les nouveaux supports dans le domaine de la musique : du

LES NOUVEAUX SUPPORTS DANS LE
DOMAINE DE LA MUSIQUE
DU
:
SACD AU DVD VIDÉO MUSICAL
État de situation
Anne-Marie Gill
Recherche, analyse et rédaction
En collaboration avec
Marielle Audet,
Marc Ménard et Gilles Pelletier
SODEC
Mars 2005
Les cahiers de la SODEC
215, rue Saint-Jacques, bureau 800
Montréal (Québec)
H2Y 1M6
www.sodec.gouv.qc.ca
Direction de la publication : Bernard Boucher,
Direction générale politiques, communications et affaires internationales – SODEC
Édition : Nancy Bélanger, Direction des communications – SODEC
Conception graphique de la couverture : Alibi Acapella
Production : SODEC
ISBN 2-550-44024-2
No 05-02-D
Dépôt légal 2005
Bibliothèque nationale du Québec
«…La langue universelle de la musique se trouve aujourd’hui confrontée à une autre langue
universelle, celle des médias réunis par le numérique. Il s’agit de trouver un terrain
d’entente entre les deux. Le numérique, gage de qualité, rend possible la convergence des
moyens de diffusion audio et vidéo. Le plus grand nombre doit pouvoir accéder à ces
nouvelles perspectives. »
(Patrice Martin-Lalande, Les enjeux du multimédia pour la production
musicale, 1998, www.irma.asso.fr/bibliotheque/
doc_professionnelle/actes-snep.pdf)
« Donner au mélomane qui écoute chez lui de la musique la même sensation sonore que s’il
se trouvait au concert. Ce pari soumis aux concepteurs de systèmes de haute-fidélité vise
deux objectifs : plus encore que de restituer de façon fidèle un message sonore, l’ambition
est de permettre chez l’auditeur la naissance d’une émotion musicale authentique, que le
caractère artificiel de la restitution ne viendrait pas atténuer. »
(Jean-Michel Penelva,
Du son à l’émotion, http://haute.fidelite.com.online.fr/)
5
Présentation
Depuis dix ans, le déploiement des réseaux de communication et la numérisation croissante
des œuvres et des contenus dans de nombreux domaines culturels, notamment ceux du
cinéma, de la télévision, du livre et de la musique ont eu des répercussions importantes sur
les façons de créer, de produire, de diffuser ou de distribuer les œuvres culturelles.
Consciente de l’importance de ces changements, la SODEC suit cette évolution depuis
plusieurs années et a produit divers rapports faisant état de la situation, dans le domaine du
livre, de la musique et des œuvres numériques interactives. En tenant compte de ses
disponibilités financières, la Société procède régulièrement à la modification de ses
dispositifs de soutien de manière à ce qu’ils soient adaptés à l’évolution des technologies.
C’est au cours d’une réflexion sur l’adéquation entre les mesures fiscales et les
développements survenus dans le domaine de la musique, que la nécessité de produire un
état de situation sur les nouvelles formes d’édition de la production musicale est apparue,
dont celle du DVD vidéo musical. La Commission du disque et du spectacle de variétés
considérait également important d’établir un rapport documenté sur le sujet, compte tenu de
la présente croissance de ce nouveau support sur le marché au cours des dernières années.
Nous espérons que ce rapport répondra aux attentes exprimées et qu’il permettra
d’éclairer les réflexions à venir sur le sujet et d’élaborer des stratégies de développement
adaptées à la situation.
Remerciements
La production d’un tel rapport nécessite toujours un grand nombre de données et la
consultation de différents intervenants. Nous tenons à remercier tout particulièrement
l’ADISQ, MusicAction, la Régie du cinéma, ainsi que tous les représentants d’entreprises
qui ont collaboré d’une manière ou d’une autre à la documentation de ce rapport. Nous
avons également apprécié la collaboration de madame Diane Leboeuf de Sono design qui
nous a fait part de l’expertise de cette entreprise concernant les questions techniques
entourant la production d’un DVD vidéo musical.
7
Note méthodologique
Sauf exceptions, les différentes séries statistiques présentées dans ce rapport se terminent
en 2003. Les statistiques de l’année 2004 n’étaient pas encore disponibles au moment de
le produire.
9
Table des matières
Présentation ............................................................................................................................... 5
Remerciements.......................................................................................................................... 5
Introduction ............................................................................................................................. 13
1.
Du cylindre de cire à une production numérique multiformats .............................. 16
1.1
La période de l’enregistrement analogique..................................................... 16
1.2
La période de l’enregistrement numérique ..................................................... 18
1.3
L’instauration du réseau Internet et l’évolution des technologies à partir
des années 1990 .................................................................................................. 20
a) Une diversification sans précédent des formats et des modes de
diffusion, des supports de reproduction et d’écoute de la musique ....... 20
b) La création de nouveaux supports physiques qui surpassent le disque
compact en qualité et en bonification de l’offre faite au consommateur
..................................................................................................................................... 21
2.
3.
Les nouveaux supports physiques sur le marché de la musique............................. 23
2.1
Le SACD (Super Audio Compact Disk) ......................................................... 23
2.2
Le DVD audio (Digital Versatile Disk Audio) .............................................. 24
2.3
Le DVD vidéo (Digital Versatile Disk video) ............................................... 25
2.4
L’écoute de la musique sur les nouveaux supports numériques (SACD,
DVD audio et DVD vidéo) : lecteurs spécialisés ou multiformats et
disques hybrides ................................................................................................. 27
État de la présence des nouveaux supports physiques musicaux sur le marché... 29
3.1
La situation du SACD et du DVD audio : nombre de titres, catégories et
état des ventes ..................................................................................................... 29
10
3.2
3.3
Le DVD vidéo musical sur le marché.............................................................. 31
3.2.1
Nombre de titres............................................................................31
3.2.2
Les ventes......................................................................................32
3.2.3
Les parts de marché du DVD vidéo musical.................................33
3.2.4
Les catégories................................................................................34
3.2.5
Les genres musicaux .....................................................................35
Les caractéristiques du DVD vidéo musical ................................................... 36
3.3.1
La durée.........................................................................................36
3.3.2
La nature des productions .............................................................37
3.3.3
Le nombre et la diversité des compléments ..................................38
4.
L’offre et la production de SACD et de DVD audio au Québec ............................ 40
5.
L’offre et la production de DVD vidéo musicaux au Québec ................................ 41
5.1
5.2
5.3
L’offre de DVD vidéo musicaux au Québec .................................................. 41
5.1.1
L’évolution du nombre de copies mises sur le marché .................41
5.1.2
La provenance des DVD vidéo musicaux .....................................43
5.1.3
La langue des DVD musicaux.......................................................44
La production de DVD vidéo musicaux au Québec ...................................... 45
5.2.1
Le nombre de DVD vidéo musicaux produits au Québec.............45
5.2.2
La nature et les caractéristiques des DVD vidéo musicaux produits
au Québec......................................................................................46
Principaux constats relatifs à l’offre et à la production de DVD vidéo
musicaux au Québec .......................................................................................... 47
11
6.
Les coûts de production des DVD vidéo musicaux au Québec........................... 48
6.1
6.2
La production de captations de spectacles de musique au Québec :
nombre de titres et coûts de production .......................................................... 49
6.1.1
Le nombre de captations de spectacles d’un seul artiste, ensemble
ou groupe de musique produites au Québec entre 1999-2000 et
2003-2004..................................................................................... 49
6.1.2
Les coûts de production des captations de spectacles d’un seul
artiste, ensemble ou groupe de musique produites au Québec,
1999-2000 à 2003-2004................................................................ 51
La production de vidéoclips au Québec : nombre de titres et coûts
de production ...................................................................................................... 52
6.2.1
Le nombre de vidéoclips produits au Québec............................... 53
6.2.2
Les coûts de production des vidéoclips au Québec ...................... 54
6.3
Les coûts de mise en œuvre (authoring) d’un DVD vidéo musical ............ 55
6.4
Les coûts de production d’un DVD vidéo musical : des coûts
comparables à ceux d’un album audio. ........................................................... 56
6.5
La rentabilisation d’un DVD vidéo musical au Québec : deux
exemples types .................................................................................................... 58
12
7.
Le financement public des nouveaux formats musicaux au Québec ..................... 59
7.1
Le financement public du SACD ..................................................................... 59
7.2
Le financement public du DVD vidéo musical .............................................. 59
8.
Autres considérations.................................................................................................... 61
9.
Faits saillants et conclusion ......................................................................................... 61
Annexe 1 Fiche repère sur la numérisation, la compression et les supports de lecture
de la musique....................................................................................................... 64
Annexe 2 Fiche repère sur le son ambiophonique......................................................67
Annexe 3 Fiche repère sur l’encodage régional du format DVD vidéo et sur le
formatage vidéo..........................................................................................70
Annexe 4 Liste des DVD vidéo musicaux constituant l’échantillon destiné à
répertorier les différents types de contenus qui s’y retrouvent
(voir point 3.3) ...........................................................................................72
Annexe 5 Liste des DVD vidéo musicaux produits au Québec, 1999-2004 ..............74
Annexe 6 Le DVD vidéo musical et l’acquisition des droits .....................................75
Bibliographie ........................................................................................................................... 78
13
Introduction
Le développement des technologies et de la numérisation n’est pas un phénomène récent dans
le domaine culturel, particulièrement dans celui de la musique. En effet, dès les années 1980
et en moins d’une décennie, l’invention du disque compact est venue modifier profondément
les procédés d’enregistrement du son et son traitement. Parmi les impacts remarqués, et
comme ce fut également le cas lors de la mise sur le marché du disque vinyle, ces
changements ont ouvert une période de croissance sans précédent du marché de la musique.
Aux États-Unis seulement, le marché du disque a connu une croissance de 60 % entre 1990 et
1995. Au Québec, cette croissance a atteint un taux de 95 % entre 1990 et 19971.
Si, après l’adoption de la cassette audio et du disque compact, certains intervenants
croyaient que l’avenir des supports de musique était fixé à jamais, la suite des événements
allait mettre en scène des scénarios bien différents. En effet, dans la dernière décennie, les
processus de numérisation et les inventions technologiques se sont développés de façon
exponentielle. Le son, l’image et l’écrit, composantes de base des biens d’information et
des productions culturelles, sont désormais complètement « numérisables » et peuvent être
transmis d’un bout à l’autre de la planète en quelques secondes pour y être décryptés par
des dispositifs de lecture aussi variés que sophistiqués.
Sur le plan de la diffusion de la musique, deux tendances majeures sont plus particulièrement
à l’œuvre. D’un côté, la musique peut désormais être transmise ou utilisée à la pièce (sous
forme de fichier numérique), ce qui permet une souplesse d’écoute jamais atteinte jusqu’ici2
tout en conservant un niveau de qualité proche de celui du CD. D’un autre côté, les procédés
d’enregistrement et de restitution du son ont continué de s’affiner : ils pourraient modifier les
standards de la haute fidélité, la façon de percevoir et d’entendre la musique lorsqu’on
l’écoute tranquillement, bien confortablement assis dans son salon, en version stéréophonique
ou ambiophonique, avec ou sans images… C’est l’essor des nouveaux supports tels le SACD,
le DVD audio et le DVD vidéo.
Comme on le sait, l’économie de la musique, comme celle du cinéma ou encore celle du
livre, est une économie de prototypes « versionnables ». La production de chaque œuvre
originale (appelée ici prototype) requiert généralement beaucoup plus de créativité et de
ressources financières qu’un « produit » d’une autre nature, tant et si bien que sa
rentabilisation à terme repose sur son exploitation sous différentes formes, dans différentes
séquences temporelles et à des prix également différenciés, de manière à stimuler et à
couvrir tous les segments du marché. À cet égard, les changements technologiques de la
1
2
Marc Ménard, SODEC, L’industrie du disque au Québec, portrait économique, 1998.
Il est désormais possible d’écouter sa musique préférée sur à peu près tous les appareils électroniques existants et
imaginables, dans toutes les circonstances du quotidien et selon ses propres compilations.
14
dernière décennie sont justement venus augmenter la qualité et la quantité des versions qui
pourront désormais être éditées à partir d’une même production musicale.
Bjork et l’album Medulla : un exemple de « versionnage » d’une œuvre musicale au
moment même du lancement, 31 août 2004.
Album de Björk
M edulla
Les titres de l'album
01_________________________
Pleasure Is All M ine
02_________________________
Show M e Forgiveness
03_________________________
W here Is The Line
04_________________________
Vökuró
05_________________________
Öll Birtan
06_________________________
W ho Is It
07_________________________
Submarine
08_________________________
Desired Constellation
09_________________________
Oceania
10_________________________
Sonnets / Unrealities XI
11_________________________
Ancestors
12_________________________
M outh's Cradle
13_________________________
M iðvikudags
14_________________________
Triumph Of A Heart
15_________(japan)_________
Komið
Les différentes productions et divers formats de l'album mis en marché
lors du lancement
TPLP358CD
Standard CD audio only in standard jewel case
TPLP358CDL
Limited SACD hybrid format in digi-pack with poster
TPLP358
Double vinyl heavy weight gatefold format
TPLP358DVD DVDA +
M aking of' documentary in super jewel case
TPLP358DVDA
Stand alone DVDA format in DVDA box (US case)
TPLP358SACD
Stand alone SACD format in SACD case
cat no TBA
DVD 'M aking of' full length documentary only in DVD case
Notes
(1) Avant même le lancement de l'album, on pouvait télécharger gratuitement sur le site officiel de l'artiste, l'un des titres de
l'album, Desired Constellation, et visionner l'un des vidéoclips produits.
(2) Le lancement de l'album sera probablement suivi de plusieurs tournées de spectacles et possiblement sous différentes
formes (version intimiste ou à grand déploiement) qui feront éventuellement l'objet de la production de DVD vidéo.
À suivre.
Source : Björk.com
15
Mais nous sommes en pleine période de transition et tout le monde conviendra que les
bouleversements et les restructurations en cours sont nombreux et coûteux, parfois
insécurisants, notamment en ce qui a trait à l’échange de la musique sur Internet. Néanmoins,
la vente à la pièce de la musique en ligne est désormais amorcée et pourrait, avec une offre de
titres de plus en plus large et diversifiée ainsi qu’une harmonisation des formats, gagner en
rentabilité. Pour l’heure, les coûts de la vente (entreposage, coûts de gestion des cartes de
crédits et service) de ces fichiers ne permettent pas ou peu de marges bénéficiaires3.
Par ailleurs, et même si certains observateurs prédisent sa disparition dans un avenir plus
ou moins rapproché, la vente de la musique sur supports matériels se poursuit toujours.
Elle s’est même diversifiée, au cours des dernières années, avec la mise sur le marché du
SACD, du DVD audio et de leurs hybrides, ainsi qu’avec celle du DVD vidéo. En effet,
le SACD et le DVD audio offrent désormais des enregistrements de haute définition en
formats sonores stéréophonique et ambiophonique, tandis que le DVD vidéo présente une
version multimédia et augmentée de la production musicale, tout en proposant à
l’auditeur des formats sonores à la fois stéréophonique et ambiophonique. En fait, plus
que des supports, ces nouveaux standards, qui pourraient avoir des successeurs dans
l’avenir (tel le Blue-Ray Disc), constituent de nouvelles façons d’éditer la musique. Pour
l’heure, ces nouvelles éditions sont commercialisées sur des supports physiques mais,
advenant que le marché les adopte, elles pourront tout aussi bien être vendues par
téléchargement avec le développement de logiciels adéquats.
Le contenu du rapport
Le premier chapitre porte sur les faits saillants de l’histoire de l’enregistrement sonore afin
de situer les récents changements dans une perspective plus globale et de communiquer à
tous les lecteurs une même information de base qui leur permettra d’apprécier la teneur
réelle de ces changements. Les deuxième et troisième chapitres portent sur les
caractéristiques des différents supports que sont le SACD, le DVD audio et vidéo et sur
celles de leur présence sur le marché international. Enfin, les chapitres 4 à 8 présentent
l’offre, les coûts de production, la rentabilisation et l’état du financement public de ces
nouvelles formes d’édition de la production musicale au Québec. La conclusion, au
chapitre 9, résume les faits saillants de l’étude, soit les éléments dont il faut tenir compte
dans l’élaboration d’une stratégie de développement adaptée à la situation.
3
Martin Beaulieu, HEC Montréal, La chaîne musicale : son développement et ses perspectives futures, 2004, page 15.
16
1. Du cylindre de cire à une production numérique
multiformats
L’histoire de l’enregistrement sonore de la musique est marquée depuis ses débuts par le désir
de reproduire la musique le plus fidèlement possible afin de permettre à l’auditeur de vivre
une expérience sonore toujours plus riche, et avec les années, toujours plus proche de celle
vécue in vivo. Cette recherche de perfection a, au cours des années, visé trois champs
d’application pratiques, différents et complémentaires : 1) le mode d’enregistrement du son;
2) la nature et la reproductibilité du support sur lequel l’enregistrement est conservé et mis sur
le marché; et 3) les systèmes de lecture et de restitution de l’enregistrement sonore.
Comme la création du SACD, du DVD audio et du DVD vidéo musical s’inscrit
directement dans cette dynamique, nous croyons utile de rappeler ici quelles ont été les
principales périodes de l’évolution de l’enregistrement sonore et ce qui les a caractérisées4.
1.1 La période de l’enregistrement analogique
L’enregistrement analogique est la forme la plus simple de l’enregistrement sonore.
En vertu de ce mode, les ondes acoustiques (pressions de l’air provoquées par les sons) sont
reproduites sur un support donné à l’aide d’un transducteur5. Jusqu’au début des années
1980 et après une succession ininterrompue de perfectionnements, c’est ce mode
d’enregistrement qui a prévalu. Dans le domaine de la musique, il a pris deux formes
différentes : l’enregistrement mécanique et l’enregistrement magnétique.
ƒ L’enregistrement mécanique
Précédé de quelques inventions dont certaines attribuées au Français Charles Cros, le
premier appareil d’enregistrement et d’écoute du son, le phonographe, fut inventé par
Thomas Edison en 1877. Cet appareil était muni d’un cornet assorti d’un diaphragme, dont
la vibration actionnait un stylet qui entaillait un cylindre de cire molle. Le cylindre de cire
constituait à la fois la matrice de l’enregistrement sonore et le support de reproduction du
son. En effet, on laissait durcir le cylindre de cire, après quoi il était possible de restituer le
son en remplaçant le stylet par une pointe mousse qui imprimait au diaphragme le même
mouvement qu’à l’inscription. Le phonographe était actionné soit par un système à ressorts,
soit par une manivelle.
4
5
L’ingénierie du son est un domaine complexe dont les premières recherches et découvertes remontent à près de deux cents
ans. Le lecteur comprendra que nous nous en tenons ici aux faits saillants de l’évolution de l’enregistrement sonore de la
musique, laquelle a débuté avec l’invention du phonographe en 1877.
Dispositif de conversion de l’onde sonore en signaux obéissant à la même loi de variation.
17
Pour faire court, on pourrait dire que ce principe de base est resté sensiblement le même au
cours des ans jusqu’à l’apparition de l’enregistrement numérique et du disque compact en
1981. Cependant, les améliorations des méthodes d’enregistrement et de restitution du son ont
été majeures et constantes au cours du XXe siècle et ont permis, on le sait, de communiquer à
l’amateur de musique une qualité sonore toujours améliorée. Ces perfectionnements ont été
possibles grâce :
1)
au remplacement du cylindre de cire par le disque et à l’utilisation de matériaux de
plus en plus performants et malléables dans la fabrication de ce disque pour en faire
un outil de grande précision dans la reproduction du son ; en moins d’un demi-siècle,
on passa de l’utilisation du disque de cire au disque gomme-laque puis au disque
acétate, pour conclure en 1947 avec le disque vinyle, lequel constituera le support
musical standard jusqu’au début des années 80.
2)
au perfectionnement tout aussi constant des instruments de saisie, de gravure et de
restitution du son (microphones, têtes de lecture ou phonolecteurs, amplificateur,
enceintes acoustiques, techniques relatives à la stéréophonie, etc.)
3)
au recours à l’électricité dans l’ensemble des procédés (l’utilisation de l’électricité
permettra l’usage du microphone et l’amélioration de l’enregistrement et de l’audition
des fréquences graves et aiguës).
4)
à une connaissance sans cesse accrue des conditions à réunir pour que
l’environnement de l’enregistrement bonifie les résultats ou n’interfère pas
négativement dans la saisie de la musique (création des studios de son, raffinement
des analyses des impacts acoustiques des salles de concerts, développement des
techniques pour limiter, le cas échéant, les effets négatifs, etc.).
ƒ L’enregistrement magnétique
Toujours en mode analogique, cette forme d’enregistrement imprime un « analogue »
magnétique de l’onde sonore sur une surface ferromagnétique (fil d’acier ou ruban
magnétique, i.e. recouvert d’oxyde), au lieu d’inscrire un « analogue » physique de l’onde
sonore sur un cylindre ou un disque comme dans le cas de l’enregistrement mécanique.
Mis au point au début du XXe siècle, parallèlement à l’évolution des techniques
d’enregistrement mécanique, ce mode d’enregistrement ne prendra son envol qu’au milieu
des années 30 avec la création par Telefunken du « magnetophon ». Comme cette machine
a l’avantage d’enregistrer le son et de pouvoir le reproduire aussitôt, elle trouvera
18
rapidement des applications dans le domaine de la radiophonie, entre autres, pour les
diffusions en direct.
Dans le domaine de la musique, l’enregistrement magnétique présente aussi de nombreux
avantages par rapport à la gravure, notamment pour la qualité du son (production d’un
analogue plus précis) et la possibilité d’effacer un signal et de le reprendre. Cette dernière
propriété de l’enregistrement magnétique viendra modifier, à partir des années 1950, le
mode de production du master d’un enregistrement reproduit ensuite sur disque. En effet,
avant l’usage du magnétophone, la gravure du disque mère (master) était faite en une seule
prise, le plus possible « sans erreurs ». La venue de la bande magnétique permettra
dorénavant d’enregistrer séparément les pièces d’un même disque et de recommencer les
prises de son, si nécessaire. C’est par découpage et collage des meilleures séquences qu’est
établie la bande sonore d’un enregistrement, lequel est par la suite gravé sur le disque mère
qui servira ensuite au pressage des copies qui seront commercialisées.
La reproduction et la commercialisation des enregistrements sur bande magnétique,
particulièrement sous forme de cassettes, se feront plus tard avec la mise sur le marché du
magnétophone à cassettes par Philips en 1963. Conçu au départ comme un dictaphone ou
pour des enregistrements destinés aux enfants, la cassette acquiert ses lettres de noblesse
dans les années 70 en atteignant la haute fidélité grâce à l’amélioration des bandes et aux
traitements que permet l’électronique. La cassette devient, en peu de temps, avec le disque
vinyle, album ou single, l’un des supports sur lesquels sont commercialisés les
enregistrements sonores. Grâce à elle, la musique sort du salon et investit tous les autres
lieux où il fait bon l’écouter, dont la voiture : c’est l’invention de différents appareils
d’écoute adaptés, du baladeur (walkman) et des multiples versions de magnétophones
portables. Enfin, et fait non moins négligeable, la mise sur le marché de la cassette audio et
des appareils d’enregistrement conçu pour ce format, pave la voie à la généralisation des
pratiques privées6 de reproduction des enregistrements sonores.
1.2 La période de l’enregistrement numérique
À la différence d’un enregistrement analogique qui déforme fatalement le son en captant
des signaux parasites et des bruits de fond, l’enregistrement numérique constitue une
reproduction plus fidèle du son original et supprime les distorsions. Les ondes acoustiques
sont d’abord transformées en mesures électriques, puis exprimées en nombres binaires,
c’est-à-dire en langage numérique (voir annexe 1). En mesurant l’onde acoustique plusieurs
6
Comme suite à la commercialisation massive de la cassette audio et à son utilisation importante pour faire des copies de
musique enregistrée, la Loi sur le droit d’auteur au Canada a été révisée pour encadrer le droit à la copie privée et
rémunérer les ayants droit. Depuis 1997, la Loi canadienne permet aux consommateurs de copier de la musique
enregistrée à des fins personnelles. En contrepartie, le législateur a prévu le paiement d’une redevance sur la vente des
supports vierges afin que les titulaires de droits relatifs à la musique enregistrée puissent être rémunérés pour la copie
privée. Plus d’une quarantaine de pays ont, jusqu’à maintenant, adopté des législations semblables à travers le monde.
19
milliers de fois par seconde, soit à une cadence ou un échantillonnage de 44 kHz, le mode
numérique permet un enregistrement et une restitution sonore d’une très grande précision,
incomparables sur plusieurs plans à ceux du mode analogique, malgré les réserves émises
par certains spécialistes et mélomanes7.
Les recherches visant la numérisation du son ont débuté dès les années 1950, mais ce n’est
qu’au début des années 1980 et au terme d’une concurrence industrielle féroce qu’elle
trouve ses applications majeures dans le domaine de la musique. En effet, en 1980, les
laboratoires Sony et Philips unissent leur savoir-faire et créent le disque compact.
Les caractéristiques du disque compact en feront d’entrée de jeu un support supérieur au
disque vinyle. D’abord, il permet au mélomane une écoute de 74 minutes de musique alors
que le microsillon n’en n’offrait que 40. Pratiquement inusable, il propose une qualité
d’écoute toujours renouvelée, pérennise les achats du consommateur et permet, le cas
échéant, la production sur audiocassette d’une copie privée de meilleure qualité tout en
facilitant les compilations personnelles.
Mis sur le marché en 1983, le disque compact s’impose rapidement, grâce à ses qualités
particulières mais aussi comme « image de marque »8. Il domine le marché de la musique
en moins de dix ans. La baisse du coût des lecteurs de disque compact, la croissance du
nombre de titres disponibles et le consensus autour d’un standard unique (le CD) seront des
facteurs déterminants dans la popularisation rapide du nouveau support. La recherche de
qualité se poursuit néanmoins durant toutes ces années et l’on procède progressivement à la
numérisation (digitalisation) de l’ensemble des processus. Ainsi, les premiers disques
audionumériques portaient la mention AAD, ce qui voulait dire que l’enregistrement et le
mixage avaient été faits de façon analogique alors que le matriçage était produit
numériquement. Par la suite, l’enregistrement ADD est apparu. Dans ce cas, les processus
de mixage et de matriçage étaient tous deux numérisés. Puis apparut le DDD qui indiquait
que toutes les étapes de production de l’enregistrement sonore avaient été réalisées de façon
numérique. À la fin des années 1990, à l’exception des repiquages, l’ensemble de la
production de disques porte désormais la mention DDD.
Cette recherche soutenue de perfection fera du disque compact un vecteur de croissance sans
précédent du marché et de l’industrie du disque, tout comme le fut précédemment le disque
7
8
La supériorité «supposée» du son numérique sur le son analogique a toujours créé une certaine polémique dans les
milieux initiés. Certains auditeurs considèrent toujours que le son numérique n’est pas sans défaut et se plaignent des
aigus « stressés » et agressifs, de la pauvreté harmonique, de l’espace sonore étriqué de l’enregistrement numérique
(www.abeilleinfo.com). Il semble que le Super audio CD (SACD), mis au point par le duo Philips et Sony et
commercialisé de 2001, vient corriger ces faiblesses de l’enregistrement numérique traditionnel.
« L'image d'un produit, d'une marque ou d'une société correspond à la façon dont celle-ci est perçue par les
consommateurs. Cette perception peut se faire sur des critères objectifs (image de produit haut de gamme à prix élevé) ou
subjectifs (« produit de vieux »). L'image est la résultante des caractéristiques du produit ou de la marque considérée,
mais elle est également largement influencée par les actions publicitaires. » (www.definitions-marketing.com).
20
vinyle : les consommateurs voudront non seulement obtenir toutes les nouveautés musicales
sur CD mais, pour plusieurs, il s’agira de renouveler complètement leur discothèque.
1.3 L’instauration du réseau Internet et l’évolution des technologies à
partir des années 1990
La numérisation des activités de communication, des procédés de production et des
produits est un processus qui s’est amorcé avec la création des premiers ordinateurs
électroniques à la fin des années 40 et qui s’est imposé par la suite, progressivement et
sûrement, dans toutes les sphères de nos activités quotidiennes. Toutefois, c’est au cours
des années 1990, que ce phénomène s’est développé de façon exponentielle pour venir
transformer de façon sensible la nature et la qualité des biens et de l’information, la
manière de les produire et de se les échanger, et parfois même, de les percevoir et de les
utiliser. Les productions culturelles comme biens d’information composées essentiellement
d’écrits, de sons et d’images, donc d’entités aisément numérisables, font d’ailleurs partie
des domaines de l’activité humaine les plus touchés par ces transformations. L’examen de
la situation qui prévaut dans le domaine de l’enregistrement sonore révèle deux
phénomènes majeurs de transformation, soit :
a) Une diversification sans précédent des formats et des modes de
diffusion, des supports de reproduction et d’écoute de la musique
Dans le domaine de l’enregistrement sonore, l’arrivée d’Internet, la généralisation de
l’utilisation des ordinateurs et de leurs différents périphériques, les nouvelles technologies
de numérisation, de compression du son et de stockage de l’information (voir annexe 1)
ont d’abord généré une diversification sans précédent des formats et des modes de
diffusion ainsi que des supports de reproduction et d’écoute de la musique. La musique est
désormais disponible sous forme de fichiers numériques, tel le MP3, et se transmet d’un
format à l’autre ou d’un support d’écoute à l’autre très aisément avec une qualité quasi
équivalente à celle du disque compact. Incidemment, la musique peut être transmise au
consommateur par des réseaux de communication numériques, sans support matériel
précis, comme le disque vinyle ou le disque compact. La figure 1 illustre l’interrelation
entre différents formats et supports d’écoute des fichiers musicaux.
21
Figure 1
Profil des circuits de transmission des fichiers numériques musicaux MP3 d’un
support à un autre.
Internet
Modem
CD
Mini enceintes
amplifiées
Liaison série
parallèle ou USB
MiniDisc
Cassette
Chaîne HI-FI
Stockage
de fichiers
musicaux
Ordinateur
Encodage
MP 3
Gravure CD
Carte
Lecteur
de cartes
Baladeur CD
compatible MP 3
Baladeur
MP 3
Casque
d’écoute
CD-MP 3
Lecteur DVD
compatible MP 3
Les nouveaux formats de diffusion de la musique sur Internet ont par ailleurs provoqué
un phénomène important d’échange de fichiers musicaux entre internautes, ce qui
aurait, selon certains, provoqué une baisse substantielle des revenus provenant de la
vente de disques. Cette situation a mis la filière du disque devant l’obligation de
repenser ses stratégies de mise en marché, dont celle sur le réseau Internet (systèmes
d’abonnements et de ventes en ligne, ventes à la pièce, etc.), et de trouver de nouvelles
façons de protéger et de rétribuer les droits d’auteur et le travail de chacun. On
comprendra qu’à cet égard la période actuelle en est une d’intenses ajustements
juridiques, organisationnels et financiers.
b) La création de nouveaux supports physiques qui surpassent le
disque compact en qualité et en bonification de l’offre faite au
consommateur
Les récentes avancées technologiques ont non seulement créé des fichiers numériques
musicaux qui se transfèrent aisément par réseau électronique, mais elles ont aussi suscité
toute une génération de nouveaux formats physiques qui viennent surpasser le disque
compact en qualité et en bonification de l’offre faite au consommateur. Ces nouveaux
22
formats9 sont principalement le SACD (Super Audio Compact Disk), le DVD audio
(Digital Versatile Disk Audio) et le DVD vidéo (Digital Versatile Disk Video).
Le SACD et le DVD audio ont été mis sur le marché à la fin des années 1990 - début
2000 et sont soutenus respectivement par un conglomérat. Sony et Philips sont les
promoteurs du SACD tandis qu’un conglomérat10 composé de plusieurs actionnaires,
dont Warner Music et Universal souhaite que le DVD audio devienne le nouveau
support standard de la musique. Cette guerre de format se mène parallèlement à la
popularité grandissante du DVD vidéo musical. Comme nous l’illustrons au chapitre 4,
on ne peut pas prédire pour l’instant lequel des deux premiers formats succédera au CD
comme format sonore, si successeur il y a. Leur présence sur le marché demeure
marginale pour l’heure. Celle du DVD vidéo musical est beaucoup plus probante et
signifiante. En effet, dans le sillage du DVD dans le domaine de l’audiovisuel (cinéma,
vidéo et télévision), ce format s’impose d’ores et déjà comme légataire direct de la
vidéo musicale sous format VHS.
Par ailleurs, on doit retenir que la création de nouveaux supports physiques ne s’arrête
pas à ces trois nouveaux disques. Les industriels ont continué et poursuivent toujours
leurs activités de recherche pour en créer de nouveaux. Les médias spécialisés font
régulièrement état de la mise au point de nouveaux standards et formats11 qui pourraient
éventuellement investir le marché. Conscients de la progression ininterrompue de la
technologie, nous nous sommes néanmoins concentrés sur les formats qui avaient une
présence réelle sur le marché actuel de la musique.
9
10
11
Le DVD est une sorte de CD de plus grande capacité et plus rapide, pouvant contenir aussi bien de la vidéo de qualité
cinéma, des données audio haute résolution ou des données informatiques. Il y a présentement sur le marché plusieurs
catégories de DVD dont les suivants : DVD-ROM, DVD-Vidéo, DVD-audio, DVD-R (enregistrable), DVD-RAM (réinscriptible). Certains sont des formats physiques tandis que d’autres sont des formats d’application. Le DVD-vidéo, le DVDAudio, ou encore le SACD sont des formats d’application, c'est-à-dire des formats où sont prédéfinis comment sont gravés
l’image et le son, entre autres, par les normes de compression utilisées.
Le DVD-Audio Council est composé des membres suivants : Universal Music Group, Warner Music Group, BMG,
J Records, Silverline Records, Arista Records, The Atlantic Group, Elektra Entertainment Group, Capitol, Warner Music
Latina, Virgin, Angel/Blue Note, EMI Latina, Rhino, 5.1 Entertainment Group, RCA, Reprise, Geffen Records, Interscope,
A&M, Island Def Jam Music Group, Lost Highway Records, Mercury, MCA Nashville, Motown Records, Universal
Classics, Universal Records, Universal Music Enterprises, Universal Music Latino, Verve Music Group, Warner Bros.
Records, Myutopia Recordings, AIX Records, DTS Entertainment, EMI Recorded Music, Meridian Audio, Dolby
Laboratories, Creative Labs and Panasonic (MEI).
Il y a deux ans est d’ailleurs apparu le Blue Ray Disc lequel serait pressenti pour se substituer éventuellement au DVD vidéo.
Ce nouveau standard utilise comme son nom l’indique, un laser bleu-violet dont la longueur d’onde est plus courte que les
lasers rouges actuels. Cette innovation permettant une gravure et une lecture plus fines de l’information, elle multiplie par
cinq les capacités de stockage sur un disque optique. Le Blue Ray Disc présente une capacité minimale de stockage de 27 Go,
mais requiert toutefois un appareil de lecture spécifique. Cette dernière contrainte pourrait retarder son adoption à un moment
où on vient tout juste de mettre sur le marché des lecteurs différenciés ou multiformats capables de décoder le SACD, le
DVD audio et le DVD vidéo, ainsi qu’une myriade de fichiers numériques compressés et formatés différemment.
23
2. Les nouveaux supports physiques sur le marché de
la musique
La promotion des nouveaux supports musicaux que sont le SACD, le DVD audio et le
DVD vidéo musical est fondée sur la qualité inégalée que permettent ces nouveaux
supports au plan sonore et au plan visuel, pour certains d’entre eux. Nous croyons donc
important de présenter succinctement les grandes caractéristiques de ces formats et
d’analyser ce qui les différencie. Leurs propriétés techniques sont résumées au Tableau 1,
page 19.
2.1 Le SACD (Super Audio Compact Disk)
ƒ Lorsque les inventeurs du disque compact, Sony et Philips, se sont associés de nouveau
pour perfectionner la qualité sonore de ce format, deux options se présentaient à eux.
Il s’agissait soit de perfectionner le CD par une analyse sonore plus fine (ce qui a
finalement prévalu lors de la conception du DVD audio), soit de modifier sensiblement
le procédé d’enregistrement du son. C’est cette dernière solution qu’ont retenu Sony et
Philips. Ce procédé d’enregistrement s’appelle le DSD (Direct Stream Digital), ou « flot
numérique direct » et il serait supérieur au procédé PCM (Pulse Coded Modulation)
utilisé historiquement pour les enregistrements sous format CD et maintenant sous
format DVD audio.
ƒ Sans entrer dans les explications d’initiés, les observateurs avertis confirment que le
procédé DSD permet un enregistrement sonore plus conforme au son réel et vient
corriger les défauts reprochés historiquement au CD (aigus « stressés » et agressifs,
pauvreté harmonique, espace sonore étriqué). Il permet de retrouver la richesse, l’espace,
la chaleur du son analogique. En outre, l’échantillonnage du son y est 64 fois supérieur
au procédé PCM et le spectre des fréquences pouvant être reproduites par le SACD
s’étend de 1 Hz à 100 kHz, alors que celui du CD va de 20 Hz à 20 KHz. Enfin, le
SACD offre un rapport signal/bruit12 qui s’établit à 120 dB garantissant ainsi une plus
grande pureté sonore que le CD (96 dB). Bref, le DSD permet un enregistrement où il
n’y a quasiment aucune déperdition du signal sonore originel.
ƒ L’apport du SACD ne se résume pas à une meilleure qualité du son. Pour faire
concurrence au DVD audio déjà existant, le SACD devait offrir, en plus du son stéréo,
un son ambiophonique, aussi appelé son multicanal ou « surround »13 en anglais (voir
12
13
Tout appareil électronique possède un bruit de fond inévitable, un souffle, dû au bruit généré par ses composants.
Le rapport signal/bruit mesure l’écart entre ce bruit de fond et le niveau maximal admissible par l’appareil. Le rapport
signal/bruit se mesure en dB.
« Surround » vient de l’anglais « to surround : entourer ».
24
annexe 2, fiche repère sur le son ambiophonique). Le SACD offre à l’auditeur une
reproduction comparable à l’ambiance sonore du concert. Par ailleurs, le disque hybride
SACD/CD (qui peut également s’écouter sur un lecteur CD) offre un format-son
multicanal et un format-son stéréophonique. Comme ce son stéréophonique bénéficie de
l’enregistrement DSD (bande passante de 100 kHz), il s’avère supérieur au CD sur le
plan de la définition sonore. Rappelons enfin, que pour répondre aux normes du SACD,
un enregistrement ne peut pas être simplement mixé en son ambiophonique, il doit aussi
avoir été enregistré selon les normes du DSD.
ƒ Le disque SACD offre une possibilité minimale de stockage de 4,7 Go, supérieure au
CD, qui est limité à 700 Mo. Si le SACD permet de contenir des images fixes ou de
l’écrit, ce n’est qu’à titre complémentaire et de façon restreinte. Précisons que le SACD
se distingue avant tout par sa qualité sonore. La compression sonore y est réduite au
minimum. L’espace disponible est d’abord consacré au son, en format intégral. Le DVD
audio et vidéo sont des formats mieux adaptés à la formule multimédia
(son, images et écrits), bien que dans des proportions différentes, comme nous le verrons
plus loin.
2.2 Le DVD audio (Digital Versatile Disk Audio)
ƒ Le DVD audio est le support technologique privilégié par le DVD-Audio Council14, qui
voudrait bien le voir succéder au disque compact. Techniquement parlant, on peut dire
que le DVD audio est le successeur du CD. En effet, tout comme pour le disque
compact, le mode d’enregistrement sonore utilisé pour le DVD audio est basé sur le
système PCM (Pulse Code Modulation). Sur le plan de la restitution du son originel, il
est donc théoriquement, ainsi que pour l’audiophile à l’oreille experte, moins performant
que le SACD, mais il présente néanmoins des améliorations par rapport à son
prédécesseur, le CD.
ƒ Sa capacité de stockage est de 4,7 Go, sa bande passante peut atteindre 96 kHz, et son
niveau de résolution peut atteindre 24 bits/192 kHz pour 65 minutes de musique sur deux
canaux (stéréophonie) et, en comprimant les données (selon l’algorythme MLP),
24 bits/96 kHz pour 74 minutes sur six canaux (ambiophonie). En plus d’offrir une
écoute sonore à plusieurs canaux, le DVD audio assure une plus haute résolution des
enregistrements sonores que le CD, mais moindre que celle du SACD.
14
Voir note no 8.
25
ƒ Si le support DVD audio est destiné en priorité à l’enregistrement sonore, il peut comme le
DVD vidéo, mais dans des proportions moindres, accueillir des images, des textes, des
films (vidéoclips ou autres), des liens Internet et autres compléments. Il affiche, le cas
échéant, un menu et permet l’interactivité entre ses différentes composantes. Ces dernières
caractéristiques le distinguent nettement du SACD.
2.3 Le DVD vidéo (Digital Versatile Disk Video)
ƒ Contrairement au CD, au SACD et au DVD audio, qui sont des supports conçus
expressément pour le son, le DVD vidéo est un support élaboré au départ pour l’image
de haute définition. Il constitue ainsi un excellent support de diffusion du cinéma et de la
production télévisuelle. Mis sur le marché en 1997, le DVD vidéo s’avère supérieur au
VHS sur les plans de la qualité visuelle et sonore et constitue un excellent support
multimédia interactif (prises de vue multi-angles, textes, photos, making-of, scènes
manquées, interviews, documentaires, sous-titres ou doublages en plusieurs langues,
liens Internet, etc.) Dans le domaine du cinéma et de la télévision, il constitue
actuellement un vecteur important du développement du marché de la vidéo.
ƒ La qualité sonore du DVD vidéo est plus ou moins équivalente à celle du CD au plan de
la définition, c’est d’ailleurs le même procédé d’enregistrement sonore qui prévaut, soit
le PCM. Le son peut toutefois y être enregistré en vue d’une restitution stéréophonique
(deux canaux) ou ambiophonique (six canaux), ce qui en fait un support supérieur au
CD. Par ailleurs, malgré ses diverses propriétés, le DVD vidéo n’est pas aussi
performant que le SACD et le DVD audio comme format audio. Comme l’image occupe
une très bonne partie de l’espace disponible, le son doit y être comprimé davantage, et
malgré la performance des algorithmes de compression utilisés, la qualité de la
restitution du son y est moindre que dans les deux premiers formats.
ƒ Si le DVD vidéo réussit moins que le SACD et le DVD audio comme support audio, ses
qualités d’images et ses propriétés multimédias lui permettent d’occuper une place non
négligeable sur le marché et, dans certains cas, de rivaliser avec ces deux premiers
formats. L’évolution du marché en 2003 (chapitre 4) démontre nettement que le DVD
vidéo musical prend progressivement le pas sur la vidéo musicale sous format VHS
lorsqu’il s’agit de diffuser des captations de spectacles.
26
Tableau 1
Le CD audio, le SACD, le DVD audio et le DVD vidéo : caractéristiques
sonores, éléments comparatifs (note 1)
Format
CD audio
SACD
DVD audio
DVD vidéo (note 4)
Diamètre du disque
12 cm
12 cm
12 cm
12 cm
Capacité de stockage
(note 2)
700 Mo
4,7 Go
4,7 Go
4,7 Go
Durée (note 3)
74 mn
110 mn
74 mn
Entre 2 heures et 9
heures (vidéo haute
définition)
Nature du signal
sonore
PCM
DSD
PCM
(Compression MLP)
PCM (compression
MLP, Dolby Digital,
DTS ou MPEG selon
l’espace disponible)
Échantillonnage
44 kHz/16 bits
2,82 MHz/1bit
Jusqu’à 192 kHz/24
bits
± Équivalente à celle
du CD
20 Hz – 20 kHz
1Hz-100 kHz
1Hz -96 kHz
Variable selon le
procédé et les canaux
Rapport signal/bruit
(lexique page 78)
96 dB
120 dB
144 dB
Équivalente au CD
Nombre de canaux
stéréo
Stéréo et multicanal
jusqu’à 5.1
Stéréo et multicanal
jusqu’à 5.1
Stéréo et multicanal
jusqu’à 5.1
NTSC ou PAL (si
vidéo présent sur le
support)
NTSC ou PAL
(lexique, page 78)
Bande passante
(lexique, page 78)
Format vidéo
Encodage régional
non
non
non
oui
Support hybride
disponible
S/O
SACD\CD
DVD audio ou
vidéo\CD (DualDisc)
S/O
Lire note 15
Notes
(1) Les technologies du numérique se développant très rapidement, ces caractéristiques peuvent connaître encore des modifications
substantielles au cours des années à venir.
(2) Dans le cas du SACD, du DVD audio et du DVD vidéo, le volume de stockage indiqué présente les capacités minimales de ces
supports. En effet, ces disques numériques peuvent présenter deux faces et deux couches par face, ce qui multiplie à chaque fois le
nombre d’informations qui peuvent y être stockées.
(3) Cette durée peut varier en fonction des normes de compression utilisées et, dans le cas du DVD, du nombre de couches où il est
possible d’inscrire des données.
(4) Contrairement au CD, au SACD, et au DVD audio qui sont des supports conçus expressément pour le son, le DVD vidéo est un support
élaboré au départ pour l’image de haute définition, donc comme support à la production cinématographique ou télévisuelle. À ce titre,
le DVD est à peine comparable au VHS, qu’il surpasse et de loin. De plus, ce support, de par ses grandes capacités de stockage, permet
d’intégrer des bandes-son, stéréophonique ou ambiophonique, des pistes de dialogues en plusieurs langues ainsi que des sous-titres, des
prises de vue multi-angles, et de nombreux autres contenus offerts comme « extras » ou « bonis » : textes, karaoké, photos, making-of,
interviews, liens site Internet, etc.
ƒ De plus, on remarque que certains enregistrements originaux commencent à être produits dans
ce format (musique classique, chansons pour enfants, etc.). Dans certains cas, des artistes
comme Jean Louis Murat en France (Album « Parfum d’acacia au jardin »), expérimentent ce
format comme une nouvelle façon de « livrer » leur musique, de la prolonger dans l’image.
27
Produits sur format DVD vidéo, une version audio de ces enregistrements peut ou non être
éditée parallèlement, sous format CD.
ƒ Enfin, le DVD vidéo musical présente certaines caractéristiques techniques particulières.
D’abord, tout comme le DVD cinéma, il est généralement assorti d’un encodage
régional, ce qui peut, dans certaines conditions, en limiter la disponibilité dans un
territoire donné (annexe 3, point a). De plus, les documents vidéos présentés dans ce
format peuvent l’être sous les normes PAL ou NTSC, ce qui requiert des lecteurs ou des
téléviseurs capables de les décoder (annexe 3, point b).
2.4 L’écoute de la musique sur les nouveaux supports numériques (SACD,
DVD audio et DVD vidéo) : lecteurs spécialisés ou multiformats et
disques hybrides
Lorsqu’ils ont été mis sur le marché il y a quelques années, le SACD et le DVD audio
exigeaient que le consommateur s’achète à nouveau un équipement audio propre à l’un ou à
l’autre de ces supports. On comprendra que cette contrainte a constitué un frein majeur à la
commercialisation de ces deux supports musicaux jusqu’à maintenant. C’est sans doute
pour remédier à cette situation, que les promoteurs de ces deux supports audio ont favorisé
d’une part la conception d’équipement audio multisupports et, d’autre part, la création de
disques hybrides, SACD/CD et DVD/CD (DualDisc)15. Ces nouveaux équipements et
disques ont été commercialisés au cours de la dernière année. Ainsi, les consommateurs qui
n’ont pas encore l’intention d’investir dans l’achat d’un nouveau lecteur audio, pourront
profiter dès maintenant de ces nouveaux supports audio avec les disques hybrides en les
écoutant sur leur lecteur CD. Par ailleurs, ceux qui s’apprêtent à acquérir de nouveaux
équipements d’écoute pourront opter pour des lecteurs multisupports (ou pour des lecteurs
spécialisés s’ils le désirent) qui peuvent décrypter à peu près n’importe quel support ou
format numérique actuellement disponible. Dans tous les cas, le consommateur sera
davantage rassuré quant à la « rentabilité » de sa démarche.
La situation du DVD vidéo est fort différente. En effet, l’acquisition par les consommateurs
des appareils de lecture du DVD vidéo a progressé de façon exponentielle au cours des
dernières années. Selon les données de l’International Federation of Phonographic Industry
(IFPI)16, le pourcentage des foyers équipés d’un lecteur DVD va croissant : en 2003, il s’est
établi à 70 % aux États-Unis, à 47 % en Europe de l’Ouest et à 42 % au Japon. Certains
15
16
Au moment de produire ce rapport, nous apprenons que le litige entourant le brevet d’invention du DualDisc a été réglé :
sa mise sur le marché pourrait donc s’accélérer prochainement. Par ailleurs, il semblerait que le côté DVD ait plutôt les
propriétés du DVD vidéo que celui du DVD audio. Ainsi, les enregistrements sonores seraient stéréophoniques et
ambiophoniques, mais l’échantillonnage serait limitée à 44 kHz/24bits ou 48 kHz/24bits, ce qui est inférieur à la norme
du DVD audio (jusqu’à 192 Khz/24bits). De plus, le DualDisc est compatible avec la plupart des appareils DVD.
IFPI, The Recording Industry, World Sales 2003, avril 2004.
28
analystes prévoient que ce pourcentage devrait grimper d’une vingtaine de points d’ici à la
fin de l’année 2005. Atteignant 52 % en 2003, le taux d’équipement des foyers au Canada
est comparable à celui qui prévaut dans ces différentes régions et devrait croître dans des
proportions semblables au cours des prochaines années.
Tableau 2
Évolution du pourcentage des foyers canadiens équipés d’un lecteur DVD,
2001-2003
Année
2001
2002
2003
Lecteur DVD
21 %
31 %
52 %
Source : Rogers Media
C’est la supériorité incontestable de ce format par rapport à la cassette vidéo VHS, le
marketing orchestré des entreprises17 en faveur de l’ère du cinéma maison, la baisse
régulière de coûts des lecteurs DVD vidéo (on peut en obtenir pour ± 50$CAN) qui ont
conjointement favorisé cette croissance du taux d’acquisition des lecteurs DVD par les
ménages. La disponibilité croissante des titres DVD est également un déterminant majeur
dans la popularisation du lecteur DVD vidéo. Fin 2003, le nombre de DVD vidéo
disponibles en zone 1 (Amérique du Nord) atteignait les 30 000 titres18. La majorité de ces
titres étaient constituée de films ou de productions pour la télévision. Selon nos estimations,
le DVD musical représentait un peu plus de 11 %19 de ce total (zone 1) au terme de la
même période.
Les systèmes d’écoute multicanaux
La possession par les ménages d’un lecteur DVD vidéo n’implique pas nécessairement celle
d’un système d’écoute multicanal. Il n’existe pas de statistiques concernant cet appareil.
Toutefois, ce genre d’appareil est désormais disponible dans toutes sortes de gammes de prix
et de qualité, et finalement accessible pour une part toujours grandissante de la population.
17
18
19
Autant les producteurs de contenu que les manufacturiers d’équipements.
Source : DVDenfrançais.com
Ce pourcentage est une estimation. Dans la Zone 1, c’est aux États-Unis que s’éditent le plupart des DVD vidéo
musicaux. Fin 2003, on pouvait compter, selon le DVD Release Report (DVDenfrançais.com), 3 464 titres (DVD
musicaux) mis sur le marché dans ce pays.
29
3. État de la présence des nouveaux supports physiques
musicaux sur le marché
Comme nous venons de le voir au chapitre précédent, le SACD, le DVD audio et le DVD
vidéo sont parmi les principaux « nouveaux » supports matériels de musique
commercialisés, à l’heure actuelle, de façon courante20. De ces trois supports, le DVD vidéo
est celui qui s’impose le plus nettement sur le marché et sur lequel il est possible d’obtenir
une information statistique adéquate. Malgré les limites de cette information en ce qui a
trait au SACD et au DVD audio, nous croyons utile de communiquer les renseignements
disponibles et les compilations que nous avons produites parce que ces formats pourraient
connaître des développements dans les années à venir.
3.1 La situation du SACD et du DVD audio : nombre de titres, catégories et
état des ventes
Mis sur le marché en l’an 2000, la progression de ces deux formats a été plutôt lente
jusqu’à maintenant. Selon l’International Federation of Phonographic Industry (IFPI), on
comptait fin 2003, environ 700 titres DVD audio et 1900 titres SACD. Une proportion
importante de ces titres est constituée d’offres groupées CD-SACD ou CD-DVD audio
pour accélérer leur commercialisation à un moment où tous les consommateurs n’ont pas
encore acquis les lecteurs requis pour ces formats.
Les ventes de SACD en 2003 se sont élevées à 3,9 millions en nombre d’unités tandis qu’il
s’est vendu 1,3 million de DVD audio, ce qui correspond pour l’instant à des parts encore
marginales du marché mondial de la musique, le nombre total d’unités vendues en 2003
s’élevant à plus de 2,7 milliards.
D’après l’analyse d’échantillons de SACD et de DVD audio21, on retrouve principalement
sur format SACD (Tableau 3) de la musique de jazz (29 %), de la musique classique (29 %)
et de la musique rock et pop (20 %).
20
21
Au sens où ils ne sont pas transmis au consommateur par voie électronique.
Les échantillons que nous avons constitués comprennent d’une part, tous les titres SACD et d’autre part, tous les titres DVD
audio qui étaient en vente sur le site Tower Record’s.com au 10 juin 2004. L’échantillon de titres SACD correspond à
environ 47 % du marché de ce format, ce qui en fait un bon indicateur du marché à l’heure actuelle. L’échantillon de titres
DVD audio correspond à environ 80 % du marché de ce format, ce qui en fait également un bon indicateur du marché.
30
Tableau 3
Répartition des titres musicaux commercialisés sous format SACD par
catégorie, selon le catalogue de Tower Record’s.com, 10 juin 2004
Catégories
Nombre
%
Blues
Country
Musique du monde
Jazz Instrument
Rythm'n Blues
Rock Pop
Classique
Pop vocal
Bande originale de film
Autres catégories
29
21
34
259
40
178
255
23
17
33
3,3
2,4
3,8
29,1
4,5
20,0
28,7
2,6
1,9
3,7
Total
889
100
Source : Tower Record’s.com
Compilation : SODEC
Tableau 4
Répartition des titres musicaux commercialisés sous format DVD audio par
catégorie, selon le catalogue de Tower Record’s.com, 10 juin 2004
Catégories
Nombre
%
Blues
Country
Musique du monde
Jazz Instrument
Rythm'n Blues
Rock Pop
Classique
Autres catégories
18
19
23
68
18
221
160
38
3,2
3,4
4,1
12,0
3,2
39,1
28,3
6,7
Total
565
100
Source : Tower Record’s.com
Compilation : SODEC
Du côté du DVD audio (Tableau 4), les musiques rock et pop dominent avec 39 % de titres,
suivies de la musique classique (28 %) et du jazz (12 %).
L’ensemble de ces données nous montre clairement que l’industrie est en période
d’exploration de ses nouveaux formats. Elle suit en grande partie le schéma classique de
mise en marché appliqué en pareil cas, soit celui qui consiste à introduire une innovation
technologique auprès des audiophiles et des mélomanes pour l’élargir éventuellement au
grand public. L’exploitation des catalogues et la réédition de valeurs sûres sont également
au centre de la démarche. Ainsi, le SACD surpasse en 2003 le DVD audio, par le
31
nombre de titres et le nombre d’unités vendues, mais il est trop tôt pour statuer sur l’avenir
de ces deux formats. Survivront-ils, coexisteront-ils ou l’un d’entre eux s’imposera-t-il
comme nouveau standard d’enregistrement en remplacement du CD? Ces questions
demeurent ouvertes. Pour l’heure et malgré l’intérêt qu’ils suscitent dans les milieux de la
musique, l’évolution du marché est d’abord tributaire des velléités de deux grands groupes
d’industriels qui entendent imposer un nouveau format et ainsi faire fructifier leurs avoirs
(redevances sur le format, ventes de lecteurs adaptés, rééditions et exploitation des
catalogues). Le résultat des paris est à venir et dépendra également de l’évolution du DVD
vidéo et de la performance et de l’accessibilité (prix) des lecteurs multiformats et des
appareils d’écoute multicanaux22.
3.2 Le DVD vidéo musical sur le marché
Le DVD vidéo musical diffère sensiblement des formats SACD et DVD audio au plan
technologique (voir chapitre précédent, point 2.3). Tout comme ces formats, il offre au
consommateur un son ambiophonique, il constitue de plus un excellent support film ou
vidéo, ce qui en fait une plate-forme multimédia qui offre de nombreuses possibilités à la
production musicale. Aussi, avant de décrire la place de ce format sur le marché, nous
croyons utile de présenter un aperçu des caractéristiques et de la diversité des contenus
qu’on retrouve sur les DVD vidéo musicaux mis sur le marché actuellement.
3.2.1 Nombre de titres
Depuis les débuts de sa mise sur le marché à la fin des années 1990, le nombre de titres
musicaux sur format DVD vidéo a connu une croissance annuelle soutenue. S’il n’y a pas
de statistiques mondiales sur le nombre de titres publiés, on sait par ailleurs qu’aux ÉtatsUnis seulement, le nombre de DVD vidéo musicaux édités, est passé de 36 en 1997 à 1040
en 2003 pour un grand total de 3 464 titres.
Tableau 5
Année
Nombre de
DVD
musicaux
édités
Évolution du nombre de DVD musicaux, États-Unis, 1997-2003
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Total
36
112
244
430
674
928
1040
3464
Source : DVD Release Report In DVDenfrançais.com
22
Selon une étude publiée en août 2004 par le cabinet américain, Jupiter Research, le CD devrait continuer de dominer le
marché pour plusieurs années. Aux États-Unis, le marché du CD était évalué à 11,9 milliards de dollars en 2003. Et malgré
son déclin régulier depuis 2000, il est resté énorme par rapport aux 100 millions de dollars de chiffre d'affaires dégagés par la
musique numérique et par rapport aux parts des autres supports, DVD vidéo et autres.
32
3.2.2 Les ventes
Par ailleurs, l’International Federation of Phonographic Industry (IFPI) nous renseigne sur
l’évolution récente des ventes mondiales du DVD vidéo musical qu’on retrouve sous
l’appellation Music Video on DVD. Ainsi, le nombre d’unités vendues a progressé de 79 %
depuis 2002 pour s’établir à 105,7 millions en 2003. En valeur de ventes, la hausse a été de
67 % pour s’établir à 1,8 milliard US$ pour la même année, ce qui constitue un marché
maintenant beaucoup plus élevé que celui de la vidéo musicale sur format VHS qui
clôturait en 2003 avec des ventes de 200 M$ US. En fait, il y a tout lieu de croire que le
DVD musical se substitue progressivement à ce dernier marché. L’examen de l’évolution
de ces deux marchés aux États-Unis tend d’ailleurs à confirmer cette substitution.
Il constitue en cela un excellent support pour exploiter à nouveau les catalogues musicaux
ou de vidéos musicales.
Figure 2
Évolution des ventes de vidéos musicales sous format VHS et de DVD
vidéo selon le nombre d’unités vendues, États-Unis, 1994-2003
En millions
30,0
25,0
20,0
Vidéo musicale (VHS)
15,0
DVD vidéo
10,0
5,0
0,0
1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003
Source : The Recording Industry Association of America's
La comparaison de l’évolution de ces deux segments de marché aux États-Unis suggère
fortement cette interprétation des données23. Comme on peut l’observer à la figure 2, à
mesure que la courbe de la vidéo musicale (VHS) décline, celle du DVD vidéo musical croît.
23
Nous croyons néanmoins important d’indiquer que les données de la RIAA (Recording Industry of America’s) ne
distinguent pas actuellement le DVD vidéo musical, qui remplace l’album traditionnel enregistré sur format CD, de celui
qui se substitue progressivement aux enregistrements vidéo diffusés sur format VHS. Or, la mise sur le marché aux ÉtatsUnis du « DVD vidéo musical – Album » est bien amorcée, ne serait-ce que dans les catégories « réédition » et
«compilation», même si le nombre de titres de DVD musical – Catégorie « Live and video » dominent très nettement.
Les catalogues en ligne d’importants sites tel Amazon.com et Tower Record’s.com témoignent de cette réalité.
33
3.2.3 Les parts de marché du DVD vidéo musical
Sur le marché de la musique
Les parts de marché du DVD vidéo musical sont en croissance depuis son apparition en
1997 et connaissent des bonds marqués depuis deux ans. Ainsi, entre 2002 et 2003, sur les
dix principaux marchés du DVD vidéo musical, cette croissance a varié entre 30 % et
294 % et constitue, selon le cas, entre 3 % et 19 % du marché national de la musique.
Tableau 6
Pays
Ventes (millions US$)
Japon
État-Unis
Allemagne
France
Royaume Uni
Pays-bas
Australie
Canada
Brésil
Italie
Les dix principaux marchés du DVD vidéo musical en 2003
Croissance 2002-2003
Part de marché
521,6
369,6
157,6
156,9
119,7
95,5
74,7
62,6
44,8
39%
56%
101%
98%
95%
104%
106%
131%
45%
11%
3%
8%
7%
4%
19%
11%
9%
15%
31,5
294%
5%
Source : IFPI, the Recording Industry World Sales 2003
Au Canada, le DVD vidéo musical a progressé de 131 % entre 2002 et 2003, ce qui en fait
un marché en pleine expansion qui mérite sans doute d’être exploité davantage, d’autant
plus qu’il présente désormais une part de presque 10 % du marché national de la musique.
Dans l’ensemble du marché du DVD vidéo
Dans l’ensemble du marché du DVD vidéo (y incluant la production cinématographique et
télévisuelle), le DVD vidéo musical est passé de 6,3 % à 7,1 % des ventes en valeur et de
5,5 % à 6,4 % en nombre d’unités. La production audiovisuelle demeure le plus grand
vecteur de ventes de DVD. À cet égard, il faut se méfier des statistiques où l’on compare à
la hâte la mise sur le marché des CD et des DVD sans différencier la production qu’on y
retrouve. Au cours de la dernière année, certaines publications annonçaient que le DVD
vidéo avait surpassé le CD en nombre d’unités mises sur le marché dans le domaine de la
musique. Les chroniqueurs avaient compilé l’ensemble des DVD, sans discrimination quant
à la nature de la production qui s’y retrouvait, ce qui biaisait totalement l’avancée réelle de
ce format dans le domaine de la musique.
34
3.2.4 Les catégories
Selon l’IFPI, les ventes de DVD en 2003 par catégorie se sont réparties comme
suit : environ 60 % des ventes (en unités) sont constituées de spectacles des artistes, 25 %
sont des compilations (« Greatest Video Collections ») des meilleures productions vidéos,
toutes catégories confondues, et 15 % sont constituées d’autres catégories de production
(documentaires, albums, singles et autres). Bref, selon ces données, on peut évaluer
qu’environ 85 % du contenu des DVD vidéo musicaux est constitué de vidéo musicale.
Figure 3
Répartition des ventes mondiales de vidéo musicale sous format DVD selon
les catégories, 2003
15%
25%
Spectacles
Compilations des meilleures
productions vidéo
60%
Autres
Source : IFPI, the Recording Industry World Sales 2003
Sur le plan des catégories, les travaux récents de l’Observatoire français de la musique24
confirment cette configuration du marché : 91 % des quantités vendues et 93 % du chiffre
d’affaires correspondent à des productions de type « live and video ».
Comme autre fait saillant concernant les catégories, l’analyse de l’IFPI précise également
que 10 % de la production de DVD a consisté en des offres groupées (package), soit des
CD accompagnés d’un DVD à titre de boni. Il s’agit en fait de l’une des stratégies de
marketing de l’industrie du disque pour tenter de freiner la baisse continue des ventes
de CD au cours des dernières années.
24
André Nicolas, Observatoire de la musique, Le marché du support musical (CD audio et DVD musical), France, 2003.
35
3.2.5 Les genres musicaux
La documentation statistique sur les genres musicaux, que l’on retrouve en format DVD,
est actuellement limitée et avare de révélations. L’observatoire français de la musique25 a
toutefois réalisé quelques compilations et tenté certaines observations quant à la diversité
de l’offre faite au consommateur et aux résultats des ventes par « grandes » catégories de
DVD vidéo musical.
Sur le marché français, la « variété internationale » domine l’offre avec 51,8 % des titres en
2003, suivie, quoique de loin, par la musique classique avec 18 % des titres. La variété
française, le jazz et le blues, ainsi que la musique du monde ont atteint une part variant
entre 5 % et 8 %. Si le poids relatif de chacune des catégories n’a que peu varié entre 2002
et 2003, le volume dans chacune des catégories a marqué une forte croissance au cours de
la période.
Tableau 7
Genres
Variété internationale
Variété française
Classique
Jazz/Blues
Musique du monde
Autres
Single
Karaoke
Répartition et évolution du nombre de titres de DVD vidéo musicaux en
nombre d’unités et en pourcentage selon les genres, France, 2002-2003
2003
2002
Évolution
Poids 2003
Poids 2002
1557
202
542
164
247
63
61
893
128
338
86
123
34
18
74%
58%
60%
91%
101%
85%
239%
51,8%
6,7%
18,0%
5,5%
8,2%
2,1%
2,0%
51,3%
7,3%
19,4%
4,9%
7,1%
2,0%
1,0%
168
122
38%
5,6%
7,0%
Source : Observatoire de la musique, France
L’examen parallèle de l’offre et des ventes de DVD vidéo musical sur le territoire français
démontre que, malgré l’importance de l’offre de la « variété internationale », les amateurs
de musique français portent un intérêt très net à la production nationale. Ainsi, si la variété
française (un des segments de la musique française) ne constitue que 6,7 % de l’offre en
2003, elle récolte 40 % des ventes en unités vendues, une part aussi importante que la
« variété internationale » avec 51,8 % des titres commercialisés.
25
André Nicolas, Observatoire de la musique, Le marché du support musical (CD audio et DVD musical), France, 2003.
36
Tableau 8
Répartition et évolution des parts de marché des DVD vidéo musicaux selon
les genres, France, 2002-2003
En euros
Genres
Variété internationale
Variété française
Classique
Jazz/Blues
Musique du monde
Autres
Karaoke
2003
2002
43 044 149
42 963 902
5 139 391
1 646 552
2 570 843
4 658 504
5 691 089
27 273 284
25 050 056
3 731 741
860 581
938 327
1 760 401
3 630 423
Évolution
57,5%
71,8%
37,7%
91,3%
173,8%
164,6%
5,4%
Poids 2003
40,7%
40,6%
4,9%
1,6%
2,4%
4,4%
5,40%
Poids 2002
43,1%
39,6%
5,9%
1,4%
1,5%
2,8%
5,7%
Source : Observatoire de la musique, France
3.3 Les caractéristiques du DVD vidéo musical
Pour compléter le portrait du marché du DVD vidéo musical, il nous a semblé important de
présenter un aperçu de la diversité des contenus qu’on pouvait retrouver dans ce format.
Nous avons constitué un échantillon de 65 DVD vidéo musicaux (annexe 4) à partir de la liste
des meilleurs vendeurs de la FNAC.com et d’Amazon.com26 et en fonction de la précision de
l’information qui était disponible sur le WEB concernant le contenu de ces DVD. Certes, cet
échantillon n’est pas représentatif de l’ensemble du marché, mais il nous permet néanmoins
d’illustrer la diversité des contenus qu’on peut retrouver sur ce format.
3.3.1 La durée
La durée des productions transmises sur DVD est d’abord révélatrice des capacités importantes
de stockage de ce format que nous avons évoquées au chapitre 2. De l’échantillon, plus de 42 %
des titres durent jusqu’à deux heures, 43 % entre deux et quatre heures et quelque 15 % durent
quatre heures et plus. Ces derniers titres sont pour la plupart vendus sous forme de coffret
contenant plusieurs disques.
26
Nous avons retenu la FNAC et Amazon.com parce ces sites font partie de ceux qui répertorient le plus clairement,
actuellement à tout le moins, la catégorie DVD vidéo musicaux.
37
Tableau 9
Répartition des DVD vidéo musicaux selon la durée du contenu qui s'y
retrouve, échantillon de 65 DVD parmi les meilleurs vendeurs des sites de la
FNAC.com et d'Amazon.com, juin 2004
DVD
nb
%
0 - 2 heures
2 - 4 heures
4 - 6 heures
Plus de 6 heures
27
28
6
4
42
43
9
6
Total
65
100
Durée
Source : FNAC.com, Amazon.com, dvdcritiques.com, totaldvd.com, coindudvd.com
3.3.2 La nature des productions
La nature27 des productions qui se retrouvent dans l’échantillon confirme également les
statistiques mondiales concernant les catégories de DVD vendus (figure 3, page 25). En effet,
79 % des titres sont des spectacles de musique ou des compilations de spectacles ou de
vidéoclips. La plupart constituent de nouvelles versions, revues et augmentées, de
productions déjà en catalogue. Quelques titres peuvent par ailleurs être considérés comme des
enregistrements sonores originaux livrés dans une forme multimédia. Pour les fins du présent
rapport, nous les avons répertoriés sous le vocable « Album équivalent ». Enfin, dans la
catégorie « Autres », on retrouve différents DVD dont plusieurs sont davantage des
documentaires sur un sujet musical qu’une véritable prestation musicale (par exemple,
Anthology, un coffret de DVD qui regroupe plusieurs documentaires sur l’histoire des Beatles
ou encore Elvis - Aloha from Hawaii (Delux edition DVD) qui constitue un reportage
entourant la production de certains spectacles qu’a donnés Elvis Presley). Dans certains
contextes, dont celui du financement, de la gestion des droits ou encore de l’application de
conventions collectives, il peut s’avérer important de distinguer ce qui relève d’une œuvre
audiovisuelle et d’une œuvre musicale. Le contenu multimédia que permet le DVD pourra
sans doute rendre ces distinctions difficiles à opérer dans certaines situations. Dans le
commerce au détail, on ne fait pas cette distinction. On peut ainsi retrouver Buena vista social
club – le film, dans la section DVD-film ainsi que dans la section DVD-vidéo musical.
27
La nature des productions a été établie en tenant compte de l’objet principal ou central du DVD.
38
Tableau 10 Répartition des DVD vidéo musicaux selon la nature principale ou centrale
de la production, échantillon de 65 DVD parmi les meilleurs vendeurs des
sites de la FNAC.com ou d'Amazon.com, juin 2004
Nature ou objet principal du DVD
Spectacle
Compilation de spectacles (différents
extraits)
Compilation vidéoclips
Album équivalent
DVD boni à un CD
Autres
Total
DVD
nb
%
44
68
3
4
4
1
9
5
6
6
2
14
65
100
Source : FNAC.com, Amazon.com, dvdcritiques.com, totaldvd.com, coindudvd.com
3.3.3 Le nombre et la diversité des compléments
Qu’est-ce qu’un complément?
Depuis le lancement du DVD, les termes employés pour désigner « les documents
complémentaires qu’on joint à une production principale et qu’on publie simultanément sur
un ou plusieurs DVD », varient d’une langue à une autre et d’un pays à un autre. Sur les
jaquettes des DVD on peut retrouver toutes sortes d’appellations pour présenter ces
documents : « les bonis », les « extras », « les compléments », « les suppléments », « autour
de l’œuvre », « les ajouts », etc. Bien qu’on les emploie indistinctement, ces appellations
renvoient à toutes sortes de notions qui entourent la production et la mise sur le marché des
DVD. Ainsi, les notions de « boni » (« extras » en anglais), d’« ajout » ou encore de
« supplément » réfèrent davantage au principe marketing « plus pour le même prix » qu’à
l’esprit intégrateur d’un produit multimédia où les différents contenus sont interdépendants
les uns des autres et visent à « contextualiser » et à mettre l’œuvre en perspective28. Dans ce
cas, les termes « compléments » et « autour de l’œuvre » conviendraient davantage.
Retenons que, peu importe les mots, on peut retrouver différentes catégories de productions
DVD sur le marché. Dans certains cas, les compléments ne sont que des ajouts pour aider la
vente, dans d’autres, ils ont été choisis, voire conçus et produits pour apporter un nouvel
éclairage à l’œuvre diffusée. Le lecteur doit être conscient que ces différentes manières de
faire existent, mais comme elles relèvent davantage de l’analyse qualitative, nous n’en
ferons pas usage à des fins de description objective. En attendant que l’usage décide du
28
Source : Bö, D, Lévêque, C-M., Marsiglia, Al, Lellouche, R., de la société QualiQuanti (2003), pour Centre national de la
cinématographie, Service des études, des statistiques et de la prospective, Le contenu des DVD, France, octobre.
39
terme générique à utiliser, nous retiendrons, aux fins du présent rapport, le terme
« les compléments » pour désigner « les documents complémentaires qu’on joint à une
production principale et qu’on publie simultanément et de façon interactive sur un ou
plusieurs DVD ».
Sur le plan quantitatif, le nombre de compléments présents sur les DVD de notre
échantillon varie de façon sensible. On retiendra que certains DVD vidéo musicaux n’ont
aucun complément (ils constituent alors, presque telle quelle, la version numérisée du
produit autrefois sur format vidéo VHS), que la grande majorité en compte entre un et six
tandis qu’un petit nombre en présente sept et plus. Ces derniers sont, pour la plupart des
coffrets de plusieurs DVD.
Tableau 11 Répartition des DVD vidéo musicaux selon le nombre de compléments
(« bonis ») qu'on y retrouve, échantillon de 65 DVD parmi les meilleurs
vendeurs des sites de la FNAC.com ou d'Amazon.com, juin 2004
Bonis
nb
0
1à3
4à6
7à9
10 et plus
Sans objet
Total
DVD
nb
%
14
28
17
2
3
1
22
43
26
3
5
2
65
100
Source : FNAC.com, Amazon.com, dvdcritiques.com, totaldvd.com, coindudvd.com
Au delà du nombre, qui demeure un indicateur plus ou moins révélateur (un DVD peut
présenter plusieurs compléments et ne durer qu’une heure), la nature des compléments que
l’on retrouve est une autre variable à prendre en considération. On peut retrouver sur des
DVD vidéo musicaux toutes sortes de compléments : des revues de production ou de
tournage (making-of), des extraits de spectacles, des tournages multi-angles, des interviews,
des reportages, des documentaires à contenu plus ou moins didactique, des vidéoclips, des
photos, des affiches, des croquis, des diaporamas, des discographies et biographies, des liens
Internet, etc. De plus, le DVD peut être présenté ou sous-titré en plusieurs langues. En fait,
selon les ressources financières dont dispose le producteur et la popularité de l’artiste
concerné, le contenu du DVD peut être plus ou moins élaboré et plus ou moins diversifié.
Ces ressources déterminent également la qualité de l’interactivité, du graphisme et autres
composantes esthétiques entourant la production du DVD. Le Tableau 12 répertorie un
certain nombre de compléments présentés dans l’échantillon précité.
40
Tableau 12 Répartition des DVD vidéo musicaux selon les catégories de compléments
(« bonis ») qu'on y retrouve, échantillon de 65 DVD parmi les meilleurs
vendeurs des sites de la FNAC.com ou d' Amazon.com, juin 2004
DVD
nb
%
Livret élaboré
19
29
« Making-of », reportages, documentaires, scènes tournées en
coulisses, etc.
Vidéoclips
Interviews
Photos, affiches, croquis, diaporamas
Paroles des chansons en sous-titres ou karaoké
Discographie
Biographie
Langues autres que la langue originale de la production
40
21
21
15
3
3
2
1
62
32
32
23
5
5
3
2
Sous-titres autres que la langue originale de la production (1)
Liens sites Internet officiels ou de fans
12
38
18
58
Nombre de DVD dans l'échantillon
65
100
Boni
(1) Pour certains DVD, les sous-titres sont disponibles dans six langues différentes
Source : FNAC.com, Amazon.com, dvdcritiques.com, totaldvd.com, coindudvd.com
4. L’offre et la production de SACD et de DVD audio au
Québec
Il n’existe pas présentement de statistiques officielles sur l’offre et la vente de DVD audio
et de SACD au Québec. Une recherche sur le site Archambault.ca permet de dénombrer en
septembre 2004 moins d’une dizaine de DVD audio. Les SACD sont toutefois offerts en
plus grand nombre, soit quelque 300 titres et les nouveautés le sont désormais sous forme
de disques hybrides qui peuvent être lus par un lecteur CD ou SACD. Le SACD semble
donc avoir une longueur d’avance sur le DVD audio au Québec, même s’il occupe une
place marginale dans l’ensemble général de l’offre. Il faut préciser ici que les litiges
concernant les licences sur le brevet du disque DVD audio/CD appelé aussi DualDisc (voir
note 15) a désavantagé la mise sur le marché du « DVD audio » partout dans le monde
jusqu’à tout récemment. Ces litiges étant réglés, le marché du DualDisc pourrait évoluer au
cours des prochaines années.
Sur le plan de la production musicale québécoise et selon l’information dont nous
disposons, aucun enregistrement n’a été produit sous format DVD audio au Québec.
Toutefois, certaines entreprises, notamment en musique classique, ont déjà édité quelques
41
titres sur SACD et, l’une des plus importantes d’entre elles, ATMA musique, produira
désormais plusieurs titres dans le format hybride SACD/CD.
Les coûts d’un enregistrement sur SACD sont actuellement plus élevés qu’un
enregistrement sur CD en raison du prix des appareils et du temps supplémentaire
nécessaire à la mise au point des différentes versions sonores. De plus, le disque hybride
SACD/CD coûte actuellement 2,80 $ l’unité plutôt que 0,55 $ pour le CD, ce qui hausse
considérablement le budget de reproduction de l’enregistrement. Même s’ils peuvent
diminuer avec le temps, les coûts d’un enregistrement SACD peuvent pour l’instant aller
jusqu’à doubler le budget de production d’un album.
5. L’offre et la production de DVD vidéo musicaux au
Québec
Si le développement de segments de marché pour les formats SACD et DVD audio n’est
pas encore assuré à moyen terme, la place prise par le DVD vidéo musical jusqu’à
maintenant est beaucoup plus probante comme l’attestent les statistiques présentées dans
les chapitres précédents. Dans les prochaines sections nous tenterons d’établir le profil
actuel du DVD vidéo musical au Québec.
5.1 L’offre de DVD vidéo musicaux au Québec
5.1.1 L’évolution du nombre de copies mises sur marché
Il n’existe pas présentement de statistiques sur les ventes de DVD vidéo musicaux au
Québec29. Il n’est donc pas possible actuellement de mesurer avec précision ces ventes et
d’analyser l’état et l’évolution du marché. Toutefois, certaines données statistiques de la
Régie du cinéma permettent de dresser un profil de l’offre de DVD vidéo musicaux au
Québec. En effet, le DVD vidéo musical, comme production comportant des images en
mouvement, est assujettie à la Loi sur le cinéma et toute copie d’un DVD vidéo musical
doit obtenir un visa de la Régie lorsqu’elle est commercialisée30. Nous avons donc pu
procéder à la compilation de ces données pour en dégager certains indicateurs quant à la
nature de l’offre des DVD vidéo musicaux au Québec.
29
30
L’Observatoire de la culture et des communications du Québec devrait pouvoir produire dès 2005 des données statistiques
régulières sur la vente de musique au Québec. La vente de DVD vidéo musicaux devrait y être détaillée.
Bien que la plupart des entreprises qui ont mis des DVD vidéo musicaux sur le marché s’en sont tenues aux obligations de la
Loi, il semble que quelques-unes n’ont pas demandé leurs visas pour certains titres. S’il y a biais statistique, il a toutefois un
impact marginal. Ainsi, dans le cas de la production québécoise, le nombre total de titres québécois est équivalent, à deux
unités près, à la recherche que nous avons menée en parallèle à partir de différents catalogues de données disponibles en ligne.
42
Figure 4 Évolution du nombre de copies commercialisées de DVD et de VHS musicaux,
Québec, 1999-2003
400 000
350 000
300 000
250 000
Vidéo musical (VHS)
200 000
DVD vidéo
150 000
100 000
50 000
0
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
Source : Régie du cinéma
Compilation : SODEC
Le premier constat auquel les statistiques de la Régie nous ont conduit, c’est celui de la
croissance soutenue de l’offre de DVD vidéo musicaux au cours des dernières années et de
la décroissance parallèle de celle du VHS musical (Figure 4). En effet, le nombre de copies
de DVD vidéo musicaux mises sur le marché est passé de 5 817 à 348 086 entre 1999 et
2003, et celui des VHS musicaux a subi des baisses successives, passant de 110 491 à
11 838 copies durant la même période. Ce remplacement progressif de marché ressemble
d’ailleurs à l’évolution des ventes de ces deux formats sur le marché américain (Figure 1,
page 22) au cours de la même période. En 2003, le nombre de DVD vidéo musicaux mis
sur le marché au Québec surpasse même le nombre annuel le plus élevé d’unités VHS
commercialisées au cours des dix années précédentes, ce qui laisse supposer que le DVD
vidéo musical pourrait être plus populaire au Québec que ne l’a été le VHS musical par le
passé et qu’il y a par conséquent un marché potentiel à exploiter.
Il ressort également qu’au cours des dernières années, ce sont les DVD vidéo musicaux qui
présentaient des spectacles sur scène à titre de production principale (mais non exclusive)
qui ont dominé l’offre. En 2003, 82 % des DVD vidéo musicaux mis sur le marché au
Québec en étaient. Par ailleurs, les DVD vidéo musicaux mettant en valeur des vidéoclips à
titre de production audiovisuelle principale (mais non exclusive) constituaient 18 % de
l’offre. Ces DVD pouvaient consister, entre autres, en des compilations de vidéoclips ou en
des DVD faisant partie d’offres groupées (CD/DVD). Les deux catégories de DVD
(spectacles sur scène et vidéoclips) ont connu une croissance soutenue entre 1999 et 2003.
43
Tableau 13 Évolution du nombre de copies de DVD vidéo musicaux commercialisés au
Québec, selon le genre de productions audiovisuelles qui s'y retrouve
(spectacles sur scène ou vidéoclips), 1999-2003
Année
Spectacles sur scène
n
Vidéoclips
%
n
Total
%
1999
2000
2001
2002
2003
5 365
18 777
51 753
141 932
285 064
92
86
66
76
82
452
2 968
26 106
45 810
63 022
8
14
34
24
18
5 817
21 745
77 859
187 742
348 086
Total
502 891
78
138 358
22
641 249
Source : Régie du cinéma
Compilation : SODEC
5.1.2 La provenance des DVD vidéo musicaux
Enfin, l’examen de la provenance des DVD vidéo musicaux apporte un éclairage sur l’état
de la diversité de l’offre au Québec d’une part et sur la place de la production québécoise
d’autre part. Notre observation a porté sur le nombre de copies ainsi que sur le nombre de
titres différents qui ont été mis sur le marché, selon leur provenance. Ainsi, il ressort
qu’entre 1999 et 2003, 65 % des copies de DVD vidéo musicaux provenaient des ÉtatsUnis, 25 % de l’Europe de l’Ouest (dont 7 % de la France) et 5 % du Canada (excluant le
Québec). La production québécoise n’occupait en nombre de copies que 4 % de l’offre sur
l’ensemble de la période.
Tableau 14 Évolution du nombre de copies de DVD vidéo musicaux commercialisées
au Québec, selon la provenance, 1999-200331
Origine
1999
2000
2001
2002
2003
Amérique du Nord - Etats-Unis
4 005
11 691
61 829
112 992
223 735
414 252
65
Amérique du Nord - Canada
405
184
2 742
4 925
25 282
33 538
5
Amérique du Nord - Québec
0
0
84
8 255
16 280
24 619
4
1 399
9 801
12 635
57 815
80 784
162 434
25
8
69
569
3 755
2 005
6 406
1
5 817
21 745
77 859
187 742
348 086
641 249
100
Europe de l'Ouest
Autres
TOTAL
Source : Régie du Cinéma
Compilation : SODEC
31
Lire note no 30.
Total
%
44
Lorsqu’on examine cette répartition selon le nombre de titres, la place de la production
québécoise s’avère encore plus marginale et ne représente que 1% de l’offre (Tableau 15).
Tableau 15 Évolution du nombre de titres différents de DVD vidéo musicaux qui ont été
commercialisées au Québec, 1999 à 200332
Origine
Amérique du Nord - États-Unis
Amérique du Nord - Canada
Amérique du Nord - Québec
Europe de l'Ouest
Autres
Total
1999
2000
2001
2002
2003
Total
%
82
4
1
15
1
132
4
1
52
14
204
3
1
69
14
373
20
13
131
28
447
15
11
212
59
1 238
46
27
479
116
65
3
1
25
6
103
203
291
565
744
1 906
100
Source : Régie du Cinéma
Compilation : SODEC
5.1.3 La langue des DVD musicaux
Enfin, au plan de la langue, les DVD mis sur le marché au Québec depuis 1999 sont des
productions anglophones dans 87 % des cas et francophones dans seulement 11 % des cas
(Tableau 16). Sur un certain nombre de DVD anglophones, on peut néanmoins retrouver
des éléments doublés ou sous-titrés en français, mais ce phénomène est marginal (0,5 % des
productions anglophones). On comprendra que le DVD vidéo musical, notamment quand il
s’agit d’une prestation de chansons, se prête peu au doublage ou encore au sous-titrage
comparativement à une production cinématographique ou télévisuelle.
Tableau 16 Évolution du nombre de copies de DVD vidéo musicaux commercialisées
au Québec, selon la langue originale de la production, 1999-2003
Langue de la production
1999
2000
2001
2002
2003
Total
%
Langue anglaise
4 953
14 746
72 158
160 986
306 020
558 863
87
20
6 221
4 076
23 254
36 885
70 456
11
Langue française
Autres langues et productions
sans paroles
Total
Source : Régie du Cinéma
Compilation : SODEC
32
Idem
844
778
1 625
3 502
5 181
11 930
2
5 817
21 745
77 859
187 742
348 086
641 249
100
45
5.2 La production de DVD vidéo musicaux au Québec
Afin de dresser le profil de la production musicale québécoise sur DVD vidéo, nous avons
établi, à partir de divers catalogues de musique en ligne33 et du site de plusieurs entreprises
du domaine du disque et du spectacle de variétés, la liste des titres produits (voir annexe 5)
entre 1999 et 2004. Quelques titres, non commercialisés sur les réseaux habituels, ont peutêtre échappé à notre compilation, mais le nombre ne pouvant pas être très élevé, ils ne
modifieraient pas le portrait général qu’on peut en dégager actuellement. Puis, nous avons
examiné l’ensemble de cette production selon divers paramètres (année de production,
contenus, format sonore, etc.), ce qui nous a permis de faire les observations qui suivent.
5.2.1 Le nombre de DVD vidéo musicaux produits au Québec
Le nombre de DVD vidéo musicaux produits au Québec s’est élevé à environ 34 unités
entre 1999 et 2004 pour atteindre une moyenne de 11 DVD au cours des trois dernières
années. Le tiers de cette production s’est présentée sous forme d’offres groupées CD/DVD
et les deux tiers ont été commercialisés à titre de support unique (Tableau 17).
Tableau 17 Répartition des DVD vidéo musicaux produits au Québec, selon le statut du
DVD, 1999-2004
Année
Nb
Statut du DVD
Complément à un CD
(offre groupée)
1
Support unique
1
1999
2000
2001
2002
2003
2004
1
10
13
9
2
6
2
1
8
7
7
Total
34
10
24
Source : SODEC
Toutefois, si on exclut la production à compte d’auteur, la production de DVD mettant en
vedette des artistes étrangers ainsi que les DVD vidéo musicaux produits par des
entreprises de distribution de productions audiovisuelles, on constate que les entreprises
québécoises du domaine du disque et du spectacle n’ont réussi à mettre sur le marché que
16 DVD mettant en vedette des artistes québécois durant la période, soit 47 % du volume
total de production et une moyenne de cinq DVD (dont deux offres groupées DVD/CD), au
33
Archambault.ca, Renaud-Bray.com, dvdenfrançais.com, amazon.com
46
cours des trois dernières années. La production de DVD « supports uniques » s’établit donc
à trois titres par année pour les entreprises du domaine.
Tableau 18 Répartition des DVD vidéo musicaux produits au Québec selon la nature de
l’activité principale de l’entreprise productrice et selon la nationalité des
artistes, 1999-2004
Nature de l'activité principale de l'entreprise
Artistes québécois
Artistes étrangers
Production de disques ou de spectacles
16
8
Distribution de productions audiovisuelles (cinéma, télévision,
musique)
Production à compte d'auteur
2
8
Total
26
8
Source : SODEC
5.2.2 La nature et les caractéristiques des DVD vidéo musicaux produits
au Québec
Sur l’ensemble des DVD produits au Québec, 29 % font partie d’offres groupées
(CD/DVD). Une part de 71 % des DVD est donc constituée de DVD mis sur le marché
comme support unique (Tableau 17). Sauf exception, on remarque que les enregistrements
offerts sur les CD des offres groupées sont des rééditions, des compilations ou des
enregistrements live.
Quant au contenu, les différents DVD qui accompagnent les CD sont diversifiés: on y
retrouve soit des éléments documentaires, des extraits de spectacles, des vidéoclips, etc.
(Tableau 19). Leur durée est évidemment plus courte que celle des DVD mis sur le marché
comme support unique.
Tableau 19 Répartition des DVD vidéo musicaux produits par des entreprises
québécoises (excluant la production à compte d'auteur) du domaine du
disque et du spectacle de musique, selon le contenu principal du DVD,
1999-2004
Statut du DVD
Complément à un CD
(offre groupée)
Support unique *
Total
Source : SODEC
Spectacle
Compilation
spectacles
Extraits de
spectacles
Compilation de
Documentaire
vidéoclips
Éléments
multiples
2
17
1
1
1
1
1
4
5
1
19
4
2
2
1
6
47
D’un autre côté, les DVD « supports uniques » (Tableau 19) sont constitués le plus
souvent de captations de spectacles à l’exception d’un DVD qui consiste en une
compilation de 14 vidéoclips et d’un autre, de nature hybride, qui présente à la fois une
captation de spectacle et un documentaire (émission de télévision) agrémentés de
diverses autres productions complémentaires.
Enfin, nos compilations nous ont permis de constater que les DVD vidéo musicaux
québécois « supports uniques » sont basés dans 63 % des cas sur des productions dont la
création originale remonte à moins de cinq ans, ce qui la distingue de la production
mondiale qui semble viser principalement l’exploitation des œuvres en catalogue depuis un
plus grand nombre d’années. La récente édition d’un coffret DVD des spectacles de
Diane Dufresne et celle annoncée de spectacles de Robert Charlebois suggèrent peut-être
l’incursion de la production québécoise dans ce segment du marché.
Tableau 20 Répartition des DVD vidéo musicaux « supports uniques » produits au
Québec selon diverses caractéristiques du contenu et de format, 1999-2004
Nombre de compléments
Exploitation du catalogue
DVD
(bonis)
support
unique Productions de moins Productions
3 et moins
4 et plus
de plus de
(nombre)
de cinq ans
six ans
24
15
9
15
9
Format sonore
Son stéréophonique
seulement
Son stéréophonique et
ambiophonique *
13
11
Source : SODEC
* mixage ambiophonique ou « gonflage » de la version stéréophonique
Par ailleurs, on constate que la production québécoise n’exploite pas encore toutes les
caractéristiques et possibilités qu’offre le DVD à titre de format. Ainsi, les 2/3 des DVD
« support unique » présentent moins de trois compléments (bonis), hormis son contenu
principal et moins de 50 % de ces DVD offrent des versions sonores ambiophoniques.
En outre, plusieurs de ces versions ambiophoniques seraient plutôt le résultat d’un gonflage
de la version stéréophonique que celui d’un réel mixage en version ambiophonique.
Rappelons que le gonflage (unwrap) est moins coûteux qu’un réel mixage ambiophonique
et qu’on a également recours à ce procédé lorsque les bandes originales de l’enregistrement
ne sont plus disponibles et qu’on ne dispose que de la version stéréophonique de l’œuvre.
5.3 Principaux constats relatifs à l’offre et à la production de DVD vidéo
musicaux au Québec
Comme c’est le cas sur la scène internationale, l’offre de DVD vidéo musicaux est en
croissance importante au Québec depuis 1999. En 2003, le nombre de DVD vidéo musicaux
mis sur le marché au Québec surpasse même le nombre annuel le plus élevé d’unités VHS
musicales commercialisées au cours des dix dernières années. Par ailleurs, cette offre de
48
DVD vidéo musicaux s’avère peu diversifiée. En nombre d’unités commercialisées, elle
provient des États-Unis dans 65 % des cas et la production francophone s’établit à 11 % des
unités mises sur le marché. La production québécoise ne constitue en 2003 que 4 % de l’offre
en nombre de copies commercialisées et 1 % en nombre de titres.
La production de DVD vidéo musicaux n’a pas encore pris son envol au Québec. De 2001 à
2003, le nombre de DVD produits a atteint une moyenne de 11 unités par année. En outre,
cette moyenne baisse à cinq unités pour ce qui est de la filière du disque et du spectacle de
variétés, laquelle est pourtant au cœur de la production musicale au Québec. De plus, on
note que prise dans son ensemble, cette production n’arrive pas encore à bien exploiter
toutes les caractéristiques particulières (compléments et son ambiophonique) qu’offre le
DVD à titre de nouveau format, ce qui peut la désavantager sur le marché par rapport à la
production internationale.
6. Les coûts de production des DVD vidéo musicaux au
Québec
Lorsque nous avons tenté d’établir les coûts de production des DVD vidéo musicaux qui
avaient été produits jusqu’à maintenant au Québec, nous avons rencontré quelques
problèmes. D’une part, le nombre total de DVD vidéo musicaux produits étant peu élevé et
leurs contenus fort variables (en durée, en nature et types de production qu’on y retrouve),
il était difficile d’établir des statistiques valables (coût moyen, strates de coûts, etc.) qui
illustrent avec justesse la réalité de ces coûts selon les différentes variables en présence.
D’autre part, lors de notre enquête directe auprès des entreprises, nous n’avons obtenu les
coûts de production que de 11 DVD sur 34, ce qui était insuffisant pour en faire un
échantillon valable. Toutefois, compte tenu du petit nombre total d’unités produites et de
leur très grande diversité, il aurait été difficile d’établir des statistiques qui auraient été
représentatives des coûts de cette catégorie de production.
Devant cette situation, nous avons convenu de cerner ces coûts de production de façon
indirecte. Comme le contenu des DVD vidéo musicaux repose en grande partie sur de la
production audiovisuelle, principalement des captations de spectacles et des vidéoclips,
nous avons décidé, dans un premier temps, de comptabiliser leur nombre et leurs coûts.
49
Dans un deuxième temps, nous avons évalué ce que peuvent représenter les coûts de mise
en œuvre (authoring) d’un DVD vidéo musical. Ces différents exercices que nous
présentons dans les prochaines sections nous ont permis d’établir des ordres de grandeur
quant aux coûts d’un DVD vidéo musical et de présenter le nombre et l’état des productions
qui pourraient être exploitées dans ce nouveau format.
6.1 La production de captations de spectacles de musique au Québec :
nombre de titres et coûts de production
Le spectacle de musique est actuellement le segment le plus important de la production et
de la vente de DVD vidéo musicaux (point 2.3.4 du rapport). Au Québec, la captation
audiovisuelle de spectacles étant d’abord destinée à la télévision, il nous a semblé
important de présenter le portrait de cette production, dans la mesure où elle peut
théoriquement être exploitée ultérieurement sous format DVD. Sur la scène internationale,
les captations audiovisuelles de spectacles peuvent être destinées à la télévision, mais cette
situation n’est pas exclusive. Des spectacles, voire des tournées de spectacles de certains
artistes, sont régulièrement filmés pour être directement mis en valeur sous format VHS ou
sous format DVD, avec des moyens plus ou moins sophistiqués selon la nature du spectacle
et la capacité du marché à rentabiliser la production. Au Québec, ce n’est
qu’exceptionnellement, voire très rarement, que les entreprises peuvent produire une
captation audiovisuelle d’un spectacle s’il n’y a pas d’abord une ou des diffusions prévues
à la télévision. En effet, l’achat par la télévision de la captation d’un spectacle déclenche le
financement de la production auprès de divers fonds et permet notamment le recours aux
mesures fiscales qui visent la production télévisuelle. On comprendra que sans la
participation de la télévision, le producteur ne peut généralement pas réunir les ressources
financières nécessaires à une captation.
Les statistiques qui permettent d’établir le portrait de la captation télévisuelle de spectacles
au Québec proviennent de la SODEC, plus particulièrement des données de gestion de la
mesure fiscale de crédit d’impôt au cinéma et à la production télévisuelle. Ce sont des
statistiques de gestion, elles ne correspondent donc pas nécessairement à l’année de
production de la captation ou encore à celle de sa diffusion à la télévision. Elles renseignent
néanmoins avec exactitude sur le volume global de production et sur les coûts de
production afférents.
6.1.1 Le nombre de captations de spectacles d’un seul artiste, ensemble ou
groupe de musique produites au Québec entre 1999-2000 et 2003-2004
Selon l’ensemble de ces statistiques, il ressort deux grandes catégories de captations de
spectacles : 1) les captations de spectacles qui mettent en scène un seul artiste ou un seul
ensemble ou groupe d’artistes et, 2) les spectacles qui mettent en scène plusieurs artistes ou
50
groupes (dans le cadre de festivals ou encore lors d’événements spéciaux tels les fêtes
nationales). Les captations peuvent être réalisées à titre d’émission unique ou encore à titre
d’épisode dans le cadre d’une série d’émissions (exemple : série de spectacles d’un festival
ou série de spectacles enregistrés dans une même salle de spectacles).
Dans le présent rapport, nous avons porté notre analyse sur la première catégorie de
spectacles (un seul artiste ou un seul ensemble ou groupe de musique) d’une part, et en
tenant compte de la nationalité ou du lieu de résidence des artistes, d’autre part. Il nous
semblait important de cibler les productions qui étaient les plus susceptibles de valoriser le
catalogue des entreprises québécoises du disque et du spectacle de musique et qui
pourraient faire l’objet d’une édition dans le format DVD34.
Tableau 21 Répartition des captations de spectacles d'un seul artiste, ensemble ou
groupe de musique, émission unique ou épisode d'une série, 1999-2000 à
2003-2004
Année
Spectacle (s)
Total
Émission unique
Épisode d'une série
n
%
n
%
1999-2000
2000-2001
2001-2002
2002-2003
2003-2004
5
14
13
19
8
50,0
48,3
41,9
40,4
22,9
5
15
18
28
27
50,0
51,7
58,1
59,6
77,1
10
29
31
47
35
Total
59
38,8
93
61,2
152
Source : SODEC
Entre 1999-2000 et 2003-2004, le nombre de captations de spectacle de musique mettant en
vedette un seul artiste, ensemble ou groupe de musique est passé de 10 à 35 pour une
moyenne annuelle qui s’est établie à 30. Ces captations ont été réalisées à titre d’émission
unique dans 39 % des cas et dans une proportion de 61 % à titre d’épisode d’une série.
Ce sont les captations de cette dernière catégorie qui ont le plus augmenté au cours de la
période, passant de 5 à 27 épisodes. Les captations destinées à des émissions uniques ont
augmenté jusqu’en 2002-2003 pour subir une baisse importante en 2003-2004 avec
seulement 8 épisodes. Cette baisse nous semble importante, mais elle peut cependant être
ponctuelle ou encore attribuable à la nature des statistiques qui ne sont pas nécessairement
en phase avec l’année de production. Ce n’est seulement si la diminution se confirmait sur
plusieurs années qu’on pourrait conclure à une tendance à la baisse.
34
Il arrive que des entreprises québécoises puissent obtenir les droits de captation pour la télévision d’un spectacle d’artistes
provenant de l’extérieur du Québec, ainsi que les droits liés à l’édition de cette captation sous d’autres formats, mais ce
sont généralement dans des cadres particuliers, telle la tenue d’un festival.
51
Par ailleurs, les captations de spectacles mettant en vedette des artistes du Québec
constituent 54 % de l’ensemble de ces captations, soit une moyenne de 17 captations par
année (Tableau 22).
Tableau 22 Répartition des captations de spectacles d'un artiste, ensemble ou groupe de
musique du Québec35, émission unique ou épisode d'une série, 1999-2000 à
2003-2004
Année
Spectacle (s)
Émission unique
Total
%
Épisode d'une série
n
%
1999-2000
5
100,0
0,0
5
2000-2001
2001-2002
11
10
73,3
47,6
4
11
26,7
52,4
15
21
2002-2003
2003-2004
17
5
65,4
31,3
9
11
34,6
68,8
26
16
Total
48
57,8
35
42,2
83
n
Source : SODEC
6.1.2
Les coûts de production des captations de spectacles d’un seul artiste,
ensemble ou groupe de musique produites au Québec, 1999-2000 à
2003-2004
Les coûts de production d’une captation varient en fonction de plusieurs paramètres, entre
autres, la durée de l’émission (60, 90, 120 minutes) et son format (émission unique ou
épisode d’une série). Afin que ces différences n’interfèrent pas dans la comparaison et la
répartition des coûts, nous avons établi des statistiques en ramenant tous les coûts de
production à 90 minutes, ce qui correspond davantage à la durée standard d’un spectacle
sur scène qui pourrait connaître une exploitation en DVD (Tableau 23). Ces statistiques
permettent d’obtenir divers ordres de grandeur quant aux coûts de la production d’une
captation de spectacle musical, et documentent par conséquent une partie des coûts de la
diffusion d’un spectacle sous format DVD. Ces statistiques ne tiennent toutefois pas
compte des différences de coûts qu’il y a entre les droits de diffusion pour la télévision et
ceux rattachés à la diffusion pour le format DVD.
35
Dans 80 % des cas, nous disposions de l’information relative à la nationalité ou à la résidence des artistes mis en vedette
dans les captations de spectacles (152). Ce pourcentage assure la validité de l’échantillon présenté dans ce tableau.
52
Tableau 23 Répartition des coûts de captation de spectacles d'un artiste, ou d’un
ensemble ou d’un groupe de musique, émission unique ou épisode d'une
série, 1999-2000 à 2003-2004
Coûts de production de 90 minutes
d'émission
Émission unique
Épisode d'une série
Total
$
n
n
n
%
10 000 à 99 999
100 000 à 199 999
200 000 à 299 999
300 000 à 399 999
400 000 à 499 999
500 000 à 999 999
1M et plus
25
8
7
12
3
1
3
60
28
85
36
7
12
8
1
3
55,9
23,7
4,6
7,9
5,3
0,7
2,0
Total
59
93
152
100,0
5
Source : SODEC
Une première compilation montre que 80 % des captations présentent des coûts qui varient
entre 10 000 $ et 200 000 $ tandis que 17 % s’échelonnent entre 200 000 $ et 500 000 $ et
qu’une proportion marginale d’à peine 3 % dépasse les 500 000 $. Il appert également que la
production d’un épisode d’une série est généralement moins coûteuse qu’une émission
unique, ce qui peut s’expliquer par les économies d’échelle que permet le format. En effet,
94 % des épisodes d’une série coûtent moins de 200 000 $ tandis que ce taux est de 55 %
pour les émissions uniques. Le calcul de la médiane36 permet également d’apprécier cette
différence de coûts. Elle s’établit à 245 250 $ pour les coûts des émissions uniques, tandis
qu’elle se situe à 91 530 $ pour les coûts des épisodes des séries. Cette discrimination
statistique est importante : les coûts de captation d’un spectacle pour une exploitation DVD,
de par sa nature, risquent de se rapprocher davantage des coûts des émissions uniques.
6.2 La production de vidéoclips au Québec : nombre de titres et coûts
de production
Selon l’Office de la langue française, le vidéoclip se définit comme suit : Film vidéo, bref,
percutant, qui utilise nombre d'effets spéciaux, réalisé pour illustrer une chanson.
Par extension, on peut dire que le vidéoclip constitue une interprétation audiovisuelle d’une
chanson conçue à des fins de promotion de l’album d’un artiste, mais aussi de l’artiste luimême et de son univers. À titre d’interprétation audiovisuelle d’une œuvre, le vidéoclip
peut résulter en une très simple captation audiovisuelle, comme il peut être scénarisé et
36
La médiane est un indicateur de tendance centrale : il est celui qui indique le mieux le centre des données. La médiane est
la valeur qui se trouve exactement au centre de toutes les données lorsque celles-ci sont placées en ordre croissant. Il y a
nécessairement 50 % des unités qui se trouvent au dessous de la médiane et 50 % des unités qui se trouvent au-dessus, ce
qui n’est pas toujours le cas pour la moyenne.
53
tourné avec les moyens et les esthétiques les plus sophistiqués du cinéma, selon le style
qu’on veut lui donner et bien sûr, les ressources dont on dispose pour le produire.
Historiquement, son principal lieu de diffusion a été la télévision, notamment la télévision
spécialisée, mais depuis un bon nombre d’années déjà, les vidéoclips sont également
commercialisés sous format VHS, puis plus récemment sous format DVD. En effet, on
retrouve désormais sur le marché, des vidéoclips en accompagnement à des productions
filmées de spectacles, mais également des compilations de vidéoclips par artiste37, par
réalisateur38, par période, par courant musical, etc. Il va sans dire que l’on peut désormais
visionner gratuitement certains vidéoclips sur Internet, que ce soit sur les sites d’artistes ou
encore ceux de certaines maisons de disques. Enfin, le DVD, par ses qualités sonores (il est
possible de mixer à nouveau les bandes sonores en version ambiophonique) et visuelles, qui
surpassent à la fois le VHS et l’Internet, est venu stimuler ces dernières années la mise en
valeur des catalogues des artistes et des entreprises, notamment par celle des vidéoclips.
En 2003, selon les données statistiques de la Régie du cinéma, 18 % de l’offre de DVD
vidéo musicaux était constituée de vidéoclips comme production principale (point 5.1,
Tableau 13).
6.2.1 Le nombre de vidéoclips produits au Québec
Entre 1998 et 2002, la production annuelle de vidéoclips au Québec est passée de 100 à 132
titres, soit une progression de 32 % sur cinq ans. Pour cette période, la moyenne de titres
produits se chiffre à 119 titres39.
37
Exemple: PLAY, la compilation de vidéoclips de Peter Gabriel. Cette compilation est disponible depuis le 16 novembre 2004, en
Amérique du Nord. On retrouve 23 vidéoclips sur cette compilation dont ceux de SLEDGEHAMMER et SHOCK THE
MONKEY mixés à nouveau, en 5.1 son ambiophonique, par Peter Gabriel et Daniel Lanois. Chaque vidéo offre une courte
introduction qui peut inclure un making-of du vidéo et un commentaire de l’artiste. Les fans de Gabriel peuvent également se faire
des listes d’écoute personnalisée de ces différents vidéoclips. Le DVD offre également des compléments intéressants comme les
vidéos de MODERN LOVE et de THE NEST THAT SAILED THE SKY, une version concert de GAMES WITHOUT
FRONTIERS enregistrée en 2004 et les vidéos promotionnels de SECRET WORLD LIVE et GROWING UP LIVE.
(information tirée de :http://quebec.showbizz.net/musique.php?article=20040930163722)
38
Exemple: The Work of Director Michel Gondry, DVD. «This DVD invites the lucky viewer into a wonderland of childlike
imagination…These 27 music videos and assorted "stories and things" formed a legacy of supreme cleverness, suggesting a
creative lineage from the pioneering film magic of Georges Méliès to the groundbreaking experimental films of Norman
McLaren. It's perfectly fitting that the accompanying 75-minute documentary is titled "I've Been 12 Forever," because
Gondry (b. 1964) never lost the sense of wonder and inventiveness that children display when their minds are allowed to
flourish in a creative environment. No wonder he's best known for his dazzling collaborations with Icelandic pop star Björk,
resulting in music videos (seven included here) that redefined the magical potential of the medium. Each, in its own way, is a
masterpiece of the fantastic». (Jeff Shannon in Amazon.ca)
39
Cette information est fondée sur les vidéoclips reçus par Musimax et Musique Plus au cours de ces années. La production
canadienne francophone de vidéoclips étant réalisée presque en totalité au Québec, ces statistiques constituent un
indicateur valable.
54
Par ailleurs, comme la production québécoise de disques s’élève à une moyenne annuelle
de 249 entre 1998 et 200140, le ratio de vidéoclip(s) par disque s’établit à environ 0,47.
Basé sur les catégories de disques où est associé plus généralement le vidéoclip (musique
populaire, country, folk/traditionnel, musique du monde), soit 150 disques en moyenne
pour la même période, ce ratio se situe toutefois à 0,79, donc toujours moins d’un vidéoclip
par disque. Malgré la progression du nombre de vidéoclips produits annuellement, ce ratio
apparaît peu élevé compte tenu de l’importance grandissante de ces productions (la
production d’un album peut bénéficier facilement de la production parallèle de deux ou
même de trois vidéoclips). Cela étant dit, la production actuelle n’en constitue pas moins
des éléments de contenu qui pourraient être mis en valeur sous format DVD vidéo.
Tableau 24 Évolution du nombre de vidéoclips canadiens francophones reçus par
Musimax et Musique Plus, 1998-2002
Nombre de vidéoclips
canadiens francophones
1998
1999
2000
2001
2002
Moyenne /
année
100
115
127
123
132
119
Source : Réplique de Musique Plus inc. déposée au CRTC le 12 mai 2003 en réponse aux interventions relatives à la
demande de renouvellement de licence du service Musimax dans le cadre de l’audience publique CRTC 2003-3 article 2.
6.2.2 Les coûts de production des vidéoclips au Québec
Selon les données disponibles, on peut estimer41 que 85 % des vidéoclips présentent des
coûts de production qui s’échelonnent entre 10 000 $ et 30 000 $, et que 14,7 % dépassent
cet intervalle de coûts, sans toutefois atteindre plus de 50 000 $ (Tableau 25). Enfin, la
moyenne des coûts pour l’ensemble des vidéoclips s’établit à 22 000 $.
40
41
Source : ADISQ, compilation : SODEC.
L’échantillon sur lequel est basée cette évaluation est composé de 115 vidéoclips qui ont été produits avec l’aide
financière de MusicAction au cours de quatre exercices financiers, de 1998-1999 à 2001-2002. Il représente environ 25 %
de la production de vidéoclips au cours de ces années, ce qui en fait un échantillon valable statistiquement. Toutefois,
comme les titres ont été sélectionnés par MusicAction dans une perspective de financement, il ne s’agit pas d’un
échantillon aléatoire, ce qui peut introduire certains biais dans l’évaluation globale de la situation. Avec la prudence qui
s’impose, on peut quand même évaluer que ces chiffres décrivent assez bien les conditions financières de production des
vidéoclips au Québec.
55
Tableau 25 Coûts de production des vidéoclips produits au Québec, 1998-1999 à
2001-2002
Coûts totaux
$
0 - 9 999
10 000 - 19 999
20 000 - 29 999
30 000 - 39 999
40 000 - 49 999
Vidéoclips
Nb
1
44
53
15
2
%
0,9
38,3
46,1
13,0
1,7
Source : MusicAction
Compilation : SODEC
À titre comparatif, précisons que les publicités produites au Québec pour la télévision
peuvent coûter entre 50 000 $ et 160 000 $ pour une seule journée de tournage42. Par ailleurs,
aux États-Unis et en Angleterre, le budget moyen des vidéoclips oscille entre 75 000 $CAN
et 125 000 $CAN tandis qu’il s’établit en France à 60 000 $43. Tout en gardant une
perspective critique quant à ces comparaisons, il ressort néanmoins que les ressources
disponibles au Québec pour la production des vidéoclips sont limitées, ce qui restreint la
pleine utilisation de ce médium au plan artistique et comme vecteur de mise en valeur du
catalogue des œuvres et des prestations des artistes. Dans un tel contexte, et malgré la
créativité dont font preuve les artistes et artisans, la production québécoise peut plus
difficilement s’affirmer face à la compétition internationale.
6.3 Les coûts de mise en œuvre (authoring) d’un DVD vidéo musical
La mise en œuvre (authoring en anglais) d’un DVD vidéo musical est l’étape qui comprend
l’encodage, l’assemblage et la mise en interactivité de l’image, du son et de toutes les
autres composantes « numérisables » devant faire partie du DVD jusqu’au gravage d’une
copie maîtresse ou son enregistrement sur bande avant pressage. C’est également à ce stade
qu’est produite la version ambiophonique du son, déjà disponible, la plupart du temps, en
version stéréophonique.
Les coûts de mise en œuvre d’un DVD varient donc en fonction de l’état et du nombre
d’éléments de production qui s’y retrouveront, du graphisme, de l’architecture qui sera
donnée à l’interactivité et, le cas échéant, des coûts de mixage ou de « gonflage du son » en
version ambiophonique. En cinéma, par exemple, les coûts de la mise en œuvre d’un DVDvidéo au Québec varient entre 2 000 $ et 15 000 $44, ce qui exclut les coûts d’une version
ambiophonique, cette dernière existant déjà pour sa diffusion en salles de cinéma. Or, la
42
43
44
Source : Les productions Quatre par quatre inc.
Label France, Revue du ministère des Affaires étrangères, numéro 37, 1999. Informations confirmées, actualisées et
complétées par Michèle Grondin, productrice, Radar Films, Montréal, novembre 2004.
Référence : Christal Films, août 2004.
56
production d’une version ambiophonique d’une œuvre musicale d’une durée de 60 minutes
peut facilement coûter 6 000 $ et plus (mixage et mastering). Se basant sur les coûts d’un
DVD film, on peut donc en déduire que les coûts de mise en œuvre d’un DVD vidéo
musical, incluant la production d’une version sonore ambiophonique, pourraient facilement
s’échelonner entre 8 000 $ et 21 000 $.
6.4 Les coûts de production d’un DVD vidéo musical : des coûts
comparables à ceux d’un album audio.
Les coûts de production d’un DVD vidéo musical peuvent être très variables, dépendant de
la nature (œuvres originales ou œuvres en catalogue) et du nombre de productions
audiovisuelles ou musicales qu’on peut y retrouver, de la complexité de l’architecture
interactive et des formats sonores qui y seront offerts. Ainsi, un DVD vidéo musical qui ne
comporterait qu’une version audiovisuelle d’un spectacle dont la captation aurait été
financée au préalable lors de diffusion à la télévision, ne coûterait que quelques milliers de
dollars tandis que les coûts d’un DVD vidéo musical comprenant des productions
audiovisuelles originales, des bandes-son originales, un bon nombre de compléments et
offrant des formats sonores à la fois ambiophonique et stéréophonique pourraient atteindre
les 400 000 $. Comme nous l’avons vu précédemment, la seule captation de spectacle peut
atteindre ce montant (voir coûts de production des captations de type émission unique,
point 6.2.1).
En dehors de ces deux ordres de coûts, dont l’intervalle est pour le moins grand, nous avons
tenté de chiffrer avec plus de précision les coûts de production de DVD vidéo musicaux qui
seraient comparables à un grand nombre de DVD vidéo musicaux que l’on retrouve sur le
marché à l’heure actuelle. Pour ce faire, nous avons retenu deux cas types et semblables
(quant au contenu) parmi les rapports de coûts que les entreprises nous ont acheminés lors de
notre enquête (Tableau 26). Dans un premier cas, il s’agit d’un DVD vidéo musical basé sur
un spectacle déjà financé lors d’une diffusion à la télévision. Dans le deuxième cas, le
producteur a entièrement assumé le financement du contenu du DVD, y compris la captation
audiovisuelle du spectacle. Les deux DVD ont, à peu de choses près, les mêmes catégories de
compléments (bonis). Pour l’un des DVD, nous avons rajouté les coûts d’une version
ambiophonique pour nous assurer que les deux budgets étaient comparables. Ainsi, le DVD
d’un spectacle déjà diffusé à la télévision a engendré des coûts de 72 100 $ tandis que celui
qui présente une captation audiovisuelle originale a coûté 159 239 $. La différence de coûts
entre ces deux DVD se situe essentiellement dans les coûts inhérents à cette captation.
57
Tableau 26 Coûts de production de DVD vidéo musicaux (exemples types),
Québec, 2004
Postes budgétaires
Cas type 1
(captation du spectacle financé
lors d'une diffusion à la
télévision)
$
Cas type 2
(captation du spectacle
entièrement financé par
le producteur dans le
cadre de la production
du DVD)
$
PRÉPRODUCTION
Acquisition des droits
Licence
Texte :
Musique :
Images (photos, vidéoclips, films ou vidéos, etc)
Achat
Texte :
2 300
Musique :
Images (photos, vidéoclips, films ou vidéos, etc)
5 000
Auditions, recherche et développement
Conception (textes)
Musique (composition, arrangement, orchestration, etc.)
SOUS-TOTAL PRÉPRODUCTION
PRODUCTION
7 300
Administration (bureau, équipement bureau, founitures)
Administration (producteur, administrateur, comptable, secrétaire,
etc.)
Répétitions
3 000
10 484
10 000
13 174
5 000
4 600
Équipements techniques
Transport
500
Studio
5 900
10 124
Pochette
4 500
900
Distribution (interprètes, musiciens, choristes, etc.)
5 400
10 000
10 000
1 014
Équipe technique (enregistrement sonore)
Équipe de production (enregistrement sonore)*
Production audiovisuelle ou d'images originales **(coûx totaux
excluant les droits)
Mise en oeuvre (authoring) du DVD***
10 000
95 208
10 500
9 075
SOUS-TOTAL PRODUCTION
64 800
159 239
TOTAL DES COÛTS DE PRODUCTION
72 100
159 239
*
4 660
Chargé de projet, rédacteur, graphiste, photographe, etc.
** Création originale destinée spécifiquement à l'édition du DVD
*** Étape comprenant l'encodage, l'assemblage et la mise en interactivité de l'image, du son et de toutes les autres composantes
numérisables devant faire partie du DVD jusqu'au gravage d'une copie maîtresse ou son enregistrement sur bande avant pressage.
58
En fait, l’analyse des coûts des captations audiovisuelles de spectacles, de ceux inhérents à
la production de compléments et à la mise en œuvre d’un DVD vidéo musical, incluant la
production de la version ambiophonique, nous amène à penser que les coûts de la production
d’un DVD vidéo musical peuvent facilement atteindre ceux de la production audio d’un
album. Dans une étude publiée en 1998, Marc Ménard estimait qu’au Québec, les coûts des
albums audio à petit budget pouvaient atteindre 40 000 $, à moyen budget, entre 40 000 et
80 000 $, et à gros budget 80 000 $ et plus. Compte tenu que les coûts de la production
audiovisuelle sont généralement plus élevés que la production audio et que c’est cette
production qui distingue le DVD vidéo musical de l’album audio, on peut penser que les
coûts du DVD vidéo musical risquent de se rapprocher davantage des productions audio à
moyen et gros budget.
6.5 La rentabilisation d’un DVD vidéo musical au Québec : deux
exemples types
S’il n’est pas possible dans les conditions actuelles de calculer les seuils de rentabilité du
DVD vidéo musical au Québec pour l’ensemble de l’industrie, nous avons néanmoins
complété l’exercice pour les deux cas types présentés précédemment (Tableau 26).
Ces deux cas types concernent des artistes dont la réputation et la popularité sont bien
établies et dont les DVD sont commercialisés depuis un an.
Tableau 27 La rentabilisation des DVD vidéo musicaux : point mort des ventes selon les
budgets de production et de promotion, deux cas types
Calcul du seuil de rentabilité d'un DVD
musical
Coûts de production
Cas type 2
Cas type 1
(captation du spectacle entièrement
(captation du spectacle financé lors
financé par le producteur dans le cadre
d'une diffusion à la télévision)
de la production du DVD)
72 100 $
159 239 $
Prix de vente suggéré
33 $
30 $
Prix de vente (commerce au détail)
Retour au producteur sur le prix de vente d'une
copie
22 $
20 $
13 $
12 $
5$
5$
8$
7$
9 012
22 748
15 000 $
85 764 $
10 887
35 000
Coûts des redevances et coûts de fabrication
Retour net au producteur sur le prix de vente
d'une copie
Exemplaires devant être vendus pour atteindre
le seuil de rentabilité (investissements à la
production)
Coûts de promotion
Exemplaires devant être vendus pour atteindre
le seuil de rentabilité (investissements à la
production et coûts de promotion)
Source : SODEC
59
D’après nos calculs (Tableau 27), le seuil de rentabilité de ces productions se situe à 10 887
copies dans le premier cas et à 35 000 dans le deuxième cas, ce qui constitue un nombre
très appréciable de copies pour le marché québécois. En effet, on considère actuellement
dans l’industrie qu’un DVD vidéo musical d’or correspond à des ventes de 5 000 copies
tandis qu’un disque d’or représente des ventes de 50 000 copies. Ces mesures de succès
correspondent, toutes proportions gardées, à ce qui est reconnu par l’industrie américaine
sur son propre territoire45. Les deux exemples types que nous avons étudiés illustrent donc
assez clairement la difficulté de rentabiliser un DVD vidéo musical sur le marché québécois
et expliquent sans aucun doute le peu de DVD vidéo musicaux produits jusqu’à maintenant.
7. Le financement public des nouveaux formats musicaux
au Québec
7.1 Le financement public du SACD
Il existe différents programmes de soutien à l’enregistrement sonore dont ceux de la
SODEC et de MUSICACTION. Dans les deux cas, l’enregistrement sonore sur format
SACD (production originale) est implicitement admissible et l’aide financière accordée est
établie selon différents paramètres dont le budget total de production. Comme pour tout
autre enregistrement, le montant de l’aide est limité par un maximum établi au programme
ou encore en vertu de la disponibilité générale des fonds qui lui sont destinés.
L’enregistrement sur format SACD (production originale) est également admissible à la
mesure fiscale de crédit d’impôt à l’enregistrement sonore du gouvernement du Québec.
Malgré ce soutien public, la décision d’un producteur de réaliser un enregistrement dans ce
nouveau format l’oblige à des investissements supplémentaires de sa part. Ceux qui le font
actuellement considèrent qu’à long terme, ces investissements vont pérenniser la valeur de
leur catalogue.
7.2 Le financement public du DVD vidéo musical
Les programmes de soutien à la production musicale au Québec ont jusqu’à maintenant
toujours privilégié le soutien aux productions originales que ce soit pour l’enregistrement
sonore ou pour la création d’un spectacle. Le DVD vidéo musical étant, dans la très grande
majorité des cas, une « réédition revue et augmentée » d’une ou de plusieurs productions
déjà mises sur le marché ou déjà présentées sur scène, il n’était donc pas admissible à ces
différents programmes.
45
Aux États-Unis, des ventes de 500 000 copies consacrent un album «disque d’or» et des ventes de 50 000 copies, un DVD
musical d’or. Source : RIAA, www.riaa.com/gp/certification/criteria.
60
Toutefois, depuis 2003-2004, MUSICACTION a rendu le DVD vidéo musical admissible
à son volet d’aide à l’album. En vertu de ce dispositif de soutien, les frais relatifs à
l'enregistrement audio d'un DVD vidéo musical ainsi que la programmation de l'interface
sont admissibles, mais il doit s’agir d’un enregistrement original ou d’un réenregistrement.
De plus, dans le cadre de l’aide à la commercialisation, « les frais afférents à la partie
visuelle d'un DVD vidéo musical, comme valeur ajoutée à la promotion de l'album, sont
admissibles. À cette fin, peut être utilisé en lieu et place le montant maximal de 15 000 $
destiné à la production du vidéoclip » (extrait du programme). Comme on le voit, ce
soutien est restreint aux productions originales et s’applique dans des conditions
limitatives. En fait, il n’y a pas de réels nouveaux crédits disponibles pour cette production.
À la SODEC, depuis l’exercice financier 2004-2005, les coûts de production d’un DVD
vidéo musical ou d’humour peuvent être considérés dans le calcul du soutien accordé en
vertu du volet d’aide globale aux entreprises, au même titre que l’est un album audio, cette
aide consistant en un soutien à la réalisation de l’ensemble du plan d’affaires des
entreprises. Par ailleurs, comme il n’y a pas de nouveaux crédits, l’impact de la prise en
compte de la production des DVD résulte essentiellement en une variation de la répartition
des fonds entre toutes les entreprises. Le soutien au DVD est donc conditionné au départ
par la limite des crédits disponibles. Il faut rappeler que lorsque la hauteur des fonds
destinés au Programme d’aide aux entreprises du disque et du spectacle de variétés a été
fixée, en 1998-1999, la production de DVD et la place qu’elle prendrait sur le marché ne
s’étaient pas encore manifestées. Cette production, sauf exceptions, ne se substitue pas à
l’album : elle l’accompagne dans les « offres groupées » ou elle constitue une production
distincte lorsque le DVD est commercialisé à titre de support unique.
Mentionnons enfin que le DVD vidéo musical n’est pas admissible aux mesures de crédits
d’impôt gérées à la SODEC. Il n’est pas admissible non plus à la mesure de crédits d’impôt
à la production de titres multimédias gérée par Investissement Québec parce qu’il ne
répond pas aux conditions d’admissibilité : le niveau d’interactivité d’un DVD vidéo
musical est jugé insuffisant pour être qualifié de titre multimédia d’une part et les
productions essentiellement vidéo ne sont pas admissibles, d’autre part.
61
8. Autres considérations
Quelques autres considérations doivent également être prises en compte quand on aborde la
production du DVD vidéo musical au Québec. La première concerne l’accès à une partie du
patrimoine de la production musicale québécoise tandis que l’autre s’applique à l’obtention
des droits nécessaires à la nature particulière de cette production musicale.
Dans le premier cas, il faut savoir que, jusqu’au début des années 80, la production
musicale québécoise était en bonne partie développée et exploitée par les Majors. Or, cette
situation pourrait rendre plus difficile et coûteuse l’exploitation de la production musicale
de cette époque sous forme de DVD vidéo musical, si un producteur y voyait un intérêt.
Dans le deuxième cas, il s’agit des difficultés particulières que pose l’acquisition des droits
nécessaires à la production d’un DVD vidéo musical. Nous abordons ces questions à
l’annexe 6 du rapport.
9. Faits saillants et conclusion
Depuis dix ans, les développements du numérique et des technologies ont eu des répercussions
très importantes sur le domaine de la musique et sont venus bouleverser de façon marquée les
pratiques établies. En outre, le perfectionnement des processus de numérisation et de
compression des données a repoussé les limites de la qualité des enregistrements sonores et
ouvert de nouvelles possibilités de création et d’expression musicales par le recours à la
production multimédia. C’est la naissance du SACD, du DVD audio, du DVD vidéo musical,
etc. Plus que de simples nouveaux supports matériels, il faut voir dans ces formats un
renouvellement des façons d’éditer la production musicale. Dans un cas, tel le SACD, il s’agit
d’une bonification des méthodes d’enregistrement et de restitution du son. Dans le cas du DVD
vidéo musical, il s’agit le plus souvent d’une « réédition revue et augmentée » d’une production
musicale déjà commercialisée (spectacle ou enregistrement sonore) et, parfois, de productions
originales (enregistrements sonores n’ayant jamais été commercialisés sur supports matériels)
qu’on présente dans une « interprétation multimédia ».
Pour l’heure, on ne peut prédire l’avenir du SACD et du DVD audio, même dans leur
forme hybride. Ils occupent actuellement des parts marginales du marché. Néanmoins, dans
les milieux audiophiles, certains considèrent que ces formats, notamment le SACD,
pourraient devenir avec le temps la norme de l’enregistrement audio. Du côté du DualDisc,
ce format pourrait se substituer progressivement aux « offres groupées de CD avec DVD »
que l’on trouve actuellement sur le marché. Ce disque hybride, dont le lancement avait été
retardé jusqu’à tout récemment, pourrait s’avérer un support intéressant pour la mise sur le
marché d’enregistrements sonores, originaux ou non, qu’on désire publier avec une qualité
62
sonore accrue et divers compléments, se rapprochant ainsi du contenu qu’on peut retrouver
sur un DVD vidéo musical. L’avenir confirmera la pérennité de ces supports sur le marché.
La situation du DVD vidéo musical est différente. La croissance de ses ventes s’est
confirmée de façon constante depuis son apparition en 1997 et a connu des bonds
importants depuis deux ans. Ainsi, entre 2002 et 2003, sur les dix principaux marchés du
DVD vidéo musical, cette croissance a varié entre 30 % et 294 % et constitue, selon le cas,
entre 3 % et 19 % du marché national de la musique. Au Canada, la vente de DVD vidéo
musical a progressé de 131 % entre 2002 et 2003, ce qui en fait un marché en pleine
expansion d’autant plus qu’il représente désormais une part de presque 10 % du marché
national de la musique.
Il n’y a pas actuellement de données statistiques sur le marché au Québec, toutefois
l’augmentation de l’offre de DVD vidéo musical laisse présager que le marché y est
également en croissance. En effet, le nombre de copies de DVD vidéo musicaux mises sur
le marché au Québec est passé de 5 817 à 348 086 entre 1999 et 2003. En 2003, le nombre
de DVD vidéo musicaux y surpassait même le nombre annuel le plus élevé d’unités VHS
commercialisées au cours des dix dernières années, ce qui laisse supposer que le DVD
vidéo musical pourrait être plus populaire au Québec que ne l’a été le VHS musical par le
passé, et qu’il y a par conséquent un marché potentiel à exploiter.
Toutefois, sur le plan de la diversité, cette offre est dominée par la production américaine.
En effet, en nombre d’unités commercialisées, le DVD vidéo musical au Québec provient
des États-Unis dans 65 % des cas et la production francophone ne s’établit qu’à 11 % des
unités mises sur le marché. De son côté, la production québécoise ne constitue, en 2003,
que 4 % de l’offre en nombre de copies commercialisées et 1 % en nombre de titres.
Au cours des trois dernières années, la filière québécoise du disque et du spectacle de
variétés n’a réussi à produire qu’une moyenne de trois DVD vidéo musicaux « supports
uniques » par année, ce qui la défavorise sur le plan de l’offre et du marché sans compter
que les artistes et artisans du milieu sont privés d’un moyen d’expression et de
communication de leur art. Pourtant, la situation du marché du DVD vidéo musical en
France nous laisse croire qu’avec une masse critique minimale au point de vue de l’offre, il
est possible d’attirer l’attention sur les artistes nationaux. En effet, avec seulement 6,7 % de
titres, les artistes de la « variété française » ont été à même de récolter 40 % des ventes sur
leur territoire, soit autant que les artistes de la « variété internationale » avec 52 % de titres.
Cette réalité laisse présager qu’une situation semblable pourrait se manifester au Québec,
mais encore faut-il avoir une masse critique minimale de productions nationales à offrir.
63
La hauteur des coûts de production du DVD vidéo musical et la difficulté de les rentabiliser
sur le marché québécois, eu égard à sa taille, expliquent le bas niveau de production de DVD
vidéo musicaux au Québec. À toutes fins utiles, les coûts de production d’un DVD vidéo
musical sont au moins comparables à ceux d’un album audio. L’exploitation des productions
déjà en catalogue (spectacles captés pour diffusion à la télévision, vidéoclips) est certes
possible, mais insuffisante pour produire des DVD qui puissent se mesurer à la compétition
internationale. La production audiovisuelle de matériel original s’avère indispensable (soit
pour les éléments principaux ou les compléments [bonis] d’un DVD) pour faire des éditions
qui frappent l’imagination et l’intérêt des amateurs de musique. Or, la production
audiovisuelle fait rapidement augmenter les budgets de production des DVD musicaux.
La production d’albums audio bénéficie au Québec de diverses formes de soutien public et
il est reconnu que, sans ce soutien, l’ensemble de la production québécoise pourrait
difficilement s’affirmer et se rentabiliser sur le marché national. Ce postulat s’applique de
toute évidence à la production du DVD vidéo musical. Selon l’analyse que nous venons
d’en faire, une réflexion sur la place que pourrait ou devrait prendre cette nouvelle forme
d’édition de la production musicale semble donc s’imposer.
64
Annexe 1 Fiche repère sur la numérisation, la compression et les supports de lecture de
la musique.
1.
La numérisation du son
Le son est une vibration de l’air. C’est un signal qu’on peut représenter sous la forme d’une
courbe mathématique et décrire numériquement, de façon plus ou moins précise, en
fonction du taux d’échantillonnage, du niveau de résolution et du nombre de canaux choisis
(enregistrement monophonique, stéréophonique, quadriphonique, etc.)
a)
L’échantillonnage
Numériser un son, c’est en quelque sorte mesurer l’amplitude du signal sonore à
intervalles réguliers. Lors d’un enregistrement sonore, plus la prise d’échantillons est
fréquente et rapprochée, plus la restitution du son sera fidèle et de qualité. L’unité de
mesure de l’échantillonnage est le Hertz (nombre de découpes par seconde). Selon
l’usage des appareils ou l’opération visée, les fréquences d’échantillonnage varient.
Dans le cas de l’enregistrement sonore de la musique, la norme établie avec le disque
compact correspond à 44 kHz. Le tableau 28 présente quelques exemples du taux
d’échantillonnage requis selon la qualité exigée par différents médias.
Tableau 28 Taux d’échantillonnage d’un enregistrement selon la qualité requise par
différents médias
Taux d’échantillonnage ou fréquence
par seconde
Qualité du son
44 100 kHz
22 000 kHz
11 000 Khz
Qualité CD
Qualité radio
Qualité téléphone
b)
La résolution
La qualité d’un enregistrement sonore ne repose pas seulement sur le taux
d’échantillonnage, mais également sur la capacité à restituer les plus petites variations
d’intensité du son. Pour ce faire, il faut augmenter la résolution de l’enregistrement,
soit la quantité d’information qui peut être enregistrée, puis entendue par la suite. La
65
résolution de l’intensité du signal se mesure en nombre de bits utilisés pour la coder. Plus le
nombre de bits est élevé, plus la résolution de l’intensité du signal sonore est grande.
Par exemple, la norme établie pour le disque compact est de 16 bits, mais comme pour
l’échantillonnage, ce nombre varie en fonction du média (Figure 5).
Figure 5
Niveau de résolution du son selon la qualité requise par le média (exemples)
Niveau de résolution
16 bits
16 bits
11 bits
c)
Qualité du son
Qualité CD
Qualité radio
Qualité téléphone
Le nombre de canaux
Un enregistrement peut-être monophonique, stéréophonique ou ambiophonique.
L’enregistrement stéréophonique constitue depuis longtemps le mode standard
d’enregistrement et d’écoute de la musique. La stéréophonie (deux canaux de
transmission du son) a permis de rendre le son à la fois plus naturel et mieux défini en
tenant compte de la capacité de l’ouïe humaine à détecter la direction et l’intensité du
son reproduit. L’ambiophonie a été mise au point au cours des années 70, mais ce
n’est qu’au cours des dernières années qu’elle a commencé à connaître un succès
commercial avec les appareils de « cinéma maison ». L’ambiophonie (quatre canaux
de transmission du son et plus) surpasse la stéréophonie et permet de mieux spatialiser
le rendu sonore. Le son enveloppe littéralement celui qui écoute.
2.
La compression du son
Comme nous venons de le décrire, la qualité d’un enregistrement musical à l’ère numérique
exige de hauts taux d’échantillonnage, de résolution et de nombreux canaux. Mais, plus
l’échantillonnage, la résolution et le nombre de canaux d’un enregistrement sont élevés,
plus les fichiers numériques sont volumineux. En effet, la taille en bits d’un fichier musical
se calcule de la façon suivante :
Calcul de la taille d’un fichier musical
Taux d’échantillonnage x nombre de bits x nombre de secondes x nombre de canaux = taille d’une
séquence sonore non compressée en bits
8 bits= 1 octet
Des fichiers numériques musicaux non ou peu compressés requièrent par conséquent un
espace de stockage important (mémoire d’ordinateur ou autres supports tel le CD, le SACD ou
66
le DVD) et leur transmission sur Internet ou tout autre réseau est beaucoup trop lourde et
longue. Cette situation a donc conduit depuis dix ans à la création de logiciels de compression
et de décompression des fichiers sonores.
Les systèmes de compression/décompression numérique consistent en des dispositifs aussi
appelés « codex » (algorithmes), qui permettent de « coder » et de comprimer les données lors
d’une transmission ou d’un stockage de fichiers numériques. Au moment de l’écoute, les
données sont restaurées et la qualité du son est alors équivalente ou très près de celle du fichier
original. Il existe de très nombreux codex de compression/décompression, dont les suivants :
Formats
Caractéristiques
MPEG 3 ou MP3
Format compressé de sons échantillonnés reconnu par le MPEG46 (Moving Pictures
Experts Group).
Le format MP3 (MPEG layer 3) était à l’origine conçu pour la compression des
productions audiovisuelles destinées à la télévision numérique mais qui a finalement
davantage servi de format de compression de l'audio. Il permet de réduire par 12 le
volume du fichier son, tout en conservant une qualité extrêmement proche de celle du
CD audio. C’est dans ce format que se font les échanges de fichiers musicaux sur
Internet. Les fichiers MP3, comme d’autres formats, peuvent désormais être lus par un
nombre croissant d’appareils électroniques (ordinateurs, lecteurs CD, DVD, baladeurs,
téléphones cellulaires, etc.).
Un format MP4 est également disponible depuis 1999, mais peu utilisé. Les MP4 ne
sont plus seulement des fichiers audios, ils acceptent également la vidéo. Quant à la
qualité sonore, les fichiers MP4 sont plus compacts et de meilleure qualité que les
MP3.
REALPLAYER
ACTIVE
STREAMING
FILE
Formats de son et d’image échantillonnés codés spécialement pour la diffusion en
direct ou en streaming dans Internet. Le streaming est une technique permettant le
téléchargement et l'écoute simultanée d'un fichier audio et vidéo. Ses applications sont
nombreuses, depuis la diffusion d'un morceau à la transmission de vidéo en direct par
le net (télé, concert en direct, etc.).
QUIKTIME
Autres formats de compression : WavARC, AudioZip, LPAC, Monkeys Audio, ADPCM, RKAU, AAC
(MP3Pro), l’ATRAC, PASC, Dolby AC-1, AC-2, AC-3, DTS, WMA, OGG, VQF, ogg-vorbis, etc. Ces formats
diffèrent selon la technologie (par exemple, MAC ou PC), la performance, la fonction et le support (disque dur,
DVD, etc.).
Comme toutes les technologies qui relèvent de l’informatique, ces logiciels de compression
et de décompression sont en constant perfectionnement.
46
Le MPEG est un groupe d’experts, responsable du développement international des normes pour la compression, la
décompression, le traitement et la codification de séquences audio et vidéo. Les principales normes élaborées par le
groupe MPEG sont MPEG-1, MPEG-2, MPEG-3, MPEG-4 et MPEG-7.
67
Annexe 2
Fiche repère sur le son ambiophonique
L’écoute naturelle n’est pas monophonique ni stéréophonique, mais tridimensionnelle.
L’être humain est certes pourvu de deux oreilles : deux merveilleux capteurs de son.
En synchronisme parfait avec ces capteurs, le traitement sonore au sein du cerveau permet,
entre autres, d’entendre et de localiser les sons dans l’espace : plans gauche-droit, avantarrière et haut-bas. L’audition humaine est, peut-on dire, ambiophonique.
De tout temps, les musiciens ont créé de la musique en jouant avec les effets de
réverbération des instruments dans les salles de concert. D’ailleurs, cet intérêt pour la
nature « ambiophonique » de la musique et le développement de la science de l’acoustique
a conduit au fil des siècles à repenser complètement l’architecture et les matériaux de
construction des salles de concert ou des studios d’enregistrement. De plus, le caractère
englobant de l’expérience musicale a poussé très souvent certains compositeurs à prévoir la
disposition des instrumentistes à des endroits précis, de façon non conventionnelle, lors de
l’exécution de leurs œuvres47. Il n’en demeure pas moins que depuis le 18e siècle, pour des
raisons de direction musicale et autres considérations pratiques, la plupart des pièces ont été
écrites pour un orchestre faisant face au public. Quoiqu’il en soit, c’est l’acoustique
particulière du son dans un lieu donné qui donne sa spatialisation à une exécution musicale
participant ainsi à en faire une expérience sensorielle et esthétique unique.
Depuis les débuts de l’enregistrement sonore, l’objectif de reproduire l’expérience sonore
du concert hante les musiciens et les ingénieurs de son. Les technologies du son telles
qu’elles ont été développées ces dernières années, notamment par le son ambiophonique,
permettent de s’approcher encore davantage de la réalisation de cet objectif.
Par rapport à la stéréophonie, l’ambiophonie est un système de production sonore
multicanal qui permet d’envelopper complètement l’auditeur et de restituer ainsi une
interprétation musicale dans toutes ses dimensions. Un système ambiophonique comprend
généralement trois canaux avant (gauche et droit) et deux canaux arrière (gauche et droit).
Le format 5.1 souvent associé à ce système offre un « sixième » canal (le « .1 ») qui
constitue le canal de restitution des basses fréquences.
L’organisation de la restitution sonore en mode ambiophonique se passe essentiellement au
moment du mixage des nombreuses pistes d’un enregistrement sonore. Notons que la prise
de son initiale, l’enregistrement proprement dit, peut avoir été faite sur un très grand
47
De nombreuses œuvres ont également été écrites avec des intentions de spatialiser l’expérience sonore de l’auditoire.
Un exemple en est le motet à quarante voix de Thomas Tallis. Lors de l’interprétation de l’œuvre, huit chœurs à cinq voix
devaient être répartis dans l’ensemble de l’église, tout autour de l’auditoire. Plus près de nous, la musique contemporaine
prévoit assez souvent des dispositions particulières des instrumentistes dans les salles de concert.
68
nombre de pistes48 de son distinctes qui seront ensuite prémixées, puis mixées en fonction
d’un rendu final, ambiophonique.
Autres considérations :
ƒ Si l’enregistrement ambiophonique rapproche l’auditeur de la qualité « concert » d’une
prestation, il peut également ouvrir de nouvelles voies à la création musicale. En effet, il
devient possible au moment du mixage de l’œuvre, de jouer de façon dynamique sur le
rendu sonore en créant des effets esthétiques particuliers qui n’auraient pu être engendrés
dans un cadre stéréophonique ou même lors d’un concert. Sur ce plan, si de belles
possibilités s’ouvrent aux musiciens et aux ingénieurs de son, des excès sont aussi à
craindre. Des observateurs appréhendent que certains artisans, enthousiasmés par cette
nouvelle technologie, prennent le pas sur les musiciens et pervertissent en quelque sorte
le message musical :
« Il est vrai qu'une spatialisation subtilement gérée augmente l'agrément de
l'audition. Hélas une telle technologie amène également les ingénieurs du
son à prendre le pas sur les interprètes. Et certains pataugent
complètement dans la mise à profit de ces canaux supplémentaires.
Premier risque majeur : la surcharge des sources arrière (le péché mignon
du label PentaTone), qui plonge l'auditeur dans un bain sonore et fait
perdre toute rationalité au message musical -par exemple, quand un piano
est écartelé entre l'avant gauche et l'arrière droit ! D'autre part, une
sollicitation excessive du canal central (celui qui véhicule les dialogues
dans les films) peut perturber gravement la cohérence de l'image
stéréophonique frontale. C'est le piège dans lequel est tombé le label
anglais Chandos. Aujourd'hui, Telarc, Bis et Channel Classics sont les
trois éditeurs qui maîtrisent le mieux cette nouvelle technologie. Universal
en est aux expérimentations, avec des résultats très contrastés. »
(Christopher Huss, Le Devoir, 26 août 2003).
ƒ Pour produire la réédition d’un enregistrement stéréo sous format multicanal, il faut
avoir accès aux multiples pistes sonores de l’enregistrement original et non pas
seulement aux deux pistes stéréo du mixage final. Certaines rééditions et même de
nouveaux enregistrements prétendent offrir un son multicanal, alors qu’il s’agit d’un
« gonflage » en version ambiophonique d’un son stéréo. Cette technologie particulière
peut être utilisée parce qu’elle est moins coûteuse ou encore parce que les pistes
48
Le nombre de pistes distinctes sur lequel un enregistrement sonore est gravé dépend de plusieurs variables dont l’œuvre,
l’effectif orchestral, les systèmes de mixages, voire le budget dont on dispose.
69
sonores de l’enregistrement sonore ne sont plus disponibles. On comprendra toutefois
qu’il ne s’agit pas d’un réel son ambiophonique, mais bien d’une simulation qui peut
néanmoins donner un rendu honnête.
ƒ Il importe enfin de préciser que l’écoute de la musique sous format ambiophonique
requiert non seulement des enregistrements multicanaux, mais également une chaîne
hi-fi pouvant reproduire ce format d’enregistrement. De plus, si l’enregistrement
consiste en un SACD, un DVD audio ou vidéo, le lecteur devra pouvoir décrypter
l’encodage particulier de ces différents supports.
70
Annexe 3
Fiche repère sur l’encodage régional du format DVD vidéo et sur le
formatage vidéo
ƒ a) L’encodage régional
Historiquement, le choix d’encoder les DVD selon les régions a été fait dans le but de
protéger les droits de distribution des titres DVD et d’éviter ainsi qu’un film ne soit
disponible dans un pays avant sa sortie en salles et qu’il y circule de façon illicite.
Pour ce faire, le DVD forum a convenu que les titres DVD et les lecteurs DVD
seraient marqués d’un encodage régional. Au départ, chaque DVD vidéo a été conçu
pour être lu dans une zone géographique précise. Le monde a été divisé en six régions
ou zones. Parallèlement, chaque lecteur de DVD vidéo devait être codé pour une seule
région et ne pouvait lire que les DVD dotés d’un code correspondant à sa région
d’origine.
Le zonage retenu initialement fut le suivant :
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
ƒ
Zone 1 pour l'Amérique du Nord;
Zone 2 pour l'Europe, le Japon, l'Afrique du Sud et le Moyen-Orient;
Zone 3 pour le Sud-Est asiatique;
Zone 4 pour l'Australie et l'Amérique du Sud;
Zone 5 pour l'Europe de l'Est et l'Afrique;
Zone 6 pour la Chine
Mis en place lors de la mise sur le marché des premiers DVD, ce dispositif a
cependant rapidement perdu de son efficacité. Le zonage d’un lecteur était chose
relativement simple à contourner, si on voulait le moindrement s’en donner la peine
(le réseau Internet regorgeait et regorge toujours de sites qui révèlent la manière de
procéder pour modifier son lecteur « zoné » en un lecteur multizone). Devant cette
situation, le Forum du DVD a répliqué et adopté un nouveau procédé appelé le
Regional Code Enhancement. Selon cet encodage, un DVD de la zone 1 ne peut plus
désormais être lu par un système multizone, mais seulement par un lecteur conçu pour
les DVD de la zone 1 (sic!).
Ces différentes mesures de protection semblent avoir à long terme une efficacité bien
relative. Les « crack » ont démontré plusieurs fois leur capacité à déjouer les systèmes
sans compter que depuis un bon moment, les fabricants ont mis sur le marché des
lecteurs multizones ou, mieux encore, des lecteurs où l’on sélectionne la zone du
DVD qu’on désire visionner. Cette dernière catégorie de lecteurs permet donc de
contourner le Regional Code Enhancement. Néanmoins, l’encodage régional des titres
DVD est toujours en vigueur. Certains intervenants font probablement le pari
71
qu’une certaine partie du parc des lecteurs DVD demeure toujours soumise à cet
encodage régional, les nouveaux lecteurs n’ayant été mis sur le marché que dans la
dernière année.
Dans le domaine de la musique
Historiquement, les enregistrements sonores n’ont pas été soumis à des contraintes
techniques qui limitaient leur distribution selon le territoire. On pouvait acheter un CD
dans n’importe quel pays et l’écouter, tout simplement, sur notre lecteur CD !
La production du DVD vidéo musical a donc hérité de la filière du cinéma ce système
d’encodage régional. Aussi, on constate que la très grande majorité des titres DVD
vidéo musicaux qui ont été mis sur le marché jusqu’à maintenant présente un encodage
régional. Un grand nombre de titres semblent néanmoins disponibles dans toutes les
régions. Enfin, certains producteurs ou éditeurs de musique ont commencé à encoder
leurs titres DVD vidéo musicaux de manière à ce qu’ils soient lus par tout lecteur de
DVD, peu importe ses caractéristiques. Le numéro de zone adopté pour ces titres
multizones est zéro !
ƒ b) Les normes vidéo PAL et NTSC
Hormis l’encodage régional, les normes vidéo d’un DVD peuvent également poser
des problèmes de compatibilité d’une région à une autre. Il s’agit des normes PAL et
NTSC. Le format retenu en Europe est généralement le PAL tandis qu’en Amérique
c’est la norme NTSC qui prévaut. Ces normes, déjà présentes sur format vidéo VHS,
ont des impacts différents sur la résolution et la couleur de l’image ou encore sur la
hauteur du son. Pour visionner indifféremment l’un et l’autre format, il faut que le
téléviseur ou le lecteur DVD ait le décodeur requis. Les appareils récents possèdent
généralement un tel décodeur qui leur permet d'accepter indifféremment des
émissions en NTSC ou PAL.
72
Annexe 4
Liste des DVD vidéo musicaux constituant l’échantillon destiné à répertorier
les différents types de contenus qui s’y retrouvent (voir point 3.3)
Nb
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
Titre du DVD
Arena Concerto
Live In Amsterdam
Live at Cardiff Castle
Brutally Live
Live at the Union Chapel
Live at Donington
C'mon America 2003
One night with Blue Note
Hymne à la môme
Secret World Live
Manon Lescault
Label s
Warner Vision
Eagle Vision
Warner Vision France
Eagle Vision
Warner Vision
Sony Music
Universal Music
Blue Note
Capitol Musique (EMI France)
EMI Classics
Warner Vision
Artistes
Ennio Morricone
Toto
Tom Jones
Alice Cooper
Youssou N'Dour
AC/DC
Sheryl Crow
Variés
Divers
Peter Gabriel
The Royal House Opera, Placido
Domingo, Kiri Te Kanawa,
Thomas Allen
12
13
14
15
16
Live at Slane Castle
Majikat Earth Tour 1976
Kent en Live : À la prochaine
Speaking of Now Live
John Mayall & The Bluesbreakers
& Friends
Warner Vision France
Eagle Vision
Universal Music
Eagle Vision
Eagle Vision
Red Hot Chili Peppers
Cat Stevens
Kent
Pat Metheny Group
John Mayall
17
18
19
20
Later Legends
Live+Monsters - Édition limitée
Un recueil frais et disco
How the West Was Won (DVD
audio)
Warner Vision France
Mute Records
Universal Music
Warner Vision
Artistes variés
Dave Gahan
François Hadji-Lazaro
Led Zeppelin
21
Animals should not try to act like
people
Universal Music
Primus
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
Live in Rio
30 ans de Maximum R&B Live
Tournée d'enfer
Hombre et Lumière
Notre époque
Serious Hits … Live ! in Berlin
Symphonic Live
Live at the Garden
Live in Barcelona
Yesspeak
Lichtspielhaus
101 - Digipack luxe
Sanctuary
Universal Music
Virgin
Universal Music
Atmosphériques
Warner Vision
Eagle Vision
Sony Music
Sony Music
Classic Pictures
Universal Music
Mute Records
Rush
The Who
Renaud
Nougaro
Tarmac
Phil Collins
Yes
Pearl Jam
Bruce Springsteen
Yes
Rammstein
Depeche Mode - D.A.
Pennebaker
34
35
6 suites pour violoncelle
The Four Ed Sullivan Shows
Featur..
EMI Classics
Eagle Vision
Mstislav Rostropovitch
The Beatles
36
Elvis - Aloha form Hawaii (Delux
edition DVD)
BMG
Elvis Presley
37
The Event
Warner Vision
46664
73
38
39
Led Zeppelin
Concerto pour piano no 5 de
Beethoven
Warner Vision France / Atlantic zone 1
Harmonia Mundi
Led Zeppelin
François-René Duchâble Ensemble Orchestral de Paris
40
41
42
43
44
45
46
47
48
49
50
Même pas mort
Four flicks
Elvis - The '68 Comeback Special
"Everything Must Go" 0 DvD A…
Anthology
Jimi plays Berkeley
Live 1986
Legends of Rock'n Roll
Welcome to the Videos
In Absentia
Good Night Thank you You've been
a Lovely Audience
Le Folklore de la zone mondiale
Warner Vision France
BMG
Warner Vision
Apple
Universal Music
Eagle Vision
Eagle Vision
Universal Music
DTS Entertainment
Eagle Vision
Bérurier Noir
The Rolling Stones
Elvis Presley
Steely Dan
Beatles
Jimi Hendrix
Eric Claption & Friends
Artistes variés
Guns N' Roses
Porcupine Tree
Sinead O'Connor
51
52
53
54
Le meilleur du rap français
Parfum d'acacia au jardin
Seal : Live at the Point Dublin
Prince Live at The Aladdin Las
Vegas
Warner vision France
Labels, division d'EMI France
Warner Vision
Universal Music
Différents artistes français du rap.
Jean-Louis Murat
Seal
Prince
55
56
57
58
Hysteria Party
Live at Humphrey's by the Bay
Henri Dès à l'Olympia
Magic of the Dance
Fox Pathé Europa
Eagle Vision
Tf1 vidéo
Tf1 vidéo
Cerrone
Jewel
Henri Dès
Michael Donnellan, Jeffrey
Williams
59
60
61
62
63
64
65
Gods is in the House
The Farewell Tour
En toute intimité
Live in Paris
Live Baby Live (1991)
Livet at the Olympic
Go Home - Live At Slane Castle
Labels - Mute Records
BMG
Universal Music
Eagle Eye/Pionner Entertainment
Sanctuary
Warner Vision
Universal Music
Nick Cave and the Bad Seeds
Cher
Lara Fabian
Diana Krall
INXS
Tom Petty and the Heartbreakers
U2
Annexe 5
Liste des DVD vidéo musicaux produits au Québec, 1999-2004
Titre de la production
Contenu principal du DVD
Maison de production
Artiste
Versant Jazz 2
Attache ta tuque
Centre Bell
Il était une fois
Infernal violins
Mémoire
«Aasphalte, meusique et crucifixion»
Invitez les vautours
Annie Brocoli
Annie Brocoli dans l'espace
Les colocs - L'intégrale
Le show du Refuge…depuis le début
Tournée Rendez-vous
Live + Unplugged
Le Noël Russe de Marie Michèle Desrosiers
Festival de Jazz de Montréal - Dizzy Gillespie (1981)
Festival de Jazz de Montréal - Charlie Haden (1992)
Festival de Jazz de Montréal - John Lee Hooker (1980)
Festval de Jazz de Montréal - Carla Bley (1983)
Festival de Jazz de Montréal - Marianne Faithfull (1997)
Festival de Jazz de Montréal - Stanley Jordan (1996)
Festival de Jazz de Montréal - Tito Puente (1983)
Festival de Jazz de Montréal - Lee Ritenour
Extraits de spectacle
Éléments multiples
Spectacle
Spectacle
Éléments multiples
Éléments multiples
Compilation de vidéoclips
Compilation de vidéoclips
Spectacle
Spectacle
Compilation de vidéoclips
Compilation de spectacles
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
Spectacle
GSI musique
Larivée, Cabot, Champagne
Larivée, Cabot, Champagne
Analekta
Analekta
Les disques Tox
Les disques MPV
Diffusion YFB
Bennanah
Bennanah
Musicomptoir
Spectra international
Prodat Inc.
Indica Records
Octant Musique
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Amérimage Spectra
Sylvain Lelièvre
Cowboys fringants
Cowboys fringants
Angèle Dubeau et la Pièta
Angèle Dubeau et la Pièta
Dubmatique
Groovy Aardvark
Éric Lapointe
Annie Brocoli
Annie Brocoli
Les colocs
Dan Bigras et ses invités
Sylvain Cossette
Grimskunk
Marie-Michèle Desrosiers
Dizzie Gillespie
Charlie Haden
John Lee Hooker
Carla Bely
Marianne Faithfull
Stanley Jordan
Tito Puente
Lee Ritenour
offre groupée CD/DVD
offre groupée CD/DVD
DVD
DVD
offre groupée CD/DVD
offre groupée CD/DVD
DVD
offre groupée CD/DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
offre groupée CD/DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
DVD
2003
2002
2004
2002
2004
2003
2002
2002
1999
2001
2002
2003
2003
2003
2003
2002
2002
2002
2002
2002
2003
2003
2003
Un bon chocolat chaud
Spectacle
La montage secrète
Carmen Campagne
DVD
2004
Richard Abel
offre groupée CD/DVD
2003
Richard Abel
DVD
2004
Maryse Letarte
offre groupée CD/DVD
2003
Chantois le clown
DVD
2003
L'essentiel
Éléments multiples
Soirée romantique avec Richard Abel
compilation de spectacles
En dedans
Éléments multiples
Les productions Abelin (prod. à compte
d'auteur)
Les productions Abelin (prod. à compte
d'auteur)
Disques MJM (prod. à compte d'auteur)
Format
année
Chantois Imagine
Spectacle
Disques Sondor (prod. à compte
d'auteur)
Arthur Laventurier - En spectacle
Spectacle
Gregg Musique (prod. à compte d'auteur) François Tremblay
offre groupée VHS/DVD
2003
Arthur Laventurier - Les saisons en ballon
Spectacle
Gregg Musique (prod. à compte d'auteur) François Tremblay
DVD
2004
Documentaire musical
Compilation de spectacles
Spectacle
Soldevilafilms (production audiovisuelle)
en coproduction avec Jean Leclerc
(compte d'auteur)
Imavision
Les productions Jean-Pierre Doucet
offre groupée CD/DVD
DVD
DVD
2004
2004
2004
Exit - La mygale jaune
Diane Dufresne, Coffret - DVD
Liberté conditionnelle
Montréal en feu (compilation spectacles de plusieurs artistes)
Extraits de spectacle
Nada distribution
Jean Leloup
Diane Dufresne
Diane Dufresne
The planet Smashers, Anonymus,
The Sainte Catherines, Le
Nombre, The frenetics, The
Discord Of A Forgotten Sketch,
Malajube, Selfmademan , Issue
DVD
Sixteen, Grim Skunk, Yesterday's
ring, The Hands Collaboration.
Suppléments: entrevues et bandeannnonce
2004
75
Annexe 6
Le DVD vidéo musical et l’acquisition des droits
Le présent texte n’est pas une opinion juridique, mais un énoncé des principaux obstacles
liés à l’acquisition des droits nécessaires à la fixation du son et de l’image dans le cadre de
la commercialisation du DVD vidéo musical.
La production musicale sur DVD
La production musicale sur DVD vidéo se distingue essentiellement du support audio
traditionnel par l’usage d’images filmées. Or, quoique le DVD vidéo musical ne fasse pas
encore l’objet d’une classification formelle dans le domaine de l’audiovisuel (cinéma et
télévision), les droits nécessaires à leur exploitation devraient être les mêmes que pour le
reste de l’industrie cinématographique et télévisuelle.
Types de droits
Dans un premier temps, rappelons que pour le DVD vidéo musical comme pour toute
production musicale vouée à une fixation sur un support audio ou audiovisuel, le producteur
doit détenir une licence de reproduction mécanique des droits d’auteurs. Ces droits
comprennent les droits au texte et à la musique.
Dans le cas des auteurs-compositeurs-interprètes, ces droits font généralement l’objet d’une
entente d’édition avec ces derniers. Dans le cas des interprètes, ces droits sont généralement
obtenus par une licence de reproduction mécanique émise par une société de gestion des
droits (SODRAC, CMRRA, ASCAP, BMI, SESAC, SACD, etc.). L’ADISQ et la
SODRAC ont signé une entente collective fixant les montants à être versés et les modalités
de perception de ces sommes.
De plus, si les œuvres musicales ne sont pas réenregistrées, mais sont tirées d’une bande
maîtresse préexistante, le producteur devra détenir une licence de synchronisation de ces
bandes maîtresses. Ces droits de synchronisation s’obtiennent auprès du propriétaire des
bandes maîtresses qui doit les avoir libérés au moment de l’enregistrement initial de ces
dernières. Par ailleurs, il existe un certain flou juridique lorsque la bande maîtresse n’est
pas utilisée dans son intégralité. En effet, lorsque l’enregistrement a été réalisé, les artistes
et les techniciens ont signé une entente portant sur l’utilisation subséquente de
l’enregistrement dans son intégralité et non de façon fragmentaire. Dans ces cas, les
ententes se signent de gré à gré entre le producteur et le propriétaire des bandes.
76
Droits liés à l’utilisation de l’image
Dans le cas d’une production nécessitant une captation audiovisuelle originale, le
producteur doit au moment de la signature des différents contrats s’assurer de libérer les
droits afférents. Il s’agit d’un processus simple et déjà en usage dans l’industrie.
Dans le cas de la réutilisation de matériel produit à d’autres fins, la libération des droits est
cependant plus problématique. Si, dans le cas des droits d’utilisation de la partie sonore, les
droits sont généralement libérés ou peuvent l’être assez aisément, dans le cas de la
libération des droits liés à l’utilisation de l’image, il n’y a pas encore de pratique encadrée
dans l’industrie. Les négociations reposent essentiellement sur la bonne volonté du
producteur à qui appartiennent ces droits.
Ces droits se divisent en deux principales catégories :
•
•
droits d’utilisation de biens.
droits à la retransmission de prestations artistiques et de services.
Pour utiliser ces droits, le producteur de la nouvelle production doit d’abord obtenir du
producteur propriétaire des bandes originales une autorisation d’utilisation de
l’enregistrement et ainsi acquérir ainsi les « droits d’utilisation de biens ».
Mais si le propriétaire de la production originale ne dispose pas des droits de réutilisation
de prestations artistiques et de services pour une autre exploitation du bien que celle prévue
initialement, le producteur de la nouvelle production devra également libérer lui-même
l’ensemble de ces droits auprès des différents artisans concernés.
Les personnes pouvant réclamer ces droits sont :
o
o
o
o
Les artistes-interprètes
Les arrangeurs
Les orchestrateurs
Les figurants
o Les techniciens
o Le réalisateur
o Les concepteurs
Or, le processus d’identification et de localisation de ces ayants droit peut être une
opération lourde et complexe pour le producteur et peut également constituer une difficulté
pour les organismes de soutien public qui doivent s’assurer que ces droits ont été libérés.
Il est important de noter que contrairement aux droits d’auteur, il n’existe pas d’entente
collective ou de société de perception de ces droits. Dans le cas du soutien public, il faut
généralement, après démonstration que toutes les démarches possibles ont été engagées,
obtenir du producteur un engagement ferme de ce dernier à respecter et à compenser les
ayants droit si ceux-ci se manifestent.
77
LEXIQUE
Échantillonnage
Procédé par lequel on prélève régulièrement, sur un signal électrique, des valeurs de tension
auxquelles sont associées des valeurs numériques qui sont ensuite emmagasinées dans des
mémoires de masse.
La fréquence d'échantillonnage correspond au nombre de prélèvements de ces valeurs
durant une seconde. Les fréquences usuelles sont 32 kHz pour la transmission par satellite,
44,1 kHz pour l'enregistrement destiné au disque compact et 48 kHz pour l'enregistrement
audionumérique professionnel.
Définition tirée de www.comm.uqam.ca/~GRAM/C/term/mus/must146.html
Bande passante
Plage de fréquences qu’un appareil ou qu’un procédé peut restituer.
Rapport signal/bruit
Tout appareil électronique possède un bruit de fond inévitable, un souffle, dû au bruit
généré par ses composants. Cette valeur peut être mesurée, en dBV ou dBu. Un rapport
signal/bruit faible signifie que l'appareil ou le fichier produit beaucoup de souffle et de son
statique, tandis qu'un rapport élevé indique un son clair.
Définition tirée de http://fernould.club.fr/fichtech.html et de
www.futura-sciences.com/comprendre/g/definition-rapport-signalbruit_1941.php
78
Bibliographie
Abeille musique, Dossier : le SACD selon Lyrinx,
http://classique.abeillemusique.com/dossiers/dossier.php?nomdossier=lyr_sacd&rg=1&tit_dos=
Le%20SACD%20selon%20Lyrinx, (site consulté en avril 2004) ;
Angevin D., Dasque, E., (2004), Le succès du DVD musical : chansons à voir, Télérama.fr, février,
http://musique.telerama.fr/, (site consulté le 24 février 2004);
Audiofanzine, La compression numérique du son,
http://fr.audiofanzine.com/apprendre/dossiers/index,idossier,31.html, (site consulté en
juin 2004) ;
ADISQ (2004), Mémoire de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la
vidéo, soumis au ministère des Finances, Gouvernement du Québec, janvier, 40 pages.
Airshow Mastering, The Artist’s and Producer’s Guide to Super Audio CD,
www.airshowmastering.com/frame.html, (site consulté en septembre 2004);
Beaucage, R., (2004), La valse des supports, LaScena Musicale, octobre,
www.scena.org/lsm/sm10-2/valse-support.htm, (page consultée le 15 novembre 2004);
Becker, P., L’enregistrement sonore sur disque, http://users.swing.be/beckerp/disque.htm, (site
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