I SERIE DE LA PRODUCTION ]EN TEMPS DE

I SERIE  DE  LA  PRODUCTION ]EN TEMPS  DE
FEI'ILLETSPLýýCIAL
N° 16
SERIE DE LA PRODUCTION
]EN TEMPS DE
OICE DU RAVITAILLEKMENT
EN
A
PRODUITS AGRICOLES
OTTAWA CMAND -
.
Les .oestres des chevaux et des vaches et les moyens
de les combattre
Espèces d'oestres et moyens de les reconnaître
I
L y a au Canada trois espèces d'ostres qui attaquent les chevaux et qui sont
connus respectivement par les noms suivants: oestre du nez, Gasterophilus
hæmorrhoidalis L., oestre de la gorge, G. nasalis L., et oestre du cheval ou,estre
commun, G. intestinalis DeGeer. Tous ressemblent quelque peu aux bourdons,
mais se distinguent aisément l'un de l'autre. L'ostre nasal, le plus petit, ne
mesure qu'un demi-pouce de longueur. Il est de couleur plus foncée que les
deux autres; c'est le seul qui ait une queue orangée bien visible. L'ostre de la
gorge mesure un peu plus d'un demi-pouce de long; la partie antérieure du corps
est couleur de rouille et le centre de l'abdomen est traversé par une bande noire.
L'Sstre commun est le plus gros; il mesure environ trois quarts de pouce de
longueur. Sa couleur est brune, assez uniforme; il diffère des deux autres par les
plaques enfumées qu'il porte sur les ailes.
Dégâts causés par les estres.-Les ostres, et surtout l'ostre du nez, gênent
beaucoup les chevaux en pondant leurs oufs. Les animaux sont terrorisés; ils ne
peuvent paître tranquillement; souvent pris de panique ils courent affolés en
tous sens. Attaqués par les oestres, les chevaux de travail, normalement paisibles,
deviennent souvent ingouvernables.
Cependant, ce sont les larves des oestres qui font le plus de mal, en se fixant
aux parois de l'estomac des chevaux infectés. Elles s'accaparent la nourriture
des chevaux; ceux-ci s'affaiblissent lorsque les larves sont nombreuses, et parfois
même peuvent en mourir pendant les hivers rigoureux. Lorsque les larves sont
fixées à la tunique de l'estomac, il en résulte souvent de l'inflammation et des
ulcères; quand elles sont nombreuses, l'animal souffre presque invariablement de
colique et d'autres troubles de la digestion. Enfin, elles dégagent des sécrétions
toxiques qui sont absorbées par le cheval et exercent un effet nuisible.
Cycle évolutif.-Toutes ces trois espèces d'ostres ont le même cycle évolutif,
La phase larvaire est passée sous forme de parasite interne dans l'estomac des
chevaux. Cette phase dure de huit à dix mois. Vers la fin de l'hiver ou le
commencement du printemps, les larves entièrement développées se détachent
des parois de l'estomac, passent à travers la voie alimentaire et tombent à terre.
Yo-orv,de
630.4
C212
WPS
SP
l'œstre du nez se détachent généralement avant d'être entièrement
tié par ordre de lon. J. G. GARDENER, Ministre de l'Agriculture. Ottawa.
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développées, et s'attachent de nouveau aux parois du rectum où on peut souvent
les voir près de l'anus. Les larves sortant de l'animal s'enfouissent dans le sol
où elles forment une pupe. Cette phase, pendant laquelle la larve se transforme
en mouche, dure de deux semaines à trois mois. La mouche sort de la pupe et
remonte à la surface du sol. Elle ne mange pas et meurt après avoir pondu ses
eufs.
Les oestres n'ont pas tous la même façon de pondre leurs oufs, d'où leurs
noms différents. Chaque mouche pond de 150 à 750 oeufs. Les oeufs de l'ostre
du nez sont noirs; ils ont une tige en forme de vis et sont fixés avec une grande
violence aux poils courts des lèvres. C'est cette attaque subite qui cause
l'affolement des chevaux, pendant les journées chaudes et claires, quand les
mouches sont très actives. L'ostre de la gorge pond presque tous ses oeufs jaunes
vers la base des longs poils de la partie supérieure de la gorge, entre les mâchoires, ce qui explique pourquoi les chevaux hochent continuellement la
tête. L'oestre commun est plus lent et ne cause pas autant d'alarme que les
deux autres. Ses oeufs jaunes sont fixés sur les poils des jambes du devant,
spécialement aux surfaces intérieures, sur les épaules, les côtés et la crinière.
Il est actif en tout temps, couvert ou ensoleillé. Les oeufs éclosent au bout d'une
à deux semaines. Les jeunes larves s'introduisent dans la bouche et pénètrent
dans la chair de la langue ou la membrane muqueuse de la bouche.
Moyens de lhue.-Si les cultivateurs d'un même district voulaient agir de
concert, ils pourraient grandement réduire le nombre d'ostres. Comme les ostres
passent l'hiver dans l'estomac des chevaux, le moyen logique est de traiter tous
les animaux d'un district avec les médicaments appropriés. Le bisulfure de
carbone est généralement administré sous forme de capsules de gélatine, pour
expulser les oestres de l'estomac. C'est un liquide qui engendre promptement
un gaz fatal aux ostres mais qui est sans danger pour les animaux lorsqu'il est
employé dans la dose recommandée, soit 11 drachme liquide pour chaque 250
livres de poids du corps. L'administration de ces capsules ne peut se faire que
par un vétérinaire qualifié, et les animaux doivent être laissés au moins dix-huit
heures sans nourriture avant le traitement et cinq heures après. Tous les animaux
devraient être traités au commencement de l'hiver, de préférence avant le 15
décembre.
Pour protéger les chevaux de travail contre les oestres, on a imaginé différents
types de protecteurs de cuir qui donnent de bons résultats. Ces protecteurs sont
généralement attachés aux anneaux du mors de façon à protéger les lèvres. Ils
sont généralement préférables aux paniers de fil de fer, car ils n'empêchent pas
l'animal de paître. Les couverts de toile sous les mâchoires protègent contre
l'ostre de la gorge.
Pour les animaux au pâturage, les abris obscurcis donnent une bonne protection. Si les mouches sont très nombreuses, les animaux pourraient être tenus
à l'étable pendant le jour et mis sur pâturage la nuit, quand les cstres sont
inactifs.
Hypodermes ou œstres du bœuf
Genres d'hypodermes et comment les reconnaître.-Il y a deux hypodermes qui attaquent les bovins au Canada. L'un d'eux est l'hypoderme rayé
ou commun ou mouche du talon, Hypoderma lineatunm de Villers, et l'autre est le
gros hypoderme ou hypoderme du nord, H. bovis deGeer. Ce sont des mouches
velues, de couleur foncée, assez grosses, avec des bandes de jaune ou d'orange,
qui leuridonnent l'aspect de petits bourdons. L'hypoderme rayé mesure environ
un demi-pouce de longueur, tandis que le gros hypoderme mesure environ un
douzième de pouce de plus. Tous deux se rencontrent dans toutes les provinces
du Canada, causant de gros ennuis partout où l'on élève des bestiaux.
Cycle évolutif.-Il n'y a que de légères différences dans le cycle évolutif des
deux thypodermes; en général, ils ont les mêmes habitudes. Les différences sont
les suivantes: (1) l'hypoderme commun fait son apparition au commencement
de la saison, de mars à juin, tandis que le gros hypoderme est actif à partir du
commencement de juin jusqu'en août; (2) l'hypoderme commun pond ses oufs
en rangées sur les poils, tandis que le gros hypoderme n'attache qu'un ouf sur
chaque poil. Dans les deux espèces, chaque femelle pond de 400 à 800 oeufs.
Les oeufs sont pondus pendant les journées claires et ensoleillées, sur les jambes
et les parties inférieures des bêtes à cornes et sont fixés aux poils. Les petites
larves éclosent au bout de trois à sept jours, pénètrent dans la peau, circulent
dans l'animal et, dans certains cas, se rassemblent en grand nombre dans la
région du gosier. Elles y restent pendant la fin de l'été et jusqu'au commencement
de l'hiver, puis elles en sortent pour s'établir sous la peau du dos. Ici les larves
forment des tumeurs qu'elles percent pour respirer. Après avoir passé quelques
semaines dans cette position, les larves entièrement développées se faufilent par
ces trous de respiration et tombent à terre. Cela se produit généralement vers la
fin de l'hiver ou le commencement du printemps. Elles se changent alors en
objets noirs, durs, (pupes), ressemblant à des graines, d'environ ¾ de pouce de
longueur d'où la mouche adulte sort au bout de quatre ou cinq semaines. La
mouche de l'hypoderme ne mange pas, pas plus que la mouche de l'ostre
du cheval. Elle s'accouple au sortir de la pupe et pond ses oeufs.
Dommages causês par les hypodermes.-Les dommages causés par les
hypodermes sont de deux genres. Ils se montrent très nuisibles en terrorisant les
animaux. Cette terreur s'explique difficilement, car les mouches ne piquent pas,
et cependant invariablement pendant la saison de ponte des oufs, les vaches
courent affolées de tous côtés pour éviter les mouches. Naturellement, dans ces
conditions, les vaches laitières donnent moins de lait, tandis que les animaux de
boucherie maigrissent.
La plus grosse perte est celle qui résulte de la présence des tumeurs dans les
carcasses de bSuf. Ces parties affectées doivent être enlevées de la carcasse,
et comme elles se rencontrent généralement dans les morceaux les plus chers du
dos et des lombes, la perte causée par le rognage et la défiguration qui en résulte
est considérable.
Les dégâts causés aux peaux se chiffrent par de grosses pertes. Toute peau
portant cinq larves ou plus tombe dans la catégorie n° 2 et sa valeur est dépréciée
d'au moins 1 centin la livre.
Les larves des hypodermes contiennent une substance qui empoisonne les
animaux lorsqu'elle leur est injectée. Ceci se produit lorsque ces larves sont
extraites négligemment ou lorsqu'elles sont écrasées quand la bête se glisse sous
une clôture. Si le liquide de la larve écrasée entre dans le torrent du sang de
l'animal, il cause une violente réaction; la bête écume de la bouche, la diarrhée
fait son apparition et la mort peut s'ensuivre dans les cas graves.
Les pertes de toutes causes attribuables à l'hypoderme au Canada ont été
évaluées à un montant variant de $7,000,000 à $14,000,000 par année.
Moyens de lutte.-On pourrait, par l'union des efforts, détruire presque
complètement les hypodermes dans un district. S'il est impossible d'organiser
tout le groupement à cet effet, le cultivateur peut encore grandement réduire le
nombre de mouches dans son troupeau.
Des refuges obscurs ou des abris de broussailles sont utiles sur les pâturages,
car les mouches n'attaquent pas les animaux dans les endroits de ce genre, et
ceux-ci se réfugient dans ces abris dès que les mouches apparaissent. Les
animaux que l'on peut garder sous abri pendant le jour et sur pâturage pendant
la nuit n'ont pas à redouter les mouches.
Dans les troupeaux de prix ou petits, l'extraction à la main donne de bons
résultats. Ceci s'applique plus aux races à peau tendre, comme les Jerseys et
Guernseys, qu'aux espèces à peau dure, comme les Holsteins, ou les bestiaux des
grands herbages.
Le traitement le plus efficace est l'application d'un lavage au derris. Le
derris est un insecticide fait des racines pulvérisées de certaines espèces de plantes
et qui contient le rotenone. Il est relativement sans danger pour l'homme et les
animaux. Le lavage se compose d'une livre de poudre de derris standardisée,
d'une demi-livre de poudre de savon et d'une demi-livre de terre d'infusoires
combinées avec deux gallons d'eau. On ajoute la terre et le savon à un gallon
d'eau chaude et on remue lentement. Lorsque le mélange est homogène et
savonneux, on y ajoute la poudre de derris en remuant constamment jusqu'à ce
que la masse soit semblable à une buvée de son. Il peut être nécessaire d'ajouter
un peu d'eau en ce faisant, mais lorsqu'on a obtenu un mélange homogène,
on ajoute le reste de l'eau et on brasse le tout énergiquement. On met la solution
en bouteilles et on l'applique au dos des animaux avec un linge ou une brosse,
dans les endroits où se trouvent les larves. Il faut avoir soin de bien faire entrer
l'eau dans chaque tumeur en frottant. On aura soin de remuer fréquemment la
solution principale de lavage. Il vaut mieux ne préparer que juste la quantité
suffisante pour l'emploi immédiat. Quatre traitements devraient coûter de 4c à
6c. par animal.
Les dates pour les applications du lavage au derris varient avec les différentes parties du Canada. En général, le premier lavage devrait être effectué
au commencement du printemps, lorsque les enflures sur le dos des animaux
infestés deviennent visibles. Dans l'intérieur de la Colombie-Britannique, le
premier traitement devrait être appliqué à la mi-février; dans les provinces des
Prairies et l'Est du Canada, vers la troisième semaine de mars. La deuxième et
la troisième applications devraient être faites à intervalles de 28 jours et, si
possible, une quatrième, après un dernier intervalle de 35 jours. Un lavage ne
suffit pas, parce que les larves n'arrivent pas toutes à maturité en même temps.
G.
ALLEN MAIL,
Service scientifique,
Ministère de l'Agriculture, Ottawa.
OnAWA: EDMoND CLoUTia, Imprimeur de sa Très Exclente Majesté le Roi, 1941.
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