First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12

First Session Première session de la Forty-first Parliament, 2011-12
First Session
Forty-first Parliament, 2011-12
Première session de la
quarante et unième législature, 2011-2012
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Official Languages
Langues officielles
Chair:
The Honourable MARIA CHAPUT
Présidente :
L’honorable MARIA CHAPUT
Monday, November 5, 2012
Monday, November 19, 2012
Monday, November 26, 2012
Le lundi 5 novembre 2012
Le lundi 19 novembre 2012
Le lundi 26 novembre 2012
Issue No. 13
Fascicule no 13
Eighth, ninth and tenth meetings on:
Huitième, neuvième et dixième réunions concernant :
CBC/Radio-Canada’s obligations under
the Official Languages Act and some aspects
of the Broadcasting Act
Les obligations de CBC/Radio-Canada en vertu de
la Loi sur les langues officielles et de certains aspects
particuliers de la Loi sur la radiodiffusion
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49785-49815-49846
STANDING SENATE COMMITTEE
ON OFFICIAL LANGUAGES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES LANGUES OFFICIELLES
The Honourable Maria Chaput, Chair
Présidente : L’honorable Maria Chaput
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Andrée Champagne, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Charette-Poulin
Comeau
* Cowan
(or Tardif)
De Bané, P.C.
Fortin-Duplessis
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
McIntyre
Poirier
Tardif
Charette-Poulin
Comeau
* Cowan
(ou Tardif)
De Bané, C.P.
Fortin-Duplessis
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
McIntyre
Poirier
Tardif
*Ex officio members
* Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Charette-Poulin replaced the
Honourable Senator Robichaud, P.C. (November 26, 2012).
L’honorable sénateur Charette-Poulin a remplacé l’honorable
sénateur Robichaud, C.P. (le 26 novembre 2012).
The Honourable Senator Comeau replaced the Honourable
Senator Mockler (November 26, 2012).
L’honorable sénateur Comeau a remplacé l’honorable sénateur
Mockler (le 26 novembre 2012).
The Honourable Senator Robichaud, P.C. replaced the
Honourable Senator Callbeck (November 6, 2012).
L’honorable sénateur Robichaud, C.P., a remplacé l’honorable
sénateur Callbeck (le 6 novembre 2012).
The Honourable Senator Callbeck replaced the Honourable
Senator Robichaud, P.C. (October 30, 2012).
L’honorable sénateur Callbeck a remplacé l’honorable sénateur
Robichaud, C.P. (le 30 octobre 2012).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
26-11-2012
Langues officielles
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Monday, November 5, 2012
(33)
OTTAWA, le lundi 5 novembre 2012
(33)
[Translation]
13:3
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the Chair, the
Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous
la présidence de l’honorable Maria Chaput (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Callbeck, Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., FortinDuplessis, McIntyre, Poirier and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Callbeck, Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., FortinDuplessis, McIntyre, Poirier et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament; Brigitte
Lemay, Communications Officer, Senate Communications
Directorate.
Aussi présentes : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; Brigitte Lemay, agente de communications, Direction
des communications du Sénat.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 17, 2011, the committee continued its study
on the CBC/Radio-Canada’s obligations under the Official
Languages Act and some aspects of the Broadcasting Act. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
17 novembre 2011, le comité continue son étude sur les
obligations de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les
langues officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESS:
TÉMOIN :
As an individual:
À titre personnel :
Florian Sauvageau, Professor Emeritus at the Department of
Information and Communication at Université Laval, and
Chair of the Centre d’études sur les médias.
Mr. Sauvageau made an opening statement and answered
questions.
At 6:35 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, November 19, 2012
(34)
[Translation]
Florian Sauvageau, professeur émérite au Département
d’information et de communication de l’Université Laval
et président du Centre d’études sur les médias.
M. Sauvageau fait une présentation et répond aux questions.
À 18 h 35, la séance est levée jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 19 novembre 2012
(34)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:05 p.m., in room 9, Victoria Building, the Chair, the
Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 05, dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Maria Chaput (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., Fortin-Duplessis,
McIntyre, Mockler, Poirier and Robichaud, P.C. (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., Fortin-Duplessis,
McIntyre, Mockler, Poirier et Robichaud, C.P. (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament;
Brigitte Lemay, Communications Officer, Senate
Communications Directorate.
Aussi présentes : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement; Brigitte Lemay, agente de communications, Direction
des communications du Sénat.
13:4
Official Languages
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
26-11-2012
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 17, 2011, the committee continued its study
on the CBC/Radio-Canada’s obligations under the Official
Languages Act and some aspects of the Broadcasting Act. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
17 novembre 2011, le comité continue son étude sur les
obligations de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les
langues officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Assemblée de la francophonie de l’Ontario:
Assemblée de la francophonie de l’Ontario :
Denis B. Vaillancourt, President;
Denis B. Vaillancourt, président;
Peter Hominuk, Director General.
Peter Hominuk, directeur général.
Alliance culturelle de l’Ontario:
Alliance culturelle de l’Ontario :
Marie Ève Chassé, President;
Marie Ève Chassé, présidente;
Nathalie McNeil, Director General, Alliance des producteurs
francophones du Canada.
Nathalie McNeil, directrice générale, Alliance des producteurs
francophones du Canada.
S.O.S. CBEF:
S.O.S. CBEF :
Nicole Larocque, President;
Nicole Larocque, présidente;
Karim Amellal, Vice-President.
Karim Amellal, vice-président.
Mr. Vaillancourt, Ms. Chassé and Ms. Larocque made
statements and, with the assistance of Mr. Hominuk,
Ms. McNeil and Mr. Amellal, answered questions.
At 6:44 p.m., the committee suspended.
M. Vaillancourt, Mmes Chassé et Larocque font une
présentation et, avec M. Hominuk, Mme McNeil et
M. Amellal, répondent aux questions.
À 18 h 44, la séance est suspendue.
At 6:54 p.m., pursuant to rule 12-16(1)(d), the committee
resumed in camera to consider a draft agenda (future business).
À 18 h 54, conformément à l’article 12-16(1)d) du Règlement,
la séance reprend à huis clos pour examiner un projet d’ordre du
jour (travaux futurs).
At 7:02 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 2, la séance est levée jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, November 26, 2012
(35)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 26 novembre 2012
(35)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m., in room 9, Victoria Building, the Chair, the
Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous
la présidence de l’honorable Maria Chaput (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Chaput, Charette-Poulin, Comeau, De Bané, P.C., FortinDuplessis, McIntyre, Poirier and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Chaput, Charette-Poulin, Comeau, De Bané, C.P., FortinDuplessis, McIntyre, Poirier et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
26-11-2012
Langues officielles
13:5
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Thursday, November 17, 2011, the committee continued its study
on the CBC/Radio-Canada’s obligations under the Official
Languages Act and some aspects of the Broadcasting Act. (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 8.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le jeudi
17 novembre 2011, le comité continue son étude sur les
obligations de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les
langues officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 8 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
Société nationale de l’Acadie:
Société nationale de l’Acadie :
René Légère, President;
René Légère, président;
Amely Friollet O’Neil, Vice-President.
Amely Friollet O’Neil, vice-présidente.
As an individual:
À titre personnel :
Marie-Linda Lord, former Research Chair in Acadian Studies,
University of Moncton.
Marie-Linda Lord, ancienne titulaire, Chaire de recherche en
études acadiennes, Université de Moncton.
Association acadienne des artistes professionnel.le.s du NouveauBrunswick:
Association acadienne des artistes professionnel.le.s du NouveauBrunswick :
Carmen Gibbs, Executive Director;
Carmen Gibbs, directrice générale;
Jean-Pierre Caissie, Head of Communications.
Jean-Pierre Caissie, responsable des communications.
Association acadienne des journalistes:
Association acadienne des journalistes :
Pascal Raiche-Nogue, Acting President;
Pascal Raiche-Nogue, président par intérim;
Patrick Lacelle, Treasurer;
Patrick Lacelle, trésorier;
Karine Godin, Advisor.
Karine Godin, conseillère.
Mr. Légère, Ms. Lord, Ms. Gibbs, Mr. Caissie and
Mr. Raiche-Nogue made statements and, with the assistance of
Ms. Friollet O’Neill, Ms. Godin and Mr. Lacelle, answered
questions.
M. Légère et Mmes Lord et Gibbs et MM. Caissie et RaicheNogue font une présentation et, avec Mmes Friollet O’Neil et
Godin et M. Lacelle, répondent aux questions.
At 7:33 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 33, la séance est levée jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Danielle Labonté
Clerk of the Committee
13:6
Official Languages
26-11-2012
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, November 5, 2012
OTTAWA, le lundi 5 novembre 2012
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m. to study CBC/Radio-Canada’s obligations
under the Official Languages Act and some aspects of the
Broadcasting Act.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour étudier les obligations de CBC/
Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues officielles et de
certains aspects de la Loi sur la radiodiffusion.
Senator Maria Chaput (Chair) in the chair.
[English]
The Chair: I am pleased to welcome you to this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages. My name is
Maria Chaput. I am a senator from the province of Manitoba and
I chair the committee.
[Translation]
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
[Traduction]
La présidente : Je suis heureuse de vous accueillir à cette
réunion du Comité sénatorial permanent des langues officielles. Je
m’appelle Maria Chaput. Je suis sénateur pour la province du
Manitoba et présidente du comité.
[Français]
Before introducing today’s witness, I would like the committee
members to introduce themselves.
Avant de présenter le témoin qui comparaît aujourd’hui,
j’invite les membres du comité à se présenter.
Senator Champagne: Good afternoon. I am Andrée
Champagne, from Sainte-Hyacinthe, Quebec.
Le sénateur Champagne : Bonjour. Je suis Andrée Champagne,
de Sainte-Hyacinthe, au Québec.
Senator Poirier: Senator Rose-May Poirier, from Saint-Louisde-Kent, in New Brunswick.
Le sénateur Poirier : Je suis Rose-May Poirier, sénateur de
Saint-Louis-de-Kent, au Nouveau-Brunswick.
Senator Fortin-Duplessis: Senator Suzanne Fortin-Duplessis,
from Quebec City.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je suis le sénateur Suzanne
Fortin-Duplessis, de la ville de Québec.
Senator McIntyre: Good afternoon. I am Senator Paul
McIntyre, from Charlo, New Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Bonjour, je suis Paul McIntyre,
sénateur de Charlo, au Nouveau-Brunswick.
Senator De Bané: Hello. Pierre De Bané, from Quebec. As luck
would have it, I was a student at Université Laval at the same
time as Mr. Sauvageau, in the early 1960s, at the beginning of the
Quiet Revolution.
Le sénateur De Bané : Bonjour, je suis Pierre De Bané,
sénateur du Québec. Les circonstances ont fait que j’ai été
étudiant à l’Université Laval en même temps que M. Florian
Sauvageau au début des années 1960, au début de la Révolution
tranquille.
[English]
Senator Callbeck: Catherine Callbeck, from Prince Edward
Island.
[Translation]
Senator Tardif: Senator Claudette Tardif, of Alberta.
[Traduction]
Le sénateur Callbeck : Catherine Callbeck, de l’Île-du-PrinceÉdouard.
[Français]
Le sénateur Tardif : Je suis le sénateur Claudette Tardif, de
l’Alberta.
The Chair: The committee is continuing its study of
CBC/Radio-Canada’s obligations under the Official Languages
Act and some aspects of the Broadcasting Act. We have with us
today Florian Sauvageau, Professor Emeritus at the Department
of Information and Communication at Université Laval, and
Chair of the Centre d’études sur les médias.
La présidente : Le comité poursuit son étude des obligations de
CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues officielles et
de certains aspects particuliers de la Loi sur la radiodiffusion.
Nous accueillons aujourd’hui, M. Florian Sauvageau, professeur
émérite au Département d’information et de communication de
l’Université Laval, et président du Centre d’études sur les médias.
Mr. Sauvageau recently co-authored a publication entitled La
télévision de Radio-Canada et la conscience politique au Québec.
Mr. Sauvageau, on behalf of the committee members, I thank you
for taking the time to join us today to share your perspective as it
relates to our study and to answer our questions. You may now
take the floor. Once you have finished, the senators will ask you
questions.
Monsieur Sauvageau a récemment codirigé un ouvrage intitulé
La télévision de Radio-Canada et la conscience politique au Québec.
Monsieur Sauvageau, au nom des membres du comité, je vous
remercie de prendre le temps de nous présenter votre point de vue
dans le cadre de notre étude et de répondre à nos questions. Je
vous invite maintenant à prendre la parole et les sénateurs
suivront avec des questions.
26-11-2012
Langues officielles
13:7
Florian Sauvageau, Professor Emeritus at the Department of
Information and Communication at Université Laval, and Chair of
the Centre d’études sur les médias, as an individual: Thank you,
Madam Chair, for inviting me. Hello everyone, and a special hello
to my former Université Laval classmate from the 1960s, Senator
De Bané, whose recent work I read with great interest.
Florian Sauvageau, professeur émérite au Département
d’information et de communication de l’Université Laval et
président du Centre d’études sur les médias, à titre personnel :
Merci beaucoup, madame la présidente, de cette invitation. J’en
profite moi aussi pour vous saluer et pour dire bonjour à mon
ancien collègue de l’Université Laval dans les années 1960, le
sénateur De Bané, dont j’ai lu les travaux récents avec grand
intérêt.
I was told that I had five or six minutes to give my
presentation, after which I would answer questions. With your
permission, I will share a few specific points that are important to
me and that may help inform the discussion afterwards. It is up to
you.
On m’a dit que j’avais cinq ou dix minutes de présentation et
qu’ensuite je répondrais aux questions. Si vous le voulez bien, je
vais donner quelques points précis des choses auxquelles je crois et
peut-être que ce sera utile ensuite pour les questions. Ce sera à
vous de décider.
I will begin with a quote. You mentioned the book we
published in September. It is a collective work on Radio-Canada,
clearly with a focus on Radio-Canada’s role in Quebec, during the
Quiet Revolution, in particular. The book also recalls the fact
that, in playing such a pivotal role in the transformation of
Quebec society at the time, Radio-Canada’s overly Quebeccentric approach very likely served as a foil to francophones in
other provinces.
Je vais commencer avec une citation. Vous avez fait état du
livre qu’on a publié au mois de septembre. C’est un ouvrage
collectif sur Radio-Canada, évidemment qui est axé sur le rôle
qu’a joué Radio-Canada au Québec, surtout au moment de la
Révolution tranquille, mais qui évoque au passage le fait qu’en
étant à ce point utile à la transformation de la société québécoise à
l’époque, à mon avis, il est fort possible que Radio-Canada, en
étant trop centré sur le Québec, ait pu jouer une espèce de rôle de
repoussoir vis-à-vis les francophones des autres provinces.
I wanted to begin by citing a paragraph from the presentation.
The study Senator De Bané published a few weeks ago indicates
that 40 per cent of the news coverage on Radio-Canada’s
Téléjournal program is devoted to Quebec. That is a
tremendous improvement over the past decade. In my
document, I refer to another study, published in 2000, that
provides a content analysis.
Je voudrais commencer en citant un paragraphe du texte de
présentation. L’étude, que le sénateur De Bané a publiée il y a
quelques semaines, dit que 40 p. 100 des nouvelles au Téléjournal
de Radio-Canada sont consacrées au Québec. Je vois là une
grande amélioration depuis 10 ans parce que dans mon texte, j’ai
cité une autre étude, un ouvrage publié en 2000, qui fait une
analyse de contenu.
Obviously, it would be necessary to compare the methods used.
Were they the same? Are they comparable? According to the
2000 study, authored by Denis Fortier, Quebec accounted for
60 per cent of Radio-Canada’s televised news coverage. Today’s
figure is 40 per cent, which reflects an improvement, all the better.
The authors of the study attribute Radio-Canada’s high
percentage of Quebec-centric coverage to stiff competitor TVA,
which devotes 80 per cent of its coverage to Quebec. That is an
argument everyone is familiar with.
Évidemment, il faudrait pouvoir comparer les méthodes. Est-ce
qu’elles sont les mêmes? Est-ce qu’elles se comparent? À cette
époque, en 2000, dans cette étude de Denis Fortier, le Québec
était présent à 60 p. 100 dans les nouvelles télévisées de RadioCanada. Donc on est maintenant à 40 p. 100, c’est que la
situation s’est améliorée, tant mieux. Et les auteurs de cette étude
disent que ce pourcentage élevé à Radio-Canada est un argument
que vous connaissez, par la forte concurrence avec TVA, dont
80 p. 100 des nouvelles sont consacrées au Québec.
I am going to read a brief quote of mine.
This data confirms what often strikes me as the parochial
nature of Quebec television. They also illustrate the fact that
francophones outside Quebec often feel like outcasts on
Radio-Canada’s airwaves. One thing, however, is
undeniable: more than 90 per cent of the French-language
TV audience lives in Quebec. How does an organization
serve its majority audience, while reaching French speakers
outside Quebec who do not see themselves reflected in
overwhelmingly Quebec-focused institutions? Nevertheless,
that is Radio-Canada’s dilemma and the mandate imposed
on it. To liken it to a mission impossible is not that farfetched.
Je vais me citer pendant quelques lignes.
Ces données confirment ce qui me semble souvent être le
caractère paroissial de la télévision québécoise. Elles
permettent de même de comprendre les francophones hors
Québec qui se sentent souvent étrangers à l’antenne de
Radio-Canada. En revanche, un fait reste inéluctable. Plus
de 90 p. 100 des spectateurs de la télévision de langue
française vivent au Québec. Comment servir cet auditoire
largement majoritaire et, en même temps, les francophones
hors Québec qui ne se reconnaissent pas dans des instituts si
largement québécois? C’est pourtant ce qu’on attend de
Radio-Canada et ce que prévoit son mandat. Ce n’est pas
loin d’une mission impossible.
13:8
Official Languages
26-11-2012
Radio-Canada has to remain relevant to Quebec. I made that
clear in the quote. There is no doubt that Quebec media are much
too narrow-minded. I believe they do not focus enough on what
happens in English-speaking Canada or around the world. But
the French-language radio and TV broadcasting networks must
be viewed against the backdrop of Quebec media as a whole.
Radio-Canada doit rester pertinente au Québec, je viens de le
dire en le citant Il est certain que les médias québécois ont un
caractère paroissial évident. À mon avis, ils s’intéressent trop peu
à ce qui se passe au Canada anglais et à ce qui se passe à
l’étranger. Mais il faut voir le réseau français radio-télévision dans
le contexte de l’ensemble des médias québécois.
If the rest of Canada is given more coverage, similar to the
focus CBC places on the entire country, Radio-Canada’s audience
will no doubt dwindle, chipping away at its relevance to Quebec.
Conversely, given the parochial mindset of all Quebec media,
Radio-Canada is still, despite its flaws, the main window on the
world and the rest of Canada.
Si une importance est accordée au reste du Canada, comme
celle qu’accorde CBC/Radio-Canada, par exemple, à l’ensemble
du pays, il est certain que l’écoute de Radio-Canada va
dégringoler et que Radio-Canada sera de moins en moins
pertinente au Québec, alors que, compte tenu de ce caractère
paroissial de l’ensemble des médias québécois que je viens
d’évoquer, Radio-Canada est, malgré ses failles, le principal
outil qui sert de fenêtre sur le monde et sur le reste du Canada.
Without Radio-Canada, international news coverage would be
in a sorry state, as is often the case. There are exceptions. For
instance, La Presse has been making a considerable effort in
recent years. However, with its foreign correspondents and
Canadian reporters, Radio-Canada still provides us with a
window on the world. Only Radio-Canada is equipped to
maintain a network of correspondents outside Quebec, as it
does now.
S’il n’y avait pas Radio-Canada, la couverture internationale
serait comme elle l’est souvent, désolante. Il y a des exceptions.
Par exemple, le journal La Presse fait de grands efforts depuis
quelques années. C’est quand même Radio-Canada qui, avec ses
correspondants à l’étranger et à travers les yeux de journalistes
canadiens, nous donne un regard sur le monde. Et il n’y a que
Radio-Canada qui puisse déployer un réseau de correspondants à
l’extérieur du Québec comme celui qui existe à l’heure actuelle.
That is my first point. I am saying it is a mission impossible for
Radio-Canada to serve francophones outside Quebec and
Quebecers simultaneously. I have previously compared the task
to squaring a circle.
C’est mon premier commentaire. Je dis que c’est mission
impossible de servir à la fois les francophones hors Québec et les
Québécois. J’ai déjà dit que c’était la quadrature du cercle qu’on
demandait à Radio-Canada.
The complaints of francophones outside Quebec are perfectly
valid. That is not the problem; the problem is finding solutions.
Personally, I think technology can deliver solutions that work for
both sides. In addition, you discussed the mandate of the
committee dealing with the Montreal-centric approach to
production, saying it was often appalling.
Les plaintes des francophones hors Québec sont tout à fait
légitimes. Le problème n’est pas là; le problème est de trouver des
solutions. Personnellement, je pense que la technologie permet de
trouver des solutions qui satisfassent les uns et les autres.
Deuxièmement, vous avez parlé du mandat du comité de la
montréalisation des ondes, disant qu’elle était souvent déplorable.
In something else I wrote, I explained just how surreal that
was, in my view. A few years ago, I was on holiday on the Pacific
coast. I was on my way from Seattle to Vancouver, and I was
listening to the Radio-Canada radio broadcast from Vancouver,
but with programs produced in Montreal. It can be ridiculous to
hear Montreal programming when you are nowhere near
Montreal. The regions in Quebec have that problem as well.
Dans un autre texte que j’ai rédigé, j’explique à quel point je
trouvais cela surréaliste. Il y a quelques années j’étais en vacances
sur la côte du Pacifique et j’écoutais entre Seattle et Vancouver la
radio de Radio-Canada diffusée à Vancouver mais avec des
émissions faites à Montréal. C’est parfois ridicule d’entendre, si
on est loin de Montréal, des émissions qui viennent de Montréal.
C’est un problème aussi pour les régions au Québec.
The Montreal-centric approach does, however, have its
advantages. If we look back to Radio-Canada’s role in
Quebec’s political awakening, it is attributable to the drama
programming transmitted to the regions, live shows and concerts
only put on in Montreal; those in the regions were able to access
these programs created in Montreal.
Mais en même temps, la montréalisation des ondes, elle n’a pas
que des défauts. Si on revient au rôle qu’a joué Radio-Canada
dans l’évolution de la conscience politique au Québec, c’est parce
qu’on a diffusé en région des productions dramatiques, des
émissions de théâtre, des concerts que seule Montréal pouvait
s’offrir, que les gens des régions ont eu accès à ces émissions faites
à Montréal.
The TV world struggles with this problem all over. Twenty-five
years ago, I co-chaired the broadcasting policy group that led to
the 1991 act. When commenting on the report after it was
published, I made a lot of enemies by saying drama television
series were as likely to be shot in Chicoutimi or Maniwaki as they
were in Regina or Whitehorse. That is impossible. You have to be
realistic.
C’est un problème de la télévision un peu partout dans le
monde. Il y a 25 ans, quand j’avais coprésidé un groupe de
réflexion sur la radiodiffusion qui a mené à la loi de 1991,
lorsqu’on commentait le rapport après sa publication, je me suis
fait beaucoup d’ennemis en disant qu’on n’allait pas faire de
téléromans à Chicoutimi ou à Maniwaki, pas plus qu’à Regina ou
à Whitehorse. C’est impossible. Il faut être réaliste.
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In France, they do not film major dramas for the national
television network in Dijon or Brest. The same goes for the
United States. Critical masses emerge in big cities, where the
creators are and where artists can earn a living, be film or stage
actors, do commercials and so forth. Large-scale productions are
possible only in those big cities.
En France, on ne fait pas non plus de grandes productions
dramatiques à la télévision nationale à partir de Dijon ou de
Brest. Et c’est la même chose aux États-Unis. Il y a des masses
critiques qui se tissent, de créateurs dans les grandes villes, où les
artistes peuvent gagner leur vie, faire du cinéma, de la publicité,
du théâtre, et c’est c’est seulement dans ces lieux qu’on peut faire
de très grandes productions.
So the production focus on Montreal does have merit, even
though it also has serious drawbacks. I would also say that
Radio-Canada is making an effort, an effort that gets on my
nerves given the need to balance national, regional and local
coverage. This year, for example, a decision on hourly news
broadcasts was made. All news programming, besides the
8 o’clock, noon and five o’clock broadcasts, would be done in
the regions. The result is disappointing: exclusively local coverage.
Donc, la montréalisation n’a pas que des défauts, bien que cela
ait aussi de grands défauts. Je trouve également que RadioCanada fait des efforts, des efforts qui m’agacent, parce qu’il faut
un équilibre entre l’information nationale, l’information régionale
et l’information locale. Cette année, par exemple, on a décidé que
les bulletins de nouvelles aux heures, sauf les grands rendez-vous
de huit heures, midi et 17 heures, les autres bulletins sont préparés
dans les régions, ce qui conduit à une information de proximité
qui est désolante.
We do not have access to the national or international news, or
provincial news in the case of Quebec. The coverage has to focus
on what is happening on the street in Quebec City or Sept-Îles,
and I find that unfortunate. A balance between national and local
news is necessary.
On est privés d’informations nationales, internationales ou
provinciales dans le cas du Québec. Il faut qu’on nous dise ce qui
se passe au coin de la rue à Québec ou à Sept-Îles, et je trouve que
c’est désolant. On a besoin d’un équilibre entre l’information
nationale et l’information locale.
I have two more comments, and then I will wrap it up. I think
it is a mistake to compare the English and French networks. In
fact, section 3(1)(c) of the 1991 Broadcasting Act reads as follows:
J’ai encore deux commentaires puis, ensuite c’est terminé. Je
crois que c’est une erreur de comparer les réseaux anglais et les
réseaux français. D’ailleurs, la loi de 1991, à l’article 3(1)c) et je lis
l’article :
English and French language broadcasting, while sharing
common aspects, operate under different conditions and
may have different requirements.
Les radiodiffusions de langue française et anglaise,
malgré certains points communs, diffèrent quant à leurs
conditions d’exploitation et éventuellement quant à leurs
besoins.
That section makes it clear that the 10 o’clock nightly
newscasts cannot be identical in French and in English. Not
only would it be impossible, but it would also be completely
ridiculous. At that rate, the French-language newscast would be
just as surreal in Quebec as what I heard on the Pacific coast a
number of years back, in the example I mentioned earlier.
Cet article de loi permet de comprendre qu’on ne peut pas
avoir un téléjournal le soir à 22 heures qui soit semblable en
français et en anglais. Non seulement c’est impossible, ce serait
totalement ridicule. À ce régime, le téléjournal du réseau français
serait tout aussi surréaliste au Québec que ce que j’écoutais sur la
côte du Pacifique il y a maintenant plusieurs années et que j’ai
évoqué tout à l’heure.
That said, it is true that Radio-Canada does not provide
enough coverage of top news items from English Canada. One
such example is the lack of coverage surrounding China’s
takeover of the Nexen oil company in Alberta, a story that
should be receiving a lot more attention in Quebec. The whole
debate over the western pipeline towards the Pacific coast is very
important. Those are national news stories that the Frenchlanguage network should be covering a lot more. There is still a
ways to go, but it is all a matter of balance, as with everything in
life.
Cela dit, il est vrai que Radio-Canada ne diffuse pas assez
d’informations importantes du Canada anglais. Par exemple,
toute l’affaire de l’acquisition par la Chine de l’entreprise
pétrolière de Nexen en Alberta devrait être diffusée beaucoup
plus au Québec. Tout le débat sur le pipeline dans l’Ouest vers la
côte du Pacifique, tout cela est très important. Ce sont des
nouvelles d’envergure nationale qui devraient être diffusées
beaucoup plus au réseau français. Il y a encore du travail à
faire, mais dans la vie tout est une affaire d’équilibre.
In addition, I believe there are other tools we can use to serve
francophones outside Quebec. One of the things I am proudest of,
in terms of the work I did alongside Gerry Caplan in the mid1980s, is that the report led to the creation of community radio
stations, at the behest of young French Canadians. Our report
Et je pense que pour servir les francophones hors Québec, il y a
aussi d’autres outils. Une des choses dont je suis le plus fier du
rapport qu’on a fait avec Gerry Caplan au milieu des années 1980,
c’est que ce rapport a conduit, parce qu’on a retenu les
propositions des jeunes Canadiens français, à la création des
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Official Languages
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expressed support for that proposal. Community radio became a
tool recognized under the Broadcasting Act, in the same ways as
the public and private sectors.
radios communautaires. On a reconnu cette proposition. Les
radios communautaires sont devenus un outil reconnu par la Loi
sur la radiodiffusion au même titre que les secteurs public et privé.
Since then, community radio has provided a very important
service to minority communities and francophone communities
outside Quebec. Radio-Canada is not the be-all and end-all. It is
also possible to develop tools that are often better suited to the
needs of francophone communities outside Quebec, as opposed to
the services of a giant organization like Radio-Canada.
Depuis cette époque, les radios communautaires ont joué un
rôle très important au service des communautés minoritaires et
des communautés francophones hors Québec. Il n’y a pas de
Radio-Canada dans la vie. On peut aussi développer des outils
souvent plus adaptés aux besoins des communautés francophones
hors Québec, plutôt que les services d’une énorme entreprise
comme Radio-Canada.
I have always held that the small radio stations operating out
west before Radio-Canada came along, such as CKSB in
Manitoba, were much more useful to their respective
communities than Radio-Canada was afterwards. To some
extent, community radio marks a return to those small radio
stations that were deeply rooted in their communities and tailored
to their needs.
J’ai toujours cru qu’avant l’arrivée de Radio-Canada, les
petites chaînes radio qui existaient dans l’Ouest, comme CKSB au
Manitoba, étaient beaucoup plus utiles à leur communauté que
Radio-Canada ne l’a été après. Avec les radios communautaires,
on revient un peu à ce qu’étaient ces petites chaînes radio qui
étaient ancrées dans les communautés et répondaient aux besoins
de la communauté.
One last thing: it seems high time to review CBC/RadioCanada’s mandate and to incorporate a new media component. I
know you recently put out a report on new media. It is safe to say
we are moving into the future. And, in some respects, the
Broadcasting Act no longer makes sense. Asking CBC/RadioCanada to contribute to a shared national consciousness no
longer makes sense for 5, 6 or 7 per cent of the audience.
Dernière chose, il semble qu’il est grand-temps de revoir le
mandat de Radio-Canada et d’y intégrer une réflexion sur les
nouveaux médias. Je sais que vous avez récemment publié un
rapport sur les nouveaux médias. On peut dire qu’on est sur la
voie de l’avenir. Par certains aspects, la Loi sur la radiodiffusion
n’a plus de sens. Demandez à CBC/Radio-Canada, par exemple,
de contribuer au partage d’une conscience nationale. Cela n’a plus
de sens avec cinq, six ou sept p. 100 de l’écoute.
Back when section 3 of the Broadcasting Act was designed, we
were light years behind the high-tech era of today. There is no
doubt that the time has come to review the Broadcasting Act and
CBC/Radio-Canada’s mandate. I may have exaggerated slightly
in the short notes I sent this morning when I said it was time to
ignore section 3 altogether. I know it has tremendous symbolic
significance, but we must stop viewing it as a general rule. We
cannot deny that it needs changing if we want it to do a better job
of reflecting the times we live in.
On a conçu l’article 3 de la Loi sur la radiodiffusion à une
époque qui est à des années-lumière de l’époque technologique
actuelle. C’est bien évident qu’il faut revoir la Loi sur la
radiodiffusion et le mandat de Radio-Canada. Dans les petites
notes que j’ai envoyées ce matin, j’ai peut-être exagéré un peu en
disant qu’il fallait cesser de considérer l’article 3. Je sais qu’il a
une grande valeur symbolique, mais il faut cesser de le considérer
comme une encyclique. Il faut accepter de le modifier afin qu’il
réponde mieux à l’époque actuelle.
Thank you for listening, and it would now be my pleasure to
answer your questions.
Merci beaucoup de m’avoir écouté et je suis heureux de
répondre à vos questions maintenant.
The Chair: Thank you kindly, sir. Senator Fortin-Duplessis
will put the first question, followed by Senator Champagne.
La présidente : Merci beaucoup monsieur. La première
question sera posée par le sénateur Fortin-Duplessis suivie du
sénateur Champagne.
Senator Fortin-Duplessis: I too attended Université Laval,
though a little after you did. I am glad to have you with us today.
My colleague, Senator Champagne, and I were both members of
the House of Commons when you were appointed Co-chair of the
Task Force on Broadcasting Policy, the Caplan-Sauvageau task
force. In your brief, you quoted from that report, which led to a
comprehensive review of the Broadcasting Act.
Le sénateur Fortin-Duplessis : J’ai aussi fréquenté l’Université
Laval, mais un peu après vous. Je suis heureuse de vous recevoir
aujourd’hui. Avec ma collègue, le sénateur Champagne, nous
étions députée, à l’autre endroit, au moment où vous avez été
nommé comme coprésident du groupe de travail sur la
radiodiffusion, Caplan-Sauvageau, que vous avez cité dans le
mémoire que vous nous avez envoyé, et qui a mené à une révision
en profondeur de la Loi sur la radiodiffusion.
My question is this. Can you compare what was happening at
CBC/Radio-Canada across the country between 1986 and the
time you published your report? Furthermore, where do things
Ma question est la suivante : pouvez-vous comparer ce qui se
passait à la Société Radio-Canada à travers le pays, de 1986
jusqu’au moment où vous avez publié votre rapport? Aussi,
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stand now in terms of the French services that francophone
communities across the country are supposed to receive?
qu’est-ce qui se passe maintenant par rapport aux services en
français qui devraient être donnés aux communautés
francophones à travers le pays?
Mr. Sauvageau: I can go back even further if you like, prior to
the Caplan-Sauvageau task force. In the late 1960s, I was a
reporter at Radio-Canada, and then in the 1970s. In the early
1980s, I still worked there on contract. I was never an employee of
Radio-Canada, but I did do a lot of programs under yearly
contracts.
M. Sauvageau : Si vous voulez, je peux même remonter à
l’époque avant le groupe de travail Caplan-Sauvageau. Vers la fin
des années 1960, j’ai été journaliste à Radio-Canada et, ensuite,
pendant les années 1970. Au début des années 1980, j’ai encore
travaillé comme contractuel. Je n’ai jamais été un employé de
Radio-Canada, mais j’ai fait beaucoup d’émissions comme
contractuel sur une base annuelle.
Those were politically charged times. I can remember being
told that my programs did not feature the Rockies enough. The
fact that Radio-Canada is said to focus on Quebec has always
been an issue. What we said in the Caplan-Sauvageau report was
that if the report was fully implemented, it certainly would not
have pleased French-speaking communities outside Quebec.
À ce moment-là, la période vécue était une période politique. Je
me souviens m’être fait dire que dans mes émissions on ne voyait
pas assez les Rocheuses. Le fait qu’on dise que Radio-Canada est
centrée sur le Québec a toujours été un problème. Ce qu’on avait
mentionné dans le rapport Caplan-Sauvageau, c’est que si on
avait appliqué le rapport intégralement, ça n’aurait certainement
pas satisfait les communautés francophones hors Québec.
We suggested having news stations all over but consolidating
all other types of production. There is more than just news
programming; there are also dramas and variety shows.
Everything is done in Montreal, and that has its advantages.
But the report called for a greater focus on four hubs: Montreal,
Quebec City, Moncton and Ottawa. I am not saying that nothing
is done outside those hubs, on the contrary.
On avait suggéré de maintenir partout des stations
d’information, mais de regrouper toutes autres productions.
Parce qu’il n’y a pas que l’information; il y a aussi les
dramatiques et les variétés. Tout se fait à Montréal et il y a de
bons côtés à cela. Mais le rapport recommandait qu’on accorde
plus d’importance à quatre centres qui sont Montréal, Québec,
Moncton et Ottawa. Je ne dis pas qu’il ne se fait rien à l’extérieur
de ces quatre centres. Au contraire.
I recently met a woman from the Conseil de la langue française
who was awarded the Ordre des francophones d’Amérique. She
single-handedly carries on all kinds of French-language activities
in Whitehorse, in the Yukon. The contribution that francophones
outside Quebec make is quite something, but you cannot film a
13-week television series in Whitehorse.
Récemment, j’ai rencontré une dame au Conseil de la langue
française, à qui on a décerné l’Ordre des francophones
d’Amérique. Elle maintient à bout de bras toutes sortes
d’activités de langue française à Whitehorse, au Yukon. Ce que
font les francophones hors Québec est assez extraordinaire, mais à
Whitehorse vous ne pouvez pas faire le tournage d’un téléroman
qui va durer 13 semaines.
Frankly, I think Radio-Canada is trying to make
improvements. Usually, I do more criticizing than praising
when it comes to Radio-Canada. For instance, every day
around lunch time, I am in my car listening to Michel Auger’s
news program between 11:30 a.m. and noon. He always deals with
a topic from some corner of the country or another, a topic that
unfortunately holds no interest for some listeners.
Franchement, je crois que Radio-Canada tente d’améliorer la
situation. Je suis souvent plus critique que positif vis-à-vis RadioCanada. Par exemple, tous les midis je suis dans ma voiture et
entre 11 h 30 et midi, j’écoute l’émission d’information animée
par Michel Auger. Il y a toujours un sujet qui vient d’un des
quatre coins du Canada et qui est, hélas, sans intérêt.
At its regional stations, Radio-Canada must also endeavour to
cover local news at the national level. It is not the same as
covering a local news item in a community. That type of coverage
is a true reflection of what is happening locally, but if your aim is
to interest a national audience, you have to rethink your news
item; you have to put it in a context that people understand.
Otherwise, it does not work.
Dans les stations régionales, il faut aussi que Radio-Canada
fasse un effort pour diffuser de l’information locale au niveau
national. Ce n’est pas comme diffuser une information dans une
communauté. Là vous feriez de l’information miroir, mais si vous
voulez que votre information soit intéressante au plan national, il
faut la refaire, lui donner du contexte pour que les gens
comprennent. Autrement ça ne fonctionne pas.
As I see it, the impact on me, as a listener in Quebec City, is a
negative one because I am not interested. It might, however,
interest me if it were covered in a different way.
Selon ma propre perspective, moi qui écoute ça à Québec,
l’effet est négatif parce que ce n’est pas intéressant. En fait, ça
pourrait m’intéresser si c’était fait autrement.
Senator Fortin-Duplessis: Like you, I think it is important for
us to hear about what is going on in other French-speaking
communities around the country. Perhaps, as you say, the
Le sénateur Fortin-Duplessis : Tout comme vous, je crois qu’il
serait important qu’on nous informe sur ce qui se passe dans les
autres communautés francophones à travers le pays. Comme vous
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information should be covered in a better way to make it more
relevant to people, because I, personally, would like to know
more.
dites, peut-être qu’on devrait améliorer la façon de le faire pour
que ça devienne intéressant parce que personnellement, j’aimerais
bien en savoir plus.
Mr. Sauvageau, I will tell you that I have come to think of
CBC/Radio-Canada as more of a divisive force than one that
unifies the country as intended. You said it had to have stable
funding. In light of everything going on elsewhere in the world, it
is safe to say that Radio-Canada has stable funding. But certain
things are unacceptable.
Monsieur Sauvageau, je vous avouerai que j’en suis venue à
penser que la Société Radio-Canada divise le pays au lieu de jouer
son rôle de rassembleur. Vous avez mentionné que cela prenait un
financement stable. Je crois que dans les circonstances, avec tout
ce qui se passe ailleurs dans le monde, on peut dire que RadioCanada a un financement stable. Mais il y a des choses qui sont
inadmissibles.
We need only look to the travel and hospitality expenses that
the organization’s vice-president racked up while at the
Vancouver Olympics. We have never been able to access the
expenses and see the figures. That does not include the slew of
reporters that were sent to cover the earthquake in Haiti and
other incidents of that sort. I think CBC/Radio-Canada should
really focus on its shortcomings and make an effort to provide us
with detailed coverage of what is happening in other provinces.
On n’a qu’à penser aux dépenses de la vice-présidente des Jeux
olympiques d’hiver à Vancouver. On n’a jamais pu pouvoir
consulter et voir les dépenses, la panoplie de journalistes qui sont
allés à Haïti lors du tremblement de terre, et toutes sortes de
choses de ce genre. Je pense que Radio-Canada devrait vraiment
se concentrer sur les lacunes et essayer de faire un effort pour nous
faire connaître en long et en large ce qui se passe ailleurs dans les
autres provinces.
The Chair: Do you have a question, senator?
La présidente : Aviez-vous une question, sénateur?
Senator Fortin-Duplessis: No, I was just making a comment.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Non, j’émettais un commentaire.
Senator Champagne: Good afternoon, Professor Sauvageau. I
understand that you feel a bit isolated in Quebec City and that
you are not receiving regional, national or international coverage.
I can tell you that we, here in the national capital region, are quite
spoiled by comparison. You mentioned the small local radio
stations that really deliver the local news.
Le sénateur Champagne : Bonjour, professeur Sauvageau. Si à
Québec vous vous sentez un peu seuls et sous l’impression qu’on
ne vous donne pas l’information régionale, nationale ou
internationale, je peux vous dire que nous sommes gâtés, ici
dans la région de la capitale nationale. Vous parliez plus tôt de ces
petites stations de radio qui donnaient vraiment les nouvelles
locales.
Last year, I was in Saskatchewan. The Government of Canada
was matching the donations made by individual Canadians to the
Haiti earthquake relief effort. It did the same for the East African
famine relief fund. I remembered that Gravelbourg had a radio
station, because back in the day, young reporters would often
come to Montreal after doing a stint in Gravelbourg. They put
out the welcome mat for me, but it had become a community
station; Radio-Canada had opened a French station in Regina.
L’an dernier, je me suis retrouvée en Saskatchewan. Le
gouvernement du Canada doublait la somme donnée par
monsieur et madame Tout-le-monde pour aider en Haïti, mais
aussi à la famine dans l’Est de l’Afrique et moi je me suis souvenu
qu’il existait un poste de radio à Gravelbourg. Parce qu’à
Montréal à l’époque, très souvent les jeunes annonceurs nous
arrivaient après un stage à Gravelbourg. On m’a accueilli à bras
ouverts là-bas, mais c’était maintenant un poste communautaire,
Radio-Canada avait maintenant une station française à Regina.
What troubles me most is the fact that, when Radio-Canada
lost 10 per cent of its funding, and since belt tightening was
happening all over, the corporation cut 80 per cent of its RCI
funding for shortwave services. That was one way to tell the world
what was happening in our neck of the woods. You are going to
tell me that we have the Internet, but there are more than a few
countries that block their citizens from accessing the Internet.
Ce qui me dérange le plus, c’est de voir que lorsque RadioCanada a perdu 10 p. 100 de son budget, et puisque tout le
monde se serre la ceinture, Radio-Canada a retiré 80 p. 100 du
budget qui allait à RCI sur ondes courtes. C’était une façon de
laisser savoir au monde ce qui se passait chez nous. Vous allez me
dire qu’il y a Internet, mais il y a bien des pays où Internet est
bloqué et les gens n’y ont pas accès.
The only way people could find out what was happening in our
neck of the woods was through shortwave broadcasts. The
decision to do away with shortwave services is disappointing.
There is even talk of removing the antenna system in Sackville,
New Brunswick, within the next few years. CBC/Radio-Canada
will no longer offer any shortwave services for the entire world.
Les gens n’avaient que les ondes courtes pour savoir ce qui se
passait chez nous. Je suis déçue du fait qu’on ait décidé de faire
disparaître les ondes courtes. On parle même d’enlever l’antenne
de Sackville au Nouveau-Brunswick d’ici quelques années. Il n’y
aura plus d’ondes courtes à Radio-Canada pour le monde entier.
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While people can complain about the fact that those on the
outside have no access to anything but Montreal news, without
shortwave services, people around the world will have no access
to any news at all, be it from Montreal, Ottawa or anywhere else.
What do you say to that decision?
On peut se plaindre du fait que les gens de l’extérieur n’ont que
des nouvelles de Montréal, mais les gens de l’étranger n’auront
rien, ni de Montréal, ni d’Ottawa ni d’ailleurs s’il n’y a plus
d’ondes courtes. Comment réagissez-vous à cette décision?
Mr. Sauvageau: Although Radio Canada International is just
as important as the regional stations, at some point, you have to
make the tough decisions. Like you, I was sorry to see the axe fall
so hard on Radio Canada International. But people have been
less reliant on shortwave services for quite some time.
M. Sauvageau : Radio Canada International c’est aussi
important que les stations régionales, mais à un moment donné
il faut faire des choix. Comme vous, j’ai regretté qu’on ait diminué
de façon aussi draconienne l’importance de Radio Canada
International. Mais il y a plusieurs années, les ondes courtes
étaient moins utilisées.
For instance, Radio Canada International was using FM
technology in various countries and had agreements with local
FM stations around the world to broadcast its programming.
Par exemple, Radio Canada International utilisait les FM dans
différent pays et concluait des ententes avec des station FM
locales à l’étranger pour diffuser ses émission.
It may be safe to say that people outside the country with an
appetite for international news will increasingly turn to the
Internet in the years ahead, and that shortwave broadcasting will
continue to disappear, surrendering its place to the Internet.
On peut peut-être faire le pari que les gens qui s’intéressent à
l’information internationale à l’étranger vont de plus en plus, au
cours des prochaines années, utiliser Internet et que l’on va
assister à un déclin de plus en plus important des ondes courtes
qui seront remplacées par Internet.
Senator Champagne: There are so many countries where even
the Internet is not available, where governments block access.
Roughly 20 per cent of people in Africa have Internet access.
What is more, we, here in Canada, have fewer hours than
Germany, China, Japan, Italy, France and even some eastern
European countries, all of which use shortwave transmissions to
let the world know what is happening within their borders. And
yet Canada and CBC/Radio-Canada no longer offer the world
any shortwave programming.
Le sénateur Champagne : Il y a tellement de pays où même
Internet ne peut pas se rendre, où les pays bloquent les ondes. En
Afrique, il y a peut-être 20 p. 100 des gens qui ont accès à Internet
et nous, au Canada, avons moins d’heures que l’Allemagne, la
Chine, le Japon, l’Italie, la France et même des pays d’Europe de
l’Est, qui se font connaître au monde entier via les ondes courtes;
mais le Canada, Radio-Canada, non, il y en a plus à l’étranger.
Mr. Sauvageau: That is why I said it is time to review CBC/
Radio-Canada’s mandate, as well as the Broadcasting Act. We
have to make choices. We cannot keep scaling back its resources
on the one hand, and ask CBC/Radio-Canada to keep doing what
it always has, on the other. We cannot require it to maintain an
international presence, solid national networks on radio and TV,
as well as all-news TV stations, both in French and English, all
the while having to continuously grow its Web presence to make
sure it has a place in the future.
M. Sauvageau : C’est pour cela que je dis qu’il faut revoir le
mandat de Radio-Canada et la Loi sur la radiodiffusion. Il faut
faire des choix. On ne peut pas continuer avec des budgets réduits
et demander à Radio-Canada tout ce qu’on lui demandait dans le
passé, d’être d’un côté à l’international, d’avoir des réseaux
nationaux solides en radio et en télévision, de faire de
l’information continue en télévision, tout cela en français et en
anglais, alors que Radio-Canada doit être de plus en plus présent
sur Internet s’il veut s’assurer d’avoir un jour un rôle à jouer dans
l’avenir.
Consider the fact that television is no longer as relevant as it
used to be. In the little book that we just put out, I note that
Radio-Canada lost its place in the evolution of Quebec society as
early as the 1980s with the proliferation of channels.
Par exemple, la télévision n’a plus du tout le même impact
qu’elle avait auparavant. Dans le petit livre qu’on vient de
publier, je dis que Radio-Canada a cessé, au Québec, d’avoir un
rôle dans l’évolution de la société dès les années 1980 avec la
multiplication des chaînes.
Radio-Canada fulfilled a vital role when it was the only player,
between 1952 and 1961. Either you tuned in to Radio-Canada or
you went to bed; there were no alternatives. Beginning in 1961,
Radio-Canada’s influence started diminishing. Télé-Métropole
became a more influential player, while Radio-Canada lost even
more of its hold with the proliferation of channels in the 1980s.
Radio-Canada a joué un rôle important quand c’était une
station unique, de 1952 à 1961. Vous écoutiez Radio-Canada ou
vous alliez vous coucher; il n’y avait rien d’autre. À partir de 1961,
l’influence de Radio-Canada a diminué. Télé-Métropole a acquis
de plus en plus d’influence, et Radio-Canada, de son côté, avec la
multiplication des chaînes au cours des années 1980, a perdu
encore plus de son influence.
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Official Languages
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It might be time to admit that TV no longer has the same role
that it used to and that the Web’s influence has risen dramatically.
Younger generations no longer turn to the TV; they turn to the
Internet.
Il faut peut-être reconnaître que la télévision ne joue plus le
même rôle qu’auparavant et que le Web joue un rôle beaucoup
plus important. Les jeunes générations ne s’informent plus à la
télévision, ils s’informent sur le Web.
CBC/Radio-Canada’s audience is quite old. Young people do
not listen to CBC/Radio-Canada radio stations, and they watch
less and less TV. So if the public broadcaster wants to ensure it
has a place in the future, the Internet is the way forward. Perhaps
solutions can also be found to help francophone communities
outside Quebec communicate with one another.
L’auditoire de la radio de Radio-Canada est très âgé. Les
jeunes n’écoutent pas la radio de Radio-Canada et regardent de
moins en moins la télévision. Alors si Radio-Canada veut avoir
un avenir, cet avenir doit être sur le Web. Il y a peut-être moyen
de trouver aussi, pour les communautés francophones hors
Québec, des solutions afin que ces communautés se parlent
entre elles.
To pick up on what Senator Fortin-Duplessis said, it is
important to distinguish between two things. Doing a newscast of
the day’s top stories is not the same as providing information
about French-speaking communities outside Quebec. The fact
that Gravelbourg has a problem is most definitely a concern for
francophones in Saskatchewan. But you have to decide between
talking about that issue and reporting on the agreement on the
pipeline, which will span from Alberta to British Columbia, the
political conflicts and the impact of those conflicts between
Alberta and British Columbia, or even the $435,000 contribution
the owner of the Edmonton Oilers made to the Conservative
Party in Alberta. It is important to have that information because
it puts the front men emerging from the Charbonneau
commission in Quebec in perspective. In the case of the
contribution, there were front men as well; that $435,000 was
divvied up into tidy chunks of $30,000. That is news; RadioCanada should expand its coverage of those types of stories.
Pour revenir à ce qu’a dit le sénateur Fortin-Duplessis, il faut
distinguer deux choses. Ce n’est pas la même chose de faire un
bulletin d’informations sur les nouvelles du jour et d’entendre
parler des communautés francophones hors Québec. Le fait qu’il
y ait un problème à Gravelbourg a très certainement de
l’importance pour les francophones de la Saskatchewan. Mais si
vous avez à faire un choix entre cela et entre le traité du pipeline
qui va aller de l’Alberta jusqu’en Colombie-Britannique, des
conflits politiques et de l’impact de ces conflits politiques entre
l’Alberta et la Colombie-Britannique, ou alors de traiter des
435 000 dollars que le propriétaire des Oilers d’Edmonton a
donnés au Parti conservateur en Alberta, c’est important de
savoir cela parce que cela relativise les prête-noms au Québec dans
le cadre de la commission Charbonneau. Parce que là aussi il y en
a eu des prête-noms. Le montant de 435 000 dollars a été divisé en
petites portions de 30 000 dollars. C’est de la nouvelle, et RadioCanada devrait faire plus de ce genre de nouvelle.
I mentioned the Charbonneau commission. Clearly, the
English network will not give as much weight to the
Charbonneau commission as the French network will. It is only
natural that Radio-Canada would consider the Charbonneau
commission a top story for its French network. It is not as
newsworthy to English-speaking Canada as it is to Quebec.
Je parle de la commission Charbonneau. C’est certain que le
réseau anglais va accorder moins d’importance à la commission
Charbonneau que le réseau français. C’est normal que RadioCanada accorde en ce moment de l’importance à son réseau
français à la commission Charbonneau. Cela intéresse moins au
Canada anglais que cela intéresse au Québec.
Nothing is simple, and I know a lot of people who work at
Radio-Canada, and I can sincerely say they are making an effort.
Efforts, however, do not always meet with success, and when
something falls through, you have to get back up and try
something else.
Rien n’est simple et sincèrement, je connais beaucoup de gens à
Radio-Canada et je pense qu’ils font des efforts. Mais les efforts
ne sont pas toujours récompensés et quand on tombe, il faut se
relever et essayer autre chose.
Senator Champagne: As they say in France, when it comes to
journalism at every level, the print media report on dogs that have
been run over. But I think the people of Gravelbourg are just as
interested in hearing when their dogs have been run over as
Montreal’s.
Le sénateur Champagne : Comme on dit en France, pour le
journalisme à tous les niveaux, dans la presse écrite, on parle des
chiens écrasés. Mais je pense que les gens de Gravelboug aiment
autant entendre parler de leurs chiens écrasés que de ceux de
Montréal.
Mr. Sauvageau: Of course. I could not agree more.
Senator Poirier: Good evening and thank you for joining us. I
want to stay on the topic of community radio, where small
community stations are really the ones reporting on local news.
M. Sauvageau : C’est bien évident. Je suis on ne peut plus en
accord avec vous.
Le sénateur Poirier : Bonsoir et merci d’être ici avec nous.
J’aimerais continuer sur le sujet de nos radios communautaires,
où nos nouvelles régionales sont vraiment basées sur nos petites
radios communautaires.
26-11-2012
Langues officielles
13:15
One of CBC/Radio-Canada’s obligations is to ensure regional
representation. In your letter to the CRTC, why did you not
comment on the public broadcaster’s role concerning
francophone and Acadian communities?
Une des obligations de CBC/Radio-Canada est la
représentation dans les régions. Pourquoi n’avez-vous pas
commenté, dans votre lettre au CRTC, le rôle du radiodiffuseur
public à l’égard des communautés francophones et acadienne?
Do you think Radio-Canada’s role in the coming years will be
to provide more national coverage? If so, perhaps our local radio
stations will have a larger role than they do now. Is that a
possibility?
Prévoyez-vous, dans les prochaines années, que le rôle de
Radio-Canada sera de nous donner plus de nouvelles nationales?
Si c’est le cas, peut-être que nos radios communautaires auront un
rôle plus large que celui qu’elles ont aujourd’hui?
Mr. Sauvageau: I think that would be a favourable option, as
you described. If Radio-Canada continues to lose funding in the
next few years, it will have to make some tough decisions that will
not be popular with some people.
M. Sauvageau : Je trouve que c’est une avenue intéressante,
comme vous venez de le définir. Si les ressources financières de
Radio-Canada continuent à diminuer au cours des prochaines
années, il va falloir faire des choix draconiens qui vont déplaire à
certaines personnes.
Your suggestion is an option worth considering. In the years
ahead, should Radio-Canada’s networks serve more as vehicles
for national and international news? Should the broadcaster not
consider providing more resources for community radio stations?
Keep in mind those stations are, to some extent, public stations
since they are funded through government programs.
Votre suggestion est une avenue à laquelle il faut réfléchir. Estce que les réseaux de Radio-Canada devraient devenir, dans les
prochaines années, davantage des outils d’information nationale
et internationale? Et est-ce qu’on ne devrait pas réfléchir à la
possibilité de donner plus de ressources aux radios
communautaires? Les radios communautaires sont aussi, à
certains égards, des radios publiques parce que ces radios sont
financées avec des programmes gouvernementaux.
Earlier, I said I was proud of the fact that, in 1986, we
supported the pressing demands of young French Canadians. We
felt their demands were perfectly reasonable, and this seems to be
one of the best ways to ensure people see themselves and their
communities reflected in the media.
J’ai dit tout à l’heure que j’étais fier qu’on ait retenu, en 1986,
les demandes pressantes des jeunes Canadiens français. Mais on
trouvait que ce qu’ils demandaient était tout à fait sensé, et cela
m’apparaît être les meilleurs outils pour que les gens eux-mêmes
se reconnaissent dans leur communauté.
Bear in mind that Radio-Canada is a national network with an
international component, and national coverage includes a
provincial focus as well. In small communities, I think it would
cost Radio-Canada a lot less to cover local news if community
radio stations were properly funded. And the importance of the
Internet should not be overlooked either.
Il faut réfléchir à cela : Radio-Canada d’un côté et réseau
national et d’information internationale; nationale, cela
comprend un accent dans les provinces aussi. Dans les petites
localités, je pense que les radios communautaires bien financées
coûteraient beaucoup moins cher à Radio-Canada pour faire de
l’information locale. Il ne faut pas négliger Internet non plus.
Senator Tardif: Thank you, Mr. Sauvageau, for your extremely
insightful remarks.
Le sénateur Tardif : Je vous remercie, monsieur Sauvageau,
pour votre présentation qui était fort intéressante.
I want to pick up on something you said. I thought I heard you
say it was impossible for Radio-Canada to serve both Quebecers
and francophones outside Quebec. Did I hear you correctly?
J’aimerais revenir sur un commentaire que vous avez fait. Je
crois vous avoir entendu dire qu’il était impossible pour RadioCanada de servir les Québécois et de servir également les
francophones à l’extérieur du Québec. Est-ce bien ce que vous
avez dit?
Mr. Sauvageau: What I said was slightly different. The
sentence in my presentation was ‘‘To liken it to a mission
impossible is not that far-fetched.’’ I did not say it was impossible,
just that it was not a stretch to call it that.
M. Sauvageau : J’ai fait une petite nuance. La phrase dans mon
texte était : « Ce n’est pas loin d’une mission impossible. » Je n’ai
pas dit que c’était impossible, mais plutôt que ce n’était pas loin
d’une mission impossible.
Senator Tardif: Thank you for clearing that up.
Le sénateur Tardif : Merci de cette clarification.
Mr. Sauvageau: My pleasure.
M. Sauvageau : Je vous en prie.
Senator Tardif: Even though Radio-Canada does not meet all
the needs of French speakers outside Quebec, do you still consider
it an important vehicle in the development of francophone
minority communities?
Le sénateur Tardif : Croyez-vous que, même si Radio-Canada
ne répond pas entièrement aux besoins des francophones à
l’extérieur du Québec, ce soit quand même un outil important
dans le développement de ces communautés francophones en
milieu minoritaire?
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Official Languages
26-11-2012
Mr. Sauvageau: I do, yes. I think we have no other option but
to say that CBC/Radio-Canada’s French-language network will
always focus on Quebec. The unfortunate part is that — and this
is a bit of a political comment — over the past 20 years or so,
consideration for francophones outside Quebec just stopped, it
was necessary to disregard them completely. Politically, numerous
people have said as much in recent times. To my mind, those
kinds of comments are unfortunate.
M. Sauvageau : Je crois que oui. Je crois que l’on ne peut faire
autrement que de dire que le réseau français de Radio-Canada va
toujours devoir s’appuyer sur le Québec. Ce qui est dommage,
c’est qu’on ait — et là, je vais faire un commentaire un peu
politique — au cours des 20 dernières années peut-être, considéré
que les francophones hors Québec, c’était fini, et qu’il fallait
oublier cela. Politiquement, beaucoup de gens ont dit cela au
cours des dernières années. Je trouve que ce sont des
commentaires malheureux.
The other day, I made a comment that, in some decades, the
cultural invasion from the U.S. is said to be so powerful that it
will put an end to the French language beyond Quebec’s borders.
But people continue to speak French in Acadia. I cited the
example of Whitehorse earlier. I was highly impressed by a recent
discovery regarding the French activities going on in the Yukon.
It is not true that we have to turn our backs on francophone
communities. I think Quebec has a role to play, through not only
its television programming, but also much of its political activity.
I think they should make more of an effort in terms of working
with francophones outside Quebec. And by ‘‘they,’’ I mean
Quebec society.
L’autre jour dans une petite intervention, j’ai noté qu’il y a des
décennies que l’on dit que l’invasion culturelle américaine va faire
en sorte que le français au Canada, à l’extérieur du Québec, c’est
terminé. Mais on continue quand même, en Acadie, à parler
français. Et comme j’ai donné l’exemple de Whitehorse tout à
l’heure, j’ai été très impressionné de ce que j’ai appris récemment
de ce qui se faisait en français au Yukon. Ce n’est pas vrai que les
communautés francophones, il faut les abandonner. Je pense que
le Québec a un rôle à jouer, pas seulement par sa télévision, mais
par un grand nombre d’actions politiques. Je pense qu’on devrait
être plus actif à collaborer avec les francophones hors Québec.
Quand je dis « on », je parle de la société québécoise.
Senator Tardif: I am very glad to hear you say that. I do believe
that the criticism is founded and that French-language
programming is lacking in terms of reflecting French speakers
in other parts of the country and their voices. However, when we
come down on Radio-Canada, we often forget that it is still an
important vehicle in the development of francophone minority
communities.
Le sénateur Tardif : Je suis bien contente de vous entendre dire
cela. Je crois que les critiques sont légitimes et qu’il n’y a pas assez
d’émissions en français qui reflètent le visage des francophones
des différentes régions du Canada, mais souvent aussi lorsqu’on
tape sur Radio-Canada, on oublie que c’est un outil important
quand même pour le développement des communautés
francophones en milieu minoritaire.
In that respect, then, we need to identify approaches and find
solutions. And I would like to hear what solutions you might
offer.
En ce sens, il faut trouver des moyens et des solutions. Et
j’aimerais savoir quelles solutions vous pourriez offrir?
Mr. Sauvageau: I will give you two small examples that tie into
what I said earlier about things improving. I will cite two
programs. One is a show that airs in the summer called La petite
séduction. I am not sure if you know it, but a community or
village plays host to an artist for a weekend, and residents try to
seduce the artist by showcasing all the wonderful things their
community has to offer. I noticed that the show is now making an
effort to visit areas outside Quebec and travel to communities
outside the province, not often mind you. I do not know if RadioCanada planned that or not.
M. Sauvageau : Je vais vous donner deux petits exemples, par
rapport à ce que j’ai dit tout à l’heure, à savoir que les choses
s’amélioraient. Je vais citer deux émissions. Il y a une émission
diffusée l’été qui s’appelle La petite séduction. Je ne sais pas si
vous connaissez cette émission où une communauté, un village
reçoit un artiste pendant un week-end et lui témoigne son amour.
J’ai remarqué qu’à cette émission, on essaie maintenant de sortir
du Québec et d’aller, parfois, pas beaucoup, dans les
communautés hors Québec. Je ne sais pas si c’est planifié par
Radio-Canada.
In addition, there is a new program this fall on Radio-Canada
called Un air de famille where families are invited to sing on
television for the first time. I have seen some francophone families
from Ontario invited. I do not think something like that would
have happened a few years ago. But in this case as well, it is a
matter of balance, especially when it comes to information. If this
evening — there is no Charbonneau commission this week — so
let us say last week; if instead of the first five minutes of the
program Le Téléjournal being dedicated to the Charbonneau
commission, five minutes had been dedicated on the French
network to the resignation of Premier McGuinty in Ontario, while
TVA was dedicating 10 minutes to the Charbonneau commission,
most Quebecers would have changed channels to TVA. When I
Aussi, il y a une nouvelle émission cet automne à RadioCanada qui s’appelle Un air de famille où l’on invite des familles à
venir chanter pour la première fois à la télévision. J’ai vu des
familles francophones de l’Ontario qui ont été invitées. On
n’aurait pas fait cela, il me semble, il y a quelques années. Mais
c’est toujours, là aussi, une question d’équilibre. Et en
information en particulier, si ce soir — il n’y a pas de
commission Charbonneau cette semaine — mais disons la
semaine dernière, si au lieu d’accorder le premier cinq minutes
de l’émission Le Téléjournal à la commission Charbonneau on
avait accordé cinq minutes au réseau français à la démission du
premier ministre McGuinty en Ontario alors que TVA, lui, aurait
consacré dix minutes à la commission Charbonneau, la majorité
26-11-2012
Langues officielles
13:17
say we should be careful, that is sort of what I mean. The
resignation of the Premier of Ontario is important, but it should
be given the appropriate amount of coverage in the news. CBC
News with Peter Mansbridge will certainly focus more on the
Premier of Ontario or the election of Ms. Redford in Alberta than
Le Téléjournal will. But that is how all media outlets from around
the world choose information. That approach can be criticized; I
am not saying I agree with it. I am a fan of international
information. Yet international information is last on the priority
list of all global media — barring a crisis. The media choose —
and increasingly so over the past 10 years — news stories that
focus on events happening nearby. Unfortunately, everyone is
opting to cover what is happening in their own yard, then in their
province, their country and, lastly, abroad. That is not specific to
Quebec.
des Québécois auraient changé de poste pour passer à TVA.
Quand je dis qu’il faut être prudent, c’est un peu cela que je veux
dire. La démission du premier ministre de l’Ontario, c’est
important; mais il faut lui donner sa juste place dans le bulletin
de nouvelles. Regardez les nouvelles de CBC avec Peter
Mansbridge; c’est certain qu’on va accorder plus d’importance
au premier ministre de l’Ontario ou à l’élection de Mme Redford
en Alberta que Le Téléjournal va le faire. Mais cela, tous les
médias du monde choisissent l’information comme cela. On peut
critiquer cela; je ne dis pas que je suis d’accord avec cela. Moi, je
suis un fan de l’information internationale. Mais l’information
internationale, elle vient — à moins d’une crise — en dernier lieu
dans la priorité de tous les médias du monde. Les médias
choisissent — et de plus en plus depuis 10 ans — il y a un accent
sur la proximité. Tout le monde choisit, hélas, ce qui se passe dans
sa cour; ensuite dans sa province, dans son pays et ensuite à
l’étranger. Ce n’est pas propre au Québec.
If you read the Calgary Herald, you will see that it covers
Alberta more than the rest of Canada. That is normal. That is
how journalism works. It focuses first and foremost on what is
happening at home. That will not change. And if CBC/RadioCanada is the only network to start changing that, its actions will
appear very strange in the media landscape, so much so that the
whole thing will quickly be forgotten. I personally do not want
CBC’s French network to end up with 5 per cent or 6 per cent of
the Quebec viewership. That is a key tool for improving the
vitality of the French fact in Quebec. The vitality of the French
fact in Quebec extends beyond the province’s borders.
Si vous lisez le Calgary Herald, on va parler plus de l’Alberta
que du reste du Canada. C’est normal. C’est comme cela que se
fait le journalisme. Le journalisme accorde d’abord de
l’importance à ce qui se passe chez lui. On ne va pas changer
cela. Et si la chaîne Radio-Canada seule se met à changer cela, elle
va tellement faire bizarre dans le paysage médiatique que cela va
devenir rapidement une toute petite chose. Et moi, je ne veux pas
que le réseau français de Radio-Canada se retrouve avec
cinq p. 100 ou six p. 100 de l’écoute au Québec. C’est un outil
capital pour la vitalité du fait français au Québec. Et la vitalité du
fait français au Québec, elle déborde des frontières du Québec.
As you said earlier, francophones outside Quebec need Quebec,
and we, Quebecers, should be more aware of that.
Comme vous l’avez dit tout à l’heure, les francophones hors
Québec ont besoin du Québec et on devrait, nous Québécois, s’en
rendre davantage compte.
Senator De Bané: Mr. Sauvageau, I fully agree with some of
your statements. You said that this is a matter of balance, of
moderation, and that the CRTC should not grant RadioCanada’s request to run advertisements on Espace Musique.
What you said about French communities in anglophone
provinces reminded me of the words of the great Lionel Groulx,
who said that Quebec has never understood that French
communities in other provinces are the first line of defence of
French Quebec. The great Lionel Groulx said that.
Le sénateur De Bané : Monsieur Sauvageau, vous avez dit des
choses auxquelles j’ai souscrit d’emblée; comme lorsque vous avez
dit que c’est une question d’équilibre, de mesure; quand vous avez
dit qu’il ne faut pas que le CRTC fasse droit à la demande de
Radio-Canada d’avoir de la publicité à Espace Musique. Ce que
vous avez dit sur les communautés françaises dans les provinces
anglophones, cela m’a rappelé ce mot du grand Lionel Groulx, à
savoir que ce que le Québec n’a jamais compris, c’est que les
communautés françaises dans les autres provinces sont la
première ligne de défense du Québec français. Et c’est le grand
Lionel Groulx qui a dit cela.
As you mentioned, this is a matter of moderation and balance.
As you know, it is a truism that one must be at least somewhat
familiar with a country in order to love it.
Maintenant, c’est une question de mesure comme vous avez dit,
et d’équilibre. Mais comme vous le savez, c’est une lapalissade de
dire que, pour aimer un pays, il faut le connaître un tout petit peu.
In order for people to love the European Union — which has
27 member countries, some of which have daily newspapers with a
global reputation in England, Italy, Germany, France and Spain
— the Euronews network had to be established. That was done
because, as you said, people are interested in what is closest to
them, and every country is interested in what is happening at
home. However, they do have a network that covers all
27 countries.
Pour aimer l’Union européenne, qui regroupe 27 pays, dont
certains ont des quotidiens qui ont une réputation mondiale en
Angleterre, en Italie, en Allemagne, en France et en Espagne, il a
fallu mettre sur pied le réseau Euronews. Parce que, comme vous
dites, on s’intéresse à ce qui est le plus proche de nous puis,
chaque pays s’intéresse à ce qui se passe chez lui. Mais il y a un
réseau qui parle des 27 pays.
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Official Languages
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It is fortunate that network exists, as there would be very little
coverage otherwise. Following a study by one of your students —
who has the utmost respect for the Centre for Media Studies and
your faculty — we have noted that all the other Canadian
provinces, combined, take up barely 5 per cent of the Téléjournal
coverage. When the Téléjournal talks about the Canadian
government, the coverage is provided from the point of view of
the Government of Quebec, and not from a national perspective.
Radio-Canada reports on everything that happens in Ottawa, but
through the eyes of the Government of Quebec, and not through
the eyes of the country. The balance you talked about, to which I
am very sensitive, is lacking.
Heureusement qu’il est là, parce que les autres en parlent très
peu. Chez nous, à la suite de l’étude d’un de vos étudiants, qui a le
plus grand respect pour le Centre d’études sur les médias et votre
faculté, nous constatons que toutes les provinces canadiennes,
ensemble, ont à peine cinq p. 100 du temps au Téléjournal.
Lorsque l’on parle du gouvernement canadien au Téléjournal,
c’est vu du point de vue du gouvernement du Québec et jamais du
point de vue national. Tout ce qui se fait à Ottawa est rapporté
par Radio-Canada, mais à travers la lunette, la lorgnette du
gouvernement du Québec, et non pas de l’intérêt national.
L’équilibre auquel vous avez référé et auquel je suis très
sensible, il fait défaut.
CBC/Radio-Canada’s annual reports also make me
uncomfortable. I will read to you a few excerpts I see as
misleading.
L’autre point qui me met très mal à l’aise, c’est les rapports
annuels de Radio-Canada. Je vais vous lire quelques extraits qui,
pour moi, sont de la fausse représentation.
In the 2008-2009 report, the following is stated:
CBC/Radio-Canada, a unifying force that reaffirms our
shared values and identity.
I see you smiling.
CBC/Radio-Canada helps new Canadians by helping
them better to understand and to integrate into their
adopted country.
More quotes from the 2008-2009 annual report:
Dans le rapport annuel 2008-2009, on lit ceci :
Radio-Canada/CBC, une force unificatrice qui réaffirme
nos valeurs et notre identité commune.
Je vous vois sourire.
CBC/Radio-Canada aide les nouveaux Canadiens en les
aidant à mieux comprendre leur pays d’adoption et à mieux
s’y intégrer.
Toujours dans le rapport annuel de 2008-2009 :
National public broadcaster that helps bring together an
increasingly diverse nation.
Radiodiffuseur public national qui contribue à cimenter
une nation de plus en plus diversifiée.
CBC/Radio-Canada takes on the unique role of reflecting
the diversity of voices.
CBC/Radio-Canada assume un rôle unique de refléter la
diversité des voix.
Our engaging programming — in 2009-2010 — that
shapes the Canadian experience, tells Canadian stories.
Notre programmation rassembleuse — en 2009-2010 —
qui façonne l’identité canadienne parle de la réalité de ce
pays.
In 2010-2011:
Canadian content that reflects and draws together all
Canadians.
When I read this sentence to my friends, they all laugh.
En 2010-2011 :
Un contenu canadien qui rassemble tous les Canadiens et
reflète leur réalité.
Quand je lis cette phrase à mes amis, ils se mettent tous à rire.
It would be so much simpler, similarly to the CaplanSauvageau report, to have two chapters in the annual report.
One chapter would cover what Radio-Canada has done that year,
and the other one would cover what CBC has done that year.
However, they have only one chapter where the two names are
mixed with things that do not reflect the reality at all.
Ce serait tellement plus simple, dans l’esprit du rapport
Caplan-Sauvageau, qu’il y ait deux chapitres dans le rapport
annuel — voici ce que Radio-Canada a fait cette année, voici ce
que CBC a fait cette année —, mais pas un seul chapitre puis
mêler les deux noms ensemble avec des choses qui ne reflètent en
rien la réalité.
The fact that you are nodding your head means you agree with
my modest suggestion.
Votre hochement de tête me laisse entendre que vous êtes
d’accord avec ma modeste suggestion.
Mr. Sauvageau: Yes. All you have read also made me laugh,
like your friends. I will now say something that is not politically
correct. Those are all public relations documents, which state
what you want to hear, what senators and members want to hear.
So I was going to say that we should not waste our time on
M. Sauvageau : Oui. Tout ce que vous avez lu m’a fait rire
également, tout comme vos amis. Maintenant, je vais dire quelque
chose qui n’est pas politically correct : tous ces documents sont
des documents de relations publiques et on y dit ce que vous
voulez entendre, ce que les sénateurs et les députés veulent
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Langues officielles
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reading this, but I did not say it. Your suggestion to have two
separate reports is indeed excellent.
entendre. Alors, j’allais dire qu’il ne faut pas perdre son temps à
lire cela, mais je ne l’ai pas dit. C’est vrai que votre suggestion des
deux rapports distincts est excellente.
I thought about including the issue I will discuss in the few
notes I sent to Madam Clerk. I did not include it, thinking that I
was exaggerating, but I will perhaps say it now. I would not want
to be part of the CBC/Radio-Canada management, as it is unable
to manage much. The internal structure of the organization is
extremely cumbersome. There are too many cooks in the kitchen
providing advice to CBC/Radio-Canada, and their numbers
are increasing. There is the CRTC, your committee — which I
respect — parliamentary committees and the Commissioner of
Official Languages. In addition, there are pressures from regional
groups — and not only from regions outside Quebec.
Je me suis demandé si j’allais mettre le sujet dont je vais vous
parler dans les quelques notes que j’ai envoyées à madame la
greffière. Je ne l’ai pas mis, me disant que j’exagérais, mais je vais
peut-être le dire maintenant : Moi, je ne voudrais pas être à la
direction de Radio-Canada, parce qu’elle ne peut pas diriger
grand-chose; à l’intérieur, il y a une structure extrêmement lourde.
Il y a trop de cuisiniers au fourneau qui donnent des avis à RadioCanada et le nombre de cuisiniers se multiplie : il y a le CRTC,
il y a votre comité — que je respecte —, il y a les comités
parlementaires, le commissaire aux langues officielles, toutes les
pressions des groupes des régions — pas seulement des régions
hors Québec.
Imagine the reaction of Mayor Labeaume, for instance, and of
all other Quebec elites if Radio-Canada decided to shorten the 6
p.m. news from 60 minutes to 30 minutes in Quebec City.
Regional demands have to be taken into consideration, and local
elites want to see themselves on the national stage, as well. That is
also part of the problem.
Imaginez la réaction du maire Labeaume, par exemple, et de
toutes les autres élites de Québec si Radio-Canada décidait de
faire 30 minutes le soir à six heures à Québec au lieu de
60 minutes. Il y a cela aussi dans les demandes régionales, il y a
que les élites locales veulent se voir sur la scène nationale aussi.
Cela fait partie du problème aussi.
I think that Radio-Canada has tried to satisfy everyone’s
demands over the years, and it has often spread itself too thin.
Twenty years ago or maybe more — I do not remember — all
stations in eastern Quebec were closed. You were an MP back
then. Radio-Canada’s role in eastern Quebec was taken away.
Over the past two or three years, the opposite has been taking
place. Radio-Canada’s presence in eastern Quebec — Sherbrooke,
Trois-Rivières — was announced with great fanfare. Two
contradictory decisions are made 20 years apart due to pressure
and those in charge. Which decision was the right one? Restricting
the presence in the region or increasing it, as was done later on?
That is another example to show that Radio-Canada is nearly
impossible to manage.
À mon avis, au fil des ans, Radio-Canada a trop cherché à
satisfaire les demandes des uns et des autres et, souvent, cela va
dans toutes les directions. Imaginez, il y a 20 ans ou peut-être
plus, je ne me rappelle pas, on a fermé toutes les stations dans l’est
du Québec. Vous étiez député à ce moment-là. On a annulé le rôle
de Radio-Canada dans l’est du Québec. Au cours des deux ou
trois dernières années, on a fait l’inverse, on est revenu dans l’est
du Québec, on a annoncé en grande pompe la présence de RadioCanada à Sherbrooke, à Trois-Rivières. À 20 ans d’intervalle, on
prend deux décisions contradictoires à cause des pressions et des
gens qui sont là. Quelle était la bonne décision? Restreindre la
présence en région ou l’accroître, comme on l’a fait après? Ceci est
un autre exemple pour vous démontrer que Radio-Canada est
quasi impossible à diriger.
Senator De Bané: Of course, all that was funded by the LPIF.
Le sénateur De Bané : Évidemment, c’est le FAPL qui a
financé tout cela.
Mr. Sauvageau: Yes, the Local Programming Improvement
Fund.
M. Sauvageau : Oui, le Fonds pour l’amélioration de la
production locale.
Senator De Bané: Mr. Sauvageau, as not only a legal expert
but also someone who is familiar with the Broadcasting Act,
explain to me something I do not understand. I understand very
well that CBC/Radio-Canada is a public service run by a board of
directors and senior management, so it is truly very far removed
from any influence or political interference, as it should be, since
no one wants to tune in to a propaganda network. Recently, I sent
Radio-Canada a series of thoughts, demands and suggestions,
and the organization’s response was very simple. It reads
something like this:
Le sénateur De Bané : Monsieur Sauvageau, vous qui non
seulement êtes un juriste mais également qui connaissez la Loi sur
la radiodiffusion, expliquez-moi quelque chose qui me dépasse. Je
comprends très bien que Radio-Canada est un service public qui a
été organisé de telle façon qu’il est dirigé par un conseil
d’administration et la haute direction, donc il est réellement très
loin de toute influence, ingérence politique, comme il se doit,
parce que personne n’est intéressé à écouter une chaîne de
propagande. Récemment, j’ai envoyé à Radio-Canada une série
de réflexions, de demandes, de suggestions, et la réponse de
Radio-Canada est très simple, elle se lit comme ceci :
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Official Languages
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Many of Senator De Bané’s questions concern our journalistic
decisions and our programming. As you know, those areas are
protected by the law, so we will not answer all your questions.
Bon nombre des questions posées par le sénateur
De Bané portent sur nos décisions journalistiques et sur
notre programmation. Ces domaines, comme vous le savez,
sont protégés par la loi, donc on ne répond pas à toutes vos
questions.
The kinds of questions I asked were along these lines: When
Radio-Canada broadcast an amazing program with the great
reporter Lépine on China emerging as a global power, only this
new giant’s impact on Quebec was covered, but not a word was
said about the rest of Canada; why do you not also talk about
how that affects the whole industry across all provinces? I did not
receive an answer to that question. They said I was meddling in
their journalistic decisions. I will just wrap up with another
question.
Le genre de question que je posais ressemblait à ceci : « Quand
Radio-Canada a fait une émission extraordinaire avec le grand
reporter Lépine sur la Chine émergente comme puissance
mondiale, on n’a parlé que de l’impact de ce nouveau géant sur
le Québec, mais pas un mot sur le reste du Canada; pourquoi ne
parlez-vous pas également de la façon dont cela affecte toute
l’industrie dans toutes les provinces? » On ne m’a pas répondu.
On m’a dit que je touchais à leurs décisions journalistiques. Une
autre question et je termine là-dessus.
I asked them why not disperse their best journalists across the
country. They could have one in Vancouver, as the national
correspondent for the environment; one in Calgary, as the
correspondent for oil and energy; one in Toronto, as the
correspondent for finance; one in Montreal, as the
correspondent for culture; one in Halifax, as the correspondent
for fishing; another one in Saskatchewan, as the correspondent
for wheat. And the list goes on. I was told that I was out of my
jurisdiction and that they would not comment on my ideas.
Je leur dis : « Pourquoi ne déployez-vous pas vos meilleurs
journalistes à travers le pays, un à Vancouver, correspondant
national pour l’environnement, un à Calgary, correspondant pour
le pétrole et l’énergie, un à Toronto, correspondant pour les
finances, un à Montréal, correspondant sur la culture, un à
Halifax, correspondant pour les pêches, un autre en
Saskatchewan, correspondant pour le blé », et cetera. On nous
répond : » non, ce n’est pas à vous de nous dire. On ne commente
pas vos idées. »
They are basically saying they do not want to know what I
think, as they make the decisions. What kind of an answer is that?
I did not mean to give them orders; I was just giving them ideas.
Their reply was that they would not comment, and that they have
made their decisions. What kind of an approach is that?
Qu’est-ce que cette façon de répondre : on ne veut rien savoir
de vous, c’est nous qui prenons nos décisions? Je ne veux pas leur
donner des instructions, je leur donne des idées, et à cela ils me
répliquent : « on ne commente pas, on a pris nos décisions. »
Qu’est-ce que cette façon de faire?
Mr. Sauvageau: That is a bit childish. It is true that journalistic
freedom is guaranteed, but you have the right to criticize RadioCanada or give them suggestions. That is not political
interference. I read your documents. I thought the idea to cover
Asia from Vancouver was original, since I have had the
opportunity — as part of a project with colleagues from the
University of British Columbia — to visit Vancouver several
times over the past seven or eight years. I realized how much the
Vancouver Sun, for instance, focused on Asia compared with our
media here.
M. Sauvageau : C’est un peu enfantin. C’est vrai que la liberté
journalistique est garantie, mais vous avez le droit de critiquer
Radio-Canada ou de leur faire des suggestions. Ce n’est pas de
l’ingérence politique. Par exemple, j’ai lu vos documents. J’ai
trouvé que c’était une idée originale de couvrir l’Asie à partir de
Vancouver, parce que j’ai eu l’occasion, dans un projet avec des
collègues de l’Université de la Colombie-Britannique, d’aller
plusieurs fois à Vancouver au cours des sept ou huit dernières
années. Je me suis rendu compte à quel point le Vancouver Sun,
par exemple, accordait de l’importance à l’Asie par rapport à nos
médias d’ici.
I read that you suggested covering Asia from Vancouver. That
is an original idea. So instead of telling you that it is not your
business, they could think about your suggestion. They do not
have to accept it. If they think it is a bad idea, all they have to do
is reject it, but good ideas can come from anywhere. It is also a
characteristic of journalists to think only they can have good
ideas. That should not surprise you. I repeat that I find this to be
childish, but I am not surprised by it.
J’ai lu que vous aviez suggéré de couvrir l’Asie à partir de
Vancouver. C’est une idée originale. Alors plutôt que de vous
répondre que cela ne vous regarde pas, ils pourraient réfléchir à
votre suggestion. Ils ne sont pas obligés de l’accepter. S’ils
trouvent que c’est une mauvaise idée, ils n’ont qu’à la rejeter, mais
les bonnes idées peuvent venir de partout. Mais c’est aussi un trait
des journalistes de penser qu’ils sont les seuls à avoir de bonnes
idées. Il ne faut pas vous étonner de cela. Je le répète, je trouve
cela enfantin, mais cela ne m’étonne pas.
Senator McIntyre: Thank you for your presentation,
Mr. Sauvageau. Last week, we were visited by Graham Fraser,
the Commissioner of Official Languages. According to him, CBC/
Radio-Canada is claiming that it is accountable only to the
CRTC, and that the Commissioner of Official Languages has no
Le sénateur McIntyre : Merci de votre présentation, monsieur
Sauvageau. La semaine dernière, nous avons reçu la visite de
M. Graham Fraser, commissaire aux langues officielles. Selon lui,
CBC/Radio-Canada prétend avoir une obligation uniquement
envers le CRTC, et que le commissaire aux langues officielles n’a
26-11-2012
Langues officielles
13:21
jurisdiction over its decision. Also according to Mr. Fraser, as a
crown corporation, CBC/Radio-Canada has certain obligations
under Part VII of the Official Languages Act, and sooner or later,
courts will have to make a decision when it comes to that.
pas compétence sur sa décision. Toujours selon M. Fraser, en tant
que société d’État, CBC/Radio-Canada a certaines obligations en
vertu de la partie VII de la Loi sur les langues officielles et que tôt
ou tard les tribunaux devront trancher cette question.
What do you have to say about Commissioner Fraser’s
statement?
Comment réagissez-vous à cette affirmation de la part du
commissaire Fraser?
Mr. Sauvageau: If I have understood Graham Fraser’s
interpretation properly, under the Official Languages Act, CBC/
Radio-Canada should contribute to the development of official
language minority communities and the promotion of linguistic
duality.
M. Sauvageau : En vertu de la Loi sur les langues officielles,
Radio-Canada, si je comprends bien l’interprétation que donne
Graham Fraser, devrait contribuer à l’épanouissement des
communautés de langue officielle en situation minoritaire et à la
promotion de la dualité linguistique.
I am a former journalist, so I also have some faults. I do not
like the idea of asking media to contribute to the development or
the promotion of anything. That is no longer journalism. The
most important quality of a good journalist is a critical eye. So
courts will make a decision on this, but I wish CBC/RadioCanada did not have to be accountable to anyone but the CRTC.
Je suis un ancien journaliste, alors j’ai aussi des travers. Je
n’aime pas l’idée qu’on demande aux médias de contribuer à
l’épanouissement de quoi que ce soit ou à la promotion de
quelque chose. On n’est plus dans le monde du journalisme à ce
moment-là. La première qualité d’un bon journaliste est d’avoir
un regard critique. Alors les tribunaux décideront dans cette
affaire, mais je souhaite que Radio-Canada n’ait de compte à
rendre qu’au CRTC.
If the Commissioner of Official Languages wants CBC/RadioCanada to stop playing its role, that should be dealt with through
the CRTC. In my opinion, CBC/Radio-Canada comes under the
CRTC’s jurisdiction. In other words, I pretty much agree with the
crown corporation in this matter.
Si le commissaire aux langues officielles souhaite que RadioCanada ne joue pas son rôle, c’est à travers le CRTC que cela
devrait se régler. À mon avis, Radio-Canada est soumise au
CRTC. Autrement dit, je suis assez d’accord avec Radio-Canada
là-dessus.
Senator McIntyre: Next November 19, the CRTC will hold
public hearings on the renewal of broadcasting licences. You have
also submitted an intervention to the CRTC.
Le sénateur McIntyre : Le 19 novembre prochain, le CRTC
tiendra des audiences publiques sur le renouvellement des licences
du radiodiffuseur. Vous avez, par ailleurs, soumis une
intervention au CRTC.
Mr. Sauvageau: It is very short — only two pages.
M. Sauvageau : Très courte, deux pages.
Senator McIntyre: One thing is certain; the hearings will help
establish a set of licensing conditions. Do you have any
expectations regarding that, and if so, what are they?
Le sénateur McIntyre : Chose certaine, les audiences
permettront d’établir une série de conditions pour les licences.
Avez-vous des attentes à ce sujet et si oui lesquelles?
Mr. Sauvageau: I do not have many issues with RadioCanada’s radio component. I think that, most often, this is a
true public radio station, but I have many issues with RadioCanada’s television component, which is more similar — and
CBC/Radio-Canada people have already said so in the past — to
a commercial television station subsidized by the state.
M. Sauvageau : Je n’ai pas beaucoup de problèmes avec la
radio de Radio-Canada. Je trouve que le plus souvent, c’est une
véritable radio publique, mais j’ai beaucoup de problèmes avec la
télévision de Radio-Canada, qui s’apparente davantage —
d’ailleurs des gens de CBC/Radio-Canada l’ont déjà dit à peu
près comme cela — à une télévision commerciale subventionnée
par l’État.
Too often, I find Radio-Canada and the private network TVA
to be the same. When you tune in to your radio station, you
recognize Radio-Canada right away, as it is completely different
from private radio stations. When you turn on the television, it
takes a little while to figure out whether you are watching RadioCanada or TVA, as the programs are often hosted by the same
people, and the guests are also increasingly likely to be the same.
The growing number of independent producers contributes to
that, since independent producers work for both private and
public television networks.
Trop souvent, je trouve que Radio-Canada et la chaîne privée
TVA, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Quand vous ouvrez votre
poste de radio, vous savez tout de suite que vous êtes à RadioCanada. Radio-Canada est tout à fait différente à la radio des
stations privées. Quand vous ouvrez le poste de télévision, cela
prend un moment avant de savoir si vous êtes à Radio-Canada ou
à la chaîne TVA, car les émissions sont souvent animées par les
mêmes personnes, et les invités sont de plus en plus souvent les
mêmes d’ailleurs. La présence de plus en plus grande des
producteurs indépendants contribue à cela, car les producteurs
indépendants travaillent à la fois pour la télévision privée et la
télévision publique.
13:22
Official Languages
26-11-2012
With the increased number of independent producers, public
television has lost its spirit, and I would even say its soul. There
has to be a public television spirit. Otherwise, there is no point in
paying a billion dollars for a television or radio station that is
similar to a private radio or television station. They may as well
be funded by a business. One of the major problems with CBC/
Radio-Canada’s television is too much importance being placed
on advertising revenues, as that influences the programming.
En multipliant la présence des producteurs indépendants, on a
perdu en cours de route l’esprit, je pourrais même dire l’âme, de la
télévision publique. Il faut avoir un esprit de la télévision
publique, autrement, qu’est ce que cela donne de payer un
milliard pour une télévision ou une radio qui ressemble à une
radio ou une télévision privée. Autant la faire financer par un
commerce. Un des grands problèmes de la télévision de RadioCanada est l’importance trop grande des revenus publicitaires qui
influencent la programmation.
In the last few years of his life, Pierre Juneau repeated this
countless times. He said that constantly increasing funding
through advertisement was becoming a serious problem for
public television.
Pendant les dernières années de sa vie, Pierre Juneau a répété
cela je ne sais pas combien de fois, que cela devenait un problème
grave pour la télévision publique, le financement par la publicité
qui augmente constamment.
[English]
Senator Callbeck: Thank you, professor, for your presentation.
I am not a permanent member of this committee, but there are a
couple of areas that I want to ask about. One is Canadian
content. The document from the Library of Parliament says that
in 1986, when you co-chaired the task force, it maintained that
Canadian content should be guaranteed a strong presence. It
seems to me that on the CBC, which is what I am familiar with,
there is less Canadian content. I would like you to comment on
that.
[Translation]
[Traduction]
Le sénateur Callbeck : Merci, monsieur, pour votre
présentation. Je ne suis pas un membre permanent du comité,
mais j’aurais tout de même quelques questions à vous poser.
J’aimerais d’abord parler du contenu canadien. Le document de la
Bibliothèque du Parlement indique qu’en 1986, quand vous avez
coprésidé le groupe de travail, celui-ci était d’avis qu’il fallait
garantir une place importante au contenu canadien. Il me semble
que le contenu canadien a perdu du terrain à la CBC, la station
que je connais. J’aimerais avoir vos commentaires à ce sujet.
[Français]
Mr. Sauvageau: That has been a problem in Canadian radio
and television since the 1920s. Whenever legislation was being
amended, committees like ours were created. So the Aird
Commission was created in the 1920s. The major issue that
commission was dealing with, in the 1920s, was that, if content
was not being created in Canada — at that time, we had a public
radio station based on the BBC model — and we only kept the
commercial stations that had started coming onto the scene, we
would end up with a system similar to the American one, and we
would all become Americans in our minds.
M. Sauvageau : C’est le problème de la radio et de la télévision
canadienne depuis les années 1920. Au moment de changer les
lois, on a toujours créé des comités comme le nôtre; alors dans les
années 1920, on a créé la commission Aird. Le grand problème de
cette commission, dans les années 1920, c’était que si on ne créait
pas au Canada — à ce moment-là, c’était une radio publique selon
le modèle de la BBC — et qu’on ne gardait que des stations
commerciales qui avaient commencé à être créées, on aurait alors
un système semblable à celui des Américains et on allait tous
devenir des Américains dans nos têtes.
Since CBC/Radio-Canada was created, 75 years ago, the main
reason for its existence has been to create Canadian content that
would provide Canadians with options.
Depuis la création de Radio-Canada, il y a 75 ans, c’est la
raison principale de l’existence de Radio-Canada, c’est-à-dire la
création d’un contenu canadien qui permette aux Canadiens
d’avoir le choix.
American content has never been banned. It has actually been
very popular in English Canada, but perhaps less so now with the
emergence of the very successful specialized channels. Quebec has
never had the same problem as English Canada because of the
language barrier. That was one of the main reasons I said earlier
that we could not consider the development of French networks
and English networks in the same light.
On n’a jamais interdit les contenus américains, qui sont
d’ailleurs très populaires au Canada anglais, mais peut-être
moins avec les canaux spécialisés maintenant qui ont un grand
succès. Au Québec, à cause de la barrière de la langue, il n’y a
jamais eu le même problème qu’au Canada anglais. Alors tout à
l’heure, lorsque je disais qu’on ne pouvait pas voir l’évolution des
réseaux français et des réseaux anglais de la même manière, c’en
est une des raisons principales.
English Canada needs Canadian content to fend off American
content, but American content is not broadcast or is unpopular in
Quebec. People have always watched content created in Montreal
because of the language barrier.
Au Canada anglais, on a besoin de créer des contenus
canadiens pour contrer les contenus américains; alors qu’au
Québec, les contenus américains sont absents ou ne sont pas
populaires. À cause de la barrière de la langue, les gens ont
toujours regardé des contenus créés à Montréal.
26-11-2012
Langues officielles
Montreal has always been an extremely important television
production centre. A sort of a symbiotic relationship between the
art world and the public has always existed there. That is actually
how Radio-Canada managed to contribute so much to the
evolution of Quebec culture in the 1950s and 1960s, while
American content was prevalent across English Canada during
that same period. Our group has had many discussions with
Gerry Caplan and others about that, about the difference between
the two systems. They are completely different. I do not know
whether this answers your question.
[English]
Senator Callbeck: Yes. There must be studies done on this.
What percentage of programming now on CBC is Canadian
content?
[Translation]
13:23
Montréal a toujours été un centre de production de télévision
extrêmement important. Il y a toujours eu une espèce de symbiose
entre le milieu artistique et le public. Et c’est en ce sens d’ailleurs
que Radio-Canada a tellement contribué à l’évolution de la
culture québécoise dans les années 1950 et 1960, alors qu’à cette
époque, au Canada anglais, les contenus américains étaient
omniprésents. On a eu beaucoup de discussions, à l’intérieur de
notre groupe avec Gerry Caplan et les autres, à ce sujet, sur la
différence entre les deux systèmes. Ce n’est pas du tout la même
chose. Je ne sais pas si cela répond à votre question.
[Traduction]
Le sénateur Callbeck : Oui. Des études ont dû être menées à cet
égard. Quel pourcentage le contenu canadien représente-t-il dans
la programmation actuelle de la CBC?
[Français]
Mr. Sauvageau: I do not know what the exact percentage is,
but it is significant. It is higher in French. But at CBC, as well, the
percentage is significant; much more significant than on CTV and
Global. Without CBC, there would be even less Canadian
content. So CBC is a very important tool in English Canada as
well.
M. Sauvageau : Je ne connais pas le pourcentage exact, mais il
est important. Il est plus grand en français. Mais à CBC aussi,
c’est un pourcentage important; beaucoup plus important qu’aux
chaînes CTV et Global. S’il n’y avait pas CBC, il y aurait encore
moins de contenu canadien. Alors CBC est un outil aussi très
important au Canada anglais.
Another problem has been around for about 20 years — copies
of American models. Some 30 or 40 years ago, American
programs were being broadcast in Canada. The problem is that
we are now living in a world where program models have become
international models. Products are often made in Canada and are
supposedly Canadian, but they are based on American or
European models.
Maintenant, il y a un autre problème qui existe depuis une
vingtaine d’années, c’est la copie des modèles américains. Le
problème, c’est qu’il y a 30 ou 40 ans, c’était les émissions
américaines elles-mêmes qui étaient diffusées au Canada.
Maintenant, on vit dans un monde où les modèles d’émissions
sont devenus des modèles internationaux. Il arrive souvent qu’on
fasse des produits au Canada supposément canadiens, mais qui
sont calqués sur des modèles américains ou des modèles
européens.
Formats circulate, are sold and copied in various countries. We
have the same situation in French, as well. The most popular
program on Radio-Canada’s French network airs on Sunday
nights and is called Tout le monde en parle. The program’s format
is French. The format was bought from France and copied.
Obviously, the content is Canadian, or rather Quebecer, but the
model is French. That is a French idea with guests from Quebec.
Les formats circulent, sont vendus et sont copiés dans
différents pays. C’est la même chose aussi en français.
L’émission du dimanche soir à la télévision de Radio-Canada et
qui est l’émission la plus populaire du réseau français de RadioCanada, qui s’appelle Tout le monde en parle, est une formule
française. On a acheté le format aux Français pour le reproduire.
Évidemment, les contenus sont canadiens, québécois, mais le
modèle est français. C’est une idée française à laquelle on ajoute
des invités québécois.
[English]
[Traduction]
I hope I am clear.
J’espère que mes explications sont claires.
Senator Callbeck: Yes. That is fine. Thank you.
Le sénateur Callbeck : Oui, c’est parfait. Merci.
[Translation]
[Français]
The Chair: We will have a second round, but I ask that you
keep your questions brief.
La présidente : Nous allons faire un deuxième tour de table,
mais je vous demanderais de poser des questions assez brèves.
Senator Fortin-Duplessis: Professor Sauvageau, if you could,
what changes would you make to the Broadcasting Act?
Le sénateur Fortin-Duplessis : Professeur Sauvageau, si vous en
aviez la possibilité, quelle réforme apporteriez-vous à la Loi sur la
radiodiffusion?
13:24
Official Languages
26-11-2012
Mr. Sauvageau: When we were asked that question in 1985, it
took us a year and half to answer it.
M. Sauvageau : Quand on nous a demandé cela en 1985, on a
mis un an et demi pour répondre à la question.
Senator Fortin-Duplessis: I know, but what are your thoughts
on that?
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je sais, mais vous avez quand
même quelques petites idées?
Mr. Sauvageau: I would not hesitate to make a significant
amendment to section 3. I would suggest harmonizing
technological and demographic issues by observing what young
people are doing when they use media and thinking of something
for the future.
M. Sauvageau : Je n’hésiterais pas à revoir, de façon
importante, l’article 3. Ce que je suggérerais de faire, c’est
d’effectuer une conjugaison des questions technologiques et
démographiques; voir ce que les jeunes font ici dans leur
utilisation des médias et de penser à quelque chose pour l’avenir.
Pierre De Bané and I belong to the same generation. Other
members may be a bit younger than us, but Radio-Canada should
not be considered with us in mind. Radio-Canada should be
considered with the generations that will live with Radio-Canada
in mind. That is another problem.
Je suis de la même génération que Pierre De Bané; les autres
membres sont peut-être un peu plus jeunes que nous, mais il ne
faut pas penser à Radio-Canada pour nous. Il faut penser à
Radio-Canada pour les générations qui vont vivre avec RadioCanada. C’est un autre problème.
Most often, those who are examining Radio-Canada are of
your or my age, and our thoughts are somewhat tinged with
nostalgia. We remember the golden years of television, the things
we liked on television. But that is not how Radio-Canada’s future
should be thought about. That was the past. The broadcaster
should be considered with an eye to the future. I have a few
nephews and nieces, and I see how they use media. They are
totally removed from my own world. It is a completely different
world, to which Radio-Canada must adjust and manage to
provide — in that world — a public service that meets future
generations’ expectations.
Le plus souvent, ceux qui réfléchissent à Radio-Canada sont de
votre âge ou de mon âge et nos réflexions sont teintées par un peu
de nostalgie. On se rappelle les belles années de la télévision, ce
qu’on a aimé à la télévision. Mais ce n’est pas comme cela qu’il
faut penser l’avenir de Radio-Canada. Ça, c’était le passé. Il faut
le voir dans une perspective d’avenir. J’ai quelques neveux et
nièces et je vois comment ils utilisent les médias. Cela n’a rien à
voir avec mon monde. C’est un monde complètement différent et
Radio-Canada doit s’ajuster à ce monde et arriver à offrir, dans ce
monde, un service public qui corresponde aux attentes des
générations montantes.
This question cannot be answered in five minutes. Earlier, I
said there had always been groups who thought about the future
before the Broadcasting Act was reviewed. I think the same thing
should be done now. The Broadcasting Act dates back to 1991. It
is 21 years old, and the world has changed a great deal in 21 years.
So a focus group should be created and given the time to make
suggestions for a new piece of legislation to be debated in
Parliament.
On ne peut pas répondre à la question en cinq minutes. Tout à
l’heure, j’ai dit qu’il y avait toujours eu des groupes qui avaient
réfléchi à l’avenir avant qu’on ne revoie la Loi sur la
radiodiffusion. Je pense qu’il faut faire la même chose. La Loi
sur la radiodiffusion date de 1991. Elle a 21 ans et le monde a
tellement changé en 21 ans. Il faut donc créer un groupe de
réflexion et ensuite lui donner le temps de faire des propositions
pour une nouvelle loi qui sera débattue au Parlement.
Senator Fortin-Duplessis: Thank you very much, as you
managed to make some very important statements regarding the
future of Radio-Canada in a short period of time. Thank you so
much.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je vous remercie beaucoup car
en peu de temps vous avez quand même énoncé des choses très
importantes pour le futur de Radio-Canada. Je vous remercie
infiniment.
Senator Champagne: Allow me a quick comment before I ask a
question. I agree with Commissioner Fraser in saying that the
Radio-Canada network is subject to the Official Languages Act; it
is a crown corporation.
Le sénateur Champagne : Permettez-moi un court commentaire
avant de poser une question. Je suis d’accord avec le commissaire
Fraser quand il dit que la chaîne Radio-Canada est soumise à la
Loi sur les langues officielles; c’est un organisme d’État.
You were saying that journalistic choices need to be made. I
was watching the program Le Téléjournal a few days ago. They
waited until the last feature to mention that that morning or the
previous night, an earthquake shook British Columbia.
Vous disiez qu’il y a des choix journalistiques. J’écoutais
l’émission Le Téléjournal il y a quelques jours et nous en étions à
la dernière manchette avant qu’on nous dise que le matin même
ou la nuit précédente, il y avait eu un tremblement de terre en
Colombie-Britannique.
I heard about that on CTV much earlier in the day. You also
say there is less American content. You should talk to my former
colleagues from the Union des artistes. They would tell you that
some people manage to make a very good living by dubbing
American programs, and others would ask you why movies are
being produced in the United States, and then dubbed in France
Je l’ai appris par CTV beaucoup plus tôt dans la journée. Vous
dites aussi qu’il y a moins de contenu américain. Il faudrait que
vous parliez à mes ex-camarades de l’Union des artistes. Ils vous
diraient qu’il y en a qui gagnent très bien leur vie avec le doublage
d’émissions américaines et d’autres vous diraient : « Pourquoi on
produit des films aux États-Unis et qu’on les fait doubler en
26-11-2012
Langues officielles
13:25
to be brought to us in Canada. Try to watch a movie about
baseball translated and dubbed in France. They are on first base,
on second base with the bat. Try to understand anything in the
movie.
France pour nous les ramener au Canada? » Essayez d’écouter un
film qui parle de baseball et qui a été traduit et doublé en France.
Ils sont à la première base, à la deuxième base avec la batte.
Essayez d’y comprendre quelque chose.
Radio-Canada must help new arrivals adapt to their new
country. Earlier, you talked about Pierre Juneau. You have surely
heard on Radio-Canada — like me, as we are in the same age
group — people such as Miville Couture, Jean-Marie Laurence,
and later on, Henri Bergeron.
Radio-Canada doit aider les nouveaux arrivants à s’acclimater
dans leur nouveau pays. Vous avez parlé plus tôt de Pierre
Juneau. Vous avez sûrement connu à Radio-Canada — comme
moi, qui suis du même âge que vous — des gens comme Miville
Couture, Jean-Marie Laurence et, plus tard, comme Henri
Bergeron.
In the past, we would know it right away if we were watching
Radio-Canada, as correct French was being spoken. Today, we
hear what my former professor — Jean-Louis Audet — called
dangerous liaisons. We hear incorrect pronunciations, such as
‘‘quatre-z-autres’’ competitors and ‘‘vingt-z-années’’ of service.
Even the person who was interpreting Prince Charles’ speech said
that the prince was here for the celebration of ‘‘60-z-années’’ of
Queen Elizabeth’s reign. Needless to say, my ears were ringing a
bit.
Autrefois, on le savait tout de suite en ouvrant la télévision que
c’était Radio-Canada, on y parlait un français correct.
Aujourd’hui, on entend ce que mon ancien professeur —
Mme Jean-Louis Audet — appelait les liaisons dangereuses.
Des choses comme les quatre-z-autres concurrents, les vingt-zannées de carrière, et même la personne qui interprétait le discours
du prince Charles nous a dit, en traduisant le discours du prince,
qu’il était ici alors qu’on fêtait les 60 z-années de règne de la reine
Elizabeth. Inutile de vous dire que les oreilles m’ont vibré un peu.
What can we do to get Radio-Canada to ask its employees to
be careful when it comes to the quality of our language? I would
like to preserve that language, which is being broadcast across the
country to our francophones and which we want our new arrivals
to learn.
Que faire pour que Radio-Canada demande aux gens qui sont
à son emploi de prendre soin de la qualité de la langue qui est la
nôtre, que moi je veux conserver et ce qu’on envoie partout à nos
francophones du pays et que nous voulons que nos nouveaux
arrivants apprennent?
Mr. Sauvageau: I mostly agree with you regarding the language
issue. I understand that, in dramas, a different level of language
may be used, but in information programs or programs like Tout
le monde en parle, the French should be impeccable. The small
book that was just published includes an essay by linguist JeanClaude Corbeil, who was very familiar with Jean-Marie
Laurence’s time and who explains the evolution of French at
Radio-Canada.
M. Sauvageau : Sur la question de la langue, je suis assez
d’accord avec vous. Je comprends que dans les dramatiques on
puisse utiliser un autre niveau de langage, mais dans les émissions
d’information ou dans une émission comme Tout le monde en
parle, le français doit être impeccable. Dans le petit livre qu’on
vient de publier, il y a un texte du linguiste Jean-Claude Corbeil
qui a bien connu cette époque de Jean-Marie Laurence et qui
explique l’évolution du français à Radio-Canada.
We see how important Radio-Canada’s role is. Radio-Canada
published reports that were used everywhere — not only in
Quebec, but across the francophonie. That was a reference to a
time when that whole thing was practically dismantled because of
cuts. You are entirely correct when you say that the concern for
the language is no longer the same.
On voit à quel point Radio-Canada a joué un rôle essentiel.
Radio-Canada publiait des bulletins qui étaient utilisés partout,
non seulement au Québec, mais partout dans la Francophonie.
C’était la référence à l’époque et tout cela a été, avec les coupures
pratiquement, démantelé. Vous avez bien raison lorsque vous
dites que le souci de la langue n’est plus le même.
However, I would disagree with you when it comes to the roles
of the Commissioner of Official Languages and the CRTC. That
is a legal issue that will be decided on, but the legislation also says
the following:
Par contre, je me permets d’être en désaccord avec vous sur le
rôle du commissaire aux langues officielles et du CRTC. C’est une
question juridique qui sera tranchée, mais la loi dit aussi ce qui
suit :
It is [. . .] declared [. . .] that the objectives of the
[Canadian] broadcasting policy [. . .] can best be achieved
by providing for the regulation and supervision of the
Canadian broadcasting system by a single independent
public authority.
The CRTC is that single independent public authority. RadioCanada will probably cite that section of the act and say that it is
accountable to the CRTC, end of discussion. The legislation will
have to be interpreted. We will see.
Il est déclaré que la meilleure façon
objectifs de la politique canadienne de
consiste à confier la réglementation et la
système canadien de radiodiffusion à un
public autonome.
d’atteindre les
radiodiffusion
surveillance du
seul organisme
Le CRTC est le seul organisme public autonome. RadioCanada va sûrement invoquer cet article de la loi en disant qu’elle
est redevable au CRTC, point final. Il faudra interpréter la loi. On
verra bien.
13:26
Official Languages
26-11-2012
Senator Champagne: If Air Canada is subject to the Official
Languages Act, why would Radio-Canada suddenly not be
subject to it?
Le sénateur Champagne : Si Air Canada est soumis à la Loi sur
les langues officielles, pourquoi Radio-Canada ne le ne serait pas
tout à coup?
Mr. Sauvageau: I do not want to follow the example of the
Radio-Canada people and answer like they answered Senator
De Bané. It is because, if a broadcaster is accountable to a single
organization, the principles of freedom of expression and freedom
of the press may be taken into account by that single
organization, and also because I personally think there should
not be too many cooks in the kitchen. However, I may be wrong.
And if Graham Fraser ends up winning, so much the better for
him and too bad for me.
M. Sauvageau : Là, je ne veux pas faire comme les gens de
Radio-Canada et répondre de la même façon qu’ils l’ont fait au
sénateur De Bané. Parce que si on est soumis à un seul organisme,
les principes de la liberté d’expression et de la liberté de presse
risquent d’être pris en compte par cet organisme unique et puis,
aussi parce que je crois personnellement qu’il ne faut pas trop de
cuisiniers aux fourneaux. Mais j’ai peut-être tort. Et si Graham
Fraser gagne, tant mieux pour lui et tant pis pour moi.
Senator Champagne: And so much the better for French.
Thank you, Mr. Sauvageau.
Le sénateur Champagne : Et tant mieux pour le français. Merci,
monsieur Sauvageau.
The Chair: Senator De Bané, followed by Senator McIntyre.
La présidente : Le sénateur De Bané suivi du sénateur
McIntyre.
Mr. Sauvageau: I was told we would lose communication at
6:30 p.m. That is what I was told.
M. Sauvageau : On m’a dit que nous perdions la
communication à 18 h 30. C’est ce qu’on m’a dit.
Senator De Bané: My question will be very quick.
Mr. Sauvageau, something happened recently on that program
we bought from France, Tout le monde en parle, that made me
uncomfortable. The guest was the star witness of the
Charbonneau commission, where he was supposed to spend a
week talking about how he was corrupting all kinds of people.
Le sénateur De Bané : Ma question sera très brève. Monsieur
Sauvageau, récemment à cette émission qu’on a achetée de
France, Tout le monde en parle, quelque chose s’est passé qui m’a
mis mal à l’aise. Le témoin était le témoin vedette à la commission
Charbonneau où il avait, durant une semaine, à raconter
comment il corrompait toutes sortes de personnes.
Of course, when he came into the studio, the whole audience
applauded. We obviously know they applaud because a floor
management prompts them to do so when the cameras start
rolling. I am wondering whether it is a good thing for a public
television station funded by Canadians to invite someone with
such a long track record.
Évidemment, lorsqu’il est entré en studio, là on a vu tout
l’auditoire applaudir et évidemment, on sait pourquoi parce qu’il
y a un régisseur qui leur a fait signe d’applaudir parce qu’on allait
partir les caméras. Je me demande si c’est une bonne chose qu’une
télévision publique financée par les citoyens invite quelqu’un avec
une si longue feuille de route.
He was a very interesting guest because he managed to hold
people’s attention for a week. The floor manager gave the signal
for applause to begin. That affected me. I may be old or silly.
C’est un invité très intéressant parce que pendant une semaine
il a retenu l’attention. Le régisseur a donné le signal pour que les
applaudissements partent. Moi, ça m’a fait quelque chose. Peutêtre suis-je vieux-jeu ou niaiseux.
Mr. Sauvageau: Many observers have said that was ridiculous.
I do not know how to interpret it because I also thought it was
more than ridiculous. Is it customary to do that, or did the
program organizers simply forget that applause would not be very
appropriate in this case?
M. Sauvageau : Beaucoup d’observateurs on fait remarquer
que c’était ridicule. Je ne sais pas comment interpréter cela parce
que moi aussi j’ai trouvé cela plus que ridicule. Est-ce que c’est la
coutume de le faire ou est-ce qu’on a simplement oublié que dans
ce cas-ci ce n’était pas très élégant?
The program people may also have regretted doing that.
Perhaps they simply did not think about it. I do not know. It was
certainly an error in judgment.
C’est possible que les gens de l’émission soient aussi
malheureux de l’avoir fait. Ils n’y ont peut-être tout simplement
pas pensé. Je ne sais pas. C’est certainement une erreur de
jugement.
Senator De Bané: Regarding the quality of French, I remember
there was a time when Radio-Canada had an official — a certain
Mr. Chouinard — who watched the programs religiously. The
next day, he would approach those who had made mistakes and
correct them. I think it is unfortunate that no one does
Mr. Chouinard’s job today.
Le sénateur De Bané : Concernant la qualité du français, je me
souviens qu’il fut un temps, il y avait à Radio-Canada un
fonctionnaire, un dénommé M. Chouinard, qui écoutait
religieusement les émissions. Le lendemain il allait voir ceux qui
avaient commis des erreurs et il leur apprenait la correction. Je
trouve dommage qu’aujourd’hui plus personne ne fait le travail de
M. Chouinard.
26-11-2012
Langues officielles
Mr. Sauvageau: Someone still does that, but we are no longer
talking about the same type of service. That is true.
Senator De Bané: Thank you so much, professor.
Mr. Sauvageau: Thank you, senator.
13:27
M. Sauvageau : Il y a encore une personne, mais ce n’est pas le
même type de service de l’époque. C’est vrai.
Le sénateur De Bané : Merci infiniment, monsieur le
professeur.
M. Sauvageau : Merci, monsieur le sénateur.
Senator McIntyre: Professor Sauvageau, as you mentioned
earlier, you submitted a small intervention as part of the renewal
of public broadcasting licences, on November 19.
Le sénateur McIntyre : Professeur Sauvageau, comme vous
l’avez mentionné tout à l’heure, vous avez fait une petite
intervention dans le cadre du renouvellement des permis du
radiodiffuseur public, le 19 novembre prochain.
I find it interesting that, in one of your recommendations, you
ask the CRTC to reject the public broadcaster’s request to air
advertisements on its Espace Musique channel. I agree with you.
Did you make that recommendation following complaints from
the public?
Ce que je trouve intéressant, c’est que dans l’une de vos
recommandations vous demandez au CRTC de rejeter la
demande du radiodiffuseur public en ce qui concerne la
diffusion de publicités sur sa chaîne Espace musique. Je suis
d’accord avec vous, est-ce à la suite de plaintes du public que vous
faites cette recommandation?
Mr. Sauvageau: No, I simply do not want the radio to become
what television has become. I do not want Radio-Canada to be a
commercial radio station subsidized by the state. If that starts
with Espace Musique, in five years, someone will say the same
should be done with the main station.
M. Sauvageau : Non, c’est simplement que je ne veux pas que
la radio devienne ce qu’est la télévision. Je ne veux pas que l’on
fasse une radio commerciale subventionnée par l’État. Si on
commence avec Espace musique, dans cinq ans, quelqu’un dira
que l’on devrait le faire aussi à la première chaîne.
I think the CRTC will have to think about the existing
legislation and Radio-Canada’s current mandate. However,
perhaps the first thing the CRTC should think about is
advertisement on Radio-Canada. One of the CRTC’s best
decisions was to eliminate advertisement on the radio in 1974.
Il me semble que le CRTC va devoir réfléchir à partir de la loi
actuelle et du mandat actuel de Radio-Canada, mais c’est
peut-être la première chose à laquelle le CRTC devrait réfléchir,
la présence de la publicité à Radio-Canada. Quand on a décidé, en
1974, d’éliminer la publicité à la radio, cela a été une des belles
décisions prises par le CRTC.
I do not think advertisement can be completely eliminated on
television, as television is very expensive but, in my opinion, a
ceiling should be set for advertisement. Should it account for
15 per cent, 20 per cent or 25 per cent of all revenues? I do not
know; that needs to be given some thought, but the more
advertisement there is, the more program content changes because
of competition.
Je ne pense pas qu’on puisse l’éliminer complètement à la
télévision, parce que la télévision coûte très cher mais, à mon avis,
il faut fixer un seuil au-delà duquel la publicité s’arrête là. Est-ce
15, 20 ou 25 p. 100 de l’ensemble des revenus? Je ne sais pas, il
faut y réfléchir, mais plus la publicité augmente, plus le contenu
des programmes change parce qu’on est dans la concurrence.
Senator McIntyre: I agree with you.
Le sénateur McIntyre : Je suis d’accord avec vous.
Senator Champagne: I raised the same point in a brief I dared
to use, and the idea was to at least not go beyond prestigious
advertisements — something similar to what PBS airs, for
instance. If you watch a program such as the one hosted by
Charlie Rose, in the evening, advertisement takes up a total of
10 seconds in the hour. If Radio-Canada ended up with a similar
scheme, I could be okay with it, but I am not okay with 3 minutes
of commercials every 10 minutes. That makes no sense. A
prestigious advertisement for a prestigious program, I can see. I
could not let this go without adding my two cents.
Le sénateur Champagne : Je soulevais le même point dans un
mémoire que j’ai osé employer, qui était qu’on en reste au moins à
la publicité de prestige un peu comme ce qu’on a à PBS, par
exemple. Si on regarde une émission comme celle de Charlie Rose,
le soir, la publicité, c’est dix secondes en tout et partout pour une
heure. Si on en venait à cela a Radio-Canada, je pourrais me
rallier, mais pas avec trois minutes de commerciaux tous les dix
minutes, cela n’a aucun sens. Une publicité de prestige pour une
émission de prestige, peut-être. Je ne pouvais laisser passer cela
sans mettre mon grain de sel.
The Chair: Mr. Sauvageau, on behalf of the members of the
committee, I would like to sincerely thank you for your very
useful testimony and your very complete answers to the many
questions asked by the senators. You have seen the interest shown
around this table in the topic currently under study. On their
behalf, I sincerely thank you, Mr. Sauvageau.
La présidente : Monsieur Sauvageau, au nom des membres du
comité, j’aimerais vous remercier sincèrement pour votre
témoignage fort intéressant ainsi que vos réponses très
complètes aux nombreuses questions posées par les sénateurs.
Vous avez vu l’intérêt démontré autour de cette table quant au
sujet présentement à l’étude. De leur part, je vous remercie très
sincèrement, monsieur Sauvageau.
13:28
Official Languages
26-11-2012
Mr. Sauvageau: Thank you for the invitation, Madam Chair.
M. Sauvageau : Merci madame la présidente, c’est moi qui
vous remercie de m’avoir invité.
The Chair: Honourable colleagues, before you leave, I would
like to give you some information about the committee’s next
meetings. The committee will continue its public hearings as part
of its study of CBC/Radio-Canada’s language obligations and,
over the next few weeks, we will hear from provincial
organizations that are involved in minority francophone
communities. As soon as we return, after the week off, we will
hear from the representatives of the Association de la
francophonie de l’Ontario, who have confirmed their attendance.
La présidente : Honorables collègues, avant que vous quittiez,
j’aimerais vous faire part de quelques informations concernant les
prochaines réunions du comité. Le comité continuera ses
audiences publiques dans le cadre de son étude des obligations
linguistiques de CBC/Radio-Canada et nous entendrons dans les
prochaines semaines des organismes provinciaux qui œuvrent
dans les communautés francophones en situation minoritaire. Dès
notre retour, après la semaine de relâche, nous entendrons des
représentants de l’Association de la francophonie de l’Ontario qui
ont confirmé leurs présences.
[English]
Honourable senators, I thank you for your participation at this
meeting.
(The committee adjourned.)
[Traduction]
Mesdames et messieurs, merci d’avoir pris part à cette séance.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, November 19, 2012
OTTAWA, le lundi 19 novembre 2012
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:05 p.m. to examine CBC/Radio-Canada’s
obligations under the Official Languages Act and some aspects
of the Broadcasting Act.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 5, pour faire une étude sur les obligations de
CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues officielles et
de certains aspects particuliers de la Loi sur la radiodiffusion.
Senator Maria Chaput (Chair) in the chair.
[Translation]
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
The Chair: I want to welcome everyone to this meeting of the
Standing Senate Committee on Official Languages. My name is
Maria Chaput. I am a senator from Manitoba and I chair the
committee. Now I would like the members of the committee to
introduce themselves, and I will begin with the deputy chair, on
my left.
La présidente : Je souhaite à tous la bienvenue à cette réunion
du Comité sénatorial permanent des langues officielles. Je me
présente, Maria Chaput, sénateur du Manitoba, présidente du
comité. J’invite maintenant les membres du comité à se présenter
et je commencerai à ma gauche avec la vice-présidente.
Senator Champagne: Good afternoon. I am Andrée
Champagne, from Saint-Hyacinthe, Quebec.
Le sénateur Champagne : Bonjour, Andrée champagne, de
Saint-Hyacinthe au Québec.
Senator Poirier: Rose-May Poirier, senator from New
Brunswick.
Le sénateur Poirier : Rose-May Poirier, sénateur du NouveauBrunswick.
Senator Fortin-Duplessis: Suzanne Fortin-Duplessis, senator
from Quebec City.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Suzanne Fortin-Duplessis,
sénateur, de la ville de Québec.
Senator McIntyre: Paul McIntyre, senator from New
Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Paul McIntyre, sénateur du NouveauBrunswick.
Senator De Bané: Pierre De Bané, senator from Quebec.
Le sénateur De Bané : Pierre De Bané, sénateur du Québec.
Senator Robichaud: Fernand Robichaud, senator from SaintLouis-de-Kent, New Brunswick.
Le sénateur Robichaud : Fernand Robichaud, sénateur de
Saint-Louis-de-Kent au Nouveau-Brunswick
Senator Mockler: Percy Mockler, senator from New
Brunswick.
Le sénateur Mockler : Percy Mockler, sénateur du NouveauBrunswick.
26-11-2012
Langues officielles
13:29
The Chair: Thank you very much. Before introducing the
witnesses who will be appearing today, I would like to emphasize
how important the month of November is for the Standing
Committee on Official Languages. The committee held its first
meeting 10 years ago this month. It held an organization meeting
on November 5, 2002 and began its proceedings on Monday,
November 18 of that same year. The committee was chaired at
the time by Senator Losier-Cool, who has since retired. The
deputy chair then was Senator Keon, who is also retired.
La présidente : Merci beaucoup. Avant de présenter les témoins
qui comparaissent aujourd’hui, j’aimerais souligner l’importance
du mois de novembre pour le Comité sénatorial permanent des
langues officielles. C’est ce mois-ci, il y a 10 ans, que le comité
tenait sa première réunion. En effet, le 5 novembre 2002, le comité
tenait une réunion d’organisation et c’est le lundi 18 novembre de
cette même année qu’il débutait ses travaux. Le comité était alors
présidé par le sénateur Losier-Cool, maintenant à la retraite. Le
vice-président du comité était alors le sénateur Keon, également à
la retraite.
I will take this opportunity to mark the 10 years of work by
this committee and to thank the honourable senators who have
sat on it over those 10 years and contributed to its proceedings.
Je profite de l’occasion pour non seulement souligner les 10 ans
de travaux de ce comité, mais également remercier les honorables
sénateurs qui y ont siégé lors de ces 10 ans et qui ont contribué
aux travaux.
Today we continue our study on CBC/Radio-Canada’s
obligations under the Official Languages Act and some aspects
of the Broadcasting Act. We welcome representatives of three
organizations that operate in Ontario’s francophone minority
communities: Denis Vaillancourt, President of the Assemblée de
la francophonie de l’Ontario, who is here with Peter Hominuk,
that organization’s Director General, as well as Marie Ève
Chassé, President of the Alliance culturelle de l’Ontario, who is
accompanied by Nathalie McNeil, Director General, Alliance des
producteurs francophones du Canada. We also have, by
videoconference, Nicole Larocque, President of S.O.S. CBEF,
who is appearing with Karim Amellal, Vice-President.
Nous poursuivons aujourd’hui, notre étude sur les obligations
de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues
officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion. Nous accueillons aujourd’hui, des représentants
de trois organismes qui œuvrent dans les communautés
francophones en situation minoritaire de l’Ontario, soit
M. Denis Vaillancourt, président de l’Assemblée de la
francophonie de l’Ontario, qui est accompagné de M. Peter
Hominuk, directeur général, ainsi que Mme Marie Ève Chassé,
présidente de l’Alliance culturelle de l’Ontario, qui est
accompagnée de Mme Nathalie McNeil, directrice générale de
l’Alliance des producteurs francophones du Canada. Nous
accueillons également, par vidéoconférence, Mme Nicole
Larocque, présidente de S.O.S. CBEF, qui est accompagnée de
M. Karim Amellal, vice-président.
On behalf of the members of the committee, I want to thank
you for taking the time to share your perspective as it relates to
our study and to answer our questions. Now I invite the
Assemblée de la francophonie de l’Ontario to take the floor. It
will be followed by the Alliance culturelle de l’Ontario and S.O.S.
CBEF. Once you have finished, senators will ask you questions.
Au nom des membres du comité, je vous remercie de prendre le
temps de nous présenter votre point de vue dans le cadre de notre
étude et de répondre à nos questions. J’invite maintenant
l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario à prendre la parole.
Elle sera suivie de l’Alliance culturelle de l’Ontario et de S.O.S.
CBEF. Les sénateurs suivront avec des questions.
Denis B. Vaillancourt, President, Assemblée de la francophonie
de l’Ontario: Honourable senators, thank you for inviting us to
appear. Your study is largely consistent with the concerns we
want to share with the CRTC. I will therefore get to the heart of
the matter right away.
Denis B. Vaillancourt, président, Assemblée de la francophonie
de l’Ontario : Honorables sénateurs, merci de nous accueillir.
Votre travail rejoint en grande partie les préoccupations dont
nous voulons faire part au CRTC. J’entrerai donc dans le vif du
sujet.
CBC/Radio-Canada is celebrating its 75th anniversary this
year. The public broadcaster is facing many challenges in 2012,
including budget cuts, emerging new technologies, competitive
market conditions and the emergence of increasingly powerful
integrated media empires.
CBC/Radio-Canada célèbre cette année son 75e anniversaire.
On sait qu’en 2012, plus particulièrement, le radiodiffuseur public
doit faire face à de nombreux défis que vous connaissez sans
doute : compressions budgétaires, développement de nouvelles
technologies, réalité du marché concurrentiel en milieu
minoritaire avec émergence d’empires médiatiques intégrés de
plus en plus puissants.
As a community, we are lobbying for the public broadcaster to
comply with its language requirements and its requirements to
reflect of our regional diversity in Ontario. It remains critical to
provide CBC/Radio-Canada with the tools and the framework
that will help it adequately meet those requirements.
En tant que communauté franco-ontarienne, nous faisons des
pressions en ce qui concerne le respect de ces exigences en matière
de langue et de reflet de notre diversité régionale en Ontario. Il
reste essentiel pour nous que Radio-Canada doit avoir les moyens
et le cadre qui lui permettront de répondre adéquatement à ces
exigences.
13:30
Official Languages
26-11-2012
Weakened by this year’s cuts of $115 million and the loss of
$40 million from the Local Programming Improvement Fund, the
LPIF, a decision that was condemned by the AFO, the public
broadcaster is doing its best to protect regional services. We
would like to remind you that the LPIF helped CBC/RadioCanada maintain its regional presence and provided independent
francophone producers, including those in our province, with
means to produce more local francophone content that tells our
community’s stories. That was the beginning of new regional
anchoring that benefited our whole community in Ontario.
Fragilisé déjà par les compressions de 115 millions de dollars,
et la perte du 40 millions de dollars du Fonds pour l’amélioration
de la programmation locale, le FAPL, dont la disparition avait été
dénoncée par l’AFO, le diffuseur public fait de son mieux pour
protéger les services régionaux. On rappel que le FAPL permettait
à Radio-Canada de maintenir son empreinte régionale et offrait
aux producteurs indépendants francophones, notamment dans
notre province, des moyens pour produire du contenu local et
francophone, touchant les réalités de notre communauté. C’était
pour nous, le début d’un nouvel ancrage régional qui bénéficiait
quand même à l’Ontario.
I will now come back to points that are part of your study. The
provision of services in both languages, the equal quality of
services and the reflection of regional diversity are three aspects of
the Broadcasting Act that concern respect for official languages.
It is a matter of providing coverage of equal quality in both
official languages and on all of the Crown corporation’s
platforms.
Sur les questions inscrites dans le cadre de votre étude, l’offre
des services dans les deux langues, la qualité équivalente des
services et le reflet de la diversité régionale sont trois aspects dans
la Loi sur la radiodiffusion qui touchent aussi le respect des
langues officielles sur la couverture d’une qualité équivalente dans
les deux langues officielles, et par le biais de toutes les plateformes
de sociétés d’État.
I would like to point out that our community in Ontario
accounts for over 50 per cent of the francophone population
outside Quebec. Our province is large, and francophone
communities are scattered across it.
J’aimerais rappeler que notre communauté en Ontario
représente plus de 50 p. 100 de la population francophone
vivant à l’extérieur du Québec. Notre province est grande et les
concentrations de francophones sont dispersées sur notre
territoire.
In television, our community has access to two of RadioCanada’s regional stations, and, in radio, we have access to three
stations in Ontario. Three of Radio-Canada’s regional stations
generally do very good work, and our community recognizes that.
Directors, hosts, journalists and administrators maintain a good
relationship with our community. Generally speaking, the
coverage is quite satisfactory. There are still some considerable
weaknesses in terms of fair representation of our issues and the
provision of high-quality francophone content that reflects our
Franco-Ontarian cultural and linguistic identity. For instance, in
Ottawa’s edition of the Téléjournal, our Franco-Ontarian
community and our activities are all too often overshadowed by
news from Quebec. We are in fact becoming a minority in the
region.
Au niveau télévisuel, notre communauté a accès à deux stations
régionales de Radio-Canada et, au niveau radiophonique, on
compte trois stations en Ontario. Trois stations régionales de
Radio-Canada font généralement un très bon travail et notre
communauté le reconnaît. Les réalisateurs, animateurs,
journalistes et administrateurs entretiennent de bonnes relations
avec notre communauté. De façon générale, la couverture est
assez satisfaisante. Or, il reste des faiblesses encore significatives
pour une juste représentation de nos enjeux et pour avoir du
contenu francophone de haute qualité reflétant notre identité
culturelle et linguistique franco-ontarienne. Il faut l’admettre, par
exemple à Ottawa, au Téléjournal, notre communauté francoontarienne et nos activités restent trop souvent dans l’ombre des
nouvelles du Québec. En fait, nous devenons une minorité dans la
région.
We have some questions about the future. Meanwhile, RadioCanada has already announced its intention to review its role
regarding certain ongoing artistic and cultural partnerships. With
regard to that, the AFO agrees with the concerns of its members,
such as the Alliance des Professionnels de la Chanson et de la
Musique (APCM), Réseau Ontario and the Alliance culturelle de
l’Ontario. My colleagues who are here today will surely talk to
you about that.
Nous avons des questionnements pour l’avenir alors que
Radio-Canada a déjà annoncé son intention de revoir son rôle en
ce qui a trait à certains partenariats artistiques et culturels. À ce
titre, l’AFO rejoint les inquiétudes des membres de l’Alliance
professionnelle de la chanson et de la musique, l’APCM, le
Réseau Ontario et l’Alliance culturelle de l’Ontario. Mes collègues
ici présenteront certainement ce sujet un peu plus tard.
As far as other platforms go, given the cuts announced on
April 4, the regionalization of Espace Musique is still not
complete. Regarding the Web and other multimedia platforms,
in the Crown corporation’s latest five-year plan, Everyone, Every
way, CBC announced the launch of hyperlocal micro-websites in
order to provide better coverage to underserved regions. We find
it hard to understand why it is starting to test hyperlocal sites in
two centres where linguistic duality is not in compromised:
Pour ce qui est des autres plateformes, avec les compressions
annoncées le 4 avril, la régionalisation et d’Espace musique
restent incomplets. Pour le Web et les autres plateformes
multimédia, si on reprend le dernier plan quinquennal de la
société d’État, Partout, Pour tous, Radio-Canada annonçait le
lancement de microsites Web et hyperlocaux pour mieux couvrir
les régions mal desservies. On comprend mal qu’on commence les
expériences de sites hyperlocaux dans deux centres où la dualité
26-11-2012
Langues officielles
13:31
Montreal’s south shore and north shore suburbs. Would it not
have been better to do that in another place where the majority
rules? We know that the Web 2.0 media environment presents
enormous challenges. Consequently, a francophone presence on
the Net is severely lacking. Members of Generation C or Digital
Natives consume content and acquire information in a different
way.
linguistique n’est pas compromise, soit sur la Rive-Sud et la RiveNord de Montréal. N’aurait-il pas été mieux de faire l’expérience
dans un autre milieu que dans un milieu où la majorité règne? On
sait que dans un environnement médiatique Web 2.0, les défis
relevés sont énormes. En corollaire, il existe un manque flagrant
de présences de nos francophones sur le Net. La Génération C, ou
les Digital Natives, est différente dans sa manière de consommer
des contenus et de s’informer.
The Crown corporation must assume its role as a space that
reflects a sense of identity and belonging to ensure the survival of
francophone linguistic and cultural networks in Ontario and
across the country. The corporation must be given the means and
the framework to carry out this mandate.
La société doit assumer son rôle de porteur d’identité et
d’adhésion pour assurer la pérennité des réseaux linguistiques et
culturels francophones en Ontario et dans l’ensemble du pays. Il
reste essentiel de lui donner les moyens et le cadre qui permettront
de mener à bien ce rôle.
Currently, the key issue obviously continues to be the presence
of our community on network programs. It is clear that a
different approach is necessary, since we need Radio-Canada’s
local and national programming as a vehicle for our community’s
expression. Currently, our presence on the national network is
completely sporadic. That phenomenon contributes to Quebecers’
lack of awareness of our realities. Our regional stations’ content
should urgently be given better coverage on the national network.
The AFO is happy to see that the CRTC is focusing on that aspect
in renewing the Crown corporation’s licence. Currently, the
Crown corporation is providing a Quebec point of view on the
national network that is not representative of our francophone
realities, at least those of Ontario.
Le plus grand enjeu de l’heure reste la présence de notre
communauté dans les émissions réseau. C’est un constat : les
choses doivent être faites autrement. Nous avons besoin de
trouver notre reflet sur les ondes de Radio-Canada tant au niveau
régional que national. Actuellement, notre présence au niveau
national est tout à fait sporadique; un phénomène qui continue
d’entretenir une méconnaissance de nos réalités par le public
québécois. Il devient urgent que le contenu de nos stations
régionales soit mieux repris en réseau national. L’AFO se réjouit
de voir que le CRTC se penche sur cet aspect lors du
renouvellement de la licence de la société d’État. Actuellement,
au réseau national, la société offre une vision à travers un prisme
montréalais et québécois non représentatif de nos réalités
francophones, du moins celles de l’Ontario.
Let us now go back to CBC/Radio-Canada’s compliance with
the requirements of the Official Languages Act. As a federal
institution, the CBC/Radio-Canada Crown corporation must
take positive measures to enhance the vitality of the official
language minority communities and advance linguistic duality.
Revenons maintenant sur le respect par Radio-Canada des
exigences de la Loi sur les langues officielles. La société d’État
CBC/Radio-Canada, en tant qu’institution fédérale, doit prendre
des mesures positives pour l’épanouissement des communautés de
langue officielle en situation minoritaire et la promotion de la
dualité linguistique.
Regarding the first point, it is clear that, although CBC/RadioCanada is a key stakeholder in promoting a better understanding
between French-speaking and English-speaking Canadians and in
establishing ties, the reality is entirely different. In Ontario, it is
clear that our community is completely nonexistent as far as
CBC/Radio-Canada is concerned. Things have to change.
Sur le premier point, il est évident que si CBC/Radio-Canada
était un intervenant clé pour favoriser une meilleure
compréhension et pour établir des liens entre les Canadiens de
langue française et ceux de langue anglaise, la réalité est tout
autre. En Ontario, force est de constater que pour la CBC, notre
communauté est totalement inexistante. Il faut que les choses
changent.
Lastly, there is currently a debate on whether the obligations
set out in the Official Languages Act also apply to the public
broadcaster’s programming activities. The Commissioner of
Official Languages, Graham Fraser, believes that the Crown
corporation’s linguistic obligations extend to programming
decisions. That is obvious to us. I would like to discuss the
CBEF Windsor station’s case, and my Windsor colleagues will
definitely tell you about that. The morning programs in that
region, including Bonjour le monde, Grands Lacs Café and Au
détroit de la nuit, shaped a local identity. The loss of local
programs especially has deeply hurt the development of that
community.
Enfin, un débat persiste actuellement à savoir si les obligations
qui relèvent de la Loi sur les langues officielles s’appliquent aux
activités de programmation du radiodiffuseur public. Le
commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, croit pour
sa part que les obligations linguistiques de la société s’étendent
aux décisions qui concernent la programmation. Cela va de soi
pour nous. À ce titre, j’aimerais vous rappeler le cas de CBEF
Windsor, et mes collègues de Windsor vous en parleront
certainement. Les émissions du matin dans cette région, par
exemple Bonjour le monde, Grands Lacs café et Au détroit de la
nuit, permettaient une identité locale. La perte des émissions
locales a grandement nui à l’épanouissement de cette
communauté.
13:32
Official Languages
26-11-2012
The commissioner took legal action before the Federal Court
in the summer of 2010. In June 2012, the Federal Court stated
that the CRTC will have to consider the effect of the
corporation’s 2009 budget cuts on the region’s francophone
community in examining the licence renewal request for CBC/
Radio-Canada and its Windsor, Ontario, francophone radio
station. We would like to see that station back in our community.
Un recours a été intenté par le commissaire aux langues
officielles devant la Cour fédérale à l’été 2010. En juin 2012, la
Cour fédérale a indiqué que le CRTC devra examiner la demande
de renouvellement de la licence de CBC/Radio-Canada et de sa
station de radio francophone de Windsor en Ontario, en tenant
compte de l’incidence de compressions budgétaires effectuées par
la société, en 2009, sur la communauté francophone de la région.
On souhaite le retour de cette station à notre communauté.
Radio-Canada is critical for Franco-Ontarians’ voices to be
heard on the air. So it is crucial for the Crown corporation to
better integrate the needs identified by our community when
making its decisions. It also has a consultation obligation when it
comes to that. The AFO agrees with the suggestion made by the
Fédération des communautés francophones et acadienne, the
FCFA, to implement a formal national mechanism, coupled with
formal consultations on a regional level that would promote
accountability. As part of that mechanism, the corporation would
demonstrate in what way it has taken the needs and priorities
expressed by francophones into consideration. The current
regional panel fails to meet our expectations.
Pour les Franco-Ontariens, Radio-Canada est incontournable
pour l’appropriation des ondes. Il reste donc essentiel pour nous
que la société d’État réintègre mieux les besoins identifiés par
notre communauté dans ces prises de décision, et pour cela, elle a
un devoir de consultation. L’AFO se rallie ici à la position de la
FCFA, la Fédération des communautés francophones acadiennes.
Il est nécessaire de mettre en place un mécanisme formel au niveau
national, doublé d’instances de consultation formelles au niveau
régional, qui favoriserait une reddition de comptes où la société
démontrerait comment elle a pris en considération les besoins et
les priorités exprimés par les communautés francophones et
acadiennes. L’actuel panel des régions ne répond pas
adéquatement à nos attentes.
I will conclude my remarks by pointing out that the Crown
corporation’s mandate is clearly to create a social link and, I
would add, to create and promote linguistic duality, a
characteristic that we believe is fundamental to our country.
Je vais conclure en rappelant que la vocation de la société
d’État est clairement de créer du lien social et j’ajouterais de créer
et promouvoir la dualité linguistique, caractéristique, à notre
point de vue, fondamentale dans notre pays.
In a multimedia, interactive and network-laden world, the
national public broadcaster’s role in the future will be even more
significant than it has been in the past. This is an extremely
important issue, and only the public support sought out by the
CBC/SRC will enable it to fulfil that mission and remain relevant
for francophone Canadians, especially in our province.
Dans un univers multimédia, interactif et encombré de réseaux,
le diffuseur public national aura demain un rôle encore plus
important qu’hier. Il s’agit d’un enjeu extrêmement important et
seul le soutien public d’un diffuseur national lui permettra de
remplir cette mission et de garder sa pertinence pour les citoyens
francophones, et notamment dans notre province.
Over the coming years, the AFO and its members expect an
ongoing commitment from the Société Radio-Canada to expand
its coverage of our Ontario francophonie — in Canada’s national
broadcasting system — in order to maintain a Canadian
Frenchness and promote the Franco-Ontarian cultural identity.
So it is important to provide the CBC/SRC with the funding and
flexibility it needs to maintain its power and remain the national
public broadcaster of key importance for our francophone
community in Ontario and the nation as a whole.
Pour les années à venir, l’AFO et ses membres attendent de la
Société Radio-Canada un engagement sans failles pour un
rayonnement plus grand de notre Francophonie ontarienne
dans le système de radiodiffusion canadien national, et ce, pour
maintenir une francité canadienne et valoriser l’identité culturelle
franco-ontarienne. Il importe donc d’accorder à la Société RadioCanada les fonds et la latitude nécessaires pour maintenir une
force de frappe et pour rester le diffuseur public national qui est
essentiel à notre communauté francophone en Ontario, pour ne
pas dire nationale.
Thank you. We are now ready to answer your questions.
The Chair: Thank you, Mr. Vaillancourt.
Marie Ève Chassé, President, Alliance culturelle de l’Ontario:
On behalf of the Alliance culturelle de l’Ontario, its members and
our partners represented here by Nathalie McNeil, Director
General, Alliance des producteurs francophones du Canada, I
want to thank you for allowing us to speak to you. I am here in
my capacity as President of the Alliance culturelle de l’Ontario.
Je vous remercie. Nous serons prêts à répondre à vos questions
plus tard.
La présidente : Je vous remercie, monsieur Vaillancourt.
Marie Ève Chassé, présidente, Alliance culturelle de l’Ontario :
Au nom de l’Alliance culturelle de l’Ontario, de ses membres et de
nos partenaires ici représentés par Nathalie McNeil, directrice
générale, Alliance des producteurs francophones du Canada, je
vous remercie de bien vouloir nous permettre de vous adresser la
parole. Je suis ici à titre de présidente de l’Alliance culturelle de
l’Ontario.
26-11-2012
Langues officielles
13:33
The Alliance culturelle de l’Ontario is a provincial organization
in the service of the arts which acts as a forum for exchange and
cooperation among all artistic and cultural stakeholders in
French-speaking Ontario. It acts at all decision-making levels to
position the entire arts and culture sector in society. It supports
the development and promotes the modernization of arts and
culture through outreach, research and communication
initiatives.
L’Alliance culturelle de l’Ontario est un organisme provincial
de service aux arts qui agit comme forum d’échange et de
collaboration entre tous les intervenants artistiques et culturels de
l’Ontario français. Elle agit à tous les niveaux décisionnels pour
assurer le positionnement de l’ensemble du secteur des arts et de la
culture dans la société. Elle appuie le développement et favorise
l’actualisation des arts et de la culture par des initiatives de
rayonnement, de recherche et de communication.
Radio-Canada is an essential institution for the FrancoOntario artistic and cultural community. It makes it possible to
transmit high-quality information to the population, to every
citizen. It provides food for thought and discussion and helps
expand francophone influence by making the community aware
of the importance of the arts in French-speaking Ontario. RadioCanada is an agent of collective identity; it acts as a veritable
cultural transmitter and feeds the sense of living together that
characterizes Canadian society. It is the main French source of
news and entertainment available in the Franco-Ontarian
communities.
Radio-Canada est une institution incontournable pour le
milieu artistique et culturel franco-ontarien. Elle permet de
transmettre à la population, à chaque citoyen, des informations
de qualité. Elle suscite des réflexions et des discussions et
contribue à l’élargissement de l’espace francophone en
sensibilisant la communauté à l’importance des arts en Ontario
français. Radio-Canada est un agent de l’identité collective, elle
agit comme un véritable passeur culturel et alimente le vivre
ensemble qui caractérise la société canadienne. Elle est la
principale source d’information et de divertissement disponible
en français dans les communautés franco-ontariennes.
In March 2010, as part of the implementation of the
Community Strategic Plan by the Assemblée de la francophonie
de l’Ontario, the Alliance culturelle de l’Ontario set forth the
major challenges facing the Franco-Ontarian artistic and cultural
community. Among their number, the broadcasting challenges
were very clearly stated. The Alliance culturelle de l’Ontario
highlighted our poor media links and the importance of
maintaining and improving the ones we have. The absence of
mass media is central to the issue of marketing Franco-Ontarian
production and of that production’s outreach.
En mars 2010, dans le cadre de la réalisation du plan
stratégique communautaire mené par l’Assemblée de la
francophonie de l’Ontario, l’Alliance culturelle de l’Ontario
avait mis de l’avant les grands défis du milieu artistique et
culturel franco-ontarien. Parmi ces derniers, les défis en termes de
diffusion ont été très clairement énoncés. L’Alliance culturelle de
l’Ontario s’est efforcée de mettre en exergue la faiblesse des relais
médiatiques et l’importance de maintenir et bonifier ceux qui
existent. L’absence de média de masse est au cœur de la
problématique de la mise en marché de la production francoontarienne et de son rayonnement.
At a time when communication is paramount, the FrancoOntarian community is virtually deprived of its institutions, and a
structure like Radio-Canada is essential to the Franco-Ontarian
artistic community’s development. In this brief, we therefore wish
to restate the fundamentally important place that Radio-Canada
occupies in the Franco-Ontarian cultural and artistic community.
À une époque où tout passe par la communication, la
communauté franco-ontarienne se trouve, en effet, pratiquement
démunie de ses institutions et une structure comme Radio-Canada
est indispensable au développement de la communauté artistique
franco-ontarienne. À travers ce mémoire, nous souhaitons donc
réitérer la place primordiale qu’occupe Radio-Canada au sein du
milieu artistique culturel franco-ontarien.
TFO is obviously Franco-Ontarians’ other major media ally,
but the mandates of Radio-Canada and TFO are not exactly
similar. Radio-Canada has a national mandate that does more to
enable communication among francophone cultures across the
country.
L’autre important allié médiatique des Franco-Ontariens est
évidemment TFO, mais les mandats de Radio-Canada et de TFO
ne sont pas exactement similaires. En effet, Radio-Canada a un
mandat national qui permet davantage aux cultures francophones
d’un océan à l’autre de communiquer.
TFO, on the other hand, recently reviewed its objectives and
now focuses more on youth programming. Although that is
essential, it does not meet all artistic and cultural broadcasting
and media coverage needs.
D’autre part, TFO a récemment procédé à une révision de ses
objectifs et insiste dorénavant plus sur une programmation
jeunesse. Bien que ce soit primordial, cela ne répond pas à
l’ensemble des besoins en matière de radiodiffusion et de
médiatisation des arts et de la culture.
We believe that Radio-Canada contributes to the development
and outreach of arts and culture in French-speaking Ontario
because it works together with the community as a whole to
promote the province’s artistic and cultural activities. RadioCanada establishes numerous partnerships with the community,
in particular by signing major agreements with organizations such
Nous croyons que la SRC contribue au développement et au
rayonnement des arts et de la culture en Ontario français car elle
travaille de concert avec l’ensemble du milieu afin de promouvoir
des activités artistiques et culturelles de la province. RadioCanada multiplie les partenariats avec le milieu en signant
notamment des ententes importantes avec des organismes tels
13:34
Official Languages
26-11-2012
as the Regroupement des éditeurs canadiens-français, the
Association des auteures et auteurs de l’Ontario français, the
Association des professionnels de la chanson et de la musique,
Réseau Ontario and Théâtre Action.
que le Regroupement des éditeurs canadiens-français,
l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français,
l’Association des professionnels de la chanson et de la musique,
Réseau Ontario et Théâtre Action.
These partnerships have made it possible to extend the
outreach of events and activities such as the Gala Trille Or,
Contact ontarois and the Prix des lecteurs. Franco-Ontarian
artists such as Damien Robitaille and Andréa Lindsay owe some
of their success to the promotional work orchestrated by RadioCanada in particular.
Ces partenariats ont permis d’assurer le rayonnement
d’événements ou d’activités comme le Gala Trille Or, le Contact
ontarois ou le Prix des lecteurs. Par ailleurs, des artistes francoontariens tels que Damien Robitaille ou Andréa Lindsay doivent
en partie leur succès au travail de promotion orchestré
notamment par Radio-Canada.
We support the new orientation of Strategy 2015: Everyone,
Every Way, because it aims for distinctive and more regional
programming for all francophone communities across the
country, and we hope that wish is realized through
communication with representatives of the various communities.
Nous soutenons la nouvelle orientation issue de la stratégie
2015, Partout, Pour tous, car elle se veut être une programmation
encore plus distinctive et plus régionale, s’adressant à toutes les
communautés francophones du pays et nous espérons que ce
souhait se réalisera en communication avec les représentants des
différentes communautés.
Radio-Canada’s shift to digital technology has been welcomed
by the artistic community, provided it does not become an
obstacle to the corporation’s mandate to offer programming
accessible to all.
Le virage numérique que Radio-Canada a entrepris est bien
accueilli par la communauté artistique pourvu qu’il ne fasse pas
obstacle au mandat de Radio-Canada, à savoir offrir une
programmation accessible à tous.
The allocation of bandwidth in certain regions of Ontario has
raised many challenges, and we hope the proposed media and
culture on offer are available to all urban and rural communities.
La réception de bande passante dans certaines régions de
l’Ontario pose de nombreux défis et nous espérons que l’offre
médiatique et culturelle proposée sera disponible à toutes les
communautés en milieu urbain tant qu’en milieu rural.
In general, we can say that Radio-Canada is carrying out its
mandate. However, we also want to qualify that remark and to
note some challenges and deficiencies that we have observed and
to take a critical look that will have to be reflected in the new
oversight of Radio-Canada.
De façon générale, on peut affirmer que Radio-Canada
s’acquitte de son mandat. Toutefois, nous tenons aussi à
nuancer ce constat et à signifier certains défis ou manquements
afin de fournir un regard critique dont il devra tenir compte dans
le nouvel encadrement de la SRC.
We wish to emphasize that it is important for Radio-Canada to
offer programming that fully respects regional disparities by
gathering information and testimonials across the country.
Nous souhaitons souligner l’importance pour Radio-Canada
de proposer une programmation qui reflète pleinement les
disparités régionales en allant chercher des témoignages, des
informations partout au pays.
There is still a tendency to give priority to information from
Quebec, particularly from Montreal, to the detriment of many
francophone communities outside Quebec, particularly in
Ontario. The artistic and cultural community and the many
players who constitute it are prepared to support Radio-Canada
in order to develop a media offering that also reflects the
creativity and reality of francophone communities here in
Ontario.
Il existe encore aujourd’hui, une tendance à privilégier les
informations provenant du Québec, et en particulier de Montréal,
au détriment de nombreuses communautés francophones hors
Québec, notamment en Ontario. Le milieu artistique et culturel et
les nombreux joueurs qui le composent sont prêts à soutenir
Radio-Canada afin de développer une offre médiatique reflétant
aussi la créativité et la réalité des communautés francophones ici,
en Ontario.
We want to emphasize that the artistic and cultural coverage
provided by Radio-Canada’s regional Ontario stations is, on the
whole, excellent, but the recent cutbacks have undermined RadioCanada’s profile and we fear there will be a decline in
partnerships and media coverage of events in the regions.
Nous tenons à souligner que globalement la couverture
artistique et culturelle offerte par les stations régionales de
l’Ontario de Radio-Canada est excellente, mais les plus récentes
compressions ont nui à la présence de la SRC et nous craignons
une baisse de partenariat et de la couverture médiatique des
événements en région.
We therefore repeat that it is necessary that these stations have
the resources to carry out their mandate in full. They are essential
pillars of the various communities’ artistic, cultural and media
vitality.
Nous réitérons donc la nécessité que ces postes aient les moyens
d’assumer leur plein mandat. Elles sont des piliers
incontournables de la vitalité artistique culturelle et médiatique
des différentes communautés.
26-11-2012
Langues officielles
13:35
The alliance believes that there is room for improvement to
ensure that the francophone communities’ concerns, artistic
talents and cultural issues are further advanced and considered
by Radio-Canada at the national level. It is very important that
Radio-Canada reflect the communities in its network programs
both locally and nationally.
L’alliance pense qu’il y a place à l’amélioration pour faire en
sorte que les préoccupations, les talents artistiques et les enjeux
culturels des communautés francophones soient davantage
présentés et pris en compte au réseau national de la SRC. Il est,
en effet, très important que la SRC soit le reflet des communautés
dans les émissions du réseau, et ce, tant au niveau local qu’au
niveau national.
We aspire to a higher level of representation, particularly by
Radio-Canada television. Ontario’s French-speaking community
does not yet enjoy the desired level of access to arts and culture on
the national public broadcaster’s airwaves.
Nous aspirons à un niveau de représentativité plus haut,
notamment pour la télévision de Radio-Canada. La francophonie
ontarienne ne bénéficie pas encore du niveau d’accès aux arts et à
la culture souhaité sur les ondes du diffuseur public national.
The cancellation of the Local Programming Improvement
Fund has only exacerbated the community’s fears. We have
previously mentioned that Radio-Canada has committed to
broadcast many artistic events that are popular with the
Franco-Ontarian artistic community. However, since the fund’s
cancellation and the spring budget cutbacks were announced, we
have been afraid that there will be fewer and fewer broadcasts,
particularly in the regions. We hope that Radio-Canada can
increase the number of primetime interregional and national
broadcasts of these events.
L’abolition du Fonds pour l’amélioration de la programmation
locale n’a fait qu’empirer les craintes du milieu. Nous avons déjà
mentionné que la SRC s’engage dans la diffusion de bon nombre
d’événements artistiques rassembleurs de la communauté
artistique franco-ontarienne. Par contre, depuis l’annonce de
l’abolition du fonds et les réductions budgétaires printanières,
nous craignons que les diffusions, notamment en région, soient de
moins en moins nombreuses. Nous souhaitons que la SRC puisse
augmenter les diffusions interrégionales et nationales de ces
événements aux heures de grande écoute.
The Alliance culturelle de l’Ontario is concerned about the
harmful role that the cuts to CBC/Radio-Canada’s resources
could have. We hope that fiscal restraint will not undermine the
quality of information broadcast. The solely ratings-based
approach of private broadcasters makes the on-air voices of
minority groups virtually nonexistent. CBC/Radio-Canada also
has a mandate to let these numerically smaller groups speak out.
L’Alliance culturelle de l’Ontario est inquiète du rôle néfaste
que pourrait avoir la compression des ressources de CBC/RadioCanada. Nous espérons que les restrictions budgétaires
n’affaibliront pas la qualité de l’information transmise.
L’approche des diffuseurs privés, exclusivement basée sur les
cotes d’écoute, rend la voix des groupes minoritaires
pratiquement inexistante sur les ondes. Le mandat de CBC/
Radio-Canada est aussi de donner la parole à ces groupes
numériquement plus restreints.
We would also like the conditions imposed on Radio-Canada
to allow it the flexibility it needs to remain competitive in these
times when audience fragmentation and media concentration are
major issues.
Aussi, nous souhaitons que les conditions imposées à la Société
Radio-Canada lui laissent la flexibilité dont elle a besoin pour
rester concurrentielle dans ce temps où la fragmentation des
auditoires et la concentration des médias sont des enjeux
importants.
We wish to note that it is difficult to strike a balance between
granting flexibility and prescribing the conditions necessary to
ensure that Radio-Canada fully discharges its obligations and
does more to shoulder the responsibilities toward official
language minority communities that stem from its mandate.
Nous tenons à préciser qu’il est complexe d’assurer un équilibre
entre accorder une flexibilité et prescrire des conditions
nécessaires afin de s’assurer que la SRC respecte pleinement ses
obligations et assume davantage les responsabilités découlant de
son mandat en ce qui a trait aux communautés de langue officielle
en situation minoritaire.
It is essential that the spirit of the Official Languages Act and
of the Broadcasting Act be respected; that will promote the
development of arts and culture in French-speaking Ontario and
the vitality of our communities here in Ontario and across the
country.
Il est indispensable que l’esprit de la Loi sur les langues
officielles et de la Loi sur la radiodiffusion soit respecté, ce qui
favorisera l’essor des arts et de la culture de la francophonie
ontarienne et de la vitalité de nos communautés ici, en Ontario et
partout au pays.
Thank you for listening. I am now prepared to answer your
questions.
Je vous remercie pour votre écoute et je serai disposée à
répondre à vous questions tout à l’heure.
The Chair: Thank you, madam.
We now have Nicole Larocque, whom we welcome by
videoconference.
La présidente : Merci beaucoup, madame.
La parole est maintenant à Mme Nicole Larocque, que nous
accueillons par vidéoconférence.
13:36
Official Languages
26-11-2012
Nicole Larocque, President, S.O.S. CBEF: Good evening,
honourable senators. My name is Nicole Larocque. I am
President of the S.O.S. CBEF committee, and I would like to
introduce my colleague, Karim Amellal.
Nicole Larocque, présidente, S.O.S. CBEF : Bonsoir,
honorables sénateurs, honorables sénatrices. Je m’appelle Nicole
Larocque, je suis présidente du comité S.O.S. CBEF, et je vous
présente mon collègue, M. Karim Amellal.
We are here this evening to represent the S.O.S. CBEF
committee. For those of you who have never visited the Windsor
area, I have brought a photograph. In it you can see Windsor’s
skyscrapers and, just opposite, the city of Detroit.
Nous représentons le comité S.O.S. CBEF ce soir. Pour ceux
d’entre vous qui n’ont jamais visité la région de Windsor, j’ai
apporté une photo. Vous pouvez voir sur cette photo les gratteciel de Windsor. Juste en face, nous avons la ville de Détroit.
I am showing you this photograph to prove how close we are to
the United States and that there is a major American influence
here in Windsor, and also to show you how important Canada is
for the official language minority communities.
Je vous montre cette photo pour vous démontrer à quel point
nous sommes voisins des États-Unis et qu’il y a une grande
influence américaine ici, à Windsor, et aussi pour vous montrer
l’importance du Canada pour les communautés de langue
officielle en milieu minoritaire.
I grew up here in Windsor, and I can tell you that there is a
major American influence in our region. Most people tune in
American radio and television stations and many go shopping
and on outings to the United States.
J’ai grandi ici, à Windsor, et je peux vous dire qu’il y a une
grande influence américaine dans notre région. La plupart des
gens écoutent des stations de radio et de télévision américaines et
plusieurs font du magasinage et des sorties aux États-Unis.
The influence is so great that people talk about the temperature
in Fahrenheit rather than Celsius. In spite of these facts, the
region is rich in history, particularly in the francophone
community. Our region was founded by a francophone more
than 300 years ago, and if you walk around Windsor you will see
that many streets have French names, such as Ouellette, Pelissier,
Marentette, Goyau, Lauzon and so on. There are also a number
of francophone villages around Windsor, such as Rivière-auxCanards, Belle-Rivière, Saint-Joachim and Pointe-aux-Roches.
L’influence est si grande que les gens parlent de la température
en degrés Fahrenheit au lieu des degrés Celsius. Malgré ces faits,
la région est riche en histoire, surtout en ce qui a trait à la
Francophonie. Notre région a été fondée par un francophone, il y
a plus de 300 ans, et si vous vous promenez à Windsor, vous
verrez que plusieurs rues ont des noms de francophones tels que
Ouellette, Pelissier, Marentette, Goyau, Lauzon, et cetera. Il y a
plusieurs villages francophones aux alentours de Windsor tels que
Rivière-aux-Canards, Belle-Rivière, Saint-Joachim et Pointe-auxRoches.
I am going to take two minutes to share our personal history
with Radio-Canada and to give you an idea of the role RadioCanada has played in our lives here in Windsor and in
southwestern Ontario.
Je vais prendre deux minutes pour partager notre histoire
personnelle en ce qui a trait à Radio-Canada et pour vous donner
une idée du rôle que la SRC a joué dans notre vie, ici à Windsor et
dans le sud-ouest ontarien.
I come from an exogamous family. Although my parents came
from francophone families, only my father speaks French. My
parents therefore raised me in English, and I learned French, the
language of my ancestors, at school.
Je viens d’une famille exogame. Même si mes deux parents
proviennent de familles francophones, il n’y a que mon père qui
parle français. Mes parents m’ont donc élevée en anglais et j’ai
appris le français, la langue de mes ancêtres, à l’école.
I wanted to become a teacher in the French-language schools,
but I had to improve the quality of my French. So when I was at
the faculty of education, I decided to start listening to RadioCanada radio every morning. We have CBEF here in Windsor,
which I listened to every morning. I soon became familiar with the
music. I can appreciate the artists’ performances because I did not
know French music. So I started to get to know the artists, I
expanded my vocabulary, I corrected some of the anglicisms, and
I was able to connect with the francophone community in the
region and with francophone culture.
Je voulais devenir enseignante dans les écoles de langue
française, mais je devais améliorer la qualité de mon français.
J’ai donc décidé, alors que j’étais à la faculté de l’éducation, de
commencer à écouter la radio de Radio-Canada chaque matin.
Nous avons la station CBEF ici, à Windsor, que j’écoutais chaque
matin. Rapidement, je me suis familiarisée avec la musique. Je
peux apprécier la présentation des artistes parce que je ne
connaissais pas la musique en français. J’ai donc commencé à
connaître les artistes, j’ai élargi mon vocabulaire, j’ai corrigé
certains des anglicismes, et j’ai pu me connecter à la communauté
francophone de la région et à la culture francophone.
Southwestern Ontario has approximately 35,000 francophones
and even more people who have some knowledge of French.
Le sud-ouest ontarien compte environ 35 000 francophones et
encore plus de personnes ayant une connaissance du français.
However, this is a region with one of the highest assimilation
rates in the province, and I see that assimilation at work every
day. I see my mother, who does not speak her mother’s language
and my cousins who cannot talk to my grandparents in their
Cependant, c’est une région ayant un des taux d’assimilation
les plus élevés dans la province, et je vois cette assimilation tous
les jours. Je vois ma mère qui ne parle pas la langue de sa mère,
mes cousins qui ne peuvent pas s’adresser à mes grand-parents
26-11-2012
Langues officielles
13:37
mother tongue. I am the principal of a French-language school
and I often register children who come from francophone families
but whose parents have lost their language. That is our situation.
dans leur langue maternelle. Je suis directrice d’une école de
langue française et souvent j’inscris des enfants qui viennent d’une
famille francophone mais dont les parents ont perdu la langue.
C’est notre réalité.
Radio-Canada plays an essential role for minority
francophones, just as it plays a major role in my life in helping
me retain the language and culture of my ancestors and work in
that language. This enables francophones here to listen to local
news in French. Radio-Canada helps them learn the vocabulary
to discuss current affairs in French. This enables them to stay
connected to the regional francophone community. It is also a
tool for the transmission of Canadian culture, which obviously
reflects the two founding peoples of our marvellous country.
La Société Radio-Canada joue un rôle primordial pour les
francophones en milieu minoritaire, comme la SRC a joué un
grand rôle dans ma vie pour garder la langue et la culture de mes
ancêtres et de pouvoir travailler dans cette langue. Cela permet
aux francophones ici d’entendre les nouvelles locales en français.
Radio-Canada leur permet d’apprendre le vocabulaire pour
discuter des actualités en français. Cela leur permet de rester
connectés à la communauté francophone de la région. C’est
également un outil de transmission de la culture canadienne, ce
qui reflète évidemment les deux peuples fondateurs de notre
merveilleux pays.
CBEF has been in existence since 1970. Several years ago, there
were programs in the mornings, at noon, in the afternoons and on
weekends. In 2009, a number of cuts had already been made and
we wound up with only one morning program, from six to nine
o’clock, from Monday to Friday, a contribution to a Saturday
morning program and another program on Sunday night, as
Mr. Vaillancourt pointed out in his presentation.
La station CBEF existe depuis 1970. Il y a plusieurs années, il y
avait des émissions le matin, le midi, l’après-midi et la fin de
semaine. En 2009, déjà plusieurs compressions avaient été faites.
En 2009, on était rendu avec seulement une émission matinale, de
six heures à neuf heures, du lundi au vendredi, une contribution à
une émission le samedi matin et à une émission produite la nuit du
dimanche, comme M. Vaillancourt l’a souligné dans sa
présentation.
Since we had already had so many cutbacks by that point, the
community was really surprised when Radio-Canada announced
in 2009 that it was going to make even more cuts in Windsor. The
decision was made to cancel all programs produced locally at the
Windsor station.
Puisqu’on avait déjà subi tellement de compressions jusqu’à ce
point, lorsque Radio-Canada a annoncé, en 2009, qu’elle allait
procéder à encore d’autres compressions à Windsor, la
communauté était vraiment surprise. La décision était d’éliminer
toutes les émissions produites localement à la station de Windsor.
I would also like to emphasize that CBEF Windsor was the
only station in the country that lost all locally produced
programs. All that was left was one program broadcast in the
mornings from Toronto. Toronto is four hours away from us. So
imagine what people in Ottawa would think if they had to listen
to a morning program from Toronto rather than Ottawa. It is not
at all the same situation. And as part of that morning program
from Toronto, we had small windows of local content from
Windsor, segments of 5 or 10 minutes, for a total of 20 minutes
every morning.
J’aimerais également souligner que CBEF Windsor était la
seule station au pays à perdre toutes les émissions produites
localement. Tout ce qui restait alors était une émission diffusée le
matin et provenant de Toronto. Toronto est à quatre heures de
chez nous. Alors imaginez ce que penseraient les gens d’Ottawa
s’ils devaient écouter le matin une émission de Toronto plutôt que
d’Ottawa. Ce n’est pas du tout la même réalité. Et à l’intérieur de
cette émission matinale provenant de Toronto, on avait des
petites fenêtres de contenu local provenant de Windsor, des
fenêtres d’environ cinq ou dix minutes, pour un total de
20 minutes chaque matin.
That is when the community of southwestern Ontario got
together and formed the CBEF Windsor committee. We tried to
reverse the decision and to point out how important RadioCanada was in a community such as ours.
C’est à ce moment que la communauté du sud-ouest ontarien
s’est regroupée et a formé le comité CBEF Windsor. On tentait de
renverser cette décision et de faire valoir l’importance de la SRC
dans une communauté comme la nôtre.
We have taken a number of steps since then. We initially went
to Superior Court to obtain an injunction to suspend the decision
while the Commissioner of Official Languages completed his
investigation. We sent a number of complaints to the
Commissioner of Official Languages. You may have heard that
there had been 876 complaints and that the commissioner has
published a report on the subject. We are now settling these
matters in Federal Court.
Depuis ce temps, on a fait plusieurs démarches. Initialement,
on a été en Cour supérieure afin d’obtenir une injonction pour
suspendre la décision en attendant que le commissaire aux langues
officielles complète son enquête. On a envoyé plusieurs plaintes au
commissaire aux langues officielles. Vous avez peut-être pris
connaissance du fait qu’il y a eu 876 plaintes et que le commissaire
a publié un rapport à ce sujet. Présentement, nous sommes en
Cour fédérale pour régler ces questions.
13:38
Official Languages
26-11-2012
We also contacted several members of the federal and
provincial governments and will be attending the CRTC
hearings next week. We are trying in every possible way to
obtain the services that were so important for us in Windsor. We
have stayed in touch with Radio-Canada since the cutbacks and
have tried to work with them and exercise pressure to improve the
situation, and there has been a slight improvement. We now have
one short 90-minute program per day.
Nous avons également communiqué avec plusieurs membres
des gouvernements fédéral et provincial et nous participerons aux
audiences publiques du CRTC la semaine prochaine. Nous
tentons par tous les moyens d’avoir les services qui étaient si
importants pour nous à Windsor. Nous sommes restés en contact
avec Radio-Canada depuis les compressions. Nous avons tenté de
travailler avec eux pour mettre de la pression afin d’améliorer la
situation, et il y a eu une légère amélioration. Nous avons
maintenant une petite émission de 90 minutes par jour.
There are still deficiencies. There is little local news because
there are only three employees left at the station. Several segments
come from Toronto, which is less interesting or relevant to the
people in our region, and there is a major shortage of cultural
activities, among other things. In short, the quality of CBEF’s
services is not equal to that of the services that anglophones have
on CBC in Windsor, and many francophones in our region have
turned to the anglophone media since the cutbacks in order to get
more comprehensive news coverage in our region.
Il y a encore plusieurs lacunes. Les nouvelles locales sont
maigres, car il ne reste que trois employés à la station. Plusieurs
segments proviennent de Toronto, ce qui est moins intéressant ou
pertinent pour les gens de notre région, et il y a un grand manque
par rapport aux activités culturelles, entre autres. Bref, la qualité
des services de CBEF n’est pas équivalente aux services auxquels
ont droit les anglophones à CBC à Windsor, et plusieurs
francophones de notre région se sont tournés vers les médias
anglophones depuis les compressions afin d’avoir une couverture
plus complète de l’actualité dans notre région.
The impact of the cutbacks at CBEF has and will continue to
be a factor in the assimilation of francophones in our region.
Radio-Canada plays a role in protecting and promoting our
Canadian culture. We believe it should take positive measures to
enhance the vitality of French language and culture. If we want to
combat the assimilation of minority francophones, all partners
must work together.
L’impact des compressions à CBEF a contribué et continue à
contribuer à l’assimilation des francophones dans notre région.
La SRC joue un rôle de protecteur et de promotion de notre
culture canadienne. Nous croyons qu’elle devrait prendre les
mesures positives pour contribuer à l’épanouissement de la langue
et de la culture françaises. Si nous voulons contrer l’assimilation
des francophones en milieu minoritaire, tous les partenaires
doivent travailler ensemble.
I would like to add that the members of S.O.S. CBEF have
been fighting for three years, criticizing the cutbacks to our only
French-language radio station in the region, because we are some
of the greatest defenders of French language and culture, and that
is because Radio-Canada has played an important role in our
personal lives as minority francophones.
J’aimerais ajouter que si les membres de S.O.S. CBEF luttent
depuis trois ans pour dénoncer les compressions à notre seul
station de radio française dans la région, c’est parce que nous
sommes parmi les plus grands défenseurs de la langue et de la
culture françaises, et c’est parce que la SRC a joué un rôle
important dans nos vies personnelles en tant que francophone qui
vivent en milieu minoritaire.
Thank you for your attention to our brief. We will be pleased
to answer your questions.
Je vous remercie de l’attention que vous portez à notre dossier
et nous serons heureux de répondre à vos questions.
The Chair: Thank you very much. Now we will proceed with
questions. Honourable senators, please state the name of the
person or organization you are asking your question.
La présidente : Merci beaucoup. Nous allons maintenant
procéder aux questions. Honorables sénateurs, veuillez, je vous
prie, indiquer le nom de la personne ou de l’organisme à qui
s’adresse votre question.
Senator Fortin-Duplessis: My question is for all the witnesses.
First of all, I want to thank you and congratulate you for the
briefs that you have just presented to us.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Ma question s’adresse à tous les
témoins. En tout premier lieu, je tiens à vous remercier et à vous
féliciter pour les mémoires que vous venez de nous présenter.
I would like you to talk to us about the mechanisms that
Radio-Canada is currently using to consult the francophone
communities, as well as the participation rates in those
mechanisms.
Je voudrais que vous nous parliez des mécanismes actuels de
consultations utilisés par la SRC pour les communautés
francophones ainsi que leur taux de participation.
Mr. Vaillancourt: I have been President of the Assemblée de la
francophonie since October 2010, and although there have been
meetings with Radio-Canada’s two regional directors here in
Ontario, because Ontario is divided up in a strange way, and that
is another issue, I cannot tell you that we have met concerning
M. Vaillancourt : Je suis président de l’Assemblée de la
francophonie depuis octobre 2010, et bien qu’on ait eu des
rencontres avec les deux directeurs régionaux de Radio-Canada
ici en Ontario, parce que l’Ontario est drôlement divisée, c’est une
autre question, mais je ne peux pas vous dire qu’on s’est rencontré
26-11-2012
Langues officielles
13:39
certain partnerships, but to my knowledge we have not had any
formal consultation structure, and that moreover is a criticism we
made to the directors, telling them to talk to the community
before taking action. There was an outcry at one point when
CBEF made the announcement. That is one of the things that my
predecessor said, that if they had talked first, there might have
been some solutions. The fact nevertheless remains that we stand
behind CBEF Windsor. You heard about the problem from that
community. To my knowledge, we have never had a formal
consultation forum in the past three or four years.
pour certains partenariats, mais à ma connaissance on n’a pas eu
de structure de consultation formelle, et d’ailleurs c’est un peu un
reproche qu’on a fait aux directeurs de leur dire de parler à la
communauté avant de poser des gestes. À un moment donné, il y
a eu un tollé, lorsque CBEF a fait l’annonce. C’est une des choses
que mon prédécesseur avait dites à savoir que si vous nous aviez
parlé à l’avance, il y aurait peut-être eu des solutions. Il ne reste
pas moins que nous sommes derrière CBEF Windsor. Vous avez
entendu de la part de cette communauté la problématique. On n’a
jamais eu, à ma connaissance, dans les trois ou quatre dernières
années, de forum de consultation formel.
There is a regional committee, which does not necessarily
represent our community, and which consists of individuals who
do not necessarily have any connection with the official
organizations or networks, as a result of which the messages are
not transmitted. That is my opinion.
Il y a un comité régional, qui ne représente pas notre
communauté nécessairement, formé d’individus qui ne sont pas
nécessairement branchés avec les organismes et les réseaux
officiels, ce qui fait que les messages ne se rendent pas. C’est
mon opinion.
Peter Hominuk, Director General, Assemblée de la francophonie
de l’Ontario: In our brief to the CRTC, the AFO asked the CRTC
to require Radio-Canada to put in place formal mechanisms for
consulting the francophone minority communities, particularly
those in Ontario. The AFO would be prepared to participate
actively in that.
Peter Hominuk, directeur général, Assemblée de la francophonie
de l’Ontario : Dans le mémoire que nous avons présenté au
CRTC, l’AFO, a demandé au CRTC d’exiger de la société qu’elle
procède à la mise en place de mécanismes formels de consultations
avec les communautés francophones en situation minoritaire,
notamment celles de l’Ontario. L’AFO serait prête à y participer
activement.
We believe this is lacking for our community, and we demand
that this kind of structure be put in place.
Nous croyons que c’est un manque pour notre communauté et
nous exigeons la mise en place d’une structure de ce genre.
Senator Fortin-Duplessis: It is lacking.
Le sénateur Fortin-Duplessis : C’est un gros manque.
Mr. Hominuk: It is very much lacking.
M. Hominuk : C’est un très gros manque.
Nathalie McNeil, Director General, Alliance des producteurs
francophones du Canada, Alliance culturelle de l’Ontario: The
APFC, like the AFO, is not invited to any committee meetings
whatsoever. However, I know there is a committee called the
Panel of the Regions, which Radio-Canada has put in place, on
which the Fédération culturelle canadienne française sits and
which will also be appearing at the CRTC hearings next
Wednesday.
Nathalie McNeil, directrice générale, Alliance des producteurs
francophones du Canada, Alliance culturelle de l’Ontario :
L’APFC, tout comme l’AFO, n’est pas conviée à quelques
comités que ce soit. Cela dit, je sais qu’il y a un comité qui
s’appelle Le Panel des régions, qui est mis en place par RadioCanada, et sur lequel siège la Fédération culturelle canadienne
française et qui, par ailleurs, passera aux audiences du CRTC
mercredi prochain.
It is very important that the organizations, such as the APFC,
which represents producers, but especially citizens living in the
regions, be invited to appear before these committees to provide
an informed viewpoint and to bring their organizations’ concerns
to the attention of these consultation panels.
Effectivement, il serait très important que les organismes,
comme l’APFC qui représente les producteurs, mais surtout que
les citoyens vivant en région soient conviés à ces comités pour
donner un point de vue éclairé et porter les préoccupations de leur
organisme à l’attention de ces panels de consultation.
Karim Amellal, Vice-President, S.O.S. CBEF: Neither the
S.O.S. CBEF committee nor our francophone community in
southern Ontario has been consulted by Radio-Canada. They
came here to visit us and give us the bad news, which was really
unacceptable. As Mr. Vaillancourt said, if we had been consulted
before the cuts were made, perhaps you would have found some
solutions. However, they have not done that for years.
Karim Amellal, vice-président, S.O.S. CBEF : Ni le comité
S.O.S. CBEF ni notre communauté francophone du sud de
l’Ontario n’ont été consultés par Radio-Canada. Ils sont venus ici
nous rendre visite pour nous annoncer la mauvaise nouvelle, ce
qui était vraiment inacceptable. Comme M. Vaillancourt l’a dit, si
on nous avait consultés avant d’effectuer des compressions, peutêtre qu’on aurait trouvé des solutions. Or, ils ne l’ont pas fait
depuis des années.
As Ms. Larocque pointed out, this is not the only cut that has
been made. Some were made before this, and the community was
never consulted. Ultimately, the director, Hubert Lacroix, came
to visit us. I can tell you that this corporation’s arrogant
Comme Mme Larocque l’a souligné, ce n’est pas la seule
coupure qui a eu lieu. Il y en a eues avant, et la communauté n’a
jamais été consultée. Finalement, le directeur, Hubert Lacroix, est
venu nous rendre visite. Je puis vous dire que le comportement
13:40
Official Languages
26-11-2012
behaviour is unacceptable. We are told that the cuts will be made
regardless and that we will be given a new format. That is really
disrespectful of us.
arrogant de cette société est inacceptable. On nous dit que les
coupures auront lieu, peu importe, et que l’on va vous fournir un
nouveau format. C’est vraiment nous manquer de respect.
Senator Fortin-Duplessis: We may conclude from that that you
are not being consulted, from what I can see. But it would be
important to be consulted.
Le sénateur Fortin-Duplessis : On peut en conclure que vous
n’êtes pas consultés, d’après ce que je peux voir. Or, ce serait
important de l’être.
Mr. Vaillancourt: Yes.
M. Vaillancourt : Oui.
Ms. Chassé: Yes.
Mme Chassé : Oui.
Senator Fortin-Duplessis: In your opinion, are there any
positive factors with CBC/Radio-Canada, whether it be a
context or a program, something that has been good and that
you would like to see and keep?
Le sénateur Fortin-Duplessis : À votre avis, y a-t-il eu des
choses positives avec la CBC/Radio-Canada, qu’il s’agisse d’un
contexte ou d’un programme, quelque chose qui a été bon et que
vous aimeriez voir et garder?
Mr. Vaillancourt: First, some changes took place this year. We
are talking, for example, about what was called local news
integration. The network is handing this over to the local stations
in Ottawa and Toronto. Windsor is not involved, but CBON in
Sudbury is. The local station can integrate more local news with
the national channels. This good initiative should be promoted
further.
M. Vaillancourt : Dans un premier temps, des changements ont
eu lieu cette année. On parle, par exemple, de ce qu’on a appelé
l’intégration locale pour les nouvelles. Le réseau cède sa place aux
stations locales, à Ottawa ou Toronto. Windsor n’est pas de la
partie, mais il y a CBON à Sudbury. La station locale peut
intégrer plus de nouvelles locales avec des chaînons nationaux.
Cette belle initiative mérite d’être moussée davantage.
Notwithstanding the lack of consultation in recent years, we
have noted that Radio-Canada has taken part in events and
activities. We celebrated a 100th birthday at the Assemblée de la
Francophonie. Radio-Canada was there and cooperated. That is
not consultation, but rather partnerships that have been
established. We wonder what the future holds for us, given the
cutbacks and the LPIF’s disappearance. It is important that
Radio-Canada reflect this linguistic duality.
Au cours des dernières années, nonobstant le manque de
consultation, on a noté des participations intéressantes de RadioCanada dans des événements et activités. À l’Assemblée de la
Francophonie, on a fêté un 100e anniversaire. Radio-Canada était
présent et a collaboré. Ce n’est pas de la consultation, mais des
partenariats qui se sont faits. On se demande, avec les
compressions et la disparition du FAPL, ce que nous réserve
l’avenir. Il est important que la société soit le miroir de cette
dualité linguistique.
I like to say this, because we see on posters: my Canada is a
Canada where linguistic duality is accepted and promoted by the
federal institutions first of all. However, we are concerned about
the capacity of the structures and funding proposed or
withdrawn.
J’aime le dire, car on le voit sur des affiches : mon Canada est
un Canada où la dualité linguistique est acceptée et promue par
les instances fédérales en premier lieu. Or, on s’inquiète, dans les
structures et le financement proposés ou que l’on retire, de la
capacité.
Ms. Chassé: With regard to agreements, the partnerships that
have been established between the organizations and RadioCanada are very important for our communities. They have made
it possible to extend the outreach of our artists and craftspeople
from sea to sea. The potential loss of these agreements could
jeopardize many of our activities. Many of our member
organizations have mentioned this crucial factor in the
development of their communities.
Mme Chassé : Lorsqu’on parle des ententes, les partenariats
qui ont eu lieu entre les organismes et Radio-Canada sont très
importants dans nos communautés. Ils ont permis de faire
rayonner nos artistes et nos artisans d’un océan à l’autre. La
perte potentielle de ces ententes pourrait mettre en péril plusieurs
de nos activités. Nombre de nos organismes membres ont
mentionné cet élément crucial dans le développement de leur
communauté.
Ms. Larocque: I would not want you to get the impression that
Radio-Canada is something negative for us. On the contrary, we
are here because it is a very important factor. I am talking about
the positive role that Radio-Canada can play in a minority
setting. Here is the service that we used to have. When we had a
news room, we had employees and a number of programs. We
had not only programming minutes, but also a presence and
partnerships in the region. As Mr. Vaillancourt said, it was the
mirror effect. We saw each other, and we got along with RadioCanada, which was a pillar in our community.
Mme Larocque : Je n’aimerais pas que vous ayez l’impression
que, pour nous, Radio-Canada est une chose de négative. Au
contraire, si nous sommes là, c’est parce que cet élément est d’une
grande importance. Je parle du rôle positif que Radio-Canada
peut jouer en milieu minoritaire. Voilà le service que nous avions
avant. Lorsqu’on avait une salle de nouvelles, on avait des
employés et plusieurs émissions. Nous avions non seulement des
minutes de programmation, mais aussi la présence et les
partenariats dans la région. Comme l’a dit M. Vaillancourt,
c’était l’effet miroir. On se voyait, on s’entendait à Radio-Canada,
qui était un pilier dans notre communauté.
26-11-2012
Langues officielles
13:41
So we can see the enormous contribution that Radio-Canada
can make. Our frustration stems from the fact that so much has
been taken away and we feel it lacking.
On peut donc voir l’immense contribution que Radio-Canada
peut avoir. Notre frustration vient du fait qu’on a enlevé tellement
et on en sent le manque.
Senator Champagne: It is easy for us, the francophone
communities and cultural communities, to think that, for one
reason or another, we were the hardest hit, that we were really
targeted when Radio-Canada’s budget was cut. The budgets of all
the organizations and institutions receiving money from the
federal government were cut by 10 per cent. That is no joke, but
they convinced me it was necessary.
Le sénateur Champagne : Il est facile pour nous, des
communautés francophones et des communautés culturelles, de
penser que, pour une raison ou pour une autre, lorsque RadioCanada a dû subir des compressions à son budget, nous avons été
les plus touchés, on nous a vraiment visés. Tous les organismes et
toutes les institutions qui recevaient des sommes du fédéral ont vu
leur budget coupé de 10 p. 100. Ce n’est pas drôle, mais on m’a
convaincue que c’était nécessaire.
For example, Canada’s voice, the francophone voice and
anglophone voice of Canada internationally, is called RCI, Radio
Canada International. We are talking about a 10-per-cent
cutback, but RCI’s budget was cut by 80 per cent.
Consequently, everything that RCI was doing for our artists
internationally was hit hard. For a few years now, and perhaps
not that recently, we have noted that all the records that RCI
produced have disappeared. No one talks any more about all the
awards that Canadian artists won outside Canada as a result of
records that were produced by RCI here in Canada and that were
distributed by our ambassadors around the world.
Je vous donne un autre exemple. La voix du Canada, la voix
francophone et la voix anglophone du Canada à l’étranger
s’appelle RCI, Radio Canada international. On parle d’une
compression de 10 p. 100. Or, le budget de RCI a été coupé de
80 p. 100. Par conséquent, tout ce que RCI faisait pour faire
connaître nos artistes à l’étranger a subi beaucoup de dommages.
Depuis quelques années, et ce n’est peut-être pas si récent, on note
la disparition de tous les disques que RCI produisait. On ne parle
plus de tous les prix que des artistes canadiens ont gagnés à
l’étranger, suite à des disques qui avaient été produits ici, au
Canada, par RCI et qui avaient été distribués par nos
ambassadeurs un peu partout.
However, at one time, there were nine and a half hours of
programming in Montreal, on the French and English networks
combined, presenting artists — and I mean just classical music.
There were youth programs such as Banc d’essais and Jeunes
artistes. There were programs featuring well-known people
performing their last concert or the program for their next
concert. Those things have disappeared. These points are in the
brief that I sent to the CRTC, that you may have read and that I
will be defending on Wednesday when my turn comes.
Par contre, à une certaine époque, il y avait à Montréal, entre
les réseaux français et les réseaux anglais, neuf demi-heures
chaque semaine où on présentait des artistes — et je ne vous parle
en ce moment que de musique classique. On retrouvait des
émissions pour les jeunes, comme Banc d’essais et Jeunes artistes.
On retrouvait des émissions mettant en vedette des gens connus,
qui présentaient soit leur dernier concert ou le programme de leur
prochain concert. Ces choses ont disparu. Ces éléments font partie
du mémoire que j’ai envoyé au CRTC, que vous avez peut-être lu
et que j’irai défendre mercredi, lorsque ce sera mon tour.
Just to make me feel uncomfortable, when I left the station and
went home, I turned on the television and there was an
extraordinary program being broadcast on ARTV. For once,
that network was true to its name. The program was about a
Canadian pianist living in Venice who likes to play on a Fazioli.
They talked about Faziolis, how they are built in Venice and so
on. I said to myself, they have finally understood. They have
realized the kind of program that ARTV should be constantly
giving us.
Juste pour me rendre mal à l’aise, quand je suis sortie de la gare
et que je suis rentrée chez moi, j’ai ouvert la télé, et sur Artv était
diffusée une émission extraordinaire. Pour une fois, elle portait
bien son nom. L’émission nous amenait à Venise et parlait d’un
pianiste canadien qui aime jouer sur un Fazioli. On parlait des
Fazioli, comment ils sont construits à Venise et ainsi de suite. Je
me suis dit, on nous a vus venir. Ils ont réalisé le genre d’émission
que Artv devrait nous présenter constamment.
You talked about a sporadic presence in your news. That is
undoubtedly true. When do we hear about news from all over
when a murder or a terrible accident occurs? There was a major
accident in the Eastern Townships a year ago in which some
children died. Radio-Canada sent reporters from Montreal to
describe the scene, whereas a number of very qualified journalists
were just next door in Sherbrooke, but they were people from the
outside. That is the minority, especially in Sherbrooke, where
anglophones are often in the minority.
Vous parliez de présence sporadique dans vos nouvelles. C’est
sans doute vrai. Quand entend-on parler de nouvelles qui
viennent d’un peu partout quand il se produit un meurtre ou un
accident épouvantable? On a vu en Estrie, il y a un an, un très gros
accident où des enfants ont perdu la vie. Radio-Canada a dépêché
des reporters de Montréal pour nous décrire la scène, alors qu’un
nombre de journalistes très compétents se trouvaient juste à côté,
à Sherbrooke. Mais ce sont des gens de l’extérieur. C’est la
minorité, surtout à Sherbrooke, où les anglophones sont souvent
minoritaires.
13:42
Official Languages
26-11-2012
These are things that I am getting ready to submit on
Wednesday. I believe the danger for all of us, whether it is you
here or the people of Windsor and elsewhere in Ontario, is in
saying that they have something against us as minority
francophones or because we are only artists and that is not
important for them.
Ce sont des choses que je m’apprête à soumettre mercredi. Je
crois que le danger pour nous tous, que ce soit vous qui êtes ici ou
les gens de Windsor et d’ailleurs en Ontario, le danger est de dire
qu’on nous en veut en tant que francophones en situation
minoritaire ou parce que nous ne sommes que des artistes et que,
pour eux, ce n’est pas important.
I am listening to you with all my heart and all my good will and
I hope that, by working together, we will be able to turn the
handle a little and open the door, that the people at the head of
Radio-Canada will realize that we are not opposed to them and
that we expect them not to be opposed to us. We want to open the
door. You must know that I and my colleagues on this committee
are working toward that.
Je vous écoute avec tout mon cœur et toute ma bonne volonté
et j’ose espérer que nous arriverons, en travaillant ensemble, à
faire en sorte qu’on tourne la poignée un peu et qu’on ouvre la
porte, que les gens qui sont à la tête de Radio-Canada se rendent
compte que ce n’est pas contre eux qu’on en a et qu’on s’attend à
ce qu’ils n’en aient pas contre nous. On veut ouvrir la porte.
Sachez bien qu’en ce qui me concerne, ainsi que mes collègues de
ce comité, c’est ce à quoi nous travaillons.
If you read what I sent out, I believe you will see that, yes, all
right, I mainly talked about cultural affairs; I will admit that, but
I also do not want to see cuts made in the number of hours
devoted to our artists, anglophone or francophone, whether they
are from your region, or mine or elsewhere. I do not want them to
cut that, for example, so they can put advertising back on Espace
Musique.
Si vous lisez ce que j’ai envoyé, je crois que vous allez voir que
oui, d’accord, j’ai parlé surtout d’affaires culturelles, je veux bien,
mais je ne veux pas non plus qu’on coupe les heures consacrées à
nos artistes, qu’ils soient francophones ou anglophones, qu’ils
soient de chez vous, de chez moi ou d’ailleurs. Je ne veux pas
qu’on coupe cela par exemple pour ramener la publicité à Espace
Musique.
I do a lot of driving between my home and Ottawa, and I listen
to a lot of radio, including a program that plays recorded music.
Forget about live music; there has not been any of that for years
now. I used to produce programs of recorded music. I chose my
theme and I went looking for my records in Radio-Canada’s
record library. We used long-playing records then; that was the
medium of the time. They weighed a tonne. I wrote my scripts and
prepared my timing. At air time, I was in the studio all by myself
like a big girl. The producer and a technician were in the control
room. Today there are 14 crew members: webmasters,
webmaster’s assistants, researchers, research assistants,
technicians and technician’s assistants. I counted 14 of them the
other day for a program where all they did was play a few records.
Je conduis beaucoup entre chez moi et Ottawa, et j’écoute
beaucoup la radio, dont une émission où on offre de la musique
sur disque. Oublions la musique en direct, il n’y en a plus depuis
des années. J’en ai fait des émissions avec de la musique sur
disque. Je choisissais mon thème et j’allais chercher mes disques à
la discothèque de Radio-Canada. À ce moment, on utilisait les
gros microsillons, c’était le support de l’époque. Cela pesait des
tonnes. J’écrivais mes textes, je faisais mon minutage. Quand
venait le temps de faire l’émission, j’étais en studio toute seule
comme une grande fille. Dans la salle de contrôle, il y avait le
réalisateur ou la réalisatrice et un technicien. Aujourd’hui, ils sont
14 apôtres : les webmestres, les aides-webmestres, les
recherchistes, les aides-recherchistes, les techniciens et les aidestechniciens. J’en ai compté 14, l’autre jour, pour une émission où
tout ce que l’on faisait était de faire jouer quelques disques.
I do not know how you view the 10-per-cent cuts, but I believe
that would be one good place to cut a little. If three of us could do
it 10 years ago, even though we were not on the Internet, do they
need 14 now? The radio program Le cabaret du soir qui penche
was not supported by 14 crew members. Does Jacques
Languirand really need 14 people to produce his program
today? They have undoubtedly created jobs, but they are
shunting the artists aside.
Le 10 p. 100 de compressions, je ne sais pas comment vous le
voyez, mais je me dis que ce serait peut-être un bel endroit pour en
enlever un peu. Si on pouvait le faire à trois il y a 10 ans — bien
qu’on n’était pas sur Internet —, ont-ils besoin d’être
14 maintenant? Le cabaret du soir qui penche n’était pas
supporté par 14 apôtres. Aujourd’hui, Jacques Languirand a-t-il
vraiment besoin de 14 personnes pour faire son émission? On crée
sans doute des emplois, mais on laisse les artistes de côté.
Pardon me. I have done a lot of talking when I should be
asking you questions, but I may have done one thing: if I have
managed to assure you that you are not alone in this struggle,
then I have done my job today.
Je m’excuse, j’ai beaucoup parlé alors que je devrais vous poser
des questions, mais j’aurai peut-être fait une chose : si j’ai pu vous
assurer que vous n’êtes pas seuls dans la lutte, j’aurai gagné mon
pain aujourd’hui.
Ms. McNeil: I would like to react to that because I find your
comments on classical music and programming, on what is
broadcasted and what is not, very interesting, that it is very much
a matter of editorial choices. We obviously defend Radio-Canada;
we obviously like Radio-Canada and it is very important for us,
Mme McNeil : J’aimerais réagir parce que je trouve fort
intéressants vos commentaires sur la musique classique et la
programmation, sur ce que l’on met en ondes ou non, que c’est
éminemment une question de choix éditoriaux. Évidemment,
qu’on défend Radio-Canada, évidemment, qu’on aime Radio-
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Langues officielles
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but I believe there are three major factors that are consistent with
your remarks, senator: first, the implementation of the budget
cuts; second, the end of the Local Programming Improvement
Fund, the LPIF; and, third, unfortunately what is called the
‘‘Montrealization’’ or the ‘‘Quebecization’’ — I apologize for
those new terms — of the airwaves, which are necessary and due
to the fact that advertising is needed to generate good ratings. As
a result of all that taken together, the content from the minority
francophone communities, content produced by francophone
producers, content made by creators, by various trades,
individuals who live in Ontario, in Moncton or in Manitoba,
that content is being broadcast less and less and we are feeling the
full force of all these cutbacks and this implementation
mechanism, which are necessary so that Radio-Canada can
continue to exist. That, I believe, is what we are criticizing here,
while supporting Radio-Canada and obviously regretting the
cutbacks.
Canada et qu’il est très important pour nous, mais je crois
qu’actuellement, il y a trois constats majeurs qui vont dans le sens
de vos propos, madame le sénateur, c’est-à-dire, premièrement, la
mise en œuvre des compressions budgétaires, deuxièmement, la
fin du Fonds d’amélioration à la programmation locale, le FAPL,
et troisièmement, malheureusement ce qu’on appelle le syndrome
de la « montréalisation » des ondes ou « québécisation » —
désolée pour les néologismes — des ondes qui sont nécessaires et
qui sont dues au fait d’avoir de la publicité pour avoir de bonnes
cotes d’écoute. Tout cela mis ensemble fait que les contenus issus
des communautés francophones en situation minoritaire,
contenus produits par des producteurs francophones, contenus
faits par des créateurs, des corps de métiers, des individus qui
restent en Ontario, à Moncton ou au Manitoba, peu importe, ces
contenus sont de moins en moins présents en ondes et on subit de
plein fouet toutes ces compressions et cette ingénierie de mise en
œuvre pour que Radio-Canada puisse continuer d’exister. C’est
un peu, je crois, ce qu’on dénonce ici, tout en appuyant RadioCanada et tout en regrettant les compressions, bien évidemment.
Senator Champagne: I mentioned the marvellous program I
saw last night in which Louis Lortie played on a Fazioli in Venice.
There are some good things. But if we go back to Singing Stars of
Tomorrow, our future stars, we are turning to the private sector,
where they manufacture rock stars who never sing in French in
any case.
Le sénateur Champagne : Je parlais de l’émission merveilleuse
que j’ai vue hier soir où Louis Lortie jouait sur un Fazioli tout en
nous amenant à Venise. Il y a de bons côtés. Si on revient à
Singing Stars of Tomorrow, nos futures étoiles, on se tourne vers le
privé où on fabrique des vedettes de rock qui ne chantent jamais
en français de toute façon.
Ms. Larocque: I just wanted to mention that we produce the
program like they did in the old days. We only have two hosts,
not 14. In fact, one host and one director produce our 90-minute
program every day.
Mme Larocque : Je voulais juste mentionner que nous, on fait
l’émission comme dans le bon vieux temps. On a seulement deux
animateurs; pas 14. En fait, un animateur et une réalisatrice font
notre émission de 90 minutes par jour.
This is not a competition to determine who is the worst victim
of the Radio-Canada cutbacks. We really feel targeted here in
Windsor. Radio-Canada submitted a table as part of the licence
renewal process. They noted the number of hours allocated to
remote stations and main stations in Canada. Obviously, we in
Windsor are considered a remote region where there are fewer
francophones.
Il ne s’agit pas d’une compétition pour savoir qui est la pire
victime des compressions de Radio-Canada. On se sent vraiment
ciblés ici à Windsor. Radio-Canada a soumis un tableau dans le
cadre du renouvellement des licences. Ils ont souligné le nombre
d’heures accordées aux stations périphériques et aux stations
principales au Canada. Évidemment, nous, à Windsor, on est
considérés comme une région périphérique plus éloignée où il y a
moins de francophones.
I did not notice whether the number of hours of all the other
remote stations in Canada had been cut or increased. The
Windsor station has gone from 36.5 to 5 hours. The situation is
different in the rest of the country. I sympathize with all those
who have felt the effects of the cuts because I understand RadioCanada’s important role, but I just want to point out that the
situation has really been extreme in Windsor.
Je n’ai pas remarqué si toutes les autres stations périphériques
au Canada ont vu leur nombre d’heures diminué ou augmenté. La
station de Windsor est passée de 36,5 heures à cinq heures. La
situation ici est différente du reste du pays. Je sympathise pour
tous ceux qui ont subi les effets des compressions, car je
comprends le rôle important de Radio-Canada, mais je veux
juste faire remarquer que la situation a vraiment été extrême à
Windsor.
Mr. Amellal: The government should realize the impact that
these cuts are having on a francophone minority community. This
is a disaster. It is really complete assimilation. I have two
completely bilingual daughters thanks to Radio-Canada; they
listen to CBEF every morning. I am thinking of future
generations. We should be thinking of Canada. This is
interfering with the rights of minority francophones. Are we
putting a price tag on francophone culture? That is hard to
M. Amellal : Il faudrait que le gouvernement réalise l’impact
de ces coupures sur une communauté francophone en milieu
minoritaire. C’est un désastre. C’est vraiment une assimilation
parfaite. J’ai deux filles parfaitement bilingues grâce à RadioCanada; elles écoutaient CBEF tous les matins. Je pense aux
générations futures. C’est à ce Canada qu’on doit penser. C’est
brimer le droit des francophones en milieu minoritaire. Sommesnous en train de mettre une étiquette monétaire sur une culture
francophone? C’est dur à avaler. Comme vous le disiez, il faudrait
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swallow. As you said, we should have a debate; we should reflect,
as Canadians, anglophones and francophones, on the future of
minority francophones in Canada.
un débat, il faudrait réfléchir en tant que Canadiens,
francophones ou anglophones, à l’avenir des francophones en
milieu minoritaire au Canada dans les années futures.
As Ms. Larocque said, we are not portraying ourselves as
victims. Our region has been targeted, and a major tool that we
use to function has been taken away from us.
Comme Mme Larocque l’a dit, nous ne nous posons pas en
victimes. Notre région a été ciblée, on nous a enlevé un outil
principal qui nous permettait de fonctionner.
Senator Champagne: It was Radio-Canada not the government
that decided to reduce the number of broadcast hours of local or
regional programs at the Windsor station from 36.5 to 5. The
government cut the budget by 10 per cent but let Radio-Canada
make its own decisions on the journalism side, for example.
Le sénateur Champagne : C’est Radio-Canada, et non le
gouvernement, qui a décidé de diminuer le nombre d’heures de
diffusion d’émissions locales ou régionales de la station de
Windsor de 36,5 à 5. Le gouvernement a coupé le budget de
10 p. 100, mais laisse Radio-Canada prendre ses propres
décisions en ce qui concerne le côté journalistique, par exemple.
The government does not say where to cut. No. If that were the
case, it would be easy for us to express our opinion. I find it
extremely unfortunate that a region such as yours is so hard hit.
That is why I started my speech by making the connection with
what is going on at Radio Canada International, which is
Canada’s international voice in English and French. Their budget
was cut by 80 per cent. This is Radio-Canada’s decision, not that
of the government. We must not compare apples and oranges.
Le gouvernement ne dit pas où il faut couper. Non. S’il en était
ainsi, il nous serait plus facile d’émettre notre opinion. Je trouve
extrêmement dommage qu’une région comme la vôtre soit
touchée à ce point. C’est pour cette raison que j’ai commencé
mon intervention en faisant le lien avec ce qui se passe du côté de
Radio Canada international, qui est la voix du Canada en
français et en anglais à l’étranger. Or, leur budget a été coupé de
80 p. 100. C’est la décision de Radio-Canada et non celle du
gouvernement. Il ne faut pas mêler les pommes et les oranges.
Mr. Amellal: I would like to raise one final point. Regardless of
where the money comes from, can we let a corporation decide on
the future of a francophone community without consulting it?
M. Amellal : Je voudrais soulever un dernier point. Peu
importe d’où provient l’argent, est-ce qu’on peut laisser une
société décider de l’avenir d’une communauté francophone sans la
consulter?
Senator McIntyre: First of all, I would like to thank you for
your presentation.
Le sénateur McIntyre : Tout d’abord, j’aimerais vous remercier
pour votre présentation.
My questions are for the entire group. I would first like to
discuss programming outside Quebec on Radio-Canada’s
Téléjournal.
Ma question s’adresse à tout le groupe. J’aimerais aborder le
sujet de la programmation hors Québec au Téléjournal de RadioCanada.
Two studies were recently conducted on the poor news
coverage that Radio-Canada’s Téléjournal provides outside
Quebec. The first, commissioned by the Société nationale de
l’Acadie, was conducted by Marie-Linda Lord. The second was
conducted by a Carleton University professor at Senator
De Bané’s request.
Récemment, deux études ont été menées sur la faible
couverture du Téléjournal de Radio-Canada en ce qui concerne
les actualités hors Québec. La première, demandée par la Société
nationale de l’Acadie, est celle de Marie-Linda Lord. La deuxième
étude est celle d’un professeur de l’Université de Carleton, faite à
la demande du sénateur De Bané.
In my opinion, the two studies come to appreciably the same
conclusion, that the francophone community outside Quebec is
given a low profile on the Téléjournal during prime time.
Selon moi, les deux études arrivent sensiblement à la même
conclusion, soit celle d’une faible visibilité de la communauté
francophone hors Québec au Téléjournal, à l’heure de grande
écoute.
However, we have just received some good news. Michel
Cormier, a native Acadian, has just been appointed director
general of news services on Radio-Canada’s French network. We
have also learned that he has just announced the creation of two
national journalist positions, one in Edmonton and the other in
Moncton, New Brunswick. I think this is concrete action on
Michel Cormier’s part, action that could improve — if I can use
that term — coverage of regional news outside Quebec.
Cela dit, nous venons de recevoir une bonne nouvelle. Michel
Cormier, un Acadien d’origine, vient tout juste d’être nommé
directeur général des services de l’information du réseau français
de Radio-Canada. De plus, on apprend qu’il vient tout juste
d’annoncer la création de deux postes de journalistes nationaux,
l’un à Edmonton et l’autre à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Selon moi, il s’agit d’un geste concret de la part de Michel
Cormier, geste susceptible d’améliorer — si je peux m’exprimer
ainsi — la couverture de l’actualité régionale hors Québec.
Do you think that kind of position should be established in
Ontario?
Selon vous, est-ce qu’un tel poste devrait être créé en Ontario?
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Mr. Vaillancourt: That is not even a question. When
50 per cent of the francophone population outside Quebec is in
Ontario, it goes without saying that there should be one or two
journalists assigned to that at the station. However, Senator
McIntyre, if someone in Acadia, Ontario or Western Canada can
be appointed, obviously it is fundamentally important for the
critical mass that we represent to be duly represented in that way.
M. Vaillancourt : La question ne se pose pas. Quand 50 p. 100
de la population francophone hors Québec est en Ontario, il va de
soi qu’il devrait y avoir un ou deux journalistes, à l’intérieur de la
station, affectés à cela. Mais il est clair, sénateur McIntyre, que si
on peut nommer quelqu’un en Acadie, en Ontario ou dans l’Ouest
canadien, il est fondamentalement important que la masse
critique que nous incarnons soit dûment représentée de cette
façon.
There are 580,000 Franco-Ontarians; that is not a negligible
number. I live in the municipality of Rockland and am a faithful
Radio-Canada listener, but I never hear about Ontario. I have to
go to Sudbury to hear about that, or to Toronto.
Il y a 580 000 Franco-Ontariens, ce n’est pas à négliger. Je vis
dans la municipalité de Rockland et j’écoute fidèlement RadioCanada, mais je n’entends jamais parler de l’Ontario. Il faut que
j’aille à Sudbury pour en entendre parler, ou à Toronto.
However, the problem in Toronto is that Radio-Canada is on
the AM band, whereas English-language programs are on FM.
There are some problems like that.
Mais le problème à Toronto est que l’on retrouve RadioCanada français sur la bande AM alors que les émissions
anglophones sont sur le FM. Il y a certains problèmes de cette
nature qui se posent.
To answer your question specifically, it is unconceivable that
no journalist should be assigned to cover Ontario.
Pour répondre précisément à votre question, il est inconcevable
qu’il n’y ait aucun journaliste attitré à la couverture de l’Ontario.
Senator McIntyre: As you know, Radio-Canada is appearing
before the CRTC in Gatineau today regarding the renewal of its
licences. Do you have any expectations in that area? If so, what
are they?
Le sénateur McIntyre : Comme vous savez, la Société RadioCanada est aujourd’hui devant le CRTC, à Gatineau, dans le
cadre du renouvellement de ses licences. Avez-vous des attentes à
ce sujet? Le cas échéant, lesquelles?
Mr. Vaillancourt: We expect some improvements. We will be
making just one presentation on Wednesday.
M. Vaillancourt : On s’attend à de l’amélioration. On y fera
justement une présentation mercredi.
Our expectations regarding improvements to this situation are
clearly stated in our brief. We are also asking the CRTC to
require Radio-Canada to do a better job of carrying out its
mandate respecting linguistic duality and to be a greater presence
for the francophone community outside Quebec in order to raise
the profile of the francophone community in Ontario and the rest
of Canada.
Nos attentes, en ce qui concerne l’amélioration quant à cette
situation, sont clairement inscrites dans notre mémoire. Nous
demandons également au CRTC d’obliger Radio-Canada à être
plus fidèle à son mandat quant à la dualité linguistique, et
également d’être plus présent auprès de la Francophonie hors
Québec, que la Francophonie ontarienne et celle du reste du
Canada soient mieux connues.
I often travel the Ottawa-Montmagny corridor. When I am in
Quebec City and tune in CBC, they have their news. However, in
Montmagny, I walk in the street and people find it strange that I
speak French although I come from Ontario. I am not recognized
as part of a people. There is something abnormal there.
J’ai souvent l’occasion de voyager dans le corridor OttawaMontmagny. Lorsque je suis à Québec et que je syntonise CBC, ils
ont leurs actualités. Mais à Montmagny, je marche dans la rue et
les gens trouvent étrange que je parle français bien que je vienne
de l’Ontario. On ne me reconnaît pas comme peuple. Il y a
quelque chose d’anormal.
One of our expectations is that Radio-Canada, for Quebecers,
should be a showcase for other francophone communities. The
CBC should also be a showcase.
Une de nos attentes est que Radio-Canada devrait être la
vitrine, pour les Québécois, des autres Francophonies. Et CBC
devrait aussi être une vitrine.
Bernard St-Laurent, whom you may know, has an excellent
program on Saturdays, but his reference points are the
francophone communities of British Columbia. An entire
francophone community is being neglected. He does a good job,
but it should be a cross-Canada affair. We should be talking
about French-speaking Ontario — as you will understand, I have
a favourable prejudice toward French-speaking Ontario — as
much as English-speaking Ontario. Even though we talk about
linguistic duality, we have to establish a francophone reflex. It
should be a reflex, not an obligation.
Bernard St-Laurent, que vous connaissez peut-être, fait une
excellente émission le samedi, mais ses points de référence sont la
Francophonie de la Colombie-Britannique. Il y a toute une
Francophonie qui est négligée. Il fait un bon travail mais il
faudrait que ce soit pancanadien. Il faudrait que l’on parle de
l’Ontario français — vous comprendrez que j’ai un préjugé
favorable pour l’Ontario français — autant que de l’Ontario
anglophone. Même si on fait miroiter cette dualité linguistique, il
faut créer le réflexe francophone. Il faut que ce soit un réflexe et
non pas une obligation.
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I believe that my expectation of Radio-Canada is that it should
be the showcase that actively and extensively promotes linguistic
duality and raises the people’s profile.
Je crois que l’attente que j’aurais par rapport à la Société
Radio-Canada est qu’elle soit cette vitrine qui fait la grande
promotion active de la dualité linguistique et qui fait connaître le
peuple.
Just as I sometimes climb over the fence, I can say that the
CBC has managed to do that. One of the key programs is Cross
Canada Checkup. I dream of a francophone version of that
program, a program where francophones across the country
would speak to each other once a week. We have to speak to each
other, but we do not do it. These are things I expect of RadioCanada.
Comme que je franchis parfois la clôture, je peux affirmer que
CBC a réussi cela. Une des émissions clés est Cross-Canada
Checkup. Je rêve d’avoir une version francophone de cette
émission, une émission où la Francophonie se parlerait une fois
par semaine. Il faut se parler mais on ne le fait pas. Ce sont des
choses auxquelles je m’attends de Radio-Canada.
Ms. McNeil: The APFC is also presenting its brief next week,
and I would say that our biggest expectation before the CRTC is
obviously that Radio-Canada’s licences are renewed.
Mme McNeil : L’APFC présente également son mémoire la
semaine prochaine et je vous dirais que la plus grande des attentes
devant le CRTC est évidemment que les licences de RadioCanada soient renouvelées.
However, we hope that Radio-Canada is sensitive to the
concept of balance and equity. They say they are, but they should
also apply it. Consequently, we hope that our content, artists and
creators have a bigger on-air profile in the regions and nationally.
Ceci étant dit, on souhaite que Radio-Canada soit sensible à la
notion d’équilibre et d’équité. Ils le disent mais ils devraient
également l’appliquer. Donc, en conséquence, nous souhaitons
que nos contenus, nos artistes et créateurs soient plus présents en
ondes, que ce soit en région ou sur le réseau national.
Senator Poirier: Thank you for your presentations. I would like
to touch on one point. We have recently heard on a number of
occasions that Radio-Canada is not necessarily meeting people’s
expectations regarding regional news. We increasingly rely on our
francophone community radio stations for news in our regions.
Le sénateur Poirier : Merci pour vos présentations. J’aimerais
toucher un point. On a entendu à plusieurs reprises dernièrement
que Radio-Canada ne répond pas nécessairement aux attentes que
les gens ont quant aux actualités régionales. On dépend de plus en
plus de nos radios communautaires francophones pour avoir les
nouvelles de nos régions.
I would like to know whether you have francophone
community radio stations in your regions.
J’aimerais savoir si vous avez des radios communautaires
francophones dans vos régions.
Second, have they taken over the role that Radio-Canada used
to play? Do they offer a little news in your regions? Do you
believe that is what we can expect in future? My question is for
everyone.
Deuxièmement, est-ce qu’ils ont repris le rôle que jouait RadioCanada auparavant? Est-ce qu’ils offrent un peu des nouvelles
dans vos régions? Et croyez-vous que c’est ce à quoi on peut
s’attendre dans l’avenir? Ma question s’adresse à tous.
Mr. Vaillancourt: I am going to ask my director general, who
has extensive community radio experience, to comment on that
question. I do not think that is the answer. Community radio is
part of the answer, but it is not a reason for Radio-Canada to
withdraw.
M. Vaillancourt : Je vais demander à mon directeur général,
qui a une grande expérience des radios communautaires, de
commenter cette question. Quant à moi ce n’est pas la réponse. La
radio communautaire est une partie de la réponse mais ce n’est
pas une raison pour Radio-Canada de se retirer.
Mr. Hominuk: Thank you, Senator Poirier. As you know, the
community radio stations in New Brunswick are very popular and
receive a lot of support from the New Brunswick government,
something we do not have in Ontario. Yes, we have community
radio stations; the Ontario network has only six. They are located
in Toronto, Ottawa, Penetanguishene, Cornwall, Hearst and
Kapuskasing. They are radio stations that cover small areas and a
large part of Ontario is not covered.
M. Hominuk : Merci, sénateur Poirier. Vous le savez, les radios
communautaires au Nouveau-Brunswick sont très populaires et
reçoivent beaucoup de soutien de la part du gouvernement du
Nouveau-Brunswick, chose qu’on n’a pas en Ontario. Oui, nous
avons des radios communautaires, le réseau de l’Ontario en a
seulement six. Elles sont situées à Toronto, Ottawa,
Penetanguishene, Cornwall, Hearst et Kapuskasing. Ce sont des
stations de radio qui couvrent des petits territoires, et une grande
partie de l’Ontario n’est pas couverte.
They do a good job, but they have very little in the way of
resources. Community radio stations in Ontario are currently very
vulnerable and do not have the strength of community radio
stations in New Brunswick. There is a lack of funding. Among
other things, François Boileau, Ontario’s French Language
Services Commissioner, recently published a report on the
Elles font du bon travail, mais elles ont très peu de moyens. Les
radios communautaires en Ontario sont très fragilisés en ce
moment et n’ont pas la force des radios communautaires au
Nouveau-Brunswick. Il y a un manque de financement; entre
autres, le commissaire des services en français de l’Ontario,
François Boileau, a récemment publié un rapport sur la situation
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situation of community radio stations in Ontario in which he
encouraged the Ontario government to support community radio
stations financially. Community radio stations receive no core
funding from the federal or provincial governments and survive
on levies and advertising sales.
des radios communautaires en Ontario, dans lequel il
encourageait le gouvernement de l’Ontario à soutenir les radios
communautaires de façon financière. Les radios communautaires
ne reçoivent aucun financement de base, ni du fédéral ni du
provincial, et vivent de prélèvements des fonds et de vente de
publicité.
I think your question is a good one. Community radio stations
play a very active role in the communities and have good
audiences, but they have no news resources. Most community
radio stations in Ontario have one part-time journalist, if they
have one at all; some have none. There is even a provincial news
service broadcast by all the stations, but, once again, it is
broadcast two or three times a day. So there is still work to do.
Je pense que votre question est bonne. Les radios
communautaires jouent un rôle très actif dans les communautés,
elles sont bien écoutées, mais au niveau des nouvelles elles n’ont
pas de ressources. La majorité des radios communautaires en
Ontario ont un journaliste à temps partiel, quand seulement elles
en ont un; certaines n’en ont pas du tout. Il y a quand même un
service de nouvelles provinciales diffusées dans l’ensemble des
radios, mais là encore, c’est un service deux ou trois fois par jour.
Il y a donc du travail à faire.
I believe there could be partnerships between Radio-Canada
and community radio stations. Radio-Canada is not necessarily
established in regions that have community radio. We could even
have partnerships to help develop content. Various models could
be considered, but that is by far the best solution for regional
news. Local news is becoming increasingly scarce in the world we
live in. Even the big radio and television networks, even the
newspaper chains, are increasingly cutting local resources.
Consequently, local news, particularly for Franco-Ontarians, is
becoming an increasingly scarce commodity. In recent years, the
AFO has created a francophone media issue table to try to
determine how we can work together with the media. We have the
APF’s media, TFO, Radio-Canada, the community radio stations
and others around the table. We have tried to find common
solutions to problems and to determine whether there are ways to
help each other. We are really in the early stages. We think this
will ultimately do some good, but it is not necessarily clear what
the solutions are. And we do not think they will happen overnight
without investments that may perhaps come from elsewhere.
Je pense qu’il pourrait y avoir des partenariats, entre autres
entre Radio-Canada et des radios communautaire. Radio-Canada
n’est pas nécessairement dans des régions où il y a des radios
communautaires. On pourrait même avoir des partenariats pour
aider à développer du contenu. Différents modèles pourraient être
envisagés, mais de loin, c’est la meilleure solution pour les
nouvelles régionales. Dans le monde dans lequel nous vivons, les
nouvelles locales deviennent de plus en plus rares. Même les
grandes chaînes, que ce soit de télévision ou de radio, même les
chaînes de journaux, coupent de plus en plus les ressources
locales. Donc, les nouvelles locales, surtout pour les FrancoOntariens, deviennent une chose de plus en plus rare. L’AFO a
créé, dans les dernières années, une table des médias francophones
pour essayer de voir de quelle façon on pouvait travailler
ensemble avec les médias. Nous avons autour de la table les
médias de l’APF, TFO, Radio-Canada, les radios
communautaires, et cetera. On a essayé de trouver des solutions
communes à des problèmes ou de voir s’il y avait des façons de
faire de l’entraide. Nous en sommes vraiment à nos débuts; on
pense que cela va amener du bien, en fin de compte, mais les
solutions ne sont pas nécessairement évidentes. Et on ne pense pas
que des solutions vont arriver du jour au lendemain sans les
investissements qui vont peut-être venir d’ailleurs.
What is really lacking in news in Ontario, and
Mr. Vaillancourt talked about this earlier, is that we have very
little interregional news. Southern francophones, who get
relatively good news from Toronto, do not know what goes on
in the Sudbury area, in the north or in the east, and vice versa. It
is very hard to create, to establish ties among our communities
and our various francophone regions in Ontario if we do not
share information among regions. That is very difficult. Among
other things, we have recently come up with the idea of a
provincial Franco-Ontarian newspaper, precisely in an attempt to
find solutions to that, but Radio-Canada should be a big part of
the solution to the problem.
Ce qui manque vraiment au niveau des nouvelles, dans la
province de l’Ontario, et M. Vaillancourt en a parlé tantôt, c’est
qu’on a très peu de nouvelles qui nous parviennent de façon
interrégionale. Les francophones du sud, qui reçoivent des
nouvelles malgré tout correctes en provenance de Toronto, ne
savent pas ce qui se passe dans la région de Sudbury, dans le
Nord, ni dans la région de l’Est, et réciproquement. C’est très
difficile de créer, de tisser des liens entre nos communautés et nos
diverses régions francophones de l’Ontario si on n’a pas ce
partage d’information d’une région à l’autre. C’est très difficile.
Entre autres, on a lancé récemment l’idée d’un journal provincial
franco-ontarien, justement pour essayer de trouver des solutions à
ça. Mais Radio-Canada devrait être une grande partie de la
solution à cette problématique.
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Official Languages
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Ms. Larocque: I simply wanted to share. You may have
understood from my answer to Mr. Hominuk that we do not have
a community radio station in Windsor and that CBEF was really
the only French-language radio station here in Windsor. For the
francophone population here, listening to radio in French to get
local news is really a compromise because you have to listen to the
French station and get the news from Toronto instead of hearing
local news from Windsor that we could have if we tuned in the
anglophone media. So we unfortunately have no other options.
Mme Larocque : Je voulais simplement partager. Vous avez
peut-être déduit de ma réponse à Peter Hominuk que nous
n’avons pas de radio communautaire à Windsor et que CBEF
était vraiment la seule station de radio française ici à Windsor.
Pour la population francophone ici, pour avoir des nouvelles
locales, si on écoute la radio en français, c’est vraiment un
compromis parce qu’il faut écouter le français et avoir les
nouvelles de Toronto au lieu d’entendre les nouvelles locales de
Windsor qu’on pourrait avoir si on se tournait vers les médias
anglophones. Donc, malheureusement on n’a pas d’autres
options.
Senator Poirier: Do you see the sharing you referred to earlier
more in your anglophone communities with the CBC? Do you
know what goes on from one community to the next, from one
province to another, in the anglophone communities of Ontario
compared to the francophone communities?
Le sénateur Poirier : Le partage dont vous parliez plus tôt, le
voyez-vous plus dans vos communautés anglophones avec CBC?
Savez-vous ce qui se passe d’une communauté à l’autre, d’une
province à l’autre dans les communautés anglophones de
l’Ontario comparativement aux communautés francophones?
Mr. Hominuk: Yes, I believe the francophone community tunes
in the anglophone media to get that sharing because there is no
such thing in French; it is not there. The only way to get it is from
the anglophone media, but they do not give it to us in French.
M. Hominuk : Justement, je crois que la communauté
francophone se tourne vers les médias anglophones pour avoir
ce partage-là, car il n’existe pas en français, il n’est pas là. La seule
façon de l’avoir, c’est au niveau anglophone, mais ça ne nous le
donne pas au niveau francophone.
Senator De Bané: Ms. McNeil, at least there is one piece of
good news: the licences of Radio-Canada and the CBC will
obviously be renewed because the national public broadcaster was
established under an act. Consequently, the CRTC may impose
conditions, and I hope it will think of Windsor as one of the
conditions it could impose, and of the various issues you have
raised.
Le sénateur De Bané : Madame McNeil, au moins une bonne
nouvelle : les permis, les licences de Radio-Canada et de CBC,
évidemment, vont être renouvelées, parce que le radiodiffuseur
public national est créé en vertu d’une loi. Alors, le CRTC peut
imposer des conditions, et j’espère qu’il va penser à Windsor
comme une des conditions qu’il pourrait imposer, ainsi qu’aux
différentes questions que vous avez soulevées.
Mr. Vaillancourt, one thing surprises me: you talked about
francophones in Ontario whose mother tongue is French.
According to Statistics Canada’s figures — and I am citing the
figures from the 2006 Census because I have not studied those
that were just published — there are 578,040 people in Ontario
whose mother tongue is French. In addition to those 578,040,
there are 1 million people who speak French. Consequently, there
are not just 578,040 of you, but also another million. So there are
a lot of you.
Monsieur Vaillancourt, une chose m’a étonné; vous avez parlé
des francophones en Ontario qui sont de langue maternelle
française. Suivant les statistiques de Statistique Canada — et je
vous donne les chiffres du recensement de 2006, parce que je n’ai
pas étudié ceux qui viennent d’être publiés — ceux qui sont de
langue maternelle française en Ontario, c’est bel et bien 578 040.
À ces 578 040, il faut ajouter un million de personnes qui parlent
français. Donc vous n’êtes donc pas seulement 578 040, mais
également un autre million. Alors vous êtes nombreux.
There is one thing about which I would like to hear opinions
from anyone who wishes to comment. And that is a comment by
Marie-Linda Lord, who is a former journalist herself and who is
now vice-rector of the Acadian Université de Moncton. She said
something that got my attention because you mentioned your
sadness at seeing that Acadian francophone minorities do not
have enough presence on the Canadian national network. She
said, ‘‘What we do not understand is that, for us, who live in a
minority setting, seeing other francophones living in the
anglophone provinces gives us moral support.’’
Il y a une chose sur laquelle j’aimerais avoir l’avis de ceux qui
voudront bien commenter cela. Il s’agit d’un commentaire de
Marie-Linda Lord, qui est une ancienne journaliste elle-même et
qui aujourd’hui est vice-recteur à l’université acadienne de
Moncton. Elle a dit quelque chose qui m’a saisi, car vous avez
parlé de votre tristesse de voir que les minorités francophones
acadiennes ne sont pas assez présentes sur le réseau pancanadien.
Elle a dit : « Ce qu’on ne comprend pas, c’est que, pour nous qui
vivons en milieu minoritaire, le fait de voir d’autres francophones
qui vivent dans les provinces anglophones, cela nous donne un
appui moral. »
I never thought about that, about seeing that the guy in
Ontario who sees a francophone from Manitoba or British
Columbia derives moral support from that. I had never noticed
that.
Je n’avais jamais pensé à cela, au fait que de voir que le gars en
Ontario qui voit un francophone du Manitoba ou de ColombieBritannique, ça l’aide au point de vue moral. Je n’avais pas
remarqué cela.
26-11-2012
Langues officielles
13:49
What do you think about Radio-Canada’s argument that goes
something like this: ‘‘Yes, what you say is true; you do not have
enough of a profile on national programs, but you do on regional
programs.’’ How do you respond to that argument, which we hear
too often, that ‘‘we have regional programs just for you, in your
area’’?
Qu’est-ce que vous pensez de l’argument de Radio-Canada qui,
en gros, est le suivant : « oui, c’est vrai ce que vous dites, que vous
n’êtes pas assez présents dans les émissions nationales, mais vous
l’êtes dans les émissions régionales ». Qu’est-ce que vous répondez
à cet argument, que l’on entend trop souvent, disant « on a des
émissions régionales juste pour vous, chez vous? »
Mr. Vaillancourt: First, thank you for reminding me of that;
Ontario francophiles have helped generate a very good critical
mass. This entire issue that you raise is one of building our
identity as a people and as a society and citizens who contribute
to the vitality of our country. It is the idea of seeing ourselves
regionally. You hear Windsor say that they hear themselves five
hours a week. I am sorry, but five hours a week does not create
the reflex or the pride necessary to establish one’s identity.
M. Vaillancourt : D’abord, je vous remercie de me le rappeler,
la francophilie ontarienne a fait en sorte qu’il y a quand même une
masse critique fort intéressante. Toute cette question que vous
soulevez en est une de construire notre identité comme peuple et
comme société et citoyens qui contribuent à la vitalité de notre
pays. C’est la notion de se voir régionalement. Vous entendez
Windsor dire qu’ils s’entendent cinq heures par semaine — je
regrette, mais cinq heures par semaine ne créent pas le réflexe ni la
fierté nécessaires pour s’assumer.
If we see ourselves on the national network, that is how we will
build pride and identity on both sides. I am in favour of linguistic
duality.
Si on se voit sur la chaîne nationale, c’est comme cela qu’on va
construire l’identité et la fierté des deux côtés. Je suis un partisan
de la dualité linguistique.
For those of you who have read the Roadmap for Canada’s
Linguistic Duality, the Prime Minister himself says that linguistic
duality is a national value. Consequently, the national
broadcaster should make sure the country’s francophone side is
seen, not just regionally, and that the people of Sudbury see
themselves and hear themselves along with everyone else. I am
sorry but the people from eastern Ontario do not see themselves.
We are a minority in the eastern francophone community. How
do we solve this problem? I do not have the solution.
D’ailleurs, pour ceux d’entre vous qui ont lu le document de la
Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne, le
premier ministre lui-même dit bien que la dualité linguistique
est une valeur nationale. Alors le diffuseur national devrait faire
en sorte de faire voir sa Francophonie, pas seulement sur le plan
régional : que les gens de Sudbury se voient et s’entendent et tous
les autres. Les gens de l’est de l’Ontario, je suis désolé, mais ils ne
se voient pas. Nous sommes une minorité dans la Francophonie
de l’est. Comment résoudre ce problème? Je n’ai pas la solution.
The Ottawa office has an extraordinary mandate. It must serve
the population of Gatineau, Franco-Ontarians and also the
national level, but that is another matter. It is important, and I
support what Professor Lord has inspired in you, and it is a fact
that when we see ourselves and realize that people are paying
attention, that builds us up and enables us to assert ourselves. It
makes us want to speak French and promote the other language
to the other people nationally. This is essential if we are talking
about linguistic duality and identity-building.
Le bureau d’Ottawa a un mandat extraordinaire. Il doit servir
la population de Gatineau, les Franco-Ontariens et aussi la scène
nationale. Mais c’est une autre question. Il est important, et je
souscris à ce que la professeure Lord vous a inspiré, et c’est un
fait, que lorsqu’on se voit et qu’on réalise qu’on porte attention,
cela nous construit et nous permet de nous affirmer. Cela nous
donne le goût de parler français et, au plan national, valorise
l’autre langue à l’autre peuple. C’est un incontournable si on parle
de dualité linguistique et de construction identitaire.
If we want to maintain linguistic duality in Canada, one
language is not in jeopardy, but the other one is, and our
institutions must work on that basis to maintain that heritage,
which distinguishes us from our American neighbour to the
south.
Au Canada, si on veut maintenir la dualité linguistique, il y a
une langue qui n’est pas menacée, mais il y en a une autre qui l’est,
et nos institutions doivent travailler en ce sens pour maintenir cet
héritage qui nous différencie de l’État américain au sud de nous.
Senator De Bané: Are there any other comments on this
response from Radio-Canada? There are regional programs
where you can see yourselves, hear yourselves and exchange.
Le sénateur De Bané : Y a-t-il d’autres commentaires à
formuler sur cette réponse de Radio-Canada? Il y a des
émissions régionales où vous pouvez vous voir, vous entendre et
échanger.
Mr. Amellal: We should ask questions about regional
programs. The key words are really local content. I am talking
about our young people who listen to our radio. We want them to
listen to our radio. How do we attract young people who are
always on their iPods and iPads, under the influence of the latest
technology? Stop telling me that digital platforms are the future.
Digital platforms are an influence, but there is still room for
radio. When you are driving, or at home taking a shower, eating
M. Amellal : Il faudrait poser des questions sur les émissions
régionales. Le mot-clé est vraiment le contenu local. Je parle de
nos jeunes qui écoutent notre radio. On veut qu’ils écoutent notre
radio. Comment attirer les jeunes qui sont toujours sur iPod et sur
iPad, sous l’influence des dernières technologies? Qu’on arrête de
me dire que les plateformes numériques sont le futur. Il y a une
influence des plateformes numérique, mais la radio a encore sa
place. Quand vous conduisez, que vous êtes à la maison en train
13:50
Official Languages
26-11-2012
with your family, radio still has its place. Do not talk to me about
digital platforms. Local content is very important because that is
how we will reach out to our communities. It is when people
engage in activities, talk about their athletic, cultural, academic
and other exploits and speak into a microphone that their
grandmothers and grandfathers hear them on the radio. This is a
source of cultural pride for francophones. That is what we are
talking about; it is not just the fact that Radio-Canada will tell
me: ‘‘You have regional programs.’’ What do we mean when we
talk about regional programs? The needs are there; we are not
creating needs. Come and consult the minority francophone
communities and you will see the needs. When funding is limited
— the senator said that it was not the government that had
decided on the allocation — as a manager, Radio-Canada must
allocate that money to the most obvious needs to prevent the
Canadian francophone community from disappearing altogether.
de prendre votre douche, de déjeuner en famille, la radio a encore
sa place. Qu’on ne me parle pas des plateformes numériques. Le
contenu local est très important, parce que c’est comme cela qu’on
va aller chercher nos communautés. C’est en faisant des activités,
en parlant de leurs exploits sportifs, culturels, scolaires ou autres,
les faire venir au microphone parler que leur grand-mère ou leur
grand-père les écoutent à la radio. C’est toute une fierté culturelle
des francophones. C’est de cela qu’on parle, ce n’est pas juste le
fait que Radio-Canada va me dire : « vous avez des émissions
régionales ». De quoi on parle lorsqu’on parle d’émissions
régionales? Les besoins sont là, on n’est pas en train de créer les
besoins. Venez consulter les communautés francophones en milieu
minoritaire et vous allez constater les besoins. Lorsque les fonds
sont restreints — Mme le sénateur a dit que ce n’était pas le
gouvernement qui décidait de la répartition —, Radio-Canada
doit, en tant que gestionnaire, répartir cet argent où les besoins
sont les plus criants pour ne pas voir disparaître une
Francophonie tout entière.
Mr. Hominuk: The regional aspect is important, but if we
cannot promote our artists and what is going on in our regions,
people feel isolated. It is very important to remove this sense of
isolation. I am thinking, in particular, of the situation in Windsor
or in southern Ontario, where a population is very much in the
minority within an anglophone mass. There is one station and it is
only on the AM band, and people are already less inclined to
listen to Radio-Canada on AM. It is even more important to have
access and to engage in this national sharing.
M. Hominuk : L’aspect régional est important, mais si on ne
peut pas promouvoir nos artistes et ce qui se passe dans nos
régions, les gens se sentent très isolés. Enlever ce sens d’isolement
est très important. Je pense particulièrement à la situation à
Windsor ou dans le sud de l’Ontario, où il y a une population très
minoritaire à l’intérieur d’une masse anglophone. Il y a une
station qui est seulement sur la chaîne AM et déjà les gens ont
moins tendance à écouter Radio-Canada sur le AM. C’est encore
plus important d’avoir accès et de faire ce partage national.
Senator De Bané: It is precisely this point that interests me,
Mr. Hominuk and Ms. McNeil. What is going on in a FrancoOntarian’s mind when he watches Guy A. Lepage on Sunday
evening and sees that 99.9 per cent of his guests are from Quebec?
Le sénateur De Bané : C’est précisément ce point qui
m’intéresse, M. Hominuk et Mme McNeil. Que se passe-t-il
dans la tête d’un Franco-Ontarien quand le dimanche soir il
voit Guy A. Lepage dont tous les invités, à 99,9 p. 100, sont du
Québec?
Mr. Hominuk: That is not our television.
M. Hominuk : Ce n’est pas notre télévision.
Senator De Bané: A journalist from Acadie Nouvelle wrote a
very good article on that, saying it was time to broaden the
horizon and that it is fine not to present just artists from
Montreal.
Le sénateur De Bané : Il y a un journaliste de l’Acadie Nouvelle
qui a écrit un très bel article là-dessus disant qu’il était temps
qu’on élargisse l’horizon et que c’est bien beau de ne présenter que
des artistes de Montréal.
Think about that when you watch that program on Sunday
evening. Why not invite artists from your region or from other
francophone provinces?
Lorsque vous écoutez cette émission, le dimanche soir, vous y
pensez. Pourquoi ne choisit-on pas d’inviter des artistes de chez
vous ou provenant des autres provinces francophones?
Ms. Chassé: That is definitely not the same thing. We were
talking about identity-building. Yes, that is one thing; we can
build our identity as Franco-Ontarians, but also as French
Canadians or even, more broadly, as Canadians. That involves
recognition and coming together as well. Obviously, if we always
act in isolation, without opening up to others, we may well wind
up on our own. This recognition by others is clearly important,
and a form of education is as well. Since we are in a minority
setting, it is important that the majority also hear about us and
know that we exist. If people always talk about Quebecers on
Tout le Monde en parle, obviously we forget sometimes that some
Mme Chassé : C’est certain que ce n’est pas le même plan. On
parlait de construction identitaire, oui, c’est une chose, on peut
construire son identité en tant que Franco-Ontarien, mais aussi en
tant que Franco-Canadien et même Canadien plus largement.
Cela doit passer par la reconnaissance et par le rassemblement
aussi. Il est sûr que si on agit toujours en vase clos sans s’ouvrir
aux autres, on risque de finir en petite autarcie. C’est sûr que cette
reconnaissance chez l’autre est importante et il y a une forme
d’éducation également. On est en milieu minoritaire, donc c’est
important que la majorité également entende parler de nous et
sache qu’on existe. Si on parle toujours à Tout le Monde en parle
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of their guests are Franco-Ontarians, but they do not even say it.
Sometimes that is not meant in an unpleasant way, or there is no
bad will, but it is often a matter of ignorance.
des Québécois, c’est sûr qu’on oublie parfois que certains de leurs
invités sont Franco-Ontariens, mais on ne le dit même pas.
Parfois ce n’est pas méchant ou ce n’est pas de la mauvaise
volonté, mais c’est souvent une méconnaissance.
If we always act in isolation, we will never resolve this issue.
This is really important for us because, yes, we need to hear and
see each other, but we also need to recognize each other and to see
the issues of other francophones across the country and to feel
that we are part of a whole and ultimately to expand the
francophone space so that we are all part of the same society.
Si on agit toujours en vase clos, on ne réglera jamais cette
question. C’est vraiment important pour nous, parce que oui, on a
besoin de s’entendre et de se voir, mais on a aussi besoin de se
reconnaître et de constater les enjeux des autres francophones
partout au pays, et de sentir qu’on fait partie d’un tout,
d’agrandir finalement l’espace francophone pour tous faire
partie tous ensemble de la même société.
Ms. Larocque: Senator De Bané, you have touched a nerve
here, and I hope I will be able to express myself clearly.
Mme Larocque : Sénateur De Bané, vous touchez une corde
sensible, et j’espère que je vais pouvoir m’exprimer clairement.
I told you that I came from a francophone family but was
raised in English. According to Statistics Canada, I am not
francophone, but I am a francophone in my heart. When I go to
Quebec, I am always anxious to be able to speak in French. I go
into stores and restaurants and speak to the staff in French. Most
of the time, they answer me in English. And that breaks my heart
because they hear a different accent and think I have trouble
speaking French, which is not the case. I in fact work in French.
That shows me that francophones across Canada are not known
by other francophones because, if they knew us, they would
respond in French and they would see that we are united.
Je vous ai dit que je venais d’une famille francophone, mais que
j’ai été élevée en anglais. Selon Statistique Canada, je ne suis pas
francophone, mais dans mon cœur, je suis francophone. Quand je
vais au Québec, j’ai toujours hâte de pouvoir parler en français. Je
vais dans les magasins, dans les restaurants et je m’adresse au
personnel en français. La majorité du temps, on me répond en
anglais. Et cela me brise le cœur, parce qu’ils entendent un accent
différent, ils pensent que j’ai de la difficulté à parler français, ce
qui n’est pas le cas. En fait, je travaille en français. Cela me
démontre justement que les francophones partout au Canada ne
sont pas connus par les autres francophones parce que s’ils nous
connaissaient, ils me répondraient en français et ils verraient que
nous sommes unis.
So if we want Canada to keep its linguistic duality, we need a
vision.
Alors, si on veut que le Canada garde sa dualité linguistique,
on a besoin d’avoir une vision.
We cannot just put band-aids on the situation all the time. We
cannot justify cutbacks on the basis of opportunity cost because I
do not think it is a question of money but rather of priorities. And
we, citizens, must have a vision. Radio-Canada is our tool for
making that vision real. I hope that will provide some food for
thought.
On ne peut pas seulement mettre des pansements tout le temps
sur la situation. On ne peut pas justifier les compressions par un
manque à gagner, car selon moi, ce n’est pas une question
d’argent, mais une question de priorité. Et nous, les citoyens,
devons avoir cette vision. Radio-Canada est notre outil pour
rendre réelle cette vision. J’espère que cela alimente un peu la
réflexion.
The Chair: Indeed, thank you.
Ms. McNeil: My colleague said what I wanted to hear. I would
like to take the opportunity to tell Senator De Bané that I did not
complete my remarks on the renewal of Radio-Canada’s licence. I
did not say that APFC had established very clear quantifiable and
qualifiable licence renewal conditions.
Senator De Bané: Bravo.
La présidente : En effet, merci.
Mme McNeil : Ma collègue a dit ce que je voulais dire. Je
voudrais en profiter pour dire au sénateur De Bané que je n’avais
pas terminé mon intervention quant au renouvellement de licence
de Radio-Canada. Je n’avais pas précisé qu’il y avait des
conditions que l’APFC émettait très clairement de manière
quantifiable ou qualifiable en termes de licence évidemment.
Le sénateur De Bané : Bravo.
Senator Robichaud: Thank you for coming to speak with us.
We are talking about budget cuts. Ms. Larocque just said this was
not only a question of money. I wonder. At some point, it takes
money to provide services.
Le sénateur Robichaud : Merci d’être venus nous parler. On
parle de compressions budgétaires. Mme Larocque vient juste de
dire qu’il ne s’agissait pas seulement d’une question d’argent. Je
me questionne. Un moment donné, pour donner des services, il
faut quand même des sous.
In the present situation, should we expect Radio-Canada to
meet our expectations as the national broadcaster, as a
corporation that, as Ms. Larocque said, must connect with the
Est-ce qu’on doit s’attendre à ce que Radio-Canada, dans la
situation actuelle, puisse rencontrer nos attentes en tant que
diffuseur national, en tant que société qui doit, comme
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entire francophone community of Canada? Is this just a matter of
poorly selected priorities at Radio-Canada? Can you enlighten
me?
Mme Larocque l’a dit, connecter à toute la communauté
francophone du Canada? Est-ce seulement une question de
priorités mal choisies à Radio-Canada? Pouvez-vous m’éclairer?
Mr. Vaillancourt: Here is a thought. If it is a matter of money,
I agree with Ms. Larocque: there is a priority factor. However, if
there were a consultation mechanism, we could have been part of
the solution to achieving the aspirations very clearly stated by
Ms. Larocque.
M. Vaillancourt : Je vais aventurer un début de réflexion. Si
c’est une question d’argent, je suis d’accord avec Mme Larocque,
il y a un élément de priorité. Mais s’il y avait un véhicule de
consultation, on aurait pu faire partie des solutions pour arriver à
rejoindre les aspirations très bien articulées par Mme Larocque.
When a corporation enters a community saying that they have
thought of the solution and that we have nothing more to say,
that is a problem. When we hear the issue of priority versus
budget, if there have been consultations and we are concerned
about the national mandate, perhaps priorities would be stated
differently, with a view to putting priorities forward in this
national relationship.
Lorsqu’une société se présente dans une communauté en disant
qu’ils ont pensé à la solution et qu’on n’a plus rien à dire, c’est là
que le bât blesse. Lorsqu’on entend la question de priorité versus
le budget, s’il y avait eu des consultations et si on a à cœur le
mandat national, peut-être que les priorités seraient articulées
différemment dans la perspective de mettre des priorités devant
dans ce lien national.
It is clear in my mind that if there had been an ongoing
conversation, we could have achieved and, in a context of fiscal
austerity, could perhaps still achieve the aspirations of the
community or communities and give ourselves a national
presence. This very much goes back to principles, but when you
agree with the principle, there is a way to prioritize differently.
That would be a start-up perspective.
Il est clair pour moi que s’il y avait eu des conversations
continues, on aurait pu et on pourrait peut-être, dans un contexte
de restriction budgétaire, rejoindre les aspirations de la
communauté ou des communautés et se faire voir
nationalement. Cela revient beaucoup à des principes, mais
lorsqu’on est d’accord avec le principe, il y a moyen de faire la
priorisation différemment. Ce serait une perspective de
démarrage.
Ms. McNeil: Yes, that is a personal observation, but every time
cutbacks are made, unfortunately it is always the minorities who
are hit first.
Mme McNeil : Oui, c’est un constat personnel, mais chaque
fois qu’il y a des compressions, ce sont toujours les minorités qui
écopent en premier malheureusement.
Given the way Radio-Canada implemented its budget cuts, we
can question them from both standpoints. However, the big fear,
as I said perhaps an hour ago, is that the solution may be to do
less because there is less money, and thus to offer less television or
digital francophone content, even though there is a virtual
absence of digital content from our francophone communities,
and even to make cuts to radio, which is a file I do not know as
well. That is really unfortunate, but we would prefer to
understand the logic behind all of that because, in my opinion,
very few cuts appear to have been made to the big Montreal
machine. So we would indeed have liked to be consulted.
De la manière dont la Société Radio-Canada a opérationnalisé
ses compressions budgétaires, on peut les questionner d’un côté
comme de l’autre. Par contre, la très grande crainte, comme je l’ai
exprimé il y a peut-être une heure, est que la solution soit d’en
faire moins parce qu’on a moins d’argent; donc de proposer
moins de contenu francophone, que ce soit du contenu télévisuel
ou numérique, bien qu’il y ait presque une absence de contenu
numérique en provenance de nos communautés francophones et
même d’avoir des compressions à la radio qui est un dossier que je
maîtrise moins bien. C’est vraiment malheureux, mais on
souhaiterait mieux comprendre la logique qu’il y a derrière tout
cela parce que la grosse machine montréalaise semble très peu
réduite, à mon sens. Donc, on aurait aimé être consultés en effet.
Ms. Larocque: Yes, I said it was not a question of money but
rather one of priorities. It is true that money is needed to operate
the machine. I obviously understand that. However, we have had
serious cutbacks here in Windsor and other investments have
subsequently been made, investments in the Internet, in Espace
Musique and in opening stations elsewhere in Canada. We see
cutbacks on the one hand and investments on the other, and that
is the basis for my comment about priorities.
Mme Larocque : Oui, j’ai dit que ce n’est pas une question
d’argent, mais une question de priorité. Il est vrai qu’il faut de
l’argent pour faire rouler la machine. Je comprends cela
évidemment. Cependant, nous avons subi de graves
compressions ici à Windsor et d’autres investissements ont été
faits par la suite, des investissements sur Internet, à Espace
musique et l’ouverture de stations ailleurs au Canada. On voit des
compressions d’un côté, des investissements de l’autre côté et c’est
de là d’où vient mon commentaire de priorités.
A little earlier this evening, we talked about programs hosted
by 14 people, compared to programs where there are 2 hosts. We
see injustices and it is true that the cuts are being made in minority
areas where needs are not as great.
Un peu plus tôt ce soir, on a parlé d’émissions où il y a
14 animateurs en comparaison à des émissions où il y a
deux animateurs. On voit des injustices et c’est vrai que les
compressions se font en milieu minoritaire, là où les besoins sont
les plus grands.
26-11-2012
Langues officielles
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Mr. Hominuk: Senator Robichaud, you asked the question
about cuts and priorities. The Radio-Canada people will tell you
they have only cut 11 per cent in the regions and 89 per cent in
Montreal. That it is probably true, but the reason why they have
not cut more in the regions is that there was nothing more to cut.
When there is nothing in the regions, there is nothing to cut.
There is a necessary minimum in order to produce local
programming, and when you implement cuts, there is nothing left.
M. Hominuk : Vous avez posé la question sénateur Robichaud
sur les coupures et les priorités. Les gens de Radio-Canada vous
diront qu’ils ont coupé seulement 11 p. 100 en région, et 89 p. 100
à Montréal. C’est probablement vrai, mais la raison pour laquelle
ils n’ont pas coupé plus en région, c’est qu’il n’y avait rien à
couper de plus. Quand il n’y a rien en région, il n’y a rien à
couper. Il faut un minimum pour faire une programmation locale
et lorsque nous faisons des coupures, il ne reste plus rien.
The people in Windsor have had local cuts. When you look at
all that, it means there is nothing in the regions, although you can
use cuts as an excuse to do nothing more in the regions. RadioCanada has nevertheless had some good years in the past 20. They
could have put measures in place in the regions to come up with
better programming that would respond more effectively to the
needs of people in Ontario’s francophone regions.
Les gens à Windsor ont subi des coupures locales. Quand on
regarde tout cela, cela veut dire qu’il n’y avait rien en région. Bien
qu’on puisse utiliser l’excuse des coupures pour ne pas faire plus
en région. Radio-Canada a quand même eu de bonnes années au
cours des 20 dernières années. Ils auraient pu mettre des choses en
place dans les régions pour arriver à une meilleure
programmation qui allait mieux répondre aux besoins des gens
dans les régions francophones de l’Ontario.
The Chair: Senator Champagne would like to clarify one point.
La présidente : Le sénateur Champagne aimerait apporter une
précision.
Senator Champagne: I must have been very unclear,
Ms. Larocque, if you understood that there were 14 hosts. No,
there is only 1 host, but there are 12 or 14 in the control room
working on the Internet and doing research.
Le sénateur Champagne : J’ai dû bien mal m’exprimer, madame
Laroque, si vous avez compris qu’il y avait 14 animateurs. Non, il
n’y a qu’un seul animateur, mais ils sont 12 ou 14 dans le contrôle
à s’occuper de Internet et la recherche.
Ms. Larocque: Just to clarify something, we have a total of
only two.
Mme Larocque : Juste pour clarifier, nous en avons seulement
deux en tout.
Senator Robichaud: I thought Ms. Larocque wanted to speak.
Le sénateur Robichaud : Je pensais que Mme Larocque voulait
s’exprimer.
The Chair: That was just a clarification.
Senator Robichaud: You said that Radio-Canada has
nevertheless had some good years. Was there more consultation
then?
La présidente : C’était seulement une précision.
Le sénateur Robichaud : Vous avez dit que Radio-Canada a
quand même connu de bonnes années. Y avait-il plus de
consultations dans ce temps-là?
Mr. Hominuk: No.
M. Hominuk : Non.
Mr. Vaillancourt: No.
M. Vaillancourt : Non.
Ms. McNeil: No.
Mme McNeil : Non.
Ms. Chassé: No.
Mme Chassé : Non.
Senator Robichaud: That was never an obligation or a feeling
for them that they had to consult the minority communities?
Le sénateur Robichaud : Cela n’a jamais été une obligation ou
un sentiment pour eux qu’il fallait consulter les communautés en
milieu minoritaire?
Mr. Vaillancourt: It is not my perception that that was the case.
I must say we saw some examples of promising single
partnerships, but I am not aware that there were any
consultations on a strategy to support linguistic duality or the
minority communities outside Quebec.
M. Vaillancourt : Ce n’est pas ma perception que c’était le cas.
Je dois dire qu’on a vu des exemples de partenariat ponctuel
intéressant, mais de dire consulter pour une stratégie pour
appuyer cette dualité linguistique et les communautés
minoritaires hors Québec, je ne suis pas conscient qu’il y en ait eu.
Ms. Chassé: No.
Mr. Hominuk: Even in the good years, when I used to work at
TFO, sometimes activities were organized with communities,
shows in the regions. And as for the sponsorships or advertising
for some of the events, we even saw Radio-Canada really viewing
Mme Chassé : Non.
M. Hominuk : Même dans les bonnes années, j’ai travaillé à
TFO autrefois, des fois on mettait en place des activités avec des
communautés, des spectacles en région et des fois, on voyait
même dans des commandites ou dans la publicité des événements,
13:54
Official Languages
26-11-2012
itself as a competitor, often requesting the exclusive right to
promote or broadcast certain activities. There is not always a
sense of wanting to work for the community.
que Radio-Canada se voyait vraiment comme un compétiteur et
souvent, demandait l’exclusivité de promotions ou de diffusion de
certaines activités. Le sentiment de vouloir travailler au bénéfice
de la communauté n’est pas toujours là.
Senator Robichaud: You really question certain decisions that
were made. We talked about the people in Montreal.
Le sénateur Robichaud : Vous questionnez vraiment certaines
décisions qui ont été prises. On a parlé des gens à Montréal.
You mentioned hyperlocal programs. You also said that they
had gone into a region where coverage was quite good?
Vous avez parlé d’émissions hyperlocales. Vous avez aussi dit
qu’on est allé dans une région où la couverture était quand même
assez bonne?
Mr. Vaillancourt: Senator, my reaction to that is that, if one of
Radio-Canada’s roles is to support linguistic duality and we have
new models to test, would it not be better to do it in a minority
setting?
M. Vaillancourt : Ma réaction à cela, monsieur le sénateur,
c’est que si un des rôles de la Société Radio-Canada est de
soutenir la dualité linguistique et qu’on a de nouveaux modèles à
tester, ne serait-il pas plus avantageux de le faire dans un milieu
minoritaire?
The French language is not in danger around Montreal Island.
Some say it is, but I believe that is another issue. Why not at least
experiment with one of the initiatives outside Quebec? And
although Radio-Canada tells us it is a presence in the Quebec
regions, it definitely is not in the regions of Canada.
Autour de l’île de Montréal, la langue française n’est pas
menacée. Certains disent qu’elle l’est, mais je crois qu’il s’agit là
d’un autre débat. Pourquoi ne pas expérimenter au moins une des
initiatives hors Québec? Et si Radio-Canada nous dit être présente
dans les régions du Québec, elle ne l’est certainement pas dans les
régions du Canada.
Senator Robichaud: I understand what you are saying.
Le sénateur Robichaud : Je comprends bien ce que vous dites.
Ms. McNeil: Yes. We at the APFC have always drawn a
distinction between the regions and the regions outside Quebec
because we do not identify with that in the least. However, that
seems to be a language, when it is used, that Radio-Canada
understands absolutely. So, yes, Moncton is not Quebec City,
Winnipeg is not Quebec City, and yet Radio-Canada defines itself
and its actions in the regions based on Quebec City and certain
Quebec regions.
Mme McNeil : Oui. Nous à l’APFC, avons toujours fait la
distinction entre les régions et les régions à l’extérieur du Québec
parce qu’on ne s’identifie pas dans le moins. Cela étant dit, cela
semble être un langage, lorsqu’on l’emploie, que la Société RadioCanada comprend tout à fait. Alors oui, Moncton n’est pas
Québec, Winnipeg n’est pas Québec et pourtant, Radio-Canada
utilise Québec et certaines régions du Québec pour se définir et
définir son action en région.
Some very good things are being done, but we would like to
have a higher profile, and I can only regret that what is being
done in Ontario is not being seen in Moncton and that what is
being done in Moncton is not being seen in British Columbia and
that none of that is being seen in Montreal. I cannot believe
Quebecers are not interested in seeing productions that are being
done in Vancouver, Winnipeg or Ottawa.
Il y a de très bonnes choses qui se font, mais on aimerait être
plus présents. Et je ne peux que regretter que ce qui se fait en
Ontario ne soit pas vu à Moncton et que ce qui se fait à Moncton
ne soit pas vu en Colombie-Britannique, et que tout cela ne soit
pas vu à Montréal. Je ne peux pas croire que cela n’intéresse pas
les Québécois de voir ce qui se fait en termes de production à
Vancouver, à Winnipeg ou à Ottawa.
That is unimaginable. This is quality content that is being
confined to a kind of ethnocentrism that we can unfortunately
only criticize.
C’est inimaginable. Ce sont des contenus de qualité qu’on
confine à une espèce d’ethnocentrisme que l’on ne peut que
critiquer, malheureusement.
Senator Robichaud: Ms. Larocque, you say you have noticed
that people in Windsor tune in to the CBC and that you will be
losing a lot of listeners as a result. You only have a certain
amount of time to react and to get those listeners back. Do you
believe that might be hard to do?
Le sénateur Robichaud : Madame Larocque, vous dites avoir
remarqué que les gens de Windsor se tournaient vers CBC anglais
et qu’à cause de cela, vous perdrez beaucoup d’auditeurs. Vous
n’avez qu’un certain temps pour réagir et pour regagner ces
auditeurs. Est-ce que vous croyez que ça pourrait être difficile à
faire?
Ms. Larocque: Not only do they turn to CBC, but they also
tune in to a lot of American stations because there are so many of
them. We have already lost of a lot listeners and it will be very
difficult to get them back. Our hope is that we can offer a quality
service that is a presence in our community and that we can
advertise it. That would really be a major success for our
Mme Larocque : Non seulement ils se tournent vers CBC
anglais, mais ils se tournent beaucoup vers des stations
américaines parce qu’il y en a tellement. Nous avons déjà perdu
beaucoup d’auditeurs et ce sera très difficile de les regagner. Notre
espoir, c’est d’offrir un service de qualité et d’être présents au sein
de notre communauté et d’en faire la publicité. Ce serait vraiment
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Langues officielles
community. There would be a celebration and people would come
back. That is my wish, but, yes, the damage is done, but I believe
that we can turn the situation around.
Senator Robichaud: My best wishes go with you.
13:55
un grand succès pour notre communauté. Il y aurait une
célébration et les gens voudraient revenir. Disons que ce serait
mon souhait. Mais le dommage est fait, oui, mais je crois qu’on
peut renverser la situation.
Le sénateur Robichaud : Mes souhaits vous accompagnent.
Senator Mockler: I find my colleague Senator Robichaud even
more convincing. Ms. Larocque, continue sharing your vision
because we will always have to take part in this major debate. As
you say, the debate is not being waged just in Quebec City and
New Brunswick; it is being conducted across our provinces and
with the same national vision.
Le sénateur Mockler : Mon collègue le sénateur Robichaud me
convainc encore davantage. Madame Larocque, continuez de
partager votre vision parce qu’il faudra toujours participer à ce
grand débat. Comme vous dites, le débat ne se fait pas seulement
à Québec et au Nouveau-Brunswick, il se fait à travers nos
provinces et avec la même vision nationale.
My question also represents a solution. Mr. Vaillancourt, you
say it is outrageous, intolerable and unacceptable that you have
not been consulted. As Ms. McNeil just said, the evidence is
there.
Ma question représente à la fois une solution. Monsieur
Vaillancourt, vous dites que c’est flagrant, intolérable et
inacceptable de ne pas avoir été consulté. Comme vient de le
dire Nathalie McNeil, le constat est là.
The other part of the solution is that the community radio
stations have a role to play, in particular by sharing or
participating in programming. You also have to meet Michel
Cormier soon. I believe you will have the opportunity to do that
in Gatineau next week. I also have to say that I have spoken with
people who are part of the francophone community in the Yukon.
L’autre pièce de solution, c’est que les radios communautaires
ont un rôle à jouer, notamment en partageant la programmation
ou en en faisant partie. Aussi, il faut vite rencontrer M. Michel
Cormier. Je crois que vous aurez l’occasion de le faire la semaine
prochaine, à Gatineau. D’ailleurs, je dois dire que j’ai eu
l’occasion de parler à des gens qui font partie de la
Francophonie yukonnaise.
I also spoke with people who held a general meeting here in the
national capital. The theme of the meeting was Santé en français.
Senator Robichaud and I shared information on Michel
Cormier’s role.
J’ai également eu l’occasion de parler à des gens qui tenaient
une réunion générale, ici, dans la capitale nationale. La rencontre
avait pour thème Santé en français. Le sénateur Robichaud et
moi-même avons partagé de l’information concernant le rôle de
Michel Cormier.
I believe we have an agent who is ready to listen to us. I believe
you also want to be part of that consultation so that you can find
a solution, since I am sure that, if you had been involved in the
consultations, you would also have been part of the solution. I
would like us to use this lack of consultation as a way of opening
the door.
Je crois que nous avons un agent qui est prêt à nous écouter. Je
crois que vous désirez aussi faire partie de cette consultation afin
de trouver une solution. Parce que je suis certain que si vous aviez
fait partie des consultations, vous auriez aussi été partie prenante
de la solution. J’aimerais qu’on se serve de ce manque de
consultation pour ouvrir la porte.
As Senator Champagne said, we must open the door for our
community radio stations, pay attention and share Michel
Cormier’s information. My question is this: have you clarified
the role that regional radio stations play in our francophone
communities together with Radio-Canada?
Comme le disait madame le sénateur Champagne, il faut ouvrir
la porte à nos radios communautaires, être à l’écoute et partager
de l’information de Michel Cormier. Ma question est la suivante :
avez-vous spécifié le rôle que jouent les stations radiophoniques
régionales au sein de nos communautés francophones de pair avec
Radio-Canada?
Mr. Vaillancourt: Perhaps we can talk about the role we would
like them to play, but if I am being asked to state the role of the
regional stations, I must admit that, during my term, I did not see
any documents that outlined their role. However, I can say that,
as President of the Assemblée de la Francophonie, I spoke with
the two Ontario regional directors.
M. Vaillancourt : On peut peut-être parler du rôle qu’on
souhaiterait qu’elles jouent. Mais si on me demande de spécifier
le rôle des stations régionales, je dois avouer que pendant mon
mandat, je n’ai pas vu de documents qui mentionnaient leur rôle.
Par contre, je peux dire qu’à titre de président de l’Assemblée de la
Francophonie, j’ai eu des échanges avec les deux directeurs
régionaux de l’Ontario.
There are two new directors, and we are preparing to organize
meetings with the members of our artistic and community
development communities. We start up conversations in order
to come up with new ideas, and Mr. Cormier will definitely be on
Il y a deux nouveaux directeurs et on s’apprête justement à
organiser des rencontres avec les membres de nos communautés,
qu’elles soient artistiques ou sur le plan du développement
communautaire. On provoque des conversations justement dans
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Official Languages
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that list. And if necessary, we will go to Montreal to present our
position.
le but d’amener de nouvelles idées. Et M. Cormier figurera
certainement sur cette liste. Et s’il le faut, on va se rendre à
Montréal pour faire des représentations.
In the case of the Assemblée de la Francophonie, we are clearly
going there to make demands, but we are prepared to play the
role and be part of the solution. We have always said that, and
this is a common language that I use when I speak with my
premier. Franco-Ontarians ask for things, but we want to be part
of the solution. We have heard your suggestion and we are
preparing to speak with Mr. Cormier and with the regional
directors about the new announcements.
Il est clair que dans le cas de l’Assemblée de la Francophonie,
nous y allons pour demander, mais nous sommes prêt à assumer
le rôle et à faire partie des solutions. On l’a toujours dit et c’est un
langage courant que j’utilise lorsque je parle avec mon premier
ministre. Les Franco-Ontariens demandent des choses, mais on
veut être partie prenante des solutions. Votre suggestion a été bien
entendue et nous nous apprêtons à parler à M. Cormier, en plus
de dialoguer avec les directeurs régionaux au sujet des nouvelles
annonces.
The Chair: Honourable senators, on your behalf and mine, I
would like to offer our sincere thanks to the six witnesses who
have appeared before us this afternoon. Ladies and gentlemen,
thank you for your presentations and for your full answers to the
questions asked by the senators.
La présidente : Honorables sénateurs, en votre nom et en mon
nom, j’aimerais remercier très sincèrement les six témoins qui ont
comparu devant nous cet après-midi. Mesdames et messieurs, je
vous remercie pour vos présentations et pour vos réponses très
complètes aux questions posées par les sénateurs.
Thank you for your interest, which is apparent from what you
have said, in making Radio-Canada a corporation that responds
even more to our needs and further reflects our reality. As you
have seen, all the members of this committee want to develop
solutions that will make it a true reflection of what we are in
Canada.
Merci de votre intérêt qui est ressorti à travers ce que vous avez
dit pour faire de la Société Radio-Canada une société qui répond
encore plus à nos besoins et qui reflète encore plus notre réalité.
Comme vous l’avez constaté, tous les membres du comité veulent
en arriver à des solutions qui feraient en sorte que ce serait un vrai
reflet de ce que nous sommes au Canada.
Once again, ladies and gentlemen, thank you very much.
Encore une fois, mesdames et messieurs, merci beaucoup.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, November 26, 2012
OTTAWA, le lundi 26 novembre 2012
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5 p.m. to examine CBC/Radio-Canada’s obligations
under the Official Languages Act and some aspects of the
Broadcasting Act.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 heures, pour faire une étude sur les obligations
de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues
officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion.
Senator Maria Chaput (Chair) in the chair.
[Translation]
The Chair: Honourable senators, I call the meeting to order.
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
[Français]
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare la séance
ouverte.
Welcome to this meeting of the Standing Senate Committee on
Official Languages. I am Maria Chaput from Manitoba, chair of
the committee. Before introducing the witnesses who are
appearing today, I invite the members of the committee to
introduce themselves, starting on my left.
Je vous souhaite la bienvenue à cette réunion du Comité
sénatorial permanent des langues officielles. Je suis la sénatrice
Maria Chaput du Manitoba, présidente du comité. Avant de
présenter les témoins qui comparaissent aujourd’hui, j’invite les
membres du comité à se présenter et je commencerai par ma
gauche.
Senator Fortin-Duplessis: Senator Suzanne Fortin-Duplessis,
Quebec City.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Sénatrice Suzanne FortinDuplessis, Québec.
Senator McIntyre: Senator Paul McIntyre, New Brunswick.
Le sénateur McIntyre : Sénateur Paul McIntyre, NouveauBrunswick.
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Langues officielles
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Senator Poirier: Senator Rose-May Poirier, Saint-Louis-deKent, New Brunswick.
Le sénateur Poirier : Sénatrice Rose-May Poirier, Saint-Louisde-Kent, Nouveau-Brunswick.
Senator Comeau: Senator Gerald Comeau, Nova Scotia. Good
afternoon.
Le sénateur Comeau : Sénateur Gérald Comeau, NouvelleÉcosse. Bonjour.
Senator Tardif: Senator Claudette Tardif, Alberta.
Le sénateur Tardif : Sénatrice Claudette Tardif, Alberta.
Senator Charette-Poulin: Senator Marie Charette-Poulin,
Ontario.
Le sénateur Charette-Poulin : Sénateur Marie Charette-Poulin,
Ontario.
Senator De Bané: Senator Pierre De Bané from Quebec, and I
have been very much inspired by this dynamic New Brunswick
community. Bravo!
Le sénateur De Bané : Sénateur Pierre De Bané du Québec, et
qui a été très inspiré par cette communauté si dynamique du
Nouveau-Brunswick. Bravo!
The Chair: Thank you. I would also like to inform you that two
regular members of the committee, senators Mockler and
Robichaud, both of whom are from New Brunswick, are not
here today. They are attending meetings in the Atlantic provinces
with the Standing Senate Committee on Agriculture and Forestry
and have asked me to say hello to the witnesses on their behalf
and to thank them for appearing before the committee.
La présidente : Merci. J’aimerais également vous faire part du
fait que deux membres réguliers du comité : les sénateurs Mockler
et Robichaud, tous deux de la province du Nouveau-Brunswick,
ne sont pas présents aujourd’hui. Ils participent à des réunions
dans les provinces de l’Atlantique avec le Comité sénatorial
permanent de l’agriculture et des forêts. Ils m’ont demandé de
saluer en leur nom les témoins et de les remercier d’être présents
devant le comité.
The committee is continuing its examination of CBC/RadioCanada’s obligations under the Official Languages Act and some
aspects of the Broadcasting Act.
Le comité poursuit son étude sur les obligations linguistiques
de CBC/Radio-Canada en vertu de la Loi sur les langues
officielles et de certains aspects particuliers de la Loi sur la
radiodiffusion.
With us today are representatives of francophone
organizations from New Brunswick. René Légère is President of
the Société nationale de l’Acadie, and he is here with Amely
Friollet O’Neil, Vice-President of the Société nationale de
l’Acadie; Marie-Linda Lord, Research Chair in Acadian Studies
at the University of Moncton; and Carmen Gibbs, Executive
Director of the Association acadienne des artistes
professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick, who is accompanied
by Jean-Pierre Caissie, Head of Communications at the
Association acadienne des artistes professionnelles du NouveauBrunswick. And, by videoconference, we welcome Pascal RaicheNogue, President of the Association acadienne des journalistes,
who is here with Patrick Lacelle, Treasurer, and Karine Godin,
Advisor. Welcome.
Nous accueillons aujourd’hui, des représentants d’organismes
francophones du Nouveau-Brunswick, soit M. René Légère,
président de la Société nationale de l’Acadie. Il est accompagné
de Mme Amely Friollet O’Neil, vice-présidente de la Société
nationale de l’Acadie et de Mme Marie-Linda Lord, titulaire de la
Chaire de recherche en études acadiennes de l’Université de
Moncton; Mme Carmen Gibbs, directrice générale de
l’Association acadienne des artistes professionnels du NouveauBrunswick, qui est accompagnée de Jean-Pierre Caissie,
responsable des communications à l’Association acadienne des
artistes professionnels du Nouveau-Brunswick. Et par
vidéoconférence, nous accueillons M. Pascal Raiche-Nogue,
président intérimaire de l’Association acadienne des journalistes,
qui est accompagné de M. Patrick Lacelle, trésorier et de
Mme Karine Godin, conseillère. Bienvenue.
On behalf of the members of the committee, thank you for
taking the time to give us your perspective on our study and to
answer our questions.
Au nom des membres du comité, je vous remercie de prendre le
temps de nous présenter votre point de vue dans le cadre de notre
étude et de répondre à nos questions.
I now invite Mr. Légère and Ms. Lord to take the floor. They
will be followed by Ms. Gibbs and Mr. Raiche-Nogue, and the
senators will follow with questions.
J’invite maintenant M. Légère et Mme Lord à prendre la
parole. Ils seront suivis de Mme Gibbs et de M. Raiche-Nogue.
Les sénateurs suivront avec des questions.
René Légère, President, Société nationale de l’Acadie: Madam
Chair, honourable senators, ladies and gentlemen, thank you for
having us here today.
René Légère, président, Société nationale de l’Acadie : Madame
la présidente, honorables sénateurs et sénatrices, mesdames et
messieurs, merci de nous accueillir.
The Société nationale de l’Acadie, commonly called the SNA,
is the organization that represents the Acadian people. Founded
in 1881, today it is a federation of eight member associations, one
preferred member and six associate members. As the official
mouthpiece of the Acadian people, the Société nationale de
La Société nationale de l’Acadie, communément appelée la
SNA, est l’organisme de représentation du peuple acadien. Créée
en 1881, elle est aujourd’hui, un organisme fédératif regroupant
huit associations membres, un membre privilégié et six membres
associés. Porte-parole officiel du peuple acadien, la Société
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Official Languages
26-11-2012
l’Acadie advocates the rights and interests of the Acadian people
in the Atlantic region and Acadian outreach in Canada and the
world.
nationale de l’Acadie assure la promotion des droits et intérêts du
peuple acadien de l’Atlantique et le rayonnement de l’Acadie au
Canada et par le monde.
One of its priority advocacy issues is communications, and it is
in that area that the SNA is presenting this brief to you today.
Parmi les dossiers prioritaires qu’elle défend se trouvent les
communications et c’est à ce titre qu’elle présente ce mémoire
aujourd’hui devant vous.
Radio-Canada is a central concern for the SNA. In the 13 years
since Radio-Canada’s licence was last renewed, the SNA has
taken action to assist Radio-Canada on several occasions, more
recently to support its application for renewal of the LPIF, but
also to remind it of the requirements of its mandate.
La Société Radio-Canada est au cœur des préoccupations de la
SNA. Dans les 13 années qui séparent le dernier renouvellement
de licence de la SRC, la SNA est intervenue à plusieurs reprises
pour aider Radio-Canada, plus récemment pour appuyer sa
demande de renouvellement du FAPL, mais aussi pour lui
rappeler les exigences de son mandat.
Acadians, like all francophones in Canada, are very much
aware of how important the public broadcaster is in their lives.
They know that no private broadcaster would be prepared to
make the necessary capital investment to serve remote regions in
order to broadcast radio and television or to maintain a Web
presence.
Les Acadiens et Acadiennes, comme tous les francophones au
pays, sont en effet très conscients de l’importance du diffuseur
public dans leur vie. Ils savent qu’aucun diffuseur privé ne serait
prêt à effectuer les immobilisations nécessaires pour servir les
régions éloignées pour diffuser radio, télévision et pour maintenir
une présence sur le Web.
It is clear to Acadians that Radio-Canada’s national mandate
and public funding, to which Acadian citizens contribute in the
same way as all Canadians, are the only guarantees that those
services will be provided and that they must be preserved at all
costs.
Pour l’Acadie, il est clair que le mandat national de la SRC et
son financement public, auxquels les citoyens d’Acadie
participent au même titre que tous les Canadiens et
Canadiennes, sont les seuls garants de ces services et qu’ils
doivent être préservés à tout prix.
The Société nationale de l’Acadie wishes to emphasize at the
outset how important this institution is in Canada but also to
issue a number of warnings. At a time when the battle is raging
between public and private broadcasters, it is appropriate to
emphasize the importance of a public broadcaster in Canada.
CBC/Radio-Canada is the only broadcaster capable of bringing
together the various regions of the country, offering its citizens,
wherever they live, varied and independent content, without
regard to specific economic interests, to enable citizens to
compare various visions and ideas so that they can form their
own opinions, without which our democracy would not be worth
much.
D’entrée de jeu, la Société nationale de l’Acadie souligne
l’importance de cette institution au sein du Canada, mais désire
émettre quelques mises en garde. À l’heure où la lutte fait rage
entre diffuseurs publics et privés, il convient d’insister sur
l’importance d’un diffuseur public au Canada. La Société
Radio-Canada est seule apte à réunir les diverses régions du
pays, à offrir à ses citoyens où qu’ils vivent un contenu varié et
indépendant, sans égard aux intérêts économiques des uns ou des
autres, afin de leur permettre de confronter des visions et des idées
diverses pour se faire leur propre opinion, sans lesquelles notre
démocratie ne vaudrait pas grand-chose.
In this immense country of ours, truly national coverage on
radio, television and now the Internet will never be economically
profitable for private industry. As you will recall, CBC/RadioCanada broadcasts in English, French and eight Aboriginal
languages, from north to south and from east to west, and that
the Crown corporation plays a fundamentally important role in
our communities.
Dans un pays immense qui est le nôtre, une couverture radio,
télévision et aujourd’hui, Web, véritablement nationale, ne sera
économiquement jamais rentable pour l’industrie privée.
Souvenons-nous que Radio-Canada et CBC diffusent en
français, en anglais et en huit langues autochtones, du Nord au
Sud et d’Est en Ouest et que la société publique joue un rôle
primordial dans nos communautés.
Radio-Canada Acadie has been an essential instrument of
Acadian society for more than 25 years, as are the other stations
and offices across the country providing francophones with
information and outreach. If it had to broadcast only where
advertising revenues and ratings warranted, there would not be a
lot of radio signals, television airwaves or Web coverage outside
the golden triangle of Montreal-Ottawa-Toronto.
Radio-Canada Acadie est un instrument incontournable de la
société acadienne depuis plus de 25 ans, tout comme les autres
stations et bureaux à travers le pays qui assurent aux
francophones un rayonnement et de l’information. S’il fallait ne
diffuser que là où les revenus publicitaires et les cotes d’écoute le
justifient, il n’y aurait pas grand signal radio, onde télé ou
couverture Web hors du triangle doré Montréal-Ottawa-Toronto.
We repeat that, despite the criticism that will follow here,
Radio-Canada must have the means to continue its work for all
Canadians.
Nous le répétons, et ce, malgré les critiques qui vont suivre,
Radio-Canada doit avoir les moyens de continuer son travail
pour tous les Canadiens et Canadiennes.
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Langues officielles
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In Acadia, as in all of French-speaking Canada, people are
extremely concerned about the CBC/Radio-Canada funding cuts,
which, as recently announced, could reach $200 million over the
next three years. Acadians, who are taxpayers like anyone else,
rightly fear the impact of those cuts on the essential services
currently provided to them. What video journalist position in the
regions will be cut?
En Acadie, comme dans toute la Francophonie canadienne, on
s’inquiète au plus haut point des compressions budgétaires au
financement de la CBC/SRC dont on annonçait tout récemment
qu’elles pourraient atteindre 200 millions de dollars au cours des
trois prochaines années. Acadiens et Acadiennes, contribuables
comme les autres, craignent à juste titre les répercussions de ces
coupures sur les services essentiels qui leur sont offerts
actuellement. Quel poste de vidéojournaliste, en région, va-t-on
supprimer?
The Radio-Canada national journalist position in St. John’s,
Newfoundland, which has been vacant for months? The
Chéticamp position, which is also vacant? What program will
we have to trim? Le Réveil in Nova Scotia and Newfoundland?
Will they try to combine them all in a single morning program,
thus depriving citizens of news specific to their corner of Acadia?
Le poste de journaliste national de la SRC à Saint-Jean, TerreNeuve, vacant depuis des mois? Celui de Chéticamp, également
vacant? À quelle émission devrons-nous couper les ailes? À
l’émission Le Réveil, Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve? Ou
tentera-t-on de tout regrouper en une seule émission du matin
privant ainsi les citoyens d’actualités spécifiques à leur coin
d’Acadie?
The CRTC’s decision not to renew the LPIF has merely
exacerbated an already troubling situation. The LPIF represented
$2 million in supplementary funding for Radio-Canada Acadie,
enough to carry Le Téléjournal Acadie five to seven days a week,
to produce a number of regional programs and to hire journalists
in the regions, in Acadia.
À cet égard, la décision du CRTC de ne pas renouveler le
FAPL n’a fait qu’aggraver une situation déjà inquiétante. Le
FAPL représentait deux millions de dollars de fonds
supplémentaires à Radio-Canada-Acadie, assez pour porter
Le Téléjournal Acadie de cinq à sept jours par semaine, pour
produire quelques émissions régionales et embaucher quelques
journalistes en région, en Acadie.
All these initiatives are threatened, and Acadia and all the
other regions of the country have been marginalized to the same
degree because we suspect that the deepest cuts, if made, will not
fall on the prime broadcasting regions.
Voilà toutes ces initiatives mises en péril et voilà l’Acadie et les
autres régions du pays marginalisées d’autant, car on se doute
bien que ce n’est pas dans les zones de grande écoute que
s’effectueront les coupes les plus sombres, si elles ont lieu.
Here is another example: at the national level, the LPIF made
it possible for the national program Le Club des Ex to provide the
services of political commentators from French Canada and
Acadia. What will happen to that initiative?
Autre exemple : au niveau national, le FAPL avait permis à
l’émission nationale Le Club des Ex de s’assurer les services de
commentateurs politiques de la Francophonie canadienne et de
l’Acadie. Qu’adviendra-t-il de cette initiative?
Part of Radio-Canada’s mandate, which concerns, in
particular, Acadia and the francophone communities as a
whole, is to: (a) reflect Canada and its regions to national and
regional audiences, while serving the special needs of those
regions, and (b) contribute to shared national consciousness and
identity.
Une partie du mandat de Radio-Canada concerne tout
particulièrement l’Acadie et les communautés francophones
dans leur ensemble : a) refléter la globalité canadienne et rendre
compte de la diversité régionale du pays, tant au plan national que
du point de vue régional, tout en répondant aux besoins
particuliers des régions, et b) contribuer au partage d’une
conscience et d’une identité nationale.
In that respect, the least we can say is that we are dissatisfied.
Although the corporation meets the specific needs of the regions
with stations such as Radio-Canada Acadie, provincial election
coverage, journalists in the regions and so on, Canada and the
regions have been excluded from Radio-Canada’s national
programming.
À cet égard, le moins qu’on puisse dire c’est que nous sommes
insatisfaits. Si la société répond aux besoins particuliers des
régions, avec des stations comme Radio-Canada-Acadie, les
couvertures électorales provinciales, les journalistes en région, et
cetera, la globalité canadienne et la diversité régionale sont pour
autant écartées de la programmation de Radio-Canada sur le plan
national.
The SNA, like all our francophone institutions across the
country, has constantly repeated this for years. In 2007 and 2009,
the Société nationale de l’Acadie published studies on the
presence of the regions on the national radio and television
networks. They did not paint a rosy picture. They clearly showed
that the news, stakeholders, experts, political commentators and
topics treated rarely strayed beyond Quebec or even Montreal.
La SNA, comme d’ailleurs toutes nos institutions
francophones au pays, ne cesse de le répéter depuis des années.
En 2007 puis en 2009, la Société nationale de l’Acadie a rendu
publiques des études sur la présence des régions au réseau
national, radio et télévision. Le bilan n’était pas rose. Il indiquait
clairement que nouvelles, intervenants, experts, commentateurs
politiques et sujets traités dépassent rarement le Québec voire
même Montréal.
13:60
Official Languages
26-11-2012
A more recent example illustrates that statement. On
September 18, the national Téléjournal devoted the first
18 minutes of news to Quebec. Was nothing going on in
Canada, the country from which Radio-Canada derives its
name? What about the mandate to contribute to shared
national consciousness and identity? Radio-Canada’s current
strategic plan is entitled Everyone, Every Way. Really? One
wonders.
Un exemple concret plus récent illustre ce propos.
Le 18 septembre dernier, Le Téléjournal national consacrait ses
18 premières minutes de nouvelles au Québec. Ne se passait-il rien
au Canada, ce pays dont la SRC tire son nom? Qu’en est-il alors
du mandat de contribuer au partage d’une conscience et d’une
identité nationales? Le plan stratégique actuel de Radio-Canada
s’intitule : Partout, Pour Tous. Vraiment? On peut se poser la
question.
Although we are convinced that senior management wants to
make that statement a reality, that view is not shared by the lower
levels at Radio-Canada, by the hosts, researchers, directors and
others who generally do not know enough about the country they
are committed to serving to look beyond the professionals
alongside them.
Permettez-nous de souligner que si nous sommes convaincus de
la volonté, au niveau de la haute direction, de faire de cet énoncé
une réalité, elle n’est pas partagée par les échelons inférieurs de la
Société Radio-Canada, par les animateurs, recherchistes,
réalisateurs et autres qui, en règle générale, ne connaissent pas
suffisamment le pays qu’ils se sont engagés à servir pour chercher
plus loin que les professionnels à côté d’eux.
In fact, it appears that all these craftspeople view RadioCanada much more as a regional station than the national
network it is supposed to be. As a result, programs such as
L’Épicerie, La Facture and others almost never venture outside
Quebec, intellectually or physically, and national or international
events are commented upon solely for Montreal by Quebec
experts. There are no more Acadian or francophone artists on the
network’s cultural programs than there are francophone
economists on its financial programs or Acadian political
commentators on its public affairs programs.
En fait, il semble que tous ces artisans considèrent RadioCanada comme une station régionale bien plus que comme le
réseau national qu’il est censé être. C’est ainsi que des émissions
comme L’Épicerie, La Facture et autres ne sortent pratiquement
jamais, intellectuellement et physiquement, de la Belle Province et
que des événements d’envergure nationale ou internationale ne
sont commentés qu’à partir de Montréal, avec des experts
québécois. Il n’y a pas plus d’artistes acadiens ou francophones
dans les émissions culturelles que d’économistes francophones
dans les émissions sur les finances ou de commentateurs politiques
acadiens dans les émissions d’affaires publiques.
This situation is harmful to Acadians, who feel they are
second-class citizens whose opinions are not solicited. If Acadians
and francophones see only Quebecers on the air, they will not feel
valued or, as one Acadian viewer said, feel that they belong to a
country when they watch the news.
Cette situation est très dommageable pour l’Acadie qui a le
sentiment d’être une citoyenne de deuxième classe à laquelle on ne
sollicite pas l’opinion. Ce n’est pas en voyant uniquement des
Québécois à l’antenne que les Acadiens, Acadiennes et
francophones se sentiront valorisés ou, comme l’exprimait un
auditeur acadien, auront le sentiment de faire partie d’un pays en
regardant les nouvelles.
Lastly, in the longer term, Quebec’s memory, in all its diversity,
is being preserved to the detriment of ours and that of the broader
Canadian francophone community as a whole. In addition to the
lack of knowledge of Canada at Radio-Canada’s headquarters in
Montreal, and of any interest or good will toward the country,
there are structural and financial problems exacerbating the
situation we are currently experiencing.
À plus long terme, enfin, c’est la mémoire québécoise dans
toute sa diversité qui est préservée au détriment de la nôtre et de
celle de la Francophonie canadienne dans son ensemble. En plus
du manque de connaissances canadiennes, d’intérêt et de bonne
volonté à l’égard du pays, au sein du siège social de RadioCanada à Montréal, s’ajoutent des dilemmes structurels et
financiers qui aggravent la situation que l’on vit actuellement.
With resources in short supply, Radio-Canada is increasingly a
mere broadcaster of programs produced by private companies,
and those companies are of course Québécois. Every time we ask
for a higher profile on the national network, we are told that
Radio-Canada is not responsible for the content of the programs
of Guy A. Lepage or Fabienne Larouche. The situation is so
serious that, when we see on the network a series like Belle-Baie,
which has been filmed in Acadia, or when La petite séduction
comes to see us, Acadians feel they have hit the jackpot.
De plus en plus, par manque de ressources, la SRC est simple
diffuseur d’émissions produites par des compagnies privées et,
bien entendu, ces dernières sont québécoises. À chaque fois que
nous demandons une plus grande participation au réseau
national, on nous répond que Radio-Canada n’est pas
responsable du contenu des émissions de Guy A. Lepage ou de
Fabienne Larouche. La situation est à ce point grave que
lorsqu’on voit au réseau une série tournée en Acadie, comme
Belle-Baie ou lorsque La petite séduction vient nous voir, l’Acadie
a un peu l’impression d’avoir gagné le gros lot.
26-11-2012
Langues officielles
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On the rest of the schedule, Canada, which, we repeat, is
outside Quebec — incidentally, I am outside nothing; I live in
Acadia — usually makes do with Jour du seigneur or the weather.
Dans le reste de la grille horaire, le Canada dont on répète qu’il
est hors Québec — en passant, moi je suis hors rien, je suis en
Acadie — se contente d’habitude du Jour du seigneur ou de la
météo.
The Chair: Mr. Légère, would it be possible for you to
summarize the rest of your presentation in one minute? Your
time is nearly up.
La présidente : Monsieur Légère, vous serait-il possible de
résumer en une minute le reste de votre présentation? Votre temps
est presque écoulé.
Mr. Légère: Fine, I will move on to my conclusion.
M. Légère : Parfait, je vais passer à la conclusion.
Clearly, if Radio-Canada were not essential to the development
of Acadia and the Canadian francophonie, the Société nationale
de l’Acadie and other organizations would have given up the fight
long ago. And yet we believe in the need for a public broadcaster
and in Radio-Canada’s potential both in the regions and
nationally. We believe that its officers truly want the
corporation to become the instrument of national cooperation
that its mandate requires.
Il est clair que si Radio-Canada n’était pas si essentielle à
l’épanouissement de l’Acadie et de la Francophonie canadienne, il
y a longtemps que la Société nationale de l’Acadie et tant d’autres
organismes auraient abandonné la lutte. Pourtant, nous croyons
en la nécessité d’un diffuseur public et au potentiel de RadioCanada, tant dans nos régions que sur la scène nationale. Nous
croyons au désir de ses responsables que la société devienne
véritablement l’outil de concertation nationale que son mandat
exige.
That is why, for more than 20 years, study after study, meeting
after meeting and appearance after appearance, we have never
stopped believing in the possibility that we may one day see
Radio-Canada turn the corner, as we have hoped for and
demanded, and become and assert itself as the broadcaster of the
entire Canadian francophone community, a broadcaster that
takes an interest in what we do, in what we experience and in what
we think. And why not a broadcaster that enables us to dream, to
see ourselves, hear ourselves and even show ourselves and be
heard?
C’est pourquoi depuis plus de 20 ans, étude après étude,
rencontre après rencontre, comparution après comparution, nous
n’avons jamais cessé de croire en la possibilité de voir un jour la
Société Radio-Canada réaliser le virage tant souhaité et réclamé
pour qu’elle devienne et qu’elle s’affirme comme étant le diffuseur
de toute la Francophonie canadienne, un diffuseur qui
s’intéresserait à ce que nous faisons, à ce que nous vivons et à
ce que nous pensons. Et pourquoi pas un diffuseur qui nous
permettrait de rêver, de se voir, de s’entendre et même de se faire
voir et de se faire entendre?
Imagine producers and even artists and craftspeople from
Acadian or Franco-Manitoban television being nominated or
winning awards at the Gémeaux, the grand celebration of Frenchlanguage television. Would that not be an indication that a
change has occurred?
Imaginez qu’à la soirée des Gémeaux, la grande fête de la
télévision de langue française, des producteurs, voire même des
artistes et des artisans de la télévision de chez nous, acadiens ou
franco-manitobains, seraient en nomination ou gagneraient des
prix. Est-ce qu’il n’y aurait pas là une indication qu’un
changement s’est produit?
At the last Gémeaux ceremony, more than 100 productions
from Quebec were nominated, but none from Acadia. Should this
major celebration of French-language television not be, in a way,
Radio-Canada’s year-end report card on the progress it has
made? Thank you for listening.
Lors de la dernière cérémonie des Gémeaux, plus d’une
centaine de productions émanant du Québec ont été mises en
nomination, mais aucune ne provenait de chez nous. Cette grande
fête de la télévision de langue française ne devrait-elle pas être, en
quelque sorte, le bulletin de fin d’année de la Société RadioCanada qui confirmerait les progrès réalisés? Je vous remercie de
votre écoute.
The Chair: Thank you very much, sir. Ms. Lord now has the
floor.
La présidente : Merci beaucoup, monsieur. La parole est
maintenant à Mme Lord.
Marie-Linda Lord, former Research Chair in Acadian Studies,
University of Moncton, as an individual: Thank you very much,
Madam Chair. Honourable senators, I want to tell you how
pleased I am to be with you today. And I am here as a researcher
at the University of Moncton, as I am no longer Research Chair
in Acadian Studies, as I have since become vice-rector of the
university. Consequently, I am appearing before you as a
researcher.
Marie-Linda Lord, ancienne titulaire de la Chaire de recherche
en études acadiennes, Université de Moncton, à titre personnel :
Merci beaucoup, madame la présidente. Mesdames les sénatrices,
messieurs les sénateurs, je veux vous dire à quel point je suis
heureuse d’être devant vous aujourd’hui. Et je le suis à titre de
chercheure de l’Université de Moncton, n’étant plus la titulaire de
la Chaire de recherche en études acadiennes, étant devenue,
depuis, vice-rectrice de l’université. C’est donc bien à titre de
chercheure que je me présente devant vous aujourd’hui.
13:62
Official Languages
26-11-2012
Further to Mr. Légère’s remarks, today I will be presenting
you a brief overview of this Téléjournal study of which you are all
aware, a study that I conducted three and a half years ago, but
also of other studies that I have directed with students at the
University of Moncton on Radio-Canada radio which, as you
probably suspect, contain the same message. They all come to the
same conclusion, that Montreal dominates the radio and
television airwaves.
Pour faire suite aux propos de M. Légère, je vais vous
présenter aujourd’hui, un bref aperçu de cette étude que vous
connaissez tous sur Le Téléjournal, étude que j’avais effectuée il y
a trois ans et demi, mais aussi d’autres études que j’ai dirigées avec
des étudiants de l’Université de Moncton sur la radio de RadioCanada qui, vous vous en douterez bien, abonde dans le même
sens. On arrive toujours à la même conclusion soit la
montréalisation des ondes, que ce soit à la radio ou à la télévision.
The national mandate to which Mr. Légère referred is very
much disputed by Canadian francophones. They note that news
and reporting have been centralized and focused on Quebec, more
particularly Montreal, where the corporation’s head office is
located. The regions therefore often feel they have been
abandoned in favour of Quebec and even Montreal.
Le mandat national dont faisait état M. Légère est fortement
contesté par les francophones canadiens. On remarque une
centralisation de l’information des reportages sur le Québec et
plus particulièrement sur Montréal où est situé le siège social. Les
régions se sentent donc souvent délaissées au profit du Québec et
même de Montréal.
However, some demographic background is required here.
This is often the argument that Radio-Canada uses to defend
itself. We heard it again last week when Louis Lalande, VicePresident for French Services, appeared before the CRTC, that
83 per cent of the francophone population of Canada lives in
Quebec, including more than 34 per cent in Montreal, but it
should nevertheless be emphasized that Quebec represents only
23 per cent of the population of Canada.
Par contre, une mise en contexte s’impose sur le plan
démographique. C’est souvent l’argument qu’utilise RadioCanada pour se défendre. Nous l’avons encore entendu la
semaine dernière de la bouche du vice-président des services
français, Louis Lalande, devant le CRTC, à savoir que 83 p. 100
de la population francophone du pays est située au Québec, dont
plus de 34 p. 100 à Montréal, mais il faut quand même souligner
que le Québec ne compte que 23 p. 100 de la population
canadienne.
I would like to recall the remarks of Radio-Canada’s former
ombudsman, Julie Miville-Dechêne, when she was in that position
in March 2008. She admitted that the national news broadcast
was:
Je voudrais rappeler les propos de l’ancien ombudsman de
Radio-Canada, Julie Miville-Dechêne, alors en fonction en mars
2008, qui admettait que le téléjournal national était :
. . . a difficult issue for Radio-Canada, which is torn
between the demographic reality — the vast majority of
francophones, the target audience, are in Quebec — and its
national mandate.
[...] un enjeu difficile pour Radio-Canada, déchirée entre la
réalité démographique — les francophones, et donc le public
visé, sont en très grande majorité au Québec — et son
mandat national.
I would like to review the main points of the study I conducted,
which was entitled Un pays, deux téléjournaux nationaux: le
Québec en français — le Canada en Anglais, and asked the
question: where are the regions on Radio-Canada’s national
network?
J’aimerais revenir sur les grandes lignes de cette étude que
j’avais effectuée, qui s’intitulait Un pays, deux téléjournaux
nationaux : le Québec en français — le Canada en anglais et qui
posait la question quant à savoir où sont les régions au réseau
national de la Société Radio-Canada.
That comparative study provided a clear perspective on what a
national mandate could be and the extent to which Radio-Canada
was not carrying it out. If we look, for example, at the news from
the Atlantic provinces, there was three times as much news on the
CBC as on Radio-Canada during the same period in January and
February 2009. The CBC allocated 4 per cent of its total coverage
to the Atlantic provinces, whereas the figure was 1.4 per cent on
Radio-Canada. During the four weeks under study, CBC
journalists interviewed 41 people from the Atlantic provinces in
their segments, Radio-Canada journalists only 5.
On pouvait constater dans cette étude comparative, qui
donnait une bonne perspective qui permettait de prendre toute
la mesure de ce que pourrait être un mandat national et de
connaître à quel point ce mandat n’était pas respecté par la
Société Radio-Canada. Si on regardait, par exemple, les nouvelles
qui provenaient des provinces atlantiques, à CBC, elles étaient
trois fois plus élevées que Radio-Canada pendant la même
période, pendant le mois de janvier et février 2009. CBC avait
accordé 4 p. 100 de sa couverture totale aux provinces de
l’Atlantique alors que cette proportion n’était que de 1,4 p. 100
à la Société Radio-Canada. Durant ces quatre semaines d’étude,
les journalistes avaient fait appel dans leurs reportages, au cours
des entrevues, à 41 personnes des provinces Atlantique à la CBC
et cinq seulement à la SRC.
Now I would like to talk to you about the findings of another
study, and we are looking at three studies on radio here. This
gives you some statistics; we are going beyond perceptions. That
J’aimerais maintenant vous parler des résultats d’une autre
étude — et on entre dans trois études qui ont porté sur la radio.
Cela vous donne des statistiques et on va au-delà de la perception.
26-11-2012
Langues officielles
13:63
is what we get from these studies, which were conducted by a
student, David Richer, on the daily program Christiane Charette,
a magazine broadcast on Radio-Canada radio five mornings a
week. In the Maritimes, the program was broadcast between
10 a.m. and noon. Although it was broadcast across the country,
it was entirely focused on the province of Quebec, indeed even
Montreal.
C’est ce que ces études nous permettent d’obtenir. — effectuée par
un étudiant, David Richer, et elle portait sur l’émission
quotidienne Christiane Charette, un magazine diffusé cinq jours
par semaine en avant-midi à la radio de Radio-Canada. Dans les
Maritimes, cette émission était diffusée entre 10 heures et midi.
Même si elle était diffusée à travers le pays, elle était tout à fait
centrée sur la province de Québec voire même sur Montréal.
Among other things, the student, David Richer, looked at the
angle from which subjects were handled, as well as the provenance
of the guests. Every week, there was a round table on topics in the
news, and the commentators were none other than Nathalie
Petrowski, a columnist for La Presse in Montreal, and Josée
Legault, a columnist with The Gazette, both located in Montreal.
The student spoke by telephone with the program’s director, who
explained to him that, every day at the production meeting, the
five researchers and he, all of whom were from Quebec, raised
news items that were of interest to the researchers and would
capture the attention of the audience, which must be understood
as being the Montreal and Quebec audience, whereas the program
is Canadian.
L’étudiant, David Richer, s’était intéressé entre autres à l’angle
de traitement des sujets ainsi qu’à la provenance des invités.
Chaque semaine, il y avait un tour de table des sujets ayant
marqué l’actualité, et les commentatrices n’étaient autres que
Nathalie Petrowski, chroniqueuse pour le journal La Presse de
Montréal et Josée Legault, chroniqueuse au journal The Gazette,
tous deux situés à Montréal. L’étudiant avait discuté par
téléphone avec le réalisateur de l’émission qui lui avait expliqué
que chaque jour, lors de la réunion de production, les cinq
recherchistes et lui-même, tous d’origine québécoise, relevaient les
sujets de l’actualité qui intéressaient les recherchistes et
capteraient l’attention de l’auditoire, il faut comprendre ici
auditoire montréalais et québécois, alors que l’émission est
canadienne.
According to the statistics on the weeks during which the study
was conducted in the fall of 2009, almost all, that is to say
95 per cent, of those involved were Montrealers. I said
Montrealers, not Quebecers. Out of 151 speakers, 144 were
from Montreal, 7 from France and none from the rest of French
Canada.
Les statistiques quant aux semaines sur lesquelles cette étude a
eu lieu, à l’automne 2009, la presque totalité des intervenants était
à 95 p. 100 Montréalais. Je ne dis pas Québécois ici, je dis
Montréalais. Sur 151 intervenants, 144 étaient de Montréal, sept
de France et zéro de la Francophonie canadienne.
Another study conducted by student Julie Robichaud, again in
fall 2009, looked at the program that followed that of Christiane
Charette, Maisonneuve en direct, which was broadcast at noon in
the Maritimes. The program was divided into various segments,
the first of which featured correspondents from across the
country. It has to be acknowledged that those responsible for
the program wanted to make an effort to represent Canada on the
program, which was highly criticized when it was announced that
regional noon-time programs would be withdrawn and were to be
replaced by a national program. However, 15 minutes of program
time were devoted to the national segment and the correspondents
had an average 2 minutes and 24 seconds to talk about their
respective regions.
Une autre étude, menée par l’étudiante Julie Robichaud,
toujours à l’automne 2009, portait sur l’émission qui suivait celle
de Christiane Charette, Maisonneuve en direct, et qui était diffusée
à l’heure du midi dans les Maritimes. Cette émission comportait
différentes portions, dont la première où on entendait des
correspondants de partout à travers le pays. Il faut quand
même reconnaître que dans cette émission, fort critiquée
lorsqu’on a annoncé le retrait d’émissions régionales du midi
qui devaient être remplacées par une émission nationale, on a
voulu faire un effort pour essayer de représenter le Canada. Mais
faut-il savoir qu’on consacrait 15 minutes de l’émission à cette
portion nationale, et que les correspondants disposaient d’en
moyenne deux minutes 24 secondes pour parler de leur région
respective.
In the rest of the program, topics were discussed and then the
telephone lines were opened, because there was a telephone
phone-in section. On Maisonneuve en direct, many speakers were
asked to talk about news items, and, regardless of the topic, the
Canadian population always had an essentially Montreal take on
the subjects discussed, which was obviously not consistent with
Radio-Canada’s mandate, which is to represent all of Canada. We
did not have a chance to hear a variety of views during the
program.
Dans le reste de l’émission des sujets étaient développés avant
qu’on ouvre les lignes téléphoniques, parce qu’il y avait la section
tribune téléphonique. À Maisonneuve en direct, on faisait appel à
de nombreux intervenants pour parler des sujets d’actualité et peu
importait le sujet, la population canadienne avait toujours un
point de vue essentiellement montréalais des sujets traités, qui ne
respectait pas évidemment le mandat de Radio-Canada qui est de
représenter la globalité canadienne. Nous n’avions pas la chance
d’entendre des points de vue variés pendant cette émission.
Lastly, I will talk to you about the program Vous m’en lirez
tant, a literary magazine broadcast once a week on Sunday
afternoons, hosted by Lorraine Pintal. This study was conducted
by a student, Mélissa Boivin-Chouinard, in fall 2009, and, in this
Enfin, je vous parlerai de l’émission Vous m’en lirez tant,
magazine littéraire diffusé une fois la semaine le dimanche aprèsmidi, animé par Lorraine Pintal. L’étude a été menée à l’automne
2009 par l’étudiante Mélissa Boivin-Chouinard et dans ce cas-ci
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Official Languages
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case, that was quite relevant because the fall is the start of the
literary season. It is a very important and very busy time of year
for the publishing companies. You should know that books had
been launched in Ontario, Acadia and Quebec, in Quebec City
and Montreal, but, if you listen to the program, it was not exactly
the same literary landscape that appeared from week to week.
c’était bien pertinent parce que l’automne est la période de la
rentrée littéraire. C’est une période très importante et très chargée
pour les maisons d’édition. Il faut savoir que des livres avaient été
lancés en Ontario, en Acadie et aussi Québec, dans les villes de
Québec et de Montréal. Mais à écouter l’émission, ce n’est pas
tout à fait le même paysage littéraire qui se révélait de semaine en
semaine.
One point that should not be forgotten is that the program’s
host at the time, Lorraine Pintal, had been president of
Montreal’s Vitrine culturelle since 2003. Briefly, the main
purpose of that organization is to promote Greater Montreal
and its emphasis is to increase the profile of all the activity sectors
that provide the culture on offer in Greater Montreal and to
increase traffic at the cultural and artistic venues there. That
person was the head of a national program.
Un détail à ne pas négliger est que l’animatrice de l’émission
d’alors, Lorraine Pintal, était la présidente, depuis 2003, de la
Vitrine culturelle de Montréal. Pour résumer, cet organisme a
pour but principal de promouvoir le grand Montréal et insiste
pour augmenter la visibilité de tous les secteurs d’activités
composant l’offre culturelle du grand Montréal ainsi que de
contribuer à l’achalandage des lieux culturels et artistiques de cet
endroit. Cette personne était à la tête d’une émission nationale.
‘‘Montrealization’’ was very much in evidence on the program,
and it can even be said that there was a Montreal bubble on their
radio airwaves. Once again, to give you some statistics, Quebec
was the focus of 55 per cent of the program’s interviews, features,
stories, round tables and book news, but, within that figure,
43 per cent concerned Montreal. Consequently, 12 per cent was
left for the province of Quebec, mainly Quebec City. Acadia
represented 3 per cent, Ontario 1 per cent and Paris 23 per cent.
That may be of interest to the Canadian francophone community,
since Montreal is a francophone literary capital. We do not want
to deny that, except that some Acadian authors have published
books and, as you know, a francophone Acadian author recently
won the Governor General’s award because, this year, prizes were
awarded for books launched during the fall, and there was no
mention of Vous m’en lirez tant on the program.
La montréalisation était bien présente dans cette émission et
même on peut parler d’une bulle montréalaise sur les ondes de la
radio. Dans cette émission, pour vous donner encore une fois des
statistiques, le Québec occupait 55 p. 100 des entrevues,
chroniques, reportages, tables rondes et actualités du livre, mais
à l’intérieur de cela, 43 p. 100 était de Montréal. Donc 12 p. 100
était laissé au reste de la province de Québec, dont principalement
la ville de Québec. L’Acadie a eu 3 p. 100, l’Ontario, 1 p. 100,
Paris 23 p. 100. Puisque c’est une capitale littéraire francophone,
oui, cela peut intéresser la Francophonie canadienne. On ne veut
pas nier cela, sauf qu’il y a des auteurs acadiens qui ont publié des
livres et, comme vous le savez, tout récemment, il y a l’auteure
acadienne francophone qui vient de remporter le prix de la
Gouverneur générale, car cette année, il y avait eu des prix pour
les livres lancés durant l’automne et dont il n’a pas été question à
l’émission de Vous m’en lirez tant.
Consequently, all this paints a very sad picture of the Canadian
francophone community, which is conspicuous by its absence.
Other studies were conducted as well, including that of Julien
Chabot-Paquet, who analyzed the RSS news feeds during the
H1N1 flu epidemic.
Donc, tout cela est un panorama bien triste de la Francophonie
canadienne qui brille par son absence. On a fait d’autres études
aussi, dont celle de Julien Chabot-Paquet, qui a analysé les fils de
nouvelles RSS lors de l’épidémie de la grippe H1N1.
And there were not exactly the same number of news items
concerning the H1N1 flu in the Montreal news feed and Acadian
news feed, but there were no items in the national RRS feed about
H1N1 in Acadia. There were only items about Montreal in the
national feed. That is my conclusion.
Et dans le fil qui passait pour les nouvelles de Montréal et le fil
pour les nouvelles de l’Acadie, on avait eu exactement le même
nombre de nouvelles au sujet de la grippe H1N1, mais lorsque
venait le temps de passer dans le fil national RSS, on n’a pas eu de
grippe H1N1 en Acadie. Il n’y en a eu qu’à Montréal dans le fil
national. Voilà ma conclusion.
Carmen Gibbs, Executive Director, Association acadienne des
artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick: Good evening,
Madam Chair and honourable senators. The Association
acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick
would like to thank the Senate committee for this opportunity
to address you on behalf of Acadian artists.
Carmen Gibbs, directrice générale, Association acadienne des
artistes professionnels.les du Nouveau-Brunswick : Bonjour,
madame la présidente, honorables sénateurs. L’Association
acadienne des artistes professionnels du Nouveau-Brunswick
tient à remercier le comité sénatorial de nous donner l’occasion
de vous adresser la parole, au nom des artistes de l’Acadie.
The Association acadienne des artistes professionnels du
Nouveau-Brunswick is an arts services organization representing
more than 250 professional artists active mainly in New
Brunswick, but also in Nova Scotia, Prince Edward Island,
L’Association acadienne des artistes professionnels du
Nouveau-Brunswick est un organisme de services aux arts qui
regroupe plus de 250 artistes professionnels actifs principalement
au Nouveau-Brunswick, mais aussi en Nouvelle-Écosse,
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Langues officielles
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Newfoundland and Labrador and Quebec. Its mission is to
promote and defend artists’ rights and interests and to gain
recognition for their contributions to the development of society.
à l’Ile-du-Prince-Edouard, à Terre-Neuve-et-Labrador et au
Québec. Elle a pour mission de promouvoir et défendre les
droits et les intérêts des artistes et de faire reconnaître leur
contribution au développement de la société.
Artists play numerous roles as storytellers, shapers of reality,
pathfinders and watchdogs in the service of French Canadian
communities and of all Canadians.
Comme vous le savez, le rôle des artistes est multiple :
raconteurs d’histoire, façonneurs de réalité, éclaireurs et
veilleurs au service des communautés franco-canadiennes, mais
aussi de tous les Canadiens et Canadiennes.
Jean-Pierre Caissie, Head of Communications, Association
acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick:
Radio-Canada is an essential player in the Canadian media
landscape and must be granted adequate government funding to
carry out all components of its complex mandate.
Jean-Pierre Caissie, responsable des communications,
Association acadienne des artistes professionnels.les du NouveauBrunswick : La Société Radio-Canada est un joueur
incontournable dans le paysage médiatique canadien et elle doit
recevoir un financement gouvernemental adéquat qui lui permet
de répondre à toutes les composantes de son mandat complexe.
As the public broadcaster, the corporation fosters the
emergence of a distinct Canadian cultural expression and assists
in extending its outreach around the world. It also facilitates
cultural dialogue across the country and better knowledge among
Canadians and contributes to the development of Canadian unity.
En tant que radiodiffuseur public, la société favorise
l’émergence d’une expression culturelle canadienne distincte et
participe à son rayonnement dans le monde entier. Puis elle
facilite un dialogue culturel d’un océan à l’autre, une meilleure
connaissance entre Canadiens et Canadiennes et contribue à
développer une unité canadienne.
Canada needs a public broadcaster. As a result of its mandate,
only Radio-Canada can establish itself in all regions of the
country in both official languages. CBC/Radio-Canada is the
only truly national Canadian media concern capable of reflecting
all the diverse components of the Canadian mosaic.
Le Canada a besoin d’un radiodiffuseur public. À cause de son
mandat, seule Radio-Canada peut être présente dans toutes les
régions du pays, et ce, dans les deux langues officielles. La SRC
est le seul média canadien véritablement national capable de
refléter toutes les composantes de la mosaïque canadienne dans sa
pleine diversité.
Ms. Gibbs: Radio-Canada is the first source of information,
production, co-production and broadcast of audiovisual content
in Acadia.
Mme Gibbs : Radio-Canada constitue la première source
d’information, mais aussi de production, de coproduction et de
diffusion de contenu audiovisuel en Acadie.
News, documentaries, dramatic, variety and children’s
programs, as well as events broadcast across all the public
broadcaster’s platforms constitute an essential mirror of our
society and represent a window on other Canadian communities
and provinces. This window displays our identity, our artists and
the images we project to others and at the same time brings back
images from elsewhere.
Les nouvelles, les documentaires, les émissions dramatiques de
variété et pour l’enfance ainsi que les événements diffusés sur
toutes les plateformes du diffuseur public constituent un miroir
essentiel de notre société et représentent également une fenêtre
vers les autres communautés et provinces canadiennes. Cette
vitrine témoigne de notre identité, de nos artistes, de nos images
chez les autres et en même temps nous ramène les images
d’ailleurs.
As provided by the Broadcasting Act, Radio-Canada’s
mandate is to reflect Canada and its regions to national and
regional audiences, while serving the special needs of those
regions.
Comme la Loi sur la radiodiffusion le stipule, Radio-Canada a
pour mandat de proposer une programmation qui doit refléter la
globalité canadienne et rendre compte de la diversité régionale du
pays tant au plan national qu’au niveau régional, tout en
répondant aux besoins particuliers des régions.
In faultless compliance with its mandate, Radio-Canada has
proposed to introduce multidirectional communication among
Canadian communities, including the official language minority
communities. Based on our observations, it still has not done so.
The regions, including Acadia, are still not adequately represented
on the national network.
Avec un respect sans faille de son mandat, Radio-Canada
proposerait une communication à multiple sens entre les
communautés canadiennes, dont celles qui sont en situation
linguistique minoritaire. Selon nos observations, ce n’est pas
toujours le cas. Les régions, dont l’Acadie, ne font toujours pas
leur poids au sein du réseau national.
Over the years, Acadia has extended its outreach and expressed
itself through its artists. From the Acadian musical group 1755 to
Angèle Arsenault or, more recently, France Daigle, Lisa LeBlanc
and Radio Radio, many Acadian artists have received support
Au fil des ans, l’Acadie rayonne et se manifeste par l’entremise
de ses artistes. Du groupe musical acadien 1755, Angèle Arsenault
ou, plus récemment, France Daigle, Lisa LeBlanc et Radio Radio,
nombreux sont les artistes acadiens qui ont reçu, à une étape ou
13:66
Official Languages
26-11-2012
from Radio-Canada at one stage or another in their professional
careers. In spite of that, our artists, some of whom are
nevertheless very successful elsewhere in the world, are still
given little coverage on the national network on the pretext that,
and I quote, ‘‘Acadian artists are not well enough known in
Quebec,’’ the assumption being that Quebec audiences do not
listen to or watch them. That is precisely the case of Soirée des
Éloizes, which is produced by our association and broadcast by
Radio-Canada only in the Atlantic provinces.
une autre, un appui de Radio-Canada dans leur démarche
professionnelle. Malgré tout, nos artistes, dont certains
réussissent pourtant très bien ailleurs dans le monde, se
retrouvent encore très rarement au réseau national sous prétexte
que, et je cite, « les artistes acadiens ne sont pas assez connus au
Québec », présumant par là que les auditeurs québécois ne les
écouteront ou ne les regarderont pas. C’est précisément le cas de
la Soirée des Éloizes produite par notre association et diffusée par
Radio-Canada seulement dans les provinces Atlantique.
The galas produced in Quebec, whether those of ADISQ or the
Gémeaux, are broadcast on the national network every year.
Les galas produits au Québec sont diffusés chaque année sur le
réseau national, que ce soit celui de l’ADISQ ou des Gémeaux.
Mr. Caissie: The AAAPNB’s view is that there is room for
improvement to ensure that the concerns, artistic talents and
cultural issues of the Acadian communities are given a higher
profile and reflected on the Radio-Canada national network. Far
too much specifically Montreal-based content is still broadcast on
the various platforms that Radio-Canada operates.
M. Caissie : L’AAAPNB est d’avis qu’il y a place à
amélioration pour faire en sorte que les préoccupations, les
talents artistiques et les enjeux culturels des communautés
acadiennes soient davantage présentés et pris en compte au
réseau national de la SRC. Il y a encore beaucoup trop de
contenus spécifiquement montréalais qui sont diffusés sur les
diverses plateformes qu’anime la SRC.
It is very important that television viewers who choose to
watch the news see themselves reflected to the same degree on the
network as they are on the local stations. It is fundamentally
important for the news to travel in both directions, from the
network to the local stations and vice versa. The idea of reflecting
all the communities in the network’s programs is fundamentally
important for the survival of French Canadian communities at
the local and national levels. We have not yet achieved that level
of representation, and Acadia and the broader French Canadian
community do not yet enjoy the desired level of access to arts and
culture on the national public broadcaster’s airwaves.
Il est, en effet, très important que le téléspectateur qui choisit
de regarder les nouvelles se reconnaisse autant au réseau que dans
les stations locales. Il est primordial que les nouvelles voyagent
dans les deux sens, soit du réseau vers les stations locales et des
stations locales vers le réseau. La notion du reflet de toutes les
communautés dans les émissions du réseau est primordiale pour la
survie des communautés franco-canadiennes, et ce, tant au niveau
local qu’au niveau national. Nous n’avons pas encore atteint ce
niveau de représentativité, et l’Acadie ainsi que la Francophonie
canadienne ne bénéficient pas encore du niveau d’accès aux arts et
à la culture souhaité sur les ondes du diffuseur public national.
Ms. Gibbs: We could also emphasize that the time difference
does not always appear to be taken into consideration when we
see, for example, that Le Téléjournal Acadie starts at 11 p.m. at
home and ends at 12:30 a.m. An hour later in the Maritimes?
Perhaps, but there are limits. Need we remind you that we also go
to work the next morning?
Mme Gibbs : Nous pourrions aussi souligner que la différence
de fuseau horaire semble ne pas toujours être prise en compte,
lorsqu’on constate notamment que le Téléjournal Acadie débute
chez nous à 23 heures pour se terminer à 00h30. Une heure plus
tard dans les Maritimes? Peut être, mais il y a des limites. Devonsnous vous rappeler que nous aussi nous travaillons le lendemain
matin.
Considerable progress remains to be made in reflecting all of
Canada and considering regional diversity.
Il reste beaucoup de progrès à faire au niveau du reflet de la
globalité canadienne et en ce qui a trait à rendre compte de la
diversité régionale.
The Acadian, Franco-Manitoban and Saguenay communities
have a great deal in common, more than they know. However, the
desking and selection of television news on the national network
is done by the Montreal station which decides whether or not to
redirect news and programs.
Les communautés acadienne, franco-manitobaine et
saguenéenne ont énormément en commun, davantage qu’elles
ne le croient, cependant, le pupitrage et la sélection des nouvelles à
la télévision au réseau national se font par la station de Montréal
qui décide ou pas de rediriger les nouvelles et les émissions.
Mr. Caissie: The public broadcaster should not be subject to
the same rating constraints as the private sector. It should
therefore make a more active attempt, for example, to reflect the
situation and specific needs of the French Canadian and Acadian
communities on the national network in prime time. That is why
we are not in favour of Radio-Canada’s current application to
broadcast advertising on Espace Musique and Radio 2.
M. Caissie : Le radiodiffuseur public ne devrait pas avoir les
mêmes contraintes de cote d’écoute que le secteur privé. En ce
sens, il devrait donc s’acquitter, entre autres, plus activement à
refléter la situation et les besoins particuliers des communautés
franco-canadienne et acadienne sur le réseau national aux heures
de grande écoute. C’est pourquoi nous ne sommes pas en faveur
de la présente demande de Radio-Canada de diffuser de la
publicité à Espace Musique et Radio 2.
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Langues officielles
13:67
Radio-Canada should not be in a situation in which advertising
has an even greater influence in dictating its choice of programs
and stakeholders to the detriment, of course, of the regions and
official language minority communities.
Radio-Canada ne devrait pas se retrouver dans une situation
où la publicité dicte encore davantage le choix de ses émissions et
de ses intervenants au détriment bien sûr des régions et des
minorités linguistiques vivant en situation minoritaire.
Ms. Gibbs: The Radio-Canada Acadie station is an essential
partner in the artistic life of the Acadian community in the
Atlantic provinces. That goes without saying. However, Acadia’s
place within the national network raises concerns for us, concerns
that we are raising here.
Mme Gibbs : La station Acadie de Radio-Canada est un
partenaire incontournable dans la vie artistique de la
communauté acadienne des provinces de l’Atlantique, cela va
sans dire. Cependant, la place de l’Acadie au sein du réseau
national soulève chez nous des préoccupations, préoccupations
que nous soulevons ici.
Radio-Canada’s administration appears to view the network
more as a central pillar that broadcasts to the regions. However,
based on the example of the Internet, we can now view the
network in a different way. The interconnection among poles,
regions, transmitters and stations and the information and
content produced should flow more among the regions without
having to pass through a centre that determines the importance of
the information and switches content. We firmly believe that to
improve the way our artists and culture are reflected on the
national network, there must be greater decision-making
authority in the regions. Canada extends beyond the boundaries
of Montreal. When you watch or listen to Radio-Canada, it is
clear that the public broadcaster should contribute to a sharing of
national consciousness and identity.
L’administration de Radio-Canada semble concevoir le réseau
davantage comme un pilier central qui émet vers les régions.
L’exemple d’Internet nous permet dorénavant de concevoir le
réseau autrement. L’interconnexion entre des pôles, des régions,
des émetteurs et des stations, l’information et le contenu produit
devraient se promener davantage entre les régions sans devoir
transiter par le centre qui juge de l’importance de l’information et
aiguille le contenu. Nous croyons fermement que l’amélioration
du reflet de nos artistes et de notre culture au réseau national
passe par une plus grande capacité de prise de décision dans les
régions. Le Canada s’étend au-delà des frontières de Montréal. En
écoutant Radio-Canada, il est clair que le diffuseur public devrait
contribuer au partage d’une conscience et d’une identité
nationale.
Mr. Caissie: Of course, to be able to broadcast regional
content on the national network, you have to have access to
regional content. In a short period of time, the Local
Programming Improvement Fund succeeded in breathing new
life into local production of programs, documentaries, dramatic
series and news that reflected who we are. Unfortunately, we are
convinced that the gradual elimination of that fund, while the
corporation absorbs a 10 per cent budget cut, would reduce the
outreach of our regions, particularly of the official language
minority communities on our public broadcaster’s airwaves.
M. Caissie : Bien sûr, pour pouvoir diffuser du contenu
régional à l’antenne nationale, il faut avoir accès à du contenu
régional. Le Fonds pour l’amélioration de la programmation
locale a réussi en peu de temps à redonner un souffle nouveau à la
production locale d’émissions, de documentaires, de séries
dramatiques et de nouvelles qui reflètent qui nous nous
sommes. Malheureusement, nous sommes persuadés que
l’élimination progressive de ce fonds, parallèlement à
l’absorption d’une réduction de budget de l’ordre de 10 p. cent,
couperait le rayonnement de nos régions, notamment des
communautés de langue officielle en situation minoritaire, sur
les ondes de notre diffuseur public.
The LPIF must be replaced, under either that name or another.
That fund, which represented only $2 million a year for the
Radio-Canada Acadie station, had such a quick and significant
impact on production in Acadia. Its elimination will undermine
local production in the region.
Le remplacement du FAPL est une nécessité, qu’on le nomme
ainsi ou autrement. Ce fonds, qui représentait pour la station
Acadie de Radio-Canada un petit deux millions de dollars par
année, a pu avoir si rapidement un impact significatif sur la
production en Acadie. Sa disparition fragilisera la place de la
production locale en Acadie.
Ms. Gibbs: Ultimately, we believe that the public broadcaster is
an essential player on the Canadian media scene, particularly for
Acadia. We believe that Radio-Canada contributes to the
development and outreach of francophone arts and culture and
could do it better in future. We hope that Radio-Canada has
sufficient resources in future to serve as a true cultural beacon for
all Canadians across the country.
Mme Gibbs : Finalement, nous croyons que le radiodiffuseur
public est un joueur indispensable dans l’espace médiatique
canadien, notamment pour l’Acadie. Nous croyons que la SRC
contribue au développement et au rayonnement des arts et de la
culture de la Francophonie et pourrait le faire mieux à l’avenir.
Nous souhaitons qu’à l’avenir, la Société Radio-Canada dispose
de moyens suffisants pour servir de véritable phare culturel
partout au pays pour tous les Canadiens.
In closing, we demand that Radio-Canada further decentralize
decision-making and control over national network air time.
En terminant, nous exigeons de Radio-Canada une plus grande
décentralisation de la prise de décision et du contrôle du temps
d’antenne national.
13:68
Official Languages
26-11-2012
We also hope that the spirit of the Official Languages Act and
of the Broadcasting Act will be respected in order to foster the
development of the arts, culture, the Canadian and Acadian
Francophonie and the vitality of our communities across Canada.
We also recommend that the government set aside at least one
seat on the corporation’s board of directors for a representative of
the Canadian francophone community.
De plus, nous souhaitons que l’esprit de la Loi sur les langues
officielles et de la Loi sur la radiodiffusion soit respecté pour
favoriser l’essor des arts, de la culture, de la Francophonie
canadienne et acadienne, et la vitalité de nos communautés
partout au Canada. Nous recommandons également que le
gouvernement réserve au moins un siège à un représentant de la
Francophonie canadienne au conseil d’administration de la
société.
Radio-Canada is an essential institution for the Acadian
artistic and cultural community. It makes it possible to broadcast
high-quality information to the public, to every citizen; it
stimulates thought and discussion and contributes to the
expansion of francophone communities by making the broader
community aware of the importance of the arts in Acadia and
elsewhere in the country.
Radio-Canada est une institution incontournable pour le
milieu artistique et culturel acadien. Elle permet de transmettre
à la population, à chaque citoyen, des informations de qualité; elle
suscite des réflexions et des discussions, et contribue à
l’élargissement des espaces francophones en sensibilisant la
communauté à l’importance des arts Acadie et ailleurs au pays.
Radio-Canada is an agent of the collective identity. It acts as a
genuine cultural transmitter and fuels the sense of living together
that characterizes Canadian society.
La Société Radio-Canada est un agent de l’identité collective,
elle agit comme un véritable passeur culturel et alimente le vivreensemble qui caractérise la société canadienne.
We would like the Standing Senate Committee on Official
Languages to provide its support in helping Radio-Canada carry
out its mandate toward the official language minority
communities. Thank you for your attention.
Pour aider Radio-Canada à remplir son mandat à l’égard des
communautés de langues officielles en situation minoritaire, nous
souhaitons l’appui du Comité sénatorial permanent des langues
officielles. Merci de votre attention.
Pascal Raiche-Nogue, Acting President, Association acadienne
des journalistes (by videoconference): Madam Chair, honourable
senators, thank you for having us here today. I am here in my
capacity as Acting President of the Association acadienne des
journalistes, also known as the AAJ.
Pascal Raiche-Nogue, président par intérim, Association
acadienne des journalistes (par vidéoconférence) : Madame la
présidente, honorables sénateurs, merci de nous accueillir
aujourd’hui. Je suis ici à titre de président par intérim de
l’Association acadienne des journalistes, aussi connue sous le nom
de l’AAJ.
Before turning to the matter at hand, I would briefly like to
introduce the organization I represent. The Association acadienne
des journalistes is a professional association of journalists
working in the francophone media in the Atlantic provinces.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me permets de présenter
rapidement l’organisation que je représente. L’Association
acadienne des journalistes est une association professionnelle
qui regroupe les journalistes œuvrant dans les médias
francophones des provinces de l’Atlantique.
AAJ has agreed to testify today because Radio-Canada plays a
front-line role in French-language news in the Atlantic provinces.
Si l’AAJ a accepté de témoigner aujourd’hui, c’est parce que la
Société Radio-Canada joue un rôle de premier plan pour
l’information en français dans les provinces de l’Atlantique.
The public broadcaster is the only source of regional television
news in French in many regions of eastern Canada. In some
regions, it is also the only source of radio news in French.
Dans plusieurs régions de l’Est du pays, le diffuseur public est
la seule source de nouvelles régionales en français à la télévision.
Dans certaines régions, c’est aussi la seule source de nouvelles
radiophoniques en français.
We repeat, quality French-language news in the Atlantic
provinces depends to a very large degree on Radio-Canada’s
contribution.
Nous tenons à le répéter, l’information de qualité en français
dans les provinces de l’Atlantique dépend très largement de
l’apport de Radio-Canada.
As we want to take maximum advantage of the time you are
allotting us today, we will simply give you our opinion on the
issues that concern us most. The organization representatives
sitting beside us in Ottawa here today are concerned about
identity and cultural issues. We will be talking about the issue that
concerns us, news quality.
Comme nous voulons profiter au maximum du temps que vous
nous accordez aujourd’hui, nous nous contenterons de vous
donner notre avis sur les questions qui nous touchent de près. Les
représentants des organismes qui sont à nos côtés aujourd’hui, à
Ottawa, ont à cœur les enjeux identitaires et culturels. De notre
côté, nous parlerons de l’élément qui nous concerne, c’est-à-dire la
qualité de l’information.
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Langues officielles
13:69
Canada’s Broadcasting Act provides that CBC/Radio-Canada
shall, and I quote:
La Loi sur la radiodiffusion du Canada stipule que la SRC
doit, je cite :
. . . reflect Canada and its regions to national and regional
audiences, while serving the special needs of those regions.
[...] refléter la globalité canadienne et rendre compte de la
diversité régionale du pays, tant au plan national qu’au
niveau régional, tout en répondant aux besoins particuliers
des régions.
However, in our view, the public broadcaster does not entirely
meet that obligation.
Or, selon nous, le diffuseur public ne respecte pas entièrement
cette obligation.
We could discuss the work done by journalists at the regional
Radio-Canada station in the Atlantic provinces, Radio-Canada
Acadie, but we believe it is more urgently necessary to focus on
the news that is presented on radio and television news broadcasts
and national programs.
Nous pourrions aborder le travail effectué par les journalistes
de la station régionale de la SRC dans les provinces de
l’Atlantique, Radio-Canada Acadie, mais nous estimons qu’il
est plus pressant de se pencher sur l’information diffusée à la
radio et à la télévision dans le cadre des bulletins et des émissions
nationales.
Our comments will therefore focus on the news broadcasts,
public affairs programs and general-interest and specialty
programs that are broadcast on Première chaîne, Radio-Canada
television and RDI, the Réseau de l’information.
Nos commentaires touchent donc les bulletins d’information,
les émissions d’affaires publiques, les émissions généralistes et
spécialisées qui sont diffusées à la fois à première chaîne, à la
télévision de Radio-Canada, et au réseau de l’information, le
RDI.
Some very specific studies have clearly shown, as Marie-Linda
Lord explained to you, that marginal attention is given to the rest
of the country outside Quebec in late evening television news
broadcasts. However, we believe the problem is much bigger than
that.
Des études très ciblées ont clairement démontré, comme nous
l’a expliqué Marie-Linda Lord, que l’extérieur du Québec occupe
une place marginale dans les bulletins de nouvelles télévisés de fin
de soirée. Mais selon nous le problème est beaucoup plus large.
The position given to Quebec on news broadcasts and
programs is overwhelming. Quebec news is unfailingly presented
at the start of the broadcast and analyzed in depth on public
affairs programs. This leaves little room for news from elsewhere
in the country.
La place accordée au Québec est écrasant, à la fois dans les
bulletins de nouvelles et dans les émissions d’information. Les
nouvelles québécoises sont immanquablement présentées en début
de bulletin et sont analysées en profondeur dans les émissions
d’affaires publiques. Cela laisse peu de places aux nouvelles
d’ailleurs au pays.
When the attention turns to what is going on in the Atlantic
provinces, it is often done so on the fly or to add a somewhat
exotic or picturesque note to the broadcast. For example, when
the news of the day from the Atlantic region on the Réseau de
l’information is the discovery of a stranded turtle, one may well
wonder whether there was anything more newsworthy outside
Quebec that day.
Lorsqu’on parle de ce qui se passe dans les provinces de
l’Atlantique, c’est aussi, souvent, à la sauvette ou pour ajouter un
peu d’exotisme ou de pittoresque sur les ondes. Par exemple,
lorsque la nouvelle du jour en provenance de l’Atlantique au
Réseau de l’information est la découverte d’une tortue échouée,
on peut se demander s’il n’y avait pas de nouvelles plus
pertinentes de l’extérieur du Québec ce jour-là.
The absence of news from elsewhere in the country, from
Ontario, the Prairies, British Columbia or the territories, is also
felt in the Atlantic provinces.
L’absence de nouvelles provenant d’ailleurs au pays, de
l’Ontario, des Prairies, de la Colombie-Britannique et des
territoires, se fait aussi sentir dans les provinces de l’Atlantique.
High-quality information is ultimately diversified information.
That is one of the criteria of information quality. This imbalance
does no service to Quebecers either because, if Radio-Canada
does not give Quebecers news from outside their province, one
wonders how they can understand Canada as a whole.
De l’information de qualité, dans le fond, c’est de l’information
diversifiée. C’est un des critères de la qualité de l’information
parmi tant d’autres. Ce déséquilibre ne sert pas non plus les
Québécois, parce que si la SRC ne leur parle pas des nouvelles de
l’extérieur de leur province, on peut se demander comment ils
peuvent comprendre la globalité canadienne.
The treatment of national news on Radio-Canada’s national
network is also a problem. For example, when figures are
published by an organization such as Statistics Canada,
Montreal-based hosts and journalists frame the news to interest
Le traitement des nouvelles nationales pose également
problème sur les ondes de Radio-Canada à l’échelle nationale.
Par exemple, lorsque des données sont publiées par un organisme
comme Statistique Canada, les animateurs et les journalistes basés
13:70
Official Languages
26-11-2012
a Quebec audience. National news is often presented to that
audience in a way that explains its specific characteristics, issues
and consequences for Quebec.
à Montréal cadrent la nouvelle afin qu’elle intéresse un auditoire
québécois. Les nouvelles d’intérêt national sont souvent
présentées pour cet auditoire. On y explique les enjeux, les
conséquences et les particularités pour le Québec.
In so doing, they manage to take interesting national news and
make it uninteresting to the listeners and viewers of the 12 other
provinces and territories outside Quebec. As a result, many
francophones turn to other media. This is troubling because the
alternative, more often than not, is anglophone, especially in the
Atlantic provinces.
En agissant ainsi, ils réussissent, à partir d’une nouvelle
nationale de nature intéressante, à la rendre inintéressante pour
les auditeurs et les téléspectateurs des 12 autres provinces et
territoires de l’extérieur du Québec. Tout cela fait en sorte que
plusieurs francophones se tournent vers d’autres médias. C’est
inquiétant parce que l’alternative est, plus souvent qu’autrement,
anglophone, surtout dans les provinces de l’Atlantique,
As other speakers have said, these are not recent criticisms. We
have been repeating them for years and the studies confirm them.
Measures must be taken to rectify the situation. Good intentions
are not enough.
Ces critiques, comme d’autres intervenants l’ont dit, ne datent
pas d’hier. Cela fait des années qu’on les répète et que des études
les confirment. Pour corriger le tir, des mesures doivent être
adoptées. Les bonnes intentions ne suffisent pas.
In our opinion, Radio-Canada could do a better job of meeting
its obligations by decentralizing news production. No Frenchlanguage national news or public affairs program is produced by
Radio-Canada Acadie for either radio or television.
D’après nous, Radio-Canada pourrait mieux respecter ses
obligations en décentralisant la production d’information.
Aucune émission nationale d’information ou d’affaires
publiques en français n’est produite par Radio-Canada Acadie,
que ce soit à la radio ou à la télévision.
Gaining a clear understanding of a community’s reality is not a
complicated proposition. You have to go there; you have to be
there and live there. It would be unrealistic to ask Montreal
journalists, researchers and directors to understand what news
affects people in Acadia. That is why Radio-Canada must create
more national positions in the Atlantic provinces and decentralize
production of those programs.
Pour bien comprendre la réalité d’une communauté, ce n’est
pas compliqué, il faut s’y trouver; il faut y être et y vivre. Il serait
irréaliste de demander à des journalistes, à des recherchistes et à
des réalisateurs de Montréal de comprendre quelles nouvelles
touchent les gens de chez nous. C’est pourquoi Radio-Canada
doit créer davantage de postes nationaux dans les provinces de
l’Atlantique et décentraliser la production de ses émissions.
We also believe that Radio-Canada Acadie, the network’s
regional station in Acadia, should be more prominent in the
Atlantic provinces. It broadcasts no programs nationally and
produces very few locally. Consequently, Radio-Canada would be
complying with its mandate to a greater degree if it reduced the
number of hours of national production in favour of regional
content.
Nous croyons aussi que l’antenne régionale de la SRC chez
nous, Radio-Canada Acadie, devrait prendre plus de place dans
les provinces de l’Atlantique. En effet, non seulement il n’y a pas
d’émission diffusées à l’échelle nationale, mais il y a très peu
d’émissions qui sont produites localement. Donc, en réduisant le
nombre d’heures de production nationale au profit du contenu
régional, la Société Radio-Canada respecterait mieux son mandat.
We can dream up all kinds of ways to improve the quality of
information provided by Radio-Canada, but ultimately those
ideas will not go far without adequate public funding. RadioCanada, the public broadcaster, needs stable, adequate funding to
meet its obligations under the Broadcasting Act and the Official
Languages Act.
On peut rêver à toutes sortes de moyens de faire progresser la
qualité de l’information offerte par la Société Radio-Canada
mais, en conclusion, ces idées n’iront pas loin sans un financement
public adéquat. Afin de respecter ses obligations en vertu de la
Loi sur la radiodiffusion et de la Loi sur les langues officielles, le
diffuseur public, la SRC, a besoin d’un financement stable et
suffisant.
We can assure you that the cutbacks in recent years are being
felt in Acadia, and they are unacceptable. This trend must be
reversed so that Radio-Canada can provide Canadians with the
services to which they are entitled. Thank you for taking the time
to listen to us today.
Les compressions des dernières années se font sentir chez nous,
nous pouvons vous l’assurer, et sont inacceptables. Cette tendance
doit être inversée afin que la SRC puisse offrir aux Canadiens et
aux Canadiennes les services auxquels ils ont droit. Merci d’avoir
pris le temps de nous écouter aujourd’hui.
Senator Fortin-Duplessis: First of all, I want to tell you that I
listened carefully to the briefs you presented, and this is really
very moving. And it is not because I come from Quebec that I do
not realize it. I am not completely blind; I realize how RadioCanada acts toward all francophone minority communities across
Le sénateur Fortin-Duplessis : En tout premier lieu, je tiens à
vous dire que j’ai écouté avec attention la présentation de vos
mémoires, et c’est vraiment très touchant. Et ce n’est pas parce
que je viens du Québec que je ne me rends pas compte; je ne suis
pas complètement aveugle, je me rends compte de la façon dont
26-11-2012
Langues officielles
13:71
the country. Sometimes we realize that the English network has
covered a very important event that never made it onto the
French network.
Radio-Canada agit envers toutes les communautés francophones
en milieu minoritaire dans le pays tout entier. On s’aperçoit
parfois, sur le réseau anglais, qu’il a été question d’un événement
très important qui n’a jamais été mentionné sur le réseau français.
I am going to ask you a question that I also put to the
organizations we had representing Ontario’s francophone
communities here last week. I would like to get your reactions
on this topic as well.
Je vais vous poser une question que j’ai également posée aux
organismes que nous avons accueillis la semaine dernière et qui
représentaient les communautés francophones de l’Ontario. Je
souhaiterais avoir vos réactions également à ce sujet.
Can you tell us about the mechanisms that Radio-Canada is
currently using to consult the francophone minority communities
and about their rate of participation in those mechanisms?
Pouvez-vous nous parler des mécanismes actuels de
consultation utilisés par la Société Radio-Canada pour les
communautés francophones en situation minoritaire, ainsi que
leur taux de participation?
Mr. Légère: Perhaps I can start with a brief answer. We at the
Société nationale de l’Acadie have periodic meetings with general
management. Wishes have been expressed that these meetings be
regular, but finding the appropriate time for that is a challenge. I
believe those meetings have become necessary and even essential
in the present circumstances.
M. Légère : Je peux peut-être commencer avec un début de
réponse. À la Société nationale de l’Acadie, nous avons, de
manière sporadique, des rencontres avec la direction générale. Il y
a des souhaits exprimés que ces rencontres soient régulières. Mais
trouver le moment opportun pour que cela se fasse est un défi.
Dans le contexte actuel, je crois que ces rencontres sont devenues
essentielles et nécessaires.
The intention is to enable the station manager to listen to the
topics for discussion that the community makes public. Those
topics are also being raised within our organization. So I will be
speaking more for the Société nationale de l’Acadie, which
manages the communications files for Acadia.
L’intention est de permettre au directeur de la station d’écouter
les éléments de discussion que la communauté apporte sur la place
publique. Ces éléments de discussion sont également amenés au
sein de notre organisme. Je parlerai alors plus pour la Société
nationale de l’Acadie, qui gère le dossier des communications
pour l’Acadie.
At board meetings, people from Newfoundland, Nova Scotia,
Prince Edward Island and New Brunswick discuss how services
are provided. We hear criticisms from everywhere. We are trying
to prepare a report on that and we will present it to the station
manager in the hope that he can get something done.
Lors des réunions du conseil d’administration, il y a des gens de
Terre-Neuve, de la Nouvelle-Écosse, de l’Ile-du-Prince-Édouard
et du Nouveau-Brunswick qui discutent de la façon dont les
services sont offerts. On entend les critiques qui proviennent de
partout. On essaie de faire le bilan de tout cela et on le présente au
directeur de la station en souhaitant que ce dernier puisse faire
bouger les choses.
There was also an Acadian, Clarence LeBreton, on the RadioCanada board at the time. He is no longer there; he was replaced
by no one. He was also a vehicle through whom we funnelled
information telling them that the situation no longer made any
sense and that something had to be done on the board of
directors.
Aussi, il y avait à l’époque un Acadien au sein du conseil
d’administration de Radio-Canada qui était Clarence LeBreton.
Ce dernier n’est plus là, il n’a pas été remplacé par personne
d’autre. Il était aussi un véhicule auquel on fournissait des
informations pour lui dire que la situation n’avait plus de sens et
qu’il fallait qu’il fasse quelque chose au sein du conseil
d’administration.
And the answers we got were always along the lines of, ‘‘Yes,
Mr. LeBreton, we will make every effort to ensure that the
regions are better represented in national programming,’’ but the
situation remained the same; it never changed. It was very hard to
bring it down a notch or two.
Et nos réponses étaient toujours : « Oui Monsieur LeBreton,
on va tout faire pour s’assurer que les régions soient mieux
représentées au niveau de la programmation nationale », mais
c’est resté au même niveau, ça n’a jamais changé de niveau.
C’était très difficile de faire descendre ça d’un ou de deux
échelons.
And that is because, at some point, it becomes virtually
impossible because of the weight of numbers. You should talk to
all the researchers, producers, hosts and directors. This becomes a
virtually impossible exercise, unless there is a well-established
strategy so that it can be done.
Parce qu’à un moment donné ça devient pratiquement
impossible à cause du poids du nombre. Il faudrait parler à
tous les recherchistes, tous les réalisateurs, tous les animateurs et à
tous les réalisateurs. Ça devient un exercice quasi impossible. À
moins qu’il y ait une stratégie bien établie pour que ça puisse se
faire.
13:72
Official Languages
26-11-2012
Amely Friollet O’Neil, Vice-President, Société nationale de
l’Acadie: I would like to add to my colleague’s remarks and say
that, yes, the Société nationale de l’Acadie organizes an annual
meeting with Radio-Canada officers.
Amely Friollet O’Neil, vice-présidente, Société nationale de
l’Acadie : J’aimerais ajouter aux propos de mon collègue et dire
que oui, la Société nationale de l’Acadie organise une rencontre
annuelle avec les dirigeants de Radio-Canada.
However, this question is divided into two parts. Yes,
sometimes there are consultations, but they are not always
adequately receptive to the complaints expressed by the Acadian
community. I believe it is important to understand the issue as a
whole, and from both standpoints.
Mais cette question se divise en deux parties. Oui, il y a parfois
consultation, mais il n’y a pas toujours réceptivité adéquate des
doléances formulées par la communauté acadienne. Je pense que
c’est important de comprendre la question dans son entièreté et
dans ses deux sens.
Senator Fortin-Duplessis: Ultimately, you do not get the
impression you are being listened to when you ask for
something. Is that correct?
Le sénateur Fortin-Duplessis : En somme, vous n’avez pas
l’impression d’être écoutés lorsque vous demandez quelque chose.
Est-ce que c’est exact?
Ms. Lord: I attended that first meeting, which was called
following the publication of my exhaustive study on the two
national news broadcasts, in English and in French. In the course
of the discussion, we realized how essential it was for us to tell the
three Radio-Canada directors who had travelled to Moncton that
we in Acadia — as is the case in Ontario and Alberta — are
francophones just like francophones from Quebec.
Mme Lord : J’ai assisté à cette première rencontre qui a été
provoquée à la suite de la publication de mon étude exhaustive sur
les deux téléjournaux nationaux, en anglais et en français. Au
cours de la discussion, on en était rendus au point où il fallait dire
aux trois directeurs de Radio-Canada qui s’étaient déplacés à
Moncton que nous, en Acadie, — comme c’est le cas en Ontario et
en Alberta — nous sommes des francophones au même titre que
les francophones du Québec.
I can tell you as sure as I am sitting here that there were
question marks on their faces. I really believe the word ‘‘minority’’
creates a perception that we are less francophone, whereas that is
false. Yes, we are francophones.
Il y avait un point d’interrogation sur leur visage, je vous le dis
comme je suis là. Je crois vraiment que le mot « minoritaire » crée
une perception comme si on était moins francophones, alors que
c’est faux. Oui, nous sommes francophones.
Senator De Bané: You are more so.
Le sénateur De Bané : Vous l’êtes davantage.
Ms. Lord: I agree with you, Senator De Bané, because we are
on the front line every day. Sometimes I say that to Quebecers as
well. The day when our front in Acadia falls, Quebecers will
become the front. And the same will be true in Ontario and
Alberta.
Mme Lord : Je suis d’accord avec vous, sénateur De Bané,
parce que nous sommes au front quotidiennement. Je le dis aussi
parfois à des Québécois. La journée qu’en Acadie, notre front va
tomber, les Québécois vont devenir le front. Ce sera la même
chose en Ontario et en Alberta.
Ms. Gibbs: I have been in my position for 13 years, and every
time there is a change in management, we are summoned to
meetings in Moncton so they can announce the good news to us.
And for 13 years, they have been announcing the good news to us
about Radio-Canada’s intention to provide good service to
Acadia. We always respond with requests that we consider
reasonable. They are there. It is not as though they do not hear us.
I believe they listen to us, but there is a real lack of understanding
of the contribution that Acadians can also make to Quebec.
Mme Gibbs : Moi ça fait 13 ans que je suis en poste et à chaque
changement de direction, on est appelés à des rencontres à
Moncton pour qu’ils nous annoncent la bonne nouvelle. Ça fait
13 ans que nous annonce la bonne nouvelle au sujet de l’intention
de Radio-Canada de bien servir l’Acadie. On revient toujours à la
charge au sujet de demandes qu’on juge assez raisonnables. Ils
sont là. Ce n’est pas qu’ils ne nous entendent pas. Je crois qu’ils
nous écoutent, mais il y a une vraie méconnaissance de l’apport
que l’Acadie peut avoir aussi au Québec.
It is as though they think they are doing us a favour, whereas
we try to tell them that we are contributing to the state and to a
dynamic effort. Quebecers need to hear that as well. Something is
not happening in the Montreal tower.
C’est comme s’ils croyaient nous rendre un service tandis que
nous, on essaie de leur dire qu’on contribue à l’État et au
dynamisme. Les Québécois ont besoin d’entendre tout ça aussi. Il
y a quelque chose qui ne passe pas sur la tour de Montréal.
Ms. Lord: In addition, national coverage is inconsistent with
Quebec’s projet de société, its vision for society. Radio-Canada
has been a major player in this entire building of Quebec society
as we know it. That is what we have seen over the past 60 years,
and everything is taken up by that vision at Radio-Canada.
Radio-Canada is no longer the vision for Canadian society.
Radio-Canada is the vision for Quebec society.
Mme Lord : Aussi, le fait d’avoir une couverture nationale ne
cadre pas avec le projet de société québécoise. Radio-Canada a été
un acteur majeur dans toute cette construction de la société
québécoise telle qu’on la connaît. C’est ce que nous avons vu au
cours des 60 dernières années. Et toute la place est prise par ce
projet à Radio-Canada. Radio-Canada n’est plus le projet de la
société canadienne. Radio-Canada est le projet de la société
québécoise.
26-11-2012
Langues officielles
13:73
We have obviously spoken a little about the financial situation.
And for virtually 20 years, we have seen Radio-Canada’s budgets
cut. This is where market logic has entered the picture at RadioCanada. We have really forgotten the basic spirit of a public
service. You also have to understand the Montreal dynamic. In
television, Radio-Canada feels it is competing directly with its
main rival, TVA. They monitor each other’s ratings. They have
allowed themselves to be caught up in that whirlwind, but also to
use ratings to justify the idea that public funding is worth it. And
they cannot manage.
Évidemment, on a parlé un peu de la situation financière. Et
depuis presque 20 ans, on a vu que les budgets de Radio-Canada
ont fait l’objet de restrictions. C’est là où est entrée une logique
marchande à Radio-Canada. On a vraiment oublié l’esprit
fondamental d’un service public. Il faut comprendre aussi la
dynamique montréalaise. À la télévision, Radio-Canada se sent en
compétition directe avec sa principale rivale qui est TVA. Ils
surveillent l’un et l’autre les cotes d’écoute. Ils se sont laissé
prendre dans ce tourbillon, mais aussi pour justifier à l’aide d’une
cote d’écoute que le financement public en valait la peine. Et ils ne
s’en sortent plus.
Ms. Gibbs: The participation rate is very high. Why? Because
we still have hope. We hope to be able to exercise an influence. So
we get involved; we do not miss opportunities when we are called
upon. So the participation rate is high.
Mme Gibbs : Le taux de participation est très élevé. Pourquoi?
C’est parce qu’on a toujours espoir. On espère pouvoir influencer.
Donc on est au rendez-vous, on ne rate pas les occasions
lorsqu’on est convoqués. Donc le taux de participation est élevé.
Senator Fortin-Duplessis: Ms. Lord, I believe you put your
finger on the problem. I am a Quebecer; I am a federalist, but I
am also a nationalist. We get the impression that Radio-Canada is
making every effort to trigger Quebec’s separation by not unifying
the country.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Madame Lord, je crois que vous
avez mis le doigt dans le bobo. Moi qui suis une Québécoise, je
suis fédéraliste mais je suis aussi nationaliste. On a l’impression
que Radio-Canada fait tout pour provoquer la séparation du
Québec en n’unifiant pas le pays.
The situation is not fun for us in Quebec either. We never get
any news from francophones in the other provinces or about
anything that is going on. It is hard when we want to remain
Canadian and we see how they are working to undo all that.
Au Québec, ce n’est pas drôle pour nous non plus. On n’a
jamais d’information des francophones des autres provinces et de
tout ce qui se passe. Cela nous fait quelque chose. Quand on veut
rester Canadien et qu’on voit comment ils travaillent à défaire
tout ça, c’est difficile.
Ms. Lord: But they have nevertheless contributed to Quebec’s
identity, which is a good thing. They have helped build it as we
know it, because we know that Quebec’s identity at the time was
French Canadian. It became Québécois. Radio-Canada was one
of the main players that contributed to that state of affairs.
Mme Lord : Mais ils ont quand même contribué à l’identité
québécoise, qui est une bonne chose. Ils ont aidé à la construire
telle qu’on la connaît. Parce qu’on sait que l’identité québécoise à
l’époque était canadienne-française. Elle est devenue québécoise.
Radio-Canada a été un des acteurs principaux qui ont contribué à
cet état de fait.
I believe this even goes beyond the political vision of part of the
Quebec population. Even with respect to Quebec’s identity,
federalists are proud of their provincial identity.
Je crois que c’est même au-delà du projet politique d’une partie
de la population québécoise. Les fédéralistes, même sur le plan de
l’identité québécoise, sont fiers de leur identité provinciale.
Senator Fortin-Duplessis: Yes.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Oui.
Ms. Lord: I would say that Radio-Canada helps promote that
Quebec identity as well as the entire star system in Quebec, which
has no equivalent in English Canada.
Mme Lord : Je dirais que Radio-Canada contribue à la
valorisation de cette identité québécoise et aussi tout le Star
System qui existe au Québec, n’a pas son équivalent du côté du
Canada anglais.
Senator Fortin-Duplessis: Pardon me, but I have to leave since I
am appearing somewhere. I will be very interested in reading the
record of today’s meeting. Thank you very much, and I wish you
good luck for your presentation before the CRTC.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je m’excuse, mais je vais devoir
quitter étant donné que je me présente quelque part. Je lirai avec
beaucoup d’intérêt le compte rendu de la réunion d’aujourd’hui.
Merci beaucoup et je vous souhaite bonne chance pour votre
présentation devant le CRTC.
The Chair: Mr. Caissie, you wanted to add something?
Mr. Caissie: The Fédération culturelle canadienne-française
has entered into an agreement with several federal cultural
agencies, including Radio-Canada.
La présidente : Monsieur Caissie, vous vouliez ajouter quelque
chose?
M. Caissie : La Fédération culturelle canadienne-française a
conclu une entente avec plusieurs agences fédérales liées à la
culture, dont Radio-Canada.
13:74
Official Languages
Under that Agreement for the Development of Francophone
Arts and Culture in Canada, we meet with Radio-Canada senior
officials every two years; so feedback is a bit difficult to provide
when it is spread over that period.
Senator Tardif: Thank you, Madam Chair.
26-11-2012
Dans le cadre de cette Entente pour le développement des arts
et de la culture de la Francophonie canadienne, nous rencontrons
les hauts fonctionnaires de Radio-Canada une fois par deux ans;
la rétroaction est donc un peu difficile lorsqu’échelonnée sur cette
période.
Le sénateur Tardif : Merci, madame la présidente.
First, I want to thank you for your excellent presentations. I
am from Alberta, a province that does not carry considerable
demographic weight and that must constantly struggle to ensure
that francophones in the region are well represented and are
heard. So I am very moved by the comments and remarks you
have made today, and I thank you for them.
Je tiens d’abord à vous remercier pour vos excellentes
présentations. Je suis de l’Alberta, une province n’ayant pas un
poids démographique imposant et qui doit lutter continuellement
afin que le visage des francophones de la région soit très bien
représenté et que ces derniers soient entendus. Je suis donc très
touchée par les commentaires et les propos que vous avez émis
aujourd’hui et je vous en remercie.
I entirely agree with you that Radio-Canada focuses too much
on Quebec, and mainly on Montreal, and I also agree that RadioCanada does not reflect the diverse nature of our regions or
Canada as a whole, through its hosts, news broadcasts, the
programs it produces or the way our artists are represented.
Je suis tout à fait d’accord avec vous, à savoir que RadioCanada est trop centrée sur le Québec et principalement sur la
ville de Montréal et je suis aussi d’accord sur le fait que RadioCanada ne reflète pas la diversité de nos régions ni la globalité
canadienne, que ce soit au niveau des animateurs, des bulletins
d’information, des émissions produites de la représentativité de
nos artistes.
To what extent do you believe the current situation as
described will be exacerbated by the budget cuts imposed on
Radio-Canada? We are talking about budget cuts in the order of
$200 million over the next three years. Is there a risk that the
situation you describe will be exacerbated by those budget cuts?
Jusqu’à quel point croyez-vous que la situation actuelle décrite
sera exacerbée par les compressions budgétaires imposées à
Radio-Canada? On parle de compressions budgétaires de l’ordre
de 200 millions de dollars au cours des trois prochaines années; la
situation que vous décrivez risque-t-elle d’être exacerbée par ces
compressions budgétaires?
Mr. Légère: I believe so. Based on what has happened in the
past, we will obviously become quite an easy target. There are
various ways of making budget cuts, but centralization is usually
a recurring theme. They centralize more to avoid having a lot of
administrations across the country. I see a significant danger in
this. And when it comes to selecting productions, they are more
inclined to target the most promising ones. And since our
production volume is not like Quebec’s, we will still be subject to
budget cutbacks. The risk is enormous. There can be no doubt
about that. We must not be naïve.
M. Légère : Je pense que oui. Si je me fie à ce qui s’est produit
dans le passé, c’est évident qu’on va devenir la cible assez facile. Il
y a différentes manières d’effectuer des compressions budgétaires,
mais la centralisation, habituellement, est un thème qui revient
souvent. On centralise davantage pour éviter d’avoir des
administrations multipliées un peu partout à travers le pays. Je
vois là un danger important. Également, concernant le choix des
productions, ils vont cibler davantage les productions qui seront
les plus porteuses. Et comme nous n’avons pas un volume de
production tel celui du Québec, on sera encore sujet à des
compressions budgétaires. Le risque était énorme, il n’y a aucun
doute là-dessus; il ne faut pas être naïf, là.
Ms. Gibbs: I believe the current cutbacks are in addition to
those made 20 years ago. In my opinion, beyond the comments
and concerns stated earlier about the place of Acadia or the
regions in Montreal, if you want the Crown corporation to play
its role, you clearly have to stop bleeding it, because they are in
fact removing what little fat there is on the bone. They are taking
away the Crown corporation’s ability to play its role effectively. If
there is still hope that it can play its role, they must not continue
in this direction because soon there will be nothing left to enable
Radio-Canada to play that role.
Mme Gibbs : Je crois que les compressions budgétaires
actuelles s’ajoutent à celles des 20 dernières années. À mon avis,
au-delà des commentaires et des préoccupations énoncés tantôt
concernant la place de l’Acadie ou des régions à Montréal, il est
clair que si l’on veut que la société d’État joue son rôle, il faut
arrêter de la saigner. Parce qu’en fait, on est en train d’enlever le
peu de graisse qu’il y a sur l’os; on est en train d’amputer la société
d’État de sa capacité à bien jouer son rôle. Si on a encore l’espoir
qu’elle puisse jouer son rôle, il ne faut pas poursuivre dans cette
veine parce que tantôt il ne restera presque plus rien à RadioCanada pour lui permettre de jouer ce rôle.
Mr. Raiche-Nogue: A number of people have said today that
the news, the choice of stakeholders and the place where
programs are produced are very much influenced by ratings.
And that is because Radio-Canada tries to please a Quebec
M. Raiche-Nogue : Plusieurs personnes ont remarqué
aujourd’hui, que l’information, le choix des intervenants et le
lieu de production des émissions sont beaucoup influencés par les
cotes d’écoute. Ceci parce que Radio-Canada cherche à plaire à
26-11-2012
Langues officielles
13:75
audience. Cutting the subsidies to Radio-Canada will only
amplify the problem. Radio-Canada will be increasingly
dependent on advertising revenue, and that does not augur well
for us because the more advertising revenue they take in, the more
they will go after the audience, and that audience is mostly in
Quebec. Consequently, that cannot be good for us. The less grant
money there is, the less room we will have on the national
network. That is certain.
un auditoire québécois. En réduisant les subventions accordées à
Radio-Canada, on ne fera qu’amplifier le problème. RadioCanada dépendra de plus en plus des revenus publicitaires, et ce
n’est pas de bon augure pour nous parce que plus les revenus
publicitaires prennent de la place, plus ils vont aller chercher de
l’auditoire, et ce dernier se trouve majoritairement au Québec. Ça
ne peut donc pas être bon pour nous. Moins il y aura de
subventions, moins on aura de place à l’antenne nationale. C’est
certain.
Senator Tardif: If I understand correctly, you are saying that
the francophone communities are highly vulnerable to budget cuts
and that we could well lose essential services for our communities.
Is that what you are saying?
Le sénateur Tardif : Si je comprends bien, vous dites que les
communautés francophones sont très vulnérables dans le cadre de
ces compressions budgétaires et que nous risquons de perdre des
services essentiels pour nos communautés. Est-ce bien ce que vous
dites?
Ms. Lord: Yes, and, more specifically, when that fund was
introduced a few years ago, we noted, for example, that
journalists were added, particularly in Nova Scotia and in other
regions as well, along with more regional programs. For example,
in Acadia, like everywhere else, we have Le Téléjournal, which is
essential. We have it seven days a week, but we know that is not
the case in all Canadian regions. This is a gain, but will it last?
Mme Lord : Oui; et de façon concrète, lorsqu’on a vu
l’apparition de ce fonds il y a quelques années, on a pu
remarquer, entre autres, l’ajout de journalistes, notamment en
Nouvelle-Écosse et dans d’autres régions également, ainsi que
l’ajout d’émissions régionales. Par exemple, dans la région de
l’Acadie, comme partout ailleurs nous avons Le Téléjournal qui
est un indispensable. Nous l’avons sept jours par semaine, mais
nous savons que ce n’est pas le cas pour toutes les régions
canadiennes. C’est un gain, mais va-t-il demeurer?
The budget cuts could well reduce us to this daily Téléjournal at
6 p.m., and that is all we will have, whereas we currently have
La Revue Acadienne, which is a comedy program; we have a
talk-show called Luc et Luc. So we have a diverse range of
cultural offerings as well, whereas all we will wind up with is this
absolutely essential news broadcast. That is the choice that has to
be made if that is all that is left for us, but that is definitely not
enough to reflect the cultural specificity of a francophone
population in one of Canada’s regions, and the same will be
true of the other francophones in the country who will also lose
their regional productions, except probably Le Téléjournal.
Les compressions budgétaires risquent de nous réduire à ce
rendez-vous quotidien du Téléjournal à 18 heures et c’est tout ce
que nous aurons, alors qu’on a, à l’heure actuelle, une revue
acadienne qui est une émission humoristique; on a un talk-show
qui s’appelle Luc et Luc. On bénéficie donc d’une diversité au plan
culturel aussi, alors que là, nous allons nous retrouver dans le
carcan exclusif de cette information tout à fait indispensable.
C’est le choix à faire s’il ne nous reste que ça, mais ce n’est
certainement pas assez pour démontrer le reflet d’une population
francophone dans sa spécificité culturelle, et ce, dans une des
régions du Canada. Et ce sera la même chose pour les autres
francophones du pays qui perdront également leurs productions
régionales, sauf probablement Le Téléjournal.
Ms. Gibbs: In fact, in Acadia, the television drama series and
documentaries that are produced in Acadia and that are really at
risk include: Le Téléjournal, La Revue Acadienne, La soirée des
Éloizes, the TV series Belle-Baie and the documentaries Éloge du
chiac, Cayouche Le temps d’une bière, in fact all our
documentaries. This is an issue for all Acadian and
francophone regions of Canada, and I would even say that
there are issues affecting all the forgotten regions of Quebec.
Mme Gibbs : En fait, en Acadie, parmi des téléséries
dramatiques et des documentaires produits en Acadie et qui
sont vraiment à risque, il y a : Le Téléjournal, La Revue
Acadienne, La soirée des Éloizes, la télésérie Belle-Baie, les
documentaires Éloge du chiac, Cayouche Le temps d’une bière;
tous nos documentaires, en fait. C’est un enjeu pour toutes les
régions de la Francophonie canadienne et acadienne, et je dirais
même qu’il y a des enjeux qui touchent les régions oubliées du
Québec.
Senator Tardif: There is also the cancellation of the Local
Programming Improvement Fund. If my understanding is correct,
the CRTC decided, within 18 months, to cancel the funding
granted to the regions to improve local programming, an
initiative that was very much appreciated by all regions of the
country.
Le sénateur Tardif : En plus s’ajoute l’élimination du Fonds
pour la programmation locale. Le CRTC, si je comprends bien, a
décidé, d’ici 18 mois, d’éliminer les fonds octroyés aux régions
pour essayer d’améliorer la programmation locale; une initiative
qui avait été très bien appréciée par l’ensemble des régions du
pays.
13:76
Official Languages
26-11-2012
Ms. Gibbs: It enabled them to do a better job of honouring
their commitment to official languages. It contributed to minority
community development. As you know, it represents $2 million in
Acadia for the four Atlantic provinces. That is a small amount
considering the impact on our communities and our outreach
beyond our borders. It was really a major impact for a very minor
expense.
Mme Gibbs : Cela leur permettait de mieux respecter leur
engagement au niveau des langues officielles. Cela contribuait au
développement des communautés en milieu minoritaire. Comme
vous le savez, cela représente deux millions de dollars en Acadie
pour les quatre provinces de l’Atlantique. C’est un petit montant
considérant l’impact pour nos communautés et notre
rayonnement à l’extérieur de nos frontières. C’était vraiment un
enjeu majeur pour très peu.
Senator Poirier: Thank you for being here. It is always a
pleasure to have people from back home come and talk to us. The
presentation was fantastic. It has really opened our eyes.
Ms. Lord, earlier you mentioned — and we have heard this
many times from other people — that, based on all the research,
the same response always seemed to come back, that the national
Téléjournal is really too focused on Montreal. You said that part
of the problem stemmed perhaps from the fact that we are a
minority in an official language minority region and that they
perhaps do not consider us as being as francophone as they are.
Le sénateur Poirier : Merci d’être ici. C’est toujours plaisant de
voir des gens de chez nous venir nous parler. La présentation était
fantastique. Ça nous ouvre vraiment les yeux. Madame Lord,
vous avez mentionné tantôt — et on l’a entendu à plusieurs
reprises par d’autres personnes — qu’après toutes les recherches,
la même réponse semblait toujours revenir, à savoir que Le
Téléjournal national est trop concentré sur la ville de Montréal.
Vous avez mentionné qu’une partie du problème tenait peut-être
au fait que nous sommes minoritaires dans une région de langue
officielle minoritaire et qu’ils ne nous considèrent peut-être pas
comme étant aussi francophones qu’eux le sont.
Since New Brunswick is the only province that guarantees
respect for both official languages, I find it hard to believe that
Radio-Canada could not understand that we are not less
francophone here at home than they who live Quebec City or
Montreal.
Étant donné que le Nouveau-Brunswick est la seule province
qui s’assure du respect des deux langues officielles, j’ai de la
difficulté à croire que Radio-Canada ne pourrait pas comprendre
qu’on n’est pas moins francophones chez nous que ceux qui vivent
à Québec ou à Montréal.
I would like to hear your comments on that topic.
J’aimerais entendre vos commentaires à ce sujet.
Ms. Lord: They cannot get over the idea that English Canada,
which comprises the other nine provinces, including New
Brunswick, is bilingual. How many times do we have to repeat
that to them? You would think there was a wave in the 1970s,
with artists like Édith Butler, Antonine Maillet and Angèle
Arsenault, through whom people discovered Acadia. Things have
calmed down somewhat since then. We now have a new wave with
new Acadian artists.
Mme Lord : On ne peut pas se départir de l’idée que le Canada
anglais, qui englobe les neuf autres provinces, incluant le
Nouveau-Brunswick, est bilingue. Combien de fois faut-il leur
rappeler? On dirait qu’on a eu une vague, dans les années 1970,
avec des artistes telles qu’Édith Butler, Antonine Maillet et
Angèle Arsenault avec lesquelles on a découvert l’Acadie. Cela
s’est un peu calmé après. On a maintenant une nouvelle vague
avec d’autres artistes acadiens.
So there is less surprise at the fact that we exist, but you do not
hear about us much on Radio-Canada. How many times have we
seen people surprised that we speak French? People tell us that
regularly, but we have no forum to say it in.
Il y a moins d’étonnement sur le fait qu’on existe. Mais on ne
parle tellement pas de nous à Radio-Canada. Combien de fois
voit-on à des gens surpris que nous parlons français? On se le fait
dire régulièrement, mais on n’a pas de tribune pour le dire.
Quebecers are obviously the majority in their own province.
We are not, even though our equality is recognized by the
Canadian Charter. That also does not correspond to the plan for
Quebec society, which is the torchbearer of Canada’s francophone
community. It is as though they did not want to recognize the
French Canadian archipelago. Quebec is obviously its main
island; Ontario is a good island, and Acadia as well, but no one
wants to acknowledge or accept it.
C’est sûr que les Québécois sont majoritaires sur leur territoire
provincial. Nous ne le sommes pas, même si nous avons l’égalité
reconnue dans la Charte canadienne. Cela ne correspond pas non
plus au projet d’une société québécoise qui est le seul porteflambeau de la francophonie. C’est comme si on ne voulait pas
reconnaître l’archipel canadien francophone. C’est sûr que le
Québec en est la principale île; l’Ontario est une bonne île,
l’Acadie également. Mais on ne veut ni le reconnaître ni
l’accepter.
However, we are not visible either. That is the entire social
problem: we are constantly invisible on Radio-Canada. So how
can we get recognized when we cannot even see ourselves?
Mais on n’est pas visible non plus. C’est là tout le problème au
niveau social : nous sommes continuellement invisibles à RadioCanada. Alors comment peut-on être reconnu alors que nousmêmes ne nous voyons pas?
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Langues officielles
13:77
I would add that, in our demands, we have asked for a much
higher profile on the airwaves, but it goes beyond that. This is
Canada as a whole: yes, you have to make room for
francophones, but you also have to make room for Canadian
issues. This interests us as citizens.
J’ajouterais que dans nos revendications, on demande à être
beaucoup plus présents sur les ondes mais c’est au-delà de cela.
C’est le Canada dans son ensemble : oui, il faut faire une place
aux francophones mais il faut également faire une place aux
enjeux canadiens. Cela nous intéresse comme citoyen.
Senator Poirier: We are an officially bilingual province, but
that does not give us an advantage across Canada, where we are
nevertheless recognized as a francophone minority province.
Le sénateur Poirier : Étant donné qu’on est une province
officiellement bilingue, cela ne nous avantage pas à travers le
Canada où on est quand même reconnu comme province
minoritaire francophone.
Ms. Gibbs: Decisions are made by people who have no interest
in what we do, and I am not talking about senior management.
There is a problem between the wishes of senior management and
the people who make the content decisions.
Mme Gibbs : Les décisions se prennent par des gens qui n’ont
pas d’intérêt dans ce que l’on fait. Et je ne parle pas de la haute
direction. Il y a un problème entre la volonté de la haute direction
et les personnes qui prennent les décisions sur le contenu.
We are certain that we are dynamic; we behave like people who
contribute to this society; we do not behave like sheep; we can
make a contribution, but, as Ms. Lord said, to be able to
contribute, we have to be able to contribute. In Acadia, however,
as in other French Canadian communities, we have a great deal to
add.
Nous avons la certitude d’être dynamiques, nous nous
comportons comme des gens qui contribuent à cette société, on
ne se comporte pas comme des agneaux, on peut apporter une
contribution. Mais effectivement, comme l’a dit Mme Lord, pour
pouvoir contribuer, il faut pouvoir contribuer. Mais en Acadie,
comme dans les autres communautés de la Francophonie
canadienne, on a énormément à ajouter.
In fact, Montreal has a lot to learn about our ways of doing
things, our way of saying things and our resilience.
En fait, Montréal aurait beaucoup à apprendre sur nos façons
de faire, notre façon de dire et sur notre résilience.
Senator Poirier: Earlier you mentioned 20 years. Do you think
we are in a better position today with regard to Radio-Canada, or
are we at the same level where we were 20 years ago?
Le sénateur Poirier : Vous parliez de 20 ans tout à l’heure.
Pensez-vous qu’aujourd’hui, en ce qui concerne Radio-Canada,
on est beaucoup mieux ou en est-on au même niveau qu’il y a
20 ans?
Mr. Légère: I think we are at the same level. I remember very
clearly a speech I made in the 1990s in which I said that the day
Radio-Canada has a TV series that comes from Acadia, that has
been produced in Acadia — I could have been talking about
Ontario, Alberta or Manitoba — we will be able to start saying
that Radio-Canada is really a national television network.
M. Légère : Selon moi, on est au même niveau. Je me rappelle
très bien d’une intervention que j’ai faite dans les années 1990 où
j’avais dit que la journée où Radio-Canada aura une télésérie qui
provient de l’Acadie, qui sera produite en Acadie — cela aurait pu
être en Ontario, en Alberta ou au Manitoba —, on pourra alors
commencer à dire que Radio-Canada est vraiment une télévision
nationale.
We had Belle-Baie, which was a TV series produced in Acadia,
but that is over. What projects are we currently proposing for
broadcast? I do not know of any. Is there one? Could someone tell
me? But for the moment, there are none. So we find ourselves in
exactly the same situation. Radio-Canada will start being a
national television network when it allows our craftspeople and
our artists to express themselves through a television series, for
example, or an important project that will be seen across the
country.
On a eu Belle-Baie, qui était une télésérie produite en Acadie,
mais c’est fini. Alors quel projet nous propose-t-on actuellement
sur les ondes? Je n’en connais pas. Y en a-t-il un? Quelqu’un
pourrait me le dire? Mais pour l’instant, il n’y en a pas. On se
retrouve donc exactement dans la même situation. Radio-Canada
commencera à être une télévision nationale lorsqu’elle permettra à
nos artisans, à nos artistes de s’exprimer dans le cadre, par
exemple, d’une télésérie ou un projet important qui sera vu dans
l’ensemble du territoire.
I attended meetings in Montreal, where a dozen directors
around the table had come to hear us because we had virtually
demanded that Radio-Canada be shut down, because the day the
rest of the Canadian francophone community says that the
present model no longer corresponds to our aspirations, no longer
responds to our needs and is disregarding its mandate, we will
have to consider another form of public television that would be
spread across Canada, for example, and every region would have
its own programming and, ultimately, a share in programming.
J’ai vécu l’expérience de rencontres à Montréal où, autour de la
table, il y avait une douzaine de réalisateurs qui étaient venus
nous entendre parce qu’à ce moment-là, on réclamait presque la
fermeture de Radio-Canada. Parce que la journée où le reste de la
Francophonie canadienne dira que le modèle actuel ne
correspond plus à nos aspirations, ne répond plus à nos besoins
et fait abstraction de son mandat, il faudra penser à une autre
forme de télévision publique qui serait, par exemple, répartie sur
l’ensemble du territoire canadien avec chacun sa programmation
et un partage de programmation, en fin de compte.
13:78
Official Languages
26-11-2012
So at that meeting, the directors and the people around the
table told me that, when they have an Acadian, Franco-Ontarian,
Franco-Manitoban or someone from outside Quebec on a team,
that has a major impact on the team as a whole, because the
people who come from those communities are able to tell the
other members of the research teams that there is something going
in Halifax or Baie-Sainte-Marie or Shippagan and that it would
be good for the style of the program for them to do it. There is
currently no strategy to allow that. I do not know what should be
done.
Donc lors de cette rencontre, les réalisateurs et les gens assis
autour de la table m’ont dit que lorsqu’on a, au sein d’une équipe,
un Acadien, un Franco-Ontarien, un Franco-Manitobain, ou
quelqu’un de l’extérieur du Québec, cela a un impact majeur sur
l’ensemble de l’équipe. Parce que ces gens qui viennent de ces
communautés sont capables de dire aux autres membres des
équipes de recherchistes qu’il y a quelque chose qui se passe à
Halifax, ou à Baie-Sainte-Marie ou à Shipagan, et que ce serait
intéressant pour le style d’émission que l’on fait. Il n’y a pas de
stratégie actuellement pour permettre cela. Je ne sais pas ce qu’il
faut faire.
Senator Poirier: Would that be one of your recommendations?
Le sénateur Poirier : Est-ce que cela ferait partie de vos
recommandations?
Mr. Légère: It is hard to recommend that kind of obligation.
M. Légère : C’est difficile de recommander une telle obligation.
Senator Poirier: That could be part of the solution?
Le sénateur Poirier : Cela pourrait faire partie de la solution?
Mr. Légère: I think people should be open to something like
that.
M. Légère : Je pense qu’il devrait y avoir une ouverture en ce
sens.
Ms. Lord: The resources in the region should be better used.
Radio-Canada has resources everywhere.
Mme Lord : Il faudrait mieux se servir des ressources en
région. Radio-Canada a des ressources partout.
When my study was published, I had been invited to appear on
Michel Desautels’ program. That was the day before Barack
Obama’s inauguration, and we had done some roundtables of
Canada’s black youth, in English and in French. Unlike on the
English side, where four youths came from four different cities of
the country covering the major regions, do I need to tell you
where they came from on the French side? All four were from
Montreal, and Mr. Desautels told me that it was hard to spend six
hours in a single day finding young blacks in Canadian cities.
There are black francophone communities in Calgary, Winnipeg,
Moncton and Halifax. The regional stations are there; they could
have provided the names very quickly. That was the answer I gave
him.
Lors de la publication de mon étude, j’avais été invitée à
l’émission de Michel Desautels. C’était à la veille de l’installation
de Barack Obama et on avait fait des tables rondes de jeunes
Noirs du Canada, en anglais et en français. À la différence qu’en
anglais, les quatre jeunes venaient de quatre villes différentes du
pays qui couvraient les grandes régions, alors qu’en français, ai-je
besoin de vous dire leur provenance? Les quatre venaient de
Montréal. Et M. Desautels m’a dit qu’il était difficile de passer six
heures dans une journée pour trouver des Noirs dans les villes
canadiennes. Il y a des communautés noires francophones à
Calgary, à Winnipeg, à Moncton, à Halifax. Les stations
régionales sont là, ils auraient pu fournir les noms très
rapidement. C’est ce que je lui ai répondu.
The fact that the network headquarters is in Montreal is a
problem. In the case of national programs, they ask themselves
whether the team should not be outside the province of Quebec or
at least outside Montreal. It could be in Ottawa, here, where there
is already a greater sensitivity. That would take Montreal, which
dominates the airwaves, out of the picture.
Le fait que la tête de réseau soit à Montréal est un problème.
Quand il y a des émissions nationales, il faudrait se demander si
l’équipe ne devrait pas être à l’extérieur de la province de Québec
ou, du moins, à l’extérieur de Montréal. Ce pourrait être à
Ottawa, ici, où déjà il y aurait une plus grande sensibilité. Cela
dénoyauterait Montréal qui domine les ondes.
You asked whether it was worse, and the answer is yes, on two
levels. As you will recall, we had a different regional magazine
that was broadcast every evening after Le Téléjournal. For
example, there was Clin d’œil. There were all kinds of highly
varied regional-interest programs early in the evening. That is
something we have lost.
Vous avez posé la question à savoir si c’était pire, la réponse est
oui, à deux niveaux. On se rappellera que sur le plan régional, à
l’époque, après Le Téléjournal que nous avions, chaque soir, il y
avait un magazine différent. Par exemple, il y avait déjà eu Clin
d’œil. Il y avait toutes sortes d’émissions d’intérêt régional très
variées en début de soirée. C’est quelque chose que nous avons
perdu.
Another thing that is partly coming back is that there were
national correspondents in the regions. They have just announced
that two correspondents will be hired, one in Moncton and the
other in the west. That is something we previously had. Some say
that is even a strategy by Radio-Canada, which is currently
Une autre chose qui est en train de revenir partiellement c’est
qu’il y avait des correspondants nationaux dans les régions. On
vient d’annoncer deux correspondants, un à Moncton et l’autre
dans l’Ouest. C’est quelque chose que nous avions déjà eu.
Certains disent que c’est même une stratégie de Radio-Canada qui
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Langues officielles
13:79
appearing before the CRTC, to demonstrate the efforts that are
being made, but that is old news; there is nothing new; there were
even more than two correspondents at the time.
est, en ce moment, devant le CRTC pour montrer les efforts qui
sont faits. Mais c’est du réchauffé, ce n’est rien de nouveau, les
correspondants, il y en avait même plus que deux, à l’époque.
Ms. Gibbs: However, there is one minor point. What has not
changed is Radio-Canada’s importance as the national public
broadcaster. We repeatedly say it at the association, that this is
something that must be protected and enhanced. Consequently,
despite our criticisms, it is important that we invest more, bearing
the obligations in mind. As the national network, Radio-Canada
can improve so that it can indeed do its job and carry out its
mandate.
Mme Gibbs : Une petite chose par contre. Cela dit, ce qui ne
change pas c’est l’importance de Radio-Canada comme diffuseur
public national. Nous réitérons, au niveau de l’association, que
c’est quelque chose qu’il faut protéger et accroître. Donc, malgré
nos critiques, c’est important qu’on investisse davantage, tout en
rappelant les obligations. Comme réseau national, Radio-Canada
peut s’améliorer pour effectivement faire son travail et remplir le
mandat qui est le sien.
Senator Poirier: Earlier we talked about the budget,
particularly the cuts over the past 20 years and the impact we
have seen in the minority regions. Do you have any research data
showing — or are you simply aware — that cuts have been made
in the Montreal or Quebec City region only, or whether they
affect the entire province? Does everything happen in Montreal
when they are asked to review their budget, or is it always
elsewhere?
Le sénateur Poirier : On parlait plus tôt de budget, notamment
des compressions sur les 20 dernières années et des conséquences
qu’on en a vues dans les régions minoritaires. Dans vos
recherches, avez-vous des données qui montrent — ou êtes-vous
simplement au courant — si des compressions ont été effectuées
dans la région de Montréal et de Québec seulement, ou si cela
touche toute la province? Est-ce que tout se passe à Montréal,
quand on leur demande de revoir leur budget, ou est-ce que c’est
toujours à l’extérieur?
Mr. Légère: One answer is that they have cut Radio Canada
International. When we bring up that topic, they have answers,
but it is quite difficult to elaborate on. Does Tout le monde en
parle have less money to produce its program? Does Les enfants
de la télé have less money to do their program? I doubt it, but I do
not have those books in front of me. That is extremely difficult.
Does the Access to Information Act allow us to obtain all the
details on the budgets and to see what has been cut, for example,
in the past 15 or 20 years? I would be curious to see that. I get the
feeling that the percentages are higher in the cuts that have been
made in the regions than at the network.
M. Légère : Un élément de réponse est qu’ils ont coupé Radio
Canada international. Effectivement, quand on les amène sur ce
terrain, ils ont des réponses, mais c’est assez difficile
d’approfondir. Est-ce Tout le monde en parle a moins d’argent
pour faire son émission? Est-ce que Les enfants de la télé ont
moins d’argent pour faire leur émission? Permettez-moi d’en
douter, mais je n’ai pas ces livres-là. C’est extrêmement difficile.
Est-ce que la Loi sur l’accès à l’information nous permettrait
d’avoir tous les détails des budgets et de voir lesquels ont été
coupés, par exemple, dans les 15 ou les 20 dernières années? Je
serais curieux de voir. Pour ma part, j’ai le sentiment que les
pourcentages sont plus élevés dans les coupures qui ont été
effectuées dans les régions comparativement au réseau.
Senator Poirier: That is what I wanted to know and to see
whether we had an idea about that.
Le sénateur Poirier : C’est ce que je voulais savoir et voir si on
en avait une idée.
Ms. Lord: I would add to the comments made last week by
Mr. Lalande, who cited the costs of the Belle-Baie series, saying
that it was a more expensive series. He attributed that to the fact
that it was made outside Quebec, but he did not say that it was a
series that had a lot of outdoor shots, and that is expensive,
whether you do it in Montreal, Quebec City or Ottawa. It is
expensive if you are in Bouctouche or Caraquet, whereas the
series produced in Montreal are generally done in the studio,
which costs less. However, I thought that was really an appalling
argument. I do not doubt that it was the most expensive series,
but the main reason is not that it was produced outside Quebec; it
was also because there were a lot of outdoor scenes, and that is
very costly.
Mme Lord : J’ajouterais aux commentaires de M. Lalande, la
semaine dernière, qui a brandi les coûts de la série Belle-Baie en
disant que c’est la série qui avait coûté le plus cher. Il l’imputait au
fait que c’était fait à l’extérieur du Québec. Mais il omettait de
dire que c’était une série où il y avait beaucoup d’extérieurs, et ça,
ça coûte cher, qu’on soit à Montréal, à Québec, à Ottawa. Si on
est à Bouctouche ou à Caraquet, ça coûte cher, alors que les séries
produites à Montréal sont faites généralement plutôt en studio, ce
qui coûte moins cher. Mais j’ai trouvé que c’était vraiment un
argument déplorable. Je ne doute pas que ce soit la série qui
coûtait le plus cher, mais la raison principale n’est pas que c’était
parce qu’elle était produite à l’extérieur du Québec, c’est aussi
parce qu’il y avait beaucoup de scènes à l’extérieur, et ça coûte
très cher.
Senator Poirier: Do you think that, moving forward, we will be
seeing a lot more community involvement in our community
radio stations, our community television stations and things like
that?
Le sénateur Poirier : Pensez-vous que, en allant de l’avant, on
va voir beaucoup plus d’engagement communautaire à travers
nos radios communautaires, nos postes de télévision
communautaire et des choses comme ça?
13:80
Official Languages
26-11-2012
Ms. Lord: Community radio in New Brunswick is already an
unparalleled success in Canada, regardless of language. The
community radio station in southeastern New Brunswick is CJSE,
with BeauFM. Reaching two-thirds of the potential audience is
unparalleled in the country, in English, French or any other
language. The same is true for community radio station CKRO in
the northeast.
Mme Lord : Déjà, la radio communautaire au NouveauBrunswick est un succès inégalé au Canada, toutes langues
confondues. La radio communautaire du sud-est du NouveauBrunswick, c’est CJSE avec BeauFM. Toucher deux tiers de
l’auditoire possible, c’est inégalé dans le pays, en anglais, en
français ou en toute autre langue. Même chose pour la radio
communautaire CKRO dans le nord-est.
Why are they so popular? We always come back to this idea,
and that is, among other things, that the CJSE people were
visionaries when the station was launched in 1994. They said, ‘‘We
want to hear the local accent.’’ So it will not be Quebecers or even
people from Caraquet who come here and host for the southeast.
You know that radio station well, Senator Poirier; people listened
to it because, for the first time, they could hear themselves, with
their own accent. Radio-Canada unfortunately was not yet
offering that accent in Acadia at the time. When people
recognize themselves, they can identify. Radio-Canada did not
lose any of its audience as a result. People switched from Englishlanguage radio stations to a French-language community station.
That is where you see how important it is to be visible, to be seen
and heard. That changes everything for a community.
Pourquoi sont-elles si populaires? On revient toujours à cette
notion, c’est que, entre autres, les gens de CJSE, au moment où ça
a été lancé, en 1994, ont été des visionnaires. Ils ont dit : « nous
voulons entendre l’accent d’ici ». Donc ce ne seront pas des
Québécois, ni même des gens de Caraquet qui vont venir animer
pour le sud-est. Vous connaissez bien cette radio, sénateur Poirier;
les gens l’ont écoutée parce que, pour la première fois, ils
s’entendaient avec leur accent. Radio-Canada, malheureusement,
n’offrait pas encore cet accent en Acadie à ce moment-là. Quand
les gens se reconnaissent, ils peuvent s’identifier. Radio-Canada
n’a pas perdu d’auditoire avec ça. Les gens sont passés des radios
de langue anglaise à une radio communautaire de langue
française. C’est là qu’on voit toute l’importance d’être visible,
de se voir, de s’entendre. Cela change tout pour une communauté.
Mr. Raiche-Nogue: I just want to mention one point briefly. I
agree with Ms. Lord that the community radio stations in New
Brunswick are overwhelmingly popular. A lot more people listen
to community radio stations than listen to or watch RadioCanada; that is for sure.
M. Raiche-Nogue : Je veux juste mentionner une chose
rapidement. Je suis d’accord avec Mme Lord pour dire que les
radios communautaires au Nouveau-Brunswick ont une
popularité écrasante. Beaucoup plus de gens écoutent les radios
communautaires qu’il n’y a de gens qui écoutent ou regardent
Radio-Canada, c’est certain.
As regards the production of programs outside Quebec, there
may be more or fewer, but there have been national programs
produced in Moncton. For example, Bande à part, an emerging
music and music news program, was created in Moncton. When it
became a bit popular, it was repatriated to Montreal. It is possible
to do this, and craftspeople are prepared to create programs and
generate content. It was broadcast nationally and it was an
excellent program; it still is. However, it was born in Moncton. It
is one example of national content that can be produced outside
Quebec. So it is possible. As for the excuse that programs are
costly or difficult, if it was possible to do that in the 1990s with the
technical resources available at the time, it is just as possible, if
not more so, in 2012.
Par rapport à la production d’émissions à partir de l’extérieur
du Québec, on parle de recul ou de progrès, mais il y a déjà eu des
émissions nationales produites à Moncton. Par exemple Bande à
part, une émission de musique émergente et d’actualité musicale, a
été créée à Moncton. Lorsqu’elle est devenue un peu populaire,
elle a été rapatriée à Montréal. C’est possible de le faire et il y a
des artisans qui sont prêts à créer des émissions et faire du
contenu. C’était diffusé à l’échelle nationale et c’était une
excellente émission — ça l’est toujours. Mais elle est née à
Moncton. C’est un exemple de contenu national qui peut être
produit de l’extérieur du Québec. Donc c’est possible. Pour ce qui
est de l’excuse des coûts et de la difficulté, si ça a pu être fait dans
les années 1990, avec les moyens technologiques de l’époque, en
2012 c’est tout aussi possible, sinon plus.
Ms. Friollet O’Neil: I just wanted to add a comment on the
impact of the cuts. I believe it is also important to be aware — and
I am sure all of us around the table are aware — that we cannot
calculate the impact of the cuts in absolute numbers either in the
regions or in Montreal. I believe the LPIF is a good example of
that. A $2-million cut will not have the same impact in Montreal
as in the regions. That will affect both Radio-Canada’s presence
in our regions and local production, but also our regions’ profile
on the Radio-Canada national network, which I think will have a
considerable effect on the mandate to establish national
cohesiveness among all francophone communities of Canada. I
Mme Friollet O’Neil : Je voulais rajouter un commentaire sur
l’impact des coupures. Je pense que c’est important également
d’être conscient — et je suis certaine que nous le sommes tous,
autour de la table — qu’on ne peut calculer l’impact des coupures,
que ce soit en région ou à Montréal, en chiffres absolus. Je pense
que le FAPL en est un bon exemple. Une coupure de deux
millions n’aura pas le même impact à Montréal que dans les
régions. Cela influencera à la fois la présence de Radio-Canada au
sein de nos régions et la production locale, mais également la
place de nos régions au sein de Radio-Canada national, ce qui
affectera, à mon sens, grandement le mandat de créer une
26-11-2012
Langues officielles
13:81
believe that we cannot talk in terms of absolute numbers here in
calculating the impact of the cuts made to Radio-Canada in
recent years.
cohésion nationale au sein de l’ensemble des communautés
francophones du Canada. Je pense qu’on ne peut pas parler en
termes de nombres absolus ici pour calculer les impacts et les
retombées des coupures au cours des dernières années à RadioCanada.
Ms. Gibbs: One point should be borne in mind regarding the
community radio stations. The role of community radio stations
and that of Radio-Canada are not the same. We need both and we
need both to be strong. Even if community radio stations are
successful, that does not mean that Radio-Canada’s mandate and
purpose as the public broadcaster are not the same.
Consequently, we must absolutely preserve both, regardless of
how successful they are.
Mme Gibbs : Au sujet des radios communautaires, il faut se
rappeler une chose. Le rôle des radios communautaires et celui de
Radio-Canada ne sont pas les mêmes. On a besoin des deux, et
que les deux soient forts. Même s’il y a succès au niveau des radios
communautaires, ça n’entraîne pas que le mandat et la fonction
de Radio-Canada comme diffuseur public n’est pas le même.
Donc on doit absolument préserver les deux, quels que soient les
succès.
Senator McIntyre: Thank you for your presentations, which I
found very interesting. I have lived in New Brunswick all my life,
and you may be assured that, as a citizen of the province of New
Brunswick and as a new senator, I have a very clear
understanding of Radio-Canada’s importance both in our
francophone communities in New Brunswick and across Canada.
Le sénateur McIntyre : Merci de vos présentations que j’ai
trouvées très intéressantes. J’ai vécu au Nouveau-Brunswick toute
ma vie, et soyez assurés que, en tant que citoyen de la province du
Nouveau-Brunswick et en tant que nouveau sénateur, je
comprends très bien l’importance de Radio-Canada, non
seulement dans nos milieux francophones au NouveauBrunswick, mais partout à travers le Canada.
It would seem that we are all on the same wave length with
regard to programming on Le Téléjournal outside Quebec. As you
know, two very important studies were conducted on the subject,
first your study, Ms. Lord, and, second, the study by a Carleton
University professor, which was conducted at the request of
Senator De Bané. The two studies came to virtually the same
conclusion, that Radio-Canada focuses mainly on coverage of
Quebec news to the detriment of the other francophone
communities.
Il semblerait que nous sommes tous et toutes sur la même
longueur d’onde quant à la programmation hors Québec au
Téléjournal. Comme vous le savez, deux études très importantes
ont été effectuées sur ce sujet, d’abord votre étude, madame Lord,
et, en second lieu, l’étude d’un professeur de l’Université
Carleton, étude faite à la demande du sénateur De Bané. Ces
deux études arrivent sensiblement à la même conclusion, à savoir
que Radio-Canada est principalement axé sur la couverture de
l’actualité québécoise au détriment des autres communautés
francophones.
The two studies have definitely produced results. Shortly
afterward, we witnessed the appointment of Michel Cormier to
the position of information programming at Radio-Canada and
the creation of two new national journalist positions, one in
Edmonton and the other in Moncton.
Décidément, les deux études ont porté fruit. Peu après, on a
assisté à la nomination de Michel Cormier au poste de directeur
général de l’information de Radio-Canada, et à la création de
deux postes de journalistes nationaux, l’un à Edmonton et l’autre
à Moncton.
That is all well and good. However, for that great initiative to
have any real impact, the staff responsible for preparing the
national edition must consider it appropriate to use stories
prepared by journalists in those positions in either Edmonton or
Moncton. For that to happen, staff on the national edition of Le
Téléjournal must agree to change the way they do things. In other
words, there has to be a dramatic change in staff culture at Le
Téléjournal.
Tout cela est bien beau, cependant, pour que cette belle
initiative ait un impact réel, encore faut-il que le personnel chargé
de préparer l’édition nationale juge pertinent d’utiliser les sujets
préparés par les journalistes en poste, soit à Edmonton ou à
Moncton. Pour cela, il faut que le personnel de l’édition nationale
du Téléjournal accepte de changer la manière ou la façon de faire
les choses. Autrement dit, il faut que la culture du personnel au
Téléjournal change d’une façon dramatique.
Is that change possible? If so, how?
Ms. Lord: If we wait for that change to come from Montreal, I
believe it is impossible. I am not optimistic that that can change.
They will continue living in their Montreal bubble; they will still
have to deal with their rival on the other side of the street, TVA,
and things will stay the way they are. If we want a real Canadian
news broadcast, it will have to be removed from Montreal.
Ce changement est-il possible? Si oui, de quelle façon?
Mme Lord : Si nous attendons ce changement de Montréal,
c’est impossible, à mon avis. Je ne suis pas optimiste que cela
puisse changer. Ils vont continuer à demeurer dans leur bulle
montréalaise, ils auront encore à faire face à leur rivale de l’autre
côté de la rue, TVA, et les choses vont demeurer telles quelles. Si
on veut un vrai bulletin canadien, il faut retirer cela de Montréal.
13:82
Official Languages
26-11-2012
It will also be good to develop the habit of calling upon
resources in the regions. Here is an example — and Senator
Poirier will no doubt remember this — the announcement of the
new Official Languages Act in June 2002. That was a major event
in New Brunswick; it had been 30 years since the act had been
dusted off. The evening news broadcasts on both CBC/RadioCanada networks featured a voiceover, with a few images
commented on by a host, but no reporting. Radio-Canada
Acadie has always had a journalist in Fredericton, a
parliamentary correspondent, but it nevertheless dispatched
other journalists because it was a big day for New Brunswick.
On the anglophone side, The National broadcast a full report on
the news. I believe the CBC used the regional resources a lot
better. Unlike the CBC, Radio-Canada is not in the habit of doing
that.
Aussi, il serait heureux de développer le réflexe de faire appel
aux ressources des régions. Je vous donne l’exemple — et le
sénateur Poirier s’en souviendra sûrement — de l’annonce de la
nouvelle Loi sur les langues officielles, en juin 2002. C’était un
grand événement au Nouveau-Brunswick, cela faisait une
trentaine d’années que cette loi n’avait pas été dépoussiérée un
petit peu. En soirée, au Téléjournal des deux chaînes de la Société
Radio-Canada, on a eu droit à ce qu’on appelle une voix hors
champ. On nous présente quelques images résumées par un
animateur. Pas de reportage. Radio-Canada Acadie a toujours eu
un journaliste en poste à Fredericton, un correspondant
parlementaire, mais elle avait dépêché quand même d’autres
journalistes, parce que c’était quand même un grand jour pour le
Nouveau-Brunswick. Du côté anglophone, The National avait
présenté un plein reportage sur cette nouvelle. Chez CBC, je crois
qu’on utilise beaucoup mieux les ressources en région. RadioCanada n’a pas ce réflexe, contrairement à CBC.
If we want the Téléjournal to make more changes than the
appointments of the two new national correspondents that were
announced, I believe that, if something happens in Vancouver, the
resources in Vancouver should be used. There are resources in
Winnipeg. There are resources in Sudbury. There are resources in
Chicoutimi. There are resources in Newfoundland and Labrador.
They are not being used. Since they are not considered national,
no one thinks of using them for the national news broadcast,
whereas they also know their regions well.
Si on veut que le Téléjournal change au-delà des deux nouveaux
correspondants nationaux qui ont été annoncés, je pense que s’il
se passe quelque chose à Vancouver, les ressources de Vancouver
devraient être utilisées. Il y a des ressources à Winnipeg. Il y a des
ressources à Sudbury. Il y a des ressources à Chicoutimi. Il y a des
ressources à Terre-Neuve-et-Labrador. On ne les utilise pas. Parce
qu’ils n’ont pas le qualificatif national, on ne pense pas à les
utiliser pour le bulletin national, alors qu’ils sont tout à fait
compétents. En plus, ils connaissent bien leur région.
In addition, when the Ottawa correspondents cover
parliamentary news in Ottawa and file their stories, they always
do so from a Quebec perspective. They do not speak to Canadian
citizens about the impact of a government decision in one way or
another. They focus solely on Quebec concerns. That could easily
be corrected, but there are no directives. We are not fools; we see
the product on the air. Nothing will happen until the directives
are changed.
Également, lorsque les correspondants d’Ottawa couvrent
l’actualité parlementaire à Ottawa et livrent leurs reportages,
c’est toujours fait dans une optique québécoise. Ils ne s’adressent
pas aux citoyens canadiens sur les incidences d’une décision du
gouvernement dans un sens ou dans l’autre. On n’en a que pour la
préoccupation québécoise. Cela pourrait se corriger facilement,
mais les directives ne sont pas là. On n’est pas dupes, on voit le
produit en ondes. Tant que les directives ne seront pas changées,
rien ne se produira.
Senator McIntyre: I understand that the SNA and the
Association des artistes have submitted briefs to the CRTC in
connection with the renewal of the public broadcaster’s licences
and that you are to appear before the CRTC to make a
presentation this week. In your presentation today, you made a
number of recommendations such as that the LPIF should be
replaced by another organization, that regional funding
equivalent to the amount previously allocated by the LPIF
should be established, that Radio-Canada’s decision-making and
control over national air time should be decentralized, that more
specific information should be provided on the Canadian
Francophonie and, lastly, as you said, that a seat should be
reserved for a representative of the broader Canadian
francophone community on Radio-Canada’s board of directors.
Le sénateur McIntyre : Je comprends que la SNA et
l’Association des artistes ont soumis des mémoires au CRTC
dans le cadre du renouvellement des licences du radiodiffuseur
public et que vous devez vous présenter au CRTC cette semaine
pour faire une présentation. Dans votre présentation
d’aujourd’hui, vous avez fait plusieurs recommandations telles
que remplacer le FAPL par un autre organisme, créer un fonds
régional équivalant au montant alloué auparavant par le FAPL,
décentraliser Radio-Canada sur sa prise de décision et son
contrôle du temps d’antenne nationale, fournir des données plus
précises sur la Francophonie canadienne et, finalement, comme
vous le disiez, réserver un siège à un représentant de la
Francophonie canadienne au conseil d’administration de la
Société Radio-Canada.
Do you have any expectations in those areas as you appear
before the CRTC this week? If so, what are they?
En vous présentant au CRTC, cette semaine, avez-vous des
attentes à ce sujet? Si oui, lesquelles?
Ms. Gibbs: I am an eternal optimist. Can the impossible be
possible? I will always believe so. However, there are conditions.
There are conditions and Ms. Lord named a few, regarding the
Mme Gibbs : Je suis une éternelle optimiste. Est-ce que
l’impossible peut être possible? J’y croirai toujours. Par contre,
il y a des conditions. Il y a des conditions et Mme Lord en a
26-11-2012
Langues officielles
13:83
decentralization of power and production in the regions. That is
clear. We are going to appear before the CRTC and we want
Radio-Canada’s national mandate to be respected.
nommé quelques-unes au niveau de la décentralisation du pouvoir
et de la production en région. C’est clair. On va se présenter
devant le CRTC et on veut que le mandat national de RadioCanada soit respecté.
Earlier you talked about a culture; the corporation’s culture
must change. There has to be a will to work together, and we have
to be part of the solution. We absolutely have to be part of the
solution. We have solutions to suggest that will not take away
Quebecers’ window at all; we are just going to improve the
window of the entire Canadian francophone community.
Vous parliez tantôt d’une culture, il faut que la culture de la
boîte change. Il faut une volonté de travailler ensemble et il faut
que nous fassions partie de la solution. Nous devons absolument
faire partie de la solution. On a des solutions à proposer qui ne
vont pas du tout enlever aux Québécois leur vitrine; on va
seulement améliorer celle de toute la francophonie canadienne.
I am an eternal optimist who believes there will always be
something to do, or else we would not file briefs, we would not
appear before the CRTC, and we would not be here today.
Je suis une éternelle optimiste qui croit qu’il y a toujours
quelque chose à faire, sinon on ne déposerait pas de mémoire, on
ne se présenterait pas devant le CRTC et on ne serait pas ici
aujourd’hui.
So, yes, we believe that things can be done, but we know that
sometimes you have to plant a seed today so that you can harvest
in 20 years.
Donc, oui, on croit que des choses peuvent se faire, mais on sait
que parfois il faut semer aujourd’hui pour récolter dans 20 ans.
Mr. Raiche-Nogue: We are going to let the others comment
because we are not attending the CRTC hearings.
M. Raiche-Nogue : On va laisser les autres commenter parce
qu’on ne participe pas aux audiences du CRTC.
Mr. Caissie: The CRTC nevertheless has the power to set
conditions. If the CRTC decided a few years ago to establish the
LPIF using revenue from the cable companies, the CRTC can do
that again. We are eternal optimists, yes, but at the same time we
are going to give it a try on Wednesday.
M. Caissie : Le CRTC a quand même le pouvoir d’émettre des
conditions. Si, il y a quelques années, le CRTC a décidé de mettre
sur pied le FAPL à partir des revenus des câblodistributeurs, le
CRTC peut le faire à nouveau. On est des éternels optimistes, oui,
mais en même temps, on va s’essayer mercredi.
Mr. Légère: The power belongs entirely to the CRTC. It has all
the powers; that is to say that, in granting its licences, it has the
power to set conditions and to ensure they are met. I mean, at
some point, it is constant; it never stops. I believe I am going to
attend the CRTC hearings for the third time, and it is always the
same thing. The CRTC slaps them on the wrist a little, saying they
should try to be more effective in carrying out their mandate to
reflect Canadian diversity, and we realize at the next hearings that
they have done nothing. The CRTC absolutely has to set
conditions; otherwise we have no chance of seeing a change in
Radio-Canada’s corporate culture. Without that, life will go on.
They will have weathered the little storm of criticism from the
Canadian francophone community and we will hear nothing more
about it three months later.
M. Légère : Le pouvoir appartient entièrement au CRTC. Il a
tous les pouvoirs, c’est-à-dire que, en octroyant ses licences, il a le
pouvoir d’émettre des conditions et de s’assurer qu’elles soient
respectées. Je veux dire, à un moment donné, c’est continuel, cela
n’arrête jamais. Je crois que je vais assister aux audiences du
CRTC pour la troisième fois et c’est toujours la même chose. Le
CRTC leur tape sur les mains un petit peu en leur disant d’essayer
d’être plus efficaces dans leur mandat de refléter la diversité
canadienne et, aux audiences suivantes, on s’aperçoit qu’ils n’ont
rien fait. Il faut absolument que le CRTC émette des conditions,
sinon on n’a pas de chance de voir la culture interne de la boîte
changer. Sans cela, la vie continue, ils ont passé à travers la petite
bourrasque de la critique de la Francophonie canadienne et dans
trois mois, on n’en entendra plus parler.
If the CRTC people have any will, I believe they have the
means, the power to make things change, and I believe that, if
conditions are set, that change will ultimately be positive for the
entire team in Montreal. Unfortunately, they will only realize
after the fact.
S’il y a une volonté de la part des gens du CRTC, je crois qu’ils
ont les moyens, les pouvoirs de faire changer les choses, et je crois
que si les conditions sont là, ce changement, en fin de compte, sera
positif pour toute l’équipe à Montréal. Malheureusement, ils vont
s’en apercevoir seulement après.
The Chair: I want to be fair with Mr. Raiche-Nogue. Did you
have an observation or comment to make on the previous
question concerning the CRTC?
La présidente : Je veux être juste pour M. Raiche-Nogue.
Aviez-vous une observation ou un commentaire à l’égard de la
question précédant celle du CRTC?
Mr. Raiche-Nogue: What question was that?
The Chair: I believe you wanted to talk before that question,
but I do not remember the question either.
M. Raiche-Nogue : De quelle question s’agit-il?
La présidente : Je crois que vous vouliez parler avant cette
question, mais je ne me souviens pas de la question non plus.
13:84
Official Languages
26-11-2012
Mr. Raiche-Nogue: It was a comment, going back to
Ms. Lord’s comments about the Official Languages Act in New
Brunswick. The legislature will resume in New Brunswick
tomorrow, and the Throne Speech will be delivered in
Fredericton. I will watch and listen to Radio-Canada and the
Réseau de l’information tomorrow to see whether any mention is
made of the Throne Speech, which is an important event in
politics here.
M. Raiche-Nogue : C’était un commentaire, pour revenir sur
les propos de Mme Lord qui parlait de la Loi sur les langues
officielles au Nouveau-Brunswick. Demain, au NouveauBrunswick, à Fredericton, il y a le discours du Trône, la reprise
des travaux parlementaires. Je ferai l’exercice de regarder et
d’écouter Radio-Canada et le Réseau de l’information demain
pour voir s’il y aura mention du discours du Trône, qui est un
événement important ici, en politique.
I can almost guarantee that no room will be made for it, or
that, if there is, it will be at the very end of the broadcast and there
will be virtually no analysis on the public affairs programs,
whereas, in Quebec, it takes only a minor reshuffle or a report or
something, not even a Throne Speech or a budget, and they lay it
on thick; they analyze and overanalyze.
Je peux presque vous garantir que soit il n’y aura pas d’espace
d’accordé ou que s’il y a une place, ce sera en toute fin de bulletin
et il n’y aura presque pas d’analyse dans les émissions d’affaires
publiques, alors qu’au Québec il suffit d’un remaniement mineur,
d’un rapport ou peu importe, même pas un discours du Trône ou
un budget, et on en beurre épais, on analyse et on suranalyse.
The Throne Speech tomorrow is an important event for New
Brunswick, but there will not be a lot of talk about it.
Demain, ce discours du Trône représente un événement
important pour le Nouveau-Brunswick mais on ne va pas
beaucoup en parler.
Senator Charette-Poulin: I want to thank the witnesses for
coming from so far away and for taking the time to come and
discuss a topic that is important to us.
Le sénateur Charette-Poulin : Je remercie nos témoins d’être
venus de si loin et d’avoir pris le temps de venir discuter d’un sujet
qui nous tient tous à cœur.
I feel compelled to disclose to you that I worked at RadioCanada for more than 20 years. I was vice-president for the
francophone regions from 1983 to 1988 under the direction of
Pierre Juneau.
Je me sens obligée de vous divulguer que j’ai œuvré pendant
plus de 20 ans à Radio-Canada. J’ai été vice-présidente des
régions francophones de 1983 à 1988, sous la direction de
M. Pierre Juneau.
When Mr. Juneau took decision-making away from Montreal
and moved it to Ottawa, he took the risk of appointing a young
girl from Sudbury to be responsible for regional radio and
television. And that radio and television had independent budgets
for improving facilities in all regions.
Lorsque ce dernier a pris la prise de décision de Montréal et l’a
déménagée à Ottawa, il a pris le risque de nommer une petite fille
de Sudbury qui serait responsable de la radio/télévision régionale.
Et cette radio/télévision a pu bénéficier de budgets autonomes
pour réaliser un progrès au plan des installations et ce, dans toutes
les régions.
I will not conceal the fact that Mr. Juneau regretted his
philosophy. He unfortunately died that same year. That man
really understood what francophone minority life was. He was
convinced that it was the country’s francophone regions that
would save Radio-Canada because, as you all have said so well,
Radio-Canada is necessary.
Je ne me cacherai pas pour vous dire que M. Juneau a regretté
sa philosophie. Il est malheureusement décédé cette année. Cet
homme avait vraiment compris ce qu’était la vie francophone en
situation minoritaire. Il était convaincu que c’était les régions
francophones du pays qui sauveraient Radio-Canada parce que,
comme vous l’avez tous si bien dit, la Société Radio-Canada est
une nécessité.
It is not an add-on; it is not a complement to private
broadcasters. It is really a necessity. In 1978, I opened RadioCanada’s services in northern Ontario by establishing a
production station equipped with 35 retransmitters.
Ce n’est pas un ajout, ce n’est pas une complémentarité aux
diffuseurs privés. C’est vraiment une nécessité. En 1978, j’ai
ouvert les services de Radio-Canada dans le nord de l’Ontario
avec la création d’une station de production munie de
35 réémetteurs.
As you know, distance is one of the biggest obstacles we face in
this country. That is the very nature of our country. And CBC/
Radio-Canada, both the English and French sides, is really the
only living and daily link that unites the country.
Vous savez que l’un des plus gros obstacles auxquels nous
faisons face au pays, ce sont les distances géographiques. C’est la
nature même de notre pays. Et Radio-Canada, tant du côté
anglais que du côté français, est vraiment le seul lien vivant et
quotidien qui unit le pays.
However, I would say that public funding has gradually
declined since 1979. Between 1985 and 1988, there were significant
reductions, when the corporation relied increasingly on
Cela dit, je dirais que depuis 1979, les fonds publics ont
diminué de façon graduelle. Entre 1985 et 1988, il y a même eu des
diminutions importante alors que l’entreprise dépendait de plus
26-11-2012
Langues officielles
13:85
advertising revenues, to the great despair of our private radio/
television networks. Radio-Canada then became a player vying
for a piece of the advertising revenue pie.
en plus des revenus publicitaires et ce, au grand désespoir de nos
entreprises privées en radio/télévision privée. Radio-Canada
devenait alors un joueur dans la tarte des revenus publicitaires.
I would like to answer the question whether there has been a
contraction. Ms. Lord, if you analyze the figures on regional slots
from 1980 until the present, you will see the decline in regional
slots on both radio and television. You will see another decline, in
the number of national programs produced in the regions,
whereas there was an increase in the number of national
programs produced in the regions during Mr. Juneau’s time.
J’aimerais répondre à la question de savoir s’il y a eu un recul.
Madame Lord, si vous faites l’analyse mathématique des cases
régionales de 1980 à aujourd’hui, vous constaterez la diminution
des cases régionales, tant à la radio qu’à la télévision. Vous allez
voir une autre réduction, soit celle du nombre d’émissions
nationales produites en région alors qu’au temps de M. Juneau
il y avait eu une augmentation des émissions nationales produites
en région.
I have a question, but Ms. Gibbs began to answer it. On the
one hand, we all agree that Radio-Canada is essential to the
country’s survival. On the other hand, there is real dissatisfaction
based on the statistics.
J’ai une question à poser, mais Mme Gibbs a commencé à y
répondre. D’une part, on est tous d’accord avec le fait que la
Société Radio-Canada est essentielle à la survie du pays. D’autre
part, il y a des insatisfactions factuelles réelles qui sont basées sur
des données mathématiques.
How do we go about meeting the two challenges without using
the dissatisfaction to say that we may perhaps stop RadioCanada’s television operations and keep only the radio because
they are too costly? How do we avoid that?
Comment faire pour relever les deux défis sans utiliser les
insatisfactions pour dire qu’on va peut-être cesser les activités de
la télévision de Radio-Canada pour ne garder que la radio parce
que c’est trop dispendieux? Comment faire pour éviter cela?
You will be appearing before the CRTC soon. Mr. Légère,
how are you going to avoid the danger that stalks us as Canadians
across the country, including Quebec?
Vous allez bientôt comparaître devant le CRTC. Monsieur
Légère, comment allez-vous faire pour éviter le danger qui nous
guette en tant que Canadiens et Canadiennes partout au pays,
incluant le Québec?
Mr. Légère: First, we have to recall the necessity of this
communication tool and the work that tool can do if it is well
used. Let us not forget that we have regional stations that produce
daily news broadcasts and certain programs. The national
broadcast is one thing, but the regional broadcasts are essential
to improving our knowledge of the challenges we face every day.
M. Légère : Il faut d’abord rappeler la nécessité de cet outil de
communication et le travail que cet outil peut réaliser s’il est bien
utilisé. N’oublions pas que nous avons quand même des stations
régionales qui produisent des bulletins de nouvelles quotidiens et
certaines émissions. Le bulletin national c’est une chose, mais les
bulletins régionaux sont essentiels pour nous permettre de mieux
connaître les défis auxquels nous sommes confrontés au
quotidien.
I am going to tell you this. We are going to repeat it. When we
say that the CRTC must absolutely compel Radio-Canada to
carry out its mandate, I mean the CRTC must be told to take
measures that will make the officers and teams of Radio-Canada’s
national network realize that it may be true that they are not
doing what is necessary and that it is time for them to do so and
that there will be consequences if they fail to do so.
Je vais vous le dire. On va le répéter. Lorsqu’on dit qu’il faut
absolument que le CRTC oblige Radio-Canada à remplir son
mandat, il faut dire au CRTC d’y aller avec des mesures qui vont
faire en sorte que les dirigeants et les équipes du réseau national
de Radio-Canada vont se dire que c’est peut-être vrai qu’ils ne
font pas le nécessaire et qu’ils serait temps qu’ils le fassent. Et à
défaut de le faire, il y a des conséquences.
Ms. Gibbs: One thing is clear: We are not appearing before you
as we will appear before the CRTC. Before you, we are discussing
the problems in a much more transparent manner than we will be
doing before the CRTC.
Mme Gibbs : Une chose est claire. On ne se présente pas devant
vous comme on va se présenter devant le CRTC. On discute
devant vous des malaises avec beaucoup plus de transparence
qu’on va le faire devant le CRTC.
Before the CRTC, we will not be spending an hour or two
talking about our complaints. We will be talking about certain
complaints, but we will also be talking about certain things that
the CRTC could do to improve positioning and regional
production. One of the problems we see is that there are fewer
regional programs or national programs made in the regions.
Devant le CRTC, on ne va pas passer une heure ou deux à
parler de toutes nos doléances. On va parler de certaines
doléances, mais on va aussi parler de certaines choses que le
CRTC pourrait faire pour améliorer le positionnement et la
production régionale. Effectivement, un des problèmes que l’on
constate, c’est qu’il y a moins d’émissions de case régionale ou
d’émissions nationales faites au régional.
13:86
Official Languages
26-11-2012
We in Acadia have evolved and grown up. We behave like
people who are part of the majority; we have something to
contribute. So something is not working any more because,
although we were once small fishermen, today we really have
something to contribute to the country, no more so than
Manitobans, no more so than the Fransaskois, but just as
much. It also has to be said that we are a people that needs to be
respected, just like the Quebec people.
Nous en Acadie, on a évolué et grandi. On se comporte comme
des majoritaires, on a quelque chose à apporter. Donc il y a
quelque chose qui ne fonctionne plus. Parce que si un jour on était
de petits pêcheurs, aujourd’hui on a vraiment quelque chose à
apporter au pays, pas plus que les Manitobain, pas plus que les
Fransaskois, mais tout autant. Il faut dire aussi qu’on est un
peuple qui a besoin d’être respecté comme le peuple québécois.
Senator Charette-Poulin: In response to a question that was put
to you, you said that quotas could not be imposed on RadioCanada. Could you explain why?
Le sénateur Charette-Poulin : En réponse à une question qui
vous a été posée, vous avez dit qu’on ne pourrait pas imposer de
quotas à Radio-Canada. Pourriez-vous expliquer pourquoi?
The Chair: Who wants to answer?
La présidente : Qui veut répondre?
Ms. Gibbs: I think we could impose one, and I believe that, if
we do not do so, hope will really fade away. In my view, the
CRTC has an obligation to allow a certain percentage of local
production and a certain number of our productions on the
national network. As I am not a statistician at Radio-Canada, I
will not go into the figures, but one day someone will definitely
have to put on his pants and determine who needs quotas in our
region.
Mme Gibbs : À mon avis, on pourrait en imposer un. Et je
crois que si on ne le fait pas, l’espoir va vraiment s’estomper. À
mon avis, le CRTC a l’obligation de permettre un certain
pourcentage de production locale et une certaine portion de nos
productions au national. N’étant pas statisticienne à RadioCanada, je n’irai pas dans les chiffres. Mais c’est certain qu’il va
falloir qu’un jour quelqu’un mette ses culottes et détermine qu’on
a besoin de quotas chez nous.
Mr. Légère: I did not want to talk about imposing anything
because we were talking about teams, about imposing someone
from the regions on all the teams, because that is always possible
in the measures that come from the CRTC, which tells all those
programs and the people responsible for those programs that it is
important for them to reflect Canadian realities.
M. Légère : Je ne voulais pas parler d’imposer, parce que,
alors, on parlait d’équipe, donc d’imposer une personne qui
vienne des régions au sein de l’ensemble des équipes, parce que
c’est toujours possible, dans les mesures qui viennent du CRTC
qu’il dise à l’ensemble de ces émissions et des responsables de ces
émissions qu’il est important qu’elles reflètent les réalités
canadiennes.
It is very possible to meet production quotas, but within teams,
if two people apply for a job, the best of the two will usually be
recruited. This is not simple.
Il est fort possible qu’on respecte les quotas pour des
productions mais au sein des équipes, si deux personnes
postulent pour l’emploi, habituellement sera recruté le meilleur
des deux. Ce n’est pas simple.
Ms. Lord: Let us consider the technologies at our disposal. I
am at a university that has three campuses in three different
regions. I have a recruiting team with members of that team on
the three campuses.
Mme Lord : Prenons en compte les technologies dont nous
disposons. Je suis dans une université qui a trois campus dans
trois régions différentes. J’ai une équipe de recrutement avec des
membres de cette équipe dans les trois campus.
We speak by telephone, by videoconference. We hold our
meetings and we have recruitment strategies. Radio-Canada can
do that very easily. Earlier I was telling you about the team of
Christiane Charette, who had five researchers. There could have
been two in Montreal, or even one in Montreal, a second in
Quebec City or Chicoutimi and a third in Ontario, a fourth in the
west and a fifth in Acadia. There are ways to talk to each other in
the morning. In any case, René and I were morning journalists at
Radio-Canada at the same time. I remember very clearly that we
had people from Nova Scotia, Newfoundland and Labrador and
Prince Edward Island with us at meetings in Moncton, the
correspondents in the other regions of New Brunswick.
On se parle au téléphone par vidéoconférence. Nous tenons nos
réunions et nous avons nos stratégies de recrutement. RadioCanada peut faire cela très facilement. Je vous parlais plus tôt de
l’équipe de Christiane Charette qui avait cinq recherchistes. Il
aurait pu y en avoir deux à Montréal ou même un à Montréal, un
autre à Québec ou à Chicoutimi et un autre en Ontario, un dans
l’Ouest et un autre en Acadie. Il y a moyen de se parler le matin.
De toute façon, nous avons été journalistes en même temps, René
et moi, à Radio-Canada le matin. Je me rappelle très bien qu’on
avait des gens de Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve-et-Labrador et
de l’Île-du-Prince-Édouard avec nous à Moncton, en réunion, les
correspondants dans les autres régions du Nouveau-Brunswick.
We did that in the Atlantic region for the regional news
broadcast. So that can definitely be done for national programs.
That idea can definitely be imposed; that is what I mean.
On le faisait en Atlantique pour le bulletin de nouvelles
régional. Donc cela peut certainement se faire pour les émissions
nationales. Cette idée peut être certainement imposée, c’est ce que
je veux dire.
26-11-2012
Langues officielles
13:87
Ms. Gibbs: We need to do some catching up. When women
wanted to take their place, some positive discriminatory practices
had to be implemented. The same was true for blacks. So we need
a catch-up plan for our regions and positive discriminatory
policies or else we will not get there.
Mme Gibbs : On a besoin de faire du rattrapage. Lorsque les
femmes ont voulu prendre leur place, il a fallu mettre des
politiques de discrimination positive. Ce fut la même chose pour
les Noirs. Nous avons donc besoin d’un plan de rattrapage pour
nos régions et avoir des politiques de discrimination positive,
sinon on y arrivera jamais.
Senator Poirier: Earlier Ms. Gibbs said that they were going to
appear before the CRTC and that what they said would not be
entirely the same as what they are saying today. Why not share
with them what you share with us?
Le sénateur Poirier : Mme Gibbs a dit tout à l’heure que
lorsqu’ils comparaîtraient devant le CRTC, leur discours ne serait
pas tout à fait le même que celui d’aujourd’hui. Pourquoi ne pas
partager avec eux ce que vous partagez avec nous?
Ms. Gibbs: We will say essentially the same things, but perhaps
not necessarily in the same way. We need the Senate’s support,
but your power is different from that of the CRTC. We do not
want our words to cause anyone to pull the plug on our public
broadcaster, even though we are going to talk about our
problems. Consequently, we will say the same thing, but we will
say it to be sure that the CRTC understands the importance we
attach to a public broadcaster.
Mme Gibbs : On va dire essentiellement les mêmes choses, mais
peut-être pas nécessairement de la même façon. On a besoin de
l’appui du Sénat, mais votre pouvoir est différent de celui du
CRTC. On ne veut pas par nos propos, même si on va parler de
nos malaises, qu’on tire la plug de notre diffuseur public. Donc,
on va dire la même chose mais on va le dire pour être sûr que le
CRTC comprenne l’importance qu’on accorde à un diffuseur
public.
Senator Poirier: I just want to ensure that they hear you
because what you say is important, because I am also hearing
what is important, but perhaps in a softer way, but they need to
hear it all the same.
Le sénateur Poirier : Je veux juste m’assurer qu’ils vous
entendent, car c’est important ce que vous dites, parce que ce
qui est important, je l’entends aussi, mais peut-être d’une manière
plus douce, mais ils ont besoin de l’entendre quand même.
Senator Charette-Poulin: Getting back to what Ms. Gibbs said
about there being some catching up to do, I was responsible to the
regions for implementing the plan on the presence of women on
the air. I will not conceal from you the fact that, as vice-president,
I went and sat down confidentially with each of the vicepresidents of the networks. We established very clear targets, and
they achieved their targets because we convinced them. Do you
know how? We talked to each other one on one, about how
ratings would increase when there was a more balanced ratio of
men to women representing our population today, a 50-50 ratio.
And it worked.
Le sénateur Charette-Poulin : Pour revenir aux propos de
Mme Gibbs lorsqu’on a du rattrapage à faire. J’ai été
responsable, auprès des régions, de l’implantation du plan sur la
présence des femmes aux antennes. Je ne vous cacherai pas qu’en
tant que vice-présidente je suis allée m’asseoir, confidentiellement,
avec chacun des vice-présidents des réseaux. On avait établi des
cibles très claires. Et ils ont atteint leurs cibles, parce qu’on les a
convaincus. Savez-vous comment? On se parlait seul à seul, que
les cotes d’écoute augmenteraient lorsqu’il y aurait à l’antenne
une proportion d’hommes et de femmes plus équilibrée qui
représente notre population d’aujourd’hui, soit 50-50. Et cela a
marché.
The responsibility you have on your shoulders as groups
representing our Acadian culture is so great, and that is why we
appreciate so much the fact that you are here today, because you
have a lot on your shoulders, and we are at a turning point in our
country and must ensure that the country, with its complexity and
challenges, is presented to us, in images and sound, on RadioCanada’s radio and television and on the Internet every day. That
is a great responsibility and we thank you.
La responsabilité que vous avez sur vos épaules en tant que
groupe représentant notre culture acadienne est tellement grande.
Et c’est pour cette raison que nous apprécions tellement votre
présence aujourd’hui, parce que vous en avez beaucoup sur vos
épaules et qu’on est à un moment tournant dans notre pays pour
nous assurer que le pays, dans sa complexité et ses défis, nous est
présenté visuellement et auditivement à tous les jours sur nos
antennes à la radio et à la télévision et sur le Web de la Société
Radio-Canada. C’est une grande responsabilité et merci.
Senator De Bané: The primary objective, the primary reason
for being a national public broadcaster, funded in large part by
taxpayers, is definitely to enable Canadians to see themselves,
hear themselves and have a voice, a face and gradually to develop
a common identity and values. These are far from being the first
reasons why we ask everyone to pay so that we can see ourselves.
Le sénateur De Bané : Il est certain que le premier objectif, la
première raison d’être d’un radiodiffuseur public national, financé
en grande partie par les contribuables, est de permettre aux
Canadiens de se voir, de s’entendre, d’avoir une voix, un visage et
petit à petit de développer des valeurs et une identité communes.
Ce sont de loin les premiers objectifs pourquoi on demande à tout
le monde de payer afin que nous puissions nous voir.
What does it represent for someone who is in a minority setting
to see other people who are also in a minority setting fighting to
preserve their francophone identity, whether they are in
Qu’est-ce que cela représente pour une personne qui est en
situation minoritaire de voir d’autres personnes également en
situation minoritaire se battre pour conserver leur identité
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Official Languages
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Vancouver, Saint-Boniface, Edmonton or other places across the
country? What does it mean from a psychological standpoint to
see oneself and to hear others who have to meet the same
challenge as us?
francophone qu’ils soient à Vancouver, à Saint-Boniface, à
Edmonton ou à d’autres endroits à travers le pays? Qu’est-ce
que cela donne au point de vue psychologique de se voir et
d’entendre d’autres qui doivent relever le même défi que nous?
Ms. Lord: That is a remedy to isolation. It makes it possible for
people to commune together. If there were a better Frenchlanguage national news broadcast, we would occasionally hear
the news that the Franco-Albertan schools are overflowing, that
there is a shortage of French-language schools in Alberta. We
never get that news in our region. That would be encouraging and
stimulating. There is obviously all this representation of the
francophone community as a whole, but there is more than that.
Radio-Canada does not reach out to Canadian citizens.
Mme Lord : La première chose est que cela brise l’isolement.
Cela permet de communier ensemble. S’il y avait un meilleur
bulletin national en français, on aurait à l’occasion cette nouvelle
à savoir que les écoles franco-albertaines débordent, qu’il manque
d’école française en Alberta. Nous ne recevons pas ces nouvelles
chez nous. Cela serait encourageant et stimulant. C’est sûr qu’il y
a toute cette représentation de la Francophonie dans son
ensemble, mais il y a plus que cela. Radio-Canada n’interpelle
pas le citoyen canadien.
Here is an example from my study. There were nine news
stories on the two broadcasts when the federal budget was
presented. On the Radio-Canada broadcast, seven stories came
from Quebec. During the entire period of the study, there was
nothing from Alberta, but it could have been very interesting, as a
Canadian citizen, to hear a viewpoint from Alberta, which plays a
decisive role in Canadian equalization. It is the only province that
has no provincial debt. So how does that province, which is
unique from a budgetary standpoint in Canada, react to the
federal budget? We only hear about Quebec in French, whereas
that news will be given in English. And yet, when the H1N1 flu
epidemic started a week later, we discovered that the public health
physician heading up the public health service in Alberta was a
francophone who spoke excellent French. So we saw him on
national television.
Je vais vous donner un exemple qui vient de mon étude. Lors
de la présentation du budget fédéral, il y a eu neuf reportages dans
les deux bulletins. Au bulletin de Radio-Canada, sept reportages
émanaient du Québec. Pendant toute la durée de l’étude, il n’y a
rien eu de l’Alberta, mais cela aurait été tout à fait intéressant, en
tant que citoyenne canadienne, d’avoir un point de vue de
l’Alberta qui joue un rôle déterminant dans la péréquation
canadienne. C’est la seule province qui n’a pas de dette
provinciale. Donc comment cette province, tout à fait singulière
sur le plan budgétaire au Canada, réagit-elle au budget fédéral?
En français, nous n’en avons que pour le Québec alors qu’en
anglais on va donner cette parole. Pourtant, une semaine plus
tard, débutait l’épidémie de grippe H1N1. On découvre alors que
le médecin hygiéniste à la tête du service de la santé publique en
Alberta est un francophone qui parle un excellent français. Donc
là, on l’avait à la télévision nationale.
H1N1 was a national issue. I was delighted to see that a
francophone from Alberta could speak about the H1N1 flu in
French. That is the kind of example that we unfortunately do not
see often enough. If we saw them more often, getting back to my
first answer, that would break down the isolation, and that is
what is important.
C’était un enjeu national le H1N1. J’étais ravie de voir qu’on
avait un francophone de l’Alberta qui pouvait nous parler en
français sur la grippe H1N1. C’est le genre d’exemple que,
malheureusement, nous ne voyons pas assez souvent. Si on les
voyait plus souvent, pour revenir à ma première réponse, cela
briserait l’isolement et c’est ce qui est important.
Ms. Friollet O’Neil: My comment is similar to that of
Ms. Lord. I often cite my own family as an example to explain
this situation that, like Obélix, I fell into when I was young and
became committed. However, that is not the case of all the
members of my family, who are unaware of this plural Canadian
francophonie. Why? Because when they turn on the television,
nothing tells them that they are francophones fighting every day
as we are, in New Brunswick, or in Manitoba; no one is saying
that there is a francophone community in Maillardville, British
Columbia, experiencing similar issues to those in the communities
of Dieppe, Moncton or Caraquet, New Brunswick, to talk about
my province.
Mme Friollet O’Neil : Mon commentaire va dans le même sens
que celui de Mme Lord. Je prends souvent l’exemple de ma
propre famille pour expliquer cette situation, où tout comme
Obélix, je suis tombée dedans quand j’étais petite, je me suis
engagée. Mais ce n’est pas le cas de l’ensemble des gens dans ma
famille, qui ne sont pas conscients de cette Francophonie
canadienne plurielle. Pourquoi? Parce quand on allume la
télévision, rien ne dit qu’il y a des francophones qui se battent
au quotidien comme nous, au Nouveau-Brunswick, ou au
Manitoba, rien ne dit qu’il y a une communauté francophone à
Maillardville, en Colombie-Britannique, qui vit des enjeux
semblables à ceux des communautés de Dieppe, de Moncton ou
de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, pour parler de ma
province.
So, yes, it is rewarding to see that our community has some
importance and carries some weight in the eyes of the Canadian
francophone community and of Canada as a whole, but also to
Donc oui, il est valorisant de voir que notre communauté a une
importance et du poids aux yeux de la Francophonie canadienne
et du Canada au complet, mais également de savoir qu’il y a des
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Langues officielles
13:89
know that there are francophone communities like ours across the
country. So that simply shows that we still exist and are together.
communautés francophones, comme la nôtre, qui sont présentes
dans l’ensemble du territoire. Donc cela démontre tout
simplement qu’on existe toujours et ensemble.
Ms. Gibbs: In a similar vein, I believe that seeing each other
and hearing each other means knowing each other. We
francophone and Acadian Canadians need to know each other,
but I also need to hear about Magdalen Islanders, people from the
Gaspé and the Saguenay. We do not hear about them either. We
need to talk about the regions. The regions of this country are not
well covered. I think it is fundamentally important, when we talk
about regional production, about covering our regions, to talk as
well about Quebec’s regions, which at times are as abandoned as
we are.
Mme Gibbs : Pour aller dans le même sens, je crois que
s’entendre, se voir, c’est se connaître. On a besoin de se connaître
entre gens de la Francophonie canadienne et acadienne. Mais j’ai
aussi besoin d’entendre parler des Madelinots, des Gaspésiens,
des Saguenéens. On n’entend pas parler d’eux non plus. Donc a
besoin de parler des régions. Les régions de ce pays ne sont pas
bien couvertes. Je trouve fondamental que lorsqu’on parle de
production régionale, de regard sur nos régions, on parle aussi des
régions du Québec qui sont parfois aussi orphelines que nous le
sommes.
To my mind, the day we establish dialogue among the
communities of the Canadian, Acadian and Quebec
francophonie will be the day we speak with the voice of a great
nation.
Pour moi, le jour où on va créer le dialogue entre toutes les
communautés de la Francophonie canadienne, acadienne et
québécoise, là on va parler d’une voix d’une grande nation.
Senator De Bané: We are the second largest country in the
world; we have six time zones and three oceans. Our country is as
large as all of Europe.
Le sénateur De Bané : Nous sommes le deuxième plus grand
pays dans le monde, six fuseaux horaires, trois océans. Notre pays
est aussi grand que toute l’Europe.
Radio-Canada constantly says it has no money. In midOctober, Canadian Press interviewed the director of
communications at Radio-Canada. We learned that there are
1,300 journalists at CBC/Radio-Canada — 1,300! I will send you
the article, which appeared in the Globe & Mail.
Radio-Canada n’arrête pas de dire qu’elle n’a pas d’argent. À
la mi-octobre, la Presse canadienne a interviewé le directeur des
communications de la Société Radio-Canada. Nous avons appris
qu’il y a 1 300 journalistes à CBC/Radio-Canada. Mille trois
cents! Je vous enverrai l’article qui a paru dans le Globe & Mail.
Of the 1,300, approximately 600 are at Radio-Canada. Of that
600 — not exactly; it was 587 — two-thirds, or 62 per cent, are in
Quebec, a province where there are 8 million inhabitants
including 6 million francophones. Radio-Canada is obviously
interested in them.
Sur ces 1 300, environ 600 sont à Radio-Canada. Sur ces 600 —
pas tout à fait, c’était 587 —, les deux tiers, donc 62 p. 100, sont
au Québec. Une province où il y a huit millions d’habitants dont
six millions de francophones. C’est à eux que Radio-Canada
s’intéresse évidemment.
I say it is interested since the Senate of Canada conducted a
multi-month study in Ottawa and Quebec on the concerns and
nervousness of Quebec’s English-speaking community. There was
not a word of it on Radio-Canada. That does not interest them.
Je dis qu’elle s’intéresse puisqu’au Sénat canadien, on a fait une
étude de plusieurs mois à Ottawa, au Québec sur les inquiétudes,
la nervosité de la communauté anglo-québécoise. Pas un mot à
Radio-Canada. Cela ne les intéresse pas.
There are 6 million francophones in Quebec. Add to that
number the non-mother-tongue French speakers and you get
7.5 million. They have nearly 400 journalists. In Ontario, a
province with 13 million inhabitants, 60 per cent more, the CBC
has barely one-third of their journalists in Ontario, one-third. In
Quebec, they have two-thirds in a single province.
Il y a six millions de francophones au Québec. Ajoutez ceux qui
ne sont pas de langue maternelle mais qui parlent français, vous
arrivez à sept millions et demi. Ils ont près de 400 journalistes. En
Ontario, province de 13 millions de personnes, donc 60 p. 100
plus importante, ils ont à peine le tiers de leurs journalistes en
Ontario, CBC — le tiers. Au Québec, ils ont les deux tiers dans
une seule province.
So when you talk to me about money, I also think that RadioCanada’s culture has to be changed, if the only thing that counts
for them is Quebec, if, in their minds, francophones who do not
live in Quebec are enemies or adversaries because they have
chosen Canada and they should therefore not be covered.
Donc, quand vous me parlez argent, je pense aussi qu’il faut
changer la culture de Radio-Canada. Si pour eux la seule chose
qui compte c’est le Québec, si pour eux les francophones qui ne
vivent pas au Québec sont des ennemis, des adversaires parce
qu’ils ont choisi le Canada, et donc qu’il ne faut pas les couvrir.
That is why I found it very hard when I watched the television
broadcast of the Saint-Jean-Baptiste Day celebrations in
Montreal. There was not a word about the francophones
celebrating Saint-Jean-Baptiste Day in the rest of Canada, not a
passing reference. And the act tells us that they are there to create
a Canadian community and they do not even want to mention the
C’est pour cette raison que j’ai eu énormément de peine
le 24 juin, lorsque j’ai regardé la télédiffusion des célébrations de
la Saint-Jean, à Montréal. Il n’y a pas eu un mot des
francophones dans le reste du Canada qui fêtaient la Saint-Jean,
pas une allusion. Et ensuite, la loi nous dit qu’ils sont là pour
essayer de créer une globalité canadienne et ils ne veulent même
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Official Languages
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francophone communities that are fighting elsewhere once, during
a show that lasted two and a quarter hours, not once. And as you
said earlier, and as Lionel Groulx said, the francophone
communities outside Quebec are the first line of defence. If they
fall, Quebec will fall too.
pas mentionner un instant, durant un spectacle qui aura duré
deux heures et quart, pas une fois les communautés francophones
qui elles, se battent ailleurs. Et comme vous l’avez dit tantôt, et tel
que Lionel Groulx l’a déjà dit, ce sont les communautés
francophones à l’extérieur du Québec qui sont la première ligne
de défense. Si celles-là tombaient, le Québec tomberait aussi.
So I figure, yes, we have to talk about money, but it goes
deeper than that. Having 400 journalists in Quebec for 6 million
inhabitants, really! Look at the CBC, which has an efficient
broadcast; they do not have 400 journalists in a province that is
60 per cent larger. The ratio is three times greater in Quebec than
in Ontario.
Alors je me dis, oui, il faut parler argent, mais c’est plus
profond que cela. Avoir 400 journalistes au Québec pour six
millions d’habitants, franchement! Regardez CBC qui a un
bulletin efficace, ils n’ont pas 400 journalistes dans une province
60 p. 100 plus grande. Donc c’est un ratio trois fois plus
important au Québec qu’en Ontario.
So I understand the money issue, but I am not convinced it is
the primary obstacle. No. You yourselves have cited examples of
how, for them, it is a Quebec view of the world. That is it. Do not
hesitate to react.
Donc je comprends la question de l’argent, mais je ne suis pas
convaincu que c’est là l’obstacle premier. Non. Vous en avez-vous
même donné des exemples comment, pour eux, it is a Quebec view
of the world. Voilà. N’hésitez pas à réagir.
The Chair: Reactions?
La présidente : Réactions?
Ms. Gibbs: I would like to add something. The imbalance is
perhaps unpardonable, and that reflects exactly the malaise you
just presented to us.
Mme Gibbs : J’aimerais effectivement ajouter quelque chose.
Le déséquilibre est peut-être impardonnable, et cela reflète
exactement ce qu’on vient de vous présenter comme malaise.
That does not alter the fact that, as was said earlier, RadioCanada has been on a crash diet since 1979. I believe the bleeding
has to stop. Even the CBC is on its own diet. There are two things:
there is the culture and there is the Montreal ivory tower. I
incidentally call it Radio-Montréal, not Radio-Québec. However,
we have to be given the means. If we want to provide a significant
window on what is being done right in our regions, we have to
have the means to do it. We do not want to produce programs on
smaller budgets. We want to have the means to make good
productions and to be proud of what we do. And the artists could
very well contribute, but we need to have all the means.
Cela n’empêche pas que, depuis 1979 — comme on le disait
plus tôt —, il y a une cure d’amaigrissement à Radio-Canada. Je
crois que la saignée doit arrêter. Même CBC a sa cure
d’amaigrissement. Il y a deux choses : il y a la culture et la tour
d’ivoire montréalaise — j’appelle d’ailleurs cela Radio-Montréal,
pas Radio-Québec. Par contre, effectivement, il faut nous donner
les moyens. Si on est pour donner une vitrine importante sur ce
qui se fait de bien sur nos territoires, il faut avoir les moyens de le
faire. On ne veut pas faire des productions avec des budgets
moindres. On veut avoir les moyens de faire de bonnes
productions et être fier de ce qu’on fait. Et effectivement, les
artistes pourraient très bien contribuer mais on a besoin d’avoir
tous les moyens.
Senator De Bané: I understand what you are saying. Last week,
we heard from a witness who had a PhD, a journalist who worked
for Radio-Canada and had extraordinary access. She published a
book saying that, in Montreal, where she witnessed the
production of Le Téléjournal over a number of months, nearly
600 people are involved in producing Le Téléjournal. The
Treasury Board people in Ottawa must have taken note of that
information: 600 people. They must be saying to themselves that
there are limits, speaking only about Quebec, because talking
about Canada is obviously out of the question; they always have
to say ‘‘Quebec and Canada.’’
Le sénateur De Bané : Je comprends ce que vous dites. La
semaine dernière, nous avons reçu un témoin qui possédait un
Ph.D. en journalisme et qui a travaillé à Radio-Canada, qui a eu
un accès extraordinaire. Elle a publié un livre pour dire qu’à
Montréal, où elle a assisté à la confection du Téléjournal durant
plusieurs mois, qu’ils ont près de 600 personnes dans le domaine
de la confection du Téléjournal. Les gens au Conseil du Trésor à
Ottawa doivent avoir noté cette information, 600 personnes. Ils
doivent se dire qu’il y a des limites. Pour ne parler uniquement
que du Québec. Parce qu’évidemment, il n’est pas question de
parler du Canada; il faut toujours dire « le Québec et le Canada ».
It was Thanksgiving in the United States a few days ago. What
did I hear on Radio-Canada? People were going to do a lot of
shopping, in Quebec and Canada.
Il y a eu la fête de l’Action de grâce il y a quelques jours aux
États-Unis. Qu’est-ce que j’ai entendu, à Radio-Canada? Les gens
vont faire beaucoup d’emplettes, au Québec et au Canada.
The expression ‘‘in Quebec and Canada’’ is loaded with
meaning. They never talk about Quebec any more without
talking about Canada, ever. If they really want not to talk about
Quebec, they say ‘‘the country.’’
L’expression « au Québec et au Canada » est lourde de sens. Ils
ne parlent plus du Québec sans parler du Canada, jamais. S’ils
veulent réellement ne pas parler du Québec, ils disent « le pays ».
Ms. Gibbs: Or Europe.
Mme Gibbs : Ou l’Europe.
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Langues officielles
Senator De Bané: But if they say ‘‘in Canada,’’ they always
have to add ‘‘Quebec,’’ even for Thanksgiving shopping.
Senator Comeau: Thank you very much, Madam Chair.
13:91
Le sénateur De Bané : Mais si on dit « au Canada », il faut
ajouter « le Québec », toujours; même pour les emplettes de
l’Action de grâce.
Le sénateur Comeau : Merci beaucoup, madame la présidente.
When I attend committee meetings, I like to close by asking
what the main message that comes out of the discussion is. I am
getting two messages this evening. One message is very clear and
that is that Radio-Canada is not talking about us and is not
carrying out its mandate.
Quand j’assiste à des réunions de comités, j’aime conclure en
demandant quel est le message principal qui est ressorti des
échanges. Je comprends deux messages ce soir; un message bien
clair selon lequel la Société Radio-Canada ne parle pas de nous et
qu’elle ne remplit pas son mandat.
However, every one of you has told us this evening that there is
a serious problem, and that is the budget cuts. This may be
something that the committee should examine, to determine the
exact amount of the budget cuts we are talking about. I do not
know the exact amount, but we will look into that. That is
pursuant to a piece of commentary that appeared in Le Droit
today stating that Louis Lalande, Vice-President for French
Services, told the CRTC last week that francophone listeners and
viewers outside Quebec would like to see themselves represented
to an even greater degree in the services the corporation offers,
but he added that the current financial situation made matters
difficult. That is still a challenge.
Par contre, chacun de vous nous avez dit ce soir qu’il y avait un
grave problème, à savoir celui des compressions budgétaires. C’est
peut-être une chose que le comité doit examiner, à savoir quel est
le montant exact des compressions budgétaires dont on parle. Je
ne connais pas le montant exact, mais on va examiner cela. Cela
fait suite à un commentaire paru aujourd’hui dans Le Droit dans
lequel il était fait état que la semaine dernière, devant le CRTC, le
vice-président des services français, Louis Lalande, comprenait
que les auditeurs francophones de l’extérieur du Québec
souhaiteraient se retrouver encore davantage dans l’offre de
services. Mais il ajoutait que le contexte financier actuel rendait
les choses difficiles. Ce défi sera toujours là.
Consequently, he agrees with you that the root of the problem
is the lack of funding. Should we simply tell the government that
now? Should we tell it that they need only give Radio-Canada
more money for the problems to be solved? Is that the message
you want to send them? Because that is the message I am receiving
this evening. I agree with Senator De Bané. In my opinion, we
have symptoms of problems, but I do not agree that the root of
the problem is the lack of funding. We will be examining that, of
course, but I believe these are symptoms because the stranded
turtle item that makes Radio-Canada’s news as being something
special about the Atlantic region is followed by an item
concerning a flat tire on Décarie Boulevard in Montreal. The
problem is much bigger than a lack of funding. You have sent us a
message this evening, and I understand that it is a money
problem. Is that correct?
Il est donc d’accord avec vous sur le fait que la racine du
problème provient du manque de financement. S’agit-il
simplement de dire cela maintenant au gouvernement? Lui dire
qu’ils n’ont qu’à donner plus d’argent à la Société Radio-Canada
pour que les problèmes soient réglés? Est-ce le message que vous
voulez qu’on leur transmette? Parce que c’est le message que je
comprends ce soir. Je suis d’accord avec le sénateur De Bané;
d’après moi, on a des symptômes de problèmes, mais je ne suis pas
d’accord sur le fait que la racine du problème soit le manque de
financement. On va examiner cela, bien sûr. Mais moi, je crois que
ce sont des symptômes. Parce que la nouvelle de la tortue échouée
qui fait les nouvelles de Radio-Canada comme étant quelque
chose de spécial pour l’Atlantique, est suivie par la prochaine
nouvelle concernant une crevaison sur le boulevard Décarie à
Montréal. Le problème est bien plus important qu’un manque de
financement. Vous nous avez transmis un message ce soir et j’en
retiens que c’est un problème d’argent. Est-ce bien cela?
Ms. Lord: Beyond the money problem, there is the problem of
the very culture of the Radio-Canada tower in Montreal.
Mme Lord : Au-delà du problème d’argent, il y a le problème
de la culture même de la tour de Radio-Canada à Montréal.
Senator De Bané: Bravo!
Le sénateur De Bané : Bravo!
Ms. Lord: It is the Montreal bubble. It is the number one
problem for national content which is in fact not national.
However, with regard to ensuring that production takes place in
the regions, yes, it is a funding problem.
Mme Lord : C’est la bulle montréalaise. C’est le problème
numéro un pour le contenu national qui n’en est pas un. Mais
pour assurer de la production en région, oui, c’est un problème de
financement.
Senator Comeau: That is the message that was somewhat
confused this evening.
Le sénateur Comeau : C’est le message qui était un petit peu
confus ce soir.
Ms. Lord: Yes.
Mme Lord : Oui.
13:92
Official Languages
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Senator Comeau: I would not want to see you go to the CRTC
and give them the message that Mr. Lalande is correct and that it
is just a money problem. That is what he is saying. Do you agree
with that? Be careful.
Le sénateur Comeau : Je n’aimerais pas vous voir aller au
CRTC et transmettre le message que M. Lalande est correct et
que c’est seulement un problème d’argent. C’est ce qu’il est en
train de dire. Est-ce que vous êtes d’accord avec cela? Soyez
prudents.
Mr. Légère: You have to say things in the right way, but one
thing is certain: the main message is that Radio-Canada should be
required to comply with its mandate. That is written in black and
white.
M. Légère : Il faudra dire les choses de la bonne manière. Mais
une chose est certaine, le message principal est d’amener RadioCanada à respecter son mandat. C’est écrit noir sur blanc.
Senator Comeau: Absolutely.
Le sénateur Comeau : Absolument.
Mr. Légère: From the moment they manage to do that, yes,
additional funding will make it possible to produce programming
in accordance with the production mandate that reflects the
realities of the regions across the country.
M. Légère : Du moment qu’ils réussissent à faire cela, oui, des
fonds additionnels permettent cette réalisation selon le mandat de
production un peu partout au pays et qui reflète les réalités des
régions.
Senator Comeau: Earlier, Mr. Légère, you made the comment
that you had appeared before the CRTC at some time in the past
and had virtually sent them the clear message that the mandate
should be changed or something different should be created.
Le sénateur Comeau : Tout à l’heure, monsieur Légère, vous
avez fait le commentaire que, à un moment donné dans le passé,
vous avez comparu devant le CRTC et vous avez presque
transmis le message clair de changer le mandat ou de créer
quelque chose de différent.
Mr. Légère: That was the producers’ meeting. We held a
meeting with a lot of producers and we were telling them that
there was a problem somewhere. We wanted them to explain to us
why it was so difficult to reflect regional realities as a whole on
their programs. That was when some producers said that, when
they have francophones from our communities on their teams, the
production meetings inevitably have an impact because those
people can say that there may be a story going on in Chéticamp,
Saint-Boniface or Sudbury, and those people working in the field
in Montreal may not have had a chance to discover or get to
know that. There is a little intellectual laziness in that regard, but
that is sort of what I talked about.
M. Légère : C’était à la rencontre des réalisateurs. On avait
tenu une rencontre avec plein de réalisateurs et puis on était en
train de leur dire qu’il y avait un problème quelque part. On
voulait qu’ils nous expliquent pourquoi il était tellement difficile
au sein de leurs émissions de refléter l’ensemble des réalités
régionales. C’est là que certains réalisateurs ont dit que lorsqu’ils
ont, au sein de leurs équipes, des francophones issus de nos
communautés, inévitablement dans les réunions de production ça
a un impact. Parce que ces gens sont capables de dire qu’il y a
peut-être une histoire qui se passe à Chéticamp, à Saint-Boniface
ou à Sudbury. Et ceux qui travaillent sur le terrain à Montréal
n’ont peut-être pas eu la chance de découvrir ou de connaître cela.
Il y a un peu de paresse intellectuelle à ce niveau, mais c’est un
petit peu de ça dont j’avais parlé.
Mr. Caissie: It is not just about money. It is a corporate
culture. For example, we realized that the money from the Local
Programming Improvement Fund that was intended for the
regions and that, as a result of a centralized decision, was not
going there, made it possible for us to have many more
productions that were more about us. That may be an example
to keep in mind.
M. Caissie : Ce n’est pas seulement de l’argent. C’est une
culture de boîte. Par exemple, il y a le Fonds pour l’amélioration
de la programmation locale pour lequel on s’est aperçu que
l’argent destiné aux régions et qui ne transitait pas par une
décision centralisée nous permettait d’avoir beaucoup plus de
productions qui parlent davantage de nous. C’est peut-être un
exemple à garder en tête.
Ms. Gibbs: Clearly, if we do not want to have 600 journalists or
587 journalists in Montreal, and we want to produce programs
across the country, with the large country we have, two things
must be done. There is a corporate culture that has to be changed.
There are obligations that must be met. Radio-Canada has
obligations. However, as Mr. Caissie said with regard to the fund,
there is $2 million in Acadia that makes all the difference. A
matter of money, but, if we want Radio-Canada to be able to
work with our communities, it is necessary, and we would like to
have the means to turn out good productions. We want the means
to put ourselves in a good position and we do not at all have the
means to fail.
Mme Gibbs : C’est clair que si on ne veut pas avoir
600 journalistes ou 587 journalistes à Montréal et que l’on veut
avoir des productions qui se font à travers le pays, avec le vaste
pays que l’on a, il faut faire deux choses. Effectivement, il y a une
culture de boîte qui doit être changée. Il y a des obligations qui
doivent être respectées. Radio-Canada a des obligations. Cela dit,
comme M. Caissie l’a dit concernant le fonds, il y a une somme de
deux millions de dollars en Acadie qui a fait toute la différence.
Tout n’est pas qu’une question d’argent, mais si on veut que
Radio-Canada puisse travailler avec nos communautés, il faut et
on voudrait avoir les moyens de faire de bonnes productions. On
veut avoir les moyens de bien se positionner et nous on n’a pas du
tout les moyens de rater notre coup.
26-11-2012
Langues officielles
13:93
Mr. Raiche-Nogue: Money will obviously not solve everything,
but cutting the funding granted to Radio-Canada will have a
harmful effect on news quality and on representation of the
regions. Money does not solve everything, but less money will
cause problems. Perhaps it is the way the money is spent because
money spent in the regions to hire journalists, researchers and
producers can make an enormous difference. Giving 50 per cent
more funding to Radio-Canada, which can then decide on its own
to do what it wants, to invest in Montreal, for example, will
clearly not solve the problem, but investing in the regions could
perhaps make a big difference.
M. Raiche-Nogue : Il est certain que l’argent ne réglera pas
tout, mais en réduisant les crédits accordés à Radio-Canada, cela
aura un effet pervers sur la qualité de l’information et sur la
représentation des régions. L’argent ne règle pas tout, mais moins
d’argent va causer des problèmes. C’est peut-être dans la façon de
dépenser l’argent, parce que l’argent dépensé en région pour
embaucher des journalistes, des recherchistes et des réalisateurs
peut faire une énorme différence. Il est certain que de donner
50 p. 100 plus de financement à Radio-Canada qui peut ensuite
décider elle-même de faire ce qu’elle veut, comme investir à
Montréal, ne réglera pas le problème. Mais peut-être qu’un
investissement dans les régions pourrait faire une grosse
différence.
When the Local Programming Improvement Fund was
cancelled, we felt the effects of that decision in our newsroom
here at Radio-Canada Acadie in Moncton. One researcher lost his
job, a host lost hers. When there is less money, we feel the effect.
It is striking. There are fewer people in the newsroom to work.
Money is still very important. Funding is a major tool.
Quand le Fonds pour l’amélioration de la programmation
locale a été supprimé, on a senti les effets de cette décision dans
notre salle de nouvelles ici à Moncton, à Radio-Canada Acadie.
Un recherchiste a perdu son emploi, une animatrice a perdu son
emploi. L’argent, quand il y en a moins, on en ressent l’effet. C’est
marquant. C’est des gens de moins dans la salle des nouvelles qui
sont là pour travailler. L’argent, ça reste quand même très
important. Le financement, c’est un outil majeur.
Senator Comeau: There was an expression in the United States
a few years ago to the effect that throwing a little money at
something could also have an impact on minority regions.
Le sénateur Comeau : Il y avait une expression aux États-Unis,
il y a quelques années, qui disait que de lancer un peu d’argent
vers quelque chose pourrait aussi avoir des retombées sur les
régions en situation minoritaire.
Make your message clear. The root of the problem is either
money or a corporate culture. It is up to you to decide.
Soyez clair sur votre message. Soit que la racine du problème
est l’argent ou une culture dans la boîte. C’est à vous de prendre la
votre.
Ms. Gibbs: The problem is twofold. When you get out of the
major urban centres, New Brunswick is a rural province. A lot of
Canadian francophone communities are located in very rural
provinces. If we do not want to disappoint people, from Moncton
to Caraquet, the window on Acadia must have many facets and
not come from just Moncton or Halifax. We need the two
approaches, and I am not sure they contradict each other, but
that will make people more informed and we will pay attention to
the way in which we present matters.
Mme Gibbs : Le problème est double. Quand on sort des
grands centres urbains, le Nouveau-Brunswick est une province
rurale. Il y a bien des communautés de la Francophonie
canadienne qui se retrouvent dans des provinces très rurales. Si
on ne veut pas faire des insatisfaits, de Moncton à Caraquet, il
faudra que la vitrine de l’Acadie soit multiple, qu’elle ne vienne
pas seulement de Moncton ou de Halifax. On a besoin d’avoir les
deux discours, et je ne suis pas sûre qu’ils se contredisent, mais
cela fera de nous des personnes plus averties et on va faire
attention sur la façon de présenter les choses.
Senator Comeau: I gave you my recommendations. Take them
as you will.
Le sénateur Comeau : Je vous ai passé mes recommandations.
Prenez-les comme vous le voulez.
Mr. Raiche-Nogue: The problem is not that simple. This is not
just about money or corporate culture. Canada is complex.
Radio-Canada is complex, and it is not enough just to change
corporate culture or anything else. Money and culture are not
contradictory; you can have one together with the other. We
should not over simplify the solution either.
M. Raiche-Nogue : Le problème n’est pas si simple. Il n’est pas
question que d’argent ou de culture de la boîte. Le Canada est
complexe, Radio-Canada est complexe, et il ne suffit pas
simplement de changer la culture de la boîte ou autres. L’argent
et la culture ne se contredisent pas, l’un peut venir avec l’autre. Il
ne faut pas trop simplifier la solution non plus.
Senator De Bané: Why did she say ‘‘my colleague Senator
Comeau’’? That is worth thinking about. The Local Production
Improvement Fund is a program that was conceived, desired,
decided on and imposed by the CRTC. It has just cancelled it,
knowing perfectly well that it will cost $40 million less a year.
Why are most of the commissioners independent; this is an
administrative tribunal. Once they had seen everything, they said,
Le sénateur De Bané : Pourquoi dit-elle « mon collègue le
sénateur Comeau »? Cela vaut la peine de réfléchir à cela. Le
Fonds d’amélioration de la production locale est un programme
qui a été pensé, voulu, décidé, imposé par le CRTC. Il vient de
l’abolir, sachant très bien que cela coûtera 40 millions de dollars
de moins par année. Pourquoi la majorité des commissaires sont
indépendants, c’est un tribunal administratif. Quand ils ont tout
13:94
Official Languages
26-11-2012
no, we cannot charge all consumers in Canada who have cable
$40 million so that that amount can be paid to stations that have
not proven that they really needed it and that they were going to
do something with it and so on. Why did the majority of CRTC
commissioners vote in favour of not extending a program that
they themselves introduced? If you have any contact with those
people, it would be worthwhile getting them to confess to you.
What was it about that program that was not good? And ask
them to change it, if it is a minor detail that displeases you about
the way the money was spent, to make the changes; we need the
program because the same people who introduced it abolished it.
Something is bothering me there.
vu, ils ont dit que, non, on ne peut pas charger 40 millions à tous
les consommateurs du Canada qui ont le câble pour verser cette
somme pour des stations qui ne nous ont pas prouvé que
réellement, ils en avaient besoin et qu’ils allaient faire quelque
chose avec, et cetera. Pourquoi la majorité des commissaires du
CRTC ont voté pour ne pas reconduire un programme qu’euxmêmes avaient fait? Si vous avez des contacts avec ces gens, cela
vaut la peine que vous les confessiez. Qu’est-ce qu’il y avait dans
ce programme qui n’était pas bon? Et demandez-leur de les
modifier, si c’est tel ou tel petit détail qui fait que vous n’êtes pas
content de la façon dont l’argent a été dépensé, faites les
modifications, on a besoin de ce programme. Parce que c’est les
mêmes personnes qui l’ont accompli, qui l’ont aboli. Quelque
chose me fatigue.
Ms. Gibbs: We do not have any inside knowledge. However,
we know that there was a lot of pressure, which did not come
from our community or from regional stations, not to mention
the private sector. We do not know why they cancelled it, but I
can tell you that the reason why it was established is that it was a
catch-up fund, and you have decision-making authority for that.
If it was good three years ago, it is just as relevant now, despite an
unwise decision by the commissioners.
Mme Gibbs : On n’est pas dans le secret des dieux. Par contre,
on sait quand même qu’il y a eu beaucoup de pressions, qui ne
viennent pas de notre milieu, qui ne viennent pas des stations en
régions pour ne pas nommer le privé. On ne sait pas pourquoi ils
l’ont aboli, mais je puis vous dire que la raison pour laquelle cela
avait été mis sur pied, c’est parce que c’était un fonds de
rattrapage et pour cela vous avez un pouvoir de décision. S’il était
bon il y a trois ans passés, il est tout autant pertinent maintenant,
malgré une décision pas sage des commissaires.
The Chair: You would recommend that the fund be
re-established?
La présidente : Vous recommanderiez que le fonds soit remis
sur pied?
Ms. Gibbs: Indeed, let them call it what they want; that is not
important, but a catch-up fund is essential in supporting the
minority communities.
Mme Gibbs : Effectivement, qu’on l’appelle comme on voudra,
ce n’est pas important. Mais le besoin d’un fonds de rattrapage est
essentiel pour soutenir les communautés en milieu minoritaire.
Senator McIntyre: We have to go back to the essential point,
which is that Radio-Canada has two mandates: its first mandate
is to comply with the Broadcasting Act and its second mandate is
to comply with the Official Languages Act. The Broadcasting Act
has been clear since 1991. Radio-Canada must offer programming
that teaches, informs and entertains. That is Radio-Canada’s
mandate. And Radio-Canada, the public broadcaster, is not
carrying out its mandate at the present time. We are increasingly
witnessing the Montrealization of the public broadcaster, and this
is the correction that must be made.
Le sénateur McIntyre : Il faut retourner à l’essentiel, qui est que
Radio-Canada a deux mandats : son premier est de respecter la
Loi sur la radiodiffusion et son deuxième mandat est de respecter
la Loi sur les langues officielles. Depuis 1991, la Loi sur la
radiodiffusion est claire. Radio-Canada doit offrir une
programmation qui renseigne, éclaire et divertit. C’est le mandat
de Radio-Canada. Et présentement, Radio-Canada, le diffuseur
public, ne remplit pas son mandat. Nous assistons de plus en plus
à la montréalisation du diffuseur public et c’est là que le correctif
du tir doit se faire.
The Chair: The deputy chair of the committee, Senator
Champagne, could not be with us this afternoon, but she has
sent me a question that she wanted me to ask Ms. Lord. So I am
going to take the liberty of asking her question.
La présidente : La vice-présidente du comité, le sénateur
Champagne, ne pouvait pas être avec nous cet après-midi mais
elle m’a fait parvenir une question qu’elle voulait que je pose à
madame Lord. Alors je vais me permettre de poser sa question.
There is a persistent rumour that there may be two new
French-language television networks whose programming will
consist of exclusively of programs from francophone regions
outside Quebec. Ms. Lord, what do you think are the chances the
CRTC will grant a licence to at least one of those two new
networks? You may answer now or later in writing if you prefer.
Une rumeur persistante nous laisse croire à la possibilité de
deux nouveaux réseaux de télévision en langue française dont la
programmation serait faite exclusivement d’émissions venant de
régions francophones hors Québec. Selon vous, madame Lord,
quelles sont les possibilités que le CRTC accorde une licence à au
moins un de ces nouveaux réseaux? Vous pouvez y répondre
maintenant ou plus tard par écrit si vous préférez.
Ms. Lord: I am aware of this issue. You have to know that the
CRTC has decided to make room for a new national francophone
channel for mandatory carriage. We know that the cable industry
in Canada has been deregulated since September 1, 2011.
Mme Lord : Je suis au courant de ce dossier. Il faut savoir que
c’est le CRTC qui a décidé de faire une place pour une nouvelle
chaîne francophone à travers le pays qui serait en distribution
obligatoire. On sait que depuis le premier septembre 2011, il y a
26-11-2012
Langues officielles
13:95
Consequently, Radio-Canada is still under mandatory carriage
across the country. TV5 Québec Canada is subject to a two-year
stay that will end on August 31 of this year. Consequently, two
projects were submitted.
déréglementation au niveau de la câblodistribution au Canada.
Donc Radio-Canada reste toujours en distribution obligatoire à
travers le pays. TV5 Québec Canada a eu un sursis de deux ans
qui se terminera le 31 août de cette année. Donc deux projets ont
été présentés.
There is a difference between the two projects, contrary
perhaps to what Senator Champagne has written in her
question, and that is that one project is called the Chaîne
Accents, and Quebec is completely absent from its production and
programming, and the other is TV5 Québec Canada, in which
Quebec is involved with the rest of the Canadian francophone
community, except that there would be co-productions that
would increase over the years with Franco-Canadian producers
and Quebec producers, but outside Montreal. It would be an
interregional network so that it would also be able to show all the
francophone regions of Canada, including those in Quebec,
which, as was said a little earlier today, are not seen on RadioCanada.
Il y a une différence entre les deux projets contrairement peutêtre à ce que le sénateur Champagne a écrit dans sa question, à
savoir qu’il y a un projet qui se nomme la Chaîne Accents où le
Québec est complètement absent de la production et de la
programmation, et l’autre, c’est TV5 Québec Canada où le
Québec est présent avec la Francophonie canadienne à la nuance
qu’il y aurait des coproductions qui augmenteraient au fil des ans
avec des producteurs franco-canadiens et les producteurs
québécois, mais hors Montréal. Ce serait une chaîne
interrégionale pour aussi pouvoir montrer toutes les régions
francophones du Canada y compris celles du Québec, qu’on ne
voit pas non plus, comme on l’a dit un peu plus tôt aujourd’hui,
sur les ondes de Radio-Canada.
Ms. Gibbs: On that point, we are clearly being asked to provide
support for the plans of TV5 or Accents, for the Canadian
francophonie, and I just came back from a forum not so long ago,
and with regard to Acadia, we are examining all the options
before us. We can have a public broadcaster called Radio-Canada
and I believe the CRTC could also grant a licence, and another
complementary network that will offer a regional window. That
could be a welcome addition and could even be one of the sparks
that makes Radio-Canada Montreal become Radio-Canada
Canada.
Mme Gibbs : Sur ce point, effectivement, c’est clair qu’on nous
demande des appuis que ce soit aux plans de TV5 ou Accents. Au
plan de la Francophonie canadienne, et j’arrive d’un forum il n’y
a pas si longtemps, et au plan de l’Acadie, on examine toutes les
possibilités qui sont devant nous. On peut avoir un diffuseur
public qui s’appelle Radio-Canada et aussi, à mon avis, il y aura
une licence donnée par le CRTC, et une autre chaîne
complémentaire qui donnera une autre vitrine régionale. Cela
pourrait être bienvenu et pourrait même être une des étincelles qui
fera en sorte que Radio-Canada à Montréal devienne plus RadioCanada Canada.
Mr. Légère: Essentially, what we understand is that, in the
range of networks and channels offered on cable, the CRTC
people have announced that there is something lacking from the
group of French-language networks. They have therefore
expressed the desire for projects to be presented, and that is
what is being done. This would be done in a complementary
manner with Radio-Canada. It would be an addition to give our
producers access to a new broadcaster, which could have the
effect of increasing the number of productions from the Acadian
and francophone communities in Canada.
M. Légère : Essentiellement, ce que nous comprenons, c’est
que dans le bouquet de réseaux, de chaînes offertes sur le câble, les
gens du CRTC ont énoncé un manque au niveau de l’ensemble
des chaînes de langue française. Il a donc émis le souhait que des
projets soient présentés et c’est ce qui est en train de se faire. Ceci
se ferait en complémentarité avec Radio-Canada. Il s’agirait d’un
ajout pour permettre particulièrement à nos producteurs d’avoir
accès à un nouveau diffuseur, ce qui aurait comme effet
d’augmenter le nombre de productions émanant des
communautés acadienne et francophone du pays.
If this occurs, it is excellent news. I believe it would have no
impact on Radio-Canada’s mandate. I have a minor fear that
Radio-Canada might shirk its responsibility to serve the regions,
knowing that this new channel would be doing it, but I remain
confident. I would really not like to hear that.
Si cela se produit, c’est une excellente nouvelle. Ce n’est pas
négatif du tout. Cela n’aurait aucun impact, à mon avis, sur le
mandat de Radio-Canada. J’ai une petite crainte de voir RadioCanada se déresponsabiliser de desservir les régions sachant que
cette nouvelle chaîne le ferait, mais je garde confiance. Je ne
voudrais surtout pas entendre cela.
Karine Godin, Advisor, Association acadienne des journalistes: I
wanted to add something along the lines of what Mr. Légère was
indicating, to say that a new channel would be a complement
because Radio-Canada has a Canadian mandate, and I believe it
is very important that it retain its mandate and continue serving
the regions and minority francophones. We still need Radio-
Karine Godin, conseillère, Association acadienne des
journalistes : Je voulais ajouter quelque chose, dans le même
sens que M. Légère, pour dire que l’arrivée d’une nouvelle chaîne
vient se faire en complémentarité, parce que Radio-Canada a
quand même un mandat de globalité canadienne et je crois que
c’est très important qu’elle garde son mandat et continue de
13:96
Official Languages
26-11-2012
Canada, which is nevertheless a benchmark for news here in New
Brunswick, but also in other Canadian provinces.
desservir les régions et les francophones en situation minoritaire.
On a encore besoin de Radio-Canada qui se veut quand même
une référence en matière d’information ici, au NouveauBrunswick, mais aussi dans d’autres provinces canadiennes.
The Chair: On behalf of the members of the committee, I would
like to thank all the witnesses who have appeared here today. As
you have no doubt seen from the questions asked, the committee
wants to make recommendations to Radio-Canada to assist it in
responding more effectively to the needs, those that you have
expressed to us, those that are obvious and less of obvious. It is
our responsibility as senators to ask the questions that concern us
most and your responsibility as witnesses to tell us about your
greatest concerns. That has been done, and I thank you all for it.
La présidente : Au nom des membres du comité, j’aimerais
remercier tous les témoins qui ont comparu aujourd’hui. Vous
avez sûrement vu, par les questions posées, que le comité a à cœur
de faire des recommandations à Radio-Canada pour l’aider à
mieux répondre aux besoins — ceux que vous nous avez formulés,
ceux qui sont évidents ou moins évidents. En tant que sénateurs,
nous avons la responsabilité de poser les questions qui nous
préoccupent le plus, et vous, les témoins, c’est de nous faire part
de vos préoccupations les plus importantes. Cela a été fait et je
vous en remercie tous.
Honourable senators, next week the committee will hear from
the Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse and the
Association canadienne-française de l’Alberta as a panel and by
videoconference.
Honorables sénateurs, la semaine prochaine, le comité
entendra, en panel et par vidéoconférence, la Fédération
acadienne de la Nouvelle-Écosse et l’Association canadiennefrançaise de l’Alberta.
In addition, next week, we will have a meeting outside our
usual slot, on Wednesday, December 5, at 3:30 p.m., to hear from
the Minister of Canadian Heritage and Official Languages.
De plus, la semaine prochaine, nous avons une réunion hors du
créneau habituel, soit le mercredi 5 décembre à 15 h 30, pour
entendre le ministre du Patrimoine canadien et des langues
officielles.
On that note, the meeting is adjourned.
Sur ce, la séance est levée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Monday, November 5, 2012
Le lundi 5 novembre 2012
As an individual:
À titre personnel :
Florian Sauvageau, Professor Emeritus at the Department of
Information and Communication at Laval University and
Chair of the Centre d’études sur les medias.
Florian Sauvageau, professeur émérite au Département
d’information et de communication de l’Université Laval et
président du Centre d’études sur les médias.
Monday, November 19, 2012
Le lundi 19 novembre 2012
Assemblée de la francophonie de l’Ontario:
Assemblée de la francophonie de l’Ontario :
Denis B. Vaillancourt, President;
Denis B. Vaillancourt, président;
Peter Hominuk, Director General.
Peter Hominuk, directeur général.
Alliance culturelle de l’Ontario:
Alliance culturelle de l’Ontario :
Marie Ève Chassé, President;
Marie Ève Chassé, présidente;
Nathalie McNeil, Director General, Alliance des producteurs
francophones du Canada.
Nathalie McNeil, directrice générale, Alliance des producteurs
francophones du Canada.
S.O.S. CBEF:
S.O.S. CBEF :
Nicole Larocque, President;
Nicole Larocque, présidente;
Karim Amellal, Vice President.
Karim Amellal, vice-président.
Monday, November 26, 2012
Le lundi 26 novembre 2012
Société nationale de l’Acadie:
Société nationale de l’Acadie :
René Légère, President;
René Légère, président;
Amely Friollet O’Neil, Vice President.
Amely Friollet O’Neil, vice-présidente.
As an individual:
Marie-Linda Lord, Former Research Chair in Acadian Studies,
University of Moncton.
Association acadienne des artistes professionnel.le.s du
Nouveau-Brunswick:
À titre personnel :
Marie-Linda Lord, ancienne titulaire, Chaire de recherche en études
acadiennes, Université de Moncton.
Association acadienne des artistes professionnel.le.s du
Nouveau-Brunswick :
Carmen Gibbs, Executive Director;
Carmen Gibbs, directrice générale;
Jean-Pierre Caissie, Head of Communications.
Jean-Pierre Caissie, responsable des communications.
Association acadienne des journalists:
Association acadienne des journalistes :
Pascal Raiche-Nogue, Acting President;
Pascal Raiche-Nogue, président par intérim;
Patrick Lacelle, Treasurer;
Patrick Lacelle, trésorier;
Karine Godin, Advisor.
Karine Godin, conseillère.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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Thank you for your participation!

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