LE RÉGIME ENREGISTRÉ D’ÉPARGNE-INVALIDITÉ : POURQUOI N’EST-IL PAS

LE RÉGIME ENREGISTRÉ D’ÉPARGNE-INVALIDITÉ : POURQUOI N’EST-IL PAS
LE RÉGIME ENREGISTRÉ
D’ÉPARGNE-INVALIDITÉ :
POURQUOI N’EST-IL PAS
PLUS UTILE?
Rapport du
Comité sénatorial permanent des banques
et du commerce
L’honorable Irving R. Gerstein,
C.M., O.Ont., président
L’honorable Céline Hervieux-Payette,
C.P., vice-présidente
Mars 2014
This report is also available in English
***********************
Disponible sur l’Internet parlementaire :
www.parl.gc.ca
(Travaux des Comités – Sénat – Rapports)
41e législation – 2e session
TABLE DES MATIÈRES
MEMBRES ...................................................................................................................................... i
ORDRE DE RENVOI..................................................................................................................... ii
RÉSUMÉ ....................................................................................................................................... iii
LISTE DES RECOMMANDATIONS ........................................................................................... v
CHAPITRE UN : Introduction ....................................................................................................... 1
CHAPITRE DEUX : Le régime enregistré d’épargne-invalidité ................................................... 2
A.
Création du régime enregistré d’épargne-invalidité ..................................................... 2
B.
Admissibilité à un régime enregistré d’épargne-invalidité........................................... 2
C.
Cotisations à un régime enregistré d’épargne-invalidité .............................................. 2
D.
Retraits d’un régime enregistré d’épargne-invalidité ................................................... 3
E.
Changements récents au Programme de régime enregistré d’épargne-invalidité......... 3
CHAPITRE TROIS : Législation provinciale et territoriale concernant la nomination d’un
représentant juridique.......................................................................................................... 5
CHAPITRE QUATRE : Points soulevés par les témoins et recommandations du comité ............ 7
A.
Aspects relatifs à la capacité juridique et à la représentation légale ............................ 7
1.
Propositions des témoins........................................................................................... 7
2.
Recommandations du comité .................................................................................... 9
B.
Aspects relatifs à la connaissance et à la compréhension ............................................. 9
1.
Propositions des témoins........................................................................................... 9
2.
Recommandations du comité .................................................................................. 10
C.
Aspects relatifs aux règles sur le retrait ...................................................................... 11
1.
Propositions des témoins......................................................................................... 11
2.
Recommandations du comité .................................................................................. 11
D.
Aspects relatifs aux exigences administratives .......................................................... 12
1.
Propositions des témoins......................................................................................... 12
2.
Recommandations du comité .................................................................................. 12
CHAPITRE CINQ : Conclusion ................................................................................................... 14
ANNEXE A : LETTRE DU MINISTRE DES FINANCES AU COMITÉ ................................. 15
ANNEXE B : LISTE DES TÉMOINS ......................................................................................... 17
ANNEXE C : MÉMOIRES PRÉSENTÉS AU COMITÉ ............................................................ 19 MEMBRES
L’honorable Irving R. Gerstein, C.M., O.Ont., président
L’honorable Céline Hervieux-Payette, C.P., vice-présidente
et
L’honorable Diane Bellemare
L’honorable Douglas Black, C.R.
L’honorable Larry W. Campbell
L’honorable Stephen Greene
L’honorable Ghislain Maltais
L’honorable Paul J. Massicotte
L’honorable Thanh Hai Ngo
L’honorable Pierrette Ringuette
L’honorable Michel Rivard
L’honorable David Tkachuk
Membres d’office du comité :
Les honorables sénateurs Claude Carignan, C.P., (ou Yonah Martin) et James S. Cowan (ou Joan
Fraser).
Autres sénateurs ayant participé à cette étude :
Les honorables sénateurs JoAnne L. Buth, Michael L. MacDonald, Thomas Johnson McInnis,
Percy Mockler, Pierre Claude Nolin, Nancy Ruth et David M. Wells.
Service d’information et de recherche parlementaires, Bibliothèque du Parlement :
Brett Stuckey et Adriane Yong, analystes.
Greffière du comité :
Danielle Labonté
Direction des comités du Sénat :
Brigitte Martineau, adjointe administrative
i
ORDRE DE RENVOI
Extrait des Journaux du Sénat du mardi 3 décembre 2013 :
Reprise du débat sur la motion de l'honorable sénateur Gerstein, appuyée par
l'honorable sénatrice LeBreton, C.P.,
Que le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce soit autorisé à
examiner, pour en faire rapport, la capacité des particuliers à se prévaloir d'un régime
enregistré d'épargne-invalidité (REEI), notamment la représentation par un avocat et la
capacité des particuliers à conclure un contrat;
Que le comité présente son rapport final au Sénat au plus tard le 31 mars 2014 et
conserve tous les pouvoirs nécessaires pour diffuser ses conclusions jusqu'à 180 jours
après le dépôt du rapport final.
La motion, mise aux voix, est adoptée.
Gary W. O’Brien
Greffier du Sénat
ii
RÉSUMÉ
Les régimes enregistrés d’épargne-invalidité (REEI) ont été annoncés dans le budget fédéral de
2007 par suite des recommandations du Groupe d’experts sur la sécurité financière des enfants
gravement handicapés. L’objectif du programme de REEI est de permettre aux parents et à
d’autres personnes d’épargner en vue d’assurer la sécurité financière à moyen et à long terme
d’une personne handicapée. Environ 12 000 REEI sont établis en moyenne chaque année depuis
la mise en œuvre du programme en 2008. Les 78 000 REEI créés représentent un taux de
participation de 15 % parmi environ 500 000 personnes handicapées au Canada qui sont
admissibles à un REEI.
Le 3 décembre 2013, le Comité sénatorial permanent des banques et du commerce a entrepris son
étude de la capacité des particuliers à se prévaloir d’un REEI. Les témoins qui se sont présentés
devant lui ont avancé plusieurs raisons expliquant le peu d’intérêt pour le programme de REEI et
ont proposé des solutions pour aviver cet intérêt.
Le chapitre deux du présent rapport décrit le programme de REEI, notamment les critères
d’admissibilité, les cotisations aux REEI et les sommes tirées des REEI, ainsi que les modifications
apportées récemment au programme. Le chapitre trois décrit la législation provinciale et territoriale
concernant la capacité légale et la représentation par un tiers.
Le chapitre quatre expose les raisons possibles du peu d’intérêt pour le programme de REEI,
avancées par les témoins, et il présente les recommandations du comité pour chacune. Selon les
témoins, il se pourrait, par exemple, que certains adultes handicapés n’aient pas la capacité légale
de souscrire à un REEI ou de mandater un représentant légal pour agir en leur nom relativement à
la gestion de leurs biens. Le comité recommande que les provinces et les territoires garantissent
l’accès des adultes handicapés au programme de REEI et il recommande que le gouvernement
fédéral continue de collaborer avec les provinces et les territoires à l’amélioration du programme.
Le comité a également appris qu’on ne connaissait pas bien le programme de REEI et que cela
pouvait influer sur le taux de participation. Il recommande à cet égard que le gouvernement
fédéral déploie davantage d’efforts sur le plan des communications. De l’avis du comité, il
faudrait, entre autres, veiller à ce que les renseignements pertinents soient transmis aux
contribuables admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées, créer des partenariats
avec des groupes de défense des personnes handicapées pour faciliter la diffusion de
l’information au sujet du programme et travailler avec les bureaux de soutien des personnes
handicapées des provinces et des territoires afin d’encourager l’ouverture de REEI.
Une troisième raison pourrait expliquer le peu d’intérêt à l’égard du programme. Il s’agit des
règles relatives au retrait de fonds des REEI, par exemple la période d’attente de 10 ans et la
période de retenue avant le paiement. Le comité recommande que le gouvernement fédéral
ramène à 5 ans la période d’attente de 10 ans et qu’il réduise le montant à rembourser selon les
règles de la retenue avant le paiement.
Enfin, des témoins ont fait part au comité de questions administratives reliées au programme de
REEI qui pourraient expliquer le peu d’intérêt pour le programme. Aux dires de ces témoins, les
formulaires à remplir pour ouvrir un REEI sont complexes, et il peut être difficile d’obtenir les
iii
papiers d’identité nécessaires et d’ouvrir un compte de dépôt. Le comité recommande que le
gouvernement fédéral s’assure qu’on répond aux besoins des personnes handicapées désireuses
d’ouvrir un REEI, peut-être grâce à une initiative fédérale ou au financement d’organismes
reconnus par lui qui pourraient fournir une aide à cet égard. Il recommande aussi que le
gouvernement envisage sérieusement l’ouverture automatique de REEI dans le cas des
particuliers admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées.
Au chapitre cinq, le comité expose ses conclusions au sujet de l’étude de la capacité des
particuliers à se prévaloir d’un REEI.
iv
LISTE DES RECOMMANDATIONS
1. Que les provinces et les territoires soient priés d’examiner sans tarder leurs dispositions
législatives concernant la capacité légale et la représentation juridique afin de s’assurer
que les adultes handicapés peuvent se prévaloir du régime enregistré d’épargneinvalidité.
Que le gouvernement fédéral continue de travailler avec les provinces et les territoires à
améliorer l’accès au programme.
2. Que le gouvernement fédéral améliore ses efforts de communication relatifs au régime
enregistré d’épargne-invalidité (REEI), notamment :

en veillant à ce que des renseignements pertinents soient fournis régulièrement
aux contribuables admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées;

en élaborant des partenariats officiels avec des groupes de défense des personnes
handicapées de manière à exploiter toutes les possibilités d’informer les personnes
handicapées du programme;

en travaillant avec les bureaux de soutien aux personnes handicapées des
provinces et territoires afin d’encourager l’ouverture de REEI.
3. Que le gouvernement fédéral réduise à 5 ans la période de 10 ans devant s’écouler entre
la fin de ses versements au titre de la subvention et du bon et le moment auquel le
bénéficiaire d’un REEI peut commencer à retirer des fonds de son plan sans avoir à
rembourser une portion des contributions fédérales.
Par ailleurs, le gouvernement devrait réduire les montants qui doivent lui être remboursés
au titre de la « retenue avant le paiement » lorsqu’un retrait est effectué dans un REEI
avant la fin de la période d’attente.
4. Que le gouvernement fasse en sorte que les besoins des personnes handicapées souhaitant
ouvrir un REEI soient respectés. Pour ce faire, il pourrait mettre sur pied une initiative
fédérale ou financer des organismes reconnus par lui qui pourraient aider ces personnes.
Plus particulièrement, il faudrait fournir aux personnes handicapées toute l’aide dont elles
ont besoin pour obtenir les papiers d’identité nécessaires, ouvrir un compte de dépôt, se
prévaloir du crédit d’impôt pour personnes handicapées ou faire les démarches
administratives nécessaires pour ouvrir un REEI.
Enfin, le gouvernement devrait envisager sérieusement l’ouverture automatique d’un
REEI au nom des personnes devenant admissibles au crédit d’impôt pour personnes
handicapées qui respectent toutes les autres exigences du REEI.
v
CHAPITRE UN : Introduction
À la demande du ministre fédéral des Finances, le Comité sénatorial permanent des banques et du
commerce a entrepris, le 3 décembre 2013, son étude de la capacité des particuliers à se prévaloir
du régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI), et plus particulièrement de la représentation
légale et de la capacité de conclure un contrat. En plus de recevoir des mémoires, le Comité a
entendu 16 témoins, dont Kevin Sorenson, ministre d’État (Finances), et d’autres représentants du
ministère des Finances, des groupes de défense des intérêts des handicapés, de la communauté
juridique, des institutions financières et des entreprises qui fournissent des services de planification
financière. Les témoins ont proposé diverses raisons expliquant le peu d’intérêt pour le programme
de REEI et ont proposé des solutions pour accroître cet intérêt. Quoique le comité ait invité les
gouvernements provinciaux et territoriaux à participer à l’étude, ceux-ci ont décliné l’invitation à
venir témoigner. Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a fait parvenir des commentaires
écrits au comité par contre ceux-ci ont été reçus après l’étude du rapport.
Le chapitre deux du présent rapport fournit des renseignements généraux sur le programme du
REEI. Le chapitre trois décrit la législation provinciale et territoriale concernant la capacité légale
et la représentation par un tiers. Le chapitre quatre, quant à lui, présente les propositions des
témoins et les recommandations du comité sur des questions comme :

la capacité légale et la représentation par un tiers,

la connaissance du programme de REEI,

les règles relatives au retrait,

divers aspects administratifs du programme.
Enfin, le comité présente ses conclusions au chapitre cinq.
1
CHAPITRE DEUX : Le régime enregistré d’épargne-invalidité
A. Création du régime enregistré d’épargne-invalidité
Selon l’Enquête canadienne sur l’incapacité de Statistique Canada, il y avait, en 2012, 3,8 millions
de personnes – soit 13,7 % de la population canadienne ayant 15 ans et plus – qui affirmaient être
limitées dans leurs activités quotidiennes par une incapacité. Beaucoup d’entre elles ont besoin des
programmes d’aide financière provinciaux ou territoriaux, mais elles ne peuvent s’en prévaloir que
si leur actif et leur revenu ne dépassent pas un certain seuil.
Pour donner suite aux recommandations du rapport du Groupe d’experts du ministre des Finances
au sujet de la sécurité financière des enfants gravement handicapés, le gouvernement fédéral a
annoncé dans son budget de 2007 la mise sur pied du REEI. Le but de ce programme, administré
par Emploi et Développement social Canada, est de permettre aux parents, notamment, d’une
personne handicapée de mettre de l’argent de côté en vue d’assurer à cette dernière une sécurité
financière à moyen et à long terme.
Depuis 2008, date d’entrée en vigueur du programme, quelque 12 000 REEI ont été créés chaque
année, soit en tout 78 000 REEI, ce qui représente 15 % environ des quelque 500 000 personnes
handicapées vivant au Canada admissibles. Depuis 2008, le gouvernement fédéral a versé, dans
des REEI, 564,5 millions de dollars sous forme de subventions et 235,8 millions de dollars sous
forme de bons.
B. Admissibilité à un régime enregistré d’épargne-invalidité
Le « bénéficiaire » d’un REEI est la personne handicapée en faveur de laquelle le REEI est
établi. Le bénéficiaire doit être admissible au crédit d’impôt fédéral pour personnes handicapées,
être résident du Canada, avoir moins de 60 ans et disposer d’un numéro d’assurance sociale. Le
« titulaire » est la personne pouvant ouvrir un REEI à une institution financière. Il peut s’agir
d’un parent, d’un tuteur, d’un représentant légal ou d’une agence ou d’un ministère public
légalement autorisé à agir au nom du bénéficiaire, lequel peut être un enfant.
Si le bénéficiaire est adulte et apte à conclure des contrats, il peut être le titulaire du régime.
Lorsque le bénéficiaire est frappé d’incapacité légale, un tuteur, un représentant légal ou un
ministère ou agence publique qui est légalement autorisé à agir au nom de cette personne peut
ouvrir un REEI pour cette dernière et en être le titulaire.
À l’ouverture d’un REEI, l’institution financière décide si un adulte handicapé est apte à
conclure un contrat. Comme il est expliqué plus loin, le gouvernement a pris des mesures
temporaires pour le cas où un adulte handicapé n’a pas la capacité de conclure des contrats et n’a
pas de représentant légal pour agir en son nom relativement à la gestion de ses biens. Ces
mesures temporaires ne sont toutefois pas utiles aux adultes handicapés qui n’ont ni parent ni
conjoint pouvant agir en leur nom.
C. Cotisations à un régime enregistré d’épargne-invalidité
Les cotisations privées à un REEI, c’est-à-dire les contributions faites par le bénéficiaire ou par
toute autre personne, peuvent être versées jusqu’à la fin de l’année où le bénéficiaire atteint l’âge
2
de 59 ans, jusqu’à un montant cumulatif de 200 000 $. Le gouvernement fédéral contribue au
REEI par la voie de la Subvention canadienne pour l’épargne-invalidité et du Bon canadien pour
l’épargne-invalidité. Ces contributions fédérales peuvent être faites jusqu’à la fin de l’année où le
bénéficiaire atteint l’âge de 49 ans; le montant annuel maximal de droit à la subvention et au bon
qui n’a pas été utilisé peut être reporté pour une période de 10 ans.
La subvention fédérale est fonction du revenu familial du bénéficiaire et du montant des
cotisations privées déjà versées dans le REEI. En 2014, pour un revenu familial de 87 907 $ ou
moins, la subvention annuelle maximale s’établit à 3 500 $ et, pour un revenu familial dépassant
87 907 $, elle est de 1 000 $. Le montant maximal cumulatif versé en subventions pour
l’épargne-invalidité est de 70 000 $.
Le montant du bon canadien pour l’épargne-invalidité n’est fondé que sur le revenu familial. En
2014, pour un revenu familial de 25 584 $ ou moins, le montant maximal du bon est de 1 000 $;
pour un revenu familial supérieur à 25 584 $, le montant du bon est calculé au prorata et ne peut
dépasser 1 000 $. Les familles dont le revenu dépasse 43 953 $ ne sont pas admissibles au bon. Le
montant maximal cumulatif versé en bons pour l’épargne-invalidité est de 20 000 $.
D. Retraits d’un régime enregistré d’épargne-invalidité
Même si l’on peut faire des retraits d’un REEI à n’importe quel moment, il faut attendre 10 ans
entre la fin des contributions fédérales sous forme de subventions et de bons et les premiers
retraits, pour ne pas avoir à rembourser une portion des contributions fédérales. Ce que le
bénéficiaire devra rembourser s’il ne respecte pas cette période est le moins élevé des montants
suivants : la somme des contributions fédérales au REEI au cours des 10 années écoulées,
appelée « montant de retenue avant le paiement », ou 3 $ par dollar retiré.
Il y a deux types de retraits d’un REEI, soit les paiements d’aide à l’invalidité ou les paiements
viagers pour invalidité. Les premiers sont des retraits pouvant être effectués à n’importe quel
moment. Les seconds sont des retraits annuels devant être effectués à partir de 60 ans et calculés
selon une formule établie dans la Loi de l’impôt sur le revenu.
Si les contributions fédérales à un REEI sont supérieures à celles effectuées par le bénéficiaire ou
ses représentants, le plafond annuel pour les deux types de retraits est le plus grand des deux
montants suivants : soit le montant établi par la formule prévue dans la Loi de l’impôt sur le
revenu, soit 10 % de la juste valeur marchande du capital constitué dans le REEI au début de
l’année. Si les contributions fédérales sont inférieures aux cotisations du bénéficiaire ou de ses
représentants, les paiements d’aide à l’invalidité ne sont pas plafonnés, mais les paiements
viagers pour invalidité sont établis selon la formule prévue dans la Loi de l’impôt sur le revenu.
Un barème de retraits plus souple peut s’appliquer si le bénéficiaire a une espérance de vie
moindre.
E. Changements récents au Programme de régime enregistré d’épargne-invalidité
Pour faire suite à l’examen du programme de REEI qu’il avait effectué en octobre 2011, le
gouvernement fédéral a annoncé dans ses budgets de 2012 et de 2013 un certain nombre de
changements visant à simplifier le programme. Par exemple, les montants à rembourser au
gouvernement fédéral sont désormais proportionnels à la somme retirée du REEI, un régime
3
d’épargne enregistré-études peut être converti en REEI si les plans ont le même bénéficiaire et
un REEI peut demeurer ouvert pendant un maximum de cinq ans après que le bénéficiaire a
cessé d’être admissible au crédit d’impôt pour personne handicapée.
Les mesures fédérales temporaires en vigueur jusqu’à la fin de 2016 ont élargi la définition de
« responsable » de sorte qu’un conjoint, un conjoint de fait ou un parent sont autorisés à établir
un REEI pour un bénéficiaire et en être le titulaire. Ces mesures visent à aider l’adulte qui peut
ne pas être juridiquement apte à conclure un contrat et n’a pas de représentant légal pour la
gestion de ses biens. Selon ces mesures, un parent peut continuer d’être le titulaire du régime
lorsque le mineur devenu adulte n’est pas légalement apte à conclure un contrat.
4
CHAPITRE TROIS : Législation provinciale et territoriale concernant la
nomination d’un représentant juridique
Selon la Loi constitutionnelle, les droits de propriété et civils sont du ressort des provinces et des
territoires. C’est donc aux provinces et aux territoires qu’il incombe d’établir les règles régissant
la capacité juridique des personnes handicapées adultes et des personnes qui ont le pouvoir de
gérer les biens de tels adultes. Pour que les provinces et les territoires aient le temps nécessaire
pour apporter les modifications nécessaires à leurs lois sur la représentation juridique des adultes
handicapés qui peuvent ne pas avoir la capacité juridique de conclure un contrat, le
gouvernement fédéral a mis en place des mesures temporaires concernant le programme de
REEI.
En Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard
et au Nunavut, un adulte handicapé qui peut être inapte à conclure un contrat ne peut ouvrir un
REEI que s’il est déclaré légalement incompétent et qu’un tuteur ou autre personne est nommé
pour le représenter légalement. Cette approche peut être coûteuse, exiger les services d’un
avocat, prendre plusieurs mois et avoir des effets non voulus pour la liberté de la personne en
question.
Le budget fédéral de 2013 mentionne que les gouvernements de la Colombie-Britannique, de la
Saskatchewan, du Manitoba et du Yukon ont fait savoir que leur législation relative à la
représentation légale permet à un adulte handicapé qui peut être inapte à conclure un contrat
d’établir un REEI. Terre-Neuve-et-Labrador et l’Alberta ont modifié leur législation pour
permettre à des personnes nommées à cette fin d’agir au nom d’adultes handicapés dans le cadre
d’un REEI. Le tableau 1 décrit la situation de certaines provinces et du Yukon relativement à la
nomination d’une personne chargée de gérer un bien au nom d’un adulte ayant une déficience
intellectuelle.
Le budget fédéral de 2014 mentionnait que les Territoires du Nord-Ouest se pencheront au cas
par cas sur la capacité d’ouvrir un REEI des adultes pour lesquels il y a doute quant à leur
capacité de conclure des contrats. De même, dans son budget provincial de 2013, le
gouvernement de l’Ontario a demandé à la Commission du droit de l’Ontario de se pencher sur
des façons dont les adultes ayant une déficience mentale et inaptes à conclure des contrats
pourraient se prévaloir du Programme de REEI.
5
Tableau 1 – Gestion de biens au nom d’adultes ayant une déficience intellectuelle dans
quelques provinces et territoires, en février 2014
Province ou territoire
Mode de gestion des biens
Colombie-Britannique
Representation Agreement Act : un adulte ayant une déficience
mentale peut nommer un représentant légal pour prendre ses
décisions en matière financière.
Alberta
Adult Guardianship and Trustee Act : les fiduciaires ont le pouvoir
de prendre des décisions dans certains domaines financiers,
notamment pour un régime enregistré d’épargne-invalidité.
Saskatchewan
Adult Guardianship and Co-decision-making Act : un adulte ayant
une déficience mentale peut donner à un parent ou à un membre de
sa famille une procuration limitée pour établir et gérer un REEI.
Manitoba
Vulnerable Persons with a Mental Disability Act : la Loi rationalise
la démarche administrative à suivre pour nommer un mandataire
chargé de prendre des décisions au nom d’une personne ayant une
déficience mentale.
Terre-Neuve-et-Labrador
Yukon
Modifications à la Enduring Powers of Attorney Act : un adulte
ayant une déficience mentale peut désigner un représentant légal
chargé d’agir comme titulaire du régime enregistré d’épargneinvalidité.
Loi sur la prise de décisions, le soutien et la protection des adultes :
un adulte ayant une déficience mentale peut conclure une
« convention de prise de décisions soutenues » pour nommer un
ami ou un parent qui l’aidera à prendre des décisions financières. La
Loi prévoit qu’un adulte ayant une déficience mentale peut signer
une convention de représentation qui donne à son représentant le
pouvoir de prendre des décisions relatives à des questions
financières.
Source : Tableau préparé à l’aide de renseignements obtenus de la Commission du droit de
l'Ontario, La capacité des adultes handicapés mentaux et le REEI fédéral : Document de
discussion, décembre 2013.
6
CHAPITRE QUATRE : Points soulevés par les témoins et recommandations
du comité
Des témoins ont fourni au comité diverses raisons expliquant le peu d’intérêt que portent les
personnes handicapées au REEI :

les questions liées à la capacité juridique et à la représentation légale,

le manque de connaissance et de compréhension du programme,

les règles sur le retrait,

les démarches administratives qui rendent le programme par trop complexe pour
certaines des personnes admissibles.
A. Aspects relatifs à la capacité juridique et à la représentation légale
1. Propositions des témoins
Pour certains témoins, le principal obstacle à l’ouverture d’un REEI tient aux questions de
capacité juridique et de représentation légale. Planned Lifetime Advocacy Network, par exemple,
a mentionné au comité un sondage national mené en 2011 auprès des personnes handicapées au
cours duquel environ 10 % des répondants avaient déclaré que la principale raison pour laquelle
ils n’avaient pas contracté de REEI tenait à leur capacité de conclure un contrat.
La plupart des groupes de défense des personnes handicapées qui ont témoigné devant le comité
ont proposé, comme solution aux questions de capacité juridique et de représentation légale en
matière de REEI, que le gouvernement fédéral adopte, en remplacement des approches
législatives disparates existantes, une formule unique qui s’appliquerait aux provinces et
territoires. Plus précisément, le gouvernement fédéral pourrait, d’après ces groupes, modifier la
Loi de l’impôt sur le revenu de manière à établir un formulaire pour les REEI, qui pourrait
s’inspirer du modèle de convention de représentation de la Colombie-Britannique. Ce formulaire
pourrait autoriser la nomination d’une personne apparentée au bénéficiaire ou ayant une relation
de confiance avec ce dernier comme titulaire conjoint du REEI. À titre de protection, ce lien de
confiance devrait être confirmé par une tierce partie.
Pour ce qui est des préoccupations d’ordre constitutionnel liées à un formulaire fédéral, les
témoins préconisant une solution commune ont fait valoir que toute intrusion dans la sphère
provinciale et territoriale que sont les droits de propriété et civils serait très limitée. Ils ont
également indiqué que cette intrusion serait nécessaire pour abolir toute disparité dans
l’administration du REEI au pays. Par ailleurs, toujours selon ces témoins, un tel formulaire ne
toucherait en rien le pouvoir des provinces et des territoires d’adopter des lois concernant la
capacité juridique et la représentation légale en matière de REEI.
Certains témoins ont exprimé des réserves à l’égard d’un tel formulaire national. La
représentante de la Section d’Ottawa de l’Association canadienne pour la santé mentale a
souligné que certaines personnes handicapées, surtout celles ayant une déficience mentale qui
7
n’ont plus de contact avec leur famille ou d’amis proches, pourraient difficilement nommer un
co-titulaire de plan. Pour la Banque Canadienne Impériale de Commerce, une solution commune
pourrait ne pas convenir à la situation particulière de certaines personnes handicapées inaptes à
conclure un contrat.
Goddard Gamage Stephens LLP a soulevé des questions sur le formulaire fédéral proposé,
notamment sur l’organisme qui évaluerait les réponses, sur la nature et la portée de l’évaluation
et, si un avocat est nécessaire, sur la mesure dans laquelle le bénéficiaire et le représentant
nommé fourniraient des instructions à l’avocat. Il a également été avancé que, si les
gouvernements fédéral, provincial ou territorial devaient simplifier le mode de nomination du
représentant, il y aurait moins de mesures de précaution en place, et les personnes handicapées
risqueraient davantage d’être victimes d’abus par les titulaires des plans.
Le British Columbia Law Institute a fait savoir que, si la convention de représentation de
Colombie-Britannique était une bonne idée en théorie, en réalité ces conventions sont très peu
utilisées en raison des doutes quant à l’inclusion des REEI dans la Representation Agreement Act
de la province; les REEI ne figurent pas dans les règlements d’application de la loi.
La Commission du droit de l’Ontario a fait part au comité des neuf options qu’elle a examinées
au sujet de la nomination de représentants légaux pour l’ouverture de REEI. Quatre de ces
options permettraient aux adultes handicapés de désigner un représentant légal, chacune ayant
une définition différente de la capacité juridique. Les trois autres options, qui comporteraient un
processus de nomination externe mené par un membre de la famille ou un autre adulte,
exigeraient la présentation d’une demande simplifiée à un tribunal ou à un bureau
gouvernemental pour la nomination d’un représentant légal. La Commission du droit a indiqué
qu’elle n’avait pas encore formulé les recommandations qu’elle présentera au gouvernement de
l’Ontario.
Des témoins représentant les secteurs du droit et des finances ont appuyé une solution fédérale,
sans avaliser expressément le formulaire fédéral proposé par d’autres témoins. BMO Gestion
mondiale d’actifs a affirmé qu’il faudrait un cadre fédéral, et la collaboration des provinces et
des territoires, pour assurer une gestion uniforme des REEI dans le pays et régler les questions de
capacité juridique et de représentation légale. Goddard Gamage Stephens LLP a souligné la
mobilité croissante de la population canadienne pour justifier une solution commune.
Pour ce qui est des mesures provisoires prises par le gouvernement fédéral qui sont en vigueur
jusqu’en 2016, Placements Mackenzie a expliqué qu’il fallait clarifier ce que l’on entend par
« membre de la famille admissible », « personne admissible » et « apte à conclure un contrat »
dans la Loi de l’impôt sur le revenu, pour inclure peut-être d’autres membres de la famille, des
groupes communautaires ou des organismes provinciaux dans les titulaires de plan.
Enfin, la Centrale des caisses de crédit du Canada a mentionné qu’il serait utile de pouvoir
nommer un second titulaire de plan pour le cas où le parent, le conjoint ou le conjoint de fait
décède ou devient inapte à gérer le REEI.
8
2. Recommandations du comité
Le comité reconnaît qu’une solution commune à la question de la capacité juridique et la
représentation légale dans le cadre du programme de REEI aurait des avantages pour les
personnes handicapées et pour le secteur financier. Cependant, étant donné que le comité n’a
reçu aucune information directe des gouvernements provinciaux ou territoriaux avant l’adoption
du rapport, il n’est pas en mesure d’analyser de manière approfondie l’efficacité des procédures
provinciales et territoriales de représentation d’adultes handicapés actuellement en vigueur. Qui
plus est, les différences entre les cadres juridiques des provinces et des territoires en matière de
capacité juridique et de représentation légale tiennent en partie à l’existence du droit civil au
Québec et du common law dans les territoires et les provinces. Par conséquent, le comité n’est
pas certain qu’un formulaire fédéral du type décrit par certains des témoins résoudrait le
problème posé par la représentation juridique et la capacité légale en matière de REEI. Par
ailleurs, un tel formulaire pourrait avoir pour effet concret d’ajouter un autre niveau de
complexité à un programme déjà peu simple. Enfin, le comité comprend bien qu’une atteinte
même limitée à la compétence provinciale et territoriale pourrait aboutir à une contestation sur le
plan de sa constitutionnalité.
Le comité souligne que huit des provinces et territoires ont déjà une procédure en place ou
envisagent sérieusement de modifier leur cadre législatif concernant la capacité juridique et la
représentation légale. Le comité presse les provinces et territoires qui n’ont pas encore examiné
leur législation en la matière de le faire rapidement. Si les mesures fédérales temporaires
relatives à la représentation légale et la capacité juridique en matière de REEI expirent avant que
les provinces et territoires aient tous modifié leur cadre législatif, le gouvernement devrait, de
l’avis du comité, étudier deux options : la faisabilité d’autres propositions visant à assurer l’accès
au programme de REEI et la possibilité de prolonger les mesures temporaires existantes.
De ce point de vue, le comité recommande :
Que les provinces et les territoires soient priés d’examiner sans tarder leurs
dispositions législatives concernant la capacité légale et la représentation juridique
afin de s’assurer que les adultes handicapés peuvent se prévaloir du régime
enregistré d’épargne-invalidité.
Que le gouvernement fédéral continue de travailler avec les provinces et les
territoires à améliorer l’accès au programme.
B. Aspects relatifs à la connaissance et à la compréhension
1. Propositions des témoins
Plusieurs des témoins qu’a entendus le comité ont déclaré que l’une des premières causes de la
sous-utilisation du REEI tient à sa méconnaissance. Placements Mackenzie a fait remarquer que
de nombreuses personnes handicapées ne se prévalent pas du crédit d’impôt auquel elles ont
droit, et d’autres témoins ont ajouté que certaines des personnes admissibles au crédit d’impôt
pour personnes handicapées ne connaissent pas le REEI. Le représentant du Mouvement
Desjardins a expliqué que, pour des raisons de respect de la confidentialité des renseignements
9
personnels en matière de santé, il est difficile pour les institutions financières de savoir à qui
adresser les feuillets d’information sur le REEI.
Des témoins ont proposé que les médecins qui préparent les formulaires de demande du crédit
d’impôt pour personnes handicapées et les autres intervenants en contact avec des personnes
handicapées, comme les travailleurs sociaux et les employés de centres communautaires,
informent les personnes handicapées de l’existence du REEI. Assante Capital Management Ltd.,
a suggéré, pour sa part, de recourir au logiciel de préparation des déclarations d’impôt; il serait
en effet possible de fournir automatiquement des renseignements concernant l’ouverture d’un
REEI au contribuable qui se prévaut du crédit d’impôt pour personnes handicapées.
Des représentants d’institutions financières ont affirmé que le secteur bancaire fait la promotion
du REEI par divers médias sociaux et en ligne, par l’entremise d’organismes communautaires et
par la préparation d’ateliers et de documents d’information, notamment un feuillet d’information
sur les REEI.
Dans un mémoire présenté au comité, Emploi et Développement social Canada a souligné que
son Bureau de la condition des personnes handicapées avait mené diverses initiatives afin de
faire connaître et mieux comprendre le programme. Il s’est agi notamment d’établir des contrats
avec des organismes non gouvernementaux pour la fourniture de séances d’information
collectives; de l’établissement de kiosques d’information dans des congrès nationaux et
régionaux et d’activités tenues par des organismes de personnes handicapées, des associations
professionnelles et des associations médicales; de la collaboration avec les gouvernements
provinciaux et territoriaux pour faire la promotion du REEI chez eux et de l’envoi par la poste de
renseignements sur le programme de REEI aux personnes devenues admissibles au crédit
d’impôt pour personnes handicapées.
2. Recommandations du comité
Le comité reconnaît qu’il serait possible d’améliorer le taux de participation au REEI si un plus
grand nombre de personnes admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées
connaissaient l’existence et les avantages du programme.
Conscient que diverses mesures pourraient être prises pour mieux faire connaître et comprendre
le programme ainsi que ses critères d’admissibilité, le comité recommande :
Que le gouvernement fédéral améliore ses efforts de communication relatifs au
régime enregistré d’épargne-invalidité (REEI), notamment :

en veillant à ce que des renseignements pertinents soient fournis
régulièrement aux contribuables admissibles au crédit d’impôt pour
personnes handicapées;

en élaborant des partenariats officiels avec des groupes de défense des
personnes handicapées de manière à exploiter toutes les possibilités
d’informer les personnes handicapées du programme;
10

en travaillant avec les bureaux de soutien aux personnes handicapées des
provinces et territoires afin d’encourager l’ouverture de REEI.
C. Aspects relatifs aux règles sur le retrait
1. Propositions des témoins
Aux dires de certains des témoins entendus par le comité, ce sont les règles relatives au retrait
des fonds placés dans un REEI qui découragent certaines personnes handicapées d’ouvrir un tel
plan. Pour elles, la période d’attente de 10 ans en diminue l’attrait si le bénéficiaire a une
espérance de vie moindre ou s’il a près de 60 ans. À leur avis, la période d’attente devrait être
réduite. Cela dit, comme le programme de REEI vise à permettre de mettre de l’argent de côté
pour le long terme, réduire cette période d’attente pourrait, de l’avis d’autres témoins, aller à
l’encontre du but visé. Des témoins ont souligné que cette période de 10 ans peut parfois être
raccourcie lorsqu’un médecin juge que l’espérance de vie du bénéficiaire est courte.
Des témoins ont envisagé la possibilité d’adapter la période d’attente aux différents handicaps,
tout en faisant remarquer que le programme de REEI était déjà suffisamment complexe sur le
plan administratif et qu’il n’était pas souhaitable de le rendre encore plus compliqué.
Enfin, le Mouvement Desjardins a laissé entendre qu’il faudrait réduire les montants devant être
remboursés en raison des règles sur la « retenue avant le paiement ».
2. Recommandations du comité
Le comité comprend les difficultés qu’une personne handicapée – et sa famille ou ses amis, entre
autres – pourrait avoir à planifier sa sécurité financière. Les règles sur le retrait d’un REEI,
comme la période d’attente de 10 ans et la « retenue avant le paiement », peuvent amoindrir
l’utilité du programme lorsque l’intéressé a une espérance de vie qui peut être raccourcie en
raison de son handicap ou lorsqu’il approche de la soixantaine. Le gouvernement fédéral a
apporté des changements dans son budget de 2012 afin d’abaisser les montants devant être
remboursés lorsque les retraits se produisent avant la fin de la période d’attente, mais le comité
estime que le gouvernement fédéral devrait envisager de modifier les règles sur le retrait pour
que le REEI soit plus attirant pour les personnes handicapées. Il recommande donc :
Que le gouvernement fédéral réduise à 5 ans la période de 10 ans devant s’écouler
entre la fin de ses versements au titre de la subvention et du bon et le moment
auquel le bénéficiaire d’un REEI peut commencer à retirer des fonds de son plan
sans avoir à rembourser une portion des contributions fédérales.
Par ailleurs, le gouvernement devrait réduire les montants qui doivent lui être
remboursés au titre de la « retenue avant le paiement » lorsqu’un retrait est effectué
dans un REEI avant la fin de la période d’attente.
11
D. Aspects relatifs aux exigences administratives
1. Propositions des témoins
Selon certains des témoins entendus par le comité, il arrive que des personnes handicapées ne
soient pas en mesure d’ouvrir un REEI pour des raisons administratives. Par exemple, la section
d’Ottawa de l’Association canadienne pour la santé mentale a fait remarquer, à propos de
l’exigence selon laquelle une personne handicapée doit être admissible au crédit d’impôt pour
personnes handicapées pour pouvoir ouvrir un REEI, que les formulaires à remplir pour se
prévaloir de ce crédit d’impôt sont complexes et doivent être remplis par la personne handicapée
et par son médecin. Selon l’Association, les formulaires sont souvent incorrectement remplis,
surtout lorsqu’il s’agit d’une personne ayant une déficience mentale, de sorte qu’ils sont rejetés
et, par conséquent, le demandeur ne peut ouvrir de REEI.
Des représentants d’institutions financières ont formulé des observations relatives aux
formulaires à remplir pour Emploi et Développement social Canada, notamment le fait que les
spécialistes en déclarations de revenus peuvent agir au nom d’un client auprès de l’Agence du
revenu du Canada, mais que les conseillers financiers ne peuvent jouer le même rôle auprès
d’Emploi et Développement social Canada. Selon ces témoins, lorsqu’une demande de REEI est
rejetée pour cause d’erreur dans les formulaires, comme un numéro d’assurance sociale
incorrect, le conseiller financier ne peut résoudre la question. La personne handicapée, dont la
déficience peut être telle que les démarches administratives sont trop complexes, doit traiter
directement avec Emploi et Développement social Canada.
Le comité s’est fait dire que les démarches à faire pour ouvrir un REEI, comme obtenir les
papiers d’identité nécessaires et ouvrir un compte de dépôt, sont souvent compliquées pour les
personnes handicapées. La section d’Ottawa de l’Association canadienne pour la santé mentale a
précisé que de telles démarches sont difficiles pour les personnes ayant une déficience mentale.
Le British Columbia Law Institute a expliqué qu’il pourrait être plus facile pour les personnes
handicapées d’ouvrir un REEI si le plan était automatiquement établi pour eux lorsqu’ils
deviennent admissibles à un crédit d’impôt pour personnes handicapées.
2. Recommandations du comité
Le comité reconnaît que les tâches administratives nécessaires à l’ouverture d’un REEI peuvent
parfois être difficiles, surtout pour les personnes handicapées. Il estime donc que le
gouvernement fédéral devrait s’efforcer de réduire le fardeau administratif qu’il impose aux
personnes handicapées souhaitant ouvrir un REEI. Le comité est convaincu que les personnes
handicapées seraient en meilleure posture si l’on faisait en sorte qu’elles reçoivent l’aide dont
elles ont besoin pour ouvrir un REEI et y cotiser, et si on les inscrivait automatiquement à un
REEI lorsqu’elles deviennent admissibles au crédit d’impôt pour personnes handicapées. Pour
ces raisons, le comité recommande :
Que le gouvernement fasse en sorte que les besoins des personnes handicapées
souhaitant ouvrir un REEI soient respectés. Pour ce faire, il pourrait mettre sur
pied une initiative fédérale ou financer des organismes reconnus par lui qui
pourraient aider ces personnes. Plus particulièrement, il faudrait fournir aux
12
personnes handicapées toute l’aide dont elles ont besoin pour obtenir les papiers
d’identité nécessaires, ouvrir un compte de dépôt, se prévaloir du crédit d’impôt
pour personnes handicapées ou faire les démarches administratives nécessaires pour
ouvrir un REEI.
Enfin, le gouvernement devrait envisager sérieusement l’ouverture automatique
d’un REEI au nom des personnes devenant admissibles au crédit d’impôt pour
personnes handicapées qui respectent toutes les autres exigences du REEI.
13
CHAPITRE CINQ : Conclusion
À la lumière de son étude sur la capacité des personnes handicapées à établir un régime
enregistré d’épargne-invalidité (REEI), le comité conclut que le peu d’intérêt que suscite ce
régime pourrait tenir en partie aux questions touchant la capacité juridique et la représentation
légale et à l’incapacité d’ouvrir un REEI des adultes handicapés dont on doute de l’aptitude à
conclure des contrats. Une autre explication serait le manque de connaissance et de
compréhension du programme chez les personnes handicapées et celles qui les aident à prendre
leurs décisions financières.
Le comité reconnaît aussi que les règles relatives aux retraits de fonds sans avoir à rembourser
une portion des subventions et bons peuvent être un troisième facteur. Enfin, le comité comprend
que certaines questions administratives liées au programme de REEI entrent également en jeu.
C’est dans ce contexte que le comité a présenté des recommandations qui, une fois mises en
œuvre, devraient augmenter le nombre de REEI, augmentation qui serait bénéfique pour les
personnes handicapées et le reste de la société au chapitre de la stabilité financière à long terme.
Le comité attend avec impatience tout changement que les gouvernements provinciaux et
territoriaux ainsi que le gouvernement fédéral pourraient apporter au programme de REEI.
14
ANNEXE A : LETTRE DU MINISTRE DES FINANCES AU COMITÉ
15
16
ANNEXE B : LISTE DES TÉMOINS
Organisation
Nom, titre
Ministère des Finances Canada
L'honorable Kevin Sorenson,
C.P., député, ministre d'État
aux Finances
Miodrag Jovanovic, directeur,
Impôt des particuliers,
Direction de la politique de
l'impôt
Lesley Taylor, chef, Politique
sociale de l'impôt, Direction
de la politique de l'impôt
Tim Ames, directeur exécutif
Ministère des Finances Canada
Ministère des Finances Canada
Planned Lifetime Advocacy
Network
Planned Lifetime Advocacy
Network
Conseil des Canadiens avec
déficiences
Conseil des Canadiens avec
déficiences et Association
canadienne pour l'intégration
communautaire
Association des banquiers
canadiens
Association des banquiers
canadiens
Banque Canadienne Impériale
de Commerce (CIBC)
BMO Gestion mondiale d’actifs
Association canadienne pour la
santé mentale, Section
d’Ottawa
Association canadienne pour la
santé mentale, Section
d’Ottawa
Date de
comparution
2013-12-04
No. de
fascicule
du comité
3
2013-12-04
3
2013-12-04
3
2013-12-11
3
Joel Crocker, directeur,
Politiques et planification
Vangelis Nikias, gestionnaire
de projet, Convention relative
aux droits des personnes
handicapées
Brendon D. Pooran, avocat,
PooranLaw Professional
Corporation
2013-12-11
3
2013-12-11
3
2013-12-11
3
Darren Hannah, directeur
2013-12-12
3
Randy Hopkins, conseiller
2013-12-12
3
Ann Elise Alexander, avocateconseil
Trevor Philp, gestionnaire,
Stratégie de solutions gérées
et de régimes enregistrés
Karen Nelson, présidente
2013-12-12
3
2013-12-12
3
2014-01-29
4
Tim Simboli, directeur
exécutif
2014-01-29
4
17
Organisation
Nom, titre
Institut national canadien pour
les aveugles
Placements Mackenzie
Marc Workman, directeur
national, Défense des intérêts
Carol Bezaire, viceprésidente, Planification
fiscale et successorale
Sophie Dagneau, directrice,
Opérations
Trevor Marsh, conseiller
financier
Jean Sylvain, chef de ligne de
produits, Direction de la
gestion des gammes de
produits d’épargne spécialisée
Ryan Fontaine, conseiller
principal en gestion de
patrimoine, Coopérative de
crédit d’Assiniboine
Anna Hardy, directrice
régionale des Affaires
réglementaires, Central 1
Credit Union
Sébastien G. Desmarais,
avocat, Tierney Stauffer LLP
Nimali Gamage, associée
2014-01-29
No. de
fascicule
du comité
4
2014-01-30
4
2014-01-30
4
2014-01-30
4
2014-02-05
5
2014-02-06
5
2014-02-06
5
2014-02-12
5
2014-02-12
5
Adam Dodek, membre,
Conseil des gouverneurs
Sarah Mason-Case, avocate de
recherche
Laura Tamblyn Watts,
agrégée supérieure de
recherche, Centre canadien
d’étude sur le droit des aînés
2014-02-12
5
2014-02-12
5
2014-02-12
5
Placements Mackenzie
Assante Capital Management
Ltd.
Mouvement Desjardins
Centrale des caisses de crédit
du Canada
Centrale des caisses de crédit
du Canada
À titre personnel
Goddard Gamage Stephens
LLP
Commission du droit de
l'Ontario
Commission du droit de
l'Ontario
British Columbia Law Institute
Date de
comparution
18
ANNEXE C : MÉMOIRES PRÉSENTÉS AU COMITÉ
Emploi et Développement social Canada
(2014-01-17)
Association de planification fiscale et financière (APFF)
(2014-02-03)
Planned Lifetime Advocacy Networks (PLAN)
(2013-12-11)
Gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador, Ministère de l’enseignement postsecondaire et des
compétences avancées
(lettre datée du 2014-03-04 et reçue le 2014-03-17)
19
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