IDRC Annual Report 2005–2006 Rapport annuel CRDI 2005–2006

IDRC Annual Report 2005–2006 Rapport annuel CRDI 2005–2006
IDRC Annual Report 2005–2006
■
Rapport annuel CRDI 2005–2006
IDRC
Centre de
recherches
pour le développement
international
CRDI
Rapport annuel
2005–2006
Centre
Research
Development
International
Annual Report
2005–2006
Photos, page 2, 4: Michelle Valberg/Valberg Imaging
2005/06-AN-334-80
This report is printed on FSC-certified recycled paper made with 100% postconsumer waste
fibre. To reduce costs, very few copies have been printed. However, the complete report can
be found on the IDRC Web site at www.idrc.ca/ar0506/.
© Centre de recherches pour le développement international 2006
Cover photos, IDRC:
1st row: Nancy Lessard, Robert Charbonneau, Sandy Campbell, Jason Taylor
2nd row: Michael Cairns, Peter Bennett, Yves Beaulieu, Peter Bennett
3rd row: Sandy Campbell, Nancy Lessard, Jan Kassay
4th row: Sandy Campbell, Jason Taylor, Federico Gutierrez, Jan Kassay
Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est une société d’État
créée par le Parlement du Canada en 1970 pour aider les pays en développement à trouver,
par la recherche scientifique et l’utilisation du savoir, des solutions viables aux problèmes
sociaux, économiques et environnementaux auxquels ils font face. L’appui du CRDI sert en
particulier à consolider la capacité de recherche afin d’appuyer les politiques et les technologies susceptibles de contribuer à l’édification, dans les pays du Sud, de sociétés plus saines,
plus équitables et plus prospères.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada :
Photos de couverture, CRDI :
1ère rangée : Nancy Lessard, Robert Charbonneau, Sandy Campbell, Jason Taylor
2e rangée : Michael Cairns, Peter Bennett, Yves Beaulieu, Peter Bennett
3e rangée : Sandy Campbell, Nancy Lessard, Jan Kassay
4e rangée : Sandy Campbell, Jason Taylor, Federico Gutierrez, Jan Kassay
Photos, page 2, 4: Michelle Valberg/Valberg Imaging
The International Development Research Centre is a public corporation created by the
Parliament of Canada in 1970 to help developing countries use science and technology to
find practical, long-term solutions to the social, economic, and environmental problems they
face. Support is directed toward developing an indigenous research capacity to sustain policies and technologies developing countries need to build healthier, more equitable, and
more prosperous societies.
2005/06-AN-334-80
© International Development Research Centre 2006
Pour éviter d’alourdir le texte et sans aucune intention discriminatoire, nous employons le
masculin comme genre neutre pour désigner à la fois les femmes et les hommes. Le rapport
est entièrement imprimé sur du papier recyclé certifié par le FSC et contenant 100 % de
fibres recyclées de post-consommation. Pour réduire les frais d’impression, le nombre
d’exemplaires est limité; on trouvera cependant la version intégrale du rapport sur le site
Web du CRDI à <www.crdi.ca/ra0506/>.
Library and Archives Canada Cataloguing in Publication:
International Development Research Centre (Canada)
IDRC Annual Report 2005–2006
Annuel
1970/71–
Texte en français et en anglais.
Titre de la page de titre addit. : IDRC Annual Report 2005–2006
ISSN 0704-7584
ISBN 1-55250-334-8
1. Assistance technique canadienne — Périodiques.
2. Développement économique — Canada — Périodiques.
I. Titre.
HC60
338.91’71’01754
C75-743379E
Annual
1970/71–
Text in English and in French.
Title on added t.p. : Rapport annuel CRDI 2005–2006
ISSN 0704-7584
ISBN 1-55250-334-8
1. Technical assistance, Canadian — Periodicals.
2. Economic development — Canada — Periodicals.
I. Title.
HC60
338.91’71’01754
C75-743379E
Centre de recherches pour le développement international (Canada)
Rapport annuel CRDI 2005–2006
{
Table des
matières
2
Le message du président du Conseil des gouverneurs
4
Le message de la présidente
6
L’aperçu statistique et financier
8
L’INSTITUTION
10
La programmation
14
La reddition des comptes et la gouvernance
16
L’appui aux objectifs des politiques canadiennes
22
LA PROGRAMMATION DU CRDI — UN RÉSEAU MULTIDISCIPLINAIRE
25
Environnement et gestion des ressources naturelles — L’évolution du développement durable
27
Technologies de l’information et de la communication au service du développement — De l’accès à la mise en application
29
Innovation, politique et science — Revenir à l’essentiel
31
Politique économique et sociale — De nouveaux défis politiques dans un paysage économique en évolution
33
LA RÉALISATION DES OBJECTIFS
34
La recherche... pour renforcer les capacités
41
42
47
48
53
Portrait d’une partenaire : Lara Fairall, Afrique du Sud — Redéfinir la stratégie de lutte contre le sida
La recherche... pour influencer la politique
Portrait d’un partenaire : Juan Carlos Alurralde, Bolivie — La défense des droits d’utilisation de l’eau
Mobiliser les ressources canadiennes... pour la recherche
Portrait d’un partenaire : M.S. Swaminathan, Inde — La vision d’une nation branchée
54
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
55
La gouvernance
55
Le Conseil des gouverneurs
60
Le Comité de la haute direction
62
La gestion des ressources humaines
65
L’EXPOSÉ ET L’ANALYSE DE LA GESTION FINANCIÈRE
73
Les états financiers
86
LES ADRESSES DU CRDI
8
22
33
54
{
Le message du président
du Conseil des gouverneurs
Au cours de la dernière année, la crainte d’une pandémie
grippale a fait les gros titres, alimentée en grande partie par
l’émergence du virus de la grippe aviaire en Asie, en Europe
et dans certaines régions de l’Afrique et du Moyen-Orient.
Pour de nombreux pays en développement, réagir rapidement et efficacement afin de limiter les répercussions du
virus sera une tâche colossale.
En décembre 2005, le personnel du bureau du CRDI à
Singapour a rencontré des spécialistes des pandémies, des
chercheurs et des membres d’organismes subventionnaires
de recherches en Asie afin d’évaluer quelles lacunes il fallait
combler sur le plan des compétences en recherche, de
l’information et de la coordination pour maîtriser la propagation de la grippe aviaire et d’autres maladies émergentes.
Ainsi est né le partenariat de recherche sur la grippe pandémique en Asie qui regroupe des scientifiques, les ministères
de la Santé et les milieux de la recherche du Cambodge, du
Canada, de la Chine, de l’Indonésie, de la Thaïlande et du
Viet Nam.
Cet exemple témoigne bien de la valeur d’un organisme de
recherche canadien très actif sur la scène internationale et
qui, à ce titre, peut évaluer les problèmes mondiaux et y
répondre judicieusement. Le Rapport annuel 2005–2006 du
CRDI, que j’ai le plaisir de présenter, donne d’autres exemples
de l’approche adoptée par le Centre pour travailler avec les
pays en développement à l’acquisition d’une expertise locale
et au renforcement des capacités afin qu’ils puissent contribuer plus concrètement à la résolution des problèmes
mondiaux.
La souplesse requise pour choisir un programme en vue de
résoudre un problème particulier ou de saisir de nouvelles
possibilités est un des principes directeurs de la Stratégie
générale et du Cadre programmatique (SG+CP) 2005–2010
entrés en vigueur cette année. Les changements apportés
à la structure des programmes du CRDI se fondent sur de
vastes consultations et recherches menées auprès des partenaires du Centre dans les pays en développement et dans
d’autres milieux de la recherche et du développement. Le
rôle du Conseil dans l’élaboration, et désormais la mise en
oeuvre, de la SG+CP consiste à garantir l’excellence de la
programmation et à faire en sorte qu’elle réponde aux
besoins exprimés par les pays du Sud.
Un chef de file mondial en évaluation
L’évaluation est un des outils sur lequel le Conseil des
gouverneurs aussi bien que la direction et le personnel du
Centre peuvent compter. Des examens externes et des évaluations stratégiques et à mi-parcours fournissent des
évaluations objectives des choix que le Centre fait en
[ 2 ]
matière de programmation et orientent ses réponses aux
problèmes mondiaux. La pensée évaluative est au coeur de
la programmation et des méthodes de gestion du CRDI.
De fait, le Centre est reconnu comme un chef de file mondial
dans le domaine de l’évaluation, tant pour ce qui est de la
reddition des comptes qu’à des fins d’apprentissage. Les
méthodes et les outils d’évaluation élaborés au CRDI sont
utilisés par des organismes canadiens et internationaux, des
secteurs public, privé et sans but lucratif. Le rôle promoteur
du CRDI en matière de programmes d’évaluation a trouvé
confirmation dans un examen externe de la Section de
l’évaluation, effectué au cours de l’année. Le rapport
d’examen souligne, toutefois, que le rendement et la
communication des résultats des évaluations pourraient
s’améliorer. On a donné aux gouverneurs l’assurance que
ces questions seraient réglées par la mise en oeuvre du plan
stratégique de la Section de l’évaluation, lequel a été préparé comme document d’accompagnement à la SG+CP et
approuvé par le Conseil en juin 2005.
Charte et bonne gouvernance
Tout au long de son histoire, le CRDI a élaboré et mis en
place des systèmes de gestion et de gouvernance qui
respectent ou excèdent les normes établies pour les sociétés
d’État. Se fondant sur cette tradition, le Conseil a approuvé
un nouveau mandat pour son Comité des finances et de la
vérification en 2005–2006. Parallèlement, la haute direction
a mis à jour la Charte de vérification interne du Centre. La
Charte est conforme aux Normes internationales pour la
pratique professionnelle de l’audit interne et au code de
déontologie de l’Institut des vérificateurs internes (IIA). Ces
mesures tiennent compte des principes directeurs préparés
par le Conseil du Trésor à l’intention des comités de vérification des sociétés d’État.
La nouvelle Charte de vérification donne au CRDI une marge
de manoeuvre dont il avait grandement besoin pour mener
à bien les services de vérification. Présentement, la demande
de vérificateurs expérimentés est telle qu’il est difficile de
recruter et de garder des responsables de missions de vérification. Afin de maintenir la qualité de cette fonction à son
haut niveau actuel, la direction a agi de façon proactive
pour confier la prestation de services de vérification à des
ressources à l’externe. Le Conseil et la direction du Centre
suivront de près l’évolution de cette nouvelle formule.
Le Comité des finances et de la vérification appuie sans
réserve cette mesure et il a souligné que le rôle et les
paramètres relatifs à la prestation de services de vérification
décrits dans la nouvelle Charte de vérification sont garants
de la mise en place des mesures de protection appropriées.
LE MESSAGE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL DES GOUVERNEURS
En octobre 2005, les gouverneurs ont étudié la version
préliminaire d’une Charte du Conseil. Cette Charte définit
clairement les rôles et les responsabilités des gouverneurs.
Elle repose sur la philosophie du CRDI en matière de gouvernance, adoptée en 2004, et qui expose brièvement les
principes orientant le fonctionnement du Conseil. Les gouverneurs mettront la dernière main à la Charte du Conseil
au cours de l’année qui vient.
Tous les deux ans, les membres du Conseil sont tenus de
procéder à une auto-évaluation. Les gouverneurs et la
direction du Centre peuvent ainsi perfectionner le fonctionnement du CRDI. Les pratiques mises en oeuvre par la présidente et son personnel pour simplifier les présentations aux
membres du Conseil et améliorer la diffusion de l’information
à ces derniers entre les réunions sont quelques exemples de
la façon dont les gouverneurs se servent des renseignements
provenant de l’évaluation menée au cours de l’année dernière.
La gestion des risques
J’ai constaté avec satisfaction les compliments dont le CRDI
et le personnel du Centre ont fait l’objet dans le Rapport
de vérification annuelle du Bureau du vérificateur général
(BVG). Toutefois, cette opinion favorable ne signifie pas qu’il
ne peut y avoir d’améliorations, en particulier au chapitre de
la gestion des risques.
Vu la nature de la mission du CRDI en matière de recherche
et de renforcement des capacités, une approche intégrée de
la gestion des risques revêt une importance particulière. Le
Conseil des gouverneurs a donc un rôle de premier plan à
jouer puisqu’il doit veiller à ce que les risques soient correctement évalués et que des mesures soient mises en place
pour les atténuer. Le CRDI a entrepris l’élaboration d’une
stratégie de gestion intégrée des risques qui sera incorporée
au Cadre opérationnel. Un spécialiste principal de la gestion
intégrée des risques sera embauché pour diriger la mise en
oeuvre de cette stratégie.
Répondre aux problèmes mondiaux exige le maintien de
solides relations avec les responsables des politiques au
Canada de même qu’avec les milieux universitaires et du
développement international. Dans mes fonctions à titre
de président du Conseil du CRDI, j’entre régulièrement
en contact avec des représentants de divers ministères et
organismes gouvernementaux pour discuter de questions
importantes pour le Centre et le Canada. Il peut s’agir, par
exemple, de la gestion de l’enveloppe de l’aide internationale, de la politique scientifique et technologique dans les
pays en développement ou de points de vue sur des problèmes régionaux au Moyen-Orient, en Chine et en Inde,
pour n’en citer que quelques-unes.
Le renouveau du Conseil
Au cours de ces discussions, le concours des gouverneurs
m’a été inestimable. Je compte sur les indications des
membres du Conseil, dont huit sont des nationaux de pays
en développement. Le CRDI attache une haute importance à
l’expertise du Conseil des gouverneurs; la planification de la
relève, pour s’assurer de sa qualité, incombe au Comité de
sélection. La prochaine année sera d’ailleurs très occupée
pour ce comité puisque le mandat de 11 des 21 gouverneurs
prendra fin. J’ai aussi demandé au Comité d’entamer le
processus de sélection pour la présidence du Conseil des
gouverneurs étant donné que mon mandat se termine en
août 2007.
C’est avec grand plaisir que j’ai accueilli au sein du Conseil,
au cours de l’année qui vient de s’écouler, quatre membres
éminemment qualifiés. Je suis convaincu qu’Angela Cropper,
Denis Desautels, Ahmed Galal et Robert Greenhill apporteront une contribution des plus précieuses durant leur
mandat comme gouverneurs.
Afin d’aider à l’orientation des nouveaux gouverneurs et
d’offrir à l’ensemble des membres du Conseil la possibilité
de se perfectionner, le personnel du Centre a organisé au
cours de l’année deux visites de terrain, l’une au Maroc et
en Égypte et l’autre au Mali et au Bénin, en Afrique de
l’Ouest. Accompagnés de la présidente et du directeur du
bureau régional du CRDI, neuf gouverneurs ont rencontré
des chercheurs, des responsables des politiques et des
membres de la société civile pour discuter des travaux
financés par le Centre.
Alors que nous nous apprêtons à élaborer notre plan de travail pour la prochaine année, ces expériences seront pour
nous un vif rappel des conditions dans lesquelles travaillent
les chercheurs parrainés par le CRDI et des défis auxquels ils
font face. J’espère sincèrement qu’elles sauront aussi susciter
une pensée innovatrice sur les meilleurs moyens à prendre
pour que le Centre puisse aider les pays en développement
à trouver des solutions durables à des problèmes de
développement fort complexes.
Le président du Conseil des gouverneurs,
Gordon S. Smith
LE MESSAGE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL DES GOUVERNEURS
[ 3 ]
{
Le message de
la présidente
L’exercice 2005–2006 marque la première année de programmation en fonction de la Stratégie générale et du
Cadre programmatique (SG+CP) 2005–2010, un plan quinquennal qui reflète à la fois la continuité et le changement.
La continuité parce que le Centre poursuit sa mission; le
changement pour tenir compte des enseignements tirés du
Cadre général des stratégies et des programmes (CGSP)
2000–2005 et pour adapter la programmation du CRDI aux
contextes nationaux et internationaux en évolution.
La continuité est assurée aussi par les répercussions constantes des travaux que le Centre finance. Un projet en
particulier se distingue. C’est le Projet d’interventions essentielles en santé en Tanzanie (PIEST) qui a officiellement pris
fin au début de 2006. Le 8 novembre 2005, l’Agence canadienne de développement international (ACDI) a annoncé
qu’elle investirait 7 millions de dollars sur trois ans pour
étendre à tous les Tanzaniens les avantages des interventions
en santé conçues et testées dans le cadre de ce projet.
Cette annonce couronne 12 années de recherche appliquée
et de développement. Fruit d’une collaboration unique en
son genre entre le CRDI, l’ACDI et le ministère de la Santé
de la Tanzanie, le PIEST a permis à des équipes de planification sanitaire de deux grands districts de la Tanzanie de
déterminer les principales causes de décès et de maladie et
d’améliorer l’efficacité de la prestation des soins de santé
locaux. Résultat : une réduction de plus de 40 % de la mortalité infantile dans les deux districts. Quant à la mortalité
chez les adultes, elle a diminué de près de 20 %.
Le PIEST est un excellent exemple de la façon dont la réalisation de la mission du CRDI – mettre la recherche au service
du développement – aide à améliorer la vie des populations
des pays en développement.
Nouvelle approche de la
principale mission du CRDI
L’importance accordée au renforcement des capacités et au
mentorat soutenu démarque toujours le CRDI de beaucoup
d’autres organismes voués au développement. Le renforcement des capacités est également un des objectifs exposés
dans la SG+CP 2005–2010. Les consultations organisées en
prévision de l’élaboration de la SG+CP 2005–2010 et les
échanges réguliers avec les partenaires du CRDI ont confirmé, à maintes reprises, que le Centre est estimé pour sa
conviction que les capacités de recherche scientifique constituent un élément crucial de la croissance des pays en
développement. Ces consultations ont mis en évidence
l’importance des liens entre la recherche et la formulation
[ 4 ]
LE MESSAGE DE LA PRÉSIDENTE
des politiques, objectif déjà défini dans le CGSP 2000–2005.
La SG+CP reprend cet objectif, mais avec plus de vigueur, en
y ajoutant le besoin de mieux comprendre le contexte dans
lequel les chercheurs et les responsables des politiques
interviennent et la nécessité de se concentrer sur la mise en
oeuvre des politiques, c’est-à-dire sur des incidences et des
processus dépassant la durée de vie des projets financés par
le CRDI.
Ces dimensions du renforcement des capacités par une
recherche rigoureuse et de l’établissement de liens entre
cette recherche et les pratiques et politiques de santé sont
au coeur d’un programme d’octroi de subventions par concours lancé au cours de l’année. Le Programme de partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale a été
nommé en l’honneur de Lucille Teasdale et Piero Corti, ce
couple de médecins italo-canadien qui a consacré sa vie à
aider les populations de l’Ouganda. Ce programme novateur, décrit à la page 50, a été élaboré par les partenaires
fondateurs de l’Initiative de recherche en santé mondiale –
les Instituts de recherche en santé du Canada, le CRDI,
Santé Canada et l’ACDI – en collaboration avec la Fondation
canadienne de la recherche sur les services de santé et des
partenaires du Canada et des pays en développement.
Mobiliser les ressources canadiennes
Le Programme Teasdale–Corti illustre aussi le troisième
objectif de la SG+CP 2005–2010, à savoir mobiliser
« d’autres ressources pour la recherche au service du
développement en créant, consolidant et finançant des
partenariats réunissant des établissements canadiens et des
établissements de pays en développement et en participant
à de tels partenariats ». Ces ressources peuvent être d’ordre
intellectuel ou financier ou les deux à la fois.
Le domaine de programme Innovation, politique et science
(IPS), créé au cours de l’an dernier, est un des moyens qui
permettra au CRDI d’atteindre cet objectif. Il a été instauré
au vu de la reconnaissance croissante de la nécessité d’édifier des systèmes d’innovation nationaux dans les pays en
développement et d’appuyer l’élaboration de politiques
scientifiques, technologiques et d’innovation afin de réduire
la pauvreté.
Bien qu’IPS soit un nouveau domaine de programme, ce
n’est pas une nouvelle activité pour le CRDI. De fait, le
Centre donne une nouvelle vocation à une démarche
délibérée et internationalement reconnue du CRDI qui prône
le renforcement des capacités autochtones dans le domaine
des politiques scientifiques, technologiques et d’innovation.
IPS devient le point de convergence de toutes les interventions de renforcement faites au CRDI pour inciter le milieu
scientifique et technologique du Canada à porter son attention sur les défis que pose le développement international,
en partenariat avec les chercheurs et les établissements de
recherche du Sud.
Le CRDI fait appel également aux compétences de
chercheurs canadiens dans le cadre d’activités concertées
axées sur la résolution de problèmes de développement
urgents. En 2005–2006, des institutions canadiennes ont
travaillé avec des établissements de même vocation dans des
pays en développement grâce au soutien du CRDI. Ainsi, le
programme Partenariats canadiens assure la présence active
du Centre dans le milieu du développement au Canada en
favorisant et appuyant l’établissement de relations dans les
pays du Sud et en permettant aux partenaires du programme
de mieux tenir compte des enjeux du développement international dans leurs activités.
Afin d’accroître les ressources mises à la disposition de ses
partenaires des pays en développement, le CRDI poursuit sa
collaboration avec des bailleurs de fonds, soit les gouvernements, les fondations et le secteur privé. Par exemple, en
novembre dernier, j’ai eu le plaisir de participer au lancement de telecentre.org, une initiative de 21 millions de dollars qui renforcera les capacités de dizaines de milliers de
télécentres communautaires dans le monde. Le CRDI administre ce projet concerté dont le financement est assuré par la
Direction du développement et de la coopération de la
Suisse et la société Microsoft.
Faire connaître l’expérience du CRDI
Il est essentiel de communiquer les résultats des projets parrainés par le Centre si nous voulons que la recherche influe
sur les politiques, les pratiques et les technologies. Pour permettre à ses partenaires du Sud de faire entendre leur voix,
le CRDI a, une fois de plus cette année, assuré sa présence
sur la scène internationale en participant à des événements
comme le Sommet mondial sur la société de l’information
en Tunisie, à la rencontre des ministres de la Santé et de
l’Environnement des Amériques en Argentine et au Forum
mondial de l’eau à Mexico. Pour la première fois de son histoire, le CRDI s’est vu accorder le statut d’observateur à la
sixième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale
du commerce à Hong Kong, en décembre.
En outre, au cours de l’année, j’ai eu l’occasion d’échanger
avec certains de nos partenaires de pays en développement
lors de visites de terrain au Maroc, en Égypte, au Mali et au
Bénin, en compagnie de membres du Conseil des gouverneurs. J’ai également contribué à la politique du Canada en
matière de développement par ma participation au Groupe
d’experts sur les programmes de partenariat de l’ACDI et
au Conseil de la démocratie, entre autres. Le Conseil de la
démocratie est une initiative pangouvernementale qui
regroupe Affaires étrangères Canada, l’ACDI et six organismes canadiens indépendants.
Afin d’informer et de consulter les Canadiens tout à la fois,
le CRDI a, cette année encore, accueilli un grand nombre
de conférences, de colloques, de consultations et d’autres
événements, de Terre-Neuve à Victoria, et diffusé les résultats de la recherche qu’il appuie dans diverses publications
et un vaste site Web. Il a aussi créé un Bureau des
conférenciers.
Enfin, je suis heureuse d’annoncer que le Centre a lancé
cette année un projet sur la contribution du CRDI à la
théorie et à la pratique du développement. Les services des
professeurs Ron Harpelle et Bruce Muirhead du Département
d’histoire de l’Université Lakehead à Thunder Bay (Ontario)
ont été retenus pour rédiger l’histoire de l’apport intellectuel
du CRDI. Ce document, qui sera publié en 2008–2009, fera
un compte rendu et une évaluation critique du rôle de
précurseur qu’a joué le CRDI en prônant la recherche
appliquée orientée par les pays du Sud.
L’histoire du CRDI portera également sur les personnalités et
les faits marquants qui ont eu une incidence sur la science
et la technologie et, subséquemment, sur la vie des populations des pays en développement. Certaines de ces personnes et de ces anecdotes figurent dans ce rapport annuel.
La présidente et première dirigeante du CRDI,
Maureen O’Neil
Ces événements ont aussi offert au Centre la possibilité à la
fois de consulter ses partenaires et de faire valoir son point
de vue dans les programmes en faveur du développement.
LE MESSAGE DE LA PRÉSIDENTE
[ 5 ]
{
L’aperçu statistique
et financier
L’APERÇU STATISTIQUE EN 2005–2006
6
371
bureaux
régionaux
employés
(équivalents
temps plein)
Activités et projets de recherche
155
132
491
nouveaux projets
approuvés en
2005–2006
projets
terminés
projets en cours
à la fin de
l’exercice
Activités de recherche (y compris les projets)
402
392
887
activités de
recherche
approuvées
activités de
recherche
terminées
activités de
recherche en
cours à la fin de
l’exercice
Les nouvelles activités de recherche en 2005–2006
par région à l’étude et domaine de programmea (nombre d’activités en cours entre parenthèses)
Affectations en
2005–2006
(en milliers de dollars)
Domaines de programme
Régions á l’étude
Projets
généraux
EGRN
TIC-D
Asie
19
(32)
12
(57)
16
(39)
Activités mondiales
29
(62)
17
(36)
9
(9)
Amérique latine et
Caraïbes
18
(28)
34
(69)
20
Moyen-Orient et
Afrique du Nord
17
(24)
9
(19)
2
(3)
6
42
(57)
15
Activités multirégionales
Afrique subsaharienne
Total
127 (206)
IPS
Total
CRDI
Totalb
(1)
12
(29)
59 (158)
10 801
11 142
6 (16)
24
(63)
85 (186)
19 157
19 532
(42)
0
(0)
11
(30)
83 (169)
12 925
13 676
5
(8)
0
(0)
10
(25)
41
(76)
3 710
5 174
(10)
4
(11)
1
(2)
7
(11)
20
(37)
6 584
6 584
(62)
29
(77)
0
(3)
28
(62)
114 (261)
19 442
21 673
92 (220)
402 (887)
72 619
77 781
93 (253)
83 (186)
0
PSE
7 (22)
Remarque : Les activités de recherche comprennent les projets de recherche, les activités de soutien à la recherche, les travaux exécutés grâce
aux bourses octroyées par le CRDI, etc.
a
EGRN — Environnement et gestion des ressources naturelles; TIC-D — Technologies de l’information et de la communication au service du
développement; IPS — Innovation, politique et science; PSE — Politique sociale et économique. Les « projets généraux » englobent les activités
des secrétariats, de la Division des initiatives spéciales, de la Division des partenariats et du développement des affaires, de la Section de
l’évaluation et du Bureau de la présidente, les activités exploratoires, celles du Fonds d’activités régionales et du Fonds de planification à long
terme.
b
Contributions du CRDI et d’autres bailleurs de fonds.
[ 6 ]
L’ A P E R Ç U S TAT I S T I Q U E E T F I N A N C I E R
Les principales données financières
pour l’exercice clos le 31 mars 2006 (en milliers de dollars)
2005–2006
Réalisations
Budget révisé
Revenus
Crédits parlementaires
Partenariats avec des bailleurs de fondsb
Financement des programmes de recherche
pour le développement
Recouvrement des coûts d’administration
Revenus de placements et autres revenus
2004–2005
Réalisationsa
131 955
132 472
122 340
16 010
1 572
3 243
13 389
1 272
2 783
14 399
1 380
2 647
152 780
149 916
140 766
97 565
26 245
27 069
97 408
25 925
27 233
91 493
24 078
24 867
150 879
150 566
140 438
1 901
(650)
328
Résultats nets des activités abandonnées
(1 802)
(1 957)
1 957
Avoir du Centre
13 496
10 790
13 397
65/17/18
65/17/18
65/17/18
97 249
14 797
92 000
17 443
86 275
14 302
112 046
109 443
100 577
Dépenses
Programmes de recherche pour le développement
Soutien à la recherche pour le développement
Services administratifs
Résultats nets des activités poursuivies
Ratios des dépenses
Affectations de programme
Provenant des crédits parlementaires
Provenant des bailleurs de fonds partenairesb
Remarques :
Les crédits parlementaires représentent 86 % de l’ensemble des revenus.
Les dépenses au titre des programmes de recherche pour le développement et du soutien à la recherche pour le développement
représentent 82 % de toutes les dépenses.
Les ratios réels des dépenses sont conformes aux objectifs visés.
Prière de se reporter à l’exposé et l’analyse de la gestion financière pour plus de précisions sur les principales données financières.
a Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
b Auparavant augmentation des revenus.
Répartition géographique des affectations de programme
36,5 % Activités multirégionales et mondiales
14,9 %
33,0 %
15,6 %
Amérique latine
et Caraïbes
Afrique et
Moyen-Orient
Asie
L’ A P E R Ç U S TAT I S T I Q U E E T F I N A N C I E R
[ 7 ]
{
L’ i n s t i t u t i o n
CRDI : J. Taylor
{
L’institution
La mission du CRDI
Le CRDI est une société d’État créée par le Parlement du
Canada en 1970. Comme le stipule la Loi sur le Centre de
recherches pour le développement international, il a pour
mission
« [...] de lancer, d’encourager, d’appuyer et de mener des
recherches sur les problèmes des régions du monde en
voie de développement et sur la mise en oeuvre des
connaissances scientifiques, techniques et autres en
vue du progrès économique et social de ces régions ».
L’énoncé de mission
et les objectifs —
S’affranchir par le savoir
Le Centre s’efforce d’optimiser la création, l’adaptation et
l’appropriation du savoir que les populations des pays en
développement estiment prioritaires pour assurer leur
prospérité, leur sécurité et atteindre une plus grande équité.
Voici ses objectifs, tels qu’ils sont décrits dans la Stratégie
générale et le Cadre programmatique 2005–2010 :
■
Le CRDI entend consolider les capacités de recherche
locales des pays en développement, en particulier dans
les domaines de programme Environnement et gestion
des ressources naturelles (EGRN), Technologies de l’information et de la communication au service du développement (TIC-D) et Politique sociale et économique (PSE), et
aider à mobiliser ces capacités.
■
Le CRDI s’emploiera à favoriser et à appuyer la production, la diffusion et l’application de résultats de
recherche débouchant sur des pratiques, des technologies, des politiques et des lois modifiées de façon à
promouvoir le développement durable et équitable et la
diminution de la pauvreté.
■
Au Canada, le CRDI mobilisera d’autres ressources pour
la recherche au service du développement en créant,
consolidant et finançant des partenariats réunissant des
établissements canadiens et des établissements de pays
en développement et en participant à de tels partenariats.
Le CRDI aide ainsi les pays en développement à trouver,
par la recherche scientifique et l’utilisation du savoir, des
solutions pratiques et durables aux problèmes sociaux,
économiques, technologiques et environnementaux
auxquels ils font face.
Le CRDI évaluera le rendement obtenu dans la réalisation
de ces objectifs par rapport à la mesure dans laquelle il
contribue :
■
à créer un contexte propice à l’exécution des travaux
de recherche et à accroître les possibilités offertes aux
chercheurs du Sud;
■
à financer des recherches qui sont dignes de foi, c’est-àdire scientifiquement valables et solides sur le plan
méthodologique;
■
à exercer une influence sur les pratiques, les technologies,
les politiques et les lois qui favorisent le développement
durable et équitable et la diminution de la pauvreté;
■
à intégrer des préoccupations propres au Sud aux débats
internationaux en cours sur les politiques et à la prise des
décisions ayant trait au développement à tous les niveaux.
L’ I N S T I T U T I O N
[ 9 ]
La programmation
Le CRDI doit sans cesse veiller à offrir des programmes de
qualité qui répondent aux besoins, sans perdre de vue les
objectifs fixés. C’est là tout un défi, car il lui faut déterminer
les projets et les processus grâce auxquels une recherche
bien menée aura des répercussions remarquables, procurera
à des groupes défavorisés
d’importants avantages
« Le CRDI continuera de fonder sa programmation
économiques et sociaux et
sur les principes du développement durable et
renforcera les capacités de
équitable et de la lutte contre la pauvreté. »
recherche locales. Il importe
SG+CP 2005–2010 (SG, par. 53)
tout autant de renforcer
les réseaux de recherche et d’intervention régionaux et
nationaux pour faire profiter le plus grand nombre des
enseignements qui se dégagent des projets de développement local réussis et créer un mouvement en faveur du
changement.
La SG+CP du Centre détermine la structure dans laquelle le
CRDI fournit son aide pendant une période de cinq ans,
soit les grands domaines de recherche et les questions sur
lesquelles il se penche plus particulièrement dans chaque
domaine. Les gouverneurs du CRDI ont pris part activement
à la définition et à l’orientation du contenu de la SG+CP
2005–2010, en se fondant sur les comptes rendus de vastes
consultations et les travaux préparatoires effectués par le
personnel.
Le CRDI appuie présentement la recherche appliquée dans
quatre grands domaines qui sont à la croisée des priorités
des pays en développement et des possibilités pour le Centre
de contribuer au développement durable et équitable.
■
Environnement et gestion des ressources naturelles — Le
CRDI concentre son aide sur l’utilisation et la gestion
durables des ressources naturelles et accorde une
importance particulière à la participation des collectivités
locales.
■
Technologies de l’information et de la communication au
service du développement — La recherche vise surtout à
faire en sorte que les pays en développement puissent
profiter de l’économie de l’information et y contribuer.
■
Innovation, politique et science — Lancé en 2005, ce
domaine de programme est le point de convergence des
politiques, des partenariats, de la programmation et du
programme de développement du CRDI au regard de la
science et de la technologie.
■
Politique sociale et économique — Ce domaine de programme appuie la recherche qui met en lumière les
grandes questions de politiques publiques liées à la
[ 10 ]
L’ I N S T I T U T I O N
réduction de la pauvreté, au développement équitable et
aux droits de la personne.
En outre, la Division des initiatives spéciales favorise la collaboration avec d’autres établissements et organismes canadiens et entretient des liens étroits avec eux. Elle administre
le Programme de la formation et des bourses du CRDI ainsi
que des projets spéciaux comme le Fonds pour la bonne
gouvernance au Moyen-Orient, lancé par le groupe de travail sur la reconstruction de l’Irak de l’ACDI et le Fonds de
bourses d’études pour les réfugiées palestiniennes au Liban,
instauré par Affaires étrangères Canada. Ce genre de projet
est entrepris lorsque le besoin s’en fait sentir, et le financement provient à la fois du CRDI et d’autres organismes.
« Au cours des cinq prochaines années, chacun
[des domaines de programme] procédera à des
recentrages nuancés, en allant vers une plus grande
consolidation des programmes et de leur gestion et
une collaboration encore plus étroite avec les ...
autres domaines de programme. » SG+CP 2005–2010
(CP, par. 25)
L’élaboration et la mise en oeuvre de l’ensemble des programmes font l’objet d’un examen annuel afin de saisir
les nouvelles occasions qui se présentent. Cet examen
permet également d’assurer un équilibre entre les besoins
changeants des régions où le CRDI intervient et la volonté
du Centre de continuer à offrir un programme d’aide à
la recherche qui soit à la fois cohérent et bien ciblé. Les
directeurs des domaines de programme et les directeurs
régionaux suivent de près l’élaboration des programmes et
veillent à ce que ceux-ci soient conformes aux lignes directrices
CRDI : J. Kassay
{
Un programme annuel des travaux et budget, approuvé par
le Conseil, répartit les ressources entre les différents programmes. Les modalités et les voies d’acheminement de
l’aide accordée par le CRDI sont fixées dans les accords. Le
financement des projets présentés est déterminé à l’issue
d’un examen de conformité aux objectifs et priorités établis
dans le descriptif du programme. En 2005–2006, le Conseil
des gouverneurs a approuvé le descriptif de sept des
10 programmes. Les trois autres avaient été approuvés
en 2004–2005.
Suivant l’engagement énoncé dans la Stratégie générale et
le Cadre programmatique 2005–2010, les programmes du
Centre sont regroupés au sein de leur domaine de programme respectif afin de maximiser les synergies sur le
plan du contenu et des activités et de minimiser les coûts
d’exploitation internes. La structure des programmes, à la
page 24, reflète cette consolidation accrue.
Pour que le CRDI puisse conserver sa souplesse financière,
une partie du budget des programmes — 13 % en 2005–
2006 — a été réservée afin de saisir de nouvelles occasions,
d’approfondir des programmes en vigueur ou d’appuyer des
activités transversales dont la portée rejoint celle de plusieurs
programmes. La conception d’un programme portant sur les
collectivités côtières à la suite du tsunami de décembre 2004
en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est, qui a été mis en
oeuvre en 2005–2006, est une de ces occasions que le
Centre n’a pas manqué de saisir.
l’Agence canadienne de développement international,
l’Agence danoise pour le développement international, le
Department for International Development du Royaume-Uni,
la Fondation MacArthur, le ministère des Affaires étrangères
des Pays-Bas, Norsk Hydro, l’Agence norvégienne de
coopération pour le développement et la Banque mondiale
ont contribué au financement du Programme d’économie
environnementale pour l’Asie du Sud-Est (EEPSEA). Ce programme, mis sur pied en 1993 grâce au financement initial
du CRDI, avait pour objet de renforcer les capacités locales
d’analyse économique des problèmes environnementaux de
sorte que les chercheurs puissent donner aux responsables
des politiques des conseils judicieux. En 2005, le CRDI a
financé une étude visant à évaluer si et comment EEPSEA
pouvait être repris au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Le Centre appuie une autre initiative semblable, le Réseau
sud-asiatique pour le développement et l’économie environnementale (SANDEE), qui met en contact des chercheurs du
Bangladesh, du Bhoutan, de l’Inde, du Népal (où se trouve
le siège du réseau), du Pakistan et du Sri Lanka.
La majorité des projets proposés au CRDI découlent
d’échanges directs avec des établissements de pays en
développement au cours desquels des représentants du
Centre et des institutions bénéficiaires explorent des
domaines d’intérêt commun. Le rôle dévolu aux administrateurs de programmes, qui sont aussi des chercheurs
hautement qualifiés, exige qu’ils soient doués de l’esprit
d’entreprise puisqu’ils rassemblent les gens et les ressources
nécessaires à la réalisation d’objectifs communs.
La principale démarche du CRDI consiste à appuyer les projets de recherche et les activités connexes, comme la tenue
de colloques, ou des programmes de bourses, élaborés et
proposés par des établissements des pays en développement
ou par des institutions canadiennes, en collaboration avec
un ou plusieurs partenaires du Sud. À la fin de l’exercice
2005–2006, 491 projets de recherche étaient en cours et
les activités de recherche se chiffraient, au total, à 887.
L’élaboration de la plupart des propositions repose
habituellement sur des interactions approfondies entre les
deux parties. Outre leurs mérites scientifiques et techniques
et leur incidence éventuelle dans le domaine du développement — en particulier sur les politiques, les programmes et
les pratiques — les projets doivent être conformes aux priorités du CRDI; ils doivent également contribuer à renforcer
les capacités locales et tenir compte des considérations
d’ordre éthique et sexospécifique. La disponibilité de
ressources humaines et institutionnelles est aussi un facteur
important. D’autre part, certains programmes financent des
recherches dans le cadre de concours qui, mise à part la
réalisation de la recherche proprement dite, constituent un
autre moyen de trouver de nouveaux chercheurs et établissements avec lesquels travailler. De plus en plus, le CRDI
accorde son soutien à des chercheurs qui s’intéressent à la
diffusion des résultats de recherche.
Afin d’approfondir certaines questions, le CRDI travaille
fréquemment avec d’autres bailleurs de fonds. Ainsi,
Selon le montant des fonds requis, les propositions de projet
sont approuvées sous réserve de l’examen effectué par
Le financement des projets
L’ I N S T I T U T I O N
[ 11 ]
CRDI : P. Bennett
de la SG+CP. Des rapports d’étape sur la programmation
du Centre sont présentés chaque année au Conseil des
gouverneurs, à la réunion qu’il tient à l’automne. Conformément à la structure thématique et géographique des programmes, ces rapports sont présentés en alternance par
région et par domaine de programme.
l’équipe du programme ou par la haute direction. Le Protocole
d’accord fixant les modalités de la subvention stipule la
valeur et l’objet de la subvention, les conditions qui en
régissent la gestion, les obligations de tous les participants
ainsi que la date officielle du début du projet. Les administrateurs de programmes surveillent l’état d’avancement des
travaux jusqu’à la fin du projet. Chaque année, le personnel
de chacun des programmes revoit l’ensemble des projets.
« Une stratégie
intégrée de gestion des
risques, au niveau
organisationnel, misera
sur les principaux actifs
du CRDI, à savoir sa
présence sur le terrain,
son personnel très
qualifié et le créneau
qu’il occupe dans la
politique étrangère
canadienne, tout en
consolidant les
systèmes permettant
d’évaluer, de suivre,
d’appuyer et de faire
connaître ces atouts. »
La gestion des risques
L’évaluation des risques est une importante composante
de l’élaboration et du suivi des projets. Les équipes de
programme s’efforcent de créer un ensemble de projets
équilibré, dont certains comportent des risques élevés et
sont exigeants en main-d’oeuvre, tandis que d’autres ne
présentent que des risques moyens ou faibles.
Avant l’approbation du financement d’un projet, celui-ci est
évalué par une équipe du personnel de programme. En collaboration avec les administrateurs de subventions et les
contrôleurs des bureaux régionaux du CRDI, le personnel
de programme vérifie l’identité juridique et la situation de
l’établissement qui présente la proposition et évalue les
risques administratifs en examinant ses capacités en matière
de gestion conformément au cadre de contrôle financier du
CRDI. Dans le cas des grands projets proposés par de nouveaux établissements, les risques sont évalués sur le terrain.
Les résultats de cet examen aident à déterminer les modalités de la subvention.
SG+CP 2005–2010
(SG, par. 47)
Une fois le projet approuvé, des administrateurs de programmes en surveillent l’avancement et aident le chargé de
projet et les autres intervenants à faire face aux aléas. Les
agents chargés de l’administration des subventions travaillent avec les administrateurs de programmes et effectuent
des examens de conformité pendant toute la durée du projet. Les administrateurs de subventions principaux se rendent
aussi régulièrement dans les établissements qui bénéficient
d’un important financement du CRDI pour évaluer leurs
capacités financières et leurs compétences en matière de
gestion et d’administration. Les résultats de ces examens,
qui visent à confirmer les évaluations précédentes, aident à
déterminer si des modifications aux contrats s’imposent.
Malgré une planification rigoureuse et un suivi assidu, il
n’est pas toujours possible d’éviter les risques. Cyberlien des
Amériques en offre un bon exemple. Cette initiative novatrice de l’Institut pour la connectivité dans les Amériques
(ICA), lancée en octobre 2004 à titre d’organisme indépendant sans but lucratif, avait pour objet de favoriser le
développement social de communes éloignées de l’Amérique
latine et des Caraïbes en leur fournissant un accès Internet.
Cyberlien des Amériques a reçu 3,2 millions de dollars en
financement de base de l’ICA, lequel est parrainé par le
CRDI. Bien que son élaboration ait reposé sur une planification opérationnelle des plus soignées et qu’elle ait bénéficié
du parrainage et de la participation de la Banque mondiale
et de l’ICA, l’initiative a connu nombre de complications et
de retards imprévus. Comme le financement supplémentaire
attendu de la Banque mondiale ne s’est pas concrétisé, l’ICA
n’était plus disposé à soutenir le projet et à prendre d’autres
risques. Le 25 janvier 2006, le Conseil d’administration de
Cyberlien des Amériques a décidé la cessation ordonnée des
activités de l’organisme.
Les éléments
complémentaires
des programmes
Plusieurs activités connexes ont été intégrées au programme
de recherche du CRDI pour accroître l’incidence de ses
travaux et leur donner une plus grande portée.
CRDI : Y. Beaulieu
■
[ 12 ]
L’ I N S T I T U T I O N
Partenariats et développement des affaires — Le CRDI
forme divers partenariats pour nouer et entretenir des
relations et une collaboration avec d’autres bailleurs de
fonds, des organisations internationales et des organismes canadiens voués au développement durable des
capacités de recherche dans le Sud. La Division des
partenariats et du développement des affaires administre
1
2
également un programme de renforcement des capacités
afin d’aider les partenaires de recherche du CRDI à mobiliser
des ressources pour leurs projets et à devenir financièrement viables. En 2005–2006, les contributions des bailleurs de fonds se sont élevées à 16 millions de dollars.
■
Apprentissage et évaluation — Le CRDI considère que
l’évaluation constitue un aspect essentiel de l’apprentissage
et de la prise de décisions en matière de recherche. Le
Centre met donc au point des outils et des méthodes
d’évaluation; il assure la coordination centrale et le
soutien nécessaires à l’évaluation du rendement et des
résultats des programmes. En juin 2005, le Conseil des
gouverneurs a approuvé la Stratégie d’évaluation 2005–
2010. En 2005–2006, des examens externes de tous les
programmes, dont un examen de la Section de l’évaluation, ont été effectués et présentés au Conseil. Ces
examens aident à assurer la pertinence et la qualité du
travail du Centre. En outre, 23 autres évaluations et
examens ont été menés à bien.
Au cours de la dernière année, le Centre a aussi fait des
progrès remarquables en mettant en oeuvre un nouveau
système de rapports de fin de projet qui repose sur des
échanges animés entre collègues. Cette formule permet
aux chercheurs d’approfondir leurs connaissances en
puisant dans la riche réserve de savoir qui s’est constituée
pendant le projet. En 2005–2006, plus de 120 entrevues
ont été effectuées. Afin de faire profiter le plus grand
nombre des connaissances acquises grâce aux rapports
de fin de projet, le Centre a mis sur pied un Forum
annuel sur l’apprentissage auquel il convie l’ensemble du
personnel. Le premier forum a eu lieu en avril 2005.
■
Information sur la recherche — Nos bases de données
permettent aux chercheurs de puiser dans les résultats
de recherche. Les spécialistes de l’information du CRDI
offrent un accès sûr à l’information relative à la
recherche et soutiennent l’activité intellectuelle.
■
Communications — Le CRDI a recours à divers
moyens — publications, colloques, conférences, relations
gouvernementales et parlementaires, activités d’affaires
publiques, sites Web, etc. — pour diffuser l’information
sur les activités qu’il appuie et faire en sorte que les
résultats de ces activités profitent aux pays du Nord et
du Sud. Il peut ainsi tenir les Canadiens au courant des
enjeux du développement international et d’autres
dossiers mondiaux dont ils subissent les répercussions,
mieux faire comprendre les recherches financées par le
CRDI et l’utilisation faite de l’argent des contribuables.
1 CRDI : Louise Guénette
2 CRDI : Jason Taylor
3 CRDI : Simon Carter
4 UHIN : Patrick Okello
3
4
La présence régionale
Le siège du CRDI est situé à Ottawa. Le Centre a aussi six
bureaux régionaux : à Montevideo, en Uruguay, pour desservir
l’Amérique latine et les Caraïbes; à Singapour, pour desservir
l’Asie du Sud-Est et l’Asie de l’Est; à New Delhi, en Inde, pour
desservir l’Asie du Sud; au Caire, en Égypte, pour desservir
le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord; à Nairobi, au Kenya,
pour desservir l’Afrique orientale et australe; et à Dakar, au
Sénégal, pour desservir l’Afrique occidentale et centrale.
Ces bureaux ne sont pas simplement des extensions administratives du siège du CRDI; ils représentent un important
atout stratégique et font partie intégrante de la personnalité
du Centre. Leur rôle consiste à faire en sorte que les programmes du Centre tiennent compte des perspectives
régionales; ils veillent, à cette fin, à soutenir les partenariats
et à mener des activités destinées à accroître les ressources
dans les régions d’intervention du CRDI ainsi qu’à favoriser
la diffusion des résultats de recherche. Les bureaux régionaux
sont essentiels à la gestion efficace des programmes du Centre.
En plus de gérer les risques associés aux diverses facettes du
travail du CRDI et les ressources du Centre dans la région
dont il est responsable, chaque directeur régional administre
sa part du Fonds d’activités régionales. Cela lui permet de
donner suite aux priorités et occasions qui se présentent
dans sa région et qui sont conformes à la mission du CRDI.
En 2005–2006, ce fonds s’élevait à 2,1 millions de dollars,
répartis entre les régions.
L’ I N S T I T U T I O N
[ 13 ]
« En plus de montrer
qu’il est sensible aux
conditions dans
lesquelles s’effectue la
recherche dans le Sud
et de bien les connaître,
le CRDI croit qu’il doit
assurer une présence
tangible dans les régions
en développement du
monde. » SG+CP
2005–2010 (SG, par. 74)
{
La reddition des comptes
et la gouvernance
Le CRDI est tenu de rendre compte au Parlement, par
l’entremise du ministre des Affaires étrangères. Un Conseil
des gouverneurs d’envergure internationale, formé de
21 membres, a pour mandat de prendre en charge l’administration des affaires du Centre. À titre de première
dirigeante et en sa qualité de membre d’office du Conseil
des gouverneurs, la présidente du CRDI veille à la gestion
des activités du Centre, avec le concours du Comité de la
haute direction (voir page 60).
Le CRDI soumet également chaque année ses états
financiers au Bureau du vérificateur général du Canada.
Le financement
Le financement du CRDI provient surtout du crédit annuel
accordé par le Parlement, lequel constitue sa principale
source de revenu. Cependant, le Centre diversifie ses
sources de financement comme l’y autorise la Loi sur le
CRDI. En 2005–2006, le crédit parlementaire du CRDI s’est
chiffré à 132 millions de dollars et ses revenus provenant
d’autres sources à 20,8 millions de dollars.
La responsabilité sociale
Éthique et équité
CRDI : Y. Beaulieu
Les activités du CRDI se démarquent par un souci de probité
irréprochable. Le respect de normes déontologiques internationalement reconnues est une condition d’admissibilité à
tout programme de subvention du CRDI et les bénéfi« Le CRDI reconnaît que le respect, la protection et
ciaires des subventions
la promotion des droits de la personne humaine
doivent faire rapport sur
font partie intégrante du développement durable et
leur observance de normes
équitable et de la lutte contre la pauvreté. »
ayant pout but de protéger
SG+CP 2005–2010 (SG, par. 57)
la dignité et le droit à la vie
privée des gens et de ne pas nuire à la santé des participants
ni à leurs conditions de vie. Le Comité d’éthique du Centre
s’assure de la protection des droits des sujets de recherche.
Le CRDI souscrit également aux objectifs de la Convention
sur la diversité biologique de 1992, en particulier à celui qui
prône le partage juste et équitable des avantages résultant
de l’utilisation des ressources génétiques. La politique du
CRDI en matière de droits de la personne, entérinée par le
Conseil des gouverneurs cette même année, préconise le
développement axé sur le respect et l’amélioration des droits
de la personne.
[ 14 ]
L’ I N S T I T U T I O N
Une fois de plus, les employés du CRDI se sont montrés généreux. En 2005–2006, ils ont versé 43 608 $
à la Campagne de charité en milieu de travail du
gouvernement du Canada, soit 111,8 % de l’objectif
du Centre.
La politique des brevets du CRDI a pour objet de faire en
sorte que les établissements où les inventions ont lieu puissent éventuellement obtenir des redevances financières pour
ces découvertes. Elle a aussi pour but d’assurer que les
populations des pays en développement qui veulent utiliser
ces inventions puissent y avoir accès à des conditions
raisonnables. Les bénéficiaires des subventions sont tenus,
pour que cette politique soit en vigueur, de signer une
entente relative aux droits de propriété intellectuelle.
Le Centre exige aussi que l’acquisition de biens, véhicules et
équipement d’une valeur supérieure à 5 000 $ se fasse par
appels d’offres concurrentiels. Tous les bénéficiaires de
subvention doivent se soumettre à cette exigence.
Un milieu de travail fondé
sur les valeurs
En 2002–2003, le CRDI a adopté une philosophie en
matière d’emploi afin de favoriser un milieu de travail qui
incite à la collaboration et qui encourage tant la créativité,
l’innovation, le savoir-faire et le travail d’équipe qu’une gestion juste et équitable. Cette philosophie favorise également
la compréhension mutuelle, tant parmi les gestionnaires
qu’au sein du personnel. Les valeurs sur lesquelles elle
repose sont aussi ce qui dicte les normes éthiques et le
comportement du personnel du Centre. Il en résulte
un milieu de travail qui protège la santé et la sécurité des
employés, fait en sorte que ces derniers soient traités avec
impartialité et ouverture d’esprit et favorise l’équilibre entre
la vie professionnelle et la vie personnelle.
Lors de l’évaluation annuelle du rendement, les employés
font état de leurs réalisations quant à la promotion et au
respect de la philosophie en matière d’emploi. Des discussions annuelles sur cette philosophie, auxquelles participe
tout le personnel, ont lieu chaque année pour s’assurer
qu’elle continue de faire partie intégrante de la culture institutionnelle. Conformément aux récentes initiatives fédérales
en matière de gouvernance et de comportement éthique,
ces discussions ont surtout porté, en 2005–2006, sur
l’éthique en milieu de travail afin d’inciter le personnel à
prendre part à la conception d’un code de conduite.
Le CRDI a aussi adopté une politique officielle sur le harcèlement et la discrimination en milieu de travail, en vue de
mettre en application les principes de la Loi canadienne sur
les droits de la personne.
ministres, des ministres d’État et d’autres hauts fonctionnaires, le CRDI affiche les frais de déplacement et d’accueil
des hauts dirigeants du Centre sur son site Web.
En décembre, le CRDI a annoncé son intention d’être le premier organisme subventionnaire de la recherche au Canada
à créer des archives ouvertes. Ce faisant, le Centre favorise
la transparence des projets de recherche qu’il soutient.
L’environnement
Le CRDI est un organisme soucieux de l’environnement. Il a
mis en place un programme de recyclage et il encourage
activement la conservation du papier, de l’eau et de
l’énergie.
CRDI : D. Marchand
Les engagements que le CRDI a pris à l’égard de
l’environnement sont manifestes surtout dans les activités
du domaine de programme Environnement et gestion des
ressources naturelles. En effet, EGRN soutient le travail
sur le terrain et s’intéresse en particulier à la recherche
stratégique qui offre de nouvelles solutions viables ou
améliore les méthodes de gestion de l’environnement et les
établissements qui oeuvrent dans cette sphère. De plus, le
CRDI tient compte des risques d’atteinte à l’environnement
lorsqu’il évalue les projets éventuels, quel que soit le
domaine de programme dont ils relèvent.
La transparence
Le CRDI est assujetti à la Loi sur l’accès à l’information et à
la Loi sur la protection des renseignements personnels. En
2005–2006, il a reçu dix demandes de renseignements relatives à Loi sur l’accès à l’information auxquelles il a répondu;
il n’en a reçu aucune relativement à la Loi sur la protection
des renseignements personnels.
L’information sur les projets de recherche financés par le
CRDI est disponible sur le site Web du Centre ainsi que dans
ses rapports annuels. En octobre 2005, le Centre a lancé
une nouvelle version de la base de données de son Service
d’information sur la recherche en développement de la base
de données (IDRIS+) pour faciliter la recherche dans cette
base contenant la description des projets parrainés par le
CRDI depuis les 35 dernières années. IDRIS+ est facilement
accessible sur le site Web du CRDI.
Conformément à la politique fédérale sur la publication
obligatoire des frais de déplacement et d’accueil des
L’ I N S T I T U T I O N
[ 15 ]
{
L’appui aux objectifs
des politiques canadiennes
Les pays en développement ont des défis énormes à affronter. Mais ils ont aussi beaucoup à offrir pour résoudre les
problèmes mondiaux, dont plusieurs touchent le Canada.
Enrichir des connaissances et de l’expérience des pays en
développement les discussions sur les politiques étrangère
et en matière de développement du Canada, voilà un
« Le CRDI doit être un participant dynamique au
rôle que le CRDI est bien
moment où les Canadiens réexaminent et élargissent
placé pour jouer. Sa mission
leurs relations avec le reste du monde et il doit
et son action se situent au
s’assurer que son expérience et son apprentissage
carrefour de la politique
contribuent aux politiques du Canada sur les
étrangère et de la politique
questions internationales. » SG+CP 2005–2010 (CP, par. 87)
en matière d’innovation du
Canada. En cela, le réseau de spécialistes, de chercheurs et
de responsables des politiques canadiens et internationaux
constitué par le Centre est un atout précieux qui a permis
au Canada de nouer des relations partout dans le monde.
En collaboration avec les Instituts de recherche en santé
du Canada, le Centre a accordé 1 million de dollars à un
réseau de chercheurs de l’Amérique latine et des
Caraïbes afin de réduire l’exposition aux polluants toxiques
dans l’environnement et d’améliorer la santé humaine;
une seconde contribution de 1 million de dollars est
destinée à de nouveaux projets de recherche sur la
prévention des maladies à transmission vectorielle.
■
Des représentants de gouvernements, des bailleurs de
fonds et des organismes multilatéraux oeuvrant à la
planification ou voués au soutien des actions entourant
la grippe aviaire en Asie ont participé à des colloques
parrainés par l’ACDI et organisés par le CRDI, en septembre et en octobre, à Beijing, à Jakarta et à Hanoï. Le
CRDI a annoncé son appui au Partenariat de recherche
de l’Asie sur la grippe pandémique en Asie dans le cadre
de l’Initiative canado-asiatique sur les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat regroupe les conseils
de recherche du Cambodge, de la Chine, de la
Thaïlande, de l’Indonésie et du Viet Nam ainsi que les
Instituts de recherche en santé du Canada et l’Agence
de santé publique du Canada.
■
La séance inaugurale du Conseil de la démocratie, qui
réitère l’appui de longue date du Canada à la promotion
de la démocratie et des droits de la personne, a eu lieu
le 25 octobre 2005. Le CRDI, Affaires étrangères Canada,
l’ACDI et six autres organismes canadiens collaborent à
cette nouvelle initiative axée sur la promotion internationale de la gouvernance démocratique et le respect des
droits de la personne. À la réunion de janvier 2006, les
membres du Conseil ont convenu en principe de mettre
sur pied des projets pilotes afin d’analyser comment le
Canada pourrait améliorer ses interventions pour se
porter à la défense de la démocratie et des droits de la
personne dans certains pays ou certaines régions. Le CRDI
a détaché un analyste de politiques principal aux Affaires
étrangères pour aider le Conseil.
■
À la demande d’Affaires étrangères Canada, deux
employés du programme Paix, conflits et développement
se sont rendus à Abuja, au Nigeria, au début de décembre,
pour consulter d’importants participants aux pourparlers
de paix au Darfour. Le CRDI a contribué à intégrer la participation des femmes et a proposé une série de recommandations. À l’issue de cette mission de surveillance, le
CRDI a approuvé un projet visant à améliorer les capacités des femmes déléguées aux négociations de paix et
à faciliter l’intégration de l’égalité entre les sexes dans les
Les exemples qui suivent illustrent certaines des contributions du CRDI en ce sens en 2005–2006.
Collaboration
■
En collaboration avec l’ACDI, le CRDI a participé, en mai
2005, au Forum économique international des Amériques,
dont le thème était La connectivité pour les entreprises —
Apprendre de l’expérience de partenariats innovateurs
en Afrique. Ce thème correspond parfaitement à l’expérience du CRDI dans ce domaine. En collaboration avec
Industrie Canada et l’ACDI, le CRDI a mis sur pied deux
grandes initiatives dirigées par des équipes canadiennes
pour combler le fossé numérique, à savoir l’Institut pour
la connectivité dans les Amériques, issu du Sommet des
Amériques en 2001, et Connectivité Afrique, qui a vu le
jour à la suite du Sommet du G8 en 2002.
■
En juin 2005, le CRDI a pris part à la rencontre des
ministres de la Santé et de l’Environnement des
Amériques à Mar del Plata, en Argentine, où Jean Lebel,
directeur du domaine de programme Environnement et
gestion des ressources naturelles du CRDI, a exposé aux
participants l’approche écosanté adoptée par le Centre.
Avant cette rencontre, et en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Environnement de l’Argentine, le
CRDI a organisé un atelier de formation régional à l’intention de responsables des politiques, d’organismes de
la société civile et de représentants d’Environnement
Canada et de Santé Canada. À cette occasion, le Centre
a annoncé l’attribution de deux importantes subventions.
[ 16 ]
L’ I N S T I T U T I O N
accords de paix. UNIFEM-Nairobi et la Commission de
l’Union africaine sur la médiation cofinancent ce projet.
Consultation
■
Le 18 avril, la présidente du Centre et le vice-président,
Programmes, du CRDI ont pris part aux discussions du
Fonds monétaire international (FMI) relatives à un nouveau programme d’action dans les Caraïbes. C’est Kevin
Lynch, alors directeur exécutif du Bureau du Canada au
FMI et aujourd’hui greffier du Conseil privé, qui a
accueilli l’événement. Parmi les autres Canadiens qui y
ont assisté, soulignons la présence de David Dodge,
gouverneur de la Banque du Canada; de Marcel Massé,
directeur exécutif pour le Canada, Banque mondiale; et
de représentants du Centre pour l’innovation dans la
gouvernance internationale. Les discussions ont porté
principalement sur le rôle que pourrait jouer le Canada
pour donner un second souffle à la croissance et au
développement des Caraïbes.
■
Le CRDI a été invité à conseiller le Haut-Commissariat
des Nations Unies aux droits de l’homme sur l’établissement d’un système intégré de planification, de suivi et
d’évaluation pour ce bureau. Les discussions qui ont eu
lieu à Genève en avril et mai 2005 ont abouti à des
recommandations qui sont en voie d’être mises en
oeuvre. Les bailleurs de fonds du Haut-Commissariat ont
augmenté leur soutien par suite de la publication du
plan d’action.
■
En mai, Venâncio Massingue, ministre de la Science et de
la Technologie du Mozambique et partenaire de longue
date du CRDI, et Rohinton Medhora, vice-président,
Programmes, du CRDI, ont comparu devant le Comité
sénatorial permanent des affaires étrangères pour présenter la nouvelle politique scientifique et technologique du
Mozambique et des activités du CRDI en Afrique.
■
Le CRDI a été invité au Forum économique mondial,
tenu du 25 au 29 janvier 2006 à Davos en Suisse. La
présidente, qui représentait le Centre, a participé à une
séance sur le changement des mentalités et des attitudes
(New Mindsets and Changing Attitudes) et à deux
réunions-débats, l’un sur le financement de la démocratie
(Purse Strings and Democracy) et l’autre sur la dimension
locale de l’investissement étranger direct (Foreign Direct
Investment Goes Local). Le Forum a fourni une tribune
où l’action concertée peut susciter des solutions
novatrices aux problèmes mondiaux. Les propos de
Maureen O’Neil ont été cités dans un article paru dans
The Financial Times, le 25 janvier.
■
Le CRDI a appuyé la participation de trois de ses partenaires de recherche du Bangladesh, de l’Égypte et du
Mexique à une table ronde parrainée par Commerce
international Canada, les 2 et 3 mars 2006. Pour la
troisième fois, le CRDI a fait valoir le point de vue des
pays du Sud à cette rencontre sur les TIC devant un
groupe de hauts fonctionnaires et d’analystes internationaux triés sur le volet.
■
La présidente du CRDI, Maureen O’Neil, a accepté
une invitation à se joindre au Conseil consultatif sur
la responsabilité sociale des entreprises d’Exportation
et développement Canada.
Accueil et coordination
■
Au nom du gouvernement du Canada, Industrie Canada
a demandé au CRDI de coordonner l’organisation du
Pavillon du Canada à la deuxième phase du Sommet
mondial sur la société de l’information (SMSI), tenu en
Tunisie en novembre. Utilisé conjointement par le Centre
canadien de ressources en cyberpolitiques, le CRDI,
Industrie Canada et Statistique Canada, le pavillon faisait
partie de l’exposition ICT4all (TIC pour tous), carrefour de
pièces exposées, d’ateliers et de démonstrations sur la
dimension humaine des TIC.
■
Le 9 décembre, à la Conférence des Nations Unies sur les
changements climatiques tenue à Montréal, le CRDI a
L’ I N S T I T U T I O N
[ 17 ]
Le stand du CRDI au Pavillon du
Canada au Sommet mondial sur la
société de l’information, tenu en
Tunisie.
CRDI
INFORMER LE CANADA ET LE MONDE
Faire connaître les résultats
de la recherche qu’il appuie
est primordial pour le CRDI.
Divers moyens servent cet
objectif, notamment un site
Web, des rapports, des livres,
des colloques, des réunions,
les relations gouvernementales et parlementaires et
des activités d’affaires
publiques. Un mensuel
électronique, le Bulletin
du CRDI, a été lancé en
2005–2006. La participation
à des événements
d’envergure nationale ou
internationale, comme le
Sommet mondial sur la
société de l’information et
le Forum mondial de l’eau,
donne au CRDI d’autres
occasions de faire connaître
les résultats de ses recherches
et de former des partenariats
stratégiques.
Le Centre s’efforce de
fournir une information
équilibrée afin de permettre
aux publics intéressés du
Nord et du Sud de mieux
comprendre les enjeux du
développement international, l’importance de la
recherche et la contribution
du CRDI au développement
durable et équitable. Les
médias jouent un rôle
important dans la communication de ce que fait
le CRDI. En 2005–2006, le
Centre a fait l’objet de
270 reportages dans les
médias grand public du
Canada; sur la scène internationale, 386 reportages
ont parlé du CRDI et
touché, selon les estimations, 12,8 millions de
personnes.
Pour assurer un vaste accès
aux résultats de recherche
qu’il appuie, le CRDI confie
la publication de ses livres à
des éditeurs universitaires et
« Le CRDI fera connaître à la population
canadienne l’importance cruciale de la
coopération internationale en recherche
dans une économie mondiale de plus en
plus interdépendante et il l’informera des
résultats obtenus grâce à l’action du
Centre. » SG+CP 2005–2010 (SG, par. 76)
commerciaux partout dans
le monde. Le Centre conserve toutefois les droits de
parution en ligne. La version
intégrale des nouveaux
ouvrages est publiée sur le
site Web du CRDI et sur
cédérom. En 2005–2006,
21 nouveaux titres ont été
ajoutés. En outre, le CRDI a
signé des ententes de distribution et de marketing avec
un certain nombre de fournisseurs de livres électroniques. Tant l’Université des
Nations Unies que l’Union
mondiale pour la nature ont
L’APERÇU STATISTIQUE — LES COMMUNICATIONS INSTITUTIONNELLES
EN 2005–2006
21
publications du CRDI
et ouvrages en
coédition
9
6
6
Environnement et
gestion des ressources
naturelles
Technologies de
l’information et de la
communication au service du développement
Politique
sociale et
économique
250
11 445
72 000 000
livres en texte intégral
en ligne (publications
gratuites)
abonnés au Bulletin
du CRDI
de consultations de
pages Web du CRDI
[ 18 ]
L’ I N S T I T U T I O N
6 000 000
de pages Web
consultées chaque
mois en moyenne
cité le modèle de coédition
numérique et imprimée du
CRDI comme étant une
approche exemplaire de
l’édition savante (voir
www.crdi.ca/livres).
■
■
Le CRDI a tenu un atelier au Symposium sur le commerce et le développement organisé à Hong Kong le
17 décembre, en marge de la Sixième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce. Au
cours de cette séance, « Rationalisation des accords
régionaux dans le Sud — l’avant et l’après Hong Kong »,
les chercheurs parrainés par le CRDI ont affirmé que les
accords commerciaux régionaux et bilatéraux se poursuivraient vraisemblablement.
En janvier 2006, le CRDI a accueilli John Githongo,
ancien secrétaire permanent auprès du Bureau du président du Kenya pour les questions de gouvernance et
d’équité, et un des membres fondateurs de la section
Kényane de Transparency International. Militant anticorruption parmi les plus réputés d’Afrique, M. Githongo
a parlé des liens entre la politique, la démocratie et la
corruption en Afrique et de son expérience de ces enjeux
au Kenya, et il a rencontré des représentants d’Affaires
étrangères Canada et de l’ACDI.
Des responsables des politiques du Canada qui ont
assisté au Forum mondial de l’eau à Mexico, en mars,
ont beaucoup appris du personnel du Centre et de ses
partenaires sur la recherche financée par le CRDI dans les
diverses régions du monde. Le stand du CRDI est devenu
le point de rencontre de nombre de participants, dont les
membres de la délégation canadienne qui s’y réunissaient
tous les matins.
La participation
des Canadiens
En juin, le Centre a financé un colloque de deux jours
sur la recherche coopérative, dans le cadre d’un partenariat stratégique avec l’Association des universités et
collèges du Canada (AUCC) en vue d’internationaliser la
recherche canadienne. Le colloque de l’AUCC, organisé
en collaboration avec l’Association canadienne d’études
du développement international et la Coalition canadienne
pour la recherche en santé mondiale, a rassemblé des
chercheurs provenant de 16 pays et de toutes les régions
du Canada.
■
En 2005–2006, le CRDI a créé un Bureau des conférenciers. Constance Freeman, directrice du Bureau
régional de l’Afrique orientale et australe, a fait une
tournée de l’Ouest canadien en juin au cours de laquelle
elle a parlé de l’érosion de la dépendance des pays
africains sur le Nord. En octobre, Richard Fuchs, directeur
du domaine de programme Technologies de l’information
et de la communication au service du développement, a,
quant à lui, fait une tournée du Canada atlantique pour
parler du pouvoir de transformation des TIC dans nos
sociétés.
■
Le CRDI et les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques (RCRPP) ont organisé un colloque afin
de mettre en commun les résultats du projet Dialogue
pour la jeunesse brésilienne, qui a bénéficié de l’appui
financier du CRDI. Le colloque a réuni responsables de
gouvernements, analystes de politiques, universitaires
et dirigeants du secteur bénévole intéressés à échanger
sur la démocratie, l’engagement citoyen et la jeunesse.
Ce projet a aussi été présenté à la Conférence des
Amériques dans le cadre du Forum social mondial, tenu
à Caracas, au Venezuela, du 24 au 29 janvier 2006.
Inspirés par le succès des dialogues entre jeunes
brésiliens, les RCRPP ont tenu leurs premiers Dialogue
et Sommet, à Ottawa, en novembre 2005. Plus de
144 jeunes Canadiens de toutes les régions du pays y
ont assisté. Les résultats de ces dialogues ont été présentés lors d’un colloque organisé en mars 2006 à l’intention de représentants de gouvernements, de chercheurs
spécialisés dans le domaine des politiques publiques,
d’universitaires et de dirigeants du secteur bénévole du
Canada et du Brésil.
Afin d’inciter les Canadiens à prendre part aux discussions
sur les enjeux du développement international et de favoriser
la mise en commun des connaissances, le CRDI organise des
événements et des conférences auxquels il participe également. En 2005–2006, il a notamment mené à bien les
activités suivantes :
L’ I N S T I T U T I O N
[ 19 ]
John Githongo, ancien secrétaire
permanent auprès du Bureau
du président du Kenya pour les
questions de la gouvernance et
d’équité
CRDI : N. Robitaille
■
■
RCRPP
accueilli un panel-discussion réunissant des représentants
de l’Institut international du développement durable, du
Canada, et de l’Institut de l’énergie et des ressources, de
l’Inde, pour échanger sur la recherche effectuée dans ces
deux pays sur l’élaboration de politiques adaptatives,
c’est-à-dire la conception de politiques publiques qui
peuvent être adaptées aux conditions nouvelles suivant
l’évolution du climat au fil du temps.
iStockphoto
LA PROMOTION DE LA PARTICIPATION DES CANADIENS
Le programme des Partenariats canadiens de la Division des
initiatives spéciales est une pièce maîtresse de la programmation du Centre et des relations partenariales qu’il entretient avec les Canadiens et les établissements du Canada.
Ayant pour vocation de répondre aux propositions de
chercheurs canadiens et de membres de la société civile, le
programme facilite et appuie l’établissement de liens avec
l’ensemble des pays du Sud
et permet aux partenaires
« Le Centre fera également appel à un vaste éventail
de mieux tenir compte des
d’intervenants de la société civile, tant ceux qui
enjeux du développement
s’intéressent directement au développement
international dans leurs
international que les citoyens du monde qui se
activités. En 2005–2006, le
soucient de la production et de la libre diffusion du
programme recevait 3,1 milsavoir. » SG+CP 2005–2010 (SG, par. 72)
lions de dollars du total
des affectations de programme du CRDI qui se chiffraient à
113,5 millions de dollars.
La Stratégie des partenariats canadiens 2005–2010 a déterminé cinq grands types d’activité : partenariats fondamentaux avec des organismes comme l’Association des universités
et collèges du Canada (AUCC); appui institutionnel à des
établissements de recherche comme L’institut Nord-Sud
d’Ottawa; dotations à des universités pour la création de
chaires d’études ou à l’appui de cycles de conférences; des
programmes de petites subventions de recherche et d’activités liées à l’acquisition de connaissances; et d’autres
activités, comme des échanges, qui mettent en contact
des partenaires du Canada et de pays du Sud.
Quelques exemples
■
Un colloque organisé par l’AUCC, en juin 2005, grâce au
soutien financier du CRDI, avait pour thème les multiples
répercussions des partenariats de recherche Nord–Sud.
Plus de 100 représentants d’universités canadiennes et
de pays en développement, d’organismes subventionnaires de la recherche et de ministères du gouvernement
fédéral ont pris part à des discussions sur l’incidence de
la recherche concertée sur les politiques, les enjeux du
développement, le renforcement des capacités de
recherche ainsi que sur les chercheurs et les équipes
de recherche.
[ 20 ]
L’ I N S T I T U T I O N
■
Les étudiants de 10 universités canadiennes ont participé
à Insight 2005, Conférence nationale des étudiants canadiens en études du développement international, dont la
deuxième édition a eu lieu à London, en Ontario, en juin
2005, grâce à l’appui du CRDI et de l’Association canadienne d’études du développement international. Le
soutien du Centre a contribué au lancement de
Undercurrent, revue canadienne d’études de premier
cycle du développement. (www.undercurrentjournal.ca/
2004II1 - body.pdf) C’était l’un des quelque 90 petits
projets de recherche et activités liées à l’acquisition de
connaissances que le CRDI a parrainés dans diverses
régions du Canada en 2005–2006.
■
En octobre 2005, le gouvernement canadien a créé un
Comité directeur et groupe consultatif, présidé par
Affaires étrangères Canada, afin d’organiser cinq tables
rondes dans diverses régions du Canada pour étudier les
questions soulevées dans le rapport présenté par le Souscomité des droits de la personne et du développement
international au Comité permanent des affaires étrangères
et du commerce international. Ce rapport, intitulé
L’exploitation minière dans les pays en développement —
La responsabilité sociale des entreprises, réclame l’adoption d’une loi pour régir les activités des sociétés minières
canadiennes dans les pays en développement. Le groupe
consultatif est formé de 13 membres, dont des universitaires ainsi que des représentants de l’industrie minière
et de divers organismes de la société civile. Deux de ses
membres, Bonnie Campbell, professeure à l’Université du
Québec à Montréal, et Catherine Coumans, de Mines
Alerte Canada, travaillent sur le dossier des mines depuis
2003 avec l’appui des Partenariats canadiens.
Honneurs et distinctions
■
■
■
Jean-Guy Paquet, membre du Conseil des gouverneurs
du CRDI, a été élevé au rang de Grand officier de
l’Ordre national du Québec, le 22 juin 2005, en
reconnaissance de sa contribution à l’épanouissement du
Québec. Ce scientifique et homme d’affaires canadien,
qui a été recteur de l’Université Laval, est récipiendaire
de plusieurs autres distinctions. L’Ordre national du
Québec est la plus haute distinction décernée par le
gouvernement du Québec.
Le 6 août, M.S. Swaminathan, partenaire de longue
date du CRDI et président de la Fondation de recherche
M.S. Swaminathan, s’est vu décerner le prix Hiroshima
de la paix en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la paix dans le monde fondée sur son noble
engagement humaniste. Pour avoir amorcé en Inde la
révolution verte et évité ainsi les famines récurrentes
dans son pays, le professeur Swaminathan a aussi reçu,
en janvier 2006, le Prix du Congrès scientifique indien.
Zoubida Charrouf, dont la recherche a été subventionnée par le CRDI, a reçu le prestigieux Trophée de la
Solidarité pour avoir amélioré la vie des femmes dans
les villages de Tamanar et de Tidzi, au Maroc. C’est à elle
qu’est attribuable l’établissement des toutes premières
coopératives de production d’huile d’argan du pays. Le
Trophée de la Solidarité est décerné chaque année par
Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
■
En septembre, l’organisme Development through
Access to Network Resources (D.Net) a été nommé
lauréat du prix Genre et TIC 2005 pour le succès de
son projet de ligne téléphonique d’assistance réservée
aux populations défavorisées, la Pallitathya. Le CRDI
appuie le travail de D.Net au Bangladesh par l’entremise
de son programme Réseaux Pan Asie.
■
Le gouvernement de la Chine a décerné le Prix de
l’amitié à Stephen Tyler pour le travail qu’il a accompli
dans le cadre d’un projet de gestion des ressources en
eau dans le bassin du fleuve Tarim, financé par le CRDI.
Ce prix est accordé chaque année à un petit nombre de
spécialistes étrangers qui ont contribué à l’avancement
scientifique et au développement économique de la
Chine. M. Tyler était auparavant directeur du programme
Gestion communautaire des ressources naturelles; il est
présentement à l’Université de Victoria.
■
En octobre, le scientifique indien et partenaire du CRDI
Modadugu Gupta s’est vu décerner le Prix mondial de
l’alimentation 2005 pour ses travaux visant à améliorer
la nutrition grâce à l’expansion de l’aquiculture et des
élevages piscicoles en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est.
M. Gupta a reçu cette distinction pour l’excellence de ses
travaux, échelonnés sur trois décennies, au WorldFish
Center, un organisme membre du Groupe consultatif
pour la recherche agricole internationale.
■
En décembre, Angela Cropper, membre du Conseil des
gouverneurs du CRDI, a remporté le prix Zayed pour
l’action environnementale ayant une incidence
positive sur la société. Mme Cropper, cofondatrice et
présidente de la Fondation Cropper, dont le siège est à
Trinité-et-Tobago, partage ce prix avec Emil Salim, ancien
ministre d’État à la Population et à l’Environnement de
l’Indonésie.
■
Sombath Somphone, lauréat du prix Ramon
Magsaysay 2005 (le « Nobel de l’Asie ») dans la
catégorie Leadership communautaire, et fondateur du
Centre de formation en développement participatif au
Laos, a été chargé du projet des Réseaux Pan Asie du
CRDI sur l’établissement de liaisons numériques
rurales–urbaines au Laos.
■
En janvier 2006, Ronnie Vernooy, spécialiste de programmes principal au CRDI, a reçu la plus prestigieuse
distinction que la Mongolie décerne pour l’environnement, en reconnaissance de ses travaux à l’appui
de la gestion communautaire durable des ressources
naturelles. Trois autres membres de l’équipe de chercheurs
ont aussi reçu une mention spéciale pour la qualité de
leurs travaux dans le cadre du projet Gestion durable des
ressources naturelles communes en Mongolie, lequel en
est présentement à sa troisième phase.
■
Amanda Vincent, partenaire du CRDI et directrice
du Projet hippocampe à l’Université de la ColombieBritannique, est au nombre des six lauréats du 51e prix
Chevron pour la préservation. Le CRDI appuie les
travaux d’Amanda Vincent depuis 2000 dans le cadre du
projet Comprendre et améliorer les zones de protection
marines dans les Philippines.
L’ I N S T I T U T I O N
[ 21 ]
{
La programmation du CRDI
– Un réseau multidisciplinaire
CRDI : F. Gutierrez
Dans son dernier ouvrage, Identity and Violence, le lauréat
du prix Nobel d’économie Amartya Sen souligne l’importance de politiques publiques judicieuses dans une variété
de domaines apparemment sans liens — éducation et littératie, épidémiologie, réforme agraire, accès au crédit, institutions juridiques, notamment — afin que le développement
puisse se concrétiser pour le bien commun. C’est ce type
d’interdépendances, écrit-t-il, qu’il faut bien comprendre et
mettre à profit pour résorber les inégalités et les asymétries
qui caractérisent l’économie mondiale.
Bien que les programmes du Centre s’articulent autour de
quatre grands domaines, il est important de mettre en relief
les liens qui existent entre eux, car aucun des graves problèmes de développement qui sévissent aujourd’hui ne peut
être envisagé d’un seul point de vue. Les quatre domaines
de programme du CRDI — Environnement et gestion des
ressources naturelles; Technologies de l’information et de la
communication au service du développement; Innovation,
politique et science; Politique sociale et économique —
n’agissent pas en vase clos. Au contraire, les intervenants
du Sud et le Centre abordent les enjeux cruciaux conjointement — et, croyons-nous, plus efficacement — justement
parce que le CRDI reconnaît que les projets fructueux sont
ceux qui reposent sur des investissements durables dans les
capacités locales et ce, dans une vaste gamme d’institutions
et de disciplines.
Les liens horizontaux entre les programmes du Centre tissent
un réseau solide, parfois invisible, qui contribue à l’harmonie
du tout. L’appui que le Centre accorde aux projets axés sur
l’utilisation d’ordinateurs de poche pour la collecte et l’analyse
de données en Ouganda est géré concurremment par les
experts du Centre en matière de TIC et de systèmes de
santé, et il n’est efficace que parce que le même lien est
recréé sur le terrain. Les activités dans le domaine du commerce et de l’agriculture, et de la chaîne d’approvisionnement des supermarchés, résultent de l’action concertée
des spécialistes des systèmes commerciaux et agricoles.
L’expansion du Programme d’économie environnementale
pour l’Asie du Sud-Est (EEPSEA) ailleurs dans le monde est
dirigée par le personnel et les établissements qui comblent
l’important écart qui existaient dans ces régions. De même,
les activités naissantes sur la « nouvelle économie » et la
promotion du secteur des TIC « en faveur des pauvres et
de la croissance », sont l’oeuvre collective de groupes bien
placés pour considérer les problèmes conjointement plutôt
que de le tenir pour « le leur » propre.
La structure de la programmation facilite la collaboration
entre les programmes. À vrai dire, l’organisation des
programmes du Centre en une structure dite matricielle a
CRDI : M. Valberg/Valberg Imaging
{
La programmation du CRDI
Un réseau multidisciplinaire
Rohinton Medhora, vice-président, Programmes
pour objectif de trouver un juste équilibre entre les impératifs de la multidisciplinarité et l’efficacité des interventions.
Bien que tout le personnel de programme du Centre soit
spécialisé selon les thèmes ou les régions, bon nombre sont
affectés à plus d’un programme. De plus, des « modes
souples de financement », auxquels ont été réservés 13 %
du budget des programmes, facilitent les activités transversales. Enfin, l’organisation des programmes proprement dits,
en fonction de thèmes plutôt que selon des domaines de
connaissances, conjuguée au solide appui du Conseil des
gouverneurs et de la haute direction pour cette démarche,
fait en sorte que la programmation du CRDI, centrée sur
les enjeux, ne se perd jamais dans un dédale d’arguties
techniques.
Il est un autre aspect important de la programmation du
CRDI où la transversalité entre en jeu, et c’est dans le rôle
que jouent les établissements canadiens quant à la conception, au soutien et à l’exécution des programmes. Par
l’entremise des Partenariats canadiens et du Programme de
formation et de bourses, certes, mais aussi grâce au jugement professionnel des nombreux spécialistes affectés aux
différents programmes, les partenariats formés avec les institutions canadiennes les plus diverses font que l’on retrouve,
comme on le dit parfois, « le Canada dans le monde et le
monde au Canada ».
Lors d’une récente visite au Centre, Amartya Sen a parlé des
piliers essentiels de la démocratie mondiale, à savoir, des
débats public éclairés et généralisés entre groupes et particuliers de tous horizons. Bien modestement, c’est ce que
tentent de faire les programmes du Centre, tels qu’ils sont
décrits dans ce rapport par leurs directeurs.
Rohinton Medhora
vice-président, Programmes
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
[ 23 ]
Les programmes (en date du 31 mars 2006)
[ Domaines de programme ]
155
nouveaux projets de
recherche financés
491
projets en cours
395
institutions parrainées
en 2005–2006
419
institutions financées
présentement
Environnement et
gestion des ressources
naturelles
Technologies de
l’information et de la
communication au service
du développement
Écosystèmes et
santé humaine
TIC-D Afrique –
Acacia/Connectivité Afrique
Mondialisation, croissance
et pauvreté (approuvé en
(approuvé en novembre 2004)
(approuvé en mars 2006)
octobre 2005)
Pauvreté rurale et
environnement
TIC-D Amériques –
■ Institut pour la connectivité dans les Amériques
Gouvernance, équité et
santé (approuvé en mars 2006)
■ Recherche pour la lutte
mondiale contre le tabac
(approuvé en novembre 2004 )
Pauvreté urbaine et
environnement
(approuvé en mars 2005)
■
Secrétariat de gestion
de l’environnement
Secrétariat du Réseau
international de forêts
modèles
Innovation, politique
et science
(approuvé en mars 2005)
(approuvé en mars 2006)
■
Pan Amériques
Politique sociale
et économique
Paix, conflits et
développement (approuvé
TIC-D Asie –
Réseaux Pan Asie
en novembre 2004)
(approuvé en mars 2006)
Droits des femmes et
participation citoyenne
Secrétariat international
Bellanet
(approuvé en mars 2006)
Programme d’économie
environnementale pour
l’Asie du Sud-Est
[ Projets d’envergure ]
Initiative de recherche sur
les politiques minières
telecentre.org
Nouvelles technologies
Recherche sur les systèmes
de connaissances
[ Initiatives spéciales ]
Partenariats canadiens
Formation et bourses
Fonds pour les services d’experts et de consultation
Fonds pour la bonne gouvernance au Moyen-Orient
Fonds de bourses d’études pour les réfugiées palestiniennes au Liban
[ 24 ]
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
E N V I R O N N E M E N T E T G E S T I O N D E S R E S S O U R C E S N AT U R E L L E S
L’évolution du développement durable
Le CRDI a été désigné dépositaire des archives de la
Commission Brundtland et, au cours des deux décennies qui
se sont écoulées depuis, il a continué d’expérimenter de
nouveaux moyens de réaliser la promesse du développement
durable. Comme le fait remarquer Jean Lebel, directeur du
domaine de programme Environnement et gestion des
ressources naturelles (EGRN) du CRDI, il est devenu clair avec
le temps que la définition du développement durable est en
constante évolution.
« Les exemples abondent sur la définition généralement
admise du développement durable, ce que c’est, comment
le mettre en oeuvre, mais personne ne s’entend sur les
moyens d’y parvenir, explique-t-il. Une solution qui convient
dans un pays d’Afrique peut nous informer sur l’approche
d’un problème en Amérique latine, mais même si le procédé
peut être semblable, la solution sera sans doute fort
différente. »
La lutte contre le paludisme, par exemple, exige « des
médicaments adaptés au contexte plutôt qu’une panacée,
un projectile d’argent comme on entend de plus en plus,
parce que le paludisme est une maladie liée à un environnement donné et aux conditions sociales qui y prévalent »,
précise M. Lebel.
Une démarche multidisciplinaire
Toutefois, l’équipe d’EGRN sait parfaitement quelles
méthodes devraient donner des résultats, quel que soit le
contexte. D’abord, les projets de recherche financés par le
CRDI sont multidisciplinaires, c’est-à-dire qu’ils réunissent
des compétences diverses applicables à des enjeux environnementaux et sociaux qui ont invariablement de multiples
dimensions. De plus, la recherche parrainée par le CRDI
repose sur une démarche à intervenants multiples qui met à
contribution toutes les parties prenantes dans l’exploration
de solutions réalisables.
CRDI : M. Valberg/Valberg Imaging
Le « développement durable » est un terme largement
utilisé dont la signification diffère selon qui l’emploie.
Notre avenir à tous, rapport de la Commission Brundtland
paru en 1987, définit le développement durable comme
« un développement qui répond aux besoins du présent
sans compromettre la capacité des générations futures de
répondre aux leurs ». Le concept renvoie à la nécessité
de satisfaire aux besoins économiques et aux aspirations
sociales de l’humanité tout en préservant l’environnement
dont ces aspirations sont inévitablement tributaires.
Jean Lebel, directeur du domaine de programme Environnement
et gestion des ressources naturelles
« L’action du domaine de programme EGRN est
centrée sur les grands défis posés par les liens
complexes entre, d’une part, le bien-être humain et,
d’autre part, la mondialisation, le développement
et la dégradation des ressources naturelles. »
SG+CP 2005–2010 (CP, par. 36)
Les exemples ne manquent pas non plus quant aux
impressionnants résultats, souvent inattendus, auxquels ce
processus peut donner lieu. Ainsi la Bolivie en était à sa
trente-deuxième tentative de réforme de la loi nationale sur
l’eau en vue de répartir plus équitablement des ressources
en eau limitées entre les municipalités, le secteur industriel,
les collectivités autochtones et les agriculteurs pauvres du
pays. Des chercheurs boliviens, parrainés par le CRDI, ont
mis au point un nouveau processus faisant appel à des outils
de modélisation hydrologique et à une vaste consultation
sociale pour en arriver finalement à un consensus qui a eu
raison de l’impasse et a permis l’adoption d’une nouvelle loi
sur l’irrigation. Poursuivant sur cette lancée, les chercheurs
ont élaboré des règlements en vue de l’application de la loi
et les ont mis à l’essai; ils se penchent aujourd’hui sur les
questions de la qualité de l’eau et la gestion des eaux
transfrontalières.
De même, en 2005, l’Organisation panaméricaine de la
santé a remarqué comment un projet financé par le CRDI
depuis la fin des années 1990 avait permis à des collectivités
du Mexique de satisfaire à une disposition de l’accord
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
[ 25 ]
DOMAINE DE PROGRAMME EGRN, 2005–2006
24 415 000 $
contribution du CRDI
CRDI : Y. Beaulieu
CRDI : L. Guénette
93
4 405 000 $
contribution d’autres
bailleurs de fonds
parallèle sur l’environnement de l’ALENA exigeant l’élimination du DDT dans la lutte contre le paludisme. Les chercheurs
ont conçu une solution multiple qui associe des techniques
substitutives de la pulvérisation des maisons, l’utilisation de
systèmes d’information géographique pour une surveillance
centralisée et la participation massive des villageois afin de
réduire le nombre de gîtes à moustiques. Résultat : le programme de lutte contre le paludisme a connu un tel succès
que l’utilisation du DDT était chose du passé avant même
que le nouveau règlement entre en vigueur. Aujourd’hui, la
formule mexicaine est le modèle qui inspire un nouveau
programme de lutte antipaludique dans toute l’Amérique
centrale.
EGRN intervient principalement par l’entremise de trois programmes. Écosystèmes et santé humaine s’intéresse aux
recoupements entre la dégradation de l’environnement et le
mauvais état de santé — question urgente puisque 21 %
des maladies évitables, comme la diarrhée et les infections
respiratoires aiguës, sont directement attribuables aux conditions du milieu. Pauvreté urbaine et environnement repose
sur les 20 années d’expérience du CRDI en agriculture
urbaine et se concentre sur des thèmes comme l’eau et
l’assainissement, la gestion des déchets solides et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles. Ce programme se penche
sur des problèmes exacerbés par l’explosion démographique
urbaine, la population des villes étant passée de 33 % de la
population mondiale à 47 % depuis 1972. Quant au programme Pauvreté rurale et environnement, il explore les
questions liées à la dépendance des pauvres en milieu rural
dans les pays en développement à l’égard du patrimoine
naturel qui y est de plus en plus menacé.
Les succès enregistrés dans ces collectivités ont montré
qu’une meilleure gestion de l’environnement peut améliorer
la santé humaine. Ils font aussi en sorte qu’on se demande
s’il est possible de « mettre à l’échelle » ces progrès locaux
pour en étendre le retentissement au reste du monde. C’est
[ 26 ]
activités de
recherche
approuvées en
2005–2006
253
activités de
recherche en
cours à la fin
de l’exercice
« Les changements ainsi occasionnés aux écosystèmes
ont contribué à des gains nets substantiels sur le
niveau du bien-être de l’Homme et le développement économique, mais ces gains ont été acquis de
manière croissante au prix d’une dégradation de
nombreux services d’origine écosystémique, de
risques accrus d’apparition de changements nonlinéaires et de l’accentuation de la pauvreté pour
certaines catégories de personnes. Ces problèmes, à
moins d’y trouver une solution, auront pour effet
de diminuer de manière substantielle les avantages
que les générations futures pourraient tirer des
écosystèmes. » Rapport de synthèse de l’Évaluation des
écosystèmes pour le Millénaire, p. 16
à cette fin qu’EGRN a lancé le projet Recherche sur les villes
ciblées, qui explorera et favorisera l’adoption de pratiques
exemplaires afin d’alléger les pressions sur l’environnement
dans les zones urbaines défavorisées. D’autres travaux en
cours — dont un projet mené en Jordanie, axé sur la conservation de l’eau et l’augmentation du revenu des ménages
par la réutilisation des « eaux grises » — ont suscité un vif
intérêt sur la scène internationale.
Jean Lebel sait qu’il y aura d’autres défis à relever. « Il faut
envisager la possibilité que les bailleurs de fonds se lassent
de soutenir le développement durable », fait remarquer
M. Lebel. Pourtant, l’application de démarches éprouvées à
de nouveaux enjeux mondiaux — le rôle de facteurs
environnementaux dans la propagation de la grippe aviaire
et l’incidence des changements climatiques en Afrique sont
deux de ces défis auxquels EGRN fait face — indique que
le CRDI restera une voix prédominante dans les débats
internationaux cruciaux sur les enjeux sociaux et
environnementaux.
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
T E C H N O L O G I E S D E L’ I N F O R M AT I O N E T D E L A C O M M U N I C AT I O N A U S E R V I C E D U D É V E L O P P E M E N T
De l’accès à la mise en application
Outre des avantages considérables pratiques, ces appareils
ont eu un effet remarquable sur l’état d’esprit des travailleurs de première ligne. « Certaines personnes en sont
venues à tirer gloire de leur utilisation d’un ANP », explique
Richard Fuchs, directeur du domaine de programme Technologies de l’information et de la communication au service
du développement (TIC-D). « Les travailleurs de la santé en
milieu rural ont ainsi rehaussé leur estime de soi et éprouvé
un sentiment d’appartenance à leur profession parce que
l’accès à cette technologie les met en contact avec leurs
collègues des villes et avec le reste du monde. »
De tous les coins de la terre nous parvient une profusion de
récits racontant comment d’autres recherches financées par
le CRDI ont permis d’adopter des technologies novatrices,
« et pas uniquement parce qu’elles sont géniales », comme
le dit Richard Fuchs, mais parce qu’elles répondent à un
urgent besoin social. Partout en Afrique, des personnes
atteintes de tuberculose reçoivent régulièrement des appels
sur leur téléphone cellulaire pour leur rappeler de prendre
leurs médicaments, augmentant ainsi les chances de succès
d’un traitement médical qui exige le respect rigoureux
des horaires de prise prescrits. Au Sénégal, le revenu des
paysans a augmenté de 200 dollars par mois après que les
cellulaires leur eurent donné accès aux prix des marchandises
sur les marchés urbains. Aux Philippines, des administrations
municipales utilisent le téléphone mobile afin de s’acquitter
plus systématiquement de leur obligation de rendre compte
aux citoyens.
Des avantages généralisés
Ces exemples illustrent la nouvelle orientation que le CRDI a
imprimée à ses activités en matière de TIC. Ces dernières
années, une de ses principales préoccupations a été de
combler ce qu’on a appelé le « fossé numérique ». En
Amérique latine, l’accès aux TIC n’était pas le même en
milieu urbain et en milieu rural tandis qu’en Asie, la division
s’est faite surtout entre les pays technologiquement avancés
CRDI : M. Valberg/Valberg Imaging
Dans les régions rurales de l’Ouganda, un nouvel allié a joint
les rangs dans la lutte contre les maladies. C’est l’assistant
numérique personnel, ou ANP, un ordinateur de poche peu
coûteux destiné aux travailleurs de la santé et qui permet
d’établir des communications sans fil entre des districts
éloignés, les centres de santé régionaux et le ministère de la
Santé dont le siège est à Kampala, la capitale. Le diagnostic
des patients peut ainsi être établi plus rapidement, l’envoi
de médicaments et de fournitures se fait à temps et il est
parfois possible d’éviter une crise grave.
Richard Fuchs, directeur du domaine de programme Technologies de
l’information et de la communication au service du développement
et les pays plus néophytes. L’Afrique, entre-temps, avait été
grandement exclue de la révolution numérique. Aussi le
CRDI a-t-il soutenu la recherche sur ce continent avec l’intention première d’y répondre plus largement les avantages des
TIC, en partie pour que les
collectivités marginalisées
« Dans le CGSP en vigueur, les deux piliers de l’action
aient voix au chapitre quant
dans ce domaine sont l’universalité de l’accès et
à l’évolution et au rôle
des avantages et l’économie de l’information. Les
social des TIC chez eux.
consultations en vue de la SG+CP 2005–2010 ont
indiqué que les partenaires du CRDI s’attendent à ce
Aujourd’hui, l’utilisation des
que le Centre continue d’exercer son leadership dans
nouvelles technologies de la
ces champs de recherche, en mettant tout spécialecommunication est bien
ment l’accent sur les avantages qui en découleront
implantée. L’Inde, par
pour les pays en développement et sur la contribuexemple, compte trois miltion que ces derniers pourront apporter à la
lions de nouveaux abonnés
nouvelle économie de l’information. »
au téléphone mobile par
(SG+CP 2005–2010, CP, par. 64)
mois. Comme cette popularité accrue fait chuter les prix, les TIC deviendront presque
assurément abordables pour un plus grand nombre de
personnes. La question — pour les chercheurs des pays en
développement parrainés par le CRDI — consiste désormais
à déterminer comment l’explosion numérique peut être mise
à profit pour répondre aux urgents besoins sociaux dans des
domaines comme la santé, l’éducation, la gouvernance et la
diminution de la pauvreté.
Le projet mené en Ouganda n’est qu’un exemple parmi
d’autres de la manière dont le domaine de programme
TIC-D concrétise les grands objectifs du Centre. Le succès
de ce projet qui a permis d’améliorer le système de santé
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
[ 27 ]
LE DOMAINE DE PROGRAMME TIC-D EN 2005–2006
21 404 000 $
UHIN
CRDI : L. Barnola
contribution du CRDI
7 640 000 $
contribution d’autres
bailleurs de fonds
témoigne clairement de son incidence sur l’environnement.
Mais il a eu aussi des retombées économiques : lorsque les
fabricants des routeurs des systèmes ougandais ont quitté le
pays pour se concentrer sur les marchés européens, une
entreprise africaine a pris la relève et a proposé une version
moins coûteuse et plus durable de la technologie.
En outre, ce projet a favorisé les échanges entre les établissements des pays en développement et ceux du Canada,
ce qui est un objectif explicite du CRDI. Au début, les
Ougandais apprenaient des chercheurs de l’Université
Memorial de Terre-Neuve, province qui, en raison de ses
nombreux villages éloignés, a fait ses preuves en matière de
télémédecine. Mais aujourd’hui, affirme M. Fuchs, « je crois
que les Ougandais pourraient nous en montrer ». (De fait, ils
ont fait part de leurs connaissances aux habitants de SainteLucie, dans les Antilles.)
83
186
activités de
recherche
approuvées
en 2005–2006
activités de
recherche en
cours à la fin
de l’exercice
« Le milieu du développement est de plus en plus
conscient que, sans la participation des pays en
développement à la révolution de l’information, la
réalisation des objectifs [du Millénaire pour le
développement] est en péril. Tirer le meilleur parti
de l’utilisation stratégique et innovante des TIC
dans le cadre de programmes et de politiques de
développement peut permettre au monde
d’atteindre les Objectifs. Sans ces technologies, il
sera impossible d’y parvenir d’ici à 2015. » Organisation
des Nations Unies, Projet Objectifs du Millénaire, Équipe du Projet
sur la science, la technologie et l’innovation, L’innovation :
appliquer les connaissances au développement [traduction libre et
Sommet mondial sur la société de l’information, salle de presse,
phase de Tunis, articles de référence].
Les ressources du domaine de programme TIC-D ont triplé
en cinq ans alors que d’autres organismes ont réduit leur
participation. La forme que prendront ses futures activités
pourrait bien influencer la mesure dans laquelle la prolifération de ces nouvelles technologies pourra rendre le monde
meilleur. Quoi qu’il en soit, souligne Richard Fuchs, « la
diffusion et l’adoption de ces technologies devront se faire
dans un contexte culturel où les gens peuvent déterminer
quels sont leurs besoins et quelles solutions peuvent y
satisfaire. »
[ 28 ]
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
I N N O V AT I O N , P O L I T I Q U E E T S C I E N C E
Revenir à l’essentiel
Aujourd’hui, on reprend conscience, comme le dit M. Isnor,
« du fait qu’il faut, pour assurer le développement, accorder
une attention explicite à la science, à la technologie, et en
particulier aux capacités novatrices, et que l’innovation est
cruciale à la réalisation du développement socioéconomique ».
Dans ce monde fragmenté dans lequel nous vivons, le savoir
est inégalement réparti entre les régions et même entre les
pays. L’abîme se creuse donc encore davantage entre les
privilégiés et les pauvres, entre ceux qui jouissent d’une
économie solide et qui entrevoient d’heureuses perspectives
sociales et ceux qui en sont dépourvus. L’Afrique, continent
qui compte 13 % de la population mondiale, mais seulement 1,2 % des chercheurs de la planète, a manifestement
besoin de renforcer ses capacités novatrices afin de stimuler
sa croissance économique et de permettre aux Africains de
faire face aux défis de taille qui les attendent dans des
domaines comme la santé et l’agriculture.
De manière plus générale, un groupe de travail du Projet du
Millénaire des Nations Unies a conclu récemment que, pour
atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement —
les cibles établies par les Nations Unies pour les progrès à
accomplir dans les domaines de la santé, de l’éducation, de
l’égalité entre les sexes et de la protection de l’environnement — les pays devront élaborer des stratégies pour tirer
parti de l’avènement des nouveaux savoirs.
Il est certain que le pouvoir catalyseur de l’innovation scientifique et technologique est bien établi, mais la question de
savoir quels ingrédients ou conditions peuvent alimenter une
culture de l’innovation demeure encore un mystère.
Un des facteurs qui a été avancé serait un juste équilibre
entre l’investissement dans l’éducation primaire, où la
curiosité chez les jeunes enfants est la première qualité que
l’on cherche à développer, et dans l’enseignement supérieur,
où l’on dispense des connaissances spécialisées.
CRDI : M. Valberg/Valberg Imaging
La création du domaine de programme Innovation, politique
et science (IPS) en 2005 « ramène le CRDI à ses origines à
certains égards », explique Richard Isnor, directeur d’IPS, qui
a quitté le Conseil national de recherches du Canada pour
se joindre au CRDI. « Les activités en matière de politique
scientifique et technologique ont été un des premiers grands
domaines où le Centre s’est engagé », ajoute-t-il, faisant
remarquer que la Loi sur le CRDI de 1970 stipule que « le
Centre a pour mission de lancer, d’encourager, d’appuyer et
de mener des recherches sur les problèmes des régions du
monde en voie de développement et sur la mise en oeuvre
des connaissances scientifiques, techniques et autres en vue
du progrès économique et social de ces régions ».
Richard Isnor, directeur du domaine de programme Innovation,
politique et science
Les politiques scientifiques et technologiques des gouvernements sont aussi essentielles. Des facteurs techniques
comme la structure des systèmes bancaires nationaux, la
capacité des établissements de recherche des pays en
développement de puiser dans les réserves mondiales du
savoir et les possibilités de collaboration des organismes
gouvernementaux peuvent tous contribuer au succès ou à
l’échec des entreprises novatrices.
Une approche systémique
Au lieu de se soucier de mettre en valeur des technologies
particulières — les technologies énergétiques ou de substitution, par exemple — IPS s’intéresse principalement à l’interaction des conditions propices dans des contextes nationaux
donnés. « Nous envisageons les choses d’un point de vue
systémique », fait valoir
Richard Isnor. « Quels sont
« Le Centre […] recherchera également des
les besoins en matière de
possibilités de favoriser, d’étayer et d’accroître les
formation et d’apprentisliens entre les institutions canadiennes qui oeuvrent
sage pour que ces technolopour le développement international et de se
gies soient efficaces ? Quels
pencher sur des questions mondiales qui ont un
sont les facteurs sociaux qui
impact tant sur les pays en développement que sur
donnent leur impulsion à
le Canada. » (SG+CP 2005–2010, CP, par. 87)
ces technologies ? Existe-t-il
des obstacles sociaux qui
nuisent à leur acceptation ? Qui est invité à prendre part aux
débats sur la pertinence de ces technologies et sur la répartition équitable de leurs avantages ? »
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
[ 29 ]
LE DOMAINE DE PROGRAMME IPS EN 2005–2006
7
contribution
du CRDI
activités de
recherche
approuvées
en 2005–2006
CRDI : P. Bennett
CRDI : P. Bennett
5 521 000 $
Le Fonds d’encouragement d’IPS appuiera une « approche
systémique » du renforcement des capacités en science et
en recherche par la formation de partenariats. Ce fonds
permettra de créer de nouveaux partenariats stratégiques
entre, d’une part, des spécialistes de pays en développement
et, d’autre part, des établissements et des organismes subventionnaires canadiens, tant pour mobiliser l’expertise
canadienne au profit des pays du Sud que pour permettre
au CRDI d’avoir plus de poids dans les discussions nationales
sur les politiques scientifiques et technologiques. L’Initiative
de recherche en santé mondiale est un partenariat de ce
genre auquel participent le CRDI, l’ACDI, Santé Canada et
les Instituts de recherche en santé du Canada pour s’occuper de questions urgentes relatives à la santé mondiale
comme les mesures de confinement et le traitement des
maladies infectieuses.
En outre, le nouveau programme d’IPS, Innovation, technologie et société, aidera à renforcer les capacités de
recherche à l’appui des projets visant à influer sur les politiques publiques dans les pays en développement — un
problème qui préoccupe le CRDI depuis longtemps. Le
programme cherchera en particulier à favoriser l’inclusion
sociale dans la prise de décisions dans le domaine de la
science et de la technologie par la consultation d’intervenants multiples, par exemple. Une intervention aussi vaste
est généralement considérée comme étant essentielle au
bon fonctionnement des systèmes d’innovation; on estime
également qu’elle peut faire contrepoids à la tendance
observée, à savoir que l’innovation profite de manière
disproportionnée aux mieux nantis des pays en
développement.
22
activités de
recherche en cours
à la fin de l’exercice
devienne pas, par défaut, quelque chose qui n’intéresse
personne », conclut Richard Isnor. « L’innovation est si
fondamentale pour le développement qu’elle mérite
l’attention la plus diligente. »
« Ce déséquilibre a de lourdes répercussions, non
seulement sur la communauté scientifique des pays
en développement, mais aussi sur le développement
lui-même. Il creuse les disparités entre les pays
avancés et les pays en développement, et génère des
problèmes économiques et sociaux tant au niveau
national qu’à l’échelle internationale. L’idée d’un
monde scientifique à deux vitesses est pourtant
contraire à l’esprit même de la science. Il incombe
donc aux scientifiques et aux instituts de recherche
du monde entier de se mobiliser pour changer cette
situation et faire en sorte que tous les habitants de
la planète bénéficient des bienfaits de la science. »
Kofi Annan, éditorial pour le magazine Science, « Le défi des
scientifiques », 7 mars 2003, cité dans Nouvelles, Sommet
mondial sur la société de l’information.
Bien que les politiques scientifiques et les systèmes d’innovation soient des éléments étroitement liés aux activités
d’autres domaines de programme du CRDI, la création d’IPS
fera en sorte que « ce qui concerne tout le monde ne
[ 30 ]
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
POLITIQUE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
De nouveaux défis d’ordre politique
dans un paysage économique en évolution
Nous vivons dans une ère de mondialisation économique
qui a suscité de grandes attentes, mais aussi de profondes
déceptions, chez les populations des pays en développement.
« On a le sentiment aujourd’hui que les forces de la mondialisation économique et sociale ne suffisent pas, à elles
seules, à sortir les gens de la pauvreté ou à résoudre les
grands problèmes sociaux auxquels font face les pays en
développement », affirme Brent Herbert-Copley, directeur
du domaine de programme Politique sociale et économique
(PSE). « Cela indique qu’il faudrait mettre en place des
politiques publiques plus énergiques dans les pays en
développement. »
Pourtant, les politiques publiques efficaces ne procèdent pas
du vide. Il faut plusieurs éléments pour alimenter le processus
d’élaboration des politiques. L’accès à de solides recherches
est un élément essentiel. Une culture de consultation et de
débat public en est un autre très utile. Tenant compte de ces
exigences, PSE s’efforce de soutenir l’élaboration de politiques sociales et économiques en poursuivant trois objectifs
connexes : contribuer au renforcement des capacités de
recherche dans les pays en développement, favoriser l’établissement de liens entre chercheurs et responsables des
politiques, et stimuler les débats publics fondés sur les
résultats probants de la recherche.
Le Consortium pour la recherche économique et sociale au
Pérou donne un bon exemple de la façon dont il est possible
de réaliser ces trois objectifs. Lorsque le CRDI (en collaboration avec l’Agence canadienne de développement international) a commencé à parrainer le Consortium il y a plus de
15 ans, il avait pour objectif de renforcer les capacités de
recherche du Pérou et d’offrir des incitations aux chercheurs
afin qu’ils restent au pays malgré la crise économique et
politique qu’il traversait. Dans les années qui ont suivi, le
Consortium est passé de cinq membres à 35. Il a su
s’adjoindre des institutions plus faibles en dehors de Lima et
CRDI : M. Valberg/Valberg Imaging
La croissance rapide, en particulier celle des robustes
économies d’Asie que sont l’Inde et la Chine, a contribué au
recul de l’extrême pauvreté (au moins, celle qui est mesurée
selon les revenus) qui est passée de 28 % de la population
mondiale en 1990 à 19 % en 2002. Malgré ces progrès, le
nombre de personnes très pauvres continue d’augmenter
dans bien des pays de l’Amérique latine, de l’Afrique et de
l’Asie. Évalué selon d’autres critères que les revenus — par
exemple, l’accès à l’éducation, la nutrition et la prévalence
des maladies — le sort des pauvres de la terre semble encore
plus funeste et l’accentuation des inégalités encore plus
abrupte.
Brent Herbert-Copley, directeur du domaine de programme Politique
sociale et économique
il a favorisé la création de liens entre le milieu de la
recherche et les responsables des politiques.
Pendant la campagne électorale nationale de 2006, le
Consortium a joué un rôle de premier plan dans la vie politique péruvienne. Il a commandé diverses études sur d’importantes questions, allant des négociations commerciales à
l’emploi, en passant par l’égalité entre les sexes, les soins de
santé et l’éducation. Ces études ont non seulement mis à
contribution les responsables des politiques et les candidats
politiques, mais elles ont en outre servi de fondement à un
vaste dialogue public tenu lors de colloques, par l’entremise
de la presse électronique et par la publication de textes dans
le principal magazine d’information du Pérou. Seule une
institution de recherche qui
s’est acquise une réputation
« [Le domaine de programme Politique sociale et
de fiabilité et d’impartialité
économique] se concentre sur l’amélioration des
peut avoir une telle
perspectives de développement équitable dans le
influence dans un débat
sens le plus large du terme, comportant un souci
national.
simultané de la croissance économique, de la
réduction de la pauvreté, de la lutte contre
Si le Consortium s’intéresse
l’exclusion politique et de la justice sociale. »
à un grand nombre d’en(SG+CP 2005–2010, SG, par. 72)
jeux, PSE, pour sa part, se
concentre sur quatre programmes qui traitent de dossiers particuliers. Le programme
Paix, conflits et développement porte sur l’origine des conflits et la transition vers une paix durable. Mondialisation,
croissance et pauvreté se fonde sur la longue expérience
que le CRDI a acquise des questions économiques, entre
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
[ 31 ]
LE DOMAINE DE PROGRAMME PSE EN 2005–2006
29 711 000 $
CRDI : C. Lombard
CRDI : L. Guénette
contribution du CRDI
1 461 000 $
contribution d’autres
bailleurs de fonds
autres en ce qui a trait aux politiques commerciales et à
l’analyse de la pauvreté. Droits des femmes et participation
citoyenne est un nouveau programme axé sur l’égalité entre
les sexes, alors que Gouvernance, équité et santé (GES)
traite des divers facteurs complexes entourant l’accès aux
services de santé et les politiques connexes. Les démarches
faites présentement pour assurer le déploiement de la
thérapie antirétrovirale auprès des personnes atteintes du
sida en Afrique illustrent à quel point les questions de santé
sont étroitement liées à une foule d’enjeux politiques. GES
tente de résoudre cette équation tout en renforçant le système de santé dans son ensemble plutôt que de diminuer la
capacité d’offrir d’autres services de santé.
Défis et possibilités
« Rapprocher le milieu de la recherche et celui des responsables des politiques, voilà le défi qui se pose présentement »,
précise M. Herbert-Copley. « Souvent, cela voudra dire que
chacun des groupes devra prendre des risques », nouer des
relations, créer des liens de confiance. La complexité croissante des questions de politique publique offre de réelles
possibilités de faire en sorte que les résultats probants de la
recherche influent sur les décisions politiques. En fin de
compte, la recherche peut stimuler les débats publics et
inciter les instances au pouvoir à faire montre de plus de
rigueur dans la reddition des comptes. « C’est cela, vraiment, qui est au coeur du domaine de programme PSE. »
92
220
activités de
recherche
approuvées
en 2005–2006
activités de
recherche en
cours à la fin
de l’exercise
« Un des grands défis du XXIe siècle consistera à
renforcer et à réformer les institutions, la réglementation et les coutumes au moyen desquelles les
pays et les populations s’attaquent au défi politique
fondamental qui les force à compléter les avantages
que procurent les marchés mondiaux par la gestion
collective des problèmes, y compris des inégalités
persistantes et injustes que les marchés mondiaux ne
peuvent résoudre à eux seuls. » Nancy Birdsall, présidente,
Center for Global Development, « The World is not Flat:
Inequality and Injustice in our Global Economy », (WIDER Annual
Lecture), 20 octobre 2005, Helsinki, Finlande [traduction libre].
recherche en santé mondiale qui vise à accroître la participation du Canada dans le domaine de la recherche en santé
mondiale.
« Nous étudions les moyens de travailler efficacement avec
nos partenaires canadiens et internationaux, indique-t-il, afin
de mettre à profit ces acquis en recherche concertée. »
La collaboration multi-organismes jouera sans doute un plus
grand rôle à l’avenir et offrira de nouvelles possibilités et de
nouveaux défis. Brent Herbert-Copley affirme que le CRDI
est bien préparé à cette nouvelle façon de travailler puisqu’il
a l’expérience du travail en réseau et avec les consortiums. À
titre d’exemple, le Centre a pris une part active — en collaboration avec l’ACDI, les Instituts de recherche en santé du
Canada et Santé Canada — à la création de l’Initiative de
[ 32 ]
L A P R O G R A M M AT I O N D U C R D I — U N R É S E A U M U LT I D I S C I P L I N A I R E
{
La réalisation
des objectifs
CRDI : N. Lessard
{
La recherche...
pour renforcer les capacités
OBJECTIF — « Le CRDI entend consolider les capacités de recherche locales des pays en
développement, en particulier dans les domaines de programme Environnement et gestion
des ressources naturelles, Technologies de l’information et de la communication au service
du développement et Politique sociale et économique, et aider à mobiliser ces capacités. »
(SG+CP 2005–2010, SG, par. 66)
CRDI : J. Kassay
« Dès le premier projet du CRDI auquel j’ai travaillé, la
formation que j’ai reçue a porté sur le renforcement de
mes capacités en recherche participative. J’ai appliqué cette
nouvelle approche au projet. Aujourd’hui, je suis chargé de
formation à l’université [...] Je travaille auprès de jeunes
chercheurs inexpérimentés, d’agriculteurs et de vulgarisateurs
agricoles afin de renforcer leurs capacités [...] Et maintenant,
les agriculteurs travaillent avec les autorités locales à l’élaboration de politiques. »
Ce commentaire, émis par un chercheur participant à un
projet financé par le CRDI sur la gestion communautaire des
ressources de montagne au Viet Nam, a été enregistré au
cours d’une évaluation stratégique lancée en 2004 afin de
mieux comprendre comment le CRDI appuie le renforcement
des capacités. Il décrit bien la démarche du Centre qui est
convaincu que de solides capacités de recherche scientifique
sont la pierre angulaire de la croissance des pays en
développement. Le renforcement des capacités est un des
principaux objectifs du Centre depuis sa création, et c’est
notamment ce qui le distingue des autres grands bailleurs
de fonds. Il en est toujours ainsi dans la SG+CP 2005–2010.
Le renforcement des capacités de recherche locales est sousjacent à presque toutes les activités du CRDI. Ainsi, la seconde
phase de l’évaluation du renforcement des capacités, qui
s’est déroulée en 2005–2006, a révélé que, même si c’était
là l’objectif explicite de 26 % des projets à l’étude, le
renforcement des capacités était une des préoccupations
centrales de 75 % d’entre eux, également répartis entre les
domaines de programme. L’évaluation a confirmé en outre
que les activités de renforcement des capacités au CRDI
reposaient sur les valeurs fondamentales du Centre, à savoir
l’appropriation au niveau local, la souplesse et le respect de
la diversité.
Qu’en est-il résulté ? Des chercheurs bien formés, de
nouveaux outils de formation, la diffusion de résultats de
recherche dans des rapports et lors de conférences et
l’élaboration d’une base de données. L’étude a aussi mis en
relief les changements à long terme dans les compétences
ou le comportement des personnes et des organismes.
[ 34 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
L’aperçu
statistique —
LE RENFORCEMENT DES
CAPACITÉS
en 2005–2006
55
189
nouveaux projets
de recherche ayant
comme objectif
explicite de
renforcer les
capacités
projets de
recherche ayant
comme objectif
de renforcer les
capacités, en
cours à la fin
de l’exercice
77
258
207
activités de
recherche ayant
comme objectif
explicite de
renforcer les
capacités, financées
en 2005–2006
activités de
recherche ayant
comme objectif
de renforcer les
capacités, en
cours à la fin
de l’exercice
établissements
de recherche
bénéficiaires
à la fin de
l’exercice
Répartition des activités de recherche ayant comme
objectif de renforcer les capacités, approuvées en
2005–2006, par domaine de programme
20
Politique
sociale et
économique
14
activités générales
2
20
Innovation,
politique et
science
Environnement
et gestion des
ressources
naturelles
21
Technologies de
l'information et de
la communication
au service du
développement
Deux démarches qui influeront sur la façon dont le CRDI
intervient pour renforcer les capacités — celles de ses partenaires et les siennes propres — sont mises en oeuvre en
vertu de la SG+CP 2005–2010. La première insiste sur le
Domaine de programme Technologies de l’information
et de la communication au service du développement
Durée du projet : 2003–2005
Contribution du CRDI : 1 300 330 $
Objectif — Combler le fossé numérique entre l’Afrique
et les pays développés exige plus que l’engagement de
ressources financières et autres; il faut aussi des politiques
judicieuses. Mais, en règle générale en Afrique, les responsables des politiques manquent d’analyses et d’information
de base sur l’utilisation des TIC, les besoins et les priorités en
la matière sur lesquelles ils pourraient s’appuyer. Ce projet
vise à trouver un moyen de mettre en contact les chercheurs
et les établissements africains afin qu’ils puissent produire
une assise de recherches rigoureuses et pertinentes sur les
politiques relatives aux TIC.
Résultats à ce jour — Achevé cette année, ce projet a
donné lieu à la création d’un réseau africain de recherche
sur les TIC — Recherche TIC Afrique (RIA) — dans 10 pays
du continent, coordonné par le centre LINK de l’Université
du Witwatersrand, en Afrique du Sud. Ce réseau a assuré la
coordination et l’orientation de la recherche sur les politiques
tant en Afrique qu’avec les principaux réseaux internationaux et il a conçu un site Web où les chercheurs peuvent
échanger des documents et des résultats de recherche.
<www.researchictafrica.net/>
La diffusion des résultats de recherche par le truchement du
site Web, de publications, de colloques, d’ateliers et de conférences a sensibilisé l’opinion aux enjeux politiques et aux
options stratégiques. Les chercheurs africains sont entrés
dans le milieu international de la recherche sur les politiques
en matière de TIC en assistant à des événements comme le
Sommet mondial sur la société de l’information. Et, en établissant le premier programme de maîtrise et de doctorat
d’Afrique sur les politiques TIC, le centre LINK a formé des
chercheurs africains qui étendront encore davantage la
portée et l’influence du réseau.
Les membres du réseau ont pris part à la recherche menée
par Orbicom, réseau international d’information et de communication créé en 1994 par l’UNESCO et l’Université du
Québec à Montréal. Le projet a aussi donné lieu à la publication d’une vaste analyse comparative et d’une évaluation
de l’accès aux TIC et de leur utilisation par les pays membres.
La recherche effectuée par le réseau a contribué à des
modifications de politiques récemment mises en oeuvre en
Ouganda, où la réglementation de la bande ISM (réservée
aux applications industrielles, scientifiques et médicales) a
été assouplie pour permettre l’accès sans fil Internet.
« Au cours des
dernières années,
Recherche TIC Afrique
(RIA) a renforcé les
capacités de recherche
des établissements
africains en contribuant à l’ensemble des
connaissances nécessaires à l’élaboration
de politiques et de
règlements efficaces
sur tout le continent. Il
reste encore beaucoup
à faire pour combler
les lacunes qui
existaient avant le
lancement du réseau
RIA et il nous faudra
pousser plus loin les
travaux au cours de la
prochaine étape du
projet. » Alison Gillwald,
directrice, Recherche TIC
Afrique (RIA)
Regard sur l’avenir — Le CRDI finance une seconde phase
du projet, dont l’objectif consistera à étendre le réseau
de chercheurs et à gagner l’adhésion d’un plus grand
nombre d’universités, en particulier de l’Afrique de l’Ouest
francophone.
Instauration de politiques antitabagisme
au Liban
Domaine de programme Politique sociale et économique
(Recherche pour la lutte mondiale contre le tabac — RMCT)
Durée du projet : phase 1 : 2002–2005
Contribution du CRDI : 207 814 $
Projet connexe : 31 000 $
Objectif — L’épidémie de tabagisme se répand dans tout le
Moyen-Orient, et les politiques antitabac, nettement insuffisantes, comme les publicités accrocheuses des compagnies
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 35 ]
CRDI : D. De Savigny
Réseau africain de recherche sur les
politiques relatives aux TIC
CRDI : A.K. Brodeur
« renforcement complet des capacités », c’est-à-dire ne pas
se concentrer uniquement sur les compétences en recherche,
mais aussi sur les capacités connexes comme la communication et la diffusion des résultats, et même la mobilisation des
fonds en vue d’assurer la viabilité. La seconde est la poursuite des Forums annuels sur l’apprentissage du CRDI, lesquels
favorisent l’apprentissage du personnel et lui offrent la
possibilité d’échanger sur ses expériences. Au cours des
prochaines années, l’appui en matière de renforcement
des capacités portera plus particulièrement sur la recherche
visant à influer sur les politiques publiques et, à cette fin,
fera une plus large place à la pensée critique. Les projets
décrits ci-après témoignent de cette tendance.
CRDI : K. Harper
Sarah Everts,
boursière en
journalisme
LA FORMATION D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION
Le Programme de formation et de bourses (PFB) du Centre
est le point de contact de la formation formelle et informelle
au CRDI, et il englobe les fonctions relatives aux politiques, à
la gestion et aux services ayant trait aux bourses offertes aux
chercheurs débutants, en mi-carrière et chevronnés. En leur
offrant une aide financière pour leurs études et en leur
donnant l’occasion d’acquérir une expérience pratique, le
CRDI aide les pays du Sud
à se doter d’une masse
« […] à une époque où j’étais impatient d’explorer
critique de chercheurs
le monde, j’ai eu la chance de remporter la bourse
dûment formés et expériGemini, qui était financée alors par le Centre de
mentés afin de promouvoir
recherches pour le développement international
un développement durable
[…] Je vous épargne mes albums de coupures de
et équitable. Parallèlement,
journaux et de photos, mais permettez-moi de
une nouvelle génération de
vous dire ceci : cette bourse financée par l’État a
Canadiens a l’occasion de
transformé ma carrière de journaliste.
participer activement au
Ce voyage en Afrique est devenu le premier
développement internade multiples voyages que j’ai faits au cours
tional et d’envisager une
des années subséquentes. » — Allan Thompson,
carrière dans ce domaine.
journaliste, École de journalisme de l’Université Carleton,
78
CANDIDATS RECOMMANDÉS
POUR UNE BOURSE EN 2005–2006 :
37
6
11
bourses de
recherches
doctorales
du CRDI
bourses de
journalisme en
développement
international
stages rémunérés
au Centre
3
10
2
bourses de
travail libre
bourses de
formation
Écosystèmes et
santé humaine
bourses de
recherche en
évaluation
1
4
1
bourse John G.
Bene en foresterie
communautaire —
L’arbre au service
de l’humanité
bourses de
perfectionnement
professionnel
bourse d’études
en journalisme
décernée par
l’Université
Carleton, Clyde
Sanger et le CRDI
1
1
1
bourse de
recherches
postdoctorales
bourse
individuelle
universitaire
invitée —
Recherche sur le
point de vue
féministe sur la
mondialisation
devant le Comité sénatorial permanent des Transports
Au début de 2005, le CRDI
a lancé le premier concours
de Bourses de recherche
en évaluation, en hommage à Terry Smutylo, fondateur et
ancien directeur de la Section de l’évaluation. Ce concours
s’adresse aux citoyens et résidants permanents du Canada
et des pays en développement, inscrits à une université
canadienne ou à une université reconnue dans un pays en
développement. Deux candidats, une étudiante au doctorat
en anthropologie médicale à l’Université de Toronto et un
étudiant éthiopien poursuivant des études de maîtrise en
urbanisme à l’Université de la Colombie-Britannique, ont été
retenus et effectueront leurs recherches dans le bassin de la
Volta et en Namibie, respectivement.
et des communications, décembre 2004
[ 36 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
de tabac, conspirent à sa propagation. Cette région est aux
prises avec l’augmentation de l’usage de la cigarette et un
regain de popularité de la pipe à eau (ou narguilé), en particulier parmi les femmes et les jeunes. Ce projet a pour objet
d’évaluer les répercussions sur la santé de l’utilisation du
narguilé, dont on sait peu de choses, en vue de contribuer
à l’élaboration d’éventuelles politiques de lutte contre le
tabagisme et d’initiatives de prévention.
Résultats à ce jour — Ce projet associe l’étude des effets
pour la santé de l’usage du tabac à un examen du contexte
politique, social et économique qui pousse à l’utilisation
accrue de la pipe à eau ou de la cigarette. La recherche
révèle que, contrairement à la croyance populaire, la fumée
de la pipe à eau contient de grandes quantités des mêmes
produits chimiques qui rendent la fumée de cigarette nocive.
Les chercheurs ont mis au point une machine à fumer et un
protocole pour l’étude des éléments de la fumée de la pipe
à eau.
Ce projet a permis de renforcer les capacités d’un groupe
multidisciplinaire formé d’universitaires, d’étudiants, d’adjoints de recherche et de travailleurs sur le terrain. Bon
nombre d’étudiants de deuxième cycle ont préparé leur
mémoire de maîtrise en se fondant sur cette recherche. La
principale équipe de chercheurs a créé un nouveau groupe
de recherche multidisciplinaire sur la prévention et la lutte
antitabagisme à l’Université américaine de Beyrouth. L’équipe
a aussi collaboré avec des établissements de Syrie et d’Égypte.
L’Organisation mondiale de la santé a publié cette année
une mise en garde relative à l’utilisation du narguilé, fondée
sur un article cosigné par un des dirigeants de l’équipe. En
outre, les résultats de la recherche ont été diffusés dans
des revues spécialisées, des communications, à l’occasion de
réunions scientifiques régionales et internationales et par
les médias, notamment dans un article paru en décembre
2005 dans le quotidien canadien The Globe and Mail et au
téléjournal du réseau CTV.
L’informatisation des langues locales
Domaine de programme Technologies de l’information et de
la communication au service du développement
Durée du projet : 2003–2007
Contribution du CRDI : 1 769 062 $
Objectif — Le fait que la plupart des logiciels soient conçus
pour s’adapter à l’alphabet latin est, dans bien des pays en
développement, un obstacle majeur à l’implantation des TIC.
Le problème se pose avec une acuité particulière en Asie, où
la majorité des gens lisent et écrivent dans une langue qui
n’utilise pas cet alphabet. Pour remedier à la situation, ce
projet vise à renforcer la capacité de traitement informatique
dans la langue locale de sept pays d’Asie, à rehausser le
niveau technologique pour l’utilisation des langues asiatiques et à favoriser la mise en oeuvre de la politique relative
à la création de contenu en langues locales. Ces mesures
devraient venir à bout des obstacles à l’utilisation des TIC
par les pauvres en milieu
rural, en particulier les
« Tant que ces nombreuses populations ne parlant
femmes qui ont moins
pas anglais ne seront pas en mesure de produire
accès à l’éducation que
et de consulter des contenus dans leur langue
les hommes.
maternelle, elles ne pourront pas utiliser les TIC
Résultats à ce jour — Ce
efficacement pour favoriser leur développement. »
projet, dirigé par la National
— Sarmad Hussain, chargé de projet
University of Computer and
Emerging Sciences du Pakistan, a permis de créer et de former
dans sept pays des équipes regroupant des chercheurs, des
praticiens, des linguistes, des responsables des politiques
gouvernementales, des universitaires et des représentants
du secteur privé. Ces équipes mettent au point des outils
comme des jeux et des polices de caractères, des vérificateurs d’orthographe, des correcteurs grammaticaux et des
Bien que ces résultats soient impressionnants, les chercheurs
ont encore une lutte à mener pour influer sur les politiques,
en raison d’intérêts acquis, de l’absence de volonté politique, du manque d’expérience des chercheurs en élaboration des politiques et de l’appui insuffisant des organismes
de la société civile.
CRDI : Z. Mikolajuk
Regard sur l’avenir — Il est prévu que le projet comportera
une seconde phase qui devrait être approuvée en 2006–
2007. Des fonds supplémentaires, sollicités auprès de
bailleurs de fonds non canadiens, aideront à la poursuite
des travaux.
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 37 ]
CRDI : Y. Beaulieu
CRDI
LE PARTAGE DES RESSOURCES
Favoriser l’accès à l’information est un des principaux
moyens dont dispose le CRDI pour soutenir ses partenaires.
C’est ce qu’il fait d’abord et avant tout en s’assurant le concours de la Division des services de gestion de l’information
sur la recherche (DSGIR). La DSGIR donne accès aux archives
et à la plus récente documentation technique et diffuse les
résultats de la recherche financée par le CRDI.
Les trois bases de données publiques en ligne du Centre,
IDRIS+, BIBLIO et IMAGES,
« Le CRDI s’emploie à faciliter l’accès, en temps
offrent aux chercheurs un
opportun, à de l’information exacte et pertinente
accès direct à l’information
répondant aux besoins de la recherche. »
sur les projets, aux résultats
(SG+CP, SG, par. 77)
de recherche et aux diapositives se rapportant aux
activités du CRDI. IDRIS+ a été lancée au cours de la dernière
année, après que l’ancienne base de données, qui avait
20 ans, eut fait peau neuve. Les réactions à IDRIS+ ont été
des plus enthousiastes.
Depuis sa création en 1970, le CRDI a toujours été convaincu que la transmission du savoir est essentielle pour
améliorer les conditions de vie des gens. Les résultats et
documents de recherche provenant des projets qu’il finance
de même que de son personnel et des partenaires qu’il
subventionne, représentent une manifestation tangible
de la mission du Centre.
En décembre 2005, le CRDI a annoncé son intention de se
doter d’archives ouvertes, étant ainsi le premier organisme
de financement de la recherche du Canada à le faire. Ces
archives ouvertes donneront un accès complet, par Internet,
à la riche masse documentaire du Centre en matière de
recherche et fourniront aux chercheurs recevant des fonds
du CRDI une plateforme indispensable où publier et diffuser
leurs travaux. En plus de favoriser la transparence de
recherches axées sur l’obtention de résultats, les archives
ouvertes permettront au CRDI de participer au mouvement
mondial en faveur de l’élimination des obstacles économiques, sociaux et géographiques à la circulation du savoir.
Depuis cette annonce, le personnel du CRDI a élaboré un
modèle de démonstration des archives ouvertes. Cette
initiative se poursuivra en 2006–2007.
[ 38 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
Archives : 1 670 documents se sont ajoutés à la collection
en 2005–2006.
BIBLIO : Catalogue informatisé où les chercheurs peuvent
trouver le rapport final de toutes les recherches financées
par le CRDI. La version intégrale de plusieurs documents et
rapports est désormais disponible. En 2005–2006, cette
base de données a reçu 40 822 requêtes.
IDRIS+ : Base de données qui contient de l’information
descriptive sur toutes les activités de recherche financées par
le CRDI. En 2005–2006, 31 500 requêtes ont été effectuées.
IMAGES : Base de données donnant accès à des milliers de
diapositives numérisées se rapportant aux activités et projets
du CRDI. En 2005–2006, cette base de données a reçu
21 795 requêtes.
Bases de données : Le personnel et les partenaires du CRDI
ont accès à environ 40 000 revues spécialisées, dont 13 571
en version intégrale. Au 31 mars 2006, 1 282 partenaires
avaient eu accès aux bases de données. Au cours de
l’année, environ 60 000 recherches ont été effectuées
par le personnel et les partenaires du CRDI.
systèmes de reconnaissance de la parole en neuf langues,
dont chacune présente des difficultés particulières. Par
exemple, le logiciel NepaLinux 1.0, lancé en décembre 2005,
est équipé d’un correcteur d’orthographe d’environ
22 000 mots népalais d’usage courant.
Cette série de projets de soutien à la recherche vise à former
des techniciens et des représentants municipaux de l’Amérique
latine à l’utilisation du Système intégré de gestion environnementale (le SIGA d’après son sigle en espagnol) et à en
assurer une vaste diffusion.
Les équipes ont dû recevoir une formation poussée pour
démarrer le projet et le faire progresser. En 2005–2006,
deux colloques ont été organisés : le premier, pour familiariser l’équipe afghane — la dernière à se joindre au
projet — avec les rudiments de l’informatisation des langues
locales et le développement de la technologie de localisation; le second, pour présenter les concepts avancés de la
localisation et du traitement du langage en Asie. Les documents de formation et d’autres ressources sont disponibles
sur le site Web du projet (voir www.panl10n.net).
Résultats à ce jour — En 2003, le CRDI, par l’entremise du
Secrétariat de gestion de l’environnement (SGE), a appuyé la
mise au point du SIGA, un système d’information géographie
qui établit la représentation cartographique des menaces,
vulnérabilités et régions à risque. Conçu par la Faculté des
sciences de l’Uruguay et la municipalité de Montevideo, le
système a été intégré aux plans de prévention des catastrophes de 40 villes de l’Amérique latine et des Caraïbes.
En outre, les résultats d’une enquête menée sur ce projet
ont été publiés sous le titre PAN Localization Project Survey
of Language Computing in Asia 2005. De nombreux produits ont été et sont mis au point concurremment par divers
pays, selon des échéanciers distincts.
Regard sur l’avenir — Le CRDI appuie un projet de localisation semblable en Afrique. Le foisonnement des idées qui
en résulte pourrait donner lieu à la création d’un plus vaste
réseau de spécialistes de la résolution de problèmes, de
communicateurs et de responsables des politiques travaillant
tous à l’informatisation des langues locales. Une deuxième
phase du projet asiatique, qui devrait se dérouler de 2007 à
2009, est en voie de préparation; elle portera en particulier
sur les logiciels d’exploitation libre et l’informatique mobile.
En 2005–2006, le CRDI a financé trois cours infra-régionaux
sur le SIGA à l’intention de plus de 100 techniciens municipaux qui, à leur tour, en ont formé d’autres. Les cours ont
donné lieu à la création, par les participants, du Réseau
municipal latino-américain pour la prévention des catastrophes. Des manuels publiés en versions électronique
et imprimée sont disponibles sur le site Web du SGE
(www.idrc.ca/ems). Un DVD de synthèse est aussi offert.
Au cours de la dernière année, on a amorcé l’établissement
d’un centre d’information régional en vue de sensibiliser
davantage la population, de faire valoir l’importance de
politiques nationales et internationales pour prévenir et
réduire les catastrophes, et de favoriser l’instauration
d’outils comme le SIGA.
Regard sur l’avenir — En juillet 2006, l’Université de
Quilmes en Argentine lancera un cours à distance à
La prévention des désastres écologiques
en Amérique latine
Domaine de programme Environnement et gestion
des ressources naturelles
Durée du projet : 2005–2007
Contribution du CRDI : 255 980 $ pour cinq projets
CRDI
Objectif — Les fréquents tremblements de terre, cyclones,
glissements de terrain et inondations font malheureusement
partie de la vie en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Cette région est aussi vulnérable à des menaces moins spectaculaires, mais tout aussi destructrices, comme l’érosion et
la désertification. Souvent mal préparées pour faire face à
de telles catastrophes, les administrations municipales de la
région cherchent des moyens d’évaluer les risques d’atteinte
à l’environnement et d’élaborer des stratégies de prévention.
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 39 ]
l’intention des techniciens municipaux. Par la suite, un
colloque international aura lieu, en octobre 2006, afin
d’entériner et de diffuser les stratégies intégrées de réduction
des risques de catastrophes et de promouvoir leur pleine
intégration dans la planification urbaine. Le CRDI explore
également la possibilité de mettre en oeuvre le SIGA dans
d’autres régions.
L’apprentissage de nouvelles techniques de reportage scientifique permettra à ces journalistes de mieux faire connaître
le travail des scientifiques locaux de sorte qu’ils pourront
exercer une influence sur les décideurs, dans l’intérêt de
leurs collectivités. De jeunes associations de journalistes
scientifiques seront aussi jumelées avec des associations
bien établies.
Soutien aux journalistes scientifiques
des pays en développement
Ce projet a vu le jour dans la foulée de la 4e Conférence
mondiale des journalistes scientifiques, tenue à Montréal
en octobre 2004 et dont le CRDI était un des principaux
partenaires. Le Centre appuie depuis longtemps l’avancement du journalisme scientifique.
CRDI : N. McKee
CRDI
Domaine de programme Innovation, politique et science
Durée du projet : 2006–2009
Contribution du CRDI : 800 000 $
Objectif — Depuis quelques années, la science occupe une
place de plus en plus prépondérante dans la société. Les
journalistes scientifiques ont donc un rôle considérable à
jouer pour ce qui est d’informer les collectivités et les
responsables des politiques sur les avancées scientifiques et,
ce faisant, ils contribuent au renforcement de la démocratie
et à la promotion du développement humain. Toutefois, le
journalisme scientifique est un domaine relativement nouveau, en particulier dans les pays en développement. Ce
projet a donc pour objectif de renforcer les capacités des
journalistes scientifiques des pays du Sud en matière de
reportage et d’analyse des progrès scientifiques et technologiques et il contribuera à faire en sorte que la science et
la technologie concourent au mieux-être des populations de
ces pays.
Résultats à ce jour — Par l’entremise de la Fédération
mondiale des journalistes scientifiques, le projet met à profit
la bonne volonté, les compétences et l’expérience de journalistes scientifiques chevronnés du monde entier qui guident
60 de leurs collègues du Moyen-Orient et de l’Afrique. Ce
mentorat s’étend sur deux ans. « Nous avons pour objectif
de soutenir les journalistes qui veulent faire du journalisme
scientifique, mais qui ne disposent pas du soutien de leurs
pairs ou n’ont pas la formation nécessaire, contrairement à
leurs collègues des pays mieux nantis », expliquait Diran
Onifade, journaliste scientifique à la télévision nationale
nigériane, lors du lancement du projet en février 2006. « Ce
jumelage aidera certainement à combler les lacunes sur le
plan des capacités des journalistes scientifiques oeuvrant sur
le continent africain. » (www.wfsj.org)
[ 40 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
Regard sur l’avenir — Les 15 mentors choisis recevront
leur formation en juillet 2006. Chacun d’eux sera jumelé
avec, au plus, quatre journalistes de l’Afrique et du MoyenOrient, lesquels assisteront à des réunions scientifiques et
participeront à des programmes d’échanges et à d’autres
activités de formation. Ce programme sera peut-être offert
éventuellement aux journalistes scientifiques de l’Asie et de
l’Amérique latine.
PORTRAIT D’UNE PARTENAIRE
Lara Fairall,
fessionnels de la santé en
Afrique du Sud estiment
que de confier une plus
grande responsabilité aux
infirmières pour ce qui est
du diagnostic et du traitement du sida accroîtra la
disponibilité de la thérapie
antirétrovirale.
CRDI : C. Lombard
Redéfinir la
stratégie de
lutte contre
le sida
Dans la salle d’attente de l’hôpital Pelonomi, les visages —
de femmes surtout, dont certaines tiennent de jeunes
enfants dans leurs bras — sont résignés, voire abattus. Ça et
là, des béquilles et des fauteuils roulants attendent le long
des murs, mais la majorité des patients qui font antichambre
ne montrent aucun signe de maladie.
L’hôpital Pelonomi, situé à Bloemfontein, la capitale de l’État
libre, en Afrique du Sud, est un des rares établissements de
santé qui soit agréé pour évaluer et traiter les patients de
cette région atteints du VIH/sida. La douzaine de patients
qui s’y trouvent aujourd’hui sont des personnes porteuses
du VIH dont l’examen de suivi déterminera si elles recevront
un traitement antirétroviral.
Le traitement antirétroviral n’a fait son apparition en Afrique
du Sud qu’après des années de démêles juridiques et de
litiges entre les militants en faveur du traitement du sida et
le gouvernement. Même maintenant, alors que la thérapie
antirétrovirale est officiellement disponible, il reste encore
des obstacles à surmonter. L’administration des médicaments
exige que les patients respectent scrupuleusement l’horaire
de prise prescrit, ce qui demande un soutien considérable de
la part des professionnels de la santé.
C’est dire qu’une énorme pression pèse sur l’infrastructure
de la santé publique en Afrique du Sud. À la longue liste
des obstacles auxquels le système doit faire face s’ajoutent
le manque de ressources et la rareté de professionnels de
la santé (médecins, pharmaciens, infirmières) formés pour
diagnostiquer et traiter le sida. En outre, bon nombre de
patients atteints du sida vivent dans des villages éloignés.
CRDI : C. Lombard
Afrique du Sud
Certes, il n’existe pas de réponse toute faite pour résoudre
ces difficultés, mais une expérience en cours dans la province
de l’État libre est de bon augure. Un système appelé PALSA
Plus (PALSA est l’abréviation de Practical Approach to Lung
Health and HIV & AIDS in South Africa — Approche pratique de la santé pulmonaire et du VIH/sida en Afrique du
Sud) fait appel à des lignes directrices et à des essais simples
mais complets pour former des infirmières en soins primaires
au diagnostic du sida et de la tuberculose. Nombre de pro-
Dre Lara Fairall, auparavant
clinicienne, qui se joint à
l’Unité de l’application des
connaissances de l’Institut
pulmonaire de l’Université
CRDI : E. Emdon
du Cap, a travaillé avec un
groupe de spécialistes à la mise en oeuvre de PALSA Plus,
entreprise à laquelle le CRDI accorde son appui, outre
d’autres aspects du déploiement de la thérapie antirétrovirale dans la province de l’État libre.
« Les infirmières qui connaissent la thérapie antirétrovirale
sont d’un grand secours pour en accélérer le déploiement »,
affirme Lara Fairall, qui a quitté la pratique clinique pour se
consacrer à la recherche en 2001, en grande partie en raison
de sa déception à l’égard du manque d’attention accordée
aux patients atteints du sida. « Il faut commencer par montrer que les infirmières sont en mesure de dispenser ces
services. Nous savons qu’elles peuvent jouer un rôle très
important dans le traitement antirétroviral. »
De fait, jusqu’à présent, la formation a eu un effet positif;
toutes les infirmières — pas uniquement celles affectées au
traitement du sida — ont pu en bénéficier, de sorte que les
cliniques offrent désormais de meilleurs soins, mieux intégrés,
en ce qui a trait au sida. Des essais aléatoires ont aussi
révélé des améliorations remarquables sur le plan des
diagnostics : le dépistage de la tuberculose chez les patients
examinés par des infirmières ayant suivi la formation PALSA
a augmenté de 68 %, tandis que le nombre des patients
tuberculeux qui se sont volontairement soumis à un test de
dépistage du VIH s’est accru de 110 %.
En outre, Lara Fairall souligne que, depuis qu’elles dispensent
le traitement antirétroviral qui connaît une issue heureuse,
bon nombre d’infirmières considèrent leur profession plus
gratifiante et estiment que leur conscience professionnelle
en est stimulée. « Le fait que la thérapie antirétrovirale
atténue les symptômes des patients a une portée très profonde, dit-elle. « Pour bien des infirmières, cette thérapie a
littéralement un “effet Lazare” sur des patients qui
autrement seraient passés de vie à trépas. »
Déploiement du traitement antirétroviral
par le secteur public
Phase I 2004
Phase II 2004–2006
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
contribution du CRDI : 273 420 $
contribution du CRDI : 1 129 750 $
[ 41 ]
{
La recherche ...
pour influencer les politiques
OBJECTIF — « Le CRDI s’emploiera à favoriser et à appuyer la production, la diffusion et
l’application de résultats de recherche débouchant sur des pratiques, des technologies, des
politiques et des lois modifiées de façon à promouvoir le développement durable et équitable
et la diminution de la pauvreté. » SG+CP 2005–2010 (SG, par. 67)
« Nous ne pouvons nous permettre que les dispositions
juridiques soient abrogées ou abolies quelques jours ou
quelques mois après leur adoption. » L’ingénieur Juan Carlos
Alurralde parlait au nom de nombreux Boliviens lorsqu’il a
exprimé en ces termes sa frustration devant l’incapacité de
son gouvernement de réglementer les précieuses ressources
hydriques de son pays. En 2000, 32 tentatives infructueuses
de rédaction d’une nouvelle loi sur l’eau ont débouché sur
une « guerre de l’eau » qui a fait les grands titres des journaux de par le monde. L’expérience bolivienne, toutefois,
n’est pas unique. Un bilan législatif en dents de scie a suscité
l’insatisfaction et le cynisme dans la population de nombreux pays. Bien que les raisons de l’échec des politiques
puissent varier, d’un manque de ressources — financières,
humaines, institutionnelles — à de graves problèmes de
corruption, il est évident que les politiques ne suffiront pas,
à elles seules, à entraîner les changements voulus.
CRDI : M. Hibler
Les partenaires de recherche du Centre se sont fait l’écho
de ce message pendant l’élaboration de la Stratégie
générale et du Cadre programmatique 2005–2010 du CRDI.
Ils ont exhorté le Centre à centrer sa programmation et ses
activités tant sur la mise en oeuvre des politiques que sur
leur formulation.
Pour commencer, le CRDI élargit sa compréhension du
contexte dans lequel les lois et les politiques sont créées et
mises en application. Une vaste étude sur les liens entre la
recherche et les politiques effectuée par la Section de l’évaluation du Centre souligne l’importance cruciale du contexte
et des relations. En Bolivie, par exemple, des chercheurs subventionnés par le CRDI, comme Juan Carlos Alurralde, ont
noué des relations avec les deux parties dans le long conflit
qui a sévi dans ce pays pour faciliter la conception d’une
solution « proprement bolivienne ». La nouvelle loi sur l’eau
a reçu l’approbation populaire et, en 2005, un ministère de
l’Eau a été créé afin de coordonner les questions relatives à
l’utilisation de l’eau. L’équipe de recherche s’affaire présentement à convertir la loi en règlements applicables et en
avantages concrets pour les populations autochtones et les
petits agriculteurs de la Bolivie.
Ce cas et d’autres illustrés dans l’évaluation stratégique
mettent en lumière la myriade de facteurs dont il faut tenir
[ 42 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
L’aperçu
statistique —
L’INFLUENCE
SUR LES
POLITIQUES
en 2005–2006
40
161
nouveaux projets
de recherche ayant
comme objectif
explicite d’influer
sur les politiques
projets ayant
comme objectif
d’influer sur les
politiques en cours
à la fin de
l’exercice
164
172
activités de
recherche ayant
comme objectif
explicite d’influer
sur les politiques
en cours à la fin
de l’exercice
établissements
de recherche
bénéficiaires
Répartition des activités de recherche ayant comme
objectif d’influer sur les politiques approuvées en
2005–2006, par domaine de programme
4
activités
générales
3
Environnement
et gestion des
ressources naturelles
8
Technologies de
l'information et de la
communication au service
du développement
2
Innovation, politique
et science
23
Politique
sociale et
économique
compte si nous voulons que la recherche contribue à façonner les politiques. Certains de ces facteurs sont indépendants
de la volonté du Centre et de celle de ses partenaires de
recherche. D’autres, comme le renforcement des capacités
des chercheurs et des décideurs d’utiliser les résultats de
recherche dans le processus décisionnel, sont en tous points
conformes à la mission du CRDI et à ses pratiques en
Mettre l’accent sur l’application des politiques, toutefois,
signifie qu’il faut s’intéresser de près à des résultats et à des
processus qui apparaissent bien après la fin de la majorité
des projets financés par le Centre. L’appui que le CRDI
accorde aux projets de mise en oeuvre varie selon les
besoins et les circonstances, mais il découle également des
diverses mesures inhérentes aux projets — comme dans le
cas de celui sur les ressources hydriques en Bolivie — et des
activités menées par la Section de l’évaluation et la Division
des communications du Centre, entre autres. Néanmoins,
le Centre ne sacrifiera jamais la pertinence d’un projet en
matière de politique à l’excellence scientifique. Comme
le montrent les exemples suivants, l’excellence demeure le
signe distinctif de la recherche subventionnée par le CRDI.
La réglementation du régime foncier
au Guatemala
Domaine de programme Politique sociale et économique
Durée du projet : 2001–2004
contribution du CRDI : 270 100 $
Projet connexe : 2004–2006
contribution du CRDI : 216 320 $
CRDI : P. Bennett
Objectif — Au Guatemala, les droits fonciers ont été l’une
des causes fondamentales de 36 ans de guerre civile qui a
opposé la vaste population autochtone et ladino du pays à
une petite élite toute puissante. Les accords de paix, qui ont
mis fin au conflit en 1996, ont présidé à l’établissement de
mesures relatives au mode de faire-valoir et à l’utilisation
des terres. À l’appui du processus de paix, ce projet a pour
objectif l’élaboration d’une loi régissant le mode de fairevaloir et l’utilisation des terres au Guatemala.
Résultats à ce jour — La pierre angulaire des mesures proposées en vertu des accords de paix consistait en un projet
de loi sur l’enregistrement des titres de propriété, dont le
Congrès a été saisi à des fins de discussion, en juillet 2001.
Cette loi fait partie d’un
ensemble de quatre importants avant-projets relatifs à
la réforme agraire à laquelle
le CRDI accorde son appui.
Après quatre longues
années de débat et trois
administrations successives,
une loi sur le registre foncier
du Guatemala a été approu-
vée en juin 2005. Cette nouvelle loi est la première étape
vers l’élimination des graves obstacles qui freinaient la mise
en oeuvre d’une réforme agraire équitable au Guatemala.
Toutefois, selon la constitution du pays, les ejidos, ou terres
communales, relèvent exclusivement des autorités municipales et échappent ainsi à la portée des accords de paix de
1996. Des institutions administratives et judiciaires faibles
ont permis aux intérêts privés d’exploiter ces ressources
communautaires essentielles. Ces empiètements sont
devenus une source de conflits permanents. Une proposition
commune, préparée par deux des partenaires guatémaltèques du CRDI, s’inspire du projet antérieur sur le mode
de faire-valoir pour aider à résoudre le problème. Ce projet,
lancé en 2004, porte en particulier sur une grave faiblesse
que comportait le projet précédent — le peu d’attention
accordée aux sexospécificités. Par exemple, les femmes
autochtones pauvres n’ont pas droit aux titres fonciers après
la rupture du mariage.
Regard sur l’avenir — Le second projet doit prendre fin
vers le milieu de 2006. Quatre municipalités qui ont pris
part au projet pilote procèdent à l’élaboration et à l’essai de
mesures communautaires participatives relatives à l’utilisation des terres et au régime foncier municipal. Si toutes les
conditions sont réunies, le projet sera repris dans d’autres
municipalités.
Répercussions
de la floriculture
sur la santé en
Équateur
Domaine de programme
Environnement et
gestion des ressources
naturelles
Durée du projet :
2002–2006
Contribution du CRDI :
496 200 $
CRDI : D. Marchand
matière de programmation (voir l’encadré Les réseaux
contribuent à façonner les politiques à la page 45).
Objectif — En dix ans seulement, le bassin du Granobles en
Équateur est devenu l’un des plus importants producteurs
mondiaux de fleurs coupées cultivées sous serre. Pour satisfaire aux normes esthétiques des marchés internationaux,
ces activités de haute technicité et à forte concentration de
capitaux font appel à toute une gamme de pesticides, fongicides et herbicides. Afin de protéger la santé humaine et le
bien-être communautaire, le Centro de Estudios y Asesoria
en Salud (CEAS), de Quito, a lancé en 2002 une étude des
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 43 ]
fleurs coupées en Équateur. À l’échelle internationale, ils
participeront à des campagnes pour la promotion d’une
industrie de la floriculture durable.
Résultats à ce jour — En 2005–2006, l’équipe de
recherche du CEAS a répertorié l’utilisation de 112 marques
commerciales de produits agrochimiques contenant 32
groupes chimiques différents et 49 ingrédients actifs.
JuriBurkina — Accès
direct et gratuit à
l’information
juridique
Outre les effets néfastes sur la santé des travailleurs agricoles de l’utilisation inadéquate des produits chimiques, les
chercheurs ont aussi observé, dans l’ensemble du bassin,
les répercussions nocives sur l’environnement et la santé
humaine ainsi que les énormes changements sociaux, culturels et économiques causés par l’arrivée de l’agroindustrie à
grande échelle dans une région caractérisée par de petites
exploitations agricoles autochtones et des élevages de taille
intermédiaire pour l’industrie laitière.
Domaine de programme
Technologies de l’information
et de la communication au
service du développement
Durée du projet : 2004–2006 Contribution du CRDI : 0
Contribution d’autres bailleurs de fonds : 84 180 $
L’équipe de recherche a mis en contact les populations
autochtone et métisse (de descendance mixte) avec des universitaires, des représentants d’organismes communautaires,
de gouvernements et de groupes de gestion de l’environnement afin qu’ils puissent élaborer ensemble des outils de
surveillance de la santé humaine et de l’environnement dans
le bassin du Granobles. Le travail des chercheurs et de leurs
partenaires a attiré l’attention des autorités équatoriennes
et de la communauté internationale.
Sur le plan national, les résultats du projet ont joué un rôle
décisif dans l’élaboration et la mise en oeuvre d’un système
de recherche agraire à l’appui de recherches sur la sécurité
sociale et la santé de la population rurale.
À l’échelle internationale, les outils mis au point dans le
cadre du projet se sont acquis le soutien du European
Flower Label Program, qui certifie la qualité des fleurs. Une
liste des normes du travail, de protection du milieu ainsi
que des normes sociales et en matière de sexospécificités,
dressée par les chercheurs et leurs partenaires communautaires, sous-tendra un code de conduite international
régissant la production de fleurs coupées. Un processus
d’homologation complète a été entrepris par environ 15 %
des floriculteurs de l’Équateur.
Regard sur l’avenir — Les chercheurs font valoir l’importance d’un système participatif de surveillance communautaire de la santé humaine et de l’environnement. Ils ont
aussi commencé à élaborer des réformes judiciaires et un
programme de sensibilisation dans le but de favoriser
l’adoption de normes de durabilité pour la production des
[ 44 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
Objectif — Un appareil judiciaire transparent joue un rôle
fondamental dans l’édification de sociétés équitables. Dans
certaines régions du monde, cependant, où le financement
et les systèmes sont inadéquats, l’accès à l’information sur
les lois nationales et sur leur application est limité. Ce projet
a pour objectif de fournir un accès intégral à l’information
juridique publique, dont la loi et la jurisprudence, aux
juristes et aux citoyens du Burkina Faso.
Résultats à ce jour — Des chercheurs de l’Université de
Montréal ont joint leurs forces à celles du gouvernement
et de l’Ordre des avocats du Burkina Faso afin de mettre
sur pied une base de données juridiques en direct et peu
coûteuse. Ensemble, ils ont adapté un logiciel d’exploitation
libre mis au point par LexUM, le laboratoire d’informatique
juridique de l’Université de Montréal, pour répondre aux
besoins du milieu juridique et du gouvernement du
Burkina Faso.
« En rendant l’information juridique accessible en
ligne, JuriBurkina s’avère un véritable outil de
développement socioéconomique. Non seulement
il permet d’épargner temps et argent, mais il
contribuera également à renforcer la primauté du
droit au Burkina Faso en rendant toutes les décisions
judiciaires accessibles librement. » — Me Barthélemy
Kere, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Burkina Faso
Connu sous le nom de JuriBurkina, le centre d’information
juridique est exploité et actualisé par une équipe locale
formée de praticiens du droit et d’ingénieurs en logiciels afin
d’assurer la viabilité du projet lancé en 2005. Les utilisateurs
peuvent consulter JuriBurkina sur un site Web doté d’un
CRDI : Y. Beaulieu
répercussions de l’industrie des fleurs coupées sur la population. Ce projet a pour but de favoriser l’élaboration de
stratégies communautaires de réduction des méfaits et de
gestion des écosystèmes.
CRDI : J. Kassay
LES RÉSEAUX CONTRIBUENT À FAÇONNER LES POLITIQUES
En 2005, le CRDI a terminé l’enquête la plus exhaustive qu’il
ait jamais entreprise des réseaux du savoir qu’il appuie;
110 coordonnateurs de 80 réseaux subventionnés au cours
des 10 dernières années y ont participé. Cette enquête
révèle que les réseaux sont des outils utiles pour influer sur
les politiques. Les réseaux les plus efficaces — ceux qui ont
« la plus grande influence » sur les politiques et les lois —
sont ceux qui s’intéressent aux politiques économiques ou
à une seule région géographique, qui comptent un grand
nombre de membres individuels et d’organismes, dont
les règles d’adhésion sont strictes et dont le système de
communication est dynamique.
17 %
11 %
13 %
« Un des atouts importants que possède le Centre
à cet égard consiste en la création de réseaux
Sud-Sud et Nord-Sud qui, au mieux, aspirent à
prendre en compte tous les acteurs et sont
efficaces. Si toutes les conditions sont réunies, il
est probable que les lignes de force multiples du
renforcement des capacités, des liens avec les
politiques et de l’excellence scientifique
convergeront en un seul faisceau. » (SG+CP
2005–2010, CP, par. 14)
20 %
3%
11 %
24 %
6%
17 %
21 %
45 %
47 %
Accroissement des
connaissances mises
à la disposition des
responsables de politiques
et ouverture à d’autres
points de vue
n = 102
Amélioration des capacités
des chercheurs en matière
d’exécution de recherches
pertinentes sur le plan des
politiques
n = 100
Grande influence
8%
Influence modérée
Peu d’influence
21 %
35 %
Influence sur les politiques,
les programmes, les lois
ou ensembles de lois,
les règlements
n = 100
Aucune influence
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
Incertitude / refus de répondre
[ 45 ]
moteur de recherche et sur des cédéroms régulièrement mis
à jour. (www.juriburkina.org) L’Ordre des avocats offre à
ceux et celles qui n’ont pas accès à un ordinateur un point
d’accès gratuit à Ouagadougou, la capitale du pays.
Puisqu’il offre aux citoyens et à la collectivité juridique le
libre accès aux décisions des tribunaux du pays, JuriBurkina
est considéré comme un important outil pouvant renforcer
la primauté du droit et promouvoir le développement socioéconomique. Il a aussi fait du Burkina Faso un modèle en
ce qui a trait à la diffusion de la jurisprudence.
Regard sur l’avenir — Tant JuriBurkina que l’application de
l’Université de Montréal répondent aux normes des logiciels
d’exploitation libre. Cela signifie que d’autres concepteurs
de logiciels ont toute latitude de les utiliser et de les modifier à leur guise et de redistribuer leurs propres applications.
Le CRDI appuie une seconde phase de ce projet qui vise à
reproduire le succès de JuriBurkina ailleurs en Afrique de
l’Ouest et à Madagascar, par l’entremise d’un réseau
d’information juridique ouest-africain.
La gestion des ressources naturelles
communautaires en Mongolie
Domaine de programme Environnement et
gestion des ressources naturelles
Durée du projet :
phases précédentes : 2000–2004
Contribution du CRDI : 334 260 $
phase III : 2004–2007
Contribution du CRDI : 366 400 $
Objectif — Principale activité économique de la Mongolie,
l’industrie de l’élevage est le gagne-pain d’environ
172 000 familles et elle génère 19 % du produit national
brut du pays. Pendant la plus grande partie de la longue
histoire de la Mongolie, le pâturage sur prairie était géré
collectivement par les gardiens de troupeaux dont les vastes
migrations suivaient les saisons. Au cours du XXe siècle, un
virage d’abord vers la planification centrale de type soviétique, puis vers la gestion économique déterminée par le
marché a ravagé les surfaces pastorales. De rares vestiges du
système coutumier de gestion des pâturages ont survécu et
le gouvernement a gardé la mainmise exclusive sur toutes
les ressources naturelles. Or, étant donné les faibles capacités de l’État de surveiller et de gérer les pâturages, ceux-ci
se sont rapidement détériorés. Ce projet a pour objectif de
trouver de nouvelles façons d’améliorer les moyens de
subsistance des gardiens de troupeaux de la Mongolie en
prônant une utilisation plus efficace, plus durable et plus
équitable des pâturages et d’autres ressources naturelles.
Résultats à ce jour — En 2000, le CRDI et le gouvernement de la Mongolie ont lancé un projet visant à mettre sur
pied des établissements communautaires pour la gestion des
pâturages, qui seraient administrés conjointement par la
population locale et le gouvernement. Au cours des trois
phases de financement, l’équipe chargée du projet et les
bergers ont établi des organismes communautaires pour
représenter les gardiens de troupeaux dans leurs transactions avec les représentants de l’État et ils ont préparé et
mis en oeuvre des contrats de cogestion qui transfèrent
aux collectivités les droits d’utilisation des ressources et la
responsabilité de leur protection. Ils ont aussi fait l’essai de
mécanismes de génération de revenus fondés sur des produits provenant des animaux comme le feutre, la laine et le
cachemire, la fourrure et le cuir.
D’importantes modifications ont été apportées à de nouvelles lois, dont une loi nationale sur le registre foncier et
une loi sur l’eau. En 2005, la loi sur la protection de l’environnement a été modifiée pour inclure des procédures de
gestion des ressources naturelles communautaires. Un
groupe de travail, créé pour exécuter ces procédures, est
dirigé par Hijaba Ykhanbai, chargé de projet du CRDI.
IDRC: R. Vernooy
Regard sur l’avenir — Les groupes de gardiens de troupeaux sont très intéressés et encouragés par l’amélioration
directe de leur bien-être qu’ont entraînée les mécanismes
de génération de revenus et leur régime alimentaire enrichi.
L’équipe du projet continue de recevoir des demandes pour
créer d’autres groupes de bergers. Les initiatives en vue
d’étendre la mainmise communautaire sur les ressources
locales et d’améliorer les moyens de subsistance se
poursuivront.
[ 46 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
PORTRAIT D’UN PARTENAIRE
Juan Carlos Alurralde,
La défense
des droits
d’utilisation
de l’eau
Juan Carlos Alurralde (mieux connu sous son surnom de
Oso Andino — l’ours andin), chercheur spécialisé dans les
questions de l’eau, semble avoir le don d’apparaître au bon
endroit au bon moment. « Habituellement, dit-il, je me
retrouve là et à l’instant même où tout paraît indiquer que
ma contribution est attendue. »
Cela est certainement vrai de son retour en Bolivie à la
fin de 1999, après qu’il eut passé un peu plus d’un an au
Pakistan à concevoir un modèle d’irrigation des cultures
pour de grands canaux. L’ingénieur-hydraulicien est rentré
chez lui juste à temps pour qu’on fasse appel à lui pour
présider les débats sur le sujet toujours controversé de la
gestion de l’eau qui, une fois de plus, refaisait surface en
Bolivie. « Manifestement, la révolte grondait. Nous avons
tenté de la réprimer […] mais les forces étaient déjà
déchaînées », se souvient le chercheur.
La Bolivie a connu une période de crise, une « guerre de
l’eau », à la suite de l’adoption par le gouvernement de
nouvelles lois offrant à des entreprises privées des mesures
incitatives pour se charger des services publics d’eau.
CRDI : M. Hibler
En 2000, une filiale de Bechtel, la société qui avait
acheté la concession de vente d’eau à la ville de
Cochabamba, annonce une hausse des tarifs. C’est
l’étincelle qui met le feu aux poudres. Les résidants protestent fortement et, souvent, violemment. Nombre de
Boliviens meurent lors de manifestations qui se répandent,
paralysent le pays, déstabilisent le gouvernement et, finalement, forcent Bechtel à se retirer du marché bolivien.
Au-delà de la question de la privatisation, la guerre de
l’eau a mis au jour un mécontentement qui couvait depuis
longtemps au sujet des lois sur l’eau en Bolivie, qui n’assuraient pas un accès équitable à l’eau aux Autochtones qui
forment la majorité de la population bolivienne. Trente-deux
tentatives de révision de ces lois avaient échoué.
CRDI : N. MacMillan
Enfin, la promulgation d’une nouvelle loi a été le coup de la
fortune que la crise avait occulté.
Bolivie
Dans un premier temps, la
CGIAB a eu recours à un
modèle de simulation mis
au point au Danemark pour
évaluer l’efficacité des
propositions présentées pour
la distribution de l’eau.
Parallèlement, la commission
a mené une vaste consultation publique.
Cette consultation a gagné la
population à la cause, en partie parce que Oso — qui était
considéré comme neutre en
CRDI : G. Graf
raison de son récent retour en
Bolivie — pouvait servir d’intermédiaire entre le gouvernement et les organismes sociaux opposés à la politique de
gestion de l’eau.
Il en est résulté un consensus social en faveur d’une nouvelle loi sur l’eau qui, finalement, garantit aux Autochtones
et aux agriculteurs des droits d’utilisation de l’eau aux fins
de l’irrigation. Qui plus est, le processus mis en place par la
CGIAB a donné lieu à la création du ministère de l’Eau du
pays, lequel s’est engagé à faire appel à l’expertise scientifique et aux consultations populaires pour façonner sa
politique sur la distribution de l’eau.
« Le pouvoir exécutif a maintenant un plan d’action social
dont il doit tenir compte dans sa politique de l’eau. Un plan
fondé sur de solides assises techniques et sur de puissants
arguments que lui a fait valoir la population, fait remarquer
Oso Andino. La Bolivie a désormais ce qu’il lui faut pour
récrire son histoire au chapitre de l’eau. »
Réglementation des droits en vertu de la loi sur l’eau
Phase I 2002–2005
Contribution du CRDI : 270 700 $
Phase II 2005–2008
Contribution du CRDI : 446 130 $
Grâce au soutien financier du CRDI, Oso Andino et d’autres
chercheurs à la Comisión para la Gestión Integral del Agua
en Bolivia (CGIAB — Commission de gestion intégrale de
l’eau en Bolivie), un réseau formé de membres de la société
civile, de groupes de recherche et d’organisations non gouvernementales a entrepris un projet en vue d’élaborer une
nouvelle loi sur la gestion de l’eau.
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 47 ]
{
Mobiliser les ressources canadiennes...
pour la recherche
CRDI
OBJECTIF — « […] le CRDI mobilisera d’autres ressources pour la recherche au service
du développement en créant, consolidant et finançant des partenariats réunissant des
établissements canadiens et des établissements de pays en développement et en participant
à de tels partenariats. » (SG+CP 2005–2010, SG, par. 68)
Le CRDI a toujours perçu le développement comme étant
une entreprise de collaboration. Voilà pourquoi il favorise les
partenariats qui ont à coeur une participation ouverte et
équitable et qui aident à créer des liens entre les intuitions
des chercheurs et les applications pratiques. L’appui de
réseaux est un des moyens par lesquels le CRDI atteint cet
objectif. Rassembler des intervenants aux opinions divergentes pour discuter de recherche et d’innovation en est
un autre.
Le lancement du domaine de programme Innovation,
politique et science (IPS) en 2005–2006 donnera du poids
à ce rôle de rassembleur. IPS encourage la participation de
tous les intervenants de ce
domaine, du Canada et du
« Concepteurs et urbanistes ont tendance à créer
monde entier, de sorte que
des paysages urbains qui sont beaux, et non utiles.
l’on puisse tenir compte du
[…] Ce que nous apprendrons dans ces trois villes
point de vue des pays à
permettra d’enrichir le paysage urbain aussi bien au
faible revenu et à revenu
Nord qu’au Sud. » — Vikram Bhatt, directeur, Groupe sur le
intermédiaire, et de celui
logement à coût modique, Université McGill, et
des groupes marginalisés,
coordonnateur du projet d’agriculture urbaine
dans les débats sur les
de l’Université McGill et de l’ONU-HABITAT)
répercussions sociales,
environnementales et économiques des nouvelles politiques
en matière de science, de technologie et d’innovation.
IPS est aussi le point de convergence au CRDI des efforts
faits pour associer les milieux canadiens de la recherche et
de la politique scientifique à la coopération et au développement international. IPS encadre les orientations stratégiques
du nouveau Fonds d’encouragement du CRDI, créé à titre
de stimulant financier axé sur le renforcement des partenariats de recherche regroupant des scientifiques des pays en
développement et des chercheurs canadiens. En 2005–2006,
le Fonds d’encouragement a servi à soutenir le lancement
d’un nouveau partenariat d’envergure, le Programme de
partenariat Teasdale-Corti de recherche en santé mondiale,
décrit à la page 50, auquel participent les Instituts de recherche
en santé du Canada (IRSC), l’ACDI, Santé Canada et le CRDI.
Outre les partenariats de recherche, le CRDI forme des
partenariats de financement avec d’autres bailleurs de
fonds — des fondations, des organismes d’aide multilatérale, des ministères de gouvernements canadiens et
[ 48 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
L’aperçu
statistique
APPUI AUX
INSTITUTIONS
CANADIENNES
en 2005–2006
22
86
nouveaux projets
de recherche
projets de
recherche
en cours à
la fin de
l’exercice
144
274
nouvelles activités
de recherche
activités de
recherche en cours
à la fin de
l’exercice
33,1 millions
de dollars
9,4 millions 138
de dollars
contribution du
CRDI aux activités
financées en
2005–2006
institutions
canadiennes
participant à
des activités
de recherche
financement
accordé
par le CRDI
aux institutions
canadiennes
participant
à des recherches
en cours
Nouvelles activités de recherche approuvées en
2005–2006, par type d’institution (Canada)
74
11
organismes
sans but
lucratif
organismes
gouvernementaux
58
universités
1
organismes
à but
lucratif
étrangers, des établissements d’enseignement et des organisations non gouvernementales. Il a pour objectif d’augmenter les ressources affectées aux recherches appliquées
effectuées dans des pays en développement par des
Le lancement du projet Renforcement des capacités en
mobilisation des ressources (RCMR) par la Division des partenariats et du développement des affaires, décrit ci-après, a
également aidé les partenaires du Centre à accroître leurs
sources de financement de la recherche et à réduire leur
dépendance à l’égard des bailleurs des fonds — en créant
leurs propres partenariats de financement. Voilà qui est
signe de changement au sein du CRDI puisqu’il s’agit du
premier grand projet, depuis les années 1980, qui soit
entièrement consacré au renforcement des capacités. En ce
sens, le projet RCMR, qui renforce les capacités de l’institution d’accueil, vise en définitive à protéger les investissements, de temps et d’argent, faits par les partenaires qui
participent au projet.
Renforcement des capacités
organisationnelles et de la viabilité
financière
Division des partenariats et du développement des affaires
Durée des projets : 2004–2009
Contribution du CRDI : 1 792 550 $ pour deux projets
Objectif — Il arrive fréquemment que les établissements de
recherche des pays en développement manquent des fonds
requis pour entreprendre ou étendre des activités. Ils doivent
alors se faire concurrence pour les rares ressources qui proviennent des organismes subventionnaires internationaux et
ils sont souvent mal préparés pour le faire. La dépendance
à l’égard de l’aide internationale s’avère désormais une
approche insuffisante, car elle met en péril la viabilité financière des institutions. Pour s’attaquer à ce problème, il faut
définir clairement les priorités non seulement en ce qui concerne le financement, mais aussi en matière de planification
stratégique et de communications. Ce projet offre aux
partenaires du CRDI une formation et des services-conseils
en « mobilisation des ressources », contribuant ainsi à la
viabilité de la recherche pour le développement.
Résultats à ce jour — En mai 2004, la Division des partenariats et du développement des affaires du CRDI a ajouté
un rôle complémentaire à sa principale fonction qui consiste
à favoriser la formation de partenariats financiers et
stratégiques entre le CRDI et les bailleurs de fonds internationaux. La Division s’adresse désormais directement
aux partenaires de recherche du CRDI pour renforcer leurs
capacités de mobiliser des ressources. Elle a pour objectif
d’aider les organismes qui
prennent part à la recherche
pour le développement à
établir et à poursuivre leur
propre programme de
recherche.
« Après la formation en RCMR, nous avons mis en
œuvre plusieurs nouveaux programmes et projets,
dont dix ont bénéficié de soutien financier. Par
ailleurs, ANSAB [Asia Network for Sustainable
Agriculture and Bioresources] a poursuivi le
renforcement de ses capacités de collecte de fonds
et de mobilisation des ressources locales, au profit
de ses programmes de pointe qui offrent aux
entreprises des solutions pour la conservation de
la biodiversité et le développement économique
communautaire durable. En conséquence, notre
organisation a été en mesure d’attirer plusieurs
bailleurs de fonds […] » — Bhishma P. Subedi, directeur
Au cours des deux dernières
années, 13 ateliers de renforcement des capacités,
avec appui par la suite, ont
été organisés à l’intention
de plus de 100 partenaires
de recherche en Afrique de
l’Ouest, en Afrique de l’Est,
général, ANSAB, Katmandou, Népal
en Asie et en Amérique
latine. Un appui individuel a également été offert aux membres de sept organismes. Des
études visant à cerner la participation éventuelle de bailleurs
de fonds ont aussi été menées en Asie et en Afrique de
l’Ouest. En outre, on a commencé à préparer le terrain pour
explorer la possibilité de lancer le projet au Moyen-Orient et
en Afrique du Nord.
Regard sur l’avenir — Étant donné que le projet porte
surtout sur les enjeux organisationnels, on s’attend à ce
que les intervenants acquièrent une meilleure compréhension de l’apprentissage et des changements au sein de leur
organisme. Les besoins des partenaires du CRDI dans les
pays en développement incitent à envisager l’intégration de
la formation en mobilisation des ressources aux autres types
de formation (en administration financière, influence sur les
politiques, communications et suivi et évaluation, entre
autres).
L’autonomisation
des femmes de
l’Inde rurale
Domaine de programme
Environnement et gestion
des ressources naturelles
Durée du projet : 2000–2005
Contribution du CRDI :
425 000 $
Contribution d’autres bailleurs
de fonds : 2 825 347 $
Objectif — Comparativement
aux hommes, les femmes en
Inde ont moins de possibilités
de s’instruire et d’obtenir un
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
CRDI : J. Taylor
chercheurs de ces pays. En 2005–2006, le CRDI a travaillé
avec 31 autres bailleurs de fonds, dont sept canadiens.
L’ACDI demeure le principal partenaire du Centre au
Canada.
[ 49 ]
Résultats à ce jour — Le CRDI travaille avec la fondation
BAIF depuis 1987 au développement technologique, à la
mise au point de pratiques de gestion novatrices et à
l’amélioration de systèmes de prestation de services de
vulgarisation. Poursuivant sur cette lancée, la BAIF a mis sur
pied le projet Swayamsiddha (swayam signifie soi et siddha
une personne ayant des capacités éprouvées ou dont
l’autonomie a été renforcée) en 2000 pour améliorer la
santé des femmes en milieu rural et les rendre en mesure
de répondre à leurs besoins. Des actions collectives sexospécifiques concrétisées par des groupes de microcrédit et
des processus de changement au sein de la BAIF et des
organismes partenaires participant au projet ont donc été
amorcées.
L’équipe du projet a travaillé directement auprès de plus
de 6 000 femmes et filles de 91 villages afin de les aider
à exprimer leurs besoins et à déterminer les moyens d’y
répondre, qu’il s’agisse d’avoir accès aux soins de santé et
à l’éducation, d’assurer sa sécurité alimentaire, de quitter un
milieu violent ou de trouver un moyen de subsistance. En
collaboration avec plus de 600 groupes communautaires, les
chercheurs ont proposé des mesures en vue d’améliorer les
conditions de vie des femmes, notamment des technologies
permettant de diminuer les corvées, des programmes de
microcrédit et l’éducation en santé.
Le projet revêt un aspect encore plus important : il a permis
aux femmes d’acquérir des connaissances, de gagner de
l’assurance et d’accroître leur capacité d’utiliser ce nouveau
savoir. La recherche au service de l’autonomisation des
femmes, publié sous forme de livret et de cédérom (en
anglais) soulignait, en 2005, que la démarche qui sous-tend
le projet Swayamsiddha a permis aux femmes de prendre
des décisions sur des questions importantes dans leur vie,
sur les plans économique, social, culturel et politique, et de
donner suite à ces décisions.
Dans le cadre de ce projet, les participants ont élaboré des
systèmes de suivi et d’évaluation sur le terrain, rigoureux
et novateurs, et ils ont mené des activités de recherche
[ 50 ]
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
appliquée afin de cerner les changements survenus au sein
des collectivités, en eux-mêmes et dans leurs organisations.
À la fin du projet, tous les partenaires prenaient part à des
activités participatives de planification, de recherche, de suivi
et d’évaluation, déterminées selon les besoins, et tous
avaient augmenté leur capacité de programmation
sexospécifique.
Regard sur l’avenir — Le projet s’est terminé en 2005–2006.
Programme de partenariat Teasdale–Corti
de recherche en santé mondiale
Domaine de programme Politique sociale et économique
Durée du projet : 2005–2010
Contribution du CRDI : 6 700 000 $
Contribution d’autres bailleurs de fonds : 6 000 000 $
Objectif — Le fossé qui existe entre pays riches et pays
pauvres en ce qui a trait à la santé continue de se creuser
pour diverses raisons, notamment à cause de la détérioration des milieux physique et social, de systèmes de santé et
de services sociaux inadéquats et du manque de possibilités
de formation et d’éducation permanente. Les politiques
d’attribution de subvention et les approches traditionnelles
de la formation et de la recherche peuvent exacerber ces
problèmes. Le Programme de partenariat Teasdale–Corti de
recherche en santé mondiale a pour objectif général de contribuer à l’amélioration de la santé et au renforcement des
systèmes de santé dans les pays à faible revenu et à revenu
intermédiaire (PFR-PRI), en soutenant des approches novatrices visant à intégrer la production et la synthèse des connaissances dans le domaine de la santé grâce à la recherche,
au développement des capacités de recherche en santé et à
l’utilisation des données probantes dans la politique de la
santé et la pratique.
Résultats à ce jour — En 2005, l’Initiative de recherche en
santé mondiale (IRSM) a lancé le Programme de partenariat
Teasdale–Corti de recherche en santé mondiale qui appuie
CRDI : C. Lombard
emploi, leur état nutritionnel et de santé est médiocre et
elles jouissent de moins de droits fonciers et de propriété.
Qui plus est, le taux de mortalité lié à la maternité est parmi
les plus élevés au monde. Le projet Swayamsiddha est une
initiative quinquennale coordonnée par la BAIF Development
Research Foundation et financée par le CRDI et l’Agence
canadienne de développement international. Axé sur la
santé et l’autonomisation des femmes, ce projet a été
mis en oeuvre par neuf organismes partenaires de
six États indiens.
Le programme a été nommé en l’honneur des médecins
Lucille Teasdale et Piero Corti qui ont consacré leur vie à
l’amélioration de la santé et du bien-être des Ougandais.
Ensemble, ils ont fondé une école de sciences infirmières
où sont formés des centaines de professionnels de la santé
ougandais.
En octobre 2005, le premier appel à déclaration d’intention
pour l’obtention d’une subvention d’équipe Teasdale-Corti
de l’IRSM a été émis; 259 déclarations ont été envoyées par
des équipes formées de chercheurs canadiens et de pays en
développement et d’utilisateurs de la recherche. Trente
d’entre elles seront retenues au début de l’exercice
2006–2007 et les candidats retenus seront invités à
soumettre des propositions détaillées.
Regard sur l’avenir — En décembre 2006, les huit à dix
premières équipes retenues seront choisies et une offre de
bourses de formation et de cheminement de carrière par
voie de concours sera lancée à l’intention des chercheurs au
début de leur carrière, à des professionnels à mi-parcours et
à des partenaires usagers de la recherche engagés dans des
activités de recherche concertée. Le secrétariat continuera
à chercher de nouveaux partenaires et il a élaboré une
stratégie d’expansion rapide, prévoyant également que le
programme se prolonge sur dix ans à condition que d’autres
ressources puissent être dégagées.
recherches pertinentes et
méthodologiquement
rigoureuses sur les causes
de la pauvreté dans les pays
du sud et sur les remèdes
possibles.
Résultats à ce jour — Les
travaux subventionnés par le
CRDI au début des années
1990 ont abouti à la création
du programme Impacts
micros des politiques macroéconomiques et
d’ajustement (MIMAP), dont le but est d’aider les pays en
développement à concevoir des politiques et des programmes
qui, d’une part, atteignent des objectifs de stabilisation
économique et d’ajustement structurel et, d’autre part,
réduisent la pauvreté et la vulnérabilité. En 2002, la majorité
des activités de MIMAP ont été dévolues au réseau PEP,
réseau mondial de recherche et de renforcement des capacités. Le réseau PEP se compose de trois sous-réseaux
étroitement liés axés sur le suivi, l’évaluation et l’analyse de
la pauvreté; la modélisation et l’analyse de l’incidence des
politiques; et les systèmes de suivi communautaire. Les projets de recherche sont réalisés selon un cycle annuel par de
petites équipes choisies par voie de concours. En juin 2005,
150 chercheurs de 40 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique
latine ont assisté à la quatrième réunion générale du réseau
PEP au Sri Lanka; 15 nouvelles subventions de recherche ont
été accordées à l’issue de cette réunion, portant à 48 le
nombre de subventions octroyées par le réseau.
La collaboration du Canada a compté pour beaucoup dans
la croissance et le succès du réseau PEP. Ainsi, depuis 1997,
le Centre de recherche en économie et finance appliquées
de l’Université Laval et le Département d’économie de
l’Université de Western Ontario offrent soutien technique
et formation.
Domaine de programme Politique sociale et économique
Durée du projet : 2002–2007
Contribution du CRDI : 9 993 135 $
Fidèle à sa stratégie de longue date de confier les trois composantes du réseau PEP à des partenaires du Sud, le Centre
en a délégué la gestion conjointe à l’Angelo King Institute
for Economic and Business Studies des Philippines et au
Centre interuniversitaire sur le risque, les politiques
économiques et l’emploi (CIRPÉE) de l’Université Laval.
Objectif — Bien que la croissance économique ait aidé à
réduire la pauvreté dans le monde, les gains ont été inégaux
et les progrès, variables entre les pays et les régions, et au
sein des pays mêmes. Le Réseau de recherche sur les politiques économiques et la pauvreté (réseau PEP) met en
contact des chercheurs des pays en développement à qui il
offre un soutien technique et financier pour produire des
Regard sur l’avenir — Les efforts pour céder la responsabilité des activités du réseau PEP se poursuivent. En 2005,
deux directeurs de réseaux du Sud ont été désignés, l’un
du Sénégal pour voir au bon déroulement des activités de
recherche sur l’analyse multidimensionnelle de la pauvreté et
l’autre, de la Tunisie, pour diriger les activités sur l’évaluation
de la pauvreté et des répercussions des dépenses publiques.
Réseau de recherche sur les politiques
économiques et la pauvreté (réseau PEP)
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 51 ]
CRDI : Y. Beaulieu
une série d’activités et de concours de financement dans
une première phase s’échelonnant sur cinq ans par des
investissements initiaux de 12,7 millions de dollars engagés
par le CRDI et les Instituts de recherche en santé du Canada.
Ces activités seront les suivantes : offre de subventions par
voie de concours, bourses de formation, courtage et réseautage, affectation de fonds de démarrage à des projets visant
à établir des liens entre la recherche et les politiques et les
pratiques en matière de santé, l’évaluation et la synthèse
des résultats de recherche.
« Nos relations avec les
membres du réseau PEP
ont énormément
changé notre façon de
travailler. Nous avons
pu constater qu’ils
sont consciencieux et
efficaces. Nous tentons
d’imiter ces qualités et
espérons que nous
aussi pourrons faire
preuve du même
engagement. »
— Abayomi Oyekale,
chercheur, Nigeria
CRDI : A. Ait Lhaj
LA MOBILISATION DES RESSOURCES — UNE PRIORITÉ
Favoriser la collaboration est une activité à laquelle tout le
monde s’emploie au CRDI, du personnel de programme qui
tisse des liens avec les chercheurs et les réseaux pour des
dossiers particuliers jusqu’à la Division des partenariats et du
développement des affaires qui se voue principalement à la
formation de partenariats avec des bailleurs de fonds. De
fait, la formation de partenariats représente autant une
occasion de mobiliser des fonds dont les chercheurs du
Sud ont un urgent besoin que de mieux comprendre la
recherche pour le développement au regard des politiques
locales et internationales.
La priorité qu’accorde le CRDI à la collaboration avec
d’autres bailleurs de fonds tient compte du fait que le
Centre est un donateur relativement petit et spécialisé; il lui
faut donc s’associer avec d’autres pour étendre la portée de
sa programmation et donner à certaines activités l’envergure
nécessaire. L’approche de la mobilisation des ressources est
désormais résolument axée sur l’établissement de partenariats stratégiques avec un petit nombre de bailleurs de fonds
prioritaires. En 2005–2006, ceux-ci provenaient de huit pays
de l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE), dont le Canada.
31
167
nombre de
partenariats avec des
bailleurs de fonds en
2005–2006
nombre de
partenaires bailleurs
de fonds depuis 1979
[ 52 ]
Ces partenariats de financement avec le CRDI prennent trois
formes particulières :
■
le cofinancement, c’est-à-dire qu’un bailleur de fonds
finance en tout ou en partie un projet administré par
le CRDI (voir la note 9 afférente aux États financiers,
page 83);
■
le financement parallèle où les ressources affectées à un
projet lancé par le CRDI, seul ou en collaboration, sont
directement versées à l’établissement ou au réseau bénéficiaire; le CRDI n’assurant pas un suivi systématique de
cette contribution, les montants indiqués représentent
une estimation prudente;
■
l’échange et la mutualisation des connaissances, de
manière formelle, informelle ou les deux à la fois, par
contacts personnels sur le terrain ou au siège du Centre.
14,8
>35
contributions versées
au CRDI par d’autres
bailleurs de fonds en
2005–2006
contributions
estimatives des
bailleurs de fonds aux
bénéficiaires du CRDI
en 2005–2006
millions
de dollars
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
millions
de dollars
PORTRAIT D’UN PARTENAIRE
M.S. Swaminathan,
La vision
d’une nation
branchée
À 80 ans, M.S. Swaminathan a toutes les raisons de prendre
une retraite tranquille et de se reposer sur ses lauriers.
Proche conseiller de la première ministre Indira Gandhi dans
les années 1960, le professeur Swaminathan a été l’un des
principaux artisans de la révolution verte qui a considérablement augmenté les disponibilités alimentaires en Inde, haussant, par exemple, la production de blé alors de 12 millions
de tonnes par année à 70 millions de tonnes aujourd’hui.
Au début des années 1990, il a instauré le concept de
« biovillages », qui allie de nouvelles méthodes d’augmentation du revenu des pauvres en milieu rural, celui des femmes
en particulier, à des idées neuves pour protéger l’environnement.
Mais aujourd’hui, le professeur Swaminathan tourné vers
l’avenir et non sur ses réalisations passées. Il est le fer de
lance d’une campagne connue sous le nom de Mission 2007
(visant à faire de chaque village un centre de savoir), qui
veut apporter les avantages des technologies de l’information
et de la communication (TIC) modernes aux 600 000 villages
de son pays d’ici au 15 août 2007, date du 60e anniversaire
de l’indépendance de l’Inde.
Étendre la portée des TIC à l’Inde tout entière permettrait de
tirer parti des progrès accomplis dans la région rurale de
Pondichéry. Là, grâce à un financement initial du CRDI, la
Fondation de recherche M.S. Swaminathan (MSSRF) a donné
accès à de l’information fondamentale sur l’économie et
l’environnement à 12 000 personnes de sept villages.
Ce petit projet financé par le CRDI a aidé à lancer le mouvement de masse grâce auquel les villages de l’Inde rurale
connaîtront les bienfaits des TIC. Dans le budget qu’il a
présenté en mars 2005, le gouvernement de l’Inde a affecté
28 millions CAD à Mission 2007.
CRDI : N. Lessard
La MSSRF a mis au point un modèle de connectivité « en
étoile », selon lequel les données sur le Web sont téléchargées dans une collectivité branchée à Internet, puis
retransmises par un réseau local voix/données aux centres
de savoir communautaires de six villages avoisinants. Sur le
terrain, l’information est diffusée de manière plus traditionnelle à l’aide de haut-parleurs et de journaux.
CRDI : N. Lessard
M.S. Swaminathan est convaincu que le projet de
Pondichéry peut être reproduit dans l’ensemble du pays,
Inde
l’idée ayant désormais
l’appui du gouvernement,
de l’industrie de la technologie de pointe et d’autres
intervenants. « Nous avons
CRDI : N. Lessard
commencé par un petit
projet qui est devenu un
mouvement de masse, dit-il. Les organismes gouvernementaux, les grandes sociétés, de nombreuses organisations
non gouvernementales et bon nombre d’établissements
d’enseignement se sont rassemblés pour atteindre le même
objectif : Mission 2007. »
Le but de cette collaboration est d’aider les gens des
villages pauvres à améliorer leur sort. Le professeur
Swaminathan explique que, dans bien des domaines,
les connaissances ont été le lien manquant empêchant les
villages pauvres de l’Inde de mettre leurs compétences,
leurs ressources et leur détermination à profit pour améliorer
leurs conditions de vie.
« Si je suis un bon cultivateur et que je produis des pommes
de terre et des oignons en grande quantité, mais que je ne
connais pas les prix, je me ferai exploiter sur les marchés,
poursuit-il. Il est donc essentiel de donner aux gens les
moyens d’acquérir des connaissances sur les marchés et sur
la santé, au sujet de la pandémie de VIH/sida ou de la tuberculose. Aujourd’hui, les villageois sont mieux informés. »
Les centres de savoir des villages sont fondés sur le principe
de « l’inclusion sociale », affirme M.S. Swaminathan.
« N’importe quel projet, s’il ne repose pas sur le principe
de l’inclusion sociale, profitera aux uns et causera préjudice
aux autres. Nous voulons concevoir un projet qui soit
avantageux pour tous. »
Impact des TIC dans les régions rurales (Inde)
Phase I 1997–2001
Contribution du CRDI : 214 120 $
Phase II 2001–2005 Contribution du CRDI : 200 000 $
Contribution d’autres bailleurs de fonds : 90 900 $
Impact des TIC sur l’allègement de la pauvreté dans la
région rurale de Pondichéry (Inde)
Durée du projet : 2004–2007
Contribution du CRDI : 621 240 $
L A R É A L I S AT I O N D E S O B J E C T I F S
[ 53 ]
{
Les ressources humaines
et financières
CRDI : C. Lombard
{
La gouvernance
Le Conseil des gouverneurs
Un Conseil des gouverneurs formé de 21 membres originaires
de plusieurs pays oriente l’action du Centre. Le président du
Conseil est comptable au Parlement du Canada par l’entremise du ministre des Affaires étrangères. La Loi sur le CRDI
exige que, des 21 gouverneurs, le président, le vice-président
et neuf autres membres soient des citoyens canadiens.
La tradition veut que les dix autres gouverneurs viennent
d’autres pays; huit sont de pays en développement et deux,
de pays donateurs. La composition internationale du Conseil
du CRDI aide à faire en sorte que les programmes et activités
du Centre peuvent répondre de façon efficace aux besoins
des pays en développement.
La gérance du Centre
Les responsabilités du Conseil
Il incombe au Conseil des gouverneurs, à ses comités et à
ses membres
■
de déterminer l’orientation stratégique des programmes
du Centre;
■
d’examiner et d’approuver les objectifs, plans et actions
du Centre en matière de finances;
■
d’étudier les plans de gestion des ressources humaines;
■
d’évaluer et de gérer les risques liés aux activités du
Centre;
■
d’assurer l’intégrité des systèmes d’information de
gestion et de contrôle interne;
■
d’examiner le rendement du Centre pour en assurer
la conformité à l’orientation stratégique et aux plans
d’activités;
■
d’évaluer dans quelle mesure le Conseil s’acquitte de
ses responsabilités;
■
d’élaborer des indicateurs afin de superviser et d’évaluer
le rendement de la présidente du Centre.
L’orientation stratégique
L’exercice 2005–2006 marque la première année d’entrée en
vigueur de la Stratégie générale et du Cadre programmatique
2005–2010 (SG+CP), approuvés par le Conseil des gouverneurs en novembre 2004, et du Cadre opérationnel,
document qui les accompagne. Au cours de l’année, et
conformément à la SG+CP, les gouverneurs ont été appelés
à étudier et approuver de nouveaux descriptifs pour certains
programmes nouveaux et existants (voir la structure des
programmes, page 24). Les descriptifs exposent les objectifs
et les grandes lignes d’un programme, Pauvreté urbaine et
environnement par exemple, pour une période de cinq ans,
et présentent un budget provisoire. Les gouverneurs approuvent le budget affecté au programme chaque année quand
ils adoptent le programme des travaux et budget. Le Conseil
a aussi approuvé un nouveau domaine de programme,
appelé Innovation, politique et science.
La gestion du risque
Le Comité des finances et de la vérification, en étroite collaboration avec le chef de la direction financière et les vérificateurs internes et externes du Centre, aide le Conseil des
gouverneurs à s’acquitter des responsabilités qui lui sont
confiées en matière de surveillance. L’une des responsabilités
du Comité consiste à déterminer les principaux risques liés
à l’exploitation du Centre et à s’assurer qu’ils sont gérés
convenablement et que les éléments d’actif sont protégés.
L’appréciation annuelle du risque effectuée par la fonction
de vérification interne aide le Comité dans cette tâche.
Le Conseil a approuvé un nouveau mandat pour le Comité
des finances et de la vérification en 2005–2006. Parallèlement, la haute direction a mis à jour la Charte de vérification interne du Centre. La Charte est conforme aux Normes
internationales pour la pratique professionnelle de l’audit
interne (Normes) et au code de déontologie de l’Institut des
vérificateurs internes (IIA). Ces mesures tiennent compte
des lignes directrices du Conseil du Trésor à l’intention des
comités de vérification des sociétés d’État.
La nouvelle Charte de vérification donne au CRDI une marge
de manoeuvre dont il avait grandement besoin pour la fonction de vérification interne. Présentement, la demande de
vérificateurs expérimentés est telle qu’il est difficile de recruter
et de garder des vérificateurs chevronnés. Afin de maintenir
la qualité des services obtenus à leur haut niveau actuel, la
direction a agi de façon proactive et entrepris des démarches
pour impartir la fonction de vérification. Les gouverneurs
ont approuvé un budget de 253 000 $ pour l’évaluation
interne en 2006–2007. Le Conseil et la direction du Centre
suivront de près l’évolution de cette nouvelle formule.
Le Comité des finances et de la vérification appuie sans
réserve cette mesure et il a souligné que le rôle et les
paramètres relatifs à la prestation de services de vérification
décrits dans la nouvelle Charte de vérification sont garants
de la mise en place des mesures de protection appropriées.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 55 ]
La planification de la relève
Le CRDI cherche en grande partie à former les candidats les
plus prometteurs parmi son personnel afin de se doter d’une
prochaine génération de dirigeants voués à l’excellence.
Chaque année, la présidente du Centre et les deux viceprésidents examinent les dossiers des cadres supérieurs afin
d’assurer la cohérence institutionnelle et de satisfaire aux
besoins éventuels du Centre. La présidente tient le Conseil
au courant de l’évolution démographique de l’effectif et des
activités et stratégies de planification de la relève, qu’il s’agisse
d’offrir une formation plus poussée à des candidats internes
de talent ou de prévoir très tôt le recrutement à l’extérieur.
Le Centre dotera un certain nombre de postes supérieurs
avant 2008 et des mécanismes ont été mis en place afin
d’élaborer des stratégies qui facilitent ses démarches.
L’information communiquée au Conseil
Tous les ans, à la réunion qu’il tient à l’automne, le Conseil
des gouverneurs reçoit un rapport sur l’état des programmes
et des activités du CRDI au regard de la Stratégie générale
du Centre. Ce sont les directeurs des domaines de programme
et les directeurs régionaux qui, tour à tour, présentent ces
rapports. En mars, le programme des travaux et le budget
prévus pour l’exercice qui suit sont soumis à l’étude et à
l’approbation du Conseil.
À la réunion qu’il tient en juin, le Conseil des gouverneurs
reçoit un rapport sur les activités de l’année écoulée de la
part de la Section de l’évaluation et de la Division des communications. Le rapport sur la vérification financière annuelle
du Bureau du vérificateur général et les états financiers vérifiés de l’exercice lui sont aussi présentés à cette occasion.
À chacune des réunions du Conseil des gouverneurs, les
présidents des comités du Conseil présentent un rapport
sur les activités de leur comité et les questions traitées.
Tous les deux mois, la présidente du CRDI remet au Conseil
des gouverneurs un rapport détaillé sur les activités du Centre.
En outre, les gouverneurs peuvent communiquer entre eux
et avec le personnel du Centre au moyen d’une liste de
diffusion spéciale. Ils reçoivent aussi le Bulletin du CRDI,
le mensuel électronique du Centre. Des pages Intranet
à l’intention des membres du Conseil sont en voie de
préparation.
Le régime de vérification
Le régime annuel de vérification prévoit des vérifications
internes et externes. Le Bureau du vérificateur général se
charge de toutes les vérifications externes.
[ 56 ]
Les objectifs liés à l’intérêt public
La Loi sur le CRDI, qui a créé le Centre en 1970, définit toujours sa mission et ses pouvoirs et elle témoigne à la fois de
la vision de l’avenir et de la perspicacité des fondateurs du
CRDI. Le Conseil des gouverneurs veille à ce que le Centre
respecte l’esprit et la lettre de la loi qui le régit de même
que la mission qui lui a été confiée, soit de lancer, d’encourager, d’appuyer et de mener des recherches sur les problèmes des régions du monde en voie de développement.
Les communications
Le rapport annuel du CRDI est le principal instrument de
communication du Centre avec le gouvernement du
Canada. Le CRDI consulte régulièrement, sur des enjeux
importants, les milieux scientifique et de la recherche ainsi
que le milieu de la politique étrangère du Canada, dont le
ministère des Affaires étrangères, l’Agence canadienne de
développement international, Commerce international
Canada et Industrie Canada.
Le président du Conseil des gouverneurs et la présidente du
Centre rencontrent le ministre des Affaires étrangères et la
ministre de la Coopération internationale une fois l’an au
moins et ils tiennent des réunions plus fréquentes avec les
conseillers des ministres et les hauts fonctionnaires.
La collaboration avec la direction
Les relations entre le Conseil et la direction
Les relations qu’entretiennent le Conseil des gouverneurs et
la direction sont empreintes de transparence, tous deux
croyant fermement que la reddition de comptes et les bonnes
pratiques de gouvernance dans le secteur public sont essentielles pour assurer un rendement organisationnel optimal.
Les dispositions législatives régissant le CRDI confèrent à la
présidente du Centre le pouvoir de diriger les affaires de
l’organisme. Au début de l’exercice, les objectifs de la présidente et les indicateurs qui serviront à mesurer son rendement sont établis de concert avec le Conseil. Ce dernier doit
ensuite suivre de près le rendement de la présidente à l’aide
des indicateurs prévus. Le Conseil discute chaque année
avec la présidente de l’évaluation de son rendement.
Le fonctionnement quotidien du Centre relève de la présidente, qui s’acquitte de sa charge en collaboration avec le
Comité de la haute direction (CHD), formé d’elle-même, des
vice-présidents, des directeurs régionaux, du directeur du
Groupe des politiques et de la planification, du conseiller
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Le Conseil a mis en place des structures et des processus qui
lui permettent de fonctionner indépendamment de la direction. Le rôle de la présidente du CRDI, qui en est la première
dirigeante, et celui du président du Conseil sont distincts; ce
dernier gère les affaires du Conseil tandis que la présidente
du Centre veille au fonctionnement au jour le jour du CRDI.
Tous les membres du Conseil sont nommés par le gouverneur en conseil.
Le Conseil tient trois réunions par année. Chaque séance
comprend une discussion à huis clos et la présentation des
rapports des comités permanents du Conseil qui sont au
nombre de quatre : le Comité de direction, le Comité des
finances et de la vérification, le Comité des ressources
humaines et le Comité de sélection. Les membres des
comités sont élus en tenant compte de leurs intérêts, de
leurs compétences et de leur disponibilité. Le cas échéant,
le Conseil crée également des comités spéciaux chargés
d’étudier des questions particulières.
Le Conseil a adopté une politique rigoureuse en matière de
conflit d’intérêts afin d’assurer la plus stricte intégrité des
membres du Conseil et de l’ensemble du personnel du Centre.
Le Comité de direction
Les membres du Comité de direction se rencontrent avant
chaque réunion du Conseil pour passer en revue l’ordre du
jour. Sauf pour ce qui est des exigences exposées dans la
Loi sur le CRDI, rien n’établit officiellement le mandat du
Comité de direction. Le président du Conseil et la présidente
du Centre consultent le Conseil au grand complet pour
déterminer l’orientation stratégique et prendre les décisions.
Membres : Gordon S. Smith (président du Conseil),
Margaret Catley-Carlson, Denis Desautels (entré en fonction
en mars 2006), Ged Davis, Tom McKay (jusqu’en décembre
2005), Norah Olembo, Maureen O’Neil, Rodger Schwass.
■
les questions financières relatives à l’orientation
stratégique du Centre;
■
la détermination des principaux risques que posent les
activités du Centre et la mise en place de mécanismes
appropriés de gestion de ces risques;
■
l’adoption par le Centre de systèmes d’information et de
pratiques de gestion qui répondent à ses besoins et qui
garantissent l’intégrité de l’information transmise au
Conseil;
■
CRDI : H. Darwish
L’indépendance du Conseil
Le Comité des finances et de la vérification
Le Comité des finances et de la vérification vient en aide au
Conseil des gouverneurs et lui présente des recommandations
en ce qui concerne :
La president du CRDI, Maureen
O’Neil, plante un arganier à
Agadir, lors de la visite de
membres du Conseil au Maroc.
l’examen de la fonction de vérification interne pour
s’assurer de son efficacité.
En juin 2005, le Conseil des gouverneurs a approuvé un
nouveau mandat pour le Comité de finances et de la vérification. Ce nouveau mandat tient compte des lignes directrices du Conseil du Trésor sur le fonctionnement de comités
semblables au sein de sociétés d’État. En mars 2006, le
Comité a examiné un nouvelle charte pour la fonction de
vérification interne et en a recommandé l’approbation au
Conseil.
Membres : Tom McKay (président, jusqu’à la fin de son
mandat en décembre 2005), Denis Desautels (président,
depuis mars 2006), Margaret Catley-Carlson, Mary Coyle
(présidente par intérim de décembre 2005 à mars 2006),
Maurice Foster, Octavio Gómez-Dantés, Maureen O’Neil,
Jean-Guy Paquet.
La présidente du CRDI et des
membres du Conseil des gouverneurs en compagnie du chargé de
projet et du personnel du centre
national de toxicologie, au Caire
Le Comité des ressources humaines
Le Comité des ressources humaines seconde le Conseil des
gouverneurs et lui fait des recommandations au sujet des
politiques, des règlements et des normes qui concernent les
ressources humaines du Centre. En outre, il informe et conseille la présidente du Centre sur les questions touchant aux
ressources humaines.
Membres : Rodger Schwass (président), Margaret CatleyCarlson, Francine Matte, Tom McKay (jusqu’à la fin de
son mandat en décembre 2005), Maureen O’Neil,
Linda Sheppard Whalen.
Le Comité de sélection
Le Comité de sélection examine les candidatures et recommande la nomination des candidats qui conviennent au
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 57 ]
CRDI : H. Darwish
juridique, des directeurs des domaines de programme, du
directeur de la Division des finances et de l’administration,
de la directrice des Ressources humaines et de la directrice
des Communications. Le comité se réunit régulièrement et
formule des recommandations sur la plupart des grandes
questions dont le Conseil est saisi. Les procès-verbaux des
réunions du CHD sont préparés par la secrétaire du Centre
et tout le personnel peut y avoir accès sur le site Intranet
du CRDI.
Des membres du Conseil discutent
du projet SMEPol avec M. Youssef
Boutros Ghali, ministre des
Finances de l’Égypte, en présence
de l’ambassadeur du Canada dans
ce pays, Philip MacKinnon.
Conseil des gouverneurs; il suit de près la composition du
Conseil et de ses comités de même que le rendement de
leurs membres pour ce qui est de leur présence aux réunions,
leur participation et leur réceptivité.
Membres : Gordon S. Smith (président), Margaret CatleyCarlson, Denis Desautels (depuis mars 2006), Tom McKay
(jusqu’à la fin de son mandat en décembre 2005), Maureen
O’Neil, Rodger Schwass.
La présidence du Centre
La bonne gouvernance commence par le choix de la personne
la plus qualifiée pour diriger une organisation. Conformément à la Loi sur le CRDI, c’est le Conseil des gouverneurs
qui recommande au gouverneur en conseil les candidatures
à la présidence du Centre.
Le Conseil évalue chaque année le rendement de la présidente du Centre au regard des objectifs établis, détermine
les objectifs pour l’exercice suivant et discute de la planification de la relève avec les cadres supérieurs.
Le fonctionnement du Conseil
Le renouvellement du Conseil
La Loi sur le CRDI stipule qu’au moins 11 des gouverneurs
doivent avoir de l’expérience dans le domaine du développement international ou dans celui des sciences naturelles,
des sciences sociales ou de la technologie. Le Conseil tient
compte de ces prescriptions dans le profil des compétences
et de l’expérience qu’il élabore en vue de déterminer les
candidats aptes à combler les vacances en son sein.
Les gouverneurs sont nommés pour un mandat de quatre
ans, qui peut être renouvelé pour quatre autres années. En
2005–2006, quatre nouveaux gouverneurs ont été nommés
au Conseil.
La formation
Les nouveaux membres du Conseil reçoivent une documentation complète sur le Centre, dont un manuel d’information préparé à leur intention, et ils prennent part à des
séances d’orientation. On incite les gouverneurs à faire, au
moins une fois pendant leur mandat, une visite des lieux où
se déroulent les projets du CRDI afin de consulter les intervenants, de voir de près comment le Centre travaille et de
constater les effets des activités de recherche qu’il finance.
Cette année, deux visites de terrain ont été organisées, l’une
au Maroc et en Égypte, en novembre 2005, et l’autre au
Mali et au Bénin, en février 2006.
[ 58 ]
La rémunération
La rémunération des membres du Conseil est fixée conformément aux Lignes directrices concernant la rémunération
des titulaires à temps partiel nommés par le gouverneur
en conseil dans les sociétés d’État. Ces lignes directrices
prévoient les taux suivants :
■
indemnité journalière versée aux gouverneurs :
de 390 $ à 420 $
■
honoraires annuels des présidents de comité :
de 4 600 $ à 5 400 $
■
honoraires annuels du président du Conseil :
de 9 200 $ à 10 800 $
La responsabilité de la gouvernance
L’objectif de la bonne gouvernance consiste à assurer
vigueur et viabilité à une institution qui remplit efficacement
la mission que lui confère la loi. C’est le Conseil des gouverneurs qui est chargé de l’élaboration d’une démarche
globale à l’égard des questions de gouvernance au CRDI.
Sous la direction du président du Conseil, les gouverneurs
procèdent à une autoévaluation tous les deux ans, afin
d’examiner leurs pratiques et leur rendement au chapitre
de la gouvernance. Ils se sont livrés à cet exercice en 2005.
Chaque année, l’effectif et les responsabilités des comités
sont passés en revue. L’élaboration d’une nouvelle Charte
du Conseil a été amorcée. En mars 2006, la direction a
remis au Conseil des rapports sur l’élaboration d’un code de
conduite à l’intention des employés du CRDI et le Conseil
des gouverneurs a approuvé la Charte de vérification
interne.
Le Conseil des gouverneurs
en 2005–2006
GORDON S. SMITH, PRÉSIDENT DU CONSEIL DES GOUVERNEURS,
VICTORIA, CANADA
Directeur exécutif, Centre for Global Studies, Université de
Victoria; ancien sous-ministre des Affaires étrangères.
MARGARET CATLEY-CARLSON, VICE-PRÉSIDENTE DU CONSEIL
DES GOUVERNEURS, LA PÊCHE, CANADA
Présidente et membre de divers organismes internationaux
voués à une meilleure gestion des problèmes dans les
domaines de la gestion de l’eau douce, de la protection de
l’environnement et des aspects financiers du développement;
ancienne présidente, Conseil de la population, New York.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
MARY COYLE, ANTIGONISH, CANADA
Vice-présidente, Université St. Francis Xavier et directrice,
Coady International Institute, Université St. Francis Xavier;
ancienne directrice générale, Calmeadow, Toronto.
ANGELA CROPPER, TRINITÉ-ET-TOBAGO
(nommée le 23 juin 2005)
Cofondatrice et présidente, Fondation Cropper;
ancienne coprésidente du panel d’évaluation, Évaluation
des écosystèmes en début de millénaire.
GED DAVIS, GENÈVE, SUISSE
Directeur général, Centre for Strategic Insight, Forum
économique mondial; ancien vice-président, Global Business
Environment, et chef d’équipe des scénarios énergétiques
chez Shell.
DENIS DESAUTELS, OTTAWA, CANADA
(nommé le 2 janvier 2006)
Cadre en résidence, École de gestion, Université d’Ottawa;
ancien vérificateur général du Canada.
MAURICE FOSTER, OTTAWA, CANADA
Membre du conseil d’administration, Foundation for the
Study of Processes of Government in Canada; ancien député
à la Chambre des communes.
AHMED GALAL, LE CAIRE, ÉGYPTE
(nommé le 9 septembre 2005)
Directeur exécutif et directeur de la recherche, Centre
égyptien d’études économiques; ancien conseiller
économique, Département du développement du
secteur privé, Banque mondiale.
OCTAVIO GÓMEZ-DANTÉS, MEXICO, MEXIQUE
Directeur de l’évaluation du rendement, ministère de
la Santé, gouvernement du Mexique; ancien directeur,
Politique de la santé, Centre de recherche sur les systèmes
de santé, Institut national de santé publique, Mexique.
TOM MCKAY, VICTORIA, CANADA
(jusqu’à la fin de son mandat le 15 décembre 2005)
Comptable en management accrédité et consultant; ancien
directeur général des affaires municipales, Kitchener.
FAITH MITCHELL, WASHINGTON, ÉTATS-UNIS
Administratrice de programmes principale, Institute of
Medecine, The National Academies; ancienne directrice
adjointe, Projets spéciaux, Division of Behavioral and Social
Sciences and Education, National Research Council.
Embassy : S. Garcia
CHEE YOKE LING, KUALA LUMPUR, MALAISIE
Conseillère juridique auprès du Third World Network
(Malaisie); autrefois chargée de cours en droit, Université
de Malaya, et secrétaire exécutive, Amis de la Terre
(Sahabat Alam), Malaisie.
FRANCINE MATTE, MONTRÉAL, CANADA
Consultante en droit commercial et droit de la concurrence;
ancienne sous-commissaire principale, Bureau de la
concurrence.
La président du CRDI,
Maureen O’Neil, et le
gouverneur Francisco Sagasti
au lancement de l’ouvrage :
The Future of Development
Financing: Challenges and
Strategic Choices, dont il
est l’un des auteurs
NORAH OLEMBO, NAIROBI, KENYA
Présidente du conseil d’administration, Biotechnology Trust
Africa; ancienne directrice, Kenya Industrial Property Office.
JEAN-GUY PAQUET, SAINTE-FOY, CANADA
Président du conseil d’administration, Institut national
d’optique; ancien président et directeur général,
Laurentienne Vie Inc.
FRANCISCO SAGASTI, LIMA, PÉROU
Président, FORO Nacional/Internacional; ancien chef de la
planification stratégique, Banque mondiale.
RODGER SCHWASS, TARA, CANADA
Professeur émérite et chercheur principal, Faculté d’études
de l’environnement, Université York; ancien professeur,
Faculté d’études de l’environnement, Université York.
CRDI : S. Carter
LALLA BEN BARKA, DAKAR, SÉNÉGAL
Directrice, Bureau régional pour l’éducation en Afrique,
UNESCO; ancienne secrétaire exécutive adjointe,
Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique.
ROBERT GREENHILL, GATINEAU, CANADA
(membre d’office) (nommé le 29 septembre 2005)
Président, Agence canadienne de développement international; ancien cadre supérieur invité, CRDI, et ancien
chef de l’exploitation, Bombardier International.
LINDA SHEPPARD WHALEN, ST JOHN’S, CANADA
Rédactrice en chef, Newfoundland Quarterly; présidente et
directrice générale, Centre for Long-term Environmental
Action (Terre-Neuve-et-Labrador).
SHEKHAR SINGH, NEW DELHI, INDE
Responsable de la campagne nationale pour le droit à
l’information; ancien directeur, Centre for Equity Studies.
PAUL THIBAULT, GATINEAU, CANADA
Ancien président, Agence canadienne de développement
international.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 59 ]
CRDI : S. Carter
MAUREEN O’NEIL, PRÉSIDENTE DU CRDI, OTTAWA, CANADA
Ancienne présidente, Centre international des droits de la
personne et du développement démocratique; ancienne
présidente, L’Institut Nord–Sud.
Des membres du Conseil des
gouverneurs sur les lieux de
projets exécutés au Mali
PRÉSENCES AUX RÉUNIONS DU CONSEIL DES GOUVERNEURS EN 2005–2006
Lalla Ben Barka
1 réunion sur 3
Francine Matte
3 réunions sur 3
Margaret Catley-Carlson
3 réunions sur 3
1 réunion sur 1
Chee Yoke Ling
1 réunion sur 3
Tom McKay (dont le mandat a
pris fin le 15 décembre 2005)
Faith Mitchell
2 réunions sur 3
Angela Cropper
(nommée le 23 juin 2005)
1 réunion sur 2
Norah Olembo
2 réunions sur 3
Mary Coyle
3 réunions sur 3
Maureen O’Neil
3 réunions sur 3
Ged Davis
2 réunions sur 3
Jean-Guy Paquet
2 réunions sur 3
Denis Desautels
(nommé le 2 janvier 2006)
Francisco Sagasti
3 réunions sur 3
1 réunion sur 1
Rodger Schwass
3 réunions sur 3
Maurice Foster
3 réunions sur 3
Linda Sheppard Whalen
3 réunions sur 3
Ahmed Galal
(nommé le 9 septembre 2005)
2 réunions sur 2
Shekhar Singh
3 réunions sur 3
Octavio Gómez-Dantés
3 réunions sur 3
Gordon S. Smith
3 réunions sur 3
Robert Greenhill (membre d’office)
(nommé le 29 septembre 2005) 2 réunions sur 2
Le Comité de la
haute direction
Le Comité de la haute direction (CHD) est assujetti à la
responsabilité qui incombe à la présidente du CRDI de surveiller les travaux du Centre et d’en diriger le personnel,
comme le stipule la Loi sur le CRDI. Les fonctions du Comité
de la haute direction sont les suivantes :
■
promouvoir, protéger et diffuser les valeurs et les intérêts
du Centre; prévoir les faits susceptibles de le toucher et
encourager le travail en équipe, la faculté d’adaptation
au changement et la collaboration entre les différents
centres de responsabilité;
■
aider la présidente à s’acquitter de ses obligations envers
le Conseil des gouverneurs et, ce faisant, formuler les
principaux objectifs, politiques et programmes qui sont
soumis au Conseil, puis incorporés dans la Stratégie
générale, le Cadre programmatique, le programme
[ 60 ]
Paul Thibault (membre d’office)
(retraité le 20 mai 2005)
annuel des travaux et budget, le système d’évaluation, le
rapport annuel et d’autres documents, le cas échéant;
■
s’acquitter de toutes les autres fonctions particulières qui
lui sont confiées par le Conseil des gouverneurs ou la
présidente du Centre.
Les membres du Comité de la
haute direction en 2005–2006
MAUREEN O’NEIL, PRÉSIDENTE
Ancienne présidente du Centre international des droits de la
personne et du développement démocratique; ancienne
présidente de L’Institut Nord-Sud.
JOHANNE BERNIER, DIRECTRICE, DIVISION DES
RESSOURCES HUMAINES
Spécialiste en ressources humaines; ancienne directrice,
Renouvellement du personnel et recrutement,
Développement des ressources humaines Canada.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
FEDERICO BURONE, DIRECTEUR, BUREAU RÉGIONAL DE
L’AMÉRIQUE LATINE ET DES CARAÏBES
Économiste; ancien directeur exécutif, Secrétariat de gestion
de l’environnement (Amérique latine et Caraïbes), Uruguay.
JORGE DA SILVA, DIRECTEUR, DIVISION DES FINANCES ET DE
L’ADMINISTRATION (jusqu’en septembre 2005)
Comptable en management accrédité; ancien directeur,
Services de vérification, CRDI.
SYLVAIN DUFOUR, DIRECTEUR, DIVISION DES FINANCES
(nommé en octobre 2005)
Ingénieur civil et comptable en management accrédité;
ancien directeur, Division de l’administration des
subventions, CRDI.
ET DE L’ADMINISTRATION
ROGER FINAN, DIRECTEUR, BUREAU RÉGIONAL DE L’ASIE DU SUD
Comptable en management accrédité; ancien directeur,
Vérification interne, CRDI.
GILLES FORGET, DIRECTEUR, BUREAU RÉGIONAL DE L’AFRIQUE
OCCIDENTALE ET CENTRALE
Toxicologue; ancien chef d’équipe, programme Écosystèmes
et santé humaine, CRDI.
CONSTANCE FREEMAN, DIRECTRICE, BUREAU RÉGIONAL DE
L’AFRIQUE ORIENTALE ET AUSTRALE
Économiste; ancienne professeure titulaire, Chaire
d’économie de la défense, Centre d’études stratégiques
de l’Afrique, Washington.
RICHARD FUCHS, DIRECTEUR, DOMAINE DE PROGRAMME
TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION
AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT
Sociologue; ancien président, Futureworks Inc.; ancien
membre de la Commission de relance économique,
Terre-Neuve.
BRENT HERBERT-COPLEY, DIRECTEUR, DOMAINE DE
POLITIQUE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE
Politologue; ancien coordonnateur, Recherche sur
les systèmes de connaissances, CRDI.
PROGRAMME
STEPHEN MCGURK, DIRECTEUR, BUREAU RÉGIONAL DE L’ASIE
DU SUD-EST ET DE L’EST
Économiste du développement; ancien administrateur de
programme, Sécurité économique, Fondation Ford.
ROHINTON MEDHORA, VICE-PRÉSIDENT, DIRECTION GÉNÉRALE
DES PROGRAMMES ET DES PARTENARIATS
Économiste; ancien directeur, domaine de programme
Équité sociale et économique; ancien chef d’équipe,
programme Commerce, emploi et compétitivité, CRDI.
LAUCHLAN T. MUNRO, DIRECTEUR, GROUPE DES POLITIQUES
ET DE LA PLANIFICATION
Économiste spécialisé dans les questions sociales; ancien
chef de la Planification stratégique, UNICEF.
EGLAL RACHED, DIRECTRICE, BUREAU RÉGIONAL DU
MOYEN-ORIENT ET DE L’AFRIQUE DU NORD
Spécialiste en agriculture et en ressources renouvelables;
ancienne scientifique en chef, Sécurité alimentaire, CRDI.
ROBERT ROBERTSON, CONSEILLER JURIDIQUE
(jusqu’en février 2006)
Avocat et membre du Barreau du Haut-Canada; ancien
président de la section canadienne d’Amnistie
Internationale.
CHANTAL SCHRYER, DIRECTRICE, DIVISION DES COMMUNICATIONS
(nommée le 10 janvier 2005)
Ancienne chef, Affaires publiques et relations avec le
gouvernement, CRDI; ancienne gestionnaire, Relations avec
le gouvernement et les actionnaires, Énergie atomique du
Canada limitée
DENYS VERMETTE, VICE-PRÉSIDENT, RESSOURCES,
ET CHEF DE LA DIRECTION FINANCIÈRE
Ancien vice-président, Direction générale des services de
gestion et directeur, Ressources humaines, Commission
canadienne de sûreté nucléaire.
RICHARD ISNOR, DIRECTEUR, DOMAINE DE PROGRAMME
INNOVATION, POLITIQUE ET SCIENCE (nommé en juillet 2005)
Spécialiste de l’environnement; ancien directeur, Initiatives
en biotechnologie, Conseil national de recherches du
Canada.
JEAN LEBEL, DIRECTEUR, DOMAINE DE PROGRAMME
ENVIRONNEMENT ET GESTION DES RESSOURCES NATURELLES
Spécialiste en hygiène du milieu; ancien chef d’équipe,
programme Écosystèmes et santé humaine, CRDI.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 61 ]
La gestion des ressources
humaines
La gouvernance des ressources
humaines
Sous la direction générale du Conseil des gouverneurs,
la présidente du Centre doit répondre de la gestion de
l’ensemble des ressources humaines du CRDI. Pour leur part,
les gestionnaires et le personnel du Centre s’acquittent de
leurs fonctions dans le cadre d’une structure de gouvernance
connue sous le vocable de modèle consultatif, lequel fournit
un mécanisme de consultation et de prise de décisions pour
l’application des politiques et la prestation des programmes
et des services. Ce modèle comprend le Comité de gestion
des ressources humaines, présidé par le vice-président —
Ressources, et un sous-comité, le Comité consultatif sur
les bureaux régionaux, présidé par un directeur régional.
Ces deux comités sont composés de gestionnaires et de
représentants de l’Association du personnel qui conseillent
la présidente, le Comité de la haute direction et le Conseil
des gouverneurs sur les initiatives et les questions plus
stratégiques relatives aux ressources humaines. En outre, le
CRDI a adopté toute une gamme de politiques complémentaires sur les ressources humaines qui sont régulièrement
mises à jour et améliorées. Le personnel y a accès en tout
temps.
direction, les employés et l’Association du personnel du
Centre à l’élaboration des politiques, des programmes et des
pratiques en matière de ressources humaines qui contribuent
à attirer et à retenir des travailleurs qualifiés. En outre, la
philosophie du CRDI en matière d’emploi exprime clairement
les valeurs que le Centre a fait siennes et son engagement à
l’égard d’un comportement éthique et de rapports respectueux entre la direction et les employés. Des indicateurs de
rendement élaborés l’an dernier sont maintenant mis en
application pour s’assurer que l’on porte une attention
particulière au service et à la gérance et que la cohérence
institutionnelle est préservée. À cette fin, le CRDI suit de
près les questions suivantes :
■
le nombre d’employés de haut rang dont le départ est
imminent, afin de faciliter l’élaboration de stratégies de
transition et de remplacement;
■
l’harmonisation des compétences et des connaissances
des employés avec les qualifications requises, afin de
s’assurer que les talents des employés sont valorisés
dans toute la mesure du possible et que, s’il existe des
faiblesses, on puisse combler les lacunes;
■
le temps qu’il faut, en moyenne, pour recruter des
employés tant au siège du CRDI que dans ses bureaux
régionaux, afin de s’assurer que les postes sont dotés
dans des délais raisonnables et que les employés entrent
en fonction pour accomplir le travail requis par le Centre;
■
les engagements du Centre, en vertu de la Loi sur
l’équité en matière d’emploi, quant au recrutement et
à l’avancement des membres des groupes désignés; en
2005, le Centre a maintenu ou accru la représentation
équitable des membres de ces groupes;
■
la représentation équitable des membres de chacune des
communautés de langue officielle du Canada, afin de
s’assurer que le Centre respecte les dispositions de la
Loi sur les langues officielles;
■
le recours aux droits à congé de maladie, afin de déterminer s’il existe une tendance à la prolongation des périodes d’absence et de permettre au Centre de réagir en
conséquence et d’élaborer des stratégies pour inciter les
employés à revenir au travail;
■
l’utilisation des mécanismes de recours (par exemple la
procédure du règlement des griefs), afin de déterminer
les tendances et de s’attaquer aux problèmes qui pourraient saper le moral des employés du Centre.
La gestion des ressources humaines
en contexte
Le CRDI est largement reconnu pour les ressources
humaines exceptionnelles sur lesquelles il peut compter, soit
les chercheurs, les scientifiques, les universitaires, les gestionnaires, les analystes, ainsi que le personnel administratif
et professionnel qui travaillent au siège du Centre à Ottawa
et dans ses six bureaux régionaux à l’étranger. Le CRDI étant
une société d’État, les employés qui travaillent au siège à
Ottawa sont assujettis aux dispositions du Code canadien du
travail et du Règlement du Canada sur les normes du travail
pertinent. Les employés du CRDI qui travaillent dans ses
bureaux régionaux peuvent être assujettis à certains aspects
du droit canadien du travail et à certaines prescriptions et
pratiques locales en matière d’emploi en vigueur dans les
pays dans lesquels ils sont appelés à travailler.
Le directeur et le personnel de la Division des ressources
humaines travaillent en étroite collaboration avec la haute
[ 62 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Des rapports périodiques remis aux membres de la haute
direction portent sur le rendement et exposent les motifs
des décisions prises en matière de gestion des ressources
humaines.
■
des politiques et des pratiques « fondées sur des
principes » dans des domaines comme la gestion des cas
de rendement insatisfaisant, les mesures disciplinaires et
les congédiments;
■
une structure salariale conforme au marché et concurrentielle avec celle d’autres organismes où le travail est
semblable;
■
un système de rémunération selon lequel les employés
sont récompensés en fonction de leur rendement;
■
un processus de gestion des limitations fonctionnelles
axé sur l’aspect humain afin d’aider les employés à
reprendre leur travail dans des délais raisonnables;
■
un processus de dotation fondé sur le mérite pour le
recrutement et l’avancement de tous les employés;
■
CRDI : N. Robitaille
Sur le plan opérationnel, la Division des ressources humaines
adopte diverses approches de gestion des ressources
humaines qui assurent tant l’efficacité du fonctionnement
du Centre que le bon moral des employés. Par exemple, le
Centre a adopté :
Voici quelques-uns des progrès réalisés en 2005–2006
quant aux initiatives décrites dans le Plan stratégique des
ressources humaines :
■
Conformément au cadre conceptuel sur lequel repose
l’approche adoptée par le CRDI en matière d’apprentissage qui à été approuvée par le Comité de la haute
direction l’an dernier, le Groupe de travail sur le cadre
d’apprentissage a travaillé en collaboration avec la
Division des ressources humaines à l’élaboration de
principes directeurs et d’une philosophie de l’apprentissage, à la mise en application d’outils d’évaluation des
besoins en matière d’apprentissage et au remaniement
du programme d’orientation à l’intention des nouveaux
employés.
■
Pour continuer à attirer et à retenir des gestionnaires et
des employés compétents et créatifs, le CRDI doit être en
mesure d’offrir un régime de rémunération équitable et
concurrentielle. Pour confirmer sa position au regard du
marché, le CRDI a effectué en 2005–2006 une vaste
enquête sur les salaires, qui est venue s’ajouter à l’examen
des avantages sociaux et des conditions d’emploi mené à
bien en 2004–2005. Les résultats de cette enquête ont
fait l’objet de discussions lors de la réunion du Conseil
des gouverneurs en mars 2006 et ont donné lieu à des
rajustements des échelles salariales et du mode d’administration de la rénumération.
■
Dans le cadre des discussions entourant la philosophie en
matière d’emploi, le CRDI a prêté une attention particulière, cette année, à « l’éthique en milieu de travail »,
sujet qui s’inscrit dans le droit fil des récentes initiatives
fédérales en matière de gouvernance et de comportement éthique et de la loi canadienne sur la dénonciation
des actes répréhensibles. Bien que l’on reconnaisse que
la mission du CRDI est manifestement associée à des
principes éthiques et que le Centre ait mis en place un
certain nombre de politiques à l’appui du comportement
éthique et des règles de conduite à suivre, ces discussions ont mis en lumière la nécessité de faire plus pour
un processus d’évaluation du rendement, complété
chaque année pour tous les employés.
En outre, le Centre a recours à un Système intégré de gestion des ressources humaines et de la paie pour gérer la
rémunération du personnel et consigner les données sur son
effectif. L’Intranet et les pages Web des divers programmes
du Centre informent les employés sur les services, les politiques et les programmes. De plus, les Communiqués de la
Division des ressources humaines (DRH) et La Voix des RH,
bulletin de la DRH, ajoutent à la mise en commun de
l’information avec le personnel d’Ottawa et des bureaux
régionaux.
Le lien entre la gestion des ressources
humaines et la planification des activités
La Division des ressources humaines a élaboré le Plan
stratégique des ressources humaines pour, d’une part, compléter et appuyer les objectifs de la SG+CP 2005–2010 et,
d’autre part, faire face aux défis en matière de ressources
humaines qui devront être relevés pour atteindre les objectifs administratifs et de recherche que le Centre s’est fixés.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 63 ]
satisfaire aux exigences de la nouvelle Loi sur la protection
des fonctionnaires divulgateurs d’actes répréhensibles. Le
Centre a amorcé la préparation d’un code de conduite,
la recherche d’un agent supérieur qui sera chargé de la
surveillance en matière d’éthique au CRDI et l’élaboration d’un mécanisme de divulgation interne.
■
rémunération et du Service de la paie pour veiller à la juste
répartition des tâches et à un meilleur contrôle de l’accès au
système de paie.
Appui et promotion des
programmes du gouvernement
du Canada
L’élaboration et la mise en oeuvre des politiques ont continué de donner lieu à des énoncés d’orientation et de
responsabilités sur bon nombre de questions liées à la
gestion des ressources humaines. En 2005–2006, les
gestionnaires et les employés du siège et des bureaux
régionaux du CRDI ont reçu une formation sur la gestion
des cas de rendement insatisfaisant, les mesures disciplinaires et le congédiment. Le Centre a également révisé
sa politique sur les indemnités de logement accordées
aux employés affectés à l’étranger afin d’assurer un
traitement juste et uniforme dans toutes les régions.
Par suite d’une évaluation de son approche de la gestion
des limitations fonctionnelles et en tenant compte des
meilleures pratiques dans ce domaine, le Centre a mis en
branle un processus exhaustif qui leur permettra de s’occuper plus efficacement des questions de limitations
fonctionnelles.
Les langues officielles
Le CRDI s’emploie activement à faire valoir l’esprit et l’objet
de la Loi sur les langues officielles du Canada, tant à l’interne
qu’à l’extérieur du Centre. Il embauche des employés des
deux groupes selon les besoins linguistiques du CRDI et il
incite le personnel, les stagiaires et les titulaires de bourses
de perfectionnement professionnel à parfaire leur connaissance de leur seconde langue officielle. En outre, il encourage
les employés à saisir toutes les occasions de communiquer
entre eux dans l’une ou l’autre des deux langues officielles
et transmet toutes les communications internes et externes
dans les deux langues. Le Centre a aussi intensifié ses efforts
pour joindre les communautés francophones et anglophones
du Canada en situation minoritaire.
Enfin, il importe de souligner que le Service de la paie de la
Division des ressources humaines au siège du CRDI a récemment fait l’objet d’une vérification afin de s’assurer que les
paiements au titre de la paie, qui représentent la dépense la
plus importante du Centre après le paiement des subventions, étaient exacts, convenablement autorisés et qu’ils
respectaient les prescriptions de la loi. Pendant la période
visée — une vingtaine de mois d’opérations de paie —
aucune erreur n’a été décelée dans la préparation de la paie,
grâce au professionnalisme du personnel. Les recommandations faites à la suite de cette vérification ont aidé à modifier
les rôles et les responsabilités au sein de la Section de la
L’équité en matière d’emploi
Par sa nature même, le CRDI se soucie de l’équité au sens le
plus large du terme. En outre, il respecte les obligations qui
lui incombent en vertu de la Loi sur l’équité en matière
d’emploi. Le CRDI continue également à assurer une forte
représentation des minorités visibles et des femmes et il
poursuit ses activités de sensibilisation afin de réduire le
très faible écart qui subsiste dans la représentation des
Autochtones et des personnes handicapées.
Le personnel du CRDI en équivalents temps plein, au 31 mars 2006
2006–2007
2005–2006
2004–2005
Budget
Budget
Réalisations
Écart
272
252
243
9
232
Employés des bureaux régionaux recrutés à Ottawa
40
38
36
2
36
Employés des bureaux régionaux recrutés sur place
96
93
92
1
86
408
383
371
12
354
Siège du CRDI
Total
[ 64 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Réalisations
{
L’exposé et l’analyse
de la gestion financière
L’état des résultats
Le CRDI possédait des intérêts majoritaires dans Cyberlien des Amériques, un organisme à but non lucratif constitué en personne morale en vertu de la Loi sur les corporations canadiennes. En janvier 2006, le conseil d’administration de Cyberlien
des Amériques a décidé de mettre fin aux activités de l’organisme. Les résultats d’exploitation de Cyberlien des Amériques
pour l’exercice 2005–2006 sont présentés comme des activités abandonnées. Les éléments d’actif qui restent sont constatés
à leur valeur de réalisation nette.
Revenus
2006–2007
2005–2006
Réalisations
Écart
2004–2005
Réalisa- Écart entre
tionsa les réalisations
(en milliers de dollars)
Budget
Budget
révisé
Total des revenus
168 382
149 916
152 780
2 864
140 766
8,5 %
137 534
132 472
131 955
(517)
122 340
7,9 %
24 874
13 389
16 010
2 621
14 399
11,2 %
2 569
1 272
1 572
300
1 380
13,9 %
Revenus de placements
2 194
1 309
1 406
97
1 224
14,9 %
Autres revenus
1 211
1 474
1 837
363
1 423
29,1 %
Crédits parlementaires
fondsb
Partenariats avec des bailleurs de
Financement des programmes de
recherche pour le développement
Recouvrement des coûts
d’administration
a
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
b Auparavant augmentation des revenus.
Les revenus du Centre proviennent de cinq grandes sources : crédits parlementaires, partenariats avec des bailleurs de fonds,
recouvrement des coûts d’administration, revenus de placements et autres revenus.
Le Centre reçoit différents types de crédits parlementaires. Le plus important est constitué de la part de l’aide publique au
développement (APD) du Canada qui lui est attribuée. De temps à autre, le Centre reçoit aussi des crédits parlementaires
supplémentaires pour des projets précis, qui sont comptabilisés à titre de revenus reportés et constatés quand les dépenses
afférentes à ces projets sont engagées. En 2005–2006, les revenus provenant des crédits parlementaires ont été inférieurs
de 0,5 million de dollars aux prévisions budgétaires, principalement en raison des revenus moindres constatés en provenance
de reports antérieurs de fonds du crédit parlementaire supplémentaire reçu pour l’Institut pour la connectivité dans les
Amériques (ICA) (voir les notes 2-B-ii et 6 afférentes aux états financiers aux pages 79 et 82). Cela s’est produit parce que
la direction du Centre avait bon espoir de conclure d’autres partenariats avec des bailleurs de fonds pour Cyberlien des
Amériques et avait décidé de réserver des sommes additionnelles pour les dépenses d’exploitation de l’organisme. Or, ce
financement ne s’est pas concrétisé au moment opportun. Par ailleurs, le gouvernement du Canada s’étant engagé à
augmenter l’enveloppe de l’aide internationale, il en a résulté une hausse du crédit parlementaire du Centre pour les
exercices 2005–2006 et 2006–2007 par rapport à 2004–2005.
Les revenus tirés de partenariats avec des bailleurs de fonds proviennent soit de sommes reçues pour des activités de
recherche bien précises exécutées ou administrées par le Centre pour le compte d’autres organismes dans le cadre de ses
programmes de recherche pour le développement, soit de contributions destinées à l’ensemble des programmes de
recherche pour le développement du Centre. Les revenus de cette source pendant l’exercice se sont élevés à 16 millions de
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 65 ]
dollars et ont été supérieurs de 2,6 millions aux prévisions parce que les dépenses afférentes aux nouveaux accords de partenariat conclus durant l’année ont été effectuées à une cadence plus rapide que celle que l’on avait escomptée. On anticipe
une hausse des revenus pour le prochain exercice, surtout par suite de la signature de nouveaux contrats, dont un très
important avec le Department for International Development (DFID) concernant l’adaptation aux changements climatiques
en Afrique.
Les revenus provenant du recouvrement des coûts d’administration correspondent aux frais facturés par le Centre pour
l’administration des contributions des bailleurs de fonds. Ils ont quelque peu dépassé les prévisions (de 0,3 million de dollars),
en raison de la hausse des sommes reçues des bailleurs de fonds pour les programmes de recherche pour le développement
dont il est question au paragraphe précédent. Le budget de l’exercice 2006–2007 est lui aussi proportionnellement plus
élevé, pour tenir compte de la hausse prévue des revenus provenant des bailleurs de fonds partenaires.
Le Centre est autorisé à investir les liquidités disponibles dans des instruments du marché monétaire. Les revenus de
placements de l’exercice 2005–2006, qui se sont élevés à 1,4 million de dollars, ont dépassé quelque peu les prévisions,
en raison d’une hausse de la valeur moyenne du portefeuille de même que des taux d’intérêt. En 2006–2007, la valeur
moyenne du portefeuille de placements du Centre devrait être plus élevée, tout comme les taux d’intérêt, ce qui devrait
se traduire par des revenus additionnels. L’indice de référence du Centre est le taux de rendement des bons du Trésor à
90 jours.
Les autres revenus comprennent les revenus tirés de la sous-location de locaux pour bureaux, des installations de conférence et de restauration, des droits perçus pour le stationnement et de diverses autres sources. Ils ont atteint 1,8 million de
dollars, ce qui est légèrement supérieur au montant prévu, en raison de la hausse observée dans la sous-location de locaux
pour bureaux et la location des installations de conférence ainsi que de l’augmentation des revenus de diverses autres
sources.
Dépenses
2006–2007
Réalisations
Écart
2004–2005
Réalisa- Écart entre
tionsa les réalisations
(en milliers de dollars)
Budget
Total des dépenses
172 269
150 566
150 879
(313)
140 438
7,4 %
88 096
84 019
81 555
2 464
77 094
5,8 %
24 874
13 389
16 010
(2 621)
14 399
11,2 %
Soutien à la recherche pour
le développement
32 798
25 925
26 245
(320)
24 078
9,0 %
Services administratifs
26 501
27 233
27 069
164
24 867
8,9 %
Programmes de recherche pour
le développement
Financés par les crédits
parlementaires
Financés par des bailleurs de
fonds partenaires
a
2005–2006
Budget
révisé
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
Les dépenses du Centre sont réparties en fonction d’une structure de coûts à trois volets, qui établit une distinction entre les
programmes de recherche pour le développement, les activités à forte concentration de savoir nécessaires au soutien apporté
à ces programmes et les services administratifs.
[ 66 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Les dépenses relatives aux programmes de recherche pour le développement correspondent aux coûts directs (surtout
sous forme de subventions) des projets de recherche scientifique et technique qu’administre le CRDI dans le cadre de ses
programmes. En 2005–2006, la portion des dépenses afférentes aux programmes de recherche qui a été financée au moyen
des crédits parlementaires a atteint 81,6 millions de dollars. L’écart de 2,5 millions entre les dépenses prévues et les réalisations est attribuable à la cadence plus lente à laquelle se sont effectuées les dépenses de l’ICA et celles ayant trait à plusieurs
projets qui ne satisfaisaient pas à toutes les conditions prévues dans les accords pour le versement des subventions. La
hausse sur douze mois des dépenses des programmes de recherche pour le développement qui sont couvertes par les crédits
parlementaires est reliée aux revenus plus élevés obtenus de cette source. Le Centre affecte plus de ressources aux programmes de recherche pour le développement à mesure que le crédit parlementaire augmente. La portion de ces dépenses
couvertes par les bailleurs de fonds partenaires s’est élevée à 16 millions de dollars, soit 2,6 millions de plus que les prévisions.
Les raisons en sont expliquées dans la section portant sur les revenus.
Le soutien à la recherche pour le développement regroupe les coûts liés aux activités à forte concentration de savoir qui
viennent appuyer les programmes de recherche pour le développement. Ces activités comprennent le soutien technique
interne, les éléments complémentaires des programmes et la gestion des programmes. Les dépenses à ce chapitre se sont
élevées à 26,2 millions de dollars et ont été supérieures de 0,3 million aux prévisions. Cet écart est surtout attribuable à la
hausse des charges à payer au titre des salaires et avantages sociaux, ainsi qu’à des dépenses additionnelles occasionnées
par des activités de communication qui visaient à donner plus de visibilité au CRDI et à diffuser des connaissances émanant
des travaux qu’il finance. La hausse de 6,9 millions de dollars prévue pour ce budget en 2006–2007 est surtout attribuable
au reclassement des activités d’exploitation des secrétariats (qui étaient auparavant incluses dans les programmes de
recherche pour le développement) et de la fonction d’administration des subventions du siège (auparavant incluse dans les
services administratifs).
Sous les services administratifs sont regroupées les diverses fonctions d’orientation, de direction, d’administration et de
services qui appuient le fonctionnement du Centre et aident ce dernier à assumer ses responsabilités organisationnelles, dont
l’administration de six bureaux régionaux. Les dépenses relatives aux services administratifs ont été de 27,1 millions de dollars.
Il y a eu un écart de 0,2 million par rapport au budget, au titre de la partie non affectée de la réserve pour éventualités. Le
budget prévu pour les services administratifs en 2006–2007 est légèrement inférieur à ce qu’il a été en 2005–2006.
Le bilan
Actif
2005–2006
Réalisations
2004–2005
Réalisationsa
Écart entre
les réalisations
Total de l’actif
55 023
57 392
-4,1 %
Encaisse et placements à court terme
Non affectés
Affectés
29 622
14 555
29 083
15 616
1,9 %
-6,8 %
Débiteurs et frais payés d’avance
5 471
5 397
1,4 %
Actif à long terme
5 375
7 296
-26,3 %
(en milliers de dollars)
a
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 67 ]
Certaines sommes sont remises au Centre à des fins bien précises et sont comptabilisées à titre d’encaisse et de placements
à court terme affectés. Toutes les autres sommes sont dites non affectées.
Le montant qu’atteignent l’encaisse et les placements à court terme non affectés est tributaire des fonds que le Centre
reçoit avant d’avoir à les dépenser. Ces fonds sont placés dans des instruments du marché monétaire à court terme. Il
incombe au CRDI de payer ses employés, de couvrir les coûts d’exploitation engagés dans l’exécution de son mandat et de
verser les subventions à ses bénéficiaires conformément aux dispositions prévues dans les contrats ou convenues au cours
des négociations. Le Centre a recours à l’encaisse et aux placements à court terme non affectés pour satisfaire à ces obligations. Une partie de l’encaisse et des placements à court terme non affectés a trait à des éléments du passif à court et à long
terme du Centre.
Au 31 mars 2006, l’encaisse et les placements à court terme affectés s’élevaient à 14,6 millions de dollars, soit 1,1 million
de moins que l’année précédente. Cet écart s’explique par la baisse des revenus reportés pour l’Institut pour la connectivité
dans les Amériques.
Les débiteurs et les frais payés d’avance ont atteint 5,5 millions de dollars, montant légèrement supérieur au solde
enregistré au 31 mars 2005.
L’actif à long terme est constitué des immobilisations. Au 31 mars 2006, il s’élevait à 5,4 millions de dollars, ce qui
représente une baisse de 1,9 million par rapport à l’année précédente. Cette baisse résulte principalement de la cessation
des activités de Cyberlien des Amériques qui, au 31 mars 2006, avait procédé à l’aliénation de toutes ses immobilisations.
Passif
2005–2006
Réalisations
2004–2005
Réalisationsa
Écart entre
les réalisations
Total du passif
41 527
43 995
-5,6 %
Créditeurs et charges à payer
12 842
13 044
-1,5 %
Revenus reportés
16 286
18 099
-10,0 %
Autre passif à long terme
12 399
12 852
-3,5 %
(en milliers de dollars)
a
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
Les créditeurs et les charges à payer sont enregistrés dans le cours normal des activités du Centre. Il s’agit, entre autres,
des paiements dus aux fournisseurs, des subventions à verser aux bénéficiaires et des salaires et congés annuels devant être
payés aux employés. À la fin de mars 2006, ils s’élevaient à 12,8 millions de dollars, ce qui représentait une baisse de
0,2 million par rapport à mars 2005, attribuable à la diminution des créditeurs et charges à payer de Cyberlien des
Amériques.
Les revenus reportés comprennent la partie non dépensée des sommes reçues ou à recevoir au titre des activités menées
dans le cadre de partenariats avec des bailleurs de fonds, ainsi que la partie non dépensée du crédit parlementaire supplémentaire. Le solde de fin d’exercice était de 16,3 millions de dollars, inférieur de 1,8 million à celui de 2005, en raison des
revenus moindres reportés pour l’Institut pour la connectivité dans les Amériques.
L’autre passif à long terme comprend une provision pour les avantages sociaux des employés, le loyer reporté pour le siège
et le financement reporté pour les immobilisations acquises. Il s’établissait à 12,4 millions de dollars, soit 0,5 million de moins
que l’an dernier, cette baisse étant surtout attribuable au montant moindre du financement reporté pour les immobilisations.
[ 68 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Avoir du Centre
(en milliers de dollars)
Budget révisé
2005–2006
Réalisations
Écart
2004–2005
Réalisations
Écart entre
les realisations
10 790
13 496
2 706
13 397
0,7 %
Avoir
Au 31 mars 2006, l’avoir du Centre était de 13,5 millions de dollars, supérieur de 0,1 million à ce qu’il était au 31 mars
2005. Cet écart s’explique par les résultats d’exploitation nets de l’exercice 2005–2006 (excédent de 1,9 million des revenus
par rapport aux dépenses) desquels il faut retrancher les résultats nets des activités abandonnées (soit le déficit de 1,8 million
de dollars de Cyberlien des Amériques). L’avoir à la fin de l’exercice était supérieur de 2,7 millions de dollars aux prévisions.
Cet écart résulte de revenus plus élevés que prévus conjugués à des dépenses inférieures aux prévisions en ce qui concerne
les programmes de recherche pour le développement financés par les crédits parlementaires.
D’autres aspects importants de la gestion financière
Engagements en cours à l’égard de projets de recherche
(en milliers de dollars)
Total des engagements en cours
2005–2006
Réalisations
2004–2005
Réalisationsa
Écart entre les
réalisations
110 907
103 246
7,4 %
Financés par les crédits parlementaires
93 619
84 864
10,3 %
Financés par des bailleurs de fonds partenaires
17 288
18 382
-6,0 %
a
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
Au 31 mars 2006, le Centre était engagé à l’égard de versements pouvant atteindre 110,9 millions de dollars relativement
à des projets de recherche, sous réserve, premièrement, de l’attribution des fonds nécessaires par le Parlement et par les
bailleurs de fonds partenaires et, deuxièmement, du respect des dispositions des accords de subvention par les bénéficiaires.
Cette hausse de 7,7 millions de dollars des engagements en cours par rapport à l’an dernier (103,2 millions de dollars) est
directement reliée aux affectations de programme plus élevées de l’exercice 2005–2006.
Du total des engagements en cours, une tranche de 93,6 millions de dollars doit être couverte par le crédit parlementaire
du Centre, et une autre de 17,3 millions, par les bailleurs de fonds partenaires.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 69 ]
Affectations de programme
2006–2007
(en milliers de dollars)
Total des affectations de programme
Programmes de recherche pour
le développement
Financés par le crédit parlementaire
Financés par le crédit parlementaire
supplémentaire — ICA
Financés par des bailleurs de
fonds partenaires
a
2005–2006
2004–2005
Réalisa- Écart entre
tionsa les réalisations
Budget
Budget
révisé
Réalisations
Écart
145 015
113 593
113 461
132
107 615
5,4 %
102 000
92 000
97 249
5 249
86 275
12,7 %
3 635
4 150
1 415
(2 735)
7 038
-79,9 %
39 380
17 443
14 797
2 646
14 302
3,5 %
Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
Les affectations de programme correspondent aux fonds approuvés pour de nouveaux projets s’inscrivant dans les programmes de recherche pour le développement du CRDI. La plus grande partie (85 %) des affectations de programme de
113,5 millions de dollars de l’exercice 2005–2006 ont été engagées au cours de ce même exercice. Par conséquent, les
dépenses à l’égard des projets faisant l’objet de ces engagements ont commencé en 2005–2006 et se poursuivront pendant
leur cycle de vie respectif. La hausse du crédit parlementaire s’est traduite par une augmentation sur douze mois des
affectations de programme financées par ce crédit. Quant aux affectations de programme financées par les bailleurs
de fonds partenaires, elles ont été supérieures de 2,6 millions de dollars aux prévisions, surtout parce qu’un plus grand
nombre de contrats qu’on ne l’avait prévu, d’une valeur supérieure, ont été conclus. On peut observer, dans le budget
de l’exercice 2006–2007, une hausse considérable des affectations de programme financées par les bailleurs de fonds
partenaires. Cette hausse résulte de la signature d’un certain nombre de nouveaux contrats, dont un très important avec
le Department for International Development du Royaume-Uni.
Les perspectives d’avenir
Exercice 2006–2007
Le budget du Centre pour l’exercice 2006–2007 comporte une augmentation de 12 % des revenus et une augmentation
de 14 % de l’ensemble des dépenses par rapport au budget révisé de l’exercice 2005–2006. Ces augmentations sont
attribuables principalement au montant plus élevé du crédit parlementaire et à un important contrat qui vient d’être conclu
avec un bailleur de fonds en ce qui concerne l’adaptation aux changements climatiques. Le crédit parlementaire du Centre
pour l’exercice 2006–2007 augmentera par suite de sa participation au processus de mise en concurrence des idées, dans le
cadre duquel diverses parties prenantes se font concurrence pour l’obtention d’une partie de l’augmentation annuelle consentie par le gouvernement du Canada à l’aide internationale.
Le budget de l’exercice 2006–2007 prévoit que les dépenses au titre des programmes de recherche pour le développement
financées par les crédits parlementaires s’élèveront à 88,1 millions de dollars, ce qui représente une hausse de 4,1 millions
par rapport au budget de l’exercice 2005–2006 et témoigne de la volonté du Centre d’augmenter les ressources mises à la
disposition des activités de programme.
[ 70 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Le budget 2006–2007 des dépenses afférentes au soutien à la recherche et aux services administratifs est de 59,3 millions de dollars, soit supérieur de 6,1 millions au budget révisé de l’exercice 2005–2006. Cette hausse s’explique entre autres
par le reclassement des activités d’exploitation des secrétariats et de la fonction d’administration des subventions du siège,
les rajustements apportés aux salaires et aux avantages sociaux, les coûts différentiels rattachés aux équivalents temps plein
supplémentaires et diverses dépenses associées à une campagne de sensibilisation, à la réinstallation d’employés et aux
pressions inflationnistes.
Par suite de la hausse du financement accordé au Centre pour l’exercice 2006–2007, les affectations destinées aux
programmes de recherche pour le développement financés par le crédit parlementaire ont été établies à 102 millions
de dollars, soit une somme supérieure à celle de 97,2 millions approuvée l’an dernier.
Le Centre s’efforce toujours de mieux prévoir les dépenses et le niveau de l’avoir. Pour l’exercice 2006–2007, le Centre a de
nouveau établi des objectifs trimestriels pour les dépenses ayant trait aux programmes de recherche pour le développement
qui sont financés par le crédit parlementaire, objectifs qui seront suivis de près. Le Centre continuera aussi de suivre les
dépenses afférentes au soutien à la recherche pour le développement et aux services administratifs, afin d’optimiser l’utilisation des ressources dont il dispose. Durant l’exercice, les fonds seront réaffectés là où les priorités seront les plus pressantes.
En 2006–2007, le Centre entreprendra un examen du modèle prévisionnel utilisé pour les projets, dans le but de bien comprendre et de mieux évaluer toutes les variables qui influent sur les dépenses au titre des programmes de recherche pour le
développement, en particulier celles qui sont financées par le crédit parlementaire.
Exercice 2007–2008
Le Centre attend la confirmation d’une hausse possible de son crédit parlementaire pour l’exercice 2007–2008. Si cette
hausse devait se concrétiser, le Centre pourrait accroître les sommes qui, dans ses programmes de recherche pour le
développement, sont consacrées aux activités suivantes : consolidation des partenariats canadiens de recherche en santé
mondiale; aide aux pays en développement pour qu’ils se préparent aux pandémies, tant pour ce qui est de la prévention
que des mesures à prendre pour y faire face; mise en place de la dorsale Internet à l’appui de la recherche et des universités
en Afrique; soutien à la recherche visant à promouvoir la démocratie, l’État de droit et les droits de la personne; renforcement du soutien du Canada à la recherche et à l’innovation en faveur du développement. Les dépenses afférentes au soutien à la recherche et aux services administratifs seront rajustées pour tenir compte de l’inflation et d’autres facteurs jugés
nécessaires au fonctionnement du Centre.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 71 ]
Les cinq dernières années
(en milliers de dollars)
Budget
2006–2007
Réalisations
2005–2006a 2004–2005a,b 2003–2004
2002–2003
2001–2002
97 603
97 164
État des revenus
Revenus
Crédits parlementaires
Partenariats avec des bailleurs de fondsc
Financement des programmes de recherche
pour le développement
Recouvrement des coûts d’administration
Revenus de placements
Autres revenus
137 534
131 955
122 340
107 932
24
2
2
1
874
569
194
211
16
1
1
1
010
572
406
837
14
1
1
1
399
380
224
423
14
1
1
1
508
162
303
413
36
1
1
1
505
218
140
565
47 515
1 615
779
1 202
Programmes de recherche pour le développement
Financés par les crédits parlementaires
Financés par des bailleurs de fonds partenairesc
Soutien à la recherche pour le développement
Services administratifs
88
24
32
26
096
874
798
501
81
16
26
27
555
010
245
069
77
14
24
24
094
399
078
867
62
14
21
24
561
508
632
469
61
36
20
21
389
505
152
892
50
47
18
21
Résultats nets des activités poursuivies
Résultats nets des activités abandonnées
(3 887)
–
Dépenses
997
515
830
218
1 901
(1 802)
328
1 957
3 148
–
(1 907)
–
9 715
–
97 249
86 275
75 265
62 855
54 957
1 415
14 797
7 038
14 302
4 389
16 797
1 916
30 822
1 120
65 938
2002–2003
2001–2002
Affectations de programme
Programmes de recherche pour le développement
Financés par le crédit parlementaire
102 000
Financés par le crédit parlementaire
supplémentaire – ICA
3 635
Financés par des bailleurs de fonds partenairesc
39 380
(en milliers de dollars)
2005–2006
2004–2005
Réalisations
2003–2004
Bilan
Actif
Encaisse et placements à court terme
Non affectés
Affectés
Débiteurs et frais payés d’avance
Actif à long terme
29
14
5
5
622
555
471
375
29
15
5
7
083
616
397
296
24
16
4
5
319
941
516
805
17
13
6
8
261
413
636
914
16
31
4
8
413
104
600
482
Passif
Créditeurs et charges à payer
Revenus reportés
Passif à long terme
12 842
12 115
16 570
13 044
13 671
17 280
9 575
18 788
12 106
9 822
16 729
11 709
7 166
32 779
10 783
Avoir du Centre
13 496
13 397
11 112
7 964
9 871
Engagements en cours
Financés par les crédit parlementaires
Financés par des bailleurs de fonds partenairesc
93 619
17 288
84 864
18 382
72 446
15 908
64 532
19 131
59 171
56 652
Remarques
a
Les chiffres réels des exercices 2005–2006 et 2004–2005 comprennent l’actif, le passif et les résultats d’exploitation de Cyberlien des
Amériques (voir la note 15 afférente aux états financiers consolidés pour plus de précisions).
b Certains des chiffres de l’exercice 2004–2005 ont été reclassés afin que leur présentation soit conforme à celle adoptée pour les états
financiers de l’exercice 2005–2006.
c Auparavant augmentation des revenus.
[ 72 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
{
Les états financiers
Responsabilité en matière d’états financiers
La direction assume la responsabilité des états financiers exposés dans le présent rapport annuel, lesquels ont été examinés
et approuvés par le Conseil des gouverneurs du Centre. Ces états financiers, qui comprennent des chiffres que la direction
a appréciés en se fondant sur son expérience et son jugement, ont été préparés comme il se doit en fonction d’un seuil
raisonnable d’importance relative et sont conformes aux principes comptables généralement reconnus du Canada. La
direction assume aussi la responsabilité de toute l’information présentée dans le rapport annuel, cette information étant
conforme à celle qui figure dans les états financiers.
La direction s’appuie sur des méthodes et des systèmes de contrôle financier qui garantissent, d’une manière raisonnable,
la fiabilité des données financières, la protection des biens et l’efficacité des activités, le tout conformément à la Loi sur le
Centre de recherches pour le développement international et au Règlement général du CRDI. Pendant l’exercice, la Division
des services de vérification du CRDI était chargée de procéder à l’examen périodique des mécanismes de contrôle interne et
de veiller à leur application. À compter du prochain exercice, les services de vérification interne du Centre seront impartis.
C’est au Conseil des gouverneurs qu’il incombe de s’assurer que la direction assume ses responsabilités en matière de
communication de l’information financière et de contrôle interne. Il remplit cette fonction, qui comporte entre autres
l’examen et l’approbation des états financiers, par l’entremise du Comité des finances et de la vérification. Ce comité,
formé de gouverneurs, rencontre régulièrement la direction, les vérificateurs internes et les vérificateurs externes.
La vérificatrice générale du Canada procède, en toute indépendance, à une vérification des états financiers conformément
aux normes de vérification généralement reconnues du Canada. Sa vérification comprend les sondages et autres procédés
nécessaires pour lui permettre d’exprimer une opinion sur les états financiers. Le Comité des finances et de la vérification
du Conseil des gouverneurs demeure à l’entière disposition des vérificateurs externes.
La présidente du Centre,
Le vice-président, Ressources,
et chef de la direction financière,
Maureen O’Neil
Denys Vermette
Ottawa, Canada
le 2 juin 2006
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 73 ]
[ 74 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Bilan consolidé
31 mars 2006
(en milliers de dollars)
2006
2005
Actif
À court terme
Encaisse et placements à court terme (note 3)
Non affectés
Affectés
Débiteurs (note 4)
Frais payés d’avance
29
14
3
1
49
Immobilisations (note 5)
622
555
503
968
648
29
15
4
1
50
083
616
110
287
096
5 375
7 296
55 023
57 392
12 842
12 115
24 957
13 044
13 671
26 715
Passif
À court terme
Créditeurs et charges à payer (note 4)
Revenus reportés (note 6)
Revenus reportés à long terme (note 6)
Financement reporté — immobilisations (note 7)
Avantages sociaux futurs (note 8)
Loyer reporté pour le siège
4
5
4
2
Avoir
171
375
859
165
4
5
4
2
428
945
331
576
41 527
43 995
13 496
13 397
55 023
57 392
Engagements (note 11)
Passif éventuel (note 12)
Les notes afférentes et le tableau font partie intégrante des états financiers consolidés.
Le président du Conseil des gouverneurs,
Le président du Comité des finances
et de la vérification,
Gordon S. Smith
Denis Desautels
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 75 ]
État consolidé des résultats et de l’avoir
Exercice terminé le 31 mars 2006
(en milliers de dollars)
2006
2005
Revenus
Partenariats avec des bailleurs de fonds
Financement des programmes de recherche pour le développement (note 9)
Recouvrement des coûts d’administration (note 9)
Revenus de placements
Autres revenus
16
1
1
1
20
010
572
406
837
825
14
1
1
1
18
399
380
224
423
426
Dépenses
Programmes de recherche pour le développement
Financés par les crédits parlementaires
Financés par des bailleurs de fonds partenaires
Soutien à la recherche pour le développement
Soutien technique
Éléments complémentaires des programmes
Gestion des programmes
Services administratifs
Administration
Administration des bureaux régionaux
81 555
16 010
97 565
77 094
14 399
91 493
15
5
5
26
14
5
4
24
467
466
312
245
396
188
494
078
21 732
5 337
27 069
20 071
4 796
24 867
Total des dépenses (tableau I)
150 879
140 438
Coût d’exploitation avant financement public
(130 054)
(122 012)
Crédit parlementaire (note 10)
Crédit parlementaire supplémentaire (note 10)
Amortissement du financement reporté — immobilisations (note 7)
126
3
2
131
113
6
1
122
388
212
355
955
987
388
965
340
Résultats nets des activités poursuivies
Résultats nets des activités abandonnées (note 15)
1 901
(1 802)
328
1 957
Avoir au début de l’exercice
13 397
11 112
Avoir à la fin de l’exercice
13 496
13 397
Les notes afférentes et le tableau font partie intégrante des états financiers consolidés.
[ 76 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
État consolidé des flux de trésorerie
Exercice terminé le 31 mars 2006
(en milliers de dollars)
2006
2005
99
2 285
2 368
1 174
587
(411)
3 718
1 965
(19)
332
273
2 551
Variation nette du fonds de roulement à l’exclusion de l’encaisse
et des placements à court terme
(1 851)
4 951
Flux de trésorerie nets provenant des activités d’exploitation
1 966
9 787
(257)
1 785
(2 355)
(3 052)
2 105
(1 965)
(827)
(2 912)
(1 661)
1 061
(3 436)
1 325
(600)
(2 111)
539
4 764
Encaisse et placements à court terme non affectés au début de l’exercice
29 083
24 319
Encaisse et placements à court terms non affectés à la fin de l’exercice
29 622
29 083
Flux de trésorerie liés aux activités d’exploitation
Résultats d’exploitation nets
Éléments sans incidence sur l’encaisse
Amortissement des immobilisations
Perte (Gain) sur aliénation d’immobilisations
Variation de la provision pour avantages sociaux futurs
(Diminution) Augmentation du loyer reporté
Flux de trésorerie liés aux activités de financement
Diminution des revenus reportés à long terme
Financement des immobilisations
Amortissement du financement reporté — immobilisations
Flux de trésorerie liés aux activités d’investissement
Flux de trésorerie liés aux activités d’investissement
Acquisitions d’immobilisations
Diminution de l’encaisse affectée
Flux de trésorerie nets affectés aux activités d’investissement
Augmentation nette de l’encaisse
Les notes afférentes et le tableau font partie intégrante des états financiers consolidés.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 77 ]
Tableau consolidé des dépenses
Exercice terminé le 31 mars 2006
(en milliers de dollars)
Tableau I
2006
Programmes
de recherche
pour le
développement
Subventions
Soutien à
la recherche
pour le
développement
2005
Services
administratifs
Total
75 555
—
—
75 555
68 971
Salaires et avantages sociaux
6 463
18 195
14 792
39 450
37 487
Frais de déplacement
4 631
3 450
925
9 006
8 005
Services professionnels
6 281
1 018
1 667
8 966
8 579
289
2 171
3 842
6 302
6 055
—
46
2 310
2 356
1 965
Formation
1 649
129
363
2 141
2 132
Réunions et conférences
1 760
119
157
2 036
1 819
459
540
787
1 786
1 772
Fournitures de bureau et
dépenses connexes
58
23
945
1 026
1 025
Mobilier de bureau, matériel
et entretien
99
46
593
738
1 230
Livres et périodiques
31
266
39
336
293
2
—
224
226
265
288
242
425
955
840
97 565
26 245
27 069
150 879
140 438
Locaux
Amortissement
Communications
Assurances
Autres
Total des dépenses à l’état
consolidé des résultats
et de l’avoir
[ 78 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
Notes afférentes aux états financiers consolidés
Exercice terminé 31 mars 2006
(en milliers de dollars à moins d’indication contraire)
1. Pouvoirs et mission
Le Centre de recherches pour le développement international (le Centre) est une société sans capital-actions créée en
1970 par le Parlement du Canada qui a promulgué, à cette fin, la Loi sur le Centre de recherches pour le développement international. Ses activités sont financées principalement au moyen d’un crédit parlementaire annuel. Organisme
de bienfaisance enregistré, le Centre est exonéré d’impôt en vertu de l’article 149 de la Loi de l’impôt sur le revenu.
Le Centre a pour mission de lancer, d’encourager, d’appuyer et de mener des recherches sur les problèmes des régions
du monde en voie de développement et sur la mise en oeuvre des connaissances scientifiques, techniques et autres en
vue du progrès économique et social de ces régions.
Le Centre possède des intérêts majoritaires dans Cyberlien des Amériques, un organisme sans but lucratif constitué en
2004 en vertu de la Loi sur les corporations canadiennes pour aider les collectivités mal desservies ou non encore
desservies d’Amérique latine et des Caraïbes à utiliser Internet pour mettre au point des outils favorisant leur
développement social et économique.
2. Sommaire des conventions comptables importantes
Les états financiers consolidés sont établis conformément aux principes comptables généralement reconnus du
Canada. Les principales conventions comptables du Centre sont énoncées ci-après.
A) Consolidation
Les états financiers comprennent les comptes du Centre de même que l’actif, le passif et les résultats
d’exploitation de Cyberlien des Amériques.
B) Constatation des revenus
i) Crédits parlementaires et financement reporté pour les immobilisations
Le crédit parlementaire est constaté à titre de revenu de l’exercice pour lequel il est approuvé par le
Parlement. La partie du crédit parlementaire qui sert à l’acquisition d’immobilisations est inscrite au bilan
consolidé comme financement reporté pour les immobilisations et elle est amortie en résultat selon la même
méthode et sur la même période que les immobilisations connexes.
Les crédits parlementaires supplémentaires reçus aux fins de projets précis sont reportés et constatés quand
les dépenses de programme connexes sont engagées.
ii) Partenariats avec des bailleurs de fonds
Les fonds reçus ou à recevoir au titre d’accords conclus avec des bailleurs de fonds sont inscrits à titre de
revenus reportés et constatés comme revenus dans l’exercice où les dépenses connexes sont engagées.
iii) Revenus de placements et autres revenus
Les revenus de placements sont constatés selon la comptabilité d’exercice et comprennent les gains et pertes
réalisés sur l’aliénation de placements. La comptabilisation de tous les autres revenus se fonde également sur
la comptabilité d’exercice.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 79 ]
C) Versements de subventions
Tous les versements de subventions prévus par contrat sont tributaires de l’attribution du crédit parlementaire. Ils
sont inscrits à titre de dépenses de l’exercice durant lequel ils deviennent exigibles, conformément aux dispositions des accords conclus. Les remboursements afférents à des versements de subventions effectués antérieurement sont comptabilisés en réduction des dépenses de l’exercice tant que le projet est en cours et dans les autres
revenus quand le projet est clos.
D) Immobilisations et amortissement
Les immobilisations sont comptabilisées au coût et amorties de façon linéaire sur leur durée de vie utile prévue.
Pour chaque catégorie d’immobilisations, la durée de vie utile prévue est la suivante :
Matériel informatique
Logiciels
Mobilier et matériel de bureau
Véhicules
Systèmes de communication
Améliorations locatives
3 ans
3 ou 5 ans
5 ans
3 ans
5 ans
durée non écoulée du bail
E) Placements
Les placements à court terme sont comptabilisés au moindre du coût ou de la valeur marchande. Le Centre peut
vendre des placements pour satisfaire à ses besoins de liquidités.
F) Conversion des devises
Les éléments monétaires d’actif et de passif qui sont libellés en devises sont convertis en dollars canadiens au
taux de change en vigueur à la date du bilan. Les éléments de revenus et de dépenses sont convertis au taux de
change hebdomadaire moyen durant l’exercice. Les gains et pertes de change sont inclus dans les résultats de
l’exercice sous la rubrique Autres revenus. Le Centre n’a pas recours à des instruments de couverture pour se
protéger contre les fluctuations des taux de change.
G) Avantages sociaux futurs
i) Prestations de retraite – siège
Tous les employés recrutés au siège qui y sont admissibles participent au Régime de retraite de la fonction
publique administré par le gouvernement du Canada. Les cotisations versées à titre d’employeur représentent
le coût complet pour le Centre. Ce montant est équivalent à un multiple des cotisations versées par les
employés et pourrait changer au fil du temps selon la situation financière du Régime. Les cotisations du
Centre sont imputées à l’exercice au cours duquel les services sont offerts par les employés et représentent
l’ensemble de ses obligations en matière de prestations de retraite. Le Centre n’est pas tenu à l’heure actuelle
de verser des cotisations au titre des insuffisances actuarielles du Régime de retraite de la fonction publique.
ii) Prestations de retraite – bureaux régionaux
Le Centre participe à certains régimes à cotisations déterminées offrant des prestations de retraite et d’autres
avantages aux employés qui y sont admissibles. Les cotisations versées à titre d’employeur représentent le
coût complet pour le Centre. Ce montant est équivalent à un multiple des cotisations versées par les
employés à ces régimes. Les cotisations du Centre sont imputées à l’exercice au cours duquel les services sont
offerts par les employés et représentent l’ensemble de ses obligations.
iii) Indemnités de départ
Les employés ont droit aux indemnités de départ que prévoient leurs conditions d’emploi. La direction détermine l’obligation au titre des indemnités constituées en utilisant une méthode fondée sur des hypothèses et
[ 80 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
ses meilleures estimations. Selon cette méthode, les employés ayant plus de cinq années de service ont
habituellement droit à une indemnité de départ calculée à raison d’une semaine de salaire par année de
service. L’obligation à ce titre est passée en charges au fur et à mesure que les employés fournissent les
services donnant droit à l’indemnité.
H) Loyer reporté
Toute période de loyer gratuite et tous les autres avantages incitatifs liés à des contrats de location à long terme
sont reportés et amortis de façon linéaire sur la durée du contrat et comptabilisés en réduction de la dépense.
I)
Incertitude relative à la mesure
Pour préparer les états financiers conformément aux principes comptables généralement reconnus, la direction
doit effectuer des estimations et formuler des hypothèses qui ont une incidence sur les montants de l’actif et du
passif constatés à la date des états financiers et sur les montants des revenus et des dépenses constatés au cours
de l’exercice. Les indemnités de départ des employés, la durée de vie utile prévue des immobilisations et les passifs éventuels sont les éléments les plus importants pour lesquels des estimations sont faites. Les montants réels
pourraient être différents des estimations.
3. Encaisse et placements à court terme
Encaisse
Placements à court terme
Sociétés commerciales
Banques à charte canadiennes
2006
5 485
2005
3 469
20 812
17 880
44 177
12 919
28 311
44 699
Le Centre est autorisé à investir dans les titres productifs d’intérêts des institutions susmentionnées. Ces fonds sont
placés dans des instruments du marché monétaire à court terme qui doivent bénéficier d’une cote équivalente ou
supérieure à R-1 (faible) selon l’évaluation du Dominion Bond Rating Service.
Le rendement moyen du portefeuille du Centre au 31 mars 2006 est de 3,75 % (2,56 % en 2005) et la durée
moyenne des placements est de 88 jours (84 jours en 2005). La juste valeur marchande des placements à la fin de
l’exercice équivaut approximativement à leur valeur comptable nette.
Certains comptes bancaires du Centre sont assortis d’une marge de crédit. Au 31 mars 2006, aucune marge de crédit
n’est utilisée (aucune en 2005).
Du montant total de l’encaisse et des placements à court terme, 14 555 $ (15 616 $ en 2005) sont affectés à des
activités de recherche précises :
2006
2005
Partenariats avec des bailleurs de fonds aux fins des programmes de
de recherche pour le développement
8 537
6 357
Institut pour la connectivité dans les Amériques
5 577
8 788
Fonds de dotation
441
463
Autres
—
8
14 555
15 616
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 81 ]
4. Débiteurs et créditeurs
Le cours normal des activités donne lieu à des débiteurs et des créditeurs qui sont essentiellement payables sur
demande et ne portent pas intérêt. Leur valeur comptable est sensiblement équivalente à leur juste valeur en raison de
leur courte échéance. Une fraction substantielle (29 %) des débiteurs est due par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et ne présente aucun risque notable de crédit. Du montant total des débiteurs, 2 171 $
(2 946 $ en 2005) se rapportent à des programmes de recherche pour le développement financés dans le cadre de
partenariats avec des bailleurs de fonds.
5. Immobilisations
2006
Matériel informatique
Logiciels
Améliorations locatives
Mobilier et matériel de bureau
Véhicules
Systèmes de communication
Coût
8 544
7 345
2 731
1 984
944
436
21 984
Amortissement
cumulé
6 655
5 654
2 067
1 401
569
263
16 609
Valeur
comptable
nette
1 889
1 691
664
583
375
173
5 375
2005
Valeur
comptable
nette
2 241
1 994
606
573
374
1 508
7 296
L’amortissement relatif à l’exercice est de 2 368 $ (1 965 $ en 2005).
6. Revenus reportés
Les revenus reportés comprennent la portion non dépensée au 31 mars 2006 des fonds reçus ou à recevoir au titre des
activités menées en partenariat avec des bailleurs de fonds, ainsi que la portion non dépensée à cette date du crédit
parlementaire supplémentaire (voir la note 10) et les autres sommes reçues d’avance. Les soldes sont les suivants :
À court terme
Partenariats avec des bailleurs de fonds aux fins des programmes
de recherche pour le développement
Crédit parlementaire supplémentaire
Institut pour la connectivité dans les Amériques
Autres
À long terme
Crédit parlementaire supplémentaire
Institut pour la connectivité dans les Amériques
2006
2005
9 332
9 303
2 783
—
12 115
4 360
8
13 671
4 171
4 428
Du montant reporté relativement au financement obtenu dans le cadre de partenariats avec des bailleurs de fonds,
une somme de 2 583 $ (2 839 $ en 2005) venait de l’ACDI. De cette somme, une tranche de 1 579 $ (1 479 $ en
2005) a été reçue durant l’exercice et 1 004 $ (1 360 $ en 2005) est due par cette dernière à la fin de l’exercice.
[ 82 ]
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
7. Financement reporté – immobilisations
2006
Solde au début de l’exercice
Financement des acquisitions d’immobilisations
Amortissement
Solde à la fin de l’exercice
5
1
(2
5
945
785
355)
375
2005
5
2
(1
5
805
105
965)
945
8. Avantages sociaux futurs
i) Prestations de retraite – siège
Le Centre et tous les employés recrutés au siège qui y sont admissibles cotisent au Régime de retraite de la
fonction publique. Ce régime offre des prestations fondées sur le nombre d’années de service et sur la
rémunération moyenne à la retraite. Les prestations sont entièrement indexées en fonction de la hausse de
l’indice des prix à la consommation. Les cotisations du Centre et des employés au Régime de retraite de la
fonction publique au cours de l’exercice sont les suivantes :
Cotisations du Centre
Cotisations des employés
2006
2005
3 025
1 515
2 846
1 427
ii) Prestations de retraite – bureaux régionaux
Le Centre et les employés des bureaux régionaux qui y sont admissibles cotisent à des régimes de retraite à
cotisations déterminées, selon les modalités prévues pour ces régimes. Les cotisations du Centre à cet égard
s’élèvent à 248 $ pour l’exercice (248 $ en 2005).
iii) Indemnités de départ
Le Centre verse des indemnités de départ à ses employés qui sont fondées sur les années de service et le
salaire en fin d’emploi. Ce régime n’est pas capitalisé et n’a donc aucun actif, ce qui fait qu’il présente un
déficit égal à l’obligation au titre des indemnités constituées. Les indemnités seront payées à même les crédits
parlementaires futurs. À la date du bilan, les données concernant ce régime sont les suivantes :
Obligation au titre des indemnités constituées
au début de l’exercice
Coût pour l’exercice
Indemnités versées au cours de l’exercice
Obligation au titre des indemnités constituées
à la fin de l’exercice
Tranche à court terme
Tranche à long terme
2006
2005
4 553
853
(266)
4 221
713
(381)
5 140
4 553
281
4 859
5 140
222
4 331
4 553
9. Partenariats avec des bailleurs de fonds
Le financement obtenu dans le cadre de partenariats avec des bailleurs de fonds et destiné aux programmes de
recherche pour le développement a trait à des activités de recherche exécutées ou administrées par le Centre pour le
compte d’autres entités. Ces activités de recherche sont financées par l’ACDI, par d’autres organismes bailleurs de
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 83 ]
fonds et par nombre d’entités du gouvernement du Canada. Les revenus et les dépenses constatés se répartissent ainsi
entre ces différentes sources :
2006
2005
ACDI
Autres organismes bailleurs de fonds
Autres entités du gouvernement du Canada
6
6
3
16
477
229
304
010
5
5
3
14
497
693
209
399
Le Centre recouvre les frais engagés pour l’administration des sommes obtenues dans le cadre des partenariats avec
des bailleurs de fonds. Pour l’exercice, les sommes récupérées s’établissent à 1 572 $ (1 380 $ en 2005), dont 607 $
(519 $ en 2005) provenant de l’ACDI.
10. Crédits parlementaires
i) Crédit parlementaire
Crédit parlementaire voté
Report pour les acquisitions d’immobilisations (note 7)
Crédit parlementaire constaté dans l’état consolidé
des résultats et de l’avoir
2006
2005
128 173
(1 785)
116 092
(2 105)
126 388
113 987
ii) Crédit parlementaire supplémentaire
En septembre 2001, le Centre s’est vu accorder un crédit parlementaire supplémentaire de 20 millions de
dollars en faveur de l’Institut pour la connectivité dans les Amériques. Les revenus à ce titre s’élèvent à
3 212 $ pour l’exercice (6 388 $ en 2005).
11. Engagements
i) Engagements au titre des programmes
Le Centre s’est engagé à effectuer des versements de subventions pouvant atteindre 110,9 millions de dollars
(103,2 millions en 2005) au cours des quatre prochains exercices, dans la mesure où le Parlement et les
bailleurs de fonds lui octroient les fonds nécessaires et où les bénéficiaires respectent les dispositions des
accords de subvention. Du total de ces engagements, 93,6 millions de dollars (84,9 millions en 2005) doivent
venir directement du Centre, le solde de 17,3 millions de dollars (18,3 millions en 2005) devant être obtenu
dans le cadre de partenariats avec des bailleurs de fonds.
ii) Contrats de location-exploitation
Le Centre a signé des contrats de location pour des locaux et du matériel au Canada et à l’étranger, ainsi que
pour le logement de son personnel dans différents pays. Les contrats expirent à des dates différentes, et le
dernier prend fin en 2022. Les versements qui devront être effectués en vertu des contrats de locationexploitation sont les suivants :
[ 84 ]
2006–2007
2007–2008
2008–2009
2009–2010
2010–2011
de 2011 à 2022
7
6
5
5
5
68
495
857
374
015
059
933
Total des versements à effectuer
98 733
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
12. Passif éventuel
Une poursuite de 0,5 million de dollars (à quoi s’ajouteront des intérêts) ayant trait à un bien loué est toujours en
cours à la fin de l’exercice. En se fondant sur l’avis du conseiller juridique, la direction estime qu’il n’est pas possible
de déterminer le montant du passif pouvant en découler, le cas échéant.
Le Centre est défendeur dans d’autres poursuites en cours. La direction considère toutefois comme improbable qu’il
en résulte des éléments de passif importants.
13. Opérations entre apparentés
Outre les opérations entre apparentés dont il est fait mention aux notes 4, 6 et 9 afférentes aux présents états financiers consolidés, le Centre est apparenté, en fait de propriété commune, à tous les ministères, organismes et sociétés
d’État du gouvernement du Canada. Dans le cours normal de ses activités, il conclut des opérations avec ces entités
selon les conditions qui s’appliquent aux opérations avec des parties non apparentées.
14. Instruments financiers
Les instruments financiers du Centre comprennent de l’encaisse, des placements à court terme, des débiteurs et des
créditeurs et charges à payer qui découlent du cours normal des activités. La direction est d’avis que le Centre n’est
pas exposé à des risques importants, liés au taux d’intérêt, au change ou au crédit, découlant de ces instruments
financiers. La valeur comptable de l’encaisse, des placements à court terme, des débiteurs et des créditeurs et charges
à payer se rapproche de leur juste valeur étant donné leur brève échéance.
15. Activités abandonnées
Le 25 janvier 2006, le Conseil d’administration de Cyberlien des Amériques a décidé la cessation ordonnée des activités
de l’organisme. Par conséquent, les résultats d’exploitation et la situation financière de Cyberlien des Amériques sont
présentés comme des activités abandonnées pour tous les exercices visés. Au 31 mars 2006, toutes les immobilisations
de Cyberlien des Amériques avaient été aliénées ou éliminées du bilan. Les éléments d’actif qui restent sont constatés
à leur valeur de réalisation nette.
Voici les principales données financières se rapportant à Cyberlien des Amériques (en milliers de dollars) :
Revenus
Dépenses
Excédent (Insuffisance) des revenus par rapport aux dépenses
Actif net au début de l’exercice
Actif net à la fin de l’exercice
2006
2005
1 449
(3 251)
(1 802)
2 275
(318)
1 957
1 957
155
—
1 957
16. Chiffres correspondants
Certains chiffres correspondants fournis pour l’exercice précédent ont été reclassés en fonction de la présentation
adoptée pour le présent exercice.
LES RESSOURCES HUMAINES ET FINANCIÈRES
[ 85 ]
{
Les adresses du CRDI
Sur l’Internet
www.crdi.ca — Site Web du CRDI
reseau.crdi.ca — Site réseau du CRDI
info@idrc.ca — Renseignements généraux
idrinfo@idrc.ca — Catalogues et bases de données de la bibliothèque
reference@idrc.ca — Service de référence de la bibliothèque
bulletin@idrc.ca — Correspondance adressée au Bulletin du CRDI
Siège
Afrique
Centre de recherches pour le développement
international
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Bureau régional de l’Afrique orientale et australe
BP 62084, 00200 Nairobi, Kenya
Adresse municipale :
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Canada K1P 6M1
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State House Avenue, Nairobi, Kenya
(N.B. : Tout courrier doit être adressé à la directrice
régionale)
Tél. : (+254-20) 2713-160/1, 2713-273/4
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Courriel : chunja@idrc.or.ke
Web : www.crdi.ca/esaro
Amérique latine et Caraïbes
IDRC Regional Office for Latin America
and the Caribbean
Av. Brasil 2655, 11300 Montevideo, Uruguay
Phone: (+598-2) 709-0042
Fax: (+598-2) 708-6776
Email: lacroinf@idrc.org.uy
Web: www.idrc.ca/lacro
Asie
Bureau régional de l’Asie du Sud-Est et de l’Est
Adresse municipale : 22 Cross Street #02-55,
South Bridge Court, Singapour 048421
République de Singapour
Tél. : (+65) 6438-7877
Téléc. : (+65) 6438-4844
Courriel : asro@idrc.org.sg
Web : www.idrc.org.sg
Bureau régional de l’Asie du Sud
208 Jor Bagh, New Delhi 110 003, Inde
Tél. : (+91-11) 2461-9411
Téléc. : (+91-11) 2462-2707
Courriel : saro@idrc.org.in
Web : www.crdi.ca/saro
[ 86 ]
Bureau régional du Moyen-Orient et
de l’Afrique du Nord
BP 14 Orman, Gizeh, Le Caire, Égypte
Adresse municipale : 8, rue Ahmed Niseem, 8e étage,
Gizeh, Le Caire, Égypte
Tél. : (+20-2) 336-7051/52/53/54/57
Téléc. : (+20-2) 336-7056
Courriel : skamel@idrc.org.eg
Web : www.crdi.ca/cairo
Bureau régional de l’Afrique occidentale et centrale
BP 11007, Peytavin, Dakar, Sénégal
Adresse municipale : Avenue Cheikh Anta Diop,
Angle Boulevard de l’Est, Dakar, Sénégal
Tél. : (+221) 864-0000, poste 2074
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