déchets pyrotechniques
MINISTÈRE EN CHARGE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE / DIRECTION GÉNÉRALE DE LA PRÉVENTION DES RISQUES /
SERVICE DES RISQUES TECHNOLOGIQUES / BARPI
Base de données ARIA - État au 01/01/2014
Accidentologie relative aux déchets pyrotechniques
France + étranger
n° de requête : ed_12546 (Fr) et ed_12550 (ETR)
Table des matières
Déchets au poste de travail ou stockages intermédiaires (+/- long) avant destruction .....................................................2
A l’étranger .................................................................................................................................................................. 6
Collecte et transport de déchets pyro ............................................................................................................................... 7
A l’étranger ................................................................................................................................................................ 13
Préparation des opérations de destruction ..................................................................................................................... 14
A l’étranger ................................................................................................................................................................ 19
En cours de destruction (brûloir, banc d’essai...)............................................................................................................ 21
A l’étranger................................................................................................................................................................. 33
Retraitement / Régénération .......................................................................................................................................... 38
La base de données ARIA, exploitée par le ministère du développement durable, recense essentiellement les événements accidentels qui ont, ou
qui auraient pu porter atteinte à la santé ou la sécurité publique, l'agriculture, la nature et l'environnement. Pour l'essentiel, ces événements résultent
de l'activité d'usines, ateliers, dépôts, chantiers, élevages,... classés au titre de la législation relative aux Installations Classées, ainsi que du
transport de matières dangereuses. Le recensement et l'analyse de ces accidents et incidents, français ou étrangers sont organisés depuis 1992. Ce
recensement qui dépend largement des sources d'informations publiques et privées, n'est pas exhaustif. La liste des évènements accidentels
présentés ci-après ne constitue qu'une sélection de cas illustratifs. Malgré tout le soin apporté à la réalisation de cette synthèse, il est possible que
quelques inexactitudes persistent dans les éléments présentés. Merci au lecteur de bien vouloir signaler toute anomalie éventuelle avec mention des
sources d'information à l'adresse suivante :
BARPI - 5 Place Jules Ferry, 69006 Lyon / Mel : barpi@developpement-durable.gouv.fr
Réf. : RC****** / " "
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Déchets au poste de travail ou stockages intermédiaires (+/- long)
avant destruction
ARIA 37079 - 25/08/1988 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une anomalie dans la régulation de la durée de laminage de plaques de poudre propulsive entraîne une importante
perte de leur stabilisant ; 6 kg de poudre non-conforme sont évacuées vers l'aire de stockage des déchets. Elles
s'auto-inflamment au bout de 3/4 d'heure. L'incendie se transmet aux autres récipients de déchets pyrotechniques,
contenant 40 kg de granulés et déchets de laminage. Le sol de l'aire de stockage est brûlé sur un diamètre de 2 m.
Le système de régulation de la durée de laminage sera complété (asservissement ?) pour mieux contrôler l'opération.
En cas de nouvelle anomalie dans la régulation, les produits seront détruits dans les plus brefs délais.
ARIA 37035 - 26/10/1989 - 89 - HERY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
L'opérateur charge des relais-retard sur une presse. Il utilise un poinçon en acier pour chasser le
bouchon formé au fond de la plaque entonnoir, provoquant une prise en feu par friction. Celle-ci se
transmet à 100 bouchons, représentant 4 jours de production ainsi qu'au contenu de la boîte à
déchets placée sous le plan de travail. L'opérateur est brûlé au 1er degré à la main gauche. L'exploitant remplace le
poinçon en acier par un en bronze. La boîte à déchets est placée derrière un écran ; celle-ci est vidée tous les jours.
Les experts rappellent qu'il faut proscrire le port de gants en matière plastique pour la protection contre une prise de
feu.
ARIA 36874 - 20/12/1989 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Au cours de la préparation d'un poste de travail, un opérateur déplace un outillage et fait chuter un
récipient en verre contenant un reliquat de composition d'amorçage en attente de destruction. La
chute du récipient provoque l'explosion de son contenu (10 g de composition d'amorçage à base de
phosphore rouge, antimoine, chlorate de potasse, verre en poudre, liant). L'opérateur reçoit des éclats de verre dans
les jambes. Le matériau du récipient sera remplacé.
Les procédures de stockage, transfert et destruction des déchets, sont rappelées aux opérateurs concernés.
ARIA 36899 - 06/11/1990 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
A sa prise de fonction, l'ouvrier nitreur aperçoit des flammes à la porte de l'atelier . Il attaque
aussitôt le feu avec un extincteur et éteint l'incendie. La veille, un opérateur avait récupéré dans le
séparateur du château des acides, au départ de la conduite d'acides résiduaires vers la dénitrante,
une émulsion constituée par un mélange d'eau, d'acide nitrique, de nitroglycérine, de nitroglycol... qu'il plaça dans un
broc et un seau en caoutchouc ébonité.
N'ayant pu joindre immédiatement le chef de fabrication pour lui montrer le prélèvement, il prit l'initiative de le stocker
provisoirement, pensant que sa destruction pouvait attendre le lendemain. La procédure normale prévoit qu'une
analyse soit réalisée par le laboratoire qui décide de la destruction. Les déchets ont réagi au contact de l'air,
provoquant l'incendie.
L'enquête a révélé que la grande quantité de déchets recueillis provenait d'un refroidissement assez rapide du bac
d'acides résiduaires pendant les quatre jours d'arrêt de la Toussaint parce que le chauffage d'appoint avait été déposé
pour réparation.
L'exploitant remet en état des systèmes de chauffage et de régulation de température du château des acides, élabore
une étude de sécurité pour le poste de prélèvement des déchets dans le séparateur et remet à jour les connaissances
des personnels ayant à manipuler les déchets.
ARIA 11753 - 18/12/1996 - 80 - LE CROTOY
84.22 - Défense
Dans un dépôt historique, 15 t de munitions et de compositions incendiaires datant de la première
guerre mondiale explosent et prennent feu ; 36 palettes de munitions préparées pour la destruction
ont été impliquées dans l'accident dont 2 ont détoné en masse, les suivantes ont explosé de
manière dispersée. Les munitions ont en fait été initiées par un incendie d'une munition au phosphore puis ont explosé
une à une. Les explosions ont duré 40 minutes. Des projections y compris de munitions qui n'ont pas explosé sont
retrouvées dans un rayon de 200 m. On compte 2 blessés légers. Un périmètre de sécurité est mis en place autour du
site, 350 personnes sont évacuées. L'origine de cette explosion peut-être due à un phénomène d'auto-combustion et
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d'oxydation. Les munitions destinées à la destruction présentaient des incompatibilités entre elles. L'assainissement du
dépôt est engagé à partir du lendemain.
ARIA 19139 - 17/11/1999 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un atelier pyrotechnique, une explosion suivie d'un incendie se produit lors du nettoyage du
poste. L'opératrice, comme à chaque fin de poste, nettoie le poste de fractionnement. Elle heurte un
tuyau d'évacuation servant auparavant à l'évacuation des résidus. Une explosion se produit
immédiatement, dans le tuyau ainsi que dans le canalisation enterrée, causant l'inflammation du bidon d'acétone
proche, des chiffons et d'un fût de déchets. Le tuyau d'évacuation n'avait pas été purgé et contenait du styphnate de
plomb. L'opératrice est brûlée superficiellement ; le local est endommagé par les flammes et des véhicules proches
reçoivent des projections de pierres et de terre lors de l'explosion de la canalisation enterrée.· L'exploitant revoit la
procédure de nettoyage ; le poste est nettoyé à la fin de chaque intervention et non plus en fin d'équipe. Il remplace
l'évier par une paillasse.
ARIA 20507 - 11/10/2000 - 973 - KOUROU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, deux caisses de propergol en attente de destruction
prennent feu et sont détruites. Des résidus de combustion de la veille auraient initié l'incendie des 2
t de produit. Les contrôles de la température de l'aire de destruction, effectués au toucher, n'ont pas
été suffisamment précis pour indiquer si un nouvel entreposage pouvait y être placé en sécurité dans l'attente d'une
destruction future. Le temps d'attente de 24 heures entre deux destructions n'a pas été respecté.
L'exploitant aplanit les aires de destruction pour rendre moins probable la présence de résidus métalliques. Les aires
de destruction de propergol ne seront plus utilisées pour détruire des papiers.
ARIA 22506 - 10/05/2001 - 18 - BOURGES
84.22 - Défense
Dans une installation pyrotechnique, un opérateur procède à la mise en conditionnement sous eau de poudre
propulsive dégradée en vue d'une destruction ultérieure. Lors de la manipulation d'un bidon contenant 21 kg de
poudre, après dévissage des premiers filets du couvercle, l'opérateur entend un échappement de gaz puis constate
une projection de liquide vers le sol. Par la suite, une partie du contenu est transvasée dans un autre bidon et
complétée par de l'eau. L'opérateur observe alors un bouillonnement. La poudre impliquée dans cet incident est une
poudre simple base ne possédant quasiment plus de stabilisant. Sa dégradation naturelle se traduit par la libération de
molécules de dérivés nitrés qui vont se dissoudre dans l'eau présente pour former de l'acide nitrique à plus de 99% et
un mélange de gaz de type hydrogène + azote et autres composés. Après l'incident, la mesure du pH de la solution a
montré qu'il était compris entre 3 et 4. L'échappement de gaz entendu à l'ouverture du bidon est dû à la surpression
régnant à l'intérieur de celui-ci par la formation des gaz. De manière générale, les experts en pyrotechnie considèrent
nécessaire d'effectuer périodiquement des visites de stocks de munitions et en particulier une surveillance du taux de
stabilisant. Ils recommandent de prévoir l'élimination de la poudre avant que le stabilisant ne soit complètement
consommé. La durée de stockage pour les poudres en instance de destruction doit être limitée.
ARIA 24901 - 02/06/2002 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
38.32 - Récupération de déchets triés
Une explosion se produit dans un stockage de produits avant élimination ; 32 000 dispositifs
d'allumage pour mines type M603, fabriquées en 1944 et classées 1.4 S, sont stockées en
conteneur type 40 pieds en attente de destruction. L'explosion se produit un dimanche alors que
l'établissement n'est pas en activité. Le conteneur est disloqué, projetant des morceaux de tôles de plusieurs kilos (40
kg à 270 m) et brisant des vitres dans un rayon de 300 m. Un deuxième conteneur situé à 15 m et rempli de systèmes
de type airbag classés 1.4S pivote de 60° et se déplace de 3 m. Les portes s'ouvrent et le contenu s'initie pendant 2 h,
produisant des projections dans un rayon de 30 m.
La tête d'un extincteur situé à proximité du premier conteneur est décalottée par les effets de l'explosion et se propulse
jusqu'à 300 m. A l'extérieur de l'établissement, une serre agricole en verre, située à 500 m, est endommagée (bris de 1
000 m² de vitres).
Une erreur de la part du fournisseur relative à la connaissance de la masse de matière active présente dans les fusées
pourrait être à l'origine de la mauvaise classification des fusées en 1.4S. Le caractère ancien (1944) des produits
stockés constitue également une des causes possibles de l'explosion. La cause initiale de l'explosion n'est toutefois
pas certaine.
Le Préfet prend un arrêté d'urgence (suspension d'activité) pour évacuation de tous les stocks de produits
pyrotechniques du site sous 3 mois ainsi que nettoyage complet du site. L'exploitant doit réaliser une étude de dangers
et mettre en place des mesures de sécurité.
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ARIA 28356 - 01/04/2003 - 18 - LA CHAPELLE-SAINT-URSIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de fabrication de munitions, un feu se déclare dans le local mitoyen d'un atelier de perçage et
d'usinage, au niveau du système d'aspiration à sec de poussières. Des cartouches de 120 mm sont en cours de
fabrication ; 4 à 5 kg de copeaux et poussières de propergol sont contenus dans l'aspirateur.
L'équipe d'intervention de l'établissement maîtrise l'incendie, dont la cause probable est l'initiation des éléments
présents dans le système d'aspiration par un copeau ayant subi un échauffement lors du perçage. Le local contenant
l'aspirateur étant séparé du poste de travail, l'accident ne fait aucun blessé. L'installation d'aspiration et le système de
filtration sont hors d'usage et la toiture en acier du local est endommagée. Les effets sont conformes à ceux précisés
dans l'EST du poste.
L'exploitant modifie l'outillage de perçage pour faciliter l'évacuation des copeaux, ainsi que les modes opératoires
(vérifications sur les conditions de coupe) pour limiter les risques d'échauffement.
ARIA 24381 - 07/04/2003 - 62 - ARRAS
84.22 - Défense
Un feu se déclare sur un engin de manutention dans un centre de tri de munitions anciennes. Les démineurs
maîtrisent l'incendie et les pompiers mobilisés n'ont pas à intervenir. Selon la préfecture, tous les dispositifs en place
ont bien fonctionné, notamment la détection incendie et le réseau d'extinction automatique. Le centre de munitions,
situé en zone agricole, stocke temporairement des obus conventionnels et chimiques des 2 guerres mondiales. Des
travaux récents de sécurisation du site avaient été réalisés jusqu'en septembre 2002.
ARIA 24877 - 20/06/2003 - 69 - RILLIEUX-LA-PAPE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication de feux d'artifices, un feu se déclare spontanément dans un local abritant 100 l de
déchets boueux aluminisés provenant d'eaux de lavage de récipients ayant contenus une composition pyrotechnique
(composition à base de nitrate de baryum et d'aluminium).
Le gardien qui aperçoit de la fumée dans le bâtiment, donne l'alerte.
Ces déchets sont stockées dans des seaux en plastique de 30L ; ils se sont asséchés et échauffés à cause de la
chaleur estivale.
Les pompiers refroidissent des seaux. Ceux-ci étant dégradés, les boues sont reconditionnées en conteneur de plus
grande capacité. Une réaction chimique s'amorce sur l'un des fûts provoquant un échauffement et un dégagement
gazeux. Le fût est arrosé en permanence pendant plusieurs heures avec une petite lance jusqu'à stabilisation de son
contenu.
Le POI n'est pas déclenché.
L'organisation est revue pour réduire le délai de stockage des boues entre la fabrication et la destruction par une
société extérieure. Des visites périodiques permettent de s'assurer du niveau d'évaporation de l'eau. L'accessibilité des
équipements d'intervention est améliorée. Les experts rappellent l'importance de la formation des pompiers et des
équipes d'intervention ainsi que des informations qui leurs sont fournies lors des interventions.
ARIA 33533 - 14/06/2006 - 03 - BELLERIVE-SUR-ALLIER
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de production d'armement en cours de fermeture définitive, un feu se déclare en
milieu de matinée sur 5 t de poudres propulsives anciennes à base de nitrocellulose destinées à la
destruction. L'emplacement du dépôt ne fait pas craindre de conséquence sur l'extérieur du site.
Les personnes présentes sur site sont évacuées. Les pompiers interviennent sur quelques petits foyers résiduels au
niveau des palettes de bois. Le bâtiment est détruit mais aucune victime n'est à déplorer.
Compte tenu de l'âge de certaines poudres, l'hypothèse d'une perte significative de stabilité chimique de l'une d'entre
elles est fortement privilégiée. Les distances d'isolement entre bâtiments ainsi que la végétation située à proximité ont
joué leur rôle protecteur. Cet accident met en évidence l'importance du contrôle régulier de la stabilité des poudres
propulsives.
ARIA 37226 - 05/02/2009 - 89 - HERY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une réaction violente se produit lors de la neutralisation d'explosif primaire après la synthèse de
500 g d'azoture de plomb. A la suite d'une panne du système de renversement du tamis lors de la
récupération de l'explosif pendant la vidange du réacteur, l'azoture de plomb est étalé dans les
goulottes de récupération des eaux mères de fabrication. La neutralisation chimique de l'explosif par une solution de
nitrite de sodium est décidée. Conformément au mode opératoire, l'eau est introduite en premier dans le réacteur, suivi
du nitrite de sodium. Du nitrite de sodium pur ou une partie métallique (robinet de vidange du circuit d'eau du
réacteur ?) serait alors tombé accidentellement sur l'explosif primaire dans la goulotte, déclenchant la réaction violente
des 500 g présents. L'opérateur est blessé à la jambe droite, aux bras et à l'abdomen (plaies et hématomes) ; il est
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hospitalisé et sort le lendemain. Les matériels dans la cellule de fabrication sont détruits. Le réacteur n'est pas
endommagé. Les fabrications dans l'atelier sont suspendues pendant 2 mois pour réaliser une analyse par arbre des
causes. L'exploitant met en place un processus de destruction de l'explosif primaire à distance et augmente la
périodicité et le nombre des points de contrôles lors des maintenances préventives.
ARIA 36073 - 22/03/2009 - 91 - VERT-LE-PETIT
72.19 - Recherche-développement en autres sciences physiques et naturelles
Dans un centre d'essais, un fût de nitrocellulose (34 kg) prend feu. Ce dernier se communique à un
autre fût de 23 kg et un petit récipient de 5 kg. Les 13 autres fûts en stock dans la même cellule ne
seront pas touchés. L'inflammation du fût est due à la déstabilisation de la nitrocellulose mouillée à
25 % d'alcool minimum mais conservée depuis longtemps (lot fabriqué en 1984). En effet, le produit est normalement
utilisé dans les 2 ans suivant sa fabrication, mais des stocks sont conservés sur le site pour faire certaines
expérimentations. Le produit s'est déstabilisé à la suite de son vieillissement et a probablement brûlé en moins d'une
minute. La projection de flammèches due à la pression d'ouverture des fûts a ouvert une partie du toit et les vitrages en
polycarbonate situés en partie haute du bâtiment puis enflammé l'auvent en plastique se trouvant en façade au-dessus
des portes. Celles-ci, pourtant légères sont restées fermées. Seul l'auvent se consumait quand le gardien est arrivé sur
les lieux, alerté par le bruit. Comme le prévoit la procédure, il prévient le cadre de permanence qui déclenche le POI
avec alerte des secours extérieurs et du cadre de sécurité. Un périmètre de sécurité de 20 m est établi. Les pompiers
arrivent dans les 10 minutes ainsi que le préfet de permanence. Quelques minutes d'arrosage suffisent pour éteindre le
feu qui consume l'auvent en matière plastique. Il n'y a pas eu de pollution, ni aérienne, ni aqueuse.
L'information sur le mode de contrôle du vieillissement du produit s'avère insuffisante, seul le bon mouillage de la
nitrocellulose est vérifié mais aucun protocole de vérification de stabilité plus détaillé avec durée limite de stockage
n'est établi ni aucun protocole préconisant des contrôles de stabilité complémentaires. L'étude de sécurité du travail
montre cependant qu'aucun effet domino n'aurait lieu en cas d'incendie ce qui s'est vérifié lors du sinistre. L'exploitant
indique qu'il a rencontré un tiers expert mandaté par le procureur à la suite de cet incendie. Des mesures de contrôle
supplémentaires ont été mises en place pour ce type de produit, la nitrocellulose qui reste sera détruite après avoir
subi des tests de vieillissement (protocole en cours de définition avec le fabricant, qui fait partie du même groupe).
Tous les stocks et les conditions de contrôle des produits seront vérifiés. Ces données figureront dans la révision de la
note de sécurité concernant les contrôles à réaliser sur les produits en cours de stockage. L'adéquation des moyens
d'intervention extérieurs en fonction de la situation (pas de rappel des secours extérieurs pour confirmation de la
demande, dialogue exploitant/secours améliorable pour mieux prendre en compte les risques sur la zone
d'intervention) doit être revue.
ARIA 37628 - 01/07/2009 - 09 - MAZERES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, des compositions propulsives vieillissantes prennent feu dans leur local de
stockage. Le local est détruit ; des feux d'herbes alentour sont rapidement maîtrisés. Un deuxième cabanon, situé à 25
m, est préservé.
L'origine de l'incendie serait liée au vieillissement des produits (perte de stabilisant), couplé à des températures
extérieures élevées (env. 35°C).
L'exploitant contrôle les cabanons de stockage de la zone et met en destruction les produits ne présentant plus
d'intérêt. Il rappelle aux opérateurs la procédure de mise en vieillissement. L'ensemble des stockages du site sera
également contrôlé et les vieux produits détruits.
Deux autres évènements s'étaient déjà produits sur ce site la veille (ARIA 37626 et 37627).
ARIA 37179 - 03/07/2009 - 84 - SORGUES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Par un après-midi très chaud (36 °C), une prise en feu se produit vers 15 h sur une benne métallique pour déchets
d'explosifs, à l'extérieur d'un bâtiment de fabrication. Un opérateur passant à côté remarque des flammes dans cette
benne de 8 m³.
L'analyse des cendres n'a pas permis de définir les causes de l'incendie (pas de trace de morceau de verre...) ; le
rayonnement solaire direct sur un produit plus sensible pourrait être à l'origine du feu. La benne est éloignée de 20 m
du bâtiment. Un rappel sur le tri sélectif est dispensé aux opérateurs. Une réflexion sur la gestion des bennes à
déchets est lancée.
ARIA 40909 - 09/09/2011 - 33 - AILLAS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une série d'explosions suivie d'un incendie se produit vers 11h15 dans une installation d'artifices de
divertissement dédiée à la préparation et au stockage de feux montés au sein d'un établissement
soumis à autorisation. Le bâtiment concerné de 160 m² abrite des artifices (945 kg de masse
active), des cartons et des tables. Les 5 employés évacuent le site, les secours établissent un périmètre de sécurité de
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100 m. Les pompiers déploient 3 lances à eau. Le bâtiment menaçant de s'écrouler, un engin de chantier troue l'un des
murs pour permettre l'extinction des foyers secondaires. Une ronde est effectuée dans la nuit. Aucune des structures
avoisinantes n'est atteinte et aucun blessé n'est à déplorer. L'exploitant éliminera les déchets du sinistre conformément
à la réglementation.
Des artifices en retour d'un tir effectué le 27/08, déchets à détruire, seraient à l'origine du sinistre. En raison d'un retard
dans la destruction des déchets, ils ont été stockés dans un bâtiment non prévu à cet effet. L'inspection constate
également que l'aire de destruction de déchets ne permet pas une exploitation en sécurité : structure métallique
abîmée, aire non débroussaillée, déchets épars et cendres à l'extérieur... L'exploitation du site (hors dépôt) est
suspendue jusqu'à remise en état du bâtiment endommagé et de l'aire de brûlage des déchets. L'exploitant devra
prévoir un emplacement dédié dans la zone pyrotechnique pour stocker les "retours de tirs" en sécurité (à distance des
autres bâtiments, règles de stockage...).
A l’étranger
ARIA 37776 - 02/11/1992 - SUISSE - STEINGLETSCHER
84.22 - Défense
Vers 16h10, six personnes sont tuées par l'explosion de près de 300 tonnes de munitions périmées
dans le dépôt souterrain du «Steingletscher», sur le versant bernois du col du Susten. L'explosion,
dont l'équivalent TNT est évalué à 200 t et la magnitude à 3.7 sur l'échelle de Richter, provoque
l'éboulement de la partie de la montagne au dessus du stockage ; d'énormes blocs de roches et d'infrastructures du
stockage sont projetés jusqu'à plus de 600 m. Un morceau de 15 t de l'arche en béton armé du stockage est retrouvé à
370 m. Malgré les chutes de roche, les 11 personnes en train de préparer une campagne de destruction de déchets
pyrotechniques à l'air libre sur le plateau en face du stockage sont indemnes mais fortement choquées.
L'explosion a été initiée par un début l'incendie quelques secondes auparavant dans l'une des chambres. Les causes
de l'accident n'ont cependant jamais été élucidées à cause de la destruction totale du site.
ARIA 8184 - 25/10/1995 - BIELORUSSIE - DOBRUSH
84.22 - Défense
Un dispositif de séchage de poudre explose dans une unité spécialisée dans la destruction d'armes
en application des traités internationaux. Quatre personnes sont tuées.
ARIA 11566 - 01/08/1997 - GRECE - LAURION
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un ouvrier est tué et au moins 5 autres sont blessés par une explosion dans une usine de
munitions. Une perte de nitrate de potassium sur un dépôt de déchet serait à l'origine du sinistre.
ARIA 38278 - 07/06/2008 - TAIWAN - NC
84.22 - Défense
Un dépôt souterrain contenant 27 000 munitions en fin de vie est en feu à 22 h. Les équipes de secours se rendent sur
les lieux et éteignent l'incendie. L'origine du sinistre serait l'auto-inflammation de produits contenus dans les munitions
vieillissantes sous l'influence de conditions météorologiques et de l'humidité. Les munitions devaient être détruites en
juillet. Le ministère de la défense effectue une enquête.
ARIA 34817 - 03/07/2008 - BULGARIE - SOFIA
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une série d'explosions se produit vers 6h30, heure locale, dans un dépôt de munitions (stockage et
démantèlement de surplus de munitions) abritant 1 500 t de munitions (obus, explosifs,
grenades ...) et 15 à 20 t de TNT.
Un périmètre de sécurité de 7 km est établi et la population résidant dans cette zone est évacuée, par crainte
notamment de l'explosion du TNT. Ce dernier a finalement brûlé sans détoner. Une projection atterrit près de l'aéroport
de Sofia ; celui-ci est fermé jusqu'à 14h30 et les vols sont déroutés vers l'aéroport de Plovdiv.
Aucun blessé n'est à déplorer mais les dégâts matériels sont importants : maisons et commerces endommagés dans
les villages de Chelopechene, Kazichene et Chepintsi. L'accident a provoqué une panique dans la ville.
Les explosions seraient dues à un incendie qui aurait débuté vers 6h ; pour une raison inconnue. Une enquête est en
Ministère en charge du développement durable
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cours. Des analyses de sols et d'eau n'ont pas révélé de dépassement des paramètres agrochimiques (notamment
oxyde nitrique NO) autorisés.
Suite à cet accident, le ministère de la Défense a annoncé la fermeture de 12 dépôts de munitions obsolètes sur 16.
ARIA 35042 - 27/08/2008 - UKRAINE - LOZOVAIA
84.22 - Défense
Un important incendie se déclare vers 15h30 dans un dépôt militaire abritant 95 000 t de munitions,
dont la moitié était en fin de vie et devait être détruite.
L'origine de l'incendie des bâtiments de stockage et de l'explosion de batteries d'artilleries et de
munitions est un feu de forêt non maîtrisé par les pompiers et qui s'est propagé à cause de rafales de vent. Des
explosions sporadiques sont entendues dans la cité militaire, qui s'étend sur 494 hectares. Les 6 500 personnes
présentes dans un rayon de 3 kilomètres autour du dépôt sont évacuées. D'après les autorités, aucune victime n'est à
déplorer ; seules 15 installations de stockage sur 134 seraient intactes.
ARIA 40877 - 11/07/2011 - CHYPRE - MARI
84.22 - Défense
Des pompiers interviennent pour un feu dans une base navale où sont entreposés à l'air libre 98
conteneurs d'armes et de poudre à canon saisis sur un navire à destination de l'Iran (sous
embargo) via la Syrie en janvier 2009.
Le 4/07, un officier de la base observe que l'un des conteneurs est très déformé (parois arrondies). Le 6/07, 9 experts
constate qu'une partie du contenu du conteneur incriminé s'est auto-enflammé et a explosé et que les températures
dans les autres conteneurs, empilés sur 3 étages en plein soleil (40 °C), sont trop élevées. Ils recommandent
l'enlèvement immédiat du conteneur déformé pour expertise détaillée, l'arrosage des autres conteneurs pour les
refroidir et la destruction des produits ainsi entreposés au plus tôt.
Le 11/07, avant la mise en place des mesures, une très violente explosion (effet de confinement ?) à 5h50 tue 6
pompiers, 7 militaires (dont le commandant de la marine chypriote et le commandant de la base), blessant 65
personnes dont 2 grièvement et provoquant de nombreux dommages matériels ; un cratère de plus de 10 m de
diamètre s'est formé. L'onde de choc détruit 2 bâtiments de plusieurs étages sur la base et endommage par effet
domino le bâtiment générateur et des réservoirs de stockage de combustible de la centrale thermique voisine qui doit
s'arrêter. Celle-ci produisant 60 % de l'électricité de l'île et alimentant des usines de désalinisation d'eau de mer, des
coupures "tournantes" d'électricité et d'eau potable seront organisées. Plus de 240 habitations sont endommagées
(portes et vitres brisées, tuiles envolées...) dans un rayon de 5 km ; 2 maisons et une église sont détruites. Les
réparations prendront plusieurs mois. Les dommages matériels aux tiers sont estimés à 2,5 M d'euros et la
reconstruction de la centrale thermique à 1,5 M euros.
Le ministre de la Défense et le commandant des armées chypriotes démissionnent. Le gouvernement décrète un deuil
national de 3 jours. La Grèce et Israël fournissent 12 générateurs électriques de secours. Des enquêtes techniques et
judiciaires sont effectuées. Le procès, plusieurs fois reporté, prononce en juillet 2012 l'acquittement du ministre de la
Défense et du commandant des armées chypriotes ; les familles des victimes font appel et souhaitent l'inculpation du
chef de l'état donneur d'ordre direct de ces derniers.
L'explosion de plusieurs conteneurs aurait provoqué un incendie vers 4h30 qui aurait engendré l'explosion en masse
de tous les conteneurs 1h20 plus tard, alors que pompiers et militaires combattaient le feu. Cet accident illustre le
comportement des poudres propulsives simple ou double base conservées sans surveillance du taux de stabilisant et
dans des conditions inadaptées (dépôt non isolé).
Collecte et transport de déchets pyro
ARIA 37117 - 19/06/1985 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, une explosion se produit en fin de brûlage de déchets
réputés non pyrotechniques : cartons, chiffons, fûts de carton ayant contenu de l'explosif … Le four
de brûlage est détérioré et laisse place à un cratère de 1,4- m de diamètre et de 0,60 m de
profondeur. L'enquête effectuée après l'accident montrera que les consignes étaient respectées. L'exploitant précisera
les consignes de collecte et de tri des déchets pour inclure une vérification systématique du contenu des objets à
détruire.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
7
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 36862 - 27/09/1989 - NC - NC
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Un opérateur vide des bacs à déchets réputés inertes dans un camion benne avec une grue
lorsqu'une détonation se produit. Un opérateur est atteint par un éclat à la poitrine. L'élément qui a
détoné à cause du choc provient d'un raté de tir de roquette active et avait été confondu avec un
élément inerte ayant le même aspect extérieur (défaut dans les instructions de travail).
Après tous les tirs de produits, inertes comme actifs, les déchets seront ramassés en fin de séance par l'équipe de tir
elle-même. Tout élément non formellement identifié comme totalement inerte sera considéré comme actif et traité
comme tel.
ARIA 36823 - 31/01/1991 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Des détonateurs chargés de 160 mg de pentrite et de 170 mg d'azoture de plomb détonent lors de
la préparation de leur destruction.
L'opérateur place 27 détonateurs écartés pour des défauts d'aspect dans un sac en plastique
conducteur. Au dernier moment, il prend l'initiative d'y mettre également des détonateurs inachevés écartés par la
machine de fabrication. Il ferme le sachet posé sur la table et y appose une étiquette de couleur pour fixer le mode de
destruction.
La détonation se produit alors qu'il prend le sac dans la main gauche. Celle-ci est arrachée par le souffle et l'opérateur
reçoit également des projections d'éclats au visage.
La détonation est vraisemblablement due à un choc ou une friction sur de l'azoture de plomb pur échappé des
détonateurs défectueux ajoutés à la fin.
Selon les experts, l'accident montre une dérive dans la procédure de traitement des détonateurs défectueux. Les
détonateurs inachevés devraient être plongés dans un bac d'huile et récupérés séparément. L'exploitant sensibilisera
l'ensemble du personnel sur la stricte application des consignes de sécurité.
ARIA 36801 - 12/02/1992 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une prise en feu se déclare dans des poubelles à déchets du laboratoire de contrôle et d'études, au cours de leur
transport interne sur le site. Deux poubelles sont chargées sur le plateau du véhicule. L'une contient de la poudre
d'aluminium, l'autre des résidus d'oxyde de fer, chromate, bichromate et oxyde de zinc. D'autres déchets divers sont
déjà présents (propergols composites, propergol homogène SD, propergol aérobie contenant du MG, sacs et petits
récipients plastiques...). Un mélange de produits incompatibles, une décomposition lente de produit pyrotechnique (en
présence d'eau par exemple) ou un frottement sur des produits sensibilisés pourraient être à l'origine du feu. Les
opérateurs aperçoivent le feu et quittent le véhicule. La combustion de l'ensemble des déchets endommage le plateau
et les ridelles du véhicule, ainsi que l'arrière de la cabine.
ARIA 36821 - 24/04/1992 - 18 - BOURGES
84.22 - Défense
Une détonation se produit lors du déchargement de la benne d'un camion contenant des déchets
en provenance du désobusage d'un champ de tir. Un opérateur manipule sans précaution
particulière les projectiles réputés inertes en les jetant sur un tas de déchets. Deux autres
opérateurs se trouvent entre le camion et la décharge. Un projectile comportant une chaine pyrotechnique active
détone, provoquant des projections d'éclats. Un des opérateurs est grièvement atteint de plusieurs éclats.
La munition récupérée était mal marquée ; l'exploitant revoit les procédures de vérification des munitions lors des
récupérations.
ARIA 36819 - 04/11/1992 - 33 - BORDEAUX
38.32 - Récupération de déchets triés
Une prise en feu se produit lors du broyage de gargoussiers dans une entreprise spécialisée dans la récupération de
métaux. Certains gargoussiers étaient encore remplis de poudre qui a pris feu lors du broyage ; la machine de broyage
est détériorée (tapis transporteur, câbles électriques etc.).
L'exploitant renforcera le contrôle (visuel et par pesée) des opérations de vidage. Un incident similaire s'est produit le
20/05/1992.
ARIA 36528 - 20/10/1993 - 29 - GUIPAVAS
84.22 - Défense
Une cartouche de 40 mm contenant 6 blocs de poudre GB 19T100 et une composition photo-éclair fonctionne
intempestivement lors d'une opération de brûlage d'encaissement, normalement vidés de leur contenu. L'amorce est
initiée et le culot de la cartouche est éjecté. La munition est retirée du foyer. Le volet coupe-feu de la cartouche, en
position « sécurité », a permis le non-fonctionnement de la composition photo-éclair. Seuls les 6 blocs de poudre
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n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
8
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
propulsive se sont consommés. L'incident ne fait ni victime, ni dommage.
La munition avait été oubliée dans une caisse destinée au brûlage et les procédures de contrôles, apparemment trop
lourdes, n'étaient pas appliquées. L'exploitant simplifie la procédure et effectue une sensibilisation du personnel sur
son respect. Il améliore l'ergonomie du parc de brûlage.
ARIA 36448 - 20/07/1994 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
38.32 - Récupération de déchets triés
Dans un établissement pyrotechnique, une détonation avec projections d'éclats se produit lors de la
manutention d'une caisse de transport d'objets pyrotechniques destinés à être détruits (fusées de
bombes). Un choc serait à l'origine de l'explosion. Un opérateur est sérieusement touché au bras.
Les experts recommandent la manipulation de ces produits avec grande précaution et soulignent l'importance d'un
contrôle minutieux de l'état des matériels avant leur transport.
ARIA 36453 - 05/10/1994 - 50 - CHERBOURG
84.22 - Défense
Deux ouvriers procèdent à la dénaturation de corps de propulseur de roquette lance-amarre. Cette opération consiste
à percer un trou au poinçon à mi-corps de la génératrice des propulseurs préalablement « inertés » par combustion sur
un banc.
Vers 10h30, le 251ème propulseur traité se ré-enflamme sous le choc du poinçon ; une flamme de 90 cm est éjectée
de la tuyère avec dégagement de fumée. Le propulseur, solidement maintenu sur le marbre, reste en place. Un
opérateur souffre d'un violent traumatisme psychologique.
La présence insoupçonnée de propergol dans le corps du propulseur est à l'origine de l'accident. Une analyse de
sécurité avait été menée pour l'opération de poinçonnage, mais elle ne comprenait pas la dénaturation de l'objet
pyrotechnique par fonctionnement sur le banc. Le contrôle visuel de l'inertage de ce dernier se révèle insuffisant. Les
travaux sont suspendus jusqu'à vérification du bon inertage de tous les propulseurs à dénaturer.
ARIA 19145 - 01/04/1999 - 84 - MONTEUX
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine pyrotechnique, un incendie se produit sur l'aire de destruction lors du
déchargement d'un camion de cartons de produits pyrotechniques (artifices et autres produits
chimiques). Des pois fulminants ou des produits chimiques prennent feu et provoquent un violent
incendie des produits déjà déposés sur la dalle et dans le camion. Un employé est grièvement brûlé et un autre plus
légèrement atteint. Le camion, qui était stationné près de la dalle et non derrière le mur coupe-feu, est détruit.
Les premiers éléments d'investigation font état des constats suivants : la nature des produits transportés était mal
connue et mal répertoriée. Ainsi, des produits incompatibles tels que produits chimiques et pyrotechniques par
exemple ont pu être mis en contact. De la même façon, des produits sensibles au frottement ou au choc ont pu être
répandus par terre, augmentant le risque de prise en feu si quelqu'un marche dessus. Par ailleurs, l'employé
grièvement blessé ne portait pas ses vêtements de sécurité.
Les recommandations des spécialistes pyrotechniques rappellent
- la nécessité de diminuer la quantité de matière à détruire et de celles situées non loin de l'aire de destruction
- l'intérêt de maintenir les zones de destruction dégagées pour faciliter les itinéraires de fuite
- l'importance de la formation des opérateurs de destruction (port des EPI, risques spécifiques...)
- l'importance de l'efficacité des moyens de secours et de communication.
ARIA 22496 - 12/03/2001 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine pyrotechnique, une déflagration suivie d'une combustion se produit lors du
regroupement des déchets du laboratoire.
Les poubelles sont normalement prévues pour éviter les mélanges incompatibles de produits : les
combustibles sont notamment séparés des comburants. Un pot d'émulsion mère cristallisée, à base de nitrate
d'ammonium aurait réagi avec quelques grammes de Thermite (mélange à base d'aluminium, alun, oxyde de cuivre)
lors du regroupement du contenu des poubelles par le personnel de nettoyage.
L'exploitant met en place une identification des poubelles par couleur pour les différents produits afin de limiter au
maximum les risques d'erreur humaine.
Les experts rappellent que la collecte des déchets pyrotechniques doit être prise en compte par une étude de sécurité
pyrotechnique et sa mise en oeuvre réalisée par du personnel qualifié et habilité. Ils appellent également à une
traçabilité rigoureuse des déchets notamment pour prendre en compte des risques liés au vieillissement des produits
(en particulier, évolution des caractéristiques).
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
9
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 24911 - 07/02/2002 - 03 - BELLERIVE-SUR-ALLIER
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une entreprise fabricant des munitions, plusieurs détonations se produisent successivement
lors de l'incinération d'emballages ayant contenu des détonateurs électriques.
Les emballages proviennent d'un bâtiment dans lequel les détonateurs sont reconditionnés. Les
détonateurs contiennent 0,25 g d'azoture de plomb et 2 g d'explosif secondaire et sont initialement conditionnés par
boîte de 30 dans un tube carton individuel. L'opération consiste à placer chaque détonateur dans un tube métallique
puis à l'intérieur de caisses par 25. Les tubes cartons vides sont remis dans les boîtes d'origine pour destruction.
Plusieurs détonateurs en tube carton sont probablement restés dans une boîte dans laquelle ont été mis par la suite
d'autres tubes cartons vides. Les opérateurs de l'aire de brûlage se sont assurés par sondage sur quelques
emballages que ceux-ci étaient vides avant de les introduire dans le foyer de l'incinérateur.
L'exploitant sensibilise les opérateurs sur l'importance de la vérification des emballages et introduit un contrôle
systématique des emballages vides dans l'atelier expéditeur. Le mode opératoire est modifié : il comporte la casse du
tube carton après avoir vérifié qu'il est vide et le pliage systématique à plat des boîtes cartons vides. Une feuille de
comptage des éléments « arrivée/départ/rebut/retour magasin » est également mise en place.
ARIA 25389 - 19/08/2003 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
En milieu d'après-midi, une explosion se produit dans une cartoucherie lors de la démolition d'un
bâtiment désaffecté. Deux personnes sont grièvement blessées et 3 autres sont choquées. Un
atelier de production de fulminate de mercure, utilisé entre 1932 et 1983, est en cours de
démantèlement. La substance était utilisée pour la fabrication d'allumeurs de déclenchement des airbags de voiture, le
site étant spécialisé dans cette fabrication. Le chantier consiste en la destruction par une pelle mécanique de
l'installation de traitement des fumées, constituée de 44 " bols " en matière réfractaire. Deux ouvriers triaient ensuite
les déblais, ceux ayant pu être contaminés par du mercure étant séparés des autres puis placés dans des sacs en vue
de leur élimination vers une décharge de déchets spéciaux. Alors que les trois quarts des condenseurs avaient été
traités, une réaction se produit lors du tri des déchets.
Le chantier est arrêté et mis en sécurité. Une enquête judiciaire est effectuée et le parquet nomme un expert. Selon les
premiers éléments techniques, des résidus pyrotechniques sensibilisés par les diverses manipulations (frottements)
seraient à l'origine de l'explosion. Les opérateurs ne portaient pas les équipements de sécurité prévus par l'étude de
sécurité.
Les experts rappellent l'importance de procéder au plus vite au démantèlement d'une installation lorsque celle-ci est
définitivement arrêtée pour éviter la "perte de mémoire" de la vie de l'installation voire de la connaissance du produit.
ARIA 26454 - 22/10/2003 - 82 - CAYLUS
84.22 - Défense
Dans un atelier de maintenance d'infrastructure, un opérateur démonte une pièce sur un déchet de
munition (fusée) se trouvant sur le tas de ferraille d'un parc de stockage de déchets de tir suite à
des opérations de dépollution pyrotechnique. L'opérateur voulait récupérer un élément électrique.
l'introduction d'un tournevis (agression mécanique) dans la fusée provoque l'explosion de l'engin et la dispersion
d'éclats d'aluminium et de plastique. L'opérateur est blessé et arrêté 15 j.
L'enquête met en évidence que certains éléments de munitions peuvent être mis au parc à ferraille sans garantie
absolue sur leur caractère inerte. Par ailleurs, le personnel méconnaissait les risques inhérents aux déchets de tir.
Les experts rappellent que les déchets de tir doivent être systématiquement considérés comme des déchets
pyrotechniques. Seule une expertise rigoureuse avec des modes opératoires éprouvés peut conduire à un
déclassement éventuel en déchet industriel inerte. Les risques doivent être signalés sur les sites d'entreposage des
déchets et l'accès restreint aux personnes habilitées. L'exploitant sensibilise le personnel sur les risques inhérents aux
déchets de tir.
ARIA 28707 - 07/12/2004 - 29 - PONT-DE-BUIS-LES-QUIMERCH
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosif, une déflagration de résidus de produits explosifs se
produit lors du démantèlement d'installations pyrotechniques.
Lors du démontage d'une cuve ayant servi à stocker des vieilles poudres sous eau, deux
opérateurs sous-traitants découpent à la scie électrique un tuyau de 42 mm de diamètre qui servait à transférer la
poudre LBTU dans la cuve. L'échauffement causé par la scie provoque l'allumage de résidus sec de poudre restés à
l'intérieur du tube, causant une déflagration et l'éclatement du tuyau. L'accident fait deux blessés souffrant de tympans
percés et de brûlures superficielles.
Les experts rappellent que la décontamination et la dépollution d'anciennes installations pyrotechniques doit prendre
en compte ce type de risque, notamment dans les phases sensibles, et éviter de créer des points chauds.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
10
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 35606 - 04/02/2005 - 29 - GUIPAVAS
84.22 - Défense
Dans un établissement militaire, une grenade à main offensive OFF Mle 37 lestée (corps en aluminium lesté de craie
ou de plâtre) et équipée d'un bouchon allumeur Mle 35 sur lequel est peinte la mention INERTE, émet des étincelles et
de la fumée lors du dévissage de son bouchon. L'incident ne fait aucun blessé ni dégât matériel.
Le traitement de déchets inertes consiste à désassembler et trier les éléments de munitions inertes pour évacuation
des déchets. Cette réaction serait due à des traces résiduelles de produits pyrotechniques, au niveau du système de
percussion (résidus de pulvérin ?) ou au niveau du corps tubulaire (pulvérin ou mèche lente ?).
Les experts rappellent qu'en cas de doute, les objets doivent être traités comme s'ils n'étaient pas inertes.
ARIA 35597 - 21/02/2006 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de démantèlement de munitions, une détonation se produit a 16h05 dans l'un des
tunnels de brûlage, constitué d'un bloc de béton de 2 m de largeur et fermé par des grilles sur trois
cotés.
Des caisses vides sont brûlées ; la détonation se produit 10 min après leur allumage. Ces caisses réputées vides
provenaient d'un atelier de démilitarisation de mines anti-char qui étaient stockées depuis deux ans à proximité de ce
dernier.
Ce type de caisse est utilisé pour contenir des résidus d'hexolite présents sur la machine lors de la séparation de
l'explosif du corps de mine. Elles sont utilisées comme caisses « navette » entre l'atelier et le brûloir.
Une caisse contenant des résidus explosifs a été palettisée par mégarde en même temps que les caisses vides. 15 kg
de produit auraient détoné ; les grilles du brûloir sont projetées à 50 mètres.
L'exploitant modifie sa procédure : aucune caisse vide n'est plus en attente dans les ateliers de démilitarisation. Pour
éviter toute confusion, les caisses vides sont palettisées à l'envers et sans couvercle avant d'être filmées en noir et
identifiées.
ARIA 33536 - 26/04/2006 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de fabrication de munitions, Une fusée d'amorçage considérée comme inerte est
placée dans un carton de documents destinés à la destruction par brûlage. Lors du brûlage, une
forte explosion retentit et la fusée est retrouvée en fin de combustion à quelques mètres du foyer
avec son booster ouvert. Aucune victime n'est à déplorer et aucun dommage matériel n'est à signaler.
La réaction de la fusée soumise à l'incendie n'est pas anormale, le fait de l'avoir considérée comme inerte aurait pu
avoir des conséquences plus graves.
Les experts rappellent que la traçabilité des produits pyrotechniques est primordiale. En cas de doute sur un objet
pouvant être chargé de produits pyrotechniques, la prudence est de le considérer comme étant chargé et d'agir en
conséquence.
ARIA 33042 - 29/05/2007 - 42 - LA TALAUDIERE
38.31 - Démantèlement d'épaves
Une explosion se produit dans une entreprise de broyage de déchets métalliques. Un lot de
munitions est à l'origine de l'accident. L'exploitant isole le reste des munitions dans l'attente de son
élimination dans une installation adaptée. L'inspection des installations classées effectue une
enquête.
ARIA 37963 - 24/09/2007 - NC - NC
38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux
Le 06/09, un centre de traitement des déchets dangereux reçoit des déchets pyrotechniques
provenant d'une usine d'armes et de munitions, composés notamment de 6 fûts de méthyle éthyle
cétone (MEC). Le 20/09, les déchets sont traités : le solvant contenu est pompé pour être distillé,
les fûts sont ensuite percés, compressés puis disposés dans un conteneur intermédiaire. Lors du transfert des fûts le
24/09 dans une benne pour être acheminés vers un ferrailleur, un fût déflagre entraînant une prise de feu du solvant
résiduel dans la benne. Les employés éteignent l'incendie avec un extincteur de 50 kg et un RIA. Aucun blessé n'est à
déplorer. Le fût de 200 L en cause s'est en partie redéployé et le fond s'est détaché ; le couvercle de la benne est
endommagé. La quantité pyrotechnique mise en jeu est estimée à quelques dizaines de grammes.
Le fût est différent de ceux utilisés habituellement, notamment au niveau du marquage et il contient des restes d'un
pinceau et d'aiguilles pour le collage de pièces. D'après l'exploitant, l'incident serait dû à l'enchaînement des
évènements suivants : le fût contenait une quantité inhabituelle de produit entrant dans les compositions
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n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
pyrotechniques présente sous forme d'une boue située au fond ; la compression du fût n'a pas initié le produit présent,
le solvant résiduel passivant le reste de la composition. Le solvant s'est en partie évaporé durant les 4 jours de
stockage et de la nitrocellulose sèche et/ou de la composition pyrotechnique a pu se former sur les parois du fût. Un
choc lors du transvasement aurait initié la déflagration du fût et la prise en feu du solvant résiduel dans la benne.
Afin d'éviter le renouvellement de l'incident, le fournisseur des déchets prévoit que le solvant servant aux nettoyages
d'outils en contact avec des compositions pyrotechniques soit détruit sur son site. Pour cela, il portera une attention
particulière au marquage des fûts ; le volume de celui réservé à la récupération de MEC susceptible d'être pollué sera
réduit afin d'éviter une durée trop importante avant d'être détruit.
ARIA 34585 - 14/05/2008 - 18 - VIERZON
38.32 - Récupération de déchets triés
Dans une station de transit de déchets industriels banals et de déchets métalliques, un obus de 155
mm de la 1ère guerre mondiale, mal inerté et contenant encore 2 à 4 kg d'acide picrique (mélinite
ou 2,4,6-Trinitrophénol) explose vers 15h30 alors qu'un sous-traitant perfore l'obus au chalumeau.
Un employé en pause à 10 m décède atteint par l'onde de choc réfléchie par les murs, 2 ouvriers sont blessés dont l'un
grièvement et 2 autres sont choqués. L'ouvrier décédé et les 2 blessés travaillaient pour le même sous-traitant.
Environ 20 g de produit auraient déflagré : des éclats sont dispersés sur le site et à l'extérieur jusqu'à 300 m. Le reste
de l'acide picrique est répandu sur le sol (poudre jaune).
Les secours externes et le service de déminage sont alertés. Les tas d'obus sont arrosés à l'eau. Un périmètre de
sécurité de 200 m est mis en place sur le site autour du stock de plusieurs milliers d'obus censés être inertés. La rue
adjacente est interdite à la circulation et 30 employés d'une entreprise voisine sont évacués.
Les démineurs effectuent une reconnaissance. Ils écartent le risque chimique, mais la présence éventuelle d'autres
obus encore "actifs", sans risque immédiat néanmoins, entraîne le maintien sous surveillance du site le temps de
réaliser des investigations complémentaires.
Un ouvrier avait déjà été légèrement blessé le matin même à la suite de l'explosion d'un obus de petit calibre.
Un arrêté préfectoral de mesures d'urgence impose : la définition et la matérialisation d'un périmètre de sécurité autour
du stock d'obus, la mise en place de restrictions d'accès à ce périmètre, le contrôle de la qualité et l'élimination des
eaux confinées à la suite de l'intervention des services de secours, la transmission du rapport d'accident précisant en
particulier les circonstances et les causes de l'accident, les effets sur les personnes et l'environnement, les mesures
prises ou envisagées pour éviter un accident similaire, ainsi que les actions mises en oeuvre pour nettoyer le site.
L'inspection des installations classées constate les faits, ainsi que le non respect de plusieurs prescriptions de l'arrêté
préfectoral d'autorisation de l'établissement :
présence sur le site d'au moins un déchet à caractère explosif,
absence de délivrance d'un permis de feu pour les opérations réalisées avec un chalumeau,
absence de contrôle sur la formation et la qualification du personnel intervenant,
absence de délivrance d'une habilitation à l'entreprise extérieure,
avoir poursuivi l'activité à la suite de l'explosion survenue le matin, sans avoir informé les services compétents
(service de déminage ou de gendarmerie) alors qu'un engin explosif avait été découvert sur le site.
Le 18/04/2012, l'entreprise et son sous-traitant sont condamnés respectivement à 100 000 et 10 000 euros d'amende,
le directeur et le responsable exploitation du site sont condamnés respectivement à 6 et 18 mois de prison avec sursis
et 80 000 euros de dommages et intérêts devront être versés aux parents de la victime.
ARIA 35074 - 22/07/2008 - 84 - SORGUES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un feu de déchets inertes se déclare vers 13 h dans le couloir de brûlage de l'unité brûloir d'une
usine de fabrication de produits explosifs. Sous l'effet du mistral, l'incendie se propage à un tas de
bois situé 50 m plus loin. Une personne d'une entreprise extérieure présente sur le site est
incommodée et soignée à l'infirmerie. Le POI est déclenché et les pompiers extérieurs éteignent l'incendie après 1h30
d'intervention. Aucun dégât matériel n'est à déplorer. L'inspection des installations classées demande un rapport
d'accident à l'exploitant. L'incident a fait l'objet d'une information de la mairie de Sorgues ainsi que d'un communiqué
de presse.
ARIA 35906 - 25/09/2008 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Des détonations se produisent vers 14 h, lors du brûlage de déchets réputés inertes dans la zone
de destruction d'une usine de munitions. Les opérateurs, à distance lors du brûlage, ne sont pas
blessés. Plusieurs boosters de fusées, consumés ou non, sont retrouvés le lendemain aux abords
du feu.
La veille, des fusées avaient été déchargées et leur caisse de transport mise au feu parmi les inertes. Le plateau des
boosters de fusées a dû rester collé au couvercle de la caisse lors de son ouverture. Les opérateurs de destruction ne
remarquent pas la présence des boosters lors de la préparation du brûlage. Ces derniers détonent par échauffement
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
thermique 15 minutes après le début de la destruction.
L'exploitant prévoit de réaliser des fouilles minutieuses des caisses (avec extraction de leurs calages inférieurs) pour
s'assurer de l'absence de tout objet pyrotechnique lors de l'incinération des déchets. La consigne de sécurité relative à
la destruction sera complétée.
ARIA 37234 - 09/06/2009 - 33 - LE PIAN-MEDOC
25.99 - Fabrication d'autres produits métalliques n.c.a.
Un propulseur mal inerté prend feu lors de sa destruction. Les corps de propulseurs à détruire sont
introduits en continu dans une cisaille, avec une grue fixe à grappin. Les mâchoires de la cisaille
cassent les éléments qui sont ensuite poussés vers la sortie par une poutre à l'intérieur de la
machine. Les morceaux sont ensuite comprimés verticalement par un couvercle pour former un parallélépipède.
Lorsque les capteurs détectent que ce dernier atteint les dimensions requises, le cycle de cisaillage commence.
Une explosion suivie d'un incendie se produit au niveau de la cisaille pendant la découpe ; les 3 opérateurs à 30 m
ressentent la surpression et aperçoivent une lueur blanche suivie de flammes de 5 à 6 m et de crépitements.
L'incendie dure 2 minutes. Après arrêt des flammes, une douzaine de personnes intervient avec des extincteurs pour
éteindre les éléments en combustion produisant une épaisse fumée noirâtre. Aucun blessé n'est à déplorer.
Un propulseur, normalement « inerte », devait encore renfermer du propergol. L'exploitant revoit la procédure
d'inertage avant de reprendre les opérations de destruction.
ARIA 37943 - 15/09/2009 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
A la fin du déballage d'un conteneur de projectiles dans une usine d'armes et de munitions, le pilote d'îlot remarque en
remplissant la fiche de suivi qu'il manque 2 queues porte-charges. Les 2 pièces manquantes sont retrouvées dans le
conteneur d'arrivée qui était déjà filmé sur une palette et entreposé en zone inerte avant de partir en broyage par une
société spécialisée. Aucune conséquence humaine ou matérielle n'est à déplorer mais la destruction des conteneurs
aurait pu provoquer un départ de feu, les charges comportant chacune 1 kg de poudre propulsive. L'exploitant
sensibilise les employés sur l'importance du comptage des pièces et de la rédaction de la fiche de suivi. L'opération de
broyage de conteneur ne sera déclenchée qu'après accord du pilote de l'îlot qui aura vérifié le nombre de pièces et
donc validé l'absence de produit pyrotechnique dans les conteneurs.
ARIA 38728 - 19/05/2010 - 973 - KOUROU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement de fabrication de propergol, lors d'un transport interne entre un bâtiment de
stockage et l'aire de brûlage (destruction de déchets), 3 caisses à déchets chutent de la remorque
de transport dans un virage. Une partie de la tonne de déchet répartie dans 8 conteneurs sur la
remorque se répand sur la route. Un périmètre de sécurité est instauré. Après analyse de la situation, les opérateurs
récupèrent le propergol répandu avec des outils anti-étincelant. Les traces logées dans des interstices de l'enrobé
routier sont ensuite nettoyées à l'eau. Plusieurs facteurs ont contribué au glissement des caisses de la remorque :
plateau mouillé suite à de fortes pluies, pieds de caisses souillés (glissants ?) et caisses non arrimées (câble de
fermeture non mis en place). L'exploitant effectuera un rappel des consignes.
ARIA 43210 - 20/09/2012 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un générateur d'aérosol de 500 ml éclate à 5h10 lors du brûlage à l'air libre de déchets de
propergol sur le site d'une usine pyrotechnique (opération autorisée). Le bruit est perçu à l'extérieur
de l'établissement. L'inspection de l'aire de brûlage ne relève aucune autre anomalie parmi les
résidus. La présence de l'objet parmi les déchets à brûler est due au non respect des consignes de tri. L'exploitant met
en oeuvre un plan d'action pour augmenter ses points de collecte sélective des aérosols et pour faire respecter le tri
sélectif des déchets de manière plus rigoureuse.
A l’étranger
ARIA 18642 - 08/09/2000 - CHINE - URUMQI
49.41 - Transports routiers de fret
Un camion transportant des explosifs vers leur lieu de destruction explose subitement alors qu'il
traverse la banlieue de la ville. L'accident fait 60 morts et 309 blessés, souffrant de cécité, de
mutilations,... Il détruit 20 autres véhicules, ainsi que des maisons aux alentours. Une enquête est
effectuée pour déterminer les causes de l'explosion.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
13
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 33667 - 24/09/2007 - KENYA - ATHI RIVER
24.10 - Sidérurgie
Une explosion suivie d'un incendie se produit vers 21h30 (18h30 GMT) dans une aciérie, pendant
le chargement du four de fusion avec des déchets de métaux ; 6 employés sont tués et 10 autres
sont blessés dont 8 grièvement. L'usine est gravement endommagée. Selon la presse, la présence
de munitions dans la charge métallique pourrait être à l'origine de l'accident. Le préjudice est estimé à 3,4 millions de
dollars (2,3 M d'euros). Les autorités diligentent une enquête.
ARIA 35491 - 12/02/2008 - ETATS-UNIS - RALEIGH
38.32 - Récupération de déchets triés
Dans une entreprise de recyclage de métaux de diverses origines, 2 employés sont blessés peu
avant 12 h à la suite d'une explosion d'un engin explosif (non inerté) alors qu'il était compacté pour
recyclage. L'engin a également troué le toit du bâtiment.
Les services de déminage du fort de Bragg sont dépêchés sur place pour identifier la nature du matériel ayant explosé.
Ils découvrent sur le site plusieurs explosifs non inertés et décident de les neutraliser sur place par pétardage.
Un complexe d'habitations situé de l'autre côté de la rue, est évacué par précaution. Le lendemain, au moins 21
cartouches de munitions sont collectées sur le chantier (3 cartouches de fusils mitraillette de 90 mm et 18 de batteries
anti-char T4) ; elles sont détruites les unes après les autres.
L'exploitant, qui a racheté le site 6 mois plus tôt, précise que les matériels explosifs ne sont pas sensés être acceptés
sur le site, à l'instar des produits inflammables ou des bouteilles d'oxygène. Après recherches, il précise que ces
produits sont arrivés la semaine précédente sur le site dans un lot de ferrailles diverses apporté par un client habituel
qui n'avait jamais rapporté de tels matériaux jusqu'alors. Il n'a toutefois pas identifié le vendeur.
Préparation des opérations de destruction
ARIA 37118 - 19/06/1985 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation fait 4 morts lors de la préparation de la destruction de détonateurs. Les matériels
divers contenus dans le local sont détruits.
ARIA 37100 - 17/04/1987 - 83 - TOULON
84.22 - Défense
L'opérateur transvase des amorces détonateurs électriques contenues dans une caissette dans une
caisse palette à l'intérieur de laquelle se trouvent déjà des couches d'artifices séparées par du
sable. Une amorce fonctionne probablement par électricité statique, entraînant l'initiation d'autres
amorces et des artifices disposés sur la couche supérieure. L'opérateur est légèrement éraflé à l'avant bras. Des
dommages légers sont constatés : bris de vitres, toiture et plafond endommagés…
L'exploitant modifie le mode opératoire et la consigne de sécurité ; les décaissements seront limités au strict
nécessaire, le risque d'origine électrostatique sera pris en compte.
ARIA 37099 - 05/06/1987 - 89 - HERY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une charge explosive non identifiée détone sous 50 cm de sable dans une cuve de destruction de
déchets de produits explosifs. L'initiation a été provoquée par une tarière motorisée utilisée pour
réaliser le logement destiné aux produits à détruire. Le tube de tarière est écrasé et la tarière
tordue.
L'exploitant recherche une autre méthode de destruction ne nécessitant pas de forage. Dans l'attente, il renforce le
mode opératoire par une vérification après chaque tir de destruction du bon départ des charges et par un amorçage
des charges à détruire par des détonateurs à retards étages.
Ministère en charge du développement durable
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 37105 - 15/09/1987 - 65 - TARBES
84.22 - Défense
L'opérateur dépose sous forme de traînée une composition pyrotechnique à base de zirconium à
détruire par brûlage. Il tient la boite métallique à deux mains et recule en l'agitant légèrement pour
faciliter l'écoulement régulier du contenu sur la sole en béton de l'aire de brûlage. La deuxième
boite de 200 g de composition est presque vidée lorsqu'une déflagration se produit, probablement initiée par électricité
statique. L'opérateur portait ses équipements individuels de protection : lunettes, chaussures, tablier de cuir et tenue
ignifugée ; il est gravement brûlé aux mains et a les tympans perforés ; il perdra l'usage de plusieurs doigts. L'aptitude
à déflagrer de la composition était mal connu, donc le mode opératoire mal adapté. L'exploitant renforce les
dispositions pour lutter contre l'électricité statique.
ARIA 37067 - 02/06/1988 - 89 - HERY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une combustion prématurée se produit lors de la destruction de déchets d'inflammateurs et
d'allumeurs par brûlage. L'opérateur dispose de la composition pyrotechnique au fond du tonneau
de brûlage, y pose les inflammateurs et allumeurs à détruire puis recouvre le tout de composition.
Un choc entre les produits à détruire et la composition d'allumage serait à l'origine de la prise en feu qui aurait couvé
un moment sous la 2ème couche de composition avant de se déclarer lors de la mise en place de l'allumeur destiné à
initier la destruction. L'opérateur est brûlé au visage, aux mains et aux poignets.
L'exploitant modifie le mode opératoire, réduit la hauteur du tonneau de brûlage afin d'éviter l'effet de cheminée en cas
de prise en feu et équipe les opérateurs de brûlage de blouse, visière de protection et gants en peau.
ARIA 595 - 26/08/1988 - 21 - VONGES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un propulseur de missile (sans charge) est détruit par fonctionnement "nominal" sur banc d'essai. Lors de la
préparation du tir, le propulseur s'ajuste mal ; une modification est apportée à la dernière minute sur le banc d'essai.
Celle-ci affaiblit la tenue mécanique du bâti du banc ; les dispositifs de retenue de l'engin cèdent lors du tir, provoquant
l'envol du propulseur. Celui-ci "zig-zague" dans les broussailles, prend son envol sur une souche, culmine à 200 m de
haut puis retombe dans une zone boisée à l'extérieur de l'établissement, à 1,2 km du banc.
Aucun blessé n'est à déplorer. Le banc de tir est endommagé et les quelques départs de feux de broussailles sont
rapidement maitrisés.
ARIA 37083 - 20/09/1988 - 84 - SORGUES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Les opérateurs constituent cinq îlots de boues d' hexolite pour les détruire par brûlage. Les îlots
sont reliés entre eux par des traînées de vieilles poudres propulsives en bande. Un des îlots prend
feu intempestivement, probablement du à l'instabilité de la poudre conservée sous eau. L'exploitant
interdit l'utilisation de poudre en bande en mauvais état de conservation pour amorcer les foyers.
ARIA 37024 - 19/05/1989 - 09 - MAZERES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Les opérateurs préparent une séance de destruction de produits pyrotechniques après la séance du matin. Ils placent
une cage grillagée au-dessus des produits susceptibles de s'envoler. Le contact de la cage avec la traînée de
composition pyrotechnique destinée à l'allumage initie la combustion. Les opérateurs ne sont pas blessés mais la
bâche couvrant la remorque utilisée pour le transport des produits à détruire est détruite.
L'exploitant précise les modes opératoires :
- la traînée de composition pyrotechnique est préparée après mise en place de la cage grillagée,
- le matériel ayant servi pour une destruction n'est pas réutilisé s'il n'a pas été refroidi à l'eau ou pendant au moins 24
h,
- les véhicules de transport sont éloignés aussitôt après leur déchargement.
ARIA 37034 - 31/10/1989 - 89 - HERY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une combustion se déclenche lors de la préparation d'une opération de brûlage de poudre noire, d'allumeurs et de
composition pyrotechnique. Pour favoriser l'allumage, l'opérateur couvre les produits à détruire d'une composition
pyrotechnique "MICRO" qu'il prélève avec une louche dans un bac. Une prise en feu se produit lorsqu'il « récure » le
fond du récipient avec sa louche (frictions). L'opérateur était protégé par un écran facial et des gants. L'intérieur des
récipients sera garni d'un revêtement souple et antistatique et la louche métallique sera remplacée par une louche en
bois.
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n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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ARIA 36873 - 03/04/1990 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, une explosion se produit lors de la destruction par
incinération d'amorces et de composition à base de fulminate de mercure et de tricinate de plomb.
L'opérateur vide sur un tamis de séparation un pot à lait en matière plastique contenant des
déchets de fabrication sous eau carbonatée. Ces déchets sont conservés depuis 4 à 5 mois. L'opérateur secoue le pot
pour libérer un agglomérat de capsules collé au fond, provoquant l'explosion. L'opérateur est blessé par des éclats aux
cuisses et à la main droite et une autre personne de plusieurs éclats à la face.
L'exploitant revoit la méthode utilisée pour neutraliser les produits ainsi que la fréquence de destruction. Le
déversement des récipients contenant les déchets à détruire se fera derrière un écran de protection.
ARIA 36881 - 23/06/1990 - NC - NC
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une explosion se produit lors de la préparation de la destruction de déchets de munitions (et
probablement poudre et compositions d'amorçage en vrac) par grillage.
L'opérateur vérifie le contenu dans chaque boîte de déchets de la semaine. Il constate que certains
produits auraient dû être immergés sous eau ; il remplit les boîtes d'eau et verse leur contenu dans un tonneau. A la
troisième opération, la boîte manipulée explose. L'explosion se propage au contenu du tonneau. Cette boîte contenait
probablement des matières explosives à nu, en contradiction avec les consignes en vigueur. L'opérateur souffre de
brûlures au visage et d'un sérieux traumatisme à l'oeil gauche. L'exploitant :
- sensibilise l'ensemble du personnel sur la nécessité d'appliquer rigoureusement les consignes de sécurité,
- limite les transferts des déchets en adoptant des récipients consommables pour conditionner les déchets.
- Crée un nouvel appareil pour verser les boîtes à déchets dans le four,
- Précise la consigne de sécurité relative aux déchets les dispositions à prendre pour les objets semi-finis.
ARIA 36884 - 09/08/1990 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Du trichloréthylène souillé de propergol est transféré avec une pompe depuis un bac de lavage
dans un récipient pour destruction. En fin de transfert, la pompe ne plonge plus dans le liquide ; les
frictions occasionnées par la rotation de l'arbre supportant la turbine de pompage génère une
inflammation à 1'extrémité de la pompe de vidange. L'exploitant vérifiera si la pompe est adaptée à l'exécution de cette
opération.
ARIA 36417 - 04/03/1994 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
38.32 - Récupération de déchets triés
Dans un établissement pyrotechnique, une munition obsolète détone lors de la préparation de sa
démilitarisation. La munition est partiellement démontée, laissant l'explosif à nu. L'opérateur, à des
fin d'expertise, manipule et fait chuter l'objet. Le choc provoque la détonation partielle d'une charge
relais en tétryl. L'opérateur est gravement blessé à la main gauche et est atteint par de nombreux petits éclats.
L'expertise n'avait pas fait l'objet d'une analyse de sécurité. Les experts rappellent que la mise à nu d'explosifs tels que
le tétryl doit être évitée.
ARIA 7480 - 24/03/1995 - 09 - MAZERES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Pendant une opération de destruction de déchets pyrotechniques, des compositions
pyrotechniques à base de phosphore rouge s'enflamment spontanément. L'opérateur retire du
papier kraft souillé ou des tubes chargés en comprimés, provoquant l'inflammation des produits
(sensibilisés?) et une boule de feu. L'opérateur est brulé au visage et à une main ; il est aspergé d'eau pour limiter les
brûlures. L'exploitant rappelle les consignes de port des EPI.
ARIA 7079 - 16/06/1995 - 18 - BOURGES
84.22 - Défense
Sur l'aire de destruction de déchets pyrotechniques d'un établissement effectuant des essais
d'armes et de munitions, le contenu d'une caisse de poudre brûle vivement lors de la préparation de
la destruction de son contenu. La combustion vive provoque un rayonnement thermique intense, un
effet de souffle ainsi que l'autopropulsion de la caisse. Trois personnes sont blessées dont deux grièvement.
L'opération de destruction a été rattachée abusivement à d'autres EST, sans analyse de risque. Le déchet à détruire
est une poudre très vive (poudre GB pour munitions de mortier) en paillettes d'épaisseur 0,15 mm. Il est vidé
manuellement depuis une caisse métallique très lourde, dont l'ouverture n'est pas totale. Un choc, un frottement
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excessif ou un phénomène d'électricité statique serait à l'origine de la combustion vive du produit.
Les experts rappellent que le nombre de personnes admises simultanément doit être aussi réduit que possible. Les
questions de l'ergonomie des opérations à effectuer, de la bonne définition et du port des EPI ainsi que des moyens de
secours (extincteurs, tuyaux à diffuseur douche pour les brûlés...) sont d'importance.
ARIA 8221 - 23/02/1996 - 31 - SAINTE-FOY-DE-PEYROLIERES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, une prise en feu de déchets pyrotechniques se produit sur
l'aire de brûlage. L'opérateur affecté à ce poste est légèrement brûlé au visage et aux mains. La
gendarmerie effectue une enquête.
ARIA 8886 - 21/05/1996 - 51 - BEINE-NAUROY
38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux
Une détonation survient lors de la préparation de fourneaux de destruction de munitions par une
entreprise spécialisée, sur un terrain militaire.
Les opérations, conduites par 5 personnes, consistent en la préparation de trous et le remplissage
avec des munitions à détruire. Un opérateur au fond du trou procède au décaissage des matériels (ouverture de la
caisse, vidage des objets). Deux autres opérateurs lui passent les caisses pleines et récupèrent les emballages vides
à partir du bord du trou. Les deux autres personnes rangent les encaissements vides sur une remorque. Il semble que
l'accident se soit produit alors que l'opérateur procédait à l'ouverture d'une caisse de grenades M42 ; le fond du
fourneau était déjà rempli du contenu de plusieurs caisses de grenades et de renforçateurs. Plusieurs autres
fourneaux avaient été constitués. Il semble que les quantités prévues dans les différents fourneaux de destruction
aient été dépassées.
La détonation quasi-instantanée de tous les objets dans le fourneau se produit probablement lors d'un choc au cours
du vidage d'une caisse sur une grenade dont la chaîne pyrotechnique se serait alignée (la conception du produit
permet cette configuration). L'onde de pression projette l'opérateur au fond du trou par dessus un rideau d'arbres à
plus de 58 m de distance ; il meurt sur le coup. Les 4 autres opérateurs sont blessés, dont 2 grièvement. Un cratère se
forme ; les éclats sont piégés par le terrain. Le tracteur et sa remorque sont endommagés, La portière d'un véhicule
léger est arrachée.
Le service de déminage fait exploser les autres alvéoles chargées de munitions.
L'enquête montre de nombreux manquements à la réglementation relative à la sécurité pyrotechnique, notamment
l'absence d'analyse des risques liés aux opérations effectuées, l'absence d'étude de sécurité et de formation des
opérateurs.
L'activité est suspendue par arrêté préfectoral du 10 juin 1996. Le site est mis en liquidation judiciaire.
ARIA 19124 - 30/08/1999 - 89 - MERE
38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux
Une détonation d'amorces inflammatrices (8 mm au tricinate) se produit sur l'aire de destruction.
L'opérateur prépare la destruction des amorces par brûlage ; il ouvre manuellement la boîte en
plastique contenant 10 plaques alvéolées de 96 amorces (0,115 g chacune) pour les extraire une
par une. Un éclair bleu apparait et de nombreuses amorces fonctionnent (quelques dizaines de grammes explosent).
L'accident fait 2 blessés (brûlés) dont 1 grave (perte d'un oeil, fractures).
2 hypothèses sont envisagées : la friction entre une amorce et les dispositifs de calage dans la boîte, provoquant la
dispersion de produit et l'inflammation ou électricité statique. Le vieillissement des amorces dans des conditions
médiocres puis leur stockage au soleil chez le démolisseur ont pu également influer.
L'ouverture des boîtes est temporairement interdite (jusqu'à aménagement d'un poste assurant la sécurité de
l'opérateur?). Le classement des objets à détruire est vérifié. Les experts pyrotechniques conseillent de manière
générale la mise en place d'un dialogue efficace entre les fournisseurs de produits à détruire et les sociétés assurant
cette tâche pour assurer la bonne transmission de toutes les informations concernant les objets à détruire.
ARIA 17152 - 16/11/1999 - 89 - MERE
38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux
Un kit de système de freinage et d'amorçage pour bombe de 250 kg détone dans une entreprise
démilitarisant des munitions ; un opérateur est tué.
Des manipulations non autorisées auraient causé le fonctionnement nominal de l'objet avant étude
du mode opératoire le plus approprié en vue de sa destruction. L'opérateur aurait ôté une vis d'immobilisation de la
fusée, puis dévissé cette dernière, conduisant à la détonation du bousteur (70 g). Les experts rappellent l'importance
du respect strict des consignes de sécurité et des modes opératoires ; "tout ce qui n'est pas autorisé est interdit".
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ARIA 22518 - 21/06/2001 - 18 - BOURGES
84.22 - Défense
Dans un stockage d'un établissement pyrotechnique, de la composition photogène se décompose
lors de la préparation de sa destruction, provoquant un léger rejet d'hydrogène sulfuré (H2S). La
composition, fabriquée en 1979 à base de poudre noire, d'aluminium et de poudre de magnésium,
est contenue dans 30 sachets de 300 g chacun.
En vue de leur destruction, ceux-ci sont versés dans 2 bidons d'eau situés à l'extérieur et munis d'un couvercle.
Quelques heures plus tard, un opérateur aperçoit un dégagement de gaz sur l'un des 2 bidons et sent une odeur d'oeuf
pourri. Un refroidissement à l'aide d'une lance à incendie est mis en place ce qui diminue le dégagement gazeux. Le
contenu des bidons est versé à distance dans des bacs.
L'analyse en laboratoire de la composition ne révèle rien d'anormal. Une réaction de décomposition chimique des
molécules d'eau se serait produite au contact des poudres de magnésium et d'aluminium. Celle-ci aurait généré un
dégagement d'hydrogène sulfuré par recomposition de l'hydrogène avec le soufre provenant de la poudre noire. Cet
incident met en lumière la dangerosité des produits anciens dont l'évolution dans le temps (stabilité, sensibilité...) n'est
pas toujours bien connue.
Par ailleurs, lors de la préparation de l'élimination des produits, la consigne utilisée visait la destruction de poudre noire
alors que la composition correspondait à un mélange. Une analyse de sécurité préalable aurait dans ces conditions été
nécessaire pour permettre la mise en place de mesures adéquates.
ARIA 24915 - 22/03/2002 - 89 - MERE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une entreprise de destruction de produits pyrotechniques en fin de vie, un flash se produit lors
de la destruction d'artifices de divertissement (classe 1.3.G composés de chandelles 20 mm,
bombes, coups complets 30 mm). En fin de chargement du four, les opérateurs aperçoivent un
éclair blanc et ressentent une forte chaleur. Les produits présents ont tous fonctionné. Un des opérateurs est brûlé aux
mains, au visage, au torse malgré le port de protections individuelles (gants, lunettes, combinaison ignifugée) et un
autre est légèrement blessé. Plusieurs hypothèses sont émises. La plus vraisemblable fait état d'un frottement sur le
sol d'un produit pyrotechnique sensible à la friction. Au titre du retour d'expérience, les experts en pyrotechnie
rappellent notamment l'attention à apporter aux opérations de destruction de par la nature des produits pyrotechniques
impliqués (par définition dégradés et plus sensibles). Dans le cas de l'événement, la présence d'un bac à eau à
proximité a permis à l'un des opérateurs blessés de s'immerger, ce qui a pu limiter la gravité de ses blessures. En
revanche, l'opérateur ne portait pas la tenue anti-statique et les chaussures de sécurité préconisées par le projet
d'étude de sécurité (non approuvé).
ARIA 24902 - 20/06/2002 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosifs, une déflagration se produit lors de la préparation du
traitement des déchets (chiffons souillés de laque au tricinate). Un opérateur déplace des fûts
plastiques remplis de chiffons souillés sous eau lorsque la déflagration survient. Sous un fût, une
traînée noire de combustion apparaît sur le sol cimenté. L'incident serait dû à des gouttes de laque présentes sur le sol
et qui auraient réagi par friction lors du déplacement du fût. Le conteneur est détruit et des bris de vitres sont
constatés. Un nettoyage soigné de l'extérieur des fûts sur le poste de laquage doit éviter la pollution accidentelle du sol
par des écailles de laque sèche.
ARIA 28352 - 07/10/2003 - 33 - LA TESTE-DE-BUCH
84.22 - Défense
Sur une base aérienne, des déchets pyrotechniques explosent lors de la préparation de leur
destruction.
L'opération, réalisée dans un hangar pour cause de mauvaises conditions météo, consiste à mettre
en place les produits pyrotechniques à détruire (munitions, amorces, leurres infrarouges...) dans un conteneur en
composite. Ces opérations n'ont pas fait l'objet d'une étude de sécurité même si elles sont réalisées par du personnel
qualifié pour la neutralisation, l'enlèvement, la destruction des engins explosifs (NEDEX). Lors de sa manipulation, un
des produits pyrotechniques fonctionne et entraîne celui d'une partie des objets dans le conteneur. Les effets de
souffle et d'éclats de la réaction pyrotechnique blessent mortellement l'opérateur.
Un choc provoqué par l'opérateur sur une amorce aurait initié l'ensemble des amorces en vrac ainsi que d'autres
produits. Une seconde hypothèse envisage l'initiation d'un leurre par effet DRAM. Les experts rappellent que ce type
d'opération ne devrait pas rentrer dans le cadre de mission NEDEX, mais dans l'élimination de déchets de type
"industriel" (réglementation de "droit commun").
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ARIA 32086 - 28/07/2006 - 29 - PONT-DE-BUIS-LES-QUIMERCH
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une société de fabrication de poudre de chasse, un feu se déclare sur une aire de brûlage de
déchets pyrotechniques, le jour d'arrêt des productions pour congés annuels. Une seule entrée
permet l'accès à cette aire (50x30 m) excavée, pour partie entourée par un merlon et protégée par
un poteau incendie. Tout déchet pyrotechnique ne peut être apporté qu'avec une autorisation préalable du service
sécurité/environnement (SE). Les déchets du site ou d'une autre entreprise étant transportés dans de l'eau, il est
nécessaire d'obtenir un certain niveau de séchage pour leur mise à feu à l'aide de poudres vertes. Pour leur
destruction par brûlage, ils sont disposés en cordon au pied de l'excavation généralement sur du bois (palettes ...). La
présence d'un camion de première intervention adapté est requise pour le brûlage de grandes quantités. Le 24/07,
alors que l'opérateur affecté au brûloir depuis 1987 prépare la zone à l'aide d'un tracteur agricole, la poudre
s'enflamme spontanément. Choqué, l'employé au volant du tracteur s'extrait sans être blessé. Le 28/07 dans la
matinée, conscient de l'extrême sensibilité des déchets présents, le responsable aidé de 2 opérateurs des services de
production, les 2 employés du SE étant absents, programme l'élimination de ces matières imbrulées (poudre de
chasse finie humide et graphite) par ratissage et étalement des déchets pyrotechniques sur les palettes pour en
faciliter le séchage. En début d'après midi, ils répartissent, en l'absence du camion de première intervention, les
palettes sur les couches de déchets lors de 2 approvisionnements. Vers 15 h, un feu spontané se déclenche près du
responsable SE qui se retrouve alors prisonnier des flammes et des fumées. L'incendie se propage à l'ensemble de
l'aire. Les 2 autres personnes s'échappent de la zone sans être blessés. L'un d'eux, pompier volontaire, donne l'alerte
et attaque le feu. Le responsable SE, retrouvé à 30 m du départ de feu au pied du talus, décède de ses blessures dans
l'heure qui suit. Le départ du feu serait dû à une friction de la poudre (sèche + polluée donc plus sensible) par la chute
ou le ripage d'une palette, le piétinement de l'intervenant décédé... Un briquet jetable intact mais inopérant est retrouvé
près du foyer. Le redémarrage est conditionné à la mise en place de mesures compensatoires. Plusieurs aspects
seront abordés : pollution des sols susceptible d'être induite lors du brûlage, nature des déchets à détruire ...
ARIA 38183 - 04/05/2010 - 84 - SORGUES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine d'explosif, 10 à 20 g d'explosif composite s'enflamment vers 17 h lors de la découpe d'un obus. La
charge explosive est expulsée de l'enveloppe métallique. L'opération étant conduite à distance, l'incident n'a été
constaté que lors de la récupération de l'obus en fin de découpe. Il n'y a eu aucune conséquence humaine, matérielle
ou environnementale. L'exploitant effectue une analyse par arbre des causes.
ARIA 42543 - 06/06/2012 - 973 - KOUROU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Sur un site pyrotechnique, le brûlage de déchets de propergol se déclenche intempestivement vers
12 h lors du test de la ligne de mise à feu. Les conditions météo étant favorables, l'autorisation de
brûler avait été accordée. L'aire de brûlage avait été préparée (ratissage) et chargée par les 2
opérateurs. En attendant la mise en place des pompiers pour lancer les opérations de destruction, ces derniers testent
le système de mise à feu constitué d'une puissance délivrant un courant électrique qui chauffe un fil chaud
(nickel/chrome) par effet Joule. Le dysfonctionnement d'un relais (resté bloqué) entraine la continuité électrique de la
ligne lors du test, ce qui provoque la mise à feu des déchets. L'allumage se faisant à distance et personne ne se
trouvant sur l'aire de destruction, aucun blessé n'est à déplorer.
L'exploitant remplace le relais défectueux et met en place un deuxième relais en série, ainsi qu'un bouton dédié pour
tester la ligne. Il sensibilise son personnel.
A l’étranger
ARIA 32687 - 01/04/2004 - ALLEMAGNE - PINNOW
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit lors de la préparation de destruction de munitions par pétardement dans
une "chambre d'explosion sous vide", provoquant la mort d'un employé. Le conteneur, alors chargé
avec 2,3 kg d'explosifs, est détruit. Les secours sécurisent les lieux et la police se charge des
munitions non explosées. Le montant des dommages matériels s'élève à 2 500 euros.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
19
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 39878 - 24/02/2011 - ESPAGNE - HOYO DE MANZANARES
84.22 - Défense
Dans un centre d'instruction de l'armée, 16 militaires participent à une formation pour détecter et
détruire des engins explosifs. Des mines antichars dont le détonateur a été désactivé sont utilisées
pour l'exercice. Une fois détectées, les mines (40 kg d'explosifs au total) sont rassemblées dans un
trou à flanc de colline. Une explosion se produit à 10h30, tuant 5 militaires qui se trouvaient à côté du trou et en
blessant 3 autres à 20 m, dont 2 gravement. Des débris sont retrouvés jusqu'à 2 km. Les pompiers et plusieurs
équipes médicales d'urgence se rendent sur place. Une équipe de démineurs établit un périmètre de sécurité et
s'assure de l'absence de risque. L'armée réalise sa propre enquête parallèlement à celle, judiciaire, de la Guardia civil.
Il apparait que le détonateur utilisé pour détruire les mines était déjà connecté alors que les intervenants se trouvaient
encore à côté des munitions. Du courant résiduel dans le câble de commande aurait provoqué l'allumage. D'après le
ministère espagnol de la Défense, les militaires impliqués étaient parmi les plus expérimentés des forces armées. Des
sources militaires, rapportées par la presse, précisent que les procédures en vigueur n'autorisent pas autant
d'intervenant à se trouver aussi près des explosifs une fois le détonateur installé.
ARIA 40136 - 08/04/2011 - ETATS-UNIS - WAIPAHU
39.00 - Dépollution et autres services de gestion des déchets
À 8h50, une explosion suivie d'un incendie se déclare dans un magasin de stockage de feux
d'artifice (bunker enterré dans un flanc de colline). Ces artifices de contrebande en provenance de
Chine avaient été saisis par les douanes entre 2007 et 2011 car, contrairement à leur étiquetage
d'artifices pour les particuliers (type 1.4G), leurs caractéristiques physiques correspondaient à des artifices pour
professionnels (type 1.3G). Les artifices impliqués dans l'incident, saisis en 2010, étaient constitués de tubes
individuels contenant chacun une charge de propulsion à base de poudre noire et une bombe et liés par des mèches
pyrotechniques.
A 7h15, une équipe de 6 personnes commence le démontage de ces tubes d'artifices pour préparer leur destruction.
Ils s'installent sur une table, sur le quai de chargement en ciment directement en face de l'entrée du stockage. Ils
découpent les tubes à la main en utilisant un coupe-tuyau PVC ou un couteau et séparent les composants explosifs
dans des boîtes en carton.
A 8h30, il se met à pleuvoir à verse : les travailleurs remballent rapidement leur installation de démontage et stockent
les outils, les chaises, les boîtes contenant des bombes, la poudre noire, et le reste des tubes partiellement
désassemblés juste à l'entrée du stockage. Le chef d'équipe sort du stockage pour passer un appel téléphonique ;
quelques minutes après, l'explosion (détonation en masse) se produit, tuant les 5 employés qui étaient restés à
l'intérieur et blessant légèrement le 6ème.
L'enquête menée par le bureau américain de la sécurité chimique (US CSB) souligne les principaux éléments suivants:
1 / La société, qualifiée pour la destruction de munitions non explosées telles que des grenades ou mines, ne disposait
d'aucune expérience en matière d'élimination de feux d'artifice. Le procédé de destruction, qui consistait à tremper les
feux d'artifice dans du diesel avant de les brûler dans des fûts sur un champ de tir à proximité, a été "inventé" et son
analyse de risques était nettement insuffisante.
2 / Le personnel n'avait pas la formation, l'expérience ni la connaissance des bonnes pratiques pour la destruction de
feux d'artifice en toute sécurité.
3 / L'entreprise a modifié à deux reprises le procédé, ce qui a permis l'accumulation de grandes quantités de
substances explosives dans des boîtes, augmentant considérablement le risque d'explosion. Les implications sur la
sécurité de ces changements successifs n'ont pas été suffisamment analysés.
4 / Un certain nombre de sources d'inflammation ont été identifiées dans le stockage : outils inadaptés pouvant
provoquer des étincelles, un diable métallique et des chaises roulantes de bureau pouvant avoir généré de la friction
sur des traces de poudre au sol, sacs poubelles en plastique « classiques » recevant de la poudre noire et pouvant
avoir généré une décharge d'électricité statique…
Le CSB souligne également de la part de l'état une sélection insuffisante des entreprises sous-traitantes, des
exigences et un contrôle insuffisants concernant la sécurité d'activités dangereuses, ainsi que des lacunes importante
dans les normes réglementaires (fédérales comme des industries) relatives à l'élimination des feux d'artifice.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
20
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En cours de destruction (brûloir, banc d’essai...)
ARIA 37119 - 01/01/1985 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Aux cours d'une opération de destruction de 500 g de compositions pyrotechniques, le régime de
combustion transite en détonation, entraînant la projection du panier métallique sous lequel étaient
placés les produits à détruire. Le confinement des produits à détruire serait à l'origine de la TCD.
Des projections entraînent des débuts de feu de broussailles alentour, rapidement maîtrisés par le personnel, grâce à
la présence d'un camion incendie pendant les opérations de brûlage. L'exploitant remplace le panier protecteur par un
système antiprojection solidaire de l'aire de brûlage et adopte de dispositions pour éviter le confinement des matières à
détruire.
ARIA 37092 - 12/02/1987 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Des explosions se produisent lors de la destruction de poudre composite imbibée de
trichloréthylène par brûlage et de la décontamination de fûts ayant contenu du trichloréthylène
souillé de pâte composite. De la pâte de poudre et des débris de fûts sont projetés aux alentours de
l'aire de brûlage. L'aptitude à détoner du mélange pâte de poudre et de trichloréthylène est connue.
Le même incident se produit 4 jours plus tard. Les déchets de pâte + trichloréthylène en provenance des laboratoires
seront conditionnés en sac pour réduire les projections. Les fûts restant entreposés sur le brûloir seront nettoyés puis
grillés.
ARIA 37093 - 20/02/1987 - 03 - BELLERIVE-SUR-ALLIER
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une détonation se produit lors de la destruction de détonateurs par voie chimique dans 2 seaux
comprenant chacun 80 g d'explosifs primaires. L'opérateur déverse une solution acide dans les
seaux contenant les produits à détruire. La réaction chimique provoque immédiatement un fort
bouillonnement ; l'opérateur ajoute de l'eau 1 minute après le début de l'opération. Le contenu du premier seau
explose 4 minutes après, suivi du deuxième. Six autres seaux disposés dans le bac et contenant d'autres produits en
attente de destruction sont projetés dans un rayon de 50 mètres.
Les opérations étant menées à distance, l'opérateur n'est pas blessé. Le miroir de surveillance, des tuyauteries et le
bac en béton sont détruits.
L'exploitant étudie un produit de destruction moins agressif. Il sépare les seaux par des cloisons en béton et étudie un
système de refroidissement plus efficace. Il met en place une surveillance des températures de réaction et améliore les
moyens de surveillance (vidéo).
ARIA 37056 - 16/11/1987 - 18 - BOURGES
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une détonation se produit lors de la destruction de détonateurs par grillage. De la matière plastique
fondue, provenant de la destruction précédente de détonateurs conditionnés sous tube plastique,
obstrue partiellement la goulotte d'alimentation du four à incinérer. Les amorces s'accumulent au
niveau inférieur puis détonent. La goulotte d'alimentation du four et la paroi légère du local sont détruites. L'exploitant
modifie le conditionnement des amorces incriminées ainsi que la goulotte pour limiter toute accumulation.
ARIA 37062 - 09/03/1988 - 16 - ANGOULEME
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion partielle se produit lors du brûlage de déchets pyrotechniques (poudre propulsive,
déchets de solvants de moulage, nitroglycérine, triacétine et acétone), 1 heure après la mise a feu.
Le bac de brûlage est détérioré. La décantation d'une certaine quantité de solvant de mouillage
aurait vraisemblablement laissé de l'explosif à nu, provoquant son explosion lors du brûlage. La procédure de
flegmatisation des déchets avant leur destruction est améliorée et la quantité de produit détruite simultanément est
réduite.
ARIA 37072 - 12/07/1988 - 18 - BOURGES
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une détonation se produit au cours d'une opération de brûlage de 100 kg de composition
pyrotechnique à base de perchlorate de potassium et d'un agglomérant organique. Les déchets
(copeaux) proviennent de l'usinage de boîtier d'allumeurs pour munitions de 155 mm. Les bâtiments
situés dans la zone de destruction sont endommagés : vitres cassées, portes arrachées, toitures soufflées … Le brûlage
de ce type de déchets est suspendu jusqu'à la conclusion de la commission d'enquête.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
21
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 37026 - 22/05/1989 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Les opérateurs de destruction confectionnent 6 îlots de brûlage de boues d'hexolite. Une mine à
détruire est placée sur 1 îlot puis la mise à feu est déclenchée. Cinq minutes plus tard, un des îlots
détone, déclenché par l'explosion de la mine. Les autres îlots ne transitent pas. Un cratère de cinq
mètres de diamètre et de 30 à 80 cm de profondeur est créé.
Les brûlages ne seront réalisés à l'avenir qu'avec des produits de même nature ; les mines seront détruites par
pétardage.
ARIA 36883 - 11/05/1990 - NC - NC
84.22 - Défense
Une détonation se produit lors de la destruction de munitions par immersion en eau profonde. Une
palette chargée de munitions à détruire est immergée en mer. Une dizaine de secondes après
l'immersion, les munitions équipées d'un dispositif sensible à la pression hydrostatique détonent.
Une gerbe d'eau de 6 m de hauteur est observée en surface. L'exploitant recherche une autre méthode de destruction
pour ce type de munitions.
ARIA 36879 - 04/07/1990 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit au cours d'une opération de brûlage de 8 kg de déchets de Prémix pour
propergol nitralane (nitroglycérine et triacétine) mélangés à de la sciure de bois. Le mélange de
devait pas être suffisamment homogène. Le récipient contenant les produits est détruit.
ARIA 36880 - 23/07/1990 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit lors de la destruction de détonateurs par voie chimique dans des seaux.
Les seaux sont remplis de solution de destruction et le refroidissement par circulation d'eau froide
est lancé. Le seau contenant les détonateurs (50 g) détonne au bout de 10 minutes. Le seau, le
tuyau en PVC d'amenée de la solution de destruction et son support sont détruits. Les seaux voisins sont légèrement
déplacés mais non dégradés.
La conception du poste (conduite à distance et derrière un mur protecteur) assure une protection efficace de
l'opérateur ; il n'est pas blessé.
Un défaut dans les instructions de travail est à l'origine de l'explosion ; il n' avait pas été tenu compte de la température
ambiante élevée et la chaleur associée à l'exothermie de la réaction a initié l'explosion. Le paramètre température
extérieure sera intégré au mode opératoire (durant les périodes chaudes de l'année, les destructions seront réalisées
en début de matinée).
ARIA 36831 - 11/04/1991 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Des résidus de pentrite mélangés à de la terre détonent violemment lors de leur destruction par
pétardage. Un sac de 60 kg de déchets provenant du curage d'un puisard de récupération des eaux
des séchoirs à pentrite est pétardé avec du cordeau détonant. L'explosion du cordeau ouvre le sac
et répand la terre souillée sur le sol. Le second essai entraîne une forte détonation, avec effet de souffle et projection
de débris. Un cratère de 2 m de diamètre et 75 cm de profondeur se forme dans le sol sablonneux du champ de tir.
Aucun blessé n'est à déplorer. Les installations voisines sont endommagées (perforation des toitures en fibrociment
par les projections et ébranlement des toiles huilées et vitrages en matière plastique par le souffle).
La quantité d'explosif secondaire mélangée à la terre aurait été mal appréciée. Les experts rappellent l'importance
d'une bonne connaissance des quantités de matière à détruire de manière à respecter le timbrage des installations. En
cas de doute, la matière à détruire doit être fractionnée.
ARIA 36854 - 24/10/1991 - NC - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit sur un site pyrotechnique lors de la décontamination par brûlage de
matériel souillé à la tolite. Après une pré-décontamination à l'eau chaude, les matériels souillés sont
brûlés. 15 min après la mise à feu du brasier avec du bois, la tolite résiduelle confinée dans le
matériel détone. Des pièces métalliques sont projetées dans un rayon de 60 m ; la plus importante pèse 45 kg.
L'exploitant améliorera la pré-décontamination à l'eau chaude pour limiter la quantité d'explosif à détruire par brûlage,
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
22
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
essayera de limiter les phénomènes de confinement et prendra en compte le risque de projection dans l'environnement
de l'aire de brûlage.
ARIA 36808 - 24/04/1992 - 21 - VONGES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Vers 11h45, une combustion anormale d'un propulseur se produit lors d'un tir au banc pour destruction. A cause d'un
défaut d'étanchéité d'un joint torique, la structure du propulseur à l'arrière du moteur (contre le flasque de la tuyère) se
déchire et un jet de flammes s'échappe par l'orifice de 2 à 10 cm de large sur la moitié de la circonférence. Les
opérations étant conduites à distance, aucun blessé n'est à déplorer. Le banc de tir est détérioré (tirants de fixation,
manchons phénoliques). Le flasque de tuyère est entamé. Onze incidents de ce type ont déjà eu lieu sur le site.
Malgré l'incident, le moteur est resté arrimé sur le banc ; l'arrimage de sécurité constitué par le système arceau/verrou
central est intact.
ARIA 36816 - 01/10/1992 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit 30 s après le début d'une opération de brûlage de 180 kg de gommes de
pentrite et 60 kg de résidus de composites. La sole en béton du four est détruite ; les morceaux de
béton sont projetés et un cratère de 4 m de diamètre et 40 cm de profondeur est formé.
Les experts rappellent que les mélanges de produits sont à éviter lors des brûlages et que les aires ne doivent pas
comporter d'imbrulés provenant d'opérations précédentes.
ARIA 36490 - 29/12/1992 - 16 - ANGOULEME
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit lors de la destruction de 25 kg de nitrocellulose et nitroglycérine. Le
mode de destruction prévoit une mise à feu par des brûleurs à gaz. Les déchets à détruire sont
insuffisamment identifiés et ne sont pas conditionnés pour ce type de destruction. Lors de la mise à
feu sous le produit à brûler, ceux-ci détonent. Le four et les installation d'alimentation en gaz et électricité sont
détruites. Les experts rappellent l'importance d'une gestion rigoureuse des déchets, notamment leur identification, leur
conditionnement, leur contrôle à la réception et leur destruction. L'accumulation de déchets doit être évitée.
ARIA 36431 - 31/05/1994 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
84.22 - Défense
Au cours d'un tir d'essai d'un propulseur (pour élimination), le col de tuyère est éjecté, produisant un fluage de
propergol par la tuyère et un début d'incendie dans la zone des bancs, essentiellement sur des broussailles à
l'extérieur (en zone Z5 projections).
ARIA 28350 - 17/05/1995 - 16 - ANGOULEME
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit lors de la destruction de déchets pyrotechniques par brûlage. 1.5 kg de
déchets d'essorage des poudres GB détonent, probablement à cause d'une inhomogénéité du
mélange NGL + DSP + sciure de bois. L'opération étant conduite à distance, les 2 opérateurs ne
sont pas blessés. De légers dommages matériels sont constatés (bac métallique, brûleur...).
ARIA 36349 - 24/05/1995 - 84 - MONTEUX
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Sur un établissement pyrotechnique, des chandelles d'artifices déflagrent lors de leur destruction.
Les chandelles à détruire font 30 mm et se composent de 8 marrons d'air à effet sonore.
Le mode opératoire de destruction précise que les articles sont détruits dans une buse en béton (1
m de diamètre, 80 cm haut) enterrée verticalement jusqu'à 10 cm du bord supérieur. Les chandelles sont placées
verticalement dans la buse ; elles occupent presque tout l'espace disponible. Elles sont méchées individuellement pour
un allumage simultané de l'ensemble. Des destructions antérieures ont permis de détruire 22 puis 80 chandelles de ce
type. Le jour de l'accident 360 chandelles se trouvent dans la buse. Après allumage, 4 ou 5 salves partent, suivies de
la déflagration de l'ensemble, par fonctionnement par influence des marrons d'air probablement dû au confinement
créé dans la buse. La quantité de matière ayant déflagré est estimée à 25 kg, soit la moitié de la charge initiale.
L'accident ne fait pas de blessé. La buse est détruite, laissant place à un cratère de 1 m de profondeur par 1,5 m de
diamètre. Des morceaux de béton sont projetés dans toutes les directions, y compris à l'extérieur du terrain.
L'exploitant limitera les quantités de chandelles à détruire simultanément à 100 chandelles de 30 mm ou 50 de 45 mm
ou 50 de 65 mm par opération. Les chandelles sonores seront enterrées directement dans du sable ou de la terre
exempte de matériaux pouvant générer des projections dangereuses.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
23
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 7043 - 29/05/1995 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
38.32 - Récupération de déchets triés
Dans un établissement de destructions de déchets pyrotechniques, le brûlage de munitions
périmées transite en détonation. Le four d'incinération est détruit ; un incendie se propage et ravage
un hectare de végétation. L'exploitant limitera la capacité de remplissage du four à sa tenue
calculée à la détonation lorsque les produits à détruire sont susceptibles de détoner.
ARIA 36360 - 28/07/1995 - 21 - PONTAILLER-SUR-SAONE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Des tronçons de cordeau détonant détonent lors de leur destruction par brûlage. L'opérateur
expérimenté vérifie visuellement le contenu des sacs à détruire et veille à l'absence de tout noeud
compact de cordeau détonant. Il ne brûle jamais plus de 3 sacs simultanément. Le brûlage est initié
par un allumeur électrique commandé à distance depuis un blockhaus. Le jour de l'accident, quelques tronçons de
faible longueur de cordeau détonant (70 g/m) provenant du laboratoire sont brûlés. Après quelques minutes, alors que
les flammes décroissent, l'opérateur quitte le blockhaus et s'éloigne, protégé par le merlon autour de l'aire de
destruction. C'est alors que les restes de cordeau détonent, créant un cratère du 2,2 m de diamètre et de 80 cm de
profondeur. Il est possible que des opercules aluminium soient restées en place à certaines extrémités de cordeau,
mais la taille du cratère est hors de proportion avec l'équivalent PETN incriminé : la détonation initiale a du avoir lieu au
sein d'un cordeau avec transmission à des produits infiltrés sous le béton de la dalle. L'aire de brûlage est détruite.
L'exploitant sépare les aires de brûlage selon la nature des explosifs. Chaque aire de brûlage bétonnée sera posée sur
une couche imperméable pour permettre de collecter les résidus de brûlage et les produits solubles tels que les
oxydants.
ARIA 36387 - 27/10/1995 - 56 - LORIENT
84.22 - Défense
Une légère déflagration se produit lors du grillage de cartouches de 7,5 mm (3 g de poudre
chacune). Trois minutes après le début du grillage, un des brûleurs s'arrête en position de sécurité.
Des munitions fonctionnent 30 s après la mise en sécurité du brûleur, entrainant une faible
déflagration dans le four. L'opérateur observe sur le moniteur vidéo des flammes sortant par la partie supérieure du
four pendant le fonctionnement des munitions (signe du soulèvement de l'avaloir) et un dégagement de fumée noire
après l'explosion. Les dommages sont légers : l'avaloir du four s'est légèrement soulevé ; il faudra 4h de travail à 2
opérateurs pour le repositionner et le fixer.
L'enquête montre que l'incident est du à la conjugaison de 2 facteurs : la nature de la munition qui permet un
dégagement gazeux important en un temps court et l'excès de cartouches dans les marmites de grillage conduisant à
une amplification du phénomène. L'exploitant rappelle l'importance du respect des consignes, notamment concernant
les quantités maximum à détruire.
ARIA 8180 - 13/02/1996 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de produits pyrotechniques, 1 bloc de 10 t de propergol (mélange solide
NH4ClO4/poudre d'aluminium de catégorie 1.3b) prend feu lors du retrait d'un chargement propulsif
de missile effectué à distance par découpe hydraulique. L'opération se fait à l'aide d'un jet d'eau à
400 bars. La cause de l'inflammation reste inconnue. La combustion vive (2 000°C) du bloc durant 5 min. entraîne
l'émission de 2 t d'acide chlorhydrique (HCl). Une partie de l'atelier et l'installation de découpe sont détruites : matériel,
bâtiment-toiture, bardage, vitrages... La porte de l'atelier est détruite et la végétation située dans l'axe est grillée sur 50
m de long par 10 m de large. Les opérateurs, à distance dans le poste de commande blindé, ne sont pas blessés. Le
POI est déclenché. Le sinistre est maîtrisé en 20 min. avec les moyens internes à l'établissement. Les dommages
matériels s'élèvent à 12,2 MF.
ARIA 21313 - 03/04/1996 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans un établissement pyrotechnique, une détonation se produit lors de la destruction par
pétardage d'un propulseur (propergol épictète). L'opération a lieu dans une fosse constituée de
cubes de béton avec une dalle de soubassement en béton ; l'amorçage est réalisé à l'aide d'un
cordon de plastrite. La détonation du cordon de plastrite doit ouvrir le propergol et initier sa combustion. Il prend
cependant un régime de détonation, formant un cratère de 1,5 m de diamètre et projetant des morceaux de béton à 90
m. La fosse est détruite. Conformément à l'EST, le personnel est a l'abri : aucune victime n'est à déplorer. Les experts
rappellent que la destruction par pétardage doit être réservée à des propulseurs dégradés. Les propulseurs en ordre
de tir doivent être détruits en fosse verticale avec mise à feu du circuit d'allumage.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
24
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 23045 - 10/02/1997 - NC 20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine pyrotechnique, une explosion se produit lors de la destruction par brûlage de 250
kg de pentrite en gros cristaux souillés de rouille. La destruction de ce produit est inhabituelle (1ere
fois depuis 10 ans). La combustion dure normalement 20 minutes. L'explosion advient cette fois 4
minutes après l'allumage. La hauteur critique du produit (HCE) aurait été dépassée en de nombreux endroits en raison
du bombage et de la déformation générale de la sole de destruction. Conformément aux consignes, l'opérateur se
trouve à l'abri à 150 m de la zone de mise à feu ; il n'est pas blessé. La sole métallique de brûlage est détruite et un
cratère est creusé dans la dalle de béton. L'exploitant renforce le merlonnage des cabines de mise à feu et remplace
les hublots avec un matériau résistant aux éclats.
ARIA 23063 - 30/04/1997 - NC 84.22 - Défense
Lors d'opérations de destruction par fonctionnement sous pression hydrostatique de grenades anti
sous-marines, une grenade détone sur le pont d'un navire au large des côtes. La détonation
entraine le fonctionnement par influence de plusieurs centaines de grenades (1 000 charges
explosives de 500 g) et le naufrage très rapide du bateau. Une chute a pu causer intempestivement le fonctionnement
nominal d'une grenade dont les dispositifs de sécurité de chaîne d'amorçage auraient mal vieilli ou dont les divers
éléments explosifs auraient subi une perturbation mécanique dans leur agencement. Cinq personnes sont mortes et 17
sont blessées dont 8 gravement.
Les experts rappellent que toute destruction doit faire l'objet d'une recherche documentaire aussi exhaustive que
possible sur les munitions concernées. La destruction ne doit pas être retardée sous peine de perte d'information sur
les produits à détruire. Tous les scénarii conduisant à un fonctionnement accidentel et leurs conséquences possibles
doivent être envisagés dans l'étude de sécurité pyrotechnique (exercice difficile pour les munitions anciennes ou
vieillies qui peuvent présenter un niveau de sensibilité bien supérieur à celui rencontré sur des produits similaires mais
récents).
ARIA 19126 - 05/11/1998 - 18 - LA CHAPELLE-SAINT-URSIN
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit sur une aire de destruction de produits pyrotechniques. Les sacs
contenant les déchets pyrotechniques (emballages et chiffons souillés) sont mis à détruire sans être
ouverts. Ils contiennent une quantité d'explosifs supérieure à celle prévue, ce qui provoque, peu de
temps après la mise à feu du foyer, une réaction violente comparable à la détonation de 0.5 à 2 kg de TNT. Les
opérateurs se trouvant à distance, ils ne sont pas blessés. Le four de destruction est très endommagé : cratère dans le
sol, porte projetée à 40 m, grillages de toiture endommagés... L'exploitant vérifie la procédure de tri des déchets et
sensibilise le personnel. Il met à jour les modes opératoires de préparation des opérations de destruction.
ARIA 19132 - 22/12/1998 - 31 - MURET
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, une déflagration se produit lors de la destruction d'artifices
de divertissement de calibre <75 mm. Peu après la mise à feu, un jet électrique de 74mm aurait
déflagré et entraîné la réaction en chaine des autres produits, projetant des produits enflammés. Le
brûloir est partiellement détruit ; ses tôles sont projetées jusqu'à 50 m. Les experts pyrotechniques rappellent la
nécessité de réserver les destructions au bruloir pour de faibles quantités, dont le comportement à l'incendie et les
effets sont connus. Les produits défectueux ou anciens devraient être détruits sur une aire libre et sans confinement.
ARIA 19105 - 14/01/1999 - 18 - BOURGES
84.22 - Défense
Dans un établissement pyrotechnique, un bloc de propergol composite entre en combustion lors
d'une opération de sciage à distance d'un propulseur.
Une flamme apparaît au niveau de la sortie de la lame de scie puis se propage, causant la
combustion entière du bloc (sans propulsion). Parmi plusieurs hypothèses, la friction latérale de la lame de scie sur les
parois de l'enveloppe métallique conjuguée à la friction latérale de la lame de scie entre les blocs de propergol
déformés par l'étau est privilégiée.
Le système de noyage automatique et les parois soufflables ont joué leur rôle ; des dommages matériels internes sont
toutefois à déplorer. La machine de sciage et ses équipements ainsi que des câblages électriques du local sont
endommagés. Un tour d'usinage situé à proximité est endommagé dans une moindre mesure.
L'exploitant modifie la séquence de tournage (3 plongées d'outil au lieu d'une) de façon que le sciage ultérieur ait lieu
en pleine poudre. L'étau sera serré au minimum pour limiter les déformations. Enfin, des séparations seront installées
entre les diverses machines.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 20499 - 03/02/2000 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosifs, une déflagration se produit lors du grillage de déchets
pyrotechniques.
Un opérateur introduit des morceaux de bois à brûler dans un four en cours de fonctionnement. Un
autre employé en profite pour jeter dans le foyer un carton contenant deux filtres usagés issus de la fabrication d'une
composition pyrotechnique TiPP. Celle-ci déflagre immédiatement, causant une flamme importante. Ne portant pas les
équipements de protection individuelle (tête), les deux employés sont légèrement brûlés. Une troisième personne est
choquée. La porte du four est endommagée.
Le four n'était pas prévu pour brûler ce type de compositions ; en outre, les objets introduits dans le four n'étaient
vraisemblablement pas compatibles avec ceux qui y brûlaient déjà. Enfin, les consignes de sécurité n'ont pas été
respectées ; le four doit être approvisionné seulement éteint ou par l'extérieur et ne doit pas être ouvert en
fonctionnement.
ARIA 20504 - 16/03/2000 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un atelier pyrotechnique, un feu se déclare lors de la découpe à distance d'un pavé de 15 kg de propergol (type
butalane). Le système de noyage se déclenche mais n'empêche pas la combustion totale. L'incendie ne se transmet
toutefois pas au système d'aspiration des copeaux. Les dommages sont limités à la cellule. La prise en feu est
probablement due à la présence simultanée de matériaux de structure bobinée avec leurs protections thermiques et de
propergol.
ARIA 20514 - 31/08/2000 - 91 - VERT-LE-PETIT
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, un bloc de propergol butalite à base de poudre BTU prend feu lors de son
sciage. L'inclusion de 2% de poudre B dans la composition l'a rendue plus abrasive vis-à-vis du fonctionnement rapide
de la lame en acier.
Les opérations étant conduites à distance, l'incendie ne fait pas de blessé ; l'entonnoir de récupération des copeaux et
quelques pièces d'usure sont endommagés. L'exploitant remplacera la lame en acier par une renforcée par du carbure.
ARIA 20512 - 27/11/2000 - 68 - SAINT-LOUIS
84.22 - Défense
Dans un établissemnt de recherche, un traceur contenant 16g de composition pyrotechnique
éclairante fonctionne intempestivement lors de sa neutralisation.
L'opérateur dérape avec son outil en retirant l'opercule située à la base du traceur, ce qui initie la
composition. L'opérateur est légèrement brûlé à une main.
ARIA 22504 - 18/05/2001 - 09 - MAZERES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'artifices, une composition pyrotechnique à l'étude à base de nitrate
de potassium et d'aluminium déflagre au moment de sa destruction. Une instabilité chimique
entraîne une décomposition exothermique et la déflagration. L'accident fait 3 blessés légers
(brûlures et traumatismes auditifs), mais les conséquences auraient pu être dramatiques.
Bien que l'opérateur ait été expérimenté (10 ans d'expérience) et que les modes opératoires soient éprouvés depuis 20
ans, plusieurs erreurs et non-respects de procédure sont constatés :
1/ De l'eau est utilisée comme mouillant à la place d'un mélange eau/alcool, rendant la composition instable.
2/ La procédure prévoit une destruction immédiate des compositions d'étude : celle-ci est différée dans le temps, ce qui
augmente la probabilité d'accident (temps de décomposition de la composition).
3/ 10 kg de composition sont préparés pour destruction alors que la procédure prévoit un fractionnement en pots de
2,5 kg, ce qui aggrave les effets et les conséquences de l'accident.
L'exploitant prend des sanctions à l'égard de l'opérateur n'ayant pas respecté les consignes. Il mène une réflexion sur
l'échec du système de management de la sécurité et sur le "maintien de la vigilance permanente" des opérateurs. La
sensibilisation trimestrielle des opérateurs prévue par la réglementation et mise en oeuvre sur le site n'a pas permis
dans ce cas d'éviter un phénomène d'accoutumance.
ARIA 22530 - 12/07/2001 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, une explosion se produit lors de la destruction de déchets
dans un four.
L'opérateur charge le four avec des cartons et des palettes et verse sur l'empilement des pots en
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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matière plastique dont certains contiennent encore des reliquats d'acétone. Une explosion se produit lors de l'allumage
du briquet servant à allumer une mèche de nitrofilm. L'opérateur est légèrement blessé (brûles au 1er et 2nd degrés),
malgré le port des équipements individuels de protection prévus (tenue en coton, gants, casque avec protection
d'oreilles, chaussures et lunettes de sécurité).
Les vapeurs d'acétone se seraient enflammées avec l'énergie produite par le briquet.
Le chargement et l'allumage du foyer se feront désormais depuis l'extérieur du four, la porte d'accès restant fermée et
verrouillée. Les procédures seront revues de manière à améliorer la sécurité lors de l'utilisation du four (chargement de
bois de manière à élever la température et éviter que des produits pyrotechniques ne restent à l'issue d'une
destruction, vidange des centres de foyer autorisée seulement après arrosage, ...). Par ailleurs, le personnel sera
sensibilisé sur l'importance de l'application des consignes.
ARIA 24904 - 23/01/2002 - 13 - ISTRES
30.30 - Construction aéronautique et spatiale
Lors de la destruction d'un propulseur sur un banc par fonctionnement nominal, il se produit une fuite puis une
perforation du fond avant du propulseur, 0,5 seconde après l'allumage. Le flux thermique a entraîné la rupture du point
de maintien du propulseur au banc. Le corps du propulseur est projeté à 220 m, le fond avant est retrouvé à proximité
de l'installation. La combustion se poursuit pendant une durée de 3 secondes. Le personnel exécutant était situé dans
un blockhaus. Le propulseur était déclassé en raison d'une anomalie détectée au niveau de la liaison allumeur/fond
avant (grippage dû à un défaut de collage). Avant l'opération de destruction du propulseur, l'allumeur avait été démonté
ce qui a pu provoquer une fragilisation du fond avant par excès de contrainte. La cause la plus probable de la fuite est
liée à la fragilisation du fond avant. L'installation est modifiée pour prévoir un double maintien du propulseur au banc.
ARIA 24912 - 12/08/2002 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un établissement pyrotechnique, un dégagement de fumée a lieu lors du nettoyage de fûts ayant contenu des
déchets pyrotechniques.
Un opérateur vide des fûts plastiques remplis de chiffons souillés de laque sous eau dans les cartons. Un fût
présentant des restes de poussières et de sciure, il le rince à l'eau. Voulant nettoyer les traces de laques sèche à
l'intérieur du fût, l'opérateur utilise de l'acétone et frotte avec un tampon à récurer. La friction sur les traces de laque
sèche de la paroi interne du fût provoque l'apparition de fumées. L'opérateur asperge l'intérieur du fût avec un tuyau
d'eau et alerte le responsable. L'exploitant rappelle aux opérateurs que l'acétone doit rester un certain temps en
contact des traces de laques avant de pouvoir les décoller. Il met également en place un moyen mécanique pour
maintenir à distance le bras de l'opérateur.
ARIA 26456 - 28/11/2003 - NC 20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une fabrique de munitions, un obus chimique de 77 mm explose lors d'une opération de
destruction par dissolution en bain acide. Le réacteur est légèrement touché.
ARIA 27709 - 17/06/2004 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une société fabriquant des explosifs, une explosion a lieu lors de la destruction d'explosifs par
brûlage. La substance, du pentrite (NP 25% d'eau), explose 12 min après le début du brûlage
effectué sur sole sous solvant (toluène). La sole et le caniveau sont détruits et les écrans de
protection, mis en place pour éviter la transmission de détonation entre les 10 soles de l'aire de brûlage, sont soufflés.
Un dépassement de la hauteur critique et de la température d'explosion, due à la déformation des soles et au procédé
de chargement du solvant, serait à l'origine de l'accident. L'exploitant mettra en place un contrôle périodique de la
déformation des soles et ajustera les charges des soles en fonction de leur relief (déformation).
ARIA 35708 - 09/11/2004 - 72 - PRECIGNE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosif, la charge de déblaiement d'une mine antichar s'initie lors
du démantèlement par détourage de la mine.
Pour retirer la charge de déblaiement constituée de 113 g de poudre noire, un disque en aluminium
est fraisé. La rotation du disque juste avant son éjection, associé à une lubrification insuffisante causée par les
éjections précédentes des disques sur le système de lubrification (déviant ainsi le jet), a engendré des frictions et initié
la poudre noire. La réaction de la poudre n'a toutefois pas initié le chargement principal de la mine ; l'incident ne fait
pas de dégât. Les experts rappellent l'importance de la sensibilisation des opérateurs sur les dérives possibles des
processus répétitifs.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 30732 - 06/12/2004 - 72 - PRECIGNE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Lors de la destruction de tubes éclateurs, une dénotation inattendue se produit sur le champ de tirs
d'une usine de fabrication de munitions, de distribution d'explosifs industriels et de démilitarisation
de matières et objets explosibles. Les tubes éclateurs (110 g de tétritol dans un tube à paroi mince
d'acier) sont disposés par paquets de 30 espacés de 40 cm sur 2 lignes de 20 m. Chaque tas est relié par une traînée
de poudre propulsive. La préparation de ce matériel dure 2 h et se tient sur le champ B, terrain nu, plat, bétonné
(30*20 m), ceinturé par des merlons de 4 m de haut. Les 2 employés effectuant le grillage des douilles ont 15 ans
d'expérience dans une unité spécialisée dans la mise en sécurité et la neutralisation d'armes et de munitions sur des
sites pollués. Vers 16h45, une détonation ressentie près du site survient peu de temps après la mise à feu. L'alerte est
déclenchée, un périmètre de sécurité mis en place autour du champ B est maintenu jusqu'à la fin du grillage à 17h30.
Le lendemain, on note la déformation (cratérisation) sur 6 m de long et 60 cm de large du béton du champ B. Cette
largeur diminue dans le sens de propagation de l'onde de choc, la détonation n'étant pas transmise sur toute la
longueur de la ligne : 15 kg de tubes éclateurs détonés et 10 kg déflagrés. De légers dégâts matériels sont constatés :
décrochage d'un luminaire dans le bâtiment B41, chute d'un élément de toiture du bâtiment I22 en cours de rénovation
mais aucune projection hors du champ. L'artificier habilité reconnait avoir commis une erreur en positionnant les tas à
40 cm et non à 80 cm minimum comme le prévoit la prescription pour cette opération. La poudre propulsive semble
avoir eu une combustion plus énergétique qu'habituellement : l'inflammation plus rapide des tas contigus aurait pu
augmenter leur sensibilité à la détonation. Cet accident montre que le sol béton, en place depuis quelques mois,
génère des éclats en cas de détonation et impose de corriger la distance de non transmission. Des mesures curatives
sont mises en place : disposition systématique des tas à l'aide de pige, contrôle par l'artificier suivi de la validation de la
mise en place de l'explosif avant la mise à feu par un responsable de démilitarisation. Les mesures préventives
prévoient de modifier la distance et les consignes de sécurité pour prendre en compte les nouvelles pratiques.
ARIA 35609 - 04/04/2005 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de traitement de munitions, une grenade antichar de 65 mm (modèle 1991
contenant 270 g d'hexolite) détone lors de son démantèlement.
La partie amorçage (7 g d'hexolite) est séparée de la partie chargement de la grenade avec un
outillage prenant simultanément 2 munitions. Deux secondes après la fin de cycle de la 40ème opération de la journée,
l'une des munitions détone, sans effet sur l'autre.
Le système de percussion se trouvant au niveau du filetage du culot en magnésium a dû fonctionner par compression
puis libération du ressort ou par choc direct ou indirect au moment de la séparation charge-amorçage. L'explosion ne
fait aucun blessé. La paroi soufflable est expulsée jusqu'à 15 mètres, les pièces en contact direct avec le corps de
grenade sont fragmentées avec un effet charge creuse de la charge sur 80 mm de profondeur sur l'un des supports de
la machine (dard retrouvé à l'intérieur du local).
L'exploitant lancera des essais pour modifier le procédé en créant une amorce de rupture au niveau de la jonction
entre le corps en aluminium et le culot en magnésium tenus par collage.
ARIA 32052 - 28/04/2006 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Suite à l'explosion d'obus en cours de destruction, un feu se déclare vers 17h30 dans une usine
d'armement classée Seveso qui a pour activité principale la fabrication de produits pour maintien de
l'ordre. La destruction de tels engins est une opération courante effectuée sur une aire de
destruction entourée de merlons de terre et cernée par une zone coupe feu dépourvue de végétation. Malgré ces
précautions, l'incendie se propage et détruit 2 ha de la forêt de Malpaire. L'équipe de sécurité de l'usine renforcée par
une vingtaine de pompiers en provenance de plusieurs centres de secours maîtrise le sinistre. L'incendie ne fait pas de
victime.
ARIA 32222 - 20/07/2006 - 21 - PONTAILLER-SUR-SAONE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Lors d'une opération de brûlage de déchets pyrotechniques dans une usine de fabrication d'explosifs, 2 scories
s'envolent sous l'effet d'un vent léger. La première est arrêtée par un merlon et provoque un départ de feu. La seconde
retombe 200 m plus loin met le feu à un champ de blé. Bien qu'une partie de la parcelle ait déjà été moissonnée, 250
m² de culture céréalière sur 20 à 30 m de diamètre sont carbonisés. Les 7 membres de l'équipe d'intervention de
l'usine et 5 pompiers extérieurs maîtrisent le sinistre. L'exploitant décide de faire surveiller la parcelle par son
personnel pour éviter toute reprise éventuelle et envisage la pose d'une grille dans les secteurs de brûlage pour
écarter ce type de scénario.
Les experts rappellent que les études de sécurité et les consignes des opérations de brûlage doivent prendre en
compte les risques de transmission d'incendie dans l'environnement et notamment en fonction des conditions
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
28
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
météorologiques (chaleur, vent...).
ARIA 33538 - 07/09/2006 - 21 - VONGES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication de munitions, lors du brûlage de 30 kg de résidus explosifs sous
forme d'émulsion, une explosion se produit 15 minutes après le début de l'opération. La réaction
violente concerne 10 kg de résidus explosifs. Aucune victime n'est à déplorer mais la sole du brûloir
est déformée et la rampe de brûlage est arrachée et projetée sur l'aire. Les effets sont restés contenus sur l'aire. La
cause la plus probable de l'accident est l'initiation de la charge restante par une explosion thermique.
Les experts rappellent que ce risque de transition est limité par l'étalement en couche mince des produits pour éviter le
confinement excessif qui peut en être une des causes.
ARIA 32945 - 26/04/2007 - 10 - LHUITRE
38.32 - Récupération de déchets triés
Un feu se déclare dans l'un des hangars de stockage (200 m²) d'une entreprise de démantèlement
de munitions conventionnelles installée dans un camp militaire Le bâtiment sinistré entouré de
merlons hauts de 2,5 m, abrite des munitions. Selon les pompiers, des explosions sporadiques se
produisent. Lors de son extraction, la charge éclairante d'un obus de 105 mm s'initie et génère une puissante flamme à
l'origine de l'incendie d'un bac voisin contenant les parachutes et les charges éclairantes des obus déjà démontés. Le
personnel ne peut maîtriser le sinistre malgré l'utilisation immédiate de 2 extincteurs. Les pompiers alertés n'arrivent
pas à circonscrire le feu et redoutent la propagation de l'incendie à la forêt située à proximité. Le feu s'éteint à la suite
de l'effondrement de la structure du hangar de cet atelier isolé. Les démineurs sont sur place. Une friction entre le
corps de l'obus et le pain éclairant lors de l'extraction de la charge serait à l'origine de la mise à feu de cette dernière.
Le mode opératoire relatif au démontage de ce type de munition est modifié : l'extraction du parachute et de la charge
éclairante ne sera plus réalisée.
ARIA 35564 - 04/06/2007 - 72 - PRECIGNE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosif, une roquette de 89 mm antichar (modèle F1 avec poudre
double base GBTu100) explose lors d'une opération de sciage sous eau. La partie propulsive de la
munition s'initie 1 minute après le début de la 500ème découpe, alors que la paroi du propulseur (3
mm) vient juste d'être sciée ; il est possible que la poudre propulsive n'ait pas eu le temps d'être mouillée avant d'entrer
en contact avec la scie.
Les origines possibles de cet échauffement/friction restent à analyser au niveau de la qualité (ou de l'état de
conservation) de la poudre et du programme de coupe (vitesse d'approche de la scie).
L'incident ne fait pas de victime. Les dommages matériels sont limités à l'équipement de la machine (bac à eau et
lames de scie hors d'usage).
ARIA 33856 - 03/10/2007 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Lors de la destruction d'explosifs sur l'aire de brûlage dans une usine pyrotechnique, 5 explosions
se produisent entre 11h07 et 11h20. L'explosif brûlé est de la pentrite (960 kg équivalent TNT). Les
dégâts matériels sont restreints à l'installation avec quelques projections au-delà de la clôture. Il n'y
a pas de blessé. Le personnel a respecté la consigne de ne pas s'échapper du poste de tir. Le bruit a été perçu par les
riverains. La destruction par brûlage de composés pyrotechniques, de résidus, de ratés de fabrication et de solvants
usés pollué par des résidus d'explosifs issus du procédé de fabrication est autorisée sur une aire réservée à cet effet.
L'aire de brûlage est constituée de 20 bacs en acier ou soles de 1,5 x 1,5 m, séparés entre eux (deux rangées de 10
soles), qui permettent de brûler, chacun, une quantité de 250 kg de matière explosive par opération. En utilisant les 20
soles, 40 opérations peuvent être conduites par jour. Les soles sont séparées les unes des autres par des murets en
parpaings pour diminuer les probabilités de transmission en cas d'explosion de l'une d'entre elles. L'allumage est
effectué à distance depuis un abri en béton situé à 150 m. Le 17 juin 2004, lors d'une opération similaire, 129 kg de
pentrite ont détonné après 12 minutes de brûlage. Un solvant est ajouté au pentrite pour faciliter son brûlage. Celui-ci
pourrait être à l'origine des explosions. A la suite de ces incidents, l'inspection des installations Classées propose de
suspendre cette activité jusqu'à la fourniture d'une étude de sécurité. L'incident a fait l'objet d'une information à chaud
auprès de la presse écrite et d'une radio locale.
ARIA 35562 - 30/10/2007 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de fabrication d'explosif, un obus de 155 mm, chargé de 8,7 kg d'hexolite, détone
alors qu'il est découpé en vue de sa démilitarisation.
Les découpes des obus de 155 ont débuté la veille avec une machine équipée d'une lame de scie
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
neuve ; 32 obus sont sciés la veille et 27 le jour de l'incident. La découpe du 28ème provoque l'explosion. Celle-ci,
envisagée dans l'étude de sécurité / de dangers, ne fait pas de blessé ; les deux opérateurs présents sont choqués.
Toutes les parois soufflables de la cellule de travail sont détruites, de même que les outillages et machines. Les
toitures des locaux contigus sont endommagées.
L'initiation de la munition a été provoquée par la friction due à la découpe, malgré une lubrification abondante de la
coupe. Cette pratique, déjà éprouvée par ailleurs, n'étant généralement pas suffisante pour initier de l'hexolite,
l'hypothèse d'une non-homogénéité de l'explosif a été émise. Des concentrations plus importantes en hexogène au
niveau des emplacements de friction auraient pu initier l'explosif.
Aucun système ne permettant de contrôler l'homogénéité du chargement explosif, l'entreprise arrête le procédé de
sciage direct de l'hexolite.
ARIA 35829 - 06/02/2008 - 83 - TOULON
84.22 - Défense
Lors de la destruction par brûlage de cartouches de 20 et 30 mm sans poudre propulsive, des effets non attendus se
produisent : sous l'effet de la chaleur intense, la résine contenue à l'intérieur des corps des munitions se décompose
sous forme de gaz. Cette montée en pression entraîne le déconfinement pneumatique d'un grand nombre de
cartouches (cartouches désolidarisées de leurs fusées et arrachement du filetage des fusées) créant des projections à
plus de 30 mètres. Ces dernières impactent violemment les flasques en acier de la palette grillagée de protection,
parfois jusqu'à perforation.
Le système de protection de l'environnement (blocs de béton, palette grillagée en acier et tôle blindée) placé autour du
foyer a rempli son office, en limitant considérablement la portée des projections.
Cet incident montre que les risques lors des opérations de brûlage (ici phénomène de déconfinement pneumatique des
objets) doivent être bien analysés, même sur les objets faiblement chargés.
ARIA 37938 - 26/06/2008 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Lors du brûlage de 15 kg de composition éclairante dans de l'huile dans une usine d'armes et de
munitions, une grosse flamme se produit provoquant un début d'incendie sur les herbes hautes et
sèches du merlon avoisinant. Les flammes sont rapidement maîtrisées par les opérateurs habilités
présents. Aucun blessé n'est à déplorer ; 5 m² du merlon sont brûlés.
L'exploitant prévoit de désherber dès que possible toute la zone de destruction pour éviter la prise en feu d'herbes
sèches.
ARIA 35898 - 04/11/2008 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de fabrication d'armes et de munitions, les opérateurs allument à distance le
"cordon" de copeaux d'explosif sur lequel sont positionnés les blocs d'explosif à détruire par
brûlage. Après quelques instants, la combustion d'une partie de l'explosif transite en détonation.
La quantité d'explosifs secondaires à brûler était de 48 kg (10 blocs de 1.4 kg d'hexolite + 33 kg de poussières
d'usinage d'hexolite + 940 g de copeaux d'hexosil + 300 g de poussières d'usinage de tolite cire d'aluminium), soit
presque le double de la masse autorisée en brûlage par la consigne de sécurité.
Aucune conséquence humaine n'est à déplorer car les 2 opérateurs sont à l'abri dans le PC lors du brûlage. La piste
de brûlage est détruite, des morceaux de bétons sont projetés à 4 m et 2 cratères (20 cm x 30 cm x 3 cm de
profondeur) sont constatés aux endroits où la détonation s'est produite. L'explosion provoque également l'arrachement
d'une vitre en polycarbonate sur une porte de bâtiment située à 100 m et la chute d'une grille de luminaire dans un
bâtiment situé à 450 m.
Plusieurs hypothèses de transition en détonation sont envisagées:
- auto-confinement d'explosif fondu qui aurait coulé dans une fissure de l'aire en béton,
- auto-confinement des poussières d'hexolite non suffisamment étalées sur la piste de brûlage,
- réaction de la poudre d'aluminium de la tolite cire avec l'humidité de la piste de brûlage,
- détonation de particules d'explosifs enfermées dans les scories présentes sur la piste.
L'exploitant rappelle aux opérateurs l'importance de la mise à feu depuis l'abri ainsi que du strict respect des consignes
et du mode opératoire : le rappel des consignes de sécurité se fera au moins une fois par an. Il informe l'ensemble du
personnel ainsi que le CHSCT.
Il effectue une analyse par arbre des causes et met en place les mesures conservatoires suivantes pour pouvoir
reprendre les séances de destruction :
-respect strict de la quantité de 25 kg prévue par l'étude de sécurité et les consignes, en 1 seul cordon d'épaisseur
maxi de 4 cm calibré par un outil,
-brûlage séparé des explosifs contenant de la poudre métallique,
-installation d'un enregistreur vidéo sur la caméra existante. L'objectif est de conserver une vue des étapes de mise en
place des produits à détruire, la position précise avant initiation, ainsi que le comportement pendant la destruction,
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-contrôle par un supérieur hiérarchique avant initiation des explosifs à brûler,
-création de « bons de déchet » assortis à chaque contenant (max 25kg) pour une meilleure connaissance des masses
d'explosif
-recherche d'un moyen de division des blocs d'explosif à détruire,
-mise à jour des consignes de destruction et déchets.
ARIA 37229 - 09/04/2009 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Des charges creuses contenant 30 g de RDX sont détruites par cryofracture. Cette opération
consiste à plonger des éléments à détruire (5 par support) dans un bain d'azote liquide (-196°C)
puis à les casser sous presse pour brûler ensuite l'explosif sans confinement.
Une forte détonation se produit lors de la compression du 5ème bombelet de sous munition. Quatre bombelets sur cinq
sont cassés normalement ; le cinquième reste entre les mors et détone, amorçant par un effet dirigé le plateau situé en
dessous.
Le process est fortement générateur de poussières d'explosifs, un nettoyage est donc réalisé après 4 caisses traitées.
Le nettoyage venait d'être réalisé mais des traces d'explosif devaient être présentes sous la dalle de la presse et dans
des fissures en fond de caniveau. La contre réaction à l'explosion dans le plateau (120 g d'explosif) a appuyé de
manière importante sur les poteaux de soutien de la presse et sur la dalle en béton. La pression due à la poussée de
l'explosion dans le plateau à pu comprimer l'explosif présent dans les fissures et ainsi amorcer l'explosif infiltré sous la
dalle. Les effets ressentis et observés, correspondant à 5 kg d'explosif, sont beaucoup plus importants que ceux
prévus par la quantité présente (120 g) ; la chaîne de cryofracture et les parois soufflables sont détruites. 2 opérateurs
ont eu des acouphènes pendant quelques minutes. L'exploitant vérifie les dispositions constructives des caniveaux sur
le site.
ARIA 37233 - 29/05/2009 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Un obus chargé de 750 g d'hexolite détone sur un champ de tir lors de sa destruction. Les obus qui
n'ont pas pu être démontés sur les postes de dévissages « classiques » sont détruits par séparation
de la fusée avec du cordeau découpeur. Le tir au cordeau se déroule normalement ; la munition
détone 2 min après, provoquant une prise en feu juste à l'extérieur de la zone merlonée du champ de tir. Les pompiers
du site maîtrisent le feu en 15 minutes ; 400 m2 d'herbe sont brûlés.
Une prise en feu de l'explosif secondaire suite à l'initiation du cordeau serait à l'origine de la détonation. La fusée a du
se séparer mais le cône rester en place, provoquant une montée en pression par confinement partiel lors de la
combustion de l'explosif (expliquant le temps de 2 min entre le tir du cordeau et la détonation de l'obus). Les éclats
issus de la détonation sont à l'origine de la prise en feu en bordure du champ de tir. Les autre obus seront détruits par
pétardage.
ARIA 37930 - 09/06/2009 - 45 - LA FERTE-SAINT-AUBIN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine de fabrication d'armes et de munitions, une détonation se produit vers 11h15 lors
de la destruction d'explosifs par brûlage. Les déchets pyrotechniques sont constitués de 17,2 kg
d'explosifs secondaires (4 blocs d'hexolite/fibres de 2,3 kg unitaire) et de 8 kg de paillettes
d'explosifs dans un sac de décanteur. Après allumage du cordon de paillettes de poudre propulsive par fil chaud, la
flamme se propage sur 20 cm du cordon de 50 cm de balistite, puis se réduit ; après quelques secondes l'ensemble
des produits détone.
Aucune conséquence humaine n'est à déplorer car les 2 opérateurs sont à l'abri lors du brûlage. La dalle en béton
réfractaire sur laquelle se déroulait la destruction est détruite.
L'exploitant explique la transition en détonation par la présence de fissures dans la dalle contenant des résidus
d'explosifs : la flamme "stagnant" au droit de résidus, ceux-ci auraient transité en détonation par confinement. La
détonation s'est ensuite transmise à l'ensemble des produits pyrotechniques. La mauvaise combustion de la balistite
s'expliquerait par la présence d'impuretés, d'humidité sur la dalle de brûlage et d'un fort vent latéral.
L'exploitant informe le personnel de l'incident, prévoit de remplacer la dalle en béton n'assurant pas une parfaite
étanchéité par une plaque en acier et préconise un fractionnement des blocs à détruire à 1 kg maximum.
ARIA 37230 - 24/06/2009 - 72 - PRECIGNE
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Des obus de 120 mm sans fusée sont détruits 2 par 2 par sciage. Lors du sciage d'un obus, la lame
pénètre de 1 cm dans l'explosif, provoquant sa déflagration. La lubrification fonctionnait
normalement et aucune rupture de lame préalable n'a été constatée ; une enquête est effectuée.
Un opérateur souffre d'acouphènes ; la cellule de sciage est détruite et des luminaires sont décrochés dans des locaux
contigus.
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ARIA 41745 - 04/01/2011 - 18 - BOURGES
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Sur un site pyrotechnique classé seveso, une détonation se produit lors du brûlage d'explosifs.
L'opérateur répartit les 4,9 kg déchets à détruire (explosifs secondaires en poudre ou comprimés et
cordeaux détonants chargés en pentrite) sur une surface de 0,6 m², puis se rend au poste de
commande pour lancer la mise à feu. L'explosion se produit quelques secondes après cette dernière, la détonation des
cordeaux ayant vraisemblablement induit celle de l'ensemble. L'opération étant conduite à distance, aucun blessé n'est
à déplorer ; la zone de brûlage est endommagée et de légers dommages dus à la surpression sont observés au poste
de commande : décrochement d'appareils... L'exploitant modifie la procédure de destruction : interdiction de brûler en
même temps des matières pulvérulentes et des objets, définition plus explicite des produits ne devant pas être brûlés
et de l'emplacement des éléments à détruire dans l'alvéole en béton armé. Il sensibilise à nouveau son personnel, tant
les "producteurs de déchets" que les opérateurs de destruction.
ARIA 39923 - 03/03/2011 - 33 - SAINT-JEAN-D'ILLAC
84.22 - Défense
Pendant un brûlage à 14 h, une torche pyrotechnique est projetée en dehors de la zone de brûlage des déchets
pyrotechniques d'un centre d'essais de missiles. Les équipes de sécurité du site interviennent sur un départ de feu de
végétation vers 14h30, mais l'intervention nécessite le renfort des pompiers publics. Il n'y a aucun risque de
propagation à d'autres installations en raison de l'isolement de l'installation. L'incendie est maitrisé en 1 h, puis les
pompiers du site restent sur place jusqu'à 18 h ; des rondes de surveillances sont effectuées pendant la nuit.
L'exploitant envisage de remplacer son moyen de surveillance vidéo à axe fixe et profondeur de champ variable par un
à champ élargi pour permettre une détection plus rapide.
ARIA 40202 - 04/04/2011 - 13 - SAINT-MARTIN-DE-CRAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un bruit sourd est entendu vers 8h50 lors de la destruction de déchets pyrotechniques par brûlage
dans une usine de fabrication d'explosifs. Suite à cette détonation inattendue, l'ensemble des
activités est arrêté et l'usine est mise en sécurité. L'exploitant informe la municipalité, les services
de la préfecture et les pompiers 10 minutes après l'incident. La reprise est progressive avec un retour à la normale de
l'ensemble de l'usine le lendemain matin. Les consignes de sécurité et le timbrage de l'aire de destruction étaient
respectés ; aucun blessé ni conséquence sur l'environnement ne sont à déplorer. Les dommages matériels sont
mineurs.
ARIA 41880 - 13/09/2011 - 95 - SURVILLIERS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Effectuant un exercice en plein air dans une caserne à une centaine de mètres d'un établissement
pyrotechnique, 9 pompiers sont incommodés vers 10 h par les fumées d'un brûlage de déchets
d'explosifs rabattues par un vent de 4 m/s. Des analyses sanguines révèlent des taux de monoxyde
de carbone (CO) entre 4 et 8 % (à partir de 10 %, les pompiers en intervention sont évacués pour recevoir un
traitement en oxygène en caisson hyperbare).
L'opération de brûlage avec un four à bois est interrompue et une réunion de concertation est menée dans l'après-midi
en présence de l'inspection pour valider un plan d'action de réduction des nuisances.
L'exploitant interdira les brûlages lorsque les conditions météo sont défavorables, adoptera une convention avec le
SDIS pour gérer les activités de brûlages avec celles des pompiers en extérieur, installera des capteurs de CO sur le
site et à sa périphérie, et mettra en place un tri à la source pour réduire les volumes de déchets pyrotechniques à
traiter sur place. Il étudiera la faisabilité du brûlage des déchets dans son four à gaz aux meilleures performances de
combustion.
ARIA 41212 - 03/10/2011 - 21 - VONGES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosifs, une explosion se produit vers 6h30, 5 min après le début
du brûlage de 15 kg de déchets d'explosifs encartouchés (émulsions en cartouches de calibre
30/400). Aucune victime n'est à déplorer mais la sole du brûloir est déformée (percée au centre du
lieu de positionnement du produit et dessoudée sur les côtés), la rampe de brûlage est arrachée et projetée à 19 m et
la pelle manuelle permettant d'étaler le produit est également projetée et son manche détruit. Conformément à l'étude
de sécurité et l'étude de dangers de l'installation, les effets sont restés contenus sur l'aire, aucun élément n'a été
projeté en dehors du site. L'exploitant informe la municipalité vers 7 h ainsi que l'inspection des IC. Les produits en
attente de brûlage sont évacués du site.
Un incident similaire s'était produit sur la même aire de brûlage en 2006 (ARIA 33538) ; l'exploitant effectue une
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analyse par arbre des causes. Aucune dérive dans l'application des conditions de sécurité n'est constatée. L'exploitant
envisage plusieurs hypothèses :
- composition nominale du produit différente suite à une erreur de fabrication : rejetée après analyses conformes du lot
restant et des matières premières ;
- présence d'un corps étranger, introduction d'un carton sur la sole avant étalement et conditions météorologiques :
rejetées par l'ensemble du groupe d'investigation ;
- produit constitué de cartouches présentant des défauts ;
- mauvaise répartition du produit sur la sole.
L'exploitant prévoit d'installer un système d'enregistrement des opérations de brûlage afin de pouvoir visionner les
images lors d'un incident.
ARIA 42204 - 23/05/2012 - 84 - OPPEDE
08.11 - Extraction de pierres ornementales et de construction, de calcaire industriel, de gypse, de
craie et d'ardoise
Des démineurs se rendent dans une carrière pour détruire des explosifs retrouvés dans la matinée
chez un particulier. La presse évoque des explosifs agricoles, des détonateurs et des mèches
lentes. Compte-tenu de l'instabilité des produits, les 2 démineurs expérimentés de 50 et 49 ans souhaitant limiter leur
transport avaient obtenu de les détruire dans un lieu proche de la découverte. A 13h30, les employés de la carrière
revenant de leur pause déjeuner découvrent les 2 démineurs très grièvement blessés (membres supérieurs arrachés,
brûlures au thorax) et alertent les secours. Les 2 victimes sont évacuées par hélicoptère dans des services spécialisés
où ils sont placés en soins intensifs. Deux autres binômes de démineurs sécurisent le site et détruisent les explosifs
restants. Le préfet se rend sur les lieux. Une enquête est effectuée pour déterminer les causes et circonstances de
l'explosion ; l'accident serait survenu lors du déconditionnement de détonateurs dégradés.
ARIA 43210 - 20/09/2012 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un générateur d'aérosol de 500 ml éclate à 5h10 lors du brûlage à l'air libre de déchets de
propergol sur le site d'une usine pyrotechnique (opération autorisée). Le bruit est perçu à l'extérieur
de l'établissement. L'inspection de l'aire de brûlage ne relève aucune autre anomalie parmi les
résidus. La présence de l'objet parmi les déchets à brûler est due au non respect des consignes de tri. L'exploitant met
en oeuvre un plan d'action pour augmenter ses points de collecte sélective des aérosols et pour faire respecter le tri
sélectif des déchets de manière plus rigoureuse.
ARIA 44024 - 04/07/2013 - 84 - SORGUES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine pyrotechnique classée Seveso, une explosion se produit à 10h30 lors de la
décontamination pyrotechnique de matériel par brûlage dans une installation dédiée et conduite à
distance. La projection de flammèches enflamme des broussailles à 10 m. L'exploitant déclenche
son POI, les secours internes éteignent le départ de feu. Les pompiers départementaux, mis en alerte, n'ont pas à
intervenir. Cet incident a été à l'origine d'un bruit perceptible à l'extérieur, mais aucune conséquence humaine,
matérielle ou environnementale n'est à déplorer. La préfecture est informée.
A l’étranger
ARIA 9183 - 30/06/1992 - ALLEMAGNE - VOGELGESANG
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un coup de vent pendant une destruction de poudre propulsive propage un incendie sur le terrain limitrophe. L'aire de
brûlage est équipée de moyens de protection incendie ; le feu est rapidement attaqué et les pompiers sont appelés en
renfort. 1 200 m² d'herbe et de sous-bois sont brûlés. Les consignes de brûlage à l'air libre de poudre sont renforcées:
pas de brûlage à l'air libre en cas de risque de feu de forêt de niveau 4, quantité maximale unitaire par brûlage limitée
à 100 kg.
ARIA 5791 - 24/09/1992 - ALLEMAGNE - KÖNIGSWARTHA
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion se produit lors de la destruction de pièces métalliques polluées par des matières
explosives. Le brûlage de 342 kg de nitrocellulose, 8,8 kg d'Hexogène (Cyclo trinitrométhyl
trinitrosamine) et 11 kg de poudre noire est préparé sur 3 palettes en bois sur l'aire de combustion.
Un poste de protection incendie est installé à 20 m, couvert par un mur en béton armé. Quelques secondes après
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allumage, une détonation se produit ; 2 blessés sont à déplorer. Un bâtiment est totalement détruit et un autre
endommagé. L'utilisation de 350 kg au lieu de 100 kg de poudre de charge à probablement causé la transformation de
la combustion en une détonation.
ARIA 24722 - 10/02/1999 - ALLEMAGNE - STEINBACH
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation d'éléments de détonateur se produit dans un four rotatif à double enveloppe. Elle
engendre une onde de choc avec répercussions en dehors de la zone sécurisée de l'installation
impliquée. En raison de l'extinction à répétition d'un brûleur à gaz (extinction momentanée de la
flamme du brûleur), la température est descendue en dessous de la valeur minimale autorisée de 400°C. Pour garantir
la continuité de l'alimentation, le mode détonateur à rupture est activé. Après le transport de 10 récipients vides
(conformément à la consigne), les détonateurs à rupture sont enfournés. Vers 19h, de la fumée est détectée dans le
secteur de l'entonnoir. La température du four monte jusqu'à 480°C. L'alimentation est automatiquement stoppée. Le
chef d'équipe entre alors dans le bâtiment et perçoit des bruits d'explosion se répétant à des laps de temps inférieurs à
10 secondes. Lorsqu'il n'entend plus aucune explosion, il propose de ne plus enfourner de détonateurs à rupture. A
19h30, une nouvelle détonation se produit. L'alarme se déclenche automatiquement et le chef d'équipe se dirige
immédiatement vers le four rotatif à double enveloppe. Seul un nuage de fumée (vraisemblablement de la vapeur
d'eau) envahit la pièce. Il prévient l'opérateur et lui demande de ne pas laisser partir les pompiers. Aucun employé
n'ayant été blessé, des mesures de sécurité sont mises en place (arrêt des alimentations en eau, air comprimé et gaz)
et les membres de la direction sont informés.
Une obstruction du tuyau d'alimentation est tout d'abord suspectée, mais les premières investigations menées par
l'exploitant laissent supposer qu'une fuite due à un défaut dans le métal (paille, intrusion) s'est produite dans le tuyau
d'alimentation de descente refroidi à l'eau, à la suite de laquelle de l'eau de refroidissement a pu s'introduire dans le
four à double rotation. Ceci aurait entraîné localement une baisse de température dans le four de sorte que les
détonateurs (embouts) ne pouvaient ni être brûlés, ni détoner. Un contrôle de la température garantissant une
température minimale a lieu dans la conduite de raccordement entre le four à double rotation et l'installation de postcombustion thermique. Les embouts de détonateurs qui s'étaient accumulées ont finalement détoné dans le four rotatif
à double enveloppe, causant des dégâts à l'intérieur et à l'extérieur de la portion d'unité concernée. L'analyse des
risques de l'installation de destruction de munitions sera revue et complétée.
ARIA 21969 - 08/04/2000 - SUEDE - LINDESBERG
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion se produit lors de la destruction de munitions, tuant 1 employé et en blessant un
autre. Les opérations de destructions de munitions de type « bombelet » sont menées dans un
bunker : les bombelets sont extraits des corps d'obus de 155 mm, puis le système de détonation est
retiré. Le reste est refroidi puis concassé pour que les matériaux puissent être recyclés. Le process est automatisé
(machines pré-programmées). La détonation se produit vers 10h20 pendant la destruction. Les secours sont appelés.
Arrivés sur site, ils éteignent l'incendie, dégagent l'opérateur décédé et prennent en charge l'opératrice blessée qui
s'est extraite elle-même du bâtiment. Les opérations étant conduites dans un bunker, aucun effet sur l'environnement
n'a été reporté. Les autorités investiguent les causes de l'accident.
ARIA 20030 - 05/03/2001 - GUINEE - CONAKRY
20.51 - Fabrication de produits explosifs
De violentes explosions se produisent dans une poudrière à l'intérieur d'un camp militaire : les
autorités font état de 6 victimes mais la presse, se basant notamment sur des témoignages de
personnels hospitaliers, en recense 42. Des enfants du village sont encore portés disparus.
Plusieurs victimes (au moins 20, tous des enfants) ont été retrouvées noyées dans les marécages, où elles se seraient
réfugiées en espérant échapper aux explosions. Un mouvement de panique générale a en effet été observé parmi la
population riveraine au moment de l'accident. Selon les autorités, l'accident se serait produit lorsqu'une bombe a
échappé à un agent lors d'une opération de désamorçage et de destruction des munitions périmées.
ARIA 23328 - 16/10/2002 - RUSSIE - VLADIVOSTOK
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Un incendie se déclare dans un arsenal de la marine russe nécessitant l'évacuation de riverains
dans un rayon de 200 m après que des munitions stockées aient commencé à exploser. Le feu a
pris au cours d'une opération de routine visant à détruire des munitions de 20 mm endommagées
dans une réserve à ciel ouvert. La zone est entourée de merlons, constituant une protection pour les maisons
avoisinantes. En effet, le site est implanté à proximité d'une zone d'habitation importante (50 000 personnes). 10
équipes se rendent sur les lieux. Elles doivent cependant se tenir à distance en attendant que les explosions cessent.
Les secours ne font pas état de victime.
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ARIA 23479 - 12/11/2002 - ALLEMAGNE - LÜBBEN
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Dans une usine d'armement, spécialisée depuis les années 90 dans le stockage et la
démantèlement de munitions et employant 70 personnes, une violente explosion se produit vers 13
h dans le bunker servant à la destruction de munitions. Le bâtiment est complètement détruit. Les
secours, dont une brigade cynophile, dégagent des décombres du bâtiment les corps de 4 employés qui se trouvaient
devant le bunker au moment de l'explosion. Une tonne de TNT (trinitronal) aurait explosé (pour partie en détonation,
pour partie en déflagration), pour des causes inconnues. Les dommages matériels sont évalués à 221 000 euros.
Aucun dommage n'est reporté à l'extérieur du site, celui-ci se situant dans une zone de forêts et de marais, peu
industrialisée. La technologie de destruction des bombes comprenant de grosses quantités d'explosif sera questionnée
et l'étude de dangers sera revue.
ARIA 28287 - 10/03/2003 - CHINE - NC
84.22 - Défense
L'explosion d'une ancienne torpille militaire lors de sa démilitarisation cause la mort de 2 personnes
et en blesse grièvement une troisième.
ARIA 28288 - 16/03/2003 - SINGAPOUR - SINGAPOUR
84.22 - Défense
Une explosion se produit lors d'une opération de dépollution pyrotechnique d'un terrain militaire.
Deux employés sont tués et 3 autres sont blessés.
ARIA 31283 - 28/11/2004 - ALLEMAGNE - PINNOW
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une entreprise de destruction de matières explosives, une explosion se produit vers 12 h lors
du brûlage de 240 g de poudre noire. La substance est transportée prématurément dans la
conduite ("flûte") de l'alimentation au four rotatif. L'inflammation avec déflagration se produit au
niveau du poste d'alimentation.
L'écran de sécurité a joué en protégeant l'opérateur qui s'est s'éloigné sans être blessé. Le renouvellement de l'écran
est estimé à 400 euros. L'exploitant effectuera une étude d'amélioration de l'installation.
ARIA 36664 - 21/02/2007 - COREE DU SUD - TAEBAEK
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion dans une usine de fabrication de poudre à canon fait 2 morts et 9 blessés, dont 2
graves. Des ouvriers procédaient à l'élimination d'explosifs défectueux par brûlage quand
l'explosion s'est produite vers 10 h.
ARIA 36665 - 02/03/2007 - SLOVAQUIE - NOVAKY
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une explosion se produit vers 16h30 (locale) dans une usine d'armement ; 3 morts, 5 disparus et 45
blessés dont 5 graves sont à déplorer. L'explosion, d'une magnitude de 2,2 sur l'échelle de Richter,
est entendue a 50 km et provoque des bris de vitres dans un rayon de 10 km. Elle a été précédée
d'une plus petite explosion de magnitude 0,6 ; une colonne de flammes de 300 m de haut et un épais panache de
fumée sont visibles depuis la ville voisine. Les pompiers mettent plusieurs heures à maitriser l'incendie. Les opérations
sont rendues difficiles par la présence de 3 000 obus d'artillerie à refroidir pour éviter d'autres explosions.
L'explosion se serait produite dans un bâtiment dans lequel les 5 employés disparus détruisaient de vieilles munitions.
Le bâtiment est détruit, laissant place à un cratère de 20 m de diamètre. Plusieurs autres bâtiments de l'usine sont
détruits.
ARIA 33647 - 20/09/2007 - ROUMANIE - NC
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
Une explosion se produit dans une usine de production d'armement et blesse 4 employés. Les
causes de l'explosion sont inconnues. Selon la police, la déflagration est intervenue dans la section
pyrotechnique où des employés procédaient à des désamorçage de munitions.
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ARIA 34353 - 15/03/2008 - ALBANIE - TIRANA
84.22 - Défense
Une série d'explosions se produit vers 12h30 dans un dépôt de munitions de l'armée albanaise.
L'explosion initiale intervient lors de la destruction de munitions et provoque des déflagrations en
chaîne. 26 morts et 350 blessés, dont 40 graves, sont à déplorer ainsi que 4 000 personnes
sinistrées, 2 500 habitations détruites ou endommagées. L'explosion est entendue à plus de 50 km du dépôt. Des
munitions "non explosées" datant de la 2eme guerre mondiale sont projetées dans un périmètre de 5 km autour du
site.
ARIA 34385 - 26/03/2008 - CHINE - NC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion d'origine inconnue se produit lors de la destruction d'un important stock de feux
d'artifices et de pétards par les autorités locales ; 25 morts et 5 disparus sont à déplorer.
ARIA 38279 - 09/06/2008 - ROYAUME-UNI - SHOEBURYNESS
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Lors d'une opération de routine de destruction de munitions sur un site spécialisé pour le compte du
ministère de la défense, une explosion plus violente que prévue survient. Elle est ressentie dans
tous les environs. Aucun dommage matériel ou humain n'est à déplorer. Une enquête interne est
effectuée pour déterminer les causes de l'incident.
ARIA 37427 - 17/06/2008 - ALLEMAGNE 20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une explosion se produit vers 9 h dans une entreprise de destruction de munitions. Un opérateur
fixe une grenade à main sur une scie oscillante, provoquant la détonation de la munition.
L'opérateur est tué sur le coup. Le personnel déclenche l'arrêt d'urgence de l'installation, prévient
les secours et la police. La scie oscillante est endommagée ; les dommages sont évalués à 200 000 euros. La
pression des joues de tension sur le réservoir à parois minces de la grenade chargée avec 20 g de Tetryl serait la
cause de l'explosion. Le procédé de traitement s'avère inadéquat pour cette partie de munition ; aucun évènement
comparable ne s'était produit auparavant. La résistance statique du bâtiment sera vérifiée avant d'éventuelles
réparations.
ARIA 38280 - 26/06/2008 - ALLEMAGNE - LÜBBEN
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine spécialisée dans le démantèlement de munitions, un feu se déclare dans une cellule automatisée au
cours du traitement d'un obus de mortier de 120 mm. Il se propage à de l'herbe sèche puis à une forêt voisine et en
détruit 3 ha. L'usine est évacuée et l'accès à la zone est fermé. Les opérations de secours ne débutent que lorsque
tout risque d'explosion est écarté. L'incendie est éteint vers minuit.
ARIA 38282 - 22/08/2008 - ETATS-UNIS - PASADENA
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Un incendie se déclare à 2 h dans un centre de recyclage et de rechargement de munitions. Un
employé fondait du plomb dans l'entrepôt quand le feu à pris. Il parvient à se mettre en sécurité et
appelle les secours. L'incendie est éteint à 5 h. Les enquêteurs cherchent à savoir si le cyanure de
sodium présent dans le bâtiment a joué un rôle dans l'ignition. Aucune information n'est donnée sur les dommages
occasionnés aux bâtiments voisins.
ARIA 37236 - 06/01/2009 - ALBANIE - POLICAN
38.22 - Traitement et élimination des déchets dangereux
Une explosion dans une usine de démantèlement de munitions datant de la période communiste
tue une employée de 45 ans. Selon le ministre de la défense, l'équipe de 6 ouvriers a utilisé les
emballages des munitions pour faire un feu pour se réchauffer. Un élément de munition a explosé,
touchant mortellement l'employée. Les travaux sur le site auraient été terminés depuis plusieurs mois et les employés
« nettoyaient » le site. Une enquête judiciaire est ouverte.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
36
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 37507 - 13/11/2009 - RUSSIE - OULIANOVSK
84.22 - Défense
Un incendie et une série de violentes explosions ravagent un dépôt de munitions de la marine russe
; 3 000 personnes sont évacuées dans un rayon de sept kilomètres autour du dépôt. Deux
pompiers militaires décèdent lors des opérations d'extinction ; on dénombre 60 blessés. Un officier
indique que 3 wagons d'obus d'artillerie (100 t) étaient stockés sur le site et qu'une quarantaine de tonnes aurait
explosé. Deux wagons de poudre à canon auraient également été pris dans l'incendie qui a mobilisé plus de 400
personnes pour son extinction. Des bâtiments sont endommagés à l'extérieur du site (bris de vitre), dont 9 écoles et 20
jardins d'enfants ; 105 personnes sont logées à l'hôtel, leur maison étant inhabitable.
Selon une agence fédérale de sécurité, l'incendie aurait pour origine des opérations de destruction de munitions en
cours sur le site. La presse souligne que le mauvais état des infrastructures et le non-respect des règles de sécurité
sont à l'origine de nombreux accidents de cette nature - incendies, explosions - chaque année en Russie. Les
munitions non explosées lors de cet accident seront à l'origine d'une explosion mortelle 10 jours plus tard lors de leur
chargement sur un véhicule pour destruction (ARIA 37506).
ARIA 37506 - 23/11/2009 - RUSSIE - OULIANOVSK
84.22 - Défense
Une violente explosion se produit dans un dépôt de munitions de la marine russe 10 jours après un
premier accident (ARIA 37507). Huit soldats d'une unité de déminage sont tués, deux sont
hospitalisés. Selon le ministère de la défense russe, les victimes étaient en train de rassembler des
munitions qui n'avaient pas éclaté lors d'un premier accident dans ce même dépôt lorsqu'un obus a éclaté. Les soldats
devaient procéder à la destruction de ce matériel supposé détérioré par le premier accident.
Le comité d'enquête du procureur militaire a annoncé dans un communiqué que des enquêteurs du parquet militaire de
la région d'Oulianovsk seraient dépêchés sur place pour établir les circonstances exactes du drame.
ARIA 38723 - 05/01/2010 - ALLEMAGNE - ROMROD
25.40 - Fabrication d'armes et de munitions
De la poudre noire explose lors d'une opération de destruction dans un établissement spécialisé et
blesse 3 personnes.
ARIA 38062 - 17/02/2010 - PORTUGAL - CIMA DE VILA
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans une usine de fabrication d'explosifs industriels, une détonation se produit vers 11h50 lors
d'une opération de destruction par brûlage de cartouches d'émulsions explosives issues d'un raté
de tir ; 2 opérateurs sont tués (situés à 1 distance insuffisante de l'aire de brûlage ?).
La présence anormale d'un détonateur parmi les cartouches à détruire serait à l'origine de l'accident. Les experts
rappellent l'extrême importance de la précision et du respect des procédures et instructions opératoires et notamment
la vérification de l'absence de détonateur résiduel et le respect des distances de sécurité.
ARIA 38726 - 02/03/2010 - ESPAGNE - CEUTA
YY.YY - Activité indéterminée
Une explosion blesse gravement 3 personnes et légèrement 7 autres lors de la destruction de 13
détonateurs et 450 kg d'explosifs civils sur un chantier de travaux publics. La dynamite en excès à
la fin du chantier était brûlée en présence de la garde civile espagnole lors de l'accident. Le
mauvais temps (pluie, mauvaise visibilité...) serait l'une des causes possibles de l'explosion.
ARIA 39220 - 29/03/2010 - ETATS-UNIS - HOPEWELL
00.00 - Particuliers
La famille d'un ancien expert en explosifs appelle la police à la suite de la découverte dans une
grange de 148 bâtons de dynamite ayant suinté dans de l'engrais en décomposition. Les démineurs
éloignent le mélange à 55 m de tout bâtiment et le font exploser. Un cratère de 9 m de diamètre se
forme ; 1 t de terre projetée dans les airs retombe sur les bâtiments et voitures. Les vitres et les tuiles de la maison la
plus proche sont endommagées. Le chef des démineurs ne s'attendait pas à ce que la vieille dynamite ait une
puissance explosive aussi élevée.
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
37
Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
ARIA 40100 - 06/04/2011 - RUSSIE - NC
84.22 - Défense
Un conteneur de 40 kg de poudre explose à 11h20 (heure locale) dans un dépôt de munition d'une
base militaire abritant missiles et artillerie. Le bilan est de 4 employés civils tués et 1 blessé. Une
enquête est effectuée. La presse parle d'une ignition de poudre à canon lors d'opérations de
destruction.
Retraitement / Régénération
ARIA 37091 - 13/01/1987 - 62 - BILLY-BERCLAU
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une détonation se produit lors du traitement d'acides résiduaires de fabrication d'huiles explosives.
Les acides résiduaires de fabrication des huiles nitrées sont transférés vers les installations de
dénitration par une conduite aérienne de 120 m de long.
Le jour de l'accident, la température extérieure avoisine - 15°C, bloquant l'écoulement des acides souillés de
nitroglycérine et de nitroglycol dans la conduite. Une équipe du service entretien entreprend de "dégeler" la conduite
en la chauffant à l'aide d'appareils à flamme nue et démontant quelques parties, provoquant une détonation. Un
opérateur décède ; quelques mètres de tuyauterie sont détruits.
L'explosion se produit sur une partie de conduite qui n'avait pas encore été chauffée et où la victime n'avait à sa
disposition ni appareil de chauffage ni outil particulier. Le réchauffage et démontage de la conduite gelée a pu
engendrer des contraintes thermiques et mécaniques sur de l'huile explosive démixée et gelée, entraînant une
décomposition chimique autocatalytique de nitroglycérine.
La plage de sécurité de fonctionnement de l'installation est revue en fonction de la température afin de se prémunir
contre les risques particuliers liés au grand froid. La conduite de transfert des acides résiduaires de nitration est mise
hors gel.
ARIA 36515 - 07/07/1993 - 16 - ANGOULEME
20.51 - Fabrication de produits explosifs
De vieilles poudres (LB7t et LB19t à base de nitrocellulose) sont régénérées dans un atelier, avec
récupération de dichloroéthane (CH2Cl2). Une déflagration se produit en fin de distillation au niveau
des cylindres de garnissage de la colonne à distiller. Des particules fines de poudre s'y seraient
accumulées. L'exploitant augmente la fréquence de visite et de nettoyage de la colonne.
ARIA 21315 - 06/06/1996 - 72 - PRECIGNE
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une prise en feu se produit dans un atelier de récupération de phosphore blanc provenant de
munitions anciennes. A la suite d'anomalies de fonctionnement, un technicien nettoie le circuit de
rinçage des obus vidés de leur substance. Une mauvaise manipulation provoque une rupture de
canalisation du retour d'eau chaude sous pression. Quelques particules de phosphore, qui ne devaient pas être
présentes dans le circuit s'enflamment immédiatement. L'opérateur est brûlé à la main gauche. La présence du produit
explique rétrospectivement les dysfonctionnement du circuit (mauvaise conception). Le début d'incendie est maitrisé
avec les moyens de l'atelier.
L'exploitant modifie l'installation : un clapet anti-retour sur le circuit d'eau est mis en place pour d'éviter le passage de
phosphore vers le circuit de rinçage. Les 2 circuits d'eau de l'atelier (circuit chauffage et circuit rinçage) deviennent
totalement indépendants. Les interventions de maintenance correctives ne seront assurées que par le service
maintenance.
ARIA 19129 - 24/11/1998 - 16 - ANGOULEME
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un atelier de retraitement de vieilles poudres, une canalisation entre la cuve d'extraction des
additifs et la cuve de stockage se bouche (peut-être suite à l'accumulation de résidus d'extraction).
Afin de procéder au débouchage, la pompe est chauffée par jet de vapeur direct. Elle monte alors
en pression et explose après 45 secondes suite à la décomposition des produits. La pompe, une vanne de cuve et la
tuyauterie sont dégradées. L'exploitant met en place un groupe de travail pour concevoir une modification de
l'installation. Les experts rappellent la nécessité de procéder à une analyse de sécurité du travail avant toute opération
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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Nombre d'événements recensés : 139 Fr + 41 ETR
nouvelle.
ARIA 40656 - 20/07/2011 - 33 - SAINT-MEDARD-EN-JALLES
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Une pollution au perchlorate d'ammonium (taux dépassant 30 µg/l) est découverte dans plusieurs
sources d'alimentation en eau potable de l'agglomération de Bordeaux. L'origine pourrait être liée à
une pollution historique (dans les années 60) due au déversement dans la JALLE d'effluents
industriels d'un site de production d'explosifs.
La Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) ferme 5 captages d'eau potable (soit 25% de ses sites), ce qui permet de
retrouver dans la journée une teneur en perchlorate dans l'eau du robinet inférieure à 4 µg/l, la rendant à nouveau
potable, même pour les enfants.
L'industriel réalisera sous huit mois un diagnostic complet de son site et de son environnement géologique pour établir
un schéma précis entre source de pollution et voies de transfert. Le site industriel, qui recycle 80 % de ses effluents
dans une station de traitement, traitera la totalité d'ici la fin de l'année.
ARIA 43836 - 27/05/2013 - 24 - BERGERAC
20.51 - Fabrication de produits explosifs
Dans un atelier en démantèlement d'une usine de fabrication de nitrocellulose à usage civil, une
explosion se produit à 17h25 lors du démontage d'une tuyauterie en hauteur par une entreprise
prestataire spécialisée dans la dépollution pyrotechnique. L'ouvrier réalisant l'opération dans une
nacelle à 6 m du sol est gravement blessé au bras gauche et au visage, 2 de ses collègues sur un platelage au même
niveau sont légèrement atteints. La nacelle s'étant mise en sécurité à la suite de l'accident, des pompiers du GRIMP
(Groupe de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux) secourent la victime. Le toit du bâtiment est
partiellement soufflé. Le démantèlement est suspendu.
La tuyauterie disposant d'une importante longueur sans bridage, plusieurs coupes étaient nécessaires pour la
déposer ; des traces de nitrocellulose sèche auraient déflagré lors de la découpe malgré le nettoyage préalable de la
tuyauterie.
A la suite d'un accident comparable sur le site en 2011 (ARIA 40771), des procédures avaient été renforcées,
notamment pour le nettoyage des tuyauteries avec utilisation d'un jet haute pression associé à 1 rotobuse et inspection
préalable au démontage par caméra fibroscopique.
La tuyauterie incriminée ayant un diamètre « important » (250 mm), il semblerait que le système de nettoyage ait été
moins efficace que pour les opérations précédentes sur des tuyauteries de dimensions plus réduites. Le jour de
l'accident, l'inspection fibroscopique préalable n'a pas été réalisée en raison d'un dysfonctionnement de l'écran de
contrôle. Formés au risque pyrotechnique, les opérateurs ont probablement eu une confiance excessive en l'étape de
nettoyage.
L'entreprise prestataire améliore son système de nettoyage pour toutes les tailles de tuyau et précise sa procédure :
suivi formalisé des étapes de nettoyage, double vérification « contradictoire » avant démontage, interdiction formelle
de démontage sans inspection préalable et sans arrosage efficace...
Ministère en charge du développement durable
n° de requête : ed_12546 (FR) + ed_12550 (ETR)
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