Loi sur les espèces en péril Consultation sur la modification espèces terrestres

Loi sur les espèces en péril Consultation sur la modification espèces terrestres
Consultation sur la modification
de la liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
espèces terrestres
Décembre 2012
Également disponible sur Internet.
ISSN : 1710-3029
No de cat. : EN1-36/2012
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Drave du Yukon © Gouvernement du Yukon, Gerry Mussgnug
Limace à grand manteau © Kristiina Ovaska
Ours grizzli (Population de l’Ouest) © Gordon Court
Références photographiques de la page titre :
Arrière-plan :
Habitat de la Limace à grand manteau © Robert Forsyth
Avant-plan, grande photo :
Petit-duc des montagnes © Stephen R. Cannings
Avant-plan, petites photos, de gauche à droite :
Pica à collier © John Nagy
Dalée velue © Nature Saskatchewan, Candace Elchuk
Porte-queue de Behr © Jennifer Heron
Salamandre sombre du Nord (Population carolinienne) © Michael Oldham
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada représentée par le ministre de l’Environnement, 2012
Consultation sur la modification de la
liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
espèces terrestres
Décembre 2012
Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard :
– le 4 mars 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières;
et
– le 4 octobre 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées.
our obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises,
P
veuillez consulter le site Web suivant :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default.asp?lang=Fr&n=387BD042-1
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel au Registre public des espèces en péril :
registrelep@ec.gc.ca
Les commentaires peuvent également être envoyés par la poste :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
Pour en savoir davantage sur la Loi sur les espèces en péril, veuillez consulter le Registre public
des espèces en péril à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
TABLE DES MATIÈRES
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL..........................................2
Loi sur les espèces en péril et Liste des espèces en péril......................................................................... 2
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et processus d’évaluation
pour déterminer les espèces en péril.................................................................................................. 2
Termes utilisés pour définir le degré de risque que court une espèce................................................... 2
Espèces terrestres et aquatiques admissibles aux modifications de l’annexe 1.................................. 3
Sollicitation de commentaires du public au sujet de la modification proposée de l’annexe 1 ....... 3
PROCESSUS DE CONSULTATION ET D’INSCRIPTION DANS LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL.................. 3
But des consultations sur les modifications à apporter à la Liste............................................................ 3
Figure 1 : Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP.................................................... 4
Contexte législatif des consultations : les recommandations du ministre
au gouverneur en conseil..................................................................................................................... 5
Réponse du ministre de l’Environnement à l’évaluation par le COSEPAC :
énoncé de réaction.............................................................................................................................. 5
Périodes de consultations régulières et prolongées ............................................................................... 5
Qui est consulté et comment..................................................................................................................... 5
Rôle et impact des consultations publiques sur le processus d’inscription........................................... 6
IMPORTANCE DE L’AJOUT D’UNE ESPÈCE À L’ANNEXE 1...........................................................................7
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées.................................................................................................. 7
Programmes de rétablissement et plans d’action visant les espèces disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées.................................................................................................. 8
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant des espèces préoccupantes ................ 8
Plans de gestion des espèces préoccupantes........................................................................................ 8
ESPÈCES ADMISSIBLES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1...........................9
Situation des espèces récemment évaluées et processus de consultation......................................... 9
Formulation de commentaires................................................................................................................... 9
Tableau 1 : Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles
à un ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification.............................................................. 10
Tableau 2 : Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC
(aucune consultation – confirmation du statut des espèces)......................................... 11
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES
POUR AJOUT OU RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1.............................................. 12
INDEX...................................................................................................... 61
Espèces par nom commun....................................................................................................................... 61
Espèces par nom scientifique................................................................................................................... 62
Espèces par province et territoire............................................................................................................ 63
GLOSSAIRE................................................................................................ 64
1
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL
Loi sur les espèces en péril et Liste
des espèces en péril
Le gouvernement du Canada est voué à prévenir
la disparition des espèces sauvages en péril de nos
territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à
honorer cet engagement, le gouvernement du Canada
a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le
5 juin 2003. L’annexe 1 de la Loi, qui présente la liste
des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP,
est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ».
Les espèces en voie de disparition ou menacées
qui figurent à l’annexe 1 bénéficient de la protection
conférée par les interdictions et la planification
de rétablissement prévues à la LEP. Les espèces
préoccupantes bénéficient de sa planification
de la gestion. L’annexe 1 contenait initialement
233 espèces sauvages en péril et, maintenant,
510 espèces forment la liste.
La liste complète des espèces qui figurent
actuellement à l’annexe 1 peut être consultée à :
www.sararegistry.gc.ca/species/schedules_f.
cfm?id=1.
Les espèces peuvent être ajoutées à l’annexe 1
dès qu’elles ont été évaluées comme étant en péril
par le Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada (COSEPAC). La décision d’ajouter une espèce
à l’annexe 1 est prise par le gouverneur en conseil à la
suite d’une recommandation formulée par le ministre
de l’Environnement. Le gouverneur en conseil est
le corps exécutif officiel qui donne la conséquence
juridique aux décisions qui auront force de loi.
Comité sur la situation des espèces en
péril au Canada (COSEPAC) et processus
d’évaluation pour déterminer les espèces
en péril
Le COSEPAC est reconnu en vertu de la LEP
comme une autorité pour évaluer le statut des
espèces sauvages en péril. Ce Comité est formé
d’experts sur les espèces sauvages en péril. Ses
membres ont une formation en biologie, en écologie
et en génétique. De plus, ils ont un savoir traditionnel
autochtone et dans d’autres domaines pertinents.
Ils proviennent de diverses collectivités, y compris
le milieu universitaire, les organisations autochtones,
les organisations gouvernementales et les
organisations non gouvernementales.
2
Le COSEPAC accorde la priorité aux espèces les
plus susceptibles de disparaître, puis il commande
un rapport de situation afin d’évaluer la situation de
l’espèce. Pour être acceptés, les rapports de situation
doivent être évalués par les pairs et approuvés par
un sous-comité formé de spécialistes des espèces.
Dans des circonstances particulières, les évaluations
peuvent être exécutées en situation d’urgence.
Lorsque le rapport de situation est terminé, le
COSEPAC se rencontre pour l’examiner et discuter
des espèces. Il détermine ensuite si les espèces
sont en péril et, si tel est le cas, il évalue le niveau
de risque et attribue un statut de conservation.
Termes utilisés pour définir le degré
de risque que court une espèce
Le statut de conservation définit le degré de risque
que court une espèce. Les termes utilisés dans la
LEP sont « espèce disparue du pays », « espèce
en voie de disparition », « espèce menacée » et
« espèce préoccupante ». Une espèce sauvage
est « disparue du pays » lorsqu’elle n’existe plus à
l’état sauvage au Canada, mais qu’elle est présente
ailleurs. Une espèce sauvage est « en voie de
disparition » lorsqu’elle risque de façon imminente de
disparaître du pays ou de la planète. Une espèce est
« menacée » lorsqu’elle est susceptible de devenir en
voie de disparition si rien n’est fait pour contrer les
facteurs menaçant de la faire disparaître. Une espèce
est « préoccupante » lorsqu’elle peut devenir une
espèce menacée ou une espèce en voie de disparition
en raison de l’effet cumulatif de ses caractéristiques
biologiques et des menaces reconnues qui pèsent
sur elle. Une fois que le Comité a évalué une espèce
comme étant disparue du pays, en voie de disparition,
menacée ou préoccupante, cette espèce peut être
ajoutée à l’annexe 1.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le
COSEPAC, consultez le site : www.cosepac.gc.ca.
Le 5 octobre 2012, le COSEPAC a envoyé au
ministre de l’Environnement ses dernières évaluations
des espèces en péril. Environnement Canada est
actuellement en consultation relativement aux
modifications apportées à l’annexe 1 afin d’y intégrer
les nouvelles désignations de ces espèces terrestres.
Pour obtenir la liste des espèces terrestres et leur
statut, veuillez consulter les tableaux 1 et 2.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Espèces terrestres et aquatiques
admissibles aux modifications
de l’annexe 1
Pêches et Océans Canada mène des consultations
distinctes pour les espèces aquatiques. Pour obtenir
de plus amples renseignements sur les consultations
pour les espèces aquatiques, consultez le site Web
de Pêches et Océans Canada à l’adresse :
www.dfo-mpo.gc.ca.
Le ministère de l’Environnement mène des
consultations pour toutes les autres espèces en péril.
On retrouve aussi environ 31 % des espèces
terrestres en péril évaluées récemment dans
les parcs nationaux ou d’autres territoires administrés
par Parcs Canada, qui partage la responsabilité
avec Environnement Canada concernant ces espèces.
Sollicitation de commentaires du public
au sujet de la modification proposée
de l’annexe 1
La conservation des espèces sauvages est une
responsabilité légale commune, qui est partagée
entre les gouvernements du Canada. Toutefois,
la biodiversité ne sera pas conservée par des
gouvernements qui agissent seuls. La meilleure façon
de sécuriser la survie des espèces en péril et leur
habitat se fait par une participation active de toutes
les parties concernées. La LEP reconnaît cette
collaboration et le fait que tous les Autochtones et
tous les Canadiens ont un rôle à jouer pour prévenir
la disparition des espèces sauvages de nos territoires.
Le gouvernement du Canada vous invite et vous
encourage à y participer. Une façon de participer est
de partager vos commentaires concernant l’ajout ou
la reclassification de ces espèces terrestres.
Vos commentaires sont pris en compte
par rapport aux répercussions potentielles d’une
inscription ou d’une non-inscription à l’annexe 1,
puis ils sont utilisés pour rédiger les recommandations
d’inscription proposées pour chacune de ces espèces.
Pour que vos commentaires soient considérés à temps,
vous devez les soumettre avant les dates limites
suivantes.
Dans le cas des espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations régulières,
les commentaires doivent être soumis au plus tard
le 4 mars 2013.
Pour obtenir une description des processus de
consultations auxquels ces espèces seront soumises
(régulières ou prolongées), veuillez consulter le site Web suivant : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=387BD042-1
Les commentaires reçus avant ces dates
limites seront pris en considération au cours du
développement de la proposition d’inscription.
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel
au Registre public des espèces en péril à l’adresse
suivante : registrelep@ec.gc.ca
Vous pouvez envoyer vos commentaires
par courrier postal à l’adresse suivante :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
Processus de consultation
et d’inscription dans
la loi sur les espèces en péril
L’ajout d’une espèce sauvage en péril à l’annexe 1
de la LEP renforce et améliore la capacité du
gouvernement fédéral à la protéger et à la conserver.
Pour qu’il soit efficace, le processus d’inscription
doit être transparent et ouvert. Le processus
d’inscription des espèces en vertu de la LEP
est résumé dans la figure 1.
But des consultations sur les modifications
à apporter à la Liste
Lorsque le COSEPAC évalue une espèce
sauvage, il s’appuie uniquement sur les meilleurs
renseignements disponibles pertinents au statut
biologique de l’espèce. Il soumet ensuite
l’évaluation au ministre de l’Environnement,
qui la considère au moment de présenter
les recommandations d’inscription au gouverneur
en conseil. Ces consultations visent à fournir
au ministre une meilleure compréhension des
incidences sociales et économiques potentielles
des modifications proposées à la Liste des espèces
en péril, et des répercussions potentielles de
la non‑inscription d’une espèce sur la liste.
Dans le cas des espèces terrestres faisant l’objet de
période de consultations prolongées, les commentaires
doivent être soumis au plus tard le 4 octobre 2013.
3
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Figure 1 :
Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP
Le ministre de l’Environnement reçoit les évaluations du COSEPAC
au moins une fois par année.
Les ministères compétents font un examen interne pour déterminer
la portée des consultations publiques et les analyses socioéconomiques
nécessaires pour communiquer la décision concernant la liste.
Le ministrre de l’Environnement publie, dans le Registre public
de la LEP, dans les 90 jours suivant la réception des évaluations
des espèces préparées par le COSEPAC, un énoncé stipulant
comment il ou elle réagira aux évaluations et, dans toute
la mesure du possible, les délais d’exécution.
S’il y a lieu, les ministères compétents mènent des consultations
et toute autre analyse nécessaire pour préparer l’avis
pour le ministre de l’Environnement.
Le ministre de l’Environnement transmet l’évaluation au gouverneur
en conseil pour qu’il en accuse réception. Cela se produit
généralerment dans les trois mois suivant la publication de l’énoncé
de réaction à moins que d’autres consultations soient nécessaires.
Le gouverneur en conseil, dans les neuf mois suivant la réception
de l’évaluation, peut décider, sur la recommandation du ministre
de l’Environnement, d’ajouter ou non les espèces à l’Annexe 1
de la LEP ou encore de retourner l’évaluation au COSEPAC
pour obtenir plus d’information ou une réévaluation.
Dés qu’une espèce est ajoutée à la liste de l’Annexe 1,
elle bénéficie des dispositions applicables de la LEP.
4
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Contexte législatif des consultations :
les recommandations du ministre
au gouverneur en conseil
Les commentaires obtenus pendant les
consultations servent à rédiger les recommandations
du ministre en matière d’inscription des espèces
en péril pour le gouverneur en conseil. Le ministre
doit recommander l’un des trois plans d’action.
Le gouverneur en conseil peut soit accepter
l’évaluation des espèces et modifier l’annexe 1
en conséquence; soit ne pas ajouter les espèces
à l’annexe 1; ou soit renvoyer l’évaluation des espèces
au COSEPAC pour qu’elle fasse l’objet d’un examen
plus approfondi (figure 1).
Réponse du ministre de l’Environnement
à l’évaluation par le COSEPAC :
énoncé de réaction
Une fois que le COSEPAC a effectué son
évaluation d’une espèce, il la remet au ministre
de l’Environnement. Celui-ci dispose alors de
90 jours pour afficher une réponse sur le Registre
public des espèces en péril et pour fournir des
renseignements sur la portée des consultations et
sur les échéanciers de mise en œuvre, dans la mesure
du possible. Ces réponses sont appelées les énoncés
de réaction. Les énoncés de réaction déterminent
la durée des périodes de consultation (si elles
sont « régulières » ou « prolongées ») en indiquant
le moment où le ministre enverra l’évaluation
au gouverneur en conseil. Ces consultations
sur un groupe d’espèces commencent au moment
de la publication des énoncés de réaction.
Périodes de consultations régulières
et prolongées
Les consultations régulières répondent aux besoins
de consultation pour l’inscription de la plupart
des espèces en péril. Elles durent habituellement
de deux à trois mois, alors que les consultations
prolongées durent environ un an.
La durée des consultations doit être proportionnelle
à l’incidence prévue d’une décision d’inscription
et au délai qui peut être nécessaire à une consultation
suffisante. Dans certaines circonstances, l’inscription
ou la noninscription d’une espèce à l’annexe 1
pourrait avoir des incidences importantes et
généralisées sur les activités de certains groupes
de gens. Il est essentiel que ces intervenants
soient informés de la décision en instance et,
dans la mesure du possible, de ses conséquences
potentielles. Ils doivent également avoir la possibilité
de fournir des renseignements sur les conséquences
potentielles de la décision et de communiquer
leurs idées sur la meilleure approche à l’égard
des menaces pesant sur l’espèce. Une période plus
longue peut parfois être nécessaire pour consulter
suffisamment certains groupes. Ce peut être le
cas avec des groupes qui se rencontrent rarement,
mais qui doivent être mobilisés à plusieurs reprises.
C’est pourquoi des consultations prolongées peuvent
avoir lieu.
Une fois que les consultations régulières
ou prolongées sont terminées, le ministre de
l’Environnement envoie les évaluations de l’espèce
au gouverneur en conseil pour que le gouvernement
prenne officiellement possession des évaluations.
Celui-ci dispose alors de neuf mois pour rendre
une décision d’inscription. C’est pourquoi
les décisions d’inscription relatives aux espèces
faisant l’objet de consultations régulières sont
généralement complètes dans l’année qui suit
la publication des énoncés de réaction. Quant
aux décisions d’inscription relatives aux espèces
faisant l’objet de consultations prolongées, elles
sont généralement complètes dans les deux années
qui suivent la publication des énoncés de réaction.
Les processus de consultation (consultations
régulières ou prolongées) pour les espèces terrestres
énumérées au tableau 1 seront annoncés au moment
où le ministre publiera son énoncé de réaction.
Ils seront affichés à compter du 3 janvier 2013
sur le Registre public des espèces en péril à l’adresse
Web suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=387BD042-1
Il n’y aura aucune consultation sur les espèces
énumérées au tableau 2 puisqu’aucun changement
n’est proposé dans leur cas.
Qui est consulté et comment
Il est crucial de consulter les personnes qui
seraient le plus touchées par les modifications
proposées. Lorsqu’une espèce disparue du pays,
en voie de disparition ou menacée est ajoutée à
l’annexe 1, il existe des protections automatiques.
Ces mesures interdisent généralement de tuer ou
de blesser les espèces en péril ou de détruire un
habitat. Pour les espèces terrestres, cela s’applique
aux oiseaux migrateurs protégés par la Loi sur la
Convention concernant les oiseaux migrateurs,
1994 (qui prévoit déjà une protection similaire
des oiseaux migrateurs et de leurs habitats).
La protection immédiate s’applique également
5
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
aux autres espèces terrestres qui se trouvent
en territoire domanial (pour plus de détails, voir
ci-dessous « Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant disparues du pays, en voie
de disparition ou menacées »). Cette protection
immédiate ne s’applique pas aux espèces
préoccupantes. Par conséquent, Environnement
Canada tient compte du type d’espèce, de son statut
quant à la conservation et du lieu où elle se trouve.
On communiquera directement avec les personnes
qui peuvent être touchées par les impacts des
protections automatiques, et on invitera les autres
personnes intéressées à participer aux consultations
par diverses mesures.
On communiquera avec les Autochtones désignés
comme ayant sur leurs territoires des espèces en péril
pour qui sont envisagées les modifications proposées
de l’annexe 1. Leur participation a une grande
importance et leur rôle est reconnu dans la gestion
des territoires traditionnels considérables et des terres
de réserves et octroyées par une entente.
Un Conseil de gestion de la faune a été établi
en vertu d’un accord de revendications territoriales
et est autorisé aux termes de cet accord à exécuter
des fonctions relatives aux espèces sauvages.
Certaines espèces en péril admissibles se retrouvent
sur des territoires où les accords de revendications
territoriales s’appliquent et accordent des pouvoirs
précis à un Conseil de gestion de la faune. Dans
de tels cas, le ministre de l’Environnement consultera
le conseil pertinent.
Pour encourager d’autres personnes intéressées
à participer aux consultations et rendre les
renseignements nécessaires facilement accessibles,
le présent document est distribué aux intervenants
connus et affiché sur le Registre public des espèces
en péril. Des consultations plus approfondies
peuvent également avoir lieu par la tenue de réunions
régionales ou locales ou par une approche plus ciblée.
Environnement Canada envoie également un avis
de cette consultation pour déterminer les groupes
et individus concernés qui ont affiché leur intérêt.
Ces groupes et individus comprennent, sans
toutefois s’y limiter, les industries, les utilisateurs
des ressources, les propriétaires fonciers et les
organisations non gouvernementales à vocation
écologique.
Dans la plupart des cas, Environnement Canada
n’est pas en mesure d’examiner les répercussions
potentielles des actions de rétablissement au
moment de l’inscription d’espèces, car les actions
6
de rétablissement des espèces terrestres sont
rarement automatiques à l’inscription; en fait,
ces actions ne sont habituellement pas encore
définies, et leur incidence ne peut donc être
entièrement comprise. Une fois qu’elles ont été
définies, des mesures sont prises pour réduire
au minimum les impacts socio-économiques
de l’inscription et maximiser les avantages. La LEP
exige que les mesures de rétablissement soient
préparées en consultation avec les intervenants
considérés comme directement touchés par
ces actions.
En plus du public, Environnement Canada consulte
les gouvernements des provinces et territoires
responsables de la conservation et de la gestion
de ces espèces sauvages en vue de leur inscription.
Le Ministère consulte également d’autres ministères
et organismes fédéraux.
Rôle et impact des consultations
publiques sur le processus d’inscription
Les résultats des consultations publiques
sont d’une grande importance pour le
processus d’inscription d’espèces en péril.
Environnement Canada examine attentivement
les commentaires reçus pour mieux comprendre
les avantages et les coûts découlant des
modifications à apporter à la Liste.
Les commentaires sont ensuite utilisés pour
élaborer le Résumé de l’étude d’impact de la
réglementation (REIR). Ce dernier consiste en un
rapport qui résume l’impact d’une modification
proposée à la réglementation. Il comprend une
description de la modification proposée ainsi qu’une
analyse des répercussions prévues qui comprend les
résultats des consultations publiques. En élaborant
le REIR, le gouvernement du Canada reconnaît que
le patrimoine naturel du Canada fait partie intégrante
de notre identité et histoire nationales et que toutes
les espèces sauvages, quelles qu’elles soient, sont
importantes. Le gouvernement du Canada reconnaît
également que l’absence d’une certitude scientifique
complète n’est pas une raison pour reporter les
décisions relatives à la protection de l’environnement.
Un projet de décret (voir le glossaire) est ensuite
préparé pour aviser qu’une décision est actuellement
prise par le gouverneur en conseil. Ce projet de décret
proposant d’inscrire la totalité ou une partie des
espèces à l’étude est ensuite publié, avec le REIR,
dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une
période de commentaires de 30 jours.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Le ministre de l’Environnement tiendra compte
des commentaires et de tous les renseignements
supplémentaires reçus à la suite de la publication
du projet de décret et du REIR dans la Partie I de la
Gazette du Canada. Le ministre présentera ensuite
une recommandation d’inscription pour chacune des
espèces au gouverneur en conseil. Le gouverneur en
conseil décide ensuite d’accepter l’évaluation des
espèces et de modifier l’annexe 1 en conséquence,
de ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1 ou de
renvoyer l’évaluation des espèces au COSEPAC
afin qu’elle soit plus détaillée et réexaminée. La
décision définitive est publiée dans la Partie II de la
Gazette du Canada et dans le Registre public des
espèces en péril. Lorsque le gouverneur en conseil
décide d’inscrire une espèce, elle figure légalement
à l’annexe 1.
Les oiseaux migrateurs sont protégés en vertu
du Règlement sur les oiseaux migrateurs aux termes
de la Loi de 1994 sur la convention concernant
les oiseaux migrateurs, qui interdit strictement de
causer du tort aux oiseaux migrateurs et de perturber
ou détruire leurs nids ou leurs œufs.
En vertu de la LEP, il est interdit de tuer un individu
d’une espèce sauvage inscrite comme espèce
disparue du pays, en voie de disparition ou menacée
ou une espèce disparue dont la réintroduction a été
recommandée dans un programme de rétablissement.
Il est interdit aussi de lui nuire, de le harceler, de le
capturer, de le prendre, ou d’endommager ou de
détruire sa résidence. Aux termes de la Loi, il est
également interdit de posséder, de collectionner,
d’acheter, de vendre ou d’échanger un tel individu.
Les divers gouvernements du Canada partagent
la responsabilité de la conservation des espèces
sauvages. La LEP établit la protection légale des
individus et de leurs résidences dès qu’une espèce
est inscrite comme espèce disparue du pays,
en voie de disparition ou menacée, si cette espèce
est considérée comme une espèce sous juridiction
fédérale ou si elle existe sur le territoire domanial.
Dès leur inscription en vertu de la LEP, les espèces
en péril qui ne sont pas aquatiques, qui ne sont
pas protégées par la Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs et qui ne sont
pas présentes sur le territoire domanial, ne reçoivent
aucune protection immédiate. Plutôt, les provinces
et territoires sont responsables des espèces terrestres
qui se retrouvent sur le territoire non domanial.
L’application des protections en vertu de la LEP
à une espèce en péril sur des terres non domaniales
exige que le gouverneur en conseil émette un
décret définissant ces terres. Cela se fait seulement
si le ministre est d’avis que les lois de la province
ou du territoire ne protègent pas l’espèce de façon
efficace. Pour mettre en œuvre ce décret, le ministre
doit recommander que le décret soit effectué par le
gouverneur en conseil. Si le gouverneur en conseil
accepte d’effectuer le décret, les interdictions en vertu
de la LEP s’appliqueront aux territoires provinciaux ou
territoriaux précisés dans le décret. Le gouvernement
fédéral consulte ensuite la province ou le territoire
concerné avant d’effectuer ce décret.
Les espèces sous juridiction fédérale comprennent
les oiseaux migrateurs, définis dans la Loi de 1994
sur la convention concernant les oiseaux migrateurs,
et les espèces aquatiques visées par la Loi sur
les pêches. Un territoire domanial signifie une terre
qui appartient au gouvernement fédéral ainsi que
les eaux internes et la mer territoriale du Canada.
Il signifie également une terre qui a été mise de
côté à l’usage et au profit d’une bande en vertu de
la Loi sur les Indiens (par exemple, les réserves).
Dans les territoires, la protection des espèces en
péril se retrouvant sur les territoires domaniaux
ne s’applique que sur les territoires sous la tutelle
du ministre de l’Environnement ou de l’Agence
Parcs Canada.
Le ministre de l’Environnement et le ministre
des Pêches et des Océans peuvent autoriser
des exceptions aux interdictions prévues par la
LEP. Ces ministres peuvent conclure des accords
ou délivrer des permis uniquement pour l’une des
trois raisons suivantes : les recherches, les activités
de conservation ou si les effets sur les espèces sont
connexes à l’activité. Les recherches doivent être
relatives à la conservation d’une espèce et réalisées
par des scientifiques qualifiés. Les activités de
conservation doivent être bénéfiques pour une espèce
inscrite ou requises pour augmenter ses chances
de survie. Toutes les activités, y compris celles
qui touchent une espèce inscrite de façon incidente,
doivent satisfaire à certaines conditions. Il faut
Importance de l’ajout
d’une espèce à l’annexe 1
La protection qui prend effet après l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1 dépend de plusieurs facteurs,
dont le statut de l’espèce en vertu de la LEP, le type
d’espèce et le lieu où elle se trouve.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées
7
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
d’abord établir que toutes les solutions de rechange
raisonnables ont été considérées et que la solution
adoptée est la meilleure. Il faut également établir
que toutes les mesures possibles seront prises afin
de réduire au minimum l’impact de l’activité et que
la survie ou le rétablissement de l’espèce ne sera
pas compromis. S’il a délivré un permis ou conclu
un accord, le ministre de l’Environnement ou le
ministre des Pêches et des Océans doit, dans un tel
cas, publier une justification de la décision d’émettre
le permis ou de conclure l’entente dans le Registre
public des espèces en péril.
Programmes de rétablissement et plans
d’action visant les espèces disparues
du pays, en voie de disparition
ou menacées
La planification du rétablissement passe par
l’élaboration de programmes de rétablissement
et de plans d’action pour les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées.
Elle nécessite l’intervention de différents ordres
de gouvernement responsables de la gestion
des espèces, dépendamment du type d’espèce
dont il s’agit et où elle se retrouve. Cela comprend
les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux
ainsi que les conseils de gestion des ressources
fauniques. Les programmes de rétablissement
et les plans d’action sont également préparés
en collaboration avec les organisations autochtones
directement concernées. Les propriétaires fonciers
et les autres intervenants directement concernés
par le programme de rétablissement sont également
consultés.
Des programmes de rétablissement doivent
être préparés pour toutes les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées.
Ils comprennent des mesures qui visent à atténuer
les menaces connues qui pèsent sur l’espèce
en question et sur son habitat ainsi que les objectifs
en matière de population et de répartition. D’autres
objectifs peuvent être inclus, tels que l’intendance
(pour établir la protection de la population actuelle)
ou l’éducation (pour accroître la sensibilisation du
public). Les programmes de rétablissement doivent
inclure un énoncé de l’échéancier pour l’élaboration
d’un plan d’action ou plus. Dans la mesure du
possible, les programmes de rétablissement doivent
aussi déterminer l’habitat essentiel de l’espèce.
S’il n’y a pas suffisamment d’informations disponibles
pour déterminer l’habitat essentiel, le programme
de rétablissement comprend un calendrier de
réalisation des études. Ce calendrier décrit ce qui doit
être effectué pour obtenir les informations nécessaires
8
et l’échéance. En pareil cas, l’habitat essentiel sera
désigné dans un plan d’action subséquent.
Après l’inscription de nouvelles espèces, les
programmes de rétablissement proposés sont affichés
dans le Registre public des espèces en péril afin de
permettre au public de les examiner et de formuler des
commentaires. Dans le cas d’une espèce désignée en
voie de disparition, les programmes de rétablissement
proposés sont affichés dans un délai d’un an suivant
leur ajout dans l’annexe 1 et dans le cas d’une espèce
désignée menacée ou disparue du pays, ils sont
affichés dans un délai de deux ans suivant leur ajout
dans l’annexe 1.
Les plans d’action précisent les mesures
nécessaires pour mettre en œuvre le programme de
rétablissement. Cela comprend les mesures pour
réagir aux menaces et atteindre les objectifs en matière
de population et de distribution. De plus, ces plans
d’action terminent la désignation de l’habitat essentiel
et, dans la mesure du possible, expliquent les mesures
qui sont proposées pour le protéger.
Protection accordée aux espèces inscrites
comme étant des espèces préoccupantes
La protection immédiate prévue par la LEP pour
les espèces inscrites comme disparues du pays,
en voie de disparition et menacées ne s’applique
pas aux espèces préoccupantes. Cependant,
toutes les mesures de protection et interdictions
existantes, comme celles prévues par la Loi de 1994
sur la convention concernant les oiseaux migrateurs
ou la Loi sur les parcs nationaux du Canada, restent
en vigueur.
Plans de gestion des espèces
préoccupantes
Pour les espèces préoccupantes, on élabore
des plans de gestion qui sont affichés dans le
Registre public des espèces en péril dans les trois ans
suivant leur inscription à l’annexe 1 afin de permettre
à la population de les examiner et de les commenter.
Ces plans prévoient des mesures de conservation
pertinentes pour les espèces concernées et leurs
habitats. Les plans de gestion sont élaborés en
collaboration avec les compétences responsables
de la gestion de l’espèce concernée, notamment
avec les conseils de gestion des ressources fauniques
et les organisations autochtones directement
concernés. Les propriétaires fonciers, les locataires
et les autres personnes directement touchées par
le plan sont également consultés.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
ESPÈCES ADMISSIBLES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1
Situation des espèces récemment
évaluées et processus de consultation
En octobre 2012, le COSEPAC a soumis
19 évaluations d’espèces en péril au ministre de
l’Environnement pour les nouvelles espèces qui
sont admissibles à l’ajout à l’annexe 1 de la LEP.
Dix de ces espèces sont des espèces terrestres.
Le COSEPAC a également examiné la classification
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 et a modifié
le statut de certaines d’entre elles. Cinq espèces
terrestres sont maintenant évaluées à un niveau
de risque moins élevé dans la LEP et quatre espèces
terrestres sont maintenant évaluées à un niveau de
risque plus élevé dans la LEP. Une espèce, la paruline
à capuchon, pourrait être retirée de la liste car, dans
la dernière évaluation de l’espèce, il a été montré
qu’elle n’était pas en péril. En tout, il y a 20 espèces
terrestres admissibles à l’ajout à l’annexe 1 ou au
changement de leur statut à l’annexe 1 (tableau 1).
Le COSEPAC a soumis une autre évaluation
selon laquelle la situation d’une espèce a
changé mais pour laquelle aucune modification
de la réglementation ne pourrait être réalisée.
En 2006, le COSEPAC a soumis une évaluation
d’une espèce préoccupante, la pseudévernie fantôme.
Le gouverneur en conseil ayant renvoyé cette
évaluation au COSEPAC pour un nouvel examen,
l’espèce n’a pas été inscrite sur la liste à ce moment
là. En 2012, le COSEPAC a présenté une évaluation
selon laquelle la pseudévernie fantôme n’était pas
une espèce en péril. L’espèce n’est donc pas visée
par les consultations.
Formulation de commentaires
La participation des Canadiens fait partie
intégrante du processus tout comme de la protection
ultime de la faune canadienne. Vos commentaires
sont importants et considérés sérieusement.
Environnement Canada étudie tous les commentaires
qu’il reçoit avant les dates limites présentées ci-après.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations régulières
doivent être reçus au plus tard le 4 mars 2013.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations prolongées
doivent être reçus au plus tard le 4 octobre 2013.
La plupart des espèces feront l’objet de
consultations régulières. Pour les processus de
consultation finale, veuillez vous rendre à l’adresse
Web suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca/
default.asp?lang=Fr&n=387BD042-1 à compter
du 3 janvier 2013.
Pour obtenir plus d’information sur la présentation
des commentaires, veuillez consulter la section
« Sollicitation des commentaires du public au sujet
du projet de modification de l’annexe 1 » à la page 3.
Le COSEPAC a également soumis les études
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 afin de
confirmer leur classification. Dix-neuf de ces études
concernaient des espèces terrestres. Ces espèces
ne sont pas incluses dans les consultations parce
qu’aucune modification de la réglementation n’est
proposée (tableau 2).
Pour obtenir de plus amples renseignements
sur les consultations pour les espèces aquatiques,
consultez le site Web de Pêches et Océans Canada
à l’adresse www.dfo-mpo.gc.ca.
9
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Tableau 1 :
Taxon
Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles
à un ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Nicrophorus americanus
ON QC
Plantes vasculaires Drave du Yukon
Draba yukonensis
YT
Arthropodes
Asile de l’Okanagan
Efferia okanagana
BC
Amphibiens
Salamandre sombre du Nord
(Population carolinienne)
Desmognathus fuscus
ON
Baccharis halimifolia
NS
Espèces nouvellement évaluées (10)
Disparue du pays (1)
Arthropodes
Nécrophore d’Amérique
En voie de disparition (3)
Menacée (1)
Plantes vasculaires Baccharis à feuilles d’arroche
Préoccupante (5)
Mollusques
Limace à grand manteau
Magnipelta mycophaga
BC
Oiseaux
Bruant de Baird
Ammodramus bairdii
AB MB SK
Oiseaux
Bécasseau roussâtre
Tryngites subruficollis
AB BC MB NT NU
ON QC SK YT
Mammifères
Pica à collier
Ochotona collaris
BC NT YT
Mammifères
Ours grizzli (Population de l’Ouest)
Ursus arctos
AB BC MB NT NU
SK YT
Icteria virens virens
ON
Reclassification dans une catégorie de risque plus élevé (4)
De préoccupante à en voie de disparition (1)
Oiseaux
Paruline polyglotte de la sous-espèce virens
De préoccupante à menacée (2)
Oiseaux
Petit-duc des montagnes
de la sous-espèce kennicottii
Megascops kennicottii
kennicottii
BC
Mammifères
Chien de prairie
Cynomys ludovicianus
SK
Satyrium behrii
BC
De menacée à en voie de disparition (1)
Arthropodes
Porte-queue de Behr
Reclassification dans une catégorie de risque moins élevé ou déclassement (6)
De menacée à non en péril (1)
Oiseaux
Paruline à capuchon
Setophaga citrina
ON
Plantes vasculaires Buchloé faux-dactyle
Bouteloua dactyloides
MB SK
Plantes vasculaires Lophiolie dorée
Lophiola aurea
NS
Plantes vasculaires Dalée velue
Dalea vilosa
MB SK
Plantes vasculaires Cryptanthe minuscule
Cryptantha minima
AB SK
Oiseaux
Megascops kennicottii
macfarlanei
BC
De menacée à préoccupante (3)
D’en voie de disparition à menacée (2)
10
Petit-duc des montagnes
de la sous-espèce macfarlanei
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Tableau 2 :
Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC
(aucune consultation – confirmation du statut des espèces)
Taxon
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Confirmation de la désignation (19)
Disparue du pays (3)
Mousses
Ptychomitre à feuilles incurvées
Ptychomitrium incurvum
ON
Reptiles
Couleuvre à nez mince
du Pacifique
Pituophis catenifer catenifer
BC
Reptiles
Tortue de l’Ouest
Actinemys marmorata
BC
En voie de disparition (11)
Mousses
Scoulérie à feuilles marginées
Scouleria marginata
BC
Mousses
Fabronie naine
Fabronia pusilla
BC
Plantes vasculaires
Triphysaire versicolore
Triphysaria versicolor
BC
Plantes vasculaires
Buchnéra d’Amérique
Buchnera americana
ON
Plantes vasculaires
Carex faux-lupulina
Carex lupuliformis
ON QC
Plantes vasculaires
Plantain à feuilles cordées
Plantago cordata
ON
Plantes vasculaires
Pycnanthème gris
Pycnanthemum incanum
ON
Plantes vasculaires
Isotrie verticillée
Isotria verticillata
ON
Arthropodes
Bleu insulaire
Plebejus saepiolus insulanus
BC
Reptiles
Couleuvre agile bleue
Coluber constrictor foxii
ON
Oiseaux
Paruline polyglotte
de la sous-espèce auricollis
(Population des montagnes)
Icteria virens auricollis
BC
Mousses
Bartramie de Haller
Bartramia halleriana
AB BC
Oiseaux
Guillemot marbré
Brachyramphus marmoratus
BC
Arthropodes
Amiral de Weidemeyer
Limenitis weidemeyerii
AB
Amphibiens
Grenouille-à-queue côtière
Ascaphus truei
BC
Mammifères
Castor de montagne
Aplodontia rufa
BC
Menacée (2)
Préoccupante (3)
11
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES
POUR AJOUT OU RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1
La section qui suit présente un résumé des justifications de la désignation par le COSEPAC du statut
d’espèces individuelles et leur biologie, les menaces, la répartition et d’autres informations. Pour une explication
détaillée de la situation de conservation d’une espèce individuelle, veuillez vous référer au rapport du COSEPAC
pour cette espèce, qui est aussi disponible sur le Registre public des espèces en péril à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/default_f.cfm
ou contactez :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
Asile de l’Okanagan
Photo : © Werner Eigelsreiter
L’habitat de prairie de l’espèce est limité et continue
de faire l’objet d’une dégradation. Les menaces
comprennent l’introduction et la propagation
des espèces envahissantes, les changements
dans le régime des feux, la dérive de pesticides
et l’utilisation sans restriction de véhicules tous
terrains.
Nom scientifique
Efferia okanagana
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette espèce endémique canadienne n’est
présente que dans cinq localités dans une très petite
zone du centre-sud de la Colombie-Britannique.
12
Description et importance de l’espèce
sauvage
L’Efferia okanagana Cannings (nom commun de
travail : asile de l’Okanagan) est une grosse mouche
(jusqu’à environ 2 cm de longueur) de la famille des
Asilidés (asiles) au corps brun hérissé de fortes soies.
Chez les deux sexes, l’arrière des yeux est bordé
d’une rangée de soies doré-orange vif. Chez le mâle,
les pièces génitales à l’extrémité de l’abdomen sont
bien développées et en forme de marteau, et les trois
derniers segments visibles de l’abdomen sont blanc
argenté. Chez la femelle, l’extrémité de l’abdomen
est prolongée d’un ovipositeur allongé en forme
de sabre. Aucune sous-espèce n’est connue. La larve
et la nymphe sont inconnues.
Cet asile est important car il est l’un des grands
invertébrés les plus remarquables de l’écosystème
de purshie tridentée au Canada. Cet habitat est
en grande partie menacé, et à ce jour, l’asile de
l’Okanagan n’a été observé nulle part ailleurs
au monde.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Répartition
L’aire de répartition mondiale connue de l’asile
de l’Okanagan se limite à cinq localités (28 sites
individuels) réparties de Kamloops au nord jusqu’à
Oliver au sud dans les vallées de l’Okanagan
et de la Thompson, dans le centre-sud de
la Colombie‑Britannique.
Les femelles déposent leurs œufs dans les glumes
vides des inflorescences de purshie tridentée de
l’année précédente. Comme la plupart des Asilidés,
l’asile de l’Okanagan se nourrit probablement à l’état
larvaire d’invertébrés vivant dans le sol comme des
larves de coléoptères. Le développement larvaire
est étalé sur un à deux ans. La nymphose a lieu au
dernier printemps, et les adultes émergent à la fin
d’avril ou au début de mai.
Des asiles de l’Okanagan ont été récoltés
ou photographiés entre le 17 avril et le 18 juin.
La plupart des observations ont été effectuées au
cours des deuxième et troisième semaines de mai.
Taille et tendances des populations
Aire de répartition mondiale et canadienne de l’asile
de l’Okanagan.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
Habitat
L’asile de l’Okanagan semble confiné aux prairies
sèches à sol graveleux ou sablo-loameux comportant
habituellement des zones de sol dénudé parsemées
de touffes d’agropyre. Dans le sud de la vallée
de l’Okanagan, cet asile a été trouvé uniquement
dans la steppe à purshie tridentée.
Biologie
Les asiles sont des prédateurs généralistes d’autres
insectes, tant durant leur vie larvaire qu’à l’âge
adulte. Des adultes de l’asile de l’Okanagan ont été
observés capturant des cicadelles, des taupins, des
mégachiles, des abeilles de la famille des Andrénidés,
des fourmis, des microlépidoptères, des syrphes, des
tipules et des asiles. Après avoir capturé une proie à
l’aide de leurs pattes épineuses, les adultes insèrent
leur robuste rostre dans le corps de celle-ci pour y
injecter une certaine quantité de salive protéolytique
paralysante, puis aspirent les tissus ainsi dissous.
La taille des populations n’a pas été estimée
à ce jour. À l’échelle régionale, les populations
sont réparties de façon irrégulière dans l’habitat
favorable, et leur densité varie considérablement
d’un site à l’autre. Dans les zones d’habitat propice,
une recherche de 30 minutes peut se solder par
la capture de jusqu’à 15 individus, mais le nombre
de captures varie généralement entre 0 et 5. Bien
qu’on ne dispose d’aucune information directe sur
les tendances des populations, les tendances liées
à la destruction de l’habitat donnent à croire que
les populations sont en déclin. Dans la portion sud
de l’aire de répartition de l’asile de l’Okanagan,
la superficie de la steppe à purshie tridentée, principal
habitat de l’espèce, s’est rétrécie des deux tiers
depuis le début de la colonisation européenne.
Menaces et facteurs limitatifs
Les menaces qui pèsent sur l’asile de l’Okanagan
incluent la perte d’habitat ou sa dégradation
(développement, en particulier la conversion
de l’habitat en vignobles; surpâturage par le bétail;
dommages causés par les véhicules), les feux
de végétation et les changements qui en résultent,
les plantes envahissantes, le réchauffement climatique
et les effets des pesticides.
On sait très peu de choses sur les facteurs
limitatifs. Une corrélation apparente mais non
mesurée a été relevée entre la présence de l’asile
de l’Okanagan et celle de l’agropyre à épi en terrain
graveleux. La nature bien drainée de ces sols ou
certaines autres caractéristiques sont peut-être
des facteurs limitatifs pour l’espèce durant sa vie
larvaire souterraine. Les seuls sites de ponte connus
sont les glumes vides de vieilles inflorescences
13
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
de cette graminée. Les larves se nourrissent dans
le sol de larves d’insectes, et la quantité de proies
disponibles pourrait jouer un rôle limitatif. Les adultes
sont des prédateurs généralistes opportunistes,
et la disponibilité des proies ne semble pas limitative.
Protection, statuts et classifications
L’asile de l’Okanagan ne bénéficie d’aucune
protection légale, mis à part la protection générale
qui lui est accordée dans les parcs et autres aires
protégées provinciales ou fédérales et sur les terres
appartenant à des organisations de conservation
non gouvernementales comme Nature Trust of BC.
Les aires protégées les plus importantes où l’espèce
a été observée sont l’aire protégée Lac du Bois
Grasslands près de Kamloops, le parc provincial
14
du Lac Kalamalka près de Vernon (BC Parks,
British Columbia Park Act) et les terres appartenant
à Nature Trust of BC, à Okanagan Falls et au lac
Vaseux. Trois des cinq localités et la plupart des sites
où l’espèce a été récoltée se trouvent dans la steppe
à purshie tridentée, dans le sud de la vallée de
l’Okanagan. Les terres appartenant au gouvernement
ou à des organisations de conservation privées
assurent la protection de 15 % de ce qui reste de
cet habitat en Colombie-Britannique.
L’asile de l’Okanagan n’est pas classé par
le Programme sur la situation générale des
espèces au Canada. Il n’est coté ni à l’échelle
mondiale par NatureServe ni à l’échelle provinciale
par le Centre de données sur la conservation
de la Colombie‑Britannique.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Baccharis à feuilles d’arroche
individus. Les fruits sont surmontés d’un pappus
(aigrette) d’un blanc éclatant qui rend les individus
femelles faciles à détecter à la fin de l’été et au début
de l’automne.
Aire de répartition canadienne
Nouvelle-Écosse
Répartition
Justification de la désignation
Le baccharis à feuilles d’arroche pousse à l’état
indigène le long du golfe du Mexique et de la côte
est des États-Unis, depuis l’État de Vera Cruz, au
Mexique, jusqu’à la partie nord du Massachusetts.
Photo : © Sean Blaney
Situation du COSEPAC
Menacée
Au Canada, le baccharis à feuilles d’arroche est
une espèce rare, qui se rencontre dans une zone
restreinte située à plus de 400 km de l’occurrence la
plus proche, située dans le nord du Massachusetts.
Le baccharis à feuilles d’arroche est la seule espèce
de son genre et de sa sous-tribu à pousser à l’état
indigène au Canada. L’arbuste est employé à des fins
horticoles aux États-Unis. Certaines espèces du genre
Baccharis renferment divers composés ayant des
usages médicinaux, dont certains pourraient servir
contre le cancer, mais les propriétés de ces composés
ont été peu étudiées. Aux États-Unis, des premières
nations auraient fait usage de certaines espèces
pour le traitement de plaies et de blessures ainsi que
comme antibactérien ou comme vomitif. Le baccharis
à feuilles d’arroche a été introduit en Europe
méditerranéenne et en Australie, où il est devenu une
plante nuisible envahissante. Dans certains États
des États-Unis, l’espèce est considérée comme une
mauvaise herbe nuisible à l’agriculture.
Nom scientifique
Baccharis halimifolia
Taxon
Plantes vasculaires
Cette espèce fait partie de la flore de la plaine
côtière de l’Atlantique. Cet arbuste canadien
rare et isolé est restreint à un habitat de marais
salé très particulier dans le sud de la NouvelleÉcosse. Son habitat côtier est en déclin en raison
de l’augmentation de l’aménagement du littoral.
De plus, les effets des changements climatiques,
incluant l’élévation du niveau de la mer et
l’augmentation et la fréquence des ondes de tempête,
mèneront à la perte et à la dégradation de l’habitat et
auront des répercussions sur les individus au cours
des quelques prochaines décennies.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le baccharis à feuilles d’arroche est une plante
vivace arbustive de la famille des Astéracées qui
pousse dans les marais salés. Au Canada, l’arbuste
peut atteindre une hauteur de 1 à 3 mètres et perd
ses feuilles en automne. Les feuilles sont vert-gris et
alternes. Les fleurs mâles et femelles sont produites
par des individus différents. L’arbuste fleurit vers la fin
de l’été, et ses inflorescences de fleurs minuscules
peuvent être très nombreuses chez les plus grands
Aire de répartition canadienne du baccharis
à feuilles d’arroche dans l’extrême sud-ouest de
la Nouvelle‑Écosse, avec indication des toponymes
désignant les sous-populations.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
15
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Dans le sud, vers l’intérieur des terres, l’espèce
atteint l’Oklahoma, l’Arkansas, le Tennessee et
le plateau du Piedmont, juste à l’est des Appalaches,
mais une partie de cette répartition résulte d’une
propagation postérieure à la colonisation européenne.
L’arbuste pousse également à l’état indigène
à Cuba et dans les Bahamas. Au Canada, toutes
les occurrences sont situées dans une zone côtière
de 25 km de largeur, dans l’extrême sud-ouest de
la Nouvelle-Écosse. Comme ces populations sont
dominées par de gros individus matures, l’espèce
semble être présente depuis longtemps dans
cette province.
Habitat
Aux États-Unis, le baccharis à feuilles d’arroche
se rencontre dans divers types de milieux humides
ou perturbés. Au Canada, il se rencontre uniquement
en terrain dégagé, en bordure de marais salés bien
développés, à l’intérieur de havres ou de baies
lui conférant une certaine protection contre le vent
et les vagues. L’arbuste pousse à l’intérieur ou à
proximité de la zone de transition entre le marais salé
et la forêt côtière, où la végétation est dominée par
des plantes graminoïdes et des arbustes de 0,5 à 2 m
de hauteur. Des facteurs climatiques limitent sans
doute la zone d’occurrence de l’espèce. Les courants
océaniques exercent un effet modérateur sur
le climat de la zone côtière du sud‑ouest de
la Nouvelle‑Écosse et particulièrement sur la région
de Yarmouth, où pousse le baccharis à feuilles
d’arroche. Les hivers y sont les plus doux au Canada,
si on exclut le sud de la Colombie-Britannique, et
les températures y sont beaucoup plus douces que
sur la côte du Maine, pourtant située à la même
latitude.
Biologie
En Nouvelle-Écosse, le baccharis à feuilles
d’arroche fleurit depuis la fin juillet jusqu’au milieu ou
à la fin septembre. Les individus femelles peuvent
produire jusqu’à un million de graines. À maturité,
les akènes (fruits renfermant une seule graine) sont
dispersés par l’eau et le vent, cette dispersion étant
facilitée par le pappus qui reste fixé à l’akène. Les
akènes arrivent à maturité vers la fin août ou en
septembre, et la plupart sont dispersés avant la fin
octobre. En Nouvelle-Écosse (mais non dans le sud
des États-Unis), les feuilles tombent à la fin octobre
ou en novembre, plus tard que chez la plupart des
autres arbustes poussant dans les mêmes milieux.
16
L’établissement à partir de graines doit être rare
en Nouvelle-Écosse, car les semis sont rarement
observés. Par ailleurs, comme le tronc des gros
individus peut atteindre 10 cm de diamètre, il doit
s’agir de vieux arbustes. Les individus matures
peuvent sans doute persister plusieurs dizaines
d’années ou même davantage, car de nouvelles
pousses se forment à leur base. L’arbuste peut
également se propager par enracinement de branches
basses. Le réservoir de semences du sol n’a sans
doute pas un rôle important, car les graines ont
une capacité de dormance limitée; elles peuvent
cependant survivre au moins deux ans si elles sont
enfouies.
Taille et tendances des populations
Le nombre total estimatif d’individus matures
présents au Canada est de 2850, et la plupart
des individus ont sans doute été répertoriés.
Trois populations sont connues, outre l’individu
poussant dans un site isolé à Pubnico-Ouest. Les
trois populations sont divisées en 9 sous-populations,
dont deux réunissent environ 88 % de l’effectif
canadien total de l’espèce.
Les tendances des populations n’ont pas été
étudiées, mais les populations sont probablement
assez stables. Jusqu’à présent, le développement
foncier a seulement eu un impact localisé et peu
important, mais certains sites sont exposés à un
développement en cours ou imminent, et ce facteur
pourrait constituer une menace future pour les autres.
Facteurs limitatifs et menaces
La seule menace imminente pour le baccharis
à feuilles d’arroche est la perte d’habitat due
au développement foncier du littoral et principalement
à la construction de chalets et de résidences.
Ce développement se poursuit de manière intensive
sur la côte atlantique de Nouvelle-Écosse depuis
une trentaine d’années et a entraîné une hausse
fulgurante de la valeur des terrains. Le baccharis
à feuilles d’arroche pousse dans des milieux
côtiers esthétiquement attrayants, et la plupart
des occurrences se trouvent à quelques centaines
de mètres de bonnes routes. Le fait que l’habitat
se trouve en bordure de la forêt côtière expose
particulièrement l’espèce au débroussaillage
effectué par les propriétaires souhaitant avoir vue
sur la mer ou accès à la mer. L’espèce est cependant
relativement protégée du développement dans
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
de nombreux sites, y compris ceux des deux plus
grandes sous‑populations, qui se trouvent sur
des îlots à l’intérieur de marais salés, ce qui rend
la construction d’un chemin d’accès coûteuse
ou contraire aux règlements de protection de
l’environnement.
La mort d’individus apparemment causée par
une inondation en eau salée a été observée très
localement, et la perte d’habitat due à l’élévation
du niveau de la mer pourrait un jour constituer
une menace. L’impact localisé du broutage par les
bovins a également été observé dans un des sites.
L’extrême concentration de l’effectif canadien
(environ 88 % du total) en deux groupes denses
occupant en tout 11,5 ha fait en sorte que le
développement foncier, l’élévation du niveau
de la mer et les phénomènes de nature aléatoire
risquent de réduire de manière substantielle
l’effectif canadien total de l’espèce. S’il y a peu de
recrutement à partir de graines, comme le laissent
croire certaines observations, tout facteur pouvant
détruire des individus matures constitue une
menace particulièrement grave.
Protection, statuts et classements
Le baccharis à feuilles d’arroche ne jouit
actuellement d’aucune protection juridique.
Cependant, un rapport de situation provincial est en
préparation, ce qui pourrait assurer à l’espèce une
désignation à titre d’espèce en péril et une protection
en vertu de la Nova Scotia Endangered Species Act.
Aucune des populations canadiennes ne se trouve
dans une zone protégée.
Selon l’organisme NatureServe, le baccharis
à feuilles d’arroche est « non en péril » à l’échelle
mondiale (G5) et à l’échelle des États-Unis (N5),
mais gravement en péril à l’échelle du Canada (N1)
et de la Nouvelle-Écosse (S1). Aux fins de la Situation
générale des espèces au Canada, l’espèce est jugée
« possiblement en péril », ce qui équivaut à la cote
« rouge » du système de classement du ministère
des Richesses naturelles de la Nouvelle-Écosse.
Aux États-Unis, l’espèce est jugée rare uniquement
au Rhode Island, où elle est cotée S2 (en péril),
et en Pennsylvanie, où elle est cotée S3 (vulnérable)
et officiellement désignée « rare ».
17
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Photo : © Sa Majesté la Reine du chef du Canada,
Charles Francis
Bécasseau roussâtre
Nom scientifique
Tryngites subruficollis
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut,
Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan,
Manitoba, Ontario, Québec
Justification de la désignation
L’Arctique canadien comporte environ 87 %
de l’aire de nidification nord-américaine de cet
oiseau de rivage et environ 75 % de la population
mondiale. L’espèce était autrefois commune et
peut-être même abondante historiquement, mais
elle a connu un grave déclin découlant de la chasse
intensive pratiquée à des fins commerciales à la
fin des années 1800 et au début des années 1900.
Dès les années 1920, elle aurait été sur le point de
disparaître. La population s’est accrue depuis qu’il
est interdit de chasser cet oiseau en Amérique du
Nord, mais ses effectifs demeurent de loin inférieurs
au nombre d’individus présents avant le début de
la pratique de la chasse. Il y a des indications que
la population a subi un déclin dans les dernières
décennies, et de nombreuses organisations de
conservation considèrent l’espèce préoccupante
dans toute son aire de répartition. Toutefois, il est
difficile de faire un suivi efficace de cette espèce, et
les données nécessaires à l’estimation des tendances
démographiques sont actuellement manquantes.
Hors de la période de reproduction, la perte et
la dégradation de son habitat de prairie spécialisé,
18
tant dans ses aires d’hivernage en Amérique du
Sud que le long de ses couloirs de migration, sont
considérées comme présentant les menaces les plus
graves.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le Bécasseau roussâtre (Tryngites subruficollis)
est un oiseau de rivage de taille moyenne à face
et à dessous de couleur chamois, et à taches brunes
ou noires sur les ailes et le dos. Il est le seul oiseau
de rivage d’Amérique du Nord à avoir un mode
d’accouplement de type lek, selon lequel les mâles se
rassemblent et affichent un comportement de pariade
pour la recherche de femelles.
Répartition
Le Bécasseau roussâtre niche dans les régions
arctiques de l’est de la Russie, de l’Alaska, du
Yukon et du centre‑nord du Canada. Il passe l’hiver
en Amérique du Sud, principalement en Argentine,
au Brésil et en Uruguay. Environ 87 % de l’aire
de répartition de l’espèce en Amérique du Nord
se trouve au Canada, et l’oiseau niche sur le versant
nord du Yukon, des Territoires du Nord‑Ouest
et du Nunavut, ainsi que dans l’archipel arctique
canadien. Les adultes migrent vers le sud et l’aire
d’hivernage en survolant l’intérieur de l’Amérique
du Nord, alors que les jeunes ont tendance
à se disperser jusqu’aux côtes de l’Atlantique et du
Pacifique avant de se diriger vers le sud. La migration
vers le nord et l’aire de reproduction est concentrée
Aire de reproduction du Bécasseau roussâtre en
Amérique du Nord.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2012
(carte réalisée par Jennie Rausch, Environnement Canada).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
dans le centre des États‑Unis et du Canada,
une grande proportion de la population survolant
l’Alberta et la Saskatchewan.
Habitat
L’aire de reproduction se trouve exclusivement
dans des habitats de toundra. Durant la migration
et durant l’hiver, le Bécasseau roussâtre occupe
surtout les habitats de prairies. Avant l’établissement
des Européens en Amérique du Nord, l’habitat
de halte pour les individus migrateurs était
principalement constitué de prairies à herbacées
courtes indigènes qui étaient broutées par le bison.
Or, la majeure partie de cet habitat est cultivé depuis
ce temps. De nos jours, les oiseaux font halte
principalement dans divers sites transformés par
les humains, comme les champs cultivés, les terrains
de golf, les pistes d’aéroports, les gazonnières
et les pâturages broutés par les animaux
d’élevage. Le Bécasseau roussâtre passe l’hiver
principalement dans les pampas d’Amérique du Sud,
où le broutement des animaux d’élevage contribue
au maintien de la structure d’herbacées courtes
que préfère l’oiseau. Les populations hivernantes
occupent aussi souvent les environs des lagunes
côtières.
Biologie
Les mâles et les femelles arrivent ensemble dans
l’aire de reproduction de l’Arctique, de la fin de mai
à la mi‑juin. Les mâles affichent un comportement
de pariade dans les territoires pour attirer les femelles.
Les femelles n’ont qu’une nichée de quatre œufs, et
le nid est aménagé sur le sol. Au début de septembre,
la plupart des individus s’envolent vers leur aire
d’hivernage. Le régime alimentaire du Bécasseau
roussâtre comprend des insectes terrestres et des
araignées, des invertébrés aquatiques et des graines
de végétaux.
Taille et tendances des populations
Selon l’estimation la plus récente, la population
mondiale de Bécasseaux roussâtres compterait
56 000 oiseaux (plage : de 35 000 à 78 000 oiseaux).
Environ 42 000 oiseaux se reproduiraient au Canada
(plage : de 26 250 à 58 500 oiseaux), ce qui représente
environ 75 % de la population mondiale de l’espèce.
La population aurait déjà compté des centaines de
milliers à des millions d’individus, avant qu’elle ne
connaisse un déclin précipité associé à la chasse
commerciale à la fin des années 1800 et au début
des années 1900. Selon les observations récentes,
le déclin de l’espèce s’est poursuivi au cours des
dernières décennies, mais il n’existe aucune donnée
de surveillance à long terme qui permette de vérifier
cette apparente tendance.
Facteurs limitatifs et menaces
La perte d’habitat, la fragmentation et la
dégradation de l’habitat constituent probablement
les principales menaces pour les populations
de Bécasseaux roussâtres. En Arctique, l’habitat
de reproduction chevauche des zones d’exploitation
minière, pétrolière ou gazière. Dans une grande partie
du reste de l’habitat de migration et de l’habitat
d’hivernage, les prairies indigènes ont pour la plupart
disparu, et l’espèce occupe de nos jours des habitats
transformés par les humains. L’utilisation régulière
des terres cultivées par le Bécasseau roussâtre
l’expose peut‑être aux produits agrochimiques,
alors que les changements dans les pratiques
agricoles (p. ex. la modification des régimes de
pâturages et les semis directs) peuvent faire diminuer
la disponibilité de la nourriture et limiter l’habitat
adéquat. De plus, l’élaboration de projets d’énergie
éolienne le long de la voie migratoire d’Amérique
du Nord pourrait avoir des répercussions négatives
sur l’espèce.
Les changements climatiques peuvent avoir
des impacts sur le Bécasseau roussâtre de plusieurs
manières. L’avancée vers le nord de la végétation
arbustive modifiera profondément son habitat
de nidification dans la toundra. La hausse du niveau
de la mer et l’augmentation des précipitations
pourraient entraîner l’inondation de l’habitat côtier
de l’espèce dans l’aire de reproduction et dans
l’aire d’hivernage. Des tempêtes plus fréquentes
et plus intenses pourraient faire augmenter le taux
de mortalité des jeunes durant la migration le long
de la côte atlantique. Il est prévu aussi que les
changements climatiques causeront des sécheresses
plus fréquentes et plus graves dans les prairies
canadiennes et les grandes plaines des États‑Unis,
ce qui pourrait entraîner des répercussions
négatives sur l’habitat de milieux humides
et d’étangs saisonniers et mener à une réduction
de la disponibilité de la nourriture durant la migration.
Protection, statuts et classifications
Au Canada, le Bécasseau roussâtre est protégé
en vertu de la Loi sur la Convention concernant
les oiseaux migrateurs du gouvernement fédéral.
Il est considéré comme une « espèce quasi
menacée » sur la liste rouge de l’Union internationale
pour la conservation de la nature (UICN) et comme
19
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
une « espèce préoccupante » sur le plan de la
conservation par le U.S. Fish and Wildlife Service
et le Plan canadien de conservation des oiseaux
de rivage. Selon le plan de conservation des oiseaux
de rivage des États‑Unis, le Bécasseau roussâtre
est une « espèce grandement en péril ». Au Canada,
il est classé à l’échelle nationale comme une espèce
sensible à la disparition ou la disparition du pays
20
ou à la disparition de populations locales. Dans l’aire
d’hivernage, il est considéré comme une « espèce
menacée » en Argentine, une « espèce vulnérable »
dans certaines parties du Brésil, une « espèce quasi
menacée » au Paraguay, et une « espèce prioritaire »
en Uruguay. Aucune des mesures de protection
existantes ne s’étend à la conservation de l’habitat
de l’espèce.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Bruant de Baird
Photo : © Royal Alberta Museum, Edgar T. Jones
Description et importance de l’espèce
sauvage
Nom scientifique
Ammodramus bairdii
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Le Bruant de Baird est un passereau des prairies
timide et discret, qui se distingue d’autres passereaux
par la présence de deux étroites rayures ressemblant
à une moustache sur les côtés de la tête lavée d’ocre
ou de chamois et d’un collier de fines lignes noires
sur la poitrine, ainsi que par son chant qui se termine
habituellement par un trille musical grave. En tant
qu’espèce des prairies du nord à aire de répartition
restreinte, le Bruant de Baird constitue un précieux
indicateur de l’état des prairies dans cette région.
Répartition
L’aire de reproduction du Bruant de Baird va
du sud de l’Alberta et de la Saskatchewan jusqu’au
sud‑ouest du Manitoba, puis vers le sud, jusqu’au
Montana, le Wyoming et le Dakota du Sud. Le Canada
englobe environ 45 % de l’aire de reproduction de
l’espèce et abrite une proportion encore plus grande
de sa population mondiale. L’aire d’hivernage du
Bruant de Baird s’étend du sud de l’Arizona, au
Nouveau-Mexique et au Texas vers le sud jusqu’au
centre-nord du Mexique.
Justification de la désignation
Le Canada comprend environ 60 % de la
population reproductrice de cet oiseau chanteur
des Prairies. Cette espèce était commune et
peut‑être même abondante historiquement. Elle a
subi des déclins attribuables à la conversion agricole
de son habitat de prairies naturelles à l’échelle
des Grandes Plaines. Il existe de bonnes indications
d’un déclin de la population dans les dernières
décennies, mais comme il est difficile de faire un suivi
efficace de l’espèce, l’information sur les tendances
de la population à court terme est relativement
pauvre. La perte et la dégradation de son habitat
de prairie spécialisé dans les lieux de reproduction
et d’hivernage constitueraient les menaces les plus
importantes. Les indications d’un déclin de population
à long terme associé à des menaces permanentes
pesant sur l’habitat sont les raisons principales pour
faire passer l’espèce du statut « non en péril » à celui
d’« espèce préoccupante ».
Aire de nidification et aire d’hivernage du Bruant
de Baird.
Source : Modifié à partir de « Birds of North America Online »
http://bna.birds.cornell.edu/bna maintenu par le Cornell Lab of
Ornithology, Ithaca, NY.
21
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Habitat
Menaces et facteurs limitatifs
Le Bruant de Baird niche principalement dans
de grandes étendues de la prairie mixte et de
fétuque parsemées d’arbustes épars, où la hauteur
de l’herbe est modérée et le sol présente un peu de
litière. Des parcelles d’habitat non indigène peuvent
parfois présenter ces caractéristiques, mais le succès
de reproduction peut être faible dans certaines de ces
parcelles, comme le foin cultivé et les terres agricoles.
Plus de 75 % des prairies naturelles dans l’aire
de nidification du Bruant de Baird ont été détruites
depuis les années 1800 suite à leur conversion
en terres agricoles. La destruction, la dégradation
et la fragmentation de l’habitat se poursuivent
dans l’ensemble de l’aire de répartition de l’espèce.
La destruction, la dégradation et la fragmentation
de l’habitat, attribuables à divers facteurs,
parmi lesquels l’extraction d’énergie devient
particulièrement important récemment, constituent
les principales menaces pesant sur le Bruant de
Baird. La perturbation des processus naturels
(résultant du broutage, du brûlage et de la
sécheresse), les activités agricoles, le parasitisme
des couvées par le Vacher à tête brune, les pesticides
et les changements climatiques comptent parmi
les autres menaces.
Biologie
Le Bruant de Baird se reproduit probablement
au cours de sa première année de vie et il vit
environ 3 ans. Il niche de la fin mai jusqu’à juillet,
et élève 1,5 oisillon en moyenne durant ses une
ou deux tentatives annuelles de reproduction.
Environ la moitié des nids connaissent un échec,
la plupart étant victimes d’une gamme d’oiseaux
et de mammifères prédateurs. Le Bruant de Baird
revient rarement au même endroit pour y nicher
chaque année, choisissant plutôt de s’installer là
où les conditions sont propices à la nidification.
Taille et tendances de la population
D’après des données du Relevé des oiseaux
nicheurs (BBS), la population mondiale se chiffre
à 1,2 million d’individus (± 50 %), dont 60 % nichent
au Canada. Le BBS révèle, chez la population
canadienne, un taux de déclin annuel moyen mais
statistiquement non significatif de 2,0 % depuis
1970 (IC à 95 % : ‑4,5 à 0,6). Toutefois, parce que
le Bruant de Baird semble modifier sa répartition
au moment de la nidification en réponse aux régimes
de précipitations, la combinaison des données à long
terme du BBS pour le Canada et les États‑Unis
est considérée comme représentant une source
plus appropriée des estimations des tendances
de la population. Les données combinées donnent
un taux de déclin statistiquement significatif de
25 % (IC à 95 % : ‑13 à ‑39) au cours de la dernière
décennie.
22
Protection, statuts et classifications
Le Bruant de Baird est protégé en vertu de
la Loi sur la Convention concernant les oiseaux
migrateurs adoptée par le Canada et les États‑Unis
et la Loi sur les espèces en voie de disparition
du Manitoba. L’espèce est reconnue comme
étant en péril à l’échelle de son aire de répartition
selon plusieurs classifications non prévues par
la loi; elle figure sur la liste nationale des espèces
d’oiseaux dont la situation est jugée préoccupante
aux États‑Unis (Birds of Conservation Concern)
et la liste de surveillance de Partenaires d’envol
et de la Audubon Society. Divers programmes de
conservation des prairies naturelles sont en place,
mais moins de 25 % de la région des Prairies
canadiennes est encore constituée de prairies
naturelles et seulement 15 % des prairies naturelles
dans l’ensemble de l’aire de répartition du Bruant
de Baird est protégé.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Emmet J. Judziewicz
Buchloé faux-dactyle
Spécimen mâle
Nom scientifique
Bouteloua dactyloides
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Saskatchewan, Manitoba
Justification de la désignation
Cette graminée est présente dans des zones
restreintes de prairies reliques à herbes courtes
dans le sud de la Saskatchewan et du Manitoba.
Les menaces qui pèsent sur cette espèce
comprennent l’exploitation de mines de charbon
à ciel ouvert, les espèces exotiques envahissantes
et la prolifération de la végétation ligneuse et
de l’herbe haute qui étaient autrefois contrôlées
par le broutage du bison et le feu. Cependant,
des efforts de relevés récents ont permis d’accroître
le nombre connu de populations et, par conséquent,
l’espèce n’est plus menacée.
Description et importance de l’espèce
La buchloé faux-dactyle est une graminée vivace
courte, à feuilles ayant tendance à s’enrouler, qui
produit des stolons et forme ainsi de denses tapis.
L’espèce est principalement dioïque, c’est-à-dire
que les fleurs staminées (mâles) et les fleurs pistillées
(femelles) se trouvent sur des individus différents.
Les individus mâles ont des tiges grêles érigées,
la plupart hautes de 6 à 12 cm, portant 1 à 3 épis
longs d’environ 1 cm à épillets disposés tous
du même côté de l’axe. Les individus femelles ont
des tiges courtes, cachées par les feuilles et souvent
couchées, portant des glomérules durs et épineux
d’épillets à 1 fleur; le glomérule constitue l’unité
de dispersion. Aux États-Unis, la buchloé faux-dactyle
connaît une utilisation importante comme plante
fourragère et comme gazon, parce qu’elle tolère
bien la sécheresse.
Répartition
La buchloé faux-dactyle est répandue en Amérique
du Nord. Son aire s’étend du centre du Mexique
jusqu’à l’extrême sud des Prairies du Canada et
couvre les prairies du Chihuahua et des Grandes
Plaines des États-Unis. Au Canada, elle est présente
dans le sud-est de la Saskatchewan et dans le
sud-ouest du Manitoba, limites nord de son aire de
répartition. L’effectif canadien de l’espèce équivaut
à moins de 1 % de son effectif mondial.
Habitat
Au Canada, la buchloé faux-dactyle pousse
dans les parcelles restantes de prairie à graminées
courtes, en terrain sec, dans des sols argileux
à argilo-loameux. On la trouve souvent sur le fond
et les versants inférieurs de vallées peu profondes,
en contrebas d’affleurements de schiste argileux,
ou sur les replats situés à mi-hauteur de versants
orientés au sud ou à l’ouest des vallées de la Souris
et de la Blind. Elle ne pousse que là où la compétition
graminées et autres herbacées plus hautes et plus
compétitives est faible. Le pâturage et le piétinement
modérés semblent favoriser le maintien de conditions
propices à l’espèce.
Biologie
La buchloé faux-dactyle se reproduit par voie
végétative (formation de denses tapis clonaux),
et par voie sexuée (production des graines issues
d’une pollinisation croisée assurée par le vent).
Au Canada, la buchloé faux-dactyle fleurit au
milieu de l’été et produit des graines entre la fin
de juillet et la fin d’août. Les glomérules épineux,
qui renferment les graines, sont dispersés par les
herbivores et l’eau. L’espérance de vie des individus
23
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Aire de répartition canadienne de la buchloé faux-dactyle.
Source : Environnement Canada. 2007. Programme de rétablissement de la buchloé faux-dactyle (Buchloë dactyloides) au Canada.
Série de Programmes de rétablissement de la Loi sur les espèces en péril. Environnement Canada, Ottawa, vi + 33 p.
de un an est de 2,16 années, et la longévité maximale
est de 35 années. On estime que la viabilité des
graines est relativement longue, soit de 25 à 35 ans.
Taille et tendances des populations
Il existe deux populations de buchloé faux‑dactyle
au Canada : une au Manitoba, au sud de Melita,
dans les vallées de la Blind et de la Souris,
et l’autre en Saskatchewan, à l’ouest d’Estevan,
des deux côtés de la vallée de la Souris. Il est
difficile de déterminer le nombre d’individus matures,
car l’espèce forme de denses colonies clonales
où les individus s’entrecroisent et ne peuvent
donc pas être distingués les uns des autres;
on ignore donc l’effectif total précis de l’espèce.
Toutefois, grâce aux relevés et aux cartes détaillés
réalisés depuis la dernière évaluation de l’espèce,
en 2001, on sait aujourd’hui que l’effectif de la
population canadienne de buchloé faux‑dactyle
est considérablement plus élevé que ce qui était
indiqué dans le rapport de situation dernier.
Ce changement n’est vraisemblablement pas
attribuable à une augmentation massive de l’effectif
au cours des 10 dernières années, mais plutôt
aux activités de recherche insuffisantes menées
pour la préparation du dernier rapport.
24
Menaces et facteurs limitatifs
Les menaces potentielles pesant sur la buchloé
faux-dactyle découlent davantage de la faible
superficie et du caractère inhabituel des milieux
occupés par l’espèce ainsi que du risque
de transformation de ces milieux dans l’avenir que
de son faible effectif au Canada. Ces menaces
sont, par ordre d’importance, les mines de charbon
à ciel ouvert, les espèces exotiques envahissantes,
l’interruption des régimes naturels de perturbation
(notamment liés au pâturage et aux incendies),
l’inondation associée aux réservoirs et barrages,
l’agriculture et la construction ou l’amélioration
des routes.
Protection, statuts et classements
La buchloé faux-dactyle figure à l’annexe 1 de la
Loi sur les espèces en péril, à titre d’espèce menacée.
Au Manitoba, elle est considérée comme menacée
et est protégée aux termes de la Loi sur les espèces
en voie de disparition. En Saskatchewan, seule
la petite population de buchloé faux-dactyle située
dans la réserve écologique Buffalograss est protégée.
NatureServe a attribué à l’espèce les cotes N1
(gravement en péril) au Canada et S1 (gravement
en péril) au Manitoba et en Saskatchewan.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Provincial museum of Alberta,
David Gummer
Chien de prairie
Nom scientifique
Cynomys ludovicianus
Taxon
Mammifères
Situation du COSEPAC
Menacée
Aire de répartition canadienne
Saskatchewan
Justification de la désignation
Ce petit mammifère est limité à une population
relativement petite dans le sud de la Saskatchewan.
Le changement de statut d’espèce préoccupante
à espèce menacée est fondé principalement
sur la menace de l’augmentation des sécheresses
et la peste sylvatique, lesquelles pourraient causer
d’importants déclins de populations si elles
se produisent fréquemment. Les prédictions
pointent vers une augmentation de la fréquence
des sécheresses en raison des changements
climatiques. La peste sylvatique a été enregistrée
pour la première fois en 2010. Bien que la population
canadienne se trouve dans une aire protégée,
elle existe dans une petite zone et elle est isolée
des autres populations, lesquelles sont toutes situées
aux États‑Unis.
Le chien de prairie, importante composante des
écosystèmes indigènes des prairies à graminées
courtes et mixtes, fournit un habitat de reproduction
à deux espèces en voie de disparition, soit le Pluvier
montagnard et la Chevêche des terriers. Il constitue
aussi une proie importante de plusieurs espèces
rares et en voie de disparition, notamment le putois
d’Amérique (récemment réintroduit). La population
canadienne de chiens de prairie est considérée
comme une population locale distincte parce qu’elle
est située dans la portion la plus septentrionale de
l’aire de répartition de l’espèce en plus d’être isolée
des populations aux États-Unis.
Répartition
Le chien de prairie se rencontre dans les prairies
à graminées courtes et mixtes d’Amérique du Nord,
depuis le nord du Mexique jusqu’en Saskatchewan,
au Canada. L’espèce a disparu de la partie qui va
de l’est du Texas vers l’est du Dakota du Nord. Dans
les endroits où elle persiste, la zone d’occupation
réelle est limitée, et les colonies sont essentiellement
petites et isolées. Au Canada, la population se
trouve dans la vallée du cours inférieur de la rivière
Frenchman et les zones adjacentes du sud-ouest
de la Saskatchewan. La population canadienne se
répartit en 18 colonies, toutes proches les unes des
autres (12 km2); les échanges entre colonies sont
probables, et l’on considère que la population forme
une seule unité désignable. Une seconde population,
près d’Edmonton, en Alberta, est issue d’individus
élevés en captivité qui se sont échappés; elle n’est
donc pas traitée, conformément aux lignes directrices
du COSEPAC.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le chien de prairie est un rongeur fouisseur diurne
qui vit en colonies. Son corps mesure entre 35 et
42 cm, ses pattes sont courtes, sa queue est noire
à l’extrémité, ses oreilles sont petites et brunes à brun
rougeâtre, et sa fourrure ventrale est blanc cassé.
Répartition des colonies de chiens de prairie au
Canada.
Source : Tuckwell, J., et T. Everest. 2009. Plan de gestion pour le chien
de prairie (Cynomys ludovicianus) au Canada. Série des plans de
gestion de la Loi sur les espèces en péril. Agence Parcs Canada,
Ottawa, vii + 34 p.
25
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Habitat
Le chien de prairie vit dans des prairies aux sols
capables de soutenir des réseaux de terrier étendus.
L’étendue spatiale des colonies de chiens de prairie
tend à être stable en l’absence d’éclosions de peste
sylvatique, et l’espèce peut occuper la même zone
pendant de nombreuses années. Les colonies
sont caractérisées par une végétation courte et
de nombreux monticules de terre (souvent de
30 à 60 cm de haut) édifiés à l’entrée de chaque
terrier.
Biologie
Le chien de prairie est herbivore, se nourrissant
principalement d’herbes. Les individus vivent
en groupes familiaux (coteries) composés de 1 mâle
et de 2 à 4 femelles; 1 ou 2 petits âgés de 12 mois
à 2 ans peuvent également être présents. Les coteries
sont regroupées en colonies. Les individus âgés
de plus de 2 ans s’accouplent en mars-avril,
puis 2 à 6 petits naissent en mai. L’âge maximal
consigné est de 5 ans pour les mâles et de 8 ans
pour les femelles. Ce sont surtout les mâles
de 12 mois à 2 ans qui se dispersent. Le chien
de prairie hiberne 4 mois en hiver.
Taille et tendances de la population
La taille de la population canadienne de chiens
de prairie n’est pas connue. Toutefois, en 2010,
on a estimé la taille minimale à 6 165 à 9 360 individus
matures en se fondant sur des données de
dénombrements visuels ainsi que sur la superficie
totale occupée par les colonies.
Les limites des colonies ont été cartographiées
périodiquement depuis 1970 et tous les deux ans
depuis 1992. La superficie des colonies varie
de 0,6 à 172 ha, et la superficie totale occupée
par les chiens de prairie au Canada a augmenté,
passant d’un creux de 828,8 ha (8 km2) en 1992-1993
à un pic de 1 235,4 ha (12 km2) en 2009. Toutefois,
comme la superficie des colonies n’est pas une
bonne mesure de la densité des chiens de prairie,
un accroissement de l’étendue des colonies n’indique
pas nécessairement une hausse de la taille de la
population.
Il est difficile de fournir une estimation ou
de déterminer une tendance parce que la densité
de chiens de prairie peut varier considérablement
d’une colonie à l’autre et d’une année à l’autre.
Des dénombrements visuels sont réalisés dans
plusieurs colonies du parc national des Prairies
26
du Canada depuis 1992; leurs résultats indiquent
que la taille de la population de chiens de prairie
subit des fluctuations à court terme importantes
(d’un facteur de 4 en moyenne). Les variations
des conditions de croissance et/ou les interactions
avec d’autres facteurs, dont les sécheresses,
contribueraient à ces fluctuations importantes.
Différent indicateurs révèlent un déclin ces
10 dernières années, ou encore, que tout déclin
n’est pas statistiquement significatif. De plus,
les données démographiques incluent les juvéniles;
or, les évaluations du COSEPAC sont fondées
uniquement sur les adultes. Dans l’ensemble, la taille
et les tendances de la population ne sont pas
connues, mais sont sans doute stables, les baisses
de la densité au sein des colonies semblant être
compensées par la stabilisation ou l’augmentation
de la superficie totale occupée par la population.
Menaces et facteurs limitatifs
La population canadienne représente une seule
localité parce que deux menaces, soit la peste
sylvatique épizootique et les sécheresses, peuvent
perturber l’ensemble de la population sur une
courte période. En 2010, on a trouvé au Canada
un seul chien de prairie mort de la peste sylvatique.
La peste est soupçonnée d’avoir causé la perte
d’une petite colonie de 4 ha située à plus de 10 km
de l’endroit où l’individu mort a été trouvé. En 2011,
des petits ont été aperçus à l’endroit où le cas de
peste avait été répertorié, ce qui donne à penser
qu’il ne s’agissait pas d’une éclosion épizootique
puisque de nombreuses colonies voisines n’ont pas
disparu. Les sécheresses limitent la production de
nourriture et expliquent probablement les fluctuations
des niveaux de population. Les sécheresses sont
un phénomène naturel, mais on prévoit que leur
fréquence augmentera.
La récente (2009) réintroduction du putois
d’Amérique a exposé les chiens de prairie à un
prédateur qu’il n’avait pas rencontré depuis 70 ans,
et la résilience de la population canadienne à la peste
sylvatique et à la prédation par le putois n’est pas
claire. L’impact du putois d’Amérique sur le chien
de prairie est surveillé, mais aucun résultat n’était
disponible au moment de la rédaction du présent
rapport.
La plupart des autres menaces sont mineures,
principalement parce que les activités menées
au sein de la zone réglementée protégée qui
abrite les colonies sont restreintes. L’expansion
de la population au-delà de la zone actuelle serait
nécessaire pour que l’espèce se rétablisse et que
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
le COSEPAC retire sa désignation, mais les menaces
nombreuses à l’extérieur de la zone réglementée
rendent peu probable l’expansion.
Protection, statuts et classements
En novembre 2000, le COSEPAC avait évalué
le chien de prairie, qui figure actuellement
à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril
(LEP) du gouvernement fédéral, parmi les espèces
préoccupantes. Un plan de gestion a été achevé
en 2009. Cinquante-neuf pour cent de la superficie
occupée par les colonies se trouve dans le parc
national des Prairies et est protégée aux termes
de la Loi sur les parcs nationaux du Canada.
En Saskatchewan, les chiens de prairie sont
protégés par la Wildlife Act de la Saskatchewan,
qui interdit de les tuer, de les blesser ou de les
harceler sans permis. La Wildlife Habitat Protection
Act de la Saskatchewan protège leur habitat situé
sur des terres publiques. Les colonies de chiens
de prairie sont protégées dans la zone réglementée
de 2007, qui fait partie de l’habitat essentiel du putois
d’Amérique et de la Chevêche des terriers. Des
permis de lutte contre les chiens de prairie peuvent
être délivrés par le ministère de l’Environnement
de la Saskatchewan (Saskatchewan Ministry of
Environment) si les colonies s’étendent au-delà des
limites de 2007. Jusqu’à maintenant, un permis a été
délivré chaque année.
27
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Cryptanthe minuscule
Photo : © Sa Majesté la Reine du chef du Canada, Candace Elchuk
Description et importance de l’espèce
sauvage
Nom scientifique
Cryptantha minima
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Menacée
La cryptanthe minuscule est une petite plante
annuelle aux tiges et aux feuilles garnies de poils
raides qui produit de petites fleurs blanches
à centre jaune. Les populations du Canada sont
les occurrences situées le plus au nord de l’aire de
répartition de l’espèce, et, comme elles sont séparées
des populations du sud, elles pourraient présenter
une variabilité génétique d’un type unique qui pourrait
contribuer à des adaptations et à la persistance à long
terme de l’espèce.
Répartition
La cryptanthe minuscule est originaire de
l’Amérique du Nord. Au Canada, elle est associée
à des bassins hydrographiques, essentiellement la
vallée de la rivière Saskatchewan Sud, dans la moitié
est de l’Alberta et dans l’ouest de la Saskatchewan.
On la trouve aussi dans le cours inférieur des rivières
Red Deer et Bow et près des rivières Oldman et
Lost, en Alberta, et près de la rivière Red Deer en
Saskatchewan. Hors du Canada, la zone d’occurrence
la plus proche est une collection historique située
à Great Falls, au Montana, soit à environ à 200 km
de la population de l’Alberta la plus au sud, qui se
trouve à Onefour. L’aire de répartition de la cryptanthe
minuscule au Canada représente moins de 1 % de
l’aire totale de l’espèce.
Aire de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan
Justification de la désignation
Au Canada, cette petite plante herbacée
annuelle se limite à une petite zone d’habitat de
prairie dans le sud-est de l’Alberta et le sud-ouest
de la Saskatchewan. Bien qu’un plus grand effort
de recherche ait permis de constater que l’aire
de répartition et la taille des populations sont
plus grandes, l’espèce demeure menacée par le
développement résidentiel et industriel, les activités
agricoles, les régimes hydrologiques altérés et
par l’absence de feux et de pâturage permettant
ainsi l’empiètement de la végétation concurrente,
telles que les espèces envahissantes. L’étendue
et la qualité de l’habitat de l’espèce continuent de
diminuer et l’espèce est exposée à des fluctuations
extrêmes dans la taille des populations, augmentant
sa vulnérabilité.
28
Répartition de la cryptanthe minuscule au Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2012.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Les graines de la cryptanthe minuscule sont
probablement dispersées par un mécanisme passif,
la plupart tombant près de la plante mère. Il est aussi
possible qu’elles soient dispersées par les animaux,
le vent et l’eau. Cette espèce ne se reproduit pas par
voie asexuée.
La cryptanthe minuscule pousse dans un
rayon d’environ cinq kilomètres des bassins
hydrographiques, généralement en terrain élevé
plat ou onduleux au sol sableux et dans les dunes
près des replats des vallées, sur les versants des
vallées d’une inclinaison pouvant atteindre 50 %
et sur les terrasses sans inclinaison ou à faible
inclinaison du fond des vallées, plus particulièrement
dans les lobes de méandres où les crues perturbent
plus souvent le milieu. Pour qu’elle s’établisse, il lui
faut un lieu où n’abonde pas la litière et où au moins
10 % du sol est nu. La perturbation périodique
du sol par le vent, l’eau, l’érosion ou les animaux
est nécessaire pour dégager des espaces dans
la végétation où les graines pourront germer et
les plantules s’établir. Toutefois, les lieux exposés
à de fortes perturbations à répétition tels que les
terrains en pente soumis à une érosion active,
les dunes et les bancs de sable, ne semblent pas
convenir à la cryptanthe minuscule.
Au Canada, on dénombre 25 populations
existantes de cryptanthe minuscule, soit 22 en
Alberta, deux en Saskatchewan et une dans
une zone qui s’étend de part et d’autre de la limite
du territoire entre l’Alberta et la Saskatchewan. Il se
peut qu’une troisième population ait été mal identifiée
en Saskatchewan ou qu’elle soit disparue. En raison
du cycle vital annuel de la cryptanthe minuscule,
de l’époque où les relevés sont effectués durant
la saison de végétation et du petit nombre de relevés
qui ont été repris dans les populations connues,
il est impossible d’étudier à fond les tendances
de la population de cette espèce.
Photo : © Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, Jennifer Neudorf
Habitat de la cryptanthe minuscule.
Taille et tendances des populations
Biologie
La cryptanthe minuscule est une espèce annuelle
dont la plus grande partie du cycle vital est à l’état de
graine. Dépourvue de mécanisme de dormance, cette
espèce peut toutefois avoir une phase de dormance
conditionnelle, la germination des graines dépendant
de la température et de l’humidité. La proportion de
graines constituant le réservoir de semences du sol
et la période de viabilité des graines sont encore
inconnues.
Facteurs limitatifs et menaces
Le manque d’habitat est un facteur limitatif.
Parmi les menaces signalées figurent la destruction
et la détérioration de l’habitat causées par la
construction résidentielle et l’exploration pétrolière
et gazière. L’agriculture et l’extraction de sable et
de gravier font aussi partie des menaces recensées.
À ces éléments s’ajoute le changement des
processus naturels dû à la modification des régimes
hydrologiques et à l’absence de broutage et de
feux, à l’envahissement par des espèces exotiques
et aux effets du changement climatique.
Protection, statuts et classements
La cryptanthe minuscule figure sur la liste
des espèces en voie de disparition de l’annexe 1
de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Elle
est aussi considérée en voie de disparition au sens
des lois sur les espèces en péril de l’Alberta et de
la Saskatchewan, les deux provinces du Canada
où elle pousse.
Une grande partie de la population canadienne
se trouve dans la Réserve nationale de la faune
de la base des Forces canadiennes (BFC) Suffield
où une protection est assurée par la loi, mais elle est
menacée par l’exploration et l’exploitation pétrolière
qui y ont actuellement cours.
29
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Photo : © Nature Saskatchewan, Candace Elchuk
Dalée velue
Nom scientifique
Dalea villosa
Taxon
Plantes vasculaires
l’azote dans le sol de ces milieux, qui seraient
relativement pauvres en nutriments sans l’apport
de l’espèce. Aux États-Unis, la dalée velue est utilisée
en horticulture.
Répartition
La dalée velue ne se rencontre que dans
la région des grandes plaines de l’Amérique du
Nord. Au Canada son aire s’étend du centre‑sud
de la Saskatchewan au sud-ouest du Manitoba.
Aux États-Unis, l’aire s’étend jusqu’au
Nouveau‑Mexique, au Texas et au Michigan.
À l’intérieur de son aire de répartition canadienne,
l’espèce n’est présente que dans les milieux sableux
et les complexes dunaires; sa répartition se limite
donc à ce type de milieux. L’espèce a été observée
dans les régions de Mortlach/Caron et des dunes
de Dundurn, en Saskatchewan, ainsi que dans les
régions de Lauder, de Routledge, de Carberry, de
Treesbank et des dunes de Portage, au Manitoba.
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Saskatchewan, Manitoba
Justification de la désignation
Une légumineuse herbacée vivace qui vit dans
les paysages de dunes des prairies du centre-sud
de la Saskatchewan et du sud-ouest du Manitoba.
Les menaces qui pèsent sur l’étendue et la qualité
de l’habitat se poursuivent, incluant l’absence de
feux, permettant ainsi l’empiètement de la végétation
concurrente, les espèces végétales exotiques
envahissantes, le trafic lié aux activités récréatives,
l’extraction de sable ainsi qu’un déclin général dans
l’habitat sablonneux et ouvert. Toutefois, un plus
grand effort d’échantillonnage a permis de constater
que la taille de la population est plus importante.
Par conséquent, le niveau de risque est maintenant
jugé comme étant nettement plus faible.
Description et importance de l’espèce
La dalée velue (Dalea villosa) appartient à la famille
des Fabacées (Légumineuses). Il s’agit d’une plante
vivace possédant une racine pivotante et une souche
ligneuses. La dalée velue est une espèce spécialiste
des milieux dunaires et une légumineuse; elle fixe
30
Occurrences canadiennes de la dalée velue.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
Habitat
La dalée velue pousse surtout dans les sables
non fixés et les creux de déflation, mais aussi dans
les sables partiellement fixés. Son habitat comprend
généralement du sable nu ou du sable mobile,
notamment dans les anciens deltas de lacs glaciaires
formés il y a 10 000 à 17 000 ans, qui étaient à cette
époque reliés par une série de lacs glaciaires ainsi
que par leurs déversoirs.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Biologie
Protection, statuts et classements
La dalée velue est une espèce de saison chaude
qui est bien adaptée aux milieux secs. Les fleurs,
qui apparaissent de juillet à août, sont pollinisées
par des insectes. Les graines, produites à la fin
août et en septembre, sont dispersées par le vent,
les rongeurs et les cerfs. Les cerfs sont les principaux
brouteurs consommant la dalée velue, et les moutons
sont les brouteurs domestiques constituant la plus
grande menace pour l’espèce.
La dalée velue figure à l’annexe 1 de la Loi
sur les espèces en péril (LEP), à titre d’espèce
menacée (5 juin 2003). En Saskatchewan, l’espèce
est protégée aux termes de la Wildlife Act depuis
1999. Au Manitoba, la dalée velue jouit d’une
protection sur tout le territoire de la province depuis
juillet 2007, aux termes de la Loi sur les espèces en
voie de disparition. L’espèce est également protégée
dans le parc provincial Spruce Woods aux termes
de la Loi sur les parcs provinciaux. En Saskatchewan,
une partie de la population des dunes de Dundurn
est protégée, puisqu’elle est située dans le terrain
du Détachement Dundurn de la 17e Escadre,
où l’accès du public est restreint.
Taille et tendances des populations
La plus grande population connue, située
dans la région de Dundurn, compte environ
110 000 individus. Les sites des régions de Mortlach/
Caron (Saskatchewan), Shilo/Treesbanks (Manitoba)
et Lauder/Routledge (Manitoba) hébergent tous des
populations de l’ordre de 10 000 individus. De plus,
on trouve dans les dunes de Portage (Manitoba)
une petite population d’environ 2 000 individus.
L’effectif total de l’espèce au Canada est évalué
à environ 145 000 individus. Il est difficile de dégager
des tendances à l’heure actuelle, car la plupart
de ces populations ont été découvertes au cours
des 10 dernières années.
Facteurs limitatifs et menaces
La plus grave menace pesant sur la dalée velue
est la stabilisation des dunes, qui est causée en
partie par des changements survenus dans certains
processus écologiques, notamment la suppression
des incendies et la perturbation des régimes naturels
de pâturage, ainsi que par l’introduction et la
propagation d’espèces envahissantes. De nombreux
sites situés dans le sud de l’aire canadienne ont été
envahis par l’euphorbe ésule, et le brome inerme
et l’agropyre à crête constituent une menace dans
certains sites. En outre, des espèces envahissantes
peuvent être introduites par l’entremise du foin
donné aux cerfs. Les activités récréatives constituent
une menace; on croit que des véhicules tout-terrain
et des randonneurs pédestres circulant hors sentier
ont écrasé des plantes. De plus, vu la nature des
milieux occupés par la dalée velue, l’extraction
de sable a entraîné la perte totale de certaines
parties de l’habitat et probablement du réservoir
de semences qu’elles hébergeaient.
Un programme de rétablissement avec désignation
de l’habitat essentiel est en cours d’élaboration.
En Saskatchewan, la dalée velue fait l’objet de
recommandations dans le document Activity
Restriction Guidelines. Des recommandations
concernant les populations de dalée velue situées
sur les terres fédérales figurent dans les Lignes
directrices relatives aux marges de recul d’activité
pour les espèces de plantes en péril dans les Prairies.
À l’échelle mondiale, la dalée velue ainsi que
sa variété typique ont reçu la cote G5T5 (espèce
non en péril). Au Canada, l’espèce est classée
N2N3 (en péril à vulnérable). Elle a reçu la cote S1
(gravement en péril) en Saskatchewan et la cote S2S3
(en péril à vulnérable) au Manitoba (NatureServe,
2011). La dalée velue ne figure pas sur la Liste rouge
des espèces menacées de l’UICN.
Aucune cote de conservation n’a été attribuée
à la dalée velue à l’échelle des États-Unis et de
11 des États où elle est présente. Elle a été classée
S1 (gravement en péril) au Montana et au Wyoming
et S2 (en péril) au Wisconsin.
31
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Description et importance de l’espèce
sauvage
Photo : © Yukon Government, Gerry Mussgnug
Drave du Yukon
Nom scientifique
Draba yukonensis
La drave du Yukon (Draba yukonensis) est une
petite plante de la famille de la moutarde qui possède
des feuilles non dentées couvertes de poils distinctifs
raides et non fourchus. Les plantes individuelles
sont munies d’une petite racine pivotante,
d’une ou de plusieurs rosettes de feuilles couchées
sur le sol et d’une ou de plusieurs tiges florifères.
Les fleurs sont petites, blanches et portent quatre
pétales. D’autres espèces de drave dans la région,
y compris la drave lancéolée (Draba cana Rydberg),
se distinguent facilement de la drave du Yukon,
Draba yukonensis. La drave du Yukon est une espèce
endémique au Canada dont l’aire de répartition est
extrêmement restreinte, se limitant à des reliefs
sableux inhabituels.
Répartition
Le Draba yukonensis a été retrouvé uniquement
dans trois prés d’un seul complexe de prés dans
la vallée de la rivière Dezadeash au sud-ouest du
Yukon, malgré de nombreuses recherches effectuées
ailleurs. Ce site fait partie du territoire traditionnel
des Premières nations Champagne et Aishihik et
couvre une superficie de moins de 36 hectares.
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Yukon
Justification de la désignation
Cette petite moutarde herbacée est limitée
à l’échelle mondiale à un complexe de prés dans
le sud-ouest du Yukon, elle ne se trouve à aucun autre
endroit sur Terre. Le complexe de prés est menacé
par les activités industrielles, la proximité des zones
d’habitation humaine, les espèces envahissantes ainsi
que le piétinement par les humains et l’empiètement
par la forêt. On prévoit que l’utilisation des prés
par les humains augmentera, et l’empiètement
par des espèces ligneuses en raison de la succession
naturelle entraîne un déclin de l’habitat convenable.
32
Aire de répartition canadienne de la drave du Yukon
dans le contexte du coin sud-ouest du Territoire
du Yukon.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Le Draba yukonensis croît sur les prés presque
plats et bien drainés, et ses colonies sont souvent
les plus denses aux sommets des basses crêtes,
des saillies, des bermes et des monticules
utilisés par les spermophiles arctiques. Ces prés,
qui se trouvent à l’ombre pluviométrique créée
par la chaîne de montagnes Saint­Elias, sont soumis
à des conditions venteuses, à des températures
hivernales froides et uniquement à de faibles
précipitations de neige et de pluie. Ces prés sont
situés sur d’anciennes rives et flèches de sable
formées par le lac glaciaire Alsek, créé par un glacier
en crue qui a bloqué la rivière Alsek. Le lac aurait
été drainé aux environs de 1852, laissant derrière
lui seulement quelques reliefs sableux isolés qui
demeurent encore sans arbres et sans arbustes.
On estime qu’au cours du récent millénaire, plusieurs
épidodes semblables d’inondation et de drainage
auraient contribué à l’existence continue d’un habitat
convenable pour le Draba yukonensis.
Biologie
De nombreux aspects de la biologie du Draba
yukonensis demeurent incertains; toutefois, l’étude
de son habitat et d’espèces apparentées peut nous
en apprendre beaucoup sur cette plante. Le Draba
yukonensis semble être une plante bisanuelle qui
survit occasionnellement plus de deux ans. L’espèce
semble aussi bien tolérer les conditions sèches
et la lumière solaire directe, mais être intolérante
aux conditions de température plus chaudes
résultant de l’exposition au sud. La capacité de
dispersion des graines de Draba yukonensis est
vraisemblablement fort limitée en raison de l’absence
d’adaptations évidentes favorisant leur dispersion
sur de longues distances. Des dommages causés
par de petits mammifères et insectes herbivores
ont été observés.
Taille et tendances des populations
Il n’existe qu’une seule population connue de
Draba yukonensis sur le site type, et elle est répartie
inégalement entre trois prés adjacents. Alors
que ces prés sont entourés d’un petit nombre de
prés semblables, la dispersion vers ces derniers
n’a pas été détectée. Les limites de la dispersion
et le manque de disponibilité d’habitat rendent peu
probable la colonisation de nouveaux sites.
La taille de la population subit des fluctuations
extrêmes et peut varier sur un cycle de deux ans,
les individus tendant à être plus nombreux au cours
des années paires qu’au cours des années impaires.
Seulement 109 individus ont été dénombrés
en 2009, tandis que 5 358 l’ont été en 2010 dans
un sous‑ensemble des prés inhabités. En 2010,
la population a été estimée entre 32 500 et
88 200 individus. De meilleures données sur la taille
et les tendances des populations sont requises.
Menaces et facteurs limitatifs
Plusieurs risques menacent cette population,
y compris l’expansion des routes pour accéder
aux concessions minières, la circulation accrue
à travers les prés pour l’exploitation minière,
l’exploitation forestière, les activités récréatives,
l’extraction de gravier et l’expansion potentielle
des lotissements résidentiels adjacents. Les espèces
de plantes envahissantes bien adaptées aux prés
occupés par Draba yukonensis se répandent
rapidement au Yukon et pourraient présenter
une menace supplémentaire. La rareté d’habitat
convenable dans l’aire de répartition de la dispersion
naturelle, l’aire de répartition restreinte et les
fluctuations extrêmes de la population constituent
des facteurs limitatifs très graves.
Protection, statuts et classifications
Le Draba yukonensis ne bénéficie d’aucune
protection juridique au Canada. Les cotes de
conservation attribuée par NatureServe pour le
Draba yukonensis à l’échelle mondiale, nationale et
infranationale sont « Gravement en péril » (G1, N1 et
S1 respectivement). Bien que tout son habitat occupé
soit situé dans le Refuge faunique Kluane, l’espèce
n’est pas protégée contre la majorité des utilisations
du sol par l’être humain. Une petite partie de l’habitat
potentiel est protégée dans le parc national Kluane,
mais à ce jour aucune plante n’a été découverte
dans le parc en dépit de recherches répétées.
33
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Description et importance de l’espèce
sauvage
Photo : © Kristiina Ovaska
Limace à grand manteau
Nom scientifique
Magnipelta mycophaga
Taxon
Mollusques
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette limace de grande taille, qui mesure jusqu’à
80 mm de longueur, est endémique à la région
correspondant au nord du bassin du Columbia,
dans l’ouest de l’Amérique du Nord. Environ la moitié
de l’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend
jusque dans le sud-est de la Colombie‑Britannique.
L’espèce se trouve dans un certain nombre de
parcelles d’habitat largement séparées et elle
est confinée aux endroits frais et humides dans
les forêts de conifères qui poussent en moyenne
ou haute altitude. Bien que des centaines de sites
aient été fouillés pour trouver des limaces et des
escargots terrestres dans l’aire de répartition de
cette limace, principalement au cours de la dernière
décennie, il n’existe, en date de novembre 2010,
que 13 mentions de celle-ci au Canada. Depuis
les années 1960, son habitat est devenu de plus en
plus fragmenté. Le nombre et la variété des menaces
incluant la coupe forestière, l’aménagement et les
activités à des fins récréatives, les incendies de forêt
et les changements dans les régimes d’humidité
causés par les changements climatiques, augmentent
le niveau de risque.
34
La limace à grand manteau est le seul membre
du genre Magnipelta. Il s’agit d’une limace de
grande taille, qui mesure jusqu’à 80 mm de longueur.
Sa caractéristique la plus remarquable est son grand
manteau, qui couvre presque complètement le
dos. Le corps brun havane porte des taches noires
irrégulières, et chaque bord du manteau présente
une rayure noire irrégulière. L’espèce est endémique
au nord du bassin du Columbia et aux montagnes
adjacentes, région qui abrite de nombreux végétaux
et animaux uniques.
Répartition
La limace à grand manteau est présente
dans le sud‑est de la Colombie-Britannique,
le nord‑ouest du Montana, le nord de l’Idaho
et l’extrême nord‑est de l’État de Washington.
Environ la moitié de l’aire de répartition mondiale
de l’espèce se trouve en Colombie‑Britannique;
le reste se trouve principalement dans le
Montana. En Colombie‑Britannique, l’aire de
répartition de l’espèce s’étend depuis la frontière
canado‑américaine jusqu’au parc provincial de Wells
Gray et depuis les environs de Trail jusqu’à Fernie.
Elle englobe certaines portions des Rocheuses,
des monts Columbia (chaînes de Purcell, Selkirk
et Monashee) et des hautes terres de Shuswap.
Aire de répartition canadienne de la limace à grand
manteau, d’après les mentions de 1992 à 2010.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
mai 2012.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
La répartition de l’espèce semble extrêmement
éparse dans la vaste aire de répartition, et correspond
peut‑être à la disponibilité des milieux humides
adéquats et à la faible capacité de dispersion des
limaces. En date de novembre 2010, il n’existe que
13 mentions de l’espèce provenant de sites épars,
qu’on attribue à 9 populations. On a fouillé des
centaines de sites, principalement pendant la dernière
décennie, en vue d’y trouver des limaces et des
escargots terrestres.
La limace à grand manteau occupe les forêts
de conifères qui poussent à altitude moyenne
à élevée et a besoin de conditions fraîches et
humides. En Colombie-Britannique, l’espèce a été
trouvée dans la zone biogéoclimatique intérieure
à thuya et pruche et dans la zone biogéoclimatique
à épinette d’Engelmann et à sapin subalpin, à des
altitudes de 800 à 2 060 m. Les limaces vivent dans
des microsites très humides, qui abritent souvent
une végétation herbacée abondante telle que celle
trouvée dans les couloirs d’avalanche et les zones
d’éclaboussement des ruisseaux en cascade,
mais on les rencontre aussi sur le parterre forestier,
dans des zones ombragées sous le couvert forestier.
Les limaces sont souvent associées à des troncs
d’arbres en décomposition et à d’autres gros débris
ligneux. Par temps humide, on les observe également
sous des roches, dans des talus stables.
Depuis 1960, l’aire de répartition de la limace
à grand manteau se fragmente de plus en plus sous
l’effet de l’exploitation forestière, de l’agriculture,
de l’élevage du bétail, de l’exploitation minière,
des aménagements hydroélectriques, de la création
de corridors de transport et de la conversion
des terres en zones résidentielles. Des superficies
considérables de forêts à altitude moyenne à élevée
sont encore intactes grâce à l’existence d’un réseau
de zones protégées et de l’inaccessibilité des terrains,
mais l’exploitation forestière et les autres activités
d’extraction des ressources continuent à s’étendre
dans les forêts à haute altitude.
Biologie
On en sait très peu sur le cycle vital de la limace
à grand manteau. L’espèce est hermaphrodite,
c’est‑à‑dire qu’elle possède les organes
reproducteurs femelles et mâles, mais l’échange de
sperme entre individus, plutôt que l’autofécondation,
Photo : © Robert Forsyth
Habitat
Habitat de la limace à grand manteau.
est probablement la norme, comme chez la plupart
des autres limaces. Les limaces pondent des œufs
et peuvent vivre plus de 1 an; on ne sait pas si
elles sont en mesure de se reproduire dans leur
première année de vie, mais l’on croit que cela est
possible. Elles sont actives en conditions humides,
du printemps à l’automne, et semblent préférer
des températures de substrat de 12 à 15 °C. Les
besoins en micromilieux frais et humides confinent
probablement l’aire de répartition de l’espèce dans
le paysage et augmentent la vulnérabilité de cette
dernière aux activités humaines qui altèrent les
caractéristiques hydrologiques ou les microclimats
du parterre forestier. À l’instar d’autres gastéropodes
terrestres, l’espèce devrait avoir une faible capacité
de dispersion.
La limace à grand manteau manifeste un
comportement inhabituel lorsqu’elle est perturbée.
En effet, quand elle est provoquée, elle a tendance
à déployer son grand manteau, telles des ailes.
Ce comportement effraie peut-être le prédateur
ou exagère la taille de la limace, dissuadant ainsi
ce dernier à l’avaler.
35
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Taille et tendances des populations
Il n’existe aucune estimation de la taille ou
des tendances des populations. Il n’existe que
13 mentions de l’espèce en Colombie-Britannique,
ce qui représente seulement 15 individus
(1992 à 2010). De nouveaux sites continuent d’être
trouvés grâce aux activités de recherche accrues.
Toutefois, il est évident que la répartition de l’espèce
est extrêmement irrégulière, et ce, même dans
l’habitat apparemment adéquat. Certaines parcelles
d’habitat sont petites, ce qui soulève des questions
quant à la viabilité des populations. Les six sites qui
abritaient autrefois l’espèce ont été visités en 2010;
l’espèce n’a été vue que près de l’un d’entre eux,
mais aussi dans deux nouveaux sites intercalaires.
Étant donné la répartition éparse de l’espèce dans
le paysage, sa faible capacité de dispersion et la
distribution éparse des parcelles d’habitat humide
adéquat, il est très probable que des populations
ont disparu au cours du siècle dernier et continuent
de disparaître à cause de la dégradation de l’habitat.
Menaces et facteurs limitatifs
Dans les sites connus, l’espèce est menacée
par l’exploitation forestière, les activités et
développements humains, les incendies de forêt
et les changements climatiques. La portée des
coupes forestières est très grande dans l’ensemble
de l’aire de répartition de l’espèce, et cinq des
dix sites occupés se trouvent sur des terres
forestières. L’exploitation forestière altère les
régimes de température et d’humidité du parterre
forestier et peut perturber ou détruire des parcelles
d’habitat. Les chemins forestiers accroissent l’accès
à l’arrière‑pays, notamment aux véhicules hors
route, qui compactent le sol et peuvent détruire
des parcelles d’habitat utilisées par les limaces.
Les activités et développements récréatifs tels que
l’aménagement de pentes de ski sont localisés,
mais prennent de l’expansion dans l’aire de répartition
de l’espèce. La construction d’infrastructures et
l’utilisation intensive à des fins récréatives peuvent
causer le compactage du sol et endommager la
végétation du sous-étage, menaçant ainsi l’habitat
de la limace à grand manteau. Enfin, l’extraction
du charbon à ciel ouvert s’étend dans la portion
sud‑est de l’aire de répartition canadienne de
l’espèce.
36
La fréquence et l’étendue des incendies de
forêt devraient augmenter avec les changements
climatiques et les infestations du dendroctone du pin
ponderosa qui balayent toute la zone intérieure de
la Colombie-Britannique. Les gastéropodes terrestres
sont réputées être sensibles aux incendies, qui
peuvent détruire l’habitat et décimer les populations,
mais la capacité de la limace à grand manteau de
survivre aux feux et à persister dans les zones brûlées
n’est pas connue. La mortalité accrue résultant des
effets toxiques des produits chimiques ignifuges est
également une menace potentielle. On prévoit que
les changements climatiques déplaceront l’habitat et
les écosystèmes au cours des prochaines décennies.
Les espèces habitant des milieux à plus haute
altitude, comme la limace à grand manteau, peuvent
être particulièrement vulnérables aux déplacements
de l’habitat et des écosystèmes le long de gradients
altitudinaux, mais l’ampleur de tels effets est
incertaine.
Protection, statuts et classements
La limace à grand manteau ne bénéficie ni d’une
protection ni d’un statut officiels aux termes de
la Loi sur les espèces en péril du gouvernement
fédéral, de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique
ou d’autres lois. NatureServe attribue les cotes
suivantes : cote mondiale : G3 – vulnérable; cote
nationale aux États-Unis : N3 – vulnérable; cote
nationale au Canada : N2N3 – en péril à vulnérable;
cote subnationale en Idaho : SNR – non évaluée;
cote subnationale dans le Montana : S1S3 –
gravement en péril à vulnérable; cote subnationale
dans l’État de Washington : S2 – en péril; cote
subnationale en Colombie-Britannique : S2S3 –
en péril à vulnérable. En outre, l’espèce est inscrite
sur la liste bleue provinciale des espèces en péril
(en cours de réévaluation).
L’espèce a été observée dans le parc national
du Canada du Mont‑Revelstoke et dans deux parcs
provinciaux (Wells Gray et Stagleap), de même que
dans une aire protégée appartenant à Conservation
de la nature Canada. Les sites connus restants
se trouvent sur des terres forestières privées ou
provinciales, ou sur la propriété de centres de
villégiature privés.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Lophiolie dorée
Photo : © Mark F. Elderkin
solitaire pourvue d’une pubescence blanche laineuse.
Les fleurs sont jaunes et se transforment en capsules
rondes renfermant de nombreuses graines.
Nom scientifique
Lophiola aurea
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
La lophiolie dorée est la seule espèce d’un genre
qui se reconnaît facilement, est peu commune
à l’échelle mondiale et possède une très petite aire
de répartition. Dans le sud de la Nouvelle-Écosse,
elle pousse aux côtés d’un grand nombre d’autres
espèces elles aussi éloignées de leur aire de
répartition principale, située plus au sud dans la plaine
côtière de l’Atlantique. Beaucoup de ces espèces
sont rares au Canada, notamment la lachnanthe
de Caroline et le scirpe de Long. Comparativement
à ces autres espèces, l’aire de répartition canadienne
de la lophiolie dorée est particulièrement éloignée
du reste de son aire de répartition. En effet, les
populations de Nouvelle-Écosse se trouvent à plus
de 800 km des autres populations connues, situées
au New Jersey.
Répartition
Aux États-Unis, la lophiolie dorée est endémique
à la plaine côtière du golfe du Mexique et
de l’Atlantique. Elle est présente depuis la
Louisiane jusqu’à la Géorgie ainsi qu’en Caroline
du Nord, au Delaware (où elle est disparue) et
au New Jersey. Au Canada, les neuf populations
(dont sept populations connues existantes) sont
limitées à deux régions du sud de la Nouvelle-Écosse.
Au Canada, cette plante de la plaine côtière de
l’Atlantique se trouve seulement en Nouvelle-Écosse
dans quelques rivages lacustres et terres humides. La
population canadienne se reproduit principalement
par voie végétative et est génétiquement distincte
et géographiquement isolée des plus proches
populations au New Jersey à 800 km au sud. Les
révisions apportées aux critères d’évaluation du
COSEPAC depuis la dernière évaluation de l’espèce
explique, en partie, le changement du statut de risque.
De récents relevés plus intensifs ont aussi permis de
déterminer que la population est plus grande qu’on
le croyait. Toutefois, l’espèce est exposée à des
menaces persistantes découlant du développement et
de la modification de l’habitat.
Description et importance de l’espèce
La lophiolie dorée (Lophiola aurea) est une
herbacée vivace de la famille des Hémodoracées. Les
feuilles vert-bleu linéaires, dressées, principalement
disposées en rosette basilaire, se forment à partir d’un
rhizome. Les tiges se terminent par une inflorescence
Aire de répartition canadienne de la lophiolie dorée.
Les flèches indiquent les sites où on présume que
l’espèce est disparue et les sites où l’espèce est
potentiellement disparue.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
mai 2012.
37
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Habitat
Taille et tendances des populations
Au Canada, la lophiolie dorée se rencontre sur
les berges de lacs et les tourbières dominées par
les graminoïdes. L’espèce privilégie les milieux acides
pauvres en éléments nutritifs où des perturbations
telles que les inondations, les vagues et l’érosion
par la glace empêchent les espèces compétitives de
dominer. Dans les lacs, l’espèce pousse généralement
en substrat tourbeux, mais aussi parfois sur une
mince couche organique posée sur du sable,
du gravier, des galets ou un substratum rocheux.
Ailleurs, la lophiolie dorée pousse principalement
en sol acide humide, dans les tourbières, les pocosins
(tourbières d’eau douce à sols sableux et tourbeux
épais), les savanes humides et les pinèdes claires.
On la retrouve aussi à l’occasion dans les sites
perturbés par l’humain situés à proximité de
ces milieux humides, comme les fossés en bordure
des routes.
La population canadienne totale comprend des
centaines de milliers de rosettes, mais le nombre
d’individus génétiquement distincts est certainement
beaucoup moins élevé. Les populations des lacs
Ponhook (y compris le Petit lac Ponhook) et Shingle
comprennent environ 93 % des quelque 75 localités
connues. Il est presque certain que les populations
de ces lacs subissent un lent déclin, en raison
de l’aménagement des rives. Il existe plusieurs
centaines de chalets et d’habitations autour de
ces lacs, dont un grand nombre a été construit
au cours des 15 dernières années. À l’heure actuelle,
au maximum environ 6 % des rives de ces lacs ont
été aménagés. L’aménagement a donc probablement
entraîné une diminution de l’effectif de moins de 6 %,
puisque cette activité n’élimine pas nécessairement
les plantes.
Biologie
La lophiolie dorée peut se propager sur de longues
distances au moyen de rhizomes et de stolons.
Au Canada, l’espèce fleurit en août et septembre.
On ne dispose pas de renseignements sur le réservoir
de semences, mais il est possible qu’il en existe un,
vu les fluctuations subies par les milieux riverains qui
hébergent l’espèce. Aucun semis n’a été observé au
Canada, mais peu d’efforts ont été consacrés à leur
recherche. On estime que la durée d’une génération
est de 3 à 5 années, et selon des observations faites
sur le terrain, les rosettes issues de la reproduction
végétative mettent vraisemblablement plusieurs
années avant d’être capables de se reproduire par
voie végétative. Les individus clonaux semblent avoir
le potentiel de vivre pendant de très longues périodes
(de l’ordre de dizaines d’années).
38
Les autres populations existantes sont relativement
peu menacées, et leur effectif est sans doute demeuré
stable au cours des 15 dernières années. Toutefois,
dans le passé, la population de Tiddville a subi des
perturbations qui ont entraîné un déclin majeur de
son effectif. La population de l’île Brier n’a pas été
observée depuis 1985, et on présume qu’elle est
disparue en raison de la modification de son habitat.
La population de Sandy Cove, signalée pour la
dernière fois en 1949, existe peut-être encore, mais
aucun autre relevé n’a été effectué dans cette région
par la suite.
Menaces et facteurs limitatifs
L’aménagement des rives constitue la plus grave
menace pesant sur les populations de lophiolie dorée.
Cette menace a été quelque peu atténuée par la
création d’une réserve naturelle provinciale.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Parmi les autres menaces potentielles futures,
on compte l’eutrophisation, les espèces
envahissantes et l’extraction de tourbe. La gestion
du niveau d’eau, associée à l’aménagement
de barrages sur les lacs et au drainage des tourbières,
l’extraction de terre à diatomées et la circulation
de véhicules tout-terrain constituaient des menaces
dans le passé, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Protection, statuts et classements
En 2000, la lophiolie dorée a été désignée espèce
menacée (« threatened ») en vertu de la Loi sur les
espèces en péril fédérale et de l’Endangered Species
Act de la Nouvelle-Écosse. NatureServe lui a attribué
une cote de G4 (apparemment non en péril) à l’échelle
mondiale. En Nouvelle-Écosse et au Canada, la
situation générale de l’espèce est jugée « en péril »,
et NatureServe Canada lui a attribué les cotes S2
et N2 (en péril). Elle a aussi été inscrite sur la liste
rouge du ministère des Ressources naturelles de
la Nouvelle-Écosse. Aux États-Unis, l’espèce a été
signalée dans sept États, dont cinq où elle est rare
ou disparue, et a reçu la cote N4? (apparemment
non en péril).
Environ 25 % des occurrences du lac Ponhook
(qui correspondent à environ 10 % de la population
canadienne) sont situées sur des terres de la
Couronne, à l’intérieur de la réserve naturelle du lac
Ponhook, ce qui leur confère une protection aux
termes de la Special Places Protection Act de la
Nouvelle-Écosse. En outre, environ 25 % des sites
hébergeant l’espèce au lac Shingle (qui englobent
environ 10 % de la population canadienne) sont situés
sur des terres de la Couronne et sont donc à l’abri
du développement.
39
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Nécrophore d’Amérique
cette espèce. Le nécrophore d’Amérique est l’un des
plus spectaculaires coléoptères du Canada en raison
de sa grande taille et de la présence de marques
orange brillant sur son dos noir.
Illustration : © Joe Bullock
Répartition
Nom scientifique
Nicrophorus americanus
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Disparue du pays
Aire de répartition canadienne
Ontario, Québec
Justification de la désignation
Il y a suffisamment d’information pour indiquer
qu’aucun individu de cette espèce sauvage
n’existe encore au Canada. Cette information
comprend : (1) que ce grand insecte remarquable
et reconnaissable n’a pas été observé depuis
39 générations; (2) qu’il n’a pas été observé malgré
le décuplement du nombre d’entomologistes de
terrain et une estimation de 300 000 nuits de piégeage
général où au moins une partie de ce piégeage
auraient dû mené à la capture de cette espèce,
ainsi que des études sur les coléoptères nécrophages
qui n’ont pas permis de révéler sa présence;
(3) que cet insecte attiré par la lumière n’a pas
encore été vu dans des milliers de pièges lumineux;
(4) qu’une récente recherche dirigée dans la zone
générale où l’espèce a été observée les dernières fois
il y a 60 ans et 39 ans n’ont pas permis de trouver
l’espèce.
L’espèce est présente seulement en Amérique
du Nord, où son aire de répartition historique
s’étendait du Nebraska et du Dakota du Sud vers
l’est jusqu’à la côte atlantique, et du sud de l’Ontario
vers le sud jusqu’au Texas. Aux États‑Unis, l’espèce
a été signalée dans 35 États, mais elle est considérée
comme existante dans seulement 9 États – où elle
est désignée en voie de disparition. Au Canada,
elle est définitivement présente seulement en Ontario,
bien que toutes les mentions soient historiques,
la plus récente récolte ayant été effectuée en 1972.
Des mentions provenant de la Nouvelle‑Écosse et
du Québec sont considérées comme des erreurs,
et aucune information n’a été trouvée en ce qui
concerne la mention au Manitoba.
Il semble très peu probable que le nécrophore
d’Amérique ait été présent mais que sa présence
n’ait pas été documentée ailleurs dans son aire de
répartition au cours des vingt‑cinq dernières années.
La recolonisation naturelle par l’espèce dans son
ancienne aire de répartition au Canada semble très
peu probable aussi. L’espèce pourrait être réintroduite
à partir de populations des États‑Unis dans le cadre
de programmes d’élevage en captivité.
Information sur l’espèce
Le nécrophore d’Amérique est un coléoptère
nécrophage de la famille des Silphidés. Il s’agit
d’une espèce distincte – aucune sous‑espèce ni
aucune forme différentes n’ont été proposées pour
40
Aire de répartition actuelle et historique
nord‑américaine du nécrophore d’Amérique.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
L’espèce a besoin de sols humifères ou loameux
bien drainés et ne présentant pas d’obstacles
au creusage afin qu’elle puisse rapidement creuser
la chambre d’incubation dans laquelle elle pond
ses œufs. Dans l’est de l’Amérique du Nord, les sols
de ce type se trouvent principalement dans les forêts
de feuillus primaires et non perturbées. Du côté
ouest de l’aire de répartition, de tels sols sont aussi
disponibles dans les écotypes de prairies. À ce jour,
il n’existe aucun consensus à savoir si le nécrophore
d’Amérique est une espèce obligatoire de certains
types d’habitat particuliers.
lorsque la température dépasse 15 °C. Ils sont
crépusculaires et nocturnes, et généralement actifs
d’avril à septembre.
Taille et tendances des populations
L’espèce est considérée comme disparue
du Canada et de tous les États américains limitrophes
du Canada. Il est estimé que la population isolée
actuelle de l’île Block (Rhode Island) contient
moins de 1 000 individus et que chacune des
deux populations de l’ouest des États‑Unis contient
un nombre d’individus inconnu, quoique certainement
beaucoup plus grand.
Biologie
Facteurs limitatifs et menaces
L’espèce n’a qu’une génération par année,
et un individu ne vit qu’entre l’été de sa naissance
et sa mort l’année suivante. Chaque individu ne se
reproduit habituellement qu’une seule fois. Après
avoir émergé du sol, à la fin de l’été ou au début
de l’automne de l’année de ponte, l’adulte ténéral
commence à se nourrir et peut‑être à rechercher
des possibilités de reproduction. Durant l’automne
de sa première année, il s’enfouit dans le sol pour
y passer l’hiver. Au printemps, l’adulte émerge encore
du sol pour se nourrir et entreprendre la recherche
en soirée d’une carcasse d’incubation convenable.
Une discussion en cours porte sur la ou les causes
du déclin de l’aire de répartition et de l’abondance
du nécrophore d’Amérique. Plusieurs hypothèses
ont été formulées à ce sujet (Sikes et Raithel, 2002),
mais bon nombre d’entre elles sont peu
convaincantes en raison de l’absence apparente
de répercussions sur les congénères à comportement
et exigences semblables. Il semble peu probable
qu’un seul facteur soit responsable du déclin de
l’espèce.
Chez les nécrophores (genre Nicrophorus),
tant le mâle que la femelle prend soin des petits
et ce, à un degré exceptionnel pour des coléoptères.
La reproduction dépend entièrement de la
disponibilité des carcasses, qui peuvent être enfouies
de manière à ce que les larves puissent être nourries.
Les carcasses de vertébrés de toute sorte sont
employées, mais ce sont probablement les carcasses
d’oisillons et de rongeurs qui sont les plus souvent
utilisées. Le nécrophore d’Amérique utilise des
carcasses de taille plus grande que ses congénères
de petite taille. Lorsqu’une carcasse convenable est
repérée, l’individu ou le couple fera alors compétition
aux autres insectes nécrophages pour prendre
possession de la carcasse jusqu’à ce qu’il ne reste
qu’un seul couple. Pour trouver un sol propice
au creusage, il arrive que les nécrophores déplacent
la carcasse sur une distance allant jusqu’à un mètre;
la carcasse est ensuite enterrée avant l’aube.
Le nécrophore d’Amérique ne migre pas, et ses
déplacements sont limités. Cependant, il parcourt
de plus grandes distances et traverse probablement
un plus grand nombre de types d’habitat que ses
congénères (espèces du même genre) de petite taille.
Les adultes entament leurs activités saisonnières
Les impacts directs sur le nécrophore d’Amérique
seraient les suivants : l’utilisation d’éclairage artificiel,
qui peut influer sur le comportement de l’espèce;
les nécrophores adultes errant sur les routes et qui
y sont tués; et la mortalité attribuable à l’utilisation
d’insecticides. Des maladies spécifiques au
nécrophore d’Amérique ont été considérées, mais rien
n’indique qu’il s’agisse d’un facteur limitatif probable.
La prédation aurait probablement contribué
au déclin, étant donné l’augmentation des prédateurs
appropriés dans l’aire de répartition de l’espèce, mais
on ne pense pas qu’il s’agisse de la cause principale
du déclin soit de l’espèce, soit des carcasses
d’incubation dont elle a besoin. L’augmentation
du nombre de chiens et de chats domestiques en
liberté, qui font partie des prédateurs et qui dérangent
probablement les nécrophores à la recherche de
carcasses, pourrait être une des causes du déclin.
La réduction du nombre de carcasses d’incubation
pourrait être l’une des principales causes du déclin,
car on pense qu’elle est liée à la réduction des
populations des espèces de taille appropriée pouvant
servir de carcasses d’incubation et à la compétition
accrue d’autres espèces nécrophages et des
congénères plus abondants. La réduction de
l’utilisation des décharges de déchets de viande
41
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
et l’abandon de l’utilisation de poissons entiers
comme engrais ont aussi entraîné la diminution
des ressources en charognes disponibles pour
les nécrophores.
L’altération et la fragmentation de l’habitat sont
généralement considérées comme les principales
causes du déclin. La fragmentation de l’habitat force
les nécrophores à traverser des milieux non propices
et des routes. Le développement d’un sous‑étage
dense dans les zones déboisées rend plus difficile
l’enfouissement de carcasses d’incubation et fait
donc augmenter la vulnérabilité à la prédation
du couple de nécrophores.
Importance de l’espèce
L’espèce constitue une ressource riche lorsqu’on
veut étudier le comportement, notamment parce
qu’elle fait partie de l’un des rares groupes
d’insectes qui prend soin des jeunes. Étant reconnue
comme ayant subi un déclin extraordinaire et
vraisemblablement lié aux activités humaines,
elle peut être instructive en ce qui concerne les
impacts des humains sur des espèces d’invertébrés
et d’autres sujets écologiques. En tant que
42
représentant de la mégafaune des invertébrés
affichant un comportement intriguant, le nécrophore
d’Amérique peut servir à sensibiliser le public
à la situation critique d’organismes moins connus.
Protection actuelle et autres désignations
de statut
À l’échelle mondiale, le nécrophore d’Amérique
est désigné comme gravement menacé d’extinction
sur la liste rouge de l’Union internationale pour
la conservation de la nature (UICN), d’après une
réduction des populations de ≥ 90 % et un déclin
de la zone d’occupation et de la zone d’occurrence.
En août 1989, l’espèce a été désignée par le
gouvernement fédéral des États‑Unis comme espèce
en voie de disparition en vertu de la Endangered
Species Act des États‑Unis, d’après le déclin marqué
de l’espèce et sa disparition de presque toute l’aire
de répartition historique. NatureServe a désigné
l’espèce comme en péril à l’échelle mondiale.
Le nécrophore d’Amérique n’a pas encore fait
l’objet d’une évaluation aux termes des protocoles
concernant la situation générale des espèces
au Canada.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Gordon Court
Ours grizzli - Population de l’Ouest
sont en déclin et il y a des préoccupations
relativement aux taux de mortalité non durables dans
ces régions et dans des parties du Yukon. Il y a de
fortes indications de fragmentation génétique dans
les parties sud de son aire de répartition, où certaines
populations sont de plus en plus isolées et sujettes
à une stochasticité démographique. Leur mauvais
état dans certaines parties de l’aire de répartition,
conjugué à leur taux de reproduction naturellement
faible, aux pressions croissantes découlant
de l’extraction des ressources et aux impacts
cumulatifs dans les parties actuellement intactes
de l’aire de répartition, intensifient les préoccupations
à l’égard de cette espèce si ces pressions ne sont pas
renversées avec succès.
Nom scientifique
Ursus arctos
Description et importance de l’espèce
sauvage
Taxon
Mammifères
L’ours grizzli (Ursus arctos) serait issu d’Asie et
aurait migré en Amérique du Nord il y a de 50 000 à
100 000 ans. Animal congénère de l’ours brun qui vit
encore en Europe et en Asie, cet ursidé de grande
taille atteint au Canada un poids de 100 à 150 kg dans
le cas des femelles adultes et de 180 à 270 kg dans
celui des mâles adultes. Le grizzli possède un crâne
lourd de forme concave, une dentition caractéristique
à la fois d’un prédateur et d’un herbivore (de grandes
canines et des molaires pour broyer), un corps
robuste, des pattes antérieures se terminant par
de longues griffes ainsi que de puissants muscles
dont il se sert pour creuser et qui lui donnent sa bosse
caractéristique au-dessus des épaules. La couleur
du pelage va du blond au presque noir, en passant
par différents tons de brun, et l’extrémité des poils
prend parfois une couleur argentée qui donne
à l’animal une apparence grisonnante.
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut, ColombieBritannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Justification de la désignation
L’aire de répartition mondiale de ce gros carnivore
a diminué de plus de 50 % depuis les années 1800,
l’Ouest canadien représentant un noyau important
de l’aire de répartition actuelle en Amérique du Nord.
Espèce généraliste en matière d’habitat, sa répartition
et son abondance en l’absence d’humains reposent
en grande partie sur la productivité de l’habitat
et les saisons. L’espèce est extrêmement sensible aux
perturbations anthropiques et est exposée à un risque
de mortalité élevé dans les zones d’activités humaines
et là où des routes favorisent l’accès. Les estimations
de population dans la majeure partie de l’aire de
répartition sont extrêmement incertaines; la population
canadienne est estimée à 26 000 individus, mais le
nombre d’individus matures est incertain et pourrait
être près de 10 000. Bien qu’il n’y ait pas de preuve
d’un déclin dans la population globale au cours
des 20 dernières années et qu’un nombre croissant
de mentions indique une certaine expansion de l’aire
de répartition de l’espèce dans le nord, un nombre de
populations dans l’étendue sud de l’aire de répartition
en Alberta et dans le sud de la Colombie‑Britannique
Dans les cultures occidentales et les cultures
autochtones, le grizzli est un animal bien connu,
révéré et parfois redouté. Il est souvent considéré
comme une espèce phare ou une espèce parapluie
pour l’élaboration de plans de conservation. Rares
sont les mammifères qui incarnent la nature sauvage
canadienne aux yeux d’un aussi grand nombre
de personnes que le grizzli. L’espèce interagit
directement avec les humains, cause des conflits
perçus et réels au sujet des biens et peut mettre
des vies humaines en péril. Même s’il est rarement
chassé, cet animal représente un trophée très prisé.
Le grizzli peut aussi occuper une place importante
dans la chasse de subsistance chez certains groupes
autochtones, à des fins tant alimentaires que
culturelles.
43
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Répartition
Le grizzli se rencontre au Canada, aux États‑Unis,
en Europe et en Asie. Sa présence est attestée par
des mentions provenant de quelque 48 pays. De
nombreuses populations eurasiennes sont insulaires,
petites et en voie de disparition.
Tous les grizzlis encore vivants appartiennent à la
population « de l’Ouest » (dont l’aire de répartition
englobe la Colombie-Britannique, l’ouest de l’Alberta,
le Yukon, les Territoires du Nord‑Ouest, la partie
continentale du Nunavut et certaines parties du
sud‑ouest de l’archipel arctique canadien, le nord de
la Saskatchewan et le nord-est du Manitoba). Cette
population occupe un territoire dont la superficie est
estimée à 2,98 x 106 km2. Les mentions indiquent
une certaine expansion de la répartition du grizzli
vers le nord et vers l’est dans les Territoires du NordOuest, au Nunavut, dans le nord de la Saskatchewan
et dans le nord du Manitoba, mais, en raison de
l’absence de relevés systématiques permettant de
suivre l’occupation au fil des ans, il est impossible
de quantifier ces tendances. La population des
Prairies, que le COSEPAC tenait antérieurement pour
indépendante, est maintenant considérée comme
ayant fait partie de la population de l’Ouest. Celle
de l’Ungava, qui formait une unité distincte dans
le nord du Québec et au Labrador à l’époque de la
colonisation par les Européens, n’était pas reconnue
par le COSEPAC avant le présent rapport.
Habitat
L’ours grizzli est une espèce généraliste du point
de vue de l’habitat. Il se rencontre aussi bien
au niveau de la mer que dans la zone alpine.
L’espèce occupe des milieux divers : forêt pluviale
côtière tempérée, toundra alpine, versant de
montagne, forêt boréale de terrain élevé, taïga,
prairie aride à la lisière des Prairies et dans le centre
de la Colombie‑Britannique et toundra arctique.
L’association à l’habitat varie largement en fonction
des saisons et dépend généralement de la végétation
locale ainsi que des concentrations de proies. Dans
les régions montagneuses, le grizzli entreprend parfois
des migrations saisonnières en altitude.
Biologie
Espèce omnivore, le grizzli est bien adapté pour
creuser, déraciner, brouter et chasser. Dans certaines
régions, il devient un prédateur efficace de plusieurs
espèces d’ongulés telles que l’orignal, le wapiti
et le caribou. Les ours de la côte du Pacifique
se nourrissent abondamment de saumon pendant
44
Limites approximatives de la répartition actuelle
et historique (c.-à-d. XIXe siècle) de l’ours grizzly en
Amérique du Nord, avec contours de densité relative.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
mai 2012 (carte réalisée par P. McLoughlin).
la période de la fraye, tandis que ceux de l’Arctique
cherchent leur nourriture le long du littoral, où il leur
arrive de trouver des carcasses de baleine et de
phoque ou même de chasser le phoque. Le grizzli
peut aussi se nourrir de bétail et de déchets lorsqu’il
y a accès. D’ordinaire, les femelles mettent bas pour
la première fois à l’âge de 6 ans. Les portées peuvent
compter de un à trois oursons, et l’intervalle entre
les mises bas est généralement de trois à quatre ans.
L’espèce vit naturellement de 20 à 30 ans. Le grizzli
a un vaste domaine vital qui atteint en moyenne
1 800 km2 chez les mâles et 700 km2 chez les femelles;
cependant, la superficie du domaine vital varie
grandement d’une région à l’autre et traduit un rapport
inverse avec la productivité de l’habitat. Le grizzli
passe l’hiver dans une tanière et hiberne (reste dans
un état de dormance) pendant une période pouvant
aller jusqu’à sept mois, selon la latitude. Les oursons
naissent dans la tanière en janvier ou en février.
Taille et tendances des populations
À l’échelle mondiale, l’aire de répartition du
grizzli a diminué d’environ 50 % depuis le milieu du
XIXe siècle. L’espèce a perdu 98 % de son territoire
dans les 48 États contigus des États‑Unis. À la fin
du XIXe ou au début du XXe siècle, elle avait disparu
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
d’une bonne partie des milieux arides du centre‑sud
de la Colombie-Britannique, des provinces des
Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba) et de
la région de l’Ungava, au Québec et au Labrador.
L’effectif de la population de l’Ouest est actuellement
estimé à environ 26 000 bêtes, dont quelque
11 500 sont des individus matures. Cependant,
les estimations relatives à l’effectif et aux tendances
démographiques sont incertaines au Canada, et elles
reposent largement sur des opinions de spécialistes
ou sur des données estimatives concernant
des territoires restreints qui sont transposées
à des régions géographiques plus larges. C’est
la Colombie‑Britannique qui compte le plus grand
nombre de grizzlis, soit quelque 15 000 individus.
Voici les estimations d’effectif les plus récentes :
de 6 000 à 7 000 au Yukon, de 3 500 à 4 000 dans
les Territoires du Nord-Ouest, 700 en Alberta et de
1 500 à 2 000 au Nunavut. Quelques grizzlis occupent
aujourd’hui la toundra du nord-est du Manitoba.
Les effectifs historiques pour le Canada sont
inconnus, mais ils étaient certainement supérieurs
à ce qu’ils sont aujourd’hui. Dans l’ensemble,
la population de l’Ouest est probablement stable
depuis 1990, année du premier inventaire national
complet, malgré des déclins en Alberta et peut‑être
aussi dans le sud de la Colombie-Britannique et
dans certaines régions du Yukon. En revanche,
l’aire de répartition du grizzli semble s’agrandir
dans les Territoires du Nord‑Ouest, au Nunavut,
en Saskatchewan et au Manitoba. Les données
sur la population de l’Ouest et sur ses tendances
démographiques ne sont accessibles qu’à partir
de 1990.
Facteurs limitatifs et menaces
En l’absence d’interférence humaine, la densité
des grizzlis est largement tributaire de la productivité
de l’habitat (nourriture). Cependant, la mortalité
anthropique exerce une grande influence sur l’étendue
de la zone d’occupation et reflète une perte de
fonctionnalité de l’habitat dans la majeure partie de
l’aire de répartition de l’espèce. En général, les ours
évitent les humains et affichent des taux de mortalité
supérieurs à proximité d’éléments anthropiques
tels que des routes et des lotissements résidentiels.
L’activité humaine entraîne la fragmentation et
l’isolement des unités démographiques, à tel point
que la dynamique des populations peut devenir
tributaire de la stochasticité dans la survie et la
reproduction avant tout autre facteur, ce qui accroît
les risques de disparition à l’échelle locale. Les
populations de la Colombie-Britannique, du Yukon,
des Territoires du Nord‑Ouest et du Nunavut font
l’objet d’une chasse légale, et toutes les régions
appuient ou reconnaissent officiellement le droit
des Premières Nations, des Métis et des Inuits à
la chasse de subsistance. La mortalité anthropique
est attribuable à la chasse légale, aux mesures
de protection de la vie humaine et des biens, au
braconnage ainsi qu’aux collisions routières et
ferroviaires. La mortalité anthropique non documentée
demeure un problème important pour les gestionnaires.
Indépendamment des sources, l’ensemble des
données sur la mortalité d’origine humaine semblent
indiquer une population stable de grizzlis à l’échelle
de l’UD de l’Ouest; toutefois, à l’échelle locale
(en Alberta, dans le sud de la Colombie-Britannique
et dans certaines régions du Yukon), les tendances
récentes de la mortalité indiquent des déclins réels
ou soupçonnés. À de fortes densités, il se peut que la
croissance de la population soit limitée non seulement
par la nourriture, mais aussi par la prédation ou les
conflits intraspécifiques. Les impacts du changement
climatique sur la superficie de l’habitat disponible
et les effets connexes sur l’abondance de la nourriture
saisonnière n’ont pas encore été quantifiés. Les
mécanismes hypothétiques sont variés et flous,
et les effets nets prévus, incertains.
Protection, statut et classements
En Colombie-Britannique, au Yukon, dans
les Territoires du Nord‑Ouest et au Nunavut, la
législation sur la faune fait du grizzli une espèce
de « gros gibier ». L’espèce n’a pas de statut légal
particulier au Manitoba, au Québec ainsi qu’à
Terre‑Neuve-et-Labrador, si ce n’est celui qui est
accordé de manière générale à la faune. En Alberta,
la population de grizzlis a récemment été inscrite
sur la liste des espèces menacées (Threatened)
de la Wildlife Act (juin 2010), ce qui a donné lieu à une
interdiction de chasser cette espèce dans la province.
Dans le rapport Espèces sauvages 2010 : La situation
générale des espèces au Canada, le grizzli a été
classé Sensible, ce qui correspond à la même cote
qu’en 2005. En Colombie-Britannique, au Yukon,
dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut,
ce même rapport a attribué la cote Sensible au grizzli.
En Alberta, l’espèce a reçu la cote Possiblement
en péril en 2010, alors que, en Saskatchewan et au
Manitoba, elle est considérée comme disparue. La cote
attribuée dans le rapport Espèces sauvages 2010 pour
Terre‑Neuve-et-Labrador était Non évalué. Aucune
cote n’a été donnée pour les grizzlis du Québec.
Environ 7,1 % de l’aire de répartition actuellement
occupée par le grizzli au Canada est classé « protégé »
contre l’activité humaine (à des degrés divers) par le
gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux
ou les gouvernements territoriaux.
45
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Paruline à capuchon
Photo : © Domaine public, U.S. Fish and Wildlife
Service
Répartition
La Paruline à capuchon est un oiseau migrateur
qui migre sur de grandes distances, qui niche dans
l’est de l’Amérique du Nord et qui hiverne au Mexique,
en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Durant
au moins 40 ans, l’aire de nidification de l’espèce s’est
étendue vers le nord. L’aire de répartition canadienne
est limitée au sud de l’Ontario, où l’oiseau est
considéré comme une espèce nicheuse rare ou peu
commune à l’échelle locale.
Nom scientifique
Setophaga citrina
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Non en péril
Aire de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Au Canada, l’aire de répartition et l’abondance
de cet oiseau nichant en forêt ont considérablement
augmenté depuis la dernière évaluation de l’espèce.
L’espèce a également connu une importante
augmentation à long terme de son abondance
dans la partie principale de son aire de répartition
aux États-Unis et, par conséquent, il existe donc
une possibilité d’immigration de source externe.
Cependant, la dégradation de l’habitat dans les sites
de reproduction, ainsi que la perte et la dégradation
de l’habitat dans les haltes migratoires et les aires
d’hivernage, sont des menaces potentielles.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La Paruline à capuchon, petit oiseau chanteur
jaune, est facile à identifier en raison de son plumage
saisissant et de ses vocalisations. Le mâle adulte
se distingue par son capuchon noir caractéristique;
chez la femelle adulte, le capuchon noir est plus petit
ou absent.
46
?
Aire de nidification et aire d’hivernage de la Paruline
à capuchon.
Source : Modifié à partir de “Birds of North America Online”
http://bna.birds.cornell.edu/bna maintenu par le Cornell Lab
of Ornithology, Ithaca, NY.
Habitat
La Paruline à capuchon niche habituellement dans
des arbustes associés à de petites trouées du couvert
forestier dans de grandes parcelles (> 100 ha) de
forêts feuillues ou de forêts mixtes matures. Après
l’exploitation sélective des forêts, il est possible
de trouver des densités élevées de parulines, car
de nombreux arbres matures subsistent. Dans l’aire
d’hivernage, il existe une forte ségrégation sexuelle
pour ce qui est de l’habitat, les mâles préférant les
forêts à couvert fermé et les femelles, les arbustaies
ouvertes.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Biologie
Menaces et facteurs limitatifs
Ce passereau insectivore commence à nicher
à l’âge de 1 an. La Paruline à capuchon pond
habituellement 3 ou 4 œufs dans un nid en forme de
coupe, à 1 mètre du sol, et le nid est souvent parasité
par le Vacher à tête brune. Le taux de prédation des
nids est élevé (p. ex. en Ontario, de 30 à 50 % des
nids sont pillés). Néanmoins, l’espèce réussit souvent
à élever deux couvées jusqu’à l’envol au cours d’une
même saison de nidification (en Ontario, du début
de mai jusqu’en septembre). La Paruline à capuchon
retourne rarement nicher au site natal, et les adultes
présentent une fidélité assez grande aux sites de
nidification et aux sites d’hivernage. L’espérance de
vie de l’espèce est courte, et l’âge moyen des adultes
nicheurs est d’environ 2 à 3 ans.
Vu l’augmentation constatée de la population
de Parulines à capuchon au Canada, la disponibilité
de l’habitat ne semble pas constituer présentement
un facteur limitatif. Les changements climatiques
semblent représenter un important facteur limitatif
de l’expansion de l’aire de répartition observée.
Les résultats de certaines études menées en
Ontario indiquent une productivité faible et donnent
à penser que certaines régions pourraient être
des puits écologiques. Cependant, selon certains
indices, la population de Parulines à capuchon serait
très dynamique et caractérisée par un fort taux
d’immigration et d’émigration en fonction de la qualité
de l’habitat. Considérant qu’il existe actuellement
une réserve d’habitat adéquat, il est probable que
la population de Parulines à capuchon continuera
à être stable, ou à augmenter. La perte d’habitat
et la dégradation de l’habitat aux haltes migratoires
et dans l’aire d’hivernage constituent des menaces
possibles pour l’espèce, mais leur importance
demeure inconnue.
Taille et tendances des populations
Les données provenant de l’ensemble des sources
indiquent une tendance constante à une forte
augmentation de l’abondance et de la répartition
de la population de Parulines à capuchon au
Canada. La population canadienne est actuellement
estimée à 1 000 à 2 000 oiseaux nicheurs (ce
qui équivaut à beaucoup moins que 1 % de la
population mondiale). L’Atlas des oiseaux nicheurs
de l’Ontario (OBBA) révèle une forte augmentation
de la population, les indices de nidification étant
passés de 21 parcelles d’atlas (blocs de relevés de
10 km2) avec indices de nidification durant les années
1981‑1985, à 81 parcelles avec indices de nidification
durant les années 2001‑2005, bien que l’effort
consenti aux recherches ait été relativement plus
grand durant les travaux du deuxième atlas.
Les recherches ciblées dans les localités de
nidification confirmée et possible menées dans le sud
de l’Ontario en 1997, 1998, 2002 et 2007 ont aussi
documenté l’augmentation en cours de la taille de
la population, du nombre de sites occupés et de
l’étendue de l’aire de nidification. Les relevés de
1997 ont permis de repérer 88 mâles territoriaux,
alors que les relevés de 2007 en ont mentionné au
moins 436 à 89 sites. Les relevés couvraient la plupart
des superficies d’habitat occupé ou potentiellement
occupé dans le sud de l’Ontario.
Protection, statuts et classifications
La Paruline à capuchon est protégée en vertu
de la Loi sur la convention concernant les oiseaux
migrateurs au Canada et aux États‑Unis. L’espèce
a été évaluée par le COSEPAC en 1993 et en 2000,
puis a été désignée espèce menacée lors de l’entrée
en vigueur en 2003 de la Loi sur les espèces en
péril (LEP) du gouvernement fédéral. Elle est aussi
désignée espèce préoccupante en vertu de la Loi
de 2007 sur les espèces en voie de disparition de
l’Ontario. L’espèce est classée dans la catégorie non
en péril à l’échelle mondiale par BirdLife International
(préoccupation mineure) et NatureServe (G5).
L’ébauche actuelle du programme de
rétablissement de l’espèce précise l’existence
de 56 sites en Ontario comprenant des superficies
d’habitat essentiel, la superficie totale d’habitat
essentiel étant d’environ 9 000 ha. Aucune des
superficies d’habitat essentiel proposée n’est située
sur des terres fédérales. Plus de la moitié des sites
se trouvent sur des terres publiques, occupées
pour la plupart par des forêts aménagées qui ne sont
pas officiellement protégées.
47
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Photo : © Mike Danzenbaker
Paruline polyglotte
de la sous-espèce virens
Nom scientifique
Icteria virens virens
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Ontario
des yeux. Il existe deux sous‑espèces de Paruline
polyglotte – l’I. v. auricollis dans la moitié ouest
de l’Amérique du Nord et l’I. v. virens dans la moitié
est de l’Amérique du Nord. Durant la période
de nidification, la Paruline polyglotte a un chant
caractéristique, qui se compose de sifflements
répétés alternant avec des gloussements et des
claquements criards et de doux croassements.
La Paruline polyglotte est une espèce emblématique
des arbustaies de début de succession; dans
l’ensemble de l’Amérique du Nord, les membres
de la guilde connaissent un déclin.
Répartition
La Paruline polyglotte niche en Amérique du Nord,
au sud de la forêt boréale. La sous‑espèce auricollis
(de l’ouest) niche du sud de la Colombie‑Britannique,
de l’Alberta et de la Saskatchewan, vers le sud de
manière discontinue jusque dans le nord du Mexique.
Elle est présente aussi loin à l’est que dans l’ouest
du Nebraska, l’ouest du Kansas et le centre du Texas.
La sous‑espèce virens (de l’est) niche du centre‑est
des grandes plaines et de l’est du Texas vers l’est,
et vers le nord jusque dans le sud‑ouest de l’Ontario.
Les parulines hivernent dans les basses terres de
l’est et de l’ouest du Mexique et jusqu’en Amérique
centrale, dans l’ouest du Panama.
Justification de la désignation
Cette sous-espèce est associée spécifiquement
aux habitats composés de fourrés arbustifs et
se trouve à la limite nord de son aire de répartition
au Canada. Sa population dans le sud de l’Ontario
est distribuée localement et très petite. Depuis
la production du dernier rapport de situation,
la population de l’Ontario a fait l’objet de déclins,
en raison de la perte d’habitat. Le potentiel d’une
immigration de source externe a également été réduit
de façon considérable, car le déclin des populations
est observé dans la majeure partie du nord-est
de l’aire de répartition de cette sous-espèce.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La Paruline polyglotte est une grande paruline.
Le dessus du corps est vert olive, et le menton,
la gorge et la poitrine sont jaune citron. Les
sous‑caudales et le ventre sont blancs. Le bec
est plutôt épais, la queue est longue et arrondie,
et les ailes sont arrondies. La face est grisâtre avec
des lores noirs et des cercles blancs marqués autour
48
Aire de nidification de la Paruline polyglotte
(sous‑espèce virens) dans le sud de l’Ontario, établie
selon les données de l’Atlas des oiseaux nicheurs
de l’Ontario pour la période 2001-2005. Les points noirs
montrent les endroits où l’espèce a été signalée dans
le premier atlas (1981-1985) mais pas dans le deuxième
(2001-2005).
Source : Modifié à partir de Cadman, M.D., D.A. Sutherland, G.G. Beck,
D. Lepage et A.R. Couturier (éd.). 2010. Atlas des oiseaux nicheurs
de l’Ontario, 2001-2005. Études d’Oiseaux Canada, Environnement
Canada, Ontario Field Ornithologists, Ministère des Richesses naturelles
de l’Ontario et Ontario Nature, Toronto, xxii + 706 p.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Au Canada, trois populations sont considérées
comme des unités désignables distinctes :
la population des montagnes du Sud d’I. v. auricollis
(Colombie‑Britannique), la population des Prairies
d’I. v. auricollis (Alberta et Saskatchewan) et la
population d’I. v. virens (Ontario).
Habitat
des Prairies a été relativement stable depuis
les années 1980, bien qu’elle ait pu augmenter
depuis en Saskatchewan. En Alberta, les effectifs
sont estimés à 900 à 1 000 couples, alors qu’en
Saskatchewan, ils sont estimés à 530 couples. Dans
l’ensemble, on estime que les effectifs d’I. v. auricollis
au Canada se situent entre 1 582 et 1 682 couples.
Dans l’ouest, les effectifs des États américains
adjacents semblent relativement stables.
La Paruline polyglotte est une espèce associée
spécifiquement aux habitats composés d’arbustes,
qui fréquente les arbustaies riveraines et denses
dans l’ouest de l’Amérique du Nord et les
arbustaies de début de succession dans l’est
de l’Amérique du Nord. En Colombie‑Britannique,
les superficies d’habitat riverain où vivent
les parulines ont diminué de 87 %. Cependant,
en ce qui concerne la population des Prairies, il est
possible que les superficies d’habitat augmentent
en Saskatchewan en raison du stade arbustif de
la succession. En Ontario, les superficies d’habitat
ont diminué depuis le début des années 1960 à cause
de la transformation des terres et de la succession
naturelle.
En ce qui concerne la sous‑espèce I. v. virens,
moins de 42 couples ont été signalés en Ontario.
Jusqu’à très récemment, le bastion provincial
se trouvait au parc national de la Pointe-Pelée
et à l’île Pelée, mais ce n’est plus le cas. Les effectifs
en Ontario ont connu un déclin d’environ 33 % en
10 ans. La sous‑espèce I. v. virens connaît depuis
longtemps d’importants déclins dans tous les États
adjacents à l’Ontario, et son aire de répartition
diminue dans presque tout le nord‑est. Par
conséquent, la possibilité d’une future immigration
de source externe pour la population de l’Ontario
est faible et de plus en plus faible.
Biologie
En Colombie‑Britannique, la perte de superficies
d’habitat causée par l’urbanisation et l’agriculture
(jumelée à des projets de barrages hydroélectriques
qui détruiraient l’habitat de nidification riverain),
l’entretien et la construction des routes, la prédation
par des prédateurs introduits, le parasitisme des
couvées par les vachers, l’utilisation de pesticides
et les collisions avec des véhicules et des structures
constituent les menaces les plus importantes pour
la population des montagnes du Sud d’I. v. auricollis.
Même si les effectifs de la population des Prairies
d’I. v. auricollis ont augmenté en Saskatchewan
en raison de la succession naturelle en zones
riveraines, certaines superficies d’habitat ont disparu
à cause de la construction de réservoirs. En Alberta,
le pâturage intensif du bétail et la construction
de barrages sur les cours d’eau peuvent affecter
certains sites. Pour la population de l’Ontario de
la sous‑espèce virens, les principales menaces sont
la perte de superficies d’habitat adéquat résultant
de la transformation des terres (agriculture et
urbanisation) et les changements dans les superficies
d’habitat adéquat attribuables à la succession
naturelle.
Les nids sont situés près du sol dans les
arbustes denses. Les femelles tenteront jusqu’à
trois couvées dans une même période de nidification
si les premières tentatives ont échoué. Les territoires
sont souvent concentrés, ce qui donne à penser
que les parulines vivent en colonies peu structurées.
En Colombie‑Britannique, l’I. v. auricollis montre
une certaine fidélité aux sites de nidification. En
Ontario, certains sites de nidification sont occupés
régulièrement, mais la plupart des autres ne sont
occupés au mieux que durant quelques années.
Taille et tendances des populations
En Colombie‑Britannique, selon l’estimation
la plus récente, on compte 152 couples
d’I. v. auricollis. Selon certaines indications,
les effectifs dans la province ont connu un déclin
par comparaison aux niveaux historiques. En
Saskatchewan et en Alberta, l’aire de répartition
de la sous‑espèce a pris de l’expansion de manière
substantielle vers le nord au XXe siècle. La population
Facteurs limitatifs et menaces
49
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Protection, statuts et classifications
Au Canada, la Paruline polyglotte, ses nids
et ses œufs sont protégés en vertu de la Loi sur
la Convention concernant les oiseaux migrateurs.
En Amérique du Nord, l’espèce est considérée
comme « non en péril » en raison de sa vaste aire
de répartition et de sa population relativement
stable dans l’ensemble. En Colombie‑Britannique,
la population des montagnes du Sud est protégée
aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP)
à titre d’espèce en voie de disparition. La population
50
des Prairies en Alberta et en Saskatchewan est
considérée comme étant « non en péril ». Dans les
États de l’ouest des États‑Unis qui sont frontaliers
du Canada, la Paruline polyglotte est classée comme
« vulnérable » dans l’État de Washington et comme
« non en péril » en Idaho et au Montana. En Ontario,
la sous‑espèce virens est désignée comme
« préoccupante » en vertu de la LEP et connaît
un déclin marqué dans la majeure partie de son aire
de nidification du nord‑est, y compris dans tous
les États frontaliers de l’Ontario.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Stephen R. Cannings
Petit-duc des montagnes –
de la sous-espèce kennicottii
et de la sous-espèce macfarlanei
Petit-duc des montagnes
de la sous-espèce macfarlanei.
Nom scientifique
Megascops kennicottii kennicottii; Megascops
kennicottii macfarlanei
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée (sous-espèce kennicottii et sous-espèce
macfarlanei)
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique (sous-espèce kennicottii
et sous-espèce macfarlanei)
Justification de la désignation
Sous-espèce kennicottii :
Ce petit strigidé a subi un grave déclin dans la
portion sud de son aire de répartition dans la région
du Metro Vancouver, de Victoria et des îles Gulf, d’où
il a presque disparu au cours des 10 à 15 dernières
années. Selon les déclins observés en Alaska, il a
probablement aussi connu un déclin dans la partie
nord de son aire de répartition, mais l’ampleur de ce
déclin est inconnue. La population serait relativement
petite (moins de 10 000 adultes), et fait face à des
menaces persistantes, incluant la prédation par
des populations nouvellement établies de Chouettes
rayées et l’enlèvement des arbres morts et des
chicots, qui lui servent de sites de nidification et
de perchoirs.
Sous-espèce macfarlanei :
La population canadienne de ce strigidé est petite,
comptant entre 350 et 500 adultes, mais selon de
récents travaux de relevé, ce nombre est plus élevé
et l’espèce a une plus grande aire de répartition
dans le sud de la Colombie-Britannique qu’estimé
auparavant. La population est apparemment stable
depuis les 10 dernières années, mais elle fait
face à des menaces persistantes, attribuables en
particulier à la perte d’arbres matures nécessaires
aux sites de nidification et comme perchoirs. La perte
de ces arbres est associée à l’expansion urbaine et
agricole ainsi qu’à la dégradation des régions boisées
riveraines.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le Petit‑duc des montagnes, Western Screech‑Owl
en anglais, est l’une des deux espèces du genre
Megascops présentes au Canada. Ce petit hibou
à aigrettes bien développées a les yeux jaunes.
Les deux sexes sont semblables. On compte deux
sous‑espèces distinctes au Canada : la sous‑espèce
kennicottii, le long de la côte du Pacifique, et la
sous‑espèce macfarlanei, dans les vallées de la partie
sud de la région intérieure de la Colombie‑Britannique.
Répartition
Le Petit‑duc des montagnes vit à basse altitude
dans les forêts côtières du Pacifique et dans les
vallées de la région s’étendant du sud de l’intérieur
de la Colombie‑Britannique jusqu’au nord‑ouest
du Mexique, vers le sud. Au Canada, le Petit‑duc
des montagnes est présent dans la zone côtière
de la Colombie‑Britannique (sauf dans l’archipel
Haida Gwaii) et dans les vallées du sud de la
Colombie‑Britannique, depuis Lillooet, Kamloops,
Lumby, Slocan, Creston et Cranbrook jusqu’à
la frontière des États‑Unis au sud.
Habitat
La sous‑espèce kennicottii est présente dans
diverses forêts conifériennes et mixtes, mais est
souvent associée aux zones riveraines où l’on trouve
des érables à grandes feuilles ou des peupliers de
l’Ouest. La sous-espèce macfarlanei est fortement
associée aux boisés riverains dominés par le
peuplier de l’Ouest, le bouleau fontinal ou le peuplier
faux‑tremble, habituellement situés dans une matrice
de forêts conifériennes sèches dominées par le pin
ponderosa ou le douglas de Menzies. Les deux
sous‑espèces nichent dans les cavités naturelles
51
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Aire de répartition du Petit-duc des montagnes en Colombie-Britannique. L’aire de
répartition de la sous-espèce de l’intérieur, M. k. macfarlanei, est illustrée en noir, tandis
que celle de la sous-espèce de la zone côtière, M. k. kennicottii, est illustrée en gris.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2012.
des arbres, dans des trous creusés par des pics de
grande taille ou dans des nichoirs appropriés.
Biologie
Le Petit‑duc des montagnes est une espèce
non migratrice. Les couples défendent leur territoire
toute l’année. Ces hiboux sont des prédateurs
généralistes, qui se nourrissent principalement de
petits mammifères et de gros insectes, mais aussi
de petits oiseaux, de poissons, de grenouilles et de
limaces. Les jeunes s’éloignent de leur territoire natal
à la fin de l’été.
Taille et tendances des populations
Les populations de la sous-espèce kennicottii
du sud‑ouest de la Colombie‑Britannique et plus
particulièrement de la région du Metro Vancouver
et de Victoria, ont pratiquement disparu au cours
des 10 à 15 dernières années. Les populations du
nord de l’île de Vancouver semblent relativement
en santé, mais on ne connaît pas les tendances
à long terme. La sous-espèce a sans doute aussi
décliné dans les forêts côtières du centre et du
nord; l’ampleur de ce déclin est toutefois inconnue.
Les populations de la sous-espèce macfarlanei ont
probablement diminué tout au long des années 1900
en raison de la perte d’habitat, mais on croit qu’elles
sont aujourd’hui relativement stables ou que leur
déclin est très lent. La sous-espèce kennicottii est mal
52
connue au Canada. On estime ses effectifs à environ
1 500 à 3 000 individus. La sous-espèce macfarlanei
est moins abondante, ses effectifs se chiffrant
probablement à 350 à 500 individus.
Menaces et facteurs limitatifs
La perte d’habitat constitue la principale menace
pour la sous-espèce macfarlanei et a sans doute
également affecté la sous-espèce kennicottii.
La prédation par une nouvelle-venue, la Chouette
rayée, serait la première cause des déclins significatifs
de population de la sous-espèce kennicottii observés
dans la partie sud de la zone côtière.
Protection, statuts et classifications
La sous-espèce macfarlanei est inscrite sur
la liste des espèces en voie de disparition de
la Loi sur les espèces en péril du gouvernement
fédéral; la sous‑espèce kennicottii a été
désignée « préoccupante » dans le cadre des
évaluations du COSEPAC réalisées en mai 2002.
En Colombie‑Britannique, l’espèce et ses nids actifs
sont protégés contre les dommages directs en vertu
de la Wildlife Act; la sous‑espèce macfarlanei figure
sur la liste rouge de la Colombie-Britannique (espèces
potentiellement menacées ou en voie de disparition)
et la sous-espèce kennicottii figure sur la liste bleue
(espèces préoccupantes).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Pica à collier
Photo: © John Nagy
et son habitat dans les prochaines décennies sont
limitées. Toutefois, la meilleure information disponible
suggère que l’espèce peut être particulièrement
sensible à un changement climatique, incluant
des augmentations concomitantes dans la variabilité
des précipitations, menant ainsi à une diminution
de la disponibilité de l’habitat. Le potentiel
de répercussions négatives des changements
climatiques sur la persistance de l’espèce à long
terme est important.
Nom scientifique
Ochotona collaris
Taxon
Mammifères
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Aire de répartition canadienne
Yukon, Territoires du Nord-Ouest,
Colombie‑Britannique
Justification de la désignation
Cette petite espèce apparentée au lapin est
une relique béringienne qui est restreinte aux talus
d’éboulis dans les zones alpines dans le nordouest de la Colombie-Britannique, dans le Yukon
et dans les Territoires du Nord-Ouest. Cette région
comprend plus de la moitié de l’aire de répartition
mondiale de l’espèce et subit des changements
liés au climat dans l’habitat, la température et les
précipitations à une vitesse plus élevée que partout
ailleurs au Canada. Une sensibilité démontrée
à la variabilité du climat, associée à une faible
capacité de dispersion et à la nature naturellement
fragmentée de ses populations augmentent la
vulnérabilité de ce petit mammifère aux changements
climatiques. L’espèce est bien étudiée dans
une partie très limitée de son aire de répartition,
cependant l’information de base sur les tendances
démographiques à l’échelle de l’aire de répartition
ainsi qu’une compréhension claire de l’étendue et de
la gravité des répercussions climatiques sur l’espèce
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le pica à collier (Ochotona collaris) est un petit
(~ 160 g) lagomorphe non grégaire des milieux alpins.
C’est l’une des deux espèces de pica présentes
en Amérique du Nord, avec le pica d’Amérique
(O. princeps). Le pica à collier est de couleur gris
terne, avec des plaques gris pâle sur la nuque
et les épaules qui forment un collier incomplet autour
du cou. Il n’y a aucun dimorphisme évident entre
les sexes. Les picas sont considérés comme des
indicateurs des changements climatiques en raison
de leur sensibilité avérée aux régimes climatiques.
Répartition
Au Canada, le pica à collier est surtout présent
dans les régions montagneuses du Yukon, et son
aire de répartition s’étend jusque dans le nord
de la Colombie‑Britannique et dans les Territoires
du Nord‑Ouest, à l’ouest du fleuve Mackenzie.
À l’extérieur du Canada, on le trouve dans le sud
et le centre de l’Alaska. Au Canada, le pica à collier
compte une unité désignable.
Habitat
Le pica à collier habite principalement les
champs rocheux alpins (talus d’éboulis) entrecoupés
de prairies. L’association talus-prairies lui permet
de s’alimenter (prairie) et de s’abriter des prédateurs
et des conditions météorologiques défavorables
(talus). Le pica à collier limite ses déplacements
aux parcelles de talus et se tient généralement
à moins de 10 m du bord des talus lorsqu’il part
en quête de nourriture dans les prairies. Les densités
de population sont généralement plus élevées sur
les pentes sud, probablement parce que la production
primaire y est plus élevée.
53
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
On a associé d’une part, le taux de survie
annuelle et, d’autre part, les conditions hivernales
et le moment au printemps où le petit mammifère
commence à constituer son garde-manger pour
l’hiver. Le principal prédateur du pica à collier est
l’hermine; le renard roux et les oiseaux de proie sont
des prédateurs occasionnels. Le pica vit rarement
plus de quatre ans, et la durée d’une génération
est d’un peu plus de deux ans.
Taille et tendances des populations
Une étude des populations de picas à collier
d’un seul site de l’écorégion chaînon Ruby,
dans le sud‑ouest du Yukon, a révélé que la taille
des populations fluctue considérablement au fil
du temps. Bien qu’on ne dispose d’aucune autre
donnée empirique sur la taille et les tendances
des populations ailleurs, et qu’il n’existe presque pas
de relevés ciblés pour l’espèce, on croit que le pica
à collier est toutefois largement répandu et qu’il peut
être abondant à l’échelle locale dans son aire de
répartition.
Aire de répartition mondiale du pica à collier
(c.-à-d. zone d’occurrence estimée) et localités
du prélèvement des spécimens et des observations sur
le terrain au Canada (Yukon et Colombie-Britannique).
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2011.
Biologie
Le pica à collier est un herbivore généraliste
qui procède à deux collectes de nourriture durant
l’été. La première est consommée immédiatement,
alors que la deuxième est conservée dans un
« garde‑manger » à l’intérieur du talus pour être
consommée durant l’hiver. Le pica défend un territoire
individuel (d’un rayon d’environ 15‑25 m) et est
polygame. Il atteint la maturité sexuelle après son
premier hiver et, après une période de gestation de
30 jours, la femelle donne naissance à 3 ou 4 petits
dans un nid installé dans le talus. La majorité des
mises bas ont lieu à la mi‑juin. Les jeunes sortent
pour la première fois de la tanière 30 jours après
leur naissance et se dispersent au bout de quelques
jours. Ils atteignent presque leur taille adulte au cours
du premier été, puis doivent établir un territoire et se
constituer un garde-manger avant l’hiver. Les adultes
se montrent très fidèles à leur territoire une fois
qu’il est établi.
54
Facteurs limitatifs et menaces
Vu l’éloignement de l’aire de répartition du
pica à collier au Canada, l’habitat et les effectifs
de l’espèce ont connu très peu de perturbations
directes, et on s’attend à ce que la situation demeure
la même au cours des prochaines décennies.
La principale menace qui plane sur les populations
de picas à collier est probablement le réchauffement
climatique, dont les effets se font déjà sentir
dans la région nordique que fréquente le pica
et qui est caractérisée par un climat subarctique
sec. Les disparitions locales du pica d’Amérique
et l’avancée en altitude de son aire de répartition
ont été documentées pour l’intérieur du Grand Bassin
des États‑Unis, mais on ne sait pas dans quelle
mesure ces données s’appliquent au pica à collier,
puisqu’il faut tenir compte de certaines différences
dans l’habitat des deux espèces et d’autres
incertitudes. Les risques les plus probables pour
la pérennité du pica à collier sont liés aux effets directs
des conditions météorologiques, de température et
d’humidité, ainsi qu’aux changements qui surviennent
dans l’habitat. Les conditions de survie idéales
pour le pica à collier sont des conditions fraîches et
sèches; un changement dans l’une ou l’autre direction
(c.‑à‑d. hausse des températures ou temps froid
et humide) expose l’espèce à la mort. Certaines pertes
d’habitat alpin adéquat peuvent survenir en raison
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
a) de changements dans la composition spécifique
des communautés végétales alpines; b) de l’avancée
de la limite des arbres; c) parce que le climat devient
physiologiquement intolérable pour l’espèce.
Une perte d’habitat alpin augmenterait la distance
entre les parcelles propices au pica, réduisant
probablement le flux génétique, l’immigration
de source externe et la persistance de l’espèce
à l’échelle régionale.
Protection, statuts et classifications
Le pica à collier n’est pas désigné actuellement
en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du
Canada, de l’Endangered Species Act des États‑Unis
et de la Convention sur le commerce international
des espèces de faune et de flore sauvages
menacées d’extinction. L’Union internationale pour
la conservation de la nature attribue au pica à collier
la désignation « faible risque ou préoccupation
mineure ». Les cotes attribuées à l’espèce par
NatureServe sont « non en péril à l’échelle mondiale »
(G5), « non en péril à l’échelle nationale » au Canada
et aux États‑Unis, et « non en péril » en Alaska.
En ce qui concerne le programme sur la situation
générale des espèces au Canada, le pica à collier
est désigné « sensible » (Sensitive) dans les Territoires
du Nord‑Ouest. La cote provisoire pour le Yukon
et la Colombie‑Britannique est passée de « non en
péril » en 2005 à « sensible » (Sensitive) en 2010 et,
à l’échelle nationale, le pica à collier est désigné
« sensible » (Sensitive).
55
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Photo: © Jennifer Heron
Porte-queue de Behr
Nom scientifique
Satyrium behrii
Taxon
Arthropodes
La plante hôte larvaire du porte-queue de Behr est
la purshie tridentée, espèce emblématique au Canada
utilisée par les organismes de conservation comme
symbole pour souligner l’importance de protéger
les communautés végétales et prairies qui lui sont
associées dans la région de l’Okanagan. Les papillons
diurnes (considérés dans leur ensemble) et la purshie
tridentée occupent une place particulière dans
la culture des Premières nations. La purshie tridentée
a également une incidence importante sur la gestion
des espèces sauvages et le pâturage du bétail.
Répartition
Au Canada, le porte-queue de Behr est confiné
au centre-sud de la Colombie-Britannique, de
Penticton au nord à Osoyoos au sud. Il se rencontre
à faible altitude (280 – 760 m au-dessus du niveau
de la mer) dans des communautés végétales
à purshie tridentée des deux côtés de la vallée de
l’Okanagan‑Sud. La zone d’occupation de l’espèce
est inférieure à 12 km2.
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce petit papillon est restreint à un habitat
de purshie tridentée en Colombie-Britannique,
un habitat dont l’étendue a diminué considérablement
au cours du dernier siècle et qui continue d’être
menacé par les changements de l’utilisation des terres
(conversion à la viticulture, développement résidentiel
et commercial) et par l’impact des feux. Il se disperse
rarement sur une distance de plus de 120 m et
persiste dans de petits fragments d’habitat isolés,
dont la superficie et la qualité continuent de diminuer.
D’importantes fluctuations annuelles de la taille
de la population, telles que documentées pour
la plus grande population canadienne, augmentent
la vulnérabilité de l’espèce et remettent en question
sa viabilité à long terme.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le porte-queue de Behr (Satyrium behrii) est
un petit papillon diurne (envergure de 2,5 à 2,9 cm)
de la famille des Lycénidés. Sur le dessus, les ailes
antérieures et postérieures sont d’un brun-orange
jaunâtre riche et largement marginées de noir.
Une seule sous-espèce est présente au Canada.
56
Aire de répartition canadienne du porte-queue de Behr.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2012
(avec l’autorisation d’Orville Dyer).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Le porte-queue de Behr est associé principalement
à la communauté végétale à purshie-tridentée/stipe
comateuse. Les attributs de l’habitat importants
pour l’espèce incluent la présence de communautés
végétales à purshie tridentée de plus de 30 ans,
d’un couvert arborescent clairsemé dominé par le pin
ponderosa (utilisé par les adultes comme refuge
durant les périodes de conditions météorologiques
défavorables et de températures diurnes extrêmes
et comme site de repos durant la nuit) et de mares
boueuses (où les adultes peuvent se désaltérer
et combler leurs besoins en sels minéraux).
Biologie
Le porte-queue de Behr a une seule génération
par année. La période de vol s’étend du milieu
de mai à la fin de juillet et atteint son point
culminant au milieu de juin. Les œufs sont déposés
individuellement sur les feuilles et les branches de
la plante hôte et éclosent au début du printemps
suivant. Le développement larvaire s’étend de la fin
de mars à la fin de mai. La chrysalide est formée
à la fin du printemps sur les tiges de la plante hôte.
La vie nymphale dure environ deux semaines.
Le porte-queue de Behr ne migre pas. Les adultes
semblent présenter une capacité de dispersion limitée
et s’éloigne peu de leur habitat de purshie tridentée.
D’après des études menées sur le terrain dans la
vallée de l’Okanagan-Sud, les adultes se dispersent
en moyenne sur une distance de 80 à 120 m,
selon les conditions météorologiques printanières.
La dispersion maximale observée s’élevait à 1,2 km.
Taille et tendances des populations
Des analyses donnent à croire que même la plus
importante population connue a peu de chance de
se maintenir à long terme. Les populations existantes
sont fragmentées et séparées les unes des autres
par des zones d’habitat non propice d’une superficie
généralement supérieure à la capacité de dispersion
de l’espèce.
Les données disponibles relatives aux tendances
de l’habitat font état d’un important déclin tant
quantitatif que qualitatif des communautés végétales
à purshie tridentée au cours des 200 dernières
années. Selon les plus récents relevés (2009),
la communauté végétale à purshie tridentée/stipe
comateuse ne couvre plus qu’une superficie de
3 217 ha dans la vallée de l’Okanagan-Sud, soit
environ le tiers de sa superficie historique (1800).
Facteurs limitatifs et menaces
Le porte-queue de Behr est exposé à de
nombreuses menaces qui, pour la plupart, sont
associées à la conversion et à la fragmentation
de son habitat. Le principal facteur limitatif pour
l’espèce est la disponibilité de plantes hôtes plus
âgées de grande qualité. La disponibilité des plantes
nectarifères est également un facteur limitatif pour les
adultes, dont la trompe ne leur permet pas d’atteindre
le nectar des fleurs d’espèces à corolle profonde.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le porte-queue de Behr est protégé en vertu
de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement
fédéral, de la Loi sur les espèces sauvages au Canada,
de la British Columbia Park Act et de l’Ecological
Reserves Act. Il figure également parmi les espèces
dont l’inscription à titre d’espèce sauvage désignée
a été recommandée aux termes des Forest and Range
Practices Act, Wildlife Act et Wildlife Amendment Act
de la Colombie-Britannique.
Le porte-queue de Behr est protégé en vertu
de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement
fédéral, de la Loi sur les espèces sauvages au Canada,
de la British Columbia Park Act et de l’Ecological
Reserves Act. Il figure également parmi les espèces
dont l’inscription à titre d’espèce sauvage désignée
a été recommandée aux termes des Forest and Range
Practices Act, Wildlife Act et Wildlife Amendment Act
de la Colombie-Britannique.
57
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Salamandre sombre du nord –
Population carolinienne
Photo: © Michael Oldham
Les individus âgés sont plutôt d’un brun foncé ou
noir uniforme. Dans les premières étapes de leur vie,
les individus ont cinq à huit paires de taches dorsales.
Chez l’adulte et la larve, les pattes postérieures sont
plus grosses que les pattes antérieures et une ligne
pâle s’étend de l’œil jusqu’à l’arrière de la mâchoire.
La salamandre sombre du Nord est la représentante
de son genre la plus répandue au Canada.
Nom scientifique
Desmognathus fuscus
Taxon
Amphibiens
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Aire de répartition canadienne
Ontario
Répartition
La salamandre sombre du Nord est répartie
dans l’ensemble des régions montagneuses de l’est
de l’Amérique du Nord. La répartition canadienne
représente environ 5 % de l’aire de répartition
mondiale et comprend une petite zone dans la
gorge de la Niagara, en Ontario, trois grandes
zones au Québec (les piémonts des Adirondacks,
les contreforts des Appalaches et la rive nord du
fleuve Saint-Laurent) ainsi que des zones isolées
dans le sud du Nouveau-Brunswick. Dans son aire
de répartition, la salamandre sombre du Nord est
généralement présente de façon discontinue dans
les petits ruisseaux de haute altitude, dans les
milieux forestiers. Il y a deux unités désignables (UD),
l’UD carolinienne en Ontario, et l’UD du Québec
et du Nouveau‑Brunswick.
Justification de la désignation
Cette espèce est restreinte à un petit ruisseau
soutenu par le suintement des eaux souterraines
sur la pente raide d’une gorge vulnérable
à l’érosion, au dépôt atmosphérique de polluants
et à l’acidification de l’habitat. La population est
petite et vulnérable à la stochasticité écologique,
démographique et génétique.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La salamandre sombre du Nord (Desmognathus
fuscus) appartient à la famille des Pléthodontidés
(salamandres sans poumons). En règle générale,
le corps de l’adulte est brunâtre et porte une rayure
dorsale claire qui continue jusqu’à la première
portion de la queue. Il est parsemé de mouchetures
foncées concentrées sur les flancs, lesquelles
deviennent blanches ou grises sur la surface ventrale.
58
Aire de répartition de la salamandre sombre du Nord
au Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2012.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
La salamandre sombre du Nord habite à proximité
des sources, des suintements et des petits affluents
de ruisseaux d’amont à eau claire dans les milieux
forestiers. Elle se cache sous divers abris (pierres,
troncs d’arbres, litière de mousse ou de feuilles)
ou dans les refuges souterrains frais près de la
bordure des ruisseaux. Elle se nourrit le long de
la rive des cours d’eau, le plus souvent dans
l’habitat terrestre. La femelle niche habituellement
dans les micromilieux cryptiques, près de la
source d’un cours d’eau où le sol est saturé. Les
larves sont strictement aquatiques et restent dans
les interstices entre les roches du lit des ruisseaux
durant leur développement. En hiver, les larves
demeurent dans les eaux courantes peu profondes,
tandis que les adultes se retirent dans les refuges
souterrains où l’eau s’écoule de façon continue.
La disponibilité et la qualité de l’habitat sont optimales
dans les bassins hydrographiques non perturbés
où le couvert forestier est abondant.
Biologie
Le cycle vital de la salamandre sombre du Nord
est biphasique : il comporte un stade larvaire
aquatique de 7 à 16 mois suivi d’un stade adulte
semi-aquatique. L’espèce atteint la maturité sexuelle
à 3 ou 4 ans. L’accouplement a lieu au printemps
ou à l’automne, et la femelle pond chaque année
à la fin du printemps et en été. La fécondité augmente
avec la taille corporelle, et le nombre d’œufs
varie entre 8 et 45 selon la région géographique.
La femelle demeure avec ses œufs jusqu’à l’éclosion,
soit 45 à 60 jours après la ponte. La durée de vie
maximale est d’environ 10 ans.
La salamandre sombre du Nord est
particulièrement vulnérable à la perte d’eau et est
plus active la nuit. La menace de dessiccation
limite la dispersion de l’espèce par voie terrestre.
Les déplacements se font principalement le
long du chenal des cours d’eau, généralement à
quelques mètres du bord de l’eau. Le domaine vital
de l’adulte est petit (0,1 m2 à 3,6 m2). L’espèce se
nourrit d’invertébrés aquatiques et terrestres au gré
des possibilités. Elle est dépourvue de mécanismes
de défense contre les prédateurs, mais elle peut
s’autoamputer la queue. Les principaux prédateurs
de la salamandre sombre du Nord sont les poissons,
les serpents, les écrevisses, les oiseaux, les petits
mammifères et les grosses salamandres. Il arrive,
quoique rarement, qu’il y ait hybridation entre
la salamandre sombre du Nord et la salamandre
sombre des montagnes.
Taille et tendances des populations
Malgré les importantes initiatives
d’échantillonnages effectués dans certaines parties
de l’aire de répartition canadienne de l’espèce,
les données actuelles ne permettent pas d’estimation
fiable de la taille ou de la tendance des populations.
En Ontario, l’espèce est confinée à une petite localité
dans la gorge de la Niagara. Les estimations semblent
indiquer que la population de l’Ontario compte
probablement moins de 250 adultes. L’espèce est
répandue au Québec et au Nouveau‑Brunswick, bien
que les densités locales soient généralement faibles.
Dans chaque province, six nouvelles populations
ont été découvertes ces dernières années grâce
à l’intensification des recherches ciblées. Par
conséquent, la superficie de la zone d’occurrence
a légèrement augmenté, mais cette augmentation
est liée à l’intensification des activités de recherche
plutôt qu’à la croissance des populations ou à
l’établissement de nouvelles populations. Par ailleurs,
certaines populations semblent avoir disparu.
Menaces et facteurs limitatifs
Au Canada, les changements de
l’approvisionnement en eau et de la qualité de l’eau
occasionnés par les activités humaines sont
les principales menaces à la survie de la salamandre
sombre du Nord. La baisse de l’approvisionnement
en eau souterraine dans l’habitat de l’espèce peut
être catastrophique pour les populations locales.
L’augmentation artificielle des volumes d’eau rejetés
dans certaines zones perturbe aussi probablement
les populations de salamandres et réduit les
micromilieux adéquats. Les eaux de ruissellement
des zones urbaines, industrielles et agricoles peuvent
contaminer les eaux souterraines et les courants
d’eau. La contamination par les métaux lourds
provenant des dépôts atmosphériques est sans
doute responsable de la disparition de l’espèce de
l’Acadia National Park dans le Maine. L’acidification
des ruisseaux est aussi un facteur préoccupant
pour l’espèce, car près de 40 % des ruisseaux
de montagne dans le sud des Appalaches montrent
des signes d’acidification.
59
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Protection, statuts et classifications
et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c. C‑61.1)
de la province interdit la collecte, l’achat,
la vente ou la garde en captivité de spécimens.
L’article 22 de la Loi sur la qualité de l’environnement
de la province (L.R.Q., c. Q-2) prévoit la protection
contre la dégradation non réglementée de
la qualité de l’environnement. Selon l’évaluation
de la situation générale des espèces au Canada,
la salamandre sombre du Nord est désignée
sensible au Nouveau‑Brunswick. Elle est protégée
en vertu de la Loi sur le poisson et la faune
du Nouveau‑Brunswick, laquelle interdit la mise
en captivité, la détention en captivité, la vente,
le commerce ou l’achat de tout animal de la faune
sans l’autorisation du ministre.
En Ontario, la salamandre sombre du Nord est
désignée en voie de disparition et est protégée
en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie
de disparition. Au Québec, elle sera probablement
désignée menacée ou vulnérable par le gouvernement
provincial. Néanmoins, la Loi sur la conservation
Actuellement, près du quart des sites où la
salamandre sombre du Nord est présente au Canada
sont en sécurité dans des aires protégées et des
aires visées par des ententes relatives à la propriété.
Plus de 75 % des observations de l’espèce ne sont
rattachées à aucun type d’habitat protégé.
La récolte de bois, les parcs éoliens et
l’urbanisation des bassins hydrographiques réduisent
l’approvisionnement en eau, la qualité de l’eau
et la disponibilité des micromilieux. L’envasement
compte parmi les effets négatifs les plus importants
de la récolte de bois, car les interstices utilisés
par la salamandre pour se nourrir, s’abriter, nicher
et hiverner s’en trouvent perdus. À l’échelle du bassin
hydrographique, l’urbanisation a entraîné la disparition
de l’espèce du parc national du mont Saint‑Hilaire
(Québec) et d’autres zones. L’introduction
de poissons prédateurs, en particulier l’omble
de fontaine, représente une menace pour l’espèce.
60
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
INDEX
Espèces par nom commun
Asile de l’Okanagan (Efferia okanagana)............................................................................................................. 12
Baccharis à feuilles d’arroche (Baccharis halimifolia).......................................................................................... 15
Bécasseau roussâtre (Tryngites subruficollis)...................................................................................................... 18
Bruant de Baird (Ammodramus bairdii)............................................................................................................... 21
Buchloé faux-dactyle (Bouteloua dactyloides).................................................................................................... 23
Chien de prairie (Cynomys ludovicianus)............................................................................................................. 25
Cryptanthe minuscule (Cryptantha minima)........................................................................................................ 28
Dalée velue (Dalea villosa)................................................................................................................................... 30
Drave du Yukon (Draba yukonensis).................................................................................................................... 32
Limace à grand manteau (Magnipelta mycophaga)............................................................................................ 34
Lophiolie dorée (Lophiola aurea)......................................................................................................................... 37
Nécrophore d’Amérique (Nicrophorus americanus)............................................................................................ 40
Ours grizzli, population de l’Ouest (Ursus arctos)............................................................................................... 43
Paruline à capuchon (Setophaga citrina)............................................................................................................ 46
Paruline polyglotte de la sous-espèce virens (Icteria virens virens).................................................................... 48
Petit-duc des montagnes de la sous-espèce kennicottii (Megascops kennicottii kennicottii)............................. 51
Petit-duc des montagnes de la sous-espèce macfarlanei (Megascops kennicottii macfarlanei)......................... 51
Pica à collier (Ochotona collaris)......................................................................................................................... 53
Porte-queue de Behr (Satyrium behrii)................................................................................................................ 56
Salamandre sombre du Nord, population carolinienne (Desmognathus fuscus)................................................ 58
61
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Espèces par nom scientifique
Ammodramus bairdii................................................................................................................................................ 21
Baccharis halimifolia................................................................................................................................................. 15
Bouteloua dactyloides.............................................................................................................................................. 23
Cryptantha minima................................................................................................................................................... 28
Cynomys ludovicianus.............................................................................................................................................. 25
Dalea villosa............................................................................................................................................................. 30
Desmognathus fuscus.............................................................................................................................................. 58
Draba yukonensis..................................................................................................................................................... 32
Efferia okanagana..................................................................................................................................................... 12
Icteria virens virens................................................................................................................................................... 48
Lophiola aurea.......................................................................................................................................................... 37
Magnipelta mycophaga............................................................................................................................................ 34
Megascops kennicottii kennicottii............................................................................................................................. 51
Megascops kennicottii macfarlanei........................................................................................................................... 51
Nicrophorus americanus........................................................................................................................................... 40
Ochotona collaris..................................................................................................................................................... 53
Satyrium behrii......................................................................................................................................................... 56
Setophaga citrina..................................................................................................................................................... 46
Tryngites subruficollis............................................................................................................................................... 18
Ursus arctos............................................................................................................................................................. 43
62
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Espèces par province et territoire
Alberta
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Bruant de Baird................................................... 21
Cryptanthe minuscule......................................... 28
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Colombie‑Britannique
Asile de l’Okanagan............................................. 12
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Limace à grand manteau..................................... 34
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Petit-duc des montagnes de la sous-espèce
kennicottii........................................................ 51
Petit-duc des montagnes de la sous-espèce
macfarlanei...................................................... 51
Pica à collier........................................................ 53
Porte-queue de Behr........................................... 56
Île-du-Prince-Édouard
aucun
Manitoba
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Bruant de Baird................................................... 21
Buchloé faux-dactyle.......................................... 23
Dalée velue.......................................................... 30
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Nouveau‑Brunswick
aucun
Nouvelle‑Écosse
Baccharis à feuilles d’arroche............................. 15
Lophiolie dorée.................................................... 37
Ontario
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Nécrophore d’Amérique...................................... 40
Paruline à capuchon............................................ 46
Paruline polyglotte de la sous-espèce virens...... 48
Salamandre sombre du Nord, population
carolinienne..................................................... 58
Québec
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Nécrophore d’Amérique...................................... 40
Saskatchewan
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Bruant de Baird................................................... 21
Buchloé faux-dactyle.......................................... 23
Chien de prairie................................................... 25
Cryptanthe minuscule......................................... 28
Dalée velue.......................................................... 30
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Terre-Neuve-et-Labrador
aucun
Territoires du Nord‑Ouest
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Pica à collier........................................................ 53
Yukon
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Drave du Yukon................................................... 32
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
Pica à collier........................................................ 53
Nunavut
Bécasseau roussâtre........................................... 18
Ours grizzli, population de l’Ouest...................... 43
63
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
GLOSSAIRE
Annexe 1 : L’annexe de la Loi sur les espèces en péril (LEP); aussi appelée « Liste des espèces sauvages
en péril », qui énumère les espèces protégées en vertu de la LEP.
Conseil canadien de conservation des espèces en péril : Le Conseil est composé des ministres fédéraux,
provinciaux et territoriaux ayant des responsabilités relativement aux espèces sauvages. Le mandat du
Conseil est de fournir un leadership national et la coordination pour la protection des espèces en péril.
Conseil de gestion des ressources fauniques : Établi en vertu des accords de revendications territoriales
dans le nord du Québec, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et
au Nunavut, les conseils de gestion des ressources fauniques sont « les principaux instruments de gestion
des espèces sauvages » dans leur aire d’établissement. Dans ce rôle, les conseils de gestion des ressources
fauniques établissent, modifient et retirent les niveaux de prises totales admises d’une gamme d’espèces
sauvages, mais participent aussi aux activités de recherche, y compris les études annuelles sur les prises
et approuvent la désignation d’espèces en péril dans leurs aires d’établissement.
COSEPAC : Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le comité est composé d’experts sur
les espèces sauvages en péril, qui possèdent une expertise dans une discipline telle la biologie, l’écologie,
la génétique, les connaissances traditionnelles autochtones ou d’autres domaines connexes. Ces experts
proviennent de différentes communautés, y compris, entre autres, du gouvernement et du milieu universitaire.
Décret : Il s’agit d’un instrument qui sert d’avis au sujet d’une décision prise par le secteur exécutif
du gouvernement; par exemple, un décret accompagne tous les règlements.
Énoncé de réaction : Un document dans lequel le ministre de l’Environnement indique comment il ou elle
a l’intention de réagir à l’évaluation d’une espèce sauvage par le COSEPAC. Le ministre affiche un énoncé
de réaction dans le Registre public de la Loi sur les espèces en péril dans les 90 jours suivant la réception
de l’évaluation et prévoit des échéanciers pour les mesures à prendre dans la mesure du possible.
Espèce aquatique : Espèce sauvage de poissons, au sens de l’article 2 de la Loi sur les pêches, ou de plantes
marines, au sens de l’article 47 de cette loi. Le terme englobe les mammifères marins.
Espèce sauvage : Espèce, sous‑espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte
d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus). Une espèce
sauvage peut être ajoutée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril si elle est indigène du Canada ou
si elle s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, décembre 2012
Évaluation du COSEPAC : L’évaluation ou la réévaluation de la situation d’une espèce sauvage par le
COSEPAC, basée sur le rapport de situation sur l’espèce que le COSEPAC a soit fait préparer ou a reçu
à l’appui d’une demande.
Gazette du Canada : La Gazette du Canada est un des moyens permettant aux Canadiennes et aux Canadiens
d’avoir accès aux lois et aux règlements. Il s’agit du « journal officiel » du gouvernement du Canada depuis
1841. Les ministères et les organismes gouvernementaux ainsi que le secteur privé ont l’obligation de
publier certaines informations dans la Gazette du Canada. Les avis et les règlements proposés sont publiés
dans la Partie I de la Gazette du Canada et les règlements officiels sont publiés dans la Partie II de la Gazette
du Canada. Pour obtenir plus d’information, veuillez visiter le site Web suivant : gazetteducanada.gc.ca.
Gouverneur en conseil : Le gouverneur général du Canada agit selon les recommandations du Conseil privé
de la Reine du Canada, le conseil exécutif officiel qui donne l’effet légal aux décisions du cabinet qui auront
la force de la loi.
Individu : Individu d’une espèce sauvage, vivant ou mort, à toute étape de son développement, y compris les
larves, le sperme, les œufs, les embryons, les semences, le pollen, les spores et les propagules asexuées.
Reclassification à la hausse : Une révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de
risque plus élevée. La révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de risque plus
basse serait une reclassification à la baisse.
Registre public des espèces en péril : Élaboré comme service en direct, le Registre public des espèces
en péril est accessible au public depuis la promulgation de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le site Web
donne aux utilisateurs un accès facile aux documents et à l’information liés à la LEP en tout temps et à partir
de tout lieu ayant un accès Internet. L’adresse est la suivante : www.registrelep-sararegistry.gc.ca.
REIR : Résumé de l’étude d’impact de la réglementation. Il s’agit d’une description d’une proposition
réglementaire qui fournit une analyse de l’impact prévu de chaque initiative réglementaire et accompagne
un décret.
Territoire domanial : comprend toutes les terres qui appartiennent au gouvernement fédéral, les eaux
intérieures et la mer territoriale du Canada, ainsi que les réserves et les autres terres qui ont été mises de côté
à l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens.
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