Official Languages Langues officielles

Official Languages Langues officielles
First Session
Forty-first Parliament, 2011
Première session de la
quarante et unième législature, 2011
Proceedings of the Standing
Senate Committee on
Délibérations du Comité
sénatorial permanent des
Official Languages
Langues officielles
Chair:
The Honourable MARIA CHAPUT
Présidente :
L’honorable MARIA CHAPUT
Monday, June 20, 2011
Monday, September 26, 2011 (in camera)
Monday, October 3, 2011
Le lundi 20 juin 2011
Le lundi 26 septembre 2011 (à huis clos)
Le lundi 3 octobre 2011
Issue No. 1
Fascicule no 1
Organizational meeting
and
First and second meetings on:
Réunion d’organisation
et
Première et deuxième réunions concernant :
The application of the Official Languages Act
and of the regulations and directives made under it
L’application de la Loi sur les langues officielles
ainsi que des règlements et instructions en découlant
INCLUDING:
THE FIRST REPORT OF THE COMMITTEE
(Rule 104 – expenses incurred by the committee
during the Third Session of the Fortieth Parliament)
Y COMPRIS :
LE PREMIER RAPPORT DU COMITÉ
(L’article 104 du Règlement – dépenses encourues
par le comité au cours de la troisième session de la
quarantième législature)
THE SECOND REPORT OF THE COMMITTEE
(The Vitality of Quebec’s English-speaking Communities:
From Myth to Reality)
LE DEUXIÈME RAPPORT DU COMITÉ
(L’épanouissement des communautés anglophones du
Québec : Du mythe à la réalité)
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
49020-49043-49060
STANDING SENATE COMMITTEE ON
OFFICIAL LANGUAGES
COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES
LANGUES OFFICIELLES
The Honourable Maria Chaput, Chair
Présidente : L’honorable Maria Chaput
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
Vice-présidente : L’honorable Andrée Champagne, C.P.
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
* Cowan
(or Tardif)
De Bané, P.C.
Eaton
Fortin-Duplessis
* LeBreton, P.C.
(or Carignan)
Losier-Cool
Mockler
Poirier
Tardif
*Ex officio members
(Quorum 4)
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
* Cowan
(ou Tardif)
De Bané, C.P.
Eaton
Fortin-Duplessis
* LeBreton, C.P.
(ou Carignan)
*Membres d’office
(Quorum 4)
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Losier-Cool
Mockler
Poirier
Tardif
3-10-2011
Langues officielles
1:3
ORDRE DE RENVOI
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, Wednesday, June 22,
2011:
Extrait des Journaux du Sénat le mercredi 22 juin 2011 :
The Honourable Senator Chaput moved, seconded by the
Honourable Senator Mahovlich:
L’honorable sénateur Chaput propose, appuyée par
l’honorable sénateur Mahovlich,
That the Standing Senate Committee on Official
Languages be authorized to study and to report on the
application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it, within those
institutions subject to the Act;
Que le Comité sénatorial permanent des langues
officielles soit autorisé à étudier, afin d’en faire rapport,
l’application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que
des règlements et instructions en découlant, au sein des
institutions assujetties à la loi;
That the committee also be authorized to study the
reports and documents published by the Minister of
Canadian Heritage and Official Languages, the President
of the Treasury Board, and the Commissioner of Official
Languages, and any other subject concerning official
languages;
Que le comité soit aussi autorisé à étudier les rapports et
documents produits par le ministre du Patrimoine canadien
et des Langues officielles, le président du Conseil du Trésor
et le commissaire aux langues officielles, ainsi que toute
autre matière concernant les langues officielles;
That the documents received, evidence heard and
business accomplished on this subject by the committee
since the beginning of the Second Session of the Fortieth
Parliament be referred to the committee; and
Que les documents reçus, les témoignages entendus et les
travaux accomplis sur la question par le comité depuis le
début de la deuxième session de la quarantième législature
soient renvoyés au comité;
That the committee report from time to time to the
Senate but no later than September 30, 2012, and that the
committee retain all powers necessary to publicize its
findings until December 31, 2012.
Que le comité fasse de temps à autre rapport au Sénat,
mais au plus tard le 30 septembre 2012, et qu’il conserve,
jusqu’au 31 décembre 2012, tous les pouvoirs nécessaires
pour diffuser ses conclusions.
The question being put on the motion, it was adopted
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Le greffier du Sénat,
Gary W. O’Brien
Clerk of the Senate
1:4
Official Languages
3-10-2011
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Monday, June 20, 2011
(1)
OTTAWA, le lundi 20 juin 2011
(1)
[English]
[Traduction]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 6:05 p.m., in room 505, Victoria Building, for the
purpose of holding its organization meeting, pursuant to rule 88.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui à 18 h 5, dans la salle 505 de l’édifice Victoria, pour
tenir sa séance d’organisation, conformément à l’article 88 du
Règlement.
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., Fortin-Duplessis,
Losier-Cool, Mockler, Poirier and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., Fortin-Duplessis,
Losier-Cool, Mockler, Poirier et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Services, Library of Parliament.
Également présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
The clerk of the committee presided over the election of the
chair.
The Honourable Senator Champagne, P.C. moved:
That the Honourable Senator Chaput do take the chair of
this committee.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
La greffière du comité préside à l’élection à la présidence.
L’honorable sénateur Champagne, C.P., propose :
Que l’honorable sénateur Chaput soit élue présidente du
comité.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Chaput took the chair.
L’honorable sénateur Chaput occupe le fauteuil.
The Honourable Senator Losier-Cool moved:
L’honorable sénateur Losier-Cool propose :
That the Honourable Senator Champagne, P.C. be
deputy chair of this committee.
Que l’honorable sénateur Champagne, C.P., soit élue
vice-présidente du comité.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Champagne, P.C. moved:
L’honorable sénateur Champagne, C.P., propose :
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
composed of the chair, the deputy chair, and one other
member of the committee, to be designated after the usual
consultation; and
Que le Sous-comité du programme et de la procédure se
compose de la présidente, de la vice-présidente et d’un autre
membre du comité désigné après les consultations d’usage;
et
That the subcommittee be empowered to make decisions
on behalf of the committee with respect to its agenda, to
invite witnesses, and to schedule hearings.
Que le sous-comité soit autorisé à prendre des décisions
au nom du comité relativement au programme, à inviter les
témoins et à établir l’horaire des audiences.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Tardif moved:
L’honorable sénateur Tardif propose :
That the committee publish its proceedings.
Que le comité fasse publier ses délibérations.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Fortin-Duplessis moved:
L’honorable sénateur Fortin-Duplessis propose :
That, pursuant to rule 89, the chair be authorized to hold
meetings, to receive and authorize the publication of the
evidence when a quorum is not present, provided that a
member of the committee from both the government and the
opposition be present.
Que, conformément à l’article 89 du Règlement, la
présidente soit autorisée à tenir des réunions pour
entendre des témoignages et à en permettre la publication
en l’absence de quorum, pourvu qu’un représentant du
gouvernement et un représentant de l’opposition soient
présents.
3-10-2011
Langues officielles
1:5
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Mockler moved:
L’honorable sénateur Mockler propose :
That the committee adopt the draft first report, prepared
in accordance with rule 104.
Que le comité adopte l’ébauche du premier rapport,
préparé conformément à l’article 104 du Règlement.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Tardif moved:
L’honorable sénateur Tardif propose :
That the committee ask the Library of Parliament to
assign analysts to the committee;
Que le comité demande à la Bibliothèque du Parlement
d’affecter des analystes au comité;
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
authorized to retain the services of such experts as may be
required by the work of the committee; and
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à faire appel aux services des experts-conseils dont
le comité peut avoir besoin dans le cadre de ses travaux; et
That the chair, on behalf of the committee, direct the
research staff in the preparation of studies, analyses,
summaries, and draft reports.
Que la présidente, au nom du comité, dirige le personnel
de recherche dans la préparation d’études, d’analyses, de
résumés et de projets de rapport.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Poirier moved:
L’honorable sénateur Poirier propose :
That, pursuant to section 7, chapter 3:06 of the Senate
Administrative Rules, authority to commit funds be
conferred individually on the chair, the deputy chair, and
the clerk of the committee;
Que, conformément à l’article 7, chapitre 3 :06, du
Règlement administratif du Sénat, l’autorisation d’engager
des fonds du comité soit accordée individuellement à la
présidente, à la vice-présidente et à la greffière du comité;
That, pursuant to section 8, chapter 3:06 of the Senate
Administrative Rules, authority for certifying accounts
payable by the committee be conferred individually on the
chair, the deputy chair, and the clerk of the committee; and
Que, conformément à l’article 8, chapitre 3 :06, du
Règlement administratif du Sénat, l’autorisation
d’approuver les comptes à payer au nom du comité soit
accordée individuellement à la présidente, à la
vice-présidente et à la greffière du comité; et
That, notwithstanding the foregoing, in cases related to
consultants and personnel services, the authority to commit
funds and certify accounts be conferred jointly on the chair
and deputy chair.
Que, nonobstant ce qui précède, lorsqu’il s’agit de
services de consultants et de personnel, l’autorisation
d’engager des fonds et d’approuver les comptes à payer
soit accordée conjointement à la présidente et à la
vice-présidente.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Losier-Cool moved:
L’honorable sénateur Losier-Cool propose :
That the committee empower the Subcommittee on
Agenda and Procedure to designate, as required, one or
more members of the committee and/or such staff as may be
necessary to travel on assignment on behalf of the
committee.
Que le comité autorise le Sous-comité du programme et
de la procédure à désigner, au besoin, un ou plusieurs
membres du comité, de même que le personnel nécessaire,
qui se déplaceront au nom du comité.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Mockler moved:
L’honorable sénateur Mockler propose :
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
authorized to:
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à :
1) determine whether any member of the committee is
on ‘‘official business’’ for the purposes of
paragraph 8(3)(a) of the Senators Attendance
Policy, published in the Journals of the Senate on
Wednesday, June 3, 1998; and
1) déterminer si un membre du comité remplit un
« engagement officiel » au sens de l’alinéa 8(3)a) de
la politique relative à la présence des sénateurs,
publiée dans les Journaux du Sénat du mercredi
3 juin 1998; et
1:6
Official Languages
3-10-2011
2) consider any member of the committee to be on ‘‘official
business’’ if that member is: (a) attending an event or
meeting related to the work of the committee; or (b)
making a presentation related to the work of the
committee; and
2) considérer qu’un membre du comité remplit un
« engagement officiel » si ce membre : a) assiste à une
réception, à une activité ou à une réunion se rapportant
aux travaux du comité; ou b) fait un exposé ayant trait
aux travaux du comité; et
That the subcommittee report at the earliest opportunity
any decisions taken with respect to the designation of
members of the committee travelling on committee business.
Que le sous-comité fasse rapport, à la première occasion,
de ses décisions relatives aux membres du comité qui
voyagent pour les affaires du comité.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Champagne, P.C. moved:
L’honorable sénateur Champagne, C.P., propose :
That, pursuant to the Senate guidelines for witness
expenses, the committee may reimburse reasonable
travelling and living expenses for one witness from any
one organization and payment will take place upon
application, but that the chair be authorized to approve
expenses for a second witness should there be exceptional
circumstances.
Que, conformément aux lignes directrices du Sénat
concernant les frais de déplacement des témoins, le comité
rembourse les dépenses raisonnables de voyage et
d’hébergement à un témoin par organisme, après qu’une
demande de remboursement aura été présentée, mais que la
présidente soit autorisée à permettre le remboursement de
dépenses à un deuxième témoin de ce même organisme en
cas de circonstances exceptionnelles.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The Honourable Senator Tardif moved:
L’honorable sénateur Tardif propose :
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
empowered to direct communications officer(s) assigned to
the committee in the development of communications plans
where appropriate and to request the services of the Senate
Communications Directorate for the purposes of their
development and implementation; and
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à diriger, au besoin, les agents de communications
affectés au comité dans l’élaboration des plans de
communications et à demander l’appui de la Direction des
communications du Sénat aux fins de la préparation et de la
mise en œuvre de ces plans; et
That the Subcommittee on Agenda and Procedure be
empowered to allow coverage by electronic media of the
public proceedings of the committee with the least possible
disruption of its hearings at its discretion.
Que le Sous-comité du programme et de la procédure soit
autorisé à permettre la diffusion des délibérations publiques
du comité par les médias d’information électroniques, de
manière à déranger le moins possible ses travaux et à sa
discrétion.
The question being put on the motion, it was adopted.
The chair informed the members of the committee that the time
slot for regular meetings is Monday, from 4:00 p.m. to 8:00 p.m.
The Honourable Senator Fortin-Duplessis moved:
That the senators’ staff be allowed to stay in the meeting
room when the committee sits in camera, unless the
members of the committee decide otherwise.
The question being put on the motion, it was adopted.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
La présidente informe les membres du comité que les réunions
ordinaires se tiendront les lundis, de 16 heures à 20 heures.
L’honorable sénateur Fortin-Duplessis propose :
Que le personnel des sénateurs soit autorisé à demeurer
dans la salle de réunion lorsque le comité siège à huis clos, à
moins que les membres du comité n’en décident autrement.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
The committee, pursuant to rule 92(2)(e), proceeded in camera
to discuss its draft agenda.
Conformément à l’article 92(2)e) du Règlement, le comité
poursuit sa réunion à huis clos pour discuter d’un projet d’ordre
du jour.
It was agreed that the chair seek the authority from the Senate
for the following order of reference:
Il est convenu que la présidente demande au Sénat d’approuver
l’ordre de renvoi suivant :
That the Standing Senate Committee on Official
Languages be authorized to study and to report on the
application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it, within those
institutions subject to the Act;
Que le Comité sénatorial permanent des langues
officielles soit autorisé à étudier, afin d’en faire rapport,
l’application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que
des règlements et instructions en découlant, au sein des
institutions assujetties à la Loi;
3-10-2011
Langues officielles
1:7
That the committee also be authorized to study the
reports and documents published by the Minister of
Canadian Heritage and Official Languages, the President
of the Treasury Board, and the Commissioner of Official
Languages, and any other subject concerning official
languages;
Que le comité soit également autorisé à étudier les
rapports et documents produits par le ministre du
Patrimoine canadien et des Langues officielles, le président
du Conseil du Trésor et le commissaire aux langues
officielles ainsi que toute autre matière concernant les
langues officielles;
That the documents received, evidence heard and
business accomplished on this subject by the committee
since the beginning of the Second Session of the Fortieth
Parliament be referred to the committee;
Que les documents reçus, les témoignages entendus et les
travaux accomplis sur la question par le comité depuis le
début de la deuxième session de la quarantième législature
soient renvoyés au comité;
That the committee report from time to time to the
Senate but no later than September 30, 2012, and that the
committee retain all powers necessary to publicize its
findings until December 31, 2012.
Que le comité fasse de temps à autre rapport au Sénat,
mais au plus tard le 30 septembre 2012, et qu’il conserve,
jusqu’au 31 décembre 2012, tous les pouvoirs nécessaires
pour diffuser ses conclusions.
At 7:02 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 19 h 2, le comité s’ajourne jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
OTTAWA, Monday, September 26, 2011
(2)
[Translation]
ATTESTÉ :
OTTAWA, le lundi 26 septembre 2011
(2)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met in
camera this day at 5:06 p.m. in room 505 of the Victoria Building,
the Chair, the Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
à huis clos aujourd’hui à 17 h 6 dans la salle 505 de l’édifice
Victoria sous la présidence de l’honorable Maria Chaput
(présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., Fortin-Duplessis,
Loisier-Cool, Mockler, Poirier and Tardif (8).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., Fortin-Duplessis,
Losier-Cool, Mockler, Poirier et Tardif (8).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament, and
David Charbonneau, Communications Officer, Senate
Communications Directorate.
Aussi présents : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement et David Charbonneau, agent de communications,
Direction des communications du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, June 22, 2011, the committee began its study of the
application of the Official Languages Act and of the regulations
and directives made under it.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 22 juin 2011, le comité débute son étude concernant
l’application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que des
règlements et instructions en découlant.
Pursuant to rule 92(2)(f), the committee considered a draft
report.
Conformément à l’article 92(2)f) du Règlement, le comité
examine une ébauche de rapport.
Pursuant to rule 92(2)(e), the committee considered a draft
agenda (future business).
Conformément à l’article 92(2)e) du Règlement, le comité
examine un projet d’ordre du jour (travaux futurs).
At 5:45 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 17 h 45, la séance est levée jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
1:8
Official Languages
OTTAWA, Monday, October 3, 2011
(3)
[Translation]
3-10-2011
OTTAWA, le lundi 3 octobre 2011
(3)
[Français]
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:06 p.m. in room 9 of the Victoria Building, the Chair,
the Honourable Maria Chaput, presiding.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui à 17 h 06 dans la salle 9 de l’édifice Victoria sous la
présidence de l’honorable Maria Chaput (présidente).
Members of the committee present: The Honourable Senators
Champagne, P.C., Chaput, De Bané, P.C., Fortin-Duplessis,
Mockler, Poirier and Tardif (7).
Membres du comité présents : Les honorables sénateurs
Champagne, C.P., Chaput, De Bané, C.P., Fortin-Duplessis,
Mockler, Poirier et Tardif (7).
In attendance: Marie-Ève Hudon, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Aussi présente : Marie-Ève Hudon, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also in attendance: The official reporters of the Senate.
Également présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, June 22, 2011, the committee continued its study of
the application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it.
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 22 juin 2011, le comité continue son étude concernant
l’application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que des
règlements et instructions en découlant.
WITNESSES:
TÉMOINS :
Service Canada:
Service Canada :
Cheryl Fisher, Acting Assistant Deputy Minister, Citizen
Service Branch;
Cheryl Fisher, sous-ministre adjointe par intérim, Direction
générale de service aux citoyens;
Julie Lalonde-Goldenberg, Director General,
Interdepartmental Partnerships and Service Offerings,
Citizen Service Branch.
Julie Lalonde-Goldenberg, directrice générale, Partenariats
interministériels et offres de service, Direction générale de
service aux citoyens.
Human Resources and Skills Development Canada:
Ressources humaines et Développement des compétences Canada :
Anne Duguay, Director General, Workplace Effectiveness and
Communities, Human Resources Services Branch.
Anne Duguay, directrice générale, Efficacité du milieu de
travail et Communautés, Direction générale des services des
ressources humaines.
Ms. Fisher made an opening statement and with the assistance
of Ms. Lalonde-Goldenberg and Ms. Duguay answered
questions.
Mme Fisher fait une présentation et, avec Mmes LalondeGoldenberg et Duguay, répond aux questions.
At 6:15 p.m., the sitting was suspended.
À 18 h 15, la séance est suspendue.
At 6:20 p.m., pursuant to rule 92(2)(f), the sitting resumed in
camera, and the committee considered a draft report.
À 18 h 20, conformément à l’article 92(2)f) du Règlement, la
séance reprend à huis clos pour examiner une ébauche de rapport.
It was agreed that the report entitled ‘‘The Vitality of Quebec’s
English-speaking Communities: From Myth to Reality’’ be
concurred in, and that the chair be authorized to table the
report in the Senate and to request a response from the
government.
Il est convenu d’adopter le rapport intitulé L’épanouissement
des communautés anglophones du Québec : Du mythe à la réalité
et d’autoriser la présidente à le déposer au Sénat et à demander au
gouvernement d’y répondre.
Pursuant to Rule 92(2)(e), the committee considered a draft
agenda (future business).
Conformément à l’article 92(2)e) du Règlement, le comité
examine un projet d’ordre du jour (travaux futurs).
It was agreed that the committee adopt the following order of
reference:
That the Standing Senate Committee on Official
Languages be authorized to conduct a study, as well as
submit a report, on the use of the Internet, new media and
social media, and the respect for Canadians’ language rights;
Il est convenu d’adopter l’ordre de renvoi suivant :
Que le Comité sénatorial permanent des langues
officielles soit autorisé à étudier, afin d’en faire rapport,
l’utilisation d’Internet, des nouveaux médias, des médias
sociaux et le respect des droits linguistiques des Canadiens;
3-10-2011
Langues officielles
1:9
That the committee report to the Senate from time to
time, but no later than October 31, 2012, and that the
committee retain all powers necessary to publicize its
findings until December 31, 2012.
Que le comité fasse de temps à autre rapport au Sénat,
mais au plus tard le 31 octobre 2012, et qu’il conserve,
jusqu’au 31 décembre 2012, tous les pouvoirs nécessaires
pour diffuser ses conclusions.
At 6:52 p.m., the committee adjourned to the call of the chair.
À 18 h 52, la séance est levée jusqu’à nouvelle convocation de la
présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
La greffière du comité,
Danielle Labonté
Clerk of the Committee
1:10
Official Languages
REPORTS OF THE COMMITTEE
3-10-2011
RAPPORTS DU COMITÉ
Tuesday, June 21, 2011
Le mardi 21 juin 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages has the
honour to table its
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a
l’honneur de déposer son
FIRST REPORT
PREMIER RAPPORT
Your committee, which was authorized by the Senate to incur
expenses for the purpose of its examination and consideration of
such legislation and other matters as were referred to it, reports,
pursuant to rule 104(2), that the expenses incurred by the
committee during the Third Session of the Fortieth Parliament
are as follows:
Votre comité, qui a été autorisé par le Sénat à engager des
dépenses aux fins d’examiner les mesures législatives et autres
questions qui lui ont été renvoyées, dépose, conformément à
l’article 104 (2) du Règlement, le relevé suivant des dépenses
contractées à cette fin par le comité au cours de la troisième
session de la quarantième législature :
With respect to its special study on the application of the
Official Languages Act:
Relativement à son étude sur l’application de la Loi sur les
langues officielles :
Transportation and Communications
Professional and Other Services
All Other Expenditures
Witness Expenses
Total
$ 41,560
713
28,905
2,976
$ 74,154
Transports et communications
Services professionnels et autres
Autres dépenses
Dépenses des témoins
Total
41 560 $
713
28 905
2 976
74 154 $
In addition to the expenses for its special study as set out
above, the committee also incurred general postal charges in the
amount of $12.
Outre les dépenses listées ci-dessus encourues dans le cadre de
son étude spéciale, le comité a encouru des frais généraux de poste
s’élevant à 12 $.
During this session, the committee considered one order of
reference, held 34 meetings and heard more than 59 hours of
testimony from 114 witnesses. In total, the committee produced 4
reports. In addition to hearings in Ottawa, the committee
conducted fact-finding work and held public hearings in Quebec
in the cities of Quebec City, Sherbrooke and Montreal.
Durant la session en cause, le comité a examiné un ordre de
renvoi, tenu 34 réunions et entendu plus de 59 heures de
témoignages de 114 témoins. Au total, le comité a produit
4 rapports. En plus des audiences qui ont eu lieu à Ottawa, le
comité a effectué une mission d’étude et a tenu des audiences
publiques au Québec soit à la ville de Québec, à Sherbrooke et à
Montréal.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
Thursday, October 6, 2011
Le jeudi 6 octobre 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages has the
honour to table its
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a
l’honneur de déposer son
SECOND REPORT
DEUXIÈME RAPPORT
Your Committee which was authorized by the Senate on
Wednesday, June 22, 2011 to study and to report on the
application of the Official Languages Act and of the regulations
and directives made under it, herewith tables its interim report
entitled: The Vitality of Quebec’s English-speaking Communities:
From Myth to Reality.
Votre comité, autorisé par le Sénat le mercredi 22 juin 2011 à
étudier, afin d’en faire rapport, l’application de la Loi sur les
langues officielles, ainsi que des règlements et instructions en
découlant, dépose ici son rapport intérimaire intitulé :
L’épanouissement des communautés anglophones du Québec : Du
mythe à la réalité.
Respectueusement soumis,
Respectfully submitted,
La présidente du comité,
MARIA CHAPUT
Chair of the Committee
(Text of the report appears following the evidence.)
(Le texte du rapport paraît après les témoignages.)
3-10-2011
Langues officielles
1:11
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Monday, June 20, 2011
OTTAWA, le lundi 20 juin 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 6:05 p.m. to hold an organization meeting, pursuant to
rule 88 of the Rules of the Senate.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui à 18 h 5, conformément à l’article 88 du Règlement
du Sénat, pour tenir une réunion d’organisation.
[Translation]
[Français]
Danielle Labonté, Clerk of the Committee: Welcome to the
organization meeting of the Standing Senate Committee on
Official Languages. Honourable senators, I see a quorum and it is
my duty as the clerk of the committee to proceed with the election
of the chair.
Danielle Labonté, greffière du comité : Je vous souhaite la
bienvenue à la réunion d’organisation du Comité sénatorial
permanent des langues officielles. Honorables sénateurs, il y a
quorum et en tant que greffière du comité, il est de mon devoir de
procéder à l’élection de la présidence.
Senator Champagne: I move that the Honourable Senator
Maria Chaput do take the chair.
Le sénateur Champagne : Je propose que l’honorable sénateur
Maria Chaput soit présidente de ce comité.
Ms. Labonté: Are there any other nominations? Honourable
senators, is it your pleasure to adopt this motion?
Mme Labonté : Y a-t-il d’autres nominations? Consentez-vous,
honorables sénateurs, à adopter cette motion?
Hon. Senators: Agreed.
Ms. Labonté: I declare the motion carried and I invite the
Honourable Senator Chaput to take the chair.
Senator Maria Chaput (Chair) in the chair.
Des voix : D’accord.
Mme Labonté : Je déclare la motion adoptée et j’invite
l’honorable sénateur Chaput à prendre le fauteuil.
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
The Chair: Honourable senators, thank you for placing your
trust in me once again. I will do my best to live up to the trust you
have given me.
La présidente : Honorables sénateurs, je vous remercie de la
confiance que vous me faites encore une fois et je vais tâcher
d’être à la hauteur de la confiance que vous me donnez.
I would like to welcome the members of the committee, both
old and new. Welcome to our committee. Senator Mockler, you
have already been a member of the committee, so you are coming
back whereas this is Senator Poirier’s first time.
J’aimerais souhaiter la bienvenue aux membres du comité, les
membres qui nous reviennent ainsi que les nouveaux membres.
Bienvenue au sein de notre comité. Sénateur Mockler, vous avez
déjà été membre du comité, vous revenez tandis que c’est une
première pour le sénateur Poirier.
We will now move on to the election of the deputy chair. Are
there any nominations at this time?
Nous allons maintenant passer au point, qui est l’élection à la
vice-présidence. À ce moment-ci je demanderais des nominations.
Senator Losier-Cool: I would like to nominate the Honourable
Senator Champagne for the position of deputy chair.
Le sénateur Losier-Cool : Je propose l’honorable sénateur
Champagne comme vice-présidente.
The Chair: Moved by the Honourable Senator Losier-Cool,
seconded by the Honourable Senator Fortin-Duplessis, that the
Honourable Senator Champagne be deputy chair of this
committee. Do you all agree with the motion?
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur LosierCool, appuyé par l’honorable sénateur Fortin-Duplessis que
l’honorable sénateur Champagne soit vice-présidente de ce
comité. Est-ce que vous êtes tous en accord avec la motion?
Hon. Senators: Agreed.
The Chair: The motion is carried. For items 3 to 12, you have
received the document in advance. I am not going to read the
entire motion, but only the title of the item and the number. I will
then ask an honourable senator to move the motion. Is that
satisfactory?
Hon. Senators: Yes.
Des voix : D’accord.
La présidente : La motion est adoptée. Pour les points 3 à 12,
vous avez reçu le document à l’avance. Je ne vais pas lire toute la
motion mais uniquement le titre du point ainsi que le numéro et
ensuite je demanderai à un honorable sénateur de proposer la
motion. Est-ce que cela vous convient de procéder ainsi?
Des voix : Oui.
Senator Champagne: I nominate the Honourable Senator
Fortin-Duplessis. Point number three has to do with the other
member of the steering committee, correct?
Le sénateur Champagne : Je propose l’honorable sénateur
Fortin-Duplessis. Au point no 3, c’est l’autre membre du comité
de direction. Est-ce exact?
The Chair: Yes. Does the Honourable Senator FortinDuplessis accept?
La présidente : Oui. Est-ce que l’honorable sénateur FortinDuplessis accepte?
1:12
Official Languages
Senator Fortin-Duplessis: With pleasure.
The Chair: It is moved by the Honourable Senator Champagne
that Senator Fortin-Duplessis be the third member of the steering
committee. Do you agree with the motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Carried. Point number 4: motion to publish the
committee’s proceedings.
Senator Tardif: I so move.
The Chair: It is moved by the Honourable Senator Tardif that
the committee publish its proceedings. Do you agree with this
motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Carried. Point number 5: authorization to hold
meetings and to receive evidence when quorum is not present.
Senator Fortin-Duplessis: I so move.
The Chair: Moved by the Honourable Senator FortinDuplessis. Do you agree with this motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Carried. Point 6: financial reports. You have been
provided with a copy of the draft first report. Would you like to
read it before moving the motion?
Senator Mockler: I so move.
The Chair: It is moved by the Honourable Senator Mockler
that the committee adopt the draft first report. We are going to
table it this week to the Senate. Do you agree with this motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Carried. Point 7: research staff. A motion was
already passed by the Senate to allow the committee to hire
research staff. The motion before us has been slightly amended to
avoid repeating what the Senate already did.
3-10-2011
Le sénateur Fortin-Duplessis : Avec plaisir.
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur
Champagne que le sénateur Fortin-Duplessis soit le troisième
membre du comité de direction. Est-ce que vous êtes d’accord
avec la motion?
Des voix : Oui.
La présidente : Adoptée. Le point no 4 : la publication des
délibérations du comité.
Le sénateur Tardif : Je propose.
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur Tardif
que le comité fasse publier ses délibérations. Est-ce que vous êtes
d’accord avec cette motion?
Des voix : Oui.
La présidente : Adoptée. Le point no 5 : autorisation à tenir des
réunions et à entendre des témoignages en l’absence de quorum.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je propose.
La présidente : La motion est proposée par l’honorable
sénateur Fortin-Duplessis. Est-ce que vous êtes d’accord avec
cette motion?
Des voix : Oui.
La présidente : Adoptée. Le point 6 : rapports financiers. Le
document vous a été distribué, il s’agit d’une première copie du
premier rapport. Voulez-vous le lire avant de proposer?
Le sénateur Mockler : Je propose la motion.
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur Mockler
que le comité adopte l’ébauche du premier rapport. Et nous le
déposerons cette semaine au Sénat. Est-ce que vous êtes d’accord
avec cette proposition?
Des voix : Oui.
La présidente : Adoptée. Personnel de recherche, le point 7.
Une motion a déjà été adoptée au Sénat permettant au comité
d’engager du personnel de recherche. Il y a eu une certaine
modification à la motion devant nous, pour ne pas répéter ce qui a
déjà été fait au Sénat.
Senator Tardif: I so move.
Le sénateur Tardif : Je propose cette motion.
Senator Fortin-Duplessis: What has changed?
Le sénateur Fortin-Duplessis : Qu’est-ce qui est différent?
Ms. Labonté: On the agenda I sent out last week — the first
draft, I believe — it said that the committee was asking the
Senate’s permission to hire staff. A bit later, last week, the Senate
granted permission to all the committees to do so without them
being required to ask for it. So I changed the agenda accordingly.
Mme Labonté : Dans l’ordre du jour que j’avais envoyé la
semaine dernière, je crois, la première ébauche, on indiquait que le
comité demandait permission au Sénat d’embaucher du
personnel. Un peu plus tard, la semaine dernière, le Sénat a
donné la permission à tous les comités sans que chacun ait à se
présenter pour la demander. Donc, j’ai changé l’ordre du jour en
conséquence.
Senator Champagne: Is there anything we can do to make sure
Ms. Hudon is still our researcher?
Le sénateur Champagne : Est-ce que nous pouvons avoir bougé
cela pour s’assurer que Mme Hudon demeure notre recherchiste?
The Chair: I was planning to ask her right after this.
La présidente : J’étais pour l’inviter immédiatement après.
3-10-2011
Langues officielles
1:13
Senator Champagne: Go right ahead. It is a good idea. She
worked really well, for us and with us. We cannot afford to lose
her.
Le sénateur Champagne : Faites donc cela. C’est une bonne
idée. Elle a tellement bien travaillé, pour nous et avec nous, il ne
faut surtout pas la perdre.
The Chair: Let me go back to point 7, research staff, moved by
the Honourable Senator Claudette Tardif. Honourable Senators,
is it your pleasure to adopt the motion?
La présidente : Je reviens au point 7, personnel de recherche,
qui est proposé par l’honorable sénateur Claudette Tardif. Plaît-il
aux honorables sénateurs d’adopter la motion?
Hon. senators Yes.
Des voix : Oui.
The Chair: Carried. I would now like to ask our analyst
Marie-Ève Hudon to join our committee.
La présidente : Adoptée. Je demanderais maintenant à notre
analyste Marie-Ève Hudon de se joindre au comité.
Senator Champagne: That will teach you to do as good a job as
you do. You are stuck with us for at least a year.
Le sénateur Champagne : Cela vous apprendra à faire de
bonnes affaires comme vous le faites. Vous êtes pris avec nous
pour un an au moins.
The Chair: Welcome, Marie-Ève. Point 8: authority to commit
funds and certify accounts.
La présidente : Bienvenue, Marie-Ève. Le point 8 : autorisation
d’engager des fonds et d’approuver les comptes à payer.
Senator Poirier: I so move.
The Chair: Moved by the Honourable Senator Poirier. Do you
have any questions or is it your pleasure to adopt the motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Carried. Point 9: travel. Moved by the Honourable
Senator Losier-Cool. Is it your pleasure to adopt point 9?
Hon. senators Yes.
The Chair: Point 10: designation of members travelling on
committee business. Moved by the Honourable Senator Mockler.
Honourable Senators, is it your pleasure to adopt the motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Point 11: travelling and living expenses of witnesses.
Would an honourable senator like to so move? Moved by the
Honourable Senator Champagne. Is it your pleasure to adopt the
motion?
Le sénateur Poirier : Je propose la motion.
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur Poirier.
Avez-vous des questions ou vous plaît-il d’adopter la motion?
Des voix : Oui.
La présidente : Adoptée. La motion 9 : déplacements. Il est
proposé par l’honorable sénateur Losier-Cool. Vous plaît-il
d’adopter le point 9?
Des voix : Oui.
La présidente : Le point 10 : Désignation des membres qui
voyagent pour les affaires du comité. Il est proposé par
l’honorable sénateur Mockler. Vous plaît-il, honorables
sénateurs, d’adopter la motion?
Des voix : Oui.
La présidente : Le point 11 : frais de déplacement des témoins.
Est-ce qu’un honorable sénateur voudrait bien proposer? Il est
proposé par l’honorable sénateur Champagne. Vous plaît-il
d’adopter la motion?
Hon. senators Yes.
Des voix : Oui.
The Chair: Thank you. The next item: communications.
La présidente : Merci. Le prochain point : communications.
Senator Champagne: Do we know who is going to be working
with us?
Le sénateur Champagne : Est-ce qu’on sait qui travaillera avec
nous?
Ms. Labonté: Yes, it will be Jean-Pierre Morin. I believe he has
already worked for the committee in the past. He could not be
here this evening, but he will be here at the next meeting.
Mme Labonté : Oui. Ce sera Jean-Pierre Morin. Je crois qu’il a
déjà travaillé pour le comité dans le passé. Il ne pouvait pas être
ici ce soir, mais il y sera à la prochaine réunion.
The Chair: Point 12: communications. Here too, a motion was
passed by the Senate giving committees permission to broadcast
the meetings.
La présidente : Le point 12 : communications. Ici également,
une motion a été adoptée au Sénat donnant la permission aux
comités de diffuser les séances.
Ms. Labonté: Yes, another general motion to allow the
committee to have the proceedings recorded and televised.
Mme Labonté : Oui, une autre motion générale donnant
permission au comité, pour que les délibérations soient
enrégistrées pour télédiffusion.
Senator Tardif: I so move.
Le sénateur Tardif : Je propose la motion.
The Chair: Moved by the Honourable Senator Tardif.
La présidente : Il est proposé par l’honorable sénateur Tardif.
1:14
Official Languages
3-10-2011
Senator Champagne: If we are going to work outside, like we
did last year, let us hope that the new communications officer will
know how to organize everything, the way the officer who was
with us used to do, so that people are aware that we actually do
work in the Senate.
Le sénateur Champagne : Si nous travaillons à l’extérieur,
comme nous l’avons fait l’année dernière, espérons que notre
nouvelle personne aux communications saura, comme le faisait
celle qui était avec nous, organiser les choses pour que les gens
sachent enfin qu’on travaille un peu au Sénat.
The Chair: Point 12 has been moved by Senator Tardif.
Honourable senators, is it your pleasure to adopt the motion?
La présidente : Le point 12 a été proposé par le sénateur Tardif.
Plaît-il aux honorables sénateurs d’adopter la motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Thank you. Point 13: time slot for regular meetings.
Our time slot is on Mondays, between 4:00 p.m. and 8:00 p.m.
That is the official time slot we were given. If you wish, we can go
in camera to discuss the regular hours that we prefer. And what
we love most is being able to change the schedule when needed to
accommodate witnesses such as the ministers who sometimes have
to come either earlier or later. But at the moment, our time slot is
from 4:00 p.m. to 8:00 p.m. on Mondays. Do I need a motion for
that? No? Very well.
Senator Champagne: We do not really have a choice.
The Chair: No, exactly. Point 14: other business. I need two
motions. I need a motion for the committee to be able to go in
camera to discuss the future business of the committee.
Senator Mockler: I move that the committee meet in camera.
The Chair: Thank you, Senator Mockler. Honourable
Senators, do you agree to adopt the motion?
Hon. senators Yes.
The Chair: Could you also move a motion so that the senators’
staff has permission to stay in the room when the committee
meets in camera for the remainder of the session?
Senator Fortin-Duplessis: I so move.
The Chair: Moved by Senator Fortin-Duplessis. Honourable
Senators, are you ready to adopt the motion?
Senator De Bané: Yes.
The Chair: Thank you. We are going to move in camera to
discuss the future business.
(The committee continued in camera.)
Des voix : Oui.
La présidente : Merci. Le point 13 : l’horaire des réunions
régulières. Notre créneau c’est le lundi entre 16 heures et 20
heures. C’est le créneau officiel qui nous a été remis. On pourra, si
vous le voulez, à huis clos, discuter des heures convenables et
régulières que nous préférerions. Et ce que nous aimons
beaucoup, c’est de pouvoir modifier l’horaire au besoin pour
accommoder certains témoins tels les ministres qui quelquefois
doivent venir plus tôt ou plus tard. Mais en ce moment, notre
créneau est de 16 heures à 20 heures le lundi. Ai-je besoin d’une
motion pour cela? Non. Très bien?
Le sénateur Champagne : On n’a pas bien le choix.
La présidente : Non, en effet. Le point 14 : autres affaires.
J’aurais besoin de deux motions. J’aurais besoin d’une motion
pour que le comité puisse passer à huis clos pour discuter
brièvement des travaux futurs du comité.
Le sénateur Mockler : Je propose que le comité siège à huis
clos.
La présidente : Merci, sénateur Mockler. Est-ce que les
honorables sénateurs consentent à adopter la motion?
Des voix : Oui.
La présidente : J’aimerais aussi vous demander une autre
motion pour que le personnel des sénateurs soit autorisé à
demeurer dans la salle, lorsque le comité siège à huis clos, et ce,
pour le reste de la session.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Je propose la motion.
La présidente : Il est proposé par le sénateur Fortin-Duplessis.
Honorables sénateurs, êtes-vous prêts à adopter la motion?
Le sénateur De Bané : Oui.
La présidente : Merci. Nous passons à huis clos pour discuter
des travaux futurs.
(La séance se poursuit à huis clos.)
OTTAWA, Monday, October 3, 2011
OTTAWA, le lundi 3 octobre 2011
The Standing Senate Committee on Official Languages met
this day at 5:06 p.m. to study the application of the Official
Languages Act and of the regulations and directives made under
it.
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles se réunit
aujourd’hui à 17 h 6 pour faire une étude sur l’application de la
Loi sur les langues officielles ainsi que des règlements et
instructions en découlant.
Senator Maria Chaput (Chair) in the chair.
Le sénateur Maria Chaput (présidente) occupe le fauteuil.
3-10-2011
Langues officielles
[Translation]
1:15
[Français]
The Chair: Welcome to the Standing Senate Committee on
Official Languages. I am Senator Maria Chaput, from Manitoba,
and I am the chair of this committee.
La présidente : Je vous souhaite la bienvenue à la réunion du
Comité sénatorial permanent des langues officielles. Je me
présente, je suis le sénateur Maria Chaput du Manitoba,
présidente du comité.
To begin, I ask that members here today introduce themselves
starting from my left with the deputy chair.
Pour débuter, j’invite les membres du comité présents
aujourd’hui à se présenter en commençant à ma gauche avec la
vice-présidente.
Senator Champagne: Hello, I am from the province of Quebec.
Le sénateur Champagne : Bonjour, je viens de la province de
Québec.
Senator Mockler: From New Brunswick.
Le sénateur Mockler : Du Nouveau-Brunswick.
Senator Fortin-Duplessis: From Quebec.
Le sénateur Fortin-Duplessis : De Québec.
Senator Tardif: From Alberta.
Le sénateur Tardif : De l’Alberta.
The Chair: Thank you. In December 2010, the Office of the
Commissioner of Official Languages published the report of its
audit of the delivery of bilingual services to the public by Service
Canada. The committee invited Service Canada to appear to
speak to this report last spring, but the meeting could not be held.
La présidente : Merci. En décembre 2010, le Commissariat aux
langues officielles a publié le rapport de sa vérification de la
prestation des services bilingues au public à Service Canada. Le
comité avait alors invité Service Canada à comparaître à ce sujet
au printemps, mais la réunion n’a pu avoir lieu.
On behalf of the committee, I want to thank the officials for
agreeing to postpone the meeting and to meet with us today to
talk about the delivery of bilingual services to the public, the
commissioner’s report and recent developments at Service
Canada.
Au nom du comité, je remercie les fonctionnaires d’avoir
accepté de reporter la comparution et de nous rencontrer
aujourd’hui pour parler de la prestation des services bilingues
au public, du rapport du commissaire ainsi que des
développements récents à propos de Service Canada.
Today we have the pleasure of welcoming Cheryl Fisher,
Acting Assistant Deputy Minister of the Citizen Service Branch,
Service Canada, Julie Lalonde-Goldenberg, Director General of
the Interdepartmental Partnerships and Service Offerings, and
Anne Duguay, Director General of the Workplace Effectiveness
and Communities from the Human Resources Services Branch of
Human Resources and Skills Development Canada.
Nous avons aujourd’hui le plaisir d’accueillir de Service
Canada, Mme Cheryl Fisher, sous-ministre adjointe par intérim
de la Direction générale de service aux citoyens, Mme Julie
Lalonde-Goldenberg, directrice générale de la section Partenariats
interministériels et offres de service, ainsi que Mme Anne
Duguay, directrice générale de la section Efficacité du milieu de
travail et Communautés, de la Direction générale des services des
ressources humaines, de Ressources humaines et Développement
des compétences Canada.
Hello ladies. I now invite Ms. Fisher to take the floor. Senators
will follow with some questions.
Bonsoir mesdames! J’invite maintenant Mme Fisher à prendre
la parole, et les sénateurs suivront avec des questions.
Cheryl Fisher, Acting Assistant Deputy Minister, Citizen Service
Branch, Service Canada: Good evening, Madam Chair and
members of the committee.
Cheryl Fisher, sous-ministre adjointe par intérim, Direction
générale de service aux citoyens, Service Canada : Bonsoir,
madame la présidente et membres du comité.
[English]
I am pleased to have this opportunity to discuss the status of
the audit report of the Commissioner of Official Languages on the
delivery of bilingual services to the public by Service Canada.
Allow me to introduce myself and my colleagues.
I am Cheryl Fisher, Acting Assistant Deputy Minister for
Citizen Service in Service Canada. I am joined this evening by my
colleagues Anne Duguay, Director General of Workplace
Effectiveness and Communities Directorate; Julie LalondeGoldenberg, Director General of Partnerships and Service
[Traduction]
Je suis heureuse d’avoir l’occasion de dresser un état des efforts
déployés en vue de donner suite au rapport de vérification du
Commissaire aux langues officielles sur la prestation des services
bilingues au public à Service Canada.
Permettez-moi de me présenter et de vous présenter mes
collègues.
Je suis Cheryl Fisher, sous-ministre adjointe par intérim de la
Direction générale de service aux citoyens à Service Canada. Je
suis accompagnée ce soir de mes collègues Anne Duguay,
directrice générale de l’Efficacité en milieu du travail et des
Communautés, et de Julie Lalonde-Goldenberg, directrice
1:16
Official Languages
Offerings. They are both responsible for the management of the
respective parts of the Official Languages Act that fall under their
sectors of responsibility.
[Translation]
Service Canada was created in 2005 to help Canadians get
easier access to the benefits and services they need and to improve
the overall quality of service they receive from the Government of
Canada. That is why one of our department’s four strategic
objectives is excellence in service to citizens. We cannot attain this
objective unless we offer our clients a service of equal quality in
the official language of their choice.
[English]
3-10-2011
générale des Partenariats et des offres de service. Elles sont toutes
les deux responsables de la mise en application de leurs parties
respectives de la Loi sur les langues officielles qui touchent leur
secteur de responsabilité.
[Français]
Service Canada a été fondé en 2005 dans le but de faciliter
l’accès aux prestations et aux services dont les Canadiens ont
besoin et afin d’améliorer la qualité générale des services que leur
fournit le gouvernement du Canada. C’est pourquoi l’un des
objectifs stratégiques de notre ministère est l’excellence en matière
de services aux citoyens. Nous ne pouvons atteindre cet objectif
que si nous offrons à nos clients des services de qualité égale dans
la langue officielle de leur choix.
[Traduction]
At Service Canada, we serve Canadians across the country in
person, by telephone and online on our Internet services. Last
year, through our more than 600 points of service, we received
more than 6.3 million visits and, through the Service Canada call
centre, we answered more than 58 million phone inquiries. We
had over 667 million online visits to servicecnada.gc.ca. In fact,
we have more than 1 million service transactions with clients
every day.
À Service Canada, nous offrons des services aux Canadiens
d’un bout à l’autre du pays en personne, au téléphone et en ligne.
L’an dernier, nous avons accueilli plus de 6,3 millions de visiteurs
dans nos quelque 600 points de service et nous avons répondu à
plus de 58 millions de demandes par téléphone dans les centres
d’appels de Service Canada. Nous avons reçu plus de 667 millions
de visites en ligne sur notre site servicecanada.gc.ca. En fait, le
nombre de transactions que nous enregistrons par jour s’élève à
plus d’un million.
We received with interest the audit report of the Commissioner
of Official Languages, and we agree with the recommendations in
that report. In fact, we have developed a comprehensive action
plan, and we have already made strides in implementing those
recommendations.
Nous avons accueilli avec beaucoup d’intérêt le rapport de
vérification du Commissaire aux langues officielles et nous
approuvons les recommandations qu’il contient. De fait, nous
avons conçu un plan d’action détaillé et avons déjà réalisé des
progrès en vue de donner suite à ces recommandations.
Our Departmental Audit Committee, which we call the DAC,
comprised of three non-government appointees and the Deputy
Minister of Human Resources and Skills Development Canada,
approved our action plan for implementing the commissioner’s
recommendations last December. Every six months, the DAC
reviews progress made to ensure that all follow-ups are done in a
timely manner. Oversight of our implementation plan is rigorous
and critical to ensuring service excellence in both official
languages.
En décembre dernier, notre comité de vérification interne,
composé de trois personnes nommées non gouvernementales et du
sous-ministre des Ressources humaines et du Développement des
compétences, a approuvé notre plan d’action en vue de mettre en
œuvre les recommandations du commissaire. Tous les six mois, le
comité examine les progrès réalisés, de manière à s’assurer que
tous les suivis sont bien effectués, en fonction de l’échéancier. La
surveillance de notre plan de mise en œuvre est rigoureuse et
essentielle pour assurer l’excellence du service dans les deux
langues officielles.
[Translation]
[Français]
In his audit report, the commissioner expressed his satisfaction
with the measures and timelines we proposed.
Le commissaire a exprimé dans son rapport de vérification sa
satisfaction à l’égard des mesures et des échéanciers que nous
proposons.
He also stated that senior management at HRSDC has shown
leadership and commitment in the area of linguistic duality and
mentioned that he was encouraged to see the progress we have
made in the area of active offer. The commissioner even said that:
Il a également souligné le leadership et l’engagement dans la
haute gestion de Ressources humaines et Développement des
compétences Canada fait preuve en matière de dualité linguistique
et qu’il se soit dit encouragé par les progrès accomplis en ce qui a
trait à l’offre active. Dans son rapport, le commissaire a même
affirmé, et je cite :
Service Canada could become an official language role
model for other federal institutions.
Que Service Canada pourrait devenir un modèle pour les
autres institutions fédérales en matière de langues officielles.
3-10-2011
Langues officielles
[English]
1:17
[Traduction]
On that note, I would like to now give you an update on how
we are doing in implementing the commissioner’s
recommendations.
Sur ce, j’aimerais vous donner une mise à jour de ce que nous
avons accompli en ce qui a trait à la mise en application des
recommandations du commissaire.
The audit boils down to a few key points. It encourages us to
adopt a more standardized and consistent approach across the
national network in regard to our capacity to deliver bilingual
services, in the way we measure performance and in the way we
interact with official minority language communities.
La vérification se résume en quelques points forts. Elle nous
incite à adopter une approche plus standardisée et plus cohérente,
à l’échelle de notre réseau national, pour ce qui est de notre
capacité d’offrir des services bilingues et de la façon dont nous
évaluons le rendement et interagissons avec les communautés de
langue officielle en situation minoritaire.
As per recommendation one, on governance structure for
official languages, we developed a management framework that
clearly defines our obligations. We are finalizing a
communications strategy to ensure that employees continue to
be aware of their legal obligations and of the tools and resources
available to support them.
En ce qui a trait à la première recommandation portant sur
notre structure de gouvernance pour les langues officielles, nous
avons élaboré un cadre de gestion qui définit clairement nos
obligations. Nous mettons la dernière main à une stratégie de
communication qui vise à nous assurer que les employés
continuent d’être tenus au courant de leurs obligations légales,
de même que des outils et des ressources à leur disposition pour
veiller à leur respect.
We produced a video to raise employee awareness of active
offer, which will be available shortly on our intranet as part of the
training modules on official languages that we are developing. We
have taken measures to ensure that a network of official language
coordinators is in place across the country to reinforce our
existing governance structure.
Nous avons conçu une vidéo pour sensibiliser les employés à
l’offre active. Cette vidéo sera bientôt mise en ligne dans notre site
Intranet et fera partie des modules de formation sur les langues
officielles que nous sommes en train d’élaborer. Nous avons pris
des mesures pour nous assurer qu’un réseau de coordonnateurs
des langues officielles est en place à la grandeur du pays, de façon
à renforcer notre structure de gouvernance existante.
[Translation]
[Français]
We have developed a three-year official languages action plan
to address the commissioner’s recommendation two. The plan
includes all the measures contained in the audit report. It clearly
defines the direction of our goals for official languages.
Nous avons conçu un plan d’action triennal sur les langues
officielles en réponse à la recommandation deux du commissaire.
Le plan inclut l’ensemble des mesures contenues dans le rapport
de vérification. Il définit clairement les orientations de nos
objectifs pour les langues officielles.
With regard to recommendation three on policies and
directives to support official languages, we are in the process of
developing a policy framework for Part IV of the act. As a first
step, we have reviewed our existing policies and directives.
En ce qui a trait à la recommandation trois sur les politiques et
les directives en appui aux langues officielles, nous sommes en
train de créer un cadre stratégique pour la Partie IV de la loi. Pour
commencer, nous avons revu et mis à jour nos politiques et nos
directives existantes.
[English]
[Traduction]
To date, we have a new directive on official languages
obligations in unilingual offices, which has been in effect since
June 13, 2011. In unilingual offices, we offer an on-the-spot
telephone interpretation service in the minority language.
À ce jour, nous comptons une nouvelle Directive sur les
obligations en matière de langues officielles dans les bureaux
unilingues, qui est entrée en vigueur le 13 juin 2011. Dans les
bureaux unilingues, nous offrons sur place un service
d’interprétation par téléphone dans la langue de la minorité.
We are developing a directive on official languages’ obligations
in bilingual offices, which will complement the current directive
on active offer that has been in effect since September 2008. In
addition, we will also develop a policy on the provision of services
in both official languages, to be completed by March 2012.
Nous sommes en train d’élaborer une Directive sur les
obligations en matière de langues officielles dans les bureaux
désignés bilingues, qui servira de complément à la Directive sur
l’offre active en vigueur depuis septembre 2008. De plus, nous
mettrons de l’avant une Politique sur la prestation de services
dans les deux langues officielles, qui sera terminée d’ici mars 2012.
1:18
Official Languages
3-10-2011
We also developed an enhanced online training module
covering all aspects of the Official Languages Act that will be
available to all employees and mandatory for those who are
responsible for serving the public. These modules are currently
undergoing final testing. Launch is scheduled for this fall.
Nous avons également conçu des modules de formation en
ligne améliorés qui couvrent toutes les composantes de la Loi sur
les langues officielles. Tous les employés auront accès à ces
modules, et ces derniers seront obligatoires pour le personnel
responsable de servir le public. Nous sommes en train d’y mettre
la touche finale, et leur lancement est prévu à l’automne.
As per recommendation four, on management leadership,
performance objectives and targets reflecting the department’s
bilingual service obligations have been included in the
performance management agreements of executives and in the
performance and learning plans of managers and employees
responsible for citizen services.
Pour ce qui est de la recommandation quatre sur le leadership
de la gestion, des objectifs de rendement qui reflètent les
obligations du ministère en matière de prestation de services
bilingues font désormais partie des ententes de gestion du
rendement du personnel de direction et des plans de rendement
et d’apprentissage des gestionnaires et des employés responsables
des services aux citoyens.
As per recommendation five, to ensure sufficient and adequate
bilingual capacity across the service delivery network, we are
examining the current complement of bilingual positions and
assessing the appropriate standard. We will then determine the
most appropriate plan to ensure the right capacity to meet our
bilingual service delivery obligations. Our commitment is to
reaffirm that we have sufficient capacity to provide bilingual
services at all times.
En ce qui a trait à la recommandation cinq sur la nécessité
d’avoir une capacité bilingue suffisante et adéquate dans
l’ensemble du réseau de prestation de services, nous examinons
présentement le nombre actuel de postes désignés bilingues et
déterminons les normes requises. Nous pourrons ensuite décider
du plan à suivre pour nous assurer que nous avons la capacité
qu’il faut pour respecter nos obligations en matière d’offre de
services bilingues. Nous réaffirmons notre engagement à faire en
sorte d’avoir la capacité requise pour offrir des services bilingues
en tout temps.
[Translation]
[Français]
As per recommendation six on consultation, we established a
structured approach to consultations with official language
minority communities regarding service delivery. This will bring
together, in a coordinated fashion, various consultations
occurring at the community, provincial and regional levels
across the country.
Pour ce qui est de la recommandation six, portant sur la
consultation, nous avons mis de l’avant une approche structurée
pour la consultation des communautés de langue officielle en
situation minoritaire concernant la prestation des services. Cette
approche permettra de réunir, d’une manière coordonnée, les
différentes consultations qui se déroulent à l’échelle
communautaire, provinciale et régionale à la grandeur du pays.
In July, Ms. Rallis and I met with the Fédération des
communautés francophones et acadienne, the FCFA, and the
Quebec Community Groups Network, the QCGN, to discuss the
proposed official language minority community engagement
framework. They expressed support for our proposed approach.
This fall, the department will host an annual national dialogue
session with national official language minority community
organizations.
En juillet, Mme Rallis et moi avons rencontré la Fédération
des communautés francophones et acadienne, la FCFA, et le
Quebec Community Groups Network, le QCGN, pour discuter
du cadre d’engagement proposé pour les communautés de langue
officielle en situation minoritaire. Ces derniers étaient en accord
avec l’approche suggérée. Cet automne, le ministère tiendra une
séance nationale annuelle de discussions avec les organismes
d’appui aux communautés de langue officielle en situation
minoritaire.
[English]
Finally, we delivered on our commitments related to
recommendation seven, on monitoring client satisfaction by
developing a performance measurement and management
framework, including performance indicators, which will be
integrated into next year’s departmental management
accountability framework and performance report.
[Traduction]
Et enfin, nous avons rempli nos engagements relatifs à la
recommandation sept sur le contrôle de la satisfaction de la
clientèle. Nous avons élaboré un cadre d’évaluation et de gestion
du rendement, y compris des indices de rendement, qui sera
intégré dans le rapport de rendement et le cadre de
responsabilisation de gestion de l’an prochain.
3-10-2011
Langues officielles
[Translation]
As you can see, we take the recommendations of the audit
report very seriously and are well on the way to realizing the
measures we undertook as part of our response to the
commissioner.
[English]
Thank you for the opportunity to report on our progress. I
would now be pleased to answer any questions you may have.
[Translation]
1:19
[Français]
Comme vous pouvez le constater, nous prenons très au sérieux
les recommandations du rapport de vérification et nous sommes
sur la bonne voie pour concrétiser les mesures que nous nous
étions engagés à prendre dans notre réponse au commissaire.
[Traduction]
Merci de m’avoir donné la possibilité de faire état de nos
progrès. Je serai maintenant heureuse de répondre à toute
question que vous aimeriez soulever.
[Français]
Senator Champagne: To see you here and know that there are
some problems is quite surprising because it was not so long ago
that you were being praised for the work you do at Service
Canada.
Le sénateur Champagne : Vous retrouver ici et constater qu’il y
a encore des problèmes est assez étonnant puisqu’il n’y a pas si
longtemps, vous aviez reçu des notes extraordinaires pour le
travail que vous faites à Service Canada.
All of sudden you are in turmoil because, for example, your
office in Chéticamp might lose its services in French, or because
the anglophone population in Quebec feels forgotten.
Soudainement, vous voilà dans la tourmente parce que, par
exemple, votre bureau de Chéticamp perdrait la possibilité d’avoir
du français ou encore, parce que la population anglophone au
Québec se considère laissée de côté.
I would like you to explain how this shift happened when
everything was going so well and everyone was happy. All of
sudden, you are being accused of all the sins of Israel by both the
francophone community of Nova Scotia and the anglophone
community of Quebec. Tell me how this happened and what you
have done to deal with these demands and problems.
J’aimerais que vous m’expliquiez comment ce virage est arrivé
alors que tout était beau, que tout le monde était gentil et que cela
allait bien. Tout d’un coup, on vous accuse de tous les péchés
d’Israël, autant du côté de la communauté francophone de la
Nouvelle-Écosse que du côté de la communauté anglophone du
Québec. Dites-moi comment c’est arrivé et ce que vous avez fait
pour que ces exigences et ces problèmes disparaissent.
Ms. Fisher: Thank you very much. First I would like to
mention that it is a challenge to meet the requirements of the
Official Languages Act for federal institutions that serve the
public in both official languages, including in places where
bilingual services are required across the country. We take our
official language responsibilities under a structure of coordinated
governance seriously.
Mme Fisher : Merci beaucoup. J’aimerais tout d’abord
mentionner que la Loi sur les langues officielles défie les
exigences pour les institutions fédérales qui servent le public
dans les deux langues officielles, y inclus les lieux où les services
bilingues sont requis à travers le pays. Nos responsabilités en
matière de langues officielles sont prises au sérieux dans le cadre
d’une structure de gouvernance coordonnée partout.
[English]
[Traduction]
I would like to reiterate that Service Canada is committed to
the Official Languages Act and the obligations that it imposes.
We are committed to reflect those obligations to citizens, to
communities and to our employees.
J’aimerais répéter que Service Canada s’engage à respecter la
Loi sur les langues officielles et les obligations qu’elle prescrit.
Nous prenons cet engagement auprès des citoyens, des
communautés et de nos employés.
There were three elements of activities that we undertook
following the discussions that occurred in March. One of the
components was around the delivery of bilingual services in
unilingual offices.
À la lumière des discussions qui ont eu lieu en mars, nous
avons entrepris trois activités, dont l’une sur la prestation de
services bilingues dans les bureaux unilingues.
[Translation]
That was to affirm our obligations.
[Français]
C’était pour affirmer nos obligations.
1:20
Official Languages
[English]
3-10-2011
[Traduction]
What we did for the delivery of bilingual services in unilingual
offices, we have since implemented translation services in every
unilingual office across Canada. That is there to go above and
beyond the obligations in the Official Languages Act.
Pour assurer la prestation de services bilingues dans
bureaux unilingues, nous avons depuis mis en œuvre
services de traduction dans tous les bureaux unilingues
Canada. Ces services sont en place pour aller au-delà
obligations prévues dans la Loi sur les langues officielles.
The way it works is a citizen who presents themselves in a
unilingual office will first be greeted by our agent. If the person is
requesting service in the minority language, they are actively told
by our employee that although this is a unilingual office, if the
employee feels comfortable speaking in the minority language, the
person is served in the minority language. The person may also be
offered a telephone interpretation service so that the person can
receive the service in the language of their choice.
Un citoyen qui se présente dans un bureau unilingue sera
d’abord accueilli par notre agent. S’il demande d’être servi dans la
langue minoritaire, même s’il s’agit d’un bureau unilingue, notre
employé le servira dans la langue minoritaire s’il est à l’aise de
parler dans cette langue. On peut également offrir au client un
service d’interprétation téléphonique pour qu’il puisse être servi
dans la langue de son choix.
We have also issued a directive to all of our offices across the
country that employees who feel comfortable in unilingual offices
speaking in the minority language are free, as a courtesy, to help
the citizen in the language of the citizen’s choice. That has been
made clear in the service delivery directives to employees that we
issued in June.
Nous avons également émis une directive à l’échelle du pays
pour faire savoir à tous nos employés qu’ils peuvent, par
courtoisie, répondre aux citoyens dans la langue de leur choix
s’ils se sentent à l’aise de le faire. Cette consigne est clairement
énoncée dans les directives sur la prestation des services à
l’intention des employés que nous avons émises en juin.
The second element is that we are doing some additional
consultations with the official language minority communities in
Cheticamp and Petit de Grat. We are committed to enhancing our
services and improving our services at Service Canada. The
community offices are currently managed through a third party
private sector contractor who is responsible for delivering
information services and some pamphlets in those communities.
Those offices are not able to offer full services that citizens can
receive in Service Canada centres.
Deuxièmement, nous tenons des consultations supplémentaires
auprès des communautés de langue officielle en situation
minoritaire à Chéticamp et à Petit-de-Grat. Nous sommes
résolus à intensifier et à améliorer nos services. Les bureaux
communautaires sont actuellement administrés par un
entrepreneur tiers du secteur privé qui est responsable d’offrir
des services d’information et de distribuer quelques brochures
dans ces communautés. Ces bureaux ne sont pas en mesure
d’offrir les services complets que les citoyens peuvent recevoir
dans les centres de Service Canada.
Therefore, we proposed the transition to another type of
service, a scheduled outreach service, where we can send trained
Service Canada officers to the communities to provide full service.
For example, in a community office, a citizen would not be able to
obtain a social insurance number or have access to the trained
resources of a Service Canada employee. With the new service
option, employees would travel to those communities and serve
the citizens in the language of their choice, in their minority
language, and provide full service.
Par conséquent, nous avons proposé la transition vers d’autres
types de services, des services externes réguliers, où nous pouvons
envoyer des agents de Service Canada dans des collectivités pour
fournir des services complets. Par exemple, dans un bureau
communautaire, un citoyen ne serait pas en mesure d’obtenir un
numéro d’assurance sociale ou d’accéder à des ressources d’un
employé formé de Service Canada. Grâce à la nouvelle option de
service, les employés se déplaceraient dans ces collectivités et
serviraient les citoyens dans la langue de leur choix, dans la langue
de la minorité, et offriraient des services complets.
[Translation]
Senator Champagne: Your services are called ‘‘mobile.’’
Ms. Fisher: Mobile outreach sites, yes.
Senator Champagne: I was told that since April, 45 of your
50 offices have been converted into mobile outreach sites. That
does not happen overnight. You then tell people to go to the
Service Canada website, but not everyone has a computer or
knows how to access the site. In that case you suggest that they
call. You know as well as I do that phoning a government office is
les
des
au
des
[Français]
Le sénateur Champagne : Vos services sont appelés
« mobiles ».
Mme Fisher : Services mobiles réguliers, oui.
Le sénateur Champagne : On me disait qu’il y avait 45 de vos
50 bureaux qui ont été transformés, depuis le mois d’avril, en sites
de services mobiles. Cela ne se fera pas du jour au lendemain; à ce
moment-là vous dites aux gens « allez sur le site web de Service
Canada », mais ce n’est pas tout le monde qui a un ordinateur ou
qui sait comment faire. Sinon, vous suggérez de téléphoner. Vous
3-10-2011
Langues officielles
1:21
not always possible. You are told to ‘‘press 1,’’ ‘‘press 5,’’ ‘‘press
3.’’ Not everyone can navigate through that, even in the official
language of their choice.
savez comme moi que téléphoner à un bureau gouvernemental, ce
n’est pas toujours possible : on vous dit « pesez sur 1 », « pesez
sur 5 », « pesez sur 3 ». Ce n’est pas tout le monde qui s’y
retrouve, même dans la langue de son choix.
I would like to come back to that and I would also like to know
who decides whether an office will be unilingual or bilingual. I do
not understand how a place like Petit-de-Grat or Chéticamp can
go from having a bilingual office to having a unilingual English
office, when there are so many francophones in that region. Who
decides whether it will be a unilingual office or a bilingual office?
What are the criteria for deciding who you will send to work in
those regions?
J’aimerais qu’on revienne là-dessus et j’aimerais aussi savoir
qui décide qu’un bureau sera unilingue ou bilingue. Je comprends
mal que dans un endroit comme Petit-de-Grat ou Chéticamp on
soit passé d’un bureau bilingue à un bureau totalement
anglophone, alors qu’il y a beaucoup de francophones dans
cette région. Qui décide que ce sera un bureau unilingue ou
bilingue? Quels sont les critères qui vous font décider qui vous
allez envoyer travailler dans ces régions?
Ms. Fisher: The services are offered according to the needs of
the community and the Official Languages Act gives us the
framework for deciding what the requirements are for the
community.
Mme Fisher : Les services sont offerts selon les besoins de la
communauté, et c’est la Loi sur les langues officielles qui nous
donne le cadre pour décider quelles sont les exigences pour la
communauté.
I will turn the floor over to my colleague, Ms. LalondeGoldenberg, who can explain how we make our decisions under
the Official Languages Act for bilingual locations.
Je vais céder la parole à ma collègue, Mme Lalonde
Goldenberg, qui pourra vous expliquer comment on décide,
selon le cadre de la Loi sur les langues officielles, pour les endroits
bilingues.
Julie Lalonde-Goldenberg, Director General, Interdepartmental
Partnerships and Service Offerings, Citizen Service Branch, Service
Canada: Thank you, Ms. Fisher. We are talking about the
strategy for converting community offices into mobile outreach
sites. As Ms. Fisher mentioned, this conversion was proposed in
order to improve services. At this stage, services in the community
offices are information services only. People who go to those
offices are often served by third parties who cannot make the
transactions we do at our Service Canada offices.
Julie Lalonde-Goldenberg, directrice générale, Partenariats
interministériels et offres de service, Direction générale de service
aux citoyens, Service Canada : Merci, madame Fisher. On parle
justement de la stratégie de transition des bureaux
communautaires à des bureaux de service mobiles réguliers.
Comme Mme Fisher l’a mentionné, cette transition est proposée
pour une amélioration de services. À ce point-ci, les services dans
les bureaux communautaires sont des services d’information
seulement. Les gens qui vont dans ces bureaux, sont servis
souvent par des tierces parties qui ne peuvent pas réaliser des
transactions comme on le fait dans nos bureaux de Service
Canada.
A decision was made to propose this service conversion. These
decisions are made at a number of levels with the participation of
a number of people. The goal is always to have a better service.
Our service strategy and our network are very dynamic and there
are many changes.
Une décision a été prise de proposer cette transition de services.
Ces décisions se font à plusieurs niveaux avec la participation de
plusieurs personnes. Le but est toujours d’avoir un meilleur
service. Évidemment, notre stratégie de services et notre réseau
sont très dynamiques, il y a beaucoup de changements.
In this scenario, for the offices in the community centres that
were in designated bilingual regions, or bilingual offices, the plan
is to replace them with mobile bilingual services in the same
region, not to close a bilingual office and not offer a
corresponding bilingual service.
Dans ce scénario, pour les bureaux dans les centres
communautaires qui étaient dans des régions désignées
bilingues, donc les bureaux bilingues, le plan est de les
remplacer par des services mobiles bilingues dans la même
région. Donc, ce n’est pas pour fermer un bureau bilingue et ne
pas offrir un service bilingue correspondant.
The first phase has been implemented. In the second proposed
phase, five community offices are required under the act to offer
bilingual services. Those five offices are subject to consultations
with the communities. There are three in Alberta and
consultations have been made with the Association canadiennefrançaise de l’Alberta. Service Canada employees have met with
these associations to explain the strategy and to make the point
that this is a better service. We are proposing to replace bilingual
services with mobile bilingual services.
Une première phase a été mise en œuvre; dans la deuxième
phase proposée, cinq bureaux communautaires sont obligés par la
loi d’offrir des services bilingues. Ces cinq bureaux font l’objet de
consultations avec les communautés. Il y en a trois en Alberta et,
effectivement, les consultations ont été faites avec l’Association
canadienne-française de l’Alberta. Les employés de Service
Canada ont rencontré ces associations pour expliquer la
stratégie et pour faire valoir le fait que c’est un meilleur service.
On propose de remplacer les services bilingues par des services
mobiles bilingues.
1:22
Official Languages
3-10-2011
Senator Champagne: If I lived in Chéticamp or Petit-de-Grat,
where there had been a bilingual office for me to go to, and the
time came for me to apply for old age security, for instance, where
would I go to find out when the mobile service was passing
through or whether I would have to drive 60, 75 or 100 kilometres
to find the mobile service — which must move every day or it
would not be mobile? Where will it be tomorrow and the next
day? That is what I find extremely difficult.
Le sénateur Champagne : Si j’habitais Chéticamp ou Petit-deGrat, où il y avait un bureau bilingue où je pouvais me rendre, et
si le temps était venu pour moi, par exemple, d’aller faire une
demande pour ma pension de vieillesse, où faudrait-il que je
m’informe pour savoir quand le service mobile passera chez nous
ou si je devrai conduire 60, 75 ou 100 kilomètres pour trouver le
service mobile —qui doit bouger tous les jours, sinon il ne serait
pas mobile? Où sera-t-il demain ou après demain? C’est cela que je
trouve extrêmement difficile.
Ms. Fisher: There is a strategy for letting the communities
know where the services are.
Mme Fisher : Il y a toute une stratégie pour communiquer avec
les communautés où se trouvent les services.
[English]
We partner with partners in the communities to offer these
services on a regularly scheduled basis, depending on the volumes
and the needs of the communities. This is typically once or twice a
week or once or twice a month. It is on a regularly scheduled
basis. We often locate with community organizations that are well
known in these communities. The location of the Service Canada
office is available online, as you mentioned, but it is also available
by calling 1-800-O Canada.
Senator Champagne: Press 1, press 2, press 4.
Ms. Fisher: No. I wish to state that the 1-800-O Canada
telephone is answered by a live person every time. There is no
integrated voice response on that line. The phone is answered in
bilingual format and people can feel very comfortable that they
will get a person at the other end of the line, and that person will
let them know when and where those services are available in their
communities.
[Translation]
[Traduction]
Nous nous associons à des partenaires dans les collectivités
pour offrir des services externes réguliers, en fonction de la taille
et des besoins des collectivités. Ces services sont ordinairement
offerts une ou deux fois par semaine ou deux fois par mois. Ils
sont offerts sur une base régulière. Comme vous l’avez mentionné,
on peut trouver l’emplacement des bureaux de Service Canada en
se rendant en ligne ou en appelant au 1-800-O Canada.
Le sénateur Champagne : Appuyez sur le 1, appuyez sur le 2,
appuyez sur le 4.
Mme Fisher : Non. Je tiens à signaler que c’est toujours une
personne qui répond aux appels. Il n’y a pas de réponse vocale
intégrée sur cette ligne. Le service est offert dans les deux langues
et les citoyens peuvent être certains qu’un agent leur répondra, et
que cette personne leur fera savoir quand et où ces services sont
offerts dans leurs collectivités.
[Français]
Senator Fortin-Duplessis: My question relates to Senator
Champagne’s.
Le sénateur Fortin-Duplessis : Ma question va dans le sens de
celle du sénateur Champagne.
I read about a rather bizarre case in Nova Scotia. Employees
were prohibited from speaking French to clients who were
requesting help in that language.
J’avais lu sur un cas assez spécial qui s’est passé en NouvelleÉcosse. Des employés se sont vus interdit de parler français avec
des clients qui leur demandaient de l’aide dans cette langue.
CBC reporters talked to Dean Snelling, an anglophone who
lived in Switzerland for 15 years. Since returning to Canada five
years ago, he has been running a seniors home in Nova Scotia. He
had received pension documents from Switzerland in French. He
went to the Service Canada office in Kentville. He did not expect
to be served in French, but to his surprise, when he got there a
francophone employee told him that she could not help him. I will
quote the woman, whose French was very good:
Les journalistes de Radio-Canada ont recueilli le témoignage
de Dean Snelling, un anglophone ayant résidé en Suisse durant
une quinzaine d’années. Depuis son retour au Canada il y a cinq
ans, il dirige une maison pour personnes âgées en NouvelleÉcosse. Il avait reçu des documents en français provenant de la
Suisse au sujet de ses prestations de retraite. Il s’est rendu au
bureau de Service Canada à Kentville. Il ne s’attendait pas à des
services en français, mais quelle ne fut pas sa surprise, une fois
rendu sur place, qu’une employée francophone lui dise qu’elle ne
pouvait pas l’aider. Je cite cette dame qui parlait très bien
français :
Sorry, this is an English only office and I am not allowed
to speak French with you. It’s the rule.
Je suis désolée, mais maintenant c’est une règle. C’est un
bureau anglais et moi je ne peux pas parler français avec
vous.
3-10-2011
Langues officielles
1:23
Mr. Snelling complained to Service Canada, who did not want
to follow up with him because it was protecting the employee and
not disclosing her name.
M. Snelling a porté plainte aussi à Service Canada qui n’a pas
voulu donner suite parce que lui, quand même, a protégé
l’employée en ne donnant pas son nom.
I would like to know whether you have a policy in place
whereby in a certain region the office absolutely must be
unilingual English and francophones have to use the phone? I
find this a bit odd. I do not think this is a sign of progress. I think
it is a step backward.
Je voudrais savoir si vous aviez une politique en place à savoir
qu’il faut absolument que dans telle région le bureau soit
unilingue anglophone et que les francophones soient obligés de
se servir du téléphone? Parce que je trouve que c’est un petit peu
bizarre, là; je ne trouve pas qu’on va de l’avant avec ça. Je pense
qu’on recule un peu.
I would like your opinion on this and then I have another
quick question for you after that.
J’aimerais avoir votre opinion là-dessus puis j’aurai une autre
question un peu plus courte à vous poser par la suite.
[English]
[Traduction]
Ms. Fisher: I wish to reiterate that Service Canada is
committed to implementing the Official Languages Act and
respecting its obligations. In the case of unilingual offices, we feel
that we are going above and beyond our obligations.
Mme Fisher : Je tiens à répéter que Service Canada est résolu à
mettre en œuvre la Loi sur les langues officielles et à respecter ses
obligations. En ce qui concerne les bureaux unilingues, nous
estimons que nous allons au-delà de nos obligations.
Currently, in a unilingual Service Canada centre, if a person
comes in requesting service in French, in the minority language,
we have reiterated with all of our employees —
À l’heure actuelle, dans un centre unilingue de Service Canada,
si une personne demande à être servie en français, dans la langue
de la minorité, nous avons répété que tous nos employés...
[Translation]
But when one of our employees feels comfortable using the
second language, a francophone in your example. . .
[English]
[Français]
Mais lorsqu’un de nos employés se sent confortable dans la
deuxième langue, un francophone comme dans votre exemple...
[Traduction]
We encourage them to serve the client in the other official
language — in French in this case. We do let the citizen know that
it is a unilingual office, but if the employee is comfortable serving
in the other language, we absolutely permit and encourage that.
Nous les encourageons à servir le client dans l’autre langue
officielle — le français, dans ce cas-ci. Nous faisons savoir au
citoyen que le bureau est unilingue, mais si l’employé est à l’aise
de servir dans l’autre langue, nous lui en donnons l’autorisation et
l’encourageons tout à fait à le faire.
That is a directive, a service directive to all of our employees
across the country. It applies in all unilingual offices.
C’est une directive qui s’applique à tous nos employés au pays.
Elle s’applique dans tous nos bureaux unilingues.
If a client encounters an employee who does not speak the
second or minority language, we have clear procedures that allow
them to engage a telephone interpretation. It is an instant
telephone interpretation service now available also in all of our
unilingual offices.
Si un client rencontre un employé qui ne parle pas la deuxième
langue ou la langue de la minorité, nous avons des procédures
claires qui lui permettent de faire appel à des services
d’interprétation par téléphone. C’est un service d’interprétation
téléphonique instantanée qui est maintenant offert dans tous nos
bureaux unilingues.
There are two avenues to serve that citizen. Both of them
would give language of choice to the citizen. That service has been
implemented across the country and is being followed.
Il y a deux options pour servir ce citoyen, qui lui permettraient
d’être servi dans la langue de son choix. Ce service a été mis en
place partout au pays et la procédure est suivie.
[Translation]
Senator Fortin-Duplessis: Thank you.
Service Canada is planning to close or reorganize some of its
community offices. Has an impact study of the official language
communities been done and, if so, was it done before the
announcement of the closures?
[Français]
Le sénateur Fortin-Duplessis : Merci.
Service Canada prévoyait fermer ou réorganiser certains de ses
bureaux communautaires. Une étude d’impact sur les
communautés de langue officielle a-t-elle été réalisée et, si oui,
l’a-t-elle été avant l’annonce des fermetures?
1:24
Official Languages
Also, have you consulted the official language communities
affected by the announced office closures?
[English]
3-10-2011
Également, avez-vous consulté les communautés de langue
officielle qui étaient affectées par les fermetures de bureaux
annoncées?
[Traduction]
Ms. Fisher: When we look at our service delivery network, it is
very dynamic, changing all the time. We make every effort to
ensure we engage with all of the stakeholders in communities
when we are updating, modernizing our network and making
changes.
Mme Fisher : Quand nous examinons notre réseau de
prestation de services, nous constatons qu’il est très dynamique
et qu’il évolue constamment. Nous nous efforçons de consulter
tous nos intervenants communautaires lorsque nous mettons à
jour et modernisons notre réseau et apportons des changements.
You asked about the impact study. There was no impact study
done in terms of the transition to a scheduled outreach for these
communities. Right now we are at the stage where we are
consulting the official language minority communities and the
stakeholders, the community groups that are engaged in the
service, and we are getting their views. We are ensuring that we
have the best suitable options and suitable solutions to meet the
needs of the communities. That is our focus, is engaging in a
coordinated and structured way so that they have input into the
service that is available and the best options for them.
Vous avez posé des questions sur l’étude d’impact. Aucune
étude d’impact n’a été menée sur la transition vers la prestation de
services externes dans ces collectivités. À l’heure actuelle, nous en
sommes à consulter les communautés de langue officielle en
situation minoritaire, les intervenants et les groupes
communautaires qui participent au service, et nous recueillons
leurs avis. Nous nous assurons d’avoir les options et les solutions
les plus appropriées pour répondre aux besoins des communautés.
Notre priorité consiste à intervenir de façon coordonnée et
structurée de manière à entendre l’avis des citoyens sur les services
et à leur offrir les meilleures options possible.
[Translation]
Senator Fortin-Duplessis: You have not done an impact study,
as such? You are holding consultations with people who are to be
served in both official languages, but no impact study has been
done.
[Français]
Le sénateur Fortin-Duplessis : Une étude d’impact comme telle,
vous n’en avez donc pas fait? Vous tenez des consultations avec
les populations qui doivent être servies dans les deux langues,
mais aucune étude d’impact n’a été faite.
Ms. Fisher: No, not yet. No.
Mme Fisher : Non, pas encore. Non.
Senator Tardif: Thank you for being here today.
Le sénateur Tardif : Merci d’être parmi nous aujourd’hui.
Ms. Fisher, you indicate in your report that you hire third
parties for some of the contracts in your offices. What measures
are in place to ensure that the third parties you hire comply with
the Official Languages Act and the obligations under it?
Mme Fisher, vous avez indiqué dans votre rapport que vous
embauchez des tierces parties pour certains contrats dans vos
bureaux. Quelles mesures sont mises en place pour vous assurer
que les tierces parties que vous embauchez respectent la Loi sur les
langues officielles et les obligations qui en découlent?
Ms. Fisher: I will have my colleague Julie Lalonde-Goldenberg
explain our requirements. Thank you.
Mme Fisher : Je vais me tourner vers ma collègue Julie
Lalonde-Goldenberg pour expliquer nos exigences. Merci.
Ms. Lalonde-Goldenberg: Service Canada is indeed committed
to meeting its obligations under the act. Nothing changes when
services are delivered by a third party. When services are delivered
by a third party, the department ensures that there are contractual
commitments included in the service contract, as well as
provisions to ensure that these obligations are met.
Mme Lalonde-Goldenberg : Service Canada s’est effectivement
engagé à respecter les obligations de la loi. Rien ne change
lorsqu’il y a prestation de services par une tierce partie. Lorsque la
prestation de services est effectuée par des tierces parties, le
ministère s’assure qu’il y a des engagements contractuels compris
dans les contrats de service, ainsi que des dispositions pour
s’assurer que ces obligations soient respectées.
In some service delivery situations, the obligations do not
apply, but when third parties supply service delivery for us, we
always ensure that the legislative obligations are applied and met
under contract.
Dans certaines situations de prestation de services, les
obligations ne s’insèrent pas; mais lorsque des tierces parties
fournissent une prestation de services pour nous, il est clair qu’il
faut toujours s’assurer que s’engagent et respectent les obligations
de la loi, et ce par relation contractuelle.
Senator Tardif: Two things stand out in your response. Is there
a language clause in the contracts signed with these third parties?
Le sénateur Tardif : Deux éléments ressortent de votre réponse.
Y a-t-il une clause linguistique dans les contrats signés avec ces
tierces parties?
3-10-2011
Langues officielles
1:25
When you say you proceeded to transfer the responsibilities,
what does that mean exactly? Can you give us an example of what
that would imply in certain situations?
Ensuite, quand vous dites que vous avez procédé au transfert
des responsabilités, qu’est-ce que ça veut dire exactement?
Pouvez-vous nous donner un exemple et de quoi il s’agirait
dans certaines situations?
Ms. Lalonde-Goldenberg: I am talking about a language
clause in the contract where the third party commits to
respecting the obligations under the act.
Mme Lalonde-Goldenberg : Je parle d’une clause linguistique
dans le contrat où la tierce partie s’engage à respecter les
obligations de la loi.
Situations of transfer of responsibilities are situations that are
not related to the third party contractors, but are situations where
a service is transferred from federal to provincial.
Des situations de transfert de responsabilités sont des
situations qui ne sont pas reliées à des tierces parties
contractuelles, mais sont des situations où un service est
transféré du fédéral au provincial.
If your question simply concerns the third parties, those who
offer service delivery, in those situations, when they offer service
delivery for us, there are always language provisions.
Si votre question concerne simplement les tierces parties, ceux
qui offrent la prestation de services, dans ces situations, lorsqu’ils
offrent la prestation de services pour nous, il y a toujours des
dispositions linguistiques.
Senator Tardif: What percentage of your work would be
assigned to contractors who might transfer the contracts to
someone else who would not be responsible for respecting your
obligations?
Le sénateur Tardif : Quel pourcentage de votre travail serait
remis à des contractuels qui les auraient transférés à quelqu’un
d’autre qui ne serait pas responsable de respecter vos obligations?
This would represent what percentage overall?
Cela représenterait quel pourcentage de l’ensemble?
Ms. Lalonde-Goldenberg: I cannot answer that question with
any accuracy.
Mme Lalonde-Goldenberg : Je ne peux pas répondre avec
précision à cette question. Je n’ai pas ce niveau de précision.
Senator Tardif: Would it be 10, 25 or 50 per cent? Roughly
what number are we talking about?
Le sénateur Tardif : Est-ce que ce serait 10, 25 ou 50 p. 100? On
parlerait de quel nombre à peu près?
Ms. Fisher: To clarify the question, you are asking what
percentage of our services is delivered by a third party.
Mme Fisher : Pour préciser la question, vous demandez le
pourcentage de nos services qui sont livrés par une tierce partie?
Senator Tardif: Yes.
Le sénateur Tardif : Oui.
Ms. Fisher: At Service Canada?
Mme Fisher : À Service Canada?
Senator Tardif: Yes, please.
Le sénateur Tardif : S’il vous plaît, oui.
Ms. Fisher: I do not have an immediate answer, but I might
have some figures that could determine the percentage. We have
more than 600 service point offices at Service Canada. Including
third parties, there are roughly 633 across the country, which
includes 331 Service Canada centres, 274 mobile outreach sites
and 28 community offices that are third parties.
Mme Fisher : Je n’ai pas de réponse pour l’instant, mais j’ai
peut-être des chiffres qui pourraient préciser ce pourcentage.
Nous avons plus de 600 bureaux points de service à Service
Canada. Incluant les tierces parties, c’est 633 partout au pays, ce
qui comprend 331 centres de Service Canada, 274 services mobiles
réguliers et 28 bureaux communautaires qui sont les tierces
parties.
Senator Tardif: The community offices are the third parties?
Le sénateur Tardif : Ce sont les bureaux communautaires qui
sont les tierces parties?
Ms. Fisher: Yes, 28 of them. They usually have lower volumes,
which represent information volumes only. The other volumes,
the mobile outreach sites and the Service Canada centres, that
provide much more comprehensive services such as passports,
pension applications, employment insurance claims, social
insurance numbers; a number of those services are not delivered
by third parties. That is why it is very difficult to give you an
accurate number.
Mme Fisher : Oui, c’est le 28. Habituellement, ils ont des
volumes plus bas, ce qui représente les volumes d’information
seulement, et les volumes pour les autres, les services mobiles
réguliers et les centres de Service Canada, y compris les services
beaucoup plus complets, comme par exemple, les passeports, les
applications pour la retraite, les applications pour l’assuranceemploi, le numéro d’assurance sociale, plusieurs services ne sont
pas livrés par les tierces parties. C’est pourquoi il est très difficile
de vous donner un chiffre précis.
1:26
Official Languages
Senator Tardif: Would it be possible, I think you mentioned it,
to have a list of the third parties that offer services to the
Canadian public on behalf of Service Canada?
Ms. Fisher: Yes, of course.
Senator Tardif: Perhaps you could send it to the committee.
Ms. Fisher: The list of the 28 community offices?
The Chair: Yes, you can have it sent to the clerk.
3-10-2011
Le sénateur Tardif : Est-ce que ce serait possible, je pense que
vous l’avez mentionnées, d’avoir la liste des tierces parties qui
offrent des services à la population canadienne au nom de Service
Canada?
Mme Fisher : Oui, bien sûr.
Le sénateur Tardif : Vous pourriez peut-être les envoyer au
comité.
Mme Fisher : La liste des 28 bureaux communautaires?
La présidente : Oui, vous pouvez les faires parvenir à la
greffière.
Senator Tardif: Have these 28 community offices been
devolved to the provinces?
Le sénateur Tardif : Et est-ce qu’on a fait la dévolution de ces
28 bureaux communautaires aux provinces?
Ms. Fisher: No. The devolution is not to the provinces. The
devolution is the conversion to mobile outreach sites, which can
offer even more services that the public needs. It is truly an
improvement.
Mme Fisher : Non. La dévolution ne va pas aux provinces. La
dévolution est une transition aux services mobiles réguliers qui
peuvent offrir encore plus de services dont la population a besoin.
Alors, c’est vraiment une amélioration.
Senator Tardif: If I understood correctly, Ms. LalondeGoldenberg said that there was compliance, that there were
language clauses for third parties that are responsible for
delivering the information Service Canada has, but that there
were other third parties that were not bound by these obligations
because of the devolution?
Le sénateur Tardif : Je croyais avoir compris que
Mme Lalonde-Goldenberg avait dit qu’il y avait eu le respect, il
y avait eu des clauses linguistiques pour les tierces parties qui
étaient responsables de livrer l’information dont Service Canada
disposait, mais qu’il y avait d’autres tierces parties qui n’étaient
pas tenues à ces obligations parce qu’on en avait fait la
dévolution?
Ms. Fisher: Excuse me. There are Service Canada information
services that are delivered by 28 third parties.
Mme Fisher : Excusez-moi. Il y a des services d’information de
Service Canada qui sont livrés par les 28 tierces parties.
Senator Tardif: Yes.
Ms. Fisher: And among those 28, there are 5, that I will
identify on the list, that have an obligation to deliver these
services in both official languages.
Senator Tardif: And the other 23 are not required to do so?
Ms. Fisher: No, they are unilingual community offices. So, of
the 28 offices, 23 are unilingual and 5 are bilingual.
Senator Tardif: Thank you, Ms. Fisher.
The Chair: And these unilingual offices were unilingual before
and still are? And the same thing for the bilingual offices?
Le sénateur Tardif : Oui.
Mme Fisher : Et parmi ces 28, il y en a 5, que je vais identifier
sur la liste, qui ont une obligation de livrer ces services dans les
deux langues officielles.
Le sénateur Tardif : Et les autres 23 n’ont pas ces obligations?
Mme Fisher : Non, ce sont les bureaux communautaires
unilingues. Donc de ces 28 bureaux, 23 sont unilingues et 5 sont
bilingues.
Le sénateur Tardif : Merci, madame.
La présidente : Et ces bureaux unilingues l’étaient auparavant
et le sont encore? Et la même chose pour les bureaux bilingues?
Ms. Fisher: Yes.
Mme Fisher : Oui.
The Chair: There has been no change as such?
La présidente : Il n’y a pas de changement comme tel.
Senator Poirier: Thank you for your presentation and I
apologize for my slight delay.
Le sénateur Poirier : Merci pour votre présentation et mes
excuses pour mon léger retard.
Given that New Brunswick is an officially bilingual province, is
the obligation of the Service Canada offices in New Brunswick
different than in the other provinces?
Étant donné que le Nouveau-Brunswick est une province
officiellement bilingue, est-ce que l’obligation des bureaux de
Service Canada au Nouveau-Brunswick est différente que dans les
autres provinces à cause de ce bilinguisme?
Ms. Fisher: I will ask Ms. Duguay to explain the requirements
with regard to the New Brunswick offices.
Mme Fisher : Je vais demander à madame Duguay d’expliquer
les exigences par rapport aux bureaux du Nouveau-Brunswick.
3-10-2011
Langues officielles
1:27
Anne Duguay, Director General, Workplace Effectiveness and
Communities, Human Resources Services Branch, Human
Resources and Skills Development Canada: Hello and thank you
for the question.
Anne Duguay, directrice générale, Efficacité du milieu de travail
et Communautés, Direction générale des services des ressources,
Ressources humaines et Développement des compétences Canada :
Bonjour et merci pour la question.
In fact, there is a difference because New Brunswick is a
designated bilingual region for the purposes of language of work.
That means that employees in New Brunswick can work in the
language of their choice.
En fait, il y a une différence parce que le Nouveau-Brunswick
est une région désignée bilingue aux fins de la langue de travail.
Ce qui veut dire que les employés du Nouveau-Brunswick peuvent
travailler dans la langue de leur choix.
Senator Poirier: My second question follows on Senator
Fortin-Duplessis’ comments about Nova Scotia, which is not an
officially bilingual province, and the case of a person who went to
an office in Kentville.
Le sénateur Poirier : Ma deuxième question fait suite à
l’intervention du sénateur Fortin-Duplessis concernant la
Nouvelle-Écosse, qui n’est pas une province officiellement
bilingue, et du cas d’une personne qui s’était présentée à un
bureau de Kentville.
If I understood correctly, you said that even though this office
is unilingual, employees could speak the language of the client, if
they were able to. But you also said that these employees were to
point out that the office is unilingual. Why could they not just
answer the client in their language? Why do they have to indicate
that it is a unilingual office?
J’ai compris que vous aviez dit que même si ce bureau était
unilingue, que les employés pouvaient parler la langue du client,
s’ils en avaient la capacité. Mais vous disiez également que ces
employés devaient dire que ce bureau était unilingue. Mais
pourquoi ne pouvaient-ils pas seulement répondre au client dans
sa langue? Pourquoi doivent-ils indiquer que c’est un bureau
unilingue?
Ms. Fisher: That is a good question. The reason employees are
asked to tell the clients that they can be served in the language of
their choice, since the employees are comfortable using both
languages, is in the event that one of the clients has to return to
the office, we want them to know that every employee in that
office can offer services in both languages. It is done as a courtesy
to the client.
Mme Fisher : C’est une bonne question. La raison pour
laquelle on demande aux employés de dire aux clients qu’ils
peuvent se faire servir dans la langue de leur choix, puisque les
employés sont à l’aise dans les deux langues, c’est que dans
l’éventualité où un de ces clients devait retourner au bureau, on
veut qu’il sache que tous les employés de ce bureau peuvent offrir
les services dans les deux langues. C’est donc en guise de
courtoisie pour le citoyen.
[English]
[Traduction]
We tell the citizen that telephone interpretation service is
always available. However, if they wish to speak to someone in a
bilingual office, we will tell them the location of the nearest
bilingual office where they can be served, and that is consistent
with our obligations.
Nous informons le citoyen que le service d’interprétation
téléphonique est toujours disponible. Toutefois, s’il souhaite
parler à un agent dans un bureau bilingue, nous lui dirons où se
trouve le bureau bilingue le plus près, et ce, conformément à nos
obligations.
Senator Poirier: I understand what you are saying; I just do not
see the purpose. If I go into an office and someone is speaking to
me in English, and I can respond in English, I will respond. If they
are speaking to me in French and I can respond in French, I will
respond in French. Personally, I do not feel that that is setting up
an expectation for the next time I go. In any event, I respect your
explanation.
Le sénateur Poirier : Je comprends ce que vous dites; je n’en
vois seulement pas le but. Si je me présente dans un bureau et
qu’un agent me parle en anglais, et que je peux lui répondre dans
la même langue, alors je le fais. S’il me parle en français et que je
peux lui répondre en français, alors je le fais. En ce qui me
concerne, je ne me fixe pas d’attente pour la prochaine fois. Quoi
qu’il en soit, je respecte votre explication.
[Translation]
Ms. Fisher: Can I turn the floor over to Ms. LalondeGoldenberg for clarification?
The Chair: Yes, Ms. Fisher.
Ms. Lalonde-Goldenberg: Indeed, as Ms. Fisher said, we want
to manage expectations. However, as indicated in the act, it is
important to ensure that in the offices where we must serve clients
in both official languages, that the employees indeed have the
capacity to do so.
[Français]
Mme Fisher : Est-ce que je peux donner la parole à
Mme Lalonde-Goldenberg pour avoir plus de précision?
La présidente : Oui, madame.
Mme Lalonde-Goldenberg : Effectivement, comme
Mme Fisher l’a dit, on veut gérer les attentes. Mais comme la
loi l’indique, il est important de s’assurer que dans les bureaux où
on doit servir les clients dans les deux langues officielles, que les
employés ont effectivement la capacité de le faire.
1:28
Official Languages
3-10-2011
The language profiles for the officers, the positions for the
officers in the unilingual offices will not be bilingual. When we
hire employees in unilingual offices, we are not looking for people
who are competent in both languages, who have been tested and
so on.
Donc, les profils linguistiques pour les agents, les postes pour
les agents dans les bureaux unilingues ne seront pas bilingues.
Donc, quand on fait l’embauche des employés dans les bureaux
unilingues, effectivement on ne recherche pas des personnes qui
sont compétentes dans les deux langues, qui ont été testées, et
cetera.
It could be that during a transaction at one of the unilingual
offices, the clerk is able to welcome you and process your case in
French, but when faced with a more complex situation in a file,
might not have the skills to provide a service of equal quality. It is
important to say so at the beginning of the transaction, for the
person to say that serving us in French exceeds his or her ability
and that he or she would like to refer you to a bilingual officer.
Il se peut donc que lors d’une transaction, dans un de ces
bureaux unilingues, le préposé puisse vous accueillir et traiter avec
vous en français, mais qui, lorsqu’il sera confronté à une situation
complexe dans un dossier, n’aura peut-être pas les compétences
pour offrir un service de qualité égale. Il est important de le dire
au début de la transaction, que la personne dise qu’elle excède sa
capacité de nous servir en français et qu’elle aimerait vous référer
à un agent bilingue.
It is bureaucratic in a way, but it is a rule. It is important to
offer bilingual services of equal quality. It is an obligation under
the legislation as well.
C’est bureaucratique d’une certaine façon, mais c’est la loi.
C’est important qu’on offre des services bilingues de qualité égale.
C’est une obligation dans notre loi aussi.
Senator Champagne: You say that you recruit unilingual people
and bilingual people. Do you recruit any unilingual
francophones?
Le sénateur Champagne : Vous dites que vous allez recruter des
gens unilingues et des gens bilingues. Est-ce que vous recuteriez
une personne unilingue francophone?
Ms. Fisher: In our Quebec offices, we hire unilingual
francophones.
Mme Fisher : Dans nos bureaux du Québec, nous embauchons
des francophones unilingues.
Senator Champagne: Thank you.
Le sénateur Champagne : Merci.
Ms. Fisher: Allow me to clarify: I do not believe there are any
unilingual francophones outside Quebec, except perhaps in New
Brunswick.
Mme Fisher : Si vous me permettez de préciser, je ne crois pas
qu’il y ait de francophones unilingues hors Québec, sauf peut-être
au Nouveau-Brunswick.
The Chair: Could you forward us that information? Are the
rights of anglophones in Quebec, given that English is the second
official language, respected in the offices where unilingual
francophones are recruited? I am not looking for an answer,
but I would like you to look into it.
La présidente : Pourriez-vous nous faire parvenir
l’information? Et les droits des anglophones au Québec, eu
égard au fait que l’anglais est la deuxième langue officielle, sont-ils
respectés dans les bureaux où on recrute du personnel unilingue
francophones? Je ne vous demande pas de réponse, mais
j’aimerais que vous étudiiez cet aspect.
I have a complementary question to that of Senator Poirier
with regard to the offices in New Brunswick, the only designated
bilingual province in Canada. If I understand correctly, you told
the senator that the offices are designated for language of work.
Does that not mean that it is the employee who has the right to
work in the official language of their choice?
J’ai également une question complémentaire à celle du sénateur
Poirier en ce qui concerne les bureaux au Nouveau-Brunswick,
seule province désignée bilingue au Canada. Si j’ai bien compris,
vous avez répondu au sénateur que c’étaient des bureaux désignés
pour la langue de travail. Des bureaux désignés en termes de la
langue de travail, cela veut dire que c’est l’employé qui a le droit
de travailler dans la langue officielle de son choix, n’est-ce pas?
Ms. Fisher: Yes.
The Chair: What happens in these offices in terms of
communication and services to the public? If they are
designated in terms of language of work, are they not also
designated in terms of communication and service to the public?
Mme Fisher : Oui.
La présidente : Qu’arrive-t-il à ces bureaux en termes des
communications et services au public? S’ils sont désignés en
termes de la langue de travail, ne le sont-ils pas aussi en termes de
communication et de service au public?
Ms. Fisher: That is the question I am going to clarify.
Mme Fisher : C’est la question que je vais préciser.
The Chair: Very well. Thank you.
La présidente : Très bien. Merci.
Senator De Bané: Madam Deputy Minister, you have clientele
that reaches you by Internet: 67 million. Another clientele reaches
you by phone: 58 million. And a third group goes to your offices
Le sénateur De Bané : Madame la sous-ministre, vous avez
votre clientèle qui vous rejoint par Internet, 67 millions. Une autre
clientèle vous rejoint au téléphone, 58 millions. Et le troisième
3-10-2011
Langues officielles
1:29
in person: 6.3 million. For the first group, using the Internet, is
there room for improvement or are all the pages on the site in
both languages?
groupe, les personnes se rendent directement à vos bureaux,
6,3 millions. Sur le premier groupe, Internet, y a-t-il matière à
amélioration ou est-ce que toutes les pages sont dans les deux
langues?
Ms. Fisher: No content is published on our website unless it is
in both official languages and of equal quality. In terms of public
access to the services, we are always looking for ways to improve.
However, our basic principle is for the information to be
distributed in both languages and of equal quality across the
country.
Mme Fisher : Aucun contenu n’est publié sur notre site
Internet à moins que ce soit dans les deux langues officielles
avec un niveau qualité égal. Pour ce qui est de l’accès aux services
par les citoyens, nous sommes toujours en train de les améliorer.
Mais nous avons pour principe de base que l’information soit
diffusée dans les deux langues et de la même qualité partout au
pays.
Senator De Bané: Are you aware of any complaints from your
anglophone or francophone clientele with regard to the online
service?
Le sénateur De Bané : Est-ce que vous avez eu connaissance de
plaintes de la part de votre clientèle anglophone ou francophone
quant au service Internet?
Ms. Fisher: My colleague has more details about any
complaints, but I would like to say that we have a rather high
volume of traffic on the Web with a million service transactions a
day. Obviously we are going to receive some complaints about
our service.
Mme Fisher : C’est mon collègue qui a les détails en ce qui
concerne le dossier des plaintes, mais j’aimerais dire tout d’abord
qu’avec un achalandage de travail assez haut, on a un million de
transactions en service avec les citoyens par jour. C’est clair qu’on
reçoit parfois des plaintes par rapport aux services.
We have different mechanisms for managing complaints,
including filing complaints with the Commissioner of Official
Languages. We have a good reputation and receive very few
complaints.
Nous avons différents mécanismes pour gérer les plaintes, dont
celui de faire des plaintes auprès du commissaire aux langues
officielles. On a une bonne réputation par rapport à nos plaintes,
car elles sont peu nombreuses.
Senator De Bané: I am talking about online services only.
Le sénateur De Bané : Je parle uniquement des services
Internet.
Ms. Fisher: I will ask my colleague Julie Lalonde-Goldenberg.
Mme Fisher : Je vais demander à ma collègue Julie LalondeGoldenberg.
Senator De Bané: Where do things stand, Ms. LalondeGoldenberg, in terms of complaints about the online services?
Le sénateur De Bané : Où se situent, madame LalondeGoldenberg, les plaintes pour les services Internet?
Ms. Lalonde-Goldenberg: Out of 131 million transactions last
year, we received nine complaints about service delivery. Out of
those nine complaints, you want to know if there were any about
the quality of bilingual services on the Internet?
Mme Lalonde-Goldenberg : Sur les 131 millions de transactions
l’année passée, nous avons reçu neuf plaintes sur la prestation des
services. Sur ces neuf plaintes, vous voulez savoir s’il y en a eu sur
la qualité des services bilingues sur l’Internet?
Senator De Bané: What types of complaints do people make
about the service? There are the 67 million who consult Service
Canada online.
Le sénateur De Bané : Quel genre de plaintes les gens font-ils
sur le service? Il y a les 67 millions qui consultent Service Canada
sur Internet.
Ms. Lalonde-Goldenberg: We have received very few
complaints about the online service. I cannot say whether it was
one or two complaints, but they were about the quality of French.
Mme Lalonde-Goldenberg : Nous avons reçu très peu de
plaintes sur le service Internet. Je ne peux pas dire si c’est une
ou deux plaintes, mais elles concernaient la qualité du français.
Senator De Bané: In that case you complain to the Translation
Bureau at Public Works?
Le sénateur De Bané : Alors là vous vous plaignez au Bureau
de la traduction à Travaux publics.
Ms. Lalonde-Goldenberg: No, to the Commissioner of Official
Languages.
Mme Lalonde-Goldenberg : Non, c’est le commissaire aux
langues officielles.
Senator De Bané: But who does the translation?
Le sénateur De Bané : Mais qui fait la traduction?
Ms. Lalonde-Goldenberg: We do.
Mme Lalonde-Goldenberg : C’est nous.
Senator De Bané: How many translators do you have?
Ms. Fisher: We hire people for our translation services and we
have a number of ways to deal with very short texts.
Le sénateur De Bané : Vous avez combien de traducteurs dans
votre service?
Mme Fisher : On emploie pour nos services de traduction et
nous avons plusieurs façons pour un texte très court.
1:30
Official Languages
3-10-2011
We have people who work for us; I am not sure how many, for
rather short texts. They translate directly from an original
document into the other language. For more complex texts, we
turn to the private sector or to Public Works.
Ce sont des personnes qui travaillent pour nous, je ne sais pas
combien de personnes, pour des contenus assez courts. On traduit
directement à partir d’un original dans l’autre langue. Pour les
textes beaucoup plus complexes, on a recours au privé ou à
Travaux publics.
Senator De Bané: My second question is on the telephone
requests. I have a cell phone that I take with me across the
country. When I want to call my cell phone provider’s
information service, I call them no matter where I am in
Canada. I presume that the office taking my call is somewhere
in Vancouver or Toronto or somewhere else. Then I ask to speak
with an agent who speaks French. Every time I call, I am instantly
transferred to someone who speaks French.
Le sénateur De Bané : Ma deuxième question porte sur les
demandes par téléphone. J’ai un téléphone cellulaire avec lequel je
me promène à travers le pays. Quand je veux appeler le service de
renseignement de mon fournisseur de services cellulaires,
j’appelle, peu importe où je suis au Canada. Je présume que le
bureau qui me répond est quelque part, peut être à Vancouver, à
Toronto ou ailleurs. Là je demande à parler à un ou une
téléphoniste qui parle français. Chaque fois que j’appelle, en une
seconde, on me transfère à quelqu’un qui parle français.
[English]
[Traduction]
I could be anywhere in the country. Where that office is, I do
not know, but I assume the majority of their clientele is Englishspeaking; but when I ask for somebody who speaks French, I
have it on the spot. Can you offer the same service for the
58 million people who reach you by phone?
Je pourrais être n’importe où au pays. L’emplacement de ce
bureau, je l’ignore, mais je présume que la majorité de sa clientèle
parle l’anglais, mais quand je demande à être servi par un agent
qui parle français, il y en a sur place. Pouvez-vous offrir le même
service pour les 58 millions de personnes qui communiquent avec
vous par téléphone?
Ms. Fisher: Yes, we offer fully bilingual services. All of our
services are offered fully in English and in French.
Mme Fisher : Oui, nous fournissons des services complètement
bilingues. Tous nos services sont offerts en anglais et en français.
Senator De Bané: Whoever phones Service Canada and says, ‘‘I
would like to speak to someone who speaks English or French,’’
there is no problem?
Le sénateur De Bané : N’importe quel client qui appelle Service
Canada et dit, « J’aimerais parler à quelqu’un qui parle anglais ou
français », alors il n’y a aucun problème?
Ms. Fisher: That is no problem.
What we do have is, to avoid that person having to ask, if they
are calling for English to ask for French, or if they are calling
French, to ask for English —
[Translation]
Mme Fisher : Il n’y a aucun problème.
Ce que nous avons, pour éviter que la personne ait à poser la
question, si elle demande en anglais une personne qui parle
français, où si elle demande en français une personne qui parle
anglais —
[Français]
— we have separate lines or separate telephone numbers to better
serve people. It is completely accessible in English and French.
— on a des lignes séparées ou bien des numéros de téléphone
séparés pour mieux servir les gens. C’est 100 p. 100 accessible en
anglais et en français.
Senator De Bané: Now for people who show up in person.
Everyone in Canada knows that if you want to live in Chicoutimi
or Alma, you can expect that the people there speak French.
However, it is possible that an anglophone in Arvida, for
instance, might need services from Service Canada. Is there at
least one employee in the different offices who can respond in the
other official language, even if it is not a designated bilingual
region? Everyone understands that the city you move to will be
predominantly French or English, but can there not be at least
one person in the group who could help out a member of the
other official language community? Do they instead say they will
comply with the legislation that says this and not that? What do
you think Ms. Lalonde-Goldenberg?
Le sénateur De Bané : Maintenant, il y a ceux qui se présentent
en personne. Tout le monde sait au Canada que si on va s’installer
à Chicoutimi ou à Alma, on s’attend à ce que les personnes
parlent français. Cependant, il est possible qu’un anglophone qui
est à Arvida, par exemple, ait besoin des services de Service
Canada. Est-ce que dans ces différents bureaux, il y a au moins un
employé qui peut répondre dans l’autre langue officielle, même si
ce n’est pas une région désignée bilingue? Tout le monde
comprend que selon la ville où on s’installe, c’est essentiellement
en anglais ou en français, mais est-ce qu’il ne peut pas y avoir une
personne dans le groupe qui pourrait dépanner un membre de
l’autre communauté de langue officielle? Est-ce qu’on se dit plutôt
qu’on va suivre la loi qui dit ceci et pas cela. Qu’en pensez-vous,
madame Lalonde-Goldenberg?
3-10-2011
Langues officielles
1:31
Ms. Lalonde-Goldenberg: In the unilingual offices we cannot
guarantee that there will be a bilingual officer. There are more
than 600 service points at Service Canada. In every unilingual
office, there is a telephone service people can use to get answers to
their questions in the minority language. In some cases, officers
might refer the client to an office that offers bilingual telephone
services. We cannot guarantee that there is a bilingual officer in
every unilingual office, but there are a number of ways of serving
people who want service in a minority language in the unilingual
offices.
Mme Lalonde-Goldenberg : Effectivement, dans les bureaux
unilingues, on ne peut pas s’assurer qu’il y ait un agent bilingue. Il
y a plus de 600 points de services à Service Canada. Dans tous les
bureaux unilingues, on a le service de téléphone vers lequel on
peut référer les gens afin qu’ils puissent obtenir réponse à leur
question dans la langue minoritaire. Il se peut aussi, dans
certaines circonstances, que les agents réfèrent un citoyen à un
bureau qui offre des services téléphoniques bilingues. On ne
s’assure donc pas qu’il y ait un agent bilingue dans tous les
bureaux unilingues, mais il y a plusieurs façons de desservir les
gens qui veulent un service dans la langue minoritaire dans les
bureaux unilingues.
Senator De Bané: Take French, for example. Some 86 per cent
of francophones whose mother tongue is French live in Quebec.
How many bilingual francophones or anglophones live outside
Quebec? Imagine that 25 per cent of the people who can speak
French live outside Quebec. It is not just the 14 per cent of
francophones whose mother tongue is French, but there are also
millions of anglophones who are bilingual.
Le sénateur De Bané : Prenez, par exemple, la langue française.
D’une part, 86 p. 100 des francophones de langue maternelle
française se trouvent au Québec. D’autre part, combien y a-t-il de
francophones ou d’anglophones qui sont bilingues à l’extérieur du
Québec? Imaginez-vous qu’il y a 25 p. 100 des personnes qui
peuvent parler français au Canada et qui sont à l’extérieur du
Québec. Il y a non seulement 14 p. 100 de francophones de langue
maternelle française, mais également des millions d’anglophones
qui sont aussi bilingues.
As far as I am concerned, in these 600 offices, having an
employee who could help out a unilingual person is not about the
letter of the law, but the spirit of the law. We have two official
languages. That is the point that I, as a member of this committee,
respectfully wish to make.
Je me dis que, dans ces 600 bureaux, avoir un employé qui
pourrait dépanner une personne unilingue, ce n’est pas la lettre de
la loi, mais c’est son esprit. On a deux langues officielles. Voilà la
représentation qu’un membre de ce comité aimerait vous faire
respectueusement.
Senator Mockler: I would like to join the other senators in
thanking you for being here today.
Le sénateur Mockler : J’aimerais me joindre aux autres
sénateurs pour vous remercier de votre présence.
Roughly six months ago, we received a press release
announcing that the Atlantic region now had a unilingual
English service office. Different communications appeared. Is it
indeed true that it is a unilingual English service?
Il y a environ six mois, on a reçu un communiqué selon lequel
la région de l’Atlantique avait maintenant un bureau de service
unilingue anglais. Différentes communications sont apparues.
Est-ce que c’est bel et bien vrai que c’est un service unilingue
anglais?
[English]
[Traduction]
Ms. Fisher: We have taken steps to clarify any confusion that
may have occurred. Service Canada did not designate the Atlantic
as a unilingual region for service delivery. Service Canada offices,
including those that are in the Atlantic, are designated bilingual
offices according to the criteria in the legislation, and New
Brunswick is a bilingual region of work. Service Canada’s
administrative organization does not in any way change that
designation in the Official Languages Act.
Mme Fisher : Nous avons pris des mesures pour clarifier toute
confusion possible. Service Canada n’a pas désigné la région de
l’Atlantique comme région unilingue pour la prestation des
services. Les bureaux de Service Canada, dont ceux qui se
trouvent dans la région de l’Atlantique, sont désignés comme
étant des bureaux bilingues selon les exigences prévues dans la loi,
et le Nouveau-Brunswick est une région bilingue. L’organisation
administrative de Service Canada ne change aucunement cette
désignation dans la Loi sur les langues officielles.
What is important is that for all of our employees who work in
bilingual positions in New Brunswick, they have the right to work
and be supervised in the language of their choice.
Ce qui est important, c’est que tous nos employés qui occupent
des postes bilingues au Nouveau-Brunswick aient le droit de
travailler et d’être supervisés dans la langue de leur choix.
[Translation]
It is up to the employees who are in a bilingual position to
work in the language of their choice.
[Français]
C’est le choix des employés qui ont un poste bilingue de
travailler dans la langue de leur choix.
1:32
Official Languages
3-10-2011
If I may, I will ask my colleague, Anne Duguay, to explain the
situation at Service Canada in the Atlantic administrative region.
It is very different from the New Brunswick region. She can
explain a bit about the activities in that region.
Si vous me le permettez, je vais demander à ma collègue, Anne
Duguay, de vous expliquer la situation de Service Canada dans la
région administrative de l’Atlantique. C’est très différent de la
région du Nouveau-Brunswick. Elle pourra vous expliquer un peu
les activités de cette région.
Ms. Duguay: Thank you. I am happy to explain the situation.
As Ms. Fisher was saying, Service Canada must meet all of its
obligations, whether that means respecting service to the public or
language of work of its employees. Language of work for the
designated bilingual regions is set out in law. We know that New
Brunswick is a designated bilingual region for the purposes of
language of work; therefore Service Canada employees have the
right to work in the language of their choice. That means having
tools at their disposal in their language, being able to attend
meetings in the language of their choice and, for employees in
bilingual positions, being supervised in the language of their
choice.
Mme Dugay : Merci, je suis ravie de pouvoir expliquer la
situation. Comme Mme Fisher l’a expliqué, Service Canada doit
respecter toutes ses obligations, qu’il s’agisse du respect du service
au public ou de la langue de travail de ses employés. Les régions
désignées bilingues, quant à la langue de travail, sont prescrites
par la loi. On le sait, le Nouveau-Brunswick est une région
désignée bilingue aux fins de la langue de travail, donc les
employés de Service Canada ont le droit de travailler dans la
langue de leur choix. Cela veut dire d’avoir tous les outils de
travail à leur disposition dans leur langue, de pouvoir participer à
des réunions dans la langue de leur choix et, pour les employés qui
occupent des postes bilingues, de pouvoir être supervisés dans la
langue de leur choix.
Over the summer, in order to eliminate any confusion and to
set things straight, the Atlantic region confirmed its commitment
to meeting all its obligations, including to its employees. A
conference was held during which senior managers of the region
talked about official language obligations and Service Canada’s
commitment to meeting all its obligations.
Au cours de l’été, justement pour éliminer toute confusion et
pour remettre les pendules à l’heure, la région de l’Atlantique a
réitéré son engagement envers toutes ses obligations, y compris
envers ses employés. Il y a eu une conférence au cours de laquelle
les cadres supérieurs de cette région on parlé des obligations en
matière de langues officielles et de l’engagement de Service
Canada à respecter toutes ses obligations.
What is more, language training is complete. I am pleased to
say that every employee in the 16 designated bilingual positions in
the Atlantic region meet the language requirements of their
position. Every one of those officers is bilingual. In the entire
Atlantic region, there are 26 officer positions including 16 that are
designated bilingual and every officer meets the requirements.
De plus, de la formation linguistique a été complétée. Je suis
ravie de dire que 100 p. 100 des titulaires des 16 postes désignés
bilingues dans la région de l’Atlantique respectent les exigences
linguistiques de leur poste. Tous ces cadres sont bilingues. Dans
l’ensemble de l’Atlantique, il y a 26 postes de cadre dont 16 postes
sont désignés bilingues, et tous les titulaires rencontrent les
exigences.
It is interesting to note that the Atlantic region wants to go
beyond its obligations in terms of language of work. It has
implemented a very robust training plan in order to achieve its
own goals, in other words to make 80 per cent of its officers
bilingual within the next 18 to 24 months.
Ce qui est intéressant à noter, c’est que la région de
l’Atlantique veut aller au-delà de ses obligations en matière de
langue de travail. Elle a mis en place un plan de formation très
robuste afin d’atteindre l’objectif qu’elle s’est fixé, c’est-à-dire de
rendre 80 p. 100 de ses cadres bilingues d’ici les prochains 18 mois
à 24 mois.
It is truly a matter of exceeding obligations. We also talked
about the various awareness videos for managers. On our
department’s website, there is a host of tools for managers to
encourage them and help them create an environment that is
conducive to using both official languages. Of course this also
applies to managers in the Atlantic region.
C’est vraiment une question d’aller au-delà des obligations. On
a parlé également de différentes vidéos de sensibilisation pour les
gestionnaires. Sur le site intranet de notre ministère, il y a
énormément d’outils pour les gestionnaires, pour les encourager
et les aider à créer ce milieu propice à l’utilisation des deux
langues officielles. Bien sûr, on fait cette promotion également
pour les gestionnaires de la région de l’Atlantique.
The Chair: Thank you. You have another question, senator?
Senator Mockler: Yes, thank you. Ms. Fisher, you also say on
page 10 of your brief that in July, you met with the Fédération
des communautés francophones et acadienne and the Quebec
Community Groups Network to discuss the department’s
proposed official language minority community engagement
framework and that they expressed support for the proposed
approach.
La présidente : Merci. Une autre question sénateur?
Le sénateur Mockler : Oui, merci. Vous dites aussi, madame
Fisher, à la page 10 de votre présentation, que, en juillet, vous
avez rencontré la Fédération des communautés francophones et
acadienne et le Quebec Community Groups Network pour
discuter du cadre d’engagement proposé par la communauté de
langues officielles en situation minoritaire. Ce dernier était en
accord avec l’approche suggérée.
3-10-2011
Langues officielles
Allow me, Madam Chair, to ask one last question on this: can
you reassure us and tell us that in Chéticamp and Petit-de-Grat,
we have the same service, an accelerated service or better?
[English]
Ms. Fisher: The Service Canada community offices are
managed by a third party contract, as we explained earlier. To
improve access to citizen services for the full range of Service
Canada services, we are consulting the communities on
transitioning from the Service Canada community offices to a
scheduled outreach model that would bring the services into their
communities on a regularly scheduled basis.
[Translation]
We are in the process of consulting with stakeholders in the
region to better understand their needs, to better understand the
situation of these communities. We are holding consultations with
the stakeholders in Chéticamp and also in Petit-de-Grat, Nova
Scotia, to better understand their needs and to move forward with
a conversion.
[English]
1:33
Permettez-moi, madame la présidente, de poser la dernière
question sur ce dossier : à Chéticamp et à Petit-de-Grat, est-ce
que vous pouvez nous rassurer et nous dire qu’on a le même
service, un service accéléré ou meilleur?
[Traduction]
Mme Fisher : Les bureaux communautaires de Service Canada
sont gérés par un entrepreneur tiers, comme nous l’avons expliqué
plus tôt. Pour améliorer l’accès aux services aux citoyens pour
l’éventail complet de nos services, nous consultons les collectivités
au sujet de la transition visant à passer des bureaux
communautaires de Service Canada à un modèle de services
externes réguliers qui offriraient des services à leurs collectivités
sur une base régulière.
[Français]
Nous sommes en train de consulter les intervenants dans la
région pour mieux comprendre leurs besoins, pour mieux
comprendre la situation de ces communautés. Nous sommes en
train de faire les consultations avec les intervenants à Chéticamp,
mais aussi à Petit-de-Grat, en Nouvelle-Écosse, pour mieux
connaître leurs besoins avant d’aller de l’avant avec une
transition.
[Traduction]
Those consultations are scheduled to start in mid-October, I
believe on October 18 and 19. Following those consultations, we
will arrive at the most suitable solutions to meet the service needs
in those communities.
Ces consultations devraient commencer à la mi-octobre,
les 18 et 19 octobre, je crois. À la suite de ces consultations,
nous trouverons les solutions les plus appropriées pour répondre
aux besoins en matière de service dans ces collectivités.
Senator Mockler: Let us assume that they want additional
services. Would you be open to that?
Le sénateur Mockler : Supposons qu’ils veulent des services
additionnels. Seriez-vous ouvert à cette idée?
[Translation]
Ms. Fisher: We are going to hold consultations with the
communities. It is very important to have time for consultation
and we are going to do that before implementing any solutions.
Senator Mockler: Thank you very much.
[Français]
Mme Fisher : Nous allons avoir une consultation avec les
communautés. C’est très important d’avoir le temps de consulter
et on va passer par les étapes de consultation avant de mettre en
œuvre les solutions.
Le sénateur Mockler : Merci beaucoup.
The Chair: Thank you, senator. Ladies, it was a pleasure to
welcome you to the committee this afternoon. The committee will
await the additional information we asked you for and the clerk
will ensure that the questions asked and information requested
are forwarded to the members.
La présidente : Merci sénateur. Mesdames, cela a été un plaisir
de vous recevoir au comité cet après-midi. Le comité va attendre
les informations additionnelles qui vous ont été demandées, et la
greffière va s’assurer que les questions posées et les informations
demandées soient remises aux membres.
On behalf of the committee, I want to thank you. I believe it is
safe to say that you show leadership and commitment. You also
show that you want to make progress and ensure better service. I
thank you and wish you much success.
Au nom du comité, j’aimerais vous remercier. Je crois que nous
pouvons dire que vous faites preuve de leadership et
d’engagement. Vous démontrez aussi que vous voulez faire des
progrès et assurer un meilleur service. Je vous remercie et vous
souhaite bon succès.
Honourable senators, we will adjourn for a few minutes while
we go in camera.
Honorables sénateurs, nous allons suspendre la séance
quelques minutes avant de reprendre à huis clos.
(The committee continued in camera.)
(La séance publique est levée.)
SENATE
SÉNAT
CANADA
THE VITALITY OF QUEBEC’S
ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES:
FROM MYTH TO REALITY
Report of the Standing Senate
Committee on Official Languages
The Honourable Maria Chaput, Chair
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
October 2011
(first published in March 2011)
CONTENTS
Page
MEMBERS
ORDER OF REFERENCE
PREFACE
INTRODUCTION ....................................................................................
1
QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING COMMUNITIES:
A SOCIO-DEMOGRAPHIC PROFILE ...........................................................
4
QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING COMMUNITIES:
CHALLENGES AND SUCCESS STORIES...................................................... 11
A. Community life ............................................................................. 11
1. Vitality: identity, inclusion and sense of belonging ......................... 11
2. Relationship with the Francophone majority ................................. 12
3. Regional diversity ..................................................................... 14
4. Government support for community organizations
and delivery of services to the communities ................................. 15
5. Community Learning Centres and new technologies....................... 19
B. Education .................................................................................... 21
1. Access to English-language schools and fluency in French .............. 21
2. English-language arts and culture at school .................................. 24
3. Challenges: dropout rates, school transportation
and qualified staff ..................................................................... 25
4. Access to postsecondary education in English ............................... 29
5. Government support:
federal-provincial education agreement ....................................... 32
C. Health and social services .............................................................. 35
1. Delivery of services: access and promotion .................................. 36
2. Government support: networks and training ................................. 39
3. Remote health services ............................................................. 43
CONTENTS
Page
D. Arts, culture and heritage .............................................................. 44
1. Culture unique to the English-speaking communities ..................... 44
2. Access to resources .................................................................. 46
3. Government support for arts and culture ..................................... 47
E. Media .......................................................................................... 48
1. Underrepresentation of the English-speaking communities
in the English-language media.................................................... 48
2. Role of community media .......................................................... 49
3. Role of the public broadcaster .................................................... 51
4. Challenges: criteria that better reflect needs
and support for new technologies ............................................... 53
F. Economic development .................................................................. 54
1. Economic vitality: supply of jobs,
entrepreneurship and skills development ..................................... 54
2. Government support:
coordination and networking ...................................................... 57
3. Underrepresentation of Anglophones
in the public service .................................................................. 60
4. New technologies ..................................................................... 62
G. Early childhood development .......................................................... 62
1. Limited government support ...................................................... 62
H. Youth .......................................................................................... 63
1. Key to the present and the future ............................................... 63
2. Challenges: fluency in French
and access to training and networks............................................ 64
3. Government support for youth initiatives ..................................... 66
I. Immigrants and newcomers ............................................................ 67
1. Attraction and retention............................................................. 67
2. Government support: research ................................................... 68
3. Challenges: networks, jobs and language training ......................... 69
4. Renewing the English-speaking population
outside major urban centres ...................................................... 70
CONTENTS
Page
J. Women ........................................................................................ 71
1. Limited access to services .......................................................... 71
K. Seniors........................................................................................ 72
1. Aging of the population and access to services .............................. 72
2. Special needs of English-speaking seniors .................................... 73
L. Research ...................................................................................... 75
1. Better understanding the needs
of the English-speaking communities........................................... 75
2. Statistics ................................................................................. 76
TAKING ACTION:
FINDINGS AND RECOMMENDATIONS ....................................................... 79
A. Federal government support ........................................................... 79
1. The vitality of Quebec‘s English-speaking communities................... 79
2. Transparency ........................................................................... 80
3. A government strategy based on the needs of
Quebec‘s English-speaking communities ...................................... 81
4. Positive measures and consultation ............................................. 83
5. Interdepartmental cooperation ................................................... 90
6. Services of equal quality ............................................................ 91
7. Equitable participation in the public service .................................. 92
8. Research ................................................................................. 94
B. Federal-provincial relations............................................................. 94
1. Respecting the province‘s areas of jurisdiction:
partnerships and language clauses .............................................. 94
CONCLUSION........................................................................................ 99
APPENDICES :
A. List of recommendations ...............................................................
i
B. List of acronyms and abbreviations .................................................
vi
C. List of witnesses .......................................................................... vii
D. List of briefs, studies and other documents ...................................... xvi
E. Breakdown of funds allocated to Quebec‘s
English-speaking communities as part of the
Roadmap for Canada’s Linguistic Duality ......................................... xix
MEMBERS
THE STANDING SENATE COMMITTEE ON OFFICIAL LANGUAGES
Senators who have participated in this study:
The Honourable Maria Chaput, Chair
The Honourable Andrée Champagne, P.C., Deputy Chair
and
The Honourable Senators:
Pierre De Bané, P.C.
Nicole Eaton
Suzanne Fortin-Duplessis
Rose-Marie Losier-Cool
Percy Mockler
Rose-May Poirier
Claudette Tardif
Ex officio members of the Committee:
The Honourable Senators James Cowan (or Claudette Tardif) and
Marjory LeBreton, P.C. (or Claude Carignan).
Other Senators who have participated from time to time in this study:
The Honourable Senators Boisvenu, Brazeau, Comeau, Dawson, Fraser,
Goldstein (retired), Greene, Jaffer, Munson, Neufeld,
Nolin, Pépin (retired), Rivard, Robichaud, P.C. Seidman and Wallace.
THE STAFF MEMBERS
Analyst from the Parliamentary Information and Research Service
of the Library of Parliament:
Marie-Ève Hudon
Committee Clerks:
Danielle Labonté
Josée Thérien
Committee Assistant:
Louise Archambeault
Communications Officer from the Communications Directorate of the Senate:
Francine Pressault
ORDER OF REFERENCE
Extract from the Journals of the Senate, Wednesday, June 22, 2011:
The Honourable Senator Chaput moved, seconded by the Honourable Senator
Mahovlich:
That the Standing Senate Committee on Official Languages be authorized to study
and to report on the application of the Official Languages Act and of the
regulations and directives made under it, within those institutions subject to the
Act;
That the committee also be authorized to study the reports and documents
published by the Minister of Canadian Heritage and Official Languages, the
President of the Treasury Board, and the Commissioner of Official Languages, and
any other subject concerning official languages;
That the documents received, evidence heard and business accomplished on this
subject by the committee since the beginning of the Second Session of the Fortieth
Parliament be referred to the committee; and
That the committee report from time to time to the Senate but no later than
September 30, 2012, and that the committee retain all powers necessary to
publicize its findings until December 31, 2012.
The question being put on the motion, it was adopted
Gary W. O'Brien
Clerk of the Senate
PREFACE
At the beginning of the 2nd Session of the 40th Parliament, the members of the
Standing Senate Committee on Official Languages agreed that it was time to carry
out a study of Quebec‘s English-speaking communities, in much the same way as
it had studied Nova Scotia‘s Francophone and Acadian communities in 2005.
For the purposes of this study, we met with more than 60 witnesses (represented
by nearly 200 spokespersons) in the course of public hearings and informal
meetings in Ottawa and three regions of Quebec. Our visits to Quebec City,
Sherbrooke and Montreal allowed us to delve directly into the realities that those
communities are experiencing, and this helped us better understand the challenges
of living as an Anglophone minority community within a Francophone population
that is itself a minority in North America.
In presenting the results of this study, we want to convey three important
messages. Firstly, under the Official Languages Act, the federal government has a
duty to support the development of both of the country‘s minorities, Englishspeaking and French-speaking. Secondly, the government needs to recognize that
since the realities and challenges experienced by the English-speaking and Frenchspeaking minorities are sometimes similar but sometimes different, each minority
must be treated in a way that takes its specific needs into account. Thirdly, the
government must ensure that federal institutions take positive measures to
enhance the vitality of the English-speaking minority and support its development,
while acting in accordance with provincial jurisdiction and powers.
A common theme evident in all the testimony is the importance of consulting the
English-speaking communities regularly. Our previous reports highlighted this
point as well: consultation is at the heart of the relationship of trust that must
develop between federal institutions and official-language minority communities.
We would like to express our heartfelt thanks to the Quebec Community Groups
Network for its invaluable assistance in organizing our Quebec visit. We also thank
all the witnesses who agreed to appear before us, particularly Léo La France,
Assistant Deputy Minister of Education, Recreation and Sports (Ministère de
l‘Éducation, des Loisirs et du Sport), the only provincial government representative
who accepted the invitation to appear before the Committee.
We hope that the Government of Canada will pay special attention to the contents
of this report and that it will take the necessary steps to act on its
recommendations.
Maria Chaput
Chair
Andrée Champagne, P.C.
Deputy Chair
THE VITALITY OF QUEBEC’S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
“The consultations you have held throughout the province and that are ongoing here
have allowed [the English-speaking communities] to be heard, to have their concerns
raised and for us to seek solutions on an ongoing basis to ensure those concerns
continue to be recognized by the Government of Canada.”
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(7 December 2010)
INTRODUCTION
The Standing Senate Committee on Official Languages (hereinafter, the
Committee) commenced its study of Quebec‘s English-speaking communities in the
winter of 2009. This is the first time in the history of the Committee, and of any
parliamentary committee on official languages, that an entire study has been
devoted exclusively to the English-speaking minority. The Committee set three
objectives for the study:

Provide an overview of the situation of English-speaking communities in
Quebec by examining various aspects affecting their development.

Define the issues specific to English-speaking communities in Quebec and
identify corrective measures deemed necessary for their development.

Make recommendations to the federal government to support the development
and enhance the vitality of English-speaking minority communities.
Over the past two years, the Committee heard a number of witnesses from several
regions and areas of activity. They expressed their views on various aspects
affecting the development of Quebec‘s English-speaking communities. Certain key
themes came up during the public hearings, such as vitality, consultation, a sense
of belonging, identity, access to services, networking, federal-provincial dynamics,
diversity, regional disparities.
The intent of this report is to focus on the challenges experienced by Quebec‘s
English-speaking communities and remind the federal government that it has a
responsibility to enhance the vitality of both of Canada‘s linguistic communities.
The Committee seeks to draw the federal government‘s attention to, and attract its
interest in, the English-speaking minority‘s concerns and the measures that should
be taken to support its development. To this end, the Committee will seek to
dispel certain widely held myths regarding Quebec‘s English-speaking population
and highlight its success stories throughout the report.
It should be noted that the Canadian Charter of Rights and Freedoms recognizes
the equality of both official languages and the principle of ―advanc[ing] the
2
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
equality of status or use of English and French.‖1 As for the Official Languages Act
(hereinafter, the Act), its objective is to:
(a) ensure respect for English and French as the official languages of Canada
and ensure equality of status and equal rights and privileges as to their use in
all federal institutions, in particular with respect to their use in parliamentary
proceedings, in legislative and other instruments, in the administration of
justice, in communicating with or providing services to the public and in
carrying out the work of federal institutions;
(b) support the development of English and French linguistic minority
communities and generally advance the equality of status and use of the
English and French languages within Canadian society; and
(c) set out the powers, duties and functions of federal institutions with respect
to the official languages of Canada.2
During the public hearings, the Committee noted that the realities and challenges
experienced by the English-speaking minority are similar in several respects to
those experienced by the French-speaking minority. Consequently, the Committee
has seen fit to underscore specific recommendations and excerpts from its
previous reports in order to show that certain challenges are the same whether the
minority community speaks English or French.
The Committee also found that the realities and challenges experienced by the
English-speaking minority are sometimes different from those faced by its Frenchspeaking counterpart outside Quebec. The English-speaking minority does not face
the challenge of ensuring the survival of its language. Rather, its challenge lies in
ensuring the community‘s survival and supporting its vitality in all regions of
Quebec. Therefore, a way must be found to ensure that Quebec‘s English-speaking
minority can fully develop in a context in which its future is inevitably intertwined
with the future of a population group that sees the survival of French as a priority.
The Committee wishes to point out that, as a result of the amendments to Part VII
of the Act in 2005, federal institutions must take positive measures to enhance the
vitality of the English-speaking minority and support its development. The federal
government must pay close attention to ensuring the rights of this minority are
respected. Federal institutions can meet this obligation by staying informed of the
day-to-day challenges and needs of English-speaking communities across Quebec.
As part of federal-provincial relations, the federal government must be able to
impress on provincial authorities the need to respect the language rights enshrined
in the Charter and in legislation. For this to happen, consultation must be the
watchword for relations between governments and communities in all instances.
1
Canadian Charter of Rights and Freedoms, R.S.C. 1985, Appendix II, No. 44, Schedule B,
s. 16.
2
Official Languages Act, R.S.C. 1985, c. 31 (4th Supp.), s. 2.
3
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
It is understood that the federal government must protect and promote the rights
of the English-speaking minority while respecting Quebec‘s authority to legislate in
its own area of jurisdiction. It is important to understand that a ―win‖ for the rights
of the Anglophone minority does not necessarily threaten the aspirations of the
Francophone majority. The goals of the two communities do not have to be
mutually exclusive and can be achieved in an atmosphere of respect for the rights
of both. We must take what has long been seen as a win-lose situation and change
it into a win-win scenario for two segments of a single population. Quebec‘s
English-speaking minority cannot hope to achieve its full potential unless both
levels of government are involved in ensuring respect for their rights.
The federal government will soon begin considering what is next for the Roadmap
for Canada’s Linguistic Duality3 (hereafter the Roadmap (2008-2013)). In this
context, the Committee stresses that it is important for the federal government to
treat the English-speaking minority in a way that takes into account its specific
needs.
The goal of this report is to articulate the various views heard over the course of
the past two years. This report consists of three sections. The first provides a
socio-demographic profile of Quebec‘s English-speaking population based on
several recent statistics published by Statistics Canada. The second discusses the
English-speaking communities‘ challenges and success stories in various sectors
that affect their development. The third sets out the Committee‘s findings and
recommendations in light of the testimony from the many witnesses who came
before it.
3
Government of Canada, Roadmap for Canada's Linguistic Duality 2008-2013: Acting for the
Future, Ottawa, 2008. Details on the funding allocations for the Quebec‘s English-speaking
communities as part of the Roadmap (2008-2013) are presented in Appendix E of this
report. It is important to note that this funding represents only part of the investment made
by the Government of Canada for linguistic duality.
4
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
QUEBEC’S ENGLISH-SPEAKING COMMUNITIES:
A SOCIO-DEMOGRAPHIC PROFILE
This section provides an overview of Quebec‘s English-speaking population based
on recent data published by Statistics Canada. In September 2010, Statistics
Canada published its Portrait of Official-Language Minorities in Canada:
Anglophones in Quebec,4 based on 2006 Census data and on the results of the
Survey of the Vitality of Official-Language Minorities in Canada.5
The Statistics Canada portrait notes from the outset that ―there is no established
definition of Anglophone.‖6 The size of Quebec‘s English-speaking community
varies depending on the type of statistical criterion used. In 2006, Anglophones
made up 8.2% of the population (approximately 607,200 persons) based on
mother tongue, 10.6% of the population (approximately 787,900 persons) based
on language spoken at home, and 13.4% of the population (approximately
994,700 persons) based on first official language spoken. The following table
shows the fluctuations in the English-speaking population from 1971 to 2006.
Table 1: Quebec’s population based on different variables, 1971 to 2006
English
French
Year
Total***
Mother
tongue
FOLS*
Mother
tongue
FOLS**
1971
1981
1991
1996
2001
2006
6,027,764
6,369,068
6,810,300
7,045,075
7,125,579
7,435,903
788,833
693,598
626,201
621,860
591,365
607,165
992,368
889,612
904,301
925,833
918,956
994,723
4,866,408
5,254,196
5,585,648
5,741,430
5,802,020
5,916,845
4,971,952
5,430,549
5,844,433
6,047,406
6,149,339
6,373,222
Other languages
Mother
tongue
372,523
421,274
598,451
681,785
732,175
911,895
FOLS
63,444
48,907
61,566
71,844
57,284
67,955
*Total of FOLS English and half of FOLS English and French.
**Total of FOLS French and half of FOLS English and French.
***The total population may vary slightly depending on the variable used; the total shown in
this column is for mother tongue.
Source:
Statistics Canada, Censuses of population, 1971–2006.
4
Statistics Canada, Portrait of Official-Language Minorities in Canada: Anglophones in
Quebec, Catalogue No. 89-642-X – No. 002, Ottawa, 2010.
5
Statistics Canada, Minorities Speak Up: Results of the Survey on the Vitality of OfficialLanguage Minorities, Catalogue No. 91-548-X, Ottawa, 2007.
6
Statistics Canada (2010), p. 8.
5
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The following figure shows the fluctuation in Quebec‘s English-speaking population
since 1971 in percentage.
Figure 1: Quebec's English-speaking population (%) based
on different variables, 1971-2006
18
16
Mother tongue
(English)
13.4
8.2
10.6
12.9
8.3
10.5
8.8
10.8
11.2
13.1
13.3
14.0
16.5
4
9.2
6
12.7
8
10.9
10
14.7
12
13.1
Percentage
14
1981
1991
1996
2001
2006
2
Language spoken at
home (English)
First official language
spoken (Englishspeaking minority)
0
1971
Year
Source: Statistics Canada, Censuses of population, 1971–2006.
The above data show the decrease in Quebec‘s English-speaking population since
1971. The population whose mother tongue is English declined dramatically in
terms of actual numbers and as a percentage. If we compare data on mother
tongue and FOLS, we see that the population with English as a mother tongue has
always been smaller, both in actual numbers and as a percentage. Data on FOLS
show that there have been major fluctuations in the Anglophone minority
population over the past 35 years, but in numerical terms, it was just as large in
2006 as it was in 1971. As a percentage of the population, the Anglophone
minority decreased greatly between 1971 and 1991, and then remained stable to
2006. This trend can be explained in part by the departure of large numbers of
Anglophones and the arrival of new immigrants.
By comparing data from the 2006 Census, we see that the number of people
belonging to the Quebec Anglophone minority (FOLS English) is almost the same
as that of the Francophone minority in Canada (FOLS French). The following table
compares the data for these two minority groups, based on several variables.
6
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Table 2: Anglophone minority in Quebec and Francophone minority in the rest of
Canada, based on different variables, 2006
Anglophone minority in
Quebec
Variable
Number
Mother tongue
FOLS
Francophone minority in
Canada
%
607,200
994,700*
Number
8.2
13.4
%
975,400
997,100**
4.1
4.2
*Total of FOLS English and half of FOLS English and French.
**Total of FOLS French and half of FOLS English and French.
Source:
Statistics Canada, Census of Population, 2006.
Anglophones are distributed across various regions of Quebec. The highest
concentration is in Montreal (32.67%). There is also a strong English-speaking
presence in the following regions: Laval (18.78%), Outaouais (17.36%),
Montérégie (10.72%) and Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (10.20%). The following
figure shows the concentration of Anglophones by Quebec region based on 2006
Census data.
Region
Figure 2: English-speaking population by region (%)
based on first official language spoken (English-speaking
minority), 2006
Quebec (province)
Bas-Saint-Laurent
Saguenay-Lac-Saint-Jean
Québec
Mauricie / Centre-du-Québec
Estrie
Montréal
Outaouais
Abitibi-Témiscamingue
Côte-Nord
Nord-du-Québec
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Chaudière-Appalaches
Laval
Lanaudière
Laurentides
Montérégie
13.38
0.66
0.68
1.82
1.06
8.02
32.67
17.36
3.77
5.94
1.85
10.20
0.96
18.78
2.38
6.56
10.72
0
5
10
15
20
Percentage
Source: Statistics Canada, Census of Population, 2006.
25
30
35
7
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
During the Committee‘s public hearings, witnesses repeatedly stated that Quebec‘s
English-speaking population has many special characteristics. Firstly, it is a diverse
and multilingual population. Data presented previously in this report show that
many immigrants have settled in Quebec over the past few decades, and some of
them have chosen English as their first official language spoken.
The Montreal, Laval and Outaouais regions have the highest concentration of
Anglophones, and knowledge of English among Allophones is also highest in these
areas. Many witnesses emphasized the need to differentiate between the situation
faced by Anglophones living in the greater Montreal and surrounding area and that
of Anglophones in other regions of Quebec. While the former have access to
established infrastructure in many sectors of activity, such as education, health,
the economy, and arts and culture, the same is not true everywhere. There are
disparities across the province and even on the island of Montreal.
People whose mother tongue is English have a high rate of bilingualism. The
following table shows that knowledge of English and French is higher in Quebec‘s
English-speaking population than in other language groups, and that this rate has
increased steadily since 1991.
Table 3: English-French bilingualism based on mother tongue (%), Quebec, 1991–2006
Year
1991
1996
2001
2006
Mother tongue –
English
59.4
62.9
67.2
68.9
Source:
Mother tongue –
French
31.5
34.0
36.9
35.8
Mother tongue –
other language
46.6
46,8
50.5
50.2
Statistics Canada, Censuses of population, 1991–2006.
Without question, this high rate of bilingualism is related to the linguistic demands
of Quebec society, where the use of French is required in many sectors of activity.
It explains in part the increase in intermarriage in this segment of the population
in recent years.
Quebec‘s English-speaking population is also aging. Three factors are contributing
to this trend: a lower birth rate; the Anglophone exodus of the 1970s and 1980s,
which contributed to what is known as the ―missing middle;‖ and the departure of
large numbers of Anglophone youth from the province. The following graph
compares the age structure of persons with English as their mother tongue in 1971
and 2006, and shows that the number of people under the age of 35 has
decreased significantly over the past 35 years.
8
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Figure 3: Age structure of the English mother tongue population, Quebec,
1971 and 2006
Source: Statistics Canada, Censuses of population, 1971 and 2006.
The terms governing education for Quebec‘s Anglophones were established before
Confederation. Over the past 40 years, several legislative amendments have
restricted access to English schools. As is the case in several Francophone
communities elsewhere in Canada, enrolment in minority schools has declined, and
the percentage of eligible students who attend these schools is not at its
maximum. According to the portrait published by Statistics Canada, ―the language
of the school attended by young Anglophones depends on several factors, one of
the most important being the restrictions imposed by Quebec language legislation.
Added to this is the sizable proportion of French-English [intermarriage] as well as
the desire of Anglophone parents to further their children‘s learning of both French
and English.‖7 Immersion programs are proving to be very popular among
Anglophones. Over the years, many parents have campaigned to improve the
teaching of French in English-language schools. Others have simply chosen to send
their children to French schools, at least at the primary level. Conversely, the
7
Ibid., p. 64.
9
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
increase in the number of intermarriages has meant a steady increase in the
number of Francophone students enrolled in English-language schools.
In terms of level of education, 25% of Anglophones in Quebec have a university
diploma or grade at bachelor‘s level or above, compared with 15% of
Francophones.8 This gap is less significant in the Montreal, Sherbrooke and
Outaouais regions. This can probably be explained by the presence of universities
in these areas or nearby (for example, the Outaouais region is just across the river
from Ontario). Statistics Canada also states that ―since the proportion of university
graduates is much greater in the large urban centres and a sizable proportion of
the Quebec population lives outside these large centres, any analysis of the
education gaps between the two groups must take this reality into consideration.9
Anglophones in Quebec have often been seen as the socioeconomic elite. While
this was true prior to the 1960s, much has changed since. The departure of many
Anglophones and the huge wave of immigrants have helped to change the
socioeconomic fabric of this segment of the population. The income gap between
Anglophones and Francophones has decreased over the years. The following table
shows the differences in average and median incomes for males and females by
FOLS for 2006. There is practically no difference in median income for
Francophone and Anglophone women, whereas Francophone men have a slightly
higher median income.
Table 4: Average and median income for females and males by first official language
spoken, Quebec, 2006
First official
language spoken
English
French
English and French
Total
Women
Average income
Median income
($)
($)
28,011
20,140
25,808
20,052
22,297
16,577
25,870
19,828
Source:
Men
Average
Median
income ($)
income ($)
42,374
27,008
38,457
30,854
28,687
20,789
38,509
30,074
Statistics Canada, Census of population, 2006.
According to the portrait published by Statistics Canada, the following explanation
is provided for these data:
In fact, while the results on the population as a whole reveal that the mean
incomes of Anglophones are higher than those of Francophones …, it emerges
that certain key factors explain these gaps. Thus, an analysis of the data on
the average employment incomes of males in the labour force reveals that
Francophones have a higher mean income than their Anglophone counterparts
when controlling for age, education level, region of residence, industry sector
and immigrant status (results not in table). The income gap is larger if the
criterion used is mother tongue ($2,700) rather than first official language
8
Ibid., p. 69.
9
Ibid., p. 70.
10
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
spoken ($1,900). For females, the gaps are smaller, at $700 and $300
respectively. In other words, a large part of the gap observed between the
mean incomes of Anglophones and Francophones is related to differences in
age structure, education level, region of residence, industry sector and
immigrant status.10
Anglophones work in various employment sectors, depending on the region in
which they live. In Montreal, they are concentrated in manufacturing, retail sales,
health, and professional, scientific or technical services. In the Quebec City area,
there is a higher percentage of people in educational services. Overall, Anglophone
workers are attracted to the retail trade. English is the most commonly used
language in many employment sectors aside from public administration.
The Statistics Canada portrait points out repeatedly that the geographic
concentration of Anglophones influences their perceptions and language-related
behaviours. This means that the English-speaking communities‘ vitality varies by
region. Intermarriage, immigration, the presence or absence of the ―middle
generation,‖ the degree to which English is used in the public sphere and the
knowledge of both official languages are all factors that influence this vitality.
These factors also influence the communities‘ perception of their own vitality.
The next section of this report is a detailed portrait of Quebec‘s English-speaking
communities by sector of development.
10
Ibid., p. 87.
11
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
“I have always thought that the English communities in Quebec suffer from a larger
degree of misunderstanding than is the case for many other minority language
communities.”
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (31 May 2010)
QUEBEC’S ENGLISH-SPEAKING COMMUNITIES:
CHALLENGES AND SUCESS STORIES
This section provides an overview of Quebec‘s English-speaking communities‘
challenges and realities in various sectors affecting their development. It highlights
some success stories with regard to the development of these communities. It
draws on a number of excerpts taken from previous Committee reports to
illustrate how the challenges of the Anglophone minority are similar to those of its
Francophone counterpart outside Quebec.
A. COMMUNITY LIFE
A number of questions come up when it comes to community life. What factors
contribute to the vitality of the English-speaking communities? What relationship
do these communities maintain with the French-speaking majority in Quebec? Are
the realities experienced by these communities the same in each region? What is
being done to support their development? How are the governments supporting
community organizations? The following pages attempt to answer these questions
by drawing from testimony heard in Committee.
1. Vitality: identity, inclusion and sense of belonging
The Quebec Community Groups Network (QCGN), an agency that defends Englishspeaking communities in Quebec, has appeared before the Committee a number of
times to express its view of the main challenges these communities are facing.
From the outset, the QCGN wanted to underscore that the English-speaking
population of Quebec is a diverse and multi-lingual community. Changes in
Quebec‘s social, political and economic context have contributed to forging the
identity of the English-speaking communities and have led those communities to
perceive their vitality in a very unique way.
Their perception of community life is marked by two recurring themes: inclusion
and sense of belonging. Generally speaking, the sense of being included in Quebec
society seems fragile. According to Jack Jedwab, ―Feeling part of the community is
often contingent on a climate that either values being part of the community or
devalues it. If you feel there is a devaluing in being part of that community, you
will be reluctant to associate yourself with it.‖11 The overview published by
Statistics Canada in 2010 showed a greater sense of belonging by the English11
Jack Jedwab, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 6, June 14, 2010, p. 10.
12
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
speaking communities in the Montreal, Outaouais, Eastern Townships and
Southern Quebec regions, in other words, where there is a higher concentration of
the minority population12.
Any difficulty creating a real sense of belonging within the English-speaking
communities can lead to challenges in terms of political influence. At times, those
communities have had a hard time finding a public voice. A QCGN representative
said:
We have not felt the need — or we have felt the need too late, one would
question — to mobilize and to ask for organizations that advocate on behalf of
youth, women, seniors, and jurist organizations. These organizations could
develop, but they have not emerged in sustainable form in our community's
history. We believe that the result of all of this … is that it has been difficult
for us to participate and be heard on the national stage in terms of an equal
voice.13
Generally speaking, English-speaking communities want to maintain their vitality
and contribute to enriching their community life. To do so, they have to have a
strong identity and a well-developed sense of belonging.
2. Relationship with the Francophone majority
To remain a dynamic part of Quebec society, the English-speaking population in
Quebec has to be extremely adaptable. Its desire to live and flourish in English is
weighed against its desire to fully participate into Quebec society. This is one
reason why the rate of bilingualism within the population whose mother tongue is
English has continually increased over the years. In 2006, the rate was 69.8%14.
English-speaking communities rely on support from the Francophone majority to
promote their development. Recognition of the double minority status within
Canada and within Quebec is one of their major challenges, as the following
excerpt shows:
… [T]he English-speaking community requires the support of our brothers and
sisters in the [F]rancophone majority if we are to influence successfully the
policies required to develop vital and viable English-speaking minority
communities that will continue to contribute to Quebec. English-speaking
Quebec faces the particular challenge of being a minority within a minority. …
By contrast, French-speaking Quebec is both a minority and a majority. As a
minority linguistic community, it faces serious challenges within Canada and
North America. But French Quebec has had a hard time coming to terms with
the fact that it is also a majority. While defending its place as a minority
within the rest of Canada, the French-speaking community needs to learn to
12
Statistics Canada (2010).
13
Quebec Community Groups Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 6, June 14, 2010, p. 9.
14
Statistics Canada (2010).
13
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
be a majority in the context of its relationship with its English-speaking
minority in Quebec.15
As is the case for any other minority group, English-speaking communities in
Quebec want to participate in developing policies and making decisions that have
an impact on their development. Jack Jedwab noted that, ―the presence of English
speakers in Quebec's decision-making process, through its civil service and its
broader decision-making bodies, is extremely low‖16. Some agencies, such as the
Montreal Council of Women, have the feeling that the divide between the
Anglophone minority and the Francophone majority has never been so great. That
might depend on the presence of persistent myths about the two linguistic groups.
―I find it absolutely horrifying that people are allowed to live with their prejudices
and that no attempt is made to blend the two groups‖17.
The witnesses‘ testimony has shown that we must find ways to encourage healthy
connection between the aspirations of the majority population and the interests of
the minority community. All the regions studied showed an interest in this. For
example, a representative from the Committee for Anglophone Social Action
(CASA) said, ―English-speaking Gaspesians are adapting to today's realities and
wish to remain a vital part of the vitality of the Gaspé coast‖18. A representative
from the North Shore Community Association (NSCA) said that one of the
strengths of the North Shore community is that it is ―reciprocal with the linguistic
majority. … There are opportunities and there is a willingness to [cooperate] in
almost every sector‖19. A representative from a community centre in Verdun said,
―Dawson Centre has survived and developed in a [F]rancophone environment as a
result of our ability to work with our [F]rancophone partners. Our [cooperation]
with our environment is very important‖20.
Some organizations shared some of their promising experiences with respect to
cooperation. That was the case for Voice of English-speaking Québec (VEQ), which
has implemented a twinning program ―where you facilitate activities between the
two linguistic groups … to bring together the two communities to help each
improve their second language‖21. For its part, the Regional Association of West
15
Quebec Community Groups Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 3, March 23, 2009, p. 30.
16
Jack Jedwab (June 14, 2010), p. 11.
17
Montreal Council of Women, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 14, November 29, 2010, p. 27.
18
Committee for Anglophone Social Action, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 34.
19
North Shore Community Association, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 42.
20
Dawson Community Center, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 14, November 29, 2010, p. 6.
21
Voice of English-speaking Québec, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 22.
14
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Quebecers (RAWQ) offered a training program to students in the Outaouais area in
order to raise awareness of the vocabulary used in the work world in either of the
two official languages. ―It is not sufficient to be bilingual but to be sufficiently
bilingual in the technical jargon of the particular occupation‖22.
To sum up, Quebec‘s English-speaking communities want their rights to be
respected without posing a threat to the aspirations of the Francophone majority.
Witnesses stated that this does not have to be a win-lose situation. The goals of
the two communities do not have to be mutually exclusive and can be achieved in
an atmosphere of respect for the rights of both. This will require strategies to bring
the Anglophone minority and Francophone majority together.
3. Regional diversity
The realities and challenges faced by the English-speaking communities vary from
one region to another. A few general observations can be drawn from the
testimony heard:

The North Shore and Lower North Shore community is spread out and
isolated. Members of that community are largely unilingual. Government
services in English are difficult to obtain in all sectors. The exodus of young
people combined with the aging of the population is striking a major blow to
the vitality of the community more than anywhere else. Problems related to
transportation greatly limit the development of the community.

The Gaspé community is also spread out and isolated. Government services in
English are difficult to obtain, especially for arts and culture, mental health and
seniors. In the education sector, we see a high dropout rate. Young people who
leave the region do not return. Those who stay live in difficult economic
conditions. The community would like to be able to rely on immigration to
renew its population.

The Lower St. Lawrence community is the smallest of all the Englishspeaking communities in Quebec. There is only one English primary school in
the region and its infrastructure is inadequate. Generally speaking, very few
services are available in English and very few volunteers are able to provide
their support to the community.

The Îles-de-la-Madeleine community has its own very specific realities owing
in large part to its geographic situation. As in other remote regions, young
people tend to leave the island and not return. As a result, it is hard for them
to become involved in organizations to enhance community development. More
than anywhere else, developing the tourism industry is essential to the
community‘s development.
22
Regional Association of West Quebecers, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 13, November 15, 2010, p. 14.
15
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY

The community in the Quebec City region has a very high knowledge of
French. Challenges in this community have more to do with community
leadership and the ability to find new volunteers than with creating a sense of
belonging. The community‘s priorities are to support newcomers, young people,
seniors and economic development.

The Eastern Townships community is also spread out. There is no real hub,
and Anglophones live in small communities which are becoming increasingly in
the minority. Most young people are bilingual, but they have trouble integrating
into the region‘s labour market. Their sense of belonging in the community is
rather weak and this phenomenon is heightened by a lack of support for
Anglophone arts and culture in the region. The community feels a great need to
build bridges between the generations to counter the exodus of young people,
the absence of the ―middle generation‖ and the lack of services for seniors.

The community in Montreal and surrounding areas is extremely diverse and
made up of a high proportion of ethno-cultural communities. A number of
agencies that advocate on behalf of those communities identify with the
English-speaking community. Access to schools — from elementary to
university — health care and social services, employment services, and arts
and culture present fewer challenges than they do in remote areas. However, it
should be noted that the situation varies from one location to another on the
island of Montreal. In the Verdun borough, for example, there is a great need
for services for young people, families and seniors. The population on that part
of the island is also experiencing an exodus: many Anglophones who do not
have access to services move to other parts of the greater Montreal area. The
surrounding Montreal area has its own challenges. In the VaudreuilSoulanges area, the Ensligh-speaking population is exploding, especially with
the addition of new immigrants. Unfortunately, the provision of services is not
keeping step with the rate that the population is growing.

The Outaouais community is made up of a population that is urban and rural,
young and old, unilingual and bilingual. The proximity of the Province of
Ontario poses unique challenges to this community in terms of access to
services in English. Although the sense of belonging among young people in the
community there is high, a number of them feel they need to leave the region
if they want to pursue post-secondary education or find employment.
The witnesses raised the importance of taking into account the variety of
challenges faced by English-speaking communities. Adopting a uniform common
approach to all regions is not appropriate for meeting their needs.
4. Government support for community organizations
and delivery of services to the communities
English-speaking community organizations have the feeling that they do not
receive enough government support. Witnesses called for action on two fronts to
make the lives of English-speaking communities in Quebec easier. First, there
must be access to long-term funding to support community development; and
second, services available in the minority language must be expanded.
16
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
At the provincial level, the witnesses presented a relatively negative assessment of
the support offered by the Government of Quebec. Some witnesses said that the
provincial government does not consider the English-speaking communities as a
separate entity, with specific needs. According to the QCGN, ―In matters of shared
jurisdiction, or in matters that have been devolved to the province … the needs of
the English-speaking community are largely absent.‖23 Noel Burke stated a similar
opinion: ―The English-speaking citizens of Quebec are skeptical about the
provincial government's interest in their well-being as a community, while it does
provide services and there are access issues for individuals. As a collective,
however, there is quite a bit of skepticism about the government's interest in their
welfare as a community. I would describe it as tenuous at best.‖24 Outside the
major urban centres, opinion is even stronger. A representative of the Coasters‘
Association stated: ―It is not right that, today, a Quebec government still does not
respond to the English community.‖25
At the federal level, testimony was not much more glowing. Although the work
Canadian Heritage has done with the communities was acknowledged to be
essential by most witnesses, the QCGN believed that the existence of the Quebec‘s
English-speaking communities has too often been ignored by other federal
institutions. That organization said that the English-speaking communities have
not received their fair share of funding under the Roadmap (2008-2013).26 In
general, it seems that federal institutions are not doing everything necessary to
implement Part VII of the Act. Part VII, which was amended in 2005, requires that
federal institutions take positive measures to enhance the vitality and support and
assist the development of Quebec‘s English-speaking communities. The
QCGN believes that ―… the need for increased levels of cooperation between the
federal government and provincial government regarding the ‗full implementation‘
of Part VII of the Official Languages Act.‖27
Under the Roadmap (2008-2013), the federal government has granted funding for
Quebec‘s English-speaking community organizations and for the delivery of
services in English.28 Investments for 2008-2013 break down as follows:
23
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 8.
24
Noel Burke, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 6, June 14, 2010, p. 27.
25
Coasters‘ Association, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 49.
26
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 28.
27
Quebec Community Groups Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 10.
28
These funds are in addition to Canadian Heritage‘s regular budget under the ―Community
Life‖ component, which includes the subcomponents ―Collaboration with the Community
Sector‖ and ―Intergovernmental Cooperation on Minority-Language Services‖.
For
2008-2009, the total budget allocated to Quebec for that component was $5.3 million. For
more detail, see: Canadian Heritage, Official Languages – 2008-09 Annual Report.
Volume 1: Official Languages Support Programs, Ottawa, 2009, p. 30.
17
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY

Cooperation with the community sector: $2.1 million over five years has
been allocated to Quebec under cooperation agreements with organizations
representing the communities. The agreements provide for program funding
(e.g. operating expenses) and project funding (e.g. one-time activities).

Intergovernmental cooperation: $2.0
million over five years has been allocated
for the agreement between the federal
government and the province in relation
to services in the minority language. The
purpose of the funding is to help the
provincial government and the
municipalities expand services in English,
more specifically in health care, social
services and the justice system.
As in the case of French-speaking minority
communities, it seems that the challenges
facing Quebec‘s English-speaking
communities include administrative
complexity, the hard work done by
volunteers and the lack of support for
innovative projects that meet the specific
needs of the communities.
Processing times and delays in approving
funding for community organizations were
often criticized in the course of this study.
The lack of long-term support is recognized
as having had negative effects on the
development of the communities. For
example, a representative of the Coasters‘
Association stated: ―There are things that
just stop because they are programs that go
for only a year or two and can no longer be
renewed. We just get the community
mobilized and things up and moving, and
people are so happy and proud of what is
happening, and then it stops.‖29 A
representative of YES Montreal gave similar
testimony:
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In several of its previous reports,
the Committee recognized the need
to lighten the administrative burden
on community organizations. The
government‘s response to the
Committee was that it had taken
measures to that end.
In April 2010, Canadian Heritage
announced that reforms had been
introduced in order to: encourage
multi-year funding applications;
implement service standards; allow
grants up to $50,000; examine
ways to shorten the time for
processing applications and issuing
payments; set a single deadline for
all client groups in all provinces and
territories; and distribute funding
earlier so that client groups receive
it in April.
A cooperation agreement between
Canadian Heritage and the QCGN
was signed in principle in the fall of
2010. The agreement should allow
for a review of the English-speaking
communities‘ funding priorities in
light of the commitments made by
the federal departments under the
Roadmap (2008-2013).
… [M]uch of the funding is project based, which creates very unstable
situations. You might obtain a one-year funding project, which is fabulous,
works and responds to the needs, but the next year arrives and because you
cannot incorporate it into your core funding, you have to come up with
29
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 49.
18
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
another new and creative project, despite the good results you had with what
you were doing.30
The need to provide support for training the volunteers who work in the
community organizations was raised a number of times during the public hearings.
A representative of the Dawson Community Centre stated: ―Funding is always an
issue to keep our staff and to keep them trained. … We need training for our
staff.‖31
A large majority of witnesses believe that access to services in English is a priority.
This is an essential factor for creating a real feeling of belonging to the community.
A representative from the North Shore stated: ―Our needs include having greater
access to programs and services offered in our own language, from federalprovincial departments, agencies and other organizations.‖32 When the
Commissioner of Official Languages, Graham Fraser, appeared before the
Committee, he noted that ―the availability of services improves community
members' quality of life as well as the community's vitality, and has an impact on
whether people stay in or return to the region.‖33
According to the testimony heard, equality in the delivery of services is a long way
from being achieved. The QCGN acknowledged ―the need for equality of status and
use of French and English in federal government offices in Quebec [and] the need
to link service delivery to community development.‖34 A representative of VEQ
expressed the same opinion: ―Overall, our community simply does not receive the
same quality or variety of services as our French counterparts.‖35 When the
President of the Treasury Board, the Honourable Stockwell Day, appeared before
the Committee, he acknowledged the importance of offering services of equal
quality to all Canadians.36 However, he offered the Committee no concrete
solutions for responding to the complaints voiced by the English-speaking
communities.
At the provincial level, access to services in English was widely criticized. At the
municipal level, only a few municipalities offer service in English under the Charter
30
YES Montreal (Youth Employment Services), Proceedings of the Standing Senate Committee
on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No.12, October 25, 2010, p. 17.
31
Dawson Community Centre (November 29, 2010), p. 8 and 15.
32
North Shore Community Association (September 13, 2010), p. 42.
33
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 10,
October 4, 2010, p. 7.
34
Quebec Community Groups Network (September 13, 2010), p. 10.
35
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 13.
36
The Honourable Stockwell Day, President of the Treasury Board, Proceedings of the
Standing Senate Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No.
16, December 13, 2010, p. 6.
19
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
of the French Language.37 A number of witnesses called for additional resources so
that provincial and municipal institutions could offer information in English about
existing programs, which would allow for the services available to English-speaking
residents to be expanded. It must be noted that the federal-provincial agreement
on English-language services covers only two sectors at present: health services
and justice.
5. Community Learning Centres and new technologies
A number of English-speaking community organizations which appeared at the
public hearings demonstrated their commitment to the welfare of their community.
They offer enthusiastic encouragement for community participation in various
areas of development. Community Learning Centres provided one example of a
model that has been a success story
in several respects.
SUCCESS STORY:
COMMUNITY LEARNING CENTRES
The centres were established several
years ago, with support provided
At present, there are 23 Community
under the federal-provincial
Learning Centres across the province,
agreement on education. Initially,
which are an essential tool for networking
they were intended to provide
and supporting schools and families, as
well as providing access to services in
services to the communities after
people‘s language. They contribute to the
school hours. ―The ambition of those
revitalization of the English-speaking
Community Learning Centres was to
communities, help to develop a sense of
begin to engage community groups in
belonging to the community, provide an
the school, as the institution, as a
opportunity to build bridges between
hub for access to services.‖38 The
generations and between the school and
Assistant Deputy Minister of the
the community, while offering services
ministère de l‘Éducation, des Loisirs
and activities that are tailored to the
et du Sport, Léo La France, described
needs of each region.
the role of the centres today as
follows: ―[T]he school must be part
of the community …. Social and community workers have access to the school, and
that helps reduce the dropout rate.‖39 The Minister of Canadian Heritage and
Official Languages, the Honourable James Moore, said that creating the
centres ―has helped meet the needs of English-language schools in urban and rural
settings. These centres provide English community access to a range of English-
37
Charter of the French Language, R.S.Q., c. C-11.
38
Noel Burke (June 14, 2010), p. 15.
39
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport, Proceedings of the
Standing Senate Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament,
Issue No. 7, September 14, 2010, pp. 86-87.
20
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
language services. The result is that children are able to participate in activities
and learn their own language.‖40
The centres have emerged as a way of improving access to services for the
English-speaking communities, particularly because of the opportunities for
cooperation they offer. The centres work with partners in numerous sectors:
health, education, economic development, and so on. Their mandates are adapted
to the needs of each of the communities they serve. ―It could be using the school
after hours. It could be having a vaccination program for infants. It could be La
Leche League. It could be anything. We did not say that it had to be limited to
this.‖41 For example, in the Lower St. Lawrence, the centre serves as the office for
the organization that represents the English-speaking community in the region and
as a summer medical clinic during the summer, and hosts cultural activities.42
The Committee had an opportunity to visit one of the Community Learning
Centres, in Saint-Lambert. By participating in a live teleconference with three
other centres, the Committee had a chance to see how effective the resources
made available to them to ensure cooperation among the diverse English-speaking
communities across the province are. The centres have technological facilities that
allow them to communicate among themselves and to offer services to remote
communities, such as teacher training. The Lower St. Lawrence example speaks
volumes: ―Through videoconferencing …, now we can see different parts of the
world.‖43
The testimony showed that long-term support for this kind of initiative is essential
to ensure the vitality of the communities. In the current Canada-Quebec
agreement, provision is made for $3.9 million in funding over four years to
consolidate the network of Community Learning Centres and to create new
partnerships. The school boards also have to commit to investing in the project.
The Minister of Canadian Heritage and Official Languages has acknowledged that
long-term support for the centres depends in large part on the cooperation of the
province, which sets its own priorities under the federal-provincial agreement. Léo
La France said that applications had been received to open 15 new centres.
Although there are insufficient funds to provide for all these projects, the Deputy
40
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages,
Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages, 3rd Session,
40th Parliament, Issue No. 15 , December 7, 2010, p. 8.
41
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 111.
42
Heritage Lower St-Lawrence, Presentation to the Standing Senate Committee on Official
Languages, December 6, 2010, p. 3.
43
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 51.
21
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Minister acknowledged that ―the [centres] are definitely a success story in our
sector‖.44
B. EDUCATION
Education is the starting point for revitalizing Quebec‘s English-speaking
communities. This sector of development is key to transmitting, maintaining and
developing the communities‘ language, heritage and culture. The next few
paragraphs describe the key challenges facing the English-speaking communities
in this sector.
1. Access to English-language schools and fluency in French
Education is one of the sectors that generates the most heated debate when the
subject of the development of Quebec‘s English-speaking communities arises. The
Anglo-Quebec community‘s pre-Confederation achievements include access to
primary and secondary homogeneous English-language schools and management
of the English-language school system. In the last 40 years there have been a
number of legislative amendments that have circumscribed access to English
schools.
The enactment of the Charter of the French Language in 1977 made instruction in
French mandatory at the primary and secondary levels except for:

a child whose father or mother is a Canadian citizen and received elementary
instruction in English in Canada, provided that that instruction constitutes the
major part of the elementary instruction he or she received in Canada;

a child whose father or mother is a Canadian citizen and who has received or is
receiving elementary or secondary instruction in English in Canada, and the
brothers and sisters of that child, provided that that instruction constitutes the
major part of the elementary or secondary instruction received by the child in
Canada.
Since 1998, school boards in Quebec have been divided along language lines.
There is an English system with nine school boards covering all of Quebec and a
French system attended by the vast majority of students in the province, including
a number of English-speaking rights holders. Figures for 2006 show that there
were 360 English-language educational institutions under the jurisdiction of the
English school boards and 48 private English-language schools.45
A study done in 2004 by the Office of the Commissioner of Official Languages
showed that the number of students enrolled in English schools whose mother
44
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 112.
45
Statistics Canada (2010).
22
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
tongue is English has declined dramatically.46 On that point, the QCGN stated:
―Education provisions of the Charter of the French Language have had a significant
impact on the province's English language public education system, causing a
decline in enrolment that threatens the future of many schools, especially in rural
and isolated regions.‖47
The most recent annual report on the official languages published by Canadian
Heritage sets out the figures for enrolment in minority-language education
programs in Quebec. The table below shows that in 2007-2008, slightly over
100,000 Quebec students were enrolled in English-language schools. Another
15,000 students enrolled in English-language private schools must be added to
that figure.48 Between 1970-1971 and 2007-2008, there was a 59.3% decline in
enrolment in the minority-language educational system in Quebec.
Table 5: Enrolment in Minority-Language Education Programs, Quebec, 1970-2008
Year
Total
School
Enrolment
1970-1971
2005-2006
2006-2007
2007-2008
1,588,788
957,697
940,533
918,264
Enrolment in
Minority-Language
Schools
Source:
248,855
106,394
104,146
101,290
Classes
K
K
K
K
to
to
to
to
11
11
11
11
Minority-Language
Share of Total School
Enrolment
15.7%
11.1%
11.1%
11.0%
Canadian Heritage (2009), p. 33.
The decline in enrolment in English-language schools has had devastating effects
in some regions, as is the case in Verdun: ―Every two or three years, authorities
have to determine which primary school will have to shut down. … The challenge
for us is to keep the schools open and to retain the population.‖49 Because the size
of enrolment is one of the factors that affect the funding available to the schools,
―small schools are at a disadvantage when it comes to receiving adequate
resources‖.50 Several rare English school boards, however, have had the good
fortune of having enrolment rise. This is the case for two of the school boards that
appeared: Central Quebec and Sir Wilfrid Laurier.
Research shows that the number of Francophones who enrol in English-language
schools is rising, particularly outside Montreal. In some regions, the proportion of
French-speaking students in the minority schools may be higher than 90 percent.
46
Office of the Commissioner of Official Languages, Going Forward: The Evolution of Quebec’s
English-Speaking Community, Ottawa, 2004.
47
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 28.
48
Statistics Canada (2010).
49
Dawson Community Centre (November 29, 2010), p. 12.
50
Quebec Federation of Home and School Associations, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9,
September 17, 2010, p. 73.
23
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
English-speaking parents who send their children to French schools have a very
specific goal in mind: to ensure that their offspring have a good command of
French. The Commissioner of Official Languages summarized the situation to the
Committee as follows:
The education system has challenges. Particularly off the island of Montreal,
the education system for the English minority has a double challenge. Some
20 per cent of children who are eligible to go to English schools are going to
French schools because their parents feel that the English school system will
not prepare them adequately to stay and work in Quebec in French. At the
same time, a significant number of students who are growing up in French
from mixed marriages or parents who are [F]rancophone, but because the
parents went to English schools, they have the constitutional right to send
their kids to English schools, are being sent to English schools. … Therefore,
those schools are having a double challenge. They do not have the full
capacity of the people who have the right to go to the school, and at the same
time they have people who do have the right to go to the school but do not
have the language skills. They do not receive any extra funding for English
second-language learning ….51
In reality, the English school boards place considerable weight on ensuring that
their students are fluent in French, and a large number of English-language
schools have established immersion programs. On that point, a representative of
the Lester B. Pearson School Board said:
… Quebec English schools have always been at the forefront of second
language teaching and learning, and were responsible for the development of
internationally recognized French language immersion programs. We have
perfected the teaching of French through immersion to the extent that people
come from the world over to learn our methods for acquiring a second
language.52
The Quebec Federation of Home and School Associations (QFHSA) believes that
English-language schools must offer good programs for learning French.53 The goal
is to enable English-speaking students to integrate fully into Quebec society.
Unfortunately, the English school boards face the persistent myth that attending
their schools presents a threat to the majority community of Quebec. According to
the Quebec English School Boards Association (QESBA), ―We are continually cast
as the problem rather than part of the solution. This is despite our determination
51
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 5, May 31, 2010,
p. 19.
52
Lester B. Pearson School Board, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, pp. 85 and 86.
53
Quebec Federation of Home and School Associations (September 17, 2010), p. 73.
24
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
to give every one of our students the tools to stay here and build his or her future
here in Quebec.‖54
The testimony showed that the choices made by parents regarding education
depend on several factors. The reasons why young people choose to attend one
school rather than another include the restrictions imposed by the Quebec
legislation, the large proportion of intermarried couples and English-speaking
parents‘ desire to encourage their children to learn both official languages. The
portrait published by Statistics Canada in 2010 showed that parents may send
their children to French schools at the primary level, and then to English schools at
the secondary level.55 As the testimony the Committee heard showed, that
situation presents challenges for the English school boards. The provincial ministry
employs development officers ―to look for students to make sure the cohort was
formed‖.‖56
2. English-language arts and culture at school
Cultural activities in the English-language schools are seen as a major challenge
for a number of communities. The testimony showed that the role played by arts
and culture in these schools needs to be expanded and given a higher profile. This
is consistent with the Committee‘s findings in its earlier studies on Francophone
and Acadian communities.
The predominant role of French in the schools means that the English school
boards find it difficult to reflect the English-language communities‘ own culture.
Programs are often designed to meet the needs of the French-speaking majority,
without regard to the unique situation of the English-speaking population. As the
QCGN said: ―We have not developed programs to help students learn French while
holding on to deep-seated cultural English/French references.‖57
Funding for arts and culture in the schools is scarce, if not nonexistent. In the
Gaspé, Vision Gaspé – Percé Now (VGPN) said: ―… [N]owhere can we find funds to
permit us to expose our youth to this rich cultural heritage. Music, drama and
choral work receive very little or limited funding.‖58 The RAWQ commented on the
situation in the Outaouais as follows: ―If you do not have schools in which Englishspeaking children will be acquainted with their own English-speaking culture, then
54
Quebec English School Boards Association, Proceedings of the Standing Senate Committee
on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010,
p. 82.
55
Statistics Canada (2010).
56
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 92.
57
Quebec Community Groups Network (September 13, 2010), p. 19.
58
Vision Gaspé – Percé Now, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 31.
25
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
the community has really lost something.‖59
On the North Shore and Lower North Shore,
the theatre company Geordie Productions
receives funding to visit schools and put on a
play for students every year. ―They travel
from school to school and they do the whole
gamut of going into the villages and putting
on theatre and music. It is very well enjoyed
by our community.‖60 Apart from that
initiative, young people in the region ―do not
have exposure to English theatre‖.61 The
explanation for this is that costs are too high.
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2009 report, the
Committee
acknowledged
that
learning language and culture is
achieved by the combined efforts of
families, schools and communities.
The Committee asked Canadian
Heritage
to
ensure
that
Francophone minority communities
have access to sufficient resources
to support cultural activities in
schools. This point seems to be
equally applicable to Quebec‘s
English-speaking communities. In
the response delivered by the
government in November 2009, it
did not reply directly to the
Committee‘s recommendation.
An organization that works to preserve
heritage, the Quebec Anglophone Heritage
Network (QAHN), told the Committee that it
is very difficult to persuade teachers to
promote the history of the English-language
cultural heritage of Quebec: ―… [T]eaching
regional or local [A]nglophone history is
unfortunately not adequate.‖62 In addition,
funding for students to go on field trips to
museums and Anglophone heritage
institutions, go see plays in their own language or make contact with their
community‘s history is nonexistent. In the Lower St. Lawrence, the only Englishlanguage primary school in the region has no gym, no music room and no library,
and this makes access to English-language culture even more difficult.63
3. Challenges: dropout rates, school transportation
and qualified staff
While the school boards are dependent on parental choice, they also have to face
the challenges presented by dropout rates, school transportation and access to
qualified staff in the schools.
Dropout rates are a subject that has attracted the attention of a number of
English-language school boards, and also of the ministère de l‘Éducation du
Québec. It must be noted at the outset that there is no single definition of this
concept, and that therefore the challenges associated with it vary from region to
region. In the Gaspé, some young people face drug and alcohol problems. Youth in
59
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), p. 14.
60
North Shore Community Association (September 13, 2010), p. 52.
61
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 51.
62
Quebec Anglophone Heritage Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 8, September 15, 2010, p. 29.
63
Heritage Lower St-Lawrence (December 6, 2010), p. 3.
26
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
that region have a greater tendency to leave secondary school without obtaining a
diploma. The better educated young people leave the region and do not return.
Those who are less educated stay, and hold poorly-paid jobs. The dropout rate is
also very high in the Eastern Townships, but has declined in recent years. The
QESBA said that a study will be conducted in the near future to gain a better
understanding of the phenomenon.64
In spite of the challenge presented by dropout rates, it must be noted that the
success rate for students in the English-language system is actually quite high.
Noel Burke observed: ―About 50 per cent more students graduate from the
English-speaking community with a secondary school diploma than those in the
French community. The education system has a high level of success and holds a
great amount of pride in doing so.‖65 On average, the graduation rate in the
English-language school boards is above 80 percent.66
School transportation is another challenge facing English-language school boards,
particularly in small communities where the schools are widely scattered. Léo
La France acknowledged that this was a special challenge for the English-language
school system: ―There are nine [A]nglophone school boards compared with 60
[F]rancophone school boards, so the long-distance traveling issue mainly arises in
the English-speaking community.‖67 In some regions, students may spend as much
as three hours a day on school buses, and this can be a hardship for the students
and their families. The Central Québec School Board described the situation as
follows:
So much time spent on the bus has consequences on the time left for
homework, family activities, sports and other cultural activities and, important
at a young age, sleep. … Our parents are extremely understanding. They
accept the situation as the cost for an education in English for their children.68
To most of the witnesses, including the Assistant Deputy Minister at the provincial
ministry, this situation is unacceptable.
The testimony showed that the English-language school boards respond to the
school transportation challenge in different ways. Some of them have had trouble
keeping up with demand and are seeking additional resources from governments,
in order to reduce students‘ travel times. The Central Québec School Board has
still not received the support of the Government of Quebec, and told the
Committee:
64
Quebec English School Boards Association (September 17, 2010), p. 97.
65
Noel Burke (June 14, 2010), pp. 12 and 13.
66
Quebec English School Boards Association (September 17, 2010), p. 96.
67
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 88.
68
Central Québec School Board, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7, September 13, 2010, p. 58.
27
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
It is our firm belief that if our students are entitled to an education in the
English system, then they should also have a right to a reasonable busing
schedule. We do not see how three hours per day can be considered
reasonable. … For us it will take probably $500,000 to $600,000 for kids to be
less than two hours per day on a bus.69
On the North Shore, many young people have to leave their families to attend
school. ―Then our youth have to leave the territory to go out to school. Most of
them, because of the high cost of transport, which is not recognized for loans and
bursaries, cannot come home often.‖70
Other school boards have demonstrated initiative and considerable imagination to
overcome the challenge of school transportation. The Eastern Townships School
Board has given each of its students a laptop computer, starting in Grade 3. It
encourages them to take their laptop home, and has started a pilot project to give
students Internet access on the bus: ―… we are trying to make use of that time,
because it could be valuable for the student.‖71 That school board has also made
arrangements for student transportation with the French-language school boards
in the region: ―So, in the morning, instead of having two, or sometimes three,
buses going down the same country roads, there is only one bus taking students
to schools located close to one another, be they French or English schools.‖72
A number of witnesses described difficulties associated with the shortage of
specialists in the English-language schools. The Central Québec School Board
reported that minimal resources are provided for hiring psychologists, nurses or
other professionals. The situation is the same on the island of Montreal, where
some areas of the city have major needs in terms of access to psychological,
ortho-pedagogical, mental health and drug prevention services.73 Outside the
urban centres, it is much more difficult to attract professionals. ―The logistics
involved are often more than our complementary services can handle.‖74 In remote
regions, specialists‘ jobs are divided among several schools, which are often
distant from each other. ―The problem is that if we put out a posting for a 20
percent job in La Tuque for a psychologist, who will take that job? … [W]e have a
little percentage there, a little percentage in Jonquière and another little
percentage in Thetford Mines. That is our difficulty.‖75 The other aspect of the
challenge involves finding specialists who speak English.
69
Ibid., p. 58.
70
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 47.
71
Eastern Townships School Board, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 8, September 16, 2010, p. 83.
72
Ibid., p. 78.
73
English Montreal School Board, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 84.
74
Central Québec School Board (September 13, 2010), p. 59.
75
Ibid.
28
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The example of the technological
orientation adopted by the Eastern
SUCCESS STORY:
LAPTOPS IN THE SCHOOLS
Townships School Board has
attracted considerable admiration.
The Eastern Townships School Board has
The School Board offers various
demonstrated initiative by integrating
training opportunities for its staff,
technology
into
pedagogy.
It
has
using podcasts, video clips,
equipped
its
students
with
laptop
computers starting in Grade 3, with the
teleconferencing, touch boards, and
following objectives: to reduce inequality
so on. Its representative reported
between disadvantaged and relatively
that this gives teachers an
more affluent students; to break down the
opportunity to stay up to date with
isolation of rural and small town areas; to
new technologies and be able to
make learning more stimulating and
apply them in class, and thus
student friendly; and to compensate for
generate interest among a larger
the lack of cultural resources. The
number of students.76 On Montreal‘s
technological orientation adopted by the
North Shore, the Sir Wilfrid Laurier
school board has improved student
results, reduced dropouts and opened up
school board has also acquired
new training opportunities for teaching
better technological capacity in its
staff.
schools.77 The testimony showed
the importance of ensuring ongoing
access to financial resources for
pursuing projects of this nature and enabling new teachers to participate in this
technological orientation as well.
Some witnesses also talked about the importance of supporting teacher training
for teachers outside the urban centres. Léo La France acknowledged this:
While teacher training is always provided for elementary and high school
teachers, it is important that we ensure that the necessary adjustments are
made and the documents are translated in a reasonable time frame so that
our teachers will receive their material at the same time as their Frenchspeaking counterparts.78
In addition to being on the cutting edge of technology, it is important that teaching
methods be adapted to circumstances in the English-language schools.
76
Eastern Townships School Board (September 16, 2010), p. 76.
77
Sir Wilfrid Laurier School Board, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 87.
78
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
pp. 85 and 86.
29
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
4. Access to postsecondary education in English
In some regions, students seeking access to postsecondary education in English
face challenges. Outside Montreal and the Eastern Townships, there are very few
or no university programs available. All of the witnesses who appeared in those
two regions said that the absence of an English-language university was a problem
for the development of their community. The Committee met with the three main
English-language universities when it travelled to Quebec: Bishop‘s, McGill and
Concordia.
Bishop‘s is located in the Eastern Townships and seemed to be relatively close to
its community. It trains teachers for English schools, offers leadership courses for
the school administrators and funds research to expand knowledge about the
English-speaking communities in the Eastern Townships. The representatives of
Bishop‘s vigorously advocated the creation of a learning centre that would have
three goals: to bring together student aid services, offer access to a wide range of
documentary resources, and create a knowledge distribution centre knowledge
distribution centre with leading edge of technology for the student population and
the community as a whole. They see this as a way of supporting the vitality of the
community:
With the better use of technology, we can provide more learning and
educational opportunities for English-speaking communities that are not
immediately proximate to us. It is a particular responsibility that we have as
the only English-language university off the island of Montreal. 79
Concordia University and McGill University have to deal with a client population
that includes a significant allophone component. These two universities make
learning both official languages one of their priorities. They too feel a sense of
responsibility for the development of Quebec‘s English-speaking communities. For
example, McGill University trains teachers for English-language schools, offers
legal aid clinics at no charge and is directly involved in training professionals
working in all areas of health care.80 In the end, their actions still have only limited
impact outside the island of Montreal.
The idea of a satellite campus arose several times during the public hearings, both
on the North Shore and in the Outaouais. For example, the RAWQ said: ―We have
discussed whether something should be done to try to get — shall we say — the
affiliate of an English language university in this area. We have not made any
move in that direction, but I think the question is open.‖81 Concordia University
offers distance classes. Its officers said: ―This ability will allow us to reach English-
79
Bishop‘s University, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 8, September 16, 2010, p. 50.
80
McGill University, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 49.
81
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), p. 12.
30
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
speaking Quebecers who, because of long distances, isolation or work, cannot get
to a university campus.‖82
McGill University described problems relating to the management of federalprovincial relations in the field of postsecondary education. One of its
representatives gave the example of the challenges presented by the university
scholarships in translation program managed by Public Works and Government
Services Canada (PWGSC):
… [F]ederal-provincial jurisdictional disputes negatively impact access to
programs, bursaries and other federal government resources for training
McGill students in the two official languages of Canada. … McGill translation
students were barred from these scholarships in 2010 because we were not
able to get an agreement between Canada and Quebec on that issue. 83
Note that the college, university and unfunded private school systems are not
subject to the provisions of the Charter of the French Language governing
language of instruction. Noel Burke pointed out that a majority of the students
attending English-language CEGEPs are not English-speaking:
Currently, two of the five English-language CEGEPs are approaching a 50
percent [F]rancophone and allophone proportion of students. The largest
English CEGEP in the province has surpassed this mark and is approaching 60
percent [F]rancophones and allophones. Most of them choose the option in
order to develop proficiency in the English language because they did not
have such an opportunity prior to post-secondary education.84
At the St. Lawrence campus of Champlain Regional College, 65 percent of students
come from French-language schools. ―The [A]nglophones come because it is their
college, but the [F]rancophones come, I am convinced, to be better members of
the [F]rancophone community.‖85 At the Lennoxville campus, about 40 percent of
students come from majority community schools. Students attending the college
have a high knowledge of both official languages. At Dawson College, nearly half of
the student population does not have English as a first language. A representative
of the college said: ―This is interestingly problematic because it poses fairly
important pedagogical issues when our teachers are trying to work in an English
environment and the linguistic capacities of the incoming students are not always
able to cope with what we expect of them.‖86
82
Concordia University, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 48.
83
McGill University (September 17, 2010), p. 50.
84
Noel Burke (June 14, 2010), p. 13.
85
Champlain Regional College – St. Lawrence Campus, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7,
September 13, 2010, p. 63.
86
Dawson College, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 55.
31
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Challenges were reported in relation to access to infrastructure in the Englishlanguage colleges. Difficulties relating to funding of an amphitheatre project at the
St. Lawrence Campus of Champlain Regional College have generated widespread
indignation in the Quebec City region. The representatives of the college
commented on the situation as follows:Under these circumstances, it is difficult for us
to convince a student in the process of choosing a CEGEP, to come to our
school. We want drama and film to take centre stage in our CEGEP since it is
the only school that puts on plays in both French and English. The same goes
for our improvisation groups.87
English-speaking representatives in the Quebec City region strongly support the
amphitheatre project. The representatives of the college had this to say in defence
of the project:
… [S]ome consider it to be a luxury. Sometimes they will tell us that it is
possible to go to another school and rent an available room. Canadian
Heritage did, however, show great interest in our project. … The fact that
Dawson College has an amphitheatre shows how open they are, which is
crucial for our community.88
The Lennoxville campus is rather lucky, in that it can take advantage of the
facilities at Bishop‘s University.
Possibly we are one of the only CEGEPs in the province that has access to
university facilities. When we
look at gym facilities or library,
our students have access to
SUCCESS STORY:
world-class — in some cases —
NURSING PROGRAM
facilities. … [T]he partnership we
In August 2010, the Lennoxville campus
have with Bishop's is important
of Champlain Regional College opened a
because when they undertake a
three-year nursing program. The program
project we are always part and
provides a way of keeping young people
partner, and they consult with us
who want to study in this field in the
continually.89
region, and increasing the numbers of and
access to nursing staff who are able to
The English-language colleges that
communicate in English. This is a step in
appeared acknowledged the
the right direction to meet the healthcare
important role they play in the
needs of the English-speaking community
development of the English-speaking
in the Eastern Townships. All stakeholders
communities and the economic
in the region (community, educational
institutions, healthcare institutions, local
development of their region. A
MP) came together to support the project.
number of witnesses hoped to see
greater access to and promotion of
vocational and technical training
87
Champlain Regional College – St. Lawrence Campus (September 13, 2010), p. 82.
88
Ibid.
89
Champlain Regional College – Lennoxville campus, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 8,
September 16, 2010, p. 62.
32
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
programs in English. As the QCGN said, this kind of training ―will allow English
Quebecers to integrate into the job market and allow the community to retain its
youth and young families, and keep its communities alive and vital‖.90 That culture
does not have deep roots in the minds of English-speaking parents in Quebec.
Some of them continue to believe there is no future for their children if they do not
get a university education. Léo La France said that this is one of his ministry‘s
priorities.91 An example of a success story in this area was the creation of a
nursing program last summer at the Lennoxville campus of Champlain Regional
College.
5. Government support:
federal-provincial education agreement
Since 1970, the federal government has transferred funds to the provincial
governments to assist them in delivering programs for minority language
education and second-language instruction. Every five years, the Government of
Canada and the Government of Quebec negotiate a bilateral agreement that
defines and governs the contributions by the two levels of government in this area.
The most recent agreement, the Canada-Québec Agreement on Minority-Language
Education and Second Languages Instruction 2009-2010 to 2012-2013, was
signed on March 31, 2010. The distribution of funds is determined by an action
plan prepared by the Government of Quebec. Complementary contributions are
available for initiatives that reflect emerging needs identified by the Government of
Quebec.
Under the Roadmap (2008-2013), the federal government allocated funding to
support minority-language education, but not second-language instruction.92
Investments for 2008-2013 will be used for:

Minority-language instruction: $70.4 million over five years has been
allocated under the federal-provincial agreement to expand programs and
activities for Quebec‘s English-speaking communities at all academic levels. The
funds will be used for professional upgrading and development, making
materials available in English, adapting resources and processes to the specific
needs of the minority community and supporting the Community Learning
Centres.
90
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 28.
91
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 107.
92
These funds are in addition to Canadian Heritage‘s regular budget for ―Minority-Language
Education‖. For 2008-2009, the total budget allocated to Quebec under that item was
$48.4 million. The total budget allocated under ―Second-Language Instruction‖ for that year
was $17.9 million. For more detail, see: Canadian Heritage (2009), p. 32.
33
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Witnesses in the education sector all
acknowledged that the support provided
under the Canada-Quebec Agreement is
essential and beneficial for the development
of the communities. They asked that the
funding be maintained, and even increased.
However, some organizations pointed to a
lack of transparency in the use of the funds
transferred by the federal government for
minority-language education. The Englishspeaking communities would like to be
consulted so the funds needed for their
development can be targeted and they can
understand the funding decisions made by
governments. The QCGN believes that the
communities have something to say about
investments made under the CanadaQuebec Agreement. On the question of
transparency, that organization said:
Even when federal funding is specifically
provided for the benefit of the community
— in education, for example — there are no
mechanisms in place to ensure
transparency on where and how the funds
are spent once they are transferred to
Quebec. We very often find ourselves
caught in the middle of the Canada-Quebec
relationship, not a comfortable position, as
you can imagine.93
The QFHSA asked that an accountability
framework be instituted to provide better
oversight for federal-provincial funding in
the education sector. According to that
organization, the lack of transparency is
primarily explained by delays in payment of
funds.94 Those delays are harmful to the
development of certain communities, which
depend on government funding to carry out
some of their projects. Sometimes, the
projects have been completed even before
the money is transferred.95 Under the
current agreement, the Government of
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2005 report, the
Committee
noted
a
lack
of
transparency in decisions regarding
the funding of the federal-provincial
education agreements. Minority
French-speaking communities were
calling for greater transparency in
the process of negotiating the
agreements and in the allocation of
funds. Those findings are reflected
in the complaints voiced by the
English-speaking
community
in
Quebec.
At that time, the Committee
suggested
that
effective
accountability
and
reporting
mechanisms be put in place to
ensure that the allocation of funds
corresponded to the objectives of
the federal government and the
expectations of the communities.
The government‘s response to the
Committee was that the Protocol
for Agreements then in place
provided
for
accountability
mechanisms and mechanisms for
communicating the results to the
public. The provincial governments
had agreed to post key documents
on their websites and to release
two Canada-wide reports to report
on the anticipated results in their
action
plans.
Based
on
the
testimony heard during the present
study, those measures were not
sufficient to meet the expectations
and needs of the communities.
93
Quebec Community Groups Network (September 13, 2010), p. 11.
94
Quebec Federation of Home and School Associations (September 17, 2010), p. 76.
95
Quebec English School Boards Association (September 17, 2010), p. 93.
34
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Quebec undertakes to submit annual financial statements to the Government of
Canada regarding the use of the funds and the results achieved. The transfer of
funds from the federal government to the province is then conditional on the
submission of those financial statements.
In spite of that, stakeholders in the English-speaking community do not seem to
be able to determine whether the funds have been used properly. Many of them
said they did not know the criteria under which the money had been spent. Why at
one level (primary, secondary, college, university) rather than another? Why in
one region rather than another? Why on second-language instruction rather than
on minority-language education? Why do some organizations get complementary
contributions available under the federal provincial agreement, and not others?
The lack of user-friendliness of the information presented is thus a challenge for
English-speaking organizations. The QFHSA called for the following: ―Therefore, we
are looking for plainer language and, when it comes to financial situations, the
kinds of financial reports that will tell us whether we are getting our fair share
under whatever formulas.‖96
A Canadian Heritage official pointed out that the federal government money
accounted for about 10 percent of what Quebec itself invests. ―It is important to
note that the federal allocation is an incentive, a way to support additional costs,
but it is difficult to retrace exactly where our money is invested, since it is mixed in
with provincial funding for English-language schools.‖97 Léo La France pointed out
that ―the services for the English-speaking communities are not the only ones that
benefit from the Canada-Quebec agreement funds. We have to transfer funds to
the advanced education ministry for vocational and technical training, and to the
communications ministry‖.98 The funds transferred must also be consistent with
the division of powers between the federal and the provincial governments. It is no
easy task, particularly since this kind of investment is not immune to political
decision-making.
For example, the federal government has expressed interest in the amphitheatre
project at the St. Lawrence Campus of Champlain Regional College. It would be in
a position to offer funding through the supplementary contributions provided for in
the federal-provincial agreement. However, the province‘s consent is required to
commit the funds needed for carrying out the project. When the public hearings
were held, the provincial government had given no indication that it intended to
pursue the project, in spite of the efforts made by the Assistant Deputy Minister of
Quebec‘s ministère de l‘Éducation:
96
Quebec Federation of Home and School Associations (September 17, 2010), p. 76.
97
Canadian Heritage, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 15, December 7, 2010, p. 10.
98
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 95.
35
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
We have had discussions with Canadian Heritage regarding St. Lawrence
College, and discussions have also begun with the ministry of post-secondary
education, to see how this could be included in the five-year plan. But I have
not observed any favouritism. It really comes from the ministry's five-year
plan. You have to submit an application for your project and fill out the
required forms, and then the ministry makes a decision. 99
Notwithstanding the funding challenges identified, it must be noted that all the
witnesses in the education sector had good things to say about Léo La France. He
is a senior manager who himself worked for several years in the English school
system, and seems to be attuned to the needs of the English-speaking population
in relation to education. He consults representatives of the English-speaking school
system on a regular basis. ―I will try to make sure I am present to hear what
people have to tell me, and I will try to transmit that message to people in the
ministry, including the [M]inister.‖100
In addition, the structure in place in the ministry means that the concerns of the
English-speaking community can be taken into account to a certain extent. First,
the Sector for Services to the English-speaking community has about 30 full-time
employees. Second, the Advisory Board on English Education advises the Minister
of Education about the needs of the English-speaking communities. It is composed
of representatives of the English school system and parents. In addition, the
Leadership Committee for English Education in Quebec examines the issue of
accommodating students with special needs, with the help of key representatives
of the English school boards. Mr. La France reported that one of the ministry‘s
successes in the last year was ―making the French and English material available
simultaneously at the beginning of the school year. That was an ongoing issue for
the province and for our community. There was always a delay because programs
and language materials were originally produced in French and then had to be
translated.‖101
C. HEALTH AND SOCIAL SERVICES
Health is one of the areas of development of most concern to Quebec‘s Englishspeaking communities. Although there are still barriers to be overcome in some
regions, it seems that the progress that has been made is a source of inspiration in
strengthening Quebec‘s English-speaking communities in other areas that affect
their development. Some examples of challenges and success stories reported at
the Committee‘s public hearings are described below.
99
Ibid., p. 99.
100
Ibid., p. 86.
101
Ibid., p. 85.
36
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
1. Delivery of services: access and promotion
Quebec law protects access to health care and social services to a certain extent.
The Act respecting health services and social services states as follows:
15. English-speaking persons are entitled to receive health services and
social services in the English language, in keeping with the organizational
structure and human, material and financial resources of the institutions
providing such services and to the extent provided by an access program
referred to in section 348.
…
348. Each agency, in collaboration with institutions, must develop a program
of access to health services and social services in the English language for
the English-speaking population of its area in the centres operated by the
institutions of its region that it indicates or, as the case may be, develop
jointly, with other agencies, such a program in centres operated by the
institutions of another region.
Such an access program must take into account the human, financial and
material resources of institutions and include any institution in the region
designated under section 508.
The program must be approved by the Government and revised at least
every three years.102
Quebec‘s public health and social services systems have undergone several
reorganizations, resulting in challenges for the English-speaking communities such
as:

A shortage of human resources capable of offering services in English;

Lack of a sufficient volume of service requests in English in regions of low
population density to justify a service offer;

Difficulty in planning services given a lack of information;

Patterns of use of services by English-speaking people whereby recourse to
public services more often occurs only in emergency situations;

Low capacity of communities to participate in planning in regions where they
are demographically weak and lack community infrastructure.103
102
An Act respecting health services and social services, R.S.Q., c. S-4.2.
103
Community Health and Social Services Network, Investment Priorities 2009-2013: Investing
in equitable access to health and social services to enhance the vitality of English-speaking
Quebec, March 2010, p. 4.
37
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
According to the Community Health and Social Services Network (CHSSN), ―Even
though Quebec recognizes that all English-speaking people have the right to
receive health and social services in their own language (to the extent they are
provided for in the regional access program), communities and their public
partners must be ready to collaborate in the reform process in order to create truly
accessible services supported by legislative guarantess.‖104
A study published by the Office of the Commissioner of Official Languages in 2004
showed that access to health and social services in English is one of the main
concerns of these communities, and can vary, depending on the demographic
situation.105 This finding seems to be equally true today, based on the testimony
heard and other studies published by the Office of the Commissioner of Official
Languages in 2008106 and Statistics Canada in 2010.107
The testimony showed that access to health services in English varies from region
to region. There seem to be disparities between regions, as Jack Jedwab
described: ―… [O]utside of Montreal, where the critical mass of English speakers is
weaker, there are more challenges.‖108 In fact, several witnesses from outside the
major urban centres recounted difficulties experienced in accessing health
services. A representative of the CHSSN made the same point.109 According to the
portrait published by Statistics Canada in 2010, Montreal and the Outaouais are
where the greatest opportunities exist to use English in health services.110
In some remote regions such as the North Shore and the Lower North Shore,
access to health services is very limited. A representative of the NSCA stated: ―Our
situation on the North Shore is that we do have first-line services. However, the
issue is that we do not have the services in English. Our [A]nglophones cannot
access those services in their mother tongue. We must assimilate into the
[F]rancophone community.‖111 On the Lower North Shore, expectant mothers have
to travel to a health care facility in another region several weeks before their due
date. This kind of situation results in enormous costs for women and their families,
and there is also nothing to guarantee that these women will be able to receive
services in their language in another region. According to a representative of the
104
Ibid., p. 5.
105
Office of the Commissioner of Official Languages (2004).
106
Office of the Commissioner of Official Languages, Vitality Indicators for Official Language
Minority Communities 2: Three English-Speaking Communities in Quebec, Ottawa, Minister
of Public Works and Government Services, June 2008.
107
Statistics Canada (2010).
108
Jack Jedwab (June 14, 2010), p. 14.
109
Community Health and Social Services Network, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 7,
September 14, 2010, p. 117.
110
Statistics Canada (2010).
111
North Shore Community Association (September 13, 2010), p. 52.
38
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Coasters‘ Association: ―This creates two layers of health and social services. When
people leave the territory for these services, they have extreme difficulties in
accessing services in their language, from first-line services at reception to right
up on the floor.‖112
In the Eastern Townships and the Gaspé, mental health as appeared to be a
priority area. A representative of the VGPN acknowledged that ―another related
real concern is the inability of local professional interveners to deal with a patient's
mental health problems in the patient's mother tongue‖.113 A representative of
Mental Health Estrie observed that it is very difficult for an organization like hers to
promote mental health services in English.114 Members of the faculty at Bishop‘s
University are in fact examining the question of access to mental health care in the
Eastern Townships.
In the Vaudreuil-Soulanges region, the English-speaking population is experiencing
such strong growth that healthcare institutions are having difficulty meeting
demand. This creates disparities in access to services, as this passage from the
testimony of the Hudson-St. Lazare Gazette indicates: ―The problem associated
with our region's changing demographics is this: an autistic [F]rancophone child
will have to wait six months to see a specialist; if that child is [A]nglophone, he or
she will have to wait a year and a half. The same is true of individuals suffering
from Alzheimer's disease.‖115
The problems experienced by organizations that represent the English-speaking
communities can be explained is several ways. They may result from difficulties
that sometimes arise in working together with institutions in the public health and
social services system. They may also result from existing restrictions on public
signage. In general, it seems that reaching the English-speaking communities
where they live is a difficult task.
Some witnesses would have liked to have access to promotional tools in English so
they could receive the assistance and support services in English to which they are
entitled. A survey done by the CHSSN in the spring of 2009 showed that ―57 per
cent of those surveyed had not received information about services in English
provided by the public health and social service institutions in their regions in the
last two years‖.116 A representative of the Townshippers‘ Association acknowledged
that ―[t]here is … a lack of communication on how to access these services. That is
a big issue because sometimes the services exist and the actual providers do not
112
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 45.
113
Vision Gaspé – Percé Now (September 13, 2010), p. 31.
114
Mental Health Estrie, Presentation to the Standing Senate Committee on Official Languages,
September 15, 2009.
115
Hudson-St. Lazare Gazette, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 14, November 29, 2010, p. 41.
116
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 117.
39
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
even know where to find the services in English. … If the services exist but the
community does not know about them, then they are not being used.‖117
A number of organizations have called for additional resources so that healthcare
institutions could cover the costs of translating documents. In some regions,
measures have been taken to expand the information available in English. For
example, the VPGN has ―had success in improving English signage at our CSSS
[health and social services centre] in Gaspé‖.118 The Dawson Community Centre
pointed out that a lack of access to documentation in English could stem from a
problem with meeting quotas: ―Verdun CLSC has a quota and has to respond to a
percentage of the neighbourhood's population. … [T]hey talk about a quota for
services to the English-speaking population, and that quota is apparently more
than met. We felt that did not meet our needs. So we have to find ways to develop
more services in English.‖119
2. Government support: networks and training
In spite of these challenges, a number of witnesses acknowledged that much
progress has been made in the healthcare sector. Health Canada has allocated
additional funds to the English-speaking communities under the Roadmap
(2008-2013). The investments it provides for are broken down as follows:

Networks and partnerships: $7.5 million over five years has been allocated
to the CHSSN to support a total of 18 community networks located in various
regions of Quebec. The goal of the networks is to improve the health and
vitality of Quebec‘s English-speaking communities through better access to
health and social services in English.

Health initiatives: $12.0 million over five years has been allocated to the
CHSSN for projects to improve: health information for the English-speaking
communities ($2.5 million), access to services in English in the public system
($7.5 million), and knowledge about the health and vitality of the Englishspeaking population of Quebec ($2.0 million).

Training and retention of health professionals: $19.0 million over five
years has been allocated to McGill University to give health professionals an
opportunity to improve their ability to work in both official languages, to offer
health services in English where there is a need, to share information and to
promote research in this area.
Before the Committee, the Minister of Health, the Honourable Leona Aglukkaq,
reported some of the results achieved in the healthcare sector for the Englishspeaking communities, including:
117
Townshippers‘ Association, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 8, September 15, 2010, pp. 16 and 18.
118
Vision Gaspé – Percé Now (September 13, 2010), p. 31.
119
Dawson Community Centre (November 29, 2010), pp. 10 and 16.
40
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY

The investments provided for in the Roadmap (2008-2013) will allow for the
creation of new regional networks.

From 2000 to 2006, 148 projects were funded under the Primary Health Care
Transition Fund.

In 2008, 5,300 health professionals received language training so they can
offer services to the minority English-speaking population.120
SUCCESS STORY:
HEALTH NETWORKS
In the healthcare sector, cooperation,
networking and partnership seem to be
the key to success for making health
services more accessible to the Englishspeaking population of Quebec.
The CHSSN has contributed to community
networking and the development of
knowledge and partnerships to improve
access to health and social services in
English. In total, 18 networks have been
created across the province, and more
networks may be created in the near
future. In each network, a coordinator is
responsible
for
building
knowledge,
communicating with partners in the public
health and social services system, making
contact with private and voluntary
organizations and improving cohesion to
ensure better access to services at the
local level.
There is no doubt that the initiative shown
by health networks has had a direct
impact on Quebec‘s English-speaking
communities. It has led to improvement in
the visibility of the communities within the
health and social services system and the
creation of services at the local level to
meet their needs, and has given them
more control over their destiny.
A number of witnesses agreed that
federal investments in the health and
social services sector have benefited
the development of the Englishspeaking communities in all regions of
Quebec. The Council for Anglophone
Magdalen Islanders (CAMI)
acknowledged that ―Health Canada
investments have been very
successful within our community and
has assisted our organization in
building bridges with our
[F]rancophone counterparts which are
essential to our long term
development‖.121 A representative of
the CHSSN acknowledged that
―federal support is so valuable to the
work that we do because it gives
oxygen to the system to be able to
provide better access and to do better
work for the English-speaking
community‖.122 In fact, all of the
witnesses who spoke about health
asked that funding in this sector be
maintained, or even increased.
The QCGN pointed to the excellent
work done by the CHSSN, a not-forprofit organization that brings
together about 20 regional health
networks. ―What we find encouraging
is that, with the networks now in
place in the regions, from Gatineau to
120
The Honourable Leona Aglukkaq, Minister of Health, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 2nd session, 40th Parliament, Issue No. 10, October 5,
2009, p. 26.
121
Council for Anglophone Magdalen Islanders, Presentation to the Senate Standing Committee
on Official Languages, December 14, 2010.
122
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 119.
41
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
the Gaspé and the North Shore, a lot of progress is being made, and it is often
with unilingual [A]nglophones. There was a real need there.‖123 Mention was also
made of the fine work done by the regional
networks, particularly in the Outaouais.124
The success of the networks is attributable
to a host of factors. First, a thorough
awareness of needs, based on the region
and the sector served. Second, measures
that take into account the variety of needs
and regional disparities. As a representative
of the CHSSN said: ―It is all about
empowering the communities themselves to
develop the knowledge they need to know
about the community so that they can speak
to the public partner to express the needs of
the population and then perhaps even help
with solutions in providing better access.‖125
The funds can be used to translate
documents, train staff, and so on. Each
regional network decides its own priorities.
The networks represent one way of
improving communications between the
partners and all groups at the local level.
They ensure that the English-speaking
communities receive useful information
about the public health and social services
system. The CHSSN, for its part, provides
the bridge between the communities and the
Quebec ministère de la Santé et des
Services sociaux. It tries to encourage the
partners in the public system to participate
in health promotion activities for the
English-speaking communities.
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2010 report, the
Committee
recommended
that
measures be taken to improve
cooperation
between
federal
institutions and the provincial and
territorial governments to ensure
the full implementation of Part VII
of the Act. The approach adopted in
the healthcare sector was cited as
an example of success in terms of
collaboration between the federal
government and the provinces. The
creation of networks allows the
various partners involved to work
together.
Health
Canada
also
ensures that it has the support of
the provinces when it invests
money for the communities.
In its response to the Committee,
the government cited the federalprovincial agreements on education
and services to the communities as
examples to follow. It also referred
to the Ministerial Conference on the
Canadian
Francophonie
as
a
mechanism that could strengthen
collaboration
between
governments.
As
well,
it
acknowledged that the federal
policy
on
transfer
payments
contains
requirements
for
compliance with Part VII of the Act.
An implementation framework has been
signed by the CHSSN and the Quebec
ministère de la Santé et des Services
sociaux that provides for ongoing
cooperation and commitment to improving
access to health and social services for
Quebec‘s English-speaking communities. The implementation framework ensures
that projects funded by the CHSSN ―are consistent with the policies and directions
123
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 38.
124
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), pp. 9 and 21.
125
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 118.
42
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
of Quebec in this area‖.126 The QCGN said that the CHSSN ―has been providing
exceptional management of that allocation in cooperation with the Quebec
government and is ensuring that services are available where the need exists‖.127
A number of witnesses who testified in the course of this study believed that the
successes in the healthcare sector should be used as a model for improving
federal-provincial cooperation and providing for better services to Quebec‘s
English-speaking communities. It is recognized that federal-provincial cooperation
is a prerequisite for full implementation of Part VII of the Act.
In the area of training in health services, funds have been allocated to McGill
University to support the training of health professionals. These investments have
two objectives: ―first to try to train [A]nglophones in French so that they can get
into the health and social services job market, especially in the regions; and
second, to provide [F]rancophones in the network with training in English so that
they can provide care to the people they meet there.‖128
McGill University is trying to attract English-speaking professionals outside the
major urban centres by organizing work placements in the Gaspé, the Eastern
Townships or elsewhere. As one of its representatives said, ―It is not only
recruiting but retaining is always the issue in a lot of these things as well.‖129
However, there are barriers associated with this kind of exercise: ―It becomes
difficult at times to find positions for our students because the institutions do not
necessarily have places for them or have places for a McGill student. … [T]hey do
not always speak French at a level that is necessary to operate in a predominantly
French milieu ….‖130 McGill University also offers training for employees of the
ministère de la Santé so they are able to offer services in English to the Englishspeaking minority.
The Commissioner of Official Languages acknowledged that there has been
progress in health services training, but pointed out that this kind of investment
has limitations, as this passage illustrates:
I asked a member of the Townshippers‘ Association in Granby what he
thought about the program. He said that it was very useful for primary care.
When a 14-year old falls off his or her bicycle and breaks an arm, there is a
nurse at the CLSC who can provide service in English for that child. But the
person also added that the situation is different in the case of an older farmer
with early symptoms of Alzheimer's disease. The type of therapy or support
needed in such a case requires much greater proficiency in the language. So
the fact that the program is considered as a success does not mean that it
126
Community Health and Social Services Network and ministère de la Santé et des Services
sociaux, Cadre de mise en œuvre du Programme de contribution pour les langues officielles
en santé, June 1, 2009 [translation].
127
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 37.
128
McGill University (September 17, 2010), p. 56.
129
Ibid., p. 60.
130
Ibid., p. 66.
43
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
necessarily meets the needs of an aging population, which does have specific
needs. There are always challenges, and always things to do, but it is clear
that some progress has been made.131
As in the case of education, a number of witnesses testified that they were unable
to determine where and how the funds transferred by the federal government
were being used. The most recent annual report of the Commissioner of Official
Languages highlighted problems stemming from delays in the payment of funds for
health services:
… [I]n 2009–2010, the promised government funding came very close to
arriving too late for the CHSSN. Due to this delay, McGill University nearly had
to abandon an important CHSSN project aimed at the training and retention of
Quebec health professionals who can communicate with patients and their
families in English; the project was only saved by last-minute discussions five
months after the beginning of the fiscal year. The CHSSN also came very close
to having to take drastic economic measures that would have had a negative
impact on its capacity to help English-speaking Quebeckers benefit from the
implementation of Health Canada‘s action plan.132
3. Remote health services
Some remote health services projects are very promising as ways of fostering the
development of the English-speaking communities. In some cases, the Community
Learning Centres provide an excellent way of promoting health and well-being in
the population. They also make it possible to offer services in some remote
regions. In his testimony to the Committee, Léo La France acknowledged the
potential of these centres, which have been made available to healthcare
institutions in Quebec, ―to teach parents about health care and things like that.‖133
It should be noted that a portion of the funds allocated to health services under
the Roadmap (2008-2013) is used for organizing videoconferences to promote
health in communities outside the major urban centres. The CHSSN offered this
example:
For example, we will have someone in Montreal speaking on bullying
prevention who will link up with five communities across the province and
have an interactive discussion and presentation on that subject. We do this …
for … all the health promotion activities that you could possibly imagine. …
131
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 1,
March 2, 2009, pp. 30 and 31.
132
Office of the Commissioner of Official Languages, Annual Report 2009-2010 – Volume I,
Ottawa, 2010, p. 10.
133
Léo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-speaking community and
Aboriginal affairs, ministère de l‘Éducation, du Loisir et du Sport (September 14, 2010),
p. 111.
44
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
That is one of the ways we have been addressing this issue of access to health
promotion activities across the province.134
The witnesses from the North Shore were very enthusiastic about the opportunities
offered by remote access to health networks in other regions, to expand access to
services in their own region.
D. ARTS, CULTURE AND HERITAGE
The arts, culture and heritage sector has also had its share of successes and
challenges. The paragraphs that follow address two questions in particular: access
to resources and government support for the arts and culture for Quebec‘s Englishspeaking communities.
1. Culture unique to the English-speaking communities
Quebec‘s English-speaking communities benefit from a very rich cultural heritage.
The QCGN has focused on developing the arts, culture and heritage sector and
recently published a study on the subject.135 English-speaking communities across
Quebec seem to be committed to promoting and nurturing this sense of cultural
belonging.
As is the case for French-speaking minority communities, support for the arts,
culture and heritage is seen as essential to the development of Quebec‘s Englishspeaking communities. The Department of Canadian Heritage itself recognizes the
importance of supporting this sector: ―Access to arts and culture in the minority
language fosters the community‘s increased participation in its own vitality while
developing its members‘ sense of belonging.‖136 As was so well put by a
representative of the QAHN: ―We all know and recognize that one's history
becomes part of one's culture, and shared experiences over generations are what
provide a context for us and a sense of identity.‖137 The Quebec Writers‘
Federation (QWF) made the same point: ―The ability to understand one's history,
develop one's identity and express one's view of the world is crucial to the survival
of communities.‖138
Quebec‘s English-speaking communities identify themselves as belonging to a
unique culture, one that is different from the English-speaking culture found in the
rest of North America. The English Language Arts Network (ELAN) believes that
―the omnipresence of American cultural product is a shared concern and, in some
134
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 123.
135
Quebec Community Groups Network, Assessing the English-speaking Community’s Capacity
to Access Arts, Culture, and Heritage in Nine Regions of Quebec, 2010.
136
Canadian Heritage (2009), p. 10.
137
Quebec Anglophone Heritage Network (September 15, 2010), p. 33.
138
Quebec Writers‘ Federation, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 17.
45
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
ways, is more detrimental in an English-speaking minority environment where
there is no language barrier to serve as a filter‖.139
In the light of the testimony heard, it is clear that myths about English-speaking
artists in Quebec persist, particularly as regards their economic status. The
witnesses pointed to the need to build a strong English-speaking arts community
in all regions of Quebec. The community
must become more visible, both to the
French-speaking majority and EnglishWHAT THE COMMITTEE SAID
speaking communities in the rest of Canada
AND RECENT DEVELOPMENTS
and in the media. There is great depth to
In its June 2009 report, the
the artistic and cultural community, but it is
Committee identified a number of
often underdeveloped owing to a lack of
challenges faced by cultural and
support for Anglophone artists and cultural
artistic
organizations
in
agencies.
Francophone minority communities.
Access to cultural and artistic projects also
presents a number of challenges,
particularly outside the major urban
centres. The Quebec Drama Federation
(QDF) observed: ―A major lacuna in the
Quebec English-speaking community is
found most notably in the regions, where
access to arts and culture in English is
practically non-existent.‖140 There is
inadequate infrastructure and partnership
opportunities rarely arise, and Englishspeaking artists have few opportunities for
professional training.
They included a lack of access to
arts and culture in remote regions,
a lack of infrastructure, volunteer
burnout, the need to develop
partnerships, support for training,
access to new technologies, etc.
This was reflected in some of the
findings of this study. In its
response to the Committee, the
government did not offer any
concrete solutions to meet these
challenges.
The testimony showed that there is inadequate development of new technologies
and this has repercussions for the survival of some cultural and artistic
organizations. The book industry is particularly affected by this situation. A
number of witnesses praised the Community Learning Centres for expanding
access to English-language arts and culture in the various regions of Quebec. The
QDF talked about the opportunities offered by the new technologies for distance
learning: ―Professional artists from Montreal teach over the video-conferencing
network how to design, how to stage manage, how to direct, how to do voice, how
to dance, et cetera.‖141
The Committee observed that the English-speaking communities are very
committed to preserving their cultural, historical and literary heritage. It also had
139
English Language Arts Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 8.
140
Quebec Drama Federation, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9, September 17, 2010, p. 11.
141
Ibid., p. 38.
46
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
an opportunity to hold some of its public hearings at the Centre Morrin in Quebec
City, which has taken on the mission of supporting English-language culture and
fostering cultural exchanges between Francophones and Anglophones. Its library
holds an impressive collection of books in English that are accessible to the general
public. The Commissioner of Official Languages acknowledged the centre‘s value in
fostering a sense of identity, belonging and attachment within the community.142
2. Access to resources
A number of witnesses spoke out against the lack of resources to fund Englishspeaking arts and culture in Quebec, particularly for promoting and organizing
cultural activities in their regions. In the Eastern Townships, a representative of
the Townshippers‘ Association acknowledged that ―local artists [need] help in
marketing and selling their work, especially outside the region‖.143 Although
touring programs exist, they do not enable artists to put on performances
elsewhere in the province. They have to go ―outside of [their] province, do two or
three other provinces and have a minimum of five performances‖.144 A witness
from Gaspé said:
We need access to seed money to energize our community through cultural
endeavours. Such events provide the glue to a community's past and play an
immeasurable part in transmitting a people's history to the young of our
community. A way must be found for the English minority in Quebec to access
funds for cultural pursuits.145
There are examples of cultural organizations that are very involved in the
community but for which the lack of resources is a challenge. For example, the
Hudson Village Theatre works very hard to maintain the cultural vitality of the
English-speaking community in the Vaudreuil-Soulanges region, but prefers to
devote the few resources it has to artists rather than to marketing its activities.146
The QWF pointed to the recent cuts to one of the programs funded by the
Government of Quebec to enable English-speaking artists to go into the Cégep and
sell their books.147 The QAHN told the Committee about a worthwhile project
involving a magazine, the Quebec Heritage News, published six times a year with
the financial support of Canadian Heritage and the Quebec ministère de la Culture
et des Communications. The magazine is put together almost entirely by
volunteers, but unfortunately the QAHN does not have funds available to pay those
people: ―… [T]he problem with not having such funding is that it is very difficult for
142
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 8.
143
Townshippers‘ Association (September 15, 2010), p. 8.
144
Quebec Drama Federation (September 17, 2010), p. 32.
145
Vision Gaspé – Percé Now (September 13, 2010), p. 31.
146
Hudson Village Theatre,
September 29, 2010, p. 2.
147
Quebec Writers‘ Federation (September 17, 2010), p. 37.
Brief
to
the
Senate
Committee
on
Official
Languages,
47
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
a magazine such as this to remain on top of issues, to present focal issues, and to
be a fully functioning communication tool‖.148
3. Government support for arts and culture
In the Roadmap (2008-2013), the federal government identified ―arts and culture‖
as a priority sector of development for official language minority communities.
Accordingly, funds have been set aside to support arts and culture in the Englishspeaking communities.149
Investments for 2009-2013 break down as follows:

Cultural development: $1.1 million over five years has been allocated to
strengthen cultural and artistic activities and cultural expression in the Englishspeaking communities. These funds will be used, among other things, to foster
identity-building and a sense of belonging within the communities.

Translating books: $5.0 million over five years has been allocated to increase
the availability of books by Canadian authors in both official languages.

Music: $1.8 million over five years has been allocated to increase artists‘
access to musical performances in their language and broaden their audiences
through local, regional, national and even international showcases.
In light of the testimony heard, it must be acknowledged that cooperation between
the communities and federal institutions has been strengthened in this sector of
development. The Minister of Canadian Heritage and Official Languages told the
committee about the creation of a discussion group on the arts, culture and
heritage for Quebec‘s English-speaking communities:
This group includes participation from the National Film Board, Telefilm, the
CBC, Canada Council for the Arts and the National Arts Centre. This group
means that cultural agencies are more aware of the needs of [A]nglophone
Quebec artists, and the artists in turn are more aware of how they can receive
the federal government‘s support.150
Provincial government support for English-speaking arts and culture, however, is
perceived as inadequate. A representative of the Townshippers‘ Associated said:
―We have so far been unsuccessful in accessing funds from provincial sources that
could help develop projects in the arts and cultural sector ….‖151 Those comments
148
Quebec Anglophone Heritage Network (September 15, 2010), p. 28.
149
These funds are in addition to the regular budget of the federal institutions whose mandate
deals with arts and culture (e.g. Canadian Heritage, Canada Council for the Arts, Telefilm
Canada, etc.). Unfortunately, we do not have the total amount invested by those
institutions for 2008-2009.
150
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 7.
151
Townshippers‘ Association (September 15, 2010), p. 9.
48
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
were clarified by the representatives of the QAHN: ―… [T]here is within the
directorate of the ministry of culture a sense that the thing that makes the Eastern
Townships different is its [A]nglophone history. The minister of culture feels that
regionally that is something to promote, and there is l'Estrie and Montérégie where
this is in effect.‖152 Nonetheless, the representatives of that organization pointed
to barriers in their relations with the province, in particular the difficulty of working
in a Francophone environment:
One of the problems faced by [A]nglophone societies is having to operate
within a political and legal structure that is primarily French speaking,
requiring a level of technical expertise that many do not have. … Part of the
legal framework is that if they are to receive funding, they have to operate
bilingually. Then they need to have a good translation capability available to
them, which is expensive.153
This challenge was also mentioned by a representative of the QDF. That
organization also believes that the division of the funds by the Government of
Quebec between the artists and companies in the English-speaking and Frenchspeaking communities is not equitable.154
E. MEDIA
A number of community organizations that appeared before the Committee
stressed the importance of the media in enhancing the vitality and supporting the
development of the English-speaking communities. As we will see in the pages that
follow, these communities are underrepresented in certain media and would like to
be able to count on greater support from governments, to meet their needs in this
area.
1. Underrepresentation of the English-speaking communities
in the English-language media
The portrait published by Statistics Canada in 2010 showed that Anglophones in
Quebec are major consumers of media (particularly television) and tend strongly
toward consumption of media in English.155 Because of widespread access to cable
television and the Internet, there are no significant disparities in terms of the
presence of English in media consumption, except for newspapers. However,
access to the media in English is far less complete for the English-speaking
communities outside of Montreal.
These English-speaking communities see their vitality threatened by the failure of
the major media to reflect their own culture. In other words, the English-speaking
152
Quebec Anglophone Heritage Network (September 15, 2010), p. 37.
153
Ibid., p. 27.
154
Quebec Drama Federation (September 17, 2010), p. 11.
155
Statistics Canada (2010).
49
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
communities do not have the feeling that they exist. A representative of the QAHN
said: ―We will never be on the front page. Unless something astonishing happens,
we will be buried deep in the media somewhere. If we are on the electronic media,
television or radio, it will be when they need to fill space or they have made films
to play at a certain time and they have two minutes open and do not know what to
put on.‖156 ELAN said: ―Without being able to tell our own stories, we are at risk of
losing our sense of identity and attachment.‖157
The English-speaking communities‘ lack of visibility can also be seen in the
production field. The QCGN pointed out that ―… content produced in Toronto,
London or Los Angeles does not reflect the culture and traditions of our
community. It does not resonate with our communities in Abitibi, Magdalen Islands
or Megantic‖.158
English-language dailies like the Globe and Mail [Toronto] or The [Montreal]
Gazette rarely cover cultural products or events aimed at English-speaking
communities outside the major urban centres. This is particularly true for coverage
of theatrical productions. ―The media does not consider the theatre to be important
enough.‖159 The major television and radio networks also ignore events that make
up everyday life in these communities, and most of the time the communities have
to turn to community media for this kind of information.
2. Role of community media
Community newspapers play an essential role in the vitality of the Englishspeaking communities. They help to maintain a cultural identity and a sense of
belonging in the community Access to information in English and to their collective
image are regarded as essential to maintaining the community‘s spirit.
Unfortunately, English-language community newspapers face a number of
challenges that prevent them from achieving their full potential, whether in terms
of distribution, financing or ad placement. In addition, it must be noted that fewer
and fewer English speakers have access to community newspapers in their own
language.
The Committee had an opportunity to meet with representatives of the HudsonSt. Lazare Gazette, an independent English-language newspaper in the VaudreuilSoulanges region that is distributed free of charge, in print format, once a week,
with a circulation of about 21,000. The newspaper considers it its duty to publish
high quality information in English about social, political and cultural activities in
the area. Its editor in chief stated: ―… [I]t is our responsibility to publish anything
156
Quebec Anglophone Heritage Network (September 15, 2010), p. 34.
157
English Language Arts Network (September 17, 2010), p. 9.
158
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 8.
159
Quebec Drama Federation (September 17, 2010), p. 26.
50
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
about the Hudson Village Theatre or about the Greenwood Centre for Living
History. We must advertise for those institutions.‖160
In spite of its managers‘ unbridled enthusiasm and commitment, the newspaper is
facing a number of challenges. First, its distribution: this is done through Canada
Post, which cannot guarantee delivery time. ―For a weekly, that means that the
newspaper is received one week after it appears.‖161 Second, competition with the
major chains: the newspaper‘s representatives strongly believe that their mandate
must be, first and foremost, to make the voices of the English-speaking
communities in their region heard: ―We fight for our lives.‖162
It is difficult to guarantee the Englishspeaking communities in this region access
to information in print, in their own
language and in a timely manner. This can
present challenges, particularly for seniors.
In Verdun, a representative of a community
centre commented on the effects of the
disappearance several years ago of the
English print version of the community
newspaper Le Messager.
… [T]hat had an enormous impact on the
community, especially on seniors, for
whom the paper was their preferred way of
getting the social news and finding out
what was going on with organizations and
associations. … [Seniors] feel hurt because
no more importance is attached to their
ability to be informed and to take part in
the Verdun community as citizens.163
In spite of their recognized contribution,
community newspapers do not receive
enough assistance from governments to
preserve what they have achieved and
strengthen their capacities. The federal
government has not allocated any targeted
funding to media under the Roadmap
(2008-2013). The Quebec Community
Newspapers Association (QCNA) spoke out
against this situation:
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2009 report, the
Committee
acknowledged
that
community media play an essential
role in minority communities. The
Committee recommended that the
Minister of Canadian Heritage and
Official
Languages
take
the
necessary steps to ensure that all
federal institutions make effective
use of community media and set
aside a predetermined part of
government
advertising
expenditures for community media.
That recommendation also seems
to be applicable to Quebec‘s
English-speaking communities.
In its response to the Committee,
the government indicated that the
Consultative
Committee
on
Advertising and Official Language
Minority Media had been created.
That committee can count on the
participation of the QCNA and the
Quebec Association of Anglophone
Community Radio.
160
Hudson-St. Lazare Gazette (November 29, 2010), p. 48.
161
Ibid., p. 36.
162
Ibid., p. 40.
163
Dawson Community Centre (November 29, 2010), pp. 8 and 9.
51
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
There remains an absence of any formal recognition of the important role of
official language community media specifically as the most efficient and
effective way of reaching official language communities. The current roadmap
on official languages does not adequately include reference to community
media or community newspapers or communications in general as the official
language priority.164
The testimony also showed that community newspapers are underutilized by the
federal government for advertising. Ad placement in English-language newspapers
has been declining year after year, and this puts community newspapers in a
precarious financial situation. The QCNA asked that the federal government limit
its ad buys to newspapers that belong to an association: ―One of the biggest and
easiest steps for the federal government to take to level the playing field and to
help all the true newspaper, not those that are grabbing everything, is to stop
advertising in newspapers that are not accredited by the associations in
Canada.‖165 The Hudson-St. Lazare Gazette objected to that idea. Its
representatives said the only advertising they receive from the federal government
comes from Elections Canada during election campaigns.
Unfortunately, the Committee did not have an opportunity to meet with Englishlanguage community radio stations in Quebec during its public hearings.
3. Role of the public broadcaster
The Canadian Broadcasting Corporation/Société Radio-Canada (CBC/SRC) has a
responsibility to contribute to the development of Quebec‘s English-language
communities. As was the case for the Committee‘s earlier studies dealing with
French-speaking minority communities, a number of witnesses stressed the
important role of the public broadcaster in enhancing the vitality of the Englishspeaking communities.
Witness comments about the CBC/SRC were not particularly affectionate. While
significant efforts have been made to provide regional radio programming, there
are still difficulties in terms of television programming. ELAN made the following
statements: ―CBC, the regional English-language broadcaster, has almost no
programming of the English-speaking community inside Quebec, partly through
budgetary restraints. … It has very little knowledge of or interest in or sense of a
mandate to serve, to reflect, to speak up or about the English-speaking
community.‖166 ELAN stressed the importance of the public broadcaster improving
the way its programming reflects the regions:
164
Quebec Community Newspapers Association, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 9,
September 17, 2010, p. 15.
165
Ibid., p. 25.
166
English Language Arts Network, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 6, June 14, 2010, p. 20.
52
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
To summarize, we do not have any reflection by the national broadcaster.
When we do, it is almost exclusively the island of Montreal. There will be a
couple of hundred thousand [A]nglophones in the remote regions of Quebec
who have no reflection. We do not have educational television and we do not
have community television. We have made the case very clearly to the CRTC
that we need to have regional reflection for our community within Quebec. 167
The QDF also raised the possibility of
intervening before the Canadian Radiotelevision and Telecommunications
Commission (CRTC) to ask that the public
broadcaster provide television coverage of
what happens in the English-speaking
communities.168 Referring to the activities of
the CRTC, some witnesses said it was
difficult to enforce the communities‘ rights
before that regulatory body.
The QDF brought to our attention an
anomaly relating to the difficulties
encountered by the public broadcaster
regarding regional coverage:
… [I]n the winter when the snow falls,
something very interesting happens: the
CBC and Radio-Canada trucks cannot get
off the island of Montreal without snow
tires, and they do not want to spend
money on any. So their trucks stay on the
island of Montreal, and there is no
coverage of the regions because no one
wants to make the trip without snow
tires.169
On the Lower North Shore and the Lower
St. Lawrence, some communities are not
even able to receive CBC/SRC services
because of deficient technological
structures.
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2009 report, the
Committee strongly encouraged the
SRC
to
ensure
appropriate
representation
of
Francophone
minority
communities
in
its
programming. The Committee felt
that the SRC should give all
Francophones in Canada access to
content
that
reflects
those
communities.
In response to the Committee‘s
report, the government said that it
expected the Crown corporation to
do this, while recognizing that the
corporation‘s freedom of expression
and journalistic independence and
independence
in
relation
to
programming.
In the last year, the Commissioner
of Official Languages brought an
action
against
the
public
broadcaster, asking that the courts
rule on its obligation to comply with
the requirements set out in Part VII
of the Act in its programming.
That being said, the English-language network should be given credit for its recent
efforts to publicize what is going on in the communities. For example, the CBC
covered a portion of the Committee‘s public hearings when it traveled to Quebec
City and Sherbrooke. Recently, it broadcast a report in the Magdalen Islands170
167
Ibid., p. 20.
168
Quebec Drama Federation (September 17, 2010), p. 26.
169
Ibid., p. 27.
170
For more detail, see the CBC website: http://www.cbc.ca/landandsea.
53
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
that was developed in partnership with the English-speaking community of the
region and which was the pride and joy of its members.171 It must be noted that
this sensitivity does not seem to be as well developed at the SRC.172 It could be
that more active involvement by the French-language network might be seen as
one of the ways of strengthening the ties between the English-speaking minority
and the French-speaking majority.
4. Challenges: criteria that better
reflect needs and support for
new technologies
As is the case with other sectors of
development, the media witnesses that the
Committee met pointed out that the criteria
for federal programs were ill-suited to the
situation of official language minority
communities. For example, the criteria for
the Canada Periodical Fund are not suited to
the situation of English-language newspapers
in Quebec. A representative of the HudsonSt. Lazare Gazette gave the following
explanation:
To be eligible for funds from the
government or from the Department of
Canadian Heritage, you have to meet quite
strict criteria like a number of newspapers
that are to be sold, and not given away free
of charge. We do not meet those criteria.
However, if our publication were in
magazine form, that might be the case. As
we are an independent newspaper, we
receive no money.173
The QCNA echoed that opinion. The
organization believes it is important ―that the
program adjusts its eligibility criteria to
specifically allow official language controlled
— and free — circulation papers into the
program‖.174
WHAT THE COMMITTEE SAID
AND RECENT DEVELOPMENTS
In its June 2009 report, the
Committee noted that a number of
federal
programs
ignored
the
unique situations of Francophone
minority
communities.
It
recognized the need to adopt
criteria that better reflect needs,
because
when
needs
are
misunderstood,
the
funding
provided is often insufficient.
The Committee also referred to the
major challenge of developing Webbased
capacity
for
minoritylanguage
media,
especially
community newspapers. It asked
Canadian
Heritage
to
assure
Francophone minority communities
of access to sufficient resources to
support the use of the new
technologies.
The government did not comment
directly
on
the
Committee‘s
observations. The testimony in this
study shows that these findings
apply equally to the Englishspeaking communities.
171
Council for Anglophone Magdalen Islanders, email to the Clerk of the Senate Standing
Committee on Official Languages, December 14, 2010.
172
For example, on the trip to Quebec, only the French-language network in the Alberta region
expressed any interest in the Committee‘s work.
173
Hudson-St. Lazare Gazette (November 29, 2010), p. 36.
174
Quebec Community Newspapers Association (September 17, 2010), p. 15.
54
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
In addition, media access to cutting-edge technology affects the vitality of Englishspeaking communities, particularly among their young people. Some community
media demonstrate initiative in this regard. For example, the Hudson-St. Lazare
Gazette pointed out that it was ―the first weekly on the Internet in Canada, long
before a number of dailies such as the Journal de Montréal, The [Montreal] Gazette
or La Presse‖.175 Nonetheless, it is difficult to do more and to compete, as is done
elsewhere in the industry, when there are insufficient resources. ―We are certainly
rushing to ensure that our website is as powerful as possible.‖176 Maintenance and
updating costs are high. A representative of the QCNA said: ―We always feel we
are behind, that we must catch up. However, yes, most of our papers have a web
presence today.‖177 Based on the testimony heard, additional resources are
needed to develop Web-based capacity for minority media.
F. ECONOMIC DEVELOPMENT
A community‘s vitality is a function of its economic vitality. The socioeconomic
characteristics of the English-speaking population vary from region to region. The
availability of employment- and employability-related resources and infrastructure
also varies widely. The economic characteristics of the English-speaking population
of Quebec are one of the subjects that generate the most controversy. The
paragraphs that follow describe the challenges and success stories of the Englishspeaking communities in relation to the economy.
1. Economic vitality: supply of jobs,
entrepreneurship and skills development
The economic vitality of Quebec‘s English-speaking communities depends on a
number of factors: the supply of well-paid jobs, the availability of services for
starting up a business, or opportunities for developing language and vocational
skills. The representatives of YES Montreal said that the English-speaking
communities in all regions of Quebec lack opportunities for economic
development.178
As the testimony showed, the presence of certain myths, particularly those relating
to the socioeconomic status of the English-speaking population of Quebec, is a
major barrier to the development of the English-speaking communities,
particularly outside the major urban centres. It is difficult to change perceptions in
this regard, because the myths are firmly rooted in collective memory.
Nonetheless, research shows that the departure of many English speakers from
the province and the massive influx of international immigrants have contributed
175
Hudson-St. Lazare Gazette (November 29, 2010), p. 38.
176
Ibid., p. 47.
177
Quebec Community Newspapers Association (September 17, 2010), p. 35.
178
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), p. 6.
55
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
to the change in the socioeconomic fabric of those communities.179 The portrait
that Statistics Canada published in 2010 showed that Quebec‘s English-speaking
communities have undergone significant changes in the last 40 years, and this has
had major repercussions on their income levels.180 The gulf between the incomes
of Anglophones and Francophones has shrunk. It varies, depending on whether we
compare median or average income. It can be seen that the unemployment rate
tends to be higher among the English-speaking population of Quebec, and this is
true in all regions. In addition, more Anglophones than Francophones live below
the low-income threshold. English speakers outside the major urban centres have
a higher rate of underemployment and poverty.
Employment is a key determinant of the vitality of a community. Whether they are
in Montreal or elsewhere in the province, English-speaking communities face
unique challenges in this regard. The number of jobs is limited. The infrastructure
for finding work is also limited. The Montreal community has access to the
employability services provided by YES Montreal, and there seems to be a lot of
enthusiasm for that organization‘s involvement in the communities. For example,
the organization has offered an internship program for young people that involved
200 businesses, with a placement rate of about 90 percent.181
In remote regions, this kind of service does not exist. The shortage of long-term
jobs presents challenges. A large proportion of the population in those regions
depends on seasonal employment to support their families. According to a
representative of the Coasters‘ Association, ―Our quality of life, job opportunities
and capacity to support our social economy and community rely on our
economy.‖182 Those communities face other challenges that are not directly related
to the linguistic make-up of the communities, but have a direct impact on their
vitality. This is the case, in particular, for the Lower North Shore community,
whose transportation-related problems significantly limit the community‘s vitality.
―The isolation factor limits access to available programs and services, resulting in
weak infrastructure, a lack of resources and high costs for everything from
transportation, to food, to supplies, and to opportunities for our youth in
education, recreation and employment.‖183 The organization has asked the federal
government to put pressure on the province to develop roads in that region. The
Commissioner of Official Languages has recognized that the community ―is dealing
with enormous problems of geographic isolation‖.184
To the Community Economic Development and Employability Corporation (CEDEC),
―entrepreneurial development nevertheless represents an important vehicle for
179
Statistics Canada (2010).
180
Ibid.
181
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), p. 10.
182
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 44.
183
Ibid., p. 43.
184
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 16.
56
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
economic growth and renewal‖.185 English-speaking entrepreneurs encounter
specific problems when it comes to economic development, as the following
testimony from a representative of Industry Canada illustrates:
[These issues] often involve access to capital and help to support their market
development plans if they want to export, for example. Productivity is a big
issue for SMEs, as is upgrading; that is, how they use information technology
within the company.186
Small business culture is not well developed in some remote regions. A
representative of the North Shore called for this:
We need economic incentives to help establish small businesses, not wall-towall programs such as what Développment économique Canada offers, but
more flexible programs to help people and youth install themselves in small
business. This would help the area greatly and would bring about a change of
ways, not only for the English population but for the general population. 187
The witnesses who testified said that there has to be greater access to business
start-up capital. Resources also have to be offered to support self-employed workers
in their dealings with the provincial government. Some self-employed workers have
difficulties dealing with provincial institutions, since they have to do everything in
French. Some of them decide to go through organizations like YES Montreal to get
the services they need.
The tourism industry was cited as a promising sector for economic development in
many regions. In the Gaspé, the region‘s economic vitality depends on tourism:
―Visitors to our area will come and continue to do so, provided they have good
access routes and are warmly welcomed by people who can communicate with
them in their own language.‖188 In the Magdalen Islands, tourism is the second
largest economic sector and relies to only a very slight extent on participation by
Anglophones in the region. According to the CAMI, ―There is a definite need for the
community to be more inclusive in the Islands‘ tourism industry as a whole.‖189
The CEDEC acknowledged that tourism is a key area ―where government programs
and funding can create a significant impact for the English-speaking community
and the majority community‖.190
185
Community Economic Development and Employability Corporation, Proceedings of the
Standing Senate Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament,
Issue No. 12, November 1, 2010, p. 27.
186
Industry Canada, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 3, April 12, 2010, p. 24.
187
North Shore Community Association (September 13, 2010), p. 50.
188
Committee for Anglophone Social Action (September 13, 2010), p. 34.
189
Council for Anglophone Magdalen Islanders (December 14, 2010).
190
Community Economic Development and Employability Corporation (November 1, 2010),
Proceedings, p. 28.
57
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
In general, knowledge of French is considered to be essential to the economic
progress of Quebec‘s English speakers. They often believe that have an insufficient
level of knowledge of French. The question of the quality of their French was raised
a number of times at the public hearings. It is a determining factor in the
occupational success of young English speakers. Some organizations called for
additional funding for language training offered to English-speaking entrepreneurs
and employees.
2. Government support:
coordination and networking
Quebec‘s English-speaking communities seem to have fairly good relations with
federal departments and agencies in the economic development sector. In general,
the witnesses acknowledged the importance of ensuring good coordination in
managing programs in the economic development sector.
One of the key coordination mechanisms is the National Human Resources
Development Committee for the English Linguistic Minority, a partnership between
the federal government and the communities composed of two equal partners: the
Government Table and the Community Table. CEDEC also had good things to say
about the national committee:
This model allows us to work at more than an operations level with individuals
within Quebec where we can influence the way in which our communities can
access programs and individuals who are working in the different regions. It
also allows us to interact with our colleagues at national headquarters who are
developing policies that will play a role in the way in which we work. … The
coordination, interaction and
partnerships that exist between
the federal government and our
SUCCESS STORY:
communities through the national
THE ENABLING FUND
committee are key and
The Enabling Fund for Official Language
fundamental for the sustainability
Minority
Communities
allows
for
of the English-speaking
applications for assistance made to federal
communities in Quebec.191
institutions to be coordinated. The
English-speaking communities see it as a
CEDEC called for a commitment by
way of creating new partnerships and
the federal government to continue
strengthening
their
communities‘
investing in this coordinating body.
capacities in the economic development
As the organization pointed out, the
and
human
resources
development
last strategic plan developed by the
sectors.
national committee dates from
2006.192
Human Resources and Skills Development Canada (HRSDC) and Canada Economic
Development (CED) for Quebec Regions are two of the key partners for the
191
Ibid., p. 33.
192
Ibid., p. 46.
58
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
English-speaking communities. Under the Roadmap (2008-2013), the federal
government has allocated funds to support economic development in Englishspeaking communities.193 Investments for 2008-2013 break down as follows:

Strengthening community capacities: $13.5 over five years has been
allocated to Quebec‘s English-speaking communities under the Enabling Fund
for Official Language Minority Communities.

Economic Development: $9.2 million over five years has been allocated to
CED for the regions of Quebec to support various activities involving
innovation, entrepreneurship, partnerships and diversifying economic activities.
HRSDC funds employability initiatives that contribute to the development of
Quebec‘s English-speaking communities, whether through the Enabling Fund or
under Canada Summer Jobs, the Skills Connection, Youth Awareness or other
initiatives. The Enabling Fund was mentioned several times as a success story for
the development of Quebec‘s English-speaking communities. ―This essential
funding allows CEDEC to maintain points of contact and human resources across
Quebec in order to initiate, develop and support Community Economic
Development in the English-speaking community.‖194 However, the CEDEC pointed
out that the Enabling Fund has not been indexed since it was created, in 20022003, and as a result some projects may be jeopardized. In addition, it seems to
be impossible to determine the specific criteria that apply to how the Enabling
Fund is distributed across the country. When the organization appeared before the
Committee, it said it would like to see the criteria for federal programs tailored to
the unique context of each community.195
CED is a regional development agency that works to foster the long-term economic
development of the regions of Quebec. Under the Roadmap (2008-2013), CED is
committed to expanding its activities in Quebec‘s English-speaking communities.
There seems to be well-established partnership between the agency and the
English-speaking communities, according to the Minister of State, the Honourable
Denis Lebel: ―The agency's strength lies in its ability to interact directly and
regularly with regional stakeholders and provide financial support for economic
development projects created by and for communities.‖196 Several community
organizations said they were satisfied with their cooperation with CED. A
representative of CASA said: ―These initiatives based on the priorities identified in
193
These funds are in addition to the regular budget of federal institutions whose mandates
deal with economic development (e.g. HRSDC, CED, Industry Canada, etc.). Unfortunately,
we do not have the total amount invested by those institutions for 2008-2009.
194
Community Economic Development and Employability Corporation, Brief to the Senate
Standing Committee on Official Languages, November 1, 2010, p. 5.
195
Community Economic Development and Employability Corporation (November 1, 2010),
Proceedings, p. 29.
196
The Honourable Denis Lebel, Minister of State for the Economic Development Agency of
Canada for the Regions of Quebec, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 12, November 16, 2009, p. 37.
59
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
the [Roadmap] have been of great assistance in injecting new momentum in our
communities.‖197 Some organizations, like the Coasters‘ Association, qualified
those comments: ―[W]e find that the criteria for the programs in Quebec do not
meet the criteria of the Lower North Shore. … The Lower North Shore is isolated.
We do not have the same criteria, and we would like to see if there is
flexibility ….‖198
Decentralization of responsibilities for labour force and labour market management
to the province generated criticism from the witnesses heard. According to YES
Montreal: ―The transfer payments
from the federal government for
SUCCESS STORY:
employment programs through
PARTNERSHIP TO IMPROVE ACCESS
Emploi-Québec are not meeting the
TO EMPLOYMENT SERVICES
needs of the English- speaking
community.‖199 The testimony
The CEDEC has initiated discussions with
showed that the services offered in
Emploi-Québec to find solutions to the
systemic
problem
of
access
to
English are not well known. The
employment services in English. The need
CEDEC said: ―Many in the Englishfor a coordinated approach in the
speaking community are unaware or
economic development sector has been
have experienced barriers to
recognized. In 2010-2011, the two
accessing economic resources.‖200
organizations will examine the level at
which services are used in the Englishspeaking community throughout Quebec
and will develop a strategy for improving
the integration of Anglophones in the
labour market.
The difficulties encountered are
explained in part by the lack of
coordination between the activities
of the two levels of government:
―There is no strategic plan for
The CEDEC also recently initiated a survey
English-speaking communities
of older workers to identify the necessary
around economic development
tools to help them enter the labour
issues within federal and provincial
market.
governments, and they are often
working at cross-purposes.‖201 YES
Montreal asked that the federalprovincial agreement be reviewed to assess whether it still meets the needs of the
English-speaking minority. The CEDEC has recently been working with EmploiQuébec to tackle this problem.
As in many other sectors, networking and partnerships are seen as essential to
support the development of the English-speaking communities. The example of the
Military Family Resource Centre in Valcartier was cited several times before the
197
Committee for Anglophone Social Action (September 13, 2010), p. 35.
198
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 50.
199
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), p. 6.
200
Community Economic Development and Employability Corporation (November 1, 2010),
Proceedings, p. 28.
201
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), p. 7.
60
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
committee as an example of a success story. The Centre offers direct networking
and integration services to members of the military and their families before,
during and after their arrival in the region. YES Montreal is another example of an
organization that recognizes the importance of maintaining ties with various
stakeholders. The Commissioner of Official Languages and the Minister of Canadian
Heritage and Official Languages also commended it when they appeared before the
Committee.
3. Underrepresentation of Anglophones
in the public service
The testimony showed that Anglophones in Quebec feel they are underrepresented
in the various levels of the public administration. Statistics Canada figures indicate
that Anglophones account for the following proportions: 11.7 percent (federal),
2.8 percent (provincial) and 7.0 percent (municipal/local/regional).202 This
phenomenon can be observed in all regions of Quebec.203 Those figures are based
on 2006 Census data.
The figures in the most recent Treasury Board annual report present a slightly
different picture for the federal public service: Anglophones account for
7.9 percent in the core public administration and 14.1 percent in all federal
institution subject to the Act.204 Those figures are based on administrative data
collected by the Treasury Board Secretariat from 2008-2009.
In general, some witnesses felt that access to employment in the public sector has to
be improved. Some federal institutions have taken steps to encourage young
Anglophones to pursue a career in the federal public service. A representative of the
Public Service Commission said: ―We do have regular meetings with the different
associations to pause and assess. Sometimes it is useful to present how they
apply, what the requirements are and what the benefit is of being bilingual, so
even in some regions where we need some [A]nglophone candidates and bilingual
candidates.‖205 A representative of PWGSC told the Committee that measures can
be taken to remedy the problem of recruiting Anglophones in the federal public
service:
We decided to work with the community table and identify the barriers so that
we could understand why we were not able to attract [A]nglophones to
PWGSC in the Quebec region. We realize that many of them would apply and
come to the headquarters because there are more mobility and opportunity
202
Statistics Canada (2010).
203
Ibid.
204
Treasury Board Secretariat, Annual Report on the Official Languages 2008-2009, Ottawa,
2010. Note that the core public administration consists of some 80 institutions, while some
200 federal institutions are subject to the Act (this includes the core public administration,
Crown corporations, privatized agencies, separate agencies and departmental corporations).
205
Public Service Commission, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official
Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 11, 19 October 2009, p. 19.
61
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
for promotion. We have been trying to recruit at the entry level so that they
can see a progression within their career stream. We go to university and
college campuses to sensitize potential recruits. We go to McGill, Concordia
and Bishops and we work with the community table to help us to target those
groups and attract potential employees. We also try to use employees to see if
we can work within their network to attract people. When we are on campus,
we try to bring representation so that we do not have a crew that is
[F]rancophone only staffing the recruitment booth. We bring [A]nglophones
with us as well. They are all bilingual but they can demonstrate that they have
room to grow in our organization. The objective is really to increase presence.
Since this measure has been implemented, we have seen a two per cent
increase in our [A]nglophone labour force in Quebec. … We feel that if we
continue, we should be able to remedy the situation over the next two
years.206
In short, the witnesses were of the opinion that the federal government has to find
ways of reaching the English-speaking communities outside the major centres. It
also has to promote knowledge of both official languages as an asset. Candidates
who are already bilingual will have the best chances of finding a job in the federal
public service. Unfortunately, many Anglophones in Quebec do not think of the
federal public service as a potential employer. The lack of interest on the part of
young people in jobs in the public service might be explained by the length of time
involved in the hiring process.
The CEDEC said that a subcommittee has been created within the National Human
Resources Development Committee for the English Linguistic Minority ―to address
the challenge of English-speaking representation in Quebec‘s federal public
service.‖207 It looks like additional measures are needed, however, to ensure
equitable representation of the English-speaking population in all federal
institutions in Quebec. Unfortunately, the President of the Treasury Board was not
able to suggest any concrete solutions when he was questioned about this by the
Committee. According to him, the data collected by his department show an
equitable participation for Anglophones in federal institutions in Quebec. However,
he did recognize that: ―It is important for the people in charge of program
management to continue encouraging people to follow programs to improve access
to employment in the public sector.‖208 Unfortunately, no consideration has been
given to that in the Roadmap (2008-2013).
The provincial public service is even less attractive to Anglophones, and this is
probably because fluency in French is mandatory. The CEDEC observed that the
Government of Quebec has started to adopt measures to recruit representatives of
the English-speaking community and other groups. ―This represents an opportunity
206
Public Works and Government Services Canada, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 14,
December 7, 2009, p. 15.
207
Community Economic Development and Employability Corporation (November 1, 2010),
Brief, p. 11.
208
The Honourable Stockwell Day, President of the Treasury Board (December 13, 2010), p. 8.
62
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
for the English-speaking community to work with the Government of Québec to
help meet identified targets.‖209
4. New technologies
In remote regions, access to new technologies is seen as essential to support the
vitality of the communities. High-speed Internet access is not available
everywhere. Some communities, such as the Lower North Shore, are denied
access to the resources they need to ensure the development of
telecommunications in their region. In some cases, access is restricted to the
schools only. Access to cutting-edge technology is the only way for some
communities to maintain their vitality. A representative of the Eastern Townships
School Board said:
One of the most critical needs is to ensure that affordable high-speed Internet
access is available in rural areas. Those residents who are farthest away from
the centres of cultural and social activity have the greatest need, yet they are
the ones who lack adequate service. Providing such access may be the most
cost-effective means of reducing poverty and disadvantage. New technologies
that can break down the barriers of distance and ignorance are emerging
rapidly, but, sadly, the rural areas are the last to benefit. 210
According to Heritage Lower St. Lawrence, the new technologies are one way of
ensuring equal access to services in both official languages: ―We encourage the
government of Canada to continue to develop access to government services in
English using the web, which is an efficient way to deliver services and ensure
equal access to information.‖211 The Commissioner of Official Languages supported
these organizations‘ comments.212
G. EARLY CHILDHOOD DEVELOPMENT
It is recognized that early childhood development is the path to take to combat
assimilation of official language minority communities. The sense of belonging to
the community develops from a child‘s earliest years. The following passages
describe some of the observations presented to the Committee relating to this
sector of development.
1. Limited government support
The Committee received and heard limited testimony about the early childhood
development sector. Most of the witnesses reached the same conclusion: they saw
209
Community Economic Development and Employability Corporation (November 1, 2010),
Brief, p. 11.
210
Eastern Townships School Board (September 16, 2010), p. 75.
211
Heritage Lower St. Lawrence (December 6, 2010), p. 4.
212
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 20.
63
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
limited government support for offering services in English in the early childhood
development sector.
The Roadmap (2008-2013) does not allocate any investments to the early
childhood development sector for Quebec‘s English-speaking communities. A
representative of HRSDC said that the Department does not fund specific
initiatives, for the following reasons:
… [T]he problem that it was designed to deal with, namely, young kids being
inadequately prepared to start into school and perform in school, seemed
much more prevalent in the [F]rancophone minority communities than in the
[A]nglophone minority communities. That is probably connected to the simple
fact that the minority [A]nglophone communities in Quebec are typically of a
much larger scale of community and are denser and more able to support
themselves. The [A]nglophone communities, in Quebec as well, did not see
this problem as a priority, although this project started before I joined the
department.213
Support in the literacy sector is also very limited, but none of the witnesses heard
identified any particular difficulty in that regard.
H. YOUTH
Youth is recognized as a priority sector of development for the English-speaking
communities, in all regions of Quebec. As we will see below, a large number of
young English speakers believe that the opportunities available to them in Quebec
do not meet their expectations or their needs. The presence of young English
speakers who are involved in their community is seen as essential to the survival
and vitality of the English-speaking communities.
1. Key to the present and the future
For both the French-speaking and English-speaking minorities in Canada, youth
are the key to ensuring the long-term viability of a minority community. One of the
determining factors that set English-speaking youth in Quebec apart is their
tremendous mobility. Many young Anglophones in Quebec leave when the time
comes to continue their education or get a job. Those who remain are more likely
to be jobless or to hold less than secure positions. The RAWQ explained the
harmful effects of the youth exodus on community vitality: ―In the Outaouais,
many of our youth are drawn out of their home region to Ottawa where education,
employment, social and leisure activities are more accessible to them. This has a
significant impact on the continued vitality of our English community.‖214 This was
213
Human Resources and Skills Development Canada, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 4, May 3, 2010,
p. 50.
214
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), p. 6.
64
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
echoed in the testimony of several witnesses at the public hearings. The QCGN
said:
Our youth are the future, particularly in the small communities outside the
Montreal region. When they leave [the region] to go to university or to get a
better job — or even just a job — they do not return. We are working very
hard in this area and it has become a priority, not only for the organization in
Montreal, but for organizations across the province.215
Recently, the QCGN did a survey of young Anglophones in Quebec to better
identify the challenges they are facing.216 The organization identified youth as a
priority focus for development.
In general, the witnesses said that young Anglophones have to be encouraged to
get involved in their communities. A representative of Bishop‘s University
said: ―Young people are more likely to stay and be engaged here if they have had
an opportunity to go beyond the university and be involved in the local
community.‖217 To participate fully in the development of their communities, young
Anglophones have challenges to meet, however. They include the need for fluency
in French and the need to participate in their region‘s economy.
2. Challenges: fluency in French
and access to training and networks
As we saw earlier, fluency in French is an essential factor in the economic success
of Anglophone youth. The QCGN said:
The departure of highly educated, bilingual [A]nglophones is a loss of human
capital for both the English-speaking community of Quebec and for Quebec
society as a whole. It also points to a glaring need for a policy for French
language training that recognizes the French language as an essential job
skill. A successful human resources development strategy in cooperation with
support from key provincial and federal partners is of paramount importance
to the survival of our community.218
Anglophone youth are among the most bilingual in the country. Nonetheless, some
of them do not believe they are sufficiently fluent in French. They also find it hard
to see the added value their level of knowledge of both official languages
represents. A representative of VEQ said: ―[Young Anglophones] do not
understand that [their] bilingualism [is] a much sought-after asset in our
region.‖219 That attitude might be explained by the difficulty the young people
215
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 39.
216
Quebec Community Groups Network, Creating Spaces for Young Quebecers: Strategic
Orientations for English-speaking Youth in Quebec, January 2009.
217
Bishop‘s University (September 16, 2010), p. 53.
218
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 29.
219
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 17.
65
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
have in defining their sense of belonging to their community, whether it be the
English-speaking community or Quebec society as a whole. On that point, Jack
Jedwab said:
… [Y]oung [A]nglophones who have learned the French language do not feel
as though they are reflected in the institutions of the province in a meaningful
way, for example in the media …. They do not feel they are reflected in what
might be described in Quebec as the broad media or in the cultural institutions
on the broader level …. They do not feel they are reflected in the decisionmaking process, in the civil service or in the federal institutions in Quebec.
They just do not feel they are reflected.220
In the Eastern Townships, the weak sense of belonging is attributed to employers‘
lack of interest in hiring English-speaking youth.221
In some regions, young people‘s skills in French are very limited, and this may
cause difficulties for them when in finding jobs or getting access to the services
they need. The Coasters‘ Association said: ―The youth who leave the Lower North
Shore to learn a trade have difficulty getting into the workforce.‖222 In the
Outaouais, the RAWQ acknowledged that there is still work to do ―to ensure that
our young people are functionally bilingual enough to work in French and to be full
participants in Quebec society.‖223 The testimony heard indicated that young
Anglophones must be given more opportunities to improve their fluency in French.
As we saw earlier, English-speaking youth face major challenges in terms of access
to the training they need if they are to live in their communities and be integrated
into them. On that subject, a representative of Dawson Community Centre said:
―If we can encourage English-speaking young people and support them in their
training, they will eventually become bilingual; they will be able to work in jobs
and serve the English-speaking population.‖224
Once they complete their training, young people need access to employability
services and networks to enable them to embark on careers. A representative of
the VEQ said: ―In terms of employability, we need direct services for young people
in such areas as training, networking, preparing for entering the labour force and
everything connected with entrepreneurship to help them establish a business in
our region.‖225 Similar testimony was heard in the Outaouais: ―[Youth] feel
discouraged because they are not plugged into professional networks, causing
220
Jack Jedwab (June 14, 2010), p. 25.
221
Townshippers‘ Association (September 15, 2010), p. 7.
222
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 47.
223
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), p. 6.
224
Dawson Community Centre (November 29, 2010), p. 12.
225
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 17.
66
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
them to miss out on internships, apprenticeships and mentoring opportunities.‖226
The QCGN also acknowledges the importance of networking:
When we look for jobs and talk about professions, networks are important ….
… We know that competency and language skills are important. However,
often it comes down to who you know, who is in the network and how you get
referrals. For a young allophone or English-speaking person going into the job
market, the notion of employment equity has to do with who they know, who
they went to school with and who they know in the corporate or business
sector. Often, our young English-speaking people say that they have trouble
finding jobs. It might be because of their language skills, but it might be
because of networks and the whole concept of employment equity: How do
you get a job? Who do you know in a corporation? Who are your mentors and
champions? Sometimes that is a disconnect for finding a job. 227
The Commissioner of Official Languages suggested to the Committee that the
English-speaking communities should follow examples in French-speaking minority
communities, where youth networks are more developed.228
3. Government support for youth initiatives
Under the Roadmap (2008-2013), the federal government has allocated funding to
support youth initiatives in Quebec. Investments for 2008-2013 break down as
follows:

Youth initiatives: $0.6 million over five years has been allocated for
initiatives to enable young Anglophones to what they have learned to use
outside the classroom.
Opportunities to use French outside the classroom were recognized as a key factor
by many witnesses. Young people‘s level of knowledge of French depends on their
ability to use the language among themselves, with their family or to obtain
services. The Committee met informally with two student associations, the
Bishop‘s University student association and the Champlain Regional College –
Lennoxville campus student association, which acknowledged the importance of
supporting student exchange visits between various Canadian universities.
Students who choose to study in Sherbrooke want to be able to study in English in
a Francophone environment.
As well, YES Montreal called on the federal government not to transfer the Youth
Employment Strategy programs to the province. That organization asked that
―whenever there is a transfer payment to the province it should be looked at in
terms of the impact on the English-speaking community in Quebec.‖229
226
Regional Association of West Quebecers (November 15, 2010), p. 6.
227
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 24.
228
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 22.
229
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), p. 18.
67
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
I. IMMIGRANTS AND NEWCOMERS
Immigration and support for newcomers present major challenges for the
Anglophone population of Quebec. The English-speaking communities, like their
French-speaking counterparts outside Quebec, want the federal government to
play its role fully in attracting immigrants, helping them to integrate and thus
enabling official language minority communities to rejuvenate themselves. They
also want newcomers whose first language is English, whether they come from
other provinces of Canada or other regions of Quebec, to be able to identify
themselves as full members of the community. The paragraphs that follow
summarize the main challenges and highlight success stories in this sector.
1. Attraction and retention
As we noted earlier, two of the main characteristics of the English-speaking
population of Quebec are its great diversity and its multicultural nature. The
Commissioner of Official Languages told the Committee: ―The English-speaking
community of Quebec has always been inclusive and open to integrating
newcomers. Its diversity and changing face have been shaped by immigration and
also by out-migration to other parts of Canada.‖230 The QCGN felt that this
diversity was a huge source of strength of the English-speaking communities.231 In
fact, some immigrants who settle in Quebec feel an affinity with English.
The English-speaking communities have an essential role to play in attracting and
retaining immigrants in Quebec. However, the legislation and policies in place limit
the recruitment and retention of immigrants and newcomers in Quebec‘s Englishspeaking communities. As we know, responsibility for selecting immigrants and for
settling and integrating permanent residents was transferred to the Government of
Quebec under the 1991 Canada-Quebec Accord relating to Immigration and the
Temporary Admission of Aliens. In fact, the federal government and the
Government of Quebec signed the first immigration accord in 1971. The objectives
of the 1991 Canada-Quebec Accord include ―to preserve [Quebec‘s] demographic
importance in Canada, and to ensure the integration of immigrants in Quebec in a
manner that respects the distinct identity of Quebec‖.232 As well, current provincial
education legislation does not allow immigrants to attend English-language
schools. For children from other provinces of Canada, they must have received
―the major part‖ of their instruction in English in order to be allowed to attend an
English school in Quebec.
The issue for the English-speaking population of Quebec is to find ways of
attracting newcomers to English-speaking communities without damaging the
aspirations of the French-speaking majority. It is looking for federal government
230
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 6.
231
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 8.
232
Canada-Quebec Accord relating to Immigration and the Temporary Admission of Aliens,
signed by the Government of Canada and the Government of Quebec on February 5, 1991.
68
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
support for its efforts to recruit and retain English-speaking immigrants, while still
stressing the need to learn French. As for French-speaking communities outside
Quebec, the English-speaking population of Quebec sees immigration as a way of
ensuring that English-speaking communities and their institutions are sustainable.
The QCGN summarized the challenges that arise in relation to immigration this
way: ―Immigration in Quebec provides the province with new means to preserve
its demographic importance in Canada and to ensure the integration of immigrants
in a manner that respects the distinct identity of Quebec. It has never been used
by the government of Quebec as a way to renew its English-speaking
communities, many of which, as you will see, are slowly disappearing under
demographic and other pressures.‖233 The QCGN stated its position on
immigration:
It wants to work with the federal government and the Government of Quebec
in partnership to help English-speaking immigrant adjust and adapt, knowing
full well that they need to learn the French language, as the leadership of the
community has demonstrated with respect to its attitude toward youth
acquisition of the French language, while ensuring a community connection.
The challenge is that often this issue is viewed in zero sum terms. An
immigrant who gravitates toward the English-speaking community is viewed
as one less French speaker or member of the [F]rancophone community in
Quebec.234
2. Government support: research
Like all federal institutions, Citizenship and Immigration Canada (CIC) has a duty
to take positive measures to promote the use of English and French in Canadian
society and to enhance the vitality and support the development of both official
language communities of Canada. The Department therefore has a responsibility to
the English-speaking minority in Quebec under Part VII of the Act. The division of
powers combined with scarce resources make the Department‘s job in this regard
somewhat complex. A representative of CIC described the situation as follows:
For a few years now, English-speaking communities in Quebec have been
coming to see us at the department, telling us that we have certain
responsibilities towards them under Part VII. Given that there is not enough
funding, and because we obviously want to ensure that we do not undermine
the Canada-Quebec accord, we worked with those communities to do some
research and come up with some best practices. We are also working to
understand the context of the regionalization of immigration to see how we
can help communities retain [A]nglophone immigrants in regions outside of
Montreal, for example. We are not yet ready to take action, but instead of
helping them do research, we gave them a little money to that end. That is
what they needed most.235
233
Quebec Community Groups Network (September 13, 2010), pp. 10 and 11.
234
Ibid., p. 25.
235
Citizenship and Immigration Canada, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 12, November 2, 2009,
pp. 28 and 29.
69
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Under the Roadmap (2008-2013), CIC has allocated a small amount of funding to
Quebec‘s English-speaking communities in relation to immigration. The
investments provided for 2008-2013 will be used for:

Promoting the use of English: Citizenship ceremonies organized in English to
build bridges between all communities of newcomers in the province.

Research: A study done by Michèle Vatz-Laaroussi, a professor at the
Université de Sherbrooke, will be used to evaluate the potential within rural
communities in Quebec, where there is a significant English-speaking presence,
for attracting and retaining immigrant populations. A workshop on immigration
and diversity in Quebec‘s English-speaking communities was funded by the
Department as part of the Metropolis National Conference held in Montreal in
the spring of 2010. A special edition was published by the Association for
Canadian Studies on this theme in connection with the conference. A literature
review dealing with the best approaches used by minority French-speaking
communities in relation to immigration is currently being prepared, and may
provide a source of inspiration for English-speaking communities for developing
policies, programs and activities in this area.
3. Challenges: networks, jobs and language training
The Commissioner of Official Languages believes that English-language
organizations have done a good job to date in supporting immigration and agrees
that their resources in this area should be expanded:
The English-speaking communities in Quebec would benefit from being able to
share their experience in immigration and in taking into account diversity, and
would also benefit from actively participating in public debates on the issue.
Moreover, it would be important for English-speaking community
organizations to obtain the resources they need to continue working on
integrating new comers and helping them realize their full potential in
Quebec.236
In other words, the federal government should enable Quebec‘s English-speaking
communities to retain their immigration-related networks and infrastructures and
create new ones when the need arises. The testimony showed that the Englishspeaking communities sometimes find it difficult to integrate newcomers into their
networks. Jack Jedwab commented on the situation as follows:
More English-speaking immigrants arrive in Quebec than we would presume.
They are directed to French-language institutions to learn the French
language. That is a legitimate and valid objective for those immigrants if they
want to achieve bilingualism. However, by and large, there is no community
connectedness, so it is difficult for the English-speaking community to provide
institutional support for them.237
236
Office of the Commissioner of Official Languages, Annual Report 2008-2009, Ottawa, 2009,
p. 76.
237
Jack Jedwab (June 14, 2010), p. 25.
70
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
As we know, the integration of immigrants is often achieved through access to
employment. Access to networks is particularly relevant in that context, as a
representative of the QCGN observed: ―Immigrants have a greater tendency to
attach to the English community but have gone to French-language schools
because they must do so. Sometimes there is a disconnect in the networking that
can help them find jobs.‖238 A representative of the VEQ echoed that statement:
―We need to provide more direct services for them, employability services to get a
job and create that network, social networking so they can meet other people who
are facing the same challenges so they do not feel they are alone in the region
facing this problem.‖239 Some witnesses mentioned concerns relating to
recognition of foreign credentials and visa problems experienced by university
students who want to stay in the province after finishing their education.
Immigrant integration also requires access to training. There are government
resources in place for language training for immigrants. Some witnesses
mentioned the need to provide this kind of training for members of the
communities who would like to receive it. The Commissioner of Official Languages
said: ―Action must be taken to ensure the Canada-Quebec agreement can include
funding for language training not only for immigrants or people who come from
other provinces, but also for members of the community.‖240 That suggestion was
reiterated by the QFHSA.241. YES Montreal hoped that government support would
be offered to immigrants for learning English.242
4. Renewing the English-speaking population
outside major urban centres
Community organizations in several regions would like to have the benefit of
newcomers, whether they arrive through immigration or from other provinces of
Canada, to ensure that the English-speaking population is renewed. This is
particularly the case in the Gaspé, the Outaouais, the Eastern Townships and
Quebec City, where the English-speaking community has to deal with two
situations: the exodus of young people and the aging of the population. Methods
have to be found for encouraging newcomers to settle in remote regions. To do
that, they have to have access to support, networks and job prospects.
238
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 24.
239
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 21.
240
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 12.
241
Quebec Federation of Home and School Associations (September 17, 2010), p. 78.
242
YES Montreal (Youth Employment Services) (October 25, 2010), pp. 8 and 9.
71
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
SUCCESS STORY:
PROGRAM
FOR
NEWCOMERS’
INTEGRATION AND RETENTION IN
THE GREATER QUEBEC CITY REGION
Every five years there is a 25 percent
turnover
in
the
English-speaking
population of the Quebec City region, as a
result of newcomers. That population
faces barriers that are linguistic, social
(isolation), economic (employability) and
structural (lack of information about the
services available).
The newcomers‘ integration and retention
program, which has been set up by Voice
of
English-speaking
Québec,
helps
newcomers and their families in adapting
to the unique lifestyle, culture and
environment of the Quebec City region.
It offers a variety of services: information
sessions,
kits,
matching
projects,
electronic newsletters, job banks, and so
on. It receives financial support from the
City of Québec and is supported by many
partners in the schools and the Englishspeaking community. It has three specific
objectives:

to facilitate the integration of
newcomers into the English-speaking
minority community and the Frenchspeaking majority community;
A representative of VEQ told the
Committee about a promising
experiment in this area, referring
to its program for newcomers‘
integration and retention. The
purpose of the project is to help
immigrants overcome language
barriers and social isolation, while
offering them the services they
need for finding jobs and getting
access to training. The testimony
showed that the key to success lies
in solid partnerships and a desire
shared by all stakeholders to
achieve progress.
J. WOMEN
The Committee heard a small
number of witnesses on the subject
of English-speaking women. The
general finding in this area of
development is that access to
services is limited.
1.
services
Limited access to
Access to services for women and
their families seems to involve a
number of challenges. In all
 to create services that meet their
regions outside Montreal, there is
needs, before and after their arrival;
little knowledge of infrastructure,
and
where it even exists. As we saw
 to develop services that meet the
earlier, expectant mothers on the
needs of employers who hire
Lower North Shore have to travel
newcomers.
to a healthcare institution in
another region, sometimes several
weeks before their due date. In
some families, one of the spouses holds seasonal employment outside the region;
this is often the only method available to them to support their family. The Lower
North Shore Community Learning Centre provides some services to women and
their families. In general, women who live in remote regions suffer from isolation.
We might think the situation would be better on the island of Montreal, but the
Montreal Council of Women identified challenges experienced there. For example,
some English-speaking women have trouble integrating into the labour market. For
older women, the youth exodus and the lack of family support are barriers to
72
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
economic opportunities, access to the services they need or integration into the
community. Many English-speaking women therefore find themselves isolated. ―…
[T]hey feel more isolated, and they tend to stay within their own little group rather
than participating more wholly in society.‖243
On the Committee‘s visit to the Lennoxville Women‘s Centre, representatives of
the organization spoke out against the disappearance of some federal government
funding that had come from either HRSDC or Status of Women Canada. One-time
funding is available through Canadian Heritage, but it is not seen as sufficient to
meet needs. As well, it is difficult to determine precisely where federal government
funds are being invested. English-speaking women feel that the services offered to
them are not of the same quality as the services offered to the French-speaking
majority. In addition, the restrictions imposed by provincial institutions on public
signage limit active promotion of the services offered to English-speaking women.
As in some other sectors of development, there is a crying need for volunteers who
are able to support the work done by community organizations. The will to carry
out plans is there, but unfortunately, resources are insufficient.
K. SENIORS
Quebec‘s English-speaking communities are greatly concerned about the future of
their seniors. The testimony heard identified a lack of support for this segment of
the population. The resources and services offered are simply insufficient.
1. Aging of the population and access to services
The English-speaking population in Quebec is older than the French-speaking
population. ―Nine of the territories in Quebec have 20 per cent more seniors than
the [F]rancophone population in their territories.‖244 Two phenomena contribute to
the aging of the English-speaking population: the youth exodus and the ―missing
middle‖ generation. Together, they result in a decline in family support for seniors.
The figures in the Survey on the Vitality of Official-Language Minorities showed
that Anglophones have a tendency to turn to family members or friends when they
are sick.245
The aging of the population results in greater need for long-term care and
palliative care for a larger number of English-speaking seniors. In some regions of
Quebec, however, including Montreal, seniors have difficulty accessing the services
they need. ―Many of my friends' parents cannot get into seniors' homes in Quebec
— in Montreal even — because there is no available seniors' home. The care is not
available.‖246
243
Montreal Council of Women (November 29, 2010), p. 29.
244
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 116.
245
Statistics Canada (2007).
246
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 34.
73
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
In the Quebec City region, there is one residence that offers seniors services in
English: Saint Brigid‘s. Only a tiny percentage of the English-speaking population
has access to it. A VEQ representative said: ―... [A]ccessibility as such is a
problem. Demand is so high that unfortunately, many seniors will never get a spot
in this facility‖.247 The Committee had an opportunity to visit the residence and
meet with a number of managers, volunteers and residents. The warm welcome
and unbounded dedication to the seniors‘ well-being that they exhibited were a
source of hope.
In the Outaouais, there is also one residence that offers seniors bilingual services.
However, lack of access was not identified as a problem in that region. In remote
regions such as the Gaspé or the North Shore, the path for seniors to obtain
services is strewn with obstacles: a lack of family support, a shortage of
volunteers, the absence of roads, and so on.
Seniors‘ lack of knowledge of French is sometimes a barrier to access to services.
In Quebec City, one witness pointed out that ―[i]ndividuals in the 65-plus
population sometimes have limited language skills, and this causes difficulties with
long-term care facilities.‖248 In some families, for example as noted on the North
Shore, seniors are not even able to hold a conversation with their own family.
2. Special needs of English-speaking seniors
Some English-speaking seniors cannot turn to their families for support. One
explanation for this is that there are little to no services offered; another is the
population exodus phenomenon. This means that growing numbers of seniors ―do
not even seek the services that they have a right to because they are afraid of not
being received, not understanding, of bothering people because there are no
available services, no transport, no access.‖249 A representative of the Coasters‘
Association described some extreme situations that seniors in their region find
themselves in:
We have parents who leave for four to six months out of the year, leaving the
seniors to fend for themselves as well as to take care of their grandchildren or
nephews and nieces. … We have seen couples who have been married for 60
years, where the husband had to be placed in Blanc-Sablon and the wife in
Harrington Harbour. They will probably not see each other again because of
the distance and the lack of roads; they cannot travel back and forth, which is
traumatizing for them.250
Some seniors turn to volunteer services to meet their needs. In some regions,
volunteers are simply not available. The CHSSN said:
247
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 16.
248
Ibid., p. 13.
249
Townshippers‘ Association (September 15, 2010), p. 17.
250
Coasters‘ Association (September 13, 2010), p. 46.
74
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
As a consequence, a smaller population is responsible for a heavy caregiver
burden for the English-speaking population of Quebec. Volunteers that
normally would be taking care of many services for the elderly are not there,
and so the ones who remain are highly burdened and have a high level of
burnout.251
The need for training to be offered in the home care field was noted by VPGN.252
CAMI told the Committee about a project supported by HRSDC to encourage
volunteerism among youth and help build bridges between youth and seniors.253
What must be done, then, to provide English-speaking seniors in Quebec with a
better quality of life? Some witnesses suggested that more emphasis should be put
on autonomy for seniors. There is a desire to give seniors access to the health
services they need and also to give them an opportunity to participate in
community life and in social and cultural activities in their language. The
importance of maintaining seniors‘ autonomy, by ensuring that social and cultural
activities are available and accessible in English, was noted in the Quebec City
region, the Eastern Townships, the Gaspé and the Outaouais. A VEQ
representative said that ―[w]e have almost no services or activities in English for
the 50-to-65 age group, and they suffer from social isolation.‖254
In remote regions or rural communities, the isolation phenomenon is exacerbated
by inadequate transportation. Some witnesses testified about the importance of
having services for seniors grouped together in a single location. A representative
of Canadian Heritage who testified acknowledged this: ―What seems to work well
in some areas of the country is a system where the community centre, the senior
centre, children's daycares and the community radio station are all grouped
together. It creates a kind of critical mass, such that seniors, for example, have a
little more support by the very fact of these services being grouped together.‖255
Some success stories were described to the Committee. For example, the St.
Lawrence Campus of Champlain Regional College has a program that enables
about 30 students to receive training to become personal care attendants for
seniors. A representative of the college said that the program has a positive
impact on the young people.256 In the last year, the QCGN launched its Action Plan
for Quebec‘s English-speaking Seniors, which sets out the main challenges and
actions to be taken to improve the lives of this segment of the population.257 This
251
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 116.
252
Vision Percé – Gaspé Now (September 13, 2010), p. 32.
253
Council for Anglophone Magdalen Islanders (December 14, 2010).
254
Voice of English-speaking Québec (September 13, 2010), p. 13.
255
Canadian Heritage, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 3, March 23, 2009, p. 23.
256
Champlain Regional College – St. Lawrence Campus (September 13, 2010), p. 62.
257
Quebec Community Groups Network, Active and Healthy Aging: An Action Plan for Quebec’s
English-speaking Seniors, 2010-1015.
75
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
is a first step in providing English-speaking seniors with the services to which they
are entitled.
L. RESEARCH
There are major needs to be met in terms of research, to develop a better
understanding of the situations and challenges that Quebec‘s English-speaking
communities are facing. The paragraphs that follow describe the main challenges
experienced in relation to research.
1. Better understanding the needs
of the English-speaking communities
Research is the key to a better understanding of the factors that influence the
vitality of the communities and implementing appropriate measures to improve
their situation. The actors working on the development and vitality of these
communities must therefore have data that are accessible, reliable and up to date.
With this in mind, the Office of the Commissioner of Official Languages published
studies on the vitality of three of Quebec‘s English-speaking communities in June
2008.258 This is also why the CHSSN has ―spent an enormous amount of time
developing a knowledge base about the English-speaking community‖.259 A
representative of Bishop‘s University told the Committee:
I can say that there is recognition of the fact that research targeting Quebec's
English-speaking minority is currently not in line with the problems and
situations that exist. I think that English-language universities in Quebec —
and all universities in Quebec, for that matter — have a role in addressing that
situation.260
At present, there are both a centre and a network dedicated entirely to research
about Quebec‘s English-speaking communities. The Eastern Townships Research
Centre, which is affiliated with Bishop‘s University ―preserves the historical records
of the English-speaking community of this region‖.261 The Centre has been active
for three decades, and is mainly dedicated to research about the population of the
Eastern Townships. Of course, the Centre could do more if it were better funded.
The Quebec English-speaking Communities Research Network (QUESCREN) was
created in the spring of 2009. Noel Burke described its mission as follows:
QUESCREN was founded to enhance community viability and sustainability. Its
role … is to encourage and nurture research with regard to the Englishspeaking community of Quebec with an interest toward providing and
258
Office of the Commissioner of Official Languages (June 2008).
259
Community Health and Social Services Network (September 14, 2010), p. 115.
260
Bishop‘s University (September 16, 2010), p. 47.
261
Ibid., p. 44.
76
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
affirming the identity of that community and its participants, as well as
forming opinions and positions that need to be examined and taken with
respect to the English-speaking community for the future.262
QUESCREN works in partnership with Concordia University, the QCGN and the
English-speaking communities.
Many witnesses shared the opinion that better knowledge of the circumstances of
Quebec‘s English-speaking communities will make it possible to better meet their
needs. Research is a vehicle ―that can inform opinion and clarify myths and
misconception.‖263 Throughout this report, we have seen how the circumstances of
Quebec‘s English-speaking communities have changed over the years. Those facts
are poorly known, poorly understood and poorly communicated. A representative
of the Office of the Commissioner of Official Languages noted that ―even when
Statistics Canada issues statistics on income, there is still a debate. So we need
these reliable figures and that has to be done very well.‖264 In that regard, some
witnesses were enthusiastic about the Statistics Canada portrait published in 2010.
2. Statistics
There are difficulties in interpreting statistics about the Quebec‘s English-speaking
population. As we saw earlier, the size of the population varies, depending on the
criteria used. At the federal level, English speakers are defined according to the
first official language spoken (FOLS), for the purpose of applying the Official
Languages (Communications with and Services to the Public) Regulations.265 At the
provincial level, there is a greater tendency to use mother tongue to determine the
number of English speakers. In other words, there is a discrepancy of about
387,500 persons, depending on which variable is used.
A Statistics Canada representative acknowledged that ―[e]ach linguistic variable …
has certain advantages and certain disadvantages, depending on what we want to
study‖.266 The English-speaking communities prefer to use a more inclusive
variable, like FOLS, which takes into account immigrants‘ language-related
behaviour. A witness from the Eastern Townships said: ―… [T]he English
community is self-defined. Those who choose to be English are.‖267
262
Noel Burke (June 14, 2010), p. 12.
263
Ibid., p. 13.
264
Office of the Commissioner of Official Languages, Proceedings of the Standing Senate
Committee on Official Languages, 3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 10,
October 4, 2010, p. 10.
265
Official Languages (Communications with and Services to the Public) Regulations,
December 16, 1991 (SOR/92-48).
266
Statistics Canada, Proceedings of the Standing Senate Committee on Official Languages,
3rd Session, 40th Parliament, Issue No. 11, October 18, 2010, p. 11.
267
Eastern Townships School Board (September 16, 2010), p. 72.
77
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The use of data that do not reflect the true situation of the population can have
negative effects on the services that are offered and the availability of services.
For example, a witness in the Vaudreuil-Soulanges region talked about the
challenge involved in welcoming a large number of English-speaking immigrants in
that region:
Every year the government of Quebec comes out with a decree on January 1
that tends to approximate what the population is for the uses of schools,
hospitals, health and social services. Everything is based on the decree at the
first of the year. The decree has never been an accurate reflection, simply
because the population is expanding so quickly that there is no real snapshot
of what is going on. … The old measuring tools no longer work. People are
coming from Montreal, and some are eligible for English-language education
and some are not. Regardless, their language of service is English. There are
a lot of Asians and Sikhs.268
Just before the public hearings were held in Quebec, the government announced,
in an order in council, that it was eliminating the long-form census questionnaire
and replacing it with a voluntary survey (National Household Survey). That
decision prompted an outpouring of protests from a number of organizations
representing official language minority communities, including Quebec‘s Englishspeaking communities. Some of the witnesses who testified reacted to that
announcement.
A representative of the Hudson-St. Lazare Gazette said: ―I very much regret that
we will not have the long form. It gave us information on exactly this kind of
demographic change. This was a terrible political error.‖269 The QESBA said that
the elimination of the long-form questionnaire will make it more difficult to plan
and provide services in English-language schools.270 The Commissioner of Official
Languages was not able to offer an opinion on this question, which was being
investigated at the time of the public hearings. On the question of the reliability of
the data that will be collected in the new survey, a representative of Statistics
Canada said:
… [T]he national household survey is a new survey. … [W]e will not know that
information and the quality of that information until we collect, evaluate and
disseminate it. … We will use the survey methods that we have and use for
other surveys, but we will not know until we actually do it, collect it and
evaluate it, because it is new.271
In general, a number of witnesses said that reliable, up to date data had to be
obtained, whether to measure the effects of immersion programs on the
development of English-speaking communities, to understand the factors that lead
to dropping out among English-speaking youth, to measure the impact of the
268
Hudson-St. Lazare Gazette (November 29, 2010), p. 35.
269
Ibid., p. 41.
270
Quebec English School Boards Association (September 17, 2010), p. 83.
271
Statistics Canada (October 18, 2010), p. 24.
78
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
aging of the population or the youth exodus on community vitality, or to assess
the role of immigrants in community revitalization. It therefore seems to be
important for the federal government to continue to support research projects, to
gain a better understanding of the circumstances and challenges facing Quebec‘s
English-speaking communities.
79
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
“The English-speaking community of Quebec understands that enhancing the vitality
and supporting the development of Canada’s English linguistic minority community is a
challenge for the Government of Canada. The government is mandated by the Official
Languages Act of 1988 to take positive measures to enhance the “vitality of the English
and French linguistic communities in Canada,” support their development, and do so in
a way that respects the jurisdiction and powers of the provinces. The inherent tension
in dealing with Canada’s English linguistic minority communities, which are entirely
located within Quebec, should be apparent.”
Quebec Community Groups Network (13 September 2010)
TAKING ACTION:
FINDINGS AND RECOMMENDATIONS
This section summarizes the Committee‘s key findings and presents a series of
recommendations to the federal government for enhancing the vitality and
supporting the development of the English-speaking minority.
A. FEDERAL GOVERNMENT SUPPORT
1. The vitality of Quebec’s English-speaking communities
As we stated at the very beginning of this report, the challenge for Quebec‘s
English-speaking communities does not lie in ensuring the survival of their
language but in ensuring their sustainability and supporting their vitality across
Quebec. Therefore, it must be recognized that close attention must be paid to
ensuring respect for the rights and specific needs of official-language minority
communities, both Anglophone and Francophone alike. The obligations set out in
the Canadian Charter of Rights and Freedoms and the Official Languages Act are
clear: English and French have equal rights and status, and the federal
government is required to support the development of Anglophone and
Francophone minority communities.
This study highlights the many challenges English-speaking communities
experience across Quebec and in the various sectors related to their development.
It also points out several successes that the federal government can use as a
model for supporting the vitality of these communities.
What English-speaking communities want most of all from governments is
recognition of their rights and specific needs. The federal government must take
note of the statements made in the Committee‘s study. It must recognize that
Quebec‘s English-speaking communities enjoy the rights guaranteed in the
Canadian Charter of Rights and Freedoms and in the Official Languages Act, and
have specific needs that require the attention of all federal institutions. Therefore,
the Committee recommends:
80
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Recommendation 1:
That the Government of Canada recognize that the Anglophone minority in
Quebec:
a) enjoys the rights guaranteed in the Canadian Charter of Rights and
Freedoms, to the effect that English and French have equality of status
and equal rights and privileges as to their use in all institutions of the
Parliament and Government of Canada.
b) enjoys the rights guaranteed in the Official Languages Act, to the effect
that the Government of Canada is committed to enhancing the vitality of
the English and French linguistic minority communities in Canada and
supporting and assisting their development.
c) has specific needs that deserve close attention from all federal
institutions.
2. Transparency
One of the major challenges for English-speaking communities is knowing when
governments are providing funding for their development, in what sectors and
under what conditions. According to testimony, Anglophone community
organizations are demanding greater accountability in this area. Wherever
possible, they would like to receive their funding directly from the federal
government.
Increased transparency would demonstrate whether federal institutions are fully
meeting their responsibilities for community development. The same should apply
to federal-provincial transfers. The Commissioner of Official Languages said:
―[T]he trend we have seen is that when the federal government transfers to the
provinces, they are not required to account for the use of the funds. This is a
battle that began quite a while ago.‖272 The QCGN said:
One of our main messages to our Ottawa partners and friends in the last few
years is that when the devolution takes place of services and/or funding to
Quebec, it has to come with ways whereby we can follow it and have it apply,
or at least our share of it, to us.273
The Committee believes that federal funds transferred to Quebec for the Englishspeaking communities must be used for that purpose. Accordingly, reporting
processes must be improved in all sectors, whether education, health or
elsewhere. Communities depend on government funding to carry out certain
projects, and in too many instances, funding delays spell disaster for community
development. To ensure that English-speaking communities receive their fair share
of funding and are treated equitably, federal institutions must review the funding
272
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (2 March 2009), p. 31.
273
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 40.
81
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
methods under the transfer payment programs to support the activities of these
communities.
Transparency should be the watchword in all federal-provincial relations that affect
the development of the official language minority communities. The Minister of
Canadian Heritage and Official Languages himself said: ―For each province, there
must be someone in charge of making sure that the funds distributed by our
government to the provinces be paid.‖274 His Department should encourage each
of the provinces to comply with transparency and accountability requirements.
The Committee acknowledges the efforts made in recent years to improve the
accountability process. But those efforts appear insufficient to meet the
communities‘ expectations. As the Commissioner of Official Languages underlined
in a letter sent to the Committee: ―Despite the fact that there has been an effort
made in recent years to tighten up the accountability mechanisms, gaps
remains.‖275 Accordingly, the Committee recommends:
Recommendation 2:
That when transfer payments affect activities for the benefit of Quebec’s
English-speaking communities, federal institutions:
a) ensure at all times that transparent accountability mechanisms are
established, in cooperation with the province and the communities, and
that the mechanisms are simple to understand and accessible to the
public.
b) issue the funding directly to Quebec’s Anglophone organizations,
wherever possible.
c) review their funding methods to ensure that English-speaking
communities receive their fair share and are treated equitably.
d)
3. A government strategy based on the needs of
Quebec’s English-speaking communities
One of the key strategies established by the federal government in relation to
official languages is the Roadmap (2008-2013). That initiative is reaching its midpoint, and the government will soon be starting the process for deciding how to
follow up on it.
At present, only six of the 16 departments that fall under that government
strategy have adopted measures that deal specifically with Quebec‘s Englishspeaking communities.276 A number of witnesses were critical of the fact that some
274
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 20.
275
Graham Fraser (January 14, 2011), p. 4.
276
For more detail, consult Appendix E.
82
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
investments under the Roadmap (2008-2013) were limited to French-speaking
communities; this was the case in relation to immigration, literacy and early
childhood.
The figures provided to the Committee by Canadian Heritage indicate that about
13 percent of the total amount under the Roadmap (2008-2013) was allocated to
English-speaking communities over five years, that is, slightly more than
$145 million out of the $1.1 billion budgeted for the next five years.
If we consider the 2006 census data relating to FOLS, the population of the
English-speaking minority is about the same as for the French-speaking minority,
Canada-wide, that is, 994,700 English-speaking individuals in Quebec versus
997,100 French-speaking individuals outside Quebec.
When we look at these figures, the Committee realizes why the English-speaking
communities question the federal government‘s commitment to their development.
The Minister of Canadian Heritage and Official Languages replied to criticism by
pointing out that the funding identified in the Roadmap (2008-2013) covers
several departments and is distributed equitably across the country, based on
need. ―I do not think it is fair to say that Quebec gets less money, because the
relationship between the federal government and the Province of Quebec, legally
and politically, is much more complicated than the rest of the country. With the
[R]oadmap, there is no shortage of funding for this group.‖277
To improve the implementation of the Roadmap (2008-2013), the QCGN
suggested that a comprehensive evaluation method be developed so that all
departments concerned could take the priorities of Quebec‘s English-speaking
communities into account. ―In each of those priorities, we have to figure out how it
could work in Quebec. That takes serious thinking. Part VII is part of it;
commitment and understanding and willingness to think outside the box is
another.‖278
Other organizations suggested improving communications about the Roadmap
(2008-2013). The testimony identified a lack of knowledge about funding
opportunities offered to the communities by the federal government in some
sectors. On that point, VGPN said that ―some regions have not been able to
participate successfully in the programs due to information not being disseminated
properly.‖279 The organization said that CED had itself acknowledged that
information was not communicated in an orderly fashion.280
In light of the testimony heard, the Committee believes that the government must
adopt improvements to communication strategies in order to reach the
277
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 15.
278
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), pp. 28 and 40.
279
Vision Gaspé – Percé Now (September 13, 2010), p. 35.
280
Ibid., p. 40.
83
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
communities effectively, since some of them are evidently not aware of the
funding available. As well, the Committee hopes that the federal government will
give particular attention to the needs of Quebec‘s English-speaking communities in
the process of deciding how to follow up on the current Roadmap (2008-2013). To
do that, it has to start now to take account of the specific needs of Quebec‘s
English-speaking communities in its Accountability and Coordination Framework. If
federal institutions have specific criteria and indicators, they will be better able to
identify the funding allocated to English-speaking communities through their
programs and to explain any imbalances. Accordingly, the Committee
recommends:
Recommendation 3:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) urge all departments covered by the Roadmap (2008-2013), in
consultation with the English-speaking communities, to review
communications strategies for increasing awareness of the funding
available in all regions of Quebec.
b) immediately review, in consultation with the English-speaking
communities, the Accountability and Coordination Framework and
establish specific criteria and indicators so that all federal institutions
are able to take into account the specific needs of those communities.
c) require federal institutions involved in developing the next official
languages strategy to consider these criteria as a means of identifying
allocations to both official-language minority communities and
explaining imbalances, if any.
4. Positive measures and consultation
It is important to note that the funding under the Roadmap (2008-2013) is only
one part of the investments the Government of Canada has committed for
linguistic duality. The Minister of Canadian Heritage and Official Languages pointed
out to the Committee that about 22 percent of his Department‘s regular budget
was dedicated to Quebec‘s English-speaking communities in 2009-2010.281
Under Part VII of the Act, all federal institutions have a responsibility to take
positive measures to enhance the vitality of official language minority communities
and promote linguistic duality. Those responsibilities apply to both Frenchspeaking minority communities and English-speaking minority communities. The
witnesses who testified in the course of this study stressed that federal institutions
in Quebec must take positive measures to assist them, and must take into account
the unique circumstances of the English-speaking minority in doing so.
281
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 17.
84
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The Committee submitted a report on implementation of Part VII of the Act in June
2010, in which it identified three factors to guide federal institutions in taking
positive measures:

Federal institution must consider the needs of official language minority
communities and the promotion of linguistic duality in developing their
programs and policies.

Federal institutions must take steps to learn about the needs and interests of
official language minority communities through consultation or other similar
mechanisms.

Federal institutions must demonstrate that they have evaluated the linguistic
impact of the decisions.282
The Committee is aware that positive measures may take very different forms,
depending on the context. However, it continues to believe that Canadian Heritage
must guide federal institutions in implementing Part VII, based on specific
requirements. As the Honourable Michel Bastarache put it so well in his testimony
to the Committee, ―Departments must know their obligations in order to meet
them.‖283
With respect to the first factor identified by the Committee, the requirement for
considering communities‘ needs, it seems that some federal institutions in Quebec
are finding it difficult to comply systematically with the requirements of Part VII of
the Act when they design their programs and policies. Some witnesses who
testified in the course of this study complained that their needs were not always
considered in federal programs. Some departments already recognize that it is
worthwhile to adapt their programs to the needs of different communities in
Canada and are fully aware of the challenges this creates in terms of planning. A
representative of HRSDC said:
Many challenges that we face with respect to the design and delivery of our
programs are that the programs are national in approach but, as we well
know, each of our official language minority communities is unique, so we try
to ensure that there is sufficient flexibility in the program to allow for response
to the particular needs and priorities of each of the communities. We set
broad parameters with respect to the objectives of the program and then try
to ensure that implementation of the program is in a manner flexible enough
to be adapted to the community. That flexibility, to me, remains a
challenge.284
282
Standing Senate Committee on Official Languages, Implementation of Part VII of the Official
Languages Act: We can still do better, 3nd Session, 40th Parliament, June 2010, p. 44.
283
The Honourable Michel Bastarache, Proceedings of the Standing Senate Committee on
Official Languages, 2nd Session, 40th Parliament, Issue No. 11, October 26, 2009, p. 47.
284
Human Resources and Skills Development Canada (May 3, 2010), p. 53.
85
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The Committee believes that all federal institutions in Quebec must develop
mechanisms they can use to take the needs of the English-speaking communities
into account when they design their programs and policies. For example, they can
make a commitment to abiding by the guidelines set out in the A Guide to
Preparing Treasury Board Submissions.285 That Guide requires that Treasury Board
submissions contain a description of the impact of federal institutions‘ initiatives on
Parts IV, V, VI and VII of the Act. The government also acknowledged the
importance of that tool in its response to the Committee in November 2010.286 The
Committee believes that Treasury Board should hold federal institutions
accountable for following the guidelines contained in the Guide. Accordingly, the
Committee recommends:
Recommendation 4:
That the President of the Treasury Board hold federal institutions operating in
Quebec accountable for complying with the requirements set out in Appendix E
of the Guide to Preparing Treasury Board Submissions, by requiring systematic
language impact analysis for all initiatives subject to its approval.
With respect to the other two factors identified by the Committee, consultation and
the linguistic impact of decisions, the testimony showed that improvements must
be made in the activities of federal institutions in Quebec. While some Englishspeaking community organizations feel that they are heard by the federal
government, others have the impression they are disregarded. In fact, the degree
of consultation varies by sector, region and the federal institution offering the
service. The Commissioner of Official Languages went so far as to say: ―In some
regional offices in Quebec there is no greater understanding of the Englishspeaking minority in a federal department than there is in a provincial
department.‖287
In its response in November 2010, the government acknowledged that an institution
is more likely to take positive measures if it listens to the communities.288 Federal
institutions in Quebec must understand that even within the province, the needs of
English-speaking communities vary from region to region. The Minister of Canadian
Heritage and Official Languages himself said that consultation was essential ―so as
to understand the great diversity that exists in Canada.‖289 The QCGN said that
285
Treasury Board, A Guide to Preparing Treasury Board Submissions – Appendix E: Official
Languages.
286
Response of the government to the third report of the Standing Senate Committee on
Official Languages entitled Implementation of Part VII of the Official Languages Act: We Can
Still Do Better, tabled on November 25, 2010.
287
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (October 4, 2010), p. 21.
288
Response of the government to the third report of the Standing Senate Committee on
Official Languages (November 25, 2010).
289
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 12.
86
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
federal institutions have no appropriate frame of reference for considering the
special needs of the English-speaking communities:
When the federal government establishes policies and programs, they often
consult. However, we have to undo what they are thinking to make them
consider a different way because their frame of reference is the [F]rancophone
community. … One of our biggest difficulties is with the federal departments
because of their frame of reference. All these wonderful people who write the
policies for official languages come from Franco-Ontarian or Franco-Manitoban
backgrounds. They have this idea of what it is to be [F]rancophone outside of
Quebec, which is truly important. However, few have worked with us in
Quebec.290
As the Honourable Michel Bastarache told the committee, an assessment of the
linguistic impact of decisions is a key factor in implementing Part VII of the Act:
What are these "positive measures"? At the very least they serve to ensure
that each time services are introduced, the fact that there are two equal
communities needing equal access to services of equal quality is considered.
From the beginning we must consider possible impacts. What would be the
impact of my decision on a minority community? Would it have a negative
impact? If so, can it still be justified? 291
The Committee believes that federal institutions in Quebec must be proactive in
implementing Part VII. They must commit to taking measures that will have a
positive and lasting impact on Quebec‘s English-speaking communities. The
Committee is firmly convinced that only specific knowledge of the needs of the
English-speaking communities in the various regions of Quebec will lead to federal
institutions abiding by the obligations imposed on them under Part VII of the Act.
To that end, there must be ongoing dialogue with the communities. Accordingly,
the Committee recommends:
Recommendation 5:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) ensure that federal institutions operating in Quebec regularly consult
the English-speaking communities in all regions of Quebec in
implementing their policies and programs.
b) ensure that federal institutions operating in Quebec take measures that
have a positive and long-lasting effect on the development of these
communities.
c) do the necessary follow-up with federal institutions operating in Quebec
that fail to abide by the requirements associated with the
implementation of Part VII of the Official Languages Act.
290
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 34.
291
The Honourable Michel Bastarache (October 26, 2009), p. 40.
87
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The English-speaking communities tend to want to take advantage of their
successes to ensure their vitality within Quebec society. And there have been
numerous successes, as we saw throughout this report. The Community Learning
Centres are a model that could encourage involvement by the English-speaking
communities. All witnesses, without exception, had only praise for the value and
potential of the centres, whether to foster the development of the communities or
to increase the number and quality of the services offered to them. The Committee
believes that we must encourage innovation and enable the communities to profit
from their good work. The government should therefore commit to maintaining
and developing the Community Learning Centres in the long term. Accordingly, the
Committee recommends:
Recommendation 6:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) consult Quebec’s English-speaking communities to determine their
priorities and needs in relation to the development of the Community
Learning Centres.
b) commit, under the Canada-Quebec Agreement on Minority Language
Education and Second Language Instruction, to providing the support
needed to provide for maintaining and developing the Community
Learning Centres in the long term.
c) continue the commitment to the Community Learning Centres beyond
2013.
In spite of the success stories, there are still challenges. A representative of the
QCGN said: ―There are sectors where we have been very successful, but there are
places where, with seniors or women, we do not have strong traditions of putting
forward issues for minorities in our community because we do not have the
structures.‖292 The English-speaking communities are seeking a means of
strengthening their identity, their sense of belonging and their pride. The way to
do that is to provide stronger support in the areas of education, youth,
immigration, and arts and culture. It also requires targeted measures in the areas
of healthcare, economic development and support for children, women and
seniors. As a representative of the Townshippers‘ Association put it, we have ―to
revitalize a community that used to be active, dynamic and participatory.‖293
The Committee was appalled to hear some of the testimony, noting the inability of
some organizations to do anything beyond the minimum to ensure the
development of their communities. How can we explain the fact that the only
English-language college in Quebec City has to fight for the resources it needs to
provide its students with an amphitheatre? Why are so many English-speaking
seniors not able to receive the health services they need in their own language?
292
Quebec Community Groups Network (June 14, 2010), p. 28.
293
Townshippers‘ Association (September 15, 2010), p. 22.
88
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
How is it that an English-language newspaper like the Hudson St. Lazare Gazette
does not have access to the resources it needs to survive?
As in the case of earlier studies done by the Committee, some English-speaking
community organizations stressed the importance of long-term support from the
federal government. Those organizations must have sufficient resources in order to
play their role effectively. Some of the community organizations the Committee
met were enthusiastic and dedicated to the welfare of their communities, and have
demonstrated innovation in spite of the low level of resources they are allocated.
The recent changes made by Canadian Heritage to its funding methods are
certainly a step in the right direction. As mentioned earlier, the Minister of
Canadian Heritage and Official Languages announced that reforms had been
introduced in order to: encourage multi-year funding applications; implement
service standards; allow grants up to $50,000; examine ways to shorten the time
for processing applications and issuing payments; set a single deadline for all
client groups in all provinces and territories; distribute funding earlier so that client
groups receive it in April.294 Based on the testimony received, Quebec‘s Englishspeaking communities do not seem to be aware of these measures.
An investigation report on the impact of delays in approvals and payments under
the Department of Canadian Heritage cooperation agreements was recently
released by someone who filed a complaint with the Office of the Commissioner of
Official Languages. In the report, the Commissioner of Official Languages
concluded as follows: these delays were detrimental to the implementation of
projects and activities that contribute to the vitality and development of officiallanguage communities; Canadian Heritage did not monitor the impact of these
delays on the communities; Canadian Heritage did not act proactively to accelerate
the funding application process or mitigate the negative impact of these delays on
the communities; and Canadian Heritage did not take steps to communicate with
the organizations affected to keep them informed of delays and the progress of
their application.295 Given the findings of this report and the testimony received by
the Committee, it appears that Canadian Heritage could perform better in this
regard.
The negotiation of cooperation agreements is a perfect opportunity for Canadian
Heritage to strengthen its support for Quebec‘s English-speaking communities. As
we have seen, delays in delivering funding can threaten the vitality of these
communities. The Committee believes that Canadian Heritage should review its
communications strategies for reforms to community cooperation agreements. The
Committee also encourages the department to take into account the testimony
294
Government response to the second report of the House of Commons Standing Committee
on Official Languages: The Impact of Approval and Payment Delays on Department of
Canadian Heritage Recipient Organizations, tabled in the House of Commons on
April 1, 2010.
295
Office of the Commissioner of Official Languages, The Impact of Delays in Approvals and
Payments under the Department of Canadian Heritage Collaboration Accords, Final
Investigation Report, November 2010, pp. 1 and 2.
89
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
reported in this study, so it will be able to offer the communities support that
reflects their needs. Accordingly, the Committee recommends:
Recommendation 7:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages, in negotiating
the Cooperation Agreement with Quebec’s English-speaking communities:
a) review communication strategies to ensure that English-speaking
communities across Quebec are aware of changes to funding methods.
b) consult with English-speaking communities to see if other action is
necessary to reduce funding delays in the period covered by the
agreement under negotiation.
c) take the Committee’s study into account so it is able to offer the
communities support that reflects their needs.
As witnesses stated, a community‘s vitality depends on its economic viability.
Thriving English-speaking communities have access to well-paid jobs, help starting
their own businesses or opportunities to develop their language and job skills. This
study found that fluency in French is considered essential to the economic success
of Anglophones in Quebec. Access to new technologies is another element that is
crucial to the vitality of English-speaking communities outside major urban
centres.
However, Quebec‘s English-speaking communities still encounter many challenges
to their economic development. The Committee believes that governments must
pay special attention to this issue. The federal government has a tried and true
mechanism for this purpose — the National Human Resources Development
Committee for the English Linguistic Minority — but it has been operating rather
slowly for some time. It is critical for the federal partners on this committee to
prepare an up-to-date strategic plan that takes into account the challenges and
needs highlighted in this study and allocates the resources to deal with them.
Therefore, the Committee recommends:
Recommendation 8:
That the federal partners on the National Human Resources Development
Committee for the English Linguistic Minority:
a) understand the challenges and needs identified by the Committee in the
area of economic development, such as access to employment services
in English, business development services, support for language and
other training and access to new technologies outside major urban
centres.
b) work with community partners to develop a strategic plan with specific
criteria and adequate resources to address these challenges.
c) notify the Committee of action taken in this regard.
90
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Witnesses also stated that community vitality is tied to greater visibility in the
media, particularly the English-language community media. In its previous reports,
the Committee recognized that community media play a critical role in the
development of official-language minority communities. Witnesses remarked that
federal program criteria are frequently ill suited to the realities of these
communities, as in the case of the Canada Periodical Fund. This program‘s
eligibility criteria exclude small-circulation newspapers that are distributed free of
charge. Community media are also excluded from funding that would expand their
presence on the Internet. Lastly, they have difficulty obtaining their fair share of
government advertising. Each year, fewer ads are placed in English-language
newspapers, which threatens the financial viability of community newspapers.
Based on the testimony received, it seems that much remains to be done in terms
of the media. In a previous report, the Committee had recommended that the
Minister of Heritage Canada and Official Languages take the necessary steps to
ensure that all federal institutions make effective use of community media and set
aside a predetermined part of government advertising expenditures for community
media.296 In its response, the government stated that the Consultative Committee
on Advertising and Official Language Minority Media, of which the QCNA and the
Quebec Association of Anglophone Community Radio are members, had been
established.297 There is an urgent need for this consultative committee to examine
the needs expressed in the present study. Therefore, the Committee recommends:
Recommendation 9:
That the Consultative Committee on Advertising and Official Language Minority
Media:
a) examine the challenges and needs identified by the Committee in the
media sector, such as criteria that are better suited to the needs of
English-speaking communities, support for new technologies and
government advertising in English-language community media.
b) work with community partners to develop a strategic plan that has the
necessary criteria and adequate resources to respond to the needs
expressed.
c) notify the Committee of action taken in this regard.
5. Interdepartmental cooperation
The testimony showed the importance of effective coordination between federal
departments and agencies for meeting the needs of Quebec‘s English-speaking
296
Standing Senate Committee on Official Languages. Francophone Arts and Culture: Living
Life to its Fullest in Minority Settings, 2nd Session, 40th Parliament, June 2009, p.16.
297
Government response to the third report of the Standing Senate Committee on Official
Languages. Francophone Arts and Culture: Living Life to its Fullest in Minority Settings,
tabled November 2009.
91
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
communities. The Committee recommended in its report of June 2010 that public
servants in the regions be offered the tools they need to implement the
requirements of the Act.298 The government‘s response, tabled on November 25,
2010, indicates that the cooperation agreement being negotiated with Englishspeaking organizations in Quebec provides for formal discussion structures to be
established to address interdepartmental issues and for mechanisms that will help
the regional offices of Canadian Heritage refer the communities to other federal
institutions.299 Those structures might also be useful in establishing partnerships
between federal institutions and the province. The Committee hopes that all
federal institutions will follow the example set by Canadian Heritage to improve
coordination between headquarters and their regional offices, and with other
federal departments and agencies.
The Committee would like to congratulate the Network of National Coordinators
responsible for the implementation of Section 41, which held a meeting during
2008-2009 to raise awareness in federal institutions about the situation of
Quebec‘s English-speaking communities. The Committee urges it to pursue its
efforts with federal institutions in Quebec. The Network of Official Languages
Champions and the Committee of Assistant Deputy Ministers on Official Languages
also have a key role to play in relation to interdepartmental coordination. The
Committee urges them to take steps to ensure that federal public servants in
Quebec comply with the requirements of the Act. Accordingly, the Committee
recommends:
Recommendation 10:
That the Network of National Coordinators responsible for the implementation
of Section 41, the Network of Official Languages Champions and the Committee
of Assistant Deputy Ministers on Official Languages, in cooperation with the
English-speaking communities:
a) study the measures to take so that federal institutions operating in
Quebec comply with the requirements of the Official Languages Act.
b) notify the Committee of action taken in this regard.
6. Services of equal quality
The testimony showed that Quebec‘s English-speaking communities are not able to
receive services in the official language of their choice in all circumstances.
Moreover, there is no guarantee that when the service is offered it will be of equal
quality to the service offered in French, even though, under the Supreme Court of
Canada‘s decision in Desrochers,300 federal institutions have clear obligations in
298
Standing Senate Committee on Official Languages (June 2010).
299
Response of the government to the third report of the Standing Senate Committee on
Official Languages (November 25, 2010).
300
Desrochers v. Canada (Industrie) [2009] SCC 8.
92
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
this regard: they must aim for substantive equality between the two official
languages.
In its report in June 2010, the Committee acknowledged the importance of the
connection between providing services and community development.301 In its
response released on November 25, 2010, the government indicated that it would
take steps to reflect the idea of equal quality in communications and services in
both official languages.302 The government has initiated a process for reviewing
policy instruments on official languages and plans to consult the official language
minority communities when the time comes. The President of the Treasury Board
told the Committee:
We will work closely and continue to work closely with the institutions to help
ensure that Canadians receive that equal quality of services in the official
language of their choice. That work includes, by the way, being able to
support institutions to help them not only work alongside but promote and
enhance the availability of services to minority language groups. This
approach is not a static one; this is something that requires energy and
foresight.303
The Committee notes that Quebec‘s English-speaking communities are entitled to
receive services of equal quality to the services offered to the French-speaking
majority. Treasury Board must urge all federal institutions in Quebec to take the
principle of substantive equality into account in communications with and services
to the public. Accordingly, the Committee recommends:
Recommendation 11:
That the President of the Treasury Board, in consultation with the Englishspeaking communities, speed up the review of official language policy
instruments to ensure that communications and services offered in both official
languages in Quebec are of equal quality.
7. Equitable participation in the public service
The testimony showed that Anglophones in Quebec feel they are underrepresented
in the federal public service. The Commissioner of Official Languages described the
problem of the underrepresentation of Anglophones as chronic in his annual report
last year.304
301
Standing Senate Committee on Official Languages (June 2010).
302
Response of the government to the third report of the Standing Senate Committee on
Official Languages (November 25, 2010).
303
The Honourable Stockwell Day, President of the Treasury Board (December 13, 2010), p. 6.
304
Office of the Commissioner of Official Languages (2009), p. 18.
93
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
The President of the Treasury Board offered no concrete solutions to this problem
when he was questioned about it by the Committee. According to him, the data from
2008-2009 collected by his department demonstrate the good performance of federal
institutions operating in Quebec in terms of equitable participation of Francophones
and Anglophones. However, those data do not provide for a meaningful picture of the
situation by region. It is somewhat difficult for the Committee to assess the
institutions‘ performance in a tangible way.
In addition, the question of accountability for the implementation of Part VI of the Act
raises some concerns. Only a few reported to Treasury Board on the implementation
of that Part of the Act for 2008-2009. In a letter sent to the Committee, the
President of the Treasury Board said:
… [W]e modified our approach to monitoring and evaluating the
implementation of the Official Languages Program within federal institutions in
our Annual Report and adopted a three-year cycle. Over this period, all
institutions will be evaluated at least once. … Rather that requesting that all
institutions submit every year a review of their official languages activities, a
total of 77 institutions were asked to submit a report for the 2008-2009
exercise. … In their review, institutions were asked to talk about five target
areas, which touch on various aspects of Parts IV, V and VI of the Act, namely
communications with and services to the public in both official languages,
language of work, human resources management, governance and Official
Languages Program monitoring.305
It is therefore difficult to determine whether federal institutions across all regions of
Quebec are complying with their obligations in this regard since the data obtained
are incomplete and not comparable over time. In light of the testimony heard, the
Committee still believes that those institutions must step up their efforts to comply
with the requirements of Part VI of the Act in all regions of Quebec. Accordingly, the
Committee recommends:
Recommendation 12:
That the President of the Treasury Board:
a) require that federal institutions operating in Quebec submit a report on
the implementation of Part VI of the Official Languages Act.
b) notify the Committee of action taken by federal institutions in Quebec to
promote the equitable participation by Anglophones and Francophones
in those institutions.
305
The Honourable Stockwell Day, Letter in response to the questions raised by the Standing
Senate Committee on Official Languages, January 19, 2011, p. 3.
94
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
8. Research
As we have seen throughout this report, Quebec‘s English-speaking communities
have to deal with certain myths that are firmly rooted in collective memory. The
Committee believes that the federal government can make a difference. Research
can encourage governments to analyze, evaluate or review their policies and
programs. The federal government must therefore commit to funding up to date,
evidence-based research, to support the development of the English-speaking
communities and an improved understanding of the factors that influence their
vitality.
Statistics Canada did some of this work in presenting a statistical portrait in the fall
of 2010. Citizenship and Immigration Canada has supported a research project on
the role of the English-speaking communities in attracting and retaining
immigrants in the regions of Quebec. It is certainly possible for other federal
institutions to follow their lead. The Coordinating Committee on Official Languages
Research, which is part of the Committee of Assistant Deputy Ministers on Official
Languages, must make sure that research on Quebec‘s English-speaking
communities is available and the results are widely disseminated. Accordingly, the
Committee recommends:
B.
Recommendation
13:
That the Coordinating Committee on Official Languages Research:
C.a) make up to date,
evidence-based research available to federal
institutions about the various issues that affect the development of
Quebec’s English-speaking communities.
D.b) disseminate the results of that research to federal institutions in Quebec
E.
and to organizations representing the English-speaking communities, to
better support the development of the communities.
B. FEDERAL-PROVINCIAL RELATIONS
1. Respecting the province’s areas of jurisdiction:
partnerships and language clauses
Access to government services presents a number of challenges for Quebec‘s
English-speaking communities, particularly in cases where responsibilities have
been transferred from the federal level to the provincial level. In many sectors,
responsibility for program management lies with the province. That situation is
difficult for Quebec‘s English-speaking communities to manage, because more
often than not they find themselves in the middle of political battles. The QCGN
summarized the situation this way:
The federal practice of devolving the delivery of services and programs to
other stakeholders, including the Quebec government, has not been
95
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
accompanied by clearly defined language clauses to safeguard the interests of
our official language minority community. We believe that federal money
carries with it all the responsibilities afforded the Government of Canada
under law. To accept otherwise permits the government to simply transfer
funds and walk away from their obligations to the official language minority
communities.306
The testimony showed that the practices adopted by some departments could be
used as models by other federal institutions. The QCGN noted that in health
services, ―the federal officials thought outside the box and were able to work with
people in our community and with the province, forming partnerships.‖307
Partnership models will not necessarily take the same form from one sector to
another, but it is worth taking a careful look at models that have succeeded if
improvements are to be made in all sectors that affect the development of the
English-speaking communities. One of the goals common to all sectors is to
improve access to government services for English-speaking members of the
public.
The Committee acknowledges that in implementing Part VII of the Act the
province‘s jurisdiction and powers must be respected. The study published in June
2010 showed that provincial and territorial governments are important partners in
implementing Part VII.308 It is essential to secure their full cooperation in sectors
that are under provincial jurisdiction or shared jurisdiction. In its response
released on November 25, 2010, the government pointed out that federal policy
on transfer payments requires that federal institutions comply with Part VII of the
Act when transfer payment programs support activities for the benefit of members
of official language communities.309
The Minister of Canadian Heritage and Official Languages told the Committee that
his greatest wish for the years to come, in terms of linguistic duality, is ―to obtain
a clear commitment from the provinces to this Canadian project.‖310 That hope
must now be transformed into a concrete commitment.
The Committee believes that the federal government must develop mechanisms
for working together with the province in all sectors that affect the development of
the communities, be it education, health, immigration, arts and culture, economic
development or something else. The federal government must ensure that
language clauses are included in all agreements for the transfer of responsibility
from the federal government to the province, and those clauses must provide for
services to be provided to the English-speaking communities and for their needs to
306
Quebec Community Groups Network (September 13, 2010), p. 10.
307
Quebec Community Groups Network (March 23, 2009), p. 37.
308
Standing Senate Committee on Official Languages (June 2010), pp. 48 to 51.
309
Response of the government to the third report of the Standing Senate Committee on
Official Languages (November 25, 2010).
310
The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages
(December 7, 2010), p. 20.
96
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
be considered. According to the Commissioner of Official Languages, even though
many agreements include such a language clause, ―[f]ollow up mechanisms are
required to ensure … the implementation of these clauses.‖311 Accordingly, the
Committee recommends:
Recommendation 14:
That, in any agreement to transfer federal responsibility to the province,federal
institutions include language clauses to ensure compliance at all times with:
a) Part IV of the Official Languages Act, by ensuring that services of equal
quality are provided to English-speaking and French-speaking members
of the public in Quebec.
b) Part VII of the Official Languages Act, by ensuring that positive
measures are taken and adapted to the needs of the communities.
That federal institutions set out follow-up mechanisms to ensure the
implementation of those language clauses. That the President of the Treasury
Board and the Minister of Canadian Heritage monitor the implementation of
these language clauses and notify the Committee of action taken by federal
institutions in this regard.
The federal government must use its power of persuasion to urge its provincial
counterpart to support the development of Quebec‘s English-speaking
communities. The testimony showed a number of examples of initiatives where the
provincial government has dragged its feet in providing support. They include the
plan for an amphitheatre at the St. Lawrence Campus of Champlain Regional
College, and also the problem of school transportation identified by numerous
English-language school boards. The economic development sector is also in need
of particular attention, given the lack of coordination of government initiatives in
that area. Some witnesses found the lack of access to new technologies in remote
regions to be bizarre.
There are therefore many areas where the federal government could offer a push
in the right direction, by securing the cooperation of the Government of Quebec for
carrying out projects that will have a concrete and lasting impact on the Englishspeaking communities. According to the Commissioner of Official Languages, ―The
federal government should encourage the provincial and territorial governments to
consult the official language communities‘ representatives regarding their needs,
priorities, challenges and issues.‖312 Accordingly, the Committee recommends:
311
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages, Letter in response to the questions
raised by the Standing Senate Committee on Official Languages regarding its study of the
English-speaking communities in Quebec, January 14, 2011, p. 4.
312
Ibid.
97
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Recommendation 15:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages urge the
Government of Quebec to:
a) consult the English-speaking communities
priorities, challenges and issues.
regarding
their
needs,
b) support projects that have a concrete and lasting impact on their
development, such as those under the Canada-Quebec Agreement on
Minority Language Education and Second Language Instruction or under
the Canada-Quebec Agreement on English-Language Services.
One of the initiatives that caught the Committee‘s interest is a program by the
Eastern Townships School Board to introduce laptops in the schools. The program
was successful in several respects, by breaking down the isolation of rural and
small town areas, making learning more stimulating, improving student results and
reducing dropouts. Researchers found that ―when the 5,600 laptops were
distributed to the great majority of the students, the school board advanced from
66th position in the province (out of 70 school boards) in 2003 to 23rd in 2010, a
remarkable improvement.‖313 According to the most recent statistics released by
the ministère de l‘Éducation, des Loisirs et du Sport, the school board‘s student
dropout rate moved from 39.4 % in 2004-2005 to 22.7 % in 2008-2009.314
The Committee believes that the experience of the Eastern Townships School
Board could inspire other Anglophone school boards, particularly in the fight to
prevent students from dropping out, a challenge that was raised repeatedly during
the public hearings. The Committee considers it important for other boards to have
access to the tools and adequate resources to try this approach. The federal
government must support the introduction of similar projects through the CanadaQuebec Agreement on Minority Language Education and Second Languages
Instruction. As part of this process, it must consult Anglophone school boards, in
cooperation with the Government of Quebec, to determine how it can help them
address drop-out rates. Therefore, the Committee recommends:
313
Thierry Karsenti and Simon Collin, Benefits and challenges of using laptops in primary and
secondary school: An investigation at the Eastern Townships School Board. Summary of
main results. Montreal, CRIFPE, 2011, p. 1.
314
Ibid., p. 20.
98
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Recommendation 16:
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) consult Anglophone school boards, in cooperation with the Government
of Quebec, to determine how the federal government can help them
address drop-out rates.
b) encourage the Government of Quebec to support projects to introduce
laptops into schools through the Canada-Quebec Agreement on Minority
Language Education and Second Languages Instruction.
99
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
“While some of the English-speaking community’s challenges are sometimes similar to
those faced by [F]rancophone minority communities, the responses to them should not
be the same. A one-size-fits-all approach or an approach that says what works for
[F]rancophone minority communities works for the English-speaking community of
Quebec is not what we need. Government policies and programs should have the
ability and the flexibility to respond to the English-speaking community’s … needs and
realities.”
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages (4 October 2010)
CONCLUSION
The public hearings held by the Standing Senate Committee on Official Languages
showed that English-speaking and French-speaking minority communities face
similar challenges in some respects. In both cases, the vitality of the communities
seems to be in jeopardy. There is a lack of access to schools, health services,
vocational training or cultural promotion in some regions, and there is a crying
need for resources, infrastructure and support for volunteers.
However, what the testimony heard over the last two years told us, first and
foremost, is that Quebec‘s English-speaking communities live in a unique social,
political, economic and cultural context, and that context must be taken into
account when considering the challenges they face.
The English-speaking communities have to deal with a majority population whose
priority is to preserve the French language. The survival of English is not a key
issue for Quebec. For the English-speaking communities, the challenge rather lies
in ensuring their survival and supporting their vitality in all regions of Quebec.
Despite all the goodwill there may be on the ground, there are major disparities
when it comes to access to schools, cultural products, heritage, training or jobs in
English. For the English-speaking communities, fluency in French is an essential
asset, to ensure that young people can succeed in their own communities. A
relationship with the French-speaking majority based on partnership, dialogue and
mutual understanding is also essential to the vitality of the English-speaking
communities.
The English-speaking minority in Quebec expects to receive the same kind of
protection from the federal government as its French-speaking counterpart
receives outside Quebec. In reality, it is caught in a dynamic where it must
constantly stand up for its rights, and yet is not necessarily able to promote them.
The problem could stem from a number of sources: a lack of commitment to the
English-speaking communities on the part of federal institutions in Quebec, a lack
of consultation, the absence of communications about existing federal programs, a
poor fit between the policies of the province and the federal government, or a lack
of transparency in the use of funds transferred from one level of government to
the other. In short, the English-speaking communities would like to be seen as an
asset, not a threat, and would like to be able to take part in the decisions that
100
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
affect their future and the future of Quebec society. A ―win‖ for Anglophone
minority rights does not necessarily constitute a threat to the aspirations of the
Francophone majority. The goals of the two communities do not have to be
mutually exclusive and can be achieved in an atmosphere of respect for the rights
of both.
The Committee hopes that in future the results of this study and the
recommendations set out in it will provide direction for the federal government‘s
approach to Quebec‘s English-speaking communities. It is particularly important
that the specific needs of these communities in the various sectors that affect their
development be well understood, especially now that the federal government is
initiating the process for determining how to follow up on the present Roadmap
(2008-2013).
The Committee would like to thank everyone who contributed to this study. It
hopes that the content of the study will do justice to the lively testimony heard
over the last two years. If this study can at least serve to break down some of the
persistent myths about Quebec‘s English-speaking communities, this in itself would
be a big step forward.
i
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
APPENDIX A:
LIST OF RECOMMENDATIONS
Recommendation 1
That the Government of Canada recognize that the Anglophone minority in
Quebec:
a) enjoys the rights guaranteed in the Canadian Charter of Rights and Freedoms, to
the effect that English and French have equality of status and equal rights and
privileges as to their use in all institutions of the Parliament and Government of
Canada.
b) enjoys the rights guaranteed in the Official Languages Act, to the effect that the
Government of Canada is committed to enhancing the vitality of the English and
French linguistic minority communities in Canada and supporting and assisting
their development.
c) has specific needs that deserve close attention from all federal institutions.
Recommendation 2
That when transfer payments affect activities for the benefit of Quebec’s
English-speaking communities, federal institutions:
a) ensure at all times that transparent accountability mechanisms are
established, in cooperation with the province and the communities, and
that the mechanisms are simple to understand and accessible to the
public.
b) issue the funding directly to Quebec’s Anglophone organizations,
wherever possible.
c) review their funding methods to ensure that English-speaking
communities receive their fair share and are treated equitably.
Recommendation 3
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) urge all departments covered by the Roadmap (2008-2013), in
consultation with the English-speaking communities, to review
communications strategies for increasing awareness of the funding
available in all regions of Quebec.
b) immediately review, in consultation with the English-speaking
communities, the Accountability and Coordination Framework and
establish specific criteria and indicators so that all federal institutions
are able to take into account the specific needs of those communities.
ii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
c) require federal institutions involved in developing the next official
languages strategy to consider these criteria as a means of identifying
allocations to both official-language minority communities and
explaining imbalances, if any.
Recommendation 4
That the President of the Treasury Board hold federal institutions operating in
Quebec accountable for complying with the requirements set out in Appendix E
of the Guide to Preparing Treasury Board Submissions, by requiring systematic
language impact analysis for all initiatives subject to its approval.
Recommendation 5
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) ensure that federal institutions operating in Quebec regularly consult
the English-speaking communities in all regions of Quebec in
implementing their policies and programs.
b) ensure that federal institutions operating in Quebec take measures that
have a positive and long-lasting effect on the development of these
communities.
c) do the necessary follow-up with federal institutions operating in Quebec
that fail to abide by the requirements associated with the
implementation of Part VII of the Official Languages Act.
Recommendation 6
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) consult Quebec’s English-speaking communities to determine their
priorities and needs in relation to the development of the Community
Learning Centres.
b) commit, under the Canada-Quebec Agreement on Minority Language
Education and Second Language Instruction, to providing the support
needed to provide for maintaining and developing the Community
Learning Centres in the long term.
c) continue the commitment to the Community Learning Centres beyond
2013.
Recommendation 7
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages, in negotiating
the Cooperation Agreement with Quebec’s English-speaking communities:
iii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
a) review communication strategies to ensure that English-speaking
communities across Quebec are aware of changes to funding methods.
b) consult with English-speaking communities to see if other action is
necessary to reduce funding delays in the period covered by the
agreement under negotiation.
c) take the Committee’s study into account so it is able to offer the
communities support that reflects their needs.
Recommendation 8
That the federal partners on the National Human Resources Development
Committee for the English Linguistic Minority:
a) understand the challenges and needs identified by the Committee in the
area of economic development, such as access to employment services
in English, business development services, support for language and
other training and access to new technologies outside major urban
centres.
b) work with community partners to develop a strategic plan with specific
criteria and adequate resources to address these challenges.
c) notify the Committee of action taken in this regard.
Recommendation 9
That the Consultative Committee on Advertising and Official Language Minority
Media:
a) examine the challenges and needs identified by the Committee in the
media sector, such as criteria that are better suited to the needs of
English-speaking communities, support for new technologies and
government advertising in English-language community media.
b) work with community partners to develop a strategic plan that has the
necessary criteria and adequate resources to respond to the needs
expressed.
c) notify the Committee of action taken in this regard.
Recommendation 10
That the Network of National Coordinators responsible for the implementation
of Section 41, the Network of Official Languages Champions and the
Committee of Assistant Deputy Ministers on Official Languages, in cooperation
with the English-speaking communities:
a) study the measures to take so that federal institutions operating in
Quebec comply with the requirements of the Official Languages Act.
iv
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
b) notify the Committee of action taken in this regard.
Recommendation 11
That the President of the Treasury Board, in consultation with the Englishspeaking communities, speed up the review of official language policy
instruments to ensure that communications and services offered in both
official languages in Quebec are of equal quality.
Recommendation 12
That the President of the Treasury Board:
a) require that federal institutions operating in Quebec submit a report on
the implementation of Part VI of the Official Languages Act.
b) notify the Committee of action taken by federal institutions in Quebec to
promote the equitable participation by Anglophones and Francophones
in those institutions.
Recommendation 13
That the Coordinating Committee on Official Languages Research:
a) make up to date, evidence-based research available to federal
institutions about the various issues that affect the development of
Quebec’s English-speaking communities.
b) disseminate the results of that research to federal institutions in Quebec
and to organizations representing the English-speaking communities, to
better support the development of the communities.
Recommendation 14
That, in any agreement to transfer federal responsibility to the province,
federal institutions include language clauses to ensure compliance at all times
with:
a) Part IV of the Official Languages Act, by ensuring that services of equal
quality are provided to English-speaking and French-speaking members
of the public in Quebec.
b) Part VII of the Official Languages Act, by ensuring that positive
measures are taken and adapted to the needs of the communities.
That federal institutions set out follow-up mechanisms to ensure the
implementation of those language clauses. That the President of the Treasury
Board and the Minister of Canadian Heritage monitor the implementation of
v
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
these language clauses and notify the Committee of action taken by federal
institutions in this regard.
Recommendation 15
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages urge the
Government of Quebec to:
a) consult the English-speaking communities regarding their needs,
priorities, challenges and issues.
b) support projects that have a concrete and lasting impact on their
development, such as those under the Canada-Quebec Agreement on
Minority Language Education and Second Language Instruction or under
the Canada-Quebec Agreement on English-Language Services.
Recommendation 16
That the Minister of Canadian Heritage and Official Languages:
a) consult Anglophone school boards, in cooperation with the Government
of Quebec, to determine how the federal government can help them
address drop-out rates.
b) encourage the Government of Quebec to support projects to introduce
laptops into schools through the Canada-Quebec Agreement on Minority
Language Education and Second Languages Instruction.
vi
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
APPENDIX B:
LIST OF ACRONYMS AND ABBREVIATIONS
CASA
Committee for Anglophone Social Action
CBC
Canadian Broadcasting Corporation
CED
Canada Economic Development (CED) for Quebec Regions
CEDEC
Community Economic Development and Employability Corporation
CHSSN
Community Health and Social Services Network
CIC
Citizenship and Immigration Canada
CLC
Community Learning Centres
CLSC
Local community service centre
CRTC
Canadian Radio-television and Telecommunications Commission
CSSS
Health and social services centre
ELAN
English Language Arts Network
FOLS
First official language spoken
HRSDC
Human Resources and Skills Development Canada
JHSB
Jeffery Hale – Saint Brigid‘s
NSCA
North Shore Community Association
PWGSC
Public Works and Government Services Canada
QAHN
Quebec Anglophone Heritage Network
QCGN
Quebec Community Groups Network
QCNA
Quebec Community Newspapers Association
QDF
Quebec Drama Federation
QESBA
Quebec English School Boards Association
QFHSA
Quebec Federation of Home and Schools Association
QUESCREN
Quebec English-speaking Communities Research Network
QWF
Quebec Writer‘s Federation
RAWQ
Regional Association of West Quebecers
SRC
Société Radio-Canada
VEQ
Voice of English-speaking Québec
VGPN
Vision Gaspé – Percé Now
YES
Youth Employment Services
vii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
APPENDIX C:
LIST OF WITNESSES
Name of Organization and Spokesperson
Date
PUBLIC HEARINGS IN OTTAWA
Office of the Commissioner of Official Languages

Graham Fraser, Commissioner of Official Languages




Lise Cloutier, Assistant Commissioner, Corporate Services Branch
Johane Tremblay, Acting Assistant Commissioner, Policy and Communications Branch
Pierre Coulombe, Acting Assistant Commissioner, Compliance Assurance Branch
Pascale Giguère, Acting Director, Legal Affairs




Lise Cloutier, Assistant Commissioner, Corporate Services Branch
Sylvain Giguère, Assistant Commissioner, Policy and Communications Branch
Ghislaine Charlebois, Assistant Commissioner, Compliance Assurance Branch
Johane Tremblay, Legal Counsel and Director of Legal Affairs


Eva Ludwig, Commissioner’s Representative, Quebec Region
Sylvain Giguère, Assistant Commissioner, Policy and Communications Branch
02.03.2009
31.05.2010
04.10.2010
02.03.2009
31.05.2010
04.10.2010
Quebec Community Groups Network



Robert Donnelly, President
Sylvia Martin-Laforge, Executive Director
Rita Legault, Director of Communications and Public Relations

Sylvia Martin-Laforge, Executive Director
23.03.2009
14.06.2010
Canadian Heritage
23.03.2009
11.05.2010
07.12.2010

The Honourable James Moore, Minister of Canadian Heritage and Official Languages



Judith A. Laroque, Deputy Minister
Hubert Lussier, Director General, Official Languages Support Programs
Jérôme Moisan, Senior Director, Official Languages Secretariat
23.03.2009


Hubert Lussier, Director General, Official Languages Support Programs
Pablo Sobrino, Assistant Deputy Minister, Strategic Policy, Planning and Corporate
Affairs
11.05.2010
Canadian Heritage (cont’d)

Daniel Jean, Deputy Minister
07.12.2010
viii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson

Date
Hubert Lussier, Director General, Official Languages Support Programs
Santé Canada

The Honourable Leona Aglukkaq, Minister of Health

Roger Farley, Executive Director, Official Language Community Development Bureau,
Programs Directorate
Catherine MacLeod, Senior Director General, Regions and Programs Branch, Programs
Directorate

05.10.2009
Public Service Commission of Canada



Maria Barrados, President
Donald Lemaire, Senior Vice-President, Policy Branch
Robert McSheffrey, Director, Consultation and Counselling Services
The Honourable Michel Bastarache, C.C., Counsel at the law firm Heenan Blaikie and
former judge of the Supreme Court of Canada (as an individual)
19.10.2009
26.10.2009
Citizenship and Immigration Canada

Claudette Deschênes, Assistant Deputy Minister, Operations
02.11.2009
Economic Development Agency of Canada for the Regions of Quebec

The Honourable Denis Lebel, Minister of State



Guy McKenzie, Deputy Minister/President
Manon Brassard, Vice-President, Operations
Pierre Bordeleau, Acting Vice-President, Policy and Planning
16.11.2009
Public Works and Government Services Canada

The Honourable Christian Paradis, Minister of Public Works and Government Services



Diane Lorenzato, Assistant Deputy Minister, Human Resources
Francine Kennedy, Chief Executive Officer, Translation Bureau
Marc Olivier, Manager, Translation Bureau, Professional Development Division
07.12.2009
Industry Canada



France Pégeot, Assistant Deputy Minister, Regional Operations
Carmen DeMarco, Program Manager, Northeastern Ontario Region, Program Delivery
Diane Bertrand, Associate Director, Human Resources Programs, Human Resources
Branch
12.04.2010
Public Health Agency of Canada


James Ladouceur, Director General, Human Resources Directorate
Marc Desroches, Manager, Diversity and Official Languages, Learning, Diversity and
Employee Programs Division
19.04.2010
ix
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson
Date
Human Resources and Skills Development Canada





Franck Fedyk, Associate Assistant Deputy Minister, Strategic Policy and Research
Michel Caron, Director, Youth and Official Language Minority Communities
Cliff Halliwell, Director General, Strategic Policy Researcy Directorate
Ellen Healy, Director, Social Programs Division
Silvano Tocchi, Acting Director General, Office of Literacy and Essential Skills
03.05.2010
Jack Jedwab, Executive Director, Association for Canadian Studies (as an individual)
Noel Burke, Chairperson, Quebec English-Speaking Communities Research Network
(as an individual)
14.06.2010
English Language Arts Network

Guy Rodgers, Executive Director
Statistics Canada



Jane Badets, Director, Social and Aboriginal Statistics Division
Jean-François Lepage, Analyst, Social and Aboriginal Statistics Division
Brigitte Chavez, Analyst, Social and Aboriginal Statistics Division
18.10.2010
YES Montreal (Youth Employment Services)


John Aylen, President
Iris Unger, Executive Director
25.10.2010
Community Economic Development and Employability Committee




Elizabeth Kater, Board Member and Former President
John Buck, Executive Director
Grant Myers, Provincial Development Officer
Michèle Thibeau, Director, Québec Chaudière-Appalaches Office
01.11.2010
Regional Association of West Quebecers


Heather Stronach, Executive Director
Noel Gates, Secretary
15.11.2010
Dawson Community Centre


Line St-Amour, Executive Director
Lisa Olmstead, Coordinator, Teens and Young Adults Programs
29.11.2010
Montreal Council of Women


Bonnie Stamos Destounis, President
Mair Verthuy, Secretary
x
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson

Date
Beverley Colquhoun, Vice-President, Communications
Hudson-St. Lazare Gazette


Jim Duff, Editor
Louise Craig, Publisher
Treasury Board Secretariat

The Honourable Stockwell Day, President of the Treasury Board
13.12.2010
PUBLIC HEARINGS IN QUEBEC
Quebec Community Groups Network


Linda Leith, President
Sylvia Martin-Laforge, Executive Director
Voice of English-speaking Québec

Jean-Sébastien Gignac, Director General
Vision Gaspé-Percé Now


Gary Briand, Vice-President
Tracey Leotta, Executive Director
Committee for Anglophone Social Action


13.09.2010
Ronald Mundle, President
Cathy Brown, Executive Director
North Shore Community Association


Marc Deslauriers, Chair
Jody Lessard, Coordinator
Coasters’ Association



Anthony Dumas, President
Cornella Maurice, Executive Director
Kimberly Buffitt, Health and Social Services Development Agent
Champlain Regional College – Campus St. Lawrence


Jean Robert, Campus Director
Terence Kerwin, Chairman, Board of Governors
Central Québec School Board


Ronald Corriveau, Director General
Stephen Burke, President, Council of Commissioners
13.09.2010
xi
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson
Date
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (Government of Quebec)

Leo La France, Assistant Deputy Minister, Services to the English-Speaking
Community and Aboriginal Affairs
14.09.2010
Community Health and Social Services Network

Jennifer Johnson, Executive Director
Townshippers’ Association


Gerald Cutting, President
Ingrid Marini, Executive Director
Quebec Anglophone Heritage Network


15.09.2010
Roderick McLeod, Past President
Richard Evans, Treasurer and Founding President
Bishop’s University




Michael Goldbloom, Principal and Vice-Chancellor
Michael Childs, Vice-Principal Academic
Catherine Beauchamp, Dean, School of Education
Victoria Meikle, Secretary General and Vice-Principal Government Relations and
Planning
16.09.2010
Champlain Regional College – Campus Lennoxville

Paul Kaeser, Director
Eastern Townships School Board

Michael Murray, Chairman
English Language Arts Network


Charles Childs, President
Geoff Agombar, Office Manager
Quebec Community Newspapers Association


George Bakoyannis, Director and Past President
Greg Duncan, Executive Director
17.09.2010
Quebec Drama Federation


Patrick Goddard, Interim President
Jane Needless, Executive Director
Quebec Writers’ Federation


Elise Moser, President
Lori Schubert, Executive Director
McGill University


Vaughan Dowie, Executive Head of Public Affairs
Morton J. Mendelson, Deputy Provost, Student Life and Learning
17.09.2010
xii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson
Date
Concordia University



David Graham, Provost and Vice-President, Academic Affairs
Olliver Dyens, Vice-Provost, Teaching and Learning
Russell Copeman, Association Vice-President, Government Relations
Dawson College

Robert Kavanagh, Academic Dean
Quebec Federation of Home and School Associations


Carol Meindl, President
Marion Daigle, Attendant to History and Archives Services and Past President
Quebec English School Boards Association


Debbie Horrocks, President
David Birnbaum, Executive Director
Sir Wilfrid Laurier School Board

Caroline Curiale, Vice-Chair
English Montreal School Board

Angela Mancini, Chair
Lester B. Pearson School Board

Angela Nolet, Vice-Chair
INFORMAL MEETINGS IN QUEBEC
Visit of Morrin Centre and Meeting with the Literary and Historical Society of Québec









David F. Blair, President
Sovita Chander, Vice-President
Louisa Blair, Secretary
Gina Farnel, Administrator
Barbara Salomon de Friedberg, Honorary Librarian
Ladd Johnson, Administrator
Steve Cameron, Administrator
Simon Jacobs, Executive Director
Marie Rubsteck, Development Director
13.09.2010
Visit of Saint Brigid’s – Jeffery Hale Hospital (SBJH)



Louis Hanrahan, Director General
Richard Walling, Vice-President of SBJH Board of Directors and Director General of
Jeffery Hale Community Partners
Brigitte Paquette, Chief of Community Services
Meeting with Volunteers and Residents of Saint Brigid’s Home
14.09.2010
xiii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson
















Date
Gertrude Grogan, President of the Guild, Vice-President of Saint Brigid‘s
Home Committee and Member of SBJH Users Committee
Hillary Buggie, Saint Brigid's Resident and Member of Saint Brigid‘s Home
Committee
Nicolas Poirrier, Saint Brigid's Resident
Mary Bonner, Saint Brigid's Resident
Iona Wood, Saint Brigid's Resident and Member of Saint Brigid‘s Home
Committee
Iris English, Saint Brigid's Resident
Jeanette O'Grady, Saint Brigid's Resident
Robert Kearney, Member of Saint Brigid‘s Home Committee, Volunteer for
Saint Brigid‘s Home and Familiy Member (mother residing at Saint
Brigid's)
Lorraine Dinan, Volunteer for the Guild and McGreevy Manor‘s Resident
Barbara Bignell, Past President of the Ladies Protestant Home of Québec,
Member of SBJH Board of Governors and Volunteer for the Jeffery Hale
Community Services
Bill Donnelly, Member of Voice of English-Speaking Québec Board of
Directors and Member of the Coalition Community Christmas Hamper
Campaign
Lorne Mulroney, Past President, Congregation of the Catholics of Québec
Speaking the English Language
Catherine Mills Rouleau, McGreevy Manor‘s Resident
Robert Stewart, President of SBJH Board of Governors
Jennifer Robert, Director of Nursing at SBJH and Vice-President of Holland Housing
Community Corporation
Paule Vallières, Special Education Technician for Saint Brigid's Residents
Meeting with Sherbrooke City Hall Representatives


Bernard Sévigny, Mayor of Sherbrooke
Sylvie L. Proulx, Press Officer, Mayor’s Office
Meeting with Representatives of Lennoxville Women’s Centre, Mental Health Estrie,
Estrie Network and Townshippers’ Association


Cheryl Gosselin, Vice-President, Board of Directors, Lennoxville &
District Women‘s Centre and Professor of Sociology and Women
Studies at Bishop‘s University
Terry Moore, Executive Director, Lennoxville & District Women‘s
Centre
15.09.2010
xiv
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson








Linda Boulanger, President Board of Directors, Lennoxville & District
Women‘s Centre
Jo-Anne Anderson, Activities and Intervention Coordinator,
Lennoxville & District Women‘s Centre
Jennifer Smith-Beaudoin, Administrative Assistant, Lennoxville &
District Women‘s Centre
Naomi Bezanson, Services user, Lennoxville & District Women‘s
Centre
Judith Ross, Executive Director, Mental Health Estrie
Shannon Keenan, Coordinator, Estrie Network, Eastern Townships
Partners for Health and Social Services, Townshippers‘ Association
Ingrid Marini, Executive Director, Townshippers‘ Association
Salim Hashmi, Financial Committee, Townshippers‘ Association
Date
15.09.2010
Meeting with Representatives of Students’ Associations


Paige Johnson, President, Students‘ Representative Council, Bishop‘s
University
Michael Angelo Di Cesare, President, Champlain Regional College –
Lennoxville Students‘ Association
Visit of Community Learning Centre and St. Lambert Elementary School














Stephen Lessard, Director General, Riverside School Board
Pierre Farmer, Assistant Director General, Riverside School Board
Mary Williams, Director of Elementary Schools, Riverside School
Board
Louise Beaupré, Director of Adult and Vocational Education, Riverside
School Board
Lyse Gendron-Brodeur, Director of High Schools, Riverside School
Board
Moira Bell, Chairman, Counsel of Commissioners, Riverside School
Board
Lesley Llewellen-Cuffling, Commissioner, Riverside School Board
Debbie Horrocks, President, Quebec English School Boards
Association
Deborah Angelus, Principal, St. Lambert Elementary School
Sara Matos-Chahal, Teacher, St. Lambert Elementary School
Deborah Summerlin, Teacher, St. Lambert Elementary School
Students (Choir), St. Lambert Elementary School
Nicole Bianco, President, Langmobile
Judith Schurman, Vice President, South Shore Reading Council
16.09.2010
xv
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Organization and Spokesperson
Date
Teleconference with Community Learning Centres (CLC) of St. Lambert, Châteauguay
and Lower North Shore





Paule Langevin, Project Director, CLC Project Resource Team, Ministère de
l’Éducation, du Loisir et du Sport
Christie Huff, CLC Coordinator of St. Lambert Elementary School
Charles Halliday, CLC Coordinator of St. Willibrord Elementary School
Bonnie Mitchell, CLC Coordinator of New Frontiers School Board
Kinberly Buffit, CLC Coordinator of St. Paul‘s School
16.09.2010
Meeting with St. Lambert City Hall Representatives


Philippe Brunet, Mayor of St. Lambert
Francis Dumais, Municipal Councillor
Meeting with Representatives of Ethno-Cultural Communities



George Sinoyannis, Director General, Quebec Hellenic Congress
Eleni Sakotakis, Director of Social Services, Quebec Hellenic Congress
Giuliano D'Andrea, Vice-President, Canadian-Italian Business and
Professional Association
17.09.2010
xvi
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
APPENDIX D:
LIST OF BRIEFS, STUDIES AND OTHER DOCUMENTS
Name of Document
Date
BRIEFS AND OTHER DOCUMENTS SUBMITTED TO THE COMMITTEE


Voice of English-speaking Québec, Presentation to the Standing Senate Committee on
Official Languages.
Community Health and Social Services Network, Determinants of Health for the
English-speaking Community of Quebec: Breaking Down the Myths.

Community Health and Social Services Network, Binder with reference material.

Jeffery Hale Hospital – Saint Brigid’s, Qui sommes-nous? Attentif, novateur et au
service de la collectivité (in French only).
14.09.2010

Mental Health Estrie, Presentation to the Standing Senate Committee on Official
Languages.
15.09.2010


Lennoxville Women’s Centre, Binder with reference material.
Eastern Townships School Board, Tell Them From Me – Survey Results, 2009-2010.
15.09.2010



Paule Langevin, Community Learning Centre: The Quebec Way.
Community Learning Centre, Binder with reference material.
English-Language Arts Network, Brief to the Senate Committee on Official
Languages.
16.09.2010
16.09.2010

Quebec Drama Federation, Addendum Text for the Senate Committee on Official
Languages.
17.09.2010

Quebec Writers’ Federation, Brief to the Standing Senate Committee on Official
Languages.
17.09.2010

Quebec Federation of Home and School Associations, A Consultation with the
Standing Senate Committee on Official Languages.
17.09.2010

Quebec Drama Federation, Noteworthy Increase in Number of Culture Workers
According to 2006 Census.
22.09.2010

Coasters’ Association, Brief to the Standing Senate Committee on Official Languages.

Quebec Community Newspapers Association, Follow-up Correspondence to the
Standing Senate Committee on Official Languages.

Hudson Village Theatre, Brief to the Senate Committee on Official Languages.

YES Montreal (Youth Employment Services), Binder with reference material.

Community Economic Development and Employability Corporation, Brief to the
Senate Standing Committee on Official Languages.
Community Economic Development and Employability Corporation, Binder with
reference material.

13.09.2010
14.09.2010
14.09.2010
16.09.2010
17.09.2010
27.09.2010
28.09.2010
29.09.2010
25.10.2010
01.11.2010
01.11.2010
xvii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Document








Montreal Council of Women, Report to the Standing Senate Committee on Minority
Languages.
Hudson-St. Lazare Gazette, Oral Presentation Notes: Standing Senate Committee on
Official Languages.
Heritage Lower St. Lawrence, Presentation to the Standing Senate Committee on
Official Languages.
Council for Anglophone Magdalen Islanders, Presentation to the Standing Senate
Committee on Official Languages.
Council for Anglophone Magdalen Islanders, Email to the Clerk of the Standing
Senate Committee on Official Languages.
Dawson Community Centre, Réponses aux questions du Comité sénatorial permanent
des langues officielles (in French only).
Graham Fraser, Commissioner of Official Languages, Letter in response to the
questions raised by the Standing Senate Committee on Official Languages regarding
its study of the English-speaking communities in Quebec.
The Honourable Stockwell Day, Letter in response to the questions raised by the
Standing Senate Committee on Official Languages.
Date
29.11.2010
29.11.2010
06.12.2010
14.12.2010
14.12.2010
22.12.2010
14.01.2011
19.01.2011
STUDIES BROUGHT TO THE ATTENTION OF THE COMMITTEE
















Richard Y. Bourhis (ed.), The Vitality of English-speaking Communities of Quebec: From Community
Decline to Revival, Montreal, 29 February 2008.
Dawson Community Centre, Annual Report 2009-2010.
Centre de santé et de services sociaux du Sud-Ouest-Verdun, En route vers l’école: Enquête sur la
maturité scolaire, roundup paper on issues and priorities specific to local action (in French only).
Centre de santé et de services sociaux de Vaudreuil-Soulanges, Améliorer l’état de santé et de bien-être
de la communauté d’expression anglaise de Vaudreuil-Soulanges, community network special project
presented to the Community Health and Social Services, 11 December 2009 (in French only).
Conference Board of Canada, Valuing Culture: Measuring and Understanding Canada’s Creative
Economy, Report, August 2008.
Montreal Council of Women, Municipal Elections and the 30,000 Strong Montreal Council of Women.
Canada-Quebec Agreement on Minority Language Education and Second Language Instruction, 20092010 to 2012-2013, concluded on 31 March 2010.
Amending Agreement to the Canada-Quebec Agreement on English-Language Services, 2006-2007 to
2008-2009, concluded on 23 March 2010.
Quebec Federation of Home and School Associations, A Brief Presented to the Parliamentary Committee
of the National Assembly on Bill 103: An Act to Amend the Charter of the French Language and Other
Legislative Provisions, August 2010.
Quebec Federation of Home and School Associations, Children’s Literacy Resource Guide.
Greater Montreal Community Development Initiative – Steering Committee, Building upon Change and
Diversity within the English-speaking Communities of the Greater Montreal Region: Pursuing Shared
Development Goals and Strategies, Summer 2007.
Hudson-St. Lazare Gazette, Variation population 2009-2010, Municipalité régionale de comté de
Vaudreuil-Soulanges (in French only).
Jack Jedwab (ed.), Canadian Diversity: The Deep Diversity of English-Speaking Quebecers, Vol. 8, No.
2, Spring 2010.
Joanne Pocock and Brenda Hartwell, Profile of the English-Speaking Community in the Eastern
Townships, Sherbrooke, Townshippers’ Association, 2010.
Joanne Pocock, Social Support Networks in Quebec English-speaking Communities, Community Health
and Social Services Network, 30 April 2006.
Quebec Action Plan – Minority Language Education and Second Language Instruction, 2009-2010 to
xviii
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Name of Document










Date
2012-2013.
Quebec’s Strategic Plan – English-Language Services.
Quebec Community Groups Network, Blazing a Trail for Active and Healthy Aging: An Action Plan for
Quebec’s English-Speaking Seniors, 2010-1015.
Quebec Community Groups Network, 1994-1995 – 2009-2010, Anniversary Booklet, 2009.
Quebec Community Groups Network, Assessing the English-speaking Community’s Capacity to Access
Arts, Culture, and Heritage in Nine Regions of Quebec.
Quebec Community Groups Network, Creating Spaces for Young Quebecers: Strategic Orientations for
English-Speaking Youth in Quebec, January 2009.
Quebec Community Groups Network, Research Project: The Role of English-Sepaking Communities in
the Capital of Attraction and Retention of Immigrants in the Quebec Regions, Summary and Highlights, 6
September 2010.
Quebec Community Groups Network, Collective Rights and the Declining Vitality of the EnglishSpeaking Communities in Quebec, Brief to the Committee on Culture and Education with regards to the
General Consultation and Public Hearings on Bill 103, An Act to Amend the Charter of the French
Language and Other Legislative Provisions, September 2010.
Community Health and Social Services Network and ministère de la Santé et des Services sociaux, Cadre
de mise en œuvre du Programme de contribution pour les langues officielles en santé, 1 June 2009 (in
French only).
Statistics Canada, Portrait of Official-Language Minorities in Canada: Anglophones in Quebec,
Catalogue No. 89-642-X – No. 002, Ottawa, 2010.
YES Montreal (Youth Employment Services), Self-Employment and Employment in Quebec’s Englishspeaking Cultural Communities and Visible Minorities: Prospects and Problems, prepared by Jack
Dewab with the Support of the Department of Canadian Heritage, September 2006.
xix
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
APPENDIX E:
BREAKDOWN OF FUNDS ALLOCATED TO QUEBEC’S
ENGLISH-SPEAKING COMMUNITIES AS PART OF THE
ROADMAP FOR CANADA’S LINGUISTIC DUALITY
Department/
Agency
Initiative
Year
Funds ($)
Justice Canada
Access to justice in
both official languages
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
205
262
309
120
636
589
328
000
S/O
897 553
Health Canada
Training,
networks
and access to health
services
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
666
934
700
000
300
809
600
000
000
000
38 770 609
Citizenship and
Immigration
Canada
Recruitment
integration
immigrants
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
63
63
63
63
S/O
183
183
183
183
252 732
and
of
Support to OfficialLanguage
Minority
Communities*
Cultural Development
Fund
Canadian
Heritage
Youth Initiatives
Intergovernmental
Cooperation
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
4
7
9
10
10
460
448
405
405
405
332
438
120
120
120
S/O
450 385 $
634 578 $
Total ($)
2 124 130
1 084 963
T.B.D.
T.B.D.
N/A
614 743
N/A
N/A
N/A
400 000
400 000
400 000
400 000
400 000
614 743
2 000 000
* Under Canadian Heritage‘s ―Support to Official-Language Minority Communities‖ initiative,
xx
THE VITALITY OF QUEBEC‘S ENGLISH-SPEAKING
COMMUNITIES: FROM MYTH TO REALITY
Department/
Agency
Initiative
Year
Funds ($)
Total ($)
Quebec‘s English-speaking communities have access to budgets that go beyond the Roadmap
(2008-2013).
Support to education
in the language of the
minority*
Canadian
Heritage (cont‘d)
National
Translation
Program
for
Book
Publishing
Musical
Showcases
Program for Artists
from
OfficialLanguage
Communities
Economic
Development
Agency
of
Canada for the
Regions
of
Quebec
Economic
Development
Initiative
Human
Resources
and
Skills
Development
Canada
Enabling
Fund
for
Official
Language
Minority Communities
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
14
14
14
13
13
505
014
014
957
957
750
1 250
1 500
1 500
200
400
400
400
400
142
642
642
641
641
N/A
000
000
000
000
000
000
000
000
000
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
164 265
1 022 767
3 025 000
3 025 000
2012-2013
2 000 000
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2
2
2
2
2
700
700
700
700
700
70 449 709
5 000 000
1 800 000
9 237 032
000
000
000
000
000
13 500 000
Total
145 731 471
* Under Canadian Heritage‘s ―Support to education in the language of the minority‖ initiative,
Quebec‘s English-speaking communities have access to budgets that go beyond the Roadmap
(2008-2013).
Source: Data submitted by Canadian Heritage, September 2010.
SÉNAT
SENATE
CANADA
L’ÉPANOUISSEMENT DES
COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC :
DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Rapport du Comité sénatorial
permanent des langues officielles
L’honorable Maria Chaput, présidente
L’honorable Andrée Champagne, C.P., vice-présidente
Octobre 2011
(Première édition : mars 2011)
TABLE DES MATIÈRES
MEMBRES
ORDRE DE RENVOI
PRÉFACE
INTRODUCTION ....................................................................................
1
LES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES DU QUÉBEC :
UN PORTRAIT SOCIO-DÉMOGRAPHIQUE ...................................................
4
LES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES DU QUÉBEC :
LES DÉFIS ET LES BELLES RÉUSSITES ..................................................... 11
A. La vie communautaire ................................................................... 11
1. La vitalité : identité, inclusion et appartenance ............................. 11
2. Les relations avec la majorité francophone ................................... 12
3. La diversité régionale ................................................................ 14
4. L’appui des gouvernements aux organismes communautaires
et la prestation de services aux communautés .............................. 16
5. Les centres communautaires d’apprentissage
et les nouvelles technologies ...................................................... 20
B. L’éducation .................................................................................. 22
1. L’accès à l’école anglaise et la maîtrise du français ........................ 22
2. Les arts et la culture anglophones à l’école ................................... 25
3. Les défis : le décrochage, le transport scolaire
et le personnel qualifié .............................................................. 27
4. L’accès aux études postsecondaires en anglais.............................. 30
5. L’appui des gouvernements :
l’entente fédérale-provinciale en matière d’éducation ..................... 33
C. La santé et les services sociaux....................................................... 37
1. La prestation de services : l’accès et la promotion ......................... 37
2. L’appui des gouvernements : les réseaux et la formation................ 41
3. La santé à distance ................................................................... 45
TABLE DES MATIÈRES
Page
D. Les arts, la culture et le patrimoine ................................................. 46
1. Une culture propre aux communautés anglophones ....................... 46
2. L’accès aux ressources .............................................................. 48
3. L’appui des gouvernements aux arts et à la culture ....................... 49
E. Les médias ................................................................................... 50
1. La sous-représentation des communautés anglophones
dans les médias de langue anglaise ............................................. 51
2. Le rôle des médias communautaires ............................................ 52
3. Le rôle du radiodiffuseur public ................................................... 54
4. Les défis : des critères plus représentatifs des besoins
et un appui aux nouvelles technologies ........................................ 55
F. Le développement économique ....................................................... 57
1. La vitalité économique : l’offre d’emplois,
l’entreprenariat et le perfectionnement des compétences ............... 57
2. L’appui des gouvernements :
la coordination et le réseautage .................................................. 60
3. La sous-représentation des anglophones
dans la fonction publique ........................................................... 63
4. Les nouvelles technologies ......................................................... 65
G. La petite enfance .......................................................................... 66
1. L’appui limité des gouvernements ............................................... 66
H. Les jeunes ................................................................................... 66
1. La clé du présent et de l’avenir ................................................... 67
2. Les défis : la maîtrise du français
et l’accès à la formation et aux réseaux ....................................... 68
3. L’appui des gouvernements aux initiatives jeunesse ...................... 70
I. Les immigrants et les nouveaux arrivants.......................................... 70
1. L’attraction et la rétention.......................................................... 70
2. L’appui des gouvernements : la recherche.................................... 72
3. Les défis : les réseaux, les emplois
et la formation linguistique ........................................................ 73
4. Le renouvellement de la population anglophone en région .............. 74
TABLE DES MATIÈRES
Page
J. Les femmes .................................................................................. 75
1. Un accès limité aux services ....................................................... 75
K. Les aînés ..................................................................................... 76
1. Le vieillissement de la population et l’accès aux services ................ 76
2. Les besoins particuliers des aînés anglophones ............................. 77
L. La recherche................................................................................. 79
1. Mieux comprendre les besoins des communautés anglophones........ 79
2. Les statistiques ........................................................................ 81
LES MESURES À PRENDRE :
OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS .................................................. 83
A. L’appui du gouvernement fédéral .................................................... 83
1. La vitalité des communautés anglophones du Québec .................... 83
2. La transparence ....................................................................... 84
3. Une stratégie gouvernementale axée sur les besoins
des communautés anglophones du Québec .................................. 86
4. Les mesures positives et la consultation ....................................... 88
5. La concertation interministérielle ................................................ 96
6. La prestation de services de qualité égale .................................... 97
7. La participation équitable au sein de la fonction publique................ 98
8. La recherche ............................................................................ 99
B. Les relations entre le fédéral et la province ....................................... 100
1. Le respect des champs de compétence de la province :
les partenariats et les clauses linguistiques .................................. 100
CONCLUSION........................................................................................ 105
ANNEXES :
A. Liste des recommandations ...........................................................
i
B. Liste des sigles et acronymes ......................................................... vii
C. Liste des témoins ......................................................................... viii
D. Liste des mémoires, études et autres documents .............................. xvii
E. Répartition des fonds alloués aux communautés
anglophones du Québec dans le cadre de la
Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne...................... xx
MEMBRES
LE COMITÉ SÉNATORIAL PERMANENT DES LANGUES OFFICIELLES
Sénateurs ayant participé à cette étude :
L’honorable Maria Chaput, présidente
L’honorable Andrée Champagne, C.P., vice-présidente
et
Les honorables sénateurs :
Pierre De Bané, C.P.
Nicole Eaton
Suzanne Fortin-Duplessis
Rose-Marie Losier-Cool
Percy Mockler
Rose-May Poirier
Claudette Tardif
Membres d’office du Comité :
Les honorables sénateurs James Cowan (ou Claudette Tardif) et
Marjory LeBreton, P.C. (ou Claude Carignan).
Autres sénateurs ayant participé, de temps à autre, aux travaux :
Les honorables sénateurs Boisvenu, Brazeau, Comeau, Dawson,
Fraser, Goldstein (retraité), Greene, Jaffer, Munson, Neufeld,
Nolin, Pépin (retraitée), Rivard, Robichaud, C.P. Seidman et Wallace.
LES MEMBRES DU PERSONNEL
Analyste du Service d’information et de recherche parlementaires
de la Bibliothèque du Parlement :
Marie-Ève Hudon
Greffières du Comité :
Danielle Labonté
Josée Thérien
Ajointe du Comité :
Louise Archambeault
Agente de communications de la Direction des communications du Sénat :
Francine Pressault
ORDRE DE RENVOI
Extrait des Journaux du Sénat le mercredi 22 juin 2011 :
L'honorable sénateur Chaput propose, appuyée par l'honorable sénateur
Mahovlich,
Que le Comité sénatorial permanent des langues officielles soit autorisé à étudier,
afin d'en faire rapport, l'application de la Loi sur les langues officielles, ainsi que
des règlements et instructions en découlant, au sein des institutions assujetties à
la loi;
Que le comité soit aussi autorisé à étudier les rapports et documents produits par
le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, le président du
Conseil du Trésor et le commissaire aux langues officielles, ainsi que toute autre
matière concernant les langues officielles;
Que les documents reçus, les témoignages entendus et les travaux accomplis sur
la question par le comité depuis le début de la deuxième session de la quarantième
législature soient renvoyés au comité;
Que le comité fasse de temps à autre rapport au Sénat, mais au plus tard le 30
septembre 2012, et qu'il conserve, jusqu'au 31 décembre 2012, tous les pouvoirs
nécessaires pour diffuser ses conclusions.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Gary W. O'Brien
Greffier du Sénat
PRÉFACE
Au début de la 2e session de la 40e législature, les membres du Comité sénatorial
permanent des langues officielles ont convenu qu’il était de mise de réaliser une
étude sur les communautés anglophones du Québec, de la même façon dont ils
l’avaient fait en 2005 lorsqu’ils ont mené leur mission auprès des communautés
francophones et acadiennes de la Nouvelle-Écosse.
Dans le cadre de la présente étude, nous avons rencontré plus d’une soixantaine
de témoins (représentés par près de 200 porte-paroles) lors d’audiences publiques
et de rencontres informelles qui ont eu lieu à Ottawa ainsi que dans trois régions
du Québec. Nos visites à Québec, Sherbrooke et Montréal ont été l’occasion de
nous plonger directement dans les réalités que vivent ces communautés. C’est
alors que nous avons pu mieux comprendre les défis de vivre en milieu minoritaire
anglophone dans une population francophone elle-même minoritaire au sein du
continent nord-américain.
En diffusant les résultats de cette étude, nous tenons à mettre en évidence trois
messages importants. D’abord, le gouvernement fédéral a en vertu de la Loi sur
les langues officielles la responsabilité d’appuyer le développement des deux
minorités du pays : la minorité francophone et la minorité anglophone. Ensuite, le
gouvernement doit reconnaître que les réalités et les défis vécus par la minorité
francophone et ceux vécus par la minorité anglophone sont parfois semblables,
parfois différents, et qu’ils doivent par conséquent recevoir un traitement qui tient
compte des besoins spécifiques de l’une et l’autre. Finalement, il doit s’assurer que
tout en respectant les champs de compétence et les pouvoirs des provinces, les
institutions fédérales prennent des mesures positives pour favoriser
l’épanouissement de la minorité anglophone et appuyer son développement.
Un point commun qui ressort de l’ensemble des témoignages que nous avons
entendus est l’importance de consulter régulièrement les communautés
anglophones. Nos rapports précédents l’ont bien fait ressortir : la consultation est
au cœur de la relation de confiance qui doit s’établir entre les institutions fédérales
et les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Nous tenons à remercier très sincèrement le Quebec Community Groups Network
qui nous a fourni une aide inestimable pour l’organisation de notre déplacement au
Québec. Nous remercions également tous les témoins qui ont accepté de
comparaître devant nous, avec une mention toute particulière à Monsieur Léo
La France, sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation, des Loisirs et du
Sport, qui a été le seul représentant du gouvernement provincial à avoir accepté
l’invitation à comparaître devant nous.
Nous espérons que le gouvernement fédéral portera une attention toute
particulière au contenu de ce rapport, et qu’il prendra les mesures nécessaires
pour donner suite aux recommandations qui y sont formulées.
La présidente,
Maria Chaput
La vice-présidente,
Andrée Champagne, C.P.
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
« Les consultations que vous avez tenues partout au Québec, et qui ont lieu
présentement ici, ont permis [aux communautés anglophones du Québec] de se faire
entendre, d’exprimer [leurs] préoccupations et à nous de chercher des solutions visant à
assurer que ces préoccupations continuent d’être reconnues par le gouvernement du
Canada. »
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010)
INTRODUCTION
Le Comité sénatorial permanent des langues officielles (ci-après, le Comité) a
amorcé son étude sur les communautés anglophones du Québec à l’hiver 2009.
C’est la première fois dans l’histoire de ce comité – ainsi que de tous les comités
parlementaires sur les langues officielles qui ont existé – que l’on consacre une
étude entière et exclusive à la minorité anglophone. En menant cette étude, le
Comité s’était fixé les trois objectifs suivants :

Tracer un portrait global de la situation des communautés anglophones du
Québec en examinant différents secteurs qui touchent à leur développement.

Cerner les enjeux propres aux communautés anglophones du Québec et
identifier des correctifs jugés nécessaires à leur développement.

Présenter des recommandations au gouvernement fédéral en vue d’appuyer le
développement et de favoriser l’épanouissement des communautés
anglophones en situation minoritaire.
Au cours des deux dernières années, le Comité a entendu un bon nombre de
témoins provenant de plusieurs régions et de plusieurs secteurs. Ces témoins ont
énoncé leur point de vue sur les différents aspects qui touchent au développement
des communautés anglophones du Québec. Quelques thèmes clés ont marqué le
contenu des audiences publiques, dont les suivants : vitalité, consultation,
sentiment d’appartenance, identité, accès aux services, réseautage, dynamique
fédérale/provinciale, diversité, disparités régionales.
Le présent rapport cherche à faire ressortir les défis vécus par les communautés
anglophones du Québec, tout en rappelant au gouvernement fédéral qu’il a la
responsabilité de promouvoir la vitalité des deux communautés linguistiques du
pays. Le Comité espère attirer l’attention et l’intérêt du gouvernement fédéral sur
les préoccupations de la minorité anglophone, et sur les mesures à prendre pour
appuyer son développement. Pour ce faire, le Comité cherche tout au long de son
rapport à détruire certains mythes bien ancrés dans l’esprit collectif et à refléter
les belles réussites de la population québécoise de langue anglaise.
Il est utile de rappeler que la Charte canadienne des droits et libertés reconnaît
l’égalité des deux langues officielles et énonce le principe de la « progression vers
2
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais »1. De son côté, la Loi sur
les langues officielles a pour objet :
a) d’assurer le respect du français et de l’anglais à titre de langues officielles
du Canada, leur égalité de statut et l’égalité de droits et privilèges quant à leur
usage dans les institutions fédérales, notamment en ce qui touche les débats
et travaux du Parlement, les actes législatifs et autres, l’administration de la
justice, les communications avec le public et la prestation des services, ainsi
que la mise en œuvre des objectifs de ces institutions;
b) d’appuyer le développement des minorités francophones et anglophones et,
d’une façon générale, de favoriser, au sein de la société canadienne, la
progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais;
c) de préciser les pouvoirs et les obligations des institutions fédérales en
matière de langues officielles.2
Au cours des audiences publiques, le Comité a constaté que les réalités et les défis
de la minorité anglophone ressemblent à plusieurs points de vue à ceux vécus par
la minorité francophone. C’est la raison pour laquelle le Comité a jugé bon de faire
ressortir un certain nombre de recommandations et d’extraits tirés de ses rapports
précédents pour démontrer que certains enjeux demeurent les mêmes, que le
milieu minoritaire soit francophone ou anglophone.
Le Comité a également constaté que les réalités et les défis de la minorité
anglophone diffèrent parfois de ceux vécus par sa contrepartie francophone à
l’extérieur du Québec. Pour la minorité anglophone, le défi ne consiste pas à
assurer la survie de sa langue. Il s’agit plutôt d’assurer sa pérennité et d’appuyer
sa vitalité dans l’ensemble des régions du Québec. Ainsi, il faut trouver une façon
d’assurer l’épanouissement de la minorité anglophone du Québec, dans un
contexte où sa destinée est nécessairement conjuguée à celle d’une population
pour qui la conservation de la langue française est prioritaire.
Dans la foulée des modifications apportées à la partie VII de la Loi sur les langues
officielles en 2005, le Comité tient à rappeler que les institutions fédérales doivent
prendre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement de la minorité
anglophone et appuyer son développement. Le respect des droits de cette minorité
mérite une attention soutenue de la part du gouvernement fédéral. Les institutions
fédérales peuvent respecter cet engagement en demeurant au fait des défis et des
besoins vécus au quotidien par les communautés anglophones dans l’ensemble des
régions du Québec.
Dans le cadre des relations fédérales-provinciales, le gouvernement fédéral doit
être en mesure de faire comprendre aux autorités provinciales l’importance du
1
Charte canadienne des droits et libertés, L.R.C. 1985, appendice II, no 44, annexe B,
art. 16.
2
Loi sur les langues officielles (1985, ch. 31 (4e suppl.)), art. 2.
3
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
respect des droits linguistiques inscrits dans la Charte et dans la législation. Cela
suppose que la consultation est le mot d’ordre qui guide les relations entre les
gouvernements et les communautés en toute circonstance.
Le gouvernement fédéral doit bien entendu protéger et promouvoir les droits de la
minorité anglophone en conformité avec le pouvoir de légiférer du Québec dans
ses propres champs de compétence. Il faut comprendre qu’un gain pour les droits
de la minorité anglophone ne constitue pas nécessairement une menace aux
aspirations de la majorité francophone. L’un peut se faire en complément avec
l’autre, dans le respect des droits de chacun. Il faut donc transformer une situation
qui a été longtemps perçue comme un jeu à somme nulle, en faveur d’une relation
gagnante entre deux segments d’une même population. La minorité anglophone
du Québec ne pourra aspirer à un plein épanouissement que si les deux paliers de
gouvernement se mettent de la partie pour garantir le respect de leurs droits.
Le gouvernement fédéral amorcera bientôt sa réflexion sur les suites à donner à la
Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne3 (ci-après, la Feuille de
route (2008-2013)). Dans ce contexte, le Comité insiste sur l’importance pour le
gouvernement fédéral d’accorder à la minorité anglophone un traitement qui tient
compte de ses besoins spécifiques.
Le présent rapport vise à rendre compte des divers témoignages entendus au
cours des deux dernières années. Il se divise en trois sections. Dans un premier
temps, il trace un portrait socio-démographique de la population anglophone du
Québec, en se fondant sur quelques statistiques récentes publiées par Statistique
Canada. Dans un deuxième temps, il présente les défis et les belles réussites des
communautés anglophones dans différents secteurs qui touchent à leur
développement. Dans un troisième temps, il présente les observations et les
recommandations du Comité à la lumière des nombreux témoignages entendus.
3
Gouvernement du Canada, Feuille de route pour la dualité linguistique canadienne 20082013 : Agir pour l’avenir, Ottawa, 2008. Les détails sur la répartition des fonds alloués aux
communautés anglophones du Québec dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013)
sont présentés à l’Annexe E du présent rapport. Il est important de noter que ces fonds ne
représentent qu’une partie des investissements engagés par le gouvernement du Canada
pour la dualité linguistique.
4
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
LES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES DU QUÉBEC :
UN PORTRAIT SOCIO-DÉMOGRAPHIQUE
La présente section vise à tracer un portrait général de la population anglophone
du Québec, en se fondant sur quelques statistiques récentes publiées par
Statistique Canada. L’organisme fédéral a en effet publié en septembre 2010 le
Portrait des minorités de langue officielle au Canada : les anglophones du Québec4
qui se fonde sur les données du recensement de 2006 et les résultats de l’Enquête
sur la vitalité des minorités de langue officielle au Canada5.
Le portrait de Statistique Canada indique d’emblée qu’« il n’existe pas de définition
canonique de qui est anglophone »6. La taille de la communauté québécoise
d’expression anglaise varie selon le type de variable statistique utilisée. En 2006,
les anglophones représentaient 8,2 % (environ 607 200 personnes) de la
population si l’on se fie au critère de la langue maternelle; ils représentaient
10,6 % (environ 787 900 personnes) de la population selon le critère de la langue
parlée à la maison; ils étaient 13,4 % (environ 994 700 personnes) à avoir
l’anglais comme première langue officielle parlée (PLOP). Le tableau suivant
montre l’évolution de la population anglophone en nombre, de 1971 à 2006.
Tableau 1 : Population du Québec selon différentes variables, 1971 à 2006
Anglais
Année
1971
1981
1991
1996
2001
2006
Total***
6 027 764
6 369 068
6 810 300
7 045 075
7 125 579
7 435 903
Lang.
mat.
PLOP*
788 833
693 598
626 201
621 860
591 365
607 165
992 368
889 612
904 301
925 833
918 956
994 723
Français
Lang.
mat.
4 866 408
5 254 196
5 585 648
5 741 430
5 802 020
5 916 845
Autres langues
PLOP**
Lang.
mat.
PLOP
4 971 952
5 430 549
5 844 433
6 047 406
6 149 339
6 373 222
372 523
421 274
598 451
681 785
732 175
911 895
63 444
48 907
61 566
71 844
57 284
67 955
*Total de la PLOP anglais et de la moitié de la PLOP français et anglais.
**Total de la PLOP français et de la moitié de la PLOP français et anglais.
***La population totale peut varier légèrement selon la variable utilisée; le total indiqué dans
cette colonne est celui de la langue maternelle.
Source :
Statistique Canada, Recensements de la population, 1971 à 2006.
4
Statistique Canada, Portrait des minorités de langue officielle au Canada : les anglophones
du Québec, no 89-642-X au catalogue – no 002, Ottawa, 2010.
5
Statistique Canada, Les minorités prennent la parole : résultats de l’Enquête sur la vitalité
des minorités de langue officielle, no 91-548-X au catalogue, Ottawa, 2007.
6
Statistique Canada (2010), p. 8.
5
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Le graphique suivant trace l’évolution de la population anglophone depuis 1971 en
pourcentage.
Graphique 1 : Population anglophone du Québec (%) selon
différentes variables, 1971 à 2006
18
8.2
10.6
12.9
10.5
8.3
10.8
13.1
13.3
11.2
12.7
16.5
8.8
4
9.2
6
10.9
8
14.7
12
10
14.0
14
13.4
Langue maternelle
(anglais)
13.1
Pourcentage
16
1971
1981
1991
1996
2001
2006
2
Langue parlée à la
maison (anglais)
Première langue
officielle parlée
(minorité anglophone)
0
Année
Source : Statistique Canada, Recensements de la population, 1971 à 2006.
En analysant les données ci-dessus, on constate un déclin de la population
anglophone du Québec depuis 1971. La population de langue maternelle anglaise a
diminué de façon importante à la fois en nombre et en pourcentage. Si l’on
compare les données sur la langue maternelle et la PLOP, l’effectif de la population
anglophone a toujours été plus petit selon le premier critère, à la fois en nombre
et en pourcentage. Si l’on s’en tient aux données sur la PLOP, la minorité
anglophone a connu de grandes variations au cours des 35 dernières années, mais
est demeurée aussi importante en nombre en 2006 qu’elle l’était en 1971. Sa
proportion au sein de la population a cependant diminué de façon importante entre
1971 et 1991, puis s’est stabilisée jusqu’en 2006. L’exode d’un grand nombre
d’anglophones à l’extérieur de la province et la venue de nouveaux immigrants
expliquent en partie ces variations.
Lorsque l’on compare les données du recensement de 2006, on constate que le
nombre de personnes appartenant à la minorité anglophone du Québec (de PLOP
anglaise) est à peu près semblable à celui de la minorité francophone à l’échelle
canadienne (de PLOP française). Le tableau suivant établit la comparaison pour ces
deux groupes minoritaires selon différentes variables.
6
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Tableau 2 : Minorité anglophone au Québec et minorité francophone dans le reste du
Canada selon différentes variables, 2006
Variable
Minorité anglophone du
Québec
Nombre
Langue maternelle
PLOP
Minorité francophone dans le
reste du Canada
%
607 200
994 700*
Nombre
8,2
13,4
%
975 400
997 100**
4,1
4,2
*Total de la PLOP anglais et de la moitié de la PLOP français et anglais.
**Total de la PLOP français et de la moitié de la PLOP français et anglais.
Source :
Statistique Canada, Recensement de la population, 2006.
La population anglophone se répartit dans différentes régions du Québec. C’est à
Montréal qu’elle se retrouve en plus forte concentration (32,67 %). On retrouve
également une forte proportion d’anglophones dans les régions de : Laval
(18,78 %), l’Outaouais (17,36 %), la Montérégie (10,72 %) et la Gaspésie-Îlesde-la-Madeleine (10,20 %). Le graphique suivant montre la concentration de la
population anglophone par région, selon les données du recensement de 2006.
Région
Graphique 2 : Population anglophone par région (%),
première langue officielle parlée (minorité anglophone),
2006
Québec (province)
Bas-Saint-Laurent
Saguenay-Lac-Saint-Jean
Québec
Mauricie et Centre-du-Québec
Estrie
Montréal
Outaouais
Abitibi-Témiscamingue
Côte-Nord
Nord-du-Québec
Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Chaudière-Appalaches
Laval
Lanaudière
Laurentides
Montérégie
13.38
0.66
0.68
1.82
1.06
8.02
32.67
17.36
3.77
5.94
1.85
10.20
0.96
18.78
2.38
6.56
10.72
0
5
10
15
20
25
Pourcentage
Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2006.
30
35
7
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Quelques caractéristiques importantes, d’ailleurs maintes fois soulevées lors des
audiences publiques du Comité, marquent la population anglophone du Québec.
D’abord, il s’agit d’une population diversifiée et multilingue. Les données dans les
pages précédentes ont montré qu’un grand nombre d’immigrants se sont installés
au Québec au cours des dernières décennies, et qu’une partie d’entre eux ont
adopté l’anglais comme première langue officielle parlée.
Ce sont dans les régions de Montréal, de Laval et de l’Outaouais que la
connaissance de l’anglais chez les allophones est la plus élevée. Ce sont dans ces
mêmes régions que la concentration des anglophones est la plus élevée. Plusieurs
des témoins rencontrés dans le cadre des audiences publiques du Comité ont
insisté sur l’importance de distinguer les réalités vécues par les anglophones de la
grande région de Montréal et de ses environs, et celles vécues dans les autres
régions du Québec. Alors que les premiers bénéficient d’infrastructures
développées dans de nombreux secteurs – que l’on pense à l’éducation, à la santé,
à l’économie, ou aux arts et à la culture – il n’en est pas de même partout. Des
disparités existent à travers la province, même sur l’île de Montréal.
Ensuite, on constate que le taux de bilinguisme au sein de la population de langue
maternelle anglaise est élevé. Le tableau suivant montre que la connaissance du
français et de l’anglais est plus importante au sein de la population anglophone du
Québec comparativement aux autres groupes linguistiques, et que ce taux n’a
cessé d’augmenter depuis 1991.
Tableau 3 : Bilinguisme français-anglais selon la langue maternelle (%),
Québec, 1991-2006
Année
Langue maternelle –
Anglais
Langue maternelle –
Français
Langue maternelle –
Autres langues
59,4
62,9
67,2
68,9
31,5
34,0
36,9
35,8
46,6
46,8
50,5
50,2
1991
1996
2001
2006
Source :
Statistique Canada, Recensements de la population, 1991 à 2006.
Ce taux élevé de bilinguisme est sans contredit lié aux exigences linguistiques de
la sphère publique québécoise, qui impose l’usage du français dans un grand
nombre de secteurs. Il explique en partie l’augmentation du nombre d’unions
exogames dans ce segment de la population au cours des dernières décennies.
Par ailleurs, la population anglophone du Québec est vieillissante. Trois facteurs
contribuent à ce phénomène : une baisse de la fécondité, le départ d’un grand
nombre d’anglophones durant les années 1970 et 1980 – ce qui a contribué à ce
que l’on appelle communément l’absence de la « génération du milieu » – et
l’exode d’un grand nombre de jeunes anglophones à l’extérieur de la province. Le
graphique suivant compare la structure par âge de la population de langue
maternelle anglaise pour 1971 et 2006 et montre que le nombre de personnes
8
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
âgées de moins de 35 ans a baissé de façon évidente au cours des 35 dernières
années.
Graphique 3 : Structure par âge de la population de langue maternelle
anglaise, Québec, 1971 et 2006
Source : Statistique Canada, Recensements de la population, 1971 et 2006.
En matière d’éducation, les anglophones du Québec bénéficient d’acquis qui
précèdent la Confédération. Plusieurs modifications législatives ont circonscrit
l’accès à l’école anglaise au cours des 40 dernières années. Comme c’est le cas
dans plusieurs autres communautés francophones dans le reste du Canada, on
constate que le nombre d’inscriptions aux écoles de la minorité a diminué et que la
proportion d’ayants droit qui fréquentent ces écoles n’atteint pas son plein
potentiel. Le portrait de Statistique Canada indique que « la langue de l’école
fréquentée par les jeunes anglophones dépend de plusieurs facteurs, dont l’un des
plus importants est celui des limites qu’impose la législation québécoise. S’y ajoute
également la proportion importante des unions exogames français-anglais ainsi
que la volonté des parents anglophones de favoriser l’apprentissage du français et
9
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
de l’anglais chez les jeunes enfants »7. Les programmes d’immersion s’avèrent très
populaires au sein de la clientèle anglophone. Au fil des ans, de nombreux parents
ont exercé des pressions pour qu’on améliore l’enseignement du français dans les
écoles de langue anglaise. D’autres ont tout simplement choisi d’envoyer leurs
enfants à l’école française, au moins au niveau primaire. À l’inverse, à cause de
l’augmentation des unions exogames, le nombre d’élèves francophones qui se sont
inscrits à l’école anglaise n’a cessé d’augmenter.
Du point de vue de la scolarité, les anglophones du Québec détiennent un diplôme
ou d’un cycle universitaire plus élevé que le baccalauréat dans une proportion plus
importante (25 %) que les francophones (15 %)8. Cet écart est cependant moins
élevé dans les régions de Montréal, de Sherbrooke et de l’Outaouais. Cela
s’explique probablement par la présence d’institutions universitaires dans ces
régions ou à proximité (on pense à l’Ontario dans le cas de l’Outaouais). Le
portrait de Statistique Canada mentionne aussi que « puisque la proportion des
diplômés universitaires est beaucoup plus importante dans les grands centres
urbains et qu’une proportion importante de la population québécoise vit à
l’extérieur de ces grands centres, l’analyse des écarts de scolarité entre les deux
groupes doit être modulée par la prise en compte de cette réalité »9.
Par ailleurs, la population anglophone du Québec a souvent été perçue comme une
élite privilégiée d’un point de vue socio-économique. Si cela était vrai avant les
années 1960, force est de constater que de nombreux changements sont survenus
depuis cette époque. Le départ de nombreux anglophones de la province et
l’arrivée massive d’immigrants ont contribué à modifier le tissu socio-économique
de ce segment de la population. L’écart entre les revenus des anglophones et des
francophones a diminué au fil des ans. Le tableau suivant montre les écarts dans
le revenu moyen et le revenu médian des hommes et des femmes selon le critère
de la PLOP pour 2006. L’écart entre le revenu médian des femmes francophones et
anglophones est pratiquement nul, tandis que les hommes francophones se
trouvent légèrement privilégiés.
Tableau 4 : Revenu moyen et revenu médian des femmes et des hommes selon la
première langue officielle parlée, Québec, 2006
Première langue
officielle parlée
Anglais
Français
Français et anglais
Total
Source :
7
Ibid., p. 64.
8
Ibid., p. 69.
9
Ibid., p. 70.
Femmes
Revenu moyen
($)
28 011
25 808
22 297
25 870
Revenu médian
($)
20 140
20 052
16 577
19 828
Hommes
Revenu
moyen ($)
42 374
38 457
28 687
38 509
Statistique Canada, Recensement de la population, 2006.
Revenu
médian ($)
27 008
30 854
20 789
30 074
10
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Le portrait de Statistique Canada explique les données contenues dans le
précédent tableau de la façon suivante :
De fait, alors que les résultats portant sur l’ensemble de la population révèlent
que les revenus moyens des anglophones sont supérieurs à ceux des
francophones […], on constate que certains facteurs clés permettent
d’expliquer ces écarts. Ainsi, l’analyse des données portant sur les revenus
moyens d’emploi des hommes faisant partie de la population active révèlent
que les francophones affichent un revenu moyen supérieur à celui des
anglophones lorsqu’on maintient constant l’influence de l’âge, de la scolarité,
de la région de résidence, du secteur d’industrie et du statut d’immigrant
(résultats non montrés). L’écart entre les revenus est plus important si l’on
utilise le critère de la langue maternelle (2 700 $) que celui de la première
langue officielle parlée (1 900 $). Chez les femmes les écarts sont très faibles,
soit de 700 $ et 300 $ respectivement. En d’autres termes, une grande partie
de l’écart observé entre le revenu moyen des anglophones et des
francophones tient aux différences dans la structure par âge, le niveau de
scolarité, la région de résidence, le secteur d’industrie et le statut
d’immigrant.10
Les anglophones des différentes régions n’œuvrent pas dans les mêmes secteurs
d’emploi. À Montréal, ils travaillent davantage dans les secteurs de la fabrication,
du commerce de détail, de la santé ou encore des services professionnels,
scientifiques ou techniques. Dans la région de Québec, la proportion de travailleurs
dans le secteur de l’enseignement est plus élevée que partout ailleurs. Dans
l’ensemble, les travailleurs anglophones sont très attirés par le commerce de
détail. L’anglais est la langue de travail la plus utilisée dans de nombreux secteurs,
à l’exception de l’administration publique.
Le portrait de Statistique Canada indique à plusieurs reprises que la concentration
géographique des anglophones influe sur leurs perceptions et leurs comportements
langagiers. C’est donc dire que la vitalité des communautés anglophones varie
d’une région à l’autre. L’exogamie, l’immigration, la présence ou l’absence de la
« génération du milieu », le degré d’utilisation de l’anglais dans la sphère publique
ou encore la connaissance des deux langues officielles sont autant de facteurs qui
influencent cette vitalité. La perception qu’ont les communautés de leur propre
vitalité est également influencée par ces différents facteurs.
La section suivante du rapport présente un portrait détaillé des communautés
anglophones du Québec selon différents secteurs de développement.
10
Ibid., p. 87.
11
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
« J’ai toujours pensé que les communautés anglophones du Québec souffraient d’un
niveau d’incompréhension plus élevé que bien d’autres communautés linguistiques
minoritaires. »
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (31 mai 2010)
LES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES DU QUÉBEC :
LES DÉFIS ET LES BELLES RÉUSSITES
La présente section expose les réalités et les défis des communautés anglophones
du Québec dans différents secteurs qui touchent à leur développement. Elle fait
ressortir quelques belles réussites à l’égard de l’épanouissement de ces
communautés. Elle met en relief un certain nombre d’extraits tirés des rapports
précédents du Comité, là où les défis de la minorité anglophone se rapprochent de
ceux vécus par sa contrepartie francophone à l’extérieur du Québec.
A. LA VIE COMMUNAUTAIRE
Plusieurs questions s’inscrivent sous le thème de la vie communautaire. Quels sont
les facteurs qui marquent la vitalité des communautés anglophones? Quelles
relations ces communautés entretiennent-elles avec la majorité québécoise
d’expression française? Les réalités vécues par les communautés se distinguentelles d’une région à l’autre? Quels moyens sont utilisés pour appuyer leur
développement? Quel appui les gouvernements accordent-ils aux organismes
communautaires? Les prochaines pages tentent d’offrir des réponses à ces
questions, en se fondant sur les témoignages entendus devant le Comité.
1. La vitalité : identité, inclusion et appartenance
Le Quebec Community Groups Network (QCGN), un organisme qui se porte à la
défense des communautés anglophones du Québec, est venu exposer à quelques
reprises devant le Comité sa vision des principaux défis vécus par ces
communautés. D’emblée, le QCGN a tenu à souligner que la population québécoise
d’expression anglaise forme une communauté diversifiée et multilingue. Des
changements dans le contexte social, politique et économique du Québec ont
contribué à forger l’identité des communautés anglophones et ont amené ces
dernières à percevoir leur vitalité d’une façon très particulière.
La perception à l’égard de la vie communautaire est marquée par deux thèmes
récurrents : l’inclusion et l’appartenance. De façon générale, le sentiment
d’inclusion à la société québécoise semble fragile. Selon Jack Jedwab : « Sentir
qu’on fait partie intégrante de la communauté dépend souvent du climat qui
valorise ou dévalorise l’appartenance à la communauté. Si vous sentez qu’il n’est
pas valorisant de faire partie de cette communauté, vous hésiterez à être associé à
12
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
celle-ci »11. Le portrait publié par Statistique Canada en 2010 a montré que le
sentiment d’appartenance envers la communauté anglophone est plus élevé dans
les régions de Montréal, de l’Outaouais, de l’Estrie et du sud du Québec, c’est-àdire là où la population minoritaire se retrouve en plus forte concentration12.
La difficulté à créer un réel sentiment d’appartenance au sein des communautés
anglophones peut entraîner des défis du point de vue de l’influence politique.
Jusqu’à maintenant, ces communautés ont parfois eu du mal à se faire entendre
sur la place publique. Une représentante du QCGN a dit :
Nous ne sentions pas le besoin – ou peut-être que nous avons ressenti ce
besoin trop tard – de nous mobiliser pour réclamer des organisations qui
défendent les droits des jeunes, des femmes et des aînés ainsi que des
organisations de juristes. Ces organisations pourraient se développer, mais
aucune n’a pris forme de façon durable dans notre communauté. Nous
croyons que pour cette raison, il a été très difficile pour nous d’être présents
et de nous faire entendre sur la scène nationale au même titre que les
autres.13
De façon générale, les communautés anglophones veulent maintenir leur vitalité et
participer à l’enrichissement de la vie communautaire. Pour ce faire, elles doivent
compter sur une identité forte et un sentiment d’appartenance bien développé.
2. Les relations avec la majorité francophone
Pour maintenir son dynamisme au sein de la société québécoise, la population
québécoise d’expression anglaise doit faire preuve d’une grande capacité
d’adaptation. Son désir de vivre et de s’épanouir dans sa langue est contrebalancé
par sa volonté de participation à part entière à la société québécoise. C’est
d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le taux de bilinguisme au sein de la
population de langue maternelle anglaise n’a cessé d’augmenter au fil des ans. En
2006, il atteignait 69,8 %14.
Les communautés anglophones comptent sur un appui de la majorité francophone
pour favoriser leur épanouissement. La reconnaissance du double statut de
minorité, au sein du Canada et au sein du Québec, constitue pour elles un défi de
taille, comme le montre l’extrait suivant :
[…] la communauté d’expression anglaise a besoin d’être soutenue par ses
frères et sœurs de la majorité francophone pour qu’elle puisse influencer
positivement les politiques essentielles au développement vital et viable des
communautés minoritaires anglophones, qui continueront d’apporter leur
11
Jack Jedwab, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 6, 14 juin 2010, p. 10.
12
Statistique Canada (2010).
13
Quebec Community Groups Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 6, 14 juin 2010, p. 9.
14
Statistique Canada (2010).
13
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
contribution à la société québécoise. Le Québec d’expression anglaise est
confronté à un enjeu particulier, celui d’être une minorité au sein d’une
minorité. […] À l’inverse, le Québec d’expression française constitue à la fois
une minorité et une majorité. En tant que communauté minoritaire
linguistique, les Québécois d’expression française affrontent de sérieux défis
au sein du Canada en Amérique du Nord. Mais le Québec français accepte
difficilement qu’il représente également une majorité. Tout en défendant sa
position en tant que minorité dans le reste du Canada, la communauté
d’expression française doit apprendre à se conduire comme un groupe
majoritaire dans ses relations avec nous.15
Comme c’est le cas pour n’importe quel autre groupe en situation minoritaire, les
communautés anglophones du Québec désirent participer à l’élaboration des
politiques et à la prise de décisions qui ont un impact sur leur développement. Jack
Jedwab a noté que « la présence des anglophones dans le processus décisionnel
du Québec, dans la fonction publique et les organismes décisionnels en général,
est extrêmement faible »16. Certains organismes, comme le Conseil des femmes
de Montréal, ont le sentiment que le fossé entre la minorité anglophone et la
majorité francophone n’a jamais été aussi grand. Cela dépend peut-être de la
présence de mythes persistants à propos des deux groupes linguistiques. « Je
trouve tout à fait horrifiant qu’on laisse les gens vivre avec leurs préjugés et qu’on
n’essaie pas de faire un croisement entre les deux groupes »17.
Les témoignages ont montré qu’il faut trouver des moyens d’encourager une saine
collaboration entre les aspirations de la population majoritaire et les intérêts de la
communauté en situation minoritaire. Toutes les régions rencontrées ont démontré
un intérêt en ce sens. Par exemple, un représentant du Committee for Anglophone
Social Action (CASA) a dit : « Les Gaspésiens anglophones tiennent beaucoup à
travailler avec la majorité francophone dans la recherche de nouvelles possibilités
et contribuer à la viabilité et au développement de la côte gaspésienne »18. Un
représentant du North Shore Community Association (NSCA) a déclaré que l’une
des forces de la collectivité de la Côte-Nord est sa « bonne relation de réciprocité
avec la majorité linguistique. […] Il y a des occasions et il y a une volonté de
collaboration dans presque tous les domaines »19. Une représentante d’un centre
communautaire de Verdun a affirmé : « Le Centre Dawson a survécu et rayonné
15
Quebec Community Groups Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 3, 23 mars 2009, p. 30.
16
Jack Jedwab (14 juin 2010), p. 11.
17
Conseil des femmes de Montréal, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 14, 29 novembre 2010, p. 27.
18
Committee for Anglophone Social Action, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 34.
19
North Shore Community Association, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 42.
14
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
dans un milieu francophone grâce à la capacité de travailler avec nos partenaires
francophones. Notre collaboration avec le milieu est très importante »20.
Certains organismes ont fait état d’expériences prometteuses au chapitre de la
collaboration. C’est notamment le cas de Voice of English-speaking Québec (VEQ),
qui a mis sur pied un programme de jumelage « qui favorise la tenue d’activités
regroupant les deux groupes linguistiques […] pour que les membres des
collectivités francophone et anglophone puissent améliorer respectivement leur
français et leur anglais »21. De son côté, le Regional Association of West Quebecers
(RAWQ) a offert un programme de formation à des élèves de l’Outaouais afin de
les sensibiliser au vocabulaire utilisé dans le monde du travail, dans l’une ou
l’autre des deux langues officielles. « Ce n’est pas suffisant pour être bilingue,
mais ce l’est pour la maîtrise du vocabulaire technique bilingue de tel métier »22.
En somme, les communautés anglophones du Québec veulent faire respecter leurs
droits sans que cela constitue une menace aux aspirations de la majorité
francophone. Les témoignages ont montré qu’il ne s’agit pas d’un jeu à somme
nulle. L’un peut se faire en complément avec l’autre, dans le respect des droits de
chacun. Pour atteindre cet objectif, des stratégies pour favoriser le rapprochement
entre la minorité anglophone et la majorité francophone apparaissent essentielles.
3. La diversité régionale
Les réalités et les défis des communautés anglophones varient d’une région à
l’autre. À la lumière des témoignages entendus, il est possible de tracer quelques
constats très généraux :

La communauté de la Côte-Nord et de la Basse-Côte-Nord est dispersée et
isolée. Ses membres sont largement unilingues. Les services gouvernementaux
en langue anglaise y sont difficilement accessibles, et ce, dans tous les
secteurs. L’exode des jeunes et le vieillissement de la population frappent de
plein fouet la vitalité de la communauté, plus que partout ailleurs. Les
problèmes en matière de transport limitent grandement l’épanouissement de la
communauté.

La communauté de la Gaspésie est elle aussi dispersée et isolée. Les services
gouvernementaux en langue anglaise y sont difficilement accessibles, surtout
dans les secteurs des arts et de la culture, de la santé mentale et des aînés.
Dans le secteur de l’éducation, on constate un fort taux de décrochage. Les
jeunes qui quittent la région n’y reviennent pas. Ceux qui restent vivent dans
20
Centre communautaire Dawson, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 14, 29 novembre 2010, p. 6.
21
Voice of English-speaking Québec, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 22.
22
Regional Association of West Quebecers, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 13, 15 novembre 2010, p. 14.
15
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
des conditions économiques difficiles. La communauté aimerait pouvoir
compter sur l’immigration pour renouveler sa population.

La communauté du Bas-Saint-Laurent est la plus petite de toutes les
communautés anglophones du Québec. Il y a une seule école primaire anglaise
dans la région et ses infrastructures sont déficientes. De façon générale, très
peu de services sont disponibles en anglais et très peu de bénévoles sont en
mesure d’offrir leur appui à la communauté.

La communauté des Îles-de-la-Madeleine vit des réalités très particulières
qui dépendent en grande partie de sa situation géographique. Comme dans les
autres régions éloignées, les jeunes sont portés à quitter l’île et à ne pas y
revenir. De surcroît, ils ont du mal à s’engager dans les organismes qui luttent
pour le développement de la communauté. Plus que partout ailleurs, le
développement de l’industrie touristique s’avère essentiel à l’épanouissement
de la communauté.

La communauté de la région de Québec possède une connaissance très élevée
du français. Les défis de cette communauté se situent davantage sur le plan du
leadership communautaire et de la capacité de renouvellement des effectifs
bénévoles que de la création d’un sentiment d’appartenance. Les priorités de la
communauté se situent du côté de l’appui aux nouveaux arrivants, à la
jeunesse, aux aînés et au développement économique.

La communauté des Cantons de l’Est est, elle aussi, dispersée. Il n’existe pas
de centre névralgique et les anglophones se retrouvent en petites
communautés qui sont de plus en plus minoritaires. Les jeunes sont
majoritairement bilingues, mais ils s’intègrent mal au marché du travail dans
leur région. Le sentiment d’appartenance envers la communauté est plutôt
faible et ce phénomène est accentué par un manque d’appui aux arts et à la
culture anglophone dans la région. La communauté ressent un grand besoin de
bâtir les ponts entre les générations, pour contrer les effets de l’exode des
jeunes, de l’absence de la « génération du milieu » et du manque de services
offerts aux aînés.

La communauté de Montréal et des environs est extrêmement diversifiée et
se compose d’une forte proportion de communautés ethnoculturelles. Plusieurs
organismes qui se portent à la défense de ces communautés s’identifient à la
communauté anglophone. L’accès aux écoles – du primaire à l’université – aux
soins de santé et de services sociaux, aux services d’emplois ou aux arts et à la
culture pose moins de défis qu’en région éloignée. Mais il faut noter que la
situation varie d’un endroit à l’autre sur l’île de Montréal. Dans l’arrondissement
de Verdun, par exemple, il y a de grands besoins en matière d’accès aux
services pour les jeunes, les familles et les aînés. La population de cette partie
de l’île connaît, elle aussi, des problèmes d’exode : un grand nombre
d’anglophones qui n’ont pas accès aux services s’installent dans d’autres
secteurs de l’agglomération montréalaise. Il y a aussi des défis à relever dans
les environs de Montréal. Dans la région de Vaudreuil-Soulanges, la
population anglophone explose, surtout à cause de l’apport de nouveaux
16
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
immigrants. Malheureusement, l’offre de services n’évolue pas au même
rythme que la croissance de la population.

La communauté de l’Outaouais se compose selon les endroits d’une population
qui est urbaine ou rurale, jeune ou âgée, unilingue ou bilingue. La proximité de
la province de l’Ontario pose des défis particuliers à cette communauté en
termes d’accès aux services en anglais. Bien que le sentiment d’appartenance
des jeunes envers la communauté y soit élevé, plusieurs d’entre eux se voient
obligés de quitter la région lorsque vient de temps de poursuivre des études
postsecondaires ou d’occuper un emploi.
Les témoignages ont fait ressortir l’importance de tenir compte de la variété des
défis vécus par les communautés anglophones. L’adoption d’une approche
uniforme et commune à l’ensemble des régions n’est pas appropriée pour répondre
aux besoins.
4. L’appui des gouvernements aux organismes communautaires
et la prestation de services aux communautés
Les organismes communautaires anglophones ont le sentiment qu’ils ne reçoivent
pas suffisamment d’appui des gouvernements. Pour faciliter la vie des
communautés anglophones du Québec, les témoins ont demandé d’agir sur deux
fronts. D’abord, il faut assurer un accès à du financement à long terme pour
appuyer le développement communautaire. Ensuite, il faut accroître l’offre de
services dans la langue de la minorité.
Du côté provincial, les témoins ont évalué de façon plutôt négative l’appui offert
par le gouvernement du Québec. Selon plusieurs, le gouvernement provincial ne
considère pas les communautés anglophones comme une clientèle à part entière,
avec des besoins particuliers. De l’avis du QCGN : « Dans les dossiers à
compétence partagée ou dans ceux qui sont délégués au gouvernement provincial
[…], on ne tient à peu près pas compte des besoins particuliers de la communauté
anglophone »23. Noel Burke a exprimé une opinion semblable : « Les citoyens
anglophones du Québec doutent que le gouvernement provincial s’intéresse au
bien-être de leur communauté, même s’il offre des services, et qu’il y a des
possibilités d’accès pour les particuliers. Mais la collectivité est très sceptique
quant à l’intérêt du gouvernement dans le bien-être communautaire. Je qualifierais
cet intérêt de ténu, au mieux »24. En région, les avis sont encore plus tranchés. Un
représentant du Coasters’ Association s’est exprimé ainsi : « Il n’est pas
acceptable qu’aujourd’hui, un gouvernement du Québec ne réponde toujours pas
aux besoins de la collectivité anglophone »25.
23
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 8.
24
Noel Burke, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 6, 14 juin 2010, p. 27.
25
Coasters’ Association, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 49.
17
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Du côté fédéral, les témoignages n’ont pas été beaucoup plus élogieux. Bien que le
travail effectué par Patrimoine canadien auprès des communautés ait été reconnu
essentiel par la plupart des témoins, le QCGN a estimé que l’existence des
communautés anglophones du Québec a trop souvent été ignorée par les autres
institutions fédérales. Selon l’organisme, les communautés anglophones n’auraient
pas reçu leur juste part du financement dans le cadre de la Feuille de route (20082013)26. De façon générale, il semble que les institutions fédérales ne prennent
pas toutes les mesures nécessaires pour assurer la mise en œuvre de la partie VII
de la Loi. Cette partie de la Loi, qui a été modifiée en 2005, exige que les
institutions fédérales prennent des mesures positives pour favoriser
l’épanouissement et appuyer le développement des communautés anglophones du
Québec. Le QCGN croit que « […] les gouvernements fédéral et provinciaux
devraient coopérer davantage en ce qui a trait à la mise en application de la partie
VII de la Loi sur les langues officielles »27.
Dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013), le gouvernement fédéral a
accordé des fonds pour les organismes communautaires anglophones du Québec
ainsi que pour la prestation de services de langue anglaise28. Les investissements
pour 2008-2013 se détaillent de la façon suivante :

La collaboration avec le secteur communautaire : 2,1 millions de dollars
sur cinq ans ont été alloués au Québec dans le cadre des ententes de
collaboration conclues avec les organismes représentant les communautés. Ces
ententes prévoient du financement de programmation (p. ex. frais de
fonctionnement) et du financement de projet (p. ex. activités de nature
ponctuelle).

La collaboration intergouvernementale : 2,0 millions de dollars sur cinq
ans ont été alloués pour l’entente conclue entre le fédéral et la province en
matière de services dans la langue de la minorité. Ce financement vise à aider
le gouvernement provincial et les municipalités à accroître la prestation de
services de langue anglaise, plus particulièrement dans les secteurs de la santé
et des services sociaux et de la justice.
Tout comme pour les communautés francophones en situation minoritaire, il
semble que la lourdeur administrative, le travail acharné des bénévoles et le
manque d’appui à des projets novateurs qui répondent aux besoins précis des
26
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 28.
27
Quebec Community Groups Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 10.
28
Ces fonds s’ajoutent au budget régulier de Patrimoine canadien dans le volet « Vie
communautaire », qui comprend le sous-volet « Collaboration avec le secteur
communautaire » et ainsi que le sous-volet « Collaboration intergouvernementale en
matière de services dans la langue de la minorité ». Pour l’année 2008-2009, le budget
total accordé au Québec dans ce volet était de 5,3 millions de dollars. Pour plus de détails,
voir : Patrimoine canadien, Langues officielles – Rapport annuel 2008-2009. Volume 1 :
Programmes d’appui aux langues officielles, Ottawa, 2009, p. 32.
18
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
communautés soient des défis qui résonnent
aux oreilles des communautés anglophones
du Québec.
Les délais et les retards dans l’approbation
du financement destiné aux organismes
communautaires ont souvent fait l’objet de
critiques dans le cadre de la présente étude.
Il est reconnu que le manque d’appui à long
terme a des effets négatifs sur le
développement des communautés. Par
exemple, une représentante du Coasters’
Association a affirmé : « Il y a des choses
qui s’arrêtent simplement parce qu’il y a des
programmes qui ne durent qu’un an ou deux
et ne peuvent pas être renouvelés. Nous
avons tout juste le temps de mobiliser la
collectivité et de mettre les choses en
branle, les gens sont heureux et fiers de ce
qui arrive, et puis, tout s’arrête »29. Une
représentante de YES Montréal a offert un
témoignage semblable :
[…] la plupart du temps, les fonds sont
accordés dans le cadre d’un projet et cela
crée des situations très instables. Une
année, vous créez un projet et on vous
envoie de l’argent. C’est fabuleux et ça
répond à vos besoins. Sauf que l’année
suivante, vous n’arrivez pas à inclure le
projet en question dans votre financement
de base. Vous devez donc élaborer un
nouveau projet créatif, malgré les bons
résultats obtenus avec le projet de l’année
précédente.30
Le besoin d’appuyer la formation pour les
bénévoles qui travaillent au sein des
organismes communautaires a été soulevé à
quelques reprises durant les audiences
publiques. Une représentante du Centre
communautaire Dawson a affirmé : « Le
financement pour conserver notre personnel
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Le Comité a reconnu dans plusieurs
de ses rapports précédents la
nécessité d’alléger le fardeau
administratif des organismes
communautaires. Le gouvernement
a répondu au Comité qu’il avait pris
des mesures en ce sens.
En avril 2010, Patrimoine canadien
a annoncé des changements, c’està-dire : favoriser le recours aux
ententes pluriannuelles; adopter
des normes de services; permettre
des subventions jusqu'à la
concurrence de 50 000 $; examiner
les moyens pour réduire les délais
associés au processus de
financement et à l’émission de
paiements aux bénéficiaires; établir
une seule date de tombée pour
l'ensemble des bénéficiaires dans
chacun des provinces et territoires;
émettre les paiements plus tôt afin
que les bénéficiaires reçoivent leur
financement en avril.
Une entente de collaboration entre
Patrimoine canadien et le QCGN a
été conclue en principe à l’automne
2010. Cette entente devrait
permettre de revoir les priorités de
financement des communautés
anglophones à la lumière des
engagements pris par les
ministères fédéraux dans le cadre
de la Feuille de route (2008-2013).
29
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 49.
30
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes), Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 12,
25 octobre 2010, p. 17.
19
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
et pour le former est toujours un problème. […] Nous avons besoin d’une
formation pour notre personnel »31.
Pour une grande majorité de témoins, l’accès aux services en anglais constitue un
domaine prioritaire d’action. Il s’agit là d’un facteur essentiel pour créer un réel
sentiment d’appartenance envers la communauté. Un représentant de la CôteNord a déclaré : « Ce dont nous avons besoin, c’est d’un meilleur accès aux
programmes et aux services offerts dans notre propre langue par les ministères et
organismes fédéraux et provinciaux et autres »32. Lorsqu’il a comparu devant le
Comité, le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, a rappelé que
« l’accès aux services améliore tant la qualité de vie des membres de la
communauté que la vitalité de leur communauté. De plus, il incite les gens à rester
dans leur région ou à y retourner »33.
L’égalité dans la prestation des services est cependant loin d’être assurée, si l’on
se fie aux témoignages entendus. Le QCGN a reconnu « que l’égalité de statut et
d’usage du français et de l’anglais dans les bureaux du gouvernement fédéral au
Québec est importante et que la prestation des services devrait être liée au
développement de la communauté »34. Un représentant de VEQ a abondé dans le
même sens : « Dans l’ensemble, notre communauté ne reçoit tout simplement pas
des services de la même qualité ni aussi variés que la majorité francophone »35.
Lors de son passage devant le Comité, le président du Conseil du Trésor,
l’honorable Stockwell Day, a reconnu l’importance d’offrir des services de qualité
égale à tous les Canadiens36. Il n’a cependant pas offert au Comité de solution
concrète pour répondre aux doléances exprimées par les communautés
anglophones.
Du côté provincial, l’accès aux services en anglais a été largement critiqué. Du
côté municipal, seules quelques municipalités offrent des services en anglais en
vertu des dispositions de la Charte de la langue française37. Plusieurs témoins ont
réclamé des ressources additionnelles pour que les institutions provinciales et
municipales puissent offrir de l’information en anglais sur les programmes
existants, ce qui permettrait d’accroître l’offre de services aux citoyens
anglophones. Il faut souligner que l’entente fédérale-provinciale en matière de
31
Centre communautaire Dawson (29 novembre 2010), p. 8 et 15.
32
North Shore Community Association (13 septembre 2010), p. 42.
33
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 10,
4 octobre 2010, p. 7.
34
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010), p. 10.
35
Voice of English-speaking Québec (13 septembre 2010), p. 13.
36
L’honorable Stockwell Day, président du Conseil du Trésor, Délibérations du Comité
sénatorial permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 16,
13 décembre 2010, p. 6.
37
Charte de la langue française, L.R.Q., ch. C-11.
20
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
services dans la langue de la minorité ne couvre pour l’instant que deux secteurs :
la santé et la justice.
5. Les centres communautaires d’apprentissage
et les nouvelles technologies
Plusieurs des organismes communautaires anglophones rencontrés dans le cadre
des audiences publiques se sont montrés dévoués au bien-être de leur
communauté. Ils encouragent avec enthousiasme la participation communautaire
dans les différents secteurs de développement. Les centres communautaires
d’apprentissage (Community
Learning Centres) sont apparus
BELLE RÉUSSITE :
comme un exemple de belle réussite
LES CENTRES COMMUNAUTAIRES
à plusieurs égards.
D’APPRENTISSAGE
Ces centres ont été établis il y a
quelques années grâce au soutien de
l’entente fédérale-provinciale en
matière d’éducation. Au départ, ils
visaient à fournir des services aux
communautés après les heures de
classe. « L’objectif de ces centres
d’apprentissage, en tant
qu’institution, était de susciter
l’engagement de groupes
communautaires dans les écoles pour
fournir un centre d’accès aux
services »38. Le sous-ministre adjoint
du ministère de l’Éducation, des
Loisirs et du Sport, Léo La France, a
décrit le rôle actuel des centres de la
façon suivante : « [L]’école doit faire
partie de la communauté. Les gens
de la communauté et des services sociaux ont accès à l’école. C’est un moyen qui
permet de réduire le taux de décrochage »39. Le ministre du Patrimoine canadien
et des Langues officielles, l’honorable James Moore, a affirmé que la création de
ces centres a permis « de répondre aux besoins particuliers des écoles de langue
anglaise en milieu urbain ou rural. Ces centres permettent à la communauté
anglophone d’avoir accès à divers services offerts en anglais. Cela a permis à des
Il existe à l’heure actuelle 23 centres
communautaires d’apprentissage
(Community Learning Centres) à l’échelle
de la province. Ces centres constituent un
outil incontournable pour le réseautage, le
soutien aux écoles et aux familles, ou
encore l’accès aux services dans sa
langue. Ils contribuent à la revitalisation
des communautés anglophones. Ils aident
au développement d’un sentiment
d’appartenance envers la communauté. Ils
fournissent l’occasion de bâtir des ponts
entre les générations. Ils permettent de
faire le lien entre l’école et la
communauté tout en offrant des services
et activités adaptés aux besoins de
chacune des régions.
38
Noel Burke (14 juin 2010), p. 15.
39
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Délibérations du Comité
sénatorial permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7,
14 septembre 2010, p. 87.
21
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
enfants de prendre part à des activités et d’acquérir des connaissances dans leur
propre langue »40.
Les centres sont apparus comme un moyen d’améliorer l’accès aux services pour
les communautés anglophones, surtout pour les possibilités de coopération qu’ils
offrent. Les centres collaborent avec des partenaires de nombreux secteurs :
santé, éducation, développement économique, etc. Leur mandat est adapté aux
besoins de chacune des communautés desservies. « Le centre se sert peut-être de
l’école après les heures de classe. Il offre peut-être un programme de vaccination
pour les nourrissons. Il sert peut-être à la Ligue La Leche. Il peut faire n’importe
quoi. Nous n’avons pas imposé de limites »41. Par exemple, dans le Bas-SaintLaurent, le centre sert de bureau pour l’organisme représentatif de la communauté
anglophone de la région, de clinique en période estivale et de lieu de
rassemblement culturel42.
Le Comité a eu la chance de visiter l’un des centres communautaires
d’apprentissage, celui de Saint-Lambert. En participant à une téléconférence en
direct avec trois autres centres, le Comité a pu constater l’efficacité des moyens
mis à leur disposition pour assurer la collaboration entre les diverses
communautés anglophones à la grandeur de la province. Ces centres possèdent
des installations technologiques qui leur permettent de communiquer entre eux et
d’offrir certains services aux communautés éloignées, par exemple de la formation
aux enseignants. L’exemple de la Basse-Côte-Nord est éloquent : « Grâce à la
vidéoconférence […] nous pouvons maintenant voir différentes parties du
monde »43.
Les témoignages ont montré que l’appui à long terme pour ce genre d’initiative est
essentiel pour assurer la vitalité des communautés. Dans l’entente Canada-Québec
en cours, on prévoit un financement de 3,9 millions de dollars sur quatre ans pour
la consolidation du réseau des centres communautaires d’apprentissage et la mise
sur pied de nouveaux partenariats. Les commissions scolaires doivent elles aussi
s’engager à investir dans le projet. Le ministre du Patrimoine canadien et des
Langues officielles a reconnu que l’appui à long terme pour ces centres dépend en
grande partie de la coopération de la province, qui détermine ses priorités dans le
cadre de l’entente fédérale-provinciale. Léo La France a dit avoir reçu des
demandes pour l’ouverture de 15 nouveaux centres. Même si les fonds ne sont pas
suffisants pour assurer la mise en œuvre de tous ces projets, le sous-ministre a
40
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles,
Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles, 3e session,
40e législature, Fascicule no 15, 7 décembre 2010, p. 8.
41
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 111.
42
Heritage Lower St-Lawrence, Mémoire au Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 6 décembre 2010, p. 4.
43
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 51.
22
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
reconnu que « les [centres] sont certainement une histoire de réussite dans notre
secteur »44.
B. L’ÉDUCATION
L’éducation représente le point de départ pour assurer la revitalisation des
communautés anglophones du Québec. Ce secteur de développement constitue le
pivot pour la transmission, le maintien et le développement de la langue, du
patrimoine et de la culture anglophones. Les prochains paragraphes décrivent les
principaux défis vécus par les communautés anglophones dans ce secteur.
1. L’accès à l’école anglaise et la maîtrise du français
L’éducation est l’un des secteurs qui soulèvent le plus de débats lorsque l’on traite
du développement des communautés anglophones du Québec. L’accès à l’école
primaire et secondaire homogène publique de langue anglaise ainsi que la gestion
du réseau scolaire anglophone par la communauté anglo-québécoise sont des
acquis qui précèdent la Confédération. Au cours des 40 dernières années, plusieurs
modifications législatives sont venues circonscrire l’accès aux écoles anglaises.
L’adoption de la Charte de la langue française, en 1977, a rendu l’enseignement en
français obligatoire aux niveaux primaire et secondaire, sauf pour :

les enfants dont le père ou la mère est citoyen canadien et a reçu un
enseignement primaire en anglais au Canada, pourvu que cet enseignement
constitue la majeure partie de l'enseignement primaire reçu au Canada;

les enfants dont le père ou la mère est citoyen canadien et qui ont reçu ou
reçoivent un enseignement primaire ou secondaire en anglais au Canada, de
même que leurs frères et sœurs, pourvu que cet enseignement constitue la
majeure partie de l'enseignement primaire ou secondaire reçu au Canada.
Depuis 1998, les commissions scolaires du Québec ont été séparées selon leur
nature linguistique. Il existe donc un réseau anglophone, qui compte neuf
commissions scolaires réparties sur l’ensemble du territoire québécois, ainsi qu’un
réseau francophone, fréquenté par la très grande majorité des élèves québécois, y
compris par un certain nombre d’ayants droit anglophones. Selon les données de
2006, il y aurait 360 établissements scolaires de langue anglaise sous la juridiction
des commissions scolaires anglophones et 48 écoles privées de langue anglaise45.
Une étude réalisée en 2004 par le Commissariat aux langues officielles a montré
que le nombre d’inscriptions d’élèves dont la langue maternelle est l’anglais dans
44
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 112.
45
Statistique Canada (2010).
23
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
les écoles anglaises a diminué de façon importante46. À ce propos, le QCGN a
statué : « Les dispositions en matière d’éducation de la Charte de la langue
française ont eu des répercussions considérables sur le système d’éducation
publique d’expression anglaise du Québec, entraînant le déclin du nombre
d’inscriptions, déclin qui menace l’avenir de nombreuses écoles, notamment dans
les régions rurales et isolées »47.
Le plus récent rapport annuel de Patrimoine canadien sur les langues officielles
présente les données sur les effectifs des programmes d’enseignement dans la
langue de la minorité au Québec. Le tableau suivant montre qu’en 2007-2008, un
peu plus de 100 000 élèves québécois étaient inscrits aux écoles de langue
anglaise. À cela, il faudrait ajouter environ 15 000 élèves inscrits dans les écoles
privées de langue anglaise48. Entre 1970-1971 et 2007-2008, il y a eu une
diminution de 59,3 % des effectifs dans le système scolaire dans la langue de la
minorité au Québec.
Tableau 5 : Effectifs des programmes d’enseignement dans la langue de la minorité,
Québec, 1970-2008
Année
1970-1971
2005-2006
2006-2007
2007-2008
Total des
effectifs
scolaires
1 588
957
940
918
Effectifs au sein du
système scolaire
dans la langue de
la minorité
788
697
533
264
Source :
248
106
104
101
855
394
146
290
Classes
M
M
M
M
à
à
à
à
11
11
11
11
Proportion des
effectifs du
système scolaire
dans la langue de
la minorité
15,7
11,1
11,1
11,0
%
%
%
%
Patrimoine canadien (2009), p. 35.
La diminution des inscriptions aux écoles de langue anglaise a eu des effets
dévastateurs dans certaines régions, comme c’est le cas à Verdun : « … tous les
deux ou trois ans, les autorités doivent déterminer quelle école primaire va devoir
fermer ses portes […] Pour nous, le défi est de garder les écoles ouvertes et de
garder la population »49. Comme le nombre d’inscriptions est l’un des facteurs qui
influencent le financement offert aux écoles, « les petites écoles sont
désavantagées et ne reçoivent pas nécessairement les ressources adéquates »50.
Quelques rares commissions scolaires anglophones ont cependant eu la chance de
46
Commissariat aux langues officielles, Vers l’avant : l’évolution de la communauté
d’expression anglaise du Québec, Ottawa, 2004.
47
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 28.
48
Statistique Canada (2010).
49
Centre communautaire Dawson (29 novembre 2010), p. 12.
50
Fédération québécoise des associations foyer-école, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9,
17 septembre 2010, p. 73.
24
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
voir leurs inscriptions augmenter. C’est le cas de deux des commissions scolaires
rencontrées : Central Québec et Sir Wilfrid Laurier.
Les recherches montrent que le nombre de francophones qui s’inscrivent aux
écoles de langue anglaise est en hausse, en particulier à l’extérieur de Montréal.
Dans certaines régions, la proportion d’élèves francophones dans les écoles de la
minorité peut atteindre au-delà de 90 %. Les parents anglophones qui envoient
leurs enfants à l’école française sont motivés par un objectif bien précis : celui
d’assurer à leur progéniture une bonne maîtrise du français. Le commissaire aux
langues officielles a résumé la situation de la façon suivante devant le Comité :
Le système d’éducation fait face à des difficultés. En dehors de l’île de
Montréal, surtout, le réseau scolaire de la minorité anglophone est aux prises
avec un double défi. Quelque 20 % des enfants qui ont le droit d’aller à l’école
anglaise fréquentent l’école française parce que leurs parents jugent que le
système scolaire anglophone ne les préparera pas adéquatement à demeurer
au Québec et à y travailler en français. En même temps, un nombre important
d’élèves qui grandissent en français dans des familles exogames ou qui ont
des parents francophones vont à l’école anglaise, car, comme leurs parents
sont allés à l’école anglaise, ils ont le droit, en vertu de la Constitution, d’y
envoyer leurs enfants. […] Ainsi, ces écoles ont une double difficulté. Elles ne
bénéficient pas de la pleine capacité de la population admissible à l’école
anglaise, et en même temps, elles accueillent des élèves qui ont le droit de
fréquenter ces écoles, mais n’ont pas les compétences linguistiques voulues.
Elles ne reçoivent pas de financement supplémentaire pour l’apprentissage de
l’anglais en tant que langue seconde.51
En réalité, les commissions scolaires anglophones accordent une grande
importance à la maîtrise du français chez leurs élèves. Dans les faits, un grand
nombre d’écoles anglophones ont instauré des programmes d’immersion. À ce
sujet, une représentante de la Commission scolaire Lester B. Pearson a dit :
[…] les écoles anglaises du Québec ont toujours été à l’avant-garde de
l’enseignement et de l’apprentissage des langues secondes; on leur doit
d’ailleurs l’élaboration de programmes d’immersion en langue française de
renommée internationale. Nous avons tant perfectionné l’enseignement du
français au moyen de l’immersion que nous accueillons des gens qui arrivent
de toutes les régions du monde pour suivre nos méthodes afin d’acquérir une
deuxième langue.52
La Fédération québécoise des associations foyer-école (FQAFE) croit que les écoles
anglophones doivent offrir de bons programmes d’apprentissage du français53. Le
51
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 5, 31 mai 2010,
p. 19.
52
Commission scolaire Lester B. Pearson, Délibérations du Comité sénatorial permanent
des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 85
et 86.
53
Fédération québécoise des associations foyer-école (17 septembre 2010), p. 73.
25
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
but recherché est de permettre aux élèves anglophones de s’intégrer pleinement à
la société québécoise. Malheureusement, les commissions scolaires anglophones
font face à des mythes tenaces, selon lesquels la fréquentation de leurs écoles
représente une menace pour la majorité québécoise. Selon l’Association des
commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) : « Nous sommes toujours
perçus comme le problème plutôt que comme une partie de la solution, et ce,
malgré notre détermination à procurer à chacun de nos étudiants les outils lui
permettant de demeurer au Québec et d’y aménager son avenir »54.
Les témoignages ont montré que le choix des parents en matière d’éducation
dépend de plusieurs facteurs. Les limites imposées par la législation québécoise, la
proportion importante des unions exogames et la volonté des parents anglophones
de favoriser l’apprentissage des deux langues officielles chez leurs enfants sont
autant de raisons qui poussent les jeunes à fréquenter telle école plutôt qu’une
autre. Le portrait publié par Statistique Canada en 2010 a montré que les parents
peuvent envoyer leurs enfants à l’école française au niveau primaire, puis à l’école
anglaise au niveau secondaire55. Comme l’ont montré les témoignages devant le
Comité, cette situation pose des défis pour les commissions scolaires anglophones.
Le ministère provincial a recours à des agents de développement « pour aller
chercher des élèves pour assurer qu’une cohorte existe »56.
2. Les arts et la culture anglophones à l’école
L’animation culturelle dans les écoles de langue anglaise est apparue comme un
défi important à relever dans plusieurs communautés. Les témoignages ont
montré que la place des arts et de la culture dans ces écoles doit être accrue et
valorisée. Cela rejoint les constats émis par le Comité dans ses études précédentes
portant sur les communautés francophones et acadiennes.
La place prépondérante du français dans les écoles fait en sorte que les
commissions scolaires anglophones ont du mal à refléter la culture propre des
communautés de langue anglaise. Les programmes sont souvent conçus en
fonction de la majorité francophone, sans tenir compte du contexte particulier de
la population anglophone. Aux dires du QCGN : « On n’a pas développé de
programme qui nous permette d’apprendre le français tout en gardant nos
références culturelles profondes par rapport à notre patrimoine qui est
anglais/français »57.
54
Association des commissions scolaires anglophones du Québec, Délibérations du Comité
sénatorial permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9,
17 septembre 2010, p. 82.
55
Statistique Canada (2010).
56
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 92.
57
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010), p. 19.
26
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
L’accès aux fonds pour appuyer les arts et la culture à l’école est rare, sinon
inexistant. En Gaspésie, Vision Gaspé – Percé Now (VGPN) a déclaré : « […] nous
ne pouvons trouver nulle part des fonds qui nous permettent d’introduire notre
jeunesse à notre patrimoine culturellement riche. Très peu de fonds sont versés
pour la musique, l’art dramatique et les chorales »58. En Outaouais, le RAWQ a
commenté la situation de la façon suivante :
« Faute d’école où les enfants anglophones
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
sont mis en contact avec leur propre culture,
59
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
la communauté subit une perte réelle » .
Sur la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord, une
Dans son rapport de juin 2009, le
troupe de théâtre présente une pièce aux
Comité a reconnu que
jeunes chaque année; il s’agit de la troupe de
l’apprentissage de la langue et de
la culture résulte d’un effort
théâtre Geordie Productions qui reçoit du
concerté entre les familles, les
financement pour aller présenter des pièces
écoles et les communautés. Le
dans les écoles. « Ces gens voyagent d’une
Comité avait demandé à Patrimoine
école à l’autre et se donnent tout le mal de
canadien d’assurer aux
visiter les villages et de présenter du théâtre
communautés francophones en
et de la musique. La collectivité en est très
situation minoritaire l’accès aux
heureuse »60. Mise à part cette initiative, les
ressources suffisantes pour soutenir
jeunes de la région « n’ont pas d’exposition
l’animation culturelle dans les
au théâtre de langue anglaise »61. Cela
écoles. Ce constat semble tout
aussi pertinent pour les
s’explique par des coûts trop élevés.
communautés anglophones du
Québec. Dans sa réponse envoyée
en novembre 2009, le
gouvernement n’avait pas répondu
directement à la recommandation
du Comité.
Un organisme qui travaille à la préservation
du patrimoine, le Quebec Anglophone
Heritage Network (QAHN), a mentionné au
Comité qu’il était très difficile d’amener les
professeurs à promouvoir l’histoire du
patrimoine culturel anglophone du Québec.
« […] l’enseignement de l’histoire régionale
ou locale anglophone, regrettablement, n’est
pas suffisant »62. De plus, les fonds permettant aux élèves de sortir de la classe
pour visiter les musées et les établissements du patrimoine anglophone, aller voir
des pièces de théâtre dans leur langue ou être en contact avec l’histoire de leur
communauté n’existent pas. Dans le Bas-Saint-Laurent, la seule école primaire
anglophone de la région n’a ni gymnase, ni salle de musique, ni bibliothèque, ce
qui rend l’accès à la culture anglophone encore plus difficile63.
58
Vision Gaspé – Percé Now, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 31.
59
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 14.
60
North Shore Community Association (13 septembre 2010), p. 52.
61
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 51.
62
Quebec Anglophone Heritage Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 8, 15 septembre 2010, p. 29.
63
Heritage Lower St-Lawrence (6 décembre 2010), p. 3.
27
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
3. Les défis : le décrochage, le transport scolaire
et le personnel qualifié
En plus d’être tributaire du choix des parents, les commissions scolaires
anglophones sont aux prises avec des défis en matière de décrochage, de
transport scolaire et d’accès à du personnel qualifié dans les écoles.
Le décrochage scolaire est un phénomène qui attire l’attention de plusieurs
commissions scolaires anglophones ainsi que du ministère de l’Éducation du
Québec. Il faut préciser de prime abord qu’il n’existe pas de définition unique de ce
concept et que, par conséquent, les défis qui y sont associés varient d’une région à
l’autre. En Gaspésie, plusieurs jeunes sont aux prises avec des problèmes de
drogue et d’alcool. Les jeunes de cette région ont davantage tendance à
abandonner leurs études secondaires avant l’obtention d’un diplôme. Les jeunes
les plus instruits quittent la région et n’y reviennent pas. Les jeunes moins
scolarisés restent et occupent des emplois peu rémunérés. Le taux de décrochage
est également très élevé dans les Cantons de l’Est, mais il a diminué au cours des
dernières années. L’ACSAQ a mentionné qu’une étude sera réalisée sous peu afin
de mieux comprendre le phénomène du décrochage64.
Malgré le défi que représente le décrochage, il faut noter que le taux de réussite
des élèves dans le réseau anglophone est plutôt élevé. Noel Burke a noté ceci :
« Environ 50 % de plus d’étudiants de la communauté anglophone obtiennent un
diplôme d’études secondaires que ceux de la communauté francophone. Le
système d’éducation présente un taux de réussite élevé dont il est très fier »65. En
moyenne, le taux d’obtention de diplôme dans les commissions scolaires
anglophones dépasse 80 %66.
Le transport scolaire est un autre défi que doivent relever les commissions
scolaires anglophones, surtout dans les petites communautés où les écoles sont
dispersées. Léo La France a reconnu qu’il s’agissait d’un défi particulier au réseau
scolaire anglophone : « Il y neuf commissions scolaires anglophones contre 60
commissions scolaires francophones et le problème des longues distances de
transport réside surtout dans le milieu anglophone »67. Dans certaines régions, des
élèves peuvent passer jusqu’à trois heures par jour dans l’autobus scolaire, ce qui
peut s’avérer éprouvant pour les élèves et leur famille. La Commission scolaire
Central Québec a décrit la situation comme suit :
Le temps passé en autobus réduit d’autant celui qu’ils accordent aux devoirs,
aux activités familiales, aux sports et à d’autres activités culturelles, sans
parler du sommeil, si important quand on est jeune. […] Nos parents sont
extrêmement compréhensifs. Ils acceptent la situation qu’ils considèrent
64
Association des commissions scolaires anglophones du Québec (17 septembre 2010), p. 97.
65
Noel Burke (14 juin 2010), p. 12 et 13.
66
Association des commissions scolaires anglophones du Québec (17 septembre 2010), p. 96.
67
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 88.
28
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
comme le prix à payer pour que leurs enfants bénéficient d’une éducation en
anglais.68
Pour la plupart des témoins, y compris le sous-ministre adjoint au ministère
provincial, cette situation est inacceptable.
Les témoignages ont montré que les commissions scolaires anglophones réagissent
différemment au défi du transport scolaire. Certaines d’entre elles ont du mal à
suivre la cadence et demandent des ressources supplémentaires aux
gouvernements en vue de diminuer le temps de transport des élèves. La
Commission scolaire Central Québec n’a encore pas réussi à obtenir l’appui du
gouvernement du Québec et a affirmé :
Nous sommes convaincus que si nos élèves ont droit à une éducation dans le
réseau anglophone, ils devraient également avoir droit à un temps de
transport en autobus raisonnable. […] Dans notre cas, il faudra probablement
investir de 500 000 $ à 600 000 $ pour que les enfants ne passent pas plus de
deux heures par jour dans un autobus.69
Sur la Côte-Nord, plusieurs jeunes doivent quitter leur famille pour fréquenter
l’école. « La plupart d’entre eux ne peuvent pas revenir à la maison souvent à
cause des coûts élevés du transport, dont on ne tient pas compte dans le système
de prêts et bourses »70.
D’autres commissions scolaires ont fait preuve d’initiative et de beaucoup
d’imagination pour surmonter le défi du transport scolaire. La Commission scolaire
Eastern Townships a doté chacun de ses élèves, à partir de la 3e année du
primaire, d’un ordinateur portatif. Elle encourage ces derniers à apporter leur
portatif à la maison et a lancé un projet pilote pour permettre aux élèves d’avoir
accès à l’Internet dans l’autobus. « Il s’agit de permettre à l’élève de mettre à
profit le temps qu’il passe dans l’autobus »71. De plus, cette commission scolaire a
conclu des arrangements avec les commissions scolaires francophones de la région
pour le transport des élèves. « Alors le matin, au lieu d’avoir deux et parfois trois
autobus à parcourir les mêmes chemins de campagne, il n’y en a qu’un qui
transporte les élèves aux écoles, qui sont près l’une des autres, francophones et
anglophones »72.
Plusieurs témoins ont fait part de difficultés associées à la pénurie de spécialistes
au sein des écoles de langue anglaise. Selon la Commission scolaire Central
Québec, les ressources accordées à l’embauche de psychologues, d’infirmières ou
68
Commission scolaire Central Québec, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7, 13 septembre 2010, p. 58.
69
Ibid., p. 58.
70
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 47.
71
Commission scolaire Eastern Townships, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 8, 16 septembre 2010, p. 83.
72
Ibid., p. 78.
29
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
autres sont minimes. Il en est de même sur l’île de Montréal, où certains secteurs
de la ville ont de grands besoins en matière d’accès aux services de psychologie,
d’orthopédagogie, de santé mentale et de prévention de l’abus de drogues73. En
région, il s’avère très difficile d’attirer des professionnels. « La logistique
nécessaire dépasse souvent la capacité de nos services complémentaires »74. En
région éloignée, la tâche des spécialistes est séparée entre plusieurs écoles, qui
sont souvent loin les unes des autres. « Le problème, c’est de trouver quelqu’un
qui voudra occuper un poste de psychologue à La Tuque 20 % du temps. […] Nous
devons combler des postes à temps
partiel à La Tuque, à Jonquière et à
Thedford Mines. C’est difficile »75.
BELLE RÉUSSITE :
LES ORDINATEURS PORTATIFS EN
L’autre aspect du défi est de trouver
MILIEU SCOLAIRE
des spécialistes capables de
s’exprimer en anglais.
La Commission scolaire Eastern Townships
a fait preuve d’initiative en intégrant la
technologie dans sa pédagogie. En dotant
ses élèves d’un ordinateur portatif à partir
de la 3e année du primaire, elle visait à :
réduire l’inégalité entre les élèves de
familles défavorisées et ceux de familles
riches, briser l’isolement en zone rurale,
rendre l’apprentissage plus stimulant et
plus à la portée des élèves, et compenser
l’absence de ressources culturelles. Le
virage technologique adopté par la
commission scolaire a entraîné une
amélioration des résultats scolaires des
élèves, une baisse du décrochage et des
occasions de perfectionnement pour le
personnel enseignant.
L’exemple du virage technologique
pris par la Commission scolaire
Eastern Townships a suscité
beaucoup d’admiration. La
commission scolaire offre diverses
occasions de perfectionnement à
son personnel, en utilisant les
balados, les vidéoclips, la
téléconférence, les tableaux
interactifs, etc. Aux dires de son
représentant, cela donne l’occasion
aux enseignants d’être aux faits des
nouvelles technologies, de pouvoir
les appliquer en classe et par
conséquent susciter l’intérêt d’un
plus grand nombre d’élèves76. Sur
la rive-nord de Montréal, la Commission scolaire Sir Wilfrid Laurier s’est elle aussi
dotée d’une meilleure capacité technologique au sein de ses écoles77. Les
témoignages ont montré l’importance d’assurer un accès continu à des ressources
financières pour poursuivre ce genre de projet et permettre aux nouveaux
enseignants d’entrer eux aussi dans ce virage technologique.
Des témoins ont d’ailleurs parlé de l’importance d’appuyer le perfectionnement
professionnel du personnel enseignant en région. Léo La France a reconnu ceci :
73
Commission scolaire English Montréal, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 84.
74
Commission scolaire Central Québec (13 septembre 2010), p. 59.
75
Ibid.
76
Commission scolaire Eastern Townships (16 septembre 2010), p. 76.
77
Commission scolaire Sir Wilfrid Laurier, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 87.
30
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Quant à la formation des enseignants, bien qu’il y ait toujours une formation
donnée pour l’enseignement primaire et secondaire, il est important pour nous
de s’assurer que les adaptations nécessaires et la traduction de la
documentation se fassent dans un délai raisonnable pour s’assurer que nos
enseignants reçoivent les documents en même temps que leurs collègues
francophones.78
En plus d’être à la fine point de la technologie, il est donc important que la
pédagogie des enseignants soit adaptée aux réalités du milieu scolaire anglophone.
4. L’accès aux études postsecondaires en anglais
L’accès aux études postsecondaires en anglais pose des défis dans certaines
régions. À l’extérieur de Montréal et des Cantons de l’Est, l’offre de formation
universitaire en anglais est très limitée, pour ne pas dire inexistante. Tous les
témoins rencontrés à l’extérieur de ces deux régions ont mentionné que l’absence
d’université de langue anglaise s’avérait problématique pour le développement de
leur communauté. Le Comité a rencontré les trois principales universités
anglophones lors de son déplacement au Québec : Bishop’s, McGill et Concordia.
Située dans les Cantons de l’Est, Bishop’s est apparue comme une université assez
proche de la communauté. Elle forme des enseignants pour les écoles anglaises,
elle offre des cours en leadership pour les administrateurs de ces écoles et elle
finance de la recherche pour améliorer les connaissances sur les communautés
anglophones des Cantons de l’Est. Les représentants de Bishop’s ont défendu avec
conviction la mise sur pied d’un centre d’apprentissage qui poursuivrait trois buts :
rassembler les services d’aide aux étudiants, offrir un accès à un grand nombre de
ressources documentaires et créer un centre de diffusion du savoir à la fine pointe
de la technologie à l’intention de la population étudiante et de la collectivité dans
son ensemble. Ils y voient un moyen d’appuyer la vitalité communautaire :
En nous servant mieux de la technologie, nous pourrons offrir davantage de
possibilités d’apprentissage et de formation aux membres de la communauté
anglophone qui ne se trouvent pas à proximité de l’université. Étant donné
que nous sommes la seule université anglaise hors de l’île de Montréal, cette
responsabilité particulière nous incombe. 79
De leur côté, l’Université Concordia et l’Université McGill doivent composer avec
une clientèle dont une bonne proportion est allophone. Ces deux universités font
de l’apprentissage des deux langues officielles l’une de leurs priorités. Elles
sentent elles aussi une responsabilité envers l’épanouissement des communautés
anglophones du Québec. Par exemple, l’Université McGill forme des enseignants
pour les écoles de langue anglaise, offre des cliniques d’aide juridique sans frais et
s’implique directement dans la formation des professionnels œuvrant dans tous les
78
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 85 et
86.
79
Université Bishop’s, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 8, 16 septembre 2010, p. 50.
31
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
domaines des soins de santé80. Somme toute, l’impact de leurs actions demeure
limité à l’extérieur de l’île de Montréal.
L’idée d’un campus satellite a ressurgi à quelques reprises durant les audiences
publiques, autant du côté de la Côte-Nord que de l’Outaouais. Par exemple, le
RAWQ a mentionné : « Nous nous sommes demandé s’il faudrait faire quelque
chose pour essayer d’avoir dans la région ce qu’on pourrait appeler un campus
satellite d’une université anglophone. Nous n’avons rien entrepris en ce sens, mais
je pense que l’idée mérite réflexion »81. L’Université Concordia offre des cours à
distance. Selon ses dirigeants : « Cette capacité d’offre nous permettra d’atteindre
la population québécoise de langue anglaise que les grandes distances, l’isolement
ou le travail empêchent de se rendre sur un campus universitaire »82.
L’Université McGill a soulevé des problèmes relatifs à la gestion des relations
fédérales-provinciales dans le domaine de l’éducation postsecondaire. L’un de ses
représentants a donné l’exemple des défis engendrés par le Programme de
bourses universitaires en traduction géré par Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada (TPSGC) :
[…] les conflits de compétence qui opposent le gouvernement provincial et le
gouvernement fédéral nous empêchent souvent d’accéder aux programmes,
aux bourses et aux autres ressources que le gouvernement fédéral offre pour
nous aider à former les étudiants de l’Université McGill dans les deux langues
officielles du Canada. [… Les] étudiants en traduction de l’Université McGill
n’ont pas été en mesure de se prévaloir de ces bourses en 2010, parce que le
Canada et le Québec ont été incapables de s’entendre à ce sujet.83
Rappelons que les réseaux d’enseignement collégial, universitaire et privé non
subventionné ne sont pas soumis aux dispositions de la Charte de la langue
française en matière de langue d’enseignement. Noel Burke a rappelé que les
cégeps anglophones ne sont pas fréquentés en majorité par des élèves
anglophones :
Actuellement, deux des cinq cégeps anglophones comptent une proportion
d’étudiants francophones et allophones de près de 50 %. Le plus grand cégep
anglophone de la province a dépassé les 50 % et approche les 60 % de
francophones et d’allophones. La plupart d’entre eux choisissent cette option
afin de maîtriser l’anglais, parce qu’ils n’ont pas eu cette possibilité avant les
études postsecondaires.84
80
Université McGill, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 49.
81
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 12.
82
Université Concordia, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 48.
83
Université McGill (17 septembre 2010), p. 50.
84
Noel Burke (14 juin 2010), p. 13.
32
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Au campus St-Lawrence du Collège régional Champlain, 65 % des étudiants
proviennent des écoles francophones. « Les anglophones y viennent, parce qu’il
s’agit de leur collège, mais les francophones y étudient pour devenir de meilleurs
membres de leur communauté »85. Au campus de Lennoxville, ils sont environ
40 % issus des écoles de la majorité. Les étudiants qui fréquentent le collège ont
une bonne connaissance des deux langues officielles. Au Collège Dawson, près de
la moitié de la clientèle scolaire n’a pas l’anglais comme langue maternelle. Selon
un représentant du collège : « Il s’agit d’une problématique intéressante parce que
cela entraîne des problèmes pédagogiques importants lorsque nos enseignants
essaient de travailler dans un environnement anglais et que les capacités
linguistiques des étudiants qui arrivent ne sont pas au niveau attendu »86.
Des défis ont été soulevés en matière d’accès aux infrastructures dans les collèges
anglophones. Les difficultés reliées au financement d’un projet d’amphithéâtre au
campus St-Lawrence du Collège régional Champlain ont soulevé beaucoup
d’indignation dans la région de Québec. Les représentants du collège ont
commenté la situation de la façon suivante :
Dans ces circonstances, c’est difficile pour nous de convaincre un étudiant, qui
doit choisir un cégep, de venir chez nous. On veut que le théâtre et le cinéma
occupent une place prépondérante dans notre cégep, qui est le seul à
présenter des pièces de théâtre en français et en anglais. C’est la même chose
pour nos groupes d’improvisation.87
Le projet d’amphithéâtre mobilise les représentants anglophones de la région de
Québec. Les représentants du collège ont défendu ce projet en disant :
[…] certains considèrent cela comme un luxe. Ils vont, quelquefois, nous
répondre qu’il est possible d’aller dans un autre collège et de louer une salle
disponible. Le ministère Patrimoine canadien a quant à lui démontré un grand
intérêt pour notre projet. […] Le fait que le collège Dawson ait un
amphithéâtre nous démontre leur ouverture. Ce serait très important pour
notre communauté.88
De son côté, le campus de Lennoxville se trouve particulièrement choyé, car il peut
profiter des installations de l’Université Bishop’s.
Nous sommes probablement l’un des seuls cégeps de la province à avoir accès
à des installations universitaires. Le gymnase ou la bibliothèque, par exemple,
offrent à nos étudiants des installations de premier ordre. […] Le partenariat
que nous avons établi avec l’Université Bishop’s est une excellente chose car
85
Collège régional Champlain – campus St-Lawrence, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7,
13 septembre 2010, p. 63.
86
Collège Dawson, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 55.
87
Collège régional Champlain – campus St-Lawrence (13 septembre 2010), p. 82.
88
Ibid.
33
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
lorsqu’on entreprend un projet, on nous consulte toujours en tant que
partenaire.89
Les collèges anglophones rencontrés ont reconnu le rôle important qu’ils sont
appelés à jouer envers le développement des communautés de langue anglaise et
le développement économique de leur région. Plusieurs témoins ont souhaité que
l’accès et la promotion des programmes de formation professionnelle et technique
en anglais soient augmentés.
Comme l’a indiqué le QCGN, ce type
BELLE RÉUSSITE :
de formation « permettra aux
LE PROGRAMME DE FORMATION
Québécois anglophones d’intégrer le
TECHNIQUE EN SOINS INFIRMIERS
marché du travail, de garder au
En août 2010, le campus de Lennoxville
Québec nos jeunes et nos familles
du Collège régional Champlain a lancé un
ainsi que de préserver la vitalité de
programme de formation technique en
nos communautés »90. Cette culture
soins infirmiers d’une durée de trois ans.
n’est pas bien ancrée dans l’esprit
Ce programme permettra de garder les
des parents anglophones du
jeunes qui veulent étudier dans ce
Québec. Plusieurs d’entre eux
domaine en région et d’accroître le
continuent de croire qu’il n’y a pas
nombre et la disponibilité du personnel
d’avenir pour leurs enfants sans
infirmier capable de s’exprimer en anglais.
formation universitaire. Léo La
Il s’agit d’un pas dans la bonne direction
pour répondre aux besoins de la
France a mentionné qu’il s’agissait
communauté anglophone des Cantons de
de l’une des priorités de son
l’Est en matière de santé. Tous les
ministère91. Un exemple de belle
intervenants de la région (communauté,
réussite à cet égard a été
établissements d’enseignement,
l’instauration, l’été dernier, d’un
établissements de santé, député local) se
programme de soins infirmiers au
sont regroupés pour appuyer le projet.
campus de Lennoxville du Collège
régional Champlain.
5. L’appui des gouvernements :
l’entente fédérale-provinciale en matière d’éducation
Depuis 1970, le gouvernement fédéral transfère des fonds aux gouvernements
provinciaux pour les appuyer dans la prestation de programmes d’enseignement
dans la langue de la minorité et d’enseignement de la langue seconde. Tous les
cinq ans, le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec négocient
une entente bilatérale qui définit et encadre la contribution des deux paliers de
gouvernement dans ce domaine. La plus récente entente, l’Entente CanadaQuébec relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement
des langues secondes 2009-2010 à 2012-2013, a été conclue le 31 mars 2010. La
89
Collège régional Champlain – campus de Lennoxville, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 8,
16 septembre 2010, p. 62.
90
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 28.
91
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 107.
34
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
distribution des fonds est déterminée par l’entremise d’un plan d’action préparé
par le gouvernement du Québec. Des contributions complémentaires sont
disponibles pour la réalisation d’initiatives qui répondent à des priorités
émergentes identifiées par le gouvernement du Québec.
Dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013), le gouvernement fédéral a
accordé des fonds pour appuyer l’enseignement dans la langue de la minorité,
mais pas l’enseignement de la langue seconde92. Les investissements pour 20082013 serviront à :

L’enseignement dans la langue de la minorité : 70,4 millions de dollars sur
cinq ans ont été alloués dans le cadre de l’entente fédérale-provinciale afin
d’améliorer l’offre de programmes et d’activités destinés aux communautés
anglophones du Québec, à tous les niveaux d’enseignement. Les fonds servent
au perfectionnement et au développement professionnel, à la disponibilité du
matériel en langue anglaise, à l’adaptation des ressources et des processus en
fonction de la spécificité des besoins de la communauté en situation minoritaire
et au soutien des centres communautaires d’apprentissage.
Les témoins du secteur de l’éducation ont tous reconnu que le soutien apporté
dans le cadre de l’entente Canada-Québec est essentiel et bénéfique pour
l’épanouissement des communautés. Ils ont demandé à ce que les fonds y soient
maintenus, voire augmentés.
Des organismes ont cependant soulevé un manque de transparence dans
l’utilisation des fonds transférés par le gouvernement fédéral pour l’enseignement
dans la langue de la minorité. Les communautés anglophones aimeraient être
consultées afin de cibler les fonds nécessaires à leur développement et
comprendre les décisions prises par les gouvernements en matière de
financement. Le QCGN croit que les communautés ont leur mot à dire sur les
investissements faits dans le cadre de l’entente Canada-Québec. Au sujet de la
transparence, l’organisme a affirmé :
Même lorsque les fonds fédéraux visent à soutenir la communauté, dans le
domaine de l’éducation par exemple, aucun mécanisme ne permet de garantir
que les fonds sont dépensés de façon transparente au Québec. Nous nous
retrouvons très souvent coincés au cœur de la relation entre le Canada et le
Québec, ce qui n’est pas une position confortable, comme vous pouvez
l’imaginer.93
La FQAFE a demandé à ce que soit instauré un cadre de responsabilisation pour
mieux encadrer le financement fédéral-provincial dans le secteur de l’éducation.
92
Ces fonds s’ajoutent au budget régulier de Patrimoine canadien dans le volet « Éducation
dans la langue de la minorité ». Pour l’année 2008-2009, le budget total accordé au
Québec dans ce volet était de 48,4 millions de dollars. Le budget total accordé au volet
« Apprentissage de la langue seconde » pour cette même année était de 17,9 millions de
dollars. Pour plus de détails, voir : Patrimoine canadien (2009), p. 32.
93
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010), p. 11.
35
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Aux dires de l’organisme, le manque de
transparence s’explique principalement par
les retards dans le versement des fonds94.
Ces délais ont des effets néfastes sur le
développement de certaines communautés,
qui dépendent du financement
gouvernemental pour mener à terme
certains projets. Parfois, les projets sont
réalisés avant même que l’argent ne soit
transféré95. En vertu de l’entente actuelle, le
gouvernement du Québec s’engage à
transmettre annuellement des états
financiers au gouvernement du Canada sur
l’utilisation des fonds et les résultats atteints.
Le transfert des fonds du fédéral vers la
province est d’ailleurs conditionnel à la
soumission de ces états financiers.
Malgré cela, les intervenants du milieu
anglophone ne semblent pas en mesure de
déterminer si les fonds sont utilisés à bon
escient. Nombreux sont ceux qui ont affirmé
ne pas savoir selon quels critères l’argent
était dépensé. Pourquoi tel niveau (primaire,
secondaire, collégial, universitaire) plutôt
qu’un autre? Pourquoi telle région plutôt
qu’une autre? Pourquoi l’enseignement de la
langue seconde plutôt que l’enseignement
dans la langue de la minorité? Pourquoi
certains organismes accèdent-ils aux
contributions complémentaires disponibles
par l’entremise de l’entente fédéraleprovinciale et pas d’autres? Le manque de
convivialité de l’information présentée pose
des défis pour les organismes anglophones.
La FQAFE a donc réclamé ce qui suit : « Par
conséquent, nous voulons un langage plus
simple et, lorsqu’il s’agit de situations
financières, nous voulons des rapports
financiers qui nous indiqueront les fonds que
nous sommes censés recevoir, selon le mode
de financement utilisé »96.
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Dans son rapport de juin 2005, le
Comité avait noté un manque de
transparence dans les décisions
relatives au financement des
ententes fédérales-provinciales en
éducation. Les communautés
francophones en situation
minoritaire exigeaient une plus
grande transparence dans le
processus de négociation des
ententes ainsi que dans l’attribution
des fonds. Ces constats rejoignent
les doléances exprimées par le
milieu anglophone au Québec.
Le Comité avait alors suggéré de
mettre en place des mécanismes
d’imputabilité et de reddition de
compte effectifs afin d’assurer que
l’utilisation des fonds corresponde
aux objectifs du gouvernement
fédéral et aux attentes des
communautés. Le gouvernement
avait répondu au Comité que le
protocole d’entente alors en place
prévoyait des mécanismes
d’imputabilité et de communication
des résultats au public. Les
gouvernements provinciaux avaient
convenu d’afficher les documents
clés sur leurs sites Web et de
rendre publics deux rapports
d’envergure pancanadienne pour
rendre compte des résultats prévus
dans leurs plans d’action. Si l’on se
fie aux témoignages entendus dans
la présente étude, ces mesures
n’ont pas suffi pour répondre aux
attentes et aux besoins des
communautés.
94
Fédération québécoise des associations foyer-école (17 septembre 2010), p. 76.
95
Association des commissions scolaires anglophones du Québec (17 septembre 2010), p. 93.
96
Fédération québécoise des associations foyer-école (17 septembre 2010), p. 76.
36
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Un fonctionnaire de Patrimoine canadien a tenu à rappeler que l’argent provenant
du fédéral représente environ 10 % de ce que le Québec investit lui-même. « Il est
donc important de rappeler que c’est un encouragement, un appui aux coûts
supplémentaires, mais il va être difficile de retrouver l’argent que nous
investissons pour savoir exactement où il se retrouve, puisqu’il est mêlé aux
dollars que la province investit elle-même pour les écoles anglaises »97. Léo La
France a de son côté tenu à rappeler que ce ne sont pas « que les services pour
les communautés anglophones qui bénéficient des fonds de l’entente CanadaQuébec. Nous devons transférer des fonds au ministère de l’Enseignement
supérieur pour la formation professionnelle et technique, ainsi qu’au ministère des
Communications »98. Les fonds transférés doivent en outre respecter le partage
des compétences entre le fédéral et la province. Il ne s’agit pas d’une tâche de
tout repos, surtout que ce genre d’investissement n’est pas à l’abri des décisions
de nature politique.
Par exemple, le gouvernement fédéral a démontré son intérêt envers le projet
amphithéâtre du campus St-Lawrence du Collège régional Champlain. Il serait en
mesure d’offrir du financement par l’entremise des contributions supplémentaires
prévues dans l’entente fédérale-provinciale. Mais l’assentiment de la province
demeure obligatoire pour engager les fonds nécessaires à la réalisation du projet.
Lorsque les audiences publiques ont eu lieu, le gouvernement provincial n’avait
pas donné signe de vie quant à la poursuite de ce projet, malgré les efforts
consentis par le sous-ministre adjoint du ministère de l’Éducation du Québec :
Nous avons eu des discussions avec Patrimoine canadien au niveau du cégep
St-Lawrence et les discussions sont entamées aussi avec le ministère de
l’Enseignement supérieur, pour voir comment cela pourrait être inclus dans le
plan quinquennal. […] Vous devez faire une demande concernant votre projet,
vous devez [remplir] les formulaires requis et le ministère prend ensuite une
décision.99
Malgré les défis soulevés en matière de financement, il faut souligner que tous les
témoins du secteur de l’éducation ont eu de bons mots à l’égard de Léo La France.
Ce haut gestionnaire, ayant lui-même travaillé plusieurs années dans le milieu
scolaire anglophone, semble bien à l’affût des besoins de la population anglophone
dans le secteur de l’éducation. Il consulte les représentants du milieu scolaire
anglophone sur une base régulière. « Pour moi, il est important d’être présent
dans nos réseaux afin d’entendre ce que les membres ont à dire et de rapporter
leur message au ministère. C’est mon rôle »100.
97
Patrimoine canadien, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 15, 7 décembre 2010, p. 10.
98
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 95.
99
Ibid., p. 99.
100
Ibid., p. 86.
37
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
De plus, la structure en place au sein du ministère permet de tenir compte jusqu’à
un certain degré des préoccupations des anglophones. D’abord, le Secteur des
services à la communauté anglophone compte une trentaine d’employés réguliers.
Ensuite, la Commission de langue anglaise conseille la ministre de l’Éducation sur
les besoins des communautés anglophones. Elle est composée de représentants du
milieu scolaire anglophone ainsi que de parents. En outre, le Leadership
Committee for English Education in Quebec examine la question de l’adaptation
scolaire avec l’aide des principaux représentants des commissions scolaires
anglophones. Selon M. La France, l’une des réussites du ministère au cours de la
dernière année a été de « faire en sorte que le matériel en français et en anglais
soit disponible en même temps pour le début de l’année scolaire. Cela a toujours
été un enjeu pour la province et pour notre communauté. Il y avait toujours un
délai étant donné que les programmes et le matériel linguistique étaient produits
en français et traduits par la suite »101.
C. LA SANTÉ ET LES SERVICES SOCIAUX
La santé est l’un des secteurs de développement qui préoccupent le plus les
communautés anglophones du Québec. Bien qu’il existe encore des obstacles à
surmonter dans certaines régions, il semble que les progrès qui y sont accomplis
constituent une source d’inspiration pour favoriser le développement des
communautés anglophones du Québec dans d’autres secteurs qui touchent à leur
développement. Les lignes qui suivent donnent des exemples de défis et de belles
réussites soulevées dans le cadre des audiences publiques du Comité.
1. La prestation de services : l’accès et la promotion
L’accès aux soins de santé et aux services sociaux en anglais est protégé dans une
certaine mesure par la législation québécoise. En effet, la Loi sur les services de
santé et les services sociaux prévoit ce qui suit :
15. Toute personne d'expression anglaise a le droit de recevoir en langue
anglaise des services de santé et des services sociaux, compte tenu de
l'organisation et des ressources humaines, matérielles et financières des
établissements qui dispensent ces services et dans la mesure où le prévoit un
programme d'accès visé à l'article 348.
[…]
348. Une agence doit élaborer, en collaboration avec les établissements, un
programme d'accès aux services de santé et aux services sociaux en langue
anglaise pour les personnes d'expression anglaise de sa région dans les
centres exploités par les établissements de sa région qu'elle indique ou, le
cas échéant, conjointement avec d'autres agences, élaborer un tel
101
Ibid., p. 85.
38
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
programme dans les centres exploités par les établissements d'une autre
région.
Un tel programme d'accès doit tenir compte des ressources humaines,
matérielles et financières des établissements et inclure tout établissement de
la région qui est désigné en vertu de l'article 508.
Ce programme doit être approuvé par le gouvernement et être révisé au
moins tous les trois ans.102
Plusieurs réorganisations survenues dans le système public de santé et de services
sociaux du Québec ont entraîné des défis pour les communautés anglophones du
Québec, parmi lesquels on compte :

Une pénurie de ressources humaines capables d’offrir des services en anglais;

L’absence d’un volume suffisant de demandes pour des services en anglais
dans les régions [insuffisamment] peuplées pour justifier l’offre de services;

Une difficulté à planifier des services en raison du manque d’information sur les
besoins;

Le modèle de recours aux services des citoyens d’expression anglaise qui, la
plupart du temps, ont recours à des services publics seulement dans des
situations d’urgence;

La faible capacité des communautés à participer au processus de planification
dans des régions où elles sont démographiquement désavantagées, et le
manque d’infrastructures communautaires.103
Selon le Réseau communautaire de santé et de services sociaux (RCSSS) : « […]
même si les lois du Québec reconnaissent que les anglophones ont le droit de
recevoir des services sociaux et de santé dans leur langue (dans la mesure où ils
sont prévus dans le programme d’accès régional), les communautés et leurs
partenaires publics doivent être prêts à collaborer au processus de réforme, dans
le but de créer des services véritablement accessibles soutenus par des garanties
législatives »104.
Une étude publiée par le Commissariat aux langues officielles en 2004 avait
montré que l’accès aux services sociaux et de santé en anglais est l’une des
principales préoccupations de ces communautés, et qu’il peut varier selon la
situation démographique105. Ce constat semble tout aussi vrai aujourd’hui, si l’on
102
Loi sur les services de santé et les services sociaux, L.R.Q., ch. S-4.2.
103
Réseau communautaire de santé et de services sociaux, Priorités d’investissement 20092013 : Investissement dans l’accès équitable aux services sociaux et de santé pour
accroître le dynamisme du Québec d’expression anglaise, mars 2010, p. 4.
104
Ibid., p. 5.
105
Commissariat aux langues officielles (2004).
39
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
se fie aux témoignages entendus et à d’autres études publiées par le Commissariat
aux langues officielles en 2008106 et par Statistique Canada en 2010107.
Les témoignages ont montré que l’accès aux services de santé en anglais varie
d’une région à l’autre. Il semble y avoir des inégalités selon les régions, comme l’a
affirmé Jack Jedwab : « […] à l’extérieur de Montréal, où la proportion
d’anglophones est plus faible, la situation est plus difficile »108. De fait, plusieurs
témoins en région ont relaté des expériences difficiles à l’égard de l’accès aux
services de santé. Une représentante du RCSSS a abondé dans le même sens109.
Selon le portrait de Statistique Canada publié en 2010, c’est à Montréal et en
Outaouais que l’on constate les meilleures possibilités d’utiliser l’anglais dans le
secteur de la santé110.
Dans certaines régions éloignées, comme la Côte-Nord ou la Basse-Côte-Nord,
l’accès aux services de santé est très limité. Une représentante du NSCA a
affirmé : « Sur la Côte-Nord, nous avons des services de première ligne. Le
problème, c’est que ces services ne sont pas offerts en anglais. La population
anglophone ne peut avoir accès à ces services dans sa langue. Nous devons nous
assimiler à la communauté francophone »111. Sur la Basse-Côte-Nord, les futures
mères doivent se déplacer dans un établissement de santé d’une autre région
plusieurs semaines avant leur accouchement. Ce genre de situation entraîne des
coûts énormes pour les femmes et leur famille. De plus, rien ne garantit que ces
femmes puissent recevoir des services dans leur langue dans une autre région.
Selon une représentante de Coasters’ Association : « Cela crée deux niveaux en
matière de santé et de services sociaux. Lorsque les gens quittent le territoire pour
obtenir ces services, il leur est extrêmement difficile d’avoir accès à des services
dans leur langue, depuis les services de première ligne, à la réception, jusque sur
les étages de l’hôpital »112.
Dans les Cantons de l’Est et en Gaspésie, la santé mentale est apparue comme un
domaine prioritaire d’intervention. Un représentant de VGPN a reconnu que
« l’incapacité des intervenants professionnels locaux à régler dans la langue
maternelle d’un patient ses problèmes de santé mentale constitue une autre vraie
préoccupation »113. Une représentante de Mental Health Estrie a de son côté statué
106
Commissariat aux langues officielles, Les indicateurs de vitalité des communautés de langue
officielle en situation minoritaire 2 : trois communautés anglophones du Québec, Ottawa,
ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux, juin 2008.
107
Statistique Canada (2010).
108
Jack Jedwab (14 juin 2010), p. 14.
109
Réseau communautaire de santé et de services sociaux, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 7,
14 septembre 2010, p. 117.
110
Statistique Canada (2010).
111
North Shore Community Association (13 septembre 2010), p. 52.
112
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 45.
113
Vision Gaspé – Percé Now (13 septembre 2010), p. 31.
40
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
qu’il est très difficile pour un organisme comme le sien de faire la promotion des
services de santé mentale en anglais114. Des membres du corps professoral de
l’Université Bishop’s s’intéressent d’ailleurs à la question de l’accès aux soins en
santé mentale dans les Cantons de l’Est.
Dans la région de Vaudreuil-Soulanges, la croissance de la population anglophone
est tellement forte que les établissements de santé peinent à suffire à la demande.
Cela crée des inégalités dans l’accès aux services, comme le montre l’extrait
suivant tiré du témoignage du Hudson-St. Lazare Gazette : « Le problème lié à la
démographie changeante de notre région est le suivant : un enfant francophone
atteint d’autisme devra attendre six mois avant de voir un spécialiste. Si cet enfant
est anglophone, il devra attendre un an et demi. Il en va de même pour les
personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer »115.
Les difficultés ressenties par les organismes qui représentent les communautés
anglophones s’expliquent de différentes façons. Elles peuvent résulter d’une
collaboration parfois difficile avec les institutions du système public de santé et de
services sociaux. Elles peuvent découler des restrictions existantes en matière
d’affichage public. De façon générale, il semble que le travail à faire pour rejoindre
les communautés anglophones dans leur milieu s’avère ardu.
Plusieurs témoins auraient aimé avoir accès à des outils promotionnels en anglais
pour être en mesure de recevoir les services d’aide et d’accueil en anglais auxquels
ils ont droit. Un sondage réalisé au printemps 2009 par le RCSSS a montré que
« 57 % des personnes interrogées n’avaient pas été informées des services offerts
en anglais par leurs établissements régionaux de santé publique et de services
sociaux au cours des deux dernières années »116. Une représentante de
l’Association des Townshippers a reconnu que « l’information sur l’accès aux
services est […] lacunaire. C’est un problème de taille, parce qu’il arrive que le
service existe, mais que ceux qui l’offrent ne sachent même pas comment le
trouver en anglais. […] Si ces services existent, mais que la communauté l’ignore,
ils ne sont pas très utiles »117.
Plusieurs organismes ont demandé des ressources supplémentaires pour que les
établissements de santé puissent couvrir les coûts associés à la traduction des
documents. Dans certaines régions, des mesures ont été prises pour augmenter
l’information disponible en anglais. Par exemple, VPGN a « réussi à améliorer
l’affichage en anglais au CSSS [Centre de santé et de services sociaux] de la
Gaspésie »118. Le Centre communautaire Dawson a souligné que le manque
114
Mental Health Estrie, Presentation to the Standing Senate Committee on Official Languages,
15 septembre 2009 [traduction].
115
Hudson-St. Lazare Gazette, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 14, 29 novembre 2010, p. 41.
116
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 117.
117
Association des Townshippers, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 8, 15 septembre 2010, p. 16 et 18.
118
Vision Gaspé – Percé Now (13 septembre 2010), p. 31.
41
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
d’accès à la documentation en anglais pourrait relever d’un problème de respect
des quotas : « Le CLSC de Verdun a un quota et doit répondre à un pourcentage
selon la population du quartier. […] On parle d’un quota de services à la population
anglophone et ce quota apparemment est plus qu’atteint. De notre côté, nous
avons estimé que cela ne répondait pas à nos besoins. Il faut donc trouver des
façons de développer plus de services en anglais »119.
2. L’appui des gouvernements : les réseaux et la formation
Malgré ces défis, plusieurs témoins ont reconnu que de nombreux progrès ont eu
lieu dans le secteur de la santé. Santé Canada a attribué des fonds
supplémentaires aux communautés anglophones par l’entremise de la Feuille de
route (2008-2013). Les investissements prévus se détaillent de la façon suivante :

Le réseautage et les partenariats : 7,5 millions de dollars sur cinq ans ont
été alloués au RCSSS pour appuyer un total de 18 réseaux communautaires
situés dans différentes régions du Québec. Ces réseaux ont pour but
d’améliorer la santé et la vitalité des communautés anglophones du Québec
grâce à un meilleur accès à des services sociaux et de santé en anglais.

Les initiatives de santé : 12,0 millions de dollars sur cinq ans ont été alloués
au RCSSS pour des projets qui visent à améliorer : l’information sur la santé à
l’intention des communautés anglophones (2,5 millions de dollars), l’accès aux
services en anglais au sein du système public (7,5 millions de dollars) et les
connaissances sur la santé et la vitalité de la population anglophone du Québec
(2,0 millions de dollars).

La formation et la rétention des professionnels de la santé :
19,0 millions de dollars sur cinq ans ont été alloués à l’Université McGill pour
donner l’occasion aux professionnels de la santé d’améliorer leur capacité à
travailler dans les deux langues officielles, d’offrir des services de santé en
anglais là où il y a un besoin, de partager l’information et de promouvoir la
recherche à cet égard.
Devant le Comité, la ministre de la Santé, l’honorable Leona Aglukkaq, a exposé
quelques-uns des résultats atteints dans le secteur de la santé pour les
communautés anglophones, notamment :

Les investissements prévus dans la Feuille de route (2008-2013) permettront
de créer de nouveaux réseaux régionaux.

De 2000 à 2006, 148 projets ont été financés dans le cadre du Fonds pour
l’adaptation des soins primaires.
119
Centre communautaire Dawson (29 novembre 2010), p. 10 et 16.
42
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ

En 2008, 5 300 professionnels de la santé ont reçu une formation linguistique
leur permettant d’offrir des services à la minorité anglophone.120
Plusieurs témoins ont convenu que les investissements fédéraux dans le secteur de
la santé et des services sociaux ont été bénéfiques pour le développement des
communautés anglophones, et ce,
dans l’ensemble des régions du
BELLE RÉUSSITE :
Québec. Le Conseil des anglophones
LES RÉSEAUX DE SANTÉ
madelinots (CAM) a reconnu que « les
Dans le secteur de la santé, la
investissements de Santé Canada ont
collaboration, le réseautage et le
été très rentables dans notre
partenariat semblent être la clé du succès
collectivité. Grâce à ces
pour rendre les services de santé plus
investissements, notre organisme a
accessibles à la population d’expression
pu créer des liens avec ses
anglaise du Québec.
homologues francophones. Ceux-ci
Le RCSSS a contribué à des activités de
sont essentiels à notre
réseautage communautaire, de
développement à long terme »121.
développement de connaissances et de
Une représentante du RCSSS a
partenariat pour améliorer l’accès à des
reconnu que « le soutien du
services sociaux et de santé en anglais.
gouvernement fédéral est si
Au total, 18 réseaux ont été créés à
important pour notre travail, car il
l’échelle de la province. D’autres réseaux
permet au système de respirer un
pourraient voir le jour prochainement.
peu mieux et d’être en mesure d’offrir
Dans chaque réseau, un coordonnateur
est responsable de bâtir les
un meilleur accès aux services à la
connaissances, de communiquer avec les
communauté anglophone et de mieux
partenaires du système public de santé et
répondre à ses besoins »122. En fait,
de services sociaux, d’établir les contacts
tous les témoins qui ont abordé le
avec les organismes privés et bénévoles
thème de la santé ont demandé à ce
et d’améliorer la cohésion pour assurer un
que les fonds dans ce secteur soient
meilleur accès aux services à l’échelle
maintenus, voire augmentés.
locale.
Il ne fait aucun doute que l’initiative des
réseaux de santé a eu un impact direct
sur les communautés anglophones du
Québec. Elle a permis : l’amélioration la
visibilité de ces communautés à l’intérieur
du système public de santé et de services
sociaux, la création de services à l’échelle
locale pour répondre à leurs besoins, de
même qu’une plus grande prise en charge
de leur destinée.
Le QCGN a tenu à souligner l’excellent
travail accompli par le RCSSS, un
organisme sans but lucratif qui
chapeaute près d’une vingtaine de
réseaux de santé régionaux. « Ce qui
nous encourage, c’est qu’avec les
réseaux qui travaillent dans les
régions de Gatineau jusqu’à Gaspé et
la côte-nord (sic.), il y a beaucoup de
progrès et c’est souvent avec des
120
L’honorable Leona Aglukkaq, ministre de la Santé, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 10,
5 octobre 2009, p. 26.
121
Conseil des anglophones madelinots, Mémoire au Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 14 décembre 2010.
122
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 119.
43
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
gens unilingues anglophones. C’était un réel besoin »123. Le bon travail accompli
par les réseaux régionaux a lui aussi été souligné, notamment en Outaouais124.
Le succès des réseaux repose sur une foule
de facteurs. D’abord, une bonne
connaissance des besoins selon la région et
selon le secteur à desservir. Ensuite, une
intervention qui tient compte de la variété
des besoins et des disparités régionales.
Selon une représentante du RCSSS : « Il
s’agit avant tout de donner les outils
nécessaires aux collectivités pour qu’elles
puissent acquérir elles-mêmes les
connaissances dont elles ont besoin pour
faire valoir les besoins de la population à
leurs partenaires publics, et elles pourront
peut-être même ainsi les aider à trouver
des solutions pour améliorer l’accès aux
services »125. Les fonds peuvent servir à la
traduction de documents, à la formation de
personnel, etc. Chaque réseau régional
définit ses propres priorités.
Les réseaux représentent un moyen
d’améliorer les communications entre les
partenaires de tous les milieux à l’échelle
locale. Ils veillent à ce que les
communautés anglophones reçoivent
l’information pertinente à propos du
système public de santé et de services
sociaux. Le RCSSS, de son côté, s’assure de
faire le pont entre les communautés et le
ministère de la Santé et des Services
sociaux du Québec. Il tente d’inciter les
partenaires du système public à participer
aux activités de promotion de la santé
destinées aux communautés anglophones.
Un cadre de mise en œuvre signé entre le
RCSSS et le ministère de la Santé et des
Services sociaux du Québec permet
d’assurer une collaboration soutenue et un
engagement continu à l’égard de
l’amélioration de l’accès aux services de
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Dans son rapport de juin 2010, le
Comité recommandait de prendre
des mesures pour que les
institutions fédérales améliorent la
collaboration avec les
gouvernements provinciaux et
territoriaux pour assurer la pleine
mise en œuvre de la partie VII de
la Loi. L’approche adoptée dans le
secteur de la santé avait été citée
comme un exemple de réussite en
termes de collaboration entre le
fédéral et les provinces. En effet, la
création de réseaux permet de
travailler de concert avec les
différents partenaires impliqués. De
plus, Santé Canada s’assure d’avoir
l’appui des provinces lorsqu’il
investit de l’argent pour les
communautés.
Dans sa réponse au Comité, le
gouvernement a cité les ententes
fédérales-provinciales en matière
d’éducation et de services aux
communautés comme des
exemples à suivre. Il a également
parlé de la Conférence ministérielle
sur la francophonie canadienne
comme un mécanisme susceptible
de renforcer la collaboration entre
les gouvernements. Finalement, il a
reconnu que la politique fédérale
sur les paiements de transfert
contient des exigences pour le
respect de la partie VII de la Loi.
123
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 38.
124
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 9 et 21.
125
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 118.
44
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
santé et de services sociaux pour les communautés anglophones du Québec. Le
cadre de mise en œuvre s’assure que les projets financés par le RCSSS « soient
conformes aux politiques et aux orientations du Québec dans ce domaine »126.
Selon le QCGN, le RCSSS « gère de façon exceptionnelle cette enveloppe en
collaboration avec le gouvernement du Québec et s’assure d’être présent où il y a
des besoins »127. Dans le cadre de la présente étude, plusieurs témoins étaient
d’avis que l’on devrait s’inspirer des réussites dans le secteur de la santé pour
améliorer la collaboration fédérale/provinciale et assurer une meilleure prestation
de services aux communautés anglophones du Québec. Il est en effet reconnu que
la collaboration fédérale/provinciale est l’un des préalables pour assurer la pleine
mise en œuvre de la partie VII de la Loi.
En ce qui a trait à la formation en santé, des fonds ont été attribués à l’Université
McGill pour soutenir la formation de professionnels de la santé. Ces
investissements visent deux objectifs : « […] premièrement, essayer de former les
anglophones en français pour qu’ils puissent entrer dans le marché du travail de la
santé et des services sociaux surtout en région; deuxièmement, pour fournir aux
francophones dans le réseau, la formation en anglais afin qu’ils puissent rendre
des soins en anglais pour les gens qui sont là »128.
L’Université McGill essaie d’attirer des professionnels anglophones en région en
organisant des stages pratiques en Gaspésie, dans les Cantons de l’Est ou ailleurs.
Aux dires de ses représentants : « Ce n’est pas seulement le recrutement, mais
également la rétention des gens qui comptent dans beaucoup de ces choses »129.
Il y a cependant des obstacles associés à ce genre d’exercice : « Il devient parfois
difficile de trouver des postes pour nos étudiants parce que les établissements
n’ont pas nécessairement de place pour eux ou pour ceux de l’Université McGill.
[…] Leur français n’est pas toujours assez bon pour qu’ils fonctionnent dans un
milieu principalement francophone »130. L’Université McGill offre également de la
formation aux employés du ministère de la Santé afin qu’ils puissent offrir des
services en anglais à la minorité anglophone.
Le commissaire aux langues officielles a reconnu qu’il y a eu des progrès dans le
secteur de la formation en santé, mais il a tenu à rappeler que ce type
d’investissement comporte des limites, comme le démontre l’extrait suivant :
J’ai demandé à une personne faisant partie de l’Association des Townshippers,
à Granby, sa perception de l’efficacité du programme. Elle m’a dit que c’était
très valable pour des soins primaires. Quand un jeune de 14 ans tombe de sa
bicyclette et se casse un bras, cela veut dire qu’il y a une infirmière dans un
126
Réseau communautaire de santé et de services sociaux et ministère de la Santé et des
Services sociaux, Cadre de mise en œuvre du Programme de contribution pour les langues
officielles en santé, 1er juin 2009.
127
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 37.
128
Université McGill (17 septembre 2010), p. 56.
129
Ibid., p. 60.
130
Ibid., p. 66.
45
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
CLSC qui est capable de lui donner un service en anglais. Mais elle a rajouté
que c’est différent lorsqu’il s’agit d’un fermier d’un certain âge souffrant des
symptômes précoces de la maladie d’Alzheimer, que ce genre de thérapie ou
d’appui exige une maîtrise de la langue beaucoup plus avancée. Donc, le fait
que le programme soit considéré comme une réussite ne répond pas
nécessairement les besoins d’une population vieillissante, où il y a des besoins
particuliers. Il y a toujours des défis, il y a toujours des choses à faire, mais
on peut voir qu’il y a eu quand même du progrès.131
Tout comme pour le secteur de l’éducation, un certain nombre de témoins
rencontrés ont affirmé ne pas être en mesure de déterminer où et comment les
fonds transférés par le gouvernement fédéral sont utilisés. Le plus récent rapport
annuel du commissaire aux langues officielles a mis en lumière des problèmes de
délais dans le versement des fonds en matière de santé :
[…] en 2009-2010, il s’en est fallu de bien peu pour que le [RCSSS] reçoive
trop tard les fonds que le gouvernement lui avait promis. À cause de ce
retard, que seules des discussions de dernière minute ont permis de régler
cinq mois après le début de l’année financière, l’Université McGill a presque dû
abandonner un important projet du [RCSSS] visant la formation et la
rétention au Québec de professionnels de la santé capables de communiquer
en anglais avec les patients et leur famille. Le [RCSSS] est aussi passé à un
cheveu de devoir prendre des mesures d’économie radicales qui auraient eu
une incidence négative sur sa capacité à faire profiter les Québécois
d’expression anglaise de la mise en œuvre du plan d’action de Santé
Canada.132
3. La santé à distance
Certains projets de santé à distance sont très prometteurs pour favoriser
l’épanouissement des communautés anglophones. Dans certains cas, les centres
communautaires d’apprentissage constituent un moyen privilégié de promouvoir la
santé et le bien-être au sein de la population. Ils permettent également d’offrir des
services dans certaines régions éloignées. Devant le Comité, Léo La France a
reconnu le potentiel de ces centres, mis à la disposition des établissements de
santé du Québec, « pour renseigner les parents au sujet des soins de santé et
autres »133.
Il est à noter qu’une partie des fonds consacrés à la santé à l’intérieur de la Feuille
de route (2008-2013) servent à l’organisation de vidéoconférences pour
promouvoir la santé dans les collectivités en région. Le RCSSS a donné l’exemple
suivant :
131
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 1, 2 mars 2009,
p. 30 et 31.
132
Commissariat aux langues officielles, Rapport annuel 2009-2010 – Volume I, Ottawa, 2010,
p. 10.
133
Léo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté anglophone et affaires
autochtones, ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (14 septembre 2010), p. 111.
46
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
On peut, par exemple, tenir à partir de Montréal une conférence interactive
sur la prévention de l’intimidation, à laquelle peuvent prendre part cinq autres
collectivités d’un peu partout au Québec. […] C’est valable pour toutes les
activités de promotion de la santé imaginables. […] C’est un des moyens que
nous avons trouvés pour remédier aux problèmes d’accès à des activités de
promotion de la santé à la grandeur de la province.134
Les témoins de la Côte-Nord se sont montrés très enthousiastes à l’égard des
possibilités offertes par l’accès à distance aux réseaux de santé d’autres régions
pour accroître l’accès aux services dans leur propre région.
D. LES ARTS, LA CULTURE ET LE PATRIMOINE
Le secteur des arts, de la culture et du patrimoine connaît lui aussi son lot de
réussites et de défis. Les paragraphes qui suivent abordent deux questions en
particulier : l’accès aux ressources et l’appui des gouvernements aux arts et à la
culture pour les communautés anglophones du Québec.
1. Une culture propre aux communautés anglophones
Les communautés anglophones du Québec bénéficient d’un héritage culturel très
riche. Le QCGN a fait du secteur des arts, de la culture et du patrimoine une
priorité de développement et a récemment publié une étude sur la question135. Il
semble y avoir une volonté évidente de la part des communautés anglophones de
l’ensemble du Québec à promouvoir et garder vivant ce sentiment d’appartenance
à la culture qui leur est propre.
Tout comme pour les communautés francophones en situation minoritaire, l’appui
aux arts, à la culture et au patrimoine apparaît essentiel au développement des
communautés anglophones du Québec. Le ministère Patrimoine canadien reconnaît
lui-même l’importance d’appuyer ce secteur : « L’accès aux arts et à la culture
dans la langue de la minorité favorise une meilleure participation de la collectivité
à la vitalité communautaire tout en développant le sentiment d’appartenance »136.
Comme l’a si bien dit un représentant du QAHN : « Nous sommes tous conscients
que l’histoire s’intègre dans la culture et que les expériences transmises d’une
génération à l’autre constituent pour nous un contexte et procurent un sentiment
d’identité »137. Le Quebec Writers’ Federation (QWF) a abondé dans le même
134
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 123.
135
Quebec Community Groups Network, Assessing the English-speaking Community’s Capacity
to Access Arts, Culture, and Heritage in Nine Regions of Quebec, 2010 (en anglais
seulement).
136
Patrimoine canadien (2009), p. 10.
137
Quebec Anglophone Heritage Network (15 septembre 2010), p. 33.
47
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
sens : « Il est crucial pour la survie des communautés que leurs membres puissent
en apprendre davantage sur leur histoire, façonner leur identité et s’exprimer »138.
Les communautés anglophones du Québec se réclament d’une culture particulière,
différente de la culture anglophone présente dans le reste du continent nordaméricain. L’English Language Arts Network (ELAN) est d’avis que
« l’omniprésence des produits culturels américains préoccupe les deux
communautés [de langue officielle], et cette présence est, à certains égards, plus
dommageable en milieu anglophone, là où la barrière linguistique ne sert pas de
filtre »139.
À la lumière des témoignages, on constate
que des mythes à propos des artistes
anglophones du Québec persistent,
notamment à propos de leur situation
économique. Les témoins ont souligné la
nécessité de bâtir une communauté
artistique anglophone forte dans l’ensemble
des régions du Québec. Il faut rendre cette
communauté plus visible, tant auprès de la
majorité francophone que des anglophones
dans le reste du Canada, ainsi que dans les
médias. Le milieu artistique et culturel est
marqué par une grande richesse, mais celleci se retrouve trop souvent sous-exploitée à
cause du manque d’appui aux artistes et
aux organismes culturels anglophones.
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Dans son rapport de juin 2009, le
Comité avait souligné certains défis
vécus par les organismes culturels
et artistiques œuvrant en milieu
francophone minoritaire. Il y avait,
notamment : le peu d’accès aux
arts et à la culture dans les régions
éloignées, le manque
d’infrastructures, l’essoufflement
des bénévoles, la nécessité de
développer des partenariats, l’appui
à la formation, l’accès aux
nouvelles technologies, etc. Cela
rejoint plusieurs des constats
identifiés dans la présente étude.
Dans la réponse qu’il a envoyée au
Comité, le gouvernement n’avait
pas offert de solution concrète pour
répondre à ces défis.
L’accès aux produits culturels et artistiques
pose lui aussi plusieurs défis, surtout en
région. Le Quebec Drama Federation (QDF)
a souligné que : « La principale lacune dans
la communauté anglophone du Québec est
surtout visible dans les régions, où l’accès
aux arts et à la culture en anglais est pratiquement inexistant »140. Les
infrastructures manquent. Les occasions de partenariats se font rares. Il y a peu
d’offres pour assurer la formation professionnelle des artistes anglophones.
Les témoignages ont montré que le développement des nouvelles technologies
n’est pas suffisant et crée des répercussions sur la survie de certains organismes
culturels et artistiques. L’industrie du livre est particulièrement touchée par cette
138
Quebec Writers’ Federation, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 17.
139
English Language Arts Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 8.
140
Quebec Drama Federation, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 11.
48
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
réalité. Plusieurs témoins ont vanté les mérites des centres communautaires
d’apprentissage pour accroître l’accès aux arts et à la culture anglophones dans les
différentes régions du Québec. Le QDF a parlé des possibilités offertes par les
nouvelles technologies pour l’apprentissage à distance : « Des artistes
professionnels de Montréal enseignent par l’entremise du réseau de
vidéoconférence comment créer des œuvres et faire de la régie de plateau, de la
mise en scène, des voix, de la danse, et cetera »141.
Le Comité a constaté que les communautés anglophones sont très engagées dans
le maintien de leur patrimoine culturel, historique et littéraire. Il a d’ailleurs eu la
chance de tenir une partie de ses audiences publiques au Centre Morrin, à Québec,
qui s’est donné comme mandat de soutenir la culture anglophone et de favoriser
les échanges culturels entre les francophones et les anglophones. Sa bibliothèque
contient une collection impressionnante de livres en anglais accessibles à toute la
population. Le commissaire aux langues officielles a reconnu l’utilité de ce centre
pour le renforcement du sentiment d’identité, d’appartenance et d’attachement à
la communauté142.
2. L’accès aux ressources
Plusieurs témoins ont déploré le manque de ressources pour financer les arts et la
culture anglophones au Québec, notamment en ce qui a trait à la promotion et à
l’organisation des activités culturelles dans leur région. Dans les Cantons de l’Est,
un représentant de l’Association des Townshippers a reconnu que « les artistes
locaux [ont] besoin d’aide afin de mettre en marché et de vendre leurs œuvres,
particulièrement à l’extérieur de la région »143. Bien que des programmes de
tournées existent, ceux-ci ne permettent pas aux artistes de se produire ailleurs
dans la province. Ils doivent se rendre « à l’extérieur de la province, […] dans
deux ou trois autres provinces et donner un minimum de cinq représentations »144.
Un témoin de la Gaspésie a affirmé :
Nous devons avoir accès à des capitaux de démarrage pour dynamiser notre
communauté en organisant des manifestations culturelles. De telles activités
permettront de cimenter le passé de notre communauté et joueront un rôle
inestimable pour transmettre aux jeunes de nos communautés l’histoire de
leurs ancêtres. Il faut trouver un moyen pour que la minorité anglaise du
Québec ait accès à des fonds destinés à des activités culturelles.145
Il existe des exemples d’organismes culturels très engagés dans la communauté,
mais pour qui le manque de ressources constitue un défi. Par exemple, le Hudson
Village Theatre travaille très fort pour maintenir la vitalité culturelle de la
communauté anglophone de la région de Vaudreuil-Soulanges, mais il préfère
141
Ibid., p. 38.
142
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 8.
143
Association des Townshippers (15 septembre 2010), p. 8.
144
Quebec Drama Federation (17 septembre 2010), p. 32.
145
Vision Gaspé – Percé Now (13 septembre 2010), p. 31.
49
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
consacrer le peu de ressources qu’il a aux artistes plutôt qu’à la promotion de ses
activités146. De son côté, le QWF a souligné que des coupures ont eu lieu
récemment dans l’un des programmes financés par le gouvernement du Québec
pour permettre aux artistes de langue anglaise de se rendre dans les cégeps et d’y
vendre leurs livres147. Le QAHN a fait part au Comité d’un projet intéressant de
magazine, le Quebec Heritage News, publié six fois par an avec le soutien financier
de Patrimoine canadien et du ministère de la Culture et des Communications du
Québec. Ce magazine est presque entièrement monté par des bénévoles, mais le
QAHN n’a malheureusement pas les fonds disponibles pour rémunérer ces gens :
« […] sans financement, il est très difficile de produire le magazine et de rester
d’actualité, de traiter de questions particulières et d’en faire un outil de
communication pleinement fonctionnel »148.
3. L’appui des gouvernements aux arts et à la culture
Dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013), le gouvernement fédéral a
identifié le volet « arts et culture » comme un secteur prioritaire de
développement pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Par conséquent, des fonds ont été réservés pour appuyer les arts et la culture dans
les communautés anglophones149.
Les investissements pour 2008-2013 se détaillent comme suit :

Le développement culturel : 1,1 million de dollars sur cinq ans ont été
alloués pour renforcer l’action culturelle et artistique ainsi que l’expression
culturelle des communautés anglophones. Ces fonds servent entre autres à
favoriser la construction identitaire et le sentiment d’appartenance au sein de
ces communautés.

La traduction de livres : 5,0 millions de dollars sur cinq ans ont été alloués
pour accroître la disponibilité des livres d’auteurs canadiens dans les deux
langues officielles.

La musique : 1,8 million de dollars sur cinq ans ont été alloués pour accroître
l’accès des artistes à des prestations musicales dans leur langue et pour élargir
leur public par le biais de vitrines locales, régionales, nationales et
possiblement internationales.
À la lumière des témoignages, force est de reconnaître que la collaboration entre
les communautés et les institutions fédérales s’est renforcée dans ce secteur de
146
Hudson Village Theatre, Brief to the Senate Committee on Official Languages, 29 septembre
2010, p. 2 [traduction].
147
Quebec Writers’ Federation (17 septembre 2010), p. 37.
148
Quebec Anglophone Heritage Network (15 septembre 2010), p. 28.
149
Ces fonds s’ajoutent au budget régulier des institutions fédérales dont le mandat porte sur
les arts et la culture (p. ex. Patrimoine canadien, Conseil des arts du Canada, Téléfilm
Canada, etc.). Malheureusement, nous ne disposons pas du montant total investi par ces
institutions pour 2008-2009.
50
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
développement. Devant le Comité, le ministre du Patrimoine canadien et des
Langues officielles a mentionné la création d’un groupe de discussion sur les arts,
la culture et le patrimoine pour les communautés anglophones du Québec :
Ce groupe est […] constitué de participants de l’Office national du film, de
Téléfilm, de Radio-Canada, du Conseil des Arts du Canada et du Centre
national des Arts. Grâce à ce groupe, les institutions culturelles sont plus
conscientes des besoins des artistes anglophones du Québec. À leur tour, les
artistes savent mieux comment ils peuvent recevoir un soutien de la part du
gouvernement fédéral.150
L’appui du gouvernement provincial aux arts et à la culture anglophones est perçu
comme insuffisant. Un représentant de l’Association des Townshippers a affirmé :
« Jusqu’à présent, nous n’avons pas réussi à obtenir du gouvernement provincial
des fonds qui nous aideraient à élaborer des projets pour le secteur des arts et de
la culture »151. Ces propos ont été nuancés par les représentants du QAHN : « […]
la direction générale du ministère de la Culture a compris que la caractéristique de
la région, c’est son histoire anglophone. Le ministre de la Culture estime que, à
l’échelon régional, c’est quelque chose à souligner et, en effet, ce l’est en Estrie et
en Montérégie »152. Les représentants de l’organisme ont tout de même souligné
des obstacles dans leurs relations avec la province, notamment la difficulté de
travailler dans un environnement francophone :
Un des problèmes des sociétés historiques anglophones, c’est qu’elles doivent
fonctionner dans une structure politique et juridique principalement
francophone et avoir un bon niveau d’expertise technique, ce qui fait défaut
dans bien des cas. […] Une partie de ce cadre impose, pour qu’ils puissent
être financés, qu’ils fonctionnent en respectant le bilinguisme. Ils doivent avoir
accès à de bons traducteurs, ce qui coûte cher.153
Ce défi a aussi été soulevé par un représentant du QDF. Cet organisme est
également d’avis que le partage des fonds du gouvernement du Québec entre les
artistes et les compagnies du milieu anglophone et ceux du milieu francophone
n’est pas équitable154.
E. LES MÉDIAS
Plusieurs organismes communautaires qui ont comparu devant le Comité ont
souligné l’importance des médias pour favoriser l’épanouissement des
communautés anglophones et appuyer leur développement. Comme nous le
150
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 7.
151
Association des Townshippers (15 septembre 2010), p. 9.
152
Quebec Anglophone Heritage Network (15 septembre 2010), p. 37.
153
Ibid., p. 27.
154
Quebec Drama Federation (17 septembre 2010), p. 11.
51
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
verrons dans les prochaines pages, ces communautés sont sous-représentées dans
certains médias et aimeraient pouvoir compter sur un appui renforcé des
gouvernements pour répondre à leurs besoins dans ce secteur.
1. La sous-représentation des communautés anglophones
dans les médias de langue anglaise
Le portrait de Statistique Canada publié en 2010 a montré que les anglophones du
Québec sont de grands consommateurs de médias (surtout la télévision) et sont
très portés vers une consommation des médias en anglais155. En raison de l’accès
répandu à la câblodiffusion et à l’Internet, il n’y a pas de grandes disparités en ce
qui a trait à la présence de l’anglais dans la consommation des médias, sauf pour
ce qui est des journaux. Cependant, l’accès aux médias en langue anglaise est
moins développé dans les communautés anglophones de l’extérieur de Montréal.
Les communautés anglophones voient leur vitalité menacée par le manque de
reflet de leur culture propre dans les grands médias. En d’autres mots, les
communautés anglophones n’ont pas le sentiment d’exister. Un représentant du
QAHN a dit : « Nous ne ferons jamais la une. À moins d’un événement
extraordinaire, nous serons enfouis des pages plus loin. Dans les médias
électroniques, la télévision ou la radio, nous servirons de remplissage quand, par
exemple, dans la grille horaire réservée à un film, il y a un jeu de deux
minutes »156. L’ELAN a affirmé : « Si nous ne pouvons pas raconter des histoires
qui nous touchent, nous risquons de perdre notre sentiment d’identité et
d’attachement au niveau local »157.
Le manque de visibilité des communautés anglophones se remarque aussi dans le
domaine de la production. Le QCGN a tenu à rappeler que « […] le contenu produit
à Toronto, à Londres ou à Los Angeles ne reflète pas la culture et les traditions de
notre communauté. Ce n’est pas le reflet de nos communautés en Abitibi, aux Îlesde-la-Madeleine ou dans la région de Mégantic »158.
Les quotidiens anglophones comme le Globe and Mail [Toronto] ou The Gazette
[Montréal] couvrent rarement l’offre de produits ou d’événements culturels
destinés aux communautés anglophones en région. Cela est d’autant plus vrai
pour ce qui est de la couverture des activités théâtrales. « Les médias trouvent
que le théâtre n’est pas aussi important »159. Les grands réseaux de télévision ou
de radio passent eux aussi sous silence les événements qui marquent le quotidien
de ces communautés. Celles-ci doivent, la plupart du temps, se rabattre sur les
médias communautaires pour obtenir ce genre de renseignement.
155
Statistique Canada (2010).
156
Quebec Anglophone Heritage Network (15 septembre 2010), p. 34.
157
English Language Arts Network (17 septembre 2010), p. 9.
158
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 8.
159
Quebec Drama Federation (17 septembre 2010), p. 26.
52
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
2. Le rôle des médias communautaires
Les journaux communautaires jouent un rôle essentiel dans l’épanouissement des
communautés anglophones. Ils contribuent au maintien d’une identité culturelle et
d’un sentiment d’appartenance dans la communauté. L’accès à de l’information en
anglais et à l’image de la collectivité apparaît essentiel pour maintenir le
dynamisme communautaire. Malheureusement, les journaux communautaires de
langue anglaise sont confrontés à certains défis qui les empêchent de réaliser leur
plein potentiel, que ce soit en matière de distribution, de financement ou de
placement publicitaire. De plus, force est de constater que de moins en moins
d’anglophones ont accès à des journaux communautaires dans leur langue.
Le Comité a eu l’occasion de rencontrer les représentants du Hudson-St. Lazare
Gazette, un journal anglophone indépendant de la région de Vaudreuil-Soulanges
distribué gratuitement en format imprimé une fois par semaine en quelque 21 000
exemplaires. Le journal se fait un devoir de publier de l’information de qualité, en
anglais, sur les activités sociales, politiques et culturelles du quartier. Son
rédacteur en chef a affirmé : « […] c’est notre responsabilité de publier n’importe
quoi du Hudson Village Theatre ou du Greenwood Centre for Living History. On doit
faire de la publicité pour ces institutions »160.
Malgré l’enthousiasme et l’engagement sans borne de ses dirigeants, le journal est
confronté à un certain nombre de défis. Premièrement, la distribution. Celle-ci
s’effectue par l’entremise de Postes Canada, qui ne peut garantir un délai fixe pour
la livraison. « Pour un hebdomadaire, cela veut dire que le journal est reçu une
semaine après la parution »161. Deuxièmement, la concurrence avec les grandes
chaînes. Les représentants du journal croient mordicus que leur mandat doit
d’abord et avant tout consister à faire entendre la voix des communautés
anglophones de leur région : « Nous nous battons pour notre survie »162.
Il est difficile de garantir aux communautés anglophones de cette région l’accès à
de l’information sur papier dans leur langue en temps opportun. Cela peut poser
des défis, en particulier pour les personnes âgées. À Verdun, une représentante
d’un centre communautaire a commenté les effets entraînés par la disparition, il y
a quelques années, de la version imprimée en anglais du journal de quartier Le
Messager.
[C]ela a eu un impact énorme sur la communauté, surtout auprès des aînés
pour lesquels ce journal local était le moyen de prédilection pour savoir ce qui
se passait au niveau social et au niveau des organisations et des associations.
[… Les aînés] se sentent lésés car toute l’importance de pouvoir s’informer,
d’être partie prenante en tant que citoyen et citoyenne dans la communauté
de Verdun n’existe plus.163
160
Hudson-St. Lazare Gazette (29 novembre 2010), p. 48.
161
Ibid., p. 36.
162
Ibid., p. 40.
163
Centre communautaire Dawson (29 novembre 2010), p. 8 et 9.
53
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Malgré leur contribution reconnue, les
journaux communautaires ne reçoivent pas
suffisamment d’aide des gouvernements
pour maintenir leurs acquis et renforcer
leurs capacités. Le gouvernement fédéral
n’a accordé aucun financement ciblé aux
médias à l’intérieur de la Feuille de route
(2008-2013). Le Quebec Community
Newspapers Association (QCNA) a déploré la
situation. Selon l’organisme :
Il n’y a toujours pas de reconnaissance
formelle du rôle important que peuvent
jouer les médias des communautés de
langue officielle comme moyen le plus
efficient et efficace de rejoindre les gens de
ces communautés. La Feuille de route pour
la dualité linguistique ne précise pas de
façon suffisamment claire que les médias,
les journaux ou les communications
communautaires en général figurent au
rang des priorités en matière de langues
officielles.164
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Dans son rapport de juin 2009, le
Comité avait reconnu que les
médias communautaires jouent un
rôle essentiel à l’égard des
communautés en situation
minoritaire. Le Comité avait
recommandé au ministre du
Patrimoine canadien et des Langues
officielles de prendre les mesures
nécessaires afin que toutes les
institutions fédérales utilisent
efficacement les médias
communautaires et réservent une
partie prédéterminée des dépenses
de publicité gouvernementale à
l’intention des médias
communautaires. Cette
recommandation semble tout aussi
pertinente pour les communautés
anglophones du Québec.
Dans sa réponse au Comité, le
De plus, les témoignages ont montré que les
gouvernement avait indiqué que le
journaux communautaires sont sous-utilisés
Comité de concertation sur la
publicité et les médias des
par le gouvernement fédéral en matière de
communautés de langue officielle
publicité. Le placement publicitaire dans les
en situation minoritaire a été mis
journaux anglophones tend à diminuer
sur pied. Ce comité peut compter
d’année en année. Cette situation place les
sur la participation du QCNA et du
journaux communautaires dans une
Quebec Association of Anglophone
situation financière précaire. Le QCNA a
Community Radio.
demandé à ce que le gouvernement fédéral
limite ses achats de publicités aux seuls
journaux qui font partie d’une association :
« La mesure la plus importante et la plus
facile que le gouvernement fédéral puisse
adopter pour uniformiser les règles du jeu et aider tous les vrais journaux, et non
pas ceux qui accaparent tout, c’est de cesser de faire de la publicité dans les
journaux qui ne sont pas accrédités par les associations du Canada »165. Le
Hudson-St. Lazare Gazette s’est opposé à cette idée. Les représentants de ce
journal ont affirmé que la seule publicité qu’ils recevaient du gouvernement fédéral
provient d’Élections Canada, en période électorale.
164
Quebec Community Newspapers Association, Délibérations du Comité sénatorial permanent
des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 9, 17 septembre 2010, p. 15.
165
Ibid., p. 25.
54
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Malheureusement, le Comité n’a pas eu l’occasion de rencontrer les radios
communautaires anglophones du Québec dans le cadre de ses audiences
publiques.
3. Le rôle du radiodiffuseur public
La Société Radio-Canada/Canadian Broadcasting Corporation (SRC/CBC) a une
responsabilité envers le développement des communautés anglophones du
Québec. Tout comme pour les études précédentes du Comité qui portaient sur les
communautés francophones en situation minoritaire, un certain nombre de
témoins ont souligné le rôle important du radiodiffuseur public pour favoriser
l’épanouissement des communautés anglophones.
Les témoignages à propos de la SRC/CBC n’ont pas été tendres. Bien que des
efforts significatifs soient faits du côté de la radio pour couvrir ce qui se passe en
région, il semble que des difficultés persistent toujours du côté de la télévision.
L’ELAN a fait les affirmations suivantes : « La CBC, le radiodiffuseur régional de
langue anglaise, n’offre qu’une mince programmation à la communauté
anglophone du Québec, en partie à cause des contraintes budgétaires. […] La
société ne semble guère intéressée à servir la communauté anglophone, à refléter
sa réalité, à en parler ou à parler en son nom »166. L’ELAN a insisté sur
l’importance pour le radiodiffuseur public d’améliorer le reflet régional dans sa
programmation :
Pour résumer, nous n’avons aucune attention du radiodiffuseur national.
Quand ça arrive, c’est presque exclusivement sur l’île de Montréal. Il y a
quelques centaines de milliers d’anglophones dans des régions éloignées du
Québec qui ne reçoivent aucune attention. Nous n’avons pas de canal
éducatif, et nous n’avons pas de canal communautaire. Nous avons fait savoir
très clairement au CRTC [Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes] que nous avions besoin d’une certaine
visibilité régionale pour notre communauté au Québec.167
Le QDF a lui aussi soulevé la possibilité d’intervenir auprès du Conseil de la
radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour demander au
radiodiffuseur public d’assurer la couverture télévisuelle de ce qui se passe dans
les communautés anglophones168. En se référant aux activités du CRTC, certains
témoins ont affirmé qu’il était difficile de faire respecter les droits de ces
communautés auprès de cette instance réglementaire.
Le QDF a par ailleurs soulevé une aberration à propos des difficultés rencontrées
par le radiodiffuseur public à l’égard de la couverture régionale :
166
English Language Arts Network, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 6, 14 juin 2010, p. 20.
167
Ibid., p. 20.
168
Quebec Drama Federation (17 septembre 2010), p. 26.
55
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
[…] durant l’hiver, une chose très
intéressante est que, quand la neige
tombe, les camions de CBC et de RadioCanada ne peuvent pas sortir de l’île de
Montréal sans pneus d’hiver et ils ne
veulent pas dépenser de l’argent pour cela.
Alors les camions restent sur l’île de
Montréal et rien n’est couvert dans les
régions parce que personne ne veut aller
en région sans pneus d’hiver.169
Sur la Basse-Côte-Nord et dans le Bas-SaintLaurent, certaines communautés ne sont
même pas en mesure de capter les services
de la SRC/CBC, à cause des infrastructures
technologiques déficientes.
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Dans son rapport de juin 2009, le
Comité avait fortement encouragé
la SRC à mettre en valeur la réalité
des communautés francophones en
situation minoritaire dans le cadre
de sa programmation. Selon lui, la
SRC devait permettre à l’ensemble
des francophones du pays d’avoir
accès à du contenu à leur image.
En réponse au rapport du Comité,
le gouvernement disait s’attendre à
ce que la société d’État agisse en ce
sens, tout en reconnaissant la
liberté d’expression et
l’indépendance de cette dernière en
matière de journalisme et de
création de programmation.
Cela dit, il faut rendre justice aux efforts
récents démontrés par le réseau anglophone
pour faire connaître ce qui se passe dans les
communautés. Par exemple, la CBC a
Au cours de la dernière année, le
couvert une partie des audiences publiques
commissaire aux langues officielles
du Comité lorsque celui-ci s’est rendu à
a intenté un recours contre le
Québec et à Sherbrooke. Récemment, elle a
radiodiffuseur public afin que les
présenté un reportage sur les Îles-de-latribunaux statuent sur son
170
Madeleine
qui a été développé en
obligation à respecter les exigences
collaboration avec la communauté
contenues dans la partie VII de la
anglophone de cette région et qui a fait la
Loi dans le cadre de sa
programmation.
fierté de ses membres171. Force est de
constater que cette sensibilité ne semble pas
aussi développée du côté de la SRC172. On
pourrait croire qu’une implication plus active
du réseau francophone serait l’un des
moyens de renforcer les liens entre la minorité anglophone et la majorité
francophone.
4. Les défis : des critères plus représentatifs des besoins
et un appui aux nouvelles technologies
Comme c’est le cas dans d’autres secteurs de développement, les témoins
rencontrés dans le secteur des médias ont souligné que les critères des
programmes fédéraux étaient mal adaptés à la réalité des communautés de langue
169
Ibid., p. 27.
170
Pour plus de détails, voir le site Web de la CBC : http://www.cbc.ca/landandsea.
171
Conseil des anglophones madelinots, courriel à la greffière du Comité sénatorial permanent
des langues officielles, 14 décembre 2010.
172
Par exemple, durant le déplacement au Québec, seul le réseau francophone de la région de
l’Alberta a démontré un intérêt envers le travail du Comité.
56
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
officielle en situation minoritaire. Par exemple, les critères du Fonds du Canada
pour les périodiques ne concordent pas avec
les réalités des journaux anglophones du
CE QUE LE COMITÉ A DIT ET LES
Québec. Une représentante du Hudson-St.
DÉVELOPPEMENTS RÉCENTS
Lazare Gazette a fourni l’explication
suivante :
Dans son rapport de juin 2009, le
Pour être admissible à des fonds du
gouvernement ou du ministère du
Patrimoine canadien, il faut respecter des
critères assez stricts comme un certain
nombre de journaux devant être vendus, et
non pas donnés gratuitement. Nous ne
remplissons pas ces critères. Toutefois, si
notre publication était faite sous la forme
d’un magazine, cela pourrait être le cas.
Comme nous somme (sic.) un journal
indépendant, nous ne recevons aucun
montant d’argent.173
Le QCNA a abondé dans le même sens.
L’organisme croit qu’il est important « que le
programme adapte ses critères
d’admissibilité pour admettre les journaux à
diffusion restreinte – et gratuite – destinés
aux communautés de langue officielle »174.
Comité avait souligné que plusieurs
programmes fédéraux faisaient fi
des réalités particulières vécues
dans les milieux francophones en
situation minoritaire. Il avait
reconnu la nécessité d’adopter des
critères plus représentatifs des
besoins, car une méconnaissance
des besoins entraîne un
financement souvent inadéquat.
Le Comité avait aussi soulevé le
défi de taille que représente le
développement des capacités sur le
Web pour les médias minoritaires,
en particulier les journaux
communautaires. Il avait demandé
à Patrimoine canadien d’assurer
aux communautés francophones en
situation minoritaire l’accès aux
ressources suffisantes pour soutenir
l’utilisation des nouvelles
technologies.
Par ailleurs, l’accès à des médias à la fine
pointe de la technologie influence
Le gouvernement n’avait pas
l’épanouissement des communautés
directement commenté les
observations du Comité. Les
anglophones, surtout chez les jeunes.
témoignages de la présente étude
Certains médias communautaires font
ont montré que ces constats
preuve d’initiative à cet égard. Par exemple,
s’appliquent tout autant aux
le Hudson-St. Lazare Gazette a rappelé qu’il
communautés anglophones.
a été « le premier hebdomadaire à paraître
sur le Web au Canada, bien avant plusieurs
quotidiens tels le Journal de Montréal, The
Gazette [Montréal] ou La Presse »175. Mais
un constat demeure : il est difficile de faire
plus et de concurrencer ce qui se fait ailleurs dans l’industrie lorsque les
ressources sont insuffisantes. « Nous nous efforçons bien sûr de garantir que notre
site [W]eb est aussi puissant que possible »176. Les coûts d’entretien de mise à
jour sont élevés. Un représentant du QCNA a affirmé : « Nous avons toujours
173
Hudson-St. Lazare Gazette (29 novembre 2010), p. 36.
174
Quebec Community Newspapers Association (17 septembre 2010), p. 15.
175
Hudson-St. Lazare Gazette (29 novembre 2010), p. 38.
176
Ibid., p. 47.
57
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
l’impression que nous sommes en retard, nous avons du rattrapage à faire.
Toutefois, oui, la plupart de nos journaux assurent une présence sur le Web
actuellement »177. À en croire les témoignages, des ressources supplémentaires
sont nécessaires pour développer les capacités sur le Web des médias minoritaires.
F. LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
La vitalité communautaire passe par la vitalité économique. Les caractéristiques
socio-économiques de la population anglophone varient d’une région à l’autre. La
disponibilité des ressources et des infrastructures en matière d’emploi et
d’employabilité connaît également de grandes variations. Les caractéristiques
économiques de la population anglophone du Québec sont parmi celles qui
soulèvent le plus de débats. Les paragraphes qui suivent visent à décrire les défis
et les belles réussites des communautés anglophones dans le secteur économique.
1. La vitalité économique : l’offre d’emplois,
l’entreprenariat et le perfectionnement des compétences
La vitalité économique des communautés anglophones du Québec dépend de
plusieurs facteurs : l’offre d’emplois bien rémunérés, la disponibilité de services
pour démarrer sa propre entreprise ou encore les occasions de perfectionnement
des compétences linguistiques et professionnelles. Selon les représentants de YES
Montréal, les communautés anglophones dans l’ensemble des régions du Québec
manquent d’occasions en matière de développement économique178.
Comme l’ont montré les témoignages, la présence de certains mythes, en
particulier en ce qui concerne la situation socio-économique de la population
québécoise d’expression anglaise, constitue un obstacle majeur dans le
développement des communautés anglophones, surtout en région. Il s’avère
difficile de changer les perceptions à ce sujet, puisqu’il s’agit de mythes bien
ancrés dans la mémoire collective. Pourtant, la recherche montre que le départ de
nombreux anglophones de la province et l’arrivée massive d’immigrants
internationaux ont contribué à modifier le tissu socio-économique de ces
communautés179. Le portrait de Statistique Canada publié en 2010 a montré que
les communautés anglophones du Québec ont connu des mutations importantes au
cours des 40 dernières années, ce qui a eu des répercussions majeures sur leur
niveau de revenu180. L’écart entre les revenus des anglophones et des
francophones a diminué. Il varie selon que l’on compare les revenus médians ou
les revenus moyens. On remarque que le taux de chômage tend à être plus élevé
chez la population anglophone du Québec, et ce, dans toutes les régions. En outre,
le seuil de faible revenu atteint un niveau plus élevé chez les anglophones que
177
Quebec Community Newspapers Association (17 septembre 2010), p. 35.
178
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 6.
179
Statistique Canada (2010).
180
Ibid.
58
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
chez les francophones. Les anglophones en région souffrent d’un taux plus élevé
de sous-emploi et de pauvreté.
L’emploi est un facteur clé pour déterminer la vitalité d’une communauté. Que ce
soit à Montréal ou ailleurs dans la province, les communautés anglophones sont
confrontées à des défis particuliers en cette matière. Le nombre d’emplois est
restreint. Les infrastructures permettant de dénicher un travail le sont également.
La communauté de Montréal bénéficie des services d’employabilité de YES
Montréal. L’engagement de cet organisme auprès des communautés semble
susciter beaucoup d’engouement. À titre d’exemple, l’organisme a offert un
programme de stages destinés aux jeunes qui ont eu lieu dans 200 entreprises et
dont le taux de placement a tourné aux alentours de 90 %181.
Dans les régions éloignées, ce genre de service n’existe pas. La rareté des emplois
à long terme pose des défis. Une grande proportion de la population de ces régions
dépend des emplois saisonniers pour subvenir aux besoins de la famille. Selon un
représentant du Coasters’ Association : « Notre qualité de vie, nos occasions
d’emploi et notre capacité à soutenir notre économie sociale dépendent de notre
économie »182. Ces communautés sont confrontées à d’autres défis qui ne sont pas
directement liés à la nature linguistique des communautés, mais ont un impact
direct sur leur vitalité. C’est notamment le cas de la communauté de la BasseCôte-Nord, pour qui les problèmes en matière de transport limitent grandement
l’épanouissement de la communauté. « Le facteur isolement limite l’accès aux
programmes et aux services accessibles, ce qui entraîne une infrastructure
déficiente, un manque de ressources et des coûts élevés pour tout, le transport,
l’alimentation, les fournitures et les occasions pour notre jeunesse dans les
domaines de l’éducation, du loisir et de l’emploi »183. L’organisme a demandé au
gouvernement fédéral de faire pression sur la province pour le développement des
routes dans cette région. Le commissaire aux langues officielles a reconnu que
cette communauté « fait face à des problèmes d’isolement géographique
énormes »184.
Pour la Corporation d’employabilité et de développement économique
communautaire (CEDEC), « la valorisation de l’esprit d’entreprise est un facteur
important de croissance et de renouveau économiques »185. Les entrepreneurs
anglophones se heurtent à certaines difficultés en matière de développement
économique, comme le montre le témoignage suivant d’une représentante
d’Industrie Canada :
181
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 10.
182
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 44.
183
Ibid., p. 43.
184
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 16.
185
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire,
Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles, 3e session,
40e législature, Fascicule no 12, 1er novembre 2010, p. 27.
59
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Ces [difficultés] concernent souvent l’accès aux capitaux et à des mesures
d’aide pour l’élaboration de leurs plans de développement de marché, s’ils
désirent exporter leurs produits, par exemple. La productivité est une question
importante pour les PME, de même que la mise à niveau de leur matériel –
c’est-à-dire, la façon dont elles se servent des technologies de l’information au
sein de l’entreprise.186
La culture de la petite entreprise est peu développée dans certaines régions
éloignées. Un représentant de la Côte-Nord a réclamé ce qui suit :
Nous avons besoin d’incitatifs économiques pour aider les petites entreprises à
s’implanter, non pas des programmes mur à mur comme ceux qui sont offerts
par Développement économique Canada, mais des programmes plus souples
pour aider les gens et les jeunes à lancer leur petite entreprise. Cela aiderait
la région énormément et apporterait un changement de façon de faire, non
seulement pour la population anglophone, mais également pour la population
générale.187
Selon les témoins rencontrés, il faut accroître l’accès à du capital pour le démarrage
d’entreprise. Il faut également offrir des ressources pour soutenir les travailleurs
indépendants dans leurs relations avec le gouvernement provincial. En effet,
certains d’entre eux ont des difficultés à transiger avec les institutions provinciales,
avec lesquelles tout doit se faire en français. Plusieurs décident de se tourner vers
les organismes comme YES Montréal pour obtenir les services dont ils ont besoin.
L’industrie touristique a été citée comme un secteur prometteur de développement
économique dans de nombreuses régions. En Gaspésie, la vitalité économique de
la région dépend du tourisme : « Les visiteurs viendront dans notre région et
continueront à le faire si l’accès est facile par la route et s’ils sont bien accueillis
par une population qui parle leur langue »188. Aux Îles-de-la-Madeleine, le
tourisme est le second secteur économique en importance et ne compte que très
peu sur la participation des anglophones de la région. Selon le CAM : « Il faut
absolument que la collectivité s’engage à fond dans l’industrie touristique des Îles
dans son ensemble »189. La CEDEC a reconnu que le tourisme est un secteur clé
« où les programmes gouvernementaux et le financement peuvent avoir un impact
important sur la communauté anglophone et la communauté dans son
ensemble »190.
De façon générale, la connaissance du français est jugée essentielle au progrès
économique des anglophones du Québec. Ces derniers pensent souvent que leur
niveau de connaissance du français n’est pas suffisant. La question de la qualité du
186
Industrie Canada, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 3, 12 avril 2010, p. 24.
187
North Shore Community Association (13 septembre 2010), p. 50.
188
Committee for Anglophone Social Action (13 septembre 2010), p. 34.
189
Conseil des anglophones madelinots (14 décembre 2010).
190
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire
(1er novembre 2010), Délibérations, p. 28.
60
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
français a été soulevée à plusieurs reprises lors des audiences publiques. Elle
constitue un facteur déterminant dans la réussite professionnelle des jeunes
anglophones. Des organismes ont réclamé du financement supplémentaire pour
offrir de la formation linguistique aux entrepreneurs et aux employés anglophones.
2. L’appui des gouvernements :
la coordination et le réseautage
Les communautés anglophones du Québec semblent entretenir d’assez bonnes
relations avec les ministères et organismes fédéraux dans le secteur du
développement économique. De façon générale, les témoins ont reconnu
l’importance d’assurer une bonne coordination pour la gestion des programmes
dans le secteur du développement économique.
L’un des mécanismes clés de coordination est le Comité national de
développement des ressources humaines pour la communauté minoritaire
anglophone. Il s’agit d’un partenariat entre le gouvernement fédéral et les
communautés, formé par deux collaborateurs à parts égales : la Table
gouvernementale et la Table communautaire. La CEDEC a eu de bons mots à
l’égard du comité national :
Ce modèle nous permet de travailler à différents échelons, pas seulement au
niveau opérationnel. Nous travaillons avec des gens au Québec qui peuvent
influencer la façon dont nos communautés ont accès aux programmes, et avec
des gens de différentes régions. Il nous permet également d’interagir avec nos
collègues de l’administration centrale, ceux qui élaborent des politiques qui
auront des conséquences sur notre façon de travailler. […] La coordination,
l’interaction et les relations entre
nos communautés et le
BELLE RÉUSSITE :
gouvernement fédéral, par
LE FONDS D’HABILITATION
l’entremise du comité national,
sont essentielles à la viabilité des
Le Fonds d’habilitation pour les
communautés anglophones du
communautés de langue officielle en
Québec.191
situation minoritaire permet de
coordonner les demandes d’aide auprès
La CEDEC a demandé un
des institutions fédérales. Les
engagement de la part
communautés anglophones y voient un
gouvernement fédéral pour qu’il
moyen de créer de nouveaux partenariats
continue à investir dans cette
et de renforcer leurs capacités
communautaires dans les secteurs du
structure de concertation. Aux dires
développement économique et du
de l’organisme, le dernier plan
développement des ressources humaines.
stratégique élaboré par le comité
national remonte à 2006192.
Ressources humaines et Développement des compétences Canada (RHDCC) et
Développement économique du Canada (DEC) pour les régions du Québec sont
191
Ibid., p. 33.
192
Ibid., p. 46.
61
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
deux des partenaires clés des communautés anglophones. Dans le cadre de la
Feuille de route (2008-2013), le gouvernement fédéral a accordé des fonds pour
appuyer le développement économique dans les communautés anglophones193. Les
investissements pour 2008-2013 se détaillent comme suit :

Le renforcement des capacités communautaires : 13,5 millions de dollars
sur cinq ans ont été alloués aux communautés anglophones du Québec dans le
cadre du Fonds d’habilitation pour les communautés de langue officielle en
situation minoritaire.

Le développement économique : 9,2 millions de dollars sur cinq ans ont été
alloués à DEC pour les régions du Québec pour appuyer diverses activités qui
touchent à l’innovation, l’entreprenariat, les partenariats et la diversification
des activités économiques.
RHDCC finance des initiatives d’employabilité qui contribuent au développement
des communautés anglophones du Québec, que ce soit par l’entremise du Fonds
d’habilitation ou de diverses initiatives comme Emplois d’été Canada, Connexion
compétences, Sensibilisation jeunesse, etc. Le Fonds d’habilitation a été cité à
plusieurs reprises comme une belle réussite pour le développement des
communautés anglophones du Québec. « Ce financement essentiel permet à la
CEDEC d’entreprendre, de définir et de soutenir le développement économique
communautaire de la communauté anglophone grâce aux ressources humaines et
aux points d’accès répartis sur le territoire québécois »194. La CEDEC a cependant
tenu à souligner que le Fonds d’habilitation n’a pas été indexé depuis sa mise sur
pied, en 2002-2003, ce qui remet parfois en cause la poursuite de certains projets.
De plus, il semble impossible de déterminer les critères précis selon lesquels le
Fonds d’habilitation est réparti à travers le pays. Lors de son passage devant le
Comité, l’organisme a émis le souhait que les critères des programmes fédéraux
soient adaptés au contexte particulier de chacune des communautés195.
DEC est une agence de développement régional qui travaille à la promotion du
développement économique à long terme des régions du Québec. Dans le cadre de
la Feuille de route (2008-2013), DEC s’est engagé à bonifier ses activités auprès
des communautés anglophones du Québec. La collaboration entre l’agence et les
communautés anglophones semble bien établie, aux dires du ministre d’État,
l’honorable Denis Lebel : « La force de DEC se trouve dans cette capacité que nous
avons d’interagir directement et régulièrement avec les intervenants régionaux et
d’appuyer financièrement des projets de développement économique qui sont issus
193
Ces fonds s’ajoutent au budget régulier des institutions fédérales dont le mandat porte sur
le développement économique (p. ex. RHDCC, DEC, Industrie Canada, etc.).
Malheureusement, nous ne disposons pas du montant total investi par ces institutions pour
2008-2009.
194
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire, Mémoire
présenté au Comité sénatorial permanent des langues officielles, 1er novembre 2010, p. 6.
195
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire
(1er novembre 2010), Délibérations, p. 29.
62
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
et qui répondent aux besoins des communautés »196. Plusieurs organismes
communautaires se sont dits satisfaits de la collaboration qu’ils entretiennent avec
DEC. Un représentant du CASA a affirmé : « Ces initiatives fondées sur les
priorités identifiées dans la [F]euille de route ont largement contribué à un nouvel
élan dans nos communautés »197. Certains organismes, comme le Coasters’
Association, ont nuancé ces propos : « [N]ous estimons que les critères pour les
programmes au Québec ne répondent pas aux critères de la Basse-Côte-Nord. […]
La Basse-Côte-Nord est isolée. Nous n’avons pas les mêmes critères et nous
aimerions voir s’il y a de la flexibilité »198.
La décentralisation vers la province des responsabilités à l’égard de la gestion de la
main-d’œuvre et du marché du travail a soulevé des critiques de la part des
témoins rencontrés. Aux dires de YES Montréal : « Les paiements de transfert du
gouvernement fédéral vers les programmes d’emploi gérés par Emploi-Québec ne
répondent pas aux besoins de la
communauté anglophone »199. Les
BELLE RÉUSSITE :
témoignages ont montré que les
UN PARTENARIAT POUR AMÉLIORER
services offerts en anglais ne sont
L’ACCÈS AUX SERVICES D’EMPLOIS
pas bien connus. Selon la CEDEC :
La CEDEC a entamé des discussions avec
« De nombreux anglophones ne
Emploi-Québec pour trouver des solutions
connaissent pas les services offerts
au problème systémique de l’accès aux
ou ont eu de la difficulté à obtenir
services d’emplois en anglais. L’adoption
des fonds »200.
d’une approche coordonnée dans le
secteur du développement économique a
en effet été reconnue comme essentielle.
En 2010-2011, ces deux organisations
examineront le niveau d’utilisation des
services dans la communauté anglophone
partout au Québec et elles élaboreront
une stratégie pour mieux intégrer les
anglophones dans le marché du travail.
La CEDEC vient également de lancer un
sondage sur l’employabilité des
travailleurs âgés, afin d’identifier les
moyens appropriés pour les aider à
intégrer le marché du travail.
Le manque de coordination dans les
actions prises par les deux paliers
gouvernementaux peut expliquer
une partie des difficultés
rencontrées : « Il n’y a aucun plan
stratégique destiné à la communauté
anglophone pour ce qui est des
enjeux liés au développement
économique au sein des
gouvernements fédéral et
provinciaux, et ces derniers
travaillent souvent à contrecourant »201. YES Montréal a
196
L’honorable Denis Lebel, ministre d’État de l’Agence de développement économique du
Canada pour les régions du Québec, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 12, 16 novembre 2009, p. 37.
197
Committee for Anglophone Social Action (13 septembre 2010), p. 35.
198
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 50.
199
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 6.
200
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire
(1er novembre 2010), Délibérations, p. 28.
201
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 7.
63
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
demandé à ce que soit revue l’entente fédérale-provinciale afin d’évaluer si elle
correspond toujours aux besoins de la minorité anglophone. La CEDEC collabore
depuis peu avec Emploi-Québec pour s’attaquer au problème.
Comme dans de nombreux autres secteurs, le réseautage et les partenariats sont
apparus essentiels pour soutenir le développement des communautés
anglophones. L’exemple du Centre de ressources famille-militaire de Valcartier a
été cité à quelques reprises devant le Comité comme un exemple de belle réussite.
Ce centre offre des services directs de réseautage et d’intégration aux militaires et
à leur famille avant, pendant et après leur arrivée dans la région. YES Montréal est
un autre exemple d’organisme qui reconnaît l’importance d’entretenir des liens
avec les différents intervenants. Le commissaire aux langues officielles et le
ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles ont d’ailleurs vanté ses
mérites devant le Comité.
3. La sous-représentation des anglophones
dans la fonction publique
Les témoignages ont montré que les anglophones du Québec ont le sentiment
d’être sous-représentés dans les divers paliers de l’administration publique. Selon
les données de Statistique Canada, la représentation des anglophones se répartit de
la façon suivante : fédérale (11,7 %), provinciale (2,8 %) et municipale / locale /
régionale (7,0 %)202. On perçoit ce phénomène dans l’ensemble des régions du
Québec203. Ces chiffres se fondent sur les données du recensement de 2006.
Les données du plus récent rapport annuel du Conseil du Trésor présentent un
portrait un peu différent pour la fonction publique fédérale : la participation des
anglophones au Québec atteint 7,9 % dans l’administration publique centrale et
14,1 % dans l’ensemble des institutions fédérales assujetties à la Loi204. Ces chiffres
se fondent sur les données administratives recueillies par le Secrétariat du Conseil du
Trésor pour 2008-2009.
De façon générale, plusieurs témoins ont estimé que l’accès aux emplois dans le
secteur public doit être amélioré. Certaines institutions fédérales ont pris des
mesures pour inciter les jeunes anglophones à poursuivre une carrière dans la
fonction publique fédérale. Une représentante de la Commission de la fonction
publique a mentionné ce qui suit : « Nous avons des rencontres régulières avec
diverses associations pour faire le point. Parfois, il est utile d’expliquer comment
on postule, quelles sont les exigences et quels sont les avantages d’être bilingue,
même dans les régions où nous avons besoin de candidats anglophones et de
202
Statistique Canada (2010).
203
Ibid.
204
Secrétariat du Conseil du Trésor, Rapport annuel sur les langues officielles 2008-2009,
Ottawa, 2010. Il faut noter que l’administration publique centrale comprend quelque 80
institutions, tandis qu’il y a quelque 200 institutions fédérales assujetties à la Loi (ce qui
comprend : l’administration centrale, les sociétés d’État, les organismes privatisés, les
organismes distincts et les établissements publics).
64
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
candidats bilingues »205. Une représentante de TPSGC a affirmé devant le Comité
qu’il est possible de prendre des mesures pour remédier au problème de
recrutement d’anglophones dans la fonction publique :
Nous avons décidé de travailler avec les collectivités et de cerner les obstacles
existants, afin de comprendre pourquoi nous n’arrivions pas à attirer les
anglophones à TPSGC dans la région du Québec. Nous nous sommes aperçus
que beaucoup postulent directement aux bureaux nationaux parce qu’il y a
davantage de mobilité et de possibilité d’avancement. Nous essayons
maintenant d’embaucher au premier échelon pour que les gens puissent
envisager une progression dans leur cheminement professionnel. Nous nous
rendons dans les campus des universités et des collèges pour sensibiliser les
recrues potentielles. Nous allons à McGill, à Concordia et à Bishop’s et
travaillons avec les représentants des collectivités, qui nous aident à cibler les
groupes et à attirer des employés potentiels. Nous essayons également de
nous servir des employés et de voir si nous pouvons utiliser leur réseau pour
attirer des candidats. Lorsque nous nous rendons dans les campus, nous
essayons d’emmener des anglophones avec nous, pour ne pas avoir une
équipe uniquement francophone au kiosque de recrutement. Tous les
employés sont bilingues, mais ils peuvent montrer qu’on peut évoluer dans
notre organisation. L’objectif est vraiment d’augmenter la présence. Depuis que
cette mesure a été mise en place, on a vu une augmentation de 2 % de notre
main-d’œuvre anglophone au Québec […] On estime que si on continue, on
devrait pouvoir redresser la situation au cours des deux prochaines années.206
Somme toute, les témoins rencontrés étaient d’avis que le gouvernement fédéral
doit trouver des moyens de rejoindre les collectivités anglophones à l’extérieur des
grands centres. Il doit également promouvoir la connaissance des deux langues
officielles comme un atout. Les candidats déjà bilingues auront de meilleures
chances de décrocher un emploi dans la fonction publique fédérale.
Malheureusement, un grand nombre d’anglophones du Québec ne considèrent pas
la fonction publique fédérale comme un employeur potentiel. Les délais associés au
processus d’embauche pourraient expliquer le désintérêt des jeunes à l’égard des
emplois dans la fonction publique.
La CEDEC a mentionné qu’un sous-comité a été créé au sein du Comité national de
développement des ressources humaines pour la communauté minoritaire
anglophone pour « aborder le défi de la représentation anglophone dans la
fonction publique fédérale au Québec »207. Mais des mesures supplémentaires
semblent nécessaires pour assurer une représentation équitable de la population
d’expression anglaise dans l’ensemble des institutions fédérales du Québec.
Malheureusement, le président du Conseil du Trésor n’a pas été en mesure de
205
Commission de la fonction publique, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 11, 19 octobre 2009, p. 19.
206
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, Délibérations du Comité sénatorial
permanent des langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 14,
7 décembre 2009, p. 15.
207
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire
(1er novembre 2010), Mémoire, p. 13.
65
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
suggérer des solutions concrètes lorsqu’il a été questionné à ce sujet par le
Comité. À son avis, les données recueillies par son ministère démontrent que la
participation des anglophones dans les institutions fédérales du Québec est
équitable. Il a tout de même reconnu ce qui suit : « Il est important que nos
responsables de gestion des programmes continuent à encourager les gens à
suivre les programmes pour améliorer l’accès aux emplois dans le secteur
public »208. Malheureusement, la Feuille de route (2008-2013) ne contient aucune
considération à cet égard.
L’attrait des anglophones pour la fonction publique provinciale est encore moindre,
et cela est probablement dû au fait que la maîtrise du français y est obligatoire. La
CEDEC a mentionné que le gouvernement du Québec a commencé à prendre des
mesures pour recruter des représentants de la communauté d’expression anglaise
ainsi que d’autres groupes. « Pour la communauté anglophone, cela représente
une possibilité de collaboration avec le gouvernement du Québec pour aider à
atteindre les objectifs »209.
4. Les nouvelles technologies
Dans les régions éloignées, l’accès aux nouvelles technologies apparaît essentiel
pour appuyer la vitalité des communautés. L’Internet à haute vitesse n’est pas
disponible partout. Certaines communautés, comme c’est le cas sur la Basse-CôteNord, se voient refuser l’accès aux ressources nécessaires pour assurer le
développement des télécommunications dans leur région. Dans certains cas,
l’accès est restreint à l’école seulement. L’accès aux technologies de pointe
constitue pour certaines communautés la seule façon de maintenir leur vitalité.
Selon un représentant de la Commission scolaire Eastern Townships :
L’un des besoins les plus urgents est de procurer un accès abordable à
l’Internet haute vitesse aux régions rurales. Les besoins sont les plus grands
chez ceux qui habitent loin des centres d’activités culturelles et sociales. […]
Cet accès pourrait être la façon la plus efficace, au regard des coûts, de
réduire la pauvreté et le nombre de défavorisés. Des techniques nouvelles, qui
peuvent supprimer des obstacles que constituent la distance et l’ignorance,
apparaissent rapidement, mais, malheureusement, les régions rurales sont les
dernières à en profiter.210
Selon Heritage Lower St-Lawrence, les nouvelles technologies sont un moyen
d’assurer une prestation égale de services dans les deux langues officielles :
« Nous encourageons le gouvernement du Canada à continuer de développer
l’accès en ligne aux services gouvernementaux en anglais. C’est un moyen efficace
208
L’honorable Stockwell Day, président du Conseil du Trésor (13 décembre 2010), p. 8.
209
Corporation d’employabilité et de développement économique communautaire
(1er novembre 2010), Mémoire, p. 13.
210
Commission scolaire Eastern Townships (16 septembre 2010), p. 75.
66
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
de fournir des services et d’assurer un accès équitable à l’information »211. Le
commissaire aux langues officielles a appuyé les propos de ces organismes212.
G. LA PETITE ENFANCE
Il est reconnu que la petite enfance constitue la voie d’accès pour lutter contre
l’assimilation des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Le
sentiment d’appartenance à la communauté se développe dès le tout jeune âge.
Les lignes suivantes décrivent les quelques constats présentés au Comité pour ce
secteur de développement.
1. L’appui limité des gouvernements
Le Comité a reçu et entendu un nombre limité de témoignages à propos du secteur
de la petite enfance. La plupart des témoins en sont venus à la même conclusion :
on constate un appui limité des gouvernements pour l’offre de services en anglais
dans le secteur de la petite enfance.
La Feuille de route (2008-2013) ne consacre aucun investissement dans le secteur
de la petite enfance pour les communautés anglophones du Québec. Un
représentant de RHDCC a affirmé que son ministère ne finance pas d’initiatives
particulières pour les raisons suivantes :
[…] le problème des jeunes enfants qui ne sont pas bien préparés à
commencer l’école semblait être beaucoup plus fréquent (sic.) dans les
collectivités francophones minoritaires que dans les collectivités anglophones
minoritaires. C’est sans doute lié au simple fait que les collectivités
anglophones en situation minoritaire au Québec sont habituellement beaucoup
plus importantes et plus denses et mieux à même de subvenir à leurs propres
besoins. Les communautés anglophones, y compris celles du Québec, ne
considéraient pas que ce problème était prioritaire, bien que ce projet ait été
mis sur pied juste avant mon arrivée au ministère.213
L’appui dans le secteur de l’alphabétisation est également très limité, mais aucun
des témoins rencontrés n’a soulevé de difficulté particulière à cet égard.
H. LES JEUNES
La jeunesse est reconnue comme un secteur prioritaire de développement pour les
communautés anglophones, et ce, dans l’ensemble des régions du Québec.
Comme nous le verrons ci-dessous, un grand nombre de jeunes anglophones
211
Heritage Lower St-Lawrence (6 décembre 2010), p. 4.
212
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 20.
213
Ressources humaines et Développement des compétences Canada, Délibérations du Comité
sénatorial permanent des langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 4,
3 mai 2010, p. 50.
67
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
estiment que les possibilités qui s’offrent à eux au Québec ne correspondent ni à
leurs attentes, ni à leurs besoins. La présence de jeunes anglophones engagés au
sein de leur milieu apparaît essentielle pour la survie et l’épanouissement des
communautés anglophones.
1. La clé du présent et de l’avenir
Autant pour la minorité francophone que la minorité anglophone du Canada, la
jeunesse constitue la clé pour assurer la viabilité à long terme d’une communauté
en situation minoritaire. L’un des facteurs déterminants qui marquent la jeunesse
anglophone du Québec est sa grande mobilité. Un grand nombre de jeunes
anglophones du Québec quittent la province lorsque vient le temps de poursuivre
des études ou d’occuper un emploi. Ceux qui restent sont plus susceptibles d’être
sans emploi ou occupent des emplois à conditions précaires. Le RAWQ a expliqué
les effets néfastes de l’exode des jeunes sur la vitalité communautaire : « En
Outaouais, beaucoup de jeunes sont incités à quitter leur région natale pour
s’établir à Ottawa où les études, l’emploi, les activités sociales et les loisirs sont
plus accessibles, ce qui a un effet dévastateur sur la vitalité de notre communauté
anglophone »214. Cela rejoint plusieurs des témoignages entendus dans le cadre
des audiences publiques. Le QCGN a affirmé :
La jeunesse, c’est le futur, surtout dans les petites communautés en dehors
de la région de Montréal. Lorsqu’ils quittent [la région] pour aller à l’université
ou pour avoir un meilleur emploi ou simplement un emploi, ils ne reviennent
pas. On travaille très fort sur ce dossier et c’est devenu une priorité non
seulement pour l’organisation à Montréal, mais dans les organisations un peu
partout.215
Récemment, le QCGN a mené une étude auprès des jeunes anglophones du
Québec afin de mieux identifier les défis auxquels ils font face216. L’organisme a
identifié la jeunesse comme un axe prioritaire de développement.
De façon générale, les témoins se sont entendus pour dire qu’il faut encourager les
jeunes anglophones à s’impliquer dans leur communauté. Un représentant de
l’Université Bishop’s a soutenu ce qui suit : « Les jeunes sont plus susceptibles de
rester dans la région et d’y jouer un rôle actif si leurs études leur ont permis de
sortir de l’université pour s’investir dans la collectivité locale »217. Pour participer
pleinement au développement de leur communauté, les jeunes anglophones ont
cependant certains défis à relever. Parmi ceux-là, il y a la maîtrise du français et la
participation à l’économie de leur région.
214
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 6.
215
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 39.
216
Quebec Community Groups Network, Créer des espaces pour les jeunes Québécois et
Québécoises : Orientations stratégiques à l’intention des jeunes d’expression anglaise du
Québec, janvier 2009.
217
Université Bishop’s (16 septembre 2010), p. 53.
68
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
2. Les défis : la maîtrise du français
et l’accès à la formation et aux réseaux
Comme nous l’avons déjà constaté, la capacité de maîtriser le français est un
facteur essentiel dans la réussite économique des jeunes anglophones. Selon le
QCGN :
Le départ d’anglophones bilingues hautement scolarisés représente une perte
de capital humain, tant pour la communauté d’expression anglaise du Québec
que pour l’ensemble de la société québécoise. Ce phénomène démontre
également le besoin de mettre au point une politique d’apprentissage du
français, qui reconnaîtrait cette langue comme une compétence
professionnelle essentielle. Une stratégie de développement efficace en
matière de ressources humaines, avec la collaboration et le soutien des
principaux partenaires fédéraux et provinciaux, s’avère d’une importance
primordiale pour la survie de notre communauté.218
Les jeunes anglophones sont parmi les plus bilingues du pays. Néanmoins,
plusieurs d’entre eux croient que leur capacité à maîtriser le français n’est pas
suffisante. Ils ont également du mal à voir la valeur ajoutée que représente leur
niveau de connaissance des deux langues officielles. Selon un représentant de
VEQ : [Les jeunes anglophones] ne comprennent pas qu’ils sont un atout
hautement recherché dans notre région »219. Cette attitude pourrait s’expliquer par
cette difficulté qu’ont les jeunes à définir leur sentiment d’appartenance envers
leur communauté, que ce soit la communauté anglophone ou la société québécoise
dans son ensemble. À ce sujet, Jack Jedwab a affirmé :
[…] les jeunes anglophones qui ont appris le français n’ont pas l’impression
d’être véritablement représentés dans les institutions de la province, par
exemple les médias. […] Ils n’ont pas le sentiment d’exister dans ce qu’on
pourrait qualifier au Québec de grands médias, dans les grandes institutions
culturelles. […] Ils ne se sentent pas représentés dans le processus
décisionnel, dans la fonction publique ou dans les institutions fédérales au
Québec. Ils ne se sentent tout simplement pas représentés.220
Dans les Cantons de l’Est, on a attribué ce faible sentiment d’appartenance au peu
d’intérêt des employeurs à embaucher les jeunes anglophones221.
Dans certaines régions, la connaissance du français des jeunes est très limitée, ce
qui peut causer des difficultés lorsque vient le temps d’occuper un emploi ou
d’avoir accès aux services dont ils ont besoin. Le Coasters’ Association a affirmé :
« Les jeunes qui quittent la Basse-Côte-Nord pour apprendre un métier ont de la
difficulté à intégrer la main-d’œuvre »222. En Outaouais, le RAWQ a reconnu qu’il
218
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 29.
219
Voice of English-speaking Québec (13 septembre 2010), p. 17.
220
Jack Jedwab (14 juin 2010), p. 25.
221
Association des Townshippers (15 septembre 2010), p. 7.
222
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 47.
69
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
reste du travail à faire « afin que nos jeunes soient suffisamment bilingues pour
être en mesure de travailler en français et de participer activement à la société
québécoise »223. Selon les témoignages entendus, il faut donc offrir davantage
d’occasions aux jeunes anglophones de perfectionner leur maîtrise du français.
Comme nous l’avons vu précédemment, les jeunes anglophones sont confrontés à
des défis importants en matière d’accès à la formation dont ils ont besoin pour
vivre et s’intégrer dans leur communauté. À ce sujet, une représentante du Centre
communautaire Dawson a affirmé : « Si on peut amener nos jeunes anglophones
et les soutenir dans leur formation, ils deviendront éventuellement bilingues, ils
pourront travailler dans des emplois et desservir la population anglophone »224.
Une fois leur formation terminée, les jeunes ont besoin d’avoir accès à des services
d’employabilité et à des réseaux pour assurer leur poursuite professionnelle. Un
représentant de VEQ a mentionné ceci : « Sur le plan de l’employabilité, on aurait
besoin de services directs pour nos jeunes en termes de formation, de réseautage,
de préparation à l’entrée sur le marché du travail et de tout ce qui a trait au
secteur de l’entrepreneuriat afin de les aider à fonder une entreprise dans notre
région »225. Un témoignage semblable a été entendu dans l’Outaouais : « [Les
jeunes] se sentent découragés parce qu’ils n’ont pas de contacts dans les réseaux
professionnels, ce qui leur fait rater des possibilités de stage, d’apprentissage et
de mentorat »226. Le QCGN a lui aussi reconnu l’importance des réseaux :
[…] les réseaux sont importants lorsqu’on recherche un emploi ou qu’on
discute de professions. […] Nous connaissons l’importance des compétences et
de la connaissance de la langue, mais l’essentiel, souvent, ce sont les gens
que l’on connaît, la composition du réseau, la façon dont la recommandation
professionnelle est faite. La notion de l’équité en matière d’emploi, pour un
jeune allophone ou un anglophone qui se lance sur le marché du travail, a à
voir avec les gens avec lesquels il est allé à l’école et avec ceux qu’il connaît
dans le milieu des entreprises ou des affaires. Nos jeunes anglophones disent
souvent qu’ils ont de la difficulté à trouver un emploi. La raison peut être leur
connaissance de la langue, mais c’est parfois aussi les réseaux et toute cette
notion en matière d’équité en matière d’emploi : comment trouve-t-on un
emploi? Qui connaissez-vous au sein d’une entreprise? Qui sont vos mentors,
vos champions? C’est parfois ce qui manque dans la quête d’un emploi. 227
Le commissaire aux langues officielles a suggéré au Comité que les communautés
anglophones s’inspirent d’exemples tirés des communautés francophones en
situation minoritaire, pour qui les réseaux jeunesse sont plus développés228.
223
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 6.
224
Centre communautaire Dawson (29 novembre 2010), p. 12.
225
Voice of English-speaking Québec (13 septembre 2010), p. 17.
226
Regional Association of West Quebecers (15 novembre 2010), p. 6.
227
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 24.
228
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 22.
70
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
3. L’appui des gouvernements aux initiatives jeunesse
Dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013), le gouvernement fédéral a
accordé des fonds pour appuyer des initiatives jeunesse au Québec. Les
investissements pour 2008-2013 se détaillent comme suit :

Les initiatives jeunesse : 0,6 million de dollars sur cinq ans ont été alloués à
des initiatives pour permettre aux jeunes anglophones d’intégrer leurs
apprentissages à l’extérieur de la salle de classe.
L’occasion d’utiliser le français à l’extérieur de la salle de classe a été reconnue
comme un élément essentiel par de nombreux témoins. En effet, le niveau de
connaissance du français dépend de la capacité des jeunes à utiliser la langue
entre eux, avec leur famille ou pour l’obtention de services. Le Comité a rencontré
informellement les représentants de deux associations étudiantes, l’Association
étudiante de l’Université de Bishop’s et l’Association étudiante du campus de
Lennoxville du Collège régional Champlain, qui ont reconnu l’importance d’appuyer
les échanges d’étudiants entre les diverses universités canadiennes. Les étudiants
qui choisissent d’étudier à Sherbrooke veulent pouvoir étudier en anglais dans un
environnement francophone.
Par ailleurs, YES Montréal a prié le gouvernement fédéral de ne pas transférer les
programmes de la Stratégie emploi jeunesse à la province. L’organisme a
demandé à ce que « chaque fois qu’un paiement de transfert est versé à la
province, il [faille] considérer les conséquences de ce paiement pour la
communauté anglophone du Québec »229.
I. LES IMMIGRANTS ET LES NOUVEAUX ARRIVANTS
L’immigration et l’appui aux nouveaux arrivants posent de grands défis pour la
population anglophone du Québec. Les communautés anglophones veulent,
comme leur contrepartie francophone à l’extérieur du Québec, que le
gouvernement fédéral joue pleinement son rôle afin d’attirer des immigrants,
d’assurer leur intégration et de permettre le renouvellement des communautés de
langue officielle en situation minoritaire. Elles veulent également que les nouveaux
arrivants de langue maternelle anglaise, qu’ils soient originaires d’autres provinces
canadiennes ou d’autres régions du Québec, puissent s’identifier comme membre à
part entière de la communauté. Les prochains paragraphes résument les
principaux défis et mettent l’accent sur de belles réussites dans ce secteur.
1. L’attraction et la rétention
Comme nous l’avons déjà mentionné, deux des principaux aspects de la population
anglophone du Québec sont sa grande diversité et son caractère multiculturel.
Devant le Comité, le commissaire aux langues officielles a souligné ceci : « La
229
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 18.
71
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
communauté anglophone du Québec a toujours été inclusive et disposée à intégrer
les nouveaux arrivants. Sa diversité et son évolution ont aussi été façonnées par
l’immigration ainsi que par l’émigration vers d’autres parties du Canada »230. Pour
le QCGN, cette diversité représente une grande force pour les communautés
anglophones231. De fait, plusieurs immigrants qui s’établissent au Québec ont un
attrait pour la langue anglaise.
Les communautés anglophones ont un rôle essentiel à jouer dans l’attraction et la
rétention des immigrants au Québec. Cependant, les lois et politiques en vigueur
limitent le recrutement et la rétention d’immigrants et de nouveaux arrivants au
sein des communautés anglophones du Québec. Comme on le sait, les
responsabilités à l’égard de la sélection des immigrants et de l’accueil et de
l’intégration des résidents permanents ont été transférées entre les mains du
gouvernement du Québec en vertu de l’Accord Canada-Québec relatif à
l’immigration et à l’admission temporaire des aubins de 1991. De fait, le
gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec ont signé la première
entente en matière d’immigration en 1971. L’Accord Canada-Québec de 1991 vise
notamment « à préserver le poids démographique du Québec au sein du Canada et
à assurer une intégration des immigrants dans la province respectueuse de son
caractère distinct »232. De même, la législation provinciale en vigueur dans le
secteur de l’éducation n’autorise pas les immigrants à fréquenter les écoles de
langue anglaise. Pour les enfants originaires des autres provinces canadiennes, ils
doivent avoir reçu « la majeure partie » de leur enseignement en anglais pour
obtenir l’autorisation de fréquenter une école anglaise au Québec.
L’enjeu pour la population québécoise d’expression anglaise consiste à déterminer
les façons d’attirer de nouveaux arrivants dans les communautés de langue
anglaise sans nuire aux aspirations de la majorité francophone. Elle cherche à
obtenir un appui du gouvernement fédéral dans ses efforts pour recruter et retenir
les immigrants anglophones, tout en mettant l’accent sur l’apprentissage du
français. Comme pour les communautés francophones à l’extérieur du Québec, la
population québécoise d’expression anglaise voit dans l’immigration une façon
d’assurer la pérennité des communautés anglophones et de leurs institutions. Le
QCGN a résumé les défis vécus dans le secteur de l’immigration de la façon
suivante : « L’immigration au Québec est pour la province une façon de préserver
son importance démographique au Canada et de garantir l’intégration des
immigrants, dans le respect de l’identité distincte du Québec. Le gouvernement de
la province ne s’en est jamais servi pour renouveler les communautés de langue
anglaise, dont un grand nombre disparaissent lentement sous, notamment, la
pression démographique »233. Le QCGN a fait connaître sa position à propos de
l’immigration :
230
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 6.
231
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 8.
232
Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubins, signé
par le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec le 5 février 1991.
233
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010), p. 10 et 11.
72
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
[…] il souhaite établir un partenariat avec le gouvernement fédéral et le
gouvernement du Québec pour aider les immigrants anglophones à s’insérer
et à s’adapter – en pleine connaissance de la nécessité d’apprendre le
français, comme l’ont démontré les leaders de la communauté à l’égard de
l’apprentissage du français par les jeunes – tout en maintenant des liens avec
la communauté. Le problème, c’est que la question est trop souvent perçue
comme une situation à somme nulle, c’est-à-dire que l’immigrant qui se
tourne vers la communauté anglophone est considéré comme un francophone
de moins, comme un membre de moins de la communauté francophone du
Québec.234
2. L’appui des gouvernements : la recherche
Comme toutes les institutions fédérales, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC)
a le devoir de prendre des mesures positives pour promouvoir l’usage du français
et de l’anglais dans la société canadienne et pour favoriser l’épanouissement et
appuyer le développement des deux communautés de langue officielle du Canada.
Le ministère a donc une responsabilité envers la minorité anglophone du Québec
en vertu de la partie VII de la Loi. Le partage des compétences et le manque de
ressources rendent la tâche du ministère assez complexe à cet égard. Une
représentante de CIC a décrit la situation de la façon suivante :
Cela fait quelques années que les communautés anglophones du Québec
viennent nous rencontrer, au ministère, et nous disent que nous avons des
responsabilités envers eux, en vertu de la partie VII. Comme on manque de
fonds et qu’on veut évidemment s’assurer qu’on ne piétine pas sur l’accord
Canada-Québec, on a donc travaillé avec eux pour faire un peu de recherche
pour avoir de meilleures pratiques. On travaille aussi afin de comprendre le
contexte de régionalisation de l’immigration pour voir comment on peut aider
les communautés à retenir les immigrants anglophones dans les régions à
l’extérieur de Montréal, par exemple. Nous ne sommes pas encore prêts à
agir, mais plutôt de les aider à faire de la recherche. On leur a donné un peu
d’argent à cette fin, c’est ce dont ils avaient le plus besoin. 235
Dans le cadre de la Feuille de route (2008-2013), CIC a accordé une petite somme
d’argent aux communautés anglophones du Québec dans le secteur de
l’immigration. Les investissements prévus pour 2008-2013 serviront à :

La promotion de l’usage de l’anglais : Des cérémonies de citoyenneté
organisées en anglais viseront à créer des relations entre toutes les
communautés de nouveaux arrivants dans la province.
234
Ibid., p. 25.
235
Citoyenneté et Immigration Canada, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 12, 2 novembre 2009,
p. 28 et 29.
73
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ

La recherche : Une étude menée par la chercheuse Michèle Vatz Laaroussi, de
l’Université de Sherbrooke, servira à évaluer le capital d’attraction et de
rétention des populations immigrantes au sein des collectivités rurales au
Québec où il y a une présence significative d’anglophones. Un atelier sur
l’immigration et la diversité au sein des communautés anglophones du Québec
a été financé par le ministère dans le cadre du Congrès national de Metropolis,
qui a eu lieu à Montréal au printemps 2010. Une édition spéciale de
l’Association des études canadiennes portant sur ce thème a été publiée en
marge de ce congrès. Une revue de littérature portant sur les meilleures
approches utilisées par les communautés francophones en situation minoritaire
dans le secteur de l’immigration est en cours de réalisation; elle pourra servir
de source d’inspiration pour les communautés anglophones en ce qui concerne
l’élaboration des politiques, des programmes et des activités dans ce secteur.
3. Les défis : les réseaux, les emplois
et la formation linguistique
Le commissaire aux langues officielles considère que les organismes anglophones
ont jusqu’ici fait du bon travail en matière d’appui à l’immigration et est d’accord
pour dire qu’il faut augmenter leurs ressources dans ce secteur :
Il serait bénéfique que les communautés anglophones du Québec puissent
partager leur expérience en matière d’immigration et de prise en compte de la
diversité, et qu’elles participent activement, par le fait même, aux débats de
société menés sur le sujet. De plus, il serait important que les organismes des
communautés anglophones obtiennent les ressources dont ils ont besoin pour
continuer de travailler à l’intégration et à l’épanouissement des nouveaux
arrivants au Québec.236
En d’autres mots, le gouvernement fédéral devrait permettre aux communautés
anglophones du Québec de maintenir en place ses réseaux et ses infrastructures
en immigration et d’en créer d’autres lorsque le besoin se manifeste. Les
témoignages ont montré que les communautés anglophones ont parfois du mal à
intégrer les nouveaux arrivants à leurs réseaux. Jack Jedwab a commenté la
situation de la façon suivante :
Le nombre d’immigrants anglophones au Québec est plus grand qu’on ne le
suppose. On les oriente vers des établissements francophones pour apprendre
la langue, ce qui est un objectif légitime et valide s’ils souhaitent devenir
bilingues. Mais ils sont fondamentalement coupés de la communauté, de sorte
que la communauté anglophone a de la difficulté à leur assurer un soutien
institutionnel.237
Comme on le sait, l’intégration des immigrants passe souvent par l’accès aux
emplois. L’accès à des réseaux est d’autant plus pertinent dans ce contexte,
comme l’a affirmé une représentante du QCGN : « Les immigrants ont tendance à
236
Commissariat aux langues officielles, Rapport annuel 2008-2009, Ottawa, 2009, p. 81.
237
Jack Jedwab (14 juin 2010), p. 25.
74
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
se rattacher à la communauté anglophone, mais ils ont fréquenté l’école française
parce qu’ils y sont obligés. Parfois, ils sont coupés des réseaux susceptibles de les
aider à trouver un emploi »238. Un représentant de VEQ a abondé dans le même
sens : « Il faut offrir davantage de services directs pour les aider à se trouver un
emploi et à se créer un réseau social leur permettant de rencontrer des personnes
aux prises avec les mêmes problèmes. Ainsi, ils n’auront pas l’impression d’être les
seuls dans cette situation »239. Des témoins ont soulevé des préoccupations
concernant la reconnaissance des titres de compétence étrangers et les problèmes
de visas éprouvés par les étudiants universitaires qui désirent demeurer dans la
province après leurs études.
L’intégration des immigrants passe aussi par l’accès à la formation. Des ressources
gouvernementales existent pour offrir de la formation linguistique aux immigrants.
Certains témoins ont soulevé la nécessité d’offrir ce genre de formation aux
membres des communautés qui veulent en bénéficier. Selon le commissaire aux
langues officielles: « Il faut faire en sorte que l’Entente Canada-Québec puisse
inclure un financement pour la formation linguistique non seulement pour des
immigrants ou des gens qui viennent d’autres provinces, mais également pour les
membres de la communauté »240. Cette suggestion a été reprise par la FQAFE241.
De son côté, YES Montréal souhaiterait que du soutien gouvernemental soit offert
aux immigrants pour l’apprentissage de l’anglais242.
4. Le renouvellement de la population anglophone en région
Les organismes communautaires de plusieurs régions aimeraient pouvoir compter
sur l’apport de nouveaux arrivants, qu’ils soient issus de l’immigration ou d’autres
provinces canadiennes, pour assurer le renouvellement de la population
anglophone. C’est notamment le cas en Gaspésie, en Outaouais, dans les Cantons
de l’Est et à Québec, où la communauté anglophone doit composer avec deux
réalités : l’exode des jeunes et le vieillissement de la population. Il faut trouver
des moyens d’encourager les nouveaux arrivants à s’installer en région éloignée.
Pour ce faire, ils doivent avoir accès à du soutien, à des réseaux et à des
perspectives d’emploi.
238
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 24.
239
Voice of English-speaking Québec (13 septembre 2010), p. 21.
240
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 12.
241
Fédération québécoise des associations foyer-école (17 septembre 2010), p. 78.
242
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes) (25 octobre 2010), p. 8 et 9.
75
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
BELLE RÉUSSITE :
LE PROGRAMME D’INTÉGRATION ET
DE MAINTIEN EN PLACE DES
NOUVEAUX ARRIVANTS
Tous les cinq ans, 25 % de la population
anglophone de la région de Québec se
renouvelle grâce aux nouveaux arrivants.
Cette population fait face à des obstacles
de nature linguistique, sociale
(isolement), économique (employabilité)
et structurelle (manque d’information sur
les services offerts).
Le programme d’intégration et de
maintien en place des nouveaux arrivants,
mis sur pied par Voice of English-speaking
Québec, aide les nouveaux arrivants et
leur famille dans leur adaptation au style
de vie, à la culture et à l’environnement
particulier de la région de Québec.
Il offre divers services : séances
d’information, trousses, projets de
jumelage, bulletins électroniques,
banques d’emplois, etc. Il reçoit le soutien
financier de la ville de Québec et est
appuyé par de nombreux partenaires du
milieu de l’éducation et de la communauté
anglophone. Il vise trois objectifs
particuliers :

faciliter l’intégration des nouveaux
arrivants à la communauté
anglophone minoritaire et à la
communauté francophone majoritaire;
Un représentant de VEQ a fait part
au Comité d’une expérience
prometteuse à cet égard, en parlant
de son programme d’intégration et
de maintien en place des nouveaux
arrivants. Ce projet vise à aider les
immigrants à surmonter les
barrières linguistiques et l’isolement
social, tout en leur offrant les
services auxquels ils ont besoin
pour la recherche d’emploi et l’accès
à la formation. Les témoignages ont
montré que la clé du succès réside
dans de solides partenariats et une
volonté partagée entre tous les
intervenants de faire avancer les
choses.
J. LES FEMMES
Le Comité a entendu un nombre
limité de témoignages à propos des
femmes anglophones. Le constat
général pour ce secteur de
développement est que l’accès aux
services est limité.
1.
services
Un accès limité aux
L’accès aux services pour les
femmes et leur famille semble
engendrer plusieurs défis. Dans
 créer des services qui répondent à
leurs besoins, avant et après leur
l’ensemble des régions à l’extérieur
arrivée; et
de Montréal, les infrastructures sont
soit méconnues, soit inexistantes.
 élaborer des services qui répondent
Comme nous l’avons vu
aux besoins des employeurs qui
précédemment, sur la Basse-Côteembauchent de nouveaux arrivants.
Nord, les futures mères doivent se
déplacer dans un établissement de
santé d’une autre région plusieurs semaines avant leur accouchement. Dans
plusieurs familles, l’un des deux époux occupe un emploi saisonnier à l’extérieur
de la région; il s’agit souvent du seul moyen à leur disposition pour subvenir aux
besoins de la famille. Le centre communautaire d’apprentissage de la Basse-CôteNord permet d’offrir quelques services aux femmes et à leur famille. De façon
générale, les femmes qui vivent en région éloignée souffrent d’isolement.
76
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
On pourrait croire que la situation est plus rose sur l’île de Montréal. Pourtant, le
Conseil des femmes de Montréal a soulevé certains défis vécus à cet endroit. Par
exemple, certaines femmes anglophones ont du mal à intégrer le marché du
travail. Pour les femmes plus âgées, l’exode des jeunes et le manque de soutien
familial constituent des freins en matière d’épanouissement économique, d’accès
aux services dont elles ont besoin ou encore d’intégration à la communauté. Un
grand nombre de femmes anglophones se retrouvent donc isolées. « […] elles se
sentent plus isolées et elles ont tendance à rester au sein de leur propre petit
groupe plutôt que de participer plus pleinement à la société »243.
Lors d’une visite sur les lieux du Centre des femmes de Lennoxville par le Comité,
des représentantes de l’organisme ont déploré la disparition de certains fonds du
gouvernement fédéral qui provenaient soit de RHDCC, soit de Condition féminine
Canada. Du financement ponctuel est disponible par l’entremise de Patrimoine
canadien. Mais celui-ci ne semble pas suffisant pour répondre aux besoins. De
plus, il est difficile de déterminer avec précision où les fonds du gouvernement
fédéral sont investis. Les femmes anglophones ont le sentiment que les services
qui leur sont offerts ne sont pas de la même qualité que ceux offerts à la majorité
francophone. En outre, les restrictions imposées par les institutions provinciales en
matière d’affichage public restreignent la promotion active des services offerts aux
femmes anglophones. Comme dans plusieurs autres secteurs de développement, il
y a un manque criant de bénévoles en mesure d’appuyer le travail des organismes
communautaires. La volonté pour mener à bien des projets est là.
Malheureusement, les ressources sont insuffisantes.
K. LES AÎNÉS
Les communautés anglophones du Québec se préoccupent beaucoup de l’avenir de
leurs aînés. Les témoignages ont fait ressortir un manque d’appui à ce segment de
la population. Les ressources et les services offerts sont nettement insuffisants.
1. Le vieillissement de la population et l’accès aux services
Au Québec, la population anglophone est plus âgée que la population francophone.
« Dans neuf des régions du Québec, la population anglophone compte 20 % de
plus de personnes âgées que la population francophone »244. Deux phénomènes
contribuent au vieillissement de la population anglophone : l’exode des jeunes et
l’absence de la « génération du milieu ». Ces deux phénomènes entraînent une
baisse du soutien par la famille pour les aînés. Or, les données de l’Enquête sur la
vitalité des minorités de langue officielle au Canada avaient montré que les
anglophones ont plus tendance à s’adresser à des membres de la famille ou à des
amis en cas de maladie245.
243
Conseil des femmes de Montréal (29 novembre 2010), p. 29.
244
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 116.
245
Statistique Canada (2007).
77
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Le vieillissement de la population entraîne une augmentation des besoins en
matière de soins de longue durée et de soins palliatifs pour un grand nombre
d’aînés anglophones. Pourtant, dans plusieurs régions du Québec, y compris à
Montréal, les aînés ont de la difficulté à avoir accès aux services dont ils ont
besoin. « Les parents de bon nombre de mes amis n’arrivent pas à obtenir une
place dans un centre d’accueil au Québec – même à Montréal – parce qu’il n’y en a
pas. Les soins ne sont pas disponibles »246.
Dans la région de Québec, une résidence offre des services en anglais pour les
personnes âgées : la résidence Saint Brigid’s. Seul un infime pourcentage de la
population anglophone y a accès. Un représentant de VEQ a affirmé que
« l’accessibilité représente en soi un problème. La demande est tellement forte que
beaucoup de nos aînés n’auront malheureusement jamais accès à cette
institution »247. Le Comité a eu la chance d’effectuer une visite sur les lieux de
cette résidence et d’y rencontrer un certain nombre de dirigeants, bénévoles et
résidents. L’accueil chaleureux et le dévouement sans borne de ces gens pour le
bien-être des aînés ont été source d’espoir.
En Outaouais, il y a aussi une résidence offrant des services bilingues aux aînés.
Le manque d’accès n’a toutefois pas été soulevé comme un problème dans cette
région. En région éloignée, comme en Gaspésie ou sur la Côte-Nord, le parcours
pour l’obtention de services pour les aînés est jonché d’obstacles : manque de
soutien de la famille, manque de bénévoles, absence de routes, etc.
Le manque de connaissance du français chez les personnes âgées représente
parfois un obstacle pour l’accès aux services. À Québec, un témoin a soutenu que
« les aînés âgés de 65 ans et plus ont souvent des capacités langagières limitées,
ce qui cause des difficultés dans les établissements de soins de longue durée »248.
Dans certaines familles, comme cela a été soulevé à la Côte-Nord, les aînés ne
sont même pas capables d’entretenir une conversation avec leur propre famille.
2. Les besoins particuliers des aînés anglophones
Plusieurs aînés anglophones ne peuvent pas compter sur le soutien de leur famille.
Cela s’explique, d’une part, par une offre de service qui est pauvre ou inexistante,
et d’autre part, par le phénomène d’exode de la population. Ainsi, de plus en plus
d’aînés « ne cherchent même plus à accéder aux services auxquels ils ont droit
parce qu’ils craignent d’être confrontés à un refus ou à de l’incompréhension, et de
déranger parce qu’il n’y a pas de services, de transport ou d’accès »249. Une
représentante du Coasters’ Association a décrit quelques situations extrêmes
vécues par les aînés de sa région :
246
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 34.
247
Voice of English-speaking Quebec (13 septembre 2010), p. 16.
248
Ibid., p. 13.
249
Association des Townshippers (15 septembre 2010), p. 17.
78
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Nous avons des parents qui partent pendant quatre à six mois par année,
laissant les personnes âgées se débrouiller seules et s’occuper de leurs petitsenfants ou de leurs neveux et nièces. […] Nous avons des couples qui ont été
mariés pendant 60 ans dont l’époux a été placé à Blanc-Sablon et l’épouse, à
Harrington Harbour. Ils ne se reverront probablement jamais à cause de la
distance et de l’absence de routes; ils ne peuvent pas voyager d’un endroit à
l’autre, ce qui est traumatisant pour eux.250
Plusieurs aînés se tournent vers les services de bénévoles pour répondre à leurs
besoins. Dans certaines régions, les bénévoles ne sont tout simplement pas
disponibles. Aux dires du RCSSS :
Il reste donc un nombre limité de citoyens qui doivent endosser le rôle difficile
de soignants pour la population anglophone du Québec. Les bénévoles qui
normalement assureraient bon nombre des services offerts aux aînés ne sont
tout simplement pas là, alors ceux qui restent sont carrément débordés et
souffrent trop souvent d’épuisement professionnel.251
La nécessité n’offrir de la formation dans le domaine des soins à domicile a été
soulevée par VPGN252. Le CAM a fait part au Comité d’un projet appuyé par RHDCC
pour encourager le bénévolat chez les jeunes et pour aider à bâtir des ponts entre
les jeunes et les aînés253.
Alors que faut-il faire pour assurer une meilleure qualité de vie aux aînés
anglophones du Québec? Ce qui ressort de plusieurs témoignages, c’est que l’on
veut miser sur l’autonomie des personnes âgées. On veut permettre aux
personnes âgées d’accéder aux services de santé dont elles ont besoin, d’une part,
et on veut leur donner la possibilité de participer à la vie communautaire ainsi
qu’aux activités sociales et culturelles dans leur langue, d’autre part. L’importance
de maintenir l’autonomie des personnes âgées par la présence et la disponibilité
d’activités sociales et culturelles en anglais a été soulevée dans la région de
Québec, dans les Cantons de l’Est, en Gaspésie et en Outaouais. Un représentant
de VEQ a affirmé : « [O]n n’offre pratiquement aucun service ni aucune activité en
anglais aux 50 à 65 ans qui, par conséquent, sont souvent victimes d’isolement
social »254.
En région éloignée ou en milieu rural, ce phénomène d’isolement est amplifié par
l’insuffisance de transport. Plusieurs témoignages ont démontré l’importance de
regrouper les services destinés aux personnes âgées au même endroit. Devant le
Comité, une représentante de Patrimoine canadien a reconnu ce qui suit : « Ce qui
semble bien fonctionner dans certains coins de pays, c’est lorsqu’on regroupe
ensemble le centre communautaire, le centre des aînés, les garderies pour enfant,
250
Coasters’ Association (13 septembre 2010), p. 46.
251
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 116.
252
Vision Percé – Gaspé Now (13 septembre 2010), p. 32.
253
Conseil des anglophones madelinots (14 décembre 2010).
254
Voice of English-speaking Quebec (13 septembre 2010), p. 13.
79
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
la radio communautaire. On a un genre de masse critique qui fait en sorte que les
aînés, par exemple, ont un peu plus d’appui par la force des choses »255.
Quelques cas de belles réussites qui ont été cités devant le Comité. Par exemple,
le campus St-Lawrence du Collège régional Champlain a un programme qui permet
à une trentaine d’étudiants de recevoir une formation pour devenir préposés aux
soins auprès des aînés. Aux dires des représentants du collège, ce programme a
un impact positif auprès des jeunes256. Au cours de la dernière année, le QCGN a
lancé son Plan d’action à l’intention des aînés d’expression anglaise du Québec, qui
présente un portrait des principaux défis et des actions à prendre pour améliorer le
sort de ce segment de la population257. Cela constitue un premier pas en vue
d’assurer aux aînés anglophones les services auxquels ils ont droit.
L. LA RECHERCHE
Il y a de grands besoins à combler en matière de recherche afin de mieux
comprendre les réalités et les défis des communautés anglophones du Québec.
Dans les lignes qui suivent, nous traçons le portrait des principaux défis dans le
secteur de la recherche.
1. Mieux comprendre les besoins des communautés anglophones
C’est par la recherche qu’on arrive à mieux comprendre les facteurs qui influencent
la vitalité des communautés et qu’on arrive à mettre en place des mesures
pertinentes pour améliorer leur situation. Les acteurs qui travaillent au
développement et à l’épanouissement de ces communautés doivent donc pouvoir
compter sur des données disponibles, fiables et à jour. C’est dans cet esprit que le
Commissariat aux langues officielles a publié des études sur la vitalité de trois
communautés anglophones du Québec, en juin 2008258. C’est aussi dans cet esprit
que le RCSSS a « consacré énormément de temps à l’élaboration d’une base de
connaissances sur la communauté anglophone »259. Une représentante de
l’Université Bishop’s s’est exprimée ainsi devant le Comité :
Je peux dire […] qu’il y a une reconnaissance du fait que la recherche visant la
population anglophone minoritaire du Québec n’est pas à la hauteur, à ce
jour, des problèmes et des situations. Je pense que les universités
anglophones du Québec – et toutes les universités du Québec, peut-on dire –
ont un rôle à jouer pour redresser cette situation. 260
255
Patrimoine canadien, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
2e session, 40e législature, Fascicule no 3, 23 mars 2009, p. 23.
256
Collège régional Champlain – campus St-Lawrence (13 septembre 2010), p. 62.
257
Quebec Community Groups Network, Tracer la voie pour vieillir en santé et demeurer actif :
Plan d’action à l’intention des aînés d’expression anglaise du Québec, 2010-1015.
258
Commissariat aux langues officielles (juin 2008).
259
Réseau communautaire de santé et de services sociaux (14 septembre 2010), p. 115.
260
Université Bishop’s (16 septembre 2010), p. 47.
80
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Il existe à l’heure actuelle un centre et un réseau qui se consacrent entièrement à
la recherche sur les communautés anglophones du Québec. Le Centre de
recherche des Cantons de l’Est, affilié à l’Université Bishop’s « assure la
préservation des documents historiques concernant la communauté anglophone de
la région »261. Ce centre est actif depuis une trentaine d’années et se consacre
surtout aux recherches sur la population des Cantons de l’Est. Bien sûr, le centre
pourrait accomplir davantage s’il était mieux financé.
Le Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression anglaise
(RRCQEA) a été créé au printemps 2009. Noel Burke a décrit la mission du
RRCQEA de la façon suivante :
Ce réseau a été créé dans le but d’améliorer la viabilité et la durabilité de la
communauté. [… Il] a pour rôle d’encourager et d’alimenter la recherche sur
la communauté québécoise d’expression anglaise dans l’intérêt d’établir et
d’affirmer l’identité de cette communauté et de ses membres, ainsi que de
formuler des opinions et des positions qui doivent être examinées et adoptées
à l’égard de la communauté d’expression anglaise pour l’avenir. 262
Le RRCQEA travaille en partenariat étroit avec l’Université Concordia, le QCGN et
les communautés anglophones.
Un grand nombre de témoins a partagé l’avis suivant : c’est en connaissant mieux
les réalités des communautés anglophones du Québec que l’on pourra mieux
répondre à leurs besoins. La recherche constitue un moyen « d’informer le public,
de dissiper les idées fausses et de rétablir les faits »263. Nous l’avons vu tout au
long de ce rapport, les réalités des communautés anglophones du Québec ont
changé au fil des ans. Ces faits sont soit méconnus, soit mal compris, soit mal
communiqués. Une représentante du Commissariat aux langues officielles a
rappelé que « même lorsque les statistiques sur le revenu sortent par Statistique
Canada, un débat persiste. Alors, on a besoin de ces données fiables et cela doit
être fait de très bonne façon »264. Dans cette perspective, certains témoins ont
accueilli avec beaucoup d’enthousiasme le portrait de Statistique Canada publié en
2010.
261
Ibid., p. 44.
262
Noel Burke (14 juin 2010), p. 12.
263
Ibid., p. 13.
264
Commissariat aux langues officielles, Délibérations du Comité sénatorial permanent des
langues officielles, 3e session, 40e législature, Fascicule no 10, 4 octobre 2010, p. 10.
81
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
2. Les statistiques
Il faut souligner que l’interprétation des statistiques pose de grands défis pour la
population anglophone du Québec. Comme nous l’avons vu précédemment, la
taille de cette population varie selon le type de variable utilisée. À l’échelle
fédérale, on définit les anglophones selon la première langue officielle parlée
(PLOP), et ce, dans le but d’appliquer les dispositions du Règlement sur les langues
officielles – communications avec le public et prestation de services265. À l’échelle
provinciale, on tend plutôt à utiliser la langue maternelle pour définir le nombre
d’anglophones. Somme toute, on constate un écart d’environ 387 500 personnes
selon que l’on utilise l’une ou l’autre de ces variables.
Un représentant de Statistique Canada a reconnu ce qui suit : « Chaque variable
linguistique a […] certains avantages et certains inconvénients, dépendamment de
ce que nous voulons étudier »266. Les communautés anglophones préfèrent utiliser
une variable plus inclusive, comme la PLOP, qui permet de tenir compte des
comportements linguistiques des immigrants. Un témoin des Cantons de l’Est a
soutenu que : « [L]a communauté anglophone se définit elle-même. Ceux qui
choisissent d’être anglophones le sont »267.
L’utilisation de données qui ne reflètent pas la réalité de la population peut
entraîner des effets néfastes sur l’offre et la disponibilité des services. Par
exemple, un témoin de la région de Vaudreuil-Soulanges a parlé du défi posé par
l’accueil d’un grand nombre d’immigrants anglophones dans sa région :
Chaque année, le 1er janvier, le gouvernement du Québec publie un décret qui
prévoit, selon la population, l’utilisation des écoles, des hôpitaux, et des
services sociaux et de santé. Tout est fondé sur le décret du premier jour de
l’année. Ce décret n’est jamais un reflet adéquat de la réalité, simplement
parce que la population augmente si rapidement qu’on n’a jamais un aperçu
réaliste de ce qui se passe. […] Les vieux instruments de mesure n’existent
plus. Les gens arrivent de Montréal, et certains ont droit à un enseignement
en anglais, et d’autres pas. Néanmoins, leur langue de service est l’anglais. Il
y a beaucoup d’Asiatiques et de Sikhs.268
Tout juste avant la tenue des audiences publiques au Québec, le gouvernement a
annoncé par la voie d’un décret ministériel qu’il éliminerait le questionnaire long de
recensement au profit d’une enquête à participation volontaire (l’Enquête nationale
auprès des ménages). Cette décision a provoqué un tollé de contestations de la
part de plusieurs organismes représentatifs des communautés de langue officielle
265
Règlement sur les langues officielles : communications avec le public et prestation des
services, 16 décembre 1991 (DORS/92-48).
266
Statistique Canada, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues officielles,
3e session, 40e législature, Fascicule no 11, 18 octobre 2010, p. 11.
267
Commission scolaire Eastern Townships (16 septembre 2010), p.72.
268
Hudson-St. Lazare Gazette (29 novembre 2010), p. 35.
82
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
en situation minoritaire, y compris les communautés anglophones du Québec.
Certains des témoins rencontrés ont réagi à cette annonce.
Un représentant du Hudson-St. Lazare Gazette a dit : « Je trouve qu’il est très
dommage que nous n’aurons plus le long formulaire. Ce dernier nous donnait de
l’information précisément sur ce genre de changement démographique. Il s’agit
d’une grave erreur politique »269. Selon l’ACSAQ, la disparition du questionnaire
long rendra plus difficiles la planification et l’offre de service dans les écoles de
langue anglaise270. Le commissaire aux langues officielles n’a pas été en mesure
de se prononcer sur cette question, qui faisait l’objet d’une enquête au moment
des audiences publiques. À propos de la fiabilité des données qui seront recueillies
dans le cadre de la nouvelle enquête, une représentante de Statistique Canada a
affirmé :
L’enquête nationale sur les ménages est une nouvelle enquête. […] Nous ne
serons pas renseignés sur la qualité de l’information tant que nous n’aurons
pas procédé à la cueillette, à l’évaluation et à la diffusion de cette information.
[…] Nous allons recourir à une méthodologie d’enquête que nous avons
utilisée pour d’autres enquêtes mais étant donné que c’est nouveau, nous ne
pourrons pas nous prononcer avant la cueillette et l’évaluation des
renseignements.271
De façon générale, plusieurs témoins ont dit qu’il était nécessaire d’obtenir des
données fiables et à jour, que ce soit pour mesurer les effets des programmes
d’immersion sur le développement des communautés anglophones, comprendre
les facteurs qui poussent les jeunes anglophones au décrochage scolaire, mesurer
l’impact du vieillissement de la population ou de l’exode des jeunes sur la vitalité
communautaire ou encore évaluer le rôle des immigrants dans la revitalisation des
communautés. Il apparaît donc important que le gouvernement fédéral continue
de soutenir des projets de recherche pour mieux comprendre les réalités et les
défis des communautés anglophones du Québec.
269
Ibid., p. 41.
270
Association des commissions scolaires anglophones du Québec (17 septembre 2010), p. 83.
271
Statistique Canada (18 octobre 2010), p. 24.
83
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
« La communauté anglophone du Québec est consciente que le soutien de
l’épanouissement et du développement de la communauté minoritaire canadienne de
langue anglaise constitue un défi pour le gouvernement du Canada. Aux termes de la
Loi sur les langues officielles de 1988, le gouvernement a pour mandat de prendre des
mesures positives afin de favoriser « l’épanouissement des minorités francophones et
anglophones du Canada » et d’appuyer leur développement dans le respect de
l’autorité et des pouvoirs des provinces. La tension inhérente aux affaires des
communautés minoritaires de langue anglaise du Canada, qui sont, par coïncidence,
toutes situées au Québec, est évidente. »
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010)
LES MESURES À PRENDRE :
OBSERVATIONS ET RECOMMANDATIONS
La présente section résume les principales observations du Comité et présente au
gouvernement fédéral une série de recommandations visant à favoriser
l’épanouissement de la minorité anglophone et à appuyer son développement.
A. L’APPUI DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL
1. La vitalité des communautés anglophones du Québec
Comme nous l’avons indiqué au tout début de ce rapport, le défi pour les
communautés anglophones du Québec ne consiste pas à assurer la survie de leur
langue. Il s’agit plutôt d’assurer leur pérennité et d’appuyer leur vitalité dans
l’ensemble des régions du Québec. Dans ce contexte, il est primordial de
reconnaître que le respect des droits et des besoins particuliers des communautés
de langue officielle en situation minoritaire, tant du côté anglophone que
francophone, mérite une attention tout aussi soutenue. Les obligations inscrites à
l’intérieur de la Charte canadienne des droits et libertés et de la Loi sur les langues
officielles sont claires : le français et l’anglais bénéficient de droits et de statuts
égaux et le gouvernement fédéral se doit d’appuyer le développement des
minorités francophones et anglophones.
La présente étude a fait ressortir de nombreux défis vécus par les communautés
anglophones dans l’ensemble des régions du Québec et dans différents secteurs
qui touchent à leur développement. Elle a également mis l’accent sur un certain
nombre de belles réussites sur lesquelles le gouvernement fédéral peut s’inspirer
pour appuyer la vitalité de ces communautés.
Ce que les communautés anglophones souhaitent obtenir d’abord et avant tout de
la part des gouvernements, c’est une reconnaissance de leurs droits et de leurs
besoins particuliers. Le gouvernement fédéral doit donc prendre acte des constats
identifiés dans l’étude du Comité. Il doit reconnaître que les communautés
anglophones du Québec bénéficient des droits garantis par la Charte canadienne
des droits et libertés et la Loi sur les langues officielles, et qu’elles ont des besoins
84
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
spécifiques qui méritent l’attention de toutes les institutions fédérales. Par
conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 1 :
Que le gouvernement du Canada reconnaisse que la minorité anglophone du
Québec :
a) bénéficie des droits garantis par la Charte canadienne des droits et
libertés, selon laquelle le français et l’anglais ont un statut et des droits
et privilèges égaux quant à leur usage dans les institutions du Parlement
et du gouvernement du Canada.
b) bénéficie des droits garantis par la Loi sur les langues officielles, selon
laquelle le gouvernement fédéral s’engage à favoriser l’épanouissement
des minorités francophones et anglophones du Canada et à appuyer leur
développement.
c) a des besoins spécifiques qui méritent une attention soutenue de la part
de toutes les institutions fédérales.
2. La transparence
L’un des grands défis pour les communautés anglophones est de savoir quand,
dans quels secteurs et sous quelles conditions les gouvernements investissent des
fonds pour appuyer leur développement. Les témoignages ont montré que les
organismes communautaires anglophones exigent une plus grande reddition de
compte à cet égard. Ils souhaiteraient recevoir, là où il est possible de le faire,
leurs fonds directement du gouvernement fédéral.
Une meilleure transparence permettrait de savoir si les institutions fédérales
s’acquittent bien de leurs responsabilités à l’égard du développement des
communautés. Il devrait en être de même pour les fonds transférés du
gouvernement fédéral à la province. Selon le commissaire aux langues officielles:
« L’interprétation qu’on a tendance à donner au transfert des fonds du
gouvernement fédéral aux provinces, c’est qu’on n’exige pas de comptes rendus
de l’utilisation des fonds. C’est une bataille qui a été établie depuis assez
longtemps »272. Le QCGN a affirmé ce qui suit :
L’un des éléments les plus importants sur lesquels nous avons insisté ces
dernières années auprès de nos partenaires et amis d’Ottawa est la nécessité
de s’assurer, quand il est question de transférer des services ou des crédits au
Québec, d’établir des mécanismes nous permettant de suivre la façon dont ils
sont utilisés, de sorte que nous soyons sûrs d’avoir au moins notre part. 273
272
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (2 mars 2009), p. 31.
273
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 40.
85
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Le Comité est d’avis que les fonds fédéraux transférés au Québec pour les
communautés anglophones doivent être utilisés à cette fin. Pour ce faire, les
processus de reddition de compte doivent être améliorés dans tous les secteurs,
que ce soit en éducation, en santé ou ailleurs. Trop souvent, les retards dans le
versement des fonds ont des effets néfastes sur le développement des
communautés, qui dépendent du financement gouvernemental pour mener à
terme certains projets. Pour s’assurer que les communautés anglophones
reçoivent leur juste part du financement et qu’elles soient traitées de façon
équitable, il est essentiel que les institutions fédérales procèdent à la révision de
leurs modes de financement dans le cadre de leurs paiements de transfert
touchant aux activités de ces communautés.
La transparence doit être le mot d’ordre dans toutes les relations fédéralesprovinciales qui touchent au développement des communautés de langue officielle
en situation minoritaire. Le ministre du Patrimoine et des Langues officielles a luimême affirmé : « Pour chaque province, il doit y avoir quelqu’un qui est
responsable de voir à ce que les fonds que notre gouvernement attribue aux
provinces soient octroyés »274. Son ministère devrait encourager chacune des
provinces à respecter les exigences en matière de transparence et de reddition de
compte.
Le Comité reconnaît que des améliorations ont été apportées au cours des
dernières années aux processus de reddition de compte. Mais ces efforts semblent
insuffisants pour répondre aux attentes des communautés. Comme l’a souligné le
commissaire aux langues officielles dans une lettre envoyée au Comité : « En dépit
du fait qu’il y ait eu un effort au cours [des] dernières années pour resserrer les
mécanismes de reddition de compte, des lacunes demeurent »275. Par conséquent,
le Comité recommande :
Recommandation 2 :
Que lorsque des paiements de transfert touchent des activités au profit des
communautés anglophones du Québec, les institutions fédérales :
a) s’assurent en tout temps d’établir, en collaboration avec la province et
les communautés, des mécanismes de reddition de compte transparents,
simples à comprendre et accessibles au public.
b) remettent les fonds directement aux organismes anglophones du
Québec, là où il est possible de le faire.
c) procèdent à la révision de leurs modes de financement pour s’assurer
que les communautés anglophones reçoivent leur juste part et soient
traitées de façon équitable.
274
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 20.
275
Graham Fraser (14 janvier 2010), p. 4.
86
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
3. Une stratégie gouvernementale axée sur les besoins
des communautés anglophones du Québec
L’une des principales stratégies mises sur pied par le gouvernement fédéral dans le
domaine des langues officielles est la Feuille de route (2008-2013). Cette initiative
arrive à mi-parcours et le gouvernement amorcera bientôt sa réflexion sur les
suites à y donner.
À l’heure actuelle, seulement six des seize ministères visés par cette stratégie
gouvernementale ont des mesures qui portent spécifiquement sur les
communautés anglophones du Québec276. Plusieurs témoins ont déploré que
certains investissements de la Feuille de route (2008-2013) aient été limités aux
communautés francophones, comme c’est le cas dans les secteurs de
l’immigration, de l’alphabétisation ou de la petite enfance.
Selon les chiffres qui ont été fournis au Comité par Patrimoine canadien, on
constate que la part du montant total de la Feuille de route (2008-2013) accordée
aux communautés anglophones sur cinq ans tourne aux alentours de 13 %, c’està-dire un peu plus de 145 millions de dollars sur les 1,1 milliards de dollars prévus
pour les cinq prochaines années.
Si l’on tient compte des données du recensement de 2006 sur la PLOP, l’effectif de
la minorité anglophone est à peu près semblable à celui de la minorité francophone
à l’échelle canadienne, c’est-à-dire : 994 700 personnes de langue anglaise du
côté du Québec contre 997 100 personnes de langue française à l’extérieur du
Québec.
En prenant connaissance de ces données, le Comité saisit pourquoi les
communautés anglophones questionnent l’engagement du gouvernement fédéral à
l’égard de leur développement. Le ministre du Patrimoine canadien et des Langues
officielles a répondu à ces critiques en rappelant que les sommes identifiées dans
la Feuille de route (2008-2013) couvrent plusieurs ministères et sont distribuées
équitablement à la grandeur du pays, en fonction des besoins. « Je ne pense pas
qu’il soit juste de dire que le Québec reçoit moins d’argent, car la relation entre le
gouvernement fédéral et la province de Québec, sur le plan juridique et politique,
est beaucoup plus compliquée qu’avec le reste du pays. Avec la Feuille de route, ce
groupe ne manque certainement pas d’argent »277.
Pour améliorer la mise en œuvre de la Feuille de route (2008-2013), le QCGN a
suggéré de développer une méthode d’évaluation globale afin de permettre à tous
les ministères visés de tenir compte des priorités des communautés anglophones
du Québec. « Pour chacune des priorités, il s’agit de savoir ce que cela peut
donner au Québec. Pour cela, une réflexion sérieuse s’impose. La partie VII en fait
276
Pour plus de détails, veuillez consulter l’Annexe E.
277
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 15.
87
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
partie; il en va de même pour l’engagement, la compréhension et la volonté de
faire preuve d’innovation »278.
D’autres organismes ont suggéré d’améliorer les communications entourant la
Feuille de route (2008-2013). Les témoignages ont fait ressortir une
méconnaissance des possibilités de financement offertes aux communautés par le
gouvernement fédéral dans certains secteurs. À ce sujet, VGPN a affirmé que
« […] certaines régions n’ont pas pu participer avec succès aux programmes à
cause du manque de communication de l’information »279. Aux dires de
l’organisme, DEC aurait lui-même reconnu que les renseignements n’ont pas été
communiqués de façon méthodique280.
À la lumière des témoignages entendus, le Comité estime que le gouvernement
doit apporter des améliorations aux stratégies de communication en vue de
rejoindre efficacement les communautés, car certaines d’entre elles ne semblent
visiblement pas au courant du financement disponible. En outre, le Comité espère
que le gouvernement fédéral accordera une attention particulière aux besoins des
communautés anglophones du Québec dans le cadre de sa réflexion sur les suites
à donner à l’actuelle Feuille de route (2008-2013). Pour ce faire, il doit tenir
compte dès maintenant, à l’intérieur de son Cadre de responsabilisation et de
coordination, des besoins spécifiques des communautés anglophones du Québec.
En disposant de critères et d’indicateurs précis, les institutions fédérales seront
plus aptes à définir les montants qu’elles consacrent aux communautés
anglophones dans le cadre de leurs programmes et à justifier les déséquilibres, le
cas échéant. Par conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 3 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) incite l’ensemble des ministères visés par la Feuille de route (20082013) à revoir, en consultation avec les communautés anglophones, les
stratégies de communication pour mieux faire connaître le financement
disponible dans l’ensemble des régions du Québec.
b) revoie dès maintenant, en consultation avec les communautés
anglophones, le Cadre de responsabilisation et de coordination et
établisse des critères et des indicateurs précis pour que toutes les
institutions fédérales puissent tenir compte des besoins particuliers de
ces communautés.
c) exige la prise en compte de ces critères par les institutions fédérales qui
participeront au développement de la prochaine stratégie
gouvernementale en matière de langues officielles, afin de définir les
montants consacrés aux deux communautés de langue officielle en
situation minoritaire et de justifier les déséquilibres, le cas échéant.
278
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 28 et 40.
279
Vision Gaspé – Percé Now (13 septembre 2010), p. 35.
280
Ibid., p. 40.
88
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
4. Les mesures positives et la consultation
Il est important de rappeler que les fonds de la Feuille de route (2008-2013) ne
représentent qu’une partie des investissements engagés par le gouvernement du
Canada pour la dualité linguistique. Ainsi, le ministre du Patrimoine canadien et
des Langues officielles a tenu à rappeler qu’environ 22 % du budget régulier de
son ministère a été consacré aux communautés anglophones du Québec en 20092010281.
En vertu de la partie VII de la Loi, toutes les institutions fédérales ont la
responsabilité de prendre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement
des communautés de langue officielle en situation minoritaire et promouvoir la
dualité linguistique. Ces responsabilités, elles s’appliquent autant aux
communautés francophones qu’aux communautés anglophones en situation
minoritaire. Les témoins rencontrés dans le cadre de cette étude ont insisté pour
que les institutions fédérales situées au Québec prennent des mesures positives à
leur égard, et qu’elles le fassent en tenant compte des circonstances particulières
de la minorité anglophone.
Le Comité a déposé un rapport sur la mise en œuvre de la partie VII de la Loi en
juin 2010, dans lequel il a identifié trois éléments pour guider les institutions
fédérales dans la prise de mesures positives :

Les institutions fédérales tiennent compte des besoins des communautés de
langue officielle en situation minoritaire et de la promotion de la dualité
linguistique dans le cadre de l’élaboration de leurs programmes et politiques.

Les institutions fédérales prennent les moyens de se familiariser avec les
besoins et les intérêts des communautés de langue officielle en situation
minoritaire, par l’entremise de la consultation ou d’autres mécanismes
similaires.

Les institutions fédérales démontrent qu’elles ont évalué l’impact linguistique
de leurs décisions.282
Le Comité est conscient que les mesures positives pourront prendre des formes
extrêmement différentes selon le contexte. Mais il continue de croire que
Patrimoine canadien doit guider les institutions fédérales dans la mise en œuvre de
la partie VII en se fondant sur des exigences précises. Comme l’a si bien dit
281
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 17.
282
Comité sénatorial permanent des langues officielles, La mise en œuvre de la partie VII de la
Loi sur les langues officielles : On peut faire encore mieux, 3e session, 40e législature,
juin 2010, p. 47.
89
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
l’honorable Michel Bastarache devant le Comité : « Les ministères doivent
connaître leurs obligations pour être en mesure de les rencontrer »283.
Pour ce qui est du premier élément identifié par le Comité, celui de la prise en
compte des besoins, il semble que certaines institutions fédérales situées au
Québec aient du mal à respecter les exigences de la partie VII de la Loi de façon
systématique lorsqu’elles conçoivent leurs programmes et politiques. Plusieurs des
témoins rencontrés dans le cadre de cette étude se sont plaints que leurs besoins
n’étaient pas toujours pris en compte dans les programmes fédéraux. Certains
ministères reconnaissent déjà l’utilité d’adapter leurs programmes aux besoins des
différentes collectivités du pays et sont tout à fait conscients des défis que cela
engendre en termes de planification. Un représentant de RHDCC s’est exprimé
comme suit :
Bon nombre des défis que nous avons à relever en ce qui concerne la
conception et la prestation de nos programmes sont liés au fait que les
programmes ont une approche nationale, mais comme nous le savons,
chacune de nos communautés de langue officielle en situation minoritaire est
unique, de sorte que nous tentons de nous assurer que le programme est
suffisamment souple pour répondre aux besoins et aux priorités de chacune
de ces collectivités. Nous établissons des paramètres généraux concernant les
objectifs du programme et nous tentons ensuite de nous assurer que la mise
en œuvre du programme est assez souple pour s’adapter à la collectivité.
Cette souplesse pour moi demeure toujours un défi.284
Le Comité estime que toutes les institutions fédérales situées au Québec doivent
développer des mécanismes qui leur permettront de tenir compte des besoins des
communautés anglophones au moment où ils conçoivent leurs programmes et
politiques. Elles peuvent, par exemple, s’engager à respecter les directives
contenues dans le Guide pour la préparation de présentations au Conseil du
Trésor285. Selon ce guide, les présentations au Conseil du Trésor contiennent une
description de l’incidence des initiatives des institutions fédérales sur l’application
des parties IV, V, VI et VII de la Loi. Le gouvernement a d’ailleurs reconnu
l’importance de cet outil dans la réponse qu’il a envoyée au Comité en novembre
2010286. Le Comité juge que le Conseil du Trésor devrait tenir responsable les
institutions fédérales du respect des directives contenues dans ce guide. Par
conséquent, le Comité recommande :
283
L’honorable Michel Bastarache, Délibérations du Comité sénatorial permanent des langues
officielles, 2e session, 40e législature, Fascicule no 11, 26 octobre 2009, p. 47.
284
Ressources humaines et Développement des compétences Canada (3 mai 2010), p. 53.
285
Conseil du Trésor, Guide pour la préparation de présentations au Conseil du Trésor –
Annexe E : Langues officielles.
286
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles intitulé La mise en œuvre de la partie VII de la Loi sur les langues
officielles : On peut faire encore mieux, déposée le 25 novembre 2010.
90
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Recommandation 4 :
Que le président du Conseil du Trésor tienne responsable les institutions
fédérales situées au Québec du respect des exigences inscrites à l’Annexe E du
Guide pour la préparation de présentations au Conseil du Trésor, en exigeant
une analyse systématique des incidences sur les langues officielles pour toutes
les initiatives soumises à son approbation.
Pour ce qui est des deux autres éléments identifiés par le Comité, la consultation
et l’impact linguistique des décisions, les témoignages ont montré que des
améliorations doivent être apportées dans les actions des institutions fédérales
situées au Québec. Si certains organismes communautaires anglophones se
sentent écoutés par le gouvernement, d’autres ont plutôt l’impression d’être
laissés pour compte. De fait, le degré de consultation varie selon le secteur, selon
la région, et selon l’institution fédérale qui offre le service. Le commissaire aux
langues officielles est même allé jusqu’à dire que : « Dans certains bureaux
régionaux du Québec, on ne comprend pas mieux la minorité de langue anglaise
dans un ministère fédéral que dans un ministère provincial »287.
Dans sa réponse de novembre 2010, le gouvernement a reconnu que c’est en
demeurant à l’écoute des communautés qu’une institution est plus apte à prendre
des mesures positives288. Les institutions fédérales situées au Québec doivent
comprendre qu’à l’intérieur même de la province, les besoins des communautés
anglophones varient d’une région à l’autre. Le ministre du Patrimoine canadien et
des Langues officielles a lui-même affirmé que la consultation était essentielle
« afin de comprendre la grande diversité qui existe au Canada »289. Selon le
QCGN, les institutions fédérales n’ont pas un cadre de référence approprié pour
tenir compte des besoins particuliers des communautés anglophones :
Lorsque le gouvernement fédéral établit des politiques et des programmes, il
consulte souvent les principaux intéressés. Mais, à présent nous devons
l’amener à voir la situation dans une autre optique, étant donné que son cadre
de référence est toujours la communauté francophone. […] Donc, l’une des
plus grandes difficultés que nous rencontrons dans nos rapports avec les
ministères fédéraux concerne leur cadre de référence. Tous ces beaux
fonctionnaires qui rédigent les politiques sur les langues officielles sont
Franco-Ontariens ou Franco-Manitobains. Ils ont une certaine idée de ce que
c’est que d’être francophone hors Québec, ce qui est très important. Mais, le
fait est que peu d’entre eux ont travaillé avec nous au Québec.290
287
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010), p. 21.
288
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles (25 novembre 2010).
289
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 12.
290
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 34.
91
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Comme l’a mentionné l’honorable Michel Bastarache devant le Comité, l’évaluation
de l’impact linguistique des décisions est un élément clé dans la mise en œuvre de
la partie VII de la Loi :
Que sont ces mesures positives? Au minimum, c’est de s’assurer que chaque
fois qu’un service est mis en place, on tienne compte du fait qu’il y a deux
communautés égales qui doivent avoir un accès égal à des services d’égale
qualité. Nous devons, au départ, nous poser la question des impacts. Quel est
l’impact de ma décision sur la communauté minoritaire? Est-ce un impact
négatif? Si oui, est-ce encore une mesure justifiée? 291
Le Comité est d’avis que les institutions fédérales situées au Québec doivent être
proactives dans la mise en œuvre de la partie VII. Elles doivent s’engager à
prendre des mesures qui auront un impact positif et durable sur les communautés
anglophones du Québec. Le Comité a la ferme conviction que seule une
connaissance précise des besoins des communautés anglophones dans les
différentes régions du Québec amènera les institutions fédérales à respecter les
obligations qui leur incombent en vertu de la partie VII de la Loi. Pour ce faire, le
dialogue avec les communautés doit se faire de façon continue. Par conséquent, le
Comité recommande :
Recommandation 5 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) s’assure que les institutions fédérales situées au Québec consultent
régulièrement les communautés anglophones dans l’ensemble des
régions du Québec dans le cadre de la mise en œuvre de leurs politiques
et programmes.
b) s’assure que les institutions fédérales situées au Québec prennent des
mesures qui ont un impact positif et durable sur le développement de
ces communautés.
c) fasse le suivi nécessaire auprès des institutions fédérales situées au
Québec qui ne respectent pas les exigences associées à la mise en
œuvre de la partie VII de la Loi sur les langues officielles.
Les communautés anglophones ont tendance à vouloir mettre à profit leurs
réussites pour assurer leur épanouissement au sein de la société québécoise. Des
réussites, il y en a plusieurs, comme nous avons pu le constater tout au long de ce
rapport. Les centres communautaires d’apprentissage sont un modèle susceptible
de susciter l’engagement des communautés anglophones. Tous les témoins, sans
exception, n’ont eu que des éloges à faire sur l’utilité et le potentiel de ces centres,
que ce soit pour favoriser le développement des communautés ou accroître le
nombre et la qualité des services qui leur sont offerts. Le Comité est d’avis qu’il
291
L’honorable Michel Bastarache (26 octobre 2009), p. 40.
92
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
faut encourager l’innovation et permettre aux communautés de tirer profit de leurs
bons coups. Le gouvernement doit donc s’engager à appuyer le maintien et le
développement des centres communautaires d’apprentissage à long terme. Par
conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 6 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) consulte les communautés anglophones du Québec afin de déterminer
leurs priorités et leurs besoins à l’égard du développement des centres
communautaires d’apprentissage.
b) s’engage, dans le cadre de l’Entente Canada-Québec relative à
l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement des
langues secondes, à fournir l’appui nécessaire pour assurer le maintien
et le développement à long terme des centres communautaires
d’apprentissage.
c) maintienne son engagement à l’égard des centres communautaires
d’apprentissage au-delà de 2013.
Malgré les belles réussites, des défis demeurent. Une représentante du QCGN a
affirmé : « Nous avons très bien réussi dans certains secteurs, mais à certains
autres égards, comme pour les aînés et les femmes, nous n’avons pas de tradition
solide de soutien aux problèmes des minorités de nos communautés, parce qu’il
manque les structures requises »292. Les communautés anglophones veulent se
donner le moyen de renforcer leur identité, leur sentiment d’appartenance et leur
fierté. Cela passe par un appui renforcé aux secteurs de l’éducation, de la
jeunesse, de l’immigration et des arts et de la culture. Cela dépend également de
mesures ciblées dans les secteurs de la santé, du développement économique, de
l’appui aux enfants, aux femmes et aux aînés. Comme l’a si bien dit un
représentant de l’Association des Townshippers : « Il faut revitaliser une
communauté qui était autrefois active, dynamique et participative »293.
Le Comité a été consterné à l’écoute de certains témoignages, en constatant
l’incapacité de certains organismes à accomplir ne serait-ce que le minimum pour
assurer le développement de leur communauté. Comment expliquer que le seul
collège anglophone de la ville de Québec doive lutter pour obtenir les ressources
dont il a besoin pour offrir à ses étudiants un amphithéâtre? Pourquoi tant d’aînés
anglophones ne sont-ils pas en mesure de recevoir les services de santé dont ils
ont besoin dans leur langue? Comment se fait-il qu’un journal anglophone comme
le Hudson St. Lazare Gazette n’ait pas accès aux ressources dont il a besoin pour
assurer sa survie?
292
Quebec Community Groups Network (14 juin 2010), p. 28.
293
Association des Townshippers (15 septembre 2010), p. 22.
93
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
À l’instar des études précédentes du Comité, plusieurs organismes
communautaires anglophones ont souligné l’importance d’obtenir un appui à long
terme du gouvernement fédéral. Ces organismes doivent disposer des ressources
suffisantes pour jouer leur rôle efficacement. Plusieurs des organismes
communautaires rencontrés se sont montrés enthousiastes, dévoués au bien-être
de leur communauté et ont fait preuve d’innovation malgré le peu de ressources
qui leur sont accordées.
Les changements apportés récemment par Patrimoine canadien dans ses
méthodes de financement sont certainement un pas dans la bonne direction. Tel
que mentionné précédemment, le ministre du Patrimoine canadien et des Langues
officielles a annoncé les changements suivants : favoriser le recours aux ententes
pluriannuelles; adopter des normes de services; permettre des subventions
jusqu'à la concurrence de 50 000 $; examiner les moyens pour réduire les délais
associés au processus de financement et à l’émission de paiements aux
bénéficiaires; établir une seule date de tombée pour l'ensemble des bénéficiaires
dans chacun des provinces et territoires; émettre les paiements plus tôt afin que
les bénéficiaires reçoivent leur financement en avril294. À la lumière des
témoignages entendus, les communautés anglophones du Québec ne semblaient
visiblement pas au courant des changements apportés par Patrimoine canadien.
Un rapport d’enquête du Commissariat aux langues officielles portant sur l’impact
des délais d’approbation et de versement de fonds des accords de collaboration de
Patrimoine canadien a été récemment rendu public par son plaignant. Dans son
rapport, le commissaire aux langues officielles a conclu que : ces délais ont nui à
la mise en œuvre de projets et d’activités contribuant à l’épanouissement et au
développement des communautés de langue officielle; Patrimoine canadien n’a pas
pris les mesures pour surveiller l’impact de ces délais sur les communautés; le
ministère n’a pas agi de façon proactive pour accélérer le processus de
financement ou pour pallier l’effet négatif qu’ont eu ces délais sur les
communautés; le ministère n’a pas entrepris de démarches pour communiquer
avec les organismes touchés pour les tenir informés des délais et de l’évolution de
leur demande295. En tenant compte de ce rapport et des témoignages entendus
par le Comité, il semble que Patrimoine canadien puisse faire encore mieux.
La négociation des ententes de collaboration est l’occasion parfaite pour Patrimoine
canadien de renforcer son appui envers les communautés anglophones du Québec.
Comme nous l’avons vu, les retards dans le versement des fonds constituent un
risque pour la vitalité de ces communautés. Le Comité est d’avis que Patrimoine
canadien doit revoir ses stratégies de communications en ce qui concerne les
changements qu’il apporte à son fonctionnement dans le cadre des ententes de
294
Réponse du gouvernement au deuxième rapport du Comité permanent des langues
officielles intitulé : L’impact des retards d’approbation et de décaissement sur les
organismes bénéficiaires du ministère du Patrimoine canadien, présentée à la Chambre des
communes le 1er avril 2010.
295
Commissariat aux langues officielles, Enquête sur l’impact des délais d’approbation et de
versements de fonds des accords de collaboration du ministère du Patrimoine canadien,
rapport final d’enquête, novembre 2010, p. 1 et 2.
94
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
collaboration avec les communautés. Il incite également le ministère à tenir
compte des témoignages rapportés dans la présente étude afin d’offrir aux
communautés un appui qui reflète leurs besoins. Par conséquent, le Comité
recommande :
Recommandation 7 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, dans le cadre
de la négociation de l’Entente de collaboration avec les communautés
anglophones du Québec :
a) revoie ses stratégies de communication afin que les communautés
anglophones dans l’ensemble du Québec soient au courant des
changements apportés à ses méthodes de financement.
b) consulte les communautés anglophones pour voir si d’autres mesures
sont nécessaires pour réduire les retards dans le versement des fonds
pour la période couverte par l’entente en cours de négociation.
c) tienne compte de l’étude du Comité afin d’offrir aux communautés un
appui qui reflète leurs besoins.
Comme l’ont montré les témoignages, la vitalité communautaire passe par la
vitalité économique. Des communautés anglophones vivantes auront accès à des
offres d’emplois bien rémunérés, à des services pour démarrer leurs propres
entreprises ou encore à des occasions de perfectionnement des compétences
linguistiques et professionnelles. Comme nous avons pu le constater, la maîtrise du
français est jugée essentielle au progrès économique des anglophones du Québec.
L’accès aux nouvelles technologies est un autre facteur essentiel à la vitalité des
communautés anglophones en région.
Plusieurs défis demeurent dans le secteur du développement économique pour les
communautés anglophones du Québec. Le Comité est d’avis que les
gouvernements doivent y porter une attention particulière. Le gouvernement
fédéral possède déjà un mécanisme de concertation qui a fait ses preuves – le
Comité national de développement des ressources humaines pour la communauté
minoritaire anglophone – mais dont les activités semblent fonctionner au ralenti
depuis quelque temps. Il est urgent que les partenaires fédéraux engagés dans
cette structure de concertation développent un plan stratégique à jour qui tienne
compte des défis et des besoins identifiés dans la présente étude et qui consacre
les ressources suffisantes pour y répondre. Par conséquent, le Comité
recommande :
95
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Recommandation 8 :
Que les partenaires fédéraux siégeant au Comité national de développement
des ressources humaines pour la communauté minoritaire anglophone :
a) prennent connaissance des défis et des besoins identifiés par le Comité
dans le secteur du développement économique, par exemple en ce qui
concerne l’accès aux services d’emploi en anglais, l’aide aux entreprises,
l’appui à la formation linguistique et autre ou l’accès aux nouvelles
technologies en région.
b) développent, en collaboration avec les partenaires communautaires, un
plan stratégique assorti de critères précis et de ressources suffisantes
pour répondre à ces défis.
c) informent le Comité des démarches entreprises à cette fin.
Les témoignages ont aussi montré que la vitalité communautaire passe par une
plus grande visibilité des communautés dans les médias, en particulier les médias
communautaires de langue anglaise. Le Comité a reconnu dans ses rapports
précédents que les médias communautaires jouent un rôle essentiel à l’égard du
développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Les
témoignages ont montré que les critères des programmes fédéraux sont parfois
mal adaptés aux réalités de ces communautés, comme c’est le cas pour le Fonds
du Canada pour les périodiques. Les critères d’admissibilité de ce fonds ne
permettent pas aux journaux à diffusion restreinte et à distribution gratuite
d’obtenir du financement. En outre, les médias communautaires n’ont pas accès au
financement dont ils ont besoin pour développer leurs capacités sur le Web.
Finalement, ils ont du mal à recevoir leur juste part du financement en matière de
publicité gouvernementale. Le placement publicitaire dans les journaux
anglophones tend à diminuer d’année en année, ce qui place les journaux
communautaires dans une situation financière précaire.
À la lumière des témoignages entendus, il semble que des progrès restent à faire
dans le secteur des médias. Dans un rapport précédent, le Comité avait déjà
présenté une recommandation au ministre du Patrimoine canadien et des Langues
officielles pour qu’il prenne les mesures nécessaires afin que toutes les institutions
fédérales utilisent efficacement les médias communautaires et réservent une partie
prédéterminée des dépenses de publicité gouvernementale à l’intention des médias
communautaires296. Dans sa réponse, le gouvernement avait indiqué que le
Comité de concertation sur la publicité et les médias des communautés de langue
officielle en situation minoritaire, dont le QCNA et le Quebec Association of
Anglophone Community Radio font partie, a été mis sur pied297. Il est urgent que
296
Comité sénatorial permanent des langues officielles, Les arts et la culture francophones :
Croire, vouloir et vivre en milieu minoritaire, 2e session, 40e législature, juin 2009, p. 18.
297
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles intitulé Les arts et la culture francophones : Croire, vouloir et vivre en
milieu minoritaire, déposée en novembre 2009.
96
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
ce comité se penche sur les besoins exprimés dans le cadre de la présente étude.
Par conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 9 :
Que le Comité de concertation sur la publicité et les médias des communautés
de langue officielle en situation minoritaire :
a) prenne connaissance des défis et des besoins identifiés par le Comité
dans le secteur des médias, par exemple en ce qui concerne l’adoption
de critères plus représentatifs des besoins des communautés
anglophones, l’appui aux nouvelles technologies ou les dépenses de
publicité gouvernementale à l’intention des médias communautaires de
langue anglaise.
b) développe, en collaboration avec les partenaires communautaires, un
plan stratégique assorti de critères précis et de ressources suffisantes
pour répondre à ces défis.
c) informe le Comité des démarches entreprises à cette fin.
5. La concertation interministérielle
Les témoignages ont montré l’importance d’une bonne concertation entre les
ministères et organismes fédéraux pour répondre aux besoins des communautés
anglophones du Québec. Le Comité avait reconnu dans son rapport de juin 2010 la
nécessité d’offrir aux fonctionnaires en région les outils nécessaires pour mettre en
œuvre les exigences de la Loi298. Selon la réponse gouvernementale déposée le 25
novembre 2010, l’entente de collaboration en cours de négociation avec les
organismes anglophones du Québec prévoit la mise en place de structures
formelles de discussion sur les enjeux interministériels ainsi que des mécanismes
qui aideront les bureaux régionaux de Patrimoine canadien à diriger les
communautés vers les autres institutions fédérales299. Ces structures pourront
aussi être utiles dans l’établissement de partenariats entre les institutions
fédérales et la province. Le Comité espère que toutes les institutions fédérales
suivront l’exemple de Patrimoine canadien pour améliorer la concertation entre le
bureau central et leurs bureaux régionaux, de même qu’avec les autres ministères
et organismes fédéraux.
Le Comité tient à féliciter le Réseau des coordonnateurs nationaux responsables de
la mise en œuvre de l’article 41, qui a tenu une rencontre au cours de l’année
2008-2009 pour sensibiliser les institutions fédérales à la réalité des communautés
anglophones du Québec. Le Comité l’encourage à poursuivre ses démarches
auprès des institutions fédérales situées au Québec. Le Réseau des champions des
langues officielles et le Comité des sous-ministres adjoints sur les langues
298
Comité sénatorial permanent des langues officielles (juin 2010).
299
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles (25 novembre 2010).
97
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
officielles ont eux aussi un rôle clé à jouer en matière de concertation
interministérielle. Le Comité les encourage à prendre des mesures pour que les
fonctionnaires fédéraux situés au Québec respectent les exigences de la Loi. Par
conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 10 :
Que le Réseau des coordonnateurs nationaux responsables de la mise en œuvre
de l’article 41, le Réseau des champions des langues officielles et le Comité des
sous-ministres adjoints sur les langues officielles, en collaboration avec les
communautés anglophones :
a) étudient les mesures à prendre pour que les institutions fédérales
situées au Québec respectent les exigences de la Loi sur les langues
officielles.
b) informent le Comité des démarches entreprises à cette fin.
6. La prestation de services de qualité égale
Les témoignages ont montré que les communautés anglophones du Québec ne
sont pas en mesure de recevoir des services dans la langue officielle de leur choix
en toute circonstance. Qui plus est, il n’y a pas de garantie, lorsque le service est
offert, que ce dernier soit de qualité égale à celui offert en français. Pourtant, à la
lumière du jugement de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Desrochers300,
les institutions fédérales ont des obligations claires à respecter à cet égard : elles
doivent viser l’égalité réelle des deux langues officielles.
Dans son rapport de juin 2010, le Comité avait reconnu l’importance de faire le
lien entre la prestation des services et le développement communautaire301. Dans
sa réponse rendue publique le 25 novembre 2010, le gouvernement a indiqué qu’il
prendrait des mesures pour tenir compte de la notion de qualité égale des
communications et des services dans les deux langues officielles302. Le
gouvernement a entrepris un processus d’examen des instruments de politique en
langues officielles et prévoit consulter les communautés de langue officielle en
situation minoritaire, au moment opportun. Devant le Comité, le président du
Conseil du Trésor a reconnu ceci :
Nous allons continuer de travailler aussi en étroite collaboration avec les
institutions pour qu’elles veillent à ce que les Canadiens reçoivent des services
de qualité égale dans la langue officielle de leur choix. Ce travail consiste
notamment à assister les institutions non seulement pour qu’elles travaillent
en collaboration, mais aussi pour qu’elles puissent promouvoir et améliorer les
300
Desrochers c. Canada (Industrie) [2009] CSC 8.
301
Comité sénatorial permanent des langues officielles (juin 2010).
302
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles (25 novembre 2010).
98
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
services qu’elles offrent aux groupes linguistiques en situation minoritaire. Il
s’agit d’une approche dynamique qui requiert de l’énergie et de la
prévoyance.303
Le Comité rappelle que les communautés anglophones du Québec sont en droit de
recevoir des services de qualité égale à ceux offerts à la majorité francophone. Le
Conseil du Trésor doit inciter l’ensemble des institutions fédérales situées au
Québec à tenir compte du principe de l’égalité réelle dans les communications et la
prestation des services au public. Par conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 11 :
Que le président du Conseil du Trésor, en consultation avec les communautés
anglophones, accélère la révision de ses instruments de politique en langues
officielles pour faire en sorte que les communications et les services offerts
dans les deux langues officielles au Québec soient de qualité égale.
7. La participation équitable au sein de la fonction publique
Les témoignages ont montré que les anglophones du Québec ont le sentiment
d’être sous-représentés dans la fonction publique fédérale. Le commissaire aux
langues officielles a qualifié de chronique le problème de la sous-représentation des
anglophones dans son rapport annuel de l’an dernier304.
Le président du Conseil du Trésor n’a pas offert de solutions concrètes pour régler ce
problème lorsqu’il a été questionné à ce sujet par le Comité. Selon lui, les données
recueillies par son ministère pour 2008-2009 montrent la bonne performance des
institutions fédérales situées au Québec pour ce qui est de la participation équitable
des francophones et des anglophones. Ces données ne fournissent cependant pas un
portrait détaillé de la situation par région. Il s’avère plutôt difficile pour le Comité de
juger de la performance de ces institutions de manière tangible.
De plus, la reddition de compte à l’égard de la mise en œuvre de la partie VI de la loi
soulève des inquiétudes. Seules quelques institutions ont rendu des comptes au
Conseil du Trésor sur la mise en œuvre de cette partie de la Loi en 2008-2009. Dans
une lettre envoyée au Comité, le président du Conseil du Trésor a affirmé ceci :
[…] nous avons modifié notre approche en matière de surveillance et
d’évaluation de la mise en œuvre du Programme des langues officielles au
sein des institutions fédérales dans notre rapport annuel et que nous avons
adopté un cycle de trois ans. Toutes les institutions font l’objet d’au moins une
évaluation au cours de ces trois ans. […] Plutôt que de demander à toutes les
institutions de présenter chaque année un bilan de leurs activités en langues
303
L’honorable Stockwell Day, président du Conseil du Trésor (13 décembre 2010), p. 6.
304
Commissariat aux langues officielles (2009), p. 18.
99
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
officielles, nous avons demandé à un total de 77 institutions de présenter un
bilan pour l’exercice 2008-2009. […] Dans leur bilan, les institutions sont
invitées à fournir de l’information sur divers aspects des parties IV, V et VI de
la Loi, soit les communications avec le public et la prestation de services dans
les deux langues officielles, la gestion des ressources humaines, la
gouvernance et la surveillance du Programme des langues officielles.305
Il est donc difficile de déterminer si les institutions fédérales dans l’ensemble des
régions du Québec respectent leurs obligations à cet égard, puisque les données
obtenues sont incomplètes et difficilement comparables d’une année à l’autre. À la
lumière des témoignages entendus, le Comité persiste à croire que ces institutions
doivent mettre les bouchées doubles pour respecter les exigences de la partie VI de
la Loi dans l’ensemble des régions du Québec. Par conséquent, le Comité
recommande :
Recommandation 12 :
Que le président du Conseil du Trésor :
a) exige des institutions fédérales situées au Québec de soumettre un bilan
sur la mise en œuvre de la partie VI de la Loi sur les langues officielles.
b) informe le Comité des démarches entreprises par les institutions
fédérales situées au Québec pour favoriser une participation équitable
des francophones et des anglophones au sein de leur institution.
8. La recherche
Comme nous l’avons vu tout au long de ce rapport, les communautés anglophones
du Québec doivent composer avec certains mythes bien ancrés dans l’esprit
collectif. Le Comité estime que le gouvernement fédéral est en mesure de faire
une différence. En effet, la recherche peut inciter les gouvernements à analyser,
évaluer ou revoir leurs politiques et leurs programmes. Le gouvernement fédéral
doit donc s’engager à financer des recherches à jour, fondées sur les faits, afin
d’appuyer le développement des communautés anglophones et de comprendre les
facteurs qui influencent leur vitalité.
Statistique Canada l’a fait en présentant un portrait statistique à l’automne 2010.
Citoyenneté et Immigration Canada a appuyé un projet de recherche sur la place
des communautés anglophones dans le capital d’attraction et de rétention des
immigrants dans les régions du Québec. Il est certainement possible pour d’autres
institutions fédérales d’emboîter le pas. Le Comité de coordination de la recherche
sur les langues officielles, qui est partie prenante du Comité des sous-ministres
adjoints sur les langues officielles, doit s’assurer que de la recherche sur les
305
L’honorable Stockwell Day, Lettre en réponse aux questions soulevées par le Comité
sénatorial permanent des langues officielles, 19 janvier 2011, p. 3.
100
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
communautés anglophones du Québec soit disponible et que ses résultats soient
largement diffusés. Par conséquent, le Comité recommande :
Recommandation 13 :
Que le Comité de coordination de la recherche sur les langues officielles :
a) mette à la disposition des institutions fédérales des recherches à jour,
fondées sur les faits, sur les différents enjeux qui touchent au
développement des communautés anglophones du Québec.
b) diffuse les résultats de ces recherches aux institutions fédérales situées
au Québec ainsi qu’aux organismes représentant les communautés
anglophones, afin de mieux appuyer le développement de ces
communautés.
B. LES RELATIONS ENTRE LE FÉDÉRAL ET LA PROVINCE
1. Le respect des champs de compétence de la province :
les partenariats et les clauses linguistiques
L’accès aux services gouvernementaux pose plusieurs défis pour les communautés
anglophones du Québec, surtout dans les cas où les responsabilités ont été
transférées du palier fédéral au palier provincial. Dans un grand nombre de
secteurs, la responsabilité à l’égard de la gestion des programmes repose entre les
mains de la province. Cette situation est difficile à gérer pour les communautés
anglophones du Québec, car la plupart du temps elles se retrouvent au centre de
batailles politiques. Le QCGN a résumé la situation de la façon suivante :
[…] le gouvernement du Canada a l’habitude de déléguer la prestation des
services et l’exécution des programmes à d’autres entités, dont le
gouvernement provincial, qui ne sont pas nécessairement assujetties à des
dispositions linguistiques claires en ce qui concerne la protection des intérêts
de notre communauté minoritaire de langue officielle. Nous estimons que les
fonds fédéraux viennent avec toutes les responsabilités qui incombent au
gouvernement du Canada. Autrement, le gouvernement pourrait simplement
transférer les fonds et se libérer de ses obligations envers les communautés
minoritaires de langue officielle.306
Les témoignages ont montré que les pratiques adoptées par certains ministères
pourraient inspirer d’autres institutions fédérales. Le QCGN a rappelé que dans le
secteur de la santé, « les responsables fédéraux ont fait preuve d’innovation
puisqu’ils ont travaillé avec les membres de notre communauté et avec la province
pour établir des partenariats »307. Les modèles de partenariat ne prendront pas
306
Quebec Community Groups Network (13 septembre 2010), p. 10.
307
Quebec Community Groups Network (23 mars 2009), p. 37.
101
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
nécessairement la même forme d’un secteur à l’autre, mais cela vaut la peine de
jeter un coup d’œil attentif aux modèles qui ont réussi si l’on veut apporter des
améliorations dans l’ensemble des secteurs qui touchent au développement des
communautés anglophones. L’un des buts communs recherchés dans l’ensemble
des secteurs est l’amélioration de l’accès aux services gouvernementaux auprès
des citoyens de langue anglaise.
Le Comité reconnaît que la mise en œuvre de la partie VII de la Loi doit se faire
dans le respect des champs de compétence et des pouvoirs des provinces. L’étude
publiée en juin 2010 a montré que les gouvernements provinciaux et territoriaux
constituent des partenaires de taille dans la mise en œuvre de la partie VII308.
S’assurer de leur pleine collaboration est de mise dans les secteurs qui relèvent de
la compétence des provinces ou dans les domaines de compétence partagée. Dans
sa réponse rendue publique le 25 novembre 2010, le gouvernement a rappelé que
la politique fédérale sur les paiements de transfert oblige les institutions fédérales
à respecter la partie VII de la Loi lorsque les programmes de paiements de
transfert soutiennent des activités au profit des membres des communautés de
langue officielle309.
Le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles a dévoilé au Comité
son plus grand souhait pour les années à venir à l’égard de la dualité linguistique,
soit celui « d’obtenir un engagement clair des provinces envers ce projet
canadien »310. Il faut maintenant que ce souhait se transforme en engagement
concret.
Le Comité estime que le gouvernement fédéral doit développer des mécanismes de
collaboration avec la province dans tous les secteurs qui touchent au
développement des communautés, que ce soit l’éducation, la santé, l’immigration,
les arts et la culture, le développement économique ou autre. Le gouvernement
fédéral doit s’assurer d’inclure des clauses linguistiques dans toutes ses ententes
visant le transfert de responsabilité du fédéral vers la province. Ces clauses
doivent assurer la prestation de services aux communautés anglophones ainsi que
la prise en compte de leurs besoins. Selon le commissaire aux langues officielles,
bien que plusieurs ententes disposent de telles clauses linguistiques, « des
mécanismes qui assurent un suivi quand à la mise en œuvre de ces clauses [sont
nécessaires] »311. Par conséquent, le Comité recommande :
308
Comité sénatorial permanent des langues officielles (juin 2010), p. 51 à 54.
309
Réponse du gouvernement au troisième rapport du Comité sénatorial permanent des
langues officielles (25 novembre 2010).
310
L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles
(7 décembre 2010), p. 20.
311
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles, Lettre en réponse aux questions
soulevées par le Comité permanent des langues officielles du Sénat relativement à son
étude sur les communautés anglophones du Québec, 14 janvier 2010, p. 4.
102
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Recommandation 14 :
Que dans toute entente visant le transfert de responsabilité du fédéral vers la
province, les institutions fédérales incluent des clauses linguistiques afin de
s’assurer en tout temps du respect :
a) de la partie IV de la Loi sur les langues officielles, en assurant la
prestation de services de qualité égale aux citoyens anglophones et
francophones du Québec.
b) de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, en assurant la prise
de mesures positives adaptées aux besoins des communautés.
Que les institutions fédérales prévoient des mécanismes de suivi quant à la
mise en œuvre de ces clauses linguistiques. Que le président du Conseil du
Trésor et le ministre du Patrimoine canadien surveillent la mise en œuvre de
ces clauses linguistiques et informent le Comité des démarches entreprises par
les institutions fédérales à cette fin.
Le gouvernement fédéral doit utiliser son pouvoir de persuasion pour inciter son
homologue provincial à appuyer le développement des communautés anglophones
du Québec. Les témoignages ont montré plusieurs exemples d’initiatives pour
lesquelles le gouvernement provincial tarde à donner son appui. Parmi celles-ci, on
pense au projet d’amphithéâtre du campus St-Lawrence du Collège régional
Champlain. On pense aussi problème de transport scolaire identifié par de
nombreuses commissions scolaires anglophones. Le secteur du développement
économique mérite lui aussi une attention particulière, étant donné le manque de
coordination des initiatives gouvernementales à cet égard. Le manque d’accès aux
nouvelles technologies en région éloignée est apparu pour plusieurs comme une
aberration.
Il y a donc bien des endroits où le gouvernement fédéral pourrait donner un petit
coup de pouce, en s’assurant d’obtenir la collaboration du gouvernement du
Québec pour mener à bien des projets qui auront un impact concret et durable sur
le développement des communautés anglophones. Selon le commissaire aux
langues officielles: « Le gouvernement fédéral devrait encourager les
gouvernements provinciaux et territoriaux à consulter les représentants des
communautés de langue officielle quant à leurs besoins, leurs priorités, leurs défis
et leurs enjeux »312. Par conséquent, le Comité recommande :
312
Ibid.
103
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Recommandation 15 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles incite le
gouvernement du Québec à :
a) consulter les communautés anglophones quant à leurs besoins, leurs
priorités, leurs défis et leurs enjeux.
b) donner son appui aux projets qui ont un impact concret et durable sur
leur développement, par exemple dans le cadre de l’Entente CanadaQuébec relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et à
l’enseignement des langues secondes ou de l’Entente Canada-Québec
pour les services en langue anglaise.
L’une des initiatives concrètes qui a soulevé l’intérêt du Comité est l’instauration
par la Commission scolaire Eastern Townships d’un programme d’ordinateurs
portatifs en milieu scolaire. Ce programme s’est avéré une réussite à plusieurs
points de vue, que ce soit pour briser l’isolement en zone rurale, rendre
l’apprentissage des élèves plus stimulant, améliorer les résultats scolaires ou
encore favoriser une baisse du décrochage. Des chercheurs ont en effet montré
que : « Parallèlement à l’implantation de plus de 5 600 ordinateurs portables pour
la grande majorité de ses élèves, la Commission scolaire est passée du 66e rang
provincial en 2003 (sur quelque 70 commissions scolaires) au 23e rang en 2008,
ce qui représente une amélioration exceptionnelle »313. En se fondant sur les plus
récentes statistiques du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, les
chercheurs ont constaté que le taux de décrochage de la commission scolaire est
passé de 39,4 % en 2004-2005 à 22,7 % en 2008-2009314.
Le Comité estime que l’expérience de la Commission scolaire Eastern Townships
constitue un modèle susceptible d’inspirer d’autres commissions scolaires
anglophones, notamment pour contrer le décrochage scolaire, un défi maintes fois
soulevé dans le cadre des audiences publiques. Le Comité est d’avis qu’il faut
assurer un accès à des outils et à des ressources suffisantes pour permettre à
d’autres de suivre l’exemple. Le gouvernement fédéral doit encourager la mise sur
pied de projets semblables dans le cadre de l’Entente Canada-Québec relative à
l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement des langues
secondes. Pour ce faire, il doit consulter les commissions scolaires anglophones, de
concert avec le gouvernement du Québec, pour voir dans quelle mesure il peut
appuyer ces dernières dans leur lutte contre le décrochage scolaire. Par
conséquent, le Comité recommande :
313
Thierry Karsenti et Simon Collin, Avantages et défis inhérents à l’usage des ordinateurs
portables au primaire et au secondaire : Enquête auprès de la Commission scolaire Eastern
Townships. Synthèse des principaux résultats, Montréal, CRIFPE, 2011, p. 1.
314
Ibid., p. 21.
104
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
Recommandation 16 :
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
d) consulte, de concert avec le gouvernement du Québec, les commissions
scolaires anglophones afin de déterminer dans quelle mesure le
gouvernement fédéral peut les appuyer dans leur lutte contre le
décrochage scolaire.
e) encourage le gouvernement du Québec à donner son appui, dans le
cadre de l’Entente Canada-Québec relative à l’enseignement dans la
langue de la minorité et à l’enseignement des langues secondes, aux
projets qui visent l’instauration d’un programme d’ordinateurs portatifs
en milieu scolaire.
105
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
« Bien que les défis que doit relever la communauté anglophone ressemblent parfois à
ceux des communautés francophones minoritaires, ils ne devraient pas être abordés de
la même façon. En effet, il faut éviter d’adopter une approche unique selon laquelle ce
qui convient aux communautés francophones en situation minoritaire convient aussi
aux communautés anglophones du Québec. Les politiques et les programmes du
gouvernement devraient être suffisamment souples pour répondre aux besoins propres
à la communauté anglophone en fonction de ses réalités. »
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles (4 octobre 2010)
CONCLUSION
Les audiences publiques du Comité sénatorial permanent des langues officielles ont
montré que les communautés anglophones et les communautés francophones en
situation minoritaire partagent, à plusieurs égards, des défis semblables. Dans les
deux cas, la vitalité des communautés semble menacée. On constate un manque
d’accès aux écoles, aux services de santé, à la formation professionnelle ou encore
à la promotion culturelle dans certaines régions. Les besoins en matière de
ressources, d’infrastructures, d’appui aux bénévoles sont criants.
Mais ce qui ressort d’abord et avant tout des témoignages qui ont été livrés au
cours des deux dernières années, c’est que les communautés anglophones du
Québec vivent dans un contexte social, politique, économique et culturel
particulier. Leurs défis doivent être envisagés en tenant compte de cette réalité.
Les communautés anglophones doivent composer avec une population majoritaire
pour qui la conservation de la langue française est prioritaire. La survie de la
langue anglaise n’est pas un enjeu clé au Québec. Pour les communautés
anglophones, il s’agit plutôt d’assurer leur pérennité et d’appuyer leur vitalité dans
l’ensemble des régions du Québec. Malgré toute la bonne volonté déployée sur le
terrain, il y a de grandes disparités en ce qui concerne l’accès aux écoles, aux
produits culturels, au patrimoine, à la formation ou aux emplois en anglais. Pour
les communautés anglophones, la maîtrise du français est un atout incontournable
pour assurer la réussite des jeunes dans leur milieu. Une relation avec la majorité
francophone fondée sur le partenariat, le dialogue et la compréhension mutuelle
s’avère elle aussi essentielle à la vitalité des communautés anglophones.
La minorité anglophone du Québec s’attend à recevoir du gouvernement fédéral le
même type de protection que sa contrepartie francophone à l’extérieur du Québec.
En réalité, elle se retrouve dans une dynamique où elle doit constamment
défendre ses droits, sans nécessairement être en mesure de les promouvoir. Le
problème pourrait relever de plusieurs sources : un manque d’engagement des
institutions fédérales situées au Québec envers les communautés anglophones, un
manque de consultation, une absence de communications à l’égard des
programmes fédéraux existants, un mauvais arrimage entre les politiques de la
province et celles du fédéral, ou encore un manque de transparence dans
l’utilisation des fonds transférés d’un palier de gouvernement à l’autre. En résumé,
106
L’ÉPANOUISSEMENT DES COMMUNAUTÉS ANGLOPHONES
DU QUÉBEC : DU MYTHE À LA RÉALITÉ
les communautés anglophones aimeraient être perçues comme un atout, non une
menace, et être en mesure de prendre part aux décisions qui touchent à leur
avenir, ainsi qu’à l’avenir de la société québécoise. Il faut comprendre qu’un gain
pour les droits de la minorité anglophone ne constitue pas nécessairement une
menace aux aspirations de la majorité francophone. L’un peut se faire en
complément avec l’autre, dans le respect des droits de chacun.
Le Comité souhaite que, dorénavant, les résultats de la présente étude et les
recommandations qui y sont formulées servent à orienter l’approche du
gouvernement fédéral à l’égard des communautés anglophones du Québec. Il est
d’autant plus important de bien comprendre les besoins spécifiques de ces
communautés dans les différents secteurs qui touchent à leur développement, au
moment même où le gouvernement fédéral amorcera sa réflexion sur les suites à
donner à l’actuelle Feuille de route (2008-2013).
Le Comité tient à remercier tous ceux et celles qui ont contribué à la présente
étude. Il espère que le contenu de cette dernière rendra justice aux vivants
témoignages entendus au cours des deux dernières années. Si seulement cette
étude pouvait servir à détruire un certain nombre de mythes persistants à propos
des communautés anglophones du Québec, un grand pas aurait déjà été franchi.
i
ANNEXE A :
LISTE DES RECOMMANDATIONS
Recommandation 1
Que le gouvernement du Canada reconnaisse que la minorité anglophone
du Québec :
a) bénéficie des droits garantis par la Charte canadienne des droits et
libertés, selon laquelle le français et l’anglais ont un statut et des
droits et privilèges égaux quant à leur usage dans les institutions du
Parlement et du gouvernement du Canada.
b) bénéficie des droits garantis par la Loi sur les langues officielles,
selon laquelle le gouvernement fédéral s’engage à favoriser
l’épanouissement des minorités francophones et anglophones du
Canada et à appuyer leur développement.
c) a des besoins spécifiques qui méritent une attention soutenue de la
part de toutes les institutions fédérales.
Recommandation 2
Que lorsque des paiements de transfert touchent des activités au profit
des communautés anglophones du Québec, les institutions fédérales :
a) s’assurent en tout temps d’établir, en collaboration avec la province
et les communautés, des mécanismes de reddition de compte
transparents, simples à comprendre et accessibles au public.
b) remettent les fonds directement aux organismes anglophones du
Québec, là où il est possible de le faire.
c) procèdent à la révision de leurs modes de financement pour
s’assurer que les communautés anglophones reçoivent leur juste
part et soient traitées de façon équitable.
Recommandation 3
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) incite l’ensemble des ministères visés par la Feuille de route (20082013) à revoir, en consultation avec les communautés anglophones,
les stratégies de communication pour mieux faire connaître le
financement disponible dans l’ensemble des régions du Québec.
b) revoie dès maintenant, en consultation avec les communautés
anglophones, le Cadre de responsabilisation et de coordination et
établisse des critères et des indicateurs précis pour que toutes les
institutions fédérales puissent tenir compte des besoins particuliers
de ces communautés.
ii
c) exige la prise en compte de ces critères par les institutions
fédérales qui participeront au développement de la prochaine
stratégie gouvernementale en matière de langues officielles, afin de
définir les montants consacrés aux deux communautés de langue
officielle en situation minoritaire et de justifier les déséquilibres, le
cas échéant.
Recommandation 4
Que le président du Conseil du Trésor tienne responsable les institutions
fédérales situées au Québec du respect des exigences inscrites à l’Annexe
E du Guide pour la préparation de présentations au Conseil du Trésor, en
exigeant une analyse systématique des incidences sur les langues
officielles pour toutes les initiatives soumises à son approbation.
Recommandation 5
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) s’assure que les institutions fédérales situées au Québec consultent
régulièrement les communautés anglophones dans l’ensemble des
régions du Québec dans le cadre de la mise en œuvre de leurs
politiques et programmes.
b) s’assure que les institutions fédérales situées au Québec prennent
des mesures qui ont un impact positif et durable sur le
développement de ces communautés.
c) fasse le suivi nécessaire auprès des institutions fédérales situées au
Québec qui ne respectent pas les exigences associées à la mise en
œuvre de la partie VII de la Loi sur les langues officielles.
Recommandation 6
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) consulte les communautés anglophones du Québec afin de
déterminer leurs priorités et leurs besoins à l’égard du
développement des centres communautaires d’apprentissage.
b) s’engage, dans le cadre de l’Entente Canada-Québec relative à
l’enseignement dans la langue de la minorité et à l’enseignement
des langues secondes, à fournir l’appui nécessaire pour assurer le
maintien et le développement à long terme des centres
communautaires d’apprentissage.
c) maintienne son engagement à l’égard des centres communautaires
d’apprentissage au-delà de 2013.
iii
Recommandation 7
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, dans le
cadre de la négociation de l’Entente de collaboration avec les
communautés anglophones du Québec :
a) revoie ses stratégies de communication afin que les communautés
anglophones dans l’ensemble du Québec soient au courant des
changements apportés à ses méthodes de financement.
b) consulte les communautés anglophones pour voir si d’autres
mesures sont nécessaires pour réduire les retards dans le
versement des fonds pour la période couverte par l’entente en cours
de négociation.
c) tienne compte de l’étude du Comité afin d’offrir aux communautés
un appui qui reflète leurs besoins.
Recommandation 8
Que les partenaires fédéraux siégeant au Comité national de
développement des ressources humaines pour la communauté minoritaire
anglophone :
a) prennent connaissance des défis et des besoins identifiés par le
Comité dans le secteur du développement économique, par exemple
en ce qui concerne l’accès aux services d’emploi en anglais, l’aide
aux entreprises, l’appui à la formation linguistique et autre ou
l’accès aux nouvelles technologies en région.
b) développent, en collaboration avec les partenaires communautaires,
un plan stratégique assorti de critères précis et de ressources
suffisantes pour répondre à ces défis.
c) informent le Comité des démarches entreprises à cette fin.
Recommandation 9
Que le Comité de concertation sur la publicité et les médias des
communautés de langue officielle en situation minoritaire :
a) prenne connaissance des défis et des besoins identifiés par le
Comité dans le secteur des médias, par exemple en ce qui concerne
l’adoption de critères plus représentatifs des besoins des
communautés anglophones, l’appui aux nouvelles technologies ou
les dépenses de publicité gouvernementale à l’intention des médias
communautaires de langue anglaise.
b) développe, en collaboration avec les partenaires communautaires,
un plan stratégique assorti de critères précis et de ressources
suffisantes pour répondre à ces défis.
iv
c) informe le Comité des démarches entreprises à cette fin.
Recommandation 10
Que le Réseau des coordonnateurs nationaux responsables de la mise en
œuvre de l’article 41, le Réseau des champions des langues officielles et le
Comité des sous-ministres adjoints sur les langues officielles, en
collaboration avec les communautés anglophones :
a) étudient les mesures à prendre pour que les institutions fédérales
situées au Québec respectent les exigences de la Loi sur les langues
officielles.
b) informent le Comité des démarches entreprises à cette fin.
Recommandation 11
Que le président du Conseil du Trésor, en consultation avec les
communautés anglophones, accélère la révision de ses instruments de
politique en langues officielles pour faire en sorte que les communications
et les services offerts dans les deux langues officielles au Québec soient
de qualité égale.
Recommandation 12
Que le président du Conseil du Trésor :
a) exige des institutions fédérales situées au Québec de soumettre un
bilan sur la mise en œuvre de la partie VI de la Loi sur les langues
officielles.
b) informe le Comité des démarches entreprises par les institutions
fédérales situées au Québec pour favoriser une participation
équitable des francophones et des anglophones au sein de leur
institution.
Recommandation 13
Que le Comité de coordination de la recherche sur les langues officielles :
a) mette à la disposition des institutions fédérales des recherches à
jour, fondées sur les faits, sur les différents enjeux qui touchent au
développement des communautés anglophones du Québec.
b) diffuse les résultats de ces recherches aux institutions fédérales
situées au Québec ainsi qu’aux organismes représentant les
communautés anglophones, afin de mieux appuyer le
développement de ces communautés.
v
Recommandation 14
Que dans toute entente visant le transfert de responsabilité du fédéral
vers la province, les institutions fédérales incluent des clauses
linguistiques afin de s’assurer en tout temps du respect :
a) de la partie IV de la Loi sur les langues officielles, en assurant la
prestation de services de qualité égale entre les citoyens
anglophones et les citoyens francophones du Québec.
b) de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, en assurant la
prise de mesures positives adaptées aux besoins des communautés.
Que les institutions fédérales prévoient des mécanismes de suivi quant à
la mise en œuvre de ces clauses linguistiques. Que le président du Conseil
du Trésor et le ministre du Patrimoine canadien surveillent la mise en
œuvre de ces clauses linguistiques et informent le Comité des démarches
entreprises par les institutions fédérales à cette fin.
Recommandation 15
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles incite le
gouvernement du Québec à :
a) consulter les communautés anglophones quant à leurs besoins,
leurs priorités, leurs défis et leurs enjeux.
b) donner son appui aux projets qui ont un impact concret et durable
sur leur développement, par exemple dans le cadre de l’Entente
Canada-Québec relative à l’enseignement dans la langue de la
minorité et à l’enseignement des langues secondes ou de l’Entente
Canada-Québec pour les services en langue anglaise.
Recommandation 16
Que le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles :
a) consulte, de concert avec le gouvernement du Québec, les
commissions scolaires anglophones afin de déterminer dans quelle
mesure le gouvernement fédéral peut les appuyer dans leur lutte
contre le décrochage scolaire.
b) encourage le gouvernement du Québec à donner son appui, dans le
cadre de l’Entente Canada-Québec relative à l’enseignement dans la
langue de la minorité et à l’enseignement des langues secondes,
aux projets qui visent l’instauration d’un programme d’ordinateurs
portatifs en milieu scolaire.
vi
ANNEXE B :
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
ACSAQ
Association des commissions scolaires anglophones du Québec
CASA
Committee for Anglophone Social Action
CBC
Canadian Broadcasting Corporation
CEDEC
Corporation d’employabilité et de développement économique
communautaire
CIC
Citoyenneté et Immigration Canada
CLC
Community Learning Centres
CLSC
Centre local de services communautaires
CRTC
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
CSSS
Centre de santé et de services sociaux
DEC
Développement économique du Canada pour les régions du Québec
ELAN
English Language Arts Network
FQAFE
Fédération québécoise des associations foyer-école
JHSB
Jeffery Hale – Saint Brigid’s
NSCA
North Shore Community Association
PLOP
Première langue officielle parlée
QAHN
Quebec Anglophone Heritage Network
QCGN
Quebec Community Groups Network
QCNA
Quebec Community Newspapers Association
QDF
Quebec Drama Federation
QWF
Quebec Writer’s Federation
RAWQ
Regional Association of West Quebecers
RCSSS
Réseau de santé et de services sociaux
RHDCC
Ressources humaines et Développement des compétences Canada
RRCQEA
Réseau de recherche sur les communautés québécoises d’expression
anglaise
SRC
Société Radio-Canada
TPSGC
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
VEQ
Voice of English-speaking Québec
VGPN
Vision Gaspé – Percé Now
YES
Youth Employment Services
vii
ANNEXE C :
LISTE DES TÉMOINS
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
AUDIENCES PUBLIQUES À OTTAWA
Commissariat aux langues officielles

Graham Fraser, commissaire aux langues officielles

Lise Cloutier, commissaire adjointe, Direction générale des services
corporatifs
Johane Tremblay, commissaire adjointe par intérim, Direction
générale des politiques et des communications
Pierre Coulombe, commissaire adjoint par intérim, Direction générale
de l’assurance de la conformité
Pascale Giguère, directrice par intérim aux Affaires juridiques









Lise Cloutier, commissaire adjointe, Direction générale des services
corporatifs
Sylvain Giguère, commissaire adjoint, Direction générale des
politiques et des communications
Ghislaine Charlebois, commissaire adjointe, Direction générale de
l’assurance de la conformité
Johane Tremblay, avocate-conseil principale et directrice des affaires
juridiques
Eva Ludwig, représentante du commissaire, Région du Québec
Sylvain Giguère, commissaire adjoint, Direction générale des
politiques et des communications
02.03.2009
31.05.2010
04.10.2010
02.03.2009
31.05.2010
04.10.2010
Quebec Community Groups Network



Robert Donnelly, président
Sylvia Martin-Laforge, directrice générale
Rita Legault, directrice des communications et des relations publiques

Sylvia Martin-Laforge, directrice générale
Patrimoine canadien
23.03.2009
14.06.2010

L’honorable James Moore, ministre du Patrimoine canadien et des
Langues officielles
23.03.2009
11.05.2010
07.12.2010


Judith A. Laroque, sous-ministre
Hubert Lussier, directeur général, Programmes d’appui aux langues
officielles
Jérôme Moisan, directeur principal, Secrétariat des langues officielles
23.03.2009
Hubert Lussier, directeur général, Programmes d’appui aux langues
officielles
Pablo Sobrino, sous-ministre adjoint, Politique stratégique,
11.05.2010



viii
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
planification et affaires ministérielles
Patrimoine canadien (suite)


Daniel Jean, sous-ministre
Hubert Lussier, directeur général, Programmes d’appui aux langues
officielles
07.12.2010
Santé Canada

L’honorable Leona Aglukkaq, ministre de la Santé

Roger Farley, directeur exécutif, Bureau d’appui aux communautés
de langue officielle, Direction des programmes
Catherine MacLeod, directrice générale principale, Direction générale
des régions et des programmes, Direction des programmes

05.10.2009
Commission de la fonction publique du Canada



Maria Barrados, présidente
Donald Lemaire, vice-président principal, Direction générale des
politiques
Robert McSheffrey, directeur, Services de consultation et de
counselling
L’honorable Michel Bastarache, C.C., avocat-conseil au cabinet
d’avocats Heenan Blaikie et ancien juge à la Cour suprême du
Canada (à titre personnel)
Citoyenneté et Immigration Canada

Claudette Deschênes, sous-ministre adjointe, Opérations
19.10.2009
26.10.2009
02.11.2009
Développement économique du Canada pour les régions du
Québec

L’honorable Denis Lebel, ministre d’État



Guy McKenzie, sous-ministre / président
Manon Brassard, vice-présidente, Opérations
Pierre Bordeleau, vice-président intérimaire, Politique et planification
16.11.2009
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada

L’honorable Christian Paradis, ministre des Travaux publics et des
Services gouvernementaux


Diane Lorenzato, sous-ministre adjointe, Ressources humaines
Francine Kennedy, présidente-directrice générale, Bureau de la
traduction
Marc Olivier, gestionnaire, Bureau de la traduction, Division du
développement professionnel

07.12.2009
Industrie Canada


France Pégeot, sous-ministre adjointe, Opérations régionales
Carmen DeMarco, gestionnaire de programmes, Région Nord-Est de
l’Ontario, Réalisation des programmes
12.04.2010
ix
Nom de l’organisme et porte-parole

Date
Diane Bertrand, directrice associée, Programmes en RH, Direction
générale des ressources humaines
Agence de la santé publique du Canada


James Ladouceur, directeur général, Direction des ressources
humaines
Marc Desroches, gestionnaire, Diversité et Langues officielles,
Division de l’apprentissage, de la diversité et des programmes aux
employés
19.04.2010
Ressources humaines et Développement des compétences Canada





Franck Fedyk, sous-ministre adjoint délégué, Politique stratégique et
Recherche
Michel Caron, directeur, Jeunesse et Communautés de langue
officielle en situation minoritaire
Cliff Halliwell, directeur général, Direction générale de la recherche
en politiques stratégiques
Ellen Healy, directrice, Division des programmes sociaux
Silvano Tocchi, directeur général par intérim, Bureau de
l’alphabétisation et des compétences essentielles
03.05.2010
Jack Jedwab, directeur général, Association des études
canadiennes (à titre personnel)
Noel Burke, président, Réseau de recherche sur les communautés
québécoises d’expression anglaise (à titre personnel)
14.06.2010
English Language Arts Network

Guy Rodgers, directeur général
Statistique Canada



Jane Badets, directrice, Division de la statistique sociale et
autochtone
Jean-François Lepage, analyste, Division de la statistique sociale et
autochtone
Brigitte Chavez, analyste, Division de la statistique sociale et
autochtone
18.10.2010
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes)


John Aylen, président
Iris Unger, directrice exécutive
25.10.2010
Corporation d’employabilité et de développement économique
communautaire




Elizabeth Kater, membre du conseil d’administration et ancienne
présidente
John Buck, directeur général
Grant Myers, agent de développement provincial
Michèle Thibeau, directrice du bureau de Québec ChaudièreAppalaches
01.11.2010
x
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
Regional Association of West Quebecers


Heather Stronach, directrice exécutive
Noel Gates, secrétaire
15.11.2010
Centre communautaire Dawson


Line St-Amour, directrice exécutive
Lisa Olmstead, coordinatrice des programmes des ados et des jeunes
adultes
Conseil des femmes de Montréal



Bonnie Stamos Destounis, présidente
Mair Verthuy, secrétaire
Beverley Colquhoun, vice-présidente, Communications
29.11.2010
Hudson-St. Lazare Gazette


Jim Duff, rédacteur en chef
Louise Craig, éditrice
Conseil du Trésor

L’honorable Stockwell Day, président du Conseil du Trésor
13.12.2010
AUDIENCES PUBLIQUES AU QUÉBEC
Quebec Community Groups Network


Linda Leith, présidente
Sylvia Martin-Laforge, directrice générale
Voice of English-speaking Québec

Jean-Sébastien Gignac, directeur général
Vision Gaspé-Percé Now


Gary Briand, vice-président
Tracey Leotta, directrice générale
Committee for Anglophone Social Action


Ronald Mundle, président
Cathy Brown, directrice générale
North Shore Community Association


Marc Deslauriers, président
Jody Lessard, coordonnatrice
Coasters’ Association



Anthony Dumas, président
Cornella Maurice, directrice générale
Kimberly Buffitt, agente de développement santé et services sociaux
13.09.2010
xi
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
Collège régional Champlain – Campus St-Lawrence


Jean Robert, directeur du campus
Terence Kerwin, président, Conseil des gouverneurs
Commission scolaire Central Québec


13.09.2010
Ronald Corriveau, directeur général
Stephen Burke, président, Conseil des commissaires
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (Gouvernement du
Québec)

Leo La France, sous-ministre adjoint, Services à la communauté
anglophone et affaires autochtones
14.09.2010
Réseau communautaire de santé et de services sociaux

Jennifer Johnson, directrice générale
Association des Townshippers


Gerald Cutting, président
Ingrid Marini, directrice générale
Quebec Anglophone Heritage Network


15.09.2010
Roderick McLeod, ancient président
Richard Evans, trésorier et président fondateur
Université Bishop’s




Michael Goldbloom, principal et vice-chancelier
Michael Childs, vice-principal académique
Catherine Beauchamp, doyenne, Faculté d’éducation
Victoria Meikle, secrétaire générale et vice-principale aux relations
avec les gouvernements et à la planification
Collège régional Champlain – Campus Lennoxville

16.09.2010
Paul Kaeser, directeur
Commission scolaire Eastern Townships

Michael Murray, président
English Language Arts Network


Charles Childs, président
Geoff Agombar, gestionnaire de bureau
Association des journaux régionaux du Québec


George Bakoyannis, directeur et ancien président
Greg Duncan, directeur général
Quebec Drama Federation


Patrick Goddard, président intérimaire
Jane Needless, directrice générale
17.09.2010
xii
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
Quebec Writers’ Federation


Elise Moser, présidente
Lori Schubert, directrice générale
Université McGill


Vaughan Dowie, chef exécutif aux affaires publiques
Morton J. Mendelson, vice-recteur adjoint, Vie étudiante et
apprentissage
Université Concordia



David Graham, vice-recteur exécutif aux affaires académiques
Olliver Dyens, vice-recteur adjoint aux études
Russell Copeman, vice-recteur associé, Relations gouvernementales
Collège Dawson

Robert Kavanagh, recteur aux affaires académiques
Fédération québécoise des associations foyers-écoles


17.09.2010
Carol Meindl, présidente
Marion Daigle, préposée aux services d’histoire et d’archives et
ancienne présidente
Association des commissions scolaires anglophones du Québec


Debbie Horrocks, présidente
David Birnbaum, directeur exécutif
Commission scolaire Sir Wilfrid Laurier

Caroline Curiale, vice-présidente
Commission scolaire English Montreal

Angela Mancini, présidente
Commission scolaire Lester B. Pearson

Angela Nolet, vice-présidente
RENCONTRES INFORMELLES AU QUÉBEC
Visite du Centre Morrin et rencontre avec la Literary and Historical
Society of Québec









David F. Blair, président
Sovita Chander, vice-présidente
Louisa Blair, secrétaire
Gina Farnel, administratrice
Barbara Salomon de Friedberg, bibliothécaire honoraire
Ladd Johnson, administrateur
Steve Cameron, administrateur
Simon Jacobs, directeur exécutif
Marie Rubsteck, directrice du développement
13.09.2010
xiii
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
Visite de l’Hôpital Jeffery Hale – Saint Brigid’s (JHSB)



Louis Hanrahan, directeur général
Richard Walling, vice-président du conseil d’administration de JHSB et
directeur général des Partenaires communautaires Jeffery Hale
Brigitte Paquette, chef des services communautaires
Rencontre avec les bénévoles et les résidents de Saint Brigid’s
















Gertrude Grogan, présidente de la Guilde, vice-présidente du comité des
résidents de Saint Brigid's et membre du comité des usagers de JHSB
Hillary Buggie, résidente de Saint Brigid's et membre du comité des
résidents de Saint Brigid's
Nicolas Poirrier, résident de Saint Brigid's
Mary Bonner, résidente de Saint Brigid's
Iona Wood, résidente de Saint Brigid's et membre du comité des
résidents Saint Brigid's
Iris English, résidente de Saint Brigid's
Jeanette O'Grady, résidente de Saint Brigid's
Robert Kearney, membre du comité des résidents Saint Brigid's, bénévole
à Saint Brigid’s et membre de famille (mère résidente à Saint Brigid's)
Lorraine Dinan, bénévole de la Guilde et résidente du Manoir McGreevy
Barbara Bignell, ancienne présidente du Ladies Protestant Home de
Québec, membre du conseil des gouverneurs de JHSB et bénévole pour
les services communautaires de Jeffery Hale
Bill Donnelly, membre du conseil d’administration de Voice of EnglishSpeaking Québec et membre de la coalition Community Christmas
Hamper Campaign
Lorne Mulroney, ancien président, Congregation of the Catholics of
Québec Speaking the English Language
Catherine Mills Rouleau, résidente du Manoir McGreevy
Robert Stewart, président du conseil des gouverneurs de JHSB
Jennifer Robert, directrice des soins et soins infirmiers de JHSB et viceprésidente de la Société communautaire d’habitation Holland
Paule Vallières, technicienne en éducation spécialisée auprès des
résidents de Saint Brigid's
14.09.2010
Rencontre avec les représentants de la mairie de Sherbrooke


Bernard Sévigny, maire de Sherbrooke
Sylvie L. Proulx, attachée de presse, cabinet de la mairie
Rencontre avec les représentants du Centre des femmes de
Lennoxville, de Mental Health Estrie, du Réseau Estrie et de
l’Association des Townshippers

Cheryl Gosselin, vice-présidente du conseil d’administration du Centre
des femmes de Lennoxville et professeure en sociologie et en études
des femmes à l’Université Bishop's
15.09.2010
xiv
Nom de l’organisme et porte-parole









Terry Moore, directrice exécutive du Centre des femmes de
Lennoxville
Linda Boulanger, présidente du conseil d’administration, Centre des
femmes de Lennoxville
Jo-Anne Anderson, coordonnatrice des activités et de l’intervention,
Centre des femmes de Lennoxville
Jennifer Smith-Beaudoin, adjointe administrative, Centre des femmes
de Lennoxville
Naomi Bezanson, utilisatrice des services, Centre des femmes de
Lennoxville
Judith Ross, directrice exécutive, Mental Health Estrie
Shannon Keenan, coordonnatrice, Réseau Estrie, Partenariat pour les
services de santé et les services sociaux de l’Estrie, Association des
Townshippers
Ingrid Marini, directrice exécutive, Association des Townshippers
Salim Hashmi, comité des finances, Association des Townshippers
Date
15.09.2010
Rencontre avec les représentants d’associations étudiantes


Paige Johnson, présidente, Association étudiante de l’Université
Bishop’s
Michael Angelo Di Cesare, président, Association étudiante du Collège
régional Champlain – campus Lennoxville
Visite du Centre communautaire d’apprentissage et de l’École
primaire de St-Lambert














Stephen Lessard, directeur général, Commission scolaire Riverside
Pierre Farmer, directeur général adjoint, Commission scolaire
Riverside
Mary Williams, directrice des écoles primaires, Commission scolaire
Riverside
Louise Beaupré, directrice de l’éducation professionnelle des adultes,
Commission scolaire Riverside
Lyse Gendron-Brodeur, directrice des écoles secondaires, Commission
scolaire Riverside
Moira Bell, présidente, conseil des commissaires, Commission scolaire
Riverside
Lesley Llewellen-Cuffling, commissaire, Commission scolaire Riverside
Debbie Horrocks, présidente, Association des commissions scolaires
anglophones du Québec
Deborah Angelus, directrice, École primaire de St-Lambert
Sara Matos-Chahal, enseignante, École primaire de St-Lambert
Deborah Summerlin, enseignante, École primaire de St-Lambert
Élèves (chorale) École primaire de St-Lambert
Nicole Bianco, présidente, Langmobile
Judith Schurman, vice-présidente, South Shore Reading Council
16.09.2010
xv
Nom de l’organisme et porte-parole
Date
Téléconférence avec les Centres communautaires d’apprentissage
(CLC – Community Learning Centres) de St-Lambert, de
Châteauguay et de la Basse Côte-Nord





Paule Langevin, directrice de projet, CLC Project Resource Team,
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport
Christie Huff, coordonnatrice du CLC de l’École primaire de StLambert
Charles Halliday, coordonnatrice du CLC de l’École primaire St.
Willibrord
Bonnie Mitchell, coordonnatrice du CLC de la commission scolaire New
Frontiers
Kinberly Buffit, coordonatrice du CLC de l’École St. Paul’s
16.09.2010
Rencontre avec les représentants de la mairie de St-Lambert


Philippe Brunet, maire de St-Lambert
Francis Dumais, conseiller municipal
Rencontre avec les représentants de communautés
ethnoculturelles



George Sinoyannis, directeur général, Congrès hellénique du Québec
Eleni Sakotakis, directrice des services sociaux, Congrès hellénique
du Québec
Giuliano D'Andrea, vice-président, Canadian-Italian Business and
Professional Association
17.09.2010
xvi
ANNEXE D :
LISTE DES MÉMOIRES, ÉTUDES ET AUTRES DOCUMENTS
Nom du document
Date
MÉMOIRES ET AUTRES DOCUMENTS SOUMIS AU COMITÉ














Voice of English-speaking Québec, Presentation to the Standing
Senate Committee on Official Languages (en anglais seulement).
Réseau communautaire de santé et de services sociaux,
Determinants of Health for the English-speaking Community of
Quebec : Breaking Down the Myths (en anglais seulement).
Réseau communautaire de santé et de services sociaux, cartable
avec de la documentation de référence.
Hôpital Jeffery Hale – Saint Brigid’s, Qui sommes-nous? Attentif,
novateur et au service de la collectivité.
Mental Health Estrie, Presentation to the Standing Senate
Committee on Official Languages (en anglais seulement).
Centre des femmes de Lennoxville, cartable avec de la
documentation de référence (en anglais seulement).
Commission scolaire Eastern Townships, Tell Them From Me –
Survey Results, 2009-2010 (en anglais seulement).
Paule Langevin, Community Learning Centre : The Quebec Way (en
anglais seulement).
Community Learning Centre, cartable avec de la documentation de
référence (en anglais seulement).
English-Language Arts Network, Brief to the Senate Committee on
Official Languages (en anglais seulement).
Quebec Drama Federation, Addendum Text for the Senate
Committee on Official Languages (en anglais seulement).
Quebec Writers’ Federation, Mémoire présenté au Comité sénatorial
permanent des langues officielles.
Fédération québécoise des associations foyers-écoles, La
consultation avec le Comité permanent des langues officielles du
Sénat.
Quebec Drama Federation, Noteworthy Increase in Number of
Culture Workers According to 2006 Census (en anglais seulement).

Coasters’ Association, Brief to the Standing Senate Committee on
Official Languages (en anglais seulement).

Association des journaux régionaux du Québec, Follow-up
Correspondence to the Standing Senate Committee on Official
Languages (en anglais seulement).
Hudson Village Theatre, Brief to the Senate Committee on Official
Languages (en anglais seulement).
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes), cartable avec de
la documentation de référence.


13.09.2010
14.09.2010
14.09.2010
14.09.2010
15.09.2010
15.09.2010
16.09.2010
16.09.2010
16.09.2010
17.09.2010
17.09.2010
17.09.2010
17.09.2010
22.09.2010
27.09.2010
28.09.2010
29.09.2010
25.10.2010
xvii
Nom du document










Corporation d’employabilité et de développement économique
communautaire, Mémoire présenté au Comité sénatorial permanent
des langues officielles.
Corporation d’employabilité et de développement économique
communautaire, Cartable avec de la documentation de référence.
Conseil des femmes de Montréal, Rapport présenté à la Commission
sénatoriale permanente sur les langues minoritaires.
Hudson-St. Lazare Gazette, Notes pour une allocution : Comité
sénatorial permanent des langues officielles.
Heritage Lower St-Lawrence, Mémoire au Comité sénatorial
permanent des langues officielles.
Conseil des anglophones madelinots, Mémoire au Comité sénatorial
permanent des langues officielles.
Conseil des anglophones madelinots, courriel à la greffière du
Comité sénatorial permanent des langues officielles.
Centre communautaire Dawson, Réponses aux questions du Comité
sénatorial permanent des langues officielles.
Graham Fraser, commissaire aux langues officielles, Lettre en
réponse aux questions soulevées par le Comité permanent des
langues officielles du Sénat relativement à son étude sur les
communautés anglophones du Québec.
L’honorable Stockwell Day, Lettre en réponse aux questions
soulevées par le Comité sénatorial permanent des langues officielles.
Date
01.11.2010
01.11.2010
29.11.2010
29.11.2010
06.12.2010
14.12.2010
14.12.2010
22.12.2010
14.01.2011
19.01.2011
ÉTUDES PORTÉES À L’ATTENTION DU COMITÉ










Richard Y. Bourhis (dir.), The Vitality of English-speaking Communities of Quebec :
From Community Decline to Revival, Montréal, 29 février 2008 (en anglais
seulement).
Centre communautaire Dawson, Rapport annuel 2009-2010.
Centre de santé et de services sociaux du Sud-Ouest-Verdun, En route vers
l’école : Enquête sur la maturité scolaire, document synthèse des enjeux et des
priorités d’action locale.
Centre de santé et de services sociaux de Vaudreuil-Soulanges, Améliorer l’état de
santé et de bien-être de la communauté d’expression anglaise de VaudreuilSoulanges, Projet spécial de réseautage communautaire présenté au Réseau
communautaire de santé et de services sociaux, 11 décembre 2009.
Conference Board of Canada, Valuing Culture : Measuring and Understanding
Canada’s Creative Economy, Rapport, août 2008 (en anglais seulement).
Conseil des femmes de Montréal, Élections municipales et les 30 000 femmes que
représente le Conseil des femmes de Montréal.
Entente Canada-Québec relative à l’enseignement dans la langue de la minorité et
à l’enseignement des langues secondes, 2009-2010 à 2012-2013, conclue le 31
mars 2010.
Entente modificatrice à l’Entente Canada-Québec pour les services en langue
anglaise, 2006-2007 à 2008-2009, conclue le 23 mars 2010.
Fédération québécoise des associations foyers-écoles, Un mémoire soumis à la
Commission parlementaire de l’Assemblée nationale sur le projet de loi 103 : Loi
modifiant la Charte de la langue française et d’autres dispositions législatives, août
2010.
Fédération québécoise des associations foyers-écoles, Children’s Literacy Resource
Guide (en anglais seulement).
xviii
Nom du document
















Date
Greater Montreal Community Development Initiative – Comité consultatif, Bâtir sur
la diversité et les changements au sein des communautés anglophones de la région
du Grand Montréal : Poursuivre les stratégies et les objectifs en matière de
développement, été 2007.
Hudson-St. Lazare Gazette, Variation population 2009-2010, Municipalité régionale
de comté de Vaudreuil-Soulanges.
Jack Jedwab (dir.), Diversité canadienne : La diversité profonde des anglophones
du Québec, vol. 8, no 2, printemps 2010.
Joanne Pocock et Brenda Hartwell, Profil de la communauté anglophone des
Cantons de l’Est, Sherbrooke, Association des Townshippers, 2010.
Joanne Pocock, Social Support Networks in Quebec English-speaking Communities,
Réseau communautaire de santé et de services sociaux, 30 avril 2006 (en anglais
seulement).
Plan d’action du Québec – Enseignement dans la langue de la minorité et
enseignement des langues secondes, 2009-2010 à 2012-2013.
Plan stratégique du Québec – Services en langue anglaise.
Quebec Community Groups Network, Tracer la voie pour vieillir en santé et
demeurer actif : Plan d’action à l’intention des aînés d’expression anglaise du
Québec, 2010-1015.
Quebec Community Groups Network, 1994-1995 – 2009-2010, Livret anniversaire,
2009.
Quebec Community Groups Network, Assessing the English-speaking Community’s
Capacity to Access Arts, Culture, and Heritage in Nine Regions of Quebec, 2010 (en
anglais seulement).
Quebec Community Groups Network, Créer des espaces pour les jeunes Québécois
et Québécoises : Orientations stratégiques à l’intention des jeunes d’expression
anglaise du Québec, janvier 2009.
Quebec Community Groups Network, Projet de recherche : la place des
communautés anglophones dans le capital d’attraction et de rétention des
immigrants dans les régions du Québec, résumé et points saillants, 6 septembre
2010.
Quebec Community Groups Network, Les droits collectifs et la vitalité en déclin des
communautés québéboises d’expression anglaise, Mémoire présenté à la
Commission de la culture et de l’éducation dans le cadre de la consultation
générale et des audiences publiques sur le projet de loi numéro 103, Loi modifiant
la Charte de la langue française et d’autres dispositions législatives, septembre
2010.
Réseau communautaire de santé et de services sociaux et ministère de la Santé et
des Services sociaux, Cadre de mise en œuvre du Programme de contribution pour
les langues officielles en santé, 1er juin 2009.
Statistique Canada, Portrait des minorités de langue officielle au Canada : les
anglophones du Québec, no 89-642-X au catalogue – no 002, Ottawa, 2010.
YES Montréal (Services d’emploi pour les jeunes), Self-Employment and
Employment in Quebec’s English-speaking Cultural Communities and Visible
Minorities : Prospects and Problems, préparé par Jack Dewab avec l’appui du
ministère du Patrimoine canadien pour YES, septembre 2006 (en anglais
seulement).
xix
ANNEXE E :
RÉPARTITION DES FONDS ALLOUÉS AUX COMMUNAUTÉS
ANGLOPHONES DU QUÉBEC DANS LE CADRE DE LA FEUILLE DE
ROUTE POUR LA DUALITÉ LINGUISTIQUE CANADIENNE
Ministère/
Agence
Initiative
Année
Fonds ($)
Justice Canada
Accès à la justice
dans les deux langues
officielles
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
205
262
309
120
636
589
328
000
S/O
897 553
Santé Canada
Formation, réseaux et
accès aux services de
santé
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
666
934
700
000
300
809
600
000
000
000
38 770 609
Recrutement et
intégration des
immigrants
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
63
63
63
63
S/O
183
183
183
183
252 732
Citoyenneté et
Immigration
Canada
Appui aux
communautés de
langue officielle en
situation minoritaire*
Fonds de
développement
culturel
Patrimoine
Canadien
Initiatives jeunesse
Collaboration
intergouvernementale
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
4
7
9
10
10
460
448
405
405
405
332
438
120
120
120
S/O
450 385 $
634 578 $
Total ($)
2 124 130
1 084 963
À déterminer
À déterminer
S/O
614 743
S/O
S/O
S/O
400 000
400 000
400 000
400 000
400 000
614 743
2 000 000
* Dans le cadre de l’initiative « Appui aux communautés de langue officielle en situation
minoritaire » de Patrimoine Canadien, les communautés anglophones du Québec peuvent
accéder à des budgets qui vont au-delà de la Feuille de route (2008-2013).
xx
Ministère/
Agence
Initiative
Appui à
l'enseignement dans
la langue de la
minorité*
Patrimoine
canadien (suite)
Programme national
de traduction pour
l'édition du livre
Vitrines musicales
pour les artistes des
communautés de
langue officielle en
situation minoritaire
Développement
économique
Canada pour les
régions du
Québec
Ressources
humaines et
développement
des compétences
Canada
Année
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
Fonds ($)
14
14
14
13
13
505
014
014
957
957
750
1 250
1 500
1 500
200
400
400
400
400
142
642
642
641
641
S/O
000
000
000
000
000
000
000
000
000
Total ($)
70 449 709
5 000 000
1 800 000
Initiative de
développement
économique
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
1
3
3
2
164
022
025
025
000
265
767
000
000
000
9 237 032
Fonds d'habilitation
pour les
communautés de
langue officielle en
situation minoritaire
2008-2009
2009-2010
2010-2011
2011-2012
2012-2013
2
2
2
2
2
700
700
700
700
700
000
000
000
000
000
13 500 000
Total
145 731 471
* Dans le cadre de l’initiative « Appui à l’enseignement dans la langue de la minorité » de
Patrimoine Canadien, les communautés anglophones du Québec peuvent accéder à des budgets
qui vont au-delà de la Feuille de route (2008-2013).
Source : Données fournies par Patrimoine canadien, septembre 2010.
WITNESSES
TÉMOINS
Monday, October 3, 2011
Le lundi 3 octobre 2011
Service Canada:
Service Canada :
Cheryl Fisher, Acting Assistant Deputy Minister, Citizen Service
Branch;
Cheryl Fisher, sous-ministre adjointe par intérim, Direction
générale de service aux citoyens;
Julie Lalonde-Goldenberg, Director General, Interdepartmental
Partnerships and Service Offerings, Citizen Service Branch.
Julie Lalonde-Goldenberg, directrice générale, Partenariats
interministériels et offres de service, Direction générale de
service aux citoyens.
Human Resources and Skills Development Canada:
Anne Duguay, Director General, Workplace Effectiveness and
Communities, Human Resources Services Branch.
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Ressources humaines et Développement des compétences Canada :
Anne Duguay, directrice générale, Efficacité du milieu de travail et
Communautés, Direction générale des services des ressources
humaines.
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising