Les maladies causées par les mollusques sous haute surveillance

Les maladies causées par les mollusques sous haute surveillance
B U L L E T I N D ’ I N F O R M AT I O N
S A I N T- L A U R E N T V I S I O N 2 0 0 0
VOLUME 13 — NUMÉRO 4 — NOVEMBRE
D I A P A S O N
Santé humaine
La mise sur pied du Programme de
surveillance des maladies causées
par les mollusques a eu des
retombées importantes.
Biodiversité
La série d’articles sur les résultats
obtenus dans chaque domaine
d’intervention de la troisième phase
se poursuit avec le bilan des plus
positifs obtenu dans le domaine de
la biodiversité.
Nouvelles en bref
Dépliant de promotion « Le
mécanique dans les céréales et
le maïs — Pour une stratégie de
désherbage gagnante! »
Premier forum Rendez-vous
Saint-Laurent qui réunira environ
200 invités et partenaires du Plan
d’action Saint-Laurent Vision 2000.
2002
Les maladies causées par
les mollusques sous haute
surveillance
En raison des contaminants
microbiologiques et des toxines
marines qu’ils peuvent renfermer, les
mollusques constituent une menace
pour la santé humaine. Malgré la
participation de plusieurs organismes
gouvernementaux à la surveillance
environnementale des zones de
cueillette, des cas d’intoxication liés à
la consommation de mollusques sont
signalés chaque année au Québec.
Afin d’obtenir une image plus précise
de ces épisodes d’intoxication, une
équipe de chercheurs du Centre
hospitalier universitaire de Québec
(CHUQ) a mis sur pied, en 1999,
le Programme de surveillance des
maladies causées par les mollusques,
une étude financée par le domaine
d’intervention Santé humaine de
Saint-Laurent Vision 2000.
C
onçu à l’origine pour faciliter la
déclaration des cas d’intoxication
causés par les toxines marines, le
Programme de surveillance des
maladies causées par les mollusques
devait permettre de déterminer si
ce type d’intoxication était sousdéclaré dans la population des
consommateurs de mollusques cueillis
de façon artisanale dans le SaintLaurent. Les chercheurs supposaient
alors que les programmes de
surveillance environnementale en
vigueur, axés sur la salubrité des
mollusques, ne suffisaient pas pour
éliminer tous les risques d’intoxication
par les toxines marines.
Les toxines marines peuvent en
effet causer des troubles comme
l’intoxication paralysante, amnésique
et diarrhéique par les mollusques
(IPM, IAM et IDM). Pour leur part, les
bactéries pathogènes, les parasites
et les virus, principaux agents de
contamination microbiologique des
mollusques, peuvent entraîner des
symptômes gastro-intestinaux plus ou
moins graves.
Avant la mise sur pied du projet, le
réseau québécois de la santé était
peu représenté parmi les organismes
de contrôle environnemental des
mollusques. L’information disponible
sur les maladies causées par
les mollusques était jusqu’alors
S O M M A I R E
LES
MALADIES CAUSÉES PAR
LES MOLLUSQUES SOUS
HAUTE SURVEILLANCE
CINQ
ANNÉES D’INTERVENTION
RÉUSSIE EN BIODIVERSITÉ
1
4
SANTÉ HUMAINE
incomplète et ne permettait pas
d’évaluer l’ampleur réelle de ce
phénomène au Québec.
« Le fichier des maladies à déclaration
obligatoire (MADO) donne un aperçu
de quelques cas de maladies causées
par la consommation de mollusques,
mais il ne permet pas de se faire
une idée précise de l’incidence de
ces maladies ni des caractéristiques
épidémiologiques liées à ces
événements », explique Jean-François
Duchesne, chargé du projet à l’Unité
de recherche en santé publique du
CHUQ.
Le programme de surveillance, qui
s’est étendu du printemps 1999 au
printemps 2001, visait essentiellement
les consommateurs de mollusques
des régions de Charlevoix, de la CôteNord, de la Gaspésie et des Îles-dela-Madeleine. Ses principaux objectifs
étaient les suivants :
• mesurer l’incidence des
maladies causées par
la consommation de
mollusques toxiques;
• améliorer le processus de
déclaration des cas;
• caractériser les cas
d’intoxication recensés.
Un réseau d’acteurs concertés
Le système de surveillance a
nécessité un effort particulier de
sensibilisation auprès du personnel
clinique au problème des mollusques
toxiques. « Nous avons rencontré
près de 200 médecins, infirmières et
infirmiers de 66 établissements de
santé (centres hospitaliers, centres
de santé, CLSC) pour les informer sur
le fonctionnement du programme »,
raconte M. Duchesne.
2 — LE FLEUVE, novembre 2002
Le personnel clinique avait en effet
la responsabilité de déclarer aux
directions de la santé publique
(DSP) de leur région tout cas de
personne manifestant des symptômes
susceptibles d’être liés à la
consommation de mollusques ou d’un
autre produit de la mer. Pour chaque
cas déclaré, les DSP effectuaient
une enquête épidémiologique,
puis transmettaient l’information
au ministère de l’Agriculture, des
Pêcheries et de l’Alimentation du
Québec (MAPAQ) et à l’Agence
canadienne d’inspection des aliments
(ACIA). À leur tour, ces organismes
intervenaient respectivement auprès
des établissements de vente où
l’on soupçonnait un problème de
contamination alimentaire ainsi que
dans la zone de cueillette, lorsque la
provenance des mollusques pouvait
être établie.
Des résultats encourageants
Un total de 48 épisodes d’intoxication,
touchant 66 personnes, ont été
déclarés. Une analyse exhaustive
des renseignements recueillis sur
chacun des cas (symptômes, type
d’aliments consommés, enquêtes
épidémiologiques, analyses de selles
et de sang, rapport d’investigation du
MAPAQ et de l’ACIA, etc.) a permis
de déterminer s’il y avait un lien entre
la maladie et la consommation de
mollusques. Résultat : 3 épisodes
seulement ont été classés
« confirmés », 30, « potentiels »,
11, « peu probables », et 4 ont été
« rejetés ».
Un seul des 3 épisodes « confirmés »
impliquait des toxines marines qui ont
entraîné une intoxication paralysante
par les mollusques (IPM). Ce chiffre
ne corrobore donc pas l’hypothèse
initiale d’une sous-déclaration possible
de cas d’intoxication liés aux toxines
marines. En effet, 15 épisodes
confirmés d’IPM auraient été recensés
entre 1984 et 1998, soit une moyenne
de un épisode par année.
Les chercheurs soulignent sur ce
point l’effet positif des nombreuses
campagnes de sensibilisation. « Il
semble bien, affirme M. Duchesne,
que la population respecte davantage
les interdictions de cueillette ainsi que
les recommandations concernant la
conservation et la préparation des
mollusques. »
Les deux autres épisodes
« confirmés » étaient d’origine
microbiologique et impliquaient la
présence de bactéries pathogènes
(Bacillus cereus et Clostridium
perfringens).
Par ailleurs, 69 % des épisodes
classés « confirmés » ou
« potentiels » ont été associés à la
consommation de produits marins
en provenance d’un restaurant
(10 épisodes), d’une épicerie (10) ou
d’une poissonnerie (3). La cueillette
artisanale n’a été responsable que de
6 épisodes d’intoxication (18 %). La
moule a été sans conteste l’espèce
la plus associée aux épisodes
d’intoxication (55 % des cas), suivie
notamment des buccins (15 %) et des
myes (15 %).
L’étude démontre également que
la région du Bas-Saint-Laurent est
celle où le nombre de cas classés
« confirmés » ou « potentiels »
est le plus élevé, avec un total de
15 épisodes (45 %). Mentionnons
que dans 10 des 18 épisodes classés
« confirmés » ou « potentiels », et
pour lesquels le MAPAQ est intervenu,
les mollusques provenaient de zones
d’élevage du Nouveau-Brunswick
(5 épisodes), de l’Île-du-PrinceÉdouard (4) et du Québec (1).
Des retombées importantes
L’étude ne permet pas de conclure
à une augmentation du nombre
d’épisodes d’intoxication liés aux
toxines marines. Elle a cependant
servi à mettre à jour le problème,
peut-être sous-évalué, de la
contamination microbiologique des
mollusques.
Moule bleue
Photo : P. Dionne, Pêches et Océans
Canada
Buccin commun
Photo : P. Dionne, Pêches et Océans
Canada
« Parmi les retombées importantes
du programme, il faut certainement
souligner qu’un plus grand nombre de
participants, notamment le personnel
clinique, est mieux sensibilisé au
problème des mollusques toxiques.
Ils seront ainsi mieux placés pour
suspecter une maladie associée à
la consommation de produits marins
et, par le fait même, de mettre en
branle un processus d’intervention
efficace. Nous croyons que le réseau
de la santé possède la structure
nécessaire pour agir comme sentinelle
et ainsi intervenir pour limiter le
nombre de cas au cours d’un épisode
d’intoxication », conclut M. Duchesne.
Pour information :
Jean-François Duchesne
Professionnel de recherche
Unité de recherche en santé publique
Centre hospitalier universitaire de
Québec
Téléphone : (418) 666-7000,
poste 205
Courriel : Jean-Francois.Duchesne@
crchul.ulaval.ca
Source :
Mye commune
Photo : Y. Lamontagne, Environnement
Canada
DUCHESNE, J.-F., M. RHAINDS, et
É. DEWAILLY. 2002. Programme de
surveillance des maladies causées
par les mollusques. Résultats
PHASE I (1999) et PHASE II (2000),
CHUL-Centre de recherche du CHUQ,
Unité de recherche en santé publique,
90 p.g
3 — LE FLEUVE, novembre 2002
BIODIVERSITÉ
La contribution du Plan d’action
Saint-Laurent Vision 2000 à
l’amélioration de la santé du
Saint-Laurent au cours des
cinq dernières années
Les gouvernements du Canada et du Québec ont conclu, depuis 1988, trois
ententes en vue de protéger, de conserver et de mettre en valeur le SaintLaurent qui ont permis aux partenaires gouvernementaux d’agir dans divers
domaines ayant une incidence sur le Saint-Laurent. La troisième entente
(1998-2003) se terminera en mars 2003. L’équipe de rédaction du bulletin
d’information Le Fleuve saisit cette occasion pour faire connaître les résultats
découlant des activités de chacun des domaines d’intervention de la troisième
phase du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000.
Cinq années d’intervention réussie
en biodiversité
Le bulletin poursuit la série d’articles sur les résultats les plus tangibles obtenus
depuis 1998 et les perspectives d’avenir des divers domaines d’intervention.
Ce mois-ci, Le Fleuve a rencontré les coprésidents du Comité de concertation
Biodiversité, Mme Isabelle Ringuet, du Service canadien de la faune à
Environnement Canada, et M. René Lesage, de la Direction de la faune et des
habitats à la Société de la faune et des parcs du Québec.
En 1998, les partenaires du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 acceptent
de relever deux grands défis dans le domaine d’intervention Biodiversité :
poursuivre et intensifier les efforts de protection des espèces et de conservation
des habitats entrepris aux phases précédentes, et approfondir la réflexion dans
un nouveau domaine d’intervention, la gestion des niveaux d’eau.
Des résultats qui ont dépassé les espérances
Cinq ans plus tard, l’enthousiasme est toujours présent. Un enthousiasme teinté
de fierté car, dans certains domaines, les résultats ont dépassé les espérances.
« Le domaine d’intervention Biodiversité, explique Mme Ringuet, comprenait
138 projets. Certains se sont concrétisés et ont donné lieu à des réalisations
plus importantes; je pense notamment à la passe migratoire Vianney-Legendre
(printemps 2001), située au barrage de Saint-Ours, sur la rivière Richelieu. Il
s’agit d’une réalisation cruciale pour le chevalier cuivré, une espèce menacée
qui n’existe qu’au Québec. »
4 — LE FLEUVE, novembre 2002
Rappelons que la passe migratoire
a permis de rétablir des conditions
de libre passage vers l’amont pour
quatre autres espèces menacées :
l’esturgeon jaune, l’anguille
d’Amérique, l’alose savoureuse et
le chevalier de rivière. Ce projet,
qui a nécessité un financement de
1,8 million de dollars, regroupait neuf
partenaires dont Parcs Canada, qui en
était le maître d’œuvre.
Protection des espèces
menacées : « Notre objectif est
dépassé »
« En 1998, rappelle M. Lesage,
notre objectif était de contribuer à la
sauvegarde de trente-cinq espèces
fauniques et floristiques en difficulté.
Aujourd’hui, cinq ans plus tard,
notre objectif est dépassé, car nous
avons amélioré nos connaissances
concernant près de cinquante
espèces et posé des actions pour les
protéger. »
Si le béluga du Saint-Laurent a été
l’une des « vedettes » des phases I
et II, on pourrait en dire autant de
l’esturgeon noir pour la phase III.
« L’une des grandes réussites du
Plan d’action Saint-Laurent Vision
2000, poursuit M. Lesage, a trait à
l’esturgeon noir qui avait presque
complètement disparu du SaintLaurent dans les années 70. »
Plusieurs années de recherche ont
en effet permis aux biologistes de la
Société de la faune et des parcs du
Québec de confirmer la présence de
géniteurs dans le fleuve, de localiser
trois sites de fraie et trois secteurs
d’alimentation et, enfin, de mieux
connaître les déplacements entre les
zones d’eau douce et d’eau salée.
Cependant, on n’a pas négligé le
béluga pour autant. « Le plan de
rétablissement du béluga, précise
Contrôle des espèces
envahissantes : statu quo et
réussite
« En ce qui a trait au contrôle des
espèces exotiques envahissantes, la
châtaigne d’eau, la salicaire pourpre
ainsi que la tanche, découverte à la
fin des années 90, sont toujours sous
observation, affirme M. Lesage. »
« Contre l’ennemi numéro un, la
moule zébrée, déplore Mme Ringuet,
nos nombreuses tentatives ne nous
ont pas encore permis de trouver la
solution miracle. »
Inauguration de la passe migratoire Vianney-Legendre, août 2002
Photo : C. Lachapelle, Environnement Canada
Mme Ringuet, a donné lieu à de
nombreuses consultations publiques
et à la mise sur pied d’un comité de
travail pour l’observation et le suivi de
l’état de ce mammifère en péril. Les
règlements qui découlent du plan sont
aujourd’hui appliqués dans le secteur
du parc marin du Saguenay—SaintLaurent. »
Elle souligne également l’importance
des connaissances acquises sur le
garrot d’Islande. « La découverte la
plus importante a trait aux lieux de
nidification de cette espèce qui vit au
Québec toute l’année. Les recherches
ont, en outre, permis de préciser les
routes de migration du garrot et de
confirmer l’importance de la région de
Baie-Comeau pour son hivernage ».
Des plans de rétablissement ont aussi
été élaborés pour le chevalier cuivré,
le faucon pèlerin, l’alose savoureuse,
le pygargue à tête blanche, la rainette
faux-grillon de l’Ouest, l’arisème
dragon et la sagittaire à sépales
dressés.
M. Lesage insiste sur l’importance
des programmes d’aide financière
du Plan d’action Saint-Laurent Vision
2000 qui sont un tremplin pour la
recherche et la protection d’espèces
fauniques et floristiques menacées.
« Les connaissances acquises et les
plans de redressement sont autant
de facteurs incitatifs pour divers
organismes intéressés », assure-til. À cet effet, les deux coprésidents
souhaiteraient une plus grande
diffusion des plans de redressement.
On a eu plus de succès avec la
grande oie des neiges grâce,
notamment, à l’introduction de la
chasse printanière au printemps 2000.
« Cette mesure s’est avérée efficace,
explique Mme Ringuet, car elle a eu
pour effet de réduire la population, qui
atteignait le million de têtes au plus
fort de la « crise », et d’en stabiliser
la croissance. Ainsi, au printemps
2002, la population de la grande oie
des neiges se situait entre 600 000 et
700 000 individus. »
Protection des milieux naturels :
un objectif ambitieux
L’objectif de 1998, qui consistait
à protéger 120 000 ha de milieux
naturels, était ambitieux. « Toutefois,
on va probablement l’atteindre,
soutient M. Lesage. C’est d’ailleurs
un volet qui est suivi de très près. On
peut donc dire « mission accomplie »
pour la consolidation de deux réserves
écologiques (Mont-Saint-Pierre
et Grands-Ormes), ainsi que pour
la création d’une nouvelle réserve
écologique (Grande-Rivière) et de
trois parcs nationaux du Québec
(Anticosti, Hautes-Gorges-de-laRivière-Malbaie et Plaisance).
5 — LE FLEUVE, novembre 2002
débuté cette année, a été déposé l’an
dernier. Trois plans directeurs ont été
présentés pour la rivière L’Assomption
et trois projets d’intendance sont en
cours. Tandis que le plan directeur
de la rivière Saint-Maurice est en
rédaction, celui de la rivière des
Outaouais accuse un certain retard »,
explique M. Lesage.
« Il est important de mentionner,
ajoute Mme Ringuet, que la révision
du plan de zonage du parc marin du
Saguenay—Saint-Laurent a permis
la mise en place d’une nouvelle
réglementation qui assure un meilleur
contrôle des activités d’observation
des mammifères marins. »
Grande oie des neiges
Photo : Environnement Canada
« Quant aux sept refuges fauniques,
les projets et les démarches
concernant trois d’entre eux (SaintFulgence, Rapides-de-Lachine,
Rivière-des-Outaouais et Pointe-duLac) sont en bonne voie de réalisation.
Le refuge de Rivière-des-Mille-Îles
et le refuge Pierre-Étienne-Fortin, à
Chambly, ont été créés au cours de
la phase III du Plan d’action SaintLaurent Vision 2000. Un seul bémol :
les refuges de Saint-Barthélemy et
de la Rivière-des-Outaouais, dont la
création accuse un retard. »
Parmi les nombreuses espèces
prioritaires, menacées ou vulnérables
qui seront dorénavant protégées à la
suite de l’établissement de ces sites,
mentionnons le grèbe esclavon, l’aster
d’Anticosti et l’astragale austral.
« Et puis, ajoute Mme Ringuet, il y a
le projet de création d’une zone de
protection marine dans le secteur de
la péninsule de Manicouagan. »
« Toutefois, une des réalisations les
plus importantes, si ce n’est la plus
percutante, est sans conteste la mise
sur pied d’une banque de données qui
met en relation les habitats protégés
6 — LE FLEUVE, novembre 2002
dans le cadre du Plan d’action SaintLaurent Vision 2000 et les espèces à
statut précaire. »
« Il est en effet essentiel, insiste
M. Lesage, de pouvoir répondre à la
question suivante : les aires protégées
contribuent-elles à sauvegarder
d’autres espèces menacées? »
Accès et sensibilisation : la
population à l’écoute du fleuve
Plusieurs sites et structures favorisant
l’accès de la population au fleuve ont
été aménagés. Le plus connu est,
sans contredit, le canal de Lachine
qui a été rouvert à la navigation de
plaisance au printemps 2002.
Des plans de gestion et de
conservation des milieux
sensibles
« Plusieurs petits sites d’accès,
précise M. Lesage, ont également été
construits, souvent en collaboration
avec des partenaires municipaux. »
Mentionnons notamment les rives
du lac Saint-Louis à Châteauguay, le
parc Summerlea à Lachine, le marais
Léon-Provancher à Neuville, les
accès au fleuve à Baie-du-Febvre,
ainsi que la mise en valeur de marais
riverains à Sainte-Anne-de-Sorel et du
parc Frayère de la Rivière-aux-Pins,
à Boucherville. La réhabilitation de
structures portuaires, comme le quai
de Baie-Saint-Paul, a aussi permis de
redonner aux citoyens un accès au
fleuve.
L’établissement de plans de gestion
et de conservation compte parmi les
objectifs importants de la phase III.
« Le plan directeur de la rivière
Fouquette, dont la mise en valeur a
« Le Plan d’action Saint-Laurent
Vision 2000, ajoute Mme Ringuet, a
permis d’apporter un soutien financier
à divers groupes (organismes non
gouvernementaux) et partenaires
Mme Ringuet donne l’exemple de l’aire
de protection de Nicolet, qui visait au
départ la sauvagine. « On y retrouve
six espèces de plantes susceptibles
d’être désignées menacées ou
vulnérables. »
Selon M. Lesage, comme on connaît
peu le contenu faunique et floristique
de ces territoires, il est probable que
des études et des recherches en ce
sens soient incluses à la phase IV.
qui ont conçu des activités de
sensibilisation et d’éducation. Ces
activités ont été intégrées aux
programmes d’interprétation des
parcs nationaux du Canada situés
au Québec, des parcs nationaux du
Québec et des réserves fauniques
nationales. »
Et c’est ainsi que, chaque année, des
centaines de milliers de visiteurs sont
sensibilisés à la valeur écologique du
Saint-Laurent.
Gestion des niveaux d’eau : une
place importante aux critères
environnementaux
Afin de donner suite aux
préoccupations du public et à la
volonté de la Commission mixte
internationale (CMI) de réviser les
normes de régularisation des niveaux
d’eau, le Comité devait relever un
nouveau défi : concevoir un modèle
de prévision relatif aux répercussions
qu’ont les variations des niveaux d’eau
sur les écosystèmes du Saint-Laurent.
Ce modèle permettra de choisir les
modalités de gestion des niveaux
d’eau les plus appropriées en fonction
des contraintes administratives et
économiques.
« Ce volet, rappelle Mme Ringuet,
a démarré au cours de la deuxième
année de la phase III. Il a débuté avec
l’acquisition de connaissances sur
les écosystèmes du Saint-Laurent et
la modélisation hydrodynamique des
potentiels d’habitats pour plusieurs
espèces (plantes, poissons, oiseaux,
sauvagine). Les résultats vont
permettre d’associer des situations
à plusieurs espèces, menacées
ou non. »
Les travaux ont été exécutés par
le sous-comité Niveaux d’eau du
domaine d’intervention Biodiversité et
le Groupe d’étude internationale sur le
lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent
de la CMI. La CMI a, par ailleurs,
offert une contribution financière à
Environnement Canada (Centre SaintLaurent, Service météorologique du
Canada et Service canadien de la
faune) et à la Société de la faune et
des parcs du Québec.
« Les résultats, poursuit Mme
Ringuet, ont démontré que les bas
niveaux d’eau ont des répercussions
sur nombre d’habitats et d’espèces.
Les scientifiques ont informé le
comité de concertation sur la
navigation des problèmes d’érosion
observés le long des berges du
Saint-Laurent. Ce comité a alors
pris en considération les résultats
des recherches effectuées par le
domaine d’intervention Biodiversité et
il a entrepris des démarches qui ont
conduit à la réduction de la vitesse
des navires dans les zones sensibles
du Saint-Laurent. Ce qui constitue un
exemple de collaboration efficace. »
Une base solide pour la
phase IV
Les deux coprésidents s’entendent
pour dire que les retombées
environnementales sont plus
importantes que ce qui est
« calculable » dans le Système de
suivi de gestion du Plan d’action SaintLaurent Vision 2000. De plus, ces
retombées constituent une base solide
pour la prochaine phase.
En phase IV, on mettra l’accent sur
le rétablissement et la mise en place
d’actions visant la protection de notre
plus gros poisson d’eau douce :
l’esturgeon noir, qui reste une espèce
susceptible d’être désignée menacée
ou vulnérable vu le nombre restreint
d’individus recensés et le faible taux
de reproduction observé.
On insistera également sur la
réintroduction du bar rayé. Cette
espèce indigène, qui est un des
indicateurs de la santé du fleuve, avait
progressivement disparu au cours des
dernières décennies. Rappelons que
le retour du bar rayé dans les eaux du
fleuve est déjà une réalité, puisqu’on a
procédé, à la fin de septembre 2002, à
la mise à l’eau de plusieurs individus.
« Le Plan d’action Saint-Laurent
Vision 2000, conclut M. Lesage, a
eu un effet de levier important qui a
entraîné une synergie, des actions
convergentes et une volonté ferme de
redonner le fleuve à la population. »
« Grâce à lui, ajoute Mme Ringuet,
la population a pris conscience de
l’importance du fleuve. Compte
tenu des moyens, les résultats sont
impressionnants. »
Pour en savoir davantage sur les
sujets abordés dans le présent article,
consultez le site Internet de SaintLaurent Vision 2000 à l’adresse
suivante : http://www.slv2000.qc.ca
Pour information :
Isabelle Ringuet
Service canadien de la faune
Environnement Canada
1141, route de l’Église
Sainte-Foy (Québec)
G1V 4H5
Téléphone : (418) 648-2543
Télécopieur : (418) 649-6475
Courriel : isabelle.Ringuet @ec.gc.ca
René Lesage
Direction de la faune et des habitats
Société de la faune et des parcs du
Québec
675, boul. René-Lévesque Est,
boîte 92
Québec (Québec)
G1R 5V7
Téléphone : (418) 521-3940,
poste 4481
Télécopieur : (418) 646-6863
Courriel :
rene.lesage@menv.gouv.qc.cag
7 — LE FLEUVE, novembre 2002
BULLETIN D’INFORMATION
SAINT-LAURENT VISION 2000
Vient de paraître:
Ce dépliant vise à faire connaître aux producteurs québécois les résultats de
cinq projets de transfert portant sur le désherbage mécanique des céréales
et du maïs ayant été financés par le Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000
dans le cadre de la Stratégie phytosanitaire de 1998 à 2001.
Pour information :
Le Fleuve est publié par l’ensemble
des partenaires de Saint-Laurent
Vision 2000.
Coordination :
Raymonde Goupil, Clément Dugas
et Danielle Coulombe
Raymond-Marie Duchesne
Coordonnateur de la Stratégie phytosanitaire
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Téléphone : (418) 380-2150, poste 3181
Courriel : raymond-marie.duchesne@agr.gouv.qc.ca
Rédaction :
Andrée LeMay
Premier forum Rendez-vous Saint-Laurent
Réalisation :
Françoise Lapointe, éditrice,
SLV 2000
Le comité Suivi de l’écosystème du Plan d’action Saint-Laurent Vision
2000 procédera le 30 janvier 2003, à l’Édifice Marie-Guyart à Québec,
au lancement du Programme suivi de l’état du Saint-Laurent. L’événement
intitulé Rendez-vous Saint-Laurent, sera l’occasion de présenter les premiers
résultats du programme. Il se veut aussi un forum d’échange sur les premiers
résultats du programme et ses perspectives d’avenir. Une collection de
fiches d’information sur des d’indicateurs environnementaux et un document
synthèse seront alors diffusés.
Le Programme, une initiative des ministères et organismes du gouvernement
du Canada et du Québec ayant des activités de suivi environnemental dans
le Saint-Laurent, vise à rendre compte de l’état et de l’évolution du SaintLaurent à l’aide d’indicateurs environnementaux portant sur les principales
composantes de l’écosystème.
Révision :
Josée Brisson
Le bulletin Le Fleuve est publié sur
le site Internet de SLV 2000 et peut
différer de cette version en raison
de l’espace restreint. Vous pouvez
le consulter à l’adresse suivante :
www.slv2000.qc.ca
La reproduction des textes est
autorisée à condition que la source
soit mentionnée.
Ce premier forum d’échange réunira environ 200 invités et partenaires
du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 oeuvrant dans divers milieux :
municipal, industriel, universitaire, groupes communautaires et organismes
de conservation.
Pour information :
Comité Suivi de l’écosystème
Hélène Bouchard, coprésidente pour le Canada
Téléphone : (514) 283-0349
Jacques Dupont, coprésident pour le Québec
Téléphone : (418) 521-3820, poste 4738.g
ISSN 0847-5334
Dépôt légal :
Bibliothèque nationale du Canada,
Bibliothèque nationale du Québec
Volume 13, numéro 4.
Le Fleuve is also available in English.
8 — LE FLEUVE, novembre 2002
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