La pédagogie angélique d`Arnaud

La pédagogie angélique d`Arnaud
« La pédagogie angélique d'Arnaud
L ‘Amour plus fort que la mort »
Des personnes des alentour de Sablé, à côté de chez moi, ont été contactées pour assister à
une conférence donnée par Nicole Gourvennec à la Marbrerie à Solesmes samedi 8 mars
2008 : « La pédagogie céleste d’Arnaud. L’amour plus fort que la mort ». L’annonce faite
dans certaines revues centrées sur le sensationnel religieux, se retrouve aussi sur le site
http://www.lamortnexistepas.com/ qui fait état de messages reçus de l’au-delà par des parents
ayant perdu un enfant.
Je respecte profondément la grande douleur de tous les parents séparés de l’un de leurs
enfants, prématurément arrivé auprès de Dieu ; jamais la compassion de l’Église ne sera trop
grande. Cependant, qu’il me soit permis de poser de nombreuses questions quant à la
réception de messages de l’au-delà.
Pouvons-nous communiquer avec nos morts ? C’est bien la question posée. Quand il semble
que nous recevons des messages de nos disparus sans l’avoir cherché, sans procédé spirite
aucun, qui parle à l’autre bout ? En effet, la médiumnité est chose répandue. Des personnes
ayant une sensibilité médiumnique et divinatoire peuvent, à l’occasion de la mort d’un de leur
proche, être « sollicités » par ce canal, qui n’a rien de surnaturel. Le cas prototype de Roland
de Jouvenel, nommé sur le site internet, est avéré comme exemple même de communications
spirites, par écriture automatique. Ce procédé est typiquement paranormal et occulte, et n’a
rien à voir avec un phénomène surnaturel. Or il semble bien qu’il en aille de même avec
« Arnaud ».
Dans le cadre de la révélation et de la religion chrétienne, nous n'avons pas de contact direct
avec ceux qui sont morts. Ceux qui meurent entrent dans l'invisible de Dieu ; ils voient Jésus
et le Père face à face ; ils sont en présence de tous les vivants qui nous ont précédés. Mais il
n'y a pas de communication physique ou psychique entre le monde invisible et le monde
visible. Et jamais cette communion ne s’exprimerait à travers la réception de messages écrits
par écriture automatique…
S'il y a communication, elle est spirituelle et passe toujours, moyennant notre acte de foi, par
Jésus ressuscité. Pouvons-nous prier pour des défunts que nous avons bien connus ? Bien sûr,
nous pouvons prier le Père pour eux après leur mort (en passant par Jésus, par exemple en
offrant le sacrifice de la messe), et leur obtenir ainsi d'être purifiés plus rapidement de toute
racine de péché pour vivre leur éternité totalement dans l'amour de Dieu. Est-ce que des
défunts peuvent prier pour nous ? Bien sûr. Ceux qui sont vivants dans l'invisible peuvent
prier le Père, en passant par Jésus, de nous accorder telle ou telle grâce, et ainsi nous l'obtenir.
Nombreuses sont probablement les grâces que nous avons reçues ainsi.
Mais le désir d’avoir plus de renseignements sur l’au-delà que Jésus ne nous en a donnés est
un péché contre la foi et une transgression qui nous met à portée de manipulations d’origine
diabolique. L’écriture automatique est un procédé occulte qui n’a rien à voir avec l’inspiration
divine. On ne rentre jamais en contact direct avec les morts, mais, dans ce cas, avec des
esprits mauvais qui se font passer pour les esprits des morts ; ils sont assez habiles pour
« habiller » religieusement leurs affirmations.
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Je voudrais simplement en donner des preuves par l’analyse de certains passages du livre de
Nicole Gourvennec « Dis-leur, Mamoune. La mère d’Arnaud témoigne ». Il y a beaucoup
d’affirmations pieuses et spirituelles dans ce livre. Mais il y a encore plus d’affirmations aux
antipodes de la foi de l’Église, et disons-le : occultes et gnostiques. Ce faisant, je ne fais que
mettre en œuvre le conseil de saint Jean : « Bien-aimés, ne vous fiez pas à tout esprit, mais
EPROUVEZ LES ESPRITS pour voir s'ils viennent de Dieu. » (1 Jn 4,1).
P. Dominique Auzenet,
Recteur de la basilique Notre-Dame du Chêne (diocèse du Mans).
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Fiche technique d’analyse du livre de Nicole Gourvennec,
« Dis-leur, Mamoune », La mère d’Arnaud témoigne,
Ed. Lanore, 2008
Les chiffres entre parenthèses se trouvent dans le livre pour désigner un renvoi aux livres
précédents. Le dernier chiffre entre parenthèses est celui de la page du livre analysé. Les
phrases entre guillemets sont les messages d’Arnaud. Les paragraphes en italiques sont des
réflexions du P. Auzenet ou des citations d’autres livres.
1. Aspects en rapport avec la médiumnité
La question de l’écriture automatique
* Tout à coup, Paul assis en face de moi sur le divan, l'air abasourdi, prononce ces mots
incroyables : « Arnaud me dit : Fais une lettre à ma Mamoune ». Aussi surprenant que cela
paraisse, je n'ai pas hésité une seconde, réagissant immédiatement : « C'est Arnaud, va
écrire ! » Et Paul est parti vers son bureau, calme mais pas du tout convaincu m'a-t-il avoué
ensuite. Quelques instants plus tard il revient, tenant un papier où il a transcrit un dialogue de
son écriture habituelle, simplement très étirée. Il est toujours aussi paisible et surpris de ce qui
lui est arrivé et qui pour moi ne fait aucun doute. (p. 38)
* Il y avait là quelque chose d'extravagant qui dépassait notre entendement car nous savions
bien que le corps d'Arnaud avait été déposé dans sa tombe. Comment pouvait-il s'exprimer
puisqu'il ne disposait d'aucun support matériel permettant la communication comme dans la
T.C.I. (trans-communication instrumentale) ni bien entendu ne bénéficiait d'aucun procédé
spirite ? Cependant il était indéniable que Paul recevait bien des messages provenant de la
pensée d'Arnaud, quotidiennement au début puis tous les deux ou trois jours, à des moments
variables et toujours inattendus. Il écrivait très vite, sans exaltation, égal à lui-même. Tout se
passait en quelques minutes, le temps de « prendre la dictée », dans un silence total car rien
n'était audible. Pas le moindre élément spectaculaire.
« L’écriture automatique est un procédé utilisé en médiumnité, un esprit utilisant la main du
médium pour communiquer avec le monde physique. L’écriture automatique n'est pas en tant
que telle un phénomène paranormal. Ce terme désigne en fait le genre d'écriture inconsciente
souvent utilisée par les psychologues eux-mêmes comme technique libératoire qui permet de
faire émerger rêves, désirs, de l'inconscient. Les psychologues limitent l'écriture automatique
à l'alternance des personnalités stratifiées communes à tous, ne se manifestant que sous
certaines conditions. Les parapsychologues envisagent avec cette technique l'intervention du
paranormal comme effet de la dissociation psychique du sujet introduit dans une nouvelle
dimension. Les spirites eux, placent l'écriture automatique parmi les moyens de
communication avec des entités désincarnées de différents niveaux moraux ; ceci est
contrôlable par l'étude du niveau du message obtenu. Il est certain que le psychologue, le
parapsychologue et le spirite ont tous trois de bonnes raisons pour adopter cette méthode. »
(encyclopédie Wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Écriture_automatique)
* Dans le cas des messages d'Arnaud, l'initiative émane d'En-Haut, rien n'est sollicité ni
provoqué : « En effet, les personnes comme vous (je dis : vous, Papa et Mamoune, puisque
vous êtes autant confondus dans mon cœur que dans ma mission), qui reçoivent des
communications non sollicitées et par la médiation de l'Esprit seul, ne font pas de recherches.
ce qui est une différence essentielle. Ni les signes ni les messages que vous recevez de moi
(qui ne suis qu'un porte-parole, je le répète), ne font l'objet d'aucun travail conscient,
organisé, méthodique de votre part. Papa ne fabrique pas de messages pour prouver quoi
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que ce soit ; il ne veut pas la fin et n'a pas les moyens ! » (T III p. 124) Cela explique que le
contenu des messages ait porté la marque du ciel même au tout début, se gardant des
bavardages oiseux et banals qui caractérisent souvent les communications médiumniques. (p.
95)
Nicole Gourvennec n’est pas sans savoir que certains identifieront précisément les messages
d’Arnaud avec des communications médiumniques. Il convient donc de s’en démarquer
clairement. Mais les esprits qui sont à la source de tels messages ne sont pas obligés de
tomber dans le banal… ils peuvent aussi faire dans la gnose, comme on le verra plus loin. Le
« Dialogue avec l’ange » de Gîta Malaz en est un meilleur exemple encore… Si Nicole
Gourvennec se défend de faire du spiritisme, et d’être médium, on relève cependant dans le
livre, à propos de la médiumnité, un double langage, comme le montre la citation suivante :
* Le troisième enseignement concerne un médium présent à ce Congrès, étonnant de forces et
de dons et en même inquiétant : « De très importantes énergies le relient à l'invisible aussi vitil sur une mer agitée de puissantes vagues… Quand des êtres sont doués de telles énergies, il
est nécessaire pour les maîtriser qu'ils les qualifient dans le Verbe, car il existe un royaume
des mots qui endigue les énergies. Ainsi, si je dis qu'il y a en moi des énergies sans les
qualifier, je n'en dirige pas le sens et la mer est tempête. Par contre si je prononce « Énergies
d'Amour » et si de plus je reconnais dans la prière que ces énergies ne peuvent venir que
de Dieu, j'en accepte la Source. Enfin si j'admets, sans orgueil, qu'elles ne me sont données
que pour l'amour de l'autre, j'apaise toute tempête. Sinon, je serai comme Pierre, mais n'ayant
pas le Maître à portée de main, je coulerai sans espoir ... » (T III p. 79) Ce message dans un
premier temps conforta notre réticence à l'égard des manifestations médiumniques.
Cependant nous n'allions pas tarder à apprendre qu'il faut se méfier de tout jugement a
priori et ne jamais oublier, comme le dit Arnaud, que l'essentiel est la finalité du don :
l'amour des autres. (p. 191)
Mode d’emploi pour ne pas se poser les vraies questions sur les « énergies » : elles ne
peuvent venir que de Dieu, bien sûr… et la médiumnité, somme toute, du moment qu’elle est
orientée vers l’amour de l’autre, devient acceptable…
* Dans un premier temps, j'ai pensé n'être qu'une humble spectatrice de ce maillage CielTerre, me satisfaisant de mes secrètes et fortes communions d'esprit avec Arnaud. Je me
contentais donc d'une participation que je supposais, tout comme Paul le pensait, destinée à
rester passive, accompagnant par la prière la réception des messages que je numérotais
simplement lorsque Paul les avait recopiés. En effet, il avait adopté une méthode permettant
de les relire : aussitôt après les avoir reçus, de son écriture restée identique mais trop étirée à
cause de la vitesse d'émission, ce qui les rendait difficilement lisibles, il recopiait tout le texte,
tel qu'il avait été dicté : d'une traite, sans paragraphes ou strophes (pour les poèmes), sans
ponctuation, sauf de temps en temps une précision pour une majuscule ou un point
d'exclamation, voire quelques fois pour des guillemets. Arnaud lui avait donné des conseils
qu'il suivait scrupuleusement : « Recopie le message le plus vite possible, ta mémoire
inconsciente t'aidera : ton subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance ... » (T 1 p.
132-133) (p. 97)
« J'ai senti ma Mamoune travailler à nos messages. C'est une bonne chose comme je l'avais
dit, qu'elle participe à l'élaboration formelle de ceux-ci, à la rédaction qui suit le premier jet de
mots. » (T 1 p. 160) Ce travail me paraissait si sacré que je ne l'accomplissais que dans la
prière, prenant le temps de me sentir reliée au Ciel et attendant un acquiescement intérieur. (p.
98)
Paul reçoit. Nicole met en forme littéraire. Travail de collaboration. Mais écriture
automatique tout de même. Procédé spirite par excellence. Le conseil est limpide : « ton
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subconscient a tout enregistré, fais-lui confiance ». Pas d’analyse critique ; au contraire, il
faut révérer religieusement les messages…
* D'ailleurs il était frappant de constater la facilité avec laquelle il reprenait le cours de ses
activités. « C'est normal, me dit-il, puisque ce que je rédige ne vient pas de moi. Je sais
qu'Arnaud en est l'auteur mais, contrairement à ce que tu penses, je ne suis à aucun moment
submergé d'émotion, l'affectivité n'intervient pas. Je ressens Arnaud bien davantage dans les
effusions-communions que tu connais comme moi. Pour les messages je suis simplement un
instrument qui a du mal à suivre l'allure et qui de plus en plus ne sait même pas quel sujet a
été abordé tant la trace se perd vite, comme si tout s'effaçait. » Arnaud qualifiera plus tard le
récepteur de messages comme les siens de « porteur de crayon », attestant ainsi du
caractère passif de ce type de communication. Paul avait vu juste car à peine quelques mois
après le début des messages, la vitesse d'émission ne fera que s'amplifier, il n'y aura plus
d'échanges et les sujets traités cesseront d'être personnels, atteignant une telle altitude
spirituelle que leur contenu est à lui seul une irrécusable marque d'authenticité. (p. 58)
Non, car l’Esprit Saint n’a jamais utilisé de cette manière les évangélistes. « Dans la
Tradition biblique, Dieu respecte parfaitement l’humanité de l’hagiographe : sa culture, son
tempérament, son milieu social. Dieu parle à travers lui sans se substituer à lui : la parole
qu’il prononce est tout à la fois sa parole et celle de Dieu. Des révélations privées dans
lesquelles l’interlocuteur divin se servirait de la voix de son instrument humain tout en la
changeant au passage ; ou qui se servirait de sa main pour écrire des messages dont
l’instrument humain ignorerait le contenu au moment de les rédiger (écriture automatique ou
semi-automatique) ; etc. : de telles « révélations » seraient plus que suspectes, car leur mode
de production ne correspond pas à la manière habituelle de procéder de Dieu en matière
d’inspiration. (P. J-M Verlinde, http://www.final-age.net/La-Revelation-officielle-et-les.html)
* « Je suis avec toi en relation moins médiumnique que tu le crois. C'est plutôt de la
télépathie ... » (T 1 p. 26) Plus tard, il ira plus loin dans les recommandations : « Comme je te
1’ai dit, les vraies relations spirituelles entre un être du « dessus » et un être de la terre ne sont
pas magiques ! Elles ne doivent surtout pas l'être, sinon elles sont pleines de périls car, aux
confins de la Terre et du Ciel (en langage compréhensible ... ), les forces du Mal sont à l'affût
et cherchent à interrompre les liaisons, à leur nuire et à les faire dévier. Les nôtres reposent
sur ton don et l'amour entre nous dans l'Amour de Dieu. » (T 1 p. 49) (p. 41-42)
Ouf, nous voilà rassurés ! C’est étonnant comment « Arnaud » prend soin de nous dire et
redire que les messages ne proviennent surtout pas d’esprits inférieurs parasitants, dont il
parle encore dans cet autre message :
* « Les « ténèbres extérieures (Mt 8, 12) » sont extérieures au ciel et à la terre car, à la
frontière des deux mondes, existe un au-delà mystérieux, un fragment détaché du Royaume de
Lumière auquel beaucoup d 'hommes de la terre se relient facilement, entrant en contact avec
des êtres souffrants, aveugles et entêtés qui sont prêts à les capter, à les magnétiser et à les
plonger peu à peu dans l'obscurité. C'est cela les ténèbres extérieures. » (T II p. 213) (p. 175).
N’est-ce pas un aveu qu’Arnaud connaît de bien près ces entités, ces esprits… ?
* Les contemplatifs savent bien que l'on ne peut prier qu'en s'isolant de l'environnement extérieur
pour mieux ouvrir les yeux de son âme. Dès les premiers messages Arnaud livre d'ailleurs sa
méthode : « Fais le vide avec tes mains sur les yeux et ça vient facilement. » (p. 43)
Cette affirmation est capitale. Toutes les méditations orientales (si prisées dans les cercles
occultes) nécessitent comme postulat de base de « faire le vide » dans les pensées… La
méditation et la contemplation chrétienne sont bien différentes : il s’agit d’entrer en
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communion avec la Trinité, et de laisser l’Esprit Saint travailler en nous. Trop de chrétiens
pensent qu'ils doivent faire le vide dans leurs pensées pour que le Saint-Esprit puisse
s'exprimer au travers d'eux ou les contrôler. Au contraire, nous devons garder le contrôle de
nos pensées et coopérer activement avec le Saint-Esprit. Chaque fois que nous faisons le vide
dans nos pensées, l'esprit qui s'exprime à travers de nous n'est probablement pas le SaintEsprit.
Une rencontre avec le P. Vernette
Le 26 juin, lors d'un échange téléphonique, il me remercie pour le livre, précisant d'emblée :
« J'ai lu tous ces messages, je n'ai rien à leur reprocher » ; puis il ajoute : « L'Église n'a pas
assez tenu compte de ces phénomènes. J'aimerais vous connaître. » Lorsque je fais état de
notre projet de déplacement pour Lourdes au 15 août, il nous fixe un rendez-vous le 14 à
l'évêché de Montauban. (…) A ce moment Paul intervient et dit : « Il me semble qu'Arnaud a
dit qu'il faut appeler cette dictée : l'écriture inspirée. » Le Père Vernette sursaute, visiblement
bouleversé : « C'est étonnant ce que vous dites. Savez-vous que j'ai reçu hier une lettre de
Pierre Monnier, le petit cousin du messager ? Il a retrouvé un courrier de Madame
Monnier disant que son fils lui avait dit d'appeler ses messages : « L'écriture inspirée. »
Éberluée, je finis par me ressaisir et sors de mon classeur le message choisi in extremis : «
L'écriture inspirée. » Paul est aussi étonné que le Père Vernette ! (…) Lorsque nous nous
quittons, le Père Vernette, regard plus bleu que jamais, nous dit : « Vous êtes guidés par
l'Esprit Saint, vous n'avez pas besoin de conseiller spirituel. Laissez-vous aller. » Sur-lechamp nous n'avons pas mesuré l'importance de ce conseil, pour le moins surprenant. Nous en
comprendrons la sagesse plus tard ! (p. 118-119)
Si l’on nous rapporte bien la vérité ici, on ne peut qu’être affligé des naïvetés du P. Vernette.
Voilà que l’écriture automatique, phénomène utilisé essentiellement dans les mouvances
spirites, est rebaptisée par lui « écriture inspirée », appellation donnée aussi par les esprits…
car on n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Quand à dire à des personnes qui
prétendent recevoir des messages de l’au-delà qu’elles n’ont pas besoin de conseiller
spirituel, c’est contraire à toute la tradition ! Rien de tel que de se croire directement inspiré
par l’Esprit Saint sans aucun regard extérieur pour aller droit dans le mur ! Surprenant
conseil dans la bouche d’un prêtre, effectivement … Invérifiable, car l’intéressé est décédé.
Démasqué ?
* « Papa, tu fus très surpris lors de la messe car, en te rendant à l'Eucharistie, tu as cru me voir
dans un jeune officiant affligé d'une disgrâce physique, Oui, j'étais là, comme en
surimpression sur un film. Nos regards se sont vus et reconnus. Mais quel trouble en toi !
Rassure-toi n'est pas une hallucination. Comment est-ce possible ? J'ai utilisé le canal
psychique de cet être pour me poser devant lui et t'offrir cet éclair. Lui ne s'en est pas
aperçu mais il a dû être déconcerté par ton regard. Je le fus moi-même. Ces manifestations
ont un sens : dans l'Amour de Dieu et du prochain, tout est possible. » (T II pp. 139-140) (p.
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Quelle manipulation ! Pensez-vous que nos défunts se servent de nous, ou d’autres personnes,
de cette façon ? En revanche les esprits diaboliques ne demandent pas notre autorisation…
* Puis il y eut ce songe-cauchemar du 6 juillet 1993. Je suis avec Arnaud, mais, contrairement
aux autres rencontres, rien n'est lumineux et j'éprouve un sentiment d'oppression et de
tristesse. Je perçois Arnaud comme un petit prince malheureux qui n'est plus sur son étoile
mais dans un univers sombre dont il est prisonnier. Il se plaint : « Je travaille toujours,
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j'ai perdu tout contact physique avec toi, je souffre, prisonnier de l'obscurité, viens me
rejoindre. » Tout mon être se tend vers lui en un élan irrépressible pour lui porter secours :
« Mon amour, je viens ! » Un choc comme si on me secouait, une sorte de chute et je me
réveille. Une pensée s'impose immédiatement à moi : il s'agissait d'un faux Arnaud, des
forces mauvaises se sont jouées de moi pour m'entraîner hors des sphères christiques. Comme
pour me le confirmer, la radieuse présence d'Arnaud m'envahit. (p. 174)
Zut, l’esprit avait oublié un instant de se déguiser en vrai Arnaud… Heureusement, il s’est
vite repris… Il est curieux qu’une telle expérience, que Mme Gourvennec analyse pourtant
bien (oppression, tristesse, univers sombre, prisonnier), ne lui ait pas permis de s’interroger
plus avant. Peut-être faudrait-il qu’elle lise plus assidûment les Écritures. Saint Paul, en 2 Co
11,14, écrit : « Rien d'étonnant : Satan lui-même se déguise bien en ange de lumière. »
2. Aspects en rapport avec la pensée gnostique du Nouvel Age
* « Je le suis pour l'Éternité mais étant débarrassé des entraves de la terre et… t'ayant précédé
dans l'Amour de Jésus Christ, je peux vivre plus intensément toute la Vie. Je ne te suis pas
supérieur, mais autre, tout en demeurant semblable dans ce que tu as aimé. Rien n'est
interdit à l'amour véritable que l'on porte à un être. » (T 1 p. 43) (p. 41)
Certes cette phrase ne va pas sans rappeler le « Aime et fais ce que tu veux » de saint
Augustin, mais comme on va le voir dans les aspects de connaissance initiatique développés
dans ces messages, tout est légèrement transformé… Cette « torsion » discrète, mais réelle
fait que l’Église est l’Église mais doit être autre, l’Écriture est l’Écriture, mais doit être
interprétée autrement, l’amour est l’amour mais doit être libre de toute entrave, et la
connaissance, au lieu d’être simple, devient alambiquée au possible…
* « Pour votre monde présent, seul un scientifique poète, ou l'inverse, serait en mesure de
vous entraîner au-delà des hypothèses, systèmes, ou modèles proposés. C'est alors que vous
verriez la "Sciento-Poésie" atteindre à la Mystique… Le connu rejoindrait le caché,
l'expérimenté, le deviné. » (T 1 p. 210) (p. 72)
« Foi, Amour, Connaissance constituent mes trois vies fusionnées en une seule, chaque
élément se conjuguant avec les deux autres par une sorte de rotation incessante… » (T I p.
111) (p. 74)
On remarquera que l’Espérance a été remplacée par la Connaissance… quant aux trois vies
fusionnées, se conjuguant… dans une rotation… Et que dire de la confluence de la scientopoésie avec la mystique !
* « Jésus-Christ est mon enveloppe merveilleuse, radieuse. Je me FUSIONNE à Lui dans un
Amour immense… » (p. 69) Mon être total, donc toute ma personnalité, EST BRANCHEE SUR
UN "UNIVERS" DIVIN, sur une "humanité" en gestation dont le sens du chemin est la
compréhension finale de Dieu. (T 1 p. 57) (p. 72)
« Trouverez-vous un Vasco de Gama assez fou, assez amoureux de liberté, pour S'ENFONCER
DANS LE TEMPS ET L'ESPACE CONFONDUS, sans esprit de retour ? Dieu aimerait cet homme,
je crois. Leur amour se rejoindrait et ce voyage aurait son terme dans son Royaume. En
attendant, en espérant, assis avec un Asimov (auteur de science-fiction) sur les genoux, rêvez,
rêvez, car il n’y a pas d’immobilité, il n’y a que du devenir, il n’y a pas de passé, il n’y a que
de l’avenir » (T I p. 226). (p. 73)
« L'accession à cette connaissance ne se fait pas selon le processus de la recherche
scientifique, moyen terrestre incroyablement faible, court en déductions, incertain dans ses
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résultats, l'accession se fait par LA FUSION DE NOTRE ETRE A LA PENSEE CONNAISSANCE
dont les limites (que je ne fais qu'entrevoir), sont constituées par notre niveau d'élévation
spirituelle, c'est-à-dire notre proximité par rapport à notre Infiniment Aimable Dieu. » (T l
p.158) (p. 74)
Pas d’altérité, pas d’objectivation, mais une « fusion à la pensée connaissance »… nous voici
en train de surfer sur la vague Nouvel Age… invités à boire aux sources gnostiques… Les
images et symboles aquatiques sont très présents dans la littérature du Nouvel Age, pour
véhiculer cet appel à la fusion avec le grand Tout, comme le morceau de sucre se dissout
dans ma tasse de café… Le nourrisson nourri au sein maternel. C’est d’ailleurs ainsi que
N. Gourvennec décrira un contact avec la Vierge Marie. On entre dans la mort comme un
enfant se glisse dans son lit douillet : « Dis-leur, Mamoune que nos derniers instants ne furent
pas ce qu'ils imaginent : ainsi que le jour naissant doucement blanchit la nuit, ainsi notre vie
céleste se glissa dans les derniers plis de notre vie terrestre. Tout fut doux, tout fut blanc et
le bonheur de Dieu nous attendait au coin du voile levé. » (p. 14)
* « Au Ciel, c'est la joie d'être avec Jésus. Vous croyez trop qu’Il ne fut réservé qu'à la Terre
et à la vie des hommes. Jésus fut prêté à la Terre, et quel prêt ! Pour nous, cela continue :
Il est là, bien réel, bien vivant. Les mêmes paroles sont dites : « Qui me voit, voit le Père ».
Jésus nous accompagne dans cette étape qui n'est pas la dernière ; dès maintenant, nous
puisons au plus près… Imaginez votre joie si, aimant Jésus, Il revenait vous voir ! Non, vous
ne pouvez imaginer… Nous seuls avons ce privilège. » (T 1 p. 2l5) (p. 77)
Si Jésus dit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné sont Fils unique, afin que quiconque
croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16), on nous affirme ici que Jésus
a seulement été « prêté », ce qui rejoint de très anciennes hérésies niant la réalité de
l’incarnation… De plus, c’est la négation de l’acte de foi du croyant sur la terre : seuls les
privilégiés peuvent continuer à avoir une relation avec un Jésus « bien réel, bien vivant »…
négation subliminale de la présence eucharistique…
* C'est le lendemain à 11 heures que nous rencontrons l'archevêque de Tours. Il nous
accueille avec un visage impénétrable et, tout de suite, d'une voix monocorde, nous dit : « Je
suis réservé, très réservé. Pour moi c'est de la gnose. Ce qui me surprend, c'est la
connaissance. Comment un enfant de treize ans peut-il savoir tout cela ? »
Le Cardinal Honoré (je suppose) y a vu clair… Peut-être est-ce pour cela que l’entrevue est
décrite de façon si négative (voir pp. 140-142 du livre).
* « Mamoune, Papa aimés, c'est Dieu qui nous choisit, cela ne provient ni de nous-mêmes, ni
des hommes, et pas davantage de nos parents : « L'Éternel s'est choisi Jacob ». Ainsi en est-il
de Pierre, Paul ou Jeanne etc. Mais sans notre obéissance, le choix de Dieu s'évanouit ; or il
faudra bien que chacun réponde de sa foi devant LUI ! Ainsi se pose une réflexion sur
l'obéissance et la responsabilité : laquelle est la plus importante dans la foi ? De qui et de quoi
faut-il répondre ? À qui obéir et pourquoi…
Tout d'abord, dès que la vie spirituelle est en jeu, ne confondez pas l'obéissance à Dieu et
la soumission à l'autorité des hommes, à leurs lois et à leurs institutions. Ainsi Jacob
désobéit aux règles des hommes pour mieux obéir à Dieu, de même que Pierre et les apôtres
devant le tribunal répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Ac 5, 29) »…
« Placez donc la responsabilité à l'égard de Dieu au-dessus de l'obéissance aux hommes et à
leurs institutions, aussi faillibles qu'eux : on ne peut être complètement obéissant
qu'envers l'infaillibilité. Or, Dieu seul est infaillible. » (T III pp. 223-224) (p. 146)
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Vous avez bien compris (mais il faut s’y reprendre à deux fois, car le langage est obscur) :
mieux vaut obéir aux messages prétendument reçus d’en-haut et qualifiés de divins, que
d’obéir à un évêque qui n’est qu’un homme… On est loin du conseil de saint Ignace, évêque
d’Antioche, au début du 2° siècle : « Aussi convient-il de marcher d’accord avec la pensée de
votre évêque… votre presbyterium justement réputé, digne de Dieu, est accordé à l’évêque
comme les cordes à la cithare, ainsi, dans l’accord de vos sentiments et l’harmonie de votre
charité, vous chantez Jésus-Christ. » (St Ignace d’Antioche, Lettre aux Ephésiens, IV). S’il
n’y a d’obéissance complète que vis-à-vis de l’infaillibilité, tant pis pour les pauvres
communautés religieuses, ou les pauvres prêtres diocésains, qui se leurrent d’obéir qui à leur
Abbé, qui à leur Évêque…
* « Soyez plus indulgents envers le suicide des jeunes qui souvent n'est qu'une fugue de
l'âme. Dieu sait reconnaître la façon dont nous nous envolons comme l'homme de mer
reconnaît les oiseaux qui s'élancent vers le grand large… » (T 1 p. 245)
« Dieu veut que votre âme se nourrisse de son corps comme le fruit se nourrit de l'arbre, et
qu'elle mûrisse au soleil de la terre le temps qu'il faut. Ne volez pas ou ne désirez pas voler
quelques secondes à votre éternité. Mais lorsqu'un de vos enfants a coupé le fil de sa vie, ne le
jugez pas, respectez le mystère des départs, volontaires jusqu'à quel point ? Dieu seul (et pas
vous !) voit les deux faces de l'être humain. Dieu seul peut donc mesurer le poids d'une vie
trop lourde pour une âme trop faible. Et dites-vous bien que dans les Cieux, le suicidé n'est
pas un être à part. Aimez-le, aimez-le ! » (T II p.121) (p. 170)
L’indulgence, oui. La vérité aussi : le suicide n’est pas dans la volonté de Dieu, et un péché
contre Dieu qui nous donne la vie. Mais il est vrai que lui seul peut juger… Mais, on ne va
tout de même pas encourager les oiseaux à se lancer vers « le grand large » par l’acte du
suicide. Ou alors on est au niveau des messages subliminaux cryptés dans certaines musiques
rock : « kill yourself », « suicide solution »… Vite, volons vers notre éternité… Qu’attendezvous ?
Et avez-vous remarqué cette inversion notoire : « Dieu veut que notre âme se nourrisse de
son corps » ! Stupéfiant comme affirmation, quand l’Église enseigne que l’âme est la forme
du corps ! On trouve vraiment des perles…
* « À marteler que l'héritage n'irait que de l'Église aux hommes, on oublie ceux-ci au bénéfice
de l'Institution ; or c'est le baptisé qui fait l'Église et non l’inverse… » (T III p. 219) (p.
177) Et si vous retournez le sablier, pensez-vous que vous allez faire croire que le sable coule
vers le haut ?
* Cette image visible du Dieu invisible, Arnaud la définira plus tard en une formule lapidaire
d'une grande force : « Dieu est un triptyque dont un panneau s'est peint nos yeux, c'est
l'Icône christique. » (T III p. 257) (p. 180)
Toujours cette relativisation de l’Incarnation : le Christ Jésus ne s’est pas peint sous nos
yeux, il s’est fait chair…
* « Vous nous appelez vos goélands, il n'appartient qu'à vous de voler le plus haut possible
pour nous rejoindre… Nous sommes là, nous, vos ressuscités, pour vous rendre
l'inaccessible accessible, l'invisible visible, et pour joindre le ciel et la terre. Nous sommes
les pontonniers du ciel qui jetons dans votre direction les premières arches de l'édifice
indispensable pour parvenir jusqu'à nous. Le rendez-vous avec nous se produira
immanquablement si vous le voulez, mais préparez-le, anticipez-le avec la puissance de
l'esprit. » (T II pp. 29 et 101) (p. 199)
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Petite (ou grande !) confusion entre Arnaud et le Christ Jésus : lui seul est « l’image du Dieu
invisible » (Col 1,15), lui seul est le pontife qui relie la terre au ciel, et qui nous fait dire :
« Père, sur la terre comme au ciel… ». Lui seul a dit « Nul ne vient au Père que par moi » (Jn
14, 6). Il nous conduit vers la gloire du Père, et non pas d’abord vers nos chers défunts…
« Dieu, personne ne l’a jamais vu ; mais le Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a
fait connaître » (Jn 1,18).
* « Sortons du champ clos de la foi traditionnelle et, sans cartes ni boussoles, allons audevant des hommes qui cherchent une réponse à la question capitale : « Qu'est-ce que la
mort ? » Quelle réponse profonde trouvent-ils dans ce monde ? Rien !.… Il est
indispensable que vous « modernisiez » votre vision de la mort car si vous ne replacez pas le
trépas au centre de votre vie, une authentique et profonde spiritualité ne reprendra jamais
vigueur, ne redeviendra pas primordiale. En effet, c'est à partir de la mort que toutes les
interrogations de 1'homme jaillissent. » (p. 199) « Somme toute, ce ne sera qu'une
redécouverte que d'autres civilisations maîtrisaient avant vous. » (p. 200).
Quel tissu de contradictions. S’il ne s’agit que de redécouvrir le trésor des civilisations
passées, quelle régression par rapport à la nouveauté de la résurrection du Christ ! En effet,
au centre de la vie du chrétien, ce n’est pas le trépas qui prend place, mais le joyeux acte de
foi en la résurrection du Christ ! Quant à dire qu’on ne trouve aucune réponse sur le mystère
de la mort, cela revient bien à nier la lumière de la Révélation chrétienne… Qu’elle est
grande la sagesse d’Arnaud qui veut nous lancer à l’aventure sans cartes ni boussoles !
* Passons sur les explications fumeuses données aux pages 249-250 sur la façon dont les
messages qui nous parviennent par Arnaud sont préparés dans les sphères célestes, où l’on
voit réapparaître saint Jean, comme dans les écrits gnostiques…
* Néanmoins, il faut admettre que, d'une manière générale, le Nouvel Âge, selon le Père
Vemette qui l'a longuement étudié, s'il est sur bien des points un retour au panthéisme,
engendre chez ses adeptes, au demeurant non dépourvus d'intuitions cosmiques, la tolérance
et des pensées d'amour que bien des chrétiens pourraient lui envier… (p. 175)
Le Nouvel Age est problématique. Toutefois…
3. Aspects en rapport avec la personnalité de N. Gourvennec
* Car il y avait en Arnaud un charme, un rayonnement naturel qui en faisait pour toute
notre famille un être d'harmonie. On ne discernait jamais dans son comportement la
moindre zone d'ombre, au contraire on percevait un jaillissement de son âme limpide
ouverte aux autres avec une simplicité et une douceur qui, paradoxalement, se conjuguaient
avec une formidable énergie. Nous le ressentions comme un enfant de cristal et notre amour
pour lui nous rendait tous meilleurs. Il nous semblait que son intelligence étonnante pouvait
tout comprendre, cependant que son cœur pouvait tout aimer. Comment vivre désormais sans
cet enfant qui avait tant ensoleillé notre vie familiale ? (pp. 20-21)
L’amour maternel est grand. Mais n’y a-t-il pas une certaine idéalisation d’Arnaud au point
d’en faire un être d’exception ? Un saint ? Dans la lecture du livre, je n’ai jamais d’ailleurs
remarqué le mot « péché »…
* Et la Vierge est venue ! Difficile de trouver les mots pour décrire ce qui, aujourd'hui encore,
vit en moi avec une douceur indicible, comme une perception intérieure et en même temps
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une vision tangible de résilles d'or illuminant mon Ciel ; oui mon Ciel, car les murs de la
chambre avaient disparu, j'étais dans une dimension infinie. Et la Vierge dont la présence était
d'une réalité ineffablement puissante me prenait dans ses bras non pas de façon terrestre, mais
de manière illimitée et tellement aimante que je sentais une chaleur envahir mon être
devenu totalement dégagé de la pesanteur, dulcifié comme si toutes les blessures de
souffrance fondaient dans un Amour Maternel tellement vaste que je me sentais toute petite,
presque comme un nourrisson. Cela a duré longtemps, ou plutôt hors du temps, cependant
que des luminescences m'enveloppaient de leur délectable rets de tendresse. Et je me suis
endormie, dans la lumière et la chaleur d'une Protection Maternelle incomparable. (p. 86)
Une telle visitation de la Vierge Marie est décrite par N. Gourvennec comme une régression
affective vers l’état de nourrisson… On est vraiment très loin des paroles fermes et fortes de
Marie aux enfants de Fatima ou à Bernadette de Lourdes… Qui est venu ?
* Hélas nous nous sentions mal placés pour défendre l'institution ecclésiale, car cette dernière
depuis quelques années revenait sur un problème douloureux que l'on aurait pu croire
dépassé : l'exclusion de l'Eucharistie pour certains, dont les divorcés remariés. Nous
étions concernés à cause d'un mariage de jeunesse que j'avais contracté en toute bonne
foi si j'ose dire car cet engagement de mes vingt ans n'avait jamais pris à mes yeux la
forme « canonique » d'un mariage avec Dieu. La rupture rapide de cette union, erreur
imputable à un manque de maturité, ne signifiait en aucune façon pour moi rupture de lien
avec ce Dieu qui m'avait enrobée d'amour dans mon enfance et auquel j'étais restée fidèle au
plus profond de mon âme. Il ne m'était ensuite même pas venu à l'idée que mon mariage avec
Paul, tellement placé sous le sceau de notre foi commune, pouvait me valoir une sanction de
la part d'une Église que j'idéalisais à cause du Père Simon de mes dix ans. Paul, quant à lui,
savait à quoi s'en tenir mais par délicatesse d'amour n'a rien dit. En outre, féru d'histoire, il
pensait comme beaucoup que l'institution ecclésiale était devenue plus ouverte, sur une
question au demeurant délicate, pour elle qui s'était montrée si accommodante pour les grands
de ce monde, dont elle faisait et défaisait les unions au gré des nécessités politiques. D'ailleurs
c'est seulement au Concile de Trente (1545-1563) que fut officialisé le mariage comme
sacrement. (p. 276)
Nicole est divorcée remariée. Je ne juge en rien sa vie. Simplement, je veux souligner
combien l’Église issue de Vatican II tient à accueillir les divorcés remariés, tout en
maintenant le point de discipline de l’abstention de la communion eucharistique.
* Christ n'exclut personne, la preuve m'en fut donnée personnellement un jour où nous étions
à la messe. L'officiant était un prêtre que nous aimions bien. Son homélie ce jour-là fut
particulièrement belle car il rendit compte avec un abandon inhabituel chez lui, de son amour pour
le Christ et du choix qu'il avait fait de lui consacrer sa vie. C'est dans un état d'adhésion intérieure
à ses paroles que je me suis dirigée vers lui recevoir la communion. Au moment où il allait me la
donner un incident se produisit : l'hostie s'échappa, effectua une étonnante parabole et atterrit
d'elle-même dans mes mains, à notre grand soulagement car avions bien craint de la voir
tomber par terre. Seul Paul qui me suivait avait tout compris de ce qui s'était passé et que Jean
Guitton nom « le phénomène de l'hostie volante. Bien évidemment il est facile de trouver un
sens à cette anecdote que je dédie à celles et ceux - et ils sont nombreux ! - qui m'ont écrit au
fil des ans pour exprimer leurs blessures au sujet de leur situation matrimoniale. Qu'ils se
rassurent: les sentences des hommes ne sont pas celles de Dieu. (p. 277)
Je laisse à N. Gourvennec l’interprétation de son incident… Mais où donc est exprimé une
seule fois le désir de l’obéissance à l’Église ? Non seulement ici, mais encore dans l’ensemble
du livre ?
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* « Je suis un messager chrétien et plus vastement, christique. Il m'est donc loisible
d'affirmer que les Églises n'ayant pas considéré comme allant de soi l'appropriation du
mariage rejoignent mieux cette vérité évangélique : la femme et l'homme indissolublement et
originellement unis dans l'Acte Créateur recherchent dans l'amour la trace de l'Image perdue.
Dieu seul est leur témoin puisqu'Il est l'AMOUR. À ce « mystère si grand » ne peut répondre
la Loi mais le silence des hommes et, si possible, leur bénédiction aimante. » (02/04/2005 - T
V à paraître) Quelle assurance, quelle majesté dans les propos… À moins qu’il ne s’agisse
d’orgueil ? Arnaud vient au secours de sa maman… À moins que maman ne collabore de trop
près à l’élaboration des messages d’ « Arnaud »…
Pour conclure la réflexion
J’espère avoir suffisamment aidé le lecteur à se poser la question de l’imposture. L’Ennemi de
l’homme a emprunté le prénom d’Arnaud pour mieux continuer à tromper des personnes dans
l’épreuve et la souffrance. Peut-être même que M. et Mme Gourvennec sont les premiers
abusés dans cette histoire. Mais il faut dénoncer l’imposture, afin d’éviter que d’autres encore
ne soient trompés. Aurons-nous la lâcheté de laisser se répandre la conviction que « les morts
nous parlent ? », titre d’un livre du Père Brune, compromis dans ces eaux spirites ? Ayons le
courage de démasquer l’Imposteur. Encore une fois : « Ne vous fiez pas à tout esprit, mais
EPROUVEZ LES ESPRITS pour voir s'ils viennent de Dieu, car beaucoup de faux
prophètes sont venus dans le monde. À ceci reconnaissez l'esprit de Dieu : tout esprit qui
confesse Jésus Christ venu dans la chair est de Dieu ; et TOUT ESPRIT QUI NE
CONFESSE PAS JESUS N'EST PAS DE DIEU ; C'EST LA L'ESPRIT DE
L'ANTICHRIST. Vous avez entendu dire qu'il allait venir ; eh bien ! maintenant, il est
déjà dans le monde. » (1 Jean 4,1-3)
« Il faut comprendre que ni les moyens basiques ni les moyens high-tech ne satisfont les
esprits du spiritisme. Souvenons-nous que leur but est l’infestation corporelle pour
déstructurer l’homme dans son unité corps-âme. Très vite donc, ils proposeront ou imposeront
une communication directe, de l’intérieur… (…) Les moyens de communication spirite ne
sont en tout cas jamais ceux que Dieu propose : les sacrements, l’oraison… Jamais non plus –
et c’est là le discernement le plus simple et radical – un esprit communiquant n’acceptera de
confesser la foi catholique en l’incarnation du Verbe, en la résurrection de la chair, au pardon
sacramentel des péchés ou en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, en l’Enfer ou le
Purgatoire, ni de se mettre à genoux devant Jésus-Christ Dieu fait homme… » (P. MétaisFontenel, L’Église au défi du spiritisme, à paraître très prochainement aux Éditions Bénédictines)
« Toutes les formes de divination sont à rejeter : recours à Satan ou aux démons, évocation
des morts ou d'autres pratiques supposées à tort "dévoiler" l'avenir. La consultation des
horoscopes, l'astrologie, la chiromancie, l'interprétation des présages et des sorts, les
phénomènes de voyance, le recours aux médiums recèlent une volonté de puissance sur le
temps, sur l'histoire et finalement sur les hommes en même temps qu'un désir de se concilier
les puissances cachées. Elles sont en contradiction avec l'honneur et le respect, mêlé de
crainte aimante, que nous devons à Dieu seul. » (Catéchisme de l’Église Catholique, n° 2115-2118)
« On ne trouvera chez toi personne (…) qui interroge les spectres et les devins, qui invoque
les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à Yahvé, ton Dieu ».
(Deutéronome, 18,9-14)
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