Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14

Second Session Deuxième session de la Forty-first Parliament, 2013-14
Second Session
Forty-first Parliament, 2013-14
Deuxième session de la
quarante et unième législature, 2013-2014
Standing Senate Committee on
National Security and Defence
Comité sénatorial permanent de la
sécurité nationale et de la défense
Proceedings of the Subcommittee on
Délibérations du Sous-comité des
VETERANS AFFAIRS
ANCIENS COMBATTANTS
Chair:
The Honourable JOSEPH A. DAY
Président :
L’honorable JOSEPH A. DAY
Wednesday, October 29, 2014
Wednesday, November 19, 2014
Wednesday, December 3, 2014
Le mercredi 29 octobre 2014
Le mercredi 19 novembre 2014
Le mercredi 3 décembre 2014
Issue No. 8
Fascicule nº 8
Seventh, eighth and ninth meetings:
Septième, huitième et neuvième réunions :
Study on the medical, social, and operational impacts
of mental health issues affecting serving and
retired members of the Canadian Armed Forces,
including operational stress injuries (OSIs)
such as post-traumatic stress disorder (PTSD)
Étude sur les répercussions médicales, sociales et
opérationnelles des problèmes de santé mentale dont
sont atteints des membres actifs et à la retraite des
Forces canadiennes, y compris les blessures de
stress opérationnel (BSO) comme l’état
de stress post-traumatique
WITNESSES:
(See back cover)
TÉMOINS :
(Voir à l’endos)
51679-51744-51801
SUBCOMMITTEE ON VETERANS AFFAIRS
SOUS-COMITÉ DES ANCIENS COMBATTANTS
The Honourable Joseph A. Day, Chair
Président : L’honorable Joseph A. Day
The Honourable Carolyn Stewart Olsen, Deputy Chair
Vice-présidente : l’honorable Carolyn Stewart Olsen
and
et
The Honourable Senators:
Les honorables sénateurs :
Beyak
Mitchell
Wallace
Beyak
Mitchell
Wallace
(Quorum 3)
Changes in membership of the subcommittee:
(Quorum 3)
Modifications de la composition du sous-comité :
Pursuant to rule 12-5, membership of the subcommittee was
amended as follows:
Conformément à l’article 12-5 du Règlement, la liste des membres
du sous-comité est modifiée, ainsi qu’il suit :
The Honourable Senator Beyak replaced the Honourable
Senator Lang (December 3, 2014).
L’honorable sénatrice Beyak a remplacé l’honorable
sénateur Lang (le 3 décembre 2014).
The Honourable Senator Wallace was added to the membership
(December 3, 2014).
L’honorable sénateur Wallace a été ajouté à la liste des membres
du sous-comité (le 3 décembre 2014).
The Honourable Senator White was removed from the
membership of the subcommittee, substitution pending
(December 3, 2014).
L’honorable sénateur White a été retiré de la liste des membres du
sous-comité, remplacement à venir (le 3 décembre 2014).
The Honourable Senator Lang replaced the Honourable Senator
Neufeld (November 19, 2014).
L’honorable sénateur Lang a remplacé l’honorable sénateur
Neufeld (le 19 novembre 2014).
The Honourable Senator Stewart Olsen was added to the
membership (November 19, 2014).
L’honorable sénatrice Stewart Olsen a été ajoutée à la liste des
membres du sous-comité (le 19 novembre 2014).
The Honourable Senator Frum was removed from the
membership of the subcommittee, substitution pending
(November 19, 2014).
L’honorable sénatrice Frum a été retirée de la liste des membres
du sous-comité, remplacement à venir (le 19 novembre 2014).
The Honourable Senator Frum was added to the membership
(November 19, 2014.).
L’honorable sénatrice Frum a été ajoutée à la liste des membres
du sous-comité (le 19 novembre 2014).
The Honourable Senator Stewart Olsen was removed from the
membership of the committee, substitution pending
(November 19, 2014).
L’honorable sénatrice Stewart Olsen a été retirée de la liste des
membres du sous-comité, remplacement à venir (le 19 novembre
2014).
The Honourable Senator Neufeld replaced the Honourable
Senator Lang (November 19, 2014).
L’honorable sénateur Neufeld a remplacé l’honorable
sénateur Lang (le 19 novembre 2014).
The Honourable Senator Stewart Olsen was added to the
membership (November 18, 2014).
L’honorable sénatrice Stewart Olsen a été ajoutée à la liste des
membres du sous-comité (le 18 novembre 2014).
The Honourable Senator Fortin-Duplessis was removed from the
membership of the subcommittee, substitution pending
(November 18, 2014).
L’honorable sénatrice Fortin-Duplessis a été retirée de la liste des
membres du sous-comité, remplacement à venir (le 18 novembre
2014).
The Honourable Senator Fortin-Duplessis was added to the
membership (November 17, 2014).
L’honorable sénatrice Fortin-Duplessis a été ajoutée à la liste des
membres du sous-comité (le 17 novembre 2014).
The Honourable Senator Stewart Olsen was removed from the
membership of the subcommittee, substitution pending
(November 17, 2014).
L’honorable sénatrice Stewart Olsen a été retirée de la liste des
membres du sous-comité, remplacement à venir (le 17 novembre
2014).
The Honourable Senator Lang replaced the Honourable
Senator Enverga (October 29, 2014).
L’honorable sénateur Lang a remplacé l’honorable
sénateur Enverga (le 29 octobre 2014).
The Honourable Senator Enverga replaced the Honourable
Senator Lang (October 28, 2014).
L’honorable sénateur Enverga a remplacé l’honorable
sénateur Lang (le 28 octobre 2014).
Published by the Senate of Canada
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Publié par le Sénat du Canada
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
3-12-2014
Anciens combattants
MINUTES OF PROCEEDINGS
PROCÈS-VERBAUX
OTTAWA, Wednesday, October 29, 2014
(18)
OTTAWA, le mercredi 29 octobre 2014
(18)
[English]
8:3
[Traduction]
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day at
12:12 p.m., in room 257, East Block, the chair, the Honourable
Joseph A. Day, presiding.
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 12, dans la pièce 257 de l’édifice de l’Est,
sous la présidence de l’honorable Joseph A. Day (président).
Members of the subcommittee present: The Honourable
Senators Day, Enverga, Stewart Olsen and White (4).
Membres du sous-comité présents : Les honorables
sénateurs Day, Enverga, Stewart Olsen et White (4).
In attendance: Martin Auger, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présent : Martin Auger, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate
on Wednesday, April 9, 2014, and delegated on Monday,
April 28, 2014 by the Standing Senate Committee on National
Security and Defence, the subcommittee continued its
consideration of the medical, social, and operational impacts of
mental health issues affecting serving and retired members of the
Canadian Armed Forces, including operational stress injuries
(OSIs) such as post-traumatic stress disorder (PTSD). (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 5.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 9 avril 2014 et délégué le lundi 28 avril 2014 par le
Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la
défense, le sous-comité poursuit son étude sur les répercussions
médicales, sociales et opérationnelles des problèmes de santé
mentale dont sont atteints des membres actifs et à la retraite des
Forces canadiennes, y compris les blessures de stress opérationnel
(BSO) comme l’état de stress post-traumatique. (Le texte intégral
de l’ordre de renvoi figure au fascicule no5 des délibérations du
comité.)
WITNESSES:
TÉMOINS :
National Defence and Canadian Armed Forces:
Défense nationale et Forces armées canadiennes :
Colonel Gerry Blais, Director, Casualty Support Management
and Joint Personnel Support Unit;
Colonel Gerry Blais, directeur, Gestion du soutien aux blessés
et Unité interarmées de soutien au personnel;
Colonel Russell Mann, Director, Military Family Services;
Colonel Russell Mann, directeur, Services aux familles des
militaires;
Lieutenant-Colonel Alexandra Heber, Psychiatrist and
Section Head of Clinical Programs, Directorate of Mental
Health, Canadian Forces Health Services Group.
Lieutenant-colonel Alexandra Heber, psychiatre et chef de
section des programmes cliniques, Direction de la santé
mentale, Service de santé des Forces canadiennes.
The chair made an opening statement and recognized, in the
audience, visitors from the Courageous Companions group.
Le président prend la parole et souligne la présence de
participants au programme Compagnons courageux.
Colonel Blais, Colonel Mann and Lieutenant-Colonel Heber
each made a statement and, together, answered questions.
Les colonels Blais et Mann et le lieutenant-colonel Heber font
chacun une déclaration puis, ensemble, répondent aux questions.
At 1:15 p.m., the subcommittee adjourned to the call of the
chair.
À 13 h 15, le sous-comité s’ajourne jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTEST:
ATTESTÉ :
8:4
Veterans Affairs
OTTAWA, Wednesday, November 19, 2014
(19)
[English]
3-12-2014
OTTAWA, le mercredi 19 novembre 2014
(19)
[Traduction]
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day at
12:03 p.m., in room 257, East Block, the chair, the Honourable
Joseph A. Day, presiding.
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 3, dans la pièce 257 de l’édifice de l’Est, sous la
présidence de l’honorable Joseph A. Day (président).
Members of the subcommittee present: The Honourable
Senators Day, Frum, Neufeld and White (4).
Membres du sous-comité présents : Les honorables sénateurs
Day, Frum, Neufeld et White (4).
In attendance: Martin Auger, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présent : Martin Auger, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate on
Wednesday, April 9, 2014, and delegated on Monday, April 28,
2014 by the Standing Senate Committee on National Security and
Defence, the subcommittee continued its consideration of the
medical, social, and operational impacts of mental health issues
affecting serving and retired members of the Canadian Armed
Forces, including operational stress injuries (OSIs) such as
post-traumatic stress disorder (PTSD). (For complete text of the
order of reference, see proceedings of the committee, Issue No. 5.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 9 avril 2014 et délégué le lundi 28 avril 2014 par le
Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la
défense, le sous-comité poursuit son étude sur les répercussions
médicales, sociales et opérationnelles des problèmes de santé
mentale dont sont atteints des membres actifs et à la retraite des
Forces canadiennes, y compris les blessures de stress opérationnel
(BSO) comme l’état de stress post-traumatique. (Le texte intégral
de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 5 des délibérations du
comité.)
WITNESS:
TÉMOIN :
As an individual:
À titre personnel :
Ron Frey, Clinical and Organizational Psychologist.
Ron Frey, psychologue clinique et organisationnel.
The chair made an opening statement.
Le président prend la parole.
Mr. Frey made a statement and answered questions.
M. Frey fait une déclaration, puis répond aux questions.
At 1 p.m., the subcommittee adjourned to the call of the chair.
ATTEST:
OTTAWA, Wednesday, December 3, 2014
(20)
[English]
À 13 heures, le sous-comité s’ajourne jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTESTÉ :
OTTAWA, le mercredi 3 décembre 2014
(20)
[Traduction]
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day at
12:02 p.m., in room 257, East Block, the deputy chair, the
Honourable Carolyn Stewart Olsen, presiding.
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 2, dans la pièce 257 de l’édifice de l’Est, sous la
présidence de l’honorable Carolyn Stewart Olsen (vice-présidente).
Members of the subcommittee present: The Honourable
Senators Beyak, Lang, Mitchell, Stewart Olsen and Wallace (5).
Membres du sous-comité présents : Les honorables sénateurs
Beyak, Lang, Mitchell, Stewart Olsen et Wallace (5).
In attendance: Martin Auger, Analyst, Parliamentary
Information and Research Service, Library of Parliament.
Également présent : Martin Auger, analyste, Service
d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du
Parlement.
Also present: The official reporters of the Senate.
Aussi présents : Les sténographes officiels du Sénat.
3-12-2014
Anciens combattants
8:5
Pursuant to the order of reference adopted by the Senate
on Wednesday, April 9, 2014, and delegated on Monday,
April 28, 2014 by the Standing Senate Committee on National
Security and Defence, the subcommittee continued its
consideration of the medical, social, and operational impacts of
mental health issues affecting serving and retired members of the
Canadian Armed Forces, including operational stress injuries
(OSIs) such as post-traumatic stress disorder (PTSD). (For
complete text of the order of reference, see proceedings of the
committee, Issue No. 5.)
Conformément à l’ordre de renvoi adopté par le Sénat le
mercredi 9 avril 2014 et délégué le lundi 28 avril 2014 par le
Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la
défense, le sous-comité poursuit son étude sur les répercussions
médicales, sociales et opérationnelles des problèmes de santé
mentale dont sont atteints des membres actifs et à la retraite des
Forces canadiennes, y compris les blessures de stress opérationnel
(BSO) comme l’état de stress post-traumatique. (Le texte intégral
de l’ordre de renvoi figure au fascicule no 5 des délibérations du
comité.)
WITNESS:
TÉMOIN :
As an individual:
À titre personnel :
Dr. Jitender Sareen, Professor of psychiatry, University of
Manitoba (by video conference).
Dr Jitender Sareen, professeur en psychiatrie, Université du
Manitoba (par vidéoconférence).
The deputy chair made an opening statement.
La vice-présidente prend la parole.
Senator Lang made a statement.
Le sénateur Lang fait une déclaration.
Dr. Sareen made a statement and answered questions.
M. Sareen fait une déclaration, puis répond aux questions.
At 12:53 p.m., the subcommittee adjourned to the call of the
chair.
ATTEST:
À 12 h 53, le sous-comité s’ajourne jusqu’à nouvelle
convocation de la présidence.
ATTESTÉ :
La greffière du sous-comité,
Josée Thérien
Clerk of the Subcommittee
8:6
Veterans Affairs
3-12-2014
EVIDENCE
TÉMOIGNAGES
OTTAWA, Wednesday, October 29, 2014
OTTAWA, le mercredi 29 octobre 2014
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day at
12:12 p.m. to continue its study on the medical, social and
operational impacts of mental health issues affecting serving and
retired members of the Canadian Armed Forces, including
operational stress injuries (OSIs) such as post-traumatic stress
disorder (PTSD).
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 12, pour poursuivre son étude sur les
répercussions médicales, sociales et opérationnelles des
problèmes de santé mentale dont sont atteints des membres
actifs et à la retraite des Forces canadiennes, y compris les
blessures de stress opérationnel (BSO) comme l’état de stress posttraumatique.
Senator Joseph A. Day (Chair) in the chair.
[Translation]
The Chair: Honourable senators, today we are continuing our
study on operational stress injuries and other mental health issues
affecting veterans.
[English]
Le sénateur Joseph A. Day (président) occupe le fauteuil.
[Français]
Le président : Honorables sénateurs, aujourd’hui, nous
continuons notre étude sur les blessures de stress opérationnel
et les autres problèmes de santé mentale des anciens combattants.
[Traduction]
Today’s meeting focuses more specifically on the mental health
programs, services and support offered through the Joint
Personnel Support Unit and the Integrated Personnel Support
Centres, the Military Family Resource Centres and the
Operational Trauma and Stress Support Centres. We should
have these names up on the wall because you start talking in
acronyms, and we’re lost.
La séance d’aujourd’hui porte plus précisément sur les
programmes de santé mentale, les services et le soutien offerts
par l’entremise de l’Unité interarmées de soutien du personnel,
des centres intégrés de soutien du personnel, des centres de
ressources pour les familles des militaires et des centres de soutien
pour trauma et stress opérationnels. Nous devrions épingler ces
appellations à un mur, car nous ne pourrons plus vous suivre
lorsque vous commencerez à employer des acronymes.
We will be hearing from three representatives from the
Department of National Defence: Colonel Gerry Blais,
Director, Casualty Support Management and Joint Personnel
Support Unit; Colonel Russell Mann, Director, Military Family
Services; and Lieutenant-Colonel Alexandra Heber, MD,
FRCPC, Psychiatrist and Section Head of Clinical Programs,
Directorate of Mental Health, Canadian Forces Health Services
Group.
Nous allons entendre trois représentants de la
Défense nationale et des Forces armées canadiennes : le colonel
Gerry Blais, directeur, Gestion de soutien aux blessés et
Unité interarmées de soutien du personnel; le colonel Russell
Mann, directeur, Services aux familles des militaires; et la
lieutenant-colonel Alexandra Heber, MD, FRCPC, chef de
Section, programmes cliniques, Direction de la santé mentale,
Service de santé des Forces canadiennes.
I understand that each of you has some background
information to provide to us to help us to understand these
support units. We’ll start with Colonel Blais, then go to Colonel
Mann, followed up by Lieutenant-Colonel Heber.
Je crois comprendre que vous avez chacun certains
renseignements généraux à nous présenter pour nous aider à
comprendre ces services de soutien. Nous allons commencer par le
colonel Blais. Ce sera ensuite au tour du colonel Mann et, enfin,
de la lieutenant-colonel Heber.
Before we do, Senator White, Senator Stewart Olsen and I
would like to welcome special guests. I will ask Senator
Stewart Olsen, the deputy chair of this committee, to let us
know who our special guests are who are here.
Avant de vous donner la parole, le sénateur While, la sénatrice
Stewart Olsen et moi aimerions souhaiter la bienvenue à des
invités spéciaux. Je vais demander à la sénatrice Stewart Olsen, la
vice-présidente du comité, de nous dire de qui il s’agit.
Senator Stewart Olsen: Thank you, senator. I’m pleased to
welcome today members from Courageous Companions who are
here with their service dogs in support of establishing standards
for service dogs for help in the treatment of PTSD. I welcome
them very much. I’m very glad you could join us today. Thank
you.
La sénatrice Stewart Olsen : Merci, sénateur. Je suis heureuse
de souhaiter la bienvenue aujourd’hui à des participants du
programme Compagnons courageux, qui sont ici avec leurs chiens
d’assistance pour appuyer l’adoption de normes visant
l’utilisation de ces animaux dans le traitement du stress posttraumatique. Je leur souhaite la plus cordiale bienvenue. Nous
sommes très heureux qu’ils aient pu se joindre à nous aujourd’hui.
Merci.
3-12-2014
Anciens combattants
The Chair: Thank you. We’re very pleased you’re here. Okay,
shall we begin?
[Translation]
Colonel Gerry Blais, Director, Casualty Support Management
and Joint Personnel Support Unit, National Defence and Canadian
Armed Forces: Mr. Chair and members of the committee, I am
very pleased to have the opportunity to talk to you about the
programs and services available to Canadian Armed Forces
personnel and their families as they heal from, and deal with,
operational stress injuries. Joining me today are Colonel Russ
Mann, the director of military family services, and Lieutenant
Colonel Alex Heber, a highly respected psychiatrist with the
Directorate of Mental Health.
[English]
8:7
Le président : Merci. Nous sommes très heureux de vous
compter parmi nous. Bien; commençons.
[Français]
Colonel Gerry Blais, directeur, Gestion de soutien aux blessés et
Unité interarmées de soutien au personnel, Défense nationale et
Forces armées canadiennes : Monsieur le président et membres du
comité, j’ai le grand plaisir de vous parler des programmes et des
services offerts au personnel des Forces armées canadiennes et à
leurs familles, lorsqu’ils guérissent de blessures liées au stress
opérationnel. Le colonel Russ Mann, directeur des services aux
familles des militaires, et le lieutenant-colonel Alex Heber,
psychiatre hautement respectée de la Direction de la santé
mentale, se joignent à moi aujourd’hui.
[Traduction]
When a Canadian Armed Forces member is either physically
or mentally injured or suffers an illness to the extent that they
cannot function in their regular duties, they are admitted into our
Caring for Our Own program, consisting of three phases:
recovery, rehabilitation and reintegration. The program is
compassionate and tailored to the member’s needs and has no
set timeline, as recovery from injury or illness doesn’t occur
according to a fixed schedule.
Quand un membre des Forces armées canadiennes subit une
blessure physique ou mentale ou qu’il souffre d’une maladie qui le
rend inapte à assumer ses fonctions habituelles, il est admis au
programme Prendre soin des nôtres, qui comprend trois étapes :
le rétablissement, la réadaptation et la réintégration. Le
programme est axé sur la compassion, est adapté aux besoins
du militaire et n’a pas d’échéance fixe, puisque le temps de
guérison d’une maladie ou d’une blessure est variable.
The recovery and rehabilitation phases are mostly in the hands
of our medical experts who lead in the fields of both physical and
mental recovery and rehabilitation. The reintegration phase
becomes a shared responsibility between the member, the
medical staff and the chain of command. The focal point for
the reintegration phase is the Joint Personnel Support Unit and its
network of 24 Integrated Personnel Support Centres, employing
177 civilian and 199 military staff. The centres also house family,
spiritual, social and financial support specialists, along with
Canadian Forces Health Services case managers and Veterans
Affairs Canada staff, all in one location. This collaboration has
greatly facilitated the comprehensive care provided to military
personnel and their families.
Ce sont principalement nos professionnels de la santé qui
s’occupent du rétablissement et de la réadaptation physique et
mentale, tandis que le militaire, le personnel médical et la chaîne
de commandement se partagent la responsabilité à l’étape de la
réintégration. L’Unité interarmées de soutien du personnel et son
réseau de 24 centres intégrés de soutien du personnel, qui
comptent 177 employés civils et 199 employés en uniforme, sont
au cœur de l’étape de la réintégration. Les centres emploient aussi
des spécialistes du soutien familial, spirituel, social et financier
ainsi que des gestionnaires de cas des services de santé des Forces
armées canadiennes de même que des membres du personnel
d’Anciens Combattants Canada, qui sont tous regroupés à un seul
endroit. Cette collaboration facilite grandement la prestation de
soins approfondis aux militaires et aux membres de leur famille.
Families are a key component to the successful completion of
each of the three phases. As serious as a physical or mental health
issue is for the military member or veteran, the pain and suffering
is shared by their families. In order to ensure that they are part of
the process, are well informed and have access to support, family
members are always welcome to attend appointments and
meetings with their loved one. The Integrated Personnel
Support Centres also house a family liaison officer, a social
worker who works in harmony with the local Military Family
Resource Centre to ensure that the family is aware of and has
access to all available programs and services.
La famille est essentielle à la réussite de chacune des trois
étapes. Elle partage la douleur et les souffrances du militaire ou de
l’ancien combattant, peu importe la gravité de son problème
physique ou mental. Afin de s’assurer qu’ils font partie du
processus, qu’ils sont bien informés et qu’ils ont accès à du
soutien, les membres de la famille peuvent toujours accompagner
leur être cher à ses rendez-vous et à ses rencontres. Les centres
intégrés de soutien du personnel recourent également aux services
d’un officier de liaison avec les familles, un travailleur social qui
collabore de façon harmonieuse avec le centre de ressources pour
les familles des militaires local afin de s’assurer qu’elles
connaissent l’ensemble des programmes et des services
disponibles et qu’elles y ont accès.
8:8
Veterans Affairs
[Translation]
The Soldier On program provides access to equipment,
training and participation in activities, including mentorship
from experienced teammates, world-class athletes, coaches and
trainers, and is specifically geared to ensuring that ill and injured
personnel continue to pursue a healthy, active lifestyle post injury.
Participation in the program is growing and the results are truly
encouraging for cases of both physical and mental injury.
[English]
More specific to those suffering from mental injury and illness,
the Operational Stress Injury Social Support Program
complements the clinical care provided by the Canadian Armed
Forces mental health professionals. A group of military members
and veterans who served in theatres of operation recognized the
benefits of sharing their experiences and launched a peer-based
support network. From those roots, OSISS has now developed
into a well-established program, managed in partnership with
Veterans Affairs Canada, and includes a component geared to
family members living with those suffering the effects of an
operational stress injury. Services are delivered by 54 screened and
trained peers employed as public servants, as well as a robust
network of trained volunteers. Every member of the network
brings first-hand experience and practical knowledge of what it is
like to struggle with an operational stress injury or to live with
someone who has an operational stress injury.
[Translation]
3-12-2014
[Français]
Le programme Sans limites offre accès à de l’équipement, à de
l’instruction et à des activités, y compris au mentorat par des
membres expérimentés de l’équipe, des athlètes, des entraîneurs et
des instructeurs de calibre mondial. Il vise précisément à assurer
que les membres du personnel qui sont malades et blessés
continuent d’avoir un mode de vie sain et actif. La participation
au programme est à la hausse, et les résultats sont réellement
encourageants dans le cas de blessures physiques et mentales.
[Traduction]
L’aide accordée par le Programme de soutien social aux
victimes de blessures de stress opérationnel complète les soins
cliniques fournis par les professionnels de la santé mentale des
Forces armées canadiennes, notamment les soins offerts à ceux
qui souffrent d’une blessure psychologique ou d’une maladie
mentale. Un groupe de militaires et d’anciens combattants qui
avaient été déployés dans des théâtres d’opérations ont réalisé les
avantages que peut procurer le fait de raconter leur expérience et
ont mis sur pied un réseau de soutien mutuel. Depuis ce temps, le
SSBSO est devenu un programme bien établi qui est géré en
partenariat avec le ministère de la Défense nationale et Anciens
Combattants Canada et qui comprend un volet axé sur les
membres des familles qui vivent avec une personne souffrant des
suites d’un traumatisme lié au stress opérationnel. Les services
sont offerts par 54 pairs présélectionnés et employés à titre de
fonctionnaires ainsi que par un solide réseau de bénévoles
qualifiés. Chaque membre du réseau possède une expérience
directe et une connaissance pratique des traumatismes liés au
stress opérationnel et sait ce que cela représente de vivre avec une
personne qui en souffre.
[Français]
For those transitioning from our care into the hands of
Veterans Affairs Canada, we offer an extensive variety of
programs and services to meet their specific needs in job
retraining, skills upgrading and coaching as they pursue a new
career.
Dans le cas des personnes dont les soins transitent de nos
services vers ceux d’Anciens Combattants Canada, nous offrons
un vaste éventail de programmes et de services pour répondre à
leurs besoins précis en termes de recyclage et de perfectionnement
professionnel, et d’encadrement pendant leur carrière.
We also offer employment opportunities through a variety of
partnerships with the private sector and registered charities that
include job placement, entrepreneurial skills development and
franchising.
Nous offrons aussi des possibilités d’emploi par l’entremise
d’une variété de partenariats avec le secteur privé et les
organismes de bienfaisance enregistrés qui comprennent les
notions liées au placement professionnel, au perfectionnement
des compétences en entrepreneuriat et au franchisage.
Regrettably, time does not permit me to describe in detail the
full breadth and scope of the programs in place to assist our ill
and injured, but I will be pleased to address any questions that
you may have.
Malheureusement, le temps ne me permet pas de décrire
l’étendue et la portée des programmes en place qui peuvent aider
les personnes malades et blessées, mais je répondrai à vos
questions avec plaisir.
The Chair: Thank you, Colonel Blais.
[English]
Colonel Russell Mann, Director, Military Family Services,
National Defence and Canadian Armed Forces: Good afternoon
members of the committee, ladies and gentlemen. I want to begin
Le président : Merci, colonel Blais.
[Traduction]
Colonel Russell Mann, directeur, Services aux familles des
militaires, Défense nationale et Forces armées canadiennes : Chers
membres du comité, mesdames et messieurs, bonjour. Je tiens
3-12-2014
Anciens combattants
8:9
by thanking you for your invitation to appear today in order to
bring some insight into the Military Family Services Program and
the role of family liaison officers.
d’abord à vous remercier de m’avoir invité à comparaître
aujourd’hui pour vous éclairer sur le Programme de services
aux familles des militaires et sur le rôle des officiers de liaison avec
les familles.
While we know that the majority of families are doing well and
thriving, many continue to struggle despite the programs and
services in place for them. To address the evolving and complex
needs of military families, family liaison officers were introduced
in 2008. These social workers, who are employed by the Military
Family Resource Centres but operate within the Integrated
Personnel Support Centres, provide care to families of the ill
and injured throughout the recovery, rehabilitation and
reintegration process.
Nous savons que la majorité des familles vont bien, qu’elles
sont prospères, mais un grand nombre d’entre elles connaissent
encore des difficultés malgré les programmes et les services mis à
leur disposition. Le recours à des officiers de liaison avec les
familles a été instauré en 2008 pour remédier aux besoins
changeants et complexes des familles des militaires. Ces
travailleurs sociaux, qui sont employés par les centres de
ressources pour les familles des militaires, mais qui exercent
leurs activités dans les centres de soutien intégré du personnel,
s’occupent des familles des militaires malades et blessés tout au
long de leur processus de rétablissement, de réadaptation et de
réintégration.
We know that mental health injuries are never suffered alone
or in isolation. That is why family liaison officers endeavour to
support the IPSC team in delivering family-centred, consistent
care, service and support to families of Canadian Armed Forces
personnel coping with illness, an injury and/or special need, or
who have died while serving. Their services include crisis
counselling, community outreach and education, as well as
consultation and coaching to ill and injured family members.
We currently have 32 family liaison officers who work out of
28 locations across Canada.
Nous savons que les problèmes de santé mentale n’affectent
pas uniquement la personne qui en souffre. C’est pourquoi les
officiers de liaison s’efforcent d’appuyer l’équipe des CSIP en
fournissant régulièrement des soins, des services et du soutien aux
familles des membres des Forces armées canadiennes qui sont aux
prises avec une maladie ou une blessure ou qui ont des besoins
particuliers, ou aux familles des militaires qui sont morts en
service. Ils offrent entre autres des services de consultation en cas
de crise, des services de sensibilisation et d’éducation de la
collectivité ainsi que des services de consultation et d’encadrement
à l’intention des membres d’une famille qui sont malades ou
blessés. À l’heure actuelle, 32 officiers de liaison avec les familles
travaillent à 28 endroits différents au Canada.
In the fiscal year 2013-14, the total number of IPSC families
served by a family liaison officer was 1,585 family units. The cost
of the program was $2.7 million to the department. Since 2008,
utilization rates of the family liaison officers have risen to the level
they are today.
Durant l’exercice financier de 2013-2014, un total de
1 585 familles a bénéficié de leurs services. Le programme a
coûté 2,7 millions de dollars au ministère. Depuis 2008, le nombre
de familles qui a recours aux services d’un officier de liaison a
augmenté pour atteindre le nombre actuel.
Despite the end of major combat operations in Afghanistan,
family liaison officers continue to be routinely confronted with
military families who are facing family relationship difficulties,
physical injuries, mental health challenges, periods of grief and
transition difficulties, which may include financial and/or
employment issues. Families are being referred to the family
liaison officer through a wide variety of local service providers
such as base or wing surgeon, base padre, OSISS, to name a few,
who are mandated to provide different levels of mental health
care: medical, spiritual, psychiatric, psychological or social work,
to families and dependent children.
Malgré la fin des grandes opérations de combat en
Afghanistan, les officiers de liaison continuent de travailler
auprès de familles de militaires qui sont aux prises avec des
relations familiales difficiles, des blessures physiques, des
problèmes de santé mentale, des périodes de deuil et des
difficultés de transition qui sont parfois accompagnés de
problèmes financiers liés à l’emploi. Un grand nombre de
prestataires de services locaux dirigent les familles vers des
officiers de liaison. Il s’agit du médecin-chef d’une base ou d’une
escadre, de l’aumônier d’une base ou d’un membre du personnel
du Programme de soutien social aux victimes de stress
opérationnel, pour n’en nommer que quelques-uns. Ces
prestataires sont chargés d’offrir différents soins de santé
mentale — sur les plans médical, spirituel, psychiatrique,
psychologique ou social — aux familles des militaires et aux
enfants à charge.
8:10
Veterans Affairs
3-12-2014
Injury to a parent, partner or child is a major threat even to the
most resilient of military families. The family liaison officer is an
essential resource to help highlight, promote and facilitate
evidence-based approaches that can support healthy growth and
recovery of the military family unit.
Un parent, un partenaire ou un enfant blessé constitue une
grande menace pour l’unité des familles de militaires, même les
plus résistantes. L’officier de liaison est une ressource essentielle
pour aider à présenter, à promouvoir et à faciliter des démarches
éprouvées qui peuvent favoriser la croissance de ces familles et
leur retour à la normale.
Lieutenant-Colonel Alexandra Heber, Psychiatrist and
Section Head of Clinical Programs, Directorate of Mental
Health, Canadian Forces Health Services Group, National
Defence and Canadian Armed Forces: Mr. Chairman and
committee members, thank you for inviting me here today and
thank you for all the good work you’re doing studying the care of
our ill and injured members of the Canadian Armed Forces, our
veterans and their families.
Lieutenant-Colonel Alexandra Heber, psychiatre et chef de
section des programmes cliniques, Direction de la santé mentale,
Service de santé des Forces canadiennes : Monsieur le président,
chers membres du comité, je vous remercie de m’avoir invitée à
comparaître et de tout le bon travail que vous faites en examinant
les soins offerts aux membres des Forces armées canadiennes, à
nos anciens combattants et à leurs familles.
To give some context for my remarks today, I’d like to tell you
a bit of my background. I’ve worked in health care and mental
health care for nearly 40 years, first as a nurse and then as a
psychiatrist. I took a position first with the CF mental health
clinic in Ottawa in 2003 as a civilian psychiatrist. Three years
later, I put on the uniform.
Pour mettre mes commentaires d’aujourd’hui en contexte,
j’aimerais vous parler un peu de mon expérience. Je travaille dans
le domaine des soins de santé et de la santé mentale depuis près de
40 ans. J’ai d’abord été infirmière, et je suis maintenant
psychiatre. J’ai accepté en 2003 un poste de psychiatre civile à
la clinique de santé mentale des Forces canadiennes à Ottawa.
Trois ans plus tard, j’ai décidé d’endosser l’uniforme.
Part of my motivation for joining the CF was to deploy to
Afghanistan, which I did in 2009. This experience was the high
point of my military career. But in fact, the past 11 years serving
our military members has been the greatest privilege of my
professional life.
Ma décision de me joindre aux Forces armées canadiennes était
en partie motivée par mon désir d’être déployée en Afghanistan,
et je m’y suis rendue en 2009. Ce fut le point culminant de ma
carrière militaire. Je considère par ailleurs que les 11 dernières
années, que j’ai passées au service de nos militaires, comme civile
puis comme militaire moi-même, constituent le plus grand
privilège qui m’a été donné dans toute ma vie professionnelle.
Before moving to our mental health headquarters a year ago, I
spent 10 years as clinical leader of mental health and the
Operational Trauma and Stress Support Centre here in Ottawa.
With my experience working in both civilian and military health
care systems, I must tell you that I’m impressed every day with the
level of accessibility, the quality of care, the cooperation and open
communication among the different people in our health care
system. I can assure you there is nothing comparable in civilian
health care in Canada.
Avant d’aller travailler à notre principale clinique de santé
mentale il y a un an, j’ai occupé pendant 10 ans les fonctions de
chef des soins cliniques en santé mentale au centre de soins pour
trauma et stress opérationnels, ici à Ottawa. J’ai donc travaillé au
sein des systèmes de santé civil et militaire, et je dois vous dire que
je suis chaque jour impressionnée par l’accessibilité et la qualité
des soins offerts ainsi que par la collaboration et la
communication entre les différentes sections dans le système de
santé militaire. Je peux vous assurer qu’il n’y a rien de comparable
dans le monde civil au Canada.
For instance, in the civilian world, I never had the kind of close
relationships with the family doctors of my patients that I enjoy in
the CAF. The family doctors at the Ottawa clinic live one floor
above us, and it was not unusual during my years there to see one
of my clinicians running upstairs or one of the family doctors
running downstairs to have a quick case consultation about a
patient that they shared. It is a very close working relationship.
Par exemple, je n’ai jamais eu de rapports étroits avec les
médecins de famille de mes patients dans le milieu civil, rapports
dont je profite dans les Forces armées canadiennes. À la clinique
d’Ottawa, les médecins de famille ont leur bureau un étage audessus des services de santé mentale, et je vois souvent un de mes
cliniciens monter ou un médecin de famille descendre pour
discuter d’un patient commun. Ce sont des relations de travail très
étroites.
Our goal in our 26 CF mental health clinics across Canada is to
return members to full duty if at all possible. To accomplish this,
we must provide the best treatment available for the conditions
from which our members suffer. To this end, we work in
multidisciplinary teams, and our teams include psychiatrists,
psychologists, social workers, mental health nurses, specially
trained addictions counsellors and clinically trained chaplains, as
L’objectif de tous les professionnels des 26 cliniques de santé
mentale des Forces canadiennes situées un peu partout au Canada
est de permettre aux militaires de reprendre leurs activités à plein
temps, dans la mesure du possible. Pour y arriver, nous devons
leur offrir le meilleur traitement suivant leur état. Nous
travaillons donc au sein d’équipes multidisciplinaires pouvant
inclure des psychiatres, des psychologues, des travailleurs sociaux,
3-12-2014
Anciens combattants
8:11
well as other people at certain points. Each team member brings
their unique experience and skill set to bear on every one of the
members that we treat.
des infirmiers en santé mentale, des conseillers en toxicomanie,
des pharmaciens et des aumôniers spécialisés. Chaque membre
apporte à l’équipe une expérience et un ensemble de compétences
particulières permettant d’améliorer les soins offerts à nos
patients.
I’d like to focus for a minute on the Operational Trauma and
Stress Support Centres, or OTSSCs, one of our favourite
acronyms. These specialized clinics for treating PTSD and other
operational stress injuries were first stood up in 1999 on the order
of General Roméo Dallaire, who was then ADM-HR MIL, and
were created to serve the mental health needs of our members
following those difficult deployments of the early 1990s to
Rwanda, Somalia and Bosnia.
J’aimerais mettre 1’ accent un instant sur les centres de soutien
pour trauma et stress opérationnels. Ces cliniques spécialisées
dans le traitement des troubles de stress post-traumatique et des
autres blessures liées au stress opérationnel ont été mises sur pied
en 1999 par ordre du général Roméo Dallaire afin de répondre
aux besoins en santé mentale des militaires à la suite des
déploiements difficiles des années 1990 au Rwanda, en Somalie
et en Bosnie.
We currently have seven OTSSCs located across Canada. Each
has a regional mandate, a regional responsibility, as well as an
outreach function to coordinate care to support all rehabilitation
and reintegration efforts. To this end, we work quite closely with
the IPSCs, as Colonel Blais as already described.
Nous avons aujourd’hui plus de sept de ces centres au Canada,
et chacun joue un rôle régional en plus d’assumer une fonction de
sensibilisation pour coordonner et appuyer tous les efforts de
réadaptation et de réintégration. Le personnel y travaille donc en
étroite collaboration avec les employés des centres intégrés de
soutien au personnel, dont le colonel Blais vous a déjà parlé.
The OTSSC is a multidisciplinary team of highly skilled,
flexible and creative clinicians who assess, diagnose and treat
members referred for mental health problems related to their
deployments. But the OTSSC also responds to any barriers to
care that it identifies. For example, one of the things we started
doing many years ago, although according to the National
Defence Act we do not have a mandate to directly treat spouses or
family members, is provide care and support that we can provide
under the phrase ‘‘in the service of the member’’ because we know
that when we help the family and the spouse that also helps our
members who are suffering. We provide couple and family
counselling, as well as support and education about operational
stress injuries to the partners and family members of our patients.
Les centres de soutien pour trauma et stress opérationnels
emploient des équipes multidisciplinaires composées de cliniciens
hautement qualifiés, souples et créatifs qui procèdent à une
évaluation, offrent un diagnostic et supervisent le traitement de
militaires souffrant de troubles de santé mentale à la suite d’un
déploiement. Le personnel des centres voit également à éliminer
tout obstacle qui existe dans la prestation des soins. Par exemple,
il y a de nombreuses années, nous avons commencé à soigner les
conjoints ou les membres de leur famille « pour le bien du
militaire », même si nous n’avons pas de mandat direct à cette fin
selon la Loi sur la défense nationale. Nous offrons donc des
thérapies aux couples et aux familles, de même que du soutien et
de l’information sur les blessures liées au stress opérationnel aux
conjoints et aux parents de nos patients.
Also in the Ottawa OTSSC for a number of years now, we ask
every CAF member whom we assess to invite his or her spouse
along for their first appointment. This way we include the family
in the treatment process right from the beginning.
De plus, au centre de soutien d’Ottawa, nous demandons à
chaque militaire devant être évalué d’inviter son conjoint ou sa
conjointe à l’entrevue. C’est ce que nous faisons depuis de
nombreuses années. Nous incluons ainsi la famille dans le
traitement dès le début du processus.
We’ve established partnerships as well with many
organizations outside of the CAF, including the Veterans
Affairs OSI clinics across Canada. Here in Ottawa, we have an
especially close working relationship with the OSI clinic at the
Royal Ottawa Hospital.
Nous avons également établi des partenariats avec de
nombreuses organisations ne relevant pas des Forces armées
canadiennes, y compris les cliniques pour blessures liées au stress
opérationnel du ministère des Anciens Combattants qui se
trouvent un peu partout au pays. Ici, à Ottawa, nous
collaborons étroitement avec la clinique pour blessures liées au
stress opérationnel qui se trouve à l’Hôpital Royal.
When members are preparing for release, we often refer them
to the VAC OSI clinic some months before they leave so that they
can start working with their new doctors and therapists before
they actually depart from our care. Also, we are approached
regularly by sister organizations with whom we share a similar
culture, like police forces, the RCMP and, more recently, Ottawa
Lorsque les militaires se préparent à quitter les Forces armées
canadiennes, nous les aiguillons souvent vers cette clinique
quelques mois avant leur départ pour qu’ils puissent rencontrer
les médecins et les thérapeutes qui prendront la relève. Des
organisations homologues dont la culture est semblable à la
nôtre, notamment la police provinciale, la GRC et, récemment,
8:12
Veterans Affairs
3-12-2014
Fire Services to teach them our approach to dealing with
operational stress and suicide and to managing mental health
issues in the workplace.
le Service des incendies d’Ottawa, nous demandent d’ailleurs
souvent de leur enseigner notre approche en ce qui a trait au stress
opérationnel, au suicide et à la gestion des questions de santé
mentale en milieu de travail.
There is an old saying in medicine that our patients are our best
teachers. I am delighted to be here today to share with you what
my patients have taught me.
En médecine, on dit souvent que nos patients sont nos
meilleurs enseignants. Je suis ravie d’être ici aujourd’hui pour
vous transmettre à mon tour ce que mes patients m’ont appris.
The Chair: Thank you very much, Colonel Heber. We
appreciate the background that each of you has given us.
Before I go to honourable senators, and I have a list of those
who would like to engage in the discussion, could you describe for
us how you fit into the military hierarchy?
Le président : Merci beaucoup, colonel Heber. Nous vous
remercions des explications que vous nous avez tous fournies.
Avant de donner la parole aux sénateurs, et j’ai la liste de ceux qui
aimeraient participer à la discussion, pouvez-vous nous dire où
vous vous trouvez dans la hiérarchie militaire?
Lt.-Col. Heber: I’m a psychiatrist by training. I work in the
Directorate of Mental Health, which is our headquarters
directorate that oversees mental health care across the country
as well as mental health research and training. My job is to
oversee clinical care across the country.
LCol Heber : Je suis psychiatre de formation. Je travaille à la
Direction de la santé mentale, qui supervise les soins de santé
mentale partout au pays, de même que la recherche et la
formation qui s’y rattachent. Mon travail consiste à superviser
les soins cliniques d’un bout à l’autre du pays.
The Chair: Are they the Operational Trauma and Stress
Support Centres?
Le président : S’agit-il des centres de soutien pour trauma et
stress opérationnels?
Lt.-Col. Heber: We have 26 mental health clinics across
Canada that range in size. One that has 40 clinicians working in
it would be large, like the one in Ottawa. Large clinics have
embedded within them specialty Operational Trauma and Stress
Support Centres that were started up in 1999. They are part of our
overall mental health service.
LCol Heber : Nous avons 26 cliniques de santé mentale au
Canada. Leurs tailles varient. Une clinique qui emploie
40 professionnels, comme celle d’Ottawa, est considérée comme
grande. Les grandes cliniques comprennent des centres spécialisés
de soutien pour trauma et stress opérationnels, qui ont commencé
à être créés en 1999. Ces centres donnent une partie des soins.
In my directorate, my job is to oversee all the mental health
care. Of course, people in the military don’t only have PTSD from
deployment but, like the general public, also can suffer from
depression and anxiety. They can have all kinds of issues, such as
couple problems, for which they need to see somebody; so we
service all of that.
Mon travail consiste à superviser l’ensemble des soins de santé
mentale offerts au sein de ma direction. De toute évidence, les
militaires ne souffrent pas seulement de stress post-traumatique à
la suite d’un déploiement. Comme le grand public, ils peuvent
aussi souffrir de dépression et d’anxiété. Ils peuvent avoir toutes
sortes de problèmes, comme des problèmes de couple, pour
lesquels ils doivent consulter quelqu’un. Nous offrons donc tous
ces services.
The Chair: Do you report up through the Canadian Forces
Health Services?
Le président : Relevez-vous des Services de santé des
Forces canadiennes?
Lt.-Col. Heber: That’s right. I’m part of Canadian Forces
Health Services, so I report to my boss and my boss reports to the
Surgeon General.
LCol Heber : En effet. Je fais partie des Services de santé des
Forces canadiennes, ce qui signifie que je rends des comptes à
mon patron, qui rend des comptes au médecin-chef.
The Chair: Okay.
Le président : Je vois.
Col. Blais: As the Commanding Officer of the Joint Personnel
Support Unit, I report directly to the Chief of Military Personnel,
who reports to the Chief of the Defence Staff. We have very close
interactions. It’s very near and dear to the hearts of senior
leadership, so that’s why they establish such a close structure.
Col Blais : En tant que commandant de l’Unité interarmées de
soutien au personnel, je relève directement du chef du personnel
militaire, qui lui relève du chef d’état-major de la Défense.
Nos interactions sont très étroites. C’est d’ailleurs une chose qui
tient à cœur aux officiers supérieurs, et la raison pour laquelle ils
ont établi une structure aussi étroite.
Col. Mann: Military Family Services is part of the
Canadian Forces Morale and Welfare Services program.
Commodore Mark Watson is Director General Morale and
Welfare Services and reports directly to Chief of Military
Personnel, Lieutenant-General David Millar.
Col Mann : Les Services aux familles des militaires font partie
des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes, dont le
commodore Mark Watson est le directeur général. M. Watson
relève directement du chef du personnel militaire, le lieutenantgénéral David Millar.
3-12-2014
Anciens combattants
8:13
The Chair: You both answer up the line to the Chief of Military
Personnel. I’ll begin with the deputy chair of the subcommittee,
Senator Stewart Olsen.
Le président : En fin de compte, vous relevez tous les deux du
chef du personnel militaire. Je vais commencer par la
vice-présidente du sous-comité, la sénatrice Olsen.
Senator Stewart Olsen: Thank you for coming; it’s a great
pleasure to have you here. I have some fairly different questions.
What’s your transition time? I know you assist military personnel
when they’re leaving the forces. What’s the transition time before
they go to Veterans Affairs? Is there a gap in the services that you
identified?
La sénatrice Stewart Olsen : Merci d’être ici; nous sommes très
heureux de vous avoir parmi nous. J’ai des questions plutôt
différentes. Quelle est la durée de la période de transition? Je sais
que vous aidez des militaires lorsqu’ils quittent les forces armées.
Quelle est la durée de la période de transition qui précède leur
prise en charge par le ministère des Anciens Combattants? Les
services que vous avez décrits sont-ils interrompus?
Col. Blais: It is a topical and good question. Transition services
are the number one priority of my organization to make sure we
get it right. As I said in my opening comments, each case is
different and there is no specific time at which we would
transition a member to Veterans Affairs. The process works
such that when a person goes to see the doctors, if the injury is
serious enough, they are assigned a temporary medical category,
which lasts for about six months and then it’s reviewed. There can
be a series of these temporary categories until such time as the
condition stabilizes. At that point, a permanent category is
assigned. It can be as far forward as up to three years before a
permanent category is established.
Col Blais : C’est une bonne question, une question d’actualité.
Les services de transition sont la priorité de mon organisation;
nous voulons bien faire les choses. Comme je l’ai dit dans ma
déclaration préliminaire, chaque cas est différent, et il n’y a pas de
moment précis où nous dirigeons un militaire vers le ministère des
Anciens Combattants. Lorsqu’une personne consulte son
médecin, si la blessure est assez grave, on lui attribue une
catégorie médicale temporaire, qui est révisée aux six mois. On
peut établir une série de catégories temporaires jusqu’à ce que
l’état de santé se stabilise. À ce moment, on attribue une catégorie
permanente. Cela peut prendre jusqu’à trois ans avant qu’une
catégorie permanente soit établie.
Once that category is established, the employment limitations
are sent to the Director of Military Careers Administration.
Based on the universality of service standards, they decide if the
person can remain in their current occupation, or if they should
be employed in another occupation if they can be, or if the only
option is release. From that point, depending on the situation, the
person can be given up to another three years to complete their
transition to ensure that all their care is in place.
Lorsque la catégorie est déterminée, la liste des contraintes à
l’emploi est envoyée au directeur de l’administration des carrières
militaires, qui décide, en fonction des normes d’universalité du
service, si la personne peut demeurer dans son groupe
professionnel actuel, si elle doit être affectée à d’autres
fonctions, le cas échéant, ou si la seule option possible est la
libération. À partir de là, selon la situation, on peut accorder à la
personne jusqu’à trois autres années pour achever la transition,
afin que tous les soins nécessaires soient en place.
With respect to the gap with Veterans Affairs, the Integrated
Personnel Support Centres of Veterans Affairs work directly with
our staff. Within six months of the person being released, a
handover begins from the case managers at Canadian Forces
Health Services to the case managers at Veterans Affairs. We
ensure that the transition is as seamless as possible.
En ce qui concerne le pont entre nous et Anciens Combattants
Canada, les Centres intégrés de soutien du personnel du ministère
des Anciens Combattants travaillent directement avec nos
employés. Dans les six mois suivant la libération du militaire,
des informations liées à son dossier peuvent être transmises par les
gestionnaires de cas des Services de santé des Forces canadiennes
aux gestionnaires de cas du ministère des Anciens Combattants.
Nous nous assurons que la transition se déroule le plus
harmonieusement possible.
Senator Stewart Olsen: The family liaison offices that you
mentioned are in 28 locations across the country. Are they mostly
urban or rural locations?
La sénatrice Stewart Olsen : Les officiers de liaison avec les
familles dont vous avez parlé travaillent à 28 endroits au pays.
Est-ce principalement en milieu urbain ou en milieu rural?
Col. Blais: They’re found in every location where there is a
Canadian Forces establishment.
Col Blais : On peut les trouver partout où il y a un
établissement des Forces canadiennes.
Senator Stewart Olsen: They are on the bases.
La sénatrice Stewart Olsen : Ils travaillent dans les bases.
Col. Blais: Exactly.
Col Blais : Exactement.
Senator Stewart Olsen: Have you found there is some difficulty
with the provision of care in rural areas?
La sénatrice Stewart Olsen : Selon vous, la prestation de
services dans les régions rurales pose-t-elle problème?
Col. Blais: When you say ‘‘care,’’ do you mean health care or
services on the administration side?
Col Blais : Parlez-vous des services de soins de santé ou des
services administratifs?
8:14
Veterans Affairs
3-12-2014
Senator Stewart Olsen: Health care and mental health care in
particular, because that is what we’re studying.
La sénatrice Stewart Olsen : Des soins de santé, en particulier
les soins de santé mentale, car c’est la question sur laquelle nous
nous penchons.
Lt.-Col. Heber: Wherever we have folks posted, we have health
services and, therefore, mental health services. As I said before,
we have 26 discrete mental health clinics across the country. They
can range in size from quite small where there may be one or
two social workers in the mental health clinic to a full-blown large
clinic that has 30 to 40 clinicians. Again, it really depends on the
size of the base or the detachment. Even in places where we
wouldn’t have those kinds of mental health resources, there is a
family doctor or a general duty medical officer who is trained, like
family doctors in the community, to diagnose and treat mental
health conditions. If they need help and assistance, we have a
number of things we can do.
Lcol Heber : Partout où des militaires sont en poste, il y a des
services de santé et, par conséquent, des services de santé mentale.
Comme je l’ai déjà dit, nous avons 26 cliniques de santé mentale
un peu partout au pays. Leur taille peut varier; dans les petites
cliniques, il peut y avoir un ou deux travailleurs sociaux, et dans
les grandes, entre 30 et 40 cliniciens. Tout dépend de la taille de la
base ou du détachement. Même là où nous n’avons pas ce type de
ressources en santé mentale, il y a un médecin de famille ou un
médecin militaire généraliste qui est formé, comme les médecins
de famille dans la collectivité, pour diagnostiquer et traiter les
troubles de santé mentale. Lorsqu’une aide est nécessaire, il y a un
certain nombre de choses que nous pouvons faire.
I mentioned the OTSSCs. If somebody is on a smaller base,
they can send their patient to an OTSSC for an assessment and to
get recommendations about care. We also have the ability to
contract with providers in the community. If we’re in an area
where we don’t have enough people in-house to see our patients,
we can pay for providers or psychologists in the community to
provide the therapy.
J’ai mentionné les CSTSO. Dans les petites bases, les médecins
peuvent envoyer leurs patients à un CSTSO pour une évaluation
et des recommandations au sujet des soins appropriés. Nous
pouvons aussi utiliser les services de fournisseurs dans la
collectivité. Si nous n’avons pas suffisamment de personnel à
l’interne pour rencontrer les patients, nous pouvons payer des
fournisseurs ou des psychologues dans la collectivité afin qu’ils
fournissent des services de thérapie.
Senator Stewart Olsen: As a follow-up, where does the veteran
fit into this? I’m seeing active serving members associated with
bases, but where do veterans fit in, or do they? Can they use your
services on the base, or what happens?
La sénatrice Stewart Olsen : À ce propos, quelle place l’ancien
combattant occupe-t-il dans tout cela? Vous parlez des militaires
en service actif qui travaillent dans les bases, mais quelle est la
place des anciens combattants? En ont-ils une? Peuvent-ils utiliser
les services offerts sur la base? Comment cela fonctionne-t-il?
Lt.-Col. Heber: Veterans Affairs Canada, I guess about
five years ago, set up their series of nine or ten OSI clinics
across the country. They are our sister clinics. They did that to
meet the needs of veterans, especially, as Colonel Blais said, those
who were having a lot of struggles. That’s why we formed close
partnerships with those OSI clinics. In particular, for people with
complex problems, we make sure that even before they leave our
care we’ve hooked them up with somebody in the OSI clinic.
You’re right in that it’s not like the military, where basically
most services are delivered by provincial health care. However,
Veterans Affairs does fund these clinics.
Lcol Heber : Il y a environ cinq ans, Anciens Combattants
Canada a mis sur pied neuf ou dix cliniques de traitement des
TSO au pays. Ce sont nos cliniques sœurs. Le ministère a créé ces
cliniques pour répondre aux besoins des anciens combattants, en
particulier, comme l’a dit le colonel Blais, ceux qui étaient aux
prises avec beaucoup de problèmes. C’est la raison pour laquelle
nous avons formé des partenariats très étroits avec ces cliniques.
Plus particulièrement, nous veillons à mettre en contact les
personnes ayant des problèmes complexes avec quelqu’un de la
clinique de traitement des TSO alors que nous leur fournissons
encore des soins. Vous avez raison, c’est différent des services
militaires; en fait, la prestation des services est principalement
assurée par les régimes provinciaux de soins de santé, mais
Anciens Combattants Canada finance ces cliniques.
The Chair: That was helpful.
Le président : C’est une information utile.
Senator White: Thanks to each of you for being here today.
Le sénateur White : Je vous remercie tous de votre présence
aujourd’hui.
I have two questions. Psychologists often talk about
psychological tool building sessions that you can have
pre-deployment, which allows you to better manage and
identify who should not be going. What is the military doing
today, in relation to pre-deployment psychological tool building?
J’ai deux questions. Les psychologues parlent souvent des
séances d’élaboration d’outils psychologiques pouvant être
offertes avant le déploiement et permettant aux psychologues de
déterminer quelles personnes ne devraient pas être envoyées en
déploiement. Que font les forces armées actuellement sur le plan
de l’élaboration d’outils psychologiques avant le déploiement?
3-12-2014
Anciens combattants
8:15
Lt.-Col. Heber: We have a program that has been developed,
which also works out of my directorate, called the Road to
Mental Readiness. This program started as pre-deployment
mental health training, but it has expanded from there. We
realize that we should not be waiting until just before somebody
deploys to teach them these skills of how to help calm yourself
down, what to do when you’re in a situation where you’re feeling
really stressed, and how to identify problems that you may need
help with.
Lcol Heber : Il y a un programme qui a été élaboré et qui est
aussi offert à ma direction; on l’appelle En route vers la
préparation mentale. Ce programme était initialement une
formation sur la santé mentale offerte avant le déploiement,
mais il a été élargi. Nous nous rendons compte que nous ne
devrions pas attendre à la veille du déploiement pour enseigner
aux militaires des méthodes qui leur permettra de se calmer, de
savoir quoi faire lorsqu’ils sont très stressés et de déceler les
problèmes pour lesquels ils pourraient avoir besoin d’aide.
Road to Mental Readiness and that whole training package are
taught in our leadership courses; that means from the time people
start in the military until the time they end. Leaders can also help
to identify when some of their members are struggling.
Le programme En route vers la préparation mentale et cet
ensemble de formations sont offerts dans nos cours de leadership;
cela veut dire que les militaires y ont accès de leur entrée dans les
forces armées jusqu’à leur libération. Les dirigeants peuvent
également aider à détecter les situations où des militaires sont aux
prises avec certains problèmes.
Senator White: Is it possible to get documentation in relation to
that program so it can be shared with the committee?
Le sénateur White : Pourriez-vous nous faire parvenir des
documents d’information relativement à ce programme, afin que
les membres du comité puissent les consulter?
Lt.-Col. Heber: Absolutely. We can.
The Chair: Send that to the clerk.
Senator White: That wasn’t my second question, Mr. Chair.
The Chair: It was just a friendly comment.
Lcol Heber : Certainement.
Le président : Veuillez les envoyer à la greffière.
Le sénateur White : Ce n’était pas ma deuxième question,
monsieur le président.
Le président : C’était simplement un commentaire amical.
Senator White: The second question is about the coaching
mechanism. When we talk about any illness — I’ll remove the
word ‘‘mental’’ — there are very successful coaching mechanisms,
for example when dealing with cancer patients. For a lot of
people, when you talk about stigma, they talk about being left
alone. That stigma grows because you’re by yourself. The stigma
grows when having to arrange a day away from work, for
example, if you’re living in Petawawa and you’ve got an
appointment at the Royal Ottawa. Has the military engaged in
a true coaching program, and if so, can you describe it to us?
What would a day of coaching look like? If not, then why not?
Le sénateur White : Ma deuxième question porte sur le
mécanisme d’encadrement. Lorsqu’il est question de maladie —
j’omettrai le mot « mentale » —, il existe des mécanismes
d’encadrement très efficaces, par exemple pour les patients
atteints de cancer. Pour bien des gens, le mot « stigmatisation »
signifie être laissés seuls. Cette stigmatisation s’amplifie, car on est
seul. Elle s’amplifie lorsqu’on doit s’absenter du travail pour une
journée, par exemple, si on vit à Petawawa et qu’on a un
rendez-vous médical à l’hôpital Royal Ottawa. Les forces armées
ont-elles mis en place un réel programme d’encadrement? Dans
l’affirmative, pourriez-vous nous le décrire et nous dire à quoi
ressemblerait une journée d’encadrement? Dans la négative,
pourquoi?
Lt.-Col. Heber: You have to define for me what you mean by a
coaching program.
Lcol Heber : Vous allez devoir me dire ce que vous entendez
par programme d’encadrement.
Senator White: The coaching mechanism would be, for
example, that Vern White has identified that I’m having some
post-deployment challenges. I just returned from wherever we
happened to be. I have been identified and need to look for some
help and treatment. I’ve been told what that looks like. It is like
having someone, hand in glove, to say, ‘‘Okay, I can give you a
drive down to the Royal Ottawa and here is what you are going to
see when you arrive.’’ If you go to the Cancer Coaching program
here in Ottawa, the front desk clerk is a trained social worker who
talks to you differently than if they were a typical clerk. It’s
walking people through this maze, when they’re already dealing
with other issues.
Le sénateur White : Voici un exemple de ce que serait le
mécanisme d’encadrement. On constate qu’un militaire connaît
des difficultés après un déploiement. Il vient de revenir au pays et
il a besoin d’aide et d’un traitement. On lui explique comment cela
fonctionne. Quelqu’un pourrait lui dire : « Je peux te conduire au
Royal Ottawa, et voici ce qui va se passer à ton arrivée. » Au
Centre de survie du cancer, ici à Ottawa, la préposée à l’accueil est
travailleuse sociale de formation et ne s’adresse pas aux gens
comme une préposée ordinaire. Il s’agit d’aider les gens qui sont
déjà confrontés à d’autres problèmes à s’y retrouver.
8:16
Veterans Affairs
3-12-2014
Col. Blais: It is a very good question. I’m glad to say that we
have attacked this on two fronts. When it’s recognized that a
person’s illness or injury is going to last more than six months,
they are posted to the Joint Personnel Support Unit, which I have
the privilege of commanding. We have a little bit more than
2,000 people posted to that unit. When they are posted there,
there is a team dedicated to looking after those individuals. We
have public servants who look after all the services side of things,
and military people posted to act as their chain of command. That
service is there for them in case they need anything, such as
getting to appointments or needing other administrative services.
Col Blais : C’est une excellente question. Je suis fier de dire que
nous nous sommes attaqués à ce problème sur deux fronts.
Lorsqu’il est reconnu qu’une personne mettra plus de six mois à se
rétablir de sa maladie ou de sa blessure, cette personne est mutée à
l’Unité interarmées de soutien du personnel, dont j’ai le privilège
d’être le commandant et qui compte un peu plus de
2 000 militaires. Une équipe est chargée de s’occuper des
militaires à leur arrivée. Nous avons des fonctionnaires qui
s’occupent du volet des services, et des militaires qui forment la
chaîne de commandement. Ce service leur est offert au cas où ils
auraient besoin, par exemple, de rendez-vous ou d’autres services
administratifs.
What also exists is the Operational Stress Injury Social Support
Program. That is peer support from people who have been in
theatre and have themselves suffered mental health issues. After
they have left the military and have gotten much better, we get
medical certification that they are well. They are then trained and
they provide peer support to individuals, to refer them, listen, and
make sure that they are getting to the help that they need.
Il y a également le Programme de soutien social aux victimes de
stress opérationnel. Il s’agit du soutien par les pairs, des personnes
ayant déjà participé à des missions et ayant elles-mêmes souffert
de problèmes de santé mentale. Après leur libération des forces et
leur rétablissement, elles nous fournissent un certificat médical
attestant qu’elles sont bien rétablies. Elles suivent ensuite une
formation qui leur permet d’offrir du soutien aux militaires, de les
diriger, de les écouter et de s’assurer qu’ils obtiennent l’aide dont
ils ont besoin.
Senator White: I’ve heard that is where they have the
opportunity to be literally matched with someone. Is that how
it works?
Le sénateur White : J’ai entendu dire que c’est là où les
militaires ont la possibilité d’être jumelés avec quelqu’un.
Est-ce bien cela?
Col. Blais: Yes.
Senator White: They are matched with an individual. Whoever
shows up in the morning says something like, ‘‘That is not who
I’m dealing with. I know that I have someone there —’’
Col. Blais: Exactly, it is a specific, one-on-one relationship.
Senator White: Is it possible for us to get information on that
as well?
Col. Blais: Absolutely.
Col Blais : Oui.
Le sénateur White : Ils sont jumelés avec une personne.
Quelqu’un s’occupe spécialement d’eux, et c’est toujours la
même personne.
Col Blais : Exactement. C’est une relation individuelle.
Le sénateur White : Pourriez-vous nous fournir des
renseignements à ce sujet également?
Col Blais : Certainement.
The Chair: That would be helpful. We are trying to understand
all these programs. It’s sometimes difficult for someone who isn’t
in uniform and doesn’t hear a lot about these things. I suspect
someone in uniform who is busy doing their occupational work
maybe realizes they need some help and they don’t know where to
go. We are hoping that you can help us understand that they’re
not going to be lost, and that they will be able to find out where
they can get help.
Le président : Cela nous serait utile. Nous tentons de
comprendre tous ces programmes. C’est parfois difficile pour
quelqu’un qui ne porte pas l’uniforme et qui n’entend pas
beaucoup parler de ces questions. J’imagine qu’un militaire qui se
consacre à son travail et qui se rend compte qu’il a besoin d’aide
ne sait peut-être pas à qui s’adresser. Nous espérons que vous
pourrez nous aider à comprendre qu’il ne sera pas laissé à luimême et qu’il saura où trouver de l’aide.
Senator Enverga: We’re studying stress injuries of Canada’s
veterans. Is there any collaboration between you and other
countries, with the United States, Australia or the United
Kingdom? How would you compare them against our services?
Le sénateur Enverga : Nous nous penchons sur les blessures de
stress des anciens combattants canadiens. Est-ce que vous
collaborez avec d’autres pays, comme les États-Unis, l’Australie
ou le Royaume-Uni? Comment compareriez-vous leurs services
par rapport aux nôtres?
Lt.-Col. Heber: In many ways, for health services we are often
the envy of our allies. At the risk of not sounding very humble,
when we sit on NATO panels, other people are looking at what
we’ve innovated and what we’ve put in place, such as the OSISS
Lcol Heber : À bien des égards, nous faisons souvent l’envie de
nos alliés sur le plan des services de santé. Au risque de paraître
un peu prétentieux, quand nous prenons part aux réunions des
groupes d’experts de l’OTAN, des gens examinent les initiatives
3-12-2014
Anciens combattants
8:17
program, and the way we’ve distributed our health care services
so that we are working with Veterans Affairs, making sure we
hand over patients. We tend to stack up very well.
novatrices que nous avons mises en place, comme le Programme
de soutien social aux victimes de stress opérationnel, et la façon
dont nous offrons nos services de santé, en collaboration avec le
ministère des Anciens Combattants, en veillant à ce que les
patients soient pris en charge. Nous faisons bonne figure.
Col. Blais: We’ve had visits from a number of our allies and we
have visited them. Among the other countries, I would say that we
are one of the leaders in the way that we deliver services to our
individuals and with the amount of resources that we’ve dedicated
to make sure that they get the help they need.
Col Blais : Nous avons reçu la visite d’un certain nombre de
nos alliés et nous sommes aussi allés les visiter. Je dirais que nous
sommes l’un des chefs de file sur le plan de la prestation de
services à nos militaires et des ressources que nous y consacrons
afin qu’ils obtiennent l’aide dont ils ont besoin.
Senator Enverga: That’s very good. It looks like we’re on the
top of the heap. Are there any other recommendations? What
other things should we do for our soldiers?
Le sénateur Enverga : C’est très bien. On dirait que nous
sommes en tête de peloton. Y a-t-il d’autres recommandations?
Y a-t-il autre chose que nous devrions faire pour nos militaires?
Col. Blais: From our perspective, I think we’re providing
services in most if not all of the areas we need to. We’re trying to
make them better. We’re trying to work with Veterans Affairs
even more closely to make sure that when you do leave the
Canadian Forces that there is absolutely no gap when you go into
the care of Veterans Affairs. We are trying to make the programs
align as much as possible so that there’s not varying standards of
care between the two organizations.
Col Blais : De notre point de vue, je pense que nous
fournissons des services dans la plupart voire la totalité des
domaines requis. Nous tentons d’améliorer nos services. Nous
tentons de collaborer encore plus étroitement avec le ministère des
Anciens Combattants afin que lorsque les militaires quittent les
Forces canadiennes, ils puissent avoir accès sans délai aux services
du ministère des Anciens Combattants. Nous tentons
d’harmoniser le plus possible les programmes afin que les
normes relatives aux soins ne varient pas d’une organisation à
l’autre.
Senator Enverga: They will be ready for the real world?
Col. Blais: Exactly.
Le sénateur Enverga : Ils seront prêts à faire face au monde
réel?
Col Blais : Exactement.
Lt.-Col. Heber: There is another program where we are
collaborating closely with Veterans Affairs and their network of
OSI clinics. We are introducing an outcome measurement system
that is related to therapy and to treatment. Every time the patient
comes in, they fill out some information. It is then analyzed and it
goes to their provider and to their clinician. It’s looked at in terms
of how they are progressing in their treatment. Then the clinician
and the patient work together to ensure that the outcomes are
what we’re expecting.
Lcol Heber : Il y a un autre programme pour lequel nous
collaborons étroitement avec le ministère des Anciens
Combattants et son réseau de cliniques de traitement des TSO.
Nous mettons en place un système de mesure des résultats
relativement aux thérapies et aux traitements. Le patient remplit
un questionnaire chaque fois qu’il se présente. L’information est
ensuite analysée et transmise à son fournisseur de soins et à son
clinicien. On vérifie les progrès réalisés au cours du traitement. Le
clinicien et le patient s’assurent ensuite ensemble que les résultats
correspondent aux objectifs.
We have very skilled clinicians. We’ve done a lot of training for
them. Now we’re putting in a system to show that we’re having
the kind of outcomes that we would like to have. Veterans Affairs
first worked on this system with the company that developed it.
They are now helping us to introduce this system. By the end of
2015, it will have been introduced into all of our clinics across
Canada.
Nous avons des cliniciens très compétents. Ils ont reçu
beaucoup de formation. Nous mettons maintenant en place un
système de suivi afin de vérifier si nous obtenons les résultats que
nous souhaitons. Le ministère des Anciens Combattants a
d’abord travaillé à ce système avec l’entreprise qui l’a mis au
point. Il nous aide maintenant à le mettre en place. D’ici la fin de
2015, il sera utilisé dans toutes nos cliniques au Canada.
Senator Enverga: When they are finished with a program and
they are ready, do their names go into a database, so that people
can be given a job in the outside world?
Le sénateur Enverga : Lorsque les militaires ont terminé un
programme et qu’ils sont prêts, leur nom est-il ajouté à une base
de données, afin qu’ils puissent obtenir un emploi dans le monde
extérieur?
Col. Blais: We have a transition program. We work with a
large charitable organization called Canada Company. We have
the Military Employment Transition Program where there are
now in excess of 200 private sector employers, members of the
program, and they post their job opportunities on the site. We
Col Blais : Nous avons un programme de transition. Nous
collaborons avec un grand organisme caritatif, la Compagnie
Canada. Il y a le Programme d’aide à la transition de carrière
pour les militaires : plus de 200 employeurs du secteur privé, qui
sont membres du programme, affichent leurs offres d’emploi sur
8:18
Veterans Affairs
also have our members’ CVs there, and they can actively search.
The companies can move through the CVs, and we match people
together to help them secure employment.
Senator Enverga: Is follow-up being done?
Col. Blais: Yes. We have partnered in this endeavour with
Veterans Affairs Canada, which has three staff members
embedded with mine, so we are working this program together.
The Chair: I appreciate your participation.
3-12-2014
le site. Les militaires peuvent aussi y afficher leur CV et chercher
activement un emploi. Les entreprises peuvent consulter les CV, et
nous mettons les militaires en contact avec les employeurs afin
qu’ils trouvent un emploi.
Le sénateur Enverga : Existe-t-il un mécanisme de suivi?
Col Blais : Oui. Nous avons établi un partenariat dans cette
démarche avec Anciens Combattants Canada, dont trois membres
du personnel sont intégrés; nous travaillons donc ensemble à ce
programme.
Le président : Je vous remercie de votre participation.
Col. Mann: I would like to add that there’s a family dimension
to continuity which is non-clinical but we know from our research
is very important. That really applies to caregivers and to spouses
and partners of those suffering OSI or PTS. Employment and
household income issues become the number one concern for
families, and we know from our most recent quality-of-life survey
that self-reported household income and spousal employment are
important.
Col Mann : J’aimerais ajouter qu’il y a une dimension familiale
à la continuité qui est non clinique, mais qui est très importante,
d’après nos recherches. Elle s’applique aux fournisseurs de soins,
aux conjoints et aux partenaires des militaires souffrant de BSO
ou de SPT. Les questions liées à l’emploi et au revenu du ménage
deviennent la principale préoccupation des familles, et notre plus
récent sondage sur la qualité de vie indique que le revenu déclaré
du ménage et l’emploi du conjoint sont importants.
Our family resource centres are a network of 32 centres at
bases across the country. They’re not-for-profit organizations,
but the Director of Military Family Services is able to provide the
bulk of the funding and nationally mandated programming, and
we just recently met with the executive directors in Cornwall this
past weekend to express that we need to do more in employment
support and to development an employer network, much the way
Military Employment Transition Program has done for two
cohorts. One is families who are moving, which is our military
lifestyle. But when you touch on transition, senator, it really is
about changing the household income equation by having
academic upgrading, good contacts with employers in sectors
that are well-suited to spousal skills and experience.
Nous avons un réseau de 32 centres de ressources pour les
familles dans les bases du pays. Ce sont des organismes sans but
lucratif, mais le directeur des Services aux familles des militaires
est en mesure de fournir l’essentiel du financement et les
programmes nationaux. La fin de semaine dernière, nous avons
rencontré les directeurs exécutifs, à Cornwall, pour leur dire que
nous devons en faire davantage sur le plan de l’aide à l’emploi et
que nous devons mettre en place un réseau d’employeurs, un peu
comme on l’a fait dans le Programme d’aide à la transition de
carrière pour les militaires, pour deux cohortes. Il y a le
déménagement des familles; c’est notre mode de vie militaire.
Mais lorsqu’il est question de transition, sénateur, on vise en fait
à modifier les facteurs liés au revenu du ménage grâce au
perfectionnement scolaire et aux bonnes relations avec les
employeurs dans les secteurs qui conviennent très bien aux
compétences et à l’expérience du conjoint.
That has been underused. Our research shows us that our
spouses could contribute more to household income, and we’re
committed to doing that. We’re committed to doing that through
transition by trying to work with Veterans Affairs.
Cette option est sous-exploitée. Nos recherches démontrent
que nos conjoints pourraient contribuer davantage au revenu du
ménage, et nous entendons agir en ce sens, mais nous entendons le
faire pendant la transition, en cherchant à collaborer avec le
ministère des Anciens Combattants.
On the other piece, Military Family Resource Centres have a
host of services, and we’ve been working with Veterans Affairs to
find ways to extend those services not just to veterans’ families but
to veterans themselves as they transition. We’re committed to
making those services more accessible and available to the veteran
part of our military community.
Pour ce qui est de l’autre point, les Centres de ressources pour
les familles des militaires offrent toute une gamme de services, et
nous nous employons, avec Anciens Combattants Canada, à
trouver des moyens d’étendre ces services, afin qu’ils ne soient pas
seulement offerts aux familles des anciens combattants, mais aussi
aux anciens combattants eux-mêmes durant leur transition. Nous
sommes résolus à rendre ces services plus accessibles aux vétérans
de notre communauté militaire.
The Chair: We had a representative from Queen’s University,
Dr. Alice Aiken, who told us about the work being done at
Queen’s as the focal point for 32 different organizations, if I
remember the number correctly, doing research with respect to
veterans, families and military personnel. This is research activity,
Le président : Nous avons reçu une représentante de
l’Université Queen, Mme Alice Aiken, qui nous a parlé des
recherches qui sont effectuées à l’Université par 32 organismes, si
je me souviens bien du nombre, sur les anciens combattants, leurs
familles et le personnel militaire. On y effectue de la recherche,
3-12-2014
Anciens combattants
8:19
some clinical, some more basic research, that would help you and
all these different organizations you’re representing for the
different services you’re offering.
parfois clinique, parfois fondamentale, qui va vous aider, de
même que tous les organismes que vous représentez, dans la
prestation des services que vous offrez.
How do you stay in touch with all this work that’s going on so
that you know you are offering the best practices possible? It’s a
very rapidly changing field.
Comment faites-vous pour vous tenir au courant de toutes les
recherches en cours, et pour vous assurer d’utiliser les meilleures
pratiques exemplaires qui soient? Vous travaillez dans un
domaine qui évolue rapidement.
Lt.-Col. Heber: It’s true. First, in terms of CIMVHR, the
Canadian Institute for Military and Veteran Health Research,
which is the organization that Alice was talking to you about, it
looks at health research, so it’s very much to do with both mental
health and physical health research. They hold a meeting every
year. Sometimes when we want to partner with somebody, we can
put money through CIMVHR to get researchers to do a piece of
research we’re interested in.
Lcol Heber : C’est vrai. Tout d’abord, l’ICRSMV, l’Institut
canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans,
l’organisation dont Alice vous a parlé, s’occupe des recherches sur
la santé, et cela touche tant la santé mentale que la santé physique.
Les responsables organisent une rencontre tous les ans. Si on veut
établir un partenariat avec des chercheurs, on peut financer
l’ICRSMV pour qu’il leur confie la tâche de se pencher sur un
sujet qui nous intéresse.
We also have partners in other universities who, through
CIMVHR, want to do research, but also our members. There’s a
research project that I and some of my fellow psychiatrists have
been doing on a medication for PTSD nightmares, for example,
and what we try to do within health services is pick topics that are
clinically driven, in other words, something that is relevant that
we see with our patients, a question that has been raised for us.
Nous avons aussi des partenaires dans d’autres universités qui,
par l’entremise de l’ICRSMV, veulent faire de la recherche, mais
nous avons aussi nos propres membres. Par exemple, quelques
collègues psychiatres et moi avons entrepris une recherche sur les
médicaments utilisés pour traiter les cauchemars liés au TSPT. Ce
que nous nous efforçons de faire dans le domaine des soins de
santé, c’est de choisir des sujets cliniques, c’est-à-dire des
problèmes qu’ont nos patients, que nous voyons.
Again, in the Directorate of Mental Health, we have a mental
health research section, and their job is to help direct research and
look at what kind of questions we need to have answered. We
present every year at the CIMVHR annual meeting.
Encore une fois, au sein de la Direction de la santé mentale,
nous avons une équipe de recherche en santé mentale dont le
travail consiste à orienter la recherche et à déterminer les
questions pour lesquelles nous avons besoin de réponses. Nous
faisons un exposé chaque année à la rencontre annuelle de
l’ICRSMV.
The Chair: Are you doing any work before the symptoms are
manifest, maybe even before deployment, which help the Armed
Forces in recognizing some potential weaknesses or an area where
the soldier needs to have a bit more counselling before he or she
goes into a combat situation or a traumatic situation and is
therefore better able to handle it? Are you doing anything to help
better practices in that regard?
Le président : Faites-vous quelque chose avant l’apparition des
symptômes, peut-être même avant le déploiement des militaires,
pour aider les Forces armées à repérer d’éventuels points faibles
ou un élément pour lequel les soldats auraient besoin de plus de
conseils avant de se retrouver en zone de combat ou dans une
situation traumatisante, afin qu’ils soient mieux préparés à y faire
face? Faites-vous quelque chose pour améliorer les pratiques à cet
égard?
Lt.-Col. Heber: Again, the program I was speaking to Senator
White about is related to that. The Road to Mental Readiness is
all about preparing people for combat, for stressful situations, but
also for members and leadership to be able to identify when
somebody is starting to struggle. We’re hoping to catch people
early. It’s also a program that helps to decrease stigma. Again, we
want to teach everybody that mental health is something we
should all pay attention to. It’s like physical health. Rather than
stigmatizing it, if a person begins to have trouble sleeping, they’re
more anxious, they don’t want to leave the house for whatever
reason, they can say, ‘‘Okay, maybe this is something that I
learned about, and I can go see somebody about this and get it
fixed.’’ That’s what we’re aiming for.
Lcol Heber : Encore une fois, le programme dont j’ai parlé
dans ma réponse au sénateur White porte sur cela. Le programme
En route vers la préparation mentale vise essentiellement à
préparer nos soldats au combat, aux situations stressantes, et
aussi à préparer les membres et les dirigeants à reconnaître les
premiers symptômes. Nous voulons intervenir le plus tôt possible.
Le programme aide aussi à réduire la stigmatisation. Encore une
fois, nous voulons que les gens sachent que la santé mentale est
une question qui doit tous nous préoccuper, au même titre que la
santé physique. Nous voulons qu’au lieu de tomber dans les
préjugés, la personne qui commence à avoir des troubles de
sommeil, à souffrir d’anxiété, à avoir peur de sortir de chez elle,
qu’elle se dise « J’ai déjà entendu parler de ces symptômes et je
devrais consulter pour avoir de l’aide et régler mon problème ».
C’est notre objectif.
8:20
Veterans Affairs
3-12-2014
The Chair: How do you reach people with the message that
there is some place they can go and they should not be influenced
by the stigma that seems to be there?
Le président : Comment informez-vous les gens des endroits où
ils peuvent aller pour consulter et éviter de tomber dans les
préjugés?
Lt.-Col. Heber: The educational program of Road to Mental
Readiness is delivered to people throughout their military career,
so every time somebody goes for their next promotion, there will
be a number of courses they take, and now mental health training
is embedded in those courses. We expect our leadership to be
fluent, if you like, in understanding mental health and how to
look for and identify when people are having some issues that
they’re struggling with. It is done through the teaching that we do
in the military to make sure that we reach everybody.
Lcol Heber : Le programme d’information En route vers la
préparation mentale fait partie de la formation offerte aux
militaires tout au long de leur carrière. Chaque fois qu’une
personne est promue, elle doit suivre des cours et la formation en
santé mentale en fait partie. Nous voulons que nos dirigeants
aient de solides connaissances, si on veut, en santé mentale et
qu’ils sachent repérer les gens qui commencent à ressentir des
problèmes. Les gens sont donc informés dans le cadre des cours
qui sont donnés afin que nous soyons certains de joindre tout le
monde.
The Chair: Do either of you gentlemen have anything you want
to add to that?
Le président : Est-ce que l’un ou l’autre d’entre vous aimeriez
ajouter quelque chose, messieurs?
Col. Blais: The other way we reach people is also as part of the
Joint Personnel Support Unit. Each of the Integrated Personnel
Support Centres has an outreach coordinator, and they go to each
unit every two years. We reach every unit in the Canadian Forces,
including Reserve Force units, and they get briefings on all the
programs and services available to them.
Col Blais : L’autre façon d’informer les gens, c’est par
l’entremise de l’Unité interarmées de soutien du personnel. Tous
les centres intégrés de soutien du personnel ont un coordonnateur
responsable de la sensibilisation qui rencontre toutes les unités
une fois tous les deux ans. Toutes les unités des Forces
canadiennes sont rencontrées, y compris les unités de la Force
de réserve. Elles sont informées des programmes et services qui
sont à leur disposition.
Col. Mann: It’s very similar for Military Family Resource
Centres. Again, we are dealing more with the non-clinical, but we
say that spouses and partners are really the strength behind the
uniform, and we say that for a reason. When there’s a stable home
front, there is mission focus when it comes down for us to deploy.
We work hand in glove with health services on Road to Mental
Readiness, but we have developed it for families both pre- and
post-deployment.
Col Mann : C’est sensiblement la même chose du côté des
Centres de ressources pour les familles des militaires. Encore une
fois, nous nous occupons principalement des questions non
cliniques. Nous disons que ce sont les conjoints et les partenaires
qui font la force de nos militaires, et il y a une raison à cela.
Lorsque tout va bien à la maison, les militaires sont concentrés
sur la mission au moment du déploiement. Nous travaillons donc
main dans la main avec les services de santé du programme En
route vers la préparation mentale, mais en mettant l’accent sur
l’aide aux familles avant et après le déploiement.
Family resource centres are service delivery partners with
health care workers at bases and installations across the country.
They maintain a deployment support mandate while the member
is deployed to make sure the family stays resilient, stays connected
and has access to services that are directly related to deployment,
including casualty support, child care, respite care, emergency
child care, employment support, social work counselling. Those
are all things that help us get ahead of the curve by making them
available, making families aware prior to the member ever
packing their barrack box to go out the door.
Les centres de ressources familiales assurent la prestation des
services en collaboration avec les professionnels de la santé qui
travaillent sur les bases et dans les autres installations partout au
pays. Ils ont un mandat de soutien auprès des familles pendant
que les membres sont déployés pour s’assurer qu’elles tiennent le
coup, qu’elles restent unies, et qu’elles ont accès aux services en
lien direct avec le déploiement, notamment le soutien aux blessés,
la garde des enfants, les services de répit, les services de garde
d’urgence, l’aide à l’emploi et les conseils d’une travailleuse
sociale. C’est ainsi que nous pouvons voir venir les choses et
commencer à sensibiliser les familles et à leur offrir du soutien
avant même que les membres se préparent à partir.
The Chair: We’ve been hosting a group of cadets from the
Royal Military College. Can I assume that the knowledge base
you’re building here will be transferred to these future leaders and
commanders in the Armed Forces at an early stage when they’re
still at college?
Le président : Nous avons accueilli un groupe de cadets du
Collège militaire royal. Puis-je présumer que les connaissances
dont vous parlez seront transférées aux futurs dirigeants et
commandants des Forces armées très tôt, soit lorsqu’ils sont
encore au collège?
Col. Blais: Absolutely. As early as basic officer training, they
start to receive this information.
Col Blais : Tout à fait. On commence à les sensibiliser dès qu’ils
reçoivent la formation de base des officiers.
3-12-2014
Anciens combattants
The Chair: Glad to hear that.
8:21
Le président : Je suis heureux de l’entendre.
Col. Mann: Our family services team is also working with the
recruiting cells, so we can actually get to recruiting centres with
basic information about the lifestyle and what to expect. It has
been extremely well received by those recruiting centres we’ve
approached to date, so we intend to go further and attempt to
reach all of them.
Col Mann : Notre équipe des services aux familles travaille
aussi en collaboration avec les cellules de recrutement pour leur
fournir de l’information de base sur le mode de vie militaire et sur
ce à quoi les recrues doivent s’attendre. Les centres de recrutement
que nous avons approchés à ce jour ont été enchantés de cette
initiative. Nous avons donc l’intention de poursuivre nos efforts
pour les joindre tous.
The Chair: It will be interesting for us to hear from some of
those recruiting personnel as to what the message is that they’re
getting from you and then what they are passing on. We’ll follow
up on that. Thank you very much for bringing that to our
attention.
Le président : Il sera intéressant pour nous d’entendre le point
de vue des responsables du recrutement sur l’information qu’ils
reçoivent de vous et qu’ils transmettent ensuite. Nous allons faire
du suivi sur ce point. Je vous remercie d’avoir porté le tout à notre
attention.
Senators, this is second round. We still have some time, and
sometimes there are follow-up questions from some of the
questions that have been asked. These are intended to be short,
snappy questions with equally short, snappy answers so that we
can get on with things. I will start with Senator Stewart Olsen
from New Brunswick.
Mesdames et messieurs les sénateurs, nous en sommes à la
deuxième série de questions. Il nous reste un peu de temps pour
les questions complémentaires que les membres ont parfois. Il doit
s’agir de questions courtes et pointues qui appellent aussi des
réponses courtes et pointues pour que nous puissions passer à
autre chose. Je vais commencer par la sénatrice Stewart Olsen du
Nouveau-Brunswick.
Senator Stewart Olsen: Just a point of clarification: You
mentioned two names, family liaison officers and family resource
centres. Is there a difference, or are they the same thing?
La sénatrice Stewart Olsen : J’aurais simplement un point de
clarification. Vous avez mentionné deux choses, les officiers de
liaison avec les familles et les centres de ressources pour les
familles. Y a-t-il une différence entre les deux ou s’agit-il de la
même chose?
Col. Mann: Military Family Resources Centres are non-profit,
charitable organizations, but they are a derivative of a mandate
that the Government of Canada established about 23 years ago.
We have a federally funded Military Family Services Program,
which disburses $27 million to the 32 centres. Within some of
those centres, they employ a family liaison officer or more,
depending on the case demand. For example, Valcartier would
have two family liaison officers. They’re co-located at the
Integrated Personnel Support Centre because we understand the
concept of a one-stop shop for the member and family who are
suffering PTS or OSI or who are posted to the Integrated
Personnel Support Centre. We make it very easy for the family
liaison officer to reach out and connect with the family who
accompanies the member through the door or for the member to
become aware of what’s available for their family through
outreach to the family liaison officer. They’re an integral part
of the Military Family Resource Centre, but they’re located with
a different unit because of the need to connect with families as
they come through the door.
Col Mann : Les centres de ressources pour les familles des
militaires sont des organisations de bienfaisance à but non lucratif
et sont un produit dérivé du mandat que nous a confié le
gouvernement du Canada il y a environ 23 ans. Nous avons le
Programme de services aux familles, financé par le gouvernement
fédéral, qui reçoit un budget de 27 millions de dollars pour ses
32 centres. Certains de ces centres embauchent un officier de
liaison avec les familles, parfois plus, selon la demande.
Valcartier, par exemple, en a deux. Ils travaillent dans les
locaux du Centre intégré de soutien du personnel, car nous
croyons au concept de guichet unique pour les membres et les
familles qui sont aux prises avec un problème de TSPT ou de
stress opérationnel, ou qui sont affectés au Centre intégré de
soutien du personnel. Nous rendons le tout le plus simple possible
pour que l’officier de liaison avec les familles puisse nouer des
liens avec les membres de la famille qui accompagnent le membre,
ou informer le membre des services qui sont offerts à sa famille.
Les officiers de liaison font partie intégrante du Centre de
ressources pour les familles des militaires, mais ils travaillent dans
les locaux d’une autre unité, afin qu’ils puissent tisser des liens
avec les familles qui arrivent au centre.
Senator Stewart Olsen: What is your position if members are
actively serving and are dealing with PTSD? Are they encouraged
to be able to have their service dogs with them? Does the military
support that? If not, why not?
La sénatrice Stewart Olsen : Qu’en est-il des membres en
service actif qui souffrent du TSPT? Est-ce qu’on les encourage à
garder auprès d’eux leur chien d’assistance? L’armée est-elle en
faveur de cela? Si ce n’est pas le cas, pourquoi pas?
Col. Blais: There are two components to that. One is a health
component and one is an administration and career component.
When the treatment begins, if a doctor has determined as
Col Blais : Il y a deux éléments en jeu ici. Il y a l’élément santé,
et il y a l’élément administration et carrière. Lorsque le traitement
est en cours, si le médecin croit qu’un animal aiderait la personne
8:22
Veterans Affairs
3-12-2014
treatment progresses that an individual would benefit from a
service animal, at that point the doctor will indicate that, but
there are employment limitations assigned at the same time. If a
doctor has certified that an animal is required or would be
beneficial, at that point we receive that information, and if an
individual has a certified dog, they are allowed to bring it into the
workplace.
à faire des progrès, il le mentionnera, et il mentionnera aussi en
même temps les limitations d’emploi. Si un médecin confirme que
la personne a besoin d’un animal ou que cela lui serait bénéfique,
nous recevrons alors l’information, et si la personne a un chien
accrédité, le chien peut l’accompagner au travail.
The Chair: These are dogs that help injured soldiers in a
number of different ways. Did you say those dogs are being
provided for under the program that is supported by the military?
Le président : Ce sont des chiens qui aident les soldats blessés
de différentes façons. Avez-vous dit que ces chiens sont fournis
dans le cadre du programme offert par les forces armées?
Col. Blais: No, senator, I did not.
Col Blais : Non, sénateur, je n’ai pas mentionné cela.
The Chair: I didn’t think you did.
Le président : Je ne pensais pas que vous l’ayez fait.
Col. Blais: We allow them into the workplace, but we are not
providing funding for the animals themselves.
The Chair: Is that for a budget reason or some other reason?
Col Blais : Nous permettons qu’un animal accompagne une
personne au travail, mais nous ne payons pas pour l’animal
comme tel.
Le président : Est-ce pour des raisons budgétaires ou pour
d’autres raisons?
Col. Blais: Research is ongoing. Veterans Affairs Canada is
conducting research into service dogs. Our health services are very
much a science-based organization. There’s not quite enough
research, and I don’t want to speak for Colonel Heber. I’ll
probably let you go down this one.
Col Blais : Des recherches sont en cours. Anciens Combattants
Canada mène actuellement des recherches sur l’utilité des chiens
d’assistance. Nos services de santé sont très centrés sur la science.
Il n’y a pas encore assez de recherches sur la question, et je ne
veux pas répondre au nom du colonel Heber. Je vais vous laisser
répondre à la question.
Lt.-Col. Heber: Let me add to that. Regarding one of the issues
about a member getting a service dog, one of the things we
encourage members to do is, first of all, if they’re symptomatic, to
come forward so we can do a proper assessment and we can give
them the treatment that will help them. There are a couple of
things about this.
Lcol Heber : J’aimerais ajouter quelques points. Au sujet des
chiens d’assistance, nous encourageons d’abord les membres qui
ont des symptômes à venir consulter afin que nous puissions
procéder à une évaluation en bonne et due forme et trouver le bon
traitement pour eux. Il faut d’abord vérifier certains éléments.
First of all, is this in fact post-traumatic stress disorder? The
treatment for that is somewhat different than for somebody
suffering from a major depression or some other mental illness.
We want to make sure that we are providing the right treatment
for the right condition.
Premièrement, s’agit-il bien du trouble de
traumatique? Dans ce cas, le traitement sera
différent de celui d’une personne qui souffre
dépression ou d’une autre maladie mentale. Nous
assurer de traiter la bonne maladie.
Once a member obtains a service dog, they are, by definition,
not going to stay in the military long-term because it’s
incompatible with universality of service. That’s why I’m saying
we encourage members to come forward first. If you’re thinking
about getting a service dog, come and see us; let’s talk about why
you’re thinking about it. What are the problems you’re having?
Are you already in care? If you’re not in care, let’s get you in care,
let’s treat you and let’s see how things go. There are some
members, unfortunately, where the PTSD will become a chronic
condition and where they will then benefit from aids to that
disability, if you like. Often a service dog can be a very effective
aid for those people.
Lorsqu’un membre obtient un chien d’assistance, cela signifie
par conséquent qu’il ne fera pas carrière au sein de l’armée, car
c’est incompatible avec le principe de l’universalité du service.
C’est pourquoi je dis que nous encourageons les membres à venir
nous consulter d’abord. Si un membre songe à se procurer un
chien d’assistance, il devrait d’abord venir nous voir pour discuter
des raisons. Quels problèmes éprouvez-vous? Êtes-vous déjà en
traitement? Si vous n’êtes pas en traitement, commençons par là
et voyons comment vont les choses. Dans certains cas, le TSPT se
transforme malheureusement en maladie chronique, et la
personne a alors besoin d’aide pour surmonter cette incapacité,
si on veut. Très souvent, dans ce cas, un chien d’assistance lui sera
très utile.
What we don’t want is for people to kind of short-circuit their
future career by not coming forward first and getting treatment
because then there’s a good chance that, in fact, they will recover
and they will be able to stay in the military.
Ce que nous voulons éviter, c’est que des personnes mettent en
péril leur carrière en ne voulant pas en parler et se faire traiter,
parce qu’elles ont, en fait, de bonnes chances de se rétablir et de
pouvoir demeurer au sein de l’armée si elles se font traiter.
stress postquelque peu
d’une grave
voulons nous
3-12-2014
Anciens combattants
As I was to Senator Stewart Olsen a few minutes ago, one of
the things that I’ve personally been very involved in is working
with many of the service dog organizations in Canada and the
Canadian General Standards Board, who are meeting today to
start a process to set up national standards for service dog
organizations and their training. Also important to us is the
intake process and how people are screened before they get a
service dog. If somebody comes forward and they are still a
serving member, it’s really important that some screening is
taking place to see whether they have been in treatment yet. Do
they need something else before we consider a service dog?
The Chair: Thank you. That was helpful.
8:23
Comme je l’ai mentionné à la sénatrice Stewart Olsen il y a
quelques minutes, je travaille avec de nombreux organismes de
chiens d’assistance au Canada et avec l’Office des normes
générales du Canada, qui se rencontrent aujourd’hui pour
entamer le processus d’établissement de normes nationales pour
les organismes de chiens d’assistance et leur entraînement, et c’est
une des causes dans lesquelles je me suis beaucoup impliquée
personnellement. Ce qui est important pour nous également, c’est
le processus d’examen des gens qui vont obtenir un chien
d’assistance. Si un membre en service actif veut obtenir un
chien, il est vraiment important qu’il passe par un processus
d’examen pour savoir s’il est en traitement. A-t-il besoin d’autre
chose avant qu’on envisage cette option?
Le président : Merci. C’est bon à savoir.
Senator Enverga: We have top-of-the-line services. What is our
success rate? Is there a success rate? How many people will be able
to move on, and how many have to go back after we release them?
Are there any statistics about that?
Le sénateur Enverga : Nous avons des services hors pair. Quel
est le taux de succès? Y en a-t-il un? Combien de personnes vont
s’en sortir et combien vont devoir revenir vous voir après leur
sortie? Avez-vous des statistiques à ce sujet?
Col. Blais: Do you mean health-wise? For example, we have a
return-to-work program, so as soon as a person is posted to the
Joint Personnel Support Unit, the doctor and the individual
discuss how quickly they can return to work and how much they
can do. They then come back, and those recommendations come
to us. We work with the doctor and the individual to find an
employment opportunity that is suitable to them either in the
military or, for some, that happens to be in the local community.
That can be at first as little as going to the gym three hours a week
on different days and building right back up to five full days a
week. Our goal is always to return them to their units to full
service.
Col Blais : Voulez-vous dire côté santé? Par exemple, nous
avons un programme de retour au travail, dès qu’une personne est
affectée à l’Unité interarmées de soutien du personnel. Le médecin
et la personne concernée discutent alors de sa date de retour au
travail et de ce qu’elle peut faire. Les recommandations nous sont
ensuite envoyées. Nous collaborons avec le médecin et la personne
pour lui trouver un poste qui lui convient, au sein de l’armée ou,
dans certains cas, au sein de la communauté. Il peut s’agir dans un
premier temps d’aller au gym trois heures par semaine, des jours
différents, pour finir par y aller cinq jours complets par semaine.
Notre but est toujours de les voir réintégrer pleinement leur unité.
Right now, our success rate for those entering a return-to-work
program and returning to their units to full service is
approximately 35 per cent.
En ce moment, le taux de succès de notre programme de retour
au travail, soit la réintégration complète des gens au sein de leur
unité, est d’environ 35 p. 100.
Senator Enverga: It is 35 per cent.
Le sénateur Enverga : Il est de 35 p. cent.
Col. Blais: Yes.
Col Blais : Oui.
Lt.-Col. Heber: I can give you some figures about treatment of
PTSD and results from that. Again, I have to put this in context.
Lcol Heber : Je peux vous donner des statistiques sur le
traitement du TSPT et ses résultats. Une fois de plus, je veux
situer le tout en contexte.
This was a study done in Gagetown, and it was based on an
infantry battle group, 792 soldiers. These were people who had
deployed in 2007 and later came forward for treatment. It’s one of
the studies we have that looks at actual treatment outcome.
Les données proviennent d’une étude menée à Gagetown
auprès d’un groupement tactique d’infanterie composé de
792 soldats. Les soldats avaient été déployés en 2007 et ont
consulté plus tard pour se faire soigner. C’est une des études que
nous avons qui portent sur les résultats du traitement.
Again, it’s important to remember that this is an infantry battle
group. They had probably the highest rates of PTSD of members
who are deployed. We deploy members to all kinds of jobs and all
kinds of positions, but this group, of course, would have been the
ones who were outside the wire, on the front lines. They would be
the ones who would have been most traumatized.
Encore une fois, il est important de se rappeler qu’il s’agit d’un
groupement tactique d’infanterie. Le taux de TSPT au sein du
groupement était probablement le plus élevé chez les membres
déployés. Nous déployons des soldats dans toutes sortes de
fonctions, mais dans le cas de ce groupement, bien sûr, les
membres étaient déployés à l’extérieur du périmètre de sécurité,
soit sur la ligne de front. Ce sont ceux qui risquent le plus d’être
traumatisés.
8:24
Veterans Affairs
3-12-2014
Based on this group, after they had treatment, during
treatment and then follow-up, 45 per cent recovered, went into
full remission and were able to return to full duty.
Au sein de ce groupe, 45 p. 100 des gens qui ont été traités et
suivis par la suite s’en sont sortis, se sont rétablis complètement, et
ont été en mesure de reprendre le service à temps plein.
Another 28 per cent improved — were not in full remission but
improved — and were able to return to some duties. Again, for
that group of people, they would continue to be treated ongoing,
and time would tell whether they were going to be people who
would end up in full remission or would end up with some
symptom, some disability.
Un autre 28 p. 100 ont vu leur condition s’améliorer — ils ne se
sont pas rétablis totalement, mais leur condition s’est améliorée —
et ont pu reprendre en partie le service. Dans ce cas, les gens
continuent d’être traités et le temps nous dira s’ils finiront par se
rétablir totalement ou s’ils continueront d’avoir des symptômes
ou une forme quelconque d’incapacité.
Then about 27 per cent had minimal improvement. For that
group of people, basically what we’d do is we’d treat them to help
maximize their quality of life and then we work with the IPSCs to
help coordinate a transition as smooth as possible to civilian life.
Enfin, environ 27 p. 100 ont vu leur condition s’améliorer,
mais très peu. Dans ce cas, ce que nous faisons, nous continuons à
les traiter pour maximiser leur qualité de vie et nous collaborons
avec les CISP pour coordonner la transition la plus facile possible
à la vie civile.
I want to say something, though, if you don’t mind, even
looking at that 45 per cent. Again, close to half of the people
returned to full duties, were in full remission, which I think is
actually an amazing rate, especially for this population of people
who were really the ones on the front lines.
J’aimerais ajouter quelque chose, si vous le permettez, au sujet
du 45 p. 100. Je le répète, près de la moitié des gens ont pu
reprendre toutes leurs fonctions, se sont rétablis complètement, ce
qui pour moi est un taux fantastique, en particulier parce qu’il
s’agissait de gens qui se trouvaient concrètement sur la ligne de
front.
When somebody goes into full remission, one of the things I, as
their psychiatrist, or whoever their provider is, do is sit down with
them and talk to them about whether they want to continue: Here
are your choices now and what do you want to do with your life?
Lorsque quelqu’un se rétablit complètement, une chose que je
fais, en tant que son psychiatre, c’est de m’asseoir avec la
personne — et c’est ce que fera un autre professionnel de la santé
— pour savoir si elle souhaite continuer : voici vos choix et vous
devez décider ce que vous voulez faire de votre vie.
We know that even people in full remission who get retraumatized have an increased risk of developing symptoms
again. We want to make sure that our members are fully
cognizant of the risks if they decide to remain in the military and
continue in their careers. So we always have that conversation
with them.
Nous savons aussi que même lorsque les gens se sont rétablis
pleinement, ceux qui subissent un nouveau traumatisme sont plus
à risque de développer à nouveau les symptômes. Nous voulons
que nos membres soient bien conscients des risques s’ils décident
de rester dans l’armée pour y poursuivre leur carrière. Nous
abordons donc toujours la question avec eux.
Senator Enverga: How long is the average treatment for a
person?
Le sénateur Enverga : Combien de temps dure le traitement en
moyenne?
Lt.-Col. Heber: That’s a hard one to say. It can go from
12 sessions of psychotherapy, and maybe three to six months on
some medication, to a few years.
Lcol Heber : C’est difficile à dire. Une personne peut avoir
besoin de 12 séances de psychothérapie, et une autre, d’être
médicamentée pendant trois à six mois, ou pendant quelques
années.
Senator White: Thank you very much. I think the information
is actually quite helpful. I do have a question around embedded
behavioural health professionals and whether or not we actually
have embedded in our deployment psychiatric and psychological
help. If not, why not? Have we seen success?
Le sénateur White : Merci beaucoup. Je pense que
l’information nous sera en fait très utile. J’ai une question au
sujet des professionnels en santé comportementale. J’aimerais
savoir si nous avons des psychiatres et des psychologues qui sont
déployés avec nos soldats. Si ce n’est pas le cas, pourquoi? Est-ce
que cela a donné des résultats?
I know in the United States, at Fort Drum and others, they’ve
had spectacular success, they would say. The first question is, do
we do this? Second, how successful has that been?
Je sais qu’aux États-Unis, à Fort Drum et ailleurs, cela a donné
des résultats spectaculaires, à ce qu’on dit. Ma première question
est donc : faisons-nous cela? Et ma deuxième : est-ce que cela
donne de bons résultats?
Lt.-Col. Heber: I can’t tell you exactly what year, but when we
went down to the Kandahar region we started deploying a mental
health team. During the time we had lead nation status in the
Role 3 unit, we were the mental health team basically for all the
Lcol Heber : Je ne me rappelle pas exactement en quelle année,
mais quand nos soldats ont été stationnés dans la région de
Kandahar, nous avons commencé à déployer une équipe en santé
mentale. Lorsque nous avons acquis le statut de nation dirigeante
3-12-2014
Anciens combattants
NATO countries. After we gave up lead nation status to the
Americans, we continued to deploy a mental health team and we
looked after mostly Canadians, though we would see other people
if there was a need. This team was a psychiatrist, usually one, two
or three social workers and/or mental health nurses.
Senator White: Does it make a difference?
8:25
de l’unité de rôle 3, nous étions essentiellement l’équipe de santé
mentale pour tous les pays de l’OTAN. Après avoir cédé ce statut
aux Américains, nous avons continué de déployer une équipe en
santé mentale pour soigner principalement les soldats canadiens,
mais aussi les autres au besoin. L’équipe était formée d’un
psychiatre, et habituellement d’une à trois travailleuses sociales ou
infirmières en santé mentale.
Le sénateur White : Est-ce que cela donne des résultats?
Lt.-Col. Heber: I can’t quote you research on that. Quite
frankly, I don’t know about what Fort Drum has done in terms of
research. This is very difficult stuff to research because it’s hard to
control the groups. But personally do I think it made a difference?
Absolutely, I do.
Lcol Heber : Je ne peux pas vous citer de recherches à ce sujet.
Très honnêtement, je ne suis pas au courant des recherches
menées à Fort Drum. Je sais toutefois qu’il est très difficile de
mener des recherches sur la question, parce que le groupe est
difficile à contrôler. Personnellement, est-ce que je pense que cela
a donné des résultats? J’en suis convaincue, tout à fait.
We have known since the First World War that sending mental
health experts out to the front makes a difference for people.
We’re able to see them quicker; we’re able to help people where
we can help get their symptoms under control quickly and keep
them there which, of course, for military members, is the most
important thing. The last thing they want is to have to be
repatriated.
Nous savons depuis la Première Guerre mondiale qu’il est
bénéfique pour les soldats de déployer des experts en santé
mentale au front. Nous pouvons les mettre à contribution plus
rapidement, nous pouvons nous attaquer aux symptômes des
soldats plus rapidement pour les contrôler, et c’est ce qui est le
plus important pour les militaires. La dernière chose qu’ils
souhaitent, c’est d’être rapatriés.
Senator White: After 100 years I guess we’ve learned. Thank
you.
Le sénateur White : Cent ans plus tard, je présume que nous
avons appris la leçon. Merci.
Lt.-Col. Heber: That’s what we’ve learned.
[Translation]
The Chair: Colonel Blais, you mentioned the Sans limites
program.
[English]
Lcol Heber : C’est ce que nous avons appris.
[Français]
Le président : Colonel Blais, vous avez mentionné le
programme Sans limites.
[Traduction]
In English, the Soldier On Program. We would like more detail
on how you provide access to equipment training and how you
get funding for that. Do you have something in writing you can
send to us, or in half a minute could you tell us everything we
want to know?
En anglais, on parle du Soldier On Program. Nous aimerions
en savoir plus sur la formation qui est donnée sur l’utilisation de
l’équipement et sur la source des fonds. Auriez-vous de
l’information par écrit que vous pourriez nous faire suivre, ou
en 30 secondes, pouvez-vous nous dire tout ce que nous voulons
savoir à ce sujet?
Col. Blais: I think that might be stretching it a bit, Mr. Chair,
but I can certainly provide that in writing for you.
Col Blais : Je pense que cela peut prendre un peu de temps,
monsieur le président, mais je peux certainement vous fournir
l’information par écrit.
The Chair: That would be very helpful.
On behalf of the Subcommittee on Veterans Affairs, we’d like
to thank you very much for being here and for the work you’re
doing for the soldiers and families.
(The committee adjourned.)
Le président : Cela nous serait très utile.
Au nom du Sous-comité des Anciens Combattants, j’aimerais
vous remercier de votre présence et de votre travail auprès de nos
soldats et de leurs familles.
(La séance est levée.)
OTTAWA, Wednesday, November 19, 2014
OTTAWA, le mercredi 19 novembre 2014
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day,
at 12:03 p.m., to continue its study on the medical, social and
operational impacts of mental health issues affecting both serving
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 3, pour poursuivre son étude sur les
répercussions médicales, sociales et opérationnelles des
8:26
Veterans Affairs
and retired members of the Canadian Armed Forces, including
operational stress injuries, or OSIs, such as post-traumatic stress
disorder.
Senator Joseph A. Day (Chair) in the chair.
[Translation]
The Chair: Honourable senators, today, we are continuing our
study of veterans’ operational stress injuries and other mental
health problems.
[English]
3-12-2014
problèmes de santé mentale dont sont atteints des membres actifs
et à la retraite des Forces canadiennes, y compris les blessures de
stress opérationnel (BSO) comme l’état de stress posttraumatique.
Le sénateur Joseph A. Day (président) occupe le fauteuil.
[Français]
Le président : Honorables sénateurs, aujourd’hui, nous
continuons notre étude sur les blessures de stress opérationnel
et les autres problèmes de santé mentale des anciens combattants.
[Traduction]
Our witness today is Dr. Ron Frey. Dr. Frey is a registered
clinical and organizational psychologist. He has held a number of
senior positions, including RCMP acting chief psychologist.
Dr. Frey has been recognized as a subject matter expert in the
area of psychological assessment by the RCMP, the Department
of National Defence, Veterans Affairs Canada, Correctional
Services Canada, the Transportation Safety Board, the courts and
numerous police organizations and insurance companies.
Notre témoin aujourd’hui est M. Ron Frey. M. Frey est un
psychologue clinicien organisationnel agréé. Il a occupé un certain
nombre de postes supérieurs, notamment à titre de psychologue
en chef par intérim de la GRC. M. Frey a été reconnu comme
étant un expert dans le domaine de l’évaluation psychologique
par la GRC, le ministère de la Défense nationale, Anciens
Combattants Canada, le Service correctionnel du Canada, le
Bureau de la sécurité des transports, les tribunaux, de nombreuses
organisations policières et les compagnies d’assurance.
Dr. Frey, you have extensive clinical background, which will
be very helpful for the work that we’re doing. We very much
appreciate your being with us, and we look forward to your
presentation, after which we will go into a question and answer
session.
Monsieur Frey, vous avez une vaste expérience du milieu
clinique qui nous sera très utile dans le cadre de nos travaux.
Nous vous sommes très reconnaissants pour votre présence et
sommes impatients d’écouter votre exposé, après quoi nous
passerons à une séance de questions et réponses.
Ron Frey, Clinical and Organizational Psychologist, as an
individual: I would like to thank the Senate for the opportunity to
present to you today on this important topic. My intention is not
to talk to you about how post-traumatic stress disorder or other
related occupational stress injuries are experienced by our valiant
police officers, soldiers and veterans. You have already heard
from a number of experts who provided excellent testimony of
what it is like for these men and women to experience the
paralyzing effects of occupational stress injuries.
Ron Frey, psychologue clinique et organisationnel, à titre
personnel : Je souhaite remercier le Sénat pour l’occasion de
vous parler aujourd’hui de ce sujet important. Mon intention n’est
pas de vous parler de la manière dont nos valeureux policiers,
soldats et anciens combattants vivent le trouble du stress posttraumatique et d’autres blessures liées au stress opérationnel.
Vous avez déjà entendu un certain nombre d’experts qui ont
fourni d’excellents témoignages sur le vécu de ces hommes et
femmes aux prises avec les effets paralysants des blessures liées au
stress opérationnel.
My mission today is to provide you with an explanation as to
why our Armed Forces and our national police agency continue
to struggle in the management of the risks associated with
protecting our nation. I will then conclude by suggesting a
courageous, yet timely, solution to the problem of operational
stress injuries that plague our fine serving men and women.
Ma mission aujourd’hui consiste à vous expliquer pourquoi
nos forces armées et notre service de police national éprouvent
toujours de la difficulté à gérer les risques associés à la protection
de notre nation. Je conclurai ensuite en proposant une solution
courageuse, mais opportune, aux problèmes des blessures liées au
stress opérationnel qui tourmentent nos remarquables militaires.
As you may recall from previous testimony to this
subcommittee, our nation has, over many generations, taken
our youth, in the prime of their lives, and shaped them into
formidable soldiers and police officers. Trained to do not what
normal human beings do in the face of death and destruction, our
soldiers, police officers and veterans have been conditioned to
fight, not to flee, to show no sign of weakness when the rest of us
cower in fear and uncertainty.
Vous vous rappelez peut-être de mon témoignage précédent
devant ce sous-comité, selon lequel notre nation a déjà, au cours
de nombreuses générations, pris nos jeunes dans la fleur de l’âge
pour en faire de redoutables militaires et agents policiers. Formés
à faire le contraire de ce que les êtres humains normaux font face à
la mort et à la destruction, nos militaires, agents de police et
anciens combattants ont été conditionnés à se battre, à ne pas fuir
et à ne montrer aucun signe de faiblesse alors que nous, nous
tremblons de peur et d’incertitude.
3-12-2014
Anciens combattants
8:27
Although these characteristics have been proven, over
centuries, to be the desired characteristics of any nation’s armed
forces or national police force, little thought has been given to
managing the risks that result from creating such effective fighting
machines.
Même si on a prouvé, au fil des siècles, que ces caractéristiques
étaient recherchées pour les forces armées ou le service de police
national de toute nation, très peu de réflexions ont été menées sur
la gestion des risques découlant de la création de machines de
combat aussi efficaces.
In an earlier time, there was little appetite to manage the
psychological risks associated with policing and soldiering. The
weak were quietly removed from the ranks and replenished with
new recruits and the soldiering and policing carried on.
Autrefois, la gestion des risques psychologiques liés aux
activités policières et militaires suscitait peu d’intérêt. On retirait
discrètement les faibles des rangs, les nouvelles recrues assuraient
la relève, et on poursuivait les activités militaires et policières.
However, times have changed. Soldiering and policing have
changed, and recruitment and retention have become significantly
more difficult, as the public has become increasingly aware of the
double edged sword that is created by the demands we make on
our Armed Forces and national police force.
Mais les temps ont changé. La vie de soldat et le maintien de
l’ordre ont changé, et le recrutement et la rétention deviennent
beaucoup plus difficiles au fur et à mesure que le public prend
conscience de l’arme à double tranchant que représentent les
exigences auxquelles nos forces armées et notre service de police
national doivent répondre.
With the now very public and social media-driven plight of our
soldiers, police officers and veterans struggling with occupational
stress injuries, the military and our national police force have
recently, and thankfully, attempted to better manage the
prevention and treatment of OSIs.
Le sort de nos militaires, policiers et anciens combattants aux
prises avec des blessures liées au stress opérationnel a éclaté au
grand jour, alimenté par les médias sociaux. Heureusement,
l’armée et notre service de police national ont tenté de mieux gérer
la prévention et le traitement des BSO.
Specifically, they have enhanced screening, developed peer
support groups, sent psychologists like myself to some of the most
dangerous and remote areas of the country to spend time with
these courageous men and women. They have opened assessment
and treatment centres, engaged academics and built bow ties and
dashboards. In short, the Canadian Armed Forces and the
RCMP have adopted what they think are the best practices to
mitigate the psychological risks of protecting our nation. And yet,
our soldiers, our police officers and our veterans continue to
experience the devastation of OSIs in often suppressing and
suppressive silence.
Plus précisément, on a amélioré l’évaluation préliminaire, mis
sur pied des groupes d’entraide et envoyé des psychologues
comme moi aux régions les plus dangereuses et éloignées du pays
pour passer du temps avec ces hommes et femmes courageux. On
a ouvert des centres d’évaluation et de traitement, consulté des
universitaires et créé des nœuds papillons et des tableaux de bord.
Bref, les Forces armées canadiennes et la GRC ont adopté les
pratiques exemplaires qui, à leur avis, atténuent les risques
psychologiques liés à la protection de notre nation. Or, nos
militaires, nos policiers et policières et nos anciens combattants
continuent à vivre l’angoisse des BSO dans un silence étouffant.
From my perspective and the perspective of many of my
colleagues, the continued prevalence of OSIs is the product of a
governance system that simply has not developed the capability to
performance-manage the risks associated with modern soldiering
and policing.
Comme nombre de mes collègues, je pense que la prévalence
constante des BSO résulte d’une gouvernance qui n’a pas su bien
gérer en vue de la performance les risques associés au métier de
soldat et de policier.
To further compound this deficiency, there is a culture, deeply
rooted in at least policing, of promoting excellent traditionally
skilled officers with less than adequate understanding of human
and organizational factors that significantly contribute to the
overall operational effectiveness of policing in the national and
international landscapes.
S’ajoute à cela une mentalité bien enracinée du moins dans
le monde policier visant la promotion d’officiers par ailleurs très
compétents du point de vue traditionnel, mais sans une
compréhension adéquate des facteurs humains et organisationnels
qui contribuent de manière importante à l’efficacité opérationnelle
globale des forces policières dans un contexte national ou
international.
Such a culture means that those few leaders within the RCMP
who recognize and vocalize the liability of not objectively
identifying, analyzing and mitigating the systemically based
causal factors that contribute to OSIs are either penalized for
vocalizing these thoughts, promoted out of their positions,
poached by private enterprise or even by other parts of the
government, including the Senate.
Cette mentalité fait en sorte que les quelques dirigeants de la
GRC qui reconnaissent et dénoncent les risques associés au défaut
de reconnaître, d’analyser et d’atténuer les facteurs systémiques
qui contribuent aux BSO sont soit pénalisés pour en avoir parlé,
rétrogradés, débauchés par le secteur privé ou même par d’autres
instances gouvernementales, y compris le Sénat.
8:28
Veterans Affairs
3-12-2014
In short: The OSI problem is the military and paramilitary
culture. The recurrent honing of only one side of the blade of
operational readiness is what is ultimately preventing these
organizations from realizing effectiveness.
En bref, le problème des BSO est lié à la culture militaire et
paramilitaire. En ne s’intéressant qu’à un seul aspect de la
préparation opérationnelle, on empêche ces organisations d’être
réellement efficaces.
The solution to this problem of culture has been alluded to
many times and well before my testimony today. The solution is a
progressive transformation of culture through performance-based
oversight at the governance level and the systemically driven
management of risks at the operational level.
La solution à ce problème d’attitude a été mentionnée de
nombreuses fois avant mon témoignage d’aujourd’hui. Il faut une
transformation progressive de la culture institutionnelle grâce à
une surveillance axée sur le rendement par la gouvernance ainsi
qu’une gestion des risques systémiques au niveau opérationnel.
To make this transformation, the Canadian Armed Forces and
the RCMP must engage with independent professionals —
professionals who have the experience of enabling safety and
security critical organizations to performance manage all their
risks, including OSIs, to a level as low as reasonably practicable.
Pour procéder à cette transformation, les Forces armées
canadiennes et la GRC doivent engager des professionnels
indépendants qui ont l’expérience nécessaire pour permettre à
des organisations essentielles à la sécurité de gérer en fonction du
rendement tous leurs risques, y compris les BSO, pour les réduire
au niveau minimum raisonnable en pratique.
In closing, I wish to emphasize that we have to recognize that
ultimately the operational readiness of our Armed Forces and our
national police force is predicated by how effectively their
oversight bodies govern and how effectively their senior officers
manage their systemic-based human and organizational risk
factors.
En terminant, je tiens à dire qu’il nous incombe de reconnaître
qu’en fin de compte, l’état de préparation opérationnelle des
forces armées et de notre force policière nationale dépend de
l’efficacité des organismes de surveillance à les gouverner et de
l’efficacité de leur état-major à gérer les facteurs de risque
humains et organisationnels, à l’échelle systémique.
It is only through the honing of both sides of the blade that our
men and women will have the capability to continually serve
our country honourably and resiliently. Thank you.
Ce n’est qu’en travaillant sur ces deux aspects de l’état de
préparation opérationnelle que nous pourrons donner à nos
militaires, policiers et policières la capacité de continuer à servir
leur pays de manière honorable et résiliente. Merci.
The Chair: Dr. Frey, thank you very much. That’s a pretty
straightforward series of comments and we look forward to giving
you the opportunity to expand on these.
Le président : Merci beaucoup, monsieur Frey. Vos
commentaires sont on ne peut plus clairs et nous sommes
impatients de vous donner l’occasion de les développer.
For the record, could you clarify what you meant by ‘‘built
bow ties and dashboards’’?
À titre de précision, qu’entendez-vous exactement par « nœuds
papillons et tableaux de bord »?
Mr. Frey: Bow ties and dashboards are common risk
mitigation strategies or techniques used by some risk managers
and senior managers in organizations to get an overview of how
risks are basically being managed by an organization. Sometimes
they’ll use a colour scheme. For example, a green light means all
systems are good or good to go, a yellow light means there are
some things that need to be addressed and red means things
definitely need to be addressed.
M. Frey : Les gestionnaires de risque et les hauts dirigeants se
servent souvent de techniques ou de stratégies d’atténuation du
risque qu’on appelle des analyses en nœud papillon et des
tableaux de bord des risques. Ils peuvent ainsi avoir un aperçu des
risques que doivent gérer leurs organisations. Ces diagrammes ont
parfois un code de couleur. Ainsi, un feu vert peut vouloir dire
que tous les systèmes sont prêts et en bon état, un feu jaune qu’il y
a des problèmes à régler et un feu rouge, qu’il faut absolument
trouver une solution à un problème.
The problem with a lot of these techniques is that they are kind
of off-the-shelf techniques so they’ve been bought or borrowed
from other organizations and have been poorly analyzed before
actually being implemented into organizations. They typically
address known risks and one of the factors which we typically see
a psychologist treating are the unknown factors that soldiers and
police officers experience during the course of their careers. That’s
what I’m talking about when I’m referring to bow ties. They’re
management tools, essentially.
Le problème, pour beaucoup de ces méthodes, c’est qu’elles ont
été adoptées telles quelles, ayant été achetées ou empruntées à
d’autres organisations sans une analyse approfondie avant leur
mise en œuvre dans une autre organisation. Elles portent
habituellement sur des risques connus or l’un des facteurs que
traitent normalement les psychologues, ce sont les facteurs
imprévus auxquels sont confrontés les militaires et les agents de
police au cours de leur carrière. C’est ce dont je parle, quand je
parle de nœud papillon. Ce sont essentiellement des outils de
gestion.
The Chair: Thank you. That will be helpful. I will start with
Senator White from Ontario.
Le président : Merci, cela nous sera utile. Nous commençons
par le sénateur White qui représente l’Ontario.
3-12-2014
Anciens combattants
8:29
Senator White: Great seeing you here, Dr. Frey. We worked
together in the North, so it’s good to see you again. I think when
you referred to the far reaches of this country you were referring
to Nunavut in some cases. Thank you for your comments.
Le sénateur White : Ravi de vous voir ici, monsieur Frey. Nous
avons travaillé ensemble dans le Nord et je suis content de vous
revoir. Quand vous parliez de régions éloignées du pays, vous
faisiez peut-être allusion au Nunavut, dans certains cas. Merci
pour vos propos liminaires.
I asked a question of a witness previously about psychological
tool building. As I always say, catching them down river may not
help us much if they continue being thrown into the river. Could
you walk us through how the psychological tool building can help
police officers and our military in preparation for what they will
face and in preparation for what they will have so that when they
end up with OSI they actually have some tools to deal with it to
find themselves in the right place?
Auparavant, j’ai interrogé un témoin concernant l’acquisition
d’outils psychologiques. Comme je le dis toujours, il ne sert à rien
de les attraper en aval s’ils continuent à se retrouver à l’eau.
Pouvez-vous nous aider à mieux comprendre la façon dont
l’acquisition d’outils psychologiques peut aider les agents de
police et les militaires à se préparer à leur tâche et à ce qui les
attend de sorte que s’ils sont atteints de BSO, ils aient des outils
pour leur permettre de s’en sortir?
Mr. Frey: That is a question that is very timely and it is pointy
ended as to when someone has an operational stress injury and
how to treat it. There are many different techniques that
psychologists use. Probably the most important thing is making
the police officer aware of what they have control over and what
they don’t have control over when they are actually operational.
M. Frey : C’est une question très opportune et qui met le doigt
sur le moment où quelqu’un est atteint d’une blessure de stress
opérationnel et sur la façon de la traiter. Les psychologues ont
recours à un grand nombre de techniques différentes. Ce qui est
peut-être le plus important, c’est de faire prendre conscience à
l’agent de police de ce sur quoi il a le contrôle et de ce sur quoi il
n’a aucun contrôle lorsqu’il est opérationnel.
As you know, I’ve spent many years, probably almost a
decade, going to Nunavut and, in a very preventative type mode,
meeting with police officers, understanding how they actually
operate in these environments and talking about what they have
control over, their thinking, and what they don’t have control
over when in fact they are experiencing sleep deprivation and are
making mistakes, or when they are using hardware, that is their
weapons, their guns or gloves.
Comme vous le savez, j’ai passé un grand nombre d’années,
près d’une décennie, au Nunavut, à des fins très préventives, à
rencontrer des agents de police pour comprendre comment ils
fonctionnent dans ces milieux, leur parler de ce sur quoi ils
exercent un contrôle, leurs réflexions, et ce sur quoi ils n’exercent
aucun contrôle lorsqu’ils connaissent la privation de sommeil,
qu’ils commettent des erreurs, ou lorsqu’ils utilisent leur
équipement, c’est-à-dire leur arme à feu, ou leurs gants.
There is a classic case where a police officer took his position in
a part of Nunavut where the appropriate kit wasn’t available to
this individual and his hands froze on the hood of a truck as he
was taking a position to prevent being fired upon. That’s a very
vulnerable situation to be in when you’re a police officer. These
are difficult circumstances and police officers typically beat
themselves up over those types of experiences.
Un cas classique est celui d’un agent de police qui a été affecté à
un poste du Nunavut où la trousse adéquate n’était pas
disponible, ce qui fait que cette personne s’est gelé la main sur
le capot d’un camion alors qu’il était en position pour éviter des
coups de feu. C’est une situation très vulnérable lorsque l’on est
agent de police. Il s’agit de circonstances difficiles et généralement
les agents de police parviennent à surmonter ce type de situation.
It’s important that before officers are deployed that they
understand the environment in which they are being deployed,
they understand the hardware they are given to carry out their
tasks and they understand the importance of relationships
between the people commanding them and the people who are
their stakeholders, that is the communities in which they serve.
Getting them to develop that awareness and getting them to
develop the ability to manage stress and emotions are all
important tools to develop before a crisis happens.
Unfortunately, many police officers never have the opportunity
to go through a process like that, which then leaves them
vulnerable to experiencing stress. And then you have a culture
that suppresses the explanation of difficulties of mood and
difficulties of performance on a job.
Il importe qu’avant leur déploiement, ces agents comprennent
le milieu dans lequel ils vont être déployés, qu’ils se familiarisent
avec l’équipement qui leur est donné pour effectuer leur tâche et
qu’ils comprennent l’importance des relations entre ceux qui les
commandent et ceux qui sont les parties prenantes, à savoir les
collectivités qu’ils desservent. Leur permettre de prendre
conscience de cela et d’acquérir la capacité à gérer le stress et
leurs émotions sont des outils importants à acquérir avant qu’une
crise ne se produise. Malheureusement, un grand nombre d’agents
de police n’ont jamais l’occasion de suivre ce processus, ce qui les
rend vulnérables au stress. Et il y a aussi une culture qui vise à
réprimer des explications concernant des difficultés liées à
l’humeur et des difficultés liées au rendement au travail.
When I was in Nunavut, I was given a hotel room to see police
officers, and these police officers would not go through the lobby
to see a psychologist. They would take the stairs. They would
come through the back door. They would have to be ordered to
Lorsque j’étais au Nunavut, on avait mis à ma disposition une
chambre d’hôtel pour voir les agents de police, et ces agents qui
venaient me consulter comme psychologue n’empruntaient pas
l’entrée de l’hôtel. Ils prenaient les escaliers. Ils entraient par la
8:30
Veterans Affairs
3-12-2014
come in to do proactive counselling because the stigma of
engaging with a psychologist is still very prevalent in the RCMP.
And when I was with the DND, working out of their OSI clinic, it
was the same thing.
porte d’en arrière. Il fallait leur ordonner de venir pour participer
à de l’aide psychologique proactive, car la stigmatisation associée
au fait de consulter un psychologue est toujours très présente dans
la GRC. Et lorsque je travaillais avec le MDN, à la clinique de
BSO, c’était pareil.
I know and I mentioned in my testimony that the RCMP, for
example, have done a lot of things to help facilitate officers
talking about what they’re going through with the emotional
stress and trauma. But just think about it: The problem is if
you’re doing an operational debriefing after an incident and your
staff sergeant asks, ‘‘Anybody need to talk to Dr. Frey?’’ you will
be hard pressed to see a constable raise their hand in these types
of situations. It takes real leadership to permit officers to actually
engage with people that can help them, both proactively and
reactively, and that permission is missing in the culture for
individuals to engage in the types of behaviours that promote
resiliency.
Je sais, et j’ai indiqué dans mon témoignage, que la GRC, par
exemple, a fait beaucoup pour aider ces agents à parler de ce qu’ils
ont vécu en termes de stress et de traumatismes psychologiques.
Mais réfléchissez-y un instant : le problème, c’est que si vous
participez à un compte rendu après un incident et que votre
sergent-chef vous demande : « Quelqu’un souhaite-t-il consulter
M. Frey? », il est rare de voir un agent lever la main dans ce type
de situation. Il faut faire preuve de véritable leadership pour
permettre aux agents de consulter des gens qui peuvent les aider,
de façon proactive et réactive, et cette possibilité fait défaut dans
la culture, ce qui limite leur capacité à adopter le comportement
qui leur donnera de la résilience.
Senator White: A book was written the late 1980s called The
Shattered Badge by a police officer and a psychologist from
Boston PD. It talked about the fact that in a specific precinct of
Boston, every police officer had to see the psychologist every
year — it didn’t matter if you were on admin duty at the front
desk or a drug officer. Their focus was that if everyone saw a
psychologist, everyone was getting their head read, the stigma
eventually would go away. And they would argue that it did go
away. You said ‘‘permission.’’ Would it be a form of permission
as well, if everyone is seeing Dr. Frey at some point, the front
lobby is just one place you happen to go through to see Dr. Frey
because everyone is going anyway? Would it be a form of
permission as well, obligating everyone going to Afghanistan, to
Iraq or to Nunavut to understand that you will see a psychologist
before each deployment?
Le sénateur White : À la fin des années 1980, un agent de police
et un psychologue de Boston ont écrit un livre qui s’appelle The
Shattered Badge. Dans ce livre on a mentionné le fait que dans un
certain poste de police à Boston, chaque agent de police a été
obligé de voir un psychologue chaque année — peu importe si
l’agent faisait des tâches administratives ou si c’était un agent de
la brigade des stupéfiants. L’idée c’était que si tout le monde
voyait un psychologue, si tout le monde se faisait évaluer,
la stigmatisation disparaîtrait. Et on pourrait dire que la
stigmatisation a en effet disparu. Vous avez parlé de
« permission ». Est-ce qu’on pourrait parler de permission si
tout le monde devait aller voir M. Frey à un moment donné, si on
passait par le foyer central tous les jours et qu’on voyait M. Frey
tous les jours parce que tout le monde était obligé de passer par là
de toute façon? Est-ce qu’on pourrait parler de permission si on
obligeait tout le monde qui partait en Afghanistan, en Irak, ou au
Nunavut de voir un psychologue avant le déploiement?
Mr. Frey: That would be a very important component. I met
with a veteran not too long ago who went through something like
that because he was highly specialized. This is in the DND
context. He was physically injured when he drove over a bomb
and sustained other injuries swimming through the remains of his
comrades. He was drummed out of the military and not taken
care of. When I was in the reserves, and remember, I am a warm
and fuzzy psychologist, I learned pretty quickly how to basically
lose that warm fuzziness and live within the culture.
M. Frey : Ce serait en effet une partie importante. J’ai
rencontré un ancien combattant il n’y a pas très longtemps qui
a vécu quelque chose du genre parce qu’il était hautement
spécialisé. Je parle du contexte du ministère de la Défense
nationale. Il était physiquement blessé lorsqu’une bombe a
explosé sous sa voiture et il a subi d’autres traumatismes
lorsqu’il a vu les corps de ses collègues. Il a été chassé de
l’armée et on n’a pas pris soin de lui. Quand j’étais réserviste, et
souvenez-vous que je suis un psychologue très gentil et très
sensible, j’ai appris très vite à perdre cette gentillesse et cette
sensibilité et à m’adapter à la culture ambiante.
The example that you’re giving is wonderful, but the problem is
that it takes courageous leadership to experience it. I’m talking
about leadership at the top; but I don’t see that currently in the
RCMP or, in my limited experience, in DND. There is a lot of
talk and many great officers are saying and trying to do the right
things, but culturally it’s still not accepted. You can talk but if
you’re not walking the talk, your subordinates, soldiers and police
Vous avez donné un exemple merveilleux, mais le problème
c’est qu’il faut du courage et du leadership pour vivre une telle
expérience. Je parle du leadership des plus hauts dirigeants. Mais
je ne crois pas que ce genre de leadership existe actuellement au
sein de la GRC ou, d’après mon expérience limitée, au sein du
ministère de la Défense nationale. Il y a beaucoup de belles
paroles et il y a beaucoup de bons agents qui essayent de dire et de
3-12-2014
Anciens combattants
8:31
officers, will definitely pick up on that. It creates an unsafe
environment to engage meaningfully with clinicians or providers
that can help to maintain your resiliency.
faire ce qu’il faut, mais au niveau de la culture, ce n’est toujours
pas accepté. Si ces belles paroles ne se traduisent pas par des
mesures concrètes, vos subordonnés, c’est-à-dire les soldats et les
agents de la police, vont le savoir. Cela crée un environnement
peu sécuritaire où on ne peut pas bâtir de relation forte avec les
cliniciens afin de maintenir la résilience.
Senator Frum: To follow along that line of questioning, as a
civilian who has tremendous admiration for front-line RCMP and
the military, it seems that it would be almost unnatural and
unhealthy not to develop an OSI when confronted with violence,
death and destruction. Can one assume that any front-line worker
is going to end up with an OSI?
La sénatrice Frum : J’aimerais poursuivre dans la même veine.
En tant que civile et en tant que quelqu’un qui admire
énormément la GRC et les soldats, il me semble que ce serait
presque étrange, presque malsain qu’une personne confrontée à la
violence, à la mort et à la destruction ne soit pas touchée par une
blessure de stress opérationnel. Peut-on présumer que tous ces
gens finiront par être touchés par une blessure de stress
opérationnel?
Mr. Frey: There was a great CBC documentary with
Dr. Bradford, a forensic psychiatrist, who worked on some of
the most high profile cases. He freely admitted that at one point
he was hit with post-traumatic stress disorder. It was a wonderful
CBC program to watch. You will see that even the people you
think are the most resilient, the ones conditioned to manage that
part of their personality so they can do the job they need to do,
sometimes, for whatever reason and we don’t understand why, are
hit by OSIs and PTSD.
M. Frey : J’ai vu un documentaire produit par la CBC où on
voyait le Dr Bradford, psychiatre judiciaire, qui a travaillé sur des
cas très médiatisés. À un moment donné, il a avoué que lui aussi a
été touché par un trouble de stress post-traumatique. C’était une
émission merveilleuse. On pouvait voir que même les gens qui
paraissent les plus résilients, ceux qui sont formés pour gérer cette
partie de leur personnalité afin de faire le travail qu’ils ont à faire,
peuvent parfois, pour des raisons que nous ne comprenons pas,
être touchés par des BSO et un ESPT.
Also, there is great underreporting. I think you’ve heard from
some witnesses that DND would say that the RCMP has a higher
suicide rate than DND has. I would argue with that as I know
first-hand that there is a much higher suicide rate in DND than is
known about because it’s not reported.
Autre problème, les cas ne sont pas toujours rapportés.
Certains témoins nous ont dit que le ministère de la Défense
nationale prétend que le taux de suicide est plus élevé au sein de la
GRC qu’au sein du ministère de la Défense nationale. Je ne suis
pas d’accord avec cela. D’après mon expérience personnelle, le
taux de suicide au sein du ministère de la Défense est beaucoup
plus élevé, mais en fait les suicides ne sont pas déclarés.
Senator Frum: I’m not saying this to be subversive as I’m
highly respectful of the very essential jobs people do and the
protection they offer their country. However, the conditioning to
suppress feelings is, to me, the psychological twist that perhaps is
less healthy than having an emotional response to things.
La sénatrice Frum : Je ne dis pas ceci pour être provocatrice
parce que j’ai énormément de respect pour le travail de ces gens et
pour la protection qu’ils offrent à leur pays. Cependant, si on
apprend aux gens à réprimer leurs émotions, à mon avis c’est
beaucoup plus dangereux que de permettre aux gens d’avoir une
réaction affective normale.
Mr. Frey: Yes. I want to speak more about police officers than
soldiers because I have more experience with police officers. Their
psychological profile is typically a little different than that found
in the general population. Certain types of personalities and
psychological profiles are drawn to policing, just like certain
profiles are drawn to accounting. We like to have Type A
accountants, but we like to have Type B undercover operators
because they can mix and mingle with the criminal element.
Culturally, organizations reinforce those parts of the personality
so they can engage with those undesirable elements of life. There
are numerous problems but one is that the demographics of
policing — the type of people coming into police organizations —
are different than they were 30 or 40 years ago.
M. Frey : Oui. Laissez-moi parler des agents de police, plutôt
que des soldats, vu que j’ai plus d’expérience avec les agents de
police. Leur profil psychologique est généralement un peu
différent de celui de la population ordinaire. Le métier de
policier attire certains types de personnalités, certains profils
psychologiques, comme le métier de comptable en attire d’autres.
Nous aimons à avoir des comptables de type A, mais des agents
d’infiltration de type B, parce qu’ils peuvent se fondre avec
l’élément criminel qu’ils côtoient. Il existe une culture
organisationnelle qui renforce ces éléments de la personnalité,
pour permettre l’interaction avec les éléments indésirables. Cela
entraîne de nombreux problèmes, l’un étant le profil
démographique des policiers — le type de personne embauchée
par les organisations policières. Il est bien différent de ce qu’il
était il y a 30 ou 40 ans.
8:32
Veterans Affairs
3-12-2014
As I mentioned in my testimony, the environment that police
officers and soldiers work in is vastly different and changing ever
so rapidly. When organizations use best practices, for example to
compare themselves with other organizations that do similar types
of work, those best practices typically are already five years out of
date. In the 1970s five years was not a big deal but today five
years is a pretty big deal. Soldiers and police officers are
confronted with having to deal with these parts of the human
element that they are not normally accustomed to dealing with.
That makes it particularly challenging. It requires a language that
they’re not comfortable using — emotions. What psychologists
and I try to do in a preventive way is to encourage officers to
engage in those types of behaviours through the course of their
career so that when they retire they are not left with a skill set that
they desperately need to have to engage with the rest of society.
Comme je l’ai dit dans mon témoignage, le milieu dans lequel
évoluent les agents de police et les soldats diffère du tout au tout;
et il change à une rapidité fulgurante. Quand une organisation
adopte des pratiques exemplaires, par exemple pour se comparer
avec d’autres organisations effectuant le même type de travail, ces
pratiques exemplaires sont généralement déjà dépassées de
cinq ans. Dans les années 1970, cinq ans de plus ou de moins
ne faisait pas une grosse différence; mais, de nos jours, cinq ans
pèsent lourd. Les soldats et les agents de police sont contraints de
faire face à des éléments de l’être humain qu’on n’a pas l’habitude
d’affronter. D’où le défi. Il faut un langage qu’ils manient
difficilement : les émotions. C’est pourquoi les psychologues et
moi essayons, à titre de prévention, d’encourager les agents à
pratiquer ce type de comportements tout au long de leur carrière.
Ainsi, quand ils partent à la retraite, ils ne le font pas munis d’un
ensemble d’habiletés dont ils ont désespérément besoin pour
interagir avec le reste de la société.
One of the saddest cases I have ever seen was that of a police
officer who came to see me in desperation. I had known him for
years. He said, ‘‘Dr. Frey, I’m retiring soon, and I’ve experienced
XY and Z.’’ We’re talking about nasty things. He continued, ‘‘I
thought by the time I hit retirement all these things would go
away.’’ He threw himself into work. He said, ‘‘I drive by Dow’s
Lake and I don’t see the tulips. I see the bodies that I fished out of
that river or that I cut off that tree. When I drive by that mall, I
don’t see the kids enjoying themselves having ice cream. I see
other things.’’
L’un des cas les plus affligeants que je retiens est celui d’un
agent de police qui est venu me voir en désespoir de cause. Je le
connaissais depuis des années. Il m’a dit : « Docteur, je prends ma
retraite bientôt et j’ai vécu ceci et cela. » On parlait de choses
particulièrement désagréables. Il a poursuivi en disant : « Je
croyais que, quand j’arriverais à la retraite, toutes ces choses
s’effaceraient. » Il s’était jeté à corps perdu dans son travail mais
confessait : « Quand je passe devant le lac Dow, ce ne sont pas les
tulipes que je vois, ce sont les corps que j’ai repêchés dans la
rivière ou que j’ai décrochés de cet arbre. Quand je passe devant
ce centre commercial, ce ne sont pas les enfants qui ont du bon
temps à manger de la glace que je vois, ce sont d’autres choses. »
To see an officer carry that type of trauma for 20 to 30 years
and know that he is exiting his career with that type of baggage is
extremely disturbing. It would be nice for me as a clinician not to
have to go through that process. It would be much more
satisfying for me, my clients, my patients and organizations to
proactively manage these images, thoughts, emotions, smells and
sounds at the time when they’re much more manageable.
Unfortunately, at the very high end of the organization that
capability is not there.
Voir un agent véhiculer ce type de traumatisme pendant 20 ou
30 ans et savoir que c’est un vécu qui lui colle à la peau après la fin
de sa carrière est véritablement préoccupant. En tant que
clinicien, j’aimerais pouvoir éviter ce processus. J’aimerais bien
mieux que mes clients, mes patients et les organisations adoptent
une approche proactive pour gérer ces images, pensées, émotions,
odeurs et bruits — et ce à un moment où ils sont beaucoup plus
faciles à gérer. Hélas, c’est une capacité qui n’existe pas, au plus
haut niveau de l’organisation.
Senator Frum: Sometimes they warn civilians not to look at
graphic images. I don’t look because I know that once
something’s in your head, it stays there forever, I think. Do you
think, once somebody has seen the bodies in the river, they can
ever erase that from their mind?
La sénatrice Frum : Parfois ils avertissent les civils de ne pas
regarder des images graphiques. Je fais attention de ne pas
regarder, parce que je sais qu’une fois qu’une image est dans notre
tête, elle y reste à jamais, me semble-t-il. Pensez-vous qu’une
personne qui a vu les corps dans la rivière puisse effacer cette
image de son esprit?
Mr. Frey: It’s very individual. I think for you and myself,
perhaps, no. There are things I go through before I see a body, for
example, or when I’m going to be listening to a story or seeing
images, which I have to prepare myself for. I go through a
routine. To say that everybody’s experiences, images and trauma
are the same would be an overgeneralization.
M. Frey : C’est très individuel. Vous et moi, peut-être que non.
Par exemple, il y a des choses auxquelles je me prépare, avant de
devoir voir un corps ou entendre un certain type de récit, voir
certaines images. Mais dire que chacun partage les mêmes
expériences, les mêmes images, le même traumatisme serait une
généralisation abusive.
I just came back from a large sex crimes conference in Niagara
Falls. We’re talking about officers — and the RCMP are involved
as well — where they used to look at one videotape of sex crimes a
day, and now they have to look at terabytes of information. They
Je rentre tout juste de Niagara Falls où se tenait une conférence
d’envergure sur les crimes de nature sexuelle. Il s’agit ici d’agents
de police — d’agents de la GRC également — qui auparavant
visionnaient une vidéo de crimes de nature sexuelle par jour alors
3-12-2014
Anciens combattants
8:33
are engaging with other countries that don’t investigate sex crimes
the same way. They tell me often it’s not the sex crimes that erode
their resiliency as police officers, but it’s the organization which
makes it much more difficult for them to do their work.
que désormais ils doivent prendre connaissance de téraoctets de
renseignements. Ils sont en communication avec les autorités
d’autres pays où les enquêtes sur les crimes de nature sexuelle sont
menées différemment. Très souvent, disent-ils, ce ne sont pas les
crimes de nature sexuelle qui portent atteinte à la résilience des
agents de police, mais plutôt l’organisation qui rend leur travail
beaucoup plus difficile.
In the RCMP, I’ll give you an example. When I was in
Nunavut, the amount of overtime these officers work is crazy, and
yet many of them never report the overtime they do. It’s almost
seen as a badge of honour. They don’t understand the
consequences of not getting sufficient sleep or rest, because they
don’t understand the human factor psychology part of policing.
The organization doesn’t see the organizational factors that
contribute to that type of behaviour. Therefore, it opens up risks
to making mistakes on the job. They get investigated and the
whole cycle starts to begin where it makes it very difficult for the
police officer to do their job resiliently. I don’t know if I’ve
answered your question.
Je vais vous donner un exemple à propos de la GRC. Quand
j’étais au Nunavut, ces agents travaillaient une quantité
considérable d’heures supplémentaires et pourtant nombre
d’entre eux ne le signalaient jamais. C’est un peu comme un
badge d’honneur. Ces agents ne comprennent pas les
conséquences d’un sommeil ou d’un repos insuffisant, car ils ne
comprennent pas ce que le travail de policier comporte comme
facteurs psychologiques. L’organisation quant à elle ne cerne pas
les facteurs qui contribuent à ce type de comportement. Par
conséquent, cela fait augmenter les risques d’erreurs dans le
travail de ces agents. Il y a enquête et tout le cycle démarre de
nouveau et il devient très difficile pour l’agent de police
d’accomplir ses tâches avec résilience. Je ne sais pas si cela
répond à votre question.
Senator Frum: You’ve said a lot of interesting things.
The Chair: There is one point you made that we should try to
clarify. You were talking about one of Senator Frum’s questions
in relation to suicide. The note I made was that you said it’s a
much higher suicide rate in DND, but it’s not reported.
Mr. Frey: Yes.
La sénatrice Frum : Vous nous avez fourni bien des éléments
intéressants.
Le président : Il y en a un que nous devrions essayer d’éclaircir.
C’est ce que vous répondiez aux questions de la sénatrice Frum en
ce qui a trait au suicide. J’en ai pris note. Vous dites que le taux de
suicide au MDN est beaucoup plus élevé, car les suicides ne sont
pas toujours signalés.
M. Frey : C’est exact.
The Chair: It’s not reported because these are individuals who
were in DND and have moved on or that there’s actually a
suppression of that information within that organization?
Le président : S’ils ne sont pas signalés, est-ce parce que les
personnes concernées ne sont plus au MDN ou est-ce en fait parce
que l’organisation choisit de ne pas divulguer ces renseignements?
Mr. Frey: I would say there’s a culture that encourages
suppression. Think how proud those men and women were in
the Airborne Regiment. Look at the pretend soldier that we saw
over Remembrance Day and the rallying cry, and appropriately
so, which came from all of those people in the regiment, the RCR.
Nobody wants to embarrass their family, and for these soldiers,
officers and the RCMP — and you’ve heard this from a previous
witness — their regiment is their family. It’s part of their family.
To show this part of yourself does a disservice to the name of the
regiment you’re assigned to or have been with, or the organization
with the RCMP.
M. Frey : Je dois dire qu’il y a une culture propice à refouler
volontairement ces renseignements. Songez à la fierté que
ressentaient les femmes et les hommes du régiment aéroporté.
Songez à celui qui a usurpé l’uniforme militaire le jour du
Souvenir. Songez à la façon dont les membres du RCR se sont
récriés, et c’était à bon droit. Personne n’aime être un embarras
pour sa famille. Pour ces soldats, ces agents de police et ces agents
de la GRC — et d’autres témoins vous l’ont dit — le régiment est
leur famille. Le régiment fait partie de leur famille. Montrer un tel
côté ternit la réputation du régiment, que ce soit votre régiment
actuel ou un auquel vous avez appartenu, ou encore la GRC
comme organisation.
I received an email three weeks ago from a veteran. He said:
‘‘Dr. Frey, we just lost another guy. He tried it a few times before.
We just lost him.’’ But none of this gets reported. It’s not going to
end up in the death column in the newspaper. This is not unique
to DND or the RCMP. This happens in the general population as
well, but it happens more often in military and paramilitary
organizations.
J’ai reçu un courriel il y a trois semaines d’un vétéran. Il
écrivait : « Docteur Frey, nous venons de perdre un autre
camarade. Il avait fait quelques tentatives auparavant. Nous
venons de le perdre. » Mais ce genre de fait n’est pas signalé. On
ne trouvera pas les détails dans les notices nécrologiques. Cela
n’est pas propre au MDN ou à la GRC. On trouve des cas
semblables dans le reste de la population, mais c’est plus fréquent
dans les organisations militaires et paramilitaires.
8:34
Veterans Affairs
3-12-2014
The Chair: We’ll make note of that. It’s an important point
that you’re making.
Le président : Nous allons prendre note de cela. Vous venez de
présenter un argument de taille.
Senator Neufeld: I haven’t participated in any of the
discussions on this issue up until now. I’m standing in for
another senator. Did I understand your presentation correctly —
I just want to make sure I did — that you more or less said there is
not the preparation done with men and women who are going
into the military, police force or any of those kinds of things, prior
to them experiencing any of the things you spoke about? Do I
understand that correctly?
Le sénateur Neufeld : Je n’ai pas participé aux discussions
précédentes sur ce dossier. Je remplace un autre sénateur. Je ne
sais pas si j’ai bien compris l’exposé que vous avez présenté. Je
veux m’assurer que c’est le cas. Ni plus ni moins, il n’y aurait pas
de préparation des hommes et des femmes qui intègrent les forces
armées, les forces policières ou encore d’autres entités, pour qu’ils
sachent à quoi s’attendre face aux situations que vous avez
décrites. Ai-je bien compris?
Mr. Frey: Yes.
M. Frey : Oui.
Senator Neufeld: That is what part of the problem? Is it the
whole problem? Is it part of the problem? Is it two things? The
second thing you’re saying is that when you deal with them
afterwards, it’s much harder to get some positive results, to put it
that way.
Le sénateur Neufeld : Est-ce seulement une partie du problème?
Laquelle? Est-ce que c’est tout le problème? Est-ce seulement une
partie du problème? Y a-t-il autre chose? Vous dites en outre que
lorsque vous les rencontrez après coup, il est beaucoup plus
difficile d’obtenir des résultats positifs, si l’on peut dire.
Mr. Frey: That’s right. As a clinician, I’m working on the
pointy end, once the OSI has been experienced. Obviously it’s
much more difficult, once you’ve experienced an OSI, to treat an
OSI. We have success, but it would be much better if we can
prevent the OSIs from occurring. The preparation that I’ve seen
in police organizations, and to some extent in the military, is
focused on the activity of policing or soldiering. There’s very little
focus on how well and how proactively you’re mitigating the
psychological risks associated with those types of tasks.
M. Frey : C’est exact. En tant que clinicien, j’interviens après
coup, une fois que la blessure de stress opérationnel a été infligée.
Évidemment, c’est beaucoup plus difficile de traiter une telle
blessure, une fois qu’elle a été infligée. Nous avons connu des
réussites, mais il vaudrait beaucoup mieux prévenir ce genre de
blessure. Dans certaines organisations policières, et jusqu’à un
certain point dans des organisations militaires, j’ai pu constater
que la préparation mettait l’accent sur les tâches confiées au
policier ou au soldat. On accorde peu d’attention sur les moyens
proactifs que l’on peut prendre pour atténuer les risques
psychologiques associés à ce genre de tâche.
When we talk about effectiveness, military and paramilitary
organizations will think: How many tickets have you written?
How many missions have you completed successfully? But there’s
very little talk about how we are doing as an organization in
mitigating the psychological risks, which can arise by engaging in
these types of activities. You have a lot of silos. You have a lot of
complex operational environments, but the hazards and risks
associated with those types of operations are not analyzed at the
systemic level. You’re basically treating symptoms and not
actually treating the causes. The causes are typically at the
organizational level.
S’agissant d’efficacité, les organisations militaires et
paramilitaires feront le calcul suivant : combien de
contraventions avez-vous imposées? Combien de missions avezvous menées à bien? Toutefois, il est très peu question de la façon
dont l’organisation atténue les risques psychologiques inhérents à
ce genre d’activité. Il y a beaucoup de cloisons étanches. Les
environnements opérationnels sont complexes en grande partie,
mais les dangers et les risques qui y sont associés ne sont pas
analysés sur le plan systémique. On se contente de traiter les
symptômes et non pas les causes. On trouve les causes au niveau
organisationnel.
I was going to bring a slice of Swiss cheese in today, but I
didn’t know if I would get it past security. I will use the Swiss
cheese analogy. There’s a theory by James Reason, which some of
you may be familiar with. We put in a number of mitigations to
prevent a certain type of accident or hazard resulting in a trauma.
If you put in the right type of mitigations at a very high level,
where you have very good strong statements of safety and security
and the right type of capability and capacity to proactively
manage all the risks and hazards associated at the policy level,
then you’re going to have fewer holes in these pieces of Swiss
cheese for that chain of events to occur.
J’avais l’intention d’apporter une tranche de Gruyère
aujourd’hui, mais je me suis demandé si j’allais passer le
contrôle de sécurité. Je me rapporte à la théorie de James
Reason, que certains d’entre vous connaissent peut-être. Il s’agit
de prévoir certaines mesures d’atténuation pour empêcher que
survienne un accident ou un danger aboutissant à un
traumatisme. Si des mesures adéquates sont mises en place à un
haut niveau hiérarchique, où on est fermement engagé en matière
de sécurité et où il existe une capacité adéquate de gérer de façon
proactive tous les risques et dangers associés à une politique
donnée, alors cela réduit le nombre de trous dans le fromage
Gruyère dans une situation donnée.
The RCMP is a classic example, because I lived this. The
problem is that they put policies in place, but the policies they
have in place to help prevent an OSI aren’t relevant to the officers
La GRC est un exemple typique, car j’y ai été mêlé de près.
L’organisation établit des politiques mais les politiques visant à
prévenir les blessures de stress opérationnel ne sont pas adaptées à
3-12-2014
Anciens combattants
8:35
doing policing, for example, in Nunavut. They may be relevant to
the officers doing policing in ‘‘O’’ Division or ‘‘E’’ Division, but
not necessarily relevant. I remember getting this from an RCMP
officer when I was writing policy at the national level: ‘‘Dr. Frey,
you do realize that policy is only a guideline.’’
la réalité des agents qui œuvrent par exemple au Nunavut. Il se
peut qu’elles soient adaptées aux agents des divisions « O » ou
« E » mais pas nécessairement. Je me souviens des propos d’un
agent de la GRC quand je préparais des politiques qui allaient
être appliquées à l’échelle nationale. Voilà ce qu’il m’a dit :
« Docteur Frey, vous vous rendez compte qu’une politique n’est
qu’une ligne directrice, n’est-ce pas? ».
That makes it very difficult. If policy is only a guideline, then
you’re left with interpretation. Then you’re left with practices and
sometimes procedures, which may not be conducive to managing
the risks associated with policing.
Voilà ce qui complique les choses. Si tel est le cas, vous en êtes
réduit à en faire l’interprétation. Vous en êtes réduit à vous
rabattre sur les pratiques et parfois les procédures qui peuvent ne
pas convenir à une gestion adéquate des risques associés à des
activités policières.
Senator Neufeld: I assume, then, that you’ve written numerous
papers in regard to how some of this should perhaps be changed
to deal with OSI in a different fashion. Would that be correct?
Le sénateur Neufeld : Je suppose alors que vous avez écrit de
nombreux articles sur la façon d’aborder différemment les
blessures de stress opérationnel, n’est-ce pas?
Mr. Frey: I haven’t written numerous papers. I’m presenting
more and more now, and I’m engaged with other safety-critical
organizations in helping them proactively manage the risks at the
regulatory level and at the senior executive level. I have been
trying to make inroads for many years to move police
organizations in that direction, but what’s missing in the police
world is the right oversight to encourage that type of change. It’s
also missing at the very senior executive level within the
organizations to facilitate that.
M. Frey : Je n’en ai pas écrit beaucoup. J’en écris de plus en
plus et j’aide des organisations dont la sécurité est la principale
préoccupation à gérer les risques proactivement, que ce soit en
matière de réglementation ou au niveau de la haute direction.
Depuis des années, j’essaie d’inciter les organisations policières à
prendre cette orientation, mais dans le monde des forces de
l’ordre, il faudrait à cet égard la surveillance qui s’impose pour
encourager ce genre de changement. On constate également au
sein des organisations la même lacune au niveau de la très haute
direction.
It would be a dream of mine to engage in that type of a process
with the Canadian Armed Forces or the RCMP or any other
police organization. It’s very hard to find the right type of
leadership that understands the value of systematically
understanding the organizational and human factors to these
types of injuries as opposed to just focusing on the symptoms.
Je rêve de participer à un tel processus en collaboration avec les
forces armées, la GRC, ou toute autre organisation policière. Il
est très difficile de trouver un leadership qui comprend réellement
la valeur d’une bonne compréhension des facteurs
organisationnels et humains qui contribuent à ce genre de
blessures, plutôt que d’essayer de s’attaquer aux simples
symptômes.
Senator Neufeld: It’s interesting. I would have thought, with
your extensive experience, you would have written some papers
on how you, and others like-minded as you, think some of these
things should be dealt with. I thought maybe you would be able to
share some of that with us, but that’s fine.
Le sénateur Neufeld : C’est intéressant. J’ai cru qu’un homme
de votre expérience aurait produit des rapports ou dissertations
sur la façon de composer avec ce genre de problèmes. J’aurais cru
que vous nous en auriez parlé, mais ce n’est pas grave.
Have you then had the opportunity at all to work with any
police officers to try to do what you’re telling us should be done,
to work with police officers before they get to the point where
they’re dealing with all of these issues at the front line? Have you
ever had that opportunity to work with a police officer or a
military person before they go to battle, before they go to
Nunavut, those kinds of things? Have you had that opportunity?
Je vous demanderai donc si vous avez eu l’occasion de
travailler avec un corps policier pour mettre en œuvre vos idées,
c’est-à-dire de collaborer avec des agents de police avant d’en
arriver au point où ils doivent composer avec tous ces problèmes
sur les premières lignes? Avez-vous déjà travaillé avec un policier
ou un soldat avant son départ pour la bataille, avant son départ
pour le Nunavut? Avez-vous déjà eu ce genre d’occasion?
Mr. Frey: I have, yes. He’s a senator now. That was my one
experience with the RCMP. I’ve had other RCMP officers who I
really found understood what I was talking about, but now they
work for a bank. They don’t tend to stick around in the
organization.
M. Frey : Oui, effectivement. Il est maintenant sénateur.
C’était ma seule expérience avec la GRC. D’autres agents de la
GRC semblaient comprendre ce dont je parlais, mais maintenant
ils travaillent pour une banque. Ils n’ont pas tendance à rester au
sein de l’organisation.
8:36
Veterans Affairs
3-12-2014
There was another officer whom I highly admire. I can’t reveal
his name. When he brought this type of thinking up to the
Commissioner of the RCMP, he was penalized. He was penalized
for nearly six months. He was put in the penalty box.
Il y avait un autre agent que j’admirais énormément, mais je ne
peux pas le nommer. Lorsqu’il a parlé de cette idée au
commissaire de la GRC, il a été pénalisé. Il est resté en punition
pendant six mois.
It’s very threatening to go through cultural change because the
organization at the very high end sees that it’s going to actually
compromise its operational readiness. They don’t see the value in
it. They see it as threatening. It’s not a natural process. It’s not a
natural language for them. That’s what I’m trying to develop. It’s
very difficult to find that type of leadership.
Tout changement culturel est menaçant, car la haute direction
se doute que ce changement va remettre en question ses capacités
opérationnelles. Elle n’y attache donc aucune valeur, bien au
contraire, elle estime que c’est une menace. C’est un processus peu
naturel. Ça ne fait pas partie de son vocabulaire. C’est ce que
j’essaie de développer au sein de la haute direction, mais c’est très
difficile à faire avec ce genre de leadership-là.
Senator Neufeld: Can you tell me of other jurisdictions,
countries — maybe states — that do it the way you are talking
about, as we speak? Is that in practice? If it is in practice, at a
broad level and from a fairly high level, could you tell me some of
those countries?
Le sénateur Neufeld : Pourriez-vous me parler d’autres pays,
peut-être des pays, peut-être des États, qui ont déjà mis en œuvre
ce genre d’idées? Sont-elles mises en pratique quelque part? Et si
c’est le cas, pourriez-vous me parler de ces pays?
Mr. Frey: I can’t, unfortunately, tell you any country that does
that with its police agencies or with the military. I can tell you that
the company I work for currently, Soteira Solutions, we’ve
worked within the aviation agency, which is a very safety and
security conscious organization. They cannot wait for the next
accident, the next incident, to manage those risks. They have to
manage those risks proactively because there is no business
recovery plan.
M. Frey : Malheureusement, je ne peux pas dire que les
agences policières ou les forces militaires d’un pays quelconque
aient mis en œuvre ce genre d’idées. Je peux vous dire que
l’entreprise pour laquelle je travaille actuellement, Soteira
Solutions, qui œuvre dans le secteur de l’aviation, prend la
sécurité très au sérieux. Dans ce secteur, on ne peut pas se
permettre d’attendre les accidents, ou les incidents, avant de
s’attaquer aux risques. On doit gérer ces risques avant que la
catastrophe se produise, car il n’y a pas de plan de redressement.
What I’m proposing is to take an organizational human factors
approach, which has worked effectively at the regulatory level and
within the aviation industry, for example, and use these concepts
and these principles, adapt them, and build the capacity and the
capability of the Canadian Armed Forces and the RCMP to
proactively manage their risks as opposed to managing them
reactively.
Ce que je propose c’est d’adopter une approche fondée sur les
facteurs humains, ce qui a très bien fonctionné au niveau
réglementaire et dans le secteur de l’aviation, et d’adapter ces
concepts et principes afin de renforcer la capacité des Forces
armées canadiennes et de la GRC à gérer les risques de façon
proactive plutôt que réactive.
Senator Neufeld: Let’s say you deal with a police officer after
the fact, which you’ve done lots of, I assume, from what you’ve
spoken about. The files, the notes that you would make that deal
with this person, are they kept in confidence or do senior officers
have access to that information simply I guess to have a look and
see or even speak to you, without having notes, about: ‘‘I’ve
actually interviewed this officer and I think that that person is
going to have some problems’’? Does that happen? If it does, I can
understand why they’re afraid to come see you.
Le sénateur Neufeld : Disons que vous faites affaire avec un
policier après un incident, j’imagine que vous l’avez déjà fait à
plusieurs reprises, d’après ce que vous venez de nous dire. Le
dossier, les notes que vous prenez au sujet de cette personne, sontils confidentiels ou la haute direction a-t-elle accès à cette
information? Ou bien encore peuvent-ils tout simplement venir
vous trouver et s’entretenir avec vous, sans prendre de notes, où
vous auriez l’occasion de leur dire que vous avez interviewé tel ou
tel agent et que vous prévoyez des problèmes? Ce genre de choses
se produit-il, et le cas échéant ça ne m’étonne pas qu’ils aient peur
de venir vous voir.
Mr. Frey: Yes, of course.
Senator Neufeld: I think that would be normal, not the trauma
stuff, but even in a regular business. If there was a psychologist
coming to interview your staff, and your superior had access to
that information, it might not go well for you.
Mr. Frey: That’s right.
Senator Neufeld: I want to know whether that is completely
confidential or do you have to report?
M. Frey : Oui, bien entendu.
Le sénateur Neufeld : Je pense que ce serait normal, pas l’aspect
traumatique, mais même dans le cadre d’activités normales. Si un
psychologue venait interroger vos employés et votre supérieur
avait accès à ces renseignements, les choses pourraient mal se
passer pour vous.
M. Frey : C’est juste.
Le sénateur Neufeld : J’aimerais savoir si le tout est entièrement
confidentiel, ou si vous devez présenter un rapport?
3-12-2014
Anciens combattants
8:37
Mr. Frey: When I first started working at the RCMP I was sat
down by a more senior psychologist and she told me: ‘‘Ron, don’t
forget who your allegiance is with. It’s with the college. If you ever
breach confidentiality, you lose your licence. And if you lose your
licence, you lose your position.’’
M. Frey : Quand j’ai commencé à travailler à la GRC, une
psychologue qui avait plus d’années de service que moi m’a dit
« Ron, n’oubliez pas où va votre allégeance. C’est au collège. Si
vous manquez au devoir de confidentialité, vous pouvez perdre
votre licence. Et si vous perdez votre licence, vous perdez votre
poste ».
That is something that psychologists take very seriously, and
physicians as well. Have there been breaches in confidentiality?
Absolutely. When I was brought in to the RCMP, I was brought
in because there had been breaches that occurred in ‘‘O’’ Division
between the physician and the commanding officer.
Voilà quelque chose que les psychologues prennent très au
sérieux, tout comme les médecins. Y a-t-il eu manquement à
l’obligation de confidentialité? Absolument. Quand j’ai été appelé
à la GRC, c’est parce qu’il y avait eu divulgation de
renseignements confidentiels dans la division « O » entre le
médecin et le commandant divisionnaire.
Senator White: Ontario.
Le sénateur White : O pour Ontario.
Mr. Frey: I’m sorry. So confidentiality is very important. It’s
extremely important amongst the military and the paramilitary
because they naturally are much more suspicious than the general
population about things like confidentiality.
M. Frey : Pardonnez-moi. Donc, oui, la confidentialité est très
importante. Elle revêt beaucoup d’importance au sein des forces
militaires et paramilitaires parce qu’elles sont, de par leur nature,
beaucoup plus méfiantes que le public en général relativement à
des choses comme la confidentialité.
To answer your question, yes, confidentiality is absolutely
assured, unless an officer makes a statement that they are going to
harm themselves imminently, and not just fantasizing, they are
going to kill themselves or kill somebody else, or if they disclose
during the course of an interview or an assessment that they’re
having a sexual relationship with a minor. Those are the two
exceptions. Aside from those, it is confidential, yes.
Pour répondre à votre question, oui, la confidentialité est
absolument assurée, à moins qu’un officier affirme être sur le
point de se faire du mal, et ce ne sont pas que des fantasmes, qu’il
va se tuer ou tuer quelqu’un d’autre, ou qu’il révèle lors d’une
entrevue ou d’une évaluation qu’il a des rapports sexuels avec un
mineur. Ce sont là les deux exceptions. À part cela, tout est
confidentiel, oui.
Senator White: Thank you, Dr. Frey. I’ve heard people say in
the military in particular: ‘‘Do you realize how many people are
seeing psychologists right now or are under psychiatric care, have
OSI?’’ almost as if it’s a negative thing. I realize it is negative that
people are sick. I guess I’m asking your perspective. When
someone says: ‘‘How many people are seeing a psychologist?’’ I
want to say: ‘‘Every one who needs to.’’ The negativity, the stigma
are still there, even when we acknowledge people need help, when
we’re concerned about the number.
Le sénateur White : Merci, monsieur Frey. J’ai entendu des
gens, de l’armée en particulier, dire : « Vous rendez-vous compte
combien de gens voient actuellement des psychologues ou
reçoivent des soins psychiatriques, souffrent de blessures de
stress opérationnel? » Presque comme si c’était quelque chose de
négatif. Je comprends bien qu’il est négatif que des gens soient
malades. Je suppose que ce que j’aimerais savoir, c’est votre point
de vue. Quand quelqu’un dit : « Combien de personnes voient un
psychologue? » j’ai envie de répondre : « Autant que ce qu’il
faut ». La négativité, le stigmatisme demeure, même quand on
reconnaît que les gens ont besoin d’aide, quand on s’inquiète de
leur nombre.
I know you’ll remember when you were conducting your visits
that we saw a dramatic increase in use of the Employee Assistance
Program, and the financial department of the RCMP was
extremely concerned about the number of calls. I said:
‘‘Hopefully they are going up.’’ That was my hope, that people
would look for help when they need help.
Vous vous souvenez sûrement que, lorsque vous faisiez vos
visites, nous avons observé une hausse vertigineuse du recours au
Programme d’aide aux employés, et le Service financier de la
GRC s’inquiétait énormément du nombre d’appels. J’ai dit :
« J’espère bien qu’ils vont encore augmenter ». C’est ce que
j’espérais, que les gens demanderaient de l’aide quand ils en
auraient besoin.
Can you explain how that stigma has to be overcome, not just
by people? Organizations have to look at the fact of people
reaching out as a good thing, and many people who are sick are
not reaching out. That’s the negative part of this.
Pouvez-vous m’expliquer comment on peut surmonter ce
stigmatisme, non seulement chez les gens? Les organisations
doivent voir quelque chose de positif dans le fait que les gens
demandent de l’aide, et bien des gens qui sont malades ne le
demandent pas. C’est l’élément négatif, dans tout cela.
Mr. Frey: I agree with you totally. It comes down to
communication. It must come down from the top, and it has to
be believable. You’re right; obviously, if we can get them to
M. Frey : Je suis tout à fait d’accord avec vous. C’est une
question de communication. Elle doit venir des hautes sphères, et
elle doit être crédible. Vous avez raison : de toute évidence, si on
8:38
Veterans Affairs
3-12-2014
engage with providers who can help them when they’re going
through some difficulties before they get inflamed, to a point
where they’re really struggling — and typically, from what I recall
of the literature, that happens around that 13-year mark of a
police officer’s career — then everybody benefits from it. I don’t
know if I answered the first part of your question.
peut les amener à se laisser aider par les fournisseurs de service qui
peuvent leur fournir cette aide quand ils vivent des moments
difficiles, avant que la situation ne s’aggrave pour eux, et
n’atteignent un point où ils sont vraiment en difficulté —
généralement, d’après ce que je me souviens avoir lu, ça se
passe aux alentours de la 13e année de la carrière d’un agent —
c’est là que tout le monde peut en tirer parti. Je ne sais pas si j’ai
répondu à la première partie de votre question.
One of the things that always disturbed me was this
observation that you made, and that I felt, that the RCMP was
taking a very kind of business approach to treating something
that you really can’t apply that kind of a business model to.
Il y a une chose qui m’a toujours troublé, et qui se retrouve
dans l’observation que vous avez faite, et que je partage, c’est-àdire que la GRC appliquait une espèce de modèle d’entreprise
pour traiter quelque chose qu’on ne peut pas vraiment appliquer à
ce genre de situation.
I’ve seen officers promoted by demonstrating to the
organization how efficient they can make the organization, but
there’s no real analytical thinking going on about how it impacts
the effectiveness of the organization in the long term. That’s the
problem. They manage their costs like a private enterprise would
manage costs, and they don’t realize the long-term consequence
that efficiency has on effectiveness in the end.
J’ai vu des agents obtenir des promotions en montrant à quel
point ils pourraient rendre l’organisation efficiente, mais personne
ne s’est vraiment demandé quelle serait l’incidence sur l’efficacité
de l’organisation à long terme. Voilà le problème. Ils gèrent les
coûts coûts comme le ferait une entreprise privée, et ne se rendent
pas compte de l’incidence à long terme de cette efficience sur
l’efficacité.
The Chair: Doctor, this year there’s a tremendous amount of
work and research going on, and you’ve had a chance to review
some of the other witnesses that we’ve had, and they’ve been very
good, as you’ve indicated. To manage the risk of operational
injuries and to have this oversight and governance that you
believe is the main feature of handling the problem, is it your view
that techniques are well enough developed that that could be
passed on to management? It’s a matter of changing the culture so
they will start using these techniques, or is there still a lot of work
to be done in the detection and the management techniques?
Le président : Monsieur, cette année il y a énormément de
travail et de recherche qui se font et vous avez eu l’occasion de lire
ce que nous ont dit d’autres témoins et vous nous avez dit que
leurs témoignages étaient très bons. Êtes-vous d’avis que les
techniques de gestion des risques de blessures opérationnelles et
de surveillance et de gouvernance que vous croyez être le principal
moyen de traiter le problème, sont suffisamment développées
pour être fournies à la gestion? Il s’agit de changer la culture afin
qu’ils commencent à utiliser ces techniques, ou est-ce qu’il reste
beaucoup de travail à faire pour améliorer les techniques de
détection et de gestion.
Mr. Frey: No. As you’ve mentioned, we have very good
interventions for the detection and treatment of many OSIs. I
have tried to share with you today a capability that would be
developed at the governance and senior management levels so
that these OSIs don’t occur. That capability has been developed
for other industries. There’s no reason why it can’t be developed
for the RCMP or for the Canadian Armed Forces.
M. Frey : Non. Comme vous l’avez mentionné, nous avons de
très bonnes interventions pour déceler et traiter de nombreuses
BSO. J’ai essayé de vous parler de la capacité qui pourrait être
développée aux niveaux de la gouvernance et de la haute direction
afin d’éviter que se produisent ces BSO. Cette capacité a été
développée pour d’autres industries; il n’y a aucune raison qu’elle
ne puisse pas l’être pour la GRC et les Forces armées canadiennes.
The problem is that we need vision and leadership at the very
high level saying, ‘‘Yes, this is the direction we want to move the
ship.’’ Because then it will build the capacity and capability of the
organization to actually move in the direction they need to move
so that they are managing all of the risks in the organization, not
just some of the risks.
Le problème, c’est qu’il faut que le sommet de la hiérarchie ait
une vision et fasse preuve de leadership en disant : « Oui, c’est
dans cette direction que nous voulons aller. » Car on pourra alors
bâtir la capacité de l’organisation afin de pouvoir effectivement
faire ce qu’il faut pour gérer tous les risques de l’organisation, et
pas seulement certains d’entre eux.
The Chair: You talked earlier about certain individuals are
attracted to policing or the Armed Forces.
Le président : Tout à l’heure, vous avez dit que certaines
personnes sont attirées par la police ou les formes armées.
Mr. Frey: Yes.
The Chair: Is there any scientific basis for saying this
individual, having met with him and talked to him and listened
to his hopes and aspirations, as a psychologist, I can tell that you
M. Frey : Oui.
Le président : Est-ce qu’il y a des données scientifiques qui vous
permettent, en tant que psychologue, de dire au sujet d’un
individu que vous avez rencontré, avec qui vous avez parlé et que
3-12-2014
Anciens combattants
8:39
this person is more likely to need help for an operational stress
injury than somebody else?
vous avez écouté parler de ses espoirs et de ses aspirations, qu’il
est plus susceptible d’avoir besoin d’aide pour une blessure de
stress opérationnel que quelqu’un d’autre?
Mr. Frey: This would be an individual, case-by-case assessment
that I do quite regularly for high-risk parts of policing. For
example, for the ERT teams or sex crimes unit or forensic idents. I
don’t do it much for the RCMP but for other police
organizations. Psychologists are engaged in those types of
behaviours or actions, but again it’s at the pointy level; it’s
really at the operational level.
M. Frey : C’est le genre d’évaluation individuelle que je fais
souvent, au cas par cas, pour les secteurs de la police où les risques
sont élevés. Par exemple, pour les équipes d’intervention
d’urgence, la division des crimes sexuels ou les services
d’identité judiciaire. Je ne le fais pas souvent pour la GRC,
mais pour d’autres services de police. Les psychologues
participent à ce genre de comportements ou d’actions, mais, je
le répète, c’est à un niveau très pointu, c’est vraiment au niveau
opérationnel.
So yes, to answer your question, we have that capability. We’re
able to make some general statements about what factors may
exacerbate some parts of a personality which would lead to, for
example, an OSI. I can’t say that we can do it convincingly in
every case, but we’re pretty good at it. Where most of the work
needs to be done is at the much higher end, because that’s only
one small part of addressing OSIs. The other part is more at the
senior level.
Alors, pour répondre à votre question, nous avons
effectivement cette capacité. Nous sommes en mesure de faire
des affirmations d’ordre général sur les facteurs qui pourraient
exacerber certains traits de personnalité qui pourraient mener, par
exemple, à une BSO. Je ne vous dirai pas que nous le faisons
toujours de manière convaincante, mais nous réussissons assez
bien. Là où il y a le plus de travail à faire, c’est à un niveau
beaucoup plus élevé, car ce n’est qu’un petit élément du traitement
des BSO. L’autre élément est au niveau supérieur.
The Chair: I’m thinking in terms of it being a recruiting tool.
Le président : Je pensais plutôt à un outil de recrutement.
Mr. Frey: Yes. I had heard once, and I don’t know if this is
true, that DND did put a lot of resources into psychological
assessments of recruits. I understood they stopped that process
because they weren’t actually meeting the requirements they
needed to man their positions.
M. Frey : Oui. J’ai déjà entendu dire, mais je ne sais pas si c’est
vrai, que le MDN a investi beaucoup de ressources dans
l’évaluation psychologique des recrues. Je crois savoir qu’il a
cessé, car ça ne répondait pas vraiment à ses exigences pour le
recrutement.
When I was at the RCMP, every officer went through a
psychological assessment, using the MMPI, which is the gold
standard; it’s an excellent scale. What’s tragic in that exercise is
that we have thousands of profiles, but yet we can’t access the
data. We can’t analyze it, because nobody had the foresight to
think about things like privacy, access to that information, how
it’s going to be analyzed, all those things which play into privacy.
That’s because there’s no proactive, ongoing capability in the
organization to engage in that type of thinking. If the RCMP had
the capability of doing that type of work, they could have
probably had some really interesting research data generated,
which could predict the right types of personalities for certain
types of jobs and deployments.
Lorsque j’étais à la GRC, chaque agent passait par une
évaluation psychologique en utilisant le MMPI, qui est le modèle
par excellence. C’est dommage que nous ayons ces milliers de
profils, mais nous ne pouvons pas avoir accès aux données. Nous
ne pouvons pas les analyser, parce que personne n’avait prévu les
aspects comme la protection des renseignements personnels,
comment avoir accès à ces renseignements, comment ils seront
analysés, et toutes ces choses qui entrent en jeu. C’est parce qu’il
n’y a pas de capacité proactive en place dans l’organisation pour
réfléchir à ce genre de choses. Si la GRC avait la capacité de faire
ce genre de travail, elle aurait pu générer des données de recherche
vraiment intéressantes, qui pourraient prévoir le bon type de
personnalité pour certains emplois et déploiements.
The Chair: I’m trying to follow through the individuals who are
joining policing or the military, and there’s a recruiting aspect;
and then once they’re in there, you’re advocating and urging the
culture of the institution to accept that operational stress injury is
like any other injury.
Le président : J’essaie de suivre les gens qui se joignent aux
forces policières ou militaires. Il y a d’abord le recrutement, puis
une fois enrôlé, vous exhortez l’institution à accepter que les
blessures de stress opérationnel sont comme toutes les autres
blessures.
Mr. Frey: Yes.
The Chair: And we can manage this and manage the risk by
training the individuals, helping them to prepare for the
environment that they’ve placed themselves in or they’re likely
to be placed in?
M. Frey : Oui.
Le président : Et nous pouvons gérer ces risques en formant les
personnes, en les aidant à se préparer pour le milieu où ils sont ou
celui où ils se retrouveront probablement?
8:40
Veterans Affairs
3-12-2014
Mr. Frey: That’s correct. That’s all individual, not just the foot
soldier on the ground, but their managers, the sergeants, the
warrant officers, the lieutenants, on and on. It would permeate
the whole organization, that’s correct.
M. Fry : C’est exact. Tout le monde, pas seulement les
fantassins en première ligne, mais les gestionnaires, les sergents,
les adjudants, les lieutenants, et cetera. Il faudrait que cela
imprègne toute l’organisation.
Senator White: One follow-up primarily in relation to your
response. So we’re clear, if the MMPI-2 information today started
to be gathered and kept, and at seven years comparative studies
were done on everyone who had completed the MMPI-2, and in
2014 we look at what number of the individuals were involved
with — to be fair, in Ontario in policing we did it in relation to
professional standards complaints, actually. We tried to figure out
whether there was a bad recruiting year.
Le sénateur White : Une autre question suite à votre réponse. Si
on commençait aujourd’hui à rassembler tous les renseignements
du MMPI-2, et que dans sept ans, on faisait des études
comparatives avec ceux qui ont complété cette évaluation en
2014, nous pourrions voir le nombre de personnes visées par des
plaintes concernant les normes professionnelles, comme nous
l’avions fait en Ontario pour les policiers. Nous avons essayé de
voir s’il y avait eu une année de mauvaises recrues.
You’re suggesting we might actually be able to figure out an
MMPI-2 test which would allow us to preempt some of the issues
we’re seeing years or decades later, but we don’t do that because
we didn’t collect it in a proper manner in the first place, and be
able to use it for the right reasons in the second place?
Vous dites qu’on pourrait créer un test selon le MMPI-2 qui
nous permettrait d’éviter certains des problèmes que l’on voit des
années ou des décennies plus tard, mais nous ne le faisons pas
parce que nous n’avons pas recueilli au départ les données de la
bonne façon et donc ne pourrons pas les utiliser pour les bonnes
raisons?
Mr. Frey: That’s right.
Senator White: You were in the RCMP as a civilian employee.
Is it possible to go back and do that?
Mr. Frey: I don’t think so.
Senator White: The RCMP is going to recruit 1,000 people this
year. It’s never too late.
Mr. Frey: No, it’s never too late to start.
M. Frey : C’est exact.
Le sénateur White : Vous étiez un employé civil de la GRC.
Est-ce possible de retourner en arrière pour faire cela?
M. Frey : Je ne pense pas.
Le sénateur White : La GRC va recruter 1 000 personnes cette
année. Il n’est jamais trop tard.
M. Frey : Non, il n’est jamais trop tard pour commencer.
The Chair: The past information that would help us in
predicting and determining a procedure is not available to us.
Le président : Les renseignements passés nous aideraient à faire
des prévisions et mettre en place des mesures que nous n’avons
pas.
Mr. Frey: Don’t forget that the MMPI-2 is only valid for a
certain amount of time. It’s not a life-long profile, right? It’s
usually a couple of years. We know that as police go through the
course of their careers, they get married, they have different
expectations, and there are different sociotechnical factors that
feed into their occupation. So it’s not a static measure. You don’t
want to put all your marbles on that particular instrument, but
certainly you can use the information and feed it into an overall
system and then generate some interesting hypotheses which you
can then test to see if you should be putting in new mitigation or
not, as opposed to waiting for something to go off the rails and
then trying to address it with another mitigation, which then
transfers risk over to a different part of the organization.
M. Frey : N’oubliez pas que le MMPI-2 n’est valide que pour
une certaine période. Ce n’est pas un profil pour toute la vie. Il est
habituellement valide pour deux ans. Nous savons que les
policiers, au cours de leur carrière, se marient, ont de nouvelles
attentes, et il y a différents facteurs sociotechniques qui influent
sur leur travail. Donc, ce n’est pas une mesure statique. On ne
veut pas tout miser sur cet outil, mais on pourrait certainement
utiliser les renseignements dans un système global pour générer
des hypothèses intéressantes que l’on mettrait à l’essai afin de
savoir s’il faut de nouvelles mesures correctrices, plutôt que
d’attendre que les choses déraillent avant de mettre en place ces
mesures, ce qui transfère les risques à une autre partie de
l’organisation.
The Chair: Just for the record, this is MMPI-2?
Le président : Pour le compte rendu, il s’agit du MMPI-2?
Mr. Frey: That’s the MMPI-2, yes.
M. Frey : C’est le MMPI-2, oui.
Senator White: The MMPI-2 is offered many times. When you
move on to an ERT team, a tactical team, you are given the
MMPI-2. If you are transferring north, you are given it again. I’ve
had it three or four times. I don’t think I’ve done well any of those
times, when I think back, in my mind, anyway. The reality is you
would also be able to see those experiential things that happen in
Le sénateur White : Le MMPI-2 est utilisé à plusieurs reprises.
Lorsqu’on se joint à une équipe d’EIU ou une équipe tactique, on
passe le MMPI-2. Si on est muté au Nord, on le refait. Je l’ai fait
trois ou quatre fois. Je ne crois pas y avoir bien réussi, lorsque j’y
pense, en tout cas. En réalité, on peut constater l’effet des
expériences de la vie qui changent la manière de réagir au
MMPI-2, par exemple, le mariage, comme vous l’avez dit,
les emplois, les responsabilités; cela pourrait être utile.
3-12-2014
Anciens combattants
8:41
your life that change the way you reacted in the MMPI-2, like
marriage, as you have said, jobs, and responsibility would also be
helpful.
The Chair: I was thinking in terms of looking at all the recruits.
I understand that for the individual that could well change. If he
or she was tested five years later then there are a lot of other
sociological factors that might change, but for all recruits coming
in, it could be interesting to see what information you could take
out of looking at the global information.
Le président : Je pensais plutôt à un examen de toutes les
recrues. Je comprends que la situation des particuliers peut
changer. Si le test remonte à cinq ans, de nombreux facteurs
sociologiques pourraient changer, mais pour les recrues, il serait
peut-être intéressant de déterminer quelle information on peut
extraire de l’ensemble global des données.
Senator White: Dr. Frey, I’m sure you have information on the
MMP-2. Could you provide it to the members of the committee
so they could have a look at it and would have an understanding
of what it is? How many questions are there, 500?
Le sénateur White : Monsieur Frey, je suis certain que vous
avez de l’information sur le MMPI-2. Pouvez-vous la fournir aux
membres du comité afin qu’ils puissent l’examiner et comprendre
de quoi il s’agit? Il compte combien de questions, 500?
Mr. Frey: There are 567.
M. Frey : Il y en a 567.
The Chair: It would complete the record nicely for us.
Le président : Cela nous permettrait de bien étoffer le dossier.
Thank you. We’ve run out of time and we’ve run out of
senators who wish to intervene. Dr. Frey, on behalf of the Senate
Subcommittee on Veterans Affairs, we’re a subcommittee of
Defence and Security, always hoping that we will become a
separate committee in due course, but we are very interested in
RCMP veterans and veterans of the Canadian Armed Forces. We
very much appreciate your helping us to understand, in a very
clear way, the issues that involve operational stress.
Merci. Notre temps s’est écoulé et nous n’avons plus de
sénateur qui souhaite qui souhaite intervenir. Monsieur Frey, au
nom du Sous-comité sénatorial des anciens combattants — nous
sommes un sous-comité de la Sécurité et de la Défense, et espérons
toujours devenir un comité distinct le moment venu, mais nous
nous intéressons beaucoup aux anciens combattants de la GRC et
aux anciens combattants des Forces armées canadiennes — nous
apprécions énormément votre aide qui nous permet de
comprendre très clairement les questions liées au stress
opérationnel.
Senator White: Mr. Chair, I want to thank Dr. Frey as well for
the work he has done, particularly with the RCMP in the North,
over the last decade. Plus, he’s always been there for the
membership. I want to thank him for that.
Le sénateur White : Monsieur le président, je souhaite
remercier M. Frey à mon tour pour le travail qu’il a fait,
particulièrement auprès de la GRC dans le Nord, au cours de la
dernière décennie. De plus, il est toujours disponible pour les
membres. Je souhaite le remercier.
The Chair: Absolutely. It’s nice that you have that information,
which you can share with us and that you shared some time
together.
Le président : Absolument, il est bien que vous déteniez cette
information, que vous puissiez nous la communiquer, et qu’on ait
passé du temps ensemble.
Thank you very much doctor, we appreciate you taking the
time to be with us.
Merci beaucoup, monsieur. Nous vous sommes reconnaissants
pour le temps que vous nous avez consacré.
The meeting is now concluded.
La séance est maintenant levée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
OTTAWA, Wednesday, December 3, 2014
OTTAWA, le mercredi 3 décembre 2014
The Subcommittee on Veterans Affairs of the Standing Senate
Committee on National Security and Defence met this day at
12:02 p.m. to study the medical, social and operational impacts of
mental health issues affecting serving and retired members of the
Canadian Armed Forces, including operational stress injuries
(OSIs) such as post-traumatic stress disorder (PTSD).
Le Sous-comité des anciens combattants du Comité sénatorial
permanent de la sécurité nationale et de la défense se réunit
aujourd’hui, à 12 h 3, pour étudier les répercussions médicales,
sociales et opérationnelles des problèmes de santé mentale dont
sont atteints des membres actifs et à la retraite des Forces
canadiennes, y compris les blessures de stress opérationnel (BSO)
comme l’état de stress post-traumatique (ESPT).
Senator Carolyn Stewart Olsen (Deputy Chair) in the chair.
La sénatrice Carolyn Stewart Olsen (vice-présidente) occupe le
fauteuil.
8:42
Veterans Affairs
[English]
3-12-2014
[Traduction]
The Deputy Chair: Colleagues, we will commence this
Subcommittee on Veterans Affairs. We’re continuing our study
on operational stress injuries of Canada’s veterans, which includes
post-traumatic stress disorder, or PTSD.
La vice-présidente : Chers collègues, nous allons entamer cette
séance du Sous-comité des anciens combattants. Nous
poursuivons notre étude sur les blessures de stress opérationnel
chez les anciens combattants canadiens, dont l’état de stress posttraumatique (ESPT).
Our witness today is Dr. Jitender Sareen, Professor of
Psychiatry at the University of Manitoba. He is appearing with
us today, by video conference, from Winnipeg. The committee has
invited Dr. Sareen to obtain his perspectives on issues pertaining
to operational stress injuries and to discuss his work in that field.
Can you hear me, Dr. Sareen?
Nous recevons aujourd’hui le Dr Jitender Sareen, professeur de
psychiatrie à l’Université du Manitoba. Il se joint à nous par
vidéoconférence depuis Winnipeg. Le comité a invité le Dr Sareen
pour avoir son point de vue sur les enjeux entourant les blessures
de stress opérationnel et pour discuter du travail qu’il fait dans ce
domaine. M’entendez-vous, docteur Sareen?
Dr. Jitender Sareen, Professor of psychiatry, University of
Manitoba, as an individual: Yes, senator.
Dr Jitender Sareen, professeur en psychiatrie, Université du
Manitoba, à titre personnel : Oui, madame la sénatrice.
The Deputy Chair: I’ve read through your qualifications, so I’m
hoping you’ll go through a bit of a list of those when you first
start speaking with us because they’re quite extensive. We’re very
grateful to have you.
La vice-présidente : J’ai lu le résumé de vos qualifications, et
j’espère que vous en toucherez un mot au début de votre exposé,
car votre feuille de route est vraiment impressionnante. Nous vous
sommes très reconnaissants de votre participation.
I wonder if my colleagues would agree to introduce themselves.
Can I just say, off the top: Senator Lang is with us today. He has
a statement that he’d like to read. After the introduction, Senator
Lang, go ahead with your statement.
J’aimerais que mes collègues se présentent, s’ils le veulent bien.
Je précise tout de suite que le sénateur Lang est avec nous. Il a une
déclaration à faire. Après les présentations, vous pourrez faire
votre déclaration, sénateur Lang.
Colleagues, on my right, please, introduce yourselves.
Chers collègues, en commençant à ma droite, je vous prie de
vous présenter.
Senator Wallace: Senator John Wallace from New Brunswick.
Le sénateur Wallace : Sénateur John Wallace, du NouveauBrunswick.
Senator Beyak: Senator Lynn Beyak from Ontario.
La sénatrice Beyak : Sénatrice Lynn Beyak, de l’Ontario.
Senator Lang: Senator Dan Lang, Yukon.
Le sénateur Lang : Sénateur Dan Lang, Yukon.
The Deputy Chair: I’m Carolyn Stewart Olsen, the deputy
chair, filling in today. I’m from New Brunswick.
La vice-présidente : Je m’appelle Carolyn Stewart Olsen, viceprésidente, et je prends la relève aujourd’hui. Je suis du NouveauBrunswick.
Senator Lang: I would like to take a minute at this committee
to recognize a Yukon veteran of the Second World War, Mr. Alec
Van Bibber, who passed away on November 26, at the age of 98.
Mr. Van Bibber was one of Yukon’s last surviving Aboriginal
veterans, having served in the Canadian military during World
War II. He was an active member of the Canadian Rangers from
1947 until his passing, and he was a founding member of the
Assembly of First Nations Veterans Roundtable.
Le sénateur Lang : J’aimerais prendre une minute pour rendre
hommage à un ancien combattant de la Seconde Guerre
mondiale, M. Alec Van Bibber, du Yukon. Il est décédé
le 26 novembre, à l’âge de 98 ans. M. Van Bibber était l’un des
derniers anciens combattants autochtones encore en vie. Il a servi
les forces militaires canadiennes durant la Seconde Guerre
mondiale. Il a été un membre actif des Rangers canadiens de
1947 jusqu’à son décès, et un des membres fondateurs de la Table
ronde des anciens combattants de l’Assemblée des Premières
Nations.
Mr. Van Bibber is a truly great Canadian and a great Yukoner.
His service to our country as a Second World War Aboriginal
veteran, a Canadian Ranger since 1947 until his passing last week,
an educator and an Order of Canada recipient will not be
forgotten. We, in the Yukon, are proud of him, and I wanted to
take a few minutes to let all Canadians know of this wonderful
ranger and veteran, about whom I will be making a statement
later this afternoon in the chamber. Thank you.
M. Van Bibber était un grand Canadien et un grand citoyen du
Yukon. Nous n’oublierons pas ce qu’il a fait pour notre pays en
tant qu’ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale,
membre des Rangers canadiens de 1947 jusqu’à son décès la
semaine dernière, éducateur et récipiendaire de l’Ordre du
Canada. Tout le Yukon est fier de lui, et je voulais prendre
quelques minutes pour faire connaître ce grand homme, ranger et
ancien combattant, à tous les Canadiens. Je vais faire une
déclaration à son sujet à la Chambre cet après-midi. Merci.
3-12-2014
Anciens combattants
The Deputy Chair: Thank you, Senator Lang.
8:43
La vice-présidente : Merci, sénateur Lang.
Dr. Sareen, I understand you have an opening statement, and
we would be happy to have you go ahead with that, please.
Docteur Sareen, nous sommes prêts à entendre votre
déclaration préliminaire. Nous vous écoutons.
Dr. Sareen: Thank you. Good afternoon, everyone. I’d like to
thank everyone for inviting me to be a witness to the committee.
In my opening remarks, I’m going to provide an overview of the
current knowledge around operational stress injuries and discuss
my thoughts on future directions in this important area for
Canada.
Dr Sareen : Merci. Bon après-midi, tout le monde. Je vous
remercie de m’avoir invité à témoigner devant le comité. Dans ma
déclaration préliminaire, je vais vous donner un aperçu de ce que
nous savons sur les blessures de stress opérationnel. Je vous
parlerai également de mes impressions sur les orientations futures
à l’égard de ce secteur important pour le Canada.
For the committee to understand the context of my comments,
I’ll tell you a little bit about my experience. I’m a psychiatrist at
the University of Manitoba. I’ve worked in the field of anxiety
disorders, taught and conducted research for a number of years in
the area of military personnel and veterans’ health, as well as in
First Nations suicide work.
Afin de vous mettre en contexte, je vais vous parler brièvement
de mon expérience. Je suis psychiatre à l’Université du Manitoba.
J’ai travaillé dans le domaine des troubles anxieux, j’ai enseigné et
mené des recherches pendant plusieurs années sur la santé du
personnel militaire et des anciens combattants, et j’ai aussi fait des
travaux sur le suicide chez les Premières Nations.
I’ve worked at the Veterans Affairs Operational Stress Injury
Clinic for the last five years, in Winnipeg, and so I’m going to
move towards describing what operational stress injuries are. I
think all of you are aware, but just to remind you, an OSI is any
persistent psychological difficulty resulting from an operational
duty performed while serving in the Canadian Armed Forces or as
a member of the Royal Canadian Mounted Police. It is used to
describe a broad range of emotional problems, including anxiety,
depression or post-traumatic stress disorder, that interfere with a
person’s life.
Depuis cinq ans, je travaille à la clinique d’Anciens
Combattants Canada pour traumatismes liés au stress
opérationnel, à Winnipeg. Cela m’amène à vous parler de ce qui
constitue une blessure de stress opérationnel (BSO). Je pense que
vous le savez tous, mais je vous rappelle simplement qu’une BSO
renvoie à tout problème psychologique persistant découlant des
fonctions opérationnelles liés au service des membres des Forces
canadiennes ou de la Gendarmerie royale du Canada. C’est un
terme employé pour décrire une vaste gamme de troubles
émotionnels, y compris l’anxiété, la dépression et l’état de stress
post-traumatique, qui perturbent la vie d’une personne.
How common are operational stress injuries? Our research
group for the last 10 years has discovered, and others have also
shown, that approximately one in four military veterans have had,
at any time in the past year, a mental health problem. A portion
of those are related to their operational duty, but not all of them.
Les blessures de stress opérationnel sont-elles fréquentes? Au
cours des 10 dernières années, notre groupe de recherche a
découvert, et d’autres l’ont aussi constaté, qu’environ un ancien
combattant sur quatre a éprouvé des problèmes de santé mentale
dans la dernière année. Certains découlent de leurs fonctions
opérationnelles, mais pas tous.
Deployments where service members face high levels of threat,
such as Afghanistan and Rwanda, have been shown to be an
important risk factor for OSIs, compared to other missions where
there’s lower threat. When I sit with patients and families telling
me the story of why they’re presenting for mental health care, they
describe a number of important stressors, not only the
operational stress injury but also other issues: financial stress,
childhood adversity, a family history of mental health problems,
sometimes illicit drug use and, of course, chronic pain and
physical health issues.
Les militaires déployés dans des endroits présentant
d’importantes menaces, comme en Afghanistan et au Rwanda,
sont beaucoup plus à risque de souffrir d’une BSO que ceux en
mission dans des endroits moins dangereux. Quand les patients et
leur famille me parlent des raisons qui les ont poussés à aller
chercher des soins en santé mentale, ils énumèrent différents
facteurs de stress importants; pas seulement la blessure de stress
opérationnel, mais aussi des pressions financières, une enfance
difficile, des antécédents familiaux de problèmes de santé mentale,
parfois des problèmes de consommation de drogues illicites, et
bien sûr, la douleur chronique et des troubles de santé physique.
When we look at our Canadian history, we’ve come a long way
in recognizing OSIs and providing treatments. Strong investments
in research and programs have led to evidence-based policies in
partnership with the Canadian Forces, Veterans Affairs Canada
and Statistics Canada.
Le Canada a fait beaucoup de chemin en ce qui a trait à la
reconnaissance des BSO et à leur traitement. D’importants
investissements dans la recherche et divers programmes ont
mené à l’élaboration de politiques fondées sur des données
probantes en partenariat avec les Forces canadiennes, Anciens
Combattants Canada et Statistique Canada.
Statistics Canada has conducted outstanding national mental
health surveys that provide a clear cross-sectional picture of the
mental health treatment needs of military personnel and veterans.
Statistique Canada a dirigé d’importantes enquêtes nationales
sur la santé mentale qui ont permis d’obtenir un échantillon
transversal des besoins en santé mentale du personnel militaire et
8:44
Veterans Affairs
3-12-2014
Those surveys have found a high proportion of military personnel
and veterans have mental health issues — approximately one in
four.
des anciens combattants. Ces enquêtes ont démontré qu’une forte
proportion du personnel militaire et des anciens combattants
éprouvent des problèmes de santé mentale, soit environ un sur
quatre.
In response to those findings in 2002, there has been a large
increase in improving the mental health system for our veterans.
There have been programs to increase awareness of mental health
programs, post-deployment screening programs, peer support
programs, the national network of operational stress injuries
clinics, as well as suicide prevention policies.
En réaction aux conclusions tirées en 2002, on a grandement
amélioré le système de soins en santé mentale à l’intention des
anciens combattants. On a mis en oeuvre des programmes visant à
mieux faire connaître les programmes de santé mentale, des
programmes de dépistage post-déploiement, des programmes de
soutien par les pairs, le réseau national de cliniques pour
traumatismes liés au stress opérationnel, de même que des
politiques de prévention du suicide.
In the last month, there have also been a number of
announcements around funding to support families of veterans,
as well as support for the Canadian Institute of Military &
Veteran Health Research that would hope to increase research in
this important area.
Dans le dernier mois, il y a également eu différentes annonces
de financement pour soutenir les familles d’anciens combattants,
ainsi que pour l’Institut canadien de recherche sur la santé des
militaires et des vétérans, qui souhaite accroître les recherches
dans ce domaine.
Together, the efforts are aiming to try to provide evidencebased treatments for people suffering with operational stress
injuries. Furthermore, the military and veterans’ clinics have
invested in training staff, in providing the highest quality state of
the art evidence-based treatment for PTSD, post-traumatic stress
disorder, and depression. There are interdisciplinary teams
involved that, when needed, treat family members affected by
operational stress injuries.
Combinés, ces efforts visent à offrir des traitements s’appuyant
sur des données probantes aux personnes souffrant de blessures
de stress opérationnel. De plus, les cliniques pour militaires et
anciens combattants ont injecté des sommes dans la formation de
leur personnel, et dans la prestation de traitements d’avant-garde
et de grande qualité, fondés sur des données probantes, aux
patients souffrant d’un état de stress post-traumatique et de
dépression. Des équipes interdisciplinaires sont là pour traiter, au
besoin, les membres de la famille souffrant de blessures de stress
opérationnel.
I’m going to now move to the current challenges. I want the
committee to be aware that these challenges are not just for our
military and veterans, but for all Canadians as well. Although the
majority of people with mood and anxiety disorders respond to
psychological and medication treatments, approximately 50 to
60 per cent, an important minority, continue to suffer. We need
more research and evaluation in developing best practices, in
helping people who don’t respond to the first-line psychological
treatment or the first-line medication treatment.
Parlons maintenant des défis actuels. Je tiens à préciser au
comité que ces défis ne s’appliquent pas qu’au personnel militaire et
aux anciens combattants, mais aussi à l’ensemble des Canadiens.
Bien que la majorité des gens aux prises avec des troubles de
l’humeur et des troubles anxieux réagissent bien aux traitements
psychologiques et pharmacologiques, de 50 à 60 p. 100 d’entre eux,
une minorité nombreuse, continuent à souffrir. Nous devons
accentuer les recherches et mieux évaluer les pratiques exemplaires
afin d’aider ceux qui ne réagissent pas positivement aux traitements
psychologiques et pharmacologiques de première ligne.
There’s strong evidence that co-occurrence of alcohol and drug
addictions worsen outcomes for people with mood and anxiety
disorders. Self-medication with alcohol or marijuana, or other
illicit drug-use is often used to cope with insomnia, nightmares
and flashbacks. In my opinion, we need to invest in assessment
and treatment of addictions among military personnel and
veterans. I think we’re doing a good job, but I think we can do
a better job of helping the person who has both an addiction and
a mental health problem.
Des preuves scientifiques sérieuses démontrent que la
cooccurrence de dépendances aux drogues et à l’alcool vient
exacerber les troubles de l’humeur et les troubles anxieux. Les
gens consomment souvent de l’alcool ou de la marijuana, ou
d’autres drogues illicites, pour se soulager de leur insomnie, des
cauchemars et des mauvais souvenirs. À mon avis, il faut investir
dans l’évaluation et le traitement des dépendances chez le
personnel militaire et les anciens combattants. Je crois qu’on
fait du bon travail de ce côté, mais il reste du chemin à faire pour
aider les personnes qui sont aux prises avec un problème de
dépendance et un problème de santé mentale.
Physical health problems and chronic pain are also common
among military members and veterans, and the use and possible
use of prescription opiate medications is an increasing concern.
Also, the use of medical marijuana in the treatment of pain and
Les problèmes de santé physique et la douleur chronique sont
aussi courants chez les militaires et les anciens combattants, et
l’utilisation possible ou réelle de médicaments opiacés
d’ordonnance inquiète de plus en plus. Par ailleurs, l’utilisation
3-12-2014
Anciens combattants
8:45
post-traumatic stress disorder is highly controversial and hotly
debated. We need careful research to determine best practices in
treating patients with post-traumatic stress and chronic pain.
de la marijuana à des fins médicales pour le traitement de la
douleur et de l’état de stress post-traumatique est grandement
controversée et fait l’objet d’un débat houleux. Nous avons besoin
d’études appliquées pour déterminer quelles sont les meilleures
pratiques pour traiter les patients souffrant à la fois de douleur
chronique et de stress post-traumatique.
Another common and difficult to manage co-occurring issue is
the presence of a personality disorder, such as borderline
personality disorder, narcissistic personality or anti-social
personality. These personality disorders are often life-long
patterns, and problems in interpersonal relationships and are
often associated with a high risk of suicide, disability and
violence.
Une autre concomitance répandue et difficile à prendre en
charge est celle d’un trouble de la personnalité, comme celui de la
personnalité limite, de la personnalité narcissique ou de la
personnalité antisociale. Ces trois troubles de la personnalité
renvoient souvent à des comportements chroniques et à des
difficultés dans les relations interpersonnelles, qui sont
généralement associées à un risque élevé de suicide, d’invalidité
et de violence.
In civilian samples, novel psychological treatments, such as
dialectical behaviour therapy, day programs that work on selfesteem, anger management and problem solving, have been
shown to reduce self-harm behaviour and improve outcomes of
people suffering with personality disorders. Our military and
veterans mental health system could improve their capacity in
assessing and treating people, who have an OSI and a cooccurring personality difficulty.
Chez les civils sondés, de nouveaux traitements
psychologiques, comme la thérapie comportementale dialectique
et des programmes de jour sur l’estime de soi, la maîtrise de la
colère et la résolution de problèmes, ont permis d’atténuer les
comportements autodestructeurs et d’améliorer l’état des
personnes souffrant de troubles de la personnalité. Notre
système de santé mentale pour les militaires et les anciens
combattants pourrait accroître sa capacité d’évaluer et de traiter
les gens qui souffrent d’une blessure de stress opérationnel et d’un
trouble de la personnalité concomitant.
What can be done at a population level to reduce mental health
problems and suicidal behaviour among members of the military
and veterans? First we need to continue to raise awareness and
reduce stigma among military personnel and veterans on the
importance of early treatment of mental health problems and
addictions. If you imagine someone with diabetes, who has had
untreated diabetes for five to ten years, then what would be the
impact of that on the body and on the person? It would be
substantial. If we can improve earlier access to treatment for
people with anxiety and depression, we might be able to reduce
negative outcomes.
Que peut-on faire au niveau de la population pour réduire les
problèmes de santé mentale et les comportements suicidaires
parmi les militaires et les anciens combattants? Il faut
premièrement tenter d’éliminer les stigmates chez le personnel
militaire et les anciens combattants et continuer de les sensibiliser
à l’importance d’un traitement précoce des problèmes de santé
mentale et des dépendances. Pensons à un diabétique qui ne reçoit
aucun traitement pendant 5 à 10 ans. Qu’adviendrait-il de cette
personne et de son état de santé? Les répercussions seraient
considérables. Si on pouvait devancer l’accès aux soins pour les
personnes souffrant d’anxiété ou de dépression, on pourrait peutêtre réduire les conséquences indésirables.
In the media, we need to tell positive stories of recovery and
resilience to reduce the stigma associated with mental health
service use. We need to consider psychological training and
support at the time of entry in the military, and more importantly
at the time when they leave the military. That period, in the one to
two years after the service member leaves the military, is a highly
vulnerable period and we need to improve services. The recent
funding will hopefully have an impact on that.
Dans les médias, il faut diffuser des histoires heureuses de
guérison et de résilience pour réduire les stigmates associés à
l’utilisation des services de santé mentale. Il faut envisager d’offrir
du soutien et de la formation en psychologie au personnel
militaire au moment de leur entrée en fonction, mais surtout au
moment de leur départ. La période d’une année ou deux qui suit
la fin du service militaire est une période de grande vulnérabilité,
et nous devons améliorer les services offerts à ce moment-là.
Espérons que les découvertes faites récemment vont avoir une
incidence à cet égard.
Finally, limiting access to large quantities of prescription
medications and firearms among people who are at high-risk for
death or suicide is important. We need to think about policies and
practices to reduce access.
Finalement, il est important de limiter l’accès à de grandes
quantités de médicaments d’ordonnance et à des armes à feu aux
personnes à haut risque de mort ou de suicide. Il faut penser à des
politiques et à des pratiques qui permettront d’en réduire l’accès.
In summary, there has been a rapid advancement in improving
access to mental health services for people with OSIs. You think
about 10 years ago to now, there’s much more access. We could
En résumé, l’accès aux services de santé mentale s’est
rapidement amélioré pour les personnes souffrant de blessures
de stress opérationnel. En 10 ans, les choses ont beaucoup changé.
8:46
Veterans Affairs
3-12-2014
still improve our programs for people who have the co-occurring
addictions and the physical health issues. Thank you for listening.
I look forward to your thoughtful comments and questions.
On pourrait cependant encore améliorer nos programmes pour les
personnes aux prises avec des troubles concomitants de
dépendance et de santé physique. Merci de votre attention. Je
suis disposé à répondre à vos questions et à entendre vos précieux
commentaires.
The Deputy Chair: Thank you, Dr. Sareen. Our first questioner
is Senator Grant Mitchell from Alberta.
La vice-présidente : Merci, docteur Sareen. Le premier
intervenant est le sénateur Grant Mitchell, de l’Alberta.
Senator Mitchell: Thanks very much, doctor. That was very
helpful and very impressive. There are clearly different reasons for
occupational stress injuries or PTSD. In the military, it’s often
because of the stress of combat. For example, in the RCMP there
have been documented cases, many, of PTSD from sexual
harassment and harassment generally. Would the treatments
that are effective on the one also be effective on the other? Is there
crossover?
Le sénateur Mitchell : Merci beaucoup, docteur. C’était très
utile et impressionnant. Il y a manifestement différentes causes
aux blessures de stress opérationnel ou à l’état de stress posttraumatique (ESPT). Dans les forces militaires, c’est souvent dû
au stress du combat. À la GRC, par exemple, de nombreux cas
documentés d’ESPT sont liés à du harcèlement sexuel ou à du
harcèlement en général. Est-ce que les traitements utilisés pour un
seraient aussi efficaces pour l’autre? Est-ce que les traitements se
recoupent?
Dr. Sareen: Yes. Psychological treatment for post-traumatic
stress disorder really works on a range of different types of
trauma. It could be sexual trauma or sexual harassment. It could
be a motor vehicle accident-related trauma. It could be the death
of a soldier that the member has seen. So the psychological
treatment is similar. The focus is on the particular trauma,
depending on the person. If there’s ongoing sexual harassment,
then that becomes a different story. Then the person needs some
advocacy around how to manage the environment.
Dr Sareen : Oui. Les traitements psychologiques pour l’état de
stress post-traumatique est efficace pour toute une gamme de
traumatismes. Il pourrait s’agir de traumatismes sexuels ou de
harcèlement sexuel. Cela pourrait être également un traumatisme
lié à un accident de voiture. On peut aussi penser à un soldat qui a
été témoin de la mort d’un confrère. Le traitement psychologique
appliqué est donc semblable. On met l’accent sur le traumatisme
vécu, selon la personne. Si on a affaire à du harcèlement sexuel
chronique, c’est une autre histoire. La personne a alors besoin
d’un certain encadrement pour mieux gérer son environnement.
Senator Mitchell: I’m quite taken by your point that there
needs to be more research in this area, and of course resources are
always limited to some extent. Given that there is crossover, so
my first question was somewhat leading, and I got the answer that
I wanted — thank you. I’m wondering whether there is something
to be said for the unification of services, say, between the RCMP
and the military and first responders. So those different groups of
people from different organizations could go to centres that were
centralized, as it were, rather than each of them having separate
health care resources, which might not be able to share best
practices and not be able to build to the thresholds that you need
to do better research, and so on.
Le sénateur Mitchell : J’entends très clairement votre argument
qu’il faut plus de recherches dans ce domaine, et bien sûr, les
ressources sont toujours quelque peu limitées. Puisque les
traitements se recoupent, et c’est là où je voulais en venir avec
ma première question et j’ai eu la réponse que je voulais, alors je
vous remercie. Je me demandais si on pouvait envisager
l’unification des services pour les agents de la GRC, le
personnel militaire et les premiers répondants, par exemple. Ces
différents groupes pourraient recevoir des services
d’établissements de santé centralisés, plutôt que d’être dirigés
vers différentes ressources, qui ne sont peut-être pas en mesure
d’échanger leurs meilleures pratiques ni d’atteindre les seuils
requis pour optimiser les recherches, entre autres.
Dr. Sareen: I think that the operational stress injuries clinic
that I work in, in Winnipeg, is similar to other cities. Members
from RCMP, from Veterans or from the Canadian Armed Forces
— all of them can have access to our clinic. You’re absolutely
correct. If you’re trying to build best practices and excellence, you
want to create those hubs across the country where people can
access care. Training people to do the psychological interventions
requires time and effort, and you need high-quality personnel who
can do that. The clinics over the last 10 years have done a huge
amount of service, where they’ve had national training. Where we
could do a better job is probably around addictions and the cooccurrence of post-traumatic stress with addictions.
Dr Sareen : La clinique de traitement des blessures de stress
opérationnel où je travaille, à Winnipeg, est semblable à celles
d’autres villes. Les membres de la GRC, des Anciens Combattants
et des Forces armées canadiennes ont tous accès à notre clinique.
Vous avez tout à fait raison. Pour établir des pratiques
exemplaires et favoriser l’excellence, il faut créer des cliniques
centrales un peu partout au pays où les gens peuvent obtenir des
soins. Il faut consacrer temps et efforts pour former le personnel
qui pratiquera les interventions psychologiques, et il faut des
intervenants hautement qualifiés pour cela. Au cours des
10 dernières années, les cliniques ont offert une énorme quantité
de services, en plus d’offrir de la formation à l’échelle nationale.
Là où l’offre pourrait être améliorée, c’est au niveau des
dépendances et des troubles concomitants de stress posttraumatique et de dépendances.
3-12-2014
Anciens combattants
8:47
Senator Mitchell: I don’t know whether you’re aware of retired
Lieutenant Colonel Stéphane Grenier. He was responsible for
setting up a mentoring program in the Canadian Armed Forces.
Studies showed that while all other treatments, say in the U.K. for
their returning soldiers, were equivalent to ours, we in addition
had this mentoring program. Studies showed the results were
much better. He is now working in the public health care system
on a similar thing. Are you aware of the significance of mentoring
as a supplementary treatment? Do you utilize that or would you
recommend it?
Le sénateur Mitchell : Je ne sais pas si vous connaissez le
lieutenant-colonel Stéphane Grenier, aujourd’hui retraité. Il était
responsable de l’établissement d’un programme de mentorat pour
les Forces armées canadiennes. Au Royaume-Uni, par exemple,
tous les traitements offerts aux soldats qui rentrent au pays sont
équivalents aux nôtres, sauf que nous avons en plus le programme
de mentorat. Les études ont démontré que les résultats sont
nettement supérieurs ici. Il travaille maintenant pour le système de
soins de santé public, où il veut établir le même genre de
programme. Savez-vous à quel point il peut être important de
bénéficier d’un mentorat en plus des autres traitements? Avezvous recours à cette pratique ou la recommandez-vous?
Dr. Sareen: Can you describe how the mentoring was done,
because I’m not familiar with that?
Dr Sareen : Pouvez-vous m’expliquer en quoi consiste le
mentorat, car je ne connais pas ce programme?
Senator Mitchell: Maybe mentoring is the wrong word. Thank
you. It would be more a kind of support. Each member of the
military with a PTSD might be assigned a support colleague, who
has it or doesn’t have it, almost like the Alcoholics Anonymous
model in a sense. You work with people who give you support.
It’s support rather than mentoring.
Le sénateur Mitchell : Le terme « mentorat » est peut-être mal
choisi. Merci. Je devrais peut-être plutôt parler de soutien.
Chacun des membres du personnel militaire souffrant d’un ESPT
peut être jumelé à un collègue, souffrant ou non d’ESPT luimême. C’est en quelque sorte calqué sur le modèle des
Alcooliques Anonymes. Ce sont des collègues de travail qui
offrent leur soutien. C’est de l’aide plus que du mentorat.
Dr. Sareen: The peer support model is very important and is
part of the team. The person who is suffering with an OSI has the
family around them and the peer support as well as the treatment
providers. Having that team around the person is really
important.
Dr Sareen : Le modèle de soutien par les pairs est un élément
clé du travail d’équipe. La personne qui souffre d’une BSO est
entourée de sa famille et peut compter sur le soutien de ses pairs,
en plus de celui des fournisseurs de soins. Il est très important
d’avoir une telle équipe.
Senator Wallace: Dr. Sareen, in dealing with these types of
psychological problems, I’m sure it’s an oversimplification to say
that veterans suffer from physical disabilities and psychological
problems. As a layperson, it’s easy to put them into one of the two
categories, not thinking the extent to which they’re interrelated.
In treating operational stress injuries, perhaps the treatment of
those injuries would be dependent upon the treatment and solving
of the physical problem. If the physical problem can be removed,
perhaps the psychological issues would disappear as well. Is there
anything to that?
Le sénateur Wallace : Docteur Sareen, quand il est question de
troubles psychologiques de ce genre, j’imagine que c’est un peu
simpliste de dire que les anciens combattants souffrent de
handicaps physiques ou de problèmes psychologiques. Pour les
non-initiés, il est facile de les caser sous l’une ou l’autre de ces
catégories, sans penser à toutes les corrélations qui existent entre
les deux. Peut-être que le traitement des blessures de stress
opérationnel dépend du traitement et de la résolution du
problème physique. Si on arrive à guérir la blessure physique,
peut-être que la blessure psychologique va elle aussi s’estomper?
Qu’en pensez-vous?
Dr. Sareen: Absolutely. Physical health issues often drive
service use; so pain and PTSD are quite linked. Somebody who
has had chronic pain related to an injury or concussion-related
dizziness or headaches, there’s quite a bit of literature showing
that those two interact. Rather than saying, ‘‘Go get your physical
health problem treated and then we’ll see you for the
psychological treatment,’’ or the other way around, we need to
have parallel treatment. We need to bring down both the physical
pain and physical health issues as well as help the psychological
problem. It’s usually complex.
Dr Sareen : Absolument. Les problèmes de santé physique
poussent souvent les gens à consulter; la douleur et l’ESPT sont
effectivement interreliés. La littérature démontre amplement qu’il
y a une corrélation entre les deux pour quelqu’un qui souffre de
douleurs chroniques liées à une blessure ou de maux de tête et
d’étourdissements dus à une commotion. Plutôt que de leur dire
« Allez faire soigner vos problèmes de santé physique, on vous
verra après pour le traitement psychologique », ou vice-versa, il
faut prévoir des traitements parallèles. Il faut remédier à la fois à
la douleur et aux problèmes de santé physique et aux problèmes
psychologiques. C’est généralement une entreprise complexe.
When we see people with ongoing difficulties, they often have
physical health issues; they have emotional issues; sometimes they
have addictions; and they have financial stress, as well as
relationship problems in their family. All of those things start
to come together. In our clinics we try to work on one thing at a
Les personnes en difficulté ont souvent des problèmes de santé
physique, des problèmes émotionnels, sont parfois aux prises avec
des dépendances, éprouvent des difficultés financières et ont du
mal à s’entendre avec leur famille. Toutes ces choses commencent
à s’emboiter. Dans nos cliniques, nous tâchons de prendre un
8:48
Veterans Affairs
3-12-2014
time to try to understand the person’s view of their physical health
issues and other stressors to try to problem solve around each of
those.
problème à la fois pour tenter de comprendre comment la
personne perçoit ses problèmes de santé et les autres facteurs de
stress, afin de trouver des solutions pour chacun d’eux.
The challenge, not just in military and veterans’ health but in
Canada, is that access to medications is much easier than
psychological treatment. You can go to your family doctor and
get a prescription for something that helps. But we find that
people have not had a lot of good supportive and evidence-based
psychological treatment in the general public system. Our clinics
and veterans’ clinics are better because we’ve had a lot of support.
It’s a combination of both physical health issues and
psychological. What does it mean to the person to have the
pain? What does it mean about their future? Often there’s
catastrophization that things will never get better and that leads
to a cycle of more pain.
Le défi, et ce n’est pas seulement le cas pour les militaires et les
anciens combattants, c’est vrai pour toute la population
canadienne, c’est qu’il est beaucoup plus facile d’avoir accès à
des médicaments qu’à des traitements psychologiques. C’est
possible d’aller voir son médecin de famille pour avoir une
ordonnance qui va aider. Mais dans le système de santé public en
général, les gens ne reçoivent pas beaucoup de traitements
psychologiques positifs et fondés sur des données probantes.
Nos cliniques et les cliniques pour anciens combattants sont
mieux outillées à cet égard, car nous avons eu beaucoup de
soutien. C’est une combinaison de problèmes de santé physique et
psychologique. Qu’est-ce que cela signifie pour la personne qui
souffre? Qu’est-ce que cela signifie pour son avenir? Souvent, on
dramatise en pensant que rien ne va jamais s’améliorer, et cela ne
fait qu’accentuer la douleur.
Senator Wallace: My father was in the Second World War and
although he talked little about it, in more recent years we’ve heard
about some of what he went through. Many of us have parents
and grandparents who served in the wars. The types of services
and psychological treatments we’re talking about today weren’t
available to them. The disorders weren’t recognized yet people
carried on. People managed to have very successful and
productive lives, but I’m sure some didn’t.
Le sénateur Wallace : Mon père a pris part à la Seconde Guerre
mondiale, et même s’il s’est montré peu loquace à ce sujet, ces
dernières années, il nous a parlé un peu de ce qu’il a vécu.
Nombres d’entre nous avons des parents ou des grands-parents
qui ont participé aux guerres. Ils ne bénéficiaient pas des types de
services et de traitements psychologiques dont nous parlons
aujourd’hui. Les troubles n’étaient pas diagnostiqués, mais les
gens ont poursuivi leur vie. Ils sont parvenus à avoir des vies
réussies et productives, mais je suis certain que cela n’a pas été le
cas de tous.
How has that been able to occur? It makes me think that if
people do not receive professional treatment for these operational
stress injuries, from your research, does there seem to be an ability
for people, through support of their family over time, to
effectively find solutions for themselves, or does it always
require professional treatment?
Comment cela a-t-il pu se produire? Cela me fait penser que si
les gens ne reçoivent pas de traitement professionnel pour les
blessures de stress opérationnel, est-ce que vos recherches
montrent qu’ils réussissent, avec le soutien que leur famille leur
prodigue au fil du temps, à trouver eux-mêmes des solutions, ou
ont-ils toujours besoin de traitement professionnel?
Dr. Sareen: Excellent question. We have done some work in
the general population. Civilians have those, but we haven’t had
the data in our military and veterans on this exact question. We’ve
been trying to understand that. One of the studies we want to do
is to take the 2002 mental health survey and look at people over
12-15 years and follow up to see how many had a natural recovery
without any treatment.
Dr Sareen : Excellente question. Nous avons réalisé certains
travaux dans la population en général. Les civils sont touchés par
les blessures de stress opérationnel, mais nous n’avons pas obtenu
de données sur le personnel militaire et les anciens combattants
sur cette question précise. Nous tentons de comprendre cette
facette du problème. Nous voulons réaliser une étude dans le
cadre de laquelle nous prendrions l’enquête sur la santé mentale
de 2002 afin d’examiner les gens sur une période de 12 à 15 ans
afin de faire le suivi pour voir combien se sont rétablis de façon
naturelle sans le moindre traitement.
In civilian samples, we found that about 50 per cent of people
will have recovery without any psychological treatment or
psychiatric treatment. Their functioning might be a little bit
lower, as you’re describing, but not as bad as it was. In terms of
the idea that people recover with family support, a portion of
them do. Not everybody needs to get treatment. However, we
showed in our general population that if you had co-morbidity —
more than one condition, such as depression, anxiety, alcohol
problems and childhood adversity — you were more likely to
have persistence over a three- to five-year period than if you
Dans les échantillons de civils, nous avons constaté qu’environ
50 p. 100 des gens se remettront sans traitement psychologique ou
psychiatrique. Leur fonctionnement n’est peut-être pas optimal,
comme vous l’indiquez, mais il n’est pas aussi mauvais qu’avant.
Une partie d’entre eux se remettent grâce au soutien de leur
famille. Ce n’est pas tout le monde qui a besoin de recevoir un
traitement. Nous avons toutefois constaté que dans la population
en général, quand il y a comorbidité et que les personnes
éprouvent plus d’un problème, comme la dépression, l’anxiété, les
problèmes d’alcool et l’adversité pendant l’enfance, leurs troubles
3-12-2014
Anciens combattants
8:49
didn’t. Again, this is an important piece: We’re good at treating
somebody with post-traumatic stress disorder or depression, but
what is the best practice in treating someone with PTSD, alcohol
problems and chronic pain? That’s where we need research to say
what the best strategy is because the antidepressant trials are done
in the person who has no co-morbidity, they have one disorder.
It’s not really clear what is useful.
sont plus susceptibles de persister pendant trois à cinq ans que si
elles n’ont pas ces problèmes. Ici encore, c’est un élément
important : nous obtenons de bons résultats en traitant une
personne atteinte du trouble de stress post-traumatique ou de
dépression, mais quelle est la meilleure façon de traiter quelqu’un
ayant le TSPT, des problèmes d’alcool et une douleur chronique?
C’est à ce sujet que nous devons effectuer des recherches pour
déterminer la meilleure stratégie, car les essais d’antidépresseurs
sont réalisés sur des gens qui n’ont pas de comorbidité et qui n’ont
qu’un seul trouble. Nous ne savons pas exactement ce qui est utile
en pareil cas.
If you look at other areas in medicine, like cancer and AIDS,
the investment in research to look at trying to improve outcomes
has made huge gains. If we can think about investing in research
and programs to understand what to do when the first line
treatment doesn’t work and the person is coming and still
struggling, that’s where we need to go in the next number of years.
Si on se tourne vers d’autres domaines de la médecine, comme
le cancer et le sida, les investissements en recherche visant à
améliorer les résultats ont permis de réaliser des gains
considérables. Si nous pouvons penser d’investir dans la
recherche et les programmes afin de comprendre ce qu’il faut
faire quand le traitement de première ligne ne fonctionne pas et
que la personne continue d’éprouver des difficultés, c’est dans
cette voie qu’il faut se diriger au cours des prochaines années.
Senator Wallace: Thank you, doctor.
Le sénateur Wallace : Merci, docteur.
In comparing the strategies we use in Canada to address
operational stress injuries, do they differ in any significant way
from, for example, strategies used with veterans in the United
States and the strategies employed by the governments in the
United States?
Si on compare les stratégies que le Canada applique pour
traiter les blessures de stress opérationnel, diffèrent-elles
beaucoup de celles que le gouvernement des États-Unis utilise
pour les anciens combattants?
Dr. Sareen: That’s a good question. The U.S. veterans system
is much larger than our Canadian one. There has been a lot of
collaboration between our Canadian policy-makers and treatment
providers in the U.S. I’m not familiar with the pension
assessments and how veterans are assessed to be deemed to
have an operational stress injury or are eligible for benefits. I
don’t know enough about the similarities and differences between
Canada and other countries. As you know, that’s one of the
major stressors for our veterans and their families. The military is
taking care of a number of things during the service. What
happens after? It would be helpful to know what the other policies
are but, I’m sorry, I don’t know.
Dr Sareen : C’est une bonne question. Le système américain
des anciens combattants est beaucoup plus important que le
nôtre. Il y a eu beaucoup de collaboration entre les décideurs
canadiens et les fournisseurs de traitements américains. Je ne
connais pas très bien les méthodes d’évaluation des pensions et la
manière dont on évalue les anciens combattants pour déterminer
s’ils ont des blessures de stress opérationnel ou sont admissibles
aux prestations. Je n’en sais pas suffisamment sur les similitudes et
les différences entre le Canada et d’autres pays. Comme vous le
savez, il s’agit là d’un des grands facteurs de stress pour nos
anciens combattants de leurs familles. L’armée s’occupe d’un
certain nombre de choses pendant le service, mais qu’arrive-t-il
ensuite? Il serait utile de connaître les autres politiques, mais j’ai le
regret de dire que je ne les connais pas.
Senator Beyak: Thank you for an excellent presentation. I
agreed with what you said about needing more positive media
stories on the successes and outcomes that are working. I had a
soldier sit beside me on a plane in March last year and he said he’s
a victor, not a victim. He learned that from the psychological
training he had. Can you tell me if the University of Manitoba has
those kinds of strategies, or if your clinic does, which you can
share for our recommendations to get that positive message out?
La sénatrice Beyak : Merci de cet excellent exposé. Je conviens
avec vous que les médias doivent transmettre un message plus
positif en faisant état des réussites et des résultats probants. Lors
d’un voyage en avion effectué en mars dernier, j’étais assise à côté
d’un soldat, qui m’a déclaré qu’il était un vainqueur, et non une
victime. C’est quelque chose qu’il avait appris au cours de sa
formation psychologique. Pouvez-vous me dire si l’Université du
Manitoba ou votre clinique ont de telles stratégies, que vous
pourriez nous communiquer pour que nous formulions des
recommandations afin qu’on envoie un message positif?
Dr. Sareen: The whole issue of media and suicide is quite
controversial. Almost every suicide prevention policy around the
world says that media reports of suicide are sensationalized,
where it’s front page and the story is told over and over again, and
Dr Sareen : Toute la question des médias et du suicide suscite
beaucoup de controverse. Selon la presque totalité des politiques
de prévention du suicide du monde, les médias font un traitement
sensationnaliste du suicide, publiant l’information à la une et
8:50
Veterans Affairs
3-12-2014
there is a contagion effect that could happen. We’ve tried to work
with the Canadian Psychiatric Association to provide that
information to the media. The media is trying to bring
knowledge about suicide into the public forum and to change
policies and increase awareness. But we’re trying to work with the
Canadian Psychiatric Association and the military to look at
working together with the media to say: We’re all on the same
team. We’re trying to reduce suicides, but how do we do that?
répétant l’histoire encore et encore, ce qui pourrait avoir un effet
de contagion. Nous avons tenté de travailler avec l’Association
des psychiatres du Canada afin de le faire savoir aux médias. Les
médias essaient de communiquer des connaissances sur le suicide
sur la tribune publique, de modifier les politiques et de sensibiliser
les gens. Nous tentons de collaborer avec l’Association des
psychiatres du Canada et l’armée afin de travailler avec les médias
pour faire comprendre que nous faisons tous partie de la même
équipe. Nous nous efforçons de réduire le nombre de suicides,
mais comment y parvenir?
You need to know that when you tell a story about someone
who has died from suicide, within that story you need to provide
options of crisis resources and positive outcomes as well. The
challenge is that some media feel we’re trying to censor them, and
that’s not the idea. It’s trying to have safe reporting. If you can
help us get that message across, it would be great, but over time
we’re trying to work with the media on that. More stories about
victors rather than victims is an important way.
Sachez que quand on fait un reportage sur une personne qui
s’est suicidée, il faut également parler des ressources qui s’offrent
en situation de crise et faire état des issues positives. L’ennui, c’est
que certains médias ont l’impression que nous tentons de les
censurer, alors que ce n’est pas notre intention. Nous essayons de
les convaincre de faire des reportages sécuritaires. Si vous pouviez
nous aider à faire passer le message, ce serait formidable. Mais au
fil du temps, nous tentons de travailler avec les médias à cet égard.
Il importe de parler davantage des vainqueurs que des victimes.
Senator Beyak: I commend you for that.
La sénatrice Beyak : Je vous félicite de ces efforts.
I have a supplementary question. Do you know if the
incidences of suicide in the Armed Forces have actually
increased or if we’re just more aware because of the media, as
you said, repeating them over and over, or if there have been
spikes in the past, as Senator Wallace said, after the Second
World War, after any of the combat issues we’ve been engaged in?
Do you know?
J’ai une question supplémentaire. Savez-vous si les cas de
suicides ont augmenté dans les forces armées ou si nous en
sommes davantage informés parce que les médias en parlent
encore et encore, comme vous l’avez fait remarquer? Savez-vous si
par le passé, il y a eu des pics, comme le sénateur Wallace l’a
souligné, après la Seconde Guerre mondiale ou après des missions
de combats auxquelles nous avons pris part?
Dr. Sareen: To our knowledge, there has not been an increase
in military suicides during military service. There has possibly
been some increase in veterans’ suicides. Again, our Canadian
military is a much smaller service than the U.S. In the U.S.,
military suicides have gone up exponentially in the last number of
years. There are different reasons for that. One is that they have
had very long deployments, where they’re deployed for over a
year. So there is no increase in military in Canada that we’re
aware of; a slight increase in the number of veterans. I think that
vulnerable period during the first two years is important.
Dr Sareen : À ce que nous sachions, il n’y a pas eu
d’augmentation des suicides de militaires pendant le service. Il
se peut que le nombre de suicides d’anciens combattants ait
quelque peu augmenté. Ici encore, l’armée canadienne est un bien
plus petit service que celui des États-Unis. Dans l’armée
américaine, les suicides de militaires ont augmenté de façon
exponentielle au cours des dernières années, et ce, pour différentes
raisons. Les soldats ont notamment de longs déploiements, qui
peuvent durer plus d’un an. À notre connaissance, donc, le
nombre de suicides n’a pas augmenté dans l’armée canadienne,
mais il s’est légèrement accru chez les anciens combattants. Je
pense que la période vulnérable, au cours des deux premières
années, est importante.
Senator Beyak: Thank you very much for your research. It’s
excellent.
La sénatrice Beyak : Merci beaucoup de vos recherches. C’est
excellent.
The Deputy Chair: Before the second round, I will ask a couple
of questions myself.
La vice-présidente : Avant d’entamer le deuxième tour, je
poserai moi-même quelques questions.
I heard a statistic that I’m not sure about; I just want
clarification. Is it one in four people serving in the military are
more prone to getting an OSI? Is that what you said?
J’ai entendu une statistique dont je ne suis pas certaine; je veux
simplement un éclaircissement. Avez-vous bien dit qu’un militaire
sur quatre est sujet à avoir une BSO?
Dr. Sareen: One in four, in any one year, meet the criteria for a
mental health problem, but you have to remember that mental
health problems are common and are not necessarily all related
to an OSI or a deployment-related issue. So we’ve tried to
disentangle that, and it’s difficult. Probably about a quarter of
Dr Sareen : Chaque année, un militaire sur quatre satisfait aux
critères dénotant un problème de santé mentale, mais vous devez
vous souvenir que ces problèmes sont courants et ne sont pas
nécessairement liés à une BSO ou à un déploiement. Nous
avons essayé de démêler les choses, mais c’est difficile. C’est
3-12-2014
Anciens combattants
8:51
those 25 per cent — a quarter of a quarter — have an OSI-related
mental problem at any one time. With the studies we did 10 years
ago, we looked cross-sectionally and said if you have to meet the
criteria for depression and anxiety and you took all the soldiers
who are active in the military, a quarter would meet criteria for
any mental health problem.
probablement le quart de ce 25 p. 100 — un quart d’un quart —
qui éprouve un problème de santé mentale lié à une BSO. Dans le
cadre des études que nous avons effectuées il y a 10 ans, nous
avons procédé de manière transversale et déterminé que si les gens
doivent satisfaire aux critères relatifs à la dépression et à l’anxiété
et qu’on tient compte de tous les soldats en service actif dans
l’armée, le quart d’entre eux satisferaient aux critères relatifs à un
problème de santé mentale.
The Deputy Chair: Is there any study done on the reason why
that might be? Is it because it’s a totally different life when you
first enter the military, so problems are exacerbated because it’s so
different? Have you done anything on that, evidence-based?
La vice-présidente : Est-ce qu’une étude a été faite afin de
savoir pourquoi? Est-ce parce que la vie est totalement différente
quand on entre dans l’armée et que cela aggrave les problèmes?
Avez-vous réalisé des travaux à ce sujet en vous fondant sur des
données probantes?
Dr. Sareen: The rates of mental health problems in general are
similar in the military and civilians. About one in four civilians
will have a mental health problem, and one in four military
personnel. There’s a slight increase in depression in the military
compared to the civilian population, and that’s been shown
repeatedly. But mental health problems are common and the
causes are childhood adversity, recent life stressors. Those are
everywhere. We’ve shown that a small proportion can be directly
attributable to deployment, combat missions. We are currently
looking at this in the recent surveys that have been done, so the
studies on that will just be coming out.
Dr Sareen : De façon générale, les taux de problèmes de santé
mentale sont similaires pour les militaires et les civils. Environ un
civil sur quatre éprouvera un problème de santé mentale, et un
militaire sur quatre en aura un. On a observé, de façon répétée,
une légère augmentation des cas de dépression chez les militaires
comparativement à la population civile. Les problèmes de santé
mentale sont toutefois courants en raison de l’adversité pendant
l’enfance et du stress éprouvé au cours des années récentes. Ces
problèmes sont partout. Nous avons déterminé qu’un faible
pourcentage peut être directement attribuable au déploiement
dans des missions de combat. Nous examinons actuellement cet
aspect dans les sondages effectués récemment; les études à ce sujet
seront donc publiées prochainement.
Senator Mitchell: This is really interesting for us, Dr. Sareen. I
would like to go back to the point made about the possible
difference between World War II veterans and current-day
veterans. My father was in the Second World War as well.
50,000 Canadians were killed. Almost every family had somebody
who went over, an uncle, a brother, a father, a spouse, and so it
permeated our culture so much more. One of the things we’re
noting today is that when veterans become veterans, they leave
the force, they have trouble finding a job because they’re not
understood. The language that they use, the way they conduct
themselves, isn’t understood. Efforts are being made to make a
transition and help in that regard. But could it be that there is a
different cultural reaction in a sense or a lack of understanding of
veterans today because it doesn’t permeate our culture in the way
that it did in 1945?
Le sénateur Mitchell : C’est vraiment intéressant pour nous,
docteur Sareen. J’aimerais revenir au point qui a été soulevé sur la
possible différence entre les anciens combattants de la Seconde
Guerre mondiale et les anciens combattants de l’ère moderne.
Mon père a lui aussi pris part à la Seconde Guerre mondiale, au
cours de laquelle 50 000 Canadiens ont trouvé la mort. Presque
chaque famille compte un membre qui y a participé, qu’il s’agisse
d’un oncle, d’un frère, d’un père ou d’une épouse, et cela n’a pas
manqué d’imprégner notre culture. Nous remarquons aujourd’hui
que quand les anciens combattants quittent l’armée, ils ont du mal
à trouver un emploi parce qu’ils sont incompris. On ne comprend
pas la langue qu’ils emploient et la manière dont ils se
comportent. Des efforts sont déployés pour les aider à faire la
transition. Mais se peut-il que la réaction culturelle soit différente
et qu’on ne comprenne pas les anciens combattants aujourd’hui
parce que le conflit n’imprègne pas notre culture comme l’a fait la
guerre en 1945?
Dr. Sareen: Absolutely. I think that is a really important issue.
If you look at the Vietnam vets, the homecoming was quite a
challenge. I think at the recent Canadian Institute for Military
and Veteran Health Research conference there was some work
presented saying that respect for the military in our Canadian
population is very high at this time. When the person retires from
service with an operational stress injury, what are they going to
do? How are they going to live their life? What’s their identity?
That seems to be a major issue.
Dr Sareen : Certainement. Je pense que c’est un problème
vraiment important. Dans le cas des anciens combattants du
Vietnam, le retour à la maison s’est révélé très difficile. Je pense
que lors de la récente conférence de l’Institut canadien de
recherche sur la santé des militaires et des vétérans, on a
présenté des travaux indiquant que le respect de la population
canadienne envers les militaires est actuellement très élevé. Quand
une personne quitte le service militaire avec une blessure de stress
opérationnel, que fera-t-elle? Comment vivra-t-elle sa vie? Quelle
sera son identité? Cela semble être un problème de taille.
8:52
Veterans Affairs
3-12-2014
Culturally as well, people may not be as aware of the
challenges. I see a select group of people who are struggling
with depression and anxiety. I don’t know how easy it is for
veterans to readjust when they don’t have an OSI.
Du point de vue culturel également, les gens ne sont pas
conscients des défis Je vois un groupe précis de gens aux prises
avec la dépression et l’anxiété. J’ignore à quel point il est facile
pour les anciens combattants de se réadapter quand ils n’ont pas
de BSO.
Senator Mitchell: One of the issues — and I think you
mentioned it as an issue — is stigma and the problem that we find
in organizations where somebody may know they have a problem
but they’re afraid to say so because it might limit their career. If a
soldier is shot in the arm, one day the doctor can say that arm is
perfectly okay now so there is no lingering effect and you can go
back and become a general. Is there ever any time at which one
can say definitively somebody is past PTSD, so at least to, in some
official, formal, powerful way, absolve some of the PTSD victims
of any chance of that stigma, where you could actually make it
stick: this person is healthy and they can come back and be
perfectly functioning, or is this the kind of disease that isn’t that
clear-cut ever?
Le sénateur Mitchell : Un des problèmes qui se posent — que
vous avez évoqué, je crois —, c’est l’opprobre, un problème qui
touche certaines organisations où les gens qui savent peut-être
qu’ils éprouvent un problème ont peur d’en parler par crainte de
nuire à leur carrière. Si un soldat reçoit une balle dans le bras, le
médecin pourra un jour lui dire qu’il est parfaitement guéri, qu’il
ne subsiste aucun effet persistant et qu’il peut reprendre son
service et devenir général. Arrive-t-il un moment où on peut
déclarer qu’une personne est définitivement guérie du TSPT pour
qu’on absolve, de manière officielle et assurée, certaines des
victimes du TSPT de tout risque d’opprobre en faisant
comprendre définitivement que cette personne est saine et peut
reprendre son poste de façon parfaitement fonctionnelle, ou
s’agit-il d’une maladie pour laquelle ce n’est jamais clair?
Dr. Sareen: A substantial proportion, probably 50 to
60 per cent, recover and don’t meet criteria for PTSD anymore
over time. As the senator was saying before, a number of them
recover without treatment.
Dr Sareen : Un pourcentage substantiel de gens, probablement
50 ou 60 p. 100, se remettent et ne correspondent plus aux critères
relatifs au TSPT avec le temps. Comme le sénateur l’a fait
remarquer, un certain nombre se rétablissent sans traitement.
When there are co-occurring difficulties of other problems,
then there seems to be a higher likelihood of persistence. The
rule in psychiatry that I was taught as a medical student was the
one third, one third, one third. One third get a lot better. A third
have a moderate recovery; they still have symptoms, but they’re
able to function well. A third continue to struggle over a long
period of time.
Si les personnes éprouvent concurremment d’autres difficultés,
les problèmes semblent plus susceptibles de perdurer. Quand
j’étudiais en psychiatrie, j’ai appris la règle des tiers : un tiers
s’améliore considérablement, un tiers connaît un rétablissement
modéré, a encore des symptômes, mais peut fonctionner
adéquatement, et un tiers continue d’avoir des difficultés
pendant longtemps.
Our clinics are very good at trying to assess that. It also
depends on the job and the stressor, whether that person is able to
go back to that particular duty. We have RCMP members who
have seen a lot of atrocities and lots of difficult things, pulling
down victims of suicide and that accumulation of trauma. If
they’ve been off work for a long period of time, we usually do
graduated return to work and try to gently increase rather than
going back to full force.
Nos cliniques font un très bon travail afin de tenter d’évaluer ce
qu’il en est. La capacité d’une personne à reprendre ses fonctions
dépend aussi de son travail et du facteur de stress. Certains
membres de la GRC ont vu beaucoup d’atrocités et de choses
difficiles, se chargeant de récupérer des victimes de suicides et
accumulant des traumatismes. S’ils ont arrêté de travailler
pendant longtemps, nous les retournons habituellement au
travail de façon graduelle en augmentant doucement leurs
heures de travail au lieu de procéder d’un coup.
Senator Mitchell: You mentioned the need for more research.
I wonder if you could give me some idea — you’re a doctor, I
know, but you’re also with a university institution. Where do you
get funding for research? If we were to increase it or restructure it,
where would be the best sources of funding? Would it be from
Veterans Affairs? Would it be from national research funding
agencies? Would it be through universities? How would you
structure that funding?
Le sénateur Mitchell : Vous avez indiqué qu’il faut effectuer
davantage de recherches. Je me demande si vous pouviez me
donner une idée de vos sources de financement. Je sais que vous
êtes médecin, mais vous travaillez aussi dans un établissement
universitaire. Obtenez-vous votre financement du ministère des
Anciens Combattants, des organismes nationaux de financement
de la recherche, des universités? Comment structurez-vous ce
financement?
Dr. Sareen: Can ‘‘all of the above’’ be an answer?
Dr Sareen : Puis-je répondre « toutes ces réponse »?
Senator Mitchell: Sure, that’s a great answer.
Le sénateur Mitchell : Bien sûr, c’est une excellente réponse.
Dr. Sareen: The Canadian Institute for Military and Veteran
Health Research Forum is a really fantastic organization because
in the last five years they’ve created 35 institutions coming
Dr Sareen : Le forum de l’Institut canadien de recherche sur la
santé des militaires et des vétérans est une organisation vraiment
formidable, car au cours des cinq dernières années, il a créé
3-12-2014
Anciens combattants
8:53
together, and military and veterans coming together. The idea
with research is to have minimal bias. The challenge is, if military
and veterans do the research, then there’s bias to make sure that
the programs are being done. There could be negative media
attention. It’s important to have that arm’s-length process. The
CIMVHR and the national research agencies like the Canadian
Institutes of Health Research are trying to have that
independence and minimal bias research.
35 institutions qui collaborent ensemble et avec l’armée et les
anciens combattants. La recherche doit être la plus objective
possible, et si l’armée et les anciens combattants effectuent la
recherche, ils font preuve de subjectivité pour assurer l’exécution
des programmes. Les médias pourraient accorder une attention
négative à ces démarches. Il importe que le processus soit
indépendant. L’ICRSMV et les organismes de recherche
nationaux comme les Instituts de recherche en santé du Canada
tentent de bénéficier de cette indépendance et d’effectuer les
recherches les plus objectives possible.
Scientists are trying to understand the truth. If you think about
smoking 40 years ago, everybody smoked and nobody knew it
was related to cancer and companies made a lot of money. If
we’re trying to have rapid advancement in understanding who is
going to do well in a deployment, who is going to suffer, how can
we improve access to treatments, we need to look at what’s been
done in cancer care, in heart disease. You really have to invest a
lot to change trajectories of illness.
Les scientifiques s’efforcent de comprendre la vérité. Si on
pense au tabagisme il y a 40 ans, tout le monde fumait et personne
ne savait que ce comportement causait le cancer pendant que les
entreprises faisaient de juteux profits. Si nous cherchons à réaliser
rapidement des progrès afin de comprendre qui ira bien lors d’un
déploiement, qui éprouvera des difficultés et comment nous
pouvons améliorer l’accès aux traitements, nous devons examiner
ce qu’il s’est fait au sujet du cancer et des maladies cardiaques. Il
faut investir considérablement pour infléchir la trajectoire d’une
maladie.
Senator Wallace: Dr. Sareen, in your opening comments, in
your words you said that we’ve come a long way in providing
more effective treatment for our veterans suffering from
operational stress injuries. I know there are undoubtedly many
reasons for that, but I’m wondering if there are one or two key, or
what you would view as the most significant changes that have
occurred over this 10-year period that have resulted in this
improved treatment.
Le sénateur Wallace : Docteur Sareen, dans votre exposé, vous
avez indiqué que nous avons réalisé énormément de progrès afin
d’offrir des traitements plus efficaces aux anciens combattants
atteints de blessures de stress opérationnel. Je sais qu’il existe
certainement de nombreuses raisons pour cela, mais je me
demande s’il s’est produit, au cours des 10 dernières années, un
ou deux changements cruciaux que vous considérez comme étant
les plus importants et qui ont eu pour effet d’améliorer les
traitements.
Dr. Sareen: The first thing was the 2002 national mental health
survey that was done of 8,000 service members to actually have an
understanding of what are the needs of our Canadian military.
That survey is still around the world the best survey that’s been
done, and that’s because Statistics Canada does fantastic surveys.
That level of trying to understand what is the need started it all.
Dr Sareen : Tout a commencé quand Statistique Canada a
réalisé l’enquête nationale sur la santé mentale de 2002 auprès de
8 000 membres des Forces armées afin de comprendre les besoins
des militaires canadiens. Il s’agit encore de la meilleure enquête
effectuée dans le monde, et c’est parce que Statistique Canada fait
d’excellentes enquêtes. C’est de cet effort pour comprendre les
besoins que tout est parti.
The second major issue has been the Veterans Affairs
Operational Stress Injury Clinics that have been pushed across
Canada, as well as the Canadian Forces clinics. Within those
clinics, there’s been a very strong effort in training staff to do
psychological treatment for post-traumatic stress and depression.
Vinrent ensuite les cliniques de traitement des traumatismes liés
au stress opérationnel qu’Anciens Combattants Canada a
implantées aux quatre coins du pays, ainsi que les cliniques des
Forces canadiennes. On y a déployé d’énormes efforts pour
former le personnel afin d’offrir des traitements psychologiques
pour le stress post-traumatique et la dépression.
As I mentioned before, access to medications is easy but over
time most of the mental health problems require cognitive
behaviour therapy or evidence-based treatment. Our clinics have
trained to the highest level. So veterans get very high-quality
access to psychological treatment that I don’t think our civilian
system has the same access to.
Comme je l’ai souligné précédemment, il est facile d’obtenir des
médicaments, mais au fil du temps, les problèmes de santé
mentale exigent une thérapie cognitive ou un traitement fondé sur
des données probantes. Nos cliniques ont formé leur personnel au
plus haut niveau, de sorte que les anciens combattants bénéficient
d’un accès supérieur aux traitements psychologiques. Je ne pense
pas que le système civil offre un tel accès.
Senator Wallace: It’s reassuring to hear that. Thank you.
The Deputy Chair: If I may, doctor, I’m a strong supporter of
the service dogs for PTSD sufferers. I take veterans with their
dogs to schools and speak to children about PTSD. I feel that
Le sénateur Wallace : C’est rassurant à entendre. Merci.
La vice-présidente : Si vous me le permettez, docteur, je dirais
que j’appuie sans réserve le recours aux chiens d’assistance pour
les personnes atteintes du TSPT. J’emmène des anciens
8:54
Veterans Affairs
3-12-2014
anyone can get this, and that’s my message to the children: You
can get this, but it can be dealt with. I am concerned that within
the military, once a veteran says they need the service dog, the
military then says, ‘‘You can’t work anymore. You can’t go back
to your job anymore.’’ I would suggest that that might be just the
opposite, that this is one method of treatment.
combattants accompagnés de leur chien dans des écoles afin de
parler du TSPT. J’ai l’impression que tout le monde peut être
touché, et c’est le message que j’envoie aux enfants : c’est un
trouble dont vous pouvez être atteint, mais vous pouvez le
surmonter. Je crains que dans l’armée, une fois qu’un ancien
combattant a indiqué qu’il a besoin d’un chien d’assistance, on lui
réponde qu’il ne peut plus travailler et reprendre ses fonctions. Il
me semble que c’est peut-être exactement le contraire et que c’est
une méthode de traitement.
I’d like to hear your views. I think Senator Wallace spoke
briefly on this, and I think all of us are wondering: How can it be
recognized that there is this syndrome, but it is also something
you can learn to deal and cope with and carry on a normal life?
J’aimerais connaître votre avis. Il me semble que le sénateur
Wallace a brièvement abordé la question, et je pense que nous
nous demandons tous comment on peut reconnaître ce syndrome,
tout en pouvant parfois apprendre à composer avec lui afin de
mener une vie normale.
Dr. Sareen: There has been a lot of interest in service dogs in
post-traumatic stress, as well as in epilepsy. I’m supportive of our
patients who are interested in doing that, and if they find it
helpful. There hasn’t been a lot of careful evaluation to say, ‘‘Yes,
this is an important treatment.’’ I think that needs to be done.
Those are examples of programs that need to be evaluated so that
we can have evidence-based policies.
Dr Sareen : On s’est grandement intéressé aux chiens
d’assistance dans les cas de stress post-traumatiques et
d’épilepsie. Je soutiens les patients qui seraient intéressés à en
avoir un, s’ils considèrent qu’il pourrait les aider. Il n’y a pas eu
beaucoup d’évaluations détaillées pour déterminer s’il s’agit d’un
traitement important. Je pense qu’il faut réaliser des études à ce
sujet. Ce sont des exemples de programmes qu’il faut évaluer afin
d’élaborer des politiques fondées sur des données probantes.
Again, people have access to medications, but there’s a lot of
emphasis now within mental health on exercise, that exercise is an
important way of reducing depression and anxiety. It helps with
how we work together with our clients to get that service.
Ici encore, les gens ont accès aux médicaments, mais dans le
domaine de la santé mentale, on met beaucoup l’accent
actuellement sur l’exercice, qui constitue une façon importante
de réduire la dépression et l’anxiété. Cela nous aide dans la
manière dont nous travaillons avec nos clients pour obtenir ce
service.
The Deputy Chair: I don’t think PTSD is necessarily a totally
debilitating disease that you will never overcome. I think that
message is very important to a lot of people who have PTSD.
Would you agree with that?
La vice-présidente : Je ne pense pas que le TSPT soit
nécessairement une maladie totalement débilitante qui ne pourra
jamais être surmontée. C’est à mon avis un message crucial pour
bien des gens aux prises avec le TSPT. Qu’en pensez-vous?
Dr. Sareen: I absolutely agree with you. As I described before,
the rules my mentor taught me in medical school are that
two thirds of people will have quite a bit of moderate recovery —
one third will be symptom-free, a third will have moderate
recovery and they can function. Most of our treatments are trying
to help the person function as best as possible. We try to figure
out what’s going to help them. If they can’t leave the house
without a dog for weeks, that’s step one. We start to work with
them where they are and help them through that.
Dr Sareen : Je suis absolument d’accord avec vous. Comme je
l’ai indiqué plus tôt, mon mentor m’a appris la règle selon
laquelle les deux-tiers des gens auront un rétablissement assez
modéré : un tiers n’auront aucun symptôme, et un tiers se
remettront modérément et pourront fonctionner. La plupart des
traitements visent à aider les gens à fonctionner le mieux possible.
Nous tentons de trouver ce qui les aidera. S’ils ne peuvent quitter
la maison sans chien pendant des semaines, c’est à cela qu’on
s’attaque en premier. Nous commençons à travailler avec eux au
stade où ils sont rendus et nous les aidons à s’en sortir.
I agree with you about the importance of giving a positive
message and trying to help our veterans see that this is something
that’s recoverable.
Je conviens avec vous qu’il importe d’envoyer un message
positif et d’aider nos anciens combattants à comprendre qu’on
peut surmonter le TSPT.
The Deputy Chair: Thank you very much. I don’t see any more
questioners on my list. I want to thank you so much for taking the
time to share with us your methods of treatment and your
La vice-présidente : Merci beaucoup. Je ne vois plus
d’intervenants sur ma liste. Je tiens à vous remercier de tout
cœur d’avoir pris le temps de nous parler de vos méthodes de
3-12-2014
Anciens combattants
message. I think it’s been a great help to us in understanding the
mechanics of PTSD and OSIs and some of the treatments that
you’ve suggested. Thank you so much.
8:55
traitement et de nous avoir transmis votre message. Je pense que
vous nous avez grandement aidés à comprendre les mécanismes
du TSPT et des BSO, ainsi que certains des traitements que vous
proposez. Merci beaucoup.
I declare this meeting adjourned.
La séance est levée.
(The committee adjourned.)
(La séance est levée.)
WITNESSES
TÉMOINS
Wednesday, October 29, 2014
Le mercredi 29 octobre 2014
National Defence and Canadian Armed Forces:
Défense nationale et Forces armées canadiennes :
Colonel Gerry Blais, Director, Casualty Support Management and
Joint Personnel Support Unit;
Colonel Gerry Blais, directeur, Gestion de soutien aux blessés et
Unité interarmées de soutien au personnel;
Colonel Russell Mann, Director, Military Family Services;
Colonel Russell Mann, directeur, Services aux familles des
militaires;
Lieutenant-Colonel Alexandra Heber, Psychiatrist and
Section Head of Clinical Programs, Directorate of Mental
Health, Canadian Forces Health Services Group.
Lieutenant-colonel Alexandra Heber, psychiatre et chef de section
des programmes cliniques, Direction de la santé mentale, Service
de santé des Forces canadiennes.
Wednesday, November 19, 2014
Le mercredi 19 novembre 2014
As an individual:
À titre personnel :
Ron Frey, Clinical and Organizational Psychologist.
Ron Frey, psychologue clinique et organisationnel.
Wednesday, December 3, 2014
Le mercredi 3 décembre 2014
As an individual:
À titre personnel :
Dr. Jitender Sareen, Professor of psychiatry, University of
Manitoba (by video conference).
Available on the Internet: http://www.parl.gc.ca
Dr Jitender Sareen, professeur en psychiatrie, Université du
Manitoba (par vidéoconférence).
Disponible sur internet: http://www.parl.gc.ca
Was this manual useful for you? yes no
Thank you for your participation!

* Your assessment is very important for improving the work of artificial intelligence, which forms the content of this project

Download PDF

advertising