vous accès à des journaux?
Avez-vous accès à des livres? Avez-vous accès à de la musique? »
Ces questions sont-elles posées?
Mr. Corbeil: Those questions clearly cannot be asked in a
census. We understand very well that the response burden would
be extremely high.
M. Corbeil : Évidemment, elles ne peuvent pas l’être dans un
recensement. On comprend très bien que le fardeau de réponses
serait extrêmement élevé.
The survey conducted in 2006 had different modules, including
one on culture and various services. People were asked the
following questions: ‘‘Are you able to use the minority language
in your interactions, be it with the federal government or the
provincial government, to obtain health care and use cultural
products?’’ If the answer was no, we would ask why. So we have
an idea of what factors could impede or enhance access to those
services.
Dans le cadre de l’enquête menée en 2006, il y avait différents
modules, dont un sur la culture et les différents services. On posait
aux gens la question suivante : « Est-ce que vous avez été en
mesure d’utiliser la langue minoritaire dans le cadre de vos
interactions, que ce soit avec le gouvernement fédéral ou le
gouvernement provincial, pour avoir des soins de santé, pour
bénéficier de produits culturels? » Si on nous répondait non, on
demandait pour quelle raison. On a donc une idée des éléments
qui pouvaient entraver ou favoriser l’accès à ces services.
Senator Charette-Poulin: Are you planning to conduct a similar
study in maybe 10 years, so in 2016? Are you planning on
updating your study to reflect the influence of social media?
La sénatrice Charette-Poulin : Existe-t-il un projet pour refaire
une telle étude dans 10 ans, par exemple, en 2016? Comptez-vous
faire une mise à jour à cause de l’influence des médias sociaux?
8-12-2014
Langues officielles
9:129
Mr. Corbeil: As you know, we really like data. That said, this
survey did cost us almost $7 million dollars. So it is not up to
Statistics Canada to decide. If someone comes knocking on our
door and asks us to carry out another survey, we will do so.
M. Corbeil : Comme vous le savez, nous aimons beaucoup les
données. Cela dit, cette enquête a tout de même coûté près de
7 millions de dollars. Donc, ce n’est pas à Statistique Canada de le
décider. Si quelqu’un sonne à notre porte pour nous demander de
mener une autre enquête, nous en ferons une autre.
Senator Maltais: Mr. Corbeil, Mr. Nault, I would like to
discuss a topic we haven’t covered so far. We have two official
languages in Canada. I am not talking about immigrants, but
about Canadians. Are there any Canadians who don’t speak
either official language at all?
Le sénateur Maltais : Monsieur Corbeil, monsieur Nault,
j’aimerais vous amener sur un terrain qui n’a pas encore été
abordé. Nous avons, au Canada, deux langues officielles. Je ne
parle pas des immigrants, mais des Canadiens. Y a-t-il des
Canadiens qui ne parlent pas du tout l’un des deux langues
officielles?
Mr. Corbeil: If you don’t mind, I would like to add something
to what you just said. Nearly one out of five Canadians is an
immigrant. Even though those people are born outside Canada,
they are still Canadian. I think I understand what you are trying
to say. You are talking about people born in Canada. The
proportion of people born in Canada who do not speak French or
English is extremely low. There are only a handful of such
individuals.
M. Corbeil : Si vous me le permettez, j’aimerais ajouter un peu
à ce que vous venez de dire. Près d’un Canadien sur cinq est issu
de l’immigration. Même si cette personne est née à l’extérieur du
Canada, elle est tout de même canadienne. Je crois comprendre ce
que vous voulez dire. Vous parlez des personnes nées au Canada.
La proportion de personnes nées au Canada qui ne connaissent ni
le français ni l’anglais est extrêmement faible. On peut les compter
sur le bout de nos doigts.
Senator Maltais: I would like to discuss something else. I know
that their numbers are low, but Canadians who do not speak
French or English do exist. I will give you a very concrete
example.
Le sénateur Maltais : J’aimerais vous amener sur l’autre
terrain. Je sais que les chiffres sont minimes, mais il y a des
Canadiens qui ne parlent ni le français ni l’anglais. Je vais vous
donner un exemple bien concret.
When I was a member of another parliament, I was in charge
of Indian reserves. Some Cree and Montagnais people spoke both
languages. Among the Montagnais, some spoke French, and
others spoke English. Most of the Crees were anglophones.
However, the Atikamekw did not speak either official language.
We needed interpreters to communicate with them.
Alors que j’étais député dans un autre parlement, j’avais, sous
ma responsabilité, des réserves indiennes. Il y avait des Cris et des
Montagnais qui parlaient les deux langues. Parmi les Montagnais,
certains parlaient le français, et d’autres, l’anglais. Les Cris étaient
surtout anglophones. Les Atikamewk, pour leur part, ne parlaient
ni l’une ni l’autre des deux langues officielles. Pour communiquer
avec eux, il fallait un interprète.
Is this a common occurrence or is it rather rare? Are there
small communities in other parts of Canada where people do not
speak either of the two official languages?
Est-ce chose courante ou est-ce plutôt rare? Dans d’autres
parties du Canada, retrouve-t-on certaines petites communautés
qui ne parlent ni l’une ni l’autre des deux langues officielles?
Mr. Corbeil: Do you want me to exclude immigrants?
Senator Maltais: Yes, you can exclude them. I am talking
about Aboriginals and First Nations.
Mr. Corbeil: Yes, there are some Aboriginals who don’t speak
either language.
Senator Maltais: Jacques Cartier was an immigrant.
Mr. Corbeil: I could provide you with information upon
request, but, yes, a certain number of Aboriginals cannot
converse in English or in French. Just over 200,000 individuals
stated, in 2011, that their mother tongue was an Aboriginal
language. I could provide you with the exact number of those who
said that they could not speak English or French. They do not
account for a large proportion. By comparison, it is clear that this
proportion is much higher among recent immigrants. There are
basically 600,000 Canadians who came to this country as
immigrants and who cannot speak English or French.
M. Corbeil : Vous voulez que j’exclue les immigrants?
Le sénateur Maltais : Oui, vous pouvez les exclure. On parle
des Autochtones et des Premières Nations.
M. Corbeil : Oui, effectivement, il y a des Autochtones.
Le sénateur Maltais : Jacques Cartier était un immigrant.
M. Corbeil : Je pourrais vous fournir l’information sur
demande, mais, oui, il y a un certain nombre d’Autochtones qui
ne peuvent soutenir une conversation ni en français ni en anglais.
Un peu plus de 200 000 personnes ont déclaré, en 2011, avoir une
langue autochtone comme langue maternelle. Je pourrais vous
fournir le nombre exact de ceux qui ont déclaré ne connaître ni
l’anglais ni le français. Ce n’est pas une proportion très grande.
En comparaison, il est clair que chez les immigrants récents, cette
proportion est beaucoup plus importante. On parle
essentiellement de 600 000 Canadiens issus de l’immigration qui
ne peuvent parler ni le français ni l’anglais.
9:130
Official Languages
8-12-2014
Senator Maltais: Are those people asked to have a certain
knowledge of one of the two languages when they immigrate to
Canada?
Le sénateur Maltais : Lorsque ces personnes immigrent au
Canada, leur demande-t-on une certaine connaissance d’une des
deux langues?
Mr. Corbeil: It all depends on the admission category. These
people come under the family reunification category, for obvious
reasons. The main applicant — who was accepted under the
economic immigrant category — must know one of the two
official languages. It is normal for family members not to be able
to converse in French or in English.
M. Corbeil : Tout dépend de la catégorie d’admission. On parle
des gens qui font partie de la catégorie de réunification familiale,
pour des raisons évidentes. Le principal demandeur, celui qui a été
admis dans la catégorie d’immigrant économique, doit avoir une
connaissance de l’une des deux langues officielles. Il est normal
que des gens qui accompagnent cette famille ne puissent soutenir
une conversation ni en français ni en anglais.
Senator Mockler: You have extensive experience in the
government. One of the provincial objectives of Bill S-205 is to
strengthen the link between service delivery and the development
of official language minority communities. Do we agree on that?
Le sénateur Mockler : Vous avez une vaste expérience au sein
du gouvernement. L’un des provinciaux objectifs du projet de
loi S-205 consiste à mieux établir le lien qui existe entre la
prestation des services et le développement des communautés de
langue officielle en situation minoritaire. Nous sommes d’accord
sur ce point?
Mr. Corbeil: Yes.
Senator Mockler: Here is my second observation. Bill S-205
also aims to modernize the Official Languages Act to reflect the
changes that have marked Canadian society since 1988. Do we
agree on that?
Mr. Corbeil: Yes.
M. Corbeil : Oui.
Le sénateur Mockler : Le deuxième constat est le suivant. Le
projet de loi S-205 vise également à moderniser la Loi sur les
langues officielles pour refléter les changements qui ont marqué la
société canadienne depuis 1988. On est d’accord?
M. Corbeil : Oui.
Senator Mockler: So here is my question. Given the amount of
experience you have acquired within government, can you tell us
why the Official Languages Act needs to be modernized? What
societal changes should be taken into account while modernizing
the legislation? Finally, in light of your experience in the
machinery of government, what does the census data tell us
about the needs related to the modernization of the Official
Languages Act?
Le sénateur Mockler : Ma question est donc la suivante.
Compte tenu de l’expérience que vous avez acquise au sein du
gouvernement, pouvez-vous nous dire pourquoi la Loi sur les
langues officielles a besoin d’être modernisée? Deuxièmement,
quels sont les changements sociétaux qui doivent être pris en
considération pour ce faire? Finalement, que révèlent les données
du recensement en ce qui concerne les besoins liés à la
modernisation de la Loi sur les langues officielles, en tenant
compte de votre expérience dans l’appareil gouvernemental?
Mr. Corbeil: As you know, since I represent Statistics Canada,
I am certainly not in a position — given my responsibilities and
obligations — to tell you that the Official Languages Act needs
modernizing. This question should be put to someone else.
M. Corbeil : Comme sous le savez, étant donné que je
représente Statistique Canada, ce n’est certainement pas à moi,
étant donné mes responsabilités et mes obligations, de vous dire
que la Loi sur les langues officielles a besoin de modernisation. Il
faudra poser cette question à quelqu’un d’autre.
That said, it is clear that all surveys — including the census —
have a double objective. They are supposed to help establish a
historical comparison to enable us to keep pace with the evolution
of Canadian society, but to simultaneously adapt to new needs
and changes that arise over time. As you can well imagine, in the
1960s, there were no questions about same-sex couples. Today,
this is a reality we have to consider. Similarly, we know that, in
the 1960s, immigration mostly came from Europe. So the
concerns were not the same in terms of determining those new
immigrants’ first language. However, immigrants come mainly
from Asia nowadays.
Cela dit, il est clair que, pour toutes les enquêtes, et j’inclus le
recensement, l’objectif est toujours double : c’est-à-dire de
permettre une comparaison historique pour suivre l’évolution de
la société canadienne, mais en même temps de s’adapter aux
nouveaux besoins et aux changements qui surviennent au fil
du temps. Comme vous pouvez vous l’imaginer, dans les
années 1960, on ne posait pas de question sur les couples de
même sexe. Aujourd’hui, c’est une réalité dont on doit tenir
compte. De même, on sait que dans les années 1960, l’immigration
provenait essentiellement de l’Europe. On n’avait donc pas les
mêmes préoccupations concernant l’estimation de la première
langue officielle de ces nouveaux immigrants, alors que,
maintenant, ils proviennent principalement d’Asie.
The objective of data obtained through the census or various
surveys is to reflect as well as possible the reality on the ground.
Therefore, for the sake of historical comparability, gathering
L’objectif des données du recensement ou de différentes
enquêtes est de refléter le mieux possible la réalité sur le terrain.
Donc, pour des raisons de comparabilité historique, par exemple,
8-12-2014
Langues officielles
9:131
information on official language knowledge, as we have done
since 1901, helps us monitor the evolution of that characteristic
within the Canadian population. Similarly, we now ask a question
about the language of work. It is clear that, given the issues
concerning language use at work — be it in terms of non-official
languages in a context of globalization, or the use of the minority
language in Quebec or outside — those questions are asked to
keep track of changes.
le fait de recueillir de l’information sur la connaissance des
langues officielles, comme on le fait depuis 1901, nous permet de
suivre l’évolution de cette caractéristique au sein de la population
canadienne. De la même façon, on pose aujourd’hui une question
sur la langue de travail. Il est clair que, compte tenu des enjeux liés
à l’utilisation des langues au travail, que ce soit les langues non
officielles dans un contexte de mondialisation, ou l’utilisation de
la langue minoritaire au Québec ou à l’extérieur, ces questions
sont posées pour tenir compte de ces changements.
As I mentioned earlier, the data on the first official language
spoken stems from a method implemented or derived by Statistics
Canada more than 20 years ago. At that time, the objective was to
use the available data to reflect the reality as well as possible.
Comme je l’ai mentionné tout à l’heure, les données sur la
première langue officielle parlée sont tirées d’une méthode qui a
été mise en place ou dérivée par Statistique Canada il y a plus de
20 ans. L’objectif de cette époque était de parvenir, avec les
données disponibles, à refléter le mieux possible la réalité.
Today, the question is the following: Does this variable enable
us to gather information or measure that reality in the same way?
I think this question is certainly open to debate.
Aujourd’hui, la question se pose. Cette variable permet-elle de
recueillir ou de mesurer cette réalité de la même façon? À mon
avis, cette question est certainement ouverte au débat.
Senator Mockler: Part IV of the Official Languages Act
concerns communications with and services to the public. Does
this part of the Official Languages Act, as drafted in 1988 — as
you pointed out — help effectively counteract a concern over the
linguistic and cultural assimilation of official language minority
communities, based on the data you have gathered since 1988?
Le sénateur Mockler : La partie IV de la Loi sur les langues
officielles porte sur les communications et les services destinés au
public. Cette partie de la Loi sur les langues officielles, telle qu’elle
a été rédigée en 1988, vous y avez fait allusion, contribue-t-elle à
lutter efficacement contre une inquiétude que nous avons face à
l’assimilation linguistique et culturelle des communautés de
langue officielle en situation minoritaire, selon les données que
vous avez recueillies depuis 1988?
Mr. Corbeil: In 1989, when Statistics Canada derived that
variable on the first official language spoken, the objective was
not to protect francophones against anglicization or against
factors that could hurt their development or vitality. It should be
understood that this was a way to measure the potential demand
for services in either language. A question that asks people what
language they want to use to obtain their services would be very
precise and clear. We could end up with results some people
wouldn’t like, but others would. There is no such question in the
census for the time being.
M. Corbeil : En 1989, quand cette variable de la première
langue officielle parlée a été dérivée par Statistique Canada,
l’objectif n’était pas de prémunir les francophones contre
l’anglicisation ou les facteurs qui pouvaient nuire à leur
développement ou à leur vitalité. Il faut bien comprendre qu’il
s’agissait de mesurer la demande potentielle de services dans l’une
ou l’autre des langues. Une question où on demanderait aux gens
quelle langue ils souhaitent utiliser pour obtenir leurs services
serait très précise et très nette. On aurait peut-être des résultats
qui ne feraient pas plaisir à certaines personnes et qui feraient
plaisir à d’autres personnes. Pour le moment, il n’y a pas de telle
question dans le recensement.
The following question was asked in the 2006 survey: What
language do you use in your communications with the federal
government? Over two-thirds of francophones outside Quebec
who live in a community or municipality where their demographic
weight accounts for less than 10 per cent said they used English
more than French, since they were most at ease speaking that
language.
L’enquête de 2006 posait la question suivante : « Quand vous
communiquez avec le gouvernement fédéral, quelle langue
utilisez-vous? » Il est très clair que, pour la majorité des
francophones hors Québec qui vivent dans une population ou
une municipalité où leur poids démographique est inférieur à
10 p. 100, plus des deux tiers nous ont mentionné utiliser
davantage l’anglais que le français, puisque c’était la langue
avec laquelle ils étaient le plus à l’aise pour communiquer.
Senator Mockler: In light of your comments, Mr. Corbeil,
would it be a good idea for your office to give more thought to
this issue and to Bill S-205?
Le sénateur Mockler : À la lumière de vos propos, monsieur
Corbeil, serait-il approprié pour votre bureau d’approfondir la
réflexion sur cette question et sur le projet de loi S-205?
Mr. Corbeil: Statistics Canada has the mandate to gather
information. A good number of our clients are federal
departments and agencies. We also have a lot of stakeholders
M. Corbeil : Statistique Canada a le mandat de recueillir de
l’information. Une bonne partie de nos clients sont des ministères
fédéraux et des agences du gouvernement fédéral. Nous avons
9:132
Official Languages
8-12-2014
and partners in the provinces, including provincial and municipal
governments.
également beaucoup d’interlocuteurs et de partenaires dans les
provinces, y compris les administrations provinciales et
municipales.
Statistics Canada carries out projects according to the demand.
We respond to the needs of Canadian society. That is why I gave
you a very specific example earlier. I told you about the addition
of a question on the language spoken regularly at home that
stemmed from requests made by provincial partners and the
federal government. Similarly, the question on the language of
work was added in response to our partners’ requests.
Statistique Canada effectue un travail à partir du moment où il
y a une demande. Nous répondons à des besoins de la société
canadienne. C’est la raison pour laquelle je vous ai donné un
exemple bien précis tout à l’heure. Je vous ai parlé de l’ajout d’une
question sur la langue parlée régulièrement à la maison qui
découle de demandes de la part des partenaires provinciaux et de
la part du gouvernement fédéral. De la même façon, l’ajout de la
question sur la langue de travail découle de demandes de la part
de partenaires.
It is clearly not Statistics Canada’s job to review the bill in
order to determine whether the legislation is relevant and whether
it is successfully measuring the reality. Statistics Canada is here to
answer questions and to do the work if there is a need.
Évidemment, ce n’est pas la responsabilité de Statistique
Canada d’examiner le projet de loi, de savoir s’il est pertinent
ou pas, et s’il arrive à mesurer la réalité. Statistique Canada est là
pour répondre aux questions et pour faire le travail si besoin est.
Senator Chaput: Mr. Corbeil, I don’t know whether you are
prepared to answer this question, but I will ask it anyway. You
said that, in the census or another survey, francophones answered
that they would ask for services in English, as they were more
comfortable speaking that language.
La sénatrice Chaput : Monsieur Corbeil, je ne sais pas si vous
êtes prêt à répondre à cette question, mais je vais vous la poser de
toute façon. Dans le questionnaire du recensement ou à la suite
d’une étude quelconque, vous avez mentionné que des
francophones auraient répondu qu’ils demanderont des services
en anglais, parce qu’ils sont plus à l’aise en anglais.
I want to talk about services provided in federal institutions
and about minority francophones who want to be served in
French. It is not easy to find French services in places with no
active offer.
Je veux parler des services offerts dans les institutions fédérales
et des francophones en situation minoritaire qui veulent être servis
en français. Il n’est pas évident de trouver des services disponibles
en français, lorsque l’offre active n’est pas nécessairement
présente.
We don’t see that. The individual hesitates because, if they
speak French, they might be told to wait for someone who can
serve them in that language. They have to wait, they are in a
hurry, everyone is watching them, and they end up asking for the
service in English. Does my analysis make sense?
On ne le voit pas. La personne hésite, parce que, si elle parle en
français, elle risque de se faire dire : « Un instant, on va aller
chercher quelqu’un qui parle français. » Elle attend, elle est
pressée, tout le monde la regarde, elle finit par demander le service
en anglais. Est-ce que mon analyse est sensée?
Mr. Corbeil: I have no statistics on this, but that is something
we hear regularly. Many people have said that, if there is no sign
indicating that both English and French are spoken, they will use
the dominant language. That is something we hear regularly but
cannot measure in our statistics.
M. Corbeil : Je n’ai pas de statistiques sur le sujet, mais c’est
quelque chose qu’on entend régulièrement. Beaucoup de gens ont
mentionné que, s’il n’y a pas de petit écriteau qui dit « Ici, on
parle français et anglais », ils vont utiliser la langue dominante.
Ce sont des choses qu’on entend régulièrement, mais on ne peut
pas le mesurer dans nos statistiques.
The Chair: Senator Fortin-Duplessis, do you have another
question?
La présidente : Sénatrice Fortin-Duplessis, avez-vous une autre
question?
Senator Fortin-Duplessis: Senator Mockler asked my question.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Le sénateur Mockler a posé ma
question.
The Chair: My question will be brief. We know that some
offices lose their bilingual designation based on the census data.
Do you have any data on that phenomenon’s impact on
communities?
La présidente : Ma question sera brève. On sait que certains
bureaux perdent leur désignation bilingue à la suite des données
du recensement. Avez-vous des données sur l’effet de ce
phénomène sur les communautés?
Mr. Corbeil: We do not have any data on this, simply because
the Treasury Board uses a very specific algorithm. I think that
Marc Tremblay, one of your previous witnesses, mentioned this.
M. Corbeil : Nous n’avons pas de donnée à ce sujet, tout
simplement, parce que, d’une part, le Conseil du Trésor utilise un
algorithme bien précis. Je pense que Marc Tremblay, l’un de vos
témoins précédents, l’a très bien mentionné.
8-12-2014
Langues officielles
Therefore, it is clear that, if this algorithm produces figures
that fall below a certain threshold — be it in terms of percentage
or numbers — Statistics Canada cannot know what the
repercussions might be, since that would imply conducting a
study on the relationship between the service delivery or lack
thereof and the vitality of the community and its French.
The Chair: That would make a good topic of study, wouldn’t
9:133
Donc, il est clair que, une fois qu’on a utilisé cet algorithme
pour déterminer qu’il y a une situation où on passe en deçà d’un
certain seuil, que ce soit en termes de pourcentage ou d’effectifs,
Statistique Canada ne peut pas avoir d’idée sur les répercussions,
parce que cela sous-entendrait qu’on fasse une étude sur le lien
entre la prestation des services ou l’absence des services sur la
vitalité de la communauté et la vitalité du français dans cette
communauté.
La présidente : Ce serait un bon sujet d’étude, n’est-ce pas?
it?
Mr. Corbeil: As I said, we can certainly conduct studies if
that’s you want us to do, since that is what we are here for.
M. Corbeil : Comme je l’ai mentionné, si vous voulez qu’on
fasse des études, il n’y a pas de problème, nous sommes là pour
cela.
The Chair: We have to knock on the door. On behalf of the
committee, Mr. Corbeil and Mr. Nault, I want to sincerely thank
you for taking the time to provide us with information that will be
very precious to the committee in the course of its study on this
bill.
La présidente : Il faut cogner à la porte. Au nom du comité,
monsieur Corbeil et monsieur Nault, je tiens à vous remercier très
sincèrement d’avoir pris le temps de nous fournir des
renseignements qui seront très précieux au comité dans le cadre
de l’étude de ce projet de loi.
Mr. Corbeil: I would like to point out that you asked me for
statistics, but I have provided you with only one chart on the
provinces. We could send you an electronic document with
information on some 5,000 Canadian municipalities, as well as the
comparison between the 2001 and 2011 situations. That is already
prepared, and we would just have to send you the information.
M. Corbeil : J’aimerais mentionner que vous m’aviez demandé
des statistiques, mais je vous ai fourni uniquement un graphique
qui est un petit tableau sur les provinces. On pourra vous faire
parvenir, sous forme électronique, l’information qui s’y trouve
pour les quelque 5 000 municipalités au Canada, de même que la
comparaison entre la situation en 2001 et en 2011. C’est déjà tout
préparé, et on n’a tout simplement qu’à vous le faire parvenir.
The Chair: We would greatly appreciate it if you could send us
that information. Thank you very much.
La présidente : Ce serait très apprécié si vous pouviez nous
transmettre ces renseignements. Merci beaucoup.
Honourable members of the committee, the second topic we
were meant to discuss will be covered in a future meeting.
Chers membres du comité, le deuxième sujet dont nous
voulions discuter sera reporté à une réunion ultérieure.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Monday, November 3, 2014
Le lundi 3 novembre 2014
Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada:
Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada :
Marie-France Kenny, President;
Marie-France Kenny, présidente;
Diane Côté, Director of Government and Community Relations.
Diane Côté, directrice des liaisons gouvernementales et
communautaires.
Société franco-manitobaine:
Daniel Boucher, CEO.
Fédération culturelle canadienne-française:
Société franco-manitobaine :
Daniel Boucher, président-directeur général.
Fédération culturelle canadienne-française :
Martin Théberge, President;
Martin Théberge, président;
Maggy Razafimbahiny, Director General.
Maggy Razafimbahiny, directrice générale.
Quebec Community Groups Network:
Quebec Community Groups Network :
James Shea, Vice-President;
James Shea, vice-président;
Stephen D. Thompson, Director, Policy, Research and Public
Affairs.
Stephen D. Thompson, directeur de la politique stratégique, de la
recherche et des affaires publiques.
Monday, November 17, 2014
Le lundi 17 novembre 2014
Treasury Board of Canada Secretariat:
Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada :
Daniel Watson, Chief Human Resources Officer;
Daniel Watson, dirigeant principal des ressources humaines;
Marc Tremblay, Acting Assistant Deputy Minister, Governance,
Planning and Policy Sector.
Marc Tremblay, sous-ministre adjoint par intérim, Secteur de la
gouvernance, de la planification et des politiques.
Monday, November 24, 2014
Le lundi 24 novembre 2014
Commission nationale des parents francophones:
Commission nationale des parents francophones :
Ghislaine Pilon, Acting Executive Director.
Fédération nationale des conseils scolaires francophones:
Roger Paul, Executive Director.
Ghislaine Pilon, directrice générale par intérim.
Fédération nationale des conseils scolaires francophones :
Roger Paul, directeur général.
Monday, December 1, 2014
Le lundi 1er décembre 2014
Canadian Teachers’ Federation:
Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants :
Dianne Woloschuk, President;
Dianne Woloschuk, présidente;
Ronald Boudreau, Director, Services to Francophones.
Ronald Boudreau, directeur, Services aux francophones.
Monday, December 8, 2014
Le lundi 8 décembre 2014
Statistics Canada:
Statistique Canada :
Jean-Pierre Corbeil, Assistant Director, Social and Aboriginal
Statistics Division;
Jean-Pierre Corbeil, directeur adjoint, Division de la statistique
sociale et autochtone;
François Nault, Director, Social and Aboriginal Statistics Division.
François Nault, directeur, Division de la statistique sociale et
autochtone.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising