Le mortier de rejointoiement pour bâtiments anciens en maçonnerie

Le mortier de rejointoiement pour bâtiments anciens en maçonnerie
Le mortier de rejointoiement pour bâtiments anciens
en maçonnerie
Rousseau, M.; Maurenbrecher, P.
NRCC-43112F
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Échos techniques, v. 4, numéro 45, Nov. 1997, p. 1
http://irc.nrc-cnrc.gc.ca/ircpubs
ECHOS TECHNIQUES
Volume 4 • Numéro 45 • Nov. 1997 • Institut de recherche en construction du CNRC
Le mortier de rejointoiement pour bâtiments anciens en maçonnerie
La tendance étant à la restauration des ouvrages anciens, voici de l’information technique concernant le
mortier de rejointoiement pour ouvrages anciens.
Choisir un mortier mou. Les mortiers utilisés pour les constructions neuves ne conviennent pas aux
anciens ouvrages de maçonnerie, en raison entre autres de leur haute teneur en ciment Portland qui leur
confère une densité, une résistance en compression et une dureté relativement élevées, propriétés qui
ne leur permettent pas d’agir comme matériaux sacrificiels de l’assemblage. On recommande d’utiliser
un mortier plus mou, c.-à-d. offrant une résistance moindre à la compression, et plus flexible que les
éléments de maçonnerie. Ainsi, le mortier peut accommoder les mouvements mineurs de l’ouvrage.
Dans le cas de plus grands mouvements, un mortier mou subira les désordres et se « sacrifiera » au
profit du maintien de l’intégrité de l’élément de maçonnerie. Il est plus simple et économique de réparer
des joints de mortier que de remplacer une pierre épaufrée par exemple.
Mortiers à haute teneur en chaux. Les mortiers à haute teneur en chaux (2 à 3 fois plus de chaux que
de ciment en volume) présentent beaucoup d’avantages pour le rejointoiement des ouvrages anciens de
maçonnerie. La chaux est un liant qui contribue à l’obtention de cette flexibilité recherchée du mortier,
contrairement au ciment Portland. Étant plus flexible, le mortier à haute teneur en chaux aura moins
tendance à se détacher des éléments de maçonnerie. De plus, la chaux augmente la malléabilité du
mortier et permet d’établir une grande surface de contact entre le mortier et l’élément de maçonnerie lors
de la mise en œuvre. Ces deux caractéristiques permettent de réduire l’infiltration des eaux de pluie aux
joints et, comme ce mortier est plus poreux qu’un mortier de ciment, il ne retient pas l’humidité dans le
joint.
Recherche concernant la résistance au gel. La résistance au gel des mortiers à haute teneur en chaux
peut laisser à désirer. Au Canada les résultats préliminaires de travaux de recherche en cours indiquent
que des entraîneurs d’air chimiques semblables à ceux utilisés pour le béton améliorent la résistance
au gel de ce type de mortier. En Angleterre, des résultats préliminaires de recherche révèlent qu’un
adjuvant de particules de brique peut améliorer la performance des mortiers à haute teneur en chaux de
la façon suivante : de fines particules de briques cuites à basse température permettraient d’accélérer la
prise et d’augmenter la résistance en compression alors que des particules moins fines pourraient agir
comme granulats poreux entraîneurs d’air. Il faut toutefois évaluer les effets plus ou moins désirables de
ces adjuvants sur d’autres propriétés du mortier.
L’IRC, le Programme pour la conservation du patrimoine à Travaux publics et Services gouvernementaux
Canada et des fabricants de chaux ont joint leur efforts pour étudier la durabilité des mortiers à haute
teneur en chaux pour le rejointoiement des ouvrages de maçonnerie de bâtiments anciens et
historiques. Présentement, leurs travaux se concentrent sur un dosage de mortier particulièrement
prometteur, soit le 1-2-8 (ciment Portland blanc-chaux-sable en volume). L’effet de facteurs tels que la
façon de mélanger le mortier, la présence d’adjuvants entraîneurs d’air, les types de chaux, la proportion
sable/liants sur la durabilité de ce mortier à haute teneur en chaux est évalué selon les critères suivants :
résistance à l’action du gel – dégel, résistance aux sels comme les sels de déglaçage, propriétés
physiques et mécaniques. La formation de taches liées à la présence de chaux libre en surface est un
autre facteur considéré pour la raison suivante : la chaux étant soluble dans l’eau, la présence excessive
d’eau peut entraîner la formation de coulisses de chaux sur les éléments de maçonnerie et un dépôt
calcaire quasi insoluble dans l’eau résultera de la réaction entre la chaux et le dioxyde de carbone de
l’air. Les étapes à venir dans ce projet incluent l’étude d’autres dosages de mortier en laboratoire, des
essais sur des sites d’exposition extérieurs et des suivis d’ouvrages de maçonnerie restaurés.
Sources d’information additionnelle. Une conférence intitulée Conservation de la maçonnerie, tenue à
Montréal en octobre dernier, portait entre autres sur le rejointoiement d’anciens ouvrages en maçonnerie.
Pour se procurer la documentation d’accompagnement de cette conférence, adressez-vous à Monsieur
Herb Stovel, T (514) 487-0100, F (514) 487-7803. Il existe aussi d’autres sources d’information sur le
sujet; d’ailleurs, Échos techniques n° 32 en donnait une brève liste.
ECHOS TECHNIQUES
Volume 4 • Numéro 45 • Nov. 1997 • Institut de recherche en construction du CNRC
Information : Madeleine Rousseau et Paul Maurenbrecher, IRC/CNRC
Pour plus de renseignements, communiquez avec M. Z. Rousseau (613) 993-3938 F (613) 954-3733
courrier élect. madeleine.rousseau@nrc.ca
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