Defence Research and Recherche et développement Development Canada pour la défense Canada

Defence Research and Recherche et développement Development Canada pour la défense Canada
Recherche et développement
pour la défense Canada
Defence Research and
Development Canada
ISSN D66-4/2011F-PDF Délibérations du Symposium d’été 2011 sur la S&T pour la sécurité publique
B
Avant-propos
Recherche et développement pour la défense Canada – Centre des sciences pour la sécurité (RDDC CSS) est une
entreprise conjointe entre le ministère de la Défense nationale (MDN) et Sécurité publique Canada.
La mission de RDDC CSS consiste à renforcer, grâce à des investissements dans les sciences et la technologie
(S & T), l’aptitude du Canada sur le plan de la prévention, de la préparation, de l’intervention et du rétablissement en
cas d’accidents, de catastrophes naturelles ou d’actes terroristes et criminels menaçant la sécurité des Canadiens.
Pour y parvenir, il faut coordonner et diriger des travaux de recherche et développement, évaluer des concepts et des
technologies, et établir un réseau de partenaires du pays et de l’étranger qui œuvrent dans les domaines des S & T et de la
sécurité publique.
Les activités S & T de sécurité publique sont divisées en quatre groupes thématiques : défaite des menaces chimiques,
biologiques, radiologiques-nucléaires, et explosifs (CBRNE); la protection des infrastructures essentielles (PIE) et la
cybersécurité; la surveillance, le renseignement et l’interdiction (SRI); et les Systèmes de gestion des urgences et
l’interopérabilité (SGUI).
Au cours de la dernière année, 18 projets gérés par le Centre canadien de recherches policières (CCRP) et dans le cadre
de l’Initiative de recherche et de technologie CBRNE (IRTC) et du Programme technique de sécurité publique (PTSP)
ont été exécutés, ce qui nous a permis de réaliser des percées importantes dans les domaines de l’équipement de
protection individuelle, de l’interopérabilité, de la surveillance, de la biométrie, de la sécurité frontalière et maritime, et des
capacités d’intervention d’urgence. Un grand nombre de ces réussites feront l’objet d’exposés oraux, d’affiches et de
démonstrations au Symposium d’été 2011 sur la S & T pour la sécurité publique.
Les résumés qui suivent décrivent les progrès réalisés dans le cadre des huit premières phases de financement des projets
menés dans les domaines de la lutte contre les menaces CBRNE, de la PIE, de la cybersécurité, de la SRI et des SGUI.
Comme toujours, je suis impressionné par l’étendue et la qualité des travaux et je suis fier de vous en montrer les fruits.
Bon nombre de ces travaux ont déjà contribué de façon marquée à l’amélioration de la sécurité des Canadiens, tandis que
d’autres montrent un immense potentiel à mesure qu’ils évoluent. Je suis certain que, comme moi, ces travaux sauront
vous impressionner. Je vous remercie de votre engagement inébranlable envers la sécurité des Canadiens.
Anthony Ashley
Directeur général, RDDC – CSS
i
Table des matières
CRTI 05-0016RD
Élaboration d’une Norme nationale du Canada pour la protection des premiers intervenants en
cas d’incidents CBRN
1
CRTI 05-0078RD
Mise au point de virus vivants capables de se répliquer pour la préparation de vaccins et de traitements
contre les fièvres hémorragiques virales
3
CRTI 06-0138RD
Renforcement de la capacité diagnostique du Canada à l’égard de la fièvre de la vallée du Rift
5
CRTI 06-0146RD
Identification rapide des individus exposés aux radiations suite à un accident radiologiquenucléaire à grande échelle
7
CRTI 06-0156RD
Interactions entre des dispositifs de dispersion radiologique à l’origine d’une contamination et
des surfaces urbaines
9
CRTI 06-0169TA
Formule universelle de décontamination en surface
11
CRTI 06-0170RD
Décontamination relative aux agents organophosphorés
13
CRTI 06-0187TD
Système portatif de détection d’agent biologique
15
CRTI 06-0188TA
Utilisation à des fins judiciaires et rétrospectives du détecteur portable à luminescence stimulée
optiquement
17
CRTI 06-0192TD
Élaboration d’un programme de vérification de l’ajustement des appareils de protection respiratoire
19
CRTI 06-0204RD
Outil d’évaluation des explosifs de circonstance
21
CRTI 06-0218RD
Mise au point préclinique d’un vaccin intranasal à base d’adénovirus contre le virus Ebola
23
CRTI 06-0230RD
Méthodes rapides de radiobiodosage d’urgence
25
CRTI 06-0234TA
Système perfectionné de surveillance syndromique et de triage d’urgence
27
CRTI 06-0252RD
Protocoles pour la modélisation d’explosions en milieu urbain
30
CRTI 06-0255TA
Poste de commandement pour la gestion des services médicaux et la prise en charge des blessés
33
CRTI 06-0275TD
Postes récepteurs-émetteurs avec capteur de rayonnement intégré
35
CRTI 06-0301TD
Mise au point d’un aérosol nasal contenant un antiviral contre le virus de l’influenza aviaire
37
CRTI 06-0317TD
PROBE – Outil de soutien sur les lieux de crime à l’intention des policiers, des équipes
d’intervention en présence de matières dangereuses et des services médicaux d’urgence
39
CRTI 06-0318TD
Coopérative d’enseignement supérieur pour la surveillance des matières dangereuses et de
l’équipement
41
CRTI 07-0104TD
Détection de la radioluminescence dans l’air
43
CRTI 07-0109RD
La prévoyance et la visualisation de l’avenir au service de la planification, axée sur les capacités,
de la gestion des mesures d’urgence zoosanitaire au Canada : formulation et application
45
ii
Table des matières
CRTI 07-0121RD
Blindage composite léger pour la protection contre les engins explosifs de circonstance : une
solution reposant sur les nanotubes de carbone monoparoi
47
CRTI 07-0132TA
Système portatif d’épreuve par puces électroniques en cas d’agrobioterrorisme : détection et
typage d’agents d’agroterrorisme à haut risque
49
CRTI 07-0135RD
Renforcer la résilience et la capacité du système de santé rural pour la planification et la préparation
aux sinistres
51
CRTI 07-0150TD
Le continuum des soins à accorder aux blessés
53
CRTI 07-0176TD
Norme nationale sur la conception et l’évaluation des bâtiments afin de les protéger contre
l’effet de souffle
55
CRTI 07-0179RD
Détecteurs à distance de vapeurs explosives – Spectromètre différentiel de détection et
d’imagerie de Fourier à options multiples
57
CRTI 07-0186RD
Optimisation de l’outil de décorporation médicale (MEDECOR2) en ce qui a trait au temps et à
l’utilisation, pour l’amélioration des effets biologiques
58
CRTI 07-0190TA
Intégration d’une fonction de détection des rayons gamma dans le dosimètre électronique à
neutrons
60
CRTI 07-0193RD
Imageur gamma Compton destiné aux enquêtes policières et aux interventions touchant la
sécurité nationale
62
CRTI 07-0196TD
Vers un système de modélisation urbaine opérationnelle pour la préparation et la réponse en
cas d’urgence CBRN
64
CRTI 07-0234RD
Stratégies pour atténuer la diffusion d’agents de bioterrorisme dans le système alimentaire canadien
66
CRTI 08-0105RD
L’établissement d’une liste canadienne d’équipement recommandé CBRNE
68
CRTI 08-0112TA
Anticorps monoclonaux humains anti-ricine
70
CRTI 08-0173TD
Interopérabilité et enquête criminelle dans les laboratoires d’analyse nucléolégale
72
CRTI 08-0176RD
Renforcer la résilience des populations vulnérables afin de maximiser la capacité de préparation,
d’intervention et de rétablissement en cas de catastrophe
74
CRTI 08-0181TD
Programme de validation des analyses de détection et d’identification d’agents de menace
biologique
76
CRTI 08-0190RD
Fusion de données
77
CRTI 08-0192TD
Réseau de l’inventaire des ressources en cas d’urgence
79
CRTI 08-0203RD
Solutions scientifiques et technologiques visant à atténuer les vulnérabilités de
l’approvisionnement alimentaire du Canada
81
CRTI 08-0214RD
Inspection et tomographie passives par rayonnements cosmiques pour la détection des
matières nucléaires spéciales
83
iii
Table des matières
CRTI 08-0225TD
Critères d’intervention en cas d’incident radionucléaire
85
CRTI 08-0233TD
Produit intraveineux à base de HI-6 pour le traitement contre les agents neurotoxiques
87
CRTI 08-0234TD
Modélisation des effets sur les laboratoires des urgences en santé publique et santé animale
89
CRTI 08-0241TD
Techniques de test radiobiologique d’urgence utilisables sur le terrain
91
PSTP 02-0300BTS
Interaction avec les capteurs pour le suivi des petits navires et la connaissance de la situation
maritime dans les ports
93
PSTP 02-0302EMSI Couverture radio à la frontière Canada-États-Unis
95
PSTP 02-0305eSEC Étude sur la radio réalisée par logiciel pour la lecture de spectre dans un environnement
opérationnel commun sans fil
96
PSTP 02-0327EMSI Protocole national commun d’avis et d’alerte
97
PSTP 02-0336BIOM Évaluation de la vulnérabilité des technologies biométriques pour les demandes de gestion de
l’identité
99
PSTP 02-0341BTS
Atténuation des menaces asymétriques dans les Grands Lacs, la Voie maritime du SaintLaurent, les ports maritimes et les eaux côtières
101
PSTP 02-0359eSEC Analytique avancée et analyse du Web invisible pour permettre la prédiction des menaces
informatiques
103
PSTP 08-0100CIP
Intégration de l’évaluation des interdépendances entre les infrastructures essentielles dans la
planification des événements majeurs
105
PSTP 08-0103BTS
Évaluation des réseaux de radars cachés à zones étendues, pour le renforcement de la
surveillance, du renseignement et de l’interdiction à l’égard des navires et des aéronefs volant à
basse altitude
107
PSTP 08-0115eSEC Système automatisé de gestion des risques
109
PSTP 08-0119BTS
111
iv
L’impact des nouveaux systèmes informatiques de détection maritime sur l’amélioration de la
connaissance de la situation dans le Nord
CRTI 05-0016RD
Élaboration d’une Norme nationale du Canada pour la protection des
premiers intervenants en cas d’incidents CBRN
Responsable du projet :
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Partenaires fédéraux :
Sécurité publique Canada; Transports Canada; Collège militaire royal du
Canada; Conseil national de recherches Canada; Gendarmerie royale du
Canada
Autres partenaires :
Association canadienne de normalisation; Association canadienne des
chefs de pompiers; Conseil canadien d’agrément des services de santé;
Association canadienne des soins de santé; Association canadienne de la
police professionnelle; Association canadienne de santé publique; Association
internationale des pompiers – Bureau au Canada; Association des paramédics
du Canada
Objectifs
La norme CAN/CGSB/CSA-Z1610, Protection des premiers
intervenants en cas d’incidents chimiques, biologiques,
radiologiques et nucléaires (CBRN), prescrit les exigences
visant le choix, l’utilisation et l’entretien d’équipement de
protection individuelle (EPI) pour les premiers intervenants
en cas d’incident CBRN, y compris en cas d’attaques
ou de rejets délibérés et de transmission par contagion.
Cette nouvelle norme nationale aura des répercussions
importantes, puisqu’elle aidera les organisations de premiers
intervenants à l’égard du choix, de l’utilisation ainsi que de la
compréhension des capacités et des limites de l’équipement
de protection individuelle contre les agents CBRN. En effet,
les premiers intervenants seront ainsi en mesure de faire leur
travail suivant des critères de sécurité, de protection et de
fonctionnalité rehaussés.
La norme adopte une approche systémique et définit les
exigences relatives à un système de protection du corps
entier (poumons, yeux et peau), y compris l’intégration
avec d’autres équipements. Elle sert aussi de guide sur les
capacités et les limites de l’EPI contre les agents CBRN.
Elle offre aussi aux fabricants et aux organismes d’essai des
exigences de rendement et des méthodes d’essai propres à
l’EPI contre les agents CBRN.
Cette norme novatrice a été élaborée par un comité
technique spécial, selon un processus éprouvé, fondé sur le
consensus, soit le processus d’élaboration des normes du
Système national de normes. Selon le Système national de
normes, tous les groupes pertinents (fabricants, organismes
de réglementation, spécialistes techniques, organismes
d’essai et utilisateurs) doivent être représentés de façon
équilibrée. Le comité était présidé par Eva Dickson, du
Collège militaire royal du Canada. De plus, l’Association
canadienne de normalisation (CSA) et l’Office des normes
générales du Canada (ONGC) ont assuré la gestion
conjointe du projet. Le Comité technique regroupait en outre
des fabricants de vêtements de protection et d’appareils de
protection respiratoire; des organisations représentant les
policiers, les pompiers et les ambulanciers; des associations
professionnelles; des hôpitaux et des responsables de la
santé publique; des scientifiques; et des représentants de
Sécurité publique Canada. Outre les représentants au sein
du comité chargé d’élaborer la norme, le public (y compris
l’industrie) a été invité à participer à des consultations
publiques pour formuler des commentaires et recommander
des changements.
Pertinence
Afin de protéger les Canadiens et notre infrastructure
publique et privée, il est essentiel que les premiers
intervenants aient accès au bon équipement combinant
fonctionnalité et protection adéquate, ainsi qu’aux outils
et à l’information qui les aideront à faire leur travail le plus
efficacement possible.
La norme vise la protection contre une multitude de risques
CBRN que peuvent courir les premiers intervenants, par
l’élaboration de scénarios, l’évaluation des risques pour les
personnes exposées aux agents CBRN et la capacité des
premiers intervenants à planifier et à gérer leur intervention.
La norme améliore l’harmonisation de l’équipement de
protection dont se servent les intervenants canadiens et
rehausse les capacités de gestion des conséquences grâce
à l’amélioration de la protection tous risques.
Bien que d’autres normes internationales aient été
élaborées, par exemple aux États-Unis par la National
Fire Protection Association et le National Institute of
1
CRTI 05-0016RD
Élaboration d’une Norme nationale du Canada pour la protection des
premiers intervenants en cas d’incidents CBRN
Occupational Safety and Health, la norme canadienne est
unique en son genre. En effet, elle s’adresse expressément
aux policiers, aux pompiers et aux intervenants médicaux
d’urgence canadiens en cas d’incident CBRN délibéré. Les
autres normes ne traitent pas de tous les types d’incidents
CBRN, et certains groupes d’intervenants y sont mal
représentés. Par conséquent, aucune norme n’offrait une
approche combinée et intégrée à l’égard des critères de
sélection et de rendement. La nouvelle norme canadienne
regroupe en un seul document tous les types d’incidents
et d’intervenants, avec une terminologie et des objectifs
communs.
mondiale à l’égard de l’adoption d’une approche intégrée
et complète pour la protection des premiers intervenants
contre les agents CBRN.
Bien que la norme canadienne présente de nouvelles
catégories de systèmes de protection et d’exigences
connexes, les intervenants ont veillé à ce qu’elle soit
aussi interopérable que possible par rapport aux normes
américaines, et ils maintiennent le dialogue pour veiller à
ce que les normes des deux côtés de la frontière soient
aussi interopérables que possible, tout en bénéficiant de la
recherche menée dans chacun des pays.
Progrès et résultats récents
La norme a été publiée dans les deux langues officielles en
mars 2011 à la suite d’une activité de lancement dans les
médias très réussie, tenue le 25 janvier 2011 à Toronto. À
ce moment-là, la CSA et l’ONGC ont fait l’annonce de la
toute première norme nationale portant sur l’équipement
de protection utilisé par les premiers intervenants en cas
d’incident CBRN, soit les policiers, les pompiers et le
personnel de services médicaux d’urgence. Le ministre de
la Sécurité publique du Canada, l’honorable Vic Toews, était
l’un des principaux orateurs ce jour-là.
Impact
Il s’agit de la première norme au Canada à fournir aux
premiers intervenants officiels les renseignements et les
conseils nécessaires pour choisir et utiliser adéquatement
l’équipement et les systèmes de protection en cas d’actes
de terrorisme CBRN. L’élaboration d’une seule norme
nationale reconnue a permis de rassembler les intervenants
visés et les experts mondiaux de la mise au point et de
l’évaluation d’équipement de protection contre les agents
CBRN. La norme répond aux besoins de tous les paliers de
gouvernement, de l’industrie et des premiers intervenants
d’une manière directe et unique, et les compétences et
l’expertise des intervenants sont réunies grâce à la création
d’un comité technique national. La norme est une référence
2
Auteurs
Eva F. Gudgin Dickson, Institut de recherche sur la défense
et la sécurité, Collège militaire royal du Canada,
eva.dickson@rmc.ca
Ron Meyers, Association canadienne de normalisation,
ron.meyers@csa.ca
Marian Gaucher, Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada,
Marian.L.Gaucher@tpsgc-pwgsc.gc.ca
CRTI 05-0078RD
Mise au point de virus vivants capables de se répliquer pour la préparation de
vaccins et de traitements contre les fièvres hémorragiques virales
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada
Partenaire de l’industrie :
Impfstoffwerk Dessau-Tornau GmbH (Allemagne)
Autre partenaire :
Armée des États-Unis – Medical Research Institute for Infectious Diseases
Objectifs
Le présent projet a pour objectif d’utiliser des vecteurs
de vaccin recombinant atténués, mais vivants, basés sur
le virus de la stomatite vésiculeuse (VSV) comme vaccins
prophylactiques et thérapeutiques innovateurs pouvant
être produits en toute sécurité et en quantités suffisantes
pour être utilisés en cas d’attentat bioterroriste aux virus
Ebola ou Marburg. En partenariat avec le Medical Research
Institute of Infectious Diseases de l’armée des États-Unis et
la société allemande de production de vaccins Impfstoffwerk
Dessau-Tornau GmbH, l’Agence de la santé publique du
Canada (ASPC) mettra au point des stocks de vaccins
répondant aux bonnes pratiques de laboratoire et une
petite quantité de vaccins VSV recombinants exprimant la
glycoprotéine de la souche zaïroise du virus Zaire ebolavirus
(ZEBOV), répondant aux bonnes pratiques de fabrication
(cGMP). Avec le concours de la Direction générale des
produits de santé et des aliments, de Santé Canada, et
de la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA),
les chercheurs de l’ASPC détermineront les corrélats
immunitaires de protection dans des modèles de rongeur et
de primate non humain présentant une infection à ZEBOV.
L’équipe chargée du projet démontrera également que les
stocks de vaccins cGMP sont aussi efficaces que les stocks
expérimentaux actuels. Ces données sont essentielles pour
l’attribution future de licences pour le vaccin.
Pertinence
Une infection par des filovirus, notamment ZEBOV ou le
virus de marburg (MARV), provoque une fièvre hémorragique
très grave et virulente chez les humains et les primates non
humains, qui entraîne souvent la mort. Ces virus (ZEBOV
et MARV) sont considérés comme de sérieuses menaces
à titre d’agents de guerre biologique, et ce, pour de
nombreuses raisons dont les suivantes : on a signalé que
l’ancienne Union soviétique a produit de grandes quantités
de MARV sous une forme se prêtant à une dissémination à
grande échelle par aérosol; la simple addition de glycérine
à la préparation du virus rend le MARV aussi stable que le
virus de la grippe sous forme d’aérosol; les expériences
montrent que ZEBOV est infectieux à la suite d’une
exposition orale et oculaire chez des primates non humains,
et également sous forme d’aérosol; enfin, il n’existe pas à
l’heure actuelle de vaccin préventif ou de traitement pouvant
être administré à des humains suite à une exposition.
Les vaccins recombinants à base de VSV capables de se
répliquer, mis au point dans le cadre du présent projet, sont
actuellement les plus efficaces dans un traitement suite à
une exposition, et ils constituent également des vaccins
préventifs extrêmement efficaces. On dispose maintenant de
moyens beaucoup plus efficaces pour protéger les premiers
intervenants face à ces graves menaces biologiques.
Progrès et résultats récents
L’équipe de projet a mis au point des candidats vaccins
contre ZEBOV et MARV à partir des vecteurs VSV
recombinants atténués, mais vivants, exprimant les
glycoprotéines transmembrane du ZEBOV et du MARV,
respectivement.
Les chercheurs ont administré à des primates non humains
naïfs (n=4 par vaccin) une seule injection intramusculaire de
chacun des vaccins, puis 28 jours plus tard, les animaux
ont été inoculés avec au moins 1 000 unités formant plage
de ZEBOV ou de MARV virulent. L’équipe de projet a
également vérifié l’effet protecteur d’une dose unique de ces
préparations par voie orale et intranasale chez des souris,
des cobayes et des primates non humains. Cette dose
unique de chaque vaccin s’est révélée efficace à 100 %
pour ce qui est de la protection des animaux contre chaque
virus. Enfin, les chercheurs ont vérifié la capacité des vaccins
ZEBOV et MARV de protéger les animaux par administration
30 minutes à 24 heures après une infection par l’agent
virulent. Aucun des animaux n’a manifesté de fièvre ou
d’autres symptômes de maladie après la vaccination.
L’immunisation a déclenché une réaction immunitaire
protectrice chez tous les primates non humains inoculés
avec des doses létales de virus.
3
CRTI 05-0078RD
Mise au point de virus vivants capables de se répliquer pour la préparation de
vaccins et de traitements contre les fièvres hémorragiques virales
Le vaccin ZEBOV a entraîné de fortes réactions
immunitaires humorales et cellulaires chez tous les singes
vaccinés, alors que le vaccin MARV a entraîné surtout une
réaction humorale. L’immunisation mucosale a protégé les
rongeurs contre des doses pouvant atteindre
1 000 000 DL50, et les primates non humains contre
des doses à partir de 1 000 DL50. Tous les primates non
humains infectés par MARV et 50 % de ceux infectés par
ZEBOV ont survécu lorsqu’ils ont été traités 30 minutes
après l’exposition. Le vaccin ZEBOV est actuellement
produit selon la qualité des bonnes pratiques de fabrication.
Impact
Le déploiement de ces vaccins assurera au Canada la
capacité opérationnelle de protéger les premiers intervenants
contre ces maladies graves jusqu’à présent incurables; le
Canada deviendra alors un chef de file dans ce domaine.
La possibilité d’utiliser ces vaccins après une exposition au
virus, plutôt que de les administrer des mois ou des années
auparavant, les rend plus utiles face à une menace concrète.
Les fièvres hémorragiques virales constituent des menaces
très graves, car il n’existe pratiquement pas de traitement
efficace contre elles. Toutefois, la faible probabilité que des
agents de ces maladies soient éventuellement utilisés rend
une vaccination systématique préventive de la population
difficile à justifier sur le plan économique et médical.
Des données indiquent que ces candidats vaccins sont
sûrs et très efficaces dans le cadre de modèles animaux
très pertinents. En outre, la possibilité de les utiliser après
l’exposition au virus est sans précédent.
Auteurs
Frank Plummer, Laboratoire national de microbiologie,
Agence de la santé publique du Canada,
frank.plummer@phac-aspc.gc.ca
Judie Alimonti, Laboratoire national de microbiologie,
Agence de la santé publique du Canada,
judie.alimonti@phac-aspc.gc.ca
Gary Kobinger, Laboratoire national de microbiologie,
Agence de la santé publique du Canada,
gary.kobinger@phac-aspc.gc.ca
4
CRTI 06-0138RD
Renforcement de la capacité diagnostique du Canada à l’égard de la
fièvre de la vallée du Rift
Responsable du projet :
Agence canadienne d’inspection des aliments
Partenaire fédéral :
Agence de la santé publique du Canada – Laboratoire national de microbiologie
Autres partenaires :
Université de Calgary; Département de l’Agriculture des États-Unis
Objectifs
D’origine africaine, la fièvre de la vallée du Rift (FVR) se
transmet par les moustiques aux humains et aux ruminants,
mais elle peut aussi être propagée par des aérosols. Elle
est considérée comme une menace pour l’Amérique du
Nord, à la fois comme une arme potentielle importante
de guerre biologique et en tant que maladie émergente
naturelle. Le virus a le potentiel de se propager rapidement
et de s’établir de façon endémique, ayant ainsi un impact
important sur le commerce international des animaux et
des produits d’origine animale et donc des conséquences
graves sur l’économie et la santé publique. Le Canada et les
États-Unis ne sont pas préparés pour détecter rapidement
une incursion du virus nipour contrôler une épidémie chez
les animaux. En outre, on ne dispose d’aucun vaccin
commercial pour les humains ou les animaux.
Le projet vise à mettre au point des tests et des réactifs
diagnostiques pour les humains et les animaux, basés sur
la technologie moléculaire, qui permettront la production et
l’utilisation sans haut confinement. On utilisera du matériel
infecté expérimental d’origine animale pour valider les
tests vétérinaires, déterminer une stratégie de prélèvement
des échantillons, et étudier la pathogenèse et la réponse
immunitaire. On procédera à l’inoculation d’espèces
de moustiques nord-américaines pour déterminer leur
potentiel en tant que réservoir du virus FVR et pour valider la
réaction en chaîne de la polymérase à transcription inverse
(RT-PCR) à des fins de contrôle. On mettra au point des
méthodes existantes, telles que la RT-PCR en temps réel, la
technologie des protéines recombinantes, le développement
d’hybridomes, les ELISA (dosage d’immunoadsorption par
enzyme liée) et l’épreuve de flux latéral, spécifiquement pour
le virus FVR.
Pertinence
Le virus FVR figure sur la « liste A » de plusieurs
organisations internationales. Ni l’Agence canadienne
d’inspection des aliments ni l’Agence de la santé publique
du Canada ne disposent de test de dépistage de la fièvre
de la vallée du Rift validé qui puisse être distribué de façon
sécuritaire aux laboratoires de diagnostic régionaux. En
outre, ils ne possèdent pas la capacité d’absorber une
augmentation subite des demandes de diagnostic en cas
d’épidémie.
Progrès et résultats récents
Au cours de l’année dernière, on a modifié le RT-PCR en
temps réel pour la détection de l’acide ribonucléique (ARN)
du virus FVR et il a été évalué au moyen d’échantillons
générés au cours d’une série d’inoculations expérimentales
à des veaux et à des moutons. On a évalué l’épreuve
avec plus de cent échantillons de sérum et de tissus.
Des échantillons de sérum pour la détection virale ont
été prélevés de deux à sept jours (inclusivement) après
l’inoculation, avec des titres atteignant 106,5 unités formant
des plages/mL ou jusqu’à 1 010 copies/mL. Le virus a été
détecté jusqu’à quatre jours après l’inoculation par isolement
du virus et jusqu’à six jours après l’inoculation par détection
de l’ARN au moyen du RT-PCR en temps réel. On a observé
l’éclaircissement de l’ARN viral dans le sérum au début du
développement des anticorps neutralisants du virus.
À ce jour, le test ELISA recombinant pour la détection des
anticorps du virus FVR est en cours d’élaboration avec deux
candidats antigènes. L’épreuve utilisant la protéine N comme
antigène peut être utilisée pour la détection des animaux
infectés et des animaux vaccinés avec le virus vivant atténué.
Dans le cas où on utiliserait des vaccins recombinants avec
gènes perturbés non structuraux, on peut se servir du test
ELISA à protéine non structurée pour distinguer les animaux
infectés des animaux vaccinés. Les formats indirect et
compétitif sont en cours d’évaluation.
Les anticorps neutralisants du virus peuvent être détectés
dans le sérum environ sept jours après l’inoculation. Si l’un
des tests ELISA détectait les anticorps plus rapidement et
s’il était utilisé en combinaison avec le RT-PCR en temps
réel, il serait possible de détecter les animaux infectés deux
jours après l’inoculation, d’abord par la détection de l’ARN
puis par la détection des anticorps (détections simultanées
ou successives).
5
CRTI 06-0138RD
Renforcement de la capacité diagnostique du Canada à l’égard de la fièvre
de la vallée du Rift
On a exprimé un certain nombre de protéines recombinantes
du virus FVR (N, NS, GP1 partielle, NSm1 et GP2, NSm1)
et on a développé des anticorps polyclonaux de lapin ou
de souris contre les protéines N, NS et GP1 partielle. On a
développé des échantillons témoins positifs de sérum et de
tissus chez les ovins et les bovins. On a utilisé l’anticorps
polyclonal de lapin avec succès pour la mise au point de
l’immunocytochimie par le laboratoire ABADRU
(« Arthropod-Borne Animal Disease Research Unit ») du
ministère de l’Agriculture des États Unis.
Impact
La mise au point de tests de dépistage à haut rendement
pour le bétail est essentielle pour contrôler une épidémie
et minimiser les répercussions graves sur l’économie et
la santé publique ainsi que pour gérer les conséquences
à long terme. Le projet permettra de fournir aux premiers
intervenants et au personnel de première ligne (vétérinaires,
personnel de laboratoire) la capacité d’identifier, de réagir
rapidement et de contenir un événement CBRNE en
élaborant des technologies et des méthodes de diagnostics
rapides pouvant être déployées sur le terrain et utilisées
pour le dépistage précoce du bétail. Il permettra d’établir
une capacité diagnostique canadienne et américaine
pour la détection du virus FVR chez les humains et
chez les ruminants. Dans le cadre du travail vétérinaire
à haut confinement, on examinera les procédures de
décontamination individuelles et l’équipement de protection
individuelle des premiers intervenants.
Auteurs
Hana Weingartl, Centre national des maladies animales
exotiques, Agence canadienne d’inspection des aliments,
hweingartl@inspection.gc.ca
Ute Ströher, Laboratoire national de microbiologie,
Agence de la santé publique du Canada,
ute_stroeher@phac-aspc.gc.ca
Markus Czub, Focculté de médecine vétérinaire, Université
de Calgary, m.czub@ucalgary.ca
6
CRTI 06-0146RD
Identification rapide des individus exposés aux radiations suite à un accident
radiologique-nucléaire à grande échelle
Responsable du projet :
Santé Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Énergie atomique du Canada Limitée
Autres partenaires :
Université McMaster; Oak Ridge Biological Dosimetry Applications Research
Calibration Laboratory; Armed Forces Radiobiology Research Institute
Objectifs
S’il survenait un incident radiologique-nucléaire (RN) à
grande échelle, il serait essentiel de pouvoir identifier
rapidement les sujets exposés afin de leur fournir un
traitement médical adéquat et d’identifier les premiers
intervenants qui doivent être protégés contre une exposition
additionnelle. Même dans le cas d’un incident à plus petite
échelle, beaucoup de gens demanderont une évaluation de
leur exposition aux rayonnements. L’objectif de ce projet vise
à élargir le Plan national de dosimétrie biologique (PNDB),
créé dans le cadre du projet CRTI-0027RD, partant d’une
simple initiative de preuve de concept pour se concrétiser en
outil structuré de gestion médicale et de prise en charge des
blessés. La capacité de biodosimétrie encore inexploitée
au Canada sera mise à profit dans le cadre du PNDB, ce
qui contribuera à augmenter l’expertise de biodosimétrie
existante. De plus, le PNDB renforcera les liens avec des
partenaires américains et internationaux, en vue de la mise
en place d’un réseau international de biodosimétrie.
Pertinence
L’information fournie par la dosimétrie biologique est
essentielle pour le triage médical et le diagnostic des
victimes et des premiers intervenants afin de réduire
les effets immédiats et à long terme sur la santé. Cette
information est également indispensable afin d’atténuer la
réaction du public suite à un incident RN en distinguant
efficacement les membres de la population qui craignent
avoir été exposés sans l’avoir réellement été, de ceux qui
ont été exposés et ont besoin d’une intervention médicale.
Toutefois, afin d’optimiser l’efficacité de la biodosimétrie,
les estimations de doses doivent être effectuées le plus
rapidement possible après l’exposition. Afin d’accélérer
ce processus, nous travaillons présentement à accroître
la capacité du service de biodosimétrie au Canada
ainsi qu’à établir des liens entre les laboratoires de
dosimétrie biologique dans le monde. De plus, plusieurs
nouveaux essais à haut rendement sont présentement en
développement. En s’attaquant à ces besoins prioritaires de
l’IRTC, le PNDB jouera un rôle essentiel dans le plan intégré
d’intervention national et international en cas d’incident RN.
Progrès et résultats récents
Le PNDB a été créé dans le but de doter le Canada d’une
capacité de réponse en dosimétrie biologique en cas
d’incident RN. Malgré l’expertise et la capacité accrues qui
en ont résulté, le PNDB serait toujours incapable de fournir
rapidement des résultats de doses d’irradiation en cas
d’incident RN à grande échelle impliquant plus de
500 individus. Le projet actuel permet l’expansion du PNDB.
En plus des quatre laboratoires de référence, des liens
officiels sont créés avec des laboratoires de cytogénétique
clinique dans l’ensemble du pays et avec des laboratoires
américains et internationaux.
Comme stratégie afin d’augmenter la rapidité d’analyse des
résultats de dosimétrie biologique, la méthode QuickScan a
été validée comme une alternative à la méthode d’analyse
conventionnelle. Il a été clairement démontré que la
technique d’analyse QuickScan permet des évaluations
de dose équivalentes à celles obtenues par la technique
d’analyse conventionnelle, tout en diminuant le temps
d’analyse d’un facteur de six environ.
Au cours de la dernière année, l’équipe a également
procédé à son exercice annuel impliquant la participation de
deux laboratoires de dosimétrie biologique américains qui
ont effectué les tests à partir des échantillons sanguins, ainsi
que celle de deux laboratoires de cytogénétique clinique
qui ont effectué l’analyse de lames préparées à Santé
Canada. Le succès des résultats obtenus pour l’analyse
des chromosomes dicentriques (DCA) par la méthode
conventionnelle et par QuickScan est supérieur à 90 %. La
technique de cytocinése à micronoyau bloqué (CBMN) a
également été utilisée.
7
CRTI 06-0146RD
Identification rapide des individus exposés aux radiations suite à un accident
radiologique-nucléaire à grande échelle
La formation annuelle, développée et intégrée au
programme de cours du Clinical Genetics Technology du
Michener Institute à Toronto ainsi qu’à l’Hôpital Sainte
Justine de Montréal s’est tenue encore cette année. Au
total, 24 étudiants ont été formés en biodosimétrie. Une
fois engagés dans les laboratoires de cytogénétique, ils
pourront contribuer à l’analyse des échantillons en cas
d’urgence RN. Une entente a également été établie avec le
Michener Institute concernant la mise sur pied d’un centre
d’intervention d’urgence en biodosimétrie.
Sur le plan international, Santé Canada poursuit sa
participation au sein d’un comité exécutif dirigé par
l’Organisation mondiale de la Santé et chargé du
développement d’un réseau mondial de biodosimétrie
(BioDoseNet). En collaboration avec l’Agence internationale
de l’énergie atomique, ce réseau coordonnera l’intervention
en biodosimétrie advenant un incident RN à l’échelle
internationale.
Nous avons également participé à une étude conduite
par notre partenaire américain de l’Oak Ridge Institute for
Science and Education. Cette étude avait pour objectif
d’évaluer l’efficacité de l’analyse de chromosomes à partir
d’images partagées sur le Web.
Impact
Le PNDB constitue l’un des réseaux de biodosimétrie
les plus avancés qui soient. Il est souvent utilisé comme
modèle pour d’autres pays qui mettent sur pied leur propre
réseau. L’équipe d’experts en biodosimétrie participant au
projet joue un rôle de premier plan dans la mise sur pied
d’un réseau international afin de faciliter les interventions
d’urgence et de prêter main-forte aux pays dont la capacité
de biodosimétrie est faible ou inexistante. Cette équipe
travaille en partenariat avec l’Armed Forces Radiobiology
Research Institute et l’Oak Ridge Institute for Science
and Education afin de renforcer la capacité d’intervention
conjointe canado-américaine. De plus, le développement
d’essais de biodosimétrie à haut rendement permettra au
personnel médical et aux coordonnateurs des mesures
d’urgence d’obtenir plus rapidement des informations
essentielles pour l’intervention médicale en cas d’incident
RN faisant un grand nombre de victimes.
Auteurs
Ruth Wilkins, Santé Canada, ruth.wilkins@hc-sc.gc.ca
Hillary Boulay Greene, RDDC-Ottawa,
hillary.boulay@drdc-rddc.gc.ca
Farrah Flegal, Énergie atomique du Canada Limitée,
flegalf@aecl.ca
8
CRTI 06-0156RD
Interactions entre des dispositifs de dispersion radiologique à
l’origine d’une contamination et des surfaces urbaines
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires fédéraux :
Environnement Canada; Commission canadienne de sûreté nucléaire
Autres partenaires :
Institut universitaire de technologie de l’Ontario; Université du Nouveau-Brunswick;
Environmental Protection Agency des États-Unis; Wehrwissenschaftliches Institut
fur Schutztechnologien – ABC-Schutz (Allemagne)
Objectifs
Progrès et résultats récents
Le but de ce projet est de comprendre les interactions
clés entre les contaminants radiologiques et les surfaces
urbaines, une étape nécessaire avant l’élaboration d’une
stratégie efficace de décontamination. En fonction des
résultats, des directives seront formulées et soumises aux
décideurs pour qu’ils les examinent. Nous espérons que
cela mènera à des politiques révisées indiquant les mesures
adéquates à prendre avant et après un événement mettant
en cause un dispositif de dispersion radiologique (DDR).
En se fondant sur les objectifs du projet, les partenaires ont
développé une hypothèse et une méthode globales qui ont
été présentées au Symposium d’été 2008 de l’IRTC. Selon
l’hypothèse, des niveaux élevés d’humidité relative rendent la
décontamination plus difficile au fil du temps, nécessitant des
méthodes plus agressives de décontamination. Selon cette
hypothèse, la priorité devrait être mise sur la restauration, de
façon à ce qu’un site contaminé avec un DDR ne soit pas
exposé aux intempéries (à la pluie, en particulier) pour de
longues périodes.
En premier lieu, les partenaires du projet échangeront des
informations sur les résultats de recherches précédentes.
En fonction de ces résultats et de l’expertise des partenaires
du projet, un plan expérimental sera finalisé. Ce plan
comportera une entente sur les contaminants radiologiques
à l’étude, des plans pour l’enquête sur le dépôt et la
migration des contaminants et les conditions climatiques à
prendre en compte.
Pertinence
Ce projet traite directement de la gestion à long terme des
conséquences de la contamination d’une zone urbaine
par des matières radiologiques. Ce projet contribuera
en particulier à l’élaboration de stratégies efficaces de
décontamination et de remise en état d’une zone urbaine
contaminée à la suite d’un événement impliquant un DDR.
La stratégie actuelle de remise en état après un événement
mettant en cause un DDR n’implique aucune méthode
ou échéancier particuliers. Par conséquent, il faut cerner
des techniques de décontamination et les utilisateurs
responsables. Cette stratégie actuelle peut mener à
de longs retards, au cours desquels les conditions
environnementales pourraient aggraver la contamination et
mener à une situation dans laquelle une décontamination
non destructive serait impossible.
Des expériences pour déterminer l’impact de la contamination
DDR sur des surfaces urbaines sont en cours. Une des
expériences importantes a été effectuée afin de déterminer
l’effet de la pluie sur les différentes formes chimiques de la
contamination DDR. Ceci a été effectué dans les installations
du Wehrwissenschaftliches Institut fur Schutztechnologien –
ABC-Schutz (WIS), avec la participation de l’Environmental
Protection Agency (EPA) des États-Unis, de la Commission
canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), de RDDC Ottawa,
et du Defence Science and Technology Laboratory (DSTL)
du Royaume-Uni. DSTL a participé en qualité d’observateur
international, par intérêt à l’égard de ces travaux, et a apporté
une technologie de revêtement permettant d’isoler les
contaminants de le pluie. L’essai consistait également à tester
différentes méthodes de décontamination, et les résultats sont
en processus d’analyse.
RDDC Ottawa a commencé son programme expérimental
des effets des niveaux d’humidité sur la contamination par
DDR. Les résultats de l’expérience de pluie de WIS ainsi
que les expériences antérieures réalisées à RDDC Ottawa et
ailleurs sont à présent combinés afin de valider l’hypothèse
du projet et de formuler un document d’orientation. RDDC
Ottawa a également entamé la normalisation de ses
procédures et en a fait part aux partenaires du projet et à
d’autres partenaires nationaux et internationaux.
9
CRTI 06-0156RD
Interactions entre des dispositifs de dispersion radiologique à
l’origine d’une contamination et des surfaces urbaines
Environnement Canada et I’EPA ont continué leurs études
portant sur la pénétration et l’absorption de césium et
d’autres contaminants potentiels d’un DDR sur une multitude
de surfaces urbaines.
L’Université du Nouveau-Brunswick a progressé dans le
développement (algorithmes mathématiques) d’une imagerie
en trois dimensions pour l’étude de la migration des
contaminants radiologiques dans des matériaux urbains.
Impact
Selon les résultats préliminaires, si la remise en état peut être
effectuée rapidement, l’effet d’un DDR pourrait être réduit de
manière importante, entraînant un risque minime.
Une remise en état rapide et opportune requiert une
modification de la politique canadienne sur la remise en état
d’un site après un événement mettant en cause un DDR.
Le client principal pour ce projet, la CCSN, a le pouvoir de
mettre en oeuvre les recommandations détaillées dans le
document des directives finales. Pour ce faire, il incombe
à la CCSN d’aider à diriger le projet, de s’assurer que les
informations fournies sont suffisantes pour la politique
directrice et de traduire les résultats en nouvelles politiques.
Auteur
Marc Desrosiers, RDDC Ottawa,
marc.desrosiers@drdc-rddc.gc.ca
10
CRTI 06-0169TA
Formule universelle de décontamination en surface
Responsable du projet :
Environnement Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Collège militaire royal du Canada
Partenaires de l’industrie :
Allen-Vanguard Corporation; Science Applications International Corporation
(SAIC) Canada
Autres partenaires :
Université Queen’s; Environmental Protection Agency des États-Unis;
Université de technologie chimique Mendeleev de Russie
Objectifs
Ce projet vise à modifier la mousse de décontamination en
surface (SDFMC), une formule commerciale utilisée pour la
décontamination chimique et biologique, afin d’élargir son
champ d’action à la décontamination radiologique. Ceci
est accompli en ajoutant à la formule actuelle des agents
séquestrant de radionucléides éprouvés et peu coûteux,
disponibles dans le commerce.
Le but est d’obtenir une formule universelle de
décontamination des surfaces qui soit efficace sur des
matériaux contaminés par des isotopes radioactifs de
césium, de strontium et de cobalt. La formule modifiée
devrait conserver ses caractéristiques originales de
décontamination chimique et biologique.
La nouvelle formule de décontamination de surfaces sera
évaluée de manière approfondie sur une large gamme de
contaminants chimiques, biologiques, radiologiques et
nucléaires (CBRN) et vérifiée sur une grande échelle. Les
résultats de l’évaluation serviront à développer des directives
et des manuels pour les équipes de décontamination.
Pertinence
La SDF est actuellement l’un des produits de
décontamination les plus appréciés dans l’industrie en
raison de sa capacité à neutraliser une grande variété de
contaminants. La SDF offre une solution technologique
pour atténuer les effets des dispositifs explosifs terroristes
contenant des agents chimiques ou biologiques. Puisqu’elle
a été développée principalement pour des interventions
chimiques et biologiques, la SDF n’est que modérément
efficace pour la décontamination radiologique.
La formule modifiée de SDF augmentera l’état de
préparation du Canada pour prendre des mesures
correctives après une attaque terroriste ou un accident
industriel. Il est prévu que la nouvelle SDF sera entièrement
compatible avec les systèmes d’application et l’équipement
auxiliaire déployés pour le produit original et sera prête pour
une application à grande échelle par les utilisateurs finals.
Ce projet fait suite à d’autres travaux de décontamination
d’agents CBRN (p. ex., CRTI 04-0019TD, CRTI 02-0043TA
et CRTI 02-0067RD) et constitue un effort pluridisciplinaire.
Progrès et résultats récents
Plusieurs acides polycarboxyliques disponibles dans le
commerce, dont l’acide nitrilotriacétique (NTA), l’acide
éthylène diamine tétra-acétique, l’acide diéthylène triamine
penta-acétique et le citrate de sodium (CA) ont été choisis
comme chélateurs pour le strontium et le cobalt. Pour le
césium, plusieurs agents précipitants et échangeurs d’ions
ont été considérés en fonction de leur utilisation antérieure
dans des procédés commerciaux, de leur disponibilité, de
leur faible toxicité et de leur stabilité. Parmi eux, on retrouve le
ferrocyanure ferrique, le ferrocyanure de potassium et des sels
d’ammonium.
Des études ont été menées afin d’évaluer l’efficacité des
agents chélateurs et liants choisis sur les métaux cibles,
soit le strontium, le cobalt et le césium en phase aqueuse.
Les quatre acides polycarboxyliques forment de très forts
complexes (1:1) avec les ions Co2+ et Sr2+. Ils sont également
stables en solutions aqueuses contenant des composants de
SDF : GCE 2000 (agent de surface anionique) et GPB 2100
(tampon). Cependant, en solution aqueuse de GPA 2100
(oxydant), on a pu observer une certaine décomposition
oxydative des ligands chélateurs. Parmi les quatre acides
polycarboxyliques identifiés, le NTA et le CA se sont avérés
les plus efficaces en termes de solubilité, de biodégradabilité,
de stabilité en milieu oxydant et de toxicité. Pour le césium,
l’hexaferrocyanure de potassium et le nitrate d’ammonium se
sont avérés les agents séquestrants les plus efficaces.
11
CRTI 06-0169TA
Formule universelle de décontamination en surface
Des expériences de décontamination ont été menées sur
des matériaux de construction en utilisant des échantillons
contaminés au césium, au cobalt et au strontium. L’efficacité
de décontamination des décontaminants commerciaux
modifiés a été évaluée sur plusieurs types de surface, dont
du béton neuf et du béton âgé de trois ans, de l’acier peint
et de l’acier galvanisé, des carreaux de céramique, des
plaques de plâtre, du marbre, du granite et de l’aluminium
anodisé. Toutes ces expériences ont été menées en utilisant
des substituts non radioactifs, et tous les échantillons ont
été préparés par calcination puis analysés par spectrométrie
de masse avec plasma à couplage inductif. L’efficacité des
additifs à capturer les métaux cibles a été évaluée après leur
ajout dans la formule existante. Les résultats ont montré une
efficacité accrue quand les agents séquestrants sont ajoutés
à la mousse. Une amélioration de 30 % a été observée dans
la décontamination du césium sur le béton, de 11 % sur le
marbre et de 24 % sur l’aluminium. Dans le cas du cobalt,
une amélioration de 18,6 %, de 60,35 % de 23,56 % et de
32,82 % a été observée sur le béton, le marbre, l’acier peint
et l’aluminium anodisé respectivement.
L’efficacité de la décontamination en surface de la SDF
modifiée a été évaluée en utilisant des isotopes à période
longue (Cs-134 et Co-60) au Collège militaire royal du
Canada. Les résultats des tests ont confirmé une efficacité
plus élevée de décontamination de la formule modifiée. La
destruction du cobalt était meilleure comparativement à
celle du césium. Des études comparatives ont été effectuée
au RDDC Suffield afin de déterminer l’efficacité de la
décontamination de l’agent de guerre chimique de la SDF
modifiée par rapport à la SDF originale. Des expériences
ont été effectuées en utilisant du sulfure de dichlorodiéthyle
HD et des agent neurotoxique GD, GF et VX. On a utilisé du
marbre, des carreaux de céramique, de l’acier peint, du béton
peint, des plaques de plâtre peintes et de l’aluminium anodisé
comme matériaux de surface. Les résultats ont indiqué que
la formule modifiée conserve l’efficacité de décontamination
chimique de la formule originale. Ceci a été observé sur toutes
les surfaces, à l’exception du marbre où la formule modifiée
a indiqué une efficacité un peu moindre, probablement en
raison de la porosité du matériau.
L’Université de technologie chimique Mendeleev de Russie
effectue des évaluations de la séparation de la membrane
pour réduire le volume d’eaux usées radioactives générées à
la suite de la décontamination. Des résultats prometteurs ont
été obtenus en utilisant des membranes semi-perméables
inorganiques qui sont très résistantes à la radiation.
12
Un test à grande échelle de la formule, utilisant le Cs-134
sur le béton et l’aluminium était prévu dans les laboratoires
nationaux de l’Idaho en avril 2011.
Impact
Cette étude permettra de développer une formule pouvant
être utilisée en réponse à des incidents CBRN chaque fois
qu’une décontamination est requise. La formule sera plus
efficace, offrira un traitement simplifié des eaux usées,
réduira la durée de l’opération et sera moins onéreuse. Elle
contribuera à améliorer l’état de préparation et les capacités
d’intervention des premiers intervenants et des utilisateurs
de la technologie dans des cas d’incident CBRN.
Auteurs
Pervez Azmi, Environnement Canada, pervez.azmi@ec.gc.ca
Konstantin Volchek, Environnement Canada,
konstantin.volchek@ec.gc.ca
Dario Velicogna, SAIC Canada, dario.velicogna@saic.com
CRTI 06-0170RD
Décontamination relative aux agents organophosphorés
Responsable du projet :
Environnement Canada
Partenaires fédéraux :
Collège militaire royal du Canada; RDDC Suffield
Partenaire de l’industrie :
Science Applications International Corporation Canada (SAIC Canada)
Autres partenaires :
Université Queen’s; Institut de recherche en hygiène, pathologie
professionnelle et écologie humaine (Russie)
Objectifs
Le principal objectif de l’étude est d’élaborer une méthode
de décontamination catalytique sûre et rapide pour retirer les
composés organophosphorés tels que les pesticides et les
agents de guerre chimique des matériaux de construction,
du matériel sensible et des sols et pour les détruire.
Les objectifs particuliers de cette étude comprennent les
suivants :
•
•
•
•
•
•
la création de catalyseurs efficaces sur supports solides;
le développement de systèmes appropriés à base
de solvants de faible toxicité et inflammabilité qui
permettent la décomposition catalytique des composés
organophosphorés;
l’évaluation de la destruction de composés
organophosphorés toxiques sur des matériaux de
construction, sur du matériel sensible et dans le sol;
le développement et l’essai de systèmes de récupération
des solvants aux fins de réutilisation;
la démonstration d’un système de restauration des sols à
échelle pilote; et
le développement de méthodologies pour la
décontamination des bâtiments, du matériel et du sol.
Pertinence
Les composés organophosphorés font partie des agents
toxiques les plus dangereux pouvant représenter une
menace pour l’environnement et la santé humaine. Leur
toxicité et la facilité avec laquelle on peut se les procurer
en tant que produits chimiques d’usage industriel en font
également des armes potentielles de terrorisme chimique.
Même si le mécanisme et la cinétique de la dégradation
catalytique des composés organophosphorés ont été
étudiés de manière approfondie, la décontamination des
matériaux de construction, du matériel sensible et des sols
en utilisant ces procédés catalytiques ne l’a jamais été.
Les résultats du projet mèneront à des technologies
de décontamination nouvelles, rapides, écologiques et
non corrosives qui utilisent des solvants non aqueux
réutilisables et permettent la destruction complète des
agents organophosphorés sans formation de sous-produits
toxiques. La réutilisation des solvants réduira l’empreinte
écologique ainsi que les quantités de solvant nécessaires
Progrès et résultats récents
Plusieurs types de catalyseurs conçus pour la destruction
de différentes catégories de composés organophosphorés
en solutions de méthanol ont été appliqués dans cette étude
pour la décontamination des sols et des revêtements. Des
catalyseurs à base de palladium (Pd) sur support solide et
liquide ont été utilisés pour la décomposition des composés
organophosphorés présentant une double liaison P=S, par
exemple le diazinon et le parathion. Des catalyseurs à base
de lanthane (La) sur support solide et liquide ont été testés
pour la destruction d’agents de guerre chimiques et de
composés organophosphorés avec une double liaison P=O,
par exemple le paraoxon. Les deux catalyseur, celui à base
de palladium et celui à base de lanthane contenant le cosolvant moins inflammable HFE-7100 (un mélange d’éther
nonafluoroisobutyle de méthyle et d’éther nonafluorobutyle
de méthyle) ont été évalués.
Différentes approches d’application pour la décontamination
des sols, du matériel sensible et des revêtements ont été
testées. Ces approches comprenaient les suivantes :
•
•
•
un processus en deux étapes;
la décontamination par immersion dans un catalyseur
liquide;
la vaporisation du catalyseur liquide sur les surfaces.
Le processus en deux étapes comprenait l’extraction de
composés organophosphorés avec un solvant, suivi par
leur destruction dans l’extrait avec l’un des catalyseurs.
13
CRTI 06-0170RD
Décontamination relative aux agents organophosphorés
L’extraction au méthanol du diazinon des sols a résulté en
un taux d’efficacité allant jusqu’à 78 % en 30 minutes. La
phase solide de l’extraction du diazinon avec des billes de
polymères a résulté en un taux d’extraction de 80 % en
24 heures. Jusqu’à 21 % des pesticides ont été transférés
des billes de polymères au méthanol en 24 heures. L’extrait
a ensuite été traité en utilisant un catalyseur à base de
palladium (Pd) sur support solide.
Les conclusions suivantes ont été tirées de l’étude :
Plus de 99 % du diazinon, du malathion et du paraoxon
ont été extraits du matériel sensible avec du méthanol
en moins de 10 minutes. L’efficacité de l’extraction du
parathion du plastique en polystyrène choc dans les
mêmes conditions était moindre (95 %). De tous les
matériaux testés, le plastique en polystyrène choc avait
le plus d’affinités avec les composés organophosphorés.
Une pénétration des composés organophosphorés
dans le plastique en polystyrène choc a été observée.
En conséquence, un contact de plus longue durée de
composés organophosphorés avec un plastique en
polystyrène a résulté en un taux d’efficacité plus faible de
l’extraction.
•
La décontamination des surfaces du matériel sensible
par immersion dans des catalyseurs liquides a été
passablement efficace. Le catalyseur à base de lanthane
(La) sur support liquide a détruit le paraoxon sur la
surface en moins de 10 minutes. Le catalyseur à base de
palladium a décomposé plus de 99 % du parathion en
moins de 30 minutes. Le paraoxon et le parathion ont été
décomposés dans une solution d’effluent en moins de
deux minutes. Une décomposition complète de l’agent
VX russe s’est produite en moins de 10 minutes. Aucun
sous-produit hautement toxique n’a été décelé après la
décontamination.
La décontamination du paraoxon sur les surfaces de
revêtements par vaporisation d’un catalyseur à base de
lanthane (La) sur support liquide a été moins efficace
(50 % après un contact d’une durée de 30 minutes)
en raison de l’évaporation rapide du solvant et de la
réduction de la durée réelle du temps de contact. La
même raison a été un facteur de destruction de faible
efficacité (55 %) d’agents vivants sur les surfaces après
l’application par vaporisation. Le traitement des agents
vivants dans un conteneur fermé a amélioré les résultats
(efficacité de 95 %) en raison de la diminution du taux de
vaporisation du méthanol.
14
•
•
Les catalyseurs développés sont efficaces pour détruire
les composés organophosphorés sur les surfaces de
revêtements et de matériel sensible et également dans
les sols.
La décontamination par immersion est efficace, même
s’il peut se produire une certaine détérioration des
revêtements.
L’efficacité de la décontamination par vaporisation
est limitée par une évaporation rapide du solvant.
Des applications séquentielles du catalyseur peuvent
entraîner une décontamination plus complète.
Suite aux résultats de cette étude en laboratoire, il faudra
effectuer d’autres travaux pour trouver des solutions
techniques aux systèmes d’applications de catalyseurs
efficaces.
Impact
Ces méthodes nouvellement développées pour la
décontamination du matériel sensible, des matériaux de
construction et des sols auront une incidence significative
sur la capacité du Canada à se préparer et à se rétablir en
cas d’incident de terrorisme chimique. La destruction rapide
et complète des agents organophosphorés réduira le risque
de contamination de l’environnement par les produits de
dégradation. La réutilisation des solvants et des catalyseurs
rendra les méthodes plus écologiques et plus économiques.
Auteurs
Vladimir Blinov, Environnement Canada,
vladimir.blinov@ec.gc.ca
Geneviève Thouin, SAIC Canada,
genevieve.thouin@saiccanada.com
Konstantin Volchek, Environnement Canada,
konstantin.volchek@ec.gc.ca
CRTI 06-0187TD
Système portatif de détection d’agent biologique
Responsable du projet :
Conseil national de recherches Canada – Institut des matériaux industriels
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada – Institut Steacie des sciences
moléculaires; Gendarmerie royale du Canada; RDDC Suffield
Autres partenaires :
Université Laval – Département de Chimie; Centre de recherche sur les
matériaux avancés; Centre d’optique, photonique et laser; Centre hospitalier
universitaire de Québec; Centre de recherche en infectiologie
Objectifs
Le présent projet vise à élaborer et à valider un instrument
mobile complètement fonctionnel pour la détection
moléculaire rapide et fiable d’agents biologiques. La
plateforme de détection est basée sur une approche
innovatrice de reconnaissance de l’acide nucléique appelée
réaction en chaîne par fluorescence (FCR), qui donne
lieu à une amplification de la fluorescence émise lors de
l’hybridation avec le brin d’ADN cible. Ce biocapteur, une
fois associé aux particules porteuses de l’ordre du micron
et intégré à un dispositif microfluidique, offre une détection
rapide et spécifique des acides nucléiques non marqués;
la complexité et les coûts sont donc réduits, alors que la
vitesse d’analyse est accrue.
Pertinence
Le projet sera pertinent pour de nombreux domaines
prioritaires de l’IRTC, fournissant aux autorités responsables
des enquêtes (telles que la GRC) un solide outil permettant
de diagnostiquer, de suivre et de détecter une source
d’agents biologiques (p. ex., l’anthrax) dans le cadre
d’enquêtes criminelles ou de sécurité nationale. Cet
instrument, qui est basé sur une technologie de détection
permettant d’obtenir une lecture rapide, pourrait aussi
appuyer le déploiement rapide des premiers intervenants
afin de déterminer l’existence et l’ampleur d’un incident
CBRNE et de repérer rapidement les individus exposés à un
tel incident.
d’ADN sont réalisées par un module ultrasons développé
par l’Institut des matériaux industriels, qui peut également
servir comme un véhicule de transport pour transférer
l’échantillon d’une zone chaude vers un milieu de laboratoire
sécuritaire.
Le Centre d’optique, photonique et laser vient d’améliorer
la versatilité, la performance et la facilité d’utilisation de
la plateforme de détection. Des tests utilisant des billes
modifiées par fluorophore par le Centre de recherche sur les
matériaux avancés ont révélé que les systèmes fluidiques
et de détection optique fonctionnaient adéquatement. La
cartouche fluidique faite de thermoplastique a été optimisée
pour le trappage mécanique de lits de billes monocouches
bien définis. Des expériences d’hybridation réalisées
par l’équipe ont démontré qu’il est possible d’hybrider à
température pièce et d’une façon directe un brin d’ADN
(amplicon) de B. anthracis sur des billes modifiées avec
une probe dans un canal microfluidique en moins de cinq
minutes, tout en permettant une distinction adéquate entre
des échantillons par contrôle positifs et négatifs. L’Institut
Steacie des sciences moléculaires développe présentement
une nouvelle approche par billes fluorescentes qui pourrait
améliorer la limite de détection. La chimie utilisée pour
la détection par FCR est présentement modifiée pour
accommoder les besoins en préparation d’échantillon et les
manipulations fluidiques des billes. La démonstration finale
était prévue en mars 2011.
Progrès et résultats récents
Le Centre de recherche en infectiologie (CRI) a été très actif
dans l’étude des différentes poudres utilisées lors d’attaques
terroristes tout en développant un traitement approprié
qui permet l’isolation de spores bactériennes d’une façon
rapide et efficace. En collaboration avec le CRI, RDDC
Suffield travaille présentement à la désactivation de l’anthrax
et à la préparation d’autres substituts requis pour une
démonstration technique. L’extraction et la fragmentation
15
CRTI 06-0187TD
Système portatif de détection d’agent biologique
Impact
Ce projet améliorera la réaction immédiate du Canada en
cas d’attaque bioterroriste, ainsi que la capacité du pays à
contenir et à gérer les conséquences d’une telle attaque. Il
améliorera également la capacité du Canada à aborder les
scénarios de risque de l’IRTC comportant des priorités en
matière de préparation immédiates, élevées ou nouvelles
pour ce qui est des attaques à l’endroit de personnes ou
d’infrastructures.
De plus, un instrument aussi fiable et convivial améliorera
l’efficacité globale des premiers intervenants. Il pourrait aussi
aider les enquêteurs de police, comme ceux de la GRC, à
déterminer avec certitude la présence d’agents biologiques
présentant une menace sur le lieu d’un événement CBRNE
et pourrait soutenir les forces armées confrontées à des
menaces dans le cadre de leurs missions à l’étranger.
Auteurs
Matthias Geissler, Conseil national de recherches Canada –
Institut des matériaux industriels,
matthias.geissler@cnrc-nrc.gc.ca
Denis Boudreau, Centre d’optique, photonique et laser,
Université Laval, Denis.Boudreau@chm.ulaval.ca
Arnold Kell, Conseil national de recherches Canada – Institut
Steacie des sciences moléculaires,
Arnold.Kell@nrc-cnrc.gc.ca
16
CRTI 06-0188TA
Utilisation à des fins judiciaires et rétrospectives du détecteur
portable à luminescence stimulée optiquement
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires fédéraux :
RDDC Centre d’analyse et de recherche opérationnelle; Commission
canadienne de sûreté nucléaire; Gendarmerie royale du Canada; Sécurité
publique Canada
Partenaire de l’industrie :
Bubble Technology Industries Inc.
Autre partenaire :
Agence internationale de l’énergie atomique
Objectifs
L’objectif du projet est de mettre au point un détecteur
à luminescence stimulée optiquement (LSO) pour trois
applications radiologiques-nucléaires distinctes, mais
interreliées. Premièrement, l’application « à des fins
judiciaires » permet de suivre les sources et de déterminer
de manière certaine l’emplacement où ces sources
radioactives sont stockées (et de trouver, par conséquent,
les présumés coupables). La recherche suppose
l’élaboration d’une base de données consolidée des
réponses LSO pour des matières omniprésentes. Ensuite,
l’application de vérification du contrôle des armements
permettra aux inspecteurs de déterminer l’emplacement
antérieur des sources radioactives illicites. Enfin, l’application
de « dosimétrie ponctuelle » permet d’estimer les doses
de rayonnement reçues par le personnel autre que celui à
qui on a attribué des insignes (suite à une détonation par
dispositif de dispersion radiologique (DDR) ou à un autre
événement semblable), grâce à un examen des appareils
électroniques courants, comme les téléphones cellulaires,
les montres électroniques, les calculatrices, etc.
Dans le cadre de ce projet, RDDC Ottawa et RDDC Centre
d’analyse et de recherche opérationnelle (CARO) fournissent
des services de dosimétrie et une expertise LSO. Bubble
Technology Industries (BTI) fabrique l’instrument et met au
point le logiciel connexe. La GRC, Sécurité publique Canada
(SPC) et l’Agence internationale de l’énergie atomique
fournissent les entrées utilisateurs, procèdent à l’analyse de
la menace, s’occupent de l’élaboration des scénarios, et
participeront aux exercices de test de l’appareil.
Pertinence
Le détecteur portable LSO a pour but de combler les
lacunes qui existent dans le domaine des enquêtes
criminelles et de la sécurité nationale, ainsi que dans le
domaine de la capacité de gestion des conséquences. Dans
de nombreux scénarios terroristes radiologiques-nucléaires,
la source radioactive est déplacée durant l’acquisition, le
transport et le stockage afin d’éviter toute détection. La
mesure des signatures LSO conservées permettra aux
enquêteurs d’effectuer des tâches qui sont actuellement
impossibles à réaliser, comme confirmer l’emplacement
antérieur d’une source radioactive, même lorsqu’il ne
subsiste aucune trace de contamination radioactive. En
ce qui a trait à la gestion des conséquences, plusieurs
scénarios radiologiques-nucléaires peuvent comporter
de nombreuses personnes ne portant pas de dosimètre.
Une méthode innovatrice d’estimation rapide de doses
de rayonnement et de triage visant ces personnes a aussi
été développée. Elle est réalisée en appliquant l’analyse
LSO aux détecteurs portables LSO dans leurs dispositifs
électroniques personnels.
Progrès et résultats récents
Un prototype de détecteur portable LSO pour le terrain a été
construit et testé. Il comprend deux parties, soit une base et
un module portatif. La première possède toutes les fonctions
pour les échantillons de petite taille, notamment lavage,
chauffage de l’échantillon, étalonnage avec une source
bêta S-90/Y-90 et la mesure en ondes continues et pulsée
du signal LSO. Le module portatif permet à l’utilisateur de
mesurer directement les signatures LSO résiduelles sur
certaines surfaces comme des murs et des planchers. Le
système fonctionne avec un assistant numérique personnel
(PDA) renforcé qui permet la commande compléte du
fonctionnement de l’instrument, ainsi que l’archivage et
l’analyse des données. Il permet de prédéfinir les protocoles
de mesure spécifiques par un expert en la matière, ainsi
qu’un mode de fonctionnement simplifié destiné au
personnel sur le terrain.
17
CRTI 06-0188TA
Utilisation à des fins judiciaires et rétrospectives du détecteur
portable à luminescence stimulée optiquement
La base utilise un tube photomultiplicateur de deux
pouces doté de filtres optiques appropriés, dans le but
de bloquer la lumière d’excitation émise par les diodes
électroluminescentes d’interrogation, ce qui permet de
s’assurer que seule la lumière LSO émise est détectée.
L’essai de la base a permis d’établir que la sensibilité est
d’environ 1 µSv dans une dose accumulée, avec une plage
dosimétrique au Al2O3:C. Le module portatif, basé sur un
tube photomultiplicateur d’un pouce, a une sensibilité un
peu plus faible, parce que le tube est plus petit. Les essais
ont démontré qu’il était possible de détecter, au moyen de la
base des signaux provenant de composants électroniques
irradiés, et le module portalif a détecté des signaux résiduels
provenant de pièces en béton et d’autres matériaux
pertinents irradiés par diverses sources de rayonnement.
Impact
Les capacités uniques du détecteur portable LSO auront
une incidence sur chaque groupe d’utilisateurs finals.
L’instrument mis au point dans le cadre de ces travaux
permettra aux personnes chargées de faire appliquer la
loi d’associer avec certitude une source radioactive à ses
emplacements antérieurs, ce qui facilitera les enquêtes et
les poursuites judiciaires. Dans le cas des scénarios de
vérification du contrôle des armements, un avis préalable
est donné au site à visiter, ce qui donne suffisamment de
temps aux personnes sur place pour déplacer les matières
radiologiques-nucléaires. Les inspecteurs qui utilisent le
détecteur portable LSO seront en mesure de déterminer les
sites de stockage antérieurs à partir des mesures effectuées
sur le terrain des matériaux environnants. Enfin, le détecteur
portable LSO offrira une méthode novatrice pour effectuer,
en cas d’événement radiologique-nucléaire, un triage et
un dépistage rapides du personnel n’ayant pas reçu de
dosimètre.
Auteurs
Bob Andrews, Bubble Technology Industries Inc.,
andrewsb@bubbletech.ca
Carey Larsson, RDDC Ottawa,
carey.larsson@drdc-rddc.gc.ca
Elizabeth Inrig, RDDC Ottawa,
elizabeth.inrig@drdc-rddc.gc.ca
18
CRTI 06-0192TD
Élaboration d’un programme de vérification de l’ajustement des
appareils de protection respiratoire
Responsable du projet :
Collège militaire royal du Canada
Partenaires fédéraux :
Gendarmerie royale du Canada; Santé Canada
Partenaires de l’industrie :
Sorbecon Research Inc.; Phoenix OHC, Inc.
Objectifs
Pertinence
Un projet antérieur de l’IRTC (CRTI 0029RD, Protection
des premiers intervenants contre les menaces chimiques
ou biologiques) a mis au jour des lacunes graves dans
les programmes de protection respiratoire (PPR) visant
la protection contre les agents chimiques, biologiques,
radiologiques et nucléaires (CBRN). On a entre autres noté
des difficultés à intégrer l’appareil de protection respiratoire
aux autres éléments de l’ensemble de protection, une
performance insuffisante, une incapacité à obtenir les facteurs
de protection très élevés nécessaires à une intervention
CBRN et des inquiétudes quant au niveau de protection
assuré lorsque l’équipement est enfilé au moment même
d’un incident. Ces problèmes pourraient compromettre la
protection adéquate des intervenants appelés sur les lieux
d’un incident CBRN.
Le projet a permis l’optimisation de méthodes d’avant-garde
et la démonstration de leur mise en application. Il a mené à
l’entretien préventif régulier de l’équipement de protection
respiratoire, en plus de fournir des procédures de vérification
du bon ajustement de l’appareil en fonction de la taille de
chaque utilisateur, des méthodes permettant de vérifier
rapidement si l’équipement est correctement enfilé sur le
terrain et des méthodes de mesure du facteur de protection
lors de simulations du milieu de travail. Il a aussi permis
l’évaluation des procédures d’intégration à l’ensemble de
protection en vue de faciliter le choix de l’appareil approprié.
Le présent projet permettra de résoudre ces problèmes et
mènera à l’élaboration des protocoles et des instructions
permanentes d’opération nécessaires à la mise en œuvre
des PPR contre les agents CBRN par les organismes
d’intervention. L’équipe technique, qui est constituée
d’experts du Collège militaire royal du Canada, de Sorbecon
Research et de Phoenix OHC, a procédé à l’élaboration des
procédures et au transfert d’information vers les équipes
d’intervention de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et
de Santé Canada. Des capacités ont d’abord été fournies
pour les appareils de protection respiratoire à adduction d’air
filtré (APR), puis pour les appareils de protection respiratoire
à épuration d’air motorisés (PAPR) et les appareils
respiratoires autonomes (ARA), et ce, dans les domaines de
la qualification du système individuel (ISQ), de l’intégration
du système en vue de l’obtention d’un rendement maximal
en cours d’utilisation (évaluation du facteur de protection
lors de simulations du milieu de travail (SWPF) de même que
de l’évaluation rapide du facteur de protection sur le terrain
(FEPT).
Menées ensemble, ces approches visaient à assurer à
chaque utilisateur un niveau de protection respiratoire
adéquat, au besoin, en réduisant au minimum les possibilités
de défaillance de l’équipement. Les conclusions tirées en
matière de pratiques exemplaires ont été intégrées à la
norme canadienne CAN/CGSB/CSA-Z1610-F11, Protection
des premiers intervenants en cas d’incidents chimiques,
biologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), qui a été
élaborée dans le cadre du projet CRTI 05-0016RD.
Progrès et résultats récents
Les procédures ISQ permettent le bon ajustement et
l’intégration convenable de toutes les composantes du
système (appareil de protection respiratoire, combinaison
et équipement accessoire) pour chaque utilisateur. À la
suite de la démonstration initiale de développement, ces
procédures ont été complètement mises en œuvre dans
un contexte opérationnel et intégrées aux programmes de
protection respiratoire de la GRC et de Santé Canada. Les
diverses méthodes ont pour objectif d’assurer la conformité
aux articles pertinents du Code canadien du travail, à la
norme canadienne CAN/CSA-Z94.4-F02, Choix, utilisation
et entretien des respirateurs et à la norme canadienne
sur les incidents CBRN. Dans la plupart des cas, en
cours d’utilisation, la protection conférée par les simples
équipements de protection individuelle correctement qualifiés
devrait s’approcher de la performance obtenue à la suite
d’un essai d’ajustement quantitatif (EAQN). Cependant, en
19
CRTI 06-0192TD
Élaboration d’un programme de vérification de l’ajustement des
appareils de protection respiratoire
ce qui concerne les ensembles de protection individuelle
plus complexes, comme les tenues de protection contre
les bombes, il apparaît nécessaire d’élaborer une stratégie
plus complète d’ajustement personnel qui fera en sorte
que les problèmes d’intégration de l’appareil de protection
respiratoire au reste de l’ensemble n’entraînent pas de
baisse de la protection en cours d’utilisation. Cette approche
pourrait comprendre, au minimum, la réalisation d’activités
d’intensité supérieure dans le cadre de l’EAQN.
Les évaluations SWPF sont axées sur la sélection adéquate
de l’appareil de protection respiratoire approprié et sur sa
bonne intégration à l’ensemble de protection complet d’une
population donnée de premiers intervenants. Le projet a
donné lieu à une capacité mobile d’évaluation de la protection
respiratoire conférée par les appareils à pression positive
et à pression négative, qui a été employée pour mesurer
la performance SWPF d’appareils respiratoires pour divers
groupes d’utilisateurs de Santé Canada et de la GRC, en plus
d’être intégrée à une activité d’acquisition. Les évaluations
SWPF ont révélé que le fonctionnement par pression positive
des PAPR et des ARA ne garantissait pas leur efficacité
en cours d’utilisation. Elles ont aussi révélé qu’un système
combiné PAPR/ARA sérieusement envisagé par la GRC
était incompatible avec les tenues de protection contre les
bombes et les tenues de protection en tissu au charbon actif,
cette incompatibilité entraînant une diminution en dessous
du seuil acceptable de la protection conférée. Finalement,
en plus du risque de déplacement de l’appareil en cours
d’utilisation, les activités SWPF ont permis de faire ressortir le
risque de surventilation associé aux ARA; comme le facteur
de protection à atteindre lors des essais d’ajustement ISQ
n’est que de 500 (en comparaison à au moins 10 000 pour
les systèmes à pression négative), les lacunes en matière
de protection associées à la surventilation peuvent être
importantes.
Les méthodes FEPT visent à faire en sorte que l’appareil
respiratoire fournisse un niveau de protection approprié
lorsqu’il est enfilé sur le site d’un incident. Dans le cas des
APR et des PAPR, un système de détection commercial
a été automatisé afin de permettre la mesure rapide du
facteur de protection sur le terrain. Des systèmes FEPT
prototypes ont été construits, et leur utilisation a fait l’objet
de démonstrations préliminaires par différents groupes
d’utilisateurs dans des environnements pertinents, y
compris lors de dépistages effectués dans le cadre de
formations avec agents toxiques réels de la GRC, à Suffield.
Les technologies actuelles ne permettent cependant pas
20
l’évaluation FEPT efficace des ARA (à l’exception du système
combiné PAPR/ARA muni d’un système d’hydratation) sans
modifications post-certification. Il a déjà été démontré que les
ARA actuels contre les agents CRBN peuvent offrir un niveau
de protection inadéquat lors des simulations de l’utilisation,
et que cette défaillance serait plus fréquente au cours des
activités intenses, susceptibles d’entraîner le déplacement
de l’appareil et la surventilation, en plus d’être aggravée par
la mauvaise intégration avec les autres composantes de
l’ensemble de protection (casques, collerettes, cagoules et
conduites, par exemple). Toutefois, même si la technologie
le permettait, il serait peu probable que des problèmes de
ce type soient détectés par les évaluations FEPT. C’est
pourquoi il serait préférable de se baser sur une ISQ associée
à un essai d’ajustement quantitatif préliminaire pour identifier
et régler un grand nombre de ces problèmes à l’échelle
individuelle et ainsi prévenir leur apparition sur le terrain.
Il faudrait aussi offrir une formation aux utilisateurs sur les
moyens de détection des fuites importantes et sur les
mesures de réduction du risque appropriées (ajustement de
l’équipement de protection individuelle, réduction du rythme
respiratoire ou sortie du site d’intervention, par exemple).
Impact
Les résultats du présent projet ont été intégrés aux
programmes de protection respiratoire de la GRC et de
Santé Canada. On s’attend maintenant à observer une
adoption grandissante des procédures et protocoles ISQ et
SWPF par les organismes d’intervention grâce au partage
des renseignements et des ressources et à la mise en
application des procédures recommandées dans la norme
canadienne. Un certain nombre de failles potentielles en
matière de protection ont été relevées et des mesures de
réduction du risque ont été proposées. Il a aussi été suggéré
de poursuivre l’élaboration de la méthodologie FEPT en vue
de sa commercialisation.
Auteurs
Eva F. Gudgin Dickson, Institut de recherche sur la défense
et la sécurité, Collège militaire royal du Canada,
eva.dickson@rmc.ca
Paul Bodurtha, Institut de recherche sur la défense et la
sécurité, Collège militaire royal du Canada,
paul.bodurtha@rmc.ca
CRTI 06-0204RD
Outil d’évaluation des explosifs de circonstance
Responsable du projet :
RDDC Suffield
Partenaires fédéraux :
RDDC Valcartier; Ressources naturelles Canada – Laboratoire canadien de
recherche sur les explosifs; Sécurité publique Canada; Gendarmerie royale du
Canada
Partenaire de l’industrie :
AMITA Corporation
Objectifs
Progrès et résultats récents
Le présent projet a pour but de fournir un outil logiciel qui
aidera les enquêteurs et les premiers intervenants à obtenir
rapidement des évaluations de nombreuses préparations,
compositions et recettes d’explosifs de circonstance, en
se fondant sur des preuves. Cet outil logiciel comprend
une base de données détaillées, scientifiques, vérifiées
physiquement et validées, de façon à fournir aux
utilisateurs finaux des renseignements exacts sur plus de
deux douzaines de facteurs critiques relatifs à au moins 40
préparations et technologies d’explosifs de circonstance.
Le projet est divisé en quatre étapes : étude des sources
d’information; hiérarchisation des préparations, des
compositions ou des recettes devant être évaluées;
évaluations techniques et élaboration du logiciel; et
peuplement de la base de données, intégration et essai.
Des progrès ont été réalisés dans les quatre étapes du
projet. L’équipe de projet continue d’étudier les sources
de renseignements tout en élaborant une liste prioritaire
de préparations et de compositions à ajouter à la base
de données. Les partenaires scientifiques ont examiné
une série de mélanges explosifs à base de nitrates
(d’urée, d’ammonium et de métaux), de chlorates et de
permanganates, de même qu’une variété d’explosifs
de circonstance et d’explosifs et analogues militaires
artisanaux à base de peroxyde.
Pertinence
Les terroristes continuent d’utiliser une variété d’explosifs
de circonstance. Les renseignements sur ces explosifs,
leurs précurseurs, les méthodes de production, la
construction des dispositifs et les concepts d’opération ont
proliféré et sont actuellement disponibles par l’entremise
de sources publiques. Le processus d’évaluation exact de
la menace que posent les activités reliées aux explosifs de
circonstance d’un groupe terroriste donné est long, exige
d’excellentes habiletés d’interprétation et ne peut être
mis en œuvre immédiatement dans la plupart des cas. De
plus, les renseignements techniques et scientifiques sur
lesquels baser une telle évaluation sont souvent inexistants.
Ces renseignements sont essentiels aux organismes de
renseignement, aux organismes d’application de la loi et
à ceux qui mettent au point des évaluations du risque et
des mesures antiterroristes crédibles. Le présent projet
vise à combler cette lacune en fournissant une base de
données sur les connaissances relatives aux explosifs de
circonstance.
Les données recueillies jusqu’à maintenant incluent des
informations sur la chimie de décomposition du nitrate
d’urée, et les sensibilités mécaniques (impact, friction et
décharge électrostatique) et thermiques de nitrates de
métaux, de peroxydes et de divers mélanges contenant
ces matériaux. De plus, les propriétés de détonation
de plusieurs mélanges ont été déterminées, y compris
les vitesses de détonation et l’effet de souffle. Ces
renseignements permettent de déterminer les dommages
et la létalité des explosifs en fonction de la distance, en se
basant sur les estimations d’équivalence de trinitrotoluène
(TNT) en fonction de l’effet de souffle des mélanges
explosifs et de la distance. Des explosifs et analogues
militaires artisanaux sont aussi synthétisés, parfois à
l’échelle d’un projet pilote, puis mis à l’essai.
Une version améliorée de la base de données à été
diffusée aux partenaires du projet. Elle sert maintenant à la
saisie de données. Le peuplement de la base de données
est effectué en parallèle par tous les laboratoires, et une
procédure de partage des données actualisées a été
élaborée. Il est possible de faire des recherches dans toute
la version actuelle de la base de données. L’outil logiciel est
presque terminé, tandis que le peuplement est en cours.
Les utilisateurs finaux (RDDC, le Laboratoire canadien
de recherche sur les explosifs de Ressources naturelles
21
CRTI 06-0204RD
Outil d’évaluation des explosifs de circonstance
Canada [RNCan-LCRE], Sécurité publique Canada et la
GRC) sont tous d’avis que l’outil logiciel, et la base de
données complète seront très utiles une fois terminés.
Impact
Les données générées jusqu’à présent par ce projet ont
été reçues favorablement par la communauté internationale
et ont permis d’obtenir une quantité appréciable de
renseignements en provenance des États-Unis, du
Royaume-Uni et de l’Australie. Le projet lui même fournira
une base de données sur les explosifs de circonstance. Par
ailleurs, l’étendue de l’expertise associée au projet créera
un solide réseau de connaissances disséminé aux quatre
coins du Canada (RDDC Suffield, RDDC Valcartier, RNCanLCRE, Sécurité publique Canada et la GRC) ainsi que des
possibilités expérimentales importantes pour les travaux
sur les explosifs de circonstance (RDDC Suffield, RDDC
Valcartier et RNCan-LCRE).
Cette expertise a déjà été utilisée par les Forces
canadiennes (conseils sur les compositions des dispositifs
explosifs de circonstance retrouvés en théâtre d’opérations,
formation sur les explosifs artisanaux) ainsi que par un
certain nombre de partenaires en sécurité publique
nationaux et internationaux, notamment pour l’entraînement
de chiens renifleurs (GRC et Police métropolitaine du
Royaume-Uni), l’application des lois et règlements (Police
de Toronto et GRC), l’évaluation des nouvelles menaces
et l’entraînement du personnel de sécurité des aéroports
(mise au point de simulations pour Transports Canada et
le Department of Homeland Security des États-Unis). En
2011, l’expertise et les renseignements issus du projet
serviront à réviser la liste des produits chimiques précurseurs
d’explosifs, liste actuellement réglementée par RNCan.
Auteurs
John Anderson, RDDC Suffield,
john.anderson@drdc-rddc.gc.ca
Patrick Brousseau, RDDC Valcartier,
patrick.brousseau@drdc-rddc.gc.ca
Phil Lightfoot, Ressources naturelles Canada,
phil.lightfoot@NRCan-RNCan.gc.ca
22
CRTI 06-0218RD
Mise au point préclinique d’un vaccin intranasal à base d’adénovirus
contre le virus Ebola
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada – Laboratoire national de
microbiologie
Partenaire fédéral :
Conseil national de recherches Canada – Institut de recherche en
biotechnologie
Autre partenaire :
University of Texas at Austin – Pharmaceutics
Objectifs
Progrès et résultats récents
Le premier objectif de ce projet est de mettre au point
une préparation vaccinale contre le virus Ebola de qualité
préclinique, contenant un adénovirus humain optimisé de
sérotype 5 (AdHu5). Ce vaccin doit être beaucoup plus
efficace que la première génération de vaccins contre le
virus Ebola après son administration intramusculaire (IM)
ou intranasale à des souris, des cobayes et des primates
non humains. Cette hausse de l’efficacité se traduira par
l’obtention d’une protection à l’aide de doses inférieures, ce
qui augmentera l’innocuité du vaccin.
L’équipe de projet a élaboré avec succès un vaccin amélioré
à base d’adénovirus (Ad-CAG/optZGP) contre le virus
Ebola. L’administration du vaccin optimisé Ad-CAG/optZGP
à des souris a permis d’observer une réponse immunitaire
supérieure à celle provoquée par le vaccin AdHu5 de
première génération, parrainé par le National Institute of
Health (NIH), qui fait actuellement l’objet d’un essai clinique
de phase I à Washington DC, et ce, à des doses de 10 à
100 fois inférieures. Le vaccin optimisé Ad-CAG/optZGP a
aussi provoqué une protection complète contre le virus Ebola
chez la souris à des doses 100 fois inférieures à la dose
minimale requise pour obtenir une protection complète avec
le vaccin Ad-CMV/ZPG du NIH. Fait surprenant, on a aussi
observé une survie complète chez la souris lorsque le vaccin
amélioré a été administré 30 minutes après l’infection par le
virus Ebola (post-exposition). Le vaccin optimisé Ad-CAG/
optZGP a provoqué une réponse immunitaire nettement plus
rapide que celle obtenue avec le vaccin du NIH.
Le deuxième objectif consiste à identifier de nouveaux
corrélats immunitaires de protection contre le virus Ebola
chez les primates non humains. Il est en effet nécessaire de
bien connaître les marqueurs immunologiques spécifiques
mesurables qu’il est possible de lier au niveau de protection
obtenu, afin de pouvoir tirer des conclusions sur l’efficacité
du vaccin chez l’humain. L’atteinte de ces objectifs fournira
les connaissances permettant de justifier la tenue d’un
essai clinique de phase I chez des volontaires en santé au
Canada.
Pertinence
La principale méthode de vaccination est l’injection IM,
qui induit exclusivement des réponses immunitaires
systémiques. Les chercheurs de l’équipe de projet ont
mis au point un vaccin à adénovirus optimisé contre le
virus Ebola, qui peut être administré par voie intranasale
et stimuler des réponses immunitaires muqueuses et
systémiques. Une stratégie efficace de vaccination par voie
nasale contre le virus Ebola pourrait facilement être étendue
à d’autres agents biologiques dangereux, comme le virus
de la variole. Elle conférerait une protection muqueuse et
tous les avantages additionnels associés à une vaccination
rapide et sûre sans aiguille. La mise au point de vaccins de
qualité clinique contre des agents biologiques dangereux au
Canada offrira des solutions concrètes dans des situations
problématiques.
Les chercheurs ont évalué dix préparations de surfactants
et de glucides complexes; elles ont toutes entraîné une
amélioration de la stabilité physique du virus à -20°C et
à 4°C par rapport à celle obtenue avec les préparations
habituelles composées de solution saline avec tampon
phosphate et de glycérol à 10 %. Elles ont aussi amélioré
l’efficacité de transduction du virus sur culture de cellules
Calu-3 en couches monocellulaires. La réponse immunitaire
observée à la suite de la vaccination avec préparation
était plus robuste que celle obtenue sans la préparation,
ce qui indique une corrélation entre la présence de taux
d’anticorps neutralisants supérieurs à 1:20 et l’activation des
lymphocytes T CD8+, d’une part, et la survie chez la souris,
d’autre part. Une étape importante a été franchie lorsque
les inoculations d’épreuve chez le cobaye ont montré que
le vaccin amélioré administré par voie intranasale permet
d’obtenir une protection complète en présence d’une
immunité préexistante à l’adénovirus. La préparation la
plus performante a été mise à l’essai chez le cobaye, et
23
CRTI 06-0218RD
Mise au point préclinique d’un vaccin intranasal à base d’adénovirus
contre le virus Ebola
une hausse de l’efficacité protectrice a alors été observée
lors d’une inoculation post-exposition. Il a cependant été
noté que la préparation avait affecté la qualité du vaccin en
augmentant la proportion de particules infectieuses.
Comme dernière étape du projet, les chercheurs testent le
vaccin amélioré Ad-CAG/optZGP IRTC-LNM à la suite de
son administration par voie intramusculaire et intranasale à
des primates non humains présentant ou non une immunité
préexistante. Des essais immunologiques chez les animaux
vaccinés sont en cours afin d’identifier de nouveaux
corrélats de protection contre le virus. Fait notable,
l’élaboration d’un traitement combiné dans le cadre de ce
projet a permis d’observer une protection complète chez
le cobaye lors d’une inoculation 30 minutes et 24 heures
suivant l’infection par le virus Ebola. Un taux de guérison
de 100 % par vaccination après infection n’avait jamais été
observé auparavant chez des cobayes infectés par le virus
Ebola. Cette découverte est particulièrement encourageante
et prometteuse, compte tenu de la facilité avec laquelle
l’approbation du traitement pour usage clinique devrait être
obtenue auprès des organismes de réglementation. Le
traitement est actuellement mis à l’essai chez des primates
non humains.
Impact
Le projet offre un vaccin optimisé contre le virus Ebola et
permet de recueillir les données nécessaires pour justifier la
tenue d’un essai clinique de phase I au Canada. Le projet
avance selon l’échéancier prévu, et les résultats obtenus
jusqu’à présent dépassent les attentes. Le vaccin optimisé
Ad-CAG/optZGP est actuellement mis à l’essai chez
des primates non humains, qui sont immunisés par voie
intramusculaire ou muqueuse puis exposés au virus par
voie systémique. Les résultats du projet seront comparées
à ceux de l’essai clinique de phase I en cours, parrainé par
le NIH, qui vise à évaluer un vaccin AdHu5-Agp de première
génération.
Auteurs
Maria Croyle, University of Texas,
macroyle@mail.utexas.edu
Amine Kamen, Conseil national de recherches Canada,
amine.kamen@cnrc-nrc.gc.ca
Gary Kobinger, Agence de la santé publique du Canada,
gary_kobinger@phac-aspc.gc.ca
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CRTI 06-0230RD
Méthodes rapides de radiobiodosage d’urgence
Responsable du projet :
Santé Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Conseil national de recherches Canada
Autre partenaire :
Université Carleton
Objectifs
Progrès et résultats récents
Lors d’une urgence radiologique ou nucléaire (RN), les
premiers intervenants et le public courent le risque d’être
contaminés par des radionucléides à la suite d’une
inhalation, d’une ingestion ou d’une blessure. Il n’existe,
à l’heure actuelle, aucune méthode rapide de biodosage
du polonium (Po)-210 ou du strontium (Sr)-90, deux
radionucléides à haut risque qui peuvent être libérés
durant un incident RN. Afin d’améliorer les interventions
d’urgence RN, Santé Canada s’est associé à RDDC
Ottawa, au Conseil national de recherches du Canada et à
l’université Carleton pour élaborer des méthodes rapides de
radiobiodosage permettant de mesurer les concentrations
de Po-210 et de Sr-90 dans les échantillons d’urine ou de
selles. L’équipe de projet développe de nouvelles méthodes
de radiobiodosage en combinant des techniques rapides
et automatisées de préparation des échantillons avec des
techniques de mesure rapides et sensibles.
Au cours des trois premières années du projet, l’équipe a
progressé sur les quatre grands fronts suivants : élaboration
d’une méthode rapide de biodosage du Sr-90 dans l’urine
et automatisation du procédé; examen de la réponse
optique des points quantiques au rayonnement; validation
de la méthode de spectrométrie alpha de Po-210 dans
l’urine en utilisant des échantillons non dopés; exploration
d’application des nanoparticules magnétiques pour les
essais biologiques de l’urine.
Pertinence
Il est important de disposer de méthodes rapides de
biodosage qui produisent en temps opportun des résultats
d’évaluation de la contamination interne, afin de gérer les
conséquences d’une attaque RN, notamment d’identifier
les personnes contaminées de façon à favoriser une
intervention médicale précoce et de rassurer les personnes
non contaminées mais inquiètes. Les méthodes actuelles de
biodosage du Sr-90 et du Po-210 sont longues en raison
de la préparation fastidieuse des échantillons et de la durée
du comptage. L’équipe de projet s’attend à ce que ces
nouvelles méthodes produisent les résultats d’évaluation
d’une possible contamination interne dans les 48 heures
suivant l’incident. Cette information précoce permettra
d’améliorer l’efficacité des interventions médicales et la prise
de décisions.
La méthode de biodosage du Sr-90 est une méthode
simple et solide, dont la sensibilité va au-delà des exigences
de surveillance de la population lors d’urgences. Sa
performance a répondu aux critères d’exactitude et de
répétabilité établis par la norme American National Standard
(ANSI) N13.30, Performance Criteria for Radiobioassay. Le
temps de traitement des échantillons est de moins d’une
heure. Cette méthode a été mise à l’essai sur un instrument
de mesure déployable sur le terrain et s’est avérée être tout
à fait adaptée à ce type d’utilisation. Ces réalisations ont été
acceptées pour publication (trois articles) dans des revues
évaluées par les pairs. De plus, un système à scintillation
liquide entièrement automatisé a été mis en place afin
d’automatiser cette méthode pour grandement améliorer le
délai de traitement des échantillons.
Lors de l’examen de la réponse optique des points
quantiques au rayonnement, un groupe de points
quantiques, des nanoparticules semi-conductrices, a été
dispersé dans un solvant puis irradié avec différentes doses
de cobalt (Co)-60 ou de césium (Cs)-17 (de 0,1 Gy à
100 Gy). Les réponses optiques (ultraviolet et
photoluminescence) ont été étudiées en détail et des
courbes dose-réponse ont été établies. Cette étude
a démontré que les points quantiques pourraient être
utilisés comme une nouvelle génération de matériaux
pour dosimètre. Ces réalisations ont été publiées (deux
articles) dans des revues évaluées par les pairs. De plus, de
nouveaux points quantiques ont été obtenus par synthèse.
Ils seront mis à l’essai sous peu.
25
CRTI 06-0230RD
Méthodes rapides de radiobiodosage d’urgence
La méthode de spectrométrie alpha pour le biodosage du
Po-210 dans l’urine a été validée pour la première fois au
cours de la dernière décennie en utilisant des échantillons
non dopés. Les échantillons d’urine de rats ayant reçu du
Po-210 ont été dosés par la méthode par spectrométrie
alpha et celle de comptage par scintillation liquide. L’étude
a montré que la spectrométrie alpha était une méthode
fiable de biodosage du Po-210 dans l’urine. Le résumé des
résultats de cette étude ont été publiés.
Les nanoparticules magnétiques obtenues par synthèse, à
surface modifiée, ont été caractérisées et testées pour leur
application dans la séparation du Sr-90 des échantillons
d’urine. Les résultats ont été regroupés dans deux articles
qui ont été publiés. L’automatisation de la méthode est en
cours.
Impact
Au cours des deux premières années, ce projet a contribué
à un accroissement des connaissances et à l’élaboration de
nouvelles techniques liées à la chimie de préparation des
échantillons et à la mesure du rayonnement. Les partenaires
du projet poursuivent la recherche et l’élaboration de
méthodes rapides de biodosage du Sr-90 et du Po-210, y
compris l’automatisation des systèmes de séparation et de
mesure. Ces nouvelles techniques et méthodes améliorent
considérablement la capacité d’intervention d’urgence RN
du Canada, particulièrement pour la gestion immédiate et à
court terme des conséquences.
Auteurs
Chunsheng Li, Bureau de la radioprotection, Santé Canada,
li.chunsheng@hc-sc.gc.ca
Baki Sadi, Bureau de la radioprotection, Santé Canada,
baki.sadi@hc-sc.gc.ca
Gary H. Kramer, Bureau de la radioprotection, Santé Canada,
gary.h.kramer@hc-sc.gc.ca
26
CRTI 06-0234TA
Système perfectionné de surveillance syndromique et de triage
d’urgence
Responsable du projet :
Conseil national de recherches Canada – Institut de technologie de
l’information
Partenaire fédéral :
Agence de la santé publique du Canada
Partenaires de l’industrie :
AMITA Corporation; SilvaCorp; E-Privacy Management Systems Inc.
Autres partenaires :
Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa; Santé publique Ottawa;
Hôpital d’Ottawa; Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario; Hôpital
Queensway Carleton, Hôpital Montfort; Michigan Department of Community
Health; Queen’s University Public Health Informatics; Bureau de santé de Grey
Bruce; Service de santé publique de Peel; Carnegie Mellon University – School
of Computer Science; Auton Laboratory
Objectifs
La surveillance syndromique fait appel à la technologie de
l’information pour effectuer la surveillance courante des flux
de données existants (p. ex., dossiers médicaux) afin de
détecter les éclosions de maladies. Dans le but d’améliorer
l’efficacité des méthodes de préparation et d’intervention
en cas d’incident CBRNE ainsi que pour faire progresser le
déploiement et l’adoption de la technologie de surveillance
syndromique, le projet Système perfectionné de surveillance
syndromique et de triage d’urgence (ASSET) cherche à
déployer, de façon efficace et très visible, un prototype
dans la capitale nationale, Ottawa. Le premier déploiement
canadien dans une ville à risque élevé pavera la voie à des
déploiements similaires dans d’autres régions à risque
élevé. Le projet ASSET fera avancer la technologie de la
surveillance syndromique jusqu’au point où celle-ci pourra
être déployée à grande échelle. Pour ce faire, l’équipe de
projet mettra en œuvre un système prêt à être déployé
partout au Canada, fournira des méthodes visant à améliorer
l’adoption, la facilité d’utilisation et le fonctionnement continu
de la surveillance syndromique au Canada, et établira des
protocoles d’intervention adaptés aux villes canadiennes.
Enfin, l’équipe acceptera et analysera les données sur les
patients en anglais et en français, et créera une stratégie
pour permettre l’interfaçage des données de surveillance
syndromique recueillies à l’échelle locale avec le Réseau
canadien d’information sur la santé publique (RCISP) de
l’Agence de la santé publique du Canada.
Pertinence
En accélérant la mise au point et le déploiement de
la technologie de surveillance syndromique, le projet
ASSET permettra aux intervenants d’avoir accès à des
données épidémiologiques pour déceler rapidement tout
événement CBRNE et en déterminer l’ampleur. Ce système
sera également grandement utile pour préciser le type
d’événement, sa répartition géographique et la méthode de
propagation la plus probable. Cette capacité contribuera
à améliorer les interventions et la sécurité publique en
permettant d’offrir une formation, des contre-mesures et
des programmes d’information publique précis et adaptés
aux événements. Elle aidera à répondre aux besoins en
ce qui concerne les interventions immédiates, contribuera
à l’atténuation des risques et facilitera les interventions
médicales avant l’arrivée en salle d’urgence et à l’arrivée en
salle d’urgence. Le projet ASSET tentera de plusieurs façons
de dissiper les inquiétudes concernant l’impact négatif des
taux élevés d’alertes faussement positives. Il améliorera
la portée de la surveillance en acceptant la saisie de
données bilingues et en permettant plusieurs classifications
syndromiques par patient au moyen du nouvel outil de
classification des textes élaboré par le Conseil national de
recherches du Canada (CNRC). Il accroîtra aussi l’exactitude
des données en offrant un accès plus approfondi aux
dossiers médicaux et en facilitant l’ajout de définitions
nouvelles et plus précises des syndromes.
Progrès et résultats récents
Le projet ASSET a démarré en juin 2007, et la phase 1
a pris fin en janvier 2008. La phase 2 a débuté en février
2008, et toutes les tâches associées ont été menées
à bien. Le déploiement du système de surveillance
syndromique Détection précoce d’attaques CBRN grâce
à une surveillance informatique des dossiers médicaux
(DPACS) et Surveillance des maladies et des éclosions en
temps réel (RODS) à Ottawa s’est achevé en septembre
2009. Ce système est maintenant appelé ASSET-RODS.
27
CRTI 06-0234TA
Système perfectionné de surveillance syndromique et de triage
d’urgence
La phase 3 a débuté en août 2008, et toutes les tâches
associées, à l’exception du lien RCISP-ASSET, ont été
menées à bien. La version 1 du systèmeASSET a été
déployée à Santé publique Ottawa en janvier 2010, et des
mises à niveau ont été effectuées en mars de la même
année. Le système accepte maintenant des données
provenant de l’Hôpital d’Ottawa (campus Civic et Général),
du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario et
de l’Hôpital Queensway Carleton. La mise en œuvre des
sources de données à l’Hôpital Montfort devraient être
achevée en juin 2011.
Une quatrième réunion d’étude du système ASSET, à
laquelle participaient les intervenants, s’est déroulée au
Bureau de santé de Grey Bruce à Owen Sound en octobre
2009. Plus de 30 participants y ont assisté, notamment
des représentants des divers partenaires et d’autres
organisations. Au cours des deux journées de rencontres,
plusieurs exposés ont été présentés par des personnes
qui s’occupent directement de la surveillance syndromique
et par d’autres qui participent au projet. Il y a également
eu des tables rondes et des séances en petits groupes
portant sur des questions d’intérêt pour l’industrie. Le
troisième bulletin ASSET, qui a été publié en janvier 2010,
comptait des articles portant sur l’adaptation du système
ASSET au programme de surveillance de maladies de
type grippal et sur l’évolution de la version 1 d’ASSET; on
y trouvait également un profil des partenaires du milieu
hospitalier dans le cadre du projet ASSET.
La phase 4, qui a commencé en février 2010, porte
principalement sur l’adaptation du système ASSET au
programme de surveillance de maladies de type grippal,
en réaction à la grippe pandémique H1N1. Dans le cadre
de ces travaux supplémentaires, les processus de collecte
et de classification des données ont étre modifiés, et un
système de production de rapports conviviaux à l’intention
des responsables de la santé publique a été mis en place
pour assurer la surveillance de maladies de type grippal.
Le système DPACS en place au Bureau de santé de Grey
Bruce a été mis à niveau à la version 1 du système ASSET
en avril 2010. Les travaux associés à la phase 4 ont tous
été effectués.
28
Impact
La surveillance syndromique n’est pas encore déployée à
grande échelle, étant donné qu’il n’existe aucun système
clé en main pouvant être aisément mis en œuvre dans
l’ensemble du pays et que les utilisateurs finals et les
autres intervenants qui assureront l’introduction et la
diffusion de cette technologie n’ont pas tous encore été
mobilisés.
Le projet ASSET est particulièrement ambitieux et
intéressant parce que Santé publique Ottawa (SPO)
participe au premier déploiement très en vue d’un
prototype de surveillance syndromique. SPO dessert
près d’un million de résidents d’Ottawa et est chargé de
dispenser des services de santé publique, notamment
les services suivants : protection de la santé, prévention
des maladies et des blessures, lutte contre les maladies
transmissibles, santé familiale. L’OSP est également chargé
de répondre aux besoins des services de santé publique.
Grâce à la réussite du déploiement du système ASSET
à Ottawa, celui-ci est devenu un modèle de surveillance
syndromique qui pourra être adopté à l’échelle du
pays. La transition du projet en une solution efficace et
commercialement viable est probable étant donné le
succès qu’a connu le système DPACS, qui forme la base
du système ASSET. Le DPACS est installé au Bureau de
santé de Grey Bruce, qui était au cœur de la crise de l’eau
contaminée à Walkerton (Ontario), en 2000. Selon le plan
initial, le projet DPACS visait un déploiement expérimental
du système de surveillance syndromique pendant quelques
mois. Après l’essai, le Bureau de santé de Grey Bruce a
décidé que ce systéme était devenu une nécessité.
Le projet ASSET tire parti des investissements consentis
jusqu’à maintenant par l’IRTC et d’autres organismes pour
l’élaboration de la surveillance syndromique. Il se situe
dans le prolongement naturel du Système DPACS et du
Système canadien d’alerte rapide (SCAR), projets financés
par l’IRTC (CRTI 03-0013TD et CRTI 03-0019TD) ainsi
que du projet QUESST (Queen’s University Emergency
Syndromic Surveillance Team) financé par le ministère de
la Santé de l’Ontario. Les équipes responsables de ces
projets ont mis sur pied des systèmes de surveillance
syndromique très efficaces à l’échelle locale et elles
participent au projet actuel.
CRTI 06-0234TA
Système perfectionné de surveillance syndromique et de triage
d’urgence
Le projet ASSET est également une suite logique du projet
RCISP (CRTI 02-0035RD) et le complète très bien. Le
RCISP est une plate-forme détaillée de surveillance, d’alerte,
de collecte de données, d’analyse, d’aide à la décision
et d’échange d’information qui réunit le renseignement
en santé publique dans un cadre national unique. Le
système ASSET est axé sur les villes et les régions et
fournira aux services de santé et aux autorités régionales
les outils nécessaires pour recueillir et utiliser des données
syndromiques à l’échelle locale. Une fois bien filtrée par le
RCISP, cette information deviendra une source primaire
de renseignement pouvant être utilisée par toutes les
autorités responsables. À titre de partenaire, l’équipe du
RCISP jouera un rôle de premier plan dans l’élaboration des
protocoles d’intervention et des stratégies de déploiement
qui permettront de mener à bien le projet.
Auteur
Richard Davies, Institut de cardiologie de l’Université
d’Ottawa, rfdavies@ottawaheart.ca
29
CRTI 06-0252RD
Protocoles pour la modélisation d’explosions en milieu urbain
Responsable du projet :
Sécurité publique Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Suffield; Gendarmerie royale du Canada – Unité d’élimination des explosifs
Partenaires de l’industrie :
Martec Limited; Waterloo CFD Engineering Consulting Inc.
Objectifs
Pertinence
Le projet a pour objectif principal de mieux préparer le
Canada à prévenir les attaques terroristes impliquant des
dispositifs explosifs de circonstance ou nouveau genre et à
intervenir dans l’éventualité où un tel incident se produirait.
L’équipe chargée du projet a conçu l’Outil de simulation
d’explosions en milieu urbain, qui permet d’évaluer les effets
de la déflagration d’un explosif homogène ou hétérogène
en milieu urbain et propose des protocoles pour orienter la
modélisation d’explosions dans ce type de milieu. Il donne
accès aux résultats de nombreuses modélisations précises de
la zone de déflagration immédiate d’explosions, basées sur la
physique et ses postulats, lesquels sont produits en fonction
d’un vaste ensemble de scénarios et de milieux urbains.
Les résultats de la modélisation sont présentés de manière
à faciliter le travail des organismes et des analystes chargés
d’évaluer les risques d’incidents réels en plus de fournir des
données nécessaires à l’élaboration de tableaux récapitulatifs.
Les protocoles compris dans l’Outil de simulation
d’explosions en milieu urbain aident les non-spécialistes
à déterminer les principaux phénomènes dont il faut tenir
compte lorsqu’on analyse une explosion afin d’arriver à
prédire avec exactitude les dommages possibles. La version
définitive de cet outil se présentera comme une application
informatique conviviale. Les protocoles clés seront également
fournis dans la documentation finale du projet.
Pour effectuer la modélisation d’explosions en milieu urbain,
il faut des protocoles basés sur des modèles physiquement
exacts et des solutions de modélisation fondées sur les
postulats de la physique. Lorsqu’ils sont utilisés efficacement,
les outils de modélisation peuvent grandement aider à prédire
les conséquences d’une explosion catastrophique en milieu
urbain et à s’y préparer. Beaucoup d’outils d’analyse rapide
des explosions et de systèmes spécialisés recourent à des
méthodes semi-empiriques qui produisent des résultats en
quelques minutes. Utilisés correctement, tous ces outils ont
un rôle à jouer dans l’évaluation des risques, mais la plupart
d’entre eux ne permettent pas de prédire ce qui se produira
dans la zone de déflagration immédiate d’une explosion en
milieu urbain. De nombreux utilisateurs finaux de ces outils
possèdent des connaissances insuffisantes sur la physique
des explosions ou les techniques numériques. Ainsi, il arrive
souvent qu’ils utilisent des outils de modélisation à des
fins pour lesquelles ceux-ci n’ont pas été conçus et, par
conséquent, ils commettent des erreurs d’interprétation.
L’Outil de simulation d’explosions en milieu urbain est fondé
sur les postulats de la physique et produira des résultats
validés qui serviront à évaluer les effets relatifs d’une explosion
sur les structures et les personnes à l’aide de scénarios en
milieu urbain réel.
Les éléments livrables du projet en cours seront utilisés
dans le cadre d’un projet subséquent qui aura pour but
de concevoir un système d’analyse rapide d’explosions en
milieu urbain. Ce système s’appuiera sur la modélisation de
flux à vitesse rapide basée sur la dynamique numérique des
fluides pour analyser des scénarios de menace d’explosion
déterminés par l’utilisateur dans n’importe quelle ville
canadienne. Il pourra aussi être utilisé par les urbanistes
et par les gens œuvrant dans les services d’intervention
d’urgence.
Pour mettre au point l’Outil de simulation d’explosions en
milieu urbain, l’équipe responsable a misé sur les moyens
développés au cours de la dernière décennie dans le cadre
des programmes de recherche et de développement pour
la défense. Ces moyens comprennent une vaste base
de données expérimentale concernant les effets sur les
structures urbaines de différents explosifs hétérogènes
et d’autres armes de remplacement, ainsi que le code
Chinook, un logiciel de modélisation dont les calculs
reposent sur les postulats de la dynamique des fluides
informatique. Grâce à l’Outil de simulation d’explosions
en milieu urbain, un plus grand nombre d’experts et
de non-spécialistes ont accès à ce grand ensemble de
connaissances sur les explosions en milieu urbain.
30
Progrès et résultats récents
CRTI 06-0252RD
Protocoles pour la modélisation d’explosions en milieu urbain
L’Outil de simulation d’explosions en milieu urbain comporte
notamment une base de données contenant les résultats
de simulations d’explosion en milieu urbain, notamment des
centaines de données précises sur la zone de déflagration
immédiate d’explosions en milieu urbain que le code
Chinook aura calculées en se basant sur les postulats
de la physique. Cette base de données comprend neuf
types de milieux urbains fondamentaux et regroupe les
explosifs en quatre catégories : les explosifs homogènes
(libération d’énergie par détonation seulement), les explosifs
à postcombustion, les explosifs métallisés et les explosifs
combustible-air. Bien qu’il soit possible de consulter les
résultats d’une simulation particulière, tous les résultats sont
regroupés dans un tableau qui montre les différents facteurs
favorisant les explosions en fonction du milieu visé et du
type d’explosif utilisé. Au cours de la dernière année du
projet, l’équipe a continué d’effectuer des calculs poussés
dans un environnement en trois dimensions en concentrant
son attention sur les explosifs détonants (homogènes et à
postcombustion) et les explosifs métallisés dans une vaste
gamme de milieux urbains.
Il a fallu des modèles physiques plus précis pour
améliorer la capacité de prévision du code basé sur
les postulats qui sert à charger la base de données de
simulation d’explosions en milieu urbain. Après avoir
effectué une analyse approfondie, l’équipe a défini les
modèles physiques utilisés pour modéliser la détonation,
la postcombustion et l’effet de souffle dans la zone
de déflagration immédiate des explosions ainsi que
le comportement de ces explosions en présence de
structures urbaines et dans des espaces restreints, et ce,
pour différentes catégories d’engins explosifs hétérogènes
et thermobariques. Pendant la dernière année du projet,
les nouveaux modèles physiques ont été mis en œuvre
et leurs principes fondamentaux ont été testés, puis
validés à l’aide d’expérimentations dans des milieux
urbains à échelle réduite. Un ensemble de paramètres
cohérents et représentatifs sur le plan physique a été
élaboré et utilisé pour simuler tous les types d’explosifs
(homogènes, postcombustion, métallisés). Les résultats
des comparaisons aux mesures expérimentales dans une
variété d’environnements à diverses échelles se sont avérés
été satisfaisants.
Au niveau le plus élevé, les protocoles correspondent
à une procédure énonçant les huit étapes principales
d’une analyse d’explosion en milieu urbain. À un niveau
plus bas, ces protocoles orientent l’identification et la
classification des principales caractéristiques d’une
explosion qui influencent les dommages infligés aux
structures et aux personnes (p. ex., la portée de l’onde de
choc, sa hauteur, etc.), ainsi que l’applicabilité des modèles
d’évaluation des dommages. Ces directives élémentaires
ont nécessité de nombreuses recherches scientifiques de
petite envergure, qui se sont poursuivies durant la dernière
année du projet. Chacune d’elles a nécessité un examen
de la documentation et l’énumération des informations
manquantes qu’il a fallu trouver à l’aide d’analyses en milieu
urbain fondées sur les postulats. Une interface utilisateur
préliminaire de l’Outil de simulation d’explosions en milieu
urbain a été développée puis améliorée en cours grâce aux
interventions d’utilisateurs experts et profanes. L’interface
logicielle permet aux utilisateurs d’accéder aux données
provenant des calculs effectués dans le cadre de scénarios
semblables aux leurs et de consulter les lignes directrices
se rapportant à l’interprétation du scénario réel afin d’établir
les calculs de l’explosion et d’en évaluer les dommages.
Tous les éléments livrables du projet seront prêts en juillet
2011.
Impact
L’Outil de simulation d’explosions en milieu urbain aura des
répercussions importantes sur les mesures de préparation
et de prévention prises afin d’assurer la protection du
public contre l’emploi d’explosifs en milieu urbain. Les
outils de modélisation rapide actuels ne sont souvent
pas en mesure de prédire les effets complexes d’un
explosif artisanal hétérogène dans la zone de déflagration
immédiate. L’Outil de simulation d’explosions en milieu
urbain comprend une base de données fondée sur des
principes de base permettant d’élaborer des scénarios
d’explosion en milieu urbain, qui peut servir d’outil
analytique pour les personnes chargées de l’évaluation et
de la protection des structures urbaines et des personnes,
et peut également servir de référence pour valider les
résultats d’outils de modélisation existants. Les protocoles
que renferme l’Outil de simulation d’explosions en milieu
urbain peuvent servir de lignes directrices pour se doter
de pratiques de modélisation efficaces en vue d’appuyer
les travaux de conception, les mesures d’atténuation, la
planification des opérations et les analyses judiciaires se
rapportant à la menace que font peser de nombreux types
d’explosif hétérogène sur les infrastructures et les sites
urbains. De plus, les protocoles décriront les procédures
d’analyse qu’il convient d’utiliser pour transposer les
prévisions en données indiquant la vulnérabilité d’un
milieu et prédire l’ampleur des pertes matérielles et
31
CRTI 06-0252RD
Protocoles pour la modélisation d’explosions en milieu urbain
humaines. Certains éléments livrables importants du projet
constitueront les fondements scientifiques sur lesquels
s’appuiera un projet subséquent, dans le cadre duquel
on élaborera un outil de modélisation rapide d’explosions
en milieu urbain ainsi qu’un solutionneur rapide et précis
permettant de calculer des scénarios d’explosion dans des
villes canadiennes mettant en scène des environnement et
des types d’explosif déterminés par l’utilisateur.
Auteurs
Laura Donahue, Martec Ltd., laura.donahue@lr.org
Fan Zhang, RDDC Suffield, fan.zhang@drdc-rddc.gc.ca,
Pierre Caron, Sécurité publique Canada, caronp@smtp.gc.ca
32
CRTI 06-0255TA
Poste de commandement pour la gestion des services médicaux et
la prise en charge des blessés
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires de l’industrie :
AMITA Corporation; CAM Emergency Preparedness; Correct Solutions;
E-Privacy Management Systems Inc; St. John Public Health Consulting
International Inc.
Autres partenaires :
Bureau de santé de Grey Bruce; Gouvernement du Nouveau-Brunswick –
Direction générale des initiatives en matiére de sécurité - Ministére de
la sécurité publique; Institut de cardialogie de l’Université d’Ottawa;
Department of Health and Human Services des États-Unis – Office of
Preparedness and Emergency Operations et Office of the Assistant
Secretary for Preparedness and Response; Université Carleton – Human
Oriented Technology Lab; Inforoute santé du Canada
Objectifs
Le projet Poste de commandement pour la gestion des
services médicaux et la prise en charge des blessés
(MedPost) mettra en place un système électronique de
poste de commandement centralisé, déployable sur le
terrain, pour la gestion des services médicaux et la prise
en charge des blessés durant des événements CBRNE ou
des épidémies de maladies naturelles qui peuvent causer
beaucoup de blessés ou de malades. Le système fournira
les données dont ont besoin les autorités qui gèrent les
crises sanitaires à l’échelle communautaire, provinciale,
fédérale et internationale afin de réduire la morbidité et la
mortalité associées à de tels événements.
Le système MedPost est conçu de façon à pouvoir
présenter une vue d’ensemble de l’information essentielle
sur les malades et blessés (p. ex., le nombre de personnes
touchées, leur identité, le lieu où elles se trouvent, leur
état et les personnes avec qui elles ont été en contact),
qui sera facilement accessible dans un endroit central
unique. Le système sécurisé vise à fournir rapidement
des données cumulatives ou détaillées, ne communiquant
que les renseignements pré-autorisés à chaque niveau
d’interrogation. Au moment de chaque transmission
d’information, la date et les données communiquées seront
consignées de façon permanente.
Pertinence
MedPost améliorera la capacité d’intervention en cas
d’événements CBRNE en intégrant les communications
entre les intervenants sur place, le personnel médical des
hôpitaux et les intervenants d’urgence qui doivent gérer
un événement CBRNE. L’accès à un produit comme
MedPost, qui recouvre les divers ordres de gouvernement
et différentes disciplines (pompiers, personnel paramédical,
policiers) permet d’avoir un outil qui imite les interactions
réelles durant un événement CBRNE. La possibilité
d’accéder à de l’information médicale sur les blessés et les
malades aidera grandement les intervenants de différents
niveaux à mieux comprendre la situation et à intervenir.
MedPost donnera une vue d’ensemble du commandement
et du contrôle d’un événement CBRNE en utilisant des
données transmises directement de diverses sources,
notamment du projet Système de gestion du triage rapide
(CRTI 0060TA) qui a été couronné de succès. MedPost
sera complètement intégré au logiciel de triage utilisé par
les intervenants sur place et communiquera l’information
essentielle à la mission aux responsables de l’intervention
immédiate, des soins aux blessés, du commandement et
contrôle, et des communications avec la population.
Progrès et résultats récents
La passation du contrat relatif au projet MedPost s’est
faite en octobre 2008 et les activités de la phase 1 ont été
achevées en décembre de la même année. La phase 2,
celle de la conception du produit (fonctionnelle et technique),
a été achevée en juin 2009. L’équipe de projet a d’abord
examiné des scénarios CBRNE hypothétiques afin de cerner
et de préciser les besoins du système MedPost, puis a
élaboré le premier prototype fonctionnel remis aux Services
de santé publique de Grey Bruce, à Owen Sound (Ontario),
en mars 2010. Ce premier prototype a fourni de l’information
qui a permis d’apporter des améliorations fonctionnelles à
la deuxième présentation du prototype fonctionnel remis
aux Services de santé publique de Grey Bruce en juillet
2010. Le ministère de la Sécurité publique du NouveauBrunswick a préparé et tenu un exercice sur table, en août
33
CRTI 06-0255TA
Poste de commandement pour la gestion des services médicaux et
la prise en charge des blessés
2010, afin d’examiner et d’évaluer le système MedPost.
Tous les éléments de la phase 4 (celle de l’évaluation) sont
terminés. Une réunion officielle d’étude/des intervenants
a eu lieu au Bureau de santé de Grey Bruce en novembre
2010, à laquelle trente représentants de divers partenaires
et d’autres organisations ont assisté. Au cours de la réunion,
qui s’est déroulée sur deux jours, plusieurs exposés ont été
présentés par des personnes directement liées au projet
de même que par d’autres professionnels du domaine
de la gestion des risques de la santé publique. Il y a aussi
eu une discussion en groupe sur des questions d’intérêt
dans le secteur privé, de même qu’un atelier de recherche
d’informations axé sur des façons de promouvoir la mise
en application du système MedPost dans les collectivités
du Canada. La phase de transition du projet à l’étape de
produit sera achevée à la fin de l’année financière 20102011. Enfin, la phase de clôture du projet est en cours.
Impact
Lorsque le projet MedPost sera terminé, le Bureau de
santé de Grey Bruce, les Services de santé de Grey Bruce
(qui englobent 12 hôpitaux dans la région de Grey Bruce)
et la province du Nouveau-Brunswick disposeront d’un
système opérationnel qui facilitera la collecte automatisée
et manuelle de données à partir de données de base
agrégées, notamment le nombre de patients admis,
le nombre de cas présumés, ainsi que le nombre de
personnes exposées et le lieu où elles se trouvent. Le
système résultant sera adaptable, de façon à pouvoir
être utilisé à l’échelle provinciale ou fédérale en cas
d’événement de grande envergure.
L’accès presque en temps réel à des données situationnelles
exactes fournies par les hôpitaux existants, et le transfert
rapide des données du patient aux décideurs au sein du
corps médical amélioreront grandement la communication
entre les hôpitaux, les centres de traitement temporaires
ou complémentaires, les intervenants et les décideurs dans
le domaine médical (p. ex., les responsables de la santé
publique) afin de mieux guider la gestion des ressources
durant une urgence. En montrant une coopération entre
les différents ordres de gouvernement et les premiers
intervenants, MedPost augmente ses chances en tant que
produit commercial performant.
Auteurs
Sonny Lundahl, AMITA Corporation, sonnyl@amita.com
Diana Wilkinson, RDDC Ottawa,
diana.wilkinson@drdc-rddc.gc.ca
34
CRTI 06-0275TD
Postes récepteurs-émetteurs avec capteur de rayonnement intégré
Responsable du projet :
Gendarmerie royale du Canada
Partenaires de l’industrie :
Motorola Inc.; Bubble Technology Industries Inc.
Autres partenaires :
Service de police d’Edmonton; Service de police de Toronto; Service
d’incendie de Toronto; Service de sécurité incendie de Montréal; Service de
police de Windsor
Objectifs
Progrès et résultats récents
À l’heure actuelle, la plupart des membres du personnel de
la Gendarmerie royale du Canada (GRC), des services de
police, des services d’incendie et des services médicaux
d’urgence n’utilisent pas d’appareil de détection de
rayonnement dans le cadre de leurs activités quotidiennes.
Ces premiers intervenants sont donc très vulnérables
à l’exposition aux rayonnements en cas d’incident
radiologique ou nucléaire. Le présent projet a permis
l’intégration de petits capteurs de rayonnement à des
récepteurs-émetteurs de Motorola pour que les intervenants
disposent d’un appareil intégré simple, qui assurera leur
protection personnelle en leur permettant de détecter les
matières nucléaires.
Voici quelques progrès qui ont été réalisés dans le cadre du
projet depuis l’adjudication du contrat, en décembre 2009 :
Dirigé par la GRC, le projet jouit d’un appui solide auprès
des services de police et d’incendie d’Edmonton, de Toronto
et de Montréal. L’équipe de conception des récepteursémetteurs de Motorola en Floride a dirigé les efforts
déployés par l’industrie. Bubble Technology Industries, chef
de file reconnu en détection de rayonnement, a travaillé
en étroite collaboration avec Motorola pour créer à prix
abordable un capteur de rayonnement compact intégrable.
Pertinence
Le projet répond directement à plusieurs grandes priorités
de l’IRTC. En effet, il permet de déterminer rapidement
l’existence et la portée d’un incident radiologique; il aide
à assurer la protection des intervenants et à fournir des
renseignements exacts au public; il fournit une capacité
de détection nouvelle et nettement améliorée, ainsi qu’une
meilleure liaison de communication pour les systèmes de
détection, de surveillance et d’avertissement; il appuie les
capacités de la police et des autres intervenants grâce au
développement d’une technologie qui permet de détecter la
présence de matières nucléaires et qui appuie la gestion des
crises nucléaires et de leurs conséquences.
•
•
•
•
•
définition des exigences et de l’architecture à l’égard
d’un système intégré déployable qui tient compte des
suggestions des utilisateurs finals;
conception, fabrication et mise à l’essai de plusieurs
prototypes de récepteur-émetteur avec capteur de
rayonnement;
optimisation de la conception et de la fabrication de
prototypes convenant à leur essai sur le terrain par les
utilisateurs finals;
élaboration d’une trousse de formation pour permettre
aux utilisateurs finals d’évaluer comme il faut les
fonctions du prototype;
appui aux essais des appareils sur le terrain par les
divers utilisateurs finals.
À la fin de 2010, plus de 30 prototypes ont été produits et
distribués pour leur mise à l’essai par les utilisateurs finals
partenaires (GRC, Service de police d’Edmonton, Service
de police de Toronto, Service d’incendie de Toronto,
Service de police de Windsor et Service de sécurité
incendie de Montréal) en vue de l’évaluation et de la
démonstration de leur valeur sur le terrain.
Une fois les essais sur le terrain terminés, les utilisateurs
finals partenaires ont fait part de réactions favorables en
ce qui a trait au rendement et à l’utilité opérationnelle des
prototypes. Ils se sont dits enthousiasmés par la mise
au point d’un produit commercial fondé sur le prototype
d’appareil radio et le système de gestion du spectre des
fréquences radioélectriques. Plusieurs demandes ont été
faites pour l’ajout de fonctions à l’appareil radio commercial
et au système commercial de gestion du spectre des
fréquences radioélectriques. Ces demandes entreront
en ligne de compte au moment de la conception et de la
production du produit commercial à une date ultérieure.
35
CRTI 06-0275TD
Postes récepteurs-émetteurs avec capteur de rayonnement intégré
Impact
Une attaque terroriste, un acte de guerre ou un accident
lié à des matières radioactives constituent des menaces
réelles et sérieuses. En cas de crise de ce type, les
premiers intervenants sont appelés à participer à des
opérations de sauvetage ou d’évacuation et à gérer
l’intervention de première ligne. Assurer la protection des
premiers intervenants est un élément-clé d’une intervention
d’urgence efficace. En raison du risque élevé qu’un
incident radiologique se produise, il faut que l’équipement
normalisé des premiers intervenants comprenne un capteur
de rayonnement.
Le projet fera en sorte que les premiers intervenants au
Canada disposent d’un outil à la fois simple et efficace
pour prévenir l’exposition aux rayonnements dangereux
lorsqu’ils mènent leurs activités habituelles sur le terrain
et les aider à détecter la présence de matières nucléaires
illicites. Le projet veillera aussi à ce que les premiers
intervenants ne travaillent pas pendant longtemps dans
une zone contaminée sans le savoir, s’exposant ainsi aux
rayonnements et risquant de contaminer hôpitaux, centres
de commandement et foyers. L’application réussie de la
technologie mettra les premiers intervenants du Canada
en tête de peloton pour ce qui est de la protection et de
l’intervention en cas d’incident nucléaire.
Auteurs
Raymond St-Jean, Gendarmerie royale du Canada,
raymond.stjean@rcmp-grc.gc.ca
Michael Robins, Bubble Technology Industries Inc.,
robinsm@bubbletech.ca
Padmaja Ramadas, Motorola, ramadas@motorola.com
36
CRTI 06-0301TD
Mise au point d’un aérosol nasal contenant un antiviral contre
le virus de l’influenza aviaire
Responsable du projet :
RDDC Suffield
Partenaire fédéral :
Agence de la santé publique du Canada – Laboratoire national de microbiologie
Partenaires de l’industrie :
CAE Professional Inc.; Northern Lipids Inc.; Oncovir Inc.; Dalton Pharma
Services
Objectifs
Le principal objectif de ce projet est de faire avancer les
travaux de mise au point préclinique d’un aérosol nasal
contenant du poly-ICLC encapsulé dans des liposomes
(LE Poly ICLC) afin de fournir une protection non spécifique
à large spectre contre les virus H5N1 de l’influenza
aviaire (IA). Le Poly ICLC est un acide polyriboinosiniquepolyribocytidylique à double brin stabilisé au moyen du polyL-lysine et du carboxyméthylcellulose et est un inducteur
puissant de l’immunité innée. La mise au point efficace de
ce nouveau médicament améliorera la capacité du Canada
de protéger la population militaire et civile et les premiers
intervenants contre l’influenza aviaire et la pandémie
d’influenza, que celles-ci soient causées par une éclosion
naturelle ou un attentat bioterroriste.
Pertinence
Comme les médicaments existants contre les virus de
l’IA comportent des limites du point de vue de la toxicité,
de la pharmacorésistance et des mutations virales, les
premiers intervenants, le personnel de la défense et les
civils sont vulnérables aux éclosions d’influenza. L’aérosol
nasal prototype contenant le LE Poly ICLC est un moyen
sûr, efficace et sans aiguille pour l’auto-administration du
médicament, conférant une protection rapide contre les
virus H5N1 de l’IA. Dans diverses études animales, le LE
Poly ICLC administré par voie intranasale a assuré une
protection efficace et à large spectre contre plusieurs virus
mortels, dont le virus Ebola, le virus de l’encéphalite équine
de l’Ouest et le virus de l’IA. L’équipe de projet s’attend à
ce que le LE Poly ICLC administré dans un aérosol nasal
confère également aux humains une protection à large
spectre contre de multiples agents viraux dangereux.
Progrès et résultats récents
Au cours de l’année financière 2010-2011, le premier lot de
Poly ICLC conforme aux bonnes pratiques de fabrication
actuelles (cGMP) a été produit avec succès par Dalton
Pharma Services, un sous-traitant d’Oncovir. Premier du
genre à avoir été produit au Canada, ce lot marque la fin,
couronnée de succès, de l’étape du développement et
de l’optimisation d’une préparation liposomale de LE Poly
ICLC dans le cadre du présent projet. Diverses études
animales ont mis en évidence la bonne tolérabilité de
cette préparation liposomale de Poly ICLC, de même que
son efficacité antivirale chez des souris soumises à une
provocation par inoculation de doses létales multiples
du virus de l’influenza A. Il s’agit maintenant d’évaluer
la faisabilité d’une production à grande échelle de Poly
ICLC encapsulé dans des liposomes (LE Poly ICLC,
qualité cGMP) par Dalton Pharma Services ou Northern
Lipids. L’accès à des lots de LE Poly ICLC qualité cGMP
facilitera grandement les tests et le développement
cliniques et permettra ainsi la progression de la phase de
développement du produit.
Les premières études sur le LE Poly ICLC ont montré
que le traitement prophylactique peut être administré
aux animaux de laboratoire jusqu’à trois semaines avant
le test de provocation létale. Il a en effet été possible
d’observer une forte protection contre l’infection létale
chez les animaux ayant reçu des doses létales multiples
du virus de l’influenza A au cours de cette période de trois
semaines. Cependant, le mécanisme d’action expliquant
cette protection prolongée demeure inconnu. De récents
travaux d’analyse par cytométrie en flux des cellules
tueuses naturelles (NK) isolées des poumons des animaux
ayant reçu un traitement prophylactique au LE Poly ICLC
indiquent que les cellules NK demeurent activées pendant
deux à trois semaines après l’administration du traitement.
Ce résultat revêt une importance particulière parce que
l’activation des cellules NK pourrait être utilisée à titre de
marqueur substitut fiable et précis de la protection antivirale
induite par le LE Poly ICLC. L’identification et la validation
de ce marqueur substitut de la protection pourraient
favoriser l’issue positive de l’examen réglementaire et ainsi
contribuer à la poursuite du développement clinique.
Dans de nombreuses études sur l’efficacité à titre de
traitement prophylactique du LE Poly ICLC, celui-ci a induit
une protection totale (100 %) contre le virus de l’influenza A
37
CRTI 06-0301TD
Mise au point d’un aérosol nasal contenant un antiviral contre
le virus de l’influenza aviaire
(H1N1) chez les souris soumises à un test de provocation
létale. D’autres études chez la souris ont récemment mis
en évidence l’efficacité du LE Poly ICLC administré après
l’exposition virale, notamment lorsqu’il est administré
en association avec un oligonucléotide anti-sens. Cette
association médicamenteuse thérapeutique permet en effet
d’obtenir un taux de survie de 100 %, contre 0 % chez
le groupe témoin ayant reçu un tampon phosphate salin.
Ces résultats donnent à penser que le LE Poly ICLC peut
fournir une excellente protection contre l’infection létale
par le virus de l’influenza A (H1N1) chez les animaux de
laboratoire, et ce, qu’il soit administré à titre de traitement
prophylactique ou de traitement post-exposition.
Finalement, au cours de l’année financière 2010-2011,
l’équipe de projet a aussi préparé une présentation de
drogue nouvelle de recherche (pre-Investigational New
Drug) en vue d’une demande d’approbation réglementaire,
par la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis,
d’un essai clinique de phase I visant à étudier l’innocuité
et la tolérabilité chez des volontaires humains sains. Ce
document permettra à l’équipe de projet d’obtenir les
conseils et les indications de la FDA, qui lui seront d’une
grande utilité dans la poursuite du développement clinique
du LE Poly ICLC de même que dans l’atteinte d’un objectif
clé du présent projet.
Impact
Il est nécessaire de se préparer en vue d’une pandémie
d’influenza afin d’être en mesure de lutter contre des
éclosions d’influenza naturelles ou liées au bioterrorisme.
Le LE Poly ICLC est un antiviral à large spectre qui est
efficace chez les animaux pour le traitement prophylactique
de maladies virales mortelles, notamment les infections
par les virus H5N1 de l’IA, le virus Ebola et les alphavirus.
L’aérosol nasal contenant du LE Poly ICLC protégerait les
premiers intervenants, le personnel médical et le personnel
de sécurité ainsi que la population contre ces virus. La
mise au point de ce nouveau médicament améliorera donc
grandement les capacités existantes de prévention et de
protection contre les événements CBRNE.
Auteurs
Don Van Loon, Services généraux de RDDC,
donald.vanloon@drdc-rddc.gc.ca
Xiaojiang Dai, RDDC Suffield, Xiaojiang.dai@drdc-rddc.gc.ca
Jonathan Wong, RDDC Suffield,
jonathan.wong@drdc-rddc.gc.ca
38
CRTI 06-0317TD
PROBE – Outil de soutien sur les lieux de crime à l’intention des policiers, des équipes
d’intervention en présence de matières dangereuses et des services médicaux d’urgence
Responsable du projet :
Gendarmerie royale du Canada – Centre canadien des données sur les
bombes
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada; RDDC Centre des sciences pour la
sécurité; Ministère de la Défense nationale – Directeur général de la sûreté
nucléaire
Partenaires de l’industrie :
AMITA Corporation; Loraday Environmental Products Ltd.; International Safety
Research Inc.
Autres partenaires :
Service de police de Toronto – Équipe CBRN; Université Carleton – Human
Oriented Technology Laboratory
Objectifs
Le présent projet est conçu pour assurer la sensibilisation
à la collecte de preuves sur les lieux de crimes par des
moyens automatisés et à l’information sur le traitement par
triage des blessés, ainsi que pour permettre la surveillance
de l’intégrité d’un lieu de crime au moyen d’un outil portatif
intégré de gestion.
Le projet PROBE tirera pleinement parti des investissements
antérieurs de l’IRTC pour combler, dans la capacité de
gestion des lieux de crimes, les lacunes dues à l’absence
d’outils automatisés, normalisés et interopérables.
Actuellement, à mesure que l’étude d’un lieu de crime
évolue en enquête criminelle, les données deviennent de
plus en plus difficiles à contrôler et à organiser de façon
pratique.
Les chercheurs du projet concevront deux générations
de prototypes qui pourront faire l’objet d’essais pratiques
sur le terrain et d’une évaluation par une vaste gamme
d’intervenants CBRNE. Les essais mèneront à la publication
d’un énoncé des besoins qui servira à créer un produit
destiné à la commercialisation.
Pertinence
PROBE offrira une capacité de gestion intégrée des lieux de
crimes, permettant à la police, aux équipes d’intervention
en présence de matières dangereuses et aux services
médicaux d’urgence (SMU) de se communiquer en
temps réel, lors d’incidents CBRNE, les données et les
sources d’information — chose qu’ils n’ont jamais pu faire
jusqu’ici. Ce nouvel outil automatisé offrira une base de
connaissances et du matériel afin de pouvoir détecter un
incident CBRNE et en évaluer l’ampleur rapidement, en plus
de limiter la propagation des agents CBRNE. La sécurité
des intervenants sera ainsi grandement renforcée, de même
que les programmes d’information pour le public. À la fin du
projet, les premiers intervenants seront mieux outillés pour
enquêter sur les lieux de crimes CBRNE grâce à l’utilisation
de normes nationales pour le traitement d’échantillons de
preuve CBRNE (ou contaminés) médico-légaux ou anciens.
Progrès et résultats récents
Les travaux se sont poursuivis et l’équipe du projet a créé
une deuxième version du prototype, qui tenait compte des
conclusions et des observations formulées à la suite de
l’exercice mené en 2009 avec des groupes de premiers
intervenants. La deuxième version du prototype a été livrée
à la section de l’identité judiciaire du Service de police de
Toronto et elle a été utilisée dans le cadre d’un essai sur
le terrain consacré au suivi d’éléments de preuve médicolégaux et réalisé au moyen d’un appareil d’identification par
radiofréquence.
À la phase 3 de ce projet, la deuxième version du
prototype a pu être mise à l’essai par des groupes
d’intervenants participants de la région de Halton, y
compris les services de police et les services médicaux
d’urgence de la région, ainsi que par des membres des
services de police et de santé publique de Hamilton; par
le Comité aviseur antiterrorisme de Montréal (CAAM), ainsi
que par des membres du Service de police de la Ville
de Montréal (SPVM), du Service de sécurité incendie de
Montréal et d’Urgences-santé Québec; par les services
d’incendie de Saint John, les services de police de Saint
John et Ambulance Nouveau-Brunswick, ainsi que par la
GRC à Halifax; par les services d’incendie de Coquitlam,
de Port Coquitlam et de Port Moody; par le groupe de
travail sur les urgences animalières; et par un membre des
Services d’incendie d’Ottawa.
39
CRTI 06-0317TD
PROBE – Outil de soutien sur les lieux de crime à l’intention des policiers, des équipes
d’intervention en présence de matières dangereuses et des services médicaux d’urgence
La rédaction du rapport sur les besoins et les spécifications
en matière de commercialisation est en cours. Le
rapport portera, entre autres, sur les besoins qui ont été
déterminés à la suite des exercices effectués à ce jour. Les
exercices à faire permettront de recueillir des commentaires
additionnels pour ce rapport important.
Impact
Plusieurs logiciels indépendants actuels, créés par le
secteur privé ou l’IRTC, possèdent des fonctions utiles
à la gestion des incidents CBRNE. Mentionnons entre
autres Chemical Biological Response Aid (CoBRA),
Palm Emergency Action for Chemical Weapons of Mass
Destruction (PEAC-WMD), Rapid Triage Management
Workbench (RTMW), Socius et Radio Frequency
Identification. L’équipe de projet fera fond sur ces outils en
les intégrant en un outil CBRNE unique et complet destiné
à la police, aux SMU et aux équipes d’intervention en
présence de matières dangereuses.
Étant donné que PROBE emploie des produits qui ont fait
leurs preuves sur le plan commercial – RTMW, déployé en
Asie du Sud-Est; Socius, mis en application en Colombie
et au Canada; CoBRA et PEAC-WMD –, il est fort
probable qu’il réussira sa transition entre le développement
de technologie au début du projet et un produit
commercialisable. Autre impact de PROBE : il s’agit d’une
solution qui pourra servir aux professionnels de plusieurs
disciplines (p. ex., pompiers, ambulanciers paramédicaux
et policiers) chargés de traiter les incidents CBRNE et d’en
faire le suivi.
Les membres du projet PROBE laisseront un produit
prototype à chaque membre de l’équipe d’évaluation sur le
terrain. Ce prototype portatif donnera accès à des sources
d’information CBRNE cruciales, à des formulaires normalisés
de gestion des éléments de preuve, à des procédures
et à des formulaires normalisés pour le signalement des
incidents et à un outil de triage pour les cas comportant un
grand nombre de blessés. En outre, il sera interopérable
et permettra donc l’échange de données entre les divers
intervenants pour mieux gérer les lieux de crimes.
L’essai et l’évaluation permettront de définir les besoins qui
guideront la conception, à court et à moyen terme, de la
prochaine version de l’outil – qui sera commercialisable.
Auteurs
Sonny Lundahl, AMITA Corporation, sonnyl@amita.com
Donn MacMillan, AMITA Corporation,
sdonn.macmillan@amita.com
Ian Summerell, RDDC Centre des sciences pour la sécurité,
ian.summerell@drdc-rddc.gc.ca
40
CRTI 06-0318TD
Coopérative d’enseignement supérieur pour la surveillance des
matières dangereuses et de l’équipement
Responsable du projet :
Gendarmerie royale du Canada – Recherche et Services nationaux
Partenaire fédéral :
Collège militaire royal du Canada
Partenaire industriel :
Vertére
Autres partenaires :
Université d’Ottawa; Université Queen’s; Université Concordia
Objectifs
La plupart des universités du Canada ne tiennent pas
d’inventaires précis des matières dangereuses qu’elles
possèdent, et celles qui le font ne suivent pas un modèle
uniforme, de sorte que les inventaires qui existent ne
sont pas tous très utiles à des fins d’administration ou de
réglementation ni accessibles aux premiers intervenants.
Dans un contexte où le terrorisme prend de plus en plus de
place, on adopte de plus en plus de règlements qui exigent
la production de rapports sur des produits chimiques et des
matières dangereuses. Parallèlement, les tribunaux exigent
depuis quelque temps que les institutions démontrent
qu’elles ont fait preuve de diligence raisonnable dans la
gestion et le traitement des matières dangereuses. Le
manque de contrôle dans l’obtention, l’enregistrement,
l’utilisation, l’aliénation et le signalement des matières
dangereuses pose un problème parce que les produits
chimiques et autres matières dangereuses qui se trouvent
dans les universités pourraient être utilisés dans des
attentats terroristes CBRNE.
L’objectif du projet de Coopérative d’enseignement
supérieur pour la surveillance des matières dangereuses
et de l’équipement (HECHMET) consiste à concevoir une
base de données globale où saisir les produits chimiques
dont disposent quatre universités canadiennes choisies en
fonction de leurs centres d’intérêt divers, de leurs niveaux de
recherche différents et des exigences variées en matière de
réglementation et de déclaration auxquelles elles doivent se
conformer.
Pertinence
Ce projet permettra de normaliser la gestion des stocks de
produits chimiques, une procédure qui sera avantageuse
sur plusieurs plans. Les avantages pour les universités
comprennent le respect des règlements, le contrôle du
budget et la ferme démonstration de diligence raisonnable
à l’égard des besoins en matière de santé et sécurité au
travail. Dans le contexte des incidents et des menaces
CBRNE, les administrateurs des universités auront
un accès immédiat et permanent aux inventaires de
produits chimiques et seront en mesure de reconnaître
les achats inhabituels de produits chimiques réglementés
et de matières susceptibles de servir de précurseurs aux
explosifs, aux drogues et aux armes chimiques. La base
de données fournira aux premiers intervenants un accès
à des renseignements susceptibles d’être utiles lors
d’une intervention d’urgence. En outre, elle fournira aux
enquêteurs un accès à des renseignements clés sur la
présence et l’emplacement de matériaux d’intérêt et sur
l’accès qu’on y a eu.
Progrès et résultats récents
Le projet avance bien, les universités poursuivant
l’intégration des inventaires de produits chimiques de
plusieurs de leurs facultés. Chacune a aussi autorisé
l’accès utilisateur à un segment des facultés intégrées. La
rédaction des politiques et des procédures, la préparation
des trousses de formation et le suivi des leçons apprises
se poursuivent.
Pour le bien des premiers intervenants, le logiciel permet
maintenant d’accéder à distance à l’information nécessaire
pour entreprendre une intervention sûre devant n’importe
quel genre d’incident impliquant des matières dangereuses
au campus d’une université partenaire. Le personnel
de sécurité peut aussi dorénavant suivre les stocks des
produits chimiques illicites et de matières inscrites sur
une liste qui en restreint l’utilisation, la manipulation,
l’importation ou l’exportation. À cela s’ajoutera en cours
d’année un module de commande qui permettra aux
institutions de faire le suivi et le contrôle des produits
chimiques, de leur achat à leur aliénation. Plusieurs
organes de réglementation collaborent à l’examen de la
législation fédérale et provinciale et à l’analyse de son
incidence sur les universités canadiennes. Au besoin, des
tableaux regroupant les produits chimiques visés par la
réglementation sont incorporés au module de commande.
Le logiciel vérifiera ces tableau et émettra des alertes
41
CRTI 06-0318TD
Coopérative d’enseignement supérieur pour la surveillance des
matières dangereuses et de l’équipement
lorsque des produits chimiques réglementés seront
commandés ou reçus, ce qui favorisera un suivi et un
contrôle efficaces. Des rapports prédéfinis permettront aux
universités de se conformer aux exigences de déclaration
qui leur sont imposées en vertu de la loi.
Ce projet a permis l’éclosion d’une excellente collaboration
entre les universités, la GRC, les organismes de
réglementation et le partenaire commercial, Vertére
Inventory Manager, pour concevoir un système totalement
canadien, facile à utiliser, souple et pourtant solide sur
le plan technologique, afin que soit possible l’accès à
de l’information de nature délicate auprès de quatre
institutions. Le projet ne prendra fin qu’en 2012, mais déjà,
on s’emploie à élaborer un modèle de gestion HECHMET
qui devrait être mis en œuvre une fois que prendra fin
le financement de l’IRTC. Déjà, d’autres universités se
montrent très intéressées. Au cours de la prochaine année,
l’équipe du projet compte procéder à un test, en intégrant
à la base de données l’inventaire de produits chimiques
d’une faculté d’une université ne participant pas au
projet. Ce sera un test pour les pratiques exemplaires, les
politiques, les procédures et les documents de formation
et il apportera une contribution précieuse à l’élaboration en
cours du modèle de gestion.
Impact
L’élaboration d’une base de données globale de produits
chimiques permettra l’identification rapide de précurseurs
et de matières toxiques susceptibles de servir directement
ou d’être intégrés à la fabrication d’explosifs et d’armes
ou de dispositifs chimiques de circonstance. Le projet
revêt une importance majeure pour les universités et
les organismes qui possèdent d’importantes quantités
de matières dangereuses variées auxquelles l’accès est
relativement libre. Le projet aura un impact sur le budget,
le contrôle des stocks, la sécurité des matériaux et la
diligence raisonnable. Des intervenants clés de chaque
université et des collectivités des premiers intervenants
décideront de la formation et des communications, de
manière à satisfaire les besoins des universitaires et des
intervenants.
Auteur
Jackie Demers-Kohls, Recherche et Services nationaux,
Gendarmerie royale du Canada,
jackie.demers@rcmp-grc.gc.ca
42
CRTI 07-0104TD
Détection de la radioluminescence dans l’air
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires fédéraux :
Directeur général de la sûreté nucléaire; Commission canadienne de sûreté
nucléaire; Santé Canada; Gendarmerie royale du Canada
Partenaire de l’industrie :
Bubble Technology Industries Inc.
Autre partenaire :
Atomic Weapons Establishment (Royaume-Uni)
Objectifs
L’objectif de ces travaux est de produire un détecteur
prototype mobile pour l’imagerie en champ proche de la
contamination radiologique à courte portée, grâce à la
détection de la radio luminescence dans l’air. Le projet,
d’une durée de 32 mois, a débuté en juillet 2009 et porte
sur tous les aspects de la mise au point d’instruments,
allant de la conception de nouveaux composants optiques,
mécaniques et électroniques, au développement de soussystèmes d’acquisition de données, de micrologiciels et de
logiciels. Bubble Technology Industries réalise des essais
de conception et de démonstration du principe avec la
participation de ses partenaires. La première phase du
projet, qui a pris fin en septembre 2010, s’est traduite par
la démonstration d’un prototype de travail de l’imageur. La
deuxième phase comprend la construction d’un plus grand
détecteur à plan focal et de l’électronique à bord, puis des
études de caractérisation avec les partenaires. Le prototype
final sera livré en février 2012.
Pertinence
La détection et la mesure sur place de l’activité et de
l’étendue de la contamination est l’un des défis de taille
que le personnel de radioprotection doit relever. En raison
de la faible portée de ces particules dans l’air et dans
d’autres matériaux, les techniques de détection classiques
consistent à approcher une sonde (détecteur rempli de
gaz ou détecteur à scintillation) à quelques centimètres
de la zone présumément contaminée. On procède
ensuite à une détection pouce par pouce dans la zone de
détection. Cette procédure prend beaucoup de temps et
est laborieuse; de plus, le personnel risque d’être exposé
à un rayonnement dangereux. Les détecteurs classiques
sont également susceptibles de se briser à l’emplacement
de la fragile fenêtre de Mylar qui est située sur les sondes.
L’imageur multispectral servant à détecter la contamination
radiologique (MISDORC) permet d’éviter ce problème en
détectant la scintillation dans l’air autour de la source de
contamination. Le système MISDORC utilise l’imagerie
optique pour isoler l’origine de la source de scintillation
dans un champ visuel large et pour détecter rapidement les
sources sur des surfaces planes ou profilées.
Progrès et résultats récents
Le MISDORC comprend trois composants physiques
distincts : l’imageur, un instrument motorisé panoramique
et basculant et un trépied. Chaque composant pèse moins
de 20 kilogrammes. Le matériel sur mesure a été conçu et
fabriqué pour y installer les composants optiques, le détecteur
à imagerie et les composants électroniques. Cette conception
mécanique tient compte de la nécessité de protéger les
composants optiques, de conserver la robustesse de
l’instrument et d’en faciliter le transport et la manutention.
La conception et la fabrication des composants
optiques sont terminées. Le MISDORC permet d’imager
optiquement un champ de vision de ±17° dans une bande
étroite de lumière ultraviolette (UV) avec une efficacité
optique très élevée. Il possède un détecteur à plan focal
de grande taille conçu sur mesure, qui permet d’effectuer
l’imagerie d’émission à un seul photon dans un champ
de vision large. Les composants optiques sont installés
sur un dispositif motorisé panoramique et basculant
placé au-dessus d’un trépied autoportant et sont conçus
pour contrôler une scène située à une distance de un à
trois mètres. Le montage optique comprend six lentilles
sphériques ainsi qu’une composante non sphérique.
Chaque lentille est fabriquée en silice fondue afin de faciliter
la transmission de la lumière dans le spectre UV, et est
revêtue afin de réduire au minimum les pertes de lumière
à chaque interface air-verre. La résolution optique finale
sera limitée par le granularité des détecteurs à plan focal et
non par les composants optiques. À une distance de 1,5
mètre, la granularité des pixels du détecteur correspondra
à un objet de 20 millimètres de diamètre environ, ce qui
correspond bien à la portée des particules alpha dans l’air.
43
CRTI 07-0104TD
Détection de la radioluminescence dans l’air
L’imagerie à un seul photon se fait à l’aide de quatre
tubes photomultiplicateurs (TPM) à pixels de 2 pouces
carrés. Chaque TPM a 16 x 16 pixels et 1 024 pixels
au total. Les TPM seront recouverts d’un filtre optique
sur mesure pour bloquer la lumière visible, mais pas les
UV. Des essais de démonstration du principe montrent
que les composants électroniques d’acquisition de
données spécialement conçus sont capables de fermer
rapidement les TPM et d’intégrer les signaux pour des
temps d’exposition allant jusqu’à 100 secondes, tout en
maintenant les caractéristiques à faible bruit des TPM.
L’élaboration de micrologiciels et d’algorithmes pour
logiciels est en cours pour contrôler plusieurs soussystèmes et systèmes périphériques, comme l’instrument
motorisé panoramique et basculant, le pointeur laser, le
télémètre, et ainsi de suite. De plus, les programmeurs
sont en train de mettre au point une interface graphique.
Les premiers essais du prototype indiquent que celui-ci
peut détecter actuellement une activité alpha de l’ordre
du curie submicrométrique à une distance de 1,5 mètre.
Des méthodes ont été élaborées pour éliminer ou filtrer la
lumière ambiante causant des interférences et augmenter
considérablement la profondeur de champ. Cet instrument
devrait être soumis à des essais de terrain rigoureux avec
les utilisateurs finaux au cours de l’année qui vient.
Impact
L’élaboration réussie d’un instrument pour la détection et
la mesure sur place de la contamination radiologique à
courte portée aidera à protéger le personnel de gestion des
situations d’urgence contre l’exposition au rayonnement.
Le système MISDORC est un outil beaucoup plus rapide,
précis et robuste qui facilitera la prise de mesures de la
contamination in situ.
Auteurs
Elizabeth Inrig, RDDC Ottawa,
elizabeth.inrig@drdc-rddc.gc.ca
Lorne Erhardt, RDDC Ottawa,
lorne.erhardt@drdc-rddc.gc.ca
Harry Ing, Bubble Technology Industries Inc.,
ingh@bubbletech.ca
44
CRTI 07-0109RD
La prévoyance et la visualisation de l’avenir au service de la planification, axée sur les capacités,
de la gestion des mesures d’urgence zoosanitaire au Canada : formulation et application
Responsable du projet :
Agence canadienne d’inspection des aliments
Partenaires fédéraux :
Agriculture et Agroalimentaire Canada; Santé Canada; Agence de la santé
publique du Canada
Partenaires de l’industrie :
Les Producteurs laitiers du Canada; TDV Global Inc.
Autres partenaires :
Ministère de l’Agriculture et du Développement rural de l’Alberta; Ministère de
l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario; Collèges de
médecine vétérinaire du Canada
Objectifs
Progrès et résultats récents
Une menace zoosanitaire pourrait avoir de graves
conséquences sur la santé publique, la sécurité économique,
la salubrité des aliments et l’environnement. Le système
canadien de gestion des mesures d’urgence zoosanitaire
(GMUZ) doit pouvoir efficacement permettre d’anticiper les
problèmes en santé animale, de les éviter, de s’y préparer et
d’intervenir le cas échéant. La « prévoyance », un ensemble
d’outils stratégiques par lesquels on cherche à connaître
les besoins et les priorités futurs à long terme, peut aider à
définir l’avenir probable et à éclairer la prise de décisions clés
concernant les investissements dans les capacités.
La phase 2 s’est achevée à l’automne 2010 avec la
formulation d’une vision commune du système de GMUZ.
Inspirée des renseignements et des résultats relatifs au
processus de prévoyance, la vision a été élaborée en
fonction de l’interdépendance reconnue entre la santé
animale, la santé publique, la santé des écosystèmes et la
santé économique. Une série de capacités clés appuient
cette vision, et leur perfectionnement continu est essentiel
pour atteindre les résultats requis en 2025 et au-delà à
l’égard du système de GMUZ. Les capacités clés de cette
vision sont les suivantes : la gouvernance et le processus
décisionnel; l’information et les communications; l’expertise
et le personnel; les sciences et la technologie; ainsi que les
politiques, les lois et les règlements.
Le projet comporte trois activités :
•
•
•
étape 1 — Planification, apprentissage et
développement de la communauté;
étape 2 — Application de la prévoyance à la gestion des
mesures d’urgence zoosanitaire;
étape 3 — Élaboration des priorités.
Grâce à la participation des partenaires fédéraux,
provinciaux, universitaires et industriels, le projet vise à
utiliser la prévoyance en tant que partie intégrante de la
planification axée sur les capacités.
Pertinence
La prévoyance permet de tenir compte des perspectives à
long terme quand vient le temps de déterminer les risques
et les besoins futurs ainsi que les capacités nécessaires.
La prise en compte de l’avenir prévu dans la gestion des
investissements peut constituer un élément extrêmement utile
du processus de planification stratégique, particulièrement
au sein des organismes qui s’intéressent aux dépenses en
capital consacrées à la gestion des urgences et travaillent
dans un environnement pluri-gouvernemental.
On a poursuivi l’élaboration, au cours de la phase 3,
d’un modèle axé sur les capacités en faisant appel à une
collectivité constituée d’intervenants multiples et de plusieurs
disciplines, à des groupes de travail et à un atelier spécialisé
en février 2011. Au cours de l’atelier, chaque domaine
connexe de capacité clé a été défini en fonction d’un
résultat voulu de même que des principes et des éléments
d’orientation. On a également cerné et évalué la pertinence
des initiatives existantes et futures qui contribuent déjà à
réaliser les capacités désirées.
Afin de favouser la réalisation de la vision, la collectivité
a élaboré et utilisé une nouvelle approche en matière de
prévoyance, qui permettra de produire une feuille de route
basée sur les résultats, ancrée dans le présent avec des
initiatives novatrices existantes, et de la relier à la réalisation
de la vision future par le biais d’une série de résultats
intermédiaires. L’élaboration de ces feuilles de route fait en
sorte qu’il n’y ait pas de dédoublement du travail et que les
activités de mise en place des prochaines capacités soient
45
CRTI 07-0109RD
La prévoyance et la visualisation de l’avenir au service de la planification, axée sur les capacités,
de la gestion des mesures d’urgence zoosanitaire au Canada : formulation et application
étroitement liées aux résultats des activités déjà en cours. La
responsabilité collective à l’égard de l’élaboration de priorités
et de la réalisation de résultats définis est renforcée par le biais
de la vision commune issue de la prévoyance.
Impact
La formulation concertée de résultats possibles au-delà
de l’horizon traditionnel de planification stratégique permet
de mieux cerner les capacités futures nécessaires en
gestion des urgences. La mise en œuvre de la prévoyance
favorise également l’obtention d’un consensus entre les
diverses instances sur les lacunes actuelles du système de
gestion des urgences et sur les changements de nature
opérationnelle et stratégique à apporter pour corriger ces
lacunes.
La recherche-développement sur les façons les
plus efficaces d’effectuer de la prévoyance dans les
organismes du secteur public aidera les planificateurs à
mieux connaître les concepts et méthodes à employer
pour déterminer les facteurs essentiels au succès et les
pratiques optimales, et pour dégager des leçons utiles de
l’utilisation efficace de ces concepts et méthodes.
Auteur
Shane Renwick, Agence canadienne d’inspection des
aliments, shane.renwick@inspection.gc.ca
46
CRTI 07-0121RD
Blindage composite léger pour la protection contre les engins explosifs de circonstance :
une solution reposant sur les nanotubes de carbone monoparoi
Responsable du projet :
Conseil national de recherches Canada – Institut Steacie des sciences
moléculaires
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada – Institut de recherche aérospatiale et
Institut des matériaux industriels; Gendarmerie royale du Canada
Partenaire de l’industrie :
Allen-Vanguard Corporation
Autres partenaires :
Université de la Colombie-Britannique; Université McGill
Objectifs
Progrès et résultats récents
L’objectif de ce projet de trois ans est d’atténuer les dangers
d’explosion et de projectiles pour les premiers intervenants
grâce à un vêtement pare-balles dont le poids a été
considérablement réduit. Le projet vise à réduire de 25 % le
poids des composants protecteurs du vêtement. L’objectif
sera atteint en améliorant l’architecture des matériaux
actuellement utilisés, puis en élaborant des matériaux
plus légers et de plus haute performance, tous basés sur
l’utilisation de nanotubes de carbone monoparoi, matériau le
plus solide connu.
L’installation de production des nanotubes de carbone
monoparoi (SWCNT) au Conseil national de recherches du
Canada (CNRC) fonctionne de façon routinière. L’emphase
est présentement mise sur l’amélioration du rendement
(cible de 80 %) afin de limiter le post-traitement.
Le projet est divisé en cinq tâches, associées à un
mécanisme de rétroaction qui permet d’améliorer le
matériel, le processus et les propriétés : tâche 1, Production
et certification de qualité des nanotubes de carbone
monoparoi; tâche 2, Intégration et fabrication; tâche 3, Tests
et modélisation; tâche 4, Fabrication des pièces et insertion
dans le rêtement; tâche 5, Essais sur terrain.
Pertinence
L’équipement de protection individuelle actuellement
disponible pour la neutralisation des explosifs et des
munitions (NEM) protège des dispositifs explosifs
de circonstance (IED); toutefois, son poids le rend
malcommode dans certaines situations, notamment celles
qui nécessitent une réaction rapide ou des actions longues,
ou celles impliquant des conditions extrêmes. Lorsque des
menaces multidimensionnelles surviennent, telles que la
combinaison d’un IED et d’un agent CBRN, le contrôle du
poids du vêtement pare-balles devient encore plus crucial.
Les efforts sont maintenant concentrés sur la tâche 2 afin
de produire les échantillons pour entamer les tâches 3 et 4
le plus rapidement possible. Les cinq activités proposées
dans le cadre de la tâche 2 ont démarré et la sélection des
matériaux progresse.
Première activité – Composites polyacrylique-SWCNT : Un
protocole en deux étapes pour intégrer les SWCNT dans
des composites polyacryliques a été élaboré, puis des
échantillons ont été fabriqués et testés. Comme aucune
amélioration notable de la protection balistique n’a été
mesurée, ces travaux ont été abandonnés.
Deuxième activité – Composites polycarbonate-SWCNT
et Composites polyéthylène à poids moléculaire très élevé
(UHMWPE)-SWCNT : Des méthodes de greffage chimique
ont été développées (brevet en instance) pour intégrer les
SWCNT dans le polycarbonate (PC) et UHMWPE. Les
composites de PC-SWCNT ont été fabriqués et sont en cours
d’essais. Des fibres d’UHMWPE-SWCNT ont été produites
par filature en coagulation. Les premiers essais démontrent
une amélioration significative du module de Young.
Troisième activité – Intégration des SWCNT dans les
résines telles que le vinylester : La composition chimique
permettant d’ancrer les nanotubes de carbone monoparoi
dans des résines vinylesters a été élaborée avec succès.
47
CRTI 07-0121RD
Blindage composite léger pour la protection contre les engins explosifs de circonstance :
une solution reposant sur les nanotubes de carbone monoparoi
Quatrième activité – Fibres, fils et tissus de SWCNT :
Une méthode de fabrication de cristal liquide lyotropique
à partir de nanotubes de carbone monoparoi a été
élaborée et utilisée pour fabriquer des fibres de nanotubes
de carbone monoparoi purs. Par ailleurs, des fibres de
nanotubes de carbone purs ont été fabriquées par filature
en coagulation. Des tests mécaniques sont actuellement
en cours sur ces fibres. Un processus visant à fabriquer par
électrofilature des fibres polyacrylonitriles (PAN)/nanotubes
de carbone monoparoi a été élaboré avec succès. Des tests
mécaniques sont actuellement en cours. Une méthode pour
intégrer les SWCNT dans les fibres de Kevlar (brevet en
instance) et les essais initiaux ont donné des améliorations
significatives de la solidité. Cette méthode est présentement
en cours d’évaluation pour les tissus de Kevlar.
les premiers avantages des matériaux améliorés grâce à la
nanotechnologie. Il est possible d’obtenir différents niveaux
d’amélioration des capaciés ou des propriétés, ou des
réductions du poids à l’aide des nanotubes de carbone
monoparoi, selon le type de technologie de matériau de
protection, allant des viseurs au blindage souple, en passant
par les casques, le blindage rigide et les composites
de polyéthylène haute densité. Des percées dans un
ou plusieurs de ces domaines peuvent avoir de vastes
répercussions sur la nature multifonction du blindage.
Cinquième activité – Feuilles de SWCNT et hybrides :
Diverses formes de papiers « nanotubes » ont été réalisés
et testés mécaniquement. Les échantillons pour les essais
balistiques sont en préparation. De plus, deux techniques
d’imprégnation ont été testées et évaluées.
Dans le cadre de la tâche 3, l’équipe de projet a examiné
les algorithmes de modélisation pour la pénétration et la
perforation, puis étudié les mécanismes de pénétration et
de perforation des conceptions de vêtements pare-balles.
De plus, elle a utilisé un modèle computationnel fondé
sur une architecture de fibres, afin d’aider à la conception
et à la sélection de la combinaison matrice/nanotubes
de carbone et à l’orientation géométrique des fibrilles.
Des échantillons on été soumis à des tests mécanique
et balistiques avec des résultats encourageants. Dans le
cadre de la tâche 4, des systèmes hybrides de nanotubes
de carbone et Kevlar, au niveau des fibrilles et du fil, ont fait
l’objet de démonstrations. Les résultats préliminaires sont
encourageants.
Impact
L’intégration réussie des nanotubes de carbone monoparoi
dans les domaines cibles des matériaux de protection
peut soit réduire largement le poids réparti sur plusieurs
zones des composants du vêtement pare-balles, soit,
pour le même poids, ajouter une protection où elle
n’existe pas actuellement. Tout le personnel militaire,
les corps de police et les premiers intervenants portent
divers niveaux de vêtements pare-balles soit pour la
neutralisation des explosifs et des munitions, soit dans
d’autres environnements où les menaces sont importantes.
Ce projet offrira à ce grand groupe de personnel essentiel
48
Auteur
Benoit Simard, Conseil national de recherches Canada,
benoit.simard@nrc-cnrc.gc.ca
CRTI 07-0132TA
Système portatif d’épreuve par puces électroniques en cas d’agrobioterrorisme :
détection et typage d’agents d’agroterrorisme à haut risque
Responsable du projet :
Agence canadienne d’inspection des aliments
Partenaire de l’industrie :
Nexogen, Inc.
Autre partenaire :
Institute for Animal Health
Objectifs
Le projet vise principalement à donner une formation aux
utilisateurs finaux et à mettre à leur disposition des outils de
détection d’agents à haut risque en cas d’agrobioterrorisme.
Il s’agit de fournir des outils de détection d’agents à haut
risque pour les bovins et les oiseaux, adaptés à une
technologie automatisée, portative et intégrée qui combine
la préparation de l’échantillon, la réaction en chaîne de la
polymérase (PCR) ultra-rapide et la technologie de puces
électroniques au carbone. L’épreuve pour les bovins
cible les agents, comme la peste bovine, la stomatite
vésiculeuse et la fièvre catarrhale maligne des bovins,
tandis que l’épreuve pour les oiseaux cible la grippe aviaire
et la maladie de Newcastle. Au cours de la première
étape du projet, l’Agence canadienne d’inspection des
aliments (ACIA) et Nexogen mettront au point des épreuves
pouvant être utilisées avec la plate-forme existante de
puces électroniques puis, durant la deuxième étape, elles
transféreront ces épreuves sur le nouvel appareil portatif
qui pourra effectuer toutes les opérations, de la préparation
de l’échantillon à la production du résultat. Les troisième et
quatrième étapes seront consacrées aux tests de validation,
tant à l’ACIA qu’à l’Institute for Animal Health du RoyaumeUni, et aux essais sur le terrain par l’utilisateur final, le
Bureau du vétérinaire de district.
Pertinence
Ce projet répond aux préoccupations en matière de capacité
d’enquêtes criminelles et d’enquêtes relatives à la sécurité
nationale grâce à une plate-forme ouverte permettant le
typage hautement spécifique de sous-types et de sérotypes
ainsi que l’identification de souches d’agents à haut risque,
dans le cadre d’une analyse criminalistique. L’identification
rapide de multiples souches pendant une attaque terroriste
pourra accélérer le processus d’enquête criminelle. Le
système portatif d’épreuve par puces électroniques visant
la détection et le typage d’agents à haut risque pour les
bovins et les oiseaux constitue une nouvelle technologie qui
sera utilisée à la ferme. Il permettra des tests rapides et une
gestion efficace en cas d’éclosion ou d’attaque réelle ainsi
qu’une mise en quarantaine de la ferme pour une période
minimale si les soupçons d’éclosion se révèlent non fondés.
Progrès et résultats récents
Ce projet a débuté officiellement en janvier 2009. Trois
épreuves ont été mises au point à l’aide de l’appareil
NanoChip 400 : la détection d’agents à haut risque pour
les bovins et les oiseaux, et l’identification des souches du
virus de la fièvre aphteuse.
Dans le cas de l’épreuve de détection d’agents à haut
risque pour les bovins, des amorces pour sept cibles
(agents causant la stomatite vésiculeuse, la diarrhée
virale des bovins, la rhinotrachéite infectieuse bovine, la
fièvre catarrhale maligne des bovins, la peste bovine, la
fièvre catarrhale du mouton et le virus parapox) ont été
incorporées à des PCR multiplex, et des sondes ont été
conçues et évaluées pour tous les virus cibles. Trente-sept
souches virales ont été amplifiées et détectées avec le
NanoChip. L’épreuve a également été validée au moyen
d’échantillons cliniques.
La validation de l’épreuve de dépistage d’agents
pathogènes aviaires à haut risque a été effectuée pour
le sous-typage de la neuraminidase (NA) du virus de
l’influenza aviaire (IA), la détection des virus de l’IA et de
la maladie de Newcastle, ainsi que pour la détermination
du pathotype du virus de la maladie de Newcastle. Pour
le sous-typage de la NA du virus de l’IA, le NanoChip a
permis d’amplifier 42 souches représentant les neuf soustypes de la NA. l’équipe de projet a mis au point une PCR
multiplex pour amplifier, d’une part, un produit génique
de la matrice du virus de l’IA afin de détecter ce virus et,
d’autre part, des produits géniques de matrice et de fusion
du virus de la maladie de Newcastle pour la détection du
virus de la maladie de Newcastle et la détermination de son
pathotype, respectivement. Vingt-deux souches du virus
de la maladie de Newcastle et 42 souches du virus de l’IA
ont été amplifiées au moyen de cette PCR multiplex, et
49
CRTI 07-0132TA
Système portatif d’épreuve par puces électroniques en cas d’agrobioterrorisme :
détection et typage d’agents d’agroterrorisme à haut risque
toutes les souches ont été correctement identifiées avec
les sondes de détection ou, dans le cas du virus de la
maladie de Newcastle, avec les sondes de détermination
du pathotype. Cent vingt-quatre échantillons cliniques ont
été utilisés pour valider la composante de sous-typage
de la NA, et 44 échantillons cliniques enrichis ont servi à
valider la composante de détection et de détermination du
pathotype du virus de la maladie de Newcastle.
criminalistique effectuée sur le terrain, la période de
quarantaine peut être réduite au minimum. La technologie
de puces électroniques mise au point pour ce projet
répond aux exigences d’un système de détection portatif
et fortement multiplexé, adapté à la grande variabilité
génétique des virus concernés. Les sondes utilisées dans
les épreuves sont la propriété intellectuelle de l’ACIA.
En ce qui concerne l’épreuve d’identification des souches
du virus de la fièvre aphteuse, l’équipe de projet a conçu
137 sondes spécifiques aux souches pour trois ou quatre
régions génétiques hautement variables des souches
sélectionnées, représentant les sept sérotypes du virus
de la fièvre aphteuse. Trente-trois amplicons ont été mis
à l’essai avec les sondes spécifiques aux souches, et
seulement deux d’entre elles n’ont pas permis de détecter
la souche cible. Des réactions croisées avec des souches
non ciblées du même sérotype ont parfois été observées,
mais les profils de réactivité des souches aux sondes
dans l’ensemble des sites pouvaient être utilisés pour
distinguer les souches, même celles qui étaient étroitement
apparentées.
Les sondes pour les trois épreuves ont été mises à
l’essai sur un nouveau système à puces électroniques de
carbone qui sera utilisé avec les nouveaux appareils, de
la préparation de l’échantillon à la production du résultat.
L’optimisation de ces épreuves sur le nouveau système
à puces électroniques et les nouveaux appareils est en
cours.
Impact
Les agents pathogènes à haut risque pour les animaux
d’élevage intéressent les terroristes en raison des
effets dévastateurs qu’ils auraient sur l’économie et la
psychologie de la population en cas d’attaque. Ces agents,
s’ils étaient introduits au Canada dans des populations
animales naïves (susceptibles), auraient des conséquences
désastreuses sur l’industrie agricole nationale. Par
conséquent, il est urgent de concevoir un test rapide,
utilisable à la ferme par les premiers intervenants (à savoir
les vétérinaires de district), en cas d’éclosion soupçonnée.
Il faut également mettre en place des mesures pour
promouvoir la vigilance parmi les producteurs, mais il
sera plus facile de s’assurer la collaboration de toute la
collectivité si l’on veut que la mise en quarantaine dure le
moins longtemps possible dans les cas où les soupçons
d’éclosion se révèlent non fondés. Grâce à l’analyse
50
Auteurs
Oliver Lung, Agence canadienne d’inspection des aliments,
oliver.lung@inspection.gc.ca
Dalibor Hodko, Nexogen, Inc., dhodko@nexogentech.com
John Pasick, Agence canadienne d’inspection des aliments,
john.pasick@inspection.gc.ca
CRTI 07-0135RD
Renforcer la résilience et la capacité du système de santé rural pour
la planification et la préparation aux sinistres
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada
Partenaires fédéraux :
Ressources naturelles Canada; RDDC Centre des sciences pour la sécurité;
Agriculture et Agroalimentaire Canada – Secrétariat rural
Partenaire de l’industrie :
Pearces 2 Consulting Corporation
Autres partenaires :
Justice Institute of British Columbia – Emergency management Division;
Université Royal Roads
Objectifs
Progrès et résultats récents
En réponse aux impératifs sociaux pour une planification
accrue des mesures d’urgence dans les « collectivités
oubliées », l’équipe de projet, en collaboration avec les
partenaires du projet et les collectivités, exécutera la
conception, les essais préalables et la diffusion d’une série
d’indicateurs, d’outils et de documents de formation simples,
conviviaux et efficaces pour permettre aux décideurs et
aux praticiens d’évaluer la capacité et la résilience des
systèmes de santé et des collectivités en milieu rural. L’équipe
élaborera un cadre intégré de gestion, de communication
et d’évaluation du risque pour améliorer la planification
de l’intervention organisationnelle tous risques ainsi qu’un
ensemble d’indicateurs de résilience de la collectivité rurale.
Les programmes de formation bilingues, les outils et les
réseaux en ligne fourniront aux collectivités rurales, côtières
et éloignées au Canada des ressources et des protocoles
pleinement opérationnels pour prévoir et atténuer les risques.
En se servant de multiples sources primaires et
secondaires de données et en collaborant avec les chefs
communautaires et les partenaires clés, l’équipe de
recherche entreprendra une évaluation des besoins et
conduira des projets pilotes pour tester les programmes de
formation et d’apprentissage dans diverses communautés.
Dans le contenu et le processus, il y aura un effort pour
renforcer le Réseau canadien du genre et des désastres
(RCGD), et de la facilitation des communications entre
plusieurs réseaux, afin de soutenir le « réseau de réseaux »
(c.-à-d. une communauté virtuelle de pratique). De plus, le
contenu et le processus fourniront la formation assistée par
le Web, l’échange des connaissances et la création de la
capacité pour cinq communautés pilotes ou plus.
Pertinence
Au Canada et à l’échelle internationale, les investissements
en planification et intervention d’urgence en cas d’incident
CBRNE et tous risques sont généralement concentrés dans
les centres urbains. Toutefois, des attaques – intentionnelles
ou non – visant les humains et l’approvisionnement
alimentaire ou en eau auront des répercussions directes sur
les collectivités rurales, éloignées et côtières. En outre, les
menaces CBRNE dans les centres urbains compromettent
l’infrastructure de soins de santé de ces collectivités en raison
de coupures au niveau du système d’approvisionnement
et du personnel. Les collectivités rurales, éloignées et
côtières font donc face à trois risques : moins de ressources
humaines et financières; moins d’infrastructure pour les
mesures d’urgence; et des défis à long terme particuliers,
notamment des « désastres au ralenti » dus à la géographie,
à l’isolement et à la démographie.
Le réseau de réseaux inclura, entre autres, le RCGD,
le Réseau de recherche sur la gestion des océans
(RRGO), le groupe de travail international psychosocial de
l’Association mondiale pour la médecine d’urgence et des
désastres (AMMUD), le Groupe de travail psychosocial
NEPAC de l’Agence de la santé publique du Canada
(ASPC), le réseau canadien pour la mesure du risque
(RCMR), le Réseau canadien pour la santé des femmes
(RCSF), et des hyperliens aux agences des Nations Unies,
aux organisations non gouvernementales et aux ministères
du gouvernement.
Afin de guider le travail du Justice Institute of British
Columbia (JIBC) et de ses partenaires, deux comités
de référence d’experts seront convoqués : un comité
de référence d’experts en gestion des urgences et un
comité de référence d’experts dans l’application des
connaissances. Ces comités fourniront la connaissance
technologique et verront au contrôle de la qualité des
produits éducationnels et au contrôle interne des pairs pour
les rapports et les publications du projet. Les partenaires
51
CRTI 07-0135RD
Renforcer la résilience et la capacité du système de santé rural pour
la planification et la préparation aux sinistres
clés, les experts-conseils et les personnes ressources de
ce projet incluent les ministères et organismes fédéraux,
provinciaux et territoriaux ainsi que plusieurs chercheurs
universitaires au Canada et à l’étranger, notamment
de l’Université de Canterbury en Nouvelle-Zélande et
de l’Université du Minnesota aux États-Unis; le Centre
McLaughlin pour l’évaluation des risques de santé des
populations et l’Institut pour la santé des populations de
l’Université d’Ottawa; et des organisations nationales et
internationales non gouvernementales (ONG) telles que
l’Indice de progrès véritable – Atlantique; et l’Association
mondiale pour la médecine d’urgence et des désastres
(AMMUD).
Les résultats atteints pendant la première année du projet
sont un rapport d’analyse documentaire, le développement
d’un site Web ainsi qu’une campagne préliminaire
d’échantillonnage et de codage, la création du Comité
directeur, des ateliers de recherche et des présentations à
des conférences nationales et internationales. Le rapport
d’analyse documentaire assurera le développement
informé d’un cadre de gestion du risque et des indices de
la résilience pour deux résultats de projet dus en juin et
en septembre 2010. La réunion initiale du projet ainsi que
l’atelier du Comité directeur du projet ont été offerts par le
JIBC à New Westminster, en avril 2009.
En novembre 2009, le Bureau de la recherche appliquée
et le Centre pour les programmes autochtones du
JIBC ont accueilli 40 personnes pour une retraite, afin
d’assurer l’engagement des partenaires du projet, des
experts ruraux et éloignés venant des universités, des
ONG et des organismes gouvernementaux et de discuter
de la résilience des communautés autochtones, de
l’éthique de recherche et du protocole pour la recherche
communautaire et le réseautage avec les communautés
rurales et éloignées. L’échantillonnage préliminaire est
déjà commencé dans plusieurs communautés pilotes,
rurales, éloignées et côtières à l’intérieur de la ColombieBritannique et sur l’île de Vancouver.
Impact
L’engagement continu des citoyens et des partenaires s’est
avérée excitant et inspirant. Un chercheur de Ressources
naturelles Canada s’est tout récemment joint à l’équipe
du projet pour collaborer au Cadre intégré de gestion du
risque et de la communication, à l’Indice de la résilience
communautaire rurale et à la communauté virtuelle de
pratique, ce qui réunit deux projets de l’IRTC.
52
Auteurs
Carol Amaratunga, Justice Institute of British Columbia,
camaratunga@jibc.ca
Robin Cox, Royal Roads University, robin.cox@royalroads.ca
Laurie Pearce, Pearces 2 Consulting Corporation,
lauriepearce@shaw.ca
CRTI 07-0150TD
Le continuum des soins à accorder aux blessés
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires de l’industrie :
AMITA Corporation; CAM Emergency Preparedness; Correct Solutions;
E-Privacy Management Systems Inc.
Autres partenaires :
British Columbia Ambulance Service; Croix-Rouge canadienne; Hôpital Queen
Elizabeth II; Université Queen’s; Services médicaux d’urgence de Toronto;
Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa
Objectifs
Le projet du continuum des soins à accorder aux blessés
(CCC) visait avant tout à améliorer les interventions en cas
d’accident en fournissant de meilleurs renseignements aux
intervenants. On a constaté que les systèmes actuels ont
des lacunes pour ce qui est de suivre les blessés et de
fournir rapidement des renseignements exacts aux décideurs
municipaux, provinciaux et fédéraux. Ce projet répond
aux défis liés à la gestion des blessés, depuis les lieux
d’un accident jusqu’au service des urgences de l’hôpital.
L’intégration complète des données que le projet fournira sur
l’accident engendrera un continuum de soins depuis les lieux
de cet accident jusqu’au service des urgences.
L’un des objectifs du projet du CCC était d’améliorer
le Système de gestion du triage rapide (SGTR), mis au
point dans le cadre du projet CRTI 0060TA, pour en
faire un nouveau système unifié de gestion des blessés.
Les renseignements précis fournis par le SGTR seront
accessibles en continu, et ce, à tous les stades des soins.
En fin de compte, ce processus améliorera les résultats
grâce à l’efficacité accrue, à une plus grande sensibilisation
de la situation à l’interne et à de meilleures communications
avec le public.
Le projet du CCC a suivi un plan en six étapes échelonnées
sur deux ans. La première étape comportait les activités
d’amorce du projet, comme l’adjudication des contrats
et la production d’une charte et de plans. La deuxième
étape comprenait le déploiement du SGTR existant auprès
du British Columbia Ambulance Service (BCAS) et des
Services médicaux d’urgence de Toronto. La troisième étape
portait sur la démonstration des technologies propres au
SGTR. La quatrième étape visait l’amélioration du système
pour aboutir au système unifié de gestion des blessés.
À la cinquième étape, on assistait à la démonstration
technologique de la capacité du système unifié de gestion.
La sixième et dernière étape consistait en une évaluation du
système unifié de gestion des blessés du CCC, à laquelle
s’ajoutait la fourniture des protocoles d’intervention achevés.
Au-delà du projet lui-même, l’équipe prévoit que les
collaborations établies dans le contexte du CCC formeront
le noyau d’un consortium qui adoptera cette technologie et
en encouragera l’application dans l’ensemble du Canada.
Pertinence
Le projet du CCC offre une solution systémique pour le
suivi et la gestion des blessés dans le cadre d’incidents
tous risques comportant des membres du public atteints
ou non. Le projet améliore aussi les communications entre
les intervenants et d’autres parties prenantes en fournissant
un point d’accès commun pour la collecte et la distribution
des renseignements sur les blessés et sur d’autres éléments
essentiels tels que les équipements de protection contre les
agents et les ressources informationnelles sur le traitement
et les dangers. En outre, la solution CCC aide à identifier la
scène d’un crime, dans les cas où la personne ayant causé
l’accident figurera parmi les victimes. Le CCC indique quand
et où chaque blessé est entré dans le système, l’endroit où
il a reçu des soins, et dans quelle installation il se trouve. Il
aide aussi à repérer les fournisseurs de soins et les autres
victimes qui auront été exposés au moment de leur contact
avec une personne contaminée. Grâce à cette capacité de
suivi des blessés, le CCC réduira au minimum la souffrance
allant de pair avec l’incident.
Progrès et résultats récents
La première étape, soit le lancement du projet, a pris fin
en avril 2009. Les produits associés à cette étape sont la
charte, la définition et les plans du projet, l’adjudication des
contrats, les critères de réussite et la portée fonctionnelle
du projet.
La deuxième étape, soit la mise en circulation de la
première version de la solution CCC, a pris fin en
décembre 2009. Les produits associés à cette étape sont
le premier numéro du bulletin d’information sur le projet;
53
CRTI 07-0150TD
Le continuum des soins à accorder aux blessés
un examen du déroulement des activités médicales; et la
conception, la formation et le déploiement de la première
version du CCC au British Columbia Ambulance Service et
aux Services médicaux d’urgence de Toronto.
La troisième étape, soit la démonstration de la première
version du système CCC, a pris fin en mars 2010. Les
produits associés à cette étape comprennent la deuxième
version du bulletin d’information sur le projet et des
exercices de démonstration techniques à Vancouver et
Toronto.
La quatrième étape, comprenant la mise en circulation
de la deuxième version du système CCC, et la cinquième
étape, soit la démonstration technologique de la deuxième
version de la solution CCC, ont pris fin en septembre 2010.
La sixième étape, soit la clôture du projet, devait être
achevée en mars 2011.
Impact
Le projet du CCC touche simultanément à plusieurs
domaines prioritaires de l’IRTC. En effet, le système
CCC aura un effet marqué tant sur la préparation que
sur les interventions, et il permet d’effectuer les priorités
suivantes : triage des personnes touchées par un incident
CBRNE, dans la salle des urgences et avant leur arrivée
dans cette salle; élaboration d’outils ou de techniques
pour pouvoir, immédiatement ou sur place, repérer,
diagnostiquer ou surveiller les effets dus aux incidents
CBRNE. Le projet a aussi permis les activités suivantes :
mise au point des modèles, des méthodes, des techniques
et des outils de formation pour aider les intervenants
médicaux à faire face à un incident CBRNE; élaboration
des méthodes de collecte de renseignement et d’analyse
judiciaire, des outils d’enquête et des technologies qui
aident à détecter et à identifier les matières dangereuses
causant un incident CBRNE et à en connaître la source.
En outre, le projet du CCC fait avancer la priorité relative
aux technologies émergentes en intégrant le SGTR à la
technologie d’identification par radiofréquence pour suivre
le cheminement des victimes dans le système.
La transition du CCC-SGTR entre l’étape de
la démonstration technologique et celle de la
commercialisation d’un produit industriel est réaliste. Le
SGTR, à la base du projet du CCC, est déjà déployé en
Asie du Sud-Est.
54
Auteurs
Sonny Lundahl, AMITA Corporation, sonnyl@amita.com
Diana Wilkinson, RDDC Ottawa,
diana.wilkinson@drdc-rddc.gc.ca
CRTI 07-0176TD
Norme nationale sur la conception et l’évaluation des bâtiments afin
de les protéger contre l’effet de souffle
Responsable du projet :
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada – Direction générale
des biens immobiliers
Partenaires fédéraux :
Gendarmerie royale du Canada; Ressources naturelles Canada – Laboratoire
canadien de recherche sur les explosifs; Affaires étrangères et Commerce
international Canada
Partenaires de l’industrie :
Association canadienne de normalisation; ABSG Consulting; Conseil canadien
du bois
Autres partenaires :
Université McMaster; Université d’Ottawa; Université Carleton; Université de
Western Ontario
Objectifs
Pertinence
Le présent projet a pour objectif d’améliorer l’état de
préparation du Canada ainsi que sa capacité de prévention
grâce à l’élaboration d’une norme nationale sur la
conception et l’évaluation des bâtiments afin de les protéger
contre l’effet de souffle. La nouvelle norme nationale de
l’Association canadienne de normalisation (CSA) fournira des
méthodologies uniformes pour la conception et l’évaluation
des bâtiments afin de les protéger contre l’effet de souffle.
Elle fournira également les critères pour déterminer la
résistance adéquate au souffle des bâtiments nouveaux
et existants. Les responsables de la gestion des urgences
peuvent utiliser la nouvelle norme pour mieux « préparer » les
bâtiments contre l’effet de souffle et mieux « empêcher » les
bâtiments d’être exposés aux menaces de souffle.
Le projet traite du besoin d’élaborer des lignes directrices
et des codes uniformes pour les méthodologies utilisées
lors de l’évaluation ainsi que pour les critères des niveaux
requis aux fins de protection des bâtiments contre l’effet de
souffle. La nouvelle norme nationale comblera cette lacune
en fournissant une orientation sur les exigences en matière
de conception et d’évaluation, y compris des principes
pour l’établissement de paramètres adéquats de mesure
de la menace et de mesure du rendement, des procédures
d’analyse ainsi que des procédures d’essai. L’amélioration
de la conception des bâtiments permettra de bien préparer
le Canada contre les explosions. Une évaluation de la
vulnérabilité plus exacte des bâtiments existants donnera
lieu à une amélioration plus précise du rendement de ces
derniers, prévenant ainsi des désastres en cas d’effet de
souffle.
Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
(TPSGC) dirige et gère le projet. La CSA gère le Comité
technique chargé de l’élaboration de la nouvelle norme,
tandis que l’Université McMaster gère la recherche ciblée
à l’appui de l’élaboration de la norme. Le Laboratoire
canadien de recherche sur les explosifs de Ressources
naturelles Canada, pour sa part, agit à titre de conseiller
technique de TPSGC et appuie la recherche ciblée qui sera
réalisée par l’Université McMaster et l’Université d’Ottawa.
Enfin, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), le ministère
des Affaires étrangères et du Commerce international
(MAECI) et ABSG Consulting donnent des conseils
techniques et définissent les exigences techniques et celles
des utilisateurs finaux.
Progrès et résultats récents
Le projet comporte quatre parties: un examen critique
des normes et des codes existants sur la conception et
l’évaluation des bâtiments pour les protéger contre l’effet
de souffle; la mise sur pied d’un comité technique (CT)
de la CSA; l’élaboration de la norme avec l’appui de la
recherche ciblée; la formation des utilisateurs finaux sur
l’utilisation de la norme.
L’examen critique a donné lieu à l’établissement d’un
rapport contenant des recommandations sur : a) le
caractère adéquat, la faisabilité, les avantages et les
inconvénients de l’utilisation de résultats de recherche, de
lignes directrices et de normes existants, en totalité ou en
partie, dans l’élaboration de la nouvelle norme canadienne;
b) un aperçu préliminaire de la nouvelle norme; et
55
CRTI 07-0176TD
Norme nationale sur la conception et l’évaluation des bâtiments afin
de les protéger contre l’effet de souffle
c) l’ébauche d’un plan pour la recherche ciblée à l’appui de
l’élaboration de la norme.
norme nationale sera axée sur l’état de préparation aux
incidents et sur la prévention des incidents comportant
l’effondrement du bâtiment.
Un comité technique CSA pour l’élaboration de la norme
a été mis sur pied à l’automne 2008. Les membres
constituent une équipe bien équilibrée de chercheurs, de
spécialistes, d’organismes de réglementation ainsi que
de propriétaires et de responsables du fonctionnement
des immeubles. Le président et le vice-président sont des
membres de cette équipe de projet de l’IRTC. L’élaboration
de la norme a commencé lors de la première réunion du
comité en septembre 2008. Il est prévu que la norme
sera prête à faire l’objet d’une évaluation par le public [au
printemps de 2011], d’un vote par le comité technique à
l’automne de 2011 et d’une publication à l’hiver de 2012.
À l’appui de l’élaboration de la norme, une recherche
ciblée est réalisée par l’Université McMaster et l’Université
d’Ottawa, avec l’aide du Laboratoire canadien de
recherche sur les explosifs, de l’Université Carleton, de
l’Université de Western Ontario et du Conseil canadien du
bois. Le transfert de technologie, qui se fera sous forme
de séances de formation à l’intention des utilisateurs finaux
de la GRC, de TPSGC et du MAECI sur l’utilisation de la
norme, est prévu pour l’été 2011.
Impact
Des explosions récentes ont mis en évidence le besoin
urgent de protéger les bâtiments contre des charges
extrêmes (comme l’effet de souffle), dont les codes du
bâtiment courants ne tiennent généralement pas compte.
Il est également urgent d’inclure des pratiques normalisées
dans la conception et l’évaluation des bâtiments afin de
les protéger contre l’effet de souffle, de façon à assurer
l’uniformité des niveaux de sécurité.
L’élaboration de la nouvelle norme CSA sur la conception
et l’évaluation des bâtiments pour les protéger contre
l’effet de souffle met en relief la collaboration entre
les concepteurs, les chercheurs, les organismes
de réglementation ainsi que les propriétaires et les
responsables du fonctionnement des immeubles, dans
le but d’améliorer l’état de préparation du Canada et sa
capacité en matière de prévention. Les utilisateurs finaux
sont bien représentés au sein du comité technique du
CSA. L’incidence sur les utilisateurs finaux sera démontrée
grâce à l’adoption de la nouvelle norme par divers ordres
de gouvernement et à l’utilisation de cette norme dans
l’industrie du bâtiment. La capacité découlant de la
56
Auteurs
Simon Foo, Travaux publics et Services gouvernementaux
Canada Direction générale des biens immobiliers,
simon.foo@pwgsc.gc.ca
Edward Morofsky, Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada, Direction générale des biens
immobiliers, ed.morofsky@pwgsc.gc.ca
CRTI 07-0179RD
Détecteurs à distance de vapeurs explosives – Spectromètre différentiel
de détection et d’imagerie de Fourier à options multiples
Responsable du projet :
Sécurité publique Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Valcartier; Gendarmerie royale du Canada; Agence des services
frontaliers du Canada
Partenaires de l’industrie :
Telops Inc.; AEREX Avionics; Administration portuaire de Montréal
Autres partenaires :
Unité HAZMAT de la Ville de Montréal; Comité aviseur antiterrorisme de Montréal
Objectifs
Pertinence
Ce projet permettra de concevoir des techniques
hyperspectrales dans l’infrarouge et des technologies
de détection de pointe, qui seront optimisées en vue de
la détection à distance de vapeurs ou de précurseurs
d’explosifs. Cela sera rendu possible grâce à la conception
et à la fabrication d’un prototype de spectromètre différentiel
de détection et d’imagerie de Fourier à options multiples
(MoDDIFS). La technologie sera validée par la mise à l’essai
du prototype, tant dans un laboratoire que par l’entremise
de scénarios réalistes recommandés par les utilisateurs
finaux faisant partie des communautés de l’application de
la loi, du renseignement et de la sécurité qui participent au
projet.
Le Canada ne dispose actuellement pas de capacité passive
de détection à distance de vapeurs ou de précurseurs
d’explosifs émanant d’un immeuble ciblé ou d’un autre
endroit qui fait l’objet d’une surveillance. Le présent projet
comblera cette importante lacune. Il améliorera grandement
la capacité de fonctionnement et d’enquête des organismes
de l’application de la loi, du renseignement et de la sécurité
pour ce qui est de la prévention et de la surveillance des
explosifs et d’autres événements CBRN. Cette capacité
comprendra la détection précoce et l’alerte des intentions
d’une personne ou d’un groupe de personnes ainsi que de
son niveau de préparation en vue d’une attaque menée à
l’aide de dispositifs explosifs de circonstance.
La méthodologie utilisée dans ce projet est basée sur
l’intégration de deux technologies novatrices : la radiométrie
infrarouge différentielle transformée de Fourier, mise au point
par RDDC Valcartier et dont l’efficacité a déjà été prouvée,
et la technologie d’imagerie hyperspectrale mise au point
par Telops, afin de créer le prototype d’un nouvel instrument,
le MoDDIFS. Le projet comprendra aussi la création
d’une bibliothèque d’enquêtes sur les signatures et de
caractérisation de celles-ci; l’établissement de modèles de
radiance cibles, de protocoles de calibration et d’algorithmes
connexes; des recherches sur les techniques de polarisation
et, enfin, d’importants essais en laboratoire et sur le terrain.
Ce projet permettra aussi de donner des spécifications et
des rapports techniques, des résultats expérimentaux et
des spécifications d’ingénierie qui permettront d’établir un
modèle de conception avancé.
Le principal objectif du projet est de développer et
démontrer une technologie de pointe de détection
hyperspectrale dans l’infrarouge applicable à la détection
passive à distance de vapeurs et de précurseurs d’explosifs.
Cet objectif sera atteint grâce à la conception d’un prototype
de MoDDIFS.
Progrès et résultats récents
L’équipe de RDDC Valcartier a terminé la reconnocissance et
la caractérisation des signatures matérielles et du pseudocode de l’algorithme. L’examen critique du concept a eu lieu
en septembre 2009. Le détecteur MoDDIFS est en cours de
fabrication et d’intégration.
Impact
Ce projet aura de nombreuses applications et utilisations.
Il aidera à mener et à appuyer le contreterrorisme, le
renseignement et les enquêtes au criminel, ce qui aura
des répercussions importantes sur l’état de préparation
et la capacité de prévention en matière d’événements
associés aux explosifs. Ce projet permettra d’obtenir une
méthodologie de pointe pour la détection à distance et
l’identification d’endroits clandestins où l’on prépare ou
manipule des explosifs, des précurseurs d’explosifs, des
drogues illicites ou des armes chimiques.
Auteur
Pierre Caron, Sécurité publique Canada, caronp@smtp.gc.ca
57
CRTI 07-0186RD
Optimisation de l’outil de décorporation médicale (MEDECOR2) en ce qui a
trait au temps et à l’utilisation, pour l’amélioration des effets biologiques
Responsable du projet :
RDCC Ottawa
Partenaires fédéraux :
Énergie atomique du Canada Limitée; Ministère de la Défense nationale –
Directeur général de la sûreté nucléaire; Santé Canada – Bureau de la
radioprotection; Groupe des services de santé des Forces canadiennes –
Médecine opérationnelle
Partenaires de l’industrie :
SAIC Canada; RadSci Research Inc.
Autres partenaires :
Armed Forces Radiobiology Research Institute; République tchèque,
Université de la défense
Objectifs
Pertinence
Lors d’un attentat terroriste comportant la dispersion
de radionucléides, les premiers intervenants et le public
concerné sont confrontés au risque de contamination
interne, principalement par l’inhalation de radionucléides
en aérosol. L’ingestion et les blessures constituent d’autres
voies de contamination interne. Lorsque les radionucléides
ont pénétré dans le corps, ils présentent un risque
important pour la santé parce qu’ils libèrent de l’énergie qui
endommage les cellules et ont ainsi un impact sur la santé
à long terme. À l’heure actuelle, on ne possède pas d’outils
de prévision permettant au personnel médical d’obtenir
des conseils sur les risques sanitaires accrus découlant de
l’inhalation des radionucléides par rapport aux avantages du
traitement. De plus, les avantages d’un traitement précoce
ne sont pas bien compris, et les stratégies de traitement
pourraient bénéficier de l’élaboration de modèles de
radioprotection capables de tenir compte de la dispersion
des radionucléides dans l’organisme et de leur excrétion.
L’outil MEDECOR2, combiné avec les modèles d’estimation
au chapitre des victimes, permettra d’aider les planificateurs
de l’état de préparation à déterminer les ressources
nécessaires pour la gestion des blessés et l’établissement
de stocks. L’outil servira également pendant les interventions
radiologiques ou nucléaires (RN) lorsqu’il y a possibilité de
contamination interne. Il fournira aux premiers intervenants
et au personnel recevant des blessés un moyen de gérer
ces derniers en déterminant : 1) les personnes qui doivent
recevoir immédiatement un traitement de décorporation
pour réduire la dose; 2) les personnes contaminées,
mais sans aversion de dose prévue par la thérapie de
décorporation; 3) les personnes qui ne courent qu’un risque
minimal à la suite de l’ingestion; 4) les personnes qui ne sont
pas contaminées à l’intérieur du corps, mais qui ont besoin
d’être rassurées.
L’objectif du présent projet est d’élaborer un outil (un
modèle) de gestion de décorporation médicale (MEDECOR2)
déployable sur le terrain, qui fournirait des stratégies de
traitement pour éliminer les radionucléides ayant pénétré
dans le corps en optimisant les avantages et en réduisant
les risques. L’outil permettra de recommander des stratégies
idéales pour éviter les risques, fondées sur la durée du
traitement et l’économie de dose. Le modèle élaboré serait
utile en cas d’inhalation de radionucléides, mais pourrait
également servir en cas de blessures par éclats d’obus ou
en cas d’ingestion.
58
Progrès et résultats récents
L’équipe du projet élabore actuellement des modèles faciles
à comprendre et des algorithmes pour la quantification de
l’efficacité de décorporation en fonction du temps, l’estimation
de la dose efficace engagée et la réduction du risque associé
à l’élimination des radionucléides et du dosage initial et final
des médicaments.
En septembre dernier, l’outil MEDECOR2 a été soumis à
des essais dans le cadre d’un exercice militaire à l’intention
du commandant des forces de soutien de la République
tchèque, sur l’invitation du partenaire international lié au projet.
L’exercice comprenait la formation et l’application de l’outil
logiciel, puis la mise à l’essai sur le terrain par le personnel
militaire, choisi en raison de ses capacités à trier les victimes
et à déterminer les stratégies de traitement appropriées à la
CRTI 07-0186RD
Optimisation de l’outil de décorporation médicale (MEDECOR2) en ce qui a
trait au temps et à l’utilisation, pour l’amélioration des effets biologiques
suite de différents scénarios de contamination interne. L’outil
MEDECOR2 a été très bien reçu par le personnel médical
et plusieurs recommandations utiles ont été formulées pour
améliorer l’outil.
En plus de l’élaboration des éléments du logiciel faisant partie
du projet, des études sur les animaux sont réalisées afin
de faciliter la validation des résultats de l’outil et de fournir
des données pertinentes pour son évolution. Un projet
pilote expérimental sur animal est maintenant en cours à
Énergie atomique du Canada Limitée, qui vise à examiner la
biosolubilité et la biodistribution d’un radionucléide inhalé
(Sr-85), et l’efficacité de divers agents de décorporation.
En plus de promouvoir ce projet au symposium du Health
Physics Society et au symposium intitulé Health Effects of
Incorporated Radionuclides, l’équipe a organisé, en mai
2009, une rencontre, Medical Scan Workshop, ayant comme
objectif la mise en valeur et l’amélioration du produit ainsi que
l’application du produit par l’utilisateur final.
Impact
La gestion des victimes d’accidents radiologiques ou
nucléaires, un volet inhabituel de la pratique médicale,
sera améliorée grâce à un accès facile et convivial à des
stratégies de traitement de la contamination interne en cas
d’événement comportant un grand nombre de blessés.
L’outil MEDECOR2 rehaussera les besoins actuels de
la communauté médicale en générant des réponses
appropriées à des événements réels ainsi qu’à des exercices
réels et sur maquette. Le MEDECOR2 sera tout aussi utile
en cas d’événement comportant des armes nucléaires,
des dispositifs nucléaires de circonstance, des dispositifs
de dispersion radiologiques ou des accidents de réacteurs.
Il aidera le personnel médical à effectuer rapidement le tri
des blessés et le guidera dans ses décisions en matière de
traitement des personnes souffrant d’une contamination
interre. Il servira à un large éventail de professionnels
travaillant pour des organismes gouvernementaux, des
services médicaux d’urgence et des services publics de
centrales nucléaires, et il aura un impact sur les victimes
d’accidents radiologiques ou nucléaires.
Auteurs
Hillary Boulay Greene, RDDC Ottawa,
hillary.boulay@drdc-rddc.gc.ca
Heather Wyatt, Énergie atomique du Canada Limitée,
wyatth@aecl.ca
Ed Waller, RadSci Research Inc., Ed.waller@radsci.ca
59
CRTI 07-0190TA
Intégration d’une fonction de détection des rayons gamma dans le
dosimètre électronique à neutrons
Responsable du projet :
Ministère de la Défense nationale – Directeur général de la sûreté nucléaire
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Ministère de la Défense nationale – Unité interarmées
d’intervention du Canada; Ministère de la Défense nationale – Directeur de
la gestion de l’équipement d’appui au combat; Commission canadienne de
sûreté nucléaire; Agence des services frontaliers du Canada; Gendarmerie
royale du Canada
Partenaire de l’industrie :
Bubble Technology Industries Inc.
Autre partenaire :
Los Alamos National Laboratory (États-Unis)
Objectifs
Lors d’une attaque par dispositif de dispersion radiologique
(DDR), on s’attend à ce que la majorité des dangers posés
par les rayonnements soient liés aux neutrons et aux rayons
gamma. Or, aucun dosimètre électronique de poche (DEP)
sur le marché ne peut mesurer avec précision les doses de
neutrons. Le projet de l’IRTC intitulé Développement d’un
dosimètre électronique à neutrons (CRTI 04-0029RD) a été
lancé pour combler cette lacune technologique. Cependant,
les utilisateurs étaient réticents face à la perspective de
devoir porter à la fois un dosimètre électronique à neutrons
(DEN) et un DEP gamma traditionnel. Le présent projet
d’intégration d’une fonction de détection des rayons gamma
dans le DEN (DEN 2) vise à ajouter la détection des rayons
gamma aux fonctions du DEN original afin de fournir une
mesure plus exacte du champ de radiation dans lequel
l’utilisateur se trouve.
Le projet DEN 2 produira deux instruments qui seront
soumis à une batterie de tests. Les utilisateurs finaux et
les autres partenaires fourniront une rétroaction continue
au cours des phases de développement et d’essais de ce
projet afin de s’assurer que le produit final répond à leurs
besoins.
Pertinence
Ce projet vise à répondre à des besoins prioritaires de l’IRTC
par la mise au point d’un outil fiable pour la surveillance des
champs de rayonnements mixtes présents à la suite d’un
incident CBRNE, de façon à assurer la sécurité des premiers
intervenants. Le DEN 2 fournira de l’information précise
en temps réel sur les doses de neutrons et de rayons
gamma, permettant aux premiers intervenants de connaître
en tout temps leur charge de rayonnement. Ils pourront
ainsi prendre des décisions éclairées quant à l’évaluation
60
des risques dans l’exercice de leurs tâches, tant pour eux
mêmes que pour leur équipe. Le DEN 2 répond à un besoin
de nature technologique et opérationnelle dans le cadre des
activités de lutte contre le terrorisme.
Progrès et résultats récents
Le projet DEN 2 a débuté en décembre 2008. Utilisant la
technologie développée par le projet DEN 1, Développement
d’un dosimètre électronique à neutrons (CRTI 04-0029RD),
Bubble Technology Industries (BTI) a conçu le prototype
de laboratoire DEN 2, et a réussi à réduire le volume de
l’instrument par un facteur de cinq. Ceci a été accompli tout
en conservant une excellente sensibilité de détection par
rapport aux autres DEP disponibles.
Suite à la révision du design par les utilisateurs, BTI a
commencé la fabrication et l’assemblage. Les composantes
et les sous-systèmes ont tous été obtenus et intégrés afin
de construire les prototypes de laboratoire du DEN 2. Ces
prototypes ont été soumis à une batterie de tests avec des
sources radioactives à BTI. L’accélérateur Van de Graff à
RDDC Ottawa a aussi été utilisé. Des tests internes ont été
faits pour mesurer la performance en termes de dose de
neutrons et de rayons gamma, ainsi que dans des champs
de radiation mixtes. Deux prototypes de laboratoire ont été
fournis aux utilisateurs pour essai. Le prototype de laboratoire
a été testé à RDDC Ottawa et aussi été testé de façon
indépendante au Los Alamos National Laboratory. Ces tests
ont confirmé que les doses mesurées dans des champs
de rayons gamma et de neutrons correspondent bien aux
doses attendues pour les mesures prises à l’air libre et sur un
fantôme de lucite. Les résultats des ces tests donnent une
rétroaction à BTI afin d’améliorer le design et de s’assurer que
les prototypes de champs DEN 2 vont satisfaire aux besoins
des utilisateurs.
CRTI 07-0190TA
Intégration d’une fonction de détection des rayons gamma dans le
dosimètre électronique à neutrons
En mars 2011, BTI va livrer deux prototypes de terrain, ainsi
que les résultats des tests effectué par l’entreprise. D’ici la fin
du projet, à l’automne 2011, les prototypes de terrain seront
soumis à une batterie de tests à RDDC Ottawa et par les
autres partenaires utilisateurs. Les résultats des tests seront
documentés. Le DEN 2 sera un instrument compact pouvant
mesurer les rayons gamma et les neutrons séparément ou
ensemble.
Impact
La détonation d’un DDR (bombe sale) est l’un des incidents
CBRNE les plus préoccupants. Les premiers intervenants
qui pénètrent dans une zone contaminée font face à des
risques d’irradiation par des rayons alpha, bêta et gamma
ainsi que des neutrons. Le DEN 2 améliorera la capacité
du Canada à intervenir en cas d’attaque comportant des
isotopes émetteurs de neutrons et de rayons gamma et
à se rétablir après l’attaque. La fonction de lecture rapide
et précise des doses et la fonction d’alerte du DEN 2
permettront aux premiers intervenants de se concentrer
sur la lutte contre la menace pour la sécurité publique
au lieu de se préoccuper de leur propre exposition à des
substances radioactives. Les lectures de doses distinctes
aideront les premiers intervenants à comprendre le type
de DDR à l’origine de l’incident radiologique auquel ils
sont confrontés, et les lectures de doses combinées leur
fourniront l’information dont ils ont besoin pour maintenir leur
exposition en deçà des limites recommandées, prévenant du
même coup les problèmes de santé inacceptables qui sont
susceptibles de survenir dans l’exercice de leurs tâches.
Auteurs
Roger Hugron, Ministère de la Défence nationale,
roger.hugron@forces.gc.ca
Tobias Achtzehn, Bubble Technology Industries Inc.,
achtzehnt@bubbletech.ca
Carey Larsson, RDDC Ottawa,
carey.larsson@drdc-rddc.gc.ca
61
CRTI 07-0193RD
Imageur gamma Compton destiné aux enquêtes policières et aux
interventions touchant la sécurité nationale
Responsable du projet :
Ressources naturelles Canada
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada; Gendarmerie royale du Canada;
Sécurité publique Canada; Agence des services frontaliers du Canada
Autres partenaires :
Université McGill; Service de police de Toronto
Objectifs
Ce projet a pour objectifs la conception et la construction
d’un imageur gamma Compton, de même que la
démonstration du fonctionnement et des capacités de
l’appareil. Cet instrument pourra afficher une image d’un
champ de rayonnement, superposée à une image optique
du milieu environnant. L’image sera formée de scintillateurs
lus par des photodétecteurs sensibles et des dispositifs
électroniques connexes.
La première phase du projet portait sur la conception
d’instruments permettant d’évaluer et de comparer divers
matériaux de scintillation et diverses technologies de
lecture. Deux conceptions ont été retenues et toutes deux
sont capables d’optimiser le rendement du détecteur à
de grandes distances sécuritaires, tout en respectant
certaines contraintes opérationnelles, notamment la
robustesse, la portabilité et le coût. Dès que le prototype
des imageurs aura été construit, leur performance sera
caractérisée en fonction de la résolution de l’image et de
la sensibilité. Finalement, des démonstrations auront lieu,
et les procédures de mise en œuvre seront élaborées en
consultation avec les utilisateurs finaux.
Pertinence
Ce projet répond à un besoin de technologies novatrices
de détection pouvant être utilisées dans la collecte du
renseignement, avant et après un accident de nature
radiologique ou nucléaire.
L’imageur est un détecteur à distance conçu de façon à
obtenir rapidement une précision positionnelle supérieure à
quelques mètres, à une distance de 40 m du sujet, et ce, en
moins d’une minute. L’imageur pourra délimiter une source
étendue de radiation et indiquer les directions de multiples
sources en présence d’un blindage partiel. L’imageur sera
un appareil portatif et pouvant être dissimulé. Il donnera
aux enquêteurs des preuves concrètes de toute matière
62
radioactive excédant les niveaux attendus, ou de tout
changement quant au type, à la quantité ou à l’emplacement
d’une matière radioactive.
Progrès et résultats récents
La technique d’imagerie gamma Compton s’appuie sur le
suivi du dépôt d’énergie d’un rayon gamma au moment
de son interaction avec le scintillateur dans le détecteur. La
difficulté dans la conception d’un imageur Compton est de
trouver un moyen d’enregistrer les positions de chaque dépôt
d’énergie sans introduire trop de matières inertes dans le
volume sensible du détecteur. Grâce à une simulation et à une
validation expérimentale, nous avons établi qu’il était possible
d’obtenir la conception voulue avec deux approches trés
différentes.
Dans l’une de ces deux approches, un détecteur pixélisé est
composé de petits blocs de scintillateur, chacun d’eux lus à
l’aide d’un nouveau dispositif pour capter la lumière appelé
photomultiplicateur au silicium (SiPM). Par comparaison
aux tubes photomultiplicateurs courants, les SiPM sont
très minces et légers : leur épaisseur est d’environ 500 μm
lorsqu’ils sont déposés sur un substrat de verre. Cela permet
aux SiPM d’être intégrés à l’intérieur du détecteur sans
nécessiter qu’une grande quantité de rayons gamma se
diffuse sur le photomultiplicateur lui-même.
Dans l’autre approche, le détecteur de radiation scintillant est
façonné en longues tiges lues par des photomultiplicateurs
conventionnels – un à chaque bout de chaque tige. Avec
cette conception, les matières inertes associées au dispositif
de captage de la lumière sont déplacées sur le côté du
détecteur. Pour obtenir la position du dépôt d’énergie le long
de la tige, l’atténuation de la lumière de scintillation à l’intérieur
de la tige doit être ajustée avec précision par un traitement en
surface de la tige.
Les deux concepts se complètent : le concept en tige est
bien moins coûteu, alors que le concept avec des pixels
devrait procurer des avantages sur le plan du rendement.
Les travaux pour ces deux concepts ont progressé au point
CRTI 07-0193RD
Imageur gamma Compton destiné aux enquêtes policières et aux
interventions touchant la sécurité nationale
où la spécification de toutes les composantes a été finalisée
et l’approvisionnement a débuté. Les deux types d’imageurs
ont été partiellement instrumentés avec les composants
disponibles, et les premières images de ces miniprototypes
seront présentées au symposium.
Impact
Le projet devrait avoir une incidence considérable sur
les opérations de surveillance. L’imageur pourra montrer
l’emplacement de la matière radioactive sous forme
graphique et intuitive. Il pourra afficher simultanément les
emplacements de sources faibles et puissantes dans le
champ de vision et identifier les différents isotopes présents
dans le champ de vision. En rejetant les dénombrements
des zones du champ de vision non attribuables au matériau
cible, le rapport signal-bruit peut être amélioré en vue d’une
sensibilité élevée à une source blindée. Cela permettra
aux enquêteurs de distinguer les matériaux anodins des
matériaux présentant un risque et contribuera au succès des
interventions visant l’interdiction de certaines activités.
L’imageur sera aussi utile lors de la gestion des
conséquences, car il permettra d’améliorer la sécurité
des intervenants grâce à la localisation de la radioactivité,
y compris des sources distribuées, avant même qu’ils
n’entrent dans une zone contaminée.
Auteurs
Laurel E. Sinclair, Ressources naturelles Canada,
laurel.sinclair@nrcan.gc.ca
Patrick R.B. Saull, Conseil national de recherches Canada,
saull@irs.phy.nrc.ca
David S. Hanna, Université McGill, hanna@physics.mcgill.ca
63
CRTI 07-0196TD
Vers un Système de modélisation urbaine opérationnelle pour la préparation
et la réponse en cas d’urgence CBRN
Responsable du projet :
Environnement Canada – Centre météorologique canadien
Partenaires fédéraux :
RDDC Suffield; Ministére de la Défense nationale – Base des Forces
canadiennes Halifax; Santé Canada
Autre partenaire :
Waterloo CFD Engineering Consulting Inc.
Objectifs
Un système de modélisation d’écoulement et de
dispersion en milieu urbain, à l’avant-garde de la science,
a été développé dans le cadre du projet intitulé Système
perfectionné de prédiction et d’évaluation en cas d’urgence
des dangers causés par des agents CBRN dans un
environnement urbain (CRTI 02-0093RD). L’objectif du
présent projet est de faire évoluer ce système pour qu’il
atteigne le statut de prototype fonctionnel à la Section de la
réponse aux urgences environnementales d’Environnement
Canada, un centre opérationnel gouvernemental.
Pour atteindre cet objectif, le projet met en œuvre trois
principaux éléments :
1. Fourniture de capacités avancées de modélisation
additionnelles par l’intégration de caractéristiques
telles que les effets thermiques dans les modèles
d’écoulement et de dispersion en milieu urbain tenant
compte des bâtiments; l’amélioration des schémas
de paramétrisation en milieu urbain utilisés dans
les modèles d’écoulement à échelle moyenne; et le
développement de techniques de fusion des données
des détecteurs CBRN avec les prévisions des modèles
de reconstruction des sources.
2. Développement des infrastructures de support
nécessaires, notamment des bases de données de
couverture de surface et d’utilisation des terres, des
données d’édifices en 3D et des modèles de sources
CBRN).
3. Démonstration et utilisation du prototype de système
avec divers scénarios CBRN dans diverses villes
canadiennes, ce qui comprend la modélisation en appui
à des événements de portée nationale.
Pertinence
Le développement de ce prototype opérationnel
de modélisation urbaine répond bien aux priorités
d’investissement de l’IRTC. Il vise ultimement le
développement d’une capacité et d’une technologie
64
habilitante clés qui seront gérées à l’échelle nationale par
un centre gouvernemental d’opération et de ressources
pour la planification CBRN, l’évaluation en temps réel
et la réponse en cas d’urgence au Canada. Le système
pourra être utilisé pour générer des produits opérationnels
uniques de modélisation de dispersion CBRN et des aides
à la décision destinées aux décideurs et aux gestionnaires
chargés de répondre aux urgences de tous les niveaux de
gouvernement afin de les aider à prendre des décisions
informées. Ces décisions sont requises pour appuyer une
gamme étendue d’activités liées aux accidents CBRN, du
soutien à la planification préalable jusqu’aux interventions en
cas d’incident et à une évaluation après cet incident.
Progrès et résultats récents
Ce projet a débuté à l’automne 2008. Les travaux au cours
de la dernière année ont continué de porter sur l’amélioration
des composants suivants : modélisation de l’écoulement
par dynamique des fluides numérique tenant compte des
bâtiments; modéle de dispersion et reconstruction de la
source; sur un modèle météorologique urbanisé et le travail
d’installation et de mise à l’essai du prototype au sein de
la Section de la réponse aux urgences environnementales
d’Environnement Canada.
Les modèles urbanEU et urbanAEU ont été intégrés au
système urbanSTREAM amélioré. Ce système amélioré inclut
la modélisation du composant rayonnement. La validation de
ce système amélioré a été effectuée en moyen de données
IOP-6 et IOP-9 provenant de l’expérience qui s’est déroulée à
Oklahoma City en juin 2003. L’intégration de urbanSOURCE
au système de modélisation amélioré est en cours.
Les travaux d’amélioration du modèle météorologique urbain
ont progressé, en particulier la paramétrisation du schéma
Town Energy Balance (TEB) du modèle. Le schéma TEB
profitera d’un modèle de neige amélioré et de l’inclusion des
effets de la végétation dans les canyons TEB. Des travaux
sont en cours pour inclure le TEB dans la dernière version
du modèle météorologique GEM-LAM (Global Environmental
Multiscale Limited Area Model). Ces trois améliorations sont
CRTI 07-0196TD
Vers un Système de modélisation urbaine opérationnelle pour la préparation
et la réponse en cas d’urgence CBRN
presque terminées. Des modifications ont été apportées pour
améliorer le couplage entre urbanGEM et urbanSTREAM.
De plus, des améliorations apportées au raffinement vertical
des variables météorologiques de la canopée urbaine et de la
couche de surface produiront un meilleur couplage.
Après avoir fait tourner le prototype de système de
modélisation urbaine en mode quasi opérationnel pendant
les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 à
Vancouver, on l’a appliqué à la ville de Toronto en appui aux
rencontres du G8 et du G20 en juin 2010. On a fait tourner
le prototype de la fin de juin jusqu’à la fin d’août et on a
réalisé environ 70 intégrations. Les modifications apportées
au prototype après les Jeux de Vancouver ont amélioré
grandement la stabilité de la configuration. Le pourcentage
d’exécutions achevées est passé de 14 % pendant les
Olympiques à 44 % pendant les Paralympiques, puis à 92
% pendant les rencontres du G8 et du G20. L’application
du système à une nouvelle ville a été réussie, mais elle a
exigé de nombreuses modifications. Un rapport technique
qui décrit ces modifications est disponible. L’acquisition de
nouvelles bases de données de bâtiments pour d’autres villes
canadiennes est en cours.
villes canadiennes en produisant de l’information en
temps utile sur l’évolution d’un panache de matière CBRN
dangereuse. Le système servira aussi à la prévision des
conséquences de la libération de matière CBRN et il pourra
être utilisé pour appuyer tant la planification d’événements
que les analyses après l’accident. Le système sera donc
utile dans les situations en temps réel ainsi que pour
l’état de préparation aux urgences et la prévention de
celles-ci. L’impact sur la communauté des utilisateurs a
été démontré en utilisant et en testant le système dans le
cadre d’exercices de planification (p. ex., sommets du G8
et du G20), en élaborant des scénarios de simulation pour
la formation et en développant la capacité d’évaluer et
d’exécuter une réponse en temps réel efficace aux agents
CBRN dangereux. L’accent sera de plus en plus porté sur
les utilisateurs au cours de l’année qui vient.
Une réunion fructueuse a eu lieu au Centre météorologique
Canadien (CMC) en novembre 2010 afin d’étudier quelle
serait la meilleure manière d’intégrer le système au cadre
national d’intervention en cas d’urgence. La source du
problème numérique lié aux profils « TKE négatifs » aux plans
d’entrée a été cernée et corrigée.
Les membres du projet ont fait des présentations au sujet du
prototype de modélisation urbaine à la réunion annuelle de
2011 de l’American Meteorological Society qui s’est déroulée
à Seattle, dans l’État de Washington; au 9e Symposium on
the Urban Environment, à Keystone, au Colorado; à la réunion
technique internationale OTAN/SPS sur la modélisation de
la pollution atmosphérique et ses applications, qui a eu lieu
à Turin, en Italie; et à l’atelier annuel sur la défense CBRN du
ministère de la Défense nationale, qui a eu lieu à Kingston.
Impact
Le projet vise à développer un prototype opérationnel de
modélisation qui sera utilisé dans un centre opérationnel
gouvernemental. Cela assurera une capacité intégrée
et multi-échelle pour la prévision en temps réel de la
dispersion urbaine de matériel CBRN relâché dans une ville
canadienne d’importance. Cet outil améliorera l’efficience
et l’efficacité de la réponse aux urgences dans les grandes
Auteurs
Pierre Bourgouin, Environnement Canada,
pierre.bourgouin@ec.gc.ca
Richard Hogue, Environnement Canada,
richard.hogue@ec.gc.ca
Eugene Yee, RDDC Suffield, eugene.yee@dres.dnd.ca
65
CRTI 07-0234RD
Stratégies pour atténuer la diffusion d’agents de bioterrorisme dans le
système alimentaire canadien
Responsable du projet :
Agriculture et Agroalimentaire Canada
Partenaires fédéraux :
Agence canadienne d’inspection des aliments; Agence de la santé publique
du Canada; Santé Canada
Objectifs
L’objectif de ce projet est de démontrer une approche
fondée sur des systèmes, dans le but d’évaluer la
vulnérabilité des menaces pesant sur les denrées
alimentaires. L’approche permet de cartographier la
répartition de chaque denrée alimentaire en suivant des
plans géographiques et temporels, et de mettre au point des
outils mathématiques adaptés, afin de prévoir la probabilité
de la survie et de la dispersion de la menace, selon des
étapes délimitées et de la ferme à la table. Cette approche
fondée sur des systèmes sera validée grâce à une étude
complète de la laitue fraîche, une denrée très largement
répandue et propice à la dispersion de microorganismes
infectieux. La recherche inclut :
•
•
•
•
la compilation de données nationales sur les chaînes
de production, de distribution, de traitement et de
commerce de détail;
la mise au point d’un outil fondé sur le système
d’information géographique (SIG), afin de cartographier
la provenance, les trajets et la destination finale de la
laitue fraîche au Canada;
la conception d’un système expert, en vue de définir des
stratégies d’échantillonnage permettant de gérer tout un
ensemble de scénarios de contamination;
des expériences terrain et pilote pratiquées sur des
plantes, dans le but de favoriser la modélisation préuse
du devenir des menaces virales, bactériologiques ou
parasites, de la ferme à la table.
Pertinence
Le projet portera directement, d’une part, sur les lacunes de
l’évaluation des risques, des menaces et des vulnérabilités
du système d’approvisionnement alimentaire et, d’autre
part, sur l’élaboration et la validation des systèmes
modèles requis pour maintenir la sûreté et la sécurité de
cet approvisionnement en cas de perturbations dues
à la contamination des aliments. Les travaux réalisés
renforceront la capacité du Canada de prévoir les menaces
pour la sécurité alimentaire, de s’y préparer et d’intervenir.
Ces travaux rehausseront en outre sa capacité pour ce qui
66
est de déterminer de façon systématique les vulnérabilités
du système alimentaire canadien et d’effectuer une
évaluation des risques.
Progrès et résultats récents
Des substituts pour quatre grandes catégories d’agents
microbiologiques potentiellement dangereux ont été choisis
pour la production de modèles de comportement dangereux,
notamment un virus (norovirus 1 murin), un parasite (Eimeria
papillata), une bactérie Gram négative (Escherichia coli
O26) et des spores bactériennes (Bacillus atrophaeus). Les
chercheurs mettent actuellement au point des méthodes
pour optimiser l’isolement et la concentration de chaque
microorganisme, afin de maximiser l’efficience de récupération
et la sensibilité de détection dans des échantillons en vrac
de sol, d’eau, de tissus végétaux et de surface (en acier
inoxydable).
Les chercheurs ont conçu un prototype de système
d’échantillonnage expert pour donner un caractére dèfinitif
aux stratégies et aux plans d’analyse les plus informatifs
requis pour l’éventail des milieux d’échantillonnage à l’étude.
Au moyen d’un logicie de prise de décision (AnalyticaMD), ils
ont conçu des algorithmes de l’arbre de décision fondés sur
les données d’entrée, les variables et les bases de données,
pour choisir et classer par ordre de priorité les méthodes
d’analyse ainsi que pour dresser les plans d’échantillonnage
requis en vue de scénarios précis.
Les chercheurs procèdent actuellement à la détermination
des éléments suivants : localisation des zones de production
de la laitue et quantités et volumes de laitue produits; source
et points d’entrée du matériel brut importé; localisation des
usines d’emballage ou de conditionnement de la laitue et
quantités traitées; localisation des grossistes en légumes frais
et des distributeurs; volumes de laitue distribués; territoire
couvert par chaque distributeur; délai de distribution de la
laitue dans chaque segment du territoire; et localisation des
points de vente. Des organigrammes illustrant la distribution
de la laitue produite au Canada et de la laitue importée,
à chaque maillon de la chaîne (de la ferme à l’assiette du
consommateur), ont été dressés pour chaque région (p. ex.,
CRTI 07-0234RD
Stratégies pour atténuer la diffusion d’agents de bioterrorisme dans le
système alimentaire canadien
Colombie-Britannique et Prairies, Ontario, Québec et Canada
atlantique). Plusieurs sources de données ont été exploitées à
cette fin, notamment les bases de données sur la production
canadienne d’Agriculture et Agroalimentaire Canada et les
données du Recensement en agriculture mené par Statistique
Canada. Les données sur l’emballage, le conditionnement, la
vente de gros et la distribution de la laitue fraîche proviennent
de Statistique Canada et du secteur privé, notamment des
associations sectorielles concernées.
Impact
La capacité accrue d’évaluation des risques et de
modélisation qui est inhérente à cette démarche aidera
immédiatement tous les intervenants chargés de la
détermination et de l’élimination des vulnérabilités tout le long
de la filière alimentaire. Cette démarche facilitera les exercices
de simulation en améliorant l’exactitude des prévisions de
la dissémination des menaces. Il s’agit là d’une information
essentielle pour faciliter la planification des interventions
en déterminant les points d’interception et de confinement
appropriés pour des scénarios de contamination complexes.
La démarche visée s’appliquera aussi aux stratégies de
prévention et de préparation propres aux secteurs concernés,
plus précisément en facilitant le retraçage des aliments
contaminés ou la gestion des perturbations de la chaîne
d’approvisionnement. Elle sera aussi transférable à d’autres
secteurs et ne nécessitera que le regroupement des bases
de données requises et de légères modifications aux outils
de prévision visant à adapter ceux-ci à des besoins précis.
Une tactique semblable peut être envisagée pour l’élaboration
de stratégies de gestion de toute menace à la suite de
modifications aux outils de prévision qui prendraient en
compte le niveau de risque, l’impact et les écarts des taux de
décroissance de la menace.
Auteurs
Pascal Delaquis, Centre de recherches agroalimentaires du
Pacifique, Agriculture et Agroalimentaire Canada,
pascal.delaquis@agr.gc.ca
Alvin Gajadhar, Centre de parasitologie alimentaire et animale,
Agence canadienne d’inspection des aliments,
alvin.gajadhar@inspection.gc.ca
Denyse LeBlanc, Centre de recherches de l’Atlantique sur les
aliments et l’horticulture, Agriculture et Agroalimentaire Canada,
denyse.i.m.leblanc@agr.gc.ca
67
CRTI 08-0105RD
L’établissement d’une liste canadienne d’équipement recommandé CBRNE
Responsable du projet :
RDDC Suffield
Partenaire fédéral :
Centre canadien de recherches policières
Partenaire de l’industrie :
Patriot CT Services
Autres partenaires :
Collège canadien de gestion des urgences — Sécurité publique Canada;
Association canadienne de normalisation; Association canadienne des
chefs de police; Association canadienne des chefs de pompiers; Directeurs
des services médicaux d’urgence du Canada; Association canadienne des
policiers; Association internationale des pompiers — Canada; Association
des paramédics du Canada; Association des techniciens canadiens de
CBRNE; InterAgency Board des États-Unis
Objectifs
Dans le cadre de ce projet, un comité de spécialistes
canadiens a été formé pour dresser une liste de
l’équipement recommandé pour traiter les menaces CBRNE,
qui sera distribuée aux services d’urgence de première
ligne. Le comité compte des représentants des chefs et des
associations des services canadiens de police, d’incendie et
d’urgence médicale et des établissements responsables des
normes et de la formation, ainsi que des spécialistes de la
sécurité publique et des sciences et de la technologie liées à
la sécurité.
Pertinence
La liste d’équipement recommandé est essentielle aux
organismes d’intervention canadiens afin qu’ils puissent
établir des plans en fonction de leurs capacités dans le
but d’atténuer les risques. Ils pourront déterminer de quel
équipement ils devraient disposer pour traiter une menace
terroriste CBRNE grâce aux critères de types de ressources
établis par les premiers intervenants dans le cadre d’une
activité de la grappe médico-légale de l’IRTC. La liste fait
des renvois à des formations et à des normes liées à la
technologie et à l’équipement, ce qui permet de bien se
préparer.
Progrès et résultats récents
Le présent projet se fonde sur les efforts déployés dans le
cadre de l’IRTC depuis les deux dernières années, qui ont
permis aux organismes de première intervention de se servir
de l’analyse des risques et de l’établissement des capacités
comme fondements pour la répartition des ressources et
le classement par ordre de priorité des besoins en matière
de sciences et de technologie. La grappe médico-légale
68
de l’IRTC a fait l’essai du système national de gestion des
incidents (National Incident Management System - NIMS),
mis sur pied par le département de la Sécurité intérieure des
États-Unis, et de ses méthodes pour établir les types de
ressources, cibler les capacités et bâtir des listes de tâches
essentielles. La grappe a adapté 37 types de ressources du
NIMS aux conditions du Canada et a peaufiné les capacités
cibles connexes et la liste des tâches universelles. Une
liste d’équipement recommandé qui liera l’équipement, la
technologie, la formation et les normes à ces types précis de
ressources et capacités cibles sera élaborée.
De nouvelles connaissances et de nouveaux produits de
connaissances découleront de ce projet. Le travail du comité
et la liste finale qui en résultera constituent les activités
principales de recherche. Les activités de recherche seront
réalisées selon des pratiques internationales normalisées et
reconnues, dont une démarche inclusive, un examen public
et une décision par consensus. Le comité de spécialistes
composé d’environ 25 personnes se réunira dix fois pendant
les deux années du projet pour créer la liste d’équipement
recommandé. La liste canadienne sera fondée plus ou moins
sur l’expérience vécue par l’InterAgency Board des États-Unis
lors de l’élaboration de sa liste de matériel courant en 2008.
Impact
La liste d’équipement recommandé est un produit de
connaissance essentiel dont les organismes canadiens
de première intervention se serviront pour cerner les
vulnérabilités locales, réaliser des analyses détaillées des
risques, trouver les failles dans leurs capacités actuelles
et y remédier et répartir les ressources selon les priorités
de façon à réduire les risques. La liste sera utilisée au
moment de la planification et de l’acquisition à des fins de
CRTI 08-0105RD
L’établissement d’une liste canadienne d’équipement recommandé CBRNE
normalisation et d’interopérabilité ainsi que pour accroître
la sécurité des intervenants, assurer la conformité aux
normes et planifier les cycles de formation. L’établissement
de la liste permettra également de déterminer quelles
technologies CBRNE ont besoin d’être testées et évaluées
professionnellement par la communauté scientifique et
technique.
Auteur
Allan Parisien, Patriot CT Services, al.parisien@rogers.com
69
CRTI 08-0112TA
Anticorps monoclonaux humains anti-ricine
Responsable du projet :
RDDC Suffield
Partenaire fédéral :
Groupe des Services de santé des Forces canadiennes
Partenaires de l’industrie :
Cangene Corporation; Canada West BioSciences Inc.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de mettre au point et de produire
des anticorps humains purifiés et efficaces qui pourront
protéger les victimes ayant été exposés à la ricine, et ce,
sans effets secondaires. Voici la série d’étapes prévues pour
ce projet :
1. Création d’hybridomes de souris. Les clones exprimant
des anticorps anti-ricine particulièrement puissants
seront sélectionnés et feront l’objet de travaux plus
poussés (RDDC Suffield).
2. Modifications génétiques pour humaniser ces anticorps
anti-ricine de souris (RDDC Suffield, Canada West
BioSciences).
3. Production d’anticorps anti-ricine humains (Cangene
Corporation) et confirmation de leur efficacité (RDDC
Suffield).
Pertinence
Le projet permettra de créer des anticorps anti-ricine
humains qui pourront protéger les intervenants de
première ligne se rendant sur les lieux d’un incident ou qui
permettront de traiter les victimes peu après une exposition
à la ricine.
Progrès et résultats récents
Un anticorps monoclonal (AcM) anti-ricine de souris
issu d’une étude antérieure a été caractérisé à l’aide
de trousses commerciales. L’anticorps n’a pas pu être
identifié, mais on a constaté que ce n’était aucun des
éléments suivants : IgG, IgM, IgA, IgE, IgD. Lorsque le
corps est confronté à une nouvelle menace, il peut produire
de nouveaux anticorps.
Des souris ont été vaccinées avec des doses croissantes
de ricine, et des hybridomes monoclonaux ont été produits
avec les cellules de leur rate.
La ricine est une toxine contenue dans les graines du ricin
commun (Ricinus communis). Une seule graine contient
suffisamment de toxine pour tuer de 1 à 10 personnes, et
l’on produit à l’échelle mondiale un million de tonnes de
graines de ricin commun pour la fabrication de lubrifiants à
base d’huile et d’aliments pour le bétail.
Toutes les étapes vont bon train, et les travaux sont en
avance sur le calendrier. Pour des questions de respect de
la propriété intellectuelle, les résultats ne seront pas révélés
avant l’octroi des brevets.
La ricine présente une menace terroriste réelle (des incidents
se sont produits aux États-Unis, au Royaume-Uni et en
France). L’anticorps anti-ricine de mouton utilisé dans les
situations d’urgence au Royaume-Uni est la seule contremesure médicale qui existe. Il est possible de produire
des antisérums anti-ricine d’origine animale, mais, selon
la documentation scientifique, jusqu’à 86 % des victimes
humaines à qui l’on administre des protéines animales
risquent de présenter des symptômes de « maladie
sérique ». Il est également possible que les intervenants de
première ligne recevant, de façon préventive, plus d’une
dose d’anticorps d’origine animale subissent un choc
anaphylactique.
Impact
70
Des négociations contractuelles sont en cours avec
Cangene Corporation et Canada West BioSciences.
Mise au point d’un produit thérapeutique (anticorps antiricine humanisé) pour protéger les intervenants de première
ligne à leur arrivée sur les lieux d’un incident lourd de
conséquences impliquant de la ricine ou pour secourir les
victimes peu après leur exposition.
Il sera possible d’administrer sur-le-champ une faible dose
d’anticorps aux patients au lieu d’attendre qu’ils soient à
l’hôpital pour les traiter. Il ressort d’une série d’entretiens
avec des intervenants de première ligne que ces derniers
seraient moins réticents à se rendre sur les lieux d’un
incident et moins distraits ou moins stressés dans
l’exécution de leurs tâches s’ils pouvaient compter sur une
CRTI 08-0112TA
Anticorps monoclonaux humains anti-ricine
contre-mesure médicale contre la toxine. L’avantage le
plus évident d’une telle contre-mesure, du point de vue de
la sécurité du public et de la sécurité nationale, est sans
doute le fait qu’elle décourage l’utilisation de la ricine à des
fins terroristes simplement en raison de son existence et de
son efficacité avérée, sans qu’il ne soit jamais nécessaire
d’y avoir recours.
Auteurs
John W. Cherwonogrodzky, RDDC Suffield,
john.cherwonogrodzky@drdc-rddc.gc.ca
Wei-gang Hu, RDDC Suffield,
wei-gang.hu@drdc-rddc.gc.ca
Laurel M. Negrych, RDDC Suffield,
laurel.negrych@drdc-rddc.gc.ca
71
CRTI 08-0173TD
Interopérabilité et enquête criminelle dans les laboratoires d’analyse
nucléolégale
Responsable du projet :
Santé Canada
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada; Gendarmerie royale du Canada;
Collège militaire royal du Canada
Autres partenaires :
Université Laval; Laboratoires du Nouveau-Brunswick; Argonne National
Laboratory; Federal Bureau of Investigation (États-Unis)
Objectifs
L’objectif principal de ce projet est de mettre au point et
de valider les procédures et les matières de référence pour
les laboratoires d’analyse nucléolégale qui permettront
d’assurer l’interopérabilité des laboratoires en ce qui a trait
aux radiochronomètres. Les matières de référence pour
radiochronomètre à étudier comprennent le cobalt/nickel,
le césium/baryum et le strontium/zirconium. Les méthodes
et les procédures mises au point dans le cadre du présent
projet respecteront les exigences rigoureuses en matière
de qualité en laboratoire requises pour l’admissibilité des
preuves scientifiques présentées devant les tribunaux dans
le cadre d’enquêtes criminelles.
Les travaux de mise au point porteront essentiellement sur
le radiochronomètre au cobalt/nickel, qui sera élaboré par
les partenaires canadiens, et sur le radiochronomètre au
césium/baryum, qui sera mis au point par les partenaires
américains. La faisabilité et l’élaboration d’une méthode
initiale pour le radiochronomètre au strontium/zirconium
seront étudiées par les partenaires canadiens.
L’information et les connaissances générées dans le cadre du
projet seront reliées à la base de données sur les réacteurs
nucléaires de l’Argonne National Laboratory, ressource fort
pertinente et importante en analyse nucléolégale.
Pertinence
Il y a un manque d’interopérabilité entre les différents
laboratoires d’analyse nucléolégale pour ce qui est de
l’uniformité des résultats d’analyse produits. Cette situation
a été démontrée lors de divers exercices tenus aux ÉtatsUnis et au Canada. Cette lacune exige que des mesures
spécifiques soient prises pour favoriser l’uniformité et
l’harmonisation entre les différents laboratoires d’analyse
nucléolégale.
72
Un outil important pour l’analyse nucléolégale est la
capacité de fournir des données sur une source illicite,
comme la date de production et de purification de la
source, ou son origine. Des données très précises sur les
sources peuvent être associées à d’autres informations
pertinentes afin de permettre l’attribution des matières.
Le processus de détermination de la date de production
ou de purification d’une source illicite interdite se fait
par radiochronologie, ou par la détermination du ratio
élémentaire de la composante radioactive et d’un produit
de filiation.
À l’heure actuelle, il y a un manque de matières de
référence en ce qui a trait à la mention des sources
en analyse nucléolégale. Les laboratoires d’analyse
nucléolégale ont besoin de matières de référence pour
radiochronomètres qui permettront d’effectuer la traçabilité,
de valider et d’étalonner les instruments. L’élaboration
de nouvelles matières de référence à utiliser dans les
radiochronomètres permettra de combler une lacune
cruciale dans l’évaluation des techniques de mesure
employées par les laboratoires, et de fournir les outils
nécessaires pour définir la précision et les incertitudes des
mesures. Ces facteurs jouent un rôle essentiel dans les cas
de médecine légale qui sont présentés devant les tribunaux.
Progrès et résultats récents
Des méthodes de laboratoire sont mises au point pour
mesurer avec précision le rapport cobalt/nickel et césium/
nickel dans le radiochronomètre. La validation de ces
méthodes se fera dans le cadre d’un essai comparatif
interlaboratoires regroupant des participants du Canada et
des États-Unis. Les protocoles vérifiés seront approuvés
par le groupe de travail international d’analyse nucléolégale
des matières radiologiques.
CRTI 08-0173TD
Interopérabilité et enquête criminelle dans les laboratoires d’analyse
nucléolégale
Impact
Les laboratoires d’analyse nucléolégale seront en mesure
d’attribuer une source illicite de manière à ce que les
résultats soient considérés comme admissibles dans
une cause criminelle. La production des matières d’essai
pour radiochronomètre par un institut de métrologie
national permettra aux laboratoires d’analyse nucléolégale
de fournir des preuves scientifiques qui respectent les
exigences relatives à une enquête criminelle.
Auteur
Patrick Parent, Santé Canada, patrick.parent@hc-sc.gc.ca
73
CRTI 08-0176RD
Renforcer la résilience des populations vulnérables afin de maximiser la capacité
de préparation, d’intervention et de rétablissement en cas de catastrophe
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada – Division du vieillissement et des aînés
Partenaire fédéral :
Ressources humaines et Développement des compétences Canada – Bureau
de la condition des personnes handicapées
Autres partenaires :
Université d’Ottawa; Croix-Rouge canadienne; Ministère des Services
communautaires de la Nouvelle-Écosse; Université Carleton
Objectifs
Le présent projet permettra d’acquérir de nouvelles
connaissances au sujet des éléments essentiels des
programmes d’intervention axés sur la résilience pour
améliorer la préparation, l’intervention et le rétablissement
à la suite d’événements CBRNE ou de catastrophes
naturelles. Le projet de recherche « Améliorer la résilience
et les aptitudes pour la santé » est axé sur la collectivité
et l’action participative; il est fondé sur une démarche
fonctionnelle pour concevoir, mettre en œuvre et évaluer les
interventions axées sur la résilience dans trois collectivités
canadiennes cibles. Le projet comporte les cinq phases
suivantes : une analyse contextuelle; l’élaboration d’un
outil prototype pour déterminer les forces, les atouts et les
vulnérabilités; la mise en œuvre d’interventions dans trois
collectivités; l’évaluation; et la diffusion des conclusions.
L’analyse contextuelle et l’évaluation des besoins de
l’usager, ainsi que l’élaboration de l’outil prototype sont
terminées. Les phases de la conception et de la mise en
œuvre des interventions axées sur la résilience dans la
collectivité seront terminées en 2012. L’évaluation et la
diffusion des conclusions se poursuivront jusqu’à la fin du
projet, soit en mars 2013.
Il a déjà été établi que l’évidence empirique serait utilisée
dans le cadre du projet afin d’évaluer l’efficacité, la
pertinence et la faisabilité des interventions communautaires
visant à atténuer les risques sociaux parmi les groupes de la
population à haut risque en ayant recours à une méthode de
recherche participative communautaire.
Pertinence
La résilience est un élément majeur qui influence les
interventions et le rétablissement en cas de catastrophe.
C’est un concept dynamique qu’on peut améliorer avec
les mécanismes d’aide appropriés avant, pendant et après
une catastrophe. Idéalement, les appuis offerts à l’étape
du rétablissement doivent permettre aux personnes et aux
74
collectivités de d’améliorer la capacité qu’elles avaient avant
la catastrophe, de façon à pouvoir mieux résister aux effets
négatifs d’une future catastrophe.
Les catastrophes ont de très importantes répercussions sur
les groupes marginalisés ou à haut risque. La détermination
des groupes à haut risque et de l’appui particulier dont ils
ont besoin pour faire face à une catastrophe est limitée si
l’on s’en tient seulement aux données démographiques
(p. ex., supposer que tous les aînés sont vulnérables
en raison de leur âge). Cette méthode entraîne une
généralisation à outrance en assumant que toutes les
personnes dans un groupe démographique donné sont
vulnérables. En fait, pour déterminer le degré de résilience
et les vulnérabilités, il est préférable de mettre l’accent sur
les forces. C’est l’hypothèse sous-jacente d’une méthode
axée sur les fonctions, dans laquelle les appuis requis sont
classés selon le type de limitation fonctionnelle de l’individu,
au lieu d’utiliser une étiquette associée à un état précis ou
l’expression générale « besoins spéciaux ».
Des outils concrets sont essentiels pour que les
gestionnaires de situations d’urgence, les premiers
intervenants et les organismes communautaires puissent
cerner les forces et les vulnérabilités dans leur collectivité.
Des manuels et d’autres ressources d’intervention
découlant du projet seront accessibles aux utilisateurs
finaux pour leur permettre d’adapter leurs interventions,
d’établir des réseaux et de les appliquer dans leur
collectivité. L’évaluation détaillée fournira de l’information au
sujet des éléments clés qui seront intégrés aux interventions
visant à renforcer la résilience, ainsi que sur les défis et les
obstacles auxquels peuvent être confrontés les utilisateurs
pour mettre en œuvre les interventions dans leur collectivité.
La section des « leçons apprises » dans les manuels
et les rapports sommaires fournira aux intervenants de
l’information essentielle au sujet de l’utilisation des pratiques
participatives communautaires lorsqu’ils mettent en œuvre
des mesures d’intervention.
CRTI 08-0176RD
Renforcer la résilience des populations vulnérables afin de maximiser la capacité
de préparation, d’intervention et de rétablissement en cas de catastrophe
Progrès et résultats récents
Le projet a été lancé en janvier 2010. Jusqu’à maintenant,
l’équipe de recherche a terminé l’analyse contextuelle
liée aux programmes de soutien en matière de résilience,
elle a évalué les besoins dans chacune des collectivités
cibles et elle a élaboré un outil prototype servant à cerner
les populations à haut risque. Le comité consultatif du
projet « Améliorer la résilience et les aptitudes pour la
santé », qui compte environ 30 intervenants de partout au
Canada, se prépare à sa deuxième rencontre annuelle afin
d’orienter les prochaines étapes du projet et de diffuser les
conclusions des phases terminées. Les prochaines étapes
du projet comprennent la conception, la mise en œuvre et
l’évaluation des interventions.
Impact
L’intervention dans chacune des collectivités cibles
sera choisie au moyen d’une approche de participation
communautaire, dans laquelle la consultation active
des représentants de la population cible est un critère
majeur. Cet élément du projet facilite l’adhésion au sein
des collectivités et encourage la prise en charge par les
intervenants.
Les interventions seront évaluées tout au long des phases
de la conception et de la mise en œuvre, afin de pouvoir
en examiner les avantages et les défis. Parmi les impacts
importants, soulignons le renforcement des capacités avant
l’événement, grâce à l’élaboration d’outils prototypes visant
à permettre aux gestionnaires des situations d’urgence de
cibler les groupes à haut risque et d’établir une carte des
ressources dans la collectivité. La structure du projet
(p. ex. des entrevues avec des témoins-clés ou des
groupes de discussion) a permis au milieu universitaire et
aux groupes d’intervention de rencontrer les intervenants
de multiples collectivités et disciplines. Au sein des
collectivités, les interventions faciliteront le réseautage
entre dirigeants communautaires officiels et informels. En
outre, les activités de diffusion offriront des possibilités de
rencontrer des intervenants de divers secteurs et d’établir
de nouvelles collaborations pour mettre en œuvre les
interventions dans d’autres collectivités ou concevoir de
nouvelles initiatives afin de faire avancer les priorités de
recherche et d’élargir les mesures stratégiques destinées à
renforcer la capacité de résilience des populations.
Auteurs
Tracey O’Sullivan, Université d’Ottawa, tosulliv@uottawa.ca
Patti Gorr, Agence de la santé publique du Canada,
patti.gorr@phac-aspc.gc.ca
Lynn McCrann, Université d’Ottawa, lmccrann@uottawa.ca
75
CRTI 08-0181TD
Programme de validation des analyses de détection et d’identification
d’agents de menace biologique
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Suffield; Agence canadienne d’inspection des aliments; Santé Canada
Objectifs
Pour pouvoir déterminer rapidement si un agent de menace
biologique est dangereux en cas d’attentat terroriste ou de
catastrophe naturelle et pour bien gérer les conséquences,
il faut avoir de bonnes méthodes de détection. La
communauté scientifique et technique canadienne a
mis au point un certain nombre de tests de détection et
d’identification depuis 2001, mais ces tests n’ont pas
été pleinement évalués d’après les critères de rendement
établis ni n’ont été bien validés ou produits selon les normes
appropriées de contrôle de la qualité. Le présent projet a
pour but de remédier à ces lacunes de façon à ce que les
tests puissent être déployés à grande échelle, y compris
dans les laboratoires de santé publique, les laboratoires
mobiles et les laboratoires fédéraux de défense.
Pertinence
L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dirige
le développement du Réseau canadien de laboratoires
d’intervention (RCLI), un réseau de santé publique et
animale et de laboratoires de salubrité alimentaire. Le projet
veillera à ce que les tests déployés dans le réseau soient
des déclencheurs, c’est-à-dire que si un des tests donne
un résultat positif, les plans d’intervention en cas d’urgence,
les contre-mesures médicales seront mis en branle et, si
une menace terroriste est plausible, une enquête criminelle
sera entamée.
Approvisionner le réseau avec des tests de grande qualité,
qui sont produits et diffusés sous une supervision nationale,
est un aspect important de la réponse scientifique en
matière de sécurité publique au bioterrorisme. Il est tout
aussi important de déterminer rapidement et précisément
si un agent ne constitue pas une menace, de façon à
garder les ressources et l’infrastructure disponibles pour les
problèmes véritables et à rassurer la population. Si ces tests
ne sont pas minutieusement éprouvés, ils pourraient mal
fonctionner et faire en sorte qu’une situation de crise tourne
au désastre.
Progrès et résultats récents
Les partenaires du projet ont déjà élaboré des tests pour
les agents de menace biologique de catégorie A dans le
cadre de programmes internes ou de projets antérieurs
de l’IRTC. Ces tests, et d’autres tests disponibles, seront
évalués et validés dans le but d’élaborer des protocoles
de détection qui conviendront aux diagnostics des
laboratoires mobiles et à haute capacité. L’équipe de
projet avait, au préalable, déterminé que les agents de
bioterrorisme cibles étaient les suivants : Bacillus anthracis
(charbon), Yersinia pestis (peste), Francisella tularensis
(tularémie) et Clostridium botulinum (botulisme). Les tests
seront éprouvés dans le but d’être utilisés au sein du
RCLI et ouvriront aussi la voie à la mise au point d’autres
tests. Au terme du projet, l’équipe aura déployé des tests
précis, rapides, sensibles et éprouvés dans les laboratoires
fédéraux et provinciaux à l’échelle du pays.
Impact
Il est nécessaire qu’un réseau élargi de laboratoires
travaille selon des protocoles normalisés et avec des outils
communs dont l’efficacité est prouvée, pour :
•
•
•
identifier de façon fiable les agents de menace
biologique;
accroître la rapidité d’intervention et la qualité du
service offert aux organismes d’application de loi, de
santé publique et animale et de sûreté alimentaire;
engager des poursuites fructueuses.
Auteur
Matthew Gilmour, Agence de la santé publique du
Canada, Matthew_Gilmour@phac-aspc.gc.ca
76
CRTI 08-0190RD
Fusion de données
Responsable du projet :
Conseil national de recherches Canada – Institut de technologie de
l’information
Partenaires fédéraux :
RDDC Valcartier; Santé Canada; Agence de la santé publique du Canada
Partenaires de l’industrie :
AMITA Corporation; SilvaCorp; Khaled El-Emam Privacy Analytics Inc.
Autres partenaires :
Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa; Santé publique Ottawa;
Carnegie Mellon University – School of Computer Science; Agence ontarienne
de protection et de promotion de la santé; Université Queen’s – Public Health
Informatics; Michigan Department of Community Health; Bureau de santé de
Grey Bruce; Hôpital d’Ottawa – Département des maladies infectieuses et du
contrôle des infections
Objectifs
Pertinence
Ce projet vise à permettre aux intervenants d’adapter
les technologies de surveillance actuelles à de nouvelles
situations. Le projet permet de développer des logiciels
et des cadres de processus adaptatifs qui donneront aux
intervenants et aux décideurs accès à une technologie de
fusion de données (FD) de pointe, et leur permettront de
concevoir et de déployer des solutions de surveillance par
FD adaptées à leur domaine. Deux prototypes d’applications
de surveillance par FD seront élaborés afin de détecter de
graves épidémies en milieu hospitalier et de surveiller les
événements liés à l’abus de drogues.
Ce projet allie l’expertise de RDDC en analyse et surveillance
de situation et en fusion de données à l’expertise des autres
membres de l’équipe afin d’élaborer un cadre de détection
et de surveillance des menaces CBRNE qui permettra aux
intervenants de mettre en place des solutions avancées de
catalogage, de modélisation et de visualisation des menaces
qui répondent au problème de surveillance de la prolifération
des menaces. Deux scénarios et systèmes de prototypes
comblant des besoins dont ne traitent pas les systèmes
existants sont élaborés. Ces systèmes sont très pertinents
pour la détection du bioterrorisme et des épidémies de
source naturelle. Les technologies développées seront axées
sur la FD, afin d’appuyer les processus de prise de décision,
de permettre des interactions personne-machine efficaces et
de pousser la surveillance électronique des risques vers son
prochain stade de développement.
Les autres objectifs du projet sont les suivants : concevoir un
cadre logiciel (validation de principe) pour la mise en œuvre
des applications de surveillance par FD; créer un poste
d’analyse et de surveillance des situations comportant des
agents chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires
et explosifs (CBRNE) et une interface utilisateur de pointe
réutilisable intégrant des visualisations; élaborer des normes
sur la confidentialité et le respect des renseignements
personnels dans l’utilisation des systèmes de surveillance par
FD ainsi qu’une stratégie visant à encourager le déploiement
de cette technologie au-delà du présent projet; faire l’essai
des prototypes d’applications avec des utilisateurs finaux
et documenter les cadres logiciels afin d’en favoriser la
réutilisation. Les résultats de ce projet seront intégrés aux
travaux continus sur la FD de RDDC et aux travaux continus
du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) sur
l’interaction personne-machine et l’exploration de textes.
Les notions élaborées sur les systèmes de surveillance
par FD dans le cadre du projet aideront les intervenants à
évaluer rapidement les menaces potentielles et à répondre
de façon appropriée aux alertes reçues, et permettront aux
analystes d’explorer les liens entre les divers flux de données
et ainsi de mieux cerner les caractéristiques pertinentes de
l’environnement. Ce projet tire parti des connaissances de
tous les partenaires dans le but d’élaborer une capacité de
surveillance statistique des menaces applicable à plusieurs
domaines de risque. L’établissement des étapes nécessaires
pour combiner les capacités de surveillance par FD avec
l’expertise dans les domaines de risque répond directement
aux priorités du RDDC CSS, et favorisera la confiance
du public par de nouvelles sources de renseignements
crédibles sur les risques CBRNE.
77
CRTI 08-0190RD
Fusion de données
Progrès et résultats récents
Les contrats du projet ont été mis en place au début
de 2010. Les activités des phases 1 et 2, notamment
la définition du projet et le plan détaillé de projet, ont
été achevées. Les activités de la phase 3, y compris la
définition des exigences fonctionnelles et le choix de la
stratégie technique, ont été achevées en 2010. La
phase 4 est en cours; l’architecture et le cadre logiciel sont
terminés et l’acquisition de données pour l’Application
no 1 est en cours. La phase 4 doit être achevée au cours
du premier trimestre de l’exercice financier 2011-2012.
L’acquisition de données a porté principalement sur
l’accès à des renseignements sur la santé anonymisés
des hôpitaux de Kingston, et cette étape est en voie
d’être complétée. On explore actuellement des sources
de données supplémentaires provenant de l’Institut de
cardiologie de l’Université d’Ottawa.
Ce projet laissera un concept, validé dans un
environnement pertinent, de la capacité de fournir
aux intervenants des systèmes de surveillance par FD
qui leur permettront de mieux surveiller les situations
présentant un risque élevé. En cas de signal positif, les
intervenants disposeront des informations nécessaires pour
distinguer les alertes réelles des fausses alertes, répondre
immédiatement et adéquatement aux alertes réelles et
rejeter rapidement et efficacement les fausses alertes. À un
niveau plus élevé, cette capacité permettra aux décideurs
d’élaborer et de déployer sans délai des solutions de
surveillance par FD conçues spécifiquement pour surveiller
les menaces très prioritaires.
Impact
Ce projet démontrera la possibilité d’une technologie
de surveillance souple et précise pouvant résoudre
des problèmes vitaux auxquels sont confrontés les
utilisateurs des systèmes actuels : données insuffisantes,
impossibilité d’intégrer des flux de données multiples,
et difficultés de gérer les fausses alertes (signaux faux
positifs). La surveillance par FD vise à traiter les données
pertinentes, à leur donner le format approprié et à les
fournir à l’utilisateur au moment et à l’éndroit où ils en
ont besoin pour prendre des décisions cruciales. Les
résultats du projet comprendront un cadre de processus
adaptatif qui permettra l’intégration de plusieurs sources
de données et son application à de multiples usages. Ce
projet est fondé sur l’enthousiasme des utilisateurs finaux
et l’intérêt de Santé publique Ottawa, de Santé Canada
et des spécialistes des maladies infectieuses de l’Hôpital
d’Ottawa. Les technologies et les capacités élaborées
dans le cadre de ce projet seront aussi intégrées à d’autres
travaux en cours à RDDC visant à répondre aux besoins
des Forces canadiennes.
Auteurs
Richard Davies, Institut de cardiologie de l’Université
d’Ottawa, rfdavies@ottawaheart.ca
Sonny Lundahl, AMITA Corporation, sonnyl@amita.com
78
CRTI 08-0192TD
Réseau de l’inventaire des ressources en cas d’urgence
Responsable du projet :
Sécurité publique Canada
Partenaires fédéraux :
Conseil national de recherches Canada; RDDC Valcartier; Environnement
Canada
Partenaire de l’industrie :
AMITA Corporation
Autres partenaires :
Université Carleton; Ministère de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick;
Ville de Richmond; Association canadienne des chefs de pompiers; Directeurs
des services médicaux d’urgence du Canada
Objectifs
L’expérience montre que la difficulté d’accès à des listes
exhaustives des ressources utiles en cas d’urgence entraîne
des retards et un manque d’efficacité en situation de crise.
Le Réseau de l’inventaire des ressources en cas d’urgence
(ERIN) permettra d’accéder rapidement à un inventaire
complet des ressources utiles à l’intervention, comme
le personnel, les installations de formation et autres, les
ressources et les entrepreneurs. L’ERIN permettra aux
intervenants, aux planificateurs et aux décideurs de repérer
le matériel d’urgence et d’y accéder en cas de nécessité.
L’objectif est de donner aux intervenants un accès en temps
réel à toutes les ressources pour améliorer la capacité
d’évaluation des faiblesses, la planification, la coordination
et la synchronisation de l’intervention et du rétablissement.
En fin de compte, l’ERIN procure une « capacité » d’urgence
et il sera au cœur de la future priorité de planification fondée
sur les capacités (PFC) de l’IRTC. L’intégration à l’ERIN
de définitions normalisées des ressources détaillant les
niveaux minimaux de service, de formation et de matériel
des différentes administrations selon les populations, les
points faibles et les infrastructures essentielles amélioreront
la gestion des ressources, la planification et les priorités en
matière d’investissement de l’IRTC, ainsi que les vérifications
statistiques des structures d’intervention d’urgence.
Le projet prévoit la production et l’essai sur le terrain
d’une base de données bilingue à architecture ouverte qui
permettrait de préparer un inventaire national des ressources
d’urgence CBRNE et tous risques de plus de 50 organismes
d’intervention d’urgence municipaux, provinciaux, territoriaux
et fédéraux. La base de données sera stockée sur un serveur
et accessible par Internet au moyen d’un accès à plusieurs
niveaux de sécurité.
L’ERIN abritera un répertoire informatisé complet de listes de
capacités ciblées et des documents de caractérisation des
ressources qui permettront aux « propriétaires » d’effectuer
eux mêmes les mises à jour des ressources supplémentaires
qu’ils acquerront.
Pertinence
Le Federal Emergency Management Agency (FEMA) des
États-Unis a compris les qualités d’un outil comme l’ERIN
pour l’amélioration de l’état de préparation, de l’intervention
et du rétablissement en cas d’incident CBRNE ou tous
risques. Le FEMA se sert d’un produit similaire, l’Incident
Resource Inventory System (IRIS), qui a été utilisé aux ÉtatsUnis dans le cadre de plusieurs interventions d’urgence à
la suite de catastrophes naturelles. On a vanté son utilité en
affirmant qu’il a considérablement renforcé la gestion des
ressources. Il n’est pas possible d’avoir recours à l’IRIS au
Canada, puisqu’il n’est pas bilingue. Sa forme et son rôle
sont toutefois semblables à ceux du milieu des intervenants
d’urgence du Canada.
Il n’existe actuellement aucun système informatisé national
au Canada permettant aux intervenants d’urgence
municipaux, provinciaux et fédéraux de répertorier, de
classer ou de coordonner les ressources d’intervention
CBRNE ou tous risques, ou d’y avoir accès. La création
de l’ERIN répondra à un besoin urgent et fera appel à
la collaboration d’experts en conception de solution TI,
d’intervenants internationaux et d’utilisateurs de plusieurs
organismes ou organisations de gestion des urgences de
tous les ordres de gouvernement au Canada.
L’ERIN améliorera la capacité interorganisationnelle
des municipalités, des provinces et du gouvernement
fédéral à repérer, à mobiliser et à distribuer les ressources
d’urgence en cas d’intervention. Il aura un effet positif
avant les incidents puisqu’il permettra d’évaluer le progrès
79
CRTI 08-0192TD
Réseau de l’inventaire des ressources en cas d’urgence
de l’amélioration des capacités d’intervention aux niveaux
municipal, provincial et fédéral en établissant des mesures
de l’état de préparation. Le système servira aussi à évaluer
la capacité d’intervention générale du Canada en cas
d’incidents tous risques, plus particulièrement les actes
terroristes CBRNE.
Impact
L’ERIN sera l’un des éléments fondamentaux des
organisations d’intervention CBRNE du Canada; il
remplacera les pratiques opérationnelles actuelles qui
utilisent des dossiers écrits et des bases de données
non interactives pour mener des évaluations du risque,
repérer les lacunes ou les points faibles en matière de
capacités, éviter le dédoublement des efforts et prioriser
l’attribution des ressources en vue de réduire les risques.
Il sera utilisé dans la planification et l’approvisionnement,
la normalisation et l’interopérabilité, l’augmentation de
la sécurité des intervenants et la planification des cycles
de formation. L’ERIN permettra une intervention rapide
utilisant les ressources appropriées de Sécurité publique
Canada, une approche actuellement impossible.
Les versions de l’ERIN résultant du projet et la
disponibilité du logiciel et de la formation en ligne à tous
les intervenants améliorera considérablement l’état de
préparation, la prévention et l’intervention relativement aux
incidents CBRNE et tous risques au Canada. Après des
tests fructueux, on pourrait continuer à produire l’ERIN
à partir de Montréal et du Nouveau-Brunswick, tout en
intégrant les données recueillies dans les projets locaux
récents de planification fondée sur les capacités.
Auteurs
Denis Guitor, Sécurité publique Canada,
denis.guitor@ps-sp.gc.ca
Sonny Lundahl, AMITA Corporation, sonnyl@amita.com
80
CRTI 08-0203RD
Solutions scientifiques et technologiques visant à atténuer les
vulnérabilités de l’approvisionnement alimentaire du Canada
Responsable du projet :
Agence canadienne d’inspection des aliments
Partenaires fédéraux :
Agence de la santé publique du Canada; Santé Canada
Autres partenaires :
Université de Guelph; Michigan State University; US Homeland Security
– National Center for Food Protection and Defence; US Food and Drug
Administration
Objectifs
Ce projet a trois objectifs principaux : 1) mettre au point
de nouvelles méthodes améliorées de préparations des
échantillons pour la concentration de Bacillus anthracis
(charbon) et de Clostridium botulinum (toxine botulinique)
dans des matrices alimentaires comme le lait, le jus,
les salades ensachées, les viandes transformées et
l’eau embouteillée; 2) évaluer différentes technologies
(SmartCycler, LightCycler480, PyroMark et EzyBot) pouvant
servir de systèmes d’identification et de détection rapides
et améliorés; et 3) élaborer des procédures opérationnelles
normalisées et des protocoles validés.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA),
Santé Canada et l’Université de Guelph, en collaboration
avec la Michigan State University, travailleront de concert à
la mise au point de méthodes améliorées de préparation des
échantillons et de concentration des spores du charbon et
des toxines prélevés dans des matrices alimentaires, dans
le but d’accroître la sensibilité des techniques de détection
en aval. L’ACIA, Santé Canada et l’Agence de la santé
publique du Canada évalueront les plateformes de détection
pour le dépistage et l’identification spécifiques du charbon
et des toxines dans les aliments. La US Food and Drug
Administration et le US Homeland Security – National Center
for Food Protection and Defence fourniront des conseils
d’experts sur la sécurité alimentaire.
Pertinence
Ce projet correspond à l’une des priorités de l’IRTC, soit
assurer la salubrité du système alimentaire. Le projet devrait
contribuer à la mise en place de plateformes technologiques
qui permettront d’identifier rapidement et avec exactitude
les spores du charbon et la toxine botulinique. Ces outils
faciliteront le dépistage rapide, spécifique et sensible des
agents biologiques qui constituent une menace dans
les aliments. L’identification rapide d’un agent lors d’une
attaque terroriste pourrait permettre de raccourcir le délai
d’intervention et de réduire les répercussions sur la santé
publique.
En visant à combler certaines lacunes scientifiques et
technologiques, le Canada pourra améliorer sa capacité
d’intervention en cas de contamination naturelle, accidentelle
ou délibérée de ses ressources alimentaires liée à ces agents
biologiques dangereux.
Progrès et résultats récents
On a mené à bien les travaux d’élaboration et d’optimisation
du système de filtration tangentielle servant à la récupération
de spores de B. anthracis dans de l’eau embouteillée, du
jus et des hot dogs contaminés artificiellement. Des travaux
sont en cours en vue d’optimiser la fabrication de fibres de
polymère électrofilées et d’immobiliser les aptamères et les
anticorps sur les fibres afin d’assurer une capture efficace
des toxines botuliniques. D’autres travaux en cours visent à
élaborer une méthode de capture et de détection des spores
de B. anthracis au moyen de phages immobilisés propres
à cette bactérie. On a recouvert des billes magnétiques
avec l’anticorps monoclonal de la toxine botulinique; cette
méthode à permis de capturer, de concentrer et de détecter
la toxine botulinique dans du jus de fruit, du jus de carotte et
de l’eau embouteillée.
L’utilisation de méthodes nanométriques de capture
immunomagnétique dans le but de concentrer les spores
de B. anthracis se trouvant dans les aliments a été
démontrée avec succès. L’élaboration d’une épreuve de
pyroséquençage utilisant la technologie PyroMark pour
détecter et identifier B. anthracis grâce à l’analyse des
séquences de répétitions mononucléotidiques est en cours.
Certains de ces résultats préliminaires ont été présentés, ou
le seront, dans le cadre de conférences internationales.
81
CRTI 08-0203RD
Solutions scientifiques et technologiques visant à atténuer les
vulnérabilités de l’approvisionnement alimentaire du Canada
Impact
Le projet débouchera sur la mise au point d’outils qui
renforceront la capacité du Canada d’intervenir en cas
de contamination naturelle, accidentelle ou délibérée des
ressources alimentaires attribuable à la présence de spores
du charbon ou de la toxine botulinique. Une fois mis en
application dans les établissements de transformation
des aliments, ces outils pourraient contribuer à renforcer
la surveillance et agir comme système d’alerte rapide
en cas de contamination par des agents biologiques
dangereux. Les méthodes élaborées permettront
d’intervenir rapidement et de relever des actes de
biocontamination malveillante des produits alimentaires.
La mise au point d’outils de détection robustes comme
les systèmes SmartCycler et EzyBot offriront une capacité
de détection applicable sur le terrain. Advenant le cas où
des établissements de transformation et de distribution
des aliments seraient contaminés, les plateformes
technologiques de détection pourraient contribuer au
rétablissement de l’approvisionnement alimentaire une fois
que les sites touchés ont été décontaminés. Ces outils de
détection pourraient en outre servir à détecter les agents
biologiques dangereux dans des spécimens cliniques ou
des échantillons prélevés dans l’environnement en cas
d’attaque terroriste.
Auteur
Kingsley Amoako, Agence canadienne d’inspection des
aliments, kingsley.amoako@inspection.gc.ca
82
CRTI 08-0214RD
Inspection et tomographie passives par rayonnements cosmiques pour la
détection des matières nucléaires spéciales
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaires fédéraux :
Agence des services frontaliers du Canada; Énergie atomique du Canada
Limitée; Santé Canada
Partenaires de l’industrie :
Advanced Applied Physics Solutions; International Safety Research
Autre partenaire :
Université Carleton
Objectifs
L’objectif du projet pour l’Inspection et tomographie
passives par rayonnements cosmiques et tom est de
concevoir (CRIPT), de construire et de tester des systèmes
de spectrométrie à muons et de suivi des muons à coût
raisonnable qui seront en mesure de détecter, dans des
délais acceptables (moins d’une minute par conteneur),
des matières nucléaires spéciales (MNS) ou des blindages
denses qui recèleraient des sources de rayonnements
dissimulées dans de gros conteneurs de transport. Cette
technologie peut aussi être utilisée pour obtenir des images
des actinides présents dans les contenants de déchets
radioactifs et effectuer le suivi comptable des combustibles
nucléaires usés. De petits prototypes de suivi des muons ont
été mis à l’essai en 2010 et le prototype en grandeur réelle
(un ensemble de détecteurs de muons couvrant environ 64
m2) seront mis à l’essai vers la fin de 2012. Les partenaires
du projet jouent les rôles suivants :
•
•
•
•
•
•
RDDC Ottawa assure la direction du projet et effectue
des études de simulation;
l’Université Carleton et Advanced Applied Physics
Solutions (AAPS) construisent les systèmes de
spectrométrie à muons et de suivi des muons;
Énergie atomique du Canada Limitée (EACL)
développe les algorithmes de détection et d’imagerie
tomographique des MNS;
l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC)
met à l’essai les systèmes de détection radiologiques
existants et détermine quelles sont les contraintes
opérationnelles qui s’appliquent aux systèmes de suivi
des muons;
Santé Canada étudie les techniques d’apprentissage
automatique afin d’améliorer la sensibilité de l’appareil;
International Safety Research (ISR) fournit de l’appui
à la gestion du projet et étudie la faisabilité du
développement d’un système de détection de neutrons
passif complémentaire afin d’améliorer les taux de
détection des MNS.
Pertinence
La contrebande de matières nucléaires spéciales (MNS) et
de matériaux radioactifs illégaux au Canada et dans les pays
alliés est une question majeure sur le plan de la sécurité. Bien
qu’il existe, pour les cargaisons, des systèmes de détection
des rayonnements qui sont sensibles à de faibles niveaux
de rayonnements gamma ou de neutrons, il est difficile de
détecter les MNS (uranium et plutonium) et les sources de
rayonnements bien blindées par les moyens classiques. Les
muons, des rayonnements cosmiques ayant une très grande
capacité de pénétration, pourraient apporter une solution
à ce problème. La matière dense, ayant un indice Z élevé,
comme l’uranium, la plutonium et le plomb, disperse les
muons selon de plus grands angles que la matière « normale
» (ayant un Z inférieur). On peut ainsi placer des détecteurs
de suivi de particules chargées autour d’un objet d’intérêt (p.
ex., un conteneur de transport) afin de mesurer la déviation
de la trajectoire des muons et de produire ainsi des images
du contenu de cet objet.
Progrès et résultats récents
Le projet CRIPT a fait des progrès importants depuis son
approbation, en avril 2009. Des simulations informatiques
du fonctionnement de divers types de détecteurs ont
été entreprises à l’Université Carleton, chez AAPS, à
EACL et à RDDC Ottawa. L’Université Carleton a réalisé
des simulations détaillées de la réponse de diverses
conceptions de chambres à dérive à muons provenant
de rayonnements cosmiques. Ces simulations ont
permis de concevoir un panneau cathodique innovateur
pour les chambres à dérive. AAPS a simulé la réponse
des scintillateurs aux muons d’origine cosmique; ces
simulations ont permis de déterminer la taille et la
géométrie optimales des détecteurs à scintillateur qui
seront utilisés pour construire le prototype à échelle
réelle. EACL a développé et testé divers algorithmes
de reconstruction des images afin de réaliser des
83
CRTI 08-0214RD
CRIPT (Inspection et tomographie passives par rayonnements cosmiques)
pour la détection des matières nucléaires spéciales (MNS)
reconstructions tridimensionnelles du contenu de divers
volumes (p. ex., des conteneurs de transport et des
contenants de combustible nucléaire usé et de déchets
nucléaires). Les simulations ont permis de déterminer les
exigences realtives au spèctrometre à muons et au suivi
des muons. RDDC Ottawa a aussi réalisé des simulations
afin d’établir les caractéristiques techniques pour la
conception d’un spectromètre à muons.
Ces simulations ont permis d’obtenir les renseignements
requis pour la conception de deux prototypes à échelle
réduite de dispositifs de suivi des muons : des chambres à
dérive remplies de gaz construites par l’Université Carleton
et des dispositifs de suivi à scintillateur produits par
AAPS. Chacun de ces prototypes se composait de quatre
couches de détecteurs de muons dont les surfaces actives
couvraient environ 4 m2. Ces prototypes ont fonctionné
correctement (résolution de 2 mm pour la position des
muons et efficacité supérieure à 99,5 %. Le rendement
de ces petits prototypes sur le plan de la détection des
muons ainsi que leurs coûts de construction ont été utilisés
comme critères afin d’établir quelle serait la conception du
prototype à grande échelle. On a choisi les détecteurs à
scintillateurs pour le prototype à grande échelle, qui devrait
être terminé en 2012.
ISR a simulé le signal de neutrons produit par de l’uranium
hautement enrichi (UHE) pour déterminer s’il était
possible de détecter un signal de neutrons « passif ».
Malheureusement, la probabilité de détection de ce faible
signal est faible en raison du bruit de fond beaucoup plus
puissant (et variable) produit par les neutrons provenant de
rayonnements cosmiques.
Impact
Ce projet fournira un prototype de système de tomographie
à muons qui sera en mesure de détecter des MNS ou des
blindages denses dans des conteneurs de la taille de ceux
qui sont utilisés pour le transport aérien. Ce système sera
testé par EACL afin de caractériser sa capacité à identifier
le contenu de déchets radioactifs. La mise en place
d’une technologie efficace de tomographie à muons aux
points d’entrée au Canada améliorerait notre capacité de
détection des MNS illicites et autres sources radioactives
blindées. Ces deux éléments représentent une menace très
sérieuse pour la sécurité du Canada et de ses alliés. Les
conséquences de la non-détection d’un dispositif nucléaire
improvisé ou d’un dispositif de dispersion radiologique
de contrebande à son entrée au Canada seraient
84
Auteur
David Waller, RDDC Ottawa, david.waller@drdc-rddc.gc.ca
CRTI 08-0225TD
Critères d’intervention en cas d’incident radionucléaire
Responsable du projet :
Santé Canada – Bureau de la radioprotection
Partenaires fédéraux :
Sécurité publique Canada; Ministère de la Défense nationale; Commission
canadienne de sûreté nucléaire
Partenaire de l’industrie :
International Safety Research
Objectifs
Pertinence
D’après des analyses des capacités de réponse à des
événements radionucléaires, les organismes doivent
accroître leur interopérabilité pour intervenir en cas
d’attentats terroristes d’envergure (c.-à-d. les attentats qui
requièrent les capacités de plusieurs de ces organismes).
De nombreux organismes susceptibles d’être appelés à
intervenir en cas d’incident radionucléaire ont élaborés
leurs propres critères, plans et procédures. Même si ces
différentes mesures ont été élaborées selon des principes
nationaux et internationaux et des recommandations de
spécialistes, elles peuvent varier selon l’organisme (p.
ex., distances de sécurité, alarmes des débits de dose et
niveaux de danger). Le présent projet désigne l’ensemble
de ces mesures sous le terme « critères d’intervention
en cas d’incident radionucléaire ». Des exercices réalisés
récemment montrent que certaines interventions sont
inefficaces lorsque les organismes n’ont aucune liste de
critères ou ignorent quels critères ont été établis par les
autres intervenants.
Le projet découle directement du besoin d’établir des
critères d’intervention en cas d’incident radionucléaire,
déterminé dans le cadre de plusieurs projets, exercices
et ateliers antérieurs et actuels de l’Initiative de recherche
et de technologie CBRN (IRTC) (MEDNEREX, Exercice
Initial Thunder, Exercice Integrated Response, atelier
sur la contamination radionucléaire en 2007, PROBE
[06-0317TD]). Par exemple, d’après un atelier sur la
contamination radionucléaire tenu en 2007 dans le
cadre de l’IRTC, même si le Canada possède une vaste
gamme de ressources et de capacités, l’efficacité de son
intervention pourrait être réduite s’il y a des divergences
dans l’utilisation ou la compréhension des protocoles
et des critères d’intervention. En cas de détection d’un
dispositif de dispersion radiologique, l’intervention d’urgence
des organismes sera plus efficace si les capacités sont
coordonnées. Si une contamination de masse survient, il est
déterminant pour l’efficacité de l’intervention et la sécurité
publique que les organismes agissent selon des limites
clairement définies et les mêmes méthodes.
Le projet a pour but d’informer toutes les parties prenantes
au sujet des critères et autres aspects d’intervention
radionucléaire pour optimiser leur interopérabilité et
leur efficacité en cas d’incident radionucléaire (premiers
intervenants et organisations municipales, provinciales et
fédérales). Pour y arriver, des recherches seront effectuées
sur les pratiques actuelles en matière d’intervention
radionucléaire adoptées sur les plans international,
national, provincial et municipal, dans le but de favoriser
les discussions sur ces pratiques. L’information sera
mise à la disposition de toutes les parties prenantes. Les
objectifs du projet seront réalisés en quatre étapes : un
sondage auprès des parties prenantes et une recherche
documentaire, une conférence de deux jours, un atelier et
de la documentation sur les critères d’intervention en cas
d’incident radionucléaire.
Progrès et résultats récents
L’étape 1 du projet consiste à réaliser un sondage auprès
des parties prenantes et une recherche documentaire.
Le Bureau de la radioprotection de Santé Canada et la
Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) feront
parvenir une lettre à tous les intervenants au sujet du projet
pour leur demander s’ils seraient intéressés à participer
à une conférence et à échanger de l’information sur les
critères d’intervention en cas d’incident radionucléaire.
S’ils se montrent intéressés, un questionnaire sera envoyé
aux organisations qui ont des critères déjà établis. Le
questionnaire portera sur leurs critères, protocoles,
procédures et concepts d’opérations. Les résultats de la
recherche documentaire auprès des différentes autorités
(de municipales à internationales) et les réponses du
questionnaire seront résumés dans un rapport sommaire
qui sera présenté lors d’une conférence réunissant les
parties prenantes à l’étape 2.
85
CRTI 08-0225TD
Critères d’intervention en cas d’incident radionucléaire
À l’étape 2, il y aura une conférence de deux jours dans
le cadre de laquelle les parties prenantes seront invitées
à présenter leurs critères d’intervention en cas d’incident
radionucléaire. Les participants auront aussi l’occasion
d’échanger de l’information sur le sujet. Cette activité
interactive favorisera les discussions entre les organisations
et leur permettra de s’informer sur les différents critères
d’intervention. L’information obtenue à la conférence sera
ensuite intégrée au rapport sommaire et distribuée. Les
sujets d’intérêt général pourront être approfondis aux
étapes 3 et 4.
À l’étape 3, un groupe de travail coprésidé par Santé
Canada et la CCSN sera créé et comptera des
représentants des partenaires fédéraux, provinciaux,
régionaux et municipaux. Il aura pour objectif de rédiger
une ébauche des critères d’intervention en cas d’incident
radionucléaire, qui sera envoyée à toutes les parties
prenantes, y compris celles qui n’ont aucun critère établi.
À l’étape 4, les commentaires reçus des parties prenantes
sur l’ébauche seront intégrés en vue de faire un document
final, qui ne sera publié qu’avec l’autorisation de Santé
Canada et de la CCSN.
Impact
Ce projet améliorera grandement l’efficacité des
mesures de préparation et d’intervention du Canada
en cas d’incident radionucléaire. Toutes les parties
prenantes connaîtront les directives et les critères liés
aux interventions en cas d’incident radionucléaire, ce qui
accroîtra leur interopérabilité et du même fait, la sécurité et
l’efficacité des interventions.
Auteur
Brian Aheir, Santé Canada – Bureau de la radioprotection,
brian.a.ahier@hc-sc.gc.ca
86
CRTI 08-0233TD
Produit intraveineux à base de HI-6 pour le traitement contre les
agents neurotoxiques
Responsable du projet :
RDDC Suffield
Partenaires fédéraux :
Services de santé des Forces canadiennes; Gendarmerie royale du Canada
Partenaire de l’industrie :
UGM Engineering Ltd.
Autre partenaire :
Hôpital d’Ottawa
Objectifs
L’objectif du projet consiste à développer et à faire la
démonstration d’un produit intraveineux à base de HI-6 pour
un traitement continu des empoisonnements causés par les
agents neurotoxiques. Une formulation et un procédé de
fabrication ont été développés d’ici avril 2011; des travaux
de recherche initiaux effectués sur des animaux, ainsi que
et des études de sécurité non cliniques menées selon de
bonnes pratiques de laboratoire (BPL) seront effectués d’ici
mai 2012; et une petite quantité d’unités de produit emballé
sera produite à des fins de démonstration à RDDC Suffield
lors du programme de formation des premiers intervenants
CBRN en juin 2012. UGM Engineering fournira les services
de marché généraux, assurant la gestion des procédés
de formulation du produit intraveineux et la supervision du
développement d’un procédé industriel par les organisations
ayant un contrat de production. RDDC Suffield mènera
des études de sécurité non cliniques selon les BPL et des
essais finaux sur le modèle porcin. Les Services de santé
des Forces canadiennes et les premiers intervenants de la
Gendarmerie royale du Canada et de l’Hôpital d’Ottawa
fourniront l’expertise clinique, qui inclura des scénarios pour
utilisateurs finaux qui pourraient affecter la configuration
du produit final ainsi que des recommandations sur la
formulation adéquate et les spécifications du dosage.
Pertinence
Ni les militaires ni le système d’entreposage pour urgence
nationale ne disposent du produit d’oxime intraveineux
spécifiquement conçu pour le traitement contre l’exposition
aux agents neurotoxiques. Les efforts visant a reconstituer
des réserves d’antidotes contre les agents neurotoxiques
sont axés sur la thérapie intramusculaire. La thérapie par
auto-injecteur ne permet pas au médecin traitant de donner
au patient la dose d’oxime dont il a besoin. D’autre part,
avec les multiples injections intramusculaires, il se peut
qu’il n’y ait pas les niveaux de plasma requis pour assurer
un traitement efficace, ce qui peut entraîner des effets
adverses locaux. On se retrouve donc face à une lacune
pour ce qui est de la capacité à offrir un traitement contre les
agents neurotoxiques. Le développement d’une formulation
intraveineuse à base de HI-6 procurera plus de flexibilité
et d’efficacité dans le régime de traitement contre les
empoisonnements dus aux agents neurotoxiques, y compris
les expositions cutanées.
Progrès et résultats récents
Une réunion de consultation scientifique sur la formulation
intraveineuse à base de HI-6 a eu lieu le 7 octobre 2010.
On a présenté, pour obtenir des commentaires, des
essais pilotes et des études d’efficacité chez l’animal
destinés à appuyer une demande en vertu du Programme
d’accès spécial; le plan a été accueilli favorablement. On
a organisé une réunion de tous les partenaires pour aider
à encadrer et formaliser l’utilisation intraveineuse du HI-6
pour le traitement contre les agents neurotoxiques; des
paramètres tels que la mise en marche du traitement,
la justification de la dose et le suivi du patient ont été
abordés. RDDC Suffield a amorcé les démarches pour
obtenir un certificat de conformité aux bonnes pratiques de
laboratoire (BPL) du Conseil canadien des normes (CCN);
une inspection des installations est prévue.
Des essais de préparation (lyophilisation) ont été menés et
le procédé a été optimisé. Les lots optimisés de formulation
à base de HI-6 font actuellement l’objet d’essais de
stabilité visant à assurer leur conformité aux exigences
en matière de stabilité. On a mis au point une méthode
d’analyse pour détecter et quantifier le méthanesulfonate
d’éthyle, une impureté mutagène pouvant découler du
processus de préparation du HI-6. Cette méthode est en
cours de validation.
Les impuretés présumées de la préparation du HI-6 DMS
ont été établies. Ces impuretés ont été synthétisées en vue
de leur utilisation comme substance de référence dans le
cadre de l’analyse des impuretés de lots futurs de HI-6.
87
CRTI 08-0233TD
Produit intraveineux à base de HI-6 pour le traitement contre les
agents neurotoxiques
Impact
Au Canada, la population civile n’a jusqu’à présent pas
accès au HI-6. D’important travaux de recherche ont
démontré que le HI-6 est beaucoup plus efficace contre
une vaste gamme d’agents neurotoxiques que ne le serait
le traitement présentement disponible pour le traitement
de victimes civiles. Le développement d’une formulation
flexible à base de HI-6 fournira plus d’options aux premiers
intervenants en cas d’incident. A titre d’exemple, lors de
l’incident du métro de Tokyo, les premiers intervenants
japonais ont réalisé que chez de nombreuses victimes, les
besoins en oxime était supérieurs aux doses prévues, ce
qui ne pouvait donc pas être résolu par l’usage d’autoinjecteurs multiples de 500 mg. La possibilité de titrer des
doses spécifiques améliorera non seulement l’efficacité de
la thérapie, mais elle permettra aussi d’accroître l’efficacité
des premiers intervenants et des médecins, leur permettant
ainsi de traiter plus de victimes. Ceci permettra au Canada
de progresser dans son intention d’offrir à ses Forces
armées et à sa communauté des premiers intervenants
un régime de traitement complet contre l’exposition aux
agents neurotoxiques.
Auteurs
Christine Stewart, RDDC Suffield,
christine.stewart@drdc-rddc.gc.ca
John Mikler, RDDC Suffield, john.mikler@drdc-rddc.gc.ca
Stephen Bjarnason, RDDC Suffield,
stephen.bjarnason@drdc-rddc.gc.ca
88
CRTI 08-0234TD
Modélisation des effets sur les laboratoires des
urgences en santé publique et santé animale
Responsable du projet :
Agence de la santé publique du Canada
Patenaires fédéraux :
Santé Canada, Agence canadienne d’inspection des aliments
Autres partenaires :
Université de Guelph, Michigan State University, US Homeland Security
National Center for Food Protection and Defence – University of Minnesota,
US Department of Agriculture
Objectifs
Le projet vise la mise en place de capacités de modélisation
permettant d’évaluer scientifiquement les besoins liés à
un accroissement soudain de la demande au sein des
laboratoires provinciaux et fédéraux canadiens de santé
publique et animale en situation de menace bioterroriste.
Les chercheurs adoptent les techniques statistiques et
les modèles de simulation qu’utilisent les US Centers for
Disease Control and Prevention (CDC) et l’Association of
Public Health Laboratories (APHL) des États-Unis.
Pour prédire la capacité des laboratoires de santé publique,
les CDC projettent des charges de travail pandémiques,
l’utilisation des ressources et les capacités de roulement
des stocks. Les résultats quantifiables de ces études
peuvent servir à prévoir la nécessité de tactiques comme la
réduction de charges de travail modèles, l’accroissement
des ressources et la modification des processus, ainsi
qu’à prédire leur moment d’exécution, afin d’améliorer le
roulement en général et d’aider à la prise de décisions en
temps réel.
Pertinence
Il y a trois facteurs à prendre en considération :
1. Il n’existe au Canada aucun outil de modélisation de
laboratoire pemettant de prédire la capacité requise
pour se préparer à une croissance soudaine de l’effort
des laboratoires appelés à réagir à une menace
biologique précise.
2. Les laboratoires de partout au Canada se sont préparés
individuellement, mais pas nécessairement de manière
cohérente, à des événements de santé publique ou
animale.
3. Les laboratoires constituent des réserves, mais il
n’existe pas de données fondées sur des preuves qui
justifient la nécessité de constituer des stocks.
L’outil de modélisation qui sera élaboré dans le cadre de
ce projet sera une nouveauté au Canada. Les données
que les modèles actuels fournissent ne font qu’appuyer
la planification des interventions d’urgence possibles des
laboratoires. Cet outil permettra de reconnaître les lacunes
des capacités de réaction d’urgence des laboratoires, selon
certains agents biologiques. Comme il s’agit d’un modèle
générique pour les laboratoires et les agents pathogènes,
celui-ci pourra servir aux zones de compétence fédérales
et provinciales, de même qu’aux laboratoires de santé
publique et de santé animale. La modélisation permettra aux
laboratoires d’évaluer les risques de manière plus exhaustive
et de rajuster leur capacité d’appoint, et ainsi de réduire les
effets d’une menace biologique.
Progrès et résultats récents
L’outil de modélisation des CDC a aidé les laboratoires des
États et du gouvernement fédéral américains à se préparer
à réagir en cas de menace à la santé publique. L’outil
permettra aux Canada d’évaluer la capacité d’appoint des
laboratoires face à diverses menaces biologiques (p. ex., les
menaces à la santé publique et animale), et ainsi d’atténuer
les effets de nombreuses menaces. La modélisation aidera
à coordonner et à uniformiser les stratégies transfrontières
canado-américaines en normalisant les critères d’évaluation,
la terminologie associée à l’évaluation et les moyens de se
préparer à intervenir.
Conjuguées à l’expertise des laboratoires canadiens de
santé publique et de santé animale, les techniques de
modélisation des CDC et de l’APHL permettront d’élaborer
un outil propre aux agents biologiques, et ainsi de prédire
les ressources nécessaires aux laboratoires durant une
intervention. Ces prévisions permettront aux laboratoires de
mettre en œuvre des stratégies d’amélioration des capacités
avant qu’un événement de bioterrorisme ne survienne.
89
CRTI 08-0234TD
Modélisation des effets sur les laboratoires des
urgences en santé publique et santé animale
Le projet permet d’examiner la modélisation de cinq
agents de bioterrorisme ayant une très forte incidence sur
les humains et les animaux des points de vue du taux de
mortalité et du danger de bioterrorisme. L’équipe chargée du
projet a choisi les agents pathogènes connus chez l’humain
que sont la fièvre charbonneuse (Bacillus anthracis), la peste
(Yersinia pestis) et le botulisme (Clostridium botulinum) et les
agents zoopathogènes que sont la fièvre aphteuse (Aphtae
epizooticae) et la fièvre de la vallée du Rift. Les agents
zoopathogènes auraient aussi un effet très nuisible sur
l’industrie animale en raison du nombre important de mises
à la réforme qui serait requis.
Impact
Il ressortira du projet un outil de modélisation dont les
laboratoires pourront se servir pour relever les insuffisances
de ressources et les vulnérabilités des processus
découlant de la demande prévue accrue de dépistage
en cas de menace terroriste visant la santé publique ou
animale. L’outil permettra de prédire et d’optimiser les
besoins en ressources aux fins des tests de diagnostic qui
s’ajouteraient à la charge de travail habituelle en période
d’éclosion. Le modèle pourra également servir à évaluer
si des changements apportés aux protocoles d’essais,
tels le regroupement d’échantillons, l’automatisation de
processus ou l’élimination d’étapes, ont une incidence
sur les résultats. Ces modèles permettront de trouver des
moyens d’atténuer les effets d’un accroissement soudain
de la demande en santé publique ou animale sur les
laboratoires et leurs intervenants en cas d’urgence.
Auteur
Steven Guercio, Agence de la santé publique du
Canada, Steven.Guercio@phac-aspc.gc.ca
90
CRTI 08-0241TD
Techniques de test radiobiologique d’urgence utilisables sur le terrain
Responsable du projet :
Santé Canada
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Forces canadiennes
Autre partenaire :
Énergie atomique du Canada Limitée
Objectifs
Après une urgence radionucléaire (RN), les premiers
intervenants et le public touché pourraient avoir subi
une contamination interne par radionucléides. Le test
biologique rapide joue alors un rôle très important dans
le cadre de la gestion immédiate et à court terme des
conséquences (identifier les personnes contaminées
et fournir aux médecins des renseignements sur les
doses). Les projets antérieurs CRTI 02-0133RD et
CRTI 06-0230RD étaient axés sur l’élaboration de
méthodes rapides de tests biologiques menés en
laboratoire, mais il reste une importante lacune quant
aux applications sur le terrain. Le présent projet comble
cette lacune puisqu’il vise à élaborer des techniques de
test radiobiologique pouvant être utilisées sur le terrain.
Ces techniques se fonderont sur les connaissances et
technologies acquises dans le cadre des projets antérieurs
mentionnés ci-dessus, sans toutefois s’y limiter. De plus,
ce projet élaborera des techniques d’analyse d’urine
utilisables sur le terrain pour les dix principaux radionucléides
identifiés dans la version la plus récente de l’Évaluation
consolidée des risques et les regroupera dans un « module
de test biologique ».
Les deux volets sont importants, puisque des méthodes
sont requises lors du triage des victimes à la suite d’un
incident et pour l’analyse des centaines, voire des milliers,
d’échantillons de tests biologiques que peut produire le
plus petit incident. Ce projet permettra d’élaborer des
techniques de test biologique présentant une capacité
élevée d’échantillons ainsi qu’une sensibilité et une précision
élevées. Ces techniques devraient être solides et faciles à
utiliser par les premiers intervenants.
Progrès et résultats récents
Durant la première année du projet, les progrès suivants
ont été réalisés :
•
•
Pertinence
Ce projet élaborera des techniques de test biologique non
invasives (in vitro) pouvant être utilisées sur le terrain pour
examiner les personnes exposées à un rayonnement interne,
identifier celles qui sont contaminées et fournir aux médecins
des renseignements sur les doses lorsque des interventions
médicales s’avèrent nécessaires. On élaborera des
méthodes d’identification et de surveillance des expositions
humaines aux radionucléides, utilisables directement sur
le terrain ou plus tard dans certains laboratoires d’appui.
•
Les exigences relatives au test radiobiologique
d’urgence ont été publiées. Une révision sera
prochainement soumise pour rappeler les lignes
directrices publiées récemment à l’échelle
internationale.
Une méthode rapide de test biologique de l’Am-241
dans l’urine a été mise au point. C’est une méthode
simple, solide et suffisamment sensible pour être
utilisée dans le cadre du test biologique d’urgence. Sa
performance a répondu aux exigences d’exactitude et
de répétabilité définies par la norme ANSI N13.30. Le
temps de traitement d’un échantillon est d’environ une
heure. Cette méthode a été comparée à la méthode
par spectrométrie gamma et à la méthode ICP-MS.
Les résultats ont été publiés sous formes de deux
articles.
Des méthodes rapides par spectrométrie alpha ont été
élaborées pour le dosage des émetteurs alpha comme
le Pu-239 et l’Am-241 dans les échantillons d’urine. Un
résumé des résultats sera publié sous peu dans une
revue évaluée par les pairs.
91
CRTI 08-0241TD
Techniques de test radiobiologique d’urgence utilisables sur le terrain
•
•
Des méthodes (fondées sur la créatinine et la gravité
particulière) pour normaliser la production d’urine ont
été développées. Les résultats ont été soumis pour
sous forme de deux articles.
Un essai biologique des émetteurs gamma (Cs-137,
Co-60, Ir-192) dans l’urine a été mis au point. Les
résultats ont été publiés.
Impact
De nouvelles connaissances et techniques liées à la
chimie préparatoire des échantillons et à la mesure du
rayonnement seront développées au cours du projet.
Ces nouvelles techniques et méthodes amélioreront
considérablement la capacité d’intervention d’urgence
RN du Canada, particulièrement au chapitre de la gestion
immédiate et à court terme des conséquences.
Auteurs
Chunsheng Li, Santé Canada, li.chunsheng@hc-sc.gc.ca
Raymond Ko, Santé Canada, raymond.ko@hc-sc.gc.ca
Baki Sadi, Santé Canada, baki.sadi@hc-sc.gc.ca
92
PSTP 02-0300BTS
Interaction avec les capteurs pour le suivi des petits navires et la
connaissance de la situation maritime dans les ports
Responsable du projet :
RDDC Atlantique
Partenaire de l’industrie :
Ultra Electronics Maritime Systems
Autres partenaires :
Université Dalhousie; Administration portuaire d’Halifax
Objectifs
L’objectif de l’étude était d’évaluer l’utilité d’employer, de
concert, des capteurs en mode de chevauchement afin
d’identifier et surveiller les navires non munis d’un système
d’identification automatique (SIA) dans des environnements
portuaires, principalement au moyen de la fonction de
détection d’anomalies. L’étude visait également à mieux
comprendre les processus et les approches des autorités
portuaires canadiennes relativement à la sûreté et à étudier
le rôle de l’opérateur ainsi que l’influence des processus
automatisés sur ce rôle.
Les objectifs spécifiques de cette étude étaient les suivants :
•
•
•
•
comprendre la manière dont les capteurs de
surveillance continue groupés assurent la surveillance
des petits navires dans des environnements portuaires;
identifier les améliorations graduelles en matière de
détection créées par les capteurs superposés;
aider à comprendre la manière dont les opérateurs
humains traitent les données et déterminer si les
fonctions automatisées peuvent les aider à effectuer
leur travail;
déterminer si la fonction de détection d’anomalies
peut être systémtiquement utilisée de façon uniforme
par les capteurs automatisés ou s’il vaut mieux la
mettre au service d’un opérateur pour identifier les
comportements anormaux.
Pertinence
Une compréhension de l’état actuel des pratiques de
planification relatives à la sûreté a été obtenue grâce à
des interactions avec l’Administration portuaire d’Halifax
et à la rétroaction fournie par les autorités de trois autres
ports canadiens. Les autorités portuaires utilisent peu les
fonctions automatisées pour la sûreté du port et se fient
principalement à l’œil humain pour traiter les données.
Les autorités croient également que plus le nombre de
capteurs utilisés est grand, plus le niveau et la capacité
de surveillance sont élevés. L’étude portait surtout sur
la surveillance des petits navires, qui est une exigence
nécessaire au maintien d’un régime de sûreté vigilant dans
un port.
Progrès et résultats récents
L’étude a été gérée par RDDC – Atlantique, qui avait la
responsabilité de s’assurer que la portée de l’étude était
respectée, de coordonner les membres de l’équipe,
de présider les réunions d’évaluation des progrès et
de s’assurer que les délais du projet étaient respectés.
Ultra Electronics Maritime Systems était le responsable
technique et a fourni de l’expertise sur les opérations
actuelles en matière de sûreté portuaire et la manière dont
elles influent sur les facteurs technologiques. Il a fourni un
système de commande et de contrôle à l’Administration
portuaire d’Halifax et a compris les difficultés que présente
la surveillance des petits navires ainsi que les compromis
établis lors de la sélection des capteurs. L’Université
Dalhousie était l’expert en détection des anomalies et a
aidé à obtenir des données pour l’étude. L’Administration
portuaire d’Halifax servait de conseiller en fournissant
des instructions et des suggestions au fur et à mesure
de l’avancement du projet et en s’assurant que l’étude
demeurait pertinente pour la communauté portuaire.
L’équipe a produit un rapport provisoire en mars 2011.
L’étude a exploité les données générées lors d’un essai
qui a eu lieu à Halifax en octobre 2010. L’essai consistait
à effectuer la surveillance de petits navires sans systèmes
d’identification automatique (SIA) en utilisant le radar, des
caméras dirigées par un SIA et des réseaux de capteurs
acoustiques et électromagnétiques. Les données des
capteurs ont été intégrées dans une interface graphique
Google Earth afin d’observer les différences lorsque deux
capteurs effectuent la surveillance du même objet, leur
chevauchement et les zones non couvertes. Les données
d’échantillon des réseaux de capteurs et du système
de caméra SIA ont été intégrées dans des vidéoclips
échantillons. Les données du radar ont ensuite été
ajoutées aux données d’échantillon.
93
PSTP 02-0300BTS
Interaction avec les capteurs pour le suivi des petits navires et la
connaissance de la situation maritime dans les ports
L’équipe a effectué une recherche documentaire pour
interpréter les données existantes sur les interactions entre
capteurs. Bien qu’elle soit détaillée, cette recherche ne
peut pas être jugée complète en raison du grand nombre
de sources disponibles. Elle doit être considérée comme
un aperçu des données actuelles sur le sujet. L’équipe
a observé et interrogé les opérateurs de la sûreté dans
leur environnement de travail, dans la salle de contrôle de
la sûreté de l’Administration portuaire d’Halifax. Aucun
système ne peut être entièrement automatisé; il doit y avoir
au moins un minimum d’interaction humaine.
Impact
L’étude aide à comprendre comment la mise en place
de capteurs peut aider à effectuer la surveillance de
petits navires sans SIA. Elle a révélé quels processus
peuvent être automatisés et quels processus requièrent
la participation d’opérateurs humains. Elle a également
permis de mieux comprendre les capacités progressives
de détection en utilisant des capteurs de concert et elle
permettra aux autorités portuaires de tirer la meilleure
valeur financière possible des compromis inhérents à tout
paradigme de la planification de la sûreté.
Auteurs
Tim Hammond, RDDC Atlantique,
tim.hammond@drdc-rddc.gc.ca
Ronald Pelot, Dalhousie University, ronald.pelot@dal.ca
Neil Leadbeater, Ultra Electronics Maritime Systems,
neil.leadbeater@ultra-ms.com
94
PSTP 02-0302EMSI
Couverture radio à la frontière Canada-États-Unis
Responsable du projet :
RDDC Atlantique
Partenaires fédéraux :
Industrie Canada; Centre de recherches sur les communications; Agence
des services frontaliers du Canada; Garde côtière canadienne
Partenaires de l’industrie :
Martello Defence Security Consultants Inc.; Systèmes Fiorel; VE2DBE
Autre partenaire :
Réseau québécois de calcul de haute performance
Objectifs
Le projet fournira une méthode et un rapport de couverture
radio de base qui peuvent être utilisés comme modèle type
et reproductible à suivre et à réutiliser. Il comportera aussi
des travaux afin d’obtenir des données à large bande à la
fréquence de 700 MHz pour la sécurité publique. De plus, il
créera une source commune d’informations et une collectivité
d’intérêt qui permettront l’obtention d’informations validées
en direct et par les utilisateurs finaux ainsi qu’une base pour
l’instruction et l’amélioration continue.
Pertinence
•
•
•
lots pour fonctionner sur un superordinateur central à
plus de 1 000 processeurs, permettant ainsi un tracé
de la couverture radio de l’ensemble du continent à une
résolution de 100 m/pixel;
une détermination des résultats du modèle de
propagation radioélectrique qui ont été validés au moyen
de mesures de précision haute fidélité et sur le terrain;
des besoins liés à l’utilisation de données sur le spectre
large bande sans fil à 700 MHz pour les premiers
intervenants et des modèles de capacité du réseau LTE
pour les premiers intervenants;
des options de nouvelles solutions technologiques ont
été définies et présentées comme une carte routière
technologique comportant un niveau sur l’échelle TRL
(niveau de maturité technologique).
Les recommandations finales de la présente étude
influeront sur trois interdomaines : le domaine politique
grâce aux nouvelles modifications proposées à la politique
de délivrance de licence, comme le développement des
métadonnées pour faciliter la recherche; le domaine
opérationnel grâce à la réalisation d’essais sur le terrain
et à la validation des prédictions en collaboration avec
les utilisateurs finaux; le domaine technologique grâce
à la détermination des nouveaux sujets de recherche et
développement qui ont de fortes chances de résoudre
les incohérences actuelles dans l’interconnectivité des
systèmes radio de sécurité publique.
Les tracés de couverture à haute résolution ainsi que les
outils et l’instruction connexes permettront aux premiers
intervenants de maintenir et de mettre à jour leurs
« connaissances de la situation radioélectrique », alors
que la carte routière technologique produite aidera les
organismes de premiers intervenants et de sécurité
publique à planifier et à optimiser leur acquisition de
nouveaux systèmes au moyen d’une approche nationale
commune.
Progrès et résultats récents
Impact
L’étude a produit les technologies et les connaissances
suivantes :
Si un incident important se produit dans la région
frontalière, les tracés de couverture radio peuvent
servir de référentiel pour déterminer « qui peut parler à
qui » sur place. Il s’agit d’un instrument essentiel pour
l’interopérabilité de l’intervention sur place de
multiples organismes.
•
•
des scripts en langage SQL (Structured Query
Language) pour les fouilles de données exhaustives
afin de déterminer les dossiers de système radio
d’organismes de premiers intervenants dans les bases
de données de licences radio;
un logiciel de propagation radioélectrique robuste
modifié, qui peut être utilisé comme programme par
Auteur
Richard Cayouette, Martello Defence Security Consultants,
richard.cayouette@defsec-consult.ca
95
PSTP 02-0305eSEC
Étude sur la radio réalisée par logiciel pour la lecture de spectre
dans un environnement opérationnel commun sans fil
Responsable du projet :
Ministère de la Défense nationale
Partenaires fédéraux :
RDDC Ottawa; Centre de recherches sur les communications – Traitement
des signaux de télécommunications
Partenaire de l’industrie :
ThinkRF
Objectifs
Impact
La présente étude vise à examiner des combinaisons
de capteurs continus, adaptés tant à un environnement
portuaire qu’au suivi de petits navires, dans le but de
déterminer ceux qui permettent d’améliorer le plus la
connaissance de la situation, surtout grâce à la détection
des anomalies. L’étude signalera l’état actuel de la capacité
d’interaction des capteurs pour toutes les paires de types
de capteurs utilisées actuellement dans les ports du monde
entier. Elle examinera en outre les interactions des capteurs
qui seront possibles grâce à la recherche et développement
supplémentaire. De plus, elle examinera la valeur des zones
où il y a chevauchement de la couverture de détection
dans un port, ainsi que les compromis et les obstacles
liés à la réalisation d’une capacité d’interaction dans ces
zones. Les combinaisons de capteurs qui présentent le
plus grand potentiel d’amélioration de la connaissance
de la situation seront examinées en fonction de leur utilité
pour communiquer des renseignements exploitables aux
opérateurs humains. En considérant ces combinaisons de
capteurs, l’étude examinera les processus, les algorithmes
et l’interface nécessaires pour permettre aux interactions
d’avoir lieu.
Le système résultant fournira les bases pour la détection
d’intrusion de signaux sans fil en temps réel, les
contre-mesures de sécurité technique et la détection
en temps réel de dispositifs explosifs de circonstance
télécommandés activés par signaux. Après la vérification
des systèmes, les partenaires s’efforceront de collaborer
avec les groupes de travail interministériels sur la cybersécurité pour définir et développer les applications
logicielles du système.
Pertinence
Actuellement, aucune solution sur le marché ne répond aux
exigences de prix ou de performance pour le déploiement à
grande échelle de dispositifs de détection de signaux fiables
et universels. La présente étude examinera la combinaison
et l’évolution de technologies éprouvées développées par
les partenaires, réduisant ainsi au minimum les risques
technologiques, afin de déterminer celles qui ont le plus
grand potentiel d’amélioration de la connaissance de
la situation. L’amélioration de la détection des activités
illicites à l’intérieur et autour des ports canadiens contribue
directement à l’objectif de la communauté de praticiens
en sécurité des frontières et des transports de renforcer la
capacité du Canada à accomplir des tâches de surveillance
le long de ses frontières.
96
Auteur
Major John Pavelich, Ministère de la Défense nationale,
john.pavelich@forces.gc.ca
PSTP 02-0327EMSI
Protocole national commun d’avis et d’alerte
Responsable du projet :
Sécurité publique Canada
Partenaires fédéraux :
Environnement Canada; Industrie Canada; Ressources naturelles Canada;
Statistique Canada
Partenaires de l’industrie :
Allport Group Inc.; NetAlerts; Healy Consulting
Autres partenaires :
Association canadienne d’avis et d’alerte au public (ACAAP); Emergency
Management Agency de l’Alberta; Services d’urgence du NouveauBrunswick; Organization for the Advancement of Structured Information
Standards; Université du Nouveau-Brunswick; Université de l’Alberta;
Office des normes générales du Canada; Inforoute Santé du Canada
Objectifs
Pertinence
Le Profil canadien du Protocole d’alerte commun (PCPAC) réunit trois documents (règles de mise en œuvre au
Canada, lexique des événements au Canada, lexique des
emplacements du Canada) qui prescrivent la présentation
technique des messages d’alerte qui sont transmis, en cas
d’urgence nationale, entre les intervenants de la gestion
des urgences et à la population canadienne. Le Profil
canadien respecte la norme de référence du Protocole
d’alerte commun (PAC), une norme internationale établie
par l’Organization for the Advancement of Structured
Information Standards (OASIS).
Le PC-PAC est utilisé aujourd’hui par le Système
interorganisationnel canadien de connaissance de la
situation (SICS) et le Système national (public) d’agrégation
et de distribution de messages d’alerte (SNADMA). Ces
deux systèmes sont soutenus par le Comité des hauts
fonctionnaires responsables de la gestion des urgences,
et leur interopérabilité repose sur la conformité au PCPAC. Le PC-PAC est également utilisé par des systèmes
d’alerte provinciaux et privés. La norme de référence du
PAC est aussi employée par le nouveau système américain
IPAWS (Integrated Public Alert and Warning System).
L’interopérabilité entre le SICS et l’IPAWS dépend de la
conformité au PAC.
Le PC-PAC est administré en ce moment par un groupe
informel d’intervenants publics et privés (appelé le Groupe
de travail sur le PC-PAC). Ses membres ont mené des
activités à l’appui du PC-PAC sans gouvernance officielle,
sans processus formel de gestion des changements et
sans financement continu. Quelques membres du groupe
soutiennent aussi bénévolement les efforts déployés à
l’échelle internationale concernant la norme de référence
du PAC.
L’équipe chargée de l’étude a entrepris de définir une
structure officielle de gouvernance, un processus de
gestion des changements, un programme de conformité
et un programme de soutien durable à l’intention du PCPAC. Le projet incluait des investissements ciblés visant
à combler des lacunes connues de la mise en œuvre du
PC-PAC.
Progrès et résultats récents
L’équipe chargée de l’étude, dont faisaient partie tous les
membres du Groupe de travail sur le PC-PAC, a joué un
rôle à chaque étape de l’étude – les recherches, analyses
et débats, les consultations, le consensus et l’élaboration
des produits finaux et auxiliaires. Elle a également consulté
des experts afin de mettre à profit leurs connaissances
pour atteindre les objectifs de l’étude. Après de
longues heures de recherche, d’analyse, de débat et
de consultation, l’équipe a envisagé que des comités
d’experts en la matière puissent administrer bénévolement
un bon nombre des spécifications en gestion des
urgences, dont le PC-PAC. Ces spécifications seront
précisées dans le Plan d’action d’interopérabilité des
communications pour le Canada et régies conformément
à la Stratégie d’interopérabilité des communications pour
97
PSTP 02-0327EMSI
Protocole national commun d’avis et d’alerte
le Canada. La gestion de ces spécifications respectera
un processus commun de gestion des changements,
lequel deviendra idéalement une norme canadienne. Ainsi,
les bénévoles participant à l’élaboration d’une nouvelle
spécification, ou à la mise en œuvre au Canada d’une
norme internationale, se conformeront à un processus
unique efficace. Le débat entourant le processus et les
besoins de spécifications sera donc une question distincte.
Un processus de gestion des changements a été esquissé
en prévision des prochaines étapes.
L’équipe chargée de l’étude envisage aussi l’élaboration
d’une stratégie canadienne visant à appuyer et à influencer
les normes d’intérêt en matière de communications
internationales d’urgence, comme cela se fait dans
d’autres secteurs (p. ex., l’Unité collaborative de
normalisation de l’Inforoute Santé du Canada). On pourra
ainsi réduire, voire éliminer, la nécessité de gérer les
mises en œuvre au Canada, tout en appuyant avec les
intervenants internationaux l’interopérabilité de part et
d’autre de nos frontières.
du PC-PAC.
En outre, certaines lacunes reconnues par les utilisateurs
actuels du PC-PAC sont comblées, ce qui favorise
l’interopérabilité au sein du milieu de la gestion des
urgences et entre les distributeurs privés d’alertes au
public, dans l’intérêt de la sécurité publique.
Un fait tout aussi important à signaler en cette période de
restrictions financières : la voie proposée laisse présager
des économies financières significatives comparativement
à la voie originale proposée pour le PC-PAC, et que cette
étude devait évaluer.
Parallèlement aux efforts de l’équipe chargée de l’étude,
des sommes ont été investies afin de combler des lacunes
connues. Parmi les produits auxiliaires mis au point dans la
foulée de cette étude, mentionnons des fichiers des limites
des emplacements généralisés du PC-PAC (Statistique
Canada), des fichiers des limites maritimes et des
géocodes servant au PC-PAC (Environnement Canada),
un outil de validation du PC-PAC (NetAlerts), un guide de
référence exhaustif sur la mise en œuvre (Healy Consulting,
en collaboration avec Environnement Canada) et des
communications Web améliorées sur le PC-PAC (ACAAP).
Heureusement, la Stratégie d’interopérabilité des
communications pour le Canada, publiée vers la fin de la
réalisation de l’étude, respecte assez fidèlement la vision et
les recommandations de l’équipe.
Impact
Cette étude présente un moyen efficace et rentable de
gérer les changements du PC-PAC, ainsi que d’autres
spécifications d’intérêt en matière de communications
d’urgence, lesquels sont régis conformément à la Stratégie
d’interopérabilité des communications pour le Canada.
Elle propose aussi des façons rentables et efficaces d’en
appuyer l’adoption, en s’appuyant sur les leçons retenues
Auteur
Doug Allport, Allport Group Inc., Doug@AllportGroup.com
98
PSTP 02-0336BIOM
Évaluation de la vulnérabilité des technologies biométriques
pour les demandes de gestion de l’identité
Responsable du projet :
Centre de la sécurité des télécommunications Canada
Partenaires fédéraux :
Agence des services frontaliers du Canada; ministère des Affaires
étrangères et du Commerce international; RDDC Toronto; Bureau du
conseil privé; Gendarmerie royale du Canada; Transports Canada
Partenaires de l’industrie :
IBG Canada; GenKey; priv-ID; Reboot Communications
Autre partenaire :
Université de Toronto — Identity, Privacy and Security Institute
Objectifs
Ce projet vise principalement à évaluer l’utilité et les
vulnérabilités possibles des technologies biométriques que
le gouvernement pourrait adopter afin de contrôler l’accès
aux systèmes de technologie de l’information (TI) et aux
services du gouvernement électronique. Il tient compte
du but de la communauté de praticiens sur les données
biométriques, c’est-à-dire l’évaluation, l’analyse et l’appui
à la mise en œuvre des technologies biométriques qui
renforcent les capacités nationales.
En deuxième lieu, ce projet cherche à améliorer la capacité
des ministères et organisms du gouvernement du Canada
à cerner et à atténuer les vulnérabilités en matière de
sécurité ainsi que les risques touchant les rensignements
personnels, ainsi qu’à assurer l’interopérabilité des divers
systèmes de gestion de l’identité. Ce projet atteindra ces
objectifs en conseillant les décideurs sur le déploiement
des technologies biométriques en tant que méthode
d’authentification à un seul facteur.
Pertinence
De ce projet découle un cadre d’évaluation des
vulnérabilités possibles touchant les technologies
biométriques pour le contrôle de l’accès aux systèmes
de TI et aux services du gouvernement électronique. En
intégrant les cadres et documents de politiques existants
au cadre de ce projet, ce dernier guide clairement les
décideurs sur le déploiement des solutions de gestion de
l’authentification et de l’identité. Il tient compte des aspects
techniques comme les vulnérabilités et l’interopérabilité, en
plus d’autres facteurs associés au déploiement tels que le
coût, la convivialité, le niveau de disponibilité opérationnelle
technologique, le respect des renseignements personnels
ainsi que d’autres questions d’ordres légal, éthique et
culturel. Ce projet compare aussi l’utilisation de la biométrie
et des techniques traditionnelles d’authentification à un seul
facteur en effectuant une évaluation à petite échelle des
empreintes biométriques et, en comperaison des mots de
passe, pour se connecter aux applications bureautiques.
Progrès et résultats récents
En se fondant sur le rapport du Centre de la sécurité des
télécommunications Canada (CSTC) sur l’utilisation de
la biométrie dans l’authentification pour les architectures
de sécurité d’entreprise, l’équipe de projet a comparé
l’utilisation de cette technologie avec les autres méthodes
d’authentification, comme les mots de passe et les jetons
cryptographiques. Elle a mené un sondage sur les cadres
d’évaluation biométriques existants et les documents
relatifs aux politiques sur la protection des renseignements
personnels, se familiarisant du même coup avec les cadres
de TI communs et dégageant leurs faiblesses. Elle a conçu
un cadre pratique puis fait des analyses d’études de cas
à l’aide de recherches sur les systèmes biométriques
opérationnels actuellement déployés au Canada et ailleurs
dans le monde avant d’y appliquer ce nouveau cadre.
L’équipe de projet a élaboré une méthodologie et un plan
d’essai pour l’évaluation comparative, afin de comparer
directement l’utilisation de l’authentification biométrique et
de l’authentification par mots de passe, en expérimentant
avec un petit ensemble de sujets et d’essais. De plus, elle
a conçu une plateforme d’essai qui simule la connexion
d’un utilisateur à l’aide d’un système d’empreinte
biométrique représentatif et d’un autre fonctionnant avec
99
PSTP 02-0336BIOM
Évaluation de la vulnérabilité des technologies biométriques
pour les demandes de gestion de l’identité
des mots de passe et noms d’utilisateur, afin d’obtenir des
critères mesurables tels que :
•
•
•
l’obtention d’accès;
le nombre de tentatives de connexion avant d’obtenir
l’accès;
la durée du processus d’authentification.
Après avoir effectué ces essais, l’équipe de projet a recueilli
d’autres mesures, comme la convivialité et l’acceptation par
les utilisateurs à l'aide d'un sondage.
Impact
Ce projet facilite l’évaluation des solutions possibles, car
il met en évidence les lacunes des méthodes actuelles
d’évaluation de la sécurité et fait une synthèse des cadres
d’évaluation idéaux qui tient compte des questions
entourant les renseignements personnels. Les résultats
de cette étude contribueront à l’élaboration des politiques
relatives à la sécurité des TI et aux renseignements
personnels, et faciliteront le déploiement des technologies
biométriques en tant que méthodes d’authentification
autonomes ou utilisées de concert avec d’autres
mécanismes destinés aux systèmes d’authentification à
plusieurs facteurs. Les résultats de l’évaluation comparative
fourniront des données de référence, étayées de façon
empirique, sur la comparaison de la biométrie et des mots
de passe. Ils permettront donc de concevoir des scénarios
d’évaluation plus complets après la conclusion de ce
projet.
Auteurs
Drew Smeaton, Centre de la sécurité des
télécommunications Canada, drew.smeaton@cse-cst.gc.ca
Raj Nanavati, IBG Canada, rnanavati@biometricgroup.com
100
PSTP 02-0341BTS
Atténuation des menaces asymétriques dans les Grands Lacs, la Voie maritime
du Saint-Laurent, les ports maritimes et les eaux côtières
Responsable du projet :
Centre de recherches sur les communications Canada
Partenaires de l’industrie :
Airborne Underwater Geophysical Signals Ltd.; Blue Force Global Special
Services Group Ltd.; CFN Consultants; AKW Global Enterprises
Objectifs
Cette étude utilise une analyse systématique et
interdisciplinaire pour mieux comprendre les lacunes dans
les capacités actuelles ainsi que naissantes en ce qui
concerne, la surveillance continue des petits navires dans
les régions frontalières maritimes et du réseau des Grands
Lacs et de la Voie maritime du Saint-Laurent (GLVMSL),
ainsi que pour évaluer les solutions technologiques qui
permettraient de combler ces lacunes. L’approche adoptée
comprend un examen de la littérature technique et une
enquête qualitative auprès des intervenants d’un point de
vue technologique, politique et opérationnel. L’étude, qui
sera terminée au mois de juin 2011, fournira une feuille
de route pour la conception d’une solution « surveillance,
renseignement et interdiction » (SRI) visant à contrer
les menaces asymétriques et à améliorer la gestion des
frontières dans le secteur maritime et les régions intérieures
du GLVMSL.
Le Centre de recherches sur les communications
Canada (CRC) est le ministère fédéral principal. Airborne
Underwater Geophysical (AUG) Signals assure la gestion
quotidienne du projet et dirige la portion de l’étude qui
se porte sur l’évaluation des technologies; CFN dirige
l’analyse des politiques opérationnelles et stratégiques;
AKW coordonne la liaison avec les intervenants; et Blue
Force évalue les capacités opérationnelles courantes en
regard du modus operandi actuel et en développement de
groupes de menace.
Pertinence
L’étude vise à examiner l’ensemble des solutions pour
une surveillance continue gérable des zones frontalières
maritimes, avec une attention particulière portée à
l’atténuation de la menace de petits navires, tout en
reconnaissant la nécessité établir un équilibre entre les
mesures de sécurité aux frontières et le maintien de la
libre circulation des marchandises et du trafic maritime.
L’étude produira une architecture et une feuille de route des
capacités d’un système à capteurs multiples qui accélérera
le rythme de la détection des menaces et des interventions
d’urgence, améliorera la vigilance dans le secteur maritime
et permettra une prise de décision rapide et de qualité,
et fournira l’aperçu requis pour que les responsables
puissent assurer l’intégrité et le fonctionnement efficace de
la frontière, faisant ainsi une contribution importante à la
sécurité des frontières et des transports.
Progrès et résultats récents
Pendant la première phase du projet, les menaces
existantes et naissantes provenant de petits navires,
auxquelles font face les Grands Lacs, la Voie maritime du
Saint-Laurent (GLVMSL) et des frontières maritimes ont
été déterminés par analyse de la littérature à accès libre
ouverte et les discussions avec les intervenants, y compris
les militaires et civils de tous les ordres de gouvernement,
afin de mieux définir les lacunes dans les capacités actuelles
et futures. Les défis associés à la surveillance de petits
navires et la savoir requis quant à ce que le Canada doit faire
pour faire face à la tâche d’empêcher les activités illégales
menées en utilisant ce genre d’embarcation ont été étudiés,
et un inventaire des exigences de surveillance continue
pour les régions frontalières maritimes et le réseau GLVMSL
a été créé, compte tenu des menaces et des contraintes
cernées. Les technologies courantes, y compris les capteurs
au sol, dans l’espace, sous-marins et aériens, ainsi que le
traitement des signaux et le logiciel de fusion d’informations
qui pourraient améliorer la surveillance continue et la
détection, l’identification et le suivi des petits navires, ont
été identifiées, examinées et classées en fonction de leur
capacité à atténuer la menace des petits navires dans le
contexte d’environnements cibles spécifiques.
Au cours de la prochaine phase du projet, les technologies
naissantes qui pourraient améliorer notre capacité nationale
d’atténuer la menace des petits navires seront identifiées.
Une évaluation des niveaux de maturité technologique
et une analyse d’impact seront effectuées pour les
technologies identifiées en regard de l’ensemble des
préoccupations d’ordre juridique et culturel, ou relatives à
la protection des renseignment personnels et à l’éthique.
Les grandes lignes d’un système de surveillance continue
multi-capteur, y compris les capteurs et les composants
de traitement qui soutiendront les équipes intégrées de la
101
PSTP 02-0341BTS
Atténuation des menaces asymétriques dans les Grands Lacs, la Voie maritime
du Saint-Laurent, les ports maritimes et les eaux côtières
police des frontières, et les mécanismes de surveillance
et d’intervention seront élaborés pour chacun des
environnements cibles pertinents. Les étapes et les délais
nécessaires pour concrétiser les résultats de l’étude seront
également déterminés. Les organismes chargées de la
gestion des frontières et de l’applcation de la loi ainsi que
le ministère de la Défense nationale et des intervenants
autres que les organismes chargés de l’application de la loi
seront informés des résultats de l’étude et des conclusions
essentielles relevant de leurs mandats respectifs. Le
rapport final, qui contiendra toutes les conclusions de
l’étude, y compris une note consultative stratégique et une
feuille de route des capacités, sera produit en juin 2011.
Impact
Avec l’apparition de menaces asymétriques caractérisées
par des opérations militaires ou paramilitaires imprévisibles
visant à attaquer un adversaire plus fort tout en essayant
d’éviter la confrontation directe, les petits navires servent
souvent de moyen privilégié pour les adversaires, se
constitués d’acteurs et de groupes non étatiques. Cette
transition exige l’adaptation des capacités courantes
de surveillance, renseignement et interdiction (SRI) pour
permettre la détection, l’identification et le suivi efficace des
petits bateaux avant qu’ils ne puissent passer au travers
les différentes couches de défense que sont les navires, les
ports et les installations à terre.
L’évaluation d’une variété de technologies et les techniques
qui pourraient être utilisées pour améliorer la sécurité de
la frontière canadienne, tout en permettant le passage
efficace et fluide des personnes et des biens d’une manière
compatible avec les priorités du gouvernement du Canada
sur la souveraineté, la prospérité et la sécurité aboutira à
une feuille de route pour la conception d’une solution SRI
qui permettra la surveillance continue et l’identification
précise, robuste et rapide des petits bateaux – que ceux a
respectent ou non la loi.
Auteur
Tatyana Litvak, Airborne Underwater Geophysical
Signals Ltd., litvak@augsignals.com
102
PSTP 02-0359eSEC
Analytique avancée et analyse du Web invisible pour permettre
la prédiction des menaces informatiques
Responsable du projet :
Centre de la sécurité des télécommunications Canada
Partenaires fédéraux :
Gendarmerie royale du Canada; ministère de la Défense nationale; Agence
du revenu du Canada; Industrie Canada
Partenaire de l’industrie :
Bell Canada
Objectifs
L’objectif principal de cette étude est d’appuyer la
communauté de pratique sur la cybersécurité par l’entremise
d’une initiative de S&T qui fournira des recommandations
sur la recherche et le développement en vue de repousser
les limites des technologies de prédiction des menaces
informatiques. Elle utilise des techniques d’analyse avancées
pour détecter et de surveiller les activités malveillantes qui
passent sous le radar des outils conventionnels ainsi que pour
orienter le déploiement de mesures contre de telles menaces.
Cette étude propose d’utiliser une architecture de sécurité
réseau de référence avancée.
Voici certains des objectifs propres à cette étude :
•
•
•
•
étudier les techniques et les outils d’analyse du trafic
du Web invisible et des ports invisibles, puis évaluer la
progression des recherches dans ce domaine;
concevoir une architecture de sécurité réseau de
référence avancée afin de prévoir les attaques ciblant les
réseaux essentiels à l’échelle nationale;
proposer un concept de système qui sert à automatiser
l’extraction des paramètres des menaces;
déterminer dans quels domaines on doit approfondir les
recherches, estimer les horizons temporels et évaluer
le niveau de préparation technique, et discuter de ces
sujets.
mondial sur les menaces informatiques est un bon
moyen d’acquérir la connaissance de la situation en
matière de cybersécurité. Cependant, afin de bien utiliser
des techniques d’analyse aussi sophistiquées afin de
détecter et de surveiller les activités sur le Web invisible,
le personnel a besoin d’une large couverture d’un accès
complet et d’analyses fidèles.
Cette étude traite de l’état des réseaux à large bande et
des menaces persistantes avancées, en conjonction avec
la sécurité des réseaux à évolution rapide et de l’univers
sans cesse croissant des protocoles Internet. Elle aborde
aussi les dépendances essentielles envers les plans de
contrôle importants, comme la sécurité des serveurs de
noms de domaine et les connexions Internet de confiance,
et ce, d’une façon reconnue par l’intégration étroite de
l’initiative nationale de cybersécurité complète.
Progrès et résultats récents
Les participants à cette étude ont validé l’évaluation des
menaces et les architectures de sécurité grâce à des
recherches analytiques avancées, des preuves scientifiques
et des diagnostics comprenant un examen des techniques,
méthodes opérationnelles et leçons apprises. Ils ont :
•
Pertinence
Combiner du matériel technique de pointe à l’analyse
du Web invisible est un moyen efficace reconnu pour
de détecter des attaques « de jour zéro » (qui exploitent
des vulnérabilités inconnues dans les applications) et
pour établir une défense proactive contre les attaques
informatiques. Le renseignement en temps presque
réel sur les menaces informatiques peut faciliter la mise
en œuvre d’une défense proactive des infrastructures
informatiques essentielles afin de contrer l’évolution rapide
de ces menaces. Mettre en parallèle les mesures provenant
du coeur d’Internet au Canada et le renseignement
•
•
•
•
établi une image commune de la situation
opérationnelle quant aux sciences disponibles en
matière de sécurité informatique et de défense
proactive;
synthétisé le renseignement mondial sur les menaces
et fourni une évaluation des menaces et des risques
touchant l’infrastructure nationale d’information;
traité les aspects éthiques et juridiques de la défense
et des menaces informatiques;
établi une architecture de référence pour la stratégie de
cybersécurité nationale;
tenu compte de l’avenir de la défense et des menaces
informatiques.
103
PSTP 02-0359eSEC
Analytique avancée et analyse du Web invisible pour permettre la
prédiction des menaces informatiques
Impact
Grâce au renseignement de base, influencé par l’analyse
du Web invisible, les membres de l’équipe de projet ont
conçu une solution de sécurité beaucoup plus rentable que
les solutions courantes, et en ont fait la démonstration. De
plus, cette étude a permis à l’équipe d’obtenir d’importants
renseignements sur la façon dont le Canada peut améliorer
sa capacité à se préparer contre les menaces de sécurité
informatique, à les prévenir, à intervenir et à se rétablir
d’une attaque aux répercussions importantes.
Auteur
Dave McMahon, Bell Canada, dave.mcmahon@bell.ca
104
PSTP 08-0100CIP
Intégration de l’évaluation des interdépendances entre les infrastructures
essentielles dans la planification des événements majeurs
Responsable du projet :
Sécurité publique Canada
Autre partenaire :
École Polytechnique de Montréal – Centre risque et performance
Objectifs
Le projet vise à étudier comment le Centre risque et
performance (CRP) entend adapter et appliquer sa
méthodologie d’évaluation des interdépendances entre les
infrastructures essentielles à la planification des événements
majeurs.
Pertinence
Lors d’événements majeurs, les infrastructures essentielles
sont mises à rude épreuve. Les sites désignés pour ces
événements doivent accueillir, sur une courte période, du
personnel politique et de sécurité ainsi que des milliers
de journalistes et de manifestants. De plus, depuis
2001, la planification des événements majeurs a pris un
tournant résolument sécuritaire, les lieux choisis étant
souvent isolés et hautement sécurisés. Ce fut le cas en
2007, lors du Sommet des leaders nord-américains à
Montebello, au Québec. Pendant l’événement, les forces
de l’ordre ont tenté d’endiguer le flot de manifestants en
les gardant à l’intérieur d’un espace délimité où se trouvait
un équipement essentiel de télécommunications. Ce
genre de situation est au cœur de la problématique des
interdépendances entre les infrastructures essentielles lors
de la planification d’événements majeurs.
Au cours des dix dernières années, le CRP a développé
des compétences spécialisées dans le domaine des
interdépendances entre les réseaux grâce à ses projets
de recherche à Montréal et à Québec. Le CRP a réuni une
douzaine de partenaires publics et privés parmi les plus
importants gestionnaires d’infrastructures essentielles au
Québec. Ces travaux ont permis d’évaluer, de modéliser et
de prévenir la réaction en chaîne liée aux interdépendances
fonctionnelles et géographiques entre les infrastructures
essentielles. Des outils concrets et opérationnels ont été
conçus afin de répondre aux besoins des partenaires,
tout en respectant la confidentialité de leurs données. Les
résultats de ces travaux sont indéniables : modification
des règles de gestion interne des réseaux, meilleure
compréhension des vulnérabilités liées à l’utilisation
de ressources alternatives et prolongation des délais
d’alerte permettant une plus importante résilience des
infrastructures essentielles.
Progrès et résultats récents
Suite à des rencontres préliminaires avec des gestionnaires
de services essentiels ayant participé à des événements
majeurs, deux constats ont été faits :
•
•
Chaque planification d’événement répond à des
enjeux propres à l’événement. Bien qu’il y ait certains
recoupements dans les enjeux, ceux-ci peuvent varier
grandement d’un événement à l’autre.
Contrairement aux infrastructures essentielles en
site fixe dans les municipalités, lors de l’organisation
d’événements, l’acquisition de connaissances quant
aux contraintes techniques et à la localisation des
infrastructures est en constante évolution.
La démarche développée par le CRP pour les municipalités
a été adaptée à partir de ces constats afin d’identifier les
infrastructures essentielles à un événement en fonction
de ses enjeux. De plus, la démarche a été développée
de manière à pouvoir être intégrée dans la planification
d’une large gamme d’événements différents. Par la
suite, la démarche a été évaluée par 40 représentants
de 25 organisations ayant participé à des événements
d’envergure, et ce, au cours de l’une des 11 rencontres
organisées à cette fin. Suite à ces rencontres, des
ajustements ont été réalisés pour la production des outils
finaux qui permettent de définir le territoire, les enjeux, les
organisations touchées, les dépendances fonctionnelles
et les interdépendances géographiques reliés à un
événement précis.
Les outils développés sont prêts à être utilisés lors de la
planification d’un événement majeur ou d’envergure. Déjà,
deux organisations se sont montrées intéressées à les
utiliser.
105
PSTP 08-0100CIP
Intégration de l’évaluation des interdépendances entre les infrastructures
essentielles dans la planification des événements majeurs
Impact
Lors des rencontres d’évaluation, nous avons eu la
confirmation que la dépendance d’un événement aux
infrastructures essentielles, de même que l’impact de
l’événement sur ces infrastructures essentielles, ne sont
pas pris en compte selon une vision globale. La démarche
développée permet de combler en partie cette lacune.
Auteur
Benoît Robert, École Polytechnique de Montréa – Centre
risque et performance, benoit.robert@polymtl.ca
106
PSTP 08-0103BTS
Évaluation des réseaux de radars cachés à zones étendues, pour le renforcement de la surveillance,
du renseignement et de l’interdiction à l’égard des navires et des aéronefs volant à basse altitude
Responsable du projet :
Gendarmerie royale du Canada – Intégrité des frontières
Partenaire fédéral :
Centre des opérations de la sûreté maritime – Grands Lacs et Voie
maritime du Saint-Laurent
Partenaire de l’industrie :
Accipiter Radar Technologies Inc.
Objectifs
Pertinence
Le but de cette étude est d’examiner la faisabilité du
déploiement de réseaux de radars pour assurer la
surveillance du fleuve Saint-Laurent et des Grands
Lacs afin d’améliorer la sécurité le long de la frontière
canado-américaine. Cette étude évaluera la performance
opérationnelle du système radar d’Accipiter Radar
Technologies, un réseau de capteurs pour la surveillance
continue de zones étendues qui fournit de l’information
pertinente, en temps réel et chronologique, relative
à la circulation aérienne et de surface pendant des
déploiements prolongés.
Dans la région frontalière des Grands Lacs et de la Voie
maritime du Saint-Laurent, il n’y a à l’heure actuelle
pratiquement pas de capacité de surveillance de zones
étendues, continue ou pouvant être déployée, qui soit
capable de fournir une connaissance de la situation en temps
réel ou chronologique de la circulation des aéronefs ou des
navires liée aux activités criminelles à la frontière. Accipiter
a conçu un tel système en se fondant sur son expérience
acquise au Canada et aux États-Unis avec les organismes
chargés de l’exécution de la loi aux frontières. Les qualités
de ce système quant à la performance technique ont été
démontrées, mais les caractéristiques et les avantages
relatifs à la performance opérationnelle pendant des
déploiements prolongés n’ont pas encore été testés.
Cette étude vise aussi à combler les lacunes actuelles
en ce qui concerne la capacité de surveillance secrète
continue, selon les principaux objectifs suivants :
•
•
•
•
•
offrir aux agents à la frontière de l’expérience en
matière de surveillance radar dans des situations
opérationnelles pendant une période suffisamment
longue;
déterminer, en utilisant des méthodes empiriques
dans des conditions opérationnelles, des mesures de
rendement des installations radar destinées aux navires
et aux aéronefs volant à basse altitude
connaître les paramètres d’un déploiement à grande
échelle offrant la couverture la plus efficace, au meilleur
coût et de façon à utiliser les ressources humaines le
plus efficacement possible;
obtenir une rétroaction et des recommandations des
utilisateurs quant à l’utilité des produits d’information;
consolider l’apprentissage tiré de tous les objectifs
précités en une feuille de route documentée, aux fins
des futurs déploiements à grande échelle.
Cette étude tient compte de l’exigence opérationnelle
de base déterminée par le Groupe de travail technique
de l’Intégrité des frontières de la GRC, qui consiste à
prévoir, enregistrer et observer afin de réduire et de
prévenir efficacement les activités criminelles frontalières
entre les bureaux d’entrée. Des lacunes et des exigences
supplémentaires seront déterminées grâce à l’établissement
des mesures de rendement et des capacités concernant la
surveillance de cibles aériennes et maritimes récalcitrantes,
qu’elles soient de petite ou de grande taille. Ceci permettra
de planifier des déploiements futurs.
Progrès et résultats récents
Le projet en est aux étapes initiales de la précision et de
l’acquisition.
107
PSTP 08-0103BTS
Évaluation des réseaux de radars cachés à zones étendues, pour le renforcement de la surveillance,
du renseignement et de l’interdiction à l’égard des navires et des aéronefs volant à basse altitude
Impact
Cette étude améliorera considérablement la vigilance dans
le secteur maritime dans la région des Grands Lacs. Elle
permettra au service de l’Intégrité des frontières de la
GRC et au Centre des opérations de la sûreté maritime
de suivre, de comprendre et de prévoir la circulation
dans la région du lac Ontario. Elle favorisera la capacité
opérationnelle de faire face aux passages illégaux à
la frontière et de planifier des opérations d’interdiction
maritime importantes par l’utilisation d’une stratégie de
planification axée sur le renseignement. Ce projet élargira
et intensifiera les relations de coopération existantes (la
communauté de pratique) afin de fournir des capacités
renforcées de surveillance pour l’application de la loi aux
frontières.
Auteurs
Christopher McBryan, Gendarmerie royale du Canada,
chris.mcbryan@rcmp-grc.gc.ca
Carl Krasnor, Accipiter Radar technologies Inc.,
ckrasnor@accipiterradar.com
108
PSTP 08-0115eSEC
Système automatisé de gestion des risques
Responsable du projet :
RDDC Ottawa
Partenaire de l’industrie :
Bell Canada
Autre partenaire :
Université d’Ottawa
Objectifs
Progrès et résultats récents
La présente étude a permis d’établir les exigences
pour qu’un système automatisé de gestion des risques
(SAGR) soit en mesure d’intégrer les systèmes de
technologie de l’information des secteurs liésaux
infrastructures essentielles et d’en effectuer la conception,
de recommander des plans d’action et de fournir des
données qui permettront d’effectuer des comparaisons
entre les solutions, tout en aidant les responsables de la
planification à prendre des décisions éclairées en ce qui à
trait au risque. Selon l’une des exigences, le système doit
être en mesure de cerner et d’illustrer les interconnexions
et les dépendances entre les composantes systémiques,
ainsi que les effets d’entraînements qui peuvent découler
de l’impact initial d’un accident compromettant la sécurité.
Pour permettre la conception d’un SAGR commun, le
projet a été mené dans le cadre d’une série de tâches
de recherche liées aux dépendances systémiques
automatiques, aux relations entre les dépendances et les
méthodologies de gestion du risque, à la reconnaissance
des mesures de criticité et au calcul de l’incidence des
risques en cascade.
Les responsables du projet ont effectué des recherches
dans chacun des domaines liés à la conception du
SAGR. La recherche a été effectuéee dans une optique
bi-directionnelle de modélisation des dépendances afin
de cibler des méthodes de détection automatisée des
dépendances internes et externes. Une vue d’ensemble
de l’organisation est requise afin d’établir la valeur relative
d’un processus ou d’une composante; toutefois, une vue
de l’intérieur est nécessaire à la mise en œuvre des détails
visant l’atteinte des objectifs organisationels. Cette double
vision de la modélisation des dépendences permet de
catégoriser la nature des dépendances systémiques ainsi
que la manière dont elles seront représentées dans le SAGR.
Pertinence
Les systèmes informatiques modernes ont évolué au point
qu’il est impossible pour une seule entité d’être toujours
au courant des dépendences internes et externes des
systèmes de son environnement. Il peut y avoir des points
de vulnérabilité cachés qui ne sont découverts qu’après
un accident compromettant la sécurité. De plus, lorsqu’on
réagit à un tel accident, on ne connaît pas très bien le
nouveau niveau d’exposition aux risques. La stratégie à
employer afin de consolider le statut de sécurité en vue
d’éviter une cascade de répercussions du risque ne se
présente pas toujours d’elle même. L’étude sur le SAGR
a pour objectif d’aborder ces problèmes, de fournir des
renseignements pouvant être utilisés afin d’élaborer un outil
qui permettrait aux responsables de prendre des décisions
éclairées sur la manière idéale de prédire et de contenir les
accidents compromettant la sécurité, ainsi que d’y réagir en
temps opportun.
La modélisation des dépendances est améliorée par
l’ajout de l’emplacement physique des composantes
et des contraintes opérationnelles. L’emplacement des
composantes systémiques est un élément pertinent
dans les répercussions d’un accident compromettant
la sécurité physique. Des méthodes visant à prendre en
compte l’emplacement physique des composantes, y
compris des composantes mobiles et nécessitant une
connexion, ont été examinées. Des mécanismes permettant
à ces composantes de donner dynamiquement leur
emplacement ont été étudiés, de même que des logiciels
de gestion des renseignements liés à l’emplacement des
éléments systémiques. Dans le même ordre d’idée, des
techiques de reconnaissance de modèle et des techniques
de classification ont été appliquées au problème de la
classification du traffic d’information de faible niveau
soutenant des pratiques opérationnelles précises au niveau
de l’organisation, permettant ainsi de fournir un contexte et
une valeur relative aux connexions du système.
Le travail de modélisation du risque systémique a
débouché sur un examen et la sélection d’un mécanisme
de représentation de la nature des risques systémiques
internes et externes, et il a permis de soutenir le calcul de
données liées au risque pouvant être utilisées dans le cadre
des activités du plan d’action. La méthode choisie, soit la
109
PSTP 08-0115eSEC
Système automatisé de gestion des risques
mesure prédictive de la criticité (MPC), a été considérée
comme étant une démarche applicable à la définition des
mesures de criticité dans le cadre d’un système dynamique.
Considérant que son objectif est de coordonner une
équipe d’agents dans un milieu dynamique, incertain
et non linéaire en vue d’obtenir un résultat d’équipe en
réaction à une urgence, la mesure prédictive de la criticité
partage beaucoup des caractéristiques de la gestion du
risque systémique. La MPC comprend un langage de
modélisation riche, qui permet de saisir la nature complexe
des dépendances en plus des répercussions des effets non
locaux. Elle permet aussi d’établir une mesure de la criticité
axée sur le risque, laquelle peut être utilisée pour établir
des plans d’action visant à réduire les répercussions des
événements à risque en cascade.
Impact
Un système élaboré en fonction du concept du SAGR
permettra aux responsables de la sécurité du réseau
informatique du Canada de garder à l’œil l’exposition aux
risques de la configuration actuelle du système. Le SAGR
soutiendra l’analyse en vue de cerner les dépendences
essentielles, défauts et faiblesses invisibles du système.
Il servira d’appui à la protection proactive en offrant aux
administrateurs une sélection d’options de configuration
qui permettront d’obtenir un niveau d’exposition aux
risques beaucoup plus robuste. Dans le cas d’un accident
compromettant la sécurité, le SAGR appuiera une analyse
réactive qui permettra de cibler les répercussions sur les
processus essentiels et de cerner les endroits où des
mesures d’atténuations devraient être mises en place en
vue de contenir l’incident et de stabiliser le nouveau niveau
d’exposition aux risques.
Auteurs
Glen Henderson, Bell Canada, glen.henderson@bell.ca
Reginald Sawilla, RDDC Ottawa,
reg.sawilla@drdc-rddc.gc.ca
Larry Tremblay, Bell Canada, larry.tremblay@bell.ca
110
PSTP 08-0119BTS
L’impact des nouveaux systèmes informatiques de détection maritime sur
l’amélioration de la connaissance de la situation dans le Nord
Responsable du projet :
RDDC Atlantique
Partenaires fédéraux :
Transports Canada; Garde côtière canadienne
Partenaires de l’industrie :
C-Core; International Communications and Navigation; Rutter Technologies
Objectifs
L’objectif de cette étude est de présenter un rapport
complet sur l’état actuel de la technologie et de la mise
en œuvre d’un certain nombre de nouveaux systèmes
informatiques de détection maritime, et de rechercher
comment intégrer ces systèmes en vue d’améliorer la
connaissance de la situation dans le Nord. Trois sociétés
ont été sélectionnées pour étudier les domaines suivants :
les nouveaux systèmes informatiques maritimes, les
nouveaux systèmes de détection à terre et embarqués,
et les nouveaux systèmes de détection spatiale. RDDC
Atlantique intègrera les résultats de l’étude et déterminera
les corrélations, dans le but d’améliorer la connaissance
de la situation dans le Nord. Un atelier important se
tiendra à l’issue de l’étude, puis les résultats seront
communiqués aux parties intéressées, à l’échelle nationale
et internationale.
Pertinence
Au cours des dernières années, les nouveaux systèmes
informatiques de détection maritime ont eu un impact
phénoménal, à la fois sur la connaissance de la situation
maritime à l’échelle internationale et régionale et sur
la connectivité des communications dans les régions
maritimes éloignées. RadarSat II a été lancé en décembre
2007, le système d’identification automatique (SIA) est
devenu totalement opérationnel en 2007, et le système
d’identification et de suivi à distance était complètement au
point en janvier 2009. Un nombre au moins aussi importnat
de nouveaux systèmes informatiques de détection maritime
pouvant influer sur la connaissance de la situation dans le
Nord devraient voir le jour dans les trois à cinq prochaines
années. Le recours à la surveillance dépendante
automatique en mode diffusion (ADS-B) à bord des
aéronefs se généralisera pendant ce laps de temps, les SIA
de classe B seront probablement installés sur de nombreux
autres petits navires dans le monde, et l’utilisation de
radars à haute résolution deviendra de plus en plus
fréquente dans les applications côtières, embarquées et
aéroportées. Réunies, ces nouvelles technologies devraient
permettre d’améliorer de beaucoup la connaissance de
la situation dans les régions maritimes du Nord et dans
l’Arctique.
Progrès et résultats récents
Cette étude a débuté au deuxième trimestre de 2009.
À ce jour, l’équipe de projet de RDDC Atlantique a
rencontré chaque société à St. John’s, à Terre-Neuve,
afin de s’entretenir sur la portée de l’étude et le calendrier
d’exécution des produits livrables du projet.
Impact
Dans toutes les régions d’intérêt souverain et stratégique
pour le Canada, la connaissance de la situation représente
un élément central du processus décisionnel relatif à la
sécurité, à la sûreté et à l’efficacité des mouvements. La
connaissance de la situation repose sur une connaissance
précise et en temps opportun des navires, des véhicules,
des aéronefs, des personnes et des marchandises
présents dans ces régions. Développer et maintenir une
connaissance de la situation dans les régions urbaines est
devenu un défi important. Cependant, en ce qui concerne
les régions éloignées et peu densément peuplées du
Canada, comme le Nord canadien, un climat défavorable,
un manque de puissance et un défaut de connectivité
des communications posent des difficultés bien plus
importantes. Ces difficultés sont particulièrement évidentes
dans les vastes régions maritimes sous responsabilité
canadienne, ce qui inclut les eaux du Nord et les îles de
l’Arctique, qui représentent 30 % de la masse terrestre
du Canada. Étant donné l’intérêt grandissant, dans les
régions du Nord, à l’égard de l’exploitation des ressources
111
PSTP 08-0119BTS
L’impact des nouveaux systèmes informatiques de détection maritime sur
l’amélioration de la connaissance de la situation dans le Nord
et des itinéraires commerciaux de transport international
maritime dans le Nord, il est temps de relever les défis
posés par la connaissance de la situation dans le Nord.
L’approche adoptée par RDDC Atlantique pour gérer
ces difficultés consiste à documenter l’état actuel des
systèmes informatiques de détection maritime existants et
émergents, aux fins d’utilisation dans les régions du Nord,
puis d’étudier les corrélations entre ces systèmes, afin
d’améliorer le niveau de connaissance de la situation dans
le Nord.
Auteurs
Mark McIntyre, RDDC Atlantique,
mark.mcintyre@drdc-rddc.gc.ca
Mark Stoddard, RDDC Atlantique,
mark.stoddard@drdc-rddc.gc.ca
112
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