L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE Charles-Henri Audet

L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE Charles-Henri Audet
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
À paraître à l’automne 1996 dans La structuration conceptuelle du langage — Tous droits réservés
Charles-Henri Audet
Professeur de français, Cégep de Sainte-Foy
Chargé de cours en linguistique française, U. Laval, U. du Québec à Chicoutimi, U. de Sherbrooke
L’une des plus grandes difficultés du français écrit, sinon la plus grande, pour la majorité des
francographes, c’est l’accord du « participe passé ». Un historien de la grammaire scolaire,
André Chervel (1977 : en particulier 110-111), soutient d’ailleurs, avec autant de sérieux que
d’humour, que c’est essentiellement pour enseigner et justifier l’accord du participe passé (cidessous désigné par pp) que les classes de grammaire française ont été inventées. Depuis
trois siècles, et particulièrement dans le cas de cette classe de mots, la noble tâche
d’apprendre aux élèves à écrire correctement ce qu’ils ne prononcent pas inspire des
grammairiens et des pédagogues de tout acabit. Dans des formulations plus ou moins
heureuses, chacun propose cinq, dix ou quinze règles « générales » et jusqu’à une trentaine
de cas particuliers ou d’exceptions. Rappelons-en ici un certain nombre, dans des
formulations principalement empruntées à Grevisse 1969 et 1980 :
1. Le pp employé « seul » s’accorde avec le mot auquel il se rapporte.
2. Le pp employé avec être (sembler, devenir, paraître, demeurer, rester...) s’accorde
avec le sujet du verbe (ou avec « son » sujet).
3. Le pp employé avec avoir (a) s’accorde avec le (son) c.o.d. placé avant et (b) reste
invariable s’il n’y a pas de c.o.d. ou (c) si ce c.o.d. est placé après.
4. Le pp d’un verbe accidentellement pronominal réfléchi ou réciproque s’accorde avec
le pronom c.o.d. réfléchi ou réciproque placé avant [comme si le verbe être était le verbe
avoir].
5. Le pp d’un verbe essentiellement pronominal ou d’un verbe pronominal passif
s’accorde avec le sujet du verbe (ou avec « son » sujet).
6. Le pp « conjugué » avec avoir suivi d’un infinitif (a) s’accorde avec le c.o.d. qui
précède le verbe si ce c.o.d. fait l’action exprimée par l’infinitif mais (b) reste invariable
s’il la subit.
7. Le pp d’un verbe impersonnel reste invariable.
8. Les pp des verbes intransitifs coûté, valu, pesé, etc. restent invariables quand ils sont
accompagnés d’un complément circonstanciel de prix, de valeur, de poids, etc. mais
s’accordent avec le (leur) c.o.d. si le verbe « devient » transitif.
9. Les pp ci-joint, ci-inclus, ci-annexé s’accordent quand ils sont épithètes ou attributs et
quand ils ont valeur qualificative ou prédicative mais restent invariables quand ils ont
valeur adverbiale.
10. Les pp attendu, y compris, non compris, etc. placés devant le nom ou le pronom
s’emploient comme prépositions et restent invariables ; mais ils sont variables quand ils
sont placés après le nom ou le pronom ou s’ils sont placés devant par inversion.
11. Le pp étant donné peut rester invariable ou suivre les règles de attendu, y compris,
non compris, etc.
12. Les pp dit, dû, cru, su, pu, voulu, etc. restent invariables s’ils sont suivis d’un
c.o.d. infinitif ou d’une proposition c.o.d. « sous-entendue ».
13. Les pp suivis d’un attribut du c.o.d. s’accordent souvent avec ce c.o.d. si celui-ci
les précède.
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14. Le pp reste invariable si son c.o.d. est un l’ mis pour cela, représentant une idée ou
une proposition ; il s’accorde si ce l’ représente un nom.
15. Le pp précédé d’un collectif ou d’un adverbe de quantité s’accorde selon le sens avec
ce collectif ou cet adverbe, ou avec son complément.
16. Le pp précédé de en s’accorde ou ne s’accorde pas si… mais ne s’accorde jamais s’il
est suivi de…, etc.
De quoi rendre fous les scripteurs ordinaires, mais aussi, ou surtout, de quoi ahurir les
linguistes habitués à croire que la langue est un système. Comment se ferait-il donc que
l’accord, donc un aspect du comportement, d’une seule et même partie du discours soit régi
par autant de règles distinctes?
S’agissant de cet accord, tout nouveau projet de réforme de l’orthographe amène ses
défenseurs intégristes, ses abolitionnistes radicaux et un bon nombre de révisionnistes plus
tendres et en apparence plus sensés, mais plus embarrassants, qui proposent d’éliminer les
« exceptions ». Plus embarrassants, ces derniers, parce que, ce faisant, sauf exception… ils
en créent. Ils en créent, par exemple, quand ils proposent qu’on laisse toujours invariable le
participe passé suivi d’un infinitif ou qu’on n’accorde plus le participe passé de certains
verbes pronominaux.
Le participe passif s’accorde avec son désigné passif
Les règles traditionnelles ne sont pas fausses : elles donnent les bonnes réponses. Mais
elles traitent les cas à la pièce, sur la base de considérations tantôt formelles, tantôt logiques,
et occultent le fondement sémantique du mécanisme. En face des multiples règles d’accord du
participe passé, le commun des usagers doit forcément se dire : ou bien la langue n’est pas
vraiment ma propriété mais celle de quelques génies autorisés qui seuls la comprennent ; ou
bien les règles elles-mêmes, inventées par ces privilégiés, ne sont pas justifiées. L’usage
naturel et les règles de grammairiens témoignent pourtant, ici comme ailleurs, d’une intuition
profonde : une nécessité commune. À prendre pour des règles individuelles et autonomes les
effets d’une seule et même cause, on donne faussement et inutilement à croire que la langue
est compliquée. Bescherelle, comme d’autres linguistes et d’autres grammairiens, le savait
bien, lui qui disait : « On a embrouillé une matière fort simple » (in Hanse, 1987 : 685).
Nous allons en effet montrer, ou tenter de montrer (voir aussi Audet, 1994 : Annexe B),
que tous les cas d’accord du participe passé reposent sur l’application — et, ici ou là, sur
l’application abusive ou le défaut d’application — d’une seule et même règle : Le participe
passé (ou, mieux, le participe PASSIF [pp]) s’accorde avec son désigné passif [DP] 1 . Une
seule, parce qu’il ne peut pas vraiment en être autrement : la langue est un système qui a
tendance à être systématique… La multiplicité inexplicable, aussi bien dans le cas qui nous
occupe que dans d’autres, relève presque toujours du fait que la règle générale commune, le
plus petit dénominateur commun, n’a pas été appréhendée. Notre projet sera donc de remplacer une trentaine de règles difficiles à mémoriser par une règle unique difficile à comprendre… mais plus satisfaisante pour l’intelligence et, en réalité, beaucoup plus pratique.
Derrière les multiples règles de surface formulées par la tradition scolaire sur l’accord du
participe passé se dissimule en fait UNE SEULE INTENTION DE LA LANGUE, voire même
UNE SEULE INTENTION DE L’USAGE, quelques fois désorientée, ou déjouée, mais une seule :
accorder le participe passé, ou passif, avec la personne en situation de patient (le DP) de
l’événement représenté en lui. Damourette et Pichon (1969), que je viens de lire, bien
tardivement, sur le sujet, expriment déjà cette règle unique, et deux fois plutôt qu’une : (1)
« En général, quelle que soit l’acception [de agente ou de patiente], c’est toujours le patient
1 Pour la définition des termes participe passif et désigné passif, voir la prochaine rubrique,
Considérations théoriques générales.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
3
[…] qui est susceptible d’être le support du participe de type su [c.-à-d. de type –é]. C’est
pourquoi nous appelons cet adjectif verbal participe patiental » (Tome 4 : 8, § 1172).
(2) « Puisque le patiental a toujours pour support le patient, il est naturel que ce soit avec ce
patient qu’en tant qu’adjectif, il s’accorde » (12, § 1174). 2
Cette règle unique saute aux yeux dans les cinq premiers cas traditionnels 3 :
Exemples
Règles traditionnelles
Règle unique
1. La terre rougie
Le pp employé seul s’accorde
Le pp (rougie) s’accorde avec
s’endort.
avec le mot auquel il se rapporte. son DP (la terre).
2. La terre est rougie.
Le pp employé avec être
Le pp (rougie) s’accorde avec
s’accorde avec son sujet.
son DP (la terre).
3a. Le soleil l’a rougie. Le pp employé avec avoir
Le pp (rougie) s’accorde avec
s’accorde avec son c.o.d. placé
son DP (l’ → la terre) 4 .
avant.
4. La terre s’est rougie. Le pp d’un verbe
Le pp (rougie) s’accorde avec
accidentellement pronominal
son DP (s’ → la terre).
s’accorde avec le pronom c.o.d.
placé avant, comme si le verbe
être était le verbe avoir.
5. La terre s’est
Le pp d’un verbe essentiellement Le pp (envolée, vendue)
envolée, vendue.
pronominal ou pronominal passif s’accorde avec son DP (s’ → la
s’accorde avec « son » sujet.
terre).
En résumé, le participe passif rougie, envolée, vendue s’accorde avec la personne en
situation de patient de l’événement « rougir », « envoler », « vendre » représenté en lui :
la personne rougie, envolée, vendue — la terre, l’ ou s’.
Considérations théoriques générales
Mais, avant d’aller plus loin, établissons certains faits :
• Le participe « passé » n’est pas un verbe, ou « parfois un adjectif et parfois un
verbe » ; il est toujours un adjectif — qui comporte des morphèmes de genre et de nombre
(et d’extension 5 ), comme tous les adjectifs et tous les substantifs français. Seulement, il a
2 Damourette et Pichon constatent qu’ « il en est en effet ainsi, d’une manière constante, quand ce participe
est employé en dehors des tiroirs verbaux » (§ 1174) et « de même, dans un tiroir formé avec l’auxiliaire
être » (§ 1175), mais que « la question est beaucoup plus complexe en ce qui concerne les tiroirs verbaux
formés avec l’auxiliaire avoir » (§1176). Pour comprendre cette complexité, disent-ils, « il importe d’avoir
devant l’esprit l’origine historique des tiroirs formés par le verbe avoir et le participe pariental ». Mais les
deux grammairiens ne compteront pas que sur l’histoire, ils en appelleront aussi, un peu comme nous le
ferons plus loin, aux distinctions nécessaires à faire entre sens logique et construction linguistique : en
résumé, le désigné passif (le patient du patiental) est une personne en situation grammaticale de patient
malgré la difficulté, dans certains cas, de le concevoir ainsi concrètement.
3 On n’est pas loin de la règle unique même en grammaire scolaire traditionnelle si l’on considère que les cinq
premières règles du Bon usage 1980 sont réduites à quatre par Goosse (Grevisse 1986 : § 904), qui, à sa
manière, amalgame les deux premières dans un seul énoncé; et que Grevisse lui-même (1980 : § 1910)
suggère que la plupart de ce qu’on appelle « cas particuliers » et « exceptions » peut en fait s’expliquer par
les règles générales appliquées avec discernement.
4 La flèche (→) signale le rapport de référence entre le DP et son référent.
5 L’extension, ou représentation d’ensemble, est le morphème de base de toutes les parties du discours
(Ouellet, 1990-1991 ; Audet, 1994) et s’identifie particulièrement facilement dans le substantif et l’adjectif
nominaux (Audet, 1994 : 45ss ; Ouellet, 1979 et 1985b : 195). Représentation d’un ensemble (un en-soi) :
le substantif ; représentation d’un sous-ensemble (un hors-soi) : l’adjectif.
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un morphème de plus que l’adjectif « qualificatif » ordinaire. Ce morphème, c’est la
représentation d’un événement, non pas de temps passé, mais de voix passive (Ouellet,
1987 : 189 ; Audet, 1994 : 76). En cela s’opposent rouge et rougie dans la terre rouge et la
terre rougie : le premier représente un sous-ensemble rouge ; le deuxième, un sousensemble devenu rouge.
Le traditionnel participe passé est donc un participe PASSIF. En cela, il s’oppose au
participe dit « présent » 6 , qui ne représente pas non plus du temps présent mais un
événement de voix active : une terre rougie / une terre rougissante. Alors que le participe actif
rougissante place son support laterre en situation d’agent, ou de désigné actif — c.-à-d. en
situation de personne rougissante, ou devenant rouge —, le participe passif rougie place ce
support en situation de patient, ou de DÉSIGNÉ PASSIF — c.-à-d. en situation de personne
rougie, ou devenue rouge. Ce renvoi du participe passif à un support passif n’empêche
pas, dans certains contextes, sa référence logique à un agent. C’est cette référence à un agent
qui, dans certains cas (ci-dessous 3b et 3c, par exemple), brouille la piste des règles d’usage.
Il n’empêche pas non plus que le support passif en cause soit concurremment le support
passif d’un autre événement — celui, par exemple, qui se trouve représenté dans un infinitif
(ci-dessous 6b).
• L’objet [direct] est toujours — il l’est par définition (Ouellet, 1988 : 224 ; Audet,
1994 : 155) — une personne en situation de patient de l’événement représenté dans le verbe
à l’égard duquel il exerce cette fonction : la terre, par exemple, est la personne rougie dans le
soleil rougit la terre. En conséquence, il est toujours une personne en situation de patient de
l’événement représenté dans le participe qui entre dans la composition du syntagme verbal
correspondant au verbe de « forme simple » (rougit – a rougi), et on pourrait s’attendre à ce
que l’usage dominant soit d’écrire * le soleil a rougie la terre. Or, tel n’est pas le cas ; il y a
une raison à cela, nous y reviendrons (encore sous 3c). On serait aussi en droit de s’attendre
à ce que vu s’accorde avec que aussi bien dans les tableaux que j’ai vu peindre que dans les
peintres que j’ai vus peindre : que est dans les deux cas l'objet [direct], donc le DP, de ai
vu(s). Ce n’est pourtant pas ce que prescrit le « bon usage », nous y reviendrons également
ci-dessous (en 6).
• Le sujet peut être simultanément l’agent et le patient des événements représentés dans le
verbe prédicat 7 et, en conséquence, dans le participe qui accompagne le verbe dans le
syntagme verbal. Il en est ainsi dans la terre rougit et la terre a rougi, où la terre est à la fois la
personne rougissante et la personne rougie. On pourrait donc s’attendre à devoir écrire * la
terre a rougie, comme on écrit la terre est descendue. Ce n’est pas ce qui est prescrit par les
grammairiens, nous en traiterons en 3b ci-dessous.
• Les verbes « pronominaux » n’existent pas. Ce qu’il y a de pronominal dans le verbe
« pronominal »… c’est le pronom — qui constitue toujours une partie du discours à part
entière et qui a toujours une fonction grammaticale (syntaxique) par rapport au verbe. Pas
question, par conséquent, de règles particulières pour l’accord du participe passif de verbes
« pronominaux ».
Analyse de cas particuliers : exceptions d'usage justifiées et moins justifiées
Les cas d’exception de l’usage relèvent ou bien du fait de tenir, on pourrait dire
légitimement, compte d’un rapport actif écran (le rapport logique du pp à un agent ; 3b et 3c,
par exemple) ou bien du fait d’accorder la priorité à un rapport passif concurrent de celui qui
s’établit entre le DP et le participe passif (le rapport de ce DP à l’événement représenté dans
6 Il s’agit bien de l’adjectif ant-ante (un homme aimant – une femme aimante) — abusivement appelé adjectif
« verbal » — et non du verbe en ant (un homme, une femme aimant ses enfants).
7 Dans un tel cas, le verbe est transitif réflexif (Ouellet, 1987 : 210 ; Audet, 1994 : 114).
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
5
l’infinitif, par exemple ; 6b), ou encore du fait de mal appréhender l’objet [direct] (le cas de
en, par exemple). Voyons cela de plus près.
Le pp avec avoir + objet postposé
Soit, donc :
Exemples
Règles traditionnelles
Règle unique
ou exceptions d’usage
à la règle unique
3c. Le soleil a rougi la Le pp employé avec avoir ne
Le pp (rougi) ne s’accorde pas
terre.
s’accorde pas avec son c.o.d.
avec un DP-objet postposé (la
placé après.
terre).
Règle d’exception remontant au
« Justification » de l’exception : Résistance naturelle à
XVIe s.
l’accord du pp avec un DPobjet renforcée du fait que ce
DP se trouve placé hors-champ
du rapport logique qui s’établit
entre le pp et le DA-sujet.
Dans le soleil a rougi la terre, l'objet la terre est la personne rougie et on devrait s’attendre
à ce que le participe passif rougie s’accorde avec 8 : *le soleil a rougie la terre, comme il
s’accorde quand ce même objet, pronominalisé, précède le verbe : le soleil l’a rougie. La
langue ne s’oppose pas à un tel accord et les écrivains, on le sait, l’ont d’ailleurs librement
pratiqué jusqu'au XVIe siècle, et moins librement jusqu’au XVIIIe. (Ronsard, dans ce cas,
malgré Marot, accordait chaque fois que le rythme ou la rime s'en trouvaient servis : « …la
rose / qui ce matin avait déclose / sa robe de pourpre au soleil… ». Deux siècles plus tôt,
Colin Muset écrivait : Elle a tôt remise la quenouille. Et, deux ou trois siècles plus tard, les
exemples d’accord foisonnent encore.) Mais elle ne s’opposerait pas non plus à ce que
l’accord avec l’objet fasse toujours « exception ». L’exception en cause, presque
systématique dans l’oral populaire contemporain, convenait fort bien à J.-P. Camus en
1560 : […] toutes les œuvres qu'elle aura fait et composé 9 ; et survient encore quelquefois
sous la plume de Diderot, entre autres : (vers 1778) Elles [les cornes] viennent
nécessairement avant avec le tems, et ainsi de toutes les autres parties qui les ont précédé 10 .
Ce qui gêne dans le cas de l’accord avec l’objet, et surtout en postposition (l’objet–patient
est alors placé hors-champ du rapport sujet–prédicat et n'est pas encore apparu dans la
séquence à l'arrivée du participe), c’est que le participe passif est aussi mis en état de rapport
logique avec une personne en situation d’agent, le sujet du verbe. Ce rapport entre
l’événement représenté dans le participe et son agent logique (le sujet du verbe) apparaît
comme primordial et tend, d’une certaine manière, à effacer celui qui s’établit avec l’objet du
même verbe — le verbe en cause étant, bien entendu, non pas le participe (comme le donnent
à supposer les formulations traditionnelles s'accorde avec « son » sujet ou avec « son »
c.o.d. placé avant), mais l’« auxiliaire ».
Le pp avec avoir sans objet
Soit :
8 (S’accordeavec.) Tournure française qui n'est pas exclusivement familière ; cf. les sources de Grevisse,
1986 : 2249.
9 « Privilège du Roy » pour les œuvres de Ronsard, in Pierre de Ronsard, Œuvres complètes, X, Paris,
Librairie E. Droz, 1939 : 169.
10 Diderot, Éléments de physiologie, Paris, Librairie Marcel Didier, 1964 : 39.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
3b. La terre a rougi.
(~La terre est
descendue.)
6
Le pp employé avec avoir sans
c.o.d. est « invariable ».
Le pp (rougi) ne s’accorde pas
avec son DP (la terre).
« Justification » de l’exception : Ce DP de rougi en est
simultanément le DA logique ;
sentiment, avec avoir, de la
préséance du rapport au DA.
Dans la terre rougit et la terre a rougi, le sujet la terre est en situation de patient de
l’événement « rougir » représenté aussi bien que dans la terre descend et la terre est
descendue. Le participe passif rougi pourrait donc s’accorder. Ce qui entraîne le refus
d’accord, c’est le sentiment, justifié, de la prédominance de l’agent dans le voisinage du
verbe avoir, qui évoque l’extériorité de l’agent et du patient. Il y a sentiment de sa nonprédominance dans celui du verbe être, qui évoque l’intériorité de l’un par rapport à l’autre.
En résumé, dans la terre est descendue, la langue elle-même privilégie le rapport pp – DP
alors que dans la terre a rougi elle privilégie le rapport pp – DA. L’usage, sans y être
absolument contraint, n’a pas absolument tort de s’accorder à ce fait.
Dans le cas des transitifs réflexifs (où le sujet est à la fois agent et patient : la terre rougit,
la terre descend), c’est l’impression de la prépondérance de l’agent ou du patient qui entraîne
l’emploi de l’« auxiliaire » être ou de l’« auxiliaire » avoir dans la « forme composée ».
C’est cette même impression qui pousse à accorder ou ne pas accorder le participe. Notons au
passage que les moins lettrés, dont les enfants, ont tendance à privilégier l’agent plus souvent
qu’autrement et à dire la terre a descendu.
Le pp suivi d’un infinitif
Soit :
6a. Les peintres que
Le pp suivi d’un infinitif
j’ai vus peindre.
s’accorde quand son c.o.d. est le
« sujet » de l’infinitif.
6b. Les tableaux que
Le pp suivi d’un infinitif ne
j’ai vu peindre.
s’accorde pas quand ce c.o.d. est
l’ « objet » de l’infinitif.
6c. Les tableaux que
j’ai vu tomber.
Même règle que 6b.
6d. Les tableaux que
j’ai voulu peindre.
Même règle que 6b assortie de la
juste considération que l’objet de
ai voulu est peindre.
Le pp (vus) s’accorde avec son
DP (que → les peintres).
Le pp (vu) ne s’accorde pas
avec son DP (que → les
tableaux).
« Justification » : Que est
aussi et apparaît être davantage
le DP de peindre.
Le pp (vu) ne s’accorde pas
avec son DP (que → les
tableaux).
Même justification qu’en 6b :
Que est concurrement le DP de
tomber.
Fait supplémentaire : Que est
aussi le DA de tomber (verbe
transitif réflexif).
Accord non avenu ; aucune
exception en cause : Que n’est
pas le DP de voulu mais de
peindre. (Le DP de voulu est
peindre, objet de ai voulu.)
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
6e. Les peintres que
j’ai fait peindre.
(Au sens de …que
ai amenés à
peindre.)
Les tableaux que
j’ai fait peindre.
Le pp fait suivi d’un infinitif est
toujours invariable.
(Entendre : non seulement quand
l’objet subit l’action de l’infinitif,
comme dans 6b, mais aussi
quand il la fait, comme dans 6a.)
7
Le pp fait suivi d’un infinitif ne
s’accorde jamais avec son DP
(que → les peintres, les
tableaux).
« Justification » du cas que →
les peintres : alors qu’en 6a,
que apparaît comme la
personne vue, il n’apparaît pas
ici logiquement comme la
personne faite.
N.B. Que est pourtant l’objet
de l’infinitif ai fait, donc le DP
de fait, qui devrait s’accorder.
6f. Les tableaux que
Le pp laissé suivi d’un infinitif
Le pp laissé[e] s’accorde ou ne
j’ai laissé[s]
peut s’accorder ou ne pas
s’accorde pas avec son DP
tomber, peindre.
s’accorder.
que.
Fondement de l’ambivalence
de l’usage : Hésitation entre
assimiler ce cas à 6a et 6b ou
l’assimiler à 6e.
L’accord du participe passif avec l’objet du verbe est aussi gêné quand le patient de l’événement représenté dans le participe (que, par exemple, dans les tableaux que j’ai vu peindre)
est simultanément le patient logique d’un autre événement — celui qui se trouve représenté
dans l’infinitif qui le suit : ici, que est aussi la personne peinte. Le « bon usage » actuel,
dans ce cas, privilégie le rapport au patient mis en cause par l’infinitif : que, chose vue
semble être davantage chose peinte. Cette tendance à privilégier le rapport à l’infinitif est
évidemment renforcée, dans la tradition grammaticale, par le fait qu’on estime que le que est
ici l’objet de l’infinitif. Mauvaise analyse, évidemment. Que est l’objet de ai vu et l’infinitif
peindre est attribut de l’objet que, tout comme il l’est dans les peintres que j’ai vu peindre.
C’est ce que met en évidence la place du pronom personnel les — devant ai vu — dans la
transformation Je les ai vu(s) peindre, valide pour les deux syntagmes. L’opposition d’usage
les tableaux / les peintres que j’ai vu / vus peindre, censée mettre en évidence le fait que que
(les tableaux / les peintres) est dans un cas la chose peinte et dans l’autre pas, obnubile le fait
que ce que est dans les deux cas la chose vue. Si, pour « simplifier la langue », il fallait faire
une seule règle de l’accord du participe passif suivi d’un infinitif, cette règle devrait être, non
pas « jamais d’accord », comme le proposent parfois les réformistes, mais l’accord
toujours. Proposer l’« invariabilité », c’est proposer une exception.
Aux cas 6a et 6b s’oppose le cas 6d : les tableaux que j’ai voulu peindre. Ici, la
transformation donne j’ai voulu les peindre : que est objet de l’infinitif, devant lequel il se
place, et le refus d’accord de voulu est normal. Pas question d’« exception ».
Quand à fait et laissé, ils posent aux logiciens un problème particulier : on admettra
volontiers que les tableaux aussi bien que les peintres soient la personne vue dans les
tableaux, les peintres que j’ai vu / vus peindre, mais on conçoit mal qu’ils soient la personne
faite, ou même la personne laissée dans les tableaux, les peintres que j’ai fait, laissé[s]
peindre. Que dans les deux cas n’en est pas moins l’objet de ai (comme il l’est de fais ou
laisse dans les tableaux, les peintres que je fais, laisse peindre), ainsi que l’indique la
transformation je les ai fait, laissé[s] peindre. En effet, la transformation j’ai fait, laissé les
peindre est impossible. Il ne faudrait donc pas faire un cas d’exception de fait + infinitif, ni
aligner sur cette exception le cas de laissé. C’est pourtant ce maintien d’exception et cet
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
8
alignement que propose le dernier projet de réforme de l’orthographe, celui de 1990
(Masson, 1991 : 135 et 164).
Le pp des « verbes pronominaux »
Soit :
4. La terre s’est rougie. Le pp d’un verbe
accidentellement pronominal
s’accorde avec « son » c.o.d.
antéposé comme si le verbe être
était le verbe avoir.
5. La terre s’est
Le pp d’un verbe essentiellement
envolée, s’est
pronominal ou pronominal passif
vendue.
s’accorde avec « son » sujet.
Le pp (rougie) s’accorde avec
son DP (s’ → la terre).
Le pp (envolée, vendue)
s’accorde avec son DP (s’ → la
terre).
4b. La terre s’est rougi [Le pp des verbes pronominaux
Le pp (rougi) ne s’accorde pas
les vallées.
ne s’accorde pas avec un c.o.d.
avec un DP objet postposé (les
placé après le verbe ; cas où il
vallées).
faut faire comme si le verbe être
Même règle d’exception et
était le verbe avoir.]
même justification qu’en 3c.
4c. Elle s’était laissé[e] En principe, mêmes règles que
Le pp (laissé[e]) s’accorde ou
piéger, aller.
6a et 6b.
ne s’accorde pas avec son DP
Mais hésitation de l’usage. (Dixit (s’→ Elle).
Goosse, 1986 : § 915, rem. 3 : Même hésitation d’usage qu’en
Les écrivains, à tort, accordent
6f ; même critique : s’, DP
souvent le pp laissé quand le pro- logique de piéger (mais pas
nom réfléchi est l’objet de l’infi- son objet) ou DA logique de
nitif. — « À tort » évidemment
aller (tous les deux attributs de
dans le cadre de la logique
s’), est toujours DP de
appliquée ailleurs.)
laissé[e] ; laissé devrait donc
s’accorder, même dans la
forme dite « pronominale
réfléchie ».
4d. Elle s’était fait
Le pp fait suivi d’un infinitif est
Le pp (fait) ne s’accorde pas
croire, piéger.
toujours invariable.
avec son DP (s’ → Elle).
Même règle qu’en 6e.
Même phénomène qu’en 6a et
6b, mais même raisonnement
qu’en 6e.
Évidemment, s’, DP logique
de piéger (lui-même attribut de
s’), est aussi DP de fait, qui
devrait donc s’accorder.
Le participe passif des verbes « pronominaux » s’accorde toujours de la même manière,
c.-à-d. avec l’objet du syntagme verbal auquel ce participe appartient. Et cet objet n’est pas
moins objet dans les « essentiellement » pronominaux ou les pronominaux « passifs » que
dans les « accidentellement » pronominaux — s’il est vrai que le terme OBJET désigne une
fonction syntaxique et non un élément de la réalité. Il faut considérer que, dans l’univers
matériel, le me de je me lave ou de me suis lavée n’est pas plus distinct du je qu’il ne l’est
dans je me suicide ou me suis suicidée, ou que le se n’est distinct de les légumes dans les
légumes se vendent ou se sont vendus. S’il fallait se baser sur la réalité du référent pour
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
9
accorder aux mots leurs fonctions grammaticales, il faudrait aussi refuser la fonction d’objet
au me de je me lave : dans la réalité extralinguistique, le je sujet et le me objet (deux
premières « personnes » grammaticales) ne sont qu’une seule et même personne physique.
Thimonnier (1974 : 265, § 428 NB), qui persiste à croire que le participe passé des verbes
essentiellement pronominaux et pronominaux passifs, contrairement à celui des
accidentellement pronominaux, s’accorde avec le sujet plutôt qu’avec l’objet, n’en remarque
pas moins « que, dans les deux cas […], le résultat, du point de vue orthographique, est
exactement le même ». On pourrait ajouter : la confusion sujet/objet n’est donc pas coûteuse
et on peut dans la pratique se permettre de ne pas s’en défaire. On se donne d’ailleurs bonne
conscience : dans les « accidentellement pronominaux » et les « pronominaux passifs », le
pronom réfléchi se remplace mal, logiquement, par un pronom objet non réfléchi.
Linguistiquement parlant, il se remplace pourtant (dans ce cas, avoir se substitue à être) et le
remplacement montre à l’évidence que c’est bien avec lui, l’objet, que l’accord se fait : Il
s’est suicidé Il l’a suicidée ; Les légumes se sont vendus Les légumes l’ont vendu[e].
En résumé, dans toutes les constructions dites « pronominales », le pronom réfléchi est
une personne en situation linguistique (c.-à-d. grammaticale) de patient malgré les
inconvénients logiques apparents. Ainsi, dans les légumes se vendent bien, l’objet se est une
personne en situation linguistique de patient (et le sujet les légumes, une personne en
situation d’agent) de l’événement représenté dans vendent malgré l’objection faite par les
esprits logiques que les légumes ne se vendent pas eux-mêmes. Dans les légumes se sont
vendus, se est le désigné passif de sont et de vendus. Vendus s’accorde donc avec se et non
pas avec les légumes. Et nul besoin de faire (sauf pour l’utilité du « truc ») « comme si le
verbe être était le verbe avoir » ; c’est que le verbe être peut avoir un objet direct.
Dans « Le journal où j’œuvrais [Le Devoir], une institution unique en Amérique du
Nord et qui ne s’était jamais laissé trop piéger par la vulgarisation… » (Lise Bissonnette11 ),
il faudrait écrire laissée : s’, objet de était (et non de piéger), est le DP de laissée aussi bien
que de piéger, et c’est avec ce patient que le participe devrait s’accorder.
La règle unique appliquée à presque tous les cas d’emploi
Mention de l’accord du participe passif (pp) avec ce
Exemples 12 , comprenant des
qui est ou est estimé en être le désigné passif (DP)
reprises de structures identiques ou
dans l’usage ; ou du refus d’accord avec ce qui l’est
semblables mais qui font traditionmais est estimé ne pas l’être.
nellement l’objet de considérations
particulières dans les grammaires.
Lorsqu’il y a lieu, commentaire, ou critique, du raisonnement qui motive ou sous-tend l’usage.
1. Une affaire manquée.
2. Elles sont arrivées hier.
3. Elles ont rougi.
Le pp marquée s’accorde avec son DP une affaire.
Le pp arrivées s’accorde avec son DP elles.
Le pp rougi ne s’accorde pas avec son DP elles.
Résistance légitime de l’usage :
Ce DP est aussi en situation de DA ; situation vue
comme préséante.
11 La passion du présent, Boréal Express, 1987 : 9.
12 Sauf accident, la numérotation des exemples qui suivent est sans concordance avec la précédente.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
10
4. Les efforts que nous avons
faits.
Le pp faits s’accorde avec son DP que → les
efforts13 .
Résistance « légitime » de l’usage oral populaire
(refus d’accord avec un DP objet [du verbe]) : l’événement représenté dans ce pp se dit aussi logiquement
d’un DA, le sujet du verbe.
5. Nous avons fait des efforts.
Le pp fait ne s’accorde pas avec son DP que → des
efforts.
Règle d’exception de l’usage : refus d’accord avec un
DP objet [du verbe] postposé. Résistance définie en 4
renforcée par le fait que ce rapport pp–DP est placé
hors champ du rapport pp–DA, qui l’obscurcit.
Le pp rendu ne s’accorde pas avec son DP compte.
Compte est un objet postposé, tout comme des efforts
en 5. Même règle d’exception d’usage qu’en 5.
N.B. Cet objet n’est pas pronominalisable (*Elle se
l’est rendu) parce qu’il est constitué d’un nom
« commun » seul, privé de support pronominal (c.à.-d. privé de « déterminant »). Même phénomène
que dans Elle a eu faim, etc.
Le pp baignées s’accorde avec son DP se → Elles.
Les pp évadées, tues, évanouies, allées s’accordent
avec leur DP se → Elles.
C’est-à-dire avec l’objet et non avec le sujet du
verbe ; le sujet n’est que le référent de l’objet, exactement comme dans le cas des « accidentellement pronominaux ».
6. Elle s’est rendu compte.
7. Elles se sont baignées.
8. Elles se sont évadées, tues,
évanouies.
Elles s’en sont allées.
9. La bataille s’est livrée.
Elle s’en est allée.
Les pp livrée, allée s’accordent avec leur DP s’ → la
bataille, Elle.
Et le pronom s’ est un véritable mot avec une véritable
fonction syntaxique, celle d’objet du verbe, tout
comme les pronoms des autres « pronominaux ».
10. Les violonistes que j’ai
entendus jouer.
Le pp entendus s’accorde avec son DP que → les
violonistes.
11. Les airs que j’ai entendu
jouer.
Le pp entendu ne s’accorde pas avec son DP que →
les airs.
Résistance non avenue de l’usage fondée sur le fait
que que est aussi le DP de l’événement représenté
dans l’infinitif jouer (il est d’ailleurs pris, à tort, pour
l’objet de jouer). Ce fait a historiquement servi de
prétexte à refuser l’accord du pp ; ce refus constitue
un moyen inutile d’opposer ce cas au précédent (9).
13 La flêche (→) signale le rapport de référence entre le DP et son référent.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
11
12. Les violonistes que j’ai vus
rougir de honte.
Le pp vus s’accorde avec son DP que → les
violonistes.
Que est aussi le DP de l’événement représenté dans
l’infinitif rougir. Ce fait n’a jamais servi de prétexte à
refuser l’accord du pp parce ce même que est simultanément le DA de rougir (que est simultanément
personne rougie et personne rougissante), situation
qui rapproche ce cas-ci du cas 9.
13. Les violonistes que j’ai fait
jouer.
Le pp fait ne s’accorde pas avec son DP que → les
violonistes.
Résistance de l’usage :
Que, qui apparaît logiquement comme la personne vue
dans les violonistes que j’ai vu jouer, n’apparaît pas
facilement ici comme la personne faite. Que est pourtant l’objet syntaxique du syntagme verbal ai fait, et
de ce fait le DP grammatical des événements qui y
sont représentés. Il faudrait accorder.
14. Les airs que j’ai fait jouer.
Le pp fait ne s’accorde pas avec son DP que → les
airs.
Résistance de l’usage :
Même raison que dans 10 : que est simultanément le
DP de jouer ; et raison supplémentaire : que (les airs)
n’apparaît pas comme la personne faite. Que est pourtant l’objet syntaxique du syntagme verbal ai fait ; il
faudrait accorder.
Le pp laissé[e] s’accorde ou ne s’accorde pas avec
son DP s’ → elle.
Habitude de nombreux écrivains de ne pas accorder :
Tendance généralement critiquée par les grammairiens
(et à juste titre sur le plan purement logique), de traiter
laissé comme fait.
Les pp donné[s], eu[s] s’accordent ou ne s’accordent
pas avec leur DP que → les livres, les enfants.
Hésitation de l’usage : que est-il l’objet (donc le DP)
de avez donné[s], a eu[s] ou celui de lire, élever?
Évidemment, que est l’objet de avez donné[s] et a
eu[s] (=> vous les avez donnés à lire, elle les a eus à
élever et non vous avez donné à les lire, elle a eu à les
élever 14 ). Il est donc le DP de donnés et eus, qui
devraient s’accorder. Mais il est aussi le DP logique
des événement représentés dans lire et élever, d’où
l’hésitation sur l’accord.
Le pp prévu s’accorde avec son DP l’ (le).
Le référent logique de l’ (le) est « qu’elle le serait ».
15. Elle ne s’était jamais laissé[e]
piéger.
16. Les livres que vous m’avez
donné[s ] à lire.
Les cinq enfants qu’elle a
eu[s ] à élever.
(Grevisse, 1977 : § 1083 et
§ 1090.)
17. Elle est moins difficile que je
ne l’avais prévu.
14 Elle a eu à les élever est possible mais ne correspond pas au sens évoqué par qu’elle a eus à élever.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
18. Tout le monde l’a cru[e]
partie.
19. Une pièce qu’elle leur avait
dit être le salon.
20. Des fleurs, j’en ai
cueilli[es].
12
Le pp cru[e] s’accorde ou ne s’accorde pas avec son
DP l’ → (elle).
Hésitation de l’usage :
Tendances logiques contradictoires à considérer l’
comme la personne crue et partie ou comme la
personne partie seulement (ou comme la personne au
sujet de laquelle il est cru qu’elle est partie). En tant
qu’objet du syntagme verbal ai cru, l’ est pourtant
bien le DP des événements qui y sont représentés ;
l’accord de cru avec l’ est donc normal. Partie est
l’attribut de l’objet l’ et s’accorde normalement aussi.
Le pp dit ne s’accorde pas avec son DP grammatical
que (objet de avait dit) mais avec son DP logique
être le salon.
Justification de l’usage :
La chose dite n’est évidemment pas que → une pièce
mais « que la pièce était le salon ». L’accord avec
que → la pièce serait très français et grammaticalement
préférable : la pièce qu’elle leur avait dite être le salon
(=> elle la leur avait dite être le salon).
Le pp cueilli[es] s’accorde ou ne s’accorde pas avec
son DP en → les fleurs.
Justification de l’usage :
Hésitation entre considérer en comme l’« objet direct » ou l’« objet indirect » (c.-à-d. comme le véritable objet–patient ou comme un apport modal) du
syntagme verbal ai cueilli[e] : Ai cueilli quoi? — en,
de cela ; ou Ai cueilli de quoi? — en, de cela.
En, qui pronominalise le syntagme des fleurs de J’ai
cueilli des fleurs (comme les pronominalise les fleurs
de J’ai cueilli les fleurs), est évidement l’objet [direct]
de ai cueillies, et cueillies devrait s’accorder. Le
problème posé par le pronom en trouve sa solution
dans l’appréciation de la composition et de la nature
des syntagmes du (de le) de la, des (de les). Il s’agit
de syntagmes prépositionnels de nature substantivale,
c’est-à-dire de synatgmes dont le support est la
préposition substantivale de. En tant que tel, de
habilite le syntagme dont il est le support (et c’est le
cas dans des) à remplir la fonction objet. Pas de
problème, donc, dans le fait que des ou en répondent
à la question De quoi? aussi bien qu’à la question
Quoi?
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
13
21. Des fleurs, j’en ai cueilli
plusieurs — j’en ai cueilli
trois.
Le pp cueilli ne s’accorde pas avec son DP grammatical en mais avec son DP logique plusieurs ou
trois.
Fondement de l’usage :
Confusion sur la fonction de en comme ci-dessus, en
18 (ici, en 19, on le prend clairement pour un « objet
indirect), plus le fait qu’on estime, à tort, que l’objet
[direct] dans ce cas-ci est plusieurs, ou trois : J’ai
cueilli quoi? — Plusieurs. De quoi? — De cela.
Or, l’objet de ai cueilli est en ; plusieurs et trois sont
ici des attributs de cet objet en. Cueilli devrait
s’accorder avec en, dont le référent est les fleurs.
Donc cueillies.
22. Les efforts que ce travail m’a
coûtés.
Le pp coûtés s’accorde avec son DP que → les
efforts.
23. Les trois mille dollars que ce
meuble m’a coûté.
Le pp coûté s’accorde avec son DP que → les trois
mille dollars — vu comme un ensemble continu, ou
indivis, c.-à-d. un ensemble unitaire contenant.
Que, qui répond autant qu’on voudra à la question
« Combien ? » (et qui répond tout aussi bien à la
question « Quoi ? », n’est pas ici « complément
circonstanciel de quantité ou de prix », mais objet
[direct] de a coûté. Il faut lier ce fait à celui que
combien dans vous voulez combien de dollars? n’est
pas un « adverbe de quantité » mais un pronom
substantival (de quantité), apte à remplir la fonction
objet.
Accord logiquement admissible, sens différent de cidessus.
24. Les trois mille dollars que ce
meuble m’a coûtés.
Le pp coûté s’accorde avec son DP que → les trois
mille dollars — vu comme un ensemble discontinu,
ou divis, c.-à-d. un ensemble composé d’éléments
contenus (« comptables »).
25. Les trois kilomètres que j’ai
couru.
Le pp couru s’accorde avec son DP que → les trois
kilomètres — vu comme un ensemble continu, ou
indivis, c.-à-d. un ensemble contenant.
Même remarque que pour coûté, en 23 ci-dessus.
26. Les trois kilomètres que j’ai
courus.
Le pp courus s’accorde avec son DP que → les trois
kilomètres — vu comme un ensemble discontinu, ou
divis, composé d’éléments contenus.
Même remarque que pour coûtés, en 24 ci-dessus.
Le pp pu s’accorde avec son DP logique « faire ».
Que n’est pas l’objet de ai pu mais l’objet logique de
« faire » ; la transformation habituelle donnerait,
non pas je les ai pu faire, mais j’ai pu les faire (le
pronom les se place devant faire, dont il est l’objet, et
non devant ai pu).
27. J’ai fait tous les efforts que
j’ai pu.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
14
28. La foule d’hommes que j’ai
vue.
Le pp vue s’accorde avec son DP que → la foule
d’hommes, vu comme un ensemble contenant indivis.
C’est « la foule » comme ensemble contenant qui
constitue le référent logique et le DP de vue.
29. La foule d’hommes que j’ai
vus.
Le pp vue s’accorde avec son DP que → la foule
d’hommes, vu comme un ensemble divis d’éléments
hommes contenus.
Ce sont ces éléments hommes qui constituent le référent de vus et lui servent de DP logique.
NB. Malgré la référence logique à hommes, le
support syntaxique de que est bien son « antécédent » la foule, et non hommes. Que aurait les
hommes comme support dans la foule des (de les)
hommes que j’ai vus. Le relatif ne peut se rapporter
qu’à l’article support.
30. Le peu de confiance que vous
m’avez témoigné m’a ôté le
courage.
Le pp témoigné s’accorde avec son DP que → le peu
de confiance vu comme un ensemble contenant.
C’est « le peu » comme ensemble contenant qui constitue le référent et le DP logique de témoigné.
31. Le peu de confiance que vous
m’avez témoignée m’a
donnée le courage.
Le pp témoignée s’accorde avec son DP que → le peu
de confiance vu comme un ensemble contenant
l’élément contenu confiance.
C’est l’élément contenu confiance qui constitue le
référent et le DP logique de témoignée.
NB. Pour la syntaxe, même remarque qu’en 29.
Le pp fait s’accorde avec son DP combien de fautes
vu comme un ensemble contenant indivis.
Le pp faites s’accorde avec son DP combien de
fautes vu comme un contenu d’éléments fautes.
32. Combien de fautes avez-vous
fait.
33. Combien de fautes avez-vous
sciemment faites?
34. C’est sa vertu, autant que son
savoir, que nous avons
admirée.
35. C’est sa vertu autant que son
savoir que nous avons
admirés.
36. Quel péril, ou quelle menace,
n’a-t-il pas affronté.
37. Quel péril ou quel menace n’at-il pas affrontés.
38. Rien ne remuait, les flammes
exceptées.
Le pp admirée s’accorde avec son DP que → sa
vertu.
Autant que — idéalement encadré de virgules —
introduit un élément comparant non additionné.
Le pp admirés s’accorde avec son DP que → sa vertu
et son courage.
Autant que introduit un élément comparant additionné.
Le pp affrontés s’accorde avec son DP quel péril.
Menace est vu comme un synonyme de péril ou une
notion pouvant lui être substituée.
Le pp affrontés s’accorde avec ses DP quel péril et
quelle manace.
Péril et menace sont vus être survenus en alternance et
s’être additionnés.
Le pp exceptées s’accorde avec son DP les
flammes.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
39. Rien ne remuait, les flammes
excepté.
40. Rien ne remuait, excepté les
flammes.
41. Y compris les indications.
42. Les indication y compris.
43. Les indications y comprises.
44. Les pièces que vous trouverez
ci-jointes.
45. Les pièces que vous trouverez
ci-joint.
46. Ci-joint, ci-inclus, ciannexé les pièces que vous
demandez.
47. Ci-jointe, ci-incluses, ciannexées les pièces que vous
demandez.
48. Vu, étant donné les efforts
qu’elle faits.
15
Excepté n’a pas de DP. (Les flammes n’est pas le DP
d’excepté.)
Excepté n’est sans doute pas un pp mais un adverbe.
Sens : * exceptivement.
Excepté n’a pas de DP. (Les flammes n’est pas le DP
d’excepté.)
Ou bien excepté est une préposition, avec le sens du
syntagme prépositionnel à l’exception de. Ou bien,
plus probablement, il est un pp sans référent dans la
phrase et la séquence a le sens logique suivant : * Il
étant excepté les flammes. Excepté s’accorde avec son
référent logique « il ».
Compris n’a pas de DP. (Les indications n’est pas le
DP de compris.)
Ou bien compris est un adverbe. Sens : * y comprisément les indications. Ou bien il est un pp sans référent
dans la phrase et la séquence a le sens logique
suivant : * il étant y compris les indications. Compris
« s’accorde » avec ce référent logique « il ».
Compris n’a pas de DP. (Les indications n’est pas le
DP de compris.)
Compris n’est sans doute pas un pp mais un adverbe.
Sens : * [y] comprisément.
Le pp comprises s’accorde avec son DP les
indications.
Tournure peu courante à la rigueur possible.
Le pp jointes s’accorde avec son DP que → les
pièces.
Joint n’a pas de DP. (Que n’est pas le DP de joint.)
Joint n’est sans doute pas un pp mais un adverbe.
Sens : * ci-jointement.
Joint, inclus, annexé n’ont pas de DP. (Les pièces
n’est pas le DP de joint, inclus, annexé )
Joint, inclus, annexé ne sont sans doute pas des pp
mais des adverbes. Sens : * ci-jointement, etc.
Les pp joint, inclus, annexé s’accordent avec leur DP
les pièces.
Vu, donné n’ont pas de DP. (Les efforts n’est pas le
DP de vu, donné.)
Les pp vu, donné n’ont pas de référent dans la
séquence mais « s’accordent » avec un référent
logique abstrait « il ». Sens : * Il étant vu, donné les
efforts…
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
49. Vus, étant donnés les efforts
qu’elle a fait.
50. Elles se sont parlé, nui, ri.
51. Elles se sont plu, déplu,
dans cette maison ; complu
dans leur erreur.
52. La nourriture qu’il a eue.
53. La nourriture qu’il y a eu.
54. La température qu’il a fait.
55. Elle a été belle.
16
Les pp vus, donnés s’accordent avec leur DP que →
les efforts.
Les pp parlé, nui, ri n’ont pas de DP. (Se n’est pas le
DP de parlé, nui, ri).
Se n’est pas la personne parlée, nuie, rie mais la
personne dont il est parlé, nui, ri. (En termes
traditionnles, se est un « c.o.i. ».) Pas question,
donc, de cas d’exception ou de cas particuliers.
Les pp plu, déplu, complu n’ont pas de DP. (Se n’est
pas le DP de plu, déplu, complu.)
Se n’est pas la personne plue, déplue, complue mais
la personne à laquelle il est plu, déplu, complu. (Se
est un « c.o.i. ».)
Le pp eue s’accorde avec son DP qu’ → la
nourriture.
Le pp eu s’accorde avec son DP il.
Il faut sans doute considérer que, dans le cas des tournures « impersonnelles » de ce type, le participe est
l’attribut de il — malgré le verbe avoir.
Le pp fait s’accorde avec son DP il.
Même remarque qu’en 53.
Le pp été ne s’accorde pas avec son DP Elle.
Elle est à la fois DA (agent) et DP (patient) de été (Elle
est à la fois personne *étante et personne *été, comme
dans Elle est belle) ; et l’« auxiliaire » AVOIR est vu,
ici comme dans l’exemple 3 ci-dessus, donner préséance au DA.
Conclusion théorique et pédagogique
Malgré les chemins tortueux de la grammaire scolaire depuis trois ou quatre siècles, malgré
les coups de force de théoriciens souvent médiocres mais influents, malgré la corruption
d’écoles grammaticales plus ou moins autorisées, les règles d’accord du participe passé qui
s’imposent aujourd’hui à l’usage témoignent de la poursuite d’un seul et même projet
sémantique : l’accorder avec son désigné passif ; et, corollairement : ne pas l’accorder avec
ce qu’on estime, à tort ou à raison, ne pas l’être, ne pas l’être exclusivement, ou ne pas l’être
assez logiquement dans le plan de la référence. Ce projet repose sur une intuition toute
simple : le participe passé est un participe passif qui cherche un support passif, avec lequel,
en tant qu’adjectif, il demande à s’accorder. Or, cette intuition n’a jamais été clairement
définie — sauf, à notre connaissance, par Damourette et Pichon, qui n’ont pas réussi à se
faire entendre ou qui, confondus ou ébranlés par les faits d’exception d’usage, qu’ils n’ont
pas assez clairement pris pour des erreurs, n’ont pas réussi à faire la démonstration
convaincante qui s’imposait. C’est ce défaut de définition, cette absence d’un critère
sémantique limpide, qui a ouvert la voie à la formulation de règles nombreuses apparemment
indépendantes, et, mêmes justes, apparemment arbitraires. C’est ce défaut aussi qui a permis
que ne soient pas systématiquement repoussés les inventeurs d’exceptions.
Quant à la formulation proprement dite de ces règles d’accord, les parties de bras de fer
entre grammairiens de différentes tendances — survenues aussi bien ici que dans d’autres
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
17
secteurs : la définition des parties du discours et des fonctions syntaxiques, par exemple —
ont généralement été gagnées, comme le montre Chervel, par les partisants du praticopratique et de l’« efficacité » : plutôt qu’une règle sémantique fondamentale, mais abstraite
et « difficile », enseignons aux enfants des règles « générales » de surface, logiques ou
formelles, « faciles », qui fonctionnent dans 80% des cas ; et formulons des règles
particulières ou d’exception pour les 20% manquants, que nous enseignerons aux plus
grands… En cette fin de XXe siècle, les progrès de la linguistique devant servir à quelque
chose, qu’il soit permis d’espérer que cette attitude pédagogique séculaire est à la veille de
s’essouffler et qu’on croira bientôt qu’il vaut mieux prendre trois fois plus de temps pour
enseigner un fait fondamental signifiant et instructif que cent contre-faits de surface non
signifiants qui le valent peut-être mais qui l’effacent et privent l’enseignement de toute valeur
intellectuelle. Qui coupent l’accès à la compréhension de la langue et à son appropriation
réelle par ses propriétaires de droit.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
18
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MONNEROT-DUMAINE, Dr, 1964. L’orthographe du XXIe siècle, Éditions du Scorpion,
Paris. 255 p.
OUELLET, Jacques, 1979. « Constitution syntagmatique des unités nominales », Langues
et Linguistique, Université Laval, Québec, vol. 4-5 : 115-140.
— 1985a : « Le paradigme des cas en français », Revue de l'Association québécoise de
linguistique, vol. 4 : 57-75.
— 1985b : « Sémantique grammaticale du nom et du pronom », Langues et Linguistique,
Université Laval, Québec, vol. 11 : 191-239.
L’ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ EN UNE SEULE RÈGLE
19
— 1987 : « Sémantique grammaticale du verbe I », Langues et Linguistique, Université
Laval, Québec, vol. 13 : 183-230.
— 1988 : « Sémantique grammaticale du verbe II », Langues et Linguistique, Université
Laval, Québec, vol. 14 : 199-249.
— 1990-1991 (inédit) : « Sémantique grammaticale du français », Département de langues
et linguistique, Université Laval, Québec. I, 148 p. II, 108 p.
THIMONNIER, René, 1967. Le système graphique du français. Introduction à une
pédagogie rationnelle de l’orthographe, Plon, Paris. 408 p.
— 1974. Code orthographique et grammatical, Librairie Hatier–Vervier, Paris. 442 p.
WAGNER, R. L. et J. PINCHON, 1962. Grammaire du français classique et moderne,
Édition revue et corrigée, Librairie Hachette, Paris. 640 p.
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