Loi sur les espèces en péril Consultation sur la modification espèces terrestres

Loi sur les espèces en péril Consultation sur la modification espèces terrestres
Consultation sur la modification
de la liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
espèces terrestres
Novembre 2011
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Avant-plan, grande photo :
Iris lacustre © Jessie M. Harris
Avant-plan, petites photos, de gauche à droite :
Couleuvre à petite tête © Daniel W.A. Noble
Haliplide de Hungerford © Steve Marshall
Hirondelle rustique © Gordon Court
Salamandre pourpre © David Green
Également disponible sur Internet.
ISSN : 1710-3029
No de cat. : EN1-36/2011F-PDF
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada représentée par le ministre de l’Environnement, 2011
Consultation sur la modification de la
liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
espèces terrestres
Novembre 2011
Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard :
– le 8 février 2012 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières;
et
– le 8 novembre 2012 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées.
Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez
consulter le site Web suivant :
http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/tab_2011_f.cfm
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel au Registre public des espèces en péril :
sararegistry@ec.gc.ca
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa ON K1A 0H3
Pour en savoir davantage sur la Loi sur les espèces en péril, veuillez consulter le Registre public des espèces
en péril à :
www.sararegistry.gc.ca
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
TABLE DES MATIÈRES
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL..........................................2
Loi sur les espèces en péril et Liste des espèces en péril......................................................................... 2
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et processus d’évaluation
pour déterminer les espèces en péril.................................................................................................. 2
Termes utilisés pour élargir le degré de risque que court une espèce.................................................. 2
Espèces terrestres et aquatiques admissibles aux modifications de l’annexe 1.................................. 3
Sollicitation de commentaires du public au sujet de la modification proposée de l’annexe 1 ....... 3
Processus De Consultation Et D’inscription Dans La Loi Sur Les Espèces En Péril.................. 3
But des consultations sur les modifications à apporter à la Liste............................................................ 3
Contexte législatif des consultations : les recommandations du ministre au gouverneur en
conseil..................................................................................................................................................... 5
Figure 1 : Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP.................................................... 4
Réponse du ministre de l’Environnement à l’évaluation par le COSEPAC : énoncé de réaction..... 5
Périodes de consultations régulières et prolongées ............................................................................... 5
Qui est consulté et comment..................................................................................................................... 5
Rôle et impact des consultations publiques sur le processus d’inscription........................................... 6
Importance De L’ajout D’une Espèce À L’annexe 1...........................................................................7
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de
disparition ou menacées...................................................................................................................... 7
Programmes de rétablissement et plans d’action visant les espèces disparues du pays, en
voie de disparition ou menacées........................................................................................................ 8
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant des espèces préoccupantes ................ 8
Plans de gestion des espèces préoccupantes........................................................................................ 8
ESPÈCES PROPOSÉES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1............................9
Situation des espèces récemment évaluées et processus de consultation......................................... 9
Formulation de commentaires................................................................................................................... 9
Tableau 1 : Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles à un ajout à
l’annexe 1 ou à une reclassification.................................................................................... 10
Tableau 2 : Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC (aucune consultation –
confirmation du statut des espèces).................................................................................... 11
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES POUR AJOUT OU
RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1.................................................................... 12
Index...................................................................................................... 67
Espèces par nom commun....................................................................................................................... 67
Espèces par nom scientifique................................................................................................................... 68
Espèces par province et territoire............................................................................................................ 69
GLOSSAIRE................................................................................................ 70
1
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL
Loi sur les espèces en péril et Liste des
espèces en péril
Le gouvernement du Canada est voué à empêcher
la disparition des espèces sauvages en péril de nos
territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à
honorer cet engagement, le gouvernement du Canada
a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le
5 juin 2003. L’annexe 1 de la Loi, qui présente la liste
des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP,
est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ».
Les espèces en voie de disparition ou menacées
qui figurent à l’annexe 1 bénéficient de la protection
conférée par les interdictions et la planification
de rétablissement prévues à la LEP. Les espèces
préoccupantes bénéficient de sa planification de la
gestion. L’annexe 1 contenait initialement 233 espèces
sauvages en péril et, maintenant, 493 espèces forment
la liste.
La liste complète des espèces qui figurent
actuellement à l’annexe 1 peut être consultée à :
http://www.sararegistry.gc.ca/species/schedules_f.
cfm?id=1.
Les espèces peuvent être ajoutées à l’annexe 1
dès qu’elles ont été évaluées comme étant en péril
par le Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada (COSEPAC). La décision d’ajouter une espèce
à l’annexe 1 est prise par le gouverneur en conseil à la
suite d’une recommandation formulée par le ministre
de l’Environnement. Le gouverneur en conseil est
le corps exécutif officiel qui donne la conséquence
juridique aux décisions qui auront force de loi.
Comité sur la situation des espèces en
péril au Canada (COSEPAC) et processus
d’évaluation pour déterminer les espèces
en péril
Le COSEPAC est reconnu en vertu de la LEP
comme une autorité pour évaluer le statut des
espèces sauvages en péril. Ce Comité est formé
d’experts sur les espèces sauvages en péril. Ses
membres ont une formation en biologie, en écologie
et en génétique. De plus, ils ont un savoir traditionnel
autochtone et dans d’autres domaines pertinents.
Ils proviennent de diverses collectivités, y compris le
milieu universitaire, les organisations autochtones, les
organisations gouvernementales et les organisations
non gouvernementales.
2
Le COSEPAC accorde la priorité aux espèces les
plus susceptibles de disparaître, puis il commande
un rapport de situation afin d’évaluer la situation de
l’espèce. Pour être acceptés, les rapports de situation
doivent être évalués par les pairs et approuvés par
un sous-comité formé de spécialistes des espèces.
Dans des circonstances particulières, les évaluations
peuvent être exécutées en situation d’urgence.
Lorsque le rapport de situation est terminé, le
COSEPAC se rencontre pour l’examiner et discuter
des espèces. Il détermine ensuite si les espèces sont
en péril et, si tel est le cas, il évalue le niveau de risque
et attribue un statut de conservation.
Termes utilisés pour élargir le degré de
risque que court une espèce
Le statut de conservation définit le degré de risque
que court une espèce. Les termes utilisés dans la
LEP sont « espèce disparue du pays », « espèce en
voie de disparition », « espèce menacée » et « espèce
préoccupante ». Une espèce sauvage est « disparue
du pays » lorsqu’elle n’existe plus à l’état sauvage au
Canada, mais qu’elle est présente ailleurs. Une espèce
sauvage est « en voie de disparition » lorsqu’elle risque
de façon imminente de disparaître du pays ou de la
planète. Une espèce est « menacée » lorsqu’elle est
susceptible de devenir en voie de disparition si rien
n’est fait pour contrer les facteurs menaçant de la
faire disparaître. Une espèce est « préoccupante »
lorsqu’elle peut devenir une espèce menacée ou
une espèce en voie de disparition en raison de l’effet
cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des
menaces reconnues qui pèsent sur elle. Une fois
que le Comité a évalué une espèce comme étant
disparue du pays, en voie de disparition, menacée ou
préoccupante, cette espèce peut être ajoutée
à l’annexe 1.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur
le COSEPAC, consultez le site :
www.cosewic.gc.ca.
En septembre 2011, le COSEPAC a envoyé au
ministre de l’Environnement ses dernières évaluations
des espèces en péril. Environnement Canada est
actuellement en consultation relativement aux
modifications apportées à l’annexe 1 afin d’y intégrer
les nouvelles désignations de ces espèces terrestres.
Pour obtenir la liste des espèces terrestres et leur
statut, veuillez consulter les tableaux 1 et 2.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Espèces terrestres et aquatiques
admissibles aux modifications de
l’annexe 1
Pêches et Océans Canada mène des consultations
distinctes pour les espèces aquatiques. Pour obtenir
de plus amples renseignements sur les consultations
pour les espèces aquatiques, consultez le site Web
de Pêches et Océans Canada à l’adresse :
www.dfo-mpo.gc.ca.
Le ministère de l’Environnement mène des
consultations pour toutes les autres espèces en péril.
On retrouve aussi environ 35 % des espèces
terrestres en péril évaluées récemment dans les
parcs nationaux ou d’autres territoires administrés
par Parcs Canada, qui partage la responsabilité avec
Environnement Canada concernant ces espèces.
Sollicitation de commentaires du public
au sujet de la modification proposée de
l’annexe 1
La conservation des espèces sauvages est une
responsabilité légale commune, qui est partagée entre
les gouvernements du Canada. Toutefois, la biodiversité
ne sera pas conservée par des gouvernements qui
agissent seuls. La meilleure façon de sécuriser la survie
des espèces en péril et leur habitat se fait par une
participation active de toutes les parties concernées. La
LEP reconnaît cette collaboration et le fait que tous les
Autochtones et tous les Canadiens ont un rôle à jouer
pour prévenir la disparition des espèces sauvages de
nos territoires. Le gouvernement du Canada vous invite
et vous encourage à y participer. Une façon de participer
est de partager vos commentaires concernant l’ajout ou
la reclassification de ces espèces terrestres.
Vos commentaires sont pris en compte par rapport aux
répercussions potentielles d’une inscription, puis ils sont
utilisés pour rédiger les recommandations d’inscription
proposées pour chacune de ces espèces. Pour que vos
commentaires soient considérés à temps, vous devez
les soumettre avant les dates limites suivantes.
Dans le cas des espèces terrestres faisant l’objet d’une
période de consultations régulières, les commentaires
doivent être soumis au plus tard le 8 février 2012.
Dans le cas des espèces terrestres faisant l’objet de
période de consultations prolongées, les commentaires
doivent être soumis au plus tard le 8 novembre 2012.
Pour obtenir une description des processus de
consultation auxquels ces espèces seront soumises
(régulières ou prolongées), veuillez consulter le site Web
suivant :
http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/
tab_2011_f.cfm
Les commentaires reçus avant ces dates limites seront
pris en considération au cours du développement de la
proposition d’inscription.
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel au
Registre public de la Loi sur les espèces en péril à
l’adresse suivante :
sararegistry@ec.gc.ca
Vous pouvez envoyer vos commentaires par courrier
postal à l’adresse suivante :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (ON) K1A 0H3
Processus de consultation et
d’inscription dans la loi sur les
espèces en péril
L’ajout d’une espèce sauvage en péril à l’annexe
1 de la LEP renforce et améliore la capacité du
gouvernement fédéral à la protéger et à la conserver.
Pour qu’il soit efficace, le processus d’inscription doit
être transparent et ouvert. Le processus d’inscription
des espèces en vertu de la LEP est résumé dans la
figure 1.
But des consultations sur les modifications
à apporter à la Liste
Lorsque le COSEPAC évalue une espèce sauvage, il
s’appuie uniquement sur les meilleurs renseignements
disponibles pertinents au statut biologique de
l’espèce. Il soumet ensuite l’évaluation au ministre
de l’Environnement, qui la considère au moment
de présenter les recommandations d’inscription au
gouverneur en conseil. Ces consultations visent à
fournir au ministre une meilleure compréhension des
incidences sociales et économiques potentielles des
modifications proposées à la Liste des espèces en
péril, et de la valeur qui est accordée à la biodiversité.
3
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Figure 1 :
Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP
Le ministre de l’Environnement reçoit les évaluations du COSEPAC
au moins une fois par année.
Les ministères compétents font un examen interne pour déterminer la
portée des consultations publiques et les analyses socioéconomiques
nécessaires pour communiquer la décision concernant la liste.
Le ministrre de l’Environnement publie, dans le Registre public
de la LEP, dans les 90 jours suivant la réception des évaluations des
espèces préparées par le COSEPAC, un énoncé stipulant comment il
ou elle réagira aux évaluations et, dans toute la mesure du possible,
les délais d’exécution.
S’il y a lieu, les ministères compétents mènent des consultations
et toute autre analyse nécessaire pour préparer l’avis pour le ministre
de l’Environnement.
Le ministre de l’Environnement transmet l’évaluation au
gouverneur en conseil pour qu’il en accuse réception. Cela se produit
généralerment dans les trois mois suivant la publication de l’énoncé de
réaction à moins que d’autres consultations soient nécessaires.
Le gouverneur en conseil, dans les neuf mois suivant la réception
de l’évaluation, peut décider, sur la recommandation du ministre de
l’Environnement, d’ajouter ou non les espèces à l’Annexe 1 de la LEP
ou encore de retourner l’évaluation au COSEPAC pour obtenir plus
d’information ou une réévaluation.
Dés qu’une espèce est ajoutée à la liste de l’Annexe 1, elle bénéficie
des dispositions applicables de la LEP.
4
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Contexte législatif des consultations :
les recommandations du ministre au
gouverneur en conseil
Les commentaires obtenus pendant les
consultations servent à rédiger les recommandations
du ministre en matière d’inscription des espèces
en péril pour le gouverneur en conseil. Le ministre
doit recommander l’un des trois plans d’action. Le
gouverneur en conseil peut soit accepter l’évaluation
des espèces et modifier l’annexe 1 en conséquence;
soit ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1; ou soit
renvoyer l’évaluation des espèces au COSEPAC pour
qu’elle fasse l’objet d’un examen plus approfondi
(figure 1).
Réponse du ministre de l’Environnement
à l’évaluation par le COSEPAC :
énoncé de réaction
Une fois que le COSEPAC a effectué son
évaluation d’une espèce, il la remet au ministre de
l’Environnement. Celui-ci dispose alors de 90 jours
pour afficher une réponse sur le Registre public de
la Loi sur les espèces en péril et pour fournir des
renseignements sur la portée des consultations et sur
les échéanciers de mise en œuvre, dans la mesure du
possible. Ces réponses sont appelées les énoncés
de réaction. Les énoncés de réaction déterminent
la durée des périodes de consultation (si elles
sont « régulières » ou « prolongées ») en indiquant
le moment où le ministre enverra l’évaluation au
gouverneur en conseil. Ces consultations sur un
groupe d’espèces commencent au moment de la
publication des énoncés de réaction.
Périodes de consultations régulières et
prolongées
Les consultations régulières répondent aux besoins
de consultation pour l’inscription de la plupart des
espèces en péril. Elles durent environ trois mois
alors que les consultations prolongées durent
habituellement quinze mois.
La durée des consultations doit être proportionnelle
à l’incidence prévue d’une décision d’inscription ou
au délai qui peut être nécessaire à une consultation
suffisante. Dans certaines circonstances, l’inscription
d’une espèce à l’annexe 1 pourrait avoir des
incidences importantes et généralisées sur les
activités de certains groupes de gens. Il est essentiel
que ces intervenants soient informés de la décision
en instance et, dans la mesure du possible, de ses
conséquences potentielles. Ils doivent également
avoir la possibilité de fournir des renseignements
sur les incidences potentielles de l’inscription d’une
espèce à la liste et de communiquer leurs idées sur
la meilleure approche à l’égard des menaces pesant
sur l’espèce. Une période plus longue peut parfois
être nécessaire pour consulter suffisamment certains
groupes. Ce peut être le cas avec des groupes qui se
rencontrent rarement, mais qui doivent être mobilisés
à plusieurs reprises. C’est pourquoi des consultations
prolongées peuvent avoir lieu.
Une fois que les consultations régulières
ou prolongées sont terminées, le ministre de
l’Environnement envoie les évaluations de l’espèce
au gouverneur en conseil pour que le gouvernement
prenne officiellement possession des évaluations.
Celui-ci dispose alors de neuf mois pour rendre une
décision d’inscription. C’est pourquoi les décisions
d’inscription relatives aux espèces faisant l’objet de
consultations régulières sont généralement complètes
dans l’année qui suit la publication des énoncés
de réaction. Quant aux décisions d’inscription
relatives aux espèces faisant l’objet de consultations
prolongées, elles sont généralement complètes dans
les deux années qui suivent la publication des énoncés
de réaction.
Les processus de consultation (consultations
régulières ou prolongées) pour les espèces terrestres
énumérées au tableau 1 seront annoncés au moment
où le ministre publiera son énoncé de réaction. Ils
seront affichés à compter du 8 décembre 2011 sur le
Registre de la Loi sur les espèces en péril à l’adresse
Web suivante :
http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/
listing/tab_2011_f.cfm.
Il n’y aura aucune consultation sur les espèces
énumérées au tableau 2 puisque aucun changement
n’est proposé dans leur cas.
Qui est consulté et comment
Il est crucial de consulter les personnes qui
seraient le plus touchées par les modifications
proposées. Lorsqu’une espèce disparue du pays,
en voie de disparition ou menacée est ajoutée à
l’annexe 1, il existe des protections automatiques.
Ces mesures interdisent généralement de tuer ou
de blesser les espèces en péril ou de détruire un
habitat. Pour les espèces terrestres, cela s’applique
aux oiseaux migrateurs protégés par la Loi de 1994
sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs
(qui prévoit déjà une protection similaire des oiseaux
migrateurs et de leurs habitats). La protection
immédiate s’applique également aux autres espèces
terrestres qui se trouvent en territoire domanial (pour
5
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
plus de détails, voir ci-dessous « Protection accordée
aux espèces inscrites comme étant disparues du
pays, en voie de disparition ou menacées »). Cette
protection immédiate ne s’applique pas aux espèces
préoccupantes. Par conséquent, Environnement
Canada tient compte du type d’espèce, de son statut
quant à la conservation et du lieu où elle se trouve.
On communiquera directement avec les personnes
qui peuvent être touchées par les impacts des
protections automatiques, et on invitera les autres
personnes intéressées à participer aux consultations
par diverses mesures.
On communiquera avec les Autochtones désignés
comme ayant sur leurs territoires des espèces en
péril pour qui sont envisagées les modifications
proposées de l’annexe 1. Leur participation a une
grande importance et leur rôle est reconnu dans la
gestion des territoires traditionnels considérables et
des terres de réserves et octroyées par une entente.
Un Conseil de gestion de la faune a été établi en
vertu d’un accord de revendications territoriales et
est autorisé aux termes de cet accord à exécuter
des fonctions relatives aux espèces sauvages.
Certaines espèces en péril admissibles se retrouvent
sur des territoires où les accords de revendications
territoriales s’appliquent et accordent des pouvoirs
précis à un Conseil de gestion de la faune. Dans de
tels cas, le ministre de l’Environnement consultera le
conseil pertinent.
Pour encourager d’autres personnes intéressées
à participer aux consultations et rendre les
renseignements nécessaires facilement accessibles,
le présent document est distribué aux intervenants
connus et affiché sur le Registre public de la Loi
sur les espèces en péril. Des consultations plus
approfondies peuvent également avoir lieu par la
tenue de réunions régionales ou locales ou par une
approche plus ciblée.
Environnement Canada envoie également un avis
de cette consultation pour déterminer les groupes et
individus concernés qui ont affiché leur intérêt. Ces
groupes et individus comprennent, sans toutefois s’y
limiter, les industries, les utilisateurs des ressources,
les propriétaires fonciers et les organisations non
gouvernementales à vocation écologique.
Dans la plupart des cas, Environnement Canada
n’est pas en mesure d’examiner les répercussions
potentielles des actions de rétablissement au
moment de l’inscription d’espèces, car les actions de
rétablissement des espèces terrestres sont rarement
automatiques à l’inscription; en fait, ces actions
ne sont habituellement pas encore définies, et leur
incidence ne peut donc être entièrement comprise.
6
Une fois qu’elles ont été définies, des mesures
sont prises pour réduire au minimum les impacts
socio-économiques de l’inscription et maximiser
les avantages. La LEP exige que les mesures de
rétablissement soient préparées en consultation avec
les intervenants considérés comme directement
touchés par ces actions.
En plus du public, Environnement Canada consulte
les gouvernements des provinces et territoires
responsables de la conservation et de la gestion de
ces espèces sauvages en vue de leur inscription. Le
Ministère consulte également d’autres ministères et
organismes fédéraux.
Rôle et impact des consultations
publiques sur le processus d’inscription
Les résultats des consultations publiques
sont d’une grande importance pour le processus
d’inscription d’espèces en péril. Environnement
Canada examine attentivement les commentaires
reçus pour mieux comprendre les avantages et les
coûts découlant des modifications à apporter à la
Liste.
Les commentaires sont ensuite utilisés pour
élaborer le Résumé de l’étude d’impact de la
réglementation (REIR). Ce dernier consiste en un
rapport qui résume l’impact d’une modification
proposée à la réglementation. Il comprend une
description de la modification proposée ainsi qu’une
analyse des répercussions prévues qui comprend les
résultats des consultations publiques. En élaborant
le REIR, le gouvernement du Canada reconnaît que
le patrimoine naturel du Canada fait partie intégrante
de notre identité et histoire nationales et que toutes
les espèces sauvages, quelles qu’elles soient, sont
importantes. Le gouvernement du Canada reconnaît
également que l’absence d’une certitude scientifique
complète n’est pas une raison pour reporter les
décisions relatives à la protection de l’environnement.
Un projet de décret (voir le glossaire) est ensuite
préparé pour aviser qu’une décision est actuellement
prise par le gouverneur en conseil. Ce projet de décret
proposant d’inscrire la totalité ou une partie des
espèces à l’étude est ensuite publié, avec le REIR,
dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une
période de commentaires de 30 jours.
Le ministre de l’Environnement tiendra compte
des commentaires et de tous les renseignements
supplémentaires reçus à la suite de la publication
du projet de décret et du REIR dans la Partie I de la
Gazette du Canada. Le ministre présentera ensuite
une recommandation d’inscription pour chacune des
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
espèces au gouverneur en conseil. Le gouverneur
en conseil décide ensuite d’accepter l’évaluation des
espèces et de modifier l’annexe 1 en conséquence,
de ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1 ou de
renvoyer l’évaluation des espèces au COSEPAC afin
qu’elle soit plus détaillée et réexaminée. La décision
définitive est publiée dans la Partie II de la Gazette
du Canada et dans le Registre public de la Loi sur les
espèces en péril. Lorsque le gouverneur en conseil
décide d’inscrire une espèce, elle figure légalement
à l’annexe 1.
Importance de l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1
La protection qui prend effet après l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1 dépend de plusieurs facteurs,
dont le statut de l’espèce en vertu de la LEP, le type
d’espèce et le lieu où elle se trouve.
Protection accordée aux espèces inscrites
comme étant disparues du pays, en voie
de disparition ou menacées
Les divers gouvernements du Canada partagent
la responsabilité de la conservation des espèces
sauvages. La LEP établit la protection légale des
individus et de leurs résidences dès qu’une espèce est
inscrite comme espèce disparue du pays, en voie de
disparition ou menacée, si cette espèce est considérée
comme une espèce sous juridiction fédérale ou si elle
existe sur le territoire domanial.
Les espèces sous juridiction fédérale comprennent
les oiseaux migrateurs, définis dans la Loi de 1994 sur
la convention concernant les oiseaux migrateurs, et les
espèces aquatiques visées par la Loi sur les pêches.
Un territoire domanial signifie une terre qui appartient
au gouvernement fédéral ainsi que les eaux internes et
la mer territoriale du Canada. Il signifie également une
terre qui a été mise de côté à l’usage et au profit d’une
bande en vertu de la Loi sur les Indiens (par exemple,
les réserves). Dans les territoires, la protection des
espèces en péril se retrouvant sur les territoires
domaniaux ne s’applique que sur les territoires sous la
tutelle du ministre de l’Environnement ou de l’Agence
Parcs Canada.
Les oiseaux migrateurs sont protégés en vertu du
Règlement sur les oiseaux migrateurs aux termes de
la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux
migrateurs, qui interdit strictement de causer du tort
aux oiseaux migrateurs et de perturber ou détruire
leurs nids ou leurs œufs.
En vertu de la LEP, il est interdit de tuer un individu
d’une espèce sauvage inscrite comme espèce
disparue du pays, en voie de disparition ou menacée
ou une espèce disparue dont la réintroduction a été
recommandée dans un programme de rétablissement.
Il est interdit aussi de lui nuire, de le harceler, de le
capturer, de le prendre, ou d’endommager ou de
détruire sa résidence. Aux termes de la Loi, il est
également interdit de posséder, de collectionner,
d’acheter, de vendre ou d’échanger un tel individu.
Dès leur inscription en vertu de la LEP, les espèces
en péril qui ne sont pas aquatiques, qui ne sont
pas protégées par la Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs et qui ne sont pas
présentes sur le territoire domanial, ne reçoivent
aucune protection immédiate. Plutôt, les provinces et
territoires sont responsables des espèces terrestres
qui se retrouvent sur le territoire non domanial.
L’application des protections en vertu de la LEP à
une espèce en péril sur des terres non domaniales
exige que le gouverneur en conseil émette un décret
définissant ces terres. Cela se fait seulement si le
ministre est d’avis que les lois de la province ou
du territoire ne protègent pas l’espèce de façon
efficace. Pour mettre en œuvre ce décret, le ministre
doit recommander que le décret soit effectué par le
gouverneur en conseil. Si le gouverneur en conseil
accepte d’effectuer le décret, les interdictions en vertu
de la LEP s’appliqueront aux territoires provinciaux ou
territoriaux précisés dans le décret. Le gouvernement
fédéral consulte ensuite la province ou le territoire
concerné avant d’effectuer ce décret.
Le ministre de l’Environnement et le ministre
des Pêches et des Océans peuvent autoriser des
exceptions aux interdictions prévues par la LEP.
Ces ministres peuvent conclure des ententes ou
délivrer des permis uniquement pour l’une des trois
raisons suivantes : les recherches, les activités de
conservation ou si les effets sur les espèces sont
connexes à l’activité. Les recherches doivent être
relatives à la conservation d’une espèce et réalisées
par des scientifiques qualifiés. Les activités de
conservation doivent être bénéfiques pour une espèce
inscrite ou requises pour augmenter ses chances
de survie. Toutes les activités, y compris celles qui
touchent une espèce inscrite de façon incidente,
doivent satisfaire à certaines conditions. Il faut
d’abord établir que toutes les solutions de rechange
raisonnables ont été considérées et que la solution
adoptée est la meilleure. Il faut également établir que
toutes les mesures possibles seront prises afin de
réduire au minimum l’impact de l’activité et que la
survie ou le rétablissement de l’espèce ne sera pas
compromis. S’il a délivré un permis ou conclu une
entente, le ministre de l’Environnement ou le ministre
7
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
de Pêches et Océans doit, dans un tel cas, publier
une justification de la décision d’émettre le permis ou
de conclure l’entente dans le Registre public de la Loi
sur les espèces en péril.
Programmes de rétablissement et plans
d’action visant les espèces disparues du
pays, en voie de disparition ou menacées
La planification du rétablissement passe par
l’élaboration de programmes de rétablissement et de
plans d’action pour les espèces disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées.
Elle nécessite l’intervention de différents ordres
de gouvernement responsables de la gestion des
espèces, dépendamment du type d’espèce dont
il s’agit et où elle se retrouve. Cela comprend les
gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux
ainsi que les conseils de gestion des ressources
fauniques. Les programmes de rétablissement
et les plans d’action sont également préparés en
collaboration avec les organisations autochtones
directement concernées. Les propriétaires fonciers
et les autres intervenants directement concernés
par le programme de rétablissement sont également
consultés.
Des programmes de rétablissement doivent
être préparés pour toutes les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées. Ils
comprennent des mesures qui visent à atténuer
les menaces connues qui pèsent sur l’espèce en
question et sur son habitat ainsi que les objectifs
en matière de population et de répartition. D’autres
objectifs peuvent être inclus, tels que l’intendance
(pour établir la protection de la population actuelle)
ou l’éducation (pour accroître la sensibilisation du
public). Les programmes de rétablissement doivent
inclure un énoncé de l’échéancier pour l’élaboration
d’un plan d’action ou plus. Dans la mesure du
possible, les programmes de rétablissement doivent
aussi déterminer l’habitat essentiel de l’espèce. S’il
n’y a pas suffisamment d’informations disponibles
pour déterminer l’habitat essentiel, le programme de
rétablissement comprend un calendrier de réalisation
des études. Ce calendrier décrit ce qui doit être
effectué pour obtenir les informations nécessaires
et l’échéance. En pareil cas, l’habitat essentiel sera
désigné dans un plan d’action subséquent.
Après l’inscription de nouvelles espèces, les
programmes de rétablissement proposés sont affichés
8
dans le Registre public de la Loi sur les espèces en
péril afin de permettre au public de les examiner et de
formuler des commentaires. Dans le cas d’une espèce
désignée en voie de disparition, les programmes de
rétablissement proposés sont affichés dans un délai
d’un an suivant leur ajout dans l’annexe 1 et dans le
cas d’une espèce désignée menacée ou disparue
du pays, ils sont affichés dans un délai de deux ans
suivant leur ajout dans l’annexe 1.
Les plans d’action précisent les mesures
nécessaires pour mettre en œuvre le programme de
rétablissement. Cela comprend les mesures pour
réagir aux menaces et atteindre les objectifs en
matière de population et de distribution. De plus, ces
plans d’action terminent la désignation de l’habitat
essentiel et, dans la mesure du possible, expliquent
les mesures qui sont proposées pour le protéger.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant des espèces
préoccupantes
La protection immédiate prévue par la LEP pour
les espèces inscrites comme disparues du pays, en
voie de disparition et menacées ne s’applique pas
aux espèces préoccupantes. Cependant, toutes les
mesures de protection et interdictions existantes,
comme celles prévues par la Loi de 1994 sur la
convention concernant les oiseaux migrateurs ou la Loi
sur les parcs nationaux du Canada, restent en vigueur.
Plans de gestion des espèces
préoccupantes
Pour les espèces préoccupantes, on élabore des
plans de gestion qui sont affichés dans le Registre
public de la Loi sur les espèces en péril dans les
trois ans suivant leur inscription à l’annexe 1 afin de
permettre à la population de les examiner et de les
commenter. Ces plans prévoient des mesures de
conservation pertinentes pour les espèces concernées
et leurs habitats. Les plans de gestion sont élaborés
en collaboration avec les compétences responsables
de la gestion de l’espèce concernée, notamment avec
les conseils de gestion des ressources fauniques et
les organisations autochtones directement concernés.
Les propriétaires fonciers, les locataires et les autres
personnes directement touchées par le plan sont
également consultés.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
ESPÈCES PROPOSÉES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1
Situation des espèces récemment
évaluées et processus de consultation
En septembre 2011, le COSEPAC a soumis
36 évaluations d’espèces en péril au ministre de
l’Environnement pour les nouvelles espèces qui
sont admissibles à l’ajout à l’annexe 1 de la LEP.
Treize de ces espèces sont des espèces terrestres.
Le COSEPAC a également examiné la classification
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 et a
modifié le statut de certaines d’entre elles. Cinq
espèces terrestres sont maintenant évaluées à un
niveau de risque moins élevé dans la LEP et six
espèces terrestres sont maintenant évaluées à un
niveau de risque plus élevé dans la LEP. En tout,
il y a 24 espèces terrestres admissibles à l’ajout
à l’annexe 1 ou au changement de leur statut à
l’annexe 1 (tableau 1).
Le COSEPAC a également soumis les études
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 afin
de confirmer leur classification. Vingt-cinq de
ces études concernaient des espèces terrestres.
Ces espèces ne sont pas incluses dans les
consultations parce qu’aucune modification
de la réglementation n’est proposée (tableau 2).
Pour obtenir de plus amples renseignements
sur les consultations pour les espèces aquatiques,
consultez le site Web de Pêches et Océans Canada
à l’adresse www.dfo-mpo.gc.ca.
Formulation de commentaires
La participation des Canadiens fait partie
intégrante du processus tout comme de la protection
ultime de la faune canadienne. Vos commentaires
sont importants et considérés sérieusement.
Environnement Canada étudie tous les commentaires
qu’il reçoit avant les dates limites présentées ci-après.
Les commentaires sur les espèces terrestres
faisant l’objet d’une période de consultations
régulières doivent être reçus au plus tard
le 8 février 2012.
Les commentaires sur les espèces terrestres
faisant l’objet d’une période de consultations
prolongées doivent être reçus au plus tard
le 8 novembre 2012.
La plupart des espèces feront l’objet de
consultations régulières. Pour les processus de
consultation finale, veuillez vous rendre à l’adresse
Web suivante :
http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/
listing/tab_2011_f.cfm
à compter du 8 décembre 2011.
Pour obtenir plus d’information sur la présentation
des commentaires, veuillez consulter la section
« Sollicitation des commentaires du public au sujet
du projet de modification de l’annexe 1 » à la page 3.
9
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Tableau 1 :
Taxon
Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles à un
ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Espèces nouvellement évaluées (13)
En voie de disparition (7)
Lichens
Leptoge à grosses spores
Leptogium platynum
BC
Mousses
Brotherelle de Roell
Brotherella roellii
BC
Arthropodes
Abeille-coucou de Macropis
Epeoloides pilosulus
NS
Arthropodes
Cordulie de Hine
Somatochlora hineana
ON
Arthropodes
Gomphe olive
Stylurus olivaceus
BC.
Arthropodes
Gomphe ventru
Gomphus ventricosus
NB
Arthropodes
Haliplide de Hungerford
Brychius hungerfordi
ON
Lichens
Collème bâche
Collema coniophilum
BC
Oiseaux
Hirondelle rustique
Hirundo rustica
YT NT BC AB SK MB
ON QC NB PE NS NL
Oiseaux
Sturnelle des prés
Sturnella magna
ON QC NB NS
Lichens
Dégélie plombée
Degelia plumbea
NB NS NL
Lichens
Leptoge à quatre spores
Leptogium polycarpum
BC
Arthropodes
Mouche tachinide des dunes
Germaria angustata
YT
Gyrinophilus porphyriticus
ON
Dendroica cerulea
ON QC
Menacée (3)
Préoccupante (3)
Reclassification dans une catégorie de risque plus élevé (6)
De préoccupante à disparue du pays (1)
Amphibiens
Salamandre pourpre (Population
carolinienne)1
De préoccupante à en voie de disparition (1)
Oiseaux
Paruline azurée
De préoccupante à menacée (2)
Amphibiens
Salamandre pourpre (Population des
Adirondacks et des Appalaches)1
Gyrinophilus porphyriticus
QC
Oiseaux
Effraie des clochers (Population de l’Ouest)
Tyto alba
BC
De menacée à en voie de disparition (2)
Amphibiens
Salamandre de Jefferson
Ambystoma jeffersonianum
ON
Reptiles
Couleuvre à petite tête
Thamnophis butleri
ON
Cirsium pitcheri
ON
Plantes vasculaires Calochorte de Lyall
Calochortus lyallii
BC
Plantes vasculaires Iris lacustre
Iris lacustris
ON
Plantes vasculaires Liparis à feuilles de lis
Liparis liliifolia
ON QC
Plantes vasculaires Verge d’or voyante (Population boréale)1
Solidago speciosa
ON
Reclassification dans une catégorie de risque moins élevé (5)
D’en voie de disparition à préoccupante (1)
Plantes vasculaires Chardon de Pitcher
De menacée à préoccupante (2)
D’en voie de disparition à menacée (2)
Espèce actuellement inscrite à l’annexe 1 en tant qu’une seule espèce. Réévaluée en novembre 2010 et divisée en deux populations.
1
10
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Tableau 2 :
Taxon
Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC (aucune
consultation – confirmation du statut des espèces)
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Crotalus horridus
ON
Confirmation de la désignation (25)
Disparue du pays (1)
Reptiles
Crotale des bois
En voie de disparition (19)
Mousses
Fissident appauvri
Fissidens pauperculus
BC
Plantes vasculaires
Adiante cheveux-de-Vénus
Adiantum capillus-veneris
BC
Plantes vasculaires
Braya de Long
Braya longii
NL
Plantes vasculaires
Gentiane blanche
Gentiana alba
ON
Plantes vasculaires
Gérardie de Skinner
Agalinis skinneriana
ON
Plantes vasculaires
Isotrie fausse-médéole
Isotria medeoloides
ON
Plantes vasculaires
Lotier splendide
Lotus formosissimus
BC
Plantes vasculaires
Pédiculaire de Furbish
Pedicularis furbishiae
NB
Plantes vasculaires
Triphore penché
Triphora trianthophoros
ON
Plantes vasculaires
Verge d’or voyante (Population
des plaines des Grands Lacs)1
Solidago speciosa
ON
Arthropodes
Damier de Taylor
Euphydryas editha taylori
BC
Amphibiens
Grenouille maculée de l’Oregon
Rana pretiosa
BC
Amphibiens
Rainette grillon de Blanchard
Acris blanchardi
ON
Reptiles
Couleuvre nocturne du désert
Hypsiglena chlorophaea
BC
Oiseaux
Bruant de Henslow
Ammodramus henslowii
ON QC
Oiseaux
Effraie des clochers (Population de
l’Est)
Tyto alba
ON
Oiseaux
Moqueur des armoises
Oreoscoptes montanus
BC AB SK
Oiseaux
Pic à tête blanche
Picoides albolarvatus
BC
Oiseaux
Râle élégant
Rallus elegans
ON
Chauve-souris blonde
Antrozous pallidus
BC
Oiseaux
Courlis à long bec
Numenius americanus
BC AB SK
Oiseaux
Garrot d’Islande (Population de
l’Est)
Bucephala islandica
QC NB PE NS NL
Menacée (1)
Mammifères
Préoccupante (4)
Mammifères
Campagnol sylvestre
Microtus pinetorum
ON QC
Mammifères
Taupe à queue glabre
Scalopus aquaticus
ON
Espèce actuellement inscrite à l’annexe 1 en tant qu’une seule espèce. Réévaluée en novembre 2010 et divisée en deux populations.
1
11
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES
POUR AJOUT OU RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1
La section qui suit présente un résumé des justifications de la désignation par le COSEPAC du statut
d’espèces individuelles et leur biologie, les menaces, la répartition et d’autres informations. Pour une explication
détaillée de la situation de conservation d’une espèce individuelle, veuillez vous référer au rapport du COSEPAC
pour cette espèce, qui est aussi disponible sur le Registre public de la Loi sur les espèces en péril à :
www.sararegistry.gc.ca
ou contactez :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Photo : © Cory Sheffield
Abeille-coucou de Macropis
Nom scientifique
Epeoloides pilosulus
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
Cette espèce est associée à un habitat spécifique,
nécessitant à la fois un hôte convenable (abeilles
Macropis) et la plante hôte de ce dernier. La plante
hôte exige un habitat humide, et l’abeille hôte a besoin
12
de pentes sableuses ensoleillées pour son site de
nidification. Historiquement au Canada, cette espèce
était connue dans six sites parmi cinq provinces.
Malgré de récentes augmentations des activités de
relevés d’abeilles à l’échelle nationale, cette espèce
n’a été trouvée qu’une seule fois au Canada depuis
les cinquante dernières années et depuis, malgré
de récentes recherches intensives, elle n’a pas été
observée de nouveau dans cette localité ou dans ses
environs. Cette espèce, avec une seule localité et un
déclin continu prévu dans la superficie et la qualité
de son habitat, fait face à un risque imminent de
disparition.
Description et importance de l’espèce
sauvage
L’abeille-coucou de Macropis, Epeoloides pilosulus
(Cresson), est la seule espèce nord américaine d’un
genre comprenant deux espèces, l’autre espèce
étant présente dans l’Ancien Monde. L’Epeoloides
est le seul genre de la tribu des Osirini (Apidés :
Apinés) à vivre dans le Nouveau Monde et dans
l’Ancien Monde, les autres genres de cette tribu
vivant dans les néotropiques. Tous les Osirini sont
des cleptoparasites (à savoir des abeilles-coucous),
qui ont comme hôtes des abeilles recueillant de
l’huile, dont bon nombre sont rares. Les abeilles
cleptoparasites femelles pillent les nids de leurs hôtes
et pondent des œufs sur les réserves de nourriture
des abeilles hôtes. Les œufs ou les larves de l’abeille
hôte sont détruits par l’abeille cleptoparasite.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Répartition
Historiquement, l’aire de répartition d’Epeoloides
pilosulus occupait une grande partie de l’est et
du centre de l’Amérique du Nord. Au Canada,
l’espèce a été trouvée à l’origine au Québec, puis
sa présence a été signalée en Ontario, au Manitoba
et en Saskatchewan. Au cours des 40 dernières
années, elle n’a été capturée au Canada qu’à un
seul site en Nouvelle-Écosse et n’a pas été trouvée
lors des relevés menés récemment dans cette
province. Aux États-Unis, elle a été signalée depuis
le Massachusetts jusqu’en Géorgie, vers le sud, et
jusqu’au Montana, vers l’ouest. Elle n’a été trouvée
récemment qu’une seule fois aux États-Unis.
(qui servent de « sites de nidification » à l’Epeoloides
pilosulus)sont habituellement situés dans la population
de la plante hôte ou sont adjacents à cette population,
généralement dans des sols sablonneux exposés au
soleil et couverts de végétation.
Biologie
En Amérique du Nord, l’Epeoloides pilosulus
attaque les nids des abeilles Macropis, un genre qui
dépend de sa plante hôte, Lysimachia, pour le pollen
et l’huile florale, mais qui recueille aussi du nectar sur
d’autres espèces de plantes. L’espèce européenne
Epeoloides coecutiens (Fabricius, 1775) attaque les
nids de Macropis après avoir repéré l’odeur des
provisions qui y sont accumulées (à savoir le pollen
et l’huile provenant des fleurs de Lysimachia).
Taille et tendances des populations
Jusqu’aux captures récentes de deux spécimens
mâles d’Epeoloides pilosulus en Nouvelle-Écosse
(2002) et d’un spécimen femelle au Connecticut
(2006), on pensait que l’espèce avait peut-être
disparu, car aucun spécimen n’avait été vu depuis
le début des années 1960 et très peu de spécimens
avaient été vus depuis le début des années 1940.
Malgré la fréquence et la vaste aire de répartition des
Lysimachia sécrétant de l’huile, l’E. pilosulus est très
rare.
Facteurs limitatifs et menaces
La distribution nord américaine approximative
des abeilles Macropis (Mellitidae) (aire ombragée
pâle) et l’aire de répartition mondiale historique
du cleptoparasite, Macropis Cuckoo Bee (Apidae)
(aire ombragée foncée). Les points noirs indiquent
les localités de collecte connues au Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
avril 2011.
Habitat
L’Epeoloides pilosulus occupe des milieux où vivent
les abeilles Macropis (Melittidés) et leur plante hôte,
la lysimaque (Lysimachia). En Amérique du Nord, la
plupart des espèces de Lysimachia qui servent de
plantes hôtes aux abeilles Macropis poussent dans
des marécages ou des milieux humides, et plusieurs
sont assez communes (et beaucoup plus largement
répandues que les Macropis). Les nids des Macropis
Les principaux facteurs influant sur l’existence
précaire de l’Epeoloides pilosulus sont surtout
associés à la perte ou à la réduction des sites de
nidification des Macropis. Tant l’abeille cleptoparasite
que l’abeille hôte dépendent des populations de
la plante hôte de taille adéquate, et la répartition
des deux types d’abeilles est donc limitée à l’aire
de répartition de la plante hôte. Étant donné que
les espèces de Lysimachia sécrétant de l’huile
normalement utilisées par les Macropis d’Amérique
du Nord poussent en général dans des milieux
humides ou des marécages, les populations peuvent
être isolées les unes des autres, ce qui empêche
le flux génétique tant entre les populations de la
plante hôte qu’entre les populations d’abeilles. Dans
de telles conditions, la disparition à l’échelle locale
des deux types d’abeilles est possible à cause de
facteurs intrinsèques liés au système de reproduction
haplodiploïde de ces insectes, à savoir la production
de mâles stériles ou inviables à la place de femelles
fertiles lorsque la taille des populations connaît
13
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
un déclin et, par conséquent, la production d’un
moins grand nombre de femelles pondeuses dans
la population, ce qui aggrave les autres impacts
associés à la petite taille des populations. La perte
de grands peuplements de Lysimachia attribuable à
des causes naturelle et d’origine humaine ainsi que
l’augmentation des distances entre les parcelles
isolées qui en résulte affectent probablement les
populations de Macropis, ce qui constitue sans doute
le principal facteur contribuant à la rareté d’Epeoloides
pilosulus.
Importance de l’espèce
L’Epeoloides pilosulus est l’une des deux seules
espèces d’Epeoloides dans le monde, et ces deux
espèces forment un taxon isolé des autres membres
de la tribu des Osirini qui se trouvent dans les
néotropiques. Cette espèce est l’une des plus rares
abeilles d’Amérique du Nord; malgré l’augmentation
14
des activités de capture au cours des dernières
décennies, seulement trois spécimens ont été
capturés depuis 1958.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Même si l’on croyait jusqu’à récemment que
l’espèce avait peut-être disparu, elle n’avait jamais
reçu de protection au Canada. Après sa redécouverte
en Nouvelle-Écosse en 2002, l’Epeoloides pilosulus a
été inscrit sur la liste rouge des insectes pollinisateurs
de la Xerces Society comme espèce gravement en
péril (CI) : risque de disparition très élevé en raison
de l’extrême rareté (souvent cinq populations ou
moins), de déclins très marqués ou d’autres facteurs.
L’espèce est classée G1 à l’échelle mondiale et N1
au Canada par NatureServe. Cependant, elle n’est
nullement protégée.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Brotherelle de Roell
Photo : © Judy A. Harpel
Description et importance de l’espèce
sauvage
Nom scientifique
Brotherella roellii
Taxon
Mousses
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
La brotherelle de Roell (Brotherella roellii) est une
petite mousse jaune à vert doré, luisante, poussant
en tapis. Les pousses sont minces (env. 0,5 mm) et
légèrement aplaties (mais non aplanies). L’espèce se
multiplie principalement par voie sexuée (spores) mais
aussi par voie végétative (pousses flagelliformes).
Les populations de la Colombie-Britannique sont les
seules populations connues de l’espèce au monde.
Répartition
La brotherelle de Roell est une espèce endémique
à l’ouest de l’Amérique du Nord, répertoriée
uniquement pour le sud-ouest de la ColombieBritannique et l’État de Washington. Au Canada, les
26 localités actuelles et les quatre localités historiques
sont isolées dans la vallée du Bas-Fraser et dans
la région de la baie Howe. Seulement six localités
sont répertoriées pour l’État de Washington, et elles
sont toutes classées comme localités historiques.
Par conséquent, l’espèce est peut-être maintenant
endémique au Canada.
Justification de la désignation
Cette mousse est endémique à l’ouest de
l’Amérique du Nord, où toutes ses populations
existantes connues sont situées dans la région
densément peuplée du sud-ouest de la partie
continentale de la Colombie-Britannique. L’importante
collecte menée dans la région et à l’extérieur de
cette région a montré que l’espèce ne pousse que
sur des feuillus et des billes pourries, dans les
peuplements reliques de seconde venue se trouvant
en zone urbaine. Parmi les 26 localités existantes où
la présence de l’espèce a récemment été vérifiée,
neuf localités comportaient un total de 29 individus.
L’espèce subit la pression des activités récréatives,
de la construction de routes, de l’urbanisation,
du développement industriel et agricole ainsi que
l’exploitation des ressources; tous ces facteurs
menacent la quantité d’habitat favorisé par l’espèce
et les arbres et billes lui servant d’hôtes. Ces facteurs
menacent également la qualité de ces habitats en
altérant l’humidité du milieu et la qualité de l’air.
Aire de répartition mondiale du Brotherelle de Roell.
Les six localités américaines sont classées comme
historiques.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2010.
15
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Habitat
Au Canada, la brotherelle de Roell se rencontre
dans des forêts secondaires mixtes fraîches et
humides situées sur des terrasses fluviales, dans
des plaines inondables marécageuses et dans
des ravins traversés par un cours d’eau. Un grand
nombre des populations actuelles se trouvent dans
des parcs urbains. L’espèce pousse sur des arbres
ou sur des troncs ou souches en décomposition, et
ses principaux hôtes sont l’aulne, l’érable à grandes
feuilles et le cornouiller.
Biologie
La brotherelle de Roell a besoin d’un milieu
très humide pour survivre, comme en témoignent
les substrats sur lesquels on la trouve : bois en
décomposition, possédant une bonne capacité de
rétention d’eau, et arbres poussant dans la plaine
inondable ou au bord de cours d’eau. L’espèce
se multiplie par voie sexuée (spores) et par voie
végétative (pousses flagelliformes caduques).
Taille et tendances des populations
Après 134 ans d’herborisations, 27 populations
actuelles et 4 populations historiques de brotherelle
de Roell sont répertoriées au Canada. Les quatre
populations historiques sont présumées disparues.
Deux des populations actuelles ont été gravement
endommagées, et chez une troisième une colonie
a été détruite. Neuf nouvelles populations ont été
découvertes récemment. Il a été impossible de
16
confirmer la présence des 15 autres populations
puisque leur position exacte n’est pas précisée
dans les mentions.
Menaces et facteurs limitatifs
La brotherelle de Roell est menacée par
l’urbanisation, l’industrialisation, le développement
agricole, l’exploitation minière, l’installation de
canalisations de transport d’hydrocarbures, la
construction de routes, l’aménagement et l’entretien
de sentiers et la pollution atmosphérique. La
répartition très morcelée de l’espèce donne à croire
qu’en dépit de sa capacité de produire des spores elle
a un potentiel de dispersion limité.
Protection, statuts et classements
En 2003, l’organisme NatureServe a attribué à la
brotherelle de Roell la cote G3 (espèce vulnérable)
à l’échelle mondiale. L’espèce n’a pas de statut
national au Canada ni aux États-Unis. Dans l’État de
Washington, le Washington Natural Heritage Program
(2009) a attribué à l’espèce la cote SH (présence
historique mais possibilité de redécouverte). En
Colombie-Britannique, la brotherelle de Roell est
classée S3 [espèce vulnérable en raison d’une
répartition restreinte, d’un nombre peu élevé de
populations (souvent 80 ou moins), de déclins
récents et généralisés ou d’autres facteurs la rendant
particulièrement susceptible de disparaître de la
province] et a été inscrite à la liste bleue des espèces
en péril dans la province par le Centre de données sur
la conservation (BC CDC, 2009).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Calochorte de Lyall
Répartition
Photo : © Ned M Lowry
Le calochorte de Lyall se rencontre le long du
versant est des monts Cascades, depuis l’extrême
sud du centre-sud de la Colombie-Britannique
jusqu’au comté de Yakima, dans l’État de
Washington. Toutes les populations canadiennes
connues se trouvent dans les hauteurs situées à
l’ouest d’Osoyoos, près de la frontière des États-Unis.
Nom scientifique
Calochortus lyallii
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Aire de répartition mondiale approximative du calochorte
de Lyall.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Justification de la désignation
Habitat
Cette espèce est une plante vivace particulière
qui a une longue durée de vie ainsi qu’une petite
aire de répartition au Canada. Elle ne comprend
que cinq populations se trouvant dans des trouées
forestières et des prairies d’armoises dans le sud
de la Colombie-Britannique, près d’Osoyoos. Les
plantes émergent de bulbes souterrains à la fin
du printemps, mais peuvent demeurer dormantes
pendant une ou plusieurs années. Cette plante
était anciennement désignée « menacée », mais
la majeure partie de l’aire où elle se trouve a
été désignée comme étant une aire protégée
provinciale, et les principales menaces, liées au
pâturage et à la gestion forestière, ont maintenant
été atténuées.
L’espèce pousse en sol bien drainé, dans les
prairies à armoises ou les clairières herbeuses, à une
altitude de 900 m à 1 300 m.
Information sur l’espèce
Le calochorte de Lyall (Calochortus lyallii) est une
plante herbacée vivace à bulbe de la famille des
Liliacées. La plante se reconnaît notamment à ses
pétales frangés blancs à violacés, qui sont munis
d’un onglet ainsi que d’une glande en forme de
croissant, à ses sépales différents des pétales ainsi
qu’à ses capsules dressées.
Biologie
Le calochorte de Lyall est une plante vivace à
longue vie, dont les parties aériennes lèvent chaque
année à partir d’un bulbe souterrain. La plante
ne se reproduit que par la graine. La durée d’une
génération est évaluée à 15 années. Les fleurs,
pollinisées par des insectes, sont à la fois allogames
et autogames. Les graines sont libérées en été et
germent le printemps suivant près de la plante mère.
Chez les individus matures, il peut y avoir alternance
de périodes reproductives (présence de fleurs) et
végétatives (absence de fleurs). Les bulbes peuvent
demeurer en dormance dans le sol pendant plus de
trois ans, mais la plupart des épisodes de dormance
durent généralement une seule année. Les feuilles et
les fruits sont broutés par les insectes, tandis que les
bulbes sont consommés par de petits mammifères.
17
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Taille et tendances des populations
Le Canada compte 5 populations de calochorte
de Lyall, comprenant 15 sous-populations. Les
populations peuvent être réparties entre trois
localités, délimitées en fonction des menaces
(voir ci-dessous). Les sous-populations comptent
quelques centaines à quelques centaines de milliers
d’individus, et l’effectif canadien total a été évalué à
plus de 800 000 individus matures (florifères et non
florifères) en 2009. Les tendances démographiques
sont inconnues pour la période précédant 1997. De
1997 à 2009, selon les données recueillies au moyen
de quadrats établis dans trois sous-populations,
le nombre d’individus matures a diminué d’environ
45 %. L’effectif a chuté de près de 90 % entre 1997 et
2007 (selon des estimations visuelles), mais a ensuite
connu une remontée, sans toutefois retrouver son
niveau antérieur. On ne comprend pas encore bien les
causes de ces fluctuations, mais celles-ci semblent
en partie attribuables à un cycle naturel de l’espèce.
Des relevés intensifs ont mené à la découverte de
sous-populations supplémentaires dans la zone
d’occupation connue, de telle façon que le nombre
de sous-populations naturelles connues est passé
de 3 à 14 depuis 1995 (plus une sous-population
établie artificiellement à partir de graines). Malgré ces
découvertes, l’effectif total de 2009 (environ
812 000 individus matures) demeure à peu près
inchangé par rapport à celui de 1997 (environ
855 000 individus matures).
Menaces et facteurs limitatifs
La création de l’aire protégée South Okanagan
Grasslands (par le ministère de l’Environnement de
la Colombie-Britannique) en 2001 et les mesures
d’aménagement adoptées par la suite dans ce
secteur ont permis une réduction appréciable des
menaces anthropiques pesant sur l’espèce (pratiques
sylvicoles, surpâturage, etc.) dans la plus grande
localité, qui comprend trois des cinq populations et
plus de 85 % des individus connus. Les espèces
végétales exotiques envahissantes, le piétinement
par le bétail et l’empiétement de la forêt menacent
toujours l’espèce dans cette localité, mais ne
semblent pas être des menaces imminentes. Les deux
autres populations sont situées sur des terrains privés
et sont considérées comme des localités distinctes.
Il est possible que la sylviculture et le pâturage du
bétail menacent encore ces deux populations, et ce
sont les activités les plus susceptibles d’entraîner
18
un déclin de l’effectif. On ne comprend pas encore
bien les causes des fluctuations observées, mais
celles-ci semblent en partie attribuables à un cycle
naturel de l’espèce. Des fluctuations de cette
envergure constituent un facteur limitatif potentiel
pour le maintien des sous-populations. Toutefois,
puisque ces fluctuations ne semblent pas liées aux
activités humaines et semblent en partie attribuables
à la dormance prolongée de certains individus, elles
ne sont pas considérées comme des fluctuations
extrêmes au sens du COSEPAC. Actuellement, une
combinaison de facteurs stochastiques tels que
les longs intervalles entre incendies, les conditions
climatiques non favorables et les taux élevés de
consommation des bulbes par des petits mammifères
pourrait venir limiter la taille des populations. De plus,
la faible distance de dispersion des graines est un
facteur limitatif intrinsèque de l’espèce.
Importance de l’espèce
Le genre Calochortus comprend environ
70 espèces, présentes dans l’ouest de l’Amérique
du Nord et de l’Amérique centrale, mais seulement
trois d’entre elles ont été observées au Canada
(uniquement en Colombie-Britannique). De
nombreuses espèces du genre Calochortus, y
compris le calochorte de Lyall, sont endémiques à
des secteurs restreints et possèdent des aires de
répartition très limitées. Les calochortes constituent
des sujets importants pour l’étude de questions
relatives à la rareté des plantes, à la dynamique des
populations et à la spéciation, vu leur taux élevé
d’endémisme et leur port distinctif. Le calochorte
de Lyall suscite beaucoup d’intérêt chez les
naturalistes, les botanistes et les photographes de
Colombie-Britannique. De plus, les préoccupations
des habitants de cette province quant à la situation
de l’espèce ont favorisé la création rapide de l’aire
protégée South Okanagan Grasslands.
Protection actuelle
Le calochorte de Lyall ne bénéficie d’aucune
protection à l’échelle internationale. Au Canada, il
a été classé « espèce menacée » par le COSEPAC
en 2001 et figure à ce titre à l’annexe 1 de la Loi sur
les espèces en péril. Quatre des cinq populations
canadiennes sont situées dans une aire protégée
provinciale et sont ainsi protégées aux termes de la
Park Act de la Colombie-Britannique.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Chardon de Pitcher
Photo : © Dr. Gunn Collec
Description et importance de l’espèce
sauvage
Nom scientifique
Cirsium pitcheri
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Ce chardon, endémique aux Grands Lacs
et vulnérable à l’échelle mondiale, occupe une
petite superficie incluant un ensemble d’habitats
riverains sableux, à partir du sud-est du lac Huron
jusqu’au parc national Pukaskwa sur la rive nord
du lac Supérieur. La côte sud de l’île Manitoulin et
les îles adjacentes constituent l’aire de répartition
principale de l’espèce au Canada. On a observé une
augmentation de la taille et du nombre de populations
au cours de la dernière décennie en raison de relevés
plus exhaustifs. Cette espèce est toujours en péril,
mais à un degré moindre, en raison de son cycle vital
particulier (elle fleurit et se reproduit une seule fois,
entre l’âge de trois et onze ans, puis meurt), de ses
populations généralement petites qui connaissent
des fluctuations et de son habitat continuellement
perturbé par divers facteurs. Des menaces telles que
l’utilisation de véhicules récréatifs tous terrains dans
l’habitat de l’espèce, la présence d’une graminée
exotique (le roseau commun), ainsi que la propagation
de plantes ligneuses dans son habitat touchent
diverses populations.
Le chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri) est une
plante herbacée vivace de la famille des Composées
qui ne fleurit qu’une fois au cours de sa vie. La plante
passe de trois à onze années à l’état de rosette de
feuilles basilaires, puis elle produit une tige florifère,
des capitules et des graines et meurt. La plante est
d’une couleur vert blanchâtre due aux poils fins qui
recouvrent sa surface. Seuls les capitules ainsi que
l’extrémité des lobes foliaires portent des aiguillons.
Le chardon de Pitcher ne possède aucun moyen de
multiplication végétative.
Le chardon de Pitcher est rare à l’échelle
mondiale et endémique à la région des Grands Lacs.
L’espèce est indicatrice de la qualité des plages
comme habitat. Aucune connaissance traditionnelle
autochtone n’a été relevée.
Répartition
Au Canada, le chardon de Pitcher ne se rencontre
qu’en Ontario. Aux États-Unis, l’espèce est
présente au Michigan, en Indiana, en Illinois et au
Wisconsin. Au Canada, elle compte 30 populations
existantes, dont 2 sur le littoral du lac Supérieur, 20
à l’île Manitoulin, 5 dans des îles voisines de l’île
Manitoulin et 3 sur le littoral sud du lac Huron. L’aire
de répartition de l’espèce est linéaire, puisqu’elle suit
le littoral; sa longueur totale est d’environ 835 km,
et sa largeur est d’environ 100 m, ce qui donne une
superficie totale d’environ 83,5 km2.
Aire de répartition globale du chardon de Pitcher.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
19
Photo: © Gary Allen
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Habitat
Le chardon de Pitcher pousse uniquement sur
des dunes et des plages de sable. L’habitat optimal
de l’espèce est constitué de surfaces dénudées
de sable sec non fixé, où la végétation entourant
immédiatement ou pouvant ombrager le chardon
de Pitcher est clairsemée ou entièrement absente.
L’habitat est dynamique, en raison des effets du
vent, de l’eau et de la glace, qui déplacent le sable
et provoquent ainsi la formation de monticules,
l’enfouissement de la végétation, l’exposition des
racines et la formation de creux de déflation. La
succession naturelle peut faire en sorte que l’habitat
cesse de convenir à l’espèce, lorsque la végétation
devient trop dense. La superficie d’habitat est
demeurée à peu près la même depuis le dernier
rapport de situation. Parmi les 30 populations
canadiennes, 4 petites populations se trouvent dans
un parc national ou dans des parcs provinciaux.
Biologie
Le chardon de Pitcher fleurit principalement de
la mi-juin à la fin juillet. Les fleurs sont autofertiles,
mais l’autogamie produit moins de graines que la
pollinisation croisée. Comme une vaste gamme
d’insectes visite le chardon de Pitcher, la pollinisation
ne constitue probablement pas un facteur limitatif.
Les graines demeurent viables jusqu’à trois ans et
sont dispersées par le vent. Il arrive que le capitule
de graines se détache et se disperse en bloc. La
possibilité de dispersion à grande distance, jusqu’à
99 km, a été confirmée dans la région de l’île
Manitoulin, mais le phénomène est probablement
peu fréquent, car la région compte beaucoup de
milieux propices non occupés.
Taille et tendances des populations
Les nombreux travaux de terrain menés depuis
2000 ont grandement augmenté le nombre des
20
populations canadiennes, qui est passé d’environ
10 au nombre actuel de 30. Le suivi annuel a permis
de constater que le nombre d’individus augmente
depuis plusieurs années dans la plupart des
populations. Au Canada, 15 populations connaissent
une augmentation constante de leur effectif,
7 connaissent des fluctuations naturelles dues à la
floraison et à la mortalité, 3 demeurent stables, et
seulement 5 subissent un grave déclin. En 2008,
l’effectif total des populations canadiennes était de
50 435 individus (individus florifères, rosettes et
jeunes semis), dont 11 739 ont fleuri et sont morts
à la fin de la saison. Comme on ne sait pas encore
quel facteur déclenche la floraison chez le chardon
de Pitcher, il est impossible d’estimer le nombre
d’individus qui fleuriront et mourront au cours des
années suivantes.
Sur le littoral du lac Supérieur, l’espèce compte
deux populations. La population 1 (comprenant
119 individus florifères, rosettes et jeunes semis) est
en déclin et pourrait disparaître d’ici 5 à 8 ans; une de
ses sous-populations est déjà disparue. La population
2 (comprenant 331 individus des divers stades) est
une population introduite et est en croissance. Sur
le littoral sud-est du lac Huron, l’espèce compte
3 populations (comprenant 233 individus des
divers stades), dont une est en déclin et 2 sont en
croissance. Dans la région de l’île Manitoulin, l’espèce
compte 25 populations, dont 12 connaissent depuis
2001 une croissance constante (de 200 à 800 %
dans 6 des cas); 7 autres populations connaissent
des fluctuations naturelles dues à la floraison et à la
mortalité, 3 semblent stables, et seulement
3 subissent un déclin causé par les menaces. Dans
l’ensemble de la région de l’île Manitoulin, l’espèce
comptait en 2008 environ 50 000 individus des divers
stades.
La plupart des populations de la région de l’île
Manitoulin ont connu une forte augmentation
d’effectif, et cette augmentation est survenue
pratiquement sans intervention humaine. On ne sait
pas pourquoi l’effectif des populations ayant déjà fait
l’objet de relevés était si faible en 2001, lorsque le
suivi a été entrepris.
Menaces et facteurs limitatifs
Dans le cas des cinq populations en déclin,
l’espèce est principalement menacée par la
succession naturelle et la densité croissante de
la végétation, dont les effets sont aggravés par le
broutage ou l’utilisation de véhicules tout-terrain. Le
déclin d’une des populations est peut-être dû
à l’utilisation récréative du site.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Protection, statuts et classements
Au moment de l’évaluation de mai 2000, le
COSEPAC a recommandé pour le chardon de Pitcher
le statut d’espèce en voie de disparition, et l’espèce
est actuellement inscrite à ce titre à l’annexe 1 de la
Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement
fédéral. Le Programme de rétablissement du chardon
de Pitcher et des prairies des dunes n’est pas encore
affiché dans le Registre public des espèces en péril,
mais il comprendra une délimitation de l’habitat
essentiel de l’espèce dans ses sites du parc national
Pukaskwa. L’espèce figure en outre à l’annexe 3 de
la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition
(LEVD) de l’Ontario, à titre d’espèce de transition
devant être inscrite comme espèce en voie de
disparition. La plus grande partie de la population
canadienne du chardon de Pitcher se trouve sur des
terres municipales et privées du district de Manitoulin.
Il n’existe encore aucun endroit où l’habitat de l’espèce
ait été réglementé. La Loi de 2006 sur les parcs
provinciaux et les réserves de conservation de l’Ontario
prévoit que ces parcs et ces réserves doivent être
gérés de manière à maintenir l’intégrité écologique de
l’habitat des espèces indigènes, y compris les espèces
en péril.
Aux États-Unis, le chardon de Pitcher a été classé
comme étant vulnérable (vulnerable) à l’échelle du
pays, gravement en péril (critically imperiled) en Illinois,
en péril (imperiled) en Indiana et au Wisconsin ainsi
que vulnérable (vulnerable) au Michigan; l’espèce a
été officiellement désignée comme étant menacée
(Threatened) en vertu de l’Endangered Species Act
fédérale. À l’échelle mondiale, l’espèce est classée
comme étant vulnérable.
21
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Collème bâche
Photo : © Timothy Wheeler
« boursouflures » à sa base, qui finissent par s’étendre
vers le haut pour devenir de grandes rainures
inférieures. De petites saillies noirâtres ayant la forme
d’un doigt sont présentes sur la surface supérieure
et font ressortir le contraste avec cette dernière. La
couleur de la surface inférieure varie du vert olive
foncé au beige olive pâle et comporte parfois des
touffes de poils blancs minuscules.
Nom scientifique
Collema coniophilum
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
Menacée
Répartition
On sait actuellement que le collème bâche est
endémique au Canada. Son aire de répartition
principale occupe une partie limitée et humide du
sillon des Rocheuses, environ 65 km à l’est de
Prince George; en outre, on sait qu’elle s’étend du
cours supérieur de la rivière Adams dans la chaîne
Columbia, à 20 km au sud-est de la rivière Blue. Sur
le plan biogéoclimatique, ces régions sont situées
dans les sous-biozones les plus humides et les
plus fraîches de la zone du cèdre et de la pruche
de l’Intérieur ainsi que de la zone subboréale de
l’épinette.
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce cyanolichen foliacé arboricole est endémique
au Canada, où il occupe une aire de répartition
restreinte se limitant aux forêts anciennes à sol calcaire
situées dans les régions humides de l’intérieur de la
Colombie-Britannique. Le lichen est mal adapté pour
la dispersion, car il n’a jamais été trouvé avec des
organes de reproduction sexuée, et ses propagules
végétatives ont une faible capacité de dispersion. L’aire
de répartition du lichen semble connaître un déclin dû
à la perte continue des forêts anciennes par la coupe à
blanc. Les facteurs expliquant la rareté de l’espèce et
son étroit endémisme ne sont pas bien compris.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le collème bâche, Collema coniophilum, est
un lichen foliacé particulier, de taille modérée, qui
possède plusieurs grands lobes principalement
arrondis mesurant au plus 2 à 4 (- 5) mm de large.
La surface supérieure lisse va du vert olive foncé à
marron noirâtre et se recouvre légèrement de
22
Aire de répartition canadienne du collème bâche.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Dans l’ensemble de son aire de répartition, le
collème bâche semble être limité à des arbres à base
riche ou enrichie, notamment le sapin subalpin, la
pruche de l’Ouest, l’épinette d’Engelmann et, dans
une bien moindre mesure, le peuplier occidental, le
peuplier faux-tremble et le cèdre rouge de l’Ouest.
Sa pousse à un emplacement donné est grandement
améliorée par l’enrichissement en nutriments à partir
de plusieurs sources et elle dépend sans doute de ce
facteur. L’espèce a seulement été détectée dans des
forêts anciennes humides qui datent de plus 100 ans
environ.
Biologie
Le collème bâche est un lichen envahisseur des
jeunes ramilles. Il semble être une espèce asexuée
qui se reproduit exclusivement par l’intermédiaire
d’excroissances à grains grossiers de la surface
supérieure connues sous le nom d’isidies. Les isidies
sont trop larges pour être efficacement dispersées
par le vent; en outre, étant donné qu’elles n’ont aucun
mécanisme particulier d’adhésion, on prévoit rarement
leur dispersion sur les pieds d’oiseaux sur de longues
distances. Cependant, dans le cas où une isidie
atteint un nouvel emplacement, l’établissement n’est
susceptible de se produire que sur des ramilles ou de
jeunes branches riches en nutriments ou enrichies de
ceux-ci. Dans les parties les plus humides de l’aire de
répartition géographique du collème bâche, on trouve
sans doute rarement des ramilles et des branches
riches en nutriments en raison des effets de lessivage
des fortes précipitations. Cela réduit grandement la
fréquence d’occurrence de l’espèce.
Tailles et tendances des populations
À ce jour, le collème bâche a été repéré dans
seulement huit localités dans le monde entier, et
sa population comporte un total de 170 thalles. De
récentes tentatives de déplacement de cette espèce
dans trois de ces localités n’ont pas porté leurs
fruits, malgré le fait que deux d’entre elles jouissent
désormais d’une protection par l’établissement de
parcs provinciaux. La troisième localité a été perdue
en raison de l’augmentation récente de la coupe à
blanc.
Dans l’une des quatre autres localités, le collème
bâche se trouve plutôt en grand nombre; on y a
relevé près de 140 thalles en 2006. Même là, il existe
toutefois des preuves du déclin de sa population,
lequel découle probablement de la baisse récente
du trafic routier, qui a automatiquement fait
diminuer l’incidence de poussière des routes (voir
la section ci-dessous).
Menaces et facteurs limitatifs
Jusqu’ici, le collème bâche a seulement été
localisé dans des forêts anciennes; on ne sait pas s’il
pousse dans des forêts plus jeunes. Ainsi, il fait peu
de doute que la perte de forêts anciennes due à la
coupe à blanc engendre une baisse correspondante
de cette espèce, du moins dans des conditions
naturelles. En revanche, il existe des preuves que
les activités d’exploitation forestière peuvent en fait
stimuler la pousse du collème bâche à certains sites,
par la création artificielle de noyaux d’enrichissement
en nutriments associés à la poussière calcaire des
routes. Par conséquent, le seul fait de transporter
des grumes vers une scierie semble favoriser
l’établissement de populations non négligeables
de cette espèce. Il n’est pas certain que le collème
bâche puisse s’accumuler en une quantité aussi
importante que 140 thalles dans une localité, dans
des conditions naturelles. Tant que l’effet de la
poussière persistera, et que les peuplements anciens
qui soutiennent le collème bâche demeureront
intacts, on pourra entrevoir l’avenir de cette espèce
comme étant protégé. Malheureusement, il n’existe
aucune méthode simple permettant de garantir que
les forêts anciennes recouperont indéfiniment les
routes de gravier calcaire. Qui plus est, les pratiques
d’utilisation des terres qui, par la perte de forêts
anciennes ont tendance à limiter le collème bâche
à une petite quantité de peuplements de bord de
route artificiellement améliorés, mettent clairement
en péril cette espèce (p. ex. par l’augmentation
de sa vulnérabilité aux perturbations entraînant
le remplacement de peuplements, telles que les
incendies de forêt, les maladies, les infestations
d’insectes et des chablis.
Protection, statuts et classifications
À ce jour, le collème bâche est protégé en vertu
de la loi dans seulement deux des huit localités
où il a été documenté. Malheureusement, il ne
semble plus être présent à l’une ou l’autre de ces
localités. Ailleurs dans toute son aire de répartition,
il est vulnérable à la perte de l’habitat à cause de
l’exploitation forestière.
23
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Cordulie de Hine
considérée comme une espèce disparue. En Ontario,
la présence de la cordulie de Hine n’est confirmée
qu’à un seul site – les terres humides de Minesing
dans le comté de Simcoe, à l’ouest de Barrie.
Habitat
Justification de la désignation
Biologie
Cette libellule, qui est rare dans toute son aire
de répartition, n’a été observée que dans une
seule localité canadienne où le déclin de l’habitat
est considéré comme étant probable en raison de
l’expansion urbaine et des espèces envahissantes.
La cordulie de Hine subit une métamorphose
incomplète de trois stades : œufs, larves (nymphe)
et adultes. Les femelles accouplées pondent dans
les terres tourbeuses ou les eaux peu profondes, puis
Illustration : © Christina Lewis
Air de répartition canadienne
Ontario
L’habitat de la cordulie de Hine se limite aux terres
humides calcaires (les marais, les cariçaies et les
tourbières) composées surtout de graminoïdes et
alimentées en grande partie par les eaux souterraines
en provenance de suintements intermittents. La
plupart des sites ont une couche sous-jacente de
substrat rocheux dolomitique près de la surface.
Certains biologistes pensent que l’habitat dans les
terres humides de Minesing est devenu de plus en
plus sec au cours des 35 dernières années et que
le développement urbain anticipé dans la région
avoisinante est considéré comme une menace
sérieuse en raison des pertes de l’alimentation en eau
souterraine. En revanche, le développement urbain
semble être restreint. On s’entend généralement
pour dire que les plantes envahissantes telles que le
roseau commun européen et le nerprun bourdaine
constituent des menaces considérables. La présence
de trous d’écrevisses représente probablement un
élément essentiel de l’habitat de la cordulie de Hine
et peut être un facteur limitant sa répartition.
Nom scientifique
Somatochlora hineana
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Description et importance de l’espèce
sauvage
La cordulie de Hine, Somatochlora hineana, est
une libellule (ordre des odonates) de la famille des
Corduliidés. Les adultes ont les yeux verts brillants,
un thorax vert métallique muni de deux rayures jaunes
latérales et un abdomen brun noirâtre. La cordulie de
Hine est une espèce rare à l’échelle mondiale.
Répartition
L’aire de répartition mondiale actuelle de la cordulie
de Hine comprend l’Ontario et quatre États des
États-Unis : le Wisconsin, le Michigan, l’Illinois et
le Missouri. Dans le passé, on l’observait aussi en
Ohio, en Indiana et en Alabama, où elle est désormais
24
Aire de répartition canadienne de la cordulie de Hine.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
les œufs donnent des larves aquatiques qui vivent
dans les terres humides de trois à cinq ans avant que
les adultes émergent. Les larves sont des prédateurs
généralistes et se nourrissent d’une variété d’autres
invertébrés. Lorsqu’elles sont matures, les larves
rampent de leur milieu aquatique jusqu’à une plante
émergente où les adultes émergent de l’épiderme
larvaire. Le moment de l’émergence des adultes dans
la partie canadienne de l’aire de répartition commence
probablement quelque part entre le début et la mijuin. À la suite de la période d’une semaine antérieure
à la reproduction, les adultes choisissent des sites
de reproduction et les utilisent pour s’accoupler et
pondre des œufs. Les libellules adultes sont des
prédateurs aériens et se nourrissent d’une variété
d’insectes.
Taille et tendances des populations
On ne connaît pas la taille de la population au seul
site canadien connu. De même, il n’existe aucune
donnée sur les fluctuations ou les tendances d’une
année à l’autre associées à cette population.
Facteurs limitatifs et menaces
Des changements dans l’hydrologie de surface
et de subsurface pourraient nuire aux populations
de la cordulie de Hine si les modifications des
régimes hydrologiques nuisent à l’eau et réduisent ou
éliminent l’habitat potentiel des larves. L’aquifère qui
est censé être la source principale d’eau souterraine
approvisionnant la partie est des terres humides de
Minesing (où se trouve la seule population canadienne
connue de la cordulie de Hine) est situé dans les
zones sèches à l’est. Les projets d’aménagement
de logements dans ces zones sèches réduiront
probablement le débit de base de l’eau jusqu’aux
terres humides, nuisant ainsi à l’habitat des larves.
Une autre menace est la propagation probable
du roseau commun européen, qui forme des
peuplements denses dans les tourbières, ce qui
entraînerait une quasi-élimination de la biodiversité
indigène.
Protection, statuts et classifications
La cordulie de Hine est inscrite comme une espèce
en voie de disparition à l’échelle fédérale aux ÉtatsUnis et dans les États de l’Illinois, du Michigan, de
l’Ohio et du Wisconsin. L’espèce n’est actuellement
pas protégée en vertu de la Loi sur les espèces en
péril du Canada ou de la Loi de 2007 sur les espèces
en voie de disparition de l’Ontario. Elle est classée
par NatureServe comme étant en péril à vulnérable à
l’échelle mondiale (G2G3), a reçu la cote N1 à l’échelle
nationale au Canada et a reçu la cote S1 à l’échelle
provinciale en Ontario. Elle est inscrite comme étant
une espèce quasi menacée sur la liste rouge des
espèces menacées de l’Union internationale pour
la conservation de la nature.
Les terres humides de Minesing sont protégées
du développement et de la modification du site par
un certain nombre de désignations, de politiques
et de règlements provinciaux et municipaux sur le
patrimoine naturel. Une bonne partie de la zone est
la propriété de l’office de protection de la nature
de la vallée Nottawasaga.
La contamination des eaux souterraines constitue
également une menace potentielle pour l’habitat de
la cordulie de Hine. Les zones sèches contenant
l’aquifère qui alimente les terres humides de Minesing
sont composées principalement de formations de
sable et de gravier perméables. Par conséquent, la
source d’eau approvisionnant la partie est des terres
humides des Minesing pourrait être contaminée par
la gestion des éléments nutritifs et des pesticides
agricoles, des champs d’épuration défectueux ou
dégradés et des pressions potentielles et futures liées
au développement.
25
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Couleuvre à petite tête
couleuvre à petite tête est plus courte (de 38 à 51 cm)
que ces deux espèces; elle est aussi beaucoup plus
docile et ses rayures latérales ont une disposition
unique. Cette dernière caractéristique facilite son
identification.
Photo : © Daniel W. A. Noble
Répartition
Nom scientifique
Thamnophis butleri
Taxon
Reptiles
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
On trouve la plupart des populations de cette
espèce dans des habitats dispersés reliques de petite
superficie. La plupart des populations sont isolées,
ce qui les rend vulnérables aux effets génétiques
négatifs liés à leur faible effectif et aux effets de la
stochasticité démographique. Les récents relevés
n’ont pas permis de trouver l’espèce à plusieurs
sites où elle était présente auparavant. La mortalité
sur les routes, la perte continue de l’habitat et la
fragmentation constituent également des menaces
pour cette petite couleuvre spécialiste.
Information sur l’espèce
La couleuvre à petite tête (Thamnophis butleri)
est une petite couleuvre docile, à trois rayures
longitudinales jaunes sur fond brun foncé. La
couleuvre à petite tête a été décrite pour la première
fois en 1889 par E.D. Cope. Comme la plupart des
autres petits reptiles canadiens, cette espèce a été
peu étudiée. On la confond souvent avec deux autres
espèces du genre Thamnophis présentes dans la
même aire de répartition, soit la couleuvre rayée (T.
sirtalis) et la couleuvre mince (T. sauritus). Mais la
26
Parmi toutes les couleuvres présentes en Amérique
du Nord, la couleuvre à petite tête a l’une des plus
petites aires de répartition mondiale. Cette aire de
répartition est éparse et confinée au sud‑ouest de
l’Ontario et à des parties de quatre États américains
de la région des Grands Lacs (Wisconsin, Ohio,
Indiana et Michigan). En Ontario, l’espèce est
présente dans l’ouest des comtés d’Essex et de
Lambton, entre Amherstburg et Errol, et dans
des localités isolées à Skunk’s Misery (comtés de
Lambton et de Middlesex), à Parkhill (comté de
Middlesex) et au marais Luther (comtés de Dufferin
et de Wellington). L’aire de répartition canadienne de
la couleuvre à petite tête représente environ 16 % de
son aire de répartition mondiale.
Habitat
Les anciens champs agricoles, les sites perturbés,
les sites urbains et industriels, et les prairies d’herbes
hautes constituent l’habitat caractéristique de la
couleuvre à petite tête. Parmi les éléments de son
habitat essentiel figure un couvert dense d’herbes
ou de graminées, associé à une épaisse couche de
chaume, et des vers de terre en abondance, dont
elle se nourrit. On peut trouver cette couleuvre à
proximité de petits plans d’eau (y compris des marais
et des baissières qui s’assèchent en période estivale),
dans les quelques terrains vacants (dont des terrains
industriels) et les parcs des milieux urbains, et dans
des reliquats de prairies d’herbes hautes. Il est difficile
de trouver l’espèce dans son habitat de prédilection
en dehors de la période d’accouplement; elle est donc
plus souvent observée sous des roches et des débris.
Bien qu’aucun site d’hibernation n’ait été directement
observé au Canada, on suppose que ce serpent
passe l’hiver dans les terriers de petits mammifères,
des fourmilières, des matériaux de remblai lâche ou
des trous d’écrevisses.
Une perte d’habitat a eu lieu dans la région de
Windsor-Sarnia ces trois dernières décennies, à cause
de l’urbanisation et de l’exploitation agricole. L’habitat
du T. butleri à Skunk’s Misery a été perdu en raison de
l’exploitation agricole et de la succession forestière,
tandis que l’habitat au marais Luther pourrait s’être
étendu.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Aire de répartition canadienne de la couleuvre à petite tête.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2010, une gracieuseté de J Choquette et D. Noble.
Biologie
Taille et tendances des populations
Dans le sud-ouest de l’Ontario, la couleuvre à
petite tête est généralement active d’avril à octobre.
L’accouplement a lieu tôt au printemps et de huit à dix
petits naissent de juin à septembre. On estime que la
couleuvre à petite tête atteint sa maturité sexuelle à
deux ans et que la durée de génération est de quatre
ans. Ce reptile se nourrit surtout de vers de terre, ce
qui soulève certaines questions, car cette source de
nourriture n’est apparue dans son aire de répartition
actuelle qu’au moment de la colonisation européenne.
On ne dispose d’aucune mention des prédateurs de la
couleuvre à petite tête, mais on suppose qu’elle a les
mêmes prédateurs que les autres espèces du genre
Thamnophis.
La couleuvre à petite tête est présente dans quatre
« régions ». Elle peut parfois sembler localement
abondante, étant facilement observée à quelquesunes de ses localités historiques. Dans la région la
plus étendue, celle de Windsor-Sarnia, 32 % des
localités, y compris celle où la population est la
plus importante (localité 18) ont disparu ou aucune
observation fiable du T. butleri n’y a été faite depuis
au moins une décennie. On présume un déclin global
du nombre de localités du T. butleri dans cette région,
malgré la découverte de « nouvelles » localités. En
2009, on a estimé la taille de la population de
2 localités : celle-ci a été établie à 105 adultes dans la
localité 22, à Windsor et à 240 adultes dans la localité
41, à Sarnia. D’importants projets d’exploitation visent
les deux sites et ils risquent d’avoir des répercussions
négatives sur le T. butleri. Au marais Luther, des
recherches intensives ont mené à une expansion de
la zone connue pour être occupée par cette espèce.
À Skunk’s Misery, l’habitat semble avoir beaucoup
rapetissé et l’espèce n’a été l’objet d’aucune mention
depuis plus de deux décennies, malgré plusieurs
recherches ciblées et malgré qu’elle ait été une
La majorité des couleuvres à petite tête composant
une population se déplacent relativement peu. Leur
rayon d’activité maximal est inférieur à 1 ha et leur
distance moyenne de déplacement est de 300 m. On
a observé un faible pourcentage d’individus qui se
déplacent sur des distances beaucoup plus grandes.
27
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
espèce courante dans le secteur par le passé. À
Parkhill, la seule mention de la couleuvre à petite tête
date de 1992. Dans une cinquième région, le parc
provincial Rondeau, l’espèce n’a pas été signalée
depuis plus de 60 ans et elle n’y est plus présente.
Facteurs limitatifs et menaces
La répartition discontinue actuelle de la couleuvre
à petite tête laisse supposer que son aire de
répartition historique était beaucoup plus étendue que
maintenant. Les pratiques agricoles et l’urbanisation
croissante constituent les principales limites à la
survie de l’espèce et ont contribué à la perte de
la plus grande partie de l’habitat potentiel de la
couleuvre à petite tête au Canada. L’habitat disponible
diminue toujours et il se fragmente de plus en plus
en petites parcelles isolées. Cette perte et cette
fragmentation constantes de l’habitat constituent
les principales menaces pour l’espèce. La capture
illégale d’individus pour le commerce des animaux
exotiques a probablement lieu dans certaines régions.
Le commerce de cette espèce n’est pas courant, mais
elle est capturée pour des collections personnelles.
On ignore à quel point cette menace est grave. On a
enregistré beaucoup d’individus tués sur les routes en
Ontario, mais les effets de ces morts sur la taille des
populations n’ont pas été évalués.
Importance de l’espèce
Dans l’ensemble du Canada, l’aire de répartition
de la couleuvre à petite tête se limite à quatre régions
situées en Ontario, ce qui représente 16 % de son aire
de répartition mondiale. L’espèce observée en Ontario
présente des caractères morphologiques uniques
que l’on ne retrouve pas dans les populations des
États‑Unis. Les grandes similarités entre le
T. butleri et deux autres couleuvres du même genre
(T. brachystoma et T. radix) laissent penser qu’une
spéciation est toujours en cours.
La couleuvre à petite tête est l’une des trois
espèces de Thamnophis présentes dans le sud de
l’Ontario. L’Ontario est la seule région du Canada à
l’est de la Saskatchewan où on trouve trois espèces
28
de couleuvres étroitement apparentées. Leur
coexistence est donc intéressante à la fois du point
de vue de la diversité biologique que pour l’occasion
d’observer comment l’habitat et les ressources
alimentaires se répartissent entre les espèces. Le
régime alimentaire spécialisé de la couleuvre à petite
tête soulève d’intéressantes questions sur les plans
de l’évolution et de l’écologie.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La couleuvre à petite tête a été désignée espèce
« en voie de disparition » par le Comité sur la situation
des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et
espèce « menacée » par le Comité de détermination
du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO).
Depuis 2003, elle figure sur la liste des espèces
menacées en vertu de la Loi sur les espèces en péril
du Canada. En 2007, l’espèce a été inscrite sur la
liste des espèces menacées par le ministère des
Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO). Depuis
2008, l’espèce Thamnophis butleri est protégée
en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie
de disparition (LEVD) de l’Ontario, mais non son
habitat. Le règlement sur la protection des habitats
pris en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en
voie de disparition de l’Ontario entrera en vigueur
en 2013. La chasse et le piégeage de cette espèce
sont réglementés en vertu de la Loi de 1997 sur la
protection du poisson et de la faune de l’Ontario.
En date de 2009, environ 40 % de l’habitat de
la couleuvre à petite tête en Ontario se trouvait
dans des régions bénéficiant de divers degrés de
protection, bien que l’exploitation qui touche les
zones environnantes accentue la fragmentation des
populations.
Aux États-Unis, la couleuvre à petite tête est
considérée « gravement en péril » (Critically imperiled)
en Indiana, « vulnérable » (Vulnerable) au Wisconsin,
« apparemment non en péril » (Apparently Secure) au
Michigan et elle est non classée (unranked) en Ohio.
À l’échelle mondiale, la couleuvre à petite tête est
classée dans la catégorie G4 (non en péril).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © David Richardson
Dégélie plombée
Nom scientifique
Degelia plumbea
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse,
Terre-Neuve-et-Labrador
longitudinales et des lignes en forme de croissants qui
lui confèrent souvent un aspect festonné. Le dessous
du thalle comporte un feutrage fongique (hypothalle)
bien visible, généralement noir-bleu, qui dépasse
de la marge du thalle. L’espèce ne produit pas de
propagules végétatives. Les organes de reproduction
sexuée sont généralement présents en abondance.
Ces organes sont brun-rouge et deviennent souvent
plus foncés avec l’âge. Ils renferment des sacs
sporifères (asques) contenant chacun huit ascospores
ovoïdes, incolores, non cloisonnées. L’organisme
photosynthétique du lichen appartient au genre
Nostoc; c’est le genre de cyanobactéries qui est le
plus commun chez les lichens.
Répartition
La dégélie plombée, tout comme l’érioderme
boréal (Erioderma pedicellatum), est un des lichens
qui se rencontrent à la fois dans l’est de l’Amérique
du Nord et dans l’ouest de l’Europe. En Amérique
du Nord, l’espèce ne se rencontre que sur la côte
est et notamment dans trois provinces canadiennes,
le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse ainsi
que Terre-Neuve-et-Labrador (île de Terre-Neuve
seulement). La dégélie plombée est relativement
Justification de la désignation
Au Canada, ce lichen ne se trouve que dans la
région de l’Atlantique. L’espèce est très rare au
Nouveau-Brunswick, peu commune à Terre-Neuve,
mais plus fréquente en Nouvelle-Écosse. Ce lichen
épiphyte pousse principalement sur des feuillus
dans des régions boisées et est vulnérable aux
perturbations ayant pour effet une réduction de
l’humidité de son habitat. L’espèce est également très
sensible aux pluies acides. L’exploitation forestière
représente une menace pour l’espèce par le retrait
direct ou la création d’un effet de lisière, menant ainsi
à une réduction de l’humidité au sein du peuplement.
À Terre-Neuve, le broutage de l’arbre hôte du lichen
par une densité élevée d’orignaux est également une
source de préoccupation. La pollution atmosphérique
est une menace, particulièrement au NouveauBrunswick, mais également en Nouvelle-Écosse.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La dégélie plombée (Degelia plumbea) est un grand
lichen foliacé gris-bleu. Le thalle peut mesurer plus
de dix centimètres de diamètre et présente des crêtes
Aire de répartition actuelle de la dégélie plombée au
Canada et dans le Maine (USA).
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
29
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
commune en Nouvelle-Écosse, peu commune à TerreNeuve et rare au Nouveau-Brunswick. Aux États-Unis,
l’espèce n’a été signalée que dans deux localités du
Maine.
Habitat
La dégélie plombée se rencontre généralement sur
le tronc de vieux feuillus poussant en milieu humide
ou à proximité de lacs ou de cours d’eau. Au Canada
et dans le nord-ouest de l’Europe, le lichen pousse
dans des zones côtières à climat subocéanique,
mais également à une certaine distance de la mer,
dans des vallées humides. L’espèce préfère les forêts
fraîches et humides mixtes ou dominées par les
feuillus. La dégélie plombée semble privilégier les
feuillus mûrs et particulièrement les érables, les frênes
et le bouleau jaune. Au Nouveau-Brunswick, dans
deux des trois occurrences connues, le lichen pousse
sur le thuya occidental. À Terre-Neuve, il pousse
principalement sur le bouleau jaune mais pousse
aussi, très occasionnellement, sur l’épinette blanche.
À la limite nord de sa répartition en Nouvelle-Écosse,
la dégélie plombée a été trouvée à une occasion sur
des roches couvertes de mousses.
Biologie
La dégélie plombée appartient au groupe des
cyanolichens, qui réunit les lichens constitués d’un
champignon et d’une cyanobactérie. La cyanobactérie
fournit les glucides et les acides aminés nécessaires
à la croissance du lichen, en accomplissant la
photosynthèse et en fixant l’azote atmosphérique. La
dégélie plombée se reproduit au moyen d’apothécies
qui éjectent des spores dans l’air. Lorsqu’une de ces
spores atterrit sur un substrat adéquat et rencontre
une cyanobactérie compatible du genre Nostoc, un
nouveau lichen s’établit.
Taille et tendances des populations
Il existe actuellement au Canada 100 occurrences
de la dégélie plombée, soit 88 occurrences réunissant
771 thalles en Nouvelle-Écosse, 3 occurrences
réunissant 61 thalles au Nouveau-Brunswick et
8 occurrences en milieu naturel réunissant plus de
102 thalles à Terre-Neuve. Dans cette province,
l’espèce compte une neuvième occurrence, située
dans le parc Sir Robert Bond, avec 821 thalles
poussant sur des arbres exotiques. Aux États-Unis,
l’espèce compte seulement deux occurrences, au
Maine; une de celles-ci se trouve à l’île Mount Desert
et compte un seul thalle, tandis que l’autre se trouve
30
dans le parc d’État de la baie Cobscook, près de la
frontière du Nouveau-Brunswick. Aux fins du présent
rapport, l’« occurrence » est un site qui abrite l’espèce
et est situé à plus de 1 km de toute autre occurrence.
Certaines observations semblent indiquer un déclin des
populations, particulièrement au Nouveau-Brunswick
(dans les îles Grand Manan et Campobello) ainsi
qu’au Maine. Une tendance de l’espèce à devenir rare
ou même à disparaître a également été notée dans
d’autres pays. Par exemple, dans le sud-ouest de la
Suède, la dégélie plombée est encore commune dans
certains sites, mais elle est disparue de nombreux sites
où elle a déjà été présente. L’espèce est également
disparue du Luxembourg et de nombreuses localités
de France, d’Afrique du Nord et d’Europe de l’Est.
Menaces et facteurs limitatifs
La dégélie plombée privilégie les localités où
l’humidité est élevée. La plupart des sociétés de bois
de sciage et de bois à pâte exploitent en priorité les
forêts dominées par les sapins, les épinettes et les
pins et évitent les secteurs marécageux. De plus,
certaines règles de protection des rivages ont aidé à
maintenir l’habitat de la dégélie plombée. Cependant,
toute discontinuité du milieu forestier provoquée
par la récolte des arbres a pour effet d’accroître
l’éclairement et de diminuer l’humidité dans l’habitat
de l’espèce. Ce facteur a nui et continuera de nuire
à la persistance de l’espèce en Nouvelle-Écosse. En
raison de ses préférences en matière de substrat et
d’autres caractéristiques du milieu, la dégélie plombée
a généralement été épargnée par la récolte directe. Le
développement de la construction de maisons et de
chalets ainsi que certains changements d’orientation
de l’industrie forestière, dans le sens d’une exploitation
accrue de la biomasse, risquent également de créer
des ouvertures dans des forêts ayant jusqu’alors
fourni un habitat à la dégélie plombée. On reconnaît
actuellement la nécessité d’appliquer des mesures
à l’échelle des paysages, mais il n’existe encore
aucune stratégie visant à protéger les communautés
lichéniques dont fait partie la dégélie plombée.
En Nouvelle-Écosse, il existe plus de 80 occurrences
actuelles de la dégélie plombée, et, pour les raisons
déjà mentionnées, il est peu probable que l’espèce
disparaisse des comtés où elle est actuellement
présente. Cependant, le nombre des occurrences
pourrait bien diminuer au cours des dix prochaines
années, si la destruction des forêts se poursuit au
rythme actuel. Les changements microclimatiques
se produisant en bordure des parterres de coupe
risquent de nuire à l’espèce. La dégélie plombée se
rencontre le plus souvent sur les feuillus des baissières
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
à érable rouge, et il y aura sans doute de plus en
plus de travaux forestiers à l’intérieur ou à proximité
de ces milieux, à mesure que gagnera en popularité
l’exploitation de la biomasse forestière pour la
production d’électricité. Jusqu’à présent, on n’a
pas cartographié les baissières à érable rouge de la
province, et on n’a pas envisagé leur protection.
Terre-Neuve semblent indiquer que cette fréquence
a connu une diminution appréciable au cours des
dernières décennies. Comme la dégélie plombée est
particulièrement sensible aux changements du régime
d’humidité, elle pourrait souffrir d’une fréquence
moindre de la brume.
La dégélie plombée est beaucoup plus rare au
Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve. À Terre-Neuve,
certaines occurrences se trouvent dans des parcelles
où la récolte commerciale était jusqu’à récemment
approuvée. De plus, dans cette province, l’abattage
de feuillus mûrs comme bois de chauffage ainsi que
le broutage dû aux grandes populations d’orignaux
limiteront la disponibilité future de vieux bouleaux
jaunes, principaux hôtes du lichen.
Protection, statuts et classements
Comme les autres cyanolichens, la dégélie
plombée est très sensible à la pollution atmosphérique
et aux pluies acides. Les émissions de substances
polluantes acidifiantes devraient diminuer dans l’est
de l’Amérique au cours des 12 prochaines années,
mais certains projets de développement industriel
risquent d’accroître ces émissions dans certains
secteurs de Terre-Neuve, du Nouveau-Brunswick et
de Nouvelle-Écosse. Ces projets pourraient constituer
une menace pour les populations existantes du lichen.
Le changement climatique constitue une autre
menace. Des analyses préliminaires sur la fréquence
de la brume le long de la côte atlantique de NouvelleÉcosse et sur la presqu’île d’Avalon du sud-est de
Aucune des provinces canadiennes n’a encore
attribué un statut de protection à la dégélie plombée,
mais celle-ci figure sur la liste (jaune) des lichens
sensibles de Nouvelle-Écosse, qui compte
14 espèces. Des fonds ont récemment été affectés à
la conservation de l’espèce à Terre-Neuve. Le fait que
l’espèce se trouve dans deux parcs provinciaux et
trois zones sauvages protégées de Nouvelle-Écosse
garantit que l’exploitation forestière ne constituera
pas une menace pour l’espèce à tout le moins dans
ces secteurs. Dans tout le Canada atlantique, aucune
loi ni aucun règlement ne protègent les milieux
marécageux constituant l’habitat de l’espèce. À TerreNeuve, la dégélie plombée jouit d’une protection dans
le parc Sir Robert Bond. Ailleurs, des zones tampons
riveraines sont imposées aux projets d’exploitation
forestière commerciale, mais ces zones sont
modestes (environ 20 à 50 m), et il est improbable
qu’elles protègent adéquatement le macrohabitat et le
microhabitat de la dégélie plombée ainsi que d’autres
lichens rares tels que l’érioderme boréal et l’érioderme
mou.
31
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Photo : © Gordon Court
Effraie des clochers - Population
de l’Ouest
Nom scientifique
Tyto alba
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
L’ouest du Canada abrite une petite partie de
la population mondiale de ce rapace nocturne
charismatique qui s’attaque aux petits rongeurs.
Comme l’espèce ne tolère pas les climats froids ni
une épaisse couverture de neige, les populations au
Canada sont restreintes à certaines parties du sud de
la Colombie-Britannique et du sud-ouest de l’Ontario.
La population de l’ouest en Colombie-Britannique est
petite et est menacée par la perte et la dégradation
continues de l’habitat de prairie et d’anciens champs
agricoles en raison d’une agriculture intensive et de
l’urbanisation et par la conversion de vieilles granges
de bois et d’autres bâtiments ruraux en structures
plus modernes. Cette effraie est également exposée
à des taux de plus en plus élevés de mortalité le long
des routes, à cause de l’expansion du réseau routier
et de l’augmentation de la circulation automobile.
Information sur l’espèce et importance
de l’espèce
L’Effraie des clochers (Tyto alba) est une chouette
de taille moyenne qui a de longues pattes, un disque
32
facial distinctif en forme de coeur et des yeux foncés.
La partie supérieure du corps est de couleur rousse,
dorée ou fauve vermiculée de gris et présente de
minuscules taches blanches et noires. La partie
inférieure du corps est de couleur blanche à fauve et
varie de non mouchetée à fortement mouchetée de
brun ou rouille foncé. Les plumes de vol des ailes et
de la queue présentent des bandes brun foncé.
À l’intérieur de ses tolérances climatiques dans
son aire de répartition, l’Effraie des clochers constitue
un bon indicateur écologique des prairies indigènes
et agricoles. Comme elle est associée à l’agriculture
mixte traditionnelle en petites exploitations,
les tendances de ses populations traduisent
l’intensification de l’agriculture. L’espèce a décliné
à l’échelle mondiale en raison de la perte d’habitat,
de produits chimiques toxiques, de perturbations
humaines et d’hivers rigoureux. À titre de prédateur
de populations de rongeurs, elle présente un avantage
économique pour les agriculteurs. De plus, l’Effraie
des clochers est une espèce populaire qui émeut le
public.
Répartition
L’Effraie des clochers est un des oiseaux terrestres
qui a la plus vaste répartition puisqu’on le trouve sur
tous les continents sauf l’Antarctique. Au nord, sa
répartition est limitée par les basses températures
hivernales. Par conséquent, en Amérique elle niche
par endroits dans certaines parties du sud du Canada
et du nord des États-Unis, mais elle est beaucoup plus
commune, voire omniprésente, plus au sud, soit dans
le sud des États-Unis, le Mexique et l’Amérique du
Sud.
Il existe deux populations (unités désignables) au
Canada. La population de l’Ouest est résidente toute
l’année dans le sud de la Colombie-Britannique,
surtout dans le coin sud-ouest de la province. Elle
est présente par endroits dans le sud est de l’île de
Vancouver, de Victoria à Nanaimo, et elle est rare plus
au nord jusqu’à Campbell River ainsi que dans les
îles Gulf. Elle est la plus commune dans la vallée du
Fraser jusqu’à Hope à l’est, alors que sa présence
est rare et sporadique dans le centre-sud de la
province. La population de l’Est est très petite : on
trouve sporadiquement l’espèce dans le sud-ouest
de l’Ontario (habituellement à moins de 50 km des
Grands Lacs d’aval). Aucune preuve concluante de la
nidification de l’espèce n’a été signalée au Québec.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Tailles et tendances des populations
En Colombie-Britannique, la population de l’Ouest
compte de 250 à 1 000 individus matures, l’estimation
la plus basse étant probablement la plus près de la
réalité. En Ontario, la population de l’Est ne compte pas
plus d’environ 20 individus matures. Il n’existe pas de
données détaillées sur les tendances des populations,
mais les deux populations diminuent sans doute de
concert avec le déclin de l’habitat de nidification et
d’alimentation.
Facteurs limitatifs et menaces
Aire de répartition nord américaine de l’effraie des
clochers.
Source : “Birds of North America Online”
http://bna.birds.cornell.edu/bna, Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY.
Habitat
L’Effraie des clochers a besoin de paysages qui
offrent des milieux favorables à l’alimentation de ses
principales proies (campagnols et souris) et des sites où
elle peut nicher. Les vieux champs, les champs de foin,
les pâturages grossiers, les abords de routes herbeux et
les marais herbeux constituent ses principaux habitats
d’alimentation. L’Effraie des clochers niche dans toutes
sortes d’endroits naturels ou artificiels : cavités dans
des arbres vivants ou morts, cheminées, plates-formes
élevées dans les granges, silos, hangars, châteaux
d’eau, ponts, viaducs, greniers et nichoirs.
Biologie
L’Effraie des clochers commence à se reproduire
à l’âge d’un an, mais elle ne vit que 2 ou 3 ans en
moyenne. Dans les régions tempérées comme le
Canada, elle produit rarement deux couvées la même
année, ce qui arrive habituellement lorsque ses proies
sont très abondantes. La taille des couvées varie
selon la latitude, habituellement de quatre à huit œufs.
Les jeunes deviennent autonomes au bout d’environ
120 jours. Là où il y a suffisamment de milieux
favorables à son alimentation et un lien avec une
population source, l’Effraie des clochers peut profiter
des programmes de nichoirs, mais le succès de ces
programmes varie d’une région à l’autre.
La perte d’habitat d’alimentation attribuable aux
changements marqués des pratiques agricoles et à
d’autres utilisations du sol menace les populations
de l’Est et de l’Ouest. La disponibilité des sites de
nidification a aussi considérablement diminué puisque
de nombreux vieux bâtiments de ferme ouverts en
bois ont été remplacés par des bâtiments de métal
modernes et fermés. Cette tendance a été plus ou
moins atténuée par de récents programmes de nichoirs;
ces programmes ont connu un certain succès en
Colombie-Britannique mais pas en Ontario. Les Effraies
des clochers sont particulièrement susceptibles à la
mortalité sur les routes. Enfin, comme les Effraies des
clochers sont peu adaptées aux basses températures
et à la neige épaisse, les épisodes hivernaux rigoureux
en limitent les populations au Canada.
Protection actuelle
L’Effraie des clochers n’est pas visée par la Loi sur
la Convention concernant les oiseaux migrateurs du
gouvernement fédéral. En avril 1999, le COSEPAC
a évalué la population de l’Ouest et l’a désignée
espèce préoccupante; elle est actuellement inscrite
comme telle à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en
péril (LEP) du gouvernement fédéral. Les interdictions
prévues dans la LEP ne s’appliquent cependant pas
aux espèces préoccupantes. L’Effraie des clochers,
ses œufs et ses nids actifs sont protégés en ColombieBritannique par la Wildlife Act.
En avril 1999, le COSEPAC a évalué la population de
l’Ouest et l’a désignée espèce en voie de disparition;
elle est actuellement inscrite comme telle à l’annexe
1 de la LEP, ce qui protège les individus et leur
résidence sur les terres fédérales. En Ontario, l’Effraie
des clochers est désignée espèce en voie de disparition
en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de
disparition de la province. Elle est également protégée
à titre d’« oiseau spécialement protégé » en vertu de
la Loi sur la protection du poisson et de la faune de
l’Ontario.
33
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Gomphe olive
Photo : © Jim Johnson
l’abdomen est noir avec une tache dorsale jaune sur
chaque segment et du jaune sur les côtés. La larve
est allongée et se reconnaît à ses crochets fouisseurs
vestigiaux sur les tibias (partie médiane des pattes)
antérieurs. Toutes les mentions de larves de gomphe
olive au Canada sont fondées sur la découverte
d’exuvies (dépouilles larvaires abandonnées par les
adultes au moment de leur émergence) sur les rives.
Nom scientifique
Stylurus olivaceus
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette libellule riveraine est extrêmement rare et a
des yeux bleus remarquables. Elle n’est connue que
dans cinq localités situées dans trois régions séparées
de la Colombie-Britannique. Elle est restreinte à de
petites zones le long de rivières chaudes des basses
terres et peu souvent à des lacs où la qualité de
l’habitat continue à connaître un déclin. Les menaces
incluent la perte et la perturbation de l’habitat en
raison des activités humaines, telles que les loisirs de
plage, les répercussions de la présence d’espèces
envahissantes de poissons et de plantes aquatiques
ainsi que la pollution causée par les pesticides et les
engrais nutritifs.
Le gomphe olive est le seul représentant du
genre Stylurus en Colombie-Britannique. Dans cette
province, seulement quelques espèces d’odonates
(demoiselles et libellules) se développent dans des
cours d’eau. Cette espèce pourrait être un bon
indicateur de l’état des écosystèmes riverains pour
les rivières mésotrophes chaudes de plaine alluviale –
un type d’habitat rare dans la province.
Répartition
Le gomphe olive se rencontre en populations
isolées dans l’ouest de l’Amérique du Nord depuis
le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’en
Idaho, en Utah, au Nevada et en Californie, en
passant par l’intérieur de l’État de Washington et
l’Oregon. En Colombie-Britannique (Canada), il est
présent dans cinq localités réparties dans trois régions
distinctes, soit la rivière South Thompson, le ruisseau
Christina et la vallée de l’Okanagan (trois localités).
Les recherches intensives sur l’espèce effectuées
récemment indiquent que le gomphe olive est rare
à l’échelle de son aire de répartition au Canada.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le gomphe olive est une libellule de la famille des
Gomphidés. Les adultes mesurent de 56 à 60 mm
de longueur. Les yeux sont largement séparés, et
l’extrémité de l’abdomen est dilatée, en particulier
chez les mâles. Les ailes sont transparentes.
Le thorax est vert-gris avec de larges bandes
mésothoraciques antérieures brunes, tandis que
34
Aire de répartition canadienne du gomphe Olive. Les
sites potentiels qui ont été inventoriés sans succès sont
aussi illustrés.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Habitat
Les larves vivent enfouies dans le fond vaseux ou
sableux de rivières ou de ruisseaux, rarement le long
des rives de lacs. Les rivières dans lesquelles l’espèce
se développe peuvent être aussi larges que le cours
inférieur du Columbia en aval de Portland, en Oregon,
tandis que les ruisseaux peuvent être aussi étroits que
le ruisseau Christina (10 m). Comme les exigences
larvaires de l’espèce en matière d’habitat demeurent
méconnues, il est difficile de déterminer s’il y a eu
un déclin de la qualité ou de la quantité de l’habitat.
La canalisation d’une grande partie de la portion
canadienne de la rivière Okanagan au cours des
années 1950 a probablement entraîné une réduction
de la quantité et de la qualité de l’habitat de l’espèce.
À part certains tronçons dont les rives ont subi les
effets de l’exploitation agricole, du transport et de
l’expansion résidentielle, la rivière South Thompson a
conservé un aspect relativement naturel. Le ruisseau
Christina a de façon générale conservé son aspect
naturel.
Biologie
Les larves sont prédatrices et vivent pendant
environ deux ans enfouies dans les sédiments du
cours d’eau ou du lac où elles ont vu le jour, se
nourrissant de divers invertébrés benthiques. Les
adultes, comme les autres libellules, consomment
une grande variété de petits insectes volants. En
Colombie-Britannique, ils sont présents du milieu de
juillet au milieu d’octobre. Les mâles volent au-dessus
des zones d’eau libre, et non le long des rives. Les
femelles déposent leurs œufs à la surface de l’eau.
Les adultes se reposent parmi la végétation riveraine
(herbacées vivaces, arbustes ou arbres), parfois
directement sur le sol.
Taille et tendances des populations
Notre méconnaissance des populations présentes
en Colombie-Britannique nous empêche d’en évaluer
la taille de façon précise. La série de données utilisée
dans le présent rapport se rattache aux données
de capture de 31 spécimens et à 26 mentions
d’observations visuelles. Chaque mention peut se
rapporter à plus d’un individu. Les nombres totaux de
spécimens connus s’établissent de 18 adultes et à
69 exuvies larvaires. On estime de façon spéculative
que la population canadienne totale compte entre
2 500 et 90 000 individus, répartis comme suit :
Christina Creek, < 500 individus; vallée de l’Okanagan,
de 1 000 à 50 000 individus; rivière South Thompson,
de 1 000 à 40 000 individus. Du fait de l’étendue
considérable de leurs intervalles, ces estimations sont
insatisfaisantes. Des dénombrements plus exhaustifs
des exuvies s’imposent pour obtenir des estimations
plus fiables des populations.
Même si la probabilité d’observer les adultes est
faible, ceux-ci volant généralement au-dessus des
zones d’eau libre et se reposant hors de vue dans
les arbres, le S. olivaceus demeure indiscutablement
une espèce rare en Colombie-Britannique. On
ne dispose d’aucune information fiable sur les
tendances démographiques de l’espèce en ColombieBritannique, mais la persistance à long terme des
populations laisse croire qu’elles sont stables.
Menaces et facteurs limitatifs
La canalisation des cours d’eau a entraîné
l’altération d’une grande partie de l’habitat
du gomphe olive dans le sud de la vallée de
l’Okanagan. L’expansion urbaine et résidentielle et
l’aménagement de marinas et d’infrastructures de
transport, la pollution générée par les bateaux à
moteur et les perturbations occasionnées par les
baigneurs aux plages les plus achalandées ont tous
des répercussions éventuelles pour la survie des
larves. L’introduction de poissons exotiques a altéré
l’écologie des bassins de la rivière Okanagan et du
ruisseau Christina. Ces poissons sont également
d’importants prédateurs de larves d’odonates. Les
deux bassins versants ont également été envahis par
le myriophylle à épi, une plante aquatique agressive
qui modifie les milieux aquatiques.
L’exploitation du territoire, les pratiques agricoles,
le ruissellement d’eaux pluviales, les réseaux d’égout,
l’exploitation forestière et les activités touchant les
parcours naturels et divers autres activités sont autant
de sources de pollution. Les pesticides constituent
une menace potentielle dans le sud de la vallée de
l’Okanagan, car la rivière Okanagan traverse de
nombreux vergers et vignobles. Même si la mise en
place au cours des années 1980 de pratiques de
traitement tertiaire des eaux usées dans toutes les
principales agglomérations urbaines a permis de
réduire considérablement les concentrations des
principaux éléments nutritifs dans les eaux usées,
l’eutrophisation causée par le lessivage des terres
cultivées et les eaux usées demeure une importante
source de préoccupation dans la vallée de l’Okanagan
et le long de la rivière Thompson.
35
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Protection, statuts et classifications
À l’échelle mondiale, le gomphe olive a été classé
par NatureServe dans la catégorie des espèces
apparemment non en péril à l’échelle mondiale
(apparently secure, G4) mais susceptibles de
devenir préoccupantes. Pour sa part, le Centre de
données sur la conservation (Conservation Data
Centre) de la Colombie-Britannique l’a désigné
« en péril » (imperiled, S1S2). Selon le cadre de
conservation (Conservation Framework) du ministère
36
de l’Environnement de la Colombie-Britannique,
le gomphe olive est coté 1 (cote de priorité la plus
élevée). Enfin, il est désigné « potentiellement en péril
» (May be at risk) aux échelles nationale et provinciale
en vertu du Programme sur la situation générale
des espèces sauvages au Canada. La plupart des
parcs provinciaux compris dans l’aire de répartition
de l’espèce comprennent des lacs qui sont rarement
occupés par l’espèce et qui sont gérés principalement
à des fins récréatives. Seules quelques aires
protégées englobent les rivières constituant l’habitat
principal du gomphe olive.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Répartition
Photo : © Denis Doucet
Gomphe ventru
Nom scientifique
Gomphus ventricosus
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Nouveau-Brunswick
L’aire de répartition mondiale du gomphe ventru
se limite à l’Amérique du Nord, à l’est du Mississippi
et de la rivière Rouge; elle s’étend au nord jusqu’à
la rivière à la Pluie et au sud jusqu’au Tennessee. Au
Canada, le gomphe ventru a été signalé par le passé
en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec, et il
est actuellement bien connu dans une localité le long
de la rive sud de la rivière Saint-Jean au NouveauBrunswick; il est possible qu’il se reproduise dans
deux autres localités du Nouveau-Brunswick.
Habitat
Le gomphe ventru est un spécialiste des grands
cours d’eau propres, au débit moyen à faible et au
substrat fin, présentant habituellement une forte
teneur en limon et/ou en argile. De tels milieux sont
habituellement limités à certains segments de grands
cours d’eau qui traversent des sols riches en pente
douce; il s’agit d’un type d’habitat relativement
rare dans le sud-est du Canada. En effet, il est
particulièrement rare de trouver dans cette région
des cours d’eau aux eaux limpides, car ceux-ci
baignent souvent dans des paysages agricoles.
L’habitat de la plus importante population connue est
vraisemblablement en déclin.
Justification de la désignation
Cette libellule rare de grandes rivières à eaux
propres et à débit variant de lent à moyen,
composées d’un lit de sable fin, de limon ou d’argile,
n’est connue actuellement que dans trois localités
au Canada. Elle est disparue de deux autres rivières
depuis plus de 60 ans. La plus grande population fait
l’objet de plusieurs menaces qui, de façon cumulative,
mènent à une diminution de la qualité de l’habitat.
Information sur l’espèce
Le gomphe ventru est l’une des espèces de
libellules les plus frappantes du Canada, en raison
de la protubérance quasi circulaire à l’extrémité d’un
abdomen qui est mince sur le reste de sa longueur.
Le gomphe ventru est brun foncé et noir, et il
présente des marques jaune vif sur la face dorsale de
l’abdomen, des marques jaune verdâtre sur le thorax,
des yeux vert foncé et des ailes transparentes.
Aire de répartition mondiale du gomphe ventru.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
37
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Biologie
Les œufs sont déposés dans l’eau, et les larves, qui
s’enfouissent peu profondément, prennent au moins
deux ans pour se développer avant l’émergence.
L’espèce a une émergence passablement synchrone,
qui survient durant les deux dernières semaines
de juin dans la majorité de son aire de répartition
canadienne, et dès la fin mai au centre du continent,
et elle vole jusqu’à la mi-août. Après l’émergence,
les individus s’envolent loin de la rivière pour une
longue période de maturation. Les adultes semblent
passer peu de temps près des eaux où ils ont émergé,
passant plutôt la majorité de leur vie dans la forêt
environnante.
On croit que les larves servent de nourriture aux
tortues, aux poissons et aux écrevisses, de même
qu’à d’autres insectes aquatiques prédateurs. Il
semble probable que la majorité de la mortalité
observée chez les adultes soit attribuable aux oiseaux
insectivores se nourrissant dans les forêts riveraines
et les clairières. D’après les observations d’espèces
connexes, les larves se nourrissent vraisemblablement
des petites créatures qui sont également présentes
dans ou sur le substrat qui constitue leur habitat.
Les adultes, quant à eux, se nourrissent de tous les
insectes ailés qu’ils peuvent trouver.
Taille et tendances des populations
On ignore l’effectif de l’espèce au Canada, mais
plusieurs centaines d’individus sont probablement
nécessaires pour maintenir chaque population.
Actuellement, la population canadienne serait stable,
mais elle a diminué de 40 % il y a une soixantaine
d’années.
Des recherches considérables menées au
Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, de
même qu’ailleurs dans l’est et le centre du Canada,
ont produit très peu de mentions de l’espèce, ce
qui laisse penser qu’elle est réellement très rare. Il
semble que les populations présentes sur la rivière
Saint-Jean (N.-B.) et, peut être, deux autres rivières
du Nouveau-Brunswick soient les seules populations
de l’espèce dont l’existence au Canada ne fait pas
de doute.
Facteurs limitatifs et menaces
La modification anthropique de l’habitat représente
la plus grande menace potentielle pour l’espèce. On
a observé que la qualité de l’eau où est présente la
population de la rivière Saint-Jean laissait à désirer.
L’eutrophisation de l’eau due à l’apport excessif de
38
nutriments par les eaux usées ou la sédimentation
due aux écoulements agricoles ou forestiers,
aux pesticides et aux herbicides, ainsi que les
déversements accidentels ou illégaux de produits
chimiques peuvent tuer les larves présentes dans
les rivières. On ne connaît pas de manière certaine
l’ampleur du problème que pose actuellement la
pollution. L’habitat terrestre est en déclin, mais des
déclins rapides et importants semblent improbables
dans un avenir rapproché.
Des espèces envahissantes peuvent modifier le
biote au détriment de l’espèce; ainsi, l’introduction
d’une certaine diatomée entraînerait probablement
la disparition de l’espèce. Des prédateurs, soutenus
par les humains qui leur offrent nourriture et/ou
abri, notamment divers oiseaux tels que le quiscale
bronzé, l’étourneau sansonnet et diverses hirondelles,
ces dernières nichant sous les ponts, peuvent avoir
un effet considérable sur les larves en émergence.
L’introduction délibérée ou involontaire d’organismes
aquatiques d’espèces supérieures peut représenter
une menace; ainsi, les écrevisses et certaines
espèces de poissons peuvent avoir des effets graves.
Les menaces potentielles directes pour l’espèce
comprennent la mortalité d’individus sur la route par
suite de collisions avec des véhicules, ainsi que la
perturbation de l’émergence par l’utilisation des eaux
à des fins récréatives et la construction le long des
berges. Pour ce qui est de l’utilisation des eaux à des
fins récréatives, les vagues produites par le passage
de bateaux durant les heures d’émergence peuvent
tuer les individus en émergence, mais l’importance de
cette menace est inconnue.
L’élévation du niveau de la mer représente un
impact potentiel grave sur l’habitat aquatique. Déjà, la
limite aval de la population de la rivière Saint-Jean est
située à moins de 5 km des eaux sous influence saline
et cette influence se déplacera en amont, ce qui aura
vraisemblablement des effets visibles au cours de la
prochaine décennie.
Importance de l’espèce
Cette espèce est un indicateur de vastes milieux
d’eau courante limpide, au substrat composé de
sable fin, d’argile ou de limon (relativement rare
au Canada), et on peut s’attendre à ce qu’elle soit
présente en compagnie d’autres espèces dont l’aire
de répartition est restreinte. La limite septentrionale
de son aire de répartition se trouve au Canada, et sa
viabilité globale peut dépendre d’un niveau d’impact
anthropique plus faible sur les eaux canadiennes que
sur les eaux situées plus au sud.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Les désignations de statut pour le gomphe ventru
reflètent la rareté de l’espèce dans l’ensemble de
son aire de répartition mondiale. NatureServe lui a
attribué la cote G3 (vulnérable) à l’échelle mondiale,
et sa cote nationale est N3 aux États-Unis et N1 au
Canada. Le classement général assigné à l’espèce
était 2 (« peut être » en péril) à l’échelle nationale et
pour toutes les provinces de son aire de répartition.
Aux États‑Unis, l’espèce figure dans toutes les listes
et tous les classements comme étant « rare ». Aucune
localité canadienne reconnue avec certitude pour
abriter l’espèce n’est visée par des mesures officielles
de protection de l’habitat.
39
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Haliplide de Hungerford
Photo : © Steve Marshall
Répartition
Le haliplide de Hungerford est endémique à la
région des Grands Lacs et environ 40 % de son
aire de répartition se trouve au Canada. Toutes les
populations canadiennes se trouvent en Ontario.
L’espèce est présente seulement dans cinq ruisseaux
répartis dans trois comtés (Emmet, Montmorency et
Presque Isle) du nord du Michigan et dans trois rivières
(Rankin, North Saugeen et Saugeen) dans le comté de
Bruce, en Ontario. Au cours des dix dernières années,
la disparition possible de l’un des trois sites a été
documentée.
Nom scientifique
Brychius hungerfordi
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Une relique probable du début de l’ère
postglaciaire, ce coléoptère aquatique est endémique
à la partie supérieure des Grands Lacs et est en
voie de disparition (Endangered) aux États-Unis. Au
Canada, l’espèce est restreinte à une petite zone et
n’est connue que dans 3 localités en Ontario. Cette
espèce a connu un déclin et pourrait être disparue
de la rivière North Saugeen. Elle est menacée par
des projets d’aménagement prévus dans les localités
des rivières North Saugeen et Saugeen et par des
altérations hydrologiques dans la localité de la rivière
Rankin. Elle est également menacée par des déclins
continus dans la qualité de l’eau en raison des
activités inhérentes à l’accroissement de la population
humaine, et ce, dans toutes les localités.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le Brychius hungerfordi ou haliplide de Hungerford
est un petit insecte de 3,7 à 4,4 mm de longueur. Il est
brun jaunâtre avec des rayures foncées irrégulières
sur le dos. Les larves sont longues et minces, et leur
abdomen se termine par un crochet recourbé distinctif.
40
Répartition mondiale du haliplide de Hungerford. Les
zones ombragées correspondent aux zones d’occurrence
mondiales et la zone ombragée en Ontario indique une
région d’occurrence possible, ce qui n’est pas le cas
pour la zone d’occurrence canadienne. Les points noirs
indiquent les localités connus.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Habitat
Le haliplide de Hungerford est un spécialiste des
cours d’eau de taille petite à moyenne caractérisés
par un débit modéré à rapide, une bonne aération,
des températures fraîches (entre 15 °C et 25 °C),
un substrat inorganique et une eau alcaline. Les
populations sont souvent présentes, mais pas
toujours, immédiatement en aval de ponceaux,
de barrages de castors et de digues construites
par l’homme. La présence d’algues du genre
Dichotomosiphon peut constituer un élément
essentiel de l’habitat, car les larves du coléoptère
semblent être très dépendantes de cette source de
nourriture. Certaines régions au sein de deux bassins
versants (Saugeen et Grey-Sauble), où la présence
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
de haliplides de Hungerford a été recensée, sont
relativement vierges alors que d’autres sont très
dégradées. Les mauvaises pratiques agricoles, la
dégradation des terres humides, les ouvrages de
retenue et autres modifications des cours d’eau
ainsi que l’expansion urbaine représentent, à l’heure
actuelle, des menaces dans ces bassins versants.
Certaines données indiquent que l’habitat de la
localité de la rivière North Saugeen a été tellement
perturbé que cela pourrait avoir entraîné le déclin
ou la disparition de la population de haliplides de
Hungerford.
Biologie
Le cycle vital du haliplide de Hungerford compte
quatre stades : l’œuf, la larve, la pupe et l’adulte. Le
stade d’œuf n’a pas été décrit et la ponte d’œufs n’a
pas été observée chez le haliplide de Hungerford,
mais d’après des études menées sur des espèces
étroitement apparentées, les femelles pondent
probablement leurs œufs au printemps ou au début
de l’été sur des plantes aquatiques ou à l’intérieur
de plantes aquatiques. Les larves sont herbivores
et une étude récente semble indiquer qu’elles
consomment peut-être surtout l’algue filamenteuse
Dichotomosiphon tuberosus. Les larves se nourrissent
et grandissent probablement jusqu’à l’automne. C’est
alors qu’elles sortent de l’eau et s’installent dans
les sols humides sur les bords de la rivière, où elles
passeront vraisemblablement l’hiver. Le printemps
suivant, il est probable qu’elles se transforment en
adultes avant de retourner à l’eau. Les coléoptères
adultes peuvent vivre jusqu’à 18 mois.
Taille et tendances des populations
On ne connaît pas la taille de la population de
chacune des trois localités canadiennes connues.
Au Michigan, on a estimé que la population d’un
des bassins était d’environ 1 100 individus. Sur
une période de trois ans, la taille de la population
est demeurée sensiblement la même. Très peu
de données sont disponibles sur les fluctuations
interannuelles ou les tendances des populations
canadiennes de haliplides de Hungerford. L’une des
populations canadiennes a diminué ou a possiblement
disparu.
Facteurs limitatifs et menaces
Bien que les besoins de l’espèce en matière
d’habitat ne soient pas bien compris, il est probable
que les menaces pour cette espèce comprennent
toute activité qui contribue à dégrader la qualité de
l’eau ou à faire disparaître ou perturber les nappes
d’eau dormante et l’habitat trouble des cours d’eau où
vit l’espèce. Ces menaces peuvent notamment inclure
la modification des cours d’eau (la canalisation des
cours d’eau, les activités de dragage, la stabilisation
des berges, la lutte contre l’érosion et les ouvrages de
retenue), la pollution, les répercussions sur la qualité
et la quantité des eaux souterraines, et les espèces
exotiques envahissantes.
Les modifications aux débits des cours d’eau
causées par l’aménagement d’installations
hydroélectriques, les modes de gestion des
installations hydroélectriques, les permis
d’approvisionnement en eau (soit les eaux de surface
pompées directement des cours d’eau, soit les eaux
souterraines qui peuvent alimenter les cours d’eau),
le déversement des eaux de ruissellement et d’autres
activités peuvent également avoir une incidence
sur les populations de haliplides de Hungerford en
altérant l’hydrologie, la température, le substrat et la
composition chimique de l’eau des cours d’eau. À
l’heure actuelle, toutes ces activités ont lieu dans les
trois bassins versants canadiens où des populations
de haliplides de Hungerford ont été observées. De
telles activités et les modifications au débit des
cours d’eau qu’elles entraînent pourraient également
avoir une incidence sur les sites de pupaison de ce
coléoptère qui sont situés sur les berges (en causant
de l’érosion ou des inondations).
Une localité canadienne est adjacente à des
terrains où un projet d’agrandissement d’un site
d’enfouissement est à l’étude. Un tel agrandissement
pourrait avoir des conséquences sur la qualité des
eaux souterraines, ce qui pourrait avoir des effets
négatifs directs ou indirects sur la population de
haliplides de Hungerford de cette localité.
Protection, statuts et classifications
Le haliplide de Hungerford est désigné comme
espèce en voie de disparition (Endangered) aux ÉtatsUnis, tant par le fédéral que par l’État du Michigan,
qui est le seul État où l’espèce est présente. Au
Canada, il n’est pas protégé en vertu d’une loi sur les
espèces en péril.
Aucune des localités où des haliplides de
Hungerford ont été observés ne se trouve dans
des parcs provinciaux ou fédéraux. La localité de la
rivière Rankin est en grande partie entourée de terres
de la Couronne et de terres gérées par l’Office de
protection de la nature de Grey-Sauble et le comté de
Bruce.
41
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
L’espèce est dans une certaine mesure protégée
en vertu de la Loi sur l’aménagement du territoire, qui
est une loi provinciale de l’Ontario. Indirectement,
elle peut être protégée en partie au titre d’autres
règlements et lois (p. ex. à l’échelle locale en vertu du
règlement Development, Interference with Wetlands
and Alteration to Shorelines and Watercourses
Regulations, à l’échelle provinciale en vertu de la
42
Loi sur les offices de protection de la nature, la Loi
sur l’aménagement des lacs et des rivières, la Loi
sur la gestion des éléments nutritifs, la Loi sur les
évaluations environnementales, la Loi sur la protection
de l’environnement, la Loi sur les ressources en eau, la
Loi sur la protection de l’eau à la source, et à l’échelle
fédérale en vertu de la Loi sur les pêches).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Hirondelle rustique
L’ampleur et l’étendue géographique du déclin
suscitent des préoccupations du point de vue de la
conservation.
Nom scientifique
Hirundo rustica
Photo : © Gordon Court
Description et importance de l’espèce
sauvage
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Yukon, Territoires du Nord-Ouest, ColombieBritannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba,
Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick, Île-du-PrinceÉdouard, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador
L’Hirondelle rustique est un oiseau chanteur de
taille moyenne, qui est facilement reconnaissable à
ses parties supérieures bleu métallique, à ses parties
inférieures de couleur chamois, sa gorge et son front
de couleur marron et sa queue très échancrée. Le
plumage est semblable chez les deux sexes, mais
les mâles possèdent des pennes caudales externes
plus longues que celles des femelles, et leurs parties
inférieures tendent à être de couleur marron plus
foncé.
Répartition
Cette espèce est devenue étroitement associée aux
établissements humains ruraux. L’Hirondelle rustique,
présente dans tous les continents à l’exception
de l’Antarctique, est l’espèce d’Hirondelle la plus
largement répandue dans le monde. Elle niche dans
la majeure partie de l’Amérique du Nord, au sud de la
Justification de la désignation
Cette espèce est l’une des espèces d’oiseaux
terrestres les plus répandues et les plus communes
au monde. Toutefois, comme de nombreuses autres
espèces d’oiseaux qui se nourrissent particulièrement
d’insectes volants, cette espèce a subi des déclins
très importants qui ont commencé, de manière
quelque peu inexplicable, entre le milieu et la fin des
années 1980 au Canada. Son aire de répartition et son
abondance au Canada pourraient être supérieures à
ce qu’elles étaient avant la colonisation européenne,
une situation attribuable à la capacité de l’espèce
de nicher dans une variété de structures artificielles
(granges, ponts, etc.) et de tirer profit des possibilités
offertes par les paysages ruraux, ouverts et modifiés
par l’humain pour son alimentation. Bien que l’on ait
assisté à une diminution de la quantité de certains
types importants de sites de nidification artificiels
(p. ex. granges ouvertes) et de la quantité d’habitat
d’alimentation dans les zones agricoles ouvertes dans
certaines parties du Canada, les causes du déclin
récent de la population ne sont pas bien comprises.
Air de reproduction
Air de reproduction et
d’hivernage
Air d’hivernage
Aire de répartition de l’Hirondelle rustique dans
l’hémisphère occidental
Source: Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, 2011
43
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
limite des arbres, vers le sud au centre du Mexique.
Au Canada, on sait que l’espèce se reproduit dans
toutes les provinces et tous les territoires. Cet
oiseau est un grand migrateur qui hiverne dans toute
l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud.
Habitat
Avant la colonisation européenne, les Hirondelles
rustiques nichaient dans les cavernes, les trous,
les crevasses et les saillies des parois des falaises.
À la suite de la colonisation européenne, elles ont
commencé à nicher principalement sur et dans les
structures articifielles, y compris les granges et les
dépendances, les garages, les maisons, les ponts et
les ponceaux.
Les Hirondelles rustiques préfèrent divers types
de milieux ouverts pour la quête de leur nourriture, y
compris les champs de graminées, les prés, les divers
types de terres agricoles, les berges des lacs et des
rivières, les emprises dégagées, les régions de chalets
et des fermes, les îles, les terres humides et la toundra
subarctique.
Biologie
L’Hirondelle rustique a un comportement social
durant toute l’année, lorsqu’elle se déplace au cours
de la migration et se repose dans les grands dortoirs
dans ses aires d’hivernage. L’espèce est monogame,
mais la polygamie est fréquente. L’Hirondelle
rustique niche en petites colonies peu structurées
qui comprennent habituellement au plus environ dix
paires d’oiseaux. Les nids sont principalement formés
de boulettes de boue. La ponte des œufs débute au
cours de la deuxième semaine de mai dans le sud
du Canada. L’espèce produit fréquemment deux
couvées à chaque année, sauf dans les régions les
plus septentrionales. Cette espèce s’alimente au vol,
et sa diète spécialisée se compose essentiellement
d’insectes volants.
Taille et tendances des populations
Au Canada, on estime que la population actuelle
d’Hirondelles rustiques est d’environ 2,45 millions
de couples nicheurs (environ 4,9 millions individus
matures). Même si cette espèce est encore commune
et répandue, les données du Relevé des oiseaux
nicheurs pour la période de 1970 à 2009 indiquent un
déclin statistiquement significatif de 3,6 % par année
44
Canada, ce qui correspond à un déclin général de
76 % pour une période de 40 ans. Le déclin a
commencé en grande partie au milieu des années
1980. Au cours de la période de 10 ans la plus
récente (de 1999 à 2009), les données du Relevé des
oiseaux nicheurs indiquent un déclin de 3,5 % par
année, ce qui représente un déclin décennal général
de 30 %. Les relevés régionaux, comme les atlas
d’oiseaux nicheurs de l’Ontario et des provinces
Maritimes et l’Étude des populations d’oiseaux du
Québec, signalent aussi des déclins importants à long
terme, tout comme les relevés des États-Unis. Malgré
ces pertes, il est reconnu que la répartition et les
nombres de cette espèce sont nettement supérieurs à
ceux qui prévalaient avant la colonisation européenne,
qui a contribué à la création d’un grand nombre de
structures et de milieux artificiels utilisés facilement
par cette espèce pour la nidification et la quête de
nourriture.
Menaces et facteurs limitatifs
Même si les principales causes du récent déclin
des effectifs d’Hirondelles rustiques sont mal
comprises, on estime qu’elles pourraient être les
suivantes : 1) perte d’habitats servant à la nidification
et à l’alimentation en raison de la modernisation
des techniques agricoles; 2) déclins à grande
échelle (ou autres perturbations) des populations
d’insectes; 3) mortalité directe et indirecte attribuable
aux perturbations climatiques dans les aires de
reproduction (coups de froid). Parmi les autres
facteurs limitatifs, on compte la mortalité élevée des
oisillons en raison des taux élevés d’ectoparasitisme;
la compétition interspécifique pour les sites de
nidification avec des espèces envahissantes (moineau
domestique). D’autres menaces peuvent avoir des
incidences sur l’espèce durant les migrations et sur
les aires d’hivernage, y compris la perte d’habitat
servant à l’alimentation et l’exposition aux pesticides.
Protection, statuts et classifications
Au Canada, l’Hirondelle rustique, ses nids et ses
œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur la
Convention concernant les oiseaux migrateurs. Elle est
classée « espèce en sécurité » par NatureServe, mais
comme espèce sensible dans plusieurs provinces
et territoires, y compris l’Alberta, la Colombie­Britannique et la majorité des provinces Maritimes.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Iris lacustre
avec la tofieldie glutineuse, qui pousse souvent dans
les mêmes milieux.
Photo : © Jessie M. Harris
Répartition
Nom scientifique
Iris lacustris
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
L’iris lacustre est endémique au bassin des
Grands Lacs et ne pousse que sur les littoraux nord
du lac Michigan et du lac Huron. L’espèce compte
40 populations existantes au Canada (toutes situées
en Ontario) ainsi que 80 sites au Michigan et 15 au
Wisconsin. L’aire de répartition canadienne actuelle
s’étend depuis le sud du comté de Bruce jusqu’à
Tobermory ainsi que sur la rive sud de l’île Manitoulin
depuis le chenal Owen jusqu’aux environs de la baie
Carter, et une population isolée se trouve à la baie
Bélanger.
Habitat
Au Canada, l’iris lacustre pousse dans des alvars,
sur des rivages à substratum de dolomie, sur des
crêtes de plage de sable ou de gravier ainsi que dans
des clairières de forêts de conifères. La majorité des
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Ce petit iris vivace clonal, vulnérable à l’échelle
mondiale et endémique aux Grands Lacs, n’est
présent au Canada que dans des zones situées
près des rives du lac Huron, en Ontario. Des
40 populations canadiennes existantes, réunissant
plus de 50 millions de tiges, deux tiers se trouvent
hors des aires protégées et sont vulnérables
à l’aménagement du littoral. Cette espèce est
également vulnérable à la construction de routes,
au piétinement, et à la suppression des incendies.
Toutefois, de récents efforts de relevés, lesquels ont
grandement augmenté le nombre de populations et
de plants, ont permis de réduire le niveau de risque
pour cette espèce.
Information sur l’espèce
L’iris lacustre est une petite plante vivace à feuilles
plates et rubanées disposées dans un seul plan.
La plante se propage à l’aide de rhizomes et forme
souvent ainsi de grandes colonies de pousses. Les
fleurs, sans pédoncule, sont produites près du sol
et comportent des sépales voyants bleus ou violets
pourvus de crêtes barbues orangées. Lorsque la
plante n’est pas en fleur, l’espèce peut être confondue
Aire de répartition canadienne de l’Iris lacustris. Les
cercles représentent les populations historiques. La
largeur de la bande est légèrement exagérée, les
populations ne se trouvant généralement qu’à quelques
kilomètres de la rive, sauf certaines exceptions. Veuillez
noter que la répartition de l’espèce n’est pas continue
comme l’indique cette carte.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
45
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
populations se trouvent à moins de 500 m de la rive
du lac Huron, mais les plus grandes se rencontrent
jusqu’à plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres.
Les incendies ont probablement joué un rôle important
dans la formation des milieux servant d’habitat à
l’espèce. En l’absence de feu, la succession naturelle
finit par créer des conditions qui ne conviennent plus
à l’iris lacustre. Ce processus peut prendre entre une
cinquantaine et plusieurs centaines d’années. Le
développement foncier du littoral a altéré ou détruit
l’habitat dans certaines localités, tandis qu’il l’a
amélioré dans d’autres en créant des ouvertures dans
le couvert et de nouveaux terrains dégagés. Environ
37 % de la population canadienne totale de l’espèce
se trouve dans des zones protégées.
Biologie
L’iris lacustre fleurit de la mi-mai au début juin. La
plante est autocompatible, mais le taux naturel de
fructification est peu élevé. On estime qu’il faut au
moins sept années (de la germination à la première
floraison) pour que la plante parvienne à maturité. On
ne connaît pas l’âge moyen des individus ni la durée
d’une génération, mais on peut supposer que certains
individus vivent plusieurs dizaines d’années, étant
donné la grandeur de certaines colonies. Les graines
possèdent un appendice huileux qui attire les fourmis,
mais la distance à laquelle les graines peuvent être
ainsi dispersées est probablement faible par rapport
à la grandeur des colonies. L’espèce a une très faible
diversité génétique. La population totale n’est pas
jugée très fragmentée.
Taille et tendances des populations
Plusieurs colonies répertoriées dans le cadre de
relevés récents occupent des superficies de plusieurs
hectares ou plusieurs kilomètres carrés, ou encore des
bandes linéaires longues de plusieurs kilomètres. En
ce moment, l’espèce comporte au Canada un effectif
total de plus de 50 millions de ramets, soit au moins
50 fois plus que ce qui avait été signalé auparavant.
Cette estimation comprend la découverte récente de
grandes populations et se fonde sur la réalisation de
relevés plus approfondis dans des sites déjà connus
et sur une réévaluation de données déjà recueillies. On
dispose de peu d’information sur les tendances, car
la plupart des populations n’ont été observées qu’une
fois, ou bien leur taille n’avait jamais été évaluée
auparavant. Huit populations occupant moins de
10 m2 ou comptant moins de 1 000 ramets semblent
connaître un déclin dû à la succession végétale et
au développement foncier du littoral, et on sait que
certaines parties de quelques populations sont déjà
disparues.
46
Facteurs limitatifs et menaces
L’iris lacustre est actuellement exposé à diverses
menaces anthropiques ainsi qu’à divers facteurs
limitatifs naturels ou intrinsèques. Les menaces sont le
développement foncier et la construction de routes le
long du littoral, la perte d’habitat liée à l’élimination des
incendies ainsi que la circulation de VTT, de machinerie
lourde, de piétons et de bicyclettes. Les facteurs
limitatifs sont l’incapacité de la plante de pousser à
l’ombre, le manque d’insectes pollinisateurs, la faible
diversité génétique de l’espèce et sa faible capacité de
dispersion. L’aménagement de chalets et la circulation
de VTT et de piétons dans les sentiers peuvent constituer
soit une menace, soit un avantage pour l’espèce, selon
l’intensité des travaux d’aménagement ou de l’utilisation
des sentiers. Dans certains cas, l’iris lacustre peut
prospérer grâce à des activités humaines.
Importance de l’espèce
L’iris lacustre est endémique à la région des Grands
Lacs, et toutes ses populations se trouvent en Ontario,
au Michigan ou au Wisconsin. L’espèce n’est employée
d’aucune façon à des fins culturelles particulières, et on
ne lui connaît aucun usage culturel ou médicinal chez
les groupes autochtones de la région. Cependant, la
plante est voyante et attire même le regard quand elle
est en fleur, et le Michigan en a fait sa fleur sauvage
emblématique en 1998.
Protection actuelle
L’iris lacustre figure à l’annexe 1 de la Loi sur les
espèces en péril fédérale, à titre d’espèce menacée, ainsi
qu’à l’annexe 4 de la Loi de 2007 sur les espèces en voie
de disparition de l’Ontario, à titre d’espèce de transition
devant être inscrite comme espèce menacée. L’habitat
de l’espèce n’est encore réglementé sur aucun territoire.
Une partie de la population d’iris lacustre de la
réserve de Wikwemikong se trouve dans un secteur
désigné « zone sauvage protégée » (protected wilderness)
depuis le milieu des années 1980, aux termes d’une
résolution du conseil de bande. L’exploitation forestière,
le développement résidentiel et la chasse sont interdits
dans ce secteur. Deux parcs nationaux et plusieurs parcs
provinciaux assurent également une certaine protection à
nombre de populations.
L’organisme NatureServe a attribué à l’iris lacustre
la cote G3 (vulnérable) à l’échelle mondiale et la cote
N3 (vulnérable) à l’échelle du Canada. Le Centre
d’information sur le patrimoine naturel de l’Ontario lui
a attribué la cote S3 (vulnérable) à l’échelle de cette
province.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Timothy Wheeler
Leptoge à grosses spores
Nom scientifique
Leptogium platynum
Taxon
Lichen
et à sa surface supérieure bleuâtre foncé qui porte
habituellement de nombreuses apothécies et parfois
de petits lobules qui jouent le rôle de propagules
végétatives. Les thalles produisent presque toujours à
la fois des propagules végétatives et des propagules
issues de la reproduction sexuée, ce qui est inhabituel
chez les cyanolichens. La limite nord de la répartition
de l’espèce se situe dans le sud de la zone côtière de
Colombie-Britannique.
Répartition
Le leptoge à grosses spores est endémique à
l’ouest de l’Amérique du Nord. Il est présent dans les
régions côtières à étés secs, où il occupe des localités
dispersées à partir du sud de la Californie (32° N)
jusqu’au sud de l’île de Vancouver, en ColombieBritannique (49° N). Des populations ont également
été signalées au Nouveau-Mexique, au Texas et au
Mexique.
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce lichen foliacé se trouve dans l’ouest de
l’Amérique du Nord, atteignant la limite septentrionale
de son aire de répartition sur la côte sud-ouest de
la Colombie-Britannique où il se trouve de façon
commune dans trois, possiblement quatre localités
sur l’île de Vancouver. Le lichen pousse sur des
affleurements rocheux riches en calcium et en
magnésium, et plus de 80 % des individus se trouvent
dans une seule localité. Il est disparu de trois autres
localités. Ce lichen est vulnérable aux événements
stochastiques, à la compétition avec les mousses
et hépatiques, à la pollution causée par les activités
industrielles et agricoles, ainsi qu’aux sécheresses
estivales de plus en plus fréquentes résultant des
changements climatiques.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le leptoge à grosses spores (Leptogium platynum)
est un lichen gélatineux rupestre qui se reconnaît
facilement à ses lobes foliacés de grandeur moyenne
Aire de répartition du Leptoge à grosses spores au
Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Habitat
L’espèce pousse à basse altitude sur des
affleurements rocheux inclinés où des suintements
périodiques se produisent. Elle semble coloniser
uniquement les surfaces rocheuses riches en
minéraux alcalins, souvent parmi un tapis constitué
d’une variété de mousses et d’hépatiques. Le leptoge
à grosses spores est donc limité aux substrats
possédant un pH plutôt élevé.
47
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Biologie
Menaces et facteurs limitatifs
La reproduction sexuée nécessite une nouvelle
synthèse lichénique à chaque génération, ce qui
pourrait en partie expliquer la forte fragmentation de
l’aire de répartition du leptoge à grosses spores. Les
lobules sont des propagules végétatives relativement
lourdes qui sont peu susceptibles de se disperser à
plus de quelques mètres du thalle parent. Le cycle
vital du leptoge à grosses spores consiste donc
en de longues périodes de survie à l’état végétatif
ponctuées de très rares épisodes où les spores du
champignon éjectées des apothécies sont dispersées
sur de longues distances puis s’associent avec une
souche compatible de cyanobactérie pour former un
nouveau thalle.
La disparition du leptoge à grosses spores de
trois des sept localités pourrait être attribuable à
des causes naturelles telles que la compétition
des mousses et les changements climatiques, qui
entraînent des étés de plus en plus secs. Ce lichen est
également vulnérable aux phénomènes stochastiques
comme les pluies exceptionnellement abondantes. Le
leptoge à grosses spores est probablement disparu
d’une des localités parce son habitat a été enrichi
en nutriments par les activités agricoles intensives
qui se déroulent à proximité. De plus, certains
secteurs de la région où pousse le lichen subissent un
accroissement rapide de la population humaine, qui
pourrait également entraîner une perte d’habitat
et une augmentation de la pollution de l’air.
Taille et tendances des populations
Au Canada, le leptoge à grosses spores a été
signalé dans sept localités, dont deux ont été
découvertes en 2009. Au total, quatre des cinq
localités historiques ont été revisitées en 2009, la
cinquième étant inaccessible. Une seule de ces
localités hébergeait toujours le leptoge à grosses
spores. La présence de l’espèce n’a donc été
confirmée que dans 3 localités, qui comportent
un total de 370 thalles et occupent une superficie
combinée de moins de 9 m2. Environ 300 de ces
thalles sont concentrés dans une seule localité. On
ne peut déterminer avec certitude les causes de la
disparition du leptoge à grosses spores de plus
de la moitié des localités historiques.
48
Protection, statuts et classifications
Les trois localités canadiennes connues hébergeant
actuellement le leptoge à grosses spores sont situées
dans des zones protégées jouissant à cet égard d’une
désignation permanente. Deux des quatre localités
« historiques » se trouvent également dans des zones
protégées, alors que les deux autres sont sur des
terrains privés. L’espèce a été classée S1S2 par le
Programme de conservation du patrimoine naturel de
l’Orégon (Oregon Natural Heritage Program).
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Leptoge à quatre spores
apothécies libèrent des spores appelées « ascospores »,
issues de la reproduction sexuée. L’espèce produit
quatre spores par asque, ce qui est inhabituel chez
le genre Leptogium, dont la plupart des espèces en
produisent huit.
Photo : © Timothy Wheeler
Répartition
Nom scientifique
Leptogium polycarpum
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce leptoge, endémique à l’ouest de l’Amérique
du Nord, atteint la limite de son aire de répartition
septentrionale au Canada où il est connu dans
seulement 13 localités dans les forêts côtières du
sud-ouest de la Colombie-Britannique, dont une
localité isolée sur Haida Gwaii. Ce lichen pousse
sur des arbres à feuilles caduques, en particulier
sur les érables grandifoliés et sur les aulnes rouges.
Près de 1 000 individus de ce lichen sont connus,
mais sont confinés à seulement 67 arbres. En plus
des événements stochastiques, les menaces qui
pèsent sur ce lichen vulnérable incluent la pollution
atmosphérique résultant des activités industrielles
et agricoles, de l’exploitation forestière et de
l’infrastructure associée ainsi que la sécheresse
saisonnière causée par les changements climatiques.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le leptoge à quatre spores (Leptogium polycarpum)
est un lichen gélatineux arboricole qui se reconnaît
facilement à ses lobes foliacés de grandeur moyenne
dont la face supérieure, bleuâtre et foncée, porte de
nombreuses apothécies en forme de boutons. Les
Le leptoge à quatre spores est endémique à l’ouest
de l’Amérique du Nord, où il se rencontre dans les
régions côtières à été sec, depuis le nord de la Californie
(40° N) jusqu’au sud de la Colombie-Britannique
(51° N). Il en existe également une population isolée plus
au nord (52° N), à Haida Gwaii (nouveau nom des îles de
la Reine-Charlotte).
Habitat
Au Canada, le leptoge à quatre spores se rencontre
à basse altitude, sur les branches et le tronc (moussu)
de feuillus, particulièrement l’érable à grandes feuilles
et l’aulne rouge, dans des peuplements de milieu de
succession qui jouissent d’un éclairement assez bon.
Dans la plupart des localités, les arbres hôtes poussent
dans des sols riches issus de sédiments marins du
Pléistocène. En général, le leptoge à quatre spores
croît sur des tapis de mousses épiphytes qui semblent
favoriser son établissement et sa survie. Dans deux
localités, l’espèce colonise des arbres situés dans la
zone d’embruns de chutes d’eau, dont le lichen semble
tirer parti.
Biologie
La reproduction sexuée du leptoge à quatre spores
est fondée sur la production et la dispersion des spores
du champignon. Elle exige donc une nouvelle synthèse
lichénique à chaque génération, ce qui explique sans
doute la répartition sporadique de l’espèce. Comme
chez toutes les espèces du genre Leptogium, le
symbiote photosynthétique est une cyanobactérie;
l’écorce des arbres où pousse le lichen doit donc être
riche en substances alcalines. Seulement quelques
espèces d’arbres semblent satisfaire cette exigence
dans la zone côtière de Colombie-Britannique, où
l’écorce est lessivée par les fortes pluies hivernales.
Taille et tendances des populations
Le leptoge à quatre spores a été signalé au Canada
dans 20 localités, dont 11 ont été découvertes dans
le cadre des relevés effectués en 2009. Parmi les neuf
localités « historiques », six ont été revisitées en 2009,
et seulement deux de celles-ci abritaient encore le
leptoge à quatre spores. La disparition de l’espèce de
49
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Aire de répartition canadienne du leptoge à quatre spores.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
quatre localités où elle était autrefois présente pourrait
être due à la présence accrue de mousses liée à
la succession forestière. L’espèce est aujourd’hui
présente dans seulement 13 localités, qui abritent en
tout 970 thalles répartis entre 67 arbres. La majorité
de ces thalles et environ la moitié de ces arbres
hôtes sont concentrées dans seulement trois des
localités. Les autres localités n’abritent qu’un petit
nombre de thalles de l’espèce, qui dans chaque cas
se trouvent sur le même arbre ou sont répartis entre
un petit nombre d’arbres. On ne peut pas établir avec
certitude si l’espèce est actuellement en déclin au
Canada.
Menaces et facteurs limitatifs
Le leptoge à quatre spores est habituellement
associé à l’érable à grandes feuilles ainsi qu’aux forêts
renfermant au moins 5 % d’érables et se trouvant à
l’intérieur d’étroites zones côtières de faible altitude.
Ce territoire inclut la vallée du bas Fraser, qui connaît
depuis 20 ans un déclin de sa diversité lichénique, les
lichens rares étant remplacés par une flore lichénique
typique des milieux riches en éléments nutritifs. Les
causes probables de ce changement sont les aérosols
azotés provenant des élevages intensifs de porc et de
volaille ainsi que la pollution atmosphérique provenant
de la ville de Vancouver. Au total, 7 des 13 localités
actuelles du leptoge à quatre spores se trouvent sur
des terres de la Couronne et risquent donc de subir
50
une perte d’habitat due à l’exploitation forestière ou à
d’autres activités humaines. Les lichens forestiers tels
que le leptoge à quatre spores sont également menacés
par les phénomènes de nature stochastique pouvant
détruire leur habitat sur de grandes superficies, comme
les incendies, les infestations d’insectes et les tempêtes.
Comme le leptoge à quatre spores n’est actuellement
connu que de 67 arbres répartis entre 13 localités,
ces phénomènes pourraient avoir des conséquences
graves pour l’effectif de l’espèce. La principale
menace à laquelle l’espèce est exposée à moyen et à
long terme est une saison sèche plus prononcée liée
aux changements climatiques. Cette menace risque
d’accroître le stress subi par le lichen, qui a besoin
d’humidité et d’eau liquide pour la photosynthèse, la
croissance et la reproduction. Le stress peut aussi
réduire la fréquence de la synthèse de nouveaux thalles
et de l’établissement de l’espèce et risque ainsi de
provoquer un déclin rapide de son effectif.
Protection, statuts et classifications
Au total, 5 des 13 localités canadiennes actuellement
connues sont situées dans des zones protégées
jouissant à cet égard d’une désignation permanente.
Cependant, l’espèce est présente sur plus de cinq
arbres dans seulement une de ces localités. Aucune
cote de conservation n’a encore été attribuée au leptoge
à quatre spores aux États-Unis.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Liparis à feuilles de lis
linéaires à filiformes, verdâtres à violet pale. La
corolle est entourée de trois sépales blanc verdâtre
étroitement lancéolés. Le fruit est une capsule
dressée ellipsoïde longue d’environ 15 mm.
Photo : © Gary Allen
Comme le liparis à feuilles de lis est une orchidée
rare, il présente un intérêt considérable pour les
naturalistes et les photographes.
Nom scientifique
Liparis liliifolia
Taxon
Plantes vasculaires
Répartition
Le liparis à feuilles de lis est présent aux ÉtatsUnis depuis la Nouvelle-Angleterre et le Minnesota
jusqu’à l’Arkansas et à l’Alabama. On croyait autrefois
que sa répartition canadienne se limitait au sudouest de l’Ontario, mais deux populations ont été
découvertes beaucoup plus à l’est au cours des dix
dernières années, dans l’est de l’Ontario et le sudouest du Québec. L’espèce a également été signalée
récemment à l’île Pelée.
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Ontario, Québec
Justification de la désignation
Cette orchidée petite et discrète est présente sous
forme de populations dispersées à partir du sud de
l’Ontario jusqu’au sud-ouest du Québec. Au cours
des dernières années, la découverte de plusieurs
nouvelles populations a étendu son aire de répartition
canadienne connue. Les quelques individus présents
dans la majorité des populations ainsi que la petite
taille de l’ensemble de la population canadienne rend
l’espèce vulnérable de façon continue aux événements
fortuits.
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia) est une
orchidée terrestre vivace dont la tige florifère feuillée
est produite par un corme bulbeux. La plante peut
atteindre une hauteur d’environ 25 cm. L’inflorescence
est une grappe de 5 à 33 fleurs, qui prend naissance
entre deux feuilles charnues ovées à elliptiques.
Chaque fleur possède un labelle bien visible, large,
long de 10 à 14 mm, mauve-violet, finement strié
de violet rougeâtre. Les deux pétales latéraux sont
Répartition des occurrences canadiennes du liparis
à feuilles de lis. Seules les populations historiques qui
n’ont pas été retrouvées sont ici considérées comme
disparues. Un certain nombre de populations plus
récentes sont probablement aussi disparues.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
Habitat
Le liparis à feuilles de lis se rencontre dans une
grande variété de communautés végétales et de
conditions de sol. Il pousse généralement en terrain
sec à mésique, mais il a récemment été signalé au
Canada dans des terrains humides. Les occurrences
canadiennes se trouvent dans des milieux tels que
51
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
chênaie claire, savane à chênes, forêt mélangée de
feuillus, fourré d’arbustes, alvar à arbustes, forêt
marécageuse de feuillus et plantation de conifères. La
présence d’un champignon auquel l’espèce s’associe
spécifiquement est peut-être plus importante que les
conditions du substrat.
Biologie
Le liparis à feuilles de lis est une espèce
colonisatrice pionnière, qui se rencontre dans les
terrains boisés et dans divers milieux perturbés. La
plante est auto-incompatible, et la floraison exige une
pollinisation croisée pour donner des graines viables.
Les fleurs sont pollinisées par des mouches dont la
ou les espèces n’ont pas été identifiées. Comme chez
la plupart des orchidées, la capsule produit un grand
nombre de graines minuscules comme des grains de
poussière, qui sont dispersées par le vent et peut-être
par l’eau. Le protocorme en développement a besoin
de s’associer à un champignon mycorhizien pour
pouvoir survivre.
Taille et tendances des populations
Au Canada, le liparis à feuilles de lis a été répertorié
dans 23 sites, mais quatre des populations occupant
ces sites sont historiques et vraisemblablement
disparues. Depuis 1998, le nombre des populations
canadiennes est passé d’environ 12 à environ 19.
Cette augmentation est peut-être due au signalement
accru de populations qui existaient déjà, mais il se
peut que certaines des populations nouvellement
répertoriées se soient établies récemment.
Les travaux de terrains réalisés de 2007 à 2009
semblent indiquer que seulement 10 à 12 populations
signalées depuis 1998 sont encore existantes. Dans
cinq des sites visités en 2008 (sites 5, 6a, 12a, 13,
17 et 18), aucun individu n’a été observé, et trois de
ces sites (5, 12a et 13) soit que l’habitat était devenu
ombragé et recouvert par le sous-étage, soit que des
plantes envahissantes s’y étaient établies. On peut
supposer que ces populations sont disparues. Dans
un de ces sites, une partie de la population (6a) n’a
pas été vue depuis plusieurs décennies, tandis que la
sous-population restante (6b) sera sans doute bientôt
détruite par un projet résidentiel. Un site se trouvant
en terrain privé (15), non visité en 2008, ne renfermait
plus que deux individus en 1986 et n’en renfermait
aucun en 1998, et cette population est peut-être aussi
disparue. Une population autrefois grande (17) ne
renfermait plus que quelques individus en 2000, et
52
aucun individu n’a été trouvé dans ce site en 2008.
Une grande population (18) découverte en 2001
semble avoir disparu après que son habitat eut été
inondé par des castors, et elle n’est pas réapparue
après l’enlèvement du barrage.
Depuis la dernière mise à jour du rapport de
situation, trois grandes populations comptant au
moins 180 individus ont été découvertes (14, 18 et
19). On ne sait pas avec certitude si ces populations
existent depuis longtemps ou si elles viennent de
s’établir. La plupart des sites existants renferment
moins de 40 individus.
La population canadienne pourrait ne compter
que 200 à 500 individus. Il s’agit peut-être d’une
sous-estimation, car l’espèce peut facilement passer
inaperçue, et certains sites n’ont pas été visités
récemment. Les travaux de terrain menés de 2007 à
2009 ont permis de confirmer l’existence d’environ
360 individus, répartis entre 10 sites.
Menaces et facteurs limitatifs
Le liparis à feuilles de lis est menacé par le
développement domiciliaire et l’urbanisation, la
présence d’espèces envahissantes et peut-être
la petite taille de ses populations.
Protection, statuts et classements
Le COSEPAC a évalué l’espèce en mai 2001 et a
alors jugé qu’elle était en voie de disparition. Le liparis
à feuilles de lis est considéré comme une espèce en
voie de disparition aux termes de la Loi de 2007 sur
les espèces en voie de disparition de l’Ontario et figure
à titre d’espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de
la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale. Onze des
19 occurrences canadiennes du liparis à feuilles de lis
sont entièrement ou partiellement protégées par le fait
qu’elles se trouvent sur des terrains appartenant à des
gouvernements ou à des organismes de conservation.
Deux des sites protégés sont gérés par Parcs Ontario,
six appartiennent à des municipalités, et trois se
trouvent sur des terrains appartenant à un organisme
de conservation ou à une université. Les huit autres
occurrences se trouvent sans doute sur des terrains
privés.
L’organisme NatureServe considère que l’espèce
n’est pas en péril à l’échelle mondiale ni à l’échelle
des États-Unis mais qu’elle est en péril à l’échelle du
Canada. L’espèce est également jugée en péril en
Ontario et gravement en péril au Québec.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Shannon Henderson and
James E. O’Hara
Mouche tachinide des dunes
Nom scientifique
Germaria angustata
Cette mouche suscite un intérêt particulier parce
qu’elle fait partie d’un groupe d’espèces d’invertébrés
et de plantes (dont un certain nombre d’espèces encore
non décrites scientifiquement) qui, en Amérique du Nord,
sont confinées à des systèmes de dunes actives dans le
sud du Yukon.
Répartition
En Amérique du Nord, l’aire de répartition connue de
la mouche tachinide des dunes se limite à 11 localités
(14 sites) réparties dans le sud-ouest du Yukon de
Whitehorse et de Carcross jusqu’au parc national et
réserve de parc national Kluane, vers l’ouest. En Eurasie,
l’espèce est rare dans les dunes côtières et continentales
européennes, et elle a été observée dans seulement
quelques localités en Mongolie, en Chine et en Sibérie.
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Yukon
Justification de la désignation
Cette mouche rare est restreinte à une très petite
zone de la Béringie libre de glace dans le sud-ouest
du Yukon. Elle est connue dans onze localités étant
en grande partie isolées où elle se trouve dans des
dunes actives à semi-stabilisées. Cette mouche est
un parasite de la larve d’un papillon nocturne des
dunes. Les menaces incluent un déclin continu de
l’habitat causé par la succession sur les dunes et
l’utilisation de véhicules tout-terrain dans certaines
zones, ce qui détruit la végétation requise dans les
dunes.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La mouche tachinide des dunes (Germaria
angustata (Zetterstedt)) est un insecte de taille
moyenne au corps noir hérissé de fortes soies qui
appartient à la famille des Tachinidés. Le deuxième
aristomère (article de l’ariste) est allongé, tandis
que le troisième est aplati latéralement. Ces deux
caractères confèrent à l’ariste son aspect coudé
caractéristique qui facilite l’identification de l’espèce.
Aire de répartition connue en Amérique du Nord.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, mai 2011.
Habitat
La mouche tachinide des dunes se rencontre
uniquement dans les systèmes de dunes actives
ou semi-stabilisées ou les petits creux de déflation
comportant un couvert épars de graminées, de
cypéracées ou d’autres espèces de plantes. Cette
préférence à l’égard de l’habitat est probablement
intimement liée aux besoins en matière d’habitat de
son hôte larvaire, une chenille, dont l’identité demeure
53
Photo : © Sydney Cannings
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
toutefois à établir. Au Yukon, au moins une espèce
de graminée est toujours présente dans l’habitat
connu de l’espèce. Les dunes occupées par la
mouche tachinide des dunes se trouvent dans des
régions côtières baignées par un climat mésique (en
Europe) ou dans des régions boréales continentales
exposées à un climat plus rigoureux (hiver froid, été
chaud).
Biologie
Les Tachinidés sont des parasitoïdes de larves
d’autres insectes, souvent de chenilles de papillons
nocturnes. L’hôte de la mouche tachinide des
dunes est inconnu. Les femelles volent près du sol
parmi les zones de sable dénudées et, après s’être
posées sur la tige d’une graminée et avoir gagné
la base de la plante, y déposent apparemment un
œuf. Après l’éclosion, les larves néonates attendent
qu’une chenille hôte passe à leur portée. Comme les
femelles déposent leurs œufs à la base de tiges de
graminées ou de cypéracées, on croit que l’hôte du
parasitoïde pourrait être une chenille de noctuelle
(les noctuelles sont des papillons nocturnes de la
famille des Noctuidés) qui s’enfouit dans le sable
durant le jour et quitte son abri la nuit pour se nourrir
à la base de la graminée hôte. La noctuelle mêlée est
une spécialiste des milieux dunaires qui est présente
à Whitehorse et à Carcross, et son aire de répartition
mondiale chevauche très étroitement celle de la
mouche tachinide des dunes. Au Yukon, des adultes
de la mouche tachinide des dunes ont été capturés
du 6 juin au 23 juillet. Dans les régions côtières
européennes, la période de vol est plus longue et
s’étend de la fin de mai au milieu d’août.
Taille et tendances des populations
Étant donné que la quantité d’habitat propice à
un site donné est souvent limitée et que la mouche
tachinide des dunes est une espèce parasitoïde qui
a pour seul hôte une espèce de papillon nocturne, la
54
taille des populations est probablement assez restreinte
pour un insecte. On ne dispose d’aucune information sur
les tendances des populations. Comme celles d’autres
espèces de Tachinidés, les populations de la mouche
tachinide des dunes subissent probablement des
fluctuations importantes d’une année à l’autre, mais ici
encore, on ne peut que le supposer, faute information.
L’estimation de la taille et de la densité des populations
soulève des difficultés importantes, mais des recherches
de 30 minutes dans des milieux propices peuvent mener
à la découverte de 0 à 7 individus et, parfois, jusqu’à
13 individus.
Menaces et facteurs limitatifs
On sait très peu de choses sur les facteurs limitatifs.
Actuellement, le principal facteur limitatif pour la mouche
tachinide des dunes est probablement la répartition
et l’abondance de son hôte larvaire. Depuis la fin du
Pléistocène, la stabilisation des dunes et la succession
végétale ont entraîné la disparition de la plupart des
dunes actives dans la région. Même si certaines
dunes actives semblent en équilibre, la superficie des
nouveaux creux de déflation étant approximativement
égale à celle des dunes stabilisées, la succession
continuera probablement d’entraîner la disparition
d’autres zones de dunes dégagées, en particulier dans
le réseau passablement vaste mais relativement jeune
des dunes de l’Alsek, dans le parc national et réserve de
parc national Kluane.
Les espèces envahissantes susceptibles d’entraîner
la stabilisation rapide des dunes représentent une
menace potentielle mais importante pour l’espèce et son
habitat. L’élyme étroit et le mélilot officinal figurent parmi
ces espèces.
Aux dunes de Carcross, l’utilisation accrue de
véhicules tout-terrain a entraîné une réduction de
la superficie de l’habitat propice en y éliminant la
végétation, dont les plantes nourricières de l’espèce
hôte de la mouche tachinide des dunes.
Protection, statuts et classifications
Mis à part la protection qui lui est accordée du fait
de sa présence dans le parc national et réserve de
parc national Kluane et le parc territorial de Kusawa, la
mouche tachinide des dunes ne bénéficie actuellement
d’aucune protection légale au Canada.
L’espèce n’a pas été classée dans le cadre du
Programme sur la situation générale des espèces
sauvages au Canada. NatureServe lui a attribué la
cote mondiale G4G5, tandis que le Conservation Data
Centre du Yukon lui a accordé la cote S2 à l’échelle du
territoire.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Carl Savignac
Paruline azurée
Nom scientifique
Dendroica cerulea
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario, Québec
Justification de la désignation
des Parulidés. Le mâle adulte a le dessus du corps
bleu azur et le dessous blanc, tandis que la femelle
adulte a le dessus du corps vert-bleu et le dessous
blanchâtre. Le mâle et la femelle arborent deux
barres alaires blanches bien marquées, et leur
queue est tachetée de blanc. L’espèce a récemment
suscité un intérêt considérable de la part du grand
public, de la communauté scientifique et des
groupes de conservation, en raison de sa beauté,
de ses exigences particulières en matière d’habitat
et du déclin de sa population. La Paruline azurée
est considérée comme une espèce « parapluie »,
la protection de son habitat assurant du coup la
protection des populations d’autres espèces qui
dépendent des forêts décidues matures.
Répartition
La Paruline azurée se reproduit dans les forêts
décidues de l’est de l’Amérique du Nord, où elle
est répartie de façon irrégulière. Au Canada, on en
trouve deux principales concentrations, dans le
sud-ouest et dans le sud-est de l’Ontario, ainsi que
quelques occurrences localisées dans le sud-ouest
du Québec. L’espèce passe l’hiver dans la cordillère
Orientale des Andes, en Amérique du Sud, où elle se
concentre dans une étroite plage d’altitudes. Son aire
d’hivernage s’étend du Venezuela jusqu’au nord-ouest
de la Bolivie.
Au Canada, ce passereau forestier bleu ciel se
trouve à la limite nord de son aire de nidification.
Comme il a besoin de superficies relativement
grandes de forêt de feuillus non perturbée, ses
exigences en matière de lieux de reproduction et
d’hivernage sont assez spécialisées. Depuis les
années 1960, des déclins de population importants
ont été observés dans la majeure partie de l’aire
de répartition et la présente population canadienne
est estimée à environ seulement 1000 individus. On
croit que ces déclins sont principalement causés par
la perte et la dégradation de l’habitat d’hivernage,
limité aux forêts montagnardes du nord des Andes,
en Amérique du Sud. L’espèce est également
menacée par la perte et la dégradation de ses lieux
de reproduction. Il y a preuve de déclin continu.
Aussi, les nouvelles données démographiques
semblent indiquer que les chances de rescousse de la
population canadienne sont moins bonnes qu’on ne le
croyait auparavant.
Description et importance de l’espèce
La Paruline azurée (Dendroica cerulea) est un
oiseau de petite taille qui appartient à la famille
Air de reproduction de la Paruline azurée.
Source: “Birds of North America Online”
http://bna.birds.cornell.edu/bna, Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY.
55
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Habitat
Dans son aire de reproduction, la Paruline azurée
habite de grandes superficies de forêt décidue mature,
sèche ou humide, caractérisée par la présence
d’arbres de grande taille et un sous-étage clairsemé.
La configuration du couvert forestier (feuillage stratifié,
présence de trouées, répartition des espèces, etc.)
peut être indicatrice de la présence de l’espèce. Dans
son aire d’hivernage, l’espèce est restreinte à une
étroite plage altitudinale (environ 500 à 2 000 mètres
d’altitude), où elle vit surtout dans les forêts humides
matures peu perturbées mais fréquente également les
plantations rustiques de caféiers, de cardamomes et de
cacaoyers établies sous l’ombrage d’arbres indigènes.
Biologie
La Paruline azurée pond de deux à cinq œufs par
couvée et produit une seule couvée par année. De
façon générale, environ 75 % des couples produisent
une couvée, et deux ou trois jeunes par couvée
atteignent l’âge de l’envol. Le taux de survie d’une
année à l’autre semble faible, probablement en raison
d’une mortalité élevée durant les longues migrations
et l’hiver. Bien que les études démographiques
réalisées dans l’ensemble de l’aire de reproduction de
l’espèce aient montré que le succès de nidification et la
fécondité chez la population de l’est de l’Ontario soient
parmi les plus élevés en Amérique du Nord, il semble
néanmoins que l’immigration de sujets en provenance
des États-Unis soit nécessaire pour assurer le maintien
de la population canadienne.
Taille et tendances des populations
La population canadienne compterait 433
à 543 couples de Parulines azurées (866 à 1 086
individus matures), la plupart se trouvant dans le sudest de l’Ontario, dans la région de l’axe de Frontenac.
La plus récente estimation situe la population mondiale
de l’espèce aux alentours de 625 000 individus
matures. La population canadienne compterait donc
pour environ 0,2 % de la population mondiale.
De 1966 à 2006, la population nord-américaine de la
Paruline azurée a connu un déclin d’environ 2,9 % par
année, en moyenne. Les données récentes de l’Atlas
des oiseaux nicheurs de l’Ontario indiquent un déclin
non significatif à l’échelle de la province de 30 % sur
une période de 20 ans (1981-1985 à 2001-2005), ce
qui correspond à au moins 16 % sur une période de
10 ans. Le déclin est plus important dans la région
carolinienne (au moins 24 % sur une période de
10 ans) qu’ailleurs dans la province. Au Québec,
l’espèce est disparue de cinq des six localités connues
56
et occupées depuis les années 1960. Dans l’ensemble,
la population canadienne a connu un déclin d’au
moins 16 % au cours de la dernière décennie. La
possibilité d’un rétablissement de l’effectif canadien
grâce à l’immigration de source externe est faible, les
populations américaines étant elles aussi en déclin.
Menaces et facteurs limitatifs
On croit que les principales menaces pour la
Paruline azurée sont la destruction et la dégradation
de son habitat dans l’aire d’hivernage. On a assisté
dans les dernières décennies à une destruction
massive des forêts primaires alpestres du nord des
Andes, et le déboisement se poursuit. Dans l’aire de
reproduction de l’espèce, les principales menaces sont
également la destruction et la dégradation de l’habitat,
liées à certains régimes d’exploitation forestière
intensive et à la destruction de forêts matures au
profit de l’agriculture. La fragmentation de l’habitat,
qui entraîne une augmentation du parasitisme de
couvée par les vachers et une augmentation du risque
de prédation sur les couvées, semble également
importante. L’augmentation prévue de la fréquence
de phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes
de verglas, ouragans, etc.) dans l’aire de reproduction
et dans les couloirs de migration, la dégradation des
forêts attribuable à l’action de pathogènes introduits
et d’insectes ravageurs ainsi que l’accroissement
du risque de collision avec des structures de grande
hauteur lors des migrations sont autant de menaces
signalées à l’égard de l’espèce.
Protection, statuts et classements
Au Canada, le COSEPAC a classé la Paruline azurée
comme espèce préoccupante en mai 2003. L’espèce
est inscrite à ce titre à l’annexe 1 de la Loi sur les
espèces en péril du Canada. Ses nids et ses œufs
sont également protégés en vertu de la Loi de 1994
sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. En
Ontario, la Paruline azurée est classée comme espèce
préoccupante et visée à ce titre par la Loi de 2007 sur
les espèces en voie de disparition de la province. Au
Québec, depuis octobre 2009, l’espèce est visée par
la Loi sur les espèces menacées et vulnérables à titre
d’espèce menacée. Aux États-Unis, la situation de
l’espèce est jugée préoccupante, et l’espèce pourrait
bientôt être inscrite à la liste des espèces menacées
de l’Endangered Species Act. À l’échelle mondiale, la
Paruline azurée est classée comme espèce vulnérable
par l’Union internationale pour la conservation de la
nature. L’organisme NatureServe l’a classée comme
espèce vulnérable à l’échelle du Canada et en Ontario.
Au Québec, le classement d’espèce gravement en péril
lui a été attribué.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Répartition
Photo : © Gary Allen
Salamandre de Jefferson
L’aire de répartition de la salamandre de Jefferson
coïncide grossièrement avec la forêt feuillue (sur sol
bien drainé) dans le nord-est de l’Amérique du Nord,
depuis la Nouvelle-Angleterre jusqu’en Indiana au
nord et jusqu’au Kentucky et en Virginie au sud. Au
Canada, on ne trouve l’espèce qu’en populations
isolées, surtout dans les régions de l’escarpement
du Niagara et de la forêt carolinienne de l’Ontario.
Nom scientifique
Ambystoma jeffersonianum
Taxon
Amphibiens
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Cette salamandre a une aire de répartition limitée
au sein de secteurs peuplé et grandement modifiés.
Au cours des trois dernières générations, l’espèce
est disparue de nombreuses localités historiques,
et les localités restantes sont menacées par le
développement, la perte d’habitat et, potentiellement,
la présence de populations de salamandres
unisexuées se reproduisant par cleptogenèse.
Aire de répartition mondiale de la salamandre
de Jefferson (figure tirée de Petranka, J.W. 1998
Salamanders of the United States and Canada.
Smithsonian Institution Press. 587p). La flèche indique une
population isolée dans l’Illinois.
Information sur l’espèce
Partout dans leur aire de répartition, les
salamandres de Jefferson adultes occupent
des forêts feuillues ou mixtes (sur des sols bien
drainés) à proximité d’étangs qui conviennent à leur
reproduction. Il s’agit normalement d’étangs forestiers
éphémères, ou printaniers, qui s’assèchent à la fin de
l’été. L’habitat terrestre de l’espèce se trouve dans
des forêts matures dont le sol présente des terriers de
petits mammifères ou des fissures dans le roc où les
adultes peuvent passer l’hiver sous la profondeur de
gel.
La salamandre de Jefferson (Ambystoma
jeffersonianum) est une salamandre fouisseuse au corps
long et mince, de couleur gris foncé à brunâtre, dont
les membres et les orteils sont allongés. Elle présente
parfois de pâles taches gris bleuâtre sur les flancs
inférieurs du corps et de la queue. L’adulte mesure de
60 à 104 mm du museau au cloaque, et sa queue est
latéralement comprimée et presque aussi longue que le
reste du corps. Chez les mâles en état de se reproduire,
la région cloacale est nettement enflée. Les Ambystoma
unisexués (tous femelles), qui coexistent avec les
salamandres de Jefferson dans toutes les populations
connues au Canada, ressemblent beaucoup aux
femelles de cette espèce au plan morphologique.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, avril 2011.
Habitat
Biologie
Les adultes migrent vers leur étang de reproduction
(et en reviennent) la nuit très tôt au printemps
lorsque la température est modérée, la plupart
57
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
du temps lorsqu’il pleut. La parade nuptiale et la
ponte se déroulent parfois sous la glace, et le mâle
courtise plusieurs femelles. Un jour ou deux après
l’accouplement, la femelle pond plusieurs masses
d’œufs sur des bouts de bois ou de la végétation
émergente. La durée du développement des œufs
et des larves est variable, selon la température. Les
larves carnivores se transforment normalement en
juillet ou au début d’août et quittent l’étang. Les
adultes passent la majeure partie de leur temps sous
des roches ou des troncs d’arbres morts ou dans
des terriers de mammifères dans la forêt. Les adultes
passent l’hiver en milieu terrestre sous la profondeur
de gel.
On trouve des Ambystoma unisexués, surtout
polyploïdes, dans toutes les populations connues
de salamandres de Jefferson en Ontario. Ces
salamandres femelles unisexuées sont bien plus
nombreuses que les salamandres de Jefferson et
semblent avoir le même comportement que les
salamandres de Jefferson femelles. Elles font la cour
aux salamandres de Jefferson mâles et se servent
de leur sperme pour déclencher le développement
de leurs œufs. Le sperme n’est toutefois pas
nécessairement intégré à l’œuf.
Tailles et tendances des populations
Il est difficile d’estimer la taille des populations
de salamandres de Jefferson en présence de
salamandres unisexuées morphologiquement
semblables aux salamandres de Jefferson femelles.
Le simple dénombrement des salamandres qui
arrivent à un étang de reproduction ou en repartent
comprendrait des individus unisexués. Selon de
récents relevés, il n’existerait que très peu de
salamandres de Jefferson pures dans les populations,
même dans les populations très denses. La plupart
des sites où l’espèce a été trouvée en 1990 et en
1991 n’abritaient plus de populations de salamandres
de Jefferson ou de salamandres unisexuées en 2003
et en 2004. De plus, à certains sites qui abritaient
encore les deux types de salamandres en 2003-2004,
on a observé une réduction notable du nombre de
masses d’œufs par rapport aux relevés antérieurs.
Facteurs limitatifs et menaces
En Ontario, la salamandre de Jefferson est limitée
par la disponibilité de milieux propices de forêt
feuillue ou mixte associée à des étangs sans poisson
qui sont le plus souvent temporaires. Les menaces
comprennent l’élimination partielle ou entière de
l’habitat, la construction de barrières (p. ex des
58
routes) coupant des voies migratoires vers les étangs,
l’ensemencement de poisson dans des étangs de
reproduction et la réduction de l’hydropériode d’étangs
de reproduction (de sorte que les larves manquent de
temps pour compléter leur développement).
Importance de l’espèce
La salamandre de Jefferson est une salamandre
de grande taille considérée comme un bon indicateur
biologique de la santé de l’environnement aux ÉtatsUnis. Au Canada, elle n’est présente qu’en Ontario,
dans des forêts qui sont restées peu altérées. Les
Ambystoma unisexués (tous femelles), qui sont
plus nombreuses que les salamandres de Jefferson
femelles, se servent des salamandres de Jefferson
mâles comme donneurs de sperme dans toutes les
populations connues de l’Ontario. La coévolution
de la salamandre de Jefferson et des salamandres
unisexuées revêt une importance particulière parce
qu’elle semble constituer un système évolutionnaire
unique.
Protection actuelle
Dans la majeure partie de son aire de répartition aux
États-Unis, la salamandre de Jefferson est désignée
non en péril, mais elle est inscrite à la liste des espèces
en péril au Vermont et en Illinois. Au Canada, le Comité
sur la situation des espèces en péril au Canada
(COSEPAC) l’a désignée espèce menacée en 2000,
et elle a été inscrite comme telle à la liste de la Loi sur
les espèces en péril (LEP) du Canada en 2002. Elle a
également été évaluée par le Comité de détermination
du statut des espèces en péril en Ontario (CDSEPO),
et le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
(MRNO) l’a désignée espèce menacée en 2004. En
2008, elle a été inscrite comme espèce menacée à la
liste des espèces en péril de l’Ontario aux termes du
règlement 230/08 pris en vertu de la nouvelle Loi sur
les espèces en voie de disparition (2007) de l’Ontario.
L’habitat de l’espèce est protégé par cette loi en vertu
du règlement 242/08 sur l’habitat qui est entré en
vigueur le 18 février 2010. Le programme provincial
de rétablissement de la salamandre de Jefferson a été
publié en février 2010.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © David Green
Salamandre pourpre - Population
des Adirondacks et des
Appalaches et population
carolinienne
Nom scientifique
Gyrinophilus porphyriticus
Taxon
Amphibiens
Situation du COSEPAC
Menacée (population des Adirondacks et des
Appalaches); Disparue du pays (population
carolinienne)
Air de répartition canadienne
Québec (population des Adirondacks et des
Appalaches); Ontario (population carolinienne)
Justification de la désignation
Population des Adirondacks et des Appalaches :
Cette espèce se trouve dans les cours d’eau
d’amont clairs et frais des Appalaches et des
Adirondacks, dans le sud-est du Québec. Son
habitat est menacé par plusieurs types de projets
d’exploitation, y compris des centres de ski, des
parcs éoliens et des terrains de golf, qui peuvent
perturber la disponibilité de l’eau dans les cours
d’eau. De façon similaire, les activités forestières
ont une incidence sur l’habitat de la salamandre en
réduisant l’ombrage, en altérant la température du
cours d’eau et en augmentant le limon. L’introduction
de poissons prédateurs pour la pêche sportive
représente également une grave menace pour les
larves de l’espèce ainsi que sur les adultes.
Population carolinienne :
Aucune observation valide depuis plus de 50 ans.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La salamandre pourpre (Gyrinophilus
porphyriticus) compte parmi les plus grandes
espèces de la famille des Pléthodontidés
(salamandres sans poumons), sa longueur totale
atteignant 23 cm. Les adultes sont habituellement
de couleur rose ou orange et leur peau est couverte
de réticulations, de taches ou de stries foncées et
diffuses. Les larves, qui sont aquatiques, ont des
branchies rougeâtres, n’ont pas de réticulations et
prennent une couleur vive à la métamorphose. Les
adultes et les larves sont caractérisés par une mince
ligne pâle, qui va de l’œil au museau, un ventre pâle
et une queue comprimée latéralement qui forme
une nageoire. Au Canada, l’espèce est représentée
seulement par la sous-espèce la plus largement
répandue, la salamandre pourpre du nord
(G. p. porphyriticus).
Répartition
La salamandre pourpre a une répartition éparse
dans les ruisseaux de haute altitude du soulèvement
des Appalaches de l’est de l’Amérique du Nord.
L’aire de répartition canadienne de l’espèce va de
la frontière américaine à Kinnear’s Mills, au Québec.
Elle représente entre 0,7 % et 8,6 % de l’aire de
répartition mondiale et est limitée aux altitudes
de plus de 100 m à la périphérie des Appalaches.
Les populations du Québec se trouvent dans
deux régions – le piémont des Adirondacks et les
Appalaches. L’espèce a aussi été observée dans
la municipalité régionale de Niagara dans le sud
de l’Ontario, mais cette population est considérée
comme disparue. La superficie de la zone
d’occurrence de l’espèce au Canada est de
17 237 km2, ce qui inclut les 50 km2 du piémont
des Adirondacks.
Habitat
L’espèce est principalement associée aux
ruisseaux d’amont de montagne à eau fraîche et
bien oxygénée, à substrats rocheux ou graveleux
abondants et dans lesquels les poissons prédateurs
sont rares. Les adultes et les jeunes trouvent refuge
dans les interstices entre les roches du lit des
ruisseaux. Les adultes peuvent s’aventurer sur la
berge pour se nourrir, alors que les larves, qui sont
59
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
augmente avec la taille corporelle, et le nombre
d’œufs varie de 9 à 132 dans l’ensemble de l’aire de
répartition de l’espèce. L’éclosion se produit à la fin
de l’été ou au début de l’automne. La longévité est
d’environ 10 ans.
La petite taille de la salamandre pourpre, sa peau
perméable et son stade vital en milieu aquatique
rendent l’espèce sensible à la déshydratation et
à l’acidification de l’eau. L’espèce est territoriale
et nocturne. Elle se nourrit surtout d’invertébrés
terrestres et aquatiques, mais il arrive qu’elle
consomme de petites salamandres, y compris des
congénères.
La dispersion se fait principalement vers l’amont de
corridors de ruisseaux. Les déplacements vers l’aval
sont peu fréquents et relativement courts (rarement
de plus de 10 m). Les déplacements terrestres des
adultes se limitent généralement à une distance de
2 m depuis le bord du ruisseau.
Taille et tendances des populations
Aire de répartition mondiale de la salamandre
pourpre, aire de répartition historique en Ontario
et secteurs où d’autres recherches doivent être
menées.
L’effectif des populations canadiennes demeure
inconnu. L’espèce est rare de manière naturelle,
et les densités locales sont habituellement faibles.
Des abondances élevées sont observées dans les
ruisseaux sans poissons prédateurs. Jusqu’à
25 salamandres ont été signalées à l’occasion dans
une seule zone, mais on observe habituellement de
plus petits nombres d’individus.
strictement aquatiques, demeurent dans le ruisseau.
La femelle pond ses œufs sous de grosses roches ou
d’autres abris, submergés ou partiellement enfoncés
dans la berge. Les salamandres passent l’hiver au
fond des ruisseaux ou cachées sous la berge, à l’abri
du gel. Un couvert forestier abondant est nécessaire
au maintien des caractéristiques de l’habitat essentiel.
Les fluctuations et les tendances des populations
canadiennes n’ont pas été enregistrées. Bon nombre
de relevés menés durant les dix dernières années
ont conduit à la découverte de neuf nouvelles
populations. Par conséquent, la superficie de la zone
d’occurrence a augmenté, mais cette augmentation
résulte sans doute d’activités de recherche plus
intensives que de la croissance des populations ou
que de l’établissement de nouvelles populations.
La non-confirmation de la persistance de l’espèce
aux sites historiques donne à penser que certaines
populations pourraient avoir disparu.
Biologie
Menaces et facteurs limitatifs
Le cycle vital de la salamandre pourpre comporte
deux stades et se caractérise par une longue période
larvaire de trois à six ans. L’espèce atteint la maturité
sexuelle durant l’année qui suit la métamorphose,
mais la maturité sexuelle peut être retardée en haute
altitude. L’accouplement a lieu en été ou à l’automne,
et les femelles pondent chaque année. La fécondité
Au cours des vingt dernières années, le
développement résidentiel et la construction
d’infrastructures récréatives (stations de ski, terrains
de golf) se sont intensifiés dans les Appalaches, ce
qui a entraîné la perte d’habitat dans l’ensemble de
l’aire de répartition de l’espèce. Des développements
résidentiels et des parcs éoliens menacent et
dégradent aussi l’habitat de la salamandre pourpre.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
60
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
L’altération ou la réduction de la qualité de l’eau
et la baisse de débit demeurent les principales
menaces pour la salamandre pourpre. En raison de
leur long stade strictement aquatique, les larves sont
vulnérables à l’acidification et à d’autres changements
des conditions hydriques. La salamandre pourpre est
vulnérable aussi à la contamination de l’eau par les
pesticides et les herbicides.
En 2009, le gouvernement du Québec a inscrit
la salamandre pourpre sur la liste des espèces
vulnérables en vertu de la Loi sur les espèces menacées
ou vulnérables du Québec. L’espèce est donc protégée
par la Loi sur la conservation et la mise en valeur de
la faune du Québec (L.R.Q., c C-61.1) qui en interdit
la collecte, l’achat et la vente, ainsi que la garde
d’individus en captivité.
La récolte de bois a des répercussions
négatives sur l’espèce, car elle altère les propriétés
chimiques, la température et la qualité de l’eau ou
l’approvisionnement en eau. Une autre importante
répercussion négative de cette activité sur les
salamandres pourpres est l’augmentation de
l’envasement qui a pour conséquence de remplir les
interstices qu’utilisent les salamandres pour se nourrir
ou se mettre à l’abri. Une répercussion indirecte de
la récolte de bois est la réduction des concentrations
d’oxygène.
En Ontario, l’espèce est désignée disparue en vertu
de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition
de l’Ontario.
Une autre menace, notamment pour les larves,
est la prédation par les poissons, et surtout l’omble
de fontaine introduit. L’impact de l’omble de fontaine
augmente lorsque les refuges interstitiels se raréfient
en raison d’une augmentation de l’envasement.
Protection, statuts et classifications
Au niveau fédéral, la salamandre pourpre a été
désignée espèce préoccupante en vertu de la Loi sur
les espèces en péril (LEP) et figure à l’annexe 1 de
cette Loi.
Au Québec, des mesures de protection des
salamandres de ruisseaux liées aux pratiques
sylvicoles sur les terres publiques provinciales ont été
adoptées et appliquées récemment. Cependant, la
majeure partie de l’aire de répartition de la salamandre
pourpre dans le sud du Québec se trouve sur des
terres privées. L’article 22 de la Loi sur la qualité de
l’environnement de la province prévoit la protection
contre la dégradation non réglementée de la qualité
de l’environnement.
À l’échelle mondiale, l’espèce est classée non en
péril (G5) par NatureServe (2009). Au Canada, elle est
considérée comme vulnérable (N3) et, au Québec, elle
s’est vue attribuer la cote S3, espèce vulnérable.
Actuellement, près du quart des observations de
l’espèce sont associées à trois aires protégées et à des
aires visées par 12 ententes relatives à la propriété, ce
qui représente environ 25 % (127 km2) d’habitat total
occupé au Québec.
61
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Sturnelle des prés
Photo : © Julien Brisson
Description et importance de l’espèce
sauvage
Nom scientifique
Sturnella magna
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick,
Nouvelle-Écosse
La Sturnelle des prés est un oiseau chanteur
de taille moyenne, qui fait partie de la famille des
Ictérinés. Elle possède un bec relativement long et
pointu et une queue courte. Le dos des adultes est
couvert d’un motif brun; leur gorge et leur ventre sont
d’un jaune vif, et ils ont une grande marque noire
en forme de V au milieu de la poitrine. Les rectrices
externes blanches sont particulièrement visibles
lorsque l’oiseau est en vol. La Sturnelle des prés est
très semblable à la Sturnelle de l’Ouest – une espèce
qu’on rencontre dans des milieux similaires, mais qui
niche principalement dans l’ouest de l’Amérique du
Nord. Seize sous­-espèces de Sturnelle des prés sont
connues, mais une seule est présente au Canada
(Sturnella magna magna).
Répartition
Toutes sous-espèces comprises, l’aire de
reproduction mondiale de la Sturnelle des prés
s’étend du centre et de l’est de l’Amérique du Nord
vers le sud, et dans certaines parties de l’Amérique
du Sud. Cependant, il n’y a qu’une seule sous­-espèce
au Canada et dans les États voisins du nord­-est des
États­-Unis. Au Canada, la majorité de la population se
reproduit dans le sud de l’Ontario, l’espèce devenant
Justification de la désignation
La taille de la population et l’aire de reproduction
de cette espèce associée aux prairies et nichant au
sol ont changé de manière considérable depuis la
colonisation européenne. La majeure partie de son
habitat de prairie indigène a été convertie en terres
agricoles avant la fin du 19e siècle. Cependant, ces
pertes d’habitat ont été efficacement compensées
par la présence de grandes prairies de substitution
(principalement des pâturages et des prairies de
fauche) qui ont résulté de la conversion à grande
échelle des forêts de feuilles caduques de l’est en
terres agricoles. L’espèce a initialement réagi en
étendant son aire de reproduction (principalement
vers l’est). Toutefois, depuis le milieu du 20e siècle
l’étendue et la qualité des prairies de substitution
dans l’ensemble de son aire de répartition ont connu
un déclin. Bien que la population de l’espèce demeure
relativement grande, elle a connu des déclins
persistants à l’échelle de son aire de répartition. Ces
déclins semblent être déterminés en majeure partie
par la perte et la dégradation de l’habitat de prairie,
tant dans les aires de reproduction que d’hivernage,
ainsi que par un succès de reproduction moindre,
résultant de certaines pratiques agricoles.
62
Air de reproduction
Air de reproduction et d’hivernage
Air d’hivernage
Aire de repartition de la Sturnelle des prés en Amérique
du nord et centrale.
Source: Modifié à partir de “Birds of North America Online”
http://bna.birds.cornell.edu/bna, Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
progressivement moins commune dans le sud du
Québec, au Nouveau-Brunswick et dans le sud de
la Nouvelle­-Écosse. La Sturnelle des prés migre sur
de courtes distances, et l’on croit que la plus grande
partie de la population canadienne hiverne dans le
centre-­sud et le sud­-est des États-Unis.
Habitat
La Sturnelle des prés préfère les prairies, y compris
les prairies et savanes indigènes, ainsi que les
pâturages non indigènes, les prairies de fauche, les
prés où poussent des mauvaises herbes et les zones
herbacées le long des clôtures et dans les terrains
d’aviation.
Biologie
La Sturnelle des prés applique une stratégie de
reproduction mixte, qui comprend la monogamie et la
polygynie. Cette dernière est fréquente. Au Canada,
les mâles arrivent dans les aires de reproduction en
avril, et les femelles, environ deux à quatre semaines
plus tard. Les nids sont construits sur le sol. Ils sont
bien cachés dans la végétation et consistent en
une coupe formée d’herbes et recouverte d’herbes
entrelacées avec la végétation environnante. Les
couvées comprennent généralement quatre ou cinq
œufs. Jusqu’à deux couvées peuvent être produites
par saison de reproduction. L’âge de la première
ponte est de un an.
Taille et tendances des populations
Au Canada, on estime que la population de
Sturnelles des prés compte environ 250 000 individus
matures (à peu près 125 000 couples nicheurs). La
taille des populations de l’espèce a augmenté et son
aire de reproduction dans le centre et l’est du Canada
s’est élargie peu après l’arrivée des colons européens,
à cause des grandes superficies de pâturages et de
prairies de fauche résultant de la coupe des forêts
indigènes. Cette tendance a aussi coïncidé à peu
près avec un important déclin de la disponibilité de
l’habitat naturel de l’espèce (les prairies indigènes).
Toutes les sources d’information disponibles indiquent
qu’un déclin de l’espèce se produit actuellement
au Canada, lequel a probablement commencé au
milieu du 20e siècle, alors que la superficie des
milieux agricoles de substitution diminuait et que les
pratiques agricoles s’intensifiaient. Depuis, les prairies
indigènes de la Sturnelle des prés ne se sont pas
rétablies et n’occupent toujours qu’une fraction de
leur ancienne superficie.
Les données sur les tendances démographiques
tirées du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS, pour
Breeding Bird Survey) pour la période de 1970 à 2009
montrent un déclin statistiquement significatif de
3,1 % par année au Canada, ce qui correspond à un
déclin global de 71 %. Au cours de la plus récente
période de 10 ans (de 1999 à 2009), il y a eu un
déclin statistiquement significatif de 3,3 % par année,
ce qui correspond à un déclin global de
29 %. Les relevés régionaux, comme l’Atlas des
oiseaux nicheurs de l’Ontario, l’Atlas des oiseaux
nicheurs des Maritimes et l’Étude des populations
d’oiseaux du Québec, indiquent aussi des déclins
significatifs au cours des récentes décennies.
Menaces et facteurs limitatifs
On a déterminé que les principales causes
responsables du déclin des populations de Sturnelles
des prés étaient les suivantes : 1) la perte d’habitat
dans les aires de reproduction (et probablement aussi
dans les aires d’hivernage) due à la conversion à
grande échelle des cultures fourragères en cultures
céréalières intensives et d’autres cultures en rangs,
au reboisement des terres agricoles abandonnées et
à l’urbanisation; 2) l’intensification et la modernisation
des techniques agricoles favorisant la coupe plus
hâtive et plus fréquente du foin pendant la saison de
nidification, ce qui diminue le succès de reproduction;
3) un taux élevé (et probablement croissant) de
prédation des nids; 4) le surpâturage par le bétail;
5) la mortalité causée par l’utilisation de pesticides
dans les aires de reproduction et d’hivernage; et 6)
une baisse de l’efficacité de reproduction résultant
du parasitisme des nids exercé par le Vacher à tête
brune.
Protection, statuts et classifications
Au Canada, la Sturnelle des prés, ses nids et
ses œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994
sur la convention concernant les oiseaux migrateurs.
Elle est actuellement classée « non en péril » à
l’échelle mondiale par NatureServe. Au Canada, la
Sturnelle des prés est considérée comme une espèce
commune non en péril. Elle est classée
« apparemment non en péril » en Ontario, «
vulnérable» au Québec, « en péril » au NouveauBrunswick et « gravement en péril » en NouvelleÉcosse.
63
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Photo : © Gary Allen
Verge d’or voyante - Population
boréale
Nom scientifique
Solidago speciosa
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Une population morphologiquement et
écologiquement distincte a récemment été trouvée
dans une seule localité dans le nord-ouest de
l’Ontario. Elle est géographiquement distincte de
la population des plaines des Grands Lacs. Cette
petite population pourrait seulement comprendre
environ 1000 individus. Les petites populations ainsi
restreintes géographiquement sont potentiellement
vulnérables à des événements fortuits défavorables.
Description et importance de l’espèce
sauvage
La verge d’or voyante (Solidago speciosa) est
une plante vivace de la famille des Astéracées.
Chaque plante possède jusqu’à 30 tiges, qui
peuvent atteindre 1,5 m de hauteur. Les tiges sont
normalement non ramifiées, lisses et de couleur
rougeâtre et possèdent des feuilles alternes et
lancéolées. L’inflorescence est une panicule grande
et voyante mesurant jusqu’à 30 cm de longueur,
composée de nombreux petits capitules jaune vif.
Les branches de la panicule sont dressées, alors
64
qu’elles sont courbées vers le bas chez les autres
grandes espèces de la verge d’or. En Ontario, la
floraison débute à la fin août ou au début septembre
et se poursuit jusqu’à la mi octobre.
Il existe deux sous-espèces reconnues de
S. speciosa, mais seule la sous-espèce speciosa est
observée au Canada. On reconnaît actuellement deux
variétés de cette sous-espèce (variété speciosa et
variété rigidiuscula), mais celles-ci sont difficiles à
distinguer et possèdent des aires de répartition qui se
chevauchent aux États-Unis. Au Canada, seul le
S. speciosa var. rigidiuscula a été signalé. Cependant, le
présent rapport fait état d’une population du
S. speciosa située dans le nord-ouest de l’Ontario, près
de Kenora, dont les individus possèdent des caractères
morphologiques différents de ceux de l’île Walpole. Par
conséquent, le statut taxinomique du Solidago speciosa
doit faire l’objet de plus amples recherches.
La verge d’or voyante est une plante ornementale
qui connaît une grande popularité dans le commerce
horticole aux États-Unis, comme en font foi les
annonces en ligne de fournisseurs de cinq États. On se
sert de diverses parties de la plante pour fabriquer des
décoctions utilisées à des fins médicinales. La verge
d’or voyante, lorsqu’infectée par un champignon de la
rouille (Coleosporium sp.), peut causer des troubles de
santé, voire la mort, chez les bovins et les chevaux.
Répartition
On rencontre le Solidago speciosa dans la majeure
partie de l’est des États-Unis ainsi que dans certaines
régions du Montana, du Wyoming et du Colorado.
Au Canada, le S. speciosa est présent uniquement
dans la réserve indienne Walpole Island (RIWI), située
dans le sud-ouest de l’Ontario, et dans un site situé
au nord-ouest de Kenora. Cette dernière population,
qui n’a été découverte que récemment, vient étendre
considérablement l’aire de répartition totale de l’espèce
vers le nord. Un pourcentage bien inférieur à 1 % de
l’aire de répartition totale de l’espèce se trouve au
Canada.
Habitat
Dans la réserve indienne Walpole Island, les
populations de verges d’or voyantes ont été observées
dans des savanes humides de chênes et des prairies
de grandes graminées, où les sols sont des loams
sableux et des loams sablo-argileux. Le feu est
important pour le maintien des prairies de grandes
graminées et des savanes qui constituent l’habitat
de la verge d’or voyante.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Une partie d’une population a été détruite lors de
la construction d’une maison en 2003. La fréquence
des brûlages a été réduite dans la savane entourant
la maison, ce qui a entraîné la disparition de certains
individus et une dégradation de la qualité de l’habitat.
Un brûlage effectué à la fin du printemps 2008 pourrait
avoir contribué à la diminution de l’effectif dans un
autre site. On a également noté la disparition des
individus poussant dans un petit bosquet d’arbres qui
n’a pas subi de brûlage entre 2003 et 2008 et dont
le couvert croît de façon constante. Une partie d’une
autre population a été détruite avant le relevé de 2003,
au cours de l’agrandissement d’un cimetière.
Aire de répartition canadienne de la Verge d’or
voyante, Ontario. La population boréale est illustrée par
le point noir le plus au nord.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2010.
La population du nord-ouest de l’Ontario pousse
sur une pente dégagée exposée au sud, où la
végétation est dominée par le stipe à balai et le
barbon de Gérard ainsi que par le pin gris, le pin
rouge et le pin blanc dans la partie supérieure de la
pente.
Biologie
La verge d’or voyante est une plante vivace qui se
reproduit principalement par voie sexuée. Sa longévité
à l’état sauvage est inconnue, mais on sait que les
plantes cultivées en jardin vivent plusieurs années.
Les individus, dont la taille varie, peuvent produire de
1 à 30 tiges florifères, voire plus.
La verge d’or voyante, dont le pollen est lourd
et collant, est pollinisée par une grande variété
d’insectes, dont les abeilles, les guêpes, les diptères,
les coléoptères et les papillons. Les chenilles de
nombreuses espèces de papillons nocturnes se
nourrissent de diverses parties de la plante. Parmi
les autres insectes qui se nourrissent de la plante,
on compte des cicadelles, des punaises de la famille
des Tingidés et de celle des Miridés ainsi que des
coléoptères. La prédation des graines par la chenille
d’un papillon nocturne non identifié de la famille
des Coléophoridés est fréquente chez la verge d’or
voyante dans la réserve indienne Walpole Island.
Taille et tendances des populations
Les deux populations de l’unité désignable (UD)
des plaines des Grands Lacs comptaient en tout
environ 800 individus en 2008, comparativement à
environ 1 300 en 2003.
L’unité désignable boréale a été découverte en 2005.
En 2007, on n’avait recensé que 30 individus lors d’un
relevé superficiel, mais environ 1 100 individus ont été
recensés lors d’un relevé plus détaillé réalisé en 2009.
Menaces et facteurs limitatifs
Le principal facteur limitatif pour l’UD des plaines
des Grands Lacs est le déclin des prairies de grandes
graminées et des savanes dans les secteurs où
pousse l’espèce. La densification du couvert forestier
et l’empiétement d’espèces arbustives, tel le sumac
vinaigrier, pourraient être à l’origine de la perte de
vigueur de certains individus.
La conversion de terres à des fins agricoles,
domiciliaires ou autres a détruit certains sites, en
plus de réduire la superficie d’habitat disponible.
La diminution de la fréquence des brûlages réduit
également la superficie d’habitat disponible.
L’extraction de sable, le piétinement, le dépôt
d’ordures et la propagation d’espèces exotiques sont
autant de menaces qui pèsent actuellement sur la
verge d’or voyante. Le fauchage a probablement causé
la disparition d’une partie d’une population.
Aucune menace manifeste ne pèse sur l’UD boréale.
Protection, statuts et classements
NatureServe considère que l’ensemble de l’espèce
Solidago speciosa n’est pas en péril à l’échelle
mondiale, surtout en raison de sa situation aux ÉtatsUnis, où se trouve la plus grande partie de son aire
de répartition. Au Canada, l’espèce figure sur la liste
des espèces en voie de disparition de l’annexe 1 de
la Loi sur les espèces en péril fédérale, qui s’applique
aux populations situées sur des terres de juridiction
fédérale, y compris la réserve indienne Walpole Island.
La désignation de l’habitat essentiel de l’espèce
fait toujours l’objet d’un examen. Le S. speciosa est
également désigné aux termes de la Loi de 2007
65
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.
Puisque l’habitat essentiel de l’espèce n’a pas encore
été désigné dans cette province, il n’est pas protégé.
Selon NatureServe, la variété rigidiuscula est
classée « espèce apparemment non en péril » à
66
l’échelle mondiale et est non classée aux États Unis.
La variété est classée « gravement en péril » au
Canada, tout comme en Géorgie, et a reçu les cotes «
non classée » ou « non classable » dans les 16 autres
États où elle a été observée.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Index
Espèces par nom commun
Abeille-coucou de Macropis (Epeoloides pilosulus)........................................................................................ 12
Brotherelle de Roell (Brotherella roellii)........................................................................................................... 15
Calochorte de Lyall (Calochortus lyallii)........................................................................................................... 17
Chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri)............................................................................................................. 19
Collème bâche (Collema coniophilum)............................................................................................................ 22
Cordulie de Hine (Somatochlora hineana)....................................................................................................... 24
Couleuvre à petite tête (Thamnophis butleri).................................................................................................. 26
Dégélie plombée (Degelia plumbea)................................................................................................................ 29
Effraie des clochers (Tyto alba) - Population de l’Ouest ................................................................................ 32
Gomphe olive (Stylurus olivaceus).................................................................................................................. 34
Gomphe ventru (Gomphus ventricosus).......................................................................................................... 37
Haliplide de Hungerford (Brychius hungerfordi).............................................................................................. 40
Hirondelle rustique (Hirundo rustica)............................................................................................................... 43
Iris lacustre (Iris lacustris)................................................................................................................................ 45
Leptoge à grosses spores (Leptogium platynum)........................................................................................... 47
Leptoge à quatre spores (Leptogium polycarpum)......................................................................................... 49
Liparis à feuilles de lis (Liparis liliifolia)............................................................................................................ 51
Mouche tachinide des dunes (Germaria angustata)........................................................................................ 53
Paruline azurée (Dendroica cerulea)................................................................................................................ 55
Salamandre de Jefferson (Ambystoma jeffersonianum).................................................................................. 57
Salamandre pourpre (Gyrinophilus porphyriticus) - Population des Adirondacks et des Appalaches et
Population carolinienne.................................................................................................................................. 59
Sturnelle des prés (Sturnella magna).............................................................................................................. 62
Verge d’or voyante (Solidago speciosa) - Population boréale......................................................................... 64
67
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Espèces par nom scientifique
Ambystoma jeffersonianum.................................................................................................................................57
Brotherella roellii..................................................................................................................................................15
Brychius hungerfordi...........................................................................................................................................40
Calochortus lyallii.................................................................................................................................................17
Cirsium pitcheri...................................................................................................................................................19
Collema coniophilum...........................................................................................................................................22
Degelia plumbea..................................................................................................................................................29
Dendroica cerulea...............................................................................................................................................55
Epeoloides pilosulus............................................................................................................................................12
Germaria angustata.............................................................................................................................................53
Gomphus ventricosus..........................................................................................................................................37
Gyrinophilus porphyriticus...................................................................................................................................59
Hirundo rustica....................................................................................................................................................43
Iris lacustris..........................................................................................................................................................45
Leptogium platynum............................................................................................................................................47
Leptogium polycarpum.......................................................................................................................................49
Liparis liliifolia......................................................................................................................................................51
Solidago speciosa...............................................................................................................................................64
Somatochlora hineana.........................................................................................................................................24
Sturnella magna...................................................................................................................................................62
Stylurus olivaceus................................................................................................................................................34
Thamnophis butleri..............................................................................................................................................26
Tyto alba..............................................................................................................................................................32
68
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Espèces par province et territoire
Alberta
Hirondelle rustique.............................................. 43
Colombie-Britannique
Brotherelle de Roell............................................. 15
Calochorte de Lyall.............................................. 17
Collème bâche.................................................... 22
Effraie des clochers (Population de l’Ouest)....... 32
Gomphe olive...................................................... 34
Hirondelle rustique.............................................. 43
Leptoge à grosses spores................................... 47
Leptoge à quatre spores..................................... 49
Île-du-Prince-Édouard
Hirondelle rustique.............................................. 43
Manitoba
Hirondelle rustique.............................................. 43
Nouveau-Brunswick
Dégélie plombée................................................. 29
Gomphe ventru.................................................... 37
Hirondelle rustique.............................................. 43
Sturnelle des prés............................................... 62
Nouvelle-Écosse
Abeille-coucou de Macropis............................... 12
Dégélie plombée................................................. 29
Hirondelle rustique.............................................. 43
Sturnelle des prés............................................... 62
Nunavut
Aucune
Ontario
Chardon de Pitcher............................................. 19
Cordulie de Hine.................................................. 24
Couleuvre à petite tête........................................ 26
Haliplide de Hungerford...................................... 40
Hirondelle rustique.............................................. 43
Iris lacustre.......................................................... 45
Liparis à feuilles de lis......................................... 51
Paruline azurée.................................................... 55
Salamandre de Jefferson.................................... 57
Salamandre pourpre (Population carolinienne)... 59
Sturnelle des prés............................................... 62
Verge d’or voyante (Population boréale)............. 64
Québec
Hirondelle rustique.............................................. 43
Liparis à feuilles de lis......................................... 51
Paruline azurée.................................................... 55
Salamandre pourpre (Population des
Adirondacks et des Appalaches)......................... 59
Sturnelle des prés............................................... 62
Saskatchewan
Hirondelle rustique.............................................. 43
Terre-Neuve-et-Labrador
Dégélie plombée................................................. 29
Hirondelle rustique.............................................. 43
Territoires du Nord-ouest
Hirondelle rustique.............................................. 43
Yukon
Hirondelle rustique.............................................. 43
Mouche tachinide des dunes.............................. 53
69
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
GLOSSAIRE
Annexe 1 : L’annexe de la Loi sur les espèces en péril (LEP); aussi appelée « Liste des espèces sauvages en
péril », qui énumère les espèces protégées en vertu de la LEP.
Conseil canadien de conservation des espèces en péril : Le Conseil est composé des ministres fédéraux,
provinciaux et territoriaux ayant des responsabilités relativement aux espèces sauvages. Le mandat du
Conseil est de fournir un leadership national et la coordination pour la protection des espèces en péril.
Conseil de gestion des ressources fauniques : Établi en vertu des accords de revendications territoriales
dans le nord du Québec, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, en Colombie-Britannique et au
Nunavut, les conseils de gestion des ressources fauniques sont « les principaux instruments de gestion des
espèces sauvages » dans leur aire d’établissement. Dans ce rôle, les conseils de gestion des ressources
fauniques établissent, modifient et retirent les niveaux de prises totales admises d’une gamme d’espèces
sauvages, mais participent aussi aux activités de recherche, y compris les études annuelles sur les prises et
approuvent la désignation d’espèces en péril dans leurs aires d’établissement.
COSEPAC : Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Le comité est composé d’experts sur
les espèces sauvages en péril, qui possèdent une expertise dans une discipline telle la biologie, l’écologie,
la génétique, les connaissances traditionnelles autochtones ou d’autres domaines connexes. Ces
experts proviennent de différentes communautés, y compris, entre autres, du gouvernement et du milieu
universitaire.
Décret : Il s’agit d’un instrument qui sert d’avis au sujet d’une décision prise par le secteur exécutif du
gouvernement; par exemple, un décret accompagne tous les règlements.
Énoncé de réaction : Un document dans lequel le ministre de l’Environnement indique comment il ou elle a
l’intention de réagir à l’évaluation d’une espèce sauvage par le COSEPAC. Le ministre affiche un énoncé de
réaction dans le Registre public de la Loi sur les espèces en péril dans les 90 jours suivant la réception de
l’évaluation et prévoit des échéanciers pour les mesures à prendre dans la mesure du possible.
Espèce aquatique : Espèce sauvage de poissons, au sens de l’article 2 de la Loi sur les pêches, ou de
plantes marines, au sens de l’article 47 de cette loi. Le terme englobe les mammifères marins.
Espèce sauvage : Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement
distincte d’animal, de plante ou d’un autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus).
Une espèce sauvage peut être ajoutée à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril si elle est indigène du
Canada ou si elle s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins
cinquante ans.
Évaluation du COSEPAC : L’évaluation ou la réévaluation de la situation d’une espèce sauvage par le
COSEPAC, basée sur le rapport de situation sur l’espèce que le COSEPAC a soit fait préparer ou a reçu à
l’appui d’une demande.
Gazette du Canada : La Gazette du Canada est un des moyens permettant aux Canadiennes et aux
Canadiens d’avoir accès aux lois et aux règlements. Il s’agit du « journal officiel » du gouvernement du
Canada depuis 1841. Les ministères et les organismes gouvernementaux ainsi que le secteur privé ont
l’obligation de publier certaines informations dans la Gazette du Canada. Les avis et les règlements
proposés sont publiés dans la Partie I de la Gazette du Canada et les règlements officiels sont publiés dans
la Partie II de la Gazette du Canada. Pour obtenir plus d’information, veuillez visiter le site Web suivant :
gazetteducanada.gc.ca.
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2011
Gouverneur en conseil : Le gouverneur général du Canada agit selon les conseils du Conseil privé de la Reine
du Canada, le conseil exécutif officiel qui donne l’effet légal aux décisions du cabinet qui auront la force de la
loi.
Individu : Individu d’une espèce sauvage, vivant ou mort, à toute étape de son développement, y compris les
larves, le sperme, les œufs, les embryons, les semences, le pollen, les spores et les propagules asexuées.
Reclassification à la hausse : Une révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de
risque plus élevée. La révision du statut d’une espèce inscrite sur l’annexe 1 à une catégorie de risque plus
basse serait une reclassification à la baisse.
Registre public de la Loi sur les espèces en péril : Élaboré comme service en direct, le Registre public de la
Loi sur les espèces en péril est accessible au public depuis la promulgation de la Loi sur les espèces en péril
(LEP). Le site Web donne aux utilisateurs un accès facile aux documents et à l’information liés à la LEP en
tout temps et de tout lieu ayant un accès Internet. L’adresse est la suivante : www.registrelep-sararegistry.
gc.ca.
REIR : Résumé de l’étude d’impact de la réglementation. Il s’agit d’une description d’une proposition
réglementaire qui fournit une analyse de l’impact prévu de chaque initiative réglementaire et accompagne un
décret.
Territoire domanial : comprend toutes les terres qui appartiennent au gouvernement fédéral, les eaux
intérieures et la mer territoriale du Canada, ainsi que les réserves et les autres terres qui ont été mises de côté
à l’usage et au profit d’une bande en application de la Loi sur les Indiens.
71
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