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PARALLELE(S)
l’aCTUALITé CULTURelle autour de l’INDRE-ET-LOIRE
#12
PARALLELE(S)
ELE(S)
PARALLELE(S) 12 / Bimestriel / Gratuit / Avril - Mai 2010
Bimestriel / Gratuit / Avril - Mai 2010
GéoMETRIK
#12
édito
Notre nouveau site en ligne
par Marie Lansade
Parallèle(s) va fêter ses deux ans. Ce n’est pas n’importe quoi, dans cette période difficile pour
la presse écrite. Noël Mamère, lors de sa venue à Tours pour le café média « Presse et Politique »
organisé par le Club de la Presse, s’exprimant sur la presse alternative, a rappelé combien la pluralité d’expression est fondamentale, et qu’il était du devoir des pouvoirs publics de la favoriser : on
adhère à 100%, même si pour nous force est de constater que ce soutien est en règle générale bien
faible. Cela procède même d’une certaine incohérence : pourquoi ignorer un magazine culturel qui
se fait largement l’écho de la diversité culturelle ? Comment faire l’impasse sur les milliers de lecteurs
qui s’arrachent Parallèle(s) ? Comment ne pas réaliser que Parallèle(s) est une belle « carte de visite
culturelle » pour les Tourangeaux et les gens de passage ? Certes, nous disons ce que nous avons à
dire, c’est notre travail de journalistes. Certes, on ne va pas écrire des pages et des pages sur des
manifestations institutionnelles largement relayées. Notre ligne éditoriale est de découvrir, dénicher,
suggérer, donner envie, de dénoncer, aussi, quand il y a lieu. De garder notre ton, enthousiaste ou
impertinent. De donner la parole et de se faire l’écho des difficultés des acteurs culturels. Les innombrables retours positifs sur le terrain prouvent que l’on a gagné cette première partie de l’aventure,
celle de devenir un magazine culturel de référence ; de s’affirmer, à notre petite échelle, comme un
contre-pouvoir intelligent, garant d’une saine démocratie. C’est donc joyeux et confiants, boostés par
le printemps et les infinies possibilités de ses métamorphoses, que nous passons un autre cap, avec
la sortie de notre nouveau site internet. Bonne navigation!
sommaire
5
Page 4
Page 5 Pages 6 à 13
Page 14
Page 15
Pages 16
Page 17 et 18 Page 19 Page 20 et 21 Page 22 [
7
13
9
14
19
15
22
EMBRAYE... ça fume !
FESS PARKER...
VU par Doc Pilot
Février, Mars, l’émoi des guitarres !
ACTUS
Artistes - Entreprises, La PLEIADE...
JEUNE PUBLIC
Richard Graille...
TRANSFERT
Sammy Engramer : STARGAME, Shoko Ogoshi à l’Octroi avec Mode d’emploi.
CAMPUS
Another Touch !
CHRONIQUES
Livres, cd’s, cinéma.
HISTOIRES DE TOURS
Le Docteur Pierre Bretonneau
PATRIMOINE
Le potager de PANSERNATURE...
PORTRAIT :
ANTOINE GUERBER
Un rédactionnel très chargé n’a pas permis, pour ce numéro, de faire une page carnets de voyage.
Nous nous excusons auprès de nos lecteurs.
PARALLELE(S)#12
[
4
l’aCTUALITé CULTURelle autour de l’INDRE-ET-LOIRE
Directrice de publication : Marie Lansade
Rédactrice en chef : Marie Lansade (marie@parallelesmag.com)
Graphisme et mise en page : Diego Movilla (diego@parallelesmag.com)
www.parallelesmag.com
Ont collaboré à ce numéro
Guy Bonnet - Hervé Bourit – Chris – Gary Constant (gary@parallelesmag.com) – Ludovic Evelin – Jules Flamand
F.L. - Martin Fleury - – La Fouine du Web – Christiane Fouré - - Sylvie Hubert – Livre Passerelle
Lola (lola@parallelesmag.com) – Lou – Savinho da Lunçat - Kim Lureuil - Doc Pilot – Valérie Pochart-Auger
Michel Provost – Marie Remande - Mathieu Richard
Impression : Roto Centre (45)
Web : Ludovic Evelin / www.priority.fr
Distribution :
Cultivons Notre Art de Ville
Le magazine PARALLELE(S) est édité par l’association Parallèle(s) / hello@parallelesmag.com
65, rue Jacob Bunel 37000 TOURS / 06 60 18 67 15 / Fax : 09 72 15 21 06
www.parallelesmag.com /
www.facebook.com/paralleles.tours
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Parallèle(s) #12 / Bimestriel / Gratuit / Avril - Mai 2010
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Vous pouvez déjà voir...
Embraye...
ca fume
F
bandits avant de revenir les terrifier grâce à un rite vaudou,
signalons qu’il est le produit de
la FULL MOON, compagnie américaine de Charles Band, célébrissime pour tous ses directto-video comme l’interminable
saga des PUPPET MASTERS dans
les années 80-90. A chaque
fois, l’éditeur fait ce qu’il peut
avec le matériel d’origine. On
va ainsi du médiocre (rare) à
l’excellent pour les copies proposées. Les bonus sont souvent
pertinents. Du bien beau travail en vérité.
Il fut un temps où les écrivains de
science-fiction qui s’essayaient
au polar étaient mal vus par
certains de leurs confrères et
vice-versa. Cela donna des
résultats parfois inégaux mais
pourtant passionnants comme
les cas, par exemple, de Donald Westlake et de Ian Banks.
Il y en a un autre qui mérite
notre attention, c’est Isaac Asimov. Savez-vous que l’auteur
de «FONDATION» et des «ROBOTS» imagina toute une
série de romans policiers point indignes du CLUB DU
MARDI d’Agatha Christie : «LES VEUFS NOIRS». Là aussi
des gens issus de la bonne société se retrouvent fréquemment pour résoudre des énigmes proposées par
leurs invités d’un soir. Parues initialement dans l’ELLERY QUEEN’S MYSTERY MAGAZINE, ces nouvelles, à lire
avec parcimonie de crainte de friser l’indigestion et
pour pouvoir mieux les apprécier, furent l’objet d’une
traduction par 10-18 il y a une vingtaine d’années.
Très vite épuisées, voici que les éditions OMNIBUS ont
l’heureuse initiative de ressortir, comme de coutume,
en un fort gros joli volume, l’intégrale de la série, soit
cinq recueils. Contrairement à la «Reine du crime»,
Asimov est plus ludique avec le lecteur car, si l’on est
très attentif, on peut résoudre soi-même la plupart des
casse-tête, chose quasi impossible avec la maman
d’HERCULE POIROT !
Joe Yabuki est un jeune voyou, prompt à la bagarre,
qui fait les 400 coups dans le Tokyo d’après-guerre
mais un ancien boxeur décide de s’occuper de lui et
de le former. C’est «ASHITA NO JOE», un manga d’Asao
Takamori et Tetsuya Chiba. Ca date de 1968. C’est
bourré d’humour et de gravité. C’est volontiers anarchiste. C’est superbe et ça paraît dans la collection
«VINTAGE» des éditions GLENAT.
Il me semble vous avoir déjà dit que la plupart des
albums de BD français se ressemblent sept fois sur
dix. Pour trouver des choses originales, il faut fouiller
et on est parfois récompensé. Ce fut le cas via le génial «LE SYNDROME DE WARHOL» chez DESINGE & HUGO &
CIE. Avec un dessin mêlant tout à la fois le grotesque
de Crumb et l’efficacité narrative d’un Tardi, le duo
Cren et Cerqueux, déjà responsable du remarquable
«DERAPAGE», m’a sidéré dans le bon sens du terme. En
lisant cette histoire de chasse à l’homme terrifiante,
légèrement absurde et psychédélique à souhait, qui
aurait pu paraître dans le ACTUEL de la grande époque, je me suis dit qu’enfin nous avions là un underground français valable, intelligent et crédible, ce qui
n’est pas toujours le cas, même chez L’ASSOCIATION
que j’aime pourtant bien, et surtout que cet album-ci
pourrait en remontrer à certains artistes américains
par Doc Pilot
page5
http://www.myspace.com/docpilot
photos : Sylvie Hubert
Février, Mars,
embraye-ca-fume.over-blog.com
l’émoi des guitares
Cinquième concert En Attendant : Bikini Machine,
excellent néosixties talentueux, huilé et inventif, au
contraire de Weave, pseudo B52’s clownesque et inégal. Au 213, Jaja présente des épures naïves, bof ; à la
Médiathèque de La Riche, Mathilde de L’Ecotais « plasticienne culinaire », microphotographie la nourriture… Pas faim. De l’art enfin avec l’excellent travail
du peintre Mohammad Hamdan en l’espace Mauricio
Cordero : de la technique, des couleurs et du style.
Au CCC, visite commentée par Guislain Lauverjat : un
d’aujourd’hui. Autre album notable, dû à Guillaume
Griffon, jeune artiste (il est né en 75), élevé aux comics et ciné US, «APOCALYPSE SUR CARSON CITY», paru
chez AKILEOS. Un bel hommage à Tarantino et consort,
mêlant zombies et policiers à qui on ne la fait pas,
dans un noir et blanc assez manga dans l’esprit mais
avec une réelle personnalité dans l’art du récit et du
découpage. C’est le premier tome et on surveillera la
suite. Et pour finir avec ce chapitre BD, avant d’y revenir une prochaine fois avec ce qui se passe ailleurs
qu’en France, mentionnons une uchronie assez captivante et attachante, malgré la médiocrité des couleurs (ah, ces ordinateurs !) et un dessin parfois trop
mièvre, «NICO,
T1 : ATOMIUMEXPRESS»
de
Berthet et Duval
chez DARGAUD
: et si Roswell
avait vraiment
eu lieu et que
Kennedy, Marylin Monroe et
Staline étaient
toujours vivants
à la fin des années soixante
dans une société où agents
secrets américains et russes se livrent une course effrénée dans la
maîtrise de la technologie extraterrestre.
Fess Parker vient de nous quitter. Ce nom ne vous dit
certainement rien et pourtant vous l’avez tous admiré
au moins une fois dans votre enfance. A la télé, c’était
lui, DAVY CROCKETT, ROI DES TRAPPEURS.
A se procurer manu militari, le numéro spécial horssérie du COURRIER INTERNATIONAL sur le Japon, intitulé
POP JAPAN. Plein de dossiers instructifs et bien foutus
dans l’ensemble, pour tout savoir, de nos jours, sur le
versant culturel populaire de ce pays qui n’a vraiment
pas fini de nous émerveiller. Et puis, dès la couverture, vous verrez, on y est déjà.
VU( )
http://www.dailymotion.com/xraypop
FESS PARKER
aisant suite à «PUTAIN D’OLIVIA», «CONFESSIONS D’UN LOSER», de Mark Safranko, continue de
narrer les pérégrinations érotomanes et stupéfiantes
(au sens propre comme au figuré) de Max Zajack,
sorte de laissé pour compte de la société américaine
des «eighties». Safranko utilise une écriture acérée
et poisseuse à la Bukowski auquel nous ne pouvons
nous empêcher de penser. Tommy Trantino, lui, est
une véritable légende du milieu carcéral américain.
Accusé du meurtre de deux policiers, il a passé près
de quarante ans derrière les barreaux dont huit dans
le couloir de la mort, à attendre, chaque matin, son
exécution. De cette angoisse permanente, est née
«LOCK THE LOCK», autobiographie rageuse et implacable tentant d’expliquer comment les choses en sont
arrivées là. Deux livres «chocs» nous étant rendus accessibles grâce au remarquable travail éditorial de
13E NOTE EDITIONS.
Richard Elfman est le frère de Danny Elfman, le compositeur de musique de films.
Il est aussi réalisateur et
nous a donné une poignée
d’œuvres fortement sympathiques comme FORBIDDEN
ZONE, comédie fantastique
musicale hallucinante disponible, en DVD, chez
LE CHAT QUI FUME et REDUCTEURS DE TETES sortie chez
ARTUS FILMS (www.artusfilms.com). Ces derniers,
basés à Montpellier, ont
eu la très bonne idée de se
spécialiser dans les séries B venant d’un peu partout
et de toutes les époques. C’est ainsi qu’ils nous permettent de (re)découvrir, avec joie, le Tchèque Martin
Fric ou la firme mythique française Eurociné avec
quelques fleurons érotiques comme l’incroyable HELGA
LA LOUVE DE STILBERG
d’Alain Payet (oui, le
célèbre réalisateur de
pornos) avec les pulpeuses Malisa Longo
et Patricia Gori.
L’action est intemporelle et est censée se
passer dans un pays
imaginaire d’Amérique Latine soumis au
pouvoir de la junte.
La terrible Helga est
nommée responsable de la forteresse
de Stilberg où sont enfermés tous les opposants au
régime, principalement des femmes. Dans un esprit
gentiment coquin, et sur une musique délicieuse, vont
se succéder scènes de lesbianisme avec filles attachées et fouettées, entrecoupées de scènes romantiques jusqu’à un final pétaradant de combat militaire.
Pour vous faire une petite idée, imaginez le croisement entre la sublime bande dessinée sado-maso de
John Willie «GWENDOLINE» et «TINTIN ET LES PICAROS» !
Antonio Margheriti, maître transalpin, est également
à l’honneur avec LA SORCIERE SANGLANTE, chef-d’œuvre du fantastique en noir et blanc mettant la grande
prêtresse de l’horreur gothique, Barbara Steele, dans
la peau d’une sorcière du XVIe siècle qui va revenir
d’entre les morts pour se venger des descendants de
son meurtrier, un riche comte. Pour en revenir au rigolo et inventif film d’Elfman, lui aussi sur le thème de
la vendetta puisque des adolescents sont tués par des
M
par Gary CONSTANT
VU n n
Roland Devolder
véritable show pour donner du sens à la démarche
de Claude Rutault dans son installation de la collection Société Générale. A la salle du patronnage La
Fuye/Velpeau, les Hommes Verts fêtent la St Valentin ;
blindé de monde, festif et convivial ( mince y’a plus
de punch ), Padawin cartonne dans le rythme et l’image, The Psychologist and his Medecine Band offre un set
parfait et onirique ; à l’instar du travail de Cœur à l’Annexe : mise en scène soignée de l’animal décalqué
en l’humain. Lovely Bones de Peter Jackson aux Studio
nous poussent à croire aux fantômes vengeurs : Zai
peur !!! En Attendant toujours, mais
au Bateau Ivre : la
cold wave romantique du talentueux
Cercueil, un climat hivernal et inventif, en
première partie du
très buzzifié Turzi ; je
Turzi
fuis au 3e morceau
tant le son m’agresse (mais ils ont de belles guitares
les gars de Versailles !!!). En route vers l’art majeur
à la Chapelle Sainte Anne, le travail du Belge Roland Devolder : des barques avancent sur le sous-sol,
des hommes-poissons hésitent entre l’air et l’eau,
voir les petites filles sexuées de Ayako David Kawauchi,
les tranches de noir de Nurcan Giz , fort et troublant.
Passage Chabrier à Saint-Pierre, Michel Gressier présente D’ailes & d’eau, une exposition d’une cohérence rare, une réflexion picturale sur La Loire et ses
variations de niveau et de
paysages : un événement.
C’est le mois des guitaristes : le brillant José Laracelleta de Bluesy Roosters au
Bateau Ivre, en première
d’un show rock’n roll et généreux du légendaire Little
Bob ; à l’ Atrium de SaintAvertin, l’incroyable Thomas
Poli au son noisy accompaDominique A gne le maître Dominique A
lui-même généreux sur le hachage systématique de
sa Telecaster ( le concert de l’année ?) ; le jeune
Hassan Hajdi chez Ange à l’Espace Malraux emporte le
morceau, éclipse le chanteur légendaire et provoque
une standing ovation !!!
Bernard Allison en l’espace
Ligéria à Montlouis nous
offre une superbe reprise
du « Fire » de Hendrix :
ouahh! Dans le même lieu,
Robert Johnson (Gibson) et
Nicolas Stevens (violon/claviers) nous balancent la
purée électrique derrière
un Miossec au meilleur de
sa forme, entre émotion et
provoc, un peu de celles
Bluesy Roosters
qui manquent à Benjamin Biolay en l’Espace Malraux,
trop propret à mon goût et desservi par un son à
chier : elles adorent. Restent en l’accueil 17 grand
formats de Francois Pagé, prétextes à rêver et méditer.
Au retour passage
au bar Le Velpot :
Antonin intense et
passionné chante
Ferré, suivi à l’arrache par Fréderic
Godart dans du
Brel et du Lapointe : c’est la fête
comme
toujours
à Velpower Village,
le quartier des artistes. En gare de
Tours, Perry & Boulanger sacrent Le
Printemps des PoèAnge tes : c’est gai et
c’est ….frais. Plein de voix de fantômes en l’Octroi,
le travail de Shoko Ogoshi. La claque au Château de
Tours avec les peintures de Jocelyn Herbelot empreintes
de culture rock et BD, figurations des petits cowboys
et indiens avec lesquels nous jouions gamins. Carole
Marchais à La Caserne propose une installation purement jocondienne
dans les matériaux utilisés, du
caoutchouc
de
chez Michelin et
des sarments de
vigne du cépage
Noble Joué : superbe et didactiCercueil que. Sur France2,
Boogers présente son nouvel album ! D’une expo
l’autre, Alain Bublex, un des « artistes du siècle »,
pour une rétrospective de son œuvre photographique au CCC, l’étrange Laurent Bouro au 213, Sun Cha,
Roullier et Charly chez Mauricio Cordero, Gilles Martin
et son Arche photographique au Péristyle ; la palme au jeune et brillant Donatien
Aubert à la Galerie
Acéphale : modernité
et relecture nanotechnologique appliquées
à l’expression, usage
du microcosme pour
Michel Gressier
initier des œuvres uniques : une révélation. Sortie
d’un album inédit de Hendrix ; Johnny Winter annoncé
sur Avoine Zone Blues, expo photo de Didier Laget à
Berlin, Pascal Le Gall en installation en la Chapelle :
les eaux de Mars sont fécondes et surprenantes, et
les guitares, électriques… Un temps à finir à Shutter
Island !!
visite guidée
page7
Les « Mots d’amour secrets » de
Jacques
Perry-Salkow
et
Frédéric
Schmitter
Les
artistes
dans
les
entreprises
seconde édition !
par Marie Lansade
Au départ, deux mondes bien éloignés l’un de l’autre : d’un côté des artistes, de l’autre le monde de l’industrie ou du tertiaire. Deux rapports au monde et à la vie,
qui d’un coup se confrontent… Amener des artistes au sein d’une entreprise n’est pas en soi une évidence, et pourtant, après l’édition 2007, l’association Touraine Mécénat Entreprises (1)
a souhaité que l’expérience se renouvelle en 2010.
Marie-Claude Valentin est la coordinatrice de Mode d’Emploi (2), l’association qui signe le partenariat avec Touraine Mécénat Entreprises et les artistes de l’association
pressentis. « La première édition s’est très bien passée, même
si à l’époque beaucoup d’entreprises ne savaient pas ce
qu’était le mécénat ! Un artiste en entreprise, c’est un électron
libre, qui intervient sur toutes les strates, qui permet d’offrir un
autre regard aux employés et aux chefs d’entreprise. C’est aussi
intéressant pour l’artiste qui sort de son milieu, rencontre
une technique, une matière, des ambiances, se confronte
à l’actualité économique et sociale. Cela nourrit le travail de l’artiste, qui doit produire une œuvre interrogeant
le champ d’action de l’entreprise. Et tout le monde est
concerné : en 2007 chez Plastivaloire, chaque employé
avait un temps sur son temps de travail pour parler avec
Bernard Calet. Chez RCP, tout le personnel avait procédé à l’élaboration. Idem chez Strego, avec des réunions
régulières entre les employés et la plasticienne Yveline
Bouquard, et ce sont eux qui ont demandé à ce que
l’entreprise achète les œuvres(3)… Les intérêts ne sont pas
qu’esthétiques. Au-delà de l’événement, il y a un fonds
culturel commun, comme le cas de Marie Thouin qui va
cette année intervenir au Crédit Agricole. Les parents
de Marie sont agriculteurs, en plein dans le problème du
lait, donc ce n’est pas anodin… »
Autre exemple entre artiste-nomade et entreprise-sédentaire,
Charles Bujeau au Pôle Santé Léonard de Vinci
Attentes…
« … L’idée de fond est de proposer aux artistes un lieu
d’inspiration et de production dans lequel ceux ci vont
pouvoir produire une oeuvre, en se nourrissant de ce
qu’ils perçoivent de l’entreprise, de son environnement,
de sa production et des gens qui y vivent.
Cette dynamique devrait permettre des échanges au sein
même de l’entreprise avec si possible une transversalité
forte (dirigeants, cadres salariés), créant inéluctablement
des rencontres et donc renforçant les liens dans la vie
quotidienne au sein de l’entreprise.
Elle peut même être à l’origine d’une remise en question
sur le sens de nos collaborations internes et sur la valeur
de ce que nous produisons.
A la suite d’une visite un peu détaillée, beaucoup de choses ont interpellé Charles Bujeau, comme la procréation
médicale assistée, la technicité des blocs opératoire et
de la chirurgie, les services de soins et plus particulièrement celui des Soins palliatifs, l’environnement du pôle
mère enfant… Beaucoup d’intervenants au sein de notre
établissement ignorent eux- mêmes une partie importante
de notre diversité,
et son rôle sera sans doute de la faire découvrir. Nous
sommes convaincus que l’expérience sera belle et riche
en découvertes et en aventures humaines pour le bien-être
de tous, soignants, administration, patients et familles.
Dr Michel Rouif, chirurgien plasticien
Membre du directoire du Pole Santé Léonard de Vinci
Vice Président de l’Association des Chirurgiens plasticiens de l’Ouest
(ACPO)
… et propositions
J’aurai trois axes de recherches : l’identité (de l’humain) ;
l’image du corps (visages et membres), sublimée, fantasmée, sociale, culturelle ; la normalité (et son corollaire : la maladie).
L’image artistique récolte la charge symbolique (et éventuellement son pathos) pour la sublimer et faire en sorte
que le « spectateur « (qui est aussi souvent l’acteur et /
ou le patient ) puisse se la réapproprier … L’identité : « qui
suis-je ? » nous amène à nous demander si nous sommes
bien notre corps (souffrant ) puisque le lieu du soin indique d’abord le primat du corps sur l’ipséité…
Mais le spectateur peut aussi se « retourner » vers cette
proposition plastique que l’artiste lui propose et (tout en
se regardant dans le miroir* appréhender une autre réalité : celle DU CORPS à la fois lui et l’Autre…
L’image nous amène sur le terrain de la reconnaissan-
100 lettres à décoder
pour amants polissons
par Marie Lansade
Rencontrer Jacques (Perry) sans Elisabeth (Boulanger) ne s’envisage même
pas, tant ces deux là sont en résonance l’un par rapport à l’autre, dans
une telle complicité amoureuse, musicale et littéraire. Dans leur appartement niché au dernier étage de l’Etoile Bleue, l’ancienne maison close,
dans ce lieu même où vécut Madame Andrée, la mère maquerelle, le chat
fait sa sieste, Jacques un peu anxieux cherche le regard d’Elisabeth…
Laboratoire Chemineau
Xavier Monjanel (directeur)et Frédérique Fleurance (artiste)
Vernissage en 2007 Artiste/entreprise à l’initiative de Mécénat Touraine Entreprises
ce, de l’acceptation (de son corps morcelé, modifié …)
l’image c’est celle que l’on envoie et que l’on reçoit ;
dans cette inadéquation irrémédiable l’image sacralisée
de l’art remet de l’harmonie, de la poésie, du sens …
La normalité : la norme sociale et culturelle est au delà
de la « santé » et pourtant un indicateur de normalité
et d’anormalité existe .Cette limite ténue où tout bascule
peut être mise en image, touchée du doigt … C’est cela
aussi l’action de l’artiste : donner à voir cette limite et en
accepter le caractère scandaleux mais humain …
*Les images proposées seront toutes présentées sur un fond de miroir partiellement sans tain. Les lieux stratégiques et symboliques d’expositions
seront déterminés dans chaque service du pôle en concertation avec le personnel
soignant.
Charles Bujeau, plasticien.
L’opération commencera le 17 mai, avec un rendez-vous le 27 à la CCI
et durera jusqu’au début du mois de juin. Une vingtaine d’artistes et
une quinzaine d’entreprises y participent.
(1) Touraine Mécénat Entreprises : association philanthropique associée à de
nombreux projets culturels, regroupant environ 35 d’entreprises tourangelles.
(2) Mode d’Emploi : l’association propose une autre façon d’accéder à l’art
contemporain, via diverses manifestations : Petits formats, installations sur l’Ile
Simon, résidences à l’Octroi… Plus de 160 artistes ont participé au moins une fois.
(3) Les artistes reçoivent une aide à la production, et les entreprises peuvent
acheter leurs œuvres.
www.mode-demploi.org
VU n n
« Ce qui n’a pas de secret n’a pas de charmes » (Anatole France)
Le verrou
Toi
Pousse
Le verrou
Tire
Mes bottines
Remets-moi
Une coupe
Prends
Ma main
Baise
Mes seins
Viens sur
Ca dépote à l’Annexe de Saint-Avertin. En invitant un
jeune artiste du cru, Thibaut Jandot, alias Cœur, jusqu’au
2 février, le service culturel de la ville avait fait un pari
osé. Car si les peintures de l’ancien graffeur séduisent un
public décloisonné, son discours, lui, détonne. Au vernissage, il citera d’ailleurs Toulouse-Lautrec pour présenter son
travail : «La peinture, c’est comme la merde : ça se sent,
ça ne s’explique pas.» Impertinent, donc, mais avant tout
honnête. A l’image de ses portraits d’animaux en costard,
parfois peints la clope au bec, et dont le regard est vibrant
d’humanité. Thibaut peint comme il parle : d’un trait, souvent borderline, mais toujours dans la justesse. Avec lui,
l’Annexe et la ville de Saint-Avertin se sont trouvé un bel
atout. De Cœur. A suivre de près car il ira loin.
Jules Flamand
Véronique LP à Vaugarni
Un récital de Véronique LP par un dimanche après-midi
venteux à la grange de Vaugarni. On ne m’avait dit que
du bien de cette chanteuse, mais les reprises ne sont pas
ma tasse de thé, enfin, ça ou les Studio….. Alors, là, la
claque ! Avec sa voix à la Cora Vaucaire, sa possession
parfaitement maitrisée de l’espace scénique, Véronique LP
a une élégance rare, et de cette femme jaillit le feu…. Des
reprises, oui (Ferré, Gréco…), mais aussi du Bruand, et
de sublimes chansons pour la plupart inconnues, moments
d’anthologie poétique, tragiques ou coquines, très drôles
aussi parfois… Le seul reproche : beaucoup de chansons
en espagnol, et quand on ne connaît pas la langue, au
bout d’un moment c’est lassant… En tout cas, c’est bien que
Vaugarni se soit inscrite dans Bruissements d’Elles.
M.L.
En attendant, MJC de Joué
Festival Indérock
Salle Oesia / 27 février 2010
Pour la troisième édition d’Indérock, la jeunesse tourangelle a une fois de plus répondu en masse à ce qui commence
à ressembler à LA grand’ messe «teenage rock» annuelle,
organisée par deux lycéens dont le talent se partage entre
un sens de la promo affolant et une programmation sûre
et ambitieuse. Les 1200 places vendues sont la preuve
que, définitivement, «kids are united» (Sham 69), «kids are
alright» (The Who) et «kids are coming up from behind»
(Lcd Soundsystem). Hystérie collective équivalente pour les
trois premiers groupes (I Am Un Chien, Naive New Beater,
Stuck In Sound), on est partis avant Pony Pony Run Run, la
faute au bar sans bière et rien à manger sur place (des trucs
de vieux faut croire...). Indérock montre que la jeunesse tourangelle rock existe et nous l’affiche fièrement : suivons cet
avenir plein de belles promesses les yeux fermés, on n’a
pas fini de s’amuser !
F.L.
La huitième soirée de la prog’ En attendant, à défaut de
remplir la salle de la MJC de Joué, a réussi à remplir nos
oreilles de bon et gros son. Les Bordelais de Minuscule Hey,
en première partie, ont ainsi joué un set très classe, bien
bricolé, ponctué de rythmiques pêchues. En deuxième partie, feu d’artifice avec Kim, «bousculateur» de genres, surfeur de l’impossible, réussissant de grands écarts entre un
son Supertramp, un riff rockabilly ou une ballade pop sur
l’anorexie - «Il dit qu’il voit pas le rapport» -, le tout joué sur
des instruments qui valent le coup d’œil. Ne serait-ce que
cet omnichord, instrument développé par Susuki au début
des années 80, ressemblant vaguement à une guitare sans
manche toute boutonnée, et pouvant produire à lui seul un
morceau bien étoffé. Entre deux morceaux, le trentenaire
nous balance sa vie, quitte à se prendre un peu les pieds
dans le tapis. Ainsi son opération kamikaze pour faire entonner au public son «tube» «Masturbation boogie».
Jules Flamand
L’oiseau bleu
Paco alias l’Oiseau bleu remplit des salles à Paris. Localement, il est seulement connu d’un microcosme. Comment
une ville peut-elle laisser échapper un oiseau pareil ? Parce
qu’il est bleu ? Remarque, il a de grandes ailes, et puis il est
encore plus libre que Max. Donc ce soir-là, le microcosme
en question s’empilait dans la salle du patronage laïc de la
Fuye : un concert de Paco, c’est comme les Noël en famille,
ça ne se rate pas… Et ça dérape aussi parfois, du fait
de groupies tellement excitées de voir leur idole qu’elles
ont noyé dès l’après-midi leur impatience dans des fûts de
Picon-bière. Pas grave, tout est permis ici, surtout de rire,
sans relâche, de ces rires qui partent du ventre, se noient
en hoquets, et finissent en morves mélangées avec celles
du voisin. De ce rire jubilatoire qui dit oui, Paco, tout ce
que tu dis est vrai, c’est aussi déjanté et kafkaïen que le
monde dans lequel on vit. De ses voyages en Forêt noire,
de son séjour en Suisse, de son copain le hérisson, on ne
vous en dira pas plus. Quand Paco délire sur la lutte des
classes, Coluche nous manque, mais on est bien content
d’avoir notre « oiseau bleu » (avec l’accent). A quand au
Grand Hall ?
Le lit
Quitte
Ton attirail
Caresse
Mon corps
Regarde
Le autrement
Faisons
Pour l’heure
La Noce
M.L.
Après
Ca fait longtemps qu’on suit Caro et son inséparable troisième poumon, Léon l’accordéon. Elle a ce soir-là carrément scotché son assemblée par sa maturité artistique épanouie et joyeuse. Elle a chanté lyrique, parlé grave, bégayé
drôle, vocalisé sensuel, prenant d’assaut la scène comme
un cheval fou de liberté, tour à tour femme amoureuse et
hystérique folle à lier, dans un florilège de petites chansons
à 50 carats qu’on pendrait bien à notre cou… Si la belle
se débrouille bien (elle en a la flamme et la pêche), elle
devrait vite franchir les barbelés du 3.7.
Seulement
La bavarde (au Léon) au Scherlok
www.myspace.com/labavardeauleon
M.L.
Tu me connaîtras
Mon amour
Lire ces lignes de bas en haut
L’atout Coeur
Actu(s)
Mots d’amour secrets
Ed. Points – 9,50 €
De la musique à l’écriture ?
(Jacques) : En fait, le goût de l’écriture m’est venu en premier (coup d’œil vers la
magnifique antique machine à écrire de sa mère, qui le fascinait), mais je l’ai
mis de côté car je me suis mis au piano après un coup de foudre pour Chopin.
Second coup de foudre : j’ai rencontré Elisabeth (chanteuse). Après une école de
jazz aux Etats-Unis, on trouve un boulot au Duke, le « cotton club » tourangeau,
et le duo Perry-Boulanger s’y installe pendant 10 ans. J’avais alors mis l’écriture
en stand by, j’écrivais juste de petits textes, des anagrammes.
Une fois de plus, c’est ta muse qui donne l’impulsion….
(Elisabeth) : Jacques est très doué, il joue bien, il écrit bien, il dessine bien : il est
agaçant ! Je me souviens très bien du jour où, en 1995, je me suis dit : il n’y a
pas le choix, si on veut assumer d’être artistes et de ne vivre que de ça, il faut
absolument que Jacques exploite toutes ses ficelles et qu’il recommence à écrire.
(Jacques) : C’était aussi une chose dont j’avais envie. Je suis allé par goût vers la
littérature contrainte, comme les anagrammes (son premier livre) ou les palindromes ; j’aime les étrangetés littéraires, du style : « elle ramassa pas à pas sa
marelle », qui peut se lire dans les deux sens. J’ai contacté la revue oulipienne
Formule, la revue des écritures à contraintes. J’aime lire la littérature classique,
mais j’aime écrire avec des contraintes.
Faut-il d’autres qualités que littéraires ?
Personnellement je ne suis pas matheux, contrairement aux Oulipiens qui sont
des scientifiques. Je fais vraiment de la création littéraire, car la contrainte permet d’explorer des terres vierges de l’écriture : la poésie m’intéresse, beaucoup
plus que la performance. La contrainte impose le renoncement, il faut mettre son
vouloir-dire de côté : un palindrome, tu ne peux pas lui imposer ta volonté, il faut
plutôt être intuitif, c’est un rôle de découvreur.
En revanche, je vois beaucoup de similitudes entre la poésie et les maths : la
poésie est quelque chose de très pensé, très construit. Pour moi, il ne faut pas que
la contrainte se sente et la musique m’aide : j’ai le goût de la belle phrase !
C’est un livre co-écrit…
Avec Frédéric Schmitter, un super copain rencontré le 20/02/2002 (date palindrome) lors d’une fête Oulipo à Lille ; ce jour là, on a décidé de battre le record
de Georges Perrec, son grand palindrome de 5566 lettres : 7 ans après, on a
achevé un texte de 10000 lettres !
Les contraintes sont-elles classiques ?
Nous avons repris des procédés de cryptage connus et anciens, comme une
ligne sur deux (lettre de George Sand), l’acrostiche, mais nous avons aussi inventé de nouveaux procédés, comme supprimer les deux premières et les deux
dernières lettres d’un mot, le pliage…. En tout nous avons utilisé une vingtaine
de contraintes.
Il fallait aborder la contrainte par un biais créatif, mais de manière ludique, et les
mots d’amour, le goût du secret, vont bien avec ces contraintes. J’aime cette idée
du siècle libertin où on se glissait des billets dans la main…
La cible ?
Ce n’est pas un livre pour les spécialistes. La collection (« Le goût des mots »,
dirigée par Philippe Delerm) souhaitait un livre interactif avec le public, qui lui
donne le goût de la langue : ce qui serait formidable, c’est que ça donne envie
aux amoureux d’écrire !
Un texte peut en cacher un autre…
Ce qui est drôle, c’est que les lettres décodées sont très polissonnes, alors que
les lettres initiales sont très banales. Cette littérature touche à la cryptographie,
une méthode très ancienne, dont on a trouvé des traces sur Jules César, chez les
Grecs et plus tard dans les amours des reines et des rois….
Les murs de l’Etoile Bleue ont-ils une mémoire ?
Je pense que c’est une coïncidence, même si je me suis toujours intéressé à la
littérature érotique… Mais peut-être des esprits dénudés m’ont-ils soufflé certains
textes…
*Ouvroir de Littérature Potentielle, association fondée en 1960
par le mathématicien François Le Lionnais et le poète Raymond Queneau.
Un musée éphémère dans le quartier de la Rabière
Par Marie Lansade
Pendant quelques semaines, écoliers, musiciens et plasticiens envahissent un immeuble voué à la démolition. Au-delà du succès en
demi-teintes du projet, il a le mérite d’essayer de créer du lien social.
Du Big Bang à la goutte de sang...
archive • - m iggy & the stooges
olivia ruiz • izia
carmen maria vega
pony pony run run
caravan palace • fefe
vitalic v-mirror live
mr oizo • wax tailor
emilie simon • delphic
teenage bad girl • tete
daniel johnston and
the beam orchestra
plastiscines • mustang
C’est un quartier de la ZUP 3 du quartier de la Rabière à Joué
lès Tours, dont la construction date des années 50,
et qui s’est étoffé dans les années 70, pour loger les
ouvriers d’Hutchinson et de Michelin : exode rural,
et vague d’immigration. Un quartier devenu un petit
bourg, avec ses 17500 habitants. Là-bas, c’est un
peu comme au bled : café des hommes, épicerie arabe, épicerie portugaise, jeunes un peu désoeuvrés
dans la rue… Mais il y a aussi des voitures brûlées et
des caméras de surveillance… Un quartier en pleine
rénovation, pour donner des perspectives d’ouverture urbaine … et prévoir le prochain passage du
tram. Un centre commercial et une maison pour tous
rénovée, mais pas d’ouverture de lieu de rencontres
ou de lieu culturel. Au-delà de l’existence du Musée
éphémère, c’est cela aussi qu’a voulu pointer du
doigt l’initiateur du projet, Kader Hamou, médiateur
culturel solidement implanté dans le quartier. « Tout
un îlot va prochainement être démoli (les habitants
ont été relogés en décembre) et avec lui c’est tout un
pan d’histoire et de mémoire qui s’effondrera dans
les gravats… C’était dommage de laisser ces lieux
déserts, d’autant plus qu’il reste du chauffage, de
l’eau et de l’électricité. Donc en attendant, un collectif de plasticiens – 250 personnes gravitent autour du
projet - a pris possession (de façon très légale, via
une convention avec la Ville) de tout un immeuble,
des caves aux étages, dans le but de stimuler le lien
social ».
En attendant le bilan
Quand j’ai découvert le lieu, c’était lors d’une contrevisite (hilarante) de Jérôme Poulain et M. Hervé.
Dans le public, beaucoup de « Tourangeaux bran-
chés », mais de gens du quartier, point. « Certes,
le concours photo, le projet de café des Chibanis,
tout cela n’a pas marché, mais nous avons quand
même eu un passage de 750 personnes, l’exposition sur le football a bien fonctionné, et de jeunes
rappeurs viennent nous voir pour savoir s’ils peuvent
répéter dans les caves, même si en règle générale il
y a un problème de territoire avec les jeunes, assez
méfiants . En fait, on pourra vraiment faire un bilan
à l’ouverture des étages ». Car si en bas, les galeries souterraines abritent installations provisoires et projections vidéo,
les appartements aussi sont « habités ». « Nous avons demandé aux écoles si elles étaient partantes. L’école
Mignonne, et le lycée d’Arsonval, ont répondu présents ». Dans l’appartement de la plasticienne Léna
Nikcevic, paille, torchis et branchages font la joie
des élèves de l’Ecole Mignonne – un travail sur la
préhistoire. « Ce travail avec les enfants est magique. J’aime l’éphémère, car face à l’éphémère, on
n’a peur de rien. On n’est pas dans le sérieux, on est
dans la liberté, dans le défoulement… ».
Coordinatrice du projet, la mozaïste Marie-Laure
Besson est plus nuancée : « Je suis emballée par l’expérience, c’est une belle opportunité avec des enjeux
humains. Néanmoins, de l’intérieur, je trouve que
chacun est dans son coin… Mes propositions de
faire des choses collectives, comme les nuits autour
de la musique et de la peinture, ont eu peu d’échos.
Et je regrette qu’en amont le projet n’ait pas été davantage pensé, notamment dans le rapprochement
avec les gens du quartier ». Léa Toto, la Cie X press,
l’Ecole de la Deuxième chance font aussi partie de
l’aventure, ainsi que le Jocodien Nico Nu, venu là
en voisin, le seul artiste qui ait carte blanche. « Je ne
suis pas dans l’action sociale, mais Joué, c’est mon
bled, et le projet a le mérite d’exister ». Armé de sa
nouvelle lubie, sa collection de 400 capsules rouges
(du Big Bang à la goutte de sang) de lait entier, Nico
s’affaire, jusque dans les moindres recoins, à faire
de chaque pièce une « étape-brouillon » (comme la
chambre des métiers, avec 33 géants, tous chômeurs
et entravés, ou celle du Juif errant) jusqu’à la pièce
principale qui sera la quintessence de son parcours.
Le 15 avril, ce sera l’ouverture des appartements au public,
pour découvrir les œuvres des élèves et des artistes.
Avec l’espoir du collectif que cela créera une dynamique dans le quartier. Fin avril, et peut-être jusqu’en
mai (l’autorisation a été demandée jusqu’à la Nuit
des Musées), il sera trop tard, tout sera démoli….
Musée éphémère - 14, rue Jacques Poirier à Joué les Tours
john butler trio • foals
bb brunes • beat assailant
CHAMBRAY EN MAI : bouge ton corps !
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jeanne cherhal • lonelady…
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Une dixième édition résolument musicale avec en tête d’affiche le
sublime tzigano-rock et yiddish-pop des Yeux Noirs (Photo). Si vous
n’avez jamais vu les frères Slabiak sur scène, précipitez-vous et
sortez vos mouchoirs, tellement leurs sons et leur poésie vont
taper loin dans nos âmes et nos entrailles. Et quand on sait que
leurs tontons ont accompagné Django, on comprend aisément
de quel héritage ils sont porteurs… C’est triste, c’est entraînant, c’est
beau comme la fraternité universelle… Des violons, il y en a aussi chez
Sweet Mama, mais aussi des bassines, et des planches à laver.
Ce jug band (mélange d’instruments traditionnels et d’instruments
de récupération bricolés) est né à Poitiers aux débuts des années
70. Assez inclassable, du jazz jubilatoire au charleston en passant par le cajun et le blues, c’est du festif à toutes les gammes…
Du festif encore avec notre chère et déjantée fanfare locale de
la Cie du Coin… Et il n’y a pas que les adultes qui vont bouger
leurs fesses, car avec le bal rock des Bouskidous, la maternelle
sup’ aura tous les droits. Un peu de blues, un peu de western
pimenteront le reste, avec en prime une représentation « dans les
bois » : “Les Fantaisies Forestières” d’après Shakespeare par la
compagnie Interligne.
M.L.
SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MAI
A l’hippodrome – Gratuit – 02 47 48 45 83
La Pléiade
page9
Actu(s)
rouvre enfin ses portes !
par Marie Lansade
Fermée depuis septembre 2006, après quelques retards dus principalement à la mise en place
des marchés publics, la Pléiade rouvre enfin ses portes, avec une semaine inaugurale apéritive.
Trois ans de fermeture, c’est long. Néanmoins, la vie culturelle de La Riche ne s’est pas arrêtée,
et cet inconvénient s’est transformé en avantage : en investissant différents lieux
(visites littéraires en appartements, spectacles dans les garages et les jardins,
saison sous un chapiteau), cette carence de salle s’est avérée être un bel outil de
médiation culturelle, drainant un autre public, qui devrait désormais fréquenter
une salle qu’il n’avait jusque là jamais fréquentée. Certains y ont vu Ferré (en
87), Tryo, Lhassa… ont emmené leurs bambins tout au long de l’existence d’Enfants Phare, déliré pendant les matchs d’impro, vu des spectacles d’une grande
exigence artistique – notamment les dernières saisons qui faisaient une large part
à la marionnette contemporaine… Cette volonté de spécialisation ne semble plus
de mise, avec une volonté affichée de rassembler un maximum de Larichois par
une programmation pluridisciplinaire – danse, musique, théâtre et jeune public.
Un joujou pour les artistes
Plutôt que d’être démolie, la salle a été réhabilitée : un immense cube a été posé sur l’ancien espace, avec un gros travail sur l’acoustique de l’extérieur. La priorité ? Que le
public comme les artistes soient bien accueillis. Un design à dominante rouge,
des sièges fixes et confortables pour une jauge de 270 places côté public (avec
un effort sensible sur l’accessibilité), un espace restauration et un espace détente
dans le hall, une billetterie revisitée ; une scène de 9 X 11m, une nouvelle régie
et de nouvelles loges en font un beau joujou pour les artistes, dont ceux qui seront
à la Pléiade pour des résidences, qui auront lieu une fois par mois et ceux qui se
produiront aux « soirées découverte », au prix modique de 5 €.
Du Nadj à 10 € !
Photographie de ce que sera la programmation annuelle (qui démarrera vraiment
en septembre), la semaine inaugurale, avec son tarif unique à 10 €, devrait
drainer plus que les Larichois : Josef Nadj, Thomas Fersen, le Journal à quatre mains de
Benoîte et Flora Groult, la Cie 3X rien pour le jeune public. (Il faut se dépêcher, les résas
commencent à s’envoler !). Petite précision démontrant la volonté culturelle de la
Ville : celle-ci a participé à hauteur de 85,6% sur le budget global.
Semaine inaugurale du 22 au 25 avril – 02 47 38 31 30
VU n n
Soirées Saugrenue au Bateau Ivre
Sur place à 20 heures, munie de mon viatique : une invit décrochée la veille au soir,
grâce au jeu proposé aux abonnés de Parallèle(s). Tu verras, me dit une amie.
Nuit noire, quartier de la gare, bref une expédition. Comme dans Les Ailes du désir de
Wim Wenders avec la séquence de Nick Cave, au moment où je rentre les artistes sont
sur scène, l’assistance debout, brume ambiante et je suis happée par «Madamirma»,
swing manouche de 2 guitares, avec un contrebassiste aux mains arachnéennes et un
clarinettiste à l’impro : du bonheur.
Lui succède David Forget, ce chanteur grinçant et poète, au verbe affiné, et c’est une
joie de le voir avec ses amis. L’accordéoniste repense son instrument et moi, je ne perds
pas une miette de cette découverte. Quand, en troisième partie, «La Goutte au nez»
fait son entrée, Maceo Parker a de la relève, il y a une énergie incroyable pour cette
fanfare - cuivres insolents et - batteurs affairés dans leur bosquet de percussions. C’est
sportif et voici le chanteur. L’énergie monte! C’est ça le collectif La Saugrenue ? Et ce
sont des Tourangeaux ? On en redemande…..
Christiane Fouré
Anis à L’Escale de Saint-Cyr
Se résoudre à l’ivresse, quel que soit la flacon ! Et si son blues trahit un tantinet une
soif de vacarme. Chanter et faire chanter comme Anis, au seuil d’un XXI° siècle où la
tectonique des âmes a bien besoin de la complicité du vent, c’est pas sorcier de le
recommander dès la clôture de sa tournée à l’Escale de Saint-Cyr sur Loire, en vue de
ses pérégrinations
S.L.
ZOOM
par Doc Pilot
LOCOMOVIES Fous de films !!!
Locomovies est un collectif indépendant de vidéastes regroupant des passionnés de l’image et du cinéma, professionnels de l’audiovisuel et amateurs expérimentés. La mise en
commun de leurs compétences est mise au service de la réalisation de clips, de courts et moyens métrages. Le collectif
est à la recherche d’acteurs, danseurs, chanteurs, figurants,
scénaristes, dialoguistes, etc. Sur leur site, vous pourrez visualiser leurs créations dont le fameux « Les dents de l’amer
» réalisé par Renaud Lagorce.
www.locomovies.book.fr
LE MUSEE DU JEU DE PAUME
délocalisé au CHATEAU DE TOURS Y’a photos !!!
De mai 2010 à juin 2011, le musée
parisien fermé pour travaux de restauration présente une partie de ses
collections photographiques au Château de Tours (je vous le disais, Paris
est la banlieue de Tours). Le rez-dechaussée et le premier étage seront
dédiés à la photographie avec des expositions semestrielles
visibles pour une entrée de 1,50 à 3 euros. L’occasion pour
Tours d’exister au niveau international pour autre chose que
les mariés chinois et pour les Tourangeaux d’éviter le voyage sur Paname… A quand une partie du Louvre délocalisée
au Bateau Ivre ? Il s’y trouve déjà une Joconde incontournable…
TABLEAU-CONCERT
« A LA VIE LA MORT » Le 23 Avril - Petit Faucheux
A l’issue d’une résidence de
création, Jean Aussanaire,
Jean Mereu, Laurence Bourdin et Bernard Santacruz présenteront leur vision musicale
du tableau de Pieter Bruegel
L’Ancien, Le Triomphe de la
Mort, une œuvre datant de
1562 ; un dialogue par-delà
le temps entre l’artiste visionnaire dans sa peinture apocalyptique et des jazzmen enjoués dont nous sommes curieux
de voir l’expression en un concept si « torturé ». Certes l’œuvre est universelle et le sujet inéluctable ; le jazz nous promettra-t-il la résurrection au sortir des tourments ?
LE CARRE DAVIDSON
« renaît de ses cendres » 3 Avril
La bonne nouvelle de l’année,
l’incroyable nouvelle !!! La renaissance du Carré Davidson,
scène mythique animée par
Jean-Marc Doron et à l’activité
brusquement stoppée il y a 4
ans pour des raisons « immobilières ». Fi des murs, seul
l’esprit compte en cette aventure réinstallée désormais au
62 rue George Sand à Tours,
pour un démarrage en beauté
le 3 avril avec la venue de
Romain Bouteille, suivie d’une
programmation
mélangeant
théâtre, musique et cinéma, de
L’Atelier Super 8 à Vero LP, d’Hélène Maurice à la Cie Extravague, de la Cie L’Entracte à Guava Jelly.
Toute la programmation et toutes les informations sur leur site :
www.carre-davidson.net
Le cheval étincelant
La biographie en accélérée de Mark Linkous, alias Saprklehorse, est, à elle-même une chanson et, par là même,
semble-t-il, toutes les chansons… 1962, le sud-ouest de
la Virginie, le divorce des parents, l’adolescent livré à
lui-même, la moto, les larcins, la violence intérieure, la
guitare offerte par le grand-père, New-York, l’héroïne, la
vie dans une camionnette, la cure de désintoxication, le mariage, le
ranch, le premier album, Vivadixiesubmarinetransmissionplot,
la première partie de Radiohead en 1997, une soirée à
Londres et le mélange des médicaments, un arrêt cardiaque d’un peu plus d’une minute auquel il survit miraculeusement et la tournée qui s’en suit, le corps dans un
BENJAMIN BIOLAY
VU n n par Hervé Bourit
Vendredi 12 mars - Espace Malraux de Joué Les Tours
On partait à ce concert avec de gros à priori tellement le personnage suscite des opinions très variées. Artiste surdoué, dandy médiatique ou poseur
branché, pas facile de trancher sur le personnage.
A peine se souvenait-on d’un bon point pour avoir
remis Henri Salvador au travail il y a quelques années.
Et puis, il a eu ses deux récentes Victoires de la Musique délivrées par des « professionnels de la profession » preuve
que Cheyenne Production a eu bon nez sur ce coup
là. D’où notre grande curiosité partagée, semble-til, par un espace Malraux quasiment plein.
Bon rien à dire sur les musiciens, ça tourne comme
un moteur de Rolls matiné de Jaguar quand le guitariste se lance dans des solos félins purement psy-
chédéliques ou des twanguing à la Duane Eddy du
meilleur goût. Les chansons accrochent aussi, poussées par des passages radio un peu plus intenses et
une promo efficace.
Bref, ce fut une bonne soirée, avec un seul bémol,
un jeu de scène façon endive au garde à vous d’un
B.B. franchement pas encore très à l’aise sur une
scène et une capacité limitée à communiquer avec
le public. N’est pas showman qui veut. Mais au
dire de son régisseur, ça s’améliore de jour en jour
au fil des dates.
A revoir donc dans quelque temps, quand il aura
gagné un peu en assurance et fendu son armure
trop apprétée.
A table au Moyen Age
Passionnante est, dans l’histoire des civilisations, celle
de la gastronomie et des habitudes alimentaires. L’expo
présentée au Château de Langeais met à mal pas mal de clichés sur
les mœurs culinaires au Moyen Age. Pas si grasses et plus raffinées qu’on ne le pense : les sauces aigres-douces sont
déjà à la mode, et la fine et luxueuse vaisselle comporte
des bassins dans lesquels on se trempe délicatement les
mains avant les hostilités (Précisons tout de même que
nous sommes là chez les seigneurs, et non chez les vassaux, dont l’exposition informe aussi sur leurs pratiques
alimentaires, comme l’influence de la religion sur l’alimentation). Et si vous voulez tout savoir sur la bienséance, l’ordre des plats, l’étiquette, Maître Cocquempot, sous forme d’intervention théâtrale, vous initiera sur
les codes de la table au Moyen Age.
Du 15 avril au 15 août – Château de Langeais – www.chateau-de-langeais.com
Week-end vert à Joué
De manifestation bucolique, le week-end vert jocondien s’est tourné résolument au fil des années vers l’éco citoyenneté. Dans le Parc de la
Rabière où trône en lisière la nouvelle Maison de l’Environnement, ce sera
la fête du bio et de la protection de la planète. Des ateliers de sensibilisation
et de pratique pour les plus jeunes, et plein de stands associatifs, de la
défense du thon rouge au tissage, en passant par les détergents naturels
ou les façons douces de cultiver son jardin. Des stands de bouche aussi
bien sûr, pour déguster légumes et fruits bio. Un week-end pédagogique
mais aussi ludique, car vous risquez d’y rencontrer la femme à barbe, de
drôles d’hommes verts, une princesse qui n’en peut plus de ses chagrins
d’amour et une concierge qui fait la circulation….
LITTLE BOB
De 1974 à 2010 au service du Rock n roll
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Actu(s)
Par Doc Pilot
Le Havre en force, Little Bob, pionnier du rock hexagonal reconnu par ses pairs anglo-saxons
(Clash, Pistols, Pretenders, Motorhead…), de passage au Bateau Ivre pour un concert à ras
bord. Rencontre avec un personnage adorable et talentueux, débordant de générosité, d’humour,
d’humanité et du désir de satisfaire son public.
As-tu plongé dans le rock dès le plus jeune âge?
Je crois que j’ai hurlé en sortant du ventre de ma mère ! Je suis né en Italie et en
fait, dès l’âge de 10 ans, j’ai entendu les premiers rockers ; j’allais au cinéma
avec ma soeur voir les films d’Elvis. Après, le grand électrochoc, ce fut d’entendre Little Richard, un dieu, une voix incroyable… Ensuite, j’ai tout écouté en partant du blues jusqu’à aujourd’hui. Je ne suis pas resté cloisonné dans un style.
Tu te rappelles de ton premier passage au Golf-Drouot ?
Au Golf, j’ai monté l’escalier comme un fou, j’avais le cœur qui battait, je montais au Paradis… J’ai retrouvé la même sensation les premières fois où j’ai joué
à L’Olympia, au Marquee Club à Londres et ailleurs à l’étranger. En fait, je
traque toujours, j’ai toujours l’émotion !
Penses-tu que tu étais prédestiné à cette carrière électrique ?
Pas vraiment à vue d’œil, car j’étais un petit gros, myope, pas bâti pour devenir
un chanteur de rock (je suis d’ailleurs en train d’écrire un bouquin où j’en parle),
mais oui, je devais être prédestiné pour vivre une passion aussi forte et aussi
dévorante : ça devait venir de loin.
Tu peux me dire un mot sur Dominique des Dogs ? (Dominique Laboubée mort sur scène lors d’une
tournée aux USA en 2002.)
Ah, Dominique, un mec que j’aimais beaucoup ! On jouait tous les deux du rock
en anglais avec une manière différente de le faire. Lui c’était un peu plus blanc
et moi un peu plus noir, avec toujours un énorme respect mutuel ; je regrette qu’il
soit parti… J’ai chanté pour lui lors du concert-hommage à Rouen ; j’ai eu un
peu les boules car la salle était pleine alors que pour ses derniers concerts il n’y
avait pas grand monde…
17 et 18 avril – Parc de la Rabière – Joué lès Tours – Gratuit !
Entre Ciel et Terre
Les Gueules de nuit
de Jean-Louis Foulquier Chers parents
Pour nous tous, Jean-Louis Foulquier c’est le découvreur, le chantre de la chanson française, le créateur des Francofolies. Voici une autre facette de ses
nombreux talents, (il est aussi comédien) découverte
par hasard au sortir d’une longue convalescence
pendant laquelle seul le barbouillage apaisait sa
douleur… Le barbouillage est devenu de la vraie
peinture… D’un style expressionniste, aux couleurs
vives et acides, voici sa galerie de portraits, inspirés par ses nuits vagabondes.
Jusqu’au 15 mai – Musée de la poste à Paris
fauteuil roulant pendant six mois parce qu’on ne sort pas
indemne des petites morts, le deuxième album, Good
morning Spider, le troisième album, It’s a wonderful Life
avec la signature pour deux chansons de Vic Chesnutt
et de Tom Waits et la présence de Nina Persson et de
Pj Harvey, la dépression toujours, la gueule cassée, les
drogues, la production de l’album Fear Yourself de Daniel Johnston, l’indifférence générale, un autre album,
puis un autre, entre amis, Dark Night of the Soul, les
tentatives de suicide et la dernière, une balle en plein
cœur, tirée le 06 mars 2010 à Knoxville, Tennessee.
Ce pourrait être une chanson de Lou Reed, ce pourrait être une
Par Marie Remande
Des Tourangeaux dansent au Théâtre du Châtelet
Comment un réalisateur peut-il se questionner et rendre compte de son histoire familiale à travers un documentaire? C’est le sujet de la série de projections
de films documentaires autour de la famille proposée
par Sans Canal Fixe.
Au Volapük, 12 rue lubin à Tours Jeudi 29 et vendredi 30 avril à 20h30
Samedi 1er mai à 17h et 20h30
Dimanche 2 mai 15h et 18h
02 47 05 24 78 / www.sanscanalfixe.org
chanson de Johnny Cash… à réécouter It’s a Wonderful
Life et cette voix magnifique, et douce, et triste, on a
l’impression de filer à toute allure au volant d’une voiture
américaine, de voir des paysages désolés, des nuages
suspendus, le ciel éthéré et bleu à souhait, et la musique
un peu partout suturant la moindre particule... Homecoming queen, More yellow birds, j’aime à croire que le cheval
étincelant est à présent un hippocampe, ses mélodies en peu
partout et lui sous la mer, fatale beauté dirait quelqu’un.
Et d’ajouter Notre musique…
Martin Fleury
Une trentaine de Tourangeaux, ambassadeurs du centre de danse Chantraine
de Tours, se rendront le 2 mai prochain au Théâtre du Châtelet à Paris, comme
danseurs ou spectateurs, pour le nouveau ballet donné par la Compagnie Chantraine. « Entre Ciel et Terre », la dernière création de Françoise Chantraine,
rassemble plus de 570 participants principalement professionnels, mais aussi
amateurs de tous les âges. Il est placé sous le signe de l’Albatros, figure de la
vie de la chorégraphe, attelée à déployer en chacun, en dépit des fragilités, la
puissance libératrice de l’expression. Elle fêtera à cette occasion les 50 ans de son école
de danse, créée en 1958 avec son mari Alain Chantraine et depuis présente dans
plusieurs centres en France (dont celui de Tours) et en Angleterre.
Françoise Chantraine, formée en danse, musique, arts plastiques et kinésithérapie, met au cœur de sa méthode l’accueil de la personne dans sa singularité,
artistique et typologique, sans jugement. La pédagogie Chantraine, révolutionnaire à
l’époque où le paysage de la danse se partage entre la danse classique et la
danse rythmique, est fondée sur la respiration, la force centrale et le respect
des positions justes du corps. Françoise Chantraine cherche à allier à la rigueur
du geste, la liberté du corps et la sensualité primitive du mouvement et en cela,
s’inscrit dans le mouvement de la danse moderne d’Isadora Duncan, de Mary
Wigman, ou encore Martha Graham. Son répertoire regroupe plus de deux
cents chorégraphies et intègre, depuis ses débuts, des traditions diverses, allant
des pays slaves à l’Extrême-Orient, tant en danse qu’en musique.
A la fin de chaque trimestre, le centre de Danse Chantraine de Tours ouvre ses portes à ceux qui
souhaitent danser ou regarder. Les prochaines « portes ouvertes » se dérouleront du
lundi 29 mars au samedi 03 avril 2010.
Portes ouvertes : Patronage Laïque La Riche Lamartine, 86 bis rue Courteline à Tours.
02 47 24 56 86 / centredetours@dansechantraine.com / www.dansechantraine.com
TOURS : 4 rue de Bordeaux - 02 47 66 54 47
20 rue Nationale - 02 47 66 66 66
JOUE-LES-TOURS - SAINT-CYR-SUR-LOIRE - ST-AVERTIN - AMBOISE - LOCHES - CHINON
www.carpy.com
Festival Peuples en Mouvement
Et revoilà le festival « Les peuples en mouvement » dans
le quartier Paul Bert, initié par l’asso Podium 37. « Peuples en mouvement » comme tous ceux qui ont choisi
ou sont contraints de vivre dans l’itinérance : gens du
voyage, SDF, exilés et réfugiés, artistes-nomades….
L’organisation de ce festival multiculturel et pluridisciplinaire – musique, conte, ciné, danse, théâtre, vidéo…
- est une façon de faire avancer la réflexion sur le sujet
– questions d’ordre philosophique, politique ou poétique
– réflexion en lien avec les assos présentes (collectif
de soutien aux demandeurs d’asile, Chrétiens Migrants,
RESF…). Au programme musical Zaragraf, Matthieu Hâ,
Aldona : et tout est gratuit !!!
Samedi 29 mai – Quartier Paul Bert à Tours
http://peuplesenmouvement.org
Sur le toit
”Auf dem Dach“, « Sur le toit », le
sixième roman de notre collaborateur Didier Laget et de Beate Dölling
vient de sortir en Allemagne.
Pour échapper à l’ennui de son village en Bavière, Alex part vers la
capitale en grimpant dans la remorque d’un camion. Il y découvre deux
autres passagers clandestins, la jeune Alyona et son frère Danylo. Ils ont
quitté l’Ukraine pour l’Allemagne où ils espéraient une
vie meilleure. Ce rêve est devenu un cauchemar quand
ils sont tombés aux mains d’un réseau de trafic humain.
Alex décide de les aider. Il vient de mettre le doigt
dans un engrenage. Une course contre la montre commence...
On attend avec impatience la traduction française….
Blog à Berlin : http://berlin.equipier.com
murmur de Berlin : http://www.murmur-de-berlin.com
Le potager hyperréaliste
Trois artistes – Elisabeth Larousse, Maggy Anciaux de
Faveaux et Gérard Fally – trois obsessions pour la nature et ses détails. Trois hyperréalistes qui calquent leurs
créations au plus près de leurs modèles. Cela donne des
feuilles de chou en plâtre dans lesquelles on a envie de
croquer, des grenouilles prêtes à sauter dans la mare,
un chemin de campagne dans lequel on se sent happés
pour une bucolique promenade…
Du 1er mai au 26 septembre – www.chateaudevalmer.com
Programmation Bateau Ivre
Ce n’est plus un bateau que nous offre Gisèle en avril,
mais une véritable croisière en paquebot ! Avec entre
autres le retour d’As de Trèfle dans leur région et notre
cher Nicolas Jules (inter)national avec son nouveau CD :
y’a plus qu’à réserver pour les trois mois à venir !
Un partenariat avec Tous en scène, des soirées rock,
chanson française, ciné concert et one man show, le
printemps s’annonce chaud au bateau ! Et pour vous
mettre encore plus l’eau à la bouche, pensez à la soirée
En Attendant et Les Sales Majestés, respectivement les 9
et 14 Avril !
Abbaye de Fontevraud
Pâques « Autour de la Cène »…
Conférences, interventions artistiques et traditionnelle
chasse aux œufs ponctueront ce week-end pascal. En
point d’orgue 3 concerts : le Concert Spirituel, l’Ensemble Pygmalion et le Ricercat Consort interprèteront
des chefs-d’œuvre de la musique religieuse.
2, 3 et 4 avril
… Monologue et récital de Richard Desjardins
La venue du Québécois Richard Desjardins, auteur de
« Derniers Humains » et de « Tu m’aimes-tu », n’est
pas anodine : c’est ici, devant les gisants de la dynastie Plantagenêt, que l’artiste découvrit Aliénor, qui lui
inspira un monologue retraçant les derniers jours de la
reine à l’Abbaye.
30 avril et 1er mai
02 41 51 54 44 – www.abbayedefontevraud.com
VU n n
par Hervé Bourit
FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA
Cette année, Angoulême, ce fut d’abord une grosse polémique pour une histoire de gros sous. Le
bras de force entre la Ville et le Festival ne dura
pas longtemps car bien sûr il était inenvisageable que l’embléme de la cité angoumoisine ne se
tienne pas cette année pour la… 37ème édition !
Une fois encore les restaurants, les hôtels, les bars,
les sandwicheries étaient littéralement pris d’assaut par une horde de fans où se mélangeaient
allégrement chasseurs de dédicaces avec leurs
pliants portatifs (la palme 2010 étant un modèle de canne
téléscopique assez hallucinante), les artistes en herbe en
quête d’un conseil ou en recherche d’un contrat,
les amateurs de mangas au look très stylé, des hordes d’enfants cornaqués par des profs et des animateurs, les bibliothécaires, les libraires, les marchands de produits dérivés et tous ces anomynes
venus là parce qu’il y avait de la lumière et que de
toute façon c’est LA sortie du week-end, du mois
voire de l’année. A cela s’ajoute la totalité de la
profession des big boss aux attachés de presse en
passant par les commerciaux et les négociateurs
de droit internationaux. On n’oubliera pas non plus les
auteurs venus carrément de toute la planéte, avec une
palme aux Coréens et aux Chinois en force cette
année et bien sûr les innombrables sponsors et
communiquants. Rajoutez à cela tous les journalistes qui ne parlent de BD dans leurs médias qu’une
fois dans l’année à l’occasion d’Angoulême et
vous obtenez un gros succès médiatique et public
assez incroyable et une faune qui déambule dans
BANDEANGOULEME
DESSINEE
2010
une ambiance populaire pareille à nulle autre.
Reste qu’au-delà des prix (bravo au jury pour le
choix de « Pascal Brutal » de Riad Sattouf comme
meilleur album et de BARU, on adore littéralement,
qui sera donc le Président 2011), cette monstrueuse
machine a encore une âme et un cœur qui bat.
Preuve, l’écrin qu’est le nouveau Musée de la BD
inauguré en bord de Charente l’été dernier. Un
vrai palace où la BD prend vraiment ses aises et
est traitée comme jamais. Vraiment une superbe
réussite architecturale et scénographique qui fait
honneur au 9e art. Et puis raconter tous les événements qui se déroulent durant ces quatres jours
n’aurait aucun sens et toutes les pages de ce magazine n’y suffiraient pas.
Preuve aussi ces quelques flashes. Celui du groupe
de Charles Berbérian rejoint sur scène par Nosfell
pour un duo mémorable. La performance de Mathieu Amalric lisant Lauzier dans le superbe théâtre à l’italienne. Une magnifique expo « One Piece » (la
série culte manga) dans un Manga Building survolté et pris
d’assaut par des hordes d’ottakus. Une superbe soirée
avec Lilly Wood and The Prick et The Horror à la
Nef qui est sans doute une des plus belles salles
de concert en France. Des images grandioses en
avant-première du film sur les aventures d’Adéle
Blanc Sec adapté de l’œuvre de Tardi. La claque
que la découverte de la BD russe à mille lieux des
clichés que l’on peut avoir sur ce pays. La présence incontounable des politiques de Jack Lang
visitant l’expo du Président Blutch en compagnie
de Moebius à celle de Frédéric Mitterand qui retombe
en enfance le temps d’un cillement d’œil. Le bol de soupe
(populaire et bienvenu) offert par Fluide Glacial
sous le regard impassible de la statue d’Hergé
mais aussi mille autres petits moments intimes où
publiques bien au chaud au fond de la mémoire.
Le coffre de la voiture est encore plein à ras bord,
l’hôtel est déjà réservé pour l’année prochaine et
on n’oublie pas de noter que le dernier week-end
de janvier 2011 c’est BD jusqu’à plus soif.
Amours d’enfances
17e édition du festival Désir… Désirs
S’il est un sujet délicat entre tous (et que souhaitait depuis longtemps aborder l’équipe du festival) c’est bien
celui de l’enfance et de sa sexualité. Cet âge où les mises en tiroir des adultes n’existent pas encore, celui des
premiers émois, quand tendresse, amitié et éveil du corps se mélangent, quand plus tard les passions adolescentes et exclusives se déchaînent… Comment traiter de ces inclinaisons ambigües, de ce rapport trouble de
l’enfant à l’adulte : désirer, se faire désirer, se construire une identité… De « Mon copain Rachid » à « Jeux
Interdits » en passant par « La Petite » de Louis Malle, l’on reverra avec plaisir ces grands classiques. Mais
beaucoup d’autres films sont à découvrir, comme ceux qui abordent l’ineffable, le tabou de tous les tabous,
celui souille et qui violente…. (A voir, L.I.E.). A découvrir aussi les scandales de l’Eglise (Délivrez-nous du Mal) au sein de
laquelle, souvent impunis sous leur seule protection divine, curés et autres évêques commettent l’irréparable… Des films, des
courts-métrages (dont une série sur « Jeunes et homos sous le regard des autres »), des expositions…. Pour
une édition qui, au-delà du malaise que son sujet induit, est là pour rappeler les pièges tendus à l’enfance,
ainsi que ses libertés et ses droits fondamentaux…
Du 20 au 27 avril – Cinémas Studio – www.desirdesirs.com
Expositions MACT, Espace Cordero, Chapelle Sainte- Anne (collectif d’artistes, du 10 avril au 10 mai).
LES ROADERS
Authentique et british
Quand trois personnages
de la vie culturelle locale
se retrouvent pour caresser dans le sens du poil
leurs souvenirs de jeunesse, cela donne LES ROADERS, un trio totalement
inspiré par le rock et la
pop des mid-sixties, Rolling Stones, Who, Kinks
and co, une machine de
guerre qui sent bon la bière éclusée jusqu’à plus
soif, la danse ébauchée entre les tables des bars,
la semelle qui tape du pied. La recette est simple :
partir d’un beat rock basique, tailler des riffs au
couteau et jouer sur des guitares au son vintage
sur des fûts martelés sans pitié pour les peaux et
les oreilles. Ils entament une tournée des bars :
ça sent le Pub Rock et la fête.
The.Roaders@live.fr
Le 17 avril bar L’Union à Paulmy,
le 4 juin à la Grange de Vaugarni à Pont de Ruan
VU n n
Printemps des Poètes
C’est une diva (Elisabeth Boulanger) et son pianiste aux
doigts congelés en fin de concert (Jacques Perry) qui font
stopper les voyageurs sous l’horloge de la gare. Ce sont des
poèmes glissés à l’oreille lors d’un départ de TGV, lus aux
usagers des postes, comme ça, dans la rue, avec en prime
une petite tulipe… Espace-temps arrêté, fracas du monde
entre parenthèses, le temps d’un sourire. Des consultations
et des brigades d’intervention poétiques, un SOS poésie par
téléphone, et puis encore des concerts, du théâtre, des lectures, des expositions, des lectures aux enfants sur le chemin
de l’école, en investissant des lieux où chacun peut passer,
comme les jardins. Le Printemps concerne tout le monde, un
gros travail en amont est fait avec les scolaires, les étudiants
du conservatoire… La preuve qu’avec de la passion et de la
bonne volonté, une opération de ce type à budget très doux
remplit parfaitement son rôle d’accessibilité de la culture
pour tous. Bien au-delà des manifestations à gros budgets
et leur cible parfois élitiste…
«Charles
Espaces
construits
»
Bujeau
page13
JOCELYN HERBELOT
Peintures
« Espaces construits »… Titre assez général mais aussi plutôt mystérieux… Le travail du plasticien aborde le thème de l’architecture et de la peinture par le filtre de l’espace (construit), celui du tableau mais aussi de l’espace réel dans un souci de
complémentarité.
La mise en acte du geste créatif implique que le réel en soit modifié : la façade de l’Annexe reçoit un traitement
architectural mais aussi plastique par l’adjonction de plaques de métal sur toute sa surface. L’ambiguïté entre le «
décoratif » et le « fonctionnel » est ici revendiquée :
les plaques de métal sont pensées comme une peau, constituée de tuiles servant à protéger (posées sur une structure
inspirée des principes d’une toiture verticale) mais aussi pour elles- mêmes avec leur intérêt esthétique… C’est cette
même ambiguïté que l’on peut retrouver dans un « tableau » qui donne du sens mais aussi simplement de la « beauté
sensible ».
L’appropriation par l’artiste de cet espace déjà «construit » mais toujours ponctuellement (le temps de l’exposition)
modifiable fait de « l’Annexe « un lieu d’expérimentation et pas simplement d’exposition.
Ce bâtiment ainsi « relooké » se propose comme une œuvre à part entière faisant écho à ce qui se passe à l’intérieur
où on retrouve des images et des volumes autour de l’idée de «maisons génériques», mise en acte d’un principe d’universalité
singulière.
Du 16 avril au 23 mai – L’Annexe à Saint-Avertin - 19 mars – 06 27 15 68 11
XX ART
A l’initiative de Keiko Mori, une quarantaine d’artistes vont envahir pendant quelques jours la belle
salle d’expositions de Dominique Beauchesne avec
leurs grands et très grands formats : Pierre Fuentes, Setsuko Uno, Laurence Dréano, Charles Bujeau,
Dominique Spiessert, Michel Gressier, Dominique
Mureau, François Pagé, Michel Audiard, Françoise
Roulllier, Laurent Bouro, Tléo, Jacques Beauchamp,
pour ne citer que ceux-là, seront de la partie….
Du 23 au 26 avril – de 11h à 20h
La Mulonnière à Saint-Antoine-du-Rocher – 06 83 44 44 95
www.espacenobuyoshi
A voir !
3 avril :
Scène ouverte
Salle des fêtes
de Dolus le Sec – 18h30
13 Avril :
Café philo : A qui la faute ?
20h30
Au Serpent Volant – Tours
15 avril :
Intelligence (Trash Pop)
+ Toddi Wellman
(Synth Punk)
Un Concert Up your Ass !
20h30 – Black Hawk -Tours
24 avril :
Concert
de Gospel aujourd’hui
20h30 – Salle polyvalente
des Halles – Tours
06 13 69 62 11
24 et 25 (16h30) avril :
« Entre deux siestes »
Compagnie Bibendum
Tremens
Cirque loufoque et déjanté
Sous chapiteau à Villaineles-Rochers (programmation
Grange de Vaugarni)
30 avril :
DJ Zebra
et General Electriks
Espace Ligéria - Montlouis
11 Mai:
Café philo :
Qu’est-ce que la
normalité aujourd’hui ?
20h30 – Au Serpent Volant
Tours
Expos
Jusqu’au 4 avril :
Monique Danis,
artiste québécoise
Exposition
installation et causeries
Carroi des Arts - Montlouis
Jusqu’au 5 avril :
Mireille Gault – Peintures
Galerie Sanaga – 99, rue
de la Scellerie à Tours
Jusqu’au 10 avril :
Carole Marchais
La Croisée des Chemins
Installation in situ inspirée du
patrimoine naturel et industriel de Joué
La Caserne – Joué lès Tours
Du 3 au 24 avril :
Philippe Phérivong
« Liberté Egalité
Fraternité »
Galerie d’Expositions
de saint-pierre des Corps
Jusqu’au 30 avril :
Jacques Guittier
Photographies
Jusqu’au 12 juin :
Alain Reullier
« Noir et Or »
Toiles mono-pigmentaires
Le Choiseul à Amboise – Démonstrations picturales les
1er et 8 mai de 15h à 18h
Du 3 au 30 avril :
T.Léo
Librairie la Boîte à Livres
Du 7 mai au 10 juillet :
Jean-Louis Salvadori
Espace 213
213, Bd Thiers à Tours
Jusqu’au 30 mai :
-20%, sur toute
la collection !
Galerie Artgument à Esvres
Jusqu’au 30 mai :
Terres d’animaux
Sculptures animalières
de Maggy Anciaux
Musée d’Histoire Naturelle
à Tours
Jusqu’au 31 mai :
Natacha Testier
Studio Célanie à Tours
Actu(s)
Espace 213
213, Bd Thiers à Tours
Jusqu’au 23 mai :
Florence Miailhe
L’image animée
Abbaye de Fontevraud
Difficile de parler d’un ami, on tombe vite dans la complaisance ou
l’hagiographie. Difficile aussi de parler de son œuvre sans
tomber dans le dythérambique ou la louange. Alors parlons de rencontre. La première fois ce fut le nez levé sur
une exposition de dessins.
Le lieu, une créperie en plein cœur du vieux Bourges
devenue le temps du fameux Printemps un des repaires
des activistes de la Ville. Une sorte d’Epithète tourangelle pour les plus anciens. Ce soir là on y croisait Jeff
Aérosol, quelques Emmetrop et toute la raya berruryère
qui allumait Bourges pas seulement l’espace d’un Printemps.
Ces dessins, je les ai encore, bien conservés dans un
classeur, et l’on y sent bien les influences, de Joss Swarte,
d’Ever Meulen, d’Yves Chaland, bref de toute la fameuse ligne claire franco-belge avant que le mot et le style ne
finissent galvaudés par d’innombrables tâcherons. Warholl et Hergé y pointent aussi leur nez grâce à des petits clins d’oeil, boîtes de soupe Campbell, sparadraps
du Capitaine Haddock. L’artiste est là, tranquille, finissant ses études aux beaux arts de Bourges. Discussions,
échanges et la vie qui passe.
Jusqu’à ce samedi après-midi où je le recroise dans une
rue de Tours et que l’amitié reprend son fil comme si elle
ne s’était jamais perdue. Et puis il y a ce choc de pousser la porte de son atelier là-bas dans sa petite maison
sur les bords de la Loire. Voir le chemin parcouru, mesurer pleinement le travail accompli, prendre conscience
de la démarche, bref se prendre une violente claque
esthétique comme il vous en arrive peu dans la vie. Et
puis tout de suite l’envie de partager tout cela, parce
que décidément cela ne peut pas rester là dans cette pièce, que
ça a besoin d’air, de rencontres, d’échanges.
Encore un disque de Clash, une chanson de Bashung,
une vidéo de Tom Petty, un livre de Cogan, des cycliste
Salsa, un Tardi, des indiens et des cowboys Starlux,
autant de moments ou l’amitié se construit par petites
touches, l’air de rien.
Et puis, une exposition à venir c’est toujours un moteur,
avec les délais à respecter, les invitations à lancer aux
vieux potes que l’on n’a pas revus depuis longtemps,
et tu crois que ça risque de plaire et la pression qui
monte…
Là encore pour cette nouvelle exposition les mêmes angoisses et les mêmes doutes. Et les nouvelles recherches, les nouveaux
projets, les nouvelles toiles. Et une nouvelle claque comme
un chemin sans cesse gravi vers la maturité.
Voilà juste vous donner l’envie de venir partager un moment avec cet artiste inclassable, hors du commun, vous
inviter à rencontrer quelqu’un qui me fait rêver et que
vous partagiez avec moi cet absolu.
Hervé BOURIT
Jusqu’au dimanche 2 mai - Château de Tours
EXPOSITION PAPER TOYS
2e Edition - Pièces Uniques!
Après l’expo de
paper toys en
2009 à la Maison des associations culturelles
de Tours, l ‘action se prolonge! Vingt artistes de la région
customisent l’éléphant en papier
de Guillain le Vilain. Plus de 20
pièces originales
seront exposées
puis vendues au profit d’actions de solidarité pour
des enfants défavorisés au Laos.
Du 15 au 25 avril - Salle Capitulaire des Celliers Saint Julien
www.philanthrops.com
www.parallelesmag.com
N’oubliez pas, maintenant vous pouvez voir...
tran-
La guerre des boutons
Merci facteur !
+++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Sammy Engramer Stargame
http://www.dailymotion.com/video/xcq0ve_stargame-sammy-engramer_creation
par Marie Lansade
La rencontre entre un musicien chanteur-compositeur initié par un
griot et un facteur-poète angevin, ça donne « Merci facteur », un bel
hommage rendu par Richard Graille à Jules Mougin.
La musique dans la peau depuis toujours ?
Oui ! Et la chanson, et l’écriture ! Mon ami et voisin de
palier africain Dominique Guéret, percussionniste-conteur,
était déjà un vieux monsieur quand, enfant, j’allais écouter
des histoires chez lui. Je ne sais s’il est aujourd’hui vivant; il
est retourné en République Centre Africaine après la chute
de Bokassa. La musique, la poésie et la peinture étaient au
coeur de sa vie : il m’en a fait don.
Alors, et Jules ?
Jules Mougin est né en 1912.
Il vient du monde ouvrier. Il
a été facteur très tôt, vers 15
ans, un métier qu’il a exercé
toute sa vie. Sa femme Jeanne,
institutrice, avait aussi de fortes convictions : par exemple,
elle ne chantait pas la Marseillaise pendant la Guerre !
Jules écrivait – des poèmes,
des romans, des nouvelles - il
était plasticien aussi, et Jules et
Jeanne ont fait des œuvres en
commun. Jules n’a jamais cherché à être reconnu, néanmoins, dans ce milieu fermé de la
poésie, il était connu ! Il a rencontré Calaverte, Dubuffet….
Giono est le parrain de son fils, il a été édité par le génial
Philippe Marchal. C’est un homme humainement extraordinaire. Ce qui me touche, c’est qu’il parle au cœur, sans embarras. Il écrit ses révoltes, ses coups de gueule, des choses
faussement naïves, comme un Prévert campagnard ; il fait
de la nature son quotidien d’écrivain, avec des choses
simples qu’il magnifie. Jules, les pieds dans l’eau, observe
les marques qu’elle fait sur le lit de la rivière où une petite
couleuvre vient se lover tous les jours : « Décrochez donc
le soleil du porte-manteau ! ». Et Jules parlait comme il écrivait….Quand quelqu’un venait chez lui, il ouvrait en faisant
semblant d’avoir une baïonnette et il disait « Ca te plaît la
vie » ? « Ah ! C’est vrai, ça te plaît, avec toutes ces guerres ! »
Il était profondément anti militariste. Son jardin était plein
de cravates, car quand quelqu’un arrivait avec une cravate,
il la coupait et l’accrochait dans les arbres !
la musique sur ses poésies, je l’ai rencontré un an après et
je lui ai chanté des chansons pour son anniversaire, à la
maison de retraite où il vit désormais…
Quel accueil a reçu ton disque ?
J’ai reçu beaucoup d’hommages de la part des amis de Jules
et de ses enfants. Les 12 et 13 juin prochains, je retourne
chanter à Chemellier, dans l’ancienne maison de Jules, à
l’occasion de la fête des troglos. Claude Billon, l’ami de
toujours de Jules, a organisé une exposition. Jules, dans les
troglos, a sculpté des phrases de poète : Jules allait vers l’art
brut sans passer par le processus de l’intellect. Il avait aussi
le culte de l’amitié qui est devenu « la Julésie ! ». Bientôt,
Claude Billon va publier la correspondance de Jules avec
Gaston Chaissac, son compagnon de route. Pour la petite
histoire, le gardien de la maison de retraite où est Jules est
la dernière personne qui a tenu la main à Chaissac... La vie
de Jules, ce ne sont que des ponts, des rencontres, et moi
aussi grâce à lui je tisse plein de liens, c’est joli, ça fleurit,
ça bourgeonne.
Tu l’as rencontré comment ?
Lors d’un concert à Chemellier, près d’Angers, où il a longtemps habité, où je chantais mes propres textes ; entre chaque chanson je glissais une phrase de Mougin « les militaires du monde entier» qui me permettait de glisser sur une
de mes chansons anti militaristes dont une qui dit : « Que
voulez-vous, la nature est injuste, le soleil brille aussi pour
les salauds ». Alors j’ai vu un poing se lever dans la salle :
c’était lui ! C’était en 2006… J’ai commencé à écrire de
http://richard.graille.free.fr
Mon ami africain Dominique Gueret était déjà un vieux Monsieur, je ne
sais s’il est aujourd’hui vivant; il était retourné en République Centre
Africaine
Ce que je voulais dire à propos de l’écriture c’est que pour moi écrire
c’est vivre une traversée du temps et de la matière. En musique c’est
le même soufle qui m’anime.
Entre dans la Cour
des Grands !
Si les châteaux
m’étaient contés…
Message aux 7 / 12 ans ! Tu as le droit
d’emmener tes parents pour découvrir de
façon marrante les six jardins du Château de Villandry. Alors en piste pour
une chasse aux trésors qui permettra de
mettre en éveil tes 5 sens lors de la visite!
C’est gratuit pour les moins de 8 ans !
Pour les plus âgés, c’est 3,50 € et pour
les parents, 6 €. N’oublie pas les baskets, la crème solaire, ou les bottes de
pluie, selon la météo !
Un spectacle de clown musical, par le
Teatro Necessario (Italie) proposé par la
Compagnie du Petit Monde le cadre du
Festival Circuit Cirk. Trois clowns musiciens qui cherchent à tout prix à séduire
leur public : pitreries, jonglage, combats
en duel, acrobaties. Au détriment de la
bonne tenue du concert !
Longtemps les rois et les reines ont choisi la
Loire pour y construire leurs châteaux. François
Ier, Henri III et Diane de Poitiers ou Louis XIII y
ont vécu amours, trahisons et réconciliations...
Une énième encyclopédie, nous direz-vous ? Un
autre manuel scolaire ennuyeux ? Que nenni !
Du château d’Amboise à celui de Cheverny
en passant par ceux de Blois, Chambord ou
Chenonceau, ce livre nous conte l’histoire de
dix châteaux de la Loire parmi les plus visités.
Consacrant un chapitre à chacun de ces châteaux, l’auteur nous emmène donc dans les
couloirs et jardins de cette « Vallée des Rois »
française, tout en nous faisant revisiter les dédales de l’histoire de France. Aux fastes des
chasses royales de François Ier à Chambord
s’opposent l’assassinat du duc de Guise à Blois
et les dames qui demeurèrent et embellirent
Chenonceau… D’illustrations en anecdotes imagées cet ouvrage nous entraîne dans l’exploration des petites histoires qui ont fait la grande et
entrer dans... le secret du Val de Loire, devenu
membre en 2001 d’un club très fermé, celui
des sites inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.
Un livre à tout petit prix, à découvrir dès 7
ans.
Valérie Pochart-Auger
Dimanche 2 mai à 17h - Espace culturel d’Avoine
02 47 58 40 02 - ptimonde@club-internet.fr.
Les châteaux de la Loire – collection La grande imagerie
éditions Fleurus - Dès 7 ans – 6 euros
Château de Villandry - 7, 14, 21, 28 avril
et 5 mai à 14h30 et 16h30
www.chateauvillandry.com
Clowns en liberté
C’est la première fois que tu t’adresses au jeune public ?
La poésie de Jules ne trompe pas, elle est vraie, et les enfants
sont sensibles à la poésie. En fait ce spectacle s’adresse à
tout le monde, mais la scénographie a été faite pour le jeune
public. J’ai eu cette envie car les enfants ont une part de
lumière. C’est un public différent, avec des réactions spontanées et des retours enrichissants.
L’album, soutenu par la Région, est sorti en janvier et recherche un
éditeur ! Point de vente : Le Bergerac, rue Colbert à Tours.
Oui elles sont libres de droits. Pour celle de Jules c’est Claude Billon,
Celle de ma pomme c’est Remi Angeli, pour la pochette c’est Thierry Le
Fur et Lola Cardo.
IAV - Orléans
22 février – 5 mars
>
Invité par Nicolas Royer, artiste et commissaire d’exposition, Sammy Engramer est intervenu dans la galerie de l’Institut
des Arts Visuels d’Orléans du 22 février au 5 mars. Cet artiste,
établi à Tours, a créé à cette occasion une œuvre originale intitulée Stargame. Un medium, quel medium ? La salle est divisée en
deux espaces égaux, l’un est entièrement vêtu de rouge et l’autre
de bleu, le spectateur est plongé dans l’œuvre, il s’agit d’une
installation, certainement. A l’endroit où les deux espaces chromatiques se rencontrent, trois gigantesques étoiles suspendues au
plafond tournent sur elles-mêmes, laissant apparaître tour à tour
une facette jaune et une facette blanche. Alors que je me déplace,
déambulant dans la salle à la recherche d’un sens de lecture, la
face blanche d’une étoile m’apparaît sur fond bleu et je ne peux
m’empêcher de penser au drapeau des Etats-Unis, mais l’étoile
continue son mouvement et lorsqu’elle montre sa face jaune sur
le même fond, il me semble reconnaître le drapeau européen. Je
me déplace à nouveau et les emblèmes nationaux se multiplient :
Chine, Turquie, Somalie. Je les vois puis ils m’échappent. Ce sont
là autant de signes qui désignent les pays avec la même force que
leurs noms, l’installation parle et me voilà au centre du texte. Dans cette forêt de signes, tous les arbres, serrés les uns
contre les autres se ressemblent, je suis perdu, devenu incapable
de l’habituelle et définitive définition. La nation devient pour
moi un concept abstrait auquel de trop nombreux exemples se raccrochent pour pouvoir en saisir la substance. A l’heure du débat
au sujet de l’identité nationale, le contexte politique se fait
contexte poétique alors même que nous plongeons dans cette espace
qui sépare les termes. L’un se définit par rapport à l’autre, néanmoins à cet instant je me rappelle qu’il reste beaucoup d’espace
entre eux deux, un espace où il n’y a rien encore sinon assez de
place pour jouer avec tout ce qui autour de moi porte un nom. Dans
l’œuvre de Sammy Engramer, le langage ne circonscrit pas le monde,
il engage le spectateur à se saisir de ses latitudes comme d’une
liberté.
Mathieu Richard
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Shoko Ogoshi
La synesthésie : un fantôme dans l’octroi.
Les ZiM’s sur iPhone !
Clips, news, musiques… Tout l’univers des ZiM’s désormais sur votre iPhone !
http://www.dailymotion.com/video/xc7d3i_les-zim-s-s-envolent-sur-iphone_music
Les Chroniques de Lou
La grenouille à grande bouche
(F. Vidal, E. Nouhen) Didier Jeunesse.
Il était une fois une grenouille
à grande bouche.... Vous la
connaissez sûrement ! Mais la
plupart de nos petits bouts ignorent ce conte, cette histoire, cette
blague. Un album très rythmé, au
graphisme très travaillé. Autant
vous dire que c’est un plaisir à
raconter. Les différents personnages que l’on croise
nous donnent à voir un morceau d’Afrique, un côté
sauvage et drôle.
A savourer d’urgence.
Tout Pourrit !
(Hirotaka Nakano) L’Ecole des Loisirs
Oui oui vous avez bien lu. Derrière ce titre, un rien provocateur, cet album nous explique
le B-A-BA de l’écologie ! Nos
déchets nous paraissent certes tout
« pourrits » mais une fois triés, les
épluchures, par exemple, disparaissent. Elles nourrissent la Terre
grâce au travail de nombreuses petites bêtes ! Les
illustrations sont colorées et comiques. Bref, un livre
pour les écolos et pour ceux qui vont le devenir.
On emmène
les parents ?
Le 12 avril :
Séance de cinéma
avec Ciné-Off
«Alice au pays des merveilles»
de Tim Burton
(public à partir de 8 ans)
14 h 30 – L’Escale à St Cyr
02 47 42 80 00
Le 27 avril :
Histoires en jazz
Contes X TET / Bruno Régnier
Petit Faucheux – 14h30
pour nous et 21h30 pour tous
Le 26 mai à 15h30 (médiathèque de Bléré) et le 28 mai à
20h (bibliothèque de Bléré) :
Histoires à la bouche
Linge propre-linge sale, chasse à
la baleine et première désobéissance….
Par le « raconteur » Fabrice Esculier
A partir de 6 ans
06 09 89 21 55
Photos ©Nicolas Royer
Et toujours la poésie en première ligne…
De fil en aiguille, j’ai joué avec des amis, en faisant des
petits boulots. J’ai aussi étudié les lettres et l’histoire de l’art.
Et j’ai sorti mon premier album « La Prose du Transsibérien »
sur le poème de Cendrars, suite à un voyage quand j’avais,
ado, parcouru l’Inde pendant 4 mois en stop. J’étais parti
avec un fragment de ce poème, dans lequel j’ai découvert
toute la beauté et la violence de l’œuvre de Cendrars. Second choc, second album : j’ai découvert Fernando Pessoa
en Italie, où j’ai vécu, par le biais d’un roman de Sostiene
Pereira qui racontait l’histoire du Portugal pendant la dictature et qui évoquait l’œuvre de Pessoa ; j’ai commencé à
le lire, d’abord en italien, et je l’ai trouvé sublime. J’ai eu
envie de me confronter à cet univers, sur le fil entre l’amour
et la folie. En continuant toujours mon côté mon écriture
personnelle : pour moi, écrire, c’est vivre une traversée du
temps et de la matière. Et en musique c’est le même souffle
qui m’anime.
sfert
page15
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Invitée en résidence par l’association Mode d’Emploi dans un des octrois du bas
de la Tranchée, Shoko Ogoshi, jeune artiste
japonaise fraîchement sortie de l’école supérieure des beaux-arts de Tours, a présenté
au public les 27 et 28 février ainsi que les
6 et 7 mars le fruit des recherches qu’elle a
réalisées à cette occasion en collaboration
avec Ghislain Lauverjat, historien d’art.
Au rez-de-chaussée, une étrange machinerie
est à l’œuvre. Elle est faite de différents
lecteurs audio disséminés dans toute la pièce. Ces vieux engins semblent avoir été déterrés d’une époque qui n’est peut-être pas
si lointaine et rafistolés afin de permettre la lecture d’un support qui apparaît
d’un autre âge : la bande magnétique. Elle
court en tout sens entre les différents appareils qui produisent d’incompréhensibles
sons. L’information inscrite sur la bande
nous apparaît telle une denrée périssable
qui se perd au long de l’histoire. Le passé
resurgit, présent et insaisissable, il est
le fantôme d’une époque révolue à laquelle
la vie ne saurait être redonnée, objet anonyme d’un souvenir nostalgique. Les messages envoyés de l’au-delà technologique sont
aussi obscurs que la pièce dans laquelle
ils résonnent. En effet, la seule source de
lumière émane d’un vidéoprojecteur qui projette des images au travers d’un prisme de
plexiglas tournant sur un lecteur de vinyl,
cet objet qui participa jadis au premier âge
d’or de la démocratisation musicale. Ainsi
au mur apparaît une image vibrante, nous
la reconnaissons comme telle mais elle nous
échappe et nous ne saurions la nommer. La
bande court, les sons résonnent et l’image
vibre, les sens reconnaissent les stimuli
mais s’y perdent, la perception s’affole, les
yeux se mettent à entendre et les oreilles
à voir, une expérience synesthétique. Les
informations qui nous parviennent de toutes
parts s’emmêlent, tout comme s’emmêle cet
amas inerte de bande magnétique qui dort
sur le sol et qui peut-être ne se réveillera jamais : l’information est morte d’avoir
perdu sa forme. Le support sur lequel nous
inscrivions ce que nous espérions de demain
s’est éteint aujourd’hui, sur sa tombe nous
pleurons ce que fut l’avenir dans le passé.
Avant l’avenir c’était mieux.
A l’étage, une certaine idée de l’espoir,
encore, une projection dans l’avenir de ce
que le passé ne nous a pas encore apporté. La
luminosité de la pièce contraste avec l’obscurité du bas et suscite une forme d’optimisme apaisé. Au mur à droite, un dessin,
une perspective, l’espace comme le temps se
déroule devant nous et nous reconnaissons
un désir, certes humain de dépasser l’ici
et le maintenant, parce que toujours nous
voudrons que demain soit meilleur qu’hier.
Pourtant, les vieilles pierres dont est fait
l’octroi nous rappellent à chaque instant
l’histoire dont est chargé le bâtiment dans
lequel nous nous trouvons. Grâce aux loupes
installées par Shoko Ogoshi qui pendouillent
du plafond et tournent sur elles-mêmes mues
par les vents imperceptibles qui parcourent
les lieux, l’architecture, implacable il y
a encore une seconde, n’est plus qu’ombre
et lumière. L’histoire derrière nous semble n’être qu’une chimère, telle une ligne
de fuite tendue vers un avenir inconnu, un
avenir attendu. En ses murs, demain et hier
semblent s’être réconciliés.
Mathieu Richard
campus
liVres / cinéma / mUSIque
par Lola
La Dévoreuse a dévoré….
La remorque
Bruno Poissonnier (Metailié, 2010/ 5€)
J’ai rencontré Julien par le biais de notre cher
Doc, j’ai regardé Another Touch via son myspace, et j’ai décidé de faire son interview et de vous
le faire découvrir. J’ai aimé son univers et la manière dont il compose ses morceaux, et vous ?
Another
Touch
Soirée Rock’n Blues
Venez
revivre
le
Rock’n Roll, de ses
origines aux Seventies ! Flash Back avec
les Salt, Pepper and
Blues, Steel in Mind et
Crimson Daze (un des
meilleurs groupes français de reprises de Led
Zeppelin), trois groupes qui vous feront
plonger dans l’univers
du Rock’n’roll, comme
il l’était à ses heures de gloire ; afin de perpétuer la rage de
jouer et la frénésie des concerts, et pour rendre hommage
aux plus grandes stars qui ont marqué à jamais les esprits.
Ne manquez pas cette soirée mémorable !
www.myspace.com/rocknbluesconcert
Vendredi 16 avril – 20h30 – 10 € / 8 €
Pour la bonne cause !
L’association KAROS NUCLEE organise un concert de soutien à Haïti le 10 avril prochain. Au programme Les Voleurs de Swing (Rock Tzigane), Chiennes de vie (Chanson
énervée), Raztacrete (Ska Punk Balkanique), Pirate Calypso
(Calypso) et Fucking Butterfly (Punkrockabilly), ainsi que
l’exposition de tableaux de Marjorie, artiste haïtienne. Interventions et conférences complèteront la soirée, avec la
possibilité, pour la modique somme de 5 €, de déguster
un plat haïtien. L’intégralité des recettes sera reversée à la
PAPPA (Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif).
Le 10 avril - A partir de 19h
Salle des fêtes de Semblançay – 5 € - 06 67 17 48 41
VU n n
Match d’improvisation théâtrale
Salle des fêtes de Saint-Pierre- des-Corps
Touraine / Europe
Quel match ! C’est avec grand plaisir que nous avons retrouvé certaines personnalités de l’impro ce soir là, avec un
Jibé arbitre très en forme ! Les thèmes et les catégories se
sont enchaînés, avec un suspens jusqu’à la fin de la partie,
puisqu’il y a eu égalité jusqu’à la fin du match, avec une
improvisation finale qui a permis de départager les deux
équipes et de donner le point de la victoire à l’équipe d’Europe. Les comédiens étaient plein d’imagination, et nous
avons adoré les imitations, les chants et les bruitages de
tous. Un vrai moment de plaisir, dans une salle remplie d’un
public qui, malgré les interventions un peu « lourdes » de
certains, était ravi et motivé.
chroniques (*)
Ton nom de scène ?
Alors, pour l’instant, c’est Another Touch. Quand l’album
va sortir, ça va être Kriggah, car le label a justement fait
remarquer que quand on tape Another Touch sur Google
il y a énormément de résultats. Ce deuxième nom vient en
fait d’un concours où j’avais demandé de créer un logo
avec un nom et le mien a donné «Kriggah et les dragophoniques ».
Pourquoi et comment es-tu arrivé dans le monde de la musique ?
J’ai rencontré Krumlek, il fait de la musique depuis belle lurette, il a même remplacé Rubin Steiner ; il s’est trouvé qu’il
était mon voisin et il m’a dit « Viens, j’t’apprends comment
on fait de la musique. Du coup, on a sorti «Ovnivor » et
d’autres pistes, on s’est dit que les mecs en mastering ne
faisaient pas grand-chose et on a monté un label « Glumpk
record ».
Comment tu peux qualifier ta musique ?
Franchement, c’est inqualifiable ! C’est entre le breakbeat
et l’électro.
Je travaille on va dire avec 40% de samples et le reste en
synthétiseur, ça va dépendre de mes besoins, des logiciels
que je vais devoir utiliser.
Ce que tu fais, c’est dans le but d’en vivre ou pour ton plaisir ?
Au début, c’était juste dans le délire, je voulais faire ressortir des émotions au public. Là, j’ai mon dixième album
qui va sortir donc j’ai quand même vendu pas mal, et à
l’étranger (ce style de musique se vend beaucoup mieux à
l’étranger qu’en France) et je viens de signer pour trois ans
pour faire 6 albums : le premier ne devrait pas tarder à
sortir, on rentre en studio en Avril.
Tu as déjà fait des lives ?
Oui, en free party, mais ce qui me plaît le plus c’est la composition. Le but c’est de faire partager aux autres. Sinon
j’ai fait des streamings sur des radios.
Qu’est ce que tu aurais envie de dire sur toi, pour donner aux gens
l’envie d’écouter ta musique ?
Bah déjà au début je ne faisais vraiment pas ça d’un point
de vue professionnel et je ne m’attendais vraiment pas à
sortir un album. Quand j’ai proposé ma toute première
piste, les mecs ont kiffé, je ne peux pas expliquer ça, c’est
un feeling. Ensuite, pousser les gens à la consommation,
aujourd’hui c’est complexe et on ne peut pas les obliger à
écouter : si ça plaît, tant mieux, mais on ne peut pas plaire
à tout le monde ! Après il y beaucoup d’émotion dans ma
musique, par exemple celui qui va sortir a été composé
au moment où j’ai quitté la femme avec laquelle j’ai eu un
enfant, et jusqu’au moment où j’ai rencontré ma nouvelle
copine, et ce sont sept mois de ma vie avec elle jusqu’à la
rupture. Je me relevais à 5h du matin pour composer parce
que j’avais une idée qui me trottait dans la tête. C’est toujours une histoire, ce ne sont que des créations originales,
car je ne remixe pas, j’en suis incapable !
Tu as une actualité live ?
Un concert le 18 mai au Black Hawk, c’est le repère maintenant, c’est là qu’il y a les meilleures soirées ! Donc ce
sera un petit truc sans prétention car on n’aura pas de quoi
tenir cent ans non plus. Entre temps, il va y avoir des lives
sur les radios italiennes et françaises. Mais c’est vrai que
ce n’est pas vraiment une musique faite pour le live.
Après, j’ai un autre projet avec un bassiste de Drum and
bass, un peu dans le même délire que Dynamophonic (cf.
Parallèle(s) n°7), donc faut qu’on bosse là-dessus aussi, ce
qui est bien c’est que le studio nous loue les locaux !
Tes influences ?
Bercé par les parents, mon père surtout qui était guitariste
dans un groupe de punk, beaucoup de rencontres, Allan
Jack, Mick Jagger… De la merde aussi ! Ma mère écoutait
Sylvie Vartan, et mon premier CD acheté avec mon argent :
Gorillaz, je suis un grand fan, j’ai tous les albums, Pro
Dj aussi, la musique anglaise aussi, j’aime beaucoup, et
puis j’ai eu ma période Tryo ! Et puis Sebastian, Mr Oizo,
TTC…
Et le chant dans tout ça ?
Et bien, ça fait quatre ans que je cherche une voix, féminine, un peu soul, mais je trouverai !
Je fonctionne vachement au feeling, donc je me dis, au
détour d’une rencontre !
Tu fais autre chose en-dehors de la musique ?
Franchement, j’ai pas le temps, et métro - boulot – dodo
c’est pas pour moi, je préfère vivre de pas grand-chose
mais avoir le temps de composer. A la base, je suis ingénieur informatique mais j’ai pété un câble en terminale,
ça me rendait fou d’être là-dessus toute la journée. Ensuite
j’ai fait les boîtes d’intérim, des petits boulots alimentaires,
je suis aussi allé à la rue pendant deux ans, par choix, et
puis maintenant à 25 ans, avec un enfant, la musique à
fond pour sortir 6 albums en 3 ans, il va falloir se mettre
au boulot !
http://www.myspace.com/anothertouchv
Mes myspace préférés (spécial Printemps de Bourges)
BB brunes :
http://www.myspace.com/bbbrunes
Sexy Sushi:
http://www.myspace.com/sexysushimusic
Pony Pony Run Run :
http://www.myspace.com/ponyponyrunrun
Crookers :
http://www.myspace.com/crookers
Vitalic :
http://www.myspace.com/vitalicofficial
Féfé :
http://www.myspace.com/fefessc
Eiffel :
http://www.myspace.com/eiffeltandoori
Emilie Simon :
http://www.myspace.com/emiliesimonmusic
Tout frais sorti des presses et sentant encore bon l’encre fraîche, le nouveau Poissonnier est arrivé pour notre plus grand plaisir ! Bruno nous
embarque cette fois à bord de « la Bièvre » pour un voyage pas ordinaire. Armand, le patriarche autoritaire, Véline, la mère, pilier aimant
et conciliant de sa tribu, Laurent, le fils en conflit avec le père, rêvant
d’autonomie et de modernisme, et Paul, jeune homme « différent » doté
d’un sixième sens, vont se retrouver à la suite de fortes intempéries, en remorque, reliés à un bateau par un câble, tel un cordon ombilical. Chronique subtile sur le conflit des générations à l’écriture poétique et forte, ce
petit livre (par le nombre de pages) est un petit bijou littéraire, profondément humain. Un livre
et un auteur à lire et à faire découvrir de toute urgence, foi de dévoreuse !
Du même auteur
Le dernier voyage (Métailié, 2008 /7 ,50 €)
Une gourmandise
Muriel Barbery (Gallimard 2000/ 12,50 €)
Critique gastronomique de haute volée, le narrateur, personnage fort
antipathique au demeurant, apprend qu’il ne lui reste que quarante-huit
heures à vivre. Avant de quitter ce monde, une seule chose l’obsède :
retrouver une saveur perdue…. Sa vie, il l’a consacrée à la cuisine, tout
le reste étant secondaire : sa femme, qu’il considère comme une œuvre
d’art, ses deux enfants qu’il n’a jamais aimés… Ce livre à l’écriture
somptueuse vous fait saliver à chaque évocation de mets, même les plus
simples. Le personnage se dévoile à travers ses réflexions et par les voix
de ses proches qui nous font découvrir un personnage incapable d’aimer,
en-dehors de sa passion. Muriel Barbery, qui m’avait déjà conquise avec « L’élégance du
hérisson », a décidemment une bien belle plume !
page17
par Chris
Enquête au paradis
René Pétillon (Dargaud, 2009/ 13,50 €)
Pétillon nous offre une nouvelle aventure de l’inspecteur Jack Palmer, et
c’est toujours un régal ! Palmer est né sous la plume de Pétillon dans
les années 70, sorte d’inspecteur Clouzeau, complètement nullissime et
lunaire. Dans ce nouvel opus, Palmer va se retrouver au « Burgenzell »,
(voyez un rapport avec le Liechtenstein), petit paradis fiscal où par son
inconséquence, il va se retrouver confronté avec, entre autres, des mafieux russes et colombiens… Pétillon est toujours en prise avec l’actualité,
avec beaucoup d’humour et d’élégance il traite de sujets graves . A lire absolument ses
précédents albums, « L’enquête corse » (massacrée par une adaptation insipide sur grand
écran avec Christian Clavier) et « L’affaire du voile » pour les plus récents.
Ermites dans la Taïga
Vassili Peskov (Actes Sud, 1999/ 8,50 €)
Ce livre relate l’incroyable découverte d’une équipe de géologues en
mission en Sibérie à la fin des années 70. Dans ce milieu hostile, à des
centaines de kilomètres de toute civilisation, une famille, les Lykov, y
vit en totale autarcie depuis…. 1938 ! Vieux-croyants appliquant les
préceptes rigides de leur religion , ils vivent dans un total dénuement. A
la mort de ses frères et de sa sœur, Agafia se retrouve seule, avec Karp,
le patriarche, jusqu’à la mort de ce dernier. Ces Robinson du 20ème
siècle nous touchent au cœur… … Imaginez la vie de cette femme, loin
des hommes, du progrès, du confort, découvrant à près de quarante
ans avec des yeux ébahis, un cheval, une chèvre, une poule.. Tout ce qui nous est familier,
coutumier, est pour elle extraordinaire. Hallucinant !
Du même auteur :
Des nouvelles d’Agafia ( Actes Sud, 2009/ 19€)
Du même auteur :
L’élégance du hérisson (Gallimard, 2005 /7€)
Jeunesse
Ca déblogue à plein tube ! La sélection
www.ecopublix.eu
Il y a un peu moins de trois ans, l’idée d’un blog est apparue comme une évidence pour neuf chercheurs en économie soucieux de vulgarisation. S’imprégnant de l’univers «
Uderzo & Goscinny » pour lancer le débat, ils s’attaquent
aux grands sujets de politique publique et publient deux
billets par mois avec un zest d’humour et un mot d’ordre :
la pédagogie.
www.presse-citron.net
Difficile sur le web d’être fondu d’informatique (en américain : geek) ou pointu en technologie (en américain : nerd),
à moins peut-être, de ne s’appeler Eric Dupin. Invité par
les grandes marques à tester leurs nouveaux produits, il
écrit des articles généralistes, tape du poing sur la table,
propose les tests de matériel, traite de nouvelles recherches… « Technoïde ?... Il consacre cinq heures par jour à
son blog qu’il considère comme un média de vulgarisation
high-tech ».
tretien de Bernard Stiegler, figure de proue du collectif Ars Industrialis. Présenter en quelques mots la pensée de cet habile
cartographe des temps présents et futurs reviendrait à vous
dédouaner de la découverte intellectuelle stimulante dont
fourmille son corpus et celui de ses disciples.
Une autre question me taraude, celle des canaux de la
prescription. Prenez éco-sapiens, 800 nouveaux inscrits
après leur passage à l’Edition Spéciale de C+. Outre que
ce sont d’anciens collègues de la pépinière de projets en
Economie Sociale et Solidaire de Marseille, et que vue
d’ici, la liaison RyanAir fait couler beaucoup d’encre verte et nonverte dans les salons et les cabinets ligérien, gageons que
se laisser tenter par leur modèle économique alternatif a
de quoi méduser les pouvoirs publics qui musardent encore
dans un mainstream capitalistique de bon aloi.
Songez que le critère environnemental était en exergue
dans l’appel d’offre pour le percement du troisième canal de Panama, là où voilà un siècle, on justifiait la mort de
200.000 ouvriers. Troisième canal qui aura aussi pour critère
d’être suffisamment large pour que la flotte US puisse se
projeter à loisir d’une rive à l’autre de ses intérêts ! Mais le
blog des mannes de Ferdinand de Lesseps n’est pas encore
disponible…
de Livre Passerelle
Dans la forêt profonde.
Anthony Browne. Editions du Kaléidoscope.2005
Savinho da Lunçat
http://theyesmen.org/
Certains thèmes sont devenus porteurs dans la blogosphère. A visiter le blog hilarant d’Anna Sam, caissière de supermarché http://caissierenofutur.over-blog.com
La Fouine du Web
http://www.touslespodcasts.com/annuaire/societe/
politique/1783-episode544595.html
Sépulcrale pixelisation
Gageons que Candide ne nous spammerait pas de l’application farmvill s’il était de nos contemporains. Mais comment en être sûr ? La ruse qui régit l’ensemble des usages
technologiques de divertissement reflète les symptômes d’une
civilisation où le mot d’ordre de s’insupporter est décliné
avec ferveur et sans ciller.
La récente vague de canulars (vraie-fausse annonce du décès d’un policier, vraie-fausse annonce d’un déraillement
de train, vraie-fausse annonce d’une invasion de la Géorgie), pâlement inspirée des Yes Men mais dont l’imposture
ne sert que la viralité des marketings dénoncés, ainsi que
la diffusion en prime time du documentaire sur l’expérience
de Milgram, largement commenté par Caroline Fourest
dans sa chronique podcastable, ont passé au second plan
l’événement télévisuel majeur, à savoir la diffusion de l’en-
http://www.arsindustrialis.org/blog
http://www.eco-sapiens.com/blog/
Une dispute entre les parents et tout un univers peut basculer pour l’enfant. Et pour nous créer un univers bien à
lui, Anthony Browne s’y connaît. Aussi étrange qu’enthousiasmant, entre détails et couleurs, tout y est. L’histoire : une dispute entre parents. Papa claque la porte,
laissant maman désemparée et l’enfant seul. Somme
toute, situation banale... Tristesse, angoisse, l’enfant va
grandir - passer par certaines étapes que l’auteur choisit
d’illustrer au travers de contes bien connus : Le Petit Chaperon Rouge, Hansel et Gretel, et d’autres à découvrir
- avant de retrouver son papa.
BONBONS,
chroniques (*)
Par GARY CONSTANT
ESQUIMAUX, CHOCOLAT
Le 14 avril
BREATHLESS
de et avec Yang Ik-June (Kim Kot-Bi, Lee Hwan)
Question : quand les Coréens vont-ils arrêter de nous étonner ? Le plus tard possible, souhaitons-le, car après les claques récentes et successives du BON, LA BRUTE ET LE CINGLE, de
THE CHASER et de MOTHER sans oublier le joli mais trop «sage»
DREAM de Kim-Ki Duk, et malgré le décevant THIRST, nous
voici bel et bien en présence, une fois encore, de leur talent
et de leur radicalité. Pourtant, au vu du pitch, ça s’annonçait
assez casse-gueule : Sang-Hoon utilise ses muscles pour récupérer l’argent des dettes
des personnes ne pouvant pas rembourser son patron, créditeur. Un beau jour, il croise
une lycéenne, Yeon-Hee, qui, elle aussi, a connu une enfance malheureuse avec un père
qui violentait sa mère. Evitant habilement la plupart des lieux communs de ce genre d’intrigue (pathos lourdingue, rédemption à deux balles…), l’acteur Yang Ik-June, pour son
premier passage derrière la caméra et dans une éblouissante composition d’écorché vif,
nous assène, façon docu, un drame social «coup de poing», parfois insoutenable, cruel
et, en même temps, d’une tendresse extrême. Imparable !
Le 14 avril
GREEN ZONE
de Paul Greengrass (Matt Damon, Brendan Gleeson, Khalid Abdalla)
Et un film américain de plus sur la guerre en Irak, un ! Ici,
l’adjudant-chef Roy Miller et sa compagnie sont chargés de
découvrir et de détruire les caches d’armes chimiques de l’armée de Saddam Hussein. Le hic, c’est que très vite Miller
(Matt Damon, loin de son perso de Jason Bourne) a des doute
sur l’existence des supposées armes et va se trouver au cœur
d’une sombre machination mettant en cause les services secrets de l’Oncle Sam. Exact, lecteur bien aimé, ça pourrait te faire penser à du Ludlum
sauf que nous sommes bien loin de la maestria des intrigues de ce cher Robert. Pourtant
nous avons Brian Helgeland au scénario, le responsable du formidable CHEVALIER avec
Heath Ledger et l’auteur du non moins réussi MAN ON FIRE de Tony Scott. Seulement on ne
nous épargne aucuns clichés : l’autochtone irakien qui va aider les gentils à combattre
les fidèles de Saddam, la journaliste sur place au courant des mensonges du pouvoir
mais n’osant rien dire de peur de perdre sa place, etc. Encore il y aurait de l’originalité
là-dedans, je ne dis pas, mais non. Fort dommage car la réalisation de Paul Greengrass
est toujours aussi efficace mais du coup ne sert pas à grand chose. Une œuvre tardive
«anti-Bush» et inutile qui veut se la jouer «piqûre de rappel» nécessaire sur le conflit irakien mais restant parfaitement indolore. La honte !
Le 21 avril
LA COMTESSE
de et avec Julie Delpy (Daniel Brühl, William Hurt, Anamaria Marinca)
ERZEBET BATHORY !!! Voilà, le nom terrible et empreint de crainte pour beaucoup de Hongrois, est lâché. La Comtesse Sanglante fait toujours l’objet de controverses depuis son
CD’s
page18
procès au XVIIe siècle : est-elle une des premières tueuses
en série de l’histoire, a-t-elle assassiné ces centaines d’enfants, se baignant dans leur sang pour garder une jeunesse
éternelle ou bien fut-elle l’objet d’un vaste complot pour saper son pouvoir grandissant ? Qu’importe. Préférons le mythe de l’épouvantable, qui a inspiré, au cinéma, au moins
deux films que j’affectionne particulièrement pour des raisons différentes : LES LEVRES ROUGES de Harry Kumel avec la
troublante Delphine Seyrig et le dégénéré LA COMTESSE DRACULA de Peter Sasdy. Ici, c’est
l’intello Julie Delpy qui s’y colle et on pouvait craindre le pire. Eh bien faut reconnaître
que c’est plutôt pas mal du tout même si la mise en scène reste parfois trop plan-plan. La
reconstitution est soignée, les comédiens assurent et une ambiance assez trouble s’installe, agrémentée de quelques courtes séquences horrifiques. Une œuvre intimiste imparfaite mais très intéressante de par le point de vue féminin proposé et, peut-être, en fin de
compte, la version qui pourrait se rapprocher le plus de la réalité historique. Qui sait ?
Athome / Wagram
Ce fut d’abord une grande joie d’apprendre que Boogers était
lauréat du FAIR 2010 et donc armé pour conquérir le monde en
365 jours chrono. Cette joie est doublée par la découverte de son
album au titre assez touchant dans sa définition d’un artiste authentique, entier, inusable dans sa certitude à imposer sa patte et vivre
de sa création. Il semblerait que le pari soit gagné à l’écoute des
ondes nationales de référence où s’incrustent ses petits formats rythmés, des poprocksongs faussement cheap mais subtilement assemblés tels un jeu de Lego dans les mains
d’un bâtisseur de standards. Tout n’est qu’influences digérées et revisitées sans complexe
pour aboutir à un style identifiable entre tous, unique : le BoogersSound !!! Un « truc »
pour faire la fête qui pourrait devenir la bande-son de l’instant, voire celle d’écrans
publicitaires ou de films à succès si la chance se décide à nous faire danser le Cha-Cha
sur l’ex-batteur de Rubin Steiner (comprenne qui pourra). Notre rédac-chef en est folle…
J’en lost my lungs…
STINKSISTERS
More Songs of love & War
F*Art Productions
Katy Prout assure les drums et le chant de Stinksisters, une Chinonaise exilée aux Pays Bas dans un groupe-phare de la scène underground de Rotterdam pour un disque atypique dans son opiniâtreté
à gérer le son et l’emphase, bruitiste sans abrutir, rythmique sans
s’abâtardir aux dictats du dancefloor ; un peu comme si les Sonic
Youth reprenaient du B52’s accompagnés par le fantôme des Cramps. C’est ricain à
mort ; à écouter les doigts dans le « noise » et le nez dans la farine, les yeux perdus dans
ce film un peu gluant sans être vulgaire, sexuel dans l’ambiguïté de leurs looks, authentiquement rock avec l’atout du mastering de Mark Kramer (Fugs, John Zorn). Ca fleure bon
l’afterpunk, le garage et le new wave newyorkais. En tournée en France courant avril.
NICOLAS JULES
Shaker Stand by me / L’Autre Distribution
Nicolas Jules est à “nous” même s’il n’est pas de Tours, tant il
est aimé dans la région, reconnu pour un showman talentueux et
l’auteur de chansons à l’écriture précise et compliquée, subtile et
à double-sens. Mais Nicolas est aussi à d’autres, à toute la France
et au Canada qui l’adopte pour enregistrer ce nouvel album au
titre indicateur du mélange des images et des harmonies issues
de rencontres improbables mais « probables », du style « qui se
ressemblent s’assemblent ». Les cousins d’Amérique doivent dire à leur tour : « Il est à
nous !!! », les voleurs !!! Reste l’album, plus incisif qu’à l’habitude, plus timide aussi dans
une dynamique paradoxale entre le son et les mots, l’espace et l’incertitude, celle d’un
artiste incontournable face à son destin, à l’évidence d’une réussite dont nous savons
Pierre Bretonneau
le tourangeau
Un grand medecin du XIXe siecle
Pionnier de la médecine moderne, Pierre-Fidèle Bretonneau est
né à Saint- Georges-sur- Cher
le 3 avril 1778. Il est le descendant de huit générations de
médecins, chirurgiens et maîtres
apothicaires. Son père était maître-chirurgien à Saint-Georges.
Ses oncle exerçaient des professions identiques à Montbazon et
à Savonnières.
Le 5 mai
AMES EN STOCK
de Sophie Barthes (Paul Giamatti, Dina Korzun, Emily Watson)
Paul Giamatti (l’amateur de vins coincé dans SIDEWAYS),
nous fait son Woody Allen évoluant dans une société où l’on
peut changer d’âmes à volonté afin de se simplifier la vie ou
d’assouvir ses fantasmes. Un film d’anticipation qui brasse
plusieurs questions existentielles d’importance à la façon de
DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH, un poil longuet mais original
et passionnant de bout en bout.
Le 12 mai (ou le 9 juin)
THE CRAZIES
En 1973, Georges Romero nous donnait une de ses oeuvres
les plus mémorables en racontant le nettoyage, par l’armée
américaine, d’une petite ville de Pennsylvanie dont les habitants étaient atteints de folie meurtrière suite à la propagation
d’un virus : THE CRAZIES. Sorti chez nous sous le titre LA NUIT
DES FOUS VIVANTS, en voici le remake qui reprend la même
trame scénaristique mais pas la même approche. L’original
axait tout sur la critique sociale et politique sans jamais expliciter totalement l’origine
de la menace et se focalisait essentiellement sur les militaires avec leur façon brutale de
procéder pour donner lieu à des images fortes soulignant la démonstration de Romero.
Autant là, très vite, on se retrouve avec un “survival” (film de survie) classique mettant
aux prises un shérif, sa femme et son adjoint qui vont tenter d’échapper aux soldats et
surtout à leurs congénères assoiffés de sang. Avec quelques séquences plutôt efficaces
jouant avec nos nerfs (je vous recommande particulièrement celle se déroulant dans un
lavomatic pour voitures), et malgré son lot de retournements de situations balisés et prévisibles, voici une série B correcte, mais dont le manque de transgression, symptomatique
de l’industrie Hollywoodienne opportuniste et bien pensante d’aujourd’hui, me rend nostalgique d’une certaine époque. Au secours, je vire vieux con !
qu’elle lui est due depuis les premier instants où nous l’avons vu s’exprimer en notre ville.
« Un joli bruit de moteur »…
THE DEREK TRUCKS BAND
Already Free Sony Music
Elevé au biberon du rock sudiste, le neveu du batteur de l’Allman
Brothers Band (où il officie désormais tel le fantôme de Duane Allman), s’impose comme l’héritier d’un style qu’il a su magnifier sans
le charger d’académisme, l’actualiser sans le dénaturer, le perfuser
au sang neuf et ainsi le rendre toujours écoutable. Adoubé par
tous les maîtres de la 6 cordes et du bottleneck, de Clapton qu’il
accompagne à la scène, à Johnny Winter et Buddy Guy, il bouffe la route depuis l’âge
de 14 ans avec son groupe de vieux loups d’Atlanta, une machine de combat huilée de
blues et de soul, dorée aux interventions magiques de sa guitare à la slide. Il est le dernier
guitarhero, le seul à pouvoir porter le flambeau quand les grands nous auront quittés. Son
dernier disque est excellent, rien de plus.
BEN.MAZUE
7 titres Strickly Confidential
Lauréat du FAIR 2010 à l’instar de Boogers, Ben.Mazué propose
un 7 titres réalisé par le talentueux Régis Ceccarelli (Abd Al Malik)
seulement disponible en téléchargement et donc en phase avec
son époque et son style, urgent, concret et nécessaire en porte-voix
de sa génération. Le talent de plume côtoie celui de l’interprétation
déjà couronnés par divers prix et son apparition sur les scènes de
référence : Francos, Solidays, etc. Il s’éloigne des clichés habituels, mélangeant sans
complexe et pour le meilleur ses diverses influences : hip hop, chansons, soul…pour donner des titres tubesques à l’instar de « Obama ». C’est un artiste dans le sens viscéral du
terme : il crée un univers particulier qui nous parle et nous promène. A suivre.
THE PARISIANS
Shaking the ashes of our enemies Bonus Track Records
Produit par Yarol Poupaud, cet album du groupe phare de la vague parisienne Gibusienne est une petite merveille d’énergie et de
précision dans son option à l’attaque scénique et sonique. C’est
chanté en anglais, tant mieux ; cette compilation d’influences où
s’affichent les traces des Stooges, d’XTC ou de Martha and The
Muffins ne supporterait pas le français. Nous sommes au début des 80’s mais aussi
dans les 2010 ; l’urgence de l’époque répond à l’insouciance d’il y a 30 ans, mais le
message reste le même : on n’a pas le temps d’attendre et la jeunesse se brûle par les
deux bouts. Cette collection de standards en devenir est la bande-son idéale pour un
printemps électrique.
par Guy Bonnet
Pierre Bretonneau n’est pas seulement un médecin qui dispense ses soins. C’est
un chercheur. A cette époque, la variole fait des ravages et il est convaincu de
la nécessité d’une vaccination gratuite pour tous, après une campagne qu’il a
menée et qui lui a apporté la démonstration que sur plus de trois cents enfants
qu’il a vaccinés, aucun n’a été gravement malade.
A côté de son cabinet de travail, il a installé un laboratoire de chimie et d’histoire naturelle où il étudie la vie des abeilles et des fourmis. Toujours désireux de s’instruire, peu
soucieux d’argent, dévoué aux plus démunis, il jouit d’une enviable renommée
mais ses inventions, ses expériences, sa fantaisie et sa modestie en font aussi
un homme qui éveille la curiosité et que l’on s’étonne de rencontrer ici, isolé
dans sa campagne.
Poussé par le neveu de Louise Dupin et par le Préfet, il repart à regret pour
Paris. Il soutient sa thèse de doctorat en 1815 et, à la fin de la même année,
soutenu par ses amis, il est nommé médecin à l’hôpital de Tours où il s’impose
vite comme médecin-chef.
de Breck Eisner (Timothy Oliphant, Radha Mitchell, Joe Anderson)
Par Doc Pilot
BOOGERS
As Clean As Possible
histoires de tours. :/§
Chapelle du docteur Pierre Bretonneau
Le jeune Pierre étudie chez le
curé de Chenonceau - son oncle - avec les enfants du
château. Il porte un vif
intérêt à la botanique,
à l’histoire, à la géographie et à la poésie latine mais la tradition familiale ouvre devant lui
une autre perspective.
Bon élève, il a été sélectionné par le district de Saint-Georges, en particulier « pour
son amour de la République et sa haine des tyrans ». A 17 ans, il est à Paris, à
l’Ecole de Santé, hébergé et nourri aux frais de l’Etat. Il se passionne pour les sciences naturelles et la biologie et il éprouve une grande admiration pour des maîtres
déjà célèbres : Cuvier, Corvisart, Pinel …
Mais sa santé est précaire. Paris ne lui convient pas. Il revient en Touraine après seulement deux
années d’études dans la capitale. Il est alors accueilli par la châtelaine de Chenonceau,
veuve de l’ancien fermier général Claude Dupin, arrière grand-père de George
Sand.
La générosité de Louise Dupin va permettre à Pierre Bretonneau de reprendre
ses études à Paris, mais auparavant elle lui a jeté dans les bras sa lectrice, MarieThérèse Adam, qui est la fille naturelle de son fils et qui est de vingt-cinq ans plus
âgée que son futur époux. Marie-Thérèse a vécu une longue liaison avec le baron
de Boden, qui lui a laissé le domaine de la Renaudière, avec une belle demeure, à
Chenonceau , et un immeuble à Paris.
A côté des études théoriques qu’il poursuit à l’Ecole de Santé, Bretonneau se disperse en de multiples activités : il fabrique des baromètres, des thermomètres, il
mesure la dilatibilité du mercure mais il échoue à son examen de troisième année de
doctorat. Il en est indigné et découragé.
Il décide de renoncer au doctorat et de revenir pratiquer la médecine à Chenonceau comme officier
de santé. Le couple s’installe à la Renaudière et c’est là qu’il fait ses premières armes, rencontre des gens importants, comme l’ancien ministre Chaptal, propriétaire
de Chanteloup. Il devient un notable et le préfet le nomme, en 1803, maire de
Chenonceau.
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Les épidémies de « maladies de la gorge », de1818 et 1819, vont lui permettre d’affiner ses recherches sur le sujet – alors tabou - de la contagion. Il va
faire franchir une étape décisive à la connaissance médicale. « Je n’avance
rien, écrit-il, qui ne soit appuyé sur le résultat constant d’une multitude d’observations ». Il pratique des autopsies mais ses confrères tourangeaux se refusent
à reconnaître ses découvertes. Pour les confondre, il franchit de nuit, avec son
élève Velpeau, les murs du cimetière afin d’examiner les morts de la veille et
de consigner avec la plus grande précision le siège de la lésion, son aspect
et son étendue. Il met de l’ordre dans la nomenclature confuse de ces maladies et crée le
terme « diphtérite » (d’un mot grec qui signifie membrane) pour désigner cette
maladie qui portera un temps le nom de « diphtérite de Tours ». Le médecin
parisien Broussais conteste les remarques de Bretonneau qui lui répond avec
cette imperceptible ironie que permet la certitude d’avoir raison.
Seul, sans équipement, il va plus loin que ses confrères parisiens dans ses
travaux sur la fièvre typhoïde qu’il identifie sous le nom de dothinentérite
après avoir découvert que le signe anatomique caractéristique de la maladie
siège sur la tunique interne de l’intestin grêle où il avait observé une éruption «
furonculeuse » et déduit, cinquante ans avant Pasteur, que cette affection était
contagieuse. Il affirme : « Les inflammations sont déterminées par de véritables
petits êtres venus du dehors » et il ajoute : » Un germe spécial, propre à chaque contagion, donne naissance à chaque maladie contagieuse. »
Mais les vérités nouvelles qui bouleversent les vérités admises sont difficiles à
faire entendre et l’Académie de Médecine préféra « rester dans le doute sur
la propriété contagieuse de la dothinentérite. » En attendant que le professeur
Louis enfin ne la redécouvre, sous le nom de fièvre typhoïde !
Bretonneau a innové dans différents domaines : la trachéotomie pour le croup, la quinine pour
soigner le paludisme, l’huile de foie de morue contre le rachitisme, la belladone pour calmer
les douleurs viscérales.
Après la mort de sa femme, il s’installe rue du Chardonnet avec Emmanuelle
Duchastel-Leclerc qu’il console de son divorce, ce qui fait jaser la bourgeoisie
tourangelle qui aura d’autres sujets de conversation quand, à 79 ans, il épousera Sophie Moreau, une jeune fille de 19 ans.
Le docteur Pierre Bretonneau est mort à Passy en 1862. Il repose au cimetière
de Saint-Cyr.
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ZOOM
Par Kim Lureuil
Bzzz Bzzz
mobilisons-nous encore plus
Suite à l’article paru dans notre précédent numéro, des lecteurs de Parallèle(s)
nous ont signalé une autre pétition en faveur des abeilles. A vos souris pour
nos amies rayées. Sur http://www.apipro-bretagne.net/ une pétition demandant l’interdiction des insecticides systémiques tel le Cruiser, produit très dangereux interdit un temps puis à nouveau autorisé depuis le 15 décembre 2009
par le Ministère de l’agriculture. Mobilisation.
Le souffle du printemps
En prenant le TGV, je ne savais
pas qu’une aventure magique
m’attendait. Narrons, narrons.
Arrivée devant le train trois personnages étranges se tiennent
avec des parapluies ouverts mais
inutiles sous l’abri de la gare et
par un jour ensoleillé. Les mêmes
êtres étranges se glissent dans les
wagons et sans un mot déposent des cartes. Encore de la pub ? Non des
poèmes à envoyer à nos amis. Belle idée. C’est vrai que c’est le Printemps
des Poètes. Voici les trois silencieux qui montent dans le train une immense
sarbacane à la main. J’essaye de leur parler. Silence. Puis l’homme approche
le tube à mon oreille. J’ai peur que ce ne soit un excentrique qui me hurle
dans l’oreille. Et non il me chuchote un magnifique poème rien que pour moi.
Moment magique. Merci les souffleurs et la SNCF. Espérons qu’ils reviendront
l’an prochain.
www.les-souffleurs.fr contact@les-souffleurs.fr 01 40 11 35 79 06 48 09 14 05
ACTUS Par Marie Lansade
patrimoine / environnement
Le potager d’aujourd’hui
Le point sur les AMAP
Après un premier congrès national et la création du MIRAMAP (Mouvement Inter Régional des
Associations pour la Maintien de la Culture Paysanne), sa première AG a entre autres fixé son
plan d’action pour 2010, notamment la mise en place d’une plate-forme nationale de mutualisation, d’échange et de communication, et la création d’un fonds de garantie pour les prêts aux
agriculteurs en AMAP. Pour une fois qu’on ne les oublie pas…
Par Kim Lureuil
Transportée
par les transports
Quand je suis allée à la séance de signature organisée par ma librairie favorite, Lire au Jardin, je n’étais
pas convaincue que les transports seraient un sujet passionnant. Ludovic Bu, grand nounours barbu et BCBG
dans son costume d’homme d’affaires, connaît le sujet
au point d’être simple, clair et amusant ; en bref, passionnant. Le livre qu’il a co-écrit avec deux compères se
dévore comme un roman qu’il est difficile de reposer.
Le sous-titre en première page « en finir avec la galère
» donne le ton général léger et instructif Un grand coup
de chapeau aux auteurs dont l’originalité de l’approche
n’a d’égale que leurs compétences dans le domaine et
le style inénarrable. Un vrai moment de détente d’où l’on ressort plus riche et
loin des sentiers battus.
« Les transports, la planète et le citoyen » de Ludovic Bu, Marc Fontanès et Olivier
Razemon - Editions Rue de l’échiquier – Droits d’auteurs reversés à l’association
Voiture & co – En vente à la librairie Lire au Jardin – 12 €
Comment la ville
a façonné le monde
A la recherche d’informations sur la polémique du réchauffement climatique instaurée par un certain M. Allègre, je retiens celui dont le titre est attractif et qui contient
des schémas du niveau de la mer qui vont sûrement
m’éclairer. Et puis non, ce n’est pas cela le fonds du débat. Il s’agit d’une approche biologique de la ville. Une
analyse déroutante mais fort intéressante du lien entre le
développement de la cité, la sédentarisation, le climat,
les maladies et même la natalité, avec force illustrations
didactiques. Une fois lu, on regarde le monde urbain différemment. Un rencontre inattendue à faire.
« Ecologie urbaine » de Jacques Vicari - Editions infolio – Collection illico – 11 €
On organise le potager suivant les vents dominants en protégeant les plantes pérennes
(artichauts,fraises, petits arbuste fruitiers, …) du vent par une haie, un mur ou une palissade et on protègera le sol cultivé des rayonnements du soleil par un couvert végétal
ou avec un paillage.
En partant d’un constat accablant - le nombre d’espèces animales et végétales menacées d’extinction est aujourd’hui estimé à 20 000 ! – le photographe tourangeau Gilles Martin a imaginé
cette exposition tout à la fois pédagogique et ludique pour alerter le plus grand nombre sur les
problématiques environnementales. 225 photographies d’espèces animales menacées sont ainsi
présentées sur une carte géante - python vert, loup d’Abyssinie, gorille de montagne…. Cette
exposition est la suite logique de l’Arche Photographique, vaste projet mis en place voici 5 ans
par l’éco-photographe : une Arche de Noé photographique planétaire, recensant à l’issue de sa
mission pas moins de 200 000 images recueillies aux quatre coins du globe – le plus grand inventaire de la faune sauvage ! Gilles Martin, amoureux de la nature, militant engagé pour le respect
de la planète et la sauvegarde des espèces, cet infatigable voyageur – plus de 90 pays parcourus
à ce jour ! - va donc interpeller une fois de plus les consciences. A visiter en famille...
Jusqu’au 6 avril – Hôtel de Ville de Tours - www.gilles-martin.com / www.arche-photographique.org.
joutes équestres et écuries royales !
Classées Monument Historique, les Ecuries Renaissance du château du Rivau – c’est là qu’étaient
élevés les chevaux de combat pour les rois de France - sont considérées comme les plus anciennes
de notre pays ! Les voici restaurées, prêtes à s’ouvrir au public et lui faire revivre cette partie de
l’histoire grâce à un parcours-spectacle constitué de 7 récits audio-visuels. On y apprendra que la
Pucelle s’en fut quérir ici ses destriers en vue de la bataille d’Orléans, on y découvrira des chevaux
de légende, Licorne et autre Pégase… Et pour mieux encore s’imprégner de ce voyage dans le
temps, des joutes équestres auront lieu dans les douves du château…
www.chateaudurivau.com – Joutes équestres le 16 mai
Un nouveau blog
Poétesse, Amélie Guénand n’est en pas moins une citoyenne engagée. La preuve ce nouveau
blog dont elle est à l’initiative : BabebibeBIO ou l’apprentissage de l’éco citoyenneté qui a pour
but de sensibiliser au respect de son environnement, de la planète mais aussi de son propre corps.
Vous y trouverez de nombreuses rubriques : les bienfaits alimentaires de différents aliments, les
bonnes adresses, des «critiques» de livres, des recettes bio-intelligentes, la grossesse et bébé BIO,
et deux rubriques sur des concepts ou produits naturels et éco-citoyens. Sans oublier chaque jour
l’écotidien, la news écologique !
A vos souris !!
http://babebibebio.hautetfort.com
Les bons plants de Valmer
La nature frétille enfin, et les chanceux possesseurs de jardin recommencent à titiller graines et
bêches. Le « Jardin remarquable » de Valmer, sous la botaniste et talentueuse baguette de sa
propriétaire, Alix de Saint Venant, s’ouvre pour la sixième année au public afin d’y dénicher
légumes et plantes régionales parfois inconnues. Venez découvrir chez les exposants les tomates,
courges et autres poivrons, aux formes et couleurs parfois insolites. Emmenez vos enfants pour
l’atelier rempotage, pour qu’ils soient plus tard des jardiniers responsables. C’est pédagogique,
mais aussi ludique, comme le concours de la plus grande gourde : le record – 2,07m ! – a été
remporté l’an dernier par un petit Jules de 9 ans !
Les 2 et 9 mai – De 10h à 19h – www.chateaudevalmer.com
Randonner responsable
Voilà un bouquin à glisser dans son sac à dos entre sa tunique de chanvre
et ses pâtes de fruits bio. Car il s’agit bien ici de marcher en respectant l’environnement, et de cheminer vers une « écologie de la liberté ». En préambule, l’auteure attaque la marche sous un angle philosophique (Marcher,
c’est quoi ? Savoir se perdre…) avec une bibliographie, de Rousseau à
Michel Serres ou passant par Théodore Monod. Un chapitre sur les écosystèmes briffe le randonneur non encore averti sur les rudiments de l’écologie,
tandis que le suivant, étayé de nombreux commentaires, enseigne ceux de
l’observation naturaliste. Après un tour de France des sites protégés, petits
conseils pratiques pour s’habiller et contrer au mieux tous les désagréments
(soleil, serpents, moustiques) auxquels le randonneur peut se heurter. Et le
randonneur vert, bien sûr, ne fait pas escale n’importe où : il trouvera ici une foultitude d’adresses
d’hébergements soucieux de l’environnement, ainsi que des idées d’escapades.
Catherine Levesque – Rando éditions – 8,50€
Vinaviva
Une première édition pour ce salon dont l’ambition est de valoriser les vins « de libre expression» : vins avec ou sans appellation, mais qui ont comme dénominateur commun le fait d’avoir
été élaborés avec soin et amour par des viticulteurs (trices) respectueux (ses) de l’environnement,
même si les divins breuvages ne sont pas automatiquement «étiquetés» bio. A signaler que sur
la trentaine de viticulteurs attendus, près de la moitié sont des femmes, témoignant de leur émergence dans ce domaine traditionnellement masculin.
17 et 18 avril – Salle des fêtes de Saint-Etienne-de-Chigny - http://vinaviva.free.fr/
Par Michel Provost
La Nature a tout prévu, et mis à notre disposition tout ce qu’il faut pour bien agir. Pour
prévenir les éventuels teneurs en polluants, on parsème le sol d’un voile d’argile montmorillonite, entre les apports en terres naturelles et le terreau.
Esthétique et conscience écologique
Château du Rivau :
page21
les Procédés Naturels de PANSERNATURE
« Biosphère »
pour l’éco citoyenneté
on a lu
patrimoine / environnement
Un coin réservé près de la maison permet à la famille de cultiver des légumes et
d’avoir des fruits, une nourriture saine, apte, à entretenir ou à redonner un bon état
de santé.
On estime qu’il faut au moins 100 m² par personne dans un foyer pour subvenir à presque tous les besoins d’une famille. On est souvent très loin d’avoir cette surface, cela
ne signifie pas qu’on ne peut rien faire, parce qu’il suffit de deux ou trois jardinières
sur un balcon ou sur une terrasse pour se faire plaisir, pas seulement avec des fleurs. Il
faut apprendre ou réapprendre à bien semer ou à bien planter pour obtenir de bons
légumes ou des fruits sains, alors on aura la satisfaction à la fois de la réussite, du goût,
et de la satiété. Cela implique que l’on prenne le temps de s’y mettre avec un peu de
réflexion et de bon sens, la pratique et les bons gestes viennent très vite. .
Il faut tout d’abord prendre le temps de la réflexion pour agir correctement en respectant les règles
suivantes :
Un bon terrain est un terrain bien drainé, équilibré et sain, ni lourd, ni léger, grumeleux.
Légèrement acide (pH -,5 à pH 7,5 ), où la vie biologique est présente, active.
On l’aère sans le retourner, avec une fausse bêche qui ressemble à une fourche à foin
mais avec des dents plus écartées (la grelinette)
On l’équilibre par des amendements qui sont des terres naturelles, que l’on répand sur le
sol en faible quantité ( 300 à 400 g/m²) : l’argile, le basalte, la marne, le sable ou la
pouzzolane, que l’on complète par du magnésium pour lier le tout : de carbonate pour
un sol trop acide ou de sulfate pour un sol trop alcalin.
Tout doit se faire en fonction des mesures du sol, effectuées chaque année, elles conditionnent le dosage de ces terres structures) et facilitent le redémarrage ou le maintien
de la vie biologique. Le plus simple est de demander une analyse du sol à laboratoire
qui effectue les mesures spécifiques, qui établit un diagnostic et apporte des conseils
utiles.
On l’entretient par des composts ou des terreaux qui se comportent comme des engrais
et les remplacent efficacement avec une couche d’environ 1 cm d’épaisseur. Si on n’en
dispose pas, il faut choisir en jardinerie un terreau « plantation » qui en contient pas
de boues de station d’épuration (métaux lourds et pas de résidus d’arbres du type
résineux).
La vie du sol est avant tout comparable à celle d’un être vivant, et de ce fait il faut éliminer
les polluants (les eaux sales, les engrais chimiques de synthèse et les pesticides ou les
OGM).
Pour planter, une fois le sol rééquilibré, nourri avec le compost, il suffit ensuite de tracer
un léger sillon dans le compost pour déposer au fond les graines que l’on recouvrera
ensuite et on arrosera. Il faut choisir des graines originelles, sans hybrides, type Kokopelli. Pour les plants que l’on achète, on fait un trou un peu plus grand et profond
que la motte (environ 2 à 3 cm), puis on dépose du compost au fond du trou, on pose
le plant dessus, on comble le vide autour du plant avec le compost que l’on tasse un
peu et on arrose. On sème ou on met les plantes « fruit » (chou, haricots, pois, laitue,
tomate) à lune « montante », on les récolte à lune « descendante ». On fait le contraire
pour les plantes « racines » (carotte, navet, pomme de terre ou les radis). Il faut toujours
enlever les racines des plantes récoltées et qui ne reproduisent plus, et les mettre au
compost (choux, salades, pois, tomates).
Ex : nous arrivons en avril et en mai, se sont les mois des semis et des plantations, la terre se réchauffe, elle s’humidifie et
va pouvoir accélérer la germination des plantes, celles qui n’ont pas été plantées en mars :
Avril : les semis - Les carottes, les céleris, le concombre, les fèves, les melons, les radis,
L es plants - les salades, les épinards. le thym.
Mai : On plante les semis qui ont levé à 2 ou 3 feuilles en éclaircissant les rangs, les
écarts entre les plants sont donnés sur les paquets de semis (choisir les variétés naturelles et originelles).
Si on n’a pas de semis, on achète des plants levés en barquette et on met en terre les
carottes, le céleri, le concombre, les fraisiers, les laitues, le melon, les tomates. On ne
replante jamais deux fois de suite le même type de plantes au même endroit, mais on
remplace les plantes racines par des plantes fruits ou vice-versa.
Protéger la vie du sol :
C’est impératif, incontournable. Le soleil darde ses rayons et assèche la surface du sol,
qui se craquelle et laisse passer l’eau qui s’évapore. Il est nécessaire que le sol contienne au moins 15 % d’eau pour que les bactéries fournissent l’azote qu’elles fabriquent
avec le carbone de l’air extrait par la photosynthèse et l’eau du sol. Le paillage est une
des possibilités les plus connues et répandues. Il faut un bon cm d’épaisseur. On peut
aussi mettre un « mull » avec de la tonte de gazon, des banches d’arbres broyées (BRF)
ou de la sciure de bois du type (feuillus), le chêne étant la meilleure.
Il ne reste plus qu’à attendre la récolte, en arrosant peu mais régulièrement.
Le coup de pouce :
Toujours laisser tremper les graines dès la veille du semis dans une eau sans
chlore (de pluie), elles germeront plus facilement
Dès que les semis, mis directement au sol, sont levés et suffisamment reconnaissables, on ôte les mauvaises herbes à la main ou à la binette et on protège le sol
tout autour de la plante par un paillage, pour conserver l’humidité du sol et éviter une
nouvelle levée de « mauvaises herbes ».
L’an passé, on a récolté ainsi (entre autres) des pommes de terre « bintje » de plus de 500 g, avec près
de 4,5 kg par pied !
Association PANSERNATURE - 28 , route de Chambord - JOUE LES TOURS
Panser nature aura un stand Parc de la Rabière pendant le week-end Vert les 17 et 18 avril
VU n n
Nos enfants nous accuseront
Salle des mariages archi comble pour la projection (la 4e dans le
département, avec toujours autant de succès) du film de Jean-Paul
Jaud, « Nos enfants nous accuseront », en présence du réalisateur, ou l’exemple de Barjac, petit village du Gard, dont la cantine, par la volonté de son maire, est 100% bio (comme le sont les
repas livrés aux personnes âgées). La seule critique serait un certain angélisme, dans ce décor à la Pagnol : le charmant accent
du sud, les enfants tous beaux et gentils, la connivence intergénérationnelle, un débat d’une courtoisie rare entre agriculteurs bios
et agriculteurs conventionnels, l’amitié du maire PC avec le curé
du village, les champs de coquelicots à la Manet…. Néanmoins,
ce film est essentiel dans ses deux points forts : les interventions de
nombre de scientifiques au niveau international, avec des chiffres
qui font froid dans le dos : augmentation terrifiante du nombre de
cancers liés à l’environnement, principalement chez les enfants
et les jeunes adultes ; cancers et maladies neurologiques chez
les agriculteurs ayant utilisé des pesticides, etc. Le second point
fort est que l’exemple de Barjac a déjà fait des émules (la ville
de Saint-Etienne, par exemple, sert du 100% bio à ses élèves),
et que l’on sait bien que si la volonté politique est là, doublée
par les prises de conscience des parents, nos enfants pourraient
avoir une alimentation saine et bénéficier des circuits courts. Une
phrase terrifiante a été prononcée par un scientifique : « C’est la
première fois depuis la dernière guerre que les enfants sont en
plus mauvaise santé que leurs parents ».
ML
ANTOINE GUERBER
C
page22
portrait :)
Propos recueillis par Doc Pilot
Une Démarche Unique
et Intemporelle
réateur de l’Ensemble Diabolus In Musica, le prospecteur musical Antoine Guerber ressuscite des
partitions oubliées du 12e siècle et redonne vie dans un nouveau disque, « Rose tres Bele », à un répertoire
vocal féminin précieux et inédit : les Chansons et Polyphonies des Dames Trouvères. Initiateur talentueux et
artiste-bâtisseur incontournable, il est aussi le concepteur du festival Les Méridiennes.
Tu sembles un électron libre dans une
démarche inédite…
Moi d’abord je me fais plaisir ! J’ai la tête
un peu dans les 12e et 13e siècles, mais je
reste ancré dans mon époque : j’ai ma carte
dans un parti politique, j’ai une vie de famille… Il se trouve que plus les musiques sont
anciennes plus ça me parle, mais j’aurais
pu faire du jazz, du Stravinsky ou du rock.
(J’écoute beaucoup de hard rock). Je ne sais
pas ce que j’ai comme connexion avec le
Moyen Age, mais ça me fait vibrer de faire
revivre cette époque. Nous sommes tous les
descendants de la ruralité moyenâgeuse et
nous sommes faits de notre passé.
...Nous sommes
produits par un label qui
nous laisse carte blanche,
ce qui est un luxe
Ta mission de défricheur de ce passé estelle laborieuse ?
C’est un plaisir, un immense plaisir de se
plonger dans cette tradition vieille de plusieurs siècles et d’essayer de la faire revivre.
En plus, c’est une activité extrêmement variée constituée d’un travail musicologique,
(la musicologie n’étant pas un gros mot mais
essayer de comprendre ce qui a été écrit),
suivi d’un autre travail, celui de la recréation
avec des chanteurs et des instrumentistes.
C’est d’autant plus un plaisir quand on sait
être le seul dans cette démarche ; personne
d’autre ne va le faire, c’est unique, et c’est
mon carburant, ma motivation première.
Peux-tu nous parler de l’importance de
la féminité dans ce nouveau disque ?
C’est très important et inédit pour l’Ensemble
qui depuis 17 ans travaille sur un répertoire
de chansons de trouvère, exclusivement masculin. La féodalité est une période très dure
et très rude pour la condition féminine. Aux
12e et 13e siècles, on commence à écrire
des chansons d’amour mais cela reste très
viril, très masculin ; ce sont les désirs des
hommes qui s’expriment. Les chansons sont
écrites par des hommes pour des hommes. Il se trouve un petit répertoire très marginal, quelques dizaines de chansons écrites par ou pour des femmes, auquel nous
redonnons vie. Ceci rejoint mon désir presque exhaustif d’explorer le répertoire
des trouvères, un champ immense de plus de 2000 chansons dont 1300 ont gardé
leurs mélodies. Il devenait important d’aborder cet aspect féminin, plus secret, plus
caché, la porte d’entrée vers une expression féminine, suscitant l’incorporation en
nos rangs de trois chanteuses, les sopranos Aino Lund-Lavoipierre, Estelle Nadau et
Estelle Boisnard et d’une instrumentiste, Evelyne Moser, à la vièle à archet.
Comment expliques-tu le succès rencontré par l’Ensemble
au travers de ses disques ?
D’abord tout est relatif et cette
audience est le produit d’une
« recréation » donc d’une création au même titre que des musiciens modernes. Notre travail
suscite un certain écho car il y
a un goût pour le Moyen Age.
Hors château de Versailles, les
monuments les plus visités sont
ceux de cette époque ; il y a
un rayon de romans historiques
phénoménal avec des tas de
best sellers ! Le marché du disque n’est pas en pleine santé
mais nous occupons cette niche
qui se maintient grâce à la présence d’aficionados de cette
époque. Nous sommes produits
par un label qui nous laisse carte blanche, ce qui est un luxe, et
ces disques nous permettent de
jouer dans les pays limitrophes
et aux USA, où nous tournerons
avec ce répertoire féminin dans
la deuxième quinzaine de novembre.
Comment t’est venue l’idée
du festival Les Méridiennes ?
En buvant une tasse de thé, l’été
2008, alors que je me faisais
bien suer à Tours, me disant
que cette ville si vivante était
bien vide d’activités en Juillet et
en Août. On buvait des coups à
la Guinguette mais à part cela
on s’ennuyait. Je me suis dit : il
faut faire quelque chose, et l’on
a donc construit un petit festival
avec une formule très particulière : des concerts de 30 minutes
à midi avec des musiques de
différents styles. L’expérience
a fonctionné : on a refusé du
Marie-Emmanuelle BRETEL
monde ! Il y aura une nouvelle
édition cette année, 15 dates pendant la deuxième quinzaine de juillet, des concerts
pas chers et suivis de dégustations de produits locaux dans la cour de la salle Ockeghem dans une optique de découverte conviviale et de plaisir partagé.
Penses-tu avoir vécu au Moyen Age lors d’une autre vie ?
Je ne me pose pas la question dans ces termes, mais peut-être suis-je la réincarnation d’un scribe, d’un trouvère ou d’un moine du 12e siècle au travers des vibrations
et des résonances avec le passé présentes en chacun de nous.
DIABOLUS IN MUSICA CD « Rose Tres Bele » Alpha
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