Species at Risk Act Loi sur les espèces en péril

Species at Risk Act Loi sur les espèces en péril
Consultation
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List
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Loi sur
les espèces
Species
at Risk en
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Espèces
terrestres
Terrestrial
Species
Décembre
December 2013
2012
ISSN : 1713-0964
No de cat. : En1-36/2013F-PDF
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Références photographiques de la page couverture :
Arrière-plan :
Habitat de l’Apantèse compliquée © Jennifer Heron
Avant-plan, petites photos, de gauche à droite :
Sabatie de Kennedy © Sean Blaney
Hirondelle de rivage © Bruno Poirier
Tortue musquée © Marie-Andrée Carrière
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada représentée par la ministre de l’Environnement, 2013
Also available in English
Consultation sur la modification
de la liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
Espèces terrestres
Décembre 2013
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard :
– le 23 mars 2014 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières;
et
– le 23 octobre 2014 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées.
Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez
consulter le site Web suivant : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=F0CDBF0B-1
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel au Registre public des espèces en péril :
registrelep@ec.gc.ca
Les commentaires peuvent également être envoyés par la poste :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
Pour en savoir davantage sur la Loi sur les espèces en péril, veuillez consulter le Registre public des espèces
en péril à : www.registrelep-sararegistry.gc.ca.
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
TABLE DES MATIÈRES
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL........................................................... 4
Loi sur les espèces en péril et Liste des espèces en péril................................................................................... 4
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et processus d’évaluation pour
déterminer les espèces en péril............................................................................................................................ 4
Termes utilisés pour définir le degré de risque que court une espèce................................................................. 4
Espèces terrestres et aquatiques admissibles aux modifications de l’annexe 1................................................. 5
Sollicitation de commentaires du public au sujet de la modification proposée de l’annexe 1............................ 5
PROCESSUS DE CONSULTATION ET D’INSCRIPTION DANS LA
LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL ................................................................................................................... 5
But des consultations sur les modifications à apporter à la Liste........................................................................ 5
Figure 1 : Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP................................................................ 6
Contexte législatif des consultations : les recommandations du ministre au gouverneur en conseil.................. 7
Réponse du ministre de l’Environnement à l’évaluation par le COSEPAC : énoncé de réaction......................... 7
Périodes de consultations régulières et prolongées............................................................................................ 7
Qui est consulté et comment............................................................................................................................... 7
Rôle et impact des consultations publiques sur le processus d’inscription........................................................ 8
IMPORTANCE DE L’AJOUT D’UNE ESPÈCE À L’ANNEXE 1 .......................................................................... 9
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition
ou menacées........................................................................................................................................................ 9
Programmes de rétablissement et plans d’action visant les espèces disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées................................................................................................................... 10
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant des espèces préoccupantes .................................. 10
Plans de gestion des espèces préoccupantes.................................................................................................. 10
ESPÈCES ADMISSIBLES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1................................. 11
Situation des espèces récemment évaluées et processus de consultation...................................................... 11
Formulation de commentaires............................................................................................................................ 11
Tableau 1 : Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles
à un ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification................................................................................................ 12
Tableau 2 : Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC
(aucune consultation –confirmation du statut des espèces).............................................................................. 13
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES POUR AJOUT OU
RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1.......................................................................................... 14
INDEX....................................................................................................................................... 62
Espèces par nom commun................................................................................................................................ 62
Espèces par nom scientifique............................................................................................................................ 63
Espèces par province et territoire...................................................................................................................... 64
GLOSSAIRE............................................................................................................................... 65
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL
Loi sur les espèces en péril et
Liste des espèces en péril
Le gouvernement du Canada est voué à prévenir
la disparition des espèces sauvages en péril de nos
territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à
honorer cet engagement, le gouvernement du Canada
a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le
5 juin 2003. L’annexe 1 de la Loi, qui présente la liste
des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP,
est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ».
Les espèces en voie de disparition ou menacées
qui figurent à l’annexe 1 bénéficient de la protection
conférée par les interdictions et la planification
de rétablissement prévues à la LEP. Les espèces
préoccupantes bénéficient de sa planification de
la gestion. L’annexe 1 contenait initialement
233 espèces sauvages en péril et, maintenant,
518 espèces forment la liste.
La liste complète des espèces qui figurent
actuellement à l’annexe 1 peut être consultée à :
www.sararegistry.gc.ca/species/schedules_f.
cfm?id=1.
Les espèces peuvent être ajoutées à l’annexe 1
dès qu’elles ont été évaluées comme étant en péril
par le Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada (COSEPAC). La décision d’ajouter une espèce
à l’annexe 1 est prise par le gouverneur en conseil à la
suite d’une recommandation formulée par le ministre
de l’Environnement. Le gouverneur en conseil est
le corps exécutif officiel qui donne la conséquence
juridique aux décisions qui auront force de loi.
Comité sur la situation des espèces en
péril au Canada (COSEPAC) et processus
d’évaluation pour déterminer les espèces
en péril
Le COSEPAC est reconnu en vertu de la LEP comme
une autorité pour évaluer le statut des espèces sauvages
en péril. Ce Comité est formé d’experts sur les espèces
sauvages en péril. Ses membres ont une formation en
biologie, en écologie et en génétique. De plus, ils ont un
savoir traditionnel autochtone et dans d’autres domaines
pertinents. Ils proviennent de diverses collectivités,
y compris le milieu universitaire, les organisations
autochtones, les organisations gouvernementales
et les organisations non gouvernementales.
4
Le COSEPAC accorde la priorité aux espèces les
plus susceptibles de disparaître, puis il commande
un rapport de situation afin d’évaluer la situation de
l’espèce. Pour être acceptés, les rapports de situation
doivent être évalués par les pairs et approuvés par
un sous-comité formé de spécialistes des espèces.
Dans des circonstances particulières, les évaluations
peuvent être exécutées en situation d’urgence.
Lorsque le rapport de situation est terminé, le
COSEPAC se rencontre pour l’examiner et discuter
des espèces. Il détermine ensuite si les espèces sont
en péril et, si tel est le cas, il évalue le niveau de risque
et attribue un statut de conservation.
Termes utilisés pour définir le degré
de risque que court une espèce
Le statut de conservation définit le degré de risque
que court une espèce. Les termes utilisés dans la
LEP sont « espèce disparue du pays », « espèce en
voie de disparition », « espèce menacée » et « espèce
préoccupante ». Une espèce sauvage est « disparue
du pays » lorsqu’elle n’existe plus à l’état sauvage au
Canada, mais qu’elle est présente ailleurs. Une espèce
sauvage est « en voie de disparition » lorsqu’elle risque
de façon imminente de disparaître du pays ou de la
planète. Une espèce est « menacée » lorsqu’elle est
susceptible de devenir en voie de disparition si rien
n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la faire
disparaître. Une espèce est « préoccupante » lorsqu’elle
peut devenir une espèce menacée ou une espèce en
voie de disparition en raison de l’effet cumulatif de ses
caractéristiques biologiques et des menaces reconnues
qui pèsent sur elle. Une fois que le Comité a évalué
une espèce comme étant disparue du pays, en voie de
disparition, menacée ou préoccupante, cette espèce
peut être ajoutée à l’annexe 1.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le
COSEPAC, consultez le site : www.cosepac.gc.ca.
Le 24 septembre 2013, le COSEPAC a envoyé au
ministre de l’Environnement ses dernières évaluations
des espèces en péril. Environnement Canada est
actuellement en consultation relativement aux
modifications apportées à l’annexe 1 afin d’y intégrer
les nouvelles désignations de ces espèces terrestres.
Pour obtenir la liste des espèces terrestres et leur
statut, veuillez consulter les tableaux 1 et 2.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Espèces terrestres et aquatiques
admissibles aux modifications
de l’annexe 1
Pêches et Océans Canada mène des consultations
distinctes pour les espèces aquatiques. Pour obtenir
de plus amples renseignements sur les consultations
pour les espèces aquatiques, consultez le site Web
de Pêches et Océans Canada à l’adresse :
www.dfo-mpo.gc.ca.
Le ministère de l’Environnement mène des
consultations pour toutes les autres espèces en péril.
On retrouve aussi environ 48 % des espèces
terrestres en péril évaluées récemment dans les
parcs nationaux ou d’autres territoires administrés
par Parcs Canada, qui partage la responsabilité avec
Environnement Canada concernant ces espèces.
Sollicitation de commentaires du public
au sujet de la modification proposée
de l’annexe 1
La conservation des espèces sauvages est une
responsabilité légale commune, qui est partagée
entre les gouvernements du Canada. Toutefois,
la biodiversité ne sera pas conservée par des
gouvernements qui agissent seuls. La meilleure
façon de sécuriser la survie des espèces en péril
et leur habitat se fait par une participation active de
toutes les parties concernées. La LEP reconnaît cette
collaboration et le fait que tous les Autochtones et
tous les Canadiens ont un rôle à jouer pour prévenir
la disparition des espèces sauvages de nos territoires.
Le gouvernement du Canada vous invite et vous
encourage à y participer. Une façon de participer
est de partager vos commentaires concernant l’ajout
ou la reclassification de ces espèces terrestres.
Vos commentaires sont pris en compte par rapport
aux répercussions potentielles d’une inscription ou
d’une non inscription à l’annexe 1, puis ils sont utilisés
pour rédiger les recommandations d’inscription
proposées pour chacune de ces espèces. Pour que
vos commentaires soient considérés à temps, vous
devez les soumettre avant les dates limites suivantes.
Dans le cas des espèces terrestres faisant l’objet
d’une période de consultations régulières, les
commentaires doivent être soumis au plus tard
le 23 mars 2014.
Dans le cas des espèces terrestres faisant
l’objet de période de consultations prolongées,
les commentaires doivent être soumis au plus tard
le 23 octobre 2014.
Pour obtenir une description des processus de
consultations auxquels ces espèces seront soumises
(régulières ou prolongées), veuillez consulter le site
Web suivant : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=F0CDBF0B-1
Les commentaires reçus avant ces dates
limites seront pris en considération au cours du
développement de la proposition d’inscription.
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel
au Registre public des espèces en péril à l’adresse
suivante : registrelep@ec.gc.ca
Vous pouvez envoyer vos commentaires par
courrier postal à l’adresse suivante :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3 Processus de consultation
et d’inscription dans la
loi sur les espèces en péril
L’ajout d’une espèce sauvage en péril à l’annexe 1 de
la LEP renforce et améliore la capacité du gouvernement
fédéral à la protéger et à la conserver. Pour qu’il soit
efficace, le processus d’inscription doit être transparent
et ouvert. Le processus d’inscription des espèces en
vertu de la LEP est résumé dans la figure 1.
But des consultations sur les modifications
à apporter à la Liste
Lorsque le COSEPAC évalue une espèce sauvage, il
s’appuie uniquement sur les meilleurs renseignements
disponibles pertinents au statut biologique de
l’espèce. Il soumet ensuite l’évaluation au ministre
de l’Environnement, qui la considère au moment
de présenter les recommandations d’inscription au
gouverneur en conseil. Ces consultations visent à
fournir au ministre une meilleure compréhension des
incidences sociales et économiques potentielles des
modifications proposées à la Liste des espèces en péril,
et des répercussions potentielles de la non inscription
d’une espèce sur la liste.
5
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Figure 1
Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP
Le ministre de l’Environnement reçoit les évaluations du COSEPAC
au moins une fois par année.
Les ministères compétents font un examen interne pour déterminer la portée
des consultations publiques et les analyses socioéconomiques nécessaires pour
communiquer la décision concernant la liste.
Le ministrre de l’Environnement publie, dans le Registre public de la LEP, dans les 90 jours
suivant la réception des évaluations des espèces préparées par le COSEPAC, un énoncé
stipulant comment il ou elle réagira aux évaluations et, dans toute
la mesure du possible, les délais d’exécution.
S’il y a lieu, les ministères compétents mènent des consultations et toute autre analyse
nécessaire pour préparer l’avis pour le ministre de l’Environnement.
Le ministre de l’Environnement transmet l’évaluation au gouverneur en conseil pour
qu’il en accuse réception. Cela se produit généralerment dans les trois mois suivant
la publication de l’énoncé de réaction à moins que d’autres consultations soient
nécessaires.
Le gouverneur en conseil, dans les neuf mois suivant la réception de l’évaluation, peut
décider, sur la recommandation du ministre de l’Environnement, d’ajouter ou non les
espèces à l’Annexe 1 de la LEP ou encore de retourner l’évaluation au COSEPAC
pour obtenir plus d’information ou une réévaluation.
Dés qu’une espèce est ajoutée à la liste de l’Annexe 1,
elle bénéficie des dispositions applicables de la LEP.
6
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Contexte législatif des consultations :
les recommandations du ministre
au gouverneur en conseil
Les commentaires obtenus pendant les consultations
servent à rédiger les recommandations du ministre
en matière d’inscription des espèces en péril pour le
gouverneur en conseil. Le ministre doit recommander
l’un des trois plans d’action. Le gouverneur en conseil
peut soit accepter l’évaluation des espèces et modifier
l’annexe 1 en conséquence; soit ne pas ajouter les
espèces à l’annexe 1; ou soit renvoyer l’évaluation des
espèces au COSEPAC pour qu’elle fasse l’objet d’un
examen plus approfondi (figure 1).
Réponse du ministre de l’Environnement
à l’évaluation par le COSEPAC : énoncé
de réaction
Une fois que le COSEPAC a effectué son
évaluation d’une espèce, il la remet au ministre de
l’Environnement. Celui-ci dispose alors de 90 jours
pour afficher une réponse sur le Registre public des
espèces en péril et pour fournir des renseignements
sur la portée des consultations et sur les échéanciers
de mise en œuvre, dans la mesure du possible. Ces
réponses sont appelées les énoncés de réaction.
Les énoncés de réaction déterminent la durée des
périodes de consultation (si elles sont « régulières » ou
« prolongées ») en indiquant le moment où le ministre
enverra l’évaluation au gouverneur en conseil. Ces
consultations sur un groupe d’espèces commencent
au moment de la publication des énoncés de réaction.
Périodes de consultations régulières
et prolongées
Les consultations régulières répondent aux besoins
de consultation pour l’inscription de la plupart des
espèces en péril. Elles durent habituellement de deux
à trois mois, alors que les consultations prolongées
durent environ un an.
La durée des consultations doit être proportionnelle
à l’incidence prévue d’une décision d’inscription et
au délai qui peut être nécessaire à une consultation
suffisante. Dans certaines circonstances, l’inscription
ou la non inscription d’une espèce à l’annexe
1 pourrait avoir des incidences importantes et
généralisées sur les activités de certains groupes
de gens. Il est essentiel que ces intervenants soient
informés de la décision en instance et, dans la mesure
du possible, de ses conséquences potentielles. Ils
doivent également avoir la possibilité de fournir des
renseignements sur les conséquences potentielles
de la décision et de communiquer leurs idées sur la
meilleure approche à l’égard des menaces pesant
sur l’espèce. Une période plus longue peut parfois
être nécessaire pour consulter suffisamment certains
groupes. Ce peut être le cas avec des groupes qui se
rencontrent rarement, mais qui doivent être mobilisés
à plusieurs reprises. C’est pourquoi des consultations
prolongées peuvent avoir lieu.
Une fois que les consultations régulières
ou prolongées sont terminées, le ministre de
l’Environnement envoie les évaluations de l’espèce
au gouverneur en conseil pour que le gouvernement
prenne officiellement possession des évaluations.
Celui-ci dispose alors de neuf mois pour rendre une
décision d’inscription. C’est pourquoi les décisions
d’inscription relatives aux espèces faisant l’objet de
consultations régulières sont généralement complètes
dans l’année qui suit la publication des énoncés de
réaction. Quant aux décisions d’inscription relatives aux
espèces faisant l’objet de consultations prolongées, elles
sont généralement complètes dans les deux années qui
suivent la publication des énoncés de réaction.
Les processus de consultation (consultations
régulières ou prolongées) pour les espèces terrestres
énumérées au tableau 1 seront annoncés au moment
où le ministre publiera son énoncé de réaction. Ils
seront affichés à compter du 23 décembre 2013 sur
le Registre public des espèces en péril à l’adresse
Web suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=F0CDBF0B-1
Il n’y aura aucune consultation sur les espèces
énumérées au tableau 2 puisqu’aucun changement
n’est proposé dans leur cas.
Qui est consulté et comment
Il est crucial de consulter les personnes qui seraient
le plus touchées par les modifications proposées.
Lorsqu’une espèce disparue du pays, en voie de
disparition ou menacée est ajoutée à l’annexe 1, il existe
des protections automatiques. Ces mesures interdisent
généralement de tuer ou de blesser les espèces en péril
ou de détruire un habitat. Pour les espèces terrestres,
cela s’applique aux oiseaux migrateurs protégés par la
Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux
migrateurs (qui prévoit déjà une protection similaire des
oiseaux migrateurs et de leurs habitats). La protection
immédiate s’applique également aux autres espèces
terrestres qui se trouvent en territoire domanial (pour
7
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
plus de détails, voir ci-dessous « Protection accordée
aux espèces inscrites comme étant disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées »). Cette protection
immédiate ne s’applique pas aux espèces préoccupantes.
Par conséquent, Environnement Canada tient compte du
type d’espèce, de son statut quant à la conservation et du
lieu où elle se trouve. On communiquera directement avec
les personnes qui peuvent être touchées par les impacts
des protections automatiques, et on invitera les autres
personnes intéressées à participer aux consultations par
diverses mesures.
On communiquera avec les Autochtones désignés
comme ayant sur leurs territoires des espèces en péril
pour qui sont envisagées les modifications proposées
de l’annexe 1. Leur participation a une grande
importance et leur rôle est reconnu dans la gestion des
territoires traditionnels considérables et des terres de
réserves et octroyées par une entente.
Un Conseil de gestion de la faune a été établi en vertu
d’un accord de revendications territoriales et est autorisé
aux termes de cet accord à exécuter des fonctions
relatives aux espèces sauvages. Certaines espèces en
péril admissibles se retrouvent sur des territoires où les
accords de revendications territoriales s’appliquent et
accordent des pouvoirs précis à un Conseil de gestion de
la faune. Dans de tels cas, le ministre de l’Environnement
consultera le conseil pertinent.
Pour encourager d’autres personnes intéressées
à participer aux consultations et rendre les
renseignements nécessaires facilement accessibles, le
présent document est distribué aux intervenants connus
et affiché sur le Registre public des espèces en péril.
Des consultations plus approfondies peuvent également
avoir lieu par la tenue de réunions régionales ou locales
ou par une approche plus ciblée.
Environnement Canada envoie également un avis
de cette consultation pour déterminer les groupes et
individus concernés qui ont affiché leur intérêt. Ces
groupes et individus comprennent, sans toutefois s’y
limiter, les industries, les utilisateurs des ressources,
les propriétaires fonciers et les organisations non
gouvernementales à vocation écologique.
Dans la plupart des cas, Environnement Canada
n’est pas en mesure d’examiner les répercussions
potentielles des actions de rétablissement au
moment de l’inscription d’espèces, car les actions de
rétablissement des espèces terrestres sont rarement
automatiques à l’inscription; en fait, ces actions ne sont
habituellement pas encore définies, et leur incidence
ne peut donc être entièrement comprise. Une fois
8
qu’elles ont été définies, des mesures sont prises pour
réduire au minimum les impacts socio-économiques de
l’inscription et maximiser les avantages. La LEP exige
que les mesures de rétablissement soient préparées en
consultation avec les intervenants considérés comme
directement touchés par ces actions.
En plus du public, Environnement Canada consulte
les gouvernements des provinces et territoires
responsables de la conservation et de la gestion de
ces espèces sauvages en vue de leur inscription. Le
Ministère consulte également d’autres ministères et
organismes fédéraux.
Rôle et impact des consultations
publiques sur le processus d’inscription
Les résultats des consultations publiques sont d’une
grande importance pour le processus d’inscription
d’espèces en péril. Environnement Canada examine
attentivement les commentaires reçus pour mieux
comprendre les avantages et les coûts découlant des
modifications à apporter à la Liste.
Les commentaires sont ensuite utilisés pour élaborer
le Résumé de l’étude d’impact de la réglementation
(REIR). Ce dernier consiste en un rapport qui résume
l’impact d’une modification proposée à la réglementation.
Il comprend une description de la modification proposée
ainsi qu’une analyse des répercussions prévues qui
comprend les résultats des consultations publiques.
En élaborant le REIR, le gouvernement du Canada
reconnaît que le patrimoine naturel du Canada fait partie
intégrante de notre identité et histoire nationales et que
toutes les espèces sauvages, quelles qu’elles soient,
sont importantes. Le gouvernement du Canada reconnaît
également que l’absence d’une certitude scientifique
complète n’est pas une raison pour reporter les décisions
relatives à la protection de l’environnement.
Un projet de décret (voir le glossaire) est ensuite
préparé pour aviser qu’une décision est actuellement
prise par le gouverneur en conseil. Ce projet de décret
proposant d’inscrire la totalité ou une partie des
espèces à l’étude est ensuite publié, avec le REIR,
dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une
période de commentaires de 30 jours.
Le ministre de l’Environnement tiendra compte
des commentaires et de tous les renseignements
supplémentaires reçus à la suite de la publication
du projet de décret et du REIR dans la Partie I de la
Gazette du Canada. Le ministre présentera ensuite
une recommandation d’inscription pour chacune des
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
espèces au gouverneur en conseil. Le gouverneur en
conseil décide ensuite d’accepter l’évaluation des
espèces et de modifier l’annexe 1 en conséquence, de
ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1 ou de renvoyer
l’évaluation des espèces au COSEPAC afin qu’elle soit
plus détaillée et réexaminée. La décision définitive est
publiée dans la Partie II de la Gazette du Canada et
dans le Registre public des espèces en péril. Lorsque
le gouverneur en conseil décide d’inscrire une espèce,
elle figure légalement à l’annexe 1.
En vertu de la LEP, il est interdit de tuer un individu
d’une espèce sauvage inscrite comme espèce
disparue du pays, en voie de disparition ou menacée
ou une espèce disparue dont la réintroduction a été
recommandée dans un programme de rétablissement.
Il est interdit aussi de lui nuire, de le harceler, de le
capturer, de le prendre, ou d’endommager ou de
détruire sa résidence. Aux termes de la Loi, il est
également interdit de posséder, de collectionner,
d’acheter, de vendre ou d’échanger un tel individu.
Importance de l’ajout
d’une espèce à l’annexe 1 Dès leur inscription en vertu de la LEP, les espèces
en péril qui ne sont pas aquatiques, qui ne sont
pas protégées par la Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs et qui ne sont
pas présentes sur le territoire domanial, ne reçoivent
aucune protection immédiate. Plutôt, les provinces et
territoires sont responsables des espèces terrestres
qui se retrouvent sur le territoire non domanial.
L’application des protections en vertu de la LEP à
une espèce en péril sur des terres non domaniales
exige que le gouverneur en conseil émette un décret
définissant ces terres. Cela se fait seulement si le
ministre est d’avis que les lois de la province ou
du territoire ne protègent pas l’espèce de façon
efficace. Pour mettre en œuvre ce décret, le ministre
doit recommander que le décret soit effectué par le
gouverneur en conseil. Si le gouverneur en conseil
accepte d’effectuer le décret, les interdictions en vertu
de la LEP s’appliqueront aux territoires provinciaux ou
territoriaux précisés dans le décret. Le gouvernement
fédéral consulte ensuite la province ou le territoire
concerné avant d’effectuer ce décret.
La protection qui prend effet après l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1 dépend de plusieurs facteurs,
dont le statut de l’espèce en vertu de la LEP, le type
d’espèce et le lieu où elle se trouve.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées
Les divers gouvernements du Canada partagent
la responsabilité de la conservation des espèces
sauvages. La LEP établit la protection légale des
individus et de leurs résidences dès qu’une espèce est
inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de
disparition ou menacée, si cette espèce est considérée
comme une espèce sous juridiction fédérale ou si elle
existe sur le territoire domanial.
Les espèces sous juridiction fédérale comprennent
les oiseaux migrateurs, définis dans la Loi de 1994 sur
la convention concernant les oiseaux migrateurs, et les
espèces aquatiques visées par la Loi sur les pêches. Un
territoire domanial signifie une terre qui appartient au
gouvernement fédéral ainsi que les eaux internes et la mer
territoriale du Canada. Il signifie également une terre qui
a été mise de côté à l’usage et au profit d’une bande en
vertu de la Loi sur les Indiens (par exemple, les réserves).
Dans les territoires, la protection des espèces en péril
se retrouvant sur les territoires domaniaux ne s’applique
que sur les territoires sous la tutelle du ministre de
l’Environnement ou de l’Agence Parcs Canada.
Les oiseaux migrateurs sont protégés en vertu du
Règlement sur les oiseaux migrateurs aux termes de la
Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux
migrateurs, qui interdit strictement de causer du tort
aux oiseaux migrateurs et de perturber ou détruire
leurs nids ou leurs œufs.
Le ministre de l’Environnement et le ministre
des Pêches et des Océans peuvent autoriser des
exceptions aux interdictions prévues par la LEP.
Ces ministres peuvent conclure des accords ou
délivrer des permis uniquement pour l’une des trois
raisons suivantes : les recherches, les activités de
conservation ou si les effets sur les espèces sont
connexes à l’activité. Les recherches doivent être
relatives à la conservation d’une espèce et réalisées
par des scientifiques qualifiés. Les activités de
conservation doivent être bénéfiques pour une espèce
inscrite ou requises pour augmenter ses chances
de survie. Toutes les activités, y compris celles qui
touchent une espèce inscrite de façon incidente,
doivent satisfaire à certaines conditions. Il faut
d’abord établir que toutes les solutions de rechange
raisonnables ont été considérées et que la solution
adoptée est la meilleure. Il faut également établir que
toutes les mesures possibles seront prises afin de
9
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
réduire au minimum l’impact de l’activité et que la
survie ou le rétablissement de l’espèce ne sera pas
compromis. S’il a délivré un permis ou conclu un
accord, le ministre de l’Environnement ou le ministre
des Pêches et des Océans doit, dans un tel cas,
publier une justification de la décision d’émettre le
permis ou de conclure l’entente dans le Registre public
des espèces en péril.
Programmes de rétablissement et plans
d’action visant les espèces disparues du
pays, en voie de disparition ou menacées
La planification du rétablissement passe par
l’élaboration de programmes de rétablissement
et de plans d’action pour les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées. Elle
nécessite l’intervention de différents ordres de
gouvernement responsables de la gestion des
espèces, dépendamment du type d’espèce dont
il s’agit et où elle se retrouve. Cela comprend les
gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi
que les conseils de gestion des ressources fauniques.
Les programmes de rétablissement et les plans
d’action sont également préparés en collaboration
avec les organisations autochtones directement
concernées. Les propriétaires fonciers et les autres
intervenants directement concernés par le programme
de rétablissement sont également consultés.
Des programmes de rétablissement doivent
être préparés pour toutes les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées. Ils
comprennent des mesures qui visent à atténuer
les menaces connues qui pèsent sur l’espèce en
question et sur son habitat ainsi que les objectifs
en matière de population et de répartition. D’autres
objectifs peuvent être inclus, tels que l’intendance
(pour établir la protection de la population actuelle)
ou l’éducation (pour accroître la sensibilisation du
public). Les programmes de rétablissement doivent
inclure un énoncé de l’échéancier pour l’élaboration
d’un plan d’action ou plus. Dans la mesure du
possible, les programmes de rétablissement doivent
aussi déterminer l’habitat essentiel de l’espèce. S’il
n’y a pas suffisamment d’informations disponibles
pour déterminer l’habitat essentiel, le programme de
rétablissement comprend un calendrier de réalisation
des études. Ce calendrier décrit ce qui doit être
effectué pour obtenir les informations nécessaires
et l’échéance. En pareil cas, l’habitat essentiel sera
désigné dans un plan d’action subséquent.
10
Après l’inscription de nouvelles espèces, les
programmes de rétablissement proposés sont affichés
dans le Registre public des espèces en péril afin de
permettre au public de les examiner et de formuler des
commentaires. Dans le cas d’une espèce désignée en
voie de disparition, les programmes de rétablissement
proposés sont affichés dans un délai d’un an suivant
leur ajout dans l’annexe 1 et dans le cas d’une espèce
désignée menacée ou disparue du pays, ils sont
affichés dans un délai de deux ans suivant leur ajout
dans l’annexe 1.
Les plans d’action précisent les mesures
nécessaires pour mettre en œuvre le programme de
rétablissement. Cela comprend les mesures pour
réagir aux menaces et atteindre les objectifs en
matière de population et de distribution. De plus, ces
plans d’action terminent la désignation de l’habitat
essentiel et, dans la mesure du possible, expliquent
les mesures qui sont proposées pour le protéger.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant des espèces
préoccupantes
La protection immédiate prévue par la LEP pour les
espèces inscrites comme disparues du pays, en voie de
disparition et menacées ne s’applique pas aux espèces
préoccupantes. Cependant, toutes les mesures de
protection et interdictions existantes, comme celles
prévues par la Loi de 1994 sur la convention concernant
les oiseaux migrateurs ou la Loi sur les parcs nationaux
du Canada, restent en vigueur.
Plans de gestion des espèces
préoccupantes
Pour les espèces préoccupantes, on élabore des
plans de gestion qui sont affichés dans le Registre
public des espèces en péril dans les trois ans suivant
leur inscription à l’annexe 1 afin de permettre à la
population de les examiner et de les commenter.
Ces plans prévoient des mesures de conservation
pertinentes pour les espèces concernées et leurs
habitats. Les plans de gestion sont élaborés en
collaboration avec les compétences responsables de
la gestion de l’espèce concernée, notamment avec
les conseils de gestion des ressources fauniques et
les organisations autochtones directement concernés.
Les propriétaires fonciers, les locataires et les autres
personnes directement touchées par le plan sont
également consultés.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
ESPÈCES ADMISSIBLES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1
Situation des espèces récemment
évaluées et processus de consultation
En septembre 2013, le COSEPAC a soumis
27 évaluations d’espèces en péril au ministre de
l’Environnement pour les nouvelles espèces qui sont
admissibles à l’ajout à l’annexe 1 de la LEP. Seize de
ces espèces sont des espèces terrestres. Le COSEPAC
a également examiné la classification des espèces
qui figurent déjà à l’annexe 1 et a modifié le statut de
certaines d’entre elles. Deux espèces terrestres sont
maintenant évaluées à un niveau de risque moins élevé
dans la LEP et trois espèces terrestres sont maintenant
évaluées à un niveau de risque plus élevé dans la LEP.
En tout, il y a 21 espèces terrestres admissibles à l’ajout
à l’annexe 1 ou au changement de leur statut à l’annexe
1 (tableau 1).
Le COSEPAC a également soumis les études
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 afin de
confirmer leur classification. Vingt-trois de ces études
concernaient des espèces terrestres. Ces espèces
ne sont pas incluses dans les consultations parce
qu’aucune modification de la réglementation n’est
proposée (tableau 2).
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les
consultations pour les espèces aquatiques, consultez
le site Web de Pêches et Océans Canada à l’adresse
www.dfo-mpo.gc.ca.
Formulation de commentaires
La participation des Canadiens fait partie intégrante
du processus tout comme de la protection ultime de la
faune canadienne. Vos commentaires sont importants
et considérés sérieusement. Environnement Canada
étudie tous les commentaires qu’il reçoit avant les
dates limites présentées ci-après.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations régulières
doivent être reçus au plus tard le 23 mars 2014.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations prolongées
doivent être reçus au plus tard le 23 octobre 2014.
La plupart des espèces feront l’objet de
consultations régulières. Pour les processus de
consultation finale, veuillez vous rendre à l’adresse
Web suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=F0CDBF0B-1 à compter du
23 décembre 2013.
Pour obtenir plus d’information sur la présentation
des commentaires, veuillez consulter la section
« Sollicitation des commentaires du public au sujet
du projet de modification de l’annexe 1 » à la page 5.
11
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Tableau 1 :
Taxon
Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et
admissibles à un ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Espèces nouvellement évaluées (16)
En voie de disparition (4)
Plantes vasculaires
Braya poilu
Braya pilosa
NT
Arthropodes
Hespérie tachetée (Population boréale)
Erynnis martialis
MB
Arthropodes
Hespérie tachetée (Population des plaines des
Grands Lacs)
Erynnis martialis
ON QC
Arthropodes
Gomphe riverain (Population des plaines des
Grands Lacs)
Stylurus amnicola
ON
Plantes vasculaires
Gesse littorale
Lathyrus littoralis
BC
Plantes vasculaires
Saxifrage à épis
Micranthes spicata
YT
Arthropodes
Cicindèle à grandes taches de Gibson
Cicindela formosa gibsoni
AB SK
Arthropodes
Apantèse compliquée
Grammia complicata
BC
Oiseaux
Hirondelle de rivage
Riparia riparia
YT NT BC AB SK MB ON
QC NB NS PE NL
Oiseaux
Grive des bois
Hylocichla mustelina
ON QC NB NS
Arthropodes
Gnaphose de Snohomish
Gnaphosa snohomish
BC
Arthropodes
Criquet de l'armoise
Hypochlora alba
AB SK MB
Mollusques
Limace de Haida Gwaii
Staala gwaii
BC
Amphibiens
Salamandre tigrée de l’Ouest (Population boréale
et des Prairies)1
Ambystoma mavortium
AB SK MB
Oiseaux
Pioui de l’Est
Contopus virens
SK MB ON QC NB
NS PE
Mammifères
Blaireau d'Amérique de la sous-espèce taxus
Taxidea taxus taxus
AB SK MB ON
Menacée (6)
Préoccupante (6)
Reclassification dans une catégorie de risque plus élevé (3)
De menacée à en voie de disparition (3)
Plantes vasculaires
Braya de Fernald
Braya fernaldii
NL
Plantes vasculaires
Sabatie de Kennedy
Sabatia kennedyana
NS
Reptiles
Massasauga (Population carolinienne)2
Sistrurus catenatus
ON
Reclassification dans une catégorie de risque moins élevé (2)
De menacée à préoccupante (2)
Plantes vasculaires
Aster fausse-prenanthe
Symphyotrichum
prenanthoides
ON
Reptiles
Tortue musquée
Sternotherus odoratus
ON QC
1. La Salamandre tigrée était précédemment considérée par le COSEPAC comme ayant 3 populations. En novembre 2012, le COSÉPAC l’a divisée
en deux espèces (la Salamandre tigrée de l’Ouest et la Salamandre tigrée de l’Est) ayant chacune deux populations. Les deux populations de la
Salamandre tigrée de l’Ouest ont été évaluées en novembre 2012. L’évaluation d’une des deux populations de la Salamandre tigrée de l’Est a été
remise à plus tard; par conséquent, le rapport pour la Salamandre tigrée de l’Est sera remis au ministre à une date ultérieure.
2. Le Massasauga est actuellement inscrit à l’annexe 1 en tant qu’une seule espèce. Le COSÉPAC a réévalué cette espèce en novembre 2012 et l’a
divisée en deux populations.
12
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Tableau 2 :
Taxon
Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC
(aucune consultation - confirmation du statut des espèces)
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Cryptomastix devia
BC
Plantes vasculaires Coréopsis rose
Coreopsis rosea
NS
Plantes vasculaires Lespédèze de Virginie
Lespedeza virginica
ON
Arthropodes
Fausse-teigne à cinq points du yucca
Prodoxus quinquepunctellus
AB
Arthropodes
Teigne tricheuse du yucca
Tegeticula corruptrix
AB
Arthropodes
Teigne du yucca
Tegeticula yuccasella
AB
Mollusques
Escargot-forestier de Townsend
Allogona townsendiana
BC
Amphibiens
Salamandre tigrée de l’Ouest (Population des
montagnes du Sud)1
Ambystoma mavortium
BC
Oiseaux
Colin de Virginie
Colinus virginianus
ON
Mammifères
Blaireau d'Amérique de la sous-espèce jacksoni
Taxidea taxus jacksoni
ON
Mammifères
Blaireau d'Amérique de la sous-espèce jeffersonii
(Population de l'Est)2
Taxidea taxus jeffersonii
BC
Mammifères
Blaireau d'Amérique de la sous-espèce jeffersonii
(Population de l'Ouest)2
Taxidea taxus jeffersonii
BC
Plantes vasculaires Yucca glauque
Yucca glauca
AB SK
Arthropodes
Hespérie rurale de la sous-espèce vestris
Euphyes vestris vestris
BC
Reptiles
Couleuvre mince (Population de l'Atlantique)
Thamnophis sauritus
NS
Reptiles
Couleuvre à nez mince du Grand Bassin
Pituophis catenifer deserticola
BC
Reptiles
Massasauga (Population des Grands Lacs et du
Saint-Laurent)3
Sistrurus catenatus
ON
Oiseaux
Autour des palombes de la sous-espèce laingi
Accipiter gentilis laingi
BC
Mollusques
Limace-sauteuse glanduleuse
Hemphillia glandulosa
BC
Amphibiens
Crapaud de l'Ouest (Population chantante)3
Anaxyrus boreas
BC AB
Amphibiens
Crapaud de l'Ouest (Population non-chantante)3
Anaxyrus boreas
YT NT BC AB
Reptiles
Couleuvre mince (Population des Grands Lacs)
Thamnophis sauritus
ON QC
Reptiles
Tortue géographique
Graptemys geographica
ON QC
Confirmation de la désignation (23)
Disparue du pays (1)
Mollusques
Escargot du Puget
En voie de disparition (11)
Menacée (6)
Préoccupante (5)
1. La Salamandre tigrée était précédemment considérée par le COSÉPAC comme ayant 3 populations. En novembre 2012, le COSÉPAC l’a divisée
en deux espèces (la Salamandre tigrée de l’Ouest et la Salamandre tigrée de l’Est) ayant chacune deux populations. Les deux populations de la
Salamandre tigrée de l’Ouest ont été évaluées en novembre 2012. L’évaluation d’une des deux populations de la Salamandre tigrée de l’Est a été
remise à plus tard; par conséquent, le rapport pour la Salamandre tigrée de l’Est sera remis au ministre à une date ultérieure.
2. Actuellement inscrite à l’annexe 1 en tant qu’une seule sous-espèce. Sous-espèce réévaluée par le COSÉPAC en novembre 2012 et divisée en
deux populations.
3. Actuellement inscrite à l’annexe 1 en tant qu’une seule espèce. Espèce réévaluée par le COSÉPAC en novembre 2012 et divisée en deux
populations.
13
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES
POUR AJOUT OU RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1
La section qui suit présente un résumé des justifications de la désignation par le COSEPAC du statut
d’espèces individuelles et leur biologie, les menaces, la répartition et d’autres informations. Pour une explication
détaillée de la situation de conservation d’une espèce individuelle, veuillez vous référer au rapport du COSEPAC
pour cette espèce, qui est aussi disponible sur le Registre public des espèces en péril à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default_f.cfm
ou contactez :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
des activités récréatives, des espèces envahissantes
ou non indigènes, et de la succession végétale qui
a changé en raison de la perturbation des anciens
régimes de feux.
Apantèse compliquée
Photo : © Jennifer Heron
Description et importance
de l’espèce sauvage
Nom scientifique
Grammia complicata
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce papillon nocturne quasi endémique a une petite
répartition et est restreint à seulement 5 localités
dans le bassin de Géorgie en Colombie-Britannique.
La majeure partie de son habitat a été détruit et la
qualité de ce qui en reste est en déclin en raison du
développement résidentiel et commercial continu,
14
L’apantèse compliquée (Grammia complicata
Walker) est un papillon de nuit de taille moyenne
(envergure de 32 à 40 mm) de la sous-famille des
Arctiinés, de la famille des Érébidés. Le dessus des
ailes antérieures est de couleur variable et va du noirbrun foncé avec un motif en entrelacs blanchâtre à
orange pâle surlignant les nervures à l’orange pêche
avec un motif en entrelacs noir-brun foncé. Les ailes
postérieures, généralement plus pâles que les ailes
antérieures, sont orange pâle avec des points bruns
dans la marge externe, également brune. La tête, le
thorax et l’abdomen sont noir-brun et portent des
marques orange pêche. Les chenilles des apantèses
(Grammia spp.) peuvent atteindre 6 cm de longueur
et ont généralement des rayures latérales orangenoir et une pubescence foncée dense. L’apantèse
compliquée a récemment (2009) été reconnue comme
une espèce distincte du Grammia ornata sur la base
de différences morphologiques et génétiques.
Répartition
L’apantèse compliquée est endémique dans le
bassin de Géorgie et a été signalée une fois sur
l’île Orcas, dans l’État de Washington. Sur l’île de
Vancouver, son aire de répartition s’étend depuis la
région du Grand Victoria, vers le nord jusqu’à Comox;
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Aire de répartition mondiale (sites 1 à 20) et aire de répartition au Canada (ombragée) de l’apantèse compliquée.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2013
Des populations d’apantèse compliquée existent
dans cinq sites de la Colombie-Britannique : sur la
flèche littorale de Goose Spit, sur l’île Sandy, sur la
colline Nanoose, sur l’île Savary et sur l’île Thetis.
Dans certains sites, l’habitat de l’apantèse compliquée
s’étend sur plusieurs propriétés. Les données
concernant sa présence sur l’île Thetis sont anciennes
(1975), mais elle s’y trouve peut-être encore, car une
bonne partie du milieu est propice à l’espèce sur cette
île. Compte tenu de la menace que présente la mise en
valeur des terres (étant donné le régime de propriété),
on dénombre 5 – 8 localités.
Habitat
L’apantèse compliquée a été signalée dans divers
types de milieux dont la chênaie de Garry herbeuse
Photo : © Jennifer Heron
l’espèce a aussi été signalée sur les îles Thetis, Sandy
et Savary. D’après les relevés historiques et actuels,
l’aire de distribution de l’apantèse compliquée au
Canada est de 3 600 km2.
Habitat de l’apanthèse compliquée
et peu dense, les prés dégagés humides à secs,
les zones sableuses et herbeuses du littoral et les
zones à végétation éparse, plus stables, des dunes.
Les papillons de nuit du genre Grammia ne vivent
habituellement pas en peuplement forestier dense. Les
plantes hôtes des chenilles de l’apantèse compliquée
15
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
sont inconnues; les apantèses sont des herbivores
généralistes. Des chenilles ont déjà été trouvées sur
du plantain lancéolé, une plante introduite.
Biologie
D’après les données des musées et les données
de collecte, l’apantèse compliquée adulte est active
de mai jusqu’à la fin de juillet. Des chenilles ont été
collectées au début de mars et à la fin de juillet. La
femelle, en raison de son corps assez massif et de
ses ailes relativement petites, ne peut voler très loin.
Taille et tendance des populations
L’information dont on dispose sur la taille et la
tendance des populations d’apantèse compliquée en
Colombie-Britannique est plutôt maigre. La plupart des
signalements sont anciens, sinon, on ne signale qu’un
seul individu, dans un site, à une seule date.
Menaces et facteurs limitatifs
Parmi les menaces auxquelles sont exposés
l’apantèse compliquée et son habitat, signalons le
développement résidentiel et commercial, les activités
récréatives et la succession végétale due à des
espèces envahissantes et indigènes.
16
Protection, statuts et classements
Actuellement, aucune loi ne protège l’apantèse
compliquée. Les gestionnaires des terres des parcs
provinciaux et des espaces protégés sont au courant
de la présence de cette espèce dans les parcs,
mais aucune mesure de gestion n’est encore prévue
expressément pour elle. Le Conservation Data
Centre de la Colombie-Britannique n’a pas encore
déterminé de cote définitive, mais au classement
préliminaire, l’espèce a été classée S1 et inscrite sur
la liste rouge (gravement en péril). Son classement
à l’échelle mondiale est G1G2 (gravement en péril).
Enfin, aux échelles nationale et provinciale (ColombieBritannique), l’apantèse compliquée est considérée
comme « possiblement en péril » aux termes du
Programme sur la situation générale des espèces
sauvages au Canada.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Allan Harris
Aster fausse-prenanthe
Nom scientifique
Symphyotrichum prenanthoides
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
sont rétrécies dans leur tiers inférieur mais élargies
et embrassantes à la base. L’espèce forme des
colonies en produisant des tiges multiples à partir de
son rhizome traçant. Chaque capitule est constitué d’un
disque jaune entouré de 17 à 30 rayons bleu pâle. Les
populations canadiennes d’aster fausse-prenanthe se
trouvent dans la région de la forêt carolinienne, à la limite
nord de l’aire de répartition de l’espèce. Elles pourraient
être génétiquement isolées des autres populations
de l’espèce et posséder des adaptations particulières
contribuant à leur importance pour la conservation.
Répartition
L’aster fausse-prenanthe est présente en Ontario
et dans 20 États des États-Unis, depuis l’État de New
York jusqu’au Tennessee et, vers l’ouest, jusqu’au
Wisconsin. L’espèce est surtout commune dans la
région des Appalaches comprenant l’ouest de la
Pennsylvanie, la Virginie-Occidentale, la Virginie, le
Kentucky et le Tennessee. Au Canada, l’espèce se
rencontre le long de la rive nord du lac Érié, dans
le sud-ouest de l’Ontario, principalement dans le
comté d’Elgin. L’espèce aurait déjà été présente
dans le comté de Middlesex, mais cette population
semble disparue. Moins de 1 % de l’aire de répartition
mondiale de l’espèce se trouve au Canada.
Ontario
Justification de la désignation
Cet aster vivace est restreint au Canada à une
petite zone de la forêt carolinienne près de la rive du
lac Érié en Ontario. L’espèce a connu des déclins
historiques, mais aucune perte récente n’a été
documentée et l’effectif global semble être stable. Des
plantes envahissantes sont présentes dans un certain
nombre de sites et ont le potentiel de nuire à l’espèce
dans l’avenir. Les menaces additionnelles incluent les
incidences indirectes de l’agrile du frêne, ainsi que
l’entretien des bordures de routes. L’espèce a une
répartition restreinte au Canada, et sa persistance
nécessitera probablement un suivi et une gestion
continus des espèces envahissantes.
Description et importance
de l’espèce sauvage
L’aster fausse-prenanthe (Symphyotrichum
prenanthoides) est une plante herbacée vivace
pouvant atteindre 90 cm de hauteur et produisant des
capitules bleu pâle et des tiges en zigzag. Les feuilles
Aire de répartition canadienne de l’aster fausse-prenanthe.
Les chiffres indiquent les sites où l’espèce est présente. On
ne connaît pas la position du site 2.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2013.
Habitat
L’aster fausse-prenanthe se rencontre dans la
plaine inondable de petits cours d’eau s’écoulant vers
la rive nord du lac Érié. La plante pousse généralement
17
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Allan Harris
dans des sols riches sableux, loameux ou argileux,
souvent en bordure de bois et habituellement sous
ombre partielle ou complète. Ces peuplements
comportent souvent une dense strate de plantes
graminoïdes, de verges d’or et d’asters. L’espèce se
rencontre moins fréquemment au bord de chemins et
dans des champs abandonnés. Aux États-Unis, l’aster
fausse-prenanthe pousse dans des bois humides,
sur les berges rocheuses de cours d’eau, dans des
champs détrempés et dans des fossés. Au Wisconsin
et en Iowa, l’espèce se rencontre souvent dans des
forêts perturbées ou assez jeunes.
Habitat de l’aster fausse-prenanthe
Biologie
L’aster fausse-prenanthe se reproduit à la fois par
la graine et par voie végétative, au moyen de ses
rhizomes allongés. Dans le sud-ouest de l’Ontario,
la floraison a lieu de la fin août au début octobre.
Normalement, les croisements entre individus
génétiquement identiques (clones) ne produisent
pratiquement pas de graines; il semble donc que
l’espèce est auto-incompatible.
Taille et tendance des populations
L’effectif total des populations canadiennes d’aster
fausse-prenanthe est inconnu et difficile à estimer, parce
que l’espèce forme des colonies denses où le nombre
d’individus distincts est difficile à déterminer. Le nombre
d’occurrences semble être demeuré relativement stable
depuis 2002. Onze occurrences ont été examinées
en 2007 ou 2010, ce qui a permis d’en confirmer
l’existence, tandis que 11 autres nous sont connues par
les relevés mentionnés dans l’évaluation de 2002. Les
occurrences existantes comprennent 3 occurrences
découvertes en 2007 et une population qui n’avait pas
18
été examinée en 2002 mais a maintenant été retrouvée.
On ne connaît aucune occurrence déjà signalée en
2002 qui soit disparue par la suite, mais l’existence de
11 des occurrences n’a pas été confirmée. L’indice de
la zone d’occupation et la zone d’occurrence n’ont pas
changé depuis l’évaluation précédente.
Menaces et facteurs limitatifs
Les espèces envahissantes constituent
probablement la principale menace à laquelle sont
exposées les populations canadiennes d’aster
fausse-prenanthe, mais leur impact semble jusqu’à
présent limité. Les espèces envahissantes observées
à l’intérieur ou à proximité de l’habitat sont le roseau
commun, le nerprun bourdaine, l’alliaire officinale,
l’alpiste roseau, la julienne des dames et le chèvrefeuille
de Maack. Trois des populations se trouvent sur des
emprises routières et pourraient ainsi être menacées
par le fauchage, l’application d’herbicides ainsi que
la construction et l’entretien des routes. D’autres
populations se trouvent sur les plaines inondables
de cours d’eau et pourraient être menacées par
les activités récréatives, l’exploitation forestière et
le pâturage du bétail. Une occurrence pourrait être
menacée par la construction de chalets. La plante
est auto-incompatible et doit donc être pollinisée par
un individu génétiquement distinct compatible pour
pouvoir produire un maximum de graines, ce qui peut
limiter la capacité de l’espèce à se reproduire par la
graine et à coloniser de nouveaux sites.
Protection, statuts et classements
Le COSEPAC a évalué l’aster fausse-prenanthe
et a recommandé sa désignation comme
« espèce menacée » en 2002 et comme « espèce
préoccupante » en 2012. L’espèce figure à ce titre
dans l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. Les
interdictions générales prévues par la LEP assurent
une protection à l’espèce sur les terres fédérales.
Une équipe de rétablissement a été constituée, mais
aucune ébauche de programme de rétablissement
n’est encore disponible. En Ontario, l’aster fausseprenanthe est une espèce menacée aux termes de
la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition.
Cette loi assure une protection juridique aux individus
de l’espèce sur toutes les terres situées en Ontario.
Selon Nature Serve, l’espèce est actuellement classée
G4G5 (apparemment non en péril à non en péril;
dernier examen en 1988) à l’échelle mondiale, N2 (en péril) au Canada et S2 (en péril) en Ontario.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
pour creuser des terriers et déterrer ses proies, il est
bien adapté à son mode de vie fouisseur. Trois des
quatre sous-espèces reconnues sont présentes au
Canada. Des analyses de l’ADN mitochondrial ont
révélé la présence de nombreux groupes génétiques
distincts au Canada. On distingue quatre unités
désignables (jeffersonii Est et jeffersonii Ouest, taxus
et jacksoni), qui correspondent à la répartition des sousespèces T. t. taxus, T. t. jacksoni et T. t. jeffersonii, cette
dernière étant scindée en deux unités désignables.
Photo : © Richard Klafki
Blaireau d’Amérique de la
sous-espèce taxus
Femelle
Nom scientifique
Taxidea taxus taxus
Taxon
Mammifères
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Répartition
On rencontre le blaireau d’Amérique dans les
régions méridionales des provinces de l’ouest et
du centre du Canada, depuis le versant est de la
chaîne Côtière de la Colombie-Britannique jusqu’à
la forêt boréale du sud-est du Manitoba, vers l’est.
Une population isolée est établie dans le sud-ouest
de l’Ontario, où elle est largement centrée dans le
comté de Norfolk. Dans le nord-ouest de l’Ontario, on
observe à l’occasion des blaireaux d’Amérique sur les
terres agricoles des régions de Rainy River et de Fort
Frances, mais ces individus sont considérés comme
des individus errants en provenance des États-Unis.
La sous-espèce jeffersonii est représentée par deux
sous-populations isolées l’une de l’autre.
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario
Justification de la désignation
Dans les Prairies, ce mammifère fait l’objet d’une
activité de trappage, mais aussi d’une mortalité
non réglementée et non surveillée causée par les
propriétaires fonciers ainsi que par l’application de
rodenticides. Le manque de suivi de la mortalité totale,
la quantité limitée d’habitat dans les terres cultivées,
la menace continue de collisions avec des véhicules
sur les routes, et l’utilisation prévue de strychnine
engendrent des préoccupations pour l’espèce dans
une grande partie de son aire de répartition.
Description et importance
de l’espèce sauvage
Le blaireau d’Amérique (Taxidea taxus) est un
carnivore fouisseur de taille moyenne qui appartient
à la famille de la belette (mustélidés). Avec son corps
aplati dorsoventralement, sa ceinture pectorale
robuste et ses larges pattes antérieures qu’il utilise
Aire de répartition canadienne du blaireau d’Amérique
– sous-espèce taxus. On trouve occasionnellement, dans
la zone pointillée du sud-ouest de l’Ontario, des blaireaux
de la même sous-espèce. La sous-espèce jeffersonii (zone
hachurée) commence dans les montagnes Rocheuses.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
19
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Habitat
Le blaireau d’Amérique se rencontre dans des
biomes de prairie non boisée et d’arbustaies. Des
travaux récents ont montré que le type de sol
et la disponibilité des proies sont les principales
caractéristiques distinctives de l’habitat du blaireau
d’Amérique. Le blaireau d’Amérique préfère des sols
présentant une bonne cohésion dans lesquels il peut
creuser des terriers sans provoquer d’effondrement.
Il n’exploite habituellement pas les milieux boisés à
couvert dense, mais il peut être attiré vers les milieux
en début de succession bordant les corridors forestiers
qui abritent des populations de proies. L’espèce
fréquente également les milieux alpins et les milieux
humides, et peut s’établir dans des terres agricoles
s’il y trouve des clôtures, des haies et des lisières de
champ en quantité suffisante. Il évite cependant les
champs cultivés. De façon générale, les tendances
liées à l’habitat sont en déclin dans la majeure partie
de l’aire de répartition de l’espèce au Canada.
Biologie
Le blaireau d’Amérique se reproduit en juillet et
en août, et les mâles polygynes peuvent parcourir
de grandes distances pour trouver des femelles. Les
portées comptent en moyenne un ou deux petits. Le
blaireau d’Amérique n’hiberne pas, mais il se déplace
peu durant l’hiver et peut entrer dans un état de
torpeur durant les périodes de grand froid. Son régime
est très diversifié, mais les rongeurs fouisseurs comme
les spermophiles y occupent généralement une place
très importante. La superficie des domaines vitaux est
généralement beaucoup plus grande au Canada qu’au
beau milieu de l’aire de répartition de l’espèce dans le
Midwest des États-Unis. En Colombie-Britannique, la
superficie du domaine vital oscille entre 33 et 64 km2
chez les mâles, et entre 16 et 18 km2 chez les femelles.
Taille et tendance des populations
Les estimations de la taille des populations sont
fondées sur des relevés aériens et des relevés au
sol, les opinions de spécialistes participant à des
recherches sur le terrain et des observations émanant
du public. Les unités désignables jeffersonii Ouest
et jeffersonii Est comprennent moins de 250 et
160 individus matures, respectivement, mais ces
populations sont généralement stables. On ne dispose
d’aucune estimation ni d’aucune tendance pour l’unité
20
désignable taxus; les données de trappage entre
1999 et 2010 s’élèvent en moyenne à 734 pelleteries/
année, mais fluctuent considérablement sans suivre
de tendance générale précise. On estime que l’unité
désignable jacksoni contient moins de 200 adultes,
mais on ignore la tendance de sa population.
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur le blaireau
d’Amérique sont la mortalité routière et le déclin
de l’habitat. La destruction et la dégradation de
l’habitat résultent de l’aménagement domiciliaire, de
la densification et de l’empiètement de la forêt, de
l’aménagement de vergers et de vignobles et de la
culture en rangs. La circulation routière est également
un facteur de mortalité important. La persécution
par les propriétaires fonciers a vraisemblablement
contribué aux déclins historiques des effectifs et reste
probablement un facteur de mortalité important dans
l’unité désignable taxus, car le blaireau y est trappé
pour sa fourrure et accidentellement tué par des
rodenticides.
Protection, statuts et classements
En Ontario et en Colombie-Britannique, le blaireau
d’Amérique est actuellement désigné « en voie de
disparition » par le COSEPAC et figure à ce titre
à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril. La
sous-espèce T. t. taxus, présente en Alberta, en
Saskatchewan et au Manitoba, n’est pas considérée
comme étant en péril. Des terres fédérales comportant
des parcelles d’habitat favorable existent en ColombieBritannique et en Ontario. En Ontario, le blaireau
d’Amérique est protégé en vertu de la Loi de 2007 sur
les espèces en voie de disparition du gouvernement
provincial, qui comporte également un règlement sur
l’habitat conférant une protection à certains terriers
du blaireau d’Amérique et de la marmotte commune
(Marmota monax). En Colombie-Britannique, certaines
parcelles d’habitat du blaireau d’Amérique sont
gérées à titre de zones d’habitat faunique (Wildlife
Habitat Areas), conformément à la Forest and Range
Practices Act du gouvernement provincial. Le blaireau
d’Amérique bénéficie de la plus haute cote de priorité
en matière de conservation établie dans le cadre
de conservation de la province. La cote « données
insuffisantes » a été attribuée au blaireau d’Amérique
en Alberta, tandis qu’aucune cote ne lui a été
décernée en Saskatchewan ni au Manitoba.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Susan E. Squires
Braya de Fernald
Nom scientifique
Braya fernaldii
Taxon
Plantes vasculaires
disposées en rosettes. Les fleurs sont munies de
quatre pétales blancs à rosâtres ou violacés. La
morphologie du braya de Fernald est très similaire à
celle du braya de Long (espèce en voie de disparition
aux termes de la Loi sur les espèces en péril);
toutefois, le braya de Fernald se distingue du braya
de Long par sa plante plus courte, ses pétales plus
étroits, ses sépales plus petits et plus violacés ainsi
que ses fruits et ses feuilles pubescents. Le braya
de Fernald est une des quatre plantes vasculaires
endémiques à l’île de Terre-Neuve.
Répartition
Le braya de Fernald se rencontre uniquement dans
l’écosystème des landes calcaires de l’île de TerreNeuve, au Canada. Il existe 16 populations connues,
réparties sur une zone de côte d’environ 150 km. Il est
probable qu’il existe de petites populations éparses
de braya de Fernald éparpillées le long de la bande
presque continue de landes calcaires (70 km) présente
dans le nord de l’aire de répartition de l’espèce.
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Terre-Neuve-et-Labrador
Justification de la désignation
Cette petite plante vivace, endémique aux landes
de calcaire de la péninsule Great Northern de
Terre-Neuve, fait face à un risque accru dans son
aire de répartition limitée en raison de nombreuses
menaces. La perte et la dégradation continues
de l’habitat, combinées à un papillon de nuit non
indigène, résultent en de faibles taux de survie et de
reproduction. Ces menaces et l’impact supplémentaire
des changements climatiques mènent à la prédiction
que l’espèce disparaîtra à l’état sauvage d’ici les
80 prochaines années.
Description et importance
de l’espèce sauvage
Le braya de Fernald (Braya fernaldii) est une petite
plante herbacée vivace de la famille des Brassicacées
qui mesure 1 à 7 cm de hauteur, voire parfois 10 cm.
Il possède des feuilles basilaires linéaires-spatulées
(en forme de cuiller), charnues, vert foncé à violacées,
Répartition mondiale des populations de braya de Fernald
et état de leur habitat.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012. Reproduction et modification autorisées d’une
carte de Squires (2010).
21
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Habitat
Le braya de Fernald est une espèce calciphile qui
ne pousse que dans les sols peu profonds, pauvres
en éléments nutritifs et riches en calcium des landes
calcaires, à moins de 1,5 km de la côte et à 13 à
15 m au-dessus du niveau de la mer. Les sols des
landes forment une mosaïque de parcelles de gravier
calcaire (dont les éléments, de différentes grosseurs,
sont éclatés par le gel), d’affleurements rocheux, de
substrats calcaires fins et d’étendues ressemblant à
la toundra. L’action du gel et l’érosion du sol par les
fortes précipitations et le vent permettent de maintenir
des superficies dégagées propices à la germination
des graines de braya de Fernald. L’espèce pousse
dans les landes calcaires non perturbées, où l’action
du gel forme des motifs à la surface du sol, comme
des bandes et des polygones résultant d’un triage
des éléments du substrat. Elle est aussi est capable
de pousser dans les landes calcaires perturbées par
l’humain, notamment les chemins et les gravières
abandonnés ainsi que les zones nivelées autour des
lignes des services d’utilité publique, où le substrat
est homogène et ne présente plus de motifs et où la
diversité végétale est faible.
8 à 12 années plus tard dans les mêmes
15 populations, seulement environ 1 242 individus
matures ont été observés (déclin de 64 %). Une
nouvelle population (Green Island Brook) regroupant
2 056 individus matures a été découverte après
le premier relevé, faisait passer l’effectif estimatif
actuel de la population totale de braya de Fernald à
3 282 individus matures. Toutefois, la population de
Green Island Brook est située en milieu perturbé par
l’humain et a ainsi un cycle vital très différent des
populations non perturbées, de sorte qu’il est possible
qu’elle ait besoin d’une immigration de source externe
pour persister. Selon les observations faites dans les
parcelles surveillées de façon permanente, l’effectif
de la population totale de braya de Fernald continue
de diminuer. En outre, les modèles de viabilité de la
population indiquent que la population diminue. Deux
populations historiques, situées à l’anse Savage et à
la pointe Ice, mentionnées dans le Plan national de
rétablissement du braya de Long (Braya longii Fernald)
et du braya de Fernald (Braya fernaldii Abbe) ont été
revisitées, et aucun braya n’y a été observé. Ainsi, on
considère que ces populations sont disparues. Une
immigration de source externe est impossible, car le
braya de Fernald est endémique à l’île de Terre-Neuve.
Biologie
Menaces et facteurs limitatifs
Le braya de Fernald est une plante vivace à
longue durée de vie (probablement 20 années et
plus). Son cycle vital comporte 8 stades : 1 stade à
l’état de graine, 4 stades immatures (de la première
à la quatrième année) et 3 stades adultes (individu
végétatif, individu florifère comportant une seule rosette,
individu florifère comportant plusieurs rosettes). La
plante commence à fleurir à la mi-juin et à produire des
fruits à la mi-août. Chaque fleur donne en moyenne
10 à 16 petites graines rondes de 1 à 1,5 mm de
diamètre qui doivent subir une stratification froide et
une scarification pour pouvoir germer. Les individus
poussant en milieu perturbé par l’humain traversent plus
rapidement les étapes du cycle vital et ont un succès de
reproduction plus élevé que les individus poussant en
milieu non perturbé; toutefois, le taux de mortalité est
plus élevé en milieu perturbé. Le braya de Fernald ne
se reproduit apparemment pas par voie asexuée.
Dans le passé, l’extraction de gravier, la
construction de routes et l’expansion des collectivités
constituaient les menaces les plus graves et les plus
répandues pesant sur le braya de Fernald; aujourd’hui,
c’est l’entretien des infrastructures existantes qui
constitue une menace. Certaines des régions ayant
subi ces perturbations de grande échelle sont
encore capables de supporter le braya de Fernald
(populations des milieux perturbés par l’humain). On
craint ainsi que ces populations puissent constituer
des réservoirs d’agents pathogènes et d’organismes
nuisibles qui pourraient coloniser les populations non
perturbées et ainsi menacer leur viabilité. Un ravageur
exotique des plantes cultivées résistant aux pesticides
ainsi que deux agents pathogènes ont un effet négatif
sur les populations braya de Fernald. Ces organismes
nuisibles entraînent une diminution de la production
de graine et une hausse du taux de mortalité dans
chacune des populations. Dans les landes calcaires,
la température de l’air en été et en hiver a augmenté
de 1991 à 2002, et on prévoit qu’elle aura augmenté
de 4 °C supplémentaires d’ici 2080. Ces changements
climatiques risquent de modifier le processus de triage
des éléments du substrat par le gel, caractéristique
Taille et tendance des populations
Lors d’un relevé mené de 1996 à 2000, la
population de braya de Fernald comptait environ
3 434 individus florifères. Lors d’un relevé mené
22
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
des landes calcaires, et d’avoir une incidence sur
la répartition de la population et l’abondance des
organismes nuisibles.
Selon 59 à 76 % des répondants d’une enquête
réalisée auprès de personnes habitant dans l’aire de
répartition du braya de Fernald, les véhicules hors
route causent dans leur région plus de dommages
que toute autre activité humaine. Le déversement de
déchets, l’entreposage et la coupe de bois ainsi que le
séchage de filets de pêche causent la mort d’individus
et une diminution de la qualité de l’habitat de l’espèce,
mais ces activités sont localisées et peu fréquentes.
L’hybridation du braya de Fernald avec le braya de
Long, espèce étroitement apparentée, est possible,
mais rare. Avant que la construction de routes dégrade
les landes calcaires, ces deux espèces n’avaient
jamais été signalées à proximité l’une de l’autre, et
on n’avait jamais observé de signes d’hybridation;
toutefois, selon de récentes recherches, des cas
d’hybridation sont possibles dans les populations des
milieux dégradés par l’humain situées dans les régions
où les deux espèces sont présentes.
Protection, statuts et classements
Le braya de Fernald est une espèce menacée aux
termes de la Loi sur les espèces en péril du Canada
et de l’Endangered Species Act de Terre-Neuve-etLabrador. NatureServe a attribué au braya de Fernald
la cote G1 (gravement en péril) à l’échelle mondiale,
la cote N1 (gravement en péril) à l’échelle nationale
et la cote S1 (gravement en péril) à l’échelle de l’île
de Terre-Neuve. L’espèce est protégée dans le lieu
historique national de Port au Choix, la réserve
écologique de la pointe Watts et la réserve écologique
du cap Burnt, qui a été créée peu de temps après la
dernière évaluation de l’espèce par le COSEPAC.
23
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
presque couchées et sont modérément à densément
pubescentes. Le braya poilu se distingue des autres
espèces du genre Braya par ses fleurs grandes et ses
fruits globuleux (presque sphériques) surmontés d’un
très long style persistant.
Braya poilu
Photo : © James G. Harris
Le braya poilu est une espèce à répartition relativement restreinte, endémique à l’Arctique canadien. Il a
probablement joué un rôle essentiel dans l’évolution
d’autres espèces du genre Braya.
Nom scientifique
Braya pilosa
Taxon
Plantes vasculaires
Répartition
Le braya poilu a seulement été observé au cap
Bathurst, dans les Territoires du Nord-Ouest, au
Canada. Les 13 populations connues se trouvent dans
la partie nord du cap Bathurst et dans les îles Baillie,
situées à proximité.
Le braya poilu est limité à une région qui est
demeurée libre de glace durant le Pléistocène. Il a
apparemment été incapable de se propager vers les
régions voisines durant les millénaires qui se sont
écoulés depuis le retrait des glaces.
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Territoires du Nord-Ouest
Justification de la désignation
Cette plante est restreinte mondialement à une
très petite zone des Territoires du Nord-Ouest. Elle
est grandement menacée par la perte d’habitat due
à l’érosion côtière très rapide et à l’exposition à
l’eau salée causées par les marées de tempête, et
par la fonte du pergélisol. La fréquence et la gravité
de ces processus semblent être en augmentation
dû à l’importante réduction de la couverture de
glace dans la mer de Beaufort et des changements
dans les conditions climatiques. Ces effets indirects
des changements climatiques continueront
vraisemblablement dans un avenir prévisible.
Description et importance
de l’espèce sauvage
Le braya poilu (Braya pilosa) est une vivace à
longue durée de vie de la famille des crucifères qui
produit une ou plusieurs tiges. Les tiges mesurent 4 à
12 cm de longueur, sont dressées à ascendantes ou
24
Aire de répartition mondiale et canadienne du braya poilu
dans les Territoires du Nord-Ouest.
Source : Modifié à partir du document: Species at Risk Committee. 2012.
Species Status Report for Hairy Braya (Braya pilosa) in the Northwest
Territories. Species at Risk Committee, Yellowknife, NT. Carte réalisée par
Michelle Henderson (Secrétariat des espèces en péril TNO).
Habitat
Le braya poilu pousse sur des escarpements et
des terrains élevés, dans des parcelles dénudées à
sol sableux ou limoneux riche en calcium. Il pousse
généralement en compagnie du saule arctique, de la
dryade à feuilles entières et de diverses graminées,
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Taille et tendance des populations
dont la fétuque de Richardson, l’élyme à glumes
larges, le pâturin arctique et des puccinellies. Les
milieux convenant à l’espèce semblent plutôt limités
au cap Bathurst. Les parcelles de milieux propices
sont souvent séparées par de vastes superficies
de toundra humide et de sol salinisé ou par des
escarpements érodés. Les régions côtières du
sud-ouest du cap Bathurst s’érodent rapidement,
et la diminution de la banquise arctique accélère
probablement l’érosion de l’habitat du braya poilu
le long de la côte.
Le dénombrement précis des individus de l’espèce
n’a pas été effectué. Toutefois, selon les observations
faites dans le cadre du relevé de 2011, il y a entre
12 000 et 16 000 individus matures. Les populations
qui poussent sur les escarpements côtiers soumis
à l’érosion rapide sont manifestement susceptibles
de connaître un déclin. L’effectif total d’une des
populations côtières a grandement diminué de 2004 à 2011. On peut s’attendre à ce que les populations
des milieux côtiers qui subissent une érosion similaire
soient touchées de façon analogue. Les tendances
et les fluctuations en matière d’effectif n’ont pas été
déterminées pour les populations situées dans les
portions protégées de la côte et dans les falaises de
l’intérieur, mais ces populations semblent stables.
Photo : © James G. Harris
Menaces et facteurs limitatifs
Habitat du braya poilu.
Biologie
De 1850 à 2004, on croyait que le braya poilu était
disparu. Ainsi, on en sait très peu sur la biologie de
l’espèce. Toutefois, les grandes fleurs odorantes de
l’espèce laissent croire qu’elle est pollinisée par des
insectes, et les graines germent rapidement. Certaines
observations génétiques et morphologiques donnent à
croire que deux espèces apparentées, le braya glabre
et le braya de Wulff, pourraient être issues du braya
poilu. Les aires de répartition de ces deux espèces
chevauchent celle du braya poilu, et on croit qu’il est
possible que des cas d’hybridation se produisent.
La menace la plus flagrante pesant sur le braya
poilu est la destruction de son habitat côtier causée
par l’érosion rapide et la salinisation, phénomènes
associés aux marées de tempêtes et à la fonte du
pergélisol. La fréquence et la gravité de ces menaces
semblent être en hausse, en raison de la diminution
considérable de la banquise de la mer de Beaufort
au cours des quelques dernières décennies. On
s’attend à ce que ces effets du changement climatique
d’origine anthropique se poursuivent dans un avenir
prévisible; ainsi, il est peu probable que les taux
d’érosion côtière diminuent.
Protection, statuts et classements
Le braya poilu a été classé « gravement en péril »
à l’échelle mondiale (G1) et à l’échelle du Canada (N1)
par NatureServe, et il a été désigné « menacé » dans
les Territoires du Nord-Ouest.
Le cap Bathurst est un lieu très éloigné, et les
activités humaines menacent très peu le braya poilu
de façon directe. Il comprend les aires de mise bas
du troupeau de caribous du cap Bathurst, et un plan
de conservation local recommande que la région
soit gérée de façon à ce que les dommages et les
perturbations soient éliminés, dans la mesure du
possible.
25
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Robert Foster
Cicindèle à grandes taches de Gibson
Nom scientifique
Cicindela formosa gibsoni
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan
Justification de la désignation
Cette sous-espèce très restreinte, dont la plupart
des populations sont au Canada, nécessite des zones
de dunes dégagées. Cet habitat est en déclin dans les
Prairies par suite de la tendance à la stabilisation des
dunes. La perte de processus écologiques historiques
comme l’érosion provoquée par les bisons, les feux,
et les activités de la population autochtone, ainsi que
les accélérateurs possibles tels que l’augmentation
de CO2 dans l’atmosphère, le dépôt d’azote, et les
espèces végétales exotiques envahissantes, peuvent
aussi être des facteurs importants dans la réduction
des zones de sable dégagées. Il y aurait moins de
73 sites et une possibilité de disparition de 10 % d’ici
les 100 prochaines années selon les taux de déclin des
dunes dégagées.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela
formosa gibsoni) est l’une des cinq sous-espèces
26
reconnues du Cicindela formosa. Pourvue de pattes et
d’antennes longues et fines et de fortes mandibules,
elle est l’une des plus grandes cicindèles en Amérique
du Nord. À l’âge adulte, elle se distingue des autres
sous-espèces du C. formosa par ses macules pâles
étendues couvrant plus de 60 % des élytres (ailes
antérieures durcies) et par sa coloration ventrale vert
bleuté. Comme chez toutes les espèces du genre
Cicindela, les larves sont vermiformes et dotées d’une
forte capsule céphalique cuirassée et de puissantes
mandibules.
L’aire de répartition de la cicindèle à grandes taches
de Gibson se trouve presque en totalité au Canada.
Cette cicindèle est un représentant emblématique des
espèces végétales et animales en péril associées aux
écosystèmes dunaires. Le Cicindela formosa et ses
différentes sous-espèces sont des modèles importants
pour les études écologiques et évolutives.
Répartition
L’aire de répartition mondiale de la cicindèle à
grandes taches de Gibson est centrée sur le sud-ouest
de la Saskatchewan. Deux petites populations isolées
sont également présentes au Colorado et au Montana.
Au Canada, la cicindèle à grandes taches de Gibson
se rencontre dans de grands complexes dunaires, en
particulier les dunes Great Sand Hills (SH), Pike Lake
SH et Dundurn SH près de Saskatoon et les dunes
Elbow SH près du parc provincial de Douglas. Vers
l’ouest, elle est présente jusqu’aux dunes Empress SH,
le long de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan.
Aire de répartition mondiale et canadienne de la cicindèle
à grandes taches de Gibson.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Menaces et facteurs limitatifs
Les portions sableuses sèches à végétation
clairsemée des creux de déflation, des dunes et des
bords de dunes plus étendues constituent l’habitat de
prédilection des adultes et des larves. La superficie
de cet habitat dégagé a diminué sous l’effet de
la stabilisation des dunes au cours des dernières
décennies, et de nouveaux déclins sont prévus.
La principale menace qui pèse sur la cicindèle
à grandes taches de Gibson est la perte d’habitat
propice causée par la stabilisation continue des
dunes par la végétation. Les dunes où cette cicindèle
se rencontre au Canada se sont formées à partir de
dépôts glaciaires qui se sont stabilisés sous l’effet
de leur colonisation par la végétation au cours des
quelque 200 dernières années. Les zones de sable
dégagées représentent actuellement moins de 1 %
de la superficie des dunes comprises dans l’aire
de répartition canadienne de la cicindèle à grandes
taches de Gibson.
Biologie
Comme les autres espèces de cicindèles, la
cicindèle à grandes taches de Gibson subit une
métamorphose complète ponctuée de quatre grandes
étapes : œuf, larve, nymphe et adulte. Au Canada, le
cycle vital est étalé sur trois ans, et la vie larvaire dure
deux ans. La cicindèle à grandes taches de Gibson est
un redoutable prédateur tant à l’état larvaire qu’à l’âge
adulte. Les adultes sont diurnes et passent une bonne
partie de la journée à chasser de petits arthropodes.
Les larves vivent dans une galerie verticale dont
l’ouverture est entourée d’une petite dépression.
Actives tant de jour que de nuit, elles chassent à
l’affût, attendant que des fourmis ou d’autres petits
arthropodes tombent dans leur galerie.
Taille et tendance des populations
On ignore la taille des populations, mais la
diminution de la superficie de l’habitat donne à
croire qu’elles pourraient être en déclin. La cicindèle
à grandes taches de Gibson a été observée à 20 à
25 sites en Saskatchewan et dans des régions
adjacentes en Alberta, mais la taille des populations
à la plupart de ces sites n’a jamais été estimée.
Protection, statuts et classements
Le COSEPAC a attribué à la cicindèle à grandes
taches de Gibson le statut d’espèce menacée en
novembre 2012. L’espèce n’est actuellement protégée
par aucune loi sur les espèces en voie de disparition,
ni au Canada ni aux États-Unis. La sous-espèce est
classée par NatureServe comme étant gravement
en péril à l’échelle mondiale (G5T1), au Canada
(N1) et au Colorado (S1). Le C. formosa est coté
gravement en péril (S1) en Alberta et non en péril
(S5) en Saskatchewan, au Montana et au Colorado.
Au Canada, une partie de son habitat se trouve dans
des aires protégées, mais la stabilisation des dunes
demeure une menace constante pour les populations,
même dans les parcs et les réserves.
27
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Dr. Dan Johnson
Criquet de l’armoise
Nom scientifique
Le Hypochlora alba, ou criquet de l’armoise, est
généralement connu au Canada sous le nom anglais
de Greenish-White Grasshopper. Aux États-Unis, il est
communément appelé Sagebrush Grasshopper, Cudweed
Sagewort Grasshopper ou Cudweed Grasshopper, en
allusion à sa plante hôte principale, l’armoise de l’Ouest,
avec laquelle il est étroitement associé. Le criquet de
l’armoise est un petit criquet qui ne vole pas. Les larves du
dernier stade et les mâles adultes mesurent généralement
entre 1,1 et 1,5 cm de longueur, mais les femelles
adultes peuvent atteindre 2,0 cm. Le criquet de
l’armoise appartient à la sous-famille des Mélanoplinés
et à la famille des Acrididés. Le corps est vert laiteux
clair avec de petites taches ou mouchetures vertes et
des bandes longitudinales blanches.
Hypochlora alba
Répartition
Taxon
Le criquet de l’armoise se rencontre dans des prairies mixtes sèches relativement peu perturbées, dans
la région des Grandes Plaines d’Amérique du Nord.
Son aire de répartition s’étend sur une étroite bande
de prairie depuis le sud des Prairies canadiennes
jusqu’au nord du Texas. Il y est apparemment confiné
aux régions où pousse sa plante hôte, l’armoise de
l’Ouest. Il se rencontre uniquement à faible altitude, où
il peut boucler son développement et se reproduire.
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Justification de la désignation
Cette espèce distinctive est restreinte à la prairie
mixte sèche dans l’extrême sud de la Saskatchewan et
dans le sud-ouest du Manitoba. La majeure partie de la
population canadienne se trouve dans quelques sites
seulement; de très petites populations se trouvant dans
un grand nombre d’entre eux. Il y a des indications qu’il y
a eu un déclin dans la partie ouest de l’aire de répartition.
Un certain nombre de menaces ont été documentées
incluant la conversion de prairies en prairies artificielles,
l’utilisation de pesticides et le surpâturage. Le réétablissement de populations perdues et l’immigration de
source externe sont limités par le fait que cette espèce
est principalement incapable de vol, bien qu’une partie
de l’habitat canadien soit continue avec l’habitat de
l’autre côté de la frontière.
Aire de répartition canadienne du criquet de l’armoise. Les
sites anciennement occupés par l’espèce près des villes de
Winnipeg et de Brandon ne figurent pas sur la carte, mais
toutes les autres localités canadiennes y sont indiquées.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
28
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Historiquement, l’aire de répartition canadienne du
criquet de l’armoise englobait le sud-est de l’Alberta,
le sud de la Saskatchewan jusqu’aux dunes Great
Sand Hills vers le nord, et l’extrême-sud-ouest du
Manitoba. Après 1980, un déclin du nombre de sites
occupés dans l’Ouest a été constaté.
Habitat
Le criquet de l’armoise se rencontre principalement
dans des pâturages et des prairies où pousse sa
principale plante hôte, l’armoise de l’Ouest (et dans
certains cas ses plantes hôtes secondaires), dans les
écorégions de la prairie mixte et de la prairie mixte
sèche, dans le nord des Grandes Plaines et le sud des
Prairies canadiennes. L’habitat du criquet de l’armoise
comprend des pâturages et des terres incultes en
bordure de routes, de clôtures, de cours d’eau, de
terrains perturbés et de haies brise-vent. L’armoise
de l’Ouest est une herbacée à fleurs bleues et à
feuillage argenté de la famille des Astéracées qui atteint
généralement une hauteur de 20 à 50 cm. Cette plante
contient de fortes concentrations de terpénoïdes et est
par conséquent très rarement utilisée comme source de
nourriture par d’autres insectes. Le criquet de l’armoise
l’utilise comme plante hôte à toutes les étapes de son
développement, et la présence de cette plante est donc
essentielle à sa reproduction. Une analyse des menaces
donne à croire à un déclin de l’habitat.
Biologie
Le criquet de l’armoise hiberne à l’état d’embryon
partiellement développé dans de petites oothèques
déposées près de la surface du sol à proximité de la
plante hôte. L’embryon poursuit son développement
lorsque le sol se réchauffe au printemps. L’éclosion
survient plus tardivement que chez la plupart des
autres espèces de criquets, habituellement à la mijuillet au Canada. La vie larvaire est ponctuée de cinq
stades, et les adultes apparaissent généralement
en août. Vers la mi-août, les populations sont
habituellement composées d’adultes à 80 %. Comme
chez d’autres espèces de criquets, des adaptations
comportementales ont apparemment permis à
l’espèce d’étendre son aire de répartition vers des
régions légèrement plus fraîches. Par exemple, les
larves du dernier stade et les adultes peuvent élever
leur température corporelle en s’installant sur leur
plante hôte perpendiculairement aux rayons du soleil,
les pattes souvent soulevées et éloignées du corps.
Taille et tendance des populations
En comparaison des autres espèces de criquets
présentant des aires de répartition similaires, et
d’après les données disponibles tirées de la littérature,
le criquet de l’armoise semble avoir été commun
aux sites occupés au Canada jusqu’en 1980. Par la
suite, il n’y a été observé qu’à de rares occasions,
et ses populations semblent avoir subi un déclin. Ce
déclin est bien documenté dans certains secteurs. Par
exemple, l’espèce était autrefois présente à Onefour
(Alberta), y ayant été capturée à la fin des années
1970 et au début des années 1980, mais elle n’y a
pas été observée lors des relevés effectués entre
1984 et 2002. De la même façon, aucun individu n’a
été trouvé parmi un lot de plus de 10 000 criquets
échantillonnés au cours de la période 2000-2006 dans
un vaste parcours situé à proximité de Onefour. Les
résultats des relevés de criquets effectués durant la
période 2003-2007 témoignent d’un déclin généralisé
de l’espèce au Canada. Toutefois, un relevé effectué
en août 2010 donne à croire à un redressement
appréciable des effectifs dans certains secteurs
compris dans la portion est de l’aire de répartition
de l’espèce. La présence de conditions relativement
fraîches et humides pourrait avoir contribué à cette
augmentation des effectifs au Canada.
Menaces et facteurs limitatifs
Selon une analyse de six faibles menaces peu
documentées (1) conversion des parcours en
prairies artificielles à agropyre à crête; 2) installation
de conditions plus chaudes et plus humides; 3)
épandages et dérive de pesticides; 4) aménagement
de barrages et de réservoirs et modification des
régimes d’irrigation; 5) exploration pétrolière et gazière;
6) surpâturage favorisant la colonisation de l’habitat
par des plantes envahissantes dominantes), l’impact
continu des menaces sur l’habitat du criquet de
l’armoise semble moyen.
Protection, statuts et classements
Le COSEPAC a attribué au criquet de l’armoise
le statut d’espèce préoccupante en novembre 2012.
Aucun statut de conservation n’a été attribué au
criquet et à l’habitat de sa plante hôte, et aucune
protection ne leur est accordée.
29
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
typiques des Légumineuses; les pétales inférieurs et
latéraux sont blancs, tandis que le pétale supérieur,
plus grand, est de couleur rose, rouge ou violette. Les
gousses, qui mesurent environ 3 cm de longueur et
1 cm de largeur, sont recouvertes de poils soyeux gris
et contiennent 1 à 5 graines.
Gesse littorale
Photo : © Matt Fairbarns
Répartition
On trouve la gesse littorale dans les régions
côtières, depuis le centre de la Californie jusqu’à
la Colombie-Britannique. Au Canada, l’espèce est
confinée à l’île de Vancouver, aux îles avoisinantes
et à l’archipel Haida Gwaii. Environ 40 % de l’aire de
répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.
Nom scientifique
Lathyrus littoralis
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette plante des dunes côtières, dont l’aire de
répartition mondiale se trouve en majeure partie au
Canada, est menacée par la compétition que lui livrent
les plantes exotiques envahissantes ainsi que par
les véhicules tout-terrain, le piétinement, l’herbivorie
et la diminution de l’habitat convenable due aux
marées de tempête de plus en plus fréquentes et plus
fortes en raison des changements climatiques. La
répartition restreinte de l’espèce, le très faible nombre
d’individus, et le petit nombre de sous-populations
rendent l’espèce en péril.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La gesse littorale (Lathyrus littoralis) est une
herbacée vivace à rhizome qui atteint une hauteur
de 10 à 60 cm. Les tiges sont ramifiées, densément
couvertes de poils soyeux gris. Les feuilles sont
alternes, composées-pennées; elles comprennent 4 à
8 folioles et sont dépourvues de vrilles. Les fleurs sont
30
Aire de répartition canadienne de la gesse littorale. Les
cercles noirs pleins indiquent les populations existantes.
Les cercles vides indiquent les populations transitoires ou
les populations qui étaient établies depuis longtemps
et qui ont disparu. Certains des cercles vides montrent
l’emplacement d’anciens sites où se trouvaient plusieurs
populations.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2013.
Habitat
L’aire de répartition de la gesse littorale se limite
aux dunes à drainage rapide de même qu’aux plaines
et aux plages sableuses situées le long du littoral
Pacifique. Cette espèce ne tolère pas l’ombrage et
ne se trouve que dans les zones dégagées dominées
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
par des herbacées basses, avec peu ou pas d’arbres
ou arbustes indigènes. Depuis 1930, une réduction
de 50 à 90 % de la superficie des milieux à végétation
clairsemée propices à la gesse littorale a été observée.
Biologie
La gesse littorale se propage au moyen de graines
et de rhizomes. La plupart des graines sont dispersées
à proximité immédiate de l’individu qui les produit,
mais des fragments de rhizome peuvent être délogés
par les tempêtes hivernales et transportés vers
de nouvelles plages par les courants océaniques.
Le transport sur de grandes distances donne
très rarement lieu à l’établissement de nouvelles
populations. Les plantes qui croissent sur des plages
exposées ont tendance à être arrachées par les
marées de tempête hivernales. Il arrive toutefois
que des fragments de rhizome soient transportés
jusqu’à l’arrière-plage, hors de portée de la plupart
des tempêtes, sauf les plus violentes, et que des
populations stables puissent s’y établir. À l’instar de
nombreuses espèces de la famille des Légumineuses,
la gesse littorale entretient une relation symbiotique
avec des bactéries. Cette relation facilite l’absorption
de l’azote par la plante dans son habitat sablonneux,
qui en contient peu. La gesse littorale produit des
substances chimiques qui découragent la plupart des
invertébrés herbivores, mais elle peut être intensément
broutée par les cerfs.
Taille et tendance des populations
Selon la plus récente estimation, fondée sur des
relevés détaillés (2009-2011), la taille de la population
canadienne varie entre 325 et 956 individus matures.
Menaces et facteurs limitatifs
Les plantes exotiques envahissantes
(principalement l’ammophile des sables) constituent
la principale menace pour la gesse littorale. Plusieurs
populations sont menacées par l’utilisation de
véhicules tout-terrain et le piétinement par des
randonneurs. L’espèce est également menacée par la
perte d’habitat due aux marées de tempête associées
aux changements climatiques. Dans les régions
où le cerf a été introduit ou est abondant en raison
d’interventions humaines, la gesse littorale est aussi
menacée par l’herbivorie.
Protection, statuts et classements
Au moment de l’évaluation, en avril 2013, la
gesse littorale n’était pas protégée en vertu de
dispositions législatives fédérales ou provinciales sur
les espèces en péril. La totalité ou une grande partie
des six populations existantes se trouve dans des
réserves de parcs nationaux, des parcs provinciaux,
des réserves écologiques provinciales ou des parcs
municipaux, ce qui confère une certaine protection
à l’espèce aux termes de dispositions générales
touchant les plantes indigènes. La gesse littorale
est cotée G3G4 (vulnérable à apparemment non
en péril, dernière réévaluation en 2013) à l’échelle
mondiale par NatureServe, N2 (en péril) à l’échelle
du Canada et S2 (en péril) en Colombie-Britannique.
La situation générale de l’espèce au Canada est
classée 2 (possiblement en péril). La cote de l’espèce
n’a pas encore été établie pour les États-Unis (NNR)
et pour les États de l’Oregon et de Washington. En
Californie, la gesse littorale est cotée S3S4 (vulnérable
à apparemment non en péril).
31
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Illustration : © Robb Bennett et le Journal of the
Entomological Society of Ontario
Gnaphose de Snohomish
Nom scientifique
Gnaphosa snohomish
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
griffes, à leurs filières antérolatérales cylindriques, de
grande taille et largement espacées et à leurs yeux
médians postérieurs modifiés. Les espèces du genre
Gnaphosa se distinguent par la présence d’une carène
dentelée sur le bord postérieur des pièces buccales.
La gnaphose de Snohomish diffère de ses congénères,
auxquels elle ressemble par ailleurs beaucoup, par la
morphologie de ses pièces génitales. Le corps mesure
entre 7,5 et 12 mm de longueur. L’abdomen est
couvert de poils courts. Les pattes sont relativement
fortes et recouvertes de nombreux grands poils. Le
céphalothorax, l’abdomen et les pattes sont brun
clair à marron foncé. La gnaphose de Snohomish est
endémique à la région de Puget Sound et du bassin de
Géorgie, et environ la moitié des occurrences connues
se trouvent au Canada.
Répartition
L’aire de répartition mondiale de la gnaphose de
Snohomish se limite à la portion sud des îles Gulf,
dans la région de Puget Sound et du bassin de
Géorgie, dans l’extrême-sud-ouest de la ColombieBritannique et les régions adjacentes de l’État de
Washington. Au Canada, elle se rencontre dans trois
tourbières oligotrophes et un marais. Les occurrences
dans les îles Gulf (ailleurs qu’à l’île Tumbo) et sur l’île
de Vancouver adjacente sont considérées comme
transitoires et attribuées à la dispersion d’individus
isolés par le vent.
Cette petite gnaphose (1 cm) des terres humides
a une répartition mondiale très limitée, se trouvant
dans le bassin de Georgia et dans l’ouest de l’État
de Washington. Au Canada, elle n’est connue que
dans quatre sites dans le sud de la ColombieBritannique. Ces populations peuvent devenir
menacées en très peu de temps. La plus importante
menace est l’inondation par l’eau de mer puisque
trois des quatre sites connus sont à moins de 3 m
au-dessus du niveau de la mer et sont menacés par
les augmentations prévues de la fréquence et de la
violence des tempêtes.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La gnaphose de Snohomish (Ganphosa snohomish)
est une araignée qui appartient à la famille des
Gnaphosidés. Les membres de cette famille se
reconnaissent à leurs pattes terminées par deux
32
Aire de répartition mondiale et canadienne de la
gnaphose de Snohomish. Toutes mentions connues de
l’espèce sont présentées.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Taille et tendance des populations
La gnaphose de Snohomish est principalement
associée aux tourbières oligotrophes à l’échelle de
son aire de répartition au Canada et aux États-Unis.
À quelques exceptions près, les occurrences de
l’espèce dans d’autres types de milieux humides
se rapportent à des spécimens isolés qui se sont
probablement dispersés par ballooning et n’attestent
pas la présence de populations établies. Un marais
à quenouille dans les îles Gulf est la seule localité
connue au Canada où une population de l’espèce est
établie dans un milieu humide autre qu’une tourbière
oligotrophe. Cinq des six sites abritant l’espèce dans
l’État de Washington sont des tourbières oligotrophes.
L’habitat de tourbière typique se présente sous
la forme d’une lande dégagée à strate mucinale
de sphaigne (Sphagnum) parsemée d’éricacées
arbustives.
La taille et les tendances des populations
demeurent inconnues, mais l’espèce est probablement
en déclin en raison de la dégradation de son habitat
et de la perte d’habitat. La plupart des captures
sont relativement récentes (moins de 25 ans), et les
populations connues n’ont fait l’objet d’aucun suivi.
Biologie
La plupart des espèces du genre Gnaphosa
sont des prédateurs généralistes qui poursuivent
activement leurs proies sur le sol la nuit et demeurent
cachés durant la journée. Leurs proies incluent
divers insectes et d’autres araignées. La gnaphose
de Snohomish hiberne à l’état subimaginal et atteint
sa maturité au début du printemps. Sa durée de vie
est probablement d’un an. Les jeunes araignées
se dispersent probablement non seulement en se
déplaçant localement de façon aléatoire, mais aussi
par ballooning, en produisant un fil de soie à partir
d’un perchoir exposé pour se laisser emporter au loin
par un courant ascendant. Ce mode de dispersion
est aléatoire, et il est avantageux seulement si
l’individu qui le pratique atterrit dans un milieu propice.
L’hypothèse selon laquelle la gnaphose de Snohomish
peut se disperser par ballooning est confortée par
l’observation d’individus isolés dans des milieux
autres que des tourbières oligotrophes dans les îles
Gulf et l’île de Vancouver adjacente, à 20 à 30 km
des populations connues.
Menaces et facteurs limitatifs
L’inondation par l’eau de mer occasionnée
par la hausse du niveau des océans (un effet des
changements climatiques), les tempêtes hivernales
et les tsunamis pourraient avoir des effets néfastes
à tous les sites sauf un. La modification des
écosystèmes naturels, en particulier la destruction
des milieux humides et la succession induite par les
plantes envahissantes indigènes et exotiques, ont des
effets avérés ou potentiels à tous les sites occupés
par l’espèce. Les activités agricoles, notamment
l’extraction récente et historique de la tourbe,
l’aménagement de cannebergières et l’altération
des processus hydrologiques qui en découlent, de
même que la pollution occasionnée par les activités
agricoles et industrielles et l’élimination des déchets
ont des impacts importants à au moins deux sites.
L’impact global des menaces est jugé très élevé, selon
le calculateur des menaces de NatureServe et sept
catégories de menaces pertinentes.
Protection, statuts et classements
Le COSEPAC a désigné la gnaphose de Snohomish
« espèce préoccupante » en novembre 2012. La
gnaphose de Snohomish n’est actuellement protégée
par aucune des lois sur les espèces en voie de
disparition en vigueur au Canada ou aux États-Unis.
Elle est considérée comme en péril aux échelles
mondiale et nationale (Canada).
33
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Deanna Dodgson
Gomphe riverain – Population des
plaines des Grands Lacs
Nom scientifique
Stylurus amnicola
Taxon
Arthropodes
une petite libellule (47 à 49 mm de long) au corps
effilé et à l’abdomen renflé à l’extrémité. La partie
antérieure du thorax est ornée d’une étoile à trois
branches caractéristique qui distingue cette espèce
des autres membres du genre Stylurus. L’abdomen
est noirâtre, avec de petites tâches dorsales jaunes et
de grandes tâches latérales jaunes à son extrémité.
Les femelles portent des tâches jaunes sur les flancs
de leur abdomen. Les pattes postérieures sont en
grande partie noires. Les larves se distinguent par leur
petite taille ainsi que par la forme de leurs segments
abdominaux et de leurs pièces buccales. Cette espèce
peut servir d’indicateur environnemental.
Répartition
Le gomphe riverain est présent dans l’est de
l’Amérique du Nord, du sud du Québec et du Manitoba
jusque dans le sud de la Louisiane. L’aire de répartition
canadienne du gomphe riverain est divisée en trois
régions distinctes : 1) les vallées de la rivière des
Outaouais et du Saint-Laurent au Québec; 2) la côte
centre-nord du lac Érié en Ontario; 3) le sud-est du
Manitoba.
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Cette population de libellules est restreinte à deux
petits ruisseaux qui se jettent dans le lac Érié. L’impact
d’une variété de menaces a été déterminé comme
étant très élevé, suggérant qu’il pourrait y avoir un
déclin considérable au cours de la prochaine décennie.
Les menaces incluent le retrait d’eau des ruisseaux, la
pollution, et les espèces exotiques envahissantes de
poissons qui se nourriraient des larves de libellules.
Description et importance
de l’espèce sauvage
Le gomphe riverain (Stylurus amnicola) est une
libellule appartenant à la famille des Gomphidés. En
anglais, les membres du genre Stylurus sont appelés
hanging clubtails (littéralement : gomphes suspendus)
en allusion à leur habitude de se suspendre à la
verticale lorsqu’ils se perchent sur la végétation en
bordure des cours d’eau. Le gomphe riverain est
34
Aire de répartition canadienne du gomphe riverain
(population des plaines des Grands Lacs) en Ontario.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
Habitat
À l’état larvaire, le gomphe riverain fréquente
une grande variété de cours d’eau allant du fleuve
Saint-Laurent à de petits ruisseaux. Les larves sont
habituellement observées dans des microhabitats
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
à courant faible à modéré et à fond de sable fin ou
de limon convenant à leurs mœurs fouisseuses. Les
adultes s’éloignent de leur cours d’eau natal après leur
émergence pour s’alimenter dans le couvert forestier et
parmi la végétation riveraine. Tout comme c’est le cas
pour les autres espèces de libellules qui fréquentent
les cours d’eau, la régulation du niveau de l’eau, la
pollution et la présence d’espèces envahissantes
représentent une menace pour l’habitat de ce gomphe.
Biologie
Les larves passent l’essentiel de leur temps
enfouies immédiatement sous la surface des
sédiments, au fond de l’eau. Elles respirent par
l’extrémité de leur abdomen, qu’elles dressent
au-dessus des sédiments. La vie larvaire dure
probablement au moins deux ans, et l’émergence
survient à la fin de juin ou au début de juillet. Les
adultes fraîchement émergés s’éloignent des environs
immédiats de leur cours d’eau natal pour échapper
aux prédateurs jusqu’à ce que leur exosquelette
durcisse et leur permette de mieux voler. Les adultes
sont présents du milieu de juillet au début août et
atteignent leur abondance maximale au milieu de
juillet. Les mâles patrouillent rapidement au-dessus
du cours d’eau jusqu’à ce qu’ils trouvent une femelle.
Après l’accouplement, les femelles déposent leurs
œufs à la surface du cours d’eau, dans le courant.
Les larves chassent à l’affût, cachées dans les
sédiments, et capturent leurs proies à l’aide de leur
labium préhensile. Les adultes sont probablement
des prédateurs généralistes et opportunistes qui se
nourrissent de petits insectes volants. Les prédateurs
du gomphe riverain comprennent diverses espèces de
poissons, d’oiseaux, de grenouilles, de mammifères et
d’insectes, dont d’autres libellules.
Taille et tendance des populations
Menaces et facteurs limitatifs
Les principales menaces qui pèsent sur le gomphe
riverain en Ontario, la province où les menaces sont
les mieux connues, comprennent le prélèvement
d’eau à des fins d’irrigation, la pollution de l’eau et les
espèces envahissantes. Par ailleurs, le développement
croissant entraîne une destruction de l’habitat et
accroît la vulnérabilité de l’espèce à divers prédateurs
comme les ratons laveurs et de nombreuses espèces
d’oiseaux qui profitent de la présence humaine et
trouvent à nicher et à s’alimenter dans les lieux
aménagés par les humains. Certaines de ces menaces
existent également au Québec et au Manitoba, mais
leur impact semble moindre.
Protection, statuts et classements
En novembre 2012, le COSEPAC a classé la
population boréale et la population des Prairies
du gomphe riverain dans la catégorie « Données
insuffisantes », et la population des plaines des Grands
Lacs, dans la catégorie « en voie de disparition ». Le
gomphe riverain ne bénéficie actuellement d’aucune
protection aux termes de l’Endangered Species Act
des États-Unis ou de la Loi sur les espèces en péril
du Canada, ni aux termes d’une quelconque loi du
Québec, de l’Ontario ou du Manitoba. Aucun des
sites connus au Canada ne se trouve dans un parc
provincial ou fédéral.
Selon le système de NatureServe, le gomphe
riverain est classé G4 (« apparemment non en péril »)
à l’échelle mondiale, N3 (« vulnérable ») au Canada
et N4 (« apparemment non en péril ») aux États-Unis,
S3 (« vulnérable ») au Québec et S1 (« gravement en
péril ») en Ontario. Aucune cote ne lui a été attribuée
au Manitoba. Dans les États frontaliers, l’espèce est
classée SX (« apparemment disparue de l’État ») à S3;
elle est rare mais non classée au Minnesota.
La taille et les tendances des populations ne sont
pas connues.
35
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Harold Stiver
Grive des bois
Nom scientifique
Hylocichla mustelina
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
noirâtres. Le plumage des jeunes est semblable à celui
des adultes, mais les jeunes présentent des stries et
des taches rousses sur le dos, le cou et les tectrices
sus-alaires. Dans l’ensemble, le plumage de la Grive
des bois est assez remarquable, et il est peu probable
que l’espèce soit confondue avec d’autres espèces
de grives ou le Moqueur roux. La Grive des bois est
devenue un symbole du déclin des oiseaux migrateurs
néotropicaux en raison des baisses importantes de ses
effectifs qui ont été observées dans la majeure partie
de l’aire de répartition depuis la fin des années 1970.
Répartition
La Grive des bois niche dans le sud-est du Canada,
depuis le sud de l’Ontario vers l’est jusqu’en NouvelleÉcosse. Elle niche aussi dans l’est des États-Unis,
vers le sud jusque dans le nord de la Floride et la côte
du golfe du Mexique. Dans l’ouest des États-Unis,
son aire de répartition s’étend depuis l’est du Texas
jusqu’au sud-est du Dakota du Sud et du centre-ouest
du Minnesota. La Grive des bois hiverne en Amérique
centrale, principalement dans les basses-terres et
les forêts tropicales des côtes atlantique et pacifique,
depuis le sud du Mexique vers le sud jusqu’au Panama.
Aire de répartition canadienne
Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick,
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
Au Canada, cette espèce qui niche en forêt a subi
d’importants déclins à court et à long terme dans
l’abondance de la population. L’espèce est menacée
par la perte d’habitat dans ses aires d’hivernage et par
la fragmentation et la dégradation de l’habitat dans
ses aires de reproduction. Elle fait aussi l’objet de taux
élevés de prédation des nids et de parasitisme par
le vacher, tous deux associés à la fragmentation de
l’habitat dans les aires de reproduction.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La Grive des bois est un oiseau migrateur
néotropical de taille moyenne et légèrement plus
petit que le Merle d’Amérique. Le plumage est
semblable chez les deux sexes; chez l’adulte, les
parties supérieures sont généralement de couleur
brun rouille, les parties inférieures sont blanches, et
la poitrine et les flancs portent de grandes taches
36
Aire de répartition canadienne actuelle de la Grive des
bois. L’espèce est considérée un visiteur occasionnel au
Manitoba.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2012.
Habitat
Au Canada, la Grive des bois niche principalement
dans les forêts secondaires et les forêts décidues et
mélangées matures, caractérisées par des gaules et un
sous-étage bien développés. Même si l’espèce préfère
nicher dans les grandes mosaïques forestières, elle peut
nicher aussi dans de petits fragments de forêts.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
L’habitat d’hivernage est caractérisé principalement
par des forêts primaires humides non perturbées ou
moyennement perturbées situées dans les basses-terres.
Biologie
La Grive des bois est habituellement monogame,
mais on observe aussi des accouplements hors
couple. Au Canada, la plupart des adultes nicheurs
arrivent dans l’aire de nidification de la mi-mai à la
fin de mai. Les nids sont habituellement situés dans
des gaules, des arbres ou des arbustes vivants, en
général d’érable à sucre ou de hêtre à grandes feuilles.
Les couvées comptent en moyenne 4 œufs, et il est
fréquent d’observer une double couvée. L’incubation
dure de 10 à 12 jours; les deux parents prennent soin
des jeunes, et ces derniers prennent leur envol 12 à
15 jours après leur naissance. Les jeunes à l’envol
demeurent dans le domaine vital natal durant 24 à
33 jours, puis ils partent vers l’aire d’hivernage de la
mi-août à la mi-septembre. Chez la Grive des bois,
l’âge à la première reproduction est de un an.
Taille et tendance des populations
Selon les estimations, la population canadienne
de la Grive des bois compterait de 260 000 à
665 000 individus matures.
Menaces et facteurs limitatifs
Plusieurs menaces pèsent actuellement sur la Grive
des bois. Dans l’aire de nidification, les principales
menaces pour l’espèce sont la dégradation et la
fragmentation de l’habitat causées par les ensembles
résidentiels et le broutage excessif du cerf de
Virginie. Les taux élevés de prédation des nids et
de parasitisme par le Vacher à tête brune qui sont
associés à la fragmentation de l’habitat menacent
aussi la Grive des bois. Dans l’aire d’hivernage de
l’espèce, les principales menaces sont la perte
d’habitat et la dégradation de l’habitat.
Protection, statuts et classements
Au Canada, la Grive des bois, ses nids et ses
œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur
la Convention concernant les oiseaux migrateurs.
L’espèce est également protégée au Québec en vertu
de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la
faune. Les cotes de situation générale accordées à la
Grive des bois sont les suivantes : espèce non en péril
au Canada, en Ontario et au Québec, possiblement
en péril au Nouveau-Brunswick et indéterminée en
Nouvelle-Écosse.
Les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS,
pour Breeding Bird Survey) indiquent un taux de déclin
annuel significatif de 4,29 % entre 1970 et 2011, ce qui
correspond à une diminution de la population de 83 %
au cours des 41 dernières années. Les données de la
plus récente période de dix ans (de 2001 à 2011) et
d’environ trois générations montrent un déclin significatif
de 4,69 % par année, ce qui représente une diminution
de la population de 38 % au cours de la période.
37
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Population des plaines des Grands Lacs :
Photo : © Jessica E. Linton
Hespérie tachetée – Population
boréale et population des plaines
des Grands Lacs
Nom scientifique
Erynnis martialis
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition (population boréale
et population des plaines des Grands Lacs)
Aire de répartition canadienne
Manitoba (population boréale)
Ontario, Québec (population des plaines
des Grands Lacs)
Justification de la désignation
Population boréale :
Ce papillon est en déclin dans toute son aire
de répartition nord-américaine. Au Canada, cette
population particulière est restreinte à une petite zone
de pinèdes dans le sud-est du Manitoba. Toutes les
localités sont menacées. Une localité devrait être
inondée d’ici dix ans et les quatre autres pourraient
connaître des déclins de population considérables
en raison de la succession forestière naturelle.
L’habitat de l’espèce à toutes les localités pourrait
faire l’objet d’une pulvérisation de Btk pour lutter
contre la spongieuse. Tous les sites actuellement non
documentés connaîtront probablement une gamme
similaire de menaces.
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La population est disparue du Québec et occupe
maintenant quelques localités isolées dans le sud de
l’Ontario, dont le nombre continue de connaître un
déclin. Les effectifs de la population sont aussi en
déclin. L’espèce est menacée principalement par la
fragmentation de l’habitat, mais également par la perte
et la dégradation de l’habitat en raison, par exemple,
du développement, de la succession naturelle, de
la suppression des feux et du broutage intensif par
les cerfs.
Description et importance
de l’espèce sauvage
L’hespérie tachetée (Erynnis martialis) est un
papillon de la famille des Hespériidés (Hesperiidae).
Cette hespérie gris foncé de taille moyenne (envergure
de 23 à 29 mm), fortement marbrée, se caractérise
par de légers reflets violacés. La présence de taches
brun jaunâtre donne aux ailes postérieures un aspect
marbré qui distingue l’hespérie tachetée des autres
hespéries du genre Erynnis.
L’hespérie tachetée est une espèce distincte au
point de vue taxinomique. On ne lui connaît aucune
sous-espèce. En outre, elle se distingue génétiquement
des espèces les plus proches. L’hespérie tachetée fait
partie des espèces représentatives de quelques-uns
des écosystèmes les plus rares du Canada, comme
les chênaies claires, les pinèdes claires, les prairies
à grandes graminées et les alvars, à sol sec ou
sablonneux et à végétation de début de succession.
L’hespérie tachetée subit un déclin semblable à celui
d’autres espèces de papillons qui ont le même type
d’habitat, comme le bleu mélissa, le lutin givré et
l’hespérie persius de l’Est, tous considérés comme
disparus du Canada.
Répartition
L’aire de répartition actuelle de l’hespérie tachetée
s’étend de la Pennsylvanie au Minnesota, dans l’est
des États-Unis, jusqu’en Géorgie et dans l’est et le
centre du Texas, au sud. Au Canada, l’espèce est
présente dans le sud-est du Manitoba et le sud de
l’Ontario, les populations de ces deux régions étant
considérées comme deux unités désignables (UD)
distinctes : la population boréale (sud du Manitoba)
et la population des plaines des Grands Lacs (sud
de l’Ontario et, autrefois, sud du Québec).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
L’hespérie tachetée a besoin de ses plantes hôtes, le
céanothe d’Amérique (UD des plaines des Grands Lacs)
et le céanothe à feuilles étroites (UD boréale), durant
son cycle vital. Au Canada, ces arbustes poussent dans
des sols secs et bien drainés ou des alvars, à l’intérieur
de chênaies ou de pinèdes claires, en bordure de routes
ou de cours d’eau, sur des coteaux ombragés et dans
des prairies à grandes graminées. Comme le papillon
est souvent absent des aires occupées par les plantes
hôtes, on présume que d’autres facteurs limitatifs jouent
un rôle dans l’occupation des sites par l’espèce. Par
ailleurs, il semble que les plantes hôtes connaissent
aussi un certain déclin dans la majeure partie de l’aire
de répartition du papillon et que l’habitat lui-même
pourrait y être en péril.
Mentions d’observation de l’hespérie tachetée –
population boréale (Manitoba).
Biologie
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
La femelle pond ses œufs un à la fois, sur le
pédicelle des fleurs ou sur d’autres parties de la plante
hôte. Après l’éclosion, les chenilles se tissent un nid
de feuilles reliées par des fils de soie. L’espèce hiverne
sous forme de chenilles matures, qui se pupifient en
avril puis donnent des papillons adultes, du milieu de
mai à la fin de juin dans la majeure partie de l’aire de
répartition canadienne. Dans le sud-ouest de l’Ontario,
une deuxième génération se pupifie au début de juillet
et vole du milieu de juillet à la fin d’août.
Taille et tendance des populations
L’hespérie tachetée a toujours été observée en
petites colonies. L’espèce accuse un déclin généralisé
dans la majeure partie de l’aire de répartition mondiale
qu’on lui connaît. En Ontario, elle semble avoir
disparu de plusieurs de ses sites historiques au cours
des 20 dernières années. Dans certains sites où la
présence du papillon a été récemment répertoriée,
les relevés effectués au cours des 5 dernières années
n’ont donné aucun résultat positif. Au Manitoba, il
semble que l’abondance de l’hespérie tachetée et la
qualité de son habitat soient aussi en déclin. L’espèce
est considérée comme disparue du Québec.
Menaces et facteurs limitatifs
En ce moment, la quasi-totalité des sites sont
menacés d’une manière ou d’une autre, principalement
par le développement urbain, la succession naturelle,
la gestion inappropriée des incendies (dommageable
Mentions récentes (1998–2008) de l’hespérie tachetée
– population des plaines des Grands Lacs (Ontario).
Considérée disparue du Québec.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
au papillon et à son arbuste hôte), la pulvérisation
de Btk contre la spongieuse, un insecte défoliant non
indigène, les inondations naturelles et la plantation
de pins gris.
Il semble par ailleurs que des facteurs limitatifs
biologiques, encore inconnus, contribuent au déclin
de l’hespérie tachetée. Les menaces sont exacerbées
par la structure en métapopulations de l’espèce,
qui augmente vraisemblablement sa sensibilité à
la fragmentation de l’habitat. Lorsque plusieurs
39
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
sites souffrent simultanément d’une ou de plusieurs
menaces et que des populations disparaissent d’un
site faisant partie d’une série de sites interreliés, il est
peu probable de voir ce site recolonisé par dispersion
naturelle, surtout dans le sud de l’Ontario.
Protection, statuts et classements
L’hespérie tachetée ne bénéficie d’aucune
protection en vertu des lois fédérales. En Ontario, ce
papillon est protégé en vertu de deux lois provinciales
: la Loi sur la protection du poisson et de la faune
et la Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de
conservation. Au Manitoba, l’hespérie tachetée ne
fait pas partie des espèces protégées par la Loi sur
les espèces en voie de disparition de la province.
L’habitat de l’espèce est protégé à l’intérieur des forêts
provinciales et des parcs provinciaux du Manitoba,
mais une incompatibilité potentielle existe entre la
production de bois d’œuvre et les objectifs de la
gestion de l’habitat de l’hespérie tachetée.
40
À l’échelle provinciale, l’espèce est classée en
péril (S2) en Ontario, en péril (S2) au Manitoba et
vraisemblablement disparue (SH) au Québec. Elle
est classée en péril à vulnérable (N2N3) à l’échelle
du Canada. Les plantes hôtes sont classées
apparemment non en péril (S4) en Ontario, vulnérables
(S3) au Manitoba et en péril (S2) au Québec.
En Ontario, cinq sites historiques se trouvent à
l’intérieur d’aires protégées : le parc provincial du
ruisseau Bronte, la zone de conservation Glenorchy, le
Karner Blue Sanctuary (zone de conservation privée),
le parc provincial The Pinery et la réserve forestière
St. Williams. Au Manitoba, tous les sites où on a noté
la présence du papillon au cours des dernières années
se trouvent dans un parc provincial ou une forêt
provinciale.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Charles M. Francis
Hirondelle de rivage
Nom scientifique
Riparia riparia
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
L’Hirondelle de rivage est un petit oiseau chanteur
insectivore dont le dessus est brun et le dessous,
blanc, et qui se caractérise par une bande foncée sur
la poitrine. Elle se distingue des autres hirondelles en
vol par ses battements d’ailes rapides et irréguliers,
ainsi que par son cri, un gazouillis bourdonnant
presque constant. L’espèce est très sociale toute
l’année et bien visible à ses colonies de nidification,
où elle niche dans des terriers qu’elle creuse dans les
talus verticaux en cours d’érosion.
Répartition
L’Hirondelle de rivage a une vaste répartition; on
la trouve sur tous les continents, à l’exception de
l’Antarctique et de l’Australie. En Amérique du Nord,
elle se reproduit un peu partout dans les deux tiers des
États-Unis les plus au nord, jusqu’à la limite des arbres.
Elle se reproduit dans toutes les provinces et dans tous
les territoires canadiens, sauf peut-être au Nunavut. Elle
hiverne principalement en Amérique du Sud.
Menacée
Aire de répartition canadienne
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, ColombieBritannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba,
Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-PrinceÉdouard, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador
Justification de la désignation
Cette espèce largement répandue a subi un grave
déclin à long terme, sa population canadienne ayant
chuté de 98 % au cours des 40 dernières années.
Comme pour beaucoup d’autres insectivores aériens,
le déclin se poursuit, mais il est moins prononcé
depuis les années 1980. Les données du Relevé des
oiseaux nicheurs de 2001 à 2011 indiquent une perte
potentielle de 31% de la population pendant cette
période de 10 ans. Les raisons de ces déclins ne sont
pas bien comprises, mais les effets cumulatifs de
plusieurs menaces seraient probablement en cause,
notamment la perte d’habitat de reproduction et
d’alimentation, la destruction des nids occasionnée
par l’excavation d’agrégats, les collisions avec des
véhicules, l’utilisation généralisée de pesticides, qui
réduit l’abondance des proies, ainsi que les effets des
changements climatiques, qui peuvent limiter la survie
ou le potentiel de reproduction.
Aire de nidification et aire d’hivernage de l’hirondelle de
rivage en Amérique du Nord et en Amérique Centrale.
Source : Modifié à partir de “Birds of North America Online” http://
bna.birds.cornell.edu/bna maintenu par le Cornell Lab of Ornithology,
Ithaca, NY.
41
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Habitat
Menaces et facteurs limitatifs
L’Hirondelle de rivage se reproduit dans une grande
variété de sites naturels et artificiels comportant des
talus verticaux, notamment les berges des cours
d’eau, les falaises le long des lacs et des océans, les
carrières d’agrégats, les tranchées de route et les
amoncellements de terre. Elle recherche les substrats
composés d’un mélange de sable et de limon pour
creuser ses terriers de nidification. Les sites de
nidification ont tendance à être éphémères à cause
de la nature dynamique de l’érosion des talus. Ils
sont souvent situés près de milieux terrestres ouverts
utilisés pour l’alimentation en vol (p. ex. prairies, prés,
pâturages et terres agricoles). Les vastes milieux
humides servent de sites de repos communautaire
nocturne après la reproduction et durant la migration
et l’hivernage.
Bien qu’aucune menace en particulier ne semble
responsable du déclin de l’Hirondelle de rivage, les
effets cumulatifs de plusieurs facteurs pourraient
occasionner des déclins. La perte d’habitat de
reproduction et d’alimentation est manifeste, surtout
du fait des projets de lutte contre l’érosion et de
maîtrise des crues (barrages), des activités de gestion
des agrégats, de la conversion de pâturages en
terres cultivées et du boisement. La destruction des
nids durant l’excavation d’agrégats peut également
représenter une menace significative dans certaines
zones. Les changements climatiques peuvent réduire
la survie en hiver ou le potentiel de reproduction,
tandis que l’utilisation répandue de pesticides peut
causer une diminution de l’abondance ou de la
diversité des insectes volants. Les menaces durant la
migration et dans les lieux d’hivernage sont en grande
partie inconnues, mais leur connaissance pourrait être
essentielle pour élucider le déclin de l’espèce.
Biologie
L’Hirondelle de rivage se reproduit en colonies
allant de quelques couples à quelques milliers de
couples. En Amérique du Nord, elle ne produit qu’une
couvée par année, et son succès de nidification est
souvent assez élevé. L’âge moyen des nicheurs varie
vraisemblablement de 1,7 à 2 ans.
Taille et tendance des populations
Les données à long terme du Relevé des oiseaux
nicheurs (BBS) ont montré un taux de déclin annuel
significatif de 8,84 % entre 1970 et 2011. À ce rythme,
la population aurait diminué d’environ 98 % au cours
des 41 dernières années. Les données de la plus
récente période de dix ans (de 2001 à 2011) ont
montré un déclin non significatif de 3,69 % par année,
ce qui représente une diminution potentielle des
effectifs de 31 % au cours des dix dernières années.
Ces déclins sont corroborés par les atlas provinciaux
des oiseaux nicheurs, qui montrent des déclins
substantiels pour ce qui est de la zone d’occupation
et de la probabilité d’observation.
42
Protection, statuts et classements
Au Canada, l’Hirondelle de rivage est protégée en
vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant
les oiseaux migrateurs du gouvernement fédéral.
L’UICN lui a attribué le statut « préoccupation
mineure » dans sa liste rouge (2011) des espèces
menacées, et NatureServe lui a attribué le statut « non
en péril » au Canada et aux États-Unis, bien que le
Conseil canadien de conservation des espèces en
péril lui ait attribué le statut « possiblement en péril »
(may be at risk) en Nouvelle-Écosse et « vulnérable »
(sensitive) au Nouveau-Brunswick et en Ontario.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Kristiina Ovaska
Limace de Haida Gwaii
Nom scientifique
Staala gwaii
Taxon
Mollusques
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette petite limace est une relique des refuges
non glaciés dans l’archipel Haida Gwaii et sur la
péninsule Brooks du nord-ouest de l’île de Vancouver.
Elle représente une espèce et un genre récemment
décrits et elle ne se trouve nulle part ailleurs dans le
monde. Elle vit principalement dans des microhabitats
frais et humides dans la zone subalpine, mais elle a
également été trouvée dans quelques sites boisés. Le
broutage par les cerfs introduits dans l’archipel Haida
Gwaii a grandement modifié l’habitat de l’espèce et
a probablement réduit sa population; ce broutage est
apparemment en augmentation à des altitudes plus
élevées. Les changements climatiques menacent
également de réduire l’étendue de l’habitat subalpin
privilégié par la limace.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La limace de Haida Gwaii (Staala gwaii) a été
découverte en 2003 dans l’archipel Haida Gwaii
(îles de la Reine-Charlotte) et a par la suite aussi été
trouvée sur la péninsule Brooks de l’île de Vancouver,
en Colombie-Britannique. Les deux régions présentent
des écosystèmes uniques et abritent de nombreuses
espèces et sous-espèces rares du fait de l’histoire
glaciaire de ces îles. La limace de Haida Gwaii est
le seul gastéropode terrestre connu de l’ouest de
l’Amérique du Nord qui est une relique de l’époque
préglaciaire, et sa répartition est demeurée limitée à des
secteurs restreints. Cette limace de petite taille, dont
l’adulte ne mesure que de 1 à 2 cm, a une apparence
distinctive. Le manteau est soulevé en une bosse
prononcée, et l’ensemble du corps (queue, cou et
manteau) est couvert de petites projections, ou papilles,
dont l’extrémité est souvent noire. La coloration du
corps va du noir de jais au gris ou au brun clair; une
marbrure foncée est souvent présente sur le manteau.
Répartition
La limace de Haida Gwaii a été trouvée dans les
îles Moresby et Graham, les deux îles principales de
l’archipel Haida Gwaii, et sur la péninsule Brooks, dans le
nord-ouest de l’île de Vancouver. À Haida Gwaii, l’espèce
a été signalée à 11 sites, qui pourraient représenter
au total six populations, trois sur chacune des deux
îles susmentionnées. Comme aucun relevé ciblant
les gastéropodes n’a été réalisé dans une grande
partie de l’habitat potentiellement propice à l’espèce
dans les îles, habitat qui se trouve particulièrement
dans les secteurs alpins et subalpins et les forêts
montagnardes, on pense qu’il y a probablement
d’autres sites abritant l’espèce et populations.
Habitat
On trouve le plus souvent les limaces de Haida
Gwaii dans des milieux ouverts de type subalpin à
végétation de krummholz. L’habitat de l’espèce se
caractérise par la présence d’arbres rabougris épars,
de baissières où poussent des graminées et des
arbustes bas, et d’un sol presque saturé souvent
couvert de mousse. En forêt, l’espèce est présente
en altitude et n’a été trouvée que sporadiquement
dans les forêts de faible altitude à Haida Gwaii, dans
lesquelles le gros des activités de recherche a été
réalisé. On pense qu’il est important que l’habitat de
l’espèce présente des micromilieux humides, ainsi que
des débris ligneux grossiers, des roches ou un épais
tapis de mousse permettant aux limaces de s’abriter
contre les prédateurs et les conditions rigoureuses.
43
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Aire de répartition mondiale et canadienne de la Limace de Haida Gwaii.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2013.
Biologie
Taille et tendance des populations
Le cycle vital et les mœurs de la limace de Haida
Gwaii sont mal connus. Des jeunes de très petite
taille récemment éclos ont été trouvés de juillet à
septembre, et des adultes apparaissent dans les
échantillons en automne. La durée d’une génération
est probablement de un an. Les limaces se dispersent
très peu, comme en témoigne leur répartition
extrêmement éparse dans les forêts de faible altitude
de Haida Gwaii. Cette répartition éparse pourrait aussi
indiquer que l’espèce ne peut se maintenir dans les
zones renfermant une densité relativement élevée de
prédateurs d’invertébrés et d’espèces concurrentes,
y compris d’autres gastéropodes.
La taille et les tendances des populations sont
inconnues. Des limaces ont été trouvées facilement
dans les milieux subalpins et alpins dans l’île Moresby,
ce qui laisse penser que l’effectif de l’espèce y est
assez élevé. Cependant, la toundra alpine et la zone
biogéoclimatique à pruche subalpine adjacente couvre
ensemble seulement 6 % de la superficie terrestre
de l’archipel. À Haida Gwaii, l’espèce n’a été trouvée
que rarement et en faible nombre dans la zone
biogéoclimatique côtière à pruche de l’Ouest,
qui couvre une grande partie des îles.
44
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Menaces et facteurs limitatifs
Protection, statuts et classements
La limace de Haida Gwaii a besoin de micromilieux
frais et humides et pourrait donc être particulièrement
vulnérable à l’altération des régimes de température
et d’humidité. On pense que les principales menaces
pesant sur l’espèce proviendraient des changements
climatiques et, à Haida Gwaii, de l’altération de
l’habitat lié au broutage exercé par les cerfs de
Sitka, espèce qui a été introduite dans l’archipel.
L’exploitation forestière constitue une menace à
certains sites de l’île Graham. On prévoit que les
changements climatiques entraîneront une destruction
et une altération des milieux alpins et subalpins
propices à l’espèce, où se trouvent les deux tiers des
sites connus pour l’abriter, du fait de la progression
en altitude de la limite des arbres. Les zones alpine
et subalpine à Haida Gwaii et sur la péninsule Brooks
se trouvent à des altitudes relativement faibles et
connaîtraient donc un rétrécissement rapide. Les cerfs
introduits sont présents un peu partout à Haida Gwaii,
notamment dans les secteurs alpins et subalpins,
et ont profondément altéré la végétation du sousétage forestier, mais leurs effets spécifiques sur la
limace de Haida Gwaii n’ont pas encore été mesurés.
Le broutage des cerfs peut réduire l’accumulation
de litière et accroître l’exposition du sol au soleil et
au vent, d’où une réduction de l’humidité dans les
microsites utilisés par les limaces. On a signalé des
baisses des effectifs de gastéropodes terrestres dues
au broutage d’ongulés sur de petites îles de Haida
Gwaii et dans le nord de l’Europe.
En date de mai 2013, ni la Loi sur les espèces
en péril fédérale, ni la Wildlife Act de la ColombieBritannique, ni aucune autre loi n’accordent une
protection ou un statut juridique à la limace de Haida
Gwaii. En Colombie-Britannique, cette limace figure
sur la liste bleue provinciale des espèces en péril.
Dans l’île de Vancouver, la limace de Haida Gwaii
est présente dans le parc provincial Brooks Peninsula.
Haida Gwaii renferme de grandes aires protégées,
dont la réserve de parc national et site du patrimoine
haïda Gwaii Haanas, dans l’île Moresby, qui comprend
6 des 11 sites connus de l’espèce dans l’archipel.
Les cinq autres sites de Haida Gwaii se trouvent sur
des terres publiques de la Colombie-Britannique
dans l’île Graham. L’aire protégée portant le nom de
Duu Guusd Heritage Site/Conservancy occupe une
grande étendue dans le nord-ouest de l’île Graham,
mais aucun relevé ciblant les gastéropodes n’y a été
effectué. Les objectifs en matière d’aménagement du
territoire établis par voie juridique en vertu de l’arrêté
ministériel intitulé Haida Gwaii Land Use Objectives
Order de décembre 2010 comprennent des mesures
de gestion écosystémique pour les terres forestières.
La mise en œuvre de cet arrêté pourrait bénéficier à la
limace de Haida Gwaii grâce aux objectifs relatifs à la
biodiversité et aux espèces sauvages et à ceux relatifs
à l’habitat aquatique visant la protection des zones
riveraines et des bassins hydrographiques.
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Thomas Preney
Massasauga – Population carolinienne
Nom scientifique
Sistrurus catenatus
Taxon
Reptiles
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
La population est réduite à deux zones restreintes
et très isolées faisant l’objet de menaces intenses
découlant de développements avoisinants, ainsi que
de l’exploitation illégale. Les sous–populations sont
petites et soumises à la stochasticité génétique et
démographique qui compromettent la croissance
future. La qualité de l’habitat continue également de
connaître un déclin.
Description et importance de
l’espèce sauvage
Le massasauga (Sistrurus catenatus) est un crotale
de taille relativement petite, au corps épais, muni au
bout de la queue d’un bruiteur segmenté. Il est gris,
fauve ou brun clair, et a sur le dos des taches brun
foncé en forme de nœud papillon. On le confond
souvent avec d’autres espèces ontariennes de
serpents rayés ou tachetés. Il possède des pupilles
elliptiques et une paire de fossettes thermosensibles
entre les yeux et les narines. Le massasauga est le
46
seul serpent venimeux encore présent en Ontario.
L’espèce donne donc aux humains l’occasion unique de
montrer qu’ils sont capables de respecter une espèce
qui peut infliger une blessure et de coexister avec elle.
Malgré la persécution généralisée dont il est victime, le
massasauga ne menace pas vraiment la santé publique.
Dans la mythologie des Premières nations, ces serpents
sont considérés comme les gardiens de la terre qui
nous rappellent qu’il faut respecter la nature et modérer
l’exploitation qu’on en fait.
Répartition
Le massasauga se rencontre du Canada (en Ontario)
au nord du Mexique, mais seule la sous-espèce de
l’est (S. catenatus catenatus) est présente au Canada.
En Ontario, on observe deux unités désignables pour
ce serpent : 1) dans la région de la baie Georgienne,
principalement dans la partie nord de la péninsule
Bruce et le long de la côte est de la baie Georgienne; et
2) dans la région carolinienne du sud-ouest de l’Ontario,
dans la prairie Ojibway, près de Windsor et LaSalle,
et dans la tourbière Wainfleet, près de Port Colborne.
L’étendue de l’aire de répartition canadienne du
massasauga a considérablement diminué par rapport
aux valeurs historiques et cette diminution continue.
Habitat
Au Canada, l’habitat du massasauga varie des
prairies humides aux forêts de conifères en passant
par les champs abandonnés, les tourbières et les
landes rocheuses. Le massasauga a besoin d’un
habitat semi-ouvert ou de petites clairières qui lui
offrent à la fois des abris contre les prédateurs et des
conditions favorables à sa thermorégulation. Ses sites
d’hibernation sont souvent humides ou saturés d’eau et
peuvent être des terriers de mammifère ou d’écrevisse,
des fissures rocheuses ou d’autres trous lui permettant
de descendre en dessous du niveau du gel. Dans la
région carolinienne, l’habitat du massasauga continue
à se dégrader à la fois en quantité et en qualité. Sur le
pourtour de la baie Georgienne, l’habitat, relativement
étendu et intact, est soumis à un niveau modéré de
dégradation et de destruction.
Biologie
En Ontario, les massasaugas sont actifs durant
la moitié de l’année (du printemps à l’automne) et ils
hibernent durant l’autre moitié. Ces serpents chassent
à l’affût et se nourrissent presque exclusivement de
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Mentions d’occurrence historiques et contemporaines du massasauga (Sistrurus catenatus). La frontière septentrionale
approximative de la province faunique carolinienne est symbolisée par la ligne pointillée (COSEPAC, 2009b). Les symboles
représentent les « localités » qui ont été rejetées (X) ou acceptées (O) dans le cadre de la discussion sur les « localités »
historiques et contemporaines et pour l’estimation de la superficie de l’aire de répartition. La grille de l’atlas a une maille
de 10 × 10 km.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2012; utilisé avec permission de Ontario Nature.
petits mammifères. Ils sont eux-mêmes la proie de
divers rapaces et mammifères de taille moyenne. Le
massasauga est un serpent discret qui préfère battre en
retraite ou faire appel à son camouflage ou au couvert
arbustif pour éviter la détection par les prédateurs et les
humains. Suivant la population à laquelle il appartient,
ce serpent peut se déplacer sur plusieurs kilomètres ou
rester dans la même zone en limitant ses déplacements
quotidiens. L’accouplement a lieu à la fin de l’été et les
jeunes naissent l’été suivant. Les femelles atteignent
la maturité sexuelle entre 3 et 5 ans et mettent bas
tous les deux ans. Le massasauga peut vivre plus de
10 ans à l’état sauvage et la durée d’une génération
est d’environ 8 ans. Le taux de mortalité naturelle des
adultes varie entre 25 % et 40 % par an.
Taille et tendance des populations
Quelques-unes des populations de massasaugas
de l’Est les mieux protégées en Amérique du Nord
se trouvent dans la région de la baie Georgienne. La
taille de la population dans cette région est estimée
à environ 10 000 adultes, la plupart étant concentrés
le long de la partie nord de la péninsule Bruce et sur
la côte est de la baie Georgienne. Même si le nombre
de sous-populations semble être stable dans la
région, un déclin à long terme généralisé de la taille
de la population totale est présumé et probable. Dans
la région carolinienne, on ne compte que quelques
dizaines de massasaugas adultes dans deux petits
sites isolés. La population carolinienne est en déclin
47
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
et l’aire de répartition de chaque sous-population
a rétréci de manière significative au cours des
25 dernières années. La sous-population de la prairie
Ojibway n’est en fait plus viable et l’on s’attend à ce
qu’elle disparaisse dans un proche avenir.
les probabilités sont faibles qu’une zone où une souspopulation a disparu soit recolonisée naturellement. Les
sous-populations caroliniennes sont de plus exposées
au risque de disparition stochastique à cause de leur
petite taille et de leur degré d’isolement élevé.
Menaces et facteurs limitatifs
Protection, statuts et classements
La tendance historique au déclin du massasauga
sur l’ensemble de son aire de répartition au Canada
est attribuée à la perte de l’habitat sous la pression
de l’agriculture, de l’extraction des ressources et de
l’extension du réseau routier, combinée à des mesures
d’éradication à grande échelle. On suspecte que
le nombre d’individus matures dans la région des
Grands Lacs et du Saint-Laurent décline aujourd’hui
en raison de la combinaison de la perte d’habitat et de
sa dégradation, de la persécution de l’espèce, de la
capture de spécimens, de l’aménagement à des fins
récréatives et de la mortalité sur les routes. La perte
et la destruction de l’habitat résultant de la succession
naturelle et de l’étalement urbain sont les menaces
les plus sérieuses qui pèsent sur la population
carolinienne. Un faible taux de reproduction et une
maturité tardive contribuent par ailleurs à rendre cette
espèce moins résiliente à des niveaux de mortalité
anormalement élevés chez les adultes. Les faibles
taux de dispersion expliquent par ailleurs pourquoi
Le massasauga a été classé espèce « menacée »
au Canada par le COSEPAC en 1991 et en 2002,
et comme espèce « menacée » en Ontario par le
Comité de détermination du statut des espèces en
péril en Ontario (CDSEPO) en 1998. À l’heure actuelle,
cette espèce est considérée comme « menacée »
aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en
voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les
espèces en péril du gouvernement fédéral (2002).
Ce serpent est par ailleurs un « reptile spécialement
protégé » en vertu de la Loi sur la protection du
poisson et de la faune de l’Ontario (1999). L’Union
internationale pour la conservation de la nature
(UICN) a classé le massasauga dans la catégorie
« préoccupation mineure », mais NatureServe (2011)
l’a classé « vulnérable » aux niveaux mondial, national
et provincial (G3G4, N3, S3). Aux États-Unis, le
massasauga de l’Est est classé S1 ou S2 dans neuf
des dix États où il est présent.
48
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Charles M. Francis
Pioui de l’Est
Nom scientifique
Le Pioui de l’Est est un petit oiseau forestier
à peu près de la même grandeur que le Moineau
domestique. Les deux sexes ont un plumage
semblable, étant généralement d’un gris olivâtre dans
le haut et de couleur pâle dans le bas. Des individus
de l’espèce sont souvent observés perchés dans
une position verticale habituelle des moucherolles.
On le distingue de ses nombreux cousins, auxquels
il ressemble à s’y méprendre, les moucherolles
Empidonax, par sa plus grande taille, l’absence d’un
anneau oculaire et ses ailes plus longues et plus
pointues. Durant la période de reproduction, le chant
du Pioui de l’Est, qui consiste en plusieurs répétitions
d’un pi-ou-iii sifflé, clair et distinctif, est la façon la plus
fiable de déceler sa présence.
Contopus virens
Répartition
Taxon
L’aire de reproduction du Pioui de l’Est comprend
la majorité du centre-sud et de l’est de l’Amérique
du Nord. Elle s’étend du sud-est de la Saskatchewan
jusqu’aux provinces maritimes, jusqu’au sud-est du
Texas au sud et jusqu’à la côte atlantique américaine à
l’est. Environ 11 % de l’aire de reproduction mondiale
du Pioui de l’Est est au Canada; on y trouve environ
8 % de la population nicheuse.
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec,
Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard,
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
Cette espèce est l’un des oiseaux chanteurs
les plus communs et les plus répandus des forêts
de l’est de l’Amérique du Nord. Bien que l’espèce
soit apparemment résistante à de nombreux types
de modification de l’habitat, comme la plupart des
autres oiseaux migrants sur de longue distance qui se
nourrissent principalement d’insectes volants, elle a
subi des déclins persistants au cours des 40 dernières
années, à la fois au Canada et aux États–Unis. Le taux
de déclin de 10 ans (25 %) répond presque aux critères
associés au statut d’espèce « menacée ». Les causes
du déclin sont incomprises, mais elles pourraient être
liées à la perte ou à la dégradation de l’habitat dans
son aire d’hivernage en Amérique du Sud ou aux
changements dans la disponibilité des insectes–proies.
Si le déclin de la population persiste, l’espèce pourrait
devenir « menacée » dans un avenir prévisible.
Le Pioui de l’Est hiverne principalement dans le
nord de l’Amérique du Sud, surtout du nord-ouest
de la Colombie et du nord-est du Venezuela jusqu’au
sud du Pérou, au nord de la Bolivie et de la région
amazonienne du Brésil.
Aire de reproduction canadienne du Pioui de l’Est.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012.
49
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Habitat
Au Canada, on observe surtout le Pioui de l’Est
dans l’étage moyen du couvert forestier des clairières
et à la lisière de forêts décidues et de forêts mixtes.
L’espèce est le plus abondante dans les peuplements
forestiers d’âge intermédiaire et dans les peuplements
matures avec peu de végétation de sous-étage.
Pendant la migration, l’espèce fréquente divers
milieux, y compris la lisière de forêts, les clairières de
début de succession et la forêt tropicale vierge ou
de seconde venue des basses terres (ou de l’étage
sous-montagnard) ainsi que la forêt montagnarde
humide. En Amérique du Sud, pendant l’hiver, l’espèce
fréquente surtout les forêts dégagées, les milieux
arbustifs et la lisière de forêts vierges. On rencontre
aussi le Pioui de l’Est dans les forêts intérieures où
les arbres ont ouvert des espaces en tombant.
Biologie
Le Pioui de l’Est est considéré comme monogame,
mais la polygynie a parfois été observée. Au Canada,
les adultes arrivent dans les aires de reproduction
principalement de la mi-mai à la fin de mai. Les couples
se forment et les nids sont construits peu après leur
arrivée. Les nids se trouvent habituellement sur une
branche horizontale d’un arbre vivant, à une hauteur
variant de 2 à 21 m. La taille de la couvée est, en
moyenne, de 3 œufs. La période d’incubation dure de
12 à 13 jours, et les oisillons s’envolent au bout de 16 à
18 jours. Jusqu’à 2 nichées sont produites par année. On
estime que la durée d’une génération est de 2 à 3 ans.
Taille et tendance des populations
Au Canada, on estime actuellement que la population
du Pioui de l’Est compte environ 217 500 couples
nicheurs ou 435 000 individus matures. Selon les
données du BBS (Breeding Bird Survey) pour le Canada,
les populations de l’espèce auraient subi un déclin
significatif de 2,9 % par année dans la période 19702011, ce qui correspond à un déclin global de 70 %
au cours des 42 dernières années. Pour la période de
10 ans la plus récente (de 2001 à 2011), les données du
BBS montrent un déclin significatif d’environ 2,8 % par
année, ce qui représente un déclin de 25 % au cours
de la période. Les populations ont connu un déclin
significatif au Manitoba, en Ontario, au Québec, au
Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse/à l’Île-duPrince-Édouard pendant la période 1970-2011, avec des
déclins marqués au Québec et au Nouveau-Brunswick.
50
Une tendance au déclin généralisé est aussi apparente
dans la majeure partie des États-Unis.
En général, la tendance dégagée des données du BBS
est conforme à la tendance des résultats de deux autres
programmes de surveillance (Étude des populations des
oiseaux du Québec [ÉPOQ] et Programme de surveillance
des oiseaux forestiers de l’Ontario), mais fait contraste
avec les résultats d’autres programmes de surveillance
en Ontario (l’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario et la
surveillance des migrations à l’observatoire d’oiseaux de
Long Point), qui semblent indiquer que les effectifs sont
stables ou augmentent. Malgré les divergences dans les
résultats des programmes de surveillance, on croit, à
l’heure actuelle, que l’estimation de la tendance fournie
par le BBS est la plus fiable.
Menaces et facteurs limitatifs
Les menaces et les facteurs limitatifs touchant le Pioui
de l’Est n’ont pas été définis clairement; on les connaît
mal, principalement à cause du peu de recherches qui
ont été effectuées. Parmi les menaces et les facteurs
limitatifs possibles, on retrouverait notamment : 1) la
perte et la dégradation de la qualité de l’habitat dans
les aires de reproduction à cause des aménagements
urbains et/ou de changements apportés à la gestion
des forêts; 2) la perte et/ou la dégradation d’habitat
dans les aires d’hivernage; 3) le changement à grande
échelle de la disponibilité des insectes volants servant
de proies pour des raisons inconnues; 4) des taux élevés
de mortalité pendant la migration et/ou dans les aires
d’hivernage; 5) des taux élevés de prédation sur les nids
par un nombre croissant de prédateurs aviaires; et 6)
des changements de la structure forestière à cause du
broutage excessif par les cerfs de Virginie.
Protection, statuts et classements
Le Pioui de l’Est a été classé « non en péril » à
l’échelle mondiale (G5) en 1996 par NatureServe et
est classé dans la catégorie « préoccupation mineure »
de la Liste rouge de l’UICN. Au Canada, ses nids
et ses œufs sont protégés en vertu de la Loi sur la
Convention concernant les oiseaux migrateurs. Une
protection semblable lui est accordée par plusieurs
lois provinciales. Il est considéré comme une espèce
commune non en péril à l’échelle nationale; comme
une espèce « apparemment non en péril » en
Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario et à l’Île-duPrince-Édouard; comme une espèce « non en péril »
au Nouveau-Brunswick; et de « vulnérable »
à « apparemment non en péril » au Québec.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
avait été auparavant documenté en raison du nombre
grandement accru de relevés, l’espèce est aussi
en péril en raison des impacts continus associés à
l’aménagement du littoral, ainsi qu’à l’aménagement
hydro–électrique historique.
Sabatie de Kennedy
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Sean Blaney
La sabatie de Kennedy est une plante herbacée
vivace possédant une seule tige florifère dressée qui
mesure 30 à 50 cm de hauteur et pousse à partir
d’une rosette basilaire d’étroites feuilles oblancéolées
chevauchantes mesurant 3 à 8 cm de longueur. À
partir de cette rosette, la plante émet de courts stolons
verts, à l’extrémité desquels se forment de nouvelles
rosettes. Ainsi, on observe souvent des groupes de
rosettes interreliées. La tige florifère porte des feuilles
opposées et 1 à 3 (rarement jusqu’à 5) fleurs. Les
fleurs mesurent 5 cm de diamètre et présentent 7 à
13 pétales roses avec du jaune à la base.
En voie de disparition
La sabatie de Kennedy est rare à l’échelle mondiale.
En Nouvelle-Écosse, elle pousse aux côtés d’un grand
nombre d’autres espèces rares elles aussi éloignées
de leur aire de répartition principale, située plus au sud
dans la plaine côtière de l’Atlantique. Les populations
de sabatie de Kennedy de Nouvelle-Écosse sont
situées à plus de 400 km des autres populations les
plus proches, situées au Massachusetts. Selon une
étude sur la diversité génétique, les populations de
Nouvelle-Écosse pourraient avoir une importance
particulière pour l’ensemble de l’espèce. Grâce aux
belles fleurs de l’espèce, les propriétaires de chalets
et le public sont plus enclins à appliquer des mesures
d’intendance dans les milieux qui hébergent les
espèces rares de la plaine côtière de l’Atlantique.
Aire de répartition canadienne
Répartition
Nom scientifique
Sabatia kennedyana
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
Cette plante riveraine vivace et remarquable a
une aire de répartition mondiale restreinte avec une
distribution discontinue limitée à l’extrême sud de
la Nouvelle-Écosse. Il existe une préoccupation
relativement à une dégradation potentielle répandue
et rapide de l’habitat en raison de récentes
augmentations des taux de phosphore dans les lacs,
liées à l’industrie de l’élevage du vison, en rapide
croissance. Bien que la population soit désormais
connue comme étant de plus grande taille que ce qui
L’aire de répartition mondiale de la sabatie de
Kennedy est très limitée et se divise en trois régions
très éloignées les unes des autres : 1) de part et
d’autre de la frontière entre la Caroline du Nord et
la Caroline du Sud, près de la côte atlantique; 2)
dans la zone côtière du Massachusetts et du Rhode
Island; 3) dans l’extrême sud-ouest de la NouvelleÉcosse, où l’espèce pousse sur les rivages de dix lacs
répartis dans trois réseaux hydrographiques (rivières
Annis, Carleton et Tusket), qui se déversent tous
dans l’estuaire de la Tusket. Environ 10 % de l’aire de
répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.
51
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Photo : © Sean Blaney
par la glace limitent la fertilité des rivages et inhibent les
espèces plus compétitives. En Nouvelle-Angleterre, la
sabatie de Kennedy se rencontre principalement sur les
rivages sableux, graveleux ou boueux de petits étangs
de kettle. En Caroline du Nord et en Caroline du Sud,
l’espèce pousse sur les rivages de rivières et d’étangs
ainsi que dans les marécages acides.
Répartition de la sabatie de Kennedy dans la partie inférieure
du bassin de la Tusket, Nouvelle-Écosse. Une occurrence
signalée au lac Little Tusket (30 km au nord du lac Travis), qui
correspond probablement plutôt aux chutes Tusket, n’est pas
indiquée sur la carte. Les lacs colorés en noir hébergent des
populations existantes. Les petits points entre les lacs Pearl et
Third correspondent à des occurrences isolées. Les gros points
noirs correspondent à des occurrences historiques dont on
ignore l’emplacement exact. Les cercles vides (lacs Kempt
Snare et Kempt Back) correspondent à une seule occurrence
historique, signalée au « lac Kempt » mais probablement
située au lac Travis, situé à Kemptville. Les superficies d’eau
colorées en gris foncé, en aval des lacs Raynards et Gavels,
correspondent à des milieux qui ne conviennent pas à
l’espèce (eau saline ou saumâtre en bas des chutes Tusket et
réservoirs dont le niveau d’eau est contrôlé par des barrages
en haut des chutes Tusket).
Source : Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2012.
Habitat
En Nouvelle-Écosse, la sabatie de Kennedy pousse
sur le rivage de lacs (rarement de rivières), dans des
substrats constitués de sable, de gravier ou de tourbe.
On ne trouve l’espèce que dans les zones qui sont
exposées une ou deux fois par année, lorsque le niveau
des lacs baisse en été, et inondées en hiver, ce qui
protège les plantes du gel. La sabatie de Kennedy est
associée aux lacs possédant de particulièrement vastes
bassins hydrographiques en amont, car les fluctuations
importantes du niveau d’eau, les vagues et l’érosion
52
Habitat de la sabatie de Kennedy
Biologie
La sabatie de Kennedy est une plante vivace qui
se reproduit par voie sexuée, par la production de
graines, et par voie végétative, soit par la production
de rosettes à l’extrémité des stolons verts, soit au
moyen de fragments végétatifs transportés par la
glace ou l’eau. Au Canada, elle fleurit depuis la mijuillet jusqu’à la fin septembre. Elle est pollinisée
par une vaste gamme de pollinisateurs généralistes
et est autocompatible. Chaque fleur peut produire
300 à 1 400 minuscules graines, libérées au début
de l’automne. La dispersion se fait probablement par
l’eau dans la plupart des cas, puisque les graines
peuvent flotter pendant au moins une journée. Le
réservoir de semences du sol, dont on ignore la
longévité, est très important pour la survie de l’espèce
au Massachusetts. On trouve aussi des réservoirs
de semences en Nouvelle-Écosse, mais ils y sont
sans doute moins importants, car l’habitat y est plus
stable. Les rosettes fleurissent après 2 à 5 années
(ou plus) puis meurent. On ignore la durée de vie des
clones (groupes d’individus issus de la reproduction
végétative). La durée d’une génération, tenant
compte du taux de reproduction sexuée et du taux de
reproduction végétative, est sans doute d’environ 5 ans.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Taille et tendance des populations
On estime que la population canadienne totale
compte 73 400 à 90 700 individus florifères et
771 400 à 971 500 rosettes végétatives. Le nombre
d’individus matures se situe entre ces deux valeurs.
Il y a 4 populations existantes réparties entre 10 lacs.
Deux de ces populations, qui englobent 98 % de la
population totale, se trouvent sur le bras principal de
la rivière Tusket, la première autour de 2 lacs interreliés
et la deuxième autour de 6 lacs interreliés.
La modification des rivages a causé un faible
déclin (<< 2,8 % au total), et l’eutrophisation cause
vraisemblablement des déclins à un lac. Outre les
pertes causées par ces menaces, on suppose que les
populations sont demeurées relativement stables au
cours des 15 dernières années (3 générations).
Menaces et facteurs limitatifs
L’eutrophisation est la plus grave menace pesant
sur la sabatie de Kennedy. Une petite population (lac
Fanning) semble déjà subir un stress causé par la
concurrence accrue livrée par les espèces qui sont
avantagées par l’eutrophisation liée à l’élevage du
vison. L’alpiste roseau, espèce exotique envahissante
exigeante sur le plan nutritif, est présent sur les rivages
de ce lac et constitue une menace imminente pour la
sabatie de Kennedy. Des cas d’eutrophisation (hausse
de 600 à 800 % du phosphore total de 2002 à 2011,
sans doute causée par une seule visonnière) ont été
détectés un peu partout dans le bassin de la rivière
Tusket en 2011; les lacs touchés hébergent 98 % de
la population canadienne totale. Aucun impact de
l’eutrophisation sur la sabatie de Kennedy n’a encore
été observé dans les lacs du bassin de la Tusket, mais
les concentrations de phosphore de certains de ces
lacs s’approchent de celle du lac Fanning.
La modification des rivages est une menace
actuelle répandue qui touche une petite proportion
de la population. L’espèce est présente sur le rivage
de plus de 200 chalets et résidences. Environ 27 %
de la population se trouve sur des terrains privés
non aménagés. Les milieux hébergeant l’espèce
continuent de subir des modifications, notamment
ceux qui abritent la plus dense population au Canada.
Les pertes d’effectif causées par cette menace au
cours des 15 dernières années (3 générations) est
probablement bien de deçà de 2,8 %. Environ 38 %
des milieux occupés et 32 % de la population se
trouvent actuellement dans des aires protégées, ce
qui atténue quelque peu la menace que constitue le
développement.
La construction de barrages hydroélectriques sur
le cours inférieur de la Tusket vers 1929 a entraîné une
grave diminution des populations et pourrait limiter le
rétablissement de l’espèce autour des lacs touchés.
Toutefois, la construction de nouveaux barrages ne
constitue pas une menace. La circulation de véhicules
tout-terrain a un impact local, mais ne semble pas
avoir de grave effet sur la population.
Protection, statuts et classements
Au Canada, la sabatie de Kennedy a été désignée
« espèce en voie de disparition » par le COSEPAC
en 2012; elle avait été désignée « espèce menacée »
en 2000 et figure à ce titre à l’annexe 1 de la Loi
sur les espèces en péril. En outre, elle est visée par
l’Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse, à
titre d’espèce menacée. Elle jouit d’une protection
juridique au Rhode Island (State Endangered), au
Massachusetts (Special Concern) et en Caroline du
Nord (Special Concern). Elle est classée vulnérable
à l’échelle mondiale (G3) et gravement en péril au
Canada et en Nouvelle-Écosse (N1, S1). En outre,
elle est classée « en péril » à l’échelle nationale
et provinciale. L’espèce est considérée comme
préoccupante à l’échelle régionale en Caroline du
Sud, mais les plantes rares ne bénéficient d’aucune
protection juridique dans cet État.
53
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Kyle Welsh
Salamandre tigrée de l’Ouest –
Population boréale et des Prairies
Nom scientifique
Ambystoma mavortium
Taxon
Amphibiens
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Justification de la désignation
Cette grande salamandre demeure largement
répandue dans les provinces des Prairies, mais elle fait
face à de nombreuses menaces posées par la perte
et la fragmentation de l’habitat, l’empoissonnement
et des maladies émergentes, telles que le virus
Ambystoma tigrinum qui peut provoquer la décimation
de populations locales. Les habitats de salamandres
sont de plus en plus fragmentés par l’exploitation
agricole, pétrolière et gazière, et les infrastructures
et les routes qui y sont associées. La perturbation
des voies de migration, la mortalité due à la collision
routière et la détérioration ainsi que la perte d’habitat
de reproduction et de hautes terres pour les adultes
et juvéniles terrestres engendrent des préoccupations
envers l’espèce dans une grande partie de son aire de
répartition canadienne.
54
La salamandre tigrée de l’Ouest compte parmi
les plus grandes salamandres d’Amérique du Nord,
et elle joue le rôle de prédateur supérieur dans les
étangs et les lacs exempts de poissons qu’elle
occupe. Les adultes terrestres présentent une peau
foncée recouverte d’un motif tacheté, zébré ou réticulé
jaune ou blanc cassé. Les données génétiques et
morphologiques indiquent que la salamandre tigrée
de l’Ouest, qui compte plusieurs sous-espèces,
serait une espèce distincte de la salamandre tigrée
de l’Est (Ambystoma tigrinum), avec laquelle elle était
précédemment combinée en une seule espèce. La
majeure partie de la documentation antérieure n’établit
d’ailleurs aucune distinction entre la salamandre tigrée
de l’Ouest et la salamandre tigrée de l’Est, comme
c’est le cas actuellement.
Répartition
La salamandre tigrée de l’Ouest est largement
répandue dans l’ouest de l’Amérique du Nord, dans
les régions arides de l’intérieur. Elle est présente
dans l’écozone des Prairies, depuis l’Alberta jusqu’à
la rivière Rouge, au Manitoba. La limite de l’aire de
répartition descend ensuite vers le sud, en passant
par l’ouest du Minnesota, jusqu’au Texas, où elle
longe la frontière avec le Mexique vers l’ouest,
avant de remonter vers le nord, jusqu’en Alberta, en
traversant l’Arizona, puis en longeant le versant est
des Rocheuses. Des populations disjointes vivent
dans le nord de l’Oregon, en Idaho et dans l’État de
Washington ainsi que dans le sud de la région de
l’Okanagan, en Colombie-Britannique. Dans cette
province, l’espèce est isolée des autres populations
du Canada. En effet, elle est présente dans l’écozone
des montagnes du Sud, tandis que le reste de
la population canadienne occupe l’écozone des
Prairies, laquelle englobe des régions de l’Alberta, de
la Saskatchewan et du Manitoba. Cette répartition
résulte probablement d’une expansion post-glaciaire
au Canada à partir d’au moins deux points d’origine
situés de chaque côté des Rocheuses.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
la maturité sexuelle au cours de leur deuxième année
de vie, et les femelles, une année ou deux plus tard.
La durée d’une génération est d’environ cinq à six ans.
Les larves comme les adultes sont carnivores et
s’alimentent d’un grand éventail de petites proies. À
son tour, la salamandre tigrée de l’Ouest ne survit pas
bien dans les milieux où des poissons prédateurs ont
été introduits ou sont naturellement présents, car elle
constitue une proie à tous les stades de vie.
Photo : © Kyle Welsh
Carte de la répartition canadienne de toutes les
occurrences de la salamandre tigrée de l’Ouest montrant
l’UD des montagnes du Sud (à l’ouest) et l’UD boréale et
des Prairies (à l’est). La zone ombragée représente la zone
d’occurrence totale (572 490 km2).
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012. Carte réalisée par Arthur Whiting.
Habitat
La salamandre tigrée de l’Ouest occupe divers
habitats ouverts, dont les prairies, les forêts-parcs,
les prés subalpins et les régions semi-désertiques.
Parmi les principales caractéristiques de son habitat,
on trouve des sols sableux ou friables (granuleux)
entourant des plans d’eau permanents ou semipermanents exempts de poissons prédateurs.
Les individus terrestres creusent activement des
tunnels dans le sol ou utilisent les terriers de petits
mammifères pour se réfugier et passer l’hiver. L’habitat
de reproduction doit contenir de l’eau pendant les trois
à sept mois nécessaires au développement des larves.
En outre, des populations d’adultes néoténiques (des
individus qui conservent leur forme larvaire après avoir
atteint la maturité sexuelle) sont parfois observées
dans des lacs froids exempts de poissons.
Biologie
La salamandre tigrée de l’Ouest migre vers des
sites de reproduction, soit dans des milieux humides,
soit dans des lacs, après les premières pluies du
printemps, peu de temps après le dégel. Les femelles
pondent leurs œufs un à un ou en amas, en les fixant
à des brindilles ou à des tiges de plantes émergentes,
sous la surface de l’eau. Les juvéniles migrent
massivement à partir des sites de reproduction vers les
milieux terrestres à la fin de l’été. Les mâles atteignent
Stade larvaire
Taille et tendance des populations
La taille et les tendances des populations sont
peu connues, et le nombre d’adultes peut varier
considérablement entre les sites et les années. Un
déclin du nombre et de la taille des populations est
inféré dans la région des montagnes du Sud de la
Colombie-Britannique, où la perte d’habitat continue,
l’altération de l’habitat et la présence d’espèces
introduites menacent la persistance des populations.
À l’extérieur de la Colombie-Britannique, on en
sait très peu sur l’occurrence de la salamandre tigrée
de l’Ouest. Des mentions anecdotiques donnent
à penser que l’espèce persiste dans des régions
relativement grandes des provinces des Prairies. Des
cas de mortalité massive, principalement causés par
les maladies et les véhicules, sont signalés de manière
sporadique dans des secteurs localisés.
Menaces et facteurs limitatifs
La salamandre tigrée de l’Ouest fait face aux
mêmes pressions et menaces que les autres espèces
d’amphibiens. En outre, les adultes terrestres et les
larves aquatiques ont des besoins différents. Dans la
majeure partie de l’aire de répartition canadienne de
l’espèce, on observe une pression énorme causée
55
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
par la perte, la dégradation et la fragmentation de
l’habitat. Dans les Prairies, le mode d’utilisation des
terres a changé, passant d’une utilisation aux fins
de pâturage et d’agriculture à petite échelle à une
exploitation agricole à grande échelle, sans compter
la conversion de l’habitat pour accommoder la
croissance démographique et l’expansion des projets
pétroliers et gaziers. Au cœur de l’aire de répartition
de l’espèce en Colombie-Britannique, soit dans la
vallée de l’Okanagan, on a constaté une perte rapide
de l’habitat associée au ruissellement de polluants
issus de l’aménagement résidentiel et de la viticulture.
Le ouaouaron, espèce introduite, constitue également
une menace pour la salamandre tigrée de l’Ouest dans
cette région. De plus, la croissance de la population
humaine et la hausse de la densité routière ont
grandement accru le risque de mortalité attribuable
aux véhicules durant les migrations saisonnières
de l’espèce entre ses sites de reproduction et
ses sites terrestres d’hivernage et d’alimentation.
L’empoissonnement aux fins de la pêche sportive, de
l’aquaculture et de la lutte contre les moustiques, qui
peut avoir de graves répercussions sur les populations
de salamandres tigrées de l’Ouest, est toujours
employé dans l’aire de répartition canadienne de
l’espèce. Enfin, l’émergence de maladies infectieuses,
particulièrement le virus de l’Ambystoma tigrinum, peut
décimer des populations locales.
56
Protection, statuts et classements
En Colombie-Britannique, la population des
montagnes du Sud de la salamandre tigrée de
l’Ouest est inscrite sur la liste fédérale des espèces
en voie de disparition et figure à l’annexe 1 de la Loi
sur les espèces en péril. Quelque 16 % des sites de
reproduction de cette population sont situés dans
des aires protégées, et 27 % font l’objet d’une forme
de protection par l’entremise d’activités d’intendance
volontaires. La majorité des sites, cependant, se trouve
sur des terres privées non protégées.
Le COSEPAC a précédemment désigné la population
boréale et des Prairies, formée de salamandres tigrées
de l’Ouest vivant en Alberta, en Saskatchewan et au
Manitoba, comme non en péril. Cependant, cette
évaluation visait aussi les salamandres tigrées de l’Est
du Manitoba. L’habitat de la salamandre tigrée ne fait
l’objet d’aucune mesure de protection spécifique, mais
on a signalé la présence de l’espèce dans divers parcs
et aires protégées.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
mondiale connue se limite aux régions d’Alaska et de
l’ouest du Yukon ayant été épargnées par les glaciations.
Les six sites canadiens connus de l’espèce se trouvent
à la limite est de son aire de répartition. Au Yukon, la
saxifrage à épis semble occuper une niche écologique
restreinte, caractérisée par des conditions d’habitat très
spécifiques et par une courte saison de végétation.
Saxifrage à épis
Photo : © Syd Cannings
Répartition
Nom scientifique
Micranthes spicata
La saxifrage à épis est endémique au Yukon et à
l’Alaska. En Alaska, elle se rencontre dans une bonne
partie de la partie centrale de l’État. Au Canada, elle a
été signalée au bord de six ruisseaux de l’Écorégion
du plateau Klondike, dans l’ouest du Yukon. Environ
10 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce
se trouve au Canada. La zone d’occupation totale
de l’espèce pour l’ensemble des sites canadiens est
inférieure à 3 ha, ou 0,03 km2.
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Yukon
Justification de la désignation
Cette grande fleur sauvage fait partie d’un groupe
d’espèces se trouvant seulement dans les aires non
glaciées du Yukon et de l’Alaska. Elle croît en bordure
de petits cours d’eau et elle est sensible aux effets
historiques et actuels de la perturbation de l’habitat, telle
que l’exploitation des placers. De plus, l’habitat est de plus
en plus touché par des perturbations naturelles comme
les crues subites, les feux de forêt et les glissements de
terrain dont la fréquence et la gravité pourraient être en
augmentation en raison des changements climatiques.
Description et importance
de l’espèce sauvage
La saxifrage à épis est une plante herbacée vivace
facile à repérer, qui pousse isolément ou en touffes à
partir d’un rhizome court et épais. L’inflorescence est
portée par une hampe mesurant 15 à 70 cm de hauteur.
La saxifrage à épis, endémique à l’est de la Béringie,
appartient à un petit cortège d’espèces dont la répartition
Aire de répartition canadienne potentielle de la saxifrage
à épis, avec indication des populations existantes et des
limites de l’Écorégion du plateau Klondike.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2013.
Habitat
Au Canada, la saxifrage a été trouvée sur les berges
et les plates-formes rocheuses bordant les ruisseaux,
dans l’étroite plaine inondable des ruisseaux ainsi
que sur les corniches humides des affleurements
voisins. Elle pousse sur de petites accumulations de
limon, sur des substrats recouverts de mousses et sur
57
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
le sol dénudé bordant les ruisseaux. L’espèce peut
pousser isolément mais forme souvent des groupes
denses pouvant réunir plusieurs douzaines d’individus.
Les populations alaskaines de saxifrage à épis
occupent une plus grande diversité de milieux que les
populations canadiennes jusqu’à présent découvertes.
Les ruisseaux du Yukon qui abritent une population de
saxifrage à épis ont plusieurs caractéristiques communes
: ruisseaux étroits et rocheux; débit ininterrompu d’eau
claire et froide; présence d’aufeis (glace formée en hiver
par l’apport constant d’eau de source sur le ruisseau
gelé, pouvant persister jusqu’en juillet) ou de pergélisol,
lesquels contribuent au maintien d’un microclimat froid
et humide; présence d’affleurements rocheux en bordure
du ruisseau; ombre abondante fournie par le bouleau
d’Alaska ou l’épinette blanche ainsi que les saules et les
aulnes. Une des populations existantes a été fortement
perturbée par l’exploitation des placers, et on ne sait rien
de son état initial.
Biologie
On ne sait presque rien de la biologie de la
saxifrage à épis. La plante se reproduit par son
rhizome et par ses graines, dont on ne connaît pas
les conditions de germination. L’autopollinisation est
fréquente chez les Saxifragacées et pourrait exister
chez la saxifrage à épis. On ne connaît pas la longévité
de la plante, et on ne sait pas si elle maintient un
réservoir de semences dans le sol.
On ne sait rien de la capacité de la plante à tolérer
la perturbation et à repeupler le milieu par la suite. Elle
semble pouvoir survivre à l’inondation, mais les fortes
crues (comme les crues subites) peuvent provoquer un
affouillement de la plaine inondable et ainsi éliminer les
populations existantes et leur réservoir de semences
éventuel. Cependant, les individus poussant sur les
affleurements rocheux au-dessus de la limite des
crues pourraient fournir les graines nécessaires au
rétablissement des populations, si les caractéristiques
essentielles de l’habitat n’ont pas été altérées.
Taille et tendance des populations
En 2012, les six populations comptaient respectivement 132, 1 682, 6, 652, 502 et plus de 700 individus,
ce qui donne un effectif total de plus de 3 678 individus,
dont environ 2 500 individus jugés matures.
Malgré plus d’un siècle d’herborisation dans la
région, la saxifrage à épis a été signalée une seule
fois au Canada (en 1899) jusqu’à ce qu’elle y soit
redécouverte en 2009. Il semble donc qu’elle était
58
déjà rare ou peu commune à l’époque de la ruée vers
l’or, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.
Les données disponibles ne permettent pas d’établir
directement les tendances des populations, mais il est
probable qu’une bonne partie de l’habitat de l’espèce
a été altérée ou détruite depuis la fin du 19e siècle par
l’exploitation des placers, la construction de routes et la
coupe du bois. Ces activités se poursuivent aujourd’hui.
Menaces et facteurs limitatifs
Au Yukon, l’exploitation des placers constitue
la plus étendue et la plus destructive des menaces
d’origine humaine auxquelles est exposé l’habitat de la
saxifrage à épis. L’intensité et la portée de cette activité
minière fluctuent avec le prix de l’or. Des populations
peuvent être décimées ou détruites par l’effet direct de
l’exploitation des placers ou par les travaux réalisés en
amont qui peuvent nuire à son habitat, en provoquant par
exemple un envasement (accumulation de sédiments),
la formation de barrages ou un réalignement du cours
d’eau. Par ailleurs, le changement climatique dû aux
activités humaines pourrait accroître la gravité et la
fréquence de certains phénomènes naturels, comme les
crues subites, les incendies et les glissements de terrain.
Protection, statuts et classements
NatureServe a attribué à la saxifrage à épis les
cotes G3G4 (vulnérable à probablement non en péril)
à l’échelle mondiale, N3N4 (vulnérable à probablement
non en péril) à l’échelle des États-Unis, N2 (en péril) à
l’échelle du Canada, S3S4 (vulnérable à probablement
non en péril) à l’échelle de l’Alaska et S2 (en péril) à
l’échelle du Yukon. Aux fins de la Situation générale des
espèces, l’espèce est jugée « possiblement en péril »
au Yukon et dans l’ensemble du Canada.
À l’heure actuelle (en avril 2013), la saxifrage à épis
ne jouit d’aucune protection juridique au Canada,
et elle n’est pas visée par l’Endangered Species Act
des États-Unis ni par la Convention sur le commerce
international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d’extinction (CITES).
Dans le cas de cinq des six ruisseaux, des
concessions actives d’exploitation des placers
ou d’exploitation du quartz recoupent l’habitat de
l’espèce ou les secteurs situés en amont. Il existe des
restrictions quant aux travaux pouvant être effectués
dans ces concessions, mais elles visent principalement
à protéger l’habitat des poissons, et il n’existe aucune
obligation juridique de protéger les populations
existantes de saxifrage à épis ainsi que leur habitat.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Description et importance
de l’espèce sauvage
Photo : © Marie-Andrée Carrière
Tortue musquée
Nom scientifique
La tortue musquée (Sternotherus odoratus) est
une petite tortue d’eau douce pourvue d’une dossière
étroite et bombée, d’une grosse tête et d’un museau
pointu. De chaque côté de la tête, deux rayures jaunes
ou blanches s’étendent depuis le museau jusqu’à la
base du cou, l’une en dessous et l’autre au-dessus de
l’œil; chez les individus âgés, ces lignes ne sont pas
toujours visibles. Le plastron est petit et cruciforme.
Au moins deux barbillons pointus sont présents
sous le menton et sur la gorge. L’espèce adopte un
comportement défensif lorsqu’elle est manipulée, et
elle tire son nom de l’odeur de musc qu’elle dégage.
La tortue musquée a été décrite pour la première fois
en 1802 par P.A. Latreille et est seule représentante de
la famille des Kinosternidés présente au Canada.
Sternotherus odoratus
Répartition
Taxon
La tortue musquée est consignée à l’est de
l’Amérique du Nord. L’aire de répartition de l’espèce
s’étend depuis la Floride jusqu’à l’Ontario et au
Québec et depuis le Wisconsin jusqu’au centre du
Texas. Environ 5 % de l’aire de répartition mondiale de
la tortue musquée se trouve au Canada. Au Canada, la
tortue musquée est présente dans le sud de l’Ontario,
dans la marge sud-est du nord-est de l’Ontario et dans
l’extrême sud-ouest du Québec.
Reptiles
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Ontario, Québec
Justification de la désignation
Cette espèce occupe les eaux peu profondes
des lacs, rivières et étangs. Dans le sud-–ouest de
l’Ontario, l’espèce a connu un important déclin et
est maintenant restreinte à quelques minuscules
populations dispersées. Dans l’ensemble de son
aire de répartition canadienne, cette espèce est
vulnérable à une mortalité accrue des adultes et
des juvéniles causée par la navigation de plaisance,
l’aménagement et la perte d’habitat de littoral, et
les prises accessoires. L’espèce a une maturité
tardive et un taux de reproduction faible comportant
de petites couvées. Depuis la dernière évaluation
en 2002, un effort de relevé accru a permis de
trouver plus de populations dans l’est de l’Ontario
et dans les zones adjacentes au Québec. L’aire
de répartition de l’espèce demeure inchangée,
mais les pertes dans la moitié sud de son aire de
répartition mènent presque à un statut « menacée ».
Aire de répartition canadienne de la tortue musquée (TM),
avec mentions de l’espèce.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2012 (carte réalisée par Catherine Millar).
59
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Habitat
La tortue musquée est principalement aquatique et
se rencontre généralement dans les zones littorales et
les plans d’eau peu profonds, comme les rivières, les
lacs, les baies, les ruisseaux, les étangs, les canaux et
les marécages, où le courant est faible et le fond est
mou. Durant sa saison d’activité, l’espèce préfère les
eaux peu profondes (< 2 m) où la végétation flottante
et submergée est abondante. Enfin, les individus de
l’espèce sont généralement observés à proximité du
rivage et ne s’aventurent généralement pas sur terre,
sauf pour aller nicher ou pour se rendre dans des
milieux humides adjacents. Les sites de nidification
se trouvent généralement à 3 à 11 m du rivage, et les
œufs sont déposés dans un trou peu profond aménagé
dans le sable, parmi les graminées riveraines, dans la
matière végétale en décomposition ou le bois pourri
ou dans les huttes de rat musqué ou de castor. Les
milieux convenant à la tortue musquée semblent
abondants dans le centre et l’est de l’Ontario,
particulièrement dans la région du Bouclier canadien.
Biologie
La tortue musquée est avant tout crépusculaire
et, au Canada, est active de la fin avril au début
octobre. Pour s’exposer au soleil, il est rare que la
tortue musquée émerge de l’eau; elle demeure plutôt
sous l’eau, près de la surface, sous une couverture de
nénuphars, d’autres végétaux flottants et de débris.
Dans les populations sauvages, la longévité est
d’au maximum 30 ans, et la durée d’une génération
est d’environ 14 à 20 années. Au Canada, les mâles
atteignent la maturité sexuelle à 5 ou 6 ans, et les
femelles, à 8 ou 9 ans. Les pics de reproduction sont
atteints au printemps (avril à mai) et à l’automne
(septembre à octobre), au moment où les individus
se rassemblent dans les sites d’hibernation. Il
pourrait y avoir des couvées à paternité multiple, et,
généralement, chaque couvée se compose de 3 à
7 œufs. La ponte a lieu en juin et juillet, et les œufs
éclosent en août et en septembre. La tortue musquée
femelle peut rester fidèle au même site de nidification
année après année, et, généralement, plusieurs
femelles aménagent leur nid au même endroit. Le sexe
des individus dépend de la température d’incubation
dans le nid.
La tortue musquée est omnivore et se nourrit au
fond des cours d’eau. Les œufs, les nouveau-nés, les
juvéniles et les adultes ont de nombreux prédateurs,
60
dont le raton laveur, la mouffette rayée, différentes
espèces de hérons, de corbeaux, de renards, de
poissons et d’oiseaux prédateurs, le ouaouaron, la
couleuvre d’eau, la tortue serpentine et le pékan.
En général, les déplacements de la tortue
musquée se limitent à 25 à 131 m par jour. Au
Canada, les domaines vitaux vont de 0,08 à
430 hectares. Généralement, l’espèce se déplace
sur de longues distances (> 1 km) la nuit, et les
déplacements se font probablement le long de
corridors aquatiques. On estime que les populations
sont isolées les unes des autres si elles sont
séparées par plus de 10 km de milieu riverain, 5 km
de milieu aquatique ou 1 km de terre. En outre,
les déplacements sont limités entre les fragments
d’habitat séparés par des routes, des écluses et des
barrages, des terrains accidentés, des plans d’eau
salée ou des milieux non propices à l’espèce.
Taille et tendance des populations
La population canadienne de tortue musquée
est répartie entre plus de 100 sites dispersés dans
le sud de l’Ontario et le sud-ouest du Québec.
L’effectif des populations a été évalué dans seulement
cinq sites au Canada : île Grenadier (fleuve SaintLaurent), île Loon (baie Georgienne), parc provincial
Massasauga (baie Georgienne), baie Norway (rivière
des Outaouais) et parc national de la Pointe-Pelée
(lac Érié). L’effectif estimatif de ces populations
varie entre 84 et plus de 1 400 individus.
En Ontario, un déclin de certaines populations
de tortue musquée a été observé, et un tel déclin
a été inféré dans le cas des occurrences isolées,
en raison des menaces connues (par exemple les
prises accessoires). La tortue musquée n’a pas été
signalée depuis 1986 dans 8 des 32 secteurs du
recensement (28 %) de l’Ontario et du Québec pour
lesquels il existe des mentions de l’espèce. On croit
que certaines populations, plus particulièrement
dans le sud de l’Ontario (rivière Thames, baie
Rondeau, pointe Long, etc.), sont peut-être
disparues ou devenues non viables, car l’espèce
n’a pas été observée lors de relevés, et le taux de
destruction des milieux naturels est élevé dans ces
régions. Toutefois, l’absence de mentions récentes
ne reflète pas nécessairement un déclin ou une
disparition des populations dans les régions où
peu d’activités de recherche ont été réalisées, où
les milieux convenant à l’espèce sont abondants et
où aucune menace grave ne pèse sur l’espèce.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Menaces et facteurs limitatifs
Protection, statuts et classements
Au Canada, les plus graves menaces pesant sur
les populations de tortue musquée sont les prises
accessoires et la destruction et l’altération de leur
habitat (transformation des terres, aménagement
riverain, construction de barrages, dragage et drainage
des plans et cours d’eau et des milieux humides,
etc.). En raison du faible taux de recrutement des
adultes et de la maturation sexuelle tardive de
l’espèce, la mortalité chronique des juvéniles et
des adultes (particulièrement les femelles) pourrait
entraîner la disparition de certaines populations. Les
activités récréatives (pêche, motonautisme, etc.) et
l’urbanisation (routes, prédateurs « assistés » par
l’humain, etc.) constituent des sources directes et
indirectes de mortalité des juvéniles et des adultes.
Puisque la tortue musquée est une espèce aquatique,
les principales causes anthropiques de mortalité
sont associées aux activités aquatiques. Les autres
menaces pesant sur la tortue musquée sont la capture
illégale, la dégradation de l’habitat par des espèces
exotiques et, potentiellement, la diminution du succès
de reproduction causée par la contamination des
milieux naturels.
Au Canada, la tortue musquée a été classée
« vulnérable » (N3) par NatureServe et « espèce
menacée » par le Comité sur la situation des
espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2002.
En Ontario, l’espèce a été classée « vulnérable »
(S3) par NatureServe et « espèce menacée » par le
Comité de détermination du statut des espèces en
péril en Ontario (CDSEPO). Au Québec, elle a été
classée « gravement en péril » (S1) par NatureServe et
« espèce menacée » par le ministère des Ressources
naturelles et de la Faune (MRNF). Selon l’évaluation de
la situation générale des espèces au Canada, la tortue
musquée est « en péril » à l’échelle nationale ainsi
qu’en Ontario et au Québec.
La persécution de l’espèce et la destruction de
son habitat sont interdites aux termes de la Loi sur
les espèces en péril de 2003 du Canada, de la Loi
de 2007 sur les espèces en voie de disparition de
l’Ontario, de la Loi sur les espèces menacées ou
vulnérables (1989) du Québec et de la Loi sur la
conservation et la mise en valeur de la faune (2002)
du Québec. La chasse et le piégeage de l’espèce
sont réglementés aux termes de la Loi de 1997 sur la
protection du poisson et de la faune de l’Ontario et
de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune (2002) du Québec. Au Canada, environ 17 %
des milieux occupés par la tortue musquée se trouvent
dans des aires protégées.
61
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
INDEX
Espèces par nom commun
Apantèse compliquée (Grammia complicata)......................................................................................................... 14
Aster fausse-prenanthe (Symphyotrichum prenanthoides)..................................................................................... 17
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce taxus (Taxidea taxus taxus)...................................................................... 19
Braya de Fernald (Braya fernaldii)........................................................................................................................... 21
Braya poilu (Braya pilosa)........................................................................................................................................ 24
Cicindèle à grandes taches de Gibson (Cicindela formosa gibsoni)....................................................................... 26
Criquet de l’armoise (Hypochlora alba)................................................................................................................... 28
Gesse littorale (Lathyrus littoralis)............................................................................................................................ 30
Gnaphose de Snohomish (Gnaphosa snohomish).................................................................................................. 32
Gomphe riverain (Stylurus amnicola) Population des plaines des Grands Lacs..................................................... 34
Grive des bois (Hylocichla mustelina)...................................................................................................................... 36
Hespérie tachetée (Erynnis martialis) Population boréale....................................................................................... 38
Hespérie tachetée (Erynnis martialis) Population des plaines des Grands Lacs..................................................... 38
Hirondelle de rivage (Riparia riparia)........................................................................................................................ 41
Limace de Haida Gwaii (Staala gwaii)..................................................................................................................... 43
Massasauga (Sistrurus catenatus) Population carolinienne.................................................................................... 46
Pioui de l’Est (Contopus virens)............................................................................................................................... 49
Sabatie de Kennedy (Sabatia kennedyana)............................................................................................................. 51
Salamandre tigrée de l’Ouest (Ambystoma mavortium) Population boréale et des Prairies................................... 54
Saxifrage à épis (Micranthes spicata)...................................................................................................................... 57
Tortue musquée (Sternotherus odoratus)................................................................................................................ 59
62
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Espèces par nom scientifique
Ambystoma mavortium........................................................................................................................................... 54
Braya fernaldii.......................................................................................................................................................... 21
Braya pilosa............................................................................................................................................................. 24
Cicindela formosa gibsoni....................................................................................................................................... 26
Contopus virens...................................................................................................................................................... 49
Erynnis martialis ...................................................................................................................................................... 38
Gnaphosa snohomish.............................................................................................................................................. 32
Grammia complicata............................................................................................................................................... 14
Hylocichla mustelina................................................................................................................................................ 36
Hypochlora alba...................................................................................................................................................... 28
Lathyrus littoralis...................................................................................................................................................... 30
Micranthes spicata.................................................................................................................................................. 57
Riparia riparia........................................................................................................................................................... 41
Sabatia kennedyana................................................................................................................................................ 51
Sistrurus catenatus.................................................................................................................................................. 46
Staala gwaii............................................................................................................................................................. 43
Sternotherus odoratus............................................................................................................................................. 59
Stylurus amnicola.................................................................................................................................................... 34
Symphyotrichum prenanthoides............................................................................................................................. 17
Taxidea taxus taxus.................................................................................................................................................. 19
63
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Espèces par province et territoire
Alberta
Ontario
Cicindèle à grandes taches de Gibson...................... 26
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce taxus........... 19
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce taxus........... 19
Criquet de l’armoise................................................... 28
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Aster fausse-prenanthe ............................................. 17
Gomphe riverain (Population des plaines
des Grands Lacs)....................................................... 34
Salamandre tigrée de l’Ouest (Population
boréale et des Prairies)............................................... 54
Grive des bois............................................................ 36
Colombie-Britannique
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Apantèse compliquée................................................. 14
Gesse littorale............................................................. 30
Gnaphose de Snohomish........................................... 32
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Hespérie tachetée (Population des plaines
des Grands Lacs)....................................................... 38
Massasauga (Population carolinienne)....................... 46
Pioui de l’Est............................................................... 49
Tortue musquée.......................................................... 59
Limace de Haida Gwaii.............................................. 43
Québec
Île-du-Prince-Édouard
Hespérie tachetée (Population des plaines
des Grands Lacs)....................................................... 38
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Pioui de l’Est............................................................... 49
Manitoba
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce taxus........... 19
Criquet de l’armoise................................................... 28
Hespérie tachetée (Population boréale)..................... 38
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Pioui de l’Est............................................................... 49
Salamandre tigrée de l’Ouest (Population
boréale et des Prairies)............................................... 54
Grive des bois............................................................ 36
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Pioui de l’Est............................................................... 49
Tortue musquée.......................................................... 59
Saskatchewan
Blaireau d’Amérique de la sous-espèce taxus........... 19
Cicindèle à grandes taches de Gibson...................... 26
Criquet de l’armoise................................................... 28
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Pioui de l’Est............................................................... 49
Nouveau-Brunswick
Salamandre tigrée de l’Ouest (Population
boréale et des Prairies)............................................... 54
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Terre-Neuve-et-Labrador
Grive des bois............................................................ 36
Pioui de l’Est............................................................... 49
Nouvelle-Écosse
Grive des bois............................................................ 36
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Pioui de l’Est............................................................... 49
Sabatie de Kennedy................................................... 51
Nunavut
aucune
64
Braya de Fernald........................................................ 21
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Territoires du Nord-Ouest
Braya poilu................................................................. 24
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Yukon
Hirondelle de rivage.................................................... 41
Saxifrage à épis.......................................................... 57
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
GLOSSAIRE
Annexe 1 : L’annexe de la Loi sur les espèces en péril (LEP); aussi appelée « Liste des espèces sauvages en
péril », qui énumère les espèces protégées en vertu de la LEP.
Conseil canadien de conservation des espèces en péril : Le Conseil est composé des ministres fédéraux,
provinciaux et territoriaux ayant des responsabilités relativement aux espèces sauvages. Le mandat du Conseil
est de fournir un leadership national et la coordination pour la protection des espèces en péril.
Conseil de gestion des ressources fauniques : Établi en vertu des accords de revendications territoriales dans
le nord du Québec, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et au Nunavut,
les conseils de gestion des ressources fauniques sont « les principaux instruments de gestion des espèces
sauvages » dans leur aire d’établissement. Dans ce rôle, les conseils de gestion des ressources fauniques
établissent, modifient et retirent les niveaux de prises totales admises d’une gamme d’espèces sauvages, mais
participent aussi aux activités de recherche, y compris les études annuelles sur les prises et approuvent la
désignation d’espèces en péril dans leurs aires d’établissement.
COSEPAC : Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le comité est composé d’experts sur
les espèces sauvages en péril, qui possèdent une expertise dans une discipline telle la biologie, l’écologie,
la génétique, les connaissances traditionnelles autochtones ou d’autres domaines connexes. Ces experts
proviennent de différentes communautés, y compris, entre autres, du gouvernement et du milieu universitaire.
Décret : Il s’agit d’un instrument qui sert d’avis au sujet d’une décision prise par le secteur exécutif du
gouvernement; par exemple, un décret accompagne tous les règlements.
Énoncé de réaction : Un document dans lequel le ministre de l’Environnement indique comment il ou elle a
l’intention de réagir à l’évaluation d’une espèce sauvage par le COSEPAC. Le ministre affiche un énoncé de
réaction dans le Registre public des espèces en péril dans les 90 jours suivant la réception de l’évaluation et
prévoit des échéanciers pour les mesures à prendre dans la mesure du possible.
Espèce aquatique : Espèce sauvage de poissons, au sens de l’article 2 de la Loi sur les pêches, ou de plantes
marines, au sens de l’article 47 de cette loi. Le terme englobe les mammifères marins.
Espèce sauvage : Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte
d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus). Une espèce
sauvage peut être ajoutée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril si elle est indigène du Canada ou si
elle s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
Évaluation du COSEPAC : L’évaluation ou la réévaluation de la situation d’une espèce sauvage par le
COSEPAC, basée sur le rapport de situation sur l’espèce que le COSEPAC a soit fait préparer ou a reçu à
l’appui d’une demande.
Gazette du Canada : La Gazette du Canada est un des moyens permettant aux Canadiennes et aux Canadiens
d’avoir accès aux lois et aux règlements. Il s’agit du « journal officiel » du gouvernement du Canada depuis
1841. Les ministères et les organismes gouvernementaux ainsi que le secteur privé ont l’obligation de publier
certaines informations dans la Gazette du Canada. Les avis et les règlements proposés sont publiés dans
la Partie I de la Gazette du Canada et les règlements officiels sont publiés dans la Partie II de la Gazette du
Canada. Pour obtenir plus d’information, veuillez visiter le site Web suivant : gazetteducanada.gc.ca.
Gouverneur en conseil : Le gouverneur général du Canada agit selon les recommandations du Conseil privé
de la Reine du Canada, le conseil exécutif officiel qui donne l’effet légal aux décisions du cabinet qui auront la
force de la loi.
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres – décembre 2013
Individu : Individu d’une espèce sauvage, vivant ou mort, à toute étape de son développement, y compris les
larves, le sperme, les œufs, les embryons, les semences, le pollen, les spores et les propagules asexuées.
Reclassification à la hausse : Une révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de
risque plus élevée. La révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de risque plus
basse serait une reclassification à la baisse.
Registre public des espèces en péril : Élaboré comme service en direct, le Registre public des espèces en
péril est accessible au public depuis la promulgation de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le site Web
donne aux utilisateurs un accès facile aux documents et à l’information liés à la LEP en tout temps et à partir
de tout lieu ayant un accès Internet. L’adresse est la suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca.
REIR : Résumé de l’étude d’impact de la réglementation. Il s’agit d’une description d’une proposition
réglementaire qui fournit une analyse de l’impact prévu de chaque initiative réglementaire et accompagne un
décret.
Territoire domanial : Comprend toutes les terres qui appartiennent au gouvernement fédéral, les eaux
intérieures et la mer territoriale du Canada, ainsi que les réserves et les autres terres qui ont été mises de côté
à l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens.
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