L`interprétation de l`attestation de contrôle d`une chaudière

L`interprétation de l`attestation de contrôle d`une chaudière
L'INTERPRÉTATION DE L'ATTESTATION DE
CONTRÔLE D'UNE CHAUDIÈRE
Dernière révision du document : août 2015
CONTEXTE
En Wallonie, une nouvelle réglementation est d’application depuis le 29 mai 20091 et abroge
entièrement l'Arrêté Royal du 6 janvier 1978.
Le texte décrit les normes et conditions auxquelles doit répondre le local de chauffe y compris les
systèmes d’amenée et de sortie d’air et d’évacuation des gaz de combustion. Il précise également que les
propriétaires des installations de chauffage sont responsables du bon fonctionnement et de la sécurité
de l’installation. L’arrêté décrit aussi les obligations du propriétaire et de l’utilisateur de l’installation de
chauffage central en ce qui concerne la première mise en service, le contrôle et l’entretien.
Ainsi, les chaudières à mazout doivent désormais être contrôlées annuellement, celles fonctionnant au
gaz doivent être contrôlées une première fois avant le 29 mai 2013 et ensuite tous les 3 ans.
Il est à noter que le législateur wallon distingue le contrôle de l’entretien :
Le contrôle consiste en la mesure des gaz d’émission et en la vérification de l’emplacement de l’aération
et de la cheminée. Cette opération de contrôle est obligatoire et doit être effectuée par un technicien
agréé qui va mesurer et inscrire les données relatives à l’installation sur une attestation de contrôle.
Celle-ci est remise au propriétaire qui doit la conserver pendant 2 ans.
L’attestation de contrôle doit contenir des informations minimales devant être collectées par le
technicien et, depuis le 29/05/2011, les tickets générés par les équipements de mesure utilisés
doivent être agrafés sur l'attestation de contrôle transmise à l'utilisateur.
L’entretien est quant à lui facultatif et doit également être effectué par un technicien agréé. Ce dernier
est l’unique personne qui pourra effectuer des interventions sur la partie combustion d’une installation
de chauffage.
La liste des techniciens agréés est disponible sur le site
http://environnement.wallonie.be
L'attestation de contrôle contient notamment le relevé des différents paramètres que l'on mesure
pour calculer le rendement de combustion de la chaudière et qu'il est important de surveiller. Ce
document reprend donc un aperçu de ces paramètres et des valeurs cible à atteindre.
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Arrêté du Gouvernement wallon du 29 janvier 2009 tendant à prévenir la pollution atmosphérique provoquée par
les installations de chauffage central destinées au chauffage de bâtiments ou à la production d’eau chaude sanitaire
et à réduire leur consommation énergétique.
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VALEURS CIBLE
Voici un tableau reprenant les différentes "valeurs cible" à atteindre en fonction du type de chaudière :
Paramètre
Dépression cheminée
Indice fumée
Pa
Bacharach
Teneur en CO
ppm (mg/kWh)
Teneur en CO2
Température nette(1)
Rendement
%
°C
%
(1)
Unité
Chaudière mazout
10-15
≤1
≤ 155
Chaudière gaz
10-15
0
≥ 12
120-180
≥ 10
120-160
≥ 90
≥ 90
= Température cheminée – Température ambiante
Si la fiche reprend dans les colonnes "essai 1" et "essai 2", deux caractéristiques de gicleur
et/ou de pompe, on se trouve en présence d'un brûleur à 2 allures. Chacun des essais
correspond à la mesure des paramètres de combustion pour chaque allure.
PARAMÈTRES DE L'ATTESTATION DE CONTRÔLE
CARACTÉRISTIQUES DE L'ALIMENTATION
Dans le cas d'une chaudière au mazout, l'attestation de contrôle reprend les caractéristiques du gicleur
installé sur le brûleur : calibre (en gal/h ou kg/h) et angle de pulvérisation, ainsi que la pression
d'alimentation en combustible (en bar). Ces valeurs permettent de calculer la puissance du gicleur par la
formule suivante :
= 9,8
ℎ/ ∗ é
⁄ℎ ∗ 3,78 ⁄
∗
!"#! 7
Dans le cas d'une chaudière au gaz, on parle de puissance de la flamme du brûleur.
La puissance du brûleur (dans le cas d'une chaudière au gaz) ou du gicleur (dans le cas d'une chaudière
au mazout) ne doit pas être supérieure à la puissance de la chaudière, sans quoi une partie de la
puissance de la flamme ne peut être absorbée par l’échangeur de la chaudière et est perdue dans les
fumées. Dans le cas où une chaudière est surdimensionnée, des économies peuvent être réalisées en
réduisant la puissance du brûleur.
On peut comparer cette puissance à la puissance utile de la chaudière et se rendre ainsi compte de la
charge de la chaudière. Par exemple, une puissance de brûleur inférieure à la puissance de la chaudière
permet d'augmenter le temps de fonctionnement du brûleur, ce qui est favorable à une bonne
combustion (moins de cycles de démarrage/arrêt).
La puissance de la chaudière (kW ou kcal/h) est la puissance nominale qui peut être
transmise par l’échangeur air/eau de la chaudière. Elle est indiquée sur la plaque
signalétique de l’appareil.
Pour information, 1kW équivaut à 860 kcal/h.
Plus la puissance du brûleur est faible en comparaison avec la puissance de la chaudière, meilleur est le
rendement de combustion (car la surface d'échange par kW de flamme est plus grande et les fumées
ressortent plus froides). Mais la puissance du brûleur ne peut pas non plus être trop inférieure à la
puissance de la chaudière (sauf pour les chaudières basse température et les chaudières à condensation)
sans quoi les fumées sont trop refroidies, de la condensation peut alors apparaître dans l’échangeur et
ainsi causer des problèmes de corrosion. De manière générale, il ne faut pas descendre en dessous de
50% à 60% de la puissance de la chaudière.
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CARACTÉRISTIQUES DE LA CHEMINÉE
La dépression dans la buse de cheminée est l'image du tirage de cette dernière, quand le brûleur est en
fonctionnement. Elle est exprimée en Pascals (Pa).
Pour les chaudières fonctionnant en dépression (les chaudières dont on peut ouvrir le regard), il faut que
la valeur de la dépression soit comprise entre 10 et 15 Pa afin de permettre une combustion et une
évacuation des fumées correctes.
Si la dépression dans la cheminée est inférieure à 10 Pa, le tirage n'est pas suffisant. Il y a alors un risque
de surpression dans le foyer, d'introduction de gaz de combustion dans la chaufferie et de production
d'imbrûlés (suies, CO).
Si la dépression dans la cheminée est supérieure à 15 Pa, le tirage est trop important, les fumées sont
aspirées trop rapidement par la cheminée et se refroidissent moins. Dès lors, leur chaleur n’est pas bien
transmise à l’eau chaude et il en résultera une baisse de rendement. L'installation d'un régulateur de
tirage ou son meilleur réglage (s'il existe) s'impose donc.
INDICE DE NOIRCISSEMENT DES FUMÉES
L'indice de noircissement des fumées ("Indice fumée" ou "indice Bacharach") est l'image
de la production de suie du brûleur. Il est mesuré en aspirant les fumées au travers d'un
papier filtre et en comparant à l'échelle de noircissement ci-contre.
Plus il est élevé et plus la teneur en suies est importante. L'objectif est un indice de 0,
mais 1 est une valeur acceptable. Si l'indice est supérieur à 1, une amélioration s'impose
(meilleur réglage ou changement du brûleur). En effet, lorsque de la suie est produite,
elle vient se coller sur l’échangeur et freine le transfert de chaleur. Ceci entraîne une
diminution du rendement de la chaudière (1 mm de suie correspond à une réduction de
4 à 8% du rendement de combustion).
La formation de suie et de CO (qui composent les d'imbrûlés) sont liés. Une teneur en CO des fumées
mesurée de 75 ppm équivaut à un indice de Bacharach de 1.
La production de CO et de suie (et donc un mauvais indice Bacharach) est le résultat d'un manque d'air
comburant lié par exemple à :
Un réglage de l'excès d'air trop faible (s'accompagne alors d'un déficit de CO2 dans les fumées) ;
Un manque de ventilation de la chaufferie ;
Attention, cette ventilation peut être correcte au moment de la mesure et ne plus l'être
au quotidien car on avait enlevé le capot du brûleur, car on avait laissé la porte de la
chaufferie ouverte, ...
Un gicleur/brûleur mal adapté à la chaudière ;
Un tirage incorrect de la cheminée (trop grand, trop faible, inconstant) qui perturbe le
développement de la flamme et qui risque de provoquer des retombées dangereuses de CO vers
la chaufferie.
TENEUR EN CO2 DES FUMÉES
Plus la teneur en CO2 des fumées est élevée, meilleur est le rendement de combustion. Sa valeur
théorique maximale est de 15,2 % pour une chaudière au mazout et 11,9 % pour une chaudière au gaz
naturel.
Ces valeurs théoriques ne sont jamais atteintes en pratique car elles correspondent à des excès d’air très
faibles, et donc à des modes de combustion à l’origine de suies et d’imbrûlés.
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Les valeurs cibles à atteindre sont :
12,5 % pour une chaudière au mazout d'une puissance inférieure à 400 kW et 13 % pour une
chaudière de plus de 400 kW ;
10 % pour une chaudière au gaz (air pulsé).
Influence du réglage de la combustion et de l'excès d'air :
Une trop faible teneur en CO2, entraînant un mauvais
rendement de combustion, peut avoir deux origines :
Un excès d'air trop important qui dilue les gaz de
combustion. A titre d'exemple, un excès d'air de 50
% conduit à une perte calorifique d'environ 2 % ;
Un excès d'air trop faible et donc un manque
d'oxygène pour assurer une combustion complète
du combustible.
Source : www.energieplus-lesite.be
Une valeur de référence est un excès d'air de l'ordre de
17 à 24 %, valeur qui dépend du tandem
brûleur/chaudière. En dessous, il y aura production
d'imbrûlés et de monoxyde de carbone (CO) et audessus, le rendement de combustion diminue.
TEMPÉRATURE DES FUMÉES
A la sortie de la chaudière, les fumées sortent à une température encore relativement élevée. La
chaleur contenue dans ces fumées est celle qui n’a pas été transférée à l’eau chaude par l’échangeur de
chaleur. Donc plus la température des fumées à la sortie de la chaudière est importante, plus les pertes
sont grandes et moins bon est le rendement de combustion.
Les valeurs cible à atteindre pour la température nette des fumées (différence entre la température des
fumées et la température ambiante de la chaufferie) sont de :
120°C pour les chaudières modernes (et moins encore pour les chaudières à condensation) ;
160°C pour les anciennes chaudières au gaz ;
180°C pour les anciennes chaudières au mazout ;
Une augmentation de 15°C de la température des fumées signifie une diminution de 1 à
1,5 % du rendement de combustion.
Une température de fumées trop importante peut signifier que :
La conception de la chaudière n’est pas bonne (ancienne chaudière) ;
Le brûleur est inadapté ou trop puissant par rapport à la chaudière ;
Le tirage est trop important (dépression de la cheminée > 20 Pa) ;
Il y a de la suie sur l’échangeur et dès lors la chaleur n’est pas bien transmise à l’eau.
Pour les anciennes chaudières, la température des fumées ne doit pas être trop basse non plus sans quoi
on pourrait voir apparaître de la condensation dommageable pour l’échangeur. Une température
inférieure à 160°C pour une chaudière ancienne peut traduire la présence d’un brûleur de trop faible
puissance, ou un excès d’air trop important (pouvant être causé par des défauts d’étanchéité de la
chaudière).
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TEMPÉRATURE AMBIANTE
La température ambiante est la température de la chaufferie mesurée à l'entrée du brûleur.
Lorsque la mesure du rendement est effectuée manuellement, de nombreux chauffagistes
indiquent par défaut une valeur de 20°C. La température réelle de la chaufferie est bien
souvent différente, parfois de plus de 30°C dans d'anciennes chaufferies. Cela change un
peu le résultat dans le calcul du rendement…
RENDEMENT
Le rendement de combustion de la chaudière est défini comme étant le rapport instantané entre
l’énergie utile transmise à l’eau chaude, et l’énergie combustible totale (en tenant compte du pouvoir
calorifique inférieur du combustible) consommée pendant la combustion.
Il s'agit ici du rendement de combustion, c'est-à-dire un rendement instantané lorsque le
brûleur est en fonctionnement. Il ne représente donc pas le rendement global de la
chaudière durant toute la saison de chauffe, qui est évidemment inférieur puisqu'il prend
également en compte les pertes de la chaudière lorsque le brûleur est à l'arrêt.
Si le rendement d’une chaudière atmosphérique n’est que d’environ 85 %, un rendement inférieur à 88
% pour une chaudière à air pulsé (gaz ou mazout) doit être considéré comme inacceptable et une
amélioration doit être apportée ou même envisager le remplacement du brûleur et éventuellement de la
chaudière. Un bon objectif est 92 % de rendement de combustion pour une chaudière à air pulsé
classique, et 101 % pour une chaudière à condensation.
BON ÉTAT DE FONCTIONNEMENT
Si les paramètres contrôlés répondent aux exigences de réglementaires, l'attestation de contrôle portera
la mention : "L'installation est en bon état de fonctionnement". Dans le cas contraire il sera mentionné
que "l'installation n'est pas en bon état de fonctionnement".
Notons qu'une installation non-conforme devra être mise en conformité endéans les cinq
mois et pourra fonctionner durant maximum 3 mois (entre septembre et avril) si elle
chauffe une habitation pour autant qu'il n'y ait pas de danger pour les occupants.
L'interprétation de l'attestation de contrôle d'une chaudière (août 2015)
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AMÉLIORATIONS POSSIBLES
Constat
Conséquence
Température des
fumées trop élevée
Perte de
rendement
Temp. des fumées
trop faible (< 160°C si
ancienne chaudière)
% CO2 trop faible
(<12 % si mazout ou
<9 % si gaz)
Risque de
condensation
Production d'imbrûlés
(suies, CO)
Indice Bacharach > 2,
CO > 75 ppm
Perte de
rendement
Pollution
atmosphérique
Encrassement
de la
chaudière
Perte de
rendement
Causes possibles
Encrassement de la chaudière
Tirage de la cheminée trop important
Conduit de fumée trop court ou de section trop
grande
Excès d'air trop important
Excès d'air trop important
Mauvais mélange air/combustible au niveau de la tête
de combustion
Si volet d'air presque fermé, entrées d'air parasites
dans la chaudière
Excès d'air insuffisant ou extrêmement important
Mauvais mélange air/combustible au niveau de la tête
de combustion
Registre d'air bloqué en position intermédiaire
Ouïe d'aspiration du brûleur obturée (poussières, ...)
Gicleur non adapté ou défectueux (rayure ou
obstruction) (mazout)
Arrivée irrégulière de combustible
Température du mazout trop basse
Tirage de la cheminée insuffisant
L'interprétation de l'attestation de contrôle d'une chaudière (août 2015)
Améliorations à envisager
Nettoyer la chaudière
Placer un régulateur de tirage sur la cheminée ou le régler s'il existe
Vérifier et diminuer la section de la cheminée
Régler le registre d'air
Régler le registre d'air
Régler la tête de combustion ou la remplacer
Colmater les inétanchéités de la chaudière (portes, entre éléments en
fonte)
Régler le registre d'air
Régler la tête de combustion ou la remplacer
Nettoyer et régler le registre
Nettoyer le brûleur
Vérifier l'adéquation du gicleur (angle/débit), le nettoyer ou le remplacer
Vérifier le filtre à combustible et le bon fonctionnement de la pompe
(mazout) et du régulateur de pression
Vérifier l'état et le réglage du réchauffeur
Colmater les inétanchéités de la chaudière (portes, …)
Vérifier si la buse de la chaudière n'est pas trop enfoncée dans la cheminée
Nettoyer la cheminée
Modifier le tracé de la cheminée si trop sinueux
Écarter la dalle de couverture de la cheminée
Vérifier le bon positionnement du débouché de cheminée
Placer un aspirateur statique sur la cheminée
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SITES UTILES
www.energieplus-lesite.be/index.php?id=10908
L'interprétation de l'attestation de contrôle de manière plus détaillée
http://airclimat.wallonie.be/spip/Article-227.html
On y retrouve la réglementation en vigueur, la liste des techniciens agréés, les formulaires de
demande d'agrément pour les techniciens, des modèles de documents (attestation de contrôle,
rapport de réception, …) et d'autres documents utiles.
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Document réalisé par :
Union Wallonne des Entreprises
Chemin du Stocquoy 3 - B-1300 WAVRE
Tél : 010/47.19.43
[email protected]
www.environnement-entreprise.be
Avec le soutien de :
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