La contribution du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 à

La contribution du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 à
B U L L E T I N D ’ I N F O R M AT I O N
S A I N T- L A U R E N T V I S I O N 2 0 0 0
VOLUME 13 — NUMÉRO 7 — MARS
D I A P A S O N
Dans sa série d’articles sur les
résultats obtenus depuis 1998, ce
numéro du bulletin Le Fleuve fait
le bilan des activités des domaines
d’intervention Industriel et urbain et
Navigation.
Industriel et urbain
Après le succès de nos
interventions auprès des grandes
entreprises, un nouveau virage a
été effectué, la PME, trois secteurs
ont été ciblés : chimie, métallurgie
et traitement de surface des
métaux. Un virage important qui
a permis de mettre en place une
nouvelle façon de faire, adaptée à
la clientèle des PME. Un exercice
nécessaire qui augure bien pour
les années à venir.
Navigation
Le Comité de concertation
Navigation s’était donné pour
mandat de mettre en place
des mesures qui favorisaient
une navigation soucieuse du
développement durable du SaintLaurent tout en conciliant le
développement économique et la
santé des écosystèmes. L’objectif
est atteint, puisqu’il dévoilera sous
peu la Stratégie de navigation
durable pour le Saint-Laurent.
2003
La contribution du Plan d’action
Saint-Laurent Vision 2000 à
l’amélioration de la santé du
Saint-Laurent au cours des
cinq dernières années
Les gouvernements du Canada et du Québec ont conclu, depuis 1988, trois
ententes en vue de protéger, de conserver et de mettre en valeur le SaintLaurent qui ont permis aux partenaires gouvernementaux d’agir dans divers
domaines ayant une incidence sur le Saint-Laurent. La troisième entente
(1998-2003) se terminera en mars 2003. L’équipe de rédaction du bulletin
d’information Le Fleuve saisit cette occasion pour faire connaître les résultats
découlant des activités de chacun des domaines d’intervention de la troisième
phase du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000.
Industriel et urbain
Virage PME
Le Fleuve termine ce mois-ci sa
série d’articles sur les résultats les
plus tangibles obtenus depuis 1998
et les perspectives d’avenir des
divers domaines d’intervention. Nous
avons rencontré les coprésidents du
Comité d’intervention Industriel et
urbain, M. Francis Flynn, du ministère
de l’Environnement du Québec,
et M. Réjean De Ladurantaye,
d’Environnement Canada.
En 1998, près d’une centaine de
grands établissements industriels
avaient réduit leurs rejets liquides
toxiques d’environ 90 p. 100. Fort de
ce succès, le Comité de concertation
Industriel et urbain s’est tourné vers
la petite et la moyenne entreprise
(PME) des secteurs de la métallurgie,
du traitement de surface des métaux
et de la chimie. Objectif : prévenir,
à la source, la pollution produite par
les PME qui acheminent leurs rejets
liquides vers les réseaux municipaux
d’assainissement des eaux.
L’exercice, qui s’est révélé plus
complexe que prévu, a cependant
permis de mettre en place une
nouvelle façon de faire adaptée aux
S O M M A I R E
INDUSTRIEL ET
VIRAGE PME
LA
URBAIN
CONCERTATION
:
FORMULE GAGNANTE
UNE
1
6
INDUSTRIEL ET URBAIN
Vue du fleuve dans le secteur de Sorel en 1990.
Photo : Environnement Canada
PME. Un exercice nécessaire qui
est de bon augure pour les années
à venir.
L
e virage PME s’appuie sur les
résultats d’une étude1 portant
sur le potentiel toxique des effluents
des stations d’épuration municipales.
Cette étude, amorcée au cours de
la phase II du Plan d’action SaintLaurent Vision 2000 (SLV 2000), a
été menée dans quinze municipalités,
dont les trois grandes communautés
urbaines de Montréal, de Québec et
de l’Outaouais.
2 — LE FLEUVE, mars 2003
« Il s’agit d’une des rares études
présentant des données aussi
détaillées, affirme M. De Ladurantaye.
En mesurant le potentiel de toxicité
des effluents municipaux, nous
avons obtenu un portrait global de
la situation, ce qui nous a permis de
décider des actions à prendre. »
Les analyses ont révélé que les eaux
usées présentent, avant dilution
dans le cours d’eau récepteur, une
certaine toxicité due notamment
à l’azote ammoniacal et à des
surfactants utilisés comme agents
nettoyants domestiques et industriels.
Cependant, la toxicité est faible et
peu nuisible pour les organismes
aquatiques.
« Mais, dans les municipalités où
les rejets industriels constituent une
partie importante des eaux usées à
traiter, précise M. Flynn, les effluents
présentaient un taux de substances
toxiques résiduelles qui pouvaient
encore avoir des répercussions sur
l’environnement. »
La plupart des stations d’épuration
sont conçues pour réduire tout
particulièrement les contaminants des
eaux usées municipales : matières
organiques dissoutes, matières en
suspension, phosphores et coliformes
fécaux. Toutefois, bien qu’elles
puissent enlever une certaine partie
des autres contaminants, elles ne
peuvent les éliminer complètement.
Ainsi, malgré le fait qu’elles respectent
les exigences de rejet déterminées
par le ministère de l’Environnement du
Québec, elles pourraient difficilement
réduire davantage la toxicité de leurs
effluents. Par conséquent, les efforts
devaient être orientés vers la réduction
à la source des rejets des PME.
De la grande entreprise à la PME
« Après le succès de nos interventions
auprès des grandes entreprises,
déclare M. De Ladurantaye, nous
avons pris le virage PME. Trois
secteurs ont été ciblés : chimie,
Échantillonnage, station d’épuration de la Communauté urbaine de l’Outaouais.
Photo : Environnement E.S.A.
métallurgie et traitement de surface
des métaux. Notre objectif était de
mettre en place un programme de
réduction à la source des substances
toxiques dans soixante entreprises,
soit vingt par secteur d’activité.
« En phases I et II, nous avions
affaire à de grandes entreprises que
nous connaissions, ce qui n’était
pas le cas pour les PME. Il s’agissait
donc d’un virage important et à haut
risque, puisque nous abordions un
type particulier d’entreprises qu’il
fallait convaincre des avantages
environnementaux et économiques de
notre programme. »
Dans chacun des trois secteurs
industriels, un projet pilote a permis
d’expérimenter des méthodes de
diagnostic et de soutien. Par la suite,
le recrutement des PME s’est effectué
sur une base volontaire.
Échantillonnage, station d’épuration de la
ville de La Prairie.
Photo : Environnement E.S.A.
« Nous avions requis les services
de consultants pour rencontrer les
entreprises et leur proposer de faire
un diagnostic environnemental afin
de déterminer d’éventuels projets de
prévention de la pollution, explique
M. Flynn. Résultat : sept entreprises
du secteur de la chimie, ainsi que neuf
de la métallurgie et du traitement de
surface des métaux ont accepté. Nous
étions loin cependant de notre objectif
initial de soixante entreprises.
« Aussi, devant la réticence affichée
par plusieurs PME, un changement
de cap s’imposait-il. L’approche
volontaire ayant de toute évidence
ses limites, nous avons opté pour une
approche différente concentrée dans
un secteur géographique restreint, soit
la municipalité de Granby. »
Le projet pilote de Granby : une
approche prometteuse
La ville de Granby a été retenue en
raison des résultats de l’évaluation
de la toxicité des effluents de sa
station d’épuration sur la rivière
Yamaska qui est, en outre, l’une
des rivières du Québec les plus
touchées par la pollution. Les données
permettaient d’appréhender que des
3 — LE FLEUVE, mars 2003
contaminants résiduels, notamment
des contaminants persistants et
bioaccumulables, ne perturbent le
milieu récepteur. La Ville souhaitait
également réduire à la source les
contaminants déversés à son usine
d’épuration des eaux afin de pouvoir
accueillir de nouvelles entreprises.
Rappelons que, à l’automne 2000, la
Ville et le ministère de l’Environnement
du Québec avaient lancé le Plan
d’action Granby. Ce plan visait la
diminution des pressions industrielles
et urbaines associées aux rejets des
substances toxiques dans la rivière
Yamaska.
« Les effluents de la municipalité de
Granby, souligne M. Flynn, ne sont
pas toxiques, mais ils contiennent
suffisamment de substances pouvant
avoir encore des conséquences
environnementales sur la rivière
Yamaska. De plus, on doit aussi tenir
compte des déversements d’eaux
usées non traitées provenant du
réseau d’égouts à la suite de pluies
abondantes et de la fonte des neiges.
« La Direction régionale de la
Montérégie du ministère de
l’Environnement du Québec, poursuitil, a alors amorcé un diagnostic
environnemental d’entreprises situées
sur le territoire de cette municipalité.
D’ici la fin de la présente année
budgétaire, une quarantaine d’entre
elles devrait avoir fait l’objet d’une
première évaluation.
Le diagnostic environnemental
s’inscrit dans l’un des principaux
programmes du Plan d’action Granby :
le programme de vérification de la
conformité environnementale et de
réduction de contaminants prioritaires.
Après avoir présenté le programme
et observé les procédés industriels
des entreprises, les spécialistes du
Ministère effectuaient parfois des
4 — LE FLEUVE, mars 2003
études de caractérisation des eaux
usées. Ils pouvaient ensuite proposer
des moyens pour améliorer les
procédés et réduire à la source les
émissions de substances toxiques. Au
besoin, ils informaient également les
entreprises des divers programmes
d’aide des gouvernements du Québec
et du Canada. »
« Un des éléments de l’approche
de prévention de la pollution, ajoute
M. De Ladurantaye, vise à faire valoir
les avantages économiques liés à
l’adoption de nouveaux procédés plus
écologiques. En effet, dans plusieurs
entreprises, des matières premières
étaient rejetées avec les eaux usées.
Pour éviter ces pertes, diverses
solutions de réutilisation des résidus
de fabrication peuvent être mises
en place. De cette façon, il est plus
facile de démontrer les avantages
économiques, souvent à court et à
moyen terme, des modifications ou
correctifs à apporter aux procédés. »
En accompagnant les entreprises
dans leur démarche, on a pu, grâce
au programme de vérification de la
conformité environnementale et de
réduction de contaminants :
• s’attarder aux sources de
pollution les plus importantes;
• sensibiliser les entreprises
aux conséquences
environnementales du rejet de
substances toxiques dans le
réseau municipal, qui ne peut les
éliminer complètement;
• proposer certaines modifications
aux procédés susceptibles de
diminuer les coûts de production,
d’améliorer l’efficacité de
l’exploitation et de réduire les
risques pour la santé humaine et
l’environnement.
Programme Idée-PME
Le programme Idée-PME, qui découle
d’une entente entre Environnement
Canada et Développement
économique Canada, a permis d’offrir
un soutien scientifique, technique et
financier à des PME du domaine de
l’environnement. Grâce à ce soutien,
on a pu mettre sur pied des activités
de démonstration technologique et
de commercialisation de produits, de
procédés ou de prototypes.
À la fin de la phase III, 35 projets,
dont la valeur dépasse 40 millions
de dollars, auront bénéficié d’un
soutien sous une forme ou une autre.
La contribution de Développement
économique Canada s’élève à plus de
9,8 millions. Les projets se rapportent
notamment à l’agroenvironnement,
à des sites contaminés et à
l’assainissement industriel.
Reconnaissance publique
des grands établissements
industriels
Le programme de reconnaissance
environnementale pour les 107 grands
établissements industriels qui ont
participé aux phases précédentes du
Plan d’action SLV 2000 est terminé.
Ce programme visait à reconnaître la
participation de ces entreprises à la
réduction des rejets liquides toxiques
dans le Saint-Laurent.
« À la fin du programme, au printemps
2001, rapporte M. Flynn, quatre-vingts
grandes entreprises avaient obtenu
leur certificat de reconnaissance pour
avoir mis en œuvre des mesures
d’assainissement de leurs effluents
liquides et apporté des modifications
à leurs procédés industriels. Onze
entreprises avaient cessé leur
exploitation et seize n’avaient pas
atteint les objectifs visés. »
Les entreprises « reconnues »
peuvent ainsi faire savoir à leurs
clients et au grand public qu’elles
contribuent à la sauvegarde de
l’écosystème du Saint-Laurent.
Virage PME : le défi demeure
Ce qui ressort clairement du virage
amorcé au cours des dernières
années, c’est l’importance que
revêt la réduction à la source des
substances toxiques rejetées par les
entreprises, en majorité des PME,
dans les réseaux municipaux, puisque
les usines d’épuration ne peuvent les
éliminer complètement.
« Pour une éventuelle phase IV du
Plan d’action Saint-Laurent, nous
proposons de poursuivre les actions
entreprises à Granby afin d’établir
un processus type qui pourra
être mis en place dans d’autres
municipalités, déclare M. Flynn.
De plus, nous devrions également
évaluer les moyens de réduire, dans
les étangs aérés, la toxicité due à
l’azote ammoniacal, qui est l’une des
causes importantes de la pollution des
effluents. »
Les rapports des analyses
effectuées dans chaque usine ont
été rendu publics, en 2001, dans le
site Internet de SLV 2000, où l’on
peut également consulter le rapport
synthèse Évaluation de la toxicité
des effluents des stations d’épuration
municipales du Québec.
1
Pour information :
M. Francis Flynn
Coprésident, Comité de concertation
Industriel et urbain
Ministère de l’Environnement du
Québec
Téléphone : (418) 521-3950,
poste 4989
M. Réjean De Ladurantaye
Coprésident, Comité de concertation
Industriel et urbain
Environnement Canada
Téléphone : (514) 283-2337g
M. De Ladurantaye abonde dans
le même sens. « Il est important de
terminer le projet pilote amorcé à
Granby, dit-il, car il est représentatif
du problème qu’éprouve la majorité
des municipalités du Québec. Cette
approche est la plus prometteuse.
« Au cours des cinq dernières
années, nous n’avons pas connu le
succès escompté parce que nous
connaissions trop peu le secteur
des PME. La phase III nous aura
cependant permis d’apprendre à la
connaître et, ainsi, de réorienter notre
tir et de mettre en place une nouvelle
façon de faire. Les prochaines
années, conclut-il, seront celles des
PME et… du succès! »
5 — LE FLEUVE, mars 2003
NAVIGATION
La concertation : une formule
gagnante
Pour conclure la série d’articles sur les résultats les plus tangibles obtenus
depuis 1998 et les perspectives d’avenir des divers domaines d’intervention,
nous avons rencontré les coprésidents du Comité de concertation Navigation,
Mme Claire Poulin, du ministère des Transports du Québec, et M. Marc
Demonceaux, de la Garde côtière canadienne, à Pêches et Océans Canada.
M. Pierre D’Arcy, également de la Garde côtière canadienne, participait à la
rencontre à titre de coordonnateur du comité.
Le Comité de concertation Navigation a été mis sur pied en 1998. Pour sa
première participation au Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000),
il a vu grand : mettre en place des mesures qui favoriseront une navigation
soucieuse du développement durable du Saint-Laurent, tout en conciliant
développement économique et santé des écosystèmes.
Il a atteint son objectif, puisqu’il dévoilera sous peu la stratégie de navigation
durable pour le Saint-Laurent. Un travail de titan qui a été rendu possible grâce
au climat de concertation et de collaboration qui règne au sein du comité.
« Le comité, explique Mme Poulin, compte 26 personnes qui représentent les
gouvernements du Québec et du Canada, l’industrie maritime et portuaire,
la navigation de plaisance, ainsi que des groupes communautaires et
environnementaux. La majorité des membres sont là depuis le début. Tout en
respectant les objectifs des groupes et des organismes qu’ils représentent,
ils ont réussi, par leur esprit de collaboration, à se doter d’une stratégie
d’intervention commune. » À cet égard, l’apport simultané de l’industrie
maritime et des groupes d’intérêts a été fort utile pour le maintien de l’équilibre
entre protection de l’environnement et développement économique, critère
fondamental du développement durable.
Le Comité de concertation Navigation a pour mission d’élaborer et de mettre
en œuvre une stratégie de navigation durable pour le Saint-Laurent, en
concertation avec l’industrie maritime, les acteurs environnementaux, les
gouvernements et les collectivités riveraines.
« La concertation a été une formule gagnante. C’est la plus grande réalisation
du comité, ajoute avec fierté M. Demonceaux. Nous nous sommes réunis plus
d’une vingtaine de fois pour définir une vision, partager l’information et élaborer
une stratégie générale faisant appel au concept de développement durable.
Nous avons tissé des liens de compréhension mutuelle et de confiance qui nous
ont permis de mener à bien notre mission. »
Un programme ambitieux
L’étude des répercussions environnementales de la navigation commerciale et
de plaisance n’est pas une nouveauté à l’intérieur du Plan d’action SLV 2000.
6 — LE FLEUVE, mars 2003
En effet, entre 1988 et 1998,
plusieurs études ont été effectuées
dans le cadre d’autres domaines
d’intervention. L’arrivée du Comité
de concertation Navigation a permis
— et c’est là que réside la nouveauté
— d’aborder, d’une façon concertée
et bien orchestrée, les enjeux
environnementaux liés aux activités de
navigation.
Le premier programme d’activité
du comité était à la fois novateur et
ambitieux, car il devait permettre de
répondre aux préoccupations et aux
attentes des experts, de la population
et des nombreux usagers, dont le
secteur de la navigation commerciale.
Le comité a donc choisi d’axer
ses efforts sur la gestion intégrée
du dragage et des sédiments, la
gestion des sites contaminés et des
risques environnementaux en cas
de déversements, ainsi que sur la
protection des berges contre l’érosion
et le rejet des eaux de lest.
D’un bilan environnemental,
social et économique…
« Dans un premier temps, précise
M. Pierre D’Arcy, il fallait tracer un
portrait juste de la situation et, à
cet effet, plusieurs études ont été
faites. Celles-ci ont servi à dresser
un bilan environnemental, social
et économique de la navigation
sur le Saint-Laurent, et elles sont
venues enrichir et actualiser les
connaissances sur ce milieu. Elles
ont aussi servi à l’élaboration des
principes directeurs de la stratégie de
navigation durable. »
Parmi les études effectuées,
mentionnons le rapport scientifique
et technique Les risques et les
conséquences environnementales de
la navigation sur le Saint-Laurent 1,
Les membres du Comité de concertation Navigation
Gouvernements
• Pêches et Océans Canada
• Ministère des Transports du Québec
• Transports Canada
• Environnement Canada
• Ministère de l’Environnement du Québec
• Société de la faune et des parcs du Québec
Navigation commerciale
• Association des armateurs du Saint-Laurent
• Administration portuaire de Montréal
• Fédération maritime du Canada
• Corporation des pilotes du Saint-Laurent central
• Société de développement économique du Saint-Laurent
Navigation de plaisance
• Fédération de la voile du Québec
• Garde côtière auxiliaire canadienne
Communautés riveraines et groupes
environnementaux
• Société d’initiative et de conservation du Bas-Richelieu
• Stratégies Saint-Laurent
• Les Amis de la vallée du Saint-Laurent
Navigation commerciale dans le secteur de Québec.
Photo : Denis Chamard, Pêches et Océans Canada
7 — LE FLEUVE, mars 2003
Stratégie de navigation durable
pour le Saint-Laurent
Objectif : harmoniser la protection
des écosystèmes du Saint-Laurent,
les besoins des usagers et le
développement de l’industrie maritime.
Principes directeurs
Bateau de plaisance dans les chenaux de l’archipel Berthier-Sorel.
Photo : Denis Lehoux, Environnement Canada
ainsi que l’Étude comparative des
pressions environnementales liées
au transport des marchandises dans
les modes maritime, ferroviaire et
routier 2 .
« Bien que la deuxième étude soit
basée sur des scénarios fictifs, sa
contribution est importante, insiste
M. D’Arcy, car elle a démontré que
le transfert des marchandises du
mode terrestre (routier et ferroviaire)
au mode maritime entraînerait une
diminution importante des émissions
de gaz à effet de serre. » C’est là
un avantage non négligeable dans
le contexte de la mise en œuvre du
Protocole de Kyoto!
...à la stratégie de navigation
durable pour le Saint-Laurent
La stratégie de navigation durable
pour le Saint-Laurent devrait être
lancée dans le courant de l’année.
8 — LE FLEUVE, mars 2003
« Elle est le résultat du travail
du comité, rappelle Mme Poulin,
mais également de consultations
sectorielles auprès des ministères
québécois et fédéraux concernés, des
milieux de la navigation commerciale
et de plaisance, ainsi que de groupes
sociaux et environnementaux. C’est
donc un outil que l’on a construit de
concert avec des acteurs du milieu
qui veulent promouvoir le SaintLaurent et ses activités de navigation,
dans le respect de la protection
environnementale. »
« Dans la stratégie, on présentera
un portrait global et juste de
la navigation, sans éluder les
risques environnementaux, ajoute
M. Demonceaux. Sa mise en œuvre
initiale, qui s’étalera de 2003 à 2008,
n’est qu’une amorce d’un projet à
plus long terme, puisqu’on proposera
une trentaine d’activités associées à
neuf grands enjeux ou objectifs. »
•
Protection des écosystèmes
•
Sécurité des personnes et des
navires
•
Développement des activités de
navigation commerciale
•
Harmonisation des usages et
implication des collectivités
riveraines
•
Développement des activités
récréatives et de plaisance
Gestion intégrée du dragage et
des sédiments
Un plan de gestion intégrée du
dragage et des sédiments est
actuellement en production. Ce
document, qui comprendra dixsept recommandations, permettra
de simplifier les processus
réglementaires et l’évaluation des
répercussions environnementales
liées aux activités de dragage et aux
pratiques de gestion des sédiments.
Il sera axé sur :
• la planification à moyen et à long
terme des activités de dragage;
• l’intégration des promoteurs
et des organismes non
gouvernementaux dans le
processus de planification;
• la recherche appliquée (effets
environnementaux du dragage et
de la disposition des sédiments,
de même que bénéfices de la
réutilisation des sédiments);
• l’évaluation environnementale
(harmonisation et simplification,
entre les ministères, des
processus d’autorisation de
projets).
Par ailleurs, des analyses sur la
concentration naturelle en métaux
des sédiments ont été amorcées;
elles serviront à la révision des
critères d’évaluation de la qualité des
sédiments. Ce travail imposant devrait
être achevé au cours de la prochaine
phase du Plan d’action SLV 2000.
Gestion des sites contaminés
Des membres du comité ont apporté
un soutien technique aux projets de
restauration du secteur 103 de la zone
portuaire de Montréal et de la zone
portuaire de Gaspé (baie de Sandy
Beach).
En ce qui concerne le projet de la
zone portuaire de Montréal, rappelons
que le Comité Zone d’intervention
prioritaire (ZIP) Jacques-Cartier a
formé un groupe de travail sur le projet
de restauration. Les discussions ont
conduit à l’engagement financier,
pour un montant de plus de 5 millions
de dollars, de quatre partenaires,
soit Shell, Esso, Noranda et le Port
de Montréal. Dans les prochaines
années, un projet de même nature
sera mis sur pied pour la zone
portuaire de Gaspé.
« Il s’agit de projets de longue haleine,
explique M. Demonceaux. Après
avoir démontré les problèmes, on doit
négocier sur la façon de les régler,
ce qui peut parfois prendre du temps.
La concertation joue alors un rôle
primordial sur l’issue du processus. »
Gestion des risques et des
dangers environnementaux
Une importante réalisation a marqué
le premier bilan du Comité de
concertation Navigation. Il s’agit
du projet pilote de biorestauration
après déversement d’hydrocarbures
dans des herbiers aquatiques de
Sainte-Croix-de-Lotbinière. Le
comité a travaillé en collaboration
avec plusieurs partenaires : Pêches
et Océans Canada, Environnement
Canada, l’Agence de protection de
l’environnement des États-Unis et
le Centre de documentation, de
recherche et d’expérimentations
sur les pollutions accidentelles
des eaux de France. Entre autres
retombées positives, soulignons la
production d’un guide et de protocoles
d’intervention adaptés aux conditions
du Saint-Laurent.
Par ailleurs, les plans de mesures
d’urgence et d’intervention
environnementale étant peu connus
de la population, diverses activités
d’information sont prévues dans
la stratégie de navigation durable.
Certaines ont déjà débuté; on
veut ainsi inciter les communautés
riveraines à collaborer avec les
spécialistes en intervention en cas de
déversements de produits dangereux.
Protection des berges contre
l’érosion
« Depuis l’automne 2000, l’industrie
maritime a accepté de réduire la
vitesse de ses navires dans le
tronçon Sorel-Verchères. Le taux
de conformité à cette mesure
volontaire est très élevé », se réjouit
M. Demonceaux.
« Cette mesure, souligne M. D’Arcy,
démontre l’importance que l’industrie
maritime accorde à l’environnement.
C’est toutefois à long terme que l’on
pourra juger de son efficacité. En
effet, l’érosion des berges peut aussi
être causée par d’autres facteurs, dont
la variation des niveaux d’eau, les
vagues de vent, la glace, etc. »
Le comité est aussi à l’origine de
la réalisation, pour le site Internet
SLV 2000, d’une cartographie
interactive des secteurs sensibles à
l’érosion entre Cornwall et Montmagny.
Une version simplifiée, adaptée aux
plaisanciers, sera diffusée sous peu.
Rejet des eaux de lest
Certaines espèces envahissantes ont
été introduites dans le Saint-Laurent
par le rejet des eaux de lest des
navires. Le phénomène est inquiétant,
car il représente une menace pour
l’écosystème. Rappelons le cas de la
moule zébrée, dont la multiplication
rapide a entraîné des conséquences
graves pour les écosystèmes et les
infrastructures municipales.
Les lignes directrices sur les
échanges des eaux de lest ont été
révisées et font actuellement l’objet
d’un projet de réglementation. Un
groupe de travail, formé dans le
cadre du domaine d’intervention
Navigation, participe à la rédaction
de la nouvelle réglementation. Ses
propositions ont été acceptées par le
Conseil consultatif maritime canadien,
et la réglementation devrait entrer
en vigueur au cours des prochaines
années.
9 — LE FLEUVE, mars 2003
Secteur 103 — Port de Montréal.
Photo : Environnement Canada
La concertation, encore et plus
que jamais
« Les prochaines années seront
marquées par la mise en œuvre de
la stratégie de navigation durable
pour le Saint-Laurent, qui exigera
une concertation accrue de tous
les acteurs concernés, déclare
Mme Poulin. »
M. Demonceaux abonde dans le
même sens. « Le Comité vise, dans
un premier temps, le maintien de la
concertation entre les partenaires,
dit-il. Mais surtout, nous souhaitons
élargir ce partenariat, qui a été une
réussite. »
10 — LE FLEUVE, mars 2003
Au moment de la création du Comité
de concertation Navigation, en 1998,
on souhaitait mettre en place un
lieu de concertation suffisamment
représentatif et fort qui puisse
continuer à fonctionner après 2003.
Le pari a été tenu, car le comité
représente aujourd’hui une force avec
laquelle on devra compter encore
longtemps.
S. Villeneuve et L. Quilliam, 2000.
Les risques et les conséquences
environnementales de la navigation
sur le Saint-Laurent, Environnement
Canada, Direction de la conservation
de l’environnement, Centre Saint1
Laurent. Rapport scientifique et
technique ST-188, 174 p.
R. Hamelin et al., CFORT, Groupeconseil GESCO INC., 2000.
Étude comparative des impacts
environnementaux des modes de
transport de marchandises dans l’axe
du Saint-Laurent, Saint-Laurent Vision
2000 Navigation, SODES — Société
de développement économique du
Saint-Laurent, 131 p. + annexes.
2
Pour information :
Mme Claire Poulin
Coprésidente, domaine d’intervention
Navigation
Ministère des Transports du Québec
Téléphone : (418) 644-2908
M. Marc Demonceaux
Coprésident, domaine d’intervention
Navigation
Garde côtière canadienne
Pêches et Océans Canada
Téléphone : (418) 648-4548g
Exemple de rives en érosion entre Montréal et Sorel; cet endroit est un secteur
sensible à l’érosion.
Photo : Denis Lehoux, Environnement Canada
Exemple d’application de techniques faisant appel à la bio-ingénierie pour
stabiliser des rives en érosion.
Photo : Denis Lehoux, Environnement Canada
11 — LE FLEUVE, mars 2003
BULLETIN D’INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000
Lancement du programme Suivi de l’état du Saint-Laurent
Environnement Canada, de concert avec ses partenaires Pêches et
Océans Canada, le ministère de l’Environnement du Québec et la Société
de la faune et des parcs, procédait, le 27 février dernier, au lancement
du programme Suivi de l’état du Saint-Laurent. Environ 150 personnes,
provenant de groupes d’intérêts ou des milieux scientifique, gouvernemental
et universitaire, ont assisté à l’événement.
L’activité a suscité une couverture médiatique importante. La plupart
des médias nationaux, soit Le Devoir, La Presse, Le Soleil et La Presse
canadienne ainsi que la radio et la télévision de Radio-Canada ont
commenté le lancement. Le consensus qui se dégage de la couverture
médiatique est positif. Les médias reconnaissent aussi que les institutions
gouvernementales ont accompli beaucoup de travail pour réhabiliter
l’écosystème du Saint-Laurent.
Le Comité gouvernemental de suivi de l’état du Saint-Laurent avait, pour
l’occasion, invité six personnalités représentant le milieu universitaire, les
collectivités et les usagers du fleuve, pour participer à un panel de discussion
sur le programme et sur l’état du Saint-Laurent. De façon générale, chacun
a reconnu le travail des partenaires gouvernementaux et voit d’un bon œil
l’engagement des partenaires dans ce nouveau programme de surveillance.
À l’instar des partenaires gouvernementaux, la plupart d’entre eux ont
exprimé l’avis que le programme gagnerait à voir les collectivités et autres
partenaires se joindre au programme de suivi.
Paul Milot
Conseiller en communications
Environnement Canada
Téléphone : (418) 649-8070g
Le Fleuve est publié par l’ensemble
des partenaires de Saint-Laurent
Vision 2000.
Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas
et Danielle Coulombe
Rédaction :
Andrée LeMay
Révision :
Josée Brisson
Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000
Le bulletin Le Fleuve est publié sur
le site Internet de SLV 2000 et peut
différer de cette version en raison
de l’espace restreint. Vous pouvez
le consulter à l’adresse suivante :
www.slv2000.qc.ca
La reproduction des textes est
autorisée à condition que la source
soit mentionnée.
ISSN 0847-5334
Dépôt légal :
Bibliothèque nationale du Canada,
Bibliothèque nationale du Québec
Volume 13, numéro 7.
Le Fleuve is also available in English.
12 — LE FLEUVE, mars 2003
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