Loi sur les espèces en péril liste des espèces de la

Loi sur les espèces en péril liste des espèces de la
Consultation sur la modification de la
liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
Espèces terrestres
Novembre 2010
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Pin à écorce blanche, © Peter Achuff
Bruant à ventre noir, © Nick Saunders
Bourdon à tache rousse, © Johanna James-Heinz
Références photographiques de la page titre :
Arrière-plan :
Habitat de la Grive de Bicknell, © Dan Busby
Avant-plan, grande photo :
Bruant à ventre noir, © Nick Saunders
Avant-plan, petites photos, de gauche à droite :
Bourdon à tache rousse, © Johanna James-Heinz
Cicendèle verte des pinèdes, © Michael Runtz
Mauve de Virginie, © Melinda Thompson Black
Grive de Bicknell, © Dan Busby
Également disponible sur Internet.
ISSN: 1710-3029
ISBN: 978-1-100-52505-1
No de cat.: En1-36/2010
© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 2010
Consultation sur la modification de la
liste des espèces de la
Loi sur les espèces en péril
Espèces terrestres
Novembre 2010
Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard :
– le 4 février 2011 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières;
et
– le 4 février 2012 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées.
Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises,
veuillez consulter le site Web suivant :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/table_1210_f.cfm
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel au Registre public des espèces en péril :
sararegistry@ec.gc.ca
Les commentaires peuvent également être envoyés par la poste :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa ON K1A 0H3
Pour en savoir davantage sur la Loi sur les espèces en péril, veuillez consulter le Registre public des
espèces en péril à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
TABLE DES MATIÈRES
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL............................................2
Loi sur les espèces en péril et Liste des espèces en péril......................................................................... 2
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et processus d’évaluation
pour déterminer les espèces en péril ................................................................................................. 2
Termes utilisés pour élargir le degré de risque que court une espèce.................................................. 2
Espèces terrestres et aquatiques admissibles aux modifications de l’annexe 1.................................. 3
Sollicitation de commentaires du public au sujet de la modification proposée de l’annexe 1........ 3
PROCESSUS DE CONSULTATION ET D’INSCRIPTION DANS LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL.....................3
Figure 1 : Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP................................................. 4
But des consultations sur les modifications à apporter à la Liste............................................................ 5
Contexte législatif des consultations : les recommandations du ministre au gouverneur
en conseil................................................................................................................................................ 5
Réponse du ministre de l’Environnement à l’évaluation par le COSEPAC : énoncé de réaction..... 5
Périodes de consultations régulières et prolongées ............................................................................... 5
Qui est consulté et comment .................................................................................................................... 6
Rôle et impact des consultations publiques sur le processus d’inscription........................................... 6
IMPORTANCE DE L’AJOUT D’UNE ESPÈCE À L’ANNEXE 1...........................................................................7
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de
disparition ou menacées...................................................................................................................... 7
Programmes de rétablissement et plans d’action visant les espèces disparues du pays, en voie
de disparition ou menacées ............................................................................................................... 8
Protection accordée aux espèces inscrites comme étant des espèces préoccupantes ................ 8
Plans de gestion des espèces préoccupantes ....................................................................................... 9
ESPÈCES PROPOSÉES EN VUE DE LA MODIFICATION DE L’ANNEXE 1................................ 9
Situation des espèces récemment évaluées et processus de consultation......................................... 9
Formulation de commentaires................................................................................................................... 9
Tableau 1 : Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles à un
ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification...................................................................... 10
Tableau 2 : Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC (confirmation du
statut des espèces) ............................................................................................................. 11
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES POUR AJOUT OU
RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1.................................................................... 12
INDEX...................................................................................................... 77
Espèces par nom commun....................................................................................................................... 77
Espèces par nom scientifique................................................................................................................... 78
Espèces par province et territoire............................................................................................................ 79
GLOSSAIRE................................................................................................ 80
1
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
AJOUT D’ESPÈCES À LA LOI SUR LES ESPÈCES EN PÉRIL
Loi sur les espèces en péril et Liste des
espèces en péril
Le gouvernement du Canada est voué à empêcher
la disparition des espèces sauvages en péril de
nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant
à honorer cet engagement, le gouvernement du
Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP),
le 5 juin 2003. L’annexe 1 de la Loi, qui présente
la liste des espèces qui sont protégées en vertu
de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces
en péril ». Les espèces en voie de disparition ou
menacées qui figurent à l’annexe 1 bénéficient de
la protection conférée par les interdictions et la
planification de rétablissement prévues à la LEP. Les
espèces préoccupantes bénéficient de sa planification
de la gestion. L’annexe 1 contenait initialement
233 espèces sauvages en péril et, maintenant,
470 espèces forment la liste.
La liste complète des espèces qui figurent
actuellement à l’annexe 1 peut être consultée à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/species/
schedules_f.cfm?id=1
Les espèces peuvent être ajoutées à l’annexe 1
dès qu’elles ont été évaluées comme étant en péril
par le Comité sur la situation des espèces en péril au
Canada (COSEPAC). La décision d’ajouter une espèce
à l’annexe 1 est prise par le gouverneur en conseil à la
suite d’une recommandation formulée par le ministre
de l’Environnement. Le gouverneur en conseil est
le corps exécutif officiel qui donne la conséquence
juridique aux décisions du Cabinet qui auront force
de loi.
Comité sur la situation des espèces en
péril au Canada (COSEPAC) et processus
d’évaluation pour déterminer les espèces
en péril
Le COSEPAC est reconnu en vertu de la LEP
comme une autorité pour évaluer le statut des
espèces sauvages en péril. Ce Comité est formé
d’experts sur les espèces sauvages en péril. Ses
membres ont une formation en biologie, en écologie
et en génétique. De plus, ils ont un savoir traditionnel
autochtone et dans d’autres domaines pertinents.
2
Ils proviennent de diverses collectivités, y compris le
milieu universitaire, les organisations autochtones, les
organisations gouvernementales et les organisations
non gouvernementales.
Le COSEPAC accorde la priorité aux espèces les
plus susceptibles de disparaître, puis il commande
un rapport de situation afin d’évaluer la situation de
l’espèce. Pour être acceptés, les rapports de situation
doivent être évalués par les pairs et approuvés par
un sous-comité formé de spécialistes des espèces.
Dans des circonstances particulières, les évaluations
peuvent être exécutées en situation d’urgence.
Lorsque le rapport de situation est terminé, le
COSEPAC se rencontre pour l’examiner et discuter
des espèces. Il détermine ensuite si les espèces
sont en péril et, si tel est le cas, il évalue le niveau de
risque et attribue un statut de conservation.
Termes utilisés pour élargir le degré de
risque que court une espèce
Le statut de conservation définit le degré de
risque que court une espèce. Les termes utilisés
dans la LEP sont « espèce disparue du pays », «
espèce en voie de disparition », « espèce menacée
» et « espèce préoccupante ». Une espèce sauvage
est « disparue du pays » lorsqu’elle n’existe plus à
l’état sauvage au Canada, mais qu’elle est présente
ailleurs. Une espèce sauvage est « en voie de
disparition » lorsqu’elle risque de façon imminente de
disparaître du pays ou de la planète. Une espèce est
« menacée » lorsqu’elle est susceptible de devenir en
voie de disparition si rien n’est fait pour contrer les
facteurs menaçant de la faire disparaître. Une espèce
est « préoccupante » lorsqu’elle peut devenir une
espèce menacée ou une espèce en voie de disparition
en raison de l’effet cumulatif de ses caractéristiques
biologiques et des menaces reconnues qui pèsent
sur elle. Une fois que le Comité a évalué une espèce
comme étant disparue du pays, en voie de disparition,
menacée ou préoccupante, cette espèce peut être
ajoutée à l’annexe 1.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur le
COSEPAC, consultez le site
www.cosewic.gc.ca
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Le 3 septembre 2010, le COSEPAC a envoyé au
ministre de l’Environnement ses dernières évaluations
des espèces en péril. Environnement Canada est
actuellement en consultation relativement aux
modifications apportées à l’annexe 1 afin d’y intégrer
les nouvelles désignations de ces espèces terrestres.
Pour obtenir la liste des espèces terrestres et leur
statut, veuillez consulter les tableaux 1 et 2.
Espèces terrestres et aquatiques
admissibles aux modifications de
l’annexe 1
Pêches et Océans Canada mène des consultations
distinctes pour les espèces aquatiques. Pour obtenir
de plus amples renseignements sur les consultations
pour les espèces aquatiques, consultez le site Web
de Pêches et Océans Canada à l’adresse
www.dfo-mpo.gc.ca.
Le ministère de l’Environnement mène des
consultations pour toutes les autres espèces en péril.
On retrouve environ 51 % des récentes évaluations
des espèces terrestres en péril dans les parcs
nationaux ou d’autres territoires administrés par
Parcs Canada, qui partage la responsabilité avec
Environnement Canada concernant ces espèces.
ils sont utilisés pour rédiger les recommandations
d’inscription proposées pour chacune de ces
espèces. Pour faire en sorte que vos commentaires
soient considérés tôt au cours du processus, ils
doivent être soumis avant les dates limites suivantes.
Dans le cas des espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations régulières,
les commentaires doivent être soumis au plus tard
le 4 février 2011.
Dans le cas des espèces terrestres faisant
l’objet de période de consultations prolongées,
les commentaires doivent être soumis au plus tard
le 4 février 2012.
Pour obtenir une description des processus de
consultation auxquels ces espèces seront soumises
(régulières ou prolongées), veuillez consulter le site
Web suivant :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/
table_1210_f.cfm
Les commentaires reçus avant ces dates
limites seront pris en considération au cours du
développement de la proposition d’inscription.
Veuillez envoyer vos commentaires par courriel
au Registre public de la LEP à l’adresse.
sararegistry@ec.gc.ca
Sollicitation de commentaires du public
au sujet de la modification proposée de
l’annexe 1
La conservation des espèces sauvages est une
responsabilité légale commune, qui est partagée
entre les gouvernements du Canada. Toutefois,
la biodiversité ne sera pas conservée par des
gouvernements qui agissent seuls. La meilleure
façon de sécuriser la survie des espèces en péril et
leur habitat se fait par une participation active de
toutes les parties concernées. La LEP reconnaît cette
collaboration et le fait que tous les Autochtones et
tous les Canadiens ont un rôle à jouer pour prévenir la
disparition des espèces sauvages de nos territoires.
Le gouvernement du Canada vous invite et vous
encourage à y participer. Une façon de participer est
de partager vos commentaires concernant l’ajout ou
la reclassification de ces espèces terrestres.
Vos commentaires sont pris en compte par rapport
aux répercussions potentielles d’une inscription, puis
Vous pouvez envoyer vos commentaires par
courrier postal à l’adresse suivante :
Directrice générale
Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (ON) K1A 0H3
Processus de consultation et
d’inscription dans la loi sur les
espèces en péril
L’ajout d’une espèce sauvage en péril à l’annexe 1
de la LEP renforce et améliore la capacité du
gouvernement fédéral à la protéger et à la conserver.
Pour qu’il soit efficace, le processus d’inscription doit
être transparent et ouvert. Le processus d’inscription
des espèces en vertu de la LEP est résumé dans la
figure 1.
3
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Figure 1 :
Le processus d’inscription des espèces en vertu de la LEP
La LEP prévoit que l’évaluation scientifique d’une espèce et la décision d’inscrire celle-ci sur la liste
soient deux processus distincts, ce qui garantit aux scientifiques une indépendance totale dans
leurs recommandations et assure que les décisions qui touchent les Canadiens sont prises par des
représentants élus qui peuvent en être tenus responsables.
Pour évaluer le degré de risque pesant sur une espèce sauvage que l’on juge susceptible de disparaître du Canada, le
COSEPAC se fonde sur les meilleures données biologiques disponibles. Il examine les recherches sur la situation des
populations et des habitats, sur les tendances qui les caractérisent et sur les dangers qui les menacent; il utilise les
connaissances des collectivités locales et le savoir traditionnel autochtone, et il applique des critères d’évaluation
reposant sur des normes internationales.
Le COSEPAC classe l’espèce dans une des catégories suivantes : disparue, disparue du
Canada, en voie de disparition, menacée, préoccupante, données insuffisantes, non en péril.
Le COSEPAC fait parvenir au ministre de l’Environnement et au Conseil canadien pour la
conservation des espèces en péril, une fois l’an, ses évaluations et les données à l’appui (justifications
et rapports de situation), étayant la désignation des espèces comme étant en péril (disparue du Canada,
en voie de disparition, menacée, ou préoccupante). Les évaluations et leurs motifs sont versés au
Registre public de la LEP.
Le ministre de l’Environnement dispose de 90 jours pour
publier un énoncé de réaction dans le Registre.
Cet énoncé indique comment il se propose de réagir à
l’évaluation du COSEPAC et, dans la mesure du possible,
selon quel échéancier. Certaines espèces peuvent exiger
des consultations prolongées.
Le ministre de l’Environnement communique
les évaluations du COSEPAC au gouverneur en
conseil.
Dans les neuf mois qui suivent, le gouverneur en conseil peut, sur recommandation du ministre et par arrêté :
a) confirmer l’évaluation et inscrire l’espèce à la liste de la LEP, la reclassifier ou la radier de la liste;
b) décider de ne pas inscrire l’espèce à la liste de la LEP;
c) renvoyer la question au COSEPAC pour renseignements supplémentaires ou pour réexamen.
Si, dans les neuf mois après avoir reçu l’évaluation de la situation de l’espèce faite par le COSEPAC, le gouverneur en conseil
n’a pas pris de décision, le ministre modifie par arrêté la liste en conformité avec cette évaluation.
Une fois qu’une espèce est ajoutée à l’annexe 1, elle bénéficie de la protection légale permise et du processus de
préparation obligatoire de plans de rétablissements ou de gestion de la LEP.
4
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
But des consultations sur les modifications
à apporter à la Liste
Périodes de consultations régulières et
prolongées
Lorsque le COSEPAC évalue une espèce
sauvage, il s’appuie uniquement sur les meilleurs
renseignements disponibles pertinents au statut
biologique de l’espèce. Il soumet ensuite l’évaluation
au ministre de l’Environnement, qui la considère
au moment de présenter les recommandations
d’inscription au gouverneur en conseil. Ces
consultations visent à fournir au ministre une
meilleure compréhension des incidences sociales
et économiques potentielles des modifications
proposées à la Liste des espèces en péril, et de la
valeur qui est accordée à la biodiversité.
Les consultations régulières répondent aux besoins
de consultation pour l’inscription de la plupart des
espèces en péril. Elles durent environ trois mois
alors que les consultations prolongées durent
habituellement quinze mois.
Contexte législatif des consultations :
les recommandations du ministre au
gouverneur en conseil
Les commentaires obtenus pendant les
consultations servent à rédiger les recommandations
du ministre en matière d’inscription des espèces
en péril pour le gouverneur en conseil. Le ministre
doit recommander l’un des trois plans d’action. Le
gouverneur en conseil peut soit accepter l’évaluation
des espèces et modifier l’annexe 1 en conséquence;
soit ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1; ou soit
renvoyer l’évaluation des espèces au COSEPAC pour
qu’elle fasse l’objet d’un examen plus approfondi
(figure 1).
Réponse du ministre de l’Environnement
à l’évaluation par le COSEPAC : énoncé
de réaction
Une fois que le COSEPAC a effectué son
évaluation d’une espèce, il la remet au ministre de
l’Environnement. Celui-ci dispose alors de 90 jours
pour afficher une réponse sur le Registre public de
la LEP, et pour fournir des renseignements sur la
portée des consultations et sur les échéanciers de
mise en œuvre, dans la mesure du possible. Ces
réponses sont appelées les énoncés de réaction.
Les énoncés de réaction déterminent la durée des
périodes de consultation (si elles sont « régulières » ou
« prolongées ») en indiquant le moment où le ministre
enverra l’évaluation au gouverneur en conseil. Ces
consultations sur un groupe d’espèces commencent
au moment de la publication des énoncés de réaction.
La durée des consultations doit être proportionnelle
à l’incidence prévue d’une décision d’inscription ou
au délai qui peut être nécessaire à une consultation
suffisante. Dans certaines circonstances, l’inscription
d’une espèce à l’annexe 1 pourrait avoir des
incidences importantes et généralisées sur les
activités de certains groupes de gens. Il est essentiel
que ces intervenants soient informés de la décision
en instance et, dans la mesure du possible, de ses
conséquences potentielles. Ils doivent également
avoir la possibilité d’exprimer leurs opinions et de
partager leurs idées sur la meilleure approche à
l’égard de la protection et du rétablissement de
l’espèce. Une période plus longue peut parfois être
nécessaire pour consulter suffisamment certains
groupes. Ce peut être le cas avec des groupes qui se
rencontrent rarement, mais qui doivent être mobilisés
à plusieurs reprises. C’est pourquoi des consultations
prolongées peuvent avoir lieu.
Une fois que les consultations régulières
ou prolongées sont terminées, le ministre de
l’Environnement envoie les évaluations de l’espèce
au gouverneur en conseil pour que le gouvernement
prenne officiellement possession des évaluations.
Celui-ci dispose alors de neuf mois pour rendre une
décision d’inscription. C’est pourquoi les décisions
d’inscription relatives aux espèces faisant l’objet de
consultations régulières sont généralement complètes
dans l’année qui suit la publication des énoncés
de réaction. Quant aux décisions d’inscription
relatives aux espèces faisant l’objet de consultations
prolongées, elles sont généralement complètes
dans les deux années qui suivent la publication des
énoncés de réaction.
Les processus de consultation (consultations
régulières ou prolongées) pour les espèces terrestres
énumérées au tableau 1 seront annoncés au moment
où le ministre publiera son énoncé de réaction. Ils
seront affichés à compter du 2 décembre 2010 sur le
Registre de la LEP à l’adresse Web suivante :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/
table_1210_f.cfm. Il n’y aura aucune consultation sur
les espèces énumérées au tableau 2 puisque aucun
changement n’est proposé dans leur cas.
5
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Qui est consulté et comment
Il est crucial de consulter les personnes qui seraient
le plus touchées par les modifications proposées.
Lorsqu’une espèce disparue du pays, en voie de
disparition ou menacée est ajoutée à l’annexe 1, il
existe des protections automatiques. Ces mesures
interdisent généralement de tuer ou de blesser les
espèces en péril ou de détruire un habitat. Pour
les espèces terrestres, cela s’applique aux oiseaux
migrateurs protégés par la Loi sur la Convention
concernant les oiseaux migrateurs, 1994 (qui prévoit
déjà une protection similaire des oiseaux migrateurs
et de leurs habitats). La protection immédiate
s’applique également aux autres espèces terrestres
qui se trouvent en territoire domanial (pour plus
de détails, voir ci-dessous « Protection accordée
aux espèces inscrites comme étant disparues du
pays, en voie de disparition ou menacées »). Cette
protection immédiate ne s’applique pas aux espèces
préoccupantes. Par conséquent, pour déterminer les
personnes qui devraient être consultées directement,
il faut tenir compte du type d’espèce, de son statut
proposé quant à la conservation et du lieu où elle se
trouve. La priorité est alors accordée à la participation
des personnes qui peuvent être touchées par les
impacts des protections automatiques.
On communiquera avec les Autochtones désignés
comme ayant sur leurs territoires des espèces en péril
pour qui sont envisagées les modifications proposées
de l’annexe 1. Leur participation a une grande
importance et leur rôle est reconnu dans la gestion
des territoires traditionnels considérables et des terres
de réserves et octroyées par une entente.
Un Conseil de gestion de la faune a été établi en
vertu d’un accord de revendications territoriales et
est autorisé aux termes de cet accord à exécuter
des fonctions relatives aux espèces sauvages.
Certaines espèces en péril admissibles se retrouvent
sur des territoires où les accords de revendications
territoriales s’appliquent et accordent des pouvoirs
précis à un Conseil de gestion de la faune. Dans de
tels cas, le ministre de l’Environnement consultera le
conseil pertinent.
Pour que le présent document soit accessible aux
Autochtones et à tous les Canadiens, il est distribué
aux intervenants connus et affiché sur le Registre
public de la LEP; toutefois, des consultations plus
approfondies peuvent également avoir lieu par la
tenue de réunions régionales ou locales ou par une
approche plus ciblée.
6
Environnement Canada enverra également un avis
de cette consultation pour déterminer les groupes et
individus concernés qui ont affiché leur intérêt. Ces
groupes et individus comprennent, sans toutefois s’y
limiter, les industries, les utilisateurs des ressources,
les propriétaires fonciers et les organisations non
gouvernementales à vocation écologique.
Dans la plupart des cas, Environnement Canada
n’est pas en mesure d’examiner les répercussions
potentielles des actions de rétablissement au
moment de l’inscription d’espèces, car les actions de
rétablissement des espèces terrestres sont rarement
automatiques à l’inscription; en fait, ces actions
ne sont habituellement pas encore définies, et leur
incidence ne peut donc être entièrement comprise.
Une fois qu’elles ont été définies, des mesures
sont prises pour réduire au minimum les impacts
socio-économiques de l’inscription et maximiser
les avantages. La LEP exige que les mesures de
rétablissement soient préparées en consultation avec
les intervenants considérés comme directement
touchés par ces actions.
En plus du public, Environnement Canada consulte
les gouvernements des provinces et territoires
responsables de la conservation et de la gestion de
ces espèces sauvages en vue de leur inscription.
Le Ministère consulte également d’autres ministères
et organismes fédéraux.
Rôle et impact des consultations
publiques sur le processus d’inscription
Les résultats des consultations publiques
sont d’une grande importance pour le processus
d’inscription d’espèces en péril. Environnement
Canada examine attentivement les commentaires
reçus pour mieux comprendre les avantages et les
coûts découlant des modifications à apporter à
la Liste.
Les commentaires sont ensuite utilisés pour
élaborer le Résumé de l’étude d’impact de la
réglementation (REIR). Ce dernier consiste en un
rapport qui résume l’impact d’une modification
proposée à la réglementation. Il comprend une
description de la modification proposée ainsi qu’une
analyse des répercussions prévues qui tient compte
notamment de l’information issue des consultations
publiques. En élaborant le REIR, le gouvernement
du Canada reconnaît que le patrimoine naturel
du Canada fait partie intégrante de notre identité
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
et histoire nationales et que toutes les espèces
sauvages, quelles qu’elles soient, sont importantes.
Le gouvernement du Canada reconnaît également
que l’absence d’une certitude scientifique complète
n’est pas une raison pour reporter les décisions
relatives à la protection de l’environnement.
Un projet de décret (voir le glossaire) est ensuite
préparé pour aviser qu’une décision est actuellement
prise par le gouverneur en conseil. Ce projet de décret
proposant d’inscrire la totalité ou une partie des
espèces à l’étude est ensuite publié, avec le REIR,
dans la Partie I de la Gazette du Canada pour une
période de commentaires de 30 jours.
Le ministre de l’Environnement tiendra compte
des commentaires et de tous les renseignements
supplémentaires reçus à la suite de la publication
du projet de décret et du REIR dans la Partie I de la
Gazette du Canada. Le ministre présentera ensuite
une recommandation d’inscription pour chacune des
espèces au gouverneur en conseil. Le gouverneur en
conseil décide ensuite d’accepter l’évaluation des
espèces et de modifier l’annexe 1 en conséquence,
de ne pas ajouter les espèces à l’annexe 1 ou de
renvoyer l’évaluation des espèces au COSEPAC afin
qu’elle soit plus détaillée et réexaminée. La décision
définitive est publiée dans la Partie II de la Gazette du
Canada et dans le Registre public de la LEP. Lorsque
le gouverneur en conseil a décidé d’inscrire une
espèce, elle figure légalement à l’annexe 1.
Les espèces sous juridiction fédérale comprennent
les oiseaux migrateurs, définis dans la Loi de 1994 sur
la convention concernant les oiseaux migrateurs, et les
espèces aquatiques. Un territoire domanial signifie
une terre qui appartient au gouvernement fédéral
ainsi que les eaux internes et la mer territoriale du
Canada. Il signifie également une terre qui a été mise
de côté à l’usage et au profit d’une bande en vertu de
la Loi sur les Indiens (par exemple, les réserves). Dans
les territoires, la protection des espèces en péril se
retrouvant sur les territoires domaniaux ne s’applique
que sur les territoires sous la tutelle du ministre de
l’Environnement ou de l’Agence Parcs Canada.
En vertu de la LEP, il est interdit de tuer un
individu d’une espèce sauvage inscrite comme
espèce disparue du pays, en voie de disparition ou
menacée, de lui nuire, de le harceler, de le capturer,
de le prendre, ou d’endommager ou de détruire sa
résidence. Aux termes de la Loi, il est également
interdit de posséder, de collectionner, d’acheter,
de vendre ou d’échanger un tel individu.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées
Dès leur inscription en vertu de la LEP, les espèces
en péril qui ne sont pas aquatiques, qui ne sont
pas protégées par la Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs et qui ne sont pas
présentes sur le territoire domanial, ne reçoivent
aucune protection immédiate. Plutôt, les provinces et
territoires sont responsables des espèces terrestres
qui se retrouvent sur le territoire non domanial.
L’application des protections en vertu de la LEP à
une espèce en péril sur des terres non domaniales
exige que le gouverneur en conseil émette un décret
définissant ces terres. Cela se fait seulement si le
ministre est d’avis que les lois de la province ou
du territoire ne protègent pas l’espèce de façon
efficace. Pour mettre en œuvre ce décret, le ministre
doit recommander que le décret soit effectué par le
gouverneur en conseil. Si le gouverneur en conseil
accepte d’effectuer le décret, les interdictions en vertu
de la LEP s’appliqueront aux territoires provinciaux ou
territoriaux précisés dans le décret. Le gouvernement
fédéral consulte ensuite la province ou le territoire
concerné avant d’effectuer ce décret.
Les divers gouvernements du Canada partagent
la responsabilité de la conservation des espèces
sauvages. La LEP établit la protection légale des
individus et de leurs résidences dès qu’une espèce
est inscrite comme espèce disparue du pays, en
voie de disparition ou menacée, si cette espèce
est considérée comme une espèce sous juridiction
fédérale ou si elle existe sur le territoire domanial.
Le ministre de l’Environnement et le ministre
des Pêches et des Océans peuvent autoriser des
exceptions aux interdictions prévues par la LEP.
Ces ministres peuvent conclure des ententes ou
délivrer des permis uniquement pour l’une des trois
raisons suivantes : les recherches, les activités de
conservation ou si les effets sur les espèces sont
connexes à l’activité. Les recherches doivent être
Importance de l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1
La protection qui prend effet après l’ajout d’une
espèce à l’annexe 1 dépend de plusieurs facteurs,
dont le statut de l’espèce en vertu de la LEP, le type
d’espèce et le lieu où elle se trouve.
7
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
relatives à la conservation d’une espèce et réalisées
par des scientifiques qualifiés. Les activités de
conservation doivent être bénéfiques pour une espèce
inscrite ou requises pour augmenter ses chances
de survie. Toutes les activités, y compris celles qui
touchent une espèce inscrite de façon incidente,
doivent satisfaire à certaines conditions. Il faut
d’abord établir que toutes les solutions de rechange
raisonnables ont été considérées et que la solution
adoptée est la meilleure. Il faut également établir
que toutes les mesures possibles seront prises afin
de réduire au minimum l’impact de l’activité et que
la survie ou le rétablissement de l’espèce ne sera
pas compromis. S’il a délivré un permis ou conclu
une entente, le ministre de l’Environnement ou le
ministre de Pêches et des Océans doit, dans un tel
cas, publier une justification de la décision d’émettre
le permis ou de conclure l’entente dans le Registre
public de la LEP.
Programmes de rétablissement et plans
d’action visant les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou
menacées
La planification du rétablissement passe par
l’élaboration de programmes de rétablissement et de
plans d’action pour les espèces disparues du pays,
en voie de disparition ou menacées.
Elle nécessite l’intervention de différents ordres
de gouvernement responsables de la gestion des
espèces, dépendamment du type d’espèce dont
il s’agit et où elle se retrouve. Cela comprend les
gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux
ainsi que les conseils de gestion des ressources
fauniques. Les programmes de rétablissement
et les plans d’action sont également préparés en
collaboration avec les organisations autochtones
directement concernées. Les propriétaires fonciers
et les autres intervenants directement concernés
par le programme de rétablissement sont également
consultés.
Des programmes de rétablissement doivent
être préparés pour toutes les espèces disparues
du pays, en voie de disparition ou menacées. Ils
comprennent des mesures qui visent à atténuer
les menaces connues qui pèsent sur l’espèce en
question et sur son habitat ainsi que les objectifs
8
en matière de population et de répartition. D’autres
objectifs peuvent être inclus, tels que l’intendance
(pour établir la protection de la population actuelle)
ou l’éducation (pour accroître la sensibilisation du
public). Les programmes de rétablissement doivent
inclure un énoncé de l’échéancier pour l’élaboration
d’un plan d’action ou plus. Dans la mesure du
possible, les programmes de rétablissement doivent
aussi déterminer l’habitat essentiel de l’espèce. S’il
n’y a pas suffisamment d’informations disponibles
pour déterminer l’habitat essentiel, le programme de
rétablissement comprend un calendrier de réalisation
des études. Ce calendrier décrit ce qui doit être
effectué pour obtenir les informations nécessaires
et l’échéance. En pareil cas, l’habitat essentiel sera
désigné dans un plan d’action subséquent.
Après l’inscription de nouvelles espèces, les
programmes de rétablissement proposés sont affichés
dans le Registre public de la LEP afin de permettre
au public de les examiner et de formuler des
commentaires. Dans le cas d’une espèce désignée en
voie de disparition, les programmes de rétablissement
proposés sont affichés dans un délai d’un an suivant
leur ajout dans l’annexe 1 et dans le cas d’une espèce
désignée menacée ou disparue du pays, ils sont
affichés dans un délai de deux ans suivant leur ajout
dans l’annexe 1.
Les plans d’action précisent les mesures
nécessaires pour mettre en œuvre le programme de
rétablissement. Cela comprend les mesures pour
réagir aux menaces et atteindre les objectifs en
matière de population et de distribution. De plus, ces
plans d’action terminent la désignation de l’habitat
essentiel et, dans la mesure du possible, expliquent
les mesures qui sont proposées pour le protéger.
Protection accordée aux espèces
inscrites comme étant des espèces
préoccupantes
La protection immédiate prévue par la LEP pour
les espèces inscrites comme disparues du pays, en
voie de disparition et menacées ne s’applique pas
aux espèces préoccupantes. Cependant, toutes les
mesures de protection et interdictions existantes,
comme celles prévues par la Loi de 1994 sur la
convention concernant les oiseaux migrateurs ou la Loi
sur les parcs nationaux du Canada, restent en vigueur.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Plans de gestion des espèces
préoccupantes
Pour les espèces préoccupantes, on élabore
des plans de gestion qui sont affichés dans le
Registre public de la LEP dans les trois ans suivant
leur inscription à l’annexe 1 afin de permettre à la
population de les examiner et de les commenter.
Ces plans prévoient des mesures de conservation
pertinentes pour les espèces concernées et leurs
habitats. Les plans de gestion sont élaborés en
collaboration avec les compétences responsables de
la gestion de l’espèce concernée, notamment avec
les conseils de gestion des ressources fauniques et
les organisations autochtones directement concernés.
Les propriétaires fonciers, les locataires et les autres
personnes directement touchées par le plan sont
également consultés.
Espèces proposées en vue de la
modification de l’annexe 1
Situation des espèces récemment
évaluées et processus de consultation
En septembre 2010, le COSEPAC a soumis
36 évaluations d’espèces en péril au ministre de
l’Environnement pour les nouvelles espèces qui sont
admissibles à l’ajout à l’annexe 1 de la LEP. Dix‑huit
de ces espèces sont des espèces terrestres. Le
COSEPAC a également examiné la classification des
espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 et a modifié
leur statut de certaines d’entre elles. Quatre espèces
terrestres sont maintenant évaluées à un niveau
de risque moins élevé dans la LEP et trois espèces
terrestres sont maintenant évaluées à un niveau de
risque plus élevé dans la LEP. En tout,
il y a 25 espèces terrestres admissibles à l’ajout à
l’annexe 1 ou au changement de leur statut à
l’annexe 1 (tableau 1).
Le COSEPAC a également soumis les études
des espèces qui figurent déjà à l’annexe 1 afin de
confirmer leur classification. Vingt-deux de ces études
concernaient des espèces terrestres. Ces espèces
ne sont pas incluses dans les consultations parce
qu’aucune modification de la réglementation n’est
proposée (tableau 2).
Pour obtenir de plus amples renseignements
sur les consultations pour les espèces aquatiques,
consultez le site Web de Pêches et Océans Canada
à l’adresse www.dfo-mpo.gc.ca.
Formulation de commentaires
La participation des Canadiens fait partie
intégrante du processus tout comme de la protection
ultime de la faune canadienne. Vos commentaires
sont importants et considérés sérieusement.
Environnement Canada étudie tous les commentaires
qu’il reçoit avant les dates limites présentées ci-après.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations régulières
doivent être reçus au plus tard le 4 février 2011.
Les commentaires sur les espèces terrestres faisant
l’objet d’une période de consultations prolongées
doivent être reçus au plus tard le 4 février 2012.
La plupart des espèces feront l’objet de
consultations régulières. Pour les processus de
consultation finale, veuillez vous rendre à l’adresse
Web suivante :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/listing/
table_1210_f.cfm
à compter du 2 décembre 2010.
Pour obtenir plus d’information sur la présentation
des commentaires, veuillez consulter la section
« Sollicitation des commentaires du public au sujet du
projet de modification de l’annexe 1 » à la page 3.
9
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Tableau 1 : Espèces terrestres récemment évaluées par le COSEPAC et admissibles à un
ajout à l’annexe 1 ou à une reclassification
Taxon
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Espèces nouvellement évaluées (18)
En voie de disparition (13)
Arthropodes
Hydropore de Bertha
Sanfilippodytes bertae
AB
Arthropodes
Hémileucin du ményanthe
Hemileuca sp.
ON
Arthropodes
Gomphe de Laura
Stylurus laurae
ON
Arthropodes
Cicindèle verte des pinèdes
Cicindela patruela
ON QC
Arthropodes
Bourdon à tache rousse
Bombus affinis
ON QC
Arthropodes
Cicindèle de Wallis
Cicindela parowana wallisi
BC
Lichens
Physconie pâle
Physconia subpallida
ON
Lichens
Érioderme mou
Erioderma mollissimum
NB NS NL
Plantes vasculaires
Marah d'Orégon
Marah oreganus
BC
Plantes vasculaires
Asclépiade à quatre feuilles
Asclepias quadrifolia
ON
Plantes vasculaires
Castilléjie de Victoria
Castilleja victoriae
BC
Plantes vasculaires
Mauve de Virginie
Sida hermaphrodita
ON
Plantes vasculaires
Pin à écorce blanche
Pinus albicaulis
BC AB
Oiseaux
Grive de Bicknell
Catharus bicknelli
QC NB NS
Oiseaux
Goglu des prés
Dolichonyx oryzivorus
Oiseaux
Bruant à ventre noir
Calcarius ornatus
BC AB SK MB ON QC NB
PE NS NL
AB SK MB
Lichens
Pseudocyphellie des forêts
surannées
Pseudocyphellaria
rainierensis
BC
Mollusques
Vertigo à crêtes fines
Nearctula sp.
BC
Menacée (3)
Préoccupante (2)
Reclassification dans une catégorie de risque plus élevé (3)
De préoccupante à menacée (1)
Oiseaux
Pic de Lewis
Melanerpes lewis
BC
De menacée à en voie de disparition (2)
Amphibiens
Crapaud de Fowler
Anaxyrus fowleri
ON
Reptiles
Couleuvre royale
Regina septemvittata
ON
Reclassification dans une catégorie de risque moins élevé (4)
De menacée à préoccupante (3)
Plantes vasculaires
Lachnanthe de Caroline
Lachnanthes caroliniana
NS
Plantes vasculaires
Éléocharide tuberculée
Eleocharis tuberculosa
NS
Plantes vasculaires
Iris du Missouri
Iris missouriensis
AB
Vulpes velox
AB SK
D’en voie de disparition à menacée (1)
Mammifères
10
Renard véloce
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Tableau 2 :
Espèces terrestres récemment réévaluées par le COSEPAC (confirmation du
statut des espèces)
Taxon
Espèce
Nom scientifique
Aire de répartition
Confirmation de la désignation (22)
Disparue du pays (4)
Arthropodes
Lutin givré
Callophrys irus
ON
Arthropodes
Marbré insulaire
Euchloe ausonides insulanus
BC
Arthropodes
Bleu mélissa
Lycaeides melissa samuelis
ON
Oiseaux
Tétras des prairies
Tympanuchus cupido
AB SK MB ON
En voie de disparition (11)
Oiseaux
Moucherolle vert
Empidonax virescens
ON
Oiseaux
Courlis esquimau
Numenius borealis
YK NT NU AB SK MB ON QC
NB PE NS NL
Oiseaux
Pluvier montagnard
Charadrius montanus
AB SK
Oiseaux
Grue blanche
Grus americana
NT AB SK MB
Mousses
Bartramie à feuilles dressées
Bartramia stricta
BC
Reptiles
Couleuvre à queue fine
Contia tenuis
BC
Plantes vasculaires
Magnolia acuminé
Magnolia acuminata
ON
Plantes vasculaires
Benoîte de Peck
Geum peckii
NS
Plantes vasculaires
Oponce de l'Est
Opuntia humifusa
ON
Plantes vasculaires
Polygale incarnat
Polygala incarnata
ON
Plantes vasculaires
Téphrosie de Virginie
Tephrosia virginiana
ON
Oiseaux
Pipit de Sprague
Anthus spragueii
AB SK MB
Plantes vasculaires
Liatris à épi
Liatris spicata
ON
Amphibiens
Crapaud des steppes
Anaxyrus cognatus
AB SK MB
Arthropodes
Monarque
Danaus plexippus
BC AB SK MB ON QC NB
PE NS
Oiseaux
Petit-duc nain
Otus flammeolus
BC
Oiseaux
Bruant des prés de la sousespèce princeps
Passerculus sandwichensis
princeps
NS
Oiseaux
Râle jaune
Coturnicops noveboracensis
NT BC AB SK MB ON QC NB
Menacée (2)
Préoccupante (5)
11
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
RÉSUMÉS DU COSEPAC SUR LES ESPÈCES TERRESTRES ADMISSIBLES
POUR AJOUT OU RECLASSIFICATION À L’ANNEXE 1
La section qui suit présente un résumé des justifications de la désignation par le COSEPAC du statut
d’espèces individuelles et leur biologie, les menaces, la répartition et d’autres informations. Pour une
explication détaillée de la situation de conservation d’une espèce individuelle, veuillez vous référer au rapport
du COSEPAC pour cette espèce, qui est aussi disponible sur le Registre public de la LEP à :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca
ou contactez :
Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune d’Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3
Photo : © Sean Blaney
Asclépiade à quatre feuilles
Nom scientifique
Asclepias quadrifolia
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Seulement deux petites populations existantes,
chacune comptant un très faible nombre d’individus,
12
sont connues au Canada à l’extrémité orientale du lac
Ontario. Il semblerait que les populations historiques
dans la région de Niagara Falls seraient disparues.
Les populations existantes se trouvent dans des
communautés forestières décidues à sol calcaire très
rares, où les plants sont menacés par l’ombrage créé
par un arbuste envahissant, le nerprun cathartique,
et diverses espèces indigènes d’arbres et d’arbustes
en expansion en l’absence de feux de surface. Le
développement résidentiel constitue une menace
potentielle au plus grand site. Le développement futur
sur ce site demeure une possibilité raisonnable.
Information sur l’espèce
L’asclépiade à quatre feuilles (Asclepias quadrifolia)
est une plante herbacée vivace à port érigé de la
famille des Asclépiadacées (Asclepiadaceæ). Une
seule tige non ramifiée, qui atteint de 30 à 80 cm,
prend naissance dans le collet de la plante vivace.
Opposées près du sommet des plantes matures,
2 paires de feuilles semblent être verticillées, ce qui
donne le nom à l’espèce. Les fleurs sont regroupées
en 1 à 4 grappes composées de 10 à 25 fleurs
blanches tirant sur le rose. L’espèce est pollinisée par
les insectes et elle est probablement autostérile. Le
fruit se transforme en une longue gousse érigée et
étroite. Les graines sont coiffées d’une dense touffe
de longs cheveux blancs et soyeux qui favorisent la
dispersion des graines par le vent.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Répartition
Habitat
L’asclépiade à quatre feuilles est présente dans
2 régions distinctes de l’est des États-Unis qui sont
séparées par une zone large de 150 à 400 km dans
la vallée du Mississippi où l’espèce est presque
complètement absente. La région d’occurrence à
l’ouest s’étend de l’est de l’Oklahoma et de l’ouest de
l’Arkansas, vers le nord, jusqu’à l’ouest de l’Illinois et
l’est de l’Iowa. La région à l’est s’étend du secteur sud
des Appalaches, vers le nord, jusqu’à l’est de l’Indiana
et le sud du New Hampshire. Au Canada, l’espèce
est seulement présente dans le sud de l’Ontario à
l’extrémité est du lac Ontario, dans le comté de Prince
Edward, et à l’extrémité ouest du lac dans les environs
des chutes Niagara, où l’espèce semble avoir disparu.
L’asclépiade à quatre feuilles pousse dans les
forêts de feuillus sèches à mésiques, relativement
ouvertes, et souvent sur des sols rocheux en forte
pente. L’espèce a tendance à pousser dans les sols
calcaires, particulièrement sur un substrat rocheux
calcaire, mais, dans l’aire de répartition nordaméricaine, elle tolère les sols légèrement acides à
fortement basiques. Dans le Missouri, l’asclépiade
à quatre feuilles pousse et se reproduit mieux en
bordure qu’à l’intérieur des forêts en raison de
l’énergie restreinte dans les zones très ombragées. En
Ontario, elle est présente en terrain boisé ouvert, sec
à mésique, sur des sols relativement minces, sur le
plateau, le bord ou la pente d’escarpements calcaires
Présence au Canada de l’asclépiade à quatre feuilles (Ontario). Les chiffres
correspondent aux populations du tableau 3. Les points gris (1, 2, 5) représentent les
localités historiques et les points noirs (3, 4), les localités existantes.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
13
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
abrupts. Les sites du comté de Prince Edward sont
surtout peuplés de chênes à gros fruits, de caryers
ovales et d’ostryers de Virginie, mais également de
genévriers de Virginie, de chênes jaunes, d’érables
à sucre, de tilleuls d’Amérique et de frênes blancs
d’Amérique. L’habitat de la région de Niagara est
similaire, mais cette région est surtout peuplée de
chênes rouges, blancs, noirs et jaunes ainsi que de
caryers glabres et ovales, et d’autres arbres à feuilles
caduques.
Biologie
L’asclépiade à quatre feuilles se reproduit
seulement par semis. La survie des graines dans le
sol n’est probablement que de courte durée (de 1 à
5 ans). Les expériences sur le terrain indiquent que
la plante a besoin de 5 à 10 ans pour atteindre son
plein développement et que les jeunes individus ou
les plantes en milieu pauvre jouent le rôle de mâles
unisexuels. La floraison se produit à partir de la fin
mai et pendant tout le mois de juin. Comme pour la
plupart des asclépiades, l’espèce est probablement
en grande partie ou entièrement autostérile. Les
asclépiades ont un système de pollinisation par les
insectes extrêmement complexe et les fleurs sécrètent
du nectar en abondance. Parmi les pollinisateurs
connus, mentionnons certaines espèces d’abeille
et de papillon, comme l’hespérie et le croissant
perlé. Le pollen est généralement transporté sur
de grandes distances et la pollinisation sur des
distances de plus de 1 km est fréquente en Caroline
du Nord. Les plantes développent seulement 1,
2 et rarement 3 gousses renfermant en moyenne
35 graines chacune. Les gousses ayant atteint
leur plein développement s’ouvrent pour laisser
s’échapper leurs graines. La dispersion des graines
dépasse rarement plus de 50 à 150 m. Les besoins
en énergie associés à la production de graines et de
fleurs de l’asclépiade à quatre feuilles et d’une espèce
forestière apparentée, la grande asclépiade (Asclepias
exaltata), ont été étudiés en profondeur.
Taille et tendances des populations
Entre 96 et 178 individus matures sont connues au
sein de 2 populations existantes, soit entre 80 et 136
plantes matures sur environ 20 ha à McMahon Bluff et
entre 16 et 42 plantes matures sur environ 0,25 ha à
Macauley Mountain. On trouve des semis aux 2 sites.
14
Depuis 1956, les populations sur les berges
de la rivière Niagara ont diminué au point d’avoir
probablement disparu selon des études répétées de
leur ancienne répartition. Les sites historiques de la
baie de Quinte ont probablement aussi disparu. Avec
la perte d’habitat, d’autres pertes non répertoriées de
populations se sont probablement produites depuis
la colonisation européenne. Il n’existe aucune donnée
sur les tendances récentes au sein des populations
canadiennes existantes, quoique les observations
limitées disponibles ne suggèrent aucun déclin depuis
2006-2007. L’empiétement continu du nerprun
cathartique, une espèce exotique, et d’arbustes
indigènes semble probablement contribuer à la
diminution graduelle des populations des 2 sites.
Facteurs limitatifs et menaces
Il est probable que l’asclépiade à quatre feuilles
a toujours été rare et localisée en Ontario, mais la
perte et la fragmentation massives de l’habitat depuis
la colonisation européenne restreignent maintenant
les perspectives d’avenir pour l’espèce. L’habitat où
la présence de l’espèce est observée fait partie du
peuplement de chênes à gros fruits, de caryers ovales
et de barbons de Gérard qui est classé gravement en
péril pour l’Ontario.
Voici les principales menaces qui pèsent sur
l’asclépiade à quatre feuilles : 1) la conversion
de l’habitat – un promoteur qui proposait un
projet d’aménagement sur 73 % du territoire
de la population canadienne a maintenant (août
2009) vendu la propriété McMahon Bluff, mais
l’aménagement futur du site représente toujours
une menace; 2) la dégradation de l’habitat (ombrage
excessif) causée par le nerprun cathartique exotique
et par des arbustes et des arbres indigènes,
associée à la suppression du régime des feux de la
précolonisation; 3) l’espèce exotique envahissante
le dompte-venin de Russie, bien qu’elle n’ait pas été
observée à des sites connus, s’étend rapidement
dans les environs des sites connus et constitue une
menace importante pour les 10 à 30 prochaines
années. Les menaces potentielles dont l’importance
est inconnue ou moindre sont la consanguinité
et le risque de la perte stochastique de la petite
population isolée et de la petite zone d’occupation
du site Macauley Mountain ainsi que l’utilisation des
véhicules tout-terrains au site McMahon Bluff, laquelle
n’est actuellement pas un problème, mais pourrait le
devenir si la circulation s’intensifie.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Importance de l’espèce
L’asclépiade à quatre feuilles présente un intérêt
sur le plan biogéographique parce qu’elle est une des
espèces d’une petite série fortement apparentées aux
espèces plus au sud qu’on trouve aux extrémités est
et ouest du lac Ontario. Elle pousse dans un habitat
gravement en péril avec deux autres espèces en péril
à l’échelle nationale (les carex Carex mesochorea et
Carex bicknellii ). En tant qu’espèce isolée à la limite
nord de l’habitat, elle affiche peut-être des variations
génétiques inhabituelles pour l’espèce.
Protection actuelle ou autres
désignations de statut
L’asclépiade à quatre feuilles est classée comme
une espèce non en péril à l’échelle mondiale
(globally secure), mais gravement en péril (critically
imperiled) au Canada et en Ontario. L’espèce est
classée comme une espèce possiblement disparue
(potentially extirpated) dans le Delaware, gravement
en péril (critically imperiled) dans le Rhode Island
et le Kansas, en péril (imperiled) dans le New
Hampshire et sensible (sensitive) dans l’Iowa et
le Vermont. Elle a le statut d’espèce menacée à
l’échelle du New Hampshire et du Rhode Island, et
n’a pas fait l’objet d’un classement ou est classée
comme une espèce non en péril (secure) dans
20 autres États américains. ■
15
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Bourdon à tache rousse
l’autre moitié est jaune. Les reines peuvent être
difficiles à distinguer de certaines autres espèces.
Photo : © Johanna James-Heinz
Répartition
Nom scientifique
Bombus affinis
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario, Québec
Justification de la désignation
Cette espèce, qui se distingue par ses couleurs
distinctives, était autrefois communément trouvée
dans tout le sud de l’Ontario. Des recherches
intensives menées à l’échelle de son aire de
répartition canadienne ont permis de découvrir une
seule petite population au cours des sept dernières
années, ce qui semble indiquer un déclin d’au moins
99 % au cours des trente dernières années. L’espèce
est menacée par les maladies, les pesticides et la
fragmentation de l’habitat qui, chacun, pourrait causer
la disparition de l’espèce dans un proche avenir.
Information sur l’espèce
Le bourdon à tache rousse (Rusty-patched Bumble
Bee) (Bombus affinis) est une des cinq espèces nordaméricaines classées dans le sous-genre Bombus.
Cette espèce de bourdon de taille moyenne à grande
présente plusieurs caractéristiques distinctives. Chez
les mâles et les ouvrières, la moitié du deuxième
segment abdominal est brun rougeâtre, tandis que
16
Cette espèce est présente du nord au sud
depuis le sud de l’Ontario et le sud-ouest du
Québec jusqu’en Géorgie et, vers l’ouest, jusqu’aux
Dakotas. Dans les portions méridionales de son
aire de répartition, elle se rencontre principalement
en altitude.
Habitat
Le bourdon à tache rousse a été observé dans
des milieux divers, incluant des terres agricoles
mixtes, des dunes, des marais et des zones boisées
et urbaines. Il exploite de nombreux genres de
plantes comme sources de pollen et de nectar. Il fait
habituellement son nid dans des terriers abandonnés
de rongeurs.
Biologie
Le bourdon à tache rousse a un cycle vital annuel,
comme toutes les espèces de bourdons. Les reines
fécondées émergent de leur diapause hivernale au
printemps et partent aussitôt à la recherche d’un
site de nidification. Après s’être alimentées, elles
pondent une première série d’œufs qui produiront
des ouvrières. Celles-ci se chargent de l’entretien de
la colonie et de son approvisionnement en nourriture.
Vers la fin de l’été, des mâles et de nouvelles reines
sont produits. Ces individus reproducteurs quittent
la colonie et s’accouplent. Les nouvelles reines
fécondées partent à la recherche d’un site propice
pour hiberner. Tous les autres membres de la colonie
meurent. Comme les autres espèces de bourdons,
le bourdon à tache rousse arbore une coloration
avertissante, et les femelles piquent si elles sont
molestées.
Taille et tendances des populations
Durant les années 1970, le bourdon à tache
rousse était relativement commun en comparaison
des autres espèces de bourdons, mais au milieu
des années 1990, elles s’étaient effondrées, tant au
Canada qu’aux États-Unis. Au Canada, seulement
trois individus ont été observés (un en 2005 et deux
en 2009), en dépit des recherches ciblées intensives
effectuées de 2005 à 2009.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Sites où la présence du Bourdon à tache rousse a été mentionnée entre 1899 et 2000 au
Canada (l’Ontario et le Québec).
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
Facteurs limitatifs et menaces
Les causes du déclin subit de cette espèce
autrefois commune à l’échelle de sa vaste aire de
répartition demeurent inconnues. Selon certains,
ce déclin aurait été provoqué par des maladies
introduites provenant des populations de bourdons
utilisées pour la pollinisation des cultures sous
serre. Par ailleurs, la perte d’habitat et l’utilisation
généralisée d’un nouveau type de pesticides
représentent vraisemblablement des menaces
importantes.
Importance de l’espèce
Le bourdon à tache rousse vole plus longtemps
que la plupart des autres bourdons et butine des
plantes appartenant à un grand nombre de genres
dans de nombreux types d’habitat. En conséquence,
il est vraisemblablement un important pollinisateur
de nombreuses plantes cultivées et plantes à fleurs
indigènes. La disparition de cette espèce pourrait
accroître la vulnérabilité des mammifères, oiseaux
et autres organismes indigènes qui dépendent des
plantes pollinisées pour s’alimenter ou s’abriter.
Le bourdon à tache rousse a également été utilisé
dans le passé à des fins scientifiques, car il s’élève
facilement en captivité et est devenu une espèce
de référence importante pour les recherches en
physiologie et en sociobiologie.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le bourdon à tache rousse figure sur la liste rouge
des espèces en péril (imperiled) de la société Xerces.
Il ne bénéficie d’aucune forme de protection pratique
ou légale, ni au Canada, ni aux États-Unis. ■
17
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Bruant à ventre noir
aérienne distinctive qu’ils exhibent plus près du sol
que ceux du Bruant de McCown.
Photo : © Nick Saunders
Répartition
Nom scientifique
Calcarius ornatus
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Le Bruant à ventre noir se reproduit dans les
régions des prairies à graminées courtes et mixtes du
nord des Grandes Plaines (prairies) du Canada et des
États-Unis. En dehors de la saison de reproduction, il
est présent dans le sud des États-Unis (de l’ouest de
l’Oklahoma au sud-est de l’Arizona) et dans le nord du
Mexique.
Habitat
Spécialiste des prairies herbeuses indigènes, le
Bruant à ventre noir se reproduit généralement dans
les prairies à graminées courtes ou mixtes arides
ayant récemment été pâturées ou fauchées. L’espèce
préfère la végétation courte (hauteur < 20-30 cm),
mais elle se reproduit dans les prairies à graminées
hautes si celles-ci ont été pâturées ou fauchées. Les
régions dont le peuplement de graminées est peu
élevé et dont la profondeur de litière est faible sont
Justification de la désignation
Cette espèce spécialiste des prairies herbeuses
indigènes se trouve en Alberta, en Saskatchewan et
au Manitoba. L’espèce a subi d’importants déclins
de populations depuis la fin des années 1960, et les
résultats de plusieurs relevés indiquent que les déclins
se sont poursuivis au cours des dernières décennies
quoiqu’à un taux plus lent. L’espèce est menacée
par la perte et la fragmentation de l’habitat résultant
de l’aménagement des routes associé au secteur de
l’énergie.
Information sur l’espèce
Le Bruant à ventre noir est un oiseau chanteur de
taille moyenne. Il est le plus petit de deux espèces
nicheuses de bruants des prairies et se distingue par
une tache triangulaire noire au centre de la queue, de
petites sus-alaires blanches et une grande quantité de
rectrices extérieures blanches. Le Bruant à ventre noir
a un chant mélodieux, qui commence par des notes
hautes et claires et se termine par des notes plus
basses et confuses. Les mâles effectuent une parade
18
Aire de répartition mondiale (Amérique du Nord) de la
Bruant à ventre noir, avec l’air de réproduction et l’air
d’hivernage.
Source: “Birds of North American Online” http://bna.birds.cornell.edu/bna,
Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
recherchées. La topographie recherchée par cette
espèce est celle des terrains élevés plats vallonnés
(prairies à graminées courtes et mixtes) et des basses
terres humides. L’habitat optimal du Bruant à ventre
noir dans les prairies canadiennes est fragmenté à
cause des activités du secteur de l’énergie et autres,
et il est modifié à des fins agricoles. Les prairies
fragmentées restantes sont souvent non pâturées
(inutilisées) et, par conséquent, elles ne conviennent
pas à la reproduction.
Biologie
Le Bruant à ventre noir est monogame, et ses
territoires, souvent en grappes, sont petits. Après son
arrivée dans l’aire de reproduction, le mâle (qui arrive
avant la femelle) établit généralement son territoire
de reproduction avant la mi-mai (Alberta). La femelle
creuse et bâtit un nid dans le sol et pond de 3 à 5
œufs, qu’elle couve ensuite pendant 10 à 12,5 jours;
le mâle surveille le nid et le défend activement contre
les prédateurs. Les deux parents nourrissent les
petits, qui prennent leur envol après 10 jours, après
quoi ils sont nourris par le mâle pendant encore
2 semaines; les oiseaux immatures forment des
groupes avant la fin juin. La durée d’une génération
est habituellement de 2 à 3 ans. Les prédateurs sont
responsables d’une grande partie de la destruction
des œufs et de la mortalité des oisillons.
Taille et tendances des populations
Presque un quart de la population continentale
de Bruants à ventre noir se trouve au Canada, qui
compte environ 600 000 oiseaux. À long terme,
des analyses utilisant les données du Relevé
des oiseaux nicheurs (BBS, 1968-2008) et du
Recensement des oiseaux de Noël (CBC, 19672008) montrent des diminutions de 90 et de 93 %
de la population, respectivement. À court terme, des
analyses résultant de divers relevés indiquent des
diminutions de population allant de 35 à 63 % au
cours des 10 dernières années, quoique les relevés
en habitat de haute qualité, comme le programme de
surveillance des oiseaux des prairies (Grassland Bird
Monitoring – GBM), révèlent une augmentation de
la population. L’analyse de la variation associée à la
meilleure estimation des tendances (analyses BBS/
GBM combinées) donne à penser que la population
de Bruants à ventre noir au Canada a décliné d’au
moins 30 % au cours des 10 dernières années, selon
une probabilité de 81 %.
Facteurs limitatifs et menaces
La perte et la fragmentation des prairies indigènes
sont les plus grandes menaces pesant sur le Bruant
à ventre noir. Les parcelles restantes peuvent
offrir aux bruants des conditions de reproduction
moins qu’optimales. Étant donnée la sensibilité de
l’espèce à la superficie, les parcelles de prairies de
quelques hectares sont probablement trop petites
pour sa survie. De plus, l’inutilisation des pâturages,
la fragmentation de l’habitat et les perturbations
causées par l’exploitation pétrolière et gazière peuvent
avoir une incidence sur la population de Bruants à
ventre noir.
Importance de l’espèce
Le Bruant à ventre noir est un symbole des prairies
indigènes dans les Grandes Plaines des États-Unis
et dans le sud des Prairies canadiennes. Les anciens
de la Première Nation des Pieds-Noirs (Nitsitapii)
appelaient le Bruant à ventre noir Aapinakoisisttsii
(petit oiseau du matin); d’autres sources mentionnent
que le Bruant à ventre noir est appelé Iskiokae
(poitrine noire).
Protection actuelle
Le Bruant à ventre noir, ses œufs et ses petits
sont protégés par la Loi de 1994 sur la convention
concernant les oiseaux migrateurs. En 2008, l’espèce
a été ajoutée à la liste des espèces quasi menacées
de l’UICN à cause du déclin modérément rapide de sa
population. Les populations reproductrices du Dakota
du Sud, de l’Alberta et de la Saskatchewan, ainsi que
les populations non reproductrices de la Louisiane et
de l’Oklahoma, se sont vu attribuer la cote « espèce
apparemment non en péril » ou « espèce non en
péril » par NatureServe. Tous les autres classements
provinciaux et nationaux au Canada décrivent les
populations reproductrices et non reproductrices
de Bruants à ventre noir comme « vulnérables »,
« en péril » ou « gravement en péril ». ■
19
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Photo : © Matt Fairbarns
Castilléjie de Victoria
Nom scientifique
Castilleja victoriae
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britanniqe
Justification de la désignation
feuilles caulinaires alternes, lobées et pubescentes.
Vers le haut de la tige, les feuilles deviennent plus
larges et plus profondément lobées et prennent
progressivement l’aspect de bractées florales. Les
sépales, soudés, forment un calice à cinq lobes; les
pétales, également soudés, forment une corolle à
deux lèvres, dont la longueur varie de 10 à 18 mm.
La lèvre inférieure est jaune citron et possède de
minuscules pointes blanches sur chacun des trois
lobes. La lèvre supérieure, d’un blanc crémeux, est
légèrement plus longue que la lèvre inférieure. Les
fruits sont des capsules brunes comportant deux
loges; le sommet des capsules se fend lorsque les
graines sont mûres. Chaque capsule contient 30 à
70 graines brunes, à tégument sculpté.
Répartition
La castilléjie de Victoria est confinée à une petite
zone allant du sud-est de l’île de Vancouver jusqu’aux
îles San Juan de l’État de Washington. Au Canada,
son aire de répartition se limite à une bande étroite de
littoral totalisant une superficie d’environ 9 km2.
Habitat
La castilléjie de Victoria pousse dans les
suintements printaniers et sur les abords des mares
printanières, à moins de 50 m de l’océan. Ces sites
Cette petite herbacée annuelle est confinée à un
très petit secteur de la Colombie-Britannique ainsi
qu’à un site dans l’État de Washington adjacent. Elle
est restreinte à des microhabitats humides de façon
saisonnière compris dans l’écosystème très fragmenté
et en déclin du chêne de Garry. Cinq des neuf
populations canadiennes ont disparu avant 1957, et
une autre semble être disparue récemment. Les trois
ou quatre populations restantes sont vulnérables à la
compétition continue de plusieurs plantes exotiques
envahissantes. Deux de ces populations sont très
petites et se trouvent dans des secteurs utilisés à
des fins récréatives où le piétinement représente un
problème continu.
Information sur l’espèce
La castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae) est
une espèce nouvellement décrite, qu’on prenait à tort
pour la castilléjie ambiguë (C. ambigua ssp. ambigua).
Il s’agit d’une petite plante herbacée de la famille
des Orobanchacées, sans rosette basilaire, avec des
20
Aire de répartition de la Castilléjie de Victoria.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
avril 2010
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
sont saturés ou inondés pendant l’automne, l’hiver
et le printemps, mais deviennent secs pendant l’été.
La superficie réellement occupée par l’espèce est
de seulement 600 m2.
Biologie
La castilléjie de Victoria est une annuelle pollinisée
par des bourdons qui fleurit et donne des fruits à la fin
du printemps et au début de l’été. La germination des
graines semble être retardée tant que leur dormance
n’a pas été levée par des températures fraîches.
Taille et tendances des populations
En 2006, la population mondiale comprenait
quatre ou cinq populations, réunissant en tout
7 000 à 8 000 individus matures. Environ 98 % de
la population mondiale se trouve dans un site situé
au Canada. Trois autres populations canadiennes
ont été signalées ces dernières années. Une de ces
populations est peut-être disparue, étant donné
qu’aucune plante de la population n’a été observée
au cours des trois dernières années et que cette
population comptait moins de 10 plantes les deux
années précédentes. Au cours des quatre dernières
années, on a dénombré moins de 150 individus
chez chacune des deux populations canadiennes
qui occupent des parcelles de moins de 10 m2.
Une seule population a été signalée aux États-Unis.
Elle comprenait 164 individus en 2006, et un grand
nombre de ces plantes ont peut-être péri en raison de
la sécheresse avant de pouvoir fleurir et produire des
graines.
Il y a eu d’importants travaux d’aménagement
urbain et résidentiel dans l’habitat principal de la
castilléjie de Victoria avant que l’espèce ne soit
reconnue, de sorte que l’ampleur des tendances
à long terme des populations demeure inconnue.
Cependant, on a constaté la disparition de cinq ou six
des neuf populations signalées au Canada depuis que
les premiers spécimens ont été récoltés à la fin du 19e
siècle.
Facteurs limitatifs et menaces
La principale menace pesant sur la castilléjie
de Victoria est la perte ou dégradation d’habitat
découlant de l’aménagement urbain et résidentiel,
des activités récréatives et de la présence d’espèces
envahissantes. Deux populations ont été détruites
parce qu’elles ont perdu leur habitat, deux autres
populations plutôt petites subissent un piétinement,
et une autre population y a succombé.
Importance de l’espèce
Les populations canadiennes de castilléjie de
Victoria ont une grande valeur de conservation, parce
qu’elles représentent presque toute la population
mondiale d’une espèce endémique dont l’aire de
répartition est très restreinte. Cette espèce récemment
reconnue n’est pas associée de façon précise aux
connaissances traditionnelles autochtones.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La castilléjie de Victoria n’est protégée par aucune
loi visant les espèces en péril actuellement. Une de
ses populations se trouve, en partie, dans une réserve
écologique provinciale. ■
21
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Cicindèle de Wallis
Photo : © David H. Kavanaugh, California
Academy of Sciences
Répartition
Nom scientifique
Cicindela parowana wallisi
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce coléoptère qui comporte des marques
distinctives est connu historiquement à cinq localités
dans une région où l’urbanisation et l’expansion des
terres agricoles ont réduit et continuent de réduire son
habitat. Des recherches exhaustives récentes n’ont
pas permis de trouver le coléoptère et il pourrait ne
se trouver qu’à une seule localité. L’indice de la zone
d’occupation est petit et il y a un déclin potentiel futur
de l’habitat et du nombre d’individus en raison du
développement.
Information sur l’espèce
La cicindèle de Wallis (Cicindela parowana wallisi)
est un Coléoptère de taille moyenne (environ 12 mm
de longueur), et la seule sous-espèce connue du
Cicindela parowana Wickham au Canada. Les
cicindèles se reconnaissent à leurs pattes et antennes
longues et fines, à leurs mandibules falciformes et
à leurs yeux saillants. En Colombie-Britannique,
la cicindèle de Wallis se reconnaît facilement aux
motifs qui ornent ses élytres (ailes antérieures
durcies) foncés.
22
La cicindèle de Wallis vit dans les milieux arides
de la région du Grand Bassin, et se rencontre
globalement de Vernon, en Colombie-Britannique
(Canada) jusqu’au sud de l’Oregon (États-Unis). Elle
est également présente dans l’État de Washington.
La vallée de l’Okanagan (sud de la ColombieBritannique), de Vernon à Oliver, renferme l’ensemble
de l’aire de répartition historique de la cicindèle de
Wallis au Canada. La plupart des spécimens ont
été capturés à Penticton et dans la région d’OliverOkanagan Falls, entre 1909 et 1953. La date de
l’unique capture effectuée à Vernon est inconnue,
mais elle se situe probablement au début des années
1900. La seule capture signalée depuis les années
1950 a été faite à Manuel’s Canyon, près d’Oliver,
en 1996.
Habitat
La cicindèle de Wallis se distingue de nombreuses
autres cicindèles par la préférence qu’elle affiche pour
des sols légèrement desséchés, crayeux et alcalins.
Les relevés effectués aux sites où des spécimens ont
été capturés ainsi que les photographies aériennes
prises à l’époque des captures donnent également
à conclure que cette espèce affectionne les terrains
à couvert végétal modéré. Il existe encore des
vestiges de ce type d’habitat dans le sud de la vallée
de l’Okanagan, mais certains se trouvent dans des
secteurs qui font actuellement l’objet de travaux
d’aménagement.
Biologie
La cicindèle de Wallis est active de mai à juin, puis
de nouveau en août. Elle pond probablement ses
œufs dans le sol au printemps ou à l’automne, et les
larves vivent dans des galeries souterraines pendant
un an ou deux. Les adultes vivent de 8 à 10 semaines
et se nourrissent dans un habitat semblable à celui
des larves, s’attaquant à tous les arthropodes de leur
taille ou plus petits. Aucun mécanisme physiologique
n’a été proposé à ce jour pour expliquer la préférence
affichée par cette cicindèle pour les sols alcalins.
Taille et tendances des populations
Il n’est pas possible à l’heure actuelle d’établir la
taille des populations de cicindèle de Wallis ni d’en
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Localités du Cicindèle de Wallis en Colombie-Britannique.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2009 grâce à Byron Woods, ministère de
l’Environnement [Ministry of Environment] de la Colombie-Britannique)
décrire les tendances à cause de l’insuffisance des
données disponibles. Une diminution du nombre
de spécimens capturés avec le temps a toutefois
été notée (une seule capture depuis le début des
années 1950).
Facteurs limitatifs et menaces
De façon générale, la cicindèle de Wallis paraît
sensible aux perturbations du sol provoquées
notamment par les équipements de nettoyage des
plages et par le tassement du sol dû au passage des
véhicules. Ce coléoptère ne craint pas outre mesure
les humains, mais la conversion de son habitat par
le pavage des routes ou la construction résidentielle
ne peut qu’entraîner le déclin de ses populations.
L’habitat de la cicindèle de Wallis est fragile et subit
une transformation rapide à cause de l’expansion de
l’agriculture, de la construction résidentielle et des
activités récréatives en cours dans le sud de la vallée
de l’Okanagan. Une grande partie de cet habitat,
y compris le site type présumé de Penticton, a été
détruite au cours des 50 à 100 dernières années.
Importance de l’espèce
La cicindèle de Wallis est un prédateur
charismatique confiné à un habitat rare de la vallée
de l’Okanagan. Les activités d’aménagement et
d’autres facteurs exercent une forte pression sur les
milieux naturels particuliers de cette région. À l’échelle
mondiale, les cicindèles sont des coléoptères très
étudiés et très populaires à cause de leur livrée
métallique attrayante. Elles représentent le seul
groupe de coléoptères à faire l’objet d’un guide nordaméricain, et l’un des rares groupes pour lesquels il
existe également des guides régionaux populaires.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La cicindèle de Wallis est classée G4 à l’échelle
mondiale et S1 à l’échelle provinciale. Elle figure sur
la liste rouge des espèces en péril de la ColombieBritannique. ■
23
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Cicindèle des pinèdes
Photo : © Michael Runtz
Répartition
Nom scientifique
Cicindela patruela
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario, Québec
La répartition historique de la cicindèle verte des
pinèdes comprend l’Ontario, le Québec et 24 États
du centre-nord et de l’est des États-Unis. Sa zone
d’occurrence est discontinue, et l’espèce forme
des populations localisées à l’échelle de son aire
de répartition. Au Canada, elle occupait autrefois
3 localités en Ontario et au Québec, mais on la croit
aujourd’hui disparue d’un de ces sites, et sa présence
n’a été confirmée que dans 1 des 2 autres sites
canadiens, à savoir le parc provincial Pinery.
Habitat
La cicindèle verte des pinèdes se trouve le long de
sentiers sableux secs et de routes peu fréquentées,
ainsi que dans d’autres petites éclaircies de savanes
à chênes et à pins et dans des forêts mixtes. Les
larves fréquentent le même habitat que les adultes
et se trouvent généralement en bordure de sentiers,
dans des sols plus consolidés à couverture végétale
clairsemée de fougère-aigle commune, de bleuets,
de graminées, de mousses et de lichens. La cicindèle
verte des pinèdes n’occupe souvent que de petites
parcelles à l’intérieur d’un territoire plus vaste en
apparence propice.
Justification de la désignation
Ce coléoptère remarquable par sa couleur vert
métallique occupe un habitat de forêt clairsemée
sur sol sablonneux, dominé par des pins et/ou des
chênes. Présente dans le nord-est et le centrenord de l’Amérique du Nord, l’espèce est en péril à
l’échelle mondiale. Elle atteint la limite nord de son
aire de répartition mondiale dans le sud de l’Ontario
où on ne la trouve actuellement qu’à deux localités.
L’espèce est disparue d’un site historique bien connu.
La perte d’habitat résultant de la succession naturelle
et le trafic pédestre accru constituent des menaces
importantes.
La cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela)
est un coléoptère de la famille des Carabidés. Au
total, 3 sous-espèces ont été décrites, mais seule
la sous-espèce nominale, le C. patruela patruela, se
trouve au Canada. Cette sous-espèce se reconnaît à
sa couleur vert métallique mat et à la bande médiane
blanche complète qui orne ses élytres. Elle mesure de
12 à 14,5 mm de longueur.
24
Photo : © Michael Runtz
Information sur l’espèce
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Taille et tendances des populations
Les effectifs de la cicindèle verte des pinèdes sont
globalement limités pour un insecte aussi largement
répandu, et l’espèce semble en déclin dans la plus
grande partie de son aire de répartition. Elle semble
avoir disparu d’un des 3 sites canadiens connus. La
population totale du parc provincial Pinery oscillerait
entre 400 et 1 000 individus, en comptant les larves
et les adultes, mais il s’agit là d’une estimation
très grossière. Dans un des sous-sites du parc
provincial Pinery, les effectifs de la cicindèle verte des
pinèdes semblent avoir subi un déclin au cours des
15 dernières années. Les tendances dans d’autres
sous-sites voisins sont inconnues. Les données
disponibles sont insuffisantes pour permettre une
évaluation précise de la taille des populations.
Facteurs limitatifs et menaces
Aire de répartition mondiale du Cicindèle des
pinèdes.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2009
Biologie
Le cycle vital de la cicindèle verte des pinèdes
est étalé sur deux ans. Les adultes émergent
habituellement au début de l’automne et s’alimentent
pendant un certain temps avant de retraiter dans un
terrier pour y passer l’hiver. Le printemps suivant,
ils émergent de leur cachette, s’accouplent, et les
femelles déposent leurs œufs. Les adultes peuvent
survivre pendant une bonne partie de l’été. Les œufs
éclosent au début de l’été, et les larves se creusent
aussitôt un terrier. Elles atteignent le deuxième ou
troisième stade à l’automne, passent l’hiver sous terre
et poursuivent leur croissance au printemps et à l’été
suivants, au troisième stade. La nymphose survient à
la fin de ce deuxième été.
Les adultes sont actifs par temps chaud et
ensoleillé et consomment une grande variété de
petits invertébrés, en particulier des fourmis. Les
larves sont également prédatrices et chassent à l’affût
depuis l’embouchure de leur terrier. À l’âge adulte,
la cicindèle verte des pinèdes peut à son tour servir
de proie à divers Asilidés (Diptères) et prédateurs
généralistes.
La cicindèle verte des pinèdes atteint au Canada
la limite nord de son aire de répartition, et elle fait
preuve d’une grande spécificité à l’égard de son
habitat. Dans son aire de répartition mondiale, elle
est modérément à très gravement menacée par
un certain nombre de facteurs, principalement la
destruction et la détérioration de son habitat. Au
Canada, la détérioration de l’habitat résultant de
l’évolution naturelle de la savane et des boisés
clairsemés en milieux denses et plus ombragés,
favorisée principalement par l’absence de feux de
forêt naturels, est la principale menace qui pèse sur
la cicindèle verte des pinèdes.
Importance de l’espèce
Les cicindèles suscitent depuis longtemps l’intérêt
des entomologistes amateurs et professionnels et
constituent des modèles importants pour l’étude de
l’écologie et de l’évolution. La cicindèle verte des
pinèdes est une espèce trop rare et inconnue dans
une bonne partie de son aire de répartition pour que la
plupart des gens la reconnaissent, mais la popularité
des cicindèles augmente sans cesse, comme en fait
foi le nombre croissant de guides publiés à leur sujet
au cours des dernières années. Les cicindèles sont
les premiers coléoptères à figurer au palmarès des
observateurs d‘insectes, dont les activités s’inspirent,
à maints égards, de celles des ornithologues
amateurs. Enfin, la cicindèle verte des pinèdes,
comme d’autres cicindèles, constitue un indicateur
environnemental utile à la classification de la situation
générale des espèces à l’échelle nationale.
25
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La cicindèle verte des pinèdes est cotée « espèce
vulnérable » (Vulnerable) tant à l’échelle mondiale
qu’aux États-Unis. Elle ne fait pas l’objet d’un
classement national au Canada, mais elle est
considérée comme « gravement en péril » (Critically
imperiled) en Ontario et est tenue pour disparue du
26
Québec. Aux États-Unis, elle est considérée comme
en péril (Imperiled) ou vulnérable (Vulnerable) dans
tous les États où elle se trouve. Elle est classée
« espèce préoccupante » (Special concern) au
Minnesota, au Wisconsin et au Michigan, et « espèce
en voie de disparition » (Endangered) au Maryland.
Au Canada, la seule population existante se trouve
dans le parc provincial Pinery, où les mesures
de gestion en vigueur favorisent, sans toutefois
la garantir, la protection de cet insecte et de son
habitat. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Couleuvre royale
Son dos est brun ou olive foncé, et 3 étroites bandes
noires courent, l’une sur la ligne médiale dorsale et
les 2 autres sur chacun de ses flancs. Son ventre
jaune pâle ou crème est parcouru de 4 bandes
longitudinales brun foncé à noires, qui deviennent
souvent marbrées avec l’âge.
Nom scientifique
Regina septemvittata
Taxon
Reptiles
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Cette espèce a une aire de répartition restreinte
et en déclin dans le sud-ouest de l’Ontario. Elle y est
représentée par des petites populations dispersées
qui sont isolées en raison de la fragmentation de
l’habitat et de la faible capacité de dispersion de
l’espèce. Au cours de la dernière décennie, le nombre
de localités existantes a connu un déclin et l’habitat
riparien et riverain a continué à faire l’objet d’une
perte et d’une dégradation. L’espèce est limitée
par son régime alimentaire extrêmement spécialisé
et menacée par le déclin de ses proies (écrevisses
juvéniles qui viennent de muer). Elle est également
menacée par la persécution et les effets de deux
espèces envahissantes, la moule zébrée et le roseau
commun.
Information sur l’espèce
La couleuvre royale est un serpent mince semiaquatique de longueur modérée. Sa longueur
moyenne du museau au cloaque est d’environ 40 ou
50 cm, tandis que sa longueur totale est en moyenne
de 40 à 60 cm, jusqu’à un maximum d’environ 90 cm.
La couleuvre royale est assez répandue dans
l’est de l’Amérique du Nord, depuis le sud-est de
la Pennsylvanie, l’ouest de l’État de New York et le
sud‑ouest de l’Ontario vers l’ouest jusqu’au sud‑est
du Wisconsin et vers le sud jusqu’à la côte du
golfe du Mexique, de l’enclave de la Floride jusque
dans l’est de l’État du Mississippi. Sa répartition
canadienne est hautement localisée et sporadique, et
elle se limite au sud‑ouest de l’Ontario. La couleuvre
royale est présente à l’ouest de l’escarpement du
Niagara, depuis le nord de la péninsule Bruce vers le
sud jusqu’au lac Érié et vers l’ouest jusque dans le
comté d’Essex.
Habitat
Les couleuvres royales sont généralement
associées aux cours d’eau rocailleux, mais elles sont
parfois présentes sur les rives de marais, d’étangs
et de lacs. Cette espèce, qui a absolument besoin
de plans d’eau, vit habituellement à moins de 3 m
des berges, et seulement là où il y a abondance
d’écrevisses, son principal aliment.
Photo : © Gary Allen
Photo : © Gary Allen
Répartition
Biologie
Les couleuvres royales se nourrissent presque
exclusivement d’écrevisses nouvellement muées.
En Ontario, elles sont généralement actives de la fin
d’avril à la fin de septembre, et il est probable qu’elles
hibernent en groupe. Dans certaines régions des
27
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
9 occurrences d’élément au cours des 30 dernières
années, et ces 9 populations sont considérées
comme étant disparues. Une autre occurrence
d’élément ne compte aucune observation depuis
1997 en dépit de relevés répétés effectués de 2002 à
2010. Ainsi, des pertes considérables semblent être
survenues dans de nombreuses parties de l’aire de
répartition canadienne connue de l’espèce. Depuis
2000, des couleuvres royales ont été observées dans
4 sites auparavant inconnus, mais il est peu probable
qu’il s’agisse de populations nouvellement établies.
Facteurs limitatifs et menaces
Aire de répartition mondiale (Amérique du Nord)de
la couleuvre royale.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010, une
gracieuseté du Centre d’information sur le patrimoine naturel
États-Unis, les couleuvres royales femelles atteignent
la maturité sexuelle dans leur troisième année, tandis
que les mâles atteignent ce stade dans leur deuxième
année. L’accouplement peut avoir lieu au printemps
ou au début de l’automne. La couleuvre royale est
vivipare; de 5 à 23 jeunes naissent habituellement à la
fin août ou en septembre.
Taille et tendances des populations
Une seule population ontarienne a été assez
étudiée pour pouvoir en estimer la taille. Ainsi,
l’abondance globale dans la province est difficile
à estimer. Des quelques 29 populations connues
(occurrences d’élément) en Ontario, 14 ont été
reconfirmées depuis 1990, et 15 sont des populations
« historiques » (aucune mention confirmée au cours
des 20 dernières années) ou disparues. De récents
efforts ciblés visant à localiser des couleuvres royales
dans 14 de ces 15 sites n’ont permis d’observer
aucun spécimen. Aucun serpent n’a été observé à
28
La perte, la fragmentation et la dégradation de son
habitat ainsi que le déclin de ses proies représentent
les principales menaces pesant sur la couleuvre
royale en Ontario. L’étroite portion d’habitat riverain
nécessaire à la survie de la couleuvre royale a été
grandement réduite, tant sur le plan de la qualité
que de la quantité. L’urbanisation autour des
habitats riverains a diminué la qualité de l’eau, fait
apparaître davantage de structures de lutte contre
l’érosion des berges, et accru la dérivation des eaux
et l’assèchement de plans d’eau, la prolifération
de la végétation exotique et les menaces liées à la
présence humaine. Dans les régions agricoles, le
bétail ayant un libre accès aux rives, l’exploitation
agricole jusqu’aux bords des cours d’eau ainsi que
l’enlèvement de la végétation et des débris le long des
berges ont accéléré la dégradation des berges et des
habitats aquatiques et augmenté la quantité de vase
et de contamination en raison de l’augmentation de
l’érosion. L’apparition d’une nouvelle végétation par
succession végétale d’origine naturelle ou artificielle
(espèces non indigènes), principalement composée de
grands végétaux ligneux et de roseaux envahissants
(Phragmites), a également contribué à faire diminuer
la qualité de l’habitat propice à la couleuvre royale
et l’abondance dans ses sites historiques. De plus,
la persécution directe par l’homme et la mortalité
accidentelle liée aux activités récréatives ont aussi
contribué à la diminution du nombre de couleuvres
royales.
L’alimentation spécialisée des couleuvres royales
rend cette espèce exceptionnellement vulnérable aux
diminutions de populations de ses proies (écrevisses).
Ainsi, tout facteur ayant un impact négatif sur les
écrevisses aura un impact similaire sur les couleuvres
royales. Dans de nombreuses zones, l’écrevisse à
taches rouges (Orconectes rusticus), non indigène,
remplace les écrevisses indigènes, de plus petite
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
taille, mais l’incidence de l’introduction de cette
écrevisse sur la couleuvre royale est actuellement
inconnue. De même, l’occupation de l’habitat de
la couleuvre royale par la moule zébrée (Dreissena
polymorpha), le gobie à taches noires (Neogobius
melanostomus), la carpe (Cyprinus carpio) et des
végétaux envahissants non indigènes peut menacer
certaines populations.
Importance de l’espèce
Comme la couleuvre royale atteint la limite
septentrionale de son aire de répartition dans le sud
en Ontario, il est possible que les couleuvres de cette
région présentent des caractéristiques génétiques
différentes de celles des populations situées plus
au centre de l’aire de répartition. Dans les quelques
bassins versants ontariens où la couleuvre royale
est présente, l’espèce peut servir d’indicateur de la
qualité de l’environnement, car son habitat aquatique
et son régime alimentaire spécialisé peuvent la rendre
particulièrement sensible à la contamination de
l’eau et de ses proies. De plus, les écrevisses sont
vulnérables à la contamination ainsi qu’aux quantités
élevées de vase dans l’eau, et une diminution du
nombre d’écrevisses aura une incidence sur la
viabilité des populations de couleuvres royales.
Le régime alimentaire hautement spécialisé de la
couleuvre royale rend cette espèce intéressante sur
les plans écologique et évolutionnaire.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La couleuvre royale est protégée en vertu de la
Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la
faune de l’Ontario en tant que reptile spécialement
protégé; cette loi interdit de capturer, de chasser, de
garder en sa possession ou de vendre des reptiles
de cette catégorie, sauf en vertu d’un permis. En tant
qu’espèce menacée à l’échelle provinciale, elle est
protégée en vertu de la Loi de 2007 sur les espèces
en voie de disparition de l’Ontario et son habitat
fera l’objet d’une réglementation. Étant donné que
la majeure partie de l’habitat de la couleuvre royale
en Ontario se situe dans les plaines inondables
de cours d’eau, il jouit d’une certaine protection
contre le développement en vertu de la Loi sur les
offices de protection de la nature. La Déclaration
de principes provinciale émise en vertu de l’article
3 de la Loi sur l’aménagement du territoire stipule
que l’aménagement et la modification de sites sont
interdits dans les habitats d’importance des espèces
en voie de disparition et des espèces menacées.
De plus, la Loi sur les pêches du gouvernement
fédéral interdit la détérioration, la destruction ou la
perturbation de l’habitat du poisson, et elle pourrait
ainsi offrir une protection indirecte pour l’habitat
aquatique de la couleuvre royale. En 2002, la
couleuvre royale a été désignée « espèce menacée »
par le Comité sur la situation des espèces en péril
au Canada (COSEPAC). L’espèce est actuellement
inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril
(LEP) du gouvernement fédéral, qui protège son
habitat sur le territoire domanial. ■
29
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
de 50 à 80 mm, et la femelle est plus grosse que le
mâle. Le dos est de couleur grise ou chamois, avec
de petites verrues et des tubercules. Le ventre est
blanc et on ne trouve qu’une tache pectorale foncée.
L’appel du mâle est plutôt un cri aigu. Le têtard a
une longueur totale ne dépassant pas 27 mm et est
tacheté de gris et de noir. La senteur du crapaud
de Fowler est particulière et semblable à celle
d’arachides non grillées. Jusqu’à récemment, l’espèce
était classée dans le genre Bufo.
Répartition
Air de répartition canadienne
Ontario
Même si le crapaud de Fowler est présent dans
une grande partie de l’Amérique du Nord à l’est des
grandes plaines et au sud des Grands Lacs, on le
trouve au Canada seulement sur la rive nord du lac
Érié, dans l’extrême sud de l’Ontario. La présence
de l’espèce se limite de nos jours au parc provincial
Rondeau, à Long Point, et à la rive allant de Low
Point à Fort Erie (région du Niagara). L’espèce est
considérée comme une espèce disparue de nombreux
sites historiques. La zone d’occurrence au Canada,
qui exclut la rive non habitable et les eaux libres du
lac Érié, est d’environ 1 200 km2. On estime que la
zone de la rive habitée est de moins de 65 km2.
Justification de la désignation
Habitat
Cette espèce ne se trouve que sur des
plages sablonneuses dans trois secteurs isolés
géographiquement le long de la rive nord du lac
Érié. Elle est disparue d’un grand nombre de sites
historiques situés sur la rive du lac Érié et son
abondance et son nombre de populations continuent
de diminuer par suite de la perte et de la dégradation
de l’habitat causées par les espèces envahissantes
(roseau commun, moule zébrée) et les activités
anthropiques, dont l’aménagement du littoral, le
nettoyage des plages, la construction de brise-lames,
les perturbations causées par les bouldozeurs sur
les plages, l’utilisation de véhicules sur les plages et
les contaminants agricoles et industriels. De plus, un
modèle d’analyse de la viabilité des populations (AVP)
indique que depuis la dernière décennie, la probabilité
de disparition de l’espèce au Canada au cours des
20 prochaines années a considérablement augmenté.
Le crapaud de Fowler est présent sur la rive du lac
Érié où on trouve des sols sablonneux bien drainés
ou des dunes, des plages sablonneuses, des boisés
décidus à sols sablonneux et des secteurs rocheux
à végétation peu dense. Les œufs et les têtards ont
besoin d’étangs à végétation éparse, de bassins
à fond sablonneux, de hauts-fonds rocheux ou de
bassins rocheux. De tels milieux sont instables et
sujets aux processus naturels dynamiques du lac,
Nom scientifique
Anaxyrus fowleri
Taxon
Amphibiens
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Information sur l’espèce
Chez le crapaud de Fowler (Anaxyrus fowleri)
adulte, la longueur du museau au cloaque (LMC) est
30
Photo : © Ryan M. Bolton
Photo : © David Green
Crapaud de Fowler
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Mentions canadiennes du crapaud de Fowler.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
comme l’érosion et le dépôt de sable, les tempêtes
et la fluctuation des niveaux d’eau. Le cycle vital
complexe du crapaud de Fowler nécessite l’utilisation
de milieux aquatiques et de milieux terrestres. Les
milieux occupés par l’espèce subissent un déclin
général, causé principalement par le développement
de la rive, la stabilisation des plages, la circulation de
véhicules et l’utilisation à des fins récréatives dans
la région du Niagara, et la propagation du roseau
commun, le Phragmites australis australis, une espèce
envahissante, à Long Point et dans le parc provincial
Rondeau. Une grande partie de l’aire de répartition du
crapaud de Fowler au Canada se trouve sur des terres
domaniales, y compris des parcs provinciaux et des
réserves nationales de faune dans le parc provincial
Rondeau et à Long Point, même si 91 % de la rive
dans la région du Niagara sont des propriétés privées.
Biologie
À la fin du printemps, les crapauds de Fowler
mâles adultes se rassemblent dans des sites de
reproduction aquatiques pour y attirer des femelles.
La période larvaire s’étend sur 40 à 60 jours, et les
jeunes crapauds émergent au milieu de l’été. La
croissance est rapide durant la première année, et la
plupart des individus atteignent la taille d’un adulte en
un an. Le crapaud de Fowler semble avoir une durée
de vie de trois à cinq ans, mais le taux de mortalité
annuel est élevé à tous les stades du cycle vital.
Le crapaud de Fowler est un insectivore qui
consomme des fourmis et des coléoptères. Les
couleuvres du genre Thamnophis spp. sont les
principaux prédateurs de l’espèce et ne sont pas
découragés par les sécrétions cutanées nocives du
crapaud. Par ailleurs, le crapaud de Fowler évite
principalement les prédateurs en creusant des trous
sous la surface du sol.
Durant la nuit, on trouve le crapaud de Fowler
assis en eaux peu profondes ou sur le sable humide
des plages. Généralement sédentaires, la plupart des
individus ne se déplacent que d’au plus quelques
mètres le long de la rive durant l’année. Cependant,
quelques individus se sont déplacés sur plus de
10 kilomètres en un an.
Le crapaud de Fowler s’hybride avec le crapaud
d’Amérique, Anaxyrus americanus, à Long Point;
cependant, l’introgression semble y être limitée.
Taille et tendances des populations
L’abondance totale des crapauds de Fowler adultes
au Canada ne peut être déterminée avec précision, en
raison surtout de la variation stochastique de la taille
des populations. L’estimation la plus précise de la
taille effective des populations est de moins de 5 000
crapauds adultes. L’effet d’une immigration de source
externe entre les populations ou en provenance des
populations des États-Unis sur la rive sud du lac Érié
est très peu probable.
31
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Selon l’analyse de la viabilité de la population
menée au moyen du programme VORTEX et fondée
sur la répartition actuelle et des estimations de
l’abondance et des caractéristiques démographiques
du crapaud de Fowler au Canada, la probabilité de
disparition du crapaud de Fowler du Canada est
supérieure à 20 % en 20 ans et près de 100 % en
100 ans, selon tous les scénarios.
Menaces et facteurs limitatifs
Le crapaud de Fowler est menacé principalement
par la perte et la dégradation de son habitat de
plages et de dunes riveraines. Les menaces sont les
suivantes : développement et stabilisation artificielle
de la rive, y compris la construction de brise‑lames,
de routes, de terrains de stationnement, de quais
et d’épis; intensives activités d’entretien mécanique
des plages comme le terrassement, l’entretien et
l’enlèvement des algues au moyen de machines ou de
buteurs; utilisation intensive des plages et des dunes
à des fins récréatives par les humains, y compris
la circulation de véhicules; perte et dégradation de
l’habitat attribuables à des espèces envahissantes, en
particulier les moules zébrées (Dreissena polymorpha)
et le roseau commun; polluants agricoles et
industriels.
Importance de l’espèce
La plus grande importance du crapaud de Fowler
réside peut‑être dans le fait que l’espèce a été l’objet
de la plus longue (> 30 ans) étude des populations
32
et étude démographique menée sur un amphibien
du Canada. Cette étude a élucidé en grande partie
les facteurs démographiques, intrinsèques et
extrinsèques de la variation et de l’abondance des
populations chez une espèce d’anoures. De plus, on
commence à comprendre les impacts des humains
sur l’espèce. Le crapaud de Fowler est un important
insectivore, qui consomme des fourmis et des
coléoptères, alors que les têtards sont d’importants
détritivores dans les petits étangs, les bassins
rocheux et les baies.
Protection actuelle
La majeure partie de l’habitat du crapaud de Fowler
qui se trouve dans les secteurs du parc provincial
Rondeau et de Long Point est située dans des aires
protégées, dans lesquelles il n’existe aucune menace
directe associée au développement industriel ou
à l’urbanisation. Cependant, il existe une faible
protection légale de l’espèce sur la rive du lac Érié,
dans la région du Niagara, à l’extérieur du parc
provincial James N. Allan. Le crapaud de Fowler est
actuellement inscrit sur la liste des espèces menacées
de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril du
gouvernement fédéral et en vertu de la Loi de 2007
sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.
L’espèce figure aussi sur la liste des « amphibiens
spécialement protégés » de la Loi de 1997 sur la
protection du poisson et de la faune de l’Ontario.
Elle n’est pas inscrite sur la liste des espèces
préoccupantes aux États-Unis ni dans celle des États
adjacents à l’Ontario. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Éléocharide tuberculée
feuilles basales dépourvues de limbe. L’inflorescence
se limite à un épillet terminal réunissant un grand
nombre de fleurs apétales. Chaque fleur possède à
la fois un pistil et des étamines et est cachée par une
seule écaille. Chaque touffe peut produire un grand
nombre de tiges fertiles.
Photo : © Ruth Newell
Répartition
Nom scientifique
Eleocharis tuberculosa
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
Au Canada, ce carex existe sur les rives tourbeuses
et sablonneuses de seulement six lacs dans le
sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. L’utilisation de
véhicules tout-terrain le long des rives des deux
plus grands lacs, où sont concentrés la plupart des
effectifs de la population canadienne, a causé la
dégradation d’une partie de l’habitat de l’espèce. Le
développement de chalets et les impacts connexes
(qualité de l’eau et perturbations de l’habitat) sont
actuellement des menaces limitées qui ont le potentiel
de s’accroitre dans le futur. Des relevés plus intensifs
des habitats riverains indiquent que l’espèce est un
peu plus abondante que ce qui avait été documenté
auparavant.
Information sur l’espèce
L’éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa)
est une espèce vivace de Cypéracées. Elle doit
son nom au gros tubercule qui orne son fruit et la
distingue ainsi des espèces semblables. La plante
pousse en touffes denses. Les tiges peuvent atteindre
40 cm de hauteur et portent chacune une paire de
L’éléocharide tuberculée est endémique à la plaine
côtière atlantique. L’espèce est surtout commune
dans la partie sud de son aire de répartition, dans
la portion de la plaine côtière atlantique allant du
Texas au New Jersey. Elle est rare dans le nord-est
des États-Unis. Au Canada, elle ne compte que cinq
populations connues, réparties entre six lacs du
sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. L’aire de répartition
canadienne de l’espèce a une superficie de seulement
873 km², dont moins de 1 km2 est réellement occupé
par les populations.
Habitat
Dans la partie canadienne de son aire de
répartition, l’éléocharide tuberculée est confinée à des
substrats tourbeux ou sableux dégagés ainsi qu’à des
tapis de tourbe flottants, le long des rives de lacs. La
plante pousse dans la partie du rivage qui est inondée
chaque printemps et est fréquemment inondée en
fin d’été et en automne, si l’année est pluvieuse, ce
qui rend difficile la détection de l’espèce certaines
années. L’espèce a une capacité de compétition
relativement faible et a besoin d’une perturbation
périodique, procurée par l’inondation et l’érosion
glacielle, pour que les espèces plus compétitives ne
puissent pas la supplanter dans son habitat riverain.
Biologie
L’espèce est vivace et vit peut-être assez
longtemps, mais on ne dispose d’aucune preuve
directe de sa longévité. En Nouvelle-Écosse, la plante
produit une abondance de graines, mais la viabilité
des graines n’a pas été vérifiée au moyen d’essais,
et ce mode de reproduction de l’espèce n’a pas
été observé sur le terrain. La plante ne semble pas
se reproduire par voie végétative, outre l’expansion
de ses denses touffes. Par conséquent, les touffes
peuvent être considérées comme des individus aux
fins de la présente évaluation. On a observé que
l’espèce peut se propager à l’intérieur d’un même
lac par fragmentation et dérive des tapis de tourbe
33
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Aire de répartition canadienne de l’éléocharide tuberculée indiquée par des points.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
où elle pousse. La sauvagine pourrait jouer un rôle
important dans la dispersion à grande distance. Selon
les observations faites dans le cas d’autres espèces
d’éléocharides des milieux humides fluctuants et
d’autres d’espèces riveraines de la plaine côtière
atlantique, il semble que le maintien d’un réservoir de
semences à long terme pourrait être important pour la
persistance de l’espèce dans un site donné, mais on
ne connaît pas l’importance relative du réservoir de
semences et de la survie à l’état végétatif en cas de
période prolongée de hautes eaux.
Taille et tendances des populations
Les effectifs totaux des populations canadiennes
d’éléocharide tuberculée ne sont pas connus de
manière exacte. En 2008, l’effectif estimatif de la
population du lac Barrington était de 150 000 à 200
000 individus. Le Grand Lac Pubnico, long de 10
km, compte une population de « nombreux milliers
» d’individus largement répartis. Les trois autres
populations sont beaucoup plus petites, les meilleures
estimations allant de 50 à plus de 2 000 individus.
Un suivi localisé mené au lac Barrington semble
34
indiquer que des déclins seraient survenus depuis
2004, causés par la perturbation due aux véhicules
tout-terrain, mais on ne sait pas exactement quelle
proportion de la population canadienne totale
ces déclins apparents peuvent représenter, et on
ne sait même pas s’ils touchent l’ensemble de la
population du lac Barrington. Au lac Western, une
sous-population de seulement 4 individus a déjà
été signalée, mais aucun individu n’a été trouvé en
2008, le rivage ayant été inondé par des barrages
de castors. La population du Petit Lac Ten Mile,
découverte en 2009, a également été inondée à
cause des castors. Il se peut que l’inondation due
aux castors ait à long terme un impact neutre ou
même positif si le niveau des eaux finit par baisser,
car on sait que l’espèce a besoin de fluctuations du
niveau des eaux et est probablement bien adaptée à
ces fluctuations; cependant, on ne sait pas combien
de temps les individus matures ou le réservoir de
semences peuvent survivre à l’inondation.
Facteurs limitatifs et menaces
Le substrat de tourbe dont a besoin l’éléocharide
tuberculée est fragile et sensible aux activités
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
humaines. L’utilisation de véhicules tout-terrain (VTT)
semble constituer une certaine menace pour la plus
grande des populations, celle du lac Barrington. Le
développement foncier des rives se poursuit au lac
Barrington et dans une moindre mesure au Grand Lac
Pubnico. Ce développement contribue sans doute à
une circulation accrue de VTT dans les populations
riveraines d’éléocharide tuberculée, mais son impact
direct est jusqu’à présent demeuré léger et localisé
par rapport à l’ensemble de la population canadienne.
La menace que constitue le développement foncier
des rives devrait demeurer relativement faible au
cours des dix prochaines années.
Importance de l’espèce
L’éléocharide tuberculée est une espèce
intéressante du point de vue biogéographique, car
elle fait partie d’un cortège d’espèces endémiques
à la plaine côtière atlantique qui comportent des
populations isolées en Nouvelle-Écosse. Comme les
populations d’éléocharide tuberculée de NouvelleÉcosse sont très isolées et situées à la limite nord
de l’aire de répartition de l’espèce, elles pourraient
contribuer de manière importante à la diversité
génétique de l’espèce.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le COSEPAC a désigné l’éléocharide tuberculée
« espèce menacée » en mai 2000; l’espèce est
actuellement inscrite comme « espèce menacée » à
l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril fédérale
et est désignée menacée (Threatened) aux termes
de l’Endangered Species Act de la Nouvelle-Écosse.
L’espèce est considérée comme en voie de disparition
(Endangered) au Maine, en Pennsylvanie et au New
Hampshire (où on n’en connaît que des mentions
historiques) ainsi que menacée (Threatened) dans
l’État de New York. L’espèce est plus commune dans
la partie plus méridionale de son aire de répartition.
En Nouvelle-Écosse, son habitat est généralement
constitué de rivages faisant partie des terres de la
Couronne provinciales; d’ailleurs, dans l’ensemble
des secteurs où l’espèce est présente, un peu plus de
la moitié des terrains riverains font partie des terres
de la Couronne provinciales. Cependant, le fait que
ces terres appartiennent à la Couronne ne semble
pas limiter la perturbation de l’habitat de l’espèce par
les VTT. ■
35
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Photo : © Robert Cameron
Érioderme mou
Nom scientifique
Erioderma mollissimum
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse,
Terre‑Neuve‑et‑Labrador
Justification de la désignation
Ce grand lichen foliacé n’est présent au Canada
qu’en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick
et sur l’île de Terre-Neuve, où il vit dans des forêts
côtières fraîches et humides dominées par le sapin
baumier. Bien qu’il y ait 24 sites connus pour le lichen
dans ces régions, peu d’individus (133 thalles) sont
connus. Malgré des relevés récents qui ont permis
d’accroître le nombre de localités connues, le lichen
a disparu de 11 sites depuis les 30 dernières années.
Ce lichen constitue un indicateur sensible de la
pollution atmosphérique et des précipitations acides,
qui constituent les principales menaces pour l’espèce.
Les autres menaces incluent l’exploitation forestière et
le broutage par les orignaux.
Description et importance de l’espèce
sauvage
L’Erioderma mollissimum est un macrolichen
foliacé. La surface supérieure du thalle est brun-gris
et a une texture de feutre. Lorsqu’elle est mouillée,
elle devient vert gris. Le thalle peut atteindre 12 cm
36
de largeur et comporte des lobes larges de 1 cm
disposés radialement et lâchement fixés au substrat.
La surface inférieure du thalle est dépourvue de
cortex (couche protectrice extérieure) et est brun
clair, densément pubescente, sauf pour la marge,
qui est glabre et plus pâle. Des sorédies (propagules
asexuées) granuleuses et bleuâtres apparaissent sur
la marge des lobes des vieilles parties du thalle et
parfois dans des ouvertures de la surface supérieure.
Le partenaire photosynthétique du lichen est une
cyanobactérie du genre Scytonema, ce qui est
rare chez les lichens poussant au nord des régions
subtropicales.
L’E. mollissimum fait partie d’un cortège de
cyanolichens rares des forêts côtières humides de
l’est de l’Amérique du Nord. À l’échelle mondiale, les
populations canadiennes sont isolées par rapport
aux autres populations de l’espèce, qui se trouvent
principalement en zone tropicale ou subtropicale. Par
ailleurs, les cyanolichens, groupe auquel appartient
l’E. mollissimum, sont d’utiles indicateurs des
précipitations acides et de la pollution atmosphérique.
Répartition
L’Erioderma mollissimum se rencontre
principalement en zone tropicale ou subtropicale,
dans des forêts nuageuses montagnardes. La plupart
des occurrences connues se trouvent en Amérique
centrale et en Amérique du Sud, à des altitudes de
1 600 à 3 400 m. L’espèce a une répartition mondiale
Répartition historique et actuelle de l’Érioderme mou au
Canada. Les cercles blancs indiquent les occurrences
actuelles connues, tandis que les cercles noirs indiquent les
occurrences historiques.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2009
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
disjointe, puisqu’elle est également présente dans
l’est de l’Amérique du Nord, dans une zone côtière du
sud-ouest de l’Europe et dans l’est de l’Afrique. En
Amérique du Nord, l’espèce n’a été signalée que dans
les monts Great Smoky (au Tennessee et en Caroline
du Nord) ainsi que dans certaines zones côtières
brumeuses du Canada atlantique.
Habitat
Au Canada, l’Erioderma mollissimum se rencontre
dans des forêts conifériennes côtières humides
dominées par le sapin baumier. Le climat de ces
forêts se caractérise par des étés frais, des hivers
relativement doux et des précipitations abondantes.
Les forêts côtières sont densément parsemées de
tourbières, et l’E. mollissimum se rencontre souvent à
proximité de ces tourbières. À Terre-Neuve, l’espèce
pousse sur des troncs de sapin baumier, tandis qu’en
Nouvelle-Écosse elle pousse sur des troncs de sapin
baumier, d’érable rouge et de bouleau jaune. Au
Nouveau-Brunswick, un thalle a été trouvé sur une
roche recouverte de mousses.
Biologie
L’Erioderma mollissimum appartient à un groupe
de lichens appelés « cyanolichens ». Chez ces
lichens, un des partenaires de la symbiose est un
champignon, tandis que l’autre est une cyanobactérie,
responsable de la photosynthèse et de la fixation de
l’azote atmosphérique. Les apothécies (structures
de reproduction sexuée, renfermant des ascospores)
sont extrêmement rares en Amérique du Nord. La
reproduction s’effectue soit par fragmentation du
thalle, soit au moyen de structures spécialisées
appelées « sorédies ». Les sorédies sont plus grosses
que les ascospores, ce qui limite la dispersion du
lichen. Dans le cas de l’E. mollissimum, la distance
de dispersion ne dépasse sans doute pas quelques
centaines de mètres. La fragmentation permet
également une dispersion du lichen, mais uniquement
sur le tronc d’arbre où pousse le thalle parental.
Cependant, il est possible que la fragmentation
contribue à la persistance à long terme du lichen, à
l’intérieur d’un site donné. L’E. mollissimum a besoin
d’un milieu très humide pour prospérer, et il est
sensible aux pluies acides et aux autres formes de
pollution atmosphérique.
Taille et tendances des populations
répertoriés au Canada. C’est la Nouvelle-Écosse
qui héberge la plus grande population connue,
réunissant 118 adultes et 23 juvéniles répartis
entre 20 occurrences. À Terre-Neuve, dans la
presqu’île d’Avalon, il existe 4 occurrences connues,
totalisant 15 adultes et 27 juvéniles. Selon certaines
observations, la population pourrait être en déclin,
particulièrement en Nouvelle-Écosse. Au moins
80 % des sites d’occurrence signalés en NouvelleÉcosse depuis le début des années 1980 n’abritent
plus l’E. mollissimum. Il semble également que le
taux d’occupation des parcelles d’habitat potentiel a
diminué en Nouvelle-Écosse. L’E. mollissimum est très
probablement disparu du Nouveau-Brunswick.
Menaces et facteurs limitatifs
Comme les autres cyanolichens, l’Erioderma
mollissimum est extrêmement sensible à la pollution
atmosphérique et aux pluies acides. On prévoit
que les émissions de polluants acidifiants devraient
diminuer dans l’est de l’Amérique du Nord au cours
des 12 prochaines années, mais certains projets
de développement, à Terre-Neuve, au NouveauBrunswick et en Nouvelle-Écosse, risquent de faire
augmenter ces émissions localement. L’exploitation
forestière pourrait limiter l’habitat, et d’autres types de
développement provoquent la destruction de forêts.
La diminution de la fréquence du brouillard ainsi que
le broutage par des limaces introduites pourraient
également constituer des menaces.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
L’Erioderma mollissimum n’est pas encore une
espèce désignée aux fins de la Loi sur les espèces
en péril, et il n’est protégé par aucune loi provinciale.
La province de la Nouvelle-Écosse a inscrit l’espèce
sur sa liste rouge des espèces que l’on sait ou croit
en péril, tandis que le Centre de données sur la
conservation du Canada atlantique lui a attribué la
cote S1. À l’échelle mondiale, la cote G4G5 a été
attribuée à l’espèce. À l’heure actuelle, une seule
occurrence de l’espèce, celle du parc provincial
Thomas Raddall, en Nouvelle-Écosse, est située dans
une zone entièrement protégée. Les occurrences
situées près de Blandford, du lac Webber et de l’étang
Dooks, en Nouvelle-Écosse, pourraient bientôt jouir
d’une protection. Toutes les occurrences situées à
Terre-Neuve se trouvent sur des terres de la Couronne
mais ne jouissent d’aucune protection juridique. ■
Seulement 133 thalles adultes et 50 thalles
juvéniles de l’Erioderma mollissimum ont été
37
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Photo : © Photos.com 2010
Goglu des prés
Nom scientifique
Dolichonyx oryzivorus
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan,
Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick,
Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse,
Terre‑Neuve‑et‑Labrador
Justification de la désignation
Plus de 25 % des effectifs de la population
mondiale de cette espèce d’oiseau des prairies se
reproduit au Canada, soit la partie nord de l’aire de
répartition de l’espèce. L’espèce a subi de graves
déclins depuis la fin des années 1960. Ces déclins
se sont poursuivis au cours des dix dernières
années, particulièrement dans le centre de son aire
de répartition dans l’est du Canada. Les menaces
qui pèsent sur l’espèce sont la mortalité accidentelle
causée par les activités agricoles, la perte et la
fragmentation de l’habitat, l’exposition aux pesticides
et le contrôle aviaire aux sites de repos dans l’aire
d’hivernage.
Information sur l’espèce
Le Goglu des prés est un passereau de taille
moyenne. Le plumage des parties inférieures des
mâles est noir, mais celui des parties supérieures est
38
d’une coloration plus pâle. Le plumage des femelles
est beige clair liséré de marron et elles peuvent être
confondues avec certaines espèces de bruants.
Le Goglu des prés a un bec en forme de cône, une
queue raide composée de plumes au bout pointu et
des ongles de doigt postérieur longs. Le plumage des
mâles, hors de la période de reproduction, et celui
des jeunes est semblable au plumage des femelles.
Aucune sous‑espèce du Goglu des prés n’est
actuellement reconnue.
Répartition
En Amérique du Nord, l’aire de reproduction du
Goglu des prés comprend la partie sud de toutes les
provinces canadiennes (de la Colombie-Britannique
à Terre­-Neuve­-et­-Labrador) et s’étend vers le sud
jusqu’au nord-ouest, au centre-nord et au nord-est
des États-Unis. Cette espèce est absente du Yukon,
des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Le
Goglu des prés hiverne dans le sud de l’Amérique
du Sud, à l’est des Andes en Bolivie, au Brésil, au
Paraguay et en Argentine.
Habitat
Auparavant, le Goglu des prés nichait dans la
prairie à herbes hautes du centre‑ouest des ÉtatsUnis et du centre‑sud du Canada. Une bonne partie
de la prairie a été transformée en terres agricoles il y
a près d’un siècle. Durant la même période, les forêts
de l’est de l’Amérique du Nord ont été transformées
en prairies de fauche et en prés offrant un habitat aux
oiseaux. Depuis la conversion de la prairie en terres
cultivées et le défrichage des forêts de l’est, le Goglu
des prés niche dans les cultures fourragères (p. ex.
prairies de fauche et pâturages dominés par une
diversité d’espèces, notamment le trèfle, la phléole et
le pâturin des prés et les plantes à feuilles larges). On
retrouve également le Goglu des prés dans différents
habitats de prairie, notamment les prairies humides,
les tourbières herbacées et les champs abandonnés
composés majoritairement d’herbes hautes, les
restants de prairie vierge non cultivée (prairie à herbes
hautes), les cultures sans labour, les petits champs
de grains, les sites d’exploitation minière à ciel ouvert
restaurés et les champs irrigués des zones arides.
Cette espèce est moins présente dans les prairies à
herbes courtes, les luzernières ou les monocultures en
rangs (p. ex. maïs, soja, blé), même si son utilisation
des luzernières varie selon les régions.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Aire de reproduction du Goglu des prés au Canada.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
Biologie
Le Goglu des prés est une espèce au
comportement semi‑colonial souvent polygame
(en fonction de la région et de l’habitat). Les
premiers adultes reviennent des aires d’hivernage
vers la mi‑mai. Dès leur arrivée dans les aires de
reproduction, les mâles établissent leur territoire
par des vols et des chants de parade nuptiale. Les
femelles construisent les nids, toujours au niveau
du sol, habituellement à la base de grandes plantes
latifoliées. Chaque couvée contient en général de 3 à
7 œufs. Les oisillons sont nourris par les deux parents
pendant 10 ou 11 jours et les jeunes à l’envol sont
nourris pendant au moins une semaine. Le Goglu des
prés a une durée de vie de cinq ans.
Taille et tendances des populations
Au Canada, la population du Goglu des prés est
estimée se composer de 1,8 à 2,2 millions d’oiseaux
nicheurs. Les données du Relevé des oiseaux
nicheurs (BBS) d’Amérique du Nord pour la période
allant de 1968 à 2008 indiquent un déclin important
de l’ordre de 5,2 % par an au Canada, soit une perte
de 88 % de la population au cours des 40 dernières
années. En ce qui concerne la dernière décennie
(1998 à 2008), les données du Relevé indiquent un
déclin important de l’ordre de 4,6 % par an, soit une
diminution de 38 % de la population au cours de
cette période.
Facteurs limitatifs et menaces
On a déterminé que les principales raisons du
déclin de la population du Goglu des prés étaient :
1) la mortalité accidentelle liée aux activités
agricoles comme la fenaison qui détruit les nids et
tue les adultes; 2) la perte de l’habitat causée par
la conversion des cultures fourragères en cultures
intensives de grains et autres cultures en rangs; 3) la
fragmentation de l’habitat, qui conduit à des taux
de prédation plus élevés des nids situés près des
bordures; et 4) l’utilisation des pesticides dans les
aires de reproduction et d’hivernage, qui peut être une
cause de mortalité directe et indirecte.
39
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Importance de l’espèce
Compte tenu de sa présence généralement
importante dans les cultures fourragères et de la
quantité importante d’insectes ravageurs dont il
se nourrit, le Goglu des prés peut présenter des
avantages pour l’agriculture dans les aires de
reproduction.
40
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Au Canada, le Goglu des prés ainsi que ses nids et
ses œufs sont protégés en vertu de la Loi de 1994 sur
la convention concernant les oiseaux migrateurs. Cette
espèce est considérée comme une espèce non en
péril à l’échelle mondiale (cote G5) par NatureServe
(2009). ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Gomphe de Laura
Photo : © Allan Harris
Répartition
Nom scientifique
Stylurus laurae
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Cette libellule attrayante de l’est de l’Amérique du
Nord n’est connue qu’à deux localités dans le sudouest de l’Ontario, dans des ruisseaux sableux à
cours exceptionnellement rapide. L’espèce a une très
petite aire de répartition au Canada, et des preuves
indiquent que son habitat connaît un déclin continu.
L’aire de répartition du gomphe de Laura comprend
l’Ontario et 17 États de l’est des États-Unis. La zone
d’occurrence maximale mondiale s’élève à environ
1,5 million de km2. Au Canada, le gomphe de Laura
se rencontre uniquement dans les ruisseaux Big et
Big Otter, dans le sud de l’Ontario. L’espèce a été
observée pour la première fois au Canada en 1999. La
zone d’occurrence maximale de l’espèce au Canada
est évaluée à 256 km2, mais celle-ci occupe une zone
inférieure à 22 km2 (grille de 1 km x 1 km) ou à 60 km2
(grille de 2 km x 2 km).
Habitat
Les ruisseaux petits à moyens non pollués à
fond sableux ou limoneux constituent l’habitat
larvaire typique. Une végétation arborée et arbustive
surplombante est habituellement présente. Les
adultes se dispersent vers la forêt riveraine
avoisinante après l’émergence et se perchent
habituellement en se suspendant à la végétation,
entre 0,5 et 6 m au-dessus de l’eau. Les mâles
sont rarement observés et passent apparemment la
majeure partie de leur temps au niveau de la cime
des arbres. À la fin des années 1800, l’exploitation
forestière et la conversion des forêts en terres
agricoles a provoqué une importante érosion des sols,
mais la mise en place de programmes de reboisement
au début des années 1900 a permis de restaurer
le couvert forestier jusqu’aux niveaux actuels. Si la
qualité de l’habitat terrestre semble s’être améliorée,
Information sur l’espèce
Le gomphe de Laura (Stylurus laurae) appartient à
la famille des Gomphidés et à l’ordre des Odonates,
qui inclut les libellules et les demoiselles. Au sein du
genre Stylurus, le gomphe de Laura est une espèce
de taille relativement grande (longueur totale : de 60 à
64 mm). La partie avant du thorax est marquée de
deux bandes divergentes pâles qui n’atteignent pas le
collier. Le collier est interrompu par une ligne foncée.
L’abdomen est foncé sur les côtés, avec une étroite
bande médiodorsale jaune fragmentée à l’extrémité
de l’abdomen, qui est modérément dilaté chez les
mâles, plus faiblement chez les femelles.
Aire de répartition du Gomphe de Laura au Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
41
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
celle de l’habitat aquatique semble s’être dégradée
sous l’effet de l’augmentation de la pollution par les
chlorures, les nitrates et le phosphore, elle-même
aggravée par l’effet de concentration résultant du
prélèvement continu de l’eau à des fins d’irrigation.
À l’échelle du bassin hydrographique, le prélèvement
d’eau à des fins d’irrigation et à d’autres fins peut
réduire considérablement le débit des deux ruisseaux,
en particulier durant les étés secs, et ainsi causer
une augmentation de la demande en oxygène et
une réduction de l’habitat. Les barrages érigés
dans les bassins des ruisseaux Big et Big Otter
ont probablement déjà causé une perte d’habitat
de rapides dans les réservoirs, une hausse de la
température de l’eau et une modification des régimes
d’érosion et de sédimentation.
Biologie
Les adultes volent entre le milieu de juillet et
le milieu d’août en Ontario. Le comportement
d’accouplement de l’espèce n’a pas été décrit. Les
larves passent l’essentiel de leur temps enfouies
immédiatement sous la surface des sédiments,
laissant dépasser l’extrémité de leur abdomen audessus des sédiments pour respirer.
La durée de la vie larvaire est inconnue, mais elle
s’élève probablement à au moins deux ans. Avant la
mue ultime, les larves gagnent les rives sableuses.
Les adultes fraîchement émergés s’éloignent des
environs immédiats du ruisseau pour échapper aux
prédateurs jusqu’à ce que leur exosquelette durcisse
et leur permette de voler rapidement.
Les adultes sont probablement des prédateurs
généralistes et opportunistes et s’alimentent de
petits insectes volants. Les larves chassent à l’affût,
cachées dans les sédiments, et capturent leurs proies
à l’aide de leur labium préhensile.
Les prédateurs des adultes incluent les oiseaux,
les grenouilles et les libellules de plus grande taille.
Les larves sont la proie des oiseaux aquatiques,
des poissons, des tortues, des larves d’espèces de
libellules de plus grande taille et d’autres insectes
prédateurs.
42
Taille et tendances des populations
Le gomphe de Laura a été observé pour la
première fois au Canada en 1999, et il ne se rencontre
qu’à deux localités. Aucune estimation précise de la
taille de la population n’est disponible. Les tendances
de la population sont également inconnues.
Menaces et facteurs limitatifs
La principale menace qui pèse sur le gomphe
de Laura est la dégradation de l’habitat aquatique
causée par la pollution, le prélèvement d’eau à des
fins d’irrigation et les espèces envahissantes (en
particulier le gobie à taches noires). La mortalité
accidentelle résultant de collisions avec des véhicules
et la retenue des eaux courantes par des barrages
sont des menaces potentielles pour l’espèce aux deux
localités canadiennes.
Importance de l’espèce
Le gomphe de Laura est si peu commun et passe
si facilement inaperçu dans une bonne partie de son
aire de répartition qu’il est inconnu de la majorité
des gens. Toutefois, de façon générale, la popularité
des libellules augmente de plus en plus, comme en
témoigne le nombre croissant de guides de terrain
et d’activités organisées de dénombrement des
libellules. La présence du gomphe de Laura est
également indicatrice d’une eau de bonne qualité.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
À l’échelle mondiale, le gomphe de Laura est
actuellement classé apparemment non en péril
(apparently secure). Il est classé gravement en péril
(critically imperilled) au Canada et apparemment
non en péril aux États-Unis, mais les lois portant sur
les espèces en péril des deux pays ne lui confèrent
aucune protection. À l’échelle infranationale (État
ou province), il est classé gravement en péril en
Ontario et, dans 8 des 17 États où il se trouve, son
classement varie de gravement en péril à vulnérable
(vulnerable). Aucun des 2 sites connus au Canada
ne se trouve dans un parc provincial ou fédéral. Au
Canada, les milieux riverains sont protégés à titre
d’habitat du poisson en vertu de la Loi sur les pêches
du Canada. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Grive de Bicknell
précommerciale dans les forêts en régénération ainsi
que le changement climatique mènent à une réduction
de l’habitat convenable de haute altitude.
Nom scientifique
Catharus bicknelli
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Justification de la désignation
L’espèce occupe l’une des aires de reproduction
les plus restreintes parmi les oiseaux forestiers de
l’Amérique du Nord. Elle habite les forêts des zones
côtières fraîches et subalpines, ainsi que les forêts
en régénération d’altitude de plus de 600 m au
Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse
et dans le nord-est des États-Unis. Elle hiverne
dans les Grandes Antilles, où la plus grande partie
de sa population semble se trouver en République
dominicaine. Malgré la difficulté de faire un suivi
adéquat de l’espèce, tous les indices disponibles
sur les tendances indiquent des déclins importants
de la population et de la zone d’occupation. Les
résultats préliminaires découlant du projet de l’Atlas
des oiseaux nicheurs des Maritimes indiquent un
déclin de 40 % dans l’aire occupée depuis les trois
dernières générations, alors que les résultats du
Programme d’étude des oiseaux de haute altitude
indiquent des déclins plus graves dans les mêmes
régions. Bien que les raisons du déclin ne soient pas
claires, la perte d’habitat dans les aires d’hivernage,
les pratiques de gestion telles que la coupe d’éclaircie
La Grive de Bicknell est la plus petite des grives
nordiques du genre Catharus. Le mâle et la femelle
portent des plumes distinctives d’un brun chaud sur
le dos; les plumes primaires repliées et celles du haut
de la queue ont une teinte brun châtain. L’espèce
ressemble aux autres grives nordiques du genre
Catharus, particulièrement la Grive à joues grises.
Répartition
L’aire de reproduction de la Grive de Bicknell est
fragmentée et une des plus restreintes parmi les
oiseaux forestiers de l’Amérique du Nord. On ne la
trouve qu’à haute altitude dans les montagnes du
nord-est des États-Unis et du sud‑est du Canada,
ainsi que dans certaines zones de basses terres et
côtières. L’espèce serait disparue de sites qu’elle
occupait auparavant, surtout à la périphérie de son
aire de répartition.
La Grive de Bicknell hiverne dans les Grandes
Antilles et la majeure partie de la population se
trouverait en République dominicaine. L’espèce
est également présente en petits nombres dans le
sud‑ouest et l’est d’Haïti et dans la Sierra Maestra du
sud‑est de Cuba.
Habitat
La Grive de Bicknell est une espèce spécialiste
en matière d’habitat, généralement associée à des
milieux forestiers denses et non perturbés ou à des
milieux perturbés en milieu de succession vigoureuse
Photo : © Dan Busby
Photo : © Dan Busby
Information sur l’espèce
43
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
dominés par le sapin baumier et présentant une forte
densité de tiges (> 10 000‑15 000 par hectare). On
lui reconnaît trois types d’habitat de nidification :
forêts montagnardes (de haute altitude), basses terres
côtières et forêts industrielles des hautes terres. Dans
les zones montagnardes de haute altitude, l’espèce
occupe des forêts non perturbées et des forêts en
régénération perturbées par des sapinières en vagues,
des chablis, des dommages attribuables à la neige
ou à la glace, le feu ou des infestations d’insectes
(p. ex. la tordeuse des bougeons de l’épinette) et
caractérisées par des conifères morts sur pied et une
dense régénération en sapin baumier. Elle fréquente
aussi des peuplements d’arbres rabougris perturbés
de façon chronique. En zone côtière, elle choisit
des peuplements denses de sapins et d’épinettes
maintenus par de fraîches brises océaniques et une
forte pluviosité. Dans les forêts industrielles des
hautes terres, on trouve la Grive de Bicknell dans
de denses peuplements résineux ou, parfois, dans
des peuplements mixtes de seconde venue en
régénération.
Biologie
Selon les résultats obtenus pour le deuxième atlas
des oiseaux nicheurs des Maritimes, l’aire de
répartition de l’espèce aurait diminué de plus de
40 % depuis dix ans. Les données du programme
d’étude des oiseaux de haute altitude (High Elevation
Landbird Program) montrent aussi que, de 2002 à
2008, il y a eu des déclins marqués de 20,2 % par
an et de 18,9 % par an au Nouveau‑Brunswick et en
Nouvelle‑Écosse respectivement, ce qui correspond
à des pertes de plus de 70 % de la population. Les
données du programme de suivi au mont Gosford
(Québec) montrent aussi une baisse significative des
taux d’occupation des sites de relevé de 2001 à 2007,
même si l’abondance des Grives de Bicknell aux sites
occupés n’a pas varié significativement durant cette
période.
Facteurs limitatifs et menaces
Dans les lieux de reproduction, les pratiques
d’aménagement forestier comme l’éclaircie
précommerciale réduisent la quantité d’habitat
de nidification à moyen terme en réduisant
considérablement la densité des tiges de sapins
La Grive de Bicknell a un système de reproduction
inhabituel caractérisé par de multiples partenaires
mâles et femelles. Dans une même saison, un mâle
peut être géniteur de nichées dans différents nids,
mais il ne nourrit pas nécessairement tous ses
oisillons. Les mâles ne sont pas territoriaux et leurs
domaines vitaux se chevauchent habituellement.
Le domaine vital d’un mâle peut chevaucher les
domaines vitaux de deux femelles, lesquels ne se
chevauchent habituellement pas.
L’espèce présente un rapport des sexes très inégal,
soit de 1 femelle pour 1,49 à 3 mâles. Le taux de
survie des adultes estivants a été estimé à 0,65 ± 0,04
(± erreur type) au Vermont, et à 0,28 ± 0,11 pour les
femelles et à 0,63 ± 0,07 pour les mâles au Québec.
La prédation dans les sites de reproduction pourrait
être un important facteur limitatif de la productivité
de la Grive de Bicknell. Le record de longévité de
l’espèce est de 11 ans, tandis que l’âge moyen annuel
varie de 1,73 à 2,44 ans. La durée d’une génération
est estimée à 2 ou 3 ans.
Taille et tendances des populations
On estime que la population canadienne de Grives
de Bicknell compte entre 40 570 et 49 258 individus.
44
Aire de répartition mondiale de la Grive de Bicknell,
avec l’air de réproduction et l’air d’hivernage.
Source: “Birds of North American Online” http://bna.birds.cornell.edu/
bna, Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
baumiers. La hausse des températures attribuable
aux changements climatiques favorise l’avancée en
altitude de l’écotone entre la forêt de feuillus et la
forêt montagnarde de sapins baumiers et d’épinettes,
ce qui réduit la quantité d’habitat de reproduction
de la Grive de Bicknell. La multiplication des tours
de communications, des éoliennes et des projets
récréatifs dans l’aire de reproduction de l’espèce
contribue aussi aux pertes et à la fragmentation de
son habitat.
Il y a eu d’importantes pertes d’habitat d’hivernage
sur l’île d’Haïti (que se partagent Haïti et la République
dominicaine), où se trouve la majeure partie de
l’aire d’hivernage de l’espèce. La conversion de ces
terres pour des activités humaines est sans doute le
principal facteur responsable du déclin de l’espèce, et
rien n’indique un ralentissement de ce phénomène.
Importance de l’espèce
C’est un défi pour les ornithologues de trouver
la Grive de Bicknell parce qu’elle occupe un habitat
forestier impénétrable et isolé, situé en haute altitude.
L’espèce pourrait constituer un indicateur à long
terme de la santé des milieux forestiers subalpins et
de leurs populations d’oiseaux.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La Grive de Bicknell est protégée au Canada en
vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les
oiseaux migrateurs et aux États-Unis par le Migratory
Bird Treaty Act of 1918. Le COSEPAC l’a désignée
« espèce préoccupante » en avril 1999, et elle est
inscrite comme « espèce préoccupante » à l’annexe
3 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Elle
est désignée « espèce vulnérable » au Québec et est
classée espèce vulnérable (Vulnerable) en NouvelleÉcosse et espèce possiblement en péril au NouveauBrunswick.
Aux États-Unis, la Grive de Bicknell est inscrite à
la Audubon Watchlist comme espèce « rouge » et à la
liste des espèces dont la conservation est une priorité
à l’échelle nationale (Birds of Conservation Concern
– National Concern) du Fish and Wildlife Service des
États-Unis. Elle est désignée espèce préoccupante
(Special Concern species) et espèce pour laquelle
des mesures de conservation sont le plus nécessaires
(Species of Greatest Conservation Need; SGCN) dans
l’État de New York, au Vermont, au New Hampshire
et dans le Maine. Le programme Partenaires d’envol
considère la Grive de Bicknell comme l’espèce
migratrice néotropicale dont la conservation est la
plus prioritaire dans le nord-est de l’Amérique. Elle
est inscrite comme espèce vulnérable à la Liste rouge
de l’Union internationale pour la conservation de la
nature (UICN). ■
45
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Hémileucin du menyanthe
Les adultes ont une envergure moyenne (mâles :
de 26 à 32 mm; femelles : de 32 à 36 mm). Ils se
reconnaissent facilement à leurs ailes noir et blanc
marquées chacune d’une tache discale.
Photo : © Allan Harris
Répartition
Nom scientifique
Hemileuca sp.
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Ce très rare papillon nocturne est connu seulement
dans l’État de New York et en Ontario. En Ontario,
on trouve cette espèce dans deux fens largement
éloignés l’un de l’autre. L’espèce est vulnérable
aux effets de plantes exotiques envahissantes,
particulièrement le roseau commun, qui supplantent
l’espèce végétale dont elle préfère se nourrir, soit
le ményanthe. L’habitat de l’espèce est vulnérable
à l’inondation ou à l’assèchement potentiel qui
résulterait d’une manipulation des niveaux d’eau au
site principal.
Information sur l’espèce
Les hémileucins (Hemileuca) forment un genre
relativement bien étudié et diversifié de papillons.
Même si son statut taxinomique demeure incertain,
l’hémileucin du ményanthe est la seule espèce du
genre Hemileuca dans l’est du Canada. Ce papillon
actif de jour et facilement reconnaissable est
écologiquement distinct de l’hémileucin rencontré
dans les prairies, qui exploite une plante hôte
différente et fréquente des habitats plus secs.
46
Les seules populations connues de l’hémileucin
du ményanthe se trouvent en Ontario et dans l’État
de New York. Au Canada, l’espèce occupe 4 sites
dans l’est de l’Ontario. D’ailleurs, 2 de ces sites se
trouvent près de Richmond, au sud d’Ottawa, et les
2 autres, environ 50 km plus à l’ouest, près de White
Lake. Chaque paire de sites est considérée comme
un emplacement distinct exposé à des menaces
potentielles différentes. La zone occupée par l’espèce
au Canada couvre moins de 3 km2.
Habitat
Au Canada, l’hémileucin du ményanthe se
rencontre dans des tourbières minérotrophes (fens)
non arborées à assise calcaire et à tapis végétal à
dominance de graminoïdes et de petits arbustes.
Les effectifs larvaires atteignent leur abondance
maximale dans les portions de tourbière dominées
par le marisque inerme ou le carex à fruits tomenteux
et parsemées de petits étangs peu profonds abritant
la plante hôte principale de l’espèce, le ményanthe
trifolié (couramment appelé trèfle d’eau). Les buttes
de sphaigne (Sphagnum spp.) adjacentes peuplées
d’arbustes et de sujets rabougris de mélèze laricin ou
de thuya occidental constituent des sites propices à
la nymphose.
Biologie
L’hémileucin du ményanthe est un Saturniidé qui
vole le jour et qui produit une génération par année.
Les adultes émergent à la fin de septembre. Les
femelles déposent leurs œufs en bagues spiralées
pouvant contenir plusieurs centaines d’œufs sur les
tiges de divers arbustes, principalement le myrique
baumier ou le bouleau nain. Les œufs éclosent à la fin
de mai ou au début de juin. Les chenilles du premier
stade se nourrissent en groupes, principalement
sur la canneberge à gros fruits pendant les quelque
12 premiers jours de leur existence, puis sur
le ményanthe trifolié. Les chenilles plus âgées
s’alimentent également sur le bouleau nain, les saules
et d’autres arbustes. Ces hôtes de remplacement sont
probablement utilisés lorsque la plante hôte principale
n’est plus disponible. En Ontario, les adultes
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
le nombre de chenilles observées à la tourbière
Richmond a varié d’un individu seulement à plusieurs
milliers d’individus.
Compte tenu de la spécificité de l’espèce à l’égard
de son habitat, de la nature isolée des tourbières
minérotrophes et de la distance qui sépare les
populations ontariennes des populations étatsuniennes, la probabilité que des individus de l’État de
New York puissent recoloniser des sites propices en
cas de disparation d’une ou de plusieurs populations
de l’Ontario semble extrêmement faible. Il n’y a
probablement aucun échange génétique entre les
populations canadiennes et états-uniennes, et même
entre les deux paires de populations canadiennes.
Aire de répartition de l’hémileucin du ményanthe au
Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
novembre 2009
émergent normalement au cours de la troisième
semaine de septembre. Les femelles émergent
l’abdomen déjà chargé d’œufs pleinement formés.
Elles émettent aussitôt une phéromone pour attirer
des mâles, s’accouplent une seule fois et pondent
tous leurs œufs au cours de la même journée. Les
adultes ne s’alimentent pas.
Ils sont peut-être capables de parcourir plusieurs
kilomètres, mais ils ne sont pas de bons voiliers et
s’éloignent rarement de la tourbière où ils sont nés. La
brièveté de la vie imaginable contribue également à
l’isolement des populations.
Taille et tendances des populations
Facteurs limitatifs et menaces
Toutes les populations canadiennes d’hémileucin
du ményanthe sont vraisemblablement gravement
menacées par les modifications de l’habitat, les
fluctuations des niveaux d’eau, l’aménagement
des terres et, peut-être, les programmes de lutte
antiparasitaire. La dégradation de l’habitat causée par
les plantes exotiques envahissantes est probablement
la menace la plus importante et la plus imminente.
Deux espèces, à savoir la sous-espèce européenne
du roseau commun et la quenouille à feuilles étroites,
ont envahi les sites canadiens et menacent d’étouffer
les colonies de plantes hôtes et de provoquer une
fermeture du couvert végétal. À la tourbière du lac
White, la régulation du niveau des eaux du lac pourrait
avoir des répercussions importantes sur l’habitat de
l’espèce.
La taille de la population mondiale demeure à
évaluer, mais on estime que la moyenne des effectifs
combinés des populations de l’Ontario et de l’État de
New York oscillent annuellement entre 2 500 et
10 000 individus. Au cours du plus récent relevé
effectué au Canada, en 2008, 169 chenilles ont été
observées aux 4 sites, et l’on a estimé à environ
6 200 le nombre total de chenilles présentes dans
l’habitat propice à l’espèce, ce qui représente environ
3 000 adultes.
Importance de l’espèce
L’hémileucin du ményanthe a subi un déclin
considérable (de 25 à 90 %) par suite de la disparition
de son habitat, en particulier aux États-Unis. Ses
effectifs fluctuent considérablement d’une année
à l’autre, ce qui complique l’étude des tendances
démographiques à long terme, en particulier au
Canada, où les sites occupés ont fait l’objet d’une
surveillance sporadique seulement. Depuis 1979,
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
L’hémileucin du ményanthe partage son habitat
spécialisé avec un certain nombre d’autres espèces
rares, dont la platanthère blanchâtre de l’Est, rare
à l’échelle mondiale. Les hémileucins sont prisés
des naturalistes et des entomologistes en raison,
notamment, de leurs mœurs diurnes, de leur taille
relativement grande et de leur livrée spectaculaire.
L’hémileucin du ményanthe est classé gravement
en péril à l’échelle mondiale par NatureServe, mais
son statut taxinomique est incertain. Il figure sur la
liste des espèces en voie de disparition (Endangered)
dans l’État de New York. ■
47
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Hydropore de Bertha
brun jaunâtre et dépourvus de taches ou marques
jaunâtres.
Photo : © Robert E. Roughley
Répartition
Nom scientifique
Sanfilippodytes bertae
Taxon
Arthropodes
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Alberta
Justification de la désignation
Malgré des recherches exhaustives, cette espèce
endémique canadienne n’est connue qu’à deux
localités dans le sud de l’Alberta, dont une a été
détruite. Elle est limitée aux sources naturelles et
aux aires de suintement le long des bords de falaise
escarpée ou de coudes de rivières. Son habitat est
en déclin en raison du piétinement par le bétail et
du rabattement de la nappe d’eau en raison des
prélèvements aux fins d’irrigation.
Information sur l’espèce
L’hydropore de Bertha (Sanfilippodytes bertae),
Roughley et Larson, 2000 (Coleoptera : Dytiscidae)
se rencontre dans les sources et les zones de
suintement naturelles des steppes arides du sud
de l’Alberta. Il n’existe pour cette espèce aucune
sous-espèce ni aucune autre forme connue. L’adulte
présente un aspect typique du genre, exception
faite de l’ornementation des élytres. L’adulte mesure
moins de 3 mm de longueur et a une forme plutôt
ovale (longueur/largeur = de 1,84 à 1,94). La tête
et le pronotum sont brun foncé, et les élytres sont
48
L’aire de répartition historique de l’hydropore de
Bertha comprend 2 ou peut-être 3 localités : 1) la
rive nord-ouest de la rivière Oldman, juste en amont
du pont de la route 2, à l’ouest de Fort MacLeod,
en Alberta; 2) la ville de Fort MacLeod; 3) la localité
récemment découverte près du précipice à bisons
Head-Smashed-In. Les localités 1 et 2 pourraient en
fait n’en constituer qu’une seule et ne contenir ainsi
qu’une seule et même population, mais cette question
reste à éclaircir. La seule mention signalée depuis
1984 est celle de la localité 3, où se trouve donc la
seule population existante.
Habitat
L’habitat de l’hydropore de Bertha se limite aux
sources et aux zones de suintement naturelles
situées dans le bassin versant de la rivière Oldman,
dans le sud de l’Alberta. Les sources et les zones
de suintement des localités 1 et 2 avaient pour
particularité de prendre naissance dans les berges
de la rivière, à peu près au niveau de la ligne des
hautes eaux printanières. Les relevés effectués dans
les sources et les zones de suintement de la région
où ont été faites les premières collectes ont conduit
à la capture d’un seul spécimen, à la source d’un
cours d’eau situé près du précipice à bisons HeadSmashed-In. Ce milieu est constitué d’un mince filet
d’eau sortant d’une fissure située environ à mi-hauteur
d’une dénivellation d’environ 5 m par rapport au
paysage environnant de collines arrondies balayées
par de grands vents et recouvertes d’une végétation
basse. La fissure d’où jaillit la source est couverte
de mousses et d’algues mouillées. Les vestiges non
perturbés de ce type d’habitat sont très rares dans
le sud de l’Alberta; la plupart ont été détruits par
le bétail.
Biologie
Le cycle vital de l’hydropore de Bertha reste
entouré de mystère. Les larves et les adultes sont
des prédateurs se nourrissant principalement
d’invertébrés, probablement de vers enchytréides
et de larves aquatiques de diptères. Rien
n’indique que le cycle vital puisse durer plus
d’un an. L’accouplement et la ponte surviennent
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
vraisemblablement au printemps. Les larves se
développent probablement pendant l’été, avant un
bref stade pupal passé hors de l’eau. L’insecte passe
l’hiver à l’état adulte. La capacité de dispersion est
probablement minimale, malgré la présence sous les
élytres d’une paire d’ailes bien formées.
Taille et tendances des populations
Des recherches intensives effectuées en 2008 au
printemps, en été et en automne, sur une période
totale de 18 jours (environ 180 heures), n’ont
permis de capturer que deux spécimens, dans une
nouvelle localité située près du précipice à bisons
Head-Smashed-In. L’examen des spécimens de
42 collections et les recherches intensives réalisées
auparavant n’avaient révélé l’existence que de deux
autres localités.
On n’avait auparavant réussi à capturer que
42 spécimens de cette espèce (en 1984), dans deux
localités situées près de Fort MacLeod, en Alberta.
Ces spécimens ont servi à la description originale
de l’espèce. Les recherches effectuées sur le terrain
n’ont permis de capturer aucun autre spécimen dans
la localité type, près de Fort MacLeod, malgré les
activités menées dans cette localité et aux environs
pour repérer l’habitat des spécimens types. Toutefois,
deux spécimens ont été capturés dans une autre
localité, dite l’« Oasis », près du précipice à bisons
Head-Smashed-In. On ignore la taille de cette
population de l’hydropore de Bertha. Cependant,
comme pour la plupart des espèces, on estime qu’il
faudrait plusieurs centaines d’individus pour que
la population maintienne sa viabilité. Les données
disponibles sont insuffisantes pour qu’on puisse
déduire quoi que ce soit sur les fluctuations des
populations.
Facteurs limitatifs et menaces
Il semble que l’hydropore de Bertha a un habitat
très particulier, à proximité de sources ou de zones
de suintement, dans un milieu non perturbé couvert
de mousses sur un sol de fines particules (nécessaire
au stade pupal) ainsi que d’un substrat approprié
de sable ou d’autres particules fines. L’abaissement
des niveaux phréatiques dans le bassin de la rivière
Oldman et la présence de bétail sont les principales
menaces qui pèsent sur l’habitat fragile de l’espèce.
Les autres menaces possibles dans le bassin de la
rivière Oldman — et dans les coulées, les sources
Aire de répartition mondiale de l’hydropore de Bertha. Carte gracieusement fournie par
Ottomm Education.
49
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
et les zones de suintement qui s’y trouvent — sont
le puisage d’eau aux fins d’irrigation des cultures
et la demande croissante qui y est associée, la
demande d’eau croissante due à une économie en
effervescence, la construction d’ouvrages de retenue
qui risquent d’inonder l’habitat, le développement
municipal et industriel — y compris dans les secteurs
pétrolier et gazier —, la demande accrue d’eau
pour les utilisations industrielles et domestiques,
le prélèvement d’eau souterraine, les pratiques
d’élevage, les parcs d’engraissement du bétail, les
activités récréatives et les changements climatiques.
De plus, l’habitat de l’hydropore de Bertha, exposé
à l’ensemble de ces pressions anthropiques, est
déjà fragile en soi. Le bassin de la rivière Oldman fait
partie de l’écozone des Prairies, qui est constituée,
dans le sud de l’Alberta, de terrains légèrement
vallonnés principalement couverts de prairies mixtes
arides. Depuis l’arrivée des Européens, cette écozone
est devenue une des zones agricoles les plus
développées du monde : sur une superficie totale de
47 millions d’hectares, on estime qu’il ne reste plus
que 3 % de milieux naturels, le reste étant consacré
aux cultures (70 %) ou aux parcours et pâturages
(27 %) (Environnement Canada, 1996).
50
Importance de l’espèce
Les sources et les zones de suintement sont des
milieux complexes et fragiles sur les plans biologique,
chimique et physique. L’hydropore de Bertha est
une espèce indicatrice des milieux de ce type qui
sont encore relativement intacts dans le sud de
l’Alberta. Les sources et les zones de suintement sont
importantes, puisque leur faune d’arthropodes est
constituée d’un nombre limité d’espèces diversifiées
et spécialisées, vivant par exemple dans les eaux
souterraines, pelliculaires ou courantes. L’hydropore
de Bertha pourrait être indicateur de la présence
d’autres espèces inhabituelles ou importantes. Il
devrait être considéré comme rare ou en péril dans
l’ensemble de son aire de répartition, étant donné le
caractère très particulier et géographiquement isolé
de son habitat et de la rareté actuelle de ce type de
milieu.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
L’hydropore de Bertha ne figure actuellement
sur aucune liste de priorité à l’échelle mondiale ou
régionale. Une nouvelle localité a été découverte juste
au sud du précipice à bisons Head-Smashed-In, site
du patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette localité
partage presque certainement le système d’eaux
souterraines du site de l’UNESCO. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Photo : © Joyce Gould
Iris du Missouri
Nom scientifique
Iris missouriensis
Taxon
Plants vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Alberta
Justification de la désignation
Cette plante vivace remarquable est présente
à dix sites indigènes ainsi qu’à quelques sites
où elle semble avoir été introduite. Elle se trouve
principalement dans les prairies du sud de l’Alberta.
Plusieurs nouvelles populations ont été découvertes
depuis la dernière évaluation de l’espèce. La
superficie occupée et la taille de la population totale
des plants indigènes sont maintenant connues
comme étant plus grandes que déterminées
antérieurement. La population canadienne totale
semble stable, mais sa taille fluctue. L’espèce est
vulnérable à la compétition constante de plantes
envahissantes, mais le piétinement dans les endroits
faisant l’objet d’un important pâturage a grandement
été atténué par les mesures de rétablissement.
Information sur l’espèce
L‘iris du Missouri est une vivace de la famille
des Iridacées qui vit longtemps. Ses tiges florifères
portent de deux à quatre fleurs voyantes de couleur
variant de bleu pâle ou lavande à bleu nuit; on trouve
aussi à l’occasion une forme rare de l’espèce aux
fleurs blanches. La fleur présente des veines violettes
rayonnant à partir d’une tache jaune pubescente sur
chacun des trois sépales qui sont recourbés vers
l’extérieur et étalés. Les trois pétales et les trois styles
sont dressés ou légèrement courbés vers l’extérieur.
Les fleurs d’un individu fleurissent l’une après l’autre
sur une tige souvent sans feuille ou qui en porte
parfois une. Les feuilles gladiées, longitudinalement
pliées, d’un bleu-vert pâle, prennent naissance à la
base de la tige, qui atteint une hauteur de 30 à 60 cm.
Le nom anglais de l’espèce est Western Blue Flag,
mais on l’appelle aussi parfois Rocky Mountain Iris.
Répartition
L’iris du Missouri est une espèce nord-américaine
très répandue dans l’ouest des États-Unis. Au
Canada, les occurrences les plus au nord de
l’espèce se trouvent à un site dans le parc national
Banff (Alberta) et à quelques sites près de Calgary.
Toutefois, ces occurrences sont d’origine inconnue
et semblent se trouver à l’extérieur de l’aire de
répartition indigène de l’espèce au Canada, laquelle
couvre une étroite bande près de la frontière canadoaméricaine, depuis la partie ouest du chaînon de la
rivière Milk jusqu’à l’ouest de Carway (Alberta). Au
total, il existe 17 populations documentées, dont
seulement 10 sont considérées comme indigènes.
On estime que les sept populations suivantes se
trouvent à l’extérieur de l’aire de répartition indigène,
et elles ne sont donc pas visées par l’évaluation : les
populations existantes de Fort Macleod, de l’aéroport
de Calgary, du parc national Banff et du lac Park qui
sont d’origine inconnue, la population introduite du lac
Frank qui persiste et les deux populations disparues
à l’Université de Calgary et à Picture Butte. On croyait
que l’espèce était présente en Colombie-Britannique,
mais on considère maintenant que les spécimens en
question appartiennent à une autre espèce, soit l’Iris
setosa Pallas ex Link.
Les 17 populations indigènes, introduites ou
d’origine inconnue de l’espèce au Canada s’étendent
sur une superficie d’environ 22 000 km2 qui s’étend de
la frontière canado-américaine jusqu’à Calgary et au
parc national Banff. Toutefois, l’aire de répartition des
10 populations indigènes près de la frontière canadoaméricaine ne couvre qu’une superficie d’environ
250 km2. La plupart du territoire situé entre les
populations indigènes et celles situées plus au nord
n’est pas propice à l’espèce, et la superficie d’habitat
effectivement occupé par les individus indigènes ne
se chiffre qu’à 3 km2 environ.
51
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Répartition de l’iris du Missouri au Canada (Alberta). Les populations de l’aire
de répartition indigène connue se trouvent le long de la frontière canadoaméricaine.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
Habitat
Les populations indigènes de l’iris du Missouri
se trouvent dans les sous-régions naturelles de la
prairie à fétuques du piémont et de la prairie-parc du
piémont de l’Alberta. Certaines populations d’origine
inconnue se trouvent dans d’autres sous-régions
naturelles, notamment la sous-région de la prairie
mixte (lac Park et Fort McLeod) et la sous-région
montagnarde (Banff). L’habitat de prédilection de l’iris
du Missouri consiste en une étroite zone de transition
52
entre des prés humides ou mouillés ou des sources
d’infiltration et des pentes plus sèches. Il occupe
habituellement un terrain plat ou légèrement en pente
contenant beaucoup d’humidité sous la surface. Le
sol est humide au printemps, mais il est bien drainé
et s’assèche au milieu de l’été. L’iris du Missouri
pousse souvent près de fourrés de saules autour de
dépressions humides; certaines de ses stations sont
situées dans des zones sèches de communautés de
fétuques scabres.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Biologie
L’espèce se propage par voies sexuée et
asexuée. Ses rhizomes ramifiés à croissance
linéaire lui permettent de tolérer le piétinement et de
s’étendre rapidement lorsqu’on enlève la végétation
concurrente. Ses graines lisses et brun foncé sont
contenues dans une capsule triloculaire et peuvent
être dispersées par le vent, l’eau et d’autres vecteurs.
L’espèce a une période de germination de deux à trois
mois et fleurit dans sa deuxième ou troisième année.
Les fleurs apparaissent de la mi-juin jusqu’au début
de juillet en Alberta et sont adaptées à la pollinisation
par les abeilles.
Taille et tendances des populations
On a estimé que la population indigène totale
de l’espèce au Canada se chiffrait entre 110 000
et 120 000 tiges en 2009, mais certains sites n’ont
pas été visités. Cette estimation constitue une
hausse considérable par rapport à l’estimation de
7 500 individus en 1999 dans le dernier rapport
du COSEPAC. Depuis 1999, deux populations ont
cessé d’exister et deux autres ont peut-être disparu.
Par contre, on a découvert un certain nombre de
nouvelles populations dans l’aire de répartition
indigène connue et à l’extérieur de celles-ci. La
hausse de la taille des populations et du nombre
de stations occupées par l’espèce est attribuable
à l’accroissement de la collaboration et de la
participation des gestionnaires et des propriétaires
de terres ainsi que des activités de recherche et de
l’intérêt du public pour les activités de conservation
et de gestion de l’espèce; on peut présumer que les
« nouvelles populations » existaient déjà, mais aucune
donnée ne le confirme.
La surveillance de ces sites montre que le nombre
de tiges et de fleurs fluctue naturellement d’une année
à l’autre, mais la population semble stable.
Facteurs limitatifs et menaces
La perte d’habitat (notamment l’altération et
la fragmentation des paysages), la concurrence
d’espèces introduites ou envahissantes, la pression
de pâturage, la modification de l’hydrologie, la
cueillette à des fins horticoles ou médicinales et
l’utilisation d’herbicides constituent les principaux
facteurs limitatifs et menaces pour l’iris du Missouri.
L’espèce profite d’un pâturage léger à modéré.
Importance de l’espèce
L’iris du Missouri a une étroite tolérance
environnementale et des besoins précis en matière
d’habitat. On trouve l’espèce dans certains des
paysages les plus menacés de l’Alberta. Aucune
information n’a été trouvée sur l’utilisation humaine
de l’iris du Missouri au Canada, notamment par
des Autochtones, mais on a signalé son utilisation
par des Premières nations à des fins médicinales et
cérémoniales aux États-Unis.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le COSEPAC a désigné l’iris du Missouri espèce
menacée en mai 2000, et l’espèce est actuellement
inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril.
L’Alberta l’avait aussi désigné espèce menacée en
2000, mais en 2005 la province l’a reclassé parmi les
espèces préoccupantes. ■
53
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Photo : © Nova Scotia Museum of Natural History
– Alex Wilson
Lachnanthe de Caroline
Nom scientifique
Lachnanthes caroliniana
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Nouvelle Écosse
Justification de la désignation
Une espèce très isolée de la plaine côtière de
l’Atlantique qui, au Canada, est principalement
restreinte à deux vastes populations liées occupant
des rivages lacustres dans le sud de la NouvelleÉcosse. De nouveaux relevés exhaustifs et d’autres
données indiquent que le risque de disparition de
cette espèce est moindre qu’on le croyait. La qualité
de son habitat riverain a fait l’objet d’une perte et
d’une diminution lentes mais constantes en raison du
développement résidentiel et de chalets pendant 30 à
40 ans. Ces pertes continueront sans doute dans un
avenir prévisible avec le nouveau développement et
l’intensification du développement existant. Malgré
cela, la proportion de l’habitat actuellement altéré par
le développement est encore faible, et la répartition
étendue de l’espèce à l’échelle locale ainsi que sa
reproduction asexuée atténuent la menace de sa
disparition à court terme.
son nom anglais de son rhizome orange-rouge vif,
habituellement visible à la surface du sol ou juste
en dessous, et de sa sève rouge. La lachnanthe de
Caroline forme une tige dressée non ramifiée, haute
de 15 à 40 cm (elle atteint plus de 100 cm dans le sud
de son aire de répartition); la jeune plante est blanche
et laineuse, puis elle devient fauve et tomenteuse avec
l’âge. La plupart des feuilles sont basales et ont une
forme et une disposition semblables à celles des iris.
Ses fleurs sont regroupées en inflorescences serrées
à sommet plat et portent six tépales jaune terne
semblables à des pétales. D’après les plus récents
travaux taxinomiques sur la lachnanthe de Caroline,
elle est la seule espèce du genre Lachnanthes et
le seul membre canadien et nord-américain de sa
famille surtout tropicale. Malgré les divers synonymes
qui ont désigné la lachnanthe de Caroline, son rang
taxinomique et son statut d’espèce distincte n’ont
jamais été remis en question.
Répartition
La lachnanthe de Caroline est relativement
commune à moins d’environ 120 km de la côte
atlantique, depuis l’est de la Louisiane jusqu’en
Caroline du Nord, ainsi que dans le sud du New
Jersey. Elle est rare ailleurs où elle est présente, soit
de la Virginie jusqu’à Long Island (État de New York)
et en Nouvelle-Écosse. Au Canada, on ne la connaît
que sur les rives de 8 lacs liés entre eux dans le sud
de la Nouvelle-Écosse. Sa zone d’occurrence couvre
Information sur l’espèce
La lachnanthe de Caroline (Lachnanthes
caroliniana) est une herbacée monocotylédone
vivace de la famille des Haemodoracées. Elle tire
54
Aire de répartition de la Lachnanthe de Caroline au
Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
november 2009
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
117 km2, mais l’espèce n’occupe que 1,24 km2
d’habitat réel.
terme ne dépasseraient probablement pas 30 % de la
population totale.
Habitat
Facteurs limitatifs et menaces
La lachnanthe de Caroline occupe des habitats
humides, acides et pauvres en éléments nutritifs,
principalement sur le rivage périodiquement inondé
de lacs et d’étangs dans le nord de son aire de
répartition. Dans le sud de son aire de répartition,
on la trouve aussi dans des dépressions humides
dans des pinèdes et savanes mésiques, où elle
occupe souvent des zones perturbées par l’humain
comme des sentiers, des ornières et des fossés. En
Nouvelle Écosse, on la trouve sur des rivages de
blocs, de galets, de gravier, de sable ou de tourbe
où l’inondation saisonnière, l’action des vagues
et l’érosion par la glace limitent l’établissement
d’espèces plus compétitives. La lachnanthe de
Caroline a tendance à être plus abondante sur les
rives face au vent dominant (face au sud et à l’ouest)
où l’action des vagues et l’érosion par la glace sont
les plus fortes. Bien qu’elle puisse croître dans les
endroits qui restent couverts toute l’année par une
faible profondeur d’eau la plupart des années, elle
fleurit principalement dans la partie la plus terrestre
de sa répartition riveraine.
L’exploitation résidentielle riveraine constitue la
principale menace anthropique. Environ 95 % des
690 bâtiments sur le rivage des lacs qui abritent la
lachnanthe de Caroline ont été construits dans les
40 dernières années. La lachnanthe de Caroline est
sans doute présente sur des centaines de propriétés
sur lesquelles sont construites des résidences
principales ou secondaires, dont le nombre augmente
chaque année. Lorsqu’on construit dans l’habitat
occupé par la lachnanthe de Caroline, il y a le plus
souvent une certaine perte d’habitat et de population,
mais pas une perte totale. À l’heure actuelle, pas plus
de 6 % du rivage des lacs abritant la lachnanthe de
Caroline a été construit, mais environ 89 % appartient
à des propriétaires privés. Il est peu probable que
l’exploitation résidentielle riveraine élimine entièrement
l’espèce, mais on peut prévoir qu’elle continuera de
subir des pertes en raison de la poursuite de cette
exploitation.
Taille et tendances des populations
Les estimations de la population canadienne
de lachnanthes de Caroline pourraient varier
considérablement selon le pourcentage d’individus
infertiles, qui représentent environ 99,9 % de
la population totale, et sont considérés comme
suffisamment matures pour pouvoir se reproduire à la
fois de façon asexuée et sexuée. Les tailles relatives
des individus fertiles et infertiles laissent croire qu’une
partie des individus infertiles sont matures. En 2007,
on a estimé que les 2 populations canadiennes
comptaient au total quelque 675 000 à 750 000
individus, dont 1 000 à 1 100 individus fertiles.
Toutefois, peut-être un peu plus de 80 % (~ 540 000 à
600 000) de tous les individus seraient suffisamment
matures pour pouvoir se reproduire de façon sexuée
et asexuée. On ne peut évaluer directement les
tendances de la population, mais selon les tendances
en matière d’habitat, les populations déclineraient
lentement et constamment depuis 3 générations
(15 ans) en raison de l’exploitation résidentielle, qui
se poursuivra sans doute dans un avenir prévisible.
Les pertes antérieures et les pertes futures à court
Comme environ 99,9 % des individus sont
infertiles, le faible taux de floraison et de production
de graines, qui diffère de celui observé dans le sud
de l’aire de répartition, pourrait être un facteur limitatif
naturel. Ce phénomène ne semble pas limiter la
persistance de l’espèce aux sites connus, mais il
pourrait expliquer l’aire de répartition restreinte en
Nouvelle-Écosse et le fait que l’espèce n’occupe
pas de grandes superficies d’habitat apparemment
propice près des populations connues et plus au sud
en Nouvelle-Écosse.
Importance de l’espèce
La lachnanthe de Caroline est intéressante du
point de vue biogéographique, se démarquant des
nombreuses autres plantes à répartition disjointe de
la plaine côtière de l’Atlantique, car elle est surtout
présente dans le sud de son aire de répartition au
États-Unis. Étant très isolée à la limite nord de l’aire
de répartition de l’espèce, la population canadienne
pourrait être importante pour la diversité génétique
de l’espèce. Des peuples autochtones, notamment
les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse, se servaient de
la plante comme colorant et comme médicament. On
a montré que des extraits de lachnanthe de Caroline
ont un effet phototoxique sur des microorganismes.
55
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Les caractéristiques biochimiques inhabituelles
de la lachnanthe de Caroline ont été étudiées, et
de futurs travaux pourraient révéler des propriétés
utiles présentant une valeur économique. On a aussi
remarqué que la lachnanthe de Caroline constitue
une source de nourriture pour les oiseaux aquatiques,
mais probablement pas au Canada puisqu’elle y
est rare.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La lachnanthe de Caroline est rare dans 10
des 17 provinces et États (américains) où elle est
56
présente, et elle est désignée espèce en péril dans
sept de ces territoires. Elle a été désignée espèce
menacée par le COSEPAC en mai 2000 et est
protégée à titre d’espèce menacée par la Loi sur
les espèces en péril du gouvernement du Canada
et la Endangered Species Act de la NouvelleÉcosse. La modification de son habitat riverain est
règlementée par la province, mais l’ignorance du
public et la non-conformité à cet égard, ainsi que le
manque de ressources gouvernementales pour faire
appliquer la loi, limitent la protection réelle qu’offre la
réglementation. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Marah d’Oregon
Photo : © Matt Fairbarns
blanchâtres. Les fleurs mâles sont réunies en grappe
à l’aisselle des feuilles. Elles sont pédicellées, et leur
périanthe, en forme de cloche, est généralement
formé de cinq pièces. Les fleurs femelles sont isolées,
pédicellées et également portées à l’aisselle des
feuilles. Elles se distinguent par un renflement à la
base. L’ovaire se développe pour donner un fruit
épineux renfermant plusieurs grosses graines lourdes
à tégument lisse.
Nom scientifique
Marah oreganus
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Il s’agit d’une vigne vivace longévive qu’on ne
trouve qu’à trois localités largement éloignées les
unes des autres dans le sud-est de l’île de Vancouver
et dans des îles Gulf adjacentes. Il reste moins de
20 individus matures, et rien n’indique une production
de semences. Des pertes d’habitat, de populations
et d’individus matures sont prévues dans l’aire de
répartition canadienne. Les principales menaces
sont le développement des quelques sites connus,
les espèces exotiques et les événements fortuits
touchant les quelques individus restants.
Information sur l’espèce
Le marah d’Orégon (Marah oreganus) est une
vivace grimpante de grande taille de la famille des
Cucurbitacées. Chaque année, la racine, grosse et
ligneuse, donne naissance à des tiges aériennes
rampantes munies de vrilles ramifiées. Les feuilles
sont alternes, pétiolées, longues d’environ 20 cm
et irrégulièrement palmées-lobées. La plante
est monoïque, produisant des fleurs unisexuées
Répartition
Le marah d’Orégon se rencontre depuis le sud
de la Colombie-Britannique jusqu’au centre de la
Californie, surtout à l’ouest de la chaîne des monts
Cascade. Au Canada, l’espèce est confinée à une
petite zone allant du sud-est de l’île de Vancouver à
l’île Pender, dans la partie méridionale des îles Gulf.
Sa zone d’occurrence s’étend sur 77 km2, mais les
quelques sites qu’elle occupe réellement couvrent
une superficie inférieure à 12 km2.
Habitat
En Colombie-Britannique, l’habitat du marah
d’Orégon est en corrélation avec la répartition du
chêne de Garry, qui est souvent observé à proximité.
Les populations actuelles et historiques du marah
d’Orégon ont été trouvées sur des versants rocheux
exposés au sud, dans des fourrés en bordure de la
route ou à la lisière du bois, à faible altitude près de la
côte du sud-est de l’île de Vancouver et de celle des
îles Gulf méridionales, souvent à moins de 30 m du
bord de l’eau.
Biologie
Le marah d’Orégon est une herbacée vivace à
grosse racine ligneuse qui donne naissance à une
ou plusieurs tiges aériennes chaque année. L’espèce
ne se multiplie pas par voie végétative. Lorsque la
graine germe, les cotylédons (feuilles séminales) se
soudent et s’allongent rapidement en s’enfonçant
dans le sol, formant sous la terre un organe tubulaire
de réserve. Ce mode de germination des graines et
d’établissement des semis est particulier au genre
Marah et à quelques autres dicotylédones. Il serait
une adaptation complexe favorisant un établissement
rapide des semis dans les régions à climat de type
méditerranéen, connaissant une saison chaude
et sèche.
57
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Aire de répartition canadienne du Marah d’Orégon.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, novembre 2009
Taille et tendances des populations
Importance de l’espèce
En 2006, l’effectif canadien du marah d’Orégon
s’élevait à 18 individus matures répartis entre trois
localités. Une quatrième population est tenue pour
disparue puisqu’elle n’a pas été revue depuis 1964.
Faute de données historiques, il est impossible de
dégager des tendances démographiques pour les
trois populations actuelles.
Les populations de marah d’Orégon de la
Colombie-Britannique ont une valeur de conservation
élevée puisqu’elles constituent la totalité de l’effectif
canadien d’une espèce dont l’aire de répartition est
très restreinte. Les peuples autochtones utilisaient
différentes parties de la plante à des fins médicinales.
Facteurs limitatifs et menaces
La principale menace pesant sur le marah d’Orégon
est la perte d’habitat découlant de l’aménagement,
des activités récréatives et de la présence d’espèces
envahissantes. Une des populations a été détruite par
piétinement; les autres sont très petites et sont aussi
fortement exposées au piétinement.
58
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Au Canada, le marah d’Orégon n’est protégé
par aucune loi visant les espèces en péril. Selon le
classement de l’organisme NatureServe, le marah
d’Orégon est non en péril à l’échelle mondiale
(cote G5), mais gravement en péril à l’échelle de
la Colombie-Britannique (cote S1). L’espèce n’est
répertoriée dans aucune aire protégée. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Mauve de Virginie
Photo : © Melinda Thompson Black
Répartition
Nom scientifique
Sida hermaphrodita
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Ontario
Justification de la désignation
Cette herbacée vivace remarquable et rare à
l’échelle mondiale de la famille des Malvacées se
trouve dans des habitats riverains et humides ouverts
où elle se reproduit au moyen de graines ou par voie
asexuée, au moyen de l’allongement des rhizomes.
Seulement deux petites populations, établies à
environ 35 km l’une de l’autre, sont connues dans le
sud-ouest de l’Ontario où elles sont menacées par
un déclin continu de la superficie et de la qualité de
leur habitat causé par une graminée envahissante
agressive et l’expansion d’une carrière.
Information sur l’espèce
La mauve de Virginie (Sida hermaphrodita) est une
grande plante vivace de la famille des Malvacées. La
hauteur de la plante varie de 1 à 3 m. Elle présente
des feuilles profondément lobées, dentées, en forme
de feuilles d’érable, les extrémités des lobes étant
considérablement allongés. L’inflorescence produit
des grappes de fleurs blanches entre août et octobre
(ou jusqu’à la première gelée). Les graines sont
libérées tout au long de l’hiver et germent au début du
printemps.
L’aire de répartition de la mauve de Virginie est
concentrée dans les Appalaches et s’étend jusqu’au
bassin versant du Mississippi et jusqu’à celui de
l’Atlantique. En Ontario, cette espèce se trouve
dans deux régions abritant chacune une population,
soit la région de Niagara et le comté d’Haldimand.
L’espèce est extrêmement rare dans bassin
hydrographique des Grands Lacs, où elle atteint sa
limite septentrionale de répartition.
Habitat
Cette espèce est une plante de milieux riverains
ouverts, humides, ensoleillés à partiellement
ombragés. Des échantillons de sol récoltés dans les
populations des États-Unis indiquent que tous les sols
où la mauve de Virginie se trouve sont relativement
sableux et présentent une teneur en matière organique
assez faible. Le pH est neutre à légèrement acide
et des sels solubles sont généralement disponibles
pour les plantes. En Ontario, cette espèce se trouve
en milieux perturbés; toutefois, l’habitat correspond
à celui d’autres occurrences présumées indigènes
ailleurs. Cette espèce n’est pas couramment cultivée
à des fins horticoles en Amérique du Nord.
Biologie
La mauve de Virginie est une plante vivace clonale
qui se propage au moyen de l’allongement des
rhizomes. Une plante de grande taille peut produire
plusieurs milliers de graines, dont la plupart sont
viables. La floraison commence début août et se
poursuit jusqu’à ce que se produise une forte gelée.
On soupçonne que la dispersion des graines se fait
par l’eau.
Taille et tendances des populations
Deux populations de cette espèce sont présentes
en Ontario. Au moins 2 500 tiges florifères ont été
observées. Le nombre réel d’individus est difficile à
déterminer en raison de la propagation de l’espèce au
moyen de l’allongement des rhizomes.
Facteurs limitatifs et menaces
La destruction de l’habitat semble être le facteur
limitatif le plus préjudiciable à cette espèce dans
l’ensemble de son aire de répartition, y compris
en Ontario. Les régions boisées riveraines non
59
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Aire de répartition du Mauve de Virginie, Ontario.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
perturbées présentant des ouvertures naturelles et
des terrasses fluviatiles sont exceptionnellement rares
en Ontario et aux États-Unis. La qualité de l’habitat
de l’espèce continue de décliner en Ontario. Les
menaces spécifiques comprennent la propagation du
roseau commun, une graminée exotique agressive,
l’expansion d’une carrière et les activités d’entretien
d’un pipeline.
Importance de l’espèce
Bien que cette espèce ne soit pas cultivée ni
utilisée de façon extensive en Amérique du Nord,
elle est souvent cultivée en Pologne et en Russie à
de nombreuses fins. Dans ces pays, la mauve de
Virginie est principalement utilisée comme biomasse
pour produire de l’énergie à partir d’une source de
combustible renouvelable. Cette plante est également
utilisée dans l’industrie du papier et de la cellulose,
car la teneur en cellulose, en résines et en cires
dans les tiges de la plante est comparable à celle
de l’épinette et du pin. La mauve de Virginie survit
jusqu’à la première gelée et est, par conséquent, utile
en apiculture. Elle contient des substances similaires
à la consoude officinale et pourrait être utilisée dans
60
l’industrie pharmaceutique. La mauve de Virginie a été
utilisée pour des plantations sur des terrains dégradés
sur le plan chimique et des décharges publiques. Elle
peut également être cultivée sur les pentes de terrains
en érosion.
Il n’existe aucune preuve d’utilisations
traditionnelles autochtones particulières de cette
espèce, vraisemblablement en raison de sa rareté en
Amérique du Nord et de son aire de répartition limitée.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
La mauve de Virginie est considérée comme rare
dans la majeure partie de son aire de répartition
aux États-Unis et NatureServe la classe comme
vulnérable à l’échelle mondiale. L’espèce est
désignée gravement en péril (critically imperiled) en
Indiana, au Maryland et en Virginie et possiblement
disparue (possibly extirpated) au Tennessee. Au
Canada, elle est classée gravement en péril tant à
l’échelle nationale que provinciale. Les populations
canadiennes ne bénéficient actuellement d’aucune
protection juridique. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Physconie pâle
Photo : © Natalie Cleavitt
de multiplication asexuée communs chez les lichens),
2) présence d’apothécies (organes de fructification)
et/ou de lobules, et 3) face inférieure du thalle pâle et
munie de rhizines (filaments de fixation au substrat)
réunies en groupes distincts.
Nom scientifique
Physconia subpallida
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Le Physconia subpallida est endémique à l’est de
l’Amérique du Nord. Dans l’est du continent, c’est
la seule espèce de Physconia à être communément
fertile et à posséder un thalle lobulé à surface
inférieure pâle. Ces caractères uniques confèrent
au P. subpallida une importance particulière pour
la compréhension de l’ensemble du genre. On
connaît deux formes distinctes de l’espèce : l’une
à lobules aplatis et apprimés et à thalle souvent
fertile, l’autre à lobules cylindriques et dressés et à
thalle généralement dépourvu d’apothécies, ce qui
constitue une occasion unique d’étudier la production
d’apothécies chez un lichen ainsi que les différentes
expressions d’une même structure morphologique par
un génome de champignon.
Air de répartition canadienne
Ontario
Il semble que le Physconia subpallida est
extrêmement sensible à la pollution atmosphérique,
ce qui pourrait en faire un bon indicateur de la qualité
de l’air et de la santé des forêts du sud de l’Ontario.
Justification de la désignation
Répartition
Ce lichen est une espèce endémique de l’est de
l’Amérique du Nord dont la présence au Canada est
restreinte à deux localités connues dans le sud de
l’Ontario. Ce lichen épiphyte pousse sur des feuillus et
nécessite une écorce ayant un pH élevé et une grande
capacité de rétention de l’humidité. On ne connaît
que 45 individus poussant sur 16 arbres. L’espèce
semble avoir subi un grave déclin de population
dans l’ensemble de son aire de répartition depuis
le début du XXe siècle. Au Canada, quatre sites
historiques sont disparus. La pollution atmosphérique
et l’exploitation forestière constituent les principales
menaces pour ce lichen.
Le Physconia subpallida est endémique à l’est
de l’Amérique du Nord; on ne le rencontre qu’aux
États-Unis et au Canada. L’espèce a été signalée, à
tout le moins à titre de mention historique, depuis le
Massachusetts et le New Hampshire jusqu’au sud
Description et importance de l’espèce
sauvage
Le Physconia subpallida est un lichen foliacé
formant des rosettes dont la couleur blanche peut
attirer l’attention sur le terrain. Plusieurs caractères
permettent de distinguer l’espèce des autres lichens
du genre Physconia présents dans l’est de l’Amérique
du Nord : 1) absence d’isidies et de sorédies (moyens
Aire de répartition nord-américaine du Physconie pâle.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
november 2009
61
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
de l’Ontario, au Michigan et à l’est de l’Iowa et, vers
le sud, jusqu’au centre de l’Illinois, à l’Ohio et à la
Virginie. L’espèce est également présente dans la
région des Ozarks de l’est de l’Oklahoma et du nordouest de l’Arkansas. Au Canada, le P. subpallida est
répertorié uniquement pour le sud de l’Ontario, où il
se trouve à la limite nord de sa répartition. À l’heure
actuelle, seulement deux localités canadiennes sont
connues.
Habitat
Le Physconia subpallida se rencontre
principalement à l’état d’épiphyte sur les arbres
feuillus, mais il a également été récolté sur des barres
de clôtures et sur la roche, notamment sur du calcaire.
Les espèces sur lesquelles le lichen a été observé
sont les suivantes : Fraxinus sp. (frêne), Juglans nigra
(noyer noir), Ostrya virginiana (ostryer de Virginie) et
Ulmus spp. (orme, y compris l’Ulmus americana [orme
d’Amérique]). Dans les deux localités canadiennes
actuelles connues, le lichen ne pousse que sur
l’Ostrya virginiana. Il semble que le P. subpallida exige
un substrat à pH et à capacité de rétention d’eau
relativement élevés.
Biologie
Le Physconia subpallida peut se propager par des
spores produites par voie sexuée et par voie asexuée.
Ses lobules pourraient également constituer un
moyen de multiplication asexuée, en étant dispersés.
L’espèce est dépourvue de sorédies et d’isidies,
propagules de multiplication asexuée communes chez
les lichens. Cependant, comme les lobules sont plus
gros que ces propagules, ils ne sont peut-être pas
aussi aisément dispersés.
Taille et tendances des populations
La grande majorité des récoltes de Physconia
subpallida faites dans l’ensemble de son aire sont
antérieures à 1973. On compte seulement 4 récoltes
récentes au Canada et 2 aux États-Unis. Deux
62
populations actuelles et probablement 4 populations
historiques (observées pour la dernière fois il y a plus
de 100 ans) sont répertoriées pour le Canada. Au
Canada, le lichen semble avoir connu un déclin très
important depuis le début du 20e siècle. Toutes les
populations historiques répertoriées pour le sud de
l’Ontario semblent disparues. Une des populations
actuelles (celle du lac Billa, dans le comté de Lanark)
semble être demeurée stable depuis sa découverte
en 2004, mais il faudrait plus de temps et plus de
recherche sur le terrain pour confirmer cette tendance.
Une comparaison des spécimens récents et des
spécimens d’herbier plus anciens semble indiquer
que la fréquence des apothécies et la taille des thalles
ont diminué avec le temps.
Menaces et facteurs limitatifs
Au cours du siècle dernier, la pollution
atmosphérique, l’aménagement du territoire et la
modification de la composition des forêts ont eu
une incidence négative sur les milieux pouvant être
colonisés par le Physconia subpallida dans le sud de
l’Ontario. Les deux populations canadiennes actuelles
de l’espèce ne jouissent d’aucune protection, car
elles sont situées sur des terres provinciales pouvant
être soumises à une exploitation forestière. Depuis
l’entrée en vigueur de la réglementation contre la
pollution atmosphérique, les dépôts de sulfates ont
considérablement diminué, ce qui, à long terme,
permettra peut-être une augmentation de l’effectif de
ce lichen rare.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
À l’heure actuelle, le Physconia subpallida ne
bénéficie d’aucune protection juridique au Canada.
À l’échelle de l’Ontario, on lui a attribué la cote
de conservation S1, qui signifie que l’espèce est
gravement en péril (critically imperiled) dans cette
province. À l’échelle mondiale, on lui a attribué la cote
G3, qui signifie qu’elle est peu fréquente (uncommon
worldwide). ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Pic de Lewis
Photo : © United States Fish and Wildlife Service
adultes et leur plumage ne comporte pas ou presque
pas de gris, de bordeaux ou de rose.
Nom scientifique
Melanerpes lewis
Taxon
Oiseaux
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Répartition
On ne trouve le Pic de Lewis que dans l’ouest
de l’Amérique du Nord, où son aire de reproduction
correspond à peu près à l’aire de répartition des
pins ponderosa. Au Canada, on ne trouve cette
espèce que dans les vallées de l’intérieur méridional
de la Colombie-Britannique, où elle se reproduit
actuellement vers le nord jusqu’au bassin du Fraser
(près du confluent du fleuve Fraser et de la rivière
Chilcotin). Sa répartition est irrégulière à l’intérieur de
cette aire de répartition, où les oiseaux sont regroupés
dans les zones constituant un habitat convenable.
Habitat
Les Pics de Lewis ont besoin d’un habitat
ouvert avec des arbres dispersés ou en bordure
de forêts. Les grands espaces découverts sont
nécessaires pour la recherche de nourriture. Les
arbres leur servent de perchoirs pour chasser et de
site de nidification. Les arbres de grand diamètre,
qu’ils soient vivants, en décomposition partielle
Justification de la désignation
Au Canada, ce pic se reproduit uniquement en
Colombie-Britannique. Sa population est petite, se
chiffrant à moins de 1 000 individus et il y a preuve
de déclins continus dans les portions de son aire
de répartition canadienne où l’espèce a fait l’objet
d’un suivi au fil du temps. La population mondiale de
l’espèce (Canada et États-Unis) présente également
des déclins significatifs. Les menaces qui pèsent sur
l’espèce incluent la perte et la dégradation de l’habitat
résultant de l’intensification du développement urbain
et de l’exploitation agricole et de la suppression
des incendies. De récents relevés ont démontré que
l’espèce avait un effectif beaucoup plus faible qu’on
ne le croyait auparavant.
Information sur l’espèce
Le Pic de Lewis est un pic de taille moyenne (de
26 à 28 cm) dont les parties supérieures (arrière de
la tête, dos, ailes et queue) sont vert foncé. il a le
collier gris argenté, la face bordeaux et la poitrine et
le ventre roses. Les deux sexes portent les mêmes
coloris, mais le mâle est légèrement plus éclatant que
la femelle. Les Pics juvéniles sont plus foncés que les
Reproduction
Reproduction et hivernage
Hivernage
Aire de répartition mondiale du Pic de Lewis, avec l’air de
réproduction et l’air d’hivernage.
Source: “Birds of North American Online” http://bna.birds.cornell.edu/bna,
Cornell Lab of Ornithology, Ithaca, NY
63
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
ou morts et en état de décomposition avancée,
sont particulièrement importants pour les sites de
nidification. Une couverture végétale diversifiée,
composée d’arbrisseaux, d’herbes et de plantes
herbacées produisant des baies ou fournissant un
habitat pour les insectes, représente une composante
importante de l’habitat. Le Pic de Lewis recherche
trois habitats distincts : des forêts ou prairies ouvertes
avec des arbres dispersés, des forêts riveraines
adjacentes à des espaces découverts et des brûlis.
Biologie
La plupart des Pics de Lewis au Canada sont des
oiseaux migrateurs qui retournent dans leur habitat de
reproduction au début du mois de mai. Ils n’élèvent
qu’une seule couvée chaque saison et font preuve
d’une grande fidélité au site de nidification. La taille
moyenne d’une couvée en Colombie-Britannique est
de 4,8 œufs. Les deux adultes partagent l’incubation.
Leur régime alimentaire pendant la période de
nidification se compose principalement d’insectes
libres. Ils consomment également des fruits sauvages
et cultivés, selon leur disponibilité.
Les Pics adultes et juvéniles forment des bandes
prémigratoires de la fin du mois d’août jusqu’au début
du mois de septembre. Ils quittent généralement la
Colombie-Britannique à la fin du mois de septembre,
bien que certains individus restent dans le sud de la
vallée de l’Okanagan si les conditions climatiques et
l’approvisionnement alimentaire sont favorables.
Taille et tendances des populations
La population reproductrice canadienne est
estimée compter de 630 à 920 individus matures
d’après des relevés effectués dans la plupart de
l’aire de répartition en 2006 et en 2007. Les seuls
renseignements sur le changement potentiel de
l’abondance au fil du temps proviennent du sillon
de la région de Kootenay-Est, où se trouve près
d’un quart de la population canadienne. Les relevés
effectués dans cette zone en 1997 et 1998, puis de
nouveau en 2007, indiquent une réduction de 22 %
du nombre de nids recensés pendant cette période.
Facteurs limitatifs et menaces
La perte de l’habitat et sa dégradation sont
considérées comme les plus grandes menaces
pour les Pics de Lewis. L’urbanisation ainsi que les
pratiques agricoles et forestières de plus en plus
64
industrialisées ont toutes contribué à la perte et à
la dégradation de l’habitat. L’enlèvement d’arbres
pour récolter du bois de chauffage, pour des raisons
de sécurité humaine ou encore pour des raisons
esthétiques, réduit la qualité de l’habitat en éliminant
les arbres qui servent à la nidification et qui sont
une composante de l’habitat essentiel de cette
espèce. Bon nombre de décennies de suppression
des incendies dans les forêts de pins ponderosa ont
entraîné la colonisation par les douglas taxifoliés et la
réduction des forêts ouvertes de pins qui conviennent
à l’espèce. La concurrence avec l’Étourneau
sansonnet introduit peut représenter une menace pour
les Pics de Lewis dans les régions où les populations
d’Étourneaux sansonnets sont nombreuses et où
les sites de nidification sont rares. La mortalité
accidentelle d’adultes reproducteurs due à la collision
avec des véhicules peut toucher les populations
vivant près des corridors routiers, et dont beaucoup
se trouvent dans l’habitat principal du Pic de Lewis au
fond de la vallée.
Importance de l’espèce
Le Pic de Lewis est un pic au comportement
et à l’apparence uniques. Il est recherché par les
ornithologues amateurs et est une espèce indicatrice
des écosystèmes de pins ponderosa entretenus par
le feu. Les pics revêtent également une importance
culturelle pour les Premières nations.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le Pic de Lewis, ses œufs ainsi que ses nids actifs
sont protégés contre la persécution directe en vertu
de la Loi de 1994 sur la convention concernant les
oiseaux migrateurs (Canada) et de la Wildlife Act de
1982 de la Colombie-Britannique. Le COSEPAC a
désigné cette espèce comme étant préoccupante
en novembre 2001, et elle est actuellement désignée
comme espèce préoccupante en vertu de l’annexe
1 de la Loi sur les espèces en péril du Canada. Des
directives concernant la conservation de l’habitat
sont également fournies à l’industrie de l’exploitation
forestière en vertu de l’Identified Wildlife Management
Strategy (2004) sous le régime de la Forest and
Range Practices Act. Ces directives donnent des
suggestions pour conserver les arbres favorables à la
nidification en établissant des zones de préservation
des arbres abritant les espèces sauvages dans des
sites propices répartis dans une zone d’aménagement
à l’échelle du paysage. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Pin à écorce blanche
Nom scientifique
Pinus albicaulis
Taxon
Plantes vasculaires
Situation du COSEPAC
En voie de disparition
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique, Alberta
Justification de la désignation
Au Canada, cette espèce longévive de pin à
cinq aiguilles se trouve uniquement à haute altitude
dans les montagnes de la Colombie-Britannique
et de l’Alberta. Selon des prévisions, la rouille
vésiculeuse du pin blanc causerait à elle seule, un
déclin de plus de 50 % sur une période de 100 ans.
Les effets du dendroctone du pin ponderosa, des
changements climatiques et de la suppression des
incendies accroîtront davantage le taux de déclin. Il
est fort probable qu’aucune des causes du déclin ne
puisse être renversée. L’absence de potentiel d’une
immigration de source externe, les caractéristiques du
cycle vital de l’espèce comme la maturation tardive, le
faible taux de dispersion, ainsi que la dépendance à
l’égard des agents de dispersion contribuent toutes à
augmenter le risque de disparition de cette espèce au
Canada.
Répartition
Le pin à écorce blanche pousse en altitude dans
les montagnes de l’ouest du Canada et des ÉtatsUnis. Au Canada, on le rencontre depuis la frontière
canado-américaine jusqu’à environ 200 km au
nord de Fort St. James dans la chaîne Côtière et
jusqu’à environ 150 km au nord de Jasper dans les
Rocheuses. L’aire canadienne de l’espèce occupe une
superficie d’environ 190 067 km2, soit environ 56 %
de l’aire mondiale.
Habitat
Le pin à écorce blanche se rencontre jusqu’à la
limite des arbres, en peuplements ouverts ou fermés,
souvent en association avec l’épinette d’Engelmann
et le sapin subalpin. L’espèce ne tolère pas très bien
l’ombre, et elle se régénère principalement dans
les milieux dénudés par le passage du feu ou d’une
avalanche. Partout, l’habitat du pin à écorce blanche
se dégrade en raison de l’absence de feux et de la
compétition des autres espèces présentes. Presque
tous les peuplements de pin à écorce blanche se
trouvent sur des terres publiques.
Photo : © Peter Achuff
Photo : © Peter Achuff
irrégulière. Les aiguilles sont réunies en faisceaux
de 5. Les cônes femelles sont ovoïdes (de 5 à 8 cm
de longueur et de 4 à 6 cm de largeur), brun foncé
à violets, et demeurent attachés à l’arbre à moins
d’être arrachés par des animaux. Les graines, brun
châtaigne, sont relativement grosses (de 7 à 11 mm
de longueur) et non ailées.
Information sur l’espèce
Le pin à écorce blanche (Pinus albicaulis) est un
arbre de 5 à 20 m de hauteur, à cime arrondie à
65
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
et en Colombie-Britannique, dans les montagnes
Rocheuses, le déclin est de 1,5 % par an, soit
78 % sur une période de 100 ans. Pour l’ensemble
du Canada, le déclin de l’effectif du pin à écorce
blanche est estimé à plus de 50 % au cours des
100 prochaines années. Il est irréaliste de penser que
l’effectif canadien pourrait être rétabli à partir des
populations des États-Unis vu l’ampleur et la gravité
des menaces qui pèsent sur ces populations.
Facteurs limitatifs et menaces
Aire de répartition mondiale du pin à écorce
blanche.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC,
avril 2010
Biologie
Dans toute son aire, le pin à écorce blanche
est gravement menacé de façon imminente par
quatre facteurs aggravés par l’activité humaine :
la rouille vésiculeuse du pin blanc (introduite), le
dendroctone du pin ponderosa, l’absence de feux et
les changements climatiques. Bien que chacun de ces
facteurs pris isolément présente une menace grave
pour le pin à écorce blanche, ils interagissent entre
eux et exacerbent leurs effets individuels respectifs.
Le pin à écorce blanche est une espèce longévive :
les individus dépassent souvent 500 ans d’âge,
parfois 1 000 ans. En règle générale, l’arbre produit
ses premiers cônes à un âge compris entre 30 et
50 ans, mais la production n’est pas importante avant
60 à 80 ans. La production de cônes est irrégulière;
certaines années, elle peut être nulle ou très faible. La
durée d’une génération (l’âge approximatif des arbres)
est d’environ 60 ans. Le pin à écorce blanche dépend
du Cassenoix d’Amérique pour la dispersion de ses
graines. Les cônes ne s’ouvrent pas d’eux-mêmes;
pour que les graines puissent être libérées, il faut
qu’elles soient enlevées par l’oiseau puis enfoui dans
le sol. Les graines sont un aliment riche recherché par
de nombreuses espèces d’oiseaux et de mammifères,
y compris l’ours noir et le grizzly.
Importance de l’espèce
Taille et tendances des populations
L’UICN a classé, à l’échelle mondiale, le pin à
écorce blanche dans la catégorie des espèces
vulnérables (risque élevé de disparition à l’état
sauvage à moyen terme).
Au Canada, le nombre d’individus matures de pin
à écorce blanche s’élèverait à environ 200 millions.
Les populations canadienne et américaine de l’espèce
sont en déclin à cause des effets combinés de la
rouille vésiculeuse du pin blanc, du dendroctone
du pin ponderosa, de l’absence de feux et des
changements climatiques. La population du parc
national des Lacs-Waterton diminue au rythme
de 3,5 % par an, ce qui se traduit par un déclin
de 97 % sur une période de 100 ans. En Alberta
66
Le pin à écorce blanche est une espèce clé dans
une communauté d’espèces animales et végétales
vivant en altitude. Il contribue à l’accroissement
de la biodiversité. Il fournit nourriture et habitat
à de nombreux oiseaux et mammifères. Il facilite
l’établissement et la croissance d’autres plantes
aux plus hautes altitudes subalpines et contribue
à la stabilité des bassins versants en modérant les
mouvements de neige et le ruissellement. Les peuples
autochtones récoltaient les graines de pin à écorce
blanche pour s’en nourrir.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
En Alberta, après évaluation de l’espèce, le
ministre du Développement durable des ressources
a inscrit le pin à écorce blanche à la liste des
espèces en voie de disparition (« endangered »)
de la Wildlife Act de l’Alberta. Pour l’heure, ce
classement n’assure à l’espèce aucune protection
juridique. Cependant, des mesures ont été prises
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
pour faire en sorte qu’en dehors des aires protégées,
l’espèce ne soit pas récoltée par inadvertance et
qu’elle soit prise en compte dans la planification des
activités d’exploitation forestière, de prévention et
de suppression des incendies et de lutte contre le
dendroctone du pin ponderosa.
autorités provinciales ont proposé des mesures de
conservation volontaires. Dans certains secteurs,
l’espèce a fait l’objet d’une récolte dont l’importance
n’a pas été déterminée. Environ 26 % de l’aire du
pin à écorce blanche en Colombie-Britannique se
trouvent en zones protégées.
En Colombie-Britannique, le pin à écorce
blanche est classé S3? (espèce préoccupante
ou vulnérable) et est inscrit à la liste bleue de la
province. L’inscription à la liste bleue n’assure
aucune protection juridique. Cependant, les
Aux États-Unis, le Natural Resources Defense
Council a demandé au US Fish and Wildlife Service,
en décembre 2008, de classer le pin à écorce blanche
comme espèce en voie de disparition (« endangered »)
en vertu de l’Endangered Species Act. ■
67
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Photo : © Margaret Symon
Pseudocyphellie des forêts
surannées
Nom scientifique
Pseudocyphellaria rainierensis
Taxon
Lichens
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Ce lichen foliacé arboricole est endémique aux
vieilles forêts pluviales de l’ouest de l’Amérique
du Nord. Au Canada, l’espèce se limite à des
secteurs bordant ou avoisinant le littoral sud de la
Colombie-Britannique. La récente découverte de
mentions additionnelles a seulement permis d’élargir
légèrement l’aire d’occurrence connue, et l’espèce
demeure menacée par la perte continue des vieilles
forêts causée par la coupe à blanc. La faible capacité
de dispersion de ses propagules lourds contribue à
sa rareté, tout comme sa répartition restreinte aux
milieux très riches en éléments nutritifs, comme les
zones de dégouttement des vieux cyprès jaunes,
les pieds de talus et les forêts littorales abritées.
Ce lichen présente une répartition généralement
discontinue et ne colonise qu’un très faible nombre
d’arbres dans les peuplements où il est établi.
Information sur l’espèce
La pseudocyphellie des forêts surannées
(Pseudocyphellaria rainierensis Imsh.) est un
macrolichen caractéristique. Le thalle est entouré de
68
grands lobes qui pendent à la manière de rideaux
et dont la marge est lacérée ainsi que lobulée à
isidiée. La face supérieure du thalle est bleu verdâtre
pâle; la face inférieure est parsemée de pseudocyphelles ayant l’aspect de petits points blancs.
Le lichen a pour photobiontes une algue verte et
une cyanobactérie, cette dernière formant des
céphalodies internes.
Répartition
La pseudocyphellie des forêts surannées est
endémique à l’ouest de l’Amérique du Nord, où elle
pousse dans des régions côtières humides depuis le
sud-est de l’Alaska, à une latitude de 58 °N, jusqu’à
l’Orégon, à une latitude de 43 °N. Dans les parties
nord de son aire, l’espèce est confinée à une bande
littorale de quelques kilomètres de largeur; dans
le sud du Canada, elle pénètre un peu plus loin
vers l’intérieur. Dans les États de Washington et de
l’Orégon, l’espèce est à peu près absente du littoral
et se rencontre plutôt le long du versant des monts
Cascades qui est exposé aux vents dominants.
Habitat
Au Canada, la pseudocyphellie des forêts
surannées colonise les branches et le tronc de
conifères, dans des forêts anciennes écologiquement
stables situées à une altitude basse à moyenne,
particulièrement dans des sites recevant un
enrichissement exceptionnel en éléments nutritifs.
Un tel enrichissement peut se produire dans trois
situations : (1) dans la zone de dégouttement de
grands cyprès jaunes d’âge avancé, généralement sur
un versant; (2) dans la zone de réception d’éléments
nutritifs située en pied de pente à la base de versants,
particulièrement dans les localités à substratum
calcaire; (3) sur le littoral d’anses abritées, où les
arbres sont exposés à une bonne circulation d’air
mais protégés des vents de tempête. La première de
ces situations semble avoir le plus d’importance dans
la partie nord de l’aire de répartition, où les conditions
climatiques convenant à la pseudocyphellie des
forêts surannées recoupent les formations rocheuses
très acides du Coastal Crystalline Belt. Plus au sud,
dans le sud de la Colombie-Britannique et les régions
du nord-ouest des États-Unis situées à proximité,
les localités de pied de pente ont davantage
d’importance pour l’espèce; dans ces localités, de
grands cyprès jaunes d’âge avancé tirent les éléments
nutritifs du sol jusque dans l’étage supérieur, ce
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Aire de répartition connue du Pseudocyphellie des forêts surannées au Canada.
Source : Modifié à partir du Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
qui assure les riches conditions nutritives requises
pour que la pseudocyphellie des forêts surannées
réussisse à s’établir.
Biologie
La pseudocyphellie des forêts surannées est une
espèce asexuée qui se reproduit par production et
dissémination de fragments de thalle, principalement
sous la forme de lobules marginaux, ce qui constitue
sans doute une adaptation pour la colonisation
rapide des branches de conifère enrichies en
éléments nutritifs, lesquelles sont souvent envahies
par des mousses. Comme les lobules marginaux
sont relativement lourds, ils ne sont probablement
disséminés qu’à de faibles distances à partir du
thalle parent. Ceci doit contribuer, avec l’exigence
très contraignante d’un microsite enrichi en éléments
nutritifs, à la répartition très discontinue de l’espèce.
Le taux de dispersion vers de nouveaux arbres
hôtes doit donc être très faible; il semble même que
l’intervalle de dispersion du lichen au sein d’un même
peuplement forestier pourrait se mesurer en centaines
d’années. L’ombre profonde et le plein soleil sont
tous deux nuisibles à l’espèce, qui a besoin d’un
peuplement forestier à la fois stable, humide et clair
pour trouver les conditions écologiques convenant
à son établissement et à sa croissance. Les forêts
anciennes sont donc d’importance cruciale pour sa
persistance à long terme.
Taille et tendances des populations
La pseudocyphellie des forêts surannées a été
répertoriée au Canada dans 51 localités. Cependant,
l’espèce n’est plus présente dans au moins 5 de
ces localités, et sa situation est inconnue dans
6 autres. Dans l’ensemble des 41 localités restantes,
il y aurait 2 277 thalles selon les dénombrements
récents. De plus, dans la majorité de ces localités,
la pseudocyphellie des forêts surannées colonise
un seul arbre, ou seulement quelques-uns. Ailleurs,
l’absence de l’espèce dans des forêts anciennes qui
semblent pourtant lui convenir est sans doute due
à sa faible capacité de dispersion, particulièrement
dans les parties nord de son aire de répartition,
69
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
où elle est essentiellement confinée à la zone de
dégouttement de cyprès jaunes. L’espèce semble un
peu plus largement répandue au sud du 51e parallèle
environ, où elle peut compter à la fois sur le cyprès
jaune et sur des forêts anciennes occupant des sites
récepteurs d’éléments nutritifs, au pied de pentes. Les
deux types d’habitat connaissent un déclin rapide dû
à l’extraction des ressources.
Facteurs limitatifs et menaces
Au Canada, la pseudocyphellie des forêts
surannées est confinée aux forêts pluviales tempérées
âgées de plus de 200 ou 300 ans environ. À l’intérieur
de ces forêts, l’espèce est confinée aux branches
et au tronc de conifères poussant dans les milieux
exceptionnellement enrichis en éléments nutritifs,
notamment dans des zones de pied de pente
réceptrices d’éléments nutritifs et dans la zone de
dégouttement de grands cyprès jaunes d’âge avancé.
Comme ces types de milieux ne se rencontrent
que dans les forêts très anciennes, celles-ci sont
manifestement essentielles à la survie à long terme
de l’espèce. Par conséquent, toute activité humaine
et tout processus naturel qui entraînent la destruction
ou une réduction appréciable des forêts anciennes
constituent des menaces importantes pour la
pseudocyphellie des forêts surannées. Dans le nord
de l’île de Vancouver, les forêts anciennes se trouvant
à l’intérieur des limites horizontales et altitudinales
de la répartition de l’espèce ont subi des coupes sur
près de la moitié de leur superficie d’origine, dans la
plupart des cas au cours des 25 dernières années.
Par conséquent, dans cette région de forêts pluviales
70
où les incendies sont rares, l’exploitation forestière
pratiquée à une échelle industrielle constitue de loin la
principale cause du déclin de la pseudocyphellie des
forêts surannées, d’une part en détruisant directement
l’habitat de l’espèce et d’autre part, à long terme, en
fragmentant encore davantage les derniers îlots de
forêt ancienne.
Importance de l’espèce
La pseudocyphellie des forêts surannées est une
espèce indicatrice de la continuité environnementale
à long terme des plus anciennes forêts pluviales
tempérées côtières de l’ouest de l’Amérique du Nord.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Cinq des 51 localités canadiennes où la
pseudocyphellie des forêts surannées a déjà été
signalée sont situées dans des zones jouissant
d’une protection officielle permanente (parc national
et parcs provinciaux). Depuis 2003, la présence de
l’espèce n’a été confirmée que dans deux de ces
cinq localités. Dix-huit autres localités jouissent d’une
protection partielle de nature non juridique, étant
situées dans des zones sauvages de conservation des
arbres, des zones d’aménagement de forêt ancienne
ou des zones de conservation des milieux riverains.
Quatre localités (ou peut-être cinq) ont été détruites
par l’exploitation forestière. Les 24 localités restantes
se trouvent sur des terres publiques potentiellement
disponibles aux fins d’exploitation forestière. ■
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Renard véloce
Photo : © Lu Carbyn
Information sur l’espèce
Nom scientifique
Vulpes velox
Taxon
Mammals
Situation du COSEPAC
Menacée
Air de répartition canadienne
Alberta, Saskatchewan
Justification de la désignation
L’espèce est disparue du Canada dans les années
1930. À la suite de programmes de réintroduction
en Alberta et en Saskatchewan, lancés en 1983, des
populations ont été réétablies dans ces régions et
dans le nord du Montana. Les effectifs et la répartition
de la population ont augmenté depuis, l’estimation
actuelle au Canada se chiffrant maintenant à 647
individus, soit le double de ce que la population était
lors de la dernière évaluation du COSEPAC en 2000.
La connectivité des populations s’est aussi améliorée
durant cette période, particulièrement dans le nord du
Montana. Depuis 2001, les effectifs et la répartition
de la population sont demeurés stables, et l’habitat
de cette espèce au Canada semble être saturé.
L’amélioration de la situation globale de la population
est en majeure partie attribuable à la tendance
à la hausse des effectifs et de la répartition des
populations au Montana, tendance qui se poursuit
actuellement. Au Canada, la détérioration de l’habitat
ainsi que la menace de maladie (tel qu’observé chez
d’autres canidés) pourraient menacer la poursuite du
rétablissement de l’espèce.
Le renard véloce (Vulpes velox), qui présente
une hauteur d’épaule de 30 à 32 cm et une masse
corporelle de 1,6 à 3 kg, est le plus petit canidé
d’Amérique du Nord. Les mâles sont légèrement
plus gros que les femelles. En hiver, le renard véloce
possède un pelage long et dense dont les parties
supérieures sont généralement gris chamois foncé,
tandis que les côtés, les pattes et le dessous de la
queue sont roux orangé et que le ventre est chamois
ou blanc pur. En été, le pelage est plus court et plus
roux. L’espèce se reconnaît également au bout noir de
sa queue et aux taches noires qui ornent chaque côté
de son museau.
Répartition
L’aire de répartition historique du renard véloce
s’étend du centre de l’Alberta au centre du Texas,
et du Dakota du Nord au centre du Colorado. Au
Canada, à l’origine, on trouvait ce renard depuis les
collines Pembina du Manitoba jusqu’aux contreforts
des Rocheuses en Alberta, en passant par le sud de
la Saskatchewan. Comme il a disparu du Canada
dans les années 1930, sa présence actuelle dans les
Prairies résulte d’un programme de réintroduction
lancé en 1983. On trouve actuellement la plupart des
renards véloces dans la partie la plus méridionale
des Prairies, près de la frontière entre l’Alberta et la
Saskatchewan, dans le parc national du Canada des
Prairies et ses environs. Le parc est situé dans le
centre-sud de la Saskatchewan.
Habitat
Les renards véloces occupent généralement
des prairies à graminées courtes ou mixtes, sur un
terrain plat ou des pentes doucement vallonnées. Ils
choisissent habituellement des zones à végétation
rase et clairsemée et comportant peu d’accidents
de terrain comme des canyons, des pentes raides
et des coulées. La qualité de leur habitat est liée
à la disponibilité des proies (particulièrement des
mammifères fouisseurs) et à l’abondance des
prédateurs. Ils préfèrent des zones relativement
sèches, et ils évitent les terres cultivées, les milieux
fragmentés et les régions présentant d’importantes
variations d’altitude. L’aire de répartition des renards
véloces comprend certains des paysages les plus
modifiés en Amérique du Nord, et la conversion des
71
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Répartition actuelle du renard véloce au Canada et dans le nord du Montana.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, november 2009, grâce à Parcs Canada
prairies indigènes en terres cultivées est considérée
comme la principale cause de contraction de l’aire
de répartition historique de l’espèce. Les estimations
actuelles indiquent qu’il ne reste que de 25 à 30 %
de l’habitat des prairies d’origine au Canada, et
qu’au moins 70 % de la prairie indigène du pays a
été convertie en terres agricoles. Le développement
énergétique et les réseaux routiers qui y sont associés
constituent actuellement le facteur principal de
changement d’affectation des terres.
Biologie
Les renards véloces sont des prédateurs
opportunistes qui se nourrissent de petits
mammifères, d’oiseaux, d’insectes, de végétaux et
de charogne, ainsi que d’œufs d’oiseaux. Leur régime
alimentaire témoigne de la diversité et de l’abondance
des espèces proies locales, et il varie grandement
selon les saisons. Les renards véloces peuvent
creuser leurs propres terriers ou modifier ceux
d’autres espèces. Ils constituent l’une des espèces
de canidés les plus dépendantes de leurs terriers. En
effet, ils utilisent leurs terriers tout au long de l’année
pour se protéger des prédateurs, des conditions
72
météorologiques extrêmes et de la déshydratation
ainsi que pour se reposer et élever leurs petits. Au
Canada, la période de reproduction des renards
véloces commence à la mi-février et, après une
gestation de 51 jours, les femelles donnent naissance
à des portées de 2 à 6 petits. Ceux-ci quittent leur
terrier de 9,5 à 18 mois après la mise bas et se
dispersent généralement à moins de 15 km de leur lieu
de naissance. Les renards véloces qui survivent à leur
première année vivent habituellement de 3 à 7 ans.
Ce sont des animaux territoriaux et la taille moyenne
de leur domaine vital est de 32 km2. Cette superficie
est plus grande que ce qu’on trouve au cœur de l’aire
de répartition des renards véloces, ce qui témoigne
du caractère marginal de l’habitat de ces animaux en
périphérie de leur aire de répartition. Le coyote (Canis
latrans) est le principal prédateur du renard véloce,
suivi de l’aigle royal (Aquila chrysaetos) et du blaireau
d’Amérique (Taxidea taxus).
Taille et tendances des populations
Les plus récentes estimations des populations
indiquent qu’il y a environ 647 renards véloces au
Canada, répartis entre la population de la frontière
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
entre l’Alberta et la Saskatchewan (population
frontalière) (513 individus) et la population du parc
national du Canada des Prairies (population du
PNCP) (134 individus). Avec le temps, les populations
de ces deux sites de réintroduction ont formé une
métapopulation, avec celle du nord du Montana,
à l’intérieur de laquelle il existe des preuves de
dispersion à grande distance. De façon générale,
les populations de renards véloces au Canada
ont connu une hausse de 130 % entre 1996 et
2006, mais les estimations sont trop précises faute
d’intervalles de confiance associés aux données.
La densité des populations de renards véloces au
Canada (population frontalière et population du PNCP
seulement) est d’environ 5,5 renards par 100 km2, et le
rapport des sexes est de 52 mâles pour 48 femelles.
Menaces et facteurs limitatifs
Le principal facteur naturel bien documenté limitant
l’abondance et la répartition des renards véloces au
Canada est la prédation par les coyotes et les aigles
royaux. Les activités de développement qui entraînent
la perte, la dégradation et la perturbation de l’habitat
dans l’aire de répartition du renard véloce sont de
plus en plus préoccupantes. Jusqu’ici, rien ne permet
d’établir que la maladie ait fait périr beaucoup de
renards véloces, mais c’est une possibilité, en raison
de la séroprévalence élevée de plusieurs maladies,
de la petite taille des populations, de la proximité
de celles-ci et de l’incidence bien documentée de
maladies ayant soudainement décimé d’autres
populations de canidés en voie de disparition. La
compétition avec les coyotes et les renards roux
(Vulpes vulpes) constitue un autre facteur limitatif
potentiel. Les autres menaces pour les renards
véloces au Canada sont l’empoisonnement, le
piégeage et les collisions avec les véhicules.
Importance de l’espèce
Capables de courir à des vitesses de plus de
60 km/h, les renards véloces font partie des animaux
les plus rapides en Amérique du Nord. Comme ce
sont des mésoprédateurs, ils sont importants pour
la biodiversité des Prairies. Ils jouent également un
rôle vital dans la spiritualité de certaines cultures des
Première nations du Canada.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
À l’échelle internationale, le renard véloce entre
dans la catégorie « préoccupation mineure » de
la Liste rouge des espèces menacées de l’Union
internationale pour la conservation de la nature
(UICN). En mai 2000, le COSEPAC l’a désigné
comme espèce en voie de disparition. Le renard
véloce figure actuellement à l’annexe 1 de la Loi sur
les espèces en péril (LEP). À l’échelle provinciale,
ce renard est considéré en voie de disparition aux
termes de la Wildlife Act de l’Alberta et de la Wildlife
Habitat Protection Act de la Saskatchewan. Environ
45 % des captures de renards véloces, au cours du
recensement de 2005 et 2006, ont été réalisées à
l’intérieur du domaine vital de l’espèce, sur des terres
fédérales comportant divers niveaux de protection. ■
73
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Vertigo à crêtes fines
Photo : © Kristina Ovaska
ressemblant à des dents), qui sont absents dans la
coquille non parvenue à maturité. À l’heure actuelle,
le vertigo à crêtes fines ne possède pas de nom
scientifique officiel vu son historique compliqué de
nomenclature, mais la validité de l’espèce ne fait pas
de doute.
Nom scientifique
Nearctula sp.
Taxon
Mollusques
Situation du COSEPAC
Préoccupante
Air de répartition canadienne
Colombie-Britannique
Justification de la désignation
Cette minuscule espèce d’escargot terrestre est
à l’extrémité nord de son aire de répartition et se
trouve dans les basses terres bordant le détroit de
Georgie et au sud de l’île de Vancouver. La plupart
des individus vivent sur l’écorce d’érables à grandes
feuilles, et leur dispersion d’un arbre ou d’un site à
l’autre semble limitée. Les principales menaces qui
pèsent sur l’espèce sont l’élimination des arbres et
la dégradation de l’habitat causées par l’expansion
urbaine, la construction de routes et d’éléments
d’infrastructure connexes, l’exploitation forestière et
l’agriculture.
Information sur l’espèce
Le vertigo à crêtes fines est un minuscule
gastéropode terrestre possédant une coquille
allongée, plutôt cylindrique. La coquille, qui mesure
environ de 2,4 à 3,3 mm de hauteur, est mate; elle
est brun foncé, avec de fines crêtes de croissance
parallèles plutôt prononcées. La cavité de la coquille
adulte comporte 4 denticules blancs (protubérances
74
Répartition
L’aire de répartition mondiale de l’espèce s’étend
du sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au
centre-ouest de la Californie, en passant par l’ouest
de l’État de Washington. Au Canada, l’espèce est
présente dans le sud de l’île de Vancouver, sur l’île
Saturna et sur la Sunshine Coast de la ColombieBritannique continentale. On compte 24 mentions de
répartition récentes de l’espèce (depuis 1984). Sur
l’île de Vancouver, on trouve des sites regroupés dans
le district régional de la capitale (région de Victoria)
mais, le long de la côte est, l’espèce n’a été observée
qu’à des sites dispersés, vers le nord, jusqu’à la limite
sud de Courtenay. Dans le détroit de Georgia, on a
rencontré l’espèce à un seul site sur l’île Saturna.
Sur la Sunshine Coast (C.-B. continentale), le vertigo
à crêtes fines est présent à plusieurs endroits entre
Gibsons et Egmont.
Habitat
En Colombie-Britannique, on trouve ce
gastéropode dans les forêts de feuillus et les
forêts mixtes humides situées à faible altitude
(habituellement moins de 200 m). Ils sont souvent
associés aux érables à grandes feuilles et à un sousétage de fougères et d’arbustes caractéristiques des
sites riches et humides. Les forêts riveraines d’un
certain âge abritant des bosquets de grands érables
semblent leur convenir tout particulièrement. Les
vertigos à crêtes fines sont dans une large mesure
arboricoles, et on les déniche le plus souvent sur
le tronc des érables, plus précisément dans les
creux formés par les plissements de l’écorce et sur
les plaques de mousses. On les rencontre parfois
sur d’autres feuillus, sur les frondes des fougères
ou sur le sol, dans la couverture de feuilles mortes.
La répartition des gastéropodes tant dans les
peuplements forestiers que d’un peuplement forestier
à l’autre se caractérise par son irrégularité; en effet, on
peut observer une forte concentration d’individus sur
certains arbres, mais aucun sur d’autres.
Les informations en texte pour chaque espèce ci-dessous sont prises directement des résumés du COSEPAC
Aire de répartition canadienne du vertigo à crêtes fines, dans le
sud-ouest de la Colombie-Britannique.
Source : Rapport de situation du COSEPAC, avril 2010
Biologie
On en sait peu sur la biologie du vertigo à crêtes
fines; il faut donc extrapoler l’information dont on
dispose sur des espèces apparentées et similaires
au vertigo à crêtes fines. Comme la plupart des
gastéropodes terrestres, le vertigo à crêtes fines
est hermaphrodite (chaque individu possède à la
fois les organes reproducteurs mâles et femelles),
mais on ne sait pas dans quelle mesure se produit
l’interfécondation. Chez des espèces similaires
au vertigo à crêtes fines, les œufs sont pondus
individuellement. La durée de vie est probablement
courte, c’est-à-dire deux ans ou moins. Le vertigo
à crêtes fines hiberne l’hiver et estive probablement
pendant les périodes sèches. Les mouvements et
la dispersion active sont limités, mais un transport
passif par les feuilles qui tombent est vraisemblable
pendant les tempêtes. On a observé des individus
dans de petites touffes d’arbres en bordure de routes
et de sentiers récréatifs fréquentés, ce qui laisse
supposer que ce gastéropode peut tolérer un certain
degré de perturbation de l’habitat, pourvu que des
microhabitats humides convenables demeurent
disponibles.
Taille et tendances des populations
Peu de données sont disponibles sur la taille
et les tendances des populations. Sur les arbres
colonisés, les recherches ont permis de recenser
1 à 12 individus sur la partie inférieure du tronc (les
2 premiers mètres à partir du sol) dans le cadre de
relevés de vérification sur le terrain effectués sur l’île
de Vancouver et sur la Sunshine Coast. La densité
des individus semble être bien moindre dans la litière.
75
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Des relevés faits en 2008 ont montré que l’espèce
s’était maintenue à de nombreux sites sur plusieurs
années, mais la taille et la viabilité des populations
locales sont inconnues.
Facteurs limitatifs et menaces
L’aire de répartition de l’espèce coïncide avec des
zones densément peuplées et très aménagées de la
Colombie-Britannique. La conversion de la plupart des
terres remonte à un certain temps, dans ces secteurs
de basses terres côtières, mais l’occupation humaine
continue de s’étendre, empiétant sur les secteurs
naturels qui restent à mesure que la population
croît. L’aménagement d’ensembles résidentiels, la
construction de routes et d’infrastructures connexes,
l’agriculture et l’exploitation forestière rétrécissent et
fragmentent les habitats. La plupart des observations
répertoriées pour cette espèce ont été faites dans des
parcs ou sur des terres fédérales protégées contre
la conversion des terres, mais les habitats potentiels
disponibles sur les terres privées dans la plus grande
partie de l’aire de répartition de l’espèce continuent
de disparaître peu à peu. Les populations dans les
zones protégées ne sont pas nécessairement en
sécurité vu la dégradation de l’habitat causée par
76
les utilisations intensives à des fins récréatives ou
autres, et vu l’invasion par des espèces végétales
ou animales introduites.
Importance de l’espèce
L’espèce est réputée être sans importance
d’ordre socioéconomique ou culturel. Elle contribue
à la biodiversité des riches et extraordinaires
communautés arboricoles abritées par les érables à
grandes feuilles. Dans les sites humides propices, des
mousses épiphytes, des hépatiques, des lichens, des
fougères et d’autres plantes vasculaires recouvrent les
vieux érables, ce qui procure un habitat convenable à
toute une gamme de champignons, d’invertébrés et
d’autres types d’organismes. Les rôles écologiques
et les écoservices des divers membres de ces
communautés arboricoles, y compris le vertigo à
crêtes fines, restent à élucider.
Protection actuelle ou autres désignations
de statut
Le vertigo à crêtes fines a été désigné « espèce
préoccupante » par le COSEPAC en avril 2010. ■
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
INDEX
Espèces par nom commun
Asclépiade à quatre feuilles (Asclepias quadrifolia)............................................................................................ 12
Bourdon à tache rousse (Bombus affinis).......................................................................................................... 16
Bruant à ventre noir (Calcarius ornatus)............................................................................................................ 18
Castilléjie de Victoria (Castilleja victoriae).......................................................................................................... 20
Cicindèle de Wallis (Cicindela parowana wallisi)................................................................................................ 22
Cicindèle verte des pinèdes (Cicindela patruela)............................................................................................... 24
Couleuvre royale (Regina septemvittata)............................................................................................................ 27
Crapaud de Fowler (Anaxyrus fowleri)................................................................................................................ 30
Éléocharide tuberculée (Eleocharis tuberculosa)............................................................................................... 33
Érioderme mou (Erioderma mollissimum)........................................................................................................... 36
Goglu des prés (Dolichonyx oryzivorus)............................................................................................................. 38
Gomphe de Laura (Stylurus laurae).................................................................................................................... 41
Grive de Bicknell (Catharus bicknelli)................................................................................................................. 43
Hémileucin du ményanthe (Hemileuca sp.)........................................................................................................ 46
Hydropore de Bertha (Sanfilippodytes bertae)................................................................................................... 48
Iris du Missouri (Iris missouriensis)..................................................................................................................... 51
Lachnanthe de Caroline (Lachnanthes caroliniana)............................................................................................ 54
Marah d’Orégon (Marah oreganus).................................................................................................................... 57
Mauve de Virginie (Sida hermaphrodita)............................................................................................................. 59
Physconie pâle (Physconia subpallida).............................................................................................................. 61
Pic de Lewis (Melanerpes lewis)......................................................................................................................... 63
Pin à écorce blanche (Pinus albicaulis).............................................................................................................. 65
Pseudocyphellie des forêts surannées (Pseudocyphellaria rainierensis)........................................................... 68
Renard véloce (Vulpes velox).............................................................................................................................. 71
Vertigo à crêtes fines (Nearctula sp.).................................................................................................................. 74
77
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Espèces par nom scientifique
Anaxyrus fowleri................................................................................................................................................. 30
Asclepias quadrifolia.......................................................................................................................................... 12
Bombus affinis.................................................................................................................................................... 16
Calcarius ornatus................................................................................................................................................ 18
Castilleja victoriae............................................................................................................................................... 20
Catharus bicknelli............................................................................................................................................... 43
Cicindela parowana wallisi................................................................................................................................. 22
Cicindela patruela............................................................................................................................................... 24
Dolichonyx oryzivorus......................................................................................................................................... 38
Eleocharis tuberculosa....................................................................................................................................... 33
Erioderma mollissimum...................................................................................................................................... 36
Hemileuca sp...................................................................................................................................................... 46
Iris missouriensis................................................................................................................................................ 51
Lachnanthes caroliniana..................................................................................................................................... 54
Marah oreganus.................................................................................................................................................. 57
Melanerpes lewis................................................................................................................................................ 63
Nearctula sp....................................................................................................................................................... 74
Physconia subpallida.......................................................................................................................................... 61
Pinus albicaulis................................................................................................................................................... 65
Pseudocyphellaria rainierensis........................................................................................................................... 68
Regina septemvittata.......................................................................................................................................... 27
Sanfilippodytes bertae........................................................................................................................................ 48
Sida hermaphrodita............................................................................................................................................ 59
Stylurus laurae.................................................................................................................................................... 41
Vulpes velox........................................................................................................................................................ 71
78
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Espèces par province et territoire
Alberta
Bruant à ventre noir............................................. 18
Goglu des prés.................................................... 38
Hydropore de Bertha........................................... 48
Iris du Missouri.................................................... 51
Pin à écorce blanche........................................... 65
Renard véloce..................................................... 71
Colombie-Britannique
Castilléjie de Victoria........................................... 20
Cicindèle de Wallis.............................................. 22
Goglu des prés.................................................... 38
Marah d’Orégon.................................................. 57
Pic de Lewis........................................................ 63
Pin à écorce blanche........................................... 65
Pseudocyphellie des forêts surannées................ 68
Vertigo à crêtes fines........................................... 74
Manitoba
Bruant à ventre noir............................................. 18
Goglu des prés.................................................... 38
Nouveau-Brunswick
Érioderme mou.................................................... 36
Goglu des prés.................................................... 38
Grive de Bicknell................................................. 43
Terre-Neuve-et-Labrador
Érioderme mou.................................................... 36
Goglu des prés.................................................... 38
Territoires du Nord-Ouest
Aucune
Nunavut
Aucune
Ontario
Asclépiade à quatre feuilles................................ 12
Bourdon à tache rousse...................................... 16
Cicindèle verte des pinèdes................................ 24
Couleuvre royale.................................................. 27
Crapaud de Fowler.............................................. 30
Goglu des prés.................................................... 38
Gomphe de Laura............................................... 41
Hémileucin du ményanthe................................... 46
Mauve de Virginie................................................ 59
Physconie pâle.................................................... 61
Île-du-Prince-Édouard
Goglu des prés.................................................... 38
Québec
Bourdon à tache rousse...................................... 16
Cicindèle verte des pinèdes................................ 24
Goglu des prés.................................................... 38
Grive de Bicknell................................................. 43
Saskatchewan
Bruant à ventre noir............................................. 18
Goglu des prés.................................................... 38
Renard véloce..................................................... 71
Yukon
Aucune
Nouvelle-Écosse
Éléocharide tuberculée........................................ 33
Érioderme mou.................................................... 36
Goglu des prés.................................................... 38
Grive de Bicknell................................................. 43
Lachnanthe de Caroline...................................... 54
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Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
GLOSSAIRE
Annexe 1 :
Énoncé de réaction :
L’annexe de la Loi sur les espèces en péril (LEP);
aussi appelée « Liste des espèces sauvages en
péril », qui énumère les espèces protégées en vertu
de la LEP.
Un document dans lequel le ministre de
l’Environnement indique comment il ou elle a
l’intention de réagir à l’évaluation d’une espèce
sauvage par le COSEPAC. Le ministre affiche un
énoncé de réaction dans le Registre public de
la LEP dans les 90 jours suivant la réception de
l’évaluation et prévoit des échéanciers pour les
mesures à prendre dans la mesure du possible.
Conseil canadien de conservation des espèces
en péril :
Le Conseil est composé des ministres fédéraux,
provinciaux et territoriaux ayant des responsabilités
relativement aux espèces sauvages. Le mandat
du Conseil est de fournir un leadership national
et la coordination pour la protection des espèces
en péril.
Conseil de gestion des ressources fauniques :
Établi en vertu des accords de revendications
territoriales dans le nord du Québec, au Yukon,
dans les Territoires du Nord-Ouest, en ColombieBritannique et au Nunavut, les conseils de gestion
des ressources fauniques sont « les principaux
instruments de gestion des espèces sauvages »
dans leur aire d’établissement. Dans ce rôle, les
conseils de gestion des ressources fauniques
établissent, modifient et retirent les niveaux de
prises totales admises d’une gamme d’espèces
sauvages, mais participent aussi aux activités de
recherche, y compris les études annuelles sur les
prises et approuvent la désignation d’espèces en
péril dans leurs aires d’établissement.
COSEPAC :
Le Comité sur la situation des espèces en péril
au Canada. Le comité est composé d’experts
sur les espèces sauvages en péril, qui possèdent
une expertise dans une discipline telle la biologie,
l’écologie, la génétique, les connaissances
traditionnelles autochtones ou d’autres domaines
connexes. Ces experts proviennent de différentes
communautés, y compris, entre autres, du
gouvernement et du milieu universitaire.
Décret :
Il s’agit d’un instrument qui sert d’avis au sujet
d’une décision prise par le secteur exécutif
du gouvernement; par exemple, un décret
accompagne tous les règlements.
80
Évaluation du COSEPAC :
L’évaluation ou la réévaluation de la situation d’une
espèce sauvage par le COSEPAC, basée sur le
rapport de situation sur l’espèce que le COSEPAC
a soit fait préparer ou a reçu à l’appui d’une
demande.
Gazette du Canada :
La Gazette du Canada est un des moyens
permettant aux Canadiennes et aux Canadiens
d’avoir accès aux lois et aux règlements. Il s’agit
du « journal officiel » du gouvernement du Canada
depuis 1841. Les ministères et les organismes
gouvernementaux ainsi que le secteur privé ont
l’obligation de publier certaines informations dans
la Gazette du Canada. Les avis et les règlements
proposés sont publiés dans la Partie I de la Gazette
du Canada et les règlements officiels sont publiés
dans la Partie II de la Gazette du Canada. Pour
obtenir plus d’information, veuillez visiter le site
Web suivant : gazetteducanada.gc.ca
Gouverneur en conseil :
Le gouverneur général du Canada agit selon les
conseils du Conseil privé de la Reine du Canada,
le conseil exécutif officiel qui donne l’effet légal aux
décisions du cabinet qui auront la force de la loi.
Reclassification à la hausse :
Une révision du statut d’une espèce inscrite sur
l’annexe 1 à une catégorie de risque plus élevée.
La révision du statut d’une espèce inscrite sur
l’annexe 1 à une catégorie de risque plus basse
serait une reclassification à la baisse.
Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres, novembre 2010
Registre public de la LEP :
REIR :
Élaboré comme service en direct, le Registre public
est accessible au public depuis la promulgation
de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Le site
Web donne aux utilisateurs un accès facile aux
documents et à l’information liés à la LEP en tout
temps et de tout lieu ayant un accès Internet.
L’adresse est la suivante :
www.registrelep-sararegistry.gc.ca
Résumé de l’étude d’impact de la réglementation.
Il s’agit d’une description d’une proposition
réglementaire qui fournit une analyse de l’impact
prévu de chaque initiative réglementaire et
accompagne un décret.
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