Sauver et promouvoir les sentiers. Novembre 2011. pdf

Sauver et promouvoir les sentiers. Novembre 2011. pdf
sauver
et promouvoir
les sentiers
mode d’emploi
à l’usage
de l’action locale
Denis Brusselmans
Benoît Lechat
collection
«biens communs»
Editions Etopia 2011
Les sentiers
comme « biens communs »
Avant-propos philosophique
Formant la partie à la fois la plus visible et la plus tangible de l’iceberg des biens communs, les sentiers (comme les rivières), constituent
une introduction adéquate à ce domaine de réflexions trop longtemps
délaissé et pourtant fondamental. Car au-delà des biens communs
naturels, l’humanité vit de biens communs construits par la civilisation
dans le temps long de l’histoire : depuis les langues que nous avons en
partage jusqu’aux traditions de philosophie et de sagesse patiemment
élaborées, en passant par les chiffres, la musique, les logiciels libres
ou les paysages. Ils forment la trame invisible de nos existences. Leur
évidence trompeuse nous aveugle sur leur pérennité. Leur profusion
apparemment sans limite nous incite dangereusement à les négliger.
Et ils risquent bien de ne jamais apparaître aussi indispensables que
lors de leur disparition.
Pris entre le marteau du marché - et son obsession des droits de
propriété -, et l’enclume de l’État - et de ses processus standardisés et
bureaucratiques -, les biens communs ont été soumis à rude épreuve
au cours des derniers siècles. En résulte un affaiblissement général des
capacités de résilience de notre planète d’un point de vue environnemental et social. Elles sont en effet aujourd’hui menacées sur les fronts de
la biodiversité, du réchauffement climatique, de l’accumulation des
déchets, de l’épuisement des ressources et enfin, de l’homogénéisation
culturelle. Affronter efficacement ce constat requiert de prendre acte
des défaillances du duo Marché/État dans la gestion des biens communs
et de réfléchir aux conditions qui permettront une gestion commune
de ces biens communs.
Ce pari implique de renverser deux présupposés fondateurs de la
gouvernance néolibérale. Tout d’abord, le pessimisme misanthrope qui
en constitue le socle anthropologique : la pensée néolibérale identifie en
effet la rationalité humaine à l’égoïsme calculateur. Elle s’avère incapable
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de comprendre – et a fortiori d’encourager – les logiques de coopération,
pourtant empiriquement avérées, indispensables à tout fonctionnement
social, mais aussi les « affects de joie » qui se manifestent dans l’action
collective, ou encore les logiques de don et de souci du commun. Que
l’épreuve des faits ne confirme pas cette anthropologie négative, que
les biologistes aient trouvé des fondements génétiques aux comportements coopératifs, que se fassent plus éclatants chaque jour les ravages
des politiques publiques fondées sur l’homo economicus, rien de tout
cela ne semble susceptible d’ébranler la foi des économistes dans leur
sombre credo. À les lire, on en viendrait presque à considérer que l’étalon
de la scientificité soit le degré de désillusion jetée sur l’âme humaine.
En matière de biens communs, cette vision morose de l’humanité
s’incarne dans le célèbre article de Garrett Hardin sur « La tragédie
des Biens communs ». Hardin imagine un pâturage dans lequel chaque
éleveur – évidemment égoïste et calculateur – pourrait librement laisser
brouter son troupeau. Bénéficiant à court terme de tous les gains d’une
éventuelle surexploitation, en risquant de n’être exposé qu’à une fraction seulement des dommages ainsi engendrés, chaque éleveur serait
dès lors incité à laisser brouter un maximum de ses animaux au détriment de la pérennité même du pâturage, et donc de l’intérêt commun.
De cet exemple imaginaire, des générations d’économistes ont déduit
que seule la création de droits de propriété – fussent-ils publics – permettrait de sauver les biens communs de la surexploitation. L’abondance
d’exemples de gestions à la fois communautaires et durables, reposant
sur la délibération plutôt que la propriété privative, ne semble pas avoir
ébranlé cette certitude ânonnée en chœur.
Le deuxième présupposé néolibéral, que la prise en compte des biens
communs devrait amener à renverser, est celui du « One size fits all »
(une approche taille unique). Ce pauvre slogan qui voudrait faire croire
qu’en tout temps et lieu, indépendamment des parcours historiques, des
réalités sociales, des diversités philosophiques et même de la nature des
biens considérés, s’imposerait naturellement comme optimal un seul et
même mode de gestion : essentiellement marchand et accessoirement
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étatique. Une fois de plus, ce credo ne résiste pas aux faits. Dans son
livre fondateur, Gouvernance des biens communs, Elinor Ostrom (Prix
« Nobel » d’économie, 2009) montre au contraire à quel point sont
variées et distinctes les méthodes permettant de rendre soutenable la
gestion des biens communs : pas de recette miracle, ni de panacée,
mais des combinaisons d’outils de gestions communautaire, publique
et marchande. Partout, elles misent sur les savoirs et les ressources locaux, les tissus symboliques, les spécificités historiques et sociales, et les
contraintes et forces qu’apporte chacune de ces dimensions. Entretenir
une réserve de pêche au Sri Lanka nécessite des dispositifs d’une autre
nature que gérer une nappe aquifère de la Côte Ouest des Etats-Unis. Ce
qui apparaît comme une évidence continue pourtant à tenir de l’hérésie
pour de nombreux acteurs globaux guidés par la théorie économique
néoclassique dominante ou les préjugés néolibéraux.
Au moins autant qu’un guide à destination de l’action locale, ce que
vous tenez en mains est donc un manifeste politique, un bélier brandi
contre les politiques de l’égoïsme, du repli et de la surconsommation, et
une attestation des dimensions irréductiblement multiples de l’humanité.
Jouir des ruisseaux, les protéger par une action collective, participer
spontanément à leur entretien, c’est aussi prouver le mouvement en
marchant et démontrer par l’exemple que les belles ondes de nos rivières
ne seront jamais les eaux glacées du calcul égoïste.
Edgar Szoc, coordinateur de la prospective à Etopia
Elinor Ostrom, Prix « Nobel » d’économie 2009,
auteure de Gouvernance des biens communs.
Pour une nouvelle approche des ressources naturelles, DeBoeck, 2010
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Auteurs : Denis Brusselmans, avocat et Benoît Lechat (Etopia),
avec la relecture attentive en 2011 de Patrick Dupriez, député Ecolo,
Sylvianne Gilmont (sentiers.be) et Akémi Roberfroid (Etopia)
© Etopia 2011
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Sensation
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l’amour infini me montera dans l’âme ;
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux - comme avec une femme.
Arthur Rimbaud
5 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Invitation à la balade et à l’action…
Notre territoire est parcouru par un réseau dense de routes. Elles sont
aujourd’hui de plus en plus abondamment utilisées, essentiellement par
des véhicules motorisés avec toutes les conséquences que l’on connaît
sur notre environnement et d’insécurité objective et subjective pour les
usagers doux..
Mais bien avant l’apparition de la voiture, les êtres humains se rendaient
dans le voisinage en utilisant un réseau composé de chemins et de sentiers. Ce réseau on l’a appelé réseau vicinal, en référence au mot latin «
vici­nus » qui signifie voisin. Depuis la nuit de temps, celui-ci a connu un
lent et patient développement qui a accompagné notre histoire. Après
avoir été progressivement délaissé à l’épo­que industrielle, il est appelé
dans un avenir proche à connaître une nouvelle vie de plus en plus riche.
Nos chemins et sentiers vicinaux constituent un véritable patrimoine pour
l’avenir à la promotion duquel cette brochure se propose modestement
de contribuer. Car l’enjeu est là : ce patrimoine doit être non seulement
mieux connu et apprécié sous toutes ses facettes (économiques, naturelles,
culturelles…), mais il doit aussi être défendu et protégé par ceux-là mêmes
qui s’en servent et qui s’en serviront pour vivre ensemble.
L’objectif de cette brochure est donc de rappeler un certain nombre de
don­nées de base et surtout de proposer à ceux qui veulent agir au niveau
local de se mettre dans une dynamique de protec­tion et de promotion de
ce patrimoine. Elle se veut également un outil à destina­tion de ceux qui
sont confrontés à des conflits d’usage ou liés à la destruction de petites
voies vicinales. Elle renvoie à cette fin à une étude juridique particulièrement
fouillée réalisée en 2006. Cette cette étude a pu être réalisée grâce au
groupe ECOLO du Conseil provincial de Namur. En effet, celle-ci consacre
sa dotation annuelle à l’exploration des champs d’activité peu couverts
par la Province, ce qui lui permet de déposer devant le Conseil provincial
des propositions concrètes d’actions novatrices.
Marc Terwagne, Chef de groupe ECOLO au Conseil provincial de Namur (2000-2006).
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1. Pourquoi vouloir préserver les
chemins et sentiers vicinaux ?
Les raisons de vouloir préserver ces chemins et sentiers vicinaux, voire
de les réhabiliter ou d’en créer de nouveaux sont multiples !
Ces chemins et sentiers font souvent
partie de notre patrimoine
Du temps où on se déplaçait plus à pied qu’en auto, ces chemins et
sentiers étaient utilisés par une partie importante de la population : les
travailleurs qui se rendaient au travail, les écoliers qui allaient à l’école,
les paroissiens qui se rendaient à la messe, les chalands ou les clients qui
se rendaient à la ville ou au marché, les paysans qui partaient cultiver
leurs champs, les exploitants forestiers, les pèlerins… Ces chemins et
sentiers ont des choses à nous raconter, ils font partie de notre histoire
et nous mènent à des lieux intéressants (bornes, vestiges divers, points
de vue originaux…).
Les chemins et sentiers constituent des couloirs
écologiques, véritables réservoirs de biodiversité
Les des petites voiries, souvent bordées de bandes herbacées, de talus,
de fossés, de haies ou d’arbres, jouent un rôle de couloir écologique
et de refuge essentiel pour le maintien de la biodiversité, notamment
génétique, en reliant les différents milieux naturels entre eux par un
maillage permettant le déplacement de la faune et de la flore à travers
le territoire. Traversant des milieux parfois pauvres en biodiversité, parce
qu’urbanisés ou cultivés, ces petites voies - que nous aimons emprunter
- le seront aussi par les animaux. Ce rôle moins connu des chemins et
sentiers n’en est pas moins important. Et il est primordiale de penser,
lorsqu’on entend préserver les voies vicinales, à préserver leur impact
positif sur la nature, voire à l’améliorer.
7 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Se balader sur ces chemins et sentiers,
c’est bon pour la santé !
Pour les jeunes ou vieux pensionnés, comme pour les actifs, les
chemins et sentiers vicinaux sont des espaces de découverte infinis,
qui améliorent la santé et la qualité de vie et offrent des possibilités
multi­ples de loisirs. Le succès des marches populaires et des initiatives
visant à promouvoir de nouveaux itinéraires en est la preuve ! Une heure
de marche, ce sont sept jours de vie de gagnés, dit l’adage populaire…
Réhabiliter et baliser des sentiers, c’est
renforcer le tourisme de proximité !
Notre espérance de vie augmente chaque année et, avec elle, notre
temps de loisirs après le travail. Nos provinces regorgent de beaux lieux
à visiter, dans le cadre d’un tourisme d’un jour ou à tout le moins de
courte durée, pas loin de chez soi. Réhabiliter un sentier, mettre à jour
les cartes, tracer des itinéraires de promenade et les promouvoir, tout
cela contribue à renforcer l’attrait de nos vertes campagnes.
Les chemins et sentiers sont un atout
pour une mobilité plus douce
Pour accepter d’abandonner sa voiture au profit d’un peu de marche,
il faut disposer des chemins ou sentiers réellement accessibles, en bon
état, plus sécurisants et, tant qu’à faire, permettant des itinéraires plus
courts que les voies carrossables. Bien souvent, cette voirie alternative
a été abandonnée au profit de routes. Réhabilitée, elle peut servir d’itinéraire bis, permet­tant d’éviter les passages ou les endroits dangereux.
En agglomération, les chemins de messe, qui serpentent entre les jardins
particuliers, sont des itinéraires à redécouvrir !
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2. Chemins et sentiers dans
la législation belge
Si nous voulons protéger et valoriser efficacement le patrimoine des
sentiers et che­mins vicinaux, il faut nous replonger dans le droit. Certains
textes sont déjà anciens, d’autres ont été remis à jour plus récemment.
Plusieurs sources nous aident à nous y retrouver: la loi du 10 avril
1841 sur les chemins vicinaux , le code forestier wallon de 2008, le
Code de la Route et le Code wallon de l’Aménagement du Territoire,
de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (CWATUPE) .
2.1 La loi de 1841
- Elle a été rédigée à une époque où de plus en plus de propriétaires
privés cherchaient à s’approprier tout ou partie de l’assiette des petits
chemins ruraux et parfois à entraver leur accès. De plus, l’état d’entretien était souvent précaire et les usages, coutumes et règlements
hérités de l’Ancien Régime variaient très fort d’une région à l’autre.
- Elle veille donc à réaliser un inventaire de la voirie publique à préserver, à unifier son régime juridique et à établir des mesures assurant
l’entretien, l’administration et la police des chemins,
- La loi de 1841 vise donc à défendre ce réseau de communication et
à le maintenir accessi­ble au plus grand nombre tout en respectant
scrupuleusement les limites de la propriété privée.
- Les parlementaires qui ont rédigé la loi n’ont pas voulu donner de
défini­tion trop strictes aux mots qu’ils employaient.
Un député a ainsi déclaré que « les chemins vicinaux en Belgique,
appar­tiennent à tous et n’appartiennent à personne. Il n’y a pas
d’inconvénient à ajouter le mot « sentiers » ; mais quand même on
ne l’ajouterait pas, les sentiers ne seraient pas moins compris dans
la loi ».
- Le grand mérite de la loi de 1841 est d’avoir imposé la réalisation
dans chaque commune de Belgique d’un Atlas des chemins et sentiers
vicinaux qui devait constituer un relevé exhaustif et précis de tous
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les chemins du territoire d’une même commune considérés comme
utiles à la circulation publique et nécessitant une protection spéciale.
A noter que, s’agissant de la Belgique de 1841, il n’y a donc pas eu
de réalisation d’Atlas dans les « cantons de l’Est »)
L’Atlas indique précisément la largeur praticable. Le terme chemin
vicinal est très généralement utilisé pour des voies de largeur supérieure
à 1,20 m. Jusqu’à cette dimension, on reprend le plus souvent le terme
‘sentier’.
La loi comporte 39 articles répartis en 5 chapitres.
Le chapitre I traite de la reconnaissance et de la délimitation des chemins vicinaux : il indique la méthode d’élaboration de l’Atlas communal
des che­mins et sentiers vicinaux qui devait être réalisé endéans les deux
ans de la date de publication de la loi afin de les reconnaître en tant que
bien public ; ce chapitre ne présente donc plus qu’un intérêt historique.
Le chapitre II établit l’obligation de maintien et d’entretien des chemins vicinaux à la charge des communes ; il contient pour le reste des
dispositions relatives au financement de cet entretien, dispositions qui
ne sont, pour la plupart, plus d’application aujourd’hui.
Le chapitre III indique la procédure et les autorités compétentes dans
le cadre d’élargissement, de redressement, d’ouverture et de suppression
des chemins vicinaux. En règle générale, l’initiative émane du Conseil
communal, mais la décision appartient au Collège du Conseil provincial.
Une enquête publique doit être organisée par la commune avant toute
ouverture, suppression ou « changement » d’un chemin vicinal.
Le chapitre IV traite de la police des chemins vicinaux, soit les modes
de constat et de répression des infractions commises en matière de
voirie vicinale. Les constats peuvent être opérés par les bourgmestres et
échevins, les agents de la police communale et les commissaires voyers.
Les peines prononcées ne pourront excéder celles de simple police, mais
le tribunal peut, en plus de la pénalité, imposer la réparation matérielle
de l’infraction aux frais du condamné.
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Le chapitre V prévoit l’adoption de règlements provinciaux (un par
pro­vince) destinés à contenir des mesures d’exécution de la loi.
Chaque règlement provincial est rédigé de manière légèrement différente, mais ils contiennent tous des dispositions relativement similaires
- en par­ticulier en matière de police - qui complètent celles de la loi. Les
règlements provinciaux contiennent des restrictions précises concernant
notamment l’usage autorisé de la voirie vicinale, ses aménagements, les
constructions adjacentes, l’élagage de la végétation, etc.
La loi et les différents règlements provinciaux sont disponibles sur le
site www.sentiers.be.
2.2 Le Code forestier de 2008 :
Le code forestier de 2008 (qui a remplacé la loi du 19 décembre 1854)
donne une définition des termes « chemin » et « sen­tier » ayant valeur
en forêt et précise qui peut y circuler.
Sentier : voie ouverte à la circulation du public, étroite, dont la largeur,
inférieure à un mètre, n’excède pas celle nécessaire à la circulation des
piétons ;
Chemin : voie publique plus large qu’un sentier et qui n’est pas aménagée pour la circulation des véhicules en général.
La largeur des voies vicinales est clairement indiquée dans les Atlas.
En règle générale, les voies plus étroites y sont dénommées sentiers et
les plus larges, chemins.
2.3 Le Code de la Route :
L’arrêté royal du 1er décembre 1975 reprend aussi les notions de
chemins et sentiers :
« Le terme «sentier» désigne une voie publique étroite qui ne permet
que la circulation de piétons et de véhicules n’exigeant pas un espace
plus large que celui nécessaire aux piétons. »
11 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
« Le terme «chemin de terre» désigne une voie publique plus large
qu’un sentier et qui n’est pas aménagée pour la circulation des véhicules
en général. »
2.4 Le CWATUPE (Code wallon de
l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme,
du Patrimoine et de l’Energie) :
Ce code détermine spécifiquement les modalités d’ouverture, modification et suppression des voiries communales. Les voiries visées par
la loi de 1841 sont explicitement exclues du champ d’application du
CWATUPE.
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3. Qu’est-ce que l’Atlas des
Chemins et Sentiers vicinaux ?
Chaque commune de Belgique (à l’exception des communes situées
dans les cantons de l’Est qui n’étaient pas belge en 1841) est donc censée
disposer d’un Atlas dans lequel tous les chemins et sentiers vicinaux de
la commune sont relevés.
L’Atlas est la référence des chemins et sentiers vicinaux, il a valeur légale.
Il est constitué de deux parties :
- les plans sur lesquels sont tracés les chemins et sentiers,
- les tableaux descriptifs qui reprennent des informations sur chacun
des chemins et sentiers.
En cas de divergence, les indications du tableau descriptif priment
sur celles du plan.
Les originaux de l’Atlas sont conservés à l’administration communale ; l’autorité provinciale dispose d’un double de l’Atlas de toutes les
communes de la province. Ce double servira à reconstituer l’exemplaire
communal en cas de perte.
L’Atlas est tenu à jour par l’administration communale lors de chaque
décision de création, modification ou suppression d’éléments de la voirie
vicinale. En pratique, il n’est pas question de porter des indications sur
l’Atlas original, mais d’y joindre en annexe une copie des décisions qui
ont été prises. Ces annexes détenues par la Province sont généralement
conservées dans des boîtes séparées. Dans de nombreuses communes,
la bonne tenue de l’Atlas n’est malheureusement pas une priorité des
adminis­trations communales.
Seuls les chemins et sentiers repris dans l’Atlas sont soumis au régime de la loi de 1841 et des règlements provinciaux. Si la voirie n’est
pas indiquée dans l’At­las, c’est qu’il s’agit, suivant le cas, d’une voirie
communale, provinciale ou régionale (ex-nationale).
13 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Un chemin ou un sentier peut être créé par le
simple usage pendant plus de trente ans, mais
il ne deviendra vicinal que par une décision
explicite de l’autorité compétente.
L’Atlas original, réalisé au XIXe siècle, n’est
pas d’une consultation aisée ; outre les erreurs
de mesurage inhérentes aux moyens techniques
utilisés à l’époque, le tracé des chemins et sentiers est souvent inintelligible sans dis­poser, en
parallèle, d’une carte récente, idéalement à la
même échelle, soit 1/10.000e ou 1/2.500e .
Cette dernière échelle est suffisamment détaillée pour établir avec
précision l’as­siette de la voirie.
Quelques remarques :
Tous les chemins ou sentiers publics existants lors de la confection
de l’Atlas de 1841 n’ y ont pas été nécessairement repris. Ce faisant,
la commune concernée ne leur donnait pas la même protection et les
mêmes garanties d’entretien que pour les chemins repris dans l’Atlas. Pour
autant, cela ne veut pas dire qu’ils ne font plus partie du domaine public.
Les communes des cantons de Malmedy, Eupen, Saint-Vith, incorporés
à la Belgique en 1919, n’ont pas d’Atlas. Il n’y a donc pas aucun chemin
vicinal au sens légal du terme. Pourtant l’Est de la Belgique recèle un
vaste réseau de petites voiries publiques.
Il n’y a pas de différence de traitement, dans la loi de 1841, entre un
chemin dont l’assiette appartient au public et un chemin dont l’assiette
appartient à un privé mais grevé d’une servitude vicinale de passage.
La plupart du temps, un tel chemin est appelé «sentier vicinal» car la
largeur de la servitude ne dépasse pas en général 1,20 m.
Suite à la fusion des communes, les Atlas ont été regroupés dans l’administration de la nouvelle entité résultant de la fusion. On ne s’étonnera pas
que, d’une ancienne commune à l’autre, l’état des Atlas soit très variable.
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4. Que pouvons-nous faire pour
conserver notre patrimoine
de sentiers et de chemins ?
La chose la plus évidente et la plus facile à réaliser est de les emprunter
à toutes les occasions et de créer ces occasions.
En effet, un chemin qui n’est pas utilisé risque de disparaître :
- Physiquement : l’assiette n’étant le plus souvent pas indurée (càd que
le sentier n’est ni bétonné, ni macadamisé et est parfois recouvert
de pavés), la végétation reprend très vite ses droits et, en quelques
années, le passage n’est plus possible (orties, ronces, arbustes en tous
genres et recouvert ensuite d’arbustes). Au bout de trois à cinq ans,
c’est la disparition du chemin, réversible par l’usage régulier, voire,
dans certains cas, par des travaux de réhabilitation.
- Juridiquement : la loi de 1841, en son article 12 dispose que « les
chemins vicinaux, …, sont imprescriptibles aussi longtemps qu’ils
servent à l’usage public ». Cet article fait (faisait) des chemins vicinaux
le seul bien public prescriptible ! C’est-à-dire que leur non usage plus
que trentenaire leur fait (faisait) encourir le risque d’une demande
de prescription par le(s) propriétaire(s) riverain(s) qui se les seraient
appropriés de facto. Dès septembre 2012, suite au vote du décret
234 par le Parlement wallon, la voirie vicinale ne sera à l’avenir plus
prescriptible (voir point 8). En tout état de cause, une voirie vicinale
n’est effectivement prescrite que si un juge en a donné « pour droit
la prescription ». Le plus souvent, en matière de prescription, le
« candidat acquéreur » lance citation contre la commune. Il est alors
primordial que la commune évoque l’arrêt de la Cour de Cassation (9
551 du 13/01/94) qui stipule que la preuve de non usage est à charge
du candidat acquéreur et que la disparition suppose la cessation
complète de l’usage public. En d’autres termes, la notion d’usage
public inclut les actes de passages accidentels et isolés. Il sera alors
aussi utile de réunir des preuves ou témoignages d’usage de la voie
en question.
15 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
- Administrativement : lorsqu’un chemin n’est plus utilisé, les autorités
communales peuvent estimer qu’il a perdu toute utilité et acquiescer
aux demandes de riverains de leur en céder la propriété. La décision
finale de désaffecter ou non le chemin est prise par le Collège provincial. Des recours auprès du gouvernement sont possibles.
C’EST DU VéCU !
Le chemin vicinal serpente à travers prairies et bosquets. Sur la
partie cen­trale de son itinéraire, il traverse en oblique une grande
pâture de plusieurs hectares pour plonger ensuite dans un petit
bois de sapins.
La double clôture (à l’entrée et à la sortie de la pâture) empêche la
traversée ; les promeneurs, réguliers sur cet itinéraire, empruntent,
à titre alternatif, un chemin de terre bien tracé qui contourne la
pâture sur deux de ses côtés. Un beau jour, le chemin de terre luimême est fermé par une double grille !
Les utilisateurs s’adressent à l’exploitant qui leur rétorque que le
chemin en question est privé, ce qui s’avère exact. D’autre part, le
propriétaire de la pâture invoque la prescription à son avantage…
L’affaire se termine par un jugement du Juge de Paix du canton
qui constate que si la servitude publique de passage sur le chemin vicinal s’est bien éteinte par non usage de plus de trente ans,
les promeneurs ont toutefois acquis un droit de passage sur le
chemin de terre contournant la pâture du fait de son utilisation à
cette fin pendant plus de trente ans (preuve dûment apportée par
les témoignages d’utilisateurs). En quelque sorte, la prescription
extinctive coiffée au poteau par la prescrip­tion acquisitive. Tel est
pris qui croyait prendre…
Seul bémol : le chemin de terre contournant la parcelle n’acquiert
pas le sta­tut de chemin vicinal ; ce statut ne peut résulter que
d’une décision explicite du Conseil communal.
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5. Comment pouvons-nous prévenir
les conflits entre les usagers
et les propriétaires ?
Il s’agit en toutes circonstances de promouvoir autant que possible le
dialo­gue. La concertation est le meilleur outil de prévention des conflits.
Il existe dans la plupart des communes au moins une association, un
club sportif ou un mouvement de jeunesse qui s’intéresse aux chemins
et sentiers, le plus souvent pour en être utilisateur régulier.
- La participation à une structure collective permet la mise en commun des idées et des ressources et autorise des initiatives de terrain
peu imagi­nables individuellement (rallye pédestre, cycliste, équestre,
opération de nettoyage et d’entretien, balisage d’itinéraires de promenade).
- Un groupe de citoyens organisé est toujours plus crédible que des
citoyens isolés, tant auprès des interlocuteurs « officiels » (administrations, autori­tés judiciaires, écoles, mais aussi sponsors et mécènes)
qu’auprès des rive­rains (qu’ils soient à l’origine de troubles ou sollicités
comme partenaires de gestion).
- L’idéal de la concertation est d’aboutir à l’élaboration d’une convention
tripartite (utilisateurs/administration/riverains) permettant d’assurer
une gestion dynamique et positive des chemins et sentiers de la
commune.
L’échange d’informations et la compréhension mutuelle sont les gages
d’une gestion harmonieuse des chemins et sentiers. La convention
tripar­tite est l’outil de gestion idéal.
17 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Exemple de convention tripartite :
ENTRE
L’asbl LES AMIS DU CHEMIN DE TERRE,
La Commune de MONTERROIR
Le Baron A. d’UBOIS, propriétaire terrien,
et Monsieur E. DELPATURAGE, agriculteur,
IL EST CONVENU CE QUI SUIT :
1. Monsieur DELPATURAGE s’engage à laisser libre de toute entrave les chemins et sentiers portés à l’Atlas de Chemins vicinaux sous les n° 18, 34 et 62
constitués sur les terres qu’il exploite dont le Baron d’UBOIS est proprié­taire.
2. Afin de préserver la quiétude du bois dit des FEUILLUS, la Commune de
MONTERROIR s’engage à procéder au déplacement de la portion du che­min
vicinal n° 34 située entre les repères A et A’ portés sur le plan annexé, vers
le nouveau tracé figuré par un trait rouge sur le plan annexé.
La Commune procèdera aux formalités prévues par la loi du 10 avril 1841
et le Règlement provincial sur les voiries vicinales pour assurer la bonne fin
de l’opération prévue au paragraphe précédent, dans les quatre mois de la
signature de la présente convention.
3. Le Baron d’UBOIS accepte le déplacement du chemin vicinal n° 3.
4.L’asbl s’engage à assurer un entretien bisannuel des chemins et sentiers n°
18, 34 et 62 par fauchage, élagage et suppression de toute entrave naturelle.
5.La Commune s’engage à procéder aux éventuels gros travaux nécessaires
pour restaurer le passage sur les chemins et sentiers n° 18, 34 et 62 en cas
d’entrave exceptionnelle dépassant le cadre de l’entretien ordinaire effectué
par l’asbl, dans les deux mois de la lettre de l’asbl lui indiquant précisément
les entraves à lever.
6.Les parties s’engagent à exécuter la présente convention de bonne foi.
En cas de différend sur les modalités d’exécution de la convention, les parties
conviennent de recourir par priorité et avant toute instance judiciaire, à la
médiation volontaire par l’entremise de Madame F. ONSECALME, qui a la
confiance des parties.
Fait à la Maison Communale de MONTERROIR le 12 février 2002, en trois
exemplaires originaux.
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6. Quelles sont les opportunités légales
dont nous pouvons nous servir pour
défendre et promouvoir les sentiers ?
La vie administrative de la commune est jalonnée d’occasions de
participer à l’élaboration des outils de gestion. Profitons-en !
Les enquêtes publiques sont des opportunités uniques de faire connaître
ses observations sur un projet touchant aux chemins et sentiers.
- En matière d’urbanisme communal, les décisions administratives sont
précédées d’une enquête publique, en particulier (pour les permis)
lors­qu’elles amènent une transformation quelconque à la voirie.
- Dans certaines communes, un plan de mobilité, un plan de développe­
ment rural, un ou plusieurs plan(s) communal(aux) d’environnement
et de développement de la nature sont en cours d’élaboration. De
près ou de loin, ils concernent inévitablement des aspects liés aux
voiries et en particulier aux chemins et sentiers.
Les citoyens pourront apprécier la pertinence des choix de l’auteur de
projet et faire connaître leurs observations lors d’une enquête publique
qui porte sur les projets de plan.
Les commissions consultatives communales constituent des structures
citoyennes destinées à apporter une aide à la décision des autorités
commu­nales dans diverses matières.
La Commission consultative communale d’Aménagement du Territoire
(CCATM) est la plus connue mais l’élaboration des outils planologiques
évoqués ci-avant s’accompagne obligatoirement de la constitution
d’une commission consultative qui peut aussi être la CLDR (Commission
locale de développement rural) si la commune s’est engagée dans une
démarche de PCDR.
En faire partie est une garantie non seulement de disposer de toute
l’infor­mation requise en temps utile mais aussi d’exercer, par les avis
rendus par la commission, une influence certaine sur la décision finale.
19 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
VU A LA CCATM
(Commission Consultative d’Aménagement du Territoire et de Mobilité)
Un dossier de demande de permis de lotir est déposé à l’administration communale. Le projet impliquant l’ouverture d’une
nouvelle voirie, les me­sures particulières de publicités sont mises
en oeuvre (enquête publique) et la CCAT est consultée.
Lorsque le dossier est évoqué à la réunion de la CCAT, il ne contient
pas la moindre allusion à l’existence d’un chemin vicinal.
Heureusement, un membre zélé et âgé de la CCAT a réveillé ses
souvenirs et fait part de sa conviction de l’existence d’un chemin.
Apparemment, la consultation de l’Atlas n’était pas monnaie
courante dans cette commune !
Pourtant, il existe une obligation de régler les questions relatives
aux modifications des voies vicinales avant l’introduction d’une
demande de permis.
Vérification faite, il s’est avéré que le chemin traversait la parcelle
de part en part, en provenance du plateau agricole pour déboucher
sur la grande voirie (route régionale).
Comme un doute existait sur l’époque de sa désaffection par le
public, le conseil communal a décidé de modifier son tracé sur la
parcelle destinée à être lotie pour le rendre compatible avec la
voirie intérieure à créer.
Et dans la foulée, avec l’accord du propriétaire des parcelles
agricoles voisi­nes, le chemin a été réouvert sur la totalité de son
tracé, permettant à tous – dont les futurs habitants du lotissement
– d’accéder au réseau de chemins du plateau agricole, utiles pour
l’exploitation mais aussi pour la promenade.
Bref, une bonne affaire pour tout le monde.
étopia | collection «biens communs» |
20
7. Comment parvenir à déminer
les conflits relatifs à l’usage
de la voirie vicinale ?
7.1 La première chose à entreprendre est de constater
D’abord sur le terrain ensuite auprès des administrations.
Sur le terrain:
Quelle est la nature exacte du problème ?
Les cinq situations conflictuelles les plus fréquentes sont :
1 présence d’une clôture ou d’une barrière en travers du chemin ;
2 disparition du chemin dans une parcelle cultivée ou boisée ;
3 construction ou dépôt de matériaux sur l’assiette du chemin ;
4 présence d’indications (panneaux) interdisant l’accès ;
5 praticabilité diminuée ou nulle, dégradation de l’assiette.
Les données à rassembler sont :
1 description précise, métrage ;
2 photographies ;
3 témoignages (de riverains ou d’utilisateurs) ;
4 premiers indices de responsabilité.
Auprès des administrations :
1 consultation de l’Atlas et de ses mises à jour (décisions du Collège
provincial) ;
2 consultation de la matrice des plans cadastraux : qui est propriétaire
de l’assiette ?
3 consultation d’une personne ressource :
- au niveau communal : employé ou échevin compétent ;
- au niveau provincial : commissaire voyer ou service technique
provincial.
Bon à savoir 1 :
Le constat précis et objectif des éléments du conflit est indispensable.
21 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Tous les moyens de preuve sont
permis, pour autant que l’on reste
dans les limites de la légalité (pas
de violation de propriétés privées).
Les informations recueillies doivent
permettre d’apporter toutes les indi­
cations requises lors des démarches
auprès de l’administration.
Profiter d’être sur les lieux pour
essayer de rassembler des témoignages, ce qui permettra d’éviter des
démarches inutiles (entrave temporaire, situation accidentelle, bonne
foi manifeste du responsable).
Dans l’attente de la confirmation des indications de terrain par une
consultation de l’administration, éviter tout comportement de nature
à envenimer le conflit (bris de clôture, passage en force, invectives).
Les indications cadastrales ne sont pas mises à jour rapidement ; si un
doute subsiste, il faudra consulter l’administration de l’enregistrement.
Il faut savoir qu’il n’est pas obligatoire de faire apparaître les servitudes
de passage public au cadastre ou sur les actes de ventes des notaires.
Si l’infraction est confirmée après le recueil des données à l’administra­
tion, tenter de se ménager la collaboration des autorités communales
en montrant une détermination raisonnable.
Bon à savoir 2 :
Les communes ont la possibilité de limiter l’autorisation de circuler à
certains usagers en apposant des panneaux F99. On pourra ainsi éviter
certaines résistances à la réouverture de chemins liées aux craintes qu’y
circulent des véhicules motorisés.
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22
7.2 La seconde chose à faire, c’est de parler
En cas de conflit, il est important d’entrer en dialogue avec tous les
acteurs :
- utilisateurs potentiels ;
- le responsable de l’entrave : propriétaire riverain, agriculteur, utilisateur ;
- les autorités communales et le commissaire voyer ;
- les tiers médiateurs : association locale, personne de confiance.
-
-
-
-
-
-
Bon à savoir :
Le dialogue est une étape indispensable, sous peine de blocage
immédiat et d’obligation de recourir au pouvoir judiciaire, qui doit
rester la réponse ultime.
Le responsable de l’entrave aura le plus souvent d’excellentes justifications de son comportement. La compréhension est la meilleure
base de solution.
Les autorités administratives sont parfois responsables de l’entrave.
Dans ce cas, le dialogue est parfois plus difficile…
En cas d’échec du rapport direct, ne pas hésiter à faire appel à des
tiers connus pour leur compétence, leur autorité ou leur habileté à
résoudre le conflit. Tous les moyens sont bons pour parvenir au but,
le plus rapidement et le plus simplement possible.
Utiliser au besoin la menace de sanctions administratives et/ou
judiciaires en cas de refus de cessation de l’infraction. La bonne intelligence avec les autorités compétentes constitue un atout décisif
dans ce cadre.
Si un accord se dégage sur la restauration du passage, quelles qu’en
soient les modalités, prévoir impérativement la rédaction d’un écrit
qui formalise les engagements des parties, sans oublier d’y indiquer
les délais d’exécution. Ce document pourra, le cas échéant, permettre
de rappeler à chacun ses engagements et éventuellement servir de
pièce si le dossier part en justice.
Une piste intéressante en cas de conflit : la médiation
Une loi du 21 février 2005 complète le Code judiciaire par une septième partie intitulée « La médiation ».
23 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Chaque partie en conflit peut à tout moment proposer une procédure
de mé­diation, même si une instance en justice est en cours. La médiation
suspend la procédure judiciaire. La médiation ne peut naturellement
débuter que si les parties sont toutes d’accord d’y recourir. Chacun peut
décider de mettre fin à la médiation à tout moment.
La médiation fait intervenir dans le débat une personne tierce disposant
de compétences spécifiques permettant une approche nouvelle du conflit.
Le médiateur doit être agréé suivant une série de critères permettant
de s’assu­rer de sa compétence. Il est choisi librement par les parties.
Le médiateur n’a pas le pouvoir d’un juge ou d’un arbitre ; il ne peut
que favoriser l’émergence d’une solution acceptée par les parties. Il
n’exerce aucune contrainte et n’impose aucune solution.
La proposition de médiation peut émaner des parties en conflit,
avant ou pendant une procédure judiciaire, mais elle peut aussi être
proposée par le juge saisi du dossier. Dans ce cas, l’accord des parties
est toutefois indispen­sable. La médiation peut concerner la totalité ou
seulement une partie du litige.
Les parties s’entendent pour organiser toutes les modalités pratiques
de la médiation (choix du médiateur, calendrier des réunions, échange
de pièces, audition de tiers, vue des lieux,…).
Une caractéristique essentielle de la médiation est son caractère
confiden­tiel : le médiateur lui-même est tenu à la plus totale discrétion
et les pièces et écrits échangés par les parties ne pourront être utilisés
lors d’une éventuelle procédure judiciaire ultérieure sans l’accord explicite des parties.
Si les parties parviennent à un accord, elles le consignent par écrit.
Cet écrit peut être présenté au tribunal pour homologation. L’accord
homologué a les mêmes effets qu’un jugement, et peut faire l’objet de
toutes les mesures d’exécution de droit commun.
étopia | collection «biens communs» |
24
La loi est trop récente pour que ses dispositions puissent être éclairées
par la pratique, mais vu le coût et la durée des procédures judiciaires, il
est proba­ble que la formule connaîtra un grand succès.
7.3 En cas d’échec des négociations, la
dernière voie est judiciaire
On peut dans ce cas de figure :
- Tenter une conciliation auprès du Juge de Paix ;
- Mener une procédure judiciaire ;
Bon à savoir :
Le Juge de Paix, magistrat de proximité, est légalement chargé de
recevoir les doléances des parties qui le souhaitent dans un cadre non
contentieux : c’est la tentative de conciliation.
- Sur demande, les acteurs du conflit peuvent être convoqués et le
Juge de Paix peut à cette occasion contribuer au rapprochement des
positions.
- Si un accord se dégage, il sera acté par le Juge de Paix et aura rang
de ju­gement en bonne et due forme, exécutoire par la contrainte si
cela s’avère nécessaire.
- L’intérêt de la procédure de conciliation devant le Juge de Paix est
d’être rapide et gratuite, tout en bénéficiant de l’éclairage juridique
d’un magis­trat proche du terrain.
- Si la procédure de conciliation est un échec, il reste la possibilité
d’intro­duire le dossier devant le même magistrat, intervenant cette
fois en plein contentieux. C’est la procédure judiciaire ordinaire, qui
donnera lieu, en fin de processus, à un jugement.
Comment se déroule la procédure ?
La plupart des procédures en justice sont introduites par citation, par
l’intermédiaire d’un huissier de justice. Celui-ci ne rédige pas le contenu
de la citation, mais a pour mission d’y apposer les formules légales et de
la transmettre à son destinataire. L’huissier doit donc disposer d’un projet
de citation reprenant le résumé de la situation et des arguments de la
partie citante, ainsi que le détail de ce qui est concrètement demandé.
25 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
L’aide d’un avocat est souvent utile, mais nullement indispensable, que
ce soit pour rédiger la citation ou pour toute autre étape de la procédure.
Encore faut-il savoir qui citer : la détermination du ou des défendeur(s)
n’est pas toujours aisée. Si ce sont les propriétaires riverains qui sont
responsables de l’entrave, leur identité peut facilement être connue (le
cas échéant par le cadastre). Mais en cas d’obstruction par des déchets,
par exemple, il est pratiquement impossible de déterminer le responsable. La commune peut parfois être mise à la cause en cas d’absence
d’intervention de sa part sur le terrain, ou si ses services sont eux-mêmes
responsables de l’entrave.
Au jour de l’audience d’introduction de la cause commence sa mise
en état. Les parties s’échangent des écrits appelés ‘conclusions’ dans
lesquels elles exposent leur position et leurs arguments, factuels et
juridiques. Ces échan­ges peuvent se prolonger, chaque partie ayant,
suivant le Code judiciaire, un mois pour répondre à l’autre. Ces délais
sont rarement respectés et une des parties - la plus pressée - devra
parfois demander au juge d’imposer des délais à peine de déchéance
pour le dépôt des conclusions.
Le juge peut - d’office ou à la demande d’une partie - décider de se
rendre sur les lieux, désigner un expert (géomètre, par exemple) pour
l’éclairer sur des aspects techniques, ou entendre des témoins. Dans ce
dernier cas, chacune des parties peut proposer ses propres témoins, qui
seront convoqués à une audience particulière où ils seront interrogés
par le juge sur base de ques­tions proposées par les parties. Lorsqu’il
s’agit d’apporter un témoignage sur l’utilisation d’un chemin durant les
trente dernières années, l’exercice est parfois compliqué du fait de l’âge
des témoins et du caractère partisan de certains témoignages motivés
par des circonstances étrangères au conflit. A la fin de l’audition, il n’est
pas rare que le juge dispose de déclarations résolu­ment contradictoires
et invérifiables.
étopia | collection «biens communs» |
26
Une fois la mise en état terminée, une audience de plaidoiries est
organisée pour permettre aux parties de faire valoir une dernière fois
oralement, avec toute la force de conviction dont elles sont capables,
les arguments qui plai­dent en faveur de leur position.
L’affaire est ensuite mise en délibéré et le jugement généralement
rendu dans le mois. Tout le processus peut durer une bonne année,
en fonction de la bonne volonté des parties et de la disponibilité de la
juridiction. Si une partie fait appel de la décision, le processus est repris
à son point de départ… avec des délais souvent doublés.
7.4 La dernière étape à franchir :
réhabiliter le chemin (ou le sentier)
Lorsqu’un accord ou un jugement est acquis, il reste à en garantir
l’exécu­tion.
En cas de mauvaise volonté manifeste du responsable, deux attitudes
sont possibles, successivement :
- collaborer à la remise en état des lieux ;
- faire appliquer la décision par la contrainte.
Bon à savoir :
- La passivité n’est jamais bonne conseillère dans l’exécution des accords et des jugements. Si le responsable de l’entrave ne s’exécute
pas volontai­rement, il vaudra souvent mieux, après l’en avoir dûment
averti et obtenu son accord, procéder soi-même aux quelques travaux
nécessaires à la restauration du passage, plutôt que d’entamer des
longues et coûteuses démarches en vue de l’exécution forcée.
- Il est également possible de demander au Juge de Paix de pouvoir
se substituer au condamné en cas d’inexécution du jugement dans
un délai déterminé.
- Attention toutefois, en ce cas, à ne pas commettre soi-même des
infrac­tions (violation de propriété privée, appropriation de biens
d’autrui, mise en danger objective de tiers par l’ouverture de pâtures
occupées, etc.).
27 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
- Si aucune exécution, directe ou de substitution, ne peut être obtenue, il faudra se résoudre à l’exécution forcée, par tous les moyens
réglementai­res disponibles.
-
-
-
L’exécution d’un jugement : mettre toutes les chances de son côté
Si des éléments objectifs du dossier font craindre que le jugement ne
sera pas exécuté volontairement et rapidement, il est utile de demander d’em­blée au juge d’assortir la condamnation principale de délais
d’exécution et d’une astreinte. L’astreinte est une somme qui sera
payée au bénéficiaire du jugement par le condamné qui n’exécute pas
le jugement dans les délais et/ou dans les modalités ordonnées.
L’astreinte est principalement dissuasive, le but étant d’obtenir l’exécution
matérielle du jugement, et pas de s’enrichir aux dépens du condamné.
La somme réclamée à titre d’astreinte doit donc être assez élevée pour
garan­tir que le condamné fera tout pour éviter de devoir la payer.
Ceci étant, l’exécution de l’astreinte peut donner lieu à des contestations, qui seront le cas échéant traitées par le tribunal sur opposition
du débi­teur. Ce qui signifie une procédure supplémentaire…
Une bonne solution alternative à l’astreinte est le pouvoir de substitution. Il s’agit de solliciter du juge la possibilité de pourvoir à l’exécution
du jugement en lieu et place et aux frais du condamné, si celui-ci ne
s’exécute pas volontairement dans un délai déterminé.
En ce cas, l’objectif principal est en tout cas atteint, à savoir la restauration du libre passage. Mais la difficulté est alors reportée sur la
récupération des frais, qui auront été avancés par ceux qui auront pris
l’initiative de l’exécution du jugement par substitution. Comme pour
l’astreinte, cette récupération peut donner lieu à des contestations qui
devront aussi être tranchées par le juge compétent au terme d’une
nouvelle procédure.
Indépendamment de ces deux contraintes particulières, qui ne sont
pas toujours accordées par le juge, le bénéficiaire du jugement est
bien désarmé face à la mauvaise volonté persistante du condamné.
La condam­nation portant le plus souvent sur une obligation de faire
(enlèvement de l’entrave, restauration de l’assiette), toutes les mesures
d’exécution patri­moniales (les saisies) sont inopérantes.
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28
Il reste que la faute avérée - par jugement civil - du condamné est
le plus sou­vent également constitutive d’une infraction pénale. Le
recours à la menace de poursuites pénales peut parfois exercer un
impact plus immédiat que des contraintes civiles.
Un exemple d’actions concertées :
Rendez-Vous sur les Sentiers
Depuis 2006, d’abord à l’initiative d’Inter Environnement puis ultérieurement sous la coupole de l’asbl Sentiers.be, un week-end de
réhabilitation de chemins et sentiers est organisé, mêlant associations
régionales, groupements locaux, personnes individuelles mais aussi,
de plus en plus, les autorités communales.
Ce week-end permet d’abord des actions de terrain, concrètes, visant
à réhabiliter ou améliorer la voirie vicinale . Il sensibilise tout un chacun
à la fois aux problèmes auxquels sont confrontés les petits chemins
et sentiers, et aux solutions pratiques qui peuvent être apportées.
Il conscientise les décideurs locaux... et régionaux sur l’utilité et les
besoins de rénovation du réseau viaire.
Au delà du nombre important d’actions concrètes qui ont été déjà
réalisées, la mobilisation renouvelée d’année en année par cette opération a démontré à de nombreux décideurs locaux ...et à d’autres...
que la volonté de réaménager des petits chemins n’est pas une lubie
portée par quelques «sentiéristes illuminés» mais répond au contraire
aux souhaits de la majorité de la population de récupérer un espace
public mis en péril par l’égoïsme de certains individus ou surtout la
négligence ou la passivité des autorités locales.
Cette entreprise de responsabilisation et de conscientisation citoyenne est aussi, indiscutablement un excellent outil de médiatisation de la promotion de la voirie «douce». On ne s’étonnera donc
pas du succès renouvelé de l’opération , qui a d’ailleurs amené
l’émergence d’une opération «soeur» en Région flamande.
29 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
8. Que faire sur le plan politique
pour améliorer la situation ?
Il y a deux types d’actions à entreprendre :
- des actions de type légistique, visant à modifier et à améliorer des
règle­ments et lois existants depuis parfois fort longtemps ;
- des actions de terrain visant à améliorer les choses concrètement.
8.1 Les initiatives de type légistique
Initiatives régionales
L’État fédéral n’étant aujourd’hui plus compétent pour légiférer en matière de voirie vicinale, la loi du 10 avril 1841 peut, à tout moment, faire
l’objet de modifications ou d’une refonte complète par un décret régional.
La survivance d’une loi du milieu du XIXe siècle dans le corps réglementaire applicable en Région wallonne n’est pas sans poser un certain
nombre de difficultés.
Sur le plan régional, les initiatives actuelles relatives à la petite voierie sont plutôt ponctuelles. Beaucoup d’attention a été apportée au
le RAVeL (Réseau autonome des Voies lentes) qui n’est pas un réseau
vicinal et le projet de « Voies vertes communales » auquel participaient
9 communes est actuellement au point mort.
La nécessité se fait de plus en plus pressante de procéder par décret
à une refonte globale du régime juridique de la voirie vicinale, accompagnée nécessairement d’un recensement systématique et structuré
des différentes catégories de « petites voiries » :
- les chemins et sentiers repris dans l’Atlas et maintenus ouverts au
passage public ;
- les chemins et sentiers repris dans l’Atlas sur lequel le passage est
interrompu, quel qu’en soit le motif ;
- les chemins et sentiers innomés ;
- les chemins et sentiers qui ne figurent pas dans l’Atlas mais qui sont
manifeste­ment usités ;
étopia | collection «biens communs» |
30
- les nouveaux itinéraires à créer pour assurer la liaison entre des chemins et sentiers existants et pour desservir de nouveaux quartiers de
la commune.
2011, un premier pas dans l’amélioration de la loi de 1841
A la suite de demandes répétées et motivées d’associations de protection de la petite voirie, des parlementaires Ecolo se sont saisis de la
question de la prescriptibilité des chemins vicinaux et une proposition de
décret a été votée par le Parlement wallon le 1er juin 2011 afin de rendre
les chemins et sentiers vicinaux imprescriptibles au même titre que le
reste du domaine public au statut inconditionnellement imprescriptible.
Cette exception est en effet source de problèmes et conflits qui ne se
règlent souvent que par des procédures judiciaires longues et finalement
peu démocratiques.
Par delà la correction d’une faiblesse de la loi de 1841, la modification
apportée par le décret de juin 2011 a le mérite de constituer un signal
fort de la part du pouvoir public par rapport à son implication dans la
revalorisation des modes de déplacement doux et la conservation d’un
patrimoine collectif, marque de l’histoire et ressource pour le futur..
Pour permettre au gouvernement de faire, le cas échéant, entrer en
vigueur ce décret mettant fin à la possibilité de prescription des chemins
en même temps que la mise en place d’une méthodologie et d’un processus de révision des Atlas, il a été décidé que ce décret entrerait en
vigueur à la date choisie par le Gouvernement wallon et au plus tard le
1er septembre 2012. A partir de cette date, il ne sera plus possible pour
un particulier de faire jouer la prescription acquisitive pour s’approprier
une voirie vicinale.
Vers une révision globale de la loi de 1841
Parallèlement au décret du 1er juin 2011, le gouvernement wallon
a chargé le Ministre des Travaux Publics et de la ruralité de mettre en
place un large groupe de travail afin de préparer une réforme législative
globale en matière de petite voirie conformément au souhait exprimé
dans la Déclaration de Politique Régionale (DPR) de 2009-2014.
31 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Pour les défenseurs de la petite voirie, la refonte de la loi doit reposer
notamment sur les principes suivants :
- primauté de l’intérêt général sur l’intérêt particulier ;
- caractère démocratique des procédures de création, modification ou
suppression des tracés ;
- intégration de l’ensemble des chemins et sentiers publics (vicinaux
et autres) ;
- prise en considération des urgences environnementales (mobilité douce,
développement du tourisme durable, protection de la biodiversité) ;
- utilisation d’un référencement cartographique moderne ;
- maintien des possibilités de recours auprès d’une instance supérieure
au niveau communal.
Initiatives provinciales (ceci vaut pour la province de Namur,
mais peut être étendu à toutes les provinces wallonnes)
L’exercice complet et efficace des compétences provinciales passe
par la rédaction d’un nouveau règlement provincial, pour mettre à jour,
restruc­turer et compléter le règlement de 1969.
Sur la forme, le règlement mérite une refonte globale qui en permettrait
une lisibilité accrue et donc une meilleure efficacité sur le terrain. Sur
le fond, le règlement provincial mériterait de contenir les dispositions
habituelles de toute réglementation moderne en matière d’environnement (définitions, dis­positions budgétaires et financières, obligations
et interdictions, surveillance et constatation des infractions, sanctions).
Moyennant le judicieux exercice des compétences qui lui sont dévolues par la loi et le règlement provincial, la Collège provincial est en
mesure de donner l’impulsion nécessaire pour prévenir ou rencontrer
les difficultés les plus habituelles auxquelles la voirie vicinale est actuellement confrontée.
Ainsi, l’action des autorités politiques et de l’administration provinciale
sera axée sur les objectifs suivants :
- organiser un contrôle systématique de l’état d’accessibilité et de
viabilité des voiries vicinales ;
étopia | collection «biens communs» |
32
- assurer la surveillance et la prévention des dégradations naturelles
ou volontaires ;
- procéder à un examen rigoureux des demandes de suppression de
voi­ries vicinales en vérifiant chaque proposition dans son contexte
et s’assurant du maintien du maillage ;
- développer une action proactive avec les communes pour l’ouverture
de nouveaux itinéraires ;
- assurer un suivi et un appui technique dans les procédures judiciaires.
Initiatives communales
L’autorité communale est le partenaire indispensable de l’autorité
provinciale dans la gestion de la voirie vicinale.
Sur le plan réglementaire, beaucoup de communes se sont dotées
récemment de nouveaux règlements de police qui concernent de façon
malheureuse­ment trop évasive la police des chemins et sentiers.
Les règlements communaux mériteraient de reprendre les dispositions
qui sont contenues dans le règlement provincial relatif à la voirie vicinale,
en intégrant les données spécifiques au territoire communal concerné,
ceci afin de permettre de coller au mieux aux réalités de terrain qui peuvent être différentes selon la commune concernée. Il serait également
souhaitable que les règlements communaux de police administrative
reprennent de manière explicite et systématique les différentes sanctions,
tant administra­tives que pénales, qui sont associées à la violation des
dispositions de police en matière de voirie.
L’intervention du Conseil communal dans la matière s’exprime également à travers le vote du budget affecté à l’entretien et à l’amélioration
de la voirie vicinale. Les communes veilleront chaque année à faire
précéder l’inscrip­tion d’un article budgétaire d’une étude en bonne et
due forme des besoins réels nécessités par l’aménagement et l’entretien
de la voirie vicinale, tant au niveau des dépenses ordinaires que pour
les travaux dépassant les « travaux ordinaires ».
33 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Dans le cadre de l’organisation des procédures devant amener à des
modi­fications substantielles de la voirie vicinale, le conseil communal
veillera à ménager les espaces de concertation avec les citoyens et les
associations œuvrant en la matière et à assurer une large publicité aux
enquêtes publiques.
L’efficacité de l’action communale passe aussi par une organisation du
per­sonnel communal, du temps et de la répartition du travail permettant
l’exer­cice plein et entier des compétences qui reviennent aux services
communaux pour les nécessités de l’entretien et de l’amélioration de
la voirie vicinale.
8.2 Les actions de terrain
Initiatives provinciales
Comme dans d’autres matières, il serait utile que la Province mette à
dis­position des communes, des compétences et des moyens nécessaires
à une gestion proactive et volontaire des sentiers et chemins vicinaux,
notamment en matière de réalisation et d’actualisation d’une cartographie détaillée dans chaque commune.
Une aide technique ainsi que la mise en commun des connaissances
et approches utilisées dans diverses communes en vue de la définition
d’une méthodologie commune seraient ainsi particulièrement bienvenue.
Initiatives communales
Les communes ont également un rôle actif à jouer en la matière, si
possible en collaboration avec des groupes de citoyens.
Ainsi, il serait utile dans chaque commune :
- de réaliser un inventaire des chemins et sentiers vicinaux mais aussi
des autres petites voiries innommées ouvertes au public;
- de réhabiliter et de rendre accessibles certains sentiers et chemins
qui ne l’étaient plus parfois depuis longtemps, avec en priorité, les
sentiers et chemins de jonction ;
- de faire valoir le droit de passage là où c’est nécessaire, notamment
quand des sentiers ont été privatisés ou usurpés ;
étopia | collection «biens communs» |
34
- de créer des chemins, là où ils n’existaient pas et où ils sont utiles ;
- de promouvoir ces nouveaux chemins, non seulement dans le cadre
d’un passage quotidien mais également en vue du développement
du tourisme local.
Initiatives citoyennes
Nombre de citoyens sont également préoccupés par ces questions.
Il s’agit de les informer au mieux sur les règles applicables en matière
de chemins et sentiers vicinaux, ainsi que de leur proposer une méthodologie adéquate pour répondre à des situations problématiques
auxquelles ils seraient confrontés.
Ces initiatives de terrain prendront tout leur sens dans la future
actualisation des Atlas des chemins vicinaux qui se profile à l’horizon.
35 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
9. L’actualisation des Atlas
Autant que la révision de la loi de 1841, une mise à jour en profondeur
des Atlas s’impose. Les techniques modernes de géo-référencement,
de cartographie et de diffusion informatique doivent faciliter la mise
à disposition de l’ensemble du public mais aussi des autorités de
l’information la plus complète et la plus fiable possible concernant le
réseau de petites voiries.
Dans cette optique, par son décret du 1er juin 2011, le Parlement
wallon a souhaité non seulement mettre fin à la prescription de la voirie vicinale mais aussi amorcer un processus d’actualisation des Atlas.
L’article 2 du décret l’exprime comme suit : Par actualisation, il faut
entendre la confirmation, la suppression, le déplacement ou la création
de sentiers et chemins vicinaux en fonction des situations de fait et
de la nécessité de renforcer le maillage des chemins et sentiers pour
rencontrer les besoins de mobilité douce actuels et futurs.
Pour les associations de protection des chemins et sentiers, afin
de répondre au mieux à ces objectifs, l’actualisation des Atlas devrait
répondre aux conditions suivantes :
Exhaustivité : l’actualisation devrait reprendre non seulement la voirie vicinale mais aussi les autres éléments viaires (voiries communales,
innommées, chemins de remembrement, ...).
Démocratie : le processus de révision doit être participatif et permettre
la rencontre de tous les différents acteurs (autorités locales, propriétaires, exploitants, utilisateurs, milieux associatifs, ...). Les décisions
prises par la concertation et le dialogue seront bien mieux acceptées
et respectées de tous.
Objectivité : les éléments de droit (situation juridique des chemins),
la situation de fait (présence ou absence de chemins, praticabilité ou
non, utilité ou non), la recherche de la cohérence d’un réseau à (re)
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constituer ou conserver, et le renforcement du maillage de ce réseau,
doivent guider les travaux d’actualisation.
Primauté de l’intérêt public : les considérations personnelles, les
conflits d’intérêts particuliers doivent être évités ou arbitrés en privilégiant le souci du bien public. Etant entendu qu’il ne peut être question
de spolier les particuliers de leurs droits légitimes.
Renforcement du réseau viaire «doux» : l’actualisation ne peut être
prétexte à un «grand nettoyage». Il doit bien s’agir de rencontrer les
besoins futurs de mobilité douce qui seront, à ne pas douter, plus
grands qu’actuellement !
Le Gouvernement wallon est chargé de fixer les modalités de mise
en œuvre de ce travail d’actualisation : méthodologie, choix des interlocuteurs, rôle de la tutelle, ressources à affecter...
La participation citoyenne au niveau local aura quoi qu’il en soit une
place prépondérante dans ce processus.
37 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
10. Conclusion : Les sentiers
un patrimoine d’avenir
Cette brochure entend nous inviter à transmet­tre ces héritages. Car
en somme, nous sommes tous co-propriétaires des sen­tiers et chemins
qui sillonnent et structurent notre terroir et nous voulons les léguer dans
le meilleur état possible à nos enfants.
Les raisons en sont multiples : c’est beau, c’est utile, ça peut même
rapporter santé et plaisir et ça améliore la mobilité de tous.
Mais les sentiers, c’est aussi un peu comme la biodiversité : le capital
géné­tique des espèces est là pour nous aider - avec toutes les espèces
vivantes - à faire face à toutes les mutations de notre environnement.
Et un appauvrisse­ment de cette diversité réduirait la réponse que
l’écosystème peut offrir aux évolutions futures et notamment aux
changements climatiques.
De même, un appauvrissement du capital des sentiers et chemins
que des générations et des générations d’humains ont patiemment
frayés dans nos paysages pour communiquer, travailler, échanger serait
synonyme d’une fameuse régression collective.
En effet, à l’échelle de l’histoire de l’humanité, le gros siècle de dictature des déplacements motorisés ne pèse pas très lourd. Aujourd’hui
déjà, nous dé­couvrons ou redécouvrons le bonheur des mobilités douces.
Pour la plupart des habitants de cette partie du monde, nous le faisons
librement. Demain, peut-être, cela deviendra-t-il une nécessité ? Parce
que le pétrole sera de plus en plus rare et de plus en plus cher. Parce
que nous serons confrontés à la nécessité de réduire nos empreintes
écologiques et, singulièrement, notre impact sur le climat.
Et donc tant qu’à faire, commençons par joindre le très utile au très
agréable en nous lançant dès aujourd’hui à la reconquête des sentiers !
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39 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
11. Annexes
11.1 Etude juridique de référence
La défense et la promotion des sentiers et chemins en
province de Namur. Recherche juridique effectuée par Denis
Brusselmans à la demande du grou­pe Ecolo de la Province de
Namur, première édition, avril 2006, 192 pages.
Disponible sur demande ou téléchargeable sur
www.etopia.be et sur www.namur.regionale.ecolo.be
11.2 Lexique
Alignement : mode d’établissement par l’administration des limites
maté­rielles du domaine public par rapport aux propriétés riveraines ;
Assiette : surface, aménagée ou non, prévue pour la circulation.
Commissaire voyer : agent de l’administration provinciale chargé
de la police de la voirie vicinale, de rendre un avis sur les projets qui
touchent à la voirie vicinale et d’élaborer des études de projets liés à
l’aménagement de la voirie vicinale. Chaque commissaire voyer couvre
de deux à six communes, en fonction de leur taille.
Prescription : mode d’acquisition ou de perte d’un droit par le seul
écoule­ment du temps. En matière de droit de passage, la durée de la
prescrip­tion, tant acquisitive qu’extinctive, est de trente ans. A partir
de septembre 2012, la voirie vicinale sera imprescriptible au même titre
que tout bien public.
Service technique provincial (STP) : ce service regroupe les agents
provin­ciaux qui sont chargés de la gestion et de l’entretien des voiries
vicinales et provinciales. Les commissaires voyers de la province en sont
la pierre angulaire.
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Servitude de passage :
- privée : accès aménagé sur la propriété d’un tiers permettant d’accéder à une propriété enclavée, c’est-à-dire ne disposant pas d’accès
direct sur une voirie praticable. Cette servitude est légalement prévue
(Code civil) ;
- publique : voirie publique aménagée sur terrain privé. Beaucoup de
chemins et sentiers vicinaux sont aménagés sur des terrains privés ; la
commune n’est pas propriétaire de l’assiette mais le droit de passage
public y est reconnu.
Voirie communale : petite voirie qui n’est ni vicinale, ni provinciale,
ni régionale. En moyenne, 15 % des chemins et sentiers sont communaux. Ce sont les rues et les voiries créées lors des opérations de
remembrement des terres agricoles, lors de la création de lotissement,
ou simplement par l’usage.
Voirie vicinale : petite voirie qui a figuré dans l’Atlas ou qui y a été
inscrite par une décision de l’autorité compétente, qui sanctionne ainsi
le caractère d’inté­rêt général que revêt ce chemin de communication
(vicinalis = voisin, en latin).
11.3 Liens internet
- www.sentiers.be : le superbe site de l’asbl Sentiers.be. A découvrir ! rue Nanon, 80 à 5000 Namur Téléphone : 081/39 08 12
- www.itineraireswallonie.be : Itinéraires Wallonie asbl,
rue de Caraute, 108 à 1410 Waterloo Téléphone : 02/354 90 60
- www.grsentiers.org : site des sentiers de Grande Randonnée Belgique.
- www.iewonline.be/document/position-sentiers09-2005.pdf :
« Voies vertes », chemins et sentiers vicinaux, chemins et sentiers
publics : Position d’IEW - (septembre 2005) la position d’Inter-Environnement Wallonie sur la problématique des sentiers.
41 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
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11.4 Quelques réalisations d’échevins
Ecolo en Wallonie et à Bruxelles
A Sombreffe, un pré-Ravel avec les citoyens
BRIGITTE MAROY, ÉCHEVINE (2000-2006)
Les deux plus importants villages de la commune de Sombreffe sont
reliés entre eux par une route régionale rectiligne mais aussi, à quelques
centaines de mètres de là, par une voie de chemin de fer désaffectée et
inutilisée par les habitants car toujours pourvue de ses rails et traverses.
Nous avons donc initié un projet d’aménagement de ces trois kilomètres de voie ferrée pour en faire une liaison intervillages réservée
aux usagers doux que sont les piétons et les cyclistes.
A l’issue de nombreuses consultations citoyennes, un projet conciliant
l’aménagement d’une voie de liaison lente, la préservation du patrimoine
naturel, la préservation d’un patrimoine ferroviaire exceptionnel et la
faisa­bilité financière a été déposé.
La (grande) difficulté a consisté à mettre d’accord la SNCB (propriétaire de la ligne), le MET (gestionnaire du réseau Ravel), la Direction
Générale de l’Agriculture (et son département Développement rural),
partenaire financier assurant 80% du coût du projet) et la commune
(porteuse du projet et assurant 20% du coût). Les réunions furent
nombreuses, constructives et le marché est en voie d’attribution. Les
travaux commenceront fin 2006.Il s’agit du premier pré-Ravel aménagé
dans le cadre du développement rural en Wallonie. Espérons qu’il soit
suivi par beaucoup d’autres.
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Un réseau de 10 promenades piétonnes
et cyclistes à Anderlecht
PHILIPPE DEBRY, ÉCHEVIN (2000-2006)
Anderlecht a la particularité en Région bruxelloise d’avoir conservé sur
son territoire une zone rurale : Neerpede. Il s’agit d’une porte d’accès
entre la ville et le Pajotteland, véritable vestige préservé de campagne
et lieu plein de charme unique à Bruxelles. Pour mieux la faire connaître,
nous avons voulu revaloriser son réseau de sentiers et de chemins vicinaux. Dans un premier temps, nous avons entrepris de remettre en
état 2,5 km de chemins et 2,5 km de sentiers, dont certains avaient
même totalement disparus. Cette réhabilitation s’est faite en utilisant
des matériaux naturels et respectueux du caractère rural du lieu : le pavé
pour les voies carrossables et la lave broyée (lavatith) pour les sentiers.
Toutefois, un filet d’eau extra-large en béton a été prévu pour servir de
“bande confort” pour les cyclistes.
Sept promenades piétonnes (de 4 à 11 km) et trois itinéraires cyclistes (de 9 à 13 km, dont un pour les VTT) sont balisés. Ce balisage
physique est complété par l’implantation de pan­neaux d’information
et par l’édition de deux brochures reprenant cartes et explications sur
l’intérêt des sites traversés.
Ressusciter nos sentiers !
WALHAIN – Agnès NAMUROIS et JeanMarie GILLET (2006-2012)
Walhain, par ses nombreux attraits touristiques - Centre de la Belgique,
fermes en carré, ancien moulin à vent, ruines d’un château moyenâgeux,
tour des Sarrasins... - constitue un but avéré de promenades. Pour
préserver mais aussi valoriser ces richesses, des travaux de réfection
de sentiers ont été entrepris dans la commune. Et à la faveur de leur
job de vacances pour l’Opération Eté solidaire, les jeunes ont réalisé
un reportage photo, dont les tirages les plus emblématiques ont été
imprimées et organisées en exposition. De quoi visualiser le travail fourni
et mettre l’accent sur les nouvelles liaisons ainsi établies.
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L’objectif de ce travail de réaffectation était de recréer des réseaux
alternatifs à la route dans et autour des villages, pour permettre de
rejoindre les quatre écoles de l’entité via des chemins sécurisés, ou
encore de relier les villages entre eux. Cet objectif a été atteint grâce à
la collaboration active du groupe sentier local « A vot’Sentier », qui a
par ailleurs entrepris d’inventorier et caractériser les différents sentiers
et voiries de la commune.
Sentiers et paysage au menu du PCDN
ENGHIEN – Guy DEVRIESE (2006-2012)
Quand la Ville d’Enghien s’inscrit dans le réseau des PCDN en 2006,
elle peut directement s’appuyer sur l’expertise et l’expérience d’un
groupe consultatif qui, sous la présidence de l’Echevin de l’Environnement, rassemble des acteurs intéressés par la protection de la nature et
la sauvegarde de la biodiversité. Devenu « groupe de travail du PCDN »,
il se subdivise en sous-groupes de travail thématiques, dont un axé sur
les sentiers et le paysage. Parmi ses enjeux : maintenir un réseau de
sentiers en tant qu’élément de liaison permettant de découvrir les sites
d’intérêt paysager.
Les objectifs du groupe sont multiples. Il s’agit d’une part de recenser
les sentiers en vue de les préserver, de restaurer des chemins plus anciens, de créer des aires de pique-nique, de développer des itinéraires de
promenade, mais aussi d’établir une charte du bon usage des chemins
et sentiers afin d’en assurer la protection. Une balade dans le Hainaut
suffira à vous convaincre du travail déjà réalisé !
45 | sauver et promouvoir les sentiers, mode d’emploi à l’usage de l’action locale
Un groupe « sentiers » actif sur tous les fronts…
CINEY – Anne-Marie CAMUS (2006-2012)
A Ciney comme ailleurs, force a été de constater que de nombreux
sentiers avaient disparu, usurpés ou simplement rendus impraticables par
la nature et son œuvre… Pour remettre un peu d’ordre, un groupe de
travail sur les sentiers a été constitué. Et si la tâche est rude, le groupe
est motivé ! Plusieurs actions ont déjà été menées. Outre l’opération
annuelle « Rendez-vous sur les sentiers » qui permet au groupe de mettre
en lumière la réouverture de l’un ou l’autre sentier ou la participation à
l’événement « Balades et vous », les bénévoles ont aussi accompagné
des étudiants dans leur mission de défrichage d’été…
Un travail de veille tout aussi important est mené au quotidien, pour
remédier aux dégradations éventuelles mais aussi dénoncer aux autorités les manquements ou les usurpations. Dans la plupart des cas un
accord intervient mais il est parfois nécessaire de faire appel à la justice.
Le groupe est par ailleurs partie prenante du projet « ville cyclable »
auquel la ville est candidate. Leur connaissance du réseau et leur œil
avisé ont permis d’envisager la plus grande intermodalité possible.
Une promenade verte à boucler…
Région de Bruxelles-Capitale – Evelyne
HUYTEBROECK (2004-2014)
La Promenade Verte est une magnifique balade de plus de 60 km qui
doit permettre aux piétons et aux cyclistes de faire le tour de la Région
et de traverser de nombreux parcs et espaces de nature préservée. Régulièrement, de nouveaux tronçons sont inaugurés, laissant entrevoir
le bouclage complet de Bruxelles-capitale…
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La richesse de ce parcours réside en grande partie dans l’étonnante
diversité de ses paysages. A certains endroits, de vrais petits coins de
campagne s’offrent au regard du promeneur. A d’autres, ce sont des
parcs aménagés, des bosquets, des marais...
La Promenade Verte donne une nouvelle visibilité à des lieux auparavant inaccessibles au public. Une partie des chemins existe ; d’autres
doivent être aménagés. Une autre partie du tracé est encore à réaliser.
La Promenade Verte fait partie intégrante du Maillage vert régional
dont le premier objectif est d’amener le public à la découverte de la
nature urbaine, grâce aux cheminements verdurisés qui relient les différents espaces verts. Il contribue également aux qualités paysagères de
la ville en préservant son patrimoine naturel et en favorisant la diversité
de la faune et de la flore.
Brochure de Bruxelles Environnement sur demande (02 775 75 75)
ou téléchargeable sur le site: http://www.bruxellesenvironnement.be
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Table des matières
Avant-propos philosophique
Invitation à la balade et à l’action…
1. Pourquoi vouloir préserver les chemins
et sentiers vicinaux ?
1
6
2. Chemins et sentiers dans la législation belge 9
7
3. Qu’est-ce que l’Atlas des Chemins
et Sentiers vicinaux ? 13
4. Que pouvons-nous faire pour conserver
notre patrimoine de sentiers et de chemins ? 15
5. Comment pouvons-nous prévenir les conflits
entre les usagers et les propriétaires ?
17
6. Quelles sont les opportunités légales
dont nous pouvons nous servir pour défendre
et promouvoir les sentiers ? 19
7. Comment parvenir à déminer les conflits
relatifs à l’usage de la voirie vicinale ? 21
8. Que faire sur le plan politique
pour améliorer la situation ?
30
9. L’actualisation des Atlas
36
10. Conclusion : Les sentiers un patrimoine d’avenir 38
11. Annexes Etude juridique de référence Lexique Liens internet Quelques réalisations d’échevins Ecolo en Wallonie et à
Bruxelles
40
40
40
41
43
avec
le soutien de la
Communauté
française
av Marlagne 52
5000 Namur
t 081 22 58 48
f 081 23 18 47
info@etopia.be
www.etopia.be
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