Official Languages Langues officielles

Official Languages Langues officielles
First Session
Forty-first Parliament, 2011
Première session de la
quarante et unième législature, 2011
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Official Languages
Langues officielles
Chair:
The Honourable MARIA CHAPUT
Présidente :
L’honorable MARIA CHAPUT
Monday, November 21, 2011
Monday, November 28, 2011
Le lundi 21 novembre 2011
Le lundi 28 novembre 2011
Issue No. 4
Fascicule no 4
Sixth and seventh meetings on:
Sixième et septième réunions concernant :
The use of the Internet, new media and social media and
the respect for Canadians’ language rights
L’utilisation d’Internet, des nouveaux médias, des médias
sociaux et le respect des droits linguistiques des Canadiens
and
et
Third meeting on:
Troisième réunion concernant :
Air Canada’s obligations under
the Official Languages Act
Les obligations d’Air Canada en vertu de
la Loi sur les langues officielles
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49189-49211
STANDING SENATE COMMITTEE
ON OFFICIAL LANGUAGES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT
DES LANGUES OFFICIELLES
The Honourable Maria Chaput, Chair
Présidente : L’honorable Maria Chaput
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Andrée Champagne, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
* Cowan
(or Tardif)
De Bané, P.C.
Fortin-Duplessis
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Losier-Cool
Mockler
Poirier
Segal
Tardif
* Cowan
(ou Tardif)
De Bané, C.P.
Fortin-Duplessis
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
Losier-Cool
Mockler
Poirier
Segal
Tardif
*Ex officio members
*Membres d’office
(Quorum 4)
(Quorum 4)
Changes in membership of the committee:
Modifications de la composition du comité :
Pursuant to rule 85(4), membership of the committee was
amended as follows:
Conformément à l’article 85(4) du Règlement, la liste des
membres du comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Fortin-Duplessis replaced the
Honourable Senator Nolin (November 22, 2011).
L’honorable sénateur Fortin-Duplessis a remplacé l’honorable
sénateur Nolin (le 22 novembre 2011).
The Honourable Senator Nolin replaced the Honourable Senator
Fortin-Duplessis (November 21, 2011).
L’honorable sénateur Nolin a remplacé l’honorable sénateur
Fortin-Duplessis (le 21 novembre 2011).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
28-11-2011
Langues officielles
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Monday, November 21, 2011
(10)
OTTAWA, le lundi 21 novembre 2011
(10)
[Translation]
4:3
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:02 p.m., in room 9, Victoria Building, the chair, the
Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 2, dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Maria Chaput (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., Losier-Cool, Mockler,
Nolin, Poirier, Segal and Tardif (9).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., Losier-Cool,
Mockler, Nolin, Poirier, Segal et Tardif (9).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Research Analyst,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, October 5, 2011, the committee continued its study
on the use of the Internet, new media and social media and the
respect for Canadians’ language rights. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 5 octobre 2011, le comité poursuit son étude
concernant l’utilisation d’Internet, des nouveaux médias, des
médias sociaux et le respect des droits linguistiques des
Canadiens. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
As individuals:
À titre personnel :
Guy Chiasson, Researcher;
Guy Chiasson, chercheur;
Jean Quirion, Researcher;
Jean Quirion, chercheur;
Marc Charron, Researcher.
Marc Charron, chercheur.
Mr. Chiasson made a presentation and, with the assistance of
all the other witnesses, answered questions.
M. Chiasson fait une présentation puis, avec tous les témoins,
répond aux questions.
At 6:43 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 43, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, November 28, 2011
(11)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 28 novembre 2011
(11)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 4:30 p.m., in room 9, Victoria Building, the deputy
chair, the Honourable Andrée Champagne, P.C., presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 16 h 30, dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Andrée Champagne, C.P. (viceprésidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Losier-Cool, Mockler, Poirier and Tardif (5).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Losier-Cool, Mockler, Poirier et Tardif (5).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Research Analyst,
Parliamentary Information and Research Service, Library of
Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
4:4
Official Languages
28-11-2011
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, October 5, 2011, the committee continued its study
on the use of the Internet, new media and social media and the
respect for Canadians’ language rights. (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 2.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 5 octobre 2011, le comité poursuit son étude
concernant l’utilisation d’Internet, des nouveaux médias, des
médias sociaux et le respect des droits linguistiques des
Canadiens. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 2 des délibérations du comité.)
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, November 2, 2011, the committee continued its
study on Air Canada’s obligations under the Official Languages
Act. (For complete text of the order of reference, see proceedings of
the committee, Issue No. 3.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat
le mercredi 2 novembre 2011, le comité poursuit son étude sur
les obligations d’Air Canada en vertu de la Loi sur les langues
officielles. (Le texte intégral de l’ordre de renvoi figure au
fascicule no 3 des délibérations du comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
CEFRIO (Centre for the support of organizational innovation),
through IT:
CEFRIO (Centre facilitant l’innovation dans les organisations), à
l’aide des TI :
Jacqueline Dubé, President and CEO;
Jacqueline Dubé, présidente-directrice générale;
Réjean Roy, General Counsel.
Réjean Roy, conseiller principal.
Air Canada:
Air Canada :
Priscille Leblanc, Vice-President, Corporate Communication;
Priscille Leblanc, vice-présidente, Communications de l’entreprise;
Susan Welscheid, Senior Vice-President, Customer Service;
Susan Welscheid, première vice-présidente, Service clientèle;
Louise-Helene Senecal, Assistant General Counsel;
Louise-Helene Senecal, conseillère juridique principale;
Chantal Dugas, General Manager, Linguistic Affairs.
Chantal Dugas, chef de service générale, Affaires linguistiques.
Ms. Dubé made a presentation and, with the assistance of
Mr. Roy, answered questions.
Mme Dubé fait une présentation puis, avec M. Roy, répond
aux questions.
At 5:31 p.m, the committee suspended.
À 17 h 31, la séance est suspendue.
At 5:39 p.m., the committee resumed.
À 17 h 39, la séance reprend.
Ms. Leblanc made a presentation and, with the assistance of all
the witnesses, answered questions.
At 6:41 p.m, the committee suspended.
Mme Leblanc fait une présentation puis, avec tous les témoins,
répond aux questions.
À 18 h 41, la séance est suspendue.
At 6:42 p.m., pursuant to rule 92(2)(e), the committee resumed
in camera to consider a draft agenda (future business).
À 18 h 42 conformément à l’article 92(2)e) du Règlement, la
séance reprend à huis clos pour examiner un projet d’ordre du
jour (travaux futurs).
At 6:45 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 45, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de
la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Danielle Labonté
Clerk of the Committee
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Langues officielles
4:5
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, November 21, 2011
OTTAWA, le lundi 21novembre 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:02 p.m. to examine the use of the Internet, new media
and social media and the respect for Canadians’ language rights.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 17 h 2, pour étudier l’utilisation d’Internet, des
nouveaux médias, des médias sociaux et le respect des droits
linguistiques des Canadiens.
Senator Maria Chaput (Chair) is in the chair.
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
[Translation]
[Français]
The Chair: Honourable senators, I call the meeting to order.
La présidente : Honorables sénateurs, je déclare donc la
séance ouverte.
I would like to welcome you to the Standing Senate Committee
on Official Languages. I am Senator Maria Chaput from
Manitoba, and I am chair of the committee.
Je vous souhaite la bienvenue au Comité sénatorial permanent
des langues officielles. Je suis la sénatrice Maria Chaput, du
Manitoba, présidente du comité.
Before introducing the witnesses who are appearing today, I
would like to invite the committee members to introduce
themselves, starting on my left with the deputy chair.
Avant de présenter les témoins qui comparaissent aujourd’hui,
j’aimerais inviter les membres du comité à se présenter, en
commençant à ma gauche avec la vice-présidente.
Senator Champagne: Good afternoon. Andrée Champagne
from Quebec.
Le sénateur Champagne : Bonjour. Andrée Champagne, je suis
de la province de Québec.
Senator Poirier: Rose-May Poirier from New Brunswick.
Le sénateur Poirier : Rose-May Poirier, Nouveau-Brunswick.
Senator Nolin: Pierre Claude Nolin from Quebec.
Le sénateur Nolin : Pierre Claude Nolin, du Québec.
Senator Losier-Cool: Rose-Marie Losier-Cool from Acadia.
Le sénateur Losier-Cool : Rose-Marie Losier-Cool, de l’Acadie.
Senator Tardif: Claudette Tardif from Alberta.
Le sénateur Tardif : Claudette Tardif, de l’Alberta.
The Chair: Thank you. The committee is continuing its study
on the use of the Internet, new media and social media, and the
respect for Canadians’ language rights. Today, the committee is
hearing from three researchers who have assessed the Web’s
potential to stimulate the engagement of the minority
francophone communities and who, in 2007, presented their
research report entitled, Le Web comme outil pour le renforcement
de la gouvernance des communautés francophones minoritaires.
That report was presented to the Canadian Institute for Research
on Linguistic Minorities.
La présidente : Merci. Le comité poursuit son étude sur
l’utilisation d’Internet, des nouveaux médias, des médias sociaux
et le respect des droits linguistiques des Canadiens. Il accueille
aujourd’hui trois chercheurs qui ont évalué le potentiel du Web
pour susciter l’engagement des communautés francophones
minoritaires et qui ont présenté leur rapport de recherche
en 2007, intitulé Le Web comme outil pour le renforcement de la
gouvernance des communautés francophones minoritaires. Ce
rapport a été présenté à l’Institut canadien de recherche sur les
minorités linguistiques.
It is our pleasure to welcome Professors Guy Chiasson, Jean
Quirion and Marc Charron. Gentlemen, thank you for agreeing
to appear before the committee today. Committee members are
anxious to hear what you have to say about your research report,
and, following your presentation, senators will continue with
questions.
Nous avons le plaisir d’accueillir les professeurs Guy Chiasson,
Jean Quirion et Marc Charron. Messieurs, merci d’avoir accepté
de comparaître aujourd’hui devant le comité. Les membres du
comité ont bien hâte de vous entendre au sujet de votre rapport de
recherche, et suite à votre présentation, les sénateurs suivront avec
des questions.
Guy Chiasson, Researcher, as an individual: Thank you. For
reasons of efficiency, as we do not have a lot of time, I will speak
first and then my colleagues can continue.
Guy Chiasson, chercheur, à titre personnel : Merci. Pour des
raisons d’efficacité, comme on ne dispose pas de beaucoup de
temps, je vais faire surtout la première intervention et mes
collègues pourront poursuivre.
First, I would like to thank you for the invitation. It is a
pleasure to see the committee is interested in our work. This is a
good opportunity, and I hope a full discussion will follow.
J’aimerais tout d’abord vous remercier de l’invitation. Cela fait
plaisir de constater que le comité s’intéresse à nos travaux. C’est une
occasion intéressante et, on l’espère, une discussion riche s’ensuivra.
The purpose of our research was to answer a question that
initially concerned the political use of the Web by minority
francophone communities in Canada. That question comes to us,
Notre recherche voulait répondre à une question qui était, au
départ, celle de l’utilisation politique du Web par les communautés
francophones minoritaires au Canada. Cette question nous vient,
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Official Languages
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on the one hand, from the imposing literature on new information
and communication technologies. A number of authors of that
literature feel that the Web has strong potential to renew
democracy.
d’une part, de l’imposante littérature sur les nouvelles technologies
d’information et des communications. Plusieurs des auteurs de cette
littérature considèrent que le Web recèle un fort potentiel de
renouvellement de la démocratie.
The Web, at least in its 2.0 version, enables multiple
interactions among various users and appears to afford a new
public space for individuals, where they can debate the rules of
living together without any intermediaries.
Le Web, au moins dans sa version 2.0, permet des interactions
multiples entre les divers utilisateurs et serait un nouvel espace
publique pour les individus, où ils pourraient débattre sans
intermédiaire des règles du vivre ensemble.
Pierre Lévy, an author often cited in this field, has used the
word ‘‘cyberdemocracy’’ to put a name on that potential. We
must exercise some caution, but the fact remains that the Web
could potentially be one of the places where modern democracy is
expressed. I would add that the potential of the Web is
particularly promising in the case of minority communities,
such as the francophones of Canada, who, by definition, do not
have control of the dominant democratic institutions. Thus it
becomes interesting to ask whether and how Canada’s
francophone communities use the Web’s democratic potential.
Pour nommer ce potentiel, Pierre Lévy, un auteur souvent cité
dans ce domaine, a parlé de cyberdémocratie. On doit faire preuve
d’une certaine prudence, mais il reste que le Web pourrait
potentiellement être un des lieux où la démocratie contemporaine
s’exprime. Je rajouterais que le potentiel du Web est
particulièrement intéressant dans le cas de communautés
minoritaires, comme les francophones du Canada qui, par
définition, n’ont pas le contrôle des institutions démocratiques
dominantes. Ainsi, il devient intéressant de se demander si et
comment les communautés francophones du Canada se servent
du potentiel démocratique du Web.
In 2007, when we began our study, we were compelled to note
that there were no studies on the political use of the Web. There
were a few studies on the Web in francophone communities, but
they did not specifically address the political aspect. So there was
a void that had to be filled. Despite the proliferation of studies on
cyberdemocracy, we were unable at the time to identify any that
had a connection to this theme. We therefore thought it would be
interesting to focus on that and to try to see to what extent
francophone communities were exploiting the Web’s potential for
political renewal.
En 2007, quand nous avons commencé notre étude, nous avons
été forcés de constater l’absence d’études sur l’utilisation politique
du Web. Il y avait bien quelques études qui portaient sur le Web
dans les communautés francophones, mais elles n’abordaient pas
spécifiquement la dimension politique. Il y avait donc un vide à
combler. Malgré la prolifération d’études portant sur la
cyberdémocratie, nous n’avons pu, à ce moment, en identifier
aucune qui faisait les liens avec cette thématique. Il nous semblait
donc intéressant de se pencher là-dessus et d’essayer de voir dans
quelles mesures les communautés francophones s’approprient le
potentiel de renouvellement politique du Web.
In our study, we identified a sample of six websites put online
by prominent organizations in the New Brunswick and Ontario
francophone communities. To determine whether there were any
significant differences between the two communities, we
considered comparable organizations, that is to say the Société
des Acadiens et des Acadiennes du Nouveau-Brunswick, the
Mouvement Acadien des Communautés en Santé du NouveauBrunswick and the Université de Moncton, for New Brunswick,
and, as comparables, we selected the sites of the Assemblée des
francophones de l’Ontario, the Association francophone des
municipalités de l’Ontario and the University of Ottawa.
Dans notre étude, nous avons ciblé un échantillon de six sites
Web mis en ligne par des organisations bien en vue des
francophonies néo-brunswickoise et ontarienne. Afin de voir si
des différences significatives se manifestaient entre les deux
communautés, nous avons pris des organisations comparables,
c’est-à-dire la Société des Acadiens et des Acadiennes du
Nouveau-Brunswick, le Mouvement Acadien des Communautés
en Santé du Nouveau-Brunswick et l’Université de Moncton pour
ce qui est du Nouveau-Brunswick et, comme comparable, nous
avons choisi les sites de l’Assemblée des francophones de
l’Ontario, de l’Association francophone des municipalités de
l’Ontario et de l’Université d’Ottawa.
To analyze those sites, we developed a methodology based on
studies conducted in other contexts. We distinguished two
different areas where we could detect the Web’s potential. First,
we observed the Web more as a mirror, that is to say as a
reflection of a set of discourses about the francophone
community. From that perspective, we wondered how the
organizations presented their community: did they present it as
a nation, as an interest group or something in between?
Pour analyser ces sites, nous avons développé une méthodologie
en s’inspirant d’études faites dans d’autres contextes. Nous avons
ainsi distingué deux registres différents où nous pourrions déceler le
potentiel du Web. D’une part, nous avons plus observé le Web
comme miroir, c’est-à-dire comme un reflet d’un ensemble de
discours sur la communauté francophone. Dans cette perspective,
on se demandera de quelle façon les organismes présentent leur
communauté : est-ce qu’ils se présentent comme une nation, comme
un groupe d’intérêt, ou quelque part entre les deux?
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Langues officielles
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Second, we analyzed the Web as a forum. The idea here was to
determine the extent to which the sites of the francophone
organizations use the opportunities for debate that Web 2.0
offers. Do they use the tools that allow and facilitate interaction
between organizations and users, for example, of blogs, chat
rooms and other tools? Or, on the contrary, do those sites
function as what may be called a promotional showcase? They
merely present the image of the organization without necessarily
allowing more significant interaction.
D’autre part, nous avons analysé le Web comme un forum. Ici,
il s’agit de savoir jusqu’à quel point les sites des organisations
francophones utilisent les possibilités de débat qu’offre le
Web 2.0. Est-ce qu’on utilise les outils qui permettent et
facilitent l’interaction entre l’organisation et les usagers, par
exemple, des blogues, du clavardage ou autres outils? Ou, au
contraire, est-ce que ces sites s’en tiennent à la fonction qu’on
peut qualifier de vitrine promotionnelle? On ne fait que présenter
l’image de l’organisation sans nécessairement permettre des
interactions plus importantes.
We also looked at hyperlinks in order to determine to what
extent the francophone organizations are networked online. We
conducted an initial study based on those categories in 2007 and
carried out the exercise again in the winter of 2011 to see whether
there had been any developments.
Nous avons également tenu compte des hyperliens afin de voir
jusqu’à quel point les organisations de la francophonie sont
réseautées en ligne. On a fait une première étude à partir de ces
catégories en 2007 et, pour essayer de voir s’il y avait eu une
évolution, on a refait l’exercice à l’hiver 2011.
Now I can present our results to you. First, we found certain
differences between Ontario and New Brunswick. Some New
Brunswick sites, in particular that of the University of Moncton,
my alma mater, generally do not hesitate to use the term ‘‘society’’
to designate the francophone community of New Brunswick,
whereas references to Ontario’s French-speaking community are
much less strong.
Je peux maintenant vous présenter les résultats qu’on a retenus.
On a tout d’abord trouvé certaines différences entre l’Ontario et le
Nouveau-Brunswick. Certains sites du Nouveau-Brunswick,
notamment celui de l’Université de Moncton, mon alma mater,
n’hésitent généralement pas à utiliser le terme « société » pour
désigner la communauté francophone du Nouveau-Brunswick,
alors que la référence à la communauté française de l’Ontario est
beaucoup moins forte.
However, these differences in the use of the Web as a mirror, the
first aspect that we wanted to observe, must not be allowed to
obscure any significant continuities among the six websites. In all
cases, we noted relatively few traces of any obvious willingness to
use the Web as a tool to promote debate. Apart from the somewhat
necessary posting of e-mail addresses of the organization and
webmaster, we noted very few tools that would permit feedback
between the organization and Web users. That does not mean that
the sites of those organizations are merely promotional showcases,
as one might think.
Ces différences au niveau du Web comme miroir, donc la
première dimension qu’on voulait observer, ne doivent cependant
pas faire oublier d’importantes continuités entre les six sites Web.
En effet, dans tous les cas, on retrouve assez peu de traces d’une
volonté manifeste d’utiliser le Web comme outil pour favoriser le
débat. En effet, à part la mise en ligne un peu obligée des
coordonnés courrielles de l’organisme et du webmestre, on
retrouve très peu d’outils qui permettraient des rétroactions
entre l’organisme et les usagers du Web. Cela ne veut pas dire que
les sites de ces organismes sont uniquement des vitrines
promotionnelles, comme on pourrait le penser.
Indeed, sites like that of the SAANB use the Web from a
political perspective, by, for example, posting briefs submitted to
public commissions or encouraging users to take part in debates.
However, the fact remains that these are methods associated with
more conventional means of political action, that is to say that
they did not thoroughly exploit the potential specific to the Web,
the potential generally associated with the idea of a Web 2.0 or
the potential based on strong interaction with users.
En effet, des sites comme celui de la SAANB l’utilisent dans
une perspective politique, par exemple en mettant en ligne des
mémoires soumis à des commissions publiques ou, encore, en
encourageant les utilisateurs à participer à des débats. Mais il
reste que ce sont des moyens qui relèvent des registres plutôt
traditionnels d’action politique, c’est-à-dire qu’on n’a pas exploité
à fond les potentialités propres du Web, celles qu’on associe
généralement l’idée d’un Web 2.0 et de potentialités basées sur une
forte interaction avec les usagers.
In conclusion, based on this brief presentation of results, our
study enabled us to demonstrate that the organizations of the
francophone community that we studied were using the Web’s
potential for democratic renewal in quite a marginal way. At least
to date, those organizations appear to have hesitated to embed
their political practice in the Web. The Web’s deliberative
potential thus remains underexploited.
En conclusion, suite à cette courte présentation des résultats,
notre étude nous a permis de démontrer que les organismes de la
francophonie que nous avons étudiés utilisaient le potentiel de
renouvellement démocratique du Web de façon plutôt marginale.
Ces organisations semblent, du moins jusqu’à maintenant, hésiter
à enraciner leur pratique politique dans le Web. Le potentiel
délibératif du Web reste donc sous-exploité.
4:8
Official Languages
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However, although we can imagine that that potential is being
exploited more effectively by other organizations, we limited
ourselves to a sample of six organizations that seemed to be
resolutely engaged in actual practice and for which it was much more
difficult to transfer their activities to the Web. Thank you very much.
Par contre, on peut imaginer que ce potentiel est mieux exploité
par d’autres organismes, mais on s’est limités à un échantillon de
six organismes qui semblaient bien enracinés dans la pratique
réelle et pour lesquels le transfert au Web est beaucoup plus
difficile. Je vous remercie beaucoup.
The Chair: Would one of you two have something to add to his
presentation? No? The first question will be asked by Senator
Poirier.
La présidente : Est-ce que l’un de vous deux aurait quelque
chose à ajouter à sa présentation? Non? La première question sera
posée par la sénatrice Poirier.
Senator Poirier: I would like to go back to the 2007 report that
you prepared. If I understand correctly, you went through the
exercise again in 2011?
Le sénateur Poirier : Je voudrais revenir au rapport de 2007
que vous avez fait. Si je comprends bien, vous avez refait l’exercice
en 2011?
Mr. Chiasson: Yes.
M. Chiasson : Oui.
Senator Poirier: What is the difference between the 2007 report
and the one you redid in 2011? In 2007, few government agencies
were using social media such as Facebook and Twitter. However,
in 2011, we note that they are using them more and more.
Le sénateur Poirier : Quelle est la différence entre le rapport
de 2007 et celui que vous avez refait en 2011? En 2007, peu
d’agences gouvernementales utilisaient les médias sociaux tels que
Facebook et Twitter. Mais en 2011, on remarque qu’elles les
utilisent de plus en plus.
Is there something that was being done differently and that
appears in the 2011 report? If so, can you tell us?
Y a-t-il quelque chose qui a été fait différemment et qui
apparaît dans le rapport de 2011? Si oui, pouvez-vous nous en
faire mention?
Jean Quirion, Researcher, as an individual: I will answer that
question. In fact, between 2007 and 2011, we observed very few
differences. We would have thought that Web 2.0 had made its
entrance, but we did not see that from Facebook and Twitter.
Jean Quirion, chercheur, à titre personnel : Je vais répondre à
cette question. En fait, entre 2007 et 2011, on aura vu bien peu de
différences. On aurait cru effectivement que le Web 2.0 aurait fait
son entrée, mais de Facebook et de Twitter, nous n’avons pas vu.
We essentially noted the same presence on the Internet,
sometimes a bit more reinforced but nothing significant, for
both the Ontario and New Brunswick organizations. I would
remind you that we are not talking about federal institutions;
there is nothing governmental in this since these are organizations
that represent the official language minority communities.
On a remarqué essentiellement la même présence sur Internet;
parfois un peu renforcée mais rien de significatif, tant pour les
organismes ontariens que pour les organismes néo-brunswickois.
Je vous rappelle qu’on ne parle pas d’institutions fédérales, il n’y a
rien de gouvernemental là-dedans puisque ce sont des
organisations qui représentent les communautés de langue
officielle en situation minoritaire.
Senator Poirier: Why do you believe the situation has not
change that much?
Le sénateur Poirier : Pourquoi croyez-vous que la situation n’a
pas tellement changé?
Mr. Quirion: I will be honest with you: I do not really know,
and perhaps my colleagues have opinions on the subject. We did
not study that part in particular. With the quite sharp uptake of
Web 2.0 between 2007 and 2011, we could have thought we were
looking for indicators of that use of the social media.
M. Quirion : Je serai honnête avec vous, je ne le sais pas trop et
peut-être que mes collègues auraient des opinions sur le sujet. On
n’a pas étudié cette partie en particulier. Avec la prise assez forte du
Web 2.0 entre 2007 et 2011, on aurait pu croire qu’on s’en allait
chercher des indices de cette appropriation des médias sociaux.
The fact that we did not find any is what we can confirm. The
reasons for that, however, are more unclear.
Le fait qu’on n’en ait pas trouvé, c’est ce qu’on peut affirmer.
Les motifs, cependant, sont plus obscurs.
Marc Charron, Researcher, as an individual: I think that is
surprising. Logically, we would have expected those organizations
to exploit social media such as Facebook and Twitter quite well,
particularly in the international political context of that year. In
the first part of 2011, there was a lot of talk about social
networks. We saw during the Arab Spring, for example, how
important that was.
Marc Charron, chercheur, à titre personnel : À mon avis c’est
surprenant. On se serait attendu de façon logique à ce que ces
organismes exploitent assez bien les médias sociaux comme
Facebook et Twitter, surtout dans le contexte politique
international de cette année. Dans la première partie de
l’année 2011, on a souvent fait état des réseaux sociaux. On l’a
vu dans le printemps arabe, par exemple, à quel point ça a été
important.
Without being able to draw a parallel between the two
situations, we were bombarded that year by proof that social
media had been used as tools for political mobilization. And we
Sans qu’on puisse dresser un parallèle entre les deux situations,
on a été bombardés cette année par des preuves que les médias
sociaux ont servi d’outils de mobilisation politique. Et on se rend
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Langues officielles
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realized that was quite modest in that case. Updates were done,
but beyond occasional updates to the websites in general, we can
say that the Web remains underexploited, just as it was a few
years ago.
compte que dans ce cas-ci, c’est assez modeste. Il y a des mises à
jour qui ont été effectuées, mais au-delà des mises à jour
ponctuelles qu’on fait sur les sites web de façon générale, on
peut dire que ça demeure sous-exploité, au même titre que ça
l’était il y a quelques années.
Senator Poirier: Do you intend to continue your research to
find the answers?
Le sénateur Poirier : Avez-vous l’intention de poursuivre votre
recherche pour trouver les réponses?
Mr. Chiasson: I was going to answer the first question and say
that this could be done using the example of the Arab Spring that
Marc mentioned, although he is not an expert.
M. Chiasson : J’allais répondre à la première question et dire
qu’une hypothèse pourrait se faire avec l’exemple du printemps
arabe que Marc, sans être un expert, a mentionné.
We can often see that one of the characteristics of these events
is that they go beyond any capacity for control. In addition,
public institutions and established organizations are often a step
or two behind on this. Considering the sample we selected, these
are institutions that have been around for some time, that are well
established and, as I said, well established in actual practice.
Souvent, on peut voir qu’une des caractéristiques de ces choses,
c’est que ça déborde la capacité de contrôle. Souvent aussi, les
institutions publiques et les organisations bien en place sont
souvent un pas ou deux en retard là-dessus. L’échantillon qu’on a
pris a fait en sorte que ce sont des institutions qui existent depuis
un certain temps, qui sont bien installées et, comme je l’ai dit, bien
ancrées dans la pratique réelle.
We could have taken a slightly different sample. We could
quite readily think of websites in New Brunswick that are younger
and more established on the Web. I would say that, by definition,
social networks are things that institutions lag slightly behind.
On aurait pu prendre un échantillon un peu plus différent. On
pourrait penser assez facilement à des sites Web au NouveauBrunswick, qui sont plus jeunes et plus ancrés dans le Web. Je
dirais que par définition, les réseaux sociaux sont des choses par
rapport auxquelles les institutions sont un peu en décalage.
So if we had to continue the exercise, it might perhaps be
interesting to examine the whole situation to determine whether
the potential of Web 2.0 could be better exploited elsewhere.
Donc s’il y avait à poursuivre l’exercice, ce serait peut-être
intéressant d’examiner le tout à savoir si le potentiel du Web 2.0
ne s’exploiterait pas mieux ailleurs.
Senator Poirier: Thank you. And if you find any additional
information, do not be afraid to share it with the committee.
Le sénateur Poirier : Je vous remercie. Et si vous trouvez de
l’information supplémentaire, n’ayez pas peur de la partager avec
le comité.
Senator Nolin: At the end of your testimony, you mentioned the
lack of information available on the sites of those institutions. I
remember searching the University of Ottawa site a few years ago. I
was looking for a professor and I was never able to find him.
Le sénateur Nolin : À la fin de votre témoignage, vous parliez
du peu d’information disponible sur les sites de ces institutions. Je
me souviens d’avoir fouillé le site de l’Université d’Ottawa il y a
quelques années. Je cherchais un professeur et je n’ai jamais pu
le trouver.
In your opinion, should institutions develop the intranet
technique for keeping their discussions within an intimate
network rather than open the network to the general public? I
know that some sites invite members to connect and that opens up
a completely new field.
À votre avis, est-ce que les institutions devraient développer la
technique de l’intranet pour garder en réseau intime leurs
discussions plutôt que d’ouvrir le réseau au grand public? Je
sais que certains sites invitent le membre à se connecter et que cela
ouvre un champ tout nouveau.
Mr. Chiasson: I am going to let my University of Ottawa
colleagues comment on their own site.
M. Chiasson : Je vais laisser mes collègues de l’Université
d’Ottawa commenter sur leur propre site.
However, I would say that there was really a difference in our
sample between the university sites and the other sites in the way
they were constituted. There is clearly a certain professionalization
of the university sites, that is to say that we saw they had budgets
and that there was a steadier hand.
Toutefois, je dirais que dans notre échantillon, il y avait
vraiment une différence entre les sites universitaires et les autres
dans leur façon d’être constitués. De toute évidence, il y a une
certaine professionnalisation des sites universitaires, c’est-à-dire
qu’on voyait qu’ils avaient des budgets et qu’il y avait une main
plus affirmée.
However, at the same time, we also got the impression that
those sites were less deliberative and open. The other sites were
probably built from less imposing resources. However, in a way,
those sites viewed themselves more as an instrument of the public
interest, even though they did not exploit their full potential.
En même temps, il y avait aussi l’impression que ces sites
étaient les moins délibératifs et ouverts. Les autres sites étaient
probablement faits avec des moyens moins imposants. Mais d’une
certaine façon, ces sites se voyaient plus comme un outil d’intérêt
public même si on n’utilisait pas tout le potentiel.
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Official Languages
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I would say that, on the one hand, the university sites are highly
decentralized; there are a lot of groups at universities that post
things on them. I know, for example, that, for my university, on the
website, I work at a research centre and we have a page on the site.
And the university controls a lot of the terms and conditions. We
would have liked to collaborate with those who read us so that we
could have mechanisms a little more like those we are talking about.
And the university either did not have the technical resources or, in
any case, told us that that was not possible.
Je dirais que d’une part, les sites universitaires sont très
décentralisés, il y a beaucoup de groupes à l’intérieur des
universités qui mettent des choses. Je sais par exemple que pour
mon université sur le site web, j’œuvre dans un centre de recherche
et on a une page sur le site. Et l’université contrôle beaucoup les
modalités. On aurait aimé collaborer avec ceux qui nous lisent
pour avoir des mécanismes un peu plus comme ceux dont on
parle. Et l’université, soit n’avait pas les moyens techniques ou, en
tout cas, nous a dit que ce n’était pas possible.
Senator Nolin: Perhaps it is more technical. Is there not a fear
of sharing identifying information? Perhaps professors want to
retain some privacy and do not want people to know they are
professors at the University of Ottawa.
Le sénateur Nolin : C’est peut-être plus technique. Il n’y a pas
la crainte de partager des renseignements nominatifs? Peut-être
que les professeurs veulent garder une certaine intimité et qu’ils ne
veulent pas que les gens sachent qu’ils sont professeur à
l’Université d’Ottawa.
Mr. Quirion: The site should be a little more friendly, but I
believe that, on the whole, there is a fundamental difference between
the university sites, and our study focuses on only six sites.
M. Quirion : Le site devrait être un peu plus convivial mais dans
l’ensemble, je crois qu’il y a une différence fondamentale entre les
sites universitaires et notre étude ne porte que sur six sites.
Senator Nolin: And they are really institutions.
Le sénateur Nolin : Et ce sont vraiment des institutions.
Mr. Quirion: Yes. The difference between the university
institutions and the associations is that the associations try to
attract attention, to mobilize, to make people discuss issues.
M. Quirion : Oui. Justement, la différence entre la nature des
institutions universitaires et celle des associations, c’est que les
associations cherchent à attirer l’attention, à mobiliser, à faire
discuter.
For a number of years now, the universities have been
following a marketing and recruitment logic; image is policed to
a greater degree. Somewhat as my colleague was saying, that is
done by the communications department, which will not happen
at an association. Perhaps that is why we find fewer traces on the
university sites of a desire to participate. However, I would point
out that, in our study on the university sites, we limited ourselves
to values stated and the university’s mission. These are enormous
sites that sometimes contain tens of thousands of pages, which is
why it is difficult to find professors. We did not evaluate all that.
That was beyond our scope. We focused on the institutional pages
that presented the university.
Depuis quelques années, les universités sont plutôt dans une
logique de marketing, de mise en marché et de recrutement;
l’image est plus policée. Un peu comme mon collègue le disait,
cela passe par le service des communications, ce qui n’arrivera pas
dans une association. C’est peut-être pour cela qu’on trouve
moins de traces de volonté participative sur les sites universitaires.
Encore là, je précise que dans notre étude des sites universitaires,
on s’est limité à la présentation des valeurs et à la mission de
l’université. Ce sont des sites immenses qui contiennent parfois
des dizaines de milliers de pages — d’où la difficulté de trouver
des professeurs. On n’a pas évalué tout cela. C’était hors de notre
portée. On s’est concentré sur les pages institutionnelles qui
présentent l’université.
Mr. Charron: It should be added that the universities, in
Moncton, Ottawa and elsewhere in the country, have been
following a logic of commercialization of their image for a
number of years. It also has to be considered that these
universities are increasingly trying to project a global and
international presence. The University of Ottawa, to name only
one, has made major efforts in recent years to put that idea out
there. For our research, we looked at those sites both as mirrors
and as forums. As a mirror, the University of Ottawa and the
Université de Moncton are trying to project themselves as worldclass universities, and thus as universities that are of interest to
researchers and students from around the world, not necessarily
turning toward specific linguistic communities, such as the
Université de Moncton, which originally served the Acadian
community. No, even the Université de Moncton is projecting
itself onto the world stage as a high-calibre university. For
Acadians, yes, but also for other Canadians and francophones
M. Charron : Il faut ajouter que les universités, que ce soit à
Moncton, à Ottawa ou ailleurs au pays, ont suivi une logique de
commercialisation de leur image depuis un certain nombre
d’années. Il faut aussi penser que ces universités cherchent de plus
en plus à s’afficher sur la scène mondiale et internationale.
L’Université d’Ottawa, pour ne pas la nommer, a fait de grands
efforts au cours des dernières années pour faire passer l’idée. Pour
notre recherche, on a regardé ces sites à la fois comme des miroirs et
des forums. Comme miroir, l’Université d’Ottawa et l’Université de
Moncton cherchent à se projeter comme des universités de calibre
mondial, et donc intéressantes pour les chercheurs et les étudiants
du monde entier, pas nécessairement tournées vers des
communautés linguistiques spécifiques, comme par exemple
l’Université de Moncton qui desservirait d’abord la communauté
acadienne. Non, même l’Université de Moncton se projette sur la
scène mondiale comme une université de grand calibre. Pour les
Acadiens, oui, mais également pour les autres Canadiens et les
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Langues officielles
4:11
around the world. Twenty years ago, perhaps we would have seen
slightly different university sites — if there had been any — when
the universities here were focused more on the local market.
francophones partout dans le monde. Il y a une vingtaine d’années,
peut-être qu’on aurait pu voir les sites universitaires — si tant est
qu’ils existaient — légèrement différents alors que les universités
d’ici étaient davantage tournées vers le marché local.
Senator Nolin: Do you think the Web in Canada has influenced
the vitality of francophone culture? Is it a tool that we have
adequately mastered? We know that the Americans have not even
thought of it; I think they did so at first. Do you think we have
used that tool’s potential? I am going beyond your study.
Le sénateur Nolin : Pensez-vous que le Web au Canada a
influencé l’épanouissement de la culture francophone? Est-ce un
outil qu’on a maîtrisé adéquatement? On sait que les Américains n’y
ont même pas pensé, je pense qu’ils l’ont fait d’emblée. Pensez-vous
qu’on a utilisé le potentiel de l’outil? Je déborde de votre étude.
Mr. Charron: I would tend to say yes. It would no doubt be
interesting to go and see what it has been possible to do with the
Web and its many forms over a number of years. Perhaps we
should go and see sites that have focused on other target publics
than the ones we studied four or five years ago. That is what we
would have to look at if we had to make the observation that, in a
minority francophone situation in Canada, the Web’s potential is
visible on a particular type of site that aims at a particular type of
target public.
M. Charron : J’aurais tendance à dire oui. Il serait sans doute
intéressant d’aller voir ce qu’on peut faire avec le Web et ses
multiples déclinaisons depuis un certain nombre d’années. Il
faudrait peut-être aller voir des sites qui sont tournés vers d’autres
publics cibles que ceux qu’on a étudiés il y a quatre ou cinq ans.
C’est ce qu’il faudrait regarder si on devait faire le constat qu’en
situation minoritaire francophone au Canada, le potentiel du Web
est visible dans tel type de site qui s’adresse à tel public cible.
Senator Nolin: Mr. Chiasson, I am citing words from your
presentation: ‘‘strong potential for democratic renewal.’’ Wow! I
have no problem with that, but how? I view that with my French
Canadian character: are we making maximum use of this strong
potential for democratic renewal?
Le sénateur Nolin : Monsieur Chiasson, je reprends des mots de
votre présentation : « fort potentiel de renouvellement de la
démocratie ». Wow! Je n’ai aucun problème avec cela, mais
comment? Je vois cela avec mon caractère francophone canadien :
est-ce qu’on utilise au maximum ce fort potentiel de renouvellement
démocratique?
Mr. Chiasson: The words are not necessarily mine. That is to say
that those words are accurate, yes; that is not exonerate myself.
That is an observation we found in the literature. I mentioned
cyberdemocracy. There are fans of the Web who see modern
democracy as being exercised through the Web. And I have a
problem with that; I am not ready to follow those people that far. In
fact, the essence of modern democracy is representation. It is the
fact that decision-making is done through representatives, whereas
we could rid ourselves of that intermediary in a way, and the Web
would become an agora in the Athenian sense of the term.
Moreover, I am not the one who invented that expression.
M. Chiasson : Les mots ne sont pas nécessairement de moi.
C’est-à-dire que ces mots exacts, oui, ce n’est pas pour m’en
disculper! C’est un constat qu’on trouve dans la littérature. J’ai
parlé de cyberdémocratie. Il y a des enthousiastes du Web qui
voient la démocratie contemporaine passer par le Web. Et là j’ai
un problème, c’est-à-dire que je ne suis pas prêt à suivre ces gens
jusque-là. En fait, le propre de la démocratie contemporaine, c’est
la représentation. C’est le fait que la prise de décision passe par
des représentants, alors qu’on pourrait se débarrasser de cet
intermédiaire d’une certaine façon, et le Web deviendrait une
agora dans le sens athénien du terme. D’ailleurs, ce n’est pas moi
qui ai inventé cette expression-là.
The argument is that the technology is there; that is to say that
we can have direct links with people on the Web; we can debate
with people elsewhere without going through an intermediary. So
from that perspective, a lot of work has focused on how the antiglobalization movements have used the Web as a means for
mobilization and democratization.
L’argument est de dire que la technologie est là, c’est-à-dire
qu’on peut avoir des liens directs avec des gens sur le Web, on
peut débattre avec des gens ailleurs sans avoir d’intermédiaire.
Donc dans cette optique, il y a beaucoup de travaux qui ont porté
sur la façon dont les mouvements intermondialistes ont utilisé le
Web comme moyen de mobilisation et de démocratisation.
There is a difference between the technological potential to do
that and the social reality of the thing itself, that is to say if people
want, have the means and are still going to do it. The aim our
study was not to sanction the idea that we were in a new
democracy and that it was the end of the old democracy. It was to
say that there is potential here that we can exploit or not, that
minorities are exploiting to a certain point. It interested us to see
to what extent. We found that interesting because, since
minorities, somewhat by definition, have no control over
Entre le potentiel technologique de faire cette chose et la réalité
sociale de la chose — c’est-à-dire si les gens veulent, ont les
moyens et vont le faire toujours — il y a une marge. Notre étude
ne voulait pas cautionner l’idée qu’on était dans une nouvelle
démocratie et que c’était la fin de l’ancienne démocratie. C’était
de dire qu’il y a là un potentiel qu’on peut ou non capter, que les
minorités captent jusqu’à un certain point. Il nous intéressait de
voir jusqu’à quel point. Cela nous semblait aussi intéressant parce
que comme les minorités, un peu par définition, n’ont pas le
4:12
Official Languages
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representative institutions, there may be a place for them that is
conducive to that. Based on our sample, we saw that they hadn’t
appropriated that place.
contrôle des institutions représentatives, il y a peut-être un lieu
propice pour elles. On a vu, à partir de notre échantillon, que cette
appropriation est encore à faire.
Mr. Quirion: Ten years ago, we relied to a large degree on
institutions to gather information, for advice. In the past few years,
particularly since Web 2.0, we have turned much more to the
community, to our neighbours, to everyone else’s opinions. For
example, not long ago, if we wanted to choose a restaurant, we
relied on a newspaper review or some kind of book. Now we go and
see what they say on TripAdvisor or other group sites such as that.
M. Quirion : Il y a une dizaine d’années, on se fiait largement
aux institutions pour aller chercher de l’information, pour se faire
conseiller. Depuis très peu d’années, depuis le Web 2.0
notamment, on se tourne beaucoup vers la collectivité, vers le
voisin, vers les avis de tout un chacun. Par exemple, il n’y a pas
longtemps, si on voulait choisir un restaurant, on se fiait à la
critique dans le journal ou à un volume quelconque. Maintenant,
on va aller voir ce qu’on dit sur TripAdvisor ou d’autres sites
collectifs comme celui-là.
For the study we conducted, we turned to institutions to which
we tended to turn for advice a few years ago. One may well believe
that the communities themselves will be creating those networks
to discuss among themselves, and eventually with the institutions,
or that perhaps they are already doing that — we did not study
that. That was not the purpose of our study, but perhaps we
would find a partial answer to our question there, Senator Nolin.
Pour l’étude qu’on a menée, on s’est tourné vers des
institutions vers lesquelles on avait tendance à se tourner pour
obtenir conseil il y a quelques années. On peut penser que bientôt
ou peut-être déjà maintenant — on ne l’a pas étudié —, ce sont les
collectivités elles-mêmes qui vont créer ces réseaux pour discuter
entre elles, et éventuellement avec les institutions. Ce n’était pas
l’objet de notre étude, mais peut-être qu’on trouverait là une
réponse partielle à votre question, sénateur Nolin.
The Chair: When you talk about the communities that will take
over the network, have you considered the issue of accessibility?
Do those communities across Canada have access to this
network?
La présidente : Lorsque vous parlez des communautés qui vont
s’approprier le réseau, est-ce que vous avez regardé la question de
l’accessibilité? Est-ce que ces communautés à travers le Canada
ont accès à ce réseau?
Mr. Chiasson: Access in the sense that people are connected
or not?
M. Chiasson : L’accès dans le sens où les gens sont branchés
ou non?
The Chair: Yes.
Mr. Chiasson: There is a literature on that subject, and it is
indeed important for fair access. We did not study that. We took
the sites as we found them online. We did not develop methods to
find, for example, the percentage of people in the francophone
communities who are connected and those who are not.
La présidente : Oui.
M. Chiasson : Il y a une littérature à ce sujet et, effectivement,
c’est important sur l’équité en matière d’accès. On ne l’a pas
étudié. On a pris les sites comme ils étaient en ligne. On ne s’est
pas donné les moyens pour voir, par exemple, dans les
communautés francophones, le pourcentage de gens qui sont
branchés et ceux qui ne le sont pas.
The Chair: You did not go that far?
La présidente : Vous n’êtes pas allés aussi loin que ça?
Mr. Chiasson: No.
M. Chiasson : Non.
The Chair: I suppose that finances did not permit it?
La présidente : Je suppose que les finances ne le permettaient pas?
Mr. Chiasson: Finances, time and skills as well.
M. Chiasson : Les finances, le temps et les compétences aussi.
Senator De Bané: You talked about the system of parliamentary
representation that we have in which people elect a representative.
Four years later, people have an opportunity to express their
satisfaction or dissatisfaction.
Le sénateur De Bané : Vous parliez du système de représentation
parlementaire que nous avons où les gens élisent un représentant.
Quatre ans plus tard, les gens ont l’occasion d’exprimer leur
satisfaction ou leur mécontentement.
However, are we not merely seeing the logical extension of
things in a number of years; the fact is that this Internet system
will more often enable people to express themselves after the fact,
after four or five years. You do not think that, given the logic of
all these instruments, they will speak out more often than every
four or five years?
Cependant ne voit-on pas que le prolongement logique des
choses, dans X nombre d’années, c’est que ce système d’Internet
va permettre aux gens de s’exprimer plus souvent que post facto,
après quatre ou cinq ans. Vous ne pensez pas que la logique de
tous ces instruments va faire en sorte qu’ils vont s’exprimer plus
souvent qu’à tous les quatre ou cinq ans?
Mr. Chiasson: In fact, I believe that is part of something bigger.
Some of my political scientist colleagues will say there is a crisis of
trust in institutions, that is to say that, for all kinds of reasons
M. Chiasson : En fait, je pense que cela participe de quelque
chose de plus large. Certains de mes collègues politologues vont
parler d’une crise de confiance dans les institutions, c’est-à-dire que,
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Langues officielles
4:13
associated with changes in our societies in particular, the public is
not satisfied with giving its elected representatives carte blanche
every four years; it wants to participate a little more directly, and
that manifests itself in all kinds of ways. The institutions
acknowledge that as well by establishing forums, places for
consultation, as a result of which users are encouraged to
participate, and so on.
pour toutes sortes de raisons liées à l’évolution de nos sociétés
notamment, la population n’est pas satisfaite effectivement de
donner carte blanche une fois tous les quatre ans à ses élus, elle veut
participer un peu plus directement, ce qui se manifeste par toutes
sortes de formes. Les institutions reconnaissent cela aussi en créant
des forums, des lieux de consultation qui font en sorte qu’on fait
participer les usagers, et cetera.
I believe that, from that perspective, there is a more general
context in which there is a demand for this idea that the
population will not give its elected representatives a mandate or a
blank cheque. There is also the learning aspect; that is to say that,
to become a good citizen, you have to practise being a citizen. I
believe the Web is one of the citizenship areas where one can learn
to participate and debate, very often in the absence of any strict
control.
Je crois que, dans cette optique, il y a un contexte plus général
qui fait en sorte qu’il y a une demande pour cette idée que la
population ne va pas donner un mandat ou un chèque en blanc à
ses élus. Il y a aussi l’aspect apprentissage, c’est-à-dire que pour
devenir de bons citoyens, il faut pratiquer le fait d’être un citoyen.
Le Web est l’un des lieux de citoyenneté, je crois, où on peut
apprendre à participer et à débattre, en l’absence d’un contrôle
pesant très souvent.
So from that standpoint, I believe it is indeed a place that is
consistent with that perspective.
Donc, dans cette optique, je crois que c’est un lieu
effectivement qui s’inscrit dans cette perspective.
Mr. Charron: A certain democratization, if you will, is occurring
via the Internet, but it may be that that democratization is first
being achieved quantitatively rather than qualitatively.
Cyberdemocracy as we have observed it — we are not necessarily
talking about the term as it is used by certain researchers, as Guy
says, who are quite enthusiastic about the idea of cyberdemocracy,
but what we observed is that there are democratic bodies, but that
in itself does not necessarily mean greater democracy.
Democratization is not necessarily occurring in a quantitative way
where citizens have the impression that their voices are being heard
to a greater degree. They may demonstrate it more often, but that
does not necessarily result in better democracy. I am drawing a
distinction between the qualitative and the quantitative with regard
to cyberdemocracy as we were able to observe it.
M. Charron : Il y a, si on veut, une certaine démocratisation par
Internet qui se produit, mais peut-être que cette démocratisation se
réalise d’abord sur le plan quantitatif plus que sur le plan qualitatif.
La cyberdémocratie telle qu’on l’a observée — nous, on ne parle pas
nécessairement du terme tel qu’il est utilisé par certains chercheurs,
comme le dit Guy, qui sont plutôt enthousiastes à l’idée de la
cyberdémocratie, mais ce qu’on a pu observer, c’est qu’il y a plus
d’instances de démocratie, mais ça ne veut pas dire nécessairement
une plus grande démocratie en soi. La démocratisation ne se fait pas
nécessairement sur le plan qualitatif où le citoyen a l’impression que
sa voix est plus entendue. Il peut la manifester nettement plus
souvent, mais cela ne se traduit pas nécessairement par une
meilleure démocratie. Je fais la distinction entre le qualitatif et le
quantitatif pour ce qui est de la cyberdémocratie telle qu’on a
pu l’observer.
Senator Tardif: As a former university professor and
researcher, I must say I am very interested in your choice of
research topic. The study of the Web as a tool for reinforcing the
governance of the minority francophone communities touches on
a number of points of interest to the francophone community
across the country. The entire issue of governance is very
important for the francophone communities. You told us about
the results of your studies in 2007 and 2011. Can you tell us more
about the reason for this choice of research topic, why you
selected it? Could we conclude that the official language minority
communities may not be able to make themselves heard on the
new platforms?
Le sénateur Tardif : En tant qu’ancienne professeure
universitaire et chercheure, je dois dire que votre choix de
thématique de recherche m’intéresse beaucoup. L’étude du Web
comme outil pour le renforcement de la gouvernance des
communautés francophones minoritaires touche plusieurs volets
d’intérêt pour la collectivité francophone à travers le pays. Toute
la question de la gouvernance, pour les communautés
francophones, c’est très important. Vous nous avez parlé des
résultats de vos études en 2007 ainsi qu’en 2011. Pouvez-vous
partager avec nous davantage la raison de ce choix de sujet de
recherche, un peu le pourquoi? Pourrait-on en déduire que,
possiblement, les communautés de langue officielle en situation
minoritaire ne seraient pas en mesure de se faire entendre sur les
nouvelles plateformes?
Mr. Chiasson: In any case, as far as I am concerned, no. We
began the study when I was on a sabbatical in New Brunswick.
Since, being in Moncton, I was immersed in the issue, I wanted to
work on the minority francophone community at that time. I
called upon my colleagues, who unfortunately are not minority
francophones, but who are specialists on Web-related issues and
so on. An opportunity presented itself. We are very happy to be
M. Chiasson : En tout cas, en ce qui me concerne, non. On a
commencé l’étude alors que j’étais au Nouveau-Brunswick
justement, en année sabbatique. Dans le sens où, étant à
Moncton, j’étais baigné dans la chose, j’avais envie à ce momentlà de travailler sur la francophonie minoritaire. J’ai fait appel à mes
collègues qui, eux, ont le défaut de ne pas être francophones
minoritaires, mais qui sont des spécialistes des questions liées au
4:14
Official Languages
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working together, but I do not think there were any
presuppositions. It was an opportunity, as I said, an open door
to work together.
Web, et cetera. C’est une occasion qui s’est présentée. On est très
heureux de travailler ensemble, mais je ne pense pas qu’il y avait de
présupposition quelconque. C’était une occasion, comme j’ai dit,
une porte ouverte pour travailler ensemble.
I would be more of the opposite view; that is to say that I
believe it is a tool. At the outset, the idea was to try to see whether
it was a tool that was available to the francophone communities
to the extent they did not have control of institutions, of the
majority public arena. It was in that perspective. Given our
sample selection, perhaps we did not aim at the right targets;
perhaps we did not look at where that is done most, but I would
say we at least showed that there was work to do in that area.
Je serais plutôt de l’opinion inverse, c’est-à-dire que je crois que
c’est un outil. Au départ, c’était d’essayer de voir si ce n’était pas
un outil qui était à la portée des communautés francophones dans
la mesure où elles n’ont pas le contrôle des institutions, de l’espace
public majoritaire. C’est dans cette optique. Notre choix
d’échantillon a fait en sorte qu’on n’a peut-être pas visé les
bonnes cibles, on n’a peut-être pas regardé là où ça se fait le plus,
mais au moins on a démontré qu’il y avait un travail à faire de ce
côté, je dirais.
Senator Tardif: If you had to do it over — and I believe you
told Senator Poirier that that was perhaps not what you were
considering, but perhaps I misunderstood — what would be your
target for obtaining the information, as you say, that you perhaps
did not get?
Le sénateur Tardif : Si c’était à refaire — et je pense que vous
avez indiqué au sénateur Poirier que ce n’était peut-être pas ce que
vous entrevoyiez, mais peut-être que j’ai mal compris —, quelle
cible viseriez-vous pour aller chercher les informations, comme
vous dites, que vous n’avez peut-être pas eues?
Mr. Chiasson: All the much younger sites. You no doubt know
some, as I do. I am more familiar with the Acadian ones than
those from Ontario. There is whole class of new media, some of
which are very much linked to Facebook and Twitter, which are
highly decentralized information sites, which align somewhat with
the idea that content is decentralized, and there is therefore no
single person who defines content. I imagine those would be our
potential targets. Perhaps we could make a different effort to find
good targets this time.
M. Chiasson : Tous les sites, disons, beaucoup plus jeunes. Vous
en connaissez sûrement comme moi. Je connais mieux ceux de
l’Acadie que ceux de l’Ontario. Il y a toute une classe de nouveaux
médias dont certains sont très liés à Facebook et à Twitter qui sont
des sites d’information très décentralisée, qui s’enlignent un petit
peu sur l’idée que le contenu est décentralisé, donc il n’y a pas une
seule personne qui définit le contenu. J’imagine que ce serait nos
cibles éventuelles. Peut-être qu’on ferait un effort autrement pour
avoir les bonnes cibles cette fois-ci.
Mr. Quirion: Perhaps I can continue. In the classes of sites that
we had established for the work, there were institutions on the one
hand and provincial associations on the other. We focused on those
two because it was easier to establish points of comparison between
French-speaking Ontario and Acadia. We dropped the third
component, which was local initiatives, and that is the item we
have been talking about since earlier, those initiatives that come
from the grassroots level or from anywhere, from groups or
individuals who will advocate for rights. For example, we found a
site in Toronto for young gays and lesbians in that city who were
taking their place on the Web and trying to mobilize. As it was
difficult to find equivalents between the two provinces for that kind
of site or demonstration, we set it aside, but, as a result, we
concealed all that as well. So I think that if we continued, we would
no doubt touch on that stratum, which has now been set aside.
M. Quirion : Je peux peut-être compléter. Dans les catégories
de sites qu’on avait établies pour le travail, il y avait les
institutions d’un côté, les associations provinciales d’un autre.
On s’est arrêté à ces deux-là parce qu’il était plus facile d’établir
des points de comparaison entre l’Ontario français et l’Acadie. On
a laissé tomber le troisième qui était les initiatives locales, et c’est
le chapeau dont on parle depuis tantôt, ces initiatives qui vont
venir de la base ou d’un peu partout, de regroupements ou
d’individus qui vont militer pour des droits. Par exemple, on était
tombé sur un site, à Toronto, pour les jeunes gais et lesbiennes de
cette ville qui prenaient leur place sur le Web et tentaient de
mobiliser. Comme c’était difficile de trouver des équivalents entre
les deux provinces pour ce genre de site ou de manifestation, on
l’a laissé de côté, mais c’est tout ça qu’on aura occulté aussi.
Alors, je pense que si on poursuivait, on irait sans doute toucher
cette strate qui a été laissée de côté jusqu’ici.
Mr. Charron: We turned toward references that were not —
and today are even much less so — references for the circulation
of ideas, of information on the Web. That is for sure. In that case,
there would be a lot of work to be done in that area because what
we targeted were references in the conventional sense of the term.
M. Charron : On s’est tourné vers des références qui n’étaient
pas, et encore aujourd’hui beaucoup moins, des références en
matière de circulation d’idées, d’information sur le Web. C’est
certain. À ce moment-là, il y aurait tout un travail à faire de ce
côté parce que, ce qu’on avait ciblé, c’était des références au sens
traditionnel du terme.
Senator Tardif: How did you define the word ‘‘governance’’ in
the terms of your study?
Le sénateur Tardif : Le mot « gouvernance », comment l’avezvous défini selon les termes de votre étude?
28-11-2011
Langues officielles
4:15
Mr. Chiasson: In fact, the notion of governance in political
science is increasingly intended as an addition to government, and
it identifies forms of power that are more decentralized, where
you cannot identify a centre of power, but rather a polycentric
power, in the sense that it is shared by a number of stakeholders.
It is in that broad sense of the idea of power that we can
potentially see that power in the francophone communities is
dispersed and that it is therefore the result of areas of
collaboration among a diversity of places. It is in that
perspective that we used the term ‘‘governance’’.
M. Chiasson : En fait, la notion de gouvernance, de plus en
plus, en sciences politiques, vise à s’ajouter à celle de
gouvernement, et elle vise à identifier des formes de pouvoir qui
sont plus décentralisées, où on ne peut pas identifier un centre de
pouvoir mais plutôt un pouvoir polycentrique, dans le sens où il
est partagé entre une pluralité d’intervenants. C’est dans cette
acceptation large de l’idée du pouvoir que, potentiellement, on
peut voir que le pouvoir dans les communautés francophones, il
est dispersé, et donc, il est le fait d’espaces de collaborations entre
une diversité de lieux. C’est dans cette optique qu’on a utilisé le
terme « gouvernance » effectivement.
Senator Losier-Cool: I am now speaking to the researchers, to
the academics, to Internet service users. What is your assessment
of the best way we can use the Internet to advance the minority
language cause? Because the work of the committee here is really
to monitor Part VII of the Official Languages Act, the
emancipation and vitality of the minorities. How could you
evaluate the Internet from that point of view?
Le sénateur Losier-Cool : Je m’adresse maintenant aux
chercheurs, aux universitaires et aux utilisateurs du service
Internet. Quelle est votre évaluation de la meilleure façon dont
on peut utiliser Internet pour faire avancer la cause linguistique en
situation minoritaire? Car c’est vraiment le travail du comité, ici,
de veiller à la Partie VII de la Loi sur les langues officielles,
l’émancipation, la vitalité des minorités. Comment pourriez-vous
évaluer Internet de ce point de vue?
Mr. Chiasson: I will go ahead because I am the least qualified to
answer. In fact, I am a bad example; I use the Web very poorly. I
learned a great deal about the Web by conducting the study, but
I am not a young techie, if I can use that term. I will leave it to my
colleagues to answer, but I think there is currently a whole
effervescence that has to be understood — these are the realities we
talked about earlier. We saw from our study that, in the most
established institutions, those that are virtually official mouthpieces
of the francophone communities, there is little Web use.
M. Chiasson : Je vais me lancer parce que je suis le moins
qualifié pour répondre. En fait, je suis un mauvais exemple,
j’utilise très mal le Web. J’ai appris beaucoup sur le Web en
faisant l’étude, mais je ne suis pas un jeune « techie », si je peux
dire. Je laisserai le soin à mes collègues de répondre, mais je pense
qu’il y a toute une effervescence, dans le moment, qu’il faut
comprendre — ce sont les réalités dont on a parlé tantôt. Notre
étude nous a permis de constater que, dans les institutions les
mieux établies, celles qui sont les porte-parole presque officielles
des communautés francophones, il y a peu d’utilisation.
I believe those organizations have a great deal to learn about
websites from a much younger, much less institutionalized
generation that experiments with a lot of things. Those
organizations have to learn; they may be a few steps behind
and are more in reaction mode.
Je pense que ces organismes ont beaucoup à apprendre d’une
génération beaucoup plus jeune de sites Web, beaucoup moins
institutionnalisée, où on expérimente plein de choses. Ces
organisations ont à apprendre, elles sont peut-être quelques pas
en arrière, elles sont plutôt en mode de réaction.
I believe that is partly because they know little about how to
use it — and I am not blaming anyone here. These are
organizations that have been built in another way and they
must learn to use the potential of the Web a little more. That
implies knowing how it works and how to use all its potential.
They have remained within a fairly conventional image. The Web
is a place where content is made available, as it would have been
in a pamphlet, whereas, for organizations that are mouthpieces of
the community, I believe it is better to exploit that potential and
that it is probably useful to go and see those who, ironically, have
more experience because they are younger.
Je pense, en partie, que c’est parce qu’elles savent peu comment
l’utiliser — et ce n’est pas un blâme que je jette ici. Ce sont des
organisations qui se sont construites sur un autre mode et elles
doivent apprendre à utiliser un peu plus les potentialités du Web.
Cela implique de savoir comment cela fonctionne et comment
l’utiliser dans toutes ses potentialités. On est resté dans une image
assez traditionnelle. Le Web est un endroit où on met des
contenus disponibles, comme on l’aurait fait dans un pamphlet,
alors que, je pense, pour les organisations qui sont les porteparole de la communauté, il faut mieux s’approprier ce potentiel,
et probablement, c’est utile d’aller voir du côté de ceux qui,
ironiquement, ont plus d’expérience parce qu’ils sont plus jeunes.
Mr. Quirion: You have put the question to a number of types
of people. I am going to answer in two capacities.
M. Quirion : Vous avez posé la question à plusieurs types de
personne. Je vais répondre à deux titres.
Senator Losier-Cool: I wanted to know everything.
Mr. Quirion: I am going to answer as a professor and as a
father of three teenagers.
Senator Losier-Cool: I was going to ask you the question.
Le sénateur Losier-Cool : Je voulais tout savoir.
M. Quirion : Je vais répondre comme professeur et comme
père de trois adolescents.
Le sénateur Losier-Cool : J’allais vous poser la question.
4:16
Official Languages
28-11-2011
Mr. Quirion: In both cases, I deal with young people. In
terminology, the field in which I teach and conduct research,
specialized texts contain terminology, terms relating to fields. For
students, the generation we now have at the university, texts exist
only if they are electronic, more or less. Reference documents
should be accessible in electronic format, otherwise they are
probably obsolete and the information they contain is probably
not up-to-date.
M. Quirion : Dans les deux cas, je traite avec des jeunes. Dans
le domaine dans lequel j’enseigne et fais des recherches, la
terminologie, les textes spécialisés vont renfermer de la
terminologie, des termes relatifs à des domaines. Pour les
étudiants, dans la génération qu’on accueille maintenant à
l’université, les textes n’existent que s’ils sont électroniques, ou à
peu près. Les documents de référence devraient être accessibles en
format électronique, sinon ils sont probablement dépassés et
l’information qu’ils contiennent n’est sans doute pas à jour.
In view of that kind of reflex, the customary verification in
terminology, for example, is to try to find an English term and its
French equivalent. You may be familiar with Termium, the
terminology database. I train people who I dare hope will add to
Termium later on. To validate uses, we turn to the Internet and
try to determine whether there are any geographical variations,
for example, between a Canadian and European usage, or
nationally, between Quebec, Ontario and Acadian usages. So,
outside the Web, there is no salvation or representation.
Devant un tel réflexe, la vérification d’usage, par exemple en
terminologie, est qu’on va tenter de trouver un terme anglais et
son équivalent français. Vous connaissez peut-être Termium, la
banque de donnée terminologique. Je forme des gens, qui, j’ose
l’espérer, vont enrichir Termium plus tard. À ce moment-là, pour
valider des usages, on se tourne vers Internet et on tente de
déterminer s’il y a des variations géographiques, par exemple,
entre un usage canadien et européen, ou à l’échelle nationale,
entre un usage québécois, ontarien ou acadien. Donc, hors du
Web, point de salut ou point de représentation.
As a father of three teenagers, virtually the same is true. My
three teenagers look for their information on the Internet. If it is
not on the Internet, it probably does not exist, is marginal or is
not worth being interested in. They look for information in the
language in which it is available, that is to say in French first, or
else in English. If they are interested in music and there are few
French-language sites of francophone singers, they will find other
sites in English for that. In conclusion, I would answer: presence
on the Internet.
Du côté père de trois ados, c’est un peu la même chose. Mes
trois ados vont chercher leurs informations dans Internet. Si ça
n’existe pas dans Internet, ça n’existe probablement pas, c’est
marginal ou ça ne mérite pas de s’y intéresser. Ils vont chercher
l’information dans la langue dans laquelle elle sera disponible,
c’est-à-dire d’abord le français, sinon ce sera l’anglais. S’ils
s’intéressent à la musique et qu’il y a peu de sites de chanteurs
francophones en français, ils vont trouver d’autres sites en anglais
pour cela. Je répondrai en conclusion : la présence dans Internet.
Senator Losier-Cool: And techno-pedagogy as well. If your
teenagers automatically go onto the Internet, they have to know
how to find something. Teachers have to —
Le sénateur Losier-Cool : Et la techno-pédagogie aussi. Si vos
ados ont le réflexe d’aller sur Internet, il faut qu’ils sachent
comment trouver quelque chose. Il faut que les professeurs...
Mr. Quirion: They have to know that in order to transmit it, yes.
M. Quirion : Il faut qu’ils connaissent ça pour leur transmettre,
oui.
Senator Losier-Cool: Another question: Were you able to
evaluate the federal government’s websites? Do you use them?
Le sénateur Losier-Cool : Une autre question : est-ce que vous
avez pu évaluer les sites Web du gouvernement fédéral? Est-ce que
vous vous en servez?
Mr. Quirion: I can talk about them to the extent that they are a
very rich source of information for terminology purposes.
Software has been developed under the Action Plan for Official
Languages at the Language Technologies Research Centre on the
other side of the river. I am thinking of a product like WeBiText,
which will take all the documents on the ‘‘gc.ca’’ websites, search
for an English term and find the corresponding French sentence
in which the term is translated. The results presented to users will
include all ‘‘gc.ca’’ Web pages. This is invaluable to language
workers, be they translators, terminologists, writers, revisers or
undoubtedly interpreters as well.
M. Quirion : Je peux en parler dans la mesure où, en
terminologie, c’est une source très riche d’informations. Il existe
des logiciels développés dans le cadre du Plan d’action sur les
langues officielles au Centre de recherche en technologie
langagière, de l’autre côté de la rivière. Je pense à un produit
comme WeBiText, qui va prendre tous les documents sur les sites
« gc.ca », va faire une recherche d’un terme anglais et trouver la
phrase correspondante en français où le terme a été traduit. Dans
toutes les pages Web « gc.ca », les résultats vont être présentés
aux utilisateurs. C’est très précieux pour tous les langagiers, qu’ils
soient traducteurs, terminologues, rédacteurs, réviseurs ou
interprètes sans doute également.
Mr. Charron: Without wanting to avoid the question, I believe
it should first be put to the representatives of the cultural sectors
of each of the major linguistic minorities in the country. Those
people would undoubtedly be able to provide more interesting
answers to that difficult but essential question.
M. Charron : Sans vouloir me défiler, je pense qu’il faudrait
poser la question d’abord aux représentants des milieux culturels
de chacune de ces grandes minorités linguistiques au pays. Ces
gens seraient sans doute à même de répondre de façon plus
intéressante à cette question difficile mais essentielle.
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Langues officielles
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I view the matter more as a professor. In my field, I am
currently working with a lot of publishers in Latin America. I am
interested in the place of Spanish in Latin America relative to a
Spanish that is more international, normative and necessarily
oriented toward a Spanish that was first defined in Spain, and
what we can observe is that, at independent publishing houses, the
Web has been an incredible tool for disseminating Latin
American literary culture.
C’est plutôt comme professeur que je vois la chose. Dans mon
domaine, je travaille avec beaucoup d’éditeurs actuellement en
Amérique latine. Je m’intéresse à la place de l’espagnol en Amérique
latine, par rapport à un espagnol qui est plus international,
normatif, nécessairement tourné vers un espagnol qui a d’abord été
défini en Espagne, et ce qu’on peut observer c’est que le Web chez
les maisons d’édition indépendantes a été un outil incroyable de
diffusion de la culture littéraire latino-américaine.
The fact that, in literature courses or Spanish-to-French
translation courses, we are able to appreciate this literature by
young emerging Latin American authors, it is essentially thanks
to the blogs of an incalculable number of small independent
publishing firms in Latin America, without which it would be
virtually impossible for us here to know them.
Si, ici, on est à même d’apprécier dans des cours de littérature
ou de traduction de l’espagnol vers le français cette littérature de
jeunes auteurs émergents latino-américains, c’est essentiellement
grâce aux blogues d’un nombre incalculable de petites maisons
d’édition indépendantes en Amérique latine, sans quoi il serait à
peu près impossible pour nous ici de les connaître.
I believe that the emancipation of this country’s francophone
linguistic minorities, on the one hand, must also take the form of
a dialogue with francophone communities elsewhere in the world.
I believe that may be the first way for it to happen; and it seems to
me that things may be more interesting if the Web is first used as a
tool for cultural emancipation through dialogue with other
equivalent linguistic groups elsewhere in the francophone world.
As Guy said, it may necessarily be from young people and
cultural stakeholders that we will get interesting answers.
Je me dis que l’émancipation des minorités linguistiques
francophones au pays, d’une part, doit prendre aussi la forme
d’un dialogue avec des communautés francophones d’ailleurs
dans le monde. Je pense que c’est peut-être d’abord par là que ça
passe; et le Web comme outil d’émancipation d’abord culturel en
dialogue avec d’autres groupes linguistiques équivalents ailleurs
dans la francophonie, cela me paraît peut-être être là où les choses
risquent d’être plus intéressantes. Comme l’a dit Guy, c’est peutêtre nécessairement chez les jeunes et chez les intervenants du
milieu culturel qu’on trouvera des réponses intéressantes.
Senator Losier-Cool: You are telling me this is a tendency that
these communities should keep in mind.
Le sénateur Losier-Cool : Vous me dites que c’est une tendance
que ces communautés devraient garder en tête.
Mr. Charron: Yes.
M. Charron : Oui.
Senator Losier-Cool: Get away from the Web in order to expand.
Le sénateur Losier-Cool : Sortir du Web pour s’élargir.
Mr. Charron: I would be curious to see, for example, if you
invited Franco-Ontarian publishers here. I was at the Salon du
livre last weekend, and I saw a lot of small publishers there, not
just the big ones. There are small publishers and they can develop
essentially because they network with a number of other houses
and readers around the world.
M. Charron : Je serais curieux de voir, par exemple, si vous
invitiez ici des éditeurs de l’Ontario français. J’arrive du Salon du
livre à Montréal, ce weekend; j’ai vu plein de petits éditeurs, pas
juste les grands. Les petits éditeurs existent et peuvent se
développer essentiellement parce qu’ils entrent en réseautage
avec un certain nombre d’autres maisons et des lecteurs un peu
partout dans le monde.
They are no longer necessarily limited to their geographic
space. We might be surprised to learn that small firms such as Oie
de Cravan — which is a publishing house here in Ontario that
publishes a lot of poetry, where that is available, on the Web —
have found perhaps all or the majority of their readers outside
French-speaking Ontario. They may be in France or elsewhere in
francophone Europe. And that probably is not the result of
distribution among European libraries, but it may perhaps have
happened first through the Web. I think it might be interesting to
go and see the cultural stakeholders.
Ils ne sont plus nécessairement limités à leur espace
géographique. On serait peut-être étonné d’apprendre aujourd’hui
que des petites maisons comme Oie de Cravan — qui est une
maison d’édition, ici en Ontario, qui publie beaucoup de poésie, si
ça se trouve, grâce au Web — a peut-être trouvé l’ensemble ou la
majorité de ses lecteurs ailleurs qu’en Ontario francophone. Ils sont
peut-être en France ou ailleurs dans l’Europe francophone. Et ce
n’est probablement pas par la distribution dans les librairies en
Europe, mais peut-être que ça s’est fait d’abord par le biais du Web.
Je pense qu’il serait peut-être intéressant d’aller voir les intervenants
culturels.
Senator Champagne: When you started your presentation,
Mr. Chiasson, I was very surprised to hear that interaction on
those websites amounted to just sharing ideas and opinions, and
that there were no debates.
Le sénateur Champagne : Quand vous avez commencé votre
présentation, monsieur Chiasson, j’ai été très étonnée d’entendre
qu’en fait, dans ces sites, l’interaction était, au minimum, le
partage d’idées, d’opinions, que les débats, ça n’existe pas.
4:18
Official Languages
28-11-2011
And, obviously, if you go onto a university’s search sites, for
example, I very much doubt that the university has a place where
you can respond to someone’s blog or really share ideas. Ultimately,
I went from surprised to disappointed. I really thought that the
Internet and social media would facilitate the political participation
of communities, including minority communities.
Et c’est évident que si on va sur les sites de recherche d’une
université, par exemple, je doute fort que l’université ait un
endroit où on peut répondre au blogue de quelqu’un ou vraiment
partager des idées. Alors finalement d’étonnée, je suis devenue
désolée. Je pensais vraiment qu’Internet et les médias sociaux
faciliteraient la participation politique des communautés, entre
autre, les communautés qui vivent en situation minoritaire.
Why do people not go onto them more frequently? Is it because
a site is hard to access? I am not talking about being connected,
but rather about finding where, on a university site, for example,
one can really ask a question and find an answer. Is the reason
that those sites have not yet learned how to advertise themselves?
People do not know that they exist and therefore do not use them.
I would like it if, at some point, there could really be a public
francophone space on the Web. Am I dreaming?
Pourquoi les gens n’y vont pas davantage? Est-ce parce que
l’accessibilité à un site est difficile? Et là, je ne parle pas d’être
branché mais de trouver où, sur le site d’une université par
exemple, on peut vraiment poser une question et avoir une
réponse. Est-ce parce que ces sites n’ont pas encore appris à faire
la promotion de leurs sites? Les gens ne savent pas que ça existe,
donc ils n’y vont pas. Je souhaiterais qu’à un moment donné, il y
ait vraiment, sur le Web ou sur la Toile, un espace public
francophone. Est-ce que je rêve en couleur?
Mr. Chiasson: Just to clarify one point in connection to that, in
our study, we had no way to evaluate the debate that had taken
place concerning those websites. The only way we had was to
evaluate the available tools that facilitated the matter. The finding
that there was little debate in fact showed that little had been
planned in that regard. And the idea that the organizations
projected an image of themselves or showed themselves off
through their websites was similar to what I earlier called a
‘‘promotional showcase,’’ thus something quite different from a
public space.
M. Chiasson : Juste une petite précision par rapport à cela.
Dans notre étude, on n’avait pas le moyen d’évaluer le débat qui
avait vraiment lieu autour de ces sites Web. Le seul moyen dont
on disposait était l’évaluation des outils disponibles qui
permettaient de faciliter la chose. Le constat qu’il y avait peu de
débats démontrait, en fait, qu’il y avait peu de choses prévues en
ce sens. Et l’idée que les organisations se faisaient ou se
manifestait à travers leur site web se rapprochait de ce que j’ai
appelé tantôt une « vitrine promotionnelle », donc loin d’un
espace public.
I do not know whether you are dreaming. I believe those
organizations are obviously facing a major challenge. As I said
earlier, their role was conceived at a time when the social media and
the Web were not very important. The way of viewing their role, of
submitting a brief to a public commission, the way of mobilizing
their people, did not involve that. One can imagine that some
learning will eventually be done. I believe it is not out of the
question that there will be a kind of public space on the Web, more
sooner than we may think. But there is no sign that will be the case.
Je ne sais pas si vous rêvez. Pour ma part, je pense que ces
organismes ont évidemment un défi important à relever. Comme
je l’ai dit tantôt, leur rôle a été pensé à une époque où les médias
sociaux et le Web étaient très peu importants. La façon
d’envisager leur rôle, de soumettre un mémoire à une
commission publique, la façon de mobiliser leur monde, ne
passait pas par là. On peut imaginer qu’il y aura éventuellement
un apprentissage qui va se faire. Je pense qu’il n’est pas exclu qu’il
y ait, plus rapidement qu’on peut le penser, une forme d’espace
public sur le Web. Mais on est loin de la coupe aux lèvres.
Senator Champagne: I understand that the universities are not
taking any specific action to facilitate all that. But I believe in
francophone associations, groups and federations, for example,
whether in New Brunswick, the west or across Canada, even in
Quebec, but outside Quebec, those living in a minority setting —
it seems to me there must be a way for those people to
communicate among themselves, to communicate with people
who might be interested in knowing more about what is being
done and what is being accomplished. You have teenagers; I have
grandchildren who are going to CEGEP, and I see these young
people with iPhones and all kinds of technologies. How can we
encourage them to go and see what is being done in francophone
groups outside Quebec’s francophone majority?
Le sénateur Champagne : Je comprends que les universités ne
posent pas de gestes précis pour faciliter tout cela. Mais je pense à
des associations, à des groupes, à des fédérations, par exemple de
francophones — qu’ils soient au Nouveau-Brunswick, qu’ils
soient dans l’Ouest ou un peu partout au Canada, même au
Québec, mais en dehors du Québec, ceux qui vivent en situation
minoritaire —, il me semble qu’il doit y avoir une façon, pour ces
gens, de communiquer entre eux, et de communiquer avec les gens
qui seraient peut-être intéressés de savoir davantage ce qui se fait,
ce qui s’accomplit. Vous avez des adolescents, j’ai maintenant des
petits-enfants qui vont au cégep, je vois ces jeunes avec des
iPhones ou des technologies de toute sorte. Comment peut-on les
inciter à aller voir qu’est-ce qui se fait dans des groupes
francophones à l’extérieur de la majorité francophone du Québec?
I believe that interaction, debate, is really the way to spur them
on a little so they participate. Do you have any suggestions?
Should the government do something? There must be a list. While
watching Radio-Canada, for example, people will debate Le Club
Je pense que l’interaction, le débat, c’est vraiment la façon de
les aiguillonner un peu pour qu’ils et elles participent. Est-ce que
vous avez des suggestions? Est-ce que le gouvernement devrait
faire quelque chose, de son côté? Il doit y avoir une liste. Les gens
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Langues officielles
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des ex; they will e-mail two or three brief lines, but what can be
done to interest people, to sharpen their appetite? Do you have
any suggestions for us that we could make to the government in
order to move things along?
vont débattre en écoutant Radio-Canada, Le Club des ex, par
exemple, ils vont envoyer deux ou trois petites lignes. Mais que
faire pour que les gens s’intéressent, pour leur aiguiser l’appétit?
Avez-vous des suggestions à nous faire, que nous pourrions faire
au gouvernement pour pouvoir avancer?
Mr. Chiasson: As Mr. Quirion said earlier, the francophone
pages have to meet the real needs of potential users. So, in that
sense, you are right. Having a list is of interest to no one, at least
not the clientele we want to reach, the young generation of
teenagers today. I am always surprised to see how incapable my
students are of doing just one thing. Taking a course and doing
nothing else seems a mystery to them.
M. Chiasson : Comme le disait M. Quirion tantôt, il faut que
les pages francophones répondent aux besoins réels des
utilisateurs potentiels. Et donc, en ce sens, vous avez raison. Le
fait d’avoir une liste, ça n’intéresse personne, du moins pas la
clientèle qu’on veut rejoindre, la jeune génération des adolescents
d’aujourd’hui. Je suis toujours surpris de voir comment mes
étudiants sont incapables de faire une seule chose. Suivre un cours
et ne faire rien d’autre, ça leur semble un mystère.
Whatever the case may be, I believe it is not attractive enough
to have organizations that have Web pages that provide us with
information. For them, there has to be user engagement. And I
believe that is part of the culture of both the Web and the young
generations, that is to say that you have to capture their interest
through some kind of participation.
Quoi qu’il en soit, je pense qu’effectivement il n’est pas
suffisamment attrayant d’avoir des organisations qui ont des
pages Web qui nous donnent des informations. Pour eux, il faut
qu’il y ait un engagement des usagers. Et je pense que ça fait
partie de la culture, à la fois du Web et des jeunes générations,
c’est-à-dire qu’il faut accrocher leur intérêt par une participation
quelconque.
Senator Champagne: That may be in the social media, for
example, someone who says he has found a very interesting site;
that encourages people to go and visit it. Perhaps that is what has
to be done.
Le sénateur Champagne : Ça peut être dans les médias sociaux,
par exemple quelqu’un qui fait savoir qu’il a trouvé un site très
intéressant, cela incite les gens à aller le visiter. C’est peut-être par
là qu’il faut passer.
Mr. Chiasson: And you should preferably inform the person
through social media. Talking to him no longer counts.
M. Chiasson : Et de préférence, il faut informer la personne par
le biais des médias sociaux. Lui parler, ça ne compte plus.
Senator Champagne: You tell him, but you tell him in writing.
Le sénateur Champagne : On lui dit, mais on lui dit par écrit.
Senator Nolin: By tweeting.
Le sénateur Nolin : Par tweet.
Senator Segal: I apologize to the witnesses for arriving late. I
missed a good part of your presentations.
Le sénateur Segal : Je m’excuse auprès des témoins d’être arrivé
en retard. J’ai manqué une bonne partie de vos présentations.
If we examine the world of the francophone minority
communities, not only in Canada but around the world, we
have certain key instruments, and TV5 is one of them. And all the
major countries in the francophone world have invested to ensure
the broadcast of TV5. When I was in Africa, in Tanzania, I was
able to watch TV5 which broadcast news from Quebec. I think it
is a very important instrument.
Si on examine le monde des communautés francophones
minoritaires, non seulement au Canada mais dans le monde
entier, on a certains instruments clés et TV5 en fait partie. Et tous
les grands pays du monde francophone ont investi pour assurer la
diffusion de TV5. Alors que j’étais en Afrique, en Tanzanie, j’ai
pu écouter TV5 où ils diffusaient les nouvelles du Québec. À mon
avis, c’est un instrument très important.
In your opinion, are there any instruments in which the
governments of certain provinces could invest to improve access
to French-language sources for those wishing to conduct their
research in French?
À votre avis, est-ce qu’il y a des instruments dans lesquels les
gouvernements de certaines provinces pourraient investir pour
améliorer l’accès aux sources en français à ceux qui veulent faire
leurs recherches en français?
Are there any instruments that could be suggested as being
instruments of a certain value? I believe the biggest danger for the
francophone fact in the world as a whole is that, in Canada, the
young in Quebec or elsewhere might decide that everything
interesting is in English, not French.
Est-ce qu’il y existe des instruments qui pourraient être
suggérés comme étant des instruments d’une certaine valeur? À
mon avis, le plus grand danger pour le fait francophone dans le
monde entier, c’est qu’au Canada, les jeunes du Québec ou
d’ailleurs décident que tout ce qui est intéressant est en anglais et
pas en français.
That is the major danger we have to avoid at this time.
Governments can act together and use an instrument, a way of
doing things, as has been done with TV5; if you can help us for
your report, that will help us be done with this.
C’est le grand danger qu’il faut éviter en ce moment. Les
gouvernements peuvent agir ensemble et utiliser un instrument,
une façon de faire comme cela s’est fait avec TV5, si vous pouvez
nous aider pour notre rapport, ça va nous aider à en finir.
4:20
Official Languages
28-11-2011
Mr. Chiasson: One of the things that struck me when we tried
to see whether there was any literature on the francophonie and
the Web was that there were a number of texts that focused on
how the Web was being used as a tool to strengthen the diasporas,
the Haitians who are in the United States and who use the Web.
We are no longer following a logic in which we have an immigrant
who leaves one place, settles and rebuilds his life in another place.
Instead we have people who manage to stay connected to things
that happen in their home country. In an international
francophone perspective, we could also conceive of the Web as
a tool for building stronger relationships beyond borders.
M. Chiasson : Une des choses qui m’avait frappé quand on avait
essayé de voir s’il y avait de la littérature sur la francophonie et le
Web, c’est qu’il y avait un certain nombre de textes qui
s’intéressaient à savoir comment le Web servait d’outils pour le
renforcement des diasporas, des Haïtiens qui sont aux États-Unis et
qui se servent du Web. Nous ne sommes plus dans une logique ou
on a un immigrant qui part d’un endroit, qui s’installe et qui refait
sa vie dans un autre lieu. On a plutôt des gens qui réussissent à
rester connectés aux choses qui se produisent dans leur pays
d’origine. Dans une perspective de francophonie internationale, on
pourrait aussi concevoir le Web comme un outil qui permettrait des
relations plus fortes au-delà des frontières.
The second point somewhat concerns your examples. The logic
of the major broadcasters increasingly focuses on integration of
the various media. As a result, every television network now has a
website. I believe something has to be reviewed in this area; that is
to say that the tools developed to respond to a particular need,
and those you mentioned are very useful, but they must be
combined with innovations around them. Moreover, the current
market increasingly requires this.
Le deuxième point, c’est un peu sur vos exemples. De plus en
plus, la logique des grands diffuseurs c’est l’intégration entre les
différents médias. Donc, toute chaîne de télévision a maintenant son
site web. Je crois qu’il y a quelque chose à revoir à ce niveau, c’est-àdire que les outils développés qui répondent à un besoin particulier,
et effectivement ceux que vous avez mentionnés sont fort utiles, mais
il faut qu’ils soient couplés avec des innovations autour d’eux.
D’ailleurs, le marché actuel le commande de plus en plus.
Senator Tardif: Is there a French-language Google? That was
Senator Segal’s question.
Le sénateur Tardif : Est-ce qu’il existe un Google en français?
C’était la question du sénateur Segal.
Senator Segal: Is there a Google or another search engine
available in French? We have it in French?
Le sénateur Segal : Est-ce qu’il y a un Google ou un autre moteur
de recherche en français qui est disponible? On l’a en français?
Mr. Quirion: You can limit your search to French pages on
Google or other search engines. You can also limit it by domain,
such as .ca or .fr. That is done.
M. Quirion : On peut limiter la recherche avec Google ou
d’autres moteurs de recherche à des pages en français. On peut la
limiter aussi par domaine, par exemple avec .ca ou .fr. Cela se fait.
Senator Segal: I imagine not all of Google’s English content is
translated on the French pages.
Le sénateur Segal : J’imagine que tout le contenu de Google
anglais n’est pas traduit dans les pages en français.
Mr. Charron: On Google, you can limit the results to a
particular language.
M. Charron : Dans Google, on peut limiter uniquement les
résultats par langue.
Senator Segal: That is it.
Le sénateur Segal : Voilà.
Mr. Quirion: It is possible to do that.
M. Quirion : C’est possible de le faire.
Senator Champagne: We should definitely not ask Google to
translate for us.
Le sénateur Champagne : Il ne faut surtout pas demander à
Google de traduire pour nous.
Senator Tardif: I understand that you can obtain information
by asking the question whether it is in French on Google. But not
all the information on Google is in French?
Le sénateur Tardif : Je comprends qu’on peut avoir une
certaine information en posant la question de savoir si elle est en
français sur Google. Mais pas toute l’information sur Google est
en français?
Mr. Quirion: No.
M. Quirion : Non.
Senator Segal: The reason I ask the question is that, in the
history of Canada, there have always been partnerships between the
federal government and the National Film Board and the CBC.
Le sénateur Segal : La raison pour laquelle j’ai posé la
question, c’est que dans l’histoire du Canada, il y a toujours eu
des partenariats entre le fédéral et l’Office national du film et
Radio-Canada.
To facilitate productions in French and to have better quality,
should we still seek out partnerships between the federal
government and for-profit companies to encourage Frenchlanguage content and to make it available to our young people in
Canada and elsewhere? That is the question I am asking you.
Pour faciliter les productions en français et avoir une meilleure
qualité, est-ce qu’il faut chercher des partenariats entre le fédéral
et des compagnies à but lucratif pour encourager le contenu en
français et le rendre disponible pour nos jeunes au Canada et
ailleurs? C’est la question que je vous pose.
28-11-2011
Langues officielles
4:21
Mr. Quirion: Your question is quite broad and points back at the
answer I gave the senator earlier. I believe the French presence is
definitely a fundamental factor. And if a federal policy promoted
the availability of all kinds of content in French, I believe that
would probably already be a major step. As for citizen
participation, that will come, and I am convinced that our young
people will embrace their keyboards.
M. Quirion : Votre question est assez large et cela revient un
peu à la réponse que je donnais tout à l’heure à madame la
sénatrice. Je pense que la présence en français est certainement un
facteur primordial. Et si une politique fédérale venait à favoriser
cette mise à disposition de toutes sortes de contenus en français, je
pense que ce serait sans doute déjà un grand pas. Pour ce qui est
de la participation citoyenne, ça va venir et je suis convaincu que
nos jeunes vont s’approprier leur clavier.
The Chair: An additional question on partnerships that the
federal government could have with others. Are young people not
also very interested in the cultural sectors? Those would be
partnerships with the cultural field, with artists and in the world
of sports. Perhaps there are an unlimited number of partnerships
that Canada could build to ensure that French-language content
interests young people.
La présidente : Une question additionnelle en termes de
partenariat que le fédéral pourrait avoir avec d’autres. Est-ce
que les jeunes ne sont pas aussi très intéressés dans les secteurs
culturels? Il s’agirait alors de partenariats avec le domaine de la
culture, avec les artistes et aussi du côté sportif. Peut-être que les
partenariats que le Canada pourrait faire pour s’assurer que le
contenu en français intéresse les jeunes sont illimités.
Mr. Quirion: Indeed.
M. Quirion : Effectivement.
Senator De Bané: The world we live in has no borders. Thanks
to the Web, I can watch a program I want to see in other countries
and at a time that suits me. In Canada, it is surprising to see how
little people know one another from one region to another.
Someone from Ontario knows what is going on in Ontario but
very little about what is going on elsewhere.
Le sénateur De Bané : Le monde dans lequel nous vivons est
sans frontières. Grâce au Web, je peux regarder les émissions que
je veux dans d’autres pays et à l’heure qui me plaît. Au Canada, il
est étonnant de voir à quel point les gens se connaissent peu d’une
région à l’autre. Quelqu’un de l’Ontario sait ce qui se passe en
Ontario, mais en sait très peu sur ce qui se passe ailleurs.
For example, if you disregard Quebec journalists who are
assigned to Parliament Hill in Ottawa, with the exception of
Radio-Canada journalists, no media have a full-time journalist
anywhere in Canada, either in Toronto or in Vancouver.
Par exemple, si on fait abstraction des journalistes du Québec
qui sont en poste sur la Colline du Parlement à Ottawa, à
l’exception des journalistes de Radio-Canada, il n’y a aucun
média qui a un journaliste à plein temps, nulle part au Canada, ni
à Toronto ni à Vancouver.
Everyone is in his or her province and no one is outside.
Occasionally they will dispatch someone somewhere, but not on a
full-time basis. However, a number of them have journalists in
New York, Los Angeles, Rio, Moscow, Paris and London. Not in
the other Canadian provinces.
Chacun est dans sa province et il n’y a personne à l’extérieur.
De temps en temps ils vont dépêcher quelqu’un quelque part, mais
à plein temps, non. Par contre, plusieurs d’entre eux ont des
journalistes à New York, à Los Angeles, à Rio, à Moscou, à Paris,
et à Londres. Pas dans les autres provinces canadiennes.
If we want this francophone population, which represents two
to three per cent of speakers here in North America, all those
regions have to communicate. And they are not talking to each
other. Radio-Canada has stations across Canada, but with
programs that cover local events. You will not see coverage of
what is going on in the francophone communities across Canada
on the network.
Si on veut que cette population francophone qui représente 2 à
3 p. 100 des parlants ici en Amérique du Nord, encore faut-il que
toutes ces régions communiquent. Et elles ne se parlent pas.
Radio-Canada a des stations partout au Canada, mais avec des
émissions qui couvrent la réalité locale. Vous n’entendrez pas sur
le réseau une couverture de ce qui se passe à travers les
communautés françaises de tout le Canada.
In addition, the Université de Moncton has published a very
important report on the subject in which it states that there are
two news broadcasts: The National for Canada and Le Téléjournal
for Quebec. And when you talk to a francophone Quebecker
about what is going on in Winnipeg, Edmonton, Vancouver or
Acadia, he is unaware.
D’ailleurs, l’Université de Moncton a sorti un rapport très
important sur ce sujet, où elle dit qu’il y a deux bulletins de
nouvelles : The National pour le Canada et Le Téléjournal pour le
Québec. Et lorsque vous parlez à un Québécois francophone de ce
qui se passe à Winnipeg, à Edmonton, à Vancouver ou en Acadie,
il n’est pas au courant.
Are any of the researchers or colleagues on your team interested
in this kind of question? Because, ultimately, the Web and the
Internet merely reflect the content of the newspapers, radio and
television. When I listen to the radio, I see that they repeat what
they have read in the morning paper. That is what they do.
Y a-t-il des chercheurs ou des collègues de votre équipe qui
s’intéressent à ce genre de question? Parce que finalement, le Web
et Internet ne font que refléter le contenu des journaux, de la radio
et la télévision. Quand j’écoute la radio, je vois bien qu’ils répètent
ce qu’ils ont lu dans le journal du matin. C’est ce qu’ils font.
4:22
Official Languages
28-11-2011
That is where the journalists who report the news are; they are
in the conventional media, and that is passed on to the Internet,
radio and television, but the guy who talks to me has a copy of
La Presse in front of him and tells me what he is reading in it.
C’est là que se trouvent les journalistes qui rapportent les
nouvelles, ils sont dans les médias classiques, et c’est répercuté sur
Internet, à la radio, à la télévision. Mais le gars qui me parle a le
journal La Presse devant lui et me raconte ce qu’il lit dedans.
I ask you to what extent do we have a system in place that
actually enables us to cover all that. I know that the people of
Winnipeg, Edmonton, Acadia, Toronto, Windsor and Sudbury
have a local Radio-Canada station that tells them what is going
on locally. But I am in Ottawa, Montreal or Quebec City, and I
never hear about that.
Moi, je vous demande dans quelle mesure nous avons en place
un système qui réellement nous permet de couvrir tout cela. Je sais
que les gens de Winnipeg, d’Edmonton, de l’Acadie, de Toronto,
de Windsor, de Sudbury, ont un poste local de Radio-Canada qui
leur dit ce qui se passe chez eux. Mais moi qui suis à Ottawa, à
Montréal ou à Québec, je n’entends jamais parler de cela.
Mr. Chiasson: On the one hand, as I have not studied the
matter, it seems to me as an ordinary citizen that radio has been
more successful than television in this regard. I occasionally watch
Samuel Chiasson’s program on the Moncton station. This is a bit
anecdotal, but I believe that, on radio, perhaps as a result of the
medium we are dealing with, the Francophone presence outside
Quebec, to use an expression that is no longer used that much, is
greater in Quebec. Obviously, in another sense, you are entirely
right: francophones in Acadia know perfectly well what is going
on in Montreal. There is no problem about that; we have no
concerns in that regard.
M. Chiasson : D’une part, sans avoir fait l’étude de la chose, il
me semble que, comme simple citoyen, la radio a mieux réussi que
la télévision sur ce point. À l’occasion j’entends des émissions de
Samuel Chiasson du poste de Moncton. C’est anecdotique un peu
mais je pense que, à la radio, peut-être en raison du médium avec
lequel on travaille, la présence francophone hors Québec, pour
utiliser une expression qui ne s’utilise plus tellement, est plus
présente au Québec. Évidemment, dans l’autre sens, vous avez
tout à fait raison, les francophones en Acadie savent très bien ce
qui se passe à Montréal. Pour cela, il n’y a pas de problèmes, on
n’a pas d’inquiétude dans ce sens-là.
You are indeed right to the extent that the electronic forms that
we have added, the way we have integrated them, very often
reflect this phenomenon; they do not have any more journalists in
Winnipeg or Edmonton even though they have a website
associated with the television network. But I believe that radio
has done better in this regard. I do not know exactly why.
Effectivement, vous avez raison dans la mesure où les formes
électroniques que l’on a ajoutées, ou l’intégration qu’on en a fait,
très souvent, reflète ce phénomène; on n’a pas plus de journalistes
à Winnipeg ou à Edmonton même si on a un site web accroché à
la télévision. Je n’ai pas plus de réponses pour vous. Mais je pense
que, effectivement, la radio a mieux fait de ce point de vue-là. Je
ne sais pas pourquoi exactement.
Mr. Charron: Perhaps we should see whether the situation has
changed over a number of generations. Was there traditionally a
bigger appetite in Quebec, for example, for what happened in
Acadia or elsewhere in the Canadian francophone community 25,
30 or 50 years ago than there is now? It should be determined
whether the question necessarily arises in relation to linguistic
boundaries; could people in parts of the Maritimes feel somewhat
abandoned by the major national English-language media, that
the people in Toronto or Vancouver have no idea what is going
on in Prince Edward Island, Corner Brook or Newfoundland?
M. Charron : Il faudrait peut-être aussi voir si la situation a
changé depuis, là encore, un certain nombre de génération. Y a-t-il
eu traditionnellement au Québec un plus grand appétit, par
exemple, pour ce qui se passe en Acadie ou ailleurs dans la
francophonie canadienne il y a 25, 30 ou 50 ans, qu’actuellement? Il
faudrait voir si la question se pose nécessairement selon une ligne de
démarcation linguistique; est-ce que les gens dans certains coins des
Maritimes pourraient eux-mêmes se sentir un peu orphelins des
grands médias nationaux anglophones en se disant que les gens à
Toronto ou Vancouver n’ont aucune espèce d’idée de ce qui se passe
à l’Île-du-Prince-Édouard, à Corner Brook ou à Terre-Neuve?
First, we should see whether it is really a linguistic question and
then, yes, it is true, these new media are a reflection, first, of
genuine needs, as Jean said earlier. If there is a need, that will
exist. Someone will see to do it. It is sad, and that may not be a
very optimistic observation, but if people do not inquire or do not
have tools in order to inquire or take an interest in what is going
across the country, within a single linguistic community, you have
to ask yourself why. That is perhaps, first, because people
essentially do not feel the need. We are dealing with something
other than the way we use the tools. These may even be more
central questions.
Il faut voir d’abord si c’est vraiment une question linguistique,
et ensuite, oui, c’est vrai, ces nouveaux médias sont le reflet
d’abord, comme le disait Jean tantôt, des besoins réels. S’il y a un
besoin, cela existera. Quelqu’un verra la nécessité de le réaliser.
C’est triste et ce n’est peut-être pas un constat très optimiste, mais
si les gens ne se renseignent pas ou n’ont pas d’outils pour se
renseigner ou s’intéresser à ce qui se passe à l’autre bout du pays,
à l’intérieur d’une même communauté linguistique, il faut se
demander pourquoi. C’est peut-être d’abord parce que,
essentiellement, les gens n’en ressentent pas le besoin. Là, on est
ailleurs que dans l’utilisation même qu’on fait des outils. Ce sont
peut-être même des questions plus centrales.
28-11-2011
Langues officielles
4:23
Senator De Bané: That is the argument of Céline Galipeau,
who reads the news on Le Téléjournal. When she was in Moncton,
we told her: ‘‘You rarely talk about us on our Téléjournal.’’ She
answered: ‘‘Quebecers are not interested in what goes on in the
rest of Canada.’’ Ultimately, it is the story of the chicken and the
egg: since Radio-Canada does not talk about the other regions of
Canada, people say Quebecers are not interested in it, and that is
why they say very little about it. According to the study I recently
cited by the chair of Canadian studies at the Université de
Moncton, they say that CBC provides three times more coverage
of Acadian society than Radio-Canada. And when I look at how
Radio-Canada deploys its journalists, I see it has more journalists
in Quebec than the CBC has in Ontario. They have all their staff
there, and that is why I never hear about the other French
communities. I would like it if, at some point, you could put me in
touch with your colleagues or if you yourself were interested in
looking into that subject.
Le sénateur De Bané : C’est l’argument de Céline Galipeau, qui
lit les nouvelles du téléjournal. Lorsqu’elle était à Moncton, ils lui
ont dit : « Vous nous parlez rarement de nous à votre
téléjournal. » Elle a répondu : « Les Québécois ne s’intéressent
pas à ce qui se passe dans le reste du Canada. » Au fond, c’est
l’histoire de la poule et l’œuf : Radio-Canada ne parle pas des
autres régions du Canada et ensuite on dit que les Québécois ne
s’y intéressent pas, c’est pour cela qu’on en parle très peu. Dans
l’étude que je citais récemment de la Chaire d’études canadiennes
de l’Université de Moncton, ils disent que CBC couvre trois fois
plus la société acadienne que ne le fait la société Radio-Canada.
Et lorsque je regarde le déploiement des journalistes de la société
Radio-Canada, la SRC a plus de journaliste au Québec que la
CBC en a en Ontario. Alors, ils mettent tous leurs effectifs là. Et
c’est pour cela que je n’entends jamais parler des autres
communautés françaises. J’aimerais cela si, à un moment donné,
vous pouviez me mettre en contact avec vos collègues ou si vousmême étiez intéressés de regarder ce sujet-là.
Mr. Chiasson: This is a bit anecdotal, but last summer there
was an interesting debate on the matter. There was quite good
coverage of the August 15 celebrations in Acadia. Radio-Canada
focused on the fact that it was Radio-Canada’s anniversary, and
Radio-Canada played an important role in the celebration and
presentation of Acadia. Reaction in Acadia was strong and lively,
and Éric Forgues, in particular, at the Université de Moncton,
who does a lot of work on the francophone communities, said
that Radio-Canada had taken advantage of the situation and, to a
degree, used the Acadian community as a foil for Radio-Canada,
whereas Radio-Canada had not always been as present in the
region as one might have wished, even though it had to be
acknowledged that the fact it had a regional office in Moncton
was extremely important.
M. Chiasson : C’est un peu anecdotique, mais l’été passé il y a
eu un débat intéressant sur la chose. Il y a eu une couverture assez
bonne des célébrations du 15 août en Acadie. Radio-Canada
a beaucoup insisté sur le fait que c’était l’anniversaire de
Radio-Canada, et Radio-Canada avait joué un rôle important
dans la célébration et la présentation de l’Acadie. Il y a eu des
réactions assez fortes, assez vives, en Acadie, d’ailleurs — Éric
Forgues — notamment à l’Université de Moncton, qui travaille
beaucoup sur les communautés francophones — disait qu’il y
avait une certaine réappropriation de la part de Radio-Canada,
une certaine utilisation de la communauté acadienne comme
faire-valoir pour Radio-Canada, alors que, effectivement, la
présence de Radio-Canada n’a pas toujours été celle qu’on
aurait voulu, même si effectivement il faut reconnaître que le
fait pour Radio-Canda d’avoir un bureau régional à Moncton
était extrêmement important.
Mr. Charron: You are right, senator; that is a situation I
deplore, as you do. It makes me smile when you say there are
media in Quebec that have journalists everywhere — Le Devoir, to
name one. You always feel that, in Le Devoir, you can get daily
reports on what is going on culturally in Paris and in many cities
of the world, but it is quite difficult to find out what is going on
culturally in Toronto, for example — and lord knows there are
things going on in Toronto.
M. Charron : Vous avez raison, sénateur, c’est une situation
que je déplore, tout comme vous. Cela m’a fait sourire tantôt
quand vous avez dit qu’il y a des médias au Québec qui ont des
journalistes un peu partout — Le Devoir, pour ne pas le nommer.
On a toujours l’impression que, dans Le Devoir, on peut suivre au
quotidien ce qui se passe culturellement à Paris et dans bien des
villes du monde, mais c’est assez difficile d’y trouver ce qui se
passe culturellement à Toronto, par exemple — et Dieu sait qu’il
s’en passe, des choses, à Toronto.
That is a situation. I deplore it as much as you do, except that,
realistically, I do not see anything on the horizon that will
necessarily change for the better over the next few years.
C’est une situation. Je déplore cela comme vous, sauf que, de
façon réaliste, je ne vois pas à l’horizon les choses nécessairement
changer pour le mieux au cours des prochaines années.
Senator Nolin: It strikes a chord with me when you say: the
demand is not there, so we do not do it — the federal institutions,
among others. Would we not have a proactive role to play in
promoting demand? I just searched on my iPad, and lord knows
the Government of Canada is doing an enormous promotion of
the War of 1812, the commemoration of its 200th anniversary.
You seem to find that funny. Do you have a particular interest?
Le sénateur Nolin : Vous m’interpellez quand vous dites : la
demande n’est pas là donc on ne le fait pas — les institutions
fédérales, entre autres. Est-ce qu’on n’aurait pas un rôle proactif,
justement, à promouvoir la demande? Je viens de fouiller sur mon
iPad, Dieu sait que le gouvernement du Canada fait une énorme
promotion sur la guerre de 1812, la commémoration du
200e anniversaire — cela semble vous faire rire, est-ce que vous
avez un intérêt particulier?
4:24
Official Languages
28-11-2011
That is Canadian Heritage’s responsibility, and a lot of money
will be invested in the commemoration, and fortunately history
plays an important role in the way our institutions were formed and
shaped. That war is a fundamental event in our history. I wanted to
see whether the department had decided to use the media to reach
what I consider an important public, youth, but not at all.
Cela relève de Patrimoine canadien, beaucoup d’argent va être
investi dans ces commémorations et, Dieu merci, l’histoire joue un
rôle important dans la façon dont ont été formées et façonnées
nos institutions. Cette guerre est un élément important de notre
histoire. Je voulais voir si le ministère avait décidé d’utiliser les
médias pour, justement, toucher un public d’après moi important,
la jeunesse. Mais pas du tout.
Should we recommend that the government first organize it
and do it, as it is capable of doing: regulating and ensuring that
the departments stimulate demand for the information to which
my colleague just referred, rather than wait passively until it is
requested?
Est-ce qu’on devrait recommander au gouvernement,
premièrement de la faire et d’organiser, comme le gouvernement
fédéral est capable de la faire : réglementer, s’assurer que les
ministères vont justement provoquer l’information à laquelle mon
collègue vient de faire référence, plutôt que d’attendre, de façon
un peu pépère, que la demande lui soit faite?
I understand that is not the purpose of your research, but that
is somewhat related to your answers from earlier. Digital content.
If we are not making it because no one is asking for it, perhaps we
should stimulate demand for it.
Je comprends que ce n’est pas l’objet de vos recherches, mais
cela recoupe un peu vos réponses de tout à l’heure. Contenu
numérisé. Si on ne le fait pas parce qu’on ne le demande pas, peutêtre qu’on devrait provoquer cela?
Mr. Chiasson: My earlier remark was more about more how to
do it. We can decide to be proactive, yes, but if we do it in a
format that is incompatible with what people are looking for, it
will go nowhere.
M. Chiasson : Ma remarque de tantôt était plutôt dans le sens
de la façon de le faire. On peut décider d’être proactif,
effectivement, mais si on le fait dans un format non compatible
avec ce que les gens recherchent, cela n’ira nulle part.
The issue of the War of 1812 makes me smile because I have a
historian colleague who is an expert on military history, and we
have been discussing this topic for some time now, but, to draw a
parallel, if we do that in a conventional museological way, as it is
sometimes done in federal institutions, not very interactively, it
definitely will not meet a need. You have to be creative.
La question de la guerre de 1812 m’a fait sourire parce que j’ai
un collègue historien spécialiste de l’histoire militaire et nous
avons une discussion sur ce sujet depuis un certain temps, mais
pour faire un parallèle, si on présente cela dans une muséologie
classique, comme on le fait parfois dans les institutions fédérales,
de façon assez peu interactive, c’est certain qu’on ne répondra pas
à un besoin. Il faut être créatif.
Senator Nolin: That is correct.
Le sénateur Nolin : C’est exact.
Mr. Chiasson: Especially for a war that dates back 200 years.
M. Chiasson : Surtout pour une guerre qui date de 200 ans.
Senator Nolin: That prevented us from being Americans
today — a minor historical detail.
Le sénateur Nolin : Qui fait qu’on n’est pas des Américains
aujourd’hui — petit détail historique.
Mr. Chiasson: That does not seem important for someone who
does not see it immediately in a format.
M. Chiasson : Cela n’apparaît pas important pour quelqu’un
qui ne le voit pas immédiatement dans un format.
Senator Mockler: This morning, I passed by Rivière-du-Loup
and there was talk about the election of an alderman. They said that
only 22 per cent of people had gone to vote. Journalists were
talking about a total lack of interest and wondered whether a social
media campaign would have encouraged young people to vote.
Le sénateur Mockler : Ce matin, je passais par Rivière-duLoup et il était question de l’élection d’un échevin. On disait que
seulement 22 p. 100 des gens étaient allés voter. Les journalistes
parlaient d’un désintéressement total et se posaient la question de
savoir si une démarche au niveau des médias sociaux aurait
encouragé les jeunes à voter.
The other topic addressed was the social media. No so long ago,
in both Quebec and Acadia, you could easily hear comments such
as, ‘‘Ça va shooter dans l’goal,’’ ‘‘C’est un lit avec des springs,’’ or
‘‘Yes, on va vers un touchdown.’’ I recently had the opportunity to
speak with the leaders of major international businesses in my
region. They told me about the difficulty involved in maintaining
high-quality French among young people, particularly in the
social media.
L’autre sujet qui a été abordé était la question de la qualité du
français dans les médias sociaux. Il n’y a pas si longtemps, que ce
soit chez vous au Québec ou chez nous en Acadie, on pouvait
facilement entendre des commentaires comme « ça va shooter
dans l’goal », « c’est un lit avec des springs » ou bien « yes, on va
vers un touch down ». J’ai eu l’occasion, dernièrement, de parler
avec des dirigeants de grandes entreprises internationales dans ma
région. Ils me faisaient part de la difficulté à maintenir une qualité
de français chez les jeunes, surtout au niveau des médias sociaux.
28-11-2011
Langues officielles
4:25
Did you examine that? What could we do to maintain the quality
of French in the social media? Do you have any comments?
Vous êtes-vous penché là-dessus? Qu’est-ce qu’on pourrait faire
pour maintenir la qualité du français au niveau des médias
sociaux? Avez-vous des commentaires?
Mr. Chiasson: Municipal elections, those are my roots. That is
my primary field. I would say that we can see a decline in the
voter turn-out rate, at the municipal level and in other areas.
There has been a decline. In fact, I joke with my students when I
tell them that the other levels of government are in the process of
falling to the municipal voter turnout rate. You can view that as a
depoliticization, a loss of interest in civic affairs. Some people
support that idea. It is a turning inward. You watch television and
take little interest in what goes on in the public sphere.
M. Chiasson : Les élections municipales, c’est ma talle. C’est
mon domaine premier. Je dirais qu’on peut voir la faiblesse des
taux de participation électorale, au municipal ou ailleurs. Il y a un
déclin. En fait, je fais des farces avec mes étudiants en leur disant
que les autres paliers de gouvernement sont en train de rejoindre
le taux de participation municipale. On peut voir cela comme une
dépolitisation, une perte d’intérêt par rapport aux affaires
communes. Des gens soutiennent cette idée. C’est un repli sur
soi-même. On regarde sa télé et on ne s’intéresse pas trop à ce qui
se passe dans l’espace commun.
I have an interpretation, which is the one you seem to support,
and that is that this may be a sign that politicization comes about
through other means than the traditional vote for a large portion of
the population that does not feel that well represented, particularly
young people, women and so on. Very often, they do not feel
represented in elections because they see candidates who are neither
young nor women, in particular. So there is that aspect. In other
words, what interpretation does one make of it? Is it a sign that
people are turning inward, into their private space, or is it a sign
that there are other places where issues are being expressed?
J’aurais une interprétation, effectivement, qui est celle que vous
sembliez soutenir, c’est-à-dire que c’est peut-être un signe que la
politisation passe par d’autres moyens que le vote traditionnel
pour une bonne partie de la population qui se sent plus ou moins
représentée, particulièrement les jeunes, les femmes, et cetera.
Très souvent, ils ne se retrouvent pas dans les élections parce
qu’ils sont face à des candidats qui ne sont pas des jeunes ni des
femmes, notamment. Donc, il y a cet aspect, c’est-à-dire quelle
interprétation on fait de cela? Est-ce que c’est le signe du fait
qu’on a un repli sur l’espace privé ou est-ce que c’est le signe qu’il
y a d’autres endroits où s’expriment des enjeux?
Mr. Quirion: Senator Mockler, I understand what you are
saying about terminology. I believe that one of the very important
factors in maintaining high-quality language, as it pertains to
terminology, is the ability to quickly offer French terms when
English terms arise. For example, in a terminology course that I
am giving at the University of Ottawa, we try to solve individual
terminology problems. I have joined with the university’s
linguistic services department to detect words that are currently
causing them headaches. Unfortunately, that is related to social
media. ‘‘To tweet’’ becomes ‘‘twitter’’ in French. This causes some
discomfort at a university that is trying to project its francophone
image. They would like to have something else to say besides
‘‘twitter’’. They do not like associations such as: ‘‘Le recteur
twitte.’’ Here we see that there is much more behind this than
terms; there is linguistic pride as well, an image that we project.
M. Quirion : Vous m’interpellez, sénateur Mockler, avec la
terminologie. Je pense qu’un des facteurs très importants pour le
maintien d’une langue de qualité en ce qui a trait à la terminologie,
c’est la capacité de pouvoir proposer rapidement des termes français
lorsque surviennent des termes anglais. Par exemple, dans un cours
de terminologie que je donne présentement à l’Université d’Ottawa,
on essaie de régler des problèmes ponctuels de terminologie. Je me
suis associé aux Services linguistiques de l’université pour détecter
les mots qui leur causaient des maux de tête présentement.
Malheureusement, cela a trait aux médias sociaux. « To tweet »
devient « twitter » en français. Ceci cause un malaise dans une
université qui cherche à projeter une image francophone. Ils
aimeraient bien avoir autre chose à dire que « twitter ». Ils
n’aiment pas les associations du genre : Le recteur twitte, ou ce
genre de choses. On voit ici qu’il y a beaucoup plus que des termes
derrière tout cela, il y a une fierté linguistique aussi, une image
que l’on projette.
Senator Mockler: That is true.
Le sénateur Mockler : C’est vrai.
Mr. Quirion: I was surprised to see that my class — about
40 students — has a great deal of difficulty considering the
question because, for them, ‘‘twitter’’ has become an accepted
usage. Why fight it? I cite that example to show that it is
important to disseminate French terminology quickly.
M. Quirion : J’ai été étonné de voir que ma classe — une
quarantaine d’étudiants — a beaucoup de difficultés à même se
pencher sur la question parce que, pour eux, « twitter », c’est
passé à l’usage. Pourquoi se battre contre cela? Je prends cela
comme exemple pour montrer qu’il est important de diffuser
rapidement de la terminologie française.
I am thinking, for example, of a measure that has been put in
place by the Office québécois de la langue française. It is a
telephone system or emergency line for journalists who have to
write an article and who, as their deadline approaches, would like
to use something other than an English term. It is a kind of red
Je pense par exemple à une mesure qui a été mise en place par
l’Office québécois de la langue française. Il s’agit d’un système
téléphonique ou une ligne d’urgence pour les journalistes qui ont à
rédiger un article et qui, l’heure de tombée approchant à grands pas,
aimeraient bien utiliser autre chose qu’un terme anglais. C’est une
4:26
Official Languages
phone where they can at least get a proposed French term, even if
they have to put the English term in parenthesis next to it. If there
was one resource that could be put at the disposal of young
people, language workers, it would undoubtedly be this kind of
immediate creation and dissemination of French terminology.
Senator Mockler: Using the social media?
Mr. Quirion: In particular. Because it is these users who will
quickly spread the news. If we get stuck with these terms at the
outset, we have no chance.
28-11-2011
espèce de téléphone rouge où ils peuvent à tout le moins aller
chercher une proposition française quitte à mettre entre parenthèses
le terme anglais à côté. S’il y avait des moyens à mettre à la
disposition des jeunes, des langagiers, ce serait sans doute cet effort
de création et de diffusion de terminologie française immédiate.
Le sénateur Mockler : En utilisant disons les médias sociaux?
M. Quirion : Particulièrement. Parce que ce sont ces
utilisateurs qui vont propager rapidement la nouvelle. Si on les
attrape dès le départ, on n’a plus de chance.
Senator Mockler: What do your students say about that?
Le sénateur Mockler : Qu’est-ce que vos étudiants disent sur cela?
Mr. Quirion: In what respect, in particular?
M. Quirion : À quel égard particulièrement?
Senator Mockler: About usage?
Le sénateur Mockler : De l’usage?
Mr. Quirion: They are very much aware of that. Most of them
are trying first and foremost, for the moment — perhaps it is their
age — to align themselves with the movement they sense, but
others want to francize their future workplace. I teach
francophones, those who are in the B.A. program in English-toFrench translation. These people will ultimately be francization
agents in their environments, ensuring the quality of
communications in French in their workplace, whether it be in
a private company, the federal government or somewhere else.
M. Quirion : Ils en sont très conscients. Pour la plupart, ils
cherchent d’abord et avant tout, pour l’instant — peut-être que
c’est l’âge — à s’aligner sur le mouvement qu’ils sentent, mais il y
en a d’autres qui tiennent à franciser le milieu de travail dans
lequel ils seront. J’enseigne à des francophones, donc, ceux qui
sont dans le bac en traduction de l’anglais vers le français. Ces
gens seront des agents de francisation, finalement, dans leur
milieu, s’assurant de la qualité des communications en français
dans le milieu de travail dans lequel ils évolueront, que ce soit une
société privée, le fédéral ou autre.
Senator Nolin: We have some good examples, such as
‘‘courriel’’ and ‘‘pourriel’’, words that are created here. Even the
French are surprised that we use them. They use the word ‘‘mail.’’
Le sénateur Nolin : On a de beaux exemples tels « courriel » et
« pourriel »; des mots qui sont nés ici. Même les Français
s’étonnent qu’on les utilise. Eux, ils utilisent le mot « mail ».
Why abdicate when we could use our own Canadian language?
Pourquoi abdiquer alors qu’on pourrait utiliser notre
jarnigouane canadienne?
Mr. Charron: Earlier I was quite pessimistic or, in any case, at
least realistic. I am saying that I am absolutely optimistic about
this, contrary to what we hear around us about the quality of
young francophones’ language. The question has often been put
to me because I work in a field where the French language is the
raw material.
M. Charron : Tantôt j’étais plutôt pessimiste ou en tout cas,
tout au moins réaliste. Je dis que là-dessus je suis absolument
optimiste, contrairement au discours ambiant qu’on entend sur la
qualité linguistique des jeunes francophones. La question m’est
souvent posée parce que je travaille dans un domaine où le
matériau premier est la langue française.
In the classroom, what I am observing in 2011 is no less
interesting, no less lively today than it was when I started teaching
university 12 years ago. On the contrary.
En salle de classe, ce que j’observe en 2011 n’est pas moins
intéressant, n’est pas moins vivant aujourd’hui que ça ne l’était
quand j’ai commencé à enseigner à l’université il y a 12 ans.
Au contraire.
We hear ambient comments on the quality of French, which is
declining among young people, particularly as a result of new
technologies. I would say that that is not necessarily what I see on
the ground. Some will say I am privileged in that I teach people who
are in the language field; I understand that and I can qualify it.
On entend le discours ambiant sur la qualité du français chez
nos jeunes qui est en perte de vitesse, notamment en raison de la
présence des nouvelles technologies. Je vous dirais que ce n’est pas
nécessairement ce que j’observe sur le terrain. Certains diront que
je suis privilégié, en ce sens que j’enseigne à des gens qui sont dans
le domaine langagier, je comprends cela et je peux bémoliser.
What I am also seeing is what was referred to earlier: young
francophones who are in constant communication with other
francophones elsewhere in the world. That is what is important in
my opinion, and to the extent that our francophones here are in
direct communication with other francophones elsewhere in the
world through the social media, they have no choice but to
understand each other if they want to speak to each other.
Ce que je vois aussi, c’est ce à quoi on faisait référence tantôt :
des jeunes francophones qui sont en communication constante
avec d’autres francophones ailleurs dans le monde. À mon avis,
c’est ce qui est important. Et dans la mesure où nos francophones
d’ici sont en communication directe avec des francophones
d’ailleurs dans le monde via les réseaux sociaux, ils n’ont pas le
choix de se comprendre s’ils veulent se parler.
28-11-2011
Langues officielles
4:27
One may well think that the more francophones in the world
communicate with each other, the more they will be able to agree
on a common terminology that will enable them to communicate
effectively. On that question, it seems to me that we should be
more optimistic than pessimistic.
On peut penser que plus les francophones dans le monde
communiquent entre eux, plus ils vont s’entendre sur une
terminologie commune qui leur permettra de communiquer de
façon efficace. Par rapport à cette question, il me semble qu’on
devrait être plus optimistes que pessimistes.
Mr. Quirion: It seems you are familiar with Termium; so much
the better. Termium is one of the institutions we referred to a little
earlier and one we still turn to. We may previously have used it
more readily.
M. Quirion : Il semble que vous connaissiez Terminum, c’est
tant mieux. Termium est une des institutions auxquelles on faisait
référence un peu plus tôt et vers laquelle on se tourne encore. On
s’y tournait peut-être plus spontanément auparavant.
Today, thanks to Web 2.0, we can consult parallel terminology
bases supplied by other people in our language. This is an
interlinguistic and plurilinguistic phenomenon. There are
enthusiastic people who are passionately interested in a field and
who want to contribute by adding French equivalents as a hobby.
Aujourd’hui, grâce au Web 2.0, on peut consulter des banques
de terminologie parallèles alimentées par tout un chacun, dans sa
langue. C’est un phénomène inter-linguistique et plurilinguistique.
Il y a des gens enthousiastes et passionnés par un domaine et qui
veulent contribuer en mettant l’équivalent français pour leurs
passe-temps.
Senator Nolin: A kind of wiki?
Le sénateur Nolin : Un genre de wiki?
Mr. Quirion: Exactly. We have the option of disseminating
terminology or picking up on ideas that would not previously
have caught on, but that spring into use among this group of
enthusiastic people.
M. Quirion : Exactement. On a l’option de diffuser de la
terminologie là ou d’attraper au passage des idées qui auraient eu
peu d’échos auparavant, mais qui, dans cette cellule de gens
enthousiastes, pourraient voir essaimer un usage.
I will conclude with a very interesting example. A colleague of
mine conducted a survey on Breton in Wikipedia. This is
interesting because, as you may know, in France, after imposing
French at the national level for a number of centuries in order to
consolidate the nation, the French realized that they were
gradually killing off regional languages, including Breton.
Je termine avec un exemple très intéressant. Un collègue a fait
une enquête sur le breton dans Wikipedia. C’est intéressant parce
que vous savez peut-être qu’en France, après avoir imposé le
français pendant une couple de siècles à l’échelle nationale pour
cimenter la nation, on se rend compte qu’on a tranquillement fait
mourir les langues régionales, dont le breton.
In an effort to save that language, the government of Brittany
established a Breton terminology to accompany school textbooks
right up to university, but no such terminology was subsequently
proposed in specialized scientific or other fields; it does not exist.
Dans un élan pour sauver cette langue, le gouvernement de
Bretagne a mis en place une terminologie bretonne pour
accompagner les manuels scolaires jusqu’à l’université. Ensuite,
dans les domaines spécialisés des sciences et autres, la
terminologie en breton n’est pas proposée, elle n’existe pas.
At Wikipedia, collaborators in specialized fields must use a
terminology to describe their ideas and propose it. Then other
Breton users join in, and it is not only the content that is
discussed, but also the terminology that is being established by
consensus among users.
À Wikipedia, les collaborateurs dans des domaines spécialisés
doivent, pour décrire les notions, utiliser une terminologie et la
proposent. Et là, les autres utilisateurs bretons embarquent et ce
n’est pas seulement le contenu qui est discuté, mais c’est la
terminologie qui est en train de s’établir par consensus parmi des
utilisateurs.
To my mind, this is a very good example of what Web 2.0 can
contribute to the spread of knowledge and, here particularly, to
the creation and dissemination of a terminology that is the subject
of a consensus among users, in addition to what government
initiatives could do.
À mes yeux, c’est un très bel exemple de ce que peut apporter le
Web 2.0 dans la diffusion des connaissances et ici particulièrement,
la création et la diffusion d’une terminologie qui trouve consensus
auprès des usagers, parallèlement à ce que pourraient faire les
initiatives gouvernementales.
Senator Mockler: I have a brief question on which we could
begin a debate. Earlier we talked about the Moncton region. Back
home, we can use a terminology to understand each other more
clearly, and I am going to let Senator Poirier give her comments.
But we definitely want to use Chiac terminology because some
popular terms from the region are still used.
Le sénateur Mockler : J’ai une courte question sur laquelle on
pourrait entreprendre un débat. Tantôt on parlait de la région de
Moncton. Chez nous, on peut utiliser une terminologie pour
mieux nous comprendre et je vais laisser la sénatrice Poirier
donner ses commentaires. Mais c’est certain qu’on veut utiliser la
terminologie du chiac parce qu’il y a encore des termes populaires
de la région qui sont utilisés.
4:28
Official Languages
Is there a danger that what we are currently seeing could result
in the assimilation of the minority regions outside Quebec? Could
this become an instrument of assimilation?
Mr. Chiasson: In the sense that Chiac would disappear?
28-11-2011
Est-ce qu’il y a un danger que ce qu’on voit présentement
pourrait assimiler les régions minoritaires hors Québec? Est-ce
que ça pourrait devenir un instrument d’assimilation?
M. Chiasson : Dans le sens que le chiac disparaîtrait?
Senator Mockler: No, I was talking about French-language
social media.
Le sénateur Mockler : Non, je parlais des médias sociaux de
langue française.
Mr. Charron: No, I would tend to be just as optimistic as I was
earlier. There is a sentence from the Quebec essayist, André
Belleau, that has always struck me. He said that we need to speak
French but that we need French in order to speak. I understood
from that that it is, first of all, a question of need. If we need to
express ourselves, we do so in the language that we have and we
do not have any other. In many cases, people have no other
languages in which to express themselves than the one they have.
M. Charron : Non, j’aurais tendance à être tout aussi optimiste
que je l’étais tantôt. Il y a une phrase d’un essayiste québécois,
André Belleau, qui m’a toujours frappé. Il disait qu’on n’a pas
besoin de parler français mais qu’on a besoin du français pour
parler. Ça m’a fait comprendre que c’est d’abord une question de
besoin. Si on a besoin de s’exprimer, on le fait avec cette langue
qu’on a et on n’en a pas d’autre. Dans bien des cas, les gens n’ont
pas d’autres langues pour s’exprimer que celle qu’ils ont.
From that point, I believe that some efforts may seem purely
artificial in certain cases if their first purpose is not to meet to a
primary need.
À partir de ce moment, je crois que certains efforts peuvent
paraître dans certains cas purement artificiels si ce n’est pas
d’abord pour répondre à un besoin primaire.
Senator Champagne: I wanted to make a brief comment about
Termium. I subscribed to it for a number of years, and when the
roadmap came out four years ago, Termium became a tool that
everyone could access without having to pay for a subscription.
Le sénateur Champagne : Je voulais faire un court commentaire
à propos de Termium. J’y étais abonnée depuis plusieurs années et
lorsque la Feuille de route sur les langues officielles est sortie il y a
quatre ans, Termium est devenu un outil auquel tout le monde
pouvait avoir accès sans avoir à payer un abonnement.
That was one of the things I was especially pleased about in
what was contained in the roadmap that Minister Moore
presented. As was already said, perhaps some people are not
familiar with Termium and, after listening to this program, will
want to access it and see what they can do with Termium.
C’était une des choses dont j’étais très contente surtout ce que
contenait la Feuille de route qu’a présentée le ministre Moore.
Comme on en avait parlé, il y a peut-être des gens qui ne
connaissent pas Termium et qui voudront, suite à l’écoute de cette
émission, aller se brancher et voir ce qu’on peut faire avec Termium.
Senator Losier-Cool: I will not go back over all the terminology
of the French. I must say that even France, our mother country,
saddens me at times.
Le sénateur Losier-Cool : Je ne reviendrai pas sur toute la
terminologie des Français. Je dois dire que même la France, notre
mère patrie, me chagrine parfois.
Mr. Chiasson: Yes, a lot.
M. Chiasson : Oui, beaucoup.
Senator Losier-Cool: It is fashionable to play English music or
to use English words, but that is part of a future debate. I would
like to return to our agenda concerning the study of the use of the
Internet and the social media.
Le sénateur Losier-Cool : C’est à la mode de jouer de la musique
anglaise ou d’utiliser de mots anglais. Mais cela fera partie d’un
prochain débat. Je voudrais revenir à notre ordre du jour qui
concerne l’étude de l’utilisation d’Internet et des nouveaux médias.
The Treasury Board Secretariat is considering the possibility of
regulating the guidelines. In your opinion, is it possible to regulate
the guidelines that could be used for new media in a manner that
would be consistent with Canada’s linguistic rights and would
meet the needs of the francophone communities?
Le Secrétariat du Conseil du Trésor est en train de réfléchir à la
possibilité de réglementer des lignes directrices. Selon vous, est-il
possible de réglementer les lignes directrices dont on pourrait se
servir pour les nouveaux médias dans le respect des droits
linguistiques du Canada et qui répondraient aux besoins des
communautés francophones?
Should that be regulated? In other words, could you tell the
Standing Senate Committee on Official Languages whether,
depending on the recommendations in your upcoming report,
the Treasury Board should consider establishing clear and specific
guidelines as in the Official Languages Act?
Est-ce que ce devrait être réglementé? En d’autres mots, est-ce
que vous pourriez dire au Comité sénatorial permanent des
langues officielles, si, selon les recommandations qui seront
contenues dans votre prochain rapport, le Conseil du Trésor doit
penser à établir des lignes directrices claires et précises comme
dans la Loi sur les langues officielles?
Mr. Chiasson: In the governments’ toolboxes, we often have
two types of tools. Obviously there are regulations, in which
standards are defined, and they can subsequently be enforced
through all kinds of means.
M. Chiasson : Dans la boîte à outils des gouvernements, on a
souvent deux types d’outils. Il y a évidemment la réglementation,
dans laquelle on définit des normes et, par la suite, on peut les
faire respecter par toutes sortes de moyens.
28-11-2011
Langues officielles
4:29
There are also incentive tools, and I believe we definitely need
regulation, on the one hand, because that is often what makes
social media a powerful tool in the case of emerging democracies:
they very often escape regulation.
Il y a aussi les outils incitatifs et je crois qu’on a sûrement
besoin d’une part de réglementation car c’est souvent ce qui fait
des médias sociaux un outil puissant dans le cas des démocraties
émergentes; ils échappent très souvent à la réglementation.
For countries that are used to having firmly implanted
regulations, I would be tempted to say that, yes, regulation is
necessary, but that it must especially be accompanied by the other
part of the toolbox, that is to say incentive measures that support
the things you want to do and that enable you to think of creative
forms of support in that regard. I do not know what was in the
draft regulations, but trying to regulate that much content and
that many ways of doing things on the Web, such as establishing
policies to prevent hateful content, for example, seems absolutely
essential to me.
Pour les pays qui ont l’habitude d’une réglementation assez
ancrée, je serais plutôt tenté de dire que oui, il faut avoir de la
réglementation, mais qu’elle doit surtout être accompagnée de
l’autre partie de la boîte à outils, c’est-à-dire des moyens incitatifs
qui permettent d’appuyer les choses que l’on veut faire et de
penser à des formes créatives d’appui à ce niveau. Je ne sais pas ce
qui était dans ce projet de réglementation, mais essayer de
réglementer autant des contenus que des façons de faire sur le
Web comme se doter de politiques visant à empêcher des contenus
haineux, par exemple, ça m’apparaît tout à fait essentiel.
Senator Nolin: That is fundamental. Those regulations will be
proposed and there will be a period of consultation.
Le sénateur Nolin : C’est la base. Ces réglementations vont être
proposées et il y aura une période de consultations.
Senator Losier-Cool: There is also the issue of Internet access
throughout the official language minority communities. If we
want the social media to be tools for community development, the
communities have to have access to them.
Le sénateur Losier-Cool : Il y a aussi la question de l’accès à
Internet partout dans les communautés de langue officielle en
situation minoritaire. Si nous voulons que les médias sociaux
soient des outils pour le développement des communautés, il faut
qu’ils y aient accès.
Mr. Chiasson: That is a major regional development issue,
which increasingly concerns the rural communities, which are the
ones that are the least connected. And those communities view
this as a kind of obligation; that is to say that, if we want to
attract businesses, ensure the vitality of our communities and
stem the exodus of young people, this becomes a kind of solution.
In that sense, it tends to move through other channels, but it does
in fact become an issue.
M. Chiasson : C’est un gros enjeu de développement régional,
qui vise de plus en plus les communautés rurales qui sont celles
qui sont le moins connectées. Et ces communautés voient ça
comme une espèce d’obligation, c’est-à-dire que si on veut attirer
des entreprises, assurer la vitalité de nos communautés et endiguer
l’exode des jeunes, ça devient un peu une espèce de solution. Dans
ce sens, ça a tendance à passer par d’autres filières, mais ça
devient effectivement un enjeu.
The Chair: Honourable senators, as you have no more
questions, I would like, on your behalf, to thank our witnesses,
who have so patiently answered the questions put to them.
Gentlemen, thank you very much for coming to meet with us.
La présidente : Honorables sénateurs, comme vous n’avez plus
de questions, j’aimerais en votre nom remercier nos témoins qui
ont si patiemment répondu aux questions qui leur ont été posées.
Messieurs, merci beaucoup d’êtres venus nous rencontrer.
Honourable senators, I would like to remind you that we will
make an exception to our general practice and start the meeting at
4:30 p.m. to accommodate the witnesses’ schedules. Next week we
will have a long meeting and may possibly finish around 7 p.m.
The first witnesses will be from the CEFRIO, concerning the use
of the Internet. In the second part of the meeting, we will be
hearing from Air Canada. Thank you.
Honorables sénateurs, j’aimerais vous rappeler que, la semaine
prochaine, la réunion débutera exceptionnellement à 16 h 30 pour
accommoder l’horaire des témoins. Nous aurons la semaine
prochaine une longue réunion et terminerons possiblement vers
19 heures. Les premiers témoins seront de la CEFRIO,
concernant l’utilisation d’Internet. Pour la deuxième partie de la
réunion, nous recevrons Air Canada. Merci.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Monday, November 28, 2011
OTTAWA, le lundi 28 novembre 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 4:30 p.m. to examine the use of the Internet, new media
and social media and the respect for Canadians’ language rights
and to continue its study on Air Canada’s obligations under the
Official Languages Act..
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui, à 16 h 30, pour étudier, l’utilisation d’Internet, des
nouveaux médias, des médias sociaux et le respect des droits
linguistiques des Canadiens et pour poursuivre son étude sur les
obligations d’Air Canada en vertu de la Loi sur les langues
officielles.
Senator Andrée Champagne (Deputy Chair) in the chair.
Le sénateur Andrée Champagne (vice-présidente) occupe le fauteuil.
4:30
Official Languages
[Translation]
28-11-2011
[Français]
The Deputy Chair: Honourable senators, I call the meeting to
order. I want to welcome everyone to the Standing Senate
Committee on Official Languages.
La vice-présidente : Honorables sénatrices, je déclare la séance
ouverte. Je souhaite la bienvenue à tout le monde au Comité
sénatorial permanent des langues officielles.
Allow me to introduce myself. I am Senator Andrée
Champagne from Quebec, deputy chair of this committee. I will
be moderating our debates today in the absence of our chair,
Senator Maria Chaput from Manitoba, to whom I take this
opportunity, on our behalf, to offer our sincerest condolences.
Je me présente, je suis le sénateur Andrée Champagne, du
Québec, vice-présidente du comité. J’animerai nos débats
aujourd’hui en l’absence de notre présidente, la sénatrice Maria
Chaput, du Manitoba, à qui j’en profite pour offrir, en notre nom,
nos plus sincères condoléances.
Before introducing the witnesses appearing today, I would first
like to invite committee members to introduce themselves. I will
start on my left.
Avant de présenter les témoins qui comparaissent aujourd’hui,
j’aimerais d’abord inviter les membres du comité à se présenter. Je
commencerai à ma gauche.
Senator Poirier: Senator Rose-May Poirier from New Brunswick.
Le sénateur Poirier : Sénatrice Rose-May Poirier,
du Nouveau-Brunswick.
Senator Tardif: Claudette Tardif from Alberta.
Le sénateur Tardif : Claudette Tardif, de l’Alberta.
Senator Losier-Cool: Rose-Marie Losier-Cool from
New Brunswick.
Le sénateur Losier-Cool : Rose-Marie Losier-Cool, du
Nouveau-Brunswick.
The Deputy Chair: In the first part of this meeting, the committee
will hear from the Centre for the support of organizational
innovation through information technologies, CEFRIO, as part
of its examination of the use of the Internet, new media, social
media and the respect for Canadians’ language rights.
La vice-présidente : En première partie de cette réunion, le
comité entendra le CEFRIO, Centre facilitant l’innovation dans
les organisations à l’aide des technologies de l’information, dans
le cadre de son étude sur l’utilisation d’Internet, des nouveaux
médias, des médias sociaux et le respect des droits linguistiques
des Canadiens.
In the second part, the committee will hear from representatives
of Air Canada in the context of its study on Air Canada’s
obligations under the Official Languages Act.
En deuxième partie, le comité entendra des représentants
d’Air Canada, dans le cadre de son étude sur les obligations
d’Air Canada en vertu de la Loi sur les langues officielles.
CEFRIO is a centre that facilitates research and innovation in
organizations through information and communications
technologies. It carries out very interesting projects on topics
such as the use of Web 2.0 in organizations and developments in
the use of the Internet. It is our pleasure to welcome Jacqueline
Dubé, President and CEO of CEFRIO, and Réjean Roy, General
Counsel.
Le CEFRIO est un centre qui facilite la recherche et
l’innovation dans les organisations à l’aide des technologies de
l’information et de la communication. Il réalise des projets forts
intéressants sur des sujets comme l’usage du Web 2.0 dans les
organisations et l’évolution de l’utilisation d’Internet. Nous avons
le plaisir d’accueillir Mme Jacqueline Dubé, présidente-directrice
générale du CEFRIO et M. Réjean Roy, conseiller principal.
Madam and sir, thank you for agreeing to appear today. The
committee members are anxious to hear what you have to say
about CEFRIO and its projects, and they will follow your
presentation with questions. Ms. Dubé.
Madame et monsieur, merci d’avoir accepté de comparaître
aujourd’hui. Les membres du comité ont bien hâte de vous
entendre au sujet du CEFRIO et de ses projets et, suite à votre
présentation, ils suivront avec des questions. Madame Dubé, nous
vous écoutons.
Jacqueline Dubé, President and CEO, CEFRIO (Centre for the
support of organizational innovation), through IT: Honourable
senators, it is a great pleasure for us to come and speak to you
about the role of information and communications technologies
in the context of the minority language communities. Having
worked on this for more than 25 years, we are convinced of the
very positive impact that IT can have in reducing isolation,
providing access to knowledge and shortening distances. We often
say that, thanks to technology, Rimouski and Sept-Îles are no
further away from Ouagadougou than Quebec City. That aspect
is very important for us. Our argument is that technology can help
equip small communities — both francophone communities
outside Quebec and anglophone communities in Quebec — by
Jacqueline Dubé, présidente-directrice générale, CEFRIO
(Centre facilitant l’innovation dans les organisations), à l’aide des
TI : Honorables sénatrices, c’est avec grand plaisir que nous
avons accepté de venir discuter avec vous du rôle des technologies
de l’information de la communication dans le contexte des
communautés linguistiques minoritaires. Nous sommes
persuadés, pour y avoir travaillé depuis plus de 25 ans, de
l’impact très positif que peuvent avoir les technologies de
l’information pour rompre l’isolement, donner accès à la
connaissance et briser la distance. On dit souvent que Rimouski
et Sept-Îles ne sont pas plus loin de Ouagadougou que de Québec
grâce aux technologies. Cet aspect est pour nous très important.
Notre thèse est que les technologies peuvent aider à outiller les
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Langues officielles
4:31
giving them access to knowledge, and enabling them to work,
develop the economies of their communities, and introduce health
and education projects in their mother tongue and the language of
their choice.
petites communautés — tant les communautés francophones à
l’extérieur du Québec que les communautés anglophones au
Québec — leur donnant accès à des connaissances, leur
permettant aussi d’œuvrer, de développer économiquement leur
milieu, d’avoir des projets en santé et en éducation dans leur
langue maternelle et la langue de leur choix.
For 25 years, CEFRIO has been a non-profit organization that
has received 35 per cent of its funding from the Department of
Economic Development, Innovation and Exports. This is the
innovation component that is our foster parent. The remaining
65 per cent consists of projects that CEFRIO carries out with its
65 partner researchers. Those researchers come from all the
universities across Quebec. Based on the projects put forward,
researchers from the University of British Columbia, for example,
may join the team, along with researchers from the University of
Toronto and the Université de Strasbourg. This expertise always
depends on the project we are conducting. It concerns the highest
and newest technology skills in the sector where we want to work.
Le CEFRIO, depuis 25 ans, est, de fait, un organisme à but non
lucratif subventionné à 35 p. 100 par le ministère du
Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.
C’est le volet innovation qui est notre mère nourricière. L’autre
65 p. 100 représente des projets que le CEFRIO monte avec ses
65 chercheurs associés. Ces chercheurs viennent de toutes les
universités du Québec. En fonction des projets mis de l’avant, des
chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique peuvent, par
exemple, se joindre à l’équipe, de même que des chercheurs de
l’Université de Toronto et de l’Université de Strasbourg. Cette
expertise est toujours en fonction du projet que nous menons. Elle
vise la plus fine et les plus nouvelles compétences dans les
technologies du secteur d’activité où l’on veut travailler.
We have been in this business for 25 years. We have questioned
1,000 Quebec citizens every month over the past 10 years to
measure their approval of technology. Our aim is to determine the
level of access to technology, but also how many hours a week
people spend on the Internet every day, how they use social
media, how they use the Web in the workplace and the problems
they encounter. This information forms an outstanding database
that spreads back over 10 years and to which expert firms in the
field contribute every month.
Nous pratiquons ce métier depuis 25 ans. Depuis 10 ans, de
façon récurrente et tous les mois, nous interrogeons 1 000 citoyens
et citoyennes au Québec pour mesurer quelle appropriation ils font
de la technologie. Nous cherchons à connaître le niveau d’accès,
mais également, dans le quotidien, combien d’heures par semaine les
gens passent sur Internet, l’utilisation qu’ils font des médias sociaux,
la façon dont ils utilisent le Web dans le milieu de travail et les
difficultés rencontrées. Ces renseignements forment une base de
données exceptionnelle qui s’échelonne sur plus de 10 ans et à
laquelle contribuent à tous les mois des firmes expertes en
la matière.
We also do measurements on the e-commerce index. We also
measure uptake by technology businesses. We do that mainly for
the SMEs. This year, for the first time, the Business Development
Bank of Canada asked us to extend our NetPME measure to
Canada as a whole. For the first time, we were therefore able to
compare the Canada data to those of each of the provinces and
Quebec to see the extent to which technologies have been taken up
by the SMEs. The survey is conducted in French and English in
Quebec and in English in the rest of Canada. These are random
surveys. Consequently, if a Quebec respondent speaks English,
the measurement will be done in English.
Nous faisons également des mesures sur l’indice du commerce
électronique. On mesure aussi l’appropriation par les entreprises
des technologies. On le fait principalement pour les PME. Pour la
première fois, cette année, la Banque de développement du
Canada nous a demandé d’étendre notre mesure NetPME à
l’ensemble du Canada. Nous avons donc pu comparer, pour une
première fois, les données du Canada à chacune des provinces et
au Québec pour voir où en est l’avancement de l’appropriation
des technologies dans les PME. Au Québec, le sondage s’est
effectué en français et en anglais, alors que pour le reste du
Canada il s’est effectué en anglais. Il s’agit de sondages aléatoires.
Par conséquent, si le répondant du Québec parle l’anglais, la
mesure se fera en anglais.
Our experimentation component is not as well known.
However, it represents a large part of our work. We conduct
experimentation based on the environment to determine the
environment’s technology needs.
Notre volet expérimentation est moins bien connu. Toutefois, il
constitue la grande partie de notre travail. Nous faisons de
l’expérimentation à partir du milieu pour connaître les besoins du
milieu en technologies.
For example, in Quebec 10 years ago, the government chose to
adopt what is now a well-established position, to ‘‘use our land.’’
As land use was a priority, it was impossible for the Department
of Education, Recreation and Sport to close the small schools in
the regions. These were very small schools, with very few children
and teachers, who wanted to leave the schools because there were
not enough challenges. CEFRIO was given a mandate to find a
Par exemple, il y a 10 ans, au Québec, l’État a choisi de prendre
une position maintenant bien établie qui est « occupons notre
territoire ». L’occupation du territoire étant une priorité, il n’était
pas possible pour le ministère de l’Éducation et des Loisirs et du
Sport de fermer les petites écoles en région. Il s’agissait de très
petites écoles, avec très peu d’enfants et des enseignants qui
cherchaient à quitter ces écoles parce qu’ils manquaient de défis. Le
4:32
Official Languages
28-11-2011
technology-based solution. We had high-speed Internet installed
in those small locations. With the help of teachers and education
researchers, we established a program to teach in those small
classes using technology. As a result, the teaching program is
based on the government program. However, it is being done with
the aid of both computers and what we today call ‘‘interactive
whiteboards’’. Children follow along on a computer screen in
front of the class. These are groups in which students from
grades 1, 2, 3 and 4 are in the same classroom. I experienced this
situation as a student living in a remote region of Quebec.
However, we did not have the Internet at the time.
CEFRIO a reçu comme mandat de trouver une solution à l’aide des
technologies. Nous avons fait installer Internet haute vitesse dans
ces petites localités. À l’aide d’enseignants et de chercheurs en
pédagogie, nous avons monté un programme pour enseigner dans
ces petites classes à l’aide des technologies. Ainsi, le programme
pédagogique s’appuie sur le programme du gouvernement.
Toutefois, il se fait à la fois à l’aide de ce qu’on appelle
aujourd’hui « les tableaux blancs interactifs » et de l’ordinateur.
Les enfants suivent sur un ordinateur devant la classe. Il s’agit de
groupes où des élèves de première, deuxième, troisième et quatrième
années se trouvent dans la même classe. J’ai connu cette situation en
tant qu’élève vivant en région éloignée du Québec. Nous n’avions
toutefois pas Internet à cette époque.
I would say that what is fascinating is that, while a student
takes a French course with his teacher who is in the class, there
may be three other children taking a mathematics or English
course with a teacher who is giving the course in another
classroom. That is the basic teaching method we use with the
Internet, and which is called knowledge co-construction. The
children thus learn to conduct very advanced research and, based
on that, to use their knowledge.
Je vous dirais que ce qui est fascinant, c’est que pendant qu’un
élève prend un cours de français avec son professeur qui est dans
la classe, il peut y avoir trois autres enfants qui suivent un cours
de mathématiques ou d’anglais avec un professeur qui est dans
une autre classe en train de donner le cours. C’est la méthode
pédagogique de base qu’on utilise avec Internet et qui s’appelle la
co-construction du savoir. Les enfants apprennent donc à faire
des recherches très pointues et, partant de là, à utiliser leurs
connaissances.
I am going to make you smile at the naivete of children by
telling you a little story. Every year in grades 3 and 4, students of
roughly 10 and 11 years of age are given a theme to study, water.
They are on the banks of a river in Gaspé, the weather is
beautiful, and they wonder if their water is clean and how they
can determine that. Through the program established by
CEFRIO and our researchers, they searched for information on
the Internet and discovered that they needed researchers to
analyze water quality. But since they wanted no one to influence
them, they looked for the university that was the farthest away
from them and found the university in Vancouver. Then they were
sure there would be no influence. The children practised their
English and asked for the researchers’ help. The researchers found
them so charming that they sent them all the pipettes and
elements. The children did the research and showed that the water
quality had to be improved, and then ultimately submitted their
results to the regional county municipalities.
Là, je vais vous faire sourire en vous parlant de la naïveté des
enfants et en vous racontant une anecdote. En troisième et
quatrième années, des élèves d’à peu près 10 et 11 ans ont comme
thème annuel d’étudier l’eau. Ils sont sur le bord d’une rivière en
Gaspésie, il fait très beau et ils se demandent si leur eau est propre
et comment faire pour le savoir. À travers le programme établi
par le CEFRIO et nos chercheurs, les jeunes sont allés chercher
des informations sur Internet pour découvrir qu’il faut des
chercheurs pour analyser la qualité de l’eau. Mais puisqu’ils ne
voulaient pas que personne ne les influencent, ils ont cherché
l’université se situant le plus loin et ont trouvé l’université à
Vancouver. Ils étaient alors sûrs qu’il n’y aurait pas d’influence.
Les enfants ont pratiqué leur anglais et ont demandé l’aide des
chercheurs. Ces derniers les ont trouvé tellement charmants qu’ils
leur ont envoyé toutes les pipettes et les éléments. Les enfants ont
procédé à la recherche et ont démontré que la qualité de l’eau
devait être améliorée pour enfin présenter leurs résultats dans les
municipalités rurales de comtés.
As a result, the research enabled children to learn French,
English, mathematics, geography and science, that is to say what
we here call cross-curricular competencies. That is what CEFRIO
does. We do it in the fields of health, information and economics.
We conduct research to ensure that technologies are used
efficiently in businesses.
La recherche a donc permis à des enfants d’apprendre le
français, l’anglais, la mathématique, la géographie et les sciences,
c’est-à-dire ce qu’on appelle chez nous les compétences
transversales. C’est le métier du CEFRIO. Nous le faisons dans
le domaine de la santé, de l’information et de l’économie. Nous
faisons des recherches pour faire en sorte que l’usage des
technologies soit efficient dans les entreprises.
That is a general summary of my presentation. We are
available to speak with you and to answer all your questions
humbly and to the best of our knowledge.
Globalement, ça résume ma présentation. Nous sommes
disponibles pour discuter avec vous et répondre à toutes vos
questions, au meilleur de notre connaissance et avec beaucoup
d’humilité.
The Deputy Chair: Thank you very much. Mr. Roy, do you want
to add something?
La vice-présidente : Merci beaucoup. Monsieur Roy, voulez-vous
ajouter quelque chose?
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Langues officielles
Réjean Roy, General Counsel, CEFRIO (Centre for the Support
of Organizational Innovation), through IT: We have prepared a
nine-page document that we will submit tomorrow. Here we have
a preliminary version, but we are just going to take the time to
improve it and then submit it to you. Then it can provide you with
some food for thought on the contribution of technology in the
language field.
The Deputy Chair: Thank you very much.
4:33
Réjean Roy, conseiller principal, CEFRIO, (Centre facilitant
l’innovation dans les organisations), à l’aide des TI : Nous avons
produit un document de neuf pages que nous allons déposer
demain. Nous avons ici une version préliminaire, mais nous allons
juste prendre le temps de le bonifier pour ensuite vous le remettre.
Il pourra alors inspirer votre réflexion au sujet de l’apport des
technologies en matière linguistique.
La vice-présidente : Merci beaucoup.
Ms. Dubé, when you said three or four classes in the same room,
that brought a smile to my lips. My mother, who was a school
teacher, had the first seven grades in her class, up to the Quebec
certificate, and she did that for I do not know how many years.
Madame Dubé, quand vous parliez de trois ou quatre classes
dans la même salle, ça m’a fait sourire. Ma mère, qui a été
maîtresse d’école, avait les sept premières années dans sa classe,
allant jusqu’au certificat de Québec, et elle a fait ça pendant je ne
sais combien d’années.
Senator Poirier: I would like to have a few points clarified. I
congratulate you on the work you have done for the past 25 years.
I am certain that has produced results for the province of Quebec
in particular. If I understood correctly, most of your work is done
in the province of Quebec and for Quebecers?
Le sénateur Poirier : J’aimerais obtenir quelques clarifications.
Je vous félicite pour le travail que vous faites depuis 25 ans. Je suis
certaine que cela a porté fruit pour la province de Québec en
particulier. Si j’ai bien compris, la majorité de votre travail se fait
dans la province de Québec et pour les gens du Québec?
Ms. Dubé: Indeed.
Mme Dubé : Effectivement.
When CEFRIO was created, it was called the Centre
francophone d’informatisation des organisations. The idea was
to set quality standards for the use of French in the technology
sector. The government gave us a mandate that limited us to
Quebec.
Lorsque le CEFRIO a été créé, il s’appelait à ce moment-là le
Centre francophone d’informatisation des organisations. La
volonté était de faire en sorte qu’il y ait des standards de
qualité pour utiliser le français dans le secteur des technologies. Le
gouvernement nous avait donné un mandat qui nous limitait au
territoire du Québec.
For our next five-year project, which started last April, the
Department of Economic Development, Innovation and Exports
and our board of directors asked us to extend our services to
wherever products that had worked well could be useful to other
communities.
Pour notre prochain projet quinquennal, qui a débuté au mois
d’avril dernier, le MDIE et notre conseil d’administration ont
demandé que nous étendions nos services partout où les produits
qui ont bien fonctionné pourraient être utiles à d’autres
communautés.
Earlier I mentioned Ouagadougou. UNESCO asked us to
intervene in Sub-Saharan Africa with the École éloignée en réseau
project. There, however, the situation is reversed: 60 children are
in a classroom without paper or books, and we come in with a
computer to teach. It is a quite significant reversal.
J’ai parlé tantôt de Ouagadougou. Effectivement, l’UNESCO
nous a demandé d’intervenir en Afrique subsaharienne avec le
projet École éloignée en réseau. Il s’agit toutefois là de la situation
inverse : 60 enfants sont dans une classe, sans de papier ni livres,
et on arrive avec l’ordinateur pour enseigner. C’est un revirement
assez important.
The reason the Business Development Bank of Canada asked
us to expand our NetPME survey is that there are other aspects
for which Industry Canada wants us to start expanding through
SMEs. The École éloignée en réseau project is very easily
transferable to any community since the researchers are
supported by the Internet. It is ongoing, either synchronous or
asynchronous, but it is done via the Internet. With the Internet,
distance is therefore not important.
La décision de la Banque de développement du Canada de nous
demander d’élargir notre enquête NetPME, c’est parce qu’il y a
d’autres éléments pour lesquels Industrie Canada veut que nous
commencions à grossir au niveau de la PME. Le projet École
éloignée en réseau est très facilement transférable dans toute
communauté puisque le support des chercheurs se fait par Internet.
Il se fait en continu, soit synchrone ou soit asynchrone, mais il se
fait par Internet. La distance avec Internet n’a donc pas
d’importance.
Senator Poirier: Are any other provinces in Canada using your
services, for SMEs or the school or hospital systems?
Le sénateur Poirier : Présentement, que ce soit pour les PME
ou pour le réseau des écoles ou des hôpitaux, est-ce que d’autres
provinces au Canada utilisent vos services?
Ms. Dubé: We are currently working with British Columbia on
a construction and information technology project. As you can
see, we are involved in a lot of areas. We are working with British
Mme Dubé : Actuellement, nous travaillons avec la ColombieBritannique sur un projet concernant la construction et les
technologies de l’information. Vous voyez qu’on touche beaucoup
4:34
Official Languages
28-11-2011
Columbia and with the National Research Council of Canada.
We are starting to work with the other provinces and are available
for that purpose. My English is very limited, but my team is better
than I am. I am the weakest team member in English.
de volets. On travaille actuellement avec la Colombie-Britannique et
avec le Conseil national de recherches du Canada. On commence à
œuvrer avec les autres provinces et nous sommes disponibles pour le
faire. Mon anglais est très limité, mais mon équipe est meilleure que
moi. Je suis la moins bonne de l’équipe en anglais.
Senator Poirier: In New Brunswick, a lot of programs were
developed with Service New Brunswick and we became a model
for a number of others in the world that adopted that model.
Le sénateur Poirier : Au Nouveau-Brunswick, beaucoup de
programmes avaient été développés avec Services NouveauBrunswick et nous étions devenus un modèle pour plusieurs
autres dans le monde qui ont adopté ce modèle.
You have a gem here, and other people could perhaps benefit
from it elsewhere in Canada. I therefore encourage you to
consider the possibility of offering your services across Canada.
Vous avez ici un bijou et d’autres personnes pourraient peutêtre en profiter, ailleurs au Canada. Je vous encourage donc à
examiner la possibilité d’offrir vos services à travers le Canada.
If I correctly understood, you mentioned earlier that, when you
conduct a survey in Quebec, if the person answers in English or in
French, you are able to respond in his or her language. But you
say you do it in French only for the rest of Canada?
Si j’ai bien compris, vous avez mentionné tout à l’heure que
lorsque vous faites votre enquête au Québec, si la personne
répond en anglais ou en français, vous êtes capable de répondre
dans sa langue. Mais pour le reste du Canada, vous dites le faire
en français seulement?
Ms. Dubé: In English only.
Mme Dubé : En anglais seulement.
Senator Poirier: Why?
Le sénateur Poirier : Pour quelle raison?
Ms. Dubé: Since it is an anglophone firm that conducted the
survey elsewhere in Canada, that is what happened. I know that the
questions were all asked in English. You should know that
CEFRIO has been known in Quebec for a long time. When a
firm calls to say that they are conducting a survey for CEFRIO,
people agree to respond, but that has been much harder for the rest
of Canada because CEFRIO is not known there. We had to make a
lot of calls to get enough respondents for it to be statistically
consistent. However, if we continue — and the Business
Development Bank of Canada has told us yes — we will ensure
we have a bilingual firm to conduct the survey in the rest of Canada.
Mme Dubé : Puisque c’est une firme anglophone qui a procédé à
l’enquête ailleurs au Canada, c’est comme ça que cela s’est passé. Je
sais que les questions ont toutes été posées en anglais. Il faut que
vous sachiez qu’au Québec le CEFRIO est connu depuis longtemps.
Lorsqu’une firme appelle pour dire qu’ils font un sondage pour le
CEFRIO, les gens acceptent de répondre. Mais cela a été beaucoup
plus difficile pour le reste du Canada parce que le CEFRIO n’y est
pas connu. Nous avons dû faire beaucoup d’appels pour avoir des
répondants en nombre suffisant pour que ce soit statistiquement
conforme. Toutefois, si nous poursuivons — et la Banque de
développement du Canada nous a dit que oui — nous allons nous
assurer d’avoir une firme bilingue pour procéder à l’enquête dans le
reste du Canada.
Senator Tardif: Welcome to the Standing Senate Committee on
Official Languages. I would like to make a brief comment on
what Senator Poirier said. There are also a lot of francophones
outside Quebec and I know perfectly well they would be very
pleased to be able to respond to surveys that would enable them
to speak French. I hope you will be able to find a bilingual firm
that can offer the services in western and central Canada as well
as the Atlantic region.
Le sénateur Tardif : Bienvenue au Comité sénatorial
permanent des langues officielles. J’aimerais faire un petit
commentaire par rapport à ce qu’a dit la sénatrice Poirier. Il y
a aussi plusieurs francophones à l’extérieur du Québec et je sais
fort bien qu’ils seraient très heureux de pouvoir participer à des
sondages qui leur permettraient de s’exprimer en français. J’espère
bien que vous pourrez trouver une firme bilingue qui pourrait
offrir les services aussi dans l’Ouest et au centre du Canada, aussi
bien qu’en Atlantique.
Your organization has just published a white paper on the use
of Web 2.0, has it not?
Votre organisme vient de publier un livre blanc sur les usages
du Web 2.0; n’est-ce pas?
Ms. Dubé: Yes, indeed.
Mme Dubé : Oui, effectivement.
Senator Tardif: Could you tell us what you think are the main
challenges the federal government will have to face concerning the
use of social media?
Le sénateur Tardif : Est-ce que vous pourriez nous indiquer,
selon vous, quels sont les principaux défis que devra relever le
gouvernement fédéral concernant l’utilisation des médias sociaux?
Ms. Dubé: I can try to answer your question as the project was
carried out with 12 different enterprises, including departments
and agencies of the Government of Quebec and private
businesses.
Mme Dubé : Je peux tenter de répondre à votre question
puisque le projet a été effectué avec 12 entreprises différentes,
dont des ministères et des organismes du gouvernement du
Québec et des entreprises privées.
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Langues officielles
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Integration is slightly faster in private business than in
government. There is a major challenge in government regarding
the freedom of expression that social media entail. When you are a
government employee, you have a duty of restraint that is less
consistent with the notion of social media. The fact remains,
however, that this aspect is understood and accepted. Even if we use
social media, we have obligations and duties. A lot of work also has
to be done to educate younger people.
Au niveau de l’entreprise privée, l’intégration est légèrement plus
rapide que du côté gouvernemental. Au niveau gouvernemental, il y
a un défi important quant à la libre expression que les réseaux
sociaux sous-tendent. Il y a un devoir de réserve, lorsqu’on est
employé de l’État, qui se marie moins avec la notion des réseaux
sociaux. Il demeure toutefois que cet aspect est compris et accepté.
En effet, même si on utilise les réseaux sociaux, nous avons des
obligations et des devoirs. Il y a aussi beaucoup d’éducation à faire
à l’égard des plus jeunes.
Once you go beyond 34 or 35 years of age, people know the
rules about this aspect and the social networks are really
conducive to creativity and development.
Dès qu’on dépasse les 34, 35 ans, les gens connaissent les règles
sur cet aspect et les réseaux sociaux sont vraiment porteurs de
créativité et de développement.
So there is a step that has to be taken at the government level.
There has to be a certainty that staff are educated enough to
understand the role and impact of social media. That is one of the
factors. Another factor, considering the Government of Quebec,
since we of course have not worked with the federal government,
but with the Government of Quebec, is that a major challenge is
involved in allowing social networks on government computer
systems, the concern being the impact that could have on certain
databases. The entire notion of the security of information and
personal information is behind this aspect. A lot of education has
to be done. We have to define what we want to do with social
networks.
Donc, il y a cette étape à franchir au niveau de l’État; être sûr
que le personnel est suffisamment éduqué pour comprendre
l’impact et le rôle des réseaux sociaux. C’est un des éléments. Un
autre élément, si je me fie au gouvernement du Québec, puisque,
bien sûr, on n’a pas travaillé avec le gouvernement fédéral, mais
au niveau du gouvernement du Québec, il y a vraiment un défi
important à accepter que ces réseaux sociaux entrent sur les
systèmes informatiques de l’État, avec une inquiétude quant à
l’impact que cela pourrait avoir sur certaines bases de données.
C’est toute la notion de sécurité de l’information et de
l’information personnelle qu’il y a derrière cet aspect. Il y a
beaucoup d’éducation à faire. Il faut définir ce qu’on veut faire
avec les réseaux sociaux.
The researchers showed that we will have to learn to properly
measure what we called the return on investment in any other type
of project. That will now be completely linked to the return that
communication and sharing can generate. That aspect will have to
be developed in terms of a measurement theory in order to show
that it has a genuine impact.
Les chercheurs ont démontré qu’il va falloir apprendre à mesurer
correctement ce qu’on appelait le retour sur investissement dans
tout autre type de projet. Ça va être maintenant complètement lié
sur le retour que la communication et le partage peuvent amener.
Cet aspect va devoir se développer en termes de théorie de mesure,
pour démontrer que cela a un réel impact.
The other important issue to note is that the young generation
is coming. At CEFRIO, every two years we have measured what
we call generation C, those 12 to 24 years of age, who were born
with technology, with the Internet. For them, it is a way of being.
When they come to work in a business — and mainly in
government — they are used to co-developing. They are used to
dealing with their network in order to find a solution. That is not
currently possible at the Government of Quebec, with few
exceptions, where there have been small experiments.
L’autre enjeu important à souligner, c’est que ce sont les jeunes
qui arrivent. On a mesuré aux deux ans au CEFRIO, ce qu’on
appelle la génération C, qui sont les 12-24 ans, qui sont nés avec la
technologie, avec Internet. Pour eux, c’est une façon d’être.
Lorsqu’ils arrivent pour travailler dans une entreprise — et
principalement au niveau du gouvernement — ils sont habitués à
coélaborer. Ils sont habitués à faire affaire avec leur réseau pour
pouvoir trouver une solution. Au gouvernement du Québec
actuellement ce n’est pas possible, sauf quelques exceptions, où il
y a eu de petites expériences.
So it is in the very early stages in government. This is an
extraordinary tool for relating with citizens. It is a communications
tool where people can put forward a program, a policy, an
orientation through their comments, which are ultimately added to
others. It is an outstanding tool that the government cannot do
without.
On est donc au premier balbutiement au niveau du
gouvernement. C’est un outil extraordinaire de relation avec les
citoyens. C’est un outil de communication où les gens peuvent
faire cheminer un programme, une politique, une orientation par
leurs commentaires qui finissent par s’additionner. C’est un outil
extraordinaire dont le gouvernement ne peut se passer.
Mr. Roy: There is obviously a linguistic challenge in the use of
social media or social networks. If we consider the federal
government, one of the major challenges will of course be
ensuring that French is as much in evidence as it is elsewhere in
other forums.
M. Roy : Il y a un défi linguistique, évidemment, à l’utilisation
des médias sociaux ou des réseaux sociaux. Si on prend l’appareil
fédéral, un des défis importants sera, bien sûr, celui de faire en
sorte que le français soit aussi présent là qu’il l’est ailleurs dans
d’autres forums.
4:36
Official Languages
28-11-2011
When we have a social network, the problem that arises — Let
us consider the example of a wiki, GCPedia, for example. We talk
about that in the document we will be submitting later. GCPedia
is a wiki in which federal public servants can enter information,
knowledge that will be useful to their co-workers.
Quand on a un réseau social, le problème qui se pose, prenons
l’exemple d’un wiki. GCPedia par exemple. On en parle dans le
document que nous allons déposer plus tard. GCPedia est un wiki
dans lequel les fonctionnaires fédéraux peuvent déposer de
l’information, des connaissances qui vont être utiles à leurs
collègues de travail.
Let’s say I occupy position X and other individuals occupy that
same position across Canada. I have just developed a best
practice. I have one way of operating, of doing my work, and
I want to share what I know with my co-workers. The first
question that arises is the language I am going to use. Am I going
to write down my contribution? Am I going to codify my
knowledge in French or am I going to use English to do that? If
I do it in French, there may be a risk that that knowledge will be
less useful to all of my colleagues who do not necessarily speak
French. If I do so in English, perhaps I may reach more people
because francophones tend to be more bilingual.
Disons que j’occupe un poste X et il y a d’autres personnes qui
occupent ce même poste à la grandeur du Canada. Je viens de
développer une pratique exemplaire. J’ai une façon de
fonctionner, de faire mon métier et je veux partager ce que je
sais avec mes collègues de travail. La première question qui se
pose est la langue que je vais utiliser. Est-ce que je vais écrire ma
contribution? Vais-je codifier mes connaissances en français ou
vais-je utiliser l’anglais pour le faire? Si je le fais en français, il y a
peut-être le risque que cette connaissance soit moins utile à
l’ensemble de mes collègues qui ne parlent pas nécessairement le
français. Si je le fais en anglais, peut-être que je rejoins un plus
grand nombre, parce que les francophones ont tendance à être
davantage bilingues.
Consequently, there is a risk that a tool like GCPedia will
eventually become a very anglophone tool, and proactive
measures have to be taken to offset a risk like that. Users of a
tool like that have to be reminded that they can use the language
of their choice. Employees in designated bilingual regions can use
the language of their choice. They have to be reminded of that.
They have to be encouraged to do so. The entries that people
make in GCPedia can be translated, but money is necessary to do
that. This takes a certain amount of will, the will to put that
money into this kind of operation.
Par conséquent, le risque que petit à petit un outil comme
GCPedia devienne un outil très fortement anglophone est un
risque qui existe. Et pour pallier un risque comme celui-là, il faut
prendre des mesures proactives. On peut rappeler aux participants
d’un outil comme celui-là qu’ils peuvent utiliser la langue de leur
choix. Les employés des régions désignées bilingues peuvent
employer la langue de leur choix. Il faut le leur rappeler. Les
inciter à le faire. On peut traduire les entrées faites par les gens
dans GCPedia, mais il faut de l’argent. Ça prend une certaine
volonté, la volonté de mettre cet argent dans une telle opération.
Facilitators could be designated, individuals whose role would
be to intervene in French in a tool such as that. Lastly, some
creativity and inventiveness have to be shown. All that to say that
ensuring that French has a place in this kind of tool and in these
kinds of social media is a challenge that we must definitely make a
vigorous attempt to deal with.
On pourrait désigner des animateurs, des personnes qui
auraient comme rôle d’intervenir en français dans un outil
comme celui-là. Enfin, il faut faire preuve de créativité,
d’inventivité. Tout cela pour dire qu’assurer la place du français
dans un tel outil et de tels médias sociaux, c’est un défi auquel il
faut certainement essayer de faire face vigoureusement.
Senator Tardif: Thank you for discussing the linguistic
challenge because, as we are the Standing Senate Committee on
Official Languages, the entire issue of linguistic challenges is
obviously a concern for us, as, of course, is the fact that you have
not only identified ‘‘the linguistic challenge’’, I believe you have
absolutely touched a nerve or provided certain recommendations.
Le sénateur Tardif : Merci d’avoir parlé du défi linguistique,
parce qu’évidemment, étant donné que nous sommes le Comité
sénatorial permanent des langues officielles, toute la question des
défis linguistiques nous préoccupe. Et certainement le fait aussi
que non seulement ce que vous avez identifié « le défi
linguistique » et je pense que vous avez tout à fait touché le
nerf ou vous avez fourni certaines recommandations.
In our report, we are obviously going to try to make
recommendations for the federal government. You have named
two or three. Is there anything else that the federal government
could do to meet its obligations under the Official Languages Act?
And there I am obviously talking about Part IV, service to the
public, Part V, language of work and Part VII, advancement of
French and English and promotion of the vitality of the minority
communities.
Dans notre rapport, on va chercher évidemment à formuler des
recommandations pour le gouvernement fédéral. Vous en avez
nommées deux ou trois. Y aurait-il autre chose que le gouvernement
fédéral pourrait faire afin de respecter ses obligations en vertu de la
Loi sur les langues officielles? Et là je parle évidemment de la
partie IV, service au public, la partie V, la langue de travail et la
partie VII, la promotion du français et de l’anglais et la promotion
et l’épanouissement des communautés en milieu minoritaire.
Ms. Dubé: With your permission, I will let my colleague answer
your question since he is our official languages expert.
Mme Dubé : Si vous me le permettez, je vais laisser parler mon
collègue répondre à votre question puisque c’est l’expert des
langues officielles chez nous.
28-11-2011
Langues officielles
4:37
Mr. Roy: The document we have prepared is divided into five
major parts. We start by explaining that Internet technologies are
tools that the official language communities absolutely need.
In 2011, the Internet and technology are not a luxury; they are a
necessity. They are a necessity in the areas of culture, health and
education, and we can develop those aspects, but this is a necessity.
M. Roy : Le document qu’on a produit a été coupé en cinq
grandes parties. On commence par expliquer que les technologies
Internet, ce sont des outils dont les communautés de langues
officielles ont absolument besoin. Ce n’est pas un luxe, Internet, les
technologies en 2011, c’est une nécessité. C’est une nécessité sur le
plan culturel, sur le plan de la santé, sur le plan de l’éducation et on
pourra développer ces aspects, mais c’est une nécessité.
So if we want technology and the Internet to be profitable for
official language communities, a number of conditions must be
met. The first condition is that the official language communities
must have access to high-quality Internet service. This is not
always the case. Two years ago, the federal government put a
program in place to ensure that Canadians across Canada had
access to Internet service at a rate of 1.5 megabits/second or
better. That is very good. However, 1.5 megabits/second is
probably already being exceeded when you look at what is being
done better internationally or even what is going on in the cities.
While we are trying to connect the Lower North Shore or certain
regions of the Eastern Townships at 1.5 megabits/second, back
home I get 40 megabits/second, and in Hong Kong they have
1,000 megabits/second. So that affords opportunities to which
people in the official language communities will not necessarily
have access if those communities have 1.5 megabits/second
platforms. Good access to high-speed Internet is necessary. It is
definitely one of the things the federal government can ensure
with its partners.
Alors, si on veut que les technologies et Internet rapportent aux
communautés de langues officielles, il faut réunir un certain
nombre de conditions. La première condition, c’est que les
communautés de langues officielles aient accès à des services
Internet de qualité. Ce n’est pas toujours le cas. Le gouvernement
fédéral a mis en place un programme, il y a deux ans, pour faire en
sorte que partout au Canada, les Canadiens aient des services
d’accès à Internet d’une vitesse de 1,5 mégabit/seconde ou mieux.
C’est très bien. Mais 1,5 mégabit/seconde c’est probablement déjà
dépassé quand on regarde ce qui se fait de mieux à l’échelle
internationale ou même ce qui se passe dans les villes. Pendant
qu’on essaie de brancher la Basse-Côte-Nord ou certaines régions
de l’Estrie à 1,5 mégabit/ seconde — chez moi, j’ai du
40 mégabits/seconde — et à Hong Kong, ils ont du
1 000 mégabits/seconde. Alors, cela ouvre des possibilités
auxquelles les gens des communautés de langues officielles
n’auront pas nécessairement accès si ces communautés sont
plafonnées à 1,5 mégabit/seconde. Il faut un bon accès à Internet
haute vitesse. C’est certainement une des choses à laquelle le
gouvernement fédéral peut veiller avec ses partenaires.
Here is a brief example that may be of interest to you. In the
document, I talk about social media. As you may know, nearly one
in two Canadians now uses Facebook. People who use Facebook —
we have seen the CEFRIO surveys — generally do so to contact
their friends. It is not necessarily to do extremely innovative things.
It is to contact their friends and to make new friends.
Je donne un petit exemple ici qui pourra vous intéresser. Dans le
document, je parle des médias sociaux. Comme vous le savez peutêtre, il y a à peu près maintenant un Canadien sur deux qui utilise
Facebook. Les gens qui utilisent Facebook, généralement, — on l’a
vu par les sondages du CEFRIO— le font pour entrer en contact
avec leurs amis. Ce n’est pas nécessairement pour faire des affaires
extrêmement novatrices. C’est pour entrer en contact avec leurs
amis ou pour se faire de nouveaux amis.
Lastly, they do with Facebook what they do in real life. They
go on Facebook to meet up with the people they are already
seeing for coffee or to go to school. So that means that to ensure
that networks like Facebook — and this is one of our concerns —
works in French in the francophone communities and that things
happen in French on those networks in the francophone
communities, we have to ensure that all francophones in the
communities have access to Internet and can access Facebook.
When I go on Facebook, I have to be able to find my francophone
friends. So my friends have to be able to connect. The connection
issue is very important.
Finalement, ils font avec Facebook ce qu’ils font dans la vraie vie.
Ils vont sur Facebook pour se réunir avec les personnes avec
lesquelles ils se réunissent déjà pour prendre un café ou à l’école.
Alors, cela veut dire que pour faire en sorte que des réseaux comme
Facebook — et c’est une de vos préoccupations — fonctionnent en
français dans les communautés francophones, que les choses se
passent en français dans ces réseaux dans les communautés
francophones, il faut s’assurer que tous les francophones des
communautés puissent avoir accès à Internet puis puissent entrer
dans Facebook. Il faut que moi, quand j’entre dans Facebook, je
retrouve mes amis francophones. Alors, il faut que mes amis puissent
se brancher. La question du branchement est très importante.
It is not just the connection issue, but also the content issue.
The federal government can intervene to ensure there is Frenchlanguage content on the Internet, high-quality content. When
people surf the Internet, they generally do so in their language.
They prefer to do it in their language. We have seen that in
Quebec, on both the anglophone and francophone sides. We have
no statistics on the situation in English Canada or in the
Il n’y a pas seulement la question du branchement, mais
également la question des contenus. Le gouvernement fédéral peut
intervenir pour faire en sorte qu’il y ait des contenus en français
dans Internet, des contenus de qualité. Quand les gens naviguent sur
Internet, ils le font généralement dans leur langue. Ils préfèrent le
faire dans leur langue. On l’a vu au Québec, tant du côté
francophone que du côté anglophone. On n’a pas de statistique
4:38
Official Languages
28-11-2011
francophone communities, but we can imagine that this is also
true even though minority francophones tend to be very bilingual.
Even though they may not always prefer to use French, it must be
kept in mind that people are generally more effective when they
handle content in their language, even when they are bilingual.
The research that has been done shows that, if I am francophone
and I read a text in French, I have a better chance of
understanding it and remembering it. I am also more likely to
be persuaded by the text than if I read it in a second language.
Consequently, francophones need French-language content and
anglophones need English-language content.
sur la situation au Canada anglais et dans les communautés
francophones, mais on peut penser que la chose est vraie également
même si les francophones en situation minoritaire ont tendance à
être fortement bilingue, même s’ils n’ont peut-être pas toujours cette
préférence à utiliser le français, il faut se rappeler que les gens sont
généralement plus efficaces quand ils traitent des contenus dans leur
langue, même alors qu’ils sont bilingues. Les recherches, qui ont été
réalisées, montrent que si je suis francophone et que je lis un texte en
français, je risque de mieux le comprendre et de mieux m’en
rappeler. Je risque également d’être mieux persuadé par ce texte que
si je le lis dans la langue seconde. Par conséquent, les francophones
ont besoin de contenu en français et les anglophones ont besoin de
contenu en anglais.
If we look at the Web, we see that 5 per cent of content on the
Web is available in French and 45 per cent in English. The Web is
a universe in which English dominates.
Si on regarde la toile, on remarque que 5 p. 100 du contenu,
sur l’ensemble de la toile, est disponible en français, et 45 p. 100
est en anglais. La toile est un univers dans lequel l’anglais est
prépondérant.
As for newer factors, we see applications for the iPad and
iPhone. A recent study revealed that only 6 per cent of those
applications are accessible in French.
Pour ce qui est d’éléments plus nouveaux, on voit des
applications pour le iPad et pour le iPhone. Une étude récente a
révélé que seulement 6 p. 100 de ces applications sont accessibles
en français.
There are some 10,000 books in French in the Amazon.com
store and more than a million in English. So we see there is quite a
major imbalance.
Sur la boutique Amazon.com, on trouve quelque 10 000 livres
en français et plus d’un million en anglais. On remarque donc un
déséquilibre assez fort.
You mentioned Part VII and the need to ensure that linguistic
duality is reflected in the digital age. We are clearly facing an
imbalance in that regard, and the federal government is definitely
one of the players in the best position to correct that imbalance.
Vous parliez de la partie VII et de la nécessité de faire en sorte
que la dualité linguistique se reflète bien dans le numérique. À ce
titre, il est clair qu’on est devant un déséquilibre. Un des acteurs
les mieux placés pour redresser ce déséquilibre est certainement le
gouvernement fédéral.
So we are talking, first, about Internet access and, second,
about content in the language of Canadians. The third factor is
this: francophones and anglophones in the minority communities
must have the basic skills they need to use the Internet and
information technologies. However, the figures show that people
do not always have those basic skills.
On parle donc, premièrement, d’accès à Internet et,
deuxièmement, de contenu dans la langue des Canadiens. Le
troisième élément est le suivant : il faut que les francophones et les
anglophones des communautés aient les compétences de base
dont ils ont besoin pour se servir de Internet et des technologies de
l’information. Or, les données démontrent que les gens n’ont pas
toujours ces compétences de base.
What is a basic skill? If I go onto the Internet, I have to be able
to read and understand the texts posted there. However, not all
Canadians have the knowledge to read and understand at times
complicated texts. As may be seen, the texts on federal
government sites are sometimes not written for those who have
difficulty reading, but rather for those who have strong reading
skills. Web forms and pages are written that way. Those skills
must therefore be improved.
Qu’est-ce qu’une compétence de base? Si je vais sur Internet, il
faut que je puisse lire et comprendre les textes affichés. Or, ce n’est
pas tous les Canadiens qui ont les connaissances pour lire et
comprendre des textes parfois compliqués. Sur les sites du
gouvernement fédéral, on constate parfois que les textes ne sont
pas rédigés pour ceux et celles qui ont une difficulté en lecture,
mais plutôt pour ceux et celles dont les compétences en lecture
sont fortes. Les formulaires et les pages Web sont rédigés ainsi. Il
faut donc augmenter ces compétences.
Technological capabilities have to be increased as well. If I go
onto the Internet, I have to know how to use a computer, an iPad
and a cellular telephone and to send e-mails. Fortunately, the
language skills can be acquired at school or through libraries
because we encourage young people to read. The same is true of
technological capabilities. We have noted that it is possible to
change things with help from efforts by community groups, for
Il faut également augmenter les capacités technologiques. Si je
vais sur Internet, il faut que je sache comment utiliser un
ordinateur, un iPad, un téléphone cellulaire, que je puisse envoyer
des courriels. Heureusement, les capacités langagières peuvent
être acquises à l’école ou grâce aux bibliothèques, car on
encourage la lecture chez les jeunes. Il en va de même pour les
capacités technologiques. On a remarqué qu’ à l’aide
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Langues officielles
4:39
example. If we want to help members of the francophone or
anglophone communities acquire the skills they lack, we can do so
by relying in particular on groups and associations.
d’interventions de la part de groupes communautaires, par
exemple, il est possible de changer les choses. Si on veut aider
les membres des communautés francophones ou anglophones à
aller chercher les habilités qui leur manquent, on peut le faire en
s’appuyant notamment sur des groupes et des associations.
Fourth, it is important to have basic skills, although you need
special skills to do what you want in the digital world. Consider
the example of a small francophone community in Alberta or
British Columbia, such as Maillardville, which wants to offer
electronic government services to its population. In that case, you
have to know more than simply how to send e-mail; you have to
acquire special skills, to know what good e-services for citizens
are, how to market them, what the challenges are, how you start
up an e-store. These issues are more complex.
Quatrièmement, il est important d’avoir des capacités de base,
toutefois, pour faire ce qu’on désire dans le monde numérique, il
faut des compétences spéciales. Prenons l’exemple d’une petite
communauté francophone de l’Alberta ou de la ColombieBritannique, comme Maillardville, qui désire offrir à sa
population des services gouvernementaux électroniques. Il
faudra alors savoir plus que simplement faire du courrier
électronique. Il faudra des compétences spéciales, savoir ce qui
constitue de bons services électroniques aux citoyens, comment les
mettre en marché, quels sont les défis, comment lance-t-on une
boutique électronique. Ces questions sont plus complexes.
Once again, it is not enough to have technology; you have to
use it to its full potential. To help businesses and citizens use
technology to its full potential, we have to support them. Once
again, organizations and players are able to support citizens and
businesses in their uptake of information technologies and the
Internet. However, resources are needed, in French for
francophones and in English for anglophones.
Encore une fois, il ne suffit pas de disposer de la technologie, il
faut l’utiliser à son plein potentiel. Pour aider les entreprises et les
citoyens à utiliser les technologies à leur plein potentiel, il faut les
soutenir. Encore une fois, des organismes et des acteurs sont en
mesure d’appuyer les citoyens et les entreprises dans leur
appropriation des technologies de l’information et de Internet.
Toutefois, il faut des moyens, en français pour les francophones et
en anglais pour les anglophones.
These four areas of intervention are important. For further
details, please consult the document. There is a lot to do in this
regard.
Ces quatre champs d’intervention sont importants. Pour de
plus amples détails, veuillez consulter le document. Il y a
beaucoup à faire de ce côté.
Ms. Dubé: The level of language is a very important factor.
When we prepare a government document for citizens, we do it
with our level of training and skill. However, it does not
necessarily reflect the proficiency of the people who receive the
document. For example, we received a mandate from the
Government of Quebec to measure seniors’ abilities and skills
on the Web and Internet. We interviewed 4,000 seniors and
measured everything. We found the results of the usability test
particularly fascinating. The seniors went onto the computer and
had to enquire about the tax credit or services to which they were
entitled. We observed that 100 per cent of them failed the test,
which consisted in finding information, despite the fact that the
information was in their mother tongue.
Mme Dubé : Le niveau de langage est un élément très
important. Lorsque, pour l’État, on produit un document pour
les citoyens, on le fait avec notre niveau de formation et de
compétence. Toutefois, il ne reflète pas nécessairement la
compétence des gens qui reçoivent ce document. Par exemple,
nous avons reçu le mandat du gouvernement du Québec de
mesurer la capacité des aînés et leur compétence au niveau du
Web et de Internet. Nous avons interviewé 4 000 aînés et nous
avons tout mesuré. Le résultat des tests d’utilisabilité nous a
particulièrement fascinés. Les aînés se trouvaient à l’ordinateur et
devaient s’informer sur le crédit d’impôt auquel ils ont droit ou
l’ensemble des services auxquels ils ont droit. On a constaté
que 100 p. 100 des aînés ont échoué à ce test qui consistait à
trouver l’information, et ce, malgré le fait que cette information
était dans leur langue maternelle.
So we are talking about level of language. The government has
a responsibility to ensure that citizens obtain information in their
mother tongue, but also at a level of language that facilitates
access to government services.
On parle donc de niveau de langage. L’État a la responsabilité
de s’assurer que les citoyens obtiennent les informations dans leur
langue maternelle, mais également à un niveau de langage qui
facilite l’accès aux services de l’État.
Senator Tardif: Thank you for your excellent answer. We will
have a lot of food for thought.
Le sénateur Tardif : Merci de votre excellente réponse. Nous
aurons beaucoup de matière sur laquelle nous pencher.
Senator Losier-Cool: I would like to follow up your remarks
about seniors. This is almost alarming. I understand, and I agree
with you, that all these new ways of communicating and the
technology are extraordinary tools. However, you have to be afraid
for certain groups. We have just mentioned seniors, but there are
Le sénateur Losier-Cool : J’aimerais poursuivre sur vos propos
en ce qui concerne les aînés. C’est presque désolant. Je
comprends, et je suis d’accord avec vous, que toutes ces
nouvelles façons de communiquer et la technologie sont des
outils extraordinaires. Toutefois, vous devez craindre pour
4:40
Official Languages
28-11-2011
also minority francophones. Is it possible to solve the problem? We
cannot legislate on learning for seniors. Are you not afraid at times
that technology may become a tool for assimilation?
certains groupes. On vient de mentionner les aînés, mais il y a
aussi les francophones en situation minoritaire. Est-ce possible de
régler le problème? On ne peut tout de même pas légiférer sur
l’apprentissage des aînés. Ne craignez-vous pas parfois que la
technologie devienne un outil d’assimilation?
Ms. Dubé: I admit we are often somewhat concerned about
that. We wonder what to do to ensure that technology is really
useful and does not create another form of isolation or a group of
digitally illiterate people or people who do not have these reflexes.
Mme Dubé : Je vous avouerai que nous éprouvons souvent une
certaine préoccupation à cet égard. On se pose la question à savoir
quoi faire pour que les technologies soient vraiment utiles et non
en train de créer une autre forme d’isolement ou un groupe
d’illettrés numériques ou de gens qui n’ont pas ces réflexes.
One of our organization’s concerns is the simplification of
tools. We want to ensure that the environment is intuitive. We are
recognized well enough in the field, and the minister responsible
for seniors has asked us to provide a comprehensive program on
the types of programs that could be offered to seniors through
digital media. What can digital technology do to enable people to
age at home, and to age well at home? This is a multi-year project.
Un des soucis de notre organisation est la simplification des
outils. Nous voulons nous assurer que l’environnement est
intuitif. Nous sommes suffisamment reconnus dans le domaine
et la ministre responsable des Aînés nous a demandé de prévoir un
programme complet sur le type de programmes qui pourraient
être offerts aux aînés, à l’aide du numérique. Pour vieillir chez soi
et bien vieillir chez soi, que peut faire le numérique? C’est un
projet de plusieurs années.
For example, it is complicated to shop for groceries on-line. I
know I can never find Le Sieur peas.
Faire son épicerie en ligne, par exemple, est compliqué. Pour
ma part, je ne trouve jamais les petits pois Le Sieur.
We think this is an important idea. Technology must be at the
service of citizens. We have to invest in an intuitive environment
rather than an IT architecture. That is what we are focusing all
our efforts on.
Cette notion est importante, à notre avis. Les technologies
doivent être au service des citoyens. Il faut miser sur un
environnement intuitif plutôt qu’une architecture informatique.
C’est ce sur quoi nous consacrons tous nos efforts.
We are also aware of the anglophone communities in the
regions and in Montreal. We have wondered what we can do for
those groups with regard to education. We have adapted the
École éloignée en réseau project I spoke to you about earlier,
considering the fact that we are no longer in a multi-age situation,
but with large classes and isolated teachers who have to deliver
the same teaching program with fewer tools. We have made sure
to create the communities of teaching practices necessary to make
those supports available.
Nous sommes également conscients des milieux anglophones
en région ou à Montréal. On s’est demandé ce qu’on peut faire
pour ces groupes sur le plan de l’éducation. Nous avons adapté le
projet École éloignée en réseau dont je vous ai parlé plus tôt, en
considérant le fait qu’on ne se trouve plus en situation multi-âges,
mais avec de grandes classes et des enseignants isolés qui doivent
rendre le même programme pédagogique avec moins d’outils.
Nous nous sommes assurés de créer les communautés de pratiques
pédagogiques nécessaires pour rendre disponibles ces appuis.
We always start from the premise that digital technology must
simplify, not complicate our lives.
Nous partons toujours du fait que les technologies numériques
doivent nous simplifier la vie et non la compliquer.
Senator Losier-Cool: Absolutely.
Le sénateur Losier-Cool : Absolument.
Ms. Dubé: However, we are just a drop of water in the sea of
technology. And this problem is not bound to disappear. It is a
present and future reality. So we have that concern. The
researchers support us in our efforts and provide their expertise
to ensure that this technology is simple and intuitive. Those are
two key qualities to which we aspire.
Mme Dubé : Cependant, nous ne sommes qu’une goutte d’eau
dans la mer des technologies. Cette problématique n’est pas
appelée à disparaître. C’est la réalité présente et future. Nous
avons donc ce souci. Les chercheurs nous accompagnent dans
notre démarche et apportent leur expertise pour faire en sorte que
ces technologies soient simples et intuitives. Voilà les deux mots
clefs auxquels nous aspirons.
Children are like sponges. They do not know how to read, but
they absorb everything instantaneously. They use technology in a
highly intuitive manner with the type of programs we develop,
and we are just starting with seniors.
Les enfants sont comme des éponges. Ils ne savent pas lire, mais
ils absorbent tout instantanément. Ils utilisent la technologie de
façon très intuitive avec le type de programmes que nous
développons. Et nous ne faisons que commencer du côté des aînés.
Senator Losier-Cool: Your answer has triggered two other
more specific questions.
Le sénateur Losier-Cool : Votre réponse suscite deux autres
questions plus spécifiques.
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Langues officielles
4:41
You mentioned that the minister responsible for seniors had
asked you to conduct surveys or to provide a measures
component; you also mentioned education. Has the federal
government approached you to conduct certain studies or
measures of government services?
Vous avez mentionné que la ministre responsable des aînés
vous demande des sondages ou un volet de mesures, vous avez
aussi mentionné l’éducation. Le gouvernement fédéral vous a-t-il
déjà approché pour mener certaines études ou mesures sur les
services gouvernementaux?
Ms. Dubé: Not to date. As I told you, we are not known in the
rest of Canada. Today I met some officials from the Treasury
Board Secretariat to present various files. To date, however, the
federal government has not requested our services. We solicited
Industry Canada in a project we call the ‘‘index of measurement
of the impact of technology on innovation.’’ Industry Canada is
with us on that project and we solicited them.
Mme Dubé : Pas à ce jour. Comme je vous l’ai indiqué, nous ne
sommes pas connus du reste du Canada. Je rencontrais aujourd’hui
des responsables du Secrétariat du Conseil du Trésor pour présenter
différents dossiers. Toutefois, à ce jour, le gouvernement fédéral n’a
pas fait appel à nos services. On a sollicité Industrie Canada dans un
projet qu’on appelle « l’indice de mesure de l’impact des
technologies sur l’innovation ». Industrie Canada est avec nous
dans ce projet et nous les avons sollicités.
Senator Losier-Cool: Do you have any specific cooperation
programs with the entrepreneurial community schools?
Le sénateur Losier-Cool : Est-ce que vous comptez des
programmes spécifiques de coopération avec les écoles
communautaires entrepreneuriales?
Ms. Dubé: No, not for the moment.
Mme Dubé : Non, pas pour le moment.
Senator Losier-Cool: There is the Versant-Nord school and, in
New Brunswick, we are doing a lot to develop the entrepreneurial
community school. which is a model developed in Quebec.
Le sénateur Losier-Cool : Il y a l’école Versant-Nord et au
Nouveau-Brunswick on développe beaucoup l’école communautaire
entrepreneuriale qui est un modèle développé au Québec.
Ms. Dubé: Thérèse Laferrière developed that. So it was the
same researcher.
Mme Dubé : C’est Thérèse Laferrière qui développé cela. Il
s’agit donc de la même chercheure.
Senator Mockler: What role should the CRTC play based on
your vision of social media?
Le sénateur Mockler : Quel rôle le CRTC devrait-il jouer selon
votre vision des médias sociaux?
Ms. Dubé: With regard to the vision of social media or Internet
access?
Mme Dubé : Concernant la vision des médias sociaux ou
concernant l’accès à Internet?
Senator Mockler: With regard to Internet access and
facilitating it for language communities across Canada.
Le sénateur Mockler : Concernant l’accès à Internet et le
faciliter pour les communautés linguistiques à travers le Canada.
Ms. Dubé: I am going to answer intuitively because that is a
factor that we have not studied in depth. The CRTC should play a
major role regarding access to high-speed Internet. I am talking
about access to high-speed Internet, of the quality required these
days, not just to exchange e-mail, but to be able to download and
work together with a number of people at the same time. The first
role the CRTC should play with regard to social media and the
entire Web is to ensure access for all Canadian citizens.
Mme Dubé : Je vais répondre de façon intuitive puisque c’est
un élément que nous n’avons pas étudié en profondeur. Le CRTC
devrait jouer un rôle majeur quant au niveau de l’accès à Internet
haute vitesse. Je parle de l’accès à Internet haute vitesse, de la
qualité requise de nos jours, et ce non seulement pour échanger
des courriels, mais pour être en mesure de télécharger et de
travailler plusieurs personnes en même temps. Le premier rôle que
devrait jouer le CRTC à l’égard des médias sociaux et de tout le
Web, c’est d’en assurer l’accès pour tous les citoyens canadiens.
Senator Mockler: What would you recommend to the CRTC if
they were in front of you?
Le sénateur Mockler : Que recommanderiez-vous au CRTC s’il
était devant vous?
Mr. Roy: What would be really good for all the communities
would be for the CRTC to say that all Canadians are entitled to
Internet service of X megabits/second or better and that they
should have that access by such and such a date.
M. Roy : Ce qui serait vraiment bien pour l’ensemble des
communautés serait que le CRTC dise que tous les Canadiens ont
droit à un service Internet de X mégabits/seconde ou mieux, et
qu’ils devraient avoir cet accès d’ici telle date.
The CRTC has just said that we should reach 5 megabits/
second by 2015. That is good, but it would be even better if it was
higher. In Finland, for example, we are talking about
100 megabits/second by 2020 for most of the population. The
bar is really very high. I think the CRTC’s role is to raise the bar
and to ensure that all Canadians, wherever they live and whatever
Le CRTC vient de dire que, d’ici 2015, la barre des 5 mégabits/
seconde devrait être atteinte. C’est bien, mais si c’était plus haut,
ce serait encore mieux. Par exemple, en Finlande on parle de 100
mégabits/seconde d’ici 2020 pour une grande partie de la
population. La barre est vraiment très haute. Je pense que le
rôle du CRTC est de monter la barre et de faire en sorte que tous
4:42
Official Languages
their first official language, have high-speed Internet access that is
as good and fast as possible.
Senator Mockler: Based on your experience, what is the bar?
Ms. Dubé: It is definitely not 5 megabits/second.
28-11-2011
les Canadiens, où qu’ils habitent et quelle que soit leur première
langue officielle, aient un accès aussi bon et rapide que possible à
Internet haute vitesse.
Le sénateur Mockler : D’après votre expérience, quelle est
la barre?
Mme Dubé : Ce n’est sûrement pas cinq mégabits.
Mr. Roy: I could say 10 megabits/second, but distinctly faster
speeds are already possible in the urban centres. One thing is
certain, and that is that speeds of 1.5 megabits/second, which is the
level certain regions of Canada must be satisfied with, is very low.
M. Roy : Je pourrais lancer dix mégabits/seconde, mais dans
les centres urbains des vitesses nettement plus hautes sont déjà
possibles. Une chose est certaine, c’est qu’une vitesse de
1,5 mégabit/seconde, qui est le niveau dont doivent se contenter
certaines régions du Canada, c’est très bas.
Moreover, I am putting on the table a problem that already
exists. I do not know whether you remember when DVDs arrived
a few years ago. It was really extraordinary because a disk came in
one, two, three or four languages and it replaced video cassettes. I
have never lived in western Canada, but if I had lived in
Edmonton, for example, and had entered a video store, the area
set aside for French films would probably have been relatively
small at the time of video cassettes.
Par ailleurs, je mets sur la table un problème qui existe. Je ne sais
pas si vous vous souvenez qu’il y a quelques années le DVD est
arrivé. C’était vraiment extraordinaire, car cela venait dans une,
deux, trois ou quatre langues et ça remplaçait les vidéocassettes. Je
n’ai jamais habité l’Ouest canadien, mais si je j’étais demeuré à
Edmonton, par exemple, et que j’étais entré dans un club vidéo, on
peut penser que la portion allouée aux films en français aurait été
relativement petite à l’époque des vidéocassettes.
DVDs arrived and were automatically in English and French.
That was a big gain for the francophone communities in the west.
Now it is like a step backwards. If you use tools like iTunes or
Netflix, you will see that there are not a lot of titles in French and
even films dubbed in French at our video store are not available in
French on www.netflix.ca.
Le DVD arrive et il est automatiquement en anglais et en
français; c’était un gros gain pour les communautés francophones
dans l’Ouest. Là, c’est comme s’il y avait un retour en arrière. Si
vous utilisez des outils tels iTunes ou Netflix, vous constaterez
qu’il n’y a pas beaucoup de titres en français et même des films
doublés en français dans votre club vidéo qui ne se sont pas
accessibles en français sur www.netflix.ca.
You will see the same thing if you go onto iTunes to rent
certain TV programs. You cannot get a version available in both
languages. In some cases, you have to choose the language version
you want: English or French, not necessarily both. And in some
cases, only the English version is available. You might think that
companies like Netflix or Apple could do better. In other words,
when a French-language version of a particular content exists,
that version should be available at the store in question.
Si vous allez sur iTunes pour louer certaines émissions de télé,
vous constaterez la même chose. Vous ne pouvez pas prendre une
version disponible dans les deux langues. Vous devez, dans
certains cas, choisir la version linguistique que vous voulez :
l’anglais ou le français; pas nécessairement les deux. Et dans
certains cas, il n’y a seulement que la version anglaise disponible.
On pourrait penser que des commerçants comme Netflix ou
Apple pourraient faire mieux, c’est-à-dire que lorsqu’une version
française d’un contenu particulier existe, cette version devrait être
disponible dans la boutique en question.
Could the CRTC intervene? I imagine so. I am not a CRTC
expert, but it would be definitely a good thing for it to intervene in
this area.
Est-ce que le CRTC pourrait intervenir? J’imagine que oui. Je
ne suis pas un spécialiste du CRTC, mais ce serait certainement
une bonne chose qu’il intervienne de ce côté.
Ms. Dubé: The CRTC should ensure there are no dead spots
where there is no high-speed Internet. There is no need to go to
the Lower North Shore. Very near Lévis, next door to Quebec
City, there are places, dead spots, where there is no high-speed
Internet because it is not profitable for the companies to go there
where there are very few residents on the range roads.
Mme Dubé : Le CRTC devrait s’assurer qu’il n’y ait pas de
bulle où il n’y a pas de Internet haute vitesse. Il n’a pas besoin
d’aller sur la Basse-Côte-Nord. Tout près de Lévis, à côté de
Québec, il y a des endroits, des bulles, où il n’y a pas d’accès à
Internet haute vitesse parce que ce n’est pas rentable pour les
compagnies d’y aller où il y a très peu de résidents dans des rangs.
I am going to show you how important it is for high-speed
Internet to be accessible for everyone. I am going to give you a
figure that will be coming out in January 2012. So this is a scoop
that I am revealing to you today.
Je vais vous démontrer l’importance du fait que Internet haute
vitesse soit accessible pour tous. Je vais vous faire part d’une
donnée qui sortira en janvier 2012. C’est donc une primeur qu’on
vous révèle aujourd’hui.
28-11-2011
Langues officielles
4:43
This concerns people’s main source of information for news
and current affairs. In 2008, television was the main source of
information for 63 per cent of people. In 2011, it is still television,
at 41 per cent.
Cela concerne la principale source d’information utilisée pour
consulter l’actualité et les nouvelles. En 2008, la principale source
d’information était la télévision à hauteur de 63 p. 100. En 2011,
c’est toujours la télévision à hauteur de 41 p. 100.
However, WebTV and the Internet were sources of information
for 13 per cent of people in 2008 and 30 per cent in 2011. Growth
has been so strong between 2010 and 2011 that, in six months, the
main source of information for news will be the Internet. It will no
longer be television. That shows you the importance of universal
access.
Toutefois, pour la source d’information Webtélé et Internet
pour s’informer, c’était à hauteur de 13 p. 100 en 2008 et c’est à
hauteur de 30 p. 100 en 2011. La croissance entre 2010 et 2011 est
tellement forte que, d’ici six mois, la principale source
d’information des nouvelles sera Internet. Ce ne sera plus la
télévision. Cela vous démontre l’importance d’un accès partout.
Senator Losier-Cool: Is the same true for on-line shopping?
Le sénateur Losier-Cool : Le magasinage en ligne, c’est la
même chose?
Ms. Dubé: What is interesting about on-line shopping — we
measure this every month — is that $250 million leaves Quebec
every month to buy items in the United States since businesses in
Quebec have not really switched to on-line sales.
Mme Dubé : Ce qu’il y a de particulier concernant le
magasinage en ligne — nous le mesurons tous les mois — c’est
que 250 millions de dollars sortent tous les mois du Québec pour
acheter aux États-Unis puisque les entreprises au Québec
actuellement ne sont pas réellement passées à la vente en ligne.
Senator Losier-Cool: A study recently came out.
Le sénateur Losier-Cool : Une étude est sortie récemment.
Mr. Roy: Obviously, then you shop in English.
M. Roy : Évidemment, on magasine en anglais à ce moment-là.
The Deputy Chair: It is odd that we should be talking about
that now, when today is Cyber Monday in the United States.
La vice-présidente : C’est bizarre que nous en parlions
aujourd’hui, alors que c’est aujourd’hui aux États-Unis le Cyber
Monday.
Ms. Dubé: Yes. I can guarantee you that people on my team
have gone to buy iPads.
Mme Dubé : Oui. Je peux vous garantir que des gens dans mon
équipe sont allés se procurer des iPads.
Senator Mockler: I have heard various things at book fairs.
How could e-books be made more available for our francophone
communities across the country?
Le sénateur Mockler : J’ai entendu différentes choses dans des
salons du livre. De quelle manière pourrait-on rendre davantage
disponibles les livres numériques pour nos communautés
francophones à travers le pays?
Mr. Roy: I am thinking as I speak, and that does not always
produce good results. If you go onto www.amazon.ca, which will
immediately transfer you to www.amazon.com and look for
French-language books for Kindle, there are some, but not that
many, and they are not necessarily the latest titles. There are a
number of reasons for that. The French-language book industry is
resisting, as it were, the switch to digital because there are
extremely important issues involved.
M. Roy : Je réfléchis en même temps que je parle; cela ne donne
pas toujours de bons résultats. Si vous allez sur www.amazon.ca
qui, tout de suite, vous transférera sur www.amazon.com et que
vous cherchez des livres en français pour le Kindle, il y en a. Mais il
n’y en a pas tant que ça et ce n’est pas nécessairement les derniers
titres. Cela tient à plusieurs raisons. L’industrie francophone du
livre résiste, entre guillemets, au virage vers le numérique car il y a
des enjeux extrêmement importants.
If we wanted that switch to occur, I have the impression a
number of things would have to be done. Publishers that are
already operating in a small market and whose financial situation
is not necessarily very solid would have to be reassured that what
we have seen in the United States will not necessarily happen here,
that is to say that profit margins will gradually collapse and that,
at one point, the business will no longer be viable. If you look at
the prices of e-books in the United States, you see that they are
sometimes much lower than the price of paper versions.
Si on voulait que ce virage se produise, j’ai l’impression qu’il
faudrait faire un certain nombre de choses. Il faudrait rassurer les
éditeurs qui travaillent déjà dans un petit marché et dont la
situation financière n’est pas nécessairement très solide, sur le fait
que ce qu’on a pu voir aux États-Unis ne se passera pas
nécessairement ici, c’est-à-dire voir les marges de profit
s’effondrer petit à petit et qu’à un certain moment l’entreprise
ne soit plus viable. Si vous regardez le prix des livres numériques
aux États-Unis, vous voyez qu’il est parfois beaucoup plus bas
que le prix de la version papier.
This raises the issue of the publisher in the book chain. Publishers
are concerned. To help them make the switch, they will probably
have to be given financial incentives, supported in a way.
Cela soulève la question de l’éditeur dans la chaîne du livre. Les
éditeurs sont inquiets. Pour les aider à prendre le virage,
probablement qu’il faudrait donner des incitatifs financiers, les
soutenir d’une certaine manière.
4:44
Official Languages
28-11-2011
Ms. Dubé: Currently in Quebec, e-books are really a very
marginal economy. In 2011, 7.8 per cent of adult Quebecers will
read e-books. That is good growth relative to 2010 because that
has virtually doubled, but there is not really any content. If you
try to find e-books on an iPad, for example, there are no search
engines in French. The search engines are not very simple. It is
easy to find books in English, but, to find books in French, you
may well know the author and be virtually certain of the title, but
you cannot find it because the volume currently is not big enough
for the system to be well organized. We are starting an analysis.
Mme Dubé : Au Québec, actuellement, le livre numérique est
vraiment une économie très marginale. En 2011, 7,8 p. 100 des
adultes québécois utiliseront le livre numérique. C’est une belle
croissance par rapport à 2010, car cela a presque doublé, mais il
n’y a pas vraiment de contenu. Si on essaie de trouver, par
exemple sur le iPad, des livres numériques, on n’a pas d’outils de
recherche en français. Les outils de recherche ne sont pas très
simples. On trouve facilement nos livres en anglais, mais pour
trouver des livres en français, on a beau connaître l’auteur, on est
presque sûr du titre, mais on n’y arrive pas, car le volume n’est pas
suffisamment fort pour être bien organisé présentement. On
amorce une analyse.
Our vice-president, Vincent Tanguay, is looking at the
potential evolution of the e-book and we have not really
analyzed it enough. We have been asking these questions for
three months as we have been laying down our groundwork. So
we have no more information.
Notre vice-président, Vincent Tanguay, s’occupe de voir à
l’évolution possible du livre numérique et on n’a pas vraiment
assez analysé. On nous pose ces questions depuis trois mois alors
qu’on commence à poser nos jalons. Donc, nous n’avons pas plus
d’information.
Mr. Roy: The day before yesterday, I was reading something
about the situation in Germany and one of the things that was
said is that the German government decided to intervene with
respect to the price of e-books to ensure that prices are not much
lower than those of paper books, which would have the effect of
further encouraging publishers to make the switch to the extent
that they are less afraid that all that will undermine the way the
industry operates.
M. Roy : Avant-hier, je lisais quelque chose sur la situation en
Allemagne et l’une des choses qu’on disait, c’est que le
gouvernement allemand aurait décidé d’intervenir sur le prix des
livres électroniques pour faire en sorte que le prix ne soit pas
beaucoup plus bas que le livre en papier; ce qui aurait pour effet
d’inciter davantage les éditeurs à prendre le virage dans la mesure
où ils ont moins peur que tout cela va chambouler le
fonctionnement de l’industrie.
Senator Mockler: You are saying that is in Germany?
Le sénateur Mockler : Vous dites que c’est l’Allemagne?
Mr. Roy: Yes, it seems to me I read something about what is
going on in Germany.
M. Roy : Oui, il me semble avoir lu quelque chose sur ce qui se
passe en Allemagne.
Senator Tardif: You have provided us with statistics on the
growing popularity of social media and the various on-line
entertainment platforms. Do you think Canadian laws are clear
enough to provide a framework for the use of social media and
the various platforms in order to meet the government’s linguistic
obligations?
Le sénateur Tardif : Vous nous avez fourni des statistiques par
rapport à la popularité grandissante des médias sociaux et des
diverses plateformes de divertissement en ligne. Selon vous, les
lois canadiennes sont-elles suffisamment claires pour encadrer
l’utilisation des médias sociaux et des diverses plateformes afin de
respecter les obligations linguistiques du gouvernement?
Ms. Dubé: As far as I know, social media and the Internet have
arrived more quickly than the laws have adapted. If you look at
what is going on in Quebec with regard to the French fact on the
Internet, the Canadian Charter of Rights and Freedoms and the
Office de la langue française are the most specific entities,
stipulating that, in the case of a government employee, we must
work with tools that are in French. They request that the
government buy only French versions of software. We sense that
they are encouraging improvement. This has been so fast and the
laws have not necessarily adapted, and we are still talking about
policy. That is what I know with regard to Quebec; for the rest of
Canada, that is something we have not looked at.
Mme Dubé : Pour ce que j’en sais, l’arrivée des médias sociaux
et de Internet est beaucoup plus rapide que l’adaptation des lois.
Si on regarde ce qui se passe au Québec sur le plan du fait français
sur Internet, c’est la Charte canadienne des droits et libertés et
l’Office de la langue française qui ont les éléments les plus précis,
qui stipulent qu’on doit, quand il y a un employé de l’État,
travailler avec des outils qui sont français. On demande que l’État
n’achète que des versions françaises des logiciels. On sent que c’est
l’encouragement vers une amélioration. Cela a été tellement
rapide et les lois n’ont pas été nécessairement adaptées et on parle
encore de politique. C’est ce que j’en sais pour le Québec; pour le
reste du Canada, il s’agit d’un élément que nous n’avons pas
regardé.
Senator Tardif: The Treasury Board Secretariat is working on
developing guidelines and I believe they have published them. I
have not yet had a chance to study them thoroughly. If you had to
make any recommendations to the Treasury Board Secretariat,
what would they be?
Le sénateur Tardif : Le Secrétariat du Conseil du Trésor
travaille au développement de lignes directrices et je crois qu’ils les
ont publiées. Je n’ai pas encore eu la chance de les étudier à fond.
Si vous aviez à faire des recommandations au Secrétariat du
Conseil du Trésor, que seraient-elles?
28-11-2011
Langues officielles
4:45
Mr. Roy: You are talking about the internal use of technologies?
M. Roy : Vous parlez de l’utilisation des technologies à l’interne?
Senator Tardif: Internally, but also as federal institutions
offering tools and information to Canadian citizens.
Le sénateur Tardif : À l’interne, mais aussi en tant qu’institution
fédérale offrant des outils et de l’information aux citoyens
canadiens.
Mr. Roy: I do not believe I have any guidelines to suggest off
the top of my head. When you have a discussion like the one we
are having now, it is important to take into consideration the fact
that the digital universe is a new universe, but, at the same time, it
is not like the planet Mars. The acts and regulations that apply in
the traditional world, in some cases, also apply in the digital
world, where the thinking that led to those acts and regulations
can continue governing the way things happen in the digital
universe. It is not as though the advent of the digital world called
everything into question. There have been changes, and we have
to reflect on them, but it is reasonable to believe that obligations
that obtained under Part IV, Part V, Part VII and so on still
obtain in large part in the digital universe as they do in the
traditional universe. It is unnecessary to review everything in all
cases. There are cases where some revision is necessary. If we go
back to the example of GCPedia, the example I referred to earlier,
if I am an employee and I have a right to use the language of my
choice, that applies for a memo and during a meeting, and it also
applies when I access GCPedia or any other type of social media.
There is no reason for that right to disappear. It may evolve in
some way, I imagine, but the reasons why that right was granted
are still valid in this case, as they are in other cases.
M. Roy : Je pense que je n’aurais pas de lignes directrices à
vous proposer comme cela à brûle-pourpoint. Il est important de
prendre en considération, lorsqu’on a une discussion comme celle
que nous avons présentement, que l’univers numérique est un
univers nouveau, mais en même temps, ce n’est pas comme la
planète Mars. Les lois et les règlements qui s’appliquent dans le
monde traditionnel, dans certains cas, s’appliquent également
dans le monde numérique où la pensée qui a mené à ces lois et ces
règlements peut continuer de gouverner la manière dont les choses
se passent dans l’univers numérique. Ce n’est pas comme si
l’arrivée du numérique remettait tout en question. Il y a des
changements et il faut y réfléchir. Mais on peut penser que des
obligations qui tiennent en vertu de la partie IV, de la partie V, de
la partie VII, et cetera, tiennent encore en bonne partie dans
l’univers numérique comme dans l’univers traditionnel. Il n’est
pas nécessaire dans tous les cas de tout revoir. Il y a des cas où une
certaine révision serait nécessaire. Si on reprend l’exemple de
GCPedia, l’exemple dont je parlais tantôt, si je suis un employé et
j’ai le droit d’utiliser la langue de mon choix, cela s’applique pour
un mémo, lors d’une réunion et cela s’applique également quand
j’interviens dans GCPedia ou dans un autre type de média social.
Il n’y a pas de raison que ce droit disparaisse. Il pourra évoluer
d’une certaine manière j’imagine, mais les raisons qui ont entraîné
l’octroi de ce droit tiennent toujours dans ce cas comme dans
d’autres cas.
The Deputy Chair: Thank you very much. I would nevertheless
like to continue discussing e-books.
La vice-présidente : Merci beaucoup. J’aimerais quand même
poursuivre sur les livres en version électronique.
I get the impression people may not yet instinctively go and see
whether such and such a book that has just been published is
available in a digital version. We are lagging behind. I am going to
go back to 1985, 1986, when no artistic work that was on an
electronic medium was covered by the Copyright Act. Changes
were made in 1986 and 1993. Perhaps people will find or will have
the instinct to go and see whether such and such a book that they
want to read is available in an electronic version. When I think of
the number of books I had to put away at home on the weekend, I
no longer know where to put them. I take large bags of them to a
library that deals with people who are less well off so that they
have something new to offer.
J’ai l’impression que les gens n’ont peut-être pas encore
l’instinct d’aller voir si tel livre, qui vient d’être publié, est
disponible en version numérique. Nous sommes en retard. Je vais
retourner en 1985, 1986, où aucune œuvre artistique qui était sur
un support électronique n’était couverte par la Loi sur les droits
d’auteur. On a fait des changements en 1986 et en 1993. Peut-être
que les gens trouveront ou auront l’instinct d’aller voir si tel ou tel
livre qu’ils veulent lire est disponible en version électronique.
Quand je pense à la quantité de livres que j’avais à ranger en fin de
semaine à la maison; je ne sais plus où les rangers. J’en apporte en
gros sacs à une bibliothèque qui reçoit des gens moins fortunés
pour qu’ils aient des choses neuves à offrir.
One of the things that trouble me a great deal is to see how our
young people play with the Internet. I owned a computer at the
age of 50. I saw that my granddaughter, who was seven or eight
years old, already knew how to use it. With all the so-called social
sites, a lot of things are being done in English. Young
francophones who learn a little English at school go there.
Une des choses qui m’inquiète beaucoup, c’est de voir
comment nos jeunes jouent avec Internet. J’ai été propriétaire
d’un ordinateur à l’âge de 50 ans. Je voyais ma petite-fille qui, à
sept ou huit ans, savait déjà comment s’en servir. Avec tous ces
sites dits sociaux, beaucoup de choses se font en anglais. De
jeunes francophones, qui apprennent un peu l’anglais à l’école,
s’en vont là.
Ms Dubé, earlier you discussed the level of language. I would
like to talk about the quality of language.
Madame Dubé, vous parliez tout à l’heure du niveau de
langage. J’aimerais parler de la qualité de la langue.
4:46
Official Languages
28-11-2011
Instead of writing, « Je trouve ça très drôle », young people
will write LOL, ‘‘laughing out loud.’’ I have obviously learned
that. I was forced to learn what that meant, but all that writing,
that original writing that has become the fashionable thing, scares
me with regard to the quality of the French that our young people
speak and write. Am I wrong or right?
Les jeunes au lieu d’écrire « je trouve ça très drôle » vont me
faire un LOL, qui signifie « laughing out loud ». Évidemment, j’ai
appris. J’ai été forcée d’apprendre ce que cela voulait dire, mais
toute cette écriture, cet autographe qui est devenu la chose à la
mode, me fait peur quant à la qualité de langue française que nos
jeunes parlent et que nos jeunes écrivent. Ai-je tort ou raison?
Ms. Dubé: You are right. It is a major concern for the
Department of Education in Quebec, which is developing École
2.0 to ensure that an excellent level of French is used. It is
disturbing and, at the same time, it is all we can do using
technology correctly to support searches on good sites, the
creation of intelligence, the creation of new knowledge. It is also
an opportunity. It is true that the very shortened forms used on
social media are disturbing, but the fact remains that young
people have always found a way to speak to each other, a
language of their own. When we go back to the pedagogical
aspect, that aspect is very closely monitored and it is a duty when
teaching both French and English not to tolerate this contraction
of words into symbols.
Mme Dubé : Vous avez raison. C’est une préoccupation
majeure du ministère de l’Éducation au Québec, qui est en train
de développer l’école 2.0 pour s’assurer que l’usage du français
soit de niveau excellent. C’est inquiétant et en même temps, c’est
tout ce qu’on peut faire en utilisant les technologies correctement
pour appuyer la recherche sur de bons sites, la création de
l’intelligence, la création de nouvelles connaissances. Il y a aussi là
une occasion. C’est vrai que les médias sociaux sont inquiétants
pour les formules très rétrécies, mais il demeure que les jeunes ont
toujours trouvé une façon de se parler, un langage qui leur est
propre. Lorsqu’on revient à l’élément pédagogique, cet aspect est
surveillé avec beaucoup d’insistance et c’est le devoir sur le plan de
l’enseignement, que ce soit en français ou en anglais, de ne pas
tolérer cette contraction de mots en symboles.
Mr. Roy: The level of language is not the same on the Internet.
When I write on an iPad, since I am in a hurry, I omit accents or
apostrophes, for example. I do a number of things on my iPad
that I would not do if I was writing a text intended for a Senate
committee, for example. I am aware of the fact that I do not write
the same way on the Internet as when I write a text intended for
important people.
M. Roy : Le niveau de langue n’est pas le même sur Internet.
Lorsque j’écris sur un iPad, comme je suis pressé, je vais omettre,
par exemple, les accents ou les apostrophes. Je fais plusieurs
choses sur mon iPad que je ne ferai pas si j’écrivais un texte
destiné à un comité sénatorial, par exemple. Je suis conscient du
fait que, sur Internet, je n’écris pas de la même façon que lorsque
je rédige un texte destiné à des gens importants.
The same is true for young people. They know in many cases
that if they write ‘‘en t k’’ in an e-mail, they cannot do that in an
assignment that has to be submitted in class. The problem will
arise on the day when ‘‘en t k’’ winds up in school assignments
and doctoral dissertations.
Il en va de même pour les jeunes. Ils savent, dans bien des cas,
que s’ils écrivent ‘‘en t k’’ dans un courriel, ils ne peuvent le faire
dans un devoir qui doit être remis en classe. Le problème
surviendra le jour où ‘‘en t k’’ se retrouvera dans les travaux
scolaires et les dissertations au niveau du doctorat.
The Deputy Chair: Perhaps the term will be accepted by the
Académie française.
La vice-présidente : Le terme sera peut-être accepté par
l’Académie française.
Mr. Roy: In short, this is undoubtedly a problem. However,
perhaps we attach more importance to it than it deserves if young
people are aware that they have to change levels of language
depending on the forum.
M. Roy : Bref, le problème existe sans doute. Toutefois, on lui
accorde peut-être plus d’importance qu’il ne le mérite si les jeunes
sont conscients qu’ils doivent changer de niveau de langage selon
le forum.
The Deputy Chair: I believe there is nevertheless reason to be
concerned. Unfortunately, that is all the time we have.
La vice-présidente : Je crois qu’il y a lieu tout de même de
s’inquiéter. Malheureusement, c’est tout le temps dont nous
disposons.
Senator Poirier: This coded language that people use on Twitter
and in chatting is not just a problem among francophones; it is a
problem you see as much among anglophones as among
francophones. Anglophones use their own codes and new
language. I wanted to mention that to you.
Le sénateur Poirier : Ce langage codé que les gens utilisent sur
Twitter et dans le clavardage n’est pas uniquement un problème
chez les francophones; c’est un problème que l’on retrouve autant
chez les anglophones que chez les francophones. Les anglophones
utilisent des codes et un nouveau langage qui leur est propre. Je
tenais à vous le mentionner.
The Deputy Chair: You are absolutely right. Ms. Dubé,
Mr. Roy, thank you. We have spent an extraordinary hour. We
have learned a lot of things. You have given us much food for
thought for this report. Thank you very much for that.
La vice-présidente : Vous avez tout à fait raison. Madame
Dubé, monsieur Roy, je vous remercie. Nous avons passé une
heure extraordinaire. Nous avons appris beaucoup de choses.
Vous avez bien nourri nos réflexions pour ce rapport. Je vous en
remercie beaucoup.
28-11-2011
Langues officielles
4:47
The committee is also studying Air Canada’s obligations under
the Official Languages Act. More specifically, it is examining the
audit report recently published by the Office of the Commissioner
of Official Languages on the provision of bilingual services to Air
Canada passengers. This appearance is also an opportunity for
the committee to follow up its report on the bilingualism of Air
Canada personnel tabled in June 2008.
Le comité se penche aussi, en ce moment, sur les obligations
d’Air Canada en vertu de la Loi sur les langues officielles. Plus
précisément, il se penche sur le rapport de vérification publié
récemment par le commissariat aux langues officielles sur la
prestation des services bilingues aux passagers d’Air Canada.
Cette comparution est aussi une occasion pour le comité de faire
un suivi de son rapport, déposé en juin 2008, sur le bilinguisme du
personnel d’Air Canada.
It is our pleasure to welcome Priscille Leblanc, Vice-President of
Corporate Communications at Air Canada; Susan Welscheid,
Vice-President of Customer Service; Louise-Helene Senecal,
Assistant General Counsel; and Chantal Dugas, General
Manager, Linguistic Affairs.
Nous avons le plaisir d’accueillir Mme Priscille Leblanc,
vice-présidente des communications de l’entreprise, Mme Susan
Welscheid, vice-présidente du service à la clientèle, Mme LouiseHelene Senecal, conseillère juridique principale, et Mme Chantal
Dugas, chef de service général des affaires linguistiques.
Ladies, thank you for agreeing to appear today. You now have
the floor and the senators will follow with questions.
Mesdames, merci d’avoir accepté de comparaître aujourd’hui.
Vous avez maintenant la parole et les sénateurs suivront avec des
questions.
Priscille Leblanc, Vice-President, Corporate Communications,
Air Canada: Honourable senators, thank you for giving us this
opportunity to appear before you today. We will start by offering
our condolences to the chair of this committee, the Honourable
Maria Chaput, on the death of her father.
Priscille Leblanc, vice-présidente, Communications de l’entreprise,
Air Canada : Honorables sénateurs, nous vous remercions de
l’occasion qui nous est donnée de nous adresser à vous aujourd’hui.
On va commencer par offrir nos condoléances à la présidente de ce
comité, l’honorable Maria Chaput, à l’occasion du décès de
son père.
Let me start by saying that we are always pleased to talk about
our company’s initiatives and ongoing efforts to ensure full
compliance with our obligations under the Official Languages
Act. We are invited to appear today in relation to the recent audit
by the Commissioner of Official Languages on the delivery of
services in French and English to Air Canada passengers, the
June 2008 committee report regarding Air Canada’s bilingual
staff as well as the linguistic action plan that we brought forward.
Je tiens tout d’abord à souligner que c’est toujours avec plaisir
que nous venons parler des initiatives et des efforts continuels de
notre entreprise afin d’assurer une conformité totale à nos
obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles. Nous
avons été invitées à témoigner aujourd’hui relativement à la
vérification récemment menée par le commissaire aux langues
officielles au sujet de la prestation de services en français et en
anglais aux passagers d’Air Canada, au rapport produit par le
comité en juin 2008 concernant le personnel bilingue d’Air Canada
ainsi qu’au Plan d’action linguistique que nous avons présenté.
Since we last appeared before this committee in March 2008,
Air Canada has experienced many internal changes and has had
to manage through various crises beyond its control, which have
affected the entire airline industry.
Depuis la dernière fois que nous nous sommes adressés au
comité, en mars 2008, Air Canada a connu nombre de changements
internes et a dû affronter diverses crises indépendantes de sa volonté
ayant également perturbé toute l’industrie du transport aérien.
Despite its challenges, the company has always maintained
efforts to comply with its obligations under the Official
Languages Act.
Malgré ces défis, la société a toujours maintenu ses efforts afin
de respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues
officielles.
[English]
We have implemented several initiatives to make employees more
aware of Air Canada’s official language obligations and improve
customer service. These include the Air Canada active offer of
service video called Hello! Bonjour!, which is shown to all new frontline employees and available on the internal website; internal quality
audits performed monthly; the detailed communication of Air
Canada’s official languages obligations to all new front-line
employees; and the creation of a language award.
[Traduction]
Nous avons mis en oeuvre plusieurs initiatives afin de
sensibiliser davantage les employés aux obligations d’Air
Canada concernant les langues officielles et d’améliorer le
service clientèle. En voici quelques-unes : la vidéo Bonjour!
Hello! sur l’offre active de services d’Air Canada présentée à
tous les nouveaux employés de première ligne et disponible dans
notre site web interne; la réalisation d’audits de qualité internes
mensuels; la communication détaillée des obligations d’Air
Canada en matière de langues officielles à tous les nouveaux
employés de première ligne; et la création d’un prix linguistique.
4:48
Official Languages
In addition, in order to standardize its bilingual service in
Canada and in a number of foreign cities, whether there is
significant demand or not, Air Canada has implemented many
automated systems that offer consistent services in both official
languages, such as self-service kiosks at airports that enable
customers to perform numerous transactions, the mobile device
application and the website. As technology continues to evolve,
we look for new opportunities to better our service delivery.
[Translation]
28-11-2011
En outre, en vue de normaliser son service bilingue au Canada
et dans un certain nombre de villes à l’étranger, quelle que soit
l’importance de la demande, Air Canada a mis en place plusieurs
systèmes automatisés qui offrent des services uniformes de même
qualité dans les deux langues officielles, comme les bornes libreservice dans les aéroports où les clients peuvent effectuer de
nombreuses transactions, l’application pour appareils mobiles et
le site web. À mesure que la technologie évolue, nous cherchons
de nouvelles possibilités d’améliorer notre prestation de services.
[Français]
In 2010, as the official carrier of the Olympic and Paralympic
Winter Games, Air Canada rose to the challenge of offering
thousands of visitors, dignitaries, journalists and athletes service
in both official languages, something that very few believed
possible. During the event, Air Canada also supported official
languages by sponsoring Place de la Francophonie on Granville
Island. Our performance during the games, on every front,
including the availability of service in both official languages for
our customers, is a source of pride at Air Canada. Our overall
performance on linguistic duality was successful mainly as a result
of its complete integration into an intensive overall preparedness
exercise for the games, demonstrated leadership and commitment
from the executive team and the Olympic preparedness project
manager.
En 2010, à titre de transporteur officiel des Jeux olympiques et
paralympiques d’hiver, Air Canada s’est montrée à la hauteur en
proposant à des milliers de visiteurs, dignitaires, journalistes et
athlètes des services dans les deux langues officielles, exploit que
peu de gens croyaient possible. Durant l’événement, Air Canada a
également appuyé les langues officielles en commanditant la Place
de la Francophonie à Granville Island. Sur tous les plans, y
compris la disponibilité du service dans les deux langues officielles
à l’intention des clients, notre performance durant les jeux est une
source de fierté à Air Canada. Notre bon rendement global quant
à la dualité linguistique est attribuable à l’intégration complète de
l’offre bilingue dans la préparation intensive en vue des jeux ainsi
qu’au leadership et à l’engagement démontrés par l’équipe de
direction et le chef de projet en matière de préparation aux jeux
olympiques.
In retrospect, the resources allocated by the company to ensure
a successful performance during the games actually exceeded
demand in Vancouver.
A posteriori, nous constatons que les ressources allouées par la
société en vue d’assurer un bon rendement durant les jeux
excédaient la demande à Vancouver.
While Air Canada cannot afford to maintain this level of
support on an ongoing basis as many participants were
volunteers, best practices have been identified to improve on
existing initiatives in place in Vancouver and other Canadian
airports according to needs and capacity.
Air Canada ne peut se permettre de maintenir ce degré de
soutien de façon continue, puisque bon nombre des participants
étaient bénévoles. Cependant, les meilleures pratiques ont été
définies en vue d’améliorer les initiatives déjà en place à
Vancouver et à d’autres aéroports canadiens, selon les besoins
et la capacité.
[English]
[Traduction]
As you know, the Office of the Commissioner of Official
Languages audited our service delivery in both official languages in
the fall of 2010. As part of this exercise, the audit team met with
employees from around the country, including airport and in-flight
personnel, managers and senior executives, to gather information
about their perceptions and understanding of the company’s
obligations regarding official languages and the implementation of
the linguistic policy itself.
Comme vous le savez, le Commissariat aux langues officielles a
procédé à la vérification de notre prestation de services dans les
deux langues officielles à l’automne 2010. L’équipe de vérification
a donc rencontré des employés de partout au pays, notamment du
personnel des aéroports et du Service en vol, des gestionnaires et
des cadres supérieurs, afin d’en savoir davantage sur leur
perception et leur compréhension des obligations de la société à
l’égard des langues officielles et de la mise en oeuvre de la
politique linguistique en tant que telle.
We welcomed the report of the Commissioner of Official
Languages and are pleased that the audit identified the many
tools and initiatives put forward by Air Canada not only to meet its
obligations under Part IV of the Official Languages Act but, above
all, to fulfil its commitment to its customers and thereby provide
them with quality service in the official language of their choice.
Nous avons bien accueilli le rapport du commissaire aux langues
officielles et sommes ravis que la vérification ait permis de relever les
nombreux outils et initiatives adoptés par Air Canada non
seulement pour remplir ses obligations que lui impose la partie IV
de la Loi sur les langues officielles, mais surtout pour respecter son
engagement envers ses clients et, par conséquent, leur fournir un
service de qualité dans la langue officielle de leur choix.
28-11-2011
Langues officielles
[Translation]
4:49
[Français]
It is also important to point out that unlike government
institutions subject to the Official Languages Act, Air Canada
receives no direct or indirect federal subsidies for language-related
training, testing or communications. Nonetheless, Air Canada has
allocated significant resources, financial and human, to maintain
its language programs even in the face of industry challenges and
economic slowdown. In fact, Linguistic Affairs is one of the few
departments at Air Canada whose budget and programs have not
been subject to cutbacks over the years.
Il est aussi important de mentionner que, contrairement aux
institutions gouvernementales assujetties à la Loi sur les langues
officielles, Air Canada ne reçoit aucune subvention fédérale
directe ou indirecte pour la formation, les tests et les
communications relatives aux langues. Néanmoins, Air Canada
a alloué d’importantes ressources pour maintenir ses programmes
linguistiques et ce même en période de difficultés dans l’industrie
et de ralentissement économique. En fait, les affaires linguistiques
sont l’un des rares services dont le budget et les programmes n’ont
pas subi de réduction au fil des ans.
Our most recent Linguistic Action Plan addresses the concerns
raised by the Commissioner of Official Languages in the audit
and at the same time deals with issues raised in the June 2008
Senate committee report.
Notre plus récent Plan d’action linguistique permet de
répondre aux préoccupations soulevées par le commissaire aux
langues officielles dans la vérification et, par le fait même, de
traiter des préoccupations énoncées dans le rapport du comité
sénatorial de juin 2008.
The plan also clarifies our linguistic policy, roles and
responsibilities and how to achieve our goals.
Le plan clarifie également notre politique linguistique, les rôles
et responsabilités de chacun et la manière d’atteindre nos buts.
[English]
[Traduction]
In accordance with the audit findings, Air Canada recognizes
that, despite the many tools already in use, greater effort must be
made to raise awareness of its language obligations and
responsibilities among its employees. Air Canada agrees that its
new official languages action plan will help standardize its language
activities and linguistic initiatives. We will convey a clear message to
all of our employees, and our managers will reinforce it on a more
consistent basis, as set out in our action plan.
Conformément aux conclusions de la vérification, Air Canada
reconnaît que, malgré les nombreux outils déjà utilisés, il faut
déployer des efforts supplémentaires pour accroître la sensibilisation
à ses obligations et à ses responsabilités linguistiques parmi ses
employés. Air Canada convient que son nouveau plan d’action sur
les langues officielles sera utile pour normaliser ses activités et
initiatives linguistiques. Nous allons transmettre un message clair à
tous nos employés, et nos gestionnaires veilleront à faire respecter
davantage la politique, comme c’est décrit dans notre plan d’action.
The action plan is intended as a reference tool for all Air
Canada employees and consists of six sections: management’s
commitment and leadership, recruitment, employee training and
communications, service standards, audits and performance,
and communities.
Le plan d’action, qui se veut un outil de référence à l’intention de
tous employés d’Air Canada, comprend six sections : engagement
et leadership de la direction; recrutement; communication et
formation; normes de service; vérifications et rendement;
et communautés.
[Translation]
As with any major corporate initiative, commitment to
promoting a culture of language duality must begin with senior
management. Recognizing that the unique nature of the
company’s activities requires the mobilization of all of its
integrated resources to foster a bilingual culture, management
has implemented an accountability framework to establish
guidelines for managing official languages effectively. To do
this, we began by redefining the roles and responsibilities of the
official languages manager as well as those of the co-champions.
We have also set goals and performance indicators. Performance
follow-up and regular meetings with key staff will enable the
company to more quickly identify areas where gaps seem to exist
and to bring about appropriate measures or changes.
[Français]
Comme pour toutes les initiatives de grandes entreprises,
l’engagement à promouvoir une culture bilingue doit émaner de la
haute direction. Reconnaissant que la nature particulière de ses
activités exige la mobilisation de toutes les ressources de la société
en vue de favoriser une culture bilingue, la direction a mis en
œuvre un cadre de responsabilisation visant à établir les principes
directeurs et la gestion efficace des langues officielles. Pour ce
faire, nous avons débuté par la redéfinition des conditions du
responsable et des cochampions des langues officielles. Nous
avons également établi des objectifs et des indicateurs de
rendement. Un suivi du rendement et des rencontres régulières
avec le personnel clé permettront à la société de déterminer plus
rapidement les secteurs présentant des lacunes et d’adopter des
mesures ou des changements appropriés.
4:50
Official Languages
[English]
We are committed to developing an official languages
publication that employees and managers can consult on a daily
basis, such as a guide. The publication will detail language
procedures for recruitment, displays, training, the active offer,
language levels, language training, document translation, the
tuition fee reimbursement policy, language requirements for
specific positions, service standards, et cetera.
[Translation]
28-11-2011
[Traduction]
Nous nous sommes engagés à concevoir une publication sur les
langues officielles que les employés et les gestionnaires pourront
consulter au quotidien, comme un guide. La publication décrira
les procédures linguistiques relatives au recrutement, à l’affichage
et à la formation, l’offre active de service, les niveaux de langage,
la formation linguistique, la traduction de documents, la politique
sur le remboursement des frais de scolarité, les exigences
linguistiques de certains postes, les normes de service, et cetera.
[Français]
In order to fulfil its language obligations, Air Canada must
maintain a sufficient number of bilingual employees on staff.
Recruiting new bilingual employees, specifically from outside
Quebec, has always been and continues to be a significant
challenge for the company.
Pour respecter ses obligations linguistiques, Air Canada doit
maintenir un nombre suffisant d’employés bilingues au sein de
son effectif. Le recrutement de nouveaux employés bilingues, en
particulier à l’extérieur du Québec, a toujours été et demeure un
défi de taille pour la société.
This challenge is not unique to Air Canada since all federal
institutions must also serve the public in both official languages.
All federal institutions as well as private enterprises therefore
compete to hire resources from the same limited pool.
Air Canada n’est pas la seule à devoir surmonter ce défi
puisque toutes les institutions fédérales sont tenues de servir le
public dans les deux langues officielles. Les institutions fédérales
de même que les entreprises privées se font donc compétition pour
embaucher les ressources au sein d’un même bassin limité.
While recruiting, one of the problems we noticed is the lack of
opportunities for practising language skills. Many candidates tell
us they attended French immersion for the duration of their
elementary and secondary schooling, but have not had the
opportunity to use the language since, and even if they have been
away from school for only a couple of years, their language skills
have started to decrease even to the point where they can no
longer hold simple conversations in the language.
Dans les processus de recrutement, l’un des problèmes que nous
avons constatés est le manque d’occasions de mettre en pratique les
compétences linguistiques. De nombreux candidats nous informent
qu’ils ont participé à un programme d’immersion en français
pendant toutes leurs études primaires et secondaires, mais qu’ils
n’ont pas eu l’occasion d’utiliser cette langue depuis ce temps.
Même s’ils ont fini leurs études il y a quelques années seulement,
leurs compétences linguistiques ont commencé à décroître au point
où ils ne peuvent plus soutenir une simple conversation.
[English]
Also, over the past 10 years, it has been nearly impossible for us
to increase our percentage of permanent bilingual employees,
particularly since much of our hiring has been for seasonal or parttime positions. While Air Canada is generally considered an
employer of choice for anyone wanting a career in the aviation
industry, the company must advertise through targeted media and
work with linguistic minority communities in order to draw a
sufficient number of bilingual candidates. We are hopeful, however,
that this situation will improve as our most recent labour contract
with our airport employees is favourable to permanent hiring.
[Translation]
Since our last appearance before this committee, our work with
the language minority communities, colleges and universities
helped us improve our recruitment of bilingual resources. As an
example, today, in 2011, 73 per cent of our new recruits at
airports and call centres were bilingual in comparison with
39 per cent in 2008.
[Traduction]
De plus, au cours des 10 dernières années, il nous a été presque
impossible d’augmenter la proportion d’employés permanents
bilingues, d’autant plus que nous avons surtout pourvu des postes
saisonniers ou à temps partiel. Bien qu’Air Canada soit
généralement considérée comme un employeur de choix pour
quiconque désire faire carrière dans le secteur du transport aérien,
elle doit faire de la publicité dans certains médias ciblés et
collaborer avec les communautés de langue officielle en situation
minoritaire afin d’attirer un nombre suffisant de candidats
bilingues. Nous avons toutefois bon espoir que cette situation
s’améliorera, car le dernier contrat de travail de nos employés des
aéroports favorise l’embauche permanente.
[Français]
Depuis notre dernière comparution devant ce comité, notre
collaboration avec les communautés de langue officielle en
situation minoritaire, les collèges et les universités nous a aidés
à améliorer notre recrutement de ressources bilingues. À titre
d’exemple, en 2011, 73 p. 100 de nos nouveaux employés dans les
aéroports et centres téléphoniques étaient bilingues, par rapport à
moins de 39 p. 100 en 2008.
28-11-2011
Langues officielles
4:51
Employees for whom French is a second or third language who
are not regularly called upon to use their French-language skills
have the same challenges as the candidates mentioned previously
and must be able to practise to help maintain their language skills.
Even though many of our employees have strong language
qualifications or have previously received language training at the
time of hiring, many report that without sufficient opportunity to
practise French in the workplace, they notice a decline in their
language skills.
Les employés dont le français est la deuxième ou la troisième
langue et qui n’ont pas l’occasion de mettre régulièrement en
pratique cette langue font face aux mêmes défis que les candidats
mentionnés précédemment. Ils doivent donc être en mesure
d’utiliser leurs compétences linguistiques pour les maintenir.
Même si bon nombre d’employés ont de solides compétences
linguistiques ou ont déjà reçu de la formation linguistique au
moment de leur embauche, ils sont nombreux à faire remarquer
que faute de pouvoir parler suffisamment français au travail, leurs
compétences ont décliné.
We recognize that we need to be creative in developing new
training models and encouraging employees to use them. Air
Canada already has many communication channels it can use to
promote awareness but a more organized and systematic
approach is needed to improve consistency.
Nous reconnaissons donc que nous devons faire preuve de
créativité dans l’élaboration de nouveaux modèles de formation et
encourager les employés à les utiliser. Air Canada a déjà à sa
disposition de nombreux moyens de communication pouvant
servir à accroître la sensibilisation, mais une approche plus
organisée et plus systématique est requise pour améliorer
l’uniformité.
One of the initiatives currently in place includes wearing the
‘‘J’apprends le français’’ pin. We have already noticed a positive
impact from this initiative, which aims to instil the necessary
confidence in employees who are not qualified in French to
promote the active offer. Employees told us that customers are
more understanding and speak less quickly to someone seeing
wearing the pin. This in turn encourages employees who were
previously intimidated to address customers in French to do so
more often.
L’épinglette sur laquelle est écrit « J’apprends le français »
représente l’une des initiatives déjà mises en œuvre. Nous avons
déjà constaté l’incidence positive de cette initiative qui vise à
donner la confiance nécessaire aux employés qui ne sont pas
qualifiés en français afin qu’ils fassent la promotion de l’offre
active de services. Des employés nous ont dit que les clients se
montrent plus compréhensifs et parlent plus lentement aux
employés s’ils voient que ceux-ci portent l’épinglette. En retour,
ces employés, qui étaient auparavant intimidés, sont plus
susceptibles de s’adresser en français aux clients.
By creating more opportunities to practise their French, these
employees have more opportunity to increase their level of skill or
at least maintain it while meeting customers’ expectations.
En créant plus d’occasions de pratiquer le français, nous leur
donnons plus de chances d’augmenter leur niveau de compétence
ou, au moins, de le maintenir tout en répondant aux attentes des
clients.
[English]
Air Canada offers a variety of language courses to its
employees and to Jazz employees, including beginner,
intermediate and advanced level courses, to meet their many
needs. In addition to traditional classroom training, employees
will be able to make use of online support over the next few years,
which will provide greater flexibility to those with variable
schedules and those travelling around the world.
[Translation]
[Traduction]
Air Canada offre une variété de cours de langue à ses employés
et aux employés de Jazz, notamment des cours de niveaux
débutant, intermédiaire et avancé, afin de répondre à leurs
nombreux besoins. En plus de suivre une formation traditionnelle
en classe, les employés bénéficieront de soutien en ligne au cours
des prochaines années. Ceux et celles qui ont un horaire variable
ou qui voyagent partout dans le monde jouiront ainsi d’une plus
grande flexibilité.
[Français]
In order to provide consistent service in both languages and
effectively allocate our bilingual resources, it is essential to develop,
review and maintain service standards for all customer service areas.
These standards will be communicated appropriately to all
employee groups in order to ensure compliance.
Afin d’offrir un service uniforme dans les deux langues
officielles et d’affecter efficacement nos ressources bilingues, il
est essentiel d’établir, de revoir et de maintenir les normes de
service dans tous les secteurs du service à la clientèle. Ces normes
doivent être communiquées de façon appropriée à tous les
groupes d’employés de façon à assurer leur respect.
To do so, a review of appropriate standards and procedures
based on the reality and requirements of the various positions and
location is underway.
Afin d’y parvenir, nous passons actuellement en revue les
normes et les procédures concernées en fonction de la réalité et des
exigences des divers postes et lieux de travail.
4:52
Official Languages
[English]
Although an audit system is already in place, we believe in an
improved monitoring system, which will ensure that the offer of
service in both official languages is of equal quality on the ground
or in the air. This system will help identify areas for improvement
as well as those where we are successful that could serve as
examples. The same audit system could also be implemented to
ensure compliance among other carriers who operate under the
banner Air Canada Express, like Jazz, which offers services on
behalf of Air Canada, as Air Canada has a duty to ensure these
carriers provide the services in both official languages where there
is significant demand.
[Translation]
28-11-2011
[Traduction]
Bien qu’une procédure de vérification soit déjà en place, nous
croyons en un mécanisme de surveillance amélioré qui garantira la
prestation d’un service de qualité égale dans les deux langues
officielles, en vol comme au sol. Ce mécanisme contribuera à
déterminer quels secteurs nécessitent des améliorations, de même
que ceux où nous connaissons du succès et qui pourraient servir
d’exemples. Le même mécanisme de vérification peut également
servir à assurer la conformité au sein d’autres transporteurs,
comme Jazz, qui offrent des services sous la bannière Air Canada
Express au nom d’Air Canada, laquelle doit s’assurer que des
services sont fournis dans les deux langues officielles là où la
demande le justifie.
[Français]
In conclusion, please allow me to reiterate our company’s firm
commitment to complying with its language obligations under the
Official Languages Act. We do recognize that there is still work to
be done to better standardize our bilingual services throughout
the country.
En guise de conclusion, permettez-moi de réitérer le ferme
engagement qu’a pris notre société de se conformer aux
obligations linguistiques en vertu de la Loi sur les langues
officielles. Nous reconnaissons cependant que nous avons encore
du travail à faire pour offrir de façon plus uniforme des services
bilingues dans tout le pays.
Rest assured that we take these obligations very seriously. We
will be sending a clear message to this effect to all our employees
and will call on our managers to consistently reinforce it. For us,
serving our clients in the official language of their choice simply
makes good business sense. Thank you for your attention. We
welcome your questions.
Nous prenons assurément ces obligations très au sérieux et nous
transmettrons en ce sens un message sans équivoque à l’attention de
tous nos employés et le renforcerons par un apport soutenu de nos
gestionnaires. Pour nous, servir nos clients dans la langue officielle
de leur choix demeure tout simplement une décision commerciale
pleinement sensée. Nous vous remercions de votre attention et nous
sommes prêtes à répondre à vos questions.
The Deputy Chair: Thank very much, Ms. Leblanc. I believe
that all those who used to think that the Official Languages Act,
the Canadian act, was very tough on the people of Air Canada,
among others, all those who were watching the PanAm series
found themselves in the mid-1950s, when speaking three
languages was an essential employment condition for a flight
attendant, who was called a stewardess at the time. Here it is not
easy to have even two.
La vice-présidente : Merci beaucoup, madame Leblanc. Je
pense que tous ceux qui avaient l’habitude de trouver que la Loi
sur les langues officielles, la loi canadienne, était bien dure pour
les gens, entre autres, d’Air Canada, tous ceux qui écoutaient la
série PanAm se sont retrouvés au milieu des années 1950 où, pour
un agent de bord qu’on appelait à ce moment-là une hôtesse de
l’air, parler trois langues était une condition sine qua non à avoir
l’emploi. Ici ce n’est pas facile même d’en avoir deux.
However, if you are on an international flight, you will be told
at times: ‘‘Today we have people on board who can answer your
questions in French, English, Spanish, Arabic and Mandarin.’’
French is still the language for which it will be hardest to find
someone. Whatever the case may be, I am sure that a lot of
colleagues have questions to ask you.
Par contre, si on est sur un vol qui va à l’étranger, on se fera
dire à certains moments : « Aujourd’hui à bord, nous avons des
gens qui peuvent répondre à vos questions en français, en anglais,
en espagnol, en arabe et en mandarin. » Le français est toujours la
langue pour laquelle il sera le plus difficile de trouver quelqu’un.
Quoi qu’il en soit, je suis certaine que beaucoup de mes collègues
ont des questions à vous poser.
Senator Mockler: First, I would like to congratulate you on
your little book, but I see it is from English to French. Do you
have the equivalent, but from French to English?
Le sénateur Mockler : Premièrement, j’aimerais vous féliciter pour
votre petit livre, mais je remarque que c’est de l’anglais au français.
Est-ce que vous avez l’équivalent, mais de français à anglais?
Chantal Dugas, General Manager, Linguistic Affairs, Air
Canada: Yes.
Chantal Dugas, chef de service générale, Affaires linguistiques,
Air Canada : Oui.
Senator Mockler: Congratulations a second time. I would like
to have a copy from French to English, please.
Le sénateur Mockler : Félicitations une deuxième fois. J’aimerais
en avoir une copie du français à l’anglais s’il vous plaît.
Ms. Dugas: Yes, of course.
Mme Dugas : Oui, certainement.
28-11-2011
Langues officielles
4:53
Senator Mockler: I would like us to talk about Bill C-17. What
do you think about that bill?
Le sénateur Mockler : J’aimerais qu’on discute au sujet du
projet de loi C-17. Que pensez-vous de ce projet de loi?
Louise-Helene Senecal, Assistant General Counsel, Air Canada:
We believe that Bill C-17 is unnecessary since, first, it concerns
two types of entities. First, we can deal with Ace Aviation, which
was our main parent company at the time. Now that company
holds only a minority interest in Air Canada. I believe it holds less
than a 20 per cent interest in Air Canada. It is not a company that
provides air services; it is a holding company under the provisions
pertaining to Ace Aviation.
Louise-Helene Senecal, conseillère juridique principale, Air
Canada : Nous considérons que le projet de loi C-17 n’est pas
nécessaire puisque, premièrement, il vise deux types d’entité. On
peut régler en premier la compagnie Ace Aviation qui, à une
époque, était notre compagnie mère principale. Maintenant cette
compagnie ne détient que des intérêts minoritaires dans Air
Canada. Je crois qu’elle détient moins que 20 p. 100 des intérêts
dans Air Canada. Ce n’est pas une compagnie qui offre des
services aériens, c’est une compagnie de gestion qui se fait sur le
plan des dispositions relative à Ace Aviation.
With regard to the companies offering services for Air Canada
which are contemplated in the first part of the bill, we also believe
that is unnecessary. The Official Languages Act already contains,
in section 25 in particular, provisions requiring Air Canada to
ensure that companies that provide service on its behalf do so as
though Air Canada were providing the service. That is to say that,
if there is significant demand for Air Canada, there must be
significant demand for that company. In our contractual
agreements with that company, we have included obligations to
meet our service standards, which include, among other things,
service in the official languages.
En ce qui a trait aux compagnies qui offrent des services pour
le compte d’Air Canada, visées dans la première partie du projet
de loi, nous trouvons également que c’est pas nécessaire. Il existe
déjà dans la Loi sur les langues officielles, l’article 25 en
particulier, des dispositions prévoyant qu’Air Canada doive
veiller à ce que les compagnies qui procurent le service en son
nom le fassent au même titre que si Air Canada fournissait ce
service. C’est-à-dire que s’il y a une demande importante pour Air
Canada, il doit y en avoir une pour cette compagnie. Nous avons
inclus, dans nos ententes contractuelles avec cette compagnie, des
obligations de rencontrer nos normes de service, qui comportent,
entre autres, le service sur les langues officielles.
Consequently, we find it hard to understand why this provision
of the bill is necessary since the Jazz company provides on our
behalf the service we are required to provide under section 25. It
is a bit like wearing both suspenders and a belt.
Par conséquent, nous comprenons mal la nécessité de cette
disposition du projet de loi, puisque la compagnie Jazz offre pour
nous le service dont nous avons l’obligation en vertu de
l’article 25. C’est un peu comme porter à la fois des bretelles et
une ceinture.
Senator Mockler: I like your answer on Bill C-17. We often
hear it said — and I am going to talk about western Canada and
the Atlantic region — that you have difficulty recruiting bilingual
people. Could you state the comments that we hear on that
subject from time to time?
Le sénateur Mockler : J’aime votre réponse sur C-17. Souvent,
on entend parler — et je vais parler de l’Ouest canadien et de
l’Atlantique — que vous avez de la difficulté à recruter des
personnes bilingues. Pourriez-vous énoncer les commentaires
qu’on entend, de temps en temps, à ce sujet?
Susan Welscheid, Senior Vice-President, Customer Service, Air
Canada: I will answer your question since I am responsible for
hiring for airports, in-flight service and reservation service.
Susan Welscheid, première vice-présidente, Service clientèle, Air
Canada : Je vais répondre à votre question, étant donné que je
suis responsable de l’embauche pour les aéroports, du service en
vol et du service des réservations.
We are doing everything in our power to find bilingual
employees. We recruit across the country. The growth base is in
Toronto. People must therefore live in Toronto in order to work
for Air Canada. All growth comes from Toronto.
Nous faisons tout en notre possible pour trouver des employés
bilingues. Nous recrutons à travers le pays. La base de croissance
est à Toronto. Les gens doivent donc vivre à Toronto pour
travailler pour Air Canada. Toute la croissance vient de Toronto.
We recently hired nearly 800 flight attendants, and all of them
live in Toronto because that is where Air Canada’s growth is; that is
where the base is growing. We are having an enormous amount of
difficulty finding bilingual employees in the Toronto region. We
often find employees in Montreal who are prepared to move to
Toronto or to commute between Montreal and Toronto. We have
enormous difficulty finding people who speak English and French.
Nous avons engagé des agents de bord, récemment, près de 800,
et tous résident à Toronto car c’est là où se trouve la croissance
d’Air Canada, c’est là où la base grandit. Nous avons énormément
de difficulté à trouver des employés bilingues dans la région de
Toronto. Nous trouvons souvent des employés à Montréal qui sont
prêts à déménager à Toronto ou faire du va-et-vient entre Montréal
et Toronto. Nous avons énormément de difficulté à trouver des gens
qui parlent le français et l’anglais.
4:54
Official Languages
In western Canada, we find people who speak all the Asian
languages, but it is very difficult to find people who speak English
and French.
Senator Mockler: And in the Atlantic?
Ms. Welscheid: It is a little easier in the Atlantic region. Once
again, we have a base in Montreal for flight attendants, in Toronto
and Vancouver. For reservations, we have, in Atlantic Canada,
Montreal, Toronto and Winnipeg. I must admit that it is a major
challenge and we are doing everything we can to find bilingual
people. Unfortunately, there are very few. That, unfortunately, is
the reality in Canada today.
28-11-2011
Dans l’Ouest du Canada, on trouve des gens qui parlent toutes
les langues asiatiques imaginables, mais il est très difficile de
trouver des gens qui parlent le français et l’anglais.
Le sénateur Mockler : Et dans l’Atlantique?
Mme Welscheid : Dans la région de l’Atlantique, c’est un peu
plus facile. Encore une fois, nous avons une base à Montréal pour
les agents de bord, à Toronto et à Vancouver. Pour les
réservations, nous avons, au Canada Atlantique, Montréal,
Toronto et Winnipeg. Je dois vous avouer que c’est un défi de
taille et nous faisons tout en notre possible pour trouver des gens
bilingues. Malheureusement, il y en a très peu. C’est la réalité
d’aujourd’hui, malheureusement, au Canada.
Senator Mockler: Do you ever hire unilingual francophones?
Le sénateur Mockler : Est-ce qu’il vous arrive d’embaucher des
personnes unilingues francophones?
Ms. Welscheid: When we are really short of employees —
Mme Welscheid : Quand nous sommes vraiment à court
d’employés...
Senator Mockler: Unilingual French?
Ms. Welscheid: Unilingual French? No, never unilingual
French.
Senator Mockler: Never unilingual French?
Le sénateur Mockler : Unilingues français?
Mme Welscheid : Unilingue français? Non, jamais unilingue
français.
Le sénateur Mockler : Jamais unilingue français?
Ms. Welscheid: No. Pardon me, I misunderstood the question.
Mme Welscheid : Non. Je m’excuse, j’avais mal compris
la question.
Senator Losier-Cool: To pursue Senator Mockler’s question,
has Air Canada ever considered a bilingualism bonus?
Le sénateur Losier-Cool : Pour faire suite à la question du
sénateur Mockler, est-ce qu’Air Canada a déjà considéré une
prime de bilinguisme?
Ms. Welscheid: We have never considered a bilingualism bonus.
Mme Welscheid : Nous n’avons jamais considéré de prime
de bilinguisme.
Senator Tardif: I would like to continue on the issue of
bilingual staff recruitment. In the June 2008 report of the
Standing Senate Committee on Official Languages, we
recommended that Air Canada work more with the official
language minority communities to facilitate the hiring of bilingual
personnel. You say it is very difficult, particularly in certain
regions. I am from western Canada, more particularly from
Edmonton. If I understand correctly, it is very difficult to hire
bilingual staff in western Canada.
Le sénateur Tardif : J’aimerais poursuivre sur la question du
recrutement de personnel bilingue. Dans le rapport du Comité
sénatorial des langues officielles, en juin 2008, nous avons fait la
recommandation voulant qu’Air Canada travaille davantage avec
les communautés de langue officielle en situation minoritaire afin
de faciliter l’embauche de personnel bilingue. Vous dites que c’est
très difficile, surtout dans certaines régions. Je suis de l’Ouest
canadien, plus particulièrement de la ville d’Edmonton. Si je
comprends bien, il est très difficile d’embaucher du personnel
bilingue dans l’Ouest canadien.
Have you contacted training institutions such as the Campus
Saint-Jean of the University of Alberta or Simon Fraser
University in Vancouver, which offer French-language training
programs, the Alliances françaises? They have the Access to
Employment in French service levels in the western provinces and
in the Atlantic provinces. Have you consulted those communities
to see what the potential pool of bilingual candidates would be?
Avez-vous contacté des institutions de formation telles le
campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta ou l’Université
Simon Fraser, à Vancouver, qui offrent des programmes de
formation linguistique en français, des Alliances françaises? Les
niveaux de services Accès à l’emploi en français existent dans les
provinces de l’Ouest aussi bien que dans les provinces de
l’Atlantique. Avez-vous consulté ces communautés pour voir
quel serait le bassin possible de candidats bilingues?
Ms. Dugas: We have a number of contacts depending on the
region where we have to recruit. When we have to hire, we contact
those persons and describe to them the needs that have to be met.
Mme Dugas : Dépendamment de la région où on doit recruter,
nous avons un certain nombre de contacts. Lorsqu’on doit
embaucher, nous communiquons avec ces personnes et nous leur
28-11-2011
Langues officielles
4:55
Positions will then be posted on the Web or we will place
advertisements in the French-language newspapers in the region
and on the campuses.
décrivons les besoins à combler. Des affiches paraîtront alors sur le
Web ou on mettra des annonces dans les journaux francophones de
la région et sur les campus.
I can cite a few examples of recent hires. To fill positions at
Edmonton and Calgary airports, we contacted the Société
éducative de l’Alberta, the Association canadienne française de
l’Alberta, the Centre d’accueil et d’établissement d’Edmonton and
the University of Calgary. It is true that we are having a great deal
of difficulty. However, this year, we changed our approach
slightly. We mentioned that we were specifically doing seasonal
hiring. However, when it came to finalizing the hiring, we
announced permanent positions for the first time and the results
are quite good. In Calgary, for example, our staff has increased
from 10 per cent to 15 per cent in the space of only one month,
and, in Edmonton, we have gone from 6 per cent to 12 per cent.
So this time this produced results. So we are seeing a connection
between permanent and seasonal positions.
Je peux donner quelques exemples d’embauches que nous avons
faites récemment. Dans le cas de postes à combler à l’aéroport
d’Edmonton et de Calgary, nous avons contacté la Société
éducative de l’Alberta, l’Association canadienne française de
l’Alberta, le Centre d’accueil et d’établissement d’Edmonton,
l’Université de Calgary. Il est vrai que nous avons beaucoup de
difficulté. Toutefois, cette année nous avons changé un peu notre
approche. Nous avons mentionné que nous faisons spécifiquement
de l’embauche saisonnière. Cependant, au moment de finaliser
l’embauche, nous avons annoncé, pour la première fois, des postes
permanents, et les résultats sont plutôt bons. À titre d’exemple, à
Calgary, nos effectifs sont passés de 10 p. 100 à 15 p. 100,
seulement en l’espace d’un mois, et à Edmonton, nous sommes
passés de 6 p. 100 à 12 p. 100. Donc, cette fois-ci, les choses ont
porté fruit. On voit donc un lien entre les postes permanents et les
postes saisonniers.
Senator Tardif: I consider the efforts you are making in this
area positive. I encourage you to continue your efforts and to
continue consulting the associations you cited. Colleges and
universities are places you should look to and where you should
advertise. I encourage you in that direction on behalf of my
province of Alberta. I believe there is a pool of candidates. You
have to find a way to go and get them. I do not know whether
candidates are encouraged by the fact that positions are part-time
or permanent. It is so much easier to hire bilingual people than to
have them take language training.
Le sénateur Tardif : Je trouve positifs les efforts que vous faites
en ce sens. Je vous encourage à poursuivre vos efforts et continuer
à consulter les associations que vous avez nommées. Les collèges
et organismes universitaires sont des endroits à favoriser et à faire
des annonces. Je vous encourage en ce sens, au nom de ma
province de l’Alberta. Je crois qu’il existe un bassin de candidats.
Il faut trouver les moyens d’aller les chercher. J’ignore si le fait
que les postes soient à temps partiels ou permanents encourage les
candidats. Il est tellement plus facile d’embaucher des personnes
bilingues que de leur faire suivre une formation linguistique.
You said in your presentation that your candidates were very
often graduates of French immersion programs who are rusty
because they have not had the opportunity to use French.
However, those skills come back quickly. My experience as a
former educator has shown me that French comes back quickly in
adults who have been exposed to French at a young age. Very few
or perhaps a few language training sessions are probably needed.
Those people therefore form a good recruitment pool, not only in
western Canada, but in the Atlantic region as well.
Vous avez indiqué dans votre présentation que, bien souvent,
vos candidats étaient des finissants de programmes d’immersion
française qui sont rouillés car ils n’ont pas eu l’occasion d’utiliser
le français. Toutefois, ces aptitudes reviennent rapidement. Mon
expérience en tant qu’ancienne éducatrice m’a permis de constater
que, chez les adultes qui ont été exposés au français dès leur jeune
âge, le français revient facilement. Il faudrait sans doute très peu,
peut-être quelques séances de formation linguistique. Ces gens
constituent donc un bon bassin de recrutement, non seulement
dans l’Ouest canadien, mais aussi dans la région de l’Atlantique.
The report of the Commissioner of Official Languages states that
it is important for you to consult the official language minority
communities more regarding Part VII of the Official Languages
Act. In your response to the commissioner, you said you did not
believe consultation was necessary. Is that still your position?
Le rapport du commissaire aux langues officielles indique qu’il
serait important, au niveau de la partie VII de la Loi sur les langues
officielles, que vous consultiez davantage les communautés de
langue officielle en milieu minoritaire. Dans votre réponse au
commissaire, vous avez indiqué que vous ne croyiez pas que la
consultation soit nécessaire. Est-ce toujours votre position?
Ms. Senecal: We agree with regard to recruitment, and we are
still consulting the minority language organizations everywhere
about that. The recommendation comes from the judgment in
DesRochers v. Simcoe Corporation, in which it was determined that
the linguistic minorities had to be consulted to ensure that the
programs were designed to meet their individual needs by minority.
Mme Senecal : En ce qui a trait au recrutement, nous sommes
d’accord et nous continuons à consulter les organismes minoritaires
linguistiques un peu partout à ce niveau. La recommandation vient
de l’arrêt DesRochers c. Corporation Simcoe où il était déterminé,
pour des programmes de développement économique, qu’il fallait
consulter les minorités linguistiques afin de s’assurer que les
programmes étaient conçus pour leurs besoins individuels par
minorité.
4:56
Official Languages
28-11-2011
We do not offer à-la-carte services. We offer passenger services
which, under the Transportation Act, we have to offer in the
same, equal, non-discriminatory manner to all passengers
everywhere. For that reason, we cannot say we will provide a
separate service for francophones and another for anglophones. It
is a service. We use the same aircraft, the same schedule, the same
customer loyalty programs. We told the commissioner that
consultation in this case would not have the effect he desired
and that, in our view, the judgment has no impact on the services
we provide because those services must, by law, be standard. They
must be the same, unlike in the case of CALDECH, the Simcoe
Erie Corporation, in which the Supreme Court held that there
should be individualized community development services. We do
not offer consultation services. It is more a product than a service.
Nous n’offrons pas de services à la carte. Nous offrons des
services par passager que nous devons, par la Loi sur les
transports, offrir de façon égale et non discriminatoire de la
même façon partout et avec tous les passagers. Pour cette raison,
on ne peut pas dire qu’on va faire un service séparé pour les
francophones et un autre pour les anglophones. C’est un service.
C’est le même appareil, le même horaire, les mêmes programmes
de fidélisation que nous utilisons. Nous avions indiqué au
commissaire que la consultation, dans ce cas-ci, n’aurait pas
l’effet désiré par le commissaire et que ce jugement, quant à nous,
n’a pas de portée sur les services que nous rendons, parce que les
services doivent par la loi être uniformes. Ils doivent être les
mêmes contrairement au dossier de la CALDECH, la
Corporation Simcoe Erie où la Cour suprême a dit qu’il devrait
y avoir des services de développement individualisés par la
communauté. Ce ne sont pas les services de consultation que nous
offrons. Cela s’apparente plus à un produit qu’à un service.
Senator Tardif: Yes, but in accordance with obligations under
the Official Languages Act, those court decisions go back to the
fact that service quality must be equal. And that is why Air
Canada is criticized. A traveller’s experience in French is often not
the same as what one may experience in English. Consequently,
with regard to Part IV of the Official Languages Act, no services
of equal quality are being offered in both official languages in the
country. Consequently, consultation could help because you
could gain a clearer idea of the communication needs of those
minority communities.
Le sénateur Tardif : Oui, mais selon les obligations de la Loi
sur les langues officielles, ces décisions des cours reviennent sur le
fait que la qualité des services doit être égale. Et c’est ce qu’on
reproche à Air Canada. L’expérience du voyageur en français
n’est souvent pas la même que celle qu’on peut vivre en anglais.
Donc en ce qui a trait à la partie IV de la Loi sur les langues
officielles, il n’y a pas de services de qualité égale offerts dans les
deux langues officielles du pays. En ce sens, la consultation
pourrait aider parce qu’on pourrait voir davantage quels seraient
les besoins de communication de ces communautés en situation
minoritaire.
Ms. Senecal: We will take note of your interpretation, and we
had considered that there was no correlation between
consultation with the communities regarding quality of service
and our obligations under Part IV of the Official Languages Act.
Mme Senecal : On prend bonne note de votre interprétation et
nous avions considéré qu’il n’y avait pas de corrélation entre la
consultation avec les communautés pour la qualité des services et
nos obligations en vertu de la partie IV de la Loi sur les langues
officielles.
We are very much aware that we have a problem, that we are
not perfect and that we still have a lot of work to do to provide
equal service under Part IV of the Official Languages Act.
However, the obligation to consult in order to cater and adjust the
service to the community would be contrary to our other
obligations under other acts that govern us. That is the point
that we had raised, but we are still consulting the communities.
We recently met with the Prince Edward Island association and
we are still doing that regularly.
Nous sommes très conscients que nous avons un problème, que
nous ne sommes pas parfaits et que nous avons beaucoup de
travail à faire encore pour offrir une prestation de service égale en
vertu de la partie IV de la Loi sur les langues officielles. Mais
l’obligation de consultation afin, le seul mot qui me vient est en
anglais « cater », soit le service en fonction de la communauté
serait contraire à nos autres obligations en vertu des autres lois
qui nous gouvernent. C’est le point que nous avions soulevé, mais
nous continuons à consulter les communautés. Récemment, nous
avons rencontré l’Association de l’Île-du-Prince-Édouard et nous
continuons de le faire de façon régulière.
Senator Tardif: Those consultations could help you achieve
your objectives. They should not be seen as a burden, but rather
as something that can help you more effectively discharge your
obligations under Part IV and Part VII of the Official Languages
Act. I would say that the word ‘‘consultation’’ definitely does not
mean ‘‘cater.’’ We do not want to favour one group over another.
The idea is simply to consult in order to provide service of
equal quality.
Le sénateur Tardif : Ces consultations pourraient vous aider à
atteindre vos objectifs. Cela ne devrait pas être vu comme étant un
fardeau, mais comme quelque chose pouvant vous aider à mieux
faire face à vos obligations en vertu de la partie IV et de la
partie VII de la Loi sur les langues officielles. Je dirais que le mot
« consultation » ne se traduit certainement pas par « cater » en
anglais. On ne veut pas privilégier un groupe par rapport à un
autre groupe. Il s’agit simplement de consulter afin d’offrir un
service de qualité égale.
28-11-2011
Langues officielles
4:57
The Deputy Chair: Earlier Ms. Senecal spoke very negatively
about Bill C-17. The commissioner emphasized in his audit that
he really had a problem with the fact that he could not investigate
the complaints he was receiving concerning Jazz. Bill C-17
includes provisions regarding that to enable the commissioner
to investigate when he receives complaints. So that is one thing
that is very positive.
La vice-présidente : Madame Senecal parlait tout à l’heure du
projet de loi C-17 de façon très négative. Le commissaire, dans sa
vérification, souligne qu’il avait vraiment un problème du fait
qu’il ne pouvait pas enquêter sur les plaintes qu’il recevait qui
visait Jazz. Le projet de loi C-17 inclut des dispositions à cet égard
pour permettre au commissaire d’enquêter lorsqu’il reçoit des
plaintes. Alors, c’est une des choses qui est très positive.
Senator Poirier: You are facing challenges in recruiting
bilingual people in Canada. You said your biggest challenge
was in the Toronto region. Have you considered the possibility of
having positions that could be transferred elsewhere in Canada, as
a number of companies are doing with Internet technology and
other means, where bilingual manpower is more available? I know
that a number of countries, in the hotel sector, for example,
employ people who work from their homes, in an office with a
computer. In that way, they are able to offer a lot more bilingual
service. Is that something Air Canada is doing?
Le sénateur Poirier : Vous avez des défis au plan du
recrutement pour les personnes bilingues au Canada. Vous avez
dit que votre plus grand défi se trouvait dans la région de
Toronto. Avez-vous considéré la possibilité, comme plusieurs
compagnies le font avec la technologie de Internet et autres,
d’avoir des postes qui pourraient être envoyés ailleurs au Canada,
là où la main-d’œuvre bilingue est plus disponible? Je sais que
plusieurs compagnies, comme dans le secteur de l’hôtellerie,
emploient des gens qui travaillent à partir de chez eux, dans un
bureau avec ordinateur. Ils peuvent ainsi offrir beaucoup plus de
services bilingues. Est-ce quelque chose que fait Air Canada?
Ms. Welscheid: That is in our plans and we are currently
trialing it in Calgary. It is a plan that was introduced two weeks
ago. We have a customer relations centre. If you have any
complaints, and I am sure you have received some, most of our
staff is at home. We agree that, with the bilingual pool we have in
Canada, particularly for call centres, there are definitely
opportunities for establishing virtual centres, but we have to
have the union’s consent to do that, and we are currently
conducting a trial in Calgary.
Mme Welscheid : C’est dans nos plans et nous sommes
présentement à l’essai à Calgary. C’est un plan qui a été lancé il
y a deux semaines. On a un centre de relation clientèle. Si vous
avez des plaintes, je suis certaine que vous en avez eues, notre
personnel pour la plupart est à la maison. Nous sommes d’accord,
avec le bassin de bilinguisme qui existe au Canada, surtout pour
les centres d’appel, il y a sûrement des possibilités d’avoir des
centres virtuels. Mais nous devons avoir l’accord du syndicat pour
faire cela et nous faisons un essai à Calgary présentement.
Senator Poirier: I encourage you to continue because it easier
for you to do that than to ask people to move to the major
centres.
Le sénateur Poirier : Je vous encourage à continuer, car il est
plus facile pour vous de faire cela que de demander aux gens de
déménager dans les grands centres.
Ms. Welscheid: But we have no choice with regard to flight
attendants; they absolutely have to be based there.
Mme Welscheid : Mais pour ce qui est des agents de bord, on
n’a pas le choix, ils doivent absolument être basés.
Senator Poirier: Earlier my colleague asked you whether you
had any bilingual employees. You have unilingual anglophones
employees, but you have no unilingual francophone employees.
Le sénateur Poirier : Tantôt, mon collègue vous a demandé si
vous aviez des employés bilingues. Vous avez des employés
unilingues anglophones, mais vous n’avez pas d’employés
unilingues francophones.
Why could you not have unilingual francophone employees
based in francophone majority regions of Canada? If that is
accepted practice for anglophones, why would you not accept it
on the francophone side?
Pour quelle raison ne pourrait-il pas y avoir des employés
unilingues francophones basés dans les régions canadiennes
majoritairement francophones? Si cela est accepté pour les
anglophones, pourquoi ne l’accepterait-on pas du côté francophone?
Ms. Welscheid: Air Canada is a Canadian company that serves
the world. It is important for us to be able to serve our clients in
both official languages, English and French first of all. I believe
that only having French would limit us in the service we could
provide.
Mme Welscheid : Air Canada est une compagnie canadienne
qui dessert le monde. Pour nous, il est important de pouvoir servir
nos clients dans les deux langues officielles; d’abord l’anglais et le
français. Je crois que de n’avoir que le français, cela nous
limiterait dans le service que nous pouvons offrir.
Senator Poirier: Do you have any unilingual anglophone
employees?
Le sénateur Poirier : Avez-vous des employés unilingues
anglophones?
Ms. Welscheid: Yes, we have unilingual anglophone employees
as a result of the merger that took place with Canadian Airlines
in 2000 in which many employees from that company were, and
still are, unilingual anglophone. We are doing our best to
Mme Welscheid : Oui, nous avons des employés unilingues
anglophones à cause de la fusion qui a eu lieu en 2000 avec
Canadian Airlines où beaucoup d’employés de cette compagnie
étaient, et le sont toujours, uniquement anglophones. Nous faisons
4:58
Official Languages
encourage them to learn French. We also have special courses for
those employees who were with Canadian Airlines and who are
unilingual anglophone.
[English]
28-11-2011
de notre mieux pour les encourager à apprendre le français. Nous
avons d’ailleurs des cours spéciaux pour ces employés qui étaient
chez Canadian Airlines qui sont unilingues anglophones.
[Traduction]
Senator Poirier: If it is okay to have an English person who is
encouraged to speak French to serve Canada as a bilingual
person, which is your goal across Canada, then why can that not
be reversed when hiring a francophone who is willing to learn
English to serve Canada? Why is there a difference? I am having a
hard time understanding.
Le sénateur Poirier : C’est correct d’encourager un anglophone à
apprendre le français pour offrir des services bilingues aux
Canadiens, ce qui est votre objectif partout au pays, mais alors,
pourquoi ne le fait-on pas lorsqu’on embauche un francophone qui
est prêt à apprendre l’anglais pour servir les Canadiens? Pourquoi y
a-t-il une différence? J’ai beaucoup de mal à comprendre.
Ms. Welscheid: As far as I am concerned, the anglophone, or
unilingual, as I would call them, are the exception at Air Canada.
They would never have been hired as Air Canada employees
because we were always federally regulated. These are people who
came from Canadian Airlines. Our goal is to serve our customers
in both official languages.
Mme Welscheid : À mon avis, les anglophones ou les
unilingues, comme je les appelle, sont l’exception à Air Canada.
Ils n’auraient jamais été embauchés comme employés d’Air
Canada, car nous avons toujours été sous réglementation
fédérale. Ce sont des gens qui étaient chez Canadian Airlines.
Notre objectif est de servir nos clients dans les deux langues
officielles.
Senator Poirier: As of today, no positions are available if the
person is not bilingual?
Le sénateur Poirier : À l’heure actuelle, une personne qui n’est
pas bilingue ne peut pas obtenir de postes?
Ms. Welscheid: Correct.
Mme Welscheid : C’est exact.
Senator Poirier: On the ground and in the air?
Le sénateur Poirier : Au sol, comme en vol?
Ms. Welscheid: Yes, on the ground and in the air, public
service positions must be bilingual. There are certain back office,
headquarters positions where some people might be unilingual,
might be anglophone.
Mme Welscheid : Oui, au sol, comme en vol, les candidats aux
postes du service à la clientèle doivent être bilingues. Il se peut que
des unilingues anglophones occupent certains postes aux services
de soutien ou à l’administration centrale.
Senator Poirier: Would there be some back office employees
that are only francophone?
Le sénateur Poirier : Y a-t-il des employés des services de
soutien qui sont unilingues francophones?
Ms. Welscheid: I think we might have some, yes, absolutely.
Senator Tardif: As I go through the airport in Edmonton, and
as the people are ushering me through security, according to what
you are saying, they are in public service. Would they be bilingual
now if they were to be hired?
Ms. Welscheid: Are you talking about the people at security?
Mme Welscheid : Je pense que nous en avons, oui.
Le sénateur Tardif : Lorsque je suis à l’aéroport d’Edmonton,
d’après ce que vous dites, les employés qui font le contrôle de
sûreté travaillent dans le secteur du service à la clientèle. Les gens
qu’on embaucherait maintenant seraient-ils bilingues?
Mme Welscheid : Parlez-vous des gens de la sécurité?
Senator Tardif: Air Canada, yes. The Air Canada agents, as we
are moving through at the counters, baggage and check-in. Does
everyone have to be bilingual at this point?
Le sénateur Tardif : De ceux d’Air Canada, oui. Les agents
d’Air Canada qui nous servent au comptoir, pour nos bagages et
l’enregistrement. Est-ce que tout le monde doit être bilingue?
Ms. Welscheid: We do our best to hire bilingual individuals,
but we do have a number of unilingual employees, which is why
we have a lot of tools available to them to help them through.
Mme Welscheid : Nous faisons de notre mieux pour
embaucher des personnes bilingues, mais nous avons un certain
nombre d’employés unilingues, et c’est pourquoi nous avons
beaucoup de ressources pour les aider.
Ms. Dugas: Going forward, we are trying, as I mentioned, now
that we have permanent positions to offer. As we have new
openings, our intention is to fill these positions only with bilingual
candidates.
Mme Dugas : Comme je l’ai dit, nous essayons de le faire
maintenant que nous avons des postes permanents à offrir.
Puisque de nouveaux postes seront offerts, nous avons l’intention
de les attribuer à des candidats bilingues seulement.
[Translation]
Senator Tardif: And yet you say only 17 per cent have French
as their first official language?
[Français]
Le sénateur Tardif : Pourtant, vous dites qu’il n’y en a
que 17 p. 100 qui ont le français comme première langue officielle?
28-11-2011
Langues officielles
4:59
Ms. Dugas: They are employees who have been with us for a
number of years, and so as we have to replace them, we will be
able to do so with bilingual people. That does not mean that we
cannot offer equal service depending on the way staff are
allocated. The people who allocate employees ensure there are
bilingual people at various service points. If someone is
unavailable, procedures are in place so that employees can get
help in order to offer service.
Mme Dugas : Il s’agit d’employés qui sont là depuis déjà
plusieurs années, donc au fur et à mesure qu’on aura à remplacer
ces gens, nous pourrons le faire par des gens bilingues. Cela ne
veut pas dire que dépendamment de l’aménagement des effectifs
on ne puisse pas offrir un service égal. Les gens qui s’occupent de
la répartition des employés s’assurent qu’il y ait des gens bilingues
aux différents points de service. Si quelqu’un n’est pas disponible,
alors il y a des procédures en place pour aller chercher de l’aide
pour offrir le service.
Senator Tardif: One of our colleagues, Senator FortinDuplessis, who is a member of the Official Languages
Committee, said that on an Air Canada Jazz flight, she was
given the option of either waiting for a representative who would
answer her in French or missing her flight.
Le sénateur Tardif : Une de nos collègues, le sénateur FortinDuplessis, qui fait partie du Comité des langues officielles a
indiqué que lors d’un voyage, sur un trajet d’Air Canada Jazz, elle
avait eu pour option soit d’attendre un représentant qui lui aurait
répondu en français soit de manquer son vol.
By the time someone was found to help her in French, the
aircraft would have taken off because she only had 20 minutes
before departure.
Le temps que cela aurait pris pour aller chercher quelqu’un
pour l’aider en français, l’avion aurait déjà décollé, car il ne restait
que 20 minutes avant le départ.
The Deputy Chair: Regardless of who we are, from the moment
we travel, we eventually encounter a bad experience somewhere. I
remember in late August, early September, I was returning to
Montreal from Regina, with a stop in Winnipeg. In Winnipeg, the
stop lasted nearly an hour and, as I did not have to transfer
baggage, I went to the gate and realized that I still had 40 minutes
before departure. So I went to do some window shopping in the
airport. When I returned to the gate, there was no one in the
waiting room.
La vice-présidente : Qui que nous soyons, dès que nous
voyageons, rencontrons toujours une mauvaise expérience quelque
part. Je me souviens de fin août, début septembre, je rentrais à
Montréal de Regina, avec un arrêt à Winnipeg. À Winnipeg, l’escale
durait presque une heure et n’ayant pas à transférer les valises, je me
rends à la barrière pour me rendre compte que j’avais encore
40 minutes avant le départ. Je suis alors allée faire du lèche-vitrine
dans l’aéroport. Je reviens là où on doit commencer
l’embarquement et il n’y a plus un chat dans la salle d’attente.
I looked at someone who was there and he said something to
me. Ultimately, I said, ‘‘I do not understand.’’ It is not that I did
not understand what he was telling me, but I had not heard the
announcement that there had been a gate change. And he
answered me in English.
Je regarde quelqu’un qui est là. Il m’a répondu je ne sais pas
quoi. Finalement, j’ai dit : je ne comprends pas. Ce n’est pas que
je ne comprenais pas ce qu’il me disait, mais je n’avais pas
entendu l’annonce qu’il y avait eu un changement de barrière. Et
il m’a répondu en anglais.
[English]
Well, he said, ‘‘If you do not speak English, that is your problem.’’
[Translation]
I swear I said nothing. My husband would not have recognized
me I was so calm, but it is a bit insulting to be told that. It is not
that I did not understand the language, but with all the noise, I had
not heard that there had been a gate change. In the end, I went to
see one of the screens and saw the change, and I answered:
[English]
I said, ‘‘But, sir, I can read.’’
[Translation]
And I left and I was able to make my connection. I am sure the
gate change in Winnipeg that day was not announced in French.
It was done in English only. An announcement is surely made in
[Traduction]
Eh bien, il m’a dit « si vous ne parlez pas anglais, c’est votre
problème ».
[Français]
Je vous jure que je n’ai rien dit. Mon mari ne m’aurait pas
reconnue tellement j’ai été calme là-dessus, mais c’est un peu
insultant de se faire dire cela. Ce n’est pas que je n’ai pas compris
la langue, mais avec tout le bruit, je n’ai pas entendu qu’il y avait
eu un changement de barrière. Finalement, j’ai été voir sur l’un
des tableaux et là j’ai vu le changement, et j’ai répondu :
[Traduction]
Je lui ai dit : « Mais je peux lire, monsieur. »
[Français]
Et je suis partie et j’ai pu faire mon vol de transit. À Winnipeg,
je suis certaine, cette journée-là, l’annonce du changement de
barrière n’a pas été faite en français. On ne l’a faite qu’en anglais.
4:60
Official Languages
28-11-2011
French in Winnipeg for a flight to Montreal. That was quite an
unpleasant experience.
À Winnipeg, pour un vol pour Montréal, il y a sûrement une
annonce qui est faite en français. Cela a été une expérience assez
désagréable.
Ms. Welscheid: We have procedures in place so that does not
occur. So I apologize for what happened.
Mme Welscheid : Nous avons des procédures en place pour
que cela n’arrive pas. Alors je m’excuse pour ce qui est arrivé.
[English]
The Deputy Chair: It was my problem; I did not hear well.
[Translation]
Ms. Welscheid: As a result of the work we have done with the
commissioner’s office, we are putting procedures in place to
ensure that does not happen again.
The Deputy Chair: Bravo!
[Traduction]
La vice-présidente : C’était mon problème; je n’avais pas
bien compris.
[Français]
Mme Welscheid : Grâce au travail que nous avons fait avec le
commissariat, nous sommes en train de mettre en place des
procédures pour que cela n’arrive plus.
La vice-présidente : Bravo!
Senator Poirier: Today there is always at least one person on
the aircraft or on the ground, in the airport, in flight services who
can respond to customers in both official languages, for anyone in
Canada who takes any Air Canada flight in Canada?
Le sénateur Poirier : Aujourd’hui, pour n’importe qui au
Canada qui prend n’importe quel vol au Canada avec Air
Canada, il y a toujours au moins une personne sur l’avion ou à
terre, à l’aéroport, aux services en vol qui puisse répondre au
client dans deux langues officielles?
Ms. Welscheid: Normally, there should always be someone
who can respond in both languages.
Mme Welscheid : Normalement, il devrait toujours y avoir
quelqu’un qui puisse répondre dans les deux langues.
Senator Poirier: Regardless of the flight you take with
Air Canada.
Le sénateur Poirier : Peu importe quel vol on prenne sur
Air Canada.
Ms. Welscheid: For Air Canada.
Senator Poirier: But the situation has not yet reached that
point for Jazz, an affiliated company of Air Canada?
The Deputy Chair: No, that is why we have Bill C-17.
Mme Welschied : Pour Air Canada.
Le sénateur Poirier : Mais pour ce qui est de Jazz, une
compagnie associée à Air Canada, on n’est pas encore rendu là?
La vice-présidente : Non, c’est pour cela qu’on a le projet de
loi C-17.
Senator Losier-Cool: Ms. Leblanc, you say on page 2 of your
presentation that Air Canada receives no financial assistance, that
it has its own funding to implement the linguistic plan.
Le sénateur Losier-Cool : Dans votre présentation, madame
Leblanc, vous dites, à la page 3, qu’Air Canada ne reçoit aucune
aide de financement, qu’il a son propre financement pour
appliquer le plan linguistique.
Have you previously made a request to the federal government
for assistance in implementing the linguistic part of the Official
Languages Act?
Avez-vous déjà fait une demande au gouvernement fédéral
pour vous aider à mettre en œuvre la partie linguistique de la Loi
sur les langues officielles?
Ms. Leblanc: I am going to ask Ms. Senecal, who has been here
as long as I have, to see whether we have submitted a formal
request. We have definitely done it informally a number of times,
I am sure of that, and we have never been encouraged to continue
the initiative.
Mme Leblanc : Je vais demander à Mme Senecal, qui est là
depuis plus longtemps que moi, vous voir si on a déposé une
demande formelle. On l’a certainement fait plusieurs fois de façon
informelle, j’en suis certaine, et on n’a jamais été encouragés de
poursuivre l’initiative.
Ms. Senecal: That is correct. Requests and discussions have
taken place on a number of occasions, but there is no mechanism
for us as a private company to make a formal request for
subsidies. That is not part of the government program. We are not
part of the government, as a result of which we are somewhat
separate. We are moreover the only ones under the Official
Languages Act that are completely privatized and there are no
mechanisms to help us, and we have indeed been encouraged not
to do that again.
Mme Senecal : C’est exact. Les demandes et les discussions ont
eu lieu à plusieurs reprises, mais il n’y a pas de mécanisme pour
nous, compagnie privée, de faire une demande formelle de
subvention. Cela n’existe pas dans le programme gouvernemental.
Nous ne sommes pas membre du gouvernement, donc cela fait en
sorte que nous faisons un petit peu bande à part. On est les seuls,
d’ailleurs à être sous la Loi sur les langues officielles, à être
complètement privatisé et les mécanismes ne sont pas là pour nous
aider et, effectivement, on s’est fait encourager à ne pas poursuivre.
28-11-2011
Langues officielles
4:61
Senator Losier-Cool: So we have to rely on the good faith of
Air Canada’s senior management, which, as each of you has
clearly said, is engaged in promoting an equitable service as far as
possible in both official languages.
Le sénateur Losier-Cool : Alors il faut se fier à la bonne foi de
la haute direction d’Air Canada, qui, et comme chacune d’entre
vous l’avez bien dit, est engagée à promouvoir un service qui est
équitable autant que possible dans les deux langues officielles.
Ms. Leblanc: It is the law, not just good faith. These are legal
obligations.
Mme Leblanc : C’est la loi, et pas juste la bonne foi. Ce sont
des obligations légales.
Senator Losier-Cool: To maintain the level of resources, funding.
Le sénateur Losier-Cool : Pour maintenir le niveau de ressources,
le financement.
Ms. Senecal: Yes. Moreover, as we emphasized, despite the
economic storms we have experienced, the official languages
budget was not affected, whereas cuts were made everywhere else
in the company; so that is a sign of encouragement and
acknowledgment of the obligation we have not to affect it.
Mme Senecal : Oui. D’ailleurs, comme on l’a souligné, malgré
les tempêtes économiques que nous avons traversées, le budget
des langues officielles n’a pas été touché alors qu’on coupait
partout ailleurs dans la compagnie, donc c’est un signe
d’encouragement et de reconnaissance de l’obligation que nous
avons de ne pas l’avoir affecté.
The Deputy Chair: We are encouraged to do business with Air
Canada via the Internet, but if a problem arises, it is not always
easy to speak to someone in French, or to write about the
problem; the person who reads it on the other end cannot read
French. That person answers us in English about something that
has nothing to do with what I was talking about. I also
experienced that last spring.
La vice-présidente : On est encouragé à faire affaire avec Air
Canada par Internet. Mais si on a un pépin, essayer de parler à
quelqu’un en français n’est pas toujours facile, ou alors écrire
notre problème, la personne l’autre côté qui la lit ne lit pas le
français. Elle nous répond en anglais sur une chose qui n’a rien à
voir avec ce dont moi je parlais. J’ai vécu cela aussi au printemps
dernier.
Ms. Dugas: Once again, that is unacceptable; that is not at all
the standard.
Mme Dugas : Encore une fois c’est inacceptable, ce n’est pas
du tout le standard.
The Deputy Chair: Don’t they like me, or what?
La vice-présidente : Est-ce qu’on m’en veut à moi ou quoi?
Ms. Dugas: For a written letter, normally if you write in
French, we should have responded in to you French. We have
different English and French lines at the call centre. I know there
are long waiting lines because we are short-staffed in both
languages, but we are about to hire some 100 persons in
Montreal, just to meet the shortage. I would like you to show
me the letter because responding to you in English is definitely not
consistent with our standards.
Mme Dugas : Pour une lettre écrite, normalement si vous
écrivez en français, on aurait dû vous répondre en français. Au
centre d’appels, nous avons des lignes différentes pour l’anglais et
le français. Je sais qu’il y a de longues files d’attente parce que
nous sommes à cours de personnel dans les deux langues, mais
nous sommes sur le point d’embaucher une centaine de personnes
à Montréal, justement pour combler les lacunes. J’aimerais que
vous me montriez la lettre parce que ce n’est certainement pas
dans nos normes de vous répondre en anglais.
Senator Losier-Cool: Are you hiring at Air Canada? Do you
need staff?
Le sénateur Losier-Cool : À Air Canada, vous embauchez?
Vous avez besoin de personnel?
Ms. Dugas: Yes, now we are in Montreal and we have no
problems.
Mme Dugas : Oui, nous sommes maintenant à Montréal et
nous n’avons aucun problème.
Senator Losier-Cool: Are you hiring pilots as well?
Le sénateur Losier-Cool : Vous embauchez des pilotes aussi?
Ms. Dugas: I am not sure about pilots, but we are currently
hiring at the call centre.
Mme Dugas : Des pilotes je ne suis pas certaine, mais au centre
d’appels nous embauchons présentement.
Senator Losier-Cool: I have a grandson who is a pilot and
would like to be a pilot with Air Canada.
Le sénateur Losier-Cool : J’ai un petit-fils qui est pilote et il
aimerait bien être pilote à Air Canada.
The Deputy Chair: Honourable senators, are there any other
questions?
La vice-présidente : Honorables sénateurs, est-ce qu’il y a
d’autres questions?
Senator Tardif: I would like to go back to one point. We talked
a lot about communication with the public and recruitment, but
there is also the entire language of work issue. And the
commissioner’s report this year tells us that nine out of
Le sénateur Tardif : Je voudrais revenir sur un point. Nous
avons beaucoup parlé de la question de communication avec le
public et de recrutement, mais il y a aussi toute la question de la
langue de travail. Et le rapport du commissaire de cette année
4:62
Official Languages
28-11-2011
10 complaints concerned language of work for 2010-11. Why?
What is Air Canada doing to correct that situation?
nous indique que pour l’année 2010-2011, neuf plaintes sur
10 concernaient la langue de travail. Pourquoi? Que fait Air
Canada pour remédier à cette situation?
Ms. Senecal: This year marked a step. Following the
restructuring of Air Canada — it was planned for 2004 and
only recently completed — Air Canada’s technical maintenance
service activities were transferred to a company by the name of
AVEOS Fleet Performance Inc.
Mme Senecal : Cette année a marqué une étape. Suite à la
restructuration d’Air Canada, — c’était prévu en 2004 et ça ne
s’est réalisé que récemment — les activités du service d’entretien
technique d’Air Canada seraient transférées à une compagnie du
nom de AVEOS Gestion de performance avionique.
Those employees remained Air Canada employees and were
seconded to AVEOS until July of this year. And in July, they were
officially transferred from Air Canada to AVEOS. Many of them
are no longer Air Canada employees.
Jusqu’au mois de juillet cette année, ces employés demeuraient
des employés d’Air Canada entiercés à la compagnie AVEOS. Et
en juillet dernier, les employés ont transféré officiellement d’Air
Canada à AVEOS. Un grand nombre d’entre eux ne sont plus des
employés d’Air Canada.
That incident generated an enormous number of complaints
filed by those employees, who objected to their transfer and have
instituted legal proceedings at other levels. It was in that context
that this number of complaints was filed. It is not indicative of a
decline or change in language of work at Air Canada. It was a
reason and it was part of a process. And it is unique to this year.
Cet événement a généré énormément de plaintes logées par ces
employés qui se sont opposés à leur transfert et qui ont judiciarisé
le processus à d’autres niveaux. C’est dans ce contexte-là que ce
nombre de plaintes a été effectué. Ce n’est pas indicatif d’une
baisse ou d’une altération de la langue de travail chez Air Canada.
C’était un motif et ça s’inscrivait dans un processus. Et c’est
unique à cette année.
Senator Tardif: Is AVEOS still providing services for Air Canada?
Le sénateur Tardif : Est-ce que AVEOS continue à offrir des
services pour Air Canada?
Ms. Senecal: They offer maintenance services. These are not air
services. They are mechanical maintenance services, that is parts,
components, engines and aircraft. And Air Canada is indeed one of
that company’s clients, but that company is not an Air Canada
subsidiary or an Ace subsidiary. It is a single, independent company.
Mme Senecal : Ils offrent des services d’entretien. Ce ne sont
pas des services aériens. Ce sont des services d’entretien
mécanique, soit de pièces, de composantes, de moteurs et
d’aéronefs. Et, effectivement, Air Canada est l’une des clientes
de cette compagnie, mais cette compagnie n’est pas une filiale
d’Air Canada ni une filiale de Ace. C’est une compagnie unique et
indépendante.
Senator Losier-Cool: A bit like Aeroplan?
Le sénateur Losier-Cool : Un peu comme Aeroplan?
Ms. Senecal: Aeroplan, indeed.
Mme Senecal : Aeroplan, effectivement.
Senator Tardif: They do not have the same relationship with
Air Canada as Jazz, for example?
Le sénateur Tardif : Ils n’ont pas la même relation avec Air
Canada que Jazz aurait, par exemple?
Ms. Senecal: They have a contractual relationship. The
relationship that Air Canada has with Jazz is a contractual
relationship, but for different services. Jazz is no longer an Air
Canada subsidiary, but the services Jazz provides are provided on
behalf of Air Canada, as though Air Canada was providing them.
Mme Senecal : Ils ont une relation contractuelle. La relation
qu’Air Canada a avec Jazz, c’est une relation contractuelle mais
pour des services différents. Jazz n’est plus une filiale d’Air
Canada, mais les services que fournit Jazz, elle les fournit au nom
d’Air Canada, comme si c’était Air Canada qui les fournissait.
Furthermore, when you look at the name of a flight, it consists
of the letters AC followed by four figures. So that is an Air
Canada flight, but operated by Jazz.
D’ailleurs, lorsque vous regardez le nom d’un vol, il est
composé des lettres AC suivies de quatre chiffres. Donc, c’est un
vol d’Air Canada, mais fourni par Jazz.
Senator Tardif: What other third parties operate on behalf of
Air Canada?
Le sénateur Tardif : Quels sont les autres tiers qui opèrent au
nom de Air Canada?
Ms. Senecal: You have Air Georgian, which operates
Beechcraft aircraft and currently operates under the name Air
Alliance. You also have Exployed Valley Aviation, which
provides services in the Maritime provinces and near Labrador.
You also have Sky Regional, which operates flights between
Montreal and Toronto Island.
Mme Senecal : Vous avez Air Georgian, qui opère des
appareils Beach et qui porte actuellement le nom d’Air Alliance.
Vous avez également Exployed Valley Aviation, qui offre des
services dans les provinces maritimes et près du Labrador. Vous
avez également Sky Regional, qui assure la liaison entre Montréal
et l’île de Toronto.
28-11-2011
Langues officielles
4:63
Senator Tardif: It is as though Air Canada was offering those
services?
Le sénateur Tardif : C’est comme si Air Canada offrait ces
services?
Ms. Senecal: In those cases, they are all AC flights followed by
four figures.
Mme Senecal : Dans ces cas, ce sont tous des vols AC suivi de
quatre chiffres.
Senator Tardif: Are employees subject to the regulations of the
Official Languages Act?
Le sénateur Tardif : Est-ce que les employés sont assujettis aux
règlements de la Loi sur les langues officielles?
Ms. Senecal: Not regarding language of work. Bill C-17 will
not change that. If you look at the proposals contained in the bill,
it is Parts IV, IX and X of the act that are concerned by the
proposed amendments, not Part V, which, if I am not mistaken,
concerns language of work.
Mme Senecal : Pas pour la langue de travail. D’ailleurs, ce
n’est pas le projet de loi C-17 qui changera cela. Si on examine les
propositions contenues dans le projet de loi, ce ne sont que les
parties IV, IX et X de la loi qui font l’objet de propositions
d’amendement. Ce n’est pas la partie V, si je ne m’abuse, qui est la
Loi sur les langues de travail.
However, where demand is strong, Air Georgian, Exployed
Valley Aviation and Sky Regional are required to offer service in
the official language of the passenger’s choice. Sky Regional has
moreover hired bilingual staff for the Montreal-Toronto route.
Dans le cas où la demande est forte, les compagnies
Air Georgian, Exployed Valley Aviation et Sky Regional
doivent offrir le service dans la langue officielle du choix du
passager. Sky Regional a d’ailleurs embauché du personnel
bilingue pour la liaison Montréal-Toronto.
Senator Losier-Cool: And Air Georgian as well?
Le sénateur Losier-Cool : Et Air Georgian également?
Ms. Senecal: Air Georgian has no flight attendants. It is the
pilots who make the announcement only.
Mme Senecal : Air Georgian n’a pas d’agents de bord. Ce sont
les pilotes qui font les annonces seulement.
Senator Tardif: Even though it is not mandatory, is that a
policy that you would like to promote among employees who
work for those companies?
Le sénateur Tardif : Même si ce n’est pas obligatoire, est-ce que
c’est une politique que vous aimeriez favoriser chez les employés
qui travaillent pour ces compagnies?
Ms. Senecal: Jazz is a combination of a number of companies
such as Air BC, Air Ontario, Air Nova and Canadian Regional.
When they became full-fledged Air Canada subsidiaries, they
already had longstanding employees.
Mme Senecal : Jazz est l’amalgame de plusieurs compagnies
telles Air BC, Air Ontario, Air Nova, Canadian Regional.
Lorsqu’elles sont devenues des filiales à part entière d’Air
Canada, ces compagnies avaient déjà des employés de longue date.
We cannot impose other management on those employees.
What we can require contractually, and that is what we are doing,
is that they offer our clientele services in compliance with our
obligations under Part IV and, in particular, section 25 of the
Official Languages Act.
On ne peut pas imposer à ces employés une gestion autre. Ce
qu’on peut imposer contractuellement, et nous le faisons, c’est
d’offrir les services à notre public dans le but de respecter nos
obligations en vertu de la Partie IV, et particulièrement l’article 25
de la Loi sur les langues officielles.
Senator Tardif: But if employees cannot speak French amongst
themselves, how can they maintain a high enough level of
proficiency to offer services in French?
Le sénateur Tardif : Si les employés ne peuvent pas parler
français entre eux, comment peuvent-ils maintenir un niveau de
compétence assez élevé afin d’offrir des services en français?
Ms. Senecal: That is a challenge. We encourage skill
maintenance in our language teaching programs. You have
lunchtime conferences given in both languages.
Mme Senecal : C’est un défi. Nous encourageons le maintien
des acquis dans nos programmes d’enseignement linguistique.
Vous avez des exemples de midi-conférences données dans les
deux langues.
Senator Tardif: It appears there is an absence of any policies
that would promote the opportunity for people to work in the
official language of their choice; that is far from adequate.
Le sénateur Tardif : Il semble qu’il y ait l’absence de politiques
qui favoriseraient la possibilité, pour des gens, de travailler dans
la langue officielle de leur choix, c’est loin d’être adéquat.
Ms. Senecal: However, with all due respect, that is not the
problem if the person is francophone. Francophones will not lose
their French because they cannot speak their language of choice.
The problem is a person who has a certain level of bilingualism, a
more precarious level, who does not have the opportunity to
practise his French. That person’s mother tongue is English. So
Mme Senecal : Avec égard, si la personne est francophone, ce
n’est pas le problème. Ce n’est pas la personne francophone qui va
perdre son français parce qu’il ne peut pas s’exprimer dans la
langue de son choix. Le problème c’est la personne qui est bilingue
à un certain niveau, à un seuil plus précaire, et qui n’a pas
l’opportunité de pratiquer son français. La langue maternelle de
4:64
Official Languages
28-11-2011
his preferred language of work will be English; it will not be
French. The challenge we are facing is to maintain the proficiency
of bilingual persons.
cette personne, c’est l’anglais. Donc sa langue de travail de choix
ça va être l’anglais quand même, ce ne sera pas le français. Le défi
auquel nous faisons face, c’est de préserver les acquis des
personnes bilingues.
Senator Tardif: But they nevertheless have to offer services in
French under Part IV of the Official Languages Act.
Le sénateur Tardif : Ils doivent quand même offrir des services
en français selon la partie IV de la Loi sur les langues officielles.
Ms. Senecal: Indeed, but the language of work will change
nothing. The purpose of the Official Languages Act is not to
impose a language on someone; its purpose is to enable that
person to work in his language of choice. Since the mother tongue
of anglophones who also speak French is English, they will also
want their language of work to be English.
Mme Senecal : Effectivement, mais ce n’est pas la langue de
travail qui va changer quoi que ce soit. La Loi sur les langues
officielles ne vise pas à imposer une langue à quelqu’un, elle vise à lui
permettre de travailler dans la langue de son choix. Or, l’anglophone
qui parle aussi français, sa langue maternelle c’est l’anglais, donc il
va vouloir que sa langue de travail soit l’anglais aussi.
Ms. Leblanc: I believe we should cancel the contracts for some
of those operators. I do not believe that would be possible for
some of them, such as EVAS Air and Air Georgian. If the act
required that to be the case, I believe the contracts should be
cancelled. That is my opinion. Perhaps I am wrong, but that
would be a considerable cost to them. They are not located in
bilingual regions. Management is unilingual anglophone in most
cases. That would be an enormous challenge for some of those
companies.
Mme Leblanc : Je pense que, pour certains de ces opérateurs,
on devrait interrompre le contrat. Je pense que ce ne serait pas
possible pour certains comme EVAS Air et Air Georgian. Si la loi
demandait que ce soit le cas, je pense que les contrats devraient
être interrompus. C’est mon opinion. Peut-être que j’ai tort, mais
il s’agirait pour eux d’un coût considérable. Ils ne sont pas situés
dans des régions bilingues. La gestion est, dans la plupart des cas,
unilingue anglophone. Ce serait un défi énorme pour certaines de
ces compagnies.
Senator Tardif: I could continue, but I see our time is up.
Le sénateur Tardif : Je pourrais continuer, mais je vois que
notre temps est écoulé.
The Deputy Chair: Our time is coming to an end. Mesdames,
thank you very much for agreeing to come and speak with us today.
La vice-présidente : Notre temps s’achève. Mesdames, nous
vous remercions énormément d’avoir accepté de venir discuter
avec nous aujourd’hui.
I will therefore bring this meeting to an end. Colleagues,
I would like you to stay and we will go in camera for five minutes,
no more.
Je vais donc conclure cette réunion. Chers collègues, j’aimerais
que vous restiez dans la salle et que nous nous réunissions à huis
clos pendant cinq minutes, pas davantage.
(The committee continued in camera.)
(La séance se poursuit à huis clos.)
WITNESSES
TÉMOINS
Monday, November 21, 2011
Le lundi 21 novembre 2011
As individuals:
À titre personnel :
Guy Chiasson, Researcher;
Guy Chiasson, chercheur;
Jean Quirion, Researcher;
Jean Quirion, chercheur;
Marc Charron, Researcher.
Marc Charron, chercheur.
Monday, November 28, 2011
Le lundi 28 novembre 2011
CEFRIO (Centre for the support of organizational innovation),
through IT:
CEFRIO (Centre facilitant l’innovation dans les organisations),
à l’aide des TI :
Jacqueline Dubé, President and CEO;
Jacqueline Dubé, présidente-directrice générale;
Réjean Roy, General Counsel.
Réjean Roy, conseiller principal.
Air Canada:
Air Canada :
Priscille Leblanc, Vice-President, Corporate Communication;
Priscille Leblanc, vice-présidente, Communications de l’entreprise;
Susan Welscheid, Senior Vice-President, Customer Service;
Susan Welscheid, première vice-présidente, Service clientèle;
Louise-Helene Senecal, Assistant General Counsel;
Louise-Helene Senecal, conseillère juridique principale;
Chantal Dugas, General Manager, Linguistic Affairs.
Chantal Dugas, chef de service générale, Affaires linguistiques.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
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