Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Official Languages
Langues officielles
Chair:
The Honourable CLAUDETTE TARDIF
Présidente :
L’honorable CLAUDETTE TARDIF
Monday, April 28, 2014
Monday, May 5, 2014
Monday, May 12, 2014
Le lundi 28 avril 2014
Le lundi 5 mai 2014
Le lundi 12 mai 2014
Issue No. 6
Fascicule no 6
Fifth, sixth and seventh meetings on:
Cinquième, sixième et septième réunions concernant :
The impacts of recent changes to the immigration system
on official language minority communities
Les impacts des changements récents au système
d’immigration sur les communautés de langue officielle
en situation minoritaire
APPEARING:
The Honourable Chris Alexander, P.C., M.P.,
Minister of Citizenship and Immigration
COMPARAÎT :
L’honorable Chris Alexander, C.P., député,
ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51355-51383-51413
STANDING SENATE COMMITTEE ON
OFFICIAL LANGUAGES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
LANGUES OFFICIELLES
The Honourable Claudette Tardif, Chair
Présidente : L’honorable Claudette Tardif
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Andrée Champagne, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
* Carignan, P.C.
(or Martin)
Chaput
Charette-Poulin
* Cowan
(or Fraser)
Fortin-Duplessis
McIntyre
Poirier
Beyak
* Carignan, C.P.
(ou Martin)
Chaput
Charette-Poulin
* Cowan
(ou Fraser)
Fortin-Duplessis
McIntyre
Poirier
* Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Champagne, P.C., replaced the
Honourable Senator Mockler (May 6, 2014).
L’honorable sénatrice Champagne, C.P., a remplacé l’honorable
sénateur Mockler (le 6 mai 2014).
The Honourable Senator Poirier replaced the Honourable
Senator Rivard (May 6, 2014).
L’honorable sénatrice Poirier a remplacé l’honorable sénateur
Rivard (le 6 mai 2014).
The Honourable Senator Mockler replaced the Honourable
Senator Champagne, P.C. (May 5, 2014).
L’honorable sénateur Mockler a remplacé l’honorable sénatrice
Champagne, C.P. (le 5 mai 2014).
The Honourable Senator Rivard replaced the Honourable
Senator Poirier (May 2, 2014).
L’honorable sénateur Rivard a remplacé l’honorable sénatrice
Poirier (le 2 mai 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
12-5-2014
Langues officielles
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Monday, April 28, 2014
(13)
OTTAWA, le lundi 28 avril 2014
(13)
[Translation]
6:3
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5:01 p.m., in room 257, East Block, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 1, dans la salle 257, l’édifice de l’Est, sous la
présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, McIntyre and
Poirier (6).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, McIntyre, et
Poirier (6).
Other senator present: The Honourable Senator Robichaud,
P.C. (1).
Autre sénateur présent : L’honorable sénateur Robichaud, C.P.
(1).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
on the impacts of recent changes to the immigration system on
official language minority communities. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
21 novembre 2013, le comité continue son étude sur les impacts
des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
(Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 4 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
INRS Urbanisation Culture Société:
INRS Urbanisation Culture Société :
Nicole Gallant, Professor-Researcher (by video conference).
Table nationale de concertation communautaire en immigration
francophone:
Ibrahima Diallo, President.
University of Alberta:
Nicole Gallant, professeure-chercheuse (par vidéoconférence).
Table nationale de concertation communautaire en immigration
francophone :
Ibrahima Diallo, président.
Université de l’Alberta :
Tracey M. Derwing, Professor, Department of Educational
Psychology.
Tracey M. Derwing, professeure, Département de la
psychologie éducationnelle.
The clerk informed the committee of the unavoidable absence
of the chair and deputy chair and presided over the election of an
acting chair.
Le greffier informe le comité de l’absence forcée de la
présidente et de la vice-présidente et préside à l’élection d’un
président suppléant.
The Honourable Senator McIntyre moved:
That the Honourable Senator Fortin-Duplessis be elected
acting chair.
L’honorable sénateur McIntyre propose :
Que l’honorable sénatrice Fortin-Duplessis soit élue
présidente suppléante.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The acting chair took the chair.
La présidente suppléante assume la présidence.
Ms. Gallant, Mr. Diallo and Ms. Derwing made presentations
and answered questions.
Mme Gallant, M. Diallo et Mme Derwing font une
déclaration, puis répondent aux questions.
At 7 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 heures, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation
de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
6:4
Official Languages
OTTAWA, Monday, May 5, 2014
(14)
[Translation]
12-5-2014
OTTAWA, le lundi 5 mai 2014
(14)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:01 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 1, dans la salle 9, l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, McIntyre,
Mockler, Rivard and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis, McIntyre, Mockler,
Rivard et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
on the impacts of recent changes to the immigration system on
official language minority communities. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
21 novembre 2013, le comité continue son étude sur les impacts
des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
(Le texte complet de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 4 des
délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Consortium national de formation en santé et Association des
universités de la francophonie canadienne:
Consortium national de formation en santé et Association des
universités de la francophonie canadienne :
Jocelyne Lalonde, Executive Director, National Secretariat.
Jocelyne Lalonde, directrice générale, Secrétariat national.
Ms. Lalonde made a presentation and answered questions.
Mme Lalonde fait une déclaration et répond aux questions.
At 5:07 p.m., the Honourable Senator Mockler replaced the
Honourable Senator Champagne, P.C., as a member of the
committee.
À 17 h 7, l’honorable sénateur Mockler remplace l’honorable
sénatrice Champagne. C.P., à titre de membre du comité.
At 6:09 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 9, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, May 12, 2014
(15)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 12 mai 2014
(15)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:20 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Claudette Tardif, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 20, dans la salle 9, l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Claudette Tardif (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Beyak, Champagne, P.C., Chaput, Charette-Poulin, FortinDuplessis, McIntyre, Poirier and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs Beyak,
Champagne, C.P., Chaput, Charette-Poulin, Fortin-Duplessis,
McIntyre, Poirier et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
12-5-2014
Langues officielles
6:5
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 21, 2013, the committee continued its study
on the impacts of recent changes to the immigration system on
official language minority communities. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 4.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat jeudi
21 novembre 2013, le comité poursuit son étude sur les impacts
des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
(Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 4 des
délibérations du comité.)
APPEARING:
COMPARAÎT :
The Honourable Chris Alexander, P.C., M.P., Minister of
Citizenship and Immigration.
L’honorable Chris Alexander, C.P., député, ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Citizenship and Immigration Canada:
Citoyenneté et Immigration Canada :
Corinne Prince-St-Amand, Director General, Integration and
Foreign Credentials Referral Office.
University of Ottawa:
Corinne Prince-St-Amand, directrice générale, Intégration et
Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences
étrangers.
Université d’Ottawa :
Gilles LeVasseur, Professor, Telfer School of Management.
The minister made a presentation and, with Ms. St-Amand,
answered questions.
Gilles LeVasseur, professeur, École de gestion Telfer.
Le ministre fait une déclaration et, avec Mme St-Amand,
répond aux questions.
At 6:17 p.m., the committee was suspended.
À 18 h 17, la séance est suspendue.
At 6:20 p.m., the committee resumed.
À 18 h 20, la séance reprend.
Mr. LeVasseur made a presentation and answered questions.
M. LeVasseur fait une déclaration et répond aux questions.
At 6:54 p.m., the committee was suspended.
À 18 h 54, la séance est suspendue.
At 6:58 p.m., the committee resumed.
À 18 h 58, la séance reprend.
Pursuant to rule 12-16(1)(d), of the Rules of the Senate, the
committee resumed in camera to consider a draft agenda (future
business).
Conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement, la séance se
poursuit à huis clos pour discuter d’un ordre du jour (travaux
futurs).
At 7:17 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 17, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
Le greffier du comité,
Daniel Charbonneau
Clerk of the Committee
6:6
Official Languages
12-5-2014
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, April 28, 2014
OTTAWA, le lundi 28 avril 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5:01 p.m., to continue its study on the impacts of
recent changes to the immigration system on official language
minority communities.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 1, pour continuer son étude sur les impacts des
changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
[Translation]
[Français]
Daniel Charbonneau, Clerk of the Committee: Honourable
senators, as clerk of the committee, I must inform you that neither
the chair nor the deputy chair is available to attend today’s
meeting. Therefore, it is my job to oversee the election of an
acting chair. I am ready to receive motions to that effect. Do I
have any motions?
Daniel Charbonneau, greffier du comité : Honorables sénateurs,
en tant que greffier du comité, je dois vous aviser que la présidente
et la vice-présidente ne sont pas disponibles pour participer à la
réunion d’aujourd’hui. Il est de mon devoir de procéder à
l’élection d’une présidence suppléante. Je suis prêt à recevoir une
motion à cet effet. Y a-t-il des motions?
Senator McIntyre: Yes, in the absence of the chair and deputy
chair, I nominate Senator Fortin-Duplessis as acting chair.
Le sénateur McIntyre : Oui, en l’absence de la présidente et de
la vice-présidente, je propose que la sénatrice Fortin-Duplessis
siège à la présidence.
Mr. Charbonneau: It has been moved by the Honourable
Senator McIntyre that Senator Fortin-Duplessis serve as acting
chair. Is it the pleasure of the honourable senators to adopt the
motion?
M. Charbonneau : Il est proposé par l’honorable sénateur
McIntyre que la sénatrice Fortin-Duplessis siège en tant que
présidente par intérim. Plaît-il aux honorables sénateurs
d’adopter la motion?
Hon. Senators: Agreed.
Mr. Charbonneau: I invite Senator Fortin-Duplessis to take the
chair.
Senator Suzanne Fortin-Duplessis (Acting Chair) in the chair.
The Acting Chair: Honourable senators, I call this meeting of
the Standing Senate Committee on Official Languages to order. I
am Senator Suzanne Fortin-Duplessis from Quebec and I would
ask the senators to introduce themselves, starting on my left.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
Senator Robichaud: Fernand Robichaud, Saint-Louis-de-Kent,
New Brunswick.
Des voix : Oui.
M. Charbonneau : J’invite la sénatrice Fortin-Duplessis à venir
prendre place au fauteuil.
La sénatrice Suzanne Fortin-Duplessis (présidente suppléante)
occupe le fauteuil.
La présidente suppléante : Honorables sénateurs, je déclare
cette séance du Comité sénatorial permanent des langues
officielles ouverte. Je suis la sénatrice Suzanne Fortin-Duplessis,
du Québec, et je demande aux sénateurs à ma gauche de se
présenter.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
Le sénateur Robichaud : Fernand Robichaud, Saint-Louis-deKent, au Nouveau-Brunswick.
Senator McIntyre: Paul McIntyre from New Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, du NouveauBrunswick.
Senator Poirier: Rose-May Poirier from New Brunswick.
La sénatrice Poirier : Rose-May Poirier, du NouveauBrunswick.
The Acting Chair: We are continuing our study of the impacts
of recent changes to the immigration system on official language
minority communities.
La présidente suppléante : Nous continuons notre étude sur les
impacts des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
The purpose of today’s meeting is to question the researchers
who have studied the issue as well as a community stakeholder
involved in this type of coordination.
Le but de la réunion d’aujourd’hui est d’interroger les
chercheurs qui se sont penchés sur cette question, de même
qu’un acteur du milieu communautaire qui coordonne les efforts
en ce sens.
Our witnesses today are Nicole Gallant, Professor-Researcher
from the INRS, Urbanisation Culture Société, joining us by video
conference; Ibrahima Diallo, President of the Table nationale de
concertation communautaire en immigration francophone; and
Nos témoins pour aujourd’hui sont Mme Nicole Gallant,
professeure-chercheuse de l’INRS, Urbanisation Culture Société,
par vidéoconférence; M. Ibrahima Diallo, président de la Table
nationale de concertation communautaire en immigration
12-5-2014
Langues officielles
6:7
Tracey Derwing, Professor in the Department of Educational
Psychology at the University of Alberta. Following your
presentations, the senators will ask you questions. Please go
ahead, Ms. Gallant.
francophone; Mme Tracey Derwing, professeure au Département
de la psychologie éducationnelle de l’Université de l’Alberta.
Après vos présentations, les sénateurs auront des questions à vous
poser. Nous écoutons Mme Gallant.
Nicole Gallant, Professor-Researcher, INRS Urbanisation
Culture Société: Thank you very much for inviting me to appear
before the committee. I would like to take this opportunity to
encourage you to step back, if you would, and compare how
English Canada and French Canada view the ideal immigrant
integration model, with a specific focus on how Canada’s
anglophone communities define linguistic duality as it relates to
francophone communities.
Nicole Gallant, professeure-chercheuse, INRS Urbanisation
Culture Société : Merci beaucoup de cette invitation. J’aimerais
profiter de cette occasion pour vous inviter à prendre un peu de
recul afin de comparer la façon dont le Canada anglais et le
Canada français perçoivent le modèle idéal d’intégration des
immigrants, notamment la signification de la dualité linguistique
au Canada aux yeux des communautés anglophones par rapport
aux communautés francophones.
You have my brief summarizing what I have to say. Though I
will begin by talking a bit about Canadian multiculturalism and
much more about the dominant vision of linguistic duality in
English Canada, please understand I am obviously making a
generalization. Fundamentally, the two notions have been around
since the Trudeau era, when they were introduced with a focus on
the importance of individual freedom. The purpose of the state
under that view is to provide a context for this freedom to exist
and be protected. Cultural integration is perceived as an
individual choice; individuals decide whether to retain the
traditions of their home country, and that is a choice they have
to make. Linguistic duality is perceived as a matter of equality
between languages, and therefore language practices are also seen
as an individual choice, made by each and every person separately
rather than collectively by a community. From a public policy
perspective, equality between languages rather than communities
prevails. In concrete terms, that public policy means the state has
an obligation to provide services in the language chosen by the
individual. It is a matter of making services available in a given
language.
Vous avez reçu mon feuillet qui résume ce que je vais vous dire.
Si je commence par vous parler un peu du multiculturalisme
canadien et surtout de la vision de la dualité linguistique qui
domine au Canada anglais, il s’agit évidemment d’une
généralisation. Fondamentalement, ces deux notions sont
présentes depuis l’époque de Trudeau où elles ont été mises en
place autour de l’importance de l’idée de liberté individuelle. Le
rôle de l’État dans cette vision est de fournir un contexte où la
liberté individuelle peut s’exercer et de protéger cette liberté
individuelle. Sur le plan de l’intégration culturelle, on perçoit cela
comme un choix individuel; ce sont les individus qui décident de
conserver ou non les traditions de leur pays d’origine, et c’est un
choix qui leur revient. Sur le plan linguistique, la dualité
linguistique est perçue comme une question d’égalité entre les
langues, et donc, la pratique de la langue est perçue comme un
choix individuel porté par des gens, les uns à côté des autres,
plutôt que par une communauté. Cela se traduit en politique
publique par cette idée d’égalité des langues plutôt que des
communautés. Concrètement, en politique publique, du point de
vue de l’État, cela se traduit par une obligation de fournir des
services dans la langue choisie par l’individu. C’est une question
de provision de services dans une langue.
Why does this approach not serve immigrant integration in
francophone communities outside Quebec well? When the focus is
on providing services in French, one of the main objectives of
francophone communities is overlooked, and that is enabling
immigrants to integrate into a French-speaking community by
doing much more than simply providing settlement services in
French.
Pourquoi cette approche favorise-t-elle mal l’intégration des
immigrants dans les communautés francophones hors Québec?
Quand on pense à une provision de services en français, on passe à
côté d’un des objectifs centraux des communautés francophones,
qui est l’intégration de ses immigrants dans une communauté
francophone bien au-delà de la langue dans laquelle les services
d’établissement sont fournis.
Before I explain why that does not work well for francophone
communities more tangibly speaking, I have a sidebar if I may. It
concerns Quebec interculturalism and particularly the dominant
view of linguistic duality in French Canada, both in Quebec and
in francophone minority communities, because it centres, not on
individual freedom, but on the notion of community, in this case,
a language community.
Avant de vous expliquer un peu plus concrètement pourquoi
cela ne fonctionne pas bien dans les communautés francophones,
je vais faire une parenthèse sur l’interculturalisme québécois et
surtout sur la vision de la dualité linguistique qui domine au
Canada français, à la fois au Québec et dans les communautés
francophones en milieu minoritaire, parce qu’elle est non pas
centrée autour de la liberté individuelle, mais autour de la notion
de la communauté, linguistique en l’occurrence.
The role of the state is to ultimately protect the community
even if that means restricting some individual rights and
freedoms. Under Quebec’s style of interculturalism, cultural
integration happens interculturally, meaning between cultures,
and so immigrants interact with an existing community, in the
Le rôle de l’État dans ce contexte serait de protéger la
communauté, éventuellement même si cela signifierait limiter
certaines libertés individuelles. Dans le contexte de
l’interculturalisme à la québécoise, l’idée est que l’intégration
culturelle se fait de manière interculturelle, donc entre des
6:8
Official Languages
12-5-2014
case of Quebec, a francophone one. Immigrants are therefore
encouraged to integrate into that community and participate in
public life, which takes place in French.
cultures, dans l’interaction des immigrants avec une communauté
existante, en l’occurrence québécoise et francophone. Donc, on
invite les immigrants à s’intégrer à cette communauté et
notamment à participer à sa vie publique qui se passe en français.
In Quebec, that has resulted in a certain number of laws that
impose restrictions. And these restrictions have traditionally been
difficult for English Canada to understand, precisely because its
laws put protection of individual freedoms above that of the
community and language. Most of the policies in question govern
language in schools, parents’ obligation to send their children to
French-language schools and, obviously, commercial signage.
Concrètement, au Québec, cela a signifié un certain nombre de
lois qui ont imposé des contraintes que le Canada anglais a
souvent du mal à comprendre, justement parce qu’il pense en
termes de liberté individuelle plutôt qu’en termes de protection de
la communauté et de la langue. Ce sont notamment des politiques
sur la langue des écoles, sur l’obligation d’envoyer ses enfants
dans des écoles francophones et, évidemment, sur la langue de
l’affichage commercial.
I am only touching on this, but this type of immigrant
integration model is not applicable to francophone communities
because people cannot conceive of protectionist laws like these in
the absence of a government to implement them. And
francophone communities outside Quebec do not have their
own government. While they do have associations that represent
them, they are not governments. Nor is there a place where such
policies protecting the French language could apply in a context
where rights are associated with the individual. It becomes hard to
impose a measure requiring francophone immigrants to integrate
into francophone schools. So someone who comes from Frenchspeaking Congo would have to attend a francophone school,
whereas that obligation would not apply to someone from
Nigeria. So it is difficult to apply and not really practical. And I
do not think that is what francophone communities would want
either.
J’en parle rapidement, mais en même temps, en termes de
modèle d’intégration des immigrants, ce n’est pas envisageable
pour les communautés francophones, parce qu’on ne peut pas
envisager des lois protectionnistes de ce genre s’il n’y a pas un
gouvernement qui les met en œuvre; et il n’y a pas de
gouvernement pour les communautés francophones hors
Québec qui soit un gouvernement propre à la communauté. Il y
a des associations qui les représentent, mais ce ne sont pas des
gouvernements. Il n’y a pas non plus de territoire où ces lois
protectionnistes qui protègent la langue française pourraient
s’appliquer, de sorte qu’on se retrouve dans des situations où le
droit est associé à des individus. Ça devient difficile d’appliquer
une mesure pour obliger des immigrants francophones à intégrer
les écoles francophones. Donc, si une personne vient du Congo
francophone, elle devrait intégrer une école francophone, alors
que si elle vient du Nigeria, cette obligation ne s’appliquerait pas.
Donc, c’est difficile et ce n’est pas vraiment envisageable. Je ne
pense pas non plus que ce soit ce que les communautés
francophones souhaitent.
Coming back to the first model I am getting to my second
point and the little diagrams I included. I wanted to show that,
from our research into the trajectory followed by francophone
immigrants in regions across the country, we systematically
observed the same pattern when services are made available in
French, but provided by organizations that are either bilingual or
anglophone. That has been the dominant federal model until just
recently. I think we are seeing an awakening, and I will come back
to that at the very end of my presentation. On the whole,
however, what was happening was non-francophone
organizations who are not very familiar with local francophone
communities were the ones providing French-language settlement
services.
Je reviens au premier modèle et j’arrive à mon deuxième point,
avec les petits schémas, pour vous montrer que, dans les travaux
qu’on a faits en examinant les trajectoires des immigrants
francophones dans différentes régions du Canada, on retrouve
systématiquement le même type de trajectoire lorsque les services
sont fournis en français, mais par des organisations qui sont ellesmêmes bilingues ou anglophones. C’était le modèle dominant
dans l’administration fédérale jusqu’à tout récemment. Je crois
qu’il y a un éveil, et je vais y revenir dans la toute dernière partie,
mais globalement, cela se présentait comme des services
d’établissement fournis en français, mais fournis par des
organismes qui ne sont pas francophones et qui connaissent
donc très mal les communautés francophones locales.
And what immigrants have told us is that they find members of
the francophone population to be especially welcoming when they
meet them, but francophone communities do not provide any
settlement services, and if they do, immigrants do not know about
them. And as a result, they receive services in either English or
French from anglophone organizations that have no knowledge
of the French-language school system or other French-language
institutions. They are not familiar with caisses populaires or
Concrètement, ce qu’on nous donne comme témoignage, c’est
que l’on trouve l’accueil très chaleureux de la part de la
population francophone quand on la rencontre, mais il n’y a
pas de services d’établissement par des communautés
francophones, ou bien il y a une méconnaissance de la part des
immigrants de l’existence de ces services. On se retrouve à être
servi en anglais ou en français, mais par des organisations
anglophones qui ne connaissent pas le système scolaire
12-5-2014
Langues officielles
6:9
francophone community centres, and it is not the role of these
organizations to know them.
francophone, qui ne connaissent pas les institutions de la
francophonie. La caisse populaire, le centre communautaire
francophone sont méconnus, et ce n’est pas le rôle de ces
organisations de les connaître.
The outcome, then, is that new immigrants learn about
English-Canadian culture in their language classes because they
are provided by English-language organizations. These
immigrants have trouble establishing social networks in French
because they are not introduced to the local French-speaking
community. At the end of the day, although these organizations
may provide services in French, the focus is on integration into
the anglophone majority; these organizations cannot offer
services to help immigrants integrate into francophone
communities because they do not have that knowledge.
Donc, les immigrants qui arrivent apprennent la culture
canadienne-anglaise dans leur cours de langue parce qu’ils sont
fournis par des organisations anglophones. Ils ont du mal à créer
des liens sociaux en français parce qu’ils ne sont pas mis en
contact avec la communauté locale. Finalement, ce que ces
organisations fournissent comme service, c’est un service en
français dans certains cas, mais le service rendu est l’intégration
dans la majorité anglophone, parce qu’il n’y a pas de moyens pour
ces organisations de fournir le service de l’intégration vers la
communauté francophone qu’ils ne connaissent pas.
And now for the last part of my brief and my presentation. In
the absence of specific policies governing this type of activity,
what we have seen emerge in various francophone communities
across the country is a multitude of organizations that have
started providing that kind of service. This may constitute a new
immigrant integration model, one focused on integration within
the local francophone community.
En pratique, dans les communautés francophones — c’est le
dernier volet de mon feuillet et de mon propos aujourd’hui —,
sans qu’il y ait eu de politiques spécifiques qui aient permis
d’encadrer cet exercice, on a vu apparaître de nombreuses
organisations dans différentes collectivités francophones à
travers le Canada qui se sont mises à fournir ce type de service
qui est peut-être un nouveau modèle d’intégration des immigrants
et qui est vraiment axé sur l’intégration dans la communauté
locale, en l’occurrence dans la communauté francophone.
The little diagram shows how, at the neighbourhood level, a
francophone community agency can help a French-speaking
immigrant settle in a neighbourhood with a higher proportion of
francophones, because part of what settlement service providers
do is help people find housing. So, within the neighbourhood,
these organizations provide significant help to immigrants as they
undertake basic activities of community living. For instance, they
help immigrants register for French-language schools, put them in
contact with local caisses populaires or banks, and facilitate their
participation in French-language recreational activities, such as
joining a community sports league or soccer team. All of these
activities enable immigrants to build a social network within the
existing local community. In my view, that is the way to promote
social integration and a sense of belonging within the community.
At least, that is what our work has shown.
Mon petit schéma vous montre un peu comment, à travers le
voisinage — parce que ces organisations qui fournissent des
services d’établissement aident les gens à se trouver un logement —,
un organisme de la communauté francophone peut installer
l’immigrant francophone dans un quartier où il y a une plus
forte proportion de francophones. Donc, le voisinage, l’inscription
dans les écoles francophones, la mise en contact avec des caisses
populaires ou des banques de la communauté francophone,
essentiellement, de manière très importante, les activités
communautaires, les loisirs en français, les petites équipes
sportives locales, une équipe de soccer en français, ce sont toutes
des occasions de créer, de tisser des liens avec la communauté déjà
présente localement. C’est ainsi qu’on façonne, à mon avis,
l’intégration sociale et l’appartenance à la communauté. C’est du
moins ce que nos travaux documentent.
I am almost out of time, but I wanted to focus on this element
because it is the most important to understand. The importance of
intervening at the community, rather than individual, level may
not be immediately obvious to most people, so I have made a few
concrete recommendations.
Mon temps de parole est presque écoulé. J’ai insisté sur cette
partie parce qu’il s’agit de la part la plus importante à
comprendre. Elle n’est pas nécessairement visible spontanément
pour une majorité de gens, cette nécessité d’intervenir au niveau
de la communauté plutôt qu’au niveau de l’individu. J’ai traduit
cela par quelques recommandations.
If I can have just a minute, I want to pick up on the idea that
the main obstacle to the integration of francophone immigrants
into minority francophone communities is institutional practices.
The reason is the lack of support for small, local francophone
agencies providing assistance with integration at the community
level. In concrete terms, that means viewing these agencies as
groups that can remain separate and independent from
anglophone agencies, within the same community. For the
federal government, it also means devising a distinct funding
model tailored to communities. And that is not easy in a context
Si on me donne une minute, j’aimerais simplement revenir sur
l’idée que c’est au niveau institutionnel que se trouve le principal
écueil à l’intégration des immigrants en raison du fait qu’on ne
soutient pas assez ces petits organismes locaux francophones qui
fournissent un service d’intégration à l’intérieur d’une
communauté. Concrètement, ce que cela veut dire, c’est de voir
ces organismes comme des groupes pouvant rester distincts et
indépendants des organismes anglophones, au sein de la même
collectivité, et de se permettre, comme gouvernement fédéral, de
penser à une formule de financement distincte et adaptée aux
6:10
Official Languages
12-5-2014
where language equality trumps community equality.
Approaching services from the perspective of community
equality makes it possible to tailor funding to the community
targeted.
communautés. Là encore, ce n’est pas simple quand on pense en
termes d’égalité des langues plutôt qu’en termes d’égalité des
communautés. Si on pense en termes d’égalité des communautés,
on peut adapter le financement à la communauté à laquelle on
s’adresse.
Lastly, it is paramount that these initiatives remain local,
because our social network starts within the community. The
various francophone immigrant networks in every province across
the country invest extensive networking efforts in these local
initiatives, in coordination with the Fédération des communautés
francophones et acadienne, or FCFA. That coordination is key to
improve and share ideas and best practices. At the same time,
however, the initiatives must remain at the local level to prevent
some centralizing organization from standardizing practices,
because every community is unique.
Finalement, il est très important que ces initiatives demeurent
locales, parce que c’est dans la collectivité que se tisse le tissu
social. Il y a un travail énorme de mise en réseau de ces initiatives
locales qui est fait par les différents réseaux d’immigration
francophone dans toutes les provinces du Canada, en
coordination avec la Fédération des communautés francophones
et acadienne (FCFA). Cette coordination est importante pour
qu’ils puissent échanger sur leurs pratiques et, en même temps, il
faut que cela demeure au niveau local afin qu’il n’y ait pas une
uniformisation par le haut de ces pratiques, parce que chaque
collectivité a sa propre couleur.
Thank you.
Je vous remercie de votre attention.
The Acting Chair: Thank you, madam. Ibrahima Diallo now
has the floor.
La présidente suppléante : Je vous remercie, madame. Je donne
maintenant la parole à M. Ibrahima Diallo.
Ibrahima Diallo, President, Table nationale de concertation
communautaire en immigration francophone: Thank you kindly,
honourable senators, for inviting me to appear before you today.
I am the president of the Table nationale de concertation
communautaire en immigration francophone. Our issue table is
relatively young, only launched in the fall of 2013, by the FCFA.
It is part of a new community governance structure for
francophone immigration. And against that backdrop, we work
to achieve the objectives set out in the 2006-13 strategic plan and
to ensure their continuity.
Ibrahima Diallo, président, Table nationale de concertation
communautaire en immigration francophone : Merci beaucoup,
honorables sénateurs, de m’avoir invité aujourd’hui. Je suis le
président de la Table nationale de concertation communautaire en
immigration francophone. Cette table de concertation est toute
jeune. Elle a été mise sur pied à l’automne 2013, par la FCFA.
Elle fait partie d’une nouvelle structure de gouvernance
communautaire en immigration francophone. Donc, dans ce
contexte, nous travaillons dans la continuité et la poursuite des
objectifs du plan stratégique qui a été mis en place de 2006-2013.
The role of our national issue table is to identify the challenges
and priorities related to francophone immigration, to align efforts
across the country and to bridge the gap between communities
and the Department of Citizenship and Immigration, or CIC, at
the federal level.
Le rôle de cette table nationale, c’est notamment d’identifier les
enjeux et les priorités en matière d’immigration francophone, de
veiller aussi à l’arrimage des actions dans l’ensemble du pays ainsi
que de faire le lien entre les communautés et le ministère de la
Citoyenneté et de l’Immigration du Canada (CIC) au niveau
national.
Twelve members who represent a wide spectrum of stakeholders
make up the national table, including myself as president. I
represent the community on the committee established by CIC and
Communautés francophones en situation minoritaire, known as
the CIC/CFSM committee.
Dans ce sens, notre table est composée de 12 membres très
représentatifs, y compris moi-même à titre de président. J’occupe
cette fonction communautaire du comité formé par le CIC
et les Communautés francophones en situation minoritaire
(CIC/CFSM).
Making up the issue table are Suzanne Bossé, Executive Director
of the FCFA, who leads community governance coordination for
francophone immigration, as well as two executive directors
representing national organizations, Jean Léger from the Réseau
de développement économique et d’employabilité Canada, and
Jocelyne Lalonde from the Association des universités de la
francophonie canadienne and the Consortium national de
formation en santé.
La composition de la table est la suivante : Mme Suzanne
Bossé, directrice générale de la FCFA à titre de responsable
chargée de la coordination de la gouvernance communautaire en
immigration francophone; deux directions générales sont
représentées d’organismes nationaux, soit M. Jean Léger, qui
est également du Réseau de développement économique et
d’employabilité Canada, et Mme Jocelyne Lalonde, de
l’Association des universités de la francophonie canadienne et
du Consortium national de formation en santé.
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Langues officielles
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The executive directors of three provincial organizations also
sit on the table: Denis Perreaux, representing Alberta, Daniel
Boucher, representing Manitoba, and Gaël Corbineau,
representing Newfoundland and Labrador.
Il y a aussi trois directions générales d’organismes porteparoles provinciaux composées de M. Denis Perreaux, de
l’Alberta, de M. Daniel Boucher, du Manitoba, et de M. Gaël
Corbineau, de Terre-Neuve-et-Labrador.
We have two francophone immigration network coordinators,
mentioned earlier, Geneviève Doyon, from the Yukon, and Alain
Dobi, from central southwestern Ontario, as well as a researcher,
Christophe Traisnel, of the Université de Moncton.
Nous avons deux coordonnateurs de réseau en immigration
francophone, dont on a parlé tantôt, soit Mme Geneviève Doyon,
du Yukon, et M. Alain Dobi, du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario,
et un chercheur, M. Christophe Traisnel, de l’Université de
Moncton.
And, of course, since we are dealing with immigration, we have
appointed two members representing ethnocultural communities,
Moussa Magassa, of British Columbia, and Franklin Leukam, of
Ontario.
Évidemment, puisqu’on parle d’immigration, nous avons adjoint
deux membres provenant de communautés ethnoculturelles,
M. Moussa Magassa, de la Colombie-Britannique, et M. Franklin
Leukam, de l’Ontario.
Seven of the table’s 12 members also represent the community
portion of the CIC/CFSM committee, co-led by the FCFA and
CIC.
Nous sommes 12 membres, et 7 d’entre nous forment aussi la
partie communautaire du comité CIC/CFSM gérée conjointement
par la FCFA et CIC.
I should tell you that the table was only launched this past fall
and met for the first time on November 25, 2013, so we have only
just begun our work.
Il convient de vous dire que la table de concertation n’existe
que depuis l’automne dernier et s’est réunie pour la première fois
le 25 novembre 2013; nous venons tout juste d’amorcer nos
activités.
That said, however, our activities are aimed at continuing the
collective efforts undertaken by the communities since the early
2000s. We also work towards achieving the francophone
immigration objectives mutually agreed upon by the
communities and the government under the strategic plan to
promote francophone immigration within the communities.
Cependant, nous travaillons dans la continuité des efforts
collectifs menés par les communautés depuis le début des
années 2000, et à la poursuite des objectifs en matière
d’immigration francophone adoptés conjointement par les
communautés et le gouvernement dans le cadre d’un plan
stratégique visant à favoriser l’immigration francophone au sein
des communautés.
I would like to make a few comments on the recent changes to
the immigration system and the impact they have had on the
communities. Right off the bat, I want to say that the national
table and the communities both recognize the new approach being
taken by the government with respect to economic issues and
economic immigration. And they want to pursue those objectives
and build on those efforts, in collaboration with the government,
precisely to promote francophone immigration.
J’aimerais faire quelques observations sur les changements
apportés récemment au système d’immigration et concernant les
impacts sur les communautés. D’entrée de jeu, on peut affirmer que
la table nationale et les communautés reconnaissent la nouvelle
approche du gouvernement en matière économique, en matière
d’immigration économique et qu’elles souhaitent poursuivre et
accroître les efforts en collaboration avec le gouvernement pour
favoriser justement l’immigration francophone.
We have been working to encourage immigration to our
communities for more than a decade, and we continue to play an
active role in the new immigration system. Although the issue
table has not yet studied the impacts of the recent changes on
francophone immigration specifically, we did spend a full day,
March 13, discussing the related challenges and opportunities, as
well as the steps that both communities and the government need
to take.
Nous sommes engagés en faveur de l’immigration au sein de nos
communautés depuis plus d’une décennie et nous continuerons à
jouer un rôle actif dans le nouveau système d’immigration. Bien
que la table de concertation ne se soit pas encore penchée
précisément sur les questions liées aux impacts des changements
récents sur l’immigration francophone, nous avons cependant déjà
consacré une journée entière, le 13 mars dernier, à discuter des
défis, des opportunités et des actions qui seront nécessaires de la
part des communautés et du gouvernement.
We identified four priority areas: promotion and recruitment,
integration and enhanced immigration networks, research, and
communication.
Il s’agit de quatre domaines précisément prioritaires : la
promotion et le recrutement; l’intégration et le renforcement des
réseaux en immigration; la recherche, et enfin, la communication.
Now I would like to share some of the observations we made in
regard to promotion and recruitment, in particular. There was
unanimous agreement among the members of the national table
J’aimerais maintenant partager avec vous quelques-unes de nos
réflexions, en ce qui concerne particulièrement la promotion et le
recrutement. Les membres de la table nationale sont unanimes à
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Official Languages
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that the expression of interest system, recently renamed Express
Entry, needs to include a francophone component. And that
component needs to be in place at the very beginning of the
implementation process, January 2015.
ce sujet, le système de déclaration d’intérêt, récemment renommé
Entrée Express, doit comporter une lentille francophone, et ce,
dès la première phase de sa mise en œuvre en janvier 2015.
Table members were also unanimous on the importance of
stepping up efforts not just to recruit French-speaking
immigrants, but also to promote the communities.
Nous sommes aussi unanimes à l’égard de l’importance
d’accroître non seulement les efforts de recrutement
d’immigrants d’expression française, mais aussi à l’égard de la
promotion des communautés.
Furthermore, we believe in the importance of establishing the
necessary services and mechanisms to attract more foreign student
immigrants to our francophone communities and encourage them
to stay there. Foreign students are not currently eligible to access
CIC’s reception and settlement services.
De plus, nous pensons qu’il est important de mettre en place les
services et les mécanismes nécessaires pour augmenter le nombre
d’étudiants internationaux qui décident d’immigrer dans nos
communautés francophones et pour favoriser leur rétention. En
ce moment, ces derniers ne sont pas admissibles aux services
d’accueil et d’établissement financés par CIC.
The new system places more emphasis on overseas services.
And in light of that, from an integration standpoint, it is
imperative that pre-departure French-language services be
established immediately to give prospective immigrants a real
sense of what our communities have to offer and the Frenchlanguage services available.
Au point de vue de l’intégration, d’une part, étant donné que le
nouveau système met l’accent davantage sur les services outremer, il faut absolument et dès maintenant créer des services prédépart en français offrant un portrait réaliste de nos
communautés et des services francophones.
It is also imperative that French-speaking immigrants be given
access to language training and evaluation, and the opportunity
to have their credentials assessed in French, just like Englishspeaking immigrants.
D’autre part, il est essentiel que les immigrants d’expression
française aient accès à la formation et à l’évaluation linguistique,
ainsi qu’à l’évaluation de leurs titres de compétence en français, et
ce, au même titre que les immigrants d’expression anglaise.
With respect to economic integration, we expect some
immigrants to have an easier time entering the labour market.
Others, however, will still need training to upgrade their skills or
find a job. To that end, mentorship programs will no doubt play a
key role.
Par ailleurs, en ce qui a trait à l’intégration économique, nous
nous attendons à ce que certains immigrants soient en mesure de
s’intégrer plus facilement au marché du travail. Cependant,
certains auront toujours besoin de suivre des formations de mise à
niveau ou encore des formations à l’emploi. À cet égard, les
programmes de mentorat vont sans doute continuer à jouer un
rôle important.
As for strengthening francophone immigration networks, these
networks are crucial instruments in bringing together the
francophone immigration stakeholders in nine provinces and
two territories. If francophone immigration networks are to
continue fulfilling their mandate and tackling the challenges
under the new immigration system, communities and
governments must work together to strengthen the networks by
investing in supporting tools and mechanisms, and in reception
and settlement capacity.
En ce qui concerne le renforcement des réseaux en immigration
francophone, les RIF sont des structures essentielles pour
rassembler tous les intervenants en matière d’immigration
francophone dans neuf provinces et deux territoires. Afin que
les RIF soient en mesure de continuer à réaliser leur mandat et de
relever les défis du nouveau système d’immigration, il est essentiel
que les communautés et les gouvernements travaillent ensemble
pour renforcer les RIF en misant sur les outils et les mécanismes
pour les appuyer, ainsi que sur les capacités en matière d’accueil et
d’établissement.
The research component is also very significant. francophone
minority language communities need access to conclusive data in
order to plan activities and undertake efforts that more effectively
support French-speaking immigrants and their host communities.
With that goal in mind, the issue table, together with the CIC/
CFSM committee, would like to set research priorities and
improve research capacity in the area of francophone
immigration. And those efforts should be undertaken on a
national scale.
Le volet de la recherche est très important. Les CFSM doivent
avoir accès à des données probantes pour planifier les activités et
accroître l’efficacité des activités pour appuyer les immigrants
d’expression française et les communautés qui les accueillent.
Dans cette optique, en collaboration avec le comité CIC/CFSM,
la table de concertation souhaite établir des priorités de recherche
et renforcer les capacités en matière de recherche sur
l’immigration francophone, et c’est quelque chose qui devrait se
faire à l’échelle nationale.
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Langues officielles
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It is our view that research collaborations should be
encouraged and that research efforts should target the full
spectrum of needs, as identified by all the stakeholders: decision
makers, community workers and researchers. We also believe that
research findings and data should be shared and circulated more
effectively.
Nous sommes d’avis qu’il faut encourager les collaborations en
recherche, tout en permettant à la recherche de couvrir l’ensemble
des besoins particuliers en la matière, soulevés par chaque secteur
du dossier : les décideurs, les acteurs communautaires et les
chercheurs. De plus, nous favorisons une meilleure diffusion des
résultats et une circulation des données d’échange.
These are just a few examples of the issues and opportunities
stemming from the recent changes to the immigration system and
the impacts on francophone minority communities.
Les observations ci-dessus ne constituent que quelques
exemples des enjeux et des opportunités liés aux changements
récents au système d’immigration et aux impacts sur les
communautés francophones en situation minoritaire.
They also give you a general idea of the projects we are
working on, together with our government partners on the CIC/
CFSM committee, including provincial and territorial
stakeholders, whose involvement we believe is paramount.
Il s’agit aussi d’un aperçu des projets sur lesquels nous
travaillons avec nos partenaires gouvernementaux du comité
CIC/CFSM, y compris les gouvernements provinciaux et
territoriaux, dont l’engagement, à nos yeux, semble essentiel.
Certainly, we expect the federal, provincial and territorial
governments to take action, but we also want to work alongside
them to achieve our common objectives and encourage Frenchspeaking immigrants to come to our communities.
Nous avons certes des attentes envers le gouvernement fédéral
et les gouvernements provinciaux et territoriaux, mais nous
voulons aussi travailler avec eux pour atteindre nos objectifs
communs et favoriser l’immigration francophone dans nos
communautés.
In that vein, I fully support the recommendations made by the
individuals you have been in contact with. To conclude, I do,
however, want to reiterate the importance of promoting our
communities and stress that the government should undertake
efforts to that end, on both a national and international scale. As
we see it, that is a crucial element. Resources also need to be made
available to help immigrants learn the language spoken by the
majority. Bear in mind that our situation is rather unique. The
desire to attract French speakers to francophone minority
communities poses some challenges, and the best way to help
them face those challenges is to ensure they can speak the
language of the majority, thereby facilitating their integration.
Pour cela, je souscris entièrement aux recommandations
formulées par les personnes que vous avez eu à contacter, mais
j’aimerais réitérer, pour finir mon intervention, le fait qu’il y ait
une promotion de nos communautés; que le gouvernement fasse
la promotion de nos communautés aussi bien au niveau national
qu’international. Nous pensons qu’il s’agit d’un volet
extrêmement important. De plus, il faut offrir les moyens pour
l’apprentissage de la langue de la majorité. N’oublions pas que
nous sommes dans des situations assez particulières. Le fait de
vouloir inviter des francophones qui viennent dans des situations
de francophonie en situation minoritaire comporte des enjeux, et
la meilleure façon de les aider à faire face à ces défis, c’est qu’ils
apprennent la langue de la majorité, ce qui permet une
intégration.
Another important consideration, as far as recommendations
go, concerns students and secondary migrants and the services
they need access to. I think that is also important data to have.
They represent client groups whose needs are not being addressed
right now. As for the students currently being targeted, this would
be a great way to help expose them to services that could help
them become immigrants and integrate successfully into our
communities.
Il y a aussi tout le volet qui intéresse ici, en matière de
recommandations, le service qu’on doit donner aux étudiants et
aux migrants secondaires. Je pense que ce sont des données très
importantes. Ce sont des clientèles qui, pour l’instant, ne sont pas
prises en charge. En ce qui concerne les étudiants qu’on vise
actuellement, ce serait une bonne façon de pouvoir les véhiculer
dans des services dont ils pourraient bénéficier afin d’être des
immigrants et qu’on puisse avoir une immigration réussie.
I want to follow up on the francophone dimension I talked
about earlier. It is an essential element. We could even talk about
two dimensions so as not to lose sight of the francophone element
and ensure that it, too, factors into the process for all immigrants.
Je reviens sur la question de la lentille francophone qui est un
élément très important; je pourrais même dire deux lentilles pour
ne pas qu’on perde de vue ce point afin que, dans l’ensemble des
immigrants qui vont venir, le volet francophone soit aussi une
dimension importante.
I will wrap up by touching on the issue of skills and credentials.
In terms of foreign credentials, francophones should have access
to the same assessment tools available in the majority language to
ensure they have the knowledge they need to work in their field
with competence and professionalism.
Je vais finir ici en ce qui concerne toute la question relative aux
titres de compétence. Dans le cas des titres de compétence qui
doivent être analysés, je pense qu’il faut offrir des outils comme
ceux qui existent dans la langue de la majorité pour que ces gens
aient les éléments qu’il leur faut afin de pouvoir exercer leur
travail avec compétence et professionnalisme.
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Official Languages
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Before I finish, I would like to leave you with an important
point. This is about more than just numbers. That is the reality.
We do have targets for francophone immigrants, but I think this
goes beyond numbers because the French fact is one of this
country’s underlying values. I believe balance should factor into
all of our efforts to promote immigration: it will bring even more
value to our country because it will make people feel at home here
and help them integrate successfully. They will do more than just
contribute to the francophone community; they will personify one
of our country’s core values. We all need to work together to
ensure their immigration is successful.
J’aimerais finir avec une notion absolument importante. Ce
n’est pas qu’une question de nombre. C’est vrai. Nous avons des
cibles à atteindre en matière d’immigrants francophones, mais je
pense que ça dépasse la question quantitative parce que la
francophonie est l’une des valeurs fondamentales de ce pays.
Dans tout ce que nous allons faire pour encourager l’immigration,
je pense qu’il y a une question d’équilibre qui va donner
davantage de valeur à notre pays, parce que les gens se
sentiront chez eux et seront intégrés. Ce ne seront pas seulement
des gens qui vont travailler pour la communauté francophone,
mais des gens qui représentent une valeur fondamentale pour ce
pays. Nous devons tous travailler ensemble afin de nous assurer
que cette immigration soit une immigration réussie.
So, in that respect, even though we are talking about economic
immigration, we still need to convince our employers that seeking
out francophone immigrants also enriches us as a nation. This is
not just a matter of numbers, but a matter of values. I will end on
that note. I look forward to answering your questions. Thank
you.
Donc, dans ce volet, même si on parle d’immigration
économique, il faut qu’on arrive aussi à convaincre nos
employeurs qu’aller chercher des immigrants francophones, c’est
aussi enrichir notre pays; ce n’est pas simplement une question de
nombre, mais aussi une question de valeur. Je finirai par cette
considération en attendant vos questions. Merci.
The Acting Chair: Thank you very much, Mr. Diallo. Now, we
will hear from Professor Tracey Derwing. Ms. Derwing, you have
the floor.
La présidente suppléante : Merci beaucoup, monsieur Diallo.
Maintenant, madame la professeure Tracey Derwing doit nous
présenter son mémoire. Madame, à vous la parole.
[English]
[Traduction]
Tracey M. Derwing, Professor, Department of Educational
Psychology, University of Alberta: Honourable senators, thank
you for inviting me.
Tracey M. Derwing, professeure, Département de la psychologie
éducationnelle, Université de l’Alberta : Honorables sénateurs, je
vous remercie de m’avoir invitée à comparaître.
I have been asked to speak on recommendations that Erin
Waugh and I made in a 2012 overview, the language skills and the
social integration of Canada’s adult immigrants. This review
focused on immigrant learners of English, but most of the
recommendations apply to learners of French as well. The
recommendations were made prior to the new immigration
policies regarding language proficiency levels but some are all
the more important in view of the changes.
On m’a demandé de parler des recommandations qu’Erin
Waugh et moi avons formulées en 2012, dans un bilan sur les
compétences langagières et l’intégration sociale des immigrants
adultes au Canada. Ce bilan se concentrait sur les immigrants qui
apprennent l’anglais, mais la plupart des recommandations
visaient également ceux qui apprennent le français. Les
recommandations ont été formulées avant l’adoption des
nouvelles politiques en matière d’immigration concernant les
niveaux de compétences linguistiques, mais les changements ont
rendu certaines d’entre elles encore plus importantes.
The first recommendation was to expand the content and the
clientele of the federally funded language program, Language
Instruction for Newcomers to Canada. In our own research,
former LINC students told us there was an insufficient focus on
speaking and listening skills in their language classes. CIC’s own
review of LINC programs identified the same problem. Learners
need more support in developing oral fluency and improved
pronunciation skills. Some of the instruction on grammar,
vocabulary and writing might be handled through e-learning to
devote more class time to face-to-face communication, where
meaningful interactions can take place.
Notre première recommandation visait à étendre le contenu et
la clientèle du programme de langue financé par le gouvernement
fédéral, c’est-à-dire le programme Cours de langue pour les
immigrants au Canada. Dans le cadre de nos recherches, des
anciens étudiants du CLIC nous ont dit que leurs cours de langue
ne se concentraient pas suffisamment sur les compétences liées à la
communication orale et à l’écoute. L’examen du programme
CLIC mené par CIC a révélé le même problème. Les apprenants
ont besoin de plus de soutien pour développer leurs compétences
orales et améliorer leur prononciation. Certaines notions sur la
grammaire, le vocabulaire et l’écrit pourraient être transmises par
l’apprentissage en ligne, ce qui permettrait de consacrer plus de
temps en classe à la communication en personne, ce qui mène à
des interactions plus concrètes.
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Langues officielles
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We also recommended increased instruction in pragmatics or
the secret rules of language. Pragmatics is the ‘‘soft skills’’ or the
culturally determined ways of saying things. How a person
apologizes, makes a request or compliments someone is affected
by what is considered appropriate in a given context. So, for
example, how one refuses an employer’s request or what one says
to make small talk will differ radically from one culture to the
next.
Nous avions également recommandé de transmettre un plus
grand nombre de notions sur les règles pragmatiques ou secrètes
de la langue. Les règles pragmatiques concernent les
« compétences générales » ou les expressions linguistiques
déterminées par la culture, c’est-à-dire que la façon de présenter
des excuses, de faire une demande ou de complimenter une
personne dépend de ce qui est considéré comme étant approprié
dans un contexte donné. Par exemple, la bonne façon de refuser
une demande d’un employeur ou les sujets abordés pendant un
échange de banalités différeront énormément d’une culture à
l’autre.
Some pragmatics instruction currently takes place in higher
levels in language instruction that is funded by the government,
and in workplaces, but more could be incorporated at lower
proficiency levels. Organizations such as the Toronto Regional
Immigrant Employment Council have developed useful teaching
videos for pragmatic content. These materials are necessary,
because when speakers of an official language come to Canada
with high enough proficiency levels of English or French to get a
job, they often have insufficient knowledge of pragmatics to keep
the job or to get promoted to a better job. Newcomers often have
limited understanding of the socially determined Canadian
workplace culture, despite high language scores. This promises
to become a growing problem with the new immigration policies.
Skilled workers will have the formal language but not the
pragmatics and there will be serious issues in the workplace
because newcomers will not have had any of the diversity training,
the pragmatics and the Canadian sensibilities that are developed
in their language courses that are currently available. We know
this already from research out of Manitoba, where they found
that 80 per cent of newcomers who had official language
proficiency before arrival took language training after arrival to
function in the workplace and the community.
Certaines notions pragmatiques sont actuellement enseignées à
des niveaux supérieurs dans des cours de langue financés par le
gouvernement et dans certains milieux de travail, mais elles
pourraient être intégrées davantage aux niveaux de compétence
inférieurs. Des organismes, par exemple le Toronto Regional
Immigrant Employment Council, ont produit des vidéos utiles
pour enseigner le contenu pragmatique. Ces outils sont
nécessaires, car lorsque des personnes qui parlent une langue
officielle arrivent au Canada avec un niveau de compétence
suffisant en anglais ou en français pour décrocher un emploi, leur
connaissance des éléments pragmatiques est souvent insuffisante
pour conserver cet emploi ou pour obtenir une promotion. Les
nouveaux arrivants ont souvent une compréhension limitée de la
culture déterminée par le contexte social dans les milieux de
travail canadiens, même s’ils ont obtenu des résultats élevés en
matière de compétences langagières. Il ne fait aucun doute que
cela deviendra un problème de plus en plus important avec les
nouvelles politiques en matière d’immigration. En effet, les
travailleurs qualifiés posséderont les compétences langagières
nécessaires, mais ils ne maîtriseront pas les éléments
pragmatiques, ce qui posera de réels problèmes dans les milieux
de travail, car les nouveaux arrivants n’auront pas reçu une
formation sur la diversité, sur les éléments pragmatiques et sur les
sensibilités canadiennes dans les cours de langue qui leur sont
actuellement offerts. Nous le savons déjà en raison de recherches
menées au Manitoba, où on a conclu que 80 p. 100 des nouveaux
arrivants qui maîtrisaient une langue officielle avant leur arrivée
ont dû suivre des cours de langue pour réussir à fonctionner dans
les milieux de travail et dans les collectivités.
We also suggested volunteer programs within the federally
funded language training programs in which language learners are
placed in volunteer contexts where they will get interaction
opportunities and perhaps build additional social capital, along
with instructional support from their teachers. Pilots of such
programs are quite promising.
Nous suggérons également de mettre sur pied des programmes
de bénévoles dans les programmes de formation langagière
financés par le gouvernement fédéral et dans lesquels les
apprenants d’une langue sont jumelés avec des bénévoles dans
des contextes où ils pourront vivre des interactions et peut-être
élargir leur capital social, en plus de recevoir le soutien de leurs
enseignants. Les projets pilotes de ce type de programmes sont
très prometteurs.
We recommended changing the clientele for language
instruction to include both citizens and temporary foreign
workers. Most citizens who were unable to take language
classes during their first years in Canada were working to
support their families or staying home to care for young children.
If circumstances change once newcomers have become citizens, it
Nous avions recommandé d’élargir la clientèle des cours de
langue pour inclure les citoyens et les travailleurs étrangers
temporaires. La plupart des citoyens qui n’ont pas pu suivre des
cours de langue pendant leurs premières années au Canada
travaillaient pour subvenir aux besoins de leur famille ou restaient
à la maison pour prendre soin des enfants. Si les circonstances
6:16
Official Languages
12-5-2014
is un-productive from a social integration standpoint to deny
them language classes. Temporary foreign workers who have been
paying into Canadian social programs should have access to
language classes as well — some provinces provide other
supports, but language should be a priority.
des nouveaux arrivants changent une fois qu’ils sont devenus
citoyens, il n’est pas productif, sur le plan de l’intégration sociale,
de leur refuser des cours de langue. Les travailleurs étrangers
temporaires qui ont contribué aux programmes sociaux canadiens
devraient également avoir accès à des cours de langue —
certaines provinces offrent d’autres soutiens, mais
l’apprentissage de la langue devrait être une priorité.
Our next recommendation was to expand the Community
Connections program to increase social integration. Community
Connections, which was formerly called the Host program, pairs
newcomers with local volunteers to help establish an initial social
network to give newcomers a chance to practice speaking and
listening and to learn about some cultural norms and traditions
while at the same time the Canadian volunteers gain an
appreciation of the newcomer’s experiences. This is a highly
popular program but underfunded, and there are long waiting
lists for newcomers to be matched with volunteers. We believe
CIC should survey settlement providers as to how best expand
this mutually beneficial program.
La recommandation suivante était d’étendre le programme
Connexions communautaires pour accroître l’intégration sociale.
Le programme Connexions communautaires, autrefois appelé le
Programme d’accueil, jumelle des nouveaux arrivants avec des
bénévoles locaux pour aider à créer un réseau social initial, afin de
permettre aux nouveaux arrivants de pratiquer la communication
orale et l’écoute et d’apprendre des normes culturelles et des
traditions, pendant que les bénévoles canadiens obtiennent un
aperçu des expériences vécues par les nouveaux arrivants. Il s’agit
d’un programme extrêmement populaire, mais qui manque de
financement, et les listes d’attente sont longues pour jumeler les
nouveaux arrivants et les bénévoles. Nous croyons que CIC
devrait demander aux fournisseurs de services d’aide à
l’établissement quelle est la meilleure façon d’étendre ce
programme qui engendre des retombées positives des deux côtés.
We recommended that immigrant parents be included in school
districts’ activities to promote social integration. Sometimes
parents can’t be involved in their children’s school activities
because they are holding down two or more jobs, but whenever
possible schools should provide opportunities for parents to
understand the Canadian school system and the values that
underlie it.
Nous avions recommandé d’inclure les parents immigrants aux
activités organisées par les districts scolaires pour favoriser
l’intégration sociale. Parfois, les parents ne peuvent pas
participer aux activités scolaires de leurs enfants, car ils
occupent deux emplois ou plus, mais lorsque c’est possible, les
écoles devraient offrir aux parents l’occasion de comprendre le
système scolaire canadien et ses valeurs.
Next, we recommended that successful initiatives should be
shared and there should be coordination of social integration
activities of the provinces, municipalities and local immigration
partnerships through federally funded conferences. Many strong
initiatives are happening across Canada, but we are not
particularly good at sharing this information. It’s one thing to
post something on a website, but it’s another altogether to be able
to hear and see useful practices and to be able to ask questions in
person. The Metropolis National Conference is still held annually
and it’s an ideal venue for the sharing of best practices. We
recommend that the federal government continue to support this
conference to disseminate this useful information.
Ensuite, nous avions recommandé que les initiatives
fructueuses soient partagées et qu’il y ait une coordination des
activités d’intégration des partenariats locaux, provinciaux et
municipaux en matière d’immigration par l’entremise de
conférences financées par le gouvernement fédéral. De
nombreuses initiatives prometteuses sont mises sur pied partout
au Canada, mais nous ne diffusons pas ces renseignements
efficacement. C’est bien d’afficher quelque chose sur un site web,
mais c’est encore mieux de pouvoir entendre et observer des
pratiques utiles et de pouvoir poser des questions en personne. La
Conférence nationale Metropolis, qui a lieu chaque année, est
l’événement idéal pour diffuser les pratiques exemplaires. Nous
recommandons que le gouvernement fédéral continue de soutenir
cette conférence pour diffuser ces renseignements utiles.
Finally, the most important recommendation of all, but also
the most difficult to coordinate, would be to see the development
and implementation of awareness-raising initiatives for people
born in Canada on the benefits of immigration. Brief training on
how to listen to accented speech and brief but positive encounters
with non-native speakers of an official language have been shown
to improve people’s willingness to communicate with newcomers.
Such awareness-raising activities can enhance harmony within
workplace and communities.
Enfin, la recommandation la plus importante, mais également
la plus difficile à coordonner, serait l’élaboration et la mise en
œuvre d’initiatives visant à sensibiliser les citoyens nés au Canada
aux avantages découlant de l’immigration. On a démontré que de
courtes séances de formation sur la façon d’écouter des gens qui
s’expriment avec un accent et des rencontres brèves, mais
positives, avec des personnes dont la langue maternelle n’est pas
l’une des langues officielles encouragent les gens à communiquer
avec les nouveaux arrivants. Ce type d’activités de sensibilisation
peut favoriser l’harmonie en milieu de travail et dans les
collectivités.
12-5-2014
Langues officielles
My time is up, so I will stop there.
[Translation]
6:17
Mon temps est écoulé; je vais donc m’arrêter ici.
[Français]
The Acting Chair: The first senator who asked to speak is
Senator McIntyre.
La présidente suppléante : Le premier à avoir demandé la
parole est le sénateur McIntyre.
Senator McIntyre: Thank you, Madam Chair. Ms. Gallant, I
noticed that you were a professor at Université de Moncton in
New Brunswick prior to 2008. I hope you enjoyed that experience.
I also see that, in 2013, you wrote an article on cultural diversity,
and more specifically, francophone communities in New
Brunswick, Ontario and British Columbia.
Le sénateur McIntyre : Merci, madame la présidente. Madame
Gallant, je note qu’avant 2008, vous étiez professeure à
l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. J’ose croire
que cela a été une belle expérience pour vous. Je remarque
également qu’en 2013, vous avez publié un article dans lequel
vous étudiez la notion de diversité culturelle, plus précisément
dans les milieux francophones du Nouveau-Brunswick, de
l’Ontario et de la Colombie-Britannique.
According to your study, francophone immigration does not
affect every community in the same way. In the article, you say
that when members of the community were specifically asked
whether they thought immigrants who had settled in their
immediate neighbourhoods should be allowed to call themselves
Acadian or Franco-Saskatchewanian, community members
became a bit more close-minded.
Selon cet article, l’immigration francophone ne touche pas de
la même manière chaque communauté. D’ailleurs, en parlant de la
communauté, vous écrivez, et je cite : « En effet, lorsqu’on leur
demande plus précisément s’ils trouvent que les immigrants
installés dans leur environnement immédiat devraient pouvoir se
dire Acadiens ou Fransaskois, les attitudes se ferment un peu. »
In your view, is the idea of cultural diversity different in New
Brunswick versus Ontario and British Columbia, or is it the same
in all three provinces?
Selon vous, cette notion de diversité culturelle est-elle différente
au Nouveau-Brunswick par rapport à l’Ontario et à la ColombieBritannique ou demeure-t-elle la même dans les trois provinces?
Ms. Gallant: First of all, yes I taught at Université de Moncton
for five years. I was born in Moncton. My father is one of the
Prince Edward Island Gallants. The interesting thing about the
research I conducted on New Brunswick, Ontario and British
Columbia, together with Christophe Traisnel and Isabelle Violette
of Université de Moncton, and your comment about FrancoSaskatchewanians, is that it pertains to research I did on Acadian,
Franco-Saskatchewanian and Franco-Manitoban communities,
with the help of funding from the Social Sciences and Humanities
Research Council.
Mme Gallant : D’abord, oui, j’ai été professeure à Moncton
pendant cinq ans. Je suis originaire de Moncton, mon père est un
Gallant de l’Île-du-Prince-Édouard. L’intérêt de ces travaux qui
ont été faits à la fois au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en
Colombie-Britannique avec Christophe Traisnel et Isabelle
Violette qui sont à l’Université de Moncton, et par ailleurs, ce
que vous citez par rapport aux Fransaskois, sont des travaux que
j’ai menés avec un financement du Conseil de recherches en
sciences humaines (CRSH) auprès des communautés acadiennes,
fransaskoises et franco-manitobaines.
You raise an interesting point. The local definitions of what it
means to be Acadian or Franco-Saskatchewanian vary
tremendously from place to place. Generally speaking, people
are very open and receptive to immigration, contrary to some
stereotypes out there. It all comes back to the importance of
viewing initiatives at the local level, as I said earlier. I think the
work being done by the national issue table, as outlined by the
representative today, is instrumental in the sharing of best
practices, something Ms. Derwing also highlighted. But real
social integration happens at the local level under conditions that
vary greatly, not just from one province to another, between
French-speaking Saskatchewan and Acadie, which is not a
province, but also within the various communities in each
province.
La question est intéressante. En effet, les représentations
locales de ce que signifie être Acadien ou Fransaskois varient
énormément d’un endroit à un autre. Les gens sont, en général,
très ouverts et favorables à l’immigration, contrairement à
certains stéréotypes qui pourraient circuler. Cela revient, comme
je le disais tout à l’heure, à l’importance de penser les initiatives à
l’échelle locale. Je crois que le travail qui nous a été présenté plus
tôt par la Table nationale de concertation communautaire est
extrêmement important en ce qui concerne la circulation des
bonnes pratiques, élément également souligné Mme Derwing.
Toutefois, l’intégration sociale et réelle des personnes impliquées
se fait à l’échelle locale et selon des paramètres qui varieront
beaucoup, non seulement d’une province à une autre, entre la
Fransaskoisie et l’Acadie, qui n’est pas une province, mais à
l’intérieur de chacune de ces provinces dans les différentes
localités.
So we observed certain differences in how people defined a true
Acadian or a true Franco-Saskatchewanian. One of the
fascinating criteria that emerged only in French-speaking
Saskatchewan, and nowhere else, was the importance of being
On remarque donc certaines différences dans les
représentations de ce qui fait fondamentalement un vrai
Acadien ou un vrai Fransaskois. Notamment, en Fransaskoisie,
l’un des critères intéressants et qui ne ressort nulle part ailleurs,
6:18
Official Languages
12-5-2014
active in the community. In French-speaking Saskatchewan,
community involvement is a significant cultural marker that
factors into how Franco-Saskatchewanians define themselves. In
other words, integrating into the community successfully means
being active in it, whether you are an immigrant or not. So there
are local distinctions. At the same time, people are very much
open to immigration. The key is to give communities the tools.
c’est l’importance de participer activement à la communauté. Je
pense qu’en Fransaskoisie, la participation communautaire est un
trait culturel très important qui se reflète dans sa représentation, à
savoir que pour être bien intégré, il faut prendre part à la
communauté, qu’on soit ou non immigrant. Il y a donc des
variations locales. En même temps, l’ouverture est très présente.
L’important, c’est donc d’outiller les communautés.
Another condition that makes a big difference is the number of
immigrants in the various local communities. In Acadie, some
definitions of the Acadian community are not as influenced by
immigrant integration. Proportionately speaking, given that the
francophone community is sizeable, fewer immigrants settle there
and therefore have less of an influence on how locals view the
integration of immigrants. In comparison, 25 per cent of British
Columbia’s French-speaking population was not born there. So
the cultural diversity is automatically more natural. That is one of
the factors affecting how people view integration into the
community.
Un autre paramètre qui a une grande influence, c’est la
proportion d’immigrants dans les différentes localités. En
Acadie, il y a des représentations de la communauté acadienne
qui sont moins influencées par l’intégration des immigrants.
Proportionnellement, puisque la communauté francophone est
substantielle, moins d’immigrants s’y intègrent. Ils viennent donc
moins rapidement colorer les représentations de l’intégration des
immigrants. En comparaison, par exemple, avec les francophones
de la Colombie-Britannique, où 25 p. 100 de la population
francophone n’est pas née en Colombie-Britannique. C’est
évidemment une diversité qui est spontanément plus naturelle.
Cela fait partie des facteurs qui jouent sur les représentations de la
façon dont on s’intègre dans la communauté.
The Acting Chair: I would like to ask Mr. Diallo and
Ms. Derwing whether they have anything to add in response to
your question.
La présidente suppléante : J’aimerais demander à M. Diallo et à
Mme Derwing s’ils ont des commentaires à ajouter à la question
que vous avez posée.
[English]
Ms. Derwing: I think it’s important to note that really things
do happen at a grassroots level. I completely agree that there
needs to be a sharing and cooperation at a greater level, but in the
end what happens in individual communities is going to depend
on many factors within those communities. Still, there is a
possibility to share best practices across the country.
[Translation]
[Traduction]
Mme Derwing : Je crois qu’il est important de rappeler que les
choses se passent vraiment au niveau local. Je suis complètement
d’accord avec le fait qu’il faut favoriser la coopération et le
partage, mais au bout du compte, ce qui se produit dans chaque
collectivité dépendra d’un grand nombre de facteurs présents dans
ces collectivités. Mais il est possible de diffuser les pratiques
exemplaires à l’échelle du pays.
[Français]
Mr. Diallo: It is often said that it takes a community to make
an immigrant feel welcome. And that is an essential component in
social, cultural and economic integration. It takes an entire
community and that community must have the right support to
welcome immigrants.
M. Diallo : On dit souvent qu’il faut une communauté pour
accueillir un immigrant. C’est un volet très important pour
l’intégration sociale, culturelle et économique. Il faut une
communauté et que celle-ci soit bien appuyée pour accueillir les
immigrants.
Senator McIntyre: My next question is for all three witnesses.
The government intends to put the expression of interest system in
place next year. As I understand it, the system should serve as a
more direct link between immigrants and employers. And people
will apply online.
Le sénateur McIntyre : Ma prochaine question s’adresse aux
trois témoins. L’an prochain, le gouvernement fédéral projette de
mettre sur pied le système de déclaration d’intérêt. Si j’ai bien
compris, ce système permettra d’assurer un lien plus direct entre
les immigrants et les employeurs. De plus, les demandes se feront
en ligne.
Under the expression of interest system, Canadian employers
will be able to select immigrants based on the skills they are
looking for. The system should speed up the processing of skilled
workers’ applications and allow for a better response to the
labour market needs in the country’s different regions. New
Zealand and Australia already have similar systems in place.
Le système de déclaration d’intérêt permettra de sélectionner
les immigrants en fonction des compétences recherchées par les
employeurs canadiens. Cela pourrait réduire les délais pour les
demandes des travailleurs qualifiés et mieux répondre aux besoins
du marché du travail dans les différentes régions du pays. Ce
système existe déjà en Nouvelle-Zélande et en Australie.
Would you care to comment on the new system? Mr. Diallo
can lead us off.
Avez-vous des commentaires au sujet de ce nouveau système?
On peut commencer avec M. Diallo.
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Langues officielles
6:19
Mr. Diallo: Thank you very much for that most relevant
question. Indeed, the idea behind the expression of interest system
is to seek out prospective immigrants with skills tailored to
Canada’s labour market needs. It is certainly commendable to
bring in immigrants who can say they have jobs waiting for them
here. There is no better scenario.
M. Diallo : Merci beaucoup pour votre question, qui est très
pertinente. Effectivement, la déclaration d’intérêt est un concept
qui ajustera les besoins du Canada en fonction des compétences
des personnes qui veulent immigrer. C’est tout à fait louable
qu’une personne se dise : « Tiens, je m’en vais au Canada et j’ai
déjà un emploi qui m’attend. » On ne peut pas trouver mieux.
I would, however, like to highlight a few things. The
application process will be done online, but not every one of
those people has access to the same up-to-date technology we
have in Canada.
Cependant, il y a des éléments que j’aimerais signaler. Par
exemple, on parle de faire des demandes en ligne. Or, il n’est pas
donné à chacune de ces personnes d’avoir accès à la technologie
moderne qui existe au Canada.
Let us look at the situations in New Zealand and Australia.
Whenever we talk about immigration, we always refer to those
countries. The first major difference, however, is that both of
those countries have just one official language, English. Mind
you, Canada has the good fortune, and not misfortune, of having
two official languages. That is precisely why I brought up the
whole issue of the French dimension earlier and the need to
incorporate it in our efforts.
Prenons aussi l’exemple de la Nouvelle-Zélande et de
l’Australie. Quand on parle d’immigration, on parle toujours de
ces pays. D’abord, ce sont deux pays qui n’ont qu’une seule
langue officielle, soit l’anglais. Or, nous avons un pays qui a le
bonheur, et non le malheur, d’avoir deux langues officielles. C’est
pourquoi je parlais plus tôt de toute la question de la lentille
francophone dans ce que nous allons faire.
It is a fact that the majority of jobs in francophone minority
communities are in anglophone settings, over 95 per cent.
Consequently, our big challenge will be urging anglophone
employers to seek out francophone workers. That is a huge
challenge. We really need to think long and hard about how to
address the issue so as not to keep making the francophoneanglophone imbalance worse.
Nous savons que la majorité des emplois dans les
communautés francophones en situation minoritaire, soit plus
de 95 p. 100, se trouvent en milieu anglophone. Par conséquent,
le grand défi que nous aurons sera d’inviter les employeurs
anglophones à aller chercher des francophones. C’est un énorme
défi. Nous devons beaucoup réfléchir à cette question afin de ne
pas continuer d’accentuer le déséquilibre entre francophones et
anglophones.
Indeed, the FCFA has done a tremendous amount of work. It
toured the country to convince employers of the importance of
seeking out skilled workers, even though they are francophone.
As soon as they have the skills, all francophones have to do is
learn the other language, and then they become active members of
the community.
Il est vrai qu’un travail énorme a été effectué par la FCFA. Elle
a fait le tour du pays pour convaincre les employeurs de
l’importance d’aller chercher des compétences même si elles sont
francophones. Dès qu’il a la compétence, il suffit pour le
francophone de maîtriser l’autre langue, et on en fait un
élément actif de la communauté.
Let us consider that aspect for a moment. While it would give
certain people access to Canada, it should not be the only
criterion, since we are already starting off on unequal footing,
despite the structure of our economy and employers. In that
context, if a francophone immigrant chooses to settle in a
francophone minority community, employers should not be
afraid to hire francophone immigrants.
Examinons cet aspect. Il est vrai que cela permettra à certaines
personnes d’entrer au pays. Toutefois, il ne faudrait pas que ce
soit le seul critère, car déjà on se base sur un facteur qui n’est pas
égalitaire, malgré la structure de notre économie et nos
employeurs. Dans ce contexte, si un immigrant francophone
choisit d’aller dans un milieu où la francophonie est en situation
minoritaire, il faudra que l’employeur ne craigne pas d’engager
des immigrants francophones.
Take, for example, employers who hire Mexican workers.
Mexicans will never ask for services in French. Someone from
Senegal might ask for French-language services. And employers
are worried about things like that.
Prenons le cas d’employeurs qui engagent des Mexicains. Le
Mexicain ne revendiquera jamais des services en français. Un
Sénégalais revendiquera peut-être des services en français. Les
employeurs ont peur de ces éléments.
How can the government, communities and all the relevant
stakeholders respond? They can ensure that the individual’s skills
are valued, no matter what their native language. That is a very
important element, and that is what brings me back to the whole
issue of language training, which would give those francophones a
leg up.
Qu’est-ce que le gouvernement, les communautés, de même que
tous les acteurs impliqués dans ce secteur peuvent dire? C’est que
nous allons faire en sorte que la compétence de l’individu puisse
être valorisée quelle que soit sa langue d’origine. C’est là un
élément très important. C’est pourquoi je reviens à toute la
question de la formation linguistique, qui sera un point de plus
pour ces francophones.
6:20
Official Languages
[English]
12-5-2014
[Traduction]
Ms. Derwing: First, I have some real concerns for all
immigrants in this database because of the role of the
employers. I don’t know who and how carefully all of that is
going to be monitored, but I’m very concerned that employers
will be driving immigration even more than they do now. We’ve
already seen the kinds of problems that have arisen with the
Temporary Foreign Worker Program, and those problems are
associated with employers.
Mme Derwing : Tout d’abord, je suis très inquiète au sujet de
tous les immigrants dans cette base de données, en raison du rôle
des employeurs. Je ne sais pas dans quelle mesure tout cela sera
surveillé, et qui exercera cette surveillance, mais je suis très
préoccupée, car je crains que les employeurs dirigent le domaine
de l’immigration encore plus qu’ils le font maintenant. Nous
avons déjà été confrontés aux problèmes qui découlent du
Programme de travailleurs étrangers temporaires, et ces
problèmes sont liés aux employeurs.
I don’t know exactly what CIC plans to do to ensure that there
are safeguards for all immigrants in those databases, but I really
have serious concerns about that. I hope they have thought in
advance and considered some of the problems that have arisen
with other difficulties that we’ve seen with employers and
immigration programs in the past.
Je ne sais pas ce que CIC a l’intention de faire pour veiller à ce
qu’il y ait des protections pour tous les immigrants dans ces bases
de données, mais cela me préoccupe énormément. J’espère qu’on
a déjà réfléchi à certains des problèmes qui ont été soulevés et aux
autres difficultés qui ont été mentionnées en ce qui concerne les
employeurs et les programmes d’immigration.
I also think that, in the case of francophone minorities in
smaller centres outside of Quebec and New Brunswick, they
should be allowed to learn English. If they want to take a job in a
location where it’s unlikely that there will be jobs in French, they
should be allowed to be welcomed into the francophone
community to be given some services within the francophone
community, but to also be given access to English. I think you’ve
heard from immigrants themselves who have spoken to this
committee and said that they ended up moving to Saskatchewan
and northern Ontario in order to be able to access jobs that were
available in English.
De plus, je crois qu’il faudrait permettre aux francophones en
situation minoritaire dans les petits centres à l’extérieur du
Québec et du Nouveau-Brunswick d’apprendre l’anglais. S’ils
souhaitent travailler dans un endroit où les emplois en français
sont rares, on devrait leur permettre d’être accueillis dans la
collectivité francophone pour qu’ils reçoivent des services en
français, mais on devrait également leur donner accès à l’anglais.
Je crois que les immigrants eux-mêmes vous ont raconté comment
ils avaient dû déménager en Saskatchewan et dans le Nord de
l’Ontario pour trouver des emplois qui étaient offerts en anglais.
[Translation]
[Français]
Ms. Gallant: I want to come back to something. It is important
to give francophone immigrants access to language training in
both official languages instead of making them choose only one.
For a while, there have been some restrictions on that, but they
may have loosened. That must remain a priority for these
immigrants, so they can acquire English skills for the job market
and, at the same time, take refresher courses in French, even
though French is their mother tongue or a language they can
speak. Receiving extra French training would simply help them
become familiar with local dialects and all the cultural elements
that go beyond the ability to speak a language, such as local
usage. What is more, language training in both French and
English would provide an excellent opportunity to teach
immigrants about the culture of the host community in general.
Mme Gallant : Je voudrais revenir sur un point. Il est
important pour les immigrants francophones d’avoir accès à des
cours dans les deux langues officielles plutôt que de devoir en
choisir une. Il y a eu pendant un certain temps des restrictions.
Parfois, elles se sont assouplies, mais il serait important que cela
demeure une priorité, à la fois en termes de possibilités d’acquérir
des compétences en anglais pour le marché du travail, et en
parallèle, en même temps, chez les mêmes individus, de suivre des
cours d’appoint en français même si le français est leur langue
maternelle ou une langue qu’ils possèdent déjà. Cela leur
permettrait simplement d’acquérir les variétés locales de ce
français et tous les paramètres culturels qui se situent au-delà de
la connaissance de la langue, comme l’apprentissage des usages
locaux de la langue, et aussi parce que ces cours de français et
d’anglais sont des vecteurs importants de l’apprentissage de la
culture de la communauté d’accueil en général.
My work focused mainly on integration, as opposed to
recruitment, but I do share Ms. Derwing’s concerns about the
fact that employers would be in control of the selection process.
That may be a bit of an exaggeration, but that is the idea behind
the new measures. As Mr. Diallo pointed out, there is a serious
problem in that connection, because the previous programs in
some situations, in some provinces, such as the nominee program,
were tailored and allowed for community-based selection. In
particular, the Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse had
Mon travail concernait surtout l’intégration plutôt que le
recrutement, mais je partage les préoccupations de Mme Derwing
quant à l’idée que ce sont les employeurs qui contrôleront la
sélection. On caricature un peu, mais cet aspect sous-tend les
nouvelles propositions. La difficulté à cet effet, comme le souligne
M. Diallo, est importante, car les programmes précédents dans
certaines situations, certaines provinces, comme le programme des
candidats, avaient été adaptés et permettaient une sélection qui se
faisait par la communauté. Notamment, la Fédération acadienne
12-5-2014
Langues officielles
6:21
devised some rather innovative practices for selecting the
immigrants they provided support to, in terms of finding a job,
choosing their desired community and so forth. Obviously, use of
a standardized employer-led online system will influence the
selection opportunities non-employer groups have.
Ms. Derwing’s concerns are relevant to all immigrants and to
the equal opportunity of francophone immigrants and, therefore,
to the fundamental equality of both Canada’s francophone and
anglophone communities.
de la Nouvelle-Écosse avait développé des pratiques assez
novatrices en matière de sélection des immigrants qu’ils
accompagnaient pour les aider à se trouver un emploi et une
collectivité de leur choix, et cetera. Évidemment, un système
uniformisé, mis en ligne et mené par des employeurs va biaiser ces
occasions de permettre à d’autres groupes que des employeurs
d’œuvrer pour la sélection. Les préoccupations de Mme Derwing
sont importantes pour l’ensemble des immigrants et également
pour l’égalité des chances des immigrants francophones, et donc,
fondamentalement pour l’égalité des communautés francophones
et anglophones au Canada.
The Acting Chair: I just want to let you know that Senator
Beyak has just joined us.
La présidente suppléante : J’aimerais vous informer que la
sénatrice Beyak vient de se joindre à nous.
Senator Chaput: My first question is for Ms. Gallant, but I
would like the other two witnesses to comment as well.
Ms. Gallant, you made two recommendations, the first being
support for settlement services provided by local organizations in
the host community, and the second being new rules on language
training. We have just talked about the training aspect and official
language learning.
La sénatrice Chaput : Ma première question s’adresse à
Mme Gallant, et j’aimerais obtenir les commentaires de nos
deux autres témoins. Madame Gallant, vous avez émis deux
recommandations dont la première est de soutenir les services
d’établissement fournis par les organismes de la communauté qui
accueille les immigrants, et dont la deuxième est d’adapter les
règles concernant les cours de langue. Justement, on vient de
discuter de l’aspect de la formation et de l’apprentissage des
langues officielles.
Regarding francophone minority communities outside Quebec
— I will use the example of Manitoba — you say the following:
‘‘Moreover, both English and French classes ought to be delivered
by the francophone community’’.
Au sujet d’une communauté de langue officielle en situation
minoritaire de francophones hors Québec — je vais prendre le
Manitoba comme exemple — vous dites ce qui suit : « De plus,
tant les cours d’anglais que les cours de français devraient être
offerts par la communauté francophone. »
Could you elaborate on that and tell us why it is important for
a community that receives French-speaking immigrants to also
offer them English courses? In Manitoba, for instance, the
knowledge of English is a requirement for entering the job
market.
Pourriez-vous poursuivre un peu plus cette réflexion et nous
dire pourquoi il est important que cette communauté qui accueille
les immigrants de langue française puisse aussi leur offrir des
cours en anglais? À titre d’exemple, au Manitoba, l’anglais est
nécessaire pour accéder au marché du travail.
Ms. Gallant: The reason English courses should also be
provided by francophone organizations is that, beyond
language learning — also, what Ms. Derwing said about
language pragmatism is very important — in language courses,
people learn so much about how Canada works and about
Canadian society. The way people perceive how Canadian society
and Canada work depends on the community they are part of.
Mme Gallant : La raison pour laquelle les cours de langue
anglaise devraient aussi être fournis par les organisations
francophones, c’est que, au-delà de l’apprentissage de la langue —
également, ce que souligne Mme Derwing au sujet de la
pragmatique de la langue est très important — dans le cadre du
cours de langue, on apprend toutes sortes de choses sur le
fonctionnement du Canada, de la société canadienne, et le regard
que l’on porte sur le fonctionnement de la société canadienne et du
Canada dépend de la communauté à laquelle on appartient.
So the cultural integration certainly includes the same laws and
foundations, but the interpretation of Canadian history varies
from one community to the next. So integration into the
francophone community also goes through learning about that
community’s view of Canadian history, the way Canada operates,
and so on. That is the first aspect.
Donc, dans l’intégration culturelle qui se fait, on a bien sûr les
mêmes lois et les mêmes fondements, mais en même temps, il y a
toutes sortes d’interprétations de l’histoire canadienne qui
varieront selon les communautés. Ainsi, une intégration au sein
de la communauté francophone passe aussi par l’apprentissage du
regard de la communauté francophone sur l’histoire canadienne et
sur le fonctionnement du Canada, et cetera. C’est le premier
aspect.
The second aspect has to do with the fact that language courses
help people make friends and meet others they get along with. If
francophone immigrants attended the same courses as
anglophone immigrants, the former would create social
Le deuxième aspect, c’est que, dans le cadre d’un cours de
langue, on se fait des amis, on fait connaissance avec des
personnes avec lesquelles on s’entend bien. Si on intègre les
immigrants francophones dans les mêmes cours que les
6:22
Official Languages
connections only with the anglophone community. I am not
saying they should not establish ties with the anglophone
community. However, since language courses are provided over
a fairly long period of time in places where immigrants make their
first friends, and those friendships sometimes last a very long
time, it is important to provide those courses in a context where
immigrants are surrounded by other francophones who will
eventually integrate the francophone community. Beyond the
language itself, the context courses are provided in is also
important.
[English]
12-5-2014
immigrants anglophones, les premiers vont créer des tissus
sociaux seulement avec la communauté anglophone. Je ne dis
pas qu’il ne faut pas qu’ils se créent de liens avec la communauté
anglophone, mais comme les cours de langue se donnent sur une
assez longue période dans des endroits où les immigrants se font
leurs premiers amis et que ce sont des amitiés qui durent parfois
très longtemps, il est important de fournir ces cours dans un
contexte où les immigrants se retrouvent avec d’autres
francophones qui intégreront la communauté francophone par
la suite. Au-delà de la langue elle-même, c’est le contexte dans
lequel elle se donne.
[Traduction]
Ms. Derwing: I agree to a certain extent with what Ms. Gallant
is saying. I think it’s important for francophone immigrants, or
immigrants going into a francophone minority community, to
have access to some services provided by francophone
organizations, but I think there’s a role for cooperation with
anglophone settlement agencies and so on. The anglophone
settlement agencies could certainly help with advice from the
francophone organizations, say on things like housing. I certainly
see a role for cooperation and not a complete duplication of
services.
Mme Derwing : Je suis d’accord dans une certaine mesure avec
ce que dit Mme Gallant. Je crois qu’il est important que les
immigrants francophones, ou les immigrants qui s’établissent
dans une collectivité francophone en situation minoritaire, aient
accès à certains services fournis par des organismes francophones,
mais je crois qu’il y a place à la coopération avec les organismes
d’aide à l’établissement anglophones et d’autres organismes. Ces
organismes anglophones pourraient certainement conseiller les
organismes francophones, par exemple sur le logement. Je crois
certainement qu’il y a place à la coopération sans que tous les
services se chevauchent.
However, the way I see it, when a newcomer arrives, especially
a francophone newcomer who is in a francophone minority
environment, that person has now become a citizen of that
francophone community but also of that city, wherever he or she
is — let’s say it’s Winnipeg — and that province and that country,
our country.
Toutefois, à mon avis, lorsqu’un immigrant arrive au pays —
surtout un nouvel arrivant francophone qui s’installe dans un
milieu francophone en situation minoritaire —, il devient un
citoyen de la communauté francophone, mais aussi de la ville en
question, peu importe où il se trouve — prenons l’exemple de
Winnipeg —, et de la province et du pays d’accueil, c’est-à-dire
notre pays.
It’s not a matter of belonging to just one community; we’re
multiple communities. Everybody belongs to multiple
communities, and it’s an advantage for francophone immigrants
to have connections. Indeed, some places — in Edmonton, for
instance — the francophone community does offer some Englishlanguage classes to francophone immigrants because they
recognize that if they don’t embrace the newcomers, they’ll lose
them to the English community entirely.
Il ne s’agit pas d’appartenir à une seule communauté; il y en a
plusieurs. Chacun d’entre nous appartient à plusieurs
communautés, et il est avantageux, pour les immigrants
francophones, de créer des liens. En effet, dans certains endroits
— par exemple, à Edmonton —, la communauté francophone
offre des cours d’apprentissage de l’anglais aux immigrants
francophones, car ses membres reconnaissent que s’ils
n’accueillent pas les nouveaux arrivants, ils les perdront
entièrement au profit de la communauté anglophone.
I totally agree that it’s important that there be a strong,
welcoming opportunity for newcomers to integrate into a
francophone community, but I think there is a strong role for
cooperation and collaboration with existing settlement agencies
and other language programs so that immigrants feel they’re a
part of the larger community as well.
Je suis tout à fait d’accord, c’est-à-dire qu’il est important
d’offrir aux nouveaux arrivants une excellente occasion d’intégrer
une communauté francophone, mais à mon avis, il y a place à la
coopération et à la collaboration avec les organismes d’aide à
l’établissement existants et d’autres programmes de langue, afin
que les immigrants sentent qu’ils font également partie de la
communauté élargie.
[Translation]
Senator Robichaud: I would like to ask another question. You
say that English language services or courses could be provided to
francophone immigrants. But would we not lose those
[Français]
Le sénateur Robichaud : J’aimerais poser une question
supplémentaire. Vous dites qu’on pourrait offrir des services ou
des cours de langue anglaise à des immigrants francophones. Mais
12-5-2014
Langues officielles
immigrants? Would they not join the majority community? Since
they are encouraged to do so, they would no longer be part of the
francophone minority.
[English]
6:23
est-ce qu’on ne perdra pas cet immigrant? Il se joindra à la
communauté majoritaire, n’est-ce pas? Puisqu’on l’invite à y aller,
il ne fera plus partie de cette minorité francophone.
[Traduction]
Ms. Derwing: No. It’s a way to keep people within the
francophone community. I’ll just give the example of Edmonton
because I’m familiar with it.
Mme Derwing : Non. C’est plutôt une façon de retenir les gens
dans la communauté francophone. Je donnerai l’exemple
d’Edmonton, car je connais bien la situation là-bas.
Several years ago, we started to receive several francophone
immigrants, primarily refugees, and they started to send their
children to the francophone school system, because we have a
separate school system for francophones. There was somewhat of
a rejection of those children, and they ended up having a very
unhappy time. Their parents pulled them out of the francophone
system and put them into French immersion, which is intended
for anglophones, but it was because the public school board was a
little bit further ahead in terms of welcoming diversity and that
kind of thing.
Il y a plusieurs années, nous avons commencé à accueillir
plusieurs immigrants francophones, surtout des réfugiés, et ils ont
envoyé leurs enfants dans les écoles francophones, car nous avons
un système scolaire distinct pour les francophones. Ces enfants
ont été victimes de rejet, et ils sont devenus très malheureux. Leurs
parents les ont retirés du système francophone et les ont inscrits
en immersion française, un programme offert aux anglophones,
mais c’était parce que le Conseil des écoles publiques était un peu
à l’avant-garde en ce qui concerne la diversité, et cetera.
If you think about how francophone communities have had to
survive in places like the Prairies, they had to be relatively insular
in order to survive. It took a little while for them to realize that
they had to start welcoming new francophones who looked
different, talked differently, were culturally different, but they had
to start welcoming those people or they would directly push them
into the English society. The best way for them to actually
maintain relationships and to pull those individuals into the
francophone community would be to offer them support
themselves, including ESL classes, because you can’t survive in
Edmonton very easily without knowing English.
Pour réussir à survivre dans des endroits comme les Prairies, les
francophones ont dû développer une mentalité d’insulaire. Il leur
a fallu un peu de temps pour se rendre compte qu’ils devaient
commencer à accueillir de nouveaux francophones, même si leur
apparence, leur façon de s’exprimer et leur culture étaient
différentes. Ils devaient commencer à accueillir ces gens, ou ils
les pousseraient directement vers la communauté anglophone. La
meilleure façon de maintenir une relation avec ces nouveaux
arrivants et de les attirer dans la communauté francophone était
de leur offrir un soutien, y compris des cours de langue seconde,
car il est très difficile de survivre à Edmonton si on ne parle pas
l’anglais.
[Translation]
[Français]
The Acting Chair: I think you have a comment to make in
response to Senator Chaput’s question.
La présidente suppléante : Je crois que vous avez un
commentaire à faire en réponse à la question de la sénatrice
Chaput.
Senator Gallant: I would like to come back to what
Ms. Derwing just said because that is exactly what I consider to
be important. Integration services in English should be provided
by francophone communities themselves.
Mme Gallant : Je voudrais revenir sur ce que vient de dire
Mme Derwing parce que c’est exactement ce que je considère
comme important; il faut que ce soit les communautés
francophones elles-mêmes qui fournissent les services
d’intégration en langue anglaise.
The Acting Chair: Ms. Gallant, would you be so kind as to
comment after Mr. Diallo, who has been waiting for his turn?
La présidente suppléante : Madame Gallant, seriez-vous assez
aimable d’émettre votre commentaire après celui de M. Diallo qui
attendait pour donner le sien?
Ms. Gallant: Sorry, I did not see him.
Mr. Diallo: Thank you. This is an existential question: what
must be done to help our immigrants learn English? We have
some institutions, even though we are often in a minority
situation. For instance, at the Université de Saint-Boniface, all
of our students have access to English courses and all those
enrolled in professional programs — such as nursing or social
Mme Gallant : Je suis désolée, je ne le voyais pas.
M. Diallo : Merci. C’est une question existentielle, à savoir
quels sont les moyens que nous devons prendre pour que nos
immigrants apprennent l’anglais. Nous avons des institutions,
même si nous sommes souvent en situation minoritaire. Par
exemple, à l’Université de Saint-Boniface, tous nos étudiants ont
accès à des cours d’anglais et tous ceux qui suivent des
6:24
Official Languages
12-5-2014
service programs — must be proficient in English to be able to
work in the field. That is extremely important.
programmes professionnels, tels les programmes de sciences
infirmières ou de service social, doivent maîtriser l’anglais avant
d’aller travailler sur le terrain. C’est une donnée extrêmement
importante.
University and post-secondary institutions can also offer these
types of courses, but I think the best way to learn a language is to
immerse yourself in it. As Ms. Derwing said earlier, cooperation
should not be overlooked. It is very important for people not to
be limited only to the francophone community, where it is easier
to speak French in the schoolyard. Bridges also have to be built,
so that people can have access to the English community. That is
how they are gradually educated. They would remain in our
community, but they would also establish ties beyond it. To avoid
isolation, they should be provided with opportunities to create
connections outside the community.
Les institutions universitaires et postsecondaires sont à même
d’offrir ce genre de cours, mais je pense que la meilleure façon
d’apprendre une langue, c’est de s’y immerger. Il ne faut pas
négliger — madame en parlait plus tôt — la coopération. Il est
très important que l’individu ne soit pas isolé uniquement dans la
communauté francophone où il est plus facile dans la cour de
récréation de parler le français. Il faut aussi des passerelles pour
que ces gens puissent converser avec la communauté anglaise.
C’est comme ça que, progressivement, on les forme; ils vont rester
dans notre communauté, mais ils vont aussi tisser des liens. Pour
ne pas qu’ils soient isolés, il faut leur donner les possibilités de
tisser des liens en dehors de la communauté.
That is why I see this situation as an anchor, but also as an
opening. They are not mutually exclusive. It would be excellent if
we could accomplish this. I would like to give you a very personal
example. My sister-in-law has completed her business
administration program at the Université de Saint-Boniface, but
she is currently attending intensive courses in the anglophone
community. The progress she has made has been fascinating, but
she is still part of our community. These are success stories that
should be emphasized.
C’est pour cela que je vois ici un ancrage, mais aussi une
ouverture. L’un n’empêche pas l’autre. Si on arrivait à le faire, ce
serait excellent. J’aimerais vous relater un exemple très personnel;
ma belle-sœur a terminé son programme en administration des
affaires à l’Université de Saint-Boniface, mais en ce moment, elle
suit des cours intensifs dans la communauté anglophone. Le
progrès accompli a été fascinant et, pourtant, elle est toujours
dans notre communauté. Ce sont des exemples de succès qu’il faut
souligner.
The Acting Chair: Thank you very much. Ms. Gallant.
La présidente suppléante : Merci beaucoup. Madame Gallant.
Ms. Gallant: I fully agree with what Mr. Diallo just said. This
is a very important issue. Even within francophone communities,
people can have access to that language training in English, which
can be provided collaboratively with anglophone organizations.
Mme Gallant : Je suis tout à fait d’accord avec ce que vient de
dire M. Diallo; c’est une question très importante. En effet, à
l’intérieur même des communautés francophones, il y a la
possibilité d’avoir accès à cette formation linguistique en
anglais, qui peut se faire de manière collaborative avec des
organisations anglophones.
Conversely, I would like to come back to a comment made by
Ms. Derwing to the effect that focus should be placed on
cooperation and not on a complete duplication of services in
some sectors. She gave the example of housing. That is one area
where it is important not to view that as a duplication of the same
service, but rather as the provision of a different service. Choosing
where to settle is key when it comes to being integrated into a
neighborhood, and into a community.
En revanche, j’aimerais revenir sur un commentaire de
Mme Derwing concernant l’idée qu’il faut miser sur la
coopération et non pas sur une complète duplication dans
certains secteurs. Elle a donné l’exemple du logement. C’est l’un
des exemples où il est important de ne pas y voir la duplication
d’un même service, mais bien l’offre d’un service qui est différent.
Le choix de la localisation d’un logement est crucial dans
l’intégration à un voisinage, et donc à une communauté.
If a francophone immigrant was alone in a predominantly
anglophone neighborhood — for instance Riverview, close to
Moncton — they would have difficulty integrating social,
community, sports and leisure activities associated with the
francophone community, as that would require additional travel.
So they would gradually distance themselves from that
community. However, something Mr. Diallo said is very
important. I am talking about the idea of being able to remain
within the francophone community, while being proficient in
English and becoming immersed in the anglophone culture at
work or elsewhere in real-life interactions, but certainly not when
it comes to housing. The location is one of the key aspects of
neighborhood integration.
Si l’immigrant francophone est seul dans un quartier à
prédominance anglophone, disons à Riverview, près de Moncton,
il aura beaucoup de mal à intégrer ensuite les activités sociales,
communautaires, sportives et de loisir associées à la communauté,
parce que cela impliquerait un déplacement supplémentaire. Il va
donc s’éloigner progressivement de la communauté francophone.
Cependant, ce que M. Diallo évoquait et qui est très important,
c’est cette idée qu’on peut rester au sein de la communauté
francophone, tout en maîtrisant l’anglais et en s’imprégnant de la
culture anglophone au travail ou ailleurs dans des interactions
concrètes, mais certainement pas en ce qui touche le logement.
C’est l’un des vecteurs importants de l’intégration dans un
voisinage que le choix de la localisation.
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Langues officielles
6:25
Finally, I am coming back to the idea that, since francophone
communities have been withdrawn for such a long time in order
to ensure their survival, it has taken them a while — as
Ms. Derwing pointed out — to reach out to immigration and
open themselves up to diversity. I would actually say that a
tremendous transformation has taken place very quickly in the
communities. In less than five years, associations that represent
the francophone community have completely changed their
discourse and are now saying that it is important to think
about immigrants and to reach out to them. Those organizations
used to always refer to immigrants as ‘‘them,’’ and in five years,
the discourse has changed to embracing diversity.
Finalement, je reviens sur cette idée que, étant donné que les
communautés francophones se sont très longtemps repliées sur
elles-mêmes pour assurer leur survie, elles ont mis, comme
Mme Derwing le disait, un long moment pour comprendre
l’importance de tendre la main à l’immigration et de s’ouvrir à
la diversité. Je dirais en fait qu’il y a eu une transformation
fulgurante qui s’est faite très rapidement au sein des
communautés. En moins de cinq ans, les associations
représentatives de la communauté francophone avaient
complètement transformé leur discours sur l’immigration, avec
l’idée de dire qu’il est important de penser aux immigrants et
d’aller donc vers eux. Les immigrants étaient toujours désignés
comme « eux » dans leur discours au départ, et en cinq ans, le
discours est devenu : « Nous sommes diversifiés. »
This does not mean the change is reflected in the community
immediately, but according to the surveys I have conducted
among ordinary people who are not part of an elite or any
associations, community members are already very open.
Cela ne veut pas dire que ce changement se reflète dans la
population immédiatement, mais en même temps, des sondages
que j’ai menés auprès de gens ordinaires qui ne font pas partie
d’une élite ou d’associations, montrent que cette ouverture est
déjà très présente dans la population également.
Senator Poirier: My question is for Ms. Gallant, but it also
refers back to a comment made by Ms. Derwing.
La sénatrice Poirier : Ma question s’adresse à Mme Gallant,
mais fait suite également à un commentaire de Mme Derwing.
You have studied the role of New Brunswick francophone
schools in the area of diversity. In your opinion, what role do they
play and how can they do more to help new Canadians integrate
the community? Ms. Derwing talked to us a bit about how she
sees our school system. Ms. Gallant, have you noted anything
different in your studies, or do you have any suggestions?
Vous avez étudié le rôle des écoles francophones au NouveauBrunswick face à la diversité. Selon vous, quel est ce rôle et
comment peuvent-elles jouer un plus grand rôle dans l’intégration
de nouveaux arrivants? Mme Derwing a partagé avec nous un peu
de sa perspective au sujet de notre système scolaire. Madame
Gallant, dans vos études, avez-vous vu quelque chose de différent,
ou avez-vous des suggestions?
Ms. Gallant: There is a little study on the New Brunswick
francophone school and some research on the role schools have
played the integration of families I have met over time.
Mme Gallant : Il y a cette petite étude sur l’école francophone
du Nouveau-Brunswick et autre chose sur le rôle des écoles dans
l’intégration des familles que j’ai côtoyées à travers le temps.
What Ms. Derwing said about parent integration is very
important. We must keep in mind the various views parents can
have of the school’s role for their child.
Ce qu’a dit Mme Derwing sur l’intégration des parents est très
important. Il faut tenir compte des différentes représentations que
peuvent avoir les parents du rôle de l’école pour leur enfant.
The problem I noted in my work on New Brunswick schools
had to do with the fact that very few immigrants were enrolling in
schools at that time — in 2005 or 2006. We had few parameters to
help us decide how children would be integrated. Very few
resources were allocated to help foster linguistic and individual
integration. All that varied greatly from person to person. I am
talking about the very small number of newcomers in New
Brunswick.
La difficulté que j’avais observée dans mes travaux sur les
écoles au Nouveau-Brunswick venait du fait qu’il y avait très peu
d’immigrants qui intégraient les écoles à ce moment-là — on
remonte à 2005 ou à 2006. On avait peu de paramètres pour
décider comment les enfants allaient être intégrés. Il y avait
surtout très peu de ressources allouées pour favoriser l’intégration
linguistique et une intégration individuelle. Cela dépendait
énormément de la personne sur qui on tombait. Je parle du très
petit nombre au Nouveau-Brunswick.
However, I have a student who just came upon the same
phenomenon in Quebec, in schools that are more accustomed to
receiving immigrants. Many of the decisions made still depend on
the individual in question. That is somewhat problematic when it
comes to integration into schools. The teacher’s perception of the
student’s ability to integrate into higher levels is not always based
on academic criteria. The understanding of the sometimes chaotic
background of immigrants, especially refugees, may be lacking. I
En même temps, j’ai une étudiante qui vient de constater le
même phénomène au Québec, dans des écoles qui sont davantage
habituées à recevoir des immigrants. Il y a encore beaucoup de
décisions qui sont prises qui dépendent de la personne sur qui on
tombe. Ce fait est un peu problématique en ce qui a trait à
l’intégration dans les écoles. Le professeur et sa perception de la
capacité de l’élève à intégrer les niveaux supérieurs ne sont pas
toujours basés sur des critères scolaires. La compréhension des
6:26
Official Languages
12-5-2014
think there is a lot of work to be done in terms of educating
teachers about openness to diversity.
parcours parfois chaotiques des immigrants, notamment des
réfugiés, peut être lacunaire. Je pense qu’il y a un travail de
sensibilisation très important à faire auprès des enseignants et en
matière d’ouverture à la diversité.
Ms. Derwing talked about the general population’s ability to
be open to new accents and to take the time to understand that an
accent does not necessarily mean someone’s French or English is
poor. It is very important to stress that point and to make those
courses mandatory for teachers, so that they would be better
equipped. Even if they receive very few immigrants, those teachers
play a key role in the development of the young individuals who
enroll in their schools.
Mme Derwing parlait de la capacité pour les citoyens en
général à s’ouvrir à de nouveaux accents et à prendre le temps de
comprendre qu’un accent ne signifie pas nécessairement des
déficiences en français ou en anglais. Il est très important
d’insister sur ce point et de rendre ces cours obligatoires dans la
formation aux enseignants, pour qu’ils soient mieux outillés.
Même s’ils ne reçoivent que très peu d’immigrants, ils jouent un
rôle déterminant dans la trajectoire de ces jeunes individus qui
intègrent leurs écoles.
Mr. Diallo: This is an extremely important issue. Let us
consider Manitoba’s case. I have heard school principals say that
the government brings in immigrants, but no one has ever told
them how they should manage classrooms. There was something
of an imbalance between the immigration flow and the
schoolyard. No school was prepared to receive newcomers, as
everything was uniform.
M. Diallo : Cette question est extrêmement importante.
Prenons le cas du Manitoba. J’ai entendu des directeurs d’école
dire que le gouvernement va faire venir des immigrants, mais on
ne nous a jamais dit comment nous devrions gérer les salles de
classe. Il y avait une sorte de distorsion entre le flux d’immigrants
et la cour de récréation. Aucune école n’était préparée à cela. Tout
était homogène.
I think some efforts have been invested. If there is diversity in
the classroom, an attempt should be made to have some diversity
in the faculty. The system is becoming more open to immigrants
working in education. That is essential for schools. Students have
to be exposed to people who resemble them and can change this
dynamic. That diversity should be part of the school
administration in order to reflect the conditions that enable
people to see all those differences.
Je crois que des efforts ont été faits. Dans la mesure où il y a
diversité dans la salle de classe, on devrait tenter d’avoir de la
diversité dans le corps professoral. Il est de moins en moins
interdit pour un immigrant de travailler dans le domaine de
l’éducation. Ce point est fondamental pour les écoles. Il faut que
les étudiants voient des gens qui leur ressemblent et qui puissent
changer cette dynamique. Au niveau de l’administration scolaire,
il faut que l’on puisse retrouver cette diversité pour refléter les
conditions qui permettent aux gens de voir toutes ces différences.
The classroom, as it is currently experienced, is completely
different. A young girl came to see me and asked whether I knew
a specific individual. I said I did not. She told me this person was
from Gabon. This tiny little girl was telling me about Africa and
was familiar with it.
Actuellement, la salle de classe, telle qu’elle se vit aujourd’hui,
est complètement différente. Une jeune fille est venue me voir et
m’a demandé si je connaissais telle personne. J’ai répondu par la
négative. Elle m’a dit qu’elle vient du Gabon. C’est une petite
jeune fille de rien du tout qui vous parle de l’Afrique et qui
connaît l’Afrique.
A silent revolution will take place in our schools and is
ongoing. With some tact and foresight, those people can become
citizens open to the world.
Une révolution silencieuse va se produire dans nos écoles et est
en train de se produire. Avec du tact et de la clairvoyance, nous
ferons de ces individus des citoyens ouverts sur le monde.
I attended the launch of a fundraising campaign organized by
two Manitoba immigrants for a francophone daycare centre. I
saw a dozen young people dressed in Africans clothing.
En terminant, j’ai assisté au lancement d’une campagne de
financement organisée par deux immigrantes au Manitoba pour
une garderie francophone. J’y ai vu une dizaine de jeunes habillés
avec des vêtements africains.
I think something is happening in terms of diversity. It is
important for that diversity to be able to manifest itself at all
levels of school administration and at universities, as that is where
we are headed.
Lorsqu’on parle de diversité, je crois que quelque chose est en
train de se produire. Il est très important que cette diversité puisse
se manifester à tous les niveaux de l’administration scolaire et
dans les universités, car c’est aussi la tendance vers laquelle on se
dirige.
I just wanted to tell you about this, as it is a sign that things are
going well and that the situation will continue to progress.
Je tenais à apporter ce témoignage, pour dire que les choses se
passent très bien et que la situation va progresser.
The Acting Chair: I am going to take the liberty of asking a few
questions. The first is for Ms. Gallant.
La présidente suppléante : Je vais me permettre de poser
quelques questions. La première s’adressera à Mme Gallant.
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Langues officielles
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In your research, you addressed the ability to include
immigrants in Canada’s francophone community. You know
that the government is currently carrying out an immigration
reform, where additional points will be awarded for the
knowledge of official languages. Do you think that point system
will facilitate the integration of francophone immigrants?
Dans vos recherches, vous avez abordé les capacités d’inclusion
des immigrants dans la communauté francophone du Canada.
Vous savez que l’on procède actuellement, au gouvernement, à
une réforme de l’immigration. Cette réforme comprend des points
supplémentaires pour la connaissance des langues officielles.
Croyez-vous que l’intégration de l’immigration francophone sera
facilitée par ce système de points?
Ms. Gallant: Because more points are awarded for official
languages?
Mme Gallant : Par le fait qu’il y ait plus de points pour les
langues officielles?
The Acting Chair: Yes.
La présidente suppléante : Oui.
Ms. Gallant: I think integration does not happen at the
selection level. It happens through the process I talked about
earlier, through reception and settlement services.
Mme Gallant : Je pense que l’intégration se joue à un autre
niveau que celui de la sélection. Elle se joue dans les processus que
j’évoquais tout à l’heure, au niveau de l’accueil et des services
d’établissement.
As for the selection process, earlier, we discussed selection
biases demonstrated by employers. Of course, I do not think that
including additional points for French-language skills would
harm the integration of francophone immigrants. However, that
is far from being enough. I think this element cannot hurt, but it
will not be enough to enhance the integration of francophone
immigrants.
En ce qui concerne la sélection, on a parlé plus tôt des biais de
sélection qui seraient faits par les employeurs. Évidemment, je ne
pense pas que l’inclusion de points supplémentaires pour des
compétences en français nuise à l’intégration d’immigrants
francophones. Toutefois, c’est loin d’être suffisant. Je pense que
c’est un élément qui ne peut pas nuire, mais qui ne suffira pas
pour augmenter l’intégration des immigrants francophones.
That said, when I talk about inclusion capacity, I am not
talking about the capacity to absorb in terms of numbers, but
rather in terms of representation and openness. As was mentioned
earlier, francophone communities are quite mature. I think the
examples given by Mr. Diallo are also very promising.
Ceci étant dit, quand je parle de capacité d’inclusion, je ne
parle pas de capacité d’absorption en termes de nombre, mais bien
en termes de représentation et d’ouverture. On en a parlé plus tôt;
les communautés francophones sont largement mûres. À mon
avis, les exemples cités par M. Diallo sont également très
prometteurs à cet effet.
[English]
[Traduction]
Senator Beyak: I’m not sure if my question should be to
Madam Chair or to Ms. Derwing, but do we have a copy of her
report? I found in northern Ontario and when I was in Montreal
with my mom during Expo ’67 that when people feel secure and
not defensive, and they feel as though their language is being
respected, they’re more likely to integrate and do exactly as
you’ve said.
La sénatrice Beyak : Je ne sais pas si je devrais poser ma
question à la présidente ou à Mme Derwing, mais avons-nous un
exemplaire de son rapport? Lorsque j’étais dans le Nord de
l’Ontario et lorsque j’ai visité Expo 67 avec ma mère à Montréal,
j’ai constaté que si les gens se sentent en sécurité et s’ils ne sont pas
sur la défensive, et s’ils ont l’impression que leur langue est
respectée, il est plus probable qu’ils s’intègrent et qu’ils agissent
exactement comme vous l’avez décrit.
You’ve done a report — May 2012 — that went all across
Canada. Do we have that report?
Vous avez rédigé un rapport — en mai 2012 — qui a été diffusé
à l’échelle du Canada. Avons-nous ce rapport?
[Translation]
The Acting Chair: I think we will try to obtain it for you.
[English]
Ms. Derwing: I can provide that report to you. It’s also
available on the IRPP website, the Institute for Research on
Public Policy. It’s available on that website, but I can provide the
committee with the report.
Senator Beyak: Thank you, Madam Chair.
[Français]
La présidente suppléante : Je crois que nous allons essayer de
l’obtenir pour vous.
[Traduction]
Mme Derwing : Je peux vous fournir un exemplaire de ce
rapport. Il est également offert sur le site web de l’IRPP, l’Institut
de recherche en politiques publiques. On peut le trouver sur ce site
web, mais je peux faire parvenir un exemplaire du rapport au
comité.
La sénatrice Beyak : Merci, madame la présidente.
6:28
Official Languages
[Translation]
12-5-2014
[Français]
Senator Robichaud: Mr. Diallo, you talked about credentials
that should be recognized. You were talking about professional
skills, right? Did I understand correctly that it was more difficult
for francophone immigrants than for anglophone immigrants to
have their credentials recognized when they arrive in Canada?
Le sénateur Robichaud : Monsieur Diallo, vous avez parlé des
titres de compétence à reconnaître. Vous parlez de compétences
professionnelles, n’est-ce pas? Ai-je compris qu’il était plus
difficile pour les immigrants francophones de faire reconnaître
ces titres de compétence que pour les immigrants anglophones,
lorsqu’ils arrivent ici?
Mr. Diallo: I would say the answer is yes. Ultimately, Canada
develops its programs based on the English system. Canada is
part of the Commonwealth. Even in African francophone
countries, the system is based on this model. So, in terms of
structure, it is much easier to determine equivalencies.
Nevertheless, some professional associations are extremely alert.
If you have certain credentials in Africa, recruiters are used to
that and would ask you if you are a pharmacist, a lawyer or a
doctor — whether you are educated. Canada needs you. Clearly,
you would sell everything — homes, cars, cows. You would come
here, and professional associations would be waiting for you.
M. Diallo : Je pourrais répondre par l’affirmative. Le Canada,
quoi qu’on en dise, est un système anglo-saxon dans la façon dont
les programmes sont conçus. Le Canada fait partie du
Commonwealth. Même dans les pays francophones d’Afrique,
le système est calqué sur ce modèle. Au point de vue de la
structure, il est donc beaucoup plus facile de voir les équivalences.
Néanmoins, certains ordres professionnels sont extrêmement
vigilants. Si vous avez certaines compétences en Afrique, les
recruteurs sont habitués et vous demandent si vous êtes
pharmacien, avocat ou docteur, si vous êtes éduqué. Le Canada
a besoin de vous. Évidemment, vous vendez de tout, des villas, des
voitures, des vaches. Vous venez ici et les ordres professionnels
vous attendent.
I am not going to go back over everything that has been said
about this, even by the engineers, the aerospace or civil engineers.
It is very important that professional associations can be involved
in the process. They have their legislation and their rules. They
want to maintain their standards. When I was in Africa, I worked
in my profession, as a veterinarian. I was told that I could never
succeed in Canada. I was denied a visa to come here.
Nevertheless, I agreed to come, I managed to find my niche and
do what I had to do.
Je ne vais pas revenir sur tout ce qui a été dit sur cet aspect,
même par les ingénieurs, les ingénieurs aéronautiques ou civils. Il
est très important que les ordres professionnels puissent être
impliqués dans le processus. Ils ont leurs lois, leurs règlements. Ils
veulent maintenir des standards. Quand j’étais en Afrique,
j’exerçais ma profession de vétérinaire. On m’a dit que je ne
pourrais jamais réussir au Canada. On m’a refusé le visa pour
venir ici. J’ai accepté néanmoins de venir et j’ai réussi à trouver
ma niche et à faire ce que j’avais à faire.
In the French system, whether in Europe or French-speaking
Africa, it is true that, if you get 12 out of 20 in mathematics, you
have 60 per cent, which is fine. Here, 60 per cent is barely a C.
Things are calculated differently. People say that you did not have
a good average in this and that and it creates an imbalance.
Il est vrai que dans le système français européen, en Afrique
francophone, si vous avez 12 sur 20 en mathématique, c’est
60 p. 100, et c’est bien. Ici, 60 p. 100, c’est à peine un C. Il y a
déjà une différence dans la façon de calculer les choses. Les gens
disent qu’on n’a pas eu une bonne moyenne dans ceci et dans cela,
et cela crée un déséquilibre.
Now they are starting the alphanumeric system and the LMD
system. Francophone countries are in the process of harmonizing
their way of doing things with anglophone countries so that there
is more standardization. It is obvious. If I take veterinary
medicine, for example, if you are not from Canada or the United
States, your degree is not recognized at all; it is as simple as that.
There was a time in Manitoba when more than 50 per cent of the
doctors in rural areas were from South Africa. After apartheid,
everyone left; there were openings and they were accepted.
However, it is just South Africa, as far as I know. I have seen
Congolese doctors in Manitoba not able to practice because they
studied in Africa. One Congolese doctor saw one of his students
go that route through South Africa. His student could practice,
but he could not. He stayed here for three years in really dire
straits and then went back to Congo, to South Africa. We will see
what happens.
Maintenant, le système de notation alphanumérique et le
système LMD commencent. Les pays francophones sont en train
d’harmoniser leur façon de faire avec celle des pays anglophones
pour être plus homogènes. Il y a une évidence. Si je prends, par
exemple, le cas de la médecine vétérinaire, si vous ne venez pas
d’Angleterre ou des États-Unis, votre diplôme n’est pas reconnu
du tout, c’est aussi simple que cela. À un certain moment, au
Manitoba, plus de 50 p. 100 des médecins en zones rurales
venaient d’Afrique du Sud. À l’époque postapartheid, tout le
monde s’en allait; on a fait une ouverture, et ils ont été acceptés.
Pourtant, c’est l’Afrique du Sud, que je sache. Et j’ai vu des
médecins congolais au Manitoba qui ne pouvaient pas exercer
parce qu’ils ont fait des études en Afrique. Ce médecin congolais a
vu un de ces étudiants qui est parti de l’Afrique du Sud passer par
cette voie. Son étudiant pouvait exercer, mais pas lui. Il est resté
trois ans dans la misère la plus noire et il est reparti au Congo,
puis ile est allé en Afrique du Sud. On va voir ce qui va se passer.
12-5-2014
Langues officielles
There is a kind of ignorance about the French system; that is
because of habit and because of history. I now think that things
will even out; it is good that francophones, universities in
particular and professional associations, are beginning to
provide that recognition.
[English]
6:29
Il y a une sorte de méconnaissance du système francophone, et
c’est dû à l’habitude, à l’histoire. Je crois que maintenant que les
choses vont s’ajuster, il est bon que les francophones, les
universités en particulier, puissent arriver à faire cette
reconnaissance, de même que les ordres professionnels.
[Traduction]
Ms. Derwing: I just wanted to add that it’s not just
francophones who have difficulty with their credential
recognition; it’s all allophones. Anybody who comes from
another language background is going to have difficulty. That,
I think, is in part because, although we’ve been talking about it
for 15 years, there has not been a concerted effort made to pull all
the players together, all the stakeholders from the professional
organizations and from government, to work on a way to get
credential recognition treated in a much better manner and to
facilitate people’s ability to get back into their original
occupations.
Mme Derwing : J’aimerais seulement ajouter que ce ne sont pas
seulement les francophones qui ont de la difficulté à faire
reconnaître leurs compétences; c’est le cas de tous les
allophones. Tous ceux dont la langue maternelle est différente
éprouveront des difficultés à cet égard. Je crois que c’est en partie
parce que même si nous en parlons depuis 15 ans, aucun effort
concerté n’a été entrepris pour rassembler tous les gens concernés,
tous les intervenants des organismes professionnels et du
gouvernement, pour tenter de trouver une façon de mieux gérer
la reconnaissance des compétences et pour aider les gens à trouver
un emploi semblable à celui qu’ils occupaient.
Immigrants are more than willing to take additional training
courses. They know that things might be somewhat different here
in the way we do things. They’re willing to do that, but they need
the opportunity. Somebody has to bring everyone to the table to
figure out how the problem of credential recognition can be
solved, because we are squandering people’s lives and we are
squandering the wonderful talents of immigrants who come here.
Les immigrants sont tout à fait prêts à suivre des cours
supplémentaires. Ils savent que les choses peuvent être un peu
différentes ici. Ils sont prêts à le faire, mais ils doivent en avoir
l’occasion. Il faut que quelqu’un soulève la question de savoir
comment le problème de la reconnaissance des compétences peut
être résolu, car nous gaspillons le temps des gens et nous
gaspillons les merveilleux talents des immigrants qui s’établissent
ici.
Senator Robichaud: Whose responsibility is it, Ms. Derwing, to
bring those people?
Le sénateur Robichaud : À qui revient la responsabilité,
madame Derwing, de rassembler ces gens?
Ms. Derwing: I think that decision has to be made by the
federal government, because the federal government is the
government that is responsible for immigration. I think it’s their
responsibility to bring all the stakeholders to the table and say:
We have to work on this.
Mme Derwing : Je crois que la décision doit être prise par le
gouvernement fédéral, car c’est le gouvernement responsable de
l’immigration. Je crois que c’est sa responsabilité de rassembler les
intervenants et de leur dire que nous devons trouver une solution.
We’ve been talking about it and talking about it. There are
research projects as long as my arm about how we need to have a
resolution to the credential problem, but nobody wants to take it
on because it will be a very complex, difficult thing to do. But in
the meantime, we have all these people who are underemployed.
They’re working, but they’re not working at what they were
trained to do. Maybe the new database is designed to try to do a
better match-up, but I think we will still have real issues with
professionals who want to come to Canada. We should be
accepting them. They’re people who have great talents and whose
children could make great contributions to Canada.
Nous en avons parlé en long et en large. Il existe de vastes
projets de recherche sur la façon dont nous devons résoudre le
problème de la reconnaissance des compétences, mais personne ne
veut s’attaquer à ce problème, car il est très difficile et complexe.
Mais en même temps, tous ces gens sont sous-employés. Ils ont un
emploi, mais ils ne travaillent pas dans leur domaine de
compétences. La nouvelle base de données est peut-être conçue
pour réaliser de meilleurs jumelages, mais je crois que de réels
problèmes se poseront toujours en ce qui concerne les
professionnels qui veulent s’établir au Canada. Nous devrions
les accepter. Il y a des gens qui ont de grands talents et dont les
enfants pourraient apporter de grandes contributions au Canada.
[Translation]
Mr. Diallo: Ms. Derwing is right, it is not just francophones
who face the barriers; others do too. We also have to remember
that, in Canada, there are even barriers between provinces. If you
are a doctor in one place and you want to practice in another, you
have to go through a number of steps. It is the same thing for
lawyers.
[Français]
M. Diallo : Mme Derwing a raison; les barrières ne concernent
pas uniquement les francophones, mais aussi les autres. Il faut
aussi se souvenir qu’au Canada, il y a même des barrières entre
provinces. Vous êtes médecin quelque part et vous voulez exercer
ailleurs, il faut passer par un certain nombre d’étapes. Pour les
avocats, c’est la même chose.
6:30
Official Languages
12-5-2014
This is exactly what I try to tell immigrants who are in
complete despair because the credentials they have acquired
elsewhere are not recognized. It is a Canadian problem, not just in
the federal government; provinces, territories, universities and
professional associations too. At some point, people have to work
together. There is nothing more tragic than seeing someone who
has left his country and who is not able to find a place in his
profession. I saw a specialist in nuclear medicine from Germany.
He was never able to practice his profession. He had to start from
scratch. The cases of people who are no longer being used by their
countries of origin and are not being used by their adoptive
country either are the greatest immigration tragedy there is.
C’est exactement ce que j’essaie de dire à des immigrants qui
sont complètement désespérés et dont on ne reconnaît pas les
compétences qu’ils ont acquises ailleurs. C’est un problème
canadien et pas seulement au gouvernement fédéral; ce sont les
provinces, les territoires, les universités, les ordres professionnels.
À un certain moment, il faut travailler ensemble. Il n’y a rien de
plus dramatique que de voir quelqu’un qui a quitté son pays et qui
n’arrive pas à s’insérer dans sa profession. J’ai vu quelqu’un de
spécialisé en médecine nucléaire, venu d’Allemagne. Il n’a jamais
pu exercer son métier. Il a fallu qu’il recommence à zéro. Dans le
cas des gens qui ne sont plus utilisés par leur pays d’origine et qui
ne sont pas utilisés par leur pays d’adoption, c’est le plus grand
drame auquel on peut assister en immigration.
Senator Poirier: Does a Canadian who has studied medicine,
law or education face the same problems in other countries?
La sénatrice Poirier : Un Canadien qui a étudié en médecine,
en droit ou en enseignement fait-il face aux mêmes problèmes à
l’étranger?
Mr. Diallo: It depends on the country, and the agreements
between countries and professions. When I was young, I had
Canadian teachers. My history teacher was Canadian. It depends,
as I said. You cannot judge things that way. If we are talking
about a professional association, if you are a doctor and you go to
France, I very much doubt that you can practice there, just like a
French doctor cannot practice right away in Canada, unless there
are ways to arrange that, as there are in Quebec. It is the same for
nurses. A Canadian nurse going elsewhere will have difficulties,
for sure. Countries erect barriers around themselves, but we know
that there are ways to get round them, once you are there in
person. The context can change. What we are asking is to provide
the elements that will allow them to be at the same level of the
population they are called on to serve. We have to find a way to
supervise their inclusion so that they can practice their
professions.
M. Diallo : Cela dépend du pays, des accords entre pays et des
professions aussi. Quand j’étais jeune, j’ai eu des professeurs
canadiens. Mon professeur d’histoire était canadien. Je dis que
cela dépend. On ne peut pas juger de cette façon. S’il s’agit d’ordre
professionnel, si vous êtes médecin ici et que vous allez en France,
je doute fort que vous puissiez exercer votre profession, de même
qu’un médecin français ne peut pas exercer sa profession
directement au Canada, à moins de trouver des façons de faire
des arrangements, comme au Québec. Il en est de même pour les
infirmières. Une infirmière canadienne qui va ailleurs va avoir des
difficultés, c’est sûr. Ce sont des barrières que les pays se sont
imposées, mais on sait qu’il y a des façons de les contourner, le
corps humain est là. Le contexte peut changer. Ce qu’on
demande, c’est de donner les éléments qui leur permettront de
se mettre au niveau de la population qu’ils sont appelés à servir. Il
faut trouver une façon de les encadrer afin qu’ils puissent exercer
leur profession.
Senator Poirier: Is there a program, a short supplemental
course, that immigrants could take that would give them the
equivalent of what Canada would accept?
La sénatrice Poirier : Existe-t-il un programme, un supplément
sur une courte période de temps, que les immigrants pourraient
suivre qui leur donnerait l’équivalence de ce que le Canada
accepterait?
Mr. Diallo: The professional organizations are able to decide
that. You provide them with all your professional experience,
your degrees. If at least they could see the equivalencies and
determine what needs to be supplemented, it would give them
access to the talents of people with extraordinary experience who
could contribute to the development of Canada. In the case of
doctors, pathological conditions are a factor.
M. Diallo : Ce sont les organismes professionnels qui sont
capables de le décider. Vous leur présentez toute votre expérience
professionnelle, vos diplômes; si au moins ils pouvaient voir les
équivalences, et déterminer ce qui demande un appoint, cela
permettrait de récupérer les talents de gens qui ont une expérience
extraordinaire et qui pourraient contribuer à l’essor du Canada.
Si on prend le cas des médecins, il y a toute une pathologie.
Previously, in Canadian universities, no one even mentioned
malaria. Especially now, new pathologies are appearing here with
new immigrants and foreign doctors are very well equipped to
treat those diseases. That is also the case with a genetic condition,
sickle-cell anemia. Diseases like that are very common in Africa.
Canadian doctors are not trained to treat them and it is difficult
for them.
Auparavant, dans les universités canadiennes, on ne parlait
même pas de la malaria. À plus forte raison, de nouvelles
pathologies font leur apparition ici avec l’arrivée de nouveaux
immigrants, et les médecins qui viennent de l’étranger sont très
bien outillés pour traiter ces maladies. C’est le cas aussi de cette
pathologie sur le plan génétique, l’anémie falciforme. Ce sont des
maladies qui sont très courantes en Afrique. Les médecins
canadiens n’ont pas reçu de formation pour traiter ce type de
maladie et c’est difficile pour eux.
12-5-2014
Langues officielles
6:31
So I believe that there are talents and skills that could be put to
use so that we can use those resources, especially since our
population is changing.
Donc, je crois qu’il y a des talents, des compétences qui
pourraient être mis à contribution pour nous permettre d’utiliser
ces ressources, d’autant plus que notre population est en train de
changer.
The Acting Chair: Thank you, Mr. Diallo. Ms. Derwing, did
you have an answer for Senator Poirier too?
La présidente suppléante : Merci, M. Diallo. Madame
Derwing, vous aviez aussi une réponse pour madame la
sénatrice Poirier?
[English]
[Traduction]
Ms. Derwing: To address your question about whether
Canadians can go elsewhere relatively easily, you might
remember back about 15 years ago we were really concerned
about the brain drain to the United States. A lot of professionals
from Canada were going to the United States because they could
get jobs there; they were more readily available there than here.
Mme Derwing : Pour répondre à votre question de savoir s’il
est relativement facile pour les Canadiens de s’établir à l’étranger,
vous vous souviendrez peut-être qu’il y a 15 ans, nous étions très
préoccupés par l’exode des cerveaux aux États-Unis. De
nombreux professionnels canadiens partaient vivre aux ÉtatsUnis, car ils pouvaient obtenir des emplois là-bas; les emplois
étaient plus accessibles qu’ici.
Canadians can go to the U.S. relatively easily, and so can
immigrants. There have been immigrants who have come to
Canada, professionals who have ended up, after frustrating stays
in Canada, trying to reenter their professions who have been able
to get really good jobs in the United States. The United States has
a much faster, better way of recognizing credentials.
Les Canadiens peuvent aller aux États-Unis assez facilement, et
les immigrants aussi. Il y a des immigrants professionnels qui,
après un séjour frustrant au Canada — car ils essayaient de
réintégrer une profession —, sont partis aux États-Unis, car ils
pouvaient y trouver de très bons emplois dans leur domaine. Les
États-Unis ont une meilleure façon de reconnaître les
compétences — et elle est beaucoup plus rapide que la nôtre.
If you were a very good doctor in Italy, you could go to the
U.S., but you’ll get refused here.
Si vous étiez un très bon médecin en Italie, vous pourriez
exercer votre métier aux États-Unis, mais on vous refuserait ici.
Senator McIntyre: Ms. Derwing, you put forward the idea of
bringing stakeholders together on this issue of immigration. As I
understand your point, it’s important to establish a concerted
national strategy touching this issue.
Le sénateur McIntyre : Madame Derwing, vous avez émis l’idée
de rassembler les intervenants sur la question de l’immigration.
D’après ce que je comprends, vous soutenez qu’il est important
d’établir une stratégie nationale sur cette question.
Ms. Derwing: I think so. We’ve let this go on far too long. It’s
the professional organizations, the employers, the provinces, the
universities and the governments — the federal government in
particular. I think the federal government is in the best position,
because they have more clout, to pull everybody together and say,
‘‘We have to work this out.’’
Mme Derwing : Je pense que oui. Cette situation dure depuis
bien trop longtemps. Les ordres professionnels, les employeurs,
les provinces, les universités et les gouvernements — le fédéral en
particulier — doivent se concerter. Je pense que le gouvernement
fédéral est le mieux placé, car il a plus de pouvoir et peut réunir
tout le monde pour trouver une solution.
There have been some preliminary pilots in Manitoba. The
provincial government worked with the engineering faculty at the
University of Manitoba, and they made some progress. One
province and one profession can’t do it all, but there is a model. I
think we should be ashamed of ourselves for inviting people to
come to Canada to make contributions and let them think that
they’re going to be able to reenter their occupations and then have
them come here and be underemployed. They still work; they still
pay taxes, but they’re not living the life that they were led to think
they were going to come to.
Le Manitoba a mené des projets pilotes et a réalisé des progrès
en travaillant avec la faculté de génie de l’Université du
Manitoba. Une province et une profession ne vont pas régler
tous les problèmes, mais c’est un modèle à suivre. Nous devrions
avoir honte d’inviter les gens à venir au Canada pour contribuer à
l’économie et de leur laisser penser qu’ils pourront exercer leurs
professions, alors qu’ils sont sous-employés lorsqu’ils arrivent ici.
Ces gens travaillent et paient de l’impôt, mais ils ne mènent pas la
vie qu’on leur a fait miroiter.
[Translation]
Ms. Gallant: I quite agree with what Ms. Derwing said. Since
today is about francophone communities, it is very important for
all provinces to come around the table, including the province of
Quebec. Although Quebec has its own immigration policies in a
number of aspects, it has certainly developed parameters for
recognizing prior experience in universities and education systems
[Français]
Mme Gallant : Je suis tout à fait d’accord avec ce que
Mme Derwing a dit. Puisqu’il est question aujourd’hui de
communautés francophones, il est très important que toutes les
provinces se retrouvent autour de la table, notamment la province
de Québec qui, bien qu’elle ait, à bien des égards, ses propres
politiques d’immigration, a justement développé un certain
6:32
Official Languages
12-5-2014
based on the French system and on various French-speaking
versions around the world. That addresses the problem that
Mr. Diallo raised.
nombre de paramètres dans la reconnaissance des acquis dans les
universités et les systèmes de formation issus du système français
et de différentes adaptations francophones à travers le monde, ce
qui touche au problème que M. Diallo évoquait.
It is true that it is a problem for all immigrants, especially for
French-speaking immigrants. They live in one of Canada’s official
languages, but in provinces that are mostly English-speaking, the
education systems in which they were trained are not sufficiently
known. It is very important for Quebec to come to the table in
order to share its skills in recognizing prior experience from the
range of French-speaking countries.
C’est vrai que c’est un problème pour tous les immigrants, et
particulièrement pour les immigrants francophones. Ils vivent
dans l’une des langues officielles du Canada, mais dans les
provinces majoritairement anglophones, on ne connaît pas assez
les systèmes d’éducation dans lesquels ils ont été formés, et il
serait très important que le Québec se retrouve autour de la table
dans la perspective de partager ses compétences en matière de
reconnaissance des acquis dans les différents pays de langue
française.
Senator Robichaud: I have a follow-up to the follow-up
questions. Have you seen a change in attitude on the part of
the professional associations and, perhaps, the universities, and
did the resistance to recognizing foreign credentials come from
there?
Le sénateur Robichaud : J’ai une question supplémentaire à des
supplémentaires. Avez-vous vu un changement d’attitude des
ordres professionnels et, peut-être, des universités, et est-ce que la
résistance à reconnaître les compétences d’ailleurs provenait de là?
Mr. Diallo: The example that Ms. Derwing gave about the
engineers in Manitoba represents a change in attitude. After all,
an engineer who is capable of repairing a Boeing in Dakar is
certainly capable of doing it here. We want to make sure of the
social and legislative context, of course, and there are all kinds of
parameters that that adaptation implies. So there are certainly
pathways that allow the adaptation to happen so that people can
practice their professions.
M. Diallo : L’exemple qui a été donné par madame Derwing en
ce qui concerne les ingénieurs au Manitoba représente un
changement d’attitude. En effet, un ingénieur capable de réparer
un Boeing à Dakar peut aussi bien le faire ici. On veut s’assurer du
contexte social et législatif, bien sûr, et il y a toutes sortes de
paramètres qui sous-tendent l’adaptation. Donc, il y a
certainement des passerelles pour faire cette adaptation afin de
permettre à des gens d’exercer leur profession.
It will come. Take disadvantaged areas, rural areas, for
example, where young doctors do not want to go; there comes a
point when beggars cannot be choosers and they will ask for the
system to be loosened. That is how 50 per cent of the doctors in
rural Manitoba came from South Africa at one stage. So it is
possible.
Cela viendra. Si on considère le cas des régions défavorisées, en
zone rurale par exemple, où les jeunes médecins ne veulent pas
aller, nécessité faisant loi, il y a un moment où on demandera
d’assouplir le système. C’est comme cela que 50 p. 100 des
médecins en zone rurale au Manitoba, à un certain moment,
venaient d’Afrique du Sud. C’est donc possible.
[English]
[Traduction]
Ms. Derwing: The attitudes do change once people are brought
together.
Mme Derwing : Les mentalités changent lorsque les gens
doivent se serrer les coudes.
Another example is the boom times that Alberta has been
through. When we go through a boom in Alberta and there’s a
real shortage of people to work, that’s a double-edged sword. It’s
a problem for employers, but then it’s a good opportunity for
immigrants because at that time, when we’re in the midst of a
boom, immigrants will be more likely to get jobs and do get
employed, where they wouldn’t be otherwise.
Un autre exemple, c’est l’essor que connaît l’Alberta. Une
pénurie de travailleurs, c’est un couteau à double tranchant. C’est
un problème pour les employeurs, mais c’est une belle occasion
pour les immigrants qui peuvent trouver des emplois plus
facilement durant cette période. Dans un contexte différent, les
immigrants resteraient au chômage.
Companies that work regularly with immigrant employees
often start to change their attitudes because they realize there is a
substantial pool of people who have valuable skills. Some of those
skills are unique in that people who come from other countries, as
Mr. Diallo said earlier, have knowledge that some Canadians
don’t have and can solve problems that others can’t.
Les entreprises qui emploient souvent des immigrants
commencent à changer de mentalités, car elles se rendent
compte que bon nombre d’entre eux possèdent des compétences
précieuses. Comme M. Diallo a dit, ces compétences sont parfois
sans pareil, car les immigrants ont des connaissances que certains
Canadiens n’ont pas et ils peuvent régler des problèmes que
d’autres ne pourraient pas résoudre.
12-5-2014
Langues officielles
I know of an oil company in Edmonton where there was a
technique they wanted to use but it was going to utilize too much
water and waste a lot of water. They had an engineer from an
African country — I can’t remember which one but one that
suffers drought a lot — and that fellow knew exactly what to do.
He suggested an innovative way to deal with the problem. They
would never have gotten that from a Canadian.
[Translation]
6:33
Une société pétrolière d’Edmonton voulait utiliser une
technique particulière, mais qui gaspille beaucoup d’eau. Un
ingénieur, issu d’un pays africain où il y a beaucoup de
sécheresses, savait exactement comment s’y prendre. Il a
proposé une méthode innovante pour corriger le problème. Un
Canadien n’y serait jamais arrivé.
[Français]
Senator Robichaud: Good for him! I will continue in the next
round.
Le sénateur Robichaud : Bravo! Je continuerai à la prochaine
ronde.
The Acting Chair: Ms. Gallant, do you have anything to add to
that question?
La présidente suppléante : Madame Gallant, avez-vous quelque
chose à ajouter à cette question?
Ms. Gallant: No, thank you.
Mme Gallant : Non, merci.
Senator Charette-Poulin: I really would like to congratulate our
three witnesses. Your presentations, the results of your research
and your answers to our questions are extremely worthwhile and
valuable for us in the study we are conducting on changes to the
immigration system and their impact on official language
minority communities.
La sénatrice Charette-Poulin : J’aimerais surtout féliciter nos
trois témoins. Les présentations que vous faites, les résultats de
vos recherches, les réponses à nos questions sont extrêmement
valables et précieux pour nous dans l’étude que nous faisons sur
les changements au système d’immigration et les impacts sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
If we asked you for a recommendation after the answers you
have provided, what would that recommendation be for a
mechanism, run by the federal government, that would provide
optimal conditions for immigrants taking advantage of the new
skill-based program? What would that mechanism be?
Si on vous demandait de formuler une recommandation à la
suite des réponses que vous avez données, quelle serait votre
recommandation pour un mécanisme dirigé par le gouvernement
fédéral qui permettrait d’assurer que les conditions soient des
conditions gagnantes pour les immigrants qui bénéficieront du
nouveau programme basé sur les compétences? Quel serait ce
mécanisme?
Ms. Gallant, you have paid particular attention to young
people and to immigrants outside major centers. As a senator
representing northern Ontario, I would like to start by hearing
your recommendations.
Madame Gallant, vous avez porté une attention particulière
aux jeunes et aux immigrants à l’extérieur des grands centres.
Pour commencer, j’aimerais bien entendre, à titre de sénatrice
représentant le Nord de l’Ontario, vos recommandations.
Ms. Gallant: You are looking at a mechanism run by the
government, specifically the federal government; that is,
essentially, the first recommendation on the back of my sheet,
to provide financial support to, but not manage, local initiatives,
which are very close to the people in terms of services designed to
settle and integrate immigrants. A lot of excellent ideas are
developed locally.
Mme Gallant : Vous visez un mécanisme dirigé par le
gouvernement et en particulier le gouvernement fédéral; c’est
essentiellement la première recommandation qu’il y a au verso de
ma feuille, à savoir de soutenir financièrement, mais sans les
diriger, les initiatives locales, qui sont très près des gens en matière
de services d’établissement et d’intégration des immigrants. Il y a
une foule d’excellentes idées qui se développent localement.
The federal government has a role to play in setting that
priority and in emphasizing its particular importance in a
minority francophone context, in a rural context. Half of
Canada’s francophones outside Quebec live in urban areas, but
the other half lives outside the major metropolitan census areas.
Especially in small rural communities and in small towns, it is
important to support those initiatives without always counting
the number of immigrants that have been served this year, and so
on. Because the work in communities is done at a different level
than just assessing what immigrants have received this year. That
is support that the federal government can provide without trying
to run things too much or trying to standardize them across the
country. We have seen that local contexts greatly affect the way in
which immigrants are integrated.
Le gouvernement fédéral a un rôle à jouer en y accordant de
l’importance et en soulignant que c’est particulièrement important
en contexte francophone minoritaire, en contexte rural. La moitié
des francophones au Canada hors Québec vit en milieu urbain,
mais l’autre moitié vit en dehors des grandes régions
métropolitaines de recensement. En particulier, dans les petites
collectivités en milieu rural et dans les petites villes, et dans les
petites villes en milieu francophone minoritaire, il est important
de soutenir ces initiatives sans toujours compter le nombre
d’immigrants que l’on a servis cette année, et cetera. Parce qu’il y
a tout un travail au niveau de la communauté, qui se joue à un
autre niveau que la simple évaluation de l’immigrant qui a été
reçu cette année. Il y a un soutien que le gouvernement fédéral
peut apporter sans trop diriger et sans essayer d’uniformiser à la
6:34
Official Languages
12-5-2014
grandeur du pays, puisqu’on a vu que les contextes locaux jouent
énormément sur la façon de procéder dans l’intégration des
immigrants.
Senator Charette-Poulin: I saw your recommendation about
support; that is why my question was about a mechanism. In
other words, does that mean that you would not be in agreement
with a mechanism run by the federal government?
La sénatrice Charette-Poulin : J’avais vu votre
recommandation concernant le soutien; c’est pour cela que ma
question portait sur un mécanisme. Est-ce que cela veut dire, en
d’autres mots, que vous ne seriez pas d’accord avec un mécanisme
dirigé par le gouvernement fédéral?
Ms. Gallant: What do you mean by mechanism, as opposed to
financial support?
Mme Gallant : Qu’est-ce que vous entendez par mécanisme,
par opposition à un soutien financier?
Senator Charette-Poulin: Let me give you an example of a
mechanism. In the past, for example, a number of round tables
have been created for different industries, in all kinds of areas,
such as the environment, research, or to look into questions about
an industry, or broadcasting. Could you see a mechanism
established for skill-based immigration?
La sénatrice Charette-Poulin : Je vais vous donner un exemple
d’un mécanisme. Par exemple, dans le passé, diverses tables
rondes ont été créées pour différentes industries, dans toutes
sortes de domaines, que ce soit pour l’environnement, la
recherche, ou pour examiner des questions concernant
l’industrie ou la radiodiffusion. Au chapitre de l’immigration
basée sur les compétences, verriez-vous un mécanisme qui
pourrait être mis en place?
Ms. Gallant: Do you mean a kind of organizational structure
to manage it?
Mme Gallant : Vous voulez dire une espèce de structure
organisationnelle qui permettrait de gérer cela?
Senator Charette-Poulin: Yes.
La sénatrice Charette-Poulin : Oui.
Ms. Gallant: Okay. I think that Mr. Diallo presented the
initiatives that are currently being handled at the national round
table, which has very close ties with the CIC/CFSM committee. I
feel that we are heading in the right direction with the idea of a
structure that specifically recognizes the diversity of small local
communities. This is because it is a network of networks, in the
sense that, basically, at the Table nationale de concertation
communautaire en immigration francophone, of which
Mr. Diallo is currently the chair, there is representation from
provincial networks that themselves are structures where local
organizations work together. So that is a mechanism that allows
access to those local practices that are certainly identified, without
necessarily always wanting to interfere too much with them
because they have a role to play in a structure like that. I feel that
a structure that recognizes the voices of community groups and
local communities would be a mechanism, a system that seems to
be heading in the right direction in terms of the basics needed to
integrate immigrants into minority francophone communities.
Mme Gallant : D’accord. Je pense que M. Diallo a présenté
des initiatives qui se font présentement avec la Table nationale de
concertation et à l’aide d’un arrimage très serré avec le comité
CIC/CFSM. Je pense qu’on est dans la bonne voie avec l’idée
d’une structure qui respecte justement la diversité des petites
collectivités locales, parce que c’est un réseau de réseaux, d’un
réseau où, finalement, à l’intérieur de la Table nationale de
concertation communautaire en immigration francophone que
préside M. Diallo actuellement, il y a des représentations des
réseaux provinciaux qui, eux-mêmes, sont des structures de
concertation entre des organisations locales. Il s’agit donc d’un
mécanisme qui permet d’aller accéder à ces pratiques locales
certainement balisées, mais sans nécessairement trop vouloir
empiéter sur celles-ci puisqu’elles ont un rôle à jouer au sein d’une
structure comme celle-là. Une structure qui reconnaît la voix des
groupes communautaires et des communautés locales serait, je
pense, en termes de mécanisme ou de structure, un système qui
semble aller dans la bonne voie quant aux éléments nécessaires à
l’intégration des immigrants dans les communautés francophones
minoritaires.
Senator Charette-Poulin: Ms. Derwing, do you have any
suggestions for us?
La sénatrice Charette-Poulin : Madame Derwing, auriez-vous
des suggestions à nous faire?
[English]
Ms. Derwing: Yes. I agree with Ms. Gallant that there needs to
be an emphasis on some of what is happening at the local level,
but that needs to be shared and there needs to be a formal
mechanism for bringing integration measures together, so people
have a clear understanding of what is available in different
contexts.
[Traduction]
Mme Derwing : Oui. Je suis d’accord avec Mme Gallant. Il
faut mettre l’accent sur certaines initiatives locales, mais nous
devons discuter des meilleures pratiques et trouver un mécanisme
formel qui réunit les mesures d’intégration pour que les gens
comprennent bien ce qui s’offre dans différents contextes.
12-5-2014
Langues officielles
Also, I am really concerned about the new database with the
employers making choices about who comes. I would encourage
there to be a very careful evaluation of how that project pans out
very soon after it starts. I am really worried that there may be
problems with that database approach that we haven’t
anticipated.
[Translation]
6:35
Par ailleurs, je suis très préoccupée par la nouvelle base de
données qui permet aux employeurs de choisir qui va immigrer. Je
recommande de mener une évaluation très prudente, très peu de
temps après le début de ce projet. Je crains fort que cette base de
données ne cause des problèmes inattendus.
[Français]
Senator Charette-Poulin: Mr. Diallo, is there anything you
could add from your experience?
La sénatrice Charette-Poulin : Monsieur Diallo, pourriez-vous
ajouter quelque chose en fonction de votre expérience?
Mr. Diallo: You mentioned a mechanism. The mechanism for
me is relatively simple; it is a matter of collaboration between the
federal and provincial governments and the communities. It
worked very well for Manitoba and there is no reason why it
could not work if we tried to expand the approach. Immigrants
come to a country, to a province, and they live in a community.
We must not forget the municipal level either. If those three levels
begin to work together, we will be able to have successful
immigration.
M. Diallo : Vous parlez d’un mécanisme. Le mécanisme pour
moi est relativement simple; c’est une question de collaboration
entre les gouvernements fédéral et provincial et les collectivités.
Cela a très bien marché pour le Manitoba et il n’y a pas de raison
que cela ne puisse pas marcher si on essaie de généraliser
l’approche. L’immigrant vient dans un pays, dans une province et
il vit dans une communauté. Il y a aussi l’échelon municipal, il ne
faut pas l’oublier. Si ces trois paliers se mettent à travailler
ensemble, on pourra faire une immigration réussie.
Senator Charette-Poulin: Thank you.
La sénatrice Charette-Poulin : Merci.
The Acting Chair: Now we start the second round of questions.
Senator Chaput has the floor, followed by Senator Robichaud.
La présidente suppléante : Maintenant, nous entamons le
deuxième tour de questions. La sénatrice Chaput a la parole.
Elle sera suivie du sénateur Robichaud.
Senator Chaput: Thank you, Madam Chair. A bill has been
introduced in the House of Commons. The bill would amend the
Citizenship Act. One of the bill’s proposals is to require
citizenship applicants to demonstrate their knowledge of
Canada in one of the official languages. The bill then proposes
to require all applicants from 14 to 64 to demonstrate sufficient
knowledge of one of Canada’s two official languages.
La sénatrice Chaput : Merci, madame la présidente. Un projet
de loi a été déposé à la Chambre des communes; ce projet de loi
modifiera la Loi sur la citoyenneté. Le projet de loi propose, entre
autres, d’exiger aux demandeurs de la citoyenneté qu’ils
démontrent, dans l’une des deux langues officielles du pays, leur
connaissance du Canada. Ce projet de loi propose ensuite
d’étendre aux personnes de 14 à 64 ans l’exigence concernant la
connaissance suffisante de l’une des deux langues officielles du
Canada.
Canada has two official languages that are equal in status;
official language minority communities also have equal rights. If
we have to require immigrants to have sufficient knowledge of
one of the two official languages, do you think we should also
strongly encourage those immigrants to learn Canada’s other
official language? Do you believe that that we should strongly
encourage that and make it easy for people do it? Basically, can
we have one without the other?
Il y a au Canada deux langues officielles avec égalité de statut,
et égalité de droit des communautés de langue officielle en
situation minoritaire. Si nous devions exiger des immigrants une
connaissance suffisante de l’une des deux langues officielles,
croyez-vous qu’il faudrait aussi fortement encourager ces
nouveaux immigrants à apprendre l’autre langue officielle du
Canada? Croyez-vous qu’il faudrait fortement encourager cela et,
en plus, en faciliter l’accès? Est-ce que, finalement, l’un ne va pas
avec l’autre?
Mr. Diallo: I think that you are quite right. In terms of the
requirement for certain categories of people to have an adequate
knowledge, meaning an adequate knowledge of French, I have
often heard a little pushback in the other communities. Why
should someone who speaks neither French nor English have to
choose to go in one direction or the other? That is a reality. I see it
more and more with our students. We have students from
communities whether the mother tongue is neither English nor
French and who are now registering for university. Immigrants
coming here know that English is the majority language; they are
going to learn English.
M. Diallo : Je pense que vous avez tout à fait raison.
Concernant l’exigence selon laquelle certaines catégories de
personnes doivent avoir une connaissance suffisante, lorsqu’on
a parlé de la connaissance du français, j’ai entendu souvent dans
les autres communautés un peu de ressac, à savoir pourquoi une
personne qui n’est ni francophone ni anglophone se voit imposer
le choix d’aller dans un sens ou dans l’autre. C’est une réalité. Je le
vois de plus en plus parmi nos étudiants. Nous avons des
étudiants issus de communautés dont la langue maternelle n’est ni
l’anglais ni le français et qui s’inscrivent maintenant à l’université.
L’immigrant qui arrive ici sait que la langue anglaise est
majoritaire et va aller apprendre l’anglais.
6:36
Official Languages
12-5-2014
Immigrants also know that, if their children learn French, it
will be an advantage. That is the point I wanted to raise in that
whole matter of awareness for immigrants: one person speaking
two languages is worth double. It gives them tools for the future.
A number of them understand that and enroll their children in
immersion schools or in schools where it is possible for them to
learn French. We must make a huge effort to help people like
that.
Les immigrants savent aussi que si leur progéniture apprend le
français, ce sera un avantage. C’est le point que je voulais soulever
dans toute la question de la sensibilisation des immigrants : une
personne qui parle deux langues en vaut deux. C’est leur donner
des armes pour l’avenir. Plusieurs comprennent ce fait et
inscrivent leurs enfants dans des écoles d’immersion ou dans des
écoles où il existe la possibilité d’apprendre le français. Nous
devons faire un effort énorme pour aider ces personnes.
There is an aspect of the Citizenship Act that perhaps has not
been mentioned and that I would like to emphasize. At times,
people are told that they need to wait another year to become
naturalized as Canadians. That requirement has an impact in the
sense that we invite immigrants to come to Canada but we tell
them that they have to wait. Take an immigrant coming here who
is not a naturalized Canadian. I will use the example of university
researchers who have to go elsewhere to present the results of
their research. Take someone from Mali or Senegal. They are
doing research in graduate school and they have to present the
results of their research in the United States. They may not get a
visa to go there.
Il y a une dimension dans la Loi sur citoyenneté que j’aimerais
souligner et qui n’a peut-être pas été mentionnée. On a dit, à
certains moments, que pour avoir la nationalité canadienne, il
faut attendre une année supplémentaire. Or, cette exigence a un
impact dans la mesure où on invite les immigrants à venir au
Canada, mais on leur dit qu’ils devront attendre. Parlons d’un
immigrant qui arrive ici et qui n’a pas la nationalité canadienne.
Je vais prendre l’exemple des universités où des chercheurs
doivent aller présenter les résultats de leur recherche ailleurs.
Prenons le cas d’une personne qui vient du Mali ou du Sénégal.
Elle est au troisième cycle, en train de faire de la recherche et doit
présenter les résultats de ses recherches aux États-Unis. Elle
n’aura pas nécessairement le visa pour y aller.
Having a Canadian passport and Canadian citizenship is also a
form of integration. Perhaps the government has reasons for
delaying access to naturalization. However, it is an obstacle for
immigrants working in some areas who have to become
naturalized. The possibility of promotion in universities
completely disappears in those cases.
Détenir un passeport canadien et la citoyenneté canadienne est
aussi une forme d’intégration. Le gouvernement a peut-être ses
raisons pour retarder l’accès à la nationalité. Toutefois, cela
constitue un frein pour les immigrants qui œuvrent dans certains
domaines et qui doivent attendre d’obtenir leur nationalité. Les
possibilités de promotion dans les universités vont alors
complètement s’éroder.
We have to think about that. People have told me about it. One
person told me that she has not been able to go anywhere to
present her research for three years. As a result, she has not had
any promotions, because she has been denied a visa three times. I
wanted to raise that point, because it is part of the process.
C’est une chose à laquelle il faut penser. J’ai entendu des
témoignages à ce sujet. Une personne m’a dit que depuis trois ans,
elle ne peut aller nulle part et ne peut présenter les résultats de ses
recherches. Par conséquent, elle n’a pas eu de promotion, car le
visa lui a été refusé trois fois. Je tenais à soulever ce point, car il
fait partie du processus.
[English]
[Traduction]
Ms. Derwing: I would like to say a few things. First, I think
encouraging new immigrants to learn both official languages, it’s
a nice idea, but for adults who are hoping to work full time and
learn one of the official languages, I think we can’t impose a
second language on them. However, I think it’s a really useful
notion to encourage immigrant children to go into programs,
either French immersion or English immersion programs. That’s
already happening in many parts of Canada. We see a lot of
children of immigrants who are in immersion programs in B.C.
and Alberta. It’s becoming very popular among immigrants to do
that.
Mme Derwing : J’aimerais donner quelques éléments de
réponse. Je pense qu’il faut encourager les nouveaux immigrants
à apprendre les deux langues officielles. C’est une bonne idée,
mais à mon avis, nous ne pouvons pas imposer l’apprentissage
d’une deuxième langue aux adultes qui espèrent travailler à temps
plein et qui apprennent déjà une langue officielle. Mais je pense
que c’est très pertinent d’encourager les jeunes immigrants à
suivre des programmes d’immersion francophone ou anglophone.
Cela se fait déjà dans nombre de régions au Canada. Bien des
enfants d’immigrants suivent des programmes d’immersion en
Colombie-Britannique et en Alberta. Ces programmes sont
rendus très populaires auprès des immigrants.
I think the first generation has burden enough to learn one of
the languages. To learn a second is asking, I think, a bit too much.
Je pense qu’il est déjà assez difficile pour la première génération
d’apprendre une des deux langues et que c’est un peu trop
demander d’apprendre la deuxième.
12-5-2014
Langues officielles
6:37
With respect to the Citizenship Act, there’s one other thing I
would like to bring up. The Citizenship Act, at this stage of the
bill that’s being put forward, I don’t think makes any exemptions
for refugees, for instance. We have a small number of refugees
who come to Canada every year. Some of those people have not
had an opportunity to have any formal education. We’re talking
about a small number of people, but we have people who are
coming in who have no literacy in their first language and really
struggle to learn even basic levels of an official language when
they get here.
Concernant la Loi sur la citoyenneté, je ne pense pas que le
projet de loi actuel prévoit des exceptions pour les réfugiés, par
exemple. Les réfugiés que nous accueillons au Canada chaque
année sont peu nombreux, et un certain nombre d’entre eux n’ont
pas eu la chance de recevoir une éducation en bonne et due forme.
Ils sont peu nombreux, mais certains sont analphabètes dans leur
langue maternelle et ils peinent beaucoup à apprendre ne serait-ce
que les niveaux de base d’une langue officielle à leur arrivée ici.
It seems to me that it would be really churlish of us as
Canadians to deny eligibility to those individuals of Canadian
citizenship on the basis of their limited language skills in either
English or French. For many of those people they’re never going
to get to that level. Their children are going to definitely be
proficient in an official language, but I don’t think we should
invite people to come here as refugees and say, ‘‘Yes, we’ll help
you but, oh, sorry, you’re never going to make it as a citizen.’’
En tant que Canadiens, nous serions très malvenus de refuser
l’admissibilité à la citoyenneté à ces gens, parce qu’ils ont des
compétences langagières limitées en anglais ou en français. Bon
nombre d’entre eux n’atteindront jamais ce niveau. C’est clair que
leurs enfants vont maîtriser une langue officielle, mais je ne pense
pas que nous devrions inviter les réfugiés à venir ici, offrir de les
aider, mais leur indiquer qu’ils ne pourront jamais devenir
citoyens.
[Translation]
Senator Chaput: Could I ask a follow-up question?
The Acting Chair: Ms. Gallant has also asked to make a
comment. We only have six minutes left, but you can ask your
question and perhaps get a short answer.
Senator Chaput: No, it is fine.
[Français]
La sénatrice Chaput : Pourrais-je poser une question
supplémentaire?
La présidente suppléante : Mme Gallant a demandé aussi à
faire son commentaire. Il ne nous reste que six minutes, mais vous
pouvez poser votre question et peut-être obtenir une réponse
brève.
La sénatrice Chaput : Non, ça ira.
Ms. Gallant: I did not really ask to speak, because I agree with
what has been said. We must not demand more from immigrants
than we do from other Canadian citizens. Requiring those born in
Canada to have a command of both official languages is not a
model either.
Mme Gallant : Je n’avais pas particulièrement demandé la
parole, car je suis d’accord avec ce qui a été dit. En effet, on ne
doit pas exiger davantage des immigrants que des autres citoyens
canadiens, la maîtrise des deux langues officielles chez les natifs
du Canada n’étant pas exemplaire non plus.
That is the only thing I would add. Otherwise, I think that my
colleagues have already dealt with the important questions.
C’est le seul ajout que je ferais. Sinon, je crois que mes
confrères ont déjà abordé des questions importantes.
The Acting Chair: Senator Chaput, you have time to ask
Ms. Derwing your question.
La présidente suppléante : Sénatrice Chaput, vous avez le temps
de poser votre question à Mme Derwing.
[English]
[Traduction]
Senator Chaput: I understand exactly what you’ve said,
Ms. Derwing. My question is one of compassion, because I’ve
seen it happening in Manitoba. When you get refugees in and they
don’t speak either language and they’re seniors who need health
services, we cannot communicate with them. What do we do?
We’re not helping them either.
La sénatrice Chaput : Je comprends exactement ce que vous
dites, madame Derwing. C’est une question de compassion, parce
que j’ai vu ce qui s’est produit au Manitoba. Que faire, si nous ne
pouvons pas communiquer avec les réfugiés aînés qui ne parlent
pas les deux langues et qui ont besoin de services de santé? Nous
ne les aidons pas non plus.
Ms. Derwing: I think we have to use other members of the
immigrant community and use interpreters. That’s what we have
to do.
Mme Derwing : Nous devons faire appel aux autres membres
de la communauté immigrante et aux interprètes.
Senator Chaput: That’s okay.
La sénatrice Chaput : C’est une bonne solution.
Ms. Derwing: That’s fine.
Mme Derwing : Oui.
Senator Chaput: Thank you.
La sénatrice Chaput : Merci.
6:38
Official Languages
12-5-2014
Senator Robichaud: Ms. Derwing, you mentioned in your
presentation that we should also offer language training to
temporary foreign workers, but they are not considered
immigrants as such; they come and they go. When they are
chosen, I don’t think there is any consideration given to one
language or the other. I would like you to elaborate on that.
Le sénateur Robichaud : Madame Derwing, vous avez dit dans
votre exposé que nous devons aussi offrir de la formation
langagière aux travailleurs étrangers temporaires, mais ils ne sont
pas considérés comme des immigrants en tant que tels et ils
repartent après un certain temps. Je ne pense pas que la maîtrise
d’une des deux langues soit prise en compte lorsqu’ils sont choisis.
J’aimerais vous entendre là-dessus.
Ms. Derwing: The Temporary Foreign Worker Program has a
couple of different streams. One stream has to do with
agricultural workers who come on a regular basis, year after
year after year, and some people have come for 25 years. While
they’re here they contribute towards the Canadian social network;
they pay taxes. We also have temporary foreign workers who
come for four years at a time and they work in all sorts of
different settings and then they’re supposed to go home for four
years. If they want to come back they have to wait those four
years and then come back.
Mme Derwing : Le Programme des travailleurs étrangers
temporaires offre deux possibilités. Les travailleurs agricoles
viennent chaque année, parfois depuis 25 ans, et contribuent au
filet social du Canada en payant des impôts durant leur séjour.
Quant à eux, les travailleurs étrangers temporaires viennent
durant quatre ans à la fois, travaillent dans toutes sortes de
contextes, sont censés repartir après quatre ans et doivent
attendre quatre ans s’ils veulent revenir ici.
A lot of those people really hope to stay. Some of them are able
to transition, but some of them are not. Some of those individuals
who come are in situations where they are completely isolated,
they have no way to engage at all within the Canadian community
because they have no access to English or French and they are
extremely isolated.
Bon nombre d’entre eux espèrent rester au Canada. Certains
parviennent à faire la transition, mais d’autres n’y arrivent pas.
Certains travailleurs étrangers temporaires se retrouvent
complètement isolés et n’ont aucune occasion de s’intégrer à la
collectivité au Canada, parce qu’ils ne parlent ni anglais, ni
français. Ils sont extrêmement isolés.
In some instances it’s bad enough that it causes safety problems
at work. We know of people who have died, for instance, in Fort
McMurray, temporary foreign workers who didn’t understand
the instructions. In the end, that whole team was sent back to
China.
Parfois, le problème est si grave qu’il menace la sécurité au
travail. Des travailleurs étrangers temporaires sont morts à Fort
McMurray parce qu’ils n’ont pas compris les directives. En fin de
compte, toute l’équipe a été renvoyée en Chine.
It seems to me that we ask for workers, but it is human beings
who come. We need to think about anyone we invite to this
country to work, pay taxes and provide for the well-being of this
country, we owe them something back. I just feel it’s wrong to
bring people in and put them in very difficult situations and leave
it up to employers to decide everything.
Nous demandons des travailleurs, mais ce sont des êtres
humains. Nous sommes redevables à tous les travailleurs que nous
invitons au pays, qui paient des impôts et qui contribuent à notre
bien-être. Je pense que c’est tout simplement mal de placer ces
gens dans des contextes très difficiles et de laisser les employeurs
décider de tout.
There’s no real monitoring, as we’ve seen. We’ve had
temporary foreign workers here in large numbers for several
years now, and only now we see shock and chagrin that they’re
being mistreated. But they’ve been mistreated all along.
Comme nous l’avons constaté, il n’y a pas de surveillance
réelle. Les travailleurs étrangers temporaires viennent ici en grand
nombre depuis plusieurs années. Nous venons seulement
d’apprendre, avec consternation et avec dépit, les mauvais
traitements qu’ils subissent, mais ils ont toujours été maltraités.
[Translation]
[Français]
Mr. Diallo: I think that temporary workers clearly constitute a
base. . .
M. Diallo : Je pense que les travailleurs temporaires
constituent, évidemment, une base...
The Acting Chair: Mr. Diallo, I know that you want to
respond, but unfortunately we only have the video conference
until seven o’clock, so we have to wrap up.
La présidente suppléante : Monsieur Diallo, je sais que vous
voulez répondre, malheureusement nous avons la vidéoconférence
seulement jusqu’à 19 heures et nous devons donc terminer.
I would like to thank our witnesses for their excellent
presentations today, and my fellow senators for all the
excellent, pertinent questions you have asked.
Je tiens à remercier nos témoins pour l’excellence de leurs
présentations aujourd’hui, et mes collègues sénateurs pour toutes
les questions, belles et pertinentes, qu’ils ont posées.
I therefore declare the meeting adjourned.
Je déclare donc la séance levée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
12-5-2014
Langues officielles
6:39
OTTAWA, Monday, May 5, 2014
OTTAWA, le lundi 5 mai 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5:01 p.m., to continue its study on the impacts of
recent changes to the immigration system on official language
minority communities.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 1, pour poursuivre son étude sur les impacts
des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
[Translation]
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, I call this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages to order.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare cette séance du
Comité sénatorial permanent des langues officielles ouverte.
I am Senator Claudette Tardif from Alberta, and I am the
chair of this committee. I would ask senators to introduce
themselves, starting on my left, please.
Je suis la sénatrice Claudette Tardif, de l’Alberta, et la
présidente de ce comité. Je demanderais aux sénateurs de se
présenter en commençant à ma gauche, s’il vous plaît.
Senator Mockler: Percy Mockler from New Brunswick.
Senator Fortin-Duplessis: Suzanne Fortin-Duplessis from
Quebec City.
Senator Rivard: Michel Rivard from Quebec.
Senator McIntyre: Paul McIntyre from New Brunswick.
Le sénateur Mockler : Percy Mockler, du Nouveau-Brunswick.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Suzanne Fortin-Duplessis, de la
ville de Québec.
Le sénateur Rivard : Michel Rivard, du Québec.
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, du NouveauBrunswick.
Senator Charette-Poulin: Marie Charette-Poulin from northern
Ontario. Welcome, Ms. Lalonde.
La sénatrice Charette-Poulin : Marie Charette-Poulin, du Nord
de l’Ontario. Bienvenue, madame Lalonde.
Senator Chaput: I am Maria Chaput, senator from Manitoba.
Welcome, madam.
La sénatrice Chaput : Je suis Maria Chaput, sénatrice du
Manitoba. Bienvenue, madame.
The Chair: We are continuing our study of the impact of recent
changes to the immigration system on official language minority
communities. Our witness today is Jocelyne Lalonde, Executive
Director of the National Secretariat of the Consortium national
de formation en santé (CNFS) and of the Association des
universités de la francophonie canadienne (AUFC). She
represents two associations. Ms. Lalonde, you have the floor.
Senators will ask their questions after the presentation.
La présidente : Honorables sénateurs, nous poursuivons notre
étude sur les impacts des changements récents au système
d’immigration sur les communautés de langue officielle en
situation minoritaire. Aujourd’hui, notre témoin est
Mme Jocelyne Lalonde, directrice générale du Secrétariat
national du Consortium national de formation en santé (CNFS)
et de l’Association des universités de la francophonie canadienne
(AUFC). Elle représente deux associations. Je donne la parole à
Mme Lalonde. À la fin de la présentation, les sénateurs poseront
leurs questions.
Jocelyne Lalonde, Executive Director, National Secretariat,
Consortium national de formation en santé and Association des
universités de la francophonie canadienne: Thank you very much.
Good afternoon, Madam Chair, honourable senators and
participants here present. First, I would like to thank you for
your invitation to the Association des universités de la
francophonie canadienne and the Consortium national de
formation en santé, the two organizations of which I am
executive director.
Jocelyne Lalonde, directrice générale, Secrétariat national,
Consortium national de formation en santé et Association des
universités de la francophonie canadienne : Merci beaucoup.
Bonjour, madame la présidente, honorables sénateurs et
participants présents. J’aimerais d’abord vous remercier de votre
invitation au nom de l’Association des universités de la
francophonie canadienne et du Consortium national de
formation en santé, qui sont deux organismes pour lesquels
j’assume la direction générale.
Following a few brief remarks on AUFC and CNFS, I will
address some important points. I will remind you of a few facts
related to the essential role our post-secondary education
institutions play in the francophone communities with respect
to the economy and immigration, particularly the economic
integration of immigrants. I will also outline for you the measures
À la suite d’un bref exposé sur l’AUFC et le CNFS, je ferai
ressortir certains points importants. Je vous rappellerai quelques
faits liés au rôle essentiel joué par nos établissements d’enseignement
supérieur au sein de nos communautés francophones du point de vue
de l’économie et de l’immigration, notamment l’intégration
économique des immigrants. Je vous présenterai aussi les mesures
6:40
Official Languages
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we would like adopted to ensure the training and employability of
immigrants and international students. Then I will close with a
few recommendations.
que nous souhaitons adopter pour assurer la formation et
l’employabilité des immigrants et des étudiants internationaux.
Puis, je terminerai en faisant quelques recommandations.
AUFC is an association of 14 francophone and bilingual
universities in 7 provinces outside Quebec. The programs offered
at those institutions help improve French-language learning,
instruction and research at the university level and enhance the
vitality and outreach of the francophone minority communities.
Donc, l’AUFC regroupe 14 universités francophones et
bilingues réparties dans 7 provinces à l’extérieur du Québec. Les
programmes offerts dans ces établissements permettent de
bonifier l’apprentissage, l’enseignement et la recherche
universitaire en langue française, et d’améliorer la vitalité et le
rayonnement des communautés francophones minoritaires.
CNFS is an organization of 11 university and college
institutions that offer French-language study programs in
various health disciplines and 6 regional partners that facilitate
access to those training programs.
Le CNFS, pour sa part, est un regroupement de
11 établissements d’enseignement universitaire et collégial qui
offrent des programmes d’étude en français dans diverses
disciplines de la santé, et de 6 partenaires régionaux qui
facilitent l’accès à ces programmes de formation.
The nature of the immigration reform and its impact may be
described as follows.
Voici en quoi consiste la réforme de l’immigration et ses
répercussions.
At the Ministerial Conference on the Canadian Francophonie
in fall 2013, Ronald Bisson and Matthieu Brennan presented the
findings of their analysis of the impact of the future Immigration
and Refugee Protection Act.
À l’automne 2013, lors de la Conférence ministérielle sur la
francophonie canadienne, MM. Ronald Bisson et Matthieu
Brennan présentaient les résultats de leur analyse sur les
répercussions de la future Loi sur l’immigration et la protection
des réfugiés.
One of their main findings concerns the role that postsecondary education plays in immigration. More specifically,
bilingual francophone and anglophone employers, the provinces
and territories and the post-secondary education institutions of
the Canadian francophonie will be driving forces in mobilizing
efforts to increase the number of francophone immigrants settling
in the communities. We are very much aware of the essential role
that our post-secondary institutions must play.
L’un des principaux résultats qui ressortent de leur analyse
concerne le rôle que joue l’enseignement supérieur dans le dossier
de l’immigration; plus précisément, les employeurs francophones
bilingues et anglophones, les provinces et territoires, et les
établissements d’enseignement supérieur de la francophonie
canadienne seront les forces motrices à mobiliser en vue
d’augmenter le nombre d’immigrants d’expression française
s’établissant dans les communautés. Nous sommes très
conscients du rôle essentiel que doivent jouer nos établissements
d’enseignement supérieur.
However, it is difficult to anticipate all the consequences of the
immigration reform, particularly for the role played by Canadian
employers and businesses that are in the midst of those changes
and need labour. It is important to take the necessary measures to
ensure that the immigration reform is a success.
Toutefois, il est difficile d’envisager toutes les répercussions de
la réforme de l’immigration, surtout en ce qui concerne le rôle
joué par les employeurs et les entreprises canadiennes qui sont au
cœur de ces changements et qui ont besoin de main-d’œuvre. Il
importe de prendre les mesures qui s’imposent pour assurer la
réussite de la réforme de l’immigration.
The member colleges and universities of AUFC and CNFS are
in favour of and are already facilitating the socio-economic
integration of francophone immigrants. They are making
increasing efforts to improve the offer of French-language
programs and services for immigrants and foreign students. All
these institutions provide information and training and offer
activities and services designed to help immigrants integrate into
their new living environment while affording them a francophone
cultural experience. Post-secondary education institutions are the
driving force behind training that leads to employability and
occupational integration. They also play a crucial economic role
in their communities as they have close relationships with
businesses and employers. It has been recommended as part of
the immigration reform that our post-secondary education
institutions play a prominent role in language and cultural
training. That training enhances employability in Canada and
Les collèges et les universités membres de l’AUFC et du CNFS
favorisent et facilitent déjà l’intégration socioéconomique des
immigrants de langue française. Ils déploient de plus en plus
d’efforts en vue d’améliorer l’offre des programmes et des services
en français destinés aux immigrants et aux étudiants étrangers.
Tous ces établissements dispensent de l’information et de la
formation, et offrent des activités et des services visant à favoriser
l’intégration des immigrants dans leur nouveau milieu de vie tout
en leur permettant de vivre une expérience culturelle francophone.
Les établissements d’enseignement supérieur sont la force motrice
de la formation qui mène à l’employabilité et à l’intégration
professionnelle. Ceux-ci jouent également un rôle crucial au sein
de leur communauté sur le plan économique puisqu’ils sont
proches des entreprises et des employeurs. La réforme de
l’immigration recommande que nos établissements
d’enseignement supérieur jouent un rôle de premier plan en
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Langues officielles
6:41
helps guide and train candidates before they leave for Canada.
This training must also be offered to foreign students who are in
the process of becoming our future labour force. The support
services that our colleges and universities provide to foreign
students must be expanded so that they can better meet their
needs.
matière de formation linguistique et culturelle. Ces formations
conduisent à l’employabilité en sol canadien et permettent
d’orienter et de former les candidats avant leur départ vers le
Canada. Ces formations doivent aussi être dispensées aux
étudiants étrangers qui sont en voie de devenir la main-d’œuvre
de l’avenir. Les services de soutien de nos collèges et universités
offerts aux étudiants étrangers doivent s’élargir pour mieux
répondre à leurs besoins.
Canada has just adopted a new five-year international
education strategy the primary objective of which is to double
the number of international students in Canada by 2022.
Although the government is aware that it will have to cooperate
with all stakeholders in the education and research community to
achieve that, our institutions are already playing a leading role. In
addition to that impact, international students at our institutions
are clearly ideal candidates for immigrating to Canada and
settling in the francophone minority communities since they hold
Canadian credentials and are proficient in both official languages,
and most have relevant work experience. The demographic profile
of the student population of our member institutions has thus
changed considerably over the years and is now highly diversified.
Le Canada vient de se donner une nouvelle stratégie
quinquennale en matière d’éducation internationale, dont
l’objectif primaire est de doubler, d’ici 2022, le nombre
d’étudiants internationaux au pays. Alors que le gouvernement
est conscient qu’il devra collaborer avec tous les intervenants du
monde de l’éducation et de la recherche pour y arriver, nos
établissements jouent déjà un rôle de premier plan. En plus de ces
retombées, force est de constater que les étudiants internationaux
dans nos établissements sont des candidats idéals pour immigrer
au Canada et s’installer dans les communautés francophones
minoritaires, puisqu’ils détiennent des diplômes canadiens,
maîtrisent les deux langues officielles et ont, pour la plupart,
une expérience de travail pertinente. Le portrait démographique
de la population étudiante de nos établissements membres a ainsi
beaucoup changé au fil des ans et est des plus diversifiées.
For example, international students represent 18 per cent of
the total student body at the Université de Moncton and
15 per cent of that of the Université de Saint-Boniface. The
support services offered must therefore be suited to the needs of
their immigrant student clientele, which has highly varied
language skills and comes from diverse cultures. These few
facts, as well as what the post-secondary institutions are currently
offering in the immigration sector, have convinced AUFC and
CNFS officers to establish the Alliance des établissements
postsecondaires de la francophonie canadienne.
À titre d’exemple, les étudiants internationaux représentent
18 p. 100 de l’ensemble des effectifs de l’Université de Moncton et
15 p. 100 de la population étudiante de l’Université de SaintBoniface. Les services de soutien offerts doivent donc être adaptés
aux besoins de leur clientèle étudiante immigrante qui possède des
capacités langagières et des cultures des plus variées. Ces quelques
faits, ainsi que l’offre actuelle des établissements postsecondaires
dans le secteur de l’immigration, ont convaincu les dirigeants de
l’AUFC et du CNFS de mettre sur pied l’Alliance des
établissements postsecondaires de la francophonie canadienne.
The alliance represents the universities of the Canadian
francophonie that are interested in immigration, as well as their
partners. Its aim is to reinforce immigrant and student training
initiatives of all kinds. Its purpose is to work in partnership to
offer an expanded range of training and related services to
French-language immigrants in the francophone communities
and to international students. This new alliance consolidates the
actions of the colleges and universities of the Canadian
francophonie, promotes immigration and the sharing of
innovative models and is an effective vehicle for approaching
the Canadian government.
Donc, l’Alliance regroupe les universités de la francophonie
canadienne qui s’intéressent à l’immigration, ainsi que des
partenaires. Elle vise le renforcement des initiatives en
formations de tous genres pour les immigrants et les étudiants.
Sa raison d’être consiste à travailler en partenariat pour offrir une
gamme élargie de formations et de services connexes aux
immigrants d’expression française des communautés
francophones ainsi qu’aux étudiants internationaux. La venue
de l’Alliance consolide l’action des collèges et des universités de la
francophonie canadienne, favorise l’innovation et le partage de
modèles novateurs et offre une voie d’approche solide auprès du
gouvernement canadien.
Post-secondary institutions have proposed to the Canadian
government a series of measures designed to improve
employment-focused programs and to increase the number of
foreign students in Canada. The measures we propose are based
on the expertise and models our colleges and universities are
currently using. These measures are also designed to guarantee
the availability of and access to French-language training
programs for immigrants, wherever they are, before they depart
for or arrive in Canada. The proposed measures include the
Les établissements postsecondaires ont proposé au
gouvernement canadien une série de mesures visant à améliorer
les programmes axés sur l’emploi et à augmenter le nombre
d’étudiants étrangers au Canada. Les mesures que nous
proposons émanent des expertises et des modèles dont se
servent actuellement nos collèges et nos universités. Ces mesures
visent aussi à assurer l’accès et la disponibilité des programmes de
formation en français aux où qu’ils soient avant leur départ
ou à leur arrivée au Canada. Parmi les mesures proposées,
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Official Languages
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following: increasing the number of language training programs
for immigrants and foreign students so that they are accessible
and meet Canadian standards; increasing the number of
employment-focused programs in colleges and universities to
improve the job skills of immigrants and foreign students by
forming closer relationships with employers; ensuring that
training and employability best practices and approaches are
shared; increasing the number of immigrants from the foreign
students group and offering them employability programs; and,
lastly, increasing the availability and accessibility of Frenchlanguage orientation services for immigrants and foreign students.
All these measures are based on our institutions’ capacity and
training expertise.
mentionnons les suivantes : accroître les programmes de
formation linguistique destinés aux immigrants et aux étudiants
étrangers pour qu’ils soient accessibles et qu’ils correspondent aux
normes canadiennes; augmenter les programmes axés sur l’emploi
dans les collèges et universités pour améliorer les compétences
liées à l’emploi des immigrants et des étudiants étrangers en se
rapprochant des employeurs; assurer le partage de bonnes
pratiques et des approches en formation et en employabilité;
augmenter le nombre d’immigrants provenant du groupe des
étudiants étrangers et leur offrir des programmes liés à
l’employabilité; et enfin, améliorer la disponibilité et
l’accessibilité des services d’orientation en français destinés aux
immigrants et aux étudiants étrangers. Toutes ces mesures
reposent sur la capacité de nos établissements et leur expertise
en matière de formation.
Our two main recommendations are as follows. First, we
would like your committee to recommend that the capacity and
infrastructure of our colleges and universities be reinforced for the
purpose of developing and implementing more services and
instruments to take in and provide better support for
international students and to ensure that they can fully adopt
the French language and culture.
Voici nos deux principales recommandations. Premièrement,
nous souhaitons que votre comité recommande qu’il y ait un
renforcement de la capacité et des infrastructures de nos collèges
et universités afin d’élaborer et de mettre en œuvre davantage de
services et d’outils pour accueillir et mieux soutenir les étudiants
internationaux et de s’assurer qu’ils puissent faire pleinement
l’appropriation du français et d’une culture française.
Second, we would like your committee to recommend that the
Government of Canada support and fund the measures proposed
by the Alliance des établissements postsecondaires de la
francophonie canadienne. The purpose of those measures,
which I have just presented to you, is for the educational
institutions of the Canadian francophonie to offer programs and
services for immigrants, foreign students and employers. In that
way, we will be able to ensure that economic immigration meets
the need for a highly skilled bilingual labour force.
Deuxièmement, nous souhaitons que votre comité
recommande au gouvernement canadien d’appuyer et de
financer les mesures proposées par l’Alliance des établissements
postsecondaires de la francophonie canadienne. Ces mesures, que
je viens de vous présenter, suggèrent des programmes et des
services destinés aux immigrants, aux étudiants étrangers et aux
employeurs que nos établissements d’enseignement de la
francophonie canadienne peuvent offrir. Nous pourrons ainsi
assurer une immigration économique répondant aux besoins
d’une main-d’œuvre bilingue hautement qualifiée.
Once again, thank you for inviting us to appear here today. We
will be pleased to answer your questions.
Encore une fois, je vous remercie de nous avoir invités
aujourd’hui. Il nous fera plaisir de répondre à vos questions.
The Chair: Thank you very much, Ms. Lalonde. I would like to
ask Senator Fortin-Duplessis to ask the first question. Senator
McIntyre will follow.
La présidente : Un grand merci, madame Lalonde. J’aimerais
demander à la sénatrice Fortin-Duplessis de poser la première
question. Elle sera suivie du sénateur McIntyre.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you very much, Madam
Chair. Welcome, Ms. Lalonde. I very much appreciated your
presentation and I will have a few brief questions.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci beaucoup, madame la
présidente. Madame la directrice, soyez la bienvenue. J’ai
beaucoup apprécié votre présentation et je vais avoir quelques
brèves questions.
Based on your experience, what percentage of international
students stay in Canada after completing their education?
À partir de votre expérience, quel pourcentage des étudiants
internationaux demeurent au Canada après avoir fait leurs
études?
Ms. Lalonde: I would be able to say the exact percentage. It
also depends on the university or college where international
students come to study in Canada. I can tell you, however, that
one of the reasons for many students who come from African
countries — many of our international students come from
African countries — is often so they can perhaps immigrate to
Canada after their studies.
Mme Lalonde : Je ne pourrais pas vous dire exactement le
pourcentage. Cela dépend aussi de l’université ou du collège dans
lequel les étudiants internationaux viennent étudier au Canada. Je
peux vous dire, par contre, que, pour plusieurs étudiants qui
viennent de pays africains — plusieurs de nos étudiants
internationaux viennent de pays africain —, l’une des raisons,
c’est souvent de pouvoir peut-être immigrer au Canada à la fin de
leurs études.
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Langues officielles
6:43
International students are currently permitted to work
20 hours a week in Canada while they are studying. We want to
ensure that these students can get a job in their field and gradually
integrate with the aid of a job if they decide to stay in Canada.
Présentement, les étudiants internationaux peuvent travailler
20 heures par semaine au Canada pendant leurs études. Nous
voulons nous assurer que ces étudiants puissent obtenir un emploi
dans leur domaine et puissent s’intégrer graduellement grâce à un
emploi, s’ils décident de demeurer au Canada.
Senator Fortin-Duplessis: They are entitled to work 20 hours in
their field.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Ils ont le droit de travailler
20 heures dans leur domaine.
What factors encourage international students to stay in
Canada after their studies?
Quels sont les facteurs qui encouragent les étudiants
internationaux à demeurer au Canada après la fin de leurs études?
Ms. Lalonde: That is related somewhat to the services we
would like to be able to put in place. Universities and colleges
currently promote and recruit students to come and study at their
university or college. However, integration is less of an issue. It is
in connection with this aspect that we would like to offer students
certain services so that they know more about immigration
opportunities in Canada and can get training and assistance so
that they can get to know our francophone communities better
and can integrate more easily if they wish.
Mme Lalonde : Voilà un peu les services que nous aimerions
pouvoir mettre en place. Présentement, les universités et les
collèges font de la promotion et le recrutement des étudiants afin
qu’ils viennent étudier dans leur université ou leur collège. Par
contre, la question de l’intégration est moins présente. C’est en
lien avec cet aspect que nous aimerions offrir certains services à
l’étudiant pour qu’il ait une meilleure connaissance des
possibilités d’immigration au Canada, pour qu’il puisse recevoir
une formation et de l’aide pour mieux connaître nos
communautés francophones et pour lui permettre une meilleure
intégration, s’il le désire.
Senator Fortin-Duplessis: Are you seeing a higher retention rate
among immigrants who have previously entered Canada as
students? Is it easier for them than for other immigrants whose
education is complete and who are trying to integrate into
francophone minority communities in Canada?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Constatez-vous une meilleure
rétention des immigrants lorsque ceux-ci arrivent au Canada en
tant qu’étudiant au préalable? Est-ce plus facile pour eux que
pour un autre immigrant, dont les études seraient terminées et qui
essaierait de s’intégrer dans les communautés francophones en
situation minoritaire au Canada?
Ms. Lalonde: The major difference is that international
students receive their training in Canada. That training is like
the training of all Canadians who study at our universities and
colleges. There is no evaluation of credentials that they have
earned in another country, which is often the case of immigrants
who arrive or who want to live in Canada.
Mme Lalonde : La grande différence est que l’étudiant
international reçoit sa formation au Canada. Il s’agit d’une
formation comme celle de tous les Canadiens et de toutes les
Canadiennes qui étudient dans nos universités et nos collèges. Il
n’y a pas d’évaluation des compétences d’un diplôme qu’il aurait
obtenu dans un autre pays, ce qui est souvent le cas des
immigrants qui arrivent ou qui veulent vivre au Canada.
Senator McIntyre: Ms. Lalonde, thank you for being here with
us today.
Le sénateur McIntyre : Madame Lalonde, merci d’être présente
parmi nous aujourd’hui.
In addition to being executive director of two organizations
representing francophone post-secondary institutions, I see you
are also a member of the National Community Table on
francophone Immigration.
En plus d’être directrice générale de deux organismes
représentant les établissements postsecondaires francophones, je
remarque que vous êtes également membre de la Table nationale
de concertation communautaire en immigration francophone.
Ms. Lalonde: Yes.
Mme Lalonde : Oui.
Senator McIntyre: Last week we were privileged to have with
us Mr. Diallo, President of that National Table. Tell us a little
about it. How do you view its role? Is there a connection between
your work as executive director of your two organizations and the
National Table?
Le sénateur McIntyre : La semaine dernière, nous avons eu le
privilège d’avoir parmi nous M. Diallo, président de cette table
nationale. Parlez-nous un peu de cette table. Comment voyezvous son rôle? Existe-t-il un lien entre votre travail en tant que
directrice générale de vos deux organismes et la table nationale?
Ms. Lalonde: Absolutely. I have been part of the National
Table since its inception. I represent one of the two national
organizations at that organization. One of the very important
purposes of the National Table is to work to enable immigrants to
use all our French-language services before they even arrive in
Canada so that they can really integrate into our minority
Mme Lalonde : Absolument. Je participe à la table nationale
depuis sa fondation. Je représente l’un des deux organismes
nationaux à cette table. L’une des raisons d’être très importantes
de cette table nationale, c’est de pouvoir travailler ensemble en
concertation pour permettre aux immigrants, même avant leur
arrivée au Canada, de se prévaloir de tous les services en français
6:44
Official Languages
12-5-2014
communities. To do that, we need the assistance of other
organizations, in addition to the universities and colleges of the
Canadian francophonie. We need to have the Fédération des
communautés francophones et acadienne around the table, as well
as reception services for arriving immigrants. We need the services
of the Regroupement de développement économique du Canada
because we have to work with employers.
pour que ces personnes puissent vraiment s’intégrer dans nos
communautés minoritaires. Pour ce faire, nous avons besoin de
l’aide d’autres organismes, en plus des universités et des collèges
de la francophonie canadienne. Nous avons besoin, autour de la
table, de la Fédération des communautés francophones et
acadienne, de même que des services d’accueil pour les
immigrants qui arrivent. Nous avons besoin des services du
regroupement de développement économique du Canada parce
qu’on doit travailler avec les employeurs.
We are developing a national strategic plan to ensure that
immigrants who come to Canada are really able to integrate
economically, to live with their families in our francophone
communities and to become prominent citizens of those
communities. To do that, we must work together, and the
action plan we are putting in place takes into account all aspects
of immigrant integration right up to employment.
Nous développons un plan stratégique national afin d’assurer
que les immigrants qui viendront au Canada pourront vraiment
s’intégrer économiquement, pourront vivre avec leurs familles
dans nos communautés francophones et pourront devenir des
citoyennes et citoyens importants pour nos communautés. Pour ce
faire, il faut travailler ensemble, et le plan d’action que nous
mettons en place tient compte de tous les aspects de l’intégration
de l’immigrant jusqu’à son emploi.
Senator McIntyre: If I am not mistaken, all those players, the
federal government, provincial governments, municipalities,
employers, educational institutions, universities of the Canadian
francophonie and community organizations, must work together;
that is to say that they must work as a group, not individually, to
facilitate immigrant recruitment, selection, intake, settlement and
retention.
Le sénateur McIntyre : Si j’ai bien compris, tous ces acteurs : le
gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux, les
municipalités, les employeurs, les établissements d’enseignement,
les universités de la francophonie canadienne et les organismes
communautaires doivent travailler ensemble, c’est-à-dire qu’ils
doivent travailler collectivement et non individuellement, dans le
but de faciliter le recrutement, la sélection, l’accueil,
l’établissement et la rétention des immigrants.
Ms. Lalonde: Exactly.
Mme Lalonde : Exactement.
Senator McIntyre: And if I correctly you understood, it is
therefore necessary — and I think you just said so — to establish
a joint national strategy acknowledging immigration as a longterm factor, or rather a factor for the continued existence of the
official language minority communities. Is that correct?
Le sénateur McIntyre : Et si j’ai bien compris, il est donc
nécessaire — et je pense que vous venez de le dire — d’établir une
stratégie nationale concertée reconnaissant l’immigration comme
un facteur à long terme, c’est-à-dire un facteur de pérennité des
communautés de langue officielle en situation minoritaire. Est-ce
exact?
Ms. Lalonde: It is exactly correct. We are individually unable
to put a system in place that would meet immigrants’ needs. Each
of us must use our strengths, the services we offer, and see how we
can provide a continuum of service to enable immigrants to
integrate into our communities. This is essential if we are to
preserve the vitality of our francophone communities. A large
number of anglophone immigrants are currently entering and
settling in Canada, and, if we do not work to ensure francophone
immigration, the number of francophones living in minority
communities will decline in a very short period of time.
Mme Lalonde : C’est exactement cela. Nous ne pouvons pas
individuellement mettre en place un système qui répondrait aux
besoins de l’immigrant. Nous devons chacun prendre nos forces,
les services qu’on offre et voir comment on peut offrir un
continuum de services afin de permettre à l’immigrant de bien
intégrer nos communautés. C’est essentiel pour conserver la
vitalité de nos communautés francophones. Présentement, un
nombre important d’immigrants anglophones entrent et
s’établissent au Canada, et si nous ne travaillons pas à assurer
une immigration francophone, il y aura une baisse du nombre de
francophones en milieu minoritaire en très peu de temps.
Senator Chaput: Ms. Lalonde, you mentioned international
recruitment. You said how good it was for francophone
communities across Canada that students can come and study
at our universities and colleges and, at the same time, work 20
hours a week if they wish. They can integrate into the community
and earn Canadian credentials, and then it is easier for those
students to get a job if they want to stay in Canada. Is that
correct?
La sénatrice Chaput : Madame Lalonde, vous avez parlé du
recrutement international. Vous avez dit comment c’était bon
pour les communautés francophones partout au Canada que les
étudiants puissent venir étudier dans nos universités et collèges et,
en même temps, s’ils le veulent, qu’ils puissent travailler 20 heures
par semaine. Ils peuvent s’intégrer à la communauté, obtenir un
diplôme du Canada et c’est plus facile alors pour ces étudiants
d’obtenir un emploi s’ils désirent rester au Canada. Ai-je bien
compris?
Ms. Lalonde: That is exactly correct.
Mme Lalonde : C’est exactement ça.
12-5-2014
Langues officielles
Senator Chaput: You also discussed language training for
immigrants, training that could be provided by our colleges or
universities in the Canadian francophonie, as well as training for
immigrants to attract them or to enable them to meet the needs of
our employers. Is that correct?
Ms. Lalonde: Exactly.
Senator Chaput: That implies a knowledge of employment
needs. So what would be required is a kind of partnership among
employers, universities and colleges. Is that correct?
Ms. Lalonde: That is exactly correct.
6:45
La sénatrice Chaput : Vous avez aussi parlé d’une formation
linguistique pour les immigrants; une formation qui pourrait se
faire par l’entremise de nos collèges ou de nos universités de la
francophonie canadienne, ainsi qu’une formation pour les
immigrants afin de les rapprocher ou pour leur permettre de
répondre aux besoins de nos employeurs. Est-ce bien cela?
Mme Lalonde : Exactement.
La sénatrice Chaput : Cela implique une connaissance des
besoins en termes d’emploi. Il s’agirait donc d’un genre de
partenariat entre les employeurs, les universités, les collèges; est-ce
bien cela?
Mme Lalonde : C’est exactement ça.
First, I will answer the question on language training. The
colleges and universities currently offer several language training
programs. We have begun to set up an online portal available to
anyone wishing to consult available information on language
training at our colleges and universities. It is important to
continue offering this training, which must be available in all the
provinces. Some provinces currently have greater access to
language training than others.
Je vais premièrement répondre à la question concernant la
formation linguistique. Présentement, les collèges et universités
offrent plusieurs programmes de formation linguistique. Nous
avons commencé à établir un portail disponible en ligne
permettant à toute personne de consulter ce qui est disponible
en ce qui concerne la formation linguistique dans nos collèges et
universités. Il est important de continuer à offrir cette formation
qui doit être disponible dans toutes les provinces; présentement,
certaines provinces ont davantage accès à de la formation
linguistique que d’autres.
Second, there is also training in English. We know that
unilingual francophone immigrants will not find it easy to enter
the labour market because they also have to be able to speak
English. It is important for us to give those immigrants the
opportunity to learn English, but at our colleges and universities,
in an environment in which they can also integrate into our
communities from a cultural standpoint.
Deuxièmement, il y a aussi la formation en anglais. Nous
savons qu’un immigrant unilingue francophone ne pourra pas
facilement s’intégrer au marché du travail puisqu’il doit être
capable de parler l’anglais aussi. Il est important qu’on puisse
donner à cet immigrant la possibilité d’apprendre l’anglais, mais
au sein de nos collèges et universités, dans un milieu où il sera
aussi capable de s’intégrer au niveau culturel dans nos
communautés.
As regards what I call upgrade or remedial training, if there is a
specific need for a trade, such as a need for plumbers or
electricians, and if a student arrives and the employer requesting
that type of skill sees that he lacks knowledge in one area of the
trade, the college could work with the employer to put that person
in a better position to take the employer’s job and to acquire the
needed skills lacking in his or her training.
Concernant la formation que j’appelle de mise à niveau ou
d’appoint, s’il y a un besoin particulier au sein d’un métier, tel
qu’un besoin de plombiers ou d’électriciens, qu’un étudiant arrive
et que l’employeur ayant fait la demande pour ce type de
compétence constate un certain manque de connaissances dans un
domaine du métier, le collège pourrait travailler avec l’employeur
pour permettre à cette personne de mieux intégrer son emploi et
de répondre aux besoins qui manquent à sa formation.
There is another important aspect, in all fields — in health even
more than in the trades, I believe — and that is cultural
differences and the way we have to work with employers to
acquire better knowledge of those cultural differences. We know
there are major opportunities for immigrants who have found a
job, for them to continue holding their job. In 80 per cent of
cases, employers are facing retention problems because there is a
lack of knowledge about cultural adjustment. We have one way of
doing things and they have another. We have to learn to get to
know each other so that we can work more efficiently together.
Il y a un autre aspect important, quel que soit le domaine —
dans le domaine de la santé encore davantage que pour les
métiers, je crois —, et ce sont les différences culturelles et la façon
dont il faut travailler avec l’employeur afin d’avoir une meilleure
connaissance de ces différences culturelles. On sait qu’il y a de
grandes possibilités, pour l’immigrant qui a obtenu un emploi,
qu’il ne puisse continuer à occuper son emploi; dans 80 p. 100 des
cas, les employeurs font face à un problème de rétention parce
qu’il y a un manque de connaissances en ce qui a trait à
l’adaptation culturelle. On a une façon de faire et ils ont une façon
de faire. Il faut apprendre à se connaître pour pouvoir mieux
travailler ensemble.
6:46
Official Languages
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Senator Chaput: Given the cultural differences, do you think
employers feel that this costs more or that immigrants might take
more time to learn because they have a lot more to learn?
La sénatrice Chaput : Étant donné la différence culturelle, estce que, à votre avis, les employeurs jugent que ça coûte plus cher
ou qu’un immigrant pourrait prendre plus de temps à apprendre
parce qu’il a beaucoup plus de choses à apprendre?
Ms. Lalonde: I would not necessarily say it will take them more
time to learn, but they have to be given the tools they need before
entering the labour market. Sometimes that is done while the
individuals are on the job. They can be given evening courses to
improve their knowledge in a field. That depends directly on
labour shortages in the field. If employers see they will have to
turn down contracts because they do not have enough employees
trained in that field, then I believe they will understand why it is
important to make a few more services available to immigrants
because that is the only way they can get skilled labour.
Mme Lalonde : Je ne dirais pas nécessairement que ça va lui
prendre plus de temps à apprendre, mais il faut seulement lui
donner les outils dont il a besoin avant d’intégrer le marché du
travail. Parfois, ça se fait pendant que la personne est au travail.
On peut lui donner des cours, le soir, pour lui permettre
d’augmenter ses connaissances dans un domaine. Cela dépend
directement du manque de main-d’œuvre dans le domaine. Si un
employeur voit qu’il devra refuser des contrats parce qu’il n’a pas
assez d’employés formés dans ce domaine, je pense qu’il verra
alors l’importance de mettre un peu plus de services à la
disponibilité de l’immigrant, parce que c’est sa seule façon
d’avoir une main-d’œuvre qualifiée.
Senator Chaput: Are there any success stories anywhere in
Canada? Or is this merely in the planning and discussion stage?
La sénatrice Chaput : Existe-t-il des histoires à succès au
Canada en quelque part? Ou bien est-ce uniquement à l’étape de
planification et de discussions, présentement?
Ms. Lalonde: I believe there really are some success stories.
None immediately come to mind, but I can tell you that economic
immigration is now a fact.
Mme Lalonde : Je pense qu’il y a vraiment des histoires à
succès. Je n’en ai pas qui me viennent à l’esprit immédiatement,
mais je peux vous dire qu’on parle maintenant d’une immigration
économique.
In certain jobs, it is very easy to say that we are immediately
giving jobs to immigrants arriving in Canada, one or two days
after they get here, but that is not true in all situations. In many
cases, good upgrade or remedial training will be necessary for
those individuals to find jobs. Economic integration is all well and
good, but we have to introduce programs that will support it.
Dans le cas de certains emplois, il est très facile de dire que,
pour l’immigrant qui arrive au Canada, on lui donne tout de suite
un emploi un ou deux jours après son arrivée au Canada. Mais ce
n’est pas le cas de toutes les situations. Dans plusieurs cas, il
faudra une bonne formation de mise à niveau ou une formation
d’appoint pour trouver un emploi à cette personne. L’intégration
économique, c’est très bien; mais il faudra mettre en place des
programmes qui appuieront cette intégration économique.
Senator Rivard: Thank you for coming, Ms. Lalonde. I see here
that your Association des universités de la francophonie
canadienne represents 14 institutions in 7 Canadian provinces.
Quebec naturally does not belong to your association.
Le sénateur Rivard : Merci de votre présence, madame Lalonde.
Je vois ici que votre Association des universités de la francophonie
canadienne regroupe 14 établissements dans sept provinces
canadiennes; naturellement, le Québec ne fait pas partie de votre
association.
Ms. Lalonde: No.
Mme Lalonde : Non.
Senator Rivard: I would like to speak with you about a
problem we learned about last week. An agreement is in place in
Canada to take in as many university students as possible and to
conduct exchanges. The chair of our committee is also chair of the
Canada-France Interparliamentary Association, and it is my
pleasure to be its vice-chair.
Le sénateur Rivard : J’aimerais vous entretenir d’un problème
dont on a pris connaissance la semaine dernière. Une entente est
en place au Canada afin d’accueillir le plus possible d’étudiants
universitaires et de faire des échanges. La présidente du comité est
également présidente de l’Association interparlementaire CanadaFrance et j’ai le plaisir d’en être le vice-président.
We have met some French deputies and senators who are
horrified to see that, for lack of adequate funding, Quebec has
decided not to allow fees to rise in Quebec so that they can
compare with those of other Canadian provinces.
Nous avons rencontré des députés et des sénateurs français qui
sont horrifiés de voir que le Québec a décidé, faute de financement
suffisant, de ne pas permettre que les frais soient à la hausse
au Québec pour pouvoir se comparer avec d’autres provinces
canadiennes.
Universities were lacking additional funding and, in a way,
took their revenge on foreign students, and therefore French
students. Let us draw a comparison. A student who lives in
Donc, les universités étaient en manque de financement
additionnel. Elles se sont vengées un peu sur les étudiants
étrangers, donc les étudiants français. Faisons une comparaison.
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Quebec pays a certain amount and a Canadian student pays
approximately 50 per cent more, but foreign students pay three or
four times more.
Un étudiant qui demeure au Québec paie un montant X et
l’étudiant canadien paie environ 50 p. 100 de plus, mais pour les
étrangers, c’est de l’ordre de trois à quatre fois plus.
In your opinion, when there is a gap between the students of
the other provinces and those of a particular province — let us say
Ontario or Manitoba — what is the policy on foreign, and thus
European, students? Is the amount the same, twice or four times
that amount? Can you answer my question?
Selon vous, dans les autres provinces, lorsqu’il s’agit de l’écart
entre les étudiants d’une province, je vais dire l’Ontario ou le
Manitoba, quelle est la politique concernant les étudiants
étrangers, donc européens? Est-ce du simple au double ou au
quadruple? Pouvez-vous répondre à ma question?
Ms. Lalonde: There are several parts to your question. First,
post-secondary tuition fees have always been much lower in
Quebec than in the other provinces. There are also agreements
between Quebec and France, as a result of which colleges and
universities outside Quebec have always had trouble recruiting
French students because of that difference.
Mme Lalonde : Votre question a plusieurs volets.
Premièrement, en ce qui concerne les frais d’inscription aux
études postsecondaires au Québec, elles ont toujours été beaucoup
plus basses que dans les autres provinces. Il y a aussi des ententes
entre le Québec et la France qui font en sorte que les universités et
les collèges à l’extérieur du Québec ont toujours eu de la difficulté
à recruter des étudiants de la France à cause de cette différence.
Universities outside Quebec would not be able to offer fees as
low as those that Quebec offers French students. That is the first
point. The second point is that it is the responsibility of each
university to set tuition fees for international students.
Anglophone enrolment is often a way to obtain additional
funding for a university’s fees and its proper operation.
Les universités hors Québec ne pourraient pas offrir des frais
aussi bas que ceux qui sont offerts aux Français par le Québec.
C’est le premier point. Le deuxième point, c’est qu’il revient à
chaque université de déterminer les frais d’inscription des
étudiants internationaux. Pour ce qui est des anglophones, c’est
souvent une façon de recevoir un financement additionnel pour
les frais de l’université et pour son bon fonctionnement.
Some universities outside Quebec charge much lower fees than
others. It is really up to each university to determine the amount. I
could not state the percentage because it is an individual matter
for each college and university. There is a major difference
between universities outside Quebec and those in Quebec as
regards France and international students.
Certaines universités hors Québec vont offrir des montants
beaucoup plus bas que d’autres. Il revient vraiment à chaque
université de déterminer le montant. Je ne pourrais pas donner le
pourcentage parce qu’il s’agit d’une question individuelle à
chaque collège et université. Il y a une grosse différence entre
les universités hors Québec et les universités du Québec pour la
France, pour les étudiants internationaux.
Senator Rivard: You said in the first part of your answer that it
is difficult for the universities of the seven provinces to compete
on fees charged to foreign students, particularly French students,
because the cost is lower and not competitive. However, under the
recent decision by Quebec universities, fees will be more than
$10,000. So that means they will be more competitive. The seven
provinces that have francophone or bilingual institutions will be
able to attract more students because I believe Quebec is too
greedy. Since they have not gotten enough money from Quebec
students, the new funding method is like a revenge. They are
charging foreign students more. That will make you competitive.
Le sénateur Rivard : Dans la première partie de votre réponse,
vous mentionnez qu’il est difficile pour les universités des sept
provinces de se faire concurrence en ce qui concerne les frais
facturés aux étrangers, spécialement aux étudiants français parce
que le coût demandé est inférieur et non compétitif. Mais compte
tenu de la nouvelle décision des universités du Québec, les frais
passent au-delà de 10 000 $. Donc, cela signifie que ce sera plus
compétitif. Les sept provinces où il y a des établissements
francophones ou bilingues pourront attirer davantage d’étudiants,
parce que le Québec, selon moi, est trop gourmand. Le nouveau
mode de financement, étant donné qu’ils ne l’ont pas eu des
étudiants québécois, c’est comme une revanche. Ils facturent
davantage aux étrangers. Cela va vous rendre compétitifs.
Ms. Lalonde: That should be the case. We will see how
Quebec’s new premier implements what he promised during his
election campaign and we will see in two or three years whether
that has a significant impact on universities outside Quebec.
Mme Lalonde : Ça devrait être le cas. On verra comment le
nouveau premier ministre du Québec mettra en œuvre ce qu’il
avait promis lors de sa campagne électorale et on verra dans deux
ou trois ans si cela a un impact important pour les universités à
l’extérieur du Québec.
The Chair: Thank you very much, Senator Rivard, for asking
those important questions following our trip to France.
La présidente : Merci beaucoup, sénateur Rivard, d’avoir posé
ces questions importantes à la suite de notre voyage en France.
Senator Charette-Poulin: Ms. Lalonde, I believe you partly
answered my question in responding to my colleague Senator
Chaput. In your first recommendation, you mentioned intake
La sénatrice Charette-Poulin : Madame Lalonde, je pense que
vous avez répondu un peu à ma question en répondant à ma
collègue, la sénatrice Chaput. Dans votre première recommandation,
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Official Languages
structures in community colleges. I would have liked to hear a
description of your perception of the structures needed by
immigrant students at community colleges.
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vous avez parlé des structures d’accueil dans les collèges
communautaires. J’aurais aimé entendre une description de votre
perception des besoins des structures dans les collèges
communautaires pour les étudiants immigrants.
Ms. Lalonde: Students or immigrants?
Mme Lalonde : L’étudiant ou l’immigrant?
Senator Charette-Poulin: Immigrant students.
La sénatrice Charette-Poulin : L’étudiant immigrant.
Ms. Lalonde: Students who decide to come and study in
Canada will often decide while they are training to apply to stay
in Canada. We must ensure that, upon their arrival at the college
or university, they can take part in activities that will assist them
in integrating into the francophone community.
Mme Lalonde : L’étudiant qui décide de venir étudier au
Canada va souvent décider pendant sa formation de faire une
demande pour demeurer au Canada. Nous devons nous assurer
que cette personne, dès son arrivée au collège ou à l’université,
peut participer à des activités qui vont lui permettre une
intégration au sein de la communauté francophone.
We work with the community to enable those students to enjoy
experiences in the francophone communities where they study.
On travaille en collaboration avec la communauté pour
pouvoir permettre à cet étudiant de vivre des expériences avec
nos communautés francophones à l’endroit où il fait ses études.
If students decide to work 20 hours a week in the labour
market, we have to be able to work with them — and this does not
happen automatically — to try to find them a job related to their
training, not just a job that is completely outside their field of
study. We would like them to be able to integrate much more
easily once they have completed their training.
Si l’étudiant décide d’aller sur le marché du travail 20 heures
par semaine, il faut pouvoir — et cela ne se fait pas
automatiquement — travailler avec lui pour essayer de lui
trouver un emploi en lien avec sa formation et pas seulement un
emploi qui est complètement à l’extérieur de son domaine d’étude.
On voudrait qu’il puisse s’intégrer beaucoup plus facilement
lorsqu’il aura terminé sa formation.
These individuals could also be twinned with other people who
work in the same jobs as they do, if work terms are part of their
training, which could help them integrate more easily. These are
all kinds of services that could facilitate integration following
their training.
Aussi, cette personne pourrait être jumelée avec d’autres
personnes qui travaillent dans les mêmes emplois qu’elle si, dans
sa formation, il doit y avoir des stages, ce qui pourrait lui
permettre d’encore mieux s’intégrer. Ce sont toutes sortes de
services qui pourraient faciliter l’intégration après sa formation.
Senator Charette-Poulin: Ms. Lalonde, since funding of our
colleges is a provincial jurisdiction in Canada, do you think any
additional federal funding can be provided for this kind of
reinforcement?
La sénatrice Charette-Poulin : Étant donné, madame Lalonde,
que le financement de nos collèges est de juridiction provinciale au
Canada, voyez-vous un financement additionnel fédéral pour ce
genre de renforcement?
Ms. Lalonde: Yes, because we believe that Immigration
Canada, which is responsible for immigration to our
francophone minority communities, understands the importance
of international students as a source of immigration for our
communities.
Mme Lalonde : Oui, parce que nous croyons qu’Immigration
Canada, qui a la responsabilité de l’immigration dans nos
communautés francophones minoritaires, voit l’importance des
étudiants internationaux comme source d’immigration pour nos
communautés.
It is very important for them to be able to support our
universities and colleges in this regard, not in recruitment and
promotion, because that is the role of our universities.
Immigration Canada has a role to play for the Canadian
francophonie in promoting the integration of international
students wishing to stay in Canada.
Pour eux, il est très important qu’ils puissent appuyer nos
universités et nos collèges dans cet aspect; non dans le recrutement
et la promotion, parce que c’est le rôle de nos universités. Il y a un
rôle à jouer pour la francophonie par Immigration Canada pour
l’intégration des étudiants internationaux qui désirent demeurer
au Canada.
Senator Charette-Poulin: Still in the same vein, Ms. Lalonde, I
am thinking of Collège Boréal, for example, in northern Ontario.
If memory serves me, a very large percentage of students find jobs
after completing their studies. It seems to me that it is between—
La sénatrice Charette-Poulin : Toujours dans la même veine,
madame Lalonde, je pense au Collège Boréal, par exemple, dans
le Nord de l’Ontario. Si ma mémoire m’est fidèle, le pourcentage
d’étudiants qui se trouvent un emploi après leurs études est très
élevé. Il me semble que c’est entre...
Ms. Lalonde: At least 98 per cent.
Senator Charette-Poulin: Approximately 98 per cent. That is a
college that operates very well. They already have programs at the
college itself. Is it reasonable to say that that is an integrated
Mme Lalonde : Au moins 98 p. 100.
La sénatrice Charette-Poulin : Environ 98 p. 100. C’est un
collège qui fonctionne vraiment bien. Ils ont déjà des programmes
au collège même. Est-il raisonnable de penser que ce serait un
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Langues officielles
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program, that immigrant students do not feel isolated but instead
are involved in programs to promote relations with employers,
integration into the francophone community and part-time work,
programs that are really in effect while they are studying or on
work terms during their studies? Would it be feasible to suggest in
your recommendations to the federal government, even though
this would be funding from the Department of Immigration, that
it be possible and acceptable to the department that funding be
allocated to an integrated program?
programme intégré, que l’étudiant immigrant ne se sente pas à
part, mais qu’il fasse partie des programmes de relations avec les
employeurs, d’intégration dans la communauté francophone, de
travail à temps partiel qui existent déjà pendant les études ou de
stages pendant les études? Est-ce que ce serait faisable dans vos
recommandations au gouvernement fédéral, que même s’il s’agit
d’un financement provenant du ministère de l’Immigration, que
ce soit possible et acceptable aux yeux du ministère que le
financement soit consacré à un programme intégré?
Ms. Lalonde: Absolutely. We are talking about being able to
use what we already have in our colleges and about increasing
services intended for that specific clientele.
Mme Lalonde : Absolument. On parle de pouvoir utiliser ce
qui existe présentement dans nos collèges et d’augmenter les
services destinés à cette clientèle spécifique.
Services are already in place for our clientele, for students from
northern Ontario, at Collège Boréal, whose international students
could benefit. Some specific services should also be established to
meet their needs because their needs are different from those of
francophone students.
Des services existent déjà pour notre clientèle, par exemple
pour les jeunes du Nord de l’Ontario, au Collège Boréal, dont les
étudiants internationaux pourraient bénéficier. Certains services
spécifiques doivent aussi être établis pour répondre à leurs
besoins, car leurs besoins sont différents de ceux des étudiants
francophones.
Senator Mockler: You explained it clearly, and your experience
precedes you, Ms. Lalonde. The challenge for our communities is
to try to retain and integrate people in our communities. One
example of integration would be to create a community of interest
among immigrant students so that they can stay in the region. The
major challenge, particularly for the small provinces, is really the
aging of the population.
Le sénateur Mockler : Vous l’avez bien expliqué, et votre
expérience vous précède, madame Lalonde. Le défi pour nos
communautés est d’essayer de retenir les gens dans nos milieux et
de les intégrer. Un exemple d’intégration serait de créer une
communauté d’intérêts des étudiants immigrants pour qu’ils
puissent rester dans la région. Le grand défi, surtout pour les
petites provinces, est vraisemblablement le vieillissement de la
population.
Ms. Lalonde: Absolutely.
Mme Lalonde : Absolument.
Senator Mockler: Students and parents do not stay in those
small provinces that they come from. Instead they go to
Montreal, Winnipeg, Calgary and other places.
Le sénateur Mockler : Les étudiants et les parents ne restent pas
dans ces petites provinces dont ils sont originaires. Ils se dirigent
plutôt vers Montréal, Winnipeg, Calgary et d’autres endroits.
Do foreign students come here mainly to train in economics or
social science?
Les étudiants étrangers viennent-ils chez nous surtout pour
suivre une formation en économie ou en sciences sociales?
Ms. Lalonde: It is often those two fields that attract them. The
training they receive in Canada is very well perceived
internationally. For those who decide to return to their
countries, this training affords them excellent job opportunities.
Mme Lalonde : Ce sont souvent ces deux domaines qui les
attirent. La formation qu’ils reçoivent au Canada est très bien
perçue à l’étranger. Dans le cas de ceux qui décident de retourner
dans leur pays, cette formation leur ouvre d’excellentes
possibilités d’emploi.
On the other hand, it is important that we help those who
decide to stay with us to get to know our communities. I am not
prepared to say that all international students are aware of the
reality of our minority communities and what we have
experienced since Confederation. These people need to get to
know us better so they can understand how important it is to
continue working with us and to improve minority communities’
capabilities. They have no notion of that when they arrive.
D’un autre côté, dans le cas de ceux qui décident de demeurer
avec nous, il est important de leur faire connaître nos
communautés. Je ne suis pas prête à dire que tous les étudiants
internationaux connaissent la réalité de nos communautés
minoritaires et le vécu que l’on a depuis le début de la
Confédération. Ces gens ont besoin de mieux connaître qui
nous sommes pour comprendre l’importance de continuer à
travailler avec nous et d’améliorer les capacités des communautés
minoritaires. Ils n’ont pas cette notion dès leur arrivée.
Senator Mockler: What must be done if we want to promote
retention and integration? The Consortium national de formation
en santé plays an important role. I recently saw the face of the
Université de Moncton with the arrival of its new president, who
Le sénateur Mockler : Si on veut favoriser la rétention et
l’intégration, que faut-il faire? Le Consortium national de
formation en santé joue un rôle important. Dernièrement, je
regardais le visage de l’Université de Moncton avec l’arrivée du
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Official Languages
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is a native of Saint-Boniface. I am told that more new students
seem to be going into economics and social science disciplines,
although a number of students opt for the health sector.
nouveau recteur, qui est originaire de Saint-Boniface. On me dit
que les nouveaux étudiants semblent se diriger davantage vers les
disciplines de l’économie et des sciences sociales. Par contre, un
certain nombre d’étudiants optent pour le secteur de la santé.
However, we know that the two founding peoples will be in the
minority in Canada by 2040 or 2050. Canada is a very welcoming
immigration country, and I support it in that respect. However,
certain warnings are in order.
Or, nous savons que, d’ici 2040 ou 2050, les deux peuples
fondateurs seront en minorité au Canada. Le Canada est un pays
très accueillant sur le plan de l’immigration, et je l’appuie en ce
sens. Toutefois, il faut faire certaines mises en garde.
Do you think that, if we want to promote retention, we should
require citizenship applicants 14 to 18 and 55 to 64 years of age to
have adequate knowledge of one of the official languages? Our
communities of interest should consider this issue if we want an
equitable linguistic presence in our communities, particularly in
the small provinces.
Croyez-vous que l’on devrait exiger des demandeurs de
citoyenneté, âgés de 14 à 18 ans et de 55 à 64 ans, d’avoir une
connaissance suffisante de l’une des deux langues officielles si on
veut favoriser la rétention? Nos communautés d’intérêts devraient
se pencher sur cette question si l’on veut une présence linguistique
équitable dans nos communautés, surtout dans les petites
provinces.
Ms. Lalonde: You are entirely right. The new economic
immigration act establishes certain criteria and a points system
for each of those criteria to determine who should be entitled to
immigrate to Canada. One of those criteria is language. The
individual must speak English or French. That is a very good
thing because reference is made to French in this new act, which is
currently in force.
Mme Lalonde : Vous avez tout à fait raison. Dans la nouvelle
loi sur l’immigration économique, on a établi certains critères et
un système de pointage pour chacun de ces critères afin de
déterminer qui devrait avoir le droit d’immigrer au Canada. L’un
de ces critères est la langue. La personne doit parler l’anglais ou le
français. C’est une très bonne chose, parce qu’on parle du français
dans cette nouvelle loi qui est en vigueur à ce moment-ci.
The important thing is to see whether our francophone
immigrants can work in a bilingual environment and are able to
speak English. That is why we think we have to offer them
language training in English as well. It will make them more
employable.
L’important est de voir comment nos immigrants francophones
pourront travailler dans un environnement bilingue et pourront
avoir aussi la capacité de parler l’anglais. C’est pourquoi nous
croyons qu’il est nécessaire de leur offrir de la formation
linguistique en anglais aussi. Ceci fera en sorte qu’ils seront
davantage employables.
We were also talking about a strategic plan for francophone
communities. A lot of energy will be needed to ensure that
francophone communities can attract the necessary number of
immigrants to maintain the percentage of francophones outside
Quebec. We will have to work with employers to show them the
value that a bilingual labour force adds. It is the employers who
will have to hire these new immigrants. We must work closely
with all employers and show them the value that a bilingual
labour force adds for Canada and for their business.
On parlait aussi d’un plan stratégique pour les communautés
francophones. Il faudra mettre beaucoup d’énergie pour s’assurer
que les communautés francophones puissent attirer le nombre
d’immigrants nécessaires pour maintenir le pourcentage de
francophones à l’extérieur du Québec. Il va falloir travailler
avec les employeurs pour leur démontrer la valeur ajoutée d’une
main-d’œuvre bilingue. C’est l’employeur qui devra embaucher
ces nouveaux immigrants. Il faut travailler de près avec tous les
employeurs et leur faire valoir la valeur ajoutée de la maind’œuvre bilingue pour le Canada et pour leur entreprise.
Senator Mockler: We remember that Yvon Fontaine, former
president of the Université de Moncton, was also president and
executive director of the francophone universities of the
Organisation internationale de la Francophonie, a position he
held for some time.
Le sénateur Mockler : On se souvient que le recteur précédent
de l’Université de Moncton, M. Yvon Fontaine, était devenu
président-directeur général des universités francophones de
l’Organisation internationale de la Francophonie, poste qu’il a
occupé pendant un certain temps.
Ms. Lalonde: Yes.
Mme Lalonde : Oui.
Senator Mockler: My question concerns Mr. Fontaine’s
presence. I often say that, in our communities, if we want to
influence those on the outside, we have to have our own people
on the outside promoting our communities socially and
economically.
Le sénateur Mockler : Ma question concerne la présence de
M. Fontaine. Je dis souvent que, dans nos communautés, si nous
voulons influencer ceux de l’extérieur, il faut avoir des gens de
chez nous qui sont à l’extérieur et qui font la promotion de nos
communautés, tant du côté social qu’économique.
Has Mr. Fontaine’s presence encouraged more foreign
students to attend our universities?
La présence de M. Fontaine a-t-elle encouragé davantage
d’étudiants étrangers à venir fréquenter nos universités?
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Ms. Lalonde: Mr. Fontaine was president of the Agence
universitaire de la Francophonie for at least four years. His
presence helped make our francophone minority communities
known around the francophone world.
Mme Lalonde : M. Fontaine a été président de l’Agence
universitaire de la Francophonie pendant au moins quatre ans.
Sa présence a permis de faire connaître nos communautés
francophones minoritaires un peu partout dans le monde de la
Francophonie.
Our communities must show leadership in order to make
themselves known internationally. What we are also doing at the
Association des universités de la francophonie canadienne is
representing our universities internationally — and our colleges in
the next six to eight months — so that people know they offer
high-quality programs and that we are working together to make
it possible for international students to come here. That fact is not
known everywhere or by all universities. Quebec occupies an
important place in many countries of the Francophonie. We must
always work to make ourselves better known.
Il faut que nos communautés fassent preuve de leadership pour
se faire connaître à l’étranger. Ce que nous faisons aussi à
l’Association des universités de la francophonie canadienne, c’est
représenter à l’étranger nos universités — et nos collèges, d’ici six
à huit mois — pour qu’on sache qu’ils offrent des programmes de
qualité et que nous travaillons ensemble pour permettre aux
étudiants internationaux de venir ici. Ce fait n’est pas connu
partout ni de toutes les universités. Le Québec, dans plusieurs
pays de la Francophonie, occupe tout de même une place
importante. Nous devons toujours travailler pour mieux se faire
connaître.
So my answer is, yes, that was a very good thing.
Ma réponse est donc que, oui, ce fut une très bonne chose.
The Chair: Ms. Lalonde, with your permission, I would like to
ask some questions that are not in the same vein as those of
Senator Mockler concerning a comment that you made during
your presentation.
La présidente : Madame Lalonde, si vous le permettez,
j’aimerais poser des questions qui sont dans la même veine que
celles du sénateur Mockler concernant un commentaire que vous
avez fait lors de votre présentation.
You said it was difficult to determine the impact of the recent
changes to the immigration system on employers and postsecondary institutions. Do you believe those changes add more
requirements for employers or post-secondary institutions? I
believe I heard your answer as you responded to other senators,
but I would nevertheless like to hear you clarify that point once
again to determine what you meant by that.
Vous avez indiqué qu’il était difficile de connaître les
répercussions des derniers changements au système d’immigration
sur les employeurs et sur les institutions postsecondaires. Croyezvous que cela ajoute davantage d’exigences aux employeurs ou aux
établissements postsecondaires? Je crois avoir entendu votre
réponse lorsque vous avez répondu à d’autres sénateurs, mais
j’aimerais quand même vous entendre clarifier encore une fois ce
point, à savoir ce que vous entendez par cela.
Ms. Lalonde: What is very clear in the new act is the
importance of a form of immigration based on our economy.
This is economic immigration. When we say economic
immigration, we are talking about the importance of an
immigrant in relation to an employer’s need for a specific type
of labour. A very important role is assigned to post-secondary
education as a result of this new act and of this new form of
immigration that will be coming to Canada. In many cases,
people cannot simply leave their countries and come and take up
a job without undergoing remedial training and without cultural
integration and adaptation courses for the employer. That is
definitely a major change.
Mme Lalonde : Ce qui est très important dans la nouvelle loi,
c’est l’importance d’une immigration axée sur notre économie. Il
s’agit d’une immigration économique. Lorsqu’on parle d’une
immigration économique, on parle de l’importance d’un
immigrant relativement au besoin d’une main-d’œuvre précise
pour un employeur. Il y a un rôle très important accordé à
l’éducation postsecondaire dans le cadre de cette nouvelle loi et de
cette nouvelle immigration qui viendra au Canada. Dans plusieurs
cas, la personne ne peut pas simplement partir de son pays et venir
intégrer un emploi sans recevoir aucune formation d’appoint et
sans qu’il y ait de cours d’intégration et d’adaptation culturelles
pour l’employeur. C’est certainement un changement important.
The other major change concerns the employer. How can we
ensure that an employer in Alberta, Manitoba or Saskatchewan
can find a person who is able to speak French? Will it be
important for employers that immigrants are able to speak
French? This work represents a challenge, and we will have to
work very hard to maintain the number of immigrants.
L’autre changement important concerne l’employeur.
Comment s’assurer qu’un employeur en Alberta, au Manitoba
ou en Saskatchewan puisse rechercher une personne ayant la
capacité de parler le français? Est-ce que ce sera important pour
l’employeur que l’immigrant puisse parler le français? Ce travail
représente un défi et nous devrons travailler très fort pour
maintenir le nombre d’immigrants.
There is a positive aspect, however. Together with the
Community Table on Immigration and the Immigration and
Citizenship Canada committee, a strategic plan will be put in
place under which we will be able to work together toward the
ultimate goal of achieving a rate of 4.4 per cent francophone
Il y a toutefois un aspect positif; de concert avec le comité
communautaire en immigration et le comité d’Immigration et de
Citoyenneté Canada, un plan stratégique sera mis en place et nous
permettra de travailler ensemble vers le but ultime : obtenir un
taux de 4,4 p. 100 d’immigration francophone dans les
6:52
Official Languages
12-5-2014
immigration over the next few years. A lot of work remains to be
done, and support will be needed at every level in order to get
there. We can develop programs to assist immigrants before they
arrive in their host country to assess their skills from a training
standpoint. We can offer immigrants upgrade training before they
arrive. We can provide them with information on our
francophone communities since we can now deliver information
through the portals so that they can get to know our
communities. However, all this work will have to be supported
by the federal government so that we can achieve our objective.
prochaines années. Un gros travail reste à faire et il faudra
bénéficier d’un appui à tous les niveaux afin d’y arriver. On peut
élaborer des programmes avant l’arrivée de l’immigrant, dans son
pays d’accueil, pour évaluer ses compétences au niveau de sa
formation. On peut offrir de la formation de mise à niveau à
l’immigrant avant son arrivée. On peut lui offrir de l’information
sur nos communautés francophones puisqu’on peut maintenant
développer de l’information sur les portails afin qu’ils connaissent
nos communautés. Toutefois, tout ce travail devra bénéficier de
l’appui du gouvernement fédéral afin que nous puissions réussir à
atteindre notre objectif.
The Chair: Do you think that international student recruitment
is changing direction? I was previously involved in international
student recruitment. Students were often recruited because it
could enrich the community or because students came to Canada
to experience life in another country for a year for their personal
enrichment. Now, if I am correct, when universities or colleges
recruit internationally, they do so to retain students as
immigrants?
La présidente : Selon vous, le recrutement des étudiants
internationaux change-t-il d’orientation? J’ai déjà été impliquée
dans le recrutement d’étudiants internationaux. Ils étaient souvent
recherchés parce que cela pouvait enrichir le milieu ou bien parce
que les étudiants venaient au Canada pour vivre une expérience
pendant une année dans un autre pays afin de s’enrichir sur le
plan personnel. Maintenant, si je comprends bien, lorsque les
universités ou les collèges font du recrutement international, c’est
dans le but de les retenir en tant qu’immigrants?
Ms. Lalonde: Not necessarily. Universities and colleges
currently recruit in order to enable international students to
study in Canada, to complete one-year internships or to complete
their entire training in French in order to permit research
exchanges as has always been done.
Mme Lalonde : Pas nécessairement. Actuellement, les
universités et les collèges procèdent à du recrutement pour
permettre aux étudiants internationaux d’étudier au Canada, de
compléter des stages d’un an ou de compléter toute leur formation
en français, pour permettre des échanges dans le cadre de la
recherche, comme cela s’est toujours fait.
A lot more international students are being admitted to our
universities. We already know that many of them have previously
decided to stay in Canada. We know they are a source of
immigration. Consequently, universities and colleges could
provide support by offering integration services to these people
who want to stay in Canada. That is not currently the case.
Consequently, this does not alter the vision of international
studies, but, for our francophone minority communities and those
who so wish, we could offer services that would help achieve a
higher degree of integration.
Par ailleurs, on augmente beaucoup le nombre d’étudiants
internationaux dans nos universités. On sait déjà que plusieurs
d’entre eux, par le passé, ont décidé de demeurer au Canada. On
sait qu’il s’agit d’une source d’immigration. Ainsi, les universités
et les collèges pourraient agir à titre d’appui en offrant des
services d’intégration à ces gens qui veulent demeurer au Canada.
Ce n’est présentement pas le cas. On ne change donc pas la vision
des études internationales, mais on pourrait, pour nos
communautés francophones en situation minoritaire et pour
ceux qui le désirent, offrir des services qui permettraient une
meilleure intégration.
The Chair: Thank you for answering those questions,
Ms. Lalonde. Now I will move on to the second round and give
the floor to Senator Fortin-Duplessis, who will be followed by
Senator Chaput.
La présidente : Merci d’avoir répondu à ces questions, madame
Lalonde. Je passe au deuxième tour et donne la parole à la
sénatrice Fortin-Duplessis, qui sera suivie de la sénatrice Chaput.
Senator Fortin-Duplessis: Ms. Lalonde, in view of the
upcoming implementation of the expression of interest system,
do you believe that more international students will make use of
that system to immigrate to Canada?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Madame Lalonde, compte tenu
de la mise en œuvre prochaine du système de déclaration d’intérêt,
croyez-vous que davantage d’étudiants internationaux se
prévaudront de ce système pour immigrer au Canada?
Ms. Lalonde: We hope this system can contribute to
francophone immigration. However, the system must meet
needs, and it is not yet in place. We are already reviewing
certain recommendations to ensure they are consistent with the
needs of francophone communities. The criterion of 20 hours of
work per week in Canada is part of the points system designed to
improve immigrants’ ability to make the list. We hope that, as a
result of the government’s efforts and this expression of interest,
Mme Lalonde : On espère que ce système pourra contribuer à
l’immigration francophone. Par contre, il faudra que le système
réponde aux besoins, et il n’est pas encore en place. Nous
travaillons déjà à l’étude de certaines recommandations pour nous
assurer qu’elles sont adaptées aux besoins des communautés
francophones. Le critère des 20 heures de travail par semaine au
Canada fait partie des points admissibles visant à améliorer les
capacités des immigrants à se retrouver sur cette liste. On espère
12-5-2014
Langues officielles
6:53
more international students will want to immigrate. However,
employers will have to understand the importance of international
students in relation to this expression of interest because they are
the ones who will choose the people they need for their labour
force from this immigrant database.
que, grâce au gouvernement et à cette déclaration d’intérêt, plus
d’étudiants internationaux souhaiteront immigrer. Il faudra
toutefois que les employeurs établissent l’importance des
étudiants internationaux par rapport à cette déclaration
d’intérêt parce que ce sont eux qui choisiront, dans cette
banque d’immigrants, les personnes dont ils auront besoin pour
leur main-d’œuvre.
Senator Fortin-Duplessis: Do the member educational
institutions of your association intend to promote this
expression of interest system to encourage international students
to stay in Canada?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Les établissements
d’enseignement membres de votre association ont-ils l’intention
de faire la promotion de ce système de déclaration d’intérêt pour
encourager les étudiants internationaux à demeurer au Canada?
Ms. Lalonde: Universities and colleges have no legal right to
give international students a lot of information on their
immigration opportunities. That is why we are requesting
government funding in order to hire immigration consultants.
International students could be offered a 1-800 line that would
give them access to an immigration consultant who would inform
them on these matters, including the expression of interest system.
Mme Lalonde : Les universités et les collèges n’ont pas
légalement le droit de donner beaucoup d’information aux
étudiants internationaux sur leurs possibilités d’immigration.
C’est pour cette raison que nous demandons du financement au
gouvernement afin d’embaucher des consultants en immigration.
Les étudiants internationaux pourraient avoir accès à une ligne
téléphonique 1-800 à l’aide de laquelle ils pourraient avoir accès à
un consultant en immigration qui les informerait sur toutes ces
questions, y compris la déclaration d’intérêt.
Senator Chaput: Generally speaking, international students
who earn their credentials in Canada are proficient in both official
languages, are they not? They generally have good knowledge of
English and French.
La sénatrice Chaput : En général, les étudiants internationaux
qui obtiennent leur diplôme au Canada maîtrisent les deux
langues officielles, n’est-ce pas? En général, ils détiennent alors
une bonne connaissance du français et de l’anglais.
Ms. Lalonde: Not automatically.
Mme Lalonde : Pas automatiquement.
Senator Chaput: No, but do they have more knowledge than
someone who arrives in Canada and does not speak either official
language?
La sénatrice Chaput : Non, mais est-ce davantage que
quelqu’un qui arrive au Canada et qui ne parle que l’une des
deux langues officielles?
Ms. Lalonde: I would say so. For example, a number of
international students who arrive at the Université de SaintBoniface in Manitoba do their training in French but also take
English courses. If their training takes two or three years, they will
then have the time to acquire second-language skills.
Mme Lalonde : Je dirais que oui. Par exemple, à l’Université de
Saint-Boniface au Manitoba, plusieurs des étudiants
internationaux qui arrivent à l’université font leur formation en
français, mais vont aussi suivre des cours d’anglais. Si leur
formation est d’une durée de deux ou de trois ans, ils ont alors le
temps d’acquérir des habiletés dans la deuxième langue.
Senator Chaput: I ask that question because I am trying to put
myself in an employer’s shoes. For example, take Manitoba, an
anglophone majority province. There are economic needs and a
range of immigrant students looking for work, as well as
immigrants who are also arriving and looking for work.
La sénatrice Chaput : Je pose cette question parce que j’essaie
de me mettre dans la peau d’un employeur. Je prends pour
exemple le Manitoba, province majoritairement anglophone. Au
niveau économique, il y a des besoins; et là, il y a une panoplie
d’étudiants immigrants qui se cherchent du travail, ainsi que des
immigrants qui, eux aussi, arrivent et cherchent du travail.
If I am not mistaken, the act will require immigrants to speak
one of the official languages.
La loi, si j’ai bien compris, va demander que l’immigrant puisse
parler l’une ou l’autre des deux langues officielles.
Ms. Lalonde: Yes.
Senator Chaput: So some immigrants arrive in Manitoba and
only speak French. An employer will generally find it hard to hire
immigrants who do not speak English, even if we want to
encourage the employer and promote this, because they are
mainly anglophones. However, university students who are
completing their studies at the Université de Saint-Boniface and
who are able to communicate very well in one language and fairly
Mme Lalonde : Oui.
La sénatrice Chaput : Alors, au Manitoba, certains immigrants
arrivent et ne parlent que le français. L’employeur aura de la
difficulté en général à embaucher un immigrant qui ne parle pas
anglais, même si on veut l’encourager et qu’on en fait la
promotion, parce que ce sont surtout des anglophones. Par
ailleurs, si je prends les étudiants universitaires qui terminent leurs
études à l’Université de Saint-Boniface et qui sont capables de
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Official Languages
12-5-2014
well in the other would stand a better chance of meeting the
employer’s needs if the knowledge they have acquired matched
the employer’s needs.
communiquer très bien dans une langue et assez bien dans l’autre,
ils auraient une meilleure chance de répondre aux besoins de
l’employeur, si les connaissances qu’ils ont acquises peuvent être
jumelées avec les besoins de l’employeur.
Ms. Lalonde: You are absolutely right. In the case of
francophone immigrants who live in Africa or Morocco and
would like come to Canada, it would be important to see how
they could learn English as a second language before arriving in
the country, if they want to be employable when they arrive in
Canada.
Mme Lalonde : Vous avez absolument raison. Dans le cas de
l’immigrant francophone qui vit en Afrique ou au Maroc et qui
voudrait venir au Canada, il serait important de voir comment il
pourrait apprendre l’anglais, comme deuxième langue, avant son
arrivée au pays, s’il veut pouvoir être employable à son arrivée au
Canada.
How can we inform them and offer them job opportunities?
The employer will want someone who can speak both languages
for his clientele.
Comment pourra-t-on l’informer et lui offrir les possibilités
pour qu’il puisse se trouver un emploi? L’employeur voudra une
personne qui peut parler les deux langues pour sa clientèle.
Senator Chaput: Yes, in general.
La sénatrice Chaput : En général, oui.
Ms. Lalonde: The important thing will be to promote this
matter of English so that they can work in bilingual settings.
Mme Lalonde : L’important, ce sera de faire valoir cette
question de l’anglais pour pouvoir travailler dans des milieux
bilingues.
Senator Chaput: At the outset, you discussed a report that was
published, and you mentioned one of the two authors,
Mr. Bisson, I believe.
La sénatrice Chaput : Vous avez parlé au tout début d’un
rapport qui a été publié et vous avez mentionné l’un des deux
auteurs, M. Bisson, je crois.
Ms. Lalonde: Yes.
Senator Chaput: That was with regard to the impact of the
future immigration act.
Ms. Lalonde: Yes.
Senator Chaput: I presume that means the impact on the
official language minority communities.
Ms. Lalonde: Absolutely.
Mme Lalonde : Oui.
La sénatrice Chaput : C’était sur les répercussions de la future
Loi sur l’immigration.
Mme Lalonde : Oui.
La sénatrice Chaput : Je présume que ce sont les répercussions
sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Mme Lalonde : Absolument.
Senator Chaput: The impact referred to in that report must
include both positive and negative aspects. Are there any aspects
addressed in this report that you did not mention or that the
committee should know about? We have to prepare a report too.
La sénatrice Chaput : Dans ce rapport, pour ce qui est des
répercussions, il doit y avoir du positif et du négatif. Est-ce qu’il y
a des aspects qui sont traités dans ce rapport que vous n’avez pas
mentionnés et qu’il serait bon que le comité sache? Nous devrons
faire un rapport nous aussi.
Ms. Lalonde: I would be pleased to send you the report because
it could be of use to you in your consultations. It clearly describes
the new act, its positive effects and the challenges it represents for
the francophone community.
Mme Lalonde : Il me ferait plaisir de vous transmettre ce
rapport, car il pourrait vous être utile pour vos consultations. On
décrit très clairement la nouvelle loi, ses effets positifs et ses défis
pour la communauté francophone.
The Chair: I believe we have it, and Mr. Brennan presented the
report.
La présidente : Je crois que nous l’avons. D’ailleurs,
M. Brennan a présenté le rapport.
Ms. Lalonde: It is the same report.
Mme Lalonde : C’est le même rapport.
Senator Chaput: Is it the same report?
La sénatrice Chaput : C’est le même rapport?
Ms. Lalonde: Yes.
Senator Mockler: I briefly want to go back to integration
because that is the major challenge for retention in our
community. We used to have the RIC, the Rural Immigration
Centre. That was a pilot project that took shape in Prince Edward
Island, New Brunswick and Manitoba. It expanded within the
department. I believe there are factors that people have forgotten
Mme Lalonde : Oui.
Le sénateur Mockler : Je veux revenir un peu sur l’intégration
parce que c’est le grand défi lié à la rétention dans notre
communauté. Autrefois, on avait le CIR, le Centre d’immigration
rurale. C’était un projet pilote qui avait pris forme à l’Île-duPrince-Édouard, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba. Ça a
pris de l’expansion à l’intérieur du ministère. Je crois qu’il y a des
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Langues officielles
6:55
to mention and share with international students, to tell them
more, for example, about agriculture, forestry, mining and
fisheries, where there are opportunities.
facteurs qu’on oublie de dire et de partager avec les étudiants
internationaux. Entre autres, leur faire connaître davantage
l’agriculture, la foresterie, le domaine minier et des pêches, où il
y a des débouchés.
Are the universities of the Canadian francophonie inclusive
enough to inform international students about fields where
compensation is very high, particularly compared with other
countries?
Les universités de la francophonie canadienne sont-elles
suffisamment inclusives pour informer les étudiants
internationaux sur des domaines où la rémunération est très
élevée, surtout si on compare avec la scène internationale?
Based on your experience, what more can we do to make these
sectors stand out enough to convince international students to
come here and stay in the rural regions?
D’après votre expérience, que pouvons-nous faire de plus pour
que ces secteurs soient aussi à l’avant-garde pour convaincre ces
étudiants internationaux de venir chez nous et de demeurer dans
les régions rurales?
If we look at agriculture in Eastern Canada — and in Western
Canada — the immigrants who tend to stay here are Dutch. The
others go elsewhere.
Si on examine l’agriculture dans l’Est du pays — et on le voit
aussi dans l’Ouest canadien — les immigrants qui ont tendance à
demeurer chez nous sont les Hollandais. Les autres s’en vont
ailleurs.
Ms. Lalonde: When the universities in the Atlantic region
recruit and promote their universities, they probably give those
details to the universities and students with which they deal in the
francophone countries.
Mme Lalonde : Probablement que, lorsque les universités de la
région de l’Atlantique font du recrutement et la promotion de
leurs universités, elles font part de ces particularités aux
universités et aux étudiants avec lesquels elles font affaire dans
les pays francophones.
For example, there are recruitment missions across Africa and
in all francophone countries. These are surely points that are
raised when students are recruited.
Par exemple, il y a des missions de recrutement partout en
Afrique et dans tous les pays de la Francophonie. Ce sont
sûrement des points qui sont soulevés lors du recrutement des
étudiants.
Economics is the field of many students who come and study
in our communities. Consequently, many come and study
administration. It is really a field that attracts international
students.
L’économie est le domaine d’étude de plusieurs étudiants qui
viennent étudier dans nos communautés. Donc, beaucoup
viennent étudier en administration. C’est vraiment un domaine
qui attire les étudiants internationaux.
It seems important to establish relations with certain countries
and universities for which agriculture is an important field. Last
June, we went to Brazil and subsequently had teleconferences and
signed accords and agreements with Brazilian universities. The
Université de Moncton signed an agreement with them. Some
of those universities were very much involved in forestry and
agriculture.
Il serait important d’établir des relations avec certains pays et
certaines universités pour lesquels le domaine de l’agriculture est
important. En juin dernier, nous sommes allés au Brésil et nous
avons par la suite fait des conférences téléphoniques et signé des
accords et des ententes avec certaines universités brésiliennes.
L’Université de Moncton a signé une entente avec elles. Certaines
de ces universités étaient très impliquées dans les domaines de la
foresterie et de l’agriculture.
I cannot offer any more of an answer to your question, but that
is how we can express our needs as easily as possible.
Je ne peux pas répondre davantage à votre question, mais c’est
la façon dont on peut faire valoir nos besoins le plus facilement
possible.
The Chair: Under the new youth mobility agreement, students
will be able to do co-op terms. They will be able to stay in the
country for 12 months and acquire work experience. Is your
association responsible for organizing co-op terms for
international students? Is there a demand? Are you doing any?
La présidente : Le nouvel accord de mobilité des jeunes
permettra aux étudiants de faire un stage. Ils pourront rester au
pays pendant 12 mois. Ils pourront acquérir une expérience de
travail. Votre association est-elle responsable d’organiser des
stages pour les étudiants internationaux? Est-ce qu’il y a une
demande? En faites-vous?
Ms. Lalonde: The universities and colleges manage the co-op
terms, not the association. The association handles co-op terms
and student mobility between our universities and universities in
Quebec. Consequently, we have a student mobility program at
that level.
Mme Lalonde : Ce sont les universités et les collèges qui
s’occupent des stages et non l’association. L’association s’occupe
des stages et de la mobilité étudiante entre nos universités et les
universités du Québec. Donc, on a un programme de mobilité
étudiante à ce niveau.
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Official Languages
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The Chair: Are you aware of what the universities and colleges
are doing about co-op terms? Are they working with international
students to find work with employers?
La présidente : Êtes-vous au courant de ce que les universités et
collèges font par rapport aux stages? Travaillent-ils avec les
étudiants internationaux pour trouver du travail auprès des
employeurs?
Ms. Lalonde: Definitely. If some of their students want to do
co-op terms in other countries, the opportunities are there. We
have contacts so that these people can go and do co-op terms at
other universities and vice versa. These agreements are signed
between the faculties of the universities to permit co-op terms.
Mme Lalonde : Certainement. Si certains de leurs étudiants
veulent aller dans d’autres pays pour faire des stages, les
possibilités sont là. Nous avons les contacts pour permettre à
ces gens d’aller faire des stages dans d’autres universités et vice
versa. Ces ententes sont signées entre les facultés des universités
pour permettre les stages.
Senator Chaput: Is there an available database where
universities and colleges can obtain information on jobs that are
open and available in Canada?
La sénatrice Chaput : Y a-t-il une banque de données
disponible où les universités et les collèges peuvent avoir de
l’information au sujet des emplois qui sont ouverts et disponibles
au Canada?
Ms. Lalonde: There is not necessarily a national database.
However, the Cité collégiale, for example, a college in Ontario,
works very closely with employers in its community, as does
Collège Boréal in southern Ontario and in the north.
Consequently, this relationship usually makes it possible to
develop programs that meet employer needs. There may be one,
but I am not aware of any such national database.
Mme Lalonde : Il n’y a pas nécessairement une banque de
données pancanadienne. Mais si je prends, par exemple, la Cité
collégiale, un collège en Ontario, celui-ci travaille de très, très près
avec les employeurs dans sa communauté, tout comme le Collège
Boréal, dans le Sud de l’Ontario et dans le Nord. Donc,
habituellement, cette relation permet d’élaborer des programmes
qui répondent aux besoins de l’employeur. Peut-être que cela
existe, mais je ne suis pas consciente d’une telle banque au niveau
pancanadien.
The Chair: Ms. Lalonde, on behalf of the members of the
committee, I want to thank you for being here this evening, for
your excellent presentation and for all the work you are doing as
executive director of two very important organizations for the
francophonie.
La présidente : Madame Lalonde, au nom des membres du
comité, je tiens à vous remercier pour votre présence ici ce soir,
pour votre excellente présentation ainsi que pour tout le travail
que vous faites en tant de directrice générale de deux organismes
très importants pour la francophonie.
I also want to thank my colleagues for their pertinent
questions.
Je remercie également mes collègues pour leurs questions très
pertinentes.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, May 12, 2014
OTTAWA, le lundi 12 mai 2014
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day, at 5:20 p.m., to resume its study on the impacts of recent
changes to the immigration system on official language minority
communities.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 20, pour poursuivre son étude sur les impacts
des changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Senator Claudette Tardif (Chair) in the chair.
[Translation]
La sénatrice Claudette Tardif (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: Honourable senators, I now call this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages to order. I am
Senator Claudette Tardif, from Alberta, and I am the chair of this
committee. I would ask the senators to introduce themselves,
starting on my left.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare cette séance du
Comité sénatorial permanent des langues officielles ouverte. Je
suis la sénatrice Claudette Tardif, de l’Alberta, et la présidente de
ce comité. J’aimerais demander aux sénateurs de se présenter, en
commençant à ma gauche.
Senator Champagne: Good afternoon. I am Senator Andrée
Champagne, representing some of Quebec.
La sénatrice Champagne : Bonjour. Andrée Champagne, je
représente une partie du Québec.
Senator Poirier: Good evening. I am Rose-May Poirier from
New Brunswick.
La sénatrice Poirier : Bonsoir. Rose-May Poirier, je suis du
Nouveau-Brunswick.
12-5-2014
Langues officielles
Senator McIntyre: Paul McIntyre from New Brunswick.
[English]
Senator Beyak: Senator Lynn Beyak, Ontario.
[Translation]
6:57
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, du NouveauBrunswick.
[Traduction]
La sénatrice Beyak : Sénatrice Lynn Beyak, de l’Ontario.
[Français]
Senator Fortin-Duplessis: Senator Suzanne Fortin-Duplessis
from Quebec City.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Sénatrice Suzanne FortinDuplessis, de Québec.
Senator Charette-Poulin: Good evening, minister, and
welcome. I am Marie Charette-Poulin from northern Ontario.
La sénatrice Charette-Poulin : Bonsoir, monsieur le ministre, et
bienvenue. Je suis Marie Charette-Poulin, du Nord de l’Ontario.
Senator Chaput: Maria Chaput from Manitoba.
La sénatrice Chaput : Maria Chaput, du Manitoba.
The Chair: We are continuing our study of the impacts of recent
changes to the immigration system on official language minority
communities. This evening we have the great pleasure to welcome
the Citizenship and Immigration minister, the Honourable Chris
Alexander, and Ms. Corinne Prince-St-Amand, Director General,
Integration and Foreign Credentials Referral Office. Minister,
welcome to our committee — you have the floor.
La présidente : Le comité poursuit son étude des impacts des
changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire. Ce
soir, nous avons le grand plaisir de recevoir le ministre, l’honorable
Chris Alexander, et Mme Corinne Prince-St-Amand, qui est
directrice générale, Intégration et Bureau d’orientation relatif aux
titres de compétences étrangers. Monsieur le ministre, bienvenue,
vous avez la parole.
Hon. Chris Alexander, P.C., M.P., Minister of Citizenship and
Immigration: Thank you, Madam Chair, and thank you to the
committee for inviting me here. I appreciate your keen interest on
the role of and the importance of strengthening official languages
within our immigration system. This brings back good memories
of the work we did together in the Canada-France parliamentary
group. I am particularly impressed by the members who make up
this committee, which represents Canada’s best and finest in terms
of official languages. You represent, if not all provinces, because
there are not enough of you, at the very least some of the largest
communities in the country, which should benefit from programs
aimed at strengthening official language minority communities
throughout Canada. I would like to say a few words, but the most
interesting part for us will really be the questions and answers.
L’honorable Chris Alexander, C.P., député, ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration : Merci beaucoup, madame la
présidente, et merci à votre comité de m’avoir invité. Merci
également du vif intérêt que vous portez au sujet du rôle et du
renforcement des langues officielles au sein de notre système
d’immigration. Cela me rappelle de bons souvenirs du travail que
nous avons fait ensemble dans le cadre du groupe parlementaire
Canada-France, et je suis particulièrement impressionné par la
composition de votre comité, qui représente tout ce qu’il y a de
mieux au Canada en termes de langues officielles. Vous
représentez, sinon toutes les provinces, car vous n’êtes pas
suffisamment nombreux pour le faire, du moins, les
communautés parmi les plus importantes au pays, qui doivent
bénéficier des programmes visant à renforcer les communautés de
langue officielle en situation minoritaire partout au Canada. Je
tiens à vous offrir quelques commentaires, mais ce sont vraiment
les questions et les réponses qui vont nous intéresser le plus.
Our government believes — and it is a great Canadian
tradition to believe it — that our linguistic duality is a source of
immeasurable economic and social benefit for all Canadians. First
of all, I would like to solemnly affirm that we are committed to
applying our reforms and programs to strengthen both of our
official languages in terms of quality, presence, skills and
proficiency by means of our immigration system. If you look at
all the reforms put in place in the past eight years by our
government, namely by Minister Kenney and our two colleagues
who preceded him, and since my arrival in this portfolio, you will
find that language plays a very important, even central, role in
these reforms.
Notre gouvernement croit, et c’est une grande tradition
canadienne que de le croire, que notre dualité linguistique
constitue une source inestimable d’avantages économiques et
sociaux pour tous les Canadiens. Je tiens à vous déclarer
solennellement, tout d’abord, que nous tenons à renforcer, à
l’aide de nos réformes et de nos programmes, la qualité, la
présence, les compétences, la maîtrise de nos deux langues
officielles par l’intermédiaire de notre système d’immigration. Si
vous examinez toutes les réformes mises en place depuis huit ans
par notre gouvernement, par le ministre Kenney, par nos deux
collègues qui étaient ses prédécesseurs, et depuis mon arrivée dans
ce portefeuille, vous constaterez que la langue joue un rôle très
important au centre même de ces réformes.
There is no doubt that immigration helps us ensure that the
bilingual personality of our country is preserved and represented
faithfully all across the country.
Il fait nul doute que l’immigration nous permet d’aider à veiller
à ce que la personnalité bilingue de notre pays soit préservée et
représentée de manière fidèle aux quatre coins du pays.
6:58
Official Languages
12-5-2014
Yes, we want to strengthen and preserve Canada’s bilingual
personality, but we also want to expand it into areas that so far
have not benefited from linguistic duality. One of the most
striking examples in recent immigration history is Yukon, where
30 per cent of the population is now francophone, thanks not
only to migration within Canada and the mobility of the
Canadian workforce but also to our immigration programs.
This is a fairly recent phenomenon. There has always been a
francophone presence in Yukon, but never to this extent.
Oui, nous voulons renforcer la personnalité bilingue, préserver
cette personnalité, mais nous voulons aussi l’élargir vers des
régions qui n’ont pas bénéficié de la dualité linguistique jusqu’à
présent. L’un des exemples les plus marquants dans l’histoire
récente de l’immigration, c’est le Yukon, où il y a maintenant
30 p. 100 de francophones, grâce à la migration au sein du
Canada, à la mobilité de la main-d’œuvre au Canada, mais aussi
grâce à nos programmes d’immigration. C’est un phénomène
assez récent. Il y a toujours eu des francophones au Yukon, mais
jamais à ce point.
I want to reiterate the phrase ‘‘all across the country,’’
including Yukon, because there is no place in Canada outside
Quebec that is not affected by or that does not have a
francophone presence. It is a national reality in all provinces
and territories. For these and other reasons, I was proud to take
part, late last year, in the celebrations surrounding the first-ever
National Francophone Immigration Week.
J’insiste sur ces derniers mots, « aux quatre coins du pays », y
compris au Yukon, car il n’y a pas un endroit au Canada, à
l’extérieur du Québec, qui soit à l’abri ou à l’écart d’une présence
francophone. Il s’agit d’une réalité nationale dans toutes les
provinces et tous les territoires. Pour ces raisons, entre autres, j’ai
été fier de prendre part, en fin d’année dernière, aux célébrations
tenues dans le cadre de la toute première Semaine nationale de
l’immigration francophone.
As you may recall, this was an initiative of the Fédération des
communautés francophones et acadienne du Canada and the
Francophone Immigration Networks, with more than
100 community-led activities organized from coast to coast. Of
course, we intend to continue this fine tradition.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’il s’agissait d’une initiative de la
Fédération des communautés francophones et acadienne du
Canada et des Réseaux en immigration francophone, qui
comportait plus d’une centaine d’activités communautaires
organisées d’un océan à l’autre. Bien sûr, nous avons l’intention
de continuer cette belle tradition.
[English]
[Traduction]
Last November, this event unfolded with Marie-France Kenny,
President of the Fédération des communautés francophones et
acadienne du Canada. National Francophone Immigration Week
was an opportunity for francophones across the country to come
together and celebrate their unique culture — a culture that
flourishes and continues to define our national identify. It was
also an opportunity to officially recognize, and I think this is well
understood in all parts of the country, the important contribution
of immigration and newcomers to our linguistic duality.
L’événement s’est déroulé en novembre dernier. J’étais aux
côtés de Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des
communautés francophones et acadienne du Canada. La Semaine
nationale de l’immigration francophone fut l’occasion pour les
francophones d’un océan à l’autre de célébrer avec leurs pairs une
culture qui est vivante, unique et déterminante dans l’identité
nationale de notre pays. Ce fut aussi l’occasion de reconnaître
officiellement l’importante contribution de l’immigration et des
nouveaux arrivants à la dualité linguistique canadienne, une
réalité selon moi parfaitement admise d’un bout à l’autre du pays.
We have the demographic situation in all parts of the country.
We have the economic needs, the skills deficit, the sector-bysector and region-by-region pressures on our labour market
everywhere in the country; and we have them in English and we
have them in French. Let’s keep in mind that right now just over
950,000 francophones live outside Quebec.
Pensons au déficit démographique d’un océan à l’autre.
Pensons aux besoins économiques, à la pénurie de compétences,
aux pressions sectorielles et régionales en matière de maind’oeuvre aux quatre coins du pays. Ces réalités sont les mêmes
pour les francophones que pour les anglophones. N’oublions pas
que, actuellement, un peu plus de 950 000 francophones vivent
hors du Québec.
[Translation]
Through francophone immigration, we hope to increase this
number and help preserve the ongoing vitality of our francophone
communities outside Quebec. As members of this committee are
aware, our government last year unveiled the new Roadmap for
Official Languages, together with Canadian Heritage, our main
partner in this file. This important strategy is the result of
extensive consultations conducted by my colleague, the current
[Français]
Grâce à l’immigration francophone, nous espérons accroître ce
nombre et aider à préserver le dynamisme soutenu de nos
communautés francophones situées hors du Québec. Comme les
membres du comité le savent déjà, notre gouvernement a dévoilé
l’an dernier la nouvelle Feuille de route pour les langues officielles
du Canada, de concert, bien sûr, avec notre partenaire privilégié à
cet égard, Patrimoine canadien. Cette importante stratégie est le
12-5-2014
Langues officielles
6:59
Minister of Industry, when he was Minister of Canadian
Heritage. Our Department was instrumental in developing the
plan.
fruit de nombreuses consultations menées par mon collègue, le
présent ministre de l’Industrie, à l’époque où il était ministre du
Patrimoine canadien, et notre ministère a joué un rôle important
dans l’élaboration du plan.
The roadmap identifies three pillars to ensure the future vitality
of Canada’s official languages. It should come as no surprise that
immigration is one of these pillars.
Cette feuille de route précise les trois volets qui vont assurer la
vitalité future des langues officielles du Canada. Il ne faut pas
s’étonner que l’immigration représente l’un de ces volets.
[English]
[Traduction]
As you all know, immigration has always been central to the
history of Canada, from the days of New France, and even in the
history of our First Nations who have their own stories of
migration to this continent and within this continent. It continues
to play a decisive role in fostering the development of official
language minority communities.
Comme vous le savez tous, l’immigration a toujours été au
cœur de l’histoire du Canada. C’était déjà le cas à l’époque de la
Nouvelle-France. Même les Premières Nations ont leurs propres
récits de migration vers et sur ce continent. L’immigration joue un
rôle clé dans la promotion du développement des communautés
de langue officielle en situation minoritaire.
Under the roadmap for Canada’s Official Languages, the
government will be investing almost $150 million in official
language initiatives related to immigration over the next five
years, and an important focus of our efforts in this area is in
promoting the benefits of fluency in Canada’s official languages
and investing in language training for newcomers who are settling
in official language minority communities.
Dans le cadre de la Feuille de route pour les langues officielles,
le gouvernement investira, au cours des cinq prochaines années,
près de 150 millions de dollars dans des initiatives liées aux
langues officielles et à l’immigration. Un objectif essentiel des
efforts que nous déployons dans ce domaine consiste à faire valoir
les avantages de la maîtrise des langues officielles du Canada et à
investir dans la formation linguistique des nouveaux arrivants qui
s’établissent dans des communautés de langue officielle en
situation minoritaire.
[Translation]
[Français]
Let’s be clear on this: we want newcomers to speak one of our
languages fluently, but we would prefer that they be fluent in both
languages. There is still work to be done in this regard, but,
increasingly, newcomers are being given opportunities to
strengthen and develop their skills in the second language, even
if they are proficient in the first. The stark reality is that
newcomers with limited language abilities are more likely to earn
less, be unemployed or live in poverty. All the studies done on this
issue lead to similar findings. The lack of skills in either official
language may be the greatest hurdle they face in furthering their
education or obtaining employment.
Soyons clairs là-dessus : on veut que les immigrants parlent
une de nos langues couramment, mais on préfère qu’ils parlent les
deux langues couramment. On n’est pas parfait à cet égard, mais
on offre de plus en plus souvent aux immigrants la possibilité
d’approfondir et de développer leurs compétences dans la
deuxième langue, même si la première se porte assez bien dans
leur cas. La réalité est telle que les nouveaux arrivants ayant des
capacités linguistiques limitées sont davantage susceptibles de
gagner un salaire inférieur, d’être sans emploi ou de vivre dans la
pauvreté. Toutes les recherches nous indiquent des conclusions
semblables à cet égard. Le manque de compétence dans l’une ou
l’autre des deux langues officielles risque de constituer leur
principal obstacle lorsqu’ils tenteront de parfaire leur éducation
ou d’obtenir un emploi.
That is why most of the funds under roadmap 2013-18 — or
$120 million — will be invested to help economic class newcomers
develop the language skills they need to integrate into Canada.
Beyond that, CIC is also focusing on improving our efforts to
recruit French-speaking immigrants into minority communities
outside Quebec. As you and your colleagues may know, in 2006,
CIC — in collaboration with representatives from francophone
minority communities — established a target to increase the
percentage of French-speaking immigrants to those communities
to 4.4 per cent of the total number of immigrants settling in
Canada outside of Quebec. As part of our five-year roadmap, our
goal was to reach an interim target of 1.8 per cent of the total
number of permanent residents outside Quebec by 2013, and we
managed to achieve this target. In 2012 — the last year for which
C’est pourquoi la plupart des fonds octroyés dans le cadre de la
feuille de route de 2013-2018, soit 120 millions de dollars, seront
investis de façon à aider les nouveaux arrivants de la catégorie
économique à améliorer les compétences linguistiques dont ils ont
besoin pour bien s’intégrer à la société canadienne. Plus encore,
CIC cherche aussi à redoubler d’efforts pour recruter des
immigrants d’expression française qui vont s’établir dans les
communautés de langue officielle en situation minoritaire hors
Québec. Comme vos collègues et vous le savez sans doute, en
2006, CIC — en collaboration avec des représentants des
communautés francophones en situation minoritaire — s’est fixé
une cible afin de faire passer le pourcentage d’immigrants
d’expression française dans ces communautés à 4,4 p. 100 du
nombre total d’immigrants qui s’établissent au Canada à
6:60
Official Languages
we have complete data — we admitted 3,685 French-speaking
permanent residents outside Quebec, which is a 4-per-cent
increase over 2011. In fact, we have seen a consistent annual
increase in the number of francophone minority immigrants since
2006. We are making good progress, but I know we can do better
with the help of our partners and employers. That’s why we will
continue to promote initiatives to strengthen Canada’s
francophonie.
[English]
Looking now at recent changes to the immigration system, and
consistent with our focus on economic immigration that meets
Canada’s labour market needs, we have set a revised recruitment
target of 4 per cent out of the total number of economic
immigrants settling outside Quebec to be reached by 2018.
[Translation]
12-5-2014
l’extérieur du Québec. Dans le cadre de notre feuille de route pour
les cinq dernières années, notre objectif était d’atteindre, en 2013,
à titre de cible provisoire, 1,8 p. 100 du nombre total de résidents
permanents qui s’établissent à l’extérieur du Québec, et nous y
sommes parvenus. En 2012 — la dernière année pour laquelle
nous disposons de données complètes —, nous avons accueilli 3
685 résidents permanents francophones hors Québec, ce qui
représente une hausse de 4 p. 100 par rapport à 2011. En fait,
depuis 2006, nous observons une hausse constante, année après
année, du nombre d’immigrants francophones en situation
minoritaire. Nous faisons des progrès notables, mais je sais que
nous pouvons faire mieux avec l’aide de nos partenaires et des
employeurs. C’est pourquoi nous continuerons à promouvoir des
initiatives visant à renforcer la francophonie au Canada.
[Traduction]
Compte tenu des récents changements apportés au système
d’immigration et conformément à l’importance que Citoyenneté
et Immigration Canada attache à l’immigration économique qui
répond aux besoins du marché du travail au Canada, nous avons
fixé une cible provisoire de recrutement de 4 p. 100, à atteindre
d’ici 2018, du nombre total d’immigrants dans la catégorie de
l’immigration économique qui s’établissent hors Québec.
[Français]
We aim to achieve this target with the help of our federal
partners, other levels of government and various stakeholders. We
are committed to working with our international partners to
achieve this goal, especially by strengthening our ties with France,
where several young francophones have shown a desire to explore
and experience Canada. Some may well become permanent
residents, thereby improving our economic immigration and
strengthening our linguistic duality.
Nous voulons atteindre cet objectif avec l’aide de nos
partenaires, d’autres niveaux du gouvernement et d’autres
intervenants variés. Nous nous engageons, avec nos partenaires
internationaux, à atteindre cet objectif en renforçant nos liens
avec la France en priorité, où plusieurs jeunes francophones
désirent explorer et vivre l’expérience canadienne. Certains
pourront faire la transition pour la résidence permanente, ce qui
améliorerait à la fois notre immigration économique et
renforcerait notre dualité linguistique.
I should also mention that the growth of immigration from
African countries, the Maghreb countries and even the Middle
East tends to contribute to the results, bringing us closer to our
target for francophone immigration.
Je dois aussi mentionner que la croissance de l’immigration des
pays de l’Afrique, des pays du Maghreb et même du MoyenOrient a tendance à contribuer aux résultats, ce qui nous
rapproche de notre cible liée à l’immigration francophone.
[English]
Year after year, Destination Canada has been a phenomenal
success with employers and skilled workers abroad. Attendance in
Paris and Brussels remained high in 2013, with more than
1,000 job posts by more than 100 employers. Of more than
19,000 interested candidates, more than 3,700 had skills
employers sought and were selected to participate.
[Translation]
Through these job fairs, we help connect French-speaking or
bilingual skilled workers with employers across Canada. Not only
will this help ensure that our immigration system is supporting
[Traduction]
Année après année, Destination Canada obtient un succès
phénoménal à l’étranger auprès des employeurs et des travailleurs
qualifiés. La participation à Paris et à Bruxelles est demeurée
élevée en 2013 : plus de 100 employeurs ont affiché au-delà de
1 000 avis de postes à pourvoir. Parmi plus de 19 000 candidats
intéressés, au-delà de 3 700 avaient les compétences recherchées
par les employeurs et ont été choisis afin de participer à
l’événement.
[Français]
Grâce à ces salons de l’emploi, nous aidons des travailleurs
qualifiés francophones ou bilingues à établir un contact avec des
employeurs partout au Canada. Cela nous permettra non
12-5-2014
Langues officielles
6:61
Canada’s economic growth, it will also help sustain and
strengthen minority francophone communities all across the
country.
seulement de nous assurer que notre système d’immigration
stimule la croissance économique au Canada, mais appuiera et
renforcera également les communautés francophones en situation
minoritaire dans l’ensemble du pays.
We also welcome the efforts of international partners such as
the French publication L’Express. This news magazine devoted its
entire July-August 2013 edition of L’Express Réussir to Canada,
for those who were considering coming to our country. It profiled
our national character, explained what readers need to know
before coming here, and highlighted opportunities for
francophones both in Quebec and across Canada.
Nous saluons de nouveau les efforts des partenaires
internationaux, comme la revue d’actualités française L’Express.
Le numéro de juillet-août 2013 était entièrement consacré à la
réussite au Canada, pour ceux qui pensent en faire partie. On y
mettait en lumière notre caractère national, on expliquait aux
lecteurs ce qu’ils doivent savoir avant de venir ici et on soulignait
les possibilités offertes aux francophones du Québec et de
l’ensemble du Canada.
It is worth noting how effective advertising can be as a means
of influence abroad; it can have a powerful impact on the
decisions of young people all over the world, swaying them to
come to Canada. This has always been part of our immigration
programs, and in 2014, in an age when the media affects all
aspects of people’s lives, advertising continues to play a
significant role.
Il vaut la peine de souligner jusqu’à quel point la publicité,
comme voie d’influence à l’étranger, peut avoir un impact sur la
décision de jeunes gens de partout dans le monde de venir au
Canada. Cela a toujours fait partie de nos programmes
d’immigration, et dans l’ère de 2014 où les gens sont sous
l’influence des médias à tous les niveaux, la publicité continue à
jouer un rôle très important.
[English]
[Traduction]
It’s worth noting that young Belgian, French and Swiss citizens
can apply to travel and work in Canada under the International
Experience Canada, or IEC, Youth Mobility Initiative. Canada’s
IEC agreement with France is in fact the largest of the 32 youth
mobility agreements we have. A total of almost 14,000 visas were
available this year for French citizens hoping to come to Canada
under the working holiday, young professionals and international
co-op streams of the IEC.
Mentionnons que les jeunes citoyens belges, français et suisses
peuvent présenter une demande pour voyager et travailler au
Canada dans le cadre du programme Expérience internationale
Canada, ou EIC, une initiative sur la mobilité des jeunes. Parmi
les 32 ententes que le Canada a conclues avec les pays partenaires
du programme EIC, celle de la France est la plus importante. Un
total de près de 14 000 visas étaient disponibles en 2014 pour les
citoyens français qui désiraient venir au Canada dans les
catégories Vacances-travail, Jeunes professionnels et Stage coop
international du programme.
I should mention anecdotally that the last time we opened a
large number of these spaces for applications, they were filled in a
matter of 20 minutes. The popularity of this program in France,
as in other countries, is enormous because of the quality of the
experience they have. International students from across the
Francophonie can also apply to study at Canadian postsecondary institutions. They can work on or off campus during
the school year and obtain a permit to work in Canada after
graduation.
En passant, je signale que, la dernière fois où nous avons
grandement augmenté le nombre de participants admis, il n’a fallu
que 20 minutes pour combler toutes les places. Si le programme
est aussi populaire en France, de même que dans d’autres pays,
c’est en raison de la qualité de l’expérience vécue par les
participants. Les étudiants étrangers de l’ensemble de la
francophonie peuvent également présenter une demande pour
étudier dans des établissements d’enseignement postsecondaires.
Ils peuvent travailler sur le campus et à l’extérieur du campus
pendant l’année scolaire et, une fois diplômés, obtenir un permis
de travail au Canada.
[Translation]
[Français]
Those who gain at least one year of skilled work experience
have the opportunity to apply to stay in Canada permanently
under the Canadian Experience Class.
Ceux qui acquièrent une expérience de travail qualifié d’au
moins un an peuvent présenter une demande pour rester au
Canada en permanence dans le cadre de la catégorie de
l’expérience canadienne.
Participants in this French program, for example, are
increasingly more likely to become immigrants in Canada. With
tens of thousands of international students enrolled in postsecondary institutions across Canada, the Canadian Experience
Les participants à ce programme français, par exemple, sont de
plus en plus nombreux à devenir des immigrants au Canada. Avec
des dizaines de milliers d’étudiants étrangers inscrits dans des
établissements postsecondaires dans l’ensemble du Canada, la
6:62
Official Languages
12-5-2014
Class is another great pathway for francophone minority
communities to attract newcomers.
catégorie de l’expérience canadienne est une autre voie formidable
que peuvent utiliser les communautés francophones en situation
minoritaire pour attirer des nouveaux arrivants.
In addition, as indicated in the recent Speech from the Throne,
the government will introduce a brand-new recruitment model
that will select immigrants based on the skills and attributes that
Canadian employers and our labour market need — and that are
linked to immigrants’ economic success once in Canada. This new
system will be known as Express Entry. The need to build on our
two official languages, but more particularly on the growth of
French outside Canada in our immigration streams, will play a
key role in the implementation of the new system.
De plus, ainsi qu’il était indiqué dans le récent discours du
Trône, le gouvernement adoptera un nouveau modèle de
recrutement qui permettra de sélectionner les immigrants en
fonction des compétences et des qualités recherchées par les
employeurs canadiens et le marché du travail, qui sont liées à la
réussite économique des immigrants une fois ceux-ci arrivés au
Canada. Ce nouveau système se nommera Entrée express, et le
besoin de miser sur nos deux langues officielles, mais plus
particulièrement, sur la croissance du français à l’extérieur du
Canada dans nos courants d’immigration, jouera un rôle essentiel
dans la mise en œuvre de ce nouveau système.
The new recruitment model will be more responsive to changing
labour market needs. And it is our hope that this flexible system
will also benefit our francophone minority communities. It will
help broaden opportunities for employers and communities — as
well as community colleges, for example — to attract and recruit
skilled French-speaking or bilingual immigrants into francophone
minority communities.
Le nouveau modèle de recrutement répondra davantage aux
besoins changeants des employeurs au sein du marché du travail.
Nous espérons aussi que nos communautés francophones en
situation minoritaire pourront tirer parti de la souplesse de ce
système. Il permettra aux employeurs et aux communautés,
comme aux collèges communautaires, par exemple, de multiplier
les possibilités d’attirer et de recruter des immigrants
francophones ou bilingues au sein des communautés
francophones en situation minoritaire.
[English]
As part of a broader engagement strategy with Canadian
employers and other stakeholders, we are working with 13 networks
in francophone immigration to prepare the employers active in
these communities to get ready for this important change and to be
able to make best possible use of any recruitment model.
[Translation]
[Traduction]
Dans le cadre d’une stratégie de mobilisation plus vaste auprès
des employeurs canadiens et des autres intervenants, nous
collaborons avec les 13 Réseaux en immigration francophone en
vue de préparer les employeurs qui sont actifs dans ces
communautés à cet important changement, de façon à ce qu’ils
puissent faire le meilleur usage possible de ce nouveau modèle de
recrutement.
[Français]
Madam Chair, the government is committed to sustaining
Canada’s official language minority communities in every region
of our great country.
Madame la présidente, le gouvernement s’est engagé à appuyer
les communautés de langue officielle en situation minoritaire dans
toutes les régions de notre beau, grand pays.
Under the Canada-Quebec Accord — I had the pleasure of
meeting my Quebec counterpart this morning — Quebec has sole
responsibility for selecting, receiving and integrating its
immigrants, including those destined for anglophone minority
communities. As such, the Department of Citizenship and
Immigration is limited in the actions it can undertake to
directly support these communities in the area of immigration.
En vertu de l’Accord Canada-Québec — j’ai eu le plaisir de
rencontrer mon homologue québécois ce matin —, le Québec
assume la responsabilité exclusive de la sélection, de l’accueil et de
l’intégration de ces immigrants, notamment de ceux qui se
destinent aux communautés anglophones en situation
minoritaire. De ce fait, le ministère de la Citoyenneté et de
l’Immigration est limité dans les actions qu’il peut mettre en
œuvre pour appuyer directement ces communautés en matière
d’immigration.
At the same time, Part VII of the Official Languages Act and
provisions of the Immigration and Refugee Protection Act
commit us to the development of official language minority
communities, whether anglophone or francophone.
En même temps, la partie VII de la Loi sur les langues
officielles et certaines dispositions de la Loi sur l’immigration et la
protection des réfugiés obligent notre ministère à assurer le
développement des collectivités de langue officielle en situation
minoritaire, qu’elles soient anglophones ou francophones.
12-5-2014
Langues officielles
[English]
As a result, we have explored in recent years modest and
innovative ways to support anglophone communities, such as
providing support for research projects to better understand the
needs of newcomers to those communities. We will double the
investment dedicated to those research projects to a total of
$500,000 over the next five years under the roadmap that will take
us to 2018.
[Translation]
6:63
[Traduction]
En conséquence, depuis quelques années, Citoyenneté et
Immigration Canada étudie diverses possibilités modestes, mais
novatrices, d’appuyer les communautés anglophones, notamment
en finançant des projets de recherche pour mieux comprendre les
besoins des nouveaux arrivants dans ces collectivités. Dans le
cadre de la Feuille de route 2013-2018, nous doublerons le
financement accordé à ces projets de recherche, le faisant passer à
500 000 $ au total au cours des cinq prochaines années.
[Français]
As the Commissioner of Official Languages noted in his
2012-13 Annual Report, immigration is the way of the future
when it comes to ensuring the vitality of French-speaking
communities outside of Quebec. Our achievements in this area
have been made possible by a number of CIC-led measures and
partnerships.
Ainsi que l’a souligné le commissaire aux langues officielles
dans son rapport annuel de 2012-2013, l’immigration constitue
une voie d’avenir pour assurer l’épanouissement des
communautés francophones à l’extérieur du Québec. Plusieurs
mesures issues de CIC et de partenariats ont donné lieu à des
avancées en la matière.
CIC continues to work closely with other government
departments, as well as provincial and territorial and
community partners, to implement the Immigration to Official
Language Minority Communities initiative, with funding
reaching nearly $30 million by 2018.
CIC poursuit son travail en étroite collaboration avec d’autres
ministères ainsi qu’avec des partenaires des provinces, des
territoires et des communautés afin de mettre en œuvre
l’initiative Immigration vers les communautés de langue
officielle en situation minoritaire, dont le financement s’élève à
presque 30 millions de dollars d’ici 2018.
[English]
[Traduction]
My department is open to addressing the concerns raised by
the commissioner. In fact, we are addressing those concerns and
we will continue to support the efforts and objectives of Frenchspeaking communities outside Quebec to attract and integrate
newcomers. This will contribute to the vitality and development
of these communities. With the launch of our first ever National
Francophone Immigration Week, we are recognizing the
important contributions of immigration to our country’s
linguistic duality and vitality of francophone minority
communities.
Mon ministère est prêt à répondre aux préoccupations
soulevées par le commissaire et continuera d’appuyer les efforts
et les objectifs des communautés d’expression française hors
Québec en vue d’attirer des nouveaux arrivants et d’assurer leur
intégration. Cela contribuera au dynamisme et au développement
de ces communautés. Notre célébration récente de la toute
première Semaine nationale de l’immigration francophone
reconnaît l’importante contribution de l’immigration à la dualité
linguistique de notre pays et au dynamisme de nos communautés
francophones en situation minoritaire.
We will continue these celebrations and to attract the most
ambitious and talented francophone immigrants to make sure
that francophone communities flourish across Canada.
Reinforcing these communities is part of our plan for economic
growth and long-term prosperity throughout the country.
Nous répéterons cette célébration annuelle et nous
continuerons à attirer les immigrants francophones les plus
ambitieux et les plus brillants pour assurer l’épanouissement des
communautés francophones d’un océan à l’autre. Le
renforcement de ces communautés fait partie de notre plan de
croissance économique et de prospérité à long terme à l’échelle du
pays.
[Translation]
Madam Chair, I have one last thing to say: we are focusing on
the quality of our immigrants’ language skills and we have
reformed our programs to raise expectations in this regard — not
only because we want to strengthen linguistic duality in all
provinces and territories, but also because language and the
quality of that language are important and matter for everyone.
Having the best PhDs in literature, writers and engineers who are
fluent in both our languages, English and French, at the highest
[Français]
Je dois vous dire une dernière chose, madame la présidente :
nous visons la qualité des compétences linguistiques de nos
immigrants et nous avons réformé nos programmes pour
augmenter les attentes à cet égard, non seulement parce qu’on
veut renforcer la dualité linguistique dans toutes les provinces et
tous les territoires, mais parce que la langue et la qualité de la
langue comptent pour tout le monde. Si on a les meilleurs
docteurs en lettres, auteurs, ingénieurs qui maîtrisent nos deux
6:64
Official Languages
12-5-2014
level, will help us succeed as a country in a fiercely competitive
world, which is a reality we all face.
langues, l’anglais et le français, au plus haut niveau, cela nous
aidera comme pays à réussir dans le contexte de la concurrence
mondiale qui est une réalité pour nous tous.
Yes, we want to strengthen and preserve our reality, namely
that both languages are present, respected and spoken in all
regions of our country, but we also want to focus on the quality of
proficiency in our official languages, because they are essential
tools both to our development as human beings and to the success
of a national economy.
Oui, on veut renforcer et préserver notre réalité que les deux
langues soient présentes, respectées et parlées dans toutes les
régions du pays, mais on veut aussi miser sur la qualité de la
maîtrise de nos langues officielles, parce qu’elles sont des outils
essentiels à l’épanouissement de l’être humain et aussi au succès
d’une économie nationale.
The Chair: Thank you very much, minister. Many of my
colleagues would like to ask questions. Given the time constraints,
I would ask honourable senators to make their questions as short
and to the point as possible.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur le ministre. Plusieurs
collègues veulent vous poser des questions. En raison du temps
que nous avons, je demanderais aux honorables sénateurs d’être
aussi précis et concis que possible avec leurs questions.
Senator Fortin-Duplessis: Welcome, minister. Since we have
been examining the issue of immigrant integration, many
witnesses have appeared before the committee and told us that
they hope significant results will be achieved for their official
language minority communities, since potential immigrants will
now be awarded more points for their knowledge of Canada’s
official languages. Do you believe that the additional points
awarded to immigrants for their knowledge of Canada’s official
languages will provide a better basis for selection and help
immigrants to integrate more easily?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Monsieur le ministre, soyez le
bienvenu. Depuis que nous procédons à cette étude de
l’intégration des immigrants, plusieurs témoins sont venus nous
dire qu’ils espèrent d’importants résultats pour leur communauté
de langue officielle en situation minoritaire, puisque davantage de
points seront accordés aux candidats à l’immigration pour la
connaissance des langues officielles. Croyez-vous qu’en faisant
une meilleure sélection, grâce aux points supplémentaires
attribués à la connaissance des langues officielles, cela facilitera
l’intégration des immigrants?
Mr. Alexander: The answer is yes. We already have data and
analyses to prove it. Yes, we require most of our economic
immigrants to have a higher level of language proficiency, but
other criteria are also considered. We are looking for somewhat
younger immigrants, so immigrants are awarded more points if
they are at the beginning of their career. We are looking for
immigrants who have specific professional experience because
Canada has specific needs that are not the same in every field.
These three criteria — language skills, age and professional
experience — collectively ensure that our most recent immigrants
are making a great impression and achieving better economic
results than their predecessors. It is as simple as that.
M. Alexander : La réponse est oui. On a déjà des données et
des analyses pour le prouver. Oui, on exige un niveau plus élevé de
compétence linguistique chez la plupart de nos immigrants
économiques, mais on vise d’autres critères également : des
immigrants un peu plus jeunes, alors il y a plus de points pour
ceux qui sont au début de leur carrière; des expériences
professionnelles particulières, parce que le Canada n’a pas les
mêmes besoins dans tous les domaines, et qu’on a des besoins
particuliers. Donc, ces trois critères pris ensemble — les capacités
linguistiques, l’âge et l’expérience professionnelle — font en sorte
que nos immigrants les plus récents nous impressionnent
beaucoup et atteignent des résultats économiques plus élevés
que leurs prédécesseurs. C’est aussi simple que cela.
Senator Fortin-Duplessis: I will ask my other two questions at
the same time. First, in which regions is the need for language
training for immigrants the greatest? Second, can immigrants who
so desire take both French and English training or do they have to
choose one or the other?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Je vais poser mes deux autres
questions en même temps. Ma première question est la suivante :
dans quelles régions se situent les plus grands besoins en matière
de formation linguistique pour les immigrants? Ma deuxième
question : un immigrant qui le désire pourrait-il poursuivre une
formation en français et une autre en anglais ou est-il contraint de
choisir l’une ou l’autre des deux langues pour sa formation?
Mr. Alexander: There are still situations where immigrants are
forced to choose between training in one language or the other,
but those situations are becoming increasingly rare. We are trying
to get to the point where immigrants can choose either of the two
official languages anywhere in the country. We are moving
toward that goal. It is difficult to say which regions in particular
have greater needs, but there are two situations that are of
concern to us. First, some regions welcome many francophone
M. Alexander : Il y a encore des situations où il est contraint,
mais ces cas sont de plus en plus rares. On vise une situation où
l’immigrant pourrait choisir n’importe laquelle des deux langues
officielles n’importe où au pays. On évolue vers cela. En ce qui
concerne les régions particulières, il est difficile d’en préciser, mais
il y a deux circonstances qui nous inquiètent. Premièrement,
quelques régions reçoivent beaucoup de francophones, mais leurs
services provinciaux ne sont pas suffisamment développés pour
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Langues officielles
6:65
immigrants but their provincial services are inadequate or they do
not have enough French schools or there are waiting lists for
those schools. That is one situation.
répondre aux besoins, ou les écoles d’expression française ne sont
pas suffisamment nombreuses, ou encore, il y a des listes d’attente
pour ces écoles. C’est une circonstance.
The second situation is when the population is too small to
justify the presence of organizations or institutions devoted to
helping francophone immigrants. For example, there are some
communities in northern Ontario or even in the Yukon where
there are services available but there is not a very big population,
even though the francophone population in the Yukon is now at
30 per cent. We can justify better services in areas where there are
higher concentrations of immigrants. It is as simple as that.
La deuxième circonstance, c’est lorsque la population est trop
faible ou trop petite pour justifier la présence d’organismes ou
d’établissements consacrés aux immigrants francophones, comme
dans certaines communautés du Nord de l’Ontario ou même au
Yukon, où il y a des services, mais où la population n’est pas
énorme, malgré son nouveau poids au sein du Yukon —
30 p. 100. Là où les immigrants se concentrent, on peut justifier
un meilleur service. C’est aussi simple que cela.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you very much.
La sénatrice Fortin-Duplessis : Merci beaucoup.
The Chair: We will now hear from Senator McIntyre.
Honourable senators, could you please limit yourselves to one
question? Then, if there is time, we will do a second round of
questions.
La présidente : Nous passerons au sénateur McIntyre.
Honorables sénateurs, s’il vous plaît, serait-il possible de vous
limiter à une question? Ensuite, s’il y a du temps, nous ferons une
deuxième ronde de questions.
Senator McIntyre: Thank you for being here with us today,
minister. I understand that the federal government, the provincial
governments, the municipalities, educational institutions,
community organizations and employers all play a role in
facilitating the recruitment, reception, retention and integration
of immigrants in minority communities. Keeping all that in mind,
do you think it is necessary to establish a coordinated national
strategy on this issue?
Le sénateur McIntyre : Merci, monsieur le ministre, d’être
parmi nous aujourd’hui. Je comprends que le gouvernement
fédéral, les gouvernements provinciaux, les municipalités, les
établissements d’enseignement, les organismes communautaires et
les employeurs jouent tous un rôle afin de faciliter le recrutement,
l’accueil, la rétention et l’intégration des immigrants en milieu
minoritaire. En ayant tout ceci à l’esprit, serait-il nécessaire, selon
vous, d’établir une stratégie nationale concertée sur cette
question?
Mr. Alexander: I think that is exactly what we are trying to
achieve with the roadmap. Of course, we are committed to
strengthening the partnerships needed to implement the roadmap,
such as partnerships with community colleges, provincial and
territorial governments and community organizations.
M. Alexander : Je pense que c’est exactement ce qu’on essaie
d’obtenir avec la feuille de route. Bien sûr, nous sommes
déterminés à renforcer les partenariats qu’il nous faut pour
mettre en œuvre la feuille de route. Ce sont des partenariats avec
des collèges communautaires, avec des gouvernements
provinciaux et territoriaux, avec des organisations
communautaires.
However, I think that the roadmap, which is respected by the
provinces, and more or less endorsed by Ontario, New Brunswick
and the other provinces — even with regard to immigration — is
really a good start. As always, in our great country, the different
levels of government need to work together.
Mais je pense que la feuille de route, qui est respectée par les
provinces, endossée plus ou moins par l’Ontario, le NouveauBrunswick, même en ce qui concerne l’immigration, et par les
autres provinces, constitue vraiment un bon début. Comme
toujours, dans notre grand pays, il faut que les différents niveaux
de gouvernement travaillent de concert.
Yes, we are proud of our settlement network. Funding for this
network has tripled since 2006 and funding for Quebec remains
very important, even though it is spent at Quebec’s discretion. We
understand that our immigrants will not be able to settle and
integrate into our society without an excellent school system.
However, that does not fall within our jurisdiction. We are
therefore obligated to partner with all of the provinces to connect
our settlement networks to the education system. It is the same
thing with the roadmap and francophone immigration.
Oui, nous sommes fiers de notre réseau d’établissement, dont le
financement a triplé depuis 2006, et dans lequel le financement
destiné au Québec, même s’il est dépensé par le Québec, reste très
important. On comprend très bien que l’établissement de nos
immigrants et leur intégration dans notre société ne fonctionnent
pas du tout sans un système scolaire d’excellence. Mais cela ne
relève pas de nos responsabilités. Nous sommes donc obligés
d’avoir un partenariat avec toutes les provinces pour lier nos
réseaux d’établissement au système d’éducation. C’est la même
chose pour la feuille de route et pour l’immigration francophone.
6:66
Official Languages
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Senator Charette-Poulin: You are right about northern
Ontario. I am one of two senators representing northern
Ontario and we sometimes encounter a lot of difficulties
because we have many small communities and the distance
between them presents an incredible challenge.
La sénatrice Charette-Poulin : Vous avez raison quand vous
parlez du Nord de l’Ontario; nous sommes deux sénateurs du
Nord de l’Ontario et, quelques fois, nous souffrons énormément
du fait que nous avons beaucoup de collectivités qui sont petites et
que les distances représentent un défi incroyable.
I have another question. I am very pleased to see that you are
going to give priority to young people and that you are going to
invest in youth. When I heard that there are 13,000 visas for
France alone, my reaction was that that is not very much.
J’ai une autre question. Je suis très contente de voir que vous
allez accorder la priorité aux jeunes, que vous allez investir dans
les jeunes. Quand j’ai vu le chiffre de 13 000, seulement pour la
France, ma réaction a été de trouver que c’était très peu.
Why are you putting these sorts of limits on programs that
make it easier for young French people to come to Canada? I
know that, whenever young people from francophone countries
come to northern Ontario, they are always a welcome and
enriching addition to the community.
Pourquoi limitez-vous autant certains programmes pour
faciliter la venue des jeunes Français? Car je sais que, dans le
Nord de l’Ontario, lorsqu’il y a eu des jeunes qui venaient des
pays francophones, ça a été un ajout et un enrichissement
incroyable.
Mr. Alexander: That is why France is by far one of the most
important countries participating in this program. We are talking
about students here, young travellers who we invite to Canada
and to whom we give, for the most part, open work permits. They
can go work anywhere and may be competition for our children
and family members. What we are doing is very generous and, of
course, it is reciprocal. We have the opportunity to send just as
many Canadians to France. However, given that economic
conditions are less favourable than they once were, Canadians
have been less inclined to take advantage of this opportunity in
recent years.
M. Alexander : C’est pour cette raison que la France reste de
loin le pays le plus important dans ce programme. On parle ici
d’étudiants, de jeunes voyageurs qu’on invite au Canada, et on
leur donne un permis de travail ouvert, la plupart du temps. Ils
peuvent travailler n’importe où, ils peuvent faire concurrence à
nos enfants, aux membres de nos familles. C’est très généreux ce
que nous faisons, et bien sûr, c’est réciproque; on a la possibilité
d’envoyer autant de Canadiens en France. Mais là où les
conditions économiques sont moins attirantes, les Canadiens
ont eu moins tendance, au cours des dernières années, à profiter
de cette possibilité.
Fourteen thousand is therefore a lot. I believe the second
country is Ireland with 10,000 visas. All the other countries are far
behind that. You should listen to the interesting conversation we
are having with the High Commissioner to the United Kingdom,
which receives only 5,400 visas.
Donc 14 000, c’est beaucoup. Le deuxième pays, je pense que
c’est l’Irlande, avec 10 000, et tous les autres pays sont loin
derrière. Vous devez écouter la conversation intéressante que nous
avons avec le haut-commissaire du Royaume-Uni qui n’en reçoit
que 5 400.
The number of visas issued is set at these levels for the reasons I
mentioned. One of the reasons why we give precedence to France
is francophone immigration. The youth involved in this program
are not the only French citizens coming to Canada. Others come
as part of intra-cooperative transfers. Still others come to Canada
to go to school and take advantage of the opportunity to work at
the same time.
Mais nous avons le niveau que nous avons pour les raisons que
nous avons soulevées. L’une des raisons pour privilégier la
France, c’est l’immigration francophone. L’arrivée des Français
ne se limite pas à cela. D’autres viennent dans le cadre des
transferts intra-coopératifs. D’autres viennent étudier et profitent
de la possibilité de travailler en même temps.
All that to say that many immigrants are still coming to
Canada from France and other francophone countries under all
of these strategies. We are going to seek out others, not only in
Europe but also in the Caribbean, Africa and Asia. There are
francophones living throughout the world and people want to
learn to speak French. Some of my best friends, who are
originally from Russia, speak impeccable French and some of
them live in Quebec while others are part of a francophone
community in Toronto. There are all sorts of possibilities now.
We are not focusing exclusively on one country, even though
France remains very important.
Tout cela pour dire que, par l’intermédiaire de toutes ces
stratégies, il y a encore une immigration importante de la France
et d’autres pays francophones, et nous allons en chercher
davantage, non seulement en Europe, mais dans les Caraïbes,
en Afrique, en Asie. Il y a des francophones partout, et les gens
veulent apprendre le français. Certains de mes meilleurs amis
d’origine russe au Canada parlent un français impeccable et
habitent au Québec, ou font partie d’une communauté
francophone de Toronto. Il y a toutes sortes de possibilités
maintenant. On ne mise pas sur un seul pays, même si la France
reste très importante.
Senator Poirier: Minister, thank you for being here this evening
and for your presentation. My question is a follow-up to the
question asked by Senator Charette-Poulin. If I understood
La sénatrice Poirier : Merci, monsieur le ministre, d’être ici ce
soir et pour votre présentation. Ma question fait suite à celle de la
sénatrice Charrette-Poulin. Dans le même programme d’échange
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Langues officielles
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correctly, the young people who are issued the 14,000 visas
available for 2014 under Canada’s international exchange
program are free to settle anywhere they want in Canada.
international du Canada, si j’ai bien compris, les jeunes qui tirent
avantage des 14 000 visas disponibles pour 2014, par exemple, ont
carte blanche pour s’installer où ils veulent au Canada.
Given that Quebec is known for being the most francophone
province in Canada and New Brunswick is known for being the
only officially bilingual province, do we have any idea where these
14,000 young people intend to settle? Are we making an effort, as
a government, to encourage them not to all settle in the same
province in order to ensure that they are able to experience the
entire country, particularly the small official language minority
communities?
Étant donné que le Québec est la province connue pour être la
plus francophone, et que le Nouveau-Brunswick est connu pour
être la seule province officiellement bilingue, est-ce qu’on a une
idée quant à savoir où se porte l’intérêt de ces 14 000 jeunes? De
plus, fait-on un effort, comme gouvernement, pour essayer de les
encourager à ne pas s’installer tous dans la même province, pour
s’assurer qu’ils puissent vivre une expérience dans tout le pays, et
certainement, dans de petites communautés de langue officielle en
situation minoritaire?
Mr. Alexander: That is an excellent question. We want to do
more to ensure that these students are appropriately paired with
the regions and employers who need them. We encourage them to
secure employment before arriving. If our provincial partners can
provide us with lists of interested employers, we can make sure
that more and more of these young people from France go to the
regions where there is a need and where there are jobs available.
M. Alexander : C’est une excellente question. On veut
renforcer le bon jumelage de ces étudiants avec les régions et les
employeurs qui ont besoin d’eux. On encourage les gens à arriver
en s’étant déjà entendus sur un emploi avec un employeur. Si nos
partenaires provinciaux peuvent nous offrir des listes
d’employeurs intéressés, nous pouvons faire en sorte que de
plus en plus de ces Français viennent chez vous, là où il y a un
besoin et un emploi disponible.
We are always working to combat misperceptions in this
regard. We all know people abroad who think that everyone in
Canada speaks French and nothing but French. Others think that
French is spoken only in Quebec and nowhere else. Not everyone
in Europe, the United States or Africa knows about the proud
history of Acadia and New Brunswick. We have to promote these
things. People do not know that there is a large French-speaking
community in Vancouver. Once a group or individual finds out
about that or about the beauty of New Brunswick’s north shore,
then people start going there.
Il faut toujours mener un combat de perception à cet égard.
Nous connaissons tous des gens à l’étranger qui pensent que tout
le monde au Canada parle le français et rien que le français.
D’autres pensent que le français ne se parle qu’au Québec et nulle
part ailleurs. Ce n’est pas tout le monde, en Europe, aux ÉtatsUnis ou en Afrique, qui connaît la fière histoire de l’Acadie et du
Nouveau-Brunswick. Donc il faut faire la promotion de tout cela.
Les gens ne savent pas qu’il y a une communauté francophone
importante à Vancouver. Une fois que c’est reconnu, une fois que
la beauté de la côte nord du Nouveau-Brunswick est reconnue par
un groupe ou un individu, les gens y vont.
I have the numbers that show that France is the most common
country of origin for francophone immigrants who settle outside
of Quebec. We cannot force permanent residents to go to one
region in particular, but we are talking about 619 people in the
first 11 months of 2013. It is an important aspect of immigration
to our country. We are hoping to have 4, 5 and even
6,000 francophone immigrants settle outside of Quebec as
quickly as possible.
J’ai les chiffres ici pour démontrer que la France représente le
pays d’origine le plus important pour l’immigration francophone
hors Québec. On ne peut pas obliger les gens, comme résidents
permanents, à aller à un endroit en particulier, mais il s’agissait de
619 personnes, juste au cours des 11 premiers mois de 2013. Donc,
c’est important pour notre immigration, où on vise 4, 5, et
éventuellement 6 000 immigrants francophones hors Québec, le
plus rapidement possible.
Senator Champagne: Minister, at the beginning of your speech,
you said that you were an active participant in the Canada-France
Association. I would strongly encourage you to attend the
Assemblée parlementaire de la Francophonie, which will take
place here in Ottawa in early July. More than 60 countries will be
there. I think it is important that you be there, and we would be
delighted to have you.
La sénatrice Champagne : Monsieur le ministre, vous disiez, au
début de votre allocution, que vous aviez participé très activement
à l’Association Canada-France. Je vais vous suggérer fortement
de participer à l’assemblée générale de l’Assemblée parlementaire
de la Francophonie, qui se tiendra ici, à Ottawa, au début juillet.
Il y aura quand même plus de 60 pays qui seront présents. Je
pense qu’il y aura sûrement une grande place pour vous, et nous
vous ouvrirons les portes toutes grandes.
Our government is very proud to be able to say that our
immigration and heritage ministers are both perfectly bilingual. I
think that we ought to be proud and make good use of that fact.
Je pense que notre gouvernement est très fier, en ce moment, de
se dire, et pour nous de le constater, que notre ministre de
l’Immigration et notre ministre du Patrimoine canadien sont tous
les deux parfaitement bilingues. Je pense qu’on peut en être fier et
il faut en profiter.
6:68
Official Languages
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Earlier, you said that when a program is launched and people
are able to register, the spots are filled in 20 minutes.
Vous disiez tout à l’heure que, quand vous ouvrez un
programme et que les gens peuvent s’inscrire, en 20 minutes,
toutes les places sont prises.
Do these students want to come to Quebec exclusively or are
they interested in seeing francophone communities in the rest of
the country?
Ces étudiants veulent-ils venir exclusivement au Québec ou
ont-ils envie de connaître les communautés francophones dans le
reste du pays?
Mr. Alexander: They want to come to Quebec primarily. We
cannot hide that fact. One reason this program is so popular is
because successive Quebec governments have offered their
support and encouraged us to do what we are doing. There are
no firm numbers because people can come to Quebec, work in a
restaurant for a few months and pick up and leave for Banff or
northern Ontario if a friend invites them or encourages them to
move.
M. Alexander : Ils veulent venir surtout au Québec. Il ne faut
pas se le cacher. L’ampleur de ce programme tient aussi grâce à
l’appui des gouvernements du Québec successifs qui nous ont
encouragés à faire ce que nous avons fait. Il n’y a pas de chiffres
exacts, parce que les gens peuvent arriver au Québec, travailler
dans un restaurant pendant quelques mois, et partir
soudainement pour Banff ou le Nord de l’Ontario, parce qu’un
ami les y a invités ou les a encouragés.
Senator Charette-Poulin: There are 333 lakes in Sudbury. It’s
the best-kept secret in the country. Don’t tell anyone.
La sénatrice Charette-Poulin : Il faut que vous sachiez qu’à
Sudbury, il y a 333 lacs. C’est le secret le mieux gardé au pays.
N’en parlez à personne.
Mr. Alexander: I did an interview with a French-language
radio station in Toronto, and the person who interviewed me was
from France and came to Canada with this program. It was great.
M. Alexander : J’ai donné une entrevue dans une station de
radio francophone de Toronto, et la personne qui m’a interviewé
était un Français venu au pays par l’intermédiaire de ce
programme. C’était fantastique.
We can’t control every aspect and we can’t possibly know
everything because we don’t follow them that closely. However,
we encourage them — through Direction Canada and various
publications — to discover Canada in its entirety.
On ne peut pas tout contrôler, on ne peut pas tout savoir, parce
qu’on ne les suit pas de si près que cela, mais on les encourage —
avec les salons Direction Canada et nos publications à tous les
égards — à découvrir le Canada dans son ensemble.
Senator Champagne: I’m not sure who wrote your speech, but
it was very interesting. There was one phrase in particular that
jumped out at me. You said that there is no place in Canada,
outside of Quebec, that is not affected by a francophone presence.
Is a francophone presence a bad thing and that’s why you use the
word ‘‘affected,’’ or ‘‘à l’abri de’’ in French? I say that jokingly,
but I do think that you may want to change that wording if you
wish to give this speech again someday.
La sénatrice Champagne : Je ne sais pas qui a composé votre
très intéressante présentation, mais une phrase m’a fait sursauter.
Vous nous avez dit qu’il n’y a pas un endroit au Canada à
l’extérieur du Québec qui est « à l’abri » d’une présence
francophone. Est-ce qu’une présence francophone est
dangereuse pour que vous parliez d’un abri? Je vous le dis
amicalement; je crois que vous devriez corriger cette phrase si
vous pensez refaire le même discours à un moment donné.
Mr. Alexander: Thank you for bringing that to my attention.
On the contrary, we were trying to say that there is no place in
Canada that is an exception to that rule, or that would want to be
an exception to that rule.
M. Alexander : Je vous remercie de porter ceci à mon
attention. Bien au contraire, nous avons maladroitement dit
qu’il n’y a pas d’endroit au Canada qui soit isolé et qui viserait à
être aussi isolé.
Senator Champagne: The French phrase ‘‘à l’abri de’’ surprised
me a bit.
La sénatrice Champagne : L’expression « à l’abri » m’a fait un
peu sursauter.
Senator Chaput: Mr. Minister, it’s a pleasure to have you here
with us. You have mentioned in the past and we are aware of the
fact that, in the roadmap, a fairly large portion of the funding
earmarked for language training and improving language skills
comes from your department.
La sénatrice Chaput : C’est un plaisir, monsieur le ministre, de
vous avoir avec nous. Dans la feuille de route — vous l’avez
mentionné d’ailleurs et nous le savons —, une portion assez
considérable du financement consacré à la formation linguistique
et à l’amélioration des compétences linguistiques provient de
votre ministère.
I am from Manitoba, and I would like to know if this funding
us available for Manitoban institutions that give training.
Je suis du Manitoba, et j’aimerais savoir si ce financement est
disponible pour les institutions manitobaines qui donnent de la
formation?
Mr. Alexander: Yes. Some funding is already available. Of
course, that will continue to evolve. We encourage all of the
organization to familiarize themselves with our criteria and our
M. Alexander : Oui. On octroie déjà un certain financement. Il
est sûr que cela va continuer d’évoluer. On encourage tous ces
organismes à se familiariser avec nos critères, avec notre système
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Langues officielles
6:69
system, and to sign up. We are well aware that we need to work
with the school system in order to help people learn French and
English. Our budget is more effective when it is invested in
partnerships.
et à s’inscrire, car on a compris depuis longtemps qu’on ne peut
promouvoir l’apprentissage du français ou de l’anglais en s’isolant
de notre système d’éducation. Notre budget est plus efficace
lorsqu’il est utilisé en partenariat.
Senator Chaput: Does the roadmap include funding to support
welcome and settlement initiatives and networks for immigrants?
Your department has supported those networks in the past. I
believe I read somewhere that there is not as much funding
dedicated for those activities now. Is that the case?
La sénatrice Chaput : Dans la feuille de route, avons-nous
prévu une part de financement pour appuyer les initiatives
d’accueil et les réseaux d’accueil et d’établissement des
immigrants? Votre ministère a appuyé ces réseaux par le passé.
Je crois avoir lu quelque part qu’il y avait moins de financement
maintenant qui était consacré à ces activités. Est-ce le cas?
Mr. Alexander: I would like to let Ms. Prince-St-Amand take
that question, but I will assure you right away that the networks
are receiving support. There are 13 of them, 3 of which are in
Ontario. They acknowledge the diversity of francophone
communities in Ontario. There are networks like that in every
province, except Nunavut. There are francophone immigrants in
Nunavut, but there are no networks right now.
M. Alexander : À ce sujet, je vais donner la parole à
Mme Prince-St-Amand, mais je vous rassure immédiatement; les
réseaux sont appuyés. Il y en a 13, dont 3 en Ontario pour
reconnaître la diversité des communautés francophones au sein de
l’Ontario. Il y en a dans toutes les provinces, sauf au Nunavut. Il y
a des immigrants francophones au Nunavut, mais il n’y a pas de
réseau pour le moment.
I visited some of the networks in British Columbia and
Manitoba, and I was very impressed with the work they are doing.
We will strengthen our partnerships in all respects.
J’en ai visité quelques-uns en Colombie-Britannique, au
Manitoba, et j’ai été impressionné par le travail qu’ils font. On
va renforcer nos partenariats à tous les égards.
Corinne Prince-St-Amand, Director General, Integration and
Foreign Credentials Referral Office, Citizenship and Immigration
Canada: In fact, we have doubled the number of networks since
2008. We are investing $2.5 million in these networks each year.
Corinne Prince-St-Amand, directrice générale, Intégration et
Bureau d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers,
Citoyenneté et Immigration Canada : En effet, nous avons doublé
le nombre de réseaux depuis 2008. Nous sommes en train
d’investir 2,5 millions de dollars par année dans ces réseaux.
As you said, senator, these networks are very important,
especially in provinces like Manitoba, because they bring together
the federal government, provincial governments, employers, postsecondary institutions and non-profit organizations.
Comme vous l’avez dit, madame la sénatrice, ces réseaux sont
très importants, surtout dans les provinces comme le Manitoba,
parce qu’ils rassemblent à une même table le gouvernement
fédéral, les gouvernements provinciaux, les employeurs, les
établissements postsecondaires et tous les organismes à but non
lucratif.
As the minister mentioned earlier, these partnerships are
very important. This is where the provinces and the federal
government can encourage employers to hire young francophones
so that they settle in Manitoba. That’s one way we could increase
the number of francophone immigrants. We recognize the value
of these networks, and we have a budget of $2.5 million to
support them.
Comme le ministre l’a mentionné plus tôt, ces partenariats sont
très importants. C’est là où les provinces et le gouvernement
fédéral peuvent encourager les employeurs à embaucher de jeunes
francophones à venir s’établir au Manitoba. C’est là qu’on peut
augmenter le nombre d’immigrants francophones. En effet, on
réalise la valeur de ces réseaux et on a un budget de 2,5 millions de
dollars pour les soutenir.
Mr. Alexander: The funding often goes through two channels:
our national settlement system and the roadmap. Funding can
change over time. We tend to focus on organizations that give
results and that serve a large population.
M. Alexander : Souvent, le financement passe par deux voies :
par l’intermédiaire de notre système d’établissement national et
par l’intermédiaire de la feuille de route. Le financement peut
évoluer. On a tendance à concentrer nos efforts sur les organismes
qui donnent des résultats et qui servent une grande population.
[English]
Senator Beyak: Thank you, minister, for a very informative
presentation. You mentioned in your remarks your ministry’s
responsibility to the anglophone minority in Quebec, and you’re
meeting there today. Could you elaborate and tell me more about
your relationship with the anglophone minority there?
[Traduction]
La sénatrice Beyak : Merci, monsieur le ministre, de cette
présentation fort informative. Vous avez évoqué les
responsabilités de votre ministère à l’égard de la minorité
anglophone du Québec ainsi que votre réunion là-bas,
aujourd’hui. Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre
relation avec la minorité anglophone du Québec?
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Official Languages
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Mr. Alexander: I went to McGill University and lived in
Montreal for three and half years, so I was close to it in many
ways. Today you have two ministers of immigration, whose first
language is English, having their entire meeting in French. Things
are changing. I think everyone is comfortable with a debate and a
set of programs, which is important for both Quebec and Canada,
pursued proudly in two different languages.
M. Alexander : J’ai vécu trois ans et demi à Montréal pendant
mes études à l’Université McGill, alors cette minorité me tient
particulièrement à cœur. Aujourd’hui, vous êtes en présence de
deux ministres de l’immigration de langue maternelle anglaise,
mais la séance se tient entièrement en français. Les choses
évoluent. Je crois que tout le monde est à l’aise avec l’idée d’un
débat et d’un ensemble de programmes, aussi bien au Québec
qu’au Canada, fièrement tenus dans deux langues.
That said, there are parts of Quebec where the anglophone
community is isolated. I met one of the families of the fallen on
Friday at the National Day of Honour who were from Gaspé and
whose family was one of the last anglophone families in this
community. They have special needs and the Government of
Quebec understands that and does its best to meet them. The
federal government must understand, given our special
responsibility for linguistic minorities, and do its best to meet
them. It is possible for CIC and other departments to deliver so
much more online. If you are in rural Gaspé, maybe that’s not
where you get most of your information, but it does break the
potential for isolation. We are striving at Citizenship and
Immigration Canada to make services available in both
languages for newcomers in all parts of country, whatever their
situation, majority or minority.
Cela dit, dans certaines régions du Québec, la communauté
d’expression anglaise est isolée. Vendredi, à l’occasion de la
Journée nationale de commémoration, j’ai rencontré la famille
d’une personne tombée au combat. Elle arrivait de Gaspé. En fait,
elle est l’une des dernières familles de langue anglaise là-bas. Ces
personnes ont des besoins particuliers. Le gouvernement du
Québec y est sensible et fait de son mieux pour y répondre. Étant
donné sa responsabilité particulière à l’égard des minorités
linguistiques, le gouvernement fédéral doit aussi prendre
conscience de ces besoins et faire de son mieux pour les
combler. Les ministères, notamment Citoyenneté et Immigration
Canada, pourraient en faire beaucoup plus grâce à Internet. Ce
n’est peut-être pas là que les Canadiens qui se trouvent dans une
région rurale ou à Gaspé s’informeront principalement, mais ce
n’en est pas moins un moyen de lutter contre leur isolement
potentiel. À Citoyenneté et Immigration Canada, nous cherchons
à offrir nos services aux nouveaux arrivants dans les deux langues
officielles, partout au pays, que ces langues se trouvent en
situation majoritaire ou minoritaire.
I should add that this will be a continuing challenge because
immigrants are not going only to our three big cities. The
anglophone community in Montreal is solid, connected and still
successful in a Quebec that is mostly francophone; but
immigrants are going to very small places, including rural areas
where they haven’t had immigrants for 100 or 200 years. In parts
of Quebec, it might be even longer than that, in some cases,
because of the vitality of our economy and our demographic
challenge, which we share with so many other countries. This
challenge will remain, and we will not forget the anglophones in
Quebec and in other majority francophone parts of the country.
J’ajouterais que cela restera un défi de chaque instant, car les
immigrants ne s’installent pas seulement dans nos trois plus
grandes villes. La communauté anglophone montréalaise est bien
ancrée, entretient des liens étroits et continue à s’épanouir dans un
Québec d’expression principalement française. Cependant,
certains immigrants s’installent dans de tout petits villages ou
dans des régions rurales qui n’ont connu aucune immigration
depuis 100 ou 200 ans, voire plus dans certaines régions du
Québec. C’est parce que, à l’instar de tant d’autres pays, nous
avons une économie dynamique, mais un déficit démographique.
Ce problème persistera, alors nous ne laisserons pas de côté les
anglophones qui vivent au Québec ou dans d’autres régions du
pays de majorité linguistique française.
Senator Beyak: Thank you, minister.
[Translation]
Senator Champagne: Minister, you may want to read our
committee’s report on anglophones in Quebec. It was the topic of
discussion on the radio this morning when I was on my way to
Ottawa. We wrote a report specifically about anglophones in
Quebec, anglophone minority communities. You may want to
read it.
Mr. Alexander: I’ll read it. It sounds very interesting.
La sénatrice Beyak : Merci, monsieur le ministre.
[Français]
La sénatrice Champagne : Monsieur le ministre, vous voudrez
peut-être relire le rapport que notre comité a rédigé sur les
anglophones au Québec. On en parlait encore ce matin à la radio
alors que j’étais en route pour Ottawa. Nous avons fait un
rapport spécifique sur les anglophones au Québec, les
anglophones en situation minoritaire. C’est peut-être une chose
que vous voudrez relire.
M. Alexander : Je vais le faire. Cela va m’intéresser beaucoup.
12-5-2014
Langues officielles
6:71
The Chair: Colleagues, we have time for a quick second round.
I’d like to ask you a quick question, minister. In light of the
changes to the immigration system, employers will play a very
important role, and we’ve been hearing some of our francophone
and Acadian communities say that this will create more work for
them. They’re concerned that they won’t have the means and
resources to be able to do the work. What do you think about
those concerns? Do you think they’re justified? Will additional
envelopes be made available?
La présidente : Collègues, nous avons le temps de faire un
rapide deuxième tour. Rapidement, j’aimerais vous poser une
question, monsieur le ministre. Dans les changements apportés au
système d’immigration, les employeurs vont jouer un rôle très
important, et nous avons entendu certaines associations qui
travaillent dans nos communautés francophones et acadiennes
indiquer que cela leur ajouterait un certain travail. Elles craignent
ne pas avoir les moyens et les ressources nécessaires pour faire ce
travail. Comment voyez-vous ces craintes? Croyez-vous qu’elles
sont justifiées? Y aura-t-il des enveloppes supplémentaires?
Mr. Alexander: Their concerns are real, although I think that
people are always concerned about change. But the service will be
better than the service they have been getting up to now. The time
they invest will produce significant results. What are we asking
employers to do? We are asking them to exhaust all of their
options within the Canadian job market first. They have to look
for Canadians first. That’s how it works. That’s what has made
Canada successful from the start.
M. Alexander : Les craintes sont réelles, même si je pense que
les gens craignent toujours les changements. Mais le service sera
supérieur au service qu’ils ont connu jusqu’à présent. Leur
investissement en matière de temps va leur donner des résultats
importants. Qu’est-ce qu’on exige des employeurs? Qu’ils épuisent
les possibilités du marché du travail canadien en premier lieu. Il
faut chercher les Canadiens et les Canadiennes en premier lieu.
C’est cela la réalité. C’est cela le succès du Canada dès le début.
But if they don’t find a Canadian to fill the position, they can
use the new Express Entry system to send their labour market
opinion to the immigration system and recruit someone from
outside Canada or someone who is already here as a temporary
foreign worker, and that application will be processed within six
months. This is unprecedented for two reasons: employers have
never had such direct involvement, and applications for economic
immigrants have never been processed so quickly before.
Mais s’ils ne trouvent pas un Canadien pour combler un poste,
dans le cadre du nouveau système d’Entrée express, ils pourront
transmettre leur avis du marché du travail au système
d’immigration et recruter quelqu’un à l’extérieur du Canada ou
quelqu’un qui est déjà ici comme travailleur étranger temporaire,
et on va traiter cette demande en six mois. C’est du jamais vu, à
deux égards : on n’a jamais donné un rôle aussi direct aux
employeurs, et on n’a jamais offert un traitement aussi rapide aux
immigrants économiques.
The Chair: Thank you.
La présidente : Merci.
Senator Charette-Poulin: Thank you, Madam Chair. Minister,
can we count on you and your Canadian Heritage counterpart to
take another look at your figures? On page 6, you say,
‘‘Currently, only a little more than 950,000 francophones live
outside Quebec.’’
La sénatrice Charette-Poulin : Merci, madame la présidente.
Monsieur le ministre, est-ce qu’on pourrait compter sur vous et sur
votre collègue au ministère du Patrimoine canadien pour revoir la
façon dont vous comptez? À la page 6, vous dites ce qui suit :
« Actuellement, seulement un peu plus de 950 000 francophones
vivent hors du Québec. »
I am very uncomfortable with the methodology used to arrive
at that number, which I do not think represents current
conditions, given the intermarriage of cultures and the way
Statistics Canada asks the questions. Can we count on you and
your Canadian Heritage counterpart to ensure that our numbers
truly reflect the new reality of the Francophonie across Canada?
Les méthodologies de comptage me laissent très mal à l’aise et
ne représentent pas le monde d’aujourd’hui, compte tenu des
mariages entre les différentes cultures et de la façon dont les
questions sont posées maintenant par Statistique Canada. Est-ce
qu’on pourrait compter sur vous, avec votre collègue de
Patrimoine canadien, pour que nos chiffres reflètent vraiment la
nouvelle réalité de la francophonie partout au Canada?
Mr. Alexander: Absolutely. I will raise that issue. It is very
important to me. I would like to know whether I myself am
counted among them.
M. Alexander : Absolument. Je vais soulever la question. C’est
très important pour moi; je veux savoir si moi-même je suis
compté dans ce nombre.
Senator Charette-Poulin: No, I’m sorry, you aren’t. That is an
excellent example. Thank you.
La sénatrice Charette-Poulin : Non, vous n’êtes pas compté, je
suis désolée. C’est le meilleur exemple. Merci.
The Chair: Do you have time for two more short questions,
Mr. Minister?
La présidente : Avez-vous le temps de répondre à deux autres
petites questions, monsieur le ministre?
Mr. Alexander: Of course I do.
M. Alexander : Avec plaisir.
6:72
Official Languages
12-5-2014
Senator Champagne: Earlier, I mentioned a report that we
wrote two or three years ago. We will be writing a report about
this. Is there anything you would like to see in the suggestions we
make to the government and your department? Is there something
in particular that you can tell us that, if we suggest it, that would
help you get it from higher up? Is there anything in particular?
Because the purpose of the reports that the Standing Senate
Committee on Official Languages writes is not to tell you that you
aren’t doing this or that; it is to try to suggest things to help you
do better. Is there anything that would help you that we can
suggest?
La sénatrice Champagne : Je vous parlais tout à l’heure d’un
rapport que nous avons fait il y a deux ou trois ans. Nous allons
en préparer un à ce sujet. Est-ce qu’il y a quelque chose que vous
aimeriez y trouver dans les suggestions que nous ferons au
gouvernement et à votre ministère? Est-ce qu’il y a une chose en
particulier dont vous pourriez nous dire que, si nous la
suggérions, cela vous aidera à l’obtenir de plus haut? Est-ce
qu’il y a quelque chose en particulier? Parce que le but des
rapports que produit le Comité sénatorial permanent des langues
officielles, ce n’est pas de vous dire que vous ne faites pas ceci ou
cela mais, au contraire, d’essayer de suggérer des choses pour aller
plus loin. Est-ce qu’il y a quelque chose qui vous aiderait et qu’on
pourrait suggérer?
Mr. Alexander: Absolutely. If you can paint a picture of how
to be successful with francophone immigration outside of Quebec,
show us an example of a community that has come together,
created the economic conditions and the necessary partnerships,
and mobilized its provincial government to attract francophones,
we want to help more communities have that same successful
experience.
M. Alexander : Absolument; si vous pouviez nous brosser un
portrait de la formule du succès dans l’immigration francophone
hors Québec, nous montrer l’exemple d’une communauté qui a
réussi à se rassembler, à créer le dynamisme économique, les
partenariats nécessaires, à mobiliser son gouvernement provincial
pour réussir à attirer des francophones, nous voulons répéter les
expériences des communautés qui ont eu du succès à cet égard.
An anecdotal approach is one thing — you probably all know
communities like that — but we also need an in-depth, qualitative
analysis of what made it a success, what made the francophones
who were attracted in the first place stay and experience real
economic success as a result. That would help us a lot even though
we are trying to do that research ourselves.
Cela pourrait prendre l’aspect non seulement d’une approche
anecdotique — vous connaissez tous probablement des
communautés — mais aussi d’une analyse approfondie et
qualificative de ce qui a fait en sorte cela a été un succès, que
des francophones qui ont été attirés sont restés et qu’ils ont connu
un vrai succès économique en conséquence. Cela nous aiderait
beaucoup, même si nous essayons de faire des recherches nousmêmes.
Senator Champagne: We have to attract them, but we also have
to retain them.
La sénatrice Champagne : Il faut les attirer, mais il faut aussi les
retenir.
Mr. Alexander: Exactly.
M. Alexander : Tout à fait.
Senator Champagne: Many people have been kind enough to
share with us what they want and what they are doing. I am sure
we can find a way to help you too. You are already doing very
good work. Thank you, Madam Chair.
La sénatrice Champagne : Beaucoup de gens ont la gentillesse
de venir nous faire part de ce qu’ils veulent et de ce qu’ils font;
nous pourrons sûrement trouver moyen de vous aider aussi. Vous
faites déjà un très bon travail. Merci, madame la présidente.
Senator Chaput: Thank you. Very briefly, I would like to go
back to Senator Poulin’s question. Minister, for example, in
Manitoba, if we count the francophones whose first language is
French, they make up half of what would be considered the
Francophonie, which comprises Manitobans who can express
themselves in French. The situation is the same everywhere. The
number should be twice as high.
La sénatrice Chaput : Merci. Très brièvement, je voudrais
enchaîner avec la question de la sénatrice Poulin. Monsieur le
ministre, à titre d’exemple, au Manitoba, si on comptabilise les
francophones qui ont le français comme langue première, il s’agit
de la moitié de ce que serait la francophonie, autrement dit, des
Manitobains capables de s’exprimer en français. C’est la même
chose partout. Cela doublerait donc le nombre.
The other question I wanted to ask you is this: Have you given
your department a target for attracting French-speaking
immigrants?
L’autre question que j’avais à vous poser est la suivante : est-ce
que vous vous êtes donné une cible, à votre ministère, pour attirer
des immigrants de langue française?
Mr. Alexander: Yes, our target is four per cent of our
immigration by 2018. I have told Ms. Prince-St-Amand and her
colleagues that I would like to hit that target much sooner, but the
official target is four per cent in 2018. We have three and a half
more years to reach the target.
M. Alexander : Oui. Nous avons fixé la cible à 4 p. 100 de
notre immigration d’ici 2018. Moi, je dis toujours à Mme PrinceSt-Amand et à ses collègues que je veux que la cible soit atteinte
bien avant; mais la cible officielle est de 4 p. 100 en 2018. Il nous
reste donc trois ans et demi pour l’atteindre.
12-5-2014
Langues officielles
I can tell you the countries that supply the bulk of our
francophone immigration today. The following countries supplied
over 100 immigrants in 2013: the Federal Republic of Cameroon,
the Democratic Republic of the Congo, Ivory Coast, Senegal,
Haiti and France.
Senator Champagne: They will all be here in July!
6:73
Je peux vous donner, à titre d’exemple, les pays qui nous
fournissent la plus grande partie de notre immigration
francophone aujourd’hui. Les pays suivants nous ont amené
plus de 100 immigrants en 2013 : la République fédérale du
Cameroun, la République démocratique du Congo, la Côte
d’Ivoire, le Sénégal, Haïti et la France.
La sénatrice Champagne : Ils seront tous là au mois de juillet!
The Chair: Mr. Minister, on behalf of the committee, I would
like to thank you very much for participating in the meeting
today. We know that you have a very busy schedule. We
appreciate your being here, and the comments you have made are
extremely important for our study of the impact of recent changes
to the immigration system on official language minority
communities.
La présidente : Monsieur le ministre, au nom des membres du
comité, je tiens à vous remercier très sincèrement de votre
participation au comité aujourd’hui. Nous savons que vous avez
un emploi du temps très chargé. Nous apprécions votre présence
ici, et les commentaires que vous avez faits sont excessivement
importants pour notre étude des impacts des changements récents
au système d’immigration sur les communautés de langue
officielle en situation minoritaire.
Mr. Minister, we can see that you are committed and
enthusiastic and that you have a positive attitude toward
immigration and especially toward our two official languages
from coast to coast to coast, as you said. Thank you again.
Monsieur le ministre, nous sentons votre engagement, votre
enthousiasme et aussi le positivisme que vous dégagez envers
l’immigration et surtout envers nos deux langues officielles aux
quatre coins du pays, comme vous l’avez si bien dit. Merci encore
une fois.
Mr. Alexander: Thank you.
The Chair: Honourable senators, I will suspend for five
minutes so we can get ready for the next witness.
M. Alexander : Merci à vous.
La présidente : Honorables sénateurs, je suspends la séance
pendant cinq minutes afin que nous puissions nous préparer pour
le prochain témoin.
(The committee suspended.)
(La séance est suspendue.)
(The committee resumed.)
(La séance reprend.)
The Chair: We will continue with our study of the impact of
recent changes to the immigration system on official language
minority communities. Our witness is Mr. Gilles LeVasseur,
Professor, Telfer School of Management, University of Ottawa.
La présidente : Nous continuons notre étude des impacts des
changements récents au système d’immigration sur les
communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Notre témoin est M. Gilles LeVasseur, professeur à l’École de
gestion Telfer de l’Université d’Ottawa.
Mr. LeVasseur, thank you for joining us today. You may
begin, and the senators will then ask you questions.
Monsieur LeVasseur, merci d’être présent parmi nous
aujourd’hui. Je vous donne la parole, et les sénateurs, par la
suite, vous poseront des questions.
Gilles LeVasseur, Professor, Telfer School of Management,
University of Ottawa: Ladies and gentlemen, before I begin, I
would just like to say that I was born in Toronto. I grew up in
Ontario, so I understand what it means to live in a minority
situation. I have chaired over 15 francophone associations across
Canada, and I was the constitutional expert for the Language
Rights Support Program for five years. I am going to talk about
what I have learned from my participation in Canadian society.
Gilles LeVasseur, professeur, École de gestion Telfer, Université
d’Ottawa : Mesdames et messieurs, avant de commencer,
j’aimerais juste vous dire que je suis né à Toronto. J’ai grandi
en Ontario, je comprends donc la notion de vivre en situation
minoritaire. J’ai présidé plus d’une quinzaine d’associations
francophones à travers le Canada. J’ai été expert constitutionnel
pour le Programme d’appui aux droits linguistiques pendant cinq
ans. Ce sont des réalités que j’ai appris à connaître grâce à mon
intervention dans la société canadienne.
I am very pleased to present a few points of view about
immigration and the development of the French official language
community in Canada. I would like to take a moment to express
my support for the Supreme Court of Canada’s decision in the
Reference on the Senate and the role it plays today. The Supreme
Court confirmed the independence of senators and the Senate’s
C’est avec grand plaisir que je vais présenter quelques points de
vue concernant l’immigration et le développement de la
communauté de langue officielle française au Canada. Je
prendrais quelques secondes pour réaffirmer mon appui à la
décision de la Cour suprême du Canada dans le cadre du Renvoi
sur le Sénat et sur le rôle que joue celui-ci aujourd’hui. En effet, la
6:74
Official Languages
12-5-2014
concern for various groups that, for a number of reasons, have
not been able to actively participate in political life in the House
of Commons.
Cour suprême confirme l’indépendance des sénateurs et
l’engagement du Sénat à se préoccuper de certains groupes qui
n’auraient pas pu, pour diverses raisons, participer activement à
la vie politique au sein de la Chambre des communes.
The concerns that the Senate expresses about official language
communities are essential to Canada’s well-being and
development. Linguistic duality is an important characteristic of
this country and has been shaping our legislative and government
policies for over 50 years.
Les préoccupations que le Sénat exprime concernant les
communautés de langue officielle sont essentielles au bien-être
et au développement du Canada. En effet, la dualité linguistique
est une caractéristique importante du Canada et elle façonne nos
politiques législatives et gouvernementales depuis plus de 50 ans.
We have to maintain this commitment to Canadian linguistic
duality because participation in this duality also involves the
integration of immigrants and the development of specific social
policies in various areas, including health, the economy, basic
rights, education and the creation of a uniquely Canadian
identity.
Nous devons poursuivre cet engagement envers la dualité
linguistique canadienne, car la participation à cette dualité, c’est
aussi l’intégration des immigrants, le développement de politiques
sociales particulières dans divers domaines, dont la santé,
l’économie, les droits fondamentaux, l’éducation et la création
d’un élément identitaire purement canadien.
Linguistic duality is a norm that affects us all in one way or
another. This norm affects all Canadians because, ultimately, we
define ourselves over time as part of a linguistic community, be it
francophone or anglophone, in Canada. For newcomers, this
recognition is typically confirmed by the third generation of
individuals living and working in Canada.
La dualité linguistique est une norme qui nous touche tous de
près ou de loin. Cette norme regroupe tous les Canadiens et les
Canadiennes, car, ultimement, nous nous définissons avec le
temps en fonction d’une communauté linguistique, soit
francophone ou anglophone, au Canada. Pour les nouveaux
arrivants, cette reconnaissance se confirme bien souvent lorsqu’il
s’agit de la troisième génération d’individus résidant et
performant au Canada.
To ensure that linguistic duality remains an ongoing and
vibrant reality across Canada, immigration can be a tool that
enables us to at least maintain the proportion of individuals who
identify over time with one of Canada’s two linguistic groups. We
have to ask ourselves the following question: How is immigration
contributing to the development of the French official language
community in Canada while taking into account the effects of
exogamy and assimilation to the majority? First, the fertility rate
and composition of immigration do not currently enable us to
maintain the proportion of francophones across Canada
compared to the anglophone community.
Afin que la dualité linguistique soit une réalité continue et
vibrante à travers le Canada, l’immigration devient un outil
permettant de maintenir au minimum la proportion d’individus
s’identifiant avec le temps à un des deux groupes linguistiques du
Canada. Nous devons nous poser la question suivante : comment
est-ce que l’immigration contribue au développement de la
communauté de langue officielle de langue française au Canada
en tenant compte de l’effet de l’exogamie et de l’assimilation au
groupe majoritaire? Premièrement, le taux de fertilité et la
composition de l’immigration ne permettent pas actuellement de
maintenir la proportion de francophones à travers le Canada en
comparaison avec la communauté anglophone.
Immigration strengthens the French official language
community in Canada through the addition of new individuals
to various communities. The new population will seek health care
services in French as well as French schools. This is beneficial for
francophones because it increases the availability of government
services in French. The most eloquent example is the management
of French-language school boards across Canada.
L’immigration vient renforcer la communauté de langue
officielle française au Canada grâce à l’ajout de nouveaux
individus dans les diverses localités. Cette nouvelle population
demandera des services de santé en français, mais aussi des écoles
de langue française. Ces effets sont bénéfiques pour les
francophones, car ils augmentent la prestation des services
gouvernementaux en langue française. L’exemple le plus
éloquent porte sur la gestion des conseils scolaires de langue
française à travers le Canada.
Second, exogamy is a natural reality where there are few
members of the minority language group in many parts of
Canada. Increasing the number of French speakers increases the
opportunity for socializing and building relationships among
French speakers. It also increases the desire to learn French as a
second language, thereby increasing the number of francophiles
and individuals who can communicate in both of Canada’s
official languages.
Deuxièmement, l’exogamie est une réalité naturelle dans un
milieu où il existe très peu de membres du groupe linguistique
minoritaire dans plusieurs régions du Canada. La possibilité
d’augmenter le nombre de parlants français augmente les chances
de pouvoir socialiser et créer des relations entre parlants français.
Cela développe aussi le désir d’apprendre le français comme
langue seconde, augmentant le nombre de francophiles et
d’individus pouvant communiquer dans les deux langues
officielles du Canada.
12-5-2014
Langues officielles
6:75
Third, attraction to the anglophone community is heavily
influenced by economic and social opportunities, as well as the
presence of the United States in our daily lives. When a linguistic
group grows through the addition of newcomers, that changes the
appeal of that linguistic group to other members of society. From
an economic perspective, we are trying to increase our market
share, and if we look at the economic weight of French speakers,
we can develop business strategies that target francophones, from
signage to hiring bilingual individuals.
Troisièmement, l’attraction à la communauté anglophone est
grandement influencée par les perspectives économiques et
sociales et la place des États-Unis dans notre univers au
quotidien. Lorsqu’un groupe linguistique est en croissance avec
la venue de nouveaux individus, cela modifie l’attraction de ce
groupe linguistique auprès des autres membres de la collectivité.
Dans une perspective économique, nous cherchons à augmenter
nos parts de marché, et si nous constatons le poids économique
des parlants français, cela nous amène à développer des stratégies
de commerce qui s’adressent aux francophones, de l’affichage en
passant par l’embauche d’individus bilingues.
Last, the economic and social mobility of Canadians, along
with social change, have altered the make-up of linguistic groups
in Canada. This mobility and change increase the number of
interactions among individuals, thus increasing the likelihood of
exogamy. Being part of these social changes, mobility in Canada
and interactions with French speakers give individuals the
opportunity to participate in economic and social life in French
across Canada.
Dernièrement, la mobilité économique et sociale des Canadiens
de même que les changements sociaux ont modifié la composition
des groupes linguistiques au Canada. Cette mobilité et les
changements ont pour effet de multiplier les échanges entre
individus, augmentant ainsi les possibilités d’exogamie. Le fait de
vivre ces changements sociaux, la mobilité au Canada et le fait
d’échanger avec des parlants français donnent une occasion aux
individus de participer activement à la vie économique et sociale
en français à travers le Canada.
It is important to emphasize the role of francophones in the
evolution of Canadian society. Quebec may be the fortress of
Canada’s francophonie, but francophones outside Quebec are the
buttresses. We cannot allow the buttresses to crumble because we
would create a Canada made of up two language groups attached
to a specific territory: a French Quebec and an English rest of
Canada. Linguistic duality enables us to avoid that polarization
of our country between two separate groups. Such linguistic
polarization confirms the often-voiced belief in Quebec that there
is no place for a francophone outside of Quebec. To many, this
justifies the need for Quebec’s secession and sovereignty.
Il est important de souligner la place des francophones dans
l’évolution de la société canadienne. Si le Québec est le fort de la
francophonie canadienne, les francophones hors Québec sont le
contrefort. Nous ne devons pas permettre que ce contrefort
tombe, car nous créons un Canada composé de deux groupes
linguistiques attachés à un territoire spécifique : un Québec
français et le restant du Canada anglais. La dualité linguistique
permet d’éviter cette polarisation du Canada entre deux groupes
distincts. Cette polarisation linguistique a pour conséquence de
confirmer la thèse bien souvent soulevée au Québec qu’il n’y a
point de salut pour un francophone hors du Québec. Cela justifie,
pour plusieurs, la nécessité de la sécession et de la souveraineté du
Québec.
Francophones outside of Quebec are essential to Canada’s
identity. They represent Canada’s bilingual nature from coast to
coast and foster mobility among citizens who speak either of
Canada’s official languages. That brings us to the matter of
immigration percentages. The minister talked about the target,
which is four per cent in 2018.
Les francophones hors Québec sont essentiels à la place
identitaire du Canada. Ils présentent le visage d’un Canada
bilingue d’un océan à l’autre permettant une mobilité de citoyens
ayant une des langues officielles du Canada. Cela nous amène
alors à la question des pourcentages concernant l’immigration. Le
ministre a parlé des cibles projetées, 4 p. 100 en 2018.
The type of francophone immigrant they are looking for is an
individual whose mother tongue is French or who has adequate
knowledge of the French language. We use the term ‘‘adequate’’
because for many, it is the second or third spoken language. Also,
because integration is typically a quick but complex and
demanding notion, the individual has to be someone who
integrates quickly into Canadian society and the francophone
linguistic group.
L’immigrant francophone recherché est l’individu qui a le
français comme langue maternelle ou qui possède une
connaissance adéquate de la langue française. Nous employons
le terme « adéquat », car il s’agit pour plusieurs d’une deuxième
ou d’une troisième langue d’usage. De plus, comme l’intégration
est souvent une notion rapide, mais complexe et exigeante,
l’individu doit pouvoir être un acteur performant rapidement au
sein de la société canadienne et du groupe linguistique
francophone.
We have to ensure that the percentage of French-speaking
individuals admitted to Canada is twice the local francophone
population. The reasons for this are as follows: French-speaking
individuals do not necessarily share the desire to identify with the
official language minority community. The appeal of the majority
group is often related to social and economic opportunities.
Nous devons nous assurer que le pourcentage d’individus
admis au Canada parlant le français soit le double de la
population locale francophone. Les raisons sont les suivantes :
les individus parlant le français ne partagent pas nécessairement le
désir d’être identifiés à la communauté minoritaire de langue
officielle en situation minoritaire. L’attraction du groupe
6:76
Official Languages
12-5-2014
Immigrants are seeking a better quality of life, and the economic
system is usually a newcomer’s primary interest. This activity
typically takes place in English.
majoritaire est souvent liée aux perspectives économiques et
sociales. Les immigrants recherchent une meilleure qualité de vie,
et le système économique est souvent le premier intérêt pour les
nouveaux arrivants. Ceci se passe souvent en anglais.
Exogamy is also a reality for newcomers. They can speak
French, but they do not necessarily share the identity.
Consequently, we have to select newcomers who wish to
participate in life in French across Canada.
L’exogamie est aussi une réalité pour les nouveaux arrivants.
Ils peuvent s’exprimer en français, mais ils ne partagent pas
nécessairement la perspective identitaire. Par conséquent, nous
devons sélectionner de nouveaux arrivants qui désirent partager la
vie française à travers le Canada.
Fourth, knowledge of French is, for some, valid only for
purposes of work and immigration. We have to accept their
linguistic and social choices.
Quatrièmement, la connaissance du français est pour certains
rattachée à des fins de travail et d’immigration seulement. Nous
devons accepter leurs choix linguistiques et sociaux.
In order for immigration to support the French language
community in Canada, our approach must involve the following
four primary actors:
Afin que l’immigration devienne un appui pour la communauté
de langue française au Canada, il est nécessaire de développer une
approche impliquant les quatre acteurs principaux suivants :
1. Provincial and federal government agencies, to ensure that
programs are coordinated to help newcomers integrate into
the francophone minority group. This involves negotiating
to develop framework policies for selecting immigrants and
evaluating whether quantifiable objectives are met, such as
the number of newcomers who are able to speak French,
where these immigrants are located in Canada and the
demand for services adapted to their specific needs.
1. Les instances gouvernementales provinciales et fédérales,
afin que les programmes soient coordonnés dans une
perspective d’intégration des nouveaux arrivants dans le
groupe francophone minoritaire. Ceci comporte des
négociations établissant des politiques d’encadrement de
sélection des immigrants et l’évaluation de l’atteinte
d’objectifs quantifiables, dont le nombre de nouveaux
arrivants pouvant parler le français, la localisation
canadienne de ces immigrants et la demande de services
adaptés à leurs besoins spécifiques;
2. Host organizations must be equipped to provide direction
for newcomers with respect to the francophone reality and
to help them as they search for economic and social
opportunities. For example, this includes the possibility of
using French at work and for government services.
2. Les organismes d’accueil doivent être équipés afin de diriger
les nouveaux arrivants dans la réalité francophone et de les
aider dans leurs quêtes d’opportunités économiques et
sociales. Ceci comprend, par exemple, la possibilité
d’utiliser le français dans le cadre du travail et des services
gouvernementaux;
3. Community stakeholders must actively participate in helping
newcomers develop ties to the established community. This
involves developing social policies and developing ways to
help these community stakeholders get involved in the
francophone community. These ties may involve sports for
young people, and school, which is why school is important
in helping newcomers integrate.
3. Les intervenants communautaires doivent participer
activement au développement des liens entre les nouveaux
arrivants et la communauté établie. Ceci implique le
développement de politiques sociales et la mise en place de
moyens afin d’aider ces intervenants communautaires à
s’impliquer dans la communauté francophone. Bien
souvent, ces liens peuvent commencer par les sports pour
les jeunes et le milieu scolaire, d’où l’importance de l’école
dans l’intégration des nouveaux arrivants;
4. Lastly, before they are selected, newcomers must be made
aware of the possibility of living in a French-language
community. They must be exposed to the reality of Canada’s
linguistic duality and official language minorities, and the
benefits of being able to communicate in both of Canada’s
official languages.
4. Enfin, les nouveaux arrivants doivent être sensibilisés, avant
leur sélection, à la possibilité de vivre dans la communauté
de langue française. Ils doivent être exposés à la réalité de la
dualité linguistique canadienne et des minorités de langue
officielle et aux avantages de pouvoir communiquer dans les
deux langues officielles du Canada.
In conclusion, the various steps set out in this document
require time and energy. Therefore, from the beginning we need:
clear policies on the part of governments; ways to properly select
newcomers; and ultimately a desire to protect and promote
Canada’s linguistic duality.
En conclusion, les diverses démarches soulignées dans le présent
document demandent du temps et de l’énergie. Il faut donc, au
départ, des politiques claires de la part des gouvernements; des
moyens afin de bien sélectionner les arrivants; et ultimement une
volonté de protéger et de promouvoir la dualité linguistique
canadienne.
12-5-2014
Langues officielles
6:77
Thank you for your time and your commitment to Canada.
Merci pour votre temps et pour votre engagement envers le
Canada.
The Chair: Thank you. We will now start with questions.
La présidente : Je vous remercie. Nous passons maintenant à la
période des questions.
Senator Fortin-Duplessis: My question will be very simple. It is
a huge challenge to integrate and retain francophone immigrants
in minority communities. That’s what the witnesses before you
told us. I think you made a few recommendations about that, but
do you have more specific ones?
La sénatrice Fortin-Duplessis : Ma question sera très simple. La
question de l’intégration et de la rétention des immigrants
francophones au sein des communautés minoritaires constitue
un très gros défi. C’est ce que les témoins qui vous ont précédé
nous ont dit. Je crois que vous avez fait quelques
recommandations à ce sujet, mais en auriez-vous de plus précises?
Immigrants often come to Quebec in the beginning and then
move to minority francophone communities outside Quebec. It’s
very difficult for Quebec to retain francophone immigrants.
Bien souvent, les immigrants s’installent initialement au
Québec et partent par la suite s’établir dans des communautés
francophones en milieu minoritaire de l’extérieur du Québec.
C’est très difficile pour le Québec de garder les immigrants
francophones.
Mr. LeVasseur: You make a very good point, Madam Senator.
At the end of the text I presented, I spoke about Bill 161, which
died on the order paper after the election was called in Ontario.
There’s no defined framework because it’s still all policy.
Therefore, I would first suggest a regulatory framework that
defines how the communities work.
M. LeVasseur : Madame la sénatrice, vous avez un bon point.
À la fin du texte que je vous ai présenté, j’ai parlé du projet de loi
161 qui est mort au Feuilleton à la suite des élections en Ontario.
Il n’y a pas d’encadrement défini, parce qu’il s’agit toujours de
politiques; donc, premièrement, je suggérerais un encadrement
réglementaire qui définit comment fonctionnent les
communautés.
Second, too often we select francophone immigrants based on
some very elitist criteria. I agree that we should welcome
immigrants who could take on jobs that can’t be filled by
Canadians, but often, the immigrants who will make it and want
to succeed are the ones who are looking for work, who want to
improve their quality of life and who want to give their children
what they didn’t have. This will very often be dictated by the
economic and social environment. Unfortunately we tend to look
for immigrants who already have a job. In addition, there’s no
mentoring to help young people find a niche or find their place.
La deuxième des choses, c’est que, trop souvent, on a tendance
à sélectionner les immigrants francophones en fonction de critères
très élitistes. Je suis d’accord pour accueillir des immigrants qui
pourraient pourvoir un des postes non comblés par les Canadiens,
mais souvent, l’immigrant qui va performer et qui voudra réussir,
c’est celui qui se cherche un emploi, qui veut améliorer sa qualité
de vie et qui veut donner à son enfant ce que lui n’a pas reçu. Très
souvent, c’est l’environnement économique et social qui va créer
cela. On a malheureusement tendance à aller chercher ceux qui
ont déjà un emploi. Également, il n’y a pas d’encadrement pour
que les jeunes puissent se trouver une niche, qu’ils puissent se faire
une place.
Third, is that economic and social aspects carry more weight
than dedication to the language. Language becomes an accessory.
We need to create a system in which someone who wants to move
here can have both job opportunities and the language aspect.
The opposite tends to happen: we seek out francophones and
expect them to identify with the francophone community.
However, these francophones will try to find a place where they
can speak French.
La troisième chose que l’on constate, c’est que le poids
économique et social est plus important que l’attachement à la
langue. La langue devient un accessoire. On doit créer un système
où l’individu qui veut faire sa place ici peut avoir l’opportunité de
travailler tout en amenant avec lui son caractère linguistique. On
a tendance à faire l’inverse : aller chercher le francophone et
s’attendre à ce qu’il s’identifie à la communauté francophone.
Pourtant, lui, il va essayer de trouver une place là où il peut parler
français.
Here’s an example: during the last Grey Cup, two football
players were children of Congolese immigrants. They had
immigrated to Quebec, but since the father and mother were
not able to find jobs, they moved to Alberta, in Western Canada.
The children started playing football in the local anglophone
community. They became excellent players. One of them will
probably play in the American National Football League. In their
case, language was not the driving force. The driving force was
economic opportunity.
Je vais vous donner un exemple banal : lors de la dernière
Coupe Grey, deux des joueurs de football étaient des enfants
d’immigrants congolais. Ils avaient immigré au Québec, mais
comme le père et la mère n’ont pu se dénicher d’emploi, ils sont
déménagés dans l’Ouest canadien, en Alberta. Les enfants se sont
mis à jouer au football dans la communauté locale anglophone.
Ils sont devenus d’excellents joueurs. L’un des deux jouera
probablement dans la ligue américaine de football. Dans leur cas,
la langue n’était pas l’élément moteur, c’était plutôt l’opportunité
économique.
6:78
Official Languages
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That’s what we forget too often. We create selection methods
based on an elitist approach, but the people who work are the
ones who will create this francophone reality.
C’est ce qu’on oublie trop souvent. On crée des méthodes de
sélection fondées sur une certaine approche élitiste, mais ce sont
les gens qui travaillent qui vont créer cette réalité francophone.
Senator Charette-Poulin: Your comments are very relevant,
and we also thank you for taking the time to prepare your
testimony, which enrich our discussions and reflections.
La sénatrice Charette-Poulin : Vos commentaires sont
extrêmement pertinents, mais nous vous remercions également
d’avoir pris le temps de préparer votre témoignage qui enrichit
énormément nos discussions et notre réflexion.
I noticed that you were in the public gallery during the
discussions we had with the Minister of Citizenship and
Immigration, Mr. Alexander. You heard me when I asked the
minister whether he would review the method used to calculate
the francophone population in the country, whether we’re talking
about Quebec or the other provinces.
J’ai remarqué que vous étiez dans la salle du public pendant les
discussions que nous avons eues avec le ministre de la Citoyenneté
et de l’Immigration, M. Alexander. Vous m’avez entendue quand
j’ai demandé au ministre s’il allait revoir la méthode utilisée pour
calculer le nombre de personnes appartenant à la population
francophone au pays, que ce soit au Québec ou dans les autres
provinces.
I noticed that you talked about ‘‘French speakers.’’ What does
that term mean to you?
J’ai remarqué, dans votre réflexion, que vous parlez de
« parlants français ». Qui sont pour vous les « parlants
français »?
Mr. LeVasseur: That’s an excellent question. In the text I talk
about the notion of French official language community. That
refers to what I said to Senator Fortin-Duplessis about the
mobility of immigrants who move from Quebec to outside
Quebec. When we talk about French speakers, what’s important
is not necessarily looking for someone whose first language is
French, but looking for people who are able to communicate and
express themselves in a continuous conversation.
M. LeVasseur : C’est une excellente question. Si vous
remarquez, dans le texte, je parle de la notion de communauté
de langue officielle de langue française. Cela revient à ce dont j’ai
discuté avec la sénatrice Fortin-Duplessis au sujet de la mobilité
des immigrants qui se déplacent du Québec à l’extérieur du
Québec. Quand on parle de « parlants français », ce qui est
important, c’est de ne pas nécessairement chercher quelqu’un de
langue maternelle, mais plutôt quelqu’un qui est capable de
communiquer et de s’exprimer dans une conversation de façon
continue.
This is important because French speakers can be beneficial to
our educational, social and cultural realities. From the beginning,
they accept the French language in their communities, they
support it and they share the social and cultural reality.
C’est important parce que, dans notre réalité scolaire, dans nos
réalités sociales et culturelles, on constate que les parlants français
apportent une plus-value; ils ont, au départ, une acceptation de la
langue française dans leur communauté, et ils vont l’appuyer et en
partager la réalité sociale et culturelle.
We need to be cautious when talking about what constitutes a
French speaker. We need to be able to adequately evaluate this,
but we must not create so many guidelines that the individual
doesn’t fit in within our francophone community.
Il faut être prudent quand on évoque la notion de ce qu’est un
parlant français. Il faut être capable d’évaluer celui-ci de façon
adéquate, mais il ne faut pas le mettre dans une position où il est
tellement encadré qu’il ne peut pas avoir une place au sein de
notre communauté francophone.
A large number of students come here to get a diploma, but we
are so restrictive about the future of these young people that they
must return home and then submit an application to immigrate to
Canada. They often do not even come back. We need to create a
system that promotes continuity.
Un grand nombre d’étudiants viennent ici pour obtenir un
diplôme, mais on restreint tellement la possibilité d’avenir pour
ces jeunes qu’ils doivent retourner chez eux pour faire ensuite une
demande d’immigration afin de revenir au Canada. Bien souvent,
ils ne reviennent même pas. Nous devons créer un système propice
à la continuité.
Too often, we limit people with our selection method based on
purely mechanical, statistical and economic criteria, when often,
it’s someone’s willingness to speak French.
Trop souvent, on a tendance à limiter les gens avec notre mode
de sélection en fonction de critères purement mécaniques,
statistiques et économiques, alors que souvent, c’est la bonne
volonté des gens qui fait en sorte qu’ils veulent parler français.
There is one thing we can’t forget: a language survives and
develops because it is economically viable. As soon as a language
is no longer economically viable, people will move to another
language.
Il ne faut pas oublier une chose : une langue vit et se développe
parce qu’elle est rentable économiquement. Le jour où une langue
n’est plus rentable économiquement, les gens passent à une autre
langue.
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Langues officielles
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For example, I sit on United Nations committees. One of these
committees is made up of experts in public administration. The
committee uses French, English and Spanish. Very few people
speak Russian, and I don’t mean that to say that it’s not a
beautiful language. Very few people speak Chinese or Russian,
other than Russians and the Chinese. Most people speak English,
French and Spanish. Often, when I talk to people who speak
another language, I ask them why they use English. They tell me
that it’s the language of the economy and the language that
everyone understands.
Par exemple, je siège à des comités des Nations Unies. L’un de
ces comités est celui des experts en administration publique. On y
parle le français, l’anglais et l’espagnol. Très peu de gens parlent le
russe, et je ne dis pas cela parce que ce n’est pas une belle langue;
très peu de gens parlent chinois ou russe, sauf les Russes ou les
Chinois. La majorité parle anglais, français ou espagnol. Souvent,
quand je parle aux gens qui devraient parler une autre langue, je
leur demande pourquoi ils parlent l’anglais. Ils me répondent que
c’est la langue économique, la langue que tout le monde
comprend.
The same goes for immigrants who come to Canada. They’ll
adopt the language that will give them opportunities. If a French
speaker already has a prospect in mind, he’ll bring his children,
who will generate this volume and the need for government
services.
C’est la même chose dans le cas des immigrants qui viendront
au Canada. Ils épouseront la langue qui leur donnera des
opportunités. Si le parlant français a déjà une perspective en
vue, il y enverra ses enfants qui, eux, vont susciter ce volume et ces
services gouvernementaux.
Senator McIntyre: Thank you for your very interesting
presentation, Mr. LeVasseur.
Le sénateur McIntyre : Monsieur LeVasseur, merci pour votre
présentation très intéressante.
You spoke about Bill 161 in both your oral and written
presentations. Unfortunately, as you pointed out, this bill died on
the order paper. We hope that it’ll be brought back after the
upcoming election.
Vous avez parlé du projet de loi 161, tant dans votre
présentation orale que dans votre présentation écrite.
Malheureusement, comme vous nous l’avez si bien dit, ce projet
de loi est mort au Feuilleton. Espérons qu’après les prochaines
élections provinciales, il sera ressuscité.
This is an interesting bill because it aimed to protect the
interests of francophones in terms of immigration. I know that
you spoke about this bill in an article for Le Droit a few months
ago. The bill is interesting because it recognizes a linguistic group
with a distinct culture and history in Ontario. Another very
interesting thing, if we can make this connection, is that it would
provide guidance for the courts in interpreting Franco-Ontarians’
language rights, which is important. That’s why I hope that this
bill will be brought back after the upcoming Ontario election.
C’est un projet de loi intéressant parce qu’il avait pour but de
protéger les intérêts des francophones en matière d’immigration.
Je sais que vous avez réagi à ce projet de loi dans un article paru
dans le journal Le Droit il y a quelques mois. Le projet de loi est
intéressant parce qu’il reconnaissait un groupe linguistique ayant
une culture et une histoire distinctes en Ontario. Une autre chose
très intéressante, si on peut la rattacher à tout cela, c’est que cela
permettrait de guider les tribunaux dans l’interprétation des droits
linguistiques des francophones de l’Ontario; ça, c’est important.
C’est la raison pour laquelle j’ose croire que le projet de loi sera
ressuscité à la suite des prochaines élections provinciales en
Ontario.
That said, I’d like to talk about another bill, Bill C-24, which is
at first reading in the House of Commons. This bill would make
two amendments. Do you have anything to say about this bill?
Cela étant dit, j’aimerais aborder avec vous le sujet d’un autre
projet de loi, le projet de loi C-24, qui en est à sa première lecture
à la Chambre des communes. Ce projet de loi introduit deux
modifications. Avez-vous des commentaires à faire à ce sujet?
Mr. LeVasseur: That’s an excellent question. The bill talks
about norms and standards. The problem is that, once again, the
bill does not address the issue of identity. It creates an approach, a
way of being. An anglophone does not necessarily have the same
notion of identity. People are capable of integrating into a system.
For a francophone, it’s not just a matter of speaking the language;
it is a matter of aligning oneself with a value, an idea and a way of
being.
M. LeVasseur : C’est une excellente question. Le projet de loi
fait mention de normes et de standards. Le problème est que,
encore une fois, on ne développe pas le volet identitaire. On crée
une approche, une façon d’être. Quand on est anglophone, on n’a
pas nécessairement la même notion d’identité. On est capable de
s’intégrer à un système. Lorsqu’on est francophone, ce n’est pas
seulement le fait de parler, c’est le fait de s’arrimer à une valeur, à
une conception et à une façon d’être.
For example, when I speak English, I can speak to everyone
and we identify with values that are much more dominant in
Canada, such as the Charter of Rights and Freedoms, just like
francophones. The difference is that in a minority situation, we
need to look at the second aspect that could be beneficial, which is
Quand je parle anglais, par exemple, je peux parler à tout le
monde et on s’identifie à des valeurs beaucoup plus à dominance
canadienne, telles que la Charte des droits et libertés et tout cela,
comme les francophones. Mais la différence, c’est que dans un
milieu minoritaire, il faut aller chercher une deuxième plus-value
6:80
Official Languages
12-5-2014
the notion of our history, our experience, our battles, our reality,
our efforts. Being a minority francophone is a battle; it’s an effort.
To do so, we have to be able to self-identify.
qui est la notion de notre histoire, de notre vécu, de notre combat,
de notre réalité, de ces efforts. Être francophone en milieu
minoritaire, c’est un combat, c’est un effort. Et pour le faire, il
faut être capable de s’identifier.
Franco-Ontarians often identify themselves as bilingual,
because they are able to speak French and English. They don’t
need to develop that side of their identity. They can easily go from
right to left. If you offer me services in English, it’s fine. If you
offer services in French, it’s fine. However, the bill does not
address the issue of identity, which must be addressed with respect
to immigration.
Le Franco-Ontarien s’identifie bien souvent comme étant
bilingue; parce qu’on est capable de parler français et anglais,
on n’a pas à développer ce côté identitaire. On peut facilement
aller de droite à gauche. Si vous m’offrez le service en anglais, ça
va; si vous l’offrez en français, ça va. Le projet de loi, toutefois, ne
développe pas toute la question de l’identité que l’immigration
doit traiter.
We’ll always have mechanisms, but we’ll never have that extra
aspect to identify ourselves and to create our Canadian society.
On aura donc toujours des mécanismes, mais on n’aura jamais
cette plus-value qui nous identifie et qui crée notre société
canadienne.
Senator Chaput: That’s very interesting, Mr. LeVasseur. I have
a number of questions.
La sénatrice Chaput : Monsieur LeVasseur, c’est fort
intéressant. Plusieurs questions me viennent à l’esprit.
You mentioned that Canada should set a target of doubling the
local francophone immigrant population. That’s what we should
have. At the same time, you mentioned some reasons why the
number should be doubled, you spoke about individuals who do
not necessarily want to be identified in the community and you
spoke about the identity perspective that is not shared.
Vous avez mentionné que, au Canada, on devrait avoir comme
cible le double de la population locale francophone en termes
d’immigration. C’est ce qu’il faudrait avoir. En même temps, vous
avez parlé des raisons pour lesquelles cela devrait être le double,
vous avez parlé des individus qui ne partagent pas nécessairement
le désir d’être identifiés à la communauté et vous avez parlé de la
perspective identitaire qui n’est pas partagée.
All of the points you raised are true and real. I recognize that
all of these points reflect reality. However, how do we manage to
increase the number of francophones outside Quebec in official
language minority communities? To increase this number, we
bring in immigrants from francophone countries who already
speak French as a first, second or third language and who are
required to learn English because they are in Manitoba, which is a
predominantly English-speaking province. We bring them here,
we teach them English, we want them to identify with us, we want
them to be part of our community and we want them to be
included.
Tous les points que vous avez soulevés sont vrais et réels. Je
reconnais que tous ces points reflètent la réalité. Mais comment
arrive-t-on à augmenter le nombre de francophones à l’extérieur
du Québec dans les communautés de langue officielle en situation
minoritaire? Pour augmenter ce nombre, on fait venir des
immigrants des pays francophones qui parlent déjà le français
comme première, deuxième ou troisième langue et qui sont obligés
d’apprendre l’anglais parce qu’ils sont au Manitoba, qui est une
province majoritairement anglophone. On les fait venir, on leur
apprend l’anglais, on veut qu’ils s’identifient à nous, on veut qu’ils
fassent partie de notre communauté et on veut qu’ils soient inclus.
Then, at the same time, they need to work. It’s very
complicated. Could you give us an example of clear policies
that would make everything you just said a reality? I’m talking
about clear government policies and methods that enable us to
properly select people. Where do we start?
Puis, en même temps, du point de vue économique, ils doivent
travailler. C’est tellement complexe. Comment pourriez-vous
recommander à notre comité un exemple de politiques claires
qui feraient de tout ce que vous venez de dire une réalité? Je parle
de politiques claires de la part du gouvernement et de moyens
permettant de bien sélectionner les gens; où est-ce qu’on
commence?
Mr. LeVasseur: That’s an excellent question. The question we
should be asking is how can we create a standard regarding
minimum use of French? Governments have ways of doing so.
That’s why it’s often policy to hire francophones or bilingual
individuals to provide government services.
M. LeVasseur : C’est une excellente question. La question
qu’on doit se poser est la suivante : comment imposer une norme
qui porte sur un minimum d’usage du français? Les
gouvernements ont les moyens de le faire. C’est pour cela que,
bien souvent, lorsqu’il y a des politiques de services
gouvernementaux, on demande que des francophones ou des
personnes bilingues soient embauchés pour offrir le service.
The problem is that there is no such obligation for the private
sector because there is no real use for French in many places
outside Quebec. It is not an economic necessity. That is where the
C’est un problème en ce qui concerne le secteur privé, parce
qu’il n’y a pas cette obligation; on n’a pas l’obligation parce qu’on
n’a pas cette utilité d’avoir l’usage du français dans bien des#
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Langues officielles
6:81
government needs to establish a requirement so that certain
companies would have to hire a minimum number of people who
can communicate with the public in French.
milieux à l’extérieur du Québec. Ce n’est pas une nécessité
économique. C’est là qu’il faut créer un espace où on doit, dans
certains cas, demander que certains milieux d’affaires se dotent
d’un minimum de gens pouvant communiquer avec le public en
français.
The government would have to force the private sector to
comply with language requirements, which is something new that
no one wants to talk about. One mundane example is when
Clarence-Rockland and the township of Russell made their signs
bilingual. I helped write the by-laws. What were the
consequences? They had to hire people who could speak both
official languages so that they could write correctly and serve the
public in the minority language.
Cela veut dire imposer un droit linguistique privé. C’est une
nouveauté dont personne ne veut parler. L’exemple le plus banal,
c’est celui de la rédaction des affiches bilingues à ClarenceRockland et dans le canton de Russell. J’ai eu l’occasion de
rédiger ces règlements. Quelles en ont été les conséquences? On a
dû embaucher des gens qui devaient maîtriser les deux langues
officielles afin d’être en mesure de rédiger correctement et de
servir le public dans la langue de la minorité.
The government needs to be able to create an obligation or
requirement to use both official languages because individuals will
not do it on their own. A minimum number of services to clients
would have to be offered in both official languages. That would
foster an appreciation for learning both official languages at
school and for this requirement.
Il faut pouvoir développer une obligation ou une nécessité de
l’usage des deux langues officielles, parce que l’individu ne le fera
pas de lui-même. Cela exige un minimum de services à la clientèle
devant être offerts dans les deux langues officielles. Cela
favorisera une valorisation de l’apprentissage des deux langues
officielles à l’école, ainsi que cette nécessité.
I have been teaching at the University of Ottawa for 28 years. I
have taught more classes than anyone else at the university. When
I offer a class in English, I always ask the anglophone students
why they are attending a class with more than 200 students when
they are studying at a bilingual institution and could take the
same class in French the next day. People ask what they would get
out of it, how it would be beneficial for them. I find that
discouraging. I think that the university should have minimum
requirements, for both francophones and anglophones, to take at
least 10, 15 or 20 per cent of their classes in the other official
language, with adjustments for writing and comprehension.
Par exemple, j’enseigne depuis 28 ans à l’Université d’Ottawa.
Je suis celui qui a donné le plus de cours à l’Université d’Ottawa.
Si un soir j’offre un cours en anglais, je pose toujours la question
aux étudiants anglophones à savoir pourquoi ils assistent à une
classe où il y a plus de 200 étudiants, alors qu’ils étudient dans une
institution bilingue et qu’ils pourraient suivre le même cours le
lendemain en français. Les gens se demandent ce que ça leur
donnerait de faire cela et quelle serait leur plus-value. Cela me
décourage, parce que l’université devrait imposer un minimum
d’obligations, tant pour les francophones que les anglophones,
telle celle de suivre au moins 10, 15 ou 20 p. 100 de leurs cours
dans l’autre langue officielle avec une adaptation pour la
rédaction et la compréhension.
It’s the same for businesses. No one has wanted to advance the
idea that there should be some requirements in certain areas. If we
want to create these kinds of jobs, we need to take that idea even
further.
C’est la même chose dans les entreprises; on n’a pas voulu
développer cette notion de dire qu’il faut, dans certains milieux, se
doter de cela. Si on veut créer ces emplois, il en résultera une
nécessité et une obligation qui fera en sorte que ça aille plus loin.
Perhaps every company that has its headquarters in Ottawa
and that works with the Government of Canada should have to
hire bilingual employees. When the Government of Canada rents
out space, the signage is bilingual. If the Government of Canada
is the tenant, modify the signage policies.
De plus, dans le cas de toutes les entreprises ayant un siège
social à Ottawa et faisant des politiques avec le gouvernement du
Canada, pourquoi ne pas leur demander que leurs employés
soient bilingues également? Quand le gouvernement du Canada
loue des espaces, l’affichage est bilingue; si le gouvernement du
Canada est locataire, on va modifier notre politique d’affichage.
Why not indicate that there are conditions if companies want
to do business with the Government of Canada? That would
encourage people to appreciate and learn French and would
increase its value. That is a must, and it is up to the Government
of Canada to do it.
Alors, pourquoi ne pas indiquer que si les compagnies désirent
faire des affaires avec le gouvernement du Canada, il y a des
conditions? Cela valoriserait la place du français, son
apprentissage et sa plus-value. Il faut s’astreindre à cela. C’est le
gouvernement du Canada qui doit le faire.
Immigrants would see that if they want to find work, in various
sectors, there is added value to being francophone or to learning
French. There is an economic benefit. There is no real place for
francophones outside of Quebec in this context, except in certain
areas.
L’immigrant va voir que, s’il veut un emploi, dans bien des
secteurs, il y a une plus-value à être francophone ou à apprendre
le français, parce que cela lui donne un rendement économique. Il
n’y a pas d’espace pour les francophones hors Québec dans ce
contexte, sauf dans certains milieux.
6:82
Official Languages
12-5-2014
There has to be some pressure, and it is up to the Government
of Canada to exert that pressure.
Il faut qu’il y ait une force, et cette force sera amenée par le
gouvernement du Canada.
Senator Chaput: Has the federal government not taken a first
step by deciding that every immigrant who comes to Canada, or
who wants to come to Canada, must know at least one of the two
official languages?
La sénatrice Chaput : Est-ce que le gouvernement fédéral n’a
pas fait un premier pas en décidant que tout immigrant arrivant
au Canada ou voulant venir au Canada doit connaître au moins
l’une des deux langues officielles?
Mr. LeVasseur: You are absolutely correct, Senator.
M. LeVasseur : Sénatrice, vous avez entièrement raison.
Senator Chaput: Since it is moving in the right direction, what
is the next step the federal government should take? What would
you recommend?
La sénatrice Chaput : Puisqu’il est dans la bonne direction, quel
serait le deuxième pas que le gouvernement fédéral pourrait faire?
Que pourrait-on lui recommander?
Mr. LeVasseur: I would recommend that every company that
does business with the government have a minimum number of
employees who speak both official languages, if it’s a certain type
of business. You may think this is a major shift, but I have to say
that 40 years ago in Ottawa, none of the historical photos or signs
were in both official languages. Now, there are more and more
organizations that, even if they don’t rent space from or do
business with the Government of Canada, already have signs in
both official languages.
M. LeVasseur : Que toute entreprise faisant affaire avec le
gouvernement compte parmi ses employés un minimum
d’individus qui parlent les deux langues officielles, dans le cadre
d’une entreprise, s’il y a une certaine dimension de l’entreprise.
Vous allez me dire que je suis en train de changer la donne, mais je
m’excuse; il y a 40 ans, à Ottawa, il n’y avait pas de photos
historiques ou d’affiches dans les deux langues officielles.
Aujourd’hui, vous voyez de plus en plus d’organisations qui,
même si elles ne louent pas un espace du gouvernement du
Canada ou ne font pas affaire avec lui, ont déjà créé leurs affiches
dans les deux langues officielles.
It will take time. It starts with national associations, with
certain organizations, with the major players. The message will
get out eventually. We are learning.
Cela va prendre un certain temps. Il faut commencer avec les
associations nationales, avec certains organismes, avec les gros
joueurs et, lentement, le message va passer. On apprend de cette
réalité.
Senator Chaput: How would that affect immigrants?
La sénatrice Chaput : Quel effet cela aurait-il sur les
immigrants?
Mr. LeVasseur: Immigrants will see that bilingualism is a
necessary part of accessing the system, integrating into society
and having access to important positions. It’s not just an
academic concept. They’ll also see that it’s a point of pride.
Immigrants come here because they believe in the society; they
want to perform and reach the top. Getting to the top is a point of
pride, one that requires bilingualism.
M. LeVasseur : Les immigrants vont voir que, pour accéder au
système, à la société, aux postes importants, le bilinguisme est une
nécessité, et que ce n’est pas juste une notion de cours
académiques. Ils verront aussi que cela est une fierté. Un
immigrant vient ici parce qu’il croit dans la société, il veut
performer et aller au sommet. Or, aller au sommet, c’est une fierté
qui demande cette exigence.
Look at the immigrants who have learned both official
languages. Look at how proud they are to say they are
bilingual, that they have made it to the top.
Regardez les immigrants qui ont appris les deux langues
officielles, comme ils sont fiers de dire qu’ils sont bilingues, qu’ils
sont au sommet.
The Chair: I am hoping to get some clarification. You said that
you believe Canada should double the percentage of immigrants
based on the local francophone population.
La présidente : Si je peux vous demander une clarification, vous
avez indiqué que, selon vous, le Canada devrait doubler le
pourcentage d’immigrants en fonction de la population locale
francophone?
I believe that 4 or 4.4 per cent of the population outside of
Quebec is francophone. You feel that our immigration target
should be set at 8 per cent?
Je crois que le pourcentage des francophones à l’extérieur du
Québec représente 4 p. 100, 4,4 p. 100. Selon vous, on devrait
donc avoir une cible d’immigration de 8 p. 100?
Mr. LeVasseur: Absolutely, because it will bring more people
into Quebec. People often migrate out of Quebec to other parts of
Canada, but there’s some movement into Quebec as well. It goes
both ways.
M. LeVasseur : Absolument, car cela permet une mobilité
inverse vers le Québec. Il y a souvent une migration du Québec
vers le reste du Canada, mais il y a aussi cet apport qui vient vers
le Québec. C’est un jeu qui va des deux côtés.
12-5-2014
Langues officielles
6:83
You may think that 8 per cent is too high. If we aim for
4 per cent, we will be content if we reach 3.1 or 2.8 per cent. If we
aim for 8 per cent, we might only reach 5 or 6 per cent, but at
least it will be higher than our current percentage. It forces us to
give the system the real, direct means it requires.
Vous me direz que 8 p. 100, c’est peut-être trop. Quand on
aura 4 p. 100, on va se satisfaire de dire qu’on a 3,1 ou 2,8. Si on
va à 8 p. 100, on pourra dire qu’on a peut-être eu 5 ou 6 p. 100,
mais qu’au moins, on a eu plus que notre pourcentage. Cela force
le système à se donner des moyens sincères et directs.
We need to seize this opportunity. I want to be clear. Quebec
society tends to say that there is a crisis concerning the
francophone population outside of Quebec. That has been the
case since the 1960s and 1970s.
Il faut saisir cette occasion. Je le mentionne très clairement. On
a toujours tendance, dans la société québécoise, à exprimer une
crise de la population francophone hors Québec. Cela a toujours
été le cas depuis la fin des années 1960-1970.
I remember speaking to Claude Morin when I was a young
boy. He launched his book about economic clout and French
Canadian society. I remember asking him if he was pessimistic.
He said, ‘‘Perhaps I am pessimistic, but the trend is going to
continue.’’
Je me souviens que, quand j’étais petit garçon, j’avais parlé à
M. Claude Morin. Il avait sorti son livre sur la question du poids
économique et de la société canadienne-française. Je me souviens
lui avoir demandé s’il était aussi pessimiste. Il m’avait répondu :
« Je suis peut-être pessimiste, mais la tendance va se maintenir. »
People in a minority situation seem to turn in on themselves,
isolate themselves and cut themselves off from others. An
article in La Presse last Saturday talked about francophones in
Toronto. It was a wake-up call for a lot of people who are saying
that the situation is not as dire as they thought. This is one reality.
They are also seeing that there is an opportunity here, one that is
a bit different perhaps, but an opportunity all the same.
Quand on est dans une situation minoritaire, on a tendance à
se renfermer sur soi-même, à s’isoler et à s’exclure des autres. Un
article paru dans l’édition de La Presse de samedi dernier parlait
des francophones à Toronto. Cela a réveillé beaucoup de gens qui
se sont dit que la situation n’est pas aussi sombre qu’elle le
paraissait, qu’il y a une réalité. On voit autre chose; il y a une
occasion, un peu différente peut-être, mais c’est quand même une
occasion.
I recently wrote an article about appointing judges to the
Supreme Court. I explained that we must ensure that new judges
are able to understand both official languages in order to sit on
the Supreme Court.
Récemment, j’écrivais un article sur la nomination des juges à
la Cour suprême. J’expliquais qu’on doit s’assurer que les
nouveaux juges sont en mesure de comprendre les deux langues
officielles pour siéger à la Cour suprême.
This is one of the only instances where there is an exception to
the Official Languages Act, where there is a clear exception to
having to know both official languages in order to proceed with a
trial in French or English.
Il s’agit de l’une des seules instances où il y a une exception à la
Loi sur les langues officielles qui exclut effectivement, de façon
directe, le fait d’avoir une connaissance des deux langues
officielles pour pouvoir procéder dans un procès de langue
française ou de langue anglaise.
However, you have surely noticed that the majority of bilingual
judges are immigrants, and they are proud to be bilingual. When
someone argues before the Supreme Court, they like to respond in
French. They have developed a sense of pride about being able to
speak in two languages. It is about success and pride.
Cependant, vous devez remarquer que la majorité des juges
bilingues sont des immigrants, et qu’ils sont fiers d’afficher ce
bilinguisme. Quand vous plaidez devant la Cour suprême, ils
aiment vous répondre en français. Ils ont développé cette notion
de fierté de pouvoir s’exprimer dans les deux langues, parce que
c’est aussi une notion de succès, de fierté et de réussite.
The Chair: Mr. LeVasseur, thank you for such an interesting
presentation. Thank you for your recommendations and
suggestions.
La présidente : Monsieur LeVasseur, nous vous remercions
pour votre présentation des plus intéressantes. Merci des
recommandations et des suggestions que vous avez faites au
comité.
We would also like to thank you for being so flexible and
understanding. We had to change the agenda a number of times
to accommodate the minister’s schedule. Thank you very much
for your understanding, and good luck with your classes and
students.
Nous vous remercions surtout pour votre flexibilité et votre
compréhension. Nous avons dû changer l’horaire à plusieurs
reprises en fonction de l’horaire du ministre. Merci beaucoup de
votre compréhension, et bonne chance dans vos cours et avec vos
étudiants.
Mr. LeVasseur: Thank you.
The Chair: We’ll suspend for a few minutes and then come
back for a short time.
(The committee continued in camera.)
M. LeVasseur : Je vous remercie.
La présidente : Je suspends la séance pendant quelques
minutes. Nous allons ensuite reprendre pour une courte période.
(La séance se poursuit à huis clos.)
APPEARING
Monday, May 12, 2014
COMPARAÎT
Le lundi 12 mai 2014
The Honourable Chris Alexander, P.C., M.P., Minister of
Citizenship and Immigration.
L’honorable Chris Alexander, C.P., député, ministre de la
Citoyenneté et de l’Immigration.
WITNESSES
TÉMOINS
Monday, April 28, 2014
Le lundi 28 avril 2014
INRS Urbanisation Culture Société:
INRS Urbanisation Culture Société :
Nicole Gallant, Professor-Researcher (by video conference).
Nicole Gallant, professeure-chercheure (par vidéoconférence).
Table nationale de concertation communautaire en immigration Table nationale de concertation communautaire en immigration
francophone:
francophone :
Ibrahima Diallo, President.
University of Alberta:
Tracey M. Derwing, Professor, Department of Educational
Psychology.
Monday, May 5, 2014
Ibrahima Diallo, président.
Université de l’Alberta :
Tracey M. Derwing, professeure, Département de la psychologie
éducationnelle.
Le lundi 5 mai 2014
Consortium national de formation en santé and Association des Consortium national de formation en santé et Association des universités
universités de la francophonie canadienne:
de la francophonie canadienne :
Jocelyne Lalonde, Executive Director, National Secretariat.
Jocelyne Lalonde, directrice générale, Secrétariat national.
Monday, May 12, 2014
Le lundi 12 mai 2014
Citizenship and Immigration Canada:
Citoyenneté et Immigration Canada :
Corinne Prince-St-Amand, Director General, Integration and
Foreign Credentials Referral Office.
University of Ottawa:
Gilles LeVasseur, Professor, Telfer School of Management.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Corinne Prince-St-Amand, directrice générale, Intégration et Bureau
d’orientation relatif aux titres de compétences étrangers.
Université d’Ottawa :
Gilles LeVasseur, professeur, École de gestion Telfer.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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