Manutention des fruits à pépins, des fruits fragiles et des raisins

Manutention des fruits à pépins, des fruits fragiles et des raisins
Manutention des fruits
à pépins, des fruits fragiles
et des raisins
Manutention post-récolte des fruits à pépins, des fruits fragiles et des raisins.
© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, 2010
Version électronique disponible à l’adresse
www.agr.gc.ca
No de catalogue A22-518/2010F-PDF
ISBN 978-1-100-95331-1
No d’AAC 10997F
Issued also in English under title
Postharvest handling of pome fruits, soft fruits, and grapes.
Catalogue No. A22-518/2010E-PDF
ISBN 978-1-100-16544-8
AAFC No. 10997E
Table des matières
Préface................................................................................................. 4
Remerciements...................................................................................... 5
Désordres des pommes............................................................................ 6
Maladies des pommes............................................................................ 14
Conditions de conservation des pommes.................................................. 23
Désordres des poires............................................................................ 28
Maladies des poires............................................................................. 30
Conditionnement des poires.................................................................... 34
Conditions de conservation des poires...................................................... 36
Maladies des abricots............................................................................ 39
Conditions de conservation des abricots................................................... 42
Désordres des cerises............................................................................ 43
Maladies des cerises............................................................................. 45
Conditions de conservation des cerises.................................................... 48
Désordres des pêches et des nectarines................................................. 49
Maladies des pêches et des nectarines.................................................... 50
Conditions de conservation des pêches et des nectarines........................... 53
Maladies des prunes et des pruneaux...................................................... 53
Conditions de conservation des prunes et des pruneaux............................ 54
Désordres du raisin de table................................................................... 55
Maladies du raisin de table.................................................................... 56
Conditions de conservation du raisin de table........................................... 57
Annexes
Diagramme de l’anatomie de la pomme.................................................. 58
Guide d’identification des désordres des fruits à pépins................................. 59
Désordres nutritionnels............................................................................ 62
Lignes directrices pour la récolte............................................................ 65
Point de congélation de certains fruits..................................................... 69
Références.......................................................................................... 70
3
Préface
La première édition de Manutention des fruits à pépins, des fruits fragiles et
des raisins après la récolte est parue en 1984; il y a donc très longtemps si on
considère la masse des connaissances acquises au cours des 25 dernières années.
La deuxième édition est parue en 2000 et de nombreux changements sont déjà
survenus depuis. La présente édition de Manutention des fruits à pépins, des
fruits fragiles et des raisins après la récolte comprend de l’information à jour dans
les sections sur les maladies et les désordres des fruits et comprend aussi des
références bibliographiques pour chaque maladie et chaque désordre. Presque
toutes ces références peuvent être consultées en ligne dans le réseau Postharvest
Information Network, Tree Fruit Research and Extension Center, Washington State
University, Wenatchee, WA 98801. Par conséquent, le lecteur pourra obtenir
rapidement les renseignements qui l’intéressent sur une question donnée relative
à la manutention post-récolte des fruits, s’il ne les trouve pas dans la
présente brochure.
Comme c’était le cas dans la deuxième édition, les types de fruits sont abordés
tour à tour, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de passer d’une section à l’autre
pour trouver de l’information sur un type de fruit donné. L’information a été mise
à jour et des photos ont été ajoutées pour que le lecteur puisse les examiner à
mesure qu’il lit le texte. Les lignes directrices sur la récolte ont été révisées de
manière à comprendre de l’information sur les cultivars de pommes et de fruits à
noyau mis au point depuis 2000.
La plupart des renseignements contenus dans la présente brochure proviennent
de recherches menées en Colombie-Britannique, au Canada et dans le nord-ouest
du Pacifique aux États-Unis. Bien que l’information s’adresse principalement aux
arboriculteurs et aux exploitants de stations fruitières, elle sera également utile à
toutes les personnes qui s’intéressent à la manutention post-récolte des fruits.
Toute allusion faite à une société ou à un produit particulier ne l’est qu’à titre
d’information et ne constitue pas une approbation ou une recommandation du
produit ou de la société en cause à l’exclusion d’autres qui pourraient tout aussi
bien convenir. Les recommandations concernant l’usage de certains pesticides
doivent être interprétées uniquement comme des lignes directrices. Toute
application de pesticide doit respecter les directives fournies sur l’étiquette du
produit, conformément à la Loi sur les produits antiparasitaires. Il faut toujours lire
4
l’étiquette. Étant donné que les recommandations au sujet des pesticides varient
selon les provinces, il est recommandé de consulter un conseiller agricole de votre
province pour obtenir des conseils pertinents. Les pesticides devraient être utilisés
uniquement s’ils sont recommandés par les autorités compétentes locales, car
ces autorités peuvent être au courant de certains problèmes liés à ces pesticides,
par exemple la résistance des agents pathogènes aux fongicides ainsi que la
nécessité de recourir à des stratégies d’atténuation de la résistance aux fongicides.
Vous pouvez obtenir de l’information complémentaire sur des pesticides précis en
communiquant avec le Service de renseignements sur la lutte antiparasitaire de
l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire,
Santé Canada, à l’adresse suivante :
Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire
Santé Canada
2720, promenade Riverside
Ottawa (Ontario)
Indice de l’adresse : 6606D2
K1A 0K9
Courriel : pmra_infoserv@hc-sc.gc.ca
Téléphone : 613-736-3799
Sans frais : 1 800-267-6315
Télécopieur : 613-736-3798
www.hc-sc.gc.ca
Remerciements
Étant donné que l’information contenue dans la troisième édition est tirée en
grande partie de la première et de la deuxième éditions, les remerciements qui
apparaissaient dans la première édition demeurent pertinents. J’aimerais en outre
remercier Sarah Godin pour la publication du document par voie électronique ainsi
que Gayle Jesperson pour avoir révisé le manuscrit. Enfin, j’aimerais souligner
la généreuse contribution de la communauté scientifique agricole, à qui on doit
l’information sur la manutention post-récolte des fruits, contenue dans de
nombreuses publications et accessible sur Internet.
5
Désordres des pommes
•
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•
•
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•
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Dépôts sur les pommes
Échaudure superficielle
Échaudure molle
Insolation
Blettissement (Spartan)
Brunissement des pommes
Roussissement
Maladie vitreuse
Meurtrissures
Taches amères
Dégradation des lenticelles
Dépôts sur les pommes
L’eau à forte teneur en calcium appliquée
par aspersion peut laisser des dépôts
blancs sur les fruits, lesquels sont
difficiles ou impossibles à enlever par les
techniques habituelles de lavage. Il faut
alors recourir à des bains acides.
Hydrolyse acide des
dépôts de calcium
Avant l’emballage, les fruits passent
dans une solution de 1 à 1,5 % d’acide
chlorhydrique (acide muriatique). Seul un
bref contact avec la solution acide est
nécessaire (environ 1 min) pour enlever
les dépôts de calcium. Cette solution est
corrosive, de sorte qu’il faut respecter les
modes d’emploi figurant sur l’étiquette.
On passe ensuite les fruits dans une
solution de cendre sodée à 1 % pour
neutraliser l’acide qui adhère aux
pommes. Cette étape doit être suivie
6
immédiatement par un rinçage à fond pour
enlever la solution de cendre de sodée.
Échaudure superficielle
On peut également se procurer une
préparation commerciale contenant de
l’acide phosphorique et un détergent
pour enlever les dépôts de calcium.
L’étape de la neutralisation à la cendre
sodée devient alors inutile et il suffit de
rincer le fruit à l’eau (55 °C) pour enlever
la solution acide.
L’échaudure superficielle, également
connue sous le nom d’échaudure
d’entreposage, est un important défaut
observé dans les pommes produites en
Colombie-Britannique. Des taches brunes
diffuses se forment sur l’épiderme des
variétés de pommes vertes et sur la
face non colorée des pommes rouges.
L’échaudure d’entreposage se manifeste
Altération par
le bain acide
La solution acide peut altérer les pommes.
Un contact de cinq minutes suffit pour
provoquer le lessivage de la couleur et le
noircissement des lenticelles. Il faut aussi
prendre des précautions avec la cendre
sodée à cause de son alcalinité (pH 10),
qui peut également altérer les lenticelles.1
Échaudure superficielle (Granny Smith)
seulement une fois que le fruit est
entreposé et se développe plus rapidement
à température élevée, de sorte que le
conditionnement accélère son apparition.
Les pommes cueillies au stade de maturité
commerciale présentent une sensibilité
variable à l’échaudure d’entreposage.
Les variétés telles que Braeburn, Fuji,
Gala, Golden Delicious, Spartan et
McIntosh présentent une faible sensibilité,
tandis que les variétés Granny Smith et
Red Delicious sont très sensibles. Les
causes de l’échaudure sont complexes,
mais on pense qu’elle est causée par des
produits d’oxydation de l’alpha-farnesene,
qui ont un effet toxique sur les cellules de
l’épiderme de la pomme. Les facteurs qui
exacerbent habituellement ce désordre
comprennent le manque de maturité
du fruit, une haute teneur en azote, une
faible teneur en calcium, du temps
chaud avant la récolte, l’envoi tardif des
fruits à l’entrepôt, des températures de
conservation élevées, une humidité relative
élevée dans l’entrepôt, une ventilation
inadéquate, une période de conservation
prolongée et, dans les entrepôts sous
atmosphère contrôlée, la réduction tardive
de la teneur en oxygène et une haute
concentration en oxygène.
Procédures de lutte
L’entreposage dans un milieu pauvre en
oxygène (plus de 0,7 % d’O2 et moins de
0,1 % de CO2) peut contribuer à réduire
le risque d’apparition de l’échaudure,
bien que les résultats varient selon la
variété et la région. Cette méthode a été
utilisée avec succès pour la variété Red
Delicious.
Un arrosage à fond ou une pulvérisation
d’antioxydant post-récolte, avec du
diphénylamine (DPA), permet de contrôler
efficacement l’échaudure superficielle.
Dans la vallée de l’Okanagan, les pommes
Delicious, Stayman et Winesap sont
traitées contre l’échaudure. Il est
recommandé de tremper les pommes
pendant 30 secondes pour contrer
efficacement l’échaudure. Un traitement
plus long peut entraîner un accroissement
des concentrations de résidus. Les fruits
Tableau 1. Niveaux recommandés des traitements contre l’échaudure selon
les variétés de pommes
Variété
Concentration
de diphénylamine (ppm)
Cortland
2000
Delicious
2000
Golden Delicious
---
Granny Smith
1500-2000
Idared
1500
McIntosh
1000-1500
Rome
1000-2000
Stayman
1500
Winesap
1000-2000
traités au DPA ne doivent pas être lavés
ni paraffinés pendant cinq jours après le
traitement, selon les renseignements qui
nous viennent des États-Unis.
Toutefois, si le traitement est prolongé
à une minute, les fruits traités au DPA
peuvent être lavés et paraffinés
24 heures après le traitement. Les
tolérances maximales concernant les
résidus sont de 5 ppm pour le DPA.
L’utilisation de l’inhibiteur d’activité de
l’éthylène, 1-méthylcyclopropène
(1-MCP), permet de réduire l’échaudure
superficielle dans la plupart des cultivars
de pommes. Des essais menés en Ontario
ont montré que le 1-MCP permettait de
réduire l’échaudure superficielle dans des
pommes Cortland à moins de 10 % après
une période d’entreposage de 120 jours
et à moins de 4 % (comparativement à
93 % pour le lot témoin) dans des
pommes Delicious conservées pendant
240 jours en milieu contrôlé.
Blessures d’origine
chimique
L’application d’une forme ou l’autre
de DPA comme moyen de lutte contre
l’échaudure peut blesser le fruit si elle
n’est pas faite correctement. Une
séparation peut se produire dans les
solutions à base de poudre mouillable de
DPA, causant la précipitation des cristaux
à la surface du fruit et l’endommagement
de la pelure.
7
Préparation et
précautions
Il est recommandé d’agiter la solution en
cours de préparation afin d’obtenir un
produit homogène. Les concentrations
de DPA varient selon les fabricants; il est
donc important de suivre les directives de
l’étiquette lors de la préparation de la
solution. Afin de calculer la quantité
voulue, on peut utiliser la formule
suivante : concentration de la solution
(ppm)/1 000 000 × dimension du
réservoir (litres)/1 × 100 % de la
préparation sur l’étiquette = litres de DPA
Donc, pour qu’un réservoir de 1 360 L
contienne 1 000 ppm de DPA, si on
utilise un concentré de DPA commercial à
25 %, il faut :
= 1 000/1 000 000 × 1 360/1 × 100/25
= 1,360 × 4 = 5,44 L ou 5 440 mL
On peut ajouter un mouillant si les pommes
ne sont pas complètement humectées
dans la solution. Si le trempage a été bien
fait, la pellicule recouvrant les fruits ne
devrait pas se rompre quand on les retire
de la solution.
L’enrobage de tous les fruits en solution
permet d’obtenir de bons résultats contre
l’échaudure. L’immersion des caisses
s’avère toujours une méthode efficace,
mais un bon système d’arrosage à fond
devrait s’avérer tout aussi efficace. Les
bons systèmes d’arrosage à fond
inondent pratiquement les caisses de
solution. Tous les orifices de vidange
devraient être vérifiés pour voir s’ils ne
sont pas rétrécis par des accumulations
de débris. La présence de poussière dans
la solution peut en effet nécessiter le
remplacement de la solution.
Les résultats obtenus avec des solutions
de DPA émulsifiables révèlent une bonne
maîtrise de l’échaudure, même si la
solution de trempage peut sembler très
sale. Les recommandations concernant
le moment propice pour jeter les solutions
figurent sur l’étiquette du produit chimique.
Époque d’application
des solutions de lutte
contre l’échaudure
Effet de la maturité du
fruit sur la lutte contre
l’échaudure
La cueillette précoce des pommes Delicious
(de 125 à 135 jours après la pleine
floraison) peut provoquer l’apparition
d’échaudure en dépit du traitement.
Un accroissement des concentrations
d’inhibiteurs peut empêcher l’échaudure,
mais au risque de dépasser les tolérances
permises de résidus dans le fruit.
Il faut traiter les pommes peu après la
récolte pour obtenir une protection maximale
contre l’échaudure. En Colombie-Britannique,
on peut obtenir de bons résultats contre
l’échaudure en trempant les fruits jusqu’à
six semaines après la récolte, mais
d’autres régions du nord-ouest du
Pacifique signalent des pertes
considérables causées par l’échaudure si
le traitement a lieu à un moment aussi tardif.
Insolation (McIntosh)
Échaudure molle (Red Delicious)
8
Combinaison
d’inhibiteurs de
l’échaudure avec
d’autres matières
On utilise parfois le DPA en mélange avec
l’inhibiteur de moisissures thiabendazole
sur les fruits destinés à une longue
conservation. Il faut mentionner que les
inhibiteurs de l’échaudure ne doivent pas
être utilisés en mélange avec le chlorure
de calcium ni avec des gommes en
solution de trempage pour les pommes.2
Insolation
On reconnaît l’effet de l’insolation aux
taches de couleur pâle ou bronze ou
parfois à des zones foncées sur les
pommes rouges et à une couleur bronze
ou une teinte rougeâtre sur les variétés
de pommes jaunes ou vertes. La pulvérisation de soufre sur la Jonagold par
temps chaud peut provoquer une blessure
similaire.
Le produit minéral à base de kaolin,
Surround®WP, permet, selon le fabricant,
de réduire les dégâts d’insolation.
Surround® fournit une protection
optimale lorsqu’il est appliqué avant la
période d’ensoleillement estival et qu’il
reste sur les fruits pendant toute la saison
chaude. Raynox® s’est également avéré
efficace pour réduire l’insolation. 4
Échaudure molle
L’échaudure molle, aussi appelée
échaudure profonde, est un défaut qui se
manifeste à basse température. Elle se
produit lorsque des variétés vulnérables
sont entreposées à des températures
inférieures ou égales à 2,2 °C et se développe rapidement entre la mi novembre
et la fin de décembre, mais elle cesse
de se développer lorsqu’on retire le fruit
de l’entreposage réfrigéré. L’échaudure
molle se caractérise par des zones
brunes et lisses sur l’épiderme de la
pomme, de formes irrégulières mais bien
définies. Tout retard dans la mise en entrepôt frigorifique post-récolte déclenche
le mûrissement de la pomme, ce qui
favorise le développement de l’échaudure
molle. Bien que l’échaudure molle varie
selon la saison, on peut maîtriser ce
défaut en récoltant le fruit au stade de
maturité optimale et en le plaçant en
entrepôt frigorifique aussitôt après la
cueillette. 3
fruit. La nécrose due à une brûlure par le
soleil survient lorsque le fruit est encore
sur l’arbre; elle se présente comme une
tache allant du brun foncé au noir et
entraîne souvent le fendillement du fruit. Les
brûlures par photo-oxydation surviennent
lorsque les pommes sont soudainement
exposées au soleil après s’être développées
à l’ombre. Ce désordre peut également
se produire lorsque les caisses de pommes
restent longtemps au soleil.
Blettissement (Spartan)
Blettissement (Spartan)
La blessure est à peine visible au moment
de la récolte, mais devient évidente après
quelques mois en entrepôt frigorifique.
Les systèmes de refroidissement par
évaporation utilisant l’aspersion sur
frondaison permettent de réduire les
dégâts causés par le soleil.
Le processus de refroidissement intermittent
se déclenche lorsque la température de
l’air atteint 30 °C. Il existe au moins trois
différents types d’insolation, que l’on peut
classer en fonction des dégâts infligés à
l’épiderme des fruits. L’assombrissement
de l’épiderme est la forme de brûlure la
plus courante. Elle se présente comme
une tache jaune, brune ou beige sur le
Les pommes Spartan dont la teneur en
calcium de la chair est inférieure à
225 ppm (poids sec) ou à 30 ppm (poids
frais) sont sensibles au blettissement
lorsqu’elles sont entreposées à l’air
naturel. Ce défaut affecte le tissu situé
immédiatement sous l’épiderme et se
manifeste généralement au bout de
90 jours de conservation. Le blettissement
commence souvent par une meurtrissure et
est plus fréquent sur l’extrémité oculaire
de la pomme, plus pauvre en calcium que
la partie pédonculaire.
Le blettissement est pratiquement éliminé
en entreposage sous atmosphère contrôlée.
Toutefois, si des pommes Spartan sont
conservées à l’air naturel, des traitements
9
Brunissement des
pommes
au calcium post-récolte sont nécessaires
pour réduire la fréquence de ce défaut.
La solution de trempage contient 4 % de
chlorure de calcium (qualité commerciale)
et 0,15 % de gomme.
En Colombie-Britannique, on utilise des
gommes de guar et de xanthan. L’ajout
de gomme à la solution de chlorure de
calcium épaissit les dépôts sur le fruit et
augmente l’absorption du calcium.
La teneur en calcium des fruits augmente
d’environ 50 ppm (poids sec) avec une
solution de chlorure de calcium à 4 %
et d’au moins 100 ppm (poids sec)
lorsqu’on ajoute 0,15 % de gomme.
Les gros fruits (calibre d’au moins 88; au
moins 200 g) pauvres en calcium peuvent
ne pas atteindre la teneur voulue en calcium,
même s’ils sont trempés dans une solution
de chlorure de calcium mélangé à de
la gomme. Ces fruits doivent donc être
commercialisés tôt ou envoyés à
la transformation.
Des analyses de la teneur en calcium des
pommes Spartan trois semaines avant la
récolte devraient révéler la tendance des
concentrations de calcium du fruit pour
l’année en question. Toutefois, il n’existe
aucune formule toute faite qui permet de
prédire les teneurs réelles en calcium de
la chair au moment de la récolte.
Roussissement causé par
l’oïdium du pommier (Jonagold)
Roussissement causé par
l’oïdium du pommier (Summer Red)
Maladie vitreuse (Mutsu)
10
Le brunissement dit « Braeburn »
constitue un grave problème pour la
variété du même nom. On pense que le
problème provient de la haute résistance
de l’épiderme, qui empêche le dioxyde de
carbone de s’échapper du fruit. Il existe
une corrélation entre ce désordre et les
saisons de croissance fraîches, ainsi
qu’avec l’entreposage des pommes dans
les milieux ambiants riches en dioxyde de
carbone et pauvres en oxygène.
La teneur en dioxyde de carbone doit
être largement inférieure à la teneur en
oxygène dans le cas de la Braeburn.
Si la teneur en oxygène est réglée à
1,5 % dans l’entrepôt, la teneur en
dioxyde de carbone doit être inférieure à
0,5 % à une température de 1 ºC.
Il est possible de réduire le brunissement
en maintenant les pommes dans un
espace ventilé pendant deux à quatre
semaines avant de les placer dans
l’entrepôt sous atmosphère contrôlée.
L’entreposage dans un milieu à haute
teneur en oxygène (2-3 %) et à faible
teneur en dioxyde de carbone (0,5 %)
aide à prévenir ce désordre. L’utilisation
de laque pour polir le fruit augmente le
risque de brunissement. Un traitement
post-récolte au DPA permet de réduire
le risque de lésions dues au dioxyde de
carbone dans les pommes Fuji. Pour les
pommes de cette variété, les conditions
optimales requises pour maintenir la
fermeté des fruits et limiter le développement
du cœur brun consistent à retarder de
quatre à six semaines le placement des
fruits en entrepôt sous
atmosphère contrôlée.
Maladie vitreuse (Mutsu)
Roussissement
Maladie vitreuse
Le roussissement se caractérise par la
présence de tissus liégeux à la surface de
la pomme. Ce désordre survient plus souvent
sur les fruits latéraux que terminaux et
sur les fruits exposés au soleil
comparativement aux fruits poussant à
l’ombre. Il est également plus courant
dans les vergers situés à basse altitude.
Le roussissement peut aussi être d’origine
génétique. En effet, des variétés comme
Golden Russet comportent souvent
d’importantes taches de roussissement une
fois venu le moment de la récolte. Certains
traitements fongicides et chimiques ainsi
que la pulvérisation de mouillant peuvent
avoir un effet phytotoxique et provoquer
ce défaut. L’oïdium non traité au stade de
la floraison peut également entraîner une
forte prévalence de roussissement. On
a découvert récemment que des levures
telles que Aureobasidium pullulans et
Rhodotorula glutinis pourraient provoquer
le roussissement des pommes. À l’avenir,
des fongicides et des méthodes de lutte
biologique permettront peut-être de
prévenir le roussissement provoqué par
les levures. 6
Les pommes Delicious sont plus sensibles
à la maladie vitreuse que les autres
variétés commercialement cultivées
en Colombie-Britannique. Du sorbitol
s’accumule dans les espaces intercellulaires des tissus atteints, car l’enzyme
qui transforme le sorbitol en fructose
est absente ou présente en très faible
quantité. Les hautes teneurs en sorbitol
provoquent l’accumulation de l’éthanol et
de l’acétaldéhyde et causent le brunissement et le blettissement des fruits en
entreposage. La fréquence de ce défaut
augmente avec la maturité et les nuits
fraîches pendant la cueillette ont tendance
à accélérer son apparition.
La maladie vitreuse est un défaut
physiologique qui fait que la chair de la
pomme prend une apparence translucide
et devient gorgée d’une solution d’eau
sucrée. Les cas mineurs disparaissent
pendant l’entreposage, mais les cas
majeurs peuvent provoquer le blettissement
de la chair des pommes entreposées.
On peut réduire l’incidence de la maladie
vitreuse en augmentant la teneur en
calcium des pommes. À l’inverse, les
doses élevées d’azote et de bore exacerbent ce défaut. La récolte des pommes
Delicious au stade de maturité propice
est probablement le meilleur moyen de
lutte. Les lots de fruits modérément ou
gravement atteints devraient être séparés
et vendus tôt, car l’entreposage de
longue durée entraîne le blettissement
des pommes. Le problème s’aggrave
lorsque les fruits sont maintenus à 20 °C
pendant plusieurs jours.
Détection et séparation
des pommes atteintes
de la maladie vitreuse
Plusieurs technologies actuellement à
l’étude offrent des possibilités intéressantes
pour la détection de la maladie vitreuse.
Il s’agit d’instruments émetteurs de
lumière et d’instruments d’absorption
des rayons X, de tri selon la masse
volumique et d’imagerie par résonance
magnétique. La technologie de balayage
aux rayons X au-dessus de la chaîne de
conditionnement s’avère prometteuse,
mais il faut encore améliorer l’analyse
des images pour permettre de séparer
précisément les fruits dans les conditions
propres aux chaînes de conditionnement,
qui ne permettent pas de modifier l’angle
de balayage. Il faut également améliorer
la vitesse de traitement des ordinateurs
pour que l’imagerie par résonance
magnétique donne des résultats satisfaisants. Les instruments émetteurs de
lumière sont uniquement utiles pour
évaluer les fruits un par un. La technique
du tri selon la densité volumétrique est
probablement la moins coûteuse lorsqu’il
11
existe une corrélation entre la maladie
vitreuse et la densité du fruit.
Une méthode commerciale de séparation
des pommes modérément ou gravement
atteintes de la maladie vitreuse a été
mise au point. On utilise des solutions à
base d’alcool pour faire flotter les fruits
sains. En effet, les pommes atteintes
présentent une densité plus élevée et
coulent au fond du réservoir, d’où elles
sont transportées dans une autre caisse.
Meurtrissures
Les meurtrissures demeurent le plus
grave défaut affectant les pommes au
stade de la vente au détail. Il existe deux
types de meurtrissures, par impact et
par compression. Les meurtrissures
par impact sont les plus courantes et
sont dues à la chute des pommes sur
une surface dure. Une cueillette et une
manutention expéditives, ainsi que le
contact des pommes avec les machines
de la chaîne de conditionnement, peuvent
provoquer des meurtrissures. Les pommes
Golden Delicious y sont particulièrement
sensibles, de sorte qu’il faut apporter une
attention toute spéciale à cette variété.
Les fruits de couleur claire ou jaune sont
plus vulnérables à la meurtrissure et ont plus
tendance à garder les marques que les
fruits verts. Les pommes McIntosh sont
sensibles à la meurtrissure, en particulier
lorsque l’indice de fermeté tombe en
deçà de 5 kg. Une étude menée à l’étape
de la vente au détail dans sept États
américains a révélé que les pommes
Pink Lady et Granny Smith sont également
très sensibles aux meurtrissures.
La pomme Red Delicious est normalement
considérée comme étant résistante aux
12
meurtrissures, mais une étude menée
à la Washington State University (WSU)
a révélé la présence de nombreuses
petites meurtrissures qui ne transparaissaient pas sur l’épiderme. La sensibilité
des pommes Golden Delicious augmente
avec le prolongement de la durée
d’entreposage.
Les meurtrissures prennent plus de
temps à disparaître et ont tendance à être
plus prononcées lorsque les périodes de
conservation sont plus longues. L’intensité
de la meurtrissure semble atteindre un
maximum naturel en janvier et en février
chez les Golden Delicious entreposées
à l’air libre. Des recherches menées en
Nouvelle-Écosse et dans l’État de
Washington ont montré que l’abaissement
de l’humidité relative aide à réduire les
meurtrissures et que la manipulation des
pommes par température élevée accroît la
résistance ultérieure aux meurtrissures.
Une étude portant sur des pommes
Delicious et Granny Smith a révélé que
plus la durée de conservation est longue,
plus ces pommes deviennent sensibles
aux meurtrissures. À leur sortie de
l’entrepôt, les pommes Golden Delicious
conservées sous atmosphère contrôlée
sont laissées à 0 °C pendant plusieurs
jours pour réduire la turgescence des
fruits et la fréquence subséquente
de meurtrissures. Il semblerait que le
délai suivant la sortie des pommes de
l’entrepôt réduit la fréquence et la gravité
des meurtrissures.
Plusieurs facteurs liés à la cueillette
influencent la fréquence des meurtrissures.
À titre d’exemple, les gros fruits sont plus
facilement abîmés que les petits fruits.
En outre, les fruits cueillis alors qu’ils sont
humides présentent de nombreuses
meurtrissures causées par les doigts.
Le matériau d’emballage peut aussi
avoir une grande influence sur la
fréquence des meurtrissures. L’utilisation
d’amortisseurs de chute dans la chaîne
de conditionnement, afin de réduire les
effets des différents niveaux, ainsi que la
réduction du nombre de changements de
direction aident à réduire les meurtrissures.
Il est possible d’acheter un appareil
d’enregistrement d’impact mis au point
par Techmark, Inc., de Lansing, au
Michigan (http://www.techmark-inc.com)
pour mesurer l’intensité des coups reçus
par les pommes. Les emballeurs pourraient
s’en servir pour isoler les points critiques
pour les meurtrissures.
Le rapport entre les meurtrissures et
l’accroissement de la fréquence de
pourriture est abordé plus loin. 8
Blettissement dû à la maladie vitreuse
(Winesap)
Taches amères
Les taches amères sont un désordre
physiologique lié à une carence en calcium
dans les pommes; elles se manifestent
habituellement par des taches dans la
moitié inférieure du fruit. Il arrive qu’on
les confonde avec des dégâts causés
par les punaises et avec des taches
lenticellaires. Ce désordre est décrit
plus en détail dans la description de la
carence en calcium, dans la partie de
l’annexe sur les désordres d’origine
nutritionnelle. 9
Dégradation des
lenticelles
Bien que la dégradation des lenticelles
puisse se produire sur à peu près toutes
les variétés de pommes, elle est
particulièrement fréquente chez les
variétés Fuji et Gala. Au commencement,
les lenticelles paraissent simplement plus
foncées, mais des dépressions apparaissent
habituellement après l’emballage. On
peut déterminer le degré de sensibilité à
cette condition en réalisant le test au bleu
d’aniline (http://postharvest.tfrec.wsu.
edu/aniline-blue.pdf). La dégradation
des lenticelles est due à l’emploi de
produits chimiques dans les installations
de conditionnement. Les fruits devraient
être traités avec une concentration la
plus faible possible de produits chimiques
dans la chaîne de conditionnement; les
fruits sensibles à ce désordre doivent être
emballés dans de brefs délais
puis commercialisés. 10
13
Maladies des pommes
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Facteurs de décomposition
Sensibilité des fruits à la pourriture
Traitements fongicides post-récolte
Moisissure superficielle, pourriture causée par Alternaria et moisissure du cœur
Moisissure bleue (Penicillium expansum et autres espèces Penicillium)
Moisissure grise et nécrose apicale (Botrytis cinerea)
Pourriture à Sphaeropsis (Sphaeropsis pyriputrescens)
Pourriture à Mucor (Mucor piriformis)
Anthracnose (Criptosporiopsis curvispora)
Moisissure nivéale (espèce de basidiomycètes psychrophiles)
Tavelure mouchetée et anthracnose d’entrepôt (Venturia inaequalis)
Tache vésiculeuse (Pseudomonas syringae pv. papulans)
Facteurs de
décomposition
Aperçu
Les pertes qui surviennent dans les pommes
après la récolte varient d’une année à
l’autre en fonction de la température,
de l’état des fruits et de la durée de
l’entreposage. Les problèmes causés
par la météorologie, par exemple, les
dégâts de grêle, augmentent le taux de
pourriture en facilitant la pénétration des
agents de putréfaction dans les fruits.
Les pluies au moment de la cueillette
favorisent la contamination et l’infection
des fruits par certains champignons. Les
fruits ayant dépassé le stade de maturité
ainsi que les fruits riches en azote sont
plus sensibles à la pourriture. La durée
de l’entreposage joue un rôle sur la
pourriture dans la mesure où les fruits
demeurent exposés au risque d’infection
pendant toute la période de conservation,
tandis que leur résistance naturelle aux
14
infections diminue avec le temps. De
manière générale, on entrepose les fruits
de haute qualité dans des installations
sous atmosphère contrôlée. Ces fruits
sont moins sensibles à la pourriture parce
que les champignons se développent plus
lentement lorsque l’air est appauvri en
oxygène. À l’inverse, les fruits de moindre
qualité destinés à la transformation sont
entreposés dans des conditions
atmosphériques qui favorisent des pertes
considérablement accrues de fruits
attaqués par des champignons. Les
pertes peuvent atteindre 10 % des fruits
à l’entreposage, d’où la nécessité de
bien connaître les agents de pourriture
afin de les maîtriser. Bon nombre de
champignons présentent une variété de
symptômes qui dépendent des conditions
locales. Il conviendra donc de consulter
un spécialiste expérimenté en
phytopathologie post-récolte en cas de
doute au sujet de la source exacte d’une
pourriture causée par un champignon.
Des lignes directrices ont été préparées
afin d’aider les exploitants d’installations
d’entreposage à prévenir la pourriture
des fruits ainsi que les pertes dues à des
blessures chimiques post-récolte, et de
leur éviter de devoir faire des réclamations
d’assurance. Toutefois, ces lignes directrices
ne portent pas sur les maladies
post-récolte abordées ci-après. 11
Conditions sanitaires
dans les stations
fruitières
Il importe de maintenir de bonnes
conditions sanitaires dans toutes les aires
de la station afin d’éliminer les sources
éventuelles de sporulation. Toute matière
organique (feuilles, pommes, terre)
peut jouer le rôle d’un substrat pour les
champignons et permettre la sporulation.
Les réservoirs à bascule et les couloirs
d’amenée accumulent des spores et peuvent
constituer des sources de contamination
si on ne prend pas les mesures
appropriées.
Le chlore peut facilement tuer les spores
et les fragments de mycélium en suspension
dans les réservoirs à bascule et les
couloirs d’amenée. Son activité fongicide
dépend de sa concentration. Une
concentration de 100 à 150 ppm de
chlore total (environ 5 à 8 ppm de chlore
actif) donne d’excellents résultats. Le
chlore, mesuré à l’état d’hypochlorite,
peut être généré dans l’eau de la station
sous forme d’hypochlorite de sodium ou
de calcium ou sous forme gazeuse. Pour
préparer une solution de chlore contenant
100 ppm d’hypochlorite, on ajoute
19 onces liquides d’eau de Javel à 5,25 %
ou 2,8 onces d’hypochlorite de calcium
à 65 % à 100 gallons d’eau. Même si
le chlore tue efficacement les spores
dans l’eau, il ne suffit pas à protéger les
tissus endommagés contre l’infection
subséquente de spores logées dans la
plaie. La présence de matières organiques dans l’eau inactive le chlore, de
sorte qu’il faut vérifier régulièrement les
teneurs en chlore de la solution. Le chlore
est sensible au pH; en effet, les solutions
d’hypochlorite alcalines (pH de 7,5 à 8,5)
sont plus stables, mais moins fongicides,
contrairement aux solutions acides
(pH de 5,5 à 6,5), moins stables mais plus
fongicides. À noter que le mélange d’acide
avec de l’hypochlorite peut provoquer des
émanations gazeuses de chlore.
Des dispositifs sont offerts dans le commerce
pour ajouter du chlore à l’état liquide ou
gazeux dans l’eau et pour vérifier
automatiquement le pH et les teneurs
en chlore. Des dispositifs de filtration
ont été mis à l’essai pour éliminer les
impuretés et les spores dans l’eau du
réservoir à bascule, mais les résultats
n’étaient pas concluants. Ces dispositifs
Mur contaminé au Penicillium sp.
Champignons poussant sur les parois
d’un entrepôt
ne permettaient pas d’éliminer toutes les
spores. Par contre, ils enlevaient les plus
grosses particules de matière organique,
ce qui permettait de réduire la quantité
de chlore requise.
Les concentrations excessives en sodium
peuvent endommager les pommes. Une
solution contenant 100 ppm de chlore
sous forme d’hypochlorite de sodium
contiendra également 30 ppm de sodium.
Au-delà de 100 ppm, le sodium endommage
les pommes de cultivars sensibles.
L’eau du réservoir à bascule doit être
remplacée régulièrement afin d’éviter
l’accumulation de sodium à des teneurs
dépassant 100 ppm et les pommes
doivent être rincées à l’eau claire. Étant
donné que le chlore corrode le métal, il
faut procéder à des inspections régulières
pour déterminer l’étendue de la corrosion
dans le système de conditionnement.
Les populations et les types de microorganismes varient beaucoup dans les
dépotoirs, les couloirs d’amenée et les
systèmes de remplissage. On surveille
régulièrement les populations de Botrytis
sp., de Penicillium sp. et de Mucor
piriformis dans les stations parce que la
pourriture des pommes entreposées est
le plus souvent attribuable à ces
champignons. Des facteurs tels que
la quantité de fruits et le degré de
contamination des caisses, le volume
de pommes manipulées et le recours
aux traitements fongicides influencent la
croissance des agents pathogènes. Dans
une étude menée en Colombie-Britannique,
des populations de Penicillium sp. se
sont développées rapidement pendant la
manipulation des 200 premières caisses
contenant trois différents cultivars de
pommes, mais se sont stabilisées et
sont demeurées relativement constantes
après cette manipulation. Toutefois, les
concentrations étaient plus élevées dans la
pomme McIntosh (15 555 propagules/ml)
comparativement à la Golden Delicious
(5 000 propagules/ml) et à la Spartan
(2 200 propagules/ml). Pour toutes les
variétés, les concentrations de propagules
étaient suffisamment élevées (plus de
1 500 par ml) dans l’eau d’immersion
ayant reçu environ 200 caisses de
pommes pour présenter un risque
considérable d’infection des pommes
meurtries.
15
Les autres méthodes de prévention du
développement des spores dans le réservoir
à bascule consistent à remplacer l’eau
fréquemment ou à chauffer l’eau du
réservoir. Il est possible de détruire les
spores de Penicillium sp. à la chaleur en
maintenant les pommes pendant
30 minutes dans une eau chauffée à
54,4 °C. En Oregon, des essais consistant
à chauffer l’eau du réservoir à bascule
pendant 25 minutes à 54,4 °C ont démontré
que le traitement thermique constituait
une façon efficace et économique de
réduire la concentration des spores dans
le réservoir, de prévenir la décomposition
des pommes et de réduire la fréquence
de remplacement de l’eau dans le réservoir. Ces essais ont été menés avec un
fongicide, l’ortho-phénylphénate de
sodium (SOPP) à une concentration de
0,35 % dans l’eau du réservoir à bascule.
Ce fongicide n’est pas disponible au
Canada, mais la chaleur à elle seule
permettrait de détruire la plupart des
agents de contamination dans l’eau du
réservoir à bascule. Comme le traitement thermique n’a aucun effet sur
l’accumulation de particules dans
l’eau du réservoir, il n’est pas possible
d’éliminer complètement les étapes de
vidange et de nettoyage du réservoir.
La contamination des surfaces des
caisses de cueillette en bois par les
spores des champignons responsables
de la pourriture des fruits est connue
depuis 1931. En Colombie-Britannique,
les fruits à pépins sont récoltés commercialement et placés dans des caisses en bois
conçues pour recevoir 454 kg de fruits. Dans
la station, les fruits sont souvent calibrés
puis replacés dans ces caisses pour
être entreposés à long terme. Lorsqu’un
16
fruit pourrit dans la caisse, les spores se
propagent souvent à la surface du bois.
Ces spores peuvent survivre jusqu’à la
prochaine campagne et constituer une
source d’infection pour les fruits
nouvellement cueillis.
Des recherches menées par R. A. Spotts
à l’Université d’État de l’Oregon, à Hood
River, sur des surfaces de bois et de plastique
provenant de caisses contaminées par
des agents de pourriture (Penicillium
expansum et Alternaria alternata) ont
révélé que la vapeur constituait le moyen
le plus efficace de réduire la propagation
des champignons sur ces deux types de
surface. Les composés à base de chlore
et d’ammonium quaternaire sont des
désinfectants efficaces, mais pas autant
que la vapeur. La plupart des traitements
semblent présenter une efficacité
semblable sur le plastique et le bois.
Les champignons se développent sur les
surfaces contaminées par la chair ou le
jus de fruits et apparemment aussi sur
les surfaces propres lorsque l’humidité
relative reste entre 95 et 100% pendant
une période prolongée. Ce sont exactement ces conditions que l’on rencontre
dans les salles d’entreposage réfrigérées
contenant d’importants volumes de
fruits en phase de respiration lente. Par
conséquent, les champignons se développent souvent sur les parois des salles
d’entreposage.
Le lavage au chlore est un moyen
efficace de stériliser les surfaces dans les
salles d’entreposage, mais il ne fournit
aucune protection résiduelle; les champignons peuvent réapparaître dans les deux
à trois mois suivants. Un autre moyen
efficace de prévenir le développement des
champignons dans la salle d’entreposage
consiste à laver les parois et à y appliquer
un badigeon. Pour préparer le badigeon,
on mélange 135 kg de chaux hydratée et
0,91 kg de sulfate de cuivre dans
473 litres d’eau; le mélange est pulvérisé
sur les murs. Avant d’appliquer le badigeon,
il faut enlever toutes les particules de
pommes putréfiées et écrasées et frotter
à fond puis rincer les planchers et les
parois. 12
Sensibilité des fruits à
la pourriture
Meurtrissures, plaies et
perforations
Certaines études révèlent que la meurtrissure
et la perforation de l’épiderme augmentent
substantiellement la sensibilité du fruit
à la pourriture. Puisque la fermeté et
la maturité influent sur la meurtrissure
des pommes, il faut s’attendre à une
plus grande fréquence de meurtrissures
avec l’avancement de la maturité et le
prolongement des périodes de conservation.
Maturité et facteurs de
qualité
Les fruits trop mûrs et présentant des
teneurs en minéraux déséquilibrées sont
plus sensibles à l’infection. Il est conseillé
d’augmenter la teneur en calcium des
fruits en effectuant des applications
foliaires de calcium pendant la saison
de croissance. Les fruits présentant une
haute teneur en calcium sont moins
vulnérables à la pourriture et aux désordres
physiologiques que les fruits pauvres
en calcium. Il faut également limiter les
épandages d’azote à la dose minimale
requise pour maintenir la vigueur des
arbres. En effet, les fruits riches en azote
sont vulnérables aux divers problèmes
observés après la récolte. 13
Traitements fongicides
post-récolte
Il est possible de réduire la pourriture
des fruits post-récolte en effectuant des
épandages de fongicide avant la récolte.
Plusieurs fongicides homologués pour
la lutte contre la tavelure mouchetée
permettent également de réduire la
pourriture post-récolte lorsqu’on les
applique quelques semaines avant la
cueillette. Ces produits doivent être
appliqués uniquement si les pommes
sont destinées à être conservées ou si
on prévoit entreposer des pommes de
variétés vulnérables à la pourriture.
Le thiabendazole est le seul fongicide
homologué pour être appliqué sur les
pommes après la récolte, par trempage,
inondation ou pulvérisation. Si le fruit doit
être emballé peu après la récolte et que
la cueillette se déroule sans pluie, il n’est
pas nécessaire de tremper les pommes.
Si un trempage s’impose, il faut remplacer
régulièrement la solution afin d’éviter
l’accumulation des spores de champignons
non détruits par le thiabendazole, comme
le Mucor piriformis et l’Alternaria alternata.
La solution de thiabendazole doit être
constamment remuée.
Il faut limiter le plus possible la profondeur
d’immersion des pommes lorsqu’on
verse les caisses dans le réservoir. En
effet, l’immersion fait pénétrer l’eau
contaminée dans les meurtrissures et
dans les cavités, ce qui augmente la
pourriture. Les fruits doivent être rincés
abondamment à l’eau claire à la sortie
du réservoir à bascule et des couloirs
d’amenée. En pulvérisant une solution
de thiabendazole à un point donné sur la
chaîne d’emballage on peut empêcher la
contamination des fruits par les spores
des agents pathogènes les plus courants,
comme P. expansum et Botrytis cinerea,
qui survivent et contaminent les pommes
après leur sortie du réservoir à bascule,
Moisissure
superficielle
Moisissure superficielle
L’apparition de moisissures sur les parties
oculaire et pédonculaire des pommes
conservées en entrepôt frigorifique préoccupe
beaucoup les exploitants de stations
fruitières; toutefois, ces moisissures
sont superficielles et n’infectent pas le
fruit. Des recherches ont montré que la
conservation de pommes à 0 °C dans
des sacs (1,4 kg) dans un milieu à haute
humidité relative pendant un mois peut
provoquer le développement de moisissures
superficielles. Le champignon le plus
souvent isolé dans la partie oculaire des
pommes infectées est Alternaria alternata. Il aurait été possible d’empêcher le
développement du champignon en
abaissant l’humilité relative dans
l’entrepôt frigorifique à près de 95 %.
Le traitement des pommes à l’hypochlorite
de sodium (150 ppm) avant leur ensachage s’avère inefficace. D’autres moisissures superficielles peuvent se développer
en entrepôt frigorifique sur les pommes
enrobées d’exsudat de pucerons. Cet
exsudat contient des sucres et des acides
aminés facilement utilisés par divers
champignons saprophytes, de sorte qu’ils
continueront de croître en entrepôt frigorifique. L’importance de cette croissance
à long terme peut être fort inquiétante.
On peut nettoyer les pommes atteintes
par lavage au savon, pour ensuite les
conditionner, les emballer et les manutentionner de façon normale.
Pourriture causée par
Alternaria
La pourriture causée par Alternaria se
caractérise par des lésions arrondies,
brunes ou noires, sèches, fermes et
peu profondes aux abords des orifices
de l’épiderme. À un stade avancé, la
pourriture devient spongieuse et la chair
infectée est striée de noir. Toutefois,
cette pourriture occasionne rarement
d’importantes pertes commerciales.
Dans un sondage mené récemment en
Colombie-Britannique, seulement 3,3 %
des pommes étaient infectées par
Alternaria spp.
17
Moisissure du cœur
La pénétration de champignons dans le
cœur de la pomme est particulièrement
courante dans les cultivars présentant un oeil
ouvert, comme la Delicious. Lorsqu’on
coupe une pomme infectée en deux,
on observe que la cavité renfermant les
pépins est recouverte de moisissures.
L’agent pathogène le plus courant est
A. alternata, mais beaucoup d’autres
champignons infectent cette partie de la
pomme. En toute probabilité, les spores
entrent par le tube de l’œil resté ouvert
pour se rendre jusque dans la cavité
contenant les pépins. Il n’existe pas de
mesures de lutte efficaces contre la
moisissure du cœur. 14
Moisissure bleue
(Penicillium expansum
et autres espèces
Penicillium)
La moisissure bleue, également appelée
moisissure molle ou moisissure humide,
est la plus fréquente des moisissures
observées dans les pommes après la
récolte. On la reconnaît à une décoloration
brun clair pendant les premiers stades
de l’infection. Le tissu infecté est mou
et se sépare facilement du tissu sain à
la pression d’un jet d’eau. Les infections
causées par la moisissure bleue peuvent
se produire même à 0 °C et débutent
habituellement dans les blessures. Peu
importe où les lenticelles se situent sur
la pomme, elles peuvent devenir infectées, particulièrement lorsque le fruit a
dépassé le stade de maturité ou qu’il
a été conservé longtemps. Une grosse
masse de spores bleu-vert se développe
à mesure que la pourriture rayonne à
partir du point d’infection. L’élévation de
la température accélère la sporulation
et ces spores deviennent une source
d’infection pour d’autres fruits.
Plusieurs espèces de Penicillium ont été
isolées dans des pommes naturellement
infectées par la moisissure bleue, mais
l’espèce P. expansum est la plus courante et la
plus préjudiciable sur le plan économique.
Cette moisissure produit une toxine
résistant à la chaleur (la patuline). Les
pommes atteintes ne devraient donc pas
être envoyées à la transformation. Dans
des échantillons de moisissure bleue
prélevés en Colombie Britannique, huit
des dix isolats appartenaient à l’espèce
P. expansum. On retrouve trois autres
espèces Penicillium dans la province :
P. crustosum, P. brevicompactum et
P. solitum. Si les lésions dues à une infection
par ces autres espèces progressent
relativement lentement à la température
de l’entrepôt réfrigéré comparativement
aux lésions causées par le P. expansum,
elles se développent relativement vite à
plus haute température.
Moisissure bleue
Moisissure grise à l’extrémité oculaire
(Red Delicious)
La pulvérisation d’un fongicide et de
calcium avant la récolte contribue à réduire
la fréquence de certaines maladies
survenant après la récolte et pourrait
également freiner la moisissure bleue. Le
pyriméthanil a été homologué récemment
au Canada pour être appliqué avant la
récolte comme moyen de lutte contre la
moisissure bleue. L’utilisation d’agents
de lutte biologique, spécialement en
combinaison avec le thiabendazole, s’est
avérée efficace pour réduire la fréquence
de la moisissure bleue aux États-Unis.
Nécrose apicale (Gala)
18
Jusqu’à récemment, le thiabendazole
était le seul fongicide homologué au
Canada pour la lutte post-récolte contre
les espèces Penicillium, mais le fludioxinil
est maintenant homologué. L’apparition
d’espèces Penicillium résistant au bénomyl
risque d’affecter fortement l’efficacité du
thiabendazole. En Colombie-Britannique,
145 isolats d’espèces Penicillium
provenant de fruits échantillonnés dans
trois stations fruitières entre 1991 et
1993 ont été analysés pour en déterminer
la résistance au bénomyl. On a trouvé
des isolats résistants dans les trois
stations. À l’issue des trois années
de l’étude, le pourcentage moyen
d’isolats résistants était de 22,9 %. Par
conséquent, à cause de l’existence de
biotypes résistants, on ne peut s’attendre
à ce que le thiabendazole permette un
contrôle complet. Une approche de lutte
intégrée comprenant une manutention
soignée et de strictes mesures sanitaires,
tant dans le verger que dans la station
fruitière, doit être utilisée pour maîtriser
la moisissure bleue.15
contrastent avec le blettissement de la
moisissure bleue) chez le fruit atteint
est un symptôme déterminant de cette
maladie. À un stade avancé, la chair
décomposée dégage une odeur sucrée
qui rappelle celle du cidre. À mesure que
la pourriture progresse, une masse de
spores grises peut se former à la surface,
donnant au fruit une coloration grise
typique. Souvent, l’infection se propage
de fruit en fruit à l’entreposage, provoquant
la formation de foyers de pourriture. Des
corps noirs et durs (sclérotes) peuvent se
former sur les fruits infectés.
Un certain nombre d’isolats
morphologiquement différents du Botrytis
spp. ont été observés dans des pommes
de la vallée de l’Okanagan. Un isolat
atypique liquéfie les tissus de la pomme;
manières : soit indirectement en
s’attaquant à différentes parties de la
fleur, auquel cas il reste dormant jusqu’à
ce que le fruit mûrisse; soit directement
lorsque le fruit mûr comporte des
blessures. Les mesures de lutte consistent
notamment à éliminer les matières
mortes provenant des arbres du verger;
à pulvériser sur les arbres un fongicide
contenant, par exemple, un mélange de
bénomyl et de captan, immédiatement
après la floraison; et à tremper les fruits
cueillis dans une solution de fongicide tel
que le thiabendazole. Bien qu’il existe, en
Colombie-Britannique, des souches de
B. cinerea résistant au bénomyl et donc
au thiabendazole, ces champignons sont
vulnérables au diphénylamine utilisé pour
contrôler l’échaudure au stade
de l’entreposage.
Moisissure grise et
nécrose apicale
(Botrytis cinerea)
En Colombie-Britannique, la moisissure
grise vient au deuxième rang après la
moisissure bleue parmi les maladies
affectant les pommes après la récolte.
La porte d’infection est parfois le point
d’attache du pédoncule, une fois le fruit
cueilli, mais le champignon infecte plus
souvent les pommes par les lésions de
l’épiderme. Le développement de plages
molles et spongieuses de pourriture (qui
Anthracnose à un stade précoce
(Golden Delicious)
Anthracnose à un stade avancé
(Golden Delicious)
les pourritures causées par cet isolat sont
molles et aqueuses, comme dans le cas
de la moisissure bleue. On a signalé des
cas de pourriture des pommes causés
par Botrytis mali, mais leur validité
demeure incertaine.
La nécrose apicale est peu fréquente en
Colombie-Britannique. Un mois après
la chute des pétales, on peut distinguer
dans le verger les fruits qui sont atteints.
Des petits ronds de chair brune décomposée se forment près de l’extrémité
oculaire de la pomme. La nécrose apicale
n’est pas considérée comme une maladie
importante pour la propagation post-
Le champignon qui cause la nécrose
apicale peut infecter le fruit de deux
19
récolte de la moisissure grise, mais les
pommes provenant de vergers
fortement infectés peuvent développer
des pourritures secondaires si on les
entrepose pour une longue période.16
Pourriture à
Sphaeropsis
(Sphaeropsis
pyriputrescens)
La pourriture à Sphaeropsis a été
observée pour la première fois sur des
poires dans l’État de Washington. On l’a
ensuite observée sur des pommes et elle
constitue pour ce fruit une maladie plus
grave. Elle se caractérise par de la pourriture
aux extrémités inférieure et supérieure
du fruit. Les tissus atteints sont durs et
bruns. À un stade avancé, le champignon
développe des taches pycnidiennes de
couleur noire dans le tissu décomposé.
La pourriture à Sphaeropsis peut se
confondre avec la moisissure grise,
mais elle se distingue de cette dernière
par son odeur antiseptique marquée. 17
une importante cause de pourriture des
pommes au Canada et aux États-Unis.
Des renseignements sur le cycle de la
maladie, sur son épidémiologie et sur
les moyens de lutte sont fournis dans la
section sur les poires, car la pourriture à
Mucor est considérée comme une maladie
plus importante pour ce fruit.
Anthracnose
(Cryptosporiopsis
perenans)
L’anthracnose se manifeste sporadiquement
en Colombie-Britannique et on peut
normalement distinguer dans quels
vergers elle se développe. Cette maladie
provoque la formation de taches sur les
pommes, de forme variable selon les
cultivars, mais généralement brunes
avec des cercles de couleur foncée et de
couleur pâle en alternance. Les taches sont
parfois uniformément brunes. La chair
attaquée par le champignon a une texture
farineuse et ne se sépare pas facilement
de la chair saine qui l’entoure.
Pourriture à Mucor
(Mucor piriformis)
En Colombie-Britannique, la pourriture
à Mucor se développe sporadiquement
sur les fruits de faible qualité, à partir
de spores M. piriformis présentes dans
les sols contaminés. Ce champignon
peut infecter les pommes entreposées à
0 °C et réussit à se développer à cette
température. Autrefois, la pourriture à Mucor
était considérée comme une maladie
mineure, mais elle constitue maintenant
20
Moisissure nivéale (Golden Delicious)
Moisissure nivéale, dégâts internes
(Spartan)
Moisissure nivéale, extrémités oculaire et
pédonculaire (Spartan)
Dans les vergers, le champignon provoque
la formation de chancres sur les branches
de pommiers. Ces chancres produisent
des spores qui peuvent infecter les fruits
à partir de la chute des pétales jusqu’à
la cueillette. Étant donné que les spores
sont disséminées par la pluie, les pommes
sont parfois infectées à l’époque de la
cueillette si une longue période de temps
humide survient juste avant ou pendant la
récolte. Les symptômes de cette pourriture
sont invisibles dans le verger et deviennent
seulement visibles sur les pommes après
une période d’entreposage de quatre à
cinq mois.
Il est possible d’améliorer la lutte contre
l’anthracnose en éliminant et en brûlant
les chancres pendant la taille hivernale.
La pulvérisation de captan mélangé à
du thiophanate-méthyl, au moment de
la chute des pétales, peut prévenir les
infections tôt en saison, car il semble que
le champignon peut contaminer les fruits
à un stade hâtif de leur développement.
Un traitement post-récolte au thiabendazole
ou au fludioxinil n’est efficace que si le
champignon ne s’est pas encore ancré profondément dans les lenticelles
après une infection tôt en saison. Le
refroidissement rapide des fruits et leur
entreposage sous atmosphère contrôlée
dans un milieu pauvre en oxygène (1 %)
permettront de réduire la fréquence des
infections d’anthracnose. On peut estimer
l’étendue de l’infection des pommes en
gardant un échantillon de fruits à une
température variant entre 18 et 21 °C et
à une humidité relative élevée pendant
un mois. Il est conseillé de vendre les lots
de fruits fortement infectés plus tôt que
les fruits sains. Des études récentes ont
montré que l’exposition des fruits au gel
et leur entreposage à une température de
21 °C hâtent l’apparition des symptômes.
Il est rare d’observer de l’anthracnose
dans les poires en Colombie-Britannique,
mais les traitements recommandés pour
les pommes sont aussi efficaces sur
les poires. 18
Moisissure nivéale
(espèce de basidiomycètes
psychrophiles)
En Colombie-Britannique et en Oregon,
ce champignon stérile, de couleur
blanche, classé parmi les basidiomycètes
psychrophiles (BP), se développe à des
températures voisines de 0 °C et peut
parfois provoquer de la moisissure dans
les pommes et les poires conservées en
entrepôt réfrigéré. La moisissure nivéale,
également connue sous le nom de Coprinus
ou de moisissure BP, est caractérisée par
des lésions circulaires brun foncé avec
un centre plus pâle, avec un diamètre de
0,5 à 25 mm. Les premiers symptômes
ressemblent à ceux de l’anthracnose et la
seule façon de distinguer ces deux
maladies consiste à cultiver les spores
du champignon sur un substrat approprié.
Contrairement à l’anthracnose, la moisissure
nivéale se développe bien à une température de
10 °C. À un stade avancé, la moisissure
nivéale produit une masse de mycélium
blanc qui recouvre la surface des pommes
infectées. Le champignon infecte les pommes
uniquement par les lenticelles puis pénètre
directement dans les cellules cambiales
des cavités lenticellaires.
De la moisissure nivéale recueillie sur
un fruit comparativement à une souche
de BP ayant causé une prolifération de
moisissures dans du blé d’hiver, de la
luzerne et des graminées s’est développée
Tache vésiculeuse (Fuji)
Tavelure mouchetée (Spartan)
Anthracnose d’entrepôt
21
sur les mêmes plantes et dans la même
fourchette de températures. On peut
en conclure que les déchets provenant
de vergers infectés par la moisissure
nivéale peuvent constituer une source
de contamination pour cette maladie,
particulièrement si les déchets entrent en
contact avec les fruits au moment de la
cueillette. Les graminées infectées par la
moisissure nivéale peuvent se greffer aux
pommes par simple contact si les pommes
n’ont pas été traitées avec un fongicide
efficace. Les fongicides présentant une
efficacité attestée contre la moisissure
nivéale sont les dithiocarbamates (ziram
et metiram) et les inhibiteurs de stérols.
L’application de ziram dix jours avant
la récolte constitue un moyen de lutte
efficace contre la moisissure nivéale
en Oregon. En Colombie-Britannique,
le myclobutanil a également permis de
réduire efficacement la fréquence de la
moisissure nivéale dans des pommes
infectées, ce qui permet de supposer que
ce produit donnerait de bons résultats s’il
était appliqué avant la récolte.
Le type de culture couvre-sol dans le
verger peut influencer la fréquence de
la moisissure nivéale. Par exemple, on a
observé un plus grand nombre d’infections
dans des pommes entreposées lorsque
du trèfle blanc poussait dans le verger.
Un couvre-sol constitué d’un mélange de
graminées, séparé de la rangée d’arbres
par une bande de terre travaillée,
constitue la meilleure culture couvre-sol
possible si on considère simultanément
les facteurs horticoles et la nécessité
d’endiguer la moisissure nivéale. Les
mélanges de graminées composés de
pâturin et de fétuque permettent d’obtenir
une réduction optimale de la moisissure
22
nivéale comparativement aux couvre-sol
comprenant du trèfle blanc. 19
Tavelure mouchetée et
anthracnose d’entrepôt
(Venturia inaequalis)
La tavelure des pommes est fréquente
à l’intérieur de la Colombie-Britannique,
spécialement dans le nord de la vallée
de l’Okanagan et dans la vallée de
Creston. Cette maladie se manifeste
principalement dans les vergers, mais les
infections survenues tard dans la saison
peuvent provoquer le développement de
la tavelure de la pomme au stade de
l’entreposage. Même si on ne fait pas
de distinction entre la tavelure mouchetée et l’anthracnose d’entrepôt dans le
secteur de la pomme, il existe une nette
différence entre les deux. La tavelure
mouchetée survient à la suite de longues
périodes de pluie en fin de saison,
c’est-à-dire au cours de la deuxième
moitié d’août. Les lésions causées par
ces infections tardives sont minuscules
et ressemblent à de petits points noirs.
Elles se produisent la plupart du temps
dans la cuvette pédonculaire, où l’eau
se ramasse et séjourne plus longtemps
que sur les flancs des fruits ou sous
l’épiderme, où elles sont invisibles au
moment de la cueillette. Ces lésions
invisibles continuent de s’agrandir durant
la conservation, pour finalement apparaître sous forme de taches noir jais
ressemblant à du bitume. Cette phase
est appelée « anthracnose d’entrepôt ».
Toutes les infections se produisent dans
le verger, car la maladie ne se propage
pas en entrepôt.
Il est possible de prévenir la tavelure
mouchetée et les infections de fin de
saison par des pulvérisations fongicides
avant la récolte. Par contre, les traitements
post-récolte sont sans effet, car le
champignon a déjà causé des dégâts irrémédiables au moment de la récolte des
pommes. 20
Tache vésiculeuse
(Pseudomonas
syringae pv. papulans)
La tache vésiculeuse est causée par une
bactérie qui a été identifiée en ColombieBritannique dans les variétés Mutsu et
Fuji. Elle cause d’importants dégâts dans
les pommes Mutsu (Crispin) en Ontario,
au Michigan et dans l’État de New York.
Les premiers symptômes sont l’apparition
de cloques sur les lenticelles entre le
début et le milieu du mois de juillet. Ces
cloques prennent une coloration allant
du mauve au noir et leur diamètre atteint
entre 1 et 5 mm au moment de la récolte.
L’application au moment propice de
fongicides à base de cuivre a donné de
bons résultats en Ontario. En ColombieBritannique, un essai de lutte biologique
utilisant le Bacillus subtilis (Serenade®)
a permis d’endiguer la maladie
comparativement à la parcelle témoin. 21
Conditions et problèmes de
conservation des pommes
•
•
•
•
•
•
•
•
Entrepôt frigorifique
Entreposage sous atmosphère contrôlée (AC)
Effet et détection du gaz ammoniac
Lésions causées par le dioxyde de carbone
Lésions causées par une faible teneur en oxygène
Lésions causées par le gel
Lésions thermiques
Paraffinage
Entrepôt frigorifique
La température de conservation des
pommes en entrepôt ordinaire varie entre
–1 °C et 0 °C. Les variétés McIntosh et
Newtown sont sensibles aux désordres
physiologiques internes à basse température, de sorte qu’on les entrepose
souvent à des températures
supérieures à 0 °C.
L’effet de la disposition des palettes sur
le taux de refroidissement est décrit plus
loin, dans la section sur les poires. La
rapidité de refroidissement peut être
fortement influencée par la disposition
des palettes et le temps requis pour
refroidir les pommes à une température
interne de 0 °C varie entre 2 et 90 jours.
Tout retard dans le refroidissement des
pommes entreposées en palettes peut
accélérer le ramollissement des fruits. 22
Entreposage sous
atmosphère
contrôlée (AC)
Les conditions d’entreposage sous
atmosphère contrôlée, recommandées
pour les pommes cultivées en ColombieBritannique, figurent dans le tableau
ci-dessous. Il est possible d’améliorer
la qualité de conservation des pommes
ainsi entreposées en raccourcissant le
laps de temps écoulé entre la cueillette et
l’atteinte de la température et des conditions
atmosphériques souhaitées. On obtient
des résultats optimaux en limitant le
délai de placement des pommes dans
l’entrepôt et de réduction de la teneur
en oxygène à six jours ou moins. Cette
façon de procéder permet de préserver
la fermeté des pommes cueillies à différents degrés de maturité. Elle constitue un
moyen efficace de traiter l’entrepôt avec
une concentration élevée en dioxyde de
carbone en début de conservation et s’avère
supérieure au traitement post-récolte
au chlorure de calcium pour ce qui est
d’éviter la perte de fermeté de la Golden
Delicious.
Les entrepôts sous atmosphère contrôlée
ont de grands besoins en électricité, plus
particulièrement pendant la période de
refroidissement des fruits. Les stations
fruitières peuvent adopter des pratiques
pour réduire la demande en énergie sans
pour autant compromettre la qualité
des fruits, notamment : 1) effectuer la
réfrigération par cycles; 2) améliorer les
dispositifs de surveillance de la température
ambiante; 3) assurer une circulation
uniforme de l’air; et 4) empiler les caisses
avec soin de manière à les espacer
uniformément. 23
Effet et détection du
gaz ammoniac
Presque tous les systèmes de réfrigération
utilisés dans les entrepôts de la
Colombie Britannique utilisent du gaz
23
Tableau 2. Conditions d’entreposage sous atmosphère contrôlée pour certaines variétés de pommes
Variété
Pays
Teneur O2 (%)
Teneur en CO2
(%)
Temp. (ºC)
Durée de
conservation
Braeburn
É.-U.
1.5
0.5
0 to 1
10
Cortland
Canada
1.5
1.5
3
8 to 10
Elstar
Pays-Bas
1 to 12
2.5
1.8
7
Empire
É.-U.
1.5
1.0
3.5
5 to 6
Fuji
É.-U.
2.0
0.5
1
12
Gala
Canada
1.5
1.5
0 to 0.5
8
Royal Gala
É.-U.
2
1.5
0 to 1
7
Golden Delicious
É.-U.
2
1.5
0 to 1
9
Granny Smith
É.-U.
1.5
0.5
0 to 1
10
Jonagold
Canada
1.5
1.5
0 to 0.5
10
McIntosh
Canada
1.5
1.5
3
8 to 10
Mutsu
É.-U.
1.5
3
0
6 to 8
Red Delicious
É.-U.
1.5
1.5
0 to 1
12
Rome
É.-U.
1.5
3
0
7 to 8
Spartan
Canada
2.5
2.5
0 to 0.5
10
ammoniac comme réfrigérant. La
présence de ce gaz dans la salle de
conservation peut entraîner la formation
de lésions sur les pommes. Une concentration de 0,2 % de gaz ammoniac
suffit pour endommager les pommes. La
gravité de ces lésions dépend de la durée
d’exposition et de la concentration du gaz
dans l’atmosphère. De brèves expositions
provoquent une décoloration des lenticelles, mais une bonne ventilation ou la
soustraction des fruits à la contamination
par le gaz suffit à renverser le phénomène
chez les cultivars de pomme rouge.
Lésions causées par le dioxyde de
carbone (McIntosh)
Blessure à l’ammoniac
(pomme Red Delicious)
24
Par contre, les pommes Golden Delicious
sont susceptibles de subir une certaine
altération permanente. Un contact prolongé avec le gaz ou de fortes concentrations
produisent des altérations permanentes
chez tous les types de fruits.
Lésions internes causées par le
dioxyde de carbone (McIntosh)
Il est possible de déceler le gaz
ammoniac dans les salles de conservation
par l’utilisation d’instruments commerciaux,
par la méthode du papier-filtre ou par
l’analyse du gaz ammoniac sur les pommes.
Pour confectionner le papier-filtre
nécessaire à la détection du gaz, on
trempe à peu près la moitié d’une bande
de papier de 1,5 x 12 cm dans une
solution contenant 2 g de ninhydrine dissoute
dans 100 ml d’acétone, 1 ml de 0,02 M
de KCN et 0,038 M de MnCl2 4H2O. Le
papier prend une teinte bleue rougeâtre
en présence de gaz d’ammoniac.
Habituellement, la couleur prend environ
20 minutes à se fixer à température ambiante, mais elle change beaucoup plus
rapidement au point de rencontre entre le
papier traité et le papier non traité. Cette
méthode permet de détecter les teneurs
d’ammoniac à partir de 50 ppm. On peut
également détecter l’ammoniac en coupant
une pomme en deux et en vérifiant si la
couleur de la chair vire au bleu foncé.
L’inspection régulière des entrepôts sous
atmosphère contrôlée fermés hermétiquement aidera à réduire le risque de
fuites de gaz ammoniac. L’installation
de hublots à des endroits judicieux dans
Lésions causées par le dioxyde de
carbone (Granny Smith)
les entrepôts sous atmosphère contrôlée
aidera à déceler les dégâts mineurs avant
qu’il ne soit trop tard. 24
Lésions causées par le
dioxyde de carbone
Les lésions causées par le dioxyde de
carbone peuvent survenir pendant la
conservation en entrepôt sous atmosphère
contrôlée. À concentration relativement
élevée, le dioxyde de carbone perturbe
l’oxydation de l’acide succinique, dont
l’accumulation dans les cellules peut
atteindre des niveaux toxiques. La
vulnérabilité à ce type de lésions varie
en fonction de la variété et même d’un
fruit à l’autre. Les lésions causées par
le dioxyde de carbone se présentent de
l’extérieur comme des lésions brunes,
habituellement rugueuses, bien définies
et partiellement renfoncées.
Les lésions dues au dioxyde de carbone
se produisent dans un milieu pauvre
en oxygène, lorsque le fruit est immature,
lorsqu’on augmente rapidement la
teneur en dioxyde de carbone avant
même que le fruit soit refroidi, ainsi que
Lésion causée par une faible teneur en
oxygène (alcool) (McIntosh)
lorsque l’épiderme du fruit est humide. À
l’intérieur, la lésion causée par le dioxyde
de carbone, également appelée cœur
brun, se caractérise par le brunissement
du cortex ou du tissu interne nécrosé.
Le fruit garde une apparence normale.
La grosseur et le degré de maturité des
fruits, une réfrigération tardive, une basse
température d’entreposage et le manque
d’oxygène augmentent la vulnérabilité aux
lésions internes causées par le dioxyde
de carbone. 25
Lésions causées par
une faible teneur en
oxygène
Malgré l’avantage apparent de
l’entreposage des pommes et des poires
dans un milieu très pauvre en oxygène,
cette condition peut facilement occasionner des lésions aux fruits. Ces lésions
sont dues à l’accumulation, dans le fruit,
d’alcool éthylique dont la teneur atteint
un niveau toxique dans des conditions
d’anaérobie. Des pommes de variété
Cox’s Orange ont été gravement endommagées
après avoir été exposées à des conditions
anaérobiques pendant quatre jours ou
Lésions internes causées par une
faible teneur en oxygène (McIntosh)
25
plus. Les symptômes des dégâts causés
par l’alcool varient en fonction de la variété,
de la teneur en oxygène, de la durée de
l’exposition et de la température. Des
lésions brun foncé et un engorgement
d’eau sous l’épiderme sont les caractéristiques courantes des blessures causées
par le manque d’oxygène. À mesure que
la blessure s’aggrave, le cortex et le cœur
de la pomme brunissent et deviennent
gorgés d’eau. 26
Lésions causés
par le gel
Le gel de la surface du fruit provoque
le brunissement de l’épiderme, souvent
accompagné de la présence de taches
d’engorgement d’eau aux contours mal
définis. Pendant l’entreposage, ces
taches peuvent s’affaisser parce que la
chair perd plus facilement son eau après
un dégât de gel. La température moyenne
de vulnérabilité des pommes au gel est
de -2 °C. La fourchette de vulnérabilité se
situe entre -1,4 et -2,3 °C. Les pommes
peuvent supporter des températures de
1 à 2 °C sous leur limite de vulnérabilité
pendant 24 à 48 heures sans subir de
dégâts visibles. 27
Lésions thermiques
Une brève exposition des pommes à l’air
chaud ou à l’eau chaude peut endommager
le fruit. Des symptômes ressemblant
à l’échaudure se développent chez les
pommes qui séjournent pendant une
minute dans l’eau à 58 °C ou qui sont
exposées pendant cinq minutes à de l’air
à 60 °C. Les lobes proéminents des Delicious
sont facilement endommagés par la chaleur.
26
Les lésions thermiques peuvent être dues
à un thermostat défectueux ou à l’arrêt
temporaire du conditionnement, ce qui
peut exposer le fruit à l’eau chaude ou à
l’air chaud pendant plusieurs minutes. 28
Paraffinage
La méthode de paraffinage comporte
probablement plus de variables que
toute autre méthode de manutention
des pommes dans la station fruitière. Il
existe peu d’informations concrètes à ce
sujet; un bon paraffinage est finalement
le résultat de beaucoup de manipulations
et d’intuition basées sur l’expérience. La
consultation du personnel des stations
fruitières et des producteurs de paraffine
nous a permis de recueillir les renseignements
qui sont présentés ci-dessous.
On compte généralement de 400 à
800 caisses de fruits pour chaque baril
de paraffine (environ 250 L). Plus la
couche de paraffine est épaisse, moins
on pourra paraffiner de caisses par baril.
L’épaisseur de l’enrobage est une mesure
subjective, car une couche d’enduit peut
être acceptable pour une personne, mais
pas pour une autre. Cette évaluation
suggestive détermine donc le nombre de
caisses traitées par baril de paraffine.
il peut s’avérer nécessaire d’utiliser une
solution de nettoyage spéciale. Mieux
vaut communiquer avec les fournisseurs
de paraffine et de détergents au sujet de
la disponibilité de ces solutions
de nettoyage.
Température du fruit
avant le paraffinage
La température de l’épiderme des pommes
doit être plus élevée que le point de rosée
de l’air ambiant, sans quoi l’humidité a
tendance à se condenser sur les surfaces
fraîches. Des températures inférieures
à 10 °C peuvent poser des problèmes
de paraffinage, mais un plafond n’a pas
encore été établi à cet égard. De fortes
températures au niveau de l’épiderme
supposent une température du cœur
élevée, ce qui peut nuire à la qualité de
conservation du fruit.
Nettoyage du fruit
Lésion causée par de l’air chaud (Spartan)
Un bon lavage au détergent est recommandé
pour enlever la saleté et une partie de la
paraffine superficielle. La température de
l’eau du réservoir à bascule devrait être
entre 32 et 35 °C et l’eau de rinçage,
à 49 °C. Pour les pommes recouvertes
d’une épaisse couche de cire naturelle,
Dix à douze brosses de séchage devraient
être suffisantes à partir de l’application
de détergent jusqu’au rinçage final à
l’eau chaude.
La pomme doit être sèche pour obtenir
un bon fini de paraffine, d’où l’importance
de l’étape du séchage après le rinçage.
Il faut environ 40 brosses pour sécher
le fruit. Si l’air qui règne au-dessus des
brosses est humide, il serait avisé de
l’évacuer à l’extérieur ou de souffler sur
les pommes humides de l’air plus sec
provenant d’une autre source.
Séchage du fruit
paraffiné
La paraffine est d’habitude appliquée
à l’aide d’une seule buse qui balaie les
fruits de son jet. Les brosses rotatives qui
font avancer les fruits complètent l’étape
du paraffinage. Les doses d’application
varient d’environ 5,5 à 9,5 L à l’heure,
selon le volume des fruits et leur vitesse
d’avancement. Il ne faut pas plus de
cinq brosses pour l’étape du paraffinage.
L’ajout de brosses pourrait épaissir ou
amincir la couche de paraffine si la
quantité appliquée est considérable ou
faible, respectivement. On peut toutefois
ajouter d’autres brosses si le polissage
est insuffisant.
Les durées de séchage varient, car les
solvants de chaque préparation de paraffine
diffèrent. Des températures de séchage
de 50 à 70 °C ont été proposées.
Les durées de séchage varient selon
l’épaisseur de la couche de paraffine, le
type de solvant utilisé dans la paraffine et
la vitesse d’avancement des pommes. Il
n’existe donc pas de règle universelle à
cet égard et l’opérateur doit manipuler les
variables qu’il a sous la main pour faire
un bon travail de séchage. À noter que
les températures chaudes réduisent les
temps de séchage. Par ailleurs, l’exposition
des pommes à 50 °C pendant cinq minutes
peut produire des lésions ressemblant à de
l’échaudure, si bien qu’il vaut mieux limiter
à un maximum de deux minutes la durée
de séjour des pommes dans les tunnels
de séchage à 60 °C.
Mieux vaut éviter l’utilisation d’air humide
dans les tunnels de séchage, car cela
entrave l’extraction des solvants de la
paraffine appliquée sur les fruits. L’air
ambiant qui est plus sec est préférable et
aide à réduire la durée de séchage des
fruits paraffinés.
Cultivars et paraffinage
Des enrobages plus minces sont
recommandés pour les pommes Golden
Delicious, afin de prévenir la protubérance
des lenticelles. Les paraffines carnauba
sont donc préférables pour ce cultivar. La
vitesse d’avancement des brosses devrait
être réduite pour la Golden Delicious,
car ce cultivar a tendance à subir une
décoloration de l’épiderme. Les pommes
Winesap ont une concentration élevée
de cire cuticulaire et ne sont souvent
pas faciles à paraffiner. Une solution
détergente plus concentrée, ou acide ou
alcaline, peut s’avérer nécessaire pour
enlever une partie de cette cire.
Difficultés liées
au paraffinage
L’avancement de la maturité entraîne
des dépôts de cire plus épais sur les
pommes. Il est possible d’induire la
formation de tels dépôts sur des fruits
laissés à température ambiante pendant
plusieurs jours dans le verger ou sur la
dalle de la station fruitière. Les fruits
qui possèdent une forte teneur en cire
réticulaire ne donnent pas un bon fini
de paraffine, de sorte qu’il peut s’avérer
nécessaire de les nettoyer avec des
détergents spéciaux (voir la section
intitulée « Nettoyage du fruit »).
On a signalé certaines expériences
malheureuses parce qu’on avait
paraffiné des pommes avec des cires à
base de vernis laque. Si les conditions
sont réunies, les fruits paraffinés tournent
irréversiblement au blanc laiteux. La
température est peut-être le facteur
le plus important. L’existence d’un fort
gradient de température entre le fruit et
l’air ambiant provoque la sudation des
pommes. La condensation de l’humidité
rend le vernis laque en partie soluble,
ce qui donne une apparence blanche
translucide. Les enduits épais de vernis laque
ont tendance à aggraver le problème.
Le blanchiment peut aussi se produire
lorsque l’humidité résiduelle est trop
élevée pendant le paraffinage.
La paraffine carnauba est recommandée pour
les pommes destinées à l’exportation,
car le fini ne blanchit pas. En revanche,
le fini d’une paraffine carnauba n’est pas
aussi brillant que celui d’une paraffine
à base de vernis laque. Il n’en reste pas
moins qu’un film moins brillant peut
largement compenser le risque inhérent
à l’expédition à l’étranger de pommes
paraffinées à base de vernis laque. 29
Plus longue est la période d’entreposage,
moins grandes sont les chances de
conserver un fini idéal de paraffine. Il y
a peu de choses à faire dans ce cas et il
faudrait peut-être se contenter d’un fini
qui laisse à désirer. 29
27
Désordres des poires
• Échaudure
• Oculaire rose ou mûrissement prématuré des poires Bartlett
Échaudure
On peut classer les poires en deux grands
groupes selon la manière dont elles
mûrissent. Le premier groupe est illustré
par la Bartlett, qui ne mûrit normalement
pas à basse température et qui perd sa
capacité de mûrir normalement après
une longue période de conservation, peu
importe la température. Avec le temps,
le fruit tourne au jaune, puis l’épiderme
prend une coloration foncée à cause d’un
désordre qu’on appelle échaudure de
sénescence. La poire reste ferme mais
l’épiderme vire au brun et se défait plutôt
facilement. Les poires ainsi atteintes ne
mûrissent pas et devraient être éliminées.
L’échaudure de sénescence peut-être
évitée si la conservation des poires
Bartlett ne dépasse pas 90 jours, si elles
sont refroidies rapidement à la récolte
et si elles sont maintenues à
-0,5 °C en entrepôt.
Les poires de l’autre groupe, dont
l’Anjou, mûrissent lentement en entrepôt
frigorifique et ne perdent généralement
pas la capacité de mûrir normalement
après une longue durée de conservation.
Ces poires sont sensibles à l’échaudure
d’entreposage, appelé échaudure d’Anjou
ou échaudure superficielle. On peut les
conserver sans danger pendant trois à
quatre mois (conservation à court terme)
en Oregon, pourvu qu’elles soient gardées
dans un milieu pauvre en oxygène
Mûrissement prématuré – à remarquer la
coloration rosée de l’œil
28
Échaudure de senescence (Bartlett)
Échaudure superficielle (Anjou)
(0,5 %) pendant huit à 10 semaines
puis dans un entrepôt ventilé à une
température de -1 ºC pendant une durée
maximale de deux mois. Les poires
destinées à être conservées longtemps dans
une atmosphère à 1,5 % d’oxygène
doivent être trempées avant
l’entreposage dans une solution de
1 000 ppm d’ethoxyquine. 30
Oculaire rose ou
mûrissement
prématuré des
poires Bartlett
Les poires atteintes d’oculaire rose ont
une courte conservabilité et devraient être
commercialisées rapidement. Selon la
gravité de l’anomalie, les poires cueillies
peuvent continuer de mûrir et deviendront
complètement blettes. Le blettissement
des poires mûries prématurément débute
dans la partie oculaire, où on peut nettement voir, au travers de l’épiderme,
la chair touchée prendre une coloration
brun clair. 31
Si le refroidissement des poires Bartlett
est suffisant au cours de la période de
30 jours précédant la récolte, les fruits peuvent
mûrir lorsqu’ils sont encore attachés
à l’arbre. Ces poires développent une
auréole rose autour du bouton oculaire. Le
mûrissement peut être stimulé au point
que les poires deviennent complètement
mûres sur l’arbre. Les températures
nocturnes d’au plus 10 °C et diurnes d’au
plus 20 °C sont particulièrement propices
à l’apparition de cette anomalie.
Blettissement typique dû au
mûrissement prématuré
29
Maladies des poires
•
•
•
•
•
•
Aperçu
Moisissure bleue (Penicillium spp.)
Moisissure grise (Botrytis cinerea)
Pourriture à Phacidiopycnis (Phacidiopycnis piri)
Moisissure à Mucor (Mucor piriformis)
Moisissure nivéale (espèce de basidiomycètes psychrophiles)
Aperçu
Bon nombre des maladies qui affectent
les pommes existent également chez les
poires, de telle sorte que les mesures
décrites dans la section sur les pommes
concernant les conditions sanitaires dans
la station fruitière s’appliquent également aux
poires. Les poires sont très vulnérables
aux blessures causées par la perforation
de l’épiderme d’un fruit par le pédoncule
d’un autre fruit pendant la cueillette. Ces
blessures sont extrêmement vulnérables
à la pourriture, mais les fruits deviennent
rapidement résistants après la cueillette.
Par conséquent, il faut éviter dans la
mesure du possible de manipuler les
poires juste après la récolte et prévoir
une période de conditionnement en
entreposage à 20 °C pendant deux jours
ou à -1 °C pendant deux semaines. On
peut utiliser du colorant alimentaire bleu
pour mieux voir les blessures, et ce afin
de pouvoir retirer un plus haut pourcentage
de poires blessées avant d’emballer la
30
récolte. Les poires sont également très
vulnérables à la pourriture de l’extrémité
pédonculaire, principalement à B. cinerea
et parfois à M. piriformis.
Moisissure bleue (Bartlett)
Les lots contenant des poires qui
développent de la pourriture à l’extrémité
pédonculaire une fois emballés et entreposés doivent être réemballés, ce qui
augmente considérablement les coûts de
manutention. 32
Moisissure bleue
(Penicillium spp.)
Comme pour les pommes, la moisissure
P. expansum provoque la moisissure
bleue chez les poires et se reconnaît à
une chair molle et aqueuse, facilement
séparable des tissus sains qui l’entourent.
L’infection se produit sur les joues de la
poire à la suite d’incisions, d’abrasions
ou de perforations, mais le fruit peut
également devenir infecté au travers
des lenticelles sur un épiderme intact,
particulièrement dans les zones meurtries.
Le haut degré d’humidité qui existe dans
les doublures de caisse en polyéthylène
favorise le développement de la moisissure.
Tout retard dans le refroidissement des
fruits après la cueillette augmente
également le risque de développement
de la moisissure bleue.
Il est déconseillé d’entreposer des poires
Anjou pendant de longues périodes (pas
plus de cinq à six mois) sans traitement
fongicide protecteur, soit le fludioxinil ou
le thiabendazole. Le thiabendazole est
insoluble dans l’eau et doit être agité
pendant l’application. Les poires soumises
à un traitement de chaux sodée doivent être rincées avant l’application du
fongicide, car les résidus de chaux sodée
inactivent le thiabendazole. En outre, les
moisissures Penicillium peuvent acquérir
de la résistance au thiabendazole, de
sorte que le fongicide est uniquement
efficace contre les isolats sensibles de
ce champignon. Le fludioxinil peut être
appliqué par trempage à fond avant
l’entreposage ou par immersion/lavage,
ou encore par pulvérisation au-dessus de
la chaîne d’emballage. Il est compatible
avec le DPA, le chlore et les paraffines et
protégera le fruit de la moisissure bleue
pendant plusieurs mois. 33
moisissure dépend de la variété, du degré
de maturité et de la température de
conservation. À mesure que le fruit mûrit, la
pourriture devient plus molle, mais jamais
aussi molle et translucide que celle de la
moisissure bleue. Souvent, l’infection se
propage de fruit en fruit à l’entreposage,
provoquant la formation de foyers de
pourriture. Pour cette raison, cette maladie est parfois appelée pourriture de la
grappe. Par temps humide, le champignon
forme du mycélium de surface et des
conidies qui donnent l’apparence grise
caractéristique. De petits organes noirs
et durs (sclérotes) peuvent s’incruster sur
les surfaces pourries des fruits dans les
stades avancés de décomposition.
Moisissure grise
(Botrytis cinerea)
La moisissure grise est commune
chez les poires entreposées pendant
de longues périodes. La maladie, qui
se développe en entrepôt à partir
d’infections naissantes à la récolte, se
rencontre principalement à l’extrémité
pédonculaire ou oculaire. Le champignon
se développe et produit des spores sur
les matières végétales mortes et
mourantes dans les cultures couvre-sol du
verger, particulièrement par temps frais
et humide. L’infection peut se produire en
tout temps dès que les spores parviennent
à se rendre dans les blessures ou les
tissus vulnérables. La moisissure grise
est ferme sur les fruits non parvenus à
maturité et n’est pas facile à séparer des
tissus sains. L’apparence de la
Moisissure grise causée par Botrytis à
l’extrémité pédonculaire (Anjou)
La moisissure grise s’est propagée par l’effet
du contact entre les fruits à l’entreposage.
B. cinerea est un saprophyte largement
répandu qui se développe sur la matière
organique en décomposition sur le sol
du verger. Les conidies sont transportées
par les particules de terre provenant du
verger ou se développent sur la matière
organique collée sur les caisses et les
conteneurs utilisés pour l’entreposage.
Les conidies se propagent parfois par
voie aérienne, mais plus souvent dans
l’eau utilisée dans les couloirs d’amenée
de la station fruitière. Ainsi, les spores
du champignon s’accumulent dans le
réservoir à bascule et dans les solutions
utilisées pour traiter les poires contre
l’échaudure.
Les mesures de lutte contre la moisissure
grise débutent dans le verger et passent
par l’élimination des matières végétales
mortes. Il faut éviter que les fruits entrent
en contact avec la poussière et les
saletés en utilisant des caisses propres
et éviter les blessures et les perforations
causées par le pédoncule. Il faut également
remplacer régulièrement l’eau du réservoir
à bascule de la station fruitière afin
d’empêcher l’accumulation de spores
qui se produit à chaque déversement de
fruits. On prendra soin de traiter préven-
Pourriture à Phacidiopyruis
(Phacidiopyruis piri)
31
tivement les fruits avec du pyriméthanil
avant la récolte. On peut également
utiliser une solution au fludioxinil ou au
thiabendazole pour tremper, pulvériser,
mouiller à fond ou inonder les poires si
elles sont destinées à être entreposées
pendant une période de trois à six mois. 34
Pourriture à
Phacidiopycnis
(Phacidiopycnis piri)
La pourriture à Phacidiopycnis a été signalée
pour la première fois dans l’État de
Washington. Elle cause de graves dégâts
dans les poires Anjou dans cet État et,
dans une moindre mesure, en ColombieBritannique également. Elle se caractérise
par une zone de décomposition dans
l’extrémité pédonculaire ou oculaire
ainsi que par des lésions de l’épiderme.
À mesure que la moisissure progresse,
la zone atteinte tourne au brun puis au
noir, mais la lisière de la zone putréfiée
continue de paraître gorgée d’eau. Cette
maladie est provoquée par Phacidiopycnis
piri, qui produit deux types de conidies,
les macroconidies et les microconidies,
qui en facilitent l’identification. En effet,
cette moisissure se distingue de la
moisissure grise par son odeur caractéristique et par le fait que la bordure de la
tache est gorgée d’eau. Elle se distingue
de la pourriture à Sphaeropsis par son
odeur différente. L’application de
thiabendazole avant la mise en entrepôt
permet d’éliminer la pourriture à
Phacidiopycnis. 35
Moisissure à Mucor
(Mucor piriformis)
La moisissure M. piriformis provoque la
décomposition des poires à l’extrémité
pédonculaire ou oculaire, dans le cœur
du fruit et n’importe où à sa surface. Les
poires infectées sont molles, aqueuses et
de couleur brun clair et comportent des
genres de filaments gris sortant des fentes
de l’épiderme. Depuis 1971, lorsque la
moisissure Mucor a été recensée pour
la première fois au Canada, on observe
régulièrement ce désordre dans les
poires Anjou en Colombie-Britannique. Le
champignon s’accumule dans le verger
sur les fruits infectés non ramassés et
finit par être hébergé dans le sol. Les
adhésions de terre aux caisses de cueillette
sont un important facteur d’inoculation.
Les poires sont contaminées directement
par la terre contenant des spores de
M. piriformis, ou indirectement par l’eau
contaminée du réservoir à bascule.
Moisissure grise, y compris des
sclérotes (Anjou)
Moisissure nivéale (Anjou)
32
Moisissure à Mucor à l’extrémité
pédonculaire (Anjou)
Afin de réduire le risque de contamination
des poires par les spores de
M. piriformis, on recommande de
ramasser et de détruire tous les fruits
tombés dans le verger avant que le
champignon les colonise. Pendant la
cueillette, les caisses devraient être
placées sur des copeaux de bois ou sur
une surface permettant d’éviter le contact
direct avec la terre, et les fruits ramassés
au sol ne devraient jamais être mis dans
les caisses. Dans la station fruitière, les
fruits doivent être déversés dans une eau
traitée avec 50 à 100 ppm de chlore afin
que les propagules de M. piriformis puissent
être détruites. En outre, il faut vider le
réservoir à bascule et le laver à fond dès
que l’eau devient sale. À défaut de quoi,
il faut rincer les poires par aspersion avec
de l’eau claire à leur sortie du réservoir à
bascule pour réduire le risque
de contamination. 36
Moisissure nivéale
(espèce de
basidiomycètes
psychrophiles)
mycélium blanc au centre de chaque
lésion. La maladie se présente comme
une excroissance de mycélium blanc à
la surface des fruits infectés et crée un
foyer d’infection qui lui permet de se
propager aux autres fruits.
L’inoculation de la moisissure nivéale peut
provenir de déchets venant du verger qui
tombent dans les caisses au moment de
la cueillette ou encore de fruits tombés
qui sont ensuite placés dans les caisses.
Il suffit de quelques fruits contaminés
pour que la moisissure se propage à la
grandeur de l’entrepôt. La moisissure se
développe lentement lorsque la température
est maintenue autour de 0 °C; il est donc
possible de réemballer les lots infectés
pour le marché au détail, pourvu que
les fruits soient vendus rapidement. Un
faible taux d’humidité pendant les étapes
de réemballage et d’entreposage permettra de
réduire le risque d’infection des fruits
réemballés. Le thiabendazole est
inefficace contre ce champignon, mais on
nous a signalé qu’un traitement au
dithiocarbamate avant la récolte permettrait
de prévenir la moisissure nivéale. 37
En Colombie-Britannique, on a recensé
des cas de moisissure nivéale (Coprinus
ou basidiomycètes psychrophiles) sur
des poires entreposées pendant de
longues périodes. Des recherches sur la
pathogénicité liée aux basidiomycètes
psychrophiles ont montré que les variétés
Anjou et Bartlett sont très vulnérables aux
infections. Cette moisissure est souvent
confondue avec l’anthracnose. Les zones
infectées sont brun foncé, de grandeur
variable et légèrement affaissées; elles
présentent souvent une touffe de
33
Méthodes et problèmes
de conditionnement des
poires
• Flottaison des poires
• Abrasion et éraflure de l’épiderme
Flottaison des poires
Les poires comme l’Anjou ne flottent pas
car elles ont une densité volumétrique
légèrement plus élevée que celle de
l’eau (1,03 contre 1). Afin que les poires
remontent des caisses immergées et flottent
au travers du réservoir à bascule, il faut
ajouter du sel à l’eau pour augmenter
sa densité. On peut utiliser à cette fin du
sulfate de sodium, du métasilicate de
sodium (verre soluble) ou du carbonate
de sodium (cendre sodée). Le pH d’une
solution à 6 % de sulfate de sodium
varie entre 4 et 6,5, selon la source de
la matière active. Une solution à 7,5 %
de silicate de sodium permet d’obtenir
un pH de 11,2, et une solution à 5 % de
carbonate de sodium donne un pH de 10.
Ces trois types de solutions de flottaison
sont compatibles avec un traitement au
chlore servant à désinfecter l’eau du réservoir
à bascule. On mesure la densité de l’eau
ajoutée de ces sels à l’aide d’une échelle
exprimant la densité relative. La densité
34
relative de l’eau pure est de 1 et elle
augmente lorsqu’on ajoute du sel. On
la détermine à l’aide d’un hydromètre,
instrument composé d’un tube de verre
lesté et scellé sur lequel figure une
échelle graduée. L’hydromètre plongé
dans la solution s’enfonce jusqu’à la
gradation qui indique la densité de l’eau.
Une densité relative de 1,02 suffit pour
faire flotter les poires; on peut obtenir la
quantité de sel nécessaire pour atteindre
ce chiffre en consultant la figure 1.
Les poires laissées trop longtemps dans
des solutions alcalines peuvent afficher
une décoloration des lenticelles. Un
rinçage insuffisant après la flottaison
peut aussi causer le noircissement des
lenticelles.
La solubilité du sulfate de sodium pose
certains problèmes. Il semblerait
préférable d’utiliser de l’eau chaude pour
dissoudre le sel, car des grumeaux se
forment lorsqu’on utilise de l’eau froide. Le
sulfate de sodium et la cendre sodée sont
aussi fortement corrosifs pour le matériel.
Une station fruitière signale une moindre
fréquence d’éraflures lorsqu’elle utilise du
silicate de sodium comme forme de sel
dans le système de couloirs d’amenée.
Le silicate de sodium est glissant et les
déversements doivent être nettoyés sans
délai car ils adhèrent aux surfaces. Ce
sel peut également se gélifier lorsque le
pH baisse; il ne devrait donc jamais être
mélangé à des acides. 38
Abrasion et éraflure de
l’épiderme
Les marques sur l’épiderme peuvent
poser un problème considérable chez
les poires, en particulier si elles sont
triées sur bande sèche. Aucun traitement
chimique ne peut éliminer ce problème. La
flottaison permet de réduire considérablement
la fréquence des marques.
Les fruits immatures ou surmatures sont
plus sensibles aux éraflures que les fruits
récoltés au point de maturité souhaité.
Les longues périodes de conservation
augmentent les possibilités de marques
cutanées au cours du conditionnement
des poires.
Des études sur les poires en ColombieBritannique ont permis de conclure que
les fruits doivent être conditionnés à
froid et non à chaud. Il semble que le
réchauffement des poires augmente la
fréquence des marques cutanées. Les
poires Bartlett conservées au-dessus de
0 °C continuent de mûrir lentement en
entrepôt, montrent des symptômes de
jaunissement de l’épiderme et sont très
sensibles au marquage lors
de l’emballage.
Marques de friction (Bartlett)
Fig 1.
Gravité spécifique des solutions de carbonate de soude, de sulfate de sodium
et de métasilicate de sodium. Courtoisie du Département de l’agriculture des
États-Unis, Tree Fruit Research Laboratory, Wenatchee, Washington.
Les poires acheminées dans le système
de flottaison devraient être tenues un peu
humides sur la table de triage pour réduire le risque de marques de friction. 39
Densité relative
Pourcentage de cendre de soude ou de sulfate de sodium
Cendre de soude ou
sulfate de sodium
Métasilicate de sodium
Pourcentage de métasilicate de sodium
35
Conditions et problèmes de
conservation des pommes
•
•
•
•
•
Conditions de conservation
Effet du taux de refroidissement sur les poires
Gelure
Effet de la palettisation sur le taux de refroidissement
Refroidissement à air pulsé
Conditions de
conservation
Des températures de -1 °C à - 0,5 °C
sont recommandées pour l’entreposage
des poires. Les conditions d’entreposage
sous atmosphère contrôlée sont de 2,2 ±
0,2 % d’oxygène et de 0,7 ± 0,3 % de
dioxyde de carbone. Les périodes de
conservation approximatives des poires
Bartlett et Anjou en entrepôt ordinaire
sont de 90 à 150 jours, respectivement. 40
Tableau 3. Effet du taux de refroidissement et du retard dans la mise en entrepôt
sur la fréquence de blettissement des poires Bartlett
Nombre de jours avant Délai avant le
Blettissement du
température -1oC
refroidissement (jours) cœur* (%)
1
0
8
4
0
21
8
0
62
14
0
83
2
1
64
2
14
100
* 8 semaines d’entreposage à -1 °C, puis 7 jours à 20 °C. 41
Effet du taux de refroidissement sur les
poires
Remarque : 32 °F = 0 °C et 30 °F = -1,1 °C
Le taux de refroidissement joue un très
grand rôle dans la conservation des
poires, en particulier pour des variétés
comme la Bartlett. Les faibles taux de
refroidissement entraînent l’accélération
36
Effet de la température de conservation
(Anjou)
Mûrissement différentiel causé par un
mauvais refroidissement (Bartlett)
du mûrissement en entrepôt et, par
conséquent, une réduction de la
conservabilité en entrepôt et à l’étalage.
Les retards dans le refroidissement des
poires nuisent à la conservabilité; les
résultats peuvent être désastreux si le
retard du refroidissement s’accompagne
d’une lenteur de refroidissement
(tableau 3).
Gelure
Les poires ont un point de congélation
moyen de -2,2 °C; durant les années
à faible teneur en extraits solubles, les
poires peuvent facilement être touchées
par le gel. Les poires Bartlett possédant
8 % d’extraits solubles peuvent avoir un
point de congélation de -1,7 °C ou plus.
Sont particulièrement vulnérables à la
gelure les poires logées dans les caisses
supérieures, près des serpentins de
réfrigération, ainsi que dans les caisses
inférieures, où l’air froid peut se stratifier
si ces caisses sont mal empilées.
Les tissus touchés par le gel ont une
apparence vitreuse et peuvent être dégelés
sans lésions apparentes, mais une
congélation prolongée entraîne la dessiccation
et la formation de cavités internes. 42
surface exposée minimale contiennent
des fruits variant de complètement verts
à complètement mûrs. Les caisses à
remplissage serré présentent un taux
de refroidissement plus lent que les
caisses alvéolées pour un même mode
d’empilement (voir les thermocouples
1 et 7 ou 2 et 6 à la figure 2). 43
Refroidissement à air
pulsé
Le refroidissement à air pulsé permet
de réduire rapidement la température
du fruit. Grâce à cette méthode, l’air
froid circule rapidement au travers des
caisses, ce qui permet de réduire les
durées de refroidissement de quelques
jours à plusieurs heures. Deux rangées
de palettes séparées de 1 à 1,5 m dans
une chambre froide sont couvertes d’un
contreplaqué et un gros ventilateur est
placé à l’entrée, devant les palettes. Tous
les passages d’air, sauf ceux au travers
des caisses disposées sur les palettes,
sont obturés pour assurer la circulation
d’air froid au travers des caisses. 44
Effet de la température de
conservation (Bartlett)
Effet de la palettisation
sur le taux de
refroidissement
Une étude sur l’agencement des caisses
de poires Anjou sur une palette a révélé
l’existence d’une grande différence dans
les taux de refroidissement des fruits.
En effet, les caisses possédant une
Gelure (Bartlett)
37
Fig. 2
A, B Barquette
Effet du gerbage dans une palette
sur la vitesse de refroidissement des
poires Anjou. Effet de la palettisation
sur la vitesse de refroidissement.
Seconde
couche
Empilage serré (7 par couche)
Seconde
couche
Empilage libre (6 par couche)
C, D Remplissage étanche
Seconde
couche
Couche
supérieure
Empilage plein
Seconde
couche
Couche
supérieure
Espacées
Thermocouples
38
Temps de mi-refroidissement
(heures)
Nombre de jours pour atteindre la
température de base de 0oC
Maladies des abricots
•
•
•
•
•
Aperçu
Pourriture brune (espèces Monilinia)
Criblure (Wilsonomyces carpophilus)
Tache alternarienne (Alternaria alternata)
Pourriture à Rhizopus (Rhizopus stolonifer)
Aperçu
Les abricots cultivés à l’intérieur de la
Colombie-Britannique sont vulnérables
à la pourriture post-récolte. L’application
de fongicides comme le fenbuconazole
juste avant la cueillette permet souvent
d’empêcher cette pourriture, particulièrement la
pourriture brune causée par les espèces
Monilinia. Il est possible d’empêcher la
pourriture post-récolte causée par les
espèces Rhizopus, Monilinia, Botrytis
cinerea et Penicillium en trempant
les fruits ou en les inondant dans une
solution de fludioxinil. Voir l’étiquette du
produit pour des précisions sur ce traitement.
Pour obtenir un contrôle optimal, il faut
cueillir les fruits le matin, alors qu’ils sont
encore frais, et les placer immédiatement
en entrepôt frigorifique à une température
inférieure à 10 °C, ce qui empêche le
développement de la moisissure. Dans la
mesure du possible, le fruit devrait être
trempé dans une solution d’hypochlorure
de sodium donnant une concentration en
chlore disponible de 55 à 70 ppm, puis
rincé à l’eau claire (remarque : pour
100 ppm de chlore disponible, on ajoute
4 mL d’hypochlorure de sodium à 5,25 %
par litre d’eau). 45
Pourriture brune
Pourriture brune
(espèces Monilinia)
La pourriture brune, une importante
maladie chez les abricots, est provoquée par deux champignons appartenant à deux familles voisines, Monilinia
fructicola et M. laxa. M. fructicola est
de loin l’espèce la plus répandue en
Colombie-Britannique. Au printemps, les
dégâts causés par ce champignon se
manifestent principalement par la brûlure
de la fleur, la brûlure des rameaux et la
pourriture des jeunes fruits. L’abricot est
très vulnérable à la brûlure de la fleur.
L’inoculum de la brûlure de la fleur peut
déclencher la pourriture du fruit ou sa
décomposition après la cueillette. L’infection
des jeunes fruits pendant la floraison ou
peu après peut provoquer des infections
quiescentes sur les fruits verts qui se
développeront après la cueillette.
39
Sur les fruits en cours de mûrissement ou
parvenus à maturité, la pourriture brune
se caractérise par une tache de pourriture
grandissante, ferme et brune. Dans les
années de forte infection par la pourriture
brune, il est indispensable de traiter
les abricots avec du fludioxinil après la
récolte. La pourriture se développe plus
facilement sur les fruits les plus mûrs en
raison de leur richesse en sucre.
Il faut appliquer des fongicides pour
protéger les fleurs et les jeunes fruits de
l’infection, particulièrement s’il y avait
une forte présence d’inoculum dans
le verger l’année précédente et si le
printemps est humide. L’élimination des
fruits, des champignons et des rameaux
touchés par la brûlure des abricotiers
après la dernière cueillette de l’année
permet de réduire la quantité d’inoculum
de pourriture brune. Le nombre d’heures
de conditions humides nécessaires pour
que l’inoculum infecte les fleurs diminue
de 18 heures à une température de
10 °C à cinq heures à une température
de 25 °C. Généralement, il suffit de faire
une ou deux pulvérisations de fongicide,
mais dans le cas des variétés
particulièrement vulnérables et dans les
vergers ayant déjà été infectés par la
pourriture brune, il peut être nécessaire
de faire quatre pulvérisations. Les fruits
sont relativement résistants à la
pourriture brune lorsqu’ils sont verts,
mais ils redeviennent vulnérables
lorsqu’ils commencent à changer de
couleur, environ trois semaines avant la
cueillette. Lorsque les fruits commencent
à changer de couleur, il faut les protéger
de l’infection avec des fongicides.
L’application d’un fongicide une journée
avant la cueillette protégera le fruit
40
pendant une semaine environ. Les fongicides
ne peuvent rien contre les infections une
fois que l’inoculum est installé; ils sont
donc inefficaces contre les infections
quiescentes. La lutte contre les insectes
est importante à ce stade, car ils peuvent
transmettre des spores et faire des
lésions propices à l’infection.
Au Canada, le fludioxinil est homologué
pour le contrôle de la pourriture brune
sur les abricots après la récolte. Un
refroidissement rapide (à l’eau glacée,
par exemple) ou la conservation en
entrepôt frigorifique aideront à retarder
le développement de la pourriture brune.
Dans le cas du refroidissement à l’eau
glacée, il est conseillé de désinfecter
l’eau avec du chlore.
Criblure
Criblure (Wilsonomyces
carpophilus)
La criblure, également connue sous les
noms de brûlure corynéenne et de tache
pustulaire, est particulièrement fréquente
chez les abricots. De petits points ronds,
rugueux, de couleur rouge à violet
forment des boursouflures. On contrôle
ce champignon au stade de dormance
en pulvérisant une solution de cuivre
insoluble ou de la bouillie bordelaise et un
fongicide organique comme du ziram, du
captan, de l’iprodione ou du
chlorothalonil juste après la formation
des fruits. L’irrigation par aspersion, qui
mouille les feuilles et les fruits, augmente
le risque de maladie. L’émondage des
branches atteintes est la seule façon
d’éliminer les infections chroniques. 46
Tache alternarienne
(Alternaria alternata)
de lutte n’a été essayée en ColombieBritannique, mais on sait que le captan
et l’iprodione sont efficaces contre cette
maladie. 47
Pourriture à Rhizopus
(Rhizopus stolonifer)
Les champignons responsables de la
pourriture à Rhizopus et de la pourriture
brune se trouvent souvent ensemble chez
l’abricot. Le champignon cesse de se
développer lorsque la température chute
légèrement en-deçà de 10 ºC. Il faut donc
refroidir immédiatement les fruits. Un
rinçage à l’eau chlorée permet de réduire
le taux de contamination des fruits par
les spores de Rhizopus. En outre, un
traitement au fludioxinil par immersion
ou trempage à fond, avant l’entreposage,
permet de prévenir les infections par
la pourriture à Rhizopus et la
pourriture brune. 48
Des cas de tache alternarienne du fruit
causée par A. Alternata ont été recensés
dans l’État de Washington. La tache alternarienne du fruit est également appelée
pourriture à Alternaria dans d’autres fruits
à noyau produits en Colombie-Britannique.
En Californie, cette maladie porte le
nom de « fog spot » (littéralement, tache
due au brouillard) parce qu’elle survient souvent lorsque du temps humide
prévaut pendant la formation des fruits
et le mûrissement. De nombreux points
rouges éparpillés à la surface du fruit
apparaissent 18 jours après la chute des
sépales. Ces points prennent ensuite une
coloration beige, avec un centre nécrosé
et une couronne rouge. Aucune mesure
41
Conditionnement et conditions
de conservation des abricots
• Conditionnement
• Conservation
Conditionnement
Les abricots livrés à la station fruitière
sont refroidis à 10 °C avant le
conditionnement pour empêcher le
mûrissement trop rapide des fruits.
Conservation
Les abricots sont conservés à 0 °C.
Même si la conservation sous
atmosphère contrôlée est possible pour
les abricots, elle n’est pas encore entrée
en usage en Colombie-Britannique. Dans
cette province, le fruit emballé doit être
refroidi rapidement à 0 °C; la norme
minimale est de 4,5 °C en 24 heures
et de 0 à 0,5 °C en 48 heures. Les
températures d’expédition des abricots
ne doivent pas dépasser 4,5 °C.
42
Désordres des cerises
• Meurtrissures
• Fendillement
• Picoture superficielle
Meurtrissures
Fendillement
Les cerises risquent d’être meurtries
lorsqu’on les dépose dans des seaux non
rembourrés. Les meurtrissures causées
par des chocs pendant la cueillette provoquent la décoloration de la chair puis
l’exsudation de gouttelettes de liquide
et la formation de légères dépressions.
Une étude menée en Californie a révélé
que lorsqu’on laisse tomber des cerises
noires de Tartarie dans un seau non
matelassé, 25 % des cerises subissent
du brunissement interne, comparativement
à 2 % seulement si on utilise des seaux
matelassés. Dans cette étude, le brunissement
de la chair est apparu dans les 24 heures
suivant la cueillette, que ce soit à une
température de 21 °C ou de 1,5 °C, mais
l’exsudation de liquide à la surface est
apparue uniquement à une température
de 21 °C. La chair des cerises douces
blessées devient gorgée d’eau et prend
une teinte brune; ces meurtrissures sont
vulnérables aux infections par
des champignons. 49
Cerises meurtries
Lorsqu’une gouttelette d’eau reste sur
l’épiderme de la cerise pendant un certain
temps, elle est absorbée par osmose et
les cellules sous-jacentes augmentent de
volume. Étiré par la pression résultante,
l’épiderme finit par se déchirer. Le
fendillement débute souvent au point
d’attache de la queue, car le tissu
cicatriciel non protégé par la cutine
absorbe facilement l’eau.
Cerises mouillées par l’eau de pluie
et cerises fendillées
Certaines variétés, comme la Lapins,
sont résistantes au fendillement. La
pulvérisation d’une solution de sels de
calcium solubles, organiques ou non
organiques, permet de réduire le fendillement dans certains cas. Lorsqu’il pleut, à
moins qu’il s’agisse d’une courte averse,
la procédure visant à éliminer l’eau de
la surface des cerises avec un fort jet
d’air s’avère inefficace. Il n’existe aucune
preuve établissant un lien de cause à
effet entre le refroidissement à l’eau
glacée et le fendillement. 50
43
Picoture superficielle
Certaines années, on a observé beaucoup
de picoture superficielle chez les cerises
Van et, dans une moindre mesure, chez
les cerises Lambert. Les meurtrissures et
les lésions mécaniques sont responsables
de cette anomalie. D’autres facteurs qui
favorisent la picoture superficielle sont
l’immaturité du fruit et le conditionnement
du fruit à froid.
Des méthodes soignées de récolte et
de manutention ainsi que certaines
améliorations aux installations de
conditionnement permettent de réduire la
fréquence de la picoture. Une pulvérisation
unique d’acide gibbérellique environ trois
semaines avant la période de la récolte
(coloration jaune paille des cerises) peut
aider à améliorer plusieurs aspects de
la qualité du fruit. Ce traitement retarde
l’apparition de la colortion rouge, augmente
la fermeté et la grosseur du fruit et retarde
la période de sensibilité maximale des
cerises au fendillement causé par la pluie.
En outre, les fruits traités à l’acide
gibbérellique sont moins portés à
développer la picoture. L’application de
Picoture superficielle (Van)
44
calcium avant la récolte est un autre
moyen de réduire la picoture chez les
cerises douces. Des applications
hebdomadaires de chlorure de calcium
à 77 % de trois à quatre semaines avant
la récolte ont donné de bons résultats
dans l’État de Washington, bien que ce
traitement puisse réduire légèrement la
grosseur des fruits. 51
Maladies des cerises
•
•
•
•
•
•
•
Aperçu
Pourriture brune (espèces Monilinia)
Pourriture à Rhizopus (Rhizopus stolonifer)
Alternariose (Alternaria alternata)
Pourriture à Penicillium (espèces Penicillium)
Moisissure grise (Botrytis cinerea)
Criblure (Wilsonomyces carpophilus)
Aperçu
Les cerises ne sont pas aussi sensibles à
la pourriture post-récolte que les abricots
et les pêches, sauf en cas de fendillement.
Il faut néanmoins les refroidir immédiatement
après la cueillette à une température
inférieure à 10 °C. Une pulvérisation
de fongicide immédiatement avant la
récolte protège habituellement le fruit de
la pourriture, particulièrement si, après
la récolte, on trempe les cerises dans
une solution contenant entre 55 et 70
ppm de chlore disponible, en les rinçant
ensuite à l’eau claire. (Remarque : pour
100 ppm de chlore disponible, on ajoute
4 mL d’hypochlorure de sodium à 5,25 %
par litre d’eau). Il est possible d’empêcher
la pourriture post-récolte causée par les
espèces Rhizopus, Monilinia, Botrytis
cinerea et Penicillium en trempant les
cerises ou en les inondant dans une
solution de fludioxinil. 52
Pourriture brune
(espèces Monilinia)
Comme les abricots, les cerises sont
vulnérables à la pourriture brune pendant
la floraison. La température optimale pour
l’infection au stade de la floraison est de
25 °C. Les cerises redeviennent
hautement sensibles aux espèces
Monilinia lorsqu’elles changent de
couleur avant la maturité. Les cerises
fendues à cause de la pluie sont particulièrement vulnérables à cette infection.
Les spores de pourriture brune germent
et infectent rapidement le fruit par temps
humide assorti de températures propices
à l’infection, entre 20 et 26 °C. Le
champignon continue de se développer
à des températures inférieures, mais à
un moindre rythme. La pourriture brune
se reconnaît à la présence d’un feutrage
poudreux brun à la surface des cerises.
La décomposition des fruits et la sporulation
qui en résulte peuvent se produire en
quelques jours, si bien que cette maladie
peut se propager rapidement. Les fruits
momifiés et les rameaux atteints doivent
être retirés du verger avant la prochaine
saison de croissance. On peut prévenir
l’infection des cerises par la pourriture
brune pendant la saison de croissance
en faisant des pulvérisations fongicides
au moment propice, en mélange ou en
combinaison avec des fongicides utilisés
pour la lutte contre d’autres maladies. La
pourriture brune peut acquérir de la résistance
aux fongicides; il faut donc prendre des
mesures pour gérer ce problème avant
qu’il ne soit trop tard.
Pourriture brune sur des cerises
45
Un refroidissement rapide post-récolte est
nécessaire pour empêcher la pourriture
brune de se développer sur les cerises.
Le refroidissement à l’eau glacée permet
d’extraire rapidement la chaleur
accumulée dans les cerises au verger.
L’eau utilisée à cette fin doit être chlorée
afin d’empêcher l’accumulation de spores
et la contamination des fruits. Le fludioxinil
est homologué pour la lutte contre la
pourriture brune post-récolte sur les
cerises douces au Canada. Il doit être
appliqué juste après la récolte pour
prévenir la pourriture des cerises.
Pourriture à Rhizopus
(Rhizopus stolonifer)
La pourriture à Rhizopus se caractérise
par une masse abondante de mycélium
aérien sur lequel sont attachées des
structures appelées sporangiophores.
Ceux-ci sont couverts de minuscules
sporanges gris à noir (de la taille d’une
pointe d’épingle) qui donnent une
apparence grise à la pourriture. Les
sporanges se déchirent facilement,
laissant échapper des spores qui se
propagent dans l’air et contaminent
d’autres fruits. Le tissu infecté est mou et
aqueux. Une fois que le champignon est
implanté dans le fruit, il peut se propager
rapidement aux autres fruits et ainsi
former des foyers d’infection.
Le champignon est hébergé par les
matières végétales mortes et ses
spores sont largement répandues dans
l’atmosphère. Les jeunes fruits sont
résistants à ce type d’infection. Par
contre, le champignon pénètre dans les
fruits mûrs par les blessures survenues
pendant la cueillette et la manutention.
46
La conservation des cerises à des
températures inférieures à 4,4 °C
empêche la pourriture à Rhizopus.
Le fludioxinil permet de prévenir cette
maladie, pourvu qu’on l’applique avant
l’infection des cerises. 53
Alternariose (espèces
Alternaria)
L’alternariose apparaît sous forme de
feutrage vert foncé, le plus souvent sur
l’extrémité oculaire de la cerise. Les lésions
sont circulaires à ovales et peuvent
couvrir entre le tiers et la moitié du
fruit. La maladie survient dans les fruits
surmatures ou lorsque la pluie a provoqué
le fendillement des cerises et exposé la
chair aux infections. Une manutention
soignée des cerises est indispensable.
Aucun produit chimique n’est
actuellement homologué pour la
lutte contre l’alternariose. Toutefois,
l’iprodione, un produit homologué pour
la lutte contre la pourriture brune, est
également efficace contre cette
maladie. 54
Pourriture à Rhizopus
Pourriture à Penicillium
Alternariose
Pourriture à Penicillium
(espèces Penicillium)
Moisissure grise
(Botrytis cinerea)
de prévenir l’infection à Botrytis cinerea
s’il est effectué immédiatement après la
cueillette. 56
La pourriture à Penicillium peut gravement
endommager les cerises emballées
destinées à des marchés éloignés. Le
champignon peut provoquer des lésions
circulaires de couleur brun clair, qui
se couvrent de moisissures blanches
puis prennent une coloration bleu vert à
mesure que les spores se développent. Les
spores de ce champignon sont répandues
dans l’atmosphère, mais elles peuvent
uniquement infecter les fruits blessés
ou surmatures. Il est particulièrement
important de ne pas blesser les cerises et
de ne pas conserver les cerises fendues
à cause de la pluie. Une fois infectés, ces
fruits deviennent une source d’inoculum
pour les autres fruits. Le refroidissement
des cerises à des températures entre 0 et
4 °C réduit cette pourriture, particulièrement s’il débute par un refroidissement à
l’eau glacée. Un traitement au fludioxinil
permettra de prévenir l’infection à Penicillium s’il est effectué immédiatement
après la cueillette. 55
La moisissure grise des cerises peut
présenter un grave problème en Colombie
Britannique. Le champignon Botrytis
cinerea provoque également la pourriture
des jeunes cerises. Il infecte uniquement
les parties florales des cerises après des
périodes prolongées de temps froid et
humide. Si le temps humide persiste, la
pourriture peut s’installer dans les jeunes
fruits, sinon, une infection latente peut
donner lieu à de la pourriture lorsque le
fruit commence à mûrir. La moisissure
grise est répandue dans les fruits qui ont
été entreposés pendant un certain temps,
parce que le champignon y est hébergé
et se propage aux fruits sains qui se
trouvent à sa proximité.
Criblure (Wilsonomyces
carpophilus)
Moisissure grise (Cherry c. Sweetheart)
Criblure
La pulvérisation de fongicides dans le
verger est efficace contre B. cinerea au
stade de la floraison et avant la récolte.
Une manutention soigneuse, pour réduire
les blessures, et un refroidissement efficace
devraient aider à réduire la décomposition des fruits causée par la moisissure
grise. Un traitement au fludioxinil permettra
Les feuilles et les fruits infectés par le
champignon responsable de la criblure
présentent, sur toute leur surface, de
petits trous ronds caractéristiques, de 3 à
10 mm de diamètre. La criblure survient
principalement sur la partie pédonculaire
du fruit; l’épiderme devient liégeux et
rugueux. Sur les feuilles, les ronds
atteints finissent par tomber, donnant
l’apparence de criblures de plomb. Le
champignon se propage dans l’eau et
les systèmes d’irrigation par aspersion,
qui mouillent les feuilles et les fruits. Une
seule pulvérisation de dormance, avec
de la bouillie bordelaise ou l’application
à l’automne d’une formulation à base de
cuivre insoluble, permet de protéger les
cerisiers pendant tout l’hiver. Il est avisé
d’appliquer un fongicide organique comme
du ziram, du captan, de l’iprodione ou du
chlorothalanil après la chute des sépales
si des cas de criblure ont été observés
l’année précédente. 57
47
Conditions de conservation
des cerises
Les cerises se conservent bien durant au
plus cinq semaines à 0 °C sans pertes
de qualité graves. Il est recommandé
d’utiliser des doublures en polyéthylène
pour réduire les pertes d’humidité. Les
moisissures qui envahissent les cerises
par le tissu cicatriciel de la queue et qui
colonisent les contenants réduisent la durée
de conservation des fruits. Dans des
essais menés récemment au laboratoire
de recherche sur les arbres fruitiers de
l’USDA ARS de Wenatchee, dans l’État
de Washington, les fruits ayant reçu
plusieurs traitements fongicides étaient
protégés des moisissures pendant huit
semaines à l’entreposage (sept semaines
entre 1 et 4 °C plus une semaine à des
48
températures simulant les conditions en
magasin, soit de 20 à 21 °C). Les contraintes liées aux moisissures en ce qui
concerne la durée de conservation des
cerises sont particulièrement importantes
lorsqu’on emballe les fruits sous atmosphère modifiée. Les fruits se décomposent rapidement après être sortis de
l’emballage. Les recherches visant à
mettre au point une solution biologique
ou à utiliser des fongicides adaptés
pourraient permettre d’accroître l’utilité
de l’emballage sous atmosphère modifiée
dans le but de prolonger la durée de
conservation des cerises. 58
Désordres des pêches et des
nectarines
• Noyaux fendus
• Caractère laineux
Noyaux fendus
Le noyau fendu est un défaut courant
des pêches produites dans la vallée de
l’Okanagan. Les gros fruits qui se développent
sur les pêchers et les nectariniers faiblement
taillés ont tendance à développer des
noyaux fendus. Les pratiques culturales
telles qu’un éclaircissage excessif des
jeunes fruits, l’application d’eau
d’irrigation à des moments non propices
et l’annélation du tronc des arbres avant
ou pendant le durcissement des noyaux
contribuent à ce défaut.
Caractère laineux
par une texture farineuse. Il résulte de la
cueillette des fruits avant la maturité; on
peut réduire ce défaut en réchauffant les
fruits de manière intermittente pendant
l’entreposage ou en les maintenant à une
température de 20 °C pendant un ou
deux jours avant de les réfrigérer.
Chez les pêches et les nectarines,
le caractère laineux se définit par un
manque de jus et de saveur ainsi que
Conditions de conservation des
pêches et des nectarines
Les pêches peuvent se conserver à 0 °C
pendant deux à quatre semaines, selon
que les variétés sont précoces ou
tardives. Les périodes de conservation
plus longues altèrent la texture et la
saveur des fruits.
49
Maladies des pêches et des
nectarines
•
•
•
•
Aperçu
Pourriture brune (espèces Monilinia)
Pourriture à Rhizopus (Rhizopus stolonifer)
Oïdium (Sphaerotheca pannosa)
Aperçu
Les pêches et les nectarines cultivées à
l’intérieur de la Colombie-Britannique sont
très vulnérables à la pourriture post-récolte
une fois qu’elles ont atteint la maturité.
Pour obtenir un contrôle optimal, il faut
refroidir les fruits le plus tôt possible
après la récolte. Il est conseillé de les
tremper dans une solution d’hypochlorure
de sodium contenant de 55 à 70 ppm de
chlore disponible et de les rincer à l’eau
claire sous le robinet. (Remarque : pour
100 ppm de chlore disponible, on ajoute
4 mL d’hypochlorure de sodium à 5,25 %
par litre d’eau). Ce traitement permet
de détruire les spores des champignons
responsables de la pourriture à la surface
des fruits, mais il ne détruit pas les
agents pathogènes présents à l’intérieur
des fruits infectés avant la récolte. Le
fludioxonil et le dichloran sont homologués
pour la lutte contre la pourriture post-récolte
des pêches. Ils sont efficaces contre
la pourriture brune et la pourriture à
50
Rhizopus. Ces fongicides devraient être
appliqués si les fruits sont destinés à être
conservés pendant une semaine ou plus. 59
Pourriture brune
Pourriture brune
(espèces Monilinia)
Les pêches sont très sensibles à la
pourriture brune, en particulier
lorsqu’elles sont mûres. La pourriture
brune se présente sous la forme d’une
tache brune, de texture ferme, qui
s’étend rapidement. Sur les pêches, elle
prend la forme d’un îlot brun circulaire,
fréquemment à l’extrémité pédonculaire.
Des masses duveteuses de spores brun
clair se développent ensuite à la surface
des endroits atteints. La pourriture devient
visible 48 heures après l’infection. En
Colombie-Britannique, le champignon
survit à l’hiver dans le verger, sur les
fruits momifiés et les rameaux atteints.
Le stade sexuel (apothecia) des espèces
Monilinia n’a pas été observé dans
l’histoire récente; il ne pose donc pas de
problème pour la lutte contre ce champignon.
Du temps humide au printemps provoque
la production et la dissémination de
spores à partir des tissus infectés
antérieurement.
Les fruits infectés peu après la floraison,
quand le champignon devient quiescent,
peuvent présenter des symptômes
lorsqu’ils mûrissent ou pendant
l’entreposage et l’acheminement au
marché si le champignon commence à
se développer. La pourriture peut également
se développer à partir de lésions
causées par des insectes dans l’épiderme
des fruits, de lésions dues à des forces
physiologiques telles que des fissures,
ou à des blessures dues aux intempéries
(grêle). Les taux d’infection augmentent
considérablement si du temps humide
survient peu avant ou pendant la récolte
et que les concentrations de spores sont
élevées dans le verger.
L’efficacité de la lutte contre la pourriture
brune dépend des conditions sanitaires
du verger, du programme préventif
de pulvérisation de fongicides, de la
manipulation soigneuse des fruits à la
récolte (afin d’éviter les blessures) et du
refroidissement rapide des pêches. Les
applications préventives de fongicide ont
lieu à la floraison, pendant le mûrissement
des fruits et immédiatement avant la
récolte. On peut prévenir l’infection des
pêches et des nectarines par la pourriture
brune pendant la saison de croissance
en faisant des traitements fongicides
au moment propice, en mélange ou en
combinaison avec des fongicides utilisés
pour la lutte contre d’autres maladies. La
pourriture brune peut acquérir de la résistance aux fongicides; il faut donc prendre
des mesures pour maîtriser ce problème
avant qu’il ne soit trop tard.
Le refroidissement rapide des fruits se
fait à l’eau glacée. L’eau utilisée à cette
fin doit être chlorée afin d’empêcher
l’accumulation de spores et la contamination
des fruits. Le fludioxonil et le dichloran
sont homologués pour la lutte contre la
pourriture post-récolte des pêches. 60
Pourriture à Rhizopus
(Rhizopus stolonifer)
La pourriture à Rhizopus accompagne
souvent la pourriture brune des pêches
et des nectarines. Des taches circulaires
brunes gorgées d’eau apparaissent à la
surface du fruit, et l’épiderme se détache
facilement des zones infectées. Les fruits
touchés sont mous, aqueux et souvent
couverts d’une masse velue. Le champignon se propage rapidement aux autres
fruits et entraîne la formation de foyers
d’infection.
Les fruits sont infectés par les spores
de ce champignon pendant la récolte.
L’inoculum provient souvent de fruits
infectés par R. stolonifer qui sont laissés
au sol dans le verger. En se décomposant,
ces fruits dégagent des millions de
spores dans l’air. Les fruits sains sont
infectés par les lésions survenues pendant
la cueillette. La maladie survient quelles que
soient les conditions météorologiques
et peut surtout causer des dommages
graves chez les pêches gardées à mûrir
dans les conserveries.
Le maintien de la température
d’entreposage à 4 °C permet de lutter
efficacement contre la pourriture à
Rhizopus, car ce champignon cesse de
croître lorsque la température chute en
deçà de 4,4 °C. À l’entreposage, les
spores de R. stolonifer périssent, ce
qui réduit le risque d’infection en aval,
lors de la mise en marché des fruits.
Le dichloran et le fludioxonil permettent
de contrôler efficacement la pourriture
causée par Rhizopus. Étant donné que le
dichloran est incompatible avec les sels
de flottaison, il devrait être pulvérisé sur
la chaîne de conditionnement après le
rinçage. La rampe de pulvérisation devrait
être montée à 30 cm au-dessus de la
septième brosse et le jet devrait être
dirigé de façon à mouiller complètement
les pêches à la cinquième brosse. Six
buses espacées de 15 cm suffisent. Les
pêches destinées à la conserverie doivent
absolument être immergées dans une
solution de dichloran dès leur arrivée à la
station fruitière. L’iprodione est également
efficace contre R. stolonifer, spécialement
en mélange avec de l’huile. 61
Oïdium
Pourriture à Rhizopus des pêches
51
Oïdium (Sphaerotheca
pannosa)
L’oïdium et la tache de rouille, une
maladie causée par les champignons
responsables de l’oïdium, surviennent
rarement dans les vergers de pêches de
la Colombie Britannique. Les premiers
symptômes de l’infection sont des taches
circulaires blanches qui peuvent se réunir
pour couvrir la plupart du fruit. Sur les
pêches âgées, les zones infectées sont
croûtées et brunes, tandis que sur les
nectarines elles restent vertes.
Le champignon passe l’hiver sous forme
de mycélium dans la partie interne des
bourgeons du pêcher. Les spores sont
transportées par le vent et la pluie sur
les fruits. La pêche est vulnérable à
l’oïdium à partir du stade de fruit naissant
jusqu’au durcissement du noyau. Cette
maladie se développe davantage par
temps humide et doux.
La plupart des variétés de pêches
cultivées en Colombie-Britannique sont
résistantes à l’oïdium. Les variétés Rio-Oso-Gem,
Redskin et Bailey, qui sont cultivées comme porte greffes, sont vulnérables à cette
maladie. Des pulvérisations de fongicide
à base de soufre ou de myclobutanil,
effectuées à 10 ou 14 jours d’intervalle
à partir de la chute des pétales jusqu’au
durcissement du noyau, permettent de
contrôler l’oïdium. 62
52
Maladies des prunes et des
pruneaux
• Aperçu
• Pourriture brune (espèces Monilinia)
Aperçu
Les prunes et les pruneaux sont relativement
résistants à la pourriture post-récolte. Ils
peuvent se conserver pendant plusieurs
jours s’ils sont placés, immédiatement
après la récolte, en entrepôt frigorifique
à une température inférieure à 10 °C. On
peut également les sécher pour empêcher
leur altération pendant plusieurs
semaines. 63
Des pluies à l’approche de la récolte
et pendant le mûrissement des fruits
favorisent la formation de la pourriture
brune. L’inoculum peut provenir de
spores produites sur des fleurs atteintes
de brûlures ou sur des fruits momifiés
provenant de fruits à noyau, comme les
abricots et les pêches, cultivés à proximité.
dans les vergers ne se sont pas avérés
nécessaires en Colombie-Britannique. Si
la pourriture brune posait un problème, il
serait justifié d’adopter un programme de
pulvérisation similaire à celui utilisé pour
les pêches. 64
Pourriture brune
(espèces Monilinia)
La pourriture brune est la seule maladie
grave qui s’attaque aux prunes et aux
pruneaux dans les vergers
commerciaux de l’intérieur de la
Colombie-Britannique. Les premiers
symptômes de la pourriture brune sont
l’apparition de taches décolorées et un
ramollissement de l’épiderme. L’infection
se développe du jour au lendemain en
une masse poudreuse de spores brunes.
Pourriture brune (pruneaux italiens)
Les spores sont transportées sur les
fruits par le vent, la pluie et les insectes.
Des traitements contre la pourriture brune
53
Conditions de conservation des
prunes et des pruneaux
En prenant des échantillons de fruits
représentatifs et en suivant l’évolution de
la fermeté des fruits et de la teneur en
solides solubles, l’arboriculteur pourra
déterminer le meilleur moment pour
récolter les prunes. Les défauts, comme
une couleur du tissu interne indésirable,
le fendillement des extrémités, et la
présence de croûtes, de terre, d’insectes
et de dégâts causés par la moisissure,
doivent être évités dans la mesure du
possible au moyen d’une bonne gestion
du verger. On déshydrate les pruneaux
puis on les réhydrate afin d’en faciliter
la manutention et d’empêcher qu’ils
s’abîment. La plupart des prunes et des
pruneaux se conservent pendant deux à
trois semaines à 0 °C sans se dessécher,
mais les pruneaux italiens peuvent se
conserver pendant un mois. 65
54
Désordres du raisin de table
Lésions causées par le
dioxyde de soufre
Aucun traitement post-récolte n’est
recommandé pour les raisins de table
contre les pourritures, à part l’utilisation
de dioxyde de soufre sous forme de
tampon commercial. Ces tampons
empêchent le développement des agents
pathogènes en libérant du dioxyde de
soufre à l’intérieur de la caisse par
association avec l’humidité ambiante.
Le dioxyde de soufre à l’état gazeux est
efficace mais ne détruit pas les champignons dans les infections déjà établies.
Un équilibre délicat doit être respecté
entre la concentration de dioxyde de
soufre nécessaire pour prévenir le
développement des moisissures et la
concentration à partir de laquelle les
raisins sont endommagés. L’extrémité
du grain de raisin rattachée à la grappe
blanchit et la plupart des raisins rattachés
à une branche de la grappe se décolorent
partiellement en partant de l’extrémité
pédonculaire. En plus de provoquer le
blanchissement de l’épiderme, le dioxyde
de soufre peut donner un goût
désagréable à la chair des raisins.
Afin de réduire le risque
d’endommagement des raisins, les
grappes devraient être refroidies avant
d’être emballées afin que le dioxyde de
soufre puisse se dissiper lentement dans
un premier temps, ce qui prolongera
son utilité comme fumigant. Une autre
méthode consiste à utiliser des
tampons commerciaux à deux éléments.
Le premier élément dégage du dioxyde
de soufre immédiatement et le deuxième
élément en dégage après une certaine
période d’entreposage. 66
55
Maladies du raisin de table
• Aperçu
• Pourriture à Botrytis ou pourriture de la grappe (Botrytis cinerea)
• Pourriture à Penicillium (espèces Penicillium)
Aperçu
On lutte contre les maladies des raisins en
refroidissant les fruits aussitôt après la
récolte à moins de 10 °C. De l’information
sur la lutte contre les maladies des raisins
est disponible dans le guide de production
de raisin distribué par les fournisseurs
d’intrants agricoles ou le
BC Wine Institute
1737, rue Pandosy
Kelowna (C.-B.)
V1Y 1R2
Tél. : 250-762-9744
appels sans frais : 1 800-661-2294
courriel : dgeoffrey@bcwi.bc.ca).
Pourriture à Botrytis ou
pourriture de la grappe
(Botrytis cinerea)
La pourriture à Botrytis, également
appelée moisissure grise, est la plus
importante maladie affectant les raisins
après la récolte. Dans les vignobles, on la
connaît sous le nom de pourriture de la
grappe. Au début du développement de
la maladie, l’épiderme du raisin devient
lâche et se détache facilement. Viennent
ensuite une décoloration brune et la
Les principales maladies qui surviennent
après la récolte du raisin de table sont
énumérées ci-dessous. 67
Pourriture de la grappe
56
production de spores de couleur
gris-brun. On voit parfois apparaître une
croissance de moisissure blanchâtre sans
production de spores lorsque les
conditions sont humides.
L’infection peut survenir à tout moment
entre la floraison et la récolte. Lorsque
l’infection se produit tôt dans la saison,
le champignon demeure quiescent
jusqu’à ce que les grains de raisin
mûrissent. Le temps humide favorise les
infections au moment de la récolte.
La lutte contre cette maladie fait appel
à des pulvérisations de fongicide à des
moments soigneusement choisis au stade
de la pré-floraison. Les fongicides tels
que l’iprodione, le captan, le cyprodinil,
le fenheximide et le bénomyl s’avèrent
efficaces pour la prévention de la pourriture
de la grappe dans les vignobles. Il faut les
appliquer en alternance pour éviter que
le champignon B. cinerea ne développe
rapidement une résistance à l’un ou l’autre
de ces produits. Des recherches menées
dans plusieurs régions viticoles ont
démontré que le B. cinerea peut devenir
résistant au bénomyl, et on sait que cela
s’est produit en Colombie-Britannique.
Les mesures de prévention post-récolte
de la pourriture à Botrytis comprennent
une manutention soigneuse pour réduire
les blessures, et le refroidissement rapide
et l’application de dioxyde de soufre pour
prévenir la propagation du champignon
aux raisins sains. Dans des essais menés
au Centre de recherches agroalimentaires
du Pacifique à Summerland (C.-B.), la
substitution du dioxyde de soufre par de
l’acide acétique a donné des résultats
aussi efficaces et pourrait constituer une
importante solution de rechange dans les
situations où les résidus de sulfite doivent
être évités. Toutefois, l’acide acétique
devra être homologué pour ce type
d’usage. 68
Pourriture à Penicillium
(espèces Penicillium)
La pourriture à Penicillium, également
appelée moisissure bleue, se développe
en entrepôt frigorifique sur les raisins
de table. Les blessures présentes sur
le fruit se recouvrent d’une moisissure
blanche sur laquelle se développent des
spores poudreuses de couleur bleu-vert.
Les grains de raisin atteints sont mous et
aqueux et dégagent une odeur de moisi.
Des spores du champignon se trouvent
dans l’entrepôt frigorifique à moins que
des précautions extrêmes n’aient été
prises pour empêcher leur présence. Il est
très important de veiller à la manutention
soigneuse des grappes pour prévenir les
blessures, et de maintenir les contenants
et les surfaces de travail en parfait état
de propreté. De manière générale, les
espèces Penicillium infectent les grains
de raisin aux points de blessures et
continuent de se développer même dans
les températures de l’entrepôt
frigorifique; la moisissure finit par se
propager à l’ensemble du lot. La
moisissure P. expansum, qui produit
une toxine appelée patuline, figure parmi
les espèces Penicillium qui infectent
régulièrement les raisins. À cause de
cette toxine, il est important d’empêcher
le développement de la moisissure
P. expansum sur les raisins destinés à la
consommation humaine.
On réussit à maîtriser la pourriture à
Penicillium en réduisant au minimum
les blessures infligées aux grappes à
toutes les étapes de la production et de la
manutention. Les moyens de prévention
comprennent également l’entreposage
réfrigéré et la fumigation au dioxyde de
soufre. La fumigation à l’acide acétique
et l’irradiation se sont également avérées
efficaces dans des essais scientifiques. 69
Conditions de
conservation du
raisin de table
La plupart des variétés se conservent à
0 °C pendant plusieurs semaines. En cas
d’utilisation de doublures en polyéthylène,
on recommande une période de prérefroidissement de 24 heures avec la doublure ouverte pour réduire l’accumulation
d’humidité dans la caisse.
57
Annexes
Diagramme de l’anatomie de la pomme
Coupes schématiques d’une pomme, Malus pumila. Les dessins montrent les termes anatomiques
utilisés dans la présente publication. Les termes s’appliquent également aux poires. (Reproduit à partir
de Carne 1948.)
Cuticule et peau
Tissus sous-épidermiques avec
réseau de faisceaux vasculaires
Cortex externe
Cortex interne
Faisceau radial
Faisceau endocarpien
Carpelle et graines
Endocarpe
Chair de l’endocarpe
Cuvette oculaire
Tube de l’œil
Chair de l’endocarpe
Carpelle et graines
Cortex interne
Cortex externe
Cuticule et peau
Cuvette pédonculaire
58
Guide d’identification des
désordres des fruits à pépins
Pommes
Symptômes externes
Lésions causées par le dioxyde
de carbone
Similaires à l’échaudure superficielle,
avec des taches rugueuses et
renfoncées.
Blessure d’origine chimique
Blessure causée par l’exposition à des
produits chimiques phytotoxiques sous
forme soluble ou volatile. De petites zones
foncées se développent sur l’épiderme et
des taches circulaires plus importantes
peuvent apparaître s’il s’accumule du
liquide entre les fruits.
Marques de friction
Des zones diffuses et mal définies de
brunissement de l’épiderme apparaissent
principalement dans les parties
anguleuses de la surface du fruit à cause
d’une manutention négligente.
Lésions thermiques
Échaudure molle
Ce désordre causé par le lavage à l’eau
chaude pendant le conditionnement
ressemble à l’échaudure superficielle,
mais apparaît dans les deux à trois
semaines suivant un contact avec
l’eau chaude.
Ce désordre provoque l’apparition de
taches brunes de forme irrégulière bien
définies à la surface du fruit.
Tache de Jonathan
Ce désordre se manifeste par des
taches brunes et rondes de 2 à 4 mm de
diamètre à la surface du fruit. Ces taches
sont de couleur noire sur les pommes
rouges et de couleur plus claire sur les
pommes jaunes ou vertes.
Blessure causée par une faible
teneur en oxygène (alcool)
Cette blessure, qui rappelle l’échaudure
molle, provoque des lésions brun foncé
gorgées d’eau.
Roussissement
Taches unies de tissu liégeux apparaissant à la surface du fruit.
Insolation
Ce désordre provoque l’apparition de
zones blanches ou brunes du côté
du fruit exposé au soleil; ces taches
s’assombrissent souvent une fois que les
fruits sont sortis de l’entrepôt.
Échaudure superficielle
Ce désordre provoque une décoloration
brune diffuse de l’épiderme après
plusieurs mois en entrepôt frigorifique;
cette décoloration prend de l’ampleur une
fois que le fruit est exposé à des
températures plus élevées.
Symptômes internes
Brunissement du cœur
Ce désordre se manifeste par l’apparition
de tissu brun diffus dans le cœur du
fruit après plusieurs mois en entrepôt
frigorifique.
59
Brunissement de la chair
Ce désordre se manifeste par l’apparition
de chair brune dans le cortex, visible
dans une coupe transverse, à la jonction
de la tige et du centre du fruit.
Lésions internes causées par le
dioxyde de carbone
Ce désordre provoque l’apparition de
zones brunes relativement bien définies
dans le cortex ou le tissu du cœur. Avec
le temps, les lésions deviennent brun clair
et sèches et des cavités apparaissent.
Décomposition causée par une température trop basse
Ce désordre provoque le brunissement
diffus du tissu de cortex externe, mais
n’affecte pas le tissu du cœur.
Décomposition de sénescence
Ce désordre se manifeste par des zones
de ramollissement et de brunissement
du tissu du cortex, qui devient sec et
mal défini.
Dégradation vasculaire
Ce désordre provoque le brunissement
des principaux faisceaux vasculaires et
d’une partie du tissu adjacent.
Maladie vitreuse
Ce désordre provoque l’apparition de
tissu gorgé d’eau autour des faisceaux
vasculaires ou dans les autres tissus à
l’intérieur et à l’extérieur du cœur.
Symptômes internes
et externes
Poires
Taches amères
Verdissement dit « de luzerne »
Ce désordre provoque l’apparition de
petites zones brunes nécrosées autour
de l’extrémité oculaire du fruit. Ces
zones sont parfois visibles au travers de
l’épiderme et ont l’apparence de
dépressions vert foncé ou brunes.
Ce désordre est particulier à la variété
Anjou et se manifeste par l’apparition de
piqûres, de taches ou de stries vert foncé
sur l’épiderme du fruit.
Gelure
Ce type de blessure provoque le
brunissement de l’épiderme et la
présence de taches d’engorgement
d’eau. Le tissu du cortex brunit et des
cavités peuvent se développer à cause de
la déshydratation du tissu touché
par le gel.
Brunissement de la cavité
pédonculaire
Ce désordre est particulier à la variété
McIntosh et se manifeste par le brunissement de l’épiderme près de la cavité
pédonculaire.
Symptômes externes
Blessure d’origine chimique
Blessure causée par l’exposition à des
produits chimiques phytotoxiques sous
forme soluble ou volatile. De petites dépressions causées par la déshydratation
se développent et des taches circulaires
plus importantes peuvent apparaître s’il
s’accumule du liquide entre les fruits.
Marques de friction
Ces défauts se manifestent par une
décoloration brune, particulièrement dans
les parties anguleuses de la surface
du fruit.
Roussissement
Chez les poires, le roussissement est un
trait génétique.
Échaudure de sénescence
Ce désordre touche les variétés Bartlett,
Bosc, Sierra et Howell. Il se manifeste par
une décoloration allant du brun au noir
et qui tourne au jaune à l’entreposage;
le fruit atteint de ce défaut ne mûrit pas
normalement.
Échaudure superficielle
Ce désordre, qui touche les variétés
Anjou, Packham’s Triumph et Winter
Nelis, est caractérisé par le brunissement
de l’épiderme après l’entreposage et
pendant le mûrissement des fruits.
60
Symptômes internes
Lésions causées par le dioxyde
de carbone
Ce désordre provoque l’apparition de
zones brunes relativement bien définies
dans le cortex ou le tissu du cœur. Avec
le temps, les lésions deviennent brun clair
et sèches et des cavités apparaissent. Le
dioxyde de carbone ne provoque pas de
lésions à l’épiderme des poires.
Pourriture du cœur
Ce désordre se manifeste par la présence
de tissu brun, mou et aqueux autour
du cœur du fruit pendant ou après le
mûrissement.
Meurtrissure causée par une faible
teneur en oxygène
Les poires de variété Bosc cueillies
tardivement et conservées sous
atmosphère contrôlée contenant 1 %
d’oxygène peuvent présenter ce défaut
caractérisé par le brunissement du cœur.
Gelure
Ce type de blessure provoque l’apparition
de tissu translucide gorgé d’eau qui peut
ensuite prendre une coloration brun clair;
une zone verdâtre remplie d’eau peut se
former dans la partie externe du cortex et
comporter des cavités.
Symptômes internes
et externes
Taches amères (Anjou)
Ce désordre apparaît souvent dans les
variétés Anjou et Packham’s Triumph et
se caractérise par des lésions brunes
liégées dans la chair, normalement près
de l’extrémité oculaire. Une surface
irrégulière et des dépressions sombres
indiquent la présence de tissu attaqué.
Oculaire noir
Ce désordre est caractérisé par la
présence de tissu cortical à l’extrémité
oculaire du fruit; ce tissu devient dur et
granuleux et tourne souvent au noir.
Oculaire rose ou mûrissement
prématuré
Ce défaut affecte surtout la variété
Bartlett et se produit par temps frais
et en fin de saison. Il se caractérise
par le mûrissement précoce du fruit; le
jaunissement de l’extrémité oculaire et
la présence de lobes de couleur rose à
l’extrémité oculaire sont fréquents.
61
Désordres nutritionnels
•
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Aperçu
Carence en bore
Excédent de bore
Carence en calcium
Carence en fer
Carence en magnésium
Carence en azote
Excédent d’azote
Carence en potassium
Carence en zinc
Aperçu
Les situations de manque ou d’excédent
de minéraux peuvent provoquer dans
les fruits des symptômes pouvant être
confondus avec les symptômes causés par
des champignons ou des bactéries. De
l’information sur ces désordres est fournie
dans le guide de production de raisin
distribué par les fournisseurs d’intrants
agricoles et le
BC Wine Institute
1737, rue Pandosy
Kelowna (C.-B.)
V1Y 1R2
tél. : 250-762-9744
appels sans frais : 1 800-661-2294
courriel : dgeoffrey@bcwi.bc.ca).
On peut trouver de l’information sur les
désordres des fruits de verger dans la
publication intitulée « Integrated Fruit
Production Guide », qui peut être obtenue
chez les fournisseurs d’intrants agricoles
et auprès de la
62
BC Fruit Growers Association
1473, rue Water
Kelowna (C.-B.)
V1Y 1J6
tél. : 250-762-5226
téléc. : 250-861-9089
courriel : info@bcfga.com
Carence en bore
La carence en bore provoque la formation
de petits fruits déformés et de taches
de sécheresse, ainsi que le fendillement
des fruits, le mûrissement prématuré et
la chute des fruits avant la récolte. Elle
est rare chez les fruits à noyau. Chez les
prunes et les abricots, elle provoque la
nécrose des tissus au travers de la chair
et jusqu’à l’endocarpe. Il faut souvent
ajouter du bore dans les vergers d’arbres
fruitiers de l’intérieur de la ColombieBritannique. L’analyse du sol et des
feuilles permet d’en déterminer les
besoins. Cet oligo-élément doit être
appliqué au sol au mois d’août à la dose
recommandée. Le bore peut également
être appliqué par voie foliaire en mélange
avec des solutions de zinc, de magnésium
et de manganèse chélatés et d’urée.
Pour connaître les doses recommandées,
voir le chapitre 10 du « Integrated Fruit
Production Guide », qui peut être obtenu
chez les fournisseurs d’intrants agricoles
et auprès de la BC Fruit Growers
Association.
Excédent de bore
Chez les pommes, l’excès de bore peut
provoquer le mûrissement et la chute
prématurée du fruit. Il peut également en
réduire la durée de conservation.
Chez les fruits à noyau, l’excès de bore
provoque le fendillement et la production
de fruits ratatinés et déformés. Pour
connaître les doses recommandées,
voir le chapitre 10 du « Integrated Fruit
Production Guide », qui peut être obtenu
chez les fournisseurs d’intrants agricoles
et auprès de la BC Fruit Growers
Association.
Carence en calcium
Plusieurs désordres des pommes et
des poires sont dus au calcium, soit la
tache liégée, la maladie vitreuse, la tache
amère, la tache de Jonathan, le fendillement
profond et le soulèvement des lenticelles.
Chez les poires, la tache liégée (tache
amère), l’oculaire noir et le verdissement
dit « de luzerne » résultent du manque de
calcium. Le verdissement dit « de luzerne »,
également appelé tache verte, est limité à
la variété Anjou.
Il est possible de réduire au minimum
l’occurrence de la tache amère en faisant
une cueillette annuelle, en cultivant des
arbres de vigueur modérée, en produisant
Taches amères (Newtown)
Taches amères, dégâts internes (Anjou)
des fruits de taille moyenne et en
cueillant les fruits lorsqu’ils sont
parvenus à maturité. On ne devrait pas
faire d’épandages d’engrais azoté et
de magnésium en été. Les périodes
d’irrigation devraient être prévues de
manière à éviter une trop forte fluctuation de
la teneur en humidité du sol. L’émondage
estival peut permettre de réduire la
concurrence des fruits et des nouveaux
rameaux autour du calcium. Si le pH du
sol est bas, il faut ajouter de la chaux.
En plus de ces pratiques, on peut faire
des apports de chlorure de calcium par
pulvérisation. Le chlorure de calcium ne
provoque normalement qu’une légère
brûlure à la bordure des feuilles, mais il
peut également abîmer gravement les
feuilles et les fruits dans certaines conditions.
Afin de réduire ce risque, il faut respecter
les doses recommandées et appliquer le
chlorure de calcium pendant la partie la
plus fraîche de la journée. 70
Carence en magnésium
Carence en fer
Une haute concentration d’azote dans les
pommes favorise l’apparition de
différents types de pourritures. Le rapport
entre la teneur en azote et la teneur en
calcium dans la chair des pommes a une
La carence en fer se produit lorsque le
sol ne renferme pas suffisamment de
cet élément, lorsque la plante ne peut
extraire le fer à cause d’un pH élevé, ou
lorsque les arbres ne peuvent utiliser
efficacement le fer à cause d’un mauvais
égouttement du sol ou d’une irrigation
surabondante. Chez les fruits à noyau,
l’épiderme devient pâle et terne. La
carence en fer provoque également la
production de fruits de petite taille.
La pomme a besoin de grandes quantités
de magnésium. La carence en magnésium
provient plus souvent d’une haute
concentration en potassium dans l’arbre
que d’une faible teneur en magnésium
dans le sol. Elle peut provoquer la
réduction de la taille des fruits.
Carence en azote
La couleur des fruits bénéficie d’une
faible teneur en azote, car cette condition
favorise la production d’anthocyanine.
Les fruits à noyau mûrissent plus tôt et
ont une bonne coloration. Chez les pommes,
les fruits sont de plus petite taille et la
récolte est moins volumineuse qu’avec
une teneur normale en azote.
Excédent d’azote
Meurtrissure causée par le chlorure de calcium
63
grande importance : avec un rapport de
10, on n’observe aucun problème, alors
qu’un rapport de 30 entraîne toujours des
défauts. Il faut donc user de prudence
avec l’azote pour limiter les problèmes
liés au calcium, comme la tache amère.
L’excès d’azote retarde la venue à maturité
des fruits et favorise les maladies. Chez
les pommes et les poires, les doses
élevées d’azote augmentent le risque de
brûlure bactérienne, tandis que chez les
fruits à noyau, elles favorisent la pourriture brune.
Carence en potassium
Les feuilles de pommier ne montrent pas
nécessairement de symptômes lorsque
les fruits souffrent d’une carence en
potassium. Les pommes n’atteindront
pas leur taille normale ni leur coloration
naturelle. Les pommes rouges prennent
habituellement une coloration brune
peu attrayante.
Les fruits à noyau ont d’importants
besoins en potassium, de telle sorte que
la carence de cet élément provoque la
production de fruits de taille réduite.
Chez les pruneaux, on a observé que
la carence en potassium entraînait
l’obtention de fruits brûlés par le soleil qui
tombent de l’arbre prématurément.
64
Carence en zinc
Une carence en zinc entraîne une baisse
de la production. Les fruits à noyau sont
de petite taille et de couleur imparfaite.
La carence en zinc entraîne également
la déformation des fruits, défaut qui peut
être confondu avec des symptômes liés
à d’autres désordres. Chez les cerises, la
carence en zinc peut être confondue avec
la maladie X.
Lignes directrices pour la récolte
•
•
•
•
•
•
•
•
•
Aperçu
Pommes, variétés hâtives
Pommes, variétés intermédiaires
Pommes, variétés tardives
Poires
Abricots
Cerises
Pêches et nectarines
Prunes et pruneaux
Aperçu
Les lignes directrices qui suivent fournissent
de l’information sur les critères généraux
à utiliser pour déterminer si les fruits
sont prêts à cueillir. Ces critères ont été
élaborés pour de nombreux types de
fruits et doivent être utilisés si la production
est destinée à être vendue à une station
fruitière ou à un établissement vinicole.
Il faut obtenir ces critères auprès d’un
représentant de l’industrie au commencement de la saison de croissance, longtemps
avant la récolte. On peut trouver de
l’information sur les nouvelles variétés et
les temps de cueillette des fruits dans
la publication intitulée « Integrated Fruit
Production Guide », qui peut être obtenue
chez les fournisseurs d’intrants agricoles
et auprès de la
BC Fruit Growers Association
1473, rue Water
Kelowna (C.-B.)
V1Y 1J6
tél. : 250 762-5226
téléc. : 250 861-9089
courriel : info@bcfga.com
À la station fruitière, on classe les
pommes en tenant compte des défauts
suivants : meurtrissures, perforations,
roussissement, infestation de larves,
chenille du bourgeon, tordeuse de la
feuille, punaise, tache du thrips, dépôts,
tavelure noire, tavelure mouchetée,
insolation, frottement des rameaux, tache
amère, tache liégée, grêle, fendillement
de l’œil, piqûres d’insectes ou brûlures
de pulvérisation, déchets de pucerons,
pédoncule cassé ou absent, échaudure
d’entreposage, échaudure d’immersion,
gelure et blessures causées par le CO2.
Selon le nombre de défauts, on attribue
aux pommes un des grades suivants :
Extra de fantaisie, De fantaisie et
Commun (emballable). 71
Pommes, variétés
hâtives
Sunrise
Cueillir lorsque la pomme a atteint sa
saveur de fruit mûr et que sa couleur
change du vert au crème/jaune.
Gingergold
Cueillir lorsque la couleur de l’épiderme
passe du vert au jaune et que 25 à
50 % des pépins ont atteint leur
couleur définitive.
Silken
Cueillir lorsque la pomme a atteint sa
saveur de fruit mûr et que sa couleur
change du vert au crème.
Tydeman Red
La couleur de la chair étant le facteur déterminant, cueillir lorsque la chair passe
du vert au blanc.
65
McIntosh
La couleur des pépins étant le facteur
déterminant, cueillir lorsque 80 % des
pépins sont marron.
Golden Delicious
La couleur de l’épiderme étant le facteur
déterminant, cueillir lorsque l’épiderme
change du vert au blanc ou à l’argenté.
Cueillir d’après le taux de conversion
d’amidon. Il existe une corrélation étroite
entre la couleur de l’épiderme et la
teneur en azote. Une haute teneur en
azote s’accompagne d’une chair et d’un
épiderme verts, qui ont tendance à se
maintenir. La concentration en solides
solubles doit être égale ou supérieure à
12 % pour que le fruit soit considéré mûr.
Il existe des tableaux de conversion
de l’amidon.
Gala
La date de la cueillette est déterminée
par le taux de conversion de l’amidon; en
outre, la couleur doit changer du vert au
blanc crème. La Gala est une variété qui
se cueille sur une période prolongée; il
faut compter entre trois et cinq
cueillettes, selon la lignée et les
conditions ambiantes. Il existe des
tableaux de conversion de l’amidon.
Honeycrisp
La date de la cueillette dépend de la
couleur de l’épiderme, de la pression
interne du fruit et du taux de conversion
de l’amidon.
66
Pommes, variétés
intermédiaires
Red Delicious
La date de la cueillette dépend du taux
de conversion de l’amidon et du degré
de pigmentation rouge. La couleur de
la chair étant le facteur déterminant, la
cueillette a lieu lorsque la couleur verte
a disparu des faisceaux vasculaires et
que la chair a pris une teinte blanche. La
pigmentation verte peut persister dans
certains types de pommes présentant
des éperons, mais cela ne désigne pas
nécessairement une maturité tardive.
Ambrosia
Cueillir uniquement d’après le taux
de conversion d’amidon. Il existe des
tableaux de conversion de l’amidon pour
cette variété. Ne pas utiliser la couleur
comme indice de maturité. L’Ambrosia
mûrit sur une période brève; il faut veiller
à la cueillir avant qu’elle soit surmature.
Aurora Golden Gala
Cueillir d’après la saveur conférée
par l’amidon et lorsque la couleur de
l’épiderme vire au jaune, ainsi qu’en
fonction du taux de conversion
de l’amidon.
Jonagold
Cette variété parvient à maturité de la
fin de septembre au début d’octobre.
On utilise des grilles de coloration pour
assembler des caisses de couleur uniforme.
La teneur en amidon est souvent utilisée
comme indice de maturité. La Jonagold
nécessite au moins trois cueillettes.
Spartan
Cette variété mûrit à la mi-septembre,
juste avant la Red Delicious. La couleur
de l’épiderme et de la chair est le facteur
déterminant; la cueillette a lieu lorsque
que l’épiderme est devenu rouge vif à
l’extrémité oculaire, qu’il présente un
panache blanc, que la chair est blanche
et que les faisceaux vasculaires ont perdu
leur teinte verte.
Pinova
La date de la cueillette dépend de la
saveur, de la couleur de fond et du taux
de conversion de l’amidon.
Newtown
On effectue le test amidon-iode pour
déterminer le degré de maturité de cette
variété. Il existe des grilles de couleur
pour ce test.
Pommes, variétés
tardives
Braeburn
La date de la cueillette dépend du taux
de conversion de l’amidon et du degré de
pigmentation rouge. La date de maturité
dépend de la lignée. Certaines lignées
mûrissent en même temps que la Granny
Smith et la Fuji; l’expérience tend à confirmer que cette variété mûrit au même
moment que la Fuji. Il faut procéder à
plusieurs cueillettes.
Nicola
La date de la cueillette dépend du taux de
conversion de l’amidon et du changement
de la couleur de fond.
Fuji
Cette variété mûrit très tard, comme la
Granny Smith. La date de la cueillette
dépend du taux de conversion de
l’amidon, de la saveur et de la
pigmentation rouge.
Granny Smith
La Granny Smith mûrit du commencement
au milieu d’octobre dans le sud de la
vallée de l’Okanagan et dans la vallée de
la Similkameen. La date de la cueillette dépend
du taux de conversion de l’amidon, de la
saveur et de l’existence des débouchés.
Poires
Le degré de fermeté est l’indice de
maturité reconnu dans le cas les poires.
Tableau 4. Degré de fermeté acceptable pour la cueillette de six
variétés de poires
Variété
Fermeté (kg)
Date de cueillette (par
rapport à la Bartlett)
Dr. Jules Guyot
8.2-9.1
1 semaine plus tôt
Barlett
8.2-9.1
---
Flemish Beauty
5.0-5.5
2 semaines plus tard
Pink Lady
Bosc
5.5-6.4
3 semaines plus tard
La date de la cueillette dépend de la
pigmentation rose/rouge.
Anjou
5.5-6.4
5 semaines plus tard
Winter Nelis
5.5-6.4
7 semaines plus tard
Winesap
On détermine le degré de maturité
d’après le nombre de jours entre la pleine
floraison et la récolte. Cette variété doit
être cueillie environ 160 jours après la
pleine floraison, ou avant l’apparition de
la maladie vitreuse.
Rome Beauty
La date de maturité est voisine de celle
de Winesap, mais il faut se méfier
du risque de gel associé à une
cueillette tardive.
Abricots
La date de cueillette des abricots dépend
de l’usage auquel les fruits sont destinés.
La couleur de l’épiderme, abstraction
faite de toute pruine, est l’indice de maturité recommandé.
Tableau 5. Facteurs de maturité des abricots
Variété
Couleur
Expédition Temps de la cueillette
Wenatchee Moorpark
jaune
passable
Titon
jaune pâle
passable
7 jours après Moorpark
Skaha
orange
passable
5 jours avant Moorpark
Goldrich
jaune orange
bien
10 jours avant Moorpark
Tomcot
jaune/crème
médiocre
3 à 4 jours avant Goldstrike
Goldbar
orange et rouge
Goldstrike
orange et rouge
Rival
jaune et roses
Perfection
jaune
Pui Sha Sin
1 à 2 jours avant Goldstrike
7 jours après
bien
mûrit après Moorpark
médiocre
4 à 5 cueillettes
67
Cerises
La couleur de l’épiderme est le critère le
plus fiable pour déterminer le degré de
maturité des cerises.
Exigences en matière de taille
Pour les variétés de type rouge, la cueillette
a lieu lorsque les cerises sont de couleur
acajou clair à moyen. On peut se procurer
un nuancier pour mieux déterminer la
coloration. Dans le cas de la variété
Lapins, la couleur de l’épiderme n’est pas
un bon indicateur du degré de maturité.
Cette variété est mûre lorsque la chair est
entièrement rouge, que la zone entourant
le noyau est de couleur acajou foncé et
que l’épiderme est presque noir.
Variétés hâtives
Variétés semi-hâtives
La Summit est une très grosse cerise qui
mûrit cinq à dix jours avant la Lambert.
La Sylvia est une cerise de couleur rouge
moyen à foncé qui mûrit quatre à cinq
jours avant la Lambert.
La Sonata est une très grosse cerise
noire, à texture distincte, qui mûrit sept
jours après la Van.
Variétés tardives
La Lapins est une cerise rouge foncé qui
mûrit deux jours après la Lambert.
La Skeena est une grosse cerise noire
qui mûrit trois à quatre jours après
la Lambert.
Pêches et
nectarines
Étant donné que les pêches ne mûrissent
pas toutes en même temps, il peut être
nécessaire de faire jusqu’à trois cueillettes
dans les mêmes rangées d’arbres.
La grosseur, plutôt que la couleur de
l’épiderme, est le critère recommandé
pour déterminer le degré de maturité; le
toucher et l’apparence extérieure sont
également de bons indicateurs. Lorsque
les pêches sont mûres, la chair cède sous
une pression modérée et la ligne de suture est peu visible; les fruits sont ventrus
et lisses et comportent moins de velours
que les fruits immatures.
La Cristalina est une cerise rouge foncé
qui mûrit cinq jours avant la Van.
La Sweetheart est une cerise de bonne
qualité qui mûrit cinq à dix jours après
la Stella Lambert.
La Celeste est une cerise rouge foncé qui
mûrit cinq à sept jours avant la Van.
Tableau 6. Facteurs de maturité des pêches et des nectarines
Variété
La Sandra Rose est une cerise rouge
foncé qui mûrit trois jours après la Van.
La Bing est très vulnérable au fendillement
causé par la pluie.
La Van est vulnérable à la picoture.
Couleur
Temps de la cueillette
Pêche
Early Redhaven
épiderme rouge
Redhaven
épiderme rouge
Giohaven
épiderme rouge
Cresthaven
10 jours après la Redhaven
dernière semaine d’août
Nectarine
68
Crimson Gold
faible coloration
mi-août
Early Sungrand
épiderme rouge uniforme mi-août
Firebrite
épiderme rouge cerise
Redgold
épiderme rouge
trop tard à certains endroits
Tableau 7. Facteurs de maturité des prunes
Variété
Couleur minimale requise
Taille minimale
(cm)
English Damson
couleur 100 % noire caractéristique
---
Gold Plum
jaune prononcé
3.8
June Blood
pruine rouge
3.5
Peach plum
jaune bien prononcé
3.8
Bradshaw
35 % de rouge ou de violet pâle
3.5
Elephant Heart
50 % de teinte rouge
4.1
English Greengage
(fruit entièrement mûr basé sur l’indice) 2.5
Abundance
teinte de jaune
3.5
Burbank
teinte de jaune
3.5
Stanley
95 % de couleur noire
3.5
Damson
couleur caractéristique à 100 %
---
Sugar
couleur caractéristique à 65 %
3.2
President
80 % de marron à violet
3.5
Santa Rosa
couleur minimale non établie;
la Loi sur les produits agricoles au
Canada s’applique.
---
Pruneaux
La teneur en sucre doit atteindre au
moins 17 % pour les pruneaux italiens
ordinaires; la couleur de l’épiderme
devrait être à 50 % violet pâle pour les
lignées hâtives et à 75 % violet foncé
pour les pruneaux italiens ordinaires.
La chair doit être jaune clair et non verte.
Tableau 8. Point de congélation moyen de certains fruits
Fruit
Temp (oC)
Point de congélation maximal
observé*
Pommes
-2
-1.7
Cerises
-4
-1.8
Raisin (Labrusca)
-2.4
-1.3
Raisin (Vinifera)
-4
-1.3
Pêches
-1.4
-0.9
Poires
-2.3
-1.6
Prunes
-2.2
-1.3
* Information tirée de Porritt, S.W. 1974. L’entreposage commercial des fruits et des
légumes. Publication d’Agriculture Canada no 1532.
69
Références
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et E. Lötze. Related Disorders Guide.
Postharvest Information Network. 1 p.
Accessible sur le Web au http://postharvest.tfrec.wsu.edu/.
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in Red Delicious Apples. Postharvest Information Network. 3 p. Accessible sur le
Web au http://postharvest.tfrec.wsu.edu/.
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Your DPA Program Can Save You Money
and Headaches! Postharvest Information
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