Pratiques / Rituels - Islam

Pratiques / Rituels - Islam
Chapitre XXI
Orthopraxie
Le carcan des rituels
1
1
Présentation générale
Après le contrôle absolu sur la société, et avant les constructions mythologiques, voici le
coeur du système, et le secret de sa réussite: la mise en place d’un long catalogue de rituels
précis à suivre. Ils règlent la vie de chacun et encadre la vie de chacun dans la société, sous
le regard de tous, et sont issus des traditions arabes autant que du contenu du corpus
1
coranique.
Ces prescriptions multiples constituent la strate la plus ancienne et le
témoignage historiquement le plus crédible de toutes les informations rassemblées sur la
question des origines de l’islam: il s’agit de gestes antiques, de rituels primitifs, de catégories
intellectuelles qui sont issues de la mentalité arabe précédente, et assez peu transformés.
Avant même que ne s’élaborent le texte considéré comme sacré, une parole particulière, et
une théologie, les gestes de la religion, les rites se sont imposés, en même temps sans doute
que la domination politique.
Il faut à cet égard cesser de surévaluer l'importance de la foi, toujours mise en avant, en
avant et au dessus. La foi est séduisante à présenter, elle est propre, invisible, personnelle, et
elle voudrait se confondre avec l'intelligence, le talent, l'invention, l'inspiration. Mais la foi
n'est qu'un simulacre d'intelligence du monde, et le rituel est resté, reste et restera la base
des systèmes religieux, et plus ils sont archaïques, plus ils sont fondés sur le rituel.
L'important pour le chercheur est celui-ci: l'islamisme se présente comme le dernier jalon
d'une évolution religieuse. Nous savons, à partir de ces milliers de pages que le procédé est
une captation, une déformation, une manipulation, mais peu importe ici. A ce jeu,
l'islamisme donc se présentera comme une idée neuve dans le monde. Mais le rituel permet
de voir les choses bien autrement: ce sont des usages immémoriaux qui se sont perpétués par
l'islamisme, qui de fait, ne fait que les conserver, et les prolonger. Alors, la religion qui reste
est le conservatoire de ce qu'il y a de plus ancien.
1
Angelika Neuwirth, "Du texte de récitation au canon en passant par la liturgie. A propos de la
génèse de la composition des sourates et de sa redissolution au cours du développement du culte
islamique", Arabica 47/ 2000; M.H. Katz, « The prophet in ritual », in J.E. Brockopp, The Cambridge
Companion to Muhammad, Cambridge 2010; Ulrike Popp-Baier, "Ritual Studies in Psychology of
Religion", Archive for the Psychology of Religion / Archiv für Religionspychologie 24/2003; Michael
Argyle, "The effects of ritual", , Archive for the Psychology of Religion / Archiv für Religionspychologie
24/2003; C.H. Becker, « Zur Geschichte des Islamischen Kultus », Der Islam 3/1912; M. Benkheira,
Essai sur la normativité en islam, Paris 1997.
2
Il existe des dizaines de milliers de textes qui tous tentent de proposer,ou d’imposer un
modèle de comportement, que des esprits faibles imitent à perpétuité, durant des siècles.
C’est le TAQLID, l’ imitation bornée du modèle, ou de ce qui est pris pour un modèle.2 La
machine à décerveler est largement constituée de cela. En langage technique, le travers du
ritualisme mimétique a pour nom l'orthopraxie, la "pratique juste".
Pour l’immense majorité de la population, l’adhésion au système se réduit à la pratique
répétitive de tels gestes, et rien ne va en plus. Mais le système est efficace, et assure la
cohésion de la société, au détriment du développement individuel et du progrès général.
Alors la foi est devenue une petite confiance dans une petite magie.
Si la plupart se confine à l’application d’une triste mécanisme, ceux qui ont pour objectif de
renforcer encore et toujours l’encadrement de ces mêmes foules savent bien que la pratique,
le rite, le geste et la régression cultuelle sont les instruments efficaces de la soumission. Il est
trop risqué de parier sur la culture, sur l’intelligence ou sur l’imagination, la créativité, qui
sont autant de portes de sortie. Ainsi, le grand succès du prédicateur et porte-étendard du
prophète, Tariq Ramadan, a eu un immense succès avec son “Où en es-tu de ta pratique?”,
manifeste d’islamisation ou de réislamisation, qui s'il n'était efficace, serait sujet à rire.
Hélas, chez les imbéciles, les idiots sont califes.
Ironie: dans la période suivant le règne prophétique et celui des califes "bien dirigés", la
piété comme attitude personnelle ou collective ne semble pas avoir été vraiment mise en
valeur. Les personnalités considérées comme pieuses voire dévotes sont écartés des sphères
du pouvoir, et les chefs se révèlent peu religieux, sauf exception. La piété est vue par les
sunnites comme une attitude douteuse ou excentrique, et comme une manifestation shiite.3
La reprise en main abbasside, durant laquel l'essentiel de la littérature normative est
rédigée, marque un retour en force de la piété comme élément indispensable.
L’étape médinoise n’apporte rien ou presque sur le fond des choses: reprise des thèmes
prophétiques juifs, rejet des thèses juives et chrétiennes, continuation des méthodes activistes
ayant fait leurs preuves à la Mecque. Muhammad s’applique alors à l’établissement d’une
législation, et la mise en place du rituel, toujours en rapport avec le judaïsme, pour se
conformer à lui ou pour s’en éloigner. C’est à partir du début de l’année 624 que la nouvelle
religion commence à se singulariser, au point de vue formel, quand a lieu la rupture avec
les Juifs. Le rituel4 sert constamment à rythmer la progression de l’encadrement des
nouveaux fidèles. Le talent politique de Muhammad consiste à encadrer la population
médinoise par l’imposition de règles rituelles contraignantes, publiques et régulières, qui
accompagnent ou précédent la mise au pas politique . C'est sous l'égide et sur les traces de
deux personnages prestigieux que Muhammad avance et progresse à Médine: Moïse, chef
de son peuple en marche et surtout Abraham, mis en avant dans tout ce qui concerne
l'établissement des rites (IBADAT, qui équivaut à la servitude) les plus divers. L'influence
d'Abraham se retrouve à toutes les étapes de l'aventure mohammédienne et sa figure est
2
Souvent, les théologiens sont légions à critiquer ce mode de vénération, parce qu'ils exigent en
plus de l'implication psychologique, ce qui est finalement encore pire, du point de vue du
conditionnement. La théologie islamique est essentiellement une course entre le mauvais et le pire,
passant par le confus, l'ambigu, et le vague. Nous en parlerons plus tard en détail.
3
I. Goldziher, Etudes sur la Tradition Islamique, (ed. L. Bercher) Paris 1984, p 22.
4
W.A. Graham, « islam in the miror of ritual », Islam’s understanding of itself , Malibu 1983
3
exploitée dès qu'il s'agit d'établir un rite particulier ou une obligation imposée à la
population à la Mecque comme à Médine.
Les réflexions théologiques ont à ce moment très peu de place dans l’établissement de ce
que l’on nomme avec justesse les “piliers de religion” (quoiqu'ils ne soient pas ceux que l'on
décompte stupidement dans les manuels). Ce n'est pas la quête spirituelle qu'il faut assouvir,
mais l'angoisse existentielle, habilement entretenue, l'appât du gain, les pulsions violentes et
les appétits de la chair, réunies dans la pratique du jihad.
Il est remarquable (et très encourageant) que la contestation vient maintenant à travers le
rejet des rites, et des obligations collectives. Par la passivité d’abord, en refusant l’aller
prier (notamment les femmes et les jeunes), puis en refusant les jeûnes, comme dans les
mouvement actuels qui se répandent dans le Maghreb, porteurs d’espoir d’une société enfin
pluraliste (MALI).
Il existe alors un paradoxe de plus: d'un côté, les rituels obligatoires ou vivement conseillés
sont nombreux et contraignants, mais de l'autre, en proportion, la participation de la
population est très réduite. Il ne faut pas se laisser impressionner par les foules comprimées
dans les mosquées, masculines et vieilles surtout.
Commençons donc par observer les éléments les plus importants de la religion musulmane,
et finir par les plus accessoires. Entamons ce long voyage, interminable, en fait, dans les
usages plus ou moins islamiques.
Le corpus coranique fait quelques allusions, déjà, à l'établissement des rites, conçus de
manière globale. Elles appartiennent sans doute à la strate la plus ancienne du recueil.
l'implication psychologique est demandée
mais dans la pratique, l'automatisme est de rigueur, et le drill est tout ce qui reste.
(Corpus coranique d'Othman 22/35).
A chaque communauté, nous avons donné une pratique cultuelle pour que ses membres invoquent
le nom d’Allah sur la bête de troupeaux qu’il leur a attribué.
Votre divinité est une divinité unique.
Soumettez-vous!
(Corpus coranique d'Othman 22/66).
A chaque communauté nous avons donné une pratique cultuelle que se membres suivent.
Qu’ils ne se disputent point contre toi au sujet de l’ordre!
(Corpus coranique d'Othman 2/122).
Seigneur! fais de nous des soumis à toi, et de notre descendance, fais une communauté soumise à
toi!
4
Fais nous voir nos pratiques cultuelles!
(Bukhâri, Sahih 2697).
Le prophète a dit
- Quiconque accomplit un acte [religieux] que nous n’avons pas ordonné le verra rejeté .
2
Miasmes et solutions
Les préalables cathartiques
5
Il ne faut guère s’étonner si les populations antiques et primitives de notre Humanité ont
laissé des traces aussi évidentes et massives de leur obsession de la souillure.
Elle est une réponse immédiate aux conditions catastrophiques d’hygiène d’autrefois. L’état
sanitaire de la population ne peut hélas pas être étudié, puisque les cimetières musulmans
sont hors d’accès pour la recherche archéologique. Il faudra bien qu’un jour qu’on
réfléchisse à ce fait, lourd de conséquences et de signification. En plus, creuser en Arabie,
ou faire des études ou des recherches en Arabie, penser, rien que penser en Arabie, voilà qui
n’est pas sage.
Mais plus ils sont sales, comme des peignes et des pieds, plus les humains sont passionnés
par la pureté (TAHARA), et au contraire, ceux qui vivent dans des environnements
aseptisés s’en moquent comme de leur première chaussette.
Lire toute la littérature qui suit est une bonne chose, mais comprendre qu’elle concerne des
individus qui vivent dans des conditions abominables, voisins de miasmes, de vermines, de
champignons et de pustules est une meilleure chose, parce qu’ainsi l’on comprend mieux, et
l’on se moque un peu moins d’eux.
Comme dans toute religion primitive, et qui entend le rester, l’état de pureté (ZAKAWA)
rituelle est obtenu (ou perdu) à la suite du respect ou non de règles extrêmement strictes,
dites “cathartiques”. Ceux-ci sont issus pour la plupart de coutumes païennes bien attestées
et d’autres de la tradition juive ou mazdéenne. Rien de nouveau sous le soleil, comme il est
écrit.
Une ambiguité est déjà présente: la pureté reste rituelle, cantonné au rite ou au sanctuaire,
ou se laisse t-elle aller au-delà? Cela permet de tenir les gens, une telle incertitude, et cela
peut rendre fou. Imaginons que depuis le sacré, la notion se répand et contamine le
temporal: tout devient sacré, rituel, obsessionnel. A la fin, pureté équivaut à la condition
humaine, telle qu’on la rêve. Cela rejoint la fameuse fitra, notion foireuse au possible, qui
serait l’état religieux dans le quel tout être humain se trouve “par nature” ; c’est bien
évidemment l’islamisme, selon Muhammad: ce qui fait l’apparence du musulman. Avant
tout, ces prescriptions concernent les hommes, masculins, avec des testicules en pendentif, ce
que préfère Allah.
Le christianisme mentionne les rites de purification, sans les prescrire, en insistant sur le
caractère spirituel de la pureté; le bénitier en est un lointain vestige de ces pratiques.5 Le
judaïsme antique (et moderne pour une part) érige quant à lui de multiples règles sur le
sujet.
Quoi qu'il en soit, l'obsession cathartique est universelle, et les pseudo-solutions au pseudoproblème sont répandus partout. L'islamisme a dû prendre ses méthodes du vieux fond
arabe, du judaïsme et du christianisme oriental.
La dichotomie pur/impur, à la base de tout peut finir par dicter tous les actes de la vie, peut
règlementer tout, et empêcher simplement de vivre, et, encore, mieux, empêcher aussi les
1 cf. Matthieu 15/1-20 ; Marc 7/1-23.
6
voisins. La névrose est encouragée, et enregistrée. Il existe en effet un nombre considérable
de procédés permettant d’atteindre cet état, et autant d’occasion de le perdre, tout au long
de la journée. Le personnage Muhammad est capable dans ces domaines d’une invention et
d’une fantaisie tout simplement prodigieuses, tel qu'on l'a présenté: les aspects les plus
triviaux de la physiologie humaine sont exposés, à fin d’information. Voilà du moins ainsi
que le personnage fondamental est présenté, comme un pur agent cathartique: les récits
accumulés ici sont probablement de pieuses inventions très postérieures, qui ont pour but de
fournir un cadre contraignant et rassurant à tout musulman perturbé, isolé, inquiet au
moment d'obéir aux seules lois de la nature, et de ne pas contrôler son corps et son
métabolisme comme il le voudrait. De ce fait, les effets du totalitarisme, ne laissant aucune
latitude à l'individu, se font sentir jusqu'aux endroits et aux moments les plus intimes. C'est
là qu'un tel système montre sa puissance, en s’immiscant jusqu’aux sphincters. Le chef de la
communauté en personne donne l’exemple, après, selon lui, avoir reçu ces règles de Gabriel
en personne.
Songeons à la panique d’un pieux, auguste et sévère barbu, qui s’acharne à déchiffrer son
Coran préféré depuis deux heures, après un repas bien lourd, et qui ressent une gigantesque
envie de flatuler. Panique n’est pas un mot trop fort, car il s’y trouve aussi de l’angoisse, qui
touche à l’existentiel. A ce moment, rien ne peut compter sur terre de plus important, et s’il
avait à portée de main une ceinture d’explosif, ma foi, il serait heureux de paraître devant
Allah pour faire oublier ses borborygmes. La chance, et la perfection de l’islamisme, est que
si la souillure est un drame, le religieux est là pour offrir une solution rapide et pratique, et
pas chère…
Le sujet a fait sourire depuis longtemps en Occident. Ainsi, J. Gagnier, écrivait autrefois,
dans La vie de Mahomet : “Quand il voulait satisfaire à ses nécessités, la terre s’entrouvrait
; elle engloutissait promptement son urine et ses excréments, et elle exhalait une odeur de
parfum très suave”.6
Cela fait rire assurément, mais un tel amas de prescriptions perturbe les individus, et peut
les enchâsser dans une véritable gangue névrotique, et plus largement peut empêcher toute
vie normale, au quotidien, et toute vie sociale, menacée à perpétuité par la souillure, et
comme en suspens.
La pureté est en réalité issu de la nécessité de propreté, d'hygiène, poussé jusqu'à
l'obsession; il convient de ne jamais oublier que l'idée de se nettoyer physiquement, propre
en fait à l'homme comme à la mouche, ou au raton laveur, a engendré la notion de pureté.7
Croyant s'éloigner de son animalité pourtant foncière, l'humain, s'il se fait islamique, y
replonge sans le savoir, et quand il se lave, il se sent et se croit plus ange que bête. Bêtise et
bestialité sont les rançons de l'obsession indéracinable.
Illusion que tout cela mais que doit-on faire devant les illusions? Sans illusions, seraient-ils
encore plus perdus, et plus méchants?
La conception du pur et de l’impur gouverne la vie tout entière, et veut correspondre au
monde tout entier, telle une tyrannie immatérielle. Le point de vue est totalitaire, et ses
conséquences peuvent être terribles, car l’autre, l’ennemi, l’infidèle, est lui-même considéré
6
J. Gagnier, La vie de Mahomet, Amsterdam, 1748, III, p. 248.
C. A. Lewis, “Cleanliness is next to godliness: Religiosity and obsessiveness”, Journal of Religion
and Health, 37/1998.
7
7
comme une souillure, et doit donc être effacé comme telle. Alors nous avons décidé
d’intégrer dans cette introduction, pour le moment, des textes qui évoquent la souillure au
sens très large, comme une notion, mais aussi une chose matérielle menaçante , et une
obsession, très compréhensible en soi, mais qui aboutit à des déséquilibres mentaux
impressionnants. Ce n’est sans doute pas ce qui est recherché: une des raisons fondamentales
de ces principes édictés, de pur et d’impur, est de créer les conditions d’une assurance, d’une
certitude, d’un calme face à l’environnement, pour des masses perdues et inquiètes. Ensuite,
si grâce à cela, on arrive au contrôle des mêmes masses, tant mieux.
Il n’en reste pas moins que le rapport entre le pur et l’impur, le scrupule, la précaution, et la
réparation, sont des piliers du sentiment religieux, et des institutions religieuses. C’est ainsi
que l’homme est homme.
Le fidèle, pendant toute la durée de la Prière, doit être en état de pureté légale ; il est sacralisé, muhrim en
ihram. Ainsi il échappera aux maléfices de Satan, par des précautions matérielles et par la prononciation de
formules propitiatoires. Il doit être couvert, au moins, entre le nombril et les genoux, afin que les ouvertures
soient fermées aux Satans. Il se voile la tête et les épaules, de façon que sa nuque soit particulièrement bien
protégée, car les anciens Arabes savaient bien que la qafiya démoniaque entre dans le crane par la nuque. Il
élève les mains et prononce le takbir, ce qui chasse les démons et attire les anges.
Le croyant doit se présenter à la Prière pur de toute souillure. Or à son réveil, il est impur ; car Satan a profité
pour pénétrer en lui de l’absence de son âme supérieure ruh qu’Allah lui a enlevée pendant son sommeil. Il
doit faire aussi ablution après miction et défécation, car il y a élément démoniaque dans les excréments.
L’hémorragie est d’origine satanique, car le sang c’est l’âme de la chair, dit la Bible : Satan cherche à s’y
insinuer. Les rapports sexuels rendent impur. Ils sont interdits avec les femmes impures, c’est-à-dire celles
qui sont sous l’influence démoniaque de l’hémorragie : au paradis, délivrées de Satan, les femmes seront
toujours pures, et ainsi, disent les commentaires, aptes à célébrer la Prière .
Il ne semble pas qu’il soit nécessaire de chercher l’origine de cette croyance dans un souvenir des cultes
anciens du Proche-Orient où le dieu recevait l’offrande de jeunes filles à déflorer . L’intervention
démoniaque dans les rapports sexuels était bien connue de Muhammad par l’histoire d’Adam et Ève et
l’intervention d’Iblis-Satan qui voulait détourner à son profit la ruh qu’Allah allait accorder au futur être
humain.
Le croyant se purifie par des ablutions d’eau ; elle vient du ciel et elle est l’élément vivifiant de la nature,
Allah la fait descendre du ciel « afin que vous vous purifiiez par elle et que vous éloigniez de vous la souillure
de Satan ».
Des versets médinois le redisent : « Vous qui croyez, n’approchez point de la Prière, alors que vous êtes ivres,
sans savoir ce que vous dites ; ni en état de souillure, sauf quand vous êtes en chemin, avant d’avoir fait
ablution ; et si vous êtes malades ou en voyage, et que l’un de vous vienne d’aller à la selle ou que vous ayez
touché des femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors faites ablution sèche avec du sable propre, et
essuyez-en vos visages et vos mains. » C’était une atténuation talmudique de la nécessité de l’ablution : « Vous
qui croyez, quand vous vous mettez debout pour la Prière, lavez vos visages, ainsi que vos mains jusqu’aux
coudes ; humectez vos têtes, ainsi que vos pieds jusqu’aux chevilles . »
La tradition et la doctrine ont développé ces versets en organisant une purification simple, qui efface les
petites souillures, et l’ablution complète . Il n’est point nécessaire de chercher une origine talmudique à ces
prescriptions. Les anciens Arabes ne s’approchaient des sanctuaires de leurs divinités qu’après une
purification dont nous ignorons la forme.
(M. Gaudefroy-Demonbynes, Mahomet, p. 468-70).
(Q 5/6).
Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux
coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si
8
vous êtes pollués, alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si
l'un de vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous
ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne
veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait.
Peut-être serez-vous reconnaissants.
(Q4/43).
Ô les croyants! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres, jusqu'à ce que vous
compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté - à moins que vous ne
soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou
si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et vous ne
trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos
mains. Allah, en vérité est Indulgent et Pardonneur.
2
Cauchemar et névrose
Les quelques textes présents ici ont pour but de montrer l’ampleur et la puissance de ces
notions, qui sont comme d’énormes piliers du système, contrôlant le rituel, et la vie
quotidienne, et faisant partie intégrante de la foi. Il serait entièrement éronné de croire et
malhonnête de faire croire que l’affaire est accessoire, comme un préalable, une
introduction, une mise en place. Non, la souillure est au centre. Alors, il y a la fitra, dont
nous avons parlé, sorte d’état de pureté, et puis toutes les choses de la vie et du corps qui sont
9
impures, sales, souillées, haram, caca. La puissance du sale est immense, et se répand, se
propage, contamine, atteint, détruit, brise, avilit: le parallèle avec l’épidémie est manifeste.
N’oublions pas, comme nous l’avons vu en introduction, que l’époque, en Arabie, est
toujours à la peste, souillure absolue, corruption des chairs et des hommes.
La base de ces comportements est aisément reconnaissable dans la Torah, ou Pentateuque,
et aussi dans les Psaumes.8
(Bukhari, Sahih 79/51).
9
10
La fitra exige cinq choses: la circoncision , l'épilation du pubis,
l'épilation des aisselles, la taille des moustaches, le fait de se rogner les ongles.
(Bukhari, Sahih 77/4).
Abu Hurayra rapporte que le prophète a dit:
-Toute partie du vêtement qui descend au dessous des chevilles ira en enfer.
11
L’écuelle.
12
(Bukhari, Sahih 4/ 173).
L'envoyé d'Allah a dit :
-Si un chien boit dans le récipient de l'un d'entre vous, il faut le laver sept fois.
13
Conseil de dentiste.
14
(Muslim, Sahih 2/ 488).
J'ai demandé à Aïsha ce que le messager d'Allah faisait en premier quand il rentrait chez lui, et elle
répondit :
- Il utilisait un cure-dent.
15
(Tabari, Tafsir 2/124).
16
D'autres disent que ces prescriptions sont dix recommandations caractéristiques propres aux
normes traditionnelles de l'islam. Ils se réfèrent aux propos suivants :
8
Cf. Lévitique 15/11 ; Psaumes 26/6, 73/13
10
16
F. M. Deny, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. circumcision.
Ed. P. Godé, Paris, 1983.
10
... ibn Abbas a dit : Allah éprouva Abraham en lui prescrivant l'ablution dont cinq choses se
rapportent à la tête et cinq au reste du corps. Les cinq choses se rapportant à la tête sont : la taille
des moustaches, le rinçage de la bouche, l'aspiration de l'eau par le nez, l'utilisation de la brosse à
dent et passer les mains sur la tête. Les cinq choses se rapportant au reste du corps sont : la coupe
des ongles, le rasage du pubis, la circoncision, l'épilation des aisselles
17
et le lavage des souillures
après les besoins naturels ( ... ).
Certains disent que ces prescriptions sont dix recommandations dont les unes concernent la
purification (AL TAHARA) du corps et les autres, les rites du pèlerinage. Ils se réfèrent aux propos
suivants :
... ibn Abbas a dit: Dans le verset
lorsque son seigneur éprouva Abraham par des prescriptions et qu'il les accomplît parfaitement,
six prescriptions se rapportent à l'homme lui-même et quatre aux rites du pèlerinage. Les six se
rapportant à l'homme sont : le rasage du pubis, la circoncision, l'épilation des aisselles, la coupe des
ongles, la taille des moustaches et la grande ablution le vendredi. Les quatre concernant les rites du
pèlerinage sont : la circumambulation, le septuple parcours entre Safa et Marwa, la lapidation des
stèles et le reflux des pèlerins.
Odeurs fortes.
18
(Bukhari, Sahih 65/ 363).
Le prophète a dit :
- Celui a mangé de l'ail ou de l'oignon, qu'il reste éloigné de nous (ou de la mosquée).
19
(Malik, Muwatta 1/ 30).
Le messager d'Allah a dit :
- Quiconque mange de cet plante ne devra pas s'approcher de nos mosquées. L'odeur de l'ail nous
offense.
(Malik, Muwatta 1815).
Maymuna, la femme du prophète, a rapporté que l’envoyé d’Allah dit , interrogé sur le sujet d’une
petite souris tombée dans la graisse :
-Enlevez-la, puis jetez la quantité de graisse qui est tout autour de l’endroit où elle est tombée.
(Muslim, Sahih 418).
D’après Abu Hurayra , l'envoyé d'Allah a dit:
-Si un chien lape dans le vase de l'un d'entre vous, qu'il fait couler son contenu et qu'il le lave sept
17
20
Ces dispositions visent éliminer les souillures et la vermine.
Source internet: usc-msa Compendium of Muslim Texts.
11
fois.
(Malik, Muwatta 456).
…l ‘envoyé d’Allah vit un crachat sur le mur de la Kaba, il le frotta, puis s’adressa aux hommes :
quand l’un de vous prie, qu’il ne crache pas devant lui, car Allah, le béni et très haut, se trouve
devant lui quand il fait la prière.
Nettoyage névrotique.
(Malik, Muwatta 67).
… l’envoyé d’Allah a dit : si le chien lape du vase d’un de vous, qu’il le lave sept fois.
(Malik, Muwatta 784).
… l’envoyé d’Allah s’était fait une saignée sur la tête tout en étant en état d’ihram, à Layli Jamal, un
endroit situé sur la route de la Mecque.
(Malik, Muwatta 1079).
… l’envoyé d’Allah a dit :
-Au cas où la peau est tannée, elle est purifiée.
(An Nawawi, Hadith 332).
Selon ibn Amir , le prophète a dit:
-Quand l'un de vous rompt son jeûne qu'il le rompe avec une datte car il y a là une bénédiction. S'il
ne trouve pas de datte que ce soit avec l'eau car elle lave toutes les impuretés.
Il dit encore:
-L'aumône faite au pauvre est une simple aumône et, au proche, elle en compte deux: une aumône
et un respect des liens de parenté.
(Muslim, Sahih 395).
D'après Aïsha, le prophète préférait commencer par le côté droit, qu'il s'agit de faire ses ablutions,
de se peigner, ou même de se chausser.
(Muslim, Sahih 418).
D’après Abu Hurayra , l'envoyé d'Allah a dit:
-Si un chien lape dans le vase de l'un d'entre vous, qu'il fait couler son contenu et qu'il le lave sept
fois.
(Malik, Muwatta 456).
…l ‘envoyé d’Allah vit un crachat sur le mur de la Kaba, il le frotta, puis s’adressa aux hommes :
quand l’un de vous prie, qu’il ne crache pas devant lui, car Allah, le bénit et très haut, se trouve
devant lui quand il fait la prière.
12
Nettoyage névrotique.
(Malik, Muwatta 67).
… l’envoyé d’Allah a dit : si le chien lape du vase d’un de vous, qu’il le lave sept fois.
(Malik, Muwatta 784).
… l’envoyé d’Allah s’était fait une saignée sur la tête tout en étant en état d’ihram, à Layli Jamal, un
endroit situé sur la route de la Mecque.
(Malik, Muwatta 1079).
… l’envoyé d’Allah a dit :
-Au cas où la peau est tannée, elle est purifiée.
(An Nawawi, Hadith 332).
Selon ibn Amir , le prophète a dit:
-Quand l'un de vous rompt son jeûne qu'il le rompe avec une datte car il y a là une bénédiction. S'il
ne trouve pas de datte que ce soit avec l'eau car elle lave toutes les impuretés.
Il dit encore:
-L'aumône faite au pauvre est une simple aumône et, au proche, elle en compte deux: une aumône
et un respect des liens de parenté.
(An Nawawi, Hadith 19).
Zirr Ibn Hubeysh a dit : Je me rendis chez Safwan ibn Assal pour l’interroger sur le passage des
mains sur les chaussures (permission réservée au voyageur, dans ses ablutions, de ne pas se
déchausser mais de passer ses mains mouillées sur ses chaussures). Il me dit :
-Qu’est-ce qui te fait venir, O Zirr ?
Je dis :
-La recherche du savoir .
Il dit :
-Les Anges baissent leurs ailes devant celui qui se consacre à la recherche du savoir .
Je dis :
-Mon esprit n’a pas accepté la permission du passage des mains après les défecations et l’urine, et tu
es l’un des Compagnons du Prophète
-Je suis donc venu te demander si tu l’as entendu dire pareille chose .
Il dit :
-Oui, et il nous ordonnait, quand nous étions en voyage, de ne pas nous déchausser durant trois
jours avec leurs nuits sauf en cas de souillure majeur à l’exception des défécations, de l’urine et du
sommeil.
13
Je dis:
-L’as-tu entendu dire quelque chose au sujet de ceux que l’on aime ?
Il dit : Oui. Nous étions avec le Messager d’Allah dans un voyage. Alors que nous étions auprès de
lui,
voilà qu’un bédouin l’appela d’une voix qu’il avait bien forte:
-Ô Muhammad !
Le messager d’Allah lui répondit à peu près sur le même ton:
-Me voici!
Je dis au bédouin:
-Malheur à toi! Baisse un peu ta voix! Il dit:
-Par Allah je ne baisserai pas ma voix.
Puis il dit :
-L’homme aime certaines gens mais ne peut atteindre leur niveau (pour être avec eux au Paradis),
dis moi ce que tu en penses !
Le prophète
lui dit : Au jour de la résurrection, l’homme est avec ceux qu’il a aimé. Puis il ne
cessa de nous parler jusqu’à ce qu’il cita une porte qui s’ouvrira de l’Occident et dont la largeur
équivaudrait au parcours du cavalier durant quarante ou soixante dix ans.
Suyân, l’un des narrateurs, dit : Cette porte s’ouvrira du côté de la Syrie. Allah exalté l’a créée le
jour même où il créa les cieux et la terre, ouverte au repentir et ne se refermant que lorsque le soleil
se lèvera de son côté.
3 Selon Ibn Pipi et Abu Caca…
(Toutes les façons islamiquement correctes de se torcher le cul)
Nous prions le lecteur de ne pas trop nous en vouloir de vouloir nous amuser un peu. Qu’il nous
traite de scatologues, s’il veut, mais en retour, nous lui rappelerons que les scatologues sont ceux
14
qui ont disserté sur ces questions depuis 14 siècles, en continu, sans fatiguer, comme si le sort de
l’univers en dépendait, avec un sérieux de proctologue assermenté.
Comme disent les enfants, « c’est pas nous qu’a commencé ». Il s’agit bien d’enfance, ou plutôt
d’infantilisation, parce que c’est bien chez les enfants que la miction et la défécation jouent un rôle
si important, et qui adorent dire prout aux adultes. Et chez les vieux aussi, juste. Aller aux cabinets
est alors un moment capital et d’angoisse, une épreuve pour le musulman pieux, qui est alors en état
de vulnérabilité, sous la menace de la souillure, quand il est confronté à ses propres fèces. Les
toilettes deviennent un lieu rempli de choses néfastes, un lieu de perdition, un avant-goût des
enfers. Des jinns sont là, c'est sûr, guettent dans l'ombre la faute commise.
Car le bien, ou le mal, peu importe. Il y a le juste et l’injuste, qui les remplacent, et qui sont ce que
le prophète et le Coran ont dit de faire ou de ne pas faire. Et il y a le pur et l’impur, et là, on ne
plaisante plus, il en va de l’existence même et le danger est absolu : là est le cœur du système,
l’Etoile Noire.
L’islamisme tel qu’il se montre dans ces textes, au-delà de l’allure comique, confirme qu’il est un
totalitarisme, qui entend contrôler, sous prétexte de gestion de la souillure, la vie de tous à tout
moment.
Mais au moins, nous allons montrer les textes, et nous allons rire, en gardant à l’esprit que ces
prescriptions sorties de l’imaginaire de quelques-uns, il y a très longtemps, continuent d’être
appliquées, et qu’en fin de compte, ce n’est pas très propre.
Voici quelques règles, que l’on appelle aussi du joli nom d’étiquette, ADAB UL-ISTITAABA, et là,
l’étiquette dans la façon de se torcher.
D’abord, le nettoyage après miction :
-secouer la verge trois fois, pas deux, pas quatre, sinon, danger, haraaaaaam. Si vous n'avez pas de
zizi, tant pis pour vous, Allah et le prophète ne vous parlent pas.
- sècher avec 3 pierres (Istijmar), encore 3, rythme de valse.
- laver (Istibrar)
- sècher.
Et après la défécation:
- enlever toutes les traces d’excrément, avec les doigts, bien entendu.
- nettoyer la zone avec trois pierres, puisque les feuilles sont rares en Arabie. Pour des cavaliers
aussi émérites que les Arabes, le syndrome du cul qui gratte est une malédiction. Comment voulezvous conquérir le monde avec dignité dans ces conditions.
- Laver.
- essuyer.
15
Maintenant, vous ne serez plus démunis. Notons que le texte ne concerne que les hommes ; les
femmes, finalement, ça n’a guère d’importance, et puis elles sont impures, alors un peu plus, un peu
moins.
Comme le sujet plait beaucoup, nous allons en ajouter au fil du temps, des textes comicohumoristiques de cette veine. Que ce soit pour en sourire ou pour se discipliner les sphincters : les
textes s’adressent à des enfants, qui ont tout des enfants, autant la naïveté que la cruauté.
Mais il reste une part de sérieux, dans ce chapitre : l’islamisme, en dépit de ses aspects parfois
grotesque, reste une affaire sérieux, et même, l’on peut en mourir, en cas d’abus. Même là, il y a des
pistes, de la fabuleuse enquête en cours, qui veut percer à jour les mystères des origines de ce
système si étonnant. Le mieux serait de mener une enquête comparative : aller voir dans les autres
cultures, comment par exemple, les gens se torchaient le cul. Comment, ailleurs, on surmontait ce
choc métaphysique ? Comment on expliquait aussi pourquoi on devait faire caca ?
Autre chose, assez bizarre : les textes parlent de toilettes. Or chacun devrait savoir que dans ces
conditions si difficiles de vie, dans l’Arabie du VIIème siècle, aride et arriérée, il n’y avait pas de
latrines : c’est un luxe exceptionnel, qui d’ailleurs n’est toujours pas partagé par toute l’humanité.
Allez sur la surface de la terre, demandez les toilettes, et les gens charitables vous indiqueront des
fourrés voisins, avec un grand sourire complice.
Et si l’on en trouve, puisque les égouts (ou toute autre forme d’évacuation) ne sont pas inventés dans
ces régions, elles seraient de redoutables foyers microbiens. Ce qui fait penser que le prophète au
cabinet, c’est une fiction. D’ailleurs, un peu partout dans sa biographie, l’auguste prophète est
montré en train de poser son bran de multiples façons, et au nez et à la barbe de ses partisans et
adversaires. Alors comment l’expliquer, si ce n’est que ces textes ont été rédigés que bien plus tard,
par des gens qui possédaient toutes les commodités sanitaires à disposition, et qui ont voulu
construire un mode d’emploi de ces lieux si précieux.
Muhammad, alias le prophète, est très souvent montré par la Tradition dans des postures peu
avantageuses pour sa dignité. Pour une fois, nous serons ses avocats: d'une part, ce qu'il fait ne nuit,
par exception, à personne, et il ne fait qu'obéir à son corps, et d'autre part, tout ce qui se rapporte à
lui a été dûment inventé et lui n'est qu'un paravent et un paradigme. Etre prophète oblige aussi à de
telles positions.
20
(Malik, Muwatta 2/2.6.28).
Le messager d'Allah était interrogé à propos du nettoyage après la défécation. Il répondit :
16
- Parmi vous, personne n'est capable de trouver trois pierres ?
21
(ibn Sa’d, Tabaqat I 450).
Le prophète avait coutume d’uriner assis dans sa maison.
(...)
J’ai entendu Aïsha dire sous serment que personne n’avait vu l’apôtre d'Allah uriner debout après le
révélation du Coran.
Exemplarité.
22
(Dawud, Hadith 1/ 5).
Un jour, je me trouvais avec l'envoyé d’Allah. Il voulait uriner. Alors il alla sur un sol meuble au
pied d'un mur et urina. Il dit alors :
- Si quelqu'un veut uriner, il devra chercher un endroit comme celui-ci pour uriner.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 454).
Quand l’apôtre d'Allah faisait ses ablutions, il peignait sa barbe avec ses doigts et disait:
-Mon seigneur me commande de faire ainsi.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 451).
Quand l’apôtre d'Allah entrait dans les toilettes, il mettait ses chaussures et couvrait sa tête.
(...)
Quand l’apôtre d'Allah entrait dans les toilettes, il ne levait pas ses vêtements jusqu’au moment où il
arrivait exactement là où il voulait.
(Abu Dawud, Hadith 1/ 492).
L’envoyé d'Allah a dit:
-Toute la terre est une mosquée (MASJID) pour vous, à l’exception des cimetières et des toilettes.
(Malik, Muwatta 73).
… l’envoyé d’Allah lors de la bataille de Tabuk, sortit pour chier, et al Mughira dit :
-Je l’accompagnais en portant de l’eau et quand il revint, je lui versai de l’eau, il se lava le visage,
puis voulant faire sortir ses deux mains des manches de sa tunique et n’y arrivant pas, il les sortit du
dessous de sa tunique, les lave, puis passa ses mains humides sur sa tête et les frotta sur ses bottines.
Pipi.
(Malik, Muwatta 142).
25
Ed. R. Khawam, Paris 1976.
17
… un jeune enfant amené à l’envoyé d’Allah urina sur son vêtement. Le prophète fit apporter de
l’eau et la versa sur la partie souillée.
Attouchement malikite.
(Malik, Muwatta 145).
On demanda à Malik, au sujet des parties sexuelles après avoir déféqué, s’il y avait des indications le
concernant. Il répondit :
-On me fit savoir que ceux qui nous ont précédés se contentaient de faire leurs ablutions, quant à
moi, j’aime me laver la verge après avoir uriné.
(Muslim, Sahih 2/458).
23
Le messager d'Allah a dit :
- Quand quelqu'un se torche avec des pierres, il doit en utiliser un nombre impair, et quand
quelqu'un fait ses ablutions, il doit nettoyer son nez avec de l'eau.
24
(Dawud, Hadith 1/7).
On a dit à Salman :
- Votre prophète vous a tout appris, même en ce qui concerne les excréments (GHAYT)
.
Il répondit :
- Oui. Il a nous a interdit de faire face à la qibla au moment de déféquer ou d'uriner et de nous
nettoyer avec la main droite, avec moins de trois pierres ou avec du crottin ou un os.
Un musulman zélé doit déféquer là où a déféqué Muhammad. La piété est une belle chose.
(Bukhari, Sahih 18/93).
De la descente (de monture) entre 'Arafat et Jam.
D'après Usâma ibn Zayd, le prophète, quand il dévala de 'Arafat, inclina du côté du ravin. Il satisfit
ses besoins naturels et fit ses ablutions. Comme je lui disais :
-"Ô envoyé d'Allah, vas-tu faire la prière ?" il me répondit :
-"La prière (se fera là-bas) devant toi."
Abdallah ibn
'Omar faisait ensemble à Jam les deux prières du coucher du soleil et du soir.
Toutefois il passait par le ravin qu'avait pris l'envoyé d'Allah ; il y entrait, accomplissait ses besoins
naturels, faisait ses ablutions, mais ne faisait la prière qu'arrivé à Jam.
25
(Le Livre des Ruses 169).
Une ruse a été indiqué par le prophète dans le conseil suivant:
-Si quelqu’un parmi vous est surpris par une sorte inattendue de matière fécale hors de
ses intestins durant la prière commune, qu’il pince ses narines avec ses doigts et sort du
lieu comme s’il venait d’avoir un saignement de nez.
(Muslim, Sahih 2/563).
18
Anas a dit : Chaque fois que le prophète allait aux lieux d'aisances : - selon la version de Hushaym,
allait aux latrines - il disait "Seigneur! Je me réfugie auprès de toi contre les démons et les
démones".
(Muslim, Sahih 2/505).
26
Salman a dit que quelqu'un parmi les polythéistes avait fait la remarque :
- Je vois que votre ami vous apprend aussi des choses à propos des excréments.
Il répondit :
- Oui, il nous a interdit de se laver avec la main droite, ou face à la qibla. Il a interdit l'utilisation de
crottin ou d'os pour cela et il nous a aussi dit de ne pas utiliser moins de trois cailloux.
(Malik, Muwatta 454).
Un homme des ansar a dit que l’envoyé d’Allah a interdit de déféquer en étant face à la qibla.
(Malik, Muwatta 455).
Abdullah ajoua : un jour, je montais sur le toit d’une de nos maisons, et je vis l’envoyé d’Allah assis
sur deux briques, pour faire ses besoins, tout en étant tourné vers la Maison sacrée de Jérusalem.
(Muslim, Sahih 2/445).
Aïsha a dit : "Quand il était en retraite spirituelle (ITIKÂF) , le prophète me tendait sa tête pour lui
peigner ses cheveux; et il ne rentrait chez lui que pour satisfaire un besoin naturel".
(Muslim, Sahih 2/459).
ibn 'Abbâs a dit : "Une nuit, le prophète se leva pour accomplir ses besoins naturels. Il se lava
ensuite la figure et les mains puis se rendormit".
27
(Bukhari, Sahih 58/ 200).
Le prophète a dit :
- Apporte-moi des pierres pour laver mes parties intimes et n'apporte pas d'os ou de crottin. Abu
Huraira continue de raconter : alors j'ai apporté des pierres (...) et j'ai demandé :
- Pourquoi pas l'os ou le crottin ?
Il dit :
- Parce que c'est la nourriture des djinns. Les délégués des djinns de la cité de Nasibin
28
sont venus
me voir - comme ils étaient gentils ces djinns - et m'ont demandé des restes de nourriture humaine.
J'ai invoqué Allah pour eux afin qu'ils ne passent pas à côté d'ossements ou de crottin sans y trouver
de la nourriture dessus.
35
Afin d'être bien concentré sur la présente affaire.
19
(Dawud, Hadith 1/ 39).
29
Une délégation de djinns vint voir le prophète et dit :
-Ô Muhammad, interdis ta communauté de se nettoyer avec un os, du crottin ou du charbon, parce
que
c'est ce que Allah nous a donné comme aliments.
Alors le prophète interdit de faire cela.
Faute.
30
(Muslim, Sahih 2/ 507).
Le messager d'Allah a dit :
- Quand vous allez dans le désert, ne vous placez jamais face ou de dos à la qibla pour faire vos
besoins, mais soyez face à l'Est ou à l'Ouest. Abu Ayyub a dit :
31
- Quand nous sommes arrivés en Syrie , nous avons trouvé que les latrines déjà construites étaient
orientées vers la qibla. Nous les avons refusées et avons demandé pardon à notre seigneur.
Il répondit :
-Oui.
32
(Muslim, Sahih 2/ 510).
Abdullah ibn Omar a dit :
- Je suis allé sur le toit de ma soeur Hafsa et j'ai vu le messager d'Allah faire ses besoins face à la
Syrie, orienté de dos à la qibla.
(Dawud, Hadith 1/ 15).
33
J'ai entendu le prophète dire :
-Quand deux personnes vont se soulager en découvrant leurs parties intimes et en parlant ensemble,
Allah, le grand et majestueux, est furieux de cela.
(Malik, Muwatta 9/ 52).
34
J'ai entendu le messager d'Allah dire :
- Si vous voulez déféquer, faites-le avant la prière.
35
(Ibn Hanbal , Musnad 3677).
Abdullah ibn Masud a dit:
-Je suis allé chercher trois pierres pour que le prophète puisse se torcher , mais je n’en ai pas trouvé
trois, alors je lui en ai donné deux, avec un morceau de crottin. Il a pris les pierres et a jeté le
crottin, en disant: “Ceci n’est pas acceptable”.
(Ibn Hanbal , Musnad 18927).
Abu Qatada a dit: le prophète a dit:
20
-Si quelqu’un urine, il ne doit pas se toucher le sexe de la main droite, ni faire istinja avec la droite,
ni souffler dans la nourriture .
(Ibn Hanbal , Musnad 24694).
Aïsha a dit:
36
-Chaque fois que le prophète quittait les toilettes, il disait “ghufranak! ”.
(Ibn Hanbal , Musnad 17668).
Al Mughira ibn Shuba a dit: je voyageais avec le prophète, et il m’a demandé de prendre la tête du
groupe, et je l’ai pris, et après il est parti pour uriner, et il l’a fait de telle façon que personne ne
puisse le voir, et il portait une shaami jubba, et a montré juste ce qu’il faut pour se soulager.
(Ibn Hanbal , Musnad 11536).
Annas a rapporté: quand le prophète entrait dans les toilettes, il disait “allahuma inni a'udhubika min
al kubuthi wal khaba'ith".
37
(Tirmidhi, Hadith 606).
L’imam Ali a dit: le prophète a dit:
-Pour se protéger quand on veut rentrer dans la maison de Satan
38
, il faut dire: say bismillah, puis
dire A'udhubillah min al-kubthi wal- khaba'ith"
(Ibn Hanbal , Musnad 18800).
Le prophète a dit: “Cet endroit est celui où les satans se rassemblent.”
(Ibn Hanbal , Musnad 23191).
Salman al Farsi a dit: il nous a interdit de faire face à la qibla quand on urinait ou déféquait.
(Ibn Hanbal , Musnad 23003).
Le prophète a dit: si quelqu’un d’entre vous veut déféquer, il ne doit pas faire face à la qibla, il devra
faire face à l’est ou à l’ouest.
(Ibn Hanbal , Musnad 14258).
Le prophète a dit:
Il est interdit d’uriner ou déféquer dans l’eau stagnante.
(Ibn Hanbal , Musnad 8636).
Le prophète a dit:
-Ce que les gens jettent au milieu du chemin ou dans l’ombre, mieux vaut s’en éloigner.
36
37
38
« Je demande pardon ! »
"Oh Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre les démons mâles et femelles".
Les latrines.
21
(Ibn Hanbal , Musnad 23191).
Salman al Farsi a dit: Un polythéiste est venu et a dit:
-Votre ami vous a dit comment il fallait chier? (QALAL MUSHRIKUN INNA NARA SAHIBAKUN
YUALLIMUKUMUL HARAATA).
Il a dit:
-Oui, il nous a dit comment faire.
-Et que vous a t-il appris?
-Il nous a interdit de nous nettoyer avec la main droite, nous a interdit de faire face à la qibla, et
nous a interdit d’utiliser des ossements ou des excréments séchés.
Tranquille nulle part.
39
(Dawud, Hadith 1/ 6).
L'envoyé d'Allah a dit :
- Ces toilettes sont fréquentées par des djinns et des démons. Si quelqu'un parmi vous y va, il devra
dire : je cherche refuge chez Allah (A'UZU BILLAHI MINASHAITANIR) contre les démons mâles et
femelles.
(Ibn Majah, Hadith 316).
Salman al-Farsi40 a fit: un infidèle est venu pour demander :
-Est-il vrai que votre ami pour apprend comment chier ?
Il a répondu :
-Oui, c’est vrai. Il nous a interdit de nous essuyer avec la main droite, interdit de le faire face à la
qibla, interdit d’utiliser pour se torcher de l’os ou de la nourriture sèche.
(Ibn Majah, Hadith 328).
Le prophète a dit : Faites attention à trois choses maudites, qui sont uriner, déféquer, péter, et
cracher dans les sources, au milieu de la route, et cachés dans l’ombre.
(Hanbal, Musnad 8636).
Le prophète a dit : faites attention aux deux choses maudites.
Il dit :
-Mais que sont ces choses maudites , messager?
Le prophète a dit : ce que les gens jettent au milieu du chemin, ou dans l’ombre.
(Ibn Majah , Hadith 343).
Le prophète a dit :
-Il est interdit de pisser dans une eau stagnante.
39
40
Récit de Zayd ibn Arqam.
Un des rares non-Arabes du récit, qui joue aussi le rôle d’intermédiaire.
22
A plus forte raison, il n’est pas autorisé de chier dedans non plus.
(Hanbal, Musnad 23003).
Selon Abu Ayyub Al-Ansari, le prophète a dit : si l’un d’entre vous a envie de chier, qu’il ne se
tienne pas face à la qibla, et qu’il le fasse face à l’est ou à l’ouest.
(Ibn Majah, Hadith 296).
Selon Zaid bin Arqam, le prophète a dit :
-Cet endroit est celui où les diables se rassemblent.
(Hanbal, Musnad 11536).
Anas rapporte: Quand le prophète entrait dans les toilettes, il disait : « allahuma inni a'udhubika
min al kubuthi wal khaba'ith ».
(Hanbal, Musnad 24694).
Aïsha a dit: chaque fois que le prophète entrait dans les toilettes, il disait : " Ghufranak"."
(Hanbal, Musnad 18927).
Le prophète a dit : personne ne doit employer sa main droite pour uriner ou déféquer.
(Ibn Majah, Hadith 313).
Abdullah ibn Masud: je suis allé donner 3 pierres pou le prophète pour qu’il fasse istijmar, mais je
n’ai pas trouvé 3, alors je lui en ai donné 2 et un bout de crotte. Il a pris les pierres, a jeté le bout de
crotte en disant : ceci ne peut pas être accepté.
(Hanbal, Musnad 7180).
Les femmes doivent accomplir istinja d’abord avec de l’eau.
(An-Nasaa'i, Hadith 37).
Un homme a dit salam au prophète alors qu’il était aux toilettes, et il n’a pas répondu au salam.
(Ibn Maja, Hadith 617).
Le prophète interdit de faire sa prière quand quelqu’un a envie d’uriner ou de déféquer.
(Abu Dawud, Sahih al-jami 299).
Le prophète nous dit :
- Si quelqu’un a envie d’aller aux toilettes et que c’est l’heure de la prière, il doit d’abord aller aux
toilettes .
41
(Bukhari, Sahih 69/ 534).
Le prophète a dit :
42
Elle aurait été très grosse, plutôt, d’où les quolibets.
23
- (...) Quand vous urinez, ne touchez pas votre pénis avec la main droite. Et quand vous vous lavez
après la défécation, n'utilisez pas la main droite.
A droite, toute!
Cette préférence est universelle, et sans doute due à la latéralité majoritaire des individus. Mais on
ne sait pas si Muhammad était droitier ou gaucher. La Tradition, qui ne sait rien, cette fois-ci, se
tait.
La main droite sert à manger, la gauche à se torcher.
(Bukhari, Sahih 8/47).
Aïsha a dit: le prophète aimait donner la préséance à la droite: en matière de pureté rituelle, pour
descendre de monture et pour se chausser.
(Muslim, Sahih 2/512).
Le messager d'Allah a dit :
- Quand quelqu'un entre dans les latrines, il ne doit pas toucher son pénis de la main droite.
(Bukhari, Sahih 1/4/9).
Anas a dit : Voici la parole que prononçait le Prophète quand il entrait dans les cabinets d'aisance :
-Ô Allah, je me réfugie auprès de toi, contre les démons mâles et les démons femelles.
(Bukhari, Sahih 1/4/10).
Ibn Abbâs rapporte que le Prophète entra un jour aux cabinets d'aisance. Comme je lui avais
disposé de l'eau pour les ablutions, il demanda qui avait mis cette eau là. Quand on lui dit que
c'était moi, il s'écria :
-Ô Allah, instruis-le dans la religion.
(Bukhari, Sahih 1/4/11).
Abu Ayyub al Ansâri a rapporté que l'Envoyé d’Allah a dit :
-Quand l'un de vous satisfait un besoin naturel, qu'il ne fasse pas face à la Qibla et qu'il ne lui
tourne pas non plus le dos ; tournez-vous alors soit vers l'Est, soit vers l'Ouest.
(Bukhari, Sahih 1/4/12).
D'après Wâsi' ibn Habbân, Ibn Omar lui dit : Il y a des gens qui prétendent qu'il ne faut pas
s'accroupir pour un besoin naturel avec le visage tourné du côté de la Qibla ou du côté de
Jérusalem. Or moi, un jour que j'étais monté sur la terrasse d'une maison à nous, je vis l'Envoyé
d’Allah satisfaire un besoin naturel (accroupi) sur deux briques et le visage tourné du côté de
Jérusalem.
Ibn Omar ajouta : Tu es peut-être toi un de ceux qui prient sur leurs cuisses ?
-Par Allah, lui répondis-je, je ne sais ce que tu veux dire.
Mâlik a dit : Par ces mots "accroupis sur les cuisses" il faut entendre celui qui prie sans se soulever
de terre et se prosterne en restant attaché au sol.
24
(Bukhari, Sahih 1/4/13).
Selon Aïsha, les femmes du Prophète sortaient la nuit lorsqu'elles avaient à satisfaire un besoin
naturel et se rendaient à al Manâsi, un vaste tertre. Bien que le Omar eût dit au Prophète
d'empêcher ses femmes de sortir, l'Envoyé d’Allah n'en avait rien fait. Une des femmes du
Prophète, Sawda bint Zamaa, qui était d'une taille élevée42, étant sortie un certain soir à la tombée
de la nuit, 'Omar l'interpella en ces termes :
-Hé ! Sawda, je te reconnais." 'Omar agit ainsi parce qu'il désirait voir édicter l'interdiction de
sortir, et, de fait, Allah révéla cette interdiction.
D'après Aïsha, le prophète a dit :
-Femmes, il vous est permis de sortir pour vos besoins.
"Par ces derniers mots, dit Hishâm, il faut entendre les besoins naturels".
(Bukhari, Sahih 1/4/14).
Abdallah ibn Omar a dit : "J'étais monté sur la terrasse de la maison de Hafsa pour une affaire
personnelle, lorsque je vis l'Envoyé d’Allah qui accomplissait ses besoins naturels ; il tournait le dos
à la qibla et faisait face à la Syrie."
Abdallah ibn 'Omar a dit : "Un certain jour, tandis que j'étais sur la terrasse de notre maison, je vis
l'Envoyé d’Allah assis sur deux briques et faisant face à Jérusalem."
(Bukhari, Sahih 1/4/15).
Anas ibn Mâlik a dit : Chaque fois que le Prophète sortait pour aller satisfaire un besoin naturel, je
l'accompagnais ainsi qu'un serviteur et nous emportions un vase plein d'eau.
-Anas, dit Hichâm, voulait faire entendre que cette eau servait au Prophète à se nettoyer.
(Bukhari, Sahih 1/4/18).
Abu Qatâda a rapporté ces paroles de l'Envoyé d’Allah:
Quand l'un de vous boit, qu'il ne respire pas en buvant dans le vase ; quand il va à la garde-robe,
qu'il ne touche pas sa verge avec la main droite et qu'il ne s'essuie pas de la main droite.
(Bukhari, Sahih 1/4/19).
D'après Abu-Qatâda, le Prophète a dit :
-Quand l'un de vous urine, qu'il ne tienne pas sa verge de la main droite. Il ne faut pas s'essuyer
avec la main droite, ni respirer en buvant dans un vase.
(Bukhari, Sahih 1/4/20).
Du fait de se torcher avec des pierres.
Abu Hurayra a dit : "Le Prophète étant sorti pour satisfaire un besoin naturel, je le suivis. Il
marchais sans tourner la tête. Je m'approchai de lui et il me dit :
-Cherche-moi des pierres pour me torcher, (ou quelque chose d'approchant) mais ne m'apporte ni
os, ni crottin.
25
Je lui apportai donc des pierres dans un pan de mon manteau et les déposai à son côté. Je m'écartai
ensuite. Lorsqu'il eut achevé de satisfaire ses besoins naturels, il fit usage de ces pierres.
(Bukhari, Sahih 1/4/21).
'Abdallah ibn Mas'ud a dit : "Le Prophète étant allé à la garde-robe me donna l'ordre de lui apporter
trois pierres. Je trouvai bien deux pierres, mais impossible d'en trouver une troisième. Alors je pris
une boule de crottin et je l'apportai avec les pierres. Le Prophète prit les deux pierres et jeta le
crottin en disant :
-Ca, c'est une ordure.
(Muslim, Sahih 402).
D'après Hudhayfa
Un jour que j'étais en compagnie du prophète, il se rendit auprès d'un tas d'ordures où il urina
étant debout. Je m'écartai alors, mais le prophète m'appela. Je m'approchai donc en se tenant
derrière lui. Il fit ensuite ses ablutions et passa sa main humide sur ses chaussons.
(Muslim, Sahih 427).
D'après 'Anas, un bédouin se mit à uriner dans la mosquée; quelques gens se précipitèrent alors sur
lui, mais le prophète s'écria:
-Laissez-le et ne l'interrompez pas. Quand l'homme eut fini d'uriner, le prophète ordonna un seau
d'eau et le versa sur l'endroit souillé.
(Muslim, Sahih 424).
D'après Abu Hurayra, le prophète a dit:
-Que personne n'urine dans une eau stagnante; puis y puise pour faire ses ablutions.
(Muslim, Sahih 392).
D'après Abu Qatâda, le prophète a dit:
-Ne tenez pas votre verge de la main droite en urinant; ne vous essuyez43 pas de la main droite après
la satisfaction des besoins naturels et ne respirez pas dans le vase en buvant.
Pour finir et s’amuser, voici la Sunna sur le torche-cul, selon Gargantua, d’après Grandgousier,
transmise par François Rabelais. L’on y verra que l’invention scatologique de la Sunna prophétique,
due à un génie collectif, peut être dépassé par la jubilatoire inventivité d’un seul :
Comment Grandgousier reconnut à l'invention d'un torche-cul la merveilleuse intelligence de
Gargantua.... Gargantua répondit qu'il s'y était pris de telle façon qu'il n'y avait pas dans tout le
pays un garçon qui fut plus propre que lui." Comment cela? dit Grandgousier.- J'ai découvert,
répondit Gargantua, à la suite de longues et minutieuses recherches, un moyen de me torcher le cul.
43
MASH.
26
C'est le plus noble, le meilleur et le plus efficace qu'on ait jamais vu.- Lequel? dit Grandgousier.C'est ce que je vais vour raconter à présent, dit Gargantua. Une fois, je me suis torché avec le cachenez de velours d'une demoiselle, ce que je trouvai bon vu que sa douceur soyeuse me procura une
bien grande volupté au fondement;Une autre fois avec un chaperon de la même et le résultat fut
identique;Une autre fois avec un cache-col;Une autre fois avec les cache-oreilles d'un chaperon de
couleur vive, mais les dorures d'un tas de sphères de merde qui l'ornaient m'écorchèrent tout le
derrière. Que le feu de saint Antoine brûle le trou du cul à l'orfèvre qui les a faites et à la demoiselle
qui les portait;" Ce mal me passa comme je me torchai avec un bonnet de page, bien emplumé à la
Suisse. Puis, alors que je fientais derrière un buisson, je trouvai un chat de mars et m'en torchai,
mais ses griffes me déchirèrent tout le périnée. Ce dont je me guéris le lendemain en me torchant
avec les gants de ma mère, bien parfumés de maljoin. Puis je me torchai avec de la sauge, du
fenouil, de l'aneth, de la marjolaine, des roses, des feuilles de courges, de choux, de bettes, de vigne,
de guimauve, de bouillon blanc ( c'est l'écarlate au cul ), de laitue et des feuilles d'épinards ( tout ça
m'a fait une belle jambe ! ), avec de la mercuriale, de la persicaire, des orties, de la consoude, mais
j'en caguais du sang comme un lombard, ce dont je fus guéri en me torchant avec ma
braguette.Puis, je me torchai avec les draps, les couvertures, les rideaux, avec un coussin, une
carpette, un tapis de jeu, un torchon, une serviette, un mouchoir, un peignoir; tout cela me procura
plus de plaisir que n'en ont les galeux quand on les étrille.- C'est bien, dit Grandgousier, mais quel
torche-cul trouvas-tu le meilleur?- J'y arrivais, dit Gargantua; vous en saurez bientôt le fin mot. Je
ma torchai avec du foin, de la paille, de la bauduffe, de la bourre, de la laine, du papier.
MaisToujours laisse aux couilles une amorceQui son cul sale de papier torche- Quoi ! dit
Grandgousier, mon petit couillon, t'attaches-tu déjà au moule, vu que tu rimes déjà?- Oui-da, mon
roi, répondit Gargantua, je rime tant et plus et en rimant souvent je m'enrhume. Ecoutez ce que
disent aux fienteurs les murs de nos cabinets :Chieur,
Foireux,
Péteur,
Breneux,
Fécal
En cavale
Tu t'étales
Sur nousRépugnant,
Puant,
Dégouttant,
Le feu saint Antoine puisse te rôtir
Si tousTes trous, Béants
Tu ne torches avant de partir....
- Il n'est pas besoin de se torcher le cul s'il n'y a pas de saletés, dit Gargantua. Il ne peut y avoir de
saletés si l'on n'a pas chié. Donc, il nous faut chier avant que de nous torcher le cul !- Oh ! dit
Grandgousier, que tu es plein de bon sens, mon petit bonhomme, un de ces jours je te ferai passer
docteur en gai savoir, pardieu ! Car tu es bien en avance pour ton âge. Allez, je t'en prie, poursuis ce
propos torcheculatif ...- Après, dit Gargantua, je me torchai avec un couvre-chef, un oreiller, une
pantoufle, une gibecière, un panier ( mais quel désagréable torche-cul ! ), puis avec un chapeau.
Remarquez que parmi les chapeaux, les uns sont de feutre rasé, d'autres à poil, d'autres de velours,
d'autres de taffetas. Le meilleur d'entre tous, c'est celui à poil, car il absterge excellemment la
matière fécale. Puis, je me torchai avec une poule, un coq, un poulet, la peau d'un veau, un lièvre,
un pigeon, un cormoran, un sac d'avocat, une cagoule, une coiffe, un leurre.Mais pour conclure, je
dis et je maintiens qu'il n'y a pas de meilleur torche-cul qu'un oison bien duveteux, pourvu qu'on
lui tienne la tête entre les jambes. Croyez-m'en sur l'honneur, vous ressentez au trou du cul une
volupté mirifique, tant à cause de la douceur de ce duvet qu'à cause de la bonne chaleur de l'oison
qui se communique facilement du boyau du cul et des autres intestins jusqu'à la région du coeur et
à celle du cerveau. Ne croyez pas que la béatitude des héros et des demis-dieux qui sont aux Champs
Elysées tienne à leur asphodèle, à leur ambroisie ou à leur nectar comme disent les vieilles de par
ici. Elle tient, à mon avis, à ce qu'ils se torchent le cul avec un oison bien duveté, pourvu qu'on lui
tienne la tête entre les jambes. Et m'en croyez sur mon honneur. Car vous sentez au trou du cul une
volupté mirificque, tant par la douceur d'icelluy dumet que par la chaleur temperée de l'oizon
27
laquelle facilement est communiquée au boyau culier et autres intestins, jusqu’à venir à la région du
coeur et du cerveau. Et ne pensez que la béatitude des héros et demi-dieux, qui sont par les Champs
Elysiens, soit en leur asphodèle, ou ambrosie, ou nectar, comme disent ces vieilles d’ici. Elle est
(selon mon opinion) en ce qu'ils se torchent le cul d'un oison, et telle est l'opinion de Maître Jehan
d'Ecosse. "44
Foutre!
(Car tout sperme est sacré)
Et aussi celui du prophète, bien sûr…45
Sacré mais aussi maudit. L’ambivalence est commune dans les systèmes religieux primitifs (mais y at-il des systèmes religieux évolués ?)
Commençons un peu à l’islamique, par un verset du Coran. Il est de coutume, en effet, dans les
cercles virils de personnages pileux, de commencer toute réunion de grands intellectuels qui veulent
changer le monde ou leur quartier, de réciter un petit coup, un passage qu’ils connaissent vraiment
(il y en a peu, en fait) et dont ils ne comprennent pas grand chose. Cela sacralise toute la suite, et
cela bloque aussi tout raisonnement et toute réflexion un peu libre. Donc, le Saint Coran donc. Eh
bien, il traiterait du sperme. Encore que ce n’est pas tout à fait sûr.
Les créationnistes, les Harun Yahya, empereurs du règne de l'Imbécile, les scientifiques coranistes
voient dans le Coran un grand livre scientifique, qui explique tout. Alors, le Coran serait aussi
précurseur dans les questions relatives à la reproduction… Oui, ces gens, en Arabie, ou ailleurs,
auraient compris que la substance blanche et collante qui sort des verges aurait un lien avec
l’engrossement de leurs femmes, et Allah serait par là même au courant. Bon, Aristote est au
44
F. Rabelais, Gargantua, chapitre XIII.
Cf. une chanson remarquable des Monty Pythons dans le film The Meaning of Life. Les Monty
Python sont un remarquable groupe de chercheurs en science des religions, et ils l’ont prouvé dans
le fameux «Brian’s Life ». On ne peut que leur reprocher de ne pas avoir fait un « Ahmed Life »,
comme pendant…
45
28
courant aussi, et tous les médecins de l’Antiquité, et tout le monde en fait. Aristote est grand, et
Muhammad n’est pas son prophète.
Il se trouve par conséquent dans le corpus coranique des allusions répétées au sperme, qui serait à
l’origine de la génération humaine. Chaque fois, l’idée est de déprécier l’homme, en montrant qu’il
n’est que rien. Le rôle de l’ovule, hélas, n’est pas vraiment connu. C’est bien su depuis longtemps,
la femme enfante, mais l’homme engendre. Le Coran est écrit par des hommes, et pour des
hommes, et au mieux, ils ont repompé tout ce qui était connu, depuis Gallien, et ont tout suivi
même les erreurs, et au pire, ils ont raconté n’importe quoi.
D’un côté, le rôle de la semence est connu. Mais de l’autre, il est une substance corporelle, et par
conséquent, une souillure (sans être aussi sale que le sang des menstruations, qui sont le beurk
absolu). Les textes montrent donc comment on doit la considérer et comment s’en débarrasser.
L’impression est que du sperme, on en renverse beaucoup, dans ces temps primitifs, où l’on fait des
rêves érotiques, ou les longues chevauchées solitaires échauffent les bédouins prêts à se frotter sur
n’importe quelle dune, où l’on viole ses captives (Vae Victis!) avec l’assentiment prophétique, mais
sans éjaculer in vaso…
Nous ajouterons aussi quelques références sur ce que les textes appellent avec pudeur et périphrases
les souillures sexuelles, soit les matières résultant des rapports sexuels, les coïts : non plus le foutre,
mais maintenant, les liquides féminins, les sécrétions vaginales, et le mélange de tout ça, sans quoi
d’ailleurs nous ne serions pas là.
Dans ses affaires, la femme est montrée là où elle est souveraine du point de vue mohammédien :
comme champ de labour, puis à la lessive.
(Corpus coranique d’Othman 32/6-9).
C'est Lui le Connaisseur [des mondes] inconnus et visibles, le Puissant, le Miséricordieux, qui a
bien fait tout ce qu'Il a créé. Et Il a commencé la création de l'homme à partir de l'argile, puis Il tira
sa descendance d'une goutte d'eau vile [le sperme]46; puis Il lui donna sa forme parfaite et lui
insuffla de Son Esprit. Et Il vous a assigné l'ouïe, les yeux et le coeur. Que vous êtes peu
reconnaissants!
(Corpus coranique d’Othman 16/4).
Il a créé l'homme d'une goutte de sperme; et voilà que l'homme devient un disputeur déclaré.
(Bukhari, Sahih 1/4/229).
Aisha a relaté : J'avais l'habitude de laver les traces de sperme des vêtements du prophète et il avait
l'habitude d'aller à la prière avec de l'eau encore dessus.
(Bukhari, Sahih 2, 572).
46
L’interprétation est d’Hamidullah, ou la la.
29
Aïsha a dit:
-Une fois, j’ai trouvé du sperme séché sur les vêtements de l’envoyé d'Allah, et je l’ai enlevé avec
mes ongles.
(Malik, Muwatta 101).
Aïsha, la mère des croyants a rapporté que l’envoyé d’Allah faisait sa lotion à la suite d’un rapport
charnel en se servant d’un vase appelé faraq.
(Muslim, Sahih 2/556).
Le récit de Abu Hurayra : Abu Râfi a transmis d'après Abu Hurayra qu'un jour, étant encore
souillé à la suite du coït, il rencontra le prophète dans une des rues de Médine. Il s'esquiva alors et
alla faire ses ablutions majeures. Quand il revint, le prophète lui dit :
-Où étais-tu donc allé, Abu Hurayra?
- Ô envoyé d'Allah! Quand tu m'as rencontré, j'étais encore souillé à la suite du coït et n'ai pas
voulu rester en ta compagnie, répondis-je, qu'étant purifié.
- Gloire à Allah!, s'écria l'envoyé d'Allah, sache que le croyant ne souille jamais.
(Muslim, Sahih 2/460).
D'après Aïsha, quand le prophète voulait dormir alors qu'il était souillé à la suite des rapports
sexuels, il faisait d'abord ses ablutions comme pour la prière.
(Muslim, Sahih 2/525).
D'après Abu Hurayra, le prophète a dit : "Si l'homme se place entre les cuisses et les jambes de la
femme et qu'il y a pénétration, le ghusl
47
sera donc obligatoire".
(Muslim, Sahih 2/476).
Maymûna a dit : "Un jour que j'apportai au prophète un bassin d'eau pour qu'il se purifie à la suite
du coït, il se lava les mains deux ou trois fois, puisa de l'eau dans le bassin pour la verser sur sa
verge qu'il lava avec sa main gauche. Puis, il frotta fortement sa main gauche contre le sol, fit ses
ablutions comme pour la prière, puisa à trois reprises de l'eau qu'il versa sur sa tête; ensuite, il lava
le reste de son corps. Ceci fait, le prophète s'éloigna de l'endroit où il se tenait et lava ses pieds.
Quand enfin, je lui tendis la serviette de bain, il refusa de s'en servir".
(Muslim, Sahih 2/481).
Le récit de Aïsha : Abu Salama ibn 'Abdurrahmân dit : Un jour, je me suis rendu chez Aïsha avec
son frère de lait. Celui-ci lui demanda comment le prophète se lavait à la suite du coït. Elle ordonna
47
Ablution majeure.
30
alors un bassin rempli de près d'un sâ
48
d'eau. Dérobée à nos regards par un rideau, elle se mit à
faire ses ablutions majeures et répandit trois fois de l'eau sur sa tête. Le transmetteur ajoute que les
femmes du prophète disposaient leurs cheveux en queue de cheval.
(Muslim, Sahih 481).
Récit d’Aïsha: Abu Salama ibn Abd ar Rahman dit: Un jour, je me suis rendu chez Aïsha avec son
frère de lait. Celui-ci lui demanda comment le prophète se lavait à la suite du coït. Elle ordonna
alors un bassin rempli de près d'un sa d'eau. Dérobée à nos regards par un rideau, elle se mit à faire
ses ablutions majeures et répandit trois fois de l'eau sur sa tête. Le transmetteur ajoute que les
femmes du prophète disposaient leurs cheveux en queue de cheval.
(Muslim, Sahih 2131).
'Atâ' a dit : J'ai entendu Jabir dire : "Nous, les compagnons de Muhammad, nous avons prononcé la
Talbiya afin d'accomplir le Hajj uniquement".
Atâ ajouta : Jabir a dit : "Le matin du quatrième jour de dhûl-hijja, le prophète vint nous ordonner
de se désacraliser". 'Atâ' dit : Le prophète ajouta :
-Quittez la sacralisation et ayez des rapports charnels avec vos femmes. Atâ dit : Il n'y assista pas,
mais il leur rendit ces choses licites. Les compagnons dirent :
-Est-ce que quand il ne nous sépare de la station à que quatre jours, nous ordonne d'avoir des
rapports charnels avec nos femmes, ainsi en arrivant à nous aurons les verges dégouttant de sperme.
Il ajouta : Il me semble encore voir Jabir remuer sa main en disant ses mots. Le prophète s'adressa
alors à nous en ces termes :
-Vous savez bien que je crains Allah plus qu'aucun d'entre vous et que je suis le plus véridique et le
plus pieux parmi vous. Si ce n'était ma bête du sacrifice que j'ai apportée avec moi, j'aurais procédé
à la désacralisation, juste comme vous. Si je connaissais l'invisible, je ne l'aurais pas emmenée.
Quittez donc la sacralisation.
Sur ce, nous obéissions. 'Atâ' ajouta : Jabir dit alors : Puis, arriva 'Ali qui était chargé de la collecte
des impôts. Il lui demanda :
-Comment as-tu prononcé la Talbiya?
Il répondit : "Comme l'a fait le prophète .
Le prophète lui dit alors :
-Sacrifie la bête et reste en état de sacralisation, et il lui offrit une bête à sacrifier. Surâqa Ibn Mâlik
Ibn Jushum demanda alors :
-Ô envoyé d'Allah Est-ce c'est pour cette année-ci ou pour toujours?
Et le prophète de répondre :
-C'est pour toujours.
48
Mesure liquide.
31
(Muslim, Sahih 474).
Aïsha a dit:
-Quand le prophète se lavait à la suite du coït, il commençait par se laver les mains, puis de sa main
droite, puisait de l'eau qu'il versait dans sa main gauche pour laver sa verge. Ensuite, il faisait ses
ablutions comme pour la prière. Puis, il prenait de l'eau et faisait pénétrer ses doigts humides dans
ses cheveux jusqu'aux racines. Une fois sûr que l'eau eut atteint tout son corps, il puisait encore de
l'eau dans le creux de sa main, qu'il versait sur sa tête trois fois, puis en inondait son corps, et se
lavait, enfin, les pieds.
(Muslim, Sahih 2/474).
Aïsha a dit :
-Quand le prophète se lavait à la suite du coït, il commençait par se laver les mains, puis de sa main
droite, puisait de l'eau qu'il versait dans sa main gauche pour laver sa verge. Ensuite, il faisait ses
ablutions comme pour la prière. Puis, il prenait de l'eau et faisait pénétrer ses doigts humides dans
ses cheveux jusqu'aux racines. Une fois sûr que l'eau eut atteint tout son corps, il puisait encore de
l'eau dans le creux de sa main, qu'il versait sur sa tête trois fois, puis en inondait son corps, et se
lavait, enfin, les pieds.
Petit jeu de question-réponse, amusant par le fait qu’en répondant oui, Muhammad veut dire non.
(Muslim, Sahih 2/462).
D'après ibn 'Omar, 'Omar demanda le prophète :
-Pourra-t-on dormir étant souillé à la suite des rapports sexuels?
- Oui, répondit le prophète, à condition qu'il ait fait les ablutions.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 551).
L’apôtre d'Allah faisait ses prières dans le vêtement avec lequel il avait eu des relations sexuelles.
-Oui, dit-elle, mais seulement s’il ne voyait pas de souillure dessus.
Sperme prophétique.
(Muslim, Sahih 434).
Le récit de Aïsha : d'après Alqama, un homme passa la nuit à la maison de Aïsha. Au matin, quand
il se réveilla, il se mit à laver ses habits, car il avait eu des pollutions nocturnes. L'ayant vu, Aïsha lui
dit:
-Si tu vois la tache, lave-la; sinon, asperge d'eau l'endroit (que tu crois souillé) de tes habits. Je me
souviens encore d'avoir frotter à sec les taches des habits du prophète qui alla ensuite prier, vêtu de
ces mêmes habits.
(Muslim, Sahih 2/524).
32
Othmân ibn 'Affân
49
rapporte que Khâlid ibn Zayd Al Juhanî lui demanda :
-"Que penses-tu du cas où l'homme accomplit un coït interrompu (AZL) ?
-"Il doit, répondit 'Uthmân, faire l'ablution telle qu'il la pratique pour la prière et laver sa verge;
voilà ce que j'ai entendu le prophète dire à ce sujet.
(Malik, Muwatta 109).
Omar dit à l’envoyé d’Allah qu’il lui arrivait d’être en état d’impureté durant la nuit. L’envoyé
d’Allah lui répondit :
-Fais tes ablutions, nettoie ta verge et dors.
(Muslim, Sahih 2/521).
D'après Abu Sa'îd Al khudrî, l'envoyé d'Allah ayant envoyé chercher un homme des 'Ansâr; celuici arriva la tête dégouttant de l'eau de bain.
-"Peut-être dit alors le prophète, t'avons-nous hâté (alors que tu couchais avec ta femme)?".
- "Oui", répondit l'homme.
-"Quand tu seras pressé ainsi ou que tu n'auras pas éjaculé, tu n'as pas à te laver, mais fais
seulement tes ablutions".
50
(Bukhari, Sahih 5/269).
J'avais souvent des éjaculations émotionnelles. Étant le gendre du prophète, j'ai demandé à
quelqu'un de lui en parler. Alors l'homme est allé voir le prophète. Le prophète a répondu :
- Pratique l'ablution
51
après avoir lavé ton pénis.
(Muslim, Sahih 2/522).
Ubayy ibnKa'b a dit : J'ai posé la question au prophète au sujet du coït interrompu.
- Dans ce cas, répliqua le prophète, que l'homme lave les parties qui ont été en contact avec la
femme et fasse ses ablutions pour accomplir la prière.
49
57
Le futur calife.
Source internet: usc-msa Compendium of Muslim Texts.
33
Le pet prophétique
"Ventre contraint, esprit chagrin", (a dit le prophète)
Pour alléger un peu un propos sévère, qu’on observe ici quelques aspects piquants
mais néanmoins nauséabonds des religions arabes et musulmane. Ils sont très peu
évoqués auprès du public infidèle et on n'en comprend guère la raison...
L’impureté est souvent évoquée, et entre autres, celle qui a le plus d’influence
sociale, déplaisante et désastreuse, le pet. Alors les juristes et traditionnistes se sont
laissés aller à en causer, de la souillure intempestive, qui menace de ruiner toute un
rite. Imaginons l’atmosphère d’une salle de prière, après un repas bien copieux, de
féculents, de légumineuses, de viande rouge, de mouton bien gras, et de fruits secs:
que des ingrédients carminatifs. La symphonie est à craindre, et elle n’est pas la
bienvenue, tandis que tous ses penchent et s’étirent les sphincters en cadence… Le
pet est alors l’ennemi, alors qu’en réalité, il est un ami de l’humanité, le signe d’une
digestion harmonieuse, une émission inévitable due à la fermentation des aliments,
un épanchement d’air, avant tout, que l’on avale, rien qu'en parlant, et qu'on
agrémente de quelques bactéries, et en plus, cela fait rire tous les enfants. Alors…
Mais non, ici, le pet n’est pas le bienvenu, et n’est pas digne d’Allah, et ne doit pas
troubler le rituel. Allah ne pète pas, tandis que le prophète, si. Allah, au mieux, est
un gaz, plus qu'un esprit, mais son prophète en produit.
La posture de prosternation est justement un adjuvant évident à ce genre
d’incongruité, qui est une abomination sociale et une honte personnelle. On sait
34
que la science médicale iranienne a de nos jours inventé des pilules anticarminatives dont le but est de limiter les épanchements gazeux. Les mosquées
sentent souvent l’humidité et les pieds sales: il faut éviter le pire. Quand l'imbécile
vous tient, il ne vous laissera point partir, et il s'échigne à s'accrocher.
La posture du corps pendant la prière semble favoriser de telles émanations.
L'affaire est davantage de l'ordre du confort social que de morale individuelle.
Mais revenons donc un peu à l’austère théologie, dont on a vu qu’elle ne comptait
pour rien encore dans les débuts de l’islamisme. Surtout pas de théologie, qui, si
elle est une matière menteuse et artificieuse, n’en est pas moins affaire de cervelle,
et digne de considération pour cela. Les textes présents ici s’acharnent à éviter
absolument toute tentation de réfléchir et de faire preuve d’intelligence; car un
singe peu doué est capable de mimétisme, au pire. Retour à notre propos: pourquoi
insiste-t-on tant dans les textes islamiques sur les histoires de pipi caca prout du
prophète? Un peu comme si ce qui sortait de son derrière était aussi important que
ce qui sortait de sa bouche. Cela va en surprendre plus d’un et plus d’une: le fait
devient argument, et d’une force capitale, quand il vient s’intégrer à la doctrine.
Auparavant, le monde s’étripait joyeusement sur ce qui peut sembler maintenant
ridicule: la nature du Christ, dieu, homme, l’un et l’autre, 50-50? etc… L’islamisme
a tenu à intégrer le débat, en remettant brutalement le Christ dans l’humanité
physique, mais aussi son prophète personnel, celui qui résume tous les autres,
Muhammad, celui que chacun connait. Et le fait qu’il pète, qu’il fasse pipi et caca,
le prophète, cela clôt toute discussion oiseuse: il est un humain. Oui,
l’argumentation laisse perplexe, mais auprès d’un auditoire fruste, l’effet est
immédiat.
Pour conjurer la honte de la flatulence, le super-prophète est convoqué à la
rescousse. Et un des contes s’appelera donc “Une nuit avec Muhammad”.
35
Ces gens dorment ensemble, et cette promiscuité nocturne est rarement signalée.
On aura attendu Aïsha dans la relation de ce type d'incident particulièrement
intime. Mais non, car la vie du Grand Personnage était connue de tous.
Pet et prière.
(Bukhari, Sahih 4/ 139).
Mon oncle a présenté à l’apôtre d’Allah le cas d’une personne qui avait pensé avoir lâché un vent
durant la prière.
L’apôtre d’Allah a dit :
-Il ne doit pas abandonner la prière, à moins qu’il ne fasse un bruit ou qu’il se mette à sentir
mauvais.
52
(Bukhari, Sahih 4/5).
...de ibn Abbas : Durant son sommeil le prophète lâcha un gaz. Puis il se leva et accomplit la prière.
Sufyan nous l'a rapporté plusieurs fois, d'après Amir, qui le tenait de Kurayb, d'après ibn Abbas qui
disait :
-Une fois je passai la nuit chez ma tante Maymuna. Le prophète se leva à un certain moment de la
nuit et il fit une ablution légère avec l'eau d'une petite outre qui était suspendue, Amir lui versant
doucement un tout petit peu d'eau ; puis il se mit debout pour accomplir la prière. Je fis mes
ablutions de la même manière que lui. Puis je vins et me tins debout à sa gauche ; il me fit changer
de place et me mit à sa droite ; puis il accomplit la prière ; puis il se recoucha et dormit et, à un
certain moment, il lâcha un gaz.
Puis vint quelqu'un lui annonçant le moment de la prière. Il se mit debout avec lui pour prier ; il
accomplit la prière et ne fit pas d'ablution.
53
(Bukhari, Sahih 4/ 139).
Mon oncle a présenté à l'envoyé d'Allah le cas d'une personne qui pensait avoir laché un pet durant
la prière. L'envoyé d'Allah a répondu :
- Il ne doit pas abandonner la prière, à moins qu'il n'entende un bruit ou qu'il sente quelque chose.
(Muslim, Sahih 2/540).
'Abdallâh ibn Zayd ibn Asim Al Ansâri a dit : On posa la question au prophète
au sujet de
l'homme croyant avoir lâché des vents pendant la prière .
-"Qu'il n'interrompt pas la prière tant qu'il n'a pas entendu du bruit ou senti quelque odeur",
répondit le prophète.
36
54
(Bukhari, Sahih 86/ 86).
Le prophète d'Allah a dit :
-Allah n'accepte pas la prière de quiconque lâche un pet avant qu'il n'ait refait son ablution.
(Bukhari, Sahih 4/5).
55
...de ibn Abbas: Durant son sommeil le prophète lâcha un gaz. Puis il se leva et accomplit la prière.
Sufyan nous l'a rapporté plusieurs fois, d'après Amir, qui le tenait de Kurayb, d'après ibn Abbas qui
disait:
-Une fois je passai la nuit chez ma tante Maymuna. Le prophète se leva à un certain moment de la
nuit et il fit une ablution légère avec l'eau d'une petite outre qui était suspendue, Amir lui versant
doucement un tout petit peu d'eau ; puis il se mit debout pour accomplir la prière. Je fis mes
ablutions de la même manière que lui. Puis je vins et me tins debout à sa gauche ; il me fit changer
de place et me mit à sa droite ; puis il accomplit la prière ; puis il se recoucha et dormit et, à un
certain moment, il lâcha un gaz.
Puis vint quelqu'un lui annonçant le moment de la prière. Il se mit debout avec lui pour prier ; il
accomplit la prière et ne fit pas d'ablution. Nous dîmes à Amir:
- Il y a des gens qui disent que l'envoyé d’Allah, son oeil dort mais son cœur ne dort pas.
J’ai entendu Ubayd ibn Umar dire:
-Le songe d’un prophète est une inspiration.
56
(Bukhari, Sahih 54/ 452).
Le prophète a dit :
-Aussi longtemps que quelqu'un attend pour la prière, il est considéré comme priant réellement, et
les anges disent : “Ô Allah, sois miséricordieux avec lui !”, à moins qu'il quitte la salle de prière ou
qu'il lâche un pet.
57
(Dawud, Hadith 1/ 205).
L'envoyé d'Allah a dit :
-Si quelqu'un parmi lâche un pet durant la prière , il devra s'écarter, refaire ses ablutions et
58
recommencer la prière.
59
(Bukhari, Sahih 4/ 137).
L'envoyé d'Allah a dit :
- La prière d'une personne qui fait hadath ne doit pas être acceptée jusqu'à ce qu'il refasse ses
ablutions.
Quelqu'un de Hadramut
61
60
demanda à Abu Hurayra :
C'est en fait un cas d'impureté mineure.
37
- Qu'est ce que hadath ? Abu Huraira répondit :
- Hadath
61
est le passage d'un pet (RIH) par l'anus.
6
Homme-machine à laver
Les procédures cathartiques
Ici nous allons présenter une longue suite de textes relatif à ce sujet, très rarement
présentés, tant ils semblent étrangers à un esprit contemporain, et d’un exotisme
confondant; c’est oublier qu’ils régissent encore la vie de millions d’êtres humains,
de gré ou de force. Nous avons choisi les documents les plus édifiants et
spectaculaires, sans les modifier. On remarquera la place de choix des questions
concernant la sexualité et les excréments. Le personnage central, Muhammad ibn
Abdallah,
est
encore
pris
comme
référence
absolue,
et
l’accumulation
d’informations sur sa vie intime peut prendre un tour comique. Il est de service
pour montrer la voie, pour être le modèle, et son corps devient une machine à
38
démontrer le rite parfait. Mais il faut se garder d'une illusion commune: ce n'est pas
parce que son corps est évoqué dans le plus intime de ses détails qu'il est véritable
pour autant. Mieux vaut y voir une marionette, miroir des milliards de corps qui
vont le précéder, et qui veulent se voir en lui.
Toute la procédure est pourtant d’une inutilité farouche, et les microbes,
champignons, miasmes et vermines prennent une courte douche avec l’ablution,
sans compter que si l’impétrant s’est nettoyé le trou du derrière en premier, il
répand partout partout des myriades de bacilles fécaux qui n’ont cure de la
miséricorde d’Allah.
Les techniques sont décrites en détail, avec une obsession du détail qui change
tout. La Sunna s’en charge avec délice, et les traditionnistes mettent dans leurs
textes du talent qu’on ne leur connait pas d’ordinaire. Mais le plus grave, et ce qui
bloque tout, est que le corpus coranique lui-même mentionne des actes de
purification, qui doivent être proche du judaïsme le plus ritualiste. Mais les
premiers musulmans se chargent de la surenchère.
On en vient à oublier un point important: l’eau, comme souvent, est le vecteur de
purification. En même temps, comme elle est répandue sur une peau sale sans le
moindre solvant, elle se dilue dans la crasse, et la répand ailleurs, et surtout
surtout, source de prescription précise, l’eau est rare. Des parcimonieux font leur
possible pour l’économiser, et rechignent à en renverser. Derrière les textes, on
devine l’agacement des assoifés à qui la doctrine affirme qu’il faut avant tout se
mouiller les couilles et les coudes. L’eau sert à hydrater le corps par l’intérieur, à
maintenir, dans des pays aussi secs un taux d’humidité suffisant. Alors la voir
gâchée ainsi donne sûrement des envies de meurtre. Si ce sont des meurtres
d’infidèles, passe encore. Se débarbouiller du haut en bas, comme ça, avec la
bonne conscience du pieux naïf ne donne rien qu’un peu de fraîcheur, et une
assurance béate. Et pour hydrater la peau, rien n’est mieux que la biafine, les
médecins vous le diront.
39
On distingue, selon les souillures, deux grands types de procédures de purification
(TAZKIYA)
62
: la petite ablution , pour les souillures bénignes:
1-invocation: par là, le geste devient rite. La parole sacralise et sanctifie, donne un
sens particulier et noble, même aux actes les plus ignobles, grâce à la caution
divine.
2- 3 lavages des mains et poignets.
3- 3 rinçages de la bouche et des narines. Ce sont en effet des cachettes à microbes,
mais en ces temps, on n'en savait rien du tout. Le rejet concernait plus sûrement
des substances étranges comme le mucus ou la salive.
4- 3 lavages du visage, en se lissant bien la barbe, avec jouissance pour les plus
barbus, en un geste assez masturbatoire.
5- 3 lavages de la main et de l’avant-bras droits.
6- 3 lavages de la main et de l’avant-bras gauche.
7- lavage du crâne.
8-lavage du pavillon des oreilles.
9- 3 lavages du pied et de la cheville droits.
10-3 lavages du pied et de la cheville gauche.
Soit 24 opérations pour la petite ablution. On commence à compter: 1,2,3,4… La
trinité qui se dessine dans l'accomplissement des gestes n'a pas d'explication
rationnelle. Elle apparait dans de nombreuses circonstances, et le sens doit être
magique.
La grande, pour les grosses souillures (NAJASA) :
1-Invocation.
2-Lavage du sexe: la verge, bien entendu. Les juristes et traditionnistes n'osent
même pas imaginer une femme se nettoyant la vulve.
3-Lavage de l’anus (un seul doigt à l’intérieur suffit, on tourne et le tour est joué).
La question est quand même l'objet de plaisanteries graveleuses dans le monde
arabo-musulman. La main gauche est normalement destinée à cet emploi, et l'on
évite de manger avec...
63
Sur la condition féminine, par exemple.
40
4-Lavage du ventre et du pli de l’aine (pour éviter que la main ne touche à nouveau
les parties sexuelles, car sinon, tout serait à refaire, à perpétuité, ce serait trop bête).
Le ventre et ses plis sont le receptable habituel de beaucoup de crasse.
5- 3 lavages des mains.
6-gargarisme.
7-2 rinçages de la bouche.
8- 3 aspirations et expirations d’eau dans les narines. Le moment est toujours
observé avec un mélange d'étonnement et de dégoût par les infidèles.
9- 3 lavages du visage.
10- lavage de la tête entière et de la nuque.
11- 3 lavages de l’oreille droite.
12-3 lavages de l’oreille gauche.
13- lavage du corps entier sur sa partie droite en évitant les parties sexuelles.
14-lavage de la partie gauche en évitant les parties sexuelles.
15-lavage des aisselles, du nombril, de l’intérieur des cuisses et du creux du genou.
16-lavage du dos.
17-lavage de la poitrine.
Soit 29 opérations suivies, qui sont destinées, dans cette description, exclusivement
aux hommes. On compte encore, allez. En prenant son temps, on arrive à la demiheure, de tripotage de soi.
Quelques termes techniques viennent enrichir un vocabulaire indispensable pour
ceux qui le veulent:
TAHARAH est la purification au sens large;
GHUSL concerne le corps entier;
GHUSL-MASNUN, sont les actions fondées sur la Sunna, sans indications
coraniques;
WAZU, WUZU, sont les ablutions concernant des parties du corps avant la prière;
TAYYAMMUM correspond aux ablutions sèches;
ISTINFA sont les opérations concernant les organes sexuels;
le MISWAK est l’ustensile destiné nettoyage des dents;
41
MASH représente le nettoyage des chaussures;
TATHIR, nettoyage d’ustensiles divers.
Etc... etc...
Il est bien connu que lorsqu’on fait sa toilette, son ménage et sa vaisselle, on ne se
met pas à réfléchir spontanément.
Le ritualisme est poussé très loin, comme souvent dans les systèmes primitifs. La
notion de souillure est aussi une constante dans la psychologie humaine: ses effets
63
souvent catastrophiques
sont atténués dès que le groupe humain atteint un
certain stade de développement. Dans le cas présent, les rituels tentent de rassurer
des appréhensions basiques de l’esprit humain.
Comme il faut finir sur un aspect optimiste des choses, admettons que nous
sommes soulagés, dans un premier temps: la dichotomie pur/impur poussée au
paroxysme rend le monde et la vie invivable. L’humain est toujours susceptible
d’être souillé, de recevoir un tombereau d’immondices les pire possibles, des litres
de menstrues de truies qui ruissellent sur les têtes, imaginez donc. Par bonheur, en
fait, la purification est facile, rapide et à effet immédiat. C’est l’avantage du
ritualisme, et un immonde personnage habile et hypocrite s’en sortira toujours.
Nous débutons la présentation par des extraits coraniques évoquant la pureté sous
plusieurs de ses aspects. On se rend compte que dès ce moment, le pli est pris: ce
n’est vraiment pas une invention de la Sunna.
La question de la purification reste une piste utile pour qui veut comprendre les
origines de l’islamisme.
(Corpus coranique d’Othman 5/6).64
Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Prière, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux
coudes; ; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si
64
Trad. Hamidullah.
42
vous êtes pollués ‹junub›, alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage,
ou si l'un de vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que
vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains.
Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son
bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants.
(Corpus coranique d'Othman 2/125).
Nous avons conclu un pacte avec Abraham et Ismaël:
-Purifiez ma maison à l'intention de ceux qui viendront y accomplir des circuits rituels (TAYFINA) ,
faire une retraite (AKIFINA) , s'incliner (RUKKAY) et se prosterner (SUJUD) .
Ce verset évoque d’abord la purification corporelle, puis celle de l’esprit ; la purification par le prélèvement
fiscal est un très ancien concept sémitique, qui correspond simplement à une forme d’amende ou de dîme.
(Corpus coranique d'Othman 9/104-9).
Prophète!, prélève sur leurs biens une aumône par laquelle tu les purifieras et tu les repurifieras (TU
TAHHIRUHUM WA TUZAKKIHIM)
!
(...)
Une mosquée fondée sur la piété, dès le premier jour, est certes plus digne que tu t’y tiennes. En
celle-ci sont des hommes qui aiment à se purifier.
Or Allah aime ceux qui se purifient.
(Corpus coranique d'Othman 82/13-14).
En vérité, les purs
65
seront certes dans un délice, alors qu’en vérité les libertins
66
seront certes dans
une fournaise.
La force du détail.
67
(Dawud, Hadith 1/175).
Le prophète a vu une personne faisant la prière et dont l'arrière du pied n'avait pas été lavé sur une
superficie de la taille d'un dihram
recommencer l'ablution et la prière.
68
;
l'eau ne l'avait pas atteint. Le prophète lui ordonna de
(ibn Sa’d, Tabaqat I 434).
L’apôtre d'Allah n’a jamais été vu sortir des latrines (GHAYT) sans pratiquer les ablutions.
(...)
L’apôtre d'Allah aimait faire ses ablutions dans ma bassine jaune.
70
Brannon Wheeler, "Touching the Penis in Islamic Law." History of Religions 44/2004.
43
Ne pas se toucher.
69
(Dawud, Hadith 1/181).
Marwan a dit: Busrah, la fille de Safwan, m'a rapporté qu'elle avait entendu le prophète dire :
70
- Celui qui touche son pénis devra pratiquer l'ablution.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 205).
71
J’ai
assisté à une prière alors que les gens autour de la mosquée étaient en train de faire leurs
ablutions, et il y en avait 70 ou 80 dont les maisons étaient trop éloignées. Alors l’apôtre d'Allah
demanda un vase contenant de l’eau, mais qui n’était pas plein. Il mit ses doigts dans le récipient et
celui-ci fut utilisé ensuite par tous. Tous firent leurs ablutions, et l’eau dans le vase était restée au
même niveau.
(Hanbal, Musnad 3/97).
Le prophète d'Allah a prié avec nous, et quand il a prié, il a enlevé ses andales, et les a mis à gauche.
Alors tout le monde a aussi enlevé ses sandales. Quand il a fini sa prière, il nous a dit:
-Pourquoi avez-vous enlevé vos sandales?
Ils ont répondu:
-Nous t'avons vu enlever ses sandales, alors nous les avons enlevées.
Le prophète a alors dit:
-Je ne les ai pas enlevées comme si cela faisait partie du rituel. C'est Gabriel qui m'a averti qu'il y
avait de la saleté et de la poussière dessus. Quiconque d'entre vous va à la prière, qu'il regade ses
sandales. S'il y a quelque chose sur elles, alors qu'il les nettoie.
Les frères de Muhammad.
(Muslim, Sahih 367).
D'après Abu Hurayra, le prophète se rendant un jour au cimetière, il dit:
-Que la paix soit sur vous, ô Croyants de cette demeure. Nous autres, si Allah veut, nous vous
rejoindrons, je regrette de ne pas voir nos frères.
Les fidèles lui demandèrent alors:
-Ne sommes-nous pas tes frères, ô envoyé d'Allah?.
-Vous êtes plutôt mes compagnons, leur répondit-il, nos frères sont ceux qui ne sont pas encore
venus au monde.
- Comment, ô Envoyé d'Allah, sauras-tu au Jour de la Résurrection ceux de ta Communauté qui ne
sont pas encore venus au monde?.
- Que pensez-vous d'un homme possédant des chevaux ayant des taches blanches aux fronts et aux
pieds, pourra-t-il les reconnaître s'ils sont parmi des chevaux noirs?
-Certes oui, ô envoyé d'Allah!
71
Anas ibn Malik.
44
-Ainsi, mes frères viendront le Jour de la Résurrection avec des marques blanches aux fronts, aux
mains et aux pieds à cause de leurs ablutions et je les devancerai au Bassin. Et il y aura en revanche,
des hommes qu'on repoussera loin de mon Bassin comme on repousse un chameau égaré. Et moi de
les appeler:
-Venez-y!
Mais on me répondra:
-Après ta mort, ils ont abjuré ta religion.
Je dirai alors:
-Qu'ils soient exterminés! Qu'ils soient exterminés!
(at Tirmidhi , Hadith 326).
Buraydah ibn al-Hasib raconte qu’un matin, l’envoyé d'Allah a appelé Bilal et a dit:
-Qu’as tu fait pour atteindre le paradis avant moi? Je ne suis jamais entré au paradis sans entendre
devant moi le bruit de ses parures devant moi.
Il répondit:
-Ô envoyé d'Allah! Je n’ai jamais appelé pour la prière sans prier deux raka, et aucune impureté ne
m’a touché sans que j’ai accompli mon ablution aussitôt en pensant que je devais à Allah deux raka.
L’envoyé d'Allah a dit:
-Alors, c’est à cause de cela.
(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith
200).
72
Nazal ibn Sabra a dit que lorsqu’il était avec Ali dans la cour , l’eau fut apportée dans un pot en
terre cuite pour lui. Il a pris de l’eau dans la paume de ses mains, se lava les mains, rinça sa bouche ,
se nettoya le nez avec l’eau, se rinça la figure, les mains, la tête. Ensuite, il se leva et but l’eau. Alors
il déclara:
-C’est l’ablution d’une personne qui est en état de pureté. J’ai observé l’envoyé d'Allah faire ses
ablutions de cette façon.
Les ablutions majeures nécessitent un minimum d’intimité, puisqu’on s’y frotte les organes
génitaux, puisqu’on s’y met un doigt dans le derrière, que cela fasse du bien ou pas, telle
n'est pas la question. Les ablutions mineures, elles, au contraire, sont pratiquées au grand
jour, devant tous, avec emphase souvent, quand il faut démontrer sa grande piété.
(Muslim, Sahih 2/509).
72
La cour de la mosquée de Kufa.
45
73
Umm Hâni bint Abu Tâlib a dit : "L'année de la conquête de La Mecque , je me rendis chez le
prophète et le trouvai en train de faire ses ablutions majeures, tandis que sa fille Fâtima le dérobait
aux regards à l'aide d'une robe".
(Muslim, Sahih 2/511).
Maymûna a dit :
-Un jour, j'apportai de l'eau au prophète (pour qu'il s'en serve dans ses ablutions majeures) et
pendant qu'il se lavait, je le cachais des regards.
(Muslim, Sahih 2/554).
Abu Al Juhaym ibn Al Hârith ibnSamma Al Ansâri a dit :
-L'envoyé d'Allah s'avançait de la direction de Bir Jamal, lorsqu'il fit la rencontre d'un homme qui
le salua. Le prophète ne lui rendit pas le salut, jusqu'à ce qu'ayant touché un mur, il passa (de la
terre du mur) sur son visage et ses mains, puis il lui rendit le salut.
(An Nawawi, Hadith 438).
-Ô messager d’Allah! Parle-moi maintenant des ablutions!
Il dit:
-Il n’est pas quelqu’un d’entre vous qui apprête l’eau de ses ablutions, puis se rince la bouche,
aspire l’eau avec ses narines puis la rejette en soufflant, sans que tombent les péchés de son visage,
de sa bouche et de ses narines. Puis, quand il se lave le visage comme Allah le lui a ordonné, tous
les péchés de son visage tombent avec l’eau par les extrémités de sa barbe. Puis, quand il se lave les
mains jusqu’aux coudes, les péchés de ses mains tombent par les bouts de ses doigts. Puis, quand il
passe ses mains mouillées sur sa tête, les péchés de sa tête tombent par les extrémités de ses cheveux
en même temps que l’eau. Puis il se lave les pieds jusqu’aux chevilles et les péchés de ses pieds
tombent avec l’eau par les bouts de ses orteils. Puis, quand il se lève pour prier, loue Allah le TrèsHaut, Le remercie et Le glorifie comme il se doit en n’ayant de pensée dans son cœur que pour
Allah le Très-Haut, il sort alors libéré de tous ses péchés tel que sa mère la mis au monde.
(Ibn Maja, Hadith 1/271).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Allah n’accepte pas de prières sans purification.
(Ibn Maja, Hadith 2/805).
L’envoyé d’Allah priait pour être purifié de ses péchés.
(Ibn Maja , Hadith 1/282).
73
Conquête de La Mecque, en 630.
46
L’envoyé d’Allah a dit :
-Se gargariser la bouche et renifler avec de l’eau fait partir les péchés de la bouche et du nez.
L’ablution navale.
(Malik, Muwatta 43).
… un homme venu trouver l’envoyé d’Allah lui dit :
-Ô l’envoyé d’Allah, naviguant en pleine mer, nous ne portions que peu d’eau avec nous ; ainsi, si
nous nous en servions pour les ablutions, nous n’avions plus de quoi boire ; devrions-ous donc
utiliser cette eau pour les ablutions ?
Il lui répondit : l’eau de mer est purificatrice, et la prendre est licite.
(Muslim, Sahih 495).
D'après Jabir ibn abd Allah , la délégation de Thaqif demanda au prophète:
-La région où nous vivons est froide, comment devons-nous faire pour accomplir nos ablutions
majeures?
- Quant à moi, répondit le prophète, je répands l'eau à trois reprises sur ma tête.
L’ablution servile.
L’esclave est un être imparfait et fautif par excellence. Le hadith le présente dans une
étrange séance de purification, qui devient presque morale, puisque ce sont ses
manquements qui disparaissent en même temps que la souillure. Les serviteurs étaient sans
doute moins disponibles que d’autres pour les prières et purifications, et il fallait les y
encourager.
(Malik, Muwatta 62).
Lorsqu’un serviteur croyant se rince la bouche en faisant ses ablutions, ses fautes sortent de sa
bouche. Lorsqu’il aspire l’eau par ses narines et la rejette, ses fautes sortent de son nez. Lorsqu’il se
lave le visage, ses fautes sortent de son visage et même du bord de ses paupières. Lorsqu’il se lave
les mains, ses fautes sortent de ses mains, même du dessous de ses ongles.74 Lorsqu’il se frotte la
tête, ses fautes sortent de sa tête et même de ses oreilles. Lorsqu’il se lave les pieds, ses fautes
sortent de ses pieds, et du dessous de ses ongles...
(Muslim, Sahih 348).
Selon Abu Hurayra, le prophète a dit:
-Que celui qui se nettoie les orifices naturels du corps après les besoins naturels en usant de l'eau
ou de la terre, le fait à un nombre impair et que celui qui fait ses ablutions rejette l'eau qu'il a
aspirée par les narines.
74
W. Arafat, "Pare your nails: a study of an early tradition", Stud. Memory M.M. Bravmann,
Columbia 1979.
47
(An Nawawi , Hadith 726).
Selon Abu Hurayra , le messager d’Allah a dit:
-Quand vous vous habillez et quand vous faites vos ablutions, commencez toujours par les membres
droits.
La purification est un processus long, qui fait perdre beaucoup de temps, et la doctrine peut
alors la placer en premier dans les actes de foi, dont elle est le préalable.
(An Nawawi, Hadith 25).
D’après Abu Malik Al Ashari , le messager d’Allah a dit :
-La pureté rituelle représente la moitié de la foi, remplit la balance, remplit tout l’espace entre les
cieux et la terre. L’aumône est une preuve. Le Coran est un argument pour ou contre toi : Tous les
hommes prennent le matin le chemin , il en est qui vend son âme et qui l’a ainsi affranchie ; et il en
est qui la condamne à sa perte éternelle.
(Muslim, Sahih 346).
Abd-Allah ibn Zayd
transmet que
quelques gens lui demandèrent de leur montrer comment
l'envoyé d'Allah faisait ses ablutions. On lui apporta alors un bassin d'eau et lui de faire les
ablutions comme suit: il versa de l'eau sur ses deux mains qu'il lava trois fois. Ensuite, il introduisit
sa main dans le bassin, y puisa de l'eau dans le creux de sa main, se rinça la bouche et aspira l'eau
par le nez, le tout à trois reprises. Plongeant de nouveau sa main dans le bassin, il y puisa de l'eau
pour se laver le visage trois fois; puis puisant de nouveau de l'eau dans le bassin, il lava ses mains
chacune deux fois jusqu'aux coudes. Ceci fait, il puisa encore de l'eau et passa sa main sur la tête en
allant d'avant en arrière; enfin, il se lava les pieds jusqu'aux chevilles et dit:
-Telles étaient les ablutions du prophète.
Les talons.
(Muslim, Sahih 354).
Abd-Allah ibn Amir a dit: à notre retour de La Mecque vers Médine en compagnie du prophète,
passant auprès d'une source d'eau; peu avant la prière de asr, quelques-uns firent leurs ablutions à
la hâte. Quand nous les rejoignîmes, nous nous rendîmes compte qu'ils ne s'étaient pas lavés les
talons, le prophète dit:
-Malheur aux talons lorsqu'ils seront exposés au feu de l'Enfer! Parachevez vos ablutions!
Orthopraxie pseudohygiénique.
(Malik, Muwatta 32).
-Peux-tu me montrer comment l’envoyé d’Allah faisait ses ablutions ?
Abdullah répondit :
-Certes oui !
48
Il fit apporter de l’eau, versa sur ses deux mains, les lava deux fois, se rinça la bouche, fit rentrer de
l’eau dans son nez en la reniflant par trois fois, puis se lava le visage trois fois, et les bras jusqu’au
coude deux fois, puis il se frotta la tête avec les deux mains, en les faisant passer d’avant en arrière,
puis d’arrière en avant, et en commençant par le sommet de la tête, allant vers l’occiput, enfin se
lava les pieds.
(Ibn Maja, Hadith 1/283).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Quand on s’est rituellement lavé les mains et le visage, les péchés tombent par terre et s’en vont.
Problème de savoir ce qui doit être fait de l’eau: peut-elle servir à nouveau? Tout dépend du statut de l’eau,
qui peut être soit l’agent purificateur, soit le véhicule de la souillure. Les deux récits qui suivent sont en fait
contradictoires, sur les détails qui dans cette situation deviennent essentiels.
(Muslim, Sahih 2/486).
Le récit de Maymûna, femme du prophète : ibn 'Abbâs a dit : "Maymûna m'a informé qu' elle faisait
les ablutions majeures avec le prophète en puisant l'eau dans un même vase".
(Muslim, Sahih 2/487).
ibn 'Abbâs, a dit : Le prophète faisait ses ablutions majeures avec l'eau restante de Maymûna, une
fois celle-ci ayant terminé les siennes.
(Muslim, Sahih 2-/89).
D'après Anas, le prophète se lavait avec cinq makûk d'eau
75
et faisait ses ablutions avec un seul
makûk.
(Muslim, Sahih 2/493).
Selon Jubayr ibn Mut'im, étant chez l'envoyé d'Allah, les croyants discutèrent au sujet des ablutions
majeures . L'un d'eux dit :
-"Je me lave la tête tant et tant de fois".
L'envoyé d'Allah lui répondit :
-"Quant à moi, je répands sur ma tête trois poignées d'eau".
(Muslim, Sahih 2-502).
Selon Aïsha, Umm Habîba bint Jahsh vint dire au prophète : "Je souffre de pertes de sang en
dehors de mes règles".
- "Cela provient d'une veine (IRK) , ce ne sont point tes règles, lui répondit le prophète, lave-toi donc
et fais la prière". En conséquence, elle se lavait avant chaque prière.
75
Un makûk équivaut à deux poignées.
49
La femme doit jeûner pendant un nombre de jours équivalant à celui des jours où elle n'a pas jeûné
au ramadan (à cause de ses règles), mais elle ne doit pas faire les prières manquées durant ces jours
Mythologie biblique.
Ceux qui sont visés sont peut-être davantage les Arabes païens que les Israélites de la
légende.
(Muslim, Sahih 2/513).
D'après Abu Hurayra, le prophète a dit : Les Israélites se lavaient tout nus, les uns regardant les
parties intimes (FURUJ) des autres; tandis que Moïse se mettait à l'écart pour se laver.
76
-"Par Allah, dirent les Israélites , ce qui empêche Mûsa de se laver parmi nous, c'est qu'il a une
varicèle".
Un jour que celui-ci était allé se laver, il posa ses vêtements sur une pierre. Celle-ci s'empara de ses
vêtements et s'enfuit et Mûsa de se mettre à sa poursuite, en criant :
-Pierre, mon vêtement! Pierre, mon vêtement!
La pierre s'arrêta et c'est alors que les israélites purent voir les parties intimes de Mûsa; ils dirent
alors :
-Par Allah! Mûsa n'a aucune infirmité.
Il reprit son vêtement et se mit ensuite à frapper la pierre. Abu Hurayra ajouta : Par Allah! Ces
coups imprimèrent sur la pierre six ou sept marques.
(Muslim, Sahih 2/498).
Le récit de Aïsha : D'après 'Ubayd ibn 'Umayr, Aïsha a entendu dire que Abdullah ibn 'Amir a
ordonné aux femmes de dénatter leurs cheveux en faisant les ablutions majeures. Aïsha s'exclama
alors :
-"Qu'il est étrange ibn 'Amir! Il ordonne aux femmes de dénatter leurs cheveux en faisant les
ablutions majeures! Pourquoi ne leur ordonne-t-il pas également de se raser les cheveux?! Quant à
moi, je faisais mes ablutions majeures avec le prophète en puisant l'eau dans le même vase que lui,
et je ne faisais (pour laver mes cheveux) que répandre l'eau à trois reprises sur ma tête".
Un oubli.
77
(Bukhari, Sahih 65/ 316).
Le prophète a mangé la viande d'une épaule, puis il est sorti et a fait la prière sans ablution.
Chasse au mucus.
78
(Bukhari, Sahih 54/ 516).
76
Le nom des Juifs tiré des sourates de la période dite “mecquoise”: quand Muhammad utilise la
tradition des Fils d’Israël pour convaincre.
80
M.J.Kister, "Pare your nails: a study of an early tradition", Stud. Memory M.M. Bravmann, Columbia
1979.
50
Le prophète a dit :
- Si l'un d'entre vous se réveille et pratique les ablutions, il devra se laver le nez en y mettant de
l'eau et en la soufflant trois fois parce que Satan s'est caché dans la part supérieure du nez toute la
nuit.
8
Jihad contre les poils
Mon royaume pour un rasoir!
L’islamisme déteste les infidèles, chrétiens, juifs, athées, païens, apostats etc… Mais il
déteste aussi, avec la même frénésie, un ennemi plus intime, toujours proche, le poil. Oui, la
Sunna est un peu comme un magazine féminin de avril-juin, à se préoccuper des aisselles et
du maillot. Chasse aux oursins et aux araignées, donc.
La pilosité humaine est dans les diverses cultures humaines l’enjeu de rudes combats et l’on
devine que derrière ces luttes d’influences se profile la question de l’animalité de l’homme, et
de la femme, leur caractère démoniaque et sauvage. Dans la doctrine islamique vue ici, la
question de l’épilation est associée à la bizarre notion de fitra, sorte de nature humaine, qui
fait alors que le non-épilé n’est pas vraiment humain… Alors là, on ne rigole plus du tout.
51
S’ajoute aux débats la question plus prosaïque des parasites qui aiment à s’abriter dans les
toisons les plus diverses. Dans ce domaine encore, hommes et femmes sont distingués. Les
premiers cultivent leurs poils et s’en font des barbes augustes, indices de virilité et d’autorité,
et tant mieux si leur hirsutisme fait peur aux ennemis, leur rendant un air farouche. Cela
dit, même si le poil et le cheveu (à un certain degré, ils reviennent au même) poussent de
partout, sur le prophète comme sur ses affidés, il ne doit pas être laissé en broussaille, et la
floraison pileuse n’empêche pas la coquetterie; on dispense aussi des conseils cosmétiques. A
la fin, la rude virilité se mêle à une étrange tendance à l’afféterie sur soi-même et son
apparence, qui fait remonter vite vers l’univers féminin tel qu’il s’imagine, et vers l’autoérotisme. Pour résumer: poilu et viril, oui, mais mignon. Ou bien vous la jouez barbe courte
mais visible, taillée au poil juste, comme notre ami Ramadan.
Les secondes, les femmes, doivent contrôler la pousse par tous les moyens, comme si le poil
était impur, ou favorable à l’impureté, puisqu’il se rapproche des orifices.
Rappelon que les poils humains servent avant tout à conserver les odeurs corporelles et
sexuelles, et secondairement, de protection, et de régulateur thermique.
Dans l’islamisme, le poil a d’autres fonctions encore, par sa présence ou son absence: il veut
distinguer les gens les uns les autres. La distinction touche, on l’a vu d’abord les hommes et
les femmes, dont les poils sont un signe d’impureté donc d’infériorité, mais aussi les jeunes et
les vieux, et pour finir, les musulmans pieux du reste du monde, et des infidèles. D’où la
production de récits étonnants, qui enjoignent les croyants à une coupe de barbe précise,
pour se distinguer surtout des Byzantins et des Perses. Le résultat est l’allure connu des
salafistes, la longue barbe et la moustache rasée, ce qui aboutit à un résultat saugrenu, et
plutôt simiesque, ironie pour ceux qui se veulent justement par leur foi et leur pratique
comme l’aboutissement du genre humain. La barbe est alors un étendard. Ne parle-t-on
pas, pour désigner l’engeance, de barbus?
La barbe prophétique, exemplaire, est l’objet d’un véritable culte: elle est décrite comme
ample, ou fournie (KATHIR) , épaisse (DAKHM) , grande (AZIM) . Il y a là aussi
compétition, car tout prophète se doit d’être barbu, et plutôt bien. Il faut donc que celle de
Muhammad soit encore mieux, plus belle, plus grande, plus majestueuse, dans un domaine
où la compétition devait être rude: on imagine sans peine la pompe des appareils pileux
d’Abraham et de Moïse, qui en imposaient tant aux Hébreux.
Le sujet est propice aux surprises: y apparaissent alors les rasoirs, mais aussi les crèmes
dépilatoires, dont aurait usé même le prophète en personne, et aussi, de teintures, du henné,
déjà, et de gomme de coiffage, de peigne.
On espère que cela n’était que sur le pubis: sinon, sur les muqueuses génitales, cela devait
faire très mal. Ici, le rasage ou l’épilation des hommes s’opère pour des raisons rituelles,
comme l’entrée dans un sanctuaire. L’usage d’une crème sonne comme un anachronisme, et
correspond davantage à une culture plus urbaine et raffinée, celle de Bagdad, plutôt que
chez nos rudes bédouins.
Mais bien sûr, les raison véritables et inavouables de la haîne du poil est la volonté de priver
une multitude de parasites de leur habitat naturel. L'hygiène bédouine n'est pas la plus
réputée, et les poux et morpions se plaisaient sur les corps. Sans compter que la présence des
petites bêtes poussaient les pieux personnages aux irritations et grattages, qui étaient peu
adaptées à la retenue gestuelle que l'on attend de pèlerins...
52
79
(Dawud, Hadith 1/ 248).
L'envoyé d'Allah a dit :
Il y a de la souillure sexuelle sous chaque poil donc lavez les poils et nettoyez la peau.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 523)
Quand l’apôtre d'Allah appliquait une crème dépilatoire sur ses organes génitaux , il le faisait de sa
propre main.
(...)
Le prophète a dit qu’il était naturel de se couper les ongles80, la moustache et les poils du pubis.
(Tabari , Histoire des prophètes et des rois VI 15753).
81
Les deux hommes vinrent auprès de l'apôtre et Babawayh lui dit que le Shahansha
82
Khosroès avait
écrit au gouverneur Badhan lui ordonnant d'envoyer des hommes pour le ramener (...) : mais s'il
refusait de venir , il saurait quelle sorte d'homme il était: il détruirait son peuple et viderait son pays.
Ils arrivèrent en présence de l'apôtre avec des barbes rasées et de longues moustaches , de telle
manière qu'il ne put supporter de les regarder. Il avança vers eux et dit:
-Qui vous a ordonné de faire cela?
Ce à quoi ils répondirent:
-Notre seigneur (évoquant Khosroès).
L'apôtre répondit:
-Mais moi , mon seigneur m'a ordonné de laisser pousser ma barbe , très longue et de me couper la
moustache.
83
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 337-8).
On demandait à Ali des détails sur l'extérieur du prophète. Alî dit :
-Il était de taille moyenne, ni très grand, ni très petit. Son teint était d'un blanc rosé : ses yeux
étaient noirs : ses cheveux, épais, brillants et beaux. Sa barbe, qui entourait tout son visage, était
bien fournie. Les cheveux de sa tête étaient longs et lui allaient jusqu'aux épaules : ils étaient noirs.
Son cou était blanc. Il avait depuis la poitrine jusqu'au nombril une ligne noire de poils si mince,
81
Ed. State of New York University.
La pilosité pubienne est éliminée au moment des phases de purification. Ainsi, Muhammad est
par nature pur, puisque son épilation est naturelle et définitive.
85
53
84
qu'on aurait dit qu'elle avait été tracée avec un kalam. Il n'y avait point d'autres poils sur la partie
inférieure de son corps.85
(Bukhari, Sahih 62/ 174).
86
Le prophète a dit (à un jeune marié qui rentrait avec lui d'une expédition) :
- Attends la tombée de la nuit avant de rentrer chez toi, que la femme dont les cheveux sont en
désordre puisse se coiffer et que la femme dont l'époux (ZAWJ) était parti puisse se raser les poils
pubiens.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 506-523).
Les cheveux de l’apôtre d'Allah atteignaient les épaules.
(...)
Ses cheveux dépassaient les lobes des oreilles.
(...)
Ses cheveux tombaient au milieu des oreilles.
(...)
L’apôtre d'Allah avait une mèche de cheveux qui couvrait ses oreilles.
(...)
J’ai vu l’apôtre d'Allah : il avait 4 mèches de cheveux.
(...)
L’apôtre d'Allah peignait ses cheveux et ordonnait aux autres de se peigner et a interdit que les
cheveux retombent sur le cou.
(...)
-L’apôtre d'Allah teignait-il ses cheveux?
87
-Allah ne l’a pas touché de la disgrâce des cheveux gris. Il n‘avait pas de cheveux à teindre.
(...)
Le nombre de cheveux gris ne dépassait pas 20.
(...)Sur ses cheveux et sa barbe, le nombre n’était que de 17 ou 18 poils blancs.
(...)
Il y avait à peine un poil blanc dans sa barbe.
(...)
S’il mettait de l’huile dans ses cheveux, ils n’étaient plus visibles.
(...)
87
G.H.A. Juynboll, "Dyeing the hair and beard in early Islam: a hadith-analytical study," Arabica
33/1986.
54
Le prophète a dit:
-Celui qui a des cheveux gris dans l’islam verra la lumière le jour de la résurrection.
(...)
Les poils gris étaient sur le front et sous son menton.
(...)
-L’apôtre d'Allah se teignait-il les cheveux?
-Oui.
(...)
Les cheveux du prophète dépassaient les lobes des oreilles et ils étaient teints au henné.
(...)
L’apôtre d'Allah a dit:
-Teigniez vous les cheveux gris, mais ne ressemblez pas aux juifs.
(...)
Les ansar sont venus auprès du prophète et leurs cheveux et barbes étaient devenus gris. Alors il
leur ordonna de changer leur couleur. Ils le firent, entre le rouge et le jaune...
(...)
Le prophète a interdit la teinte des cheveux en noir.
88
(Bukhari, Sahih 72/ 796).
J’ai vu l’apôtre d’Allah avec ses cheveux collés par de la gomme.
(at Tirmidhi, Les vertus et le noble caractère de l’envoyé d'Allah, Hadith 30).
Umm Hani a raporté : j’ai vu l’envoyé d'Allah avec quatre boucles dans les cheveux.
89
(Bukhari, Sahih 5/ 256).
Al Hasan m’a dit:
-Je suis un homme poilu.
Je lui ai répondu:
-Le prophète était plus poilu que toi.
90
91
(at Tirmidhi, La description de Muhammad 3).
Les cheveux du prophète.
91
SHAMAIL AL MUHAMMADIYYAH; trad. A. Rumaysa.
55
Les cheveux du prophète atteignaient la moitié de ses oreilles... Moi et l’envoyé d'Allah nous
utilisions pour notre bain le même bassin , et ses cheveux étaient au dessus de ses épaules et en
dessous des lobes de ses oreilles.
(...)
J’ai demandé à Anas:
-Comment étaient les cheveux de l’envoyé d'Allah?
-Ils n’étaient ni bouclés ni complètement raides, et ils atteignaient le lobe des oreilles.
(...)
L’envoyé d'Allah arriva à la Mecque à un moment, et il avait 4 nattes.
(...)
L’envoyé d'Allah laissait retomber ses cheveux, alors les polythéistes avaient coutume de séparer
leurs cheveux. Le peuple du livre laissait retomber ses cheveux et il a voulu se conformer à cet usage
parce qu’il n’avait pas eu d’ordre à ce sujet. Après cela, l’envoyé d'Allah se mit à séparer ses
cheveux.
(at Tirmidhi, La description de Muhammad 4).
L’envoyé d'Allah soignait ses cheveux.
Il a demandé à l’envoyé d'Allah:
-J’ai les cheveux qui atteignent les cheveux. Dois-je m’en occuper?
-Oui, et honore-les.
Aïsha a dit:
-Je peignais les cheveux de l’envoyé d'Allah alors que j’avais mes règles.
(...)
Souvent, l’envoyé d'Allah huilait ses cheveux, peignait sa barbe, et portait un voile quand il huilait
ses cheveux au point que son habit était comme celui des marchands d’huile.
(...)
Souvent, l’envoyé d'Allah huilait ses cheveux, peignait sa barbe, et portait un voile et il aimait
commencer sur le côté droit pour se nettoyer, quand il se peignait ou quand il mettait ses
chaussures.
(at Tirmidhi, La description de Muhammad 5).
Les cheveux blancs de l’envoyé d'Allah.
J’ai demandé à Anas:
-L’envoyé d'Allah se teignait-il les cheveux?
Il a répondu:
-Il n’allait pas jusque là: il y avait parfois quelque chose sur ses tempes; d’ailleurs, Abu Bakr se
teignait les cheveux avec du henné et du katam.
56
(...)
J’ai compté 14 poils blancs sur la tête et dans la barbe de l’envoyé d'Allah.
Quand il huilait ses cheveux, on ne voyait aucun cheveu blanc, mais quand il ne le faisait pas,
quelques uns étaient visibles.
(...)
Les cheveux blancs de l’envoyé d'Allah étaient seulement environ 20.
(An Nawawi, Hadith 1204).
Selon Aïsha , le messager d’Allah
a dit:
-Dix actes font partie de la fitra:
Se tailler la moustache.
Respecter l’intégrité de la barbe.
Se frotter les dents.
Se laver les narines par aspiration d’eau et son rejet.
Se couper les ongles.
Se laver les nodosités des doigts.
S’arracher les poils des aisselles.
Se raser le bas-ventre et se laver le méat urinaire et l’anus.
Le narrateur ajoute: J’en ai oublié le dixième, à moins qu’il ne s’agisse du rinçage de la bouche.
(ibn Kathir, Histoire des Prophètes 6/21).
Cinq règles concernent la tête et cinq autres le reste du corps. Pour la tête, il y a la taille des
moustaches, le rinçage de la bouche, le brossage des dents, l'inhalation d'eau dans les narines, le fait
de démêler les cheveux. Pour le corps, c'est la coupe des ongles, le rasage du pubis, la circoncision,
l'épilation des aisselles, le nettoyage avec de l'eau après la défécation et la miction. (...)
Il y a dix règles d'entretien du corps selon la fitra...
(Bukhari, Sahih 79/51).
La fitra exige cinq choses: la circoncision, l'épilation du pubis,
l'épilation des aisselles, la taille des moustaches, le fait de se rogner les ongles.
92
(Malik, Muwatta 1709).
Abu Hurayra a dit :
-Cinq gestes font partie de la fitra : se rogner les ongles, se tailler la moustache, s’épiler les aisselles,
se raser le pubis, et la circoncision.
95
Des sortes d'outres.
57
9
Nettoyage à sec
Du bon usage des pierres
Le sujet ne paraît pas d’importance pour le lecteur vivant dans un milieu tempéré, et un environnement urbain
et plutôt aseptisé. Mais pour le brave bédouin, (ou la bédouine), étant donné les conditions matérielles de son
existence, les prescriptions cathartiques peuvent aboutir à des catastrophes, parce qu’elles mettent en jeu le
moyen habituel de purification, l’eau, l’eau pure, l’eau claire, qui n’est pas forcément répandue, en Arabie, et
que l’on préfère boire plutôt que perdre en d’imbéciles lustrations. Si l'islamisme s'était développé sur la
banquise, ou dans l'Amazonie, on se serait torché avec de la neige, de la glace, ou de belles feuilles ou des
pelisses de singes, et tout aurait été changé.
Alors les crânes d’œuf qui ont inventé la doctrine islamique ont voulu propager une autre manière de se
nettoyer, de se torcher et de s’asperger : avec du sable, ou tout autre élément sec : la purification dite
“pulvérale”, (TAYAMMUN). Bien entendu, l’abandon de l’eau modifie la portée et l’apparence du rituel.
Dans l’extrémité du raisonnement, même de la terre, ou de la poussière, quelque poudre de remugles
pourraient servir, et ainsi, le fidèle se nettoyerait avec de la saleté, simple.
Ceci confirme, une fois de plus, que la purification n’a rien à voir avec l’hygiène, et que même elle peut lui être
opposée, comme dans le cas où les fidèles se partagent l’eau de leurs lustrations, mêlant la crasse de chacun
avec celle de tous.
58
La trace de ce comportement est visible dès le corpus coranique, qui, on le voit encore, a des préoccupations
très pratiques. L’origine apocryphe de telles prescriptions ne fait pas de doute.
La Tradition a inventé plusieurs circonstances pour cette disposition de circonstances, au
gré de la fantaisie normative des traditionnistes.
Ce serait d’abord une expédition de pillage de l’année 627, au cours de laquelle les
combattants eurent recours au sable pour remplacer l’eau. Nécessité fait loi, quand ce n’est
pas la sharia qui fait la loi…
L’autre a quelque chose de misogyne, et a trait à la vie quotidienne des femmes de Médine. On a imaginé la
scène avec une esclave, pour ne pas compromettre les Mères des Croyants ! Notons d’ailleurs qu’elle n’est pas
nommée en tant que telle.
La pauvre est allé aux latrines de Médine, qui devaient être des endroits repoussants, sales comme on ne peut
l’imaginer, si sales qu’on ne voudrait pas y marcher. Les femmes couvertes de tissus pouvaient laisser trainer
des pans de leurs couvertures, voire même trébucher dans l’ordure. Il devenait indispensable de se protéger
contre les traces d’immondices.
Une autre encore concerne Aïsha, et le contexte de la calomnie qui la concerne, et l’on notera que le texte, bien
prude, n’ose pas évoquer l’idée qu’Aïsha ait envie de faire ses besoins. Tout est dans le non-dit et le
malentendu…
Le corpus de Bukhari comporte de nombreux détails sur la question, qui met une lumière crue sur les
conditions de vie d’autrefois et ses lacunes dans le domaine hygiénique. Toutes les argumentations sont
proposées, y compris une qui intègre la prétention à la conquête universelle…
Mais il ne répond pas à une question que tout pieux doit se poser: une pierre ayant servi au torchage de cul
peut-elle ensuite servir à une lapidation? ou bien, à l'inverse, une pierre à lapider peut être servir au torchage?
Est-ce possible si la pierre n'a pas touché son but, au moins? Si elle est maculée de sang, est-ce que l'usage est
totalement interdit? Le sang du lapidé est-il souillé si le lapidé est une lapidée? Et si elle était en période de
menstruation, vraiment que peut-on faire?
(Corpus coranique d'Othman 4/46).
Ô vous qui croyez !, n'approchez point de la prière, alors que vous
êtes ivres, avant de savoir ce que vous dites !
93
N'en approchez pas en état de pollution - exception faite pour ceux qui font route -, avant de vous
être lavés!
94
Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous vient du lieu secret
ou si vous avez caressé
vos femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, recourez à du bon sable et passez-vous-en sur le
visage et les mains!
Allah est indulgent et absoluteur.
N'as-tu point vu ceux à qui a été donnée une part de l'Écriture ?
Ils achètent l'égarement pour eux-mêmes et veulent que vous vous égariez avec eux, en chemin.
Allah connait bien vos ennemis.
Combien Allah suffit comme patron et combien il suffit comme auxiliaire!
(Malik, Muwatta 47).
L’esclave mère d’Ibrahim ibn Abdul Rahman a demandé à Umm Salama, la femme du prophète :
59
-Je suis une femme qui marche dans des lieux immondes et laisse l’extrémité de mon vêtement
traîner. Dois-je faire les ablutions lorsque je vais prier ?
- L’envoyé d’Allah a dit : le sable débarrasse les vêtements de toute impureté.
(Muslim, Sahih 2/552).
D'après 'Ammâr, Shaqîq a dit : J'étais assis avec 'Abdallâh et Abu Mûsa Al Ashâri. Abu Mûsa lui dit
:
-"Ô Abu 'Abdurrahmân! Si un homme est en état d'impureté majeure et qu'il ne trouve pas d'eau
durant un mois, comment fera-t-il pour accomplir la prière?".
- "Il ne doit pas faire les ablutions à sec, même s'il ne trouve pas d'eau pendant un mois", répondit
'Abdallâh.
- "Et alors, reprit Abu Mûsa, comment conçois-tu ce verset de la sourate Al Mayda : et que vous ne
trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure..., répliqua Abu Mûsa.
- "Si, répliqua 'Abdallâh, on admet cette tolérance, on se hâtera, quand l'eau est froide, de faire les
ablutions à sec", dit 'Abdallâh.
Abu Mûsa reprit : "N'as-tu pas entendu ce que 'Ammâr avait dit : "L'envoyé d'Allah m'a expédié en
mission pour une affaire. Comme je me suis trouvé en état d'impureté majeure et que je n'ai pas
trouvé d'eau, je me suis mis à se vautrer sur la terre tel le fait une bête. De retour, lorsque j'ai
raconté la chose au prophète, il m'avait dit :
-"Il t'aurait suffi de faire ceci".
Et, ce disant, il frappa le sol de ses paumes une seule fois, puis frotta l'une contre l'autre; puis les
revers de ses mains et son visage".
(Bukhari, Sahih 12/7/1).
et de ces paroles du Coran : Si vous ne trouvez point d'eau, faites la lustration pulvérale ait moyen d'un
sable fit pur et frottez-vous en le visage et les mains.
Aïsha, la femme du prophète a dit: Nous étions partis avec le prophète pour une de ses expéditions
quand, arrivés à al Baydà ou à Dhat al Jaysh, je perdis le collier que je portais. Le prophète fit halte
pour le rechercher, et tout le monde s'arrêta également. Comme on n'était pas à un point d'eau, les
fidèles vinrent trouver Abu-Bakr as Siddiq et lui dirent :
-Ne vois-tu pas ce que vient de faire Aïsha; elle a obligé l'envoyé d'Allah à s'arrêter et nous ne
sommes pas à un point d'eau et personne n'a apporté d'eau.
Abu Bakr alla trouver l’envoyé d'Allah qui, la tête posée sur ma cuisse, s'était endormi.
-Tu as retenu, me dit-il, l'envoyé d'Allah et tout le monde ici, et, nous ne sommes pas à un point
d'eau et n'avons pas d'eau avec nous. Abu Bakr, continua Aïsha, m'adressa tous les reproches qu'il
plut à Allah de lui laisser dire, puis de sa main il me frappa à la taille. La place qu'occupait le
prophète sur ma cuisse était la seule raison qui m'empéchait de bouger. L'envoyé d'Allah se leva le
lendemain matin et, comme on était sans eau, Allah révéla le verset de la lustration pulvérale et on
60
fit la lustration pulvérale
-Ô famille de Abu-Bakr, s'écria Usayd ibn Hudayr, ce n'est pas la première faveur céleste que vous
attirez sur nous.
-Alors, ajouta Aïsha, nous fimes lever le chameau qui me servait de monture et nous trouvâmes le
collier sous l'animal.
Jabir ibn Abdallah nous a informé, rapporte Yezîd, que le prophète a dit:
-J'ai reçu cinq faveurs que personne n'avait reçues avant moi: j'ai dû à la terreur que j’ inspirais la
victoire sur un parcours d'un mois de marche. Toute la terre m'a été donnée comme oratoire et la
terre m'est aussi un moyen de purification un homme quelconque de ma nation peut prier partout
où il est atteint par l'heure de la prière. Il m'est permis de m'emparer du butin, ce qui n'a été permis
à aucun autre avant moi. J'ai reçu le droit d'intercession. Enfin, les autres prophètes n' étaient
envoyés qu'à leur peuple d'une façon spéciale, tandis que moi j'ai été envoyé vers l'humanité tout
entière.
(Bukhari, Sahih 12/7/2).
Urwa rapporte d'après Aïsha que celle-ci ayant emprunté un collier à Asmà le perdit. L'envoyé
d'Allah le fit chercher par un homme qui le trouva. Mais l'heure de la, prière était venue et l'on
n'avait pas d'eau. On pria néanmoins, puis on se plaignit à l'envoyé d'Allah. Alors le Très-Haut
révéla le verset relatif à la lustration pulvérale. Usayd ibn Hudayr, à cette occasion, dit à Aïcha :
- Allah te récompense en bien, car, par Allah! il ne m’ est jamais arrivé une chose déplaisante sans
que Allah n'en ait fait quelque chose de bon pour toi et pour les musulmans.
(Bukhari, Sahih 12/7/3).
'Ata' en a parlé et El-Hasan a dit que le malade qui, ayant de l'eau dans son voisinage, ne trouve
personne pour la lui apporter, peut faire la lustration pulvérale. Ibn Omar revenant de son pays se
trouvait à El-Jaraf , quand l'heure de la prière de l'après-midi arriva, il était dans un parc à bestiaux.
Il y fit sa prière et entra ensuite à Médine alors que le soleil était haut sur l'horizon, mais il ne
recommenra point sa prière.
El Araj rapporte qu'il entendit Umayr, affranchi de Ibn-Ubàs dire: Je marchais avec 'Abdallah ibn
Yasàr, affranchi de Maymuna, femme du prophète, jusqu'à ce que nous entrâmes chez Abu Juhaym
ibn al Harith ibn Es-Simmî-El-Ansàri. Abu-Juhaym dit: Le prophète s'avançait dans la direction de
Bir Jamal lorsque un homme le rencontrant le salua. Le prophète ne lui rendit pas son salut, mais,
arrivé au mur, il se frotta le visage et les mains puis il rendit le salut.
(Bukhari, Sahih 12/7/4).
Abderahman a dit: Un homme vint trouver 'Omar ibn El
Khattab et lui dit: Je suis en état
d'impureté et je ne trouve pas d'eau. Alors Ammàr ibn Yàsir dit à Omar ibn El Khattàb :
61
-Te souviens-tu qu'un jour nous étions en voyage tous deux. Toi tu ne fis pas la prière, mais, quant à
moi, je me roulai dans le sable et priai. Quand je racontai la chose au prophète, celui-ci me dit: Il te
suffisait de faire ainsi.
Et, ce disant, le prophète frappa le sol avec ses mains, souffla dessus et se frotta ensuite la figure et
les mains.
(Bukhari, Sahih 12/7/5).
D'après Abderrahman quand Ammàr eut dit cela, Shuba frappa le sol avec ses mains, puis les
approcha de sa bouche pour souffler dessus, puis il se frotta le visage et les deux mains. Selon
Abderrahman, Ammàr a dit : Le sable fin pur forme ablution pour le musulman et fait office d'eau.
Abderrahman était témoin lorsque 'Ammar dit à Omar: Nous étions dans un détachement et nous
étions en état d'impureté, etc... et il se servit des mots il cracha dans ses mains m (au lieu de “il
souffla”).
D'après 'Abderrahman, 'Ammar dit à 'Omar : je me suis roulé dans la poussière et ensuite je suis
allé trouver le prophète qui me dit:
-Il suffisait du visage et des deux mains.
(...)
Suivant Abderrahman, 'Ammàr dit: Le prophète frappa le sol de sa main et s'en frotta le visage et
les deux paumes des mains.
(Bukhari, Sahih 12/7/6).
El-Hasan a dit: La lustration pulvérale suffit tant qu'il n'est pas survenu d’impuretés accidentelles;
et Ibn-'A bbâs dirigea la prière après une lustration pulvérale. - Yabya ibn SatAd a dit: Il n'y a aucun
inconvénient à faire la prière dans une sabkha et à se servir de sa poussière pour faire la lustration
pulvérale.
Imran a dit : « Nous étions partis en expédition avec le prophète et avions voyagé de nuit. Quand la
fin de la nuit arriva nous dormîmes d'un sommeil le plus agréable possible pour un voyageur et
nous ne fûmes réveillés que par l'ardeur du soleil. Les premiers qui se réveillèrent furent un tel, un
tel, un tel -Abu Rajà les a énumérés, mais Awf a oublié leurs noms - et un quatrième, 'Omar ibn El
Khattab. Quant au prophète s'il dormait personne de nous ne le réveillait et l'on attendait qu'il se
réveillât de lui-même. Nous ne savions pas, en effet, ce qui pouvait lui survenir au cours de son
sommeil.
Lorsque 'Omar, qui était un homme énergique, fut réveillé et qu'il vit ce qui venait d'arriver (Les
autres avaient oublié la prière) aux fidèles, il fit le tekbîr en élevant fortement la voix. Il ne cessa de
répéter le tekbîr en forçant toujours sa voix, jusqu'à ce que le bruit de sa voix réveillât le prophète.
Aussitôt qu'il fat éveillé on vint se plaindre à lui de ce qui venait de se passer:
-Il n'y a pas de mal - on cela ne nuira pas-, dit le Prophète, mettez-vous en marche. On se mit en
62
marche puis, après avoir fait un court trajet, le prophète s'arrêta et demanda de l'eau pour ses
ablutions. Il pratiqua ses ablutions; on fit l'appel à la prière et tout le monde pria avec le prophète.
lorsque la prière fut terminée on s'apercut qu'un des fidèles était resté à l'écart et n'avait pas prié.
- Ô un tel, dit le prophète, qu'est-ce qui t’a empêché de faire la prière avec les autres? - « J'étais en
état d'impureté, répondit l'homme, et je n'avais pas d'eau.
- Il fallait prendre du sable, répliqua le prophète, il aurait produit le même effet. Comme le
prophète poursuivait sa route, les fidèles se plaignirent de la soif. Il descendit alors de sa monture et
appela un tel. Abu-Rajà le nomme, mais 'Awf a oublié son nom; - il appela également 'Ali et dit à
tous deux: « Allez à la recherche de l'eau. Ils partirent et ils rencontrèrent une femme perchée sur
un chameau entre deux outres du genre mazàda ou sattha95, remplies d'eau.
-Où se trouve l'eau? demandèrent-ils.
- J'ai trouvé cette eau, répondit-elle, hier à pareille heure. Nos hommes sont partis et nous ont
laissées.
-Alors, reprirent-ils, marche!
-Vers quel endroit? répliqua-t-elle.
-Vers l'envoyé d'Allah, répondirent-ils.
-Ah ! vers celui qu'on appelle le sabéen, s'écria- t-elle.
- C'est bien celui que tu veux dire, ajoutèrent-ils. Ils se mirent donc en route et amenèrent cette
femme au prophète et lui racontèrent leur aventure. Qu'on fasse descendre cette femme de son
chameau, dit le prophète. Puis il fit apporter un vase et y versa l'eau des deux outres - mezàda ou
satiha - après en avoir ouvert les orifices qu'il referma ensuite. Il ouvrit après cela la partie inférieure
des outres et on appela tous les, fidèles qui firent boire et burent, chacun buvant et faisant boire
autant qu'il voulait. Enfin le prophète donna à l'homme qui avait annoncé être en état d'impureté
un vase plein d'eau, en lui disant : « Va et verse cette eau sur toi! La femme, debout, regardait ce
qu'on faisait de son eau.
-Eh bien! j'en jure par Allah, quand on cessa de prendre de l'eau, il nous sembla que les deux
outres étaient encore plus pleines qu'elles ne l'étaient avant qu'on y puisât. Le prophète dit alors
aux fidèles de faire une quête en faveur de cette femme. On réunit des dattes, de la farine et du
sawîq, au point de lui constituer un repas; on plaça le tout dans une pièce d’étoffe; on le chargea sur
le chameau de cette femme et on disposa le paquet devant elle.
-Tu vois, lui dit alors le prophète, que nous n'avons en rien diminué la quantité de ton eau et que
C'est Allah qui nous a abreuvés. La femme retourna dans sa famille et, comme elle avait tardé à
venir, on lui dit :
-Qu'est-ce qui t’a donc retenue, ô une telle?
- Une chose étrange, répondit-elle; deux hommes m'ont rencontrée, ils m'ont emmenée auprès de
cet homme qu’on appelle le sabéen, et celui-ci a fait telle et telle chose. Par Allah! c'est le plus grand
sorcier des hommes, ici ou ailleurs. Alors avec ses deux doigts, le médium et l'index, qu'elle éleva
63
vers le ciel, elle sembla dire: le ciel et la, terre, ou: certes, il est bien en vérité l'envoyé d'Allah. Par la
suite, les musulmans, faisant des incursions contre les polythéistes de son voisinage, épargnaient
toujours le groupe familial dont cette femme faisait partie. Un jour elle dit à ses gens: je vois que ces
gens-là vous épargnent de propos délibéré, voulez-vous être musulmans? Ils acceptèrent sa
proposition et entrèrent dans l'islamisme.
Bukhàri dit que Sabaa est un verbe qui signifie passer d'une religion à une autre. Abu-l-Aliya dit
que les Sabéens forment une secte des gens du livre qui récitent les psaumes.
(Bukhari, Sahih 12/7/7).
On raconte que Amr ibn El-'As, se trouvant en état d'impureté durant une nuit froide, la lustration
pulvérale et récita ces mots du Coran: Ne tuez point vos propres personnes, certes Allah s'est
montré indulgent à voire égard96. Le fait ayant été rapporté au prophète, celui-ci ne formula aucun
blâme.
D'après Abu-Wayl, Abu-Motisa dit à 'Abdallah ibn Masud: Celui qui ne trouve pas d'eau, ne fait
donc pas la prière ?
-Non, répondit 'Abdallah, même si durant un mois je ne trouvais pas d'eau je ne ferais pas la prière,
car si je tolérais cela de leur part, lorsque l'un d'eux trouverait qu'il fait froid il dirait : il faut faire de
même, c'est-à-dire pratiquer la lustration pulvérale et faire ensuite la prière.
-Alors, dit Abu-Mousa, que deviennent les paroles de Ammàr à Omar?
- Eh bien, répondit 'Abdallah, je n'ai pas vu que Omar se soit contenté de l'opinion de 'Ammàr.
D'après El-A'mach, Shaqîq ibn Salama a dit. J'étais auprès de 'Abdallah et de Abu-Musa, quand
celui-ci lui dit:
-Que penses-tu, ô Abu-'Abderrahman, que doive faire celui qui étant en état d'impureté ne trouve
pas d’eau ?
-Il ne doit pas prier tant qu'il n'a pas trouvé d'eau, répondit 'Abdallah.
- Et alors, reprit Abu- Musa, comment pourrais-tu mettre en pratique les paroles de Ammàr lorsque
le prophète lui dit:
-Cela te suffit.
-Ne vois-tu pas cependant, repartit 'Abdallah, que Omar ne s'était pas contenté de ce que lui avait
dit 'Ammàr.
-Laisse-nous tranquille, s'écria. Abu-Masud, avec les paroles de 'Ammàr. Comment feras-tu (pour
t'accorder) avec le verset?97 'Abdallah ne sut que répondre à cela, et il ajouta : « Si nous leur
accordions une tolérance à cet égard, on ne tarderait pas à voir l'un d'eux abandonner d'eau quand
elle est (trop) froide, pour faire la lustration pulvérale. Comme, ajoute El-Amash, je disais à Shaqîq:
Abdallah avait tout simplement de la répugnance pour la lustration pulvérale.
96
97
Q 4/33.
Q 5/9.
64
- Oui, me répondit-il.
(Bukhari, Sahih 12/7/8).
D'après El-Amash, Shaqîq a dit: j'étais assis avec Abdallah et Abu-Musa-El-Ash'ari. Ce dernier dit
à 'Abdallah: un homme en état d'impureté ne trouvait pas d'eau durant un mois, ne devrait-il pas
faire la lustration pulvérale et prier ensuite?
- Non, il ne doit pas faire la lustration pulvérale, même s'il ne m trouve pas d'eau pendant un mois,
répondit Abdallah
-Et alors, reprit Abu-Musa, comment ferez-vous pour vous conformer à ce verset de la sourate de ElMayda: Si vous ne trouvez pas d'eau faites la lustration pulvérale avec du sable fin pur.98 Si, répliqua
Abdallah, on admettait cette tolérance pour les fidèles, ils se hâteraient, dès que l'eau serait trop
froide, de faire la lustration pulvérale avec du sable.
S'adressant à Shaqîq, El-A'mash lui dit: Alors vous réprouvez que, dans ce cas l'on agisse ainsi.
-Oui, répondit-il.
Abu-Musa reprit: N'as-tu pas entendu ce que Ammàr a dit à Omar ibn El-Khattàb : L'envoyé d'Allah
m'avait expédié en mission pour une affaire. Comme j'étais en état d'impureté et que je ne trouvais
pas d'eau, je me roulai dans le sable à la facon dont se roule un âne. Lorsque je racontai la chose au
prophète il me dit :
-Il aurait suffi de faire ceci. Et, ce disant, il frappa la paume de sa main une seule fois sur le sol, puis
il la secoua et passa la paume de sa main gauche sur le dos de la main droite - ou sur le dos de sa
main gauche avec la paume de sa main droite; il passa ensuite ses deux mains sur son visage.
- Mais, répliqua Abdallah, n'as-tu pas vu que Omar ne s'était pas, contenté de l'indication du récit
de Ammâr.
Shaqîq a dit: J'étais avec 'Abdallah et Abu-Musa. Ce dernier dit:
-M'as-tu pas entendu la parole de 'Ammàr à Omar: Certes, l'envoyé d'Allah nous avait envoyé en
mission toi et moi. Comme j'étais en état d'impureté, je me roulai dans le sable. Puis nous allâmes
retrouver l'envoyé d'Allah et lui racontâmes la chose. Or, le prophète me répondit:
-Il te suffisait de faire ceci. Et, ce disant, il frotta son visage et les paumes de ses deux mains une
seule fois .
(Bukhari, Sahih 12/7/9).
Imran ibn Husayn-El-Khuzay, rapporte que l'envoyé d'Allah, voyant un homme se tenir à l'écart et
ne pas faire la prière avec les autres, lui dit :
-Ô un tel, qu'est-ce qui empêche de prier avec les autres?
- Ô envoyé d'Allah, répondit-il, je suis atteint d’une impureté et je n'ai pas d'eau.
-Tu aurais du te servir de sable, répliqua le prophète, cela eût parfaitement suffi.
98
Q. 5/9.
65
10
Papiers hygiéniques
Une multitude d’avis ont été rédigé, copiés, publiés, imprimés, diffusés, pour apprendre ce
qui était sale, ce qui était propre. Se torcher le derrière avec trois et les doigts est propre,
mais serrer la main d’une femme est sale. Egorger un infidèle est propre, mais manger du
saucisson est sale, etc, etc…
D’innombrables juristes et théologiens musulmans ont utilisé ces informations pour rédiger
un nombre encore plus grand d’ouvrages dont le but est de réglementer de la manière la
plus précise la vie de leurs contemporains. Il ne faut pas s’y tromper: derrière l’aspect
pathologique de l’affaire se terre encore et toujours des questions de pouvoir, car les purs
sont ceux qui dominent les impurs, et la question de la pureté gouverne les rapports entre les
uns et les autres. Au sommet se trouvent ceux qui décident du sale et du propre, qui ne
correspond pas à ce que le public pourrait prendre pour le mauvais, et le bon.
Le personnage de Muhammad sert encore de référence mythique. Nous présenteons
notamment ici un extrait de la pensée juridique de l’imam Khomeyni, encore considéré par
beaucoup comme un très grand esprit...
La portée universelle des décisions fait peine à croire, mais elle est toujours là, tranquille, et
sûre d’elle. On ne veut pas trop montrer cela, et des jugements aussi ridicules et pompeux
restent dans les placards, et ne sortent que pour conforter le pouvoir des hiérarques sur tous
ceux qui leur sont soumis, par la grâce du prophète.
Nous offrons au regard de l’assistance, regard étonné sans doute, de longs textes, dont on
dirait qu’ils ne se fatiguent jamais de durer, qui traitent par le détail de toutes les façons de
gérer le commerce des orifices de chacun, afin de correspondre à la norme islamique, et par
dessus tout à l’exemple formidable du prophète.
66
A noter tout de même que de nos jours, de tels avis font sourire, ricaner, soupirer, y compris
les musulmans à qui ils sont destinés. En Iran, par exemple, on avait bien pitié des délires
ritualistes du Guide, mais chacun se gardait bien de le dire. Là est tout le problème: les
musulmans en général, cette fois-ci, n’arrivent pas à exprimer le rejet de ces prescriptions
infantilisantes. Les raisons sont certainement multiples, mais il en est une qui dépasse les
autres: ils savent bien que la doctrine, la vraie, l’ancienne, l’autoritaire, est bien celle-ci,
aussi ridicule que féroce, et aller contre la doctrine islamique, frontalement, dans un pays
musulman, n’est pas une activité favorable à la santé. Alors on se résoudra encore pendant
des dizaines d’années à ricaner en imaginant le salafiste d’à côté qui derrière son air
auguste, se met le doigt dans le derrière avec une secrète délectation sous prétexte de se
nettoyer, et avec la certitude de suivre avec rectitude le modèle prophétique.
A la fin, bien entendu, la vie normale, si l’on suit l’ensemble de ces lois sans fin, n’est plus
possible, la raison vacille et l’inconfort règne, qui a pour seul la violence ou la colère.
99
(ibn Qudama, Précis de Droit 46).
100
Il est recommandé, quand on s'apprête à entrer dans un lieu de retrait de dire:
-«Au nom d’ Allah! je demande à Allah de me protéger de toute impureté et de toute
turpitude, et de l'être impur et vil qu'est Satan le lapidé.»
En sortant on dira:
-«Ton pardon! Louange à Allah qui a écarté de moi tout dommage et m'a donné la
santé.»
On doit, en entrant, avancer le pied gauche avant le pied droit et, en sortant, avancer
d'abord le pied droit. Il ne faut rien avoir avec soi où figure le nom d'Allah, sauf en cas
de besoin. On devra, en s'accroupissant, faire porter le poids du corps sur le pied
gauche.
Quand on veut se retirer en plein air, on choisira un endroit écarté, dérobé à la vue et
recouvert de terre molle.
On ne fera pas ses mictions dans un trou, ni dans une fente, ni sur un chemin, ni sur
un lieu ombragé susceptible d'être utilisé, ni sous un arbre fruitier.
On ne se placera pas face au soleil ni à la lune. On ne se tournera pas dans la direction
de la qibla et on ne lui tournera pas non plus le dos. Le prophète a dit:
-«Quand vous avez un besoin à satisfaire, ne vous dirigez pas vers la qibla et ne lui
tournez pas le dos.»
Ces interdictions cependant ne jouent pas quand on se trouve dans un lieu construit.
On doit, après une miction, se frotter le membre viril de la racine jusqu'au sommet et le
tirer à trois reprises. On ne devra pas le toucher de la main droite, ni se servir de la
main droite pour le sécher.
On se nettoiera, après une défécation, avec un caillou (ISTIGHMAR) un nombre impair
de fois (WITR) , puis avec de l'eau (ISTINGHA) .
Il est permis de se borner à pratiquer le nettoyage avec un caillou à la condition que
l'impureté ne dépasse pas l'endroit où elle se trouve habituellement localisée. On devra
alors s'essuyer soigneusement au moins trois fois.
On peut pratiquer l'istighmàr avec tout corps pur, à l'exception du crottin, [des
aliments], des os et des objets qu'il est interdit de profaner.
"Lois divines régissant la vie quotidienne de la façon d'uriner et de déféquer".
101
(Extraits du "Petit Livre Vert" de l'imam Khomeyni).
99
ibnQudama, Précis de Droit, ed. H. Laoust, Beyrouth 1950.
100
Les lieux d’aisance, pour être plus clair.
67
1. Il est nécessaire à chacun, au moment d'uriner ou de déféquer, de cacher son sexe à
tous ceux qui sont pubères, même à sa sœur ou à sa mère, aussi bien qu'à un faible
d'esprit et aux enfants en âge de comprendre. Mais le mari et la femme ne sont pas
tenus de le faire.
2. Il n'est pas indispensable de cacher son sexe avec quelque chose de particulier, il
suffit de le faire avec sa main.
3. Au moment de déféquer ou d'uriner, il faut s'accroupir de façon à ne pas faire face
ou à ne pas tourner le dos à La Mecque.
4. Il ne suffît pas de dévier son sexe, tout en faisant face ou en tournant le dos à La
Mecque; et il ne faut pas avoir le sexe exposé face à La Mecque ou en direction opposée
à La Mecque.
5.
—
—
—
—
Il est interdit d'uriner ou de déféquer dans quatre endroits :
les impasses, sauf avec l'autorisation des riverains;
la propriété de quelqu'un qui n'a pas accordé cette permission;
les lieux du culte, comme certaines medersas ;
les tombes des fidèles, sauf si on veut les offenser.
6. Dans trois cas, il faut absolument purifier l'anus avec de l'eau :
— quand l'excrément a été évacué avec d'autres impuretés, du sang par exemple;
— quand une chose impure a effleuré l'anus;
— quand l'orifice anal a été souillé plus que de coutume.
En dehors de ces trois cas, on peut ou laver l'anus avec de l'eau ou l'essuyer avec une
étoffe ou un caillou.
7. L'orifice urinaire ne se purifie qu'avec de l'eau, et il suffit de le laver une seule fois
après avoir uriné. Mais ceux chez qui l'urine sort par un autre orifice feront mieux de
laver deux fois cet orifice. Cela doit être respecté par les femmes aussi.
8. Il n'est pas nécessaire d'essuyer l'anus avec trois cailloux ou trois morceaux d'étoffe,
une seule pierre ou un seul morceau d'étoffe suffit; mais si on l'essuie au moyen d'un
os, ou de choses sacrées, par exemple un papier portant le nom d'Allah, on ne peut pas
faire ses prières dans cet état.
9. Il est préférable pour uriner ou déféquer de s'accroupir dans un endroit isolé; il est
également préférable d'entrer dans ce lieu du pied gauche, et d'en sortir du pied droit;
il est recommandé de se couvrir la tête durant l'évacuation, et de faire supporter le
poids du corps par le pied gauche.
10. Pendant l'évacuation, on ne doit pas s'accroupir en face du soleil ou de la lune, sauf
si on couvre son sexe. Pour déféquer, il faut aussi éviter de s'accroupir exposé au vent,
ou dans les endroits publics, ou à la porte de la maison, ou sous un arbre fruitier. Il faut
également éviter, pendant l'évacuation, de manger, de s'attarder, et de se laver l'anus
avec la main droite. Il faut enfin éviter de parler, sauf si on y est forcé, ou si on adresse
une prière à Allah.
11. Il vaut mieux éviter d'uriner debout, ou d'uriner sur la terre dure, ou dans le trou
des bêtes ou dans l'eau, surtout l'eau stagnante.
101
Publié à Paris en 1979.
68
12. Il est recommandé de ne pas se retenir d'uriner ou de déféquer, surtout si ça peut
faire mal.
13. II est recommandé d'uriner avant les prières, avant de se coucher, avant le coït et
après l'éjaculation.
14. Après avoir uriné il faut tout d'abord laver l'anus s'il a été souillé par l'urine; on doit
ensuite presser par trois fois avec le majeur de la main gauche la partie comprise entre
l'anus et le bout de la verge; puis il faut mettre le pouce sur la partie supérieure de la
verge et l'index sur sa partie inférieure, et tirer par trois fois le capuchon jusqu'à
l'anneau de circoncision; et ensuite presser par trois fois l'extrémité de la verge.
15. La femme n'a pas d'instructions spéciales à suivre après avoir uriné; et si elle
remarque une humidité à l'orifice vaginal dont elle ne sait pas si elle est pure ou
impure, l'humidité en question reste pure et ne gêne en rien ses ablutions ou sa prière.
(...)
1. Onze choses sont impures : l'urine, l'excrément, le sperme, les ossements, le sang, le
chien, le porc, l'homme et la femme non musulmans, le vin, la bière, la sueur du
chameau mangeur d'ordures.
2. L'urine et les selles de l'homme et de tout animal dont le sang jaillit quand on lui
ouvre les veines et les artères sont impures. Mais la chiure de petits insectes comme la
mouche ou le moustique qui n'ont pas le sang jaillissant est pure.
3. L'urine et les selles de tout animal mangeur d'ordures sont impures. C'est également
le cas de l'urine et des selles de tout animal qui a été possédé sexuellement par un
homme; et de l'urine et des selles du mouton nourri au lait de truie.
4.
Le sperme de tout animal dont le sang jaillit quand on l'égorgé est impur.
5. Les ossements d'un animal trouvé mort ou d'un animal tué contrairement aux rites
musulmans sont impurs ; le poisson, par contre, n'est pas impur, même s'il est mort
dans l'eau, car son sang ne jaillit pas.
6. Les poils, les os, les dents des animaux morts sont purs, sauf s'il s'agit d'animaux
impurs comme le chien.
7. L'œuf sorti des entrailles d'une poule n'est pas impur, si sa coque est suffisamment
solide. Il faut pourtant le laver avant de le manger.
8. La viande, la graisse et les peaux en vente dans un bazar musulman ou se trouvant
chez un musulman sont pures, sauf si ces produits proviennent d'animaux qui n'ont pas
été abattus selon les rites musulmans.
9. Le sang de l'homme et de tout animal dont le sang jaillit quand on l'égorgé est impur;
par contre, le sang du poisson, du moustique et de tout autre animal dont le sang ne
jaillit pas reste pur.
10. Le sang qui s'écoule entre les dents est pur si dilué avec de la salive; auquel cas il est
permis d'avaler cette salive.
11. Le sang coagulé et accumulé sous les ongles ou en tout autre point du corps
humain
69
est pur si son aspect est modifié de telle sorte qu'on ne puisse plus l'appeler sang; si ce
n'est pas le cas, il faut essayer de le faire disparaître avant de procéder à ses ablutions.
12. Le pus d'une blessure qui se cicatrise est pur, à condition qu'on puisse affirmer
qu'il n'est pas mêlé de sang.
13. Le chien et le porc, s'ils ne vivent pas dans l'eau, sont impurs, ainsi que leurs poils,
leurs os, leurs griffes et leurs excréments; par contre, le chien et le porc marins sont
purs.
14. Tout le corps d'un individu non musulman est impur, même ses cheveux, ses poils,
ses ongles, et toutes les sécrétions de son corps.
15. Tout homme ou femme qui nie l'existence de Dieu, ou qui croit en ses partenaires,
ou bien encore qui ne croit pas en son prophète Muhammad est impur (au même titre
que l'excrément, l'urine, le chien, le vin). Il l'est même s'il met en doute un seul de ces
principes.
16. L'enfant impubère est impur si ses parents et ses aïeux ne sont pas musulmans, mais
s'il a un musulman dans son ascendance il est pur.
17. Le musulman qui injurie un des douze Imams, ou qui se déclare leur ennemi est
impur.
18. Le vin et toutes les autres boissons enivrantes sont impures, mais l'opium et le
haschisch ne le sont pas.
19. La bière est impure, mais la levure de bière ne l'est pas.
20. La sueur d'un chameau mangeur d'excréments humains est impure; la sueur des
autres animaux qui mangent les mêmes ordures ne l'est pas.
21. La sueur de celui qui vient d'éjaculer n'est pas impure; il est pourtant préférable
qu'il ne fasse pas ses prières aussi longtemps que son corps ou ses vêtements gardent
des traces de cette sueur.
22. Si l'homme a eu un rapport avec sa femme pendant les périodes d'abstinence, le
jeûne du Ramadan par exemple, il doit éviter de faire ses prières aussi longtemps qu'il
porte les traces de la sueur résultant de son coït.
23. L'homme qui a éjaculé par suite d'un coït avec une femme autre que la sienne, et
qui éjacule à nouveau en faisant le coït avec sa femme légitime, n'a pas le droit de faire
ses prières s'il est en sueur; mais s'il fait d'abord le coït avec sa femme légitime et
ensuite avec une femme illégitime, il peut faire ses prières même s'il est en sueur.
24. Si une mouche ou tout autre insecte se pose d'abord sur quelque chose d'impur et
d'humide, et ensuite sur une chose pure et humide, celle-ci devient à son tour impure,
si toutefois on est certain que le premier est impur; dans le cas contraire elle reste
pure.
25. Si une partie du corps en sueur entre en contact avec quelque chose d'impur et que
la sueur coule sur d'autres parties du corps, toutes ces parties deviennent impures,
tandis que le reste du corps reste pur.
26. Les sécrétions nasales ou les crachats sanguinolents sont impurs, tandis que le reste
qui n'a pas été souillé par le sang est pur; si les sécrétions nasales ou le crachat
70
effleurent la bouche ou le nez, la partie de l'épiderme qui a été touchée doit être
purifiée; mais la partie non touchée reste pure.
27. L'objet qui entre dans le corps humain et qui se trouve en contact avec une
impureté (selles ou sang) reste pur quand on le retire du corps, s'il ne porte pas de
traces de ces matières impures; ainsi l'instrument qu'on fait entrer dans le rectum pour
un lavement ou le bistouri du chirurgien ne sont pas impurs, s'ils ne portent pas de
traces d'impuretés. Il en est de même pour la salive et les sécrétions nasales qui se
mêlent au sang à l'intérieur de la bouche ou du nez, mais qui n'en portent pas les traces
quand on les crache.
28. Il est défendu de toucher un feuillet du Coran avec quelque chose d'impur; si cela
arrive, il faut tout de suite laver la feuille.
29. Il est défendu de poser le Coran sur une matière impure comme le sang ou des
ossements humains ou d'animaux si cette matière est desséchée; si on l'y a déjà posé il
faut absolument l'enlever.
30. Il est défendu d'écrire les versets du Coran avec une encre impure, même s'il ne
s'agit que d'une seule lettre. Au cas où cela a été fait, il faut la laver ou la gratter avec un
couteau ou avec tout autre instrument tranchant.
31. Il faut éviter de remettre le Coran à un infidèle; il est même recommandé de le lui
arracher s'il l'a déjà dans les mains.
32. Si un feuillet du Coran, ou un papier portant le nom de Dieu ou du prophète ou de
l'un des Imams tombe dans les w.-c, il est absolument indispensable de l'en retirer,
même si cela entraîne des dépenses. Au cas où ce ne serait pas possible, il faudrait
abandonner ces w.-c. jusqu'à ce que l'on ait la certitude que ce papier est pourri.
33. Il est interdit de manger ou de boire ce qui est impur; il est également interdit de
faire manger une impureté aux enfants, que cela leur soit néfaste ou pas; mais il n'est
pas interdit de faire manger aux enfants de la nourriture touchée indirectement par
quelque chose d'impur.
34. Il n'est pas nécessaire de rappeler à quelqu'un qu'il est en train de manger une
nourriture impure ou de prier vêtu d'habits impurs.
35. Si le maître de maison remarque, durant le repas, qu'un ou plusieurs des mets sont
impurs, il lui faut l'annoncer à ses hôtes; mais si c'est un des hôtes qui le remarque, il
n'est pas obligé de le faire.
Un fatwa
102
contemporaine sur ces sujets importants.
103
Au nom d’Allah l’Infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Question
Quelles sont les règles concernant la manière de faire ses besoins naturels ?
Réponse
102
Décision juridique d’un responsable religieux.
103
Fatwa émise par le site www.islam-qa.com ; révision par Abu Hamza Al-Germâny (“L’Allemand”).
Origine qatari?
71
Louange à Allah
Avant tout, je vous remercie pour votre question qui montre votre effort pour connaître
ce qui est mal afin de l’éviter. Nous sommes contents (de votre question) et nous nous
efforcerons de vous donner tous les détails afin de répondre à ce que vous avez
demandé.
Parmi les grandeurs de la Charia est qu’elle n’a laissé aucun bien, aussi infime soit-il,
sans le montrer et l’ordonner. Elle interdit le mal, petit ou grand, comme elle demande
de l’éviter. Elle revêt ainsi un aspect complet dans sa diversité. Ceci a suscité
l’étonnement des non-musulmans, et a attiré leur admiration pour cette religion. Les
mécréants disaient à Salman al-Farissi : « Votre Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) vous a tout enseigné, même la manière de faire vos besoins ? ». Salman a
répondu : « Bien sûr que oui ! On nous a interdit de nous orienter vers la Qibla
(direction de La Mecque) en faisant les besoins naturels ou en urinant. » (Rapporté par
at-Tirmîdhi, n°16 et qualifié par lui de bon et authentique et cité par Mouslim et
d’autres).
Il se trouve dans la Charia beaucoup de règles régissant les besoins naturels. En voici
quelques-unes :
1) Ne pas s’orienter vers la Qibla en urinant ou en allant aux selles, parce qu’elle
marque la direction vers laquelle on se tourne pendant l’accomplissement de la prière
des musulmans. On entend par La Kaaba (de La Mecque), le monument érigé par
Ibrahim (sur lui la paix) sur l’ordre d’Allah. Ceci revient à respecter la direction de la
prière (des musulmans) et à magnifier les rites d’Allah. Le Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) a dit que : « Si quelqu’un s’assoit pour satisfaire ses besoins
naturels, qu’il ne s’oriente pas vers la Qibla, ni n’y oriente son dos.» (Rapporté par
Mouslim 389).
2) Ne pas toucher son sexe avec la main droite en urinant. Ceci est fondé sur la parole
du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) : « lorsque l’un d’entre vous urine, qu’il
ne tienne pas son sexe par la main droite, qu’il ne fasse pas sa toilette par la main droite
et qu’il ne respire pas dans un récipient. » (Rapporté par Boukhari, 150).
3) Ne pas essuyer la souillure par la main droite, mais utiliser la main gauche. Ceci est
fondé sur ce hadith : « Si quelqu’un d’entre vous nettoie son sexe, qu’il ne le fasse pas
par la main droite. » (Rapporté par Boukhari, 5199) et un hadith rapporté par Hafsa
(qu’Allah l’agrée), l’épouse du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) qui dit que
ce dernier utilisait sa main droite pour manger, boire, faire ses ablutions, porter ses
vêtements, pour prendre et donner, alors qu’il employait sa main gauche pour des actes
autres que ceux-là. (Rapporté par l’imam Ahmad et cité dans Sahih Al-Djami », 4912).
D’après Abou Hourayra qu’Allah l’agrée, le Messager d’Allah (bénédiction et salut
soient sur lui) a dit : « Quand l’un d’entre vous nettoie ses souillures, qu’il ne le fasse
pas avec la main droite, mais avec la main gauche. » (Rapporté par ibn Madja, 308 et
cité dans Sahih Al-Djami ’,322).
4) Selon la Sounnah, les besoins naturels doivent être fait assis près de la terre, parce
que cela est plus décent, plus sécurisant, plus apte à éviter l’intéressé d’être atteint par
les gouttes d’urine. On peut le faire debout, si on est sûr que rien ne nous atteindra.
5) On doit se cacher du regard des gens au moment des selles. Le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) préférait se cacher, pour faire ses besoins naturels,
derrière un mur ou un tronc de palmier (une butte ou un mur de jardin). (Rapporté par
Mouslim 517).
72
Si un homme qui veut faire ses besoins naturels se trouve dans un espace découvert et
ne dispose d’aucun moyen pour se cacher, alors qu’il s’éloigne de ceux qui sont autour
de lui. A ce propos, Al Moughira ibn Shou’ba dit : « J’ai été en voyage avec le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui). Quand il a voulu faire ses besoins naturels, il s’est
éloigné loin du chemin. » (Rapporté par At-Tarmidhî et qualifié de bon.) Abdou arRahmane ibn Abi Qurad a dit : « Je suis sorti avec le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) en plein air ; mais, lorsqu’il voulait faire ses besoins, il s’est éloigné. »
(Rapporté par an-Niassaï 16, et cité dans Sahih Al-Djami » 4652)
6) Il est préférable de ne pas sortir son sexe avant d’être proche de la terre, parce que
cela est plus décent. A ce propos, Anas qu’Allah l’agrée dit : « Lorsque le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) voulait faire ses besoins, il ne soulevait ses
vêtements que lorsqu’il s’approchait du sol. » (Rapporté aussi par at-Tarmidhî dans
Sahih Al-Djami ’ 4625).
Celui qui se trouve dans les toilettes n’enlève ses habits qu’après avoir fermé la porte
pour se cacher du regard des gens.
Ainsi, noble frère, tu te rends compte à la lumière de ce qui précède, que ce que font
beaucoup de gens en Europe et ailleurs, en urinant dans les toilettes publiques dans les
urinoirs non dissimulés, est en contradiction avec la morale, la politesse, la pudeur et
les bonnes manières et tout esprit saint le rejette catégoriquement.
En effet, comment peut-on exhiber son sexe, cet organe qu’Allah a caché entre les deux
jambes, pour faire ses besoins naturels ?! Il nous a demandé de le cacher et cette
dissimulation est acceptée dans le for intérieur de tous ceux dont l’esprit est saint. Il est
fondamentalement interdit de construire des toilettes malsaines de cette sorte où les
uns et les autres se voient en urinant en divergeant ainsi avec certains animaux qui se
cachent en urinant ou allant aux selles.
7) Parmi les règles que la Charia enseigne aux musulmans, figurent des invocations104
précises à réciter en entrant et en sortant des toilettes. Le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) nous a enseigné de dire au moment d’entrer aux toilettes : « Au nom
d’Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre les mauvais (djinns) et les mauvaises
(djinns). » demande ainsi à Allah de le protéger contre tout mal et contre les démons
mâles et femelles. » En sortant, il demande pardon à Allah en disant : « Votre pardon,
Allah.» "
8) Se donner la peine d’enlever la souillure, après s’être essuyé. Ceci vise à se
conformer à la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui), avertissant de ne
pas négliger la purification de l’urine : « Le plus fréquent châtiment dans la tombe est
dû à l’urine. » (Rapporté par ibnMâdja, 342 dans Sahih Al - Djami, 1202).
ibnAbass (qu’Allah l’agrée) a dit que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a
traversé deux tombes et a dit : « Ils sont châtiés, mais ils pensaient que ce n’était pas un
grand péché. L’un ne se lavait pas quand il urinait et l’autre était un calomniateur.»
(Rapporté par Boukhari, 5592).
9) Le lavage et l’essuyage de la souillure doivent se faire au minimum trois fois ou en un
nombre impair au-dessus si cela est nécessaire. D’après Aïsha qu’Allah l’agrée, le
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lavait son postérieur trois fois. ibn Omar a
104
DUA ; Ismaïl Nabahani (isl.), L'invocation de grâce sur le Prophète : ses vertus et ses bienfaits, Paris,
1996; Sadek Mohammed Charaf (isl.), Le rappel et l'invocation de Dieu : tiré du Coran et de la Sounna,
Paris 2003; Abd al-Rahman ibn Abu Bakr as-Suyûtî (isl.), Les normes de l'invocation exaucée : liées à
l'état de l'invocateur, au temps et au lieu de l'invocation, Paris, 2002; Hassan al-Banna (dir.), Al-ma'thûrât
: invocations quotidiennes selon le Coran et la Sunna , Lyon 2004; Sa‘id al-Qathani (isl.), L'invocation dans
le Qur'an et la Sunna, Beyrouth 2002.
73
dit : « Nous l’avons fait et nous avons trouvé en cela un remède et une purification.» (
Rapporté par ibnMâjah, 350 dans Sahih Al- Djami’ 4993).
Abou Hourayra t a rapporté que le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a
dit : « Quand l’un d’entre-vous s’essuie, qu’il le fasse en un nombre impair. » (Rapporté
par l’imam Ahmad et qualifié de bon dans Sahih Al-Djami ’, 375).
10) Ne pas employer ni os ni crottins pour l’essuyage. Cependant, on emploie du papier
hygiénique, des pierres, etc.
Abou Hourayra qu’Allah l’agrée a dit qu’il apportait au Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) un récipient pour ses ablutions et ses besoins naturels. Lorsqu’il le
suivait, le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) lui dit : « Qui est-ce ? » Il
répondit : c’est Abu Hourayra ! Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) de
répliquer : « Apporte-moi des cailloux pour me nettoyer. Ne m’apporte ni os, ni
crottins.» Ainsi, je lui apportai des cailloux que je portais par le bout de mes vêtements
puis je les déposai à ses côtés et je m’en allai. Puis, lorsqu’il eut terminé, je marchai vers
lui et lui demandai pourquoi a-t-il refusé les os et les crottins. Le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) me répondit que : « Les deux sont la nourriture des djinns.»
(Rapporté par Boukhari, 3571).
11) Que personne n’urine dans une eau stagnante. Jâber a rapporté de l’envoyé d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) qu’il a interdit qu’on urine dans une eau stagnante.
(Rapporté par Mouslim 423). En effet, cela souille l’eau et porte préjudice aux
utilisateurs.
12) Ne pas uriner sur le chemin des gens, ni sous l’ombre où les gens s’abritent, parce
que cela les dérange. Abu Hourayra qu’Allah l’agrée a rapporté que le Messager d’Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) a dit : « Craignez les deux malédictions ? » Ils ont
demandé quelles étaient les deux malédictions ? Le Messager d’Allah (bénédiction et
salut soient sur lui) a répondu que : « Ce sont ceux qui font leurs besoins sur la voie
publique et à l’ombre des arbres. » (Rapporté par Abou Dawoud et cité dans Sahih AlDjami ’, 110).
13) Ne pas saluer celui qui fait ses besoins naturels, et ne pas répondre à la salutation
lorsque l’on est aux toilettes, afin de ne pas citer le nom d’Allah dans les lieux impures.
Jâber ibn Abdallah a rapporté qu’un homme est passé devant le Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui) qui était en train d’uriner et l’a salué. Alors, le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) lui a dit : « Quand tu me trouves dans cette situation,
ne me salue pas. Si tu refais cela, je ne te répondrai pas.» ( Rapporté par ibnMâjah, 346
et cité dans Sahih Al-Djami ’, 575).
La grande partie des savants ont détesté le fait de parler sans nécessité aux toilettes.
Voilà un ensemble de règles et de dispositions légales tirées de la Charia concernant ce
sujet qui revient chaque fois chez l’homme. C’est pour cela que la Charia s’est donnée
la peine d’apporter toutes ces explications et de décrire toutes choses. D’où la
question : qu’en serait-il pour les questions plus importantes ? Connaissez-vous, vous
qui posez la question, une religion ou une législation dans le monde qui apporte des
choses similaires. Je jure donc par Allah que ces preuves sont suffisantes pour
démontrer l’exhaustivité de cette religion, sa beauté et le fait qu’il est obligé de la
suivre.
Nous implorons Allah pour qu’Il nous accorde tout le bien et nous conduise vers la
vérité (puisse Allah bénir et saluer notre Prophète).
74
Un fatwa contemporaine sur les poils des régions ano-génitales.
(Centre de Fatwa d'Islamweb).
Numéro de la fetwa :
100673
Le titre de la fetwa :
Rasage des poils pubiens ou Istihdad
Date de la Fetwa :
19 Shawwaal 1428 / 31-10-2007
Question :Que dit la charia à propos du rasage des poils pubiens? Est-il obligatoire
selon la Charia d'enlever les poils se trouvant sur les deux testicules ?
Fetwa
Louange à Allah. Paix et Salut sur Son Prophète.
Cher frère,
L'Istihdad relève des pratiques conformes aux Sunnas de la Fitra (les pratiques de la
nature saine et originelle). Il consiste à raser les poils qui poussent sur les organes
génitaux et ceux qui les entourent, y compris, ceux qui se trouvent sur les testicules.
Selon l’imam An-Nawawi, qu'Allah lui fasse miséricordieux : « Par poils du pubis, on
entend les poils qui poussent sur le pénis et ses alentours et ceux qui entourent l’organe
génital de la femme. ».
D'après Abou Al-Abbas, qu'Allah lui fasse miséricorde, Ibn Souraj a dit à ce propos :
« Il s’agit des poils qui poussent autour de l’anus ».
Nous pouvons déduire de tout cela qu’il est recommandé de raser tous les poils qui se
trouvent dans la région des parties intimes. En effet, le but d'une telle pratique est
d’assurer une bonne hygiène et une propreté corporelle et le fait de laisser les poils sur
les deux testicules pourrait mener à l’accumulation des souillures.
C’est une tradition prophétique que de supprimer les poils pubiens, afin d’assurer une
bonne hygiène et propreté corporelles. Il est abhorré de les laisser pousser pendant
plus de quarante jours et même interdit selon certains Oulémas qui se sont basé sur le
hadith rapporté par Muslim et dans lequel Anas, qu'Allah soit satisfait de lui, a dit : «
Une périodicité de quarante nuits nous a été fixée pour tailler la moustache, se couper
les ongles, s'épiler les aisselles et se raser les poils du pubis. »
Et Allah sait mieux.
75
3
La prière,
ou l’abaissement au quotidien
Parlons d’abord de la prière dite rituelle: celle qui est un rite, soit un geste pratiqué à
répétition, et selon une procédure précise. Dans le cas de l’islamisme, précisons, très précise
et pointilleuse. Tout est alors dans le détail, ce qui about it, on s’en douterait à une merveille
de conditionnement, à une gymnastique admirable de soumission. Comme tous les rites, elle
est destinée à entrer en relation avec une autre dimension, que l’on qualifiera ici de
mentale, ou imaginaire. Justement, son nom, SALAT105 évoque d’abord cette notion de
relation que l’on veut établir, que l’on croit établir. Dans le monde persan, le terme sera
transformé en NAMAZ.106
Les gestes et les paroles ont aussi ceci de rituels qui n’ont a priori, pas changé depuis le
début (mais où est le début? , diront les perspicaces). Dans la géographie non plus, rien ne
105
Le mot viendrait du syriaque, SLOTA.
Le mot vient d’un vieux fond indo-européen, perceptible à partir du sanskrit, et il évoque la
prosternation.
106
76
change, presque. Partout, la façon de faire, pour la prière rituelle, et centrale, n’a que très
peu changé. D’une certaine manière, il serait tentant d’y voir le signe d’une grande
superficialité: la chorégraphie imposée aux populations (masculines) convient à n’importe
qui, sans poser de véritables difficultés, et sans implication excessive.
Le rite peut être solitaire, ou bien collectif. Mais le collectif est très largement privilégié.
Les innovations touchent essentiellement le rituel. La prière en est l’élément primordial
107
récurent comme manifestation fondamentale de soumission. Déjà, à La Mecque, la prière
avait fait l’objet de plusieurs modifications: il faut adapter la contrainte aux capacités des
108
fidèles , encadrer sans décourager: les obligations évoluent vers un assouplissement des
contraintes.
Dans tous ces domaines, l’islamisme des débuts fait preuve d’une remarquable faculté
109
d’adaptation.
Comme le cycle des prières quotidiennes est particulièrement éprouvant et rébarbatif, un
immense nombre de récits est là pour renforcer la discipline, rappeler à l’ordre les
paresseux et retardataires, secouer les distraits, menacer les réfractaires.
Il suffit de noter à la fin que le contenu même des prières n'est pas même évoqué. La
superficialité est totale à cet égard. Autant on dit ce qu’on veut, autant on ne fait pas ce
qu’on veut. Le geste prime sur la parole, et encore plus sur la pensée. Il est quoi qu’il en soit
déconseillé de penser, au sens véritable du terme, pendant une prière.110
Les effets de la prière doivent aussi être évoqués, sur la société et l’économie. En Turquie,
par exemple, pays en voie de désislamisation, des esprits éclairés et audacieux commence à
poser la question. L’institution de la prière permet d’abod de distinguer dans la société une
élite, certes factice et parasitaire, mais qui se pare d’un pouvoir moral, celui des notables,
hommes riches et vieux. Ainsi, les autres sont mis de côté. Les hommes profitent aussi en
monopolisant l’espace social et extérieur (et en partant de chez eux…).
Mais c’est dans le domaine économique que le gâchis est le plus visible. Il n’y a que dans les
monarchies pétrolières que l’appel à la prière se fait obligatoire, car là seulement le coût est
supportable. Là aussi, les descendants perdus et dépravés d’augustes bédouins dispersent et
dépensent leurs richesses. Il suffira de faire un petit calcul: cinq prières, dont certaines mal
placées dans les 24 heures du jour. Chacune dure environ 10-15 minutes. Ajoutons le temps
pour se rendre au lieu de prière, puis l’attente des retardataires, la préparation, le
nettoyage de ceci et de cela, et puis le petit café ou thé qui suit: un bon quart de la journée
est déjà avalé.
La prière est donc chronophage dans une mesure considérable. Les bienfaits possibles
(étirement du dos, et assouplissement des articulations) ne remboursent pas de la perte de
temps… De pseudo-médecins islamiques pourront trouver des vertus prodigieuses aux
mouvements, mais il serait plus judicieux de consulter son propre ostéopathe.
110
Les prières très spécialisées, celle du pèlerinage, ou celle des funérailles sera vue ailleurs.
77
Il existe des prières canoniques, les 5 journalières, et la collective et politique du vendredi:
elles sont rituelles, font partie du culte indispensable. Mais pour ménager aux plus
fanatiques un peu d'espace pour se distinguer, on a inventé d'autres prières, dites
surérogatoires, soit facultatives, mais conseillées, au moins pas déconseillées. Elles sont
issues d'usages anciens, de pulsions personnelles. La doctrine les a intégrées, sans y tenir,
comme concession.
(Tirmidhi, Funérailles 10).
Burayda raconte: Le Messager d’Allah proclama:
-“Le croyant meurt avec la sueur de son front.”
Ce hadith pourrait faire croire, si l’on suit notre inclination vers le progrès humain, que le
travail est vanté par la doctrine islamique. Or que nenni, la sueur au front est l’apanage de
l’orant, celui qui fait confir sa vie dans la religion, confiture de vie amère plus que douce.
Prescriptions de l'imam Khomeyni concernant la prière.
111
(Extraits du "Petit Livre Vert").
1. Celui qui fait ses cinq prières quotidiennes doit le faire en parfait état de
concentration et dans un recueillement complet. Il doit s'abstenir de commettre des
péchés comme ceux de jalousie, d'orgueil, de médisance, ou manger des choses
défendues, boire des boissons alcooliques, refuser de payer ses impôts au clergé. Il est
également préférable qu'il s'abstienne de commettre des péchés véniels comme faire ses
prières quotidiennes à l'état de demi-sommeil, ou se retenir d'uriner, ou ne pas
regarder le ciel pendant la prière. Par contre, il ferait bien avant la prière de prendre
soin de se mettre des bagues d'agate aux doigts, de se vêtir proprement, de se peigner,
de se brosser les dents, de se parfumer.
2. Pendant qu'il accomplit ses cinq prières quotidiennes, l'homme doit prendre garde
de couvrir, même si on ne les voit pas, son sexe et son postérieur. Il vaut mieux qu'il
couvre toute la partie entre le nombril et les genoux.
3. La femme doit, durant les cinq prières quotidiennes, se couvrir le corps entier, même
la tête et les cheveux; il lui est pourtant permis de laisser à découvert une partie de son
visage, de ses mains et de ses pieds jusqu'aux chevilles.
4. Si l'homme s'aperçoit, en faisant sa prière, que son sexe n'est pas couvert, il doit le
couvrir immédiatement, et si cela prend trop de temps, il doit terminer sa prière et la
recommencer. Mais s'il s'aperçoit que son sexe n'est pas couvert seulement après
l'accomplissement de sa prière, celle-ci reste valable.
111
Publié à Paris en 1979.
78
5. Pendant la prière quotidienne, on peut se couvrir le corps et le sexe avec des herbes
ou des feuilles d'arbres, mais il vaut mieux faire ceci seulement quand on n'a pas
d'autres moyens à sa disposition.
6. Pendant la prière collective, la femme doit se placer derrière l'homme. Si la
femme et l'homme entrent en même temps dans le lieu du culte et que la femme se
place par hasard devant l'homme, elle doit renouveler sa prière en se plaçant à l'endroit
qui lui est assigné, c'est-à-dire derrière l'homme.
7. Il est hautement recommandé de s'abstenir de manger à la même table que
quelqu'un
ne fréquentant pas la mosquée; il faut également s'abstenir de lui demander conseil,
d'habiter dans son voisinage, de prendre en mariage une femme de sa famille ou de lui
donner une fille en mariage.
8. Il est défendu de faire les prières quotidiennes dans les lieux suivants :
a) le bain;
b) la terre saline;
c) face à quelqu'un;
d) face à une porte ouverte ;
e) dans un grand chemin, une avenue ou une rue;
f) devant le feu ou une lampe;
g) dans la cuisine et tout autre lieu où il y a un four;
h) devant un puits ou une fosse d'aisances;
i) face à un portrait ou à une statue reproduisant un modèle vivant, sauf si on les couvre;
j) en présence de quelqu'un qui a éjaculé et qui n'a pas encore fait ses ablutions ;
k) dans une chambre où il y a une photo, même si elle n'est pas placée en face de celui
qui prie;
l) face à une tombe, sur une tombe, entre deux tombes, dans un cimetière.
9. Il n'est pas recommandé de laisser entrer dans une mosquée un faible d'esprit, un
enfant ou quelqu'un qui vient de manger de l'ail.
10. Celui qui s'est endormi involontairement pendant sa prière doit la renouveler s'il
s'aperçoit qu'il a sommeillé pendant la prière; s'il n'en a pas la certitude, sa prière est
valable.
11. La prière de celui qui sanglote tout haut à cause d'un chagrin terrestre n'est pas
valable; mais s'il pleure tout bas, elle est valable. Toutefois, si ce n'est pas à cause d'un
chagrin terrestre mais par crainte d'Allah ou de l'au-delà, il lui est vivement
recommandé de pleurer.
12. Battre des mains ou sauter en l'air pendant une prière la rend nulle.
79
13. L'action de tousser, de roter bruyamment, de soupirer, ne rend pas nulle la prière.
Par contre, la prière est nulle et non avenue si on prononce des interjections d'au
moins deux lettres.
14. Si le visage d'une personne qui prie s'empourpre parce qu'elle se retient de rire aux
éclats, il lui faut recommencer sa prière.
15. Pendant la prière, si on avale les restes de nourriture subsistant entre les dents, la
prière n'est pas annulée; mais si on a un morceau de sucre dans la bouche et que ce
sucre fonde lentement durant la prière, la valeur de celle-ci est contestable.
16. Il faut éviter pendant la prière d'incliner la tête à droite ou à gauche, de fermer les
yeux, de joindre les mains, de cracher, de jouer avec sa barbe, de regarder l'écriture
du Coran ou toute autre écriture, ou les motifs d'une bague. Il faut également éviter de
prier, quand on a sommeil, quand on ressent le besoin d'uriner ou de déféquer, quand
on a des chaussettes qui serrent trop les pieds.
Les prières dans la tradition juive.
112
(Psaume 55/17-18).
Et moi je crie vers Elohim
et Yahvé me sauvera.soir, le matin, le midi,
je me plains et je gémis,
il entendra ma voix.
Limitation des prières dans l’église nestorienne.
113
(Georges d’Arbèles).
Les Pères ont fixé trois prières dont nous devons nous acquitter dans l’église, c’est-à-dire: le soir, la
nuit, le matin ; c’est ce qu’ils ont transmis... A tous les laïcs, sont prescrites la prière du matin et la
prière du soir. Mais la prière nocturne, qui marque l’attente du seigneur, est la charge particulière
des clercs et de ceux qui aiment les oeuvres.
Trois demandes en une prière.
(En Nisay, Hadith Qudsi 125).
En Nisay a rapporté aussi dans ses Sunen, un hadith qui se rapproche de celui- ci, qu'il a cité dans
le chapitre sur les veillées pieuses, en ces termes:
112
114
Ed. T.O.B.
Nous ferons une étude poussée de ce fragment, ailleurs, car il le mérite.
80
Abdullah ibnKhabbab ibn el Arth rapporte, d'après son père - un de ceux qui ont participé à la
bataille de Badr - qu'il avait observé le messager d'Allah toute la nuit, jusqu'à l'arrivée de l'aube.
Après que le prophète eut terminé sa prière, il lui dit:
-Ô toi à qui je sacrifierai père et mère! je t'ai vu cette nuit faire une prière que je ne t'ai jamais vu
faire!
Le prophète lui répondit:
-En effet, c’est une prière de désir et de crainte. J'ai fait à mon seigneur, à travers cette prière, trois
requêtes ; il m’en a accordé deux et m’en a refusé une. Je lui ai demandé de ne pas nous exterminer
avec ce qu'il a exterminé les communautés avant nous, et il me l'a accordé -, .je lui ai demandé de ne
pas nous assujettir au joug d'un ennemi extérieur, et il me l'a accordé, et je lui ai demandé de ne pas
vous diviser en schismes, et il me l'a refusé.
2 Bibliographie
Le bon grain doit être impérativement séparé de l’ivraie dans cette question, car une multitude de chétives
publications islamiques encombrent. Elles sont bien repérables, et appréciables comme documents, attestant la
permanence des rituels, et l’obsession de la stabilité totale de la doctrine. On notera que souvent la cible de ces
textes est la jeunesse, encore malléable et susceptible d’accepter tel un jeu ce qui est par essence une
manipulation.
D’autres textes,issus de scientifiques reconnus, permettent de comprendre le rôle central de la prière. Quant
aux origines du rite, elles restent mal connues. La piste est pourtant riche en promesses.
R. Tottoli, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. bowing and prostration ;
G. Böwering, id., sv. prayer;
Ch. J. Robin, « A propos de la prière : emprunts lexicaux à l'hébreu et à l'araméen relevés dans les
inscriptions préislamiques de l'Arabie méridionale et dans le Coran », Prières méditerranéennes hier et
aujourd'hui (Textes et documents de la Méditerranée antique et médiévale, 1), 2000;
Annemarie Schimmel, “Some Aspects of Mystical Prayer in Islam”, Die Welt des Islam 2, 1952;
R. Tottoli, ‘Muslim Attitudes Towards Prostration (Sujud)’, Studia Islamica 88/1998;
M. Choumet, “Interrogeons le Coran a propos de la prière rituelle 'As-Slat.” Revue des Etudes
Islamiques 54/1986;
C.H. Becker, « Zur Geschichte des Islamischen Kultus », Der Islam 3/1912;
A. Canesi, "Vorläufige Untersuchungen über die Psychologie des Gebets", Archive for the
Psychology of Religion / Archiv für Religionspychologie 10/1936;
A. d'Alverny, "La prière selon le Coran", Proche-Orient Chrétien 10/1960;
A.T. Khoury, Gebete des Islams, Mayence 1981 ;
U. Rubin, “Morning and evening prayers in early islam”, Jerusalem Studies in Arabic and Islam 10,
1999 ;
81
D. Gril, "Prière et invocation dans le Coran", in Dorival-Pralon (ed.), Prières méditerranéennes hier et
aujourd'hui, Aix-en-Provence 2000 ;
E. Constance, Muslim devotions, a study in prayer-manuals in common use, Oxford 1996;
J. N. M. Wijngaards, “Prayer for guidance: origin, historical background and meaning”, The Muslim
World 58, 1968;
J. Van Ess, “Prayer”, The Muslim World 40/1950;
Muhammad Sawwâf (isl.), Enseignement de la prière, (trad. C. Dabbak), Lyon 2001;
Hébri Bousserouel (isl.), Pourquoi la prière est excellente pour le moral et la santé ?"La prière et ses vertus
bénéfiques sur le moral et la santé", Paris 2001;
Ibn Rajab al-Hanbali, Le recueillement dans la prière, Paris, 1998;
Miloud Ismaïli (isl.), Comment se concentrer dans la prière, Drancy 2003;
Fdal Haja (isl.), La salat, la prière (trad. par Benhamza Mohamed), Paris, 2003;
Yacoub Roty (isl.), Bien faire la prière, Paris, 2002 (ouvrage pour la jeunesse);
Yacoub Roty (isl.), Les cinq prières (Amine et Amina : l'enseignement islamique familial-Collection Vivre
l'islam)., Paris, 2002 (ouvrage pour la jeunesse);
Hussein Abu Fudayl (isl.), Savoir faire ta prière, Paris, 2002;
Fdal Haja (isl.), La salat : la prière enseignée aux enfants (filles), Paris, 2005 (ouvrage pour la jeunesse);
id., La salat : la prière enseignée aux enfants (garçons),Paris, 2005 (ouvrage pour la jeunesse);
Eva de Vitray-Meyerovitch, La prière en islam, Paris, 2003;
Yacoub Roty (isl.), La prière expliquée aux jeunes, Paris, 2004 (ouvrage pour la jeunesse);
Tahar Gaïd, Apprentissage de la salât, Paris, 2004 (ouvrage pour la jeunesse);
Ibrahima Abdallah Sall (isl.), Priez comme vous me voyez prier : commentaire et exégèse du précis de
sayyid Abdurahman al-Akhdary fi "Al-ibadat" : à propos de l'adoration selon le rite de l'imam Malik Ibn
Anas, Beyrouth, 2002 ;
Ahmed Abd El-Gawad (isl.), Les prières exaucées tirées du Hadit et du Livre, (trad., Messaoud
Boujenoun), Beyrouth 2003;
Yacoub Roty (isl.), L'âge d'apprendre à prier, Paris, 2002 (ouvrage pour la jeunesse);
Siham Andalouci, Accomplir ma prière: destiné aux jeunes filles, Paris 2007;
id., Accomplir ma prière destiné aux jeunes garçons, Paris, 2007;
I.K.A. Howard, “The development of the adhn and iqma of the salt in early islam”, Journal of Semitic
Studies 26, 1981;
Ludwig Hagemann, “Gebet im Islam”, A. Th. Khoury/P. Hünermann (dir.), Wozu und wie beten? Die
Antwort der Weltreligionen, Fribourg 1989;
R. Tottoli, ”Muslim attitudes towards prostration ( sujud ) II. Prominence and meaning of
prostration in muslim literature, Le Muséon 111, 1998;
Christopher Melchert, “The concluding salutation in islamic ritual prayer”, Le Muséon 114, 2001;
C. E. Padwick, Muslim Devotions: A Study of Prayer-Manuals in Common Use, Londres 1961;
Guy Monnot, "Prières privées en islam traditionnel. Autour d'un texte de Razi", Revue de l'histoire
des religions 1/1989;
Mohamed Asin Dollah, "Al-Tabari's Interpretation of Salat in the Qur'an: A Psychological
Examination", Hamdard Islamicus 17/1994;
Michael J. Donahue, "The Human Side of Prayer: The Psychology of Praying", International Journal
for the Psychology of Religion 6/1996;
Michael J. Donahue, "The Human Side of Prayer: The Psychology of Praying", International Journal
for the Psychology of Religion 6/1996;
Tomas Lindgren The Narrative Construction of Muslim Prayer Experiences, ", International Journal
for the Psychology of Religion 15/2005;
S. D. Goitein, Prayer in islam, Leiden 1966;
Norman Calder, Friday prayer and the juristic theory of government, BSOAS 49/1986 ;
D. Pingree, Al-Tabari on the prayers to the planets. Bulletin d'Etudes Orientales 44/1992 ;
Mahmoud M. Ayoub, "The prayer of Islam : a presentation of Surat al-Fatiha in Muslim exegesis." ,
Journal of the American Academy of Religion Thematic Studies 47/1979;
Khaleel Mohammed, “The Foundation of Muslim Prayer”, Medieval Encounters 5/1999; Mohamed
Asin Dollah, "Al-Tabari's Interpretation of Salat in the Qur'an: A Psychological Examination",
Hamdard Islamicus 17/1994;
82
I.K. A. Howard, ‘The Development of the Adhan and the Iqama of the Salat in Early Islam’, Journal
of Semitic Studies 26/1981;
Norman Calder, Friday prayer and the juristic theory of government, BSOAS 49/1986 ;
Cristina De La Puente, “The Prayer Upon the Prophet Muhammad (Tasliya): a Manifestation of
Islamic Religiosity”, Medieval Encounters 5/1999;
Hans Zirker,
"Die Rede zu Gott im Koran »,
Zeitschrift fur Missionswissenschaft und
Religionswissenschaft 72/1988;
A. Baumstark, "Jüdischer und christlicher Gebetstypus im Koran", Der Islam 16/1927.
3 Prière et Coran: la rencontre impossible
Au passage, il suffit de noter que le Coran, pourtant objet de culte à part entière, n’a qu’une
part très réduite dans la liturgie proprement dite: rien à voir avec, par exemple, ce que les
protestants font de la Bible. La raison pourrait en être la prudence, car le Livre n’est ni
maîtrisable, ni accessible à l’instant. Une foule risque de n’y comprendre strictement rien:
qu'elle récite, foule à l'état fragmentaire, chacun sur un coin de tissu, chacun confronté à
l'incompréhension mais se la gardant pour soi, le danger n'est pas là. L'angoisse viendrait
plutôt de la communication des informations, des uns vers les autres, du choix tendancieux
de tel verset, de telle sourate, et d'un interprétation personnelle. C'est pour cela que l'imam
a été inventé, en fait.
Le découpage en sourates a certainement un but pratique, et le classement de même. Mais
pas à des fins rituelles, semble-t-il, en dépit de son nom, qui rappelle la récitation. Un
problème de plus. Il se peut qu’au début, le Livre ait été utilisé. Mais par la suite, l’usage
s’est perdu. Ce fameux moment doit être important, et doit constituer une piste pour
quiconque s’attelle à la quête de savoir qu’elles sont les origines de l’islamisme. Imaginons
une phase dans laquelle le corpus correspond encore à son titre original syriaque, la
Récitation, et qu’il est encore, sur un modèle chrétien, un genre de pense-bête pour
prédicateur en mal d’inspiration. Tel devait être le noyau de l’ouvrage, son coeur un peu
théologique, au moins mystique, avant que ne s’agrège tout l’apparat juridique, polémique
et guerrier.
Il y a ensuite un moment, sûrement très politique, où le Livre quitte les réunions rituelles, et
devient l’objet consacré que l’on sait, enfermé dans une boîte, tout confit par le sucre de la
dévotion.
Il faut imaginer enfin que tous les pouvoirs politiques craignent les prières et que tous les
mouvements révolutionnaires, bons ou mauvais (mais le mauvais est toujours présent)
83
s’appuient sur les prières collectives, surtout celles de vendredi. Si en plus, des Corans sont
rassemblés, puis exhibés, alors la force que représente la collusion est énorme en termes
d’explosif. La violence y étant omniprésente, elle peut se dirigée vers n’importe qui.
Mais restons-en pour l’instant à l’idée que personne n’est vraiment capable de gérer le
bouquin, et surtout pas ceux qui le prétendent, alors ce serait une catastrophe de le montrer
en public, et de le faire parler, comme un ventriloque sa poupée. Le contenu est très abscons,
on le perçoit sans cesse, et il serait bien délicat d’imposer un sens particulier à tel ou tel
verset, en public, quitte à prendre le risque de se faire désavouer par plus malin que soit,
par plus audacieux.
Ajoutons un motif louable, pour terminer. L’islamisme ne nous a guère habitué à une
hauteur de vue sans pareille, et pour ce qui est des débuts, pas à une substilité, une
clairvoyance et une logique imparable et aveuglante. Allez en passant vérifier la définition
de l’euphémisme… A lire le livre principal, suffisant, et unique, une évidence s’impose: son
contenu est théologiquement impropre à la récitation par les hommes, par les croyants, par
la masse, tout simplement parce que l’intégralité du contenu (sauf deux ou trois exceptions,
qui sont des erreurs des éditeurs), est l’expression d’un seul individu (ou de quelques-uns,
qui ont fini par n’en faire qu’un seul), et que le ton est avant tout celui du sermon à la foule.
Il ne se peut pas que la foule fasse à son tour de sermon. Le genre ne le permet pas et se
pratique dans le sens de la chaire, de haut en bas, tombant comme les insultes ou les
postillons. Par une astuce, en ajoutant quelques mots au texte, on a fait croire aux crédules
que le contenu n’était pas issu d’un banal (mais talentueux) prédicateur, mais de la divinité
elle-même. En langage religieux, cela se dit oracle. Or, l’oracle ne peut pas être prononcé,
répété,
entonné,
sous
peine
de
sacrilège.
Là, l’astuce mohammédienne touche ses limites. En effet, l’idée de faire croire que le dieu
parlait directement à son prophète et que tout tombait dans un livre, best-seller génial, était
une sacrée trouvaille. Mais ensuite, le caractère divin que l’on proclamait scellait sa
manipulation rituelle. En contre-partie, le livre, on le sait, on le voit, s’est transformé en
icône, presque en idole, toujours montré, jamais ouvert, encore moins compris, admiré,
protégé contre tous les incendiaires…
Il reste trois exceptions à ce (relatif, donc) abandon coranique. Les experts en citation
coranique, capable de dégainer plus vite que d’autres pour coraniser la conversation,
s’arrangent pour prononcer tel ou tel verset évoquant la prosternation, ce qui a pour réflexe
grégaire et pavlovien de déclencher la prosternation dans le groupe des orants.
Un: Il y a aussi le ramadan, pendant lequel il reste bien vu de réciter, toujours sans rien y
comprendre, de gros paquets de versets, dans une fièvre qui doit être la plus ostentatoire
possible, sinon, à quoi bon. De toute manière, les organismes sont alors bien fatigués, les
cerveaux en veille, et le texte est encore moins compris que d’ordinaire.
Deux: Le texte coranique contient peu de prières déjà constituées : elles l’ont été peut-être
sous influence chrétienne. L’exception magnifique est représentée par la Fatiha, qui permet
au fidèle de s’exprimer, en résumant sa doctrine, et son rejet des autres.114 Pour le reste, il
est possible de récupérer quelques textes utiles.
Au moment du ramadan, il est assez bien vu de se taper un peu de récitation de bouts de
Coran, pour épater la galerie. Alors les autres, quand ils entendent, se forcent un peu, pour
84
sangloter, larmoyer, tant ils sont émerveillés par le texte, dont ils ne comprendront presque
rien en fait. Le truc qui consiste pleurer en crocodiles à l'audition des versets, entendant fait
même sourire ceux qui sont forcés d’y aller, car une telle manifestation de tartufferie est tout
de même un miracle de l’islamisme comme on n’en fait pas deux.
Trois: le Coran parle peu de prière, c'est entendu; la Sunna prend le relais. Le Coran ne
mentionne pas les 5 prières journalières qui quadrillent la journée, et dont personne ne sait
vraiment d'où elles viennent.
Il n'y a seulement, dans le corpus, qu'une allusion à une prière du matin, et une du soir:
serait-ce là un indice d'un état plus ancien? d'une strate primitive, abandonnée plus tard,
parce que permissive.
Le corpus de Bukhari contient un petit chapitre sur la façon d’introduire le Coran dans la
liturgie. L’usage est de toute façon réduit.
Il n'existerait que 4 prières pratiques et visibles dans les 6000 versets. Il se pourrait bien que
le noyau originel du Coran ait été un manuel, destiné à contenir les prières et homélies les
plus efficaces.
Le fait que la fatiha soit souvent mise en valeur est très révélateur, encore une fois de
l'artificialité de la composition islamique: la sourate, on l'a vu, était arrivée dans le corpus
bien après les autres, genre d'apocryphe assez manifeste. Comme elle n'a pas été acceptée
partout, des malins ont pris la plume pour l'intégrer à la doctrine.
(Nasa, Hadith 2/912).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Une prière sans récitation de la Fatiha est déficiente.
(Nasa, Hadith 2/913).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Une prière sans récitation de la Fatiha n’est pas crédité comme une prière.
Réponses à la Fatiha.
(Malik, Muwatta 196).
Abu Hurayra a dit : l’envoyé d’Allah a dit :
-Quand l’imam récite : Non pas le chemin de ceux qui encourent ta colère ni celui des égarés »,
dites amin », car celui qui le dit en même temps que les anges aura ses fautes pardonnées.
(Corpus coranique d'Othman 1).
115
Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.
Louange à Allah, seigneur de l’univers.
121
Si l'on suit avec précision ce qui est écrit, le contenu du fameux livre n'est que partiellement
révélé...
85
Le tout miséricordieux, le très miséricordieux,
Maître du Jour de la rétribution.
116
C’est toi que nous adorons, et c’est toi dont nous implorons secours.
Guide-nous dans le droit chemin
117
, le chemin de ceux que tu as comblés de faveurs, non pas de
ceux qui ont encouru ta colère, ni des égarés.
118
(Corpus coranique d'Othman 2/286).
Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien
qu'elle aura fait, punie du mal qu'elle aura fait. Seigneur, ne nous châtie pas s'il nous arrive
d'oublier ou de commettre une erreur. Seigneur! Ne nous charge pas d'un fardeau lourd comme Tu
as chargé ceux qui vécurent avant nous. Seigneur! Ne nous impose pas ce que nous ne pouvons
supporter, efface nos fautes, pardonne-nous et fais nous miséricorde. Tu es Notre Maître, accordenous donc la victoire sur les peuples infidèles.
119
(Corpus coranique d'Othman 3/191-94).
Notre Seigneur! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi! Garde-nous du châtiment du Feu.
Seigneur! Quiconque Tu fais entrer dans le Feu, Tu le couvres vraiment d'ignominie. Et pour les
injustes, il n'y a pas de secoureurs!
Seigneur! Nous avons entendu l'appel de celui qui a appelé ainsi à la foi: ‹Croyez en votre Seigneur›
et dès lors nous avons cru. Seigneur, pardonne-nous nos péchés, efface de nous nos méfaits, et
place nous, à notre mort, avec les gens de bien.
Seigneur! Donne-nous ce que Tu nous a promis par Tes messagers. Et ne nous couvre pas
d'ignominie au Jour de la Résurrection. Car Toi, Tu ne manques pas à Ta promesse›.
120
(Corpus coranique d'Othman 2/144-5).
Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers
une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez,
tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c'est la vérité venue de
leur Seigneur. Et Allah n'est pas inattentif à ce qu'ils font
Certes si tu apportait toutes les preuves à ceux à qui le Livre a été donné, ils ne suivraient pas ta
direction! Et tu ne suivras pas la leur; et entre eux, les uns ne suivent pas la direction des autres. Et
si tu suivais leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu sera, certes, du nombre des
injustes.
Début de rituel.
(Q87/14-15).
Réussit, certes, celui qui se purifie, et se rappelle le nom de son Seigneur, puis célèbre la Salat.
86
Prière.
(Q29/45).
Récite ce qui t'est révélé du Livre121 et accomplis la Salat. En vérité la Salat préserve de la turpitude
et du blâmable. Le rappel d'Allah est certes ce qu'il y a de plus grand. Et Allah sait ce que vous
faites.
(Bukhari, Sahih 1/17/1).
De ce qui est rapporté de la prosternation lors de la récitation du Coran et des règles qui s'y
rattachent. Abdallah a dit : Le Prophète récita la sourate En-Najm pendant qu'il était à la Mecque.
Au cours de cette récitation, il se prosterna, et ainsi firent tous ceux qui étaient avec lui, sauf un
vieillard qui prit une poignée de cailloux ou de terre et la porta à son front en disant : Cela me suffit.
Plus tard, j'ai vu cet homme être tué étant encore infidèle.
(Bukhari, Sahih 1/17/2).
Abu Hurayra a dit : Le vendredi, à la prière de l'aurore, le Prophète récitait d'abord : Alif, lam,
mim, la révélation etc., de la sourate de la prosternation ; puis il récitait : Est-il venu pour l'homme
?.
(Bukhari, Sahih 1/17/3).
Ibn-'Abbâs a dit : La sourate Sâd n'est pas de celles où la prosternation soit obligatoire, cependant
j'ai vu le Prophète se prosterner en la récitant.
(Bukhari, Sahih 1/17/4).
Suivant 'Abdallah, le Prophète récitant la sourate An-Najm se prosterna. Aussi personne des fidèles
ne fit autrement que de se prosterner. Un homme de l'assistance prit une poignée de cailloux ou de
terre, l'éleva jusqu'à son visage et dit : Cela me suffit Plus tard, ajoute 'Abdallah, j'ai vu cet homme
être tué étant encore infidèle.
(Bukhari, Sahih 1/17/5).
Ibn-'Omar faisait la prosternation sans ablutions (préalable).
Suivant Ibn Abbâs, le Prophète se prosternait pendant la récitation de la sourate An-Nadjm. En
même temps que lui se prosternaient les musulmans, les polythéistes, les génies et les êtres
humains. Ceci est rapporté de Ayyub par Ibrahîm ibn Tahmân.
(Bukhari, Sahih 1/17/6).
Zayd ibn Thâbit assure qu'il récita avec le Prophète la sourate Wa-'nadjmi sans que ce dernier se
prosternât.
(Bukhari, Sahih 1/17/7).
87
Abu-Salama a dit : J'ai vu Abu-Horaïra réciter la sourate : Lorsque les cieux se fendront et se
prosterner en la récitant. Je lui dit alors : Ô Abu Horayra, est-ce que je ne viens pas de te voir te
prosterner ? --- Si je n'avais vu le Prophète agir ainsi, répliqua Abu Horayra, je ne me serais pas
prosterné.
(Bukhari, Sahih 1/17/8).
De celui qui se prosterne en même temps que celui qui récite le Coran se prosterne lui-même. – Ibn
Masud dit à Tamîm ibn Hadzlam qui était un jeune homme :
-Récite !
Tamîm récita un passage à prosternation et Ibn-Masud lui dit :
- Prosterne-toi, car en cette circonstance tu es notre imam.
Ibn-'Omar a dit : Quand le Prophète nous récitait une sourate dans laquelle il y avait à se
prosterner, il se prosternait et nous l'imitions. C'était au point que certains d'entre nous ne
trouvaient pas place où poser leur front.
(Bukhari, Sahih 1/17/8).
De l'affluence des fidèles lorsque l'imam récite une sourate à prosternation.
Ibn-'Omar dit : Le Prophète récitait des sourates à prosternation pendant que nous étions auprès de
lui. Quand il se prosternait nous l'imitions et nous étions tellement pressés que certains d'entre
nous ne trouvaient pas place où mettre leur front pour la prosternation.
(Bukhari, Sahih 1/17/11).
Abu-Râfi' a dit : Je faisais avec Abu-Hurayra la prière du soir. Celui-ci récita la sourate : Lorsque le
ciel se fendra, et il se prosterna. Que signifie ceci, lui dis-je ? --- Je me suis prosterné, répondit-il, de
la même manière derrière Abul-Qâsim122; et je ne cesserai de le faire jusqu'au jour où j'irai le
rejoindre (dans l'autre monde).
(Bukhari, Sahih 1/17/12).
Ibn-'Omar a dit : Quand le prophète récitait une sourate où il y avait une prosternation, il la faisait
et nous l'imitions tous ; c'était au point que certains d'entre nous ne trouvaient point un endroit
(libre) pour y poser leur front.
(Muslim, Sahih 1311).
Aïsha a dit : Le prophète entendit quelqu'un réciter Coran pendant la nuit. Qu’Allah lui fasse
miséricorde! Il m'a rappelé tel et tel versets que j'avais oubliés dans telle et telle sourates.
(Muslim, Sahih 1313).
Ibn Omar rapporte que l'Envoyé d’Allah a dit :
122
Muhammad.
88
-L'homme qui mémorise le Coran est semblable à l'homme qui possède des chameaux bridés. Tant
qu'il tient à les observer et à les maintenir, il les conserve, mais s'il les néglige, ils s'enfuient.
(Muslim, Sahih 1314).
D'après Ibn Masud, le prophète s'adressa à quelqu'un qui dit : J'ai oublié tel et tel verset, en disant :
-Comme tu as mal dit! Dis plutôt : On me l'a fait oublier. Etudiez le Coran, car il s'échappe plus
facilement de la mémoire des hommes qu'un chameau débridé.
(Muslim, Sahih 1317).
D’après Abu Musa, le prophète a dit :
-Lisez et relisez le Coran, car, j'en jure par Celui qui tient l'âme de Muhammad en Son pouvoir, il
s'échappe plus facilement que le chameau débridé.
(Muslim, Sahih 1318).
D'après Abu Hurayra, l'Envoyé d’Allah a dit :
-Allah ne prête autant d'attention à quelque chose comme Il le fait à l'endroit d'un Prophète
psalmodiant le Coran.
(Muslim, Sahih 1322).
D'après Abu Musa, le prophète dit :
-Ô Abu Musa, si tu m'avais vu hier en écoutant ta récitation! Certes, tu es doué d'une voix
harmonieuse pareille à celles de la famille de Dâwud.
(Muslim, Sahih 1323).
D'après 'Abdullâh Ibn Mughaffal Al-Muzanî : Le jour de la prise de La Mecque, l'Envoyé d’Allah
enfourchant sa chamelle, se mit à répéter la récitation de la sourate Al-Fath.123
(Muslim, Sahih 1325).
Al-Barâ' Ibn 'Azib a dit : Un homme récitait la sourate Al Kahf alors qu'il avait attaché son cheval
par deux licols. Un nuage l'enveloppa et se mit à tourner et à se rapprocher de lui. Son cheval ne
cessa de s'en écarter. Le lendemain matin, l'homme vint trouver le prophète et lui raconta ce qui
s'était passé. Celui-ci lui répondit :
-C'est la sakîna qui est descendue grâce à la récitation du Coran.
(Muslim, Sahih 1328).
D'après Abu Musa, le prophète a dit :
-Le Croyant, qui récite le Coran ressemble au cédrat ayant une bonne odeur et une saveur agréable;
123
Trop fort : le jour de la conquête, Muhammad récite la sourate appelée La conquête ». Le monde
est bien fait, quand même, faut pas se plaindre, quand on est Muhammad.
89
tandis que le Croyant qui, ne le récite pas, est pareil à la datte qui quoique n'a pas de parfum, est
d'une saveur agréable. L'hypocrite qui récite le Coran, est comme le myrte dont le parfum est
agréable et le goût amer; tandis que l'hypocrite qui ne le récite pas, est comme la coloquinte qui n'a
pas de parfum, et dont la saveur est amère.
(Muslim, Sahih 1329).
D'après Aïsha, le prophète a dit :
-Celui qui récite habilement le Coran sera avec les anges nobles et obéissants; tandis que celui qui le
récite péniblement en bégayant, aura une double récompense.
(Muslim, Sahih 1330).
D'après Anas, le prophète dit à 'Ubayy :
-Allah m'a donné l'ordre de réciter le Coran auprès de toi.
-Allah m'a-t-il désigné personnellement?, demanda Ubayy.
- Oui, répondit le prophète.
Ubayy, ajoute Anas fondit alors en larmes.
(Muslim, Sahih 1332).
D’après Ibn Masud, le prophète m'a dit :
-Récite-moi du Coran.
- Ô prophète d’Allah comment te récite-je le Coran, alors que c'est à toi qu'il fut révélé?.
- Je désire l'entendre d'un autre que moi, reprit le prophète.
Je me mis alors à réciter la sourate An-Nisâ'. Arrivé à ce verset : Comment seront-ils quand Nous ferons
venir de chaque communauté un témoin et que Nous te (Muhammad) ferons venir comme témoin contre ces
gens-ci?
Je levai ma tête - ou un homme assis à mes côtés attira mon attention - et je vis les larmes du
prophète coulèrent.
(Muslim, Sahih 1334).
Ibn Masud a dit : J'étais à Homs quand quelques gens me demandèrent de réciter du Coran, alors
j'ai récité la sourate Yûsuf. Un homme d'entre eux dit :
-Ce n'est pas ainsi qu'elle fut révélée.
- Par Allah, c'est ainsi que je l'ai récitée devant l'Envoyé d’Allah qui m'a dit : C'est bien récité,
répliquai-je.
(Muslim, Sahih 1340).
D'après Abu Masûd Al-Badrî l'Envoyé d’Allah a dit :
-Celui qui récite, la nuit, les deux derniers versets de la sourate Al-Baqara sera préservé de tout mal.
90
(Muslim, Sahih 1347).
D'après Aïsha, le prophète envoya un homme à la tête d'une troupe. Quand il présidait la prière de
ses compagnons, il la terminait toujours par la sourate Al-'Ikhlâs qui commence par ce verset :
Dis : Il est Allah, Unique.
De retour, ils racontèrent la chose au prophète qui dit :
-Demandez-lui pourquoi il agissait ainsi.
Quand ils lui posèrent la question, il dit :
-Cette sourate comporte les attributs du Clément; c'est pourquoi j'aime à les réciter.
Cette réponse parvenue au prophète, il leur dit : Annoncez-lui qu’Allah l'aime.
(Muslim, Sahih 1350).
D'après ibn Omar, le prophète a dit : Il n'est envie que dans deux cas : à l'endroit d'un homme qui
savant le Coran par cœur par la grâce d’Allah, le récite jour et nuit; et à l'endroit d'un autre favorisé
par la fortune par la grâce d’Allah, la dépense (en aumône) jour et nuit.
(Muslim, Sahih 1352).
D'après ibn Masud a dit : Il n'est envie que dans deux cas : à l'endroit de l'homme qu’Allah a
favorisé par une fortune et qui ne pense qu'à la dépenser totalement dans le bien; et à l'endroit d'un
autre qu’Allah a favorisé par la sagesse et qui s'en inspire dans ses décisions et l'enseigne.
(Muslim, Sahih 1354).
Omar a dit : J'ai entendu Hishâm Ibn Hakîm Ibn Hizâm réciter la sourate Al-Furqân autrement que
je ne la récitais. Or l'Envoyé d’Allah me l'avait fait réciter par lui-même. Je fus sur le point de
l'interrompre, mais je le laissai terminer et alors, l'enroulant dans son vêtement, je le traînai jusqu'à
l'Envoyé d’Allah et dis à ce dernier :
-Je viens d'entendre cet homme réciter la sourate Al-Furqân autrement que tu ne me l'as fait réciter
toi-même.
- Lâche-le, me dit le prophète.
Puis s'adressant à Hishâm, il l'ordonna de réciter. Quand celui-ci récita de la même manière que je
vins d'entendre, le prophète dit :
-C'est ainsi que cette sourate fut révélée. S'adressant alors à moi, il m'ordonna de réciter.
Quand je récitai, il dit :
-C'est bien ainsi que cette sourate fut révélée; le Coran fut révélé avec sept prononciations
différentes, récitez-le de la façon qui vous est la plus facile.
91
(Muslim, Sahih 1355).
D'après ibn Abbas, le prophète a dit : Gabriel me fit réciter le Coran avec une certaine
prononciation; mais je ne cessai de lui en demander encore davantage; jusqu'à ce qu'il me le fit
réciter avec sept prononciations différentes.
trace de prière debout dans Q, avec récit sur Jésus?
La Fatiha, sourate ouvrante et pénétrante…
124
Nous allons donc parler de la Fatiha , qui est la première sourate du Coran: la première dans l’ordre
artificiel mis en place au moment de l’organisation (ou l’édition) du texte, aux alentours de 650, la tradition
125
attribuant cette tâche au calife Othman…
Un mot déjà sur le sens de Fatiha: les traductions ont été multiples, les interprétations aussi. Il fait écho à
fath, la conquête, celle de la Mecque, en 630, ou celle du monde, comme on voudra. Les traducteurs ont
proposé l’ Ouvrante, l’Ouverture, la Liminaire (Blachère et Abu Salieh). Le sens du mot est en fait très sexuel,
car plus loin que la notion de conquête, c’est celle de pénétration qui prédomine… Donc, la conquérante, ou
la pénétrante…
Le texte, très court, est particulièrement populaire. Il est le passage du livre qui est le plus connu, dans
l’ensemble du monde musulman. Car ne croyez pas que les personnes qui se disent musulmanes ont lu le
livre en entier: c’est un vieux truc pour impressionner l’infidèle, surtout quand votre interlocuteur prétend
qu’il l’a appris en entier et par coeur à l’âge de 6 ans (mais qu’il a oublié depuis). Non non non, certains l’ont
récité, sans rien comprendre, d’autres ont évité toute leur vie de le consulter, par épouvante. En réalité, le
livre a obtenu un statut sacré, qui fait que la présence du livre est devenu plus important que sa lecture: un
talisman , donc, qui ne devrait même pas être touché par les mains impures des kuffar. Alors la Fatiha,
ouiquand même, on la connait bien: elle est en première position, et composée de seulement 7 versets; ça va
encore. La sourate jouit d’un statut spécial, bien sûr, ne serait-ce que par son emplacement, en tête du
corpus. Or, quiconque s’intéresse à ces questions sait que l’ordre des sourates coraniques obéit à un principe
étrange, et très artificiel, un ordre décroissant, de la plus grande à la plus petite. Cet ordre est inverse de celui
de la production probable des sourates (ou de l’ordre de la révélation, si par hasard vous y croyez): ainsi, les
sourates les plus récentes, les dernières produites, sont placées devant, et les plus anciennes, primitives,
archaïques, qui sont aussi les plus courtes, à la fin. Pourquoi donc? Cela tient probablement à la doctrine dite
de l’abrogeant et l’abrogé, qui permet, en cas de contradiction, de remplacer le contenu d’un verset par un
autre considéré comme plus récent. Admettons aussi que c’est un procédé de paresseux: les milliards d’élèves
obligés de réciter par coeur le livre, sans rien n’y comprendre, étaient à l’évidence encouragés par la taille
décroissante des chapitres!
1
W. A. Graham, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Fatiha ; A. Jeffery, A variant text of the Fatiha, in
Ibn Warraq, The Origins of the Koran, New York 1998; Muhammad Harun, Al-Fatihah and its
Translators in Islamic Quarterly 40, 1996; Tahar Gaïd (isl.), La Fâtiha : étude et exégèse de la sourate
d'ouverture du Coran, Paris, 2001; Anonyme (isl.), Le Coran expliqué à mon enfant . Tome 1, Sourate AlFâtiha et les neuf dernières sourates du Coran , Paris, 2003 (ouvrage pour la jeunesse); Hani Ramadan
(isl.), Al-Fâtiha, l'Ouverture : commentaires et explications de la première sourate du Coran, Lyon, 2002;
Abderraouf (pseud.) Ben Halima (isl.), La Fatiha et les dix dernières sourates : traduction annotée de
l'exégèse du Coran d'Ibn Kahtîr , Gennevilliers, 2001; Pierre Lory , Le commentaire de la Fâtiha de
‘Abd al-Razzâq al-Qâshânî , Etudes Arabes 67-68 , 1985; Angelika Neuwirth, Karl Neuwirth, Sūrat alFātiḥa – ‘Eröffnung’ des Textcorpus Koran oder ‘Introitus’ der Gebetsliturgie?. Walter Gross,
Hubert Irsigler & Theodor Seidl (ed.), Text, Methode und Grammatik. Wolfgang Richter zum 65.
Geburtstag, St. Ottilien 1991; Sajjad H. Rizvi,
125
Nous conseillons l’excellent petit livre de Michael Cook, The Koran: A Very Short Introduction,
Oxford 2000, qui traite avec brio, humour et compétence de ces questions.
92
Pourtant, chose étrange: la Fatiha ne respecte pas ce qui vient d’être dit. Elle est très courte, et néanmoins en
tête, suivie par l’énorme sourate de la Vache, pénible et juridique.
Mais cessons la plaisanterie. Son emplacement anormal a une autre explication, plus sérieuse et assurée. Il est
à peu près certain qu'elle ne figurait pas dans les corpus les plus anciens que l’on a retrouvé, comme dans le
stock découvert à Sanaa au Yémen: dans les manuscrits les plus anciens, elle est absente, et le corpus, quand
on en a de larges extraits, commence directement par la sourate 2, celle de la Vache. Elle a donc été ajoutée
très tardivement, et elle est en fait la sourate la plus récente, la dernière intégrée au corpus. Pourquoi donc?
La réponse est dans le texte, que voici dans la traduction de R. Blachère:
Au nom d’Allah, le tout miséricordieux, le très miséricordieux.
Louange à Allah, seigneur de l’univers.
Le tout miséricordieux, le très miséricordieux,
Maître du Jour de la rétribution.
C’est toi que nous adorons, et c’est toi dont nous implorons secours.
Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont
encouru ta colère, ni des égarés.
Voici la traduction récente, et très sérieuse de par S.Abu Sahlieh.
Au nom de Dieu, le tout miséricordieux, le très miséricordieux,
Louange à Dieu, le Seigneur du monde !
Le tout miséricordieux, le très miséricordieux.
Possesseur du jour du jugement.
C’est toi que nous adorons, et c’est toi dont nous demandons l’aide.
Dirige-nous vers le chemin droit
Le chemin de ceux que tu as gratifiés, contre lesquels (tu n’es) pas en colère et qui ne sont pas égarés.
L’explication est imparable: l’ajoût est directement issu la littérature liturgique chrétienne, et plus loin, de la
tradition biblique. Comparez avec le Psaume 27/11:
Montre-moi, Seigneur, ton chemin,
et conduis-moi sur une bonne voie,
malgré ceux qui me guettent. »
La structure est aussi un indice: 7 versets, qui correspondent aux 7 versets du Pater Noster des chrétiens,
c’est-à-dire un texte court, efficace et fédérateur. Rien à voir avec la sourate de la Vache, énorme et pénible…
Par souci de propagande, il fallait trouver une parade, et donc un autre début au Coran…
Le contenu, enfin, de la sourate Fatiha doit être évoqué, pour souligner une évidence, occultée pourtant par
les commentaires islamiques, et même par de nombreuses études pour le grand public: en plus de son
emplacement anormal, de son intégration récente, la sourate Fatiha a un caractère exceptionnel, par rapport à
tout le reste du corpus. C’est tellement énorme qu’ils ne le voient pas…
Le Coran, on le sait, est considéré par les musulmans croyants (mieux vaut le préciser, car la plupart des dits
musulmans ne préfèrent pas avoir d’avis sur le sujet) comme l’expression divine intégrale et immédiate. Allah
s’exprime, c’est la voix d’Allah, et la voie d’Allah etc…, d’où tous les problèmes de sclérose qui affectent ces
sociétés, qui ne peuvent remettre en cause le contenu coranique. Tout le corpus, disions-nous laisse parler
Allah, tout, oui, sauf la Fatiha. Elle correspond exactement au contraire: comme dans les textes chrétiens, ce
sont ici les croyants qui s’adressent à la divinité, dans une prière somme toute classique. Aucun savant
islamique (qui n’ont de savant que le nom, ou la barbe, d’après nos canons à nous) n’a vraiment pu expliquer
le hiatus absolu entre la Fatiha et le reste du texte… D’ailleurs, nous touchons peut-être à nouveau ici la
question de la popularité de ce texte: là, les hommes peuvent s’exprimer, ont l’impression de s’exprimer… et
Allah, lui, se tait.
Que s’est-il passé? Le Coran a été composé, à partir d’un matériau divers, et ancien, dans les décennies
suivant la mort de Muhammad, et dans le contexte des grandes conquêtes, afin de permettre la survie d’un
empire arabe en expansion incontrôlée et risquant l’implosion. Le processus de construction d’une religion
distincte, nouvelle, originale, peut être daté des années 680-700. Cela s’est passé autour de Damas, de
Jérusalem, en Syrie-Palestine: à ce moment, les chrétiens sont encore largement majoritaires, et les Byzantins
résistent de l’autre côté des frontières. Il y a un besoin urgent de livre, pour concurrencer les textes chrétiens,
nombreux et anciens. Ainsi fut composé le Coran, assez vite en fait, et dans l’urgence. Mais les rédacteurs se
sont rendus compte que ces maudits chrétiens avaient encore un coup d’avance, avec leurs prières. Alors, la
Fatiha a été intégrée à l’ensemble, comme prière de synthèse, et polyvalente.
Un dernier indice milite en faveur de cette thèse, incompréhensible pour des musulmans pieux, inaudible
même, satanique, car elle réfute l’hypothèse de création divine et instantanée du texte (aucun scientifique ne
peut accepter, sous peine de ridicule). Des versions alternatives ont circulé, du Coran (en Mésopotamie, par
exemple, les corpus de Masud ou de Ubayy), avant d’être détruits par l’autorité califale. Mais un savant anglais
126
a découvert au moins deux versions distinctes, l’une shiite trouvée en Iran, l’autre sunnite, en Egypte.
126
A. Jeffery, The Muslim World 29/1939.
93
1- Nous louons grandement Allah, seigneur des mondes,
le clément, le miséricordieux,
celui qui est possesseur du jour du jugement.
Nous te vénérons, et c’est toi que nous appelons à l’aide.
Conduis-nous sur le chemin de celui qui est droit,
Le chemin de ceux pour qui tu as montré ta faveur
Et non pas celui de ceux contre qui tu es en colère et ceux qui se sont égarés.
2-Au nom d’Allah, le clément, le miséricordieux,
Louange soit à Allah ! Seigneur des mondes,
le généreux, le compatissant,
celui qui possède le jour du jugement,
Quant à nous, ceux qui te vénéront, et qui nous nous tournons vers toi en aide
Conduis-nous dans le chemin de celui qui est droit,
Le chemin de ceux à qui tu as accordés tes faveurs
Et non celui de ceux contre qui tu es en colère,
Ni ceux qui se sont égarés.
Il est probable que la Fatiha, intégré plus tardivement, a échappé aux destructions, et aux rectifications, et
alors les versions alternatives ont pu se maintenir encore.
L’affaire est vraiment capitale, et c’est aussi de la matière fissible, du point de vue islamique. Cela se joue sur
quelques mots, mais qui démolissent tout le dogme. Le chercheur anglais, A. Jeffery, témoigne de la gêne de
ses sources et il ajoute en note, à propos de la version égyptienne:
The manuscript is still in private possession, and though the owner was willing to let me a copy the passage,
and use it if I saw fit, he was not willing that his name be revealed, lest he come into disrepute among his
orthodox Neighbors for allowing an unbeliever to see an uncanonical version of the opening sura of their
Holy Book. »
Le sens de la prière n’est pas très compliqué à comprendre. Il n’a pas les obscurités archaïques et les
ambiguités innombrables du reste du livre. Celui-ci a sûrement été composé pour être diffusé, compris vite et
bien, pour contrer les chrétiens. Un point surtout a intéressé les exégètes islamiques, un point déplaisant, qui
ne risque pas d’arranger la piètre opinion que la majorité de nos contemporains ont de cette religion et de
son livre de référence. Qui sont les deux groupes qui encourent la colère divine, à la fin de la sourate?
Tabari, l’exégète le plus classique, et le plus intelligent développe de façon démesurée son commentaire,
verset par verset, mot à mot, et il insiste surtout sur les identités des deux populations visées à la fin. Pour lui,
et pour tous les autres, l'évidence est celle-ci: les premiers sont les juifs, les seconds sont les chrétiens. Lisons
un court extrait de son Tafsir:
7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.
(…)
non pas de ceux qui ont encouru Ta colère
Allâh a dit : Celui qu'Allâh a maudit, celui qui a encouru sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs.
'Adi Bin Hatim a dit : J'ai demandé à l'Envoyé d'Allâh au sujet de ceux qui sont désignés par ce verset : Non
le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère, il me répondit : Ce sont les juifs, quant aux égarés ce sont les
chrétiens
Ibn Kathir, dans son Tafsir, développe la même idée, et après lui, toute la ribambelle des commentateurs sur
14 siècles:
Ce verset de la sourate, distingue le chemin des vertueux que Allah a comblés de ses bienfaits, de celui de
ceux qui encourent la colère d'Allah qui sont dans l'égarement et qui ne sont plus dirigés vers la vérité.
Selon les interprétations des exégètes, les premiers sont les juifs d'après ce verset:
Allah a transformé en singes et en porcs ceux qu’il a maudits, ceux contre lesquels Il est courroucé.
Quant aux derniers, ils sont les chrétiens comme Allah les a mentionnés dans ce verset:
127
Qui se sont égarés autrefois et qui en ont égaré beaucoup d'autres hors du droit chemin .
Ceci a été confirmé aussi par le hadith suivant: Adi ibn Hatem a dit: J'ai demandé l'Envoyé d'Allah au sujet
de ceux qui sont désignés par ce verset: (Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère), il me répondit: Ils
sont les juifs, quant aux égarés ils sont les chrétiens».
Asma.
127
Coran 5/77.
94
4 Exhortations oratoires
Un orant est un croyant qui est un musulman, et les trois termes ont tendance à se confondre, si l'on suit la
doctrine. Aussi bête que ça. La prière est un acte qui identifie le musulman si l’on suit les textes, y compris le
premier d’entre eux. Le matériel coranique est truffé d’appel à la prière, d’exhortations diverses et variées.
Les auteurs ont joué sur l’autorité (Faites-ça), puis l’amalgame (prière=croyant) , et la répétition.
La quantité considérable de textes qui enjoignent à la prière indique une chose : le procédé a eu beaucoup de
mal à s’imposer. Personne ne sait vraiment d’ailleurs à qui elle a été imposé, mais que ce soit dans le principe
ou dans la manière, l’épaisseur des livres consacrés à la question reste un indice patent.
La piste est ouverte, et passionnante.
En voici quelques exemples, assez peu variés, d'exhortations coraniques.
(Corpus coranique d’Othman 2/277).128
Ceux qui ont la foi, ont fait de bonnes oeuvres, accompli la Prière…
(Corpus coranique d’Othman 14/40).
Ô mon Seigneur! Fais que j'accomplisse assidûment la Prière ainsi qu'une partie de ma
descendance; exauce ma prière, ô notre Seigneur!
(Corpus coranique d’Othman 31/3-4).
…c'est un guide et une miséricorde aux bienfaisants, qui accomplissent la Prière,
(Corpus coranique d’Othman 31/17).
Ô mon enfant, accomplis la Prière…
(Corpus coranique d’Othman 4/160).
Et quant à ceux qui accomplissent la Prière, paient la Zakat et croient en Allah et au Jour dernier,
ceux-là Nous leur donnerons une énorme récompense.
(Corpus coranique d’Othman 10/87).
Et Nous révélâmes à Moïse et à son frère: ‹Prenez pour votre peuple des maisons en Egypte, faîtes de
vos maisons un lieu de prière et soyez assidus dans la prière.
(Corpus coranique d’Othman 35/18).
Tu n'avertis en fait, que ceux qui craignent leur Seigneur malgré qu'ils ne Le voient pas, et qui
accomplissent la Prière.
128
Tous les extraits coraniques sont issus de la traduction d’Hamidullah, copiées elle-même sur celle
de Blachère.
95
(Corpus coranique d’Othman 6/92).
Ceux qui croient au Jour dernier, y croient et demeurent assidus dans leur Prière.
(Corpus coranique d’Othman 6/162).
Dis: ‹En vérité, ma Prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah,
Seigneur de l'Univers.
(Corpus coranique d’Othman 13/22).
... et qui endurent dans la recherche de l'agrément d'Allah, accomplissent la Prière et dépensent
(dans le bien), en secret et en public
(Corpus coranique d’Othman 2/2).
… qui croient à l'invisible et accomplissent la Prière.
(Corpus coranique d’Othman 2/43).
Et accomplissez la Prière….
(Corpus coranique d’Othman 2/2).
….d'accomplir régulièrement la Prière…129
(Corpus coranique d’Othman 2/153).
Ô les croyants! Cherchez secours dans l'endurance et la Prière.
(Corpus coranique d’Othman 2/2).
… d'accomplir la Prière….130
(Corpus coranique d’Othman 2/238).
Soyez assidus aux Prières et surtout la Prière médiane; et tenez-vous debout devant Allah, avec
humilité.
(Corpus coranique d’Othman 74/43).
Ils diront: ‹Nous n'étions pas de ceux qui faisaient la Prière,
(Corpus coranique d’Othman 20/132).
Et commande à ta famille la Prière, et fais-la avec persévérance.
(Corpus coranique d’Othman 19/31).
…Où que je sois, Il m'a rendu béni; et Il m'a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la
Zakat…131
(Corpus coranique d’Othman 19/55).
Et il commandait à sa famille la prière et la Zakat; et il était agréé auprès de son Seigneur.
(Corpus coranique d’Othman 23/1-2,9).
Bienheureux sont certes les croyants, ceux qui sont humbles dans leur Prière…
(…) et qui observent strictement leur Prière.
129
Serment précédent des juifs.
Concernant la bonté pieuse.
131
Le petit Jésus islamique s’exprime ainsi.
130
96
(Corpus coranique d’Othman 21/73).
Nous les fîmes des dirigeants qui guidaient par Notre ordre. Et Nous leur révélâmes de faire le bien,
d'accomplir la prière
(Corpus coranique d’Othman 25/77).
(-) ‹Mon Seigneur ne se souciera pas de vous sans votre prière.
(Corpus coranique d’Othman 27/3).
…un guide et une bonne annonce aux croyants, qui accomplissent la Prière.
(Corpus coranique d’Othman 17/110).
Et dans ta Prière, ne récite pas à voix haute; et ne l'y abaisse pas trop, mais cherche le juste milieu
entre les deux›.
(Corpus coranique d’Othman 30/31).
Revenez repentants vers Lui; craignez-Le, accomplissez la Prière et ne soyez pas parmi les
associateurs.
(Corpus coranique d’Othman 24/58).
Accomplissez la Prière…
(Corpus coranique d’Othman 70/22).
Sauf ceux qui pratiquent la Prière, qui sont assidu à leurs Prières…
(Corpus coranique d’Othman 73/20).
Il sait que vous ne saurez jamais passer toute la nuit en prière. Il a usé envers vous avec indulgence.
(…) Accomplissez la Prière…
(Corpus coranique d’Othman 5/58).
Et lorsque vous faites l'appel à la Prière, ils la prennent en raillerie et jeu. C'est qu'ils sont des gens
qui ne raisonnent point.
(Corpus coranique d’Othman 9/5).
Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Prière et acquittent la Zakat…
(Corpus coranique d’Othman 9/11).
Mais s'ils se repentent, accomplissent la Prière et acquittent la Zakat, ils deviendront vos frères en
religion.
(Corpus coranique d’Othman 9/18).
Ne peupleront les mosquées d'Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier,
accomplissent la Prière, acquittent la Zakat et ne craignent qu'Allah.
(Corpus coranique d’Othman 9/71).
97
Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable,
interdisent le blâmable accomplissent la Prière…
(Corpus coranique d’Othman 98/5).
Il ne leur a été commandé, cependant, que d'adorer Allah, Lui vouant un culte exclusif, d'accomplir
la Prière
(Corpus coranique d’Othman 8/3).
(les vrais croyants)… Ceux qui accomplissent la Prière et qui dépensent [dans le sentir d'Allah] de ce
que Nous leur avons attribué.
(Corpus coranique d’Othman 4/77).
N'as-tu pas vu ceux auxquels on avait dit: ‹Abstenez-vous de combattre, accomplissez la Prière et
acquittez la Zakat!› Puis lorsque le combat leur fut prescrit…
(Corpus coranique d’Othman 24/56).
Accomplissez la Prière, acquittez la Zakat et obéissez au messager, etc….
(Corpus coranique d’Othman 22/35).
… ceux dont les coeurs frémissent quand le nom d'Allah est mentionné, ceux qui endurent ce qui
les atteint et ceux qui accomplissent la Prière et dépensent de ce que Nous leur avons attribué.
(Corpus coranique d’Othman 22/41).
… ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur terre, accomplissent la Prière,
(Corpus coranique d’Othman 22/78).
Accomplissez donc la Prière, acquittez la Zakat.
(Corpus coranique d’Othman 2/153).
Ô les croyants! Cherchez secours dans l'endurance et la prière. Car Allah est avec ceux qui sont
endurants.
Plus tard, la Tradition va raffiner la méthode, et trouver des trésors d’astuces pour pousser
le croyant à la prière, le séduire, le tromper, l’entourlouper, le détourner d’activités
autrement plus efficaces. Le ton est en fait très différent, comme si la magie coranique se
fonctionnait plus, et qu’il fallait parier sur la crédulité, la crainte, et l’égoïsme.
L’effet d’accumulation, et l’argumentation soit sordide soit niaise qui est employée peut à la
longue se révéler comique. Mais une telle documentation est précieuse pour connaître les
aspirations de ces populations, et la rouerie annexe des inventeurs de ces histoires.
98
Il serait intéressant, plus tard, de décortiquer la rhétorique mise en branle pour pousser les
musulmans à prier. Le travail sera gigantesque. Cela constitue à la fin un véritable genre
littéraire, « les Mérites de la Prière ».
Il y aussi la Sira, ou les Sira et les chroniques. Celles-ci montrent autre chose encore mais
qui va dans la même direction : quand Muhammad reçoit sa « révélation », il apprend (de la
part de Gabriel) la façon de faire la prière et qu’il redescend à la maison, aussitôt, il
transmet à Khadija, puis aux autres, la façon de faire la prière. Quand des tribus sont
converties, de gré ou de force, ou un peu des deux, on leur envoie des gens pour faire
correctement la prière (et payer la zakat, ce qui est plus réaliste). Bref, la prière tout de
suite et tout le temps, ce qui n’est guère réaliste, à y regarder de plus près. Alors osons le
dire : c’est une aberration, comme souvent les sources islamiques sont des aberrations, et
n’en ont cure, face au public naïf et captif qu’elles doivent séduire et hypnotiser. En fait, là
comme
ailleurs, mais là un peu plus qu’ailleurs apparaît la fonction pédagogique des
textes : ils ne relatent jamais une réalité passée, mais s’efforcent de présenter des actions
vues comme des modèles intangibles. En d’autres termes, il n’y a rien d’historique et
véridique là dedans, car ce sont des manuels de comportement destinés à franchir les siècles.
Faire sa prière est un acte pénible, complexe, aliénant, et il est nécessaire de mobiliser tout
ce que l’on peut, y compris l’imaginaire, pour faire accepter cela aux populations.
Il existe aussi quelques documents amusants, qui vont dans le sens contraire : la discipline
devait être trop rude, alors certains malins se sont amusés à trouver des arrangements, des
concessions, comme ne pas venir quand il fait trop chaud, ou quand il fait trop sommeil…
(Bukhari, Sahih 10/9).
Si les fidèles savaient tout ce qu'il y a (de mérites) à faire l'appel à la prière et à occuper le premier
rang (à la prière) et qu'ils ne trouvassent pas d'autres moyens pour y arriver que le tirage au sort,
certes ils tireraient au sort. S'ils savaient le mérite qu'ils y a à prier de bonne heure, ils se hâteraient
d'y accourir. Et enfin, s'ils savaient tout ce qu'il y a (de mérites) dans la prière du soir et celle du
matin, ils y accourraient, fussent-ils obligés de se traîner à quatre pattes.
(al Tirmidhi, Hadith 1083).
L’envoyé d'Allah a dit:
-Ce qui nous distingue des infidèles et des hypocrites est notre sincérité dans la prière. Celui qui
l’abandonne tombe dans l’incroyance.
(Bostani, Hadith shiite 156).
Le prophète dit:
Les meilleures des actions sont: l'accomplissement de la prière à temps, la bonté et le respect envers
les parents, ainsi que le combat pour la cause d'Allah.
99
(Ibn Hanbal , Musnad 22189)
L’envoyé d'Allah a dit:
-La salat est le meilleur acte qui a été ordonné, et quiconque est capable de le pratiquer souvent doit
le faire.
(Bukhari, Sahih 9/6).
Abu Hurayra dit qu'il a entendu l'envoyé d'Allah dire: si une rivière passait devant la porte de l'un
de vous, et s'il s'y lavait chaque jour cinq fois, pensez-vous qu'après cela, il serait encore souillé de
quelque ordure ?
-Non, lui répondit-on, il n'en resterait rien.
- Il en est de même, reprit-il, des cinq prières journalières obligatoires. C'est par elles que Allah
efface les péchés.
Animaux en prière.
(Tirmidhi, Hadith).132
Selon Abu Umama , le messager d’Allah a dit:
-La supériorité du savant par rapport au dévot est comme ma supériorité par rapport au moindre
d'entre vous.
Puis le messager d’Allah ajouta:
-Allah, ses Anges, les habitants des cieux et de la terre jusqu'à la fourmi dans son trou et les
poissons prient sûrement pour ceux qui enseignent le bien aux autres.
(Bostani, Hadith shiite 137).
Le prophète dit:
-O Ali! On reconnaît le bon croyant à trois signes: la prière, la zakat et le jeûne.
(An Nawawi, Hadith 1286).
Ibn Masud a dit: J’ai dit:
-Ô messager d’Allah! Quelle est l’œuvre la plus aimée d’Allah l’exalté?
Il dit:
-La prière à son heure.
Je dis:
-Et quoi encore?
Il dit:
-La piété filiale.
132
An Nawawi 1387.
100
Je dis:
-Et quoi encore?
Il dit:
-Le combat au service d’Allah.
(An Nawawi, Hadith 312).
Abdullàh Ibn Masud a dit: J'ai demandé au prophète:
-Quelle est l'œuvre la plus aimée de Allah exalté?
Il dit:
-La prière à son heure.
Je dis:
-Et puis?
Il dit:
-La piété filiale.
Je dis:
-Et puis?
Il dit:
-Le combat au service d’Allah.
Prière et cocotte-minute.
(An Nawawi, Hadith 450).
Abdullah ibn Ashikhir rapporte: Je vins trouver le messager d’Allah alors qu'il était en prière. Il
pleurait et sa poitrine laissait entendre le bruit d'une marmite en ébullition.
Manquement funeste.
(Malik, Muwatta 21).
… l’envoyé d’Allah a dit : quiconque manque la prière de l’asr aura une perte égale ou supérieure à
celui qui a perdu sa famille et ses biens.
(An Nawawi, Hadith 149).
Wahb ibn Abdullah a dit: Le prophète
a lié d’amitié Salman et Abu Darda. Un jour Salman se
rendit chez Abu Darda et trouva sa femme dans une tenue des plus modestes. Il lui dit:
-Pourquoi donc te négliges-tu ainsi ?
Elle lui dit :
-Ton frère Abu Darda ne ressent aucun désir pour ce bas monde.
Juste à ce moment arriva Abu Darda qui lui prépara quelque chose à manger et lui dit:
-Mange seul car je jeûne.
Il dit :
-Je ne mangerais pas tant que tu ne mangera pas avec moi.
101
Il mangea donc avec lui. Quand la nuit tomba, Abu Darda se plonga dans la prière. Salman lui dit
alors :
-Dors !
Il s’endormit puis se remit à prier.
Il lui dit encore une fois :
-Dors !
Et il se recoucha. Quand vinrent les dernières heures de la nuit, Salman dit :
-Maintenant remets-toi à prier !
Ils prièrent ensemble puis Salman lui dit :
-Ton Seigneur a sur toi un droit, ta personne a sur toi un droit et ta famille a sur toi un droit. Donne
donc à tout ayant droit.
Abu Darda alla conter la chose au prophète qui lui dit :
-Salman a dit vrai.
(Malik, Muwatta 28).
…l’Envoyé d’Allah a dit :
-Quand la chaleur est suffocante attendez le moment de fraîcheur, car la chaleur a pour origine la
géhenne.
(An Nawawi, Hadith 146).
Anas rapporte que le prophète est entré une fois à la maison. Il y trouva une corde attachée entre
deux colonnes. Il dit :
-Qu’est-ce donc que ces cordes ?
On lui dit :
-Cette corde est pour Zeyneb ; quand le sommeil la vainc dans la prière, elle s’y accroche.
Le prophète dit alors :
-Détachez-moi cette corde ! Que l’un de vous prie tant qu’il en a la force et, dès qu’il est gagné par
le sommeil, qu’il aille dormir !
102
5 L’appel à la prière
133
A Médine, on observe une interrogation -pittoresque- sur les moyens d’appel à la prière :
les musulmans rejettent les symboles Juifs et chrétiens, la corne ou la cloche. Encore une
fois, la doctrine s’échafaude en négatif, et en négation de l’autre. Telle est la façon de
présenter les choses, dans l’islamisme, et la réalité n’est pas vraiment connue.
Actuellement, l’appel est composé des phases suivantes: “Allah est grand” (4 fois), “J’atteste
qu’il n’est d’autre divinité qu’Allah” (2 fois), “J’atteste que Muhammad est l’envoyé
d’Allah” (2 fois), “Venez à la prière” (2fois), “Venez au salut” (2 fois), “Allah est grand” (2
fois), “Il n’est d’autre divinité qu’Allah” (1 fois). Au total, la formulation normale en arabe
est celle-ci: ALLAHU AKBAR! ALLAHU AKBAR! ALLAHU AKBAR! ALLAHU AKBAR! ASHHADU
AN LA ILAHA ILLA 'LLAH! ASHADU AN LA ILAHA ILLA 'LLAH! ASHHADU ANNA
MUHAMMADAN RASULU-LLAH! ASHHADU ANNA MUHAMMADAN RASULU-LLAH! HAYYA
'ALA 'S-SALATI! HAYYA 'ALA 'S-SALATI! HAYYA 'ALA 'L-FALAH! HAYYA 'ALA 'L-FATAH.!
ALLAHU AKBAR! ALLAHU AKBAR! LA ILAHA ILLA LLAH!
Le matin, afin s'encourager le dormeur perturbé dans son rythme biologique, on ajoute
“La prière est meilleure que le sommeil! La prière est meilleure que le sommeil! AS-SALATU
KHAIRUN MINA 'N-NAUMI! AS-SALATU KHAIRUN MINA 'N-NAUMI!
Les shiites ajoutent, parce qu'il est toujours bon pour les minoritaires de se distinguer:
“Venez pour la meilleure des oeuvres! HAAYA 'ALA KHAIRI 'L-'AMALI! HAAYA 'ALA KHAIRI
'L-'AMALI!
La proclamation est tyrannique et totalitaire: elle s'impose à toutes les oreilles et ne souffre
aucune contestation, et a pour but de contraindre, plus que d'informer.
(Muslim, Sahih 4/735).
Quand les musulmans sont arrivés à Médine, ils se rassemblèrent et cherchèrent à savoir le moment
de la prière, et personne ne les appelait. Un jour, ils se mirent à discuter du sujet et l’un d’entre eux
dit:
-Employons quelque chose comme la cloche des chrétiens.
Un autre dit:
-Employons une corne, comme les Juifs.
134
Le messager d’Allah dit:
139
Vestige erratique d'une très ancienne conception animiste. La Tradition musulmane, dans le flot
d'information qu'elle diffuse, laisse subsister de telles étrangetés.
103
-Bilal, lève-toi et appelle les gens à la prière.
135
(Muslim, Sahih 2-564).
Anas ibn Mâlik a dit : On fit le second appel à la prière, alors que l'envoyé d'Allah avait un aparté
avec un homme. Quand enfin il vînt présider la prière, ses compagnons étaient déjà endormis.
L’appel à la prière à Médine
(ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 347-8).
Un fois que l’envoyé fut fermement établie à Médine, et que ces frères les émigrants furent
rassemblés autour de lui et que les affaires concernant les auxiliaires furent réglées, l’islam se trouva
solidement établi. La prière fut instituée, l’aumône et le jeûne furent prescrits, les punitions légales
fixées, l’illicite et
le licite prescrits, et l’islam installa son emprise sur eux. C’est ce clan des
136
auxiliaires qui “a installé son emprise (dans la cité du prophète) et dans la foi”.
L’envoyé vint d’abord, le peuple s’assembla autour de lui pour la prière aux moments fixés sans
avoir été convoqués. Au début, l’envoyé pensa utiliser une trompe comme celle que les Juifs
employaient pour l’appel à la prière. Après, il désapprouva cette idée et ordonna de fabriquer un
claquoir, et ainsi, il fut de coutume de le frapper quand les musulmans devaient prier.
C’est alors que Abdullah ibn Zayd ( ...) entendit une voix dans un rêve, et il vint voir l’envoyé en
disant:
-Un fantôme est venu me visiter cette nuit. Passa ensuite un homme vêtu de deux habits verts
portant un claquoir à la main et je lui ai demandé de me le vendre. Quand il m’a demandé pourquoi
je le voulais, je lui ai dit que c’était pour la convocation à la prière ; alors, il me proposa de me
montrer un meilleur moyen: c’était de dire trois fois Allah akbar! J’atteste qu’il n’y a pas de dieu
sinon Allah ; je témoigne que Muhammad est l’envoyé d’Allah. Venez à la prière, venez à la prière.
Venez au service divin. Venez au service divin. Allah akbar, Allah akbar
137
; il n’y a pas d'Allah
sinon Allah.”
Quand l’envoyé d’Allah entendit cela, il dit que c’était une vision véridique si Allah l’avait voulu, et
qu’il devrait aller voir Bilal et lui transmettre cela pour qu’il puisse faire ainsi la prière, car celui-ci
avait une voix puissante.
138
Quand Bilal remplit cette fonction de muezzin , Omar l’entendit et alla voir l’envoyé en traînant son
manteau
sur
le
sol
et
disant
qu’il
avait
eu
la
même
vision.
L’envoyé dit:
-Allah soit loué pour cela.
Bruits
C’est la cloche qui appelle à la prière, mais une mauvaise foi fait qu'elle n'est pas évoquée.
La crécelle est un instrument déplaisant destiné aux ermites et aux malades.
104
(Bukhari, Sahih 10/1).
ibn Omar disait Au début de leur arrivée à Médine, les musulmans se réunissaient et s'indiquaient
entre eux le moment de la prière sans qu'on les y appelât. Un jour, comme on s'entretenait à ce
sujet, un des fidèles dit:
- Servez-vous d'une crécelle pareille à la crécelle des chrétiens.
- Non, dit un autre, employez une trompette pareille à la corne dont les Juifs font usage.
-Pourquoi, demanda Omar, ne chargeriez-vous pas un homme d'entre vous de faire l'appel à la
prière ?
Là-dessus, l'envoyé d'Allah dit à Bilal:
-Ô Bilal, lève-toi et appelle à la prière.
(Bukhari, Sahih 10/7).
Quand vous entendez l'appel à la prière, répétez ce que dira le muezzin.
(Bukhari, Sahih 22/6).
Lorsqu'on vous appelle à la prière, Satan, tournant le dos, lâche un pet, afin de ne pas entendre cet
appel.
(Bukhari, Sahih 59/12, 1).
Abu Sayd al Khudri a dit un jour : je vois que tu aimes la vie pastorale et le désert, quand tu seras au
milieu de tes troupeaux ou dans le désert, et que tu feras l'appel à la prière, élève ta voix en le
prononçant, car, aussi loin que porte la voix de celui qui appelle à la prière, quiconque l'entendra,
djinn, homme ou objet
139
, ne manquera pas de venir témoigner en sa faveur le jour de la
résurrection.
Panne de réveil.
140
(Bukhari, Sahih 21/245).
On a parlé de quelqu'un au prophète et on lui a dit qu'il avait dormi jusqu'au matin et qu'il ne
s'était pas réveillé pour la prière. Le prophète a dit :
-Satan
141
a uriné dans ses oreilles.
(Bukhari, Sahih 1/11/23).
144
La formule est très postérieure.
105
Omama-ibn-Sahl-ibn-Honayf a dit : "J'ai entendu Muawya-ibn-Abu-Sufyan étant assis en chaire au
moment où le muezzin, appelant à la prière, disait :
-"Allah est grand ! Allah est grand !" répéter : "Allah est grand ! Allah est grand !"
Puis le muezzin ajouta :
-"Je témoigne qu'il n'y a d'autre divinité que Allah."
Muawya dit :
-"Moi aussi."
Le muezzin continua :
-"Je témoigne que Mohammed est l'Envoyé d’Allah.
- Moi aussi, ajouta Muawya.
Lorsque l'appel à la prière fut terminé, Muawya dit :
-"Ô fidèles, j'ai entendu l'Envoyé d’Allah, alors qu'il était assis à cette même place, répéter les
paroles que vous venez de m'entendre dire, lorsque le muezzin avait fait l'appel à la prière."
(Muslim, Sahih 568).
'Abdallâh ibn Omar a dit : Au début de leur arrivée à Médine, les musulmans se réunissaient à
l'attente des prières tant que personne n'y faisait l'appel. Un jour, comme on s'entretenait de ce
sujet, un des fidèles dit :
-Servez-vous d'une cloche à l'exemple des chrétiens.
- Non, dit un autre, recourez-vous à une trompette à l'exemple des juifs.
- Pourquoi, demanda 'Omar, ne chargeriez-vous pas un homme de faire l'appel à la prière?
L'Envoyé d’Allah dit alors :
-Ô Bilâl! Lève-toi et appelle à la prière.
(Muslim, Sahih 569).
Anas a dit : "Bilâl reçut l'ordre de faire à pair le premier appel à la prière et à impair le second
appel".
(Muslim, Sahih 573).
Ibn Omar a dit : L'Envoyé d’Allah avait deux muezzins : Bilâl et Ibn Oum Maktûm, l'aveugle.
(Muslim, Sahih 576).
… l'Envoyé d’Allah a dit : "Quand vous entendez l'appel à la prière, répétez exactement ce que dit le
muezzin".
(Muslim, Sahih 582).
D'après Abu Hurayra, l'Envoyé d’Allah a dit : "Lorsqu'on fait l'appel à la prière, Satan prend la fuite
106
en lâchant des vents afin de ne pas l'entendre. Une fois le premier appel terminé, il revient et
cherche à insinuer jusqu'au moment où l'on fait le second appel à la prière. Il s'en va donc de
nouveau pour ne pas l'entendre; mais une fois ce dernier appel terminé, il retourne et cherche à
insinuer".
6 La haine du soleil et de la lumière
Les prières sont celles-ci: la première (AL FAJR) , de l’aube, juste avant que le soleil ne se lève
(SHURUK) , quand les premières lueurs apparaissent. Elle doit être finie avant que l’astre ne
soit complètement présent, toujours pour les mêmes raisons un peu mesquines. Disons-le, en
chorus avec tous les habitants des mondes islamiques: celle de l’Aube est la plus détestée,
puisque le muezzin, qui n’est pas souvent un Pavarotti ou un Domingo, se met à hurler, à
couiner, à blatèrer juste quand n’importe quel être humain ne veut que dormir, et récupérer
de sa journée précédente. Ce qui ne devrait concerner que les concernés dérangent
l’ensemble de la population. Comme les pieux sont très majoritairement de pieux oisifs et
parasites, ils ont le loisir de se réveiller tous fringants vers les 5-6 heures du matin. Dans les
zones rurales, le muezzin, le matin, fait concurrence au coq, qui soit le suit soit le précède,
mais l’équivaut en terme de nuisances.
Comme elle a eu du mal à s’imposer, pour des raisons évidentes, nombre de petits textes, de
texticules la mentionnent, et tentent d’en vanter les mérites.
Vers midi, alors que sous d’autres cieux, l’on prend l’apéritif, dans le merveilleux pays de
Muhammad, peuplé de Muhammads, la prière suivante (DHUR) est encore imposée, juste
avant que le soleil ne se mette au zénith. Si le ciel est couvert, faites comme vous pouvez.
Dans l’après-midi, selon des calculs théoriques aussi complexes que vains, arrive la prière
suivante (ASR) , tandis qu’ailleurs, la sieste commence ou s’achève.
Et ce n’est pas tout, après ces mauvais pénibles, y recommencer encore, quand le soleil
disparait. C’est alors le temps de la prière du crépuscule (MAGHRIB) .
Une (AL ISHA) , enfin, la nuit, si possible en se réveillant, et en réveillant le plus de monde
possible, pour exhiber votre piété, et renforcer votre présence sociale. Elle n’a pas
d’horaires précis; la tradition se constitue ici ou là.
107
Chaque fois, la référence reste la lumière, que l’on haît par la prière. La prière est par
essence celle de l’ombre.
Les textes ont tendance à sermoner, houspiller les récalcitrants, qui rechignent à se déplacer
en pleine chaleur de l’après-midi, ou à se réveiller en pleine nuit. Alors les prières les plus
difficiles sont évoquées, et l’on ruse pour attiser l’envie de participer aux prières. L’historien
doit sentir que si tant et tant de textes concernent l’obligation de participer, cela signifie
clairement que la population n’avait guère envie d’y aller. Les textes coraniques, par
exemple, citent surtout les prières nocturnes et l’on finirait par croire qu’elles sont plus
importantes. L’islamisme des ténèbres, en quelque sorte, qui n’est pas celui que l’on croit.
Les détails sont assez précis, pour une fois, et le Coran suffit à peu près pour établir le
moment des prières. On sent bien que le ritualisme était là dès les débuts, afin de
conditionner dès le départ la population concernée. Une étude peut assez vite repérer les
prières classiques, ou canoniques, en recoupant les informations. Après 13 siècles de
pratiques pluriquotidiennes, le pli est là, et la mécanique s’excerce, sans plus.
Cinq prière, cela peut faire beaucoup et de fait, pour rester mesuré, cela structure la
journée, et menace de la perdre. Alors on a inventé une légende, intégrée dans le voyage
céleste de Muhammad.
Le mythe est aitiologique: il doit expliquer au fidèle non par le sens du rite (il se suffit à luimême, dans tout système religieux), mais se limite à la question du nombre et de l'effort du
fidèle. Celui-ci se réjouit avant tout de ne pas avoir à faire 50 prières par jour...Le procédé
est habile, dans une phase d'imposition de règles à la communauté.
Un récit long et détaillé est un récit qui a eu du succès, qui a plu, et dont on a voulu ajouter
encore des appogiatures pour séduire encore plus et faire durer le plaisir au coin du feu.
Dans le cas présent, le procédé est allé à l’extrême.
On remarquera enfin une étrangeté: il y est dit textuellement que Muhammad rencontre
Allah, de visu, et lui parle. La question des relations entre les deux a posé d'immenses
difficultés aux théologiens et exégètes. Mais pour attiser la passion du public, Bukhari passe
outre, et imagine une rencontre au sommet... Il y avait en fait un grand besoin d'autorité
suprême dans ces affaires de prière, rituel conçu comme contraignant.
Les informations informes dans le Coran, comme souvent exposent différents chiffres:
soit, 2,3, ou 4 prières quotidiennes, ce qui est fort prenant, à la fin.
Les références coraniques sont les suivantes.
Les débats oiseux et mesquins sur le nombre de prières par jour ont été largement
conservés par les hadiths. La règlementation a dû avoir lieu au tournant du début du
VIIIème siècle, quand la doctrine n’est intéressé au rituel, et a voulu le séparer de tout ce
qui se faisait au Proche-Orient.
Mais la Tradition, qui se plaît dans la surenchère, an’a pas trouvé mieux que d’en
ajouter: pas trop quand tout de même, soit 5 prières, plus toutes celles qu’il est loisible
d’opérer pour soi, et selon sa fantaisie. Celles-ci seront traitées dans une autre partie.
Il est palpable que la question du nombre de prières quotidiennes a posé de rudes
difficultés à la communauté islamique primitive. Les primitifs de l’islamisme ont
certainement eu à s’empoigner pour déterminer combien de prières ils allaient
s’imposer. En témoigne l’histoire inventée pour contraindre la masse de s’y soumettre:
108
les fabricants de traditions ont d’abord intégré la question dans le voyage céleste
qu’aurait fait Muhammad. Celui-ci est paré de toutes les allures de la légende et du
merveilleux, et de plus, il se confond, sciemment, avec le périple de Jérusalem. A partir
de là, on va ajouter au scénario un immense récit d’un marchandage, faisant intervenir
divers prophètes et pas des moindres, puisque même Moïse est récupéré dans cette
affaire. Le but de la négociation est de faire diminuer le nombre de prières: Muhammad
est vu comme le héros, défenseur des intérêts humains, face aux rudes prophètes juifs,
toujours droits dans leurs bottes, qui assoment de prières obligées la malheureuse
humanité.. Alors merci Muhammad, cinq par jour, merci, c’est mieux que cinquante…
Asma.
(Bukhari, Sahih 8/1).
Anas ibn Malik a dit: Abu Dharr rapportait que l'envoyé d'Allah avait dit: Pendant que j'étais à la
Mecque, le plafond de ma maison s'entr'ouvrit et Gabriel descendit (par là). Il m'ouvrit la poitrine,
me la lava avec de l'eau de Zemzem, puis il apporta un bassin d'or plein de foi et de sagesse et vida
le tout dans ma poitrine.
142
Cela fait, il la referma et, me prenant par la main, il m'enleva vers le ciel
le plus rapproché (de nous). Quand je fus arrivé au ciel le plus rapproché, Gabriel dit au portier du
ciel:
-Ouvre.
-Qui est là? demanda-t-il.
-Gabriel, lui répondit l'ange.
-Quelqu'un est-il avec toi ? reprit le portier.
- Oui, répliqua Gabriel, Muhammad est avec moi.
- A-t-il été mandé, ajouta le portier.
- Oui, dit l'ange.
(…)
ibn Hazm et Anas ibn Malik ajoutent: Le prophète a dit:
-Allah prescrivit alors à mon peuple cinquante prières (par jour).
Comme je m'en retournais avec cette prescription, je passai auprès de Moïse:
-Que t'as prescrit Allah pour ton peuple? me demanda t-il.
- Il m'a prescrit cinquante prières, lui répondis-je.
- Retourne auprès du Seigneur, me dit Moïse, car ton peuple n'aura pas la force de supporter cela.
Je retournai donc auprès d'Allah qui diminua le nombre de moitié. Puis, passant près de Moïse, je
lui dis :
-On en a diminué la moitié.
109
- Retourne auprès du Seigneur, reprit-il, car ton peuple n'aura pas la force de supporter cela." Je
retournai auprès d'Allah qui diminua de nouveau le nombre de moitié. Repassant près de Moïse je
lui annonçai cette nouvelle réduction de moitié.
- Retourne auprès du Seigneur, répliqua-t-il, car ton peuple n'aura pas la force de supporter cela.
Je revins près d'Allah qui me dit:
-Ce sera donc cinq prières qui en vaudront cinquante à mes yeux, car rien de ce qui a été dit en ma
présence ne saurait être changé. Je m'en retournai vers Moïse qui me répéta :
-Retourne vers le seigneur.
-J'ai honte du seigneur, lui répondis-je.
Alors Gabriel m'emmena et me conduisit jusqu'au lotus de la limite qui est couvert de couleurs que
je ne saurais dire. Ensuite j'entrai dans le paradis: on y trouve des coupoles de perles et le sol en est
formé de musc .
143
Aïsha, la mère des croyants
144
a dit :
-Lorsque Allah présent vit les prières il les fixa à deux prosternation chacune aussi bien à la ville
qu'en voyage. La prière du voyage fut maintenue telle quelle ; celle de la ville fut rendue plus
longue.
(Corpus coranique d’Othman 11/114).145
Et accomplis la Prière aux deux extrémités du jour et à certaines heures de nuit. Les bonnes oeuvres
dissipent les mauvaises. Cela est une exhortation pour ceux qui réfléchissent.
(Corpus coranique d’Othman 33/41-2).
Ô vous qui croyez! Evoquez Allah d'une façon abondante.
et glorifiez-Le à la pointe et au déclin du jour.
(Corpus coranique d’Othman 76/25-6).
Et invoque le nom de ton Seigneur, matin et après-midi;
et prosterne-toi devant Lui une partie de la nuit; et glorifie Le de longues [heures] pendant la nuit.
(Corpus coranique d’Othman 50/39-40).
Endure donc ce qu'ils disent: et célèbre la louange de ton Seigneur avant le lever du soleil et avant
[son] coucher; et célèbre Sa gloire, une partie de la nuit et à la suite des prosternations .
(Corpus coranique d’Othman 17/78-9).
Accomplis la Prière au déclin du soleil jusqu'à l'obscurité de la nuit, et [fais] aussi la Lecture à
l'aube, car la Lecture à l'aube a des témoins.
145
Trad. Hamidullah pour toutes les citations coraniques.
110
Et de la nuit consacre une partie [avant l'aube] pour des Prière surérogatoires: afin que ton Seigneur
te ressuscite en une position de gloire.
(Corpus coranique d’Othman 73/5-7).
Nous allons te révéler des paroles lourdes.
La prière pendant la nuit est plus efficace et plus propice pour la récitation.
Tu as, dans la journée, à vaquer à de longues occupations.
(Corpus coranique d'Othman 73/20).
En vérité, ton seigneur sait que toi et une fraction de ceux qui sont avec toi, vous vous tenez en
prière moins des deux tiers, de la moitié ou du tiers de la nuit.
Allah détermine la mesure de la nuit et du jour.
Il sait que vous ne compterez pas cela et il vous a pardonné.
Récitez donc à haute voix ce qui vous sera possible de la prédication.
Il sait qu'il y aura parmi vous des malades146, d'autres qui iront par le monde recherchant quelque
profit accordé par Allah147, d'autres qui combattront dans le chemin d'Allah.
148
Récitez donc à haute voix, ce qui vous sera possible de la prédication.
Accomplissez la prière!
Acquittez-vous de l’aumône!
(Corpus coranique d’Othman 24/36-7).
Dans des maisons qu'Allah a permis que l'on élève, et où son nom est invoqué; le glorifient en elles
matin et après- midi, des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l'invocation d'Allah,
de l'accomplissement de la Prière et de l'acquittement de la Zakat, et qui redoutent un jour où les
coeurs seront bouleversés ainsi que les regards.
(Corpus coranique d’Othman 7/205-6).
Et invoque ton Seigneur en toi-même, en humilité et crainte, à mi-voix, le matin et le soir149, et ne
sois pas du nombre des insouciants.
146
La doctrine dira plus tard que le malade, et l'impotent peuvent prier par des mouvements de
yeux.
147
Les commentaires sont unanimes pour comprendre que l'expression désigne les commerçants.
149
Ceci ne correspond pas à l'organisation mise en place plus tard, les canoniques 5 prières. Le
point est à noter, vraiment, et pour deux raisons. D'abord, cela signale un état primitif de la doctrine
et très banal, que devaient partager toutes les liturgies de l'orient, marquant le crépuscule et plus
l'aurore. Ensuite, une autorité inconnue a estimé, contre Allah et son livre, que ce n'était pas assez.
On en a mis trois autres et pour cela, on a inventé le conte de la montée de Muhammad au ciel, que
même les enfants devraient mettre en doute.
111
Ceux qui sont auprès de ton Seigneur [les anges] ne dédaignent pas de L'adorer. Ils Le glorifient et
se prosternent devant Lui.
(Corpus coranique d’Othman 9/39).
Est-ce que celui qui, aux heures de la nuit, reste en dévotion, prosterné et debout, prenant garde à
l'au-delà et espérant la miséricorde de son Seigneur... Dis: ‹Sont-ils égaux, ceux qui savent et ceux
qui ne savent pas?› Seuls les doués d'intelligence se rappellent.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 136).
Dans cette même année, Allah ordonna la prière de quatre rakat, tandis que, à l'origine, à la
Mecque, elle ne fut que de deux rakat. Dans l'année même de l'arrivée du prophète à Médine, Allah
ordonna pour la première et la deuxième prière, et pour la prière du coucher, quatre rakat, et deux
pour la prière du matin et celle du voyage, comme à l'origine.
(Hanbal, Musnad 2/424).
Les prières les plus difficiles pour les hypocrites sont celles de Al-'Icha et de Al-Fajr.
(Tabarani, al-Mu’jam al-Kabir 12/271).
...Omar a dit : Si nous ne voyions pas une personne à la prière de Fajr et celle d’Asr, nous
penserions du mal sur lui.
(Bukhari, Sahih 52/30, 3).
….S’ils savaient ce qu’il y a dans la prière de nuit, ils se hâteraient d’y accourir. S’ils savaient ce
qu’il y a dans la prière du soir et dans celle du matin, ils y viendraient même en rampant sur les
genoux.
(Ibn Hanbal, Musnad 2/424).
Le prophète ajouta :
- Les prières les plus pesantes pour les hypocrites sont salaat al-’isha’ et salaat al-fajr, mais s’ils
savaient seulement ce qu’elles contiennent en récompense, ils viendraient même s’ils devaient
ramper.
(at Tirmidhi, Hadith 221).
Le musulman devrait connaître l’importance de salaat al-fajr aux yeux d’Allah, soit-Il glorifié. Le
prophète disait :
-La prière de l’aurore effectuée en congrégation équivaut à une nuit entière de prières.
(Ibn Maja, Hadith 2/1249).
112
L’envoyé d’Allah a dit :
-La prière est interdite entre l’asr quand le soleil se couche, et après fajr quand le soleil se lève.
(Hanbal, M u s n a d 3/259).
Annas ibn Malik a dit que quand le prophète sortait pour la prière de fajr, comme il passait la porte
de chez Fatima, il disait :
-Peuple de la maison, faites la prière !
(Bukhari, Sahih 93/52).
Abu Hurayra rapporte que l’envoyé d'Allah a dit:
-J’en jure par celui qui tient mon âme en sa main, je songe à ordonner de rassembler du bois mis en
morceaux, puis à ordonner de faire l’appel à la prière, ensuite je laisserai ces gens et je mettrai le feu
à leurs habitations. J’en jure par celui qui tient mon âme en sa main, si l’un de vous savait qu’il dit y
avoir un os gras ou deux bons pieds de mouton, il assisterait sûrement à la prière du soir.
(Bukhari, Sahih 9/15).
Qui néglige l'heure de la prière de l'après-midi perd le fruit de ses œuvres.
(An Nawawi, Hadith 1138).
Selon Jabir , le messager d’Allah a dit:
-Celui qui craint de ne pas se réveiller à la fin de la nuit, qu’il fasse l’unité de prière de clôture à son
début. Mais celui qui a bon espoir de se lever à sa fin, qu’il fasse l’unité de clôture avant la fin de la
nuit, car les Anges sont nombreux à assister à la prière de la fin de la nuit et elle a plus de valeur.
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 54).
Allah descend au ciel terrestre, lorsque s’achève le premier tiers de la nuit et dit:
-Je suis le roi! Qui veut m’invoquer et j’exaucerai son invocation. Qui veut me faire une requête et je
lui donnerai ce qu’il veut? Qui veut solliciter mon pardon et je lui pardonnerai? Cela durera jusqu’à
ce que l’aurore pointe.
(Hanbal, Musnad 5/298).
…si le prophète voulait se reposer avant le fajr, il mettait sa tête dans sa paume droite, appuyée sur
son coude.
(Hanbal, Musnad 2/250).
Le prophète louait l'homme qui se lève la nuit pour prier et qui réveille son épouse, et quand elle
refuse de se lever, il lui jette de l'eau au visage ; et il louait la femme qui se lève la nuit pour prier et
qui réveille son époux et quand il refuse de se lever, elle lui jette de l'eau au visage.
113
(An Nawawi, Hadith 1053).
Selon Abu Hurayra , le prophète
a dit: Celui qui va à la mosquée le matin ou l’après-midi, Allah
lui prépare le Paradis comme lieu de séjour pour chacun de ses parcours.
7 Le minaret
Phare sans lumière
Il n’y a aucune trace d’un quelconque minaret dans les textes qui prétendent représenter les
origines de l’islamisme.150 Quand l’appel à la prière doit se faire, les documents présentent
le brave Bilal et sa grosse voix qui monte sur un toit, que ce soit celui de la mosquée-palais
de Médine, ou de la Kaba. On imagine aussi qu’il puisse grimper au sommet des palmiers.
Les toutes premières mosquées n’en contiennent pas, quand on les retrouve et quand on peut
les dater. Il suffit, selon les textes, et l’archéologie, que d’un toit, tout simple, ou d’une
surélévation discrète, appelée MADHANA, l’endroit de l’appel (à la prière), comme cela se
trouve en Syrie sous les Ommeyades, ou à Bassora.
L’archétype vient d’ailleurs: le mot vient de MANAR, qui voudrait dire “phare”, ou tour de
guet.151 Il est possible aussi que les premiers minarets aient conservé cette fonction de tour
laïque; on évoque la présence de signaux lumineux, de feux, au sommet de la
tour/clocher/minaret de la Mosquée des Ommeyades de Damas. Une premier archétype,
très prosaïque, doit être d’abord évoqué: la simple tour militaire de défense. A l’observation
attentive des plans, on peut remarquer que les premiers minarets sont plus solides et larges
qu’élevés, et placés aux endroits stratégiques.
Mais le modèle le plus plausible, un peu plus tard, reste bien sûr le clocher des églises (ou des
monastères, que l’on oublie vite), qui, muni d’une cloche, correspond à la même fonction que
le minaret, d’appel à la prière, mais aussi, et c’est moins rappelé, de marqueur du territoire.
Le minaret reste un symbole de présence –et souvent aussi- de domination islamique, en
s’inscrivant dans un paysage.
150
Jonathan Bloom, Minaret : symbol of Islam , Oxford, 1989; K e n n e t h C r a g g , The Call of the Minaret,
New York 1956.
151
Le mot français vient du turc, adapté de l’arabe.
114
Le premier minaret serait celui d’une mosquée de Bassora, construit vers 665. Mais il n’a
pas laissé de trace. Les Ommeyades se sont clairement inspirés de l’exemple chrétien, pour
le dépasser: l’islamisme naissant ne pouvait supporter que des bâtiments d’infidèles
dépassent en quoi que ce soit leurs propres édifices. Le minaret s’intègre donc dans une
compétition millénaire. Celui de Kairouan, quand on l’observe de manière impartiale, est
sans aucune doute un clocher islamique, imité d’une quelconque église, et d’un donjon de
château médiéval: il a la chance, étant donné son architecture robuste, d’avoir été en entier
conservé.
La compétition se poursuit, jusqu’à nos jours, où les minarets doivent dépasser tous les
autres cultes, s’ils existent. Quand les bâtiments chrétiens ont été capturés puis convertis, il a
suffi, pour les faire changer d’apparence d’une manière aussi radicale que facile, de les
pourvoir en minarets: l’exemple le plus fameux est actuellement Haghia Sofia d’Istanbul.
Ensuite, les minarets se sont multipliés, ont pullulé, même inutiles, et ont grossi autant que
la fortune et l’orgueil de leurs commanditaires. Leur construction devient une forme de
compulsion, et les vieilles menaces bibliques contre la Tour de Babel ont été oubliés. Mais il
est bien connu que l’islamisme n’a jamais fait beaucoup d’effort pour comprendre autrui et
les histoires des autres. C’est un tort, car quinconque a visité une terre islamique après un
séisme sait à quel point le minaret est après coup l’ennemi mortel de la coupole des
mosquées.
Nous touchons peut-être là l’explication véritable du foisonnement de minarets qui s’est
répandu si vite, au moment de l’expansion de l’empire arabe, puis islamique. Les historiens
ont pu observer que l’érection de ces tours correspond à la mise en place de dynasties
locales, concurrentes les unes les autres, et désireuses de montrer par l’architecture leur
puissance, mais aussi, pour des questions de basse politique, quelle mosquée était leur
mosquée, celle qu’ils contrôlaient et favorisaient. Cela doit toujours nous faire penser que le
minaret – comme toute oeuvre d’architecture, mais peut-être un peu plus – est une
manisfestation de pouvoir et de puissance. Plus, parce qu’elle monte le plus haut possible, et
parce qu’elle demande un maximum de moyens et de savoir-faire. La religion, et la
soumission, selon la doctrine, de l’homme à Allah n’est plus d’actualité dans ces momentslà, et Babylone n’est pas loin, tout comme elle n’est pas loin quand on érige les immenses
tours du Golfe, de Malaisie ou d’Arabie, comme d'énormes phalli de verre, de fer et de
béton.
Dans les pays où l’islamisme est encore minoritaire, le minaret, quoiqu’ailleurs accessoire,
devient l’instrument d’une revendication, et il tend à se montrer dès que possible, limité en
taille, hauteur, et nombre par les réactions des populations et les réglements d’urbanisme.
Avec constance, les hiérarques islamiques, dans leur zèle érectile, poussent toujours plus
haut. Après le minaret, un peu plus tard, vient la revendication d’appel à la prière,
puisqu’il sert à cela.152 Ici et là, pour tester les réactions, il est lancé, tant il est constitutif de
la mentalité du groupe islamique quand il se constitue quelque part.
Mais l’essentiel est d’abord la modification radicale du paysage, car la présence et la
multiplication de minarets sont des signes immédiats que le territoire est islamisé.
152
Notons bien que plus aucun muezzin ne se fatigue à monter puis descendre les marches des
minarets ; tout se fait non par la grâce d’Allah, mais par les miracles du microphone et des hautsparleurs. L’acoustique n’est plus la raison de l’élévation du minaret, mais le symbole de domination.
115
Rappelons ceci, pour résumer, en deux points: le rapport à l’appel à la prière, si l’on
observer les débuts des choses, n’est pas direct, et même assez décalé: l’appel s’est fait
autrement, et la tour a servi d’autre chose. Ensuite, les deux se sont rassemblés, imaginonsle, sous l’influence du clocher des chrétiens.
Le rapport au pouvoir est constant, sans entrer trop dans la psychanalyse de bazar. La tour
pointant bien haut est une manifestation de puissance vis-à-vis des infidèles, et pour les
dirigeants, face à leurs concurrents et leurs populations.
8 La mosquée
Des prières, des tapis, des chaussettes
Un de premiers actes de Muhammad est donc la construction de ce qui a vite (trop vite?) été
appelé la Mosquée , suivant une tradition syriaque bien établie. Elle est alors MASJID (de
MASGUEDA , “lieu” de prosternation , en syriaque) ; ou bien JAMAA, le mot évoque le
rassemblement , l’assemblée en arabe.
153
A bien observer sa description , c’est bien plus
153 L. Gozvin , La mosquée , Paris-Alger , 1960 ; Encyclopédie de l'islam2 VI p. 629-31 (coll.) ; J. M.
Bloom, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. mosque ; M.Frishman, et H.-U. Khan, eds. The Mosque. New
York, 1994. ; H. Stierlin , L’architecture islamique , Paris , 1993 ; Pontificio istituto di studi arabi e
d'Islamistica, La Mosquée, Rome 1990 ; M. Frishman and H.-U. Khan, The Mosque: History,
Architectural Development & Regional Diversity, Londres, 2002 ; E. Lambert , "La synagogue de
Doura-Europos et les origines de la mosquée" , Semitica 3 , 1950; C. et S.J. Saarda, “Origins of the
mosque 622–650”, The Muslim World 28, 1938; D. Kuban, Iconography of Religions; Islam, Part 1 The
Mosque and its Early Development Muslim Religious Architecture , Leiden 1974; Robert S. Mc
Lenaran,”The Moslem's Mosque and the Christian's Church”, The Muslim World 32/1942; Martin
Frishman, Hasan-Uddin Khan (ed.), The Mosque: History, Architectural Development and Regional
Diversity, Londres, 1994; J. Sauvaget, The Mosque and the Palace. Early Islamic Art and Architecture,
Burlington 2002; Oleg Grabar, "La mosquée et le sanctuaire. Sainteté des lieux en Islam", Revue de
l'histoire des religions , 4/2005, Lieux de culte, lieux saints dans le judaïsme, le christianisme et
l'islam;Joseph Nasrallah, "De la cathédrale de Damas à la mosquée omayyade", dans Pierre Canivet
116
que cela, et tout autre chose: autour de la salle de prière , on trouve des appartements pour
le dynaste et sa suite (HUJURAT) , et une cour (SAHN) . Le guide de la communauté, très
habilement , matérialise d’emblée la nature de son pouvoir , sous l’apparence d’un petit
palais de type nouveau, qui mêle religion, administration , représentation et vie familiale du
chef: une confusion elle-aussi de nature totalitaire , que seule l’autorité du chef transcende.
C’est aussi une façon de mobiliser les énergies des nouveaux arrivants et de les unir avec
celles des Auxilaires.
L’archétype de la mosquée est en fait l’église chrétienne. Les premiers monuments connus de
la période islamique reprennent ses caractéristiques, et ajoutent le minaret en guise de
clocher. Le dôme du Rocher, de Jérusalem, ou bien la mosquée des Ommeyades à Damas
sont soit copiés soit des réemplois, à partir d’édifices chrétiens. Ainsi, le modèle devient
autonome mais bien plus tard, et sûrement pas du vivant de Muhammad, qui , en fait, n’a
jamais construit ou fait construire la moindre mosquée, au sens où nous le comprenons
maintenant.
Il y a en effet aucun rapport avec le plan des mosquées actuelles, même pas la même
fonction. Ce serait un abus de langage, que de parler de mosquée pour celle de Médine. Il
faut s'évader de la vision omniprésente des mosquées, le globe, les bulbes, la tourelle, les
ogives, etc... comme si un blanc manteau de mosquée couvrait le territoire de l’Arabie.
En fait, la vraie mosquée, dans l'acception du terme à partir de l'étymologie, comme lieu de
prosternation, est le lieu où Muhammad prie, quel qu’il soit. Il n’y a pas encore de
fétichisme de la mosquée.
Les détails foisonnants sur la construction, et le fait que Muhammad mette la main à la
pâte, exceptionnellement, indiquent que tous ces textes ont été composés, bien plus tard,
pour encourager les constructeurs des milliers de mosquées mis en chantier, comme autant
de repères de l'avancée de l'islamisme. Chacun, de l'architecte renommé au paysan
maniant la glaise, se sent dans les sandales du prophètes, agissant à sa manière et ne
négligeant aucun aspect de l'édification. Tout l'ensemble des documents est au sens moral
édifiant, mais ici le sens se double d'un caractère pratique.
154
Le monument subit les aléas du temps, et destructions puis réparations se succèdent. Mais
il reste un centre pour la religiosité des pélerins, dont certains la décrivent encore avec une
dévote précision , dans leurs relations de voyage.
Il ne reste strictement rien de la mosquée originelle. Un énorme édifice en occupe
l'emplacement primitif, après de multiples transformations. Elle est successivement
endommagée par la foudre en 850, remise en état en 892, détruite par un incendie en 1257,
et Jean-Paul Rey-Coquais éd., La Syrie de Byzance à l'Islam, Damas, 1992; Anonyme ,Les Deux Saintes
Mosquées , Riyadh, 1994; Martin Frishman, Hasan-Uddin Khan (ed.), The Mosque: History,
Architectural Development and Regional Diversity, London, Thames and Hudson Ltd, 1994 ; C.
Mayeur-Jaouen, « Tombeau, mosquée et zâwiya : la polarité des lieux saints musulmans », in A. Vauchez
(éd.) Lieux sacrés, lieux de culte, sanctuaires : approches terminologiques, méthodologiques, historiques et
monographiques, Rome, 1997 ; id. « Lieux sacrés, lieux de culte, sanctuaires en islam », in id. , Rome,
1997 ; Oleg Grabar, "La mosquée et le sanctuaire. Sainteté des lieux en Islam", Lieux de culte, lieux
saints dans le judaïsme, le christianisme et l'islam , Revue d’Histoire des Religions 4/200; U. Vogt-Göknil,
Die Moschee. Grundformen sakraler Baukunst, Zürich 1978.
155
G. King, "A Mosque Attributed to Umar b. al-Khattab in Dumat al-Jandal in al-Jawf, Saudi
Arabia", Journal of the Royal Asiatic Society 1978.
117
reconstruite immédiatement , restaurée brutalement en 1487 sur ordre du sultan égyptien
Qaitbay, et finalement reconstruite au XXème siècle par l'architecte Abdel-Wahed ElWakil.
Actuellement, c'est un bâtiment gigantesque, au style impropable et à l'aspect monstrueux,
dont la laideur n'a d'équivalent que son prix. On rapporte qu'elle peut contenir jusqu'à
250 000 personnes. Les rois saoudiens, pas peu fiers de leur forfait, ont envoyé un peu
partout des maquettes en or et argent de la chose, à travers le monde...
La plus ancienne encore visible pourrait être plutôt celle de Dumat al Jandal, attribuée par
la coutume au calife Omar, en 638.155
(Muslim, Sahih 2449).
D'après Abu Hurayra, l’envoyé d’Allah a dit a dit : A la tête des accès et des passages de Médine, il y
a des anges, donc ni la peste ni l'Antéchrist ne peuvent le pénétrer.
(Muslim, Sahih 2463).
D'après 'Abdullâh Ibn Zayd Al-Mâzinî , l’envoyé d’Allah a dit : Dans l'espace compris entre ma
demeure et mon minbar, il y a un des jardins du Paradis.
(Muslim, Sahih 2469).
D'après Abu Hurayra, l’envoyé d’Allah a dit: Une prière faite dans ma mosquée que voici vaut mieux
que mille autres faites dans toute autre mosquée, exception faite pour la Mosquée Sacrée.
(Muslim, Sahih 2475).
D'après Abu Hurayra, l’envoyé d’Allah a dit Ne sanglez vos montures que pour aller à trois
mosquées : ma mosquée que voici, la Mosquée Sacrée, et la mosquée Al-'Aqsa.
(Muslim, Sahih 808).
Abu Dhar a dit : Comme je demandais à l'Envoyé d'Allah quelle était la première mosquée bâtie sur
terre, il me répondit :
-"La Mosquée sacrée".
- "Et ensuite?", continuai-je.
- "Ensuite, reprit-il, ce fut la mosquée Al Aqsa
- "Et quel était l'intervalle du temps entre leurs constructions?", repris-je.
- "Quarante ans", répliqua-t-il. Puis il ajouta :
-"Partout où t'atteindra l'heure de la prière, accomplis-la. Car la terre (entière) est un lieu de prière".
(Muslim, Sahih 816).
118
Anas a dit que le prophète arriva à Médine et s'installa dans la partie la plus haute de cette ville chez
une tribu dite les Banû 'Amr Ibn 'Awf. Il séjourna chez eux quatorze nuits; puis il envoya chercher
les Banû An-Najjâr. Ceux-ci arrivèrent le sabre en bandoulière. Il me semble encore voir l'Envoyé
d'Allah monté sur sa chamelle, Abu Bakr en croupe derrière lui et les notables des Banû An-Najjâr
autour d'eux. Ils marchèrent jusqu'à arriver à la demeure de Abu Ayyub. L'Envoyé d'Allah priait là
où l'heure de la prière l'avait surpris; même parfois dans l'enclos des moutons. Puis, il ordonna de
bâtir une mosquée et manda dans cette fin aux chefs des Banû An-Najjâr.
- "Ô Banû An-Najjâr, leur dit-il, quel prix me demandez-vous pour cet enclos?".
- "Par Allah! répondirent-ils, rien; nous n'en demandons aucun prix, sinon à Allah". Or, ajoute
Anasje vais vous dire ce qu'il y avait dans cet enclos; il y avait des palmiers, des sépultures de
polythéistes et des tas de ruines. L'Envoyé d'Allah ordonna de couper les palmiers, d'exhumer les
cadavres et d'aplanir les ruines. Ceci fait, on aligna les troncs de palmiers pour en faire la Qibla de la
mosquée et on y encastra deux chambranles en pierres. Les fidèles et l'Envoyé d'Allah se mettaient
au travail en chantant :
-Ô Seigneur, il n'y a d'autre bien que celui de l'autre monde. Accorde la victoire aux 'Ansâr et aux
Muhâjirûn
(Muslim, Sahih 822).
D'après Aïsha, Umm Habîba et Umm Salama racontaient à l'Envoyé d'Allah avaient vu, en
Abyssinie, une église dans laquelle il y avait des représentations figurées. L'Envoyé d'Allah leur dit :
"
-Chez ces gens-là, quand un homme vertueux meurt, ils bâtissent sur sa tombe un oratoire où ils
dessinent de telles représentations. Ces gens-là seront les pires des créatures aux yeux d'Allah le
Jour de la Résurrection".
(Muslim, Sahih 823).
D'après Aïsha, l'envoué a dit, lors de sa maladie à la suite de laquelle il succomba : "Qu'Allah
maudisse les juifs et les chrétiens qui ont pris les tombes de leurs Prophètes pour oratoires". Aïsha
poursuivit :
-"Sans cela, on aurait fait bâtir la tombe sur une place éminente, mais il craignait qu'on la prenne
pour oratoire".
(Muslim, Sahih 847).
D'après Sahl Ibn Sa'd, un groupe d'hommes qui se disputaient à propos du bois dont fut coupé le
minbar vint trouver Sahl Ibn Sa'd qui leur répondit, en disant :
-"Par Allah! Je sais très bien de quoi et par qui ce minbar fut fabriqué. J'ai vu en outre l'Envoyé
d'Allah) quand il s'y installa pour la première fois".
119
- "Ô Abu 'Abbâs156! Raconte-nous l'histoire de ce minbar", lui dit-on. Sahl reprit alors : "L'Envoyé a
mandé à une femme -qu'il n'a pas nommé selon Abou Hâzim - pour lui dire :
-Ordonne à ton esclave le menuisier de me fabriquer une estrade en bois pour que je m'en serve
pendant mes sermons publics".
Sur ce, le menuisier fabriqua donc ce minbar de trois gradins; puis on le plaça dans cet endroit sur
l'ordre de l'Envoyé. Le bois de ce minbar provenait de tamaris d' Al-Ghâba. Une fois le minbar
achevé, l'Envoyé y monta et fit le takbir. Les fidèles firent de même. Le prophète releva la tête,
descendit et vint se prosterner à terre. Remontant de nouveau sur le minbar, il fit la deuxième rak'a
de la même façon et ainsi de suite jusqu'à la terminer. Puis, il s'adressa au public en disant :
-"Ô gens! J'ai fait ceci pour que vous suiviez mon exemple et appreniez comment je faisais la
prière".
(Muslim, Sahih 826).
Aïsha a dit : Lorsque l'Envoyé d'Allah fut sur le point d'expirer, il se mit à étendre sur son visage
une khamîsa qui lui appartenait. Quand il se sentait étouffé, il l'écartait de son visage. Puis, il dit :
-"Que Allah maudisse les juifs et les chrétiens qui ont pris les tombes de leurs Prophètes pour
oratoires".
Il mettait ainsi en garde contre cette pratique.
(Muslim, Sahih 831).
'Uthmân Ibn 'Affân a répondu en ces termes aux propos que les gens tenaient sur son compte après
avoir reconstruit la mosquée de l'Envoyé d'Allah :
-"Vous avez déblatéré contre moi; j'ai entendu l'Envoyé d'Allah dire : Quiconque bâtit une mosquée
pour Allah, le Très-Haut, -selon Bukayr, pour l'amour d'Allah-, Allah lui bâtira une demeure au
Paradis".
(Tabari , Histoire des Prophètes et des Rois III 112).
Muhammad ibn Jarir rapporte un fait qui est fort peu croyable. Il dit :
-Lorsque Muhammad arriva à Médine , il fit construire une mosquée sur l'emplacement d'un verger
de dattiers et d'un cimetière , qu'il avait achetés. Il fit arracher les arbres et retirer les cadavres de
leurs tombeaux , ensuite il y fit bâtir. Mais cela ne peut pas être ; c'est un fait inouï , et il ne faut pas
croire une telle chose du prophète. Quoique ces morts fussent des infidèles , un lieu d'adoration n'a
cependant pas assez d'importance pour qu'on arrache des morts de leurs tombeaux et pour qu'on
détruise un champ cultivé. Les hommes intelligents rejettent un tel fait.
156
=Sahl.
120
(Bukhari , Sahih 30/92).
157
Il y avait (à Médine) des tombes de polythéistes , des ruines et des palmiers ; le prophète ordonna de
fouiller les tombes , de raser les ruines et de couper les palmiers (pour construire la mosquée).
(ibn Sa’d , Tabaqat I 281).
Il y avait là des tombes datant de la jahiliyya. L’apôtre d'Allah ordonna qu’elles soient fouillées et les
ossements soient éparpillés.
158
(Bukhari , Sahih 58/269).
... dans ce jardin , il y avait les choses que je vous dis: tombes de païens , terre en désordre avec des
trous... et des palmiers-dattiers. L’apôtre d’Allah ordonna que les tombes des païens soient
exhumées , que la terre soit nivelée et les palmiers coupés. Les troncs des arbres furent placés pour
faire un mur en face de la qibla.
(Bukhari , Sahih 7/48).
-Peut-on fouiller les sépultures des polythéistes des temps anté-islamiques et se servir de ces
emplacements pour y bâtir des mosquées. (...)
Anas a dit: Le prophète vint à Médine et descendit dans la partie la plus haute de cette ville chez
une tribu qu'on appelait les Banu Amir ibn Awf. Il séjourna au milieu d’eux quatorze nuits , puis il
envoya chercher les Banu Najjar. Ceux-ci arrivèrent le sabre en bandoulière et il me semble encore
voir le prophète monté sur sa chamelle , Abu Bakr en croupe derrière lui et les notables des Banu
Najjar autour d’eux. Ils marchèrent ainsi et arrivèrent à la demeure de Abu Ayyub. Le prophète
aimait à prier là où le surprenait l’heure de la prière , il priait (parfois) dans des parcs à moutons.
Il ordonna de bâtir la mosquée et il manda les principaux des Banu Najjar :
-Ô Banu Najjar , leur dit-il , quel prix me demandez-vous de cet enclos.
-Par Allah! répondirent-ils , rien ; nous n'en demanderons aucun prix , sinon à Allah.
Or , ajoute Anas , je vais vous dire ce qu'il avait dans cet enclos ; il y avait des sépultures de
polythéistes , des ruines et des palmiers. Le prophète ordonna de fouiller les tombes , de raser les
ruines et de couper les palmiers. Cela fait , on aligna les troncs de palmiers comme qibla de la
mosquée , et on les encastra dans deux chambranles en pierres. Puis on commenca à apporter des
pierres en chantant , le prophète se joignant aux autres et disant :
-Ô Allah , il n'y a d'autre bien que celui de l'autre monde. Pardonne aux ansar et aux muhajirun.
163
Trad. Hamidullah.
121
9 Imam
Le moment du petit chef
A tout il faut un chef, telle devrait être la principale idée islamique, tant l’idée d’une
autonomie de la personne humaine semble étrangère à ce système. Dans la prière,
collective, et même très collective, l’humain n’est pas laissé seul dans sa recherche de contact
avec sa divinité. Un chef est là, le guide, le conducator, l’imam. A un niveau technique, il
est celui qui guide la prière. Il doit faire les gestes d’une manière bien démonstrative, pour
que les autres suivent ses manières de chef d’orchestre.
Il devient bien plus que cela, dans la réalité: il devient le propriétaire de la prière, et de la
mosquée, et un peu aussi des pauvres âmes qui s’y agglutinent. Il n’est pas excessif de parler
de propriété, quand on sait comment se passent les choses dans la réalité. En théorie, celui
qui est choisi l’est pour la prière, de manière momentanée. Il est aussi le plus pieux dans son
apparence, le plus respectable, et celui qui, bien sûr est le plus savant en matière de religion.
Traduire: il est celui qui sait le plus de bouts de Coran par coeur, ou qui a cette réputation,
ou qui le clame le plus fort et personne n'ira le contester là dessus. Dans les faits, l’imam est
celui qui tient la mosquée depuis le plus longtemps, celui qui a le plus de pouvoir, ou les
meilleurs liens avec le pouvoir politique du moment. Autre concession aux passions
humaines: normalement, la fonction est gratuite, mais dans les faits, la rétribution, issue de
fondations diverses, variées, et souvent obscures, est courante. Dans les régimes politiques
prudents, l’imam est stipendié par l’Etat, ce qui en fait un fonctionnaire, qui doit
obéissance, et qui prêche dans le sens du vent. C’est bien là sa seule qualité, et l’on se soucie
peu de ses capacités personnelles. Il vaut mieux, d'ailleurs, qu'il aille dans le sens du vent,
sinon, il se lancerait vite dans les abysses islamiques du fanatique, pente naturelle et facile,
itinéraire de l'imam qui n'y prend pas garde.
Il y a peu de documents sur l’imam. Sans doute, la fonction n’a pas posée trop de
difficultés, et le besoin ne s’est pas fait sentir de pondre des milliers de textes, comme dans
d’autres domaines. De plus, le modèle mohammédien empêchait de trop développer la
question. Tant que le prophète prodigieux est là, il est bien superflu de parler d’un
personnel dirigeant la prière. Lui la dirige toujours et tout le temps. Cela dit, vers la fin de
l’aventure, on peut percevoir une évolution, et les textes préparent une transition vers un
autre système, quand est mise en scène, par exemple, la maladie du chef. Ainsi, les
subordonnés comme Abu Bakr et Omar prennent le relais dans quelques circonstances.
Ceci trahit peut-être une réalité historique: que l’imam n’ait pas été une invention précoce,
mais plutôt tardive. Il aura fallu du temps pour construire un office tel que celui-ci, sans
ressembler au sheikh arabe, au prêtre païen, au curé chrétien, au rabin juif.
Par la suite, le terme de “guide”, pour des foules perdues, en manque d’autorité morale, a
été attribué aux chefs des communautés, jusqu’au chef suprême, le calife. Peu à peu
122
d’ailleurs, calife et imam finissent par se rapprocher dans la doctrine: le but reste de
magnifier tant et plus la puissance du pouvoir. Les sunnites ont surévalué à dessein le terme,
pour résister aux conceptions shiites, qui avaient tenté de récupérer en entier le terme, pour
désigner leurs propres chefs suprêmes.
Plus largement encore, et toujours dans la quête infantile de l’autorité extérieure, toute
personne pourvu d’un peu, ou de beaucoup de connaissance religieuse peut se voir attribuer
le titre d’imam, de guide, de personne d’autorité.
Pour résumer, et sans trop changer de sujet, l’affaire de l’imamat est une affaire de
pouvoir, et un débat de politique, très humaine, et sans énorme enjeu religieux. A tous les
niveaux, dans le choix de l’imam, dans la dévolution de sa charge, l’arbitraire est à
l’oeuvre.
A noter: l'imam est indispensable à toute prière, comme surveillant du rite. Et en cas de
prière individuelle et isolée? C'est bien simple dit la doctrine, qui a réponse à tout: l'isolé est
l'imam pour lui-même. Il serait inconvenant de faire une prière libre.
Dans l'usage sectaire musulman (shia), le terme imam est sans ambiguité: cela fait toujours référence au chef
de la communauté, dans le sens particulier et renforcé de récepteur décrété et légitimiste (WASIYYA/NASS)
du legs prophétique (MIRATH AL NUBUWWA). L'imam est impeccable (MASUM), la source de législation
(ASL AL FIQH), et le seul possesseur de la connaissance (JAFR).
J. Wansbrough, The Sectarian Milieu, p. 71.
Imam dans le Coran.
Le corpus cite le terme. Mais le sens n’est pas celui attendu. Les récits concernent les récits sur les juifs en
Egypte, et il apparaît que les dirigeants doivent être des sortes de chefs cosmologiques… Rien à voir avec la
prière. Assez souvent, le texte coranique est en décalage avec ce qui se fera plus tard…
(Corpus coranique d’Othman 32/24).
Et Nous avons désigné parmi eux des dirigeants qui guidaient (les gens) par Notre ordre aussi
longtemps qu'ils enduraient et croyaient fermement en nos versets.
(Corpus coranique d’Othman 28/5-6).
Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en
faire les héritiers, et les établir puissamment sur terre, et faire voir à Pharaon, à Haman, et à leurs
soldats, ce dont ils redoutaient.
Prière express.
Hadith amusant qui veut alléger le poids de la prière sur les personnes fragiles ; on devine
les circonstances d’invention de ce type de texte. Il existe de jolies perles dans cette tradition
débordante d'information inutile.
(Bukhari, Sahih 10/62).
123
Celui qui préside à la prière en assemblée
159
doit être bref, car il a derrière lui des gens faibles,
malades ou âgés.
Les ânes à la mosquée.
On mesure ici le degré de crainte superstitieuse auquel le fidèle est soumis, à travers des
images d'une puérilité très remarquable: le hadith est pourtant issu du recueil le plus
autorisé. Mais le Coran lui-même évoque le phénomène des métamorphoses en animaux.
(Bukhari, Sahih 10/53).
Ne craint-il pas celui de vous qui relève la tête avant l'imam, qu’Allah change sa tête en une tête
d'âne, ou son corps en un corps d'âne?
(Ibn Maja, Hadith 2/1034).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Si un imam commet une erreur, les hommes le feront remarquer en disant « Allah soit glorifié »,
alors que les femmes frapperont dans leurs mains.
Le cul de l’imam.
(ibn Sa’d, Tabaqat § 120).
160
Quand les habitants de nos villages se convertirent, ils ne trouvèrent personne qui connaissait le
Coran, sinon moi, parce que je l’avais appris par des voyageurs de passage.
Alors ils me désignèrent, et me mirent en avant, pour faire la prière. J’avais six ans.
161
Mais le manteau (BURDA) que j’avais se soulevait chaque fois que je me mettais à genoux.
Une femme du village dit alors:
-Que l’on recouvre le cul du récitateur du Coran!
Ils me mirent alors une chemise (KHAMIS) de Bahreyn sur le dos.
Je n’ai jamais autant chéri quelque chose que ce vêtement.
(Nasa, Hadith 2/1046).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Les péchés du vendredi précédent sont pardonné si un musulman prend un bain, prie le nombre
fixé de prières et se tient silencieux jusqu’à ce que l’imam finisse, et qu’il prie avec l’imam.
(Malik, Muwatta 209).
L’envoyé d’Allah a dit :
-L’imam n’a été institué que pour être suivi, c’est pourquoi ne vous débattez pas à ce sujet.
Abu Huraya ajouta :
-Celui qui relève la tête et l’abaisse avant que l’imam ne le fasse, celui-ci a le toupet dans la main du
démon.
124
(Bukhari, Sahih 8/17).
De la prière de celui qui est assis.
"L'envoyé d'Allah fit la prière dans sa maison alors qu'il était souffrant. Il pria en restant assis. Les
fidèles, placés derrière lui, faisant la prière debout, il leur fit signe de s'asseoir. Quand la prière fut
terminée il dit :
-"On ne vous a institué un imam sinon afin que vous l'imitiez : lorsqu'il s'incline faites comme lui et
quand il se lève levez-vous."
"L'envoyé d'Allah tomba de cheval et il s'écorcha ou s'érafla le côté droit. Nous étions entrés chez
lui pour lui faire visite lorsque le moment de la prière vint. Il pria en restant assis et nous-même
nous priâmes aussi assis. Il nous dit alors :
-"Si l'on a institué un imam c'est pour qu'on l'imite. "Lorsqu'il fait le tekbîr, faites-le également ;
quand il s'incline, inclinez-vous, et quand il se relève, relevez-vous. Enfin, lorsqu'il dit : "Allah
écoute celui qui le loue", dites : "Ô mon Allah, ô Seigneur, à toi la louange !"
Le premier imam.
Muhammad est un peu spécial. En vie, il dirige obstinément la prière, comme un génie, qui
voit tout avec les yeux derrière la tête. Malade, ou mort, il ne peut plus, malgré ses qualités.
Alors les récits de la décripitude de Muhammad sont utiles pour commencer à présenter
ceux qui vont prendre le relais, comme Abu Bakr. Il dirige la prière, puis l’Etat islamique:
le politique n’est jamais loin.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois III 334).
Le lendemain lundi, treizième jour du mois de rabia premier de la onzième année de l'Hégire, le
matin, à l'heure de la prière, le prophète, se sentant mieux, se leva, ouvrit la porte de son
appartement et regarda les hommes assemblés dans la mosquée, qui priaient, rangés en ordre l'un
162
derrière l'autre, et Abu Bakr, qui remplissait la fonction d'imam.
Ce spectacle lui causa une
grande joie,...
Les sens alternatifs
Le terme d'IMAM, présent dans le Coran, a d'autres sens, que l'on ne saisit guère.
Une première apparition donne l'impression que l'IMAM concerne un jugement.
Ceci démontre à quel point la langue coranique est composite et de composition aléatoire.
(Q17/71).
Le jour où Nous appellerons chaque groupement d'hommes par leur chef, ceux à qui on remettra
leur livre dans la main droite liront leur livre (avec plaisir) et ne subiront pas la moindre injustice.
(Q15/79).
125
Nous Nous sommes donc vengés d'eux. Et ces deux [cités], vraiment, sont sur une route bien
évidente [que vous connaissez].
(Q36/12). (=livre clair)
C'est Nous qui ressuscitons les morts et écrivons ce qu'ils ont fait [pour l'au-delà] ainsi que leurs
traces. Et Nous avons dénombré toute chose dans un registre explicite.
10 En rangs d’oignons
Cultures d'ignares
Le rite est fondamentalement collectif. Les textes encouragent tous le rassemblement des
fidèles, et se méfient du rite pratiqué par devers soi.
L’acte rituel accompli en public oblige l’individu à se soumettre tacitement au groupe. C’est
encore un moyen de contrôler la communauté, d’éviter des déviances qui pourraient suscités
par la réflexion personnelle et incontrôlée du dévôt.
Dans un groupe, à un moment, il s’en trouvera toujours un qui pour se faire bien voir, et
pour s’exhiber son zèle, proposera d’aller prier, comme ça, entre potes. Le refus d’autrui
sera de toute manière mal perçu. On ne refuse pas une telle invitation. Pour ceux qui ont le
126
malheur de vivre là où l’islamisme prospère sans partage, la désertion de la prière est
perçue comme un manifestation d’infidélité. Le coupable, théoriquement, doit être exécuté.
Tel est le cas en Arabie Saoudite, où personne ne tolère l’idée d’apostasie…. Ainsi, bien
souvent, on laissera tranquille ceux qui ont autre chose à faire. Mais ceux qui y vont seront
toujours mieux vus.
Quand l’assistance arrive, peu à peu, au départ, puis quand les retardataires se pressent,
s’installent, des lignes se forment vers la qibla. Le guide, celui qui donne le 'la' de la
chorégraphie divine, se met en avant. Si les participants sont nombreux, ou le guide, novice,
il est de coutume de lui adjointre un surveillant, derrière lui, qui lui répète les directives, ou
le corrige.
L’ensemble fait l’impression d’un bloc, et de lignes de combat, ce qui n’est pas un hasard ou
alors d'un genre de 'madison' assez original. Si l’instinct grégaire est ainsi encouragé, c’est
parce qu’il doit s’inscrire dans un contexte mental qui reste celui du combat: faire bloc, et
faire front, en même temps que tenter d’établir un contact avec le surnaturel. Il est bien
prévu que les rangs doivent être continus, et serrés, démontrant ainsi la solidarité des
participants, et la solidité de l’ensemble. Dès le moment de la jonction, il sera bien difficile
de déceler dans le groupe quelque tête pensante, et ce pendant quelques minutes. La
machine à décerveler est primitive mais elle a fait ses preuves, et sur beaucoup, ses effets
sont devenus permanents. Pour s'en convaincre, nous vous invitons à observer la manière
dont les têtes et les culs se lèvent en presque simultanéité. L'important est alors de repérer les
décalages, ceux qui sont dans la tendance, ou les zélés ou les suivistes.
Tous les hommes sont invités à participer, pubères, et si possible, pas déments (quoiqu’aucun
examen ne soit fait à cette occasion). Mais on accepte les plus exhaltés dans leur foi, dont la
piété sert de paravent à la folie, et les fous d’Allah ne sont pas exclus, tant s’en faut. Quand
ils obtiennent leurs premiers poils, les jeunes sont invités, dans les derniers rangs, et la
perspective d’accéder au premier au de cours de leur vie sert de ligne directrice.
Sur une autre échelle, le groupe ainsi constitué rejoint les autres groupes, à l’échelle
planétaire, que l’on s’imagine, qui se dirigent tous vers un siège social fantasmé, la Kaba de
la Mecque.
La procédure, remarquable, à sa façon, est une manière d’accéder à une forme de
puissance, par l’illusion de la cohésion, qui fait croire à la cohérence de la croyance. Le
groupe mimétique donne l’apparence de la puissance, et objectif final, troupe et inquiète les
infidèles. Le phénomène est maintenant bien connu des quartiers dits “populaires” des
grandes villes européennes, dans lesquels la prière dans la rue est un moyen de pression sur
l’ensemble des infidèles, population et institutions, une manière de montrer la puissance
d’un groupe, et sa violence potentielle, car la certitude, la bêtise à tête de boeuf, comme
disait Brecht, impressionne quand on n’y est point habitué.
Les effets somatique de la gymnastique séculaire mise en place sont assez prévisibles, et
peut-être même prévus.
Le rythme des prières, rapide, et les mouvements, aussi rapide, de la tête, en avant et en
arrière, sont autant de moyens simples d'étourdir pour abrutir: les juifs orthodoxes
agglutinés contre le Mur des Lamentations en sont un exemple frappant.
Les repères sont perdus, l'équilibre aussi, et le fidèle se rassure en reprenant la position
stable. Les récitations juives reprennent la même technique, qui a fait ses preuves. Ensuite,
le trouble provient de la concentration des individus sur une petite surface, et le fait que les
actes doivent se pratiquer en cohésion parfaite avec les autres: l’autonomie de l’individu est
127
annulée. Il est commun d’ailleurs que la proximité la plus étroite doit être pratiquée entre
les orants, sans se toucher. Mais au moins, qu’on sente l’haleine chargée du voisin, ou
l’effluve de ses chaussettes.
De plus, le moindre écart sera perçu, décelé, et conçu comme une véritable désertion, et elle
sera, à terme, punie ainsi.
Enfin, la répétition incessante des mêmes gestes, et des mêmes paroles conduit à une
automatisation du comportement.
Il faut dire que l’essentiel des discussions sur la prière est d’ordre réglementaire: faire ceci,
pas cela, et surtout, délice, se demander quelle faute était plus importante que l’autre. Si
j’oublie ça, est-ce plus grave que ça.
Car la peur de la faute étreint les gens qui sont en oraison comme un rat de l’Opéra
pendant Gisèle. Alors il faut être soit d’un rigueur extrême, soit le résultat d’un drill
impeccable, soit sur le mouvement des autres, et se fondre dans la masse, tel un mauvais
deuxième violon dans un mauvais orcheste. Dans toutes les solutions, l’abdication de soi est
le préalable.
Il existe aussi tout une littérature para-médicale qui se fait fort de démontrer les avantages
de la prière dans le domaine de la santé. D’étranges praticiens accumulent les
affabulations, et cherchent à faire croire que les rites correspondent à des besoins
fondamentaux de l’organisme, et que le rituel a eu l’intuition divine du bien-être humain. Il
faut bien qu’ils soient au comble du désespoir pour fabriquer de tels arguments.
Toujours est-il que la prière n’est pas un moment facile ou agréable. Elle peut épuiser
physiquement, provoquer des étourdissements, évanouissements, endormissements subits, si
l’imam ne donne pas de rythme à sa prestation.
Le Coran lui-même s’abaisse à traiter de ces questions que nous aurions tort de croire si
pratiques et annexes.
La Tradition va en ajouter des centaines et des centaines de pages, aussi précises que
confuses, et, sinon, ce ne serait pas drôle, contradictoires: à la fin, qui sait sur quel pied
danser…
Georges Brassens l’aurait dit, dans un hadith composé par lui: “Le pluriel ne vaut rien à
l'homme. Et sitôt qu'on Est plus de quatre, On est une bande de cons ». Si la bande se met à
prier, elle se mue en armée. Un vrai prophète, celui-là, et moustachu, en plus.
(Corpus coranique d’Othman 4/102-3).163
Quand vous avez accompli la Prière, invoquez le nom d'Allah, debout, assis ou couchés sur vos
côtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Prière (normalement), car la Prière
demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.
128
(Ibn Maja, Hadith 2/976).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Les musulmans doivent prier en rangées bien droites, sinon leurs cœurs seront versatiles.
(Bukhari, Sahih 52/30, 3).
L’envoyé d'Allah a dit:
-Si les fidèles savaient ce qu’il y a de mérite à l’appel à la prière et dans le premier rang, et qu’ils
n’eussent d’autre moyen d’y atteindre qu’en tirant au sort, ils tireraient au sort.
(Malik, Muwatta 290).
… l’envoyé d’Allah a dit :
-La prière en commun est de 25 fois plus méritante que celle faite individuellement.
Discipline de la prière.
(Corpus coranique d'Othman 107/4-7).
Malheur aux orants
164
qui,
dans leur prière, sont distraits
qui sont pleins d’ostentation
et refusent l’aide (MAHUN) .
165
(Bukhari, Sahih 10/65).
Certes, quand j'entame la prière en assemblée, mon désir est de faire la prière lentement, mais si
j'entends un enfant pleurer, j'accélère ma prière, parce que je sais la peine extrême que sa mère
éprouve en entendant ses pleurs.
(Malik, Muwatta 15).
L’envoyé d’Allah a dit : quiconque parvient à assister à une seule rakat en prière collective, est
considéré comme ayant fait toute la prière collectivement.
(Bukhari, Sahih 10/30).
La prière accomplie en assemblée est supérieure de vingt-cinq degrés à celle faite isolément.
Précaution.
(Bukhari, Sahih 12/ 718).
166
Aïsha a demandé à l'envoyé d'Allah pourquoi il regardait ici et là pendant la prière. Il répondit :
167
Une flatulence ou un suintement quelconque.
129
- C'est une façon de surveiller que Satan n'emporte pas la prière de quelqu'un.
(Nasa, Hadith 2/1316).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Quelqu’un ne doit prier que s’il a la bonne position.
(Nasa, Hadith 1/831).
L’envoyé d’Allah a dit :
-… Allah transformera les têtes des musulmans en têtes d’ânes s’ils lèvent la tête avant l’imam.
(Bukhari, Hadith 10/29).
Par celui qui tient ma vie entre ses mains, j'ai songé parfois à donner l'ordre d'apporter du bois à
brûler, puis, quand il serait là, d'enjoindre de faire procéder à l'appel à la prière et de désigner
quelqu'un pour la diriger, afin de pouvoir retourner sur mes pas et de mettre le feu aux habitations
des gens qui ne sont pas allés à la prière. Par celui qui tient ma vie entre ses mains, si l'un de ces
gens-là savait y trouver quelques os gras ou deux beaux pieds de mouton, il n'aurait pas garde de
manquer à la prière du soir.
(Bukhari, Sahih 10/74).
Egalisez bien vos rangées dans la prière en assemblée, car être bien en rang fait partie du bon
accomplissement de la prière.
Madagascar et les gnous
Un peu de danse contemporaine, un peu de non-danse. Muhammad, ou Gabriel,
avaient un peu le profil des chorégraphes contemporains, et un charisme infernal. Qu’il
nous soit permis à ce sujet de faire une référence un peu surprenante: le dessin animé
“Madagascar”, dans sa phase finale, qui fait une référence, assez déguisée (pour s’éviter
toutes sortes de problèmes), à Muhammad. On y présente ainsi un prophète, sous
forme de gnou (ce ruminant africain barbu, étique et grégaire), qui domine tous les
autres gnous, grâce à sa manière de prophétiser la fin du monde, et d’instiller la peur
dans le peuple gnou. Comme les gnous sont installés sur un volcan, la fin du monde
n’est pas si éloignée, et le pouvoir du “prophète-chorégraphe”, comme il se présente,
n’en est que plus fort. Mais il maintient son influence sur les foules gnou en leur
imposant une chorégraphie permanente, tel un imam survolté, créant en permanence
les figures que tous doivent reproduire. Les gnous, peu réputés pour leur intelligence et
leur esprit critique, le suivent en tout, dans les moindres postures.
S’il fallait se figurer notre Muhammad, tel que dépeint par l’immense littérature de la
Sunna, qui sur le sujet de la prière s’emballe et produit tant et plus, il serait le plus
proche possible de ce prophète chorégraphe…
Asma.
130
11
11 La police de la prière
(Je ne veux voir qu'une seule tête et un seul cul, a dit...)
Entendons police par bonne ordre, et non force de police, quoique, dans le paradis islamique sur terre, la
police religieuse existe, soit réellement, comme corps constitué (de sbires trisomiques et/ou consanguins), soit
sous la forme du regard du voisin, soit comme la société toute entière.
La littérature normative islamique contient des perles, en quantité, mais rarement aussi rassemblés en aussi
dense florilège.
L’accumulation prodigieuse de faits imprévus qui peuvent arriver dans une session de prières fait réfléchir, et
l’on doit à un moment arrêter de s’en amuser. Cela indique beaucoup de choses passionnantes. D’abord, que
la littérature normative n’a pas abandonné le rêve fou de tout contrôler, de tout prévoir de l’existence
humaine et des contingences de la réalité. L’idéal paranoïaque est là, fier et fort. Ensuite, que la vie suit son
cours, que les humains font que qu’ils peuvent, et ceci incite à croire encore à l’humanité, fut-elle follement
musulmane. Enfin, que l’on a affaire à des petits garnements, que l’ambiance devait être celle de l’école avec
des écoliers dissipés, peu impliqués, ennuyés, perdus, épuisés par le rituel perpétuel mais insensé.
La question de la distraction est prise en compte avec le sérieux qu’il mérite. Le moindre
incident peut faire perdre le fil, une mouche qui passe, une fissure dans le mur, ou le voisin
qui pète. Alors, il faut minimiser le risque de perte de concentration par quelques règles,
que Bukhari a enregistrées. C’est le HISS, la déconcentration; Le personnage semble peu
concentré sur son affaire. Le texte donne la mesure de la fascination exercée par les images.
131
On comprend dès lors qu’elles aient été rejetées. Il y eut des cas, il n'y a pas si longtemps, où
des violences domestiques étaient motivement seulement par des accusations de HISS.
Bon, il n’est pas illicite de s’en amuser. Les amateurs de scatologie n’auront pas payé bien cher leur billet : il y
en a aussi pour eux (mais un chapitre sera spécialement réservé au sujet, au fond du couloir à gauche).
Est-ce bien utile de dresser une typologie des incidents de prière ? Êtes-vous vraiment concernés par la
question ? Nous n’aimerions point vous faire choir dans un ritualisme délirant.
Nous n’avons pas encore abordé une question importante: le problème du pet pendant la
prière. Allah et les pets ne vont pas ensemble. Allah ne pète pas, et n’aime pas les pets. Le
pet est une grande affaire, puisque la prosternation permet assez vite une étirement du
sphincter, et si la prière est placée après un bon repas, la fermentation aidant, la salle de
prière se remplit d’une atmosphère à l’oxygène qui se raréfie. Le fait peut faire sourire,
mais il a été pris très au sérieux. Des laboratoires de pharmacologie islamique (iraniens
surtout) se sont lancés dans des études pour créer des pilules adaptées. Un peu plus loin
aussi, nous traiterons la question: nous n'avons pas pu résister.
S’il n’y avait que le pet, mais d’autres sécrétions et émanations sont prises en compte: les
menstrues féminines, les épanchements de ci et ça, la morve, les crachats. Les écoulements
semblent ne concerner que les hommes, à l’exception de la menstruation, forcément. Cela
donne l’impression que l’on y faisait un peu n’importe quoi. Les textes donnent des solutions
à tout, bien pratiques et qui illustrent ce qu’étaient les moeurs d’autrefois.
Les hémorrhoïdes finiront notre périple: la position de prosternation n’est pas favorable à
leur apaisement… Alors la doctrine prend des atours médicaux, et conseille des prières
assez diminuées.
Dans les époques postérieures à Muhammad, les gouverneurs des provinces conquises
auront un titre évocateur, qui installe la prière dans la sphère politique. Il était "chef de la
prière et de la troupe" (SALAT WA JAYSH).
(Corpus coranique d'Othman 4-142).
Les hypocrites leurreraient Allah alors que c’est lui qui en fait, les leurre.
Quand ils se lèvent pour la prière, ils se lèvent, paresseux ; ils sont emplis d’ostentation envers les
gens ; ils n’invoquent cependant guère Allah, hésitent dans leur attitude en penchent ni vers ceuxci ni vers ceux-là.
(Malik, Muwatta 221).
… l’envoyé d’Allah porta une khamis qui comportait des dessins. Puis il la donna à Abu Jahm et prit
en échange une anbijania. Abu Jahm lui demanda :
-Pourquoi fais-tu cela, l’envoyé d’Allah?
-Je passais mon temps à regarder les dessins en priant.
132
(Bukhari, Sahih 8/20).
Celui qui a prié et qui ensuite revient à la santé ou éprouve un soulagement
167
achève ce qui lui
reste à accomplir de la prière. "Le malade, s'il le veut, prie assis deux rika' et debout deux rika'."
Aïsha, la mère des Croyants, rapporte qu'elle n'a jamais vu l'envoyé d’Allah faire assis la prière de la
nuit jusqu'à ce qu'il fût avancé en âge. Alors il récitait (le Coran) assis, jusqu'au moment de faire la
rika ; alors il se levait, récitait environ trente ou quarante versets et faisait ensuite la rika.
(Bukhari, Sahih 59/11).
Aïsha a dit: J'interrogeai le prophète au sujet de celui qui se retourne durant sa prière. Il répondit :
- C'est un larcin que Satan arrache à la prière de l'intéressé.
(Bukhari, Sahih 8/17).
Imrân ibn Husayn, qui avait des hémorroïdes, interrogea l'envoyé d'Allah au sujet de la prière que
l'homme fait étant assis.
Le prophète répondit :
-S'il prie debout, cela est préférable, car celui qui prie assis n'a que la moitié de la récompense
accordée à celui qui prie debout ; quant à celui qui prie étant couché, il n'a que la moitié de la
récompense de celui qui prie assis.
(Malik, Muwatta 3/ 72).
168
Abu Jahm ibn Hudhayfa a donné un beau vêtement rayé de Syrie au messager d'Allah, qui l'a mis
pour prier. Quand il eut fini, il dit :
- Rendez-le à Abu Jahm. J'ai regardé les rayures pendant la prière et cela m'a presque perturbé.
169
(Malik, Muwatta 258).
Aïsha a rapporté :
-Je dormais devant l’envoyé d’Allah et mes pied se trouvaient dans la direction de la qibla. Quand il
se prosternait, il me les pinçait pour que je les retire, et que il se levait, je les étendais.
Elle ajouta :
- Et à cette époque, il n’y avait pas de lampe dans les maisons.
(Nasa, Hadith 2/895).
L’envoyé d’Allah a dit :
171
Corpus coranique 3/187.
133
-Une prière de l’un d’entre vous n’est pas complète avant qu’il ne fasse ses ablutions à la perfection,
comme Allah l’exhalté vous l’a ordonné (…) Vous devez séparer vos pieds légèrement quand vous
priez.
170
(Bukhari, Sahih 72/ 842).
Aïsha avait un rideau épais (avec des images) et elle a caché une partie de la maison avec.
Le prophète lui a dit :
- Écarte-le de ma vue, parce que ses images viennent à mon esprit pendant mes prières.
(Bukhari, Sahih 78/75).
Abdallah ibn Omar a dit: Pendant que le prophète faisait la prière, il aperçut, dans la qibla de la
mosquée, de la morve qu'il gratta avec sa main.
Puis se mettant en colère, il dit:
-Certes, quand l'un de vous est en prière, Allah a sa face tournée vers vous. Ne vous mouchez donc
pas en face d'Allah, durant la prière.
Les gestes interdits ou autorisés pendant la prière.
(Bukhari, Sahih 1/21/1).
De l'usage de la main dans la prière quand il s'agit de choses relatives à la prière.
Durant la prière le fidèle peut se servir de tout son corps pour ce qu'il lui plaira. Abu Ishaq ôta son
bonnet et le remit sur sa tête. Ali plaça sa main sur son bras gauche. Ainsi il est permis de se frotter
la peau et d'arranger ses vêtements.
... que ce dernier passa la nuit chez Maïmuna, la mère des croyants, qui était sa tante maternelle. "Je
me couchai, dit 'Abdallah, en travers du lit, tandis que l'envoyé d'Allah et sa femme se couchaient
dans la longueur du lit. L'envoyé d'Allah dormit jusqu'au milieu de la nuit et un peu avant ou un
peu après minuit il se réveilla. Il se mit sur son séant, se passa les deux mains sur le visage pour
chasser le sommeil et récita ensuite la dizaine de versets qui terminent la sourate de : La famille
d''Imrân.
171
Il se leva ensuite, prit une outre qui était suspendue et, avec l'eau de cette outre, fit ses
ablutions et les fit complètes. Après cela, il se leva et commença la prière.
"Moi aussi, ajoute 'Abdallah ibn Abbâs, je me levai ; je fis exactement ce que le prophète avait fait et
allai me tenir debout à son côté. Alors l'envoyé d'Allah posa sa main droite sur ma tête ; il me prit
l'oreille droite qu'il roula avec sa main et pria deux rika', puis deux rika', puis deux rika', puis deux
rika, puis deux rika', puis deux rika' et enfin une rika' impaire. Après cela, il se recoucha jusqu'au
134
moment où le muezzin vint et il se leva alors, pria deux légères rika' et sortit ensuite pour aller faire
la prière du matin."
(Bukhari, Sahih 1/21/2).
Des paroles qui sont interdites durant la prière.
Nous saluions le prophète pendant qu'il faisait la prière et il nous rendait notre salut. Mais, quand
nous revînmes de chez le Négus et que nous le saluâmes, il ne nous rendit pas le salut et nous dit :
"Il y a dans la prière de quoi occuper (suffisament)."
(...) Du temps du prophète nous parlions durant la prière. Chacun de nous adressait la parole à son
voisin et lui parlait de ses affaires. Cela dura jusqu'au jour où fut révélé ce verset : "Observez les
prières ainsi que la prière du milieu (l'opinion générale est qu'il faut entendre par là la prière de
l'asr. Cependant al Ayni cite vingt opinions différentes sur la prière que le Coran a voulu ainsi
désigner.) et tenez-vous devant Allah recueillis."
172
Dès lors nous eûmes ordre de garder le silence."
(Bukhari, Sahih 1/21/3).
Les bravos et les mots : Louange à Allah sont permis au hommes pendant la prière.
Le prophète était allé rétablir la paix parmi les Banu Amir ibn Awf ibn al Hârith. L'heure de la
prière étant venue, Bilâl se rendit auprès de Abu Bakr et lui dit :
-"Puisque le prophète est retenu tu devrais diriger la prière.
-Oui, si vous voulez, répondit Abu Bakr."
Bilâl fit donc le second appel à la prière et Abu Bakr se mettant en avant des fidèles fit la prière.
Alors arriva le prophète. Il marcha à travers les rangs en les coupant jusqu'à ce qu'il fut arrivé au
premier rang. Les fidèles se mirent aussitôt à battre des mains.
-"Savez-vous, dit alors à son auditoire Sahl ibn Sa'd, ce que c'est que ça ? C'est l'action de frapper
des mains.
Abu Bakr cependant ne se retourna pas et continua la prière, mais les fidèles battant plus fort des
mains, il se retourna et aperçut le prophète qui avait pris place dans le rang. D'un geste de la main,
le prophète fit signe à Abu Bakr de rester où il était, mais celui-ci alors éleva les deux mains, dit
"louange à Allah" et revint en arrière en marchant à reculons. Le prophète s'avança à ce moment et
fit la prière."
(Bukhari, Sahih 1/21/4).
De celui qui, pendant la prière, mentionne le nom de quelqu'un ou qui adresse un salut à
quelqu'un en se tournant vers lui sans que ce dernier le sache.
172
Corpus coranique 2/239.
135
"Pendant la prière nous nous adressions des compliments, nous nous interpellions et nous nous
adressions mutuellement des formes de salut. Quand il entendit cela, l'envoyé d'Allah nous tint ce
discours :
-"Dites : "A Allah les compliments, les prières et les bonnes oeuvres. Le salut sur toi, ô prophète,
avec la clémence d'Allah et des bénédictions. Le salut soit sur nous et sur les vertueux adorateurs
d'Allah. J'atteste qu'il n'y a d'autre divinité que Allah ; j'atteste que Mohammed est son adorateur et
son envoyé."
Si vous faites ainsi, vous aurez adressé le salut à tout adorateur vertueux dans le ciel et sur la terre."
(Bukhari, Sahih 1/21/5).
Les applaudissements sont le lot des femmes.
... le prophète a dit : "Les applaudissements sont le lot des femmes ; les bravos celui des hommes."
....le prophète a dit : "Les bravos sont le lot des hommes ; les applaudissements celui des femmes."
173
(Malik, Muwatta 358).
L’an de la conquête de la Mecque, l’envoyé d’Allah fit une prière de 8 rakat, calfeutré dans un seul
vêtement.
(Bukhari, Sahih 1/21/6).
De celui qui revient à reculons de la prière ou qui va en avant à cause d'une affaire qui lui surgit.
Anas ibn Mâlik a raconté que le lundi, les fidèles faisaient la prière du matin avec Abu Bakr pour
imam, lorsque brusquement le prophète écarta la portière de la chambre de 'Âïsha. Il regarda les
fidèles en rangs et sourit de plaisir. Abu Bakr se mit à reculer pensant que l'envoyé d'Allah voulait
quitter sa chambre pour venir faire la prière. Quant aux musulmans, ils avaient été troublés dans
leur prière par la joie qu'ils éprouvaient de voir le prophète. Celui-ci fit signe de la main d'achever
la prière, puis il rentra dans sa chambre et laissa retomber la portière. Ce fut ce jour-là même que le
prophète mourut.
(Bukhari, Sahih 1/21/7).
De la mère qui appelle son enfant quand celui-ci est en prière.
... l'envoyé d'Allah a dit : "Une femme appela son fils qui était dans sa tourelle (il s'agit d'une de ces
tourelles de cénobite
174
où Jurayj se livrait à la dévotion. Cette tradition est plus complète dans
Muslim qui ajoute que la bergère avait eu un enfant d'un berger et avait accusé faussement Jurayj de
l'avoir séduite. Les gens du pays ayant démoli la tourelle de Jurayj pour le punir d'avoir séduit cette
fille, celui-ci se fit justifier par l'enfant.) en disant :
173
174
L’avantage, au point de vue musulman, est de ne pas entendre la voix de femmes.
Catégorie d’ermites chrétiens vivant en partie en communauté.
136
-"Hé ! Jurayj !
- Ô Allah ! s'écria-t-il, ma mère !...et ma prière ?
- Hé ! Jurayj ! répéta la mère.
-Ô Allah ! reprit le fils, ma mère ! et ma prière ?
-Hé Jurayj ! exclama de nouveau la mère.
-Ô Allah, dit encore le fils, ma mère !...et ma prière ?
-Ô Allah, reprit la mère, Jurayj ne mourra pas avant d'avoir vu les figures des femmes de mauvaise
vie."
Or une bergère qui faisait paître son troupeau allait s'abriter au pied de la tourelle. Puis comme elle
eut un enfant et qu'on lui demandait de qui était cet enfant, elle répondit :
-"De Jurayj, qui est descendu de sa tourelle."
Jurayj ayant demandé où était cette femme qui prétendait avoir eu un enfant de lui (alla la trouver
et) dit à l'enfant :
-"Hé ! bébé qui donc est ton père ?
- Mon père, répondit l'enfant, c'est le berger du troupeau."
(Bukhari, Sahih 1/21/8).
Du fait de toucher les cailloux pendant la prière.
... le prophète a dit, à propos de l'homme qui égalise le sol lorsqu'il va se prosterner : "Si vous faites
cela, ne le faites qu'une seule fois."
(Bukhari, Sahih 1/21/9).
Du fait d'étendre un vêtement pour se prosterner.
... "Nous faisions la prière avec le prophète par les plus violentes chaleurs. Lorsque l'un de nous ne
pouvait supporter de poser son front sur le sol (échauffé), il étendait son vêtement et se prosternait
sur ce vêtement."
(Bukhari, Sahih 1/21/10).
Des actes qui sont permis pendant la prière.
Aïsha a dit : "J'allongeais ma jambe devant la qibla du prophète pendant qu'il priait ; mais lorsqu'il
se prosternait il me touchait la jambe et je la retirais aussitôt. Je l'étendais de nouveau quand il se
tenait debout.
... que le prophète ayant fait une prière lui dit :
"Satan s'est présenté à moi et à fait tous ses efforts pour interrompre ma prière. Allah l'ayant mis en
ma possession, je l'ai pris à la gorge et j'avais songé à l'attacher à un pilier jusqu'à demain matin afin
que vous puissiez le voir. Mais alors, ayant répété ces paroles de Salomon :
137
-"Seigneur, donne-moi une puissance qu'il ne sera permis à aucun autre d'avoir après moi", Allah
éloigna Satan ignominieusement."
(Bukhari, Sahih 1/21/11).
Du cas où un animal échappe à son propriétaire pendant la prière. Qatâda a dit :
-"Le fidèle dont on vole le vêtement poursuivra le voleur et interrompra sa prière."
175
... "Nous étions, à al Ahwâz, occupés à combattre les Khârijites , lorsque, me trouvant sur la berge
du fleuve, je vis un homme faire sa prière tout en tenant la bride de sa monture. Comme celle-ci
cherchait à s'échapper, l'homme se mit à la suivre."
-"Cet homme, dit Shoba, c'était abu Barza el Aslami."
Un homme des Khârijites se mit alors à s'écrier :
-"Ô Allah, punis donc ce cheikh."
Quand le cheikh eut terminé sa prière il dit :
-"J'ai entendu les paroles que vous venez de prononcer, mais j'ai fait avec l'envoyé d'Allah, six, sept
ou huit expéditions et j'ai été témoin de sa tolérance. J'ai préféré ramener ma monture que de la
laisser retourner à son écurie ce qui m'aurait mis dans l'embarras."
... "Une éclipse de soleil avait eu lieu. L'envoyé d'Allah se mit à réciter une longue sourate, puis il
s'inclina longuement, releva la tête, commença à réciter une autre sourate, resta incliné jusqu'à ce
qu'il l'eut achevée et se prosterna. Il recommença de la même manière la seconde rika'.
-"Ces deux astres, dit-il ensuite, sont deux des merveilles d’Allah. Quand vous voyez une éclipse,
priez jusqu'à ce qu'elle soit terminée. Pendant la station que je viens de faire, j'ai vu toutes les
choses qui m'ont été annoncées. Je me suis vu essayant de prendre des fruits du Paradis et c'est à ce
moment que vous m'avez vu faire un geste en avant. J'ai vu également l'Enfer au point de distinguer
les réprouvés se dévorant les uns les autres et c'est alors que vous m'avez vu me reculer. J'ai vu dans
l'Enfer Amir ibn Luhayy, celui qui a laissé en liberté les chamelles votives.
176
(Bukhari, Sahih 1/21/12).
Dans quelle mesure il est permis de cracher et d'expectorer pendant la prière. On rapporte d'après
'Abdallah ibn Amir que le prophète expectora au cours de sa prosternation durant l'éclipse.
...que le prophète vit une mucosité sur la paroi de la qibla de la mosquée. Il gourmanda les gens de
la mosquée à ce propos et leur dit :
-"Certes, Allah est devant chacun de vous quand il fait sa prière. Ne crachez donc pas - ou, suivant
une variante : n'expectorez pas de mucosité."Ensuite, le prophète descendit (de la chaire) et effaça la mucosité avec sa main.
175
Secte musulmane plus fanatique que les autres, aux théories toutefois intéressantes et logiques.
176
Personnage légendaire qui aurait introduit le polythéisme en Arabie, selon la littérature
islamique.
138
ibn Omar ajouta : "Quand l'un de vous crache, qu'il le fasse à sa gauche."
...que le prophète a dit : "Quand l'un de vous est en prière, il est en tête-à-tête avec le seigneur.
Qu'il ne crache donc pas devant lui, ni à sa droite, mais à sa gauche, sous son pied gauche."
(Bukhari, Sahih 1/21/13).
Quand, par ignorance (c'est-à-dire qu'il ignore que cela n'est permis qu'aux femmes), un homme
frappe des mains durant sa prière, sa prière n'en est pas viciée.
(Bukhari, Sahih 1/21/14).
Quand on dit à celui qui prie : "Avance ou attends" et qu'il attend, il n'y a aucun inconvénient à
cela.
"Les fidèles, qui faisaient la prière avec le prophète, avaient noué leurs voiles autour du cou parce
que ces voiles étaient trop courts. On disait alors aux femmes de ne point relever la tête tant que les
hommes ne se seraient pas remis complètement sur leur séant."
(Bukhari, Sahih 1/21/15).
On ne rend pas le salut pendant la prière.
...Je saluai le prophète pendant qu'il était en train de faire sa prière et il me rendit mon salut. Mais
quand nous fûmes de retour (de l'Abyssinie) et que je le saluai, il ne me rendit pas mon salut et dit :
-"Certes, il y a dans la prière de quoi occuper (suffisamment)."
"Le prophète m'avait envoyé faire une commission pour lui. Je partis donc, et, lorsque je revins
après avoir accompli cette commission, j'allai trouver l'envoyé d'Allah et le saluai ; mais il ne me
rendit pas mon salut. Cela me causa une impression si pénible que Allah seul peut s'en rendre
compte. Je me dis en moi-même : peut-être que l'envoyé d'Allah m'en veut d'être resté trop
longtemps. Je le saluai une seconde fois ; il ne me rendit pas mon salut, ce qui me causa une
impression encore plus pénible que la première. Enfin, je le saluai de nouveau et me rendit cette
fois mon salut en disant :
-"La seule chose qui m'ait empêché de te rendre ton salut, c'est que j'étais en train de prier."
Le prophète, à ce moment, était sur sa monture, le visage non dirigé du côté de la qibla."
(Bukhari, Sahih 1/21/16).
Du fait d'élever les mains à cause d'une chose qui vous arrive pendant la prière.
"L'envoyé d'Allah avait appris qu'il s'était passé quelque chose parmi les Banu Amir ibn 'Awf, à
Qubâ. Il partit à la tête d'un certain nombre de ses compagnons pour rétablir la paix parmi les Banu
Amir. L'envoyé d'Allah était retenu par cette affaire quand vint l'heure de la prière. Bilâl alla alors
trouver Abu Bakr et lui dit :
-"Ô Abu Bakr, l'envoyé d'Allah est retenu en ce moment et l'heure de la prière est venue. "Veux-tu
la présider pour les fidèles ?
139
-Oui, si vous voulez, répondit Abu Bakr."
Alors Bilâl fit le second appel et Abu Bakr, se plaçant en avant des fidèles, prononça le tekbîr. A ce
moment l'envoyé d'Allah arriva ; il enjamba à travers les rangs et vint se placer au (premier) rang.
Les fidèles se mirent aussitôt à battre des mains.
Sahl explique que cet acte c'est l'action de frapper des mains. Abu Bakr, cependant, ne se retourna
pas et continua la prière ; mais les fidèles battant plus fort des mains, il se retourna et
aperçut l'envoyé d'Allah qui, d'un geste lui ordonna, de continuer la prière. Abu Bakr leva les
mains, dit "louange à Allah" et revint en arrière à reculons jusqu'à ce qu'il fut rentré dans le premier
rang. Le prophète s'avança alors, dirigea la prière et quand il eut fini, il se tourna vers les fidèles et
leur dit :
-"Ô fidèles ! pourquoi, lorsqu'il vous arrive quelque chose pendant la prière, vous mettez-vous à
battre des mains. Les applaudissements sont le lot des femmes. Que celui à qui il arrive quelque
chose pendant la prière, dise donc : "Gloire à Allah." Puis se tournant vers Abu Bakr, il ajouta :
-"Ô Abu Bakr, pourquoi n'as-tu pas continué à présider la prière quand je t'en ai fait signe ?
-Il ne convenait pas, répondit Abu Bakr, au fils de Abu Quhâfa de faire la prière en avant de
l'envoyé d'Allah."
(Bukhari, Sahih 1/21/17).
Du fait d'appuyer sa main sur la hanche pendant la prière.
"Le prophète a défendu d'appuyer sa main sur la hanche pendant la prière."
..."Il a été interdit au fidèle de prier la main appuyée sur la hanche."
(Bukhari, Sahih 1/21/18).
Du fidèle qui pense à autre chose pendant la prière.
Omar a dit : "Pendant que j'étais en prière j'organisais mon armée."
..."Je fis un jour la prière de l'asr avec le prophète. A peine eut-il terminé la salutation finale qu'il se
leva précipitamment et entra chez une de ses femmes. Puis, comme il sortait de chez elle et qu'il
voyait sur la figure des fidèles qu'ils étaient surpris de sa précipitation, il dit : "Pendant la prière, j'ai
pensé à de la poudre d'or que nous avions chez nous. J'étais contrarié de la garder jusqu'au soir ou
jusqu'au lendemain, et alors j'ai donné l'ordre de la distribuer."
... l'envoyé d'Allah a dit : "Quand on fait l'appel à la prière, Satan s'enfuit en faisant des pétarades
afin que les fidèles n'entendent point cet appel. Aussitôt que le muezzin se tait, Satan revient.
Quand on fait le second appel, Satan s'enfuit de nouveau et il revient quand le muezzin se tait. Il ne
cesse alors d'être auprès du fidèle et de lui dire de se souvenir de choses dont il ne se souvient plus,
si bien que le fidèle ne sait plus où il en est de sa prière."
..."Lorsqu'il arrivera à l'un de vous d'être ainsi troublé, qu'il fasse deux prosternations tout en
restant assis." Abu Salama a entendu ceci de la bouche de Abu Hurayra.
140
Abu Hurayra a dit : "Les gens disent que Abu Hurayra exagère. Eh bien, je rencontrai un homme et
lui demandai ce que l'envoyé d'Allah avait récité du Coran la veille à la prière du soir.
-"Je ne sais pas, me répondit-il.
-N'étais-tu donc pas présent, lui dis-je.
-Certes oui, répliqua-t-il.
-Eh bien, moi je sais qu'il a récité la sourate telle et la sourate telle."
La distraction dans la prière.
(Bukhari, Sahih 1/22/1 ).
"L'envoyé d'Allah, après avoir prié deux rika' d'une de ses prières se leva au lieu de s'asseoir. Tous
les fidèles se levèrent comme lui. Quand il eut terminé la prière, et alors que nous attendions la
salutation finale, il prononça le tekbîr avant la salutation finale, puis il se prosterna deux fois tout en
restant assis et ne fit qu'après cela la salutation finale."
'Abdallah ibn Bohayna a dit : "L'envoyé d'Allah se leva après les deux rika' de la prière de midi,
sans s'être assis dans l'intervalle. Sa prière achevée, il se prosterna deux fois et fit ensuite la
salutation finale."
(Bukhari, Sahih 1/22/2 ).
Quand le fidèle prie cinq rak'a.
... l'envoyé d'Allah, à une prière de midi, fit cinq rika'.
- "La prière a-t-elle été allongée ? lui demanda-t-on.
- Comment cela ? répliqua-t-il.
-C'est, répondit-on, que tu viens de faire cinq rika'."
Alors, après avoir fait la salutation finale, le prophète se prosterna deux fois.
(Bukhari, Sahih 1/22/3 ).
Lorsqu'on a fait la salutation finale après deux ou trois rika', on doit se prosterner deux fois comme
dans la prière ou plus longuement encore.
"Le prophète ayant fait avec nous la prière, prononça la salutation finale de la prière de midi
- ou, suivant une variante, de l'après-midi
-"Alors, s'écria Dhul Yadayn, ô envoyé d'Allah, la prière est terminée."
S'adressant à ses compagnons le prophète dit :
-"A-t-il raison, cet homme, de dire ce qu'il dit ?
-Oui, répondit-on."
- Alors le prophète pria deux autres rika' et se prosterna deux fois.
141
J'ai vu Urwa ibn Zubayr, à la prière du coucher du soleil, faire deux rika', la salutation finale, puis
parler et ensuite achever sa prière et se prosterner en disant :
-"Voici comment procéda le prophète."
(Bukhari, Sahih 1/22/4).
De celui qui ne prononce pas la profession de foi après les deux prosternations faites à la suite
d'une prière incomplète par distraction.
Anas et El-Hasan firent la salutation finale sans prononcer la profession de foi musulmane. Qatâda
a dit :
-"Il n'est pas nécessaire de prononcer (dans ce cas) la profession de foi musulmane.
... que l'envoyé d'Allah ayant cessé la prière après deux rika', Dhul Yadayn dit :
-"Ô envoyé d'Allah, la prière a-t-elle été raccourcie ou as-tu oublié (de la terminer) ?
-Cet homme dit-il vrai ? demanda le prophète à l'assistance.
-Oui, lui répondit-on".
Alors, l'envoyé d'Allah se leva, pria deux autres rika', fit la salutation finale et ensuite, prononçant le
tekbîr, il se prosterna comme il venait de se prosterner (dans la prière) ou même plus longuement,
puis il se releva."
Faut-il prononcer la profession de foi après les deux prosternations faites à la suite d'une prière
incomplète ?
- Abu Hurayra n'en dit rien dans son hadith, répondit-il."
(Bukhari, Sahih 1/22/4).
De celui qui prononce le tekbîr dans les deux prosternations faites à la suite d'une prière incomplète
par distraction.
... "A l'une des deux prières de midi ou de l'après-midi, et, ajoute Muhammad, j'ai tout lieu de
croire que c'était celle de l'après-midi, - le prophète pria deux rika', fit la salutation finale et se leva
ensuite pour aller vers une poutre qui se trouvait en avant de la mosquée et s'y appuya. Abu Bakr et
'Omar, qui se trouvaient dans l'assistance, n'osèrent lui adresser une observation et ceux des fidèles
qui étaient pressés partirent en se demandant si la prière avait été raccourcie. Alors un homme, que
le prophète avait surnommé Dhul Yadayn, dit :
-"As-tu oublié quelque chose de la prière ou celle-ci est-elle raccourcie ?
-Je n'ai rien oublié, répondit le prophète, et la prière n'a pas été raccourci.
-Mais si, répliqua l'homme, tu as oublié quelque chose."
Alors le prophète pria deux rika', fit la salutation finale, prononça le tekbîr et se prosterna comme
pendant la prière ou même plus longuement, puis il releva la tête, prononça le tekbîr, inclina de
nouveau la tête, prononça le tekbîr, se prosterna comme pendant la prière ou même plus
longuement, puis releva la tête et prononça le tekbîr.
142
... l'envoyé d'Allah se leva pendant la prière de midi, alors qu'il aurait dû s'asseoir. Quand il eut
terminé sa prière, le prophète se prosterna deux fois en prononçant le tekbîr à chaque
prosternation, et tout en restant assis, avant de faire la salutation finale. Les fidèles se prosternèrent
deux fois en même temps que lui pour réparer l'oubli qu'il avait fait en s'asseyant.
(Bukhari, Sahih 1/22/6).
Quand le fidèle ne sait pas s'il a fait trois ou quatre rika', il doit se prosterner deux fois tout en
restant assis.
D'après Abu Hurayra, l'envoyé d'Allah a dit :
-"Lorsqu'on vous appelle à la prière, Satan s'enfuit en faisant des pétarades pour que le fidèle
n'entende pas l'appel à la prière. L'appel terminé Satan revient, puis, quand il entend le second
appel, il s'enfuit de nouveau et revient quand il est terminé afin de jeter le trouble dans l'âme du
fidèle en lui disant :
-"Souviens-toi de telle ou telle chose", alors que le fidèle n'y songeait pas, en sorte que celui-ci ne
sait plus où il en est de sa prière. Quand un de vous ne saura plus s'il en est à la troisième ou à la
quatrième rika', qu'il se prosterne deux fois tout en restant assis."
(Bukhari, Sahih 1/22/7).
De la négligence dans la prière canonique et dans la prière surérogatoire (NAFILA). ibn Abbâs se
prosternait deux fois après avoir fait une rika' impaire.
... l'envoyé d'Allah a dit : "Lorsque l'un de vous se lève pour la prière, Satan cherche à le troubler
afin qu'il ne sache pas où il en est de sa prière. Quand cela arrivera à l'un de vous qu'il fasse deux
prosternations tout en restant assis."
(Nasa, Hadith 1/728).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Si vous crachez pendant la prière, crachez sous votre pied gauche.
(Hanbal, M u s n a d 20144, 20153).
Nous nous sommes plaints auprès du prophète, à cause de la chaleur du sable contre nos visages et
nos plantes de pieds pendant la prière, mais il ne nous a pas prêté attention.
(Hanbal, M u s n a d 9540).
Le prophète a senti l’odeur de l’ail dans la mosquée.
(Ibn Hanbal , Musnad 5/114).
Le prophète a appelé Ubayy ibn Kab alors qu’il priait dans la mosquée, en disant:
143
-Ô Ubayy!
Ubayy tourna la tête dans sa direction, mais ne répondit pas.
Le prophète l’appela encore en disant “Ô Ubayy!”
Alors Ubayy écourta sa prière , se tourna vers le prophète et lui dit:
-As salaam u alaikum, ô envoyé d' Allah”.
Le prophète dit:
-Wa as salaam u alaikum, quelle chose t’a empêché de me répondre quand je t’ai appelé?
Ubayy a dit:
-Ô envoyé d' Allah, j’étais en train de prier!
Le prophète a répliqué:
-Allah n’a t-il pas dit “Réponds à Allah et à son messager quand il vous appelle à ce qui vous donne
la vie.”
177
Ubayy a dit alors:
-Ô envoyé d' Allah! Je ne le ferai plus...
(Tirmidhi, Hadith 2/139).
Le prophète a interdit le commerce dans la mosquée, qu’on y lise des poésies, qu’on y pose des
questions à propos d’une bête perdue et que les gens se réunissent le vendredi avant la prière.
(Muslim, Sahih 832).
D'après Sad, Mus'ab Ibn Sa'd a dit : Je faisais la prière à côté de mon père, quand je plaçai mes
mains entre mes genoux. Mon père me dit :
-"Pose tes paumes sur tes genoux". Quand je plaçai de nouveau mes mains entre mes genoux mon
père me frappa, en disant :
-"Ceci nous fut défendu; or, nous reçûmes l'ordre de poser les mains sur les genoux".
(Muslim, Sahih 837).
Ibn Masud a dit : Quand nous saluions le prophète en priant, il nous rendait le salut. Plus tard,
lorsque nous revînmes de chez le Négus (de retour de l'Abyssinie) et que nous le saluâmes ainsi, il
ne nous rendit pas le salut.
- "Ô envoyé, lui dîmes-nous, (autrefois) quand nous te saluions, tu répondais à notre salutation"."C'est, répondit-il, parce que la prière est une occupation (absorbante)".
(Muslim, Sahih 838).
Yazîd Ibn Al-'Arqam a dit : Pendant la prière, nous parlions et nous causions ensemble jusqu'à la
révélation de ce verset : Tenez-vous devant Allah avec humilité.
177
Coran 8/24.
144
Ainsi reçûmes-nous l'ordre de garder le silence (pendant la prière).
(Muslim, Sahih 839).
Jabir a dit : L'Envoyé me chargea d'une commission. De retour, j'allai le trouver alors qu'il était selon Qutayba - en prière. Lorsque je le saluai, il me fit signe. Après avoir terminé sa prière, il dit :
-"Tu venais de me saluer tandis que j'étais en train de prier (aussi ne t'ai-je pas répondu)".
Le prophète à ce moment, faisait face au côté de l'Orient.
(Muslim, Sahih 842).
D'après Abu Hurayra, l'Envoyé d'Allah a dit :
-Hier, un ifrit d'entre les djinns s'est mis à me tenter pour interrompre ma prière. Or, Allah m'a
permis de s'emparer de lui et je l'étranglai, j'eus l'intention de l'attacher à côté de l'un des piliers de
la mosquée, afin qu'au matin vous puissiez tous le voir. Et je me souvins alors des paroles de mon
frère Sulaymân178:
-Seigneur, pardonne-moi et fais-moi don d'un royaume tel que nul après moi n'aura de pareil... Et
Allah chassa l'éfrit qui fuit en toute humilité."
(Muslim, Sahih 844).
D'après Abu Qatâda, l'Envoyé d'Allah, sa prière tout en portant 'Umâma que Zaynab, fille de
l'Envoyé d'Allah, a eu de son époux Abou Al-'As Ibn Ar-Rabî'. Quand il se prosternait, il déposait
l'enfant à terre et il la reprenait en se relevant.
(Muslim, Sahih 849).
...le prophète a dit, à propos de l'homme qui égalise le sol (caillouteux) lorsqu'il va se prosterner :
"Si vous devez faire cela, ne le faites qu'une seule fois".
(Muslim, Sahih 852).
Selon ibn Omar, l'Envoyé ayant aperçu d'un crachat sur le mur de la Qibla, il le frotta, puis se
tourna vers les fidèles en disant :
-Lorsque l'un de vous fait sa prière, qu'il ne crache pas devant lui, car Allah se trouve en face de
celui qui prie".
(Muslim, Sahih 854).
Pour Aïsha, le prophète, ayant aperçu d'un crachat ou d'une morve, sur le mur de la Qibla, il le
frotta.
(Muslim, Sahih 862).
178
Le roi Salomon.
145
D'après Anas Ibn Malik, Sa'îd Ibn Yazîd Al-'Azdî a dit :
-Comme je demandai à Anas si le prophète faisait la prière, étant chaussé, il me répondit par
l'affirmative".
(Muslim, Sahih 866).
D'après Anas le prophète a dit : "Lorsque le dîner est servi et que l'heure de la prière est venue,
commencez d'abord par le dîner".
(Muslim, Sahih 868).
Pour Ibn Omar, le prophète a dit : "Quand le dîner de l'un de vous est servi et que l'on fait le
second appel à la prière, commencez d'abord par manger et ne vous hâtez pas à terminer votre
repas".
(Muslim, Sahih 870).
D'après ibn Omar, le prophète, pendant la bataille de Khaybar, a dit :
-Que quiconque a mangé de cette plante, -il s'agit de l'ail- ne se rende pas aux mosquées.
(Muslim, Sahih 872).
D'après Anas: On demanda à Anas Ibn Mâlik ce qu'il avait entendu de la bouche du prophète au
sujet de l'ail. L'Envoyé d'Allah a dit :
-Que celui qui a mangé de cette plante, s'abstient de nous approcher ou de prier avec nous",
répondit-il.
(Muslim, Sahih 874).
D'après Jabir, l'envoyé interdit de manger de l'oignon ou du poireau; pourtant nous fûmes pousser
par le besoin à en manger. Il dit alors : "Quiconque mange de cette plante malodorante ne doit pas
se rendre à notre mosquée; car les anges répugnent de ce que les êtres humains répugnent".
146
179
Le choix du vendredi
pour la prière principale obéit aux mêmes principes que dans
l'établissement d'autres principes de la doctrine, soit la comparaison avec les autres: le
180
181
vendredi plutôt que le samedi des Juifs
ou le dimanche des chrétiens, et avant eux.
Plus tard, on tentera de justifier ce choix par un argument biblique: ce serait le jour de
182
l’entrée d’Adam au paradis...
On ne peut être qu'attristé en constatant qu'elles sont toutes dirigées contre les nonmusulmans, et attisent quotidiennement l'animosité envers ces personnes considérées comme
inférieures. Il faut remarquer, pour finir, que le texte coranique est finalement très peu
propice à un usage strictement liturgique. Seuls quelques passages précis sont vraiment
récitables et directement accessibles, compréhensibles. Le reste ne peut être entièrement
diffusé sans tomber dans l'inarticulé et l'aberration.
En théorie toujours, pour que la prière ait lieu dans un endroit habituel, il faut que le
rassemblement présente un quorum, selon les circonstances, de 10,12,15,40 participants. La
finalité sociale est la démonstration de force, la motivation par le chiffre et le nombre, qui
encourage encore l’instinct grégaire, la déresponsabilisation, et la violence. Il s’y dira
autant d’imbécilité que dans un bistrot, mais sans l’excuse de l’alcool. Là, ce sont des
raisonnements et non les êtres qui titubent.
Après quelques prières, des textes marmonnés, arrive le prêche: l'imam, celui qui a dirigé
les opérations se hisse devant le petit peuple des croyants, et lui parle. Autrefois, dans les
moments officiels, il était le sultan, ou en dessous, son représentant, et dans ces cas, il tenait
un sabre en causant. De nos jours encore, dans des régions sauvagement islamisées, le sabre
est de rigueur et il n'édulcore pas les propos en chaire. Car le sujet des prônes est libre183,
mais il est au mieux conservateur, rigoriste, puritain (attention aux femmes, aux jeunes,
aux juifs), et au pire violent, furieux, dément: le ton est souvent politico-religieux, dit-on
avec pudeur. Il peut dépendre de l'actualité, et alors l'imam dirige l'assistance dans la
direction souhaitée,comme le berger ses chameaux, le général ses troupes. Les troubles sont
rares: l'option choisie est toujours celle de la masse, et ne va rarement s'aventurer vers les
terres incertaines de la tolérance et de la modération.
Les textes ont été nombreux, pour réglementer le moment, puisqu’il est collectif. toujours le
collectif est privilégié sur le particulier.
181
Les jours sont: Yaumu 'l-ahad, premier jour, dimanche; Yaumu 'l-isnain, deuxième jour, lundi;
Yaumu 's-salsa, troisième jour, mardi; Yaumu 'l-arba, quatrième jour, mercredi; Yaumu 'l-khamis,
cinquième jour, jeudi; Yaumu '-jam'ah, jour de l’assemblée, vendredi; Yaumu 's-sabt, sabbat, samedi
182 Genèse 1,2.
183
Il n'existe pas vraiment de modèle mohammédien assuré: dans la Sira, deux ou trois textes
insipides, suite banal de poncifs; et le Sermon de l'Adieu, sorte de best-off artificiel, du genre "Ah!
j'avais oublié de vous dire...".
147
Dans les détails, au cas par cas possible, tout est prévu, ou tente d’être prévu, jusqu’au
rythme de la marche pour aller à la prière. Le plus piquant est la série des règlements
concernant les dispenses: quand il pleut, quand il fait trop chaud, pour ne pas aller à la
prière, si j'ai mal au ventre, etc... Il se trouvera toujours des feignants pour rechigner à se
déplacer, et quand les feignants sont des astucieux, ils inventent quelque histoire, et y
introduisent le prophète et le tour est joué. Petits arrangements bien humains. Il a même été
imaginé une permission de faire la sieste, après la prière, bien sûr. Il est beau et bon, le
prophète qui a tout prévu et son contraire.
La prière collective, celle du Vendredi, trahit quelque chose des origines de l'islamisme.
Pour l'effectuer, il faut rassembler un masse importante, et à un endroit précis: la chose
n'est possible qu'en milieu sédentaire, et plus particulièrement urbain. Des nomades, des
paysans isolés, auront du mal à chaque fois être présents pour la cérémonie.
Donc, un milieu urbain et populeux, loin du cul de l'Arabie, le Hejaz hideux.
184
(Corpus coranique d'Othman 62/ 9-10).
Ô vous qui croyez! quand on vous appellle à la prière, le vendredi
185
, accourez à l’invocation d’Allah
et laissez vos affaires!
Cela sera un bien pour vous, si vous vous trouvez savoir.
Quand la prière est terminée, répandez vous en tous lieux!
Recherchez un peu de la faveur d’Allah!
Invoquez beaucoup Allah!
Peut-être serez vous bienheureux!
Quand ils voient un négoce ou un plaisir, ils s’y précipitent et te laissent debout, prophète. Dis-leur:
-Ce qui est auprès d’Allah est meilleur que le plaisir et que le négoce.
Allah est le meilleur des attributeurs.
(ibn Sad, Tabaqat III/1, 83).
186
....alors Musab leur récitait le Coran
187
et leur apprenait. Il écrivit à l'envoyé d'Allah
188
pour lui
demande la permission de faire avec eux le rite du vendredi. Le prophète lui accorda et leur écrivit:
-Le jour où les Juifs font leurs préparations publiques pour le sabbat et que le soleil se lève,
approche toi d'Allah avec deux arcs
189
et fais un sermon.
Alors Musab ibn Umayr fit la prière du vendredi avec eux dans le domaine de Sab ibn Khaythama.
185
186
190
C’est ce simple verset qui inscrit le vendredi (midi, normalement) comme jour principal du rituel.
Ed. Bewley.
Q 32/1.
148
(Bukhari, Sahih 1/11/1).
Abu Hurayra a entendu l'Envoyé d’Allah s'exprimer ainsi : "Nous, venus les derniers, nous serons
les premiers au jour de la Résurrection, bien que les autres aient reçu leur Livre révélé avant nous.
Ce jour (le vendredi) était le jour qui leur avait été prescrit, et ils ont controversé à son sujet. Allah
nous a guidés vers ce jour, en sorte que les autres peuples viennent à notre suite : les juifs, le
lendemain ; les chrétiens, le surlendemain."
(Ibn Maja, Hadith 2/1086-90).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Une prière du vendredi sert à rembourser les péchés mineurs commis entre les vendredis.
(Bukhari, Sahih 1/11/2).
D'après 'Abdallah ibn 'Omar, l'Envoyé d’Allah a dit : "Lorsque l'un d'entre vous viendra à l'office
du vendredi, qu'il pratique la lotion."
Ibn Omar rapporte que Omar-ibn-al-Khattab était le jour du vendredi, debout pour le prône,
lorsqu'un homme, ayant fait partie des premiers muhajirun et des Compagnons du Prophète, entra
(dans la mosquée).
Omar cria à cet homme : "Quoi ! A cette heure ! --- J'étais occupé, répliqua celui-ci ; je n'étais pas
rentré chez moi quand j'ai entendu l'appel à la prière et je n'ai fait autre chose après cela que mes
ablutions. --- Comment ! les ablutions ! s'écria 'Omar, alors que tu savais que l'Envoyé d’Allah
ordonnait la lotion."
Selon Abu-Sa'id-El-Khodry, l'Envoyé d’Allah a dit : "La lotion, le jour du vendredi, est
obligatoire."
(Bukhari, Sahih 1/11/3).
'Amir ibn Sulaym El-Ansari a dit : "J'atteste qu'Abu Sayd a dit, j'atteste que l'Envoyé d’Allah
prononça ces paroles :
-"La lotion, le jour du vendredi, est obligatoire pour tout pubère. Celui-ci doit en outre se
frictionner les dents et toucher des parfums s'il en a à sa disposition."
Amir ajouta : "En ce qui concerne la lotion je témoigne qu'elle est ici qualifiée d'obligatoire ; mais
pour ce qui est de la friction des dents et des parfums, Allah sait mieux que personne si cela est
obligatoire ou non.
(Bukhari, Sahih 1/11/4).
Au rapport d'Abu Hurayra, l'Envoyé d’Allah a dit :
-"Quiconque, le jour du vendredi, aura pratiqué la lotion prescrite après l'oeuvre de chair, puis
partira (dès la première heure) sera dans une situation analogue à celui qui aura fait, en vue d’Allah,
149
l'aumône d'une chamelle grasse. Celui qui partira à la seconde heure sera dans la situation de celui
qui a donné un boeuf ; celui qui partira à la troisième heure sera comme celui qui a donné un bélier
cornu ; celui qui partira à la quatrième heure sera pareil à celui qui a donné une poule ; celui qui
partira à la cinquième heure sera comme celui qui a donné un oeuf. Lorsque l'imam sort (pour
monter en chaire), les anges sont présents."
(Bukhari, Sahih 1/11/7).
D'après 'Abdallah-ibn-'Omar, 'Omar-ibn-El-Khattab ayant vu une tunique jaune à raies près de la
porte de la mosquée, dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, si tu achetais cette tunique afin de la mettre le jour du vendredi et aussi pour
recevoir les députations qui viennent te trouver.
-Il n'y a que ceux qui n'ont aucune chance pour l'autre monde qui mettent pareilles tuniques,
répondit le Prophète."
Dans la suite, l'Envoyé d’Allah ayant reçu un certain nombre de tuniques en fit cadeau d'une à
'Omar-ibn-El-Khattab :
-"Comment ! ô Envoyé d’Allah, dit 'Omar, tu me donnes ceci à vêtir après ce que tu m'as dit au sujet
de la tunique de 'Utarid.
- Moi, je ne te la donne pas pour la revêtir, répliqua l'Envoyé d’Allah."
'Omar-ibn-El-Khattab fit cadeau de cette tunique à un frère qu'il avait à la Mecque et qui était
idolâtre.
(Bukhari, Sahih 1/11/10).
Abu Hurayra a dit : "Le jour du vendredi, à l'aube, le prophète récitait ces mots : "Alif, lam, mim, la
Révélation..." 190et : "Est-il venu pour l'homme..."191
(Bukhari, Sahih 1/11/14).
D'après Abdallah-ibn-El-Harit, fils de l'oncle paternel de Mohammed ibn Sirin, Ibn-'Abbas dit à
son muezzin un jour de grande pluie :
- "Lorsque tu auras prononcé ces mots : Je témoigne que Muhammad est l'Envoyé d’Allah, n'ajoute
pas : Venez à la prière, mais dis : Priez dans vos demeures", et comme il semblait que les gens
désapprouvaient cet ordre, il ajouta : "Quelqu'un qui vaut mieux que moi a fait de même. L'office
du vendredi étant obligatoire, il m'a répugné de vous contraindre à sortir et à marcher dans la boue
où vous pouviez glisser."
(Bukhari, Sahih 1/11/17).
191
Q76/1.
150
Abu Khalda rapporte qu'il entendit Anas ibn Malik dire : "Quand le froid était vif, le Prophète faisait
la prière de bonne heure ; s'il faisait très chaud, il attendait la fraicheur pour la prière, c'est-à-dire
l'office du vendredi.
(Bukhari, Sahih 1/11/18).
De ces paroles d’Allah : "Courez à la mention d’Allah." De ceux qui interprètent le vocable "courir"
dans le sens de faire ses efforts (pour une chose) et de se diriger (vers elle) conformément aux
paroles d’Allah : "Qui aura fait pour elle (la vie future) les efforts qu'il devait faire.
Ibn Abbas a dit : "A ce moment la négoce est interdit."
Ata a dit : "Tout exercice de professions est interdit."
D'après Az Zuhri : "Lorsque le muezzin fait l'appel à la prière le jour du vendredi, la personne en
voyage doit assister à l'office."
'Abaya-ibn-Rifa'a rapporte ceci : Abu-'Abs m'ayant rencontré au moment où je me rendais à l'office
du vendredi me dit : "J'ai entendu le Prophète prononcer ces mots :
-"Celui dont les deux pieds se souilleront de poussière dans la voie du Seigneur, Allah lui épargnera
l'enfer."
Abu-Horayra a dit : "J'ai entendu l'Envoyé d’Allah s'exprimer ainsi :
- "Lorsque la prière a lieu, ne vous y rendez pas en courant. Allez-y en marchant avec un calme
parfait. Accomplissez la partie de la prière à laquelle vous assisterez, et vous achèverez ensuite ce
que vous aurez manqué."
Suivant 'Abdallah-ibn-Abu-Qatada, qui, à ma connaissance, dit Bukhari, n'a rapporté ce hadith que
de son père, le Prophète a dit :
-"Ne vous levez pas avant que vous m'ayez vu (le faire) et soyez dans un calme parfait."
(Bukhari, Sahih 1/11/22).
Sayb-ibn-Yazid a dit : "Le premier appel à la prière, le jour du vendredi, se faisait, au temps du
Prophète, dès que l'imam s'était assis en chaire. Il en fut de même sous les califats d'Abu-Bakr et
d'Omar. Mais, sous son califat, comme le chiffre de la population s'était accru, 'Othman ajouta un
troisième appel à Ez Zawra."
(Bukhari, Sahih 1/11/27).
D'après Abu-Hurayra, l'Envoyé d’Allah, en parlant du vendredi, a dit : "Ce jour-là, il y a un moment
où tout adorateur musulman qui se trouve alors debout faisant sa prière, s'il demande quelque
chose à Allah, le reçoit d’Allah."
(Bukhari, Sahih 1/11/38).
151
Jabir-ibn-'Abdallah a dit : "Tandis que nous faisions la prière avec le Prophète, voici qu'une troupe
de chameaux chargés de vivres arriva. La foule se précipita vers la caravane, en sorte qu'il ne resta
avec le Prophète que douze personnes. Ce fut à cette occasion que fut révélé le verset suivant :
"Lorsqu'ils voient des marchandises ou un spectacle, ils s'éloignent de toi et t'abandonnent debout".
(Bukhari, Sahih 1/11/41).
Anas a dit : "Nous allions de bonne heure à l'office du vendredi, et ensuite nous faisions la sieste."
Sahl-ibn-Sa'd a dit : "Nous faisions l'office du vendredi avec le Prophète, ensuite on faisait la
sieste."
Muslim, Sahih 1397).
… le prophète a dit :
-"Les ablutions majeures au jour du vendredi sont obligatoires pour toute personne pubère".
(Muslim, Sahih 1398).
Aïsha a dit : Les gens venaient par légions à la prière du vendredi de chez eux d'Al-'Awâlî portant
des pèlerines et pleins de poussière en sorte qu'une odeur désagréable émanait d'eux. Un homme
d'entre eux vint trouver l'Envoyé d’Allah qui, à ce moment, était chez moi.
-"Si, lui dit le prophète, vous vous purifiez pour ce jour-ci".
(Muslim, Sahih 1401).
Ibn Abbas fit mention de ce que le prophète avait dit au sujet des ablutions majeures du vendredi.
(Muslim, Sahih 1402).
…l'Envoyé d’Allah a dit :
-"Il est du droit d’Allah sur tout musulman que celui-ci fait les ablutions majeures une fois par
semaine, en se lavant la tête et le corps".
(Muslim, Sahih 1403).
… l'Envoyé d’Allah a dit :
-Quiconque, le vendredi, aura fait les ablutions majeures prescrites après l'œuvre de chair, puis se
rendra à la prière (dès la première heure) sera comme celui qui a fait l'aumône d'une chamelle
grasse. Celui qui s'y rendra à la seconde heure sera comme celui qui a fait l'aumône d'une vache;
celui qui s'y rendra à la troisième heure sera comme celui qui a fait l'aumône d'un bélier cornu;
celui qui s'y rendra à la quatrième heure sera pareil à celui qui a fait l'aumône d'une poule; celui qui
s'y rendra à la cinquième heure sera comme celui qui a fait l'aumône d'un œuf. Lorsque l'imam
sort, les anges viennent écouter l'évocation d’Allah.
152
(Muslim, Sahih 1404).
… l'Envoyé d’Allah a dit : Si, le vendredi, pendant que l'imam prêche, vous dites à votre voisin :
"Tais-toi", vous aurez ainsi dis une futilité.
(Muslim, Sahih 1406).
… l'Envoyé d’Allah parlant du vendredi, a dit : "Il est une heure en ce jour, où sera exaucé tout
adorateur musulman qui se trouve en train d'invoquer Allah en priant".
(Muslim, Sahih 1412).
…l'Envoyé d’Allah a dit : "Nous constituons la dernière génération (succédant à celles des juifs et
des chrétiens); toutefois, nous serons les premiers (à rendre compte auprès de Dieu) au Jour de la
Résurrection. Bien que les autres communautés (juive et chrétienne) aient reçu leur Livre avant
nous et que nous n'ayons reçu le nôtre qu'après eux, ce jour qu’Allah nous a prescrits, et vers
lequel Il nous a guidés, précède ceux prescrits aux juifs et aux chrétiens. Ceux-là ont le lendemain
(le samedi) et ceux-ci ont le surlendemain (le dimanche)".
(Muslim, Sahih 1422).
Sahl a dit :
-Le vendredi, nous ne faisions la sieste ni ne déjeunions qu'après la prière.
(Muslim, Sahih 1423).
Salama Ibn Al-'Akwa a dit : "Quand le soleil quitta le méridien, nous nous acquittions de la prière
du vendredi présidée par le prophète. De retour, nous cherchions les endroits pleins d'ombres (en
marchant)".
(Muslim, Sahih 1425).
Ibn Omar a dit : "Le vendredi, le prophète prononçait d'abord le sermon étant debout, s'asseyait
puis se levait, comme l'on fait actuellement".
Les paroles d’Allah : "Quand ils entrevoient quelque commerce ou quelque divertissement, ils s'y
dispersent et te laisse debout"
Jabir ibn 'Abdullâh a dit : le prophète était debout en train de prononcer le sermon du vendredi
quand une caravane arriva en provenance de la Syrie. Les gens se précipitèrent aussitôt vers elle en
sorte qu'il n'en resta que douze hommes auprès du prophète. Ce fut à cette occasion que ce verset
fut révélé : Quand ils entrevoient quelque commerce ou quelque divertissement, ils s'y
dispersent et te laissent debout.
(Muslim, Sahih 1439).
Récit Ya'lâ Ibn 'Umayya transmis d'après son fils Safwân Ibn Ya'lâ : Celui-ci entendit le prophète
153
réciter en chaire :
-Et ils crieront : Ô Mâlik.
(Muslim, Sahih 1444).
Jabir a dit : Alors que le prophète était en train de prononcer le sermon du vendredi, un homme
vint . Le prophète lui dit :
-As-tu prié (les deux rak'a de la salutation de la mosquée), ô untel?".
- "Non, pas encore".
- "Lève-toi donc, répliqua le prophète et fais-les".
(Muslim, Sahih 1455).
Abu Hurayra a dit : Le vendredi, à la prière de fajr le prophète récitait d'abord la sourate
(commençant par) :
-Alif, lâm, mîm. La Révélation"..; puis celle (commençant par) : "S'est-il écoulé pour l'homme?"
(Muslim, Sahih 1460).
Abdullah ibn Masud transmit qu'en rentrant chez lui après la prière du vendredi, il faisait deux rak'a
supplémentaires. Il ajouta :
-C'est ce que faisait l'Envoyé d‘Allah".
13 Posture et postures
Si l’on écoute les sources islamiques, la prière islamique est le rite le plus ancien du monde
(islamique aussi). Comme il n’est ni obligatoire ni conseillé de penser ainsi, ici des questions
seront posées sur le sujet de l’origine de ces mouvements physiques étranges.
Les postures, elles, sont en partie inspirées du christianisme oriental: ni les Juifs ni les
Arabes païens ne pratiquent a priori de telles prosternations. C'est un fait remarquable que
des résistants à l'islamisation, aussi différents qu'Abu Talib, ou l'anti-prophète Musaylima,
aient tous deux refusé la forme de la prière: elle est considérée comme humiliante. Dans une
parole de défi, celui-ci se moque, d’ailleurs, estimant honteux d’avoir le cul plus haut que la
tête.
154
Le premier estime aussi scandaleux que dans le mouvement d'abaissement, son derrière se
situe au dessus de sa tête, et le second exige de prier debout, à la manière des nobles.192
L’origine du mode de prière est encore un mystère. On peine à croire qu’il s’agit d’une
invention purement islamique: ils ont peu inventé, et les religions, fondamentalement,
inventent peu, mais reprennent et recyclent. La station
devant une idole est la posture normale dans les paganismes antiques, quand le fidèle veut
prier. Il lève aussi les mains vers la statue, si possible à plat, pour ne pas montrer
d’agressivité. Dans le rituel d’Arafat, au cours du pèlerinage, la prière WUQUF doit être
un vague vestige de telles pratiques, qui se voient partout. Il semblerait aussi que les
chrétiens, ascétiques et/ou sectaires qui pullulent dans l’Arabie de ce temps, et toutes sortes
de monothéisants, ont privilégié aussi cette attitude. Une partie de la prière islamique doit
venir de là.
Quant à la prosternation elle-même, la doctrine imagine qu’elle est traditionnelle du
Proche-Orient (le Coran décrit ainsi les magiciens du Pharaon devant Moïse).
Le christianisme (oriental) l'a popularisé, notamment au VIe siècle193, et il est alors naturel
que l'islamisme en construction la récupère.
L’archétype est peut-être aussi plus politique que religieux. L'agenouillement (génuflexion
totale?), appelé aussi proskynèse, devait aussi figurer dans le cérémonial des Perses
sassanides.194
Quelques objets de l’Arabie pré-islamique pourraient évoquer des parties des gestes de
prière, mais sans le caractère systématique et figé que l’islamisme a réussi à imposer.
Ce que l’islamisme a donc produit est une sythèse qui se mécanise et s’articule, entre les trois
postures de base, debout, penché, prosterné. C’est ainsi que l’on fait une salat composée.
Parlons maintenant chorégraphie: Voici les quelques étapes du processus qui sans cesse se
répète, des milliards de fois depuis des centaines d’années pour des milliards d’individus.
L’ensemble de la cérémonie est une combinaison subtile entre les gestes et les paroles.
Une introduction permet de détacher le moment du reste de la journée: debout, les gars
mettent leurs mains au niveau des épaules. On prononce ensuite le takbir, soit l’invocation
d’Allah, qui est grand. La formule est toujours du plus bel effet, quand elle est prononcée en
choeur. Certains ont eu conscience que pour la majorité des participants, et dans la plupart
des occasions, le ritualisme allait finir par vider vite tout sens aux gestes. Alors on a ajouté
l’étape de l’intention: chacun doit se dire in petto qu’il a l’intention sincère de prier (NIYA).
Ensuite, vient le plat de résistance, qui, vu de loin et depuis Micromégas, semblerait une
séance de gymnastique de groupe: des séquences se succèdent, les raka, qui correspondent à
des suites précises d’inclinaisons de buste, et des prosternations, pour que le front et le nez
touchent le tapis. En cas de doute, suivez le guide, car il est mal venu de trainer, de rater
une étape. Les écoles juridiques se sont à peu près accordées sur les grandes lignes de la
prière, et les désaccords ne concernent que des aspects de détails, comme la position des
pieds et des mains. Le prophète faisait comme ci, ou comme ça, si je l’ai vu, non , tu l’as pas
vu, etc…
192
M.J. Kister, "Some reports concerning al Ta'if", JSAI 1/1979, p. 4.
T. Nagel, Mahomet, p. +++++.
194
T. Nagel, Mahomet, p. +++++.
193
155
Pour apprendre la prière et ses mouvements, le néophyte, ou le petit garçon bénéficient, si
l’on peut dire, d’une procédure de formatage très complète: l’exemple familial, la télévision,
même pour les petits, l’éducation publique (y compris dans les pays dits laïques), et une
multitude de brochures distribuées avec une générosité de Saoudien. Ah... La philanthropie
saoudienne... Si seulement les Corans distribués pouvaient être comestibles.
Il est de coutume de réciter la sourate n°1, la Fatiha, dont on verra qu’elle n’est pas une
vraie sourate, mais un bout de liturgie christianomorphe ajouté là en moignon. Parfois,
pour accompagner les prosternations, il est vu comme assez habile de réciter des fragments
coraniques courts qui contiennent le mot prosternation (SUJUD). Dès que le mot est
entendu, le groupe entier se prosterner; aussi simple que cela.
La conclusion est constituée d’une profession de foi, la shahada bien connue. On fait un
petit salut à Muhammad, à qui l’on doit tant. Si possible, on glisse quelques suppliques vite
fait, histoire que tout ça ne serve pas à rien. Et puis c’est déjà fini. Chacun se regarde, à la
fois fier comme Artaban et saoûlé de rituel, assoiffé et comme étourdi, assoiffé mais déjà
ivre. Les orants vont alors bavarder plus loin, pour faire fructifier socialement leur
rencontre périodique. Le bazar n'est jamais loin et le peuple lymphatique des bazars
constitue l'armature du public: la motivation commerciale est omniprésente...
Les textes évoquent peu la règle générale, connue de tous depuis l’enfance ; mais ils
abondent à raconter toutes les exceptions, tous les petits arrangements possibles, qui sont
tous inventés très longtemps après, à force de s’arranger sur le dos du prophète. Alors un
astucieux arrange un récit bien troussé pour rassurer les pieux naïfs.
Il existe un autre moyen : raconter comment les rituels et la prière au premier chef, ont été
transmis à Muhammad, qui a transmis à son tour. Les histoires veulent que ce soit Gabriel
qui ait fait cela, au tout début, avant même d’expliquer la doctrine… Khadija, la pauvre,
est soumise en premier, et ne pose pas de questions, comme une épouse dévouée. Les textes
sont par essence pédagogiques, visant à présenter l’ancienneté et l’importance de la prière.
Mais ils ne sont rien de plus.
(Q84/20-1).
Qu'ont-ils à ne pas croire? et à ne pas se prosterner quand le Coran leur est lu ? 195
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 68).
Gabriel étant présent dit au prophète:
195
La prosternation pendant la récitation prouverait bien que celle-ci correspond à la manifestation
de la présence divine. Dans ce fragment très rhétorique, il est reproché aux Mecquois de refuser
cette particularité du rituel. La question est à reprendre.
156
-Demande de l'eau, afin que je t'enseigne les ablutions (WUDU) , la manière de laver les mains, et la
prière, pour que tu saches comment tu dois adorer Allah.
Le prophète demanda de l'eau, et Gabriel lui montra l'ablution des mains, et lui indiqua la façon de
prier ; ensuite il se plaça devant lui et dit :
196
-Nous allons prier. Il fit deux rakat , et le prophète les répéta après lui, et Khadija après le
prophète.
Prière debout?
(Q/9108).
Ne te tient jamais dans (cette mosquée). Car une Mosquée fondée dès le premier jour, sur la piété,
est plus digne que tu t'y tiennes debout. [pour y prier] On y trouve des gens qui aiment bien se
purifier, et Allah aime ceux qui se purifient.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 157).
200
H. Busse, “Jerusalem and Mecca, the temple and the Ka'ba: an account of their relation in islamic
times”, in Sharon, Holy Land, Leiden, 1988 ; sur le point de repère, le mihrab, et ses origines, cf.
R.B. Serjeant, “Mihrab”, Bulletin of the School of Oriental and African Studies 22, 1959; A.J. Drewes,
“The meaning of sabaean MKRB, facts and fiction”, Semitica 51, 2001; M.A. Ghul, “Was the ancient
south arabian mdqnt the islamic mirhab”, BSOAS 25, 1962. ; cf. aussi D.A. King et G.S. Hawkins,
"On the orientations of the kaba", Journal for the History of Astronomy 13, 1982 ; R. Kimber,
Encyclopaedia of the Qur'an, sv. Qibla; D.A. King: The Earliest Islamic Mathematical Methods and
Tables for Finding the Direction of Mecca, Zeitschrift für Geschichte der Arabisch-islamischen
Wissenschaften 3, 1986; T. Suzuki: “A Solution of the Qibla-Problem by Abu 'l-Qâsim Ahmad ibn
Muhammad al-Ghandajânî”, id. 4, 1987/88; David A. King, Astronomy in the service of Islam, Aldershot,
1993; S. Bashear, “Qibla Musharriqa and early muslim prayer in churches”, Muslim World 81, 1991;
R. Lorch, “Nasr B. Abdallah’s instrument for finding the qibla”, Journal for the History of Arabic
science 6, 1982; D a v i d A . K i n g , Astronomy in the Service of Islam., A l d e r s h o t , 1 9 9 3 ; id. World Maps for
Finding the Direction and Distance to Mecca: Innovation and Tradition; E d w a r d S . K e n n e d y , Astronomy
a n d A s t r o l o g y i n t h e M e d i e va l I s l a m i c W o r l d . A l d e r s h o t , 1 9 9 8 ; Carl Schoy, “Die Mekka- oder
Qiblakarte (Gegenazimutale mittabstandstreue Projektion mit Mekka als Kartenmitte)”,
Kartographische und schulgeographische Zeitschrift 6/1917; id. , “Abhandlung des al-Hasan ibn alHasan ibn al-Haitam (Alhazen) über die Bestimmung der Richtung der Qibla”, Zeitschrift der
Deutschen Morgenländischen Gesellschaft, 75/1921; George Sarton, , “Query no. 25: Orientation of the
Mihrab in Mosques”, Isis, 20/1933-34; David A., King, “Al-Khalīlī’s Qibla Table”, Journal of Near
Eastern Studies 34/1975; Winfried Petri, , “Mekka und Meridian: Ein Missverständnis bei al-Bīrūnī”,
Y. Maeyama, W.G. Saltzer (eds.), Festschrift für Willy Hartner, Wiesbaden 1977; J.L Berggren,., “A
Comparison of Four Analemmas for Determining the Azimuth of the Qibla”, Journal for the History
of Arabic Science 4/1980; Charles Heatwole, , “Which Way is Mecca?”, Journal of Geography, 92/1993;
G. Almakky, J. Snyder, “Calculating an Azimuth from One Location to Another: A Case Study in
Determining the Qibla to Makkah”, Cartographica, 33/1996. David A., King, “Makka: 4. As the
Centre of the World”, The Encyclopaedia of Islam, vol. 6/1987 ; Suliman Bashear, "Qibla musharriqa
and early Muslim prayers in churches", Studies in the Early Islamic Tradition; Arent Jan Wensinck,
David A. King,, “Kibla”, The Encyclopaedia of Islam, s.v.; Robert R. Bianchi, “Qibla, and Related, Map
Projections “, Guests of God 2004; Shimon Shtober, “Judaeo-Islamic Polemics Concerning the Qibla
(625-1010)”, Medieval Encounters 5/1999; Angelika Neuwirth, "Face of Man – Face of God. Some
Observations on the Muslim Direction of Prayer", Albert Baumgarten (Ed.), Self, Soul and Body.
Studies in Religious Anthropology, Leiden 1998.
157
L’envoyé reçut l’ordre de prier, alors il pria (...) Quand la prière fut pour la première fois imposée à
l’envoyé, c’était avec deux prostrations par prière ; puis Allah a montré le nombre à quatre dans la
maison, mais en voyage, le nombre habituel est resté à deux.
197
(ibn Ishaq, Sira).
Alors Gabriel apparut au prophète quand la prière fut ordonnée, et il vida un endroit dans la vallée
avec son talon, pour qu'une source d'eau vive surgisse. Gabriel fit l'ablution tandis que Muhammad
le regardait. Il se lava le visage, se rinça la bouche, mit de l'eau dans ses narines, s'essuya la tête, les
oreilles, les jambes jusqu'aux chevilles, aspergea son sexe. puis il se releva, fit deux inclinaisons de
prière, et se prosterna quatre fois visage à terre.
(Malik, Muwatta 1).
Abu Masud al Ansari entra chez lui et dit :
-Que signifie cela, Mughira ? Ne savais-tu pas que Gabriel est descendu du ciel, a fait la prière de
zuhr et que l’envoyé d’Allah l’a fait aussi, puis Gabriel a fait la prière de l’asr et que l’envoyé d’Allah
l’a fait aussi, puis Gabriel a fait la prière du coucher et que l’envoyé d’Allah l’a fait aussi, puis
Gabriel a fait la prière du soir et que l’envoyé d’Allah l’a fait aussi, puis Gabriel a fait la prière de
l’aube et que l’envoyé d’Allah l’a fait aussi ? Par la suite, Gabriel a dit : voilà ce qui t’est ordonné.
(Bukhari, Sahih 81/20, 2).
Le prophète priait tant qu’il en avait les pieds gonflés -ou selon une variante, enflés-.
Et quand on lui en faisait l’observation, il répondait:
198
-Comment ne serais-je pas un adorateur reconnaissant?
(al Tirmidhi, Hadith 420).
Le prophète disait :
- Quand l’un d’entre vous a prié, qu’il s’allonge sur son flanc droit.
(Malik, Muwatta 364).
… l’envoyé d’Allah a dit :
-Lorsque l’un de vous prie, qu’il ne laisse personne passer devant lui, et qu’il le repousse autant
qu’il puisse le faire ; Si cette personne insiste, qu’il la combatte car ce n’est qu’un démon.
(Malik, Muwatta 199).
-Que faisait l’envoyé d’Allah?
158
-Quand il s’asseyait au cours de la prière, il mettait sa main droite sur la cuisse droite en joignant
tous ses doigts sauf l’index, qu’il gardait tout droit, et sa main gauche sur la cuisse gauche.
(Tirmidhi, Hadith 420).
Certains ont pu entendre le hadith dans lequel le prophète disait :
- Quand l’un d’entre vous a prié, qu’il s’allonge sur son flanc droit.
(An Nawawi, Hadith 1460).
Selon Abu Hurayra , le messager d’Allah
a dit :
-Quand l’un de vous s’apprête à se mettre dans son lit, qu’il balaie le lit avec son drap plié car il ne
peut pas savoir ce qui y est entré après lui. Puis qu’il dise:
-En ton nom, Seigneur! J’ai couché mon côté et en ton nom je le relève. Si tu retiens mon âme, sois
clément avec elle, et si tu la ressuscites, sauvegarde-la par les moyens avec lesquels tu sauvegardes
tes esclaves vertueux.
(Bukhari, Sahih 10/117).
Ikrima a dit: Je priais derrière un vieillard à La Mecque. Il prononça la formule Allah akbar vingtdeux fois.
Je dis à ibn Abbas:
-Il est fou!
Il me répondit:
-Malheur à toi! c'était une pratique d'Abu al Qasim.
199
Abu Huraya disait:
-L’envoyé d’Allah, lorsqu'il se levait pour la prière, récitait Allah akbar lorsqu'il se levait, puis
lorsqu'il s'inclinait, puis il disait:
-Allah écoute celui qui le loue.
...au moment où il se redressait, puis, une fois dressé, il disait:
-Notre seigneur, à toi la louange.
...puis il disait:
-Allah akbar.
...au moment où il se mettait en posture de prosternement, puis à nouveau au moment où il relevait
la tête, puis au moment où il se prosternait, puis au moment où il relevait la tête. Puis il faisait cela
tout au long de la prière jusqu'à la fin ; puis il disait:
-Allah akbar
...au moment où il se relevait des prosternements après la station assise.
159
14 La qibla
Directive pour une direction
Plus qu'un simple tropisme géographique, elle sert aussi de facteur symbolique de cohésion,
puisque les musulmans peuvent aussi de prétendre les "Gens de la Qibla, de la direction",
puisqu'ils se tournent tous vers le même point géographique, sorte d'axus mundi. Alors la
direction géographique recoupe la direction doctrinale, et idéologique. Il est finalement aisé
de repérer les personnes qui ont des flèches dans la tête, et qui avancent toujours dans le
même sens...
Le choix de cette fameuse direction universelle se fait au départ selon les points cardinaux,
simplement. Plus tard, des savants se chargent de calculs subtils, rectifiant les erreurs
précédantes. Il convient aussi de remarquer que depuis Médine, le fait de se diriger soit vers
la Mecque, soit vers Jérusalem fait opérer un mouvement de renversement complet, une
révolution, un mouvement à 180 degrés: cette perfection dans le déplacement pourrait être,
selon les naïfs, une preuve de plus de la perfection de l'islamisme. Pour les autres, cela
correspond à une bizarrerie, et plus sûrement à une construction postérieure et artificielle.
La piste a de toute façon été peu exploitée... la ligne droite, voilà la piste, la plus simple,
d’un point à un autre.
La rupture étant consommée, les musulmans, on l'a dit, doivent se singulariser et procéder à
une modification radicale et mesquine: il faut donc se tourner dans la direction opposée, la
Ka’ba de la Mecque. On peut aussi imaginer que la décision a été prise parce qu'elle était
inévitable, si les deux populations fréquentaient les mêmes lieux de culte. Il ne serait pas
étonnant (quoique les sources ne veuillent pas l'indiquer) que les premiers musulmans de
Médine aient prier dans des synagogues, ou dans des écoles religieuses. Dans ce cas, la
modification est due à une sorte de promiscuité rituelle, ou cultuelle: il était vitale pour la
nouvelle communauté de se distinguer, pour ne pas capituler devant les usages juifs. Car il y
a grand danger pour les systèmes religieux d’une trop grande proximité dans le rituel, qui
entraine forcément à une confusion, laquelle profite au système le plus fort, ici, le
200
judaïsme.
Le plus embarrassant est alors de présenter le monument comme le centre et l’origine du
monothéisme. C’est à cette époque, dans le réel, et non dans la fantasmagorie islamique, un
160
temple païen parmi d’autres, pas plus grand, pas plus beau, qui continue d’être honoré
comme tel par les populations arabes. Des légendes et traditions nouvelles surgissent alors
dans la communauté, pour justifier, expliquer, affirmer. La Mecque, étape minuscule
perdue dans le désert remplace un lieu millénaire de vénération, tout ceci uniquement pour
ne pas ressembler aux juifs dans leur pratique. C'est ainsi qu'Allah est grand.
Mais il faut d'admettre, en terme de manipulation mentale collective, l'invention de la
qibla, direction unique de vénération collective, d'un monument invisible pour la plupart,
simplement imaginé, est un coup de génie, qui démontre une belle connaissance des
caractères humains et de leurs limites. Cela, ajouté aux modalités complexes de la prière,
exonèrent totalement le pratiquant de son esprit critique et de sa raison; la mosquée devient
alors une maison de repos pour l'intelligence, et pour beaucoup une maison de retraite.
Parlons aussi du mihrab est la traduction matérielle de la qibla. Il a certainement été
inventé beaucoup plus tard, quand ont été bâties les premières mosquées, ex-nihilo, ou à
partir d'églises. Savoir par l'archéologie, et les analyses architectures quel mihrab a été
construit le premier est une chose difficile. En général, l'accord s'est établi sur le fait que les
Ommeyades en sont responsables.201
Il semblerait qu'il en existe déjà un à Médine, dans la reconstruction de la mosquée par le
calife al Walid, vers 708-710. Des architectes chrétiens sont peut-être derrière le projet: le
modèle de l'abside a pu les inspirer.
Le mot, en lui-même, signifie sûrement à l'origine "sanctuaire", simplement, en suivant
l'étymologie sud-arabique. Dans le corpus coranique, le mot apparaît dans ce sens, et non
comme direction de prière.
t
(Corpus coranique 19/10).
Il sortit donc du sanctuaire vers son peuple; puis il leur fit signe de prier matin et soir.202
C'est un dispositif architectural qui dans les mosquées sert à indiquer la direction de la
prière, celle de la Mecque, ou du moins celle qu'on imagine être celle de la Mecque, car les
erreurs furent nombreuses. Il devient indispensable au fil du temps, et se répand même hors
des mosquées, parfois sous forme miniature, pour que nul n'ignore la qibla dans la vie
quotidienne. Les tapis de prières sont aussi décorés de mihrab stylisés, autant de flèches
indiquant la direction. Mais ce n'est qu'un usage, qui est devenu pourtant massif et
obligatoire. Il n'en existe aucune trace dans le corpus coranique ou dans la Sunna. Il a
souvent servi à renforcer par sa simple présence physique l'autre élément, le minbar, la
chaire de l'imam, ou du chef politique.
Le mot pourrait venir d'Arabie du sud, signifiant "palais" ou "salle". L'archétype pourrait
provenir des niches des synagogues destinées à conserver la Torah, ou pour indiquer la
direction de Jérusalem, ou les absides des églises, voire le reliquat des pratiques cultuelles
dans les temples païens, quand les idoles étaient installées dans des niches.
201
Pourquoi une date si tardive? Soit les premiers musulmans avaient une conscience innée de
l'orientation, soit ils n'étaient pas encore tout à fait sûrs de leur fait, et au cas où la qibla change
encore une fois...
202
Trad. Hamidullah.
161
L'autre vestige de l'idolâtrie se retrouve dans l'institution de la qibla, la direction de la
prière: à ce moment, l'idolâtrie se dédouble: dans l'espace de la mosquée, où que l'on soit,
l'acte d'adoration se dirige vers un point fixe et précis; dans la géographie terrestre,
l'aboutissement de l'adoration est la Kaba, soit un bâtiment, constitué en idole cubique,
décorée d'une idole lithique. Quelle partie du bâtiment est avec précision l’endroit vénéré?
Eh bien, même là, les érudits se sont frisés les poils de barbe avec gourmandise, comme s’il y
avait un point fixe, géométrique, d’où tout part. L’axus mundi est une donnée habituelle
dans les religions les plus primitives. Les avis, comme toujours, sont partagés, et personne ne
sait rien à la fin; ce serait soit la façade du nord-est, soit la porte, soit la pierre noire, soit le
Maqam, soit le mur intérieur en face de la porte, la gouttière ou le Maqam Ibrahim, ancien
sanctuaire païen…
On ne sort pas si aisément de millénaire d'idolâtrie, sans en garde quelques traces bien
visibles. Imaginez donc la Kaba comme une grosse antenne parabolique...
Sans trop réfléchir, la règle commune fixe comme point central et destination de la qibla la
Ka’ba de la Mecque, qui est toujours à cette époque un sanctuaire païen. En même temps,
notons le bien, rien n'est dit clairement. On suspecte que le nom de Jérusalem est présent,
mais il ne l'est pas. Ni même la Mecque. Simplement, on note qu'un changement de
direction est ordonné.
L’exégèse islamique et l’orientalisme préfèrent ne pas observer ce point avec un excès
d'acribie; récemment, on a pu considérer que le lieu cité ne correspond pas à la Mecque,
mais vers l'Arabie du Nord-Ouest: il est très probable que pendant une certaine durée de
temps, la qibla se dirigeait plutôt vers Jérusalem, qui d'ailleurs n'est pas nommée. Les
découvertes des toutes premières mosquées, depuis le Caire jusqu’à Kufa, indiquent plutôt
que la qibla de Jérusalem était la véritable, et ceci, pendant longtemps. Une rare indication
biblique, dans Daniel, confirme que la direction de la prière est Jérusalem. Mais on sent
bien que le judaïsme n’est pas très fixé dans cette affaire. Un trace du flottement initial doit
être enfin vu dans la description de celle qui est vue comme la toute première mosquée, celle
de Qoba, près de Médine: elle est traditionnellement la Mosquée aux deux Qibla. On aurait
pu imaginer que le changement a eu lieu ici. Peut-être trop simple pour être vrai.
Notons la très forte insistance du texte qui s'efforce par tous moyens de convaincre son
public, alors même qu'il est absolument vague et obscur. Cela n'empêche pas qu'il sert de
base à tout type de revendication... Le sabre se fait convaincant quand le texte peine à
l'être.
La question de la qibla est une affaire importante, et un moyen de soumettre de manière
quotidienne.
Elle semble très simple et claire au premier abord, mais qui veut vraiment s’y intéresser
rencontre d’étranges données, inconciliables avec la doctrine islamique. La “direction” est
sans doute une piste à suivre, pour qui veut comprendre les origines de l’islamisme.
(Corpus coranique d'Othman 2/136-147).
Les insensés parmi les hommes diront:
-Qu’est ce qui a détourné ces gens de la qibla vers laquelle ils s’orientaient?
162
Réponds-leur:
-A Allah l’orient et l’occident. Il dirige qui il veut vers une voie droite (AL SIRAT AL MUSTAQIM) .
Ainsi nous avons fait de vous, croyants! une communauté éloignée des extrêmes, pour que vous
soyez témoins à l’encontre des hommes et que l’envoyé soit témoin à votre encontre.
Nous n'avons établi la qibla vers (Jérusalem?), vers laquelle tu t'orientais, prophète! que pour
connaître ceux qui suivent l'envoyé, de ceux qui s'en retournent sur leurs pas.
En vérité, c'est là certes grand péché, excepté pour ceux qu'Allah dirige.
Allah ne pouvait faire se perdre votre foi.
En vérité, Allah est certes, pour les hommes, bienveillant et miséricordieux.
Souvent nous te voyons tourner en tous sens ta face, vers le ciel.
Nous te tournerons donc vers une qibla que tu agréeras.
Tourne donc ta face dans la direction de la mosquée sacrée (MASJID AL HARAM) !
Où que vous soyez, croyants! tournez votre face dans sa direction.
Ceux qui ont reçu l'écriture savent certes que c'est là la vérité venue de leur seigneur.
Allah n'est point insoucieux de ce qu'ils font.
Certes, si tu viens, avec quelque signes, à ceux à qui l'écriture a été donnée, ils n'adopteront point ta
qibla et tu n'adopteras point leur qibla. Certains d'entre eux n'adoptent d'ailleurs point la qibla des
203
autres. Certes, si tu suis leurs doctrines pernicieuses, après ce qui est venu à toi de science , tu
seras alors parmi les injustes.
Ceux à qui nous avons donné l'écriture la connaissent comme ils connaissent leurs fils. Pourtant
une fraction d'entre eux cèlent certes la vérité alors qu'ils savent.
La vérité venue de ton seigneur.
Ne sois donc point parmi les sceptiques!
A chacun, une orientation vers laquelle il se tourne.
Rivalisez dans les bonnes œuvres!
Où que vous soyez, Allah marchera avec vous ensemble.
Allah, sur toute chose, est omnipotent.
D'où que tu sortes, tourne ta face vers la mosquée sacrée!
En vérité, c'est là la vérité venue de ton seigneur.
Allah n'est pas insoucieux de ce que vous faites.
D'où que tu sortes, tourne ta face dans la direction de la mosquée sacrée!
Où que vous soyez, tournez votre face dans sa direction afin que les gens n'aient point d'argument
contre vous-, excepté les injustes, parmi eux, mais ne redoutez pas ceux-ci!
Redoutez-moi afin que je parachève mon bienfait envers vous!
Peut-être serez-vous dans la bonne direction.
217
Les gens de sa lignée maternelle.
163
Ainsi, nous avons envoyé parmi vous un envoyé issu de vous qui vous communique nos signes, vous
purifie, vous enseigne l'écriture et la sagesse, vous enseigne ce que vous vous trouviez point savoir.
Invoquez-moi! et je me souviendrai de vous.
Remerciez-moi et ne soyez point ingrats envers moi!
(Corpus coranique d'Othman 3/89-92).
Dis aux fils d’Israël: Allah est véridique.
Suivez donc la religion d’Abraham, un hanif, qui ne fut point parmi les associateurs.
En vérité, le premier temple qui ait été fondé, pour les hommes, est certes situé à Bakka, temple
béni et direction pour le monde.
Il s’y trouve des signes évidents: le maqam
204
d’ où quiconque entre est en sécurité. Allah a imposé
aux hommes le pèlerinage à ce temple.
A quiconque a moyen de s’y rendre.
Quiconque est incrédule.... car Allah est suffisant à soi-même à l’égard du monde.
(Tabari, Tafsir 2/142-145).
La première injonction qui a été abrogée dans la Coran est celle concernant la direction de la prière.
Ceci eut lieu parce que le prophète préférait avant le rocher de la maison sacrée de Jérusalem, qui
était la direction de prière des Juifs. Le prophète fit face à elle durant 17 mois après son arrivée à
Médine dans l’espoir qu’ils croient en lui et le suivent. Ensuite, Allah a dit:
-A Allah appartiennent l’est et l’ouest...
(...)
Le prophète d’Allah reçut le choix de se tourner dans la direction qu’il voulait. Il choisit la maison
sacrée de Jérusalem pour se concilier le peuple du livre.
Ce fut la direction pendant 16 mois après son arrivée ; pendant tout ce temps, il tourna son visage
vers les cieux, jusqu’à ce qu’Allah ne le fasse se retourner vers la maison.
(...)
Quand l’envoyé d'Allah a émigré à Médine, la plupart des habitants étaient Juifs
205
, Allah lui a
commendé de se tourner vers Jérusalem ; et les Juifs en furent heureux.
Le prophète fit face à cela pendant 10 mois, mais il aimait la direction d’Abraham, c’est-à-dire la
Ka’ba. Alors il pria Allah et regarda les cieux jusqu’à ce que Allah fasse descendre le verset "Nous
t’avons vu tourner ton visage vers nous”.
206
Les Juifs devinent suspicieux et ont dit:
-Pourquoi se tournent-ils maintenant dans une autre direction dans laquelle ils priaient avant?
Alors Allah dit:
-Dis, à Allah appartiennent l’est et l’ouest.
164
(...)
D'après certains, il s'agit là d'un choix délibéré du prophète et ils fondent cet avis sur les propos
suivants :
Akrama et Hasan al Basri ont dit: La première chose énoncée dans le Coran et qui fut transférée
d'une modalité à une autre fut l'orientation rituelle. En effet, le prophète... s'était orienté pendant
dix-sept mois vers le rocher de Jérusalem, orientation qui était aussi celle des Juifs, dans l'espoir
qu'ils croiront en lui et le suivront. Pendant ce temps il appelait les "illettrés" arabes à entrer en
islam et Allah - puissant et majestueux fit descendre ce verset :
A Allah appartient l'Orient et l'Occident ; où que vous vous tourniez, là est la Face d'Allah.
207
D'après d'autres, la nouvelle orientation avait été imposée par ordre divin et ils se fondent sur les
propos suivants :
... ibn Abbas a dit: Lorsque l'envoyé d'Allah émigra à Médine dont beaucoup d'habitants étaient
juifs, Allah lui ordonna de s'orienter vers Jérusalem et les Juifs s'en réjouirent. L'envoyé d'Allah
agit ainsi pendant plus d'une dizaine de mois ; or il aimait avant tout l'orientation d'Abraham, que
la paix soit sur lui, et il invoquait et regardait vers le ciel en souhaitant une réponse. C'est alors
qu'Allah fit descendre ce verset :
Vraiment nous avons vu au Ciel ton cœur se tourner et se retourner ; tourne donc ta face du côté de
la Mosquée sacrée...
208
... ibn Jurayj a dit: Au début de l'institution de la prière, le prophète pria tout d'abord vers la Ka'ba,
puis il se tourna vers Jérusalem : les ansar avaient prié trois ans durant vers Jérusalem avant l'arrivée
du prophète à Médine et lui-même pria encore seize mois selon cette orientation après son arrivée.
Ensuite Allah le fit se tourner définitivement vers la Ka'ba .
(Tabari, Tafsir 7/16-34).
D'après certains commentateurs, le sens de ce passage est le suivant: où que vous soyez lors de la
prière (SALAT) , orientez vos faces (TAWLIYA AL WAJH) vers la Ka'ba !
... Mujahid a dit à propos de ce passage :
- Lorsque vous accomplissez la prière, dans les églises (KANAYS) ou ailleurs, prenez l'orientation
rituelle vers la Ka'ba.
... Dans un autre propos, Mujahid précise :
-Où que vous soyez.
... ibn Zayd explique ainsi ce passage :
-Dressez vos faces dans la direction de l'orientation rituelle, cette orientation qu'Allah vous a
ordonné d'adopter !
D'après d'autres, le sens de ce passage est le suivant: faites en sorte que votre prosternation (SUJUD)
ne soit vouée qu'à Allah, exclusivement (KHALISAN) , et non à quoi que ce soit d'autre que lui!
... Rabia dit à propos de ce passage et de ce qui suit :
165
-Lors de toute prosternation (MASJID) maintenez vos faces purement tournées vers lui et n'invoquez
que lui, en lui vouant exclusivement le culte !
Tabari conclut: c'est ce dernier commentaire qui est correct, car, dans ce verset, les gens auxquels
Allah s'adressait reçurent l'ordre de faire face à leur Seigneur lors de leur prière et de ne pas
s'orienter vers les idoles, de faire en sorte que leur prière (DUA) soit adressée exclusivement à lui et
qu'elles ne soient ni des lamentations (NAWADIB) ni des battements de mains.
209
Allah s'adresse en
effet ici à des gens faisant partie de ces associateurs arabes qui n'ont ni église ni synagogue (BIA), car
il n'y a que les gens des deux Livres qui ont de tels lieux de culte. Il serait donc illogique de dire à
des gens qui ne prient pas en de tels lieux qu'ils y tournent leur face vers la Ka'ba.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 134-5).
Dans le même mois de shaban, au milieu du mois, Allah ordonna au prophète de ne plus se tourner
pendant la prière vers Jérusalem, mais vers la Ka'ba. Les Arabes, en priant, se tournaient vers la
Ka’ba, tandis que les Juifs et les chrétiens se tournaient vers Jérusalem, où était le temple bati par
Salomon, fils de David, endroit illustre, vers lequel se tournaient également Moïse et Jésus. Lorsque
le prophète reçut sa mission prophétique à la Mecque, il se tournait, en priant, vers la Ka’ba.
Comme les idolâtres de la Mecque, en adorant les idoles, se tournaient aussi vers la Ka’ba, quand le
prophète vint à Médine, où dominait le culte des chrétiens et des Juifs, qui se tournaient vers
Jérusalem, Allah lui ordonna de se tourner également, en priant, vers Jérusalem, afin de ne pas les
contrarier et pour qu'ils lui fussent favorables.
210
Le prophète fit ainsi. Cependant il désirait que le
point vers lequel il devrait se tourner en priant fut la Ka’ba, qui avait été aussi la qibla d'Abraham et
d'Ismaël. Il priait journellement Allah d'exaucer ce désir ; enfin, au milieu du mois de shaban de la
seconde année de l'Hégire, le mardi, Allah révéla le verset suivant:
Nous avons vu que tu tournais ton visage vers le ciel. Mais nous voulons que tu te tournes vers une qibla qui te
plaira. Tourne-toi vers le saint temple.
211
La raison de cette révélation fut que les Juifs et les chrétiens disaient au prophète:
-Ô Muhammad, si ta religion est différente de la nôtre, comment se fait-il que tu te tournes en
priant vers le même point que nous ?
Le prophète, ayant invoqué Allah, reçut le verset que nous venons de dire.
(Waqidi, Maghazi ).
212
Les autres érudits s’accordent à dire que la première personne du peuple de la qibla
213
à répondre
au messager d’Allah fut Khadidja.
L’effet sur les fidèles.
(Bukhari, Sahih 65/ 16-18).
166
214
ibn Omar a dit: Pendant que, à Qoba , les fidèles faisaient la prière du matin, un homme vint et
dit :
-La nuit dernière, Allah a révélé un passage du Coran à l'envoyé d'Allah, et il lui a ordonné de se
tourner pour prier vers la Ka’ba. Dirigez donc vos visages de ce côté.
Les fidèles qui, à ce moment, avaient le visage tourné vers la Syrie, tournèrent leurs visages du côté
de la Ka'ba.
ibn Omar a dit: Pendant que les fidèles, à Qoba, faisaient la prière du matin, quelqu'un vint qui
leur dit:
-La nuit dernière, le prophète a reçu la révélation d'un passage du Coran qui lui a ordonné de
tourner son visage (pour prier) vers la Ka'ba. Tournez-vous donc de ce côté. Les fidèles, qui avaient
le visage tourné vers la Syrie, se détournèrent pour faire face à la Ka'ba.
El Bara a dit: Nous fîmes la prière avec le prophète en nous tournant du côté de Jérusalem pendant
seize ou dix-sept mois. Ensuite Allah fit tourner le prophète du côté de la qibla.
(Malik, Muwatta 459).
A son arrivée à Médine, l’envoyé d’Allah fit sa prière durant 16 mois en dirigeant sa face vers
Jérusalem, puis deux mois avant Badr, la qibla fut orientée vers la kaba.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 287).
Les juifs et les gens du Livre l’aimaient bien quand il faisait les prières avec le visage en direction de
la mosquée éloignée. Quand il se tourna vers la Ka'ba, ils commencèrent à ne pas l’apprécier.
Un habile compromis de la tradition...
(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 190).
Quand il était à la Mecque, il faisait face à la Syrie pour sa prière et quand il priait, il priait entre le
coin du sud et la pierre noire, mettant ainsi la Ka’ba entre lui-même et la Syrie.
(Bukhari, Sahih 2 /30).
La prière est un acte de foi. De ces mots du Coran :
215
Ce n'est pas Allah qui vous fera perdre le fruit de votre foi... ,
c'est-à-dire les prières que vous avez faites auprès du Temple.
216
Voici ce que rapporte El Bara: aux premiers temps de son arrivée à Médine, le prophète logea chez
ses grands-parents217 ou, suivant d'autres, chez ceux des ansar qui lui étaient apparentés du côté
maternel. Durant seize ou dix-sept mois, il fit la prière en se dirigeant vers le temple de Jérusalem,
167
bien qu'il eut préféré se tourner du côté du temple. La première prière qu'il fit dans cette seconde
direction fut une prière de l'après-midi. Un des fidèles du groupe qui venait de prier avec lui passa,
en s’en allant, auprès d'un oratoire où d'autres fidèles étaient dans l'attitude, de la prière:
-Je jure par Allah, leur dit-il, que je viens de prier avec l’envoyé d'Allah et que nous étions tournés
vers la Mecque. Aussitôt ces gens, tout en conservant la même attitude, se tournèrent vers la Ka'ba.
Juifs et chrétiens avaient vu avec plaisir que le prophète se tournât, pour la prière, du côté du
temple de Jérusalem ; aussi, quand ils virent qu'il prenait maintenant comme direction la Ka'ba, ils
le lui reprochèrent.
El Bara a dit encore: certains fidèles étaient morts avant que la qibla
218
eût été changée. Ces
musulmans, qui avaient été tués en combattant, nous ne savions que penser de leur sort quand
Allah révéla ce verset:
Ce n'est pas Allah qui vous fera perdre le fruit de votre foi ...
219
(Bukhari, Sahih 7/29).
De la qibla des gens de Médine, de celle des gens de Syrie
220
et de l'Orient.
Ni l’Est, ni l'Ouest ne sont des qibla, car le prophète a dit :
-Ne vous tournez jamais du côté de la qibla pour aucun des deux besoins naturels, mais tournezvous du côté de l'Est ou de Ouest.
D’après Abu Ayyub al Ansari, le prophète a dit:
-Quand vous allez satisfaire un besoin naturel ne faites pas face à la qibla et ne lui tournez pas non
plus le dos, mais regardez à l'Est ou l'Ouest. Lorsque, ajoute Ayyub, nous allâmes en Syrie, nous y
trouvâmes des latrines construites faisant face à la qibla. Nous nous y mettions de travers
221
et
demandions pardon à Allah (pour ceux qui les avaient construites).
(Bukhari, Sahih 7/31).
On doit se tourner du côté de la qibla en quelque endroit qu'on soit.
D'après Abu Horayra, le prophète a dit :
-Fais face la qibla et fais le tekbir.
222
al Bara a dit: L’ envoyé d'Allah fit la prière en se tournant du côté de Jérusalem pendant seize ou
dix-sept mois. Il désirait vivement qu'on lui fit tourner le visage du côté de la Ka’ba, aussi Allah
révéla-t-il ce verset :
Nous voyous ton visage scruter le ciel ; eh! bien, tourne-toi du côté de la Ka’ba.
221
225
223
Cela devait être fort incommode.
Q 2/134.
168
Les imbéciles parmi les hommes, c'est-à-dire les Juifs, dirent:
-Pourquoi leur a-t-il fait abandonner la qibla qu'ils avaient?
Réponds:
A Allah appartient l'Orient ainsi que l'Occident ; il conduit qui il lui plaît vers une voie droite.
224
Un homme avait prié avec le prophète. Après avoir terminé sa prière, il sortit et passa près d'un
groupe d'ansar qui faisaient la prière de l'après-midi en tournant leur visage du côté de Jérusalem. Il
leur affirma qu'il avait fait la prière avec l’envoyé d'Allah et que celui-ci s'était tourné du côté de la
Ka’ba. Aussitot les ansar changèrent de direction et se tournèrent du côté de la Ka’ba.
(Bukhari, Sahih 1/8/28).
Du mérite qu'il y a à se trouver du côté de la qibla. -- Abu-Homayd rapporte, d'après le Prophète,
que le fidèle doit tourner les extrémités de ses deux pieds du côté de la qibla. D'après Anas ibn
Mâlik, l'Envoyé d’Allah a dit : "Quiconque fera la même prière que nous, se tournera du côté de
notre qibla et mangera des animaux égorgés à notre façon, sera le musulman qui a un engagement
vis-à-vis d’Allah et vis-à-vis de son Envoyé. Ne trahissez pas Allah dans les engagements pris avec
lui."
Anas ibn Mâlik rapporte que l'Envoyé d’Allah a dit :
-"J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : "Il n'y a pas d'autre divinité
qu’Allah."
S'ils disent cela, s'ils prient comme nous, s'ils se tournent du côté de notre qibla, s'ils égorgent leurs
animaux comme nous, la vie et les biens de ces hommes seront sacrés pour nous sauf en cas de droit
(c'est-à-dire s'ils commettent un crime.), et Allah règlera leurs comptes."
Homayd a dit : "Maymuna ibn Siyâh interrogea Anas ibn Mâlik en ces termes : "
-Ô Abu Hamza, qu'est-ce donc qui rend sacrés la vie et les biens d'un homme ?
-Quiconque, répondit Anas, professe qu'il n'y a pas d'autre divinité qu’Allah, qui se tourne du côté
de notre qibla et pratique notre prière, qui mange de la chair égorgée de notre façon est un
musulman. Il a les mêmes droits que les musulmans, il a les mêmes charges que les musulmans."
(Bukhari, Sahih 1/8/29).
D'après Abu-Ayyub-El-Ansâri, le Prophète a dit : "Quand vous allez satisfaire un besoin naturel ne
faites pas face à la qibla et ne lui tournez pas non plus le dos, mais regardez à l'Est ou à l'Ouest.
Lorsque, ajoute Ayyub, nous allâmes en Syrie, nous y trouvâmes des latrines construites faisant face
à la qibla. Nous nous y mettions de travers et demandions pardon à Allah."
(Bukhari, Sahih 1/8/32).
Abdallah ibn Omar a dit : "Pendant que les fidèles étaient en train de faire la prière du matin )
169
Qobâ, quelqu'un survint qui leur dit : "Cette nuit l'Envoyé d’Allah a reçu une révélation du Coran ;
il lui a été ordonné de prendre la Ka'ba pour qibla." Aussitôt les fidèles, dont les visages étaient
tournés du côté de la Syrie, prirent la Ka'ba pour qibla et s'orientèrent vers elle."
Abdallah a dit : "Le Prophète ayant fait à midi une prière de cinq rika', on lui demanda si la prière
avait été allongée. "Et comment cela, répliqua-t-il. --- C'est, lui répondit-on, que vous avez prié cinq
rika'." Alors, ployant ses jambes, le Prophète fit deux prosternations.
(Bukhari, Sahih 1/8/31).
On doit se tourner du côté de la qibla en quelque endroit qu'on soit. -- D'après Abu Hurayra, le
Prophète a dit : "Fais face à la qibla et fais le tekbîr."
El-Barâ a dit : "L'Envoyé d’Allah fit la prière en se tournant du côté de Jérusalem pendant seize ou
dix-sept mois. Il désirait vivement qu'on lui fit tourner le visage du côté de la Ka'ba, aussi Allah
révéla-t-il ce verset : "Nous voyons ton visage scruter le ciel ; eh ! bien, tourne-toi du côté de la Ka'ba.225 Les
imbéciles parmi les hommes, c'est-à-dire les Juifs, dirent : "Pourquoi leur a-t-il fait abandonner la qibla qu'ils
avaient ?" Réponds : A Allah appartient l'Orient ainsi que l'Occident ; il conduit qui il lui plaît vers une voie
droite".226
Un homme avait prié avec le Prophète. Après avoir terminé sa prière, il sortit et passa près d'un
groupe d'ansâr qui faisaient la prière de l'après-midi en tournant leur visage du côté de Jérusalem. Il
leur affirma qu'il avait fait la prière avec l'Envoyé d’Allah et que celui-ci s'était tourné du côté de la
Ka'ba. Aussitôt les ansâr changèrent de direction et se tournèrent du côté de la Ka'ba.
Jâbir a dit : "Quand le Prophète faisait une prière (surérogatoire) sur le dos de sa monture, il prenait
la direction suivie par sa monture. Quand il voulait faire une des prières canoniques, il mettait pied
à terre et se tournait du côté de la qibla.
Abdallah ibn Masud a dit : "Le Prophète fit sa prière ; (je ne sais au juste, dit Ibrahîm, s'il l'avait
allongée ou écourtée.) Quand il eut fait la salutation finale on lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, est-il survenu quelque chose au cours de cette prière ?
-Pourquoi cela ? demanda-t-il.
-Parce que, répliqua-t-on, vous avez prié de telle et telle façon." Ployant alors ses jambes, le
Prophète se tourna du côté de la qibla, fit deux prosternations et la salutation finale. Quand il se
retourna vers nous il dit : "S'il était survenu quelque chose, au cours de la prière, je vous en aurais
informé. Mais je suis un homme comme vous, j'oublie comme vous oubliez vous-mêmes. Quand
j'oublierai de faire quelque chose, faites m'en souvenir. Si l'un de vous a des doutes au sujet de sa
prière, qu'il cherche à se rapprocher le plus tôt possible de la forme exacte, qu'il achève ainsi sa
prière, qu'il prononce ensuite la salutation finale, puis qu'il fasse deux prosternations."
(Bukhari, Sahih 1/8/40).
226
Q2/136.
170
De l'exhortation de l'imam au fidèle à propos de l'achèvement de la prière et de la mention qu'il fait
de la qibla.
D'après Abu Hurayra, l'Envoyé d’Allah a dit :
-"Croyez-vous donc que ma qibla est ici ? Par Allah! rien ne m'est caché de votre recueillement ni de
vos prosternations, car certes je vous vois par derrière mon dos."
Anas ibn Mâlik a dit : Un jour le Prophète présida notre prière. Ensuite il monta en chaire et dit :
- "Certes, durant la prière et les inclinaisons, je vous vois par derrière moi comme si je vous
regardais en face !"
Les apories de la Qibla
Une aporie est une impasse de la logique, un difficulté insurmontable dans le raisonnement. En grec: aporos, pas de passage. Mais en langue commun, une aporie, cela s’appelle connerie, tout simplement. Dans ce
court exposé, vous aurez l’exemple de trois apories amusantes.
Une qibla, c’est ce que tout le monde voit, la direction de la prière vers un point central, un axus mundi, le
temple de la Kaba, à la Mecque (dans la partie basse, dans le Hejaz, en Arabie Saoudite). Celles et ceux qui
veulent jouer à Google Earth peuvent facilement repérer son voile noir. La prière est une obligation
quotidienne, et elle doit s’effectuer dans une seule direction possible, matérialisée par une niche, le mihrab,
et sinon, par d’autres moyens. Ayez donc une boussole sur vous.
L'islamisme est affaire de gens intelligents, l'affaire est entendue depuis plus de 1300 ans: et nombreux sont
les barbes longues qui ont pensé à tout, et qui en matière d’intelligence, depuis 1300 ans, n’ont plus rien à
prouver, et d’ailleurs ne prouvent plus rien du tout. Des procédures astronomiques et géométriques
complexes ont permis, depuis 13 siècles, de retrouver la qibla, où que l’on soit. Une bibliographie américaine
donne le spectacle de ces efforts inouïs.227
Néanmoins, la qibla a été inventée dans un monde islamique qui croyait, et qui croit toujours qu'il est plat,
que la Terre est plate, et à cette condition, certes, depuis les extrémités de la Terre, la Mecque est un centre
universel. Un court passage coranique (13/41) évoque les extrémités de la Terre. Bien entendu, toute une
faune de pseudo-scientifiques s’est lancé dans un jihad qui s’est assigné pour tâche de démontrer que le
Coran a toujours raison et qu’il est rempli de miracles scientifiques. Nous laissons ces considérations
comiques aux sbires du fameux Harun Yahya, et nous recommandons néanmoins son site anti-darwiniste,
afin que le public puisse juger sur pièce.228
Mais comme il s'est avéré que la Terre était atteinte de rotondité, et que ce mal était pérenne, alors la qibla
n'est plus la direction unique et inévitable vers le centre, mais plutôt, la plus courte distance possible entre le
fidèle et le centre. Car il n’existe pas de centre à la surface d’un globe.
Or personne n'a donc pensé à la question des antipodes de la Mecque, ce qui à vue de nez correspond à un
point placé en Polynésie. Si d'aventure une mosquée veut s'implanter là, c'est avec curiosité que l'on attend
de voir où exactement elle décidera de placer son mirhab. La qibla, donc, aux antipodes de l'islamisme. Posez
la question à l’imam qui va s’établir au centre des atolls de la commune de Tureia, à 19 845 kilomètres de là.
Deux autres problèmes amusants: la qibla de la Mecque est devenue obligatoire, on l'a vu.
Mais auparavant, les fidèles (dont on ne sait pas vraiment qui ils sont) devaient se tourner vers Jérusalem, à la
mode juive. Pour des raisons politiques, Muhammad, vexé par les juifs de Médine, décide de se retourner vers
la Mecque: virage à 180 degrés, volte-face devant Allah, qui n’est pas au nord, qui est maintenant au sud.
Celle de Jérusalem est donc prohibée, et les juifs deviennent des réprouvés.
Pour qui se trouve à Médine, le choix est clair. Mais il faut absolument empêcher qu'une prière soit possible
en même temps vers Jérusalem et vers la Mecque. Il faut absolument l'interdire, car, surtout quand
l'opération est effectuée depuis le nord, Jérusalem se trouve en première position devant la Mecque, en
intolérable position de supériorité...229
C'est tout à fait possible, en réalité, qu'un fidèle se prosterne selon une ligne droite passant par les deux pôles
à la fois. Prenez une carte, et une règle et tentez de voir, sur une ligne droite, toute la zone où aucune
mosquée ne pourra s’établir: car si un musulman dévôt se prosterne là, qui dit qu’en fait, l’hypocrite, il ne se
227
http://www.phys.uu.nl/~vgent/islam/bibl_qibla.htm
http://www.harunyahya.fr/index.php
229
M.J. Kister, "You shall only set out for three mosques. A study of an early tradition", Le Muséon
82/1969, p. 194.
228
171
dirige pas d’abord vers Jérusalem? Ainsi, par exemple, Istanbul, qui ne manque pas de mosquées, est
justement dans la ligne maudite.
Pour finir par un sourire, faisons allusion à une énigme amusante: il est connu que la prière doive se faire en
direction de la Kaba. Mais puisque ce bâtiment est creux230 , dans quelle direction prier une fois que l'on se
trouve à l'intérieur de la Kaba? On tourne en rond, ou on se dirige vers la terre, ou vers le ciel, on tire au sort
pour savoir vers quel mur?
Cela a beaucoup angoissé une petite foule d’érudits dévôts, terrorisés par cette autre aporie. Alors des
paquets de récits saints, des hadiths, formant la Sunna, la Tradition, ont tenté de répondre, en imaginant ce
qu’a pu faire le “bel exemple”, Muhammad, quand il a conquis la Mecque en 630. Selon Bukhari, auteur du
recueil le plus considéré, il est entré, avec deux compagnons, par la porte, et il a prié en direction du mur du
fond, en partant de la porte. Pourquoi donc? Parce que le prophète a fait comme ça, et parce qu’il ne faut pas
poser trop de question.
Nous voici rassurés, et nous pourrons dormir tranquilles, jusqu’à notre prochaine chronique.
Asma.
15
Zebida, le prurit prophétique
230
Oui, c’est une maison toute simple, pas un bloc, comme on pourrait le croire. Nous en
reparlerons, en temps voulu.
172
Mais chez les plus zélés, le geste devient une mortification, et Muhammad en donne
l’exemple ; le corps doit souffrir et porte le signe de la souffrance, comme la “marque du
prophète” qui distingue les pieux. La manoeuvre consiste à se frotter le front avec le tapis,
bien rêche si possible (le mieux, pour aller vite, est de choisir de la paille), un court moment,
imperceptible, pour que la peau commence à se nécroser gentillement. Comme le musulman
pieux comme ses pieds se frotte environ 30-35 fois par jour, la corne commence à lui pousser
assez vite. La dermatologie n’est pas une science islamique (mais quelle science peut être
islamique).
Le signe est important, pour juger de l’islamisation d’un territoire. Qu’elle afflige de vieux
gâteux qui ne comptent plus séduire les filles n’est pas inquiétant. Mais il faut suivre la
vilaine tache sur les fronts des jeunes hommes, qui ne présage de rien de bon pour l’avenir.
Par chance, il n’y a guère de signe plus visible, ce qui est une malédiction pour l’islamisme
quand il veut avancer dans le discrétion… Les services de renseignement ne pouvaient rêver
de mieux.
La plus jolie marque est actuellement sur le front d’Al Zawahiri, le numéro 2 d’Al Qaïda.
Mais Mahmud Ahmaninejad postule aussi dans le concours des élégances. On ne dira
jamais assez que le point fondamental entre tous ces braves gens est la laideur physique.
Toutes ces petites difformités physiques ne seront pas là pour améliorer l’apparence des
augustes personnages qui se prétendent à la tête de l’islamisme. Le point commun entre
tous, et entre autres, est leur allure déplorable, qui leur a fait assurément embrassé cette
carrière.
A l’origine de nombre de carrières religieuses et sectaire se terre le plus souvent une
frustration qui se traîne, et un dégoût de soi qu’il faut surmonter. La fonction religieuse, ou
prophétique, permet d’asseoir son pouvoir et chacun sait que le pouvoir rend beau.
Comment de ces personnages auraient pu rester dans la modestie et l’anonymat, s’ils
avaient eu une vie sexuelle et sentimentale satisfaisante.
On l’appelle du joli nom de zebida, c’est-à-dire grain de raisin sec. On raconte aussi, pour
s’encourager, qu’au moment du Jugement dernier, le prurit se transformera en source de
lumière, et distinguera les pieux. En attendant, c’est une excellente façon de repérer ceux
qui n’ont pas un grain de raison dans la tête, et qui souvent, ont aussi la barbe qui leur
pousse à l’intérieur du crâne.
Mortification par la prière: la “marque du prophète”.
Cette marque inesthétique est une calosité qui se forme peu à peu au niveau front des fidèles
par le frottement avec le tapis et par le choc avec le sol. C’est encore de nos jours un signe
ostentatoire de dévotion. La phrase est devenue importante parce qu’elle contient le nom de
Muhammad, très rare dans le texte coranique. Il est alors une figure qui permet une
identification personnelle, qui permet au lecteur de se raccrocher à quelque chose. Cela
n’empêche que l’on ne sait rien sur le personnage.
(Corpus coranique d'Othman 48/29).
Muhammad est l’envoyé d’Allah.
Ceux qui sont avec lui sont violents à l’égard des infidèles et compatissants entre eux.
Tu les voix dans la prière, inclinés, prosternés, recherchant une faveur d’Allah et sa satisfaction.
Leur marque est sur leur visage, à la suite de leur prosternation.
173
16 Les pieds dans le tapis
Le tapis (SAJADA, MUSALLAH) , enfin, est l'objet que l'imaginaire collectif associe à
l'instant à la prière islamique. A notre connaissance, aucun texte de la doctrine ne l'évoque:
il n'y aurait pas une seule règle le concernant, ce qui constitue une exception dans l'univers
normatif que les musulmans se sont construit. L'emploi du tapis peut s'expliquer de trois
manières: l'islamisme s'est imposé dans des territoire où déjà des industries du tapis étaient
actives. Du point de vue du pieux orant, le tapis protège de deux points de vue: de
l'impureté de la rue, comme barrière horizontale, et du monde extérieur, par des frontières
verticales. A ce titre, le tapis devient un petit sanctuaire personnel et portatif, le haram du
pauvre. Pour les plus raffinés, le dessin du tapis, qui doit éviter, bien sûr toute
représentation figurée, doit contenir une petite niche en tête, indiquant bien sûr la direction
de la Mecque, à visualiser… On aime bien aussi tenter d’y représenter, avec précaution,
sans trop préciser, des semblances de lampes, de liminaires, en allusion sans doute au très
populaire Verset de la Lumière. Très rarement, pour que l’obsession perdure, d’aucuns
osent représenter, sans trop préciser, les mosquées essentielles, de la Mecque (la Kaba),
Médine, et forcément Jérusalem. Il paraîtrait aussi que quelques motifs seraient là pour
aider l’orant peu compétent à savoir où poser ses genoux, ses mains, son front, pour que les
mouvements soient parfaits. Il n’est pas simple de décorer un tapis d’une façon islamique.
En réalité, ce sont de vieilles traditions locales qui déterminent comment celui–ci sera
décoré. Après, c’est affaire de marketing, pour augmenter le prix, sans aller contre la
doctrine de la non-représentation. Admettons que ce qui est mis dessus, pour des fidèles pas
motivés, affamés, abrutis de soif, de chaleur et d’ennui, et de mouvements répétitifs, doit
provoquer une sorte de vertige géométrique, comme dans les mosaïques, et doit accroître la
sensation de perte de conscience.
Dans toute la doctrine, il n’existe pas une seule allusion à un quelconque tapis de prière. Au
contraire même, des moments où il est bien précisé que Muhammad prie sans intermédiaire
entre lui et le sol.
Pourtant celui-ci a obtenu par la suite un statut quasi central dans la pratique, eu égard
aux efforts d’une industrie prospère autant que réactionnaire, celle de la production de
tapis. La religion est une affaire d’argent, de commerce, nous l’avions déjà dit. La
fabrication de ce produit est une question désagréable: il n’y a guère d’activité plus usante,
174
longue, pénible, et toujours ennemie de la modernité. Ceux qui les font sont des jeunes, et
des femmes, soit les catégories les plus humiliés dans l’univers islamique. Les jeunes y
perdent leur santé, succombant à la poussière, et leurs yeux, usés prématurément. Tout cela
pour la gloire d’Allah, et le confort de ventripotants et pieux personnages.
Le tapis sert avant tout à délimiter un sanctuaire: la religion vient, nous l’avions aussi dit,
de la délimitation du sol. Ici, elle est extrême, puisqu’elle correspond à l’emplacement d’un
individu: elle l’isole de la terre, et ainsi, assure une fonction cathartique, de préservation de
la souillure. Elle délimite l’espace, et partout où il se trouve, le pieux se constituera son petit
sanctuaire à lui, et qui sera plus agréable à ses genous: sinon, ils finiraient par s’endolorir
et se démolir.
Dans les grandes prières collectives de provocation sociale, comme il s’en trouve en
Occident de nos jours, le tapis a une fonction d’occupation du sol, temporaire, mais
spectaculaire.
Sinon, que dire de plus, sinon, qu’ils sont laids, la plupart du temps, laids car peu
imaginatifs, surtout remarquables par leur fade raffinement: leur décoration ne doit pas
perturber l’imagination bancale de ceux qu’ils supportent. Et ils sont sales, imprégnés qu’ils
sont de la sueur des pieds et des jus de chaussette. Dans un espace confiné, comme celui des
mosquées, le sol couvert de tapis exhale une odeur caractéristique, qui parfois, dépasse les
murs du bâtiment: odeur peu définissable, mais qui se rapproche le plus de celle du vomis: le
moisi se mêle aux sécrétions corporelles déjà bien consommées par un grand nombre de
bactéries, islamisées elles aussi, peut-être.
(Hanbal, M u s n a d 23170).
Aïsha a dit aussi :
-Je n’ai jamais vu le prophète mettre quelque chose en lui et la terre (dans la prière).
17
175
Sermons et merveilles
La prière du vendredi est assortie, ô merveille, d’un sermon, d’un prône, ou d’une harange
(KHUTBA), prononcé devant les fidèles, avant d’être bien abattus par toute la cérémonie.
Il a lieu avant, ou après la prière parfois (dans le cas des grandes fêtes), prononcé par le
Khatib, donc, le sermoneur. Il suit l’exemple qui a été inventé de Muhammad en personne,
et surtout du sermon prononcé, à ce qu’on raconte au moment du pèlerinage de l’Adieu.
Les califes ont aussi succombé à l’envie de causer à ce moment, et à se faire imam. Après
eux, tous ceux à qui ils donnent une délégation de pouvoir, des gouverneurs, puis, comme le
sermon se répand hors des mosquées principales, des spécialistes, jamais théologiens, mais
plutôt des juristes, au mieux. L’affaire est d’importance, pour les tenants du pouvoir, car il
était de coutume, dans le discours, de prononcer une invocation en faveurde l’Umma des
croyants et de son chef: alors, celui qui la prononçait faisait en même temps acte de
soumission politique, et ceux étaient en face devaient aussi s’y conformer. Alors, le sermon,
et celui qui le prononçait, devenaient des moments et des responsables essentiels, qui
pouvaient asseoir un pouvoir, ou le contester. Pour déclamer, il faut être choisi avant, si
possible, dans le meilleur des cas, être l’imam avant, puis, muni d’autorisations, ou d’une
audace imperturbable, ou de copains aux gros biceps, aux sabres luisants, et vous grimpez
sur les premières marches du MINBAR, sorte de chaire. Autrefois, il fallait aussi se munir
d’un instrument qui en imposait: sceptre, bâton, masse d’arme, ou les trois à la fois.
Ainsi, la fonction d’IMAM, de guide, ne se limite plus à la direction de la prière, ce serait
trop beau. La confusion du politique, du social, du religieux, se retrouve encore ici. La
teneur des sermons est la plupart du temps très politique, et depuis toujours. Politique au
sens large: la direction du groupe, et qui a des conséquences sur le plan de la morale, par
exemple. Au mieux, des conseils un peu niais, moralistes, simplistes: accumulation
désordonnée d’ordres, de conseils, de malédictions, de menaces. Au pire, des appels à la
violence, ou à la compromission avec le pouvoir, le plus tyrannique soit-il, et quand le vent
tourne, à la rébellion. Dans les sermons, soit on appelera à la révolte, soit on louera sur
commande le génie du chef au pouvoir. La violence est quoi qu’il en soit prisée, elle revivifie
le public souvent désemparé. Le sermon ne s’adresse pas d’abord à l’indifvidu, et ne pousse
pas à l’introspection et aux nuances. Sa cible est le groupe, sans tête, anonyme, et la parole
répandue doit le motiver, lui remonter le moral, l’inciter à la patience, l’encourager, lui
interdire les dissensions, lui désigner des ennemis intérieurs et extérieurs (dans les faits,
l’essentiel du contenu). Cela n’a rien à voir avec une homélie chrétienne.
Il ne s’y trouvera jamais de théologie: le moment n’est pas adapté, ni l’audience, trop limitée
pour saisir la haute voltige, et la suprême subtilité. Le niveau des imams est aussi réduit, et
ils sont souvent incapables de développer un discours cohérent et significatif. Comme ils
s’appuient sur des textes incontestables, l’humanisme en sera absent, en dépit des efforts
sincères de quelques-uns. Si vous voulez avancer dans cette carrière, le mieux est de
176
prononcer le plus souvent le mot Allah, et Muhammad, et un peu partout, les mots
Jérusalem, Palestine, sionistes, juifs.
Les textes du début mentionnent quelques cas de sermons de Muhammad, mais assez peu.
Le personnage d’ordinaire s’exprime par révélations, ou aphorismes.
Il est intéressant de comparer les thèmes et le style des textes coraniques avec celui de ces
sermons , marqués par une grande simplicité, voire une forme de banalité: c’est la
présentation du Coran pour le public immédiat des gens de Médine, fabriqué a posteriori:
c’est une suite d’axiomes sans véritable rhétorique constituée. Ils existent en catégories bien
fixées: WAZZ (moralisateur), TADHKIR (remémorateur et avertisseur), WUAZZ
(exhortateurs), MUDHAAKKIRUN (avertisseurs).
Les auteurs, biographes essentiellement, de ces pseudo-sermons sont piégés quoi qu’il
advienne: on les admirera s’ils s’approchent du style coranique, archétype de l’inspiration,
et on les accusera en même temps de plagiat ou de parodie. Bref, l’exercice est périlleux et
donne l’impression d’une audition en stéréo, fort désagréable, d’une bouillie pataude.
Dans le premier sermon de Médine, plutôt que le contenu du discours, c’est la construction
de la chaire (MINBAR) qui a retenu l’attention. La piété est une affaire de menuisier, et les
rédacteurs des textes évitent l’exercice délicat et même sacrilège de la reproduction du
discours prophétique. Il est alors évident que l’objet lui-même est d’origine syrienne, soit
chrétienne.
Pour le séjour à Médine, quelques textes ont été retrouvés, mais il ne risque pas d’y en avoir
un seul d’authentique. Pour couronner la carrière prophétique de Muhammad, on a à la fin
décider de faire un grand fourre-tout, au moment du pèlerinage de l’Adieu, dans lequel,
dans un texte qu’il est possible de reconstituer, le personnage est représenté en disant un
genre de résultat de toute l’Histoire.
Pour contrer le caractère officiel et la compromission des sermonnaires avec le povoir, quel
qu’il fut ou soit, des prédicateurs sauvages se sont dresssés, aux paroles moins contrôlées,
aux préoccupations plus morales. Ils étaient souvent issus du soufisme, et connaissaient un
bon succès. Mais hélas, il serait trop beau de penser qu’ils allaient pousser les foules à plus
de douceur et de réflexion. Ce fut tout le contraire, et leurs discours poussèrent toujours les
foules vers plus de piétisume, de fanatisme et d’irrationalité.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois VII 1256).
231
Parmi ces événements de la première année de l’Hégire, il y a la pratique de la prière du vendredi
pour ses compagnons, le jour où il quitta Qoba pour Médine. Ce fut un vendredi, et le temps de la
prière - la prière du vendredi- l’accapara dans le territoire des Banu Salim dans le lit d’un wadi
qui leur appartenait, et où il y a une mosquée de nos jours. Ce fut la première prière du vendredi
que l’ envoyé d'Allah a dirigé dans l’ islam. Ce vendredi, il fit un sermon, le premier sermon
prononcé à Médine.
231
Ed. State of New York University.
177
La première chaîre.
(Bukhari, Sahih 34/32, 2).
D'après Jabir ibn Abdallah, une femme des ansar dit à l’envoyé d'Allah: Ne veux-tu pas que je te
fasse quelque chose qui te servirait de siège? J'ai un esclave qui est menuisier.
- Si tu veux, répondit le prophète.
La femme fit alors exécuter une chaire, et lorsque l'on fut au jour du vendredi, le prophète s'installa
sur la chaire qui lui avait été fabriquée. Le tronc de palmier auprès duquel le prophète faisait le
prône gémit et faillit se briser. Le prophète descendit alors de l'estrade, alla prendre le tronc dans
ses bras et le serra contre lui. Le tronc se mit à faire entendre les soupirs d'un enfant que l'on veut
faire taire, puis il s'arrêta.
-Ce tronc, dit le prophète, pleurait à cause des prières qu'il entendait.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 294-5).
L’apôtre d'Allah faisait ses sermons le vendredi, debout devant la mosquée, sur un tronc d’arbre. Il
dit:
-Vraiment, me tenir ainsi debout est difficile.
Alors Tamim al Dari dit:
-Ne devrai-je pas construire une chaire pour toi, comme celles que j’ai vu construire en Syrie ?
L’apôtre d'Allah consulta les musulmans à ce sujet. Ils pensèrent qu’il fallait le faire.
Al Abbas dit:
-Il y a un de mes esclaves qui s’appelle Kilab ; il est très doué.
L’apôtre d'Allah dit:
-Ordonne lui d’en construire une.
Celui-ci partit dans une forêt couper un bloc de tamarinier. Il le découpa, en fit une chaire, avec
deux marches et un siège. Il l’apporta et le mit là où il est aujourd’hui. Ensuite, l’apôtre d'Allah dit:
-Ma chaire est en face d’une des portes du paradis, et les pieds de la chaire sont les marches vers le
paradis.
Le tout premier sermon.
ibn Ishaq et ibn Hisham ont des scrupules à retranscrire une parole concernant la doctrine,
200 ans plus tard, d’où la formule de prudence, de crainte d’omettre un bout de parole.
La communauté des musulmans est pauvre à ce moment ; Muhammad tire ce thème de la
sourate 93, qui le concernait lui-même.
Suite très décousue: au mieux c’est un résumé, une prise de notes, mais sûrement pas un
discours, puisqu’on n’y retrouve aucune technique rhétorique, de celles par exemple qui sont
si nombreuses et efficaces dans le Coran.
Il est fait allusion aux procédés d’apparition divine et de révélation ; épiphanie divine
directe, sans Gabriel: c’est encore tout à fait anormal et rappelle les ermites chrétiens. La
178
phraséologie est clairement chrétienne. Pour inventer ces textes, gageons que les auteurs
sont allés écouter des prêches le dimanche.
(ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 340).
Le premier sermon que l’envoyé a donné d’après ce que j’ai su d’après Abu Salama ibn Abdul
Rahman -Allah puisse m’empêcher d’attribuer à l’envoyé des mots qu’il n’a pas prononcé - et après
avoir loué et glorifié Allah comme il se doit, il dit:
-Ô hommes,
Accomplissez de bonnes actions pour vous-mêmes.
Vous savez, par Allah, que l’un d’entre vous peut être frappé et devra quitter son troupeau sans
berger.
Alors le seigneur lui dira - il n’y aura aucun interprête ou intermédiaire pour le protéger d’un voile et il lui dira:
-Ton messager n’est il pas venu avec un message, ne vous a t-il pas apporté la richesse et montré de
la faveur? Qu’avez vous fait pour vous même?
Ensuite, il regardera à droite et à gauche et ne verra rien.
Il regardera en face de lui et ne verra rien que l’enfer.
Celui qui pourra protéger son visage de la fournaise avec une petit bout de datte, laissez le faire ainsi
; et celui qui ne peut trouver celui, qu’il trouve une bonne parole ; car le bien sera récompensé de
dix fois à deux fois sept cent fois.
La paix soit sur vous et la miséricorde et la bénédiction d’Allah.
Le deuxième sermon.
Le mot “Livre” est encore prématuré: si la rédaction des révélations est entamée, le Coran
n’est qu’un ensemble de textes. Ceci est un extrait de la tradition, un hadith assez célèbre.
Les sermons puisent sans doute dans l’énorme fond de la sunna quelques thèmes à
développer.
La teneur plutôt que la lettre.
(ibn Hisham, Conduite de l'Envoyé d'Allah 340-341).
Ensuite, l’envoyé fit un prêche à une autre occasion, qui consista en ceci:
-La louange appartient à Allah que je loue et dont j’implore l’aide. Nous trouvons refuge en Allah
contre nos péchés et ce qui est mal dans nos actions. Celui qu’Allah guide rien ne le réduira en
cendres ; et celui qu’il réduit en cendres, personne ne le guide. J’atteste qu’il n’y a que Allah et lui
seul et qu’il est sans associé. Le plus beau discours est le livre d’Allah.
A celui pour qui Allah l’a fait, il est apparu glorieux et l’a fait rentrer dans l’islam après l’incroyance,
et celui qui l’a choisi au dessus de toute autre parole humaine, devra prospérer. C’est le plus beau
discours et le plus pénétrant.
179
Aimez ce qu’aime Allah.
Aimez Allah de tout votre coeur et n’ayez crainte du mot d’Allah et de sa mention. N’endurcissez pas
votre coeur contre cela.
Parmi tout ce qu’Allah a créé, il choisit et sélectionne ; les actions qu’il choisit il les appelle khîra ;
le peuple qu’il choisit il l’appelle mustafa ; et le discours qu’il choisit il l’appelle salih.232 Parmi tout
ce qu’il a apporté à l’homme, il y a des choses licites et des choses illicites.
Vénérez Allah et ne lui associez rien ; craignez-le comme il doit être craint. Propagez loyalement
autour d’Allah ce que vous dîtes avec vos bouches.
Aimez-vous dans l’esprit d’Allah.
Vraiment Allah est en colère quand l’accord avec lui est brisé.
La paix soit sur vous.
Thèmes de sermons.
Développement de thèmes coraniques, avec citations. Effet comique: il parle de chameaux,
d’obèse, de femmes et de pets.
(Bukhari, Sahih 65/91,1).
Abdallah rapporte qu’il a entendu le prophète faire un sermon dans lequel il parla de la chamelle et
de celui qui la tua.
L’envoyé d'Allah, ayant cité ces mots “Souviens toi que les plus factieux accourent”, dit:
-L’homme qui accourut était gros, turbulent, redouté des siens, tel que Abu Zemaa.
Ensuite il parla des femmes en ces termes:
-Souvent l’un de vous a l’intention de fouetter comme une esclave sa femme, puis il couche avec elle
à la fin de ce même jour.
Il continua en parlant de ceux qui rient en entendant lacher un pet.
-Pourquoi, dit-il, rire ainsi de ce que l’un de vous a fait?
Pression.
(An Nawawi, Hadith 170).
Jabir a dit : Quand le messager d’Allah
faisait un discours, ses yeux devenaient rouges, sa voix
s’élevait et sa colère devenait grande comme quelqu’un qui nous annoncerait l’arrivée imminente de
l’ennemi, disant:
-L’armée ennemie va vous attaquer ce matin ou ce soir .
Il disait :
-J’ai été envoyé en même temps que l’Heure à l’image de ces deux doigts.
Il poursuivit en disant :
180
-Or donc ! Le meilleur discours est le Livre d’Allah, la meilleure direction est celle de Mohammad et
les pires choses sont les créations nouvelles. Toute innovation est source d’égarement .
Puis il disait :
-Je suis plus digne de l’amour et de l’obéissance des croyants que leurs propres personnes. Celui
qui laisse des dettes ou des personnes à charge, c’est moi qui assume les unes et pourvois aux
besoins des autres.
Révélation pendant le sermon.
Le contenu est celui-ci: concurrence entre deux paroles. Réflexion de nature manichéenne
sur le bien et le mal. Observation de la foule sur les silences mohammédiens.
C’est intégralement un oracle à ce moment à la parole sibylline.La technique est bien
connue: la parole doit garder une certaine obscurité, un hermétisme, pour confiner
l’auditoire dans le doute et l’angoisse.
(Bukhari, Sahih 56/37,2).
D'après Abu Sayd el Khodri, l'envoyé d'Allah se leva en chaire et dit:
-Je ne crains pour vous, quand je ne serai plus là, que ce qui vous sera offert des bénédictions de la
terre.
Et il se mit à décrire les splendeurs du monde, après avoir parlé des bénédictions de la terre. Alors
un homme se leva et lui dit:
-envoyé d'Allah, est-ce donc que le bien peut amener le mal?
Le prophète se tut, et nous nous dîmes:
-Voici la révélation qui lui vient!
Et les gens gardèrent un profond silence, comme s'il y avait eu des oiseaux au-dessus de leurs têtes.
Puis le prophète essuya de son visage une sueur abondante et dit :
-Où est celui qui m'a tout à l'heure interrogé ? Est-ce que les splendeurs du monde méritent
vraiment le nom de bien ?
Et il répéta cela par trois fois :
-Le bien, continua-t-il, ne saurait amener que le bien. Toutes les plantes que fait pousser la pluie
printanière peuvent tuer par météorisation
233
, ou mettre en danger de mort ; mais la bête qui a le
ventre gonflé à force d'en avoir mangé, s'étant mise au soleil, fiente, urine (BAWL) , se remet à paître.
Le bien est chose verte et douce. Il sied comme compagnon au musulman qui le prend avec les
obligations qu'il engendre, et l'emploie dans la voie d’Allah, et pour secourir les orphelins, les
pauvres. Mais celui qui ne le prend pas avec les obligations qu'il engendre ressemble à celui qui
mange et ne se rassasie pas ; son bien viendra témoigner contre lui au jour de la résurrection.
233
Maladie intestinale.
181
(An Nawawi, Hadith 1831).
Jàber rapporte: II y avait un tronc de palmier auquel s’appuyait le prophète pour
faire
son
sermon. Quand on dota la mosquée d’une chaire, nous entendîmes sortir du palmier comme la
plainte de la chamelle à son dixième mois de grossesse, jusqu’à ce que le prophète descendît de la
chaire et plaçât sa main sur le tronc qui cessa aussitôt de gémir.
(ibn Sa’d , Tabaqat I 442).
Quand l’apôtre d'Allah faisait un sermon au peuple , ses yeux devenaient rouges , sa voix s’élevait ,
et sa colère devait intense comme s’il avertissait de l’attaque d’une armée le matin ou le soir ; il
disait:
-Moi et le jugement dernier , nous avons été levés ainsi!
Et il levait deux doigts au ciel. Il disait aussi:
-La meilleure voie est la voie de Muhammad et la pire , ce sont les innovations. Chaque innovation
hérétique est une mauvaise voie. Si quelqu’un meurt en laissant des biens meubles , ils sont pour sa
famille et s’il laisse des dettes ou des biens gagés , ce sera sous ma garantie.
Confirmations.
(An Nawawi, Hadith 217).
Selon Abu Qatada234 al Harith ibn Ribi , le messager d’Allah se leva parmi eux pour leur faire un
discours. Il leur dit que le combat au service d’Allah et la foi en Allah étaient les meilleures actions
de Bien. Quelqu’un se leva et dit :
-Messager d’Allah ! Penses-tu que si je suis tué au service d’Allah cela m’absoudra de mes péchés ?
Le messager d’Allah lui dit :
-Oui, si vraiment tu es tué au service de Allah, te montrant patient au combat dans le seul espoir de
la récompense d’ Allah, faisant face à l’ennemi et ne lui tournant jamais le dos.
Puis le messager d’Allah dit :
-Comment as-tu dit ?
Il dit :
-Penses-tu que si je suis tué au service de Allah cela m’absoudra de mes péchés ?
Le messager d’Allah dit :
-Oui, si tu es tué alors que tu es patient au combat dans l’espoir de la récompense de Allah, faisant
face à l’ennemi et ne lui tournant pas le dos, cela t’absoudra de tous tes péchés sauf des dettes non
remboursées. Gabriel me l’a dit .
(Bukhari, Sahih 59/14,1).
234
Le ‘surnom’ d’un activiste célèbre en Grande-Bretagne, aussi dangereux que stupide : un des
nombreux exemples de vile consanguinité qui afflige cette communauté.
182
D’après ibn Omar: qu’il entendit le prophète prêchant en chaire dire aux fidèles:
-Tuez les serpents ; tuez celui qui a deux raies et celui qui n’a pas de queue ; car ces deux-là font
perdre la vue et avorter la femme enceinte.
(An Nawawi, Hadith 401).
Anas a dit: Le messager d’Allah
nous a tenu un sermon auquel je n’avais jamais rien entendu
de semblable. Il dit:
-Si vous saviez ce que je sais, vous ririez certainement peu et vous pleureriez certainement
beaucoup.
Les compagnons du messager d’Allah
se couvrirent le visage et se mirent à pleurer en faisant
entendre un nasillement.
(Muslim , Sahih 44/4390).
..., le prophète faisant un prône, s'exprima ainsi : "Allah, ayant donné à un de Ses serviteurs le
choix entre les biens de ce monde et ceux qui sont par-devers Lui, cet homme a choisi ce dernier
lot". Abu Bakr se mit alors à pleurer et dit : "Que nous sacrifions pour toi nos pères et nos mères!".
Or, l'envoyé d'Allah était ce Serviteur à qui Allah a donné ce choix et Abu Bakr était la personne la
plus informée à son sujet.
- "L'homme, dit le prophète, qui a été le plus généreux vis-à-vis de moi avec son affection et sa
fortune, c'est Abu Bakr. Si j'avais dû choisir quelqu'un parmi ma Communauté comme ami fidèle,
certes j'aurais choisi Abu Bakr, mais la fraternité islamique et l'affection réciproque des fidèles (sont
préférables à l'amitié). Qu'on ne conserve aucune porte particulière (poterne d'accès aux
appartements) dans la mosquée sans la boucher, sauf celle de Abu Bakr".
(An Nawawi, Hadith 170).
Jâbir a dit : "Quand le messager d'Allah faisait un discours, ses yeux devenaient rouges, sa voix
s'élevait et sa colère devenait grande comme quelqu'un qui nous annoncerait l'arrivée imminente de
l'ennemi, disant :
-"L'armée ennemi va vous attaquer ce matin ou ce soir".
Il disait :
-"J'ai été envoyé en même temps que l'Heure à l'image de ces deux doigts (et il réunissait l'index et
le majeur)".
Il poursuivit en disant :
-"Or donc! Le meilleur discours est le livre d'Allah, la meilleure direction est celle de Muhammadet
les pires choses sont les créations nouvelles. Toute innovation est source d'égarement".
Puis il disait :
183
-"Je suis plus digne de l'amour et de l'obéissance des croyants que leurs propres personnes. Celui
qui laisse des dettes ou des personnes à charge, c'est moi qui assume les unes et pourvois aux
besoins des autres".
La pluie et le beau temps à Médine.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 202-3).
Je me tenais près de la chaire, un vendredi, alors que l’apôtre d'Allah faisait un sermon. Pendant ce
temps, le public de la mosquée disait:
-Ô apôtre d'Allah! Il n’y a pas eu de pluie et les animaux meurent, alors prie Allah de nous envoyer
des averses.
L’apôtre d'Allah leva les mains. Nous n’avions pas vu un seul nuage, mais Allah envoya soudain de
fortes pluies et j’ai vu que l’homme le plus borné craignait alors de voir à quel point (l’apôtre
d'Allah) pouvait atteindre sa famille. Nous avons alors eu une pluie forte durant sept jours sans
interruption, jusqu’au vendredi suivant.
Les gens dirent:
-Ô apôtre d'Allah! même les fermes s’effondrent, les voyageurs doivent s’arrêter, alors prie Allah
d’arrêter les pluies!
L’apôtre d'Allah leva les mains et dit:
-Ô Allah! Verse l’eau autour de nous, mais pas sur nous!
(ibn Sa’d, Tabaqat I 442).
Quand l’apôtre d'Allah faisait un sermon au peuple, ses yeux devenaient rouges, sa voix s’élevait, et
sa colère devait intense comme s’il avertissait de l’attaque d’une armée le matin ou le soir ; il disait:
-Moi et le jugement dernier, nous avons été levés ainsi!
Et il levait deux doigts au ciel. Il disait aussi:
-La meilleure voie est la voie de Muhammad et la pire, ce sont les innovations. Chaque innovation
hérétique est une mauvaise voie. Si quelqu’un meurt en laissant des biens meubles, ils sont pour sa
famille et s’il laisse des dettes ou des biens gagés, ce sera sous ma garantie.
(ibn Maja, Hadith Qudsi 390).
De son côté, ibn Mâja a rapporté le deuxième hadith, d'après ibn Omar cité dans le Sahîh de
Muslim, en ces termes:
ibn Omar, a dit: J'ai entendu le messager d'Allah dire, alors qu'il était sur le minbar de la mosquée:
-Le Tout-Puissant empoignera ses cieux et ses terres de sa main » (en faisant le geste de sa main),
puis il dira: “je suis le Tout-Puissant! Je suis le Souverain! Où sont les puissants? Où sont les
arrogants ?”.
184
ibn Omar ajoute: Le messager d'Allah s’est mis alors à pencher à droite et à gauche, jusqu'à ce que
j'aie vu le minbar bouger par le bas, au point de me dire: “Va-t-il se renverser en entraînant avec lui
le prophète?”
Sermon composite.
(An Nawawi, Hadith 274).
Abdullah ibn Zama a dit avoir entendu le messager d’Allah dans l'un de ses sermons. Il parla de la
chamelle235 et de celui qui l'a tuée. Il dit:
-Le verset dit: Quand se leva en toute hâte leur plus misérable, cela veut dire que se leva pour la
tuer un homme puissant et malfaiteur, jouissant de la protection de son clan.
Puis il parla des femmes. Il prononça alors un sermon les concernant où il dit entre autres:
L'un de vous ose frapper sa femme comme on frappe son esclave. Or il se peut qu'il partage son lit à
la fin du jour même!
Puis il leur parla de leur manie de rire en entendant quelqu'un péter, il leur dit:
-Qu'a donc l'un de vous à se rire de ce qu'il fait lui-même?
(Tirmidhi, Musnad 17145).
Selon el Irbâdh ibn Sâriya, le messager d’Allah nous fit un sermon émouvant, qui bouleversa les
cœurs et qui fit couler des larmes. Nous décidâmes de lui demander :
- Messager d’Allah ! On a l’impression que c’est un sermon d’adieu. Qu’est-ce que tu nous
recommandes avant de nous quitter ?
Je vous recommande de craindre Allah, d’écouter et d’obéir au gouverneur, même s’il est esclave.
Celui qui vivra parmi vous assistera à de nombreuses divergences. Accrochez-vous donc à ma
tradition et à celle des nobles khalifes bien guidés. Tenez-la bien et prenez-la fermement par les
molaires. Et méfiez-vous des choses nouvelles, car toute nouveauté est innovation et toute
innovation est égarement.
(Bukhari, Sahih 18/138).
Du prône pendant les jours de Mina.
D'après ibn 'Abbâs, l'envoyé de Allah fit le prône aux fidèles le jour du sacrifice et dit :
-Ô fidèles, quel jour est celui-ci ?
- Un jour sacré, répondirent-ils.
- Quel pays est ce pays ? reprit-il.
- Un pays sacré, répartirent-ils.
-Quel mois est celui-ci ? ajouta-t-il.
-Un mois sacré, répliquèrent-ils.
185
-Eh bien, s'écria-t-il, votre sang, votre fortune, votre honneur doivent vous être sacrés comme est
sacré ce jour, dans ce pays, et en ce mois.
Il répéta ces mots à diverses reprises ; puis il leva la tête et dit :
-Ô Allah, ai-je rempli ma mission ? Ô mon Allah, ai-je rempli ma mission ?
-Et, dit ibn Abbâs, j'en jure par Celui qui tient ma vie entre ses mains, ce fut sa recommandation
dernière à son peuple. - Que celui qui est présent en informe celui qui est absent. Après moi ne
redevenez point infidèles ; que l'un de vous ne frappe pas le cou d'un autre parmi les siens.
ibn Abbâs a dit : "J'ai entendu l'envoyé de Allah faire le prône à Arafât."
Abu Bakra a dit : "Le jour du sacrifice, l'envoyé de Allah nous fit le prône et dit :
- Savez-vous quel jours est celui-ci ?
- Allah et Son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, répondîmes-nous.
Le prophète se tut, si bien que nous crûmes qu'il allait désigner ce jour sous un autre nom que son
nom accoutumé ; puis il dit :
-N'est-ce pas le jour du sacrifice ?
-Oui, répliquâmes-nous.
-Et quel mois est celui-ci ? reprit-il.
-Allah et son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, répétâmes-nous.
Le prophète se tut encore, si bien que nous crûmes qu'il allait désigner ce mois sous un autre nom
que son nom accoutumé.
-N'est-ce pas dhul hijja ? reprit-il.
- Certes oui, répondîmes-nous.
-Et quel pays est celui-ci ? demanda-t-il.
- Allah et Son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, répondîmes-nous.
Il se tut, si bien que nous crûmes qu'il allait désigner ce pays sous un autre nom que son nom
accoutumé.
-N'est-ce pas le pays sacré ? ajouta-t-il.
-Oui, répondîmes-nous.
-Eh bien, s'écria-t-il, votre sang et votre fortune doivent vous être aussi sacrés que ce jour dans ce
pays-ci, et cela jusqu'au moment où vous irez rejoindre le Seigneur. Ai-je rempli ma mission ?
- Oui, s'écrièrent les fidèles.
- Ô Allah, reprit-il, sois témoin de cette affirmation. Que celui qui est présent la fasse parvenir à
celui qui est absent. Souvent, celui à qui l'on rapporte une chose la retient mieux que celui qui l'a
entendue. Quand je ne serai plus là, ne redevenez pas infidèles. Que pas un de vous ne frappe le
cou d'un des vôtres.
D'après ibn 'Omar, étant à Mina, le prophète dit :
-Savez-vous quel jour est celui-ci ?
186
- Allah et son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, répondirent les fidèles.
- C'est un jour sacré, répondit-il. Et savez vous quel pays est celui-ci ?
- Allah et son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, répondit-on.
- C'est un pays sacré, répéta-t-il. Et savez-vous quel mois est celui-ci ?
- Allah et son envoyé en savent plus que personne à ce sujet, s'écria-t-on.
- C'est un mois sacré, dit-il. Allah a rendu votre sang, votre fortune et votre honneur aussi sacrés
pour vous que ce jour-ci, dans ce mois-ci, en ce pays-ci."
Nâfi' rapporte, d'après ibn 'Omar, que le jour du sacrifice, dans le pèlerinage où il prononça des
paroles, le prophète se tint debout au milieu des Jamarât
236
et dit :
-Ceci est le jour du grand pèlerinage.
Et c'est alors qu'il commença à dire :
-Ô Allah, sois témoin.
Il fit alors ses adieux aux fidèles, et ce pèlerinage fut dit : pèlerinage d'adieu.
18 Prières pour dames
Autant le dire d’emblée, mais vous êtes déjà bien au courant: tous les textes ne s’adressent
qu’aux hommes, masculins, barbus, viriles, etc… L’orant est un mâle.
La femme comme sexe et genre n’a pas été prévue par les textes. En général, ce qu’elle doit
faire consiste en des interdictions, des exhortations à ne pas faire, voire à ne rien faire. La
référence reste masculine, quand il faut réglementer les devoirs des femmes. En gros, elles
doivent faire pareil, mais moins bien, pour moins en tirer de bienfaits, d’avantages et de
gloire. Donc, moins longtemps, moins souvent, moins nombreuses, de côté, dans un coin. La
littérature dogmatique, allez vérifier ne parle pas ou peu. A la rigueur, la femme intéresse
en qualité de vecteur de souillure, et comme un objet maléfique.
Dans les faits, dans l’immense majorité des cas, les femmes sont absentes des prières
publiques. Peu importe qu’elles aillent ou non au paradis, l’important est qu’elles finissent
le ménage et le repas. Si un groupe d’hommes se rassemblent pour pratiquer, il est bien
improbable qu’une femme se décidera à participer à leur petite occupation. Alors si une
femme veut prier, elle le fera dans son coin, à l’abri des regards, sans bénéficier de tous les
avantages sociaux que procure la prière collective. Quand c’est à la maison, elle est plus
considérée comme une gêne, un meuble mal placé, une cause d’annulation de la prière de
l’homme…
236
Les trois endroits d'où l'on jette les cailloux.
187
Il y a quelques exceptions, mais elles ont tendance à confirmer la règle, qui est l’inexistance
rituelle de la femme (en dehors de ses aspects négatifs, comme l’impureté, bien entendu).
Il existe quelques mosquées où une salle est laissée à destination des femmes (et des enfants
parfois): toujours, à l’écart, en haut, troisième porte à gauche: un tout petit espace bien
confiné, bien isolé. Même pour les vieilles et très grosses, les escaliers sont bien là, étroits et
pénibles, comme nous l’avons souvent noté en Turquie.
Quand elles sont ensemble, les femmes doivent se choisir un imam femme: dans ce cas, la
dignité est très temporaire, et technique. Ce n’est en aucun cas un honneur, puiqu’en fait, il
s’agit simplement d’éviter qu’un homme soit en présence des femmes. En cas de prière
commune, l’imam est un homme, bien sûr, toujours plus à même d’excercer une autorité…
Quelques textes veulent montrer que les femmes ont un peu le droit d’aller prier. Ils ont été
inventés pour atténuer le caractère absolu de la réclusion. Ainsi, le prophète etc… aurait dit
que les maris ne peuvent pas s’opposer à leur sortie en vue de prier. Bon, mais comme les
lieux adéquats sont rares, que le ménage n’attend pas, et que, subtilité des textes, les maris
peuvent néanmoins s’y opposer en cas de risque pour la femme… Rappelons que pour un
mari musulman et sourcilleux, sa femme est en danger à peu près partout, sauf près de lui,
quoiqu’elle puisse être d’un avis absolument contraire.
Dans les grands rassemblements, les grandes messes, comme celles qui sont pratiqués en
Occident, pour impressionner l’infidèle, les femmes, parfois, pour faire masse, sont
associées. Toujours encore, la place des femmes est bien précisée: derrière. Une explication
limite obscène est souvent proposée, avec une mélange de gêne et de lubricité: les femmes
orantes sont contraintes par le mécanisme de la prière de relever leurs derrières, et la
position a quelque chose d’inconvenant. Placées devant, elles pourraient perturber les mâles
dévôts. Le Coran dit bien que les femmes peuvent être prises de tout côté, mais là, ce n’est
pas le moment d’y penser. Le lecteur pensera peut-être à une affabulation de notre part,
mais non, l’argument est fréquemment entendu, et vise immédiatement la gente féminine.
On ne s’est jamais demandé d’ailleurs (mais l’esprit des femmes est-il chose intéressante) si
les femmes pouvaient être excitées par les petites et grosses fesses de ces messieurs…
Parfois encore, elles sont de côté, et bien séparées par une sorte de rideau. Le Coran sert
encore de règlement sur ce point.
(Corpus coranique d’Othman 33/33).237
Restez dans vos foyers; et ne vous exhibez pas à la manière des femmes avant l'Islam . Accomplissez
le Prière…238
(An Nawawi, Hadith 142).
Aïsha rapporte que le prophète entra chez elle alors qu’elle était avec une autre femme. Il dit :
-Qui est donc celle-ci ?
Elle dit:
-Un telle qui vient me parler du grand nombre de ses prières.
Il dit :
237
238
Trad. Hamidullah.
Pour les femmes de Muhammad ( ?).
188
- Ne vous surchargez point ainsi car on ne vous a imposé que ce que vous pouvez supporter. Par
Allah, Allah ne se lasse pas de vous récompenser jusqu'à ce que vous vous lassiez de faire des
œuvres de bien. La meilleure façon de l’adorer est pour lui ce que vous faites avec persévérance.
(Ibn Maja, Hadith 2/1034).
L’envoyé d’Allah a dit :
Les femmes ne parleront pas dans la mosquée, car cela perturbera les hommes.
(Nasa, Hadith 2/355).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Quittez la prière en cas de menstruation.239
(Bukhari, Sahih 1/11/13).
D'après Ibn Omar l'Envoyé d’Allah dit : "Autorisez les hommes à se rendre pendant la nuit dans les
mosquées."
Ibn Omar a dit : "'Omar avait une femme qui assistait à la prière du matin et à celle de l''Ishâ en
même temps que les fidèles dans la mosquée. "Pourquoi, dit-on à cette femme, sors-tu ainsi, alors
que cela déplaît à 'Omar et excite la jalousie. --- Qu'est-ce qui l'empêche de me le défendre,
répondit-elle. --- Ce qui l'empêche, répliqua son interlocuteur, c'est que l'Envoyé d’Allah a dit :
"N'empêchez pas les servantes d’Allah de se rendre dans les mosquées d’Allah."
(Bukhari, Sahih 1/21/5).
D'après Abu-Hurayra, le Prophète a dit : "Les applaudissements sont le lot des femmes ; les bravos
celui des hommes."
(Bukhari, Sahih 1/21/7).
Sahl ibn Sad a dit : "Les fidèles, qui faisaient la prière avec le Prophète, avaient noué leurs voiles
autour du cou parce que ces voiles étaient trop courts. On disait alors aux femmes de ne point
relever la tête tant que les hommes ne se seraient pas remis complètement sur leur séant."
(Bukhari, Sahih 1/8/13).
Aïsha a dit : "Quand l'Envoyé d’Allah faisait la prière de l'aurore, certaines femmes parmi les
croyantes y assistaient ; elles étaient enveloppées de leurs voiles et retournaient ensuite à leurs
demeures sans que personne pu les reconnaître."
(Bukhari, Sahih 1/21/19).
Du cas où, au moment où il se prosterne, le fidèle qui prie atteint sa femme avec son manteau.
239
Un hadith à destination des femmes, ce n’est pas courant. Mais celui-ci est fort beau.
189
Maymuna a dit : "Un jour que j'avais mes menstrues, l'Envoyé d’Allah faisait sa prière en face de
moi. Parfois son vêtement me touchait au moment où il se prosternait. L'Envoyé d’Allah, ajoute-telle, priait sur une petite natte."
(Bukhari, Sahih 1/21/107).
De celui qui prie tourné vers un lit où il y a une femme ayant ses menstrues.
Maymuna bint al Harith a dit : Mon lit était à côté de l'endroit où le Prophète faisait sa prière.
Parfois son vêtement retombait sur moi bien que je fusse dans mon lit.
Maymuna disait : "Le Prophète faisait sa prière pendant que j'étais couché à côté de lui. Quand il se
prosternait son manteau m'atteignait alors que j'avais mes menstrues.
(Bukhari, Sahih 1/21/104).
- De la prière surérogatoire derrière une femme.
Aïsha, la femme du Prophète a dit : "Je couchais devant l'Envoyé d’Allah, mes pieds dans la
direction de sa qibla. Quand il se prosternait il me touchait légèrement et je ramenais mes pieds vers
moi ; lorsqu'il se relevait, je les allongeais de nouveau." A cette époque, ajoute-t-elle, nous n'avions
pas de lampes dans nos appartements.
19 Prière pour Muhammad
La vénération forcenée de Muhammad, comme un être suprême et prodigieux, est un
phénomène assez tardif , dont nous avons vu longuement les causes et les effets. La suite ne
fait pas attendre : la prière pour Muhammad se répand, sûrement sous l’effet de la dévotion
populaire, heureuse de se référer à une autre divinité qu’Allah. Bien entendu, l’ambiguité
règne, entre la prière pour demander à Muhammad, pour le glorifier, ou pour le bénir, ou
pour le confier à la bénédiction d’une puissance supérieure. La tendance est encouragée par
un verset coranique un peu bizarre, qui voit des anges et Allah en personne bénir le
personnage appelé « Prophète ». Théologiquement parlant, la chose n’est pas simple à
expliquer. Mais l’islamisme ne perd pas de temps à se poser des questions sans réponses.
Un problème en plus : la prière pour Muhammad peut dévier, et se répandre sur toute sa
famille, et là, hop ! les shiites, qui sont des malins, ajoutent Ali quelque part, et la discorde
repart entre les deux boutiques bien connues.
190
De nos jours, la prière pour Muhammad est toujours populaire, et répandue par diverses
officines. Ce qu’elles offrent n’est ni plus ni moins que de la magie, sous forme
d’incantations et de rituels très primaires. Nous présentons à la fin de ce chapitre un tout
petit exemple des litanies qui circulent parmi le peuple charmant des crédules.
(Corpus coranique d’Othman 33/56).
En vérité, Allah et Ses Anges bénissent le Prophète ; Ô vous qui croyez, priez pour lui et appelez la
paix sur lui.
(Muslim, Sahih 384).
Abd Allah ibn Omar ibn Aas rapporte qu’il a entendu le prophète dire :
-Si vous entendez le muezzin, répétez ce qu’il dit puis priez pour moi, car toute personne qui aura
prié pour moi une seule fois Allah priera pour lui dix fois. Ensuite, demandez à Allah de m’accorder
la place éminente, car c’est une station au paradis que seul le serviteur d’Allah mérite et je voudrais
être ce serviteur. J’intercéderai en faveur de toute personne qui aura demandé à Allah de
m’accorder cette place éminente.
(Malik, Muwatta 397).
On avait demandé à l’envoyé d’Allah :
-Ô envoyé d’Allah, comment prie t-on pour toi ?
Il répondit :
-Dites : Allah ! Bénis Muhammad ainsi que ses femmes et sa descendance, comme tu as béni la
famille d’Ibrahim. Bénis Muhammad, ses femmes et sa descendance, comme tu as béni la famille
d’Ibrahim. Tu es digne de louange et de gloire.
(Bostani, Hadith shiite 28).
Un homme est venu voir le prophète et lui dit:
-Ô Messager d'Allah! J'ai une famille, je suis endetté et je me bats dans des difficultés. Apprendsmoi donc une dua par lequel je prierais Allah de m'accorder les moyens de régler ma dette et de
faire vivre ma famille. Le prophète lui dit alors:
-Ô Serviteur d'Allah ! Fais soigneusement et à la perfection le wudu, puis accomplis deux raka,
après quoi dis:
-Ô Glorieux! L’unique! Généreux! Je me dirige vers toi en invoquant Muhammad, ton prophète, le
prophète de la Miséricorde! Ô Mohammad! Ô Messager d'Allah! Je me dirige par toi ton
intercession vers Allah, mon seigneur, ton seigneur et le seigneur de toute chose! Je te demande, Ô
Allah, de prier sur Mohammad et sur les membres de sa famille! Je te demande aussi une
gratification généreuse de tes gratifications, une conquête facile et une large subsistance, par
laquelle j'arrange mes affaires, je règle ma dette et je subviens aux besoins de ma famille».
191
(Bostani, Hadith shiite 270).
Le prophète dit:
-Le vrai avare est celui qui ne prie pas sur moi, lorsqu'on m'évoque en sa présence.
Réveil.
(Tirmidhi, Hadith).240
Selon Ubayy ibn Kab , le messager d’Allah, une fois passé le premier tiers de la nuit, se levait de son
lit et disait:
-Ô gens! Pensez à Allah car voici désormais venu le premier souffle dans le clairon bientôt suivi du
deuxième. Voici venue la mort avec toute sa suite!
Je dis:
-Ô Messager d’Allah! Je prie beaucoup pour toi. Quelle part de ma prière puis-je te réserver?
Il dit: Celle que tu veux.
Je dis:
-Le quart?
Il dit:
-Ce que tu veux et si tu y ajoutes quelque chose c'est encore mieux pour toi.
Je dis:
-La moitié?
Il dit:
-Ce que tu veux et si tu y ajoutes quelque chose c'est encore mieux pour toi.
Je dis:
-Les deux tiers ?
Il dit:
-Ce que tu veux et si tu y ajoutes quelque chose c'est encore mieux pour toi.
Je dis:
-Je te consacre donc toute ma prière?
Il dit:
-Tu auras ainsi mis fin à tous tes soucis et on t'absoudra de tes péchés.
(at Tirmidhi, Hadith 3476).
L’envoyé d'Allah a entendu un homme suppliant dans sa prière. Il ne glorifiait pas Allah et il
n’invoquait pas non plus de bénédiction pour le prophète. L’envoyé d'Allah dit:
-Il s’est dépêché.
Puis il l’appela et dit à lui et à ceux qui étaient autour:
240
An Nawawi 580.
192
-Si l’un d’entre vous prie, il doit commencer par glorifier son seigneur et le louer; il doit invoquer la
paix et la bénédiction sur le prophète et ensuite il peut supplier Allah pour ce qu’il souhaite.
40 bonnes raisons de prier sur le Prophète.241
1- Lorsque l’individu prie sur le Prophète (r), il se soumet avant tout au commandement du
Seigneur (I).
2- Il s’inspire de son Seigneur bien que Sa Prière sur le Prophète (r) soit différente de la nôtre ; la
Sienne consiste à lui faire les honneurs et les éloges et la nôtre consiste à prier et à invoquer en sa
faveur.
3- Il suit les traces des anges.
4- Il obtient dix prières de la part d’Allah pour chaque prière qu’il prononce.
5- Allah l’élève de dix degrés à chaque fois.
6- Il lui sera inscrit dix récompenses.
7- Il lui sera effacé dix péchés.
8- S’il accompagne sa Prière à ses invocations, elles seront plus favorablement reçues par le
Seigneur étant donné que cette fameuse Prière permet de les faire monter au ciel. Sans cela, ses
invocations risquent de rester suspendues entre le ciel et la terre.
9- C’est aussi un moyen d’obtenir l’intercession du Prophète (r).
10- C’est un moyen de se faire pardonner les péchés.
11- C’est un moyen par lequel Allah soulage la détresse de Son serviteur.
12- C’est un moyen de se rapprocher de Son Seigneur (I) le Jour de la Résurrection.
13- La Prière sur le Prophète (r) se substitue à l’aumône envers les personnes en difficulté.
14- Elle lui permet de mener ses affaires à bien.
15- Elle lui permet de recevoir les Prières d’Allah et celles des anges.[1]
16- Elle lui permet de se purifier et de se mettre en valeur.
17- Elle lui permet de se voir annoncer le Paradis avant sa mort.
18- Elle lui permet de s’épargner les douloureux événements de la Résurrection.
19- Elle lui permet de recevoir en réponse les Prières et les Salutations du Prophète (r).
20- Elle lui permet de se rappeler les choses qu’il a oubliées.
21- Elle lui permet d’embellir ou de purifier ses assemblées et de faire que celles-ci ne soient pas un
sujet de regret le Jour de la Résurrection.
22- Elle permet de repousser la pauvreté.
23- Il s’épargne ainsi de prendre le nom d’avare que mérite toute personne se privant de prier sur le
Prophète (r) au moment où ce dernier est évoqué.
24- Il ne sera pas concerné ainsi par l’invocation destinée contre tous ceux qui s’abstiennent de
prier sur lui (r) à l’écoute de son nom.
25- Elle lui permet de se maintenir sur le chemin du Paradis contrairement à celui qui ne prie pas
sur lui (r).
26- Il s’épargne ainsi des assemblées impures dans lesquelles il n’est consacré aucun éloge ni
aucune attention à Allah et à Son Messager.
27- Elle permet de rendre parfait un discours au début duquel les louanges sont consacrées au
Seigneur et les Prières consacrées au Prophète (r).
28- Elle lui permet d’acquérir une lumière durant la traversée du Pont jeté au-dessus de la Géhenne
(le Sirât).
29- Elle le préserve de la dureté du cœur (ou de l’abandon du Seigneur).
30- Elle lui permet d’entretenir les éloges qu’Allah réserve à l’auteur d’une telle prière et qu’Il
communique aux occupants de la terre et des cieux. En priant sur le Prophète (r) en effet, le
serviteur réclame au Très-Haut de lui réserver les éloges et les honneurs. Il méritait par conséquent
de jouir relativement en retour de ces éloges en sachant que la récompense est de même nature que
les actes.
241
Extrait de Jalâ el Afhâm fî Fadhl e-Salât wa e-Salâm ‘ala Mohammed khaïr el Anâm d’ibn el
Qayyim el Jawziya (p. 612-626) ; Publié par le bureau de prêche de Rabwah (Ryadh).
193
31- Elle lui rapporte la bénédiction dans ses œuvres, sa durée de vie, et ses différentes affaires.
Comme il implore en effet la bénédiction en faveur du Prophète (r) et de sa famille, il méritait en
retour d’être comblé de la même faveur en sachant que ses propres invocations en faveur du
Prophète (r) sont automatiquement exaucées et que la récompense est de même nature que les actes.
32- Elle permet d’obtenir la Miséricorde divine qui peut prendre le sens de prière –selon une
certaine tendance – bien que selon la meilleure tendance, la prière est un effet de la Miséricorde
divine. Quoi qu’il en soit, dans les deux cas, il reçoit la cette Miséricorde.
33- Elle lui permet d’entretenir et d’augmenter les sentiments qu’il éprouve vis-à-vis du Prophète
(r), en sachant que l’amour du Prophète (r) est un acte de foi incontournable. Plus l’ « être » est bienaimé, plus ses qualités et ses caractéristiques attirantes sont évoquées et présentes à l’esprit et plus
les sentiments à son égard augmentent. Son souvenir à l’ardeur grandissante anime et envahit tout
le cœur. Lorsque ce sentiment n’est pas entretenu, il perd de son intensité. La chose la plus
attirante à la vue, c’est de contempler son bien-aimé et la chose la plus attirante au cœur, c’est de se
remémorer ses qualités. ce sentiment intense se manifeste à travers les paroles en faisant
incessamment ses éloges.
34- Elle lui permet d’obtenir en retour l’amour du Prophète (r) de la même manière qu’elle permet
d’entretenir l’amour du Prophète (r).
35- Elle est un moyen de le guider sur le bon chemin et de vivifier son cœur. Plus il prie sur lui (r)
en effet, plus son cœur se remplit d’amour de sorte qu’il n’éprouve plus aucune réticence vis-à-vis
de ses commandements et de ses enseignements qui vont s’imprégner en lui comme l’encre
s’imprègne sur une feuille. Ils sont toujours présents avec lui et l’orientent constamment sur le
chemin du savoir et du bonheur. Sa clairvoyance et son savoir ainsi accrus le pousseront à prier sur
lui (r) davantage.
36- Toutes les fois qu’il prie sur le Prophète (r), son nom lui est transmis par les anges ; cet honneur
suffit à lui-même !
37- Elle permet de lui raffermir le pas au moment de traverser le Sirât.
38- Prier sur le Prophète (r) est le moindre des droits que nous lui devons. C’est une façon de lui
exprimer notre reconnaissance pour tous les bienfaits qu’Allah nous a procurés par son
intermédiaire. Bien qu’il soit impossible de lui être pleinement reconnaissant, dans Son infinie
Générosité, Allah se contente de peu de la part de Ses serviteurs.
39- Cela implique d’évoquer le Seigneur et de Le remercier pour avoir envoyé un tel Prophète aux
hommes. Cette prière implique notamment d’invoquer le Seigneur de récompenser Son Messager à
sa juste valeur. Allah nous fait connaître à travers la Révélation Ses Noms et Attributs et Il nous
guide sur le chemin qui mène à Son Agrément. Il nous fait connaître également quels agréments
nous attendent une fois arrivés au bout de ce chemin et une fois parvenus à Sa rencontre. Ainsi,
nous croyons à l’Existence de notre Seigneur, à Son Savoir, à son écoute, à Sa Puissance, à Sa
Volonté, à Ses Attributs et à Sa Parole. Nous avons foi également aux enseignements du Prophète
qu’Il a envoyé et à qui nous vouons un amour parfait. Ce Prophète que nous aimons et à qui nous
croyons nous a fait découvrir ces différents fondements de la foi. Prier sur lui constitue donc l’une
des œuvres les plus méritoires.
40- La prière sur le Prophète est une forme d’invocation en sachant qu’il existe deux sortes
d’invocations ; premièrement : le serviteur invoque en sa propre faveur et deuxièmement : il fait les
éloges de l’Ami proche et du Bien-Aimé d’Allah. Ainsi, pour plaire à Dieu, il privilégie de prier sur
Son Messager (r) au dépend de prier pour lui-même. Il préfère plaire à Allah et à Son Messager et se
sacrifier que de chercher à résoudre ses propres affaires. En récompense à celui qui Le privilégie à
Ses créatures et à ses propres besoins, Allah le privilégie à Ses autres créatures étant donné que la
récompense est de même nature que les actes…
Que les Prières et les Salutations d’Allah soient sur notre Maître Mohammed ainsi que sur sa famille
ses compagnons !
194
20 La prière de l’éclipse
La salat al kusuf, autrement dit. KUSUF pour le soleil, la plus paniquante. KHUSUF pour
la lune, pas si inquiétante.
Elle se maintient comme un vestige de superstition, camouflé comme un rituel islamique, qui
ne doit tromper personne. Elle témoigne aussi de la terreur des populations confrontées à
ces phénomènes astronomiques simples, ce qui impliquer que la vénération des astres n’est
pas totalement occultée par celle d’Allah. Allah contre le soleil, la lutte promet d’être
terrible.
Elle a été abondament traitée dans le volume de Bukhari, ce qui peut surprendre, car elle
ne devait pas être très souvent employée. Le fait peut s’expliquer parce que le Coran ne
traite pas du tout de la question, alors que ces gens sont fascinés par les accidents célestes,
qui sont conçus comme des signes bénéfiques ou maléfiques. Il est tentant de voir dans cette
fascination une influence mésopotamienne.
(Bukhari, Sahih 1/16/1).
Abu Bikra a dit :
-"Nous étions auprès du prophète lorsque une éclipse de soleil eut lieu. Il se leva aussitôt traînant
son manteau (c'est-à-dire en toute hâte sans prendre le temps d'ajuster son vêtement) et entra dans
la mosquée. Nous y entrâmes également. Il pria avec nous deux rika' jusqu'au moment où le soleil
fut dégagé. Alors il dit :
-"Le soleil et la lune ne sont pas éclipsés à l'occasion de la mort de quelqu'un. Lorsque vous voyez
une éclipse, priez et faites des invocations jusqu'à ce que tout danger soit écarté de vous."242
Selon Abu-Masud, le Prophète a dit :
-"Certes, le soleil et la lune ne sont pas éclipsés à l'occasion de la mort d'une personne. Toutefois,
ces éclipses sont des signes parmi les signes d’Allah; quand vous en êtes témoins, levez-vous et
priez."
Al Mughîra ibn Shuba a dit : "Au temps de l'Envoyé d’Allah, le jour de la mort d'Ibrahîm243, le soleil
subit une éclipse. Dans le public on disait que cette éclipse de soleil avait lieu à cause de la mort
d'Ibrahîm. Ce fut alors que l'Envoyé d’Allah dit : "Le soleil et la lune ne sont pas éclipsés à cause de
242
La réaction est un mélange de lutte contre la superstition (le signe de la mort d’untel) et une
action superstitieuse (la peur du danger de l’éclipse). Cela permet de remarquer l’état des croyances
populaires en ce temps.
243
Le fils quasi-mythique de Muhammad aurait eu avec Maria la Copte. La Tradition, qui veut plaire
aux mères et futures mères, fait croire que le papa en a été attristé. Mais l’existence de ce petit
garçon, un peu trop Petit Jésus, est très improbable.
195
la naissance ou de la mort de quelqu'un. Lorsque vous voyez une éclipse, priez et invoquez Allah."
(Bukhari, Sahih 1/16/3).
Abdallah ibn 'Amr a dit : "Lorsque, au temps du prophète, il y eut une éclipse de soleil, on fit une
convocation à une prière en commun."
(Bukhari, Sahih 1/16/4).
Urwa rapporte ceci, d'après 'Âïsha, la femme du Prophète : "Du vivant du Prophète, il y eut une
éclipse. Le Prophète sortit pour se rendre à la mosquée et les fidèles se mirent en rang derrière lui.
L'Envoyé d’Allah fit le takbîr, récita un long passage du Coran, fit de nouveau le takbîr, accomplit
une longue inclination, puis il dit : "Allah entend ceux qui le louent." Il se leva ensuite et, sans faire
de prosternation, il récita encore un long passage du Coran, moins long que le premier. Il fit de
nouveau le tekbîr, une longue inclination de moindre durée que la première, et dit : "Allah entend
ceux qui le louent ; à toi la louange." Il se prosterna et répéta, dans une dernière inclination, ce qu'il
avait déjà dit. Il acheva ainsi quatre rika' avec quatre prosternations, et le soleil se dégagea avant
qu'il ne fût retourné à sa place. Se levant alors, il loua Allah autant qu'il le put et dit : "(Le soleil et
la lune) sont deux signes d'entre les signes d’Allah; ils ne sont pas éclipsés à cause de la naissance
ou de la mort de quelqu'un. Quand vous verrez ces astres (éclipsés), réfugiez-vous dans la prière."
Katsîr ibn 'Abbâs dit que 'Abdallah ibn 'Abbâs rapporta une tradition semblable à celle que Urwa a
donné d'après 'Âïsha. Comme (Az-Zuhri) disait à 'Urwa : "Le jour de l'éclipse à Médine, ton frère
n'a pas fait plus de deux rika', comme pour la prière du matin. --- C'est vrai, lui répondit 'Urwa, il a
failli à la tradition."
(Bukhari, Sahih 1/16/6).
De ces paroles du Prophète : Allah, par les éclipses, sème la crainte chez ses adorateurs. C'est Abu
Musa qui rapporte ces paroles du Prophète. D'après Abu-Bikra, l'Envoyé d’Allah a dit : "Le soleil et
la lune sont deux signes d'entre les signes d’Allah; ils ne sont éclipsés ni pour la naissance, ni pour
la mort de quelqu'un ; mais par (ces éclipses) Allah sème la crainte parmi ses adorateurs."
(Bukhari, Sahih 1/16/9).
Ibn-'Abbâs fit la prière avec les fidèles sous le porche de Zemzem. 'Ali ibn 'Abdallah ibn 'Abbâs fit
également la prière en commun comme le fit encore Ibn Omar.
'Abdallah ibn 'Abbâs a dit : "Au temps de l'Envoyé de Allah, une éclipse de soleil se produisit.
L'Envoyé d’Allah fit la prière et resta debout longuement, environ le temps de réciter la sourate de
la Vache.244 Il accomplit ensuite une longue inclination, puis se levant, il se tint de nouveau debout
longuement, mais moins que la première fois. Alors il accomplit une longue inclination, mais d'une
durée moindre que la première. Après cela il se prosterna, se tint longtemps debout, mais moins
244
La sourate étant la plus longue et fastidieuse, cela donne une idée au lecteur.
196
que la première fois, fit une longue inclination, de durée moindre que la première, se releva, se tint
encore longuement debout, mais moins que la première fois, accomplit une troisième inclination
longue, mais moins que la première, se prosterna et retourna à sa place. A ce moment le soleil s'était
dégagé. Alors il dit :
-"Le soleil et la lune sont deux signes d'entre les signes d’Allah; ils ne sont éclipsés ni à cause de la
naissance de quelqu'un, ni à cause de sa mort. Quand vous voyez cela, mentionnez Allah."
Les fidèles dirent à ce moment :
-"Ô Envoyé de Allah, nous venons de voir que tu cherchais à attraper quelque chose de ta place et
ensuite nous t'avons vu te reculer."
Le Prophète répondit :
-"Je viens de voir le paradis ; j'ai essayé de prendre une grappe, et si je l'avais attrapée vous auriez
eu de quoi manger aussi longtemps que le monde aurait subsisté ! On m'a également fait voir
l'enfer. Jamais je n'avais vu un spectacle aussi horrible que celui que j'ai vu aujourd'hui. La plupart
des réprouvés, à ce que j'ai vu, étaient des femmes.
- Pourquoi cela, répliquèrent les fidèles ?
-A cause de leur infidélité, répondit-il."
Et comme on lui demandait si elles étaient infidèles à Allah, il répondit :
-"Elles sont infidèles à leurs maris et ne sont point reconnaissantes du bien qu'on leur fait. Même
lorsque vous avez fait sans cesse du bien à une femme, et qu'ensuite elle éprouve quelque chose de
votre part, elle dira : Jamais tu ne m'as témoigné la moindre bonté."245
(Bukhari, Sahih 1/16/12).
Âïsha rapporte qu'une juive vint lui demander l'aumône et lui dit : "Allah te préserve des tourments
de la tombe."
'Âïsha demanda alors à l'Envoyé d’Allah si les hommes seraient tourmentés dans la tombe.
L'Envoyé d’Allahrépondit en demandant à Allah d'en être préservé. Ensuite, un certain matin,
l'Envoyé d’Allah étant monté sur sa monture, une éclipse de soleil se produisit. Il revint vers le
milieu de la matinée et passa entre les blocs de pierres. Il se mit à prier et les fidèles se tinrent
derrière lui. Il resta debout longtemps, puis accomplit une longue inclination, se releva, demeura
debout longtemps, mais moins que la première fois, accomplit de nouveau une longue inclination,
de moindre durée toutefois que la première, se releva, puis se prosterna longuement. Il se tint
encore debout, mais moins que la première fois, accomplit une longue inclination, de durée
moindre que la première, se tint debout, mais moins que la première fois, fit une longue inclination,
moins longue que la première, se prosterna moins longtemps que la première fois et retourna à sa
place. Il dit alors ce que Allah voulut qu'il dît et ordonna aux fidèles de demander au ciel de les
245
L’éclipse est alors le prétexte à un petit développement misogyne dont la tradition musulmane a
le secret.
197
préserver des tourments de la tombe.
(Bukhari, Sahih 1/16/19).
D'après 'Âïsha, dans la prière de l'éclipse, le Prophète éleva la voix pour réciter le Coran. Quand il
eut terminé sa récitation il fit le tekbîr, une raka', puis se relevant après la raka' il dit :
-"Allah écoute ceux qui le louent. Ô Seigneur, à toi la louange !" Dans la prière de l'éclipse il faisait
quatre rika' en deux fois et quatre prosternations. E
l-Awzâ'i et d'autres ont entendu Az-Zuhri
rapporter, d'après Urwa qui le tenait de 'Âïsha246, qu'une éclipse de soleil ayant eu lieu du temps du
Prophète, celui-ci envoya un crieur annoncer la prière en commun. Alors le Prophète s'avança, il
pria quatre rika' en deux fois et fit quatre prosternations. El-Awzâ'i ajoute que 'Abderrahman ibn
Namîr lui a dit avoir entendu Ibn-Shihâb faire le même récit. Az-Zuhri ajoute : je dis : "Qu'a donc
fait ton frère 'Abdallah ibn Az-Zubayr, il n'a prié que deux rika' comme à la prière du matin,
lorsqu'il a prié à Médine. --- C'est vrai, me répondit-il, il a manqué à la tradition."247
Sulayman ibn Katsîr et Sofyân ibn Husayn ont répété, d'après Az-Zuhri, ce qui est relatif à la
récitation à haute voix.
246
Une jolie chaîne de témoins, qui suffit à se rendre compte de la fragilité de ces édifices
mémoriels.
247
Ibn Zubayr est le futur révolté de la Mecque, anti-ommeyade, et anti-calife : il est normal que l’on
ait inventé des récits pour le disqualifier, d’une façon où d’une autre.
198
21 La prière du danger
Quand nécessité fait loi
248
La prière de la peur (PRIÈRE AL KHAWF) est une synthèse entre tactique et liturgie, qui
montre que la doctrine islamique peut se révéler brillante en matière de questions
techniques.
Imaginons: une troupe musulmane, envahissante, s’arrête brusquement devant ses ennemis,
et se met en bloc à prier. Les adversaires, surpris d’abord, en profitent pour leur botter les
fesses… Il faut faire quelque chose, d’autant plus que les prières viennent à heure fixe, et
l’ennemi finira bien par le savoir: alors il y a une faiblesse dans la doctrine. Le Coran, puis
la Tradition et tout le reste, inventent donc une méthode, selon laquelle une partie de la
troupe prie, en vitesse, ou même debout, ou à cheval; elle le fait sous la protection de l’autre
partie, qui prie plus tard, etc… La guerre justifie tout, donc, et même de transgresser la
sacro-sainte prière, réglée d’ordinaire comme du papier à musique. Au pire, on prévoit
même que la prière collective se fasse chacun pour soi…
Ce type de disposition a dû être très utile dans les premiers temps des invasions musulmanes,
quand le nombre élevé de prières et leur caractère quasi-obligatoire se sont avérés de gros
défauts tactiques face à des adversaires moins pieux!
La Tradition a imaginé que la méthode avait été inventée au moment de l’expédition de
Dhat al Riqa.249
250
(Corpus coranique d'Othman 4/101-2).
Et quand vous parcourez la terre251, ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir la Prière, si vous
craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve, car les mécréants demeurent pour vous un
ennemi déclaré.
Et lorsque tu252 te trouves parmi eux, et que tu les diriges dans la prière, qu'un groupe d'entre eux
se mette debout en ta compagnie, en gardant leurs armes. Puis lorsqu'ils ont terminé la
248
Méthode déjà mentionné dans la Mishna (Berakot); cf. Th: Noldeke, Geschichte des Qoran I, p: 202.
Cf. Chapitre sur les expéditions contre les bédouins.
251
En tant qu’envahisseurs, et non en tant que commerçants : la prière est vue dans son contexte
guerrier.
252
Muhammad ?
249
199
prosternation, qu'ils passent derrière vous et que vienne l'autre groupe, ceux qui n'ont pas encore
célébré la Prière. A ceux-ci alors d'accomplir la Prière avec toi, prenant leurs précautions et leurs
armes. Les mécréants aimeraient vous voir négliger vos armes et vos bagages, afin de tomber sur
vous en une seule masse. Vous ne commettez aucun péché si, incommodés par la pluie ou malades,
vous déposez vos armes; cependant prenez garde. Certes, Allah a préparé pour les mécréants un
châtiment avilissant.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 661-2).
Après l’attaque contre les Banu Nadir, l’apôtre resta à Médine pendant le mois de rabi ul akhir
253
et
une partie de jumada. Il fit une expédition de pillage dans le Najd, en prenant pour cible les Banu
Muharib, les Banu Thalaba des Ghatafan, et s’arrêta à Nakhl. C’était l’ expédition de Dhat al Riqa. Il
rencontra une grande troupe des Ghatafan. Les deux forces s’approchèrent, mais il n’y eu pas de
combat, parce que chacun craignait l’autre. L’apôtre conduit la “prière de la peur” et il rentra
ensuite avec ses hommes.
(Bukhari, Sahih 64/31, 2).
Salih ibn Khawwat rapporte, d'après ceux qui assistèrent avec l'envoyé d'Allah à la journée de Dhat
ar Riqa, que le prophète fit la prière du danger. Une partie des fidèles se mirent en rangs avec lui,
tandis que les autres faisaient face à l'ennemi. Le prophète pria avec le premier groupe une raka,
puis il s'arrêta et resta debout, et les fidèles de ce groupe achevèrent seuls la seconde raka, puis ils
s'en allèrent se mettre en rangs face à l'ennemi. Le second groupe vint alors prendre leur place. Le
prophète pria avec eux la raka qui restait à faire de sa prière, puis il s'arrèta et s'assit, pendant que le
second groupe achevait une seconde raka. Cela fait, il prononça la salutation finale pour tout le
monde.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois III 219).
Pendant ces trois jours, le prophète accomplit la prière du danger , et le verset suivant fut révélé :
Lorsque tu fus au milieu de tes soldats et que tu leur fis accomplir la prière, une partie d'entre eux
faisaient la prière avec toi sous les armes, etc.
254
Le prophète divisa l'armée en deux corps, dont l'un se rangea en ordre de bataille en face de
l'ennemi, et l'autre, placé derrière lui, accomplit avec lui la prière et une seule prosternation.
Ensuite il se leva, et le corps qui était en face de l'ennemi vint se mettre derrière le prophète et
255
accomplit avec lui la seconde prosternation. Après avoir prononcé la formule du tekbir , et après
avoir prié, ce deuxième corps s'assit avec lui pour réciter la profession de foi, et puis se leva en
256
La tribu juive massacrée à Médine sous les auspices de Muhammad.
200
prononçant le salut. De cette manière, chaque corps avait accompli une prosternation avec le
prophète, et la deuxième en particulier. Les théologiens ne sont pas d'accord sur l'obligation de la
prière en commun. Quelques-uns d'entre eux prétendent que la prière en commun est obligatoire,
quand on peut se rendre à la mosquée et prier avec l'assemblée. Ils appuient leur opinion de ce
verset du Coran et disent que, si elle n'était pas obligatoire, Allah ne l'aurait pas ordonnée en
présence de l'ennemi et au milieu du danger. D'autres prétendent qu'elle n'est pas obligatoire, que
ce n'est qu'une coutume ; qu'il vaut cependant mieux accomplir la prière en commun et qu'elle est
plus méritoire ; mais que la prière privée est permise, quoique moins méritoire. Quelques docteurs
disent que la prière du danger ne doit pas être accomplie par tous ; d'autres disent qu'elle ne
pouvait l'être que par le prophète, à cause de la bénédiction attachée à sa prière, et qu'un imam ne
peut pas l'accomplir de cette manière.
(Bukhari, Sahih 1/12/1).
Shuayb a fait le récit suivant : "Comme je demandais à Az Zuhri si le Prophète avait prié, c'est-àdire s'il avait fait la prière en cas de danger, il me répondit : Sâlim m'a raconté que 'Abdallah ibn
Omar lui avait dit : "J'ai fait, en compagnie du Prophète, une expédition du côté du Nadjd. Arrivés
en face de l'ennemi, nous nous rangeâmes en ordre de bataille pour le combattre. A ce moment
l'Envoyé d’Allah se leva pour diriger la prière. Un certain nombre d'entre nous pria avec le
Prophète tandis que les autres faisaient face à l'ennemi. L'Envoyé d’Allah, ainsi que ceux qui
prièrent avec lui, fit une rika' et deux prosternations, puis ce premier groupe se retira prenant la
place de ceux qui n'avaient pas prié. Ce second groupe ayant pris la place à son tour, l'Envoyé
d’Allah fit avec eux une rika', deux prosternations et la salutation finale. Chacun des fidèles alors se
leva et fit individuellement une rika' et deux prosternations."
(Bukhari, Sahih 1/12/2).
D'après Ibn-'Omar, ayant en vue les paroles de Mujâhid, lorsque musulmans et infidèles sont aux
prises, la prière se fait en restant immobile. Ibn-'Omar ajoute, d'après le Prophète :
-"Quand l'ennemi est trop pressant, la prière se fait debout ou à cheval.
(Bukhari, Sahih 1/12/3).
Ibn-'Abbâs a dit : "Le Prophète se leva pour prier et un groupe de fidèles l'imitèrent ; il prononça le
tekbîr, ainsi firent les fidèles ; il fit une rika' et les fidèles firent une rika' ; il se prosterna et les
fidèles se prosternèrent. Cela fait, il s'occupa des autres fidèles. Ceux qui venaient de se prosterner
se mirent à veiller sur ceux de leurs compagnons qui formaient le second groupe et ceux-ci prièrent
en faisant une rika' et en se prosternant en même temps que le Prophète ; tout le monde était en
prière, mais les uns veillaient sur les autres."
(Bukhari, Sahih 1/12/5).
201
Comme, dit El-Wâlid, je rappelais à El-Awzâ'i que Shurahbil-ibn Simt et ses compagnons avaient
fait la prière tout en restant sur le dos de leurs montures, El-Awzâ'i me répondit : "C'est ainsi que
les choses se passaient parmi nous quand on craignait de laisser passer l'heure canonique."
El-Wâlid tirait argument de ces paroles du Prophète : "Que personne absolument ne fasse la prière
de l’asr avant qu'on ne soit chez les Banu-Qurayza !"256
(Bukhari, Sahih 1/12/5-2).
Ibn-'Omar s'est exprimé ainsi : "Lorsque le Prophète revint de l'expédition des Confédérés257, il dit :
"Que personne absolument ne fasse la prière de l''asr avant qu'on ne soit chez les Banu-Qurayza".
L'heure de l''asr étant survenue, pendant qu'on était en route, certains musulmans déclarèrent
qu'ils ne prieraient pas avant d'être chez les Banu Qurayza. D'autres, au contraire, déclarèrent qu'ils
prieraient, le Prophète ne leur ayant pas demandé (de ne pas faire la prière). On raconta ce fait au
Prophète qui ne fit de reproches ni aux uns ni aux autres."
(Bukhari, Sahih 1/12/6).
D'après Anas ibn Mâlik, l'Envoyé d’Allah fit la prière du matin pendant les dernières heures de la
nuit258, puis il enfourcha sa monture et s'écria : "Allah est grand ! Khaybar sera ruinée ! Certes,
quand nous nous descendons sur le territoire d'un peuple, malheur au matin de ceux qui auront été
menacés !"
Alors les gens de Khaïbar se répandirent dans les rues en disant : "Voici Mohammed et le Khamîs ! -- Par le Khamîs, dit Hammâd, il faut entendre l'armée."
L'Envoyé d’Allah commença l'attaque ; il fit mettre à mort les combattants et emmena les enfants en
captivité. Safiyya échut à Dihia-El-Kalbi ; plus tard, elle appartint à l'Envoyé d’Allah qui l'épousa et
lui constitua comme dot sa mise en liberté.
"Ô Abu Mohammed, dit 'Abdelaziz à Thâbit, as-tu demandé à Anas ibn Mâlik quelle dot il lui avait
constituée ? --- Il lui a constitué en dot sa propre personne, répondit-il." A ces mots 'Abdelaziz
sourit.259
Jihad et prière.
(ibn Tamiya, Traité de droit 10).
Le prophète, lorsqu’il envoyait un émir en expédition, le désignait en même temps pour
diriger la prière faite ave ses compagnons.
257
Le combat dit du Fossé.
L’horaire habituel chez les pillards du désert.
259
Humour bédouin.
258
202
(...)
L'essentiel de la religion réside, en effet, dans la prière et la guerre légale (JIHAD) . C'est
pour cette raison que la plupart des hadith du prophète concernent la prière et le jihad.
Lorsqu'il se rendait au chevet d'un malade, le prophète avait coutume de dire:
-Ô Allah, guéris ton esclave afin qu'il puisse, pour toi, assister à une prière et, pour toi,
vaincre un ennemi.
Lorsque le prophète envoya Muadh au Yémen, il lui dit:
-Ô Muadh, la plus importante des choses dont tu aies à t'acquitter est, à mes yeux, la
prière. Ainsi fit également Omar ibn al Khattab, qui écrivait à ses gouverneurs:
-Le premier des devoirs qui vous incombent est, pour moi, la prière. Ceux qui la font
observer et qui eux-mêmes l'observent conservent leur religion. Ceux qui par contre la
négligent doivent à plus forte raison négliger leurs autres obligations.
C'est pourquoi le prophète disait:
-La prière est la base de la religion.
L'homme investi d'une fonction publique doit donc s'acquitter de cette prescription
fondamentale. Car la prière empêche de commettre toute action vile et prohibée, et elle
aide les fidèles à s'acquitter des autres devoirs d'obéissance.
Allah a dit :
Armez-votis de la patience et de la prière, c'est un devoir pénible, sauf pour ceux qui
260
craignent Allah.
Ô vous qui croyez, armez-vous de la patience et de la prière. Allah est avec ceux qui
savent patienter.
261
Allah a dit à son prophète: Ordonne à,ta famille de s'acquitter de la prière ; plie-toi
avec patience à ce devoir. Nous te demandons pas de nourriture. C'est nous qui nous
chargeons d'assurer la tienne. La bonne fin est réservé à la piété .
262
263
(al Qayarawani, Risala malikite 16).
Pour la prière du danger, en voyage, quand les fidèles craignent [les attaques de
l']ennemi, l'imâm se partira en avant avec un groupe et laissera un autre groupe faire
260
261
262
263
Corpus coranique 11/42.
Corpus coranique 11/148.
Corpus coranique 20/132.
Risala malikite, ed. L. Berchet, Alger 1975.
203
face à l'ennemi. L'imâm fera une raka avec un [premier groupe] puis, il restera immobile
et debout et les fidèles de ce premier groupe feront personnellement une [autre] raka,
puis diront le salut final et iront relever leurs camarades [de l'autre groupe]. Puis, ceuxci viendront, commenceront la prière en disant : Allâh akbar, derrière l'imâm qui fera
avec eux la deuxième raka, dira le takhahhud
264
et le salut final; puis ils feront à titre
réparatoire la raka qu'ils ont manauée et ils s'éloigneront. C'est ainsi qu'on procède
dans toutes les prières d'obligation divine, sauf pour celle du maghrib.
265
Pour celle-ci,
l'imâm fait deux rakas avec le premier groupe et une avec le second.
Si l'on n'est pas en voyage, mais en stationnement et que l'imâm préside à la prière en
cas de grand péril, il fera pour le dhuhr, le asr et le icha, deux raka avec chaque groupe.
Avant chaque prière, il y aura appel et réappel. S'il y a trop de danger pour procéder
ainsi, les fidèles prieront individuellement, comme ils pourront, à pied ou à cheval, en
marchant ou en courant, tournés ou non vers la qibla.
23
264
265
La formule de l’attestation.
Le soir.
204
23 Invocations
Si cela ne fait pas de bien, cela ne fait pas de mal
La supplique, ou invocation (DUA) est à distinguer entièrement de la prière canonique. Le mot vient d’une
racine signifiant soit « appeler », soit «dire ».
Elle est considérée comme beaucoup moins prestigieuse et louable, puisqu’elle est hors de la doctrine, hors du
rituel obligé, et peut être effectuée par tous, partout, tout le temps, et n’importe comment. Ce sera donc la
première difficulté, face à des règlements très normatifs : comment contrôler la façon dont chacun veut
s’adresser à la divinité pour lui réclamer quelque chose ? Alors des textes ont proposé des canevas, pour guider
un peu, mais sans grand succès. L’initiative des suppliques est bien entendu personnelle, privée, populaire :
voilà ce que c’est : une concession au populaire. Mais la doctrine a tenté de récupérer à son avantage la piété
qui s’exprimait. Ainsi, le corpus coranique intègre-t-il déjà l’idée d’une invocation, puisque nombreux sont les
personnages qui en pratiquent, notamment ceux récupérés et travestis à partir du fond juif et chrétien, tel
qu’Abraham, Jésus, ou Zacharie.
(Corpus coranique d’Othman 5/114).
‹Ô Allah, notre Seigneur, dit Jésus, fils de Marie, fais descendre du ciel sur nous une table servie qui
soit une fête pour nous, pour le premier d'entre nous, comme pour le dernier, ainsi qu'un signe de
Ta part. Nourris-nous: Tu es le meilleur des nourrisseurs.›
(Corpus coranique d’Othman 5/114).
Lorsqu'il invoqua son Seigneur d'une invocation secrète,
et dit: ‹Ô mon Seigneur, mes os sont affaiblis et ma tête s'est enflammée de cheveux blancs.
[Cependant], je n'ai jamais été malheureux [déçu] en te priant, ò mon Seigneur.
Je crains [le comportement] de mes héritiers, après mois. Et ma propre femme est stérile. Accordemoi, de Ta part, un descendant
qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob. Et fais qu'il te soit agréable, ò mon Seigneur›.
Il faut satisfaire le public, ses attentes et ses angoisses. Un problème redoutable a été à ce sujet la
relation possible avec la prière normale : peut-on profiter comme un petit roublard de la prière
canonique pour faire sa petite demande ? Le mieux est en effet de ruser, entre l’appel à la prière, et
la fin. On peut profiter vite faire d’une prosternation, et hop, on passe le petit papier.
205
Ensuite, les hadiths, les exemples prophétiques, et à la fin, le droit, ont intégré l’idée d’une
demande personnelle. D’ailleurs, la FATIHA , sourate la plus courte et souvent la seule connue du
pieux de base, est une invocation pure et simple.
La pluie est le bienfait qui semble le plus demandé, et on peut bien le comprendre, dans un
contexte aussi aride. Bien entendu, la pratique est celle d’une superstition, ni plus ni moins. Mais
comme elle est intégrée dans le dogme, elle est pratiquée un peu partout, avec le peu de succès que
l’on sait. Au moins, cela fait rire les infidèles et les météorologues, qui sont presque toujours les
infidèles.
Mais il y en a encore de nombreuses sortes, et il suffit d’aller vers les sites webislamiques pour s’en
faire une idée. Notons par exemple la prière qui est une consultation d’oracle, comme cela se faisait
autrefois : en cas de choix à faire, on demande à la divinité de faire le choix à sa place (ISTIKHARA)
.
Le corpus de Bukhari contient un bon paquet de ces invocations, pour aider les dévôts à se sortir de
ce pétrin. Si Muhammad le fait, alors, on peut le faire…
C’est que cela pose aussi de bien rugueux problèmes théologiques, cette concession à Monsieur
Popu. Comment donc une demande personnelle pourrait-elle influencer la volonté divine, qui est
souveraine ? De plus, du point de vue du croyant, la pratique pourrait faire évoluer la relation avec
le divin de la foi vers la confiance. Il y a danger dès ce moment.
Les théologiens ont globalement rejeté la validité des demandes précises, les rationalistes en
premier, ou bien ils l’ont adapté, en bricolant un peu.
Quoi qu’il en soit, la concession est admise mais suscite la méfiance. La chose concerne l’islamisme,
comme d’autres systèmes. Mais elle prend ici de plus amples proportions, puisque la doctrine
s’adresse à des personnes très influençables, et foncièrement angoissées.266
=des prières en dehors du rituel, ad libidum, quoi. Et comme l'islamisme n'aime guère trop la liberté
de faire, la présence d'un espace de licence peut surprendre. Pour l'expliquer, il suffit du réflexe
musulman: c'est dans le Coran. Car oui, de multiples personnages coraniques se mettent à prier à
tout bout de champ, ainsi qu'Abraham, pour ne citer qu'une grande figure. Ceci constitue selon
toute probabilité un héritage judéo-chrétien mal assimilé.
(Corpus coranique d’Othman 26/227). 267
… à part ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, qui invoquent souvent le nom d'Allah
266
D. Gril, « Prière et invocation dans le Coran », Prières méditerranéennes hier et aujourd’hui, Aix
en Provence 2000.
267
Trad. Hamidullah pour toutes les citations coraniques de ce chapitre.
206
(Corpus coranique d’Othman 52/49).
Glorifie-le une partie de la nuit et au déclin des étoiles.
(Corpus coranique d’Othman 18/28).
Fais preuve de patience avec ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir, désirant Sa Face.
(Corpus coranique d’Othman 24/36).
Dans des maisons [des mosquées] qu'Allah a permis que l'on élève, et où Son Nom est invoqué…
(Corpus coranique d’Othman 6/52).
Et ne repousse pas ceux qui, matin et soir, implorent leur Seigneur, cherchant Sa Face ‹Wajh›.
(Corpus coranique d’Othman 14/40).
Invoquer Allah donc, en lui vouant un culte exclusif, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.
(Corpus coranique d’Othman 6/71).
Dis: ‹Invoquerons-nous, au lieu d'Allah, ce qui ne peut nous profiter ni nous nuire?
(Corpus coranique d’Othman 3/190-1).
En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l'alternance de la nuit et du jour, il y a
certes des signes pour les doués d'intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs còtés,
invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant): ‹Notre Seigneur! Tu n'as
pas créé cela en vain. Gloire à Toi! Garde-nous du chatiment du Feu.
(Corpus coranique d’Othman 4/102-3).
Quand vous avez accompli la Prière, invoquez le nom d'Allah, debout, assis ou couchés sur vos
còtés. Puis lorsque vous êtes en sécurité, accomplissez la Prière (normalement), car la Prière
demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.
(Corpus coranique d’Othman 21).
(Corpus coranique d’Othman 5/114).
(Corpus coranique d’Othman 19/3-6).
(Tabaranî, Mu’jam al-Kabir 6142).
Le prophète a dit :
-Il n'y a pas de gens qui lèvent leurs mains pour demander à Allah (de Ses biens) sans qu'Allah ne
207
leur mette dans leurs mains ce qu'ils ont demandé.
(Tabarani, Al-Mu'jam al-Kabir 3/98/1).
Quand vous appelez Allah, alors invoquez avec les paumes de vos mains, et n’invoquez pas avec
leurs dos, et quand vous finissez, essuyez vos visages avec.
(Ibn Hanbal, Musnad 4, no. 267).
L’envoyé d'Allah a dit:
-La dua est le rituel.
Puis il récita:
-Et votre seigneur a dit: Appelez moi, je répondrai à votre prière.
(Muslim, Sahih 9-1490).
Anas ibn Malik a dit : "J'ai vu le prophète élever ses mains en invoquant au point qu'on pourrait
apercevoir le blanc de ses aisselles".
(Hanbal, Musnad 5/294).
Le prophète interdit de lever les yeux au ciel et émis un avertissement à ce sujet. Il dit :
-Quand l’un d’entre vous est en train de prier, il ne doit pas lever les yeux au ciel à moins qu’il soit
aveugle.
(al-Tirmidhi, Hadith 2686).
Le prophète nous dit :
-Celui qui n’invoque pas Allah encourrera la colère d’Allah.
(Bostani, Hadith shiite 4).
Le prophète dit:
-Celui qui invoque Allah par rapport à ceux qui omettent de le faire est pareil à un combattant
parmi les fuyards dans le champ de bataille. Or la demeure finale de ce dernier est le paradis.
(An Nawawi, Hadith 1459).
Selon Ali , le messager d’Allah lui dit une fois ainsi qu’à son épouse:
-Quand vous regagnez votre lit, dites trente fois de suite Allahu akbar trente fois de suite Alhamdu
lillah. Dans une autre version on dit trente quatre fois Subhanallah, et dans une troisième version on
dit trente quatre fois Allahu akbar.
(Muslim, Sahih 375).
Anas ibn Malik rapporte que le prophète avant d’entrer dans les toilettes, disait : « Ô Allah, je
cherche refuge auprès de toi contre les démons de la race male et femelle »
208
(Muslim, Sahih 899).
Aïsha, épouse du Prophète rapporté que le Prophète disait lorsque le vent soufflait très fort :
- « Ô Allah, je te demande de m’accorder son bien, le mieux qui s’y trouve et le bien dont il est
chargé, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, le pire qui s’y trouve et le mal dont il est
chargé ».
(Muslim, Sahih 486).
Aïcha rapporte également : il fut une nuit où je m’était réveillée sans trouver le Prophète sur le lit et
lorsque je me suis mise à le chercher, j’ai posé ma main sur l’intérieur de ses deux pieds joints, alors
qu’il se prosternait et disait :
-« Ô Allah, je cherche refuge en Ton agrément contre Ta colère, en Ton pardon contre Ton
chatiment, je me réfugie auprès de Toi contre Toi ; je ne puis dénombrer des louanges pour Toi. Tu
es comme Tu T’es loué Toi-même ».
(Dawud, Hadith 466).
Abu Humayd et Abu Asyad ont rapporté que la Prophète a dit :
-« Si quelqu’un d’entre vous entre dans une mosquée, il doit prier pour le Prophète avant de dire :
Ô Allah, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde ; et lorsqu’il en sort, il doit dire également : Ô
Allah, je te demande de m’accorder de Ta grâce »
(Malik, Muwatta 448).
… l’envoyé d’Allah se rendit au lieu de prière pour faire la prière consacrée à la demande de la
pluie, en changeant la disposition de son vêtement, en s’orientant vers la qibla.
(Malik, Muwatta 449).
… quand l’envoyé d’Allah invoquait Allah pour obtenir la pluie, il disait :
-Allah ! Abreuve tes adorateurs et tes bêtes, étale ta miséricorde et rends la vie à ton pays mort.
(at Tirmidhi, Hadith 3623).
Le meilleur dikhr est la parole laa ilaaha illallaah et la meilleure supplique est la parole al
Hamdulillaah.
268
(Nisa, Hadith 3/55).
Le messager disait :
268
Louange à Allah.
209
-Allah, par ta connaissance de l’Invisible et ton pouvoir sur toute création, garde moi en vie aussi
longtemps que vivre est bon pour moi, et provoque ma mort quand tu sais que la mort est bonne
pour moi. Allah, fasse que je te craigne en secret et en public, fasse que je parle sincèrement aux
moments de contentement et aux moments de colère, fasse que je sois modéré dans la pauvreté et
dans la richesse, je te demande une bénédiction qui ne cesse pas, un contentement qui ne cesse
jamais, et l’acceptation de ton décret. Je te demande une bonne vie après la mort, et je te demande
la joie de regarder ton visage et le désir de te rencontrer, sans adversité douloureuse ou discorde. Ô
Allah, orne nous de la beauté de la foi, guide nous et fais de nous un guide pour les autres.
(Bostani, Hadith shiite 36).
Le prophète dit:
La dua est l'arme du croyant, le pilier de la religion et la lumière des cieux et de la terre.
(Bukhari, Sahih 1/15/1).
L'oncle paternel de 'Abbad ibn Temîm a dit : "Le Prophète sortit pour faire les rogations et il
changea la disposition de son manteau.269
(Bukhari, Sahih 1/15/2).
De l'invocation du Prophète : "Fais que ces années soient comme les années de Joseph."
D'après Abu Hurayra, le Prophète, lorsqu'il relevait la tête après la dernière rika', disait :
-"Ô Allah, délivre 'Ayyash ibn Abu-Rabî'a ; ô mon Allah, délivre Salama ibn Hisham ; ô mon Allah
délivre El-Walîd ibn El-Walîd.270 ; ô Allah, délivre tous les faibles d'entre les musulmans ; ô Allah,
exerce rigoureusement ta puissance contre Modar ; ô Allah, fais que ces années soient comme les
années de Joseph."
Le Prophète dit encore :
-"Ghifar, que Allah lui pardonne ! Aslam, que Allah le préserve !".271
Tout ceci, rapporte le fils d'Abu-'z-Zinad, d'après son père, eut lieu à la prière du matin.
Masruq a dit : "Nous étions auprès d''Abdallah lorsque celui-ci nous parla en ces termes : "Le
prophète voyant certaines gens lui tourner le dos s'écria :
-"Ô Allah, sept (années) comme les septs (années) de Joseph !"
269
C'est-à-dire mettait le côté droit à gauche, le côté gauche à droite, en retournant l'étoffe. C'est,
disent les commentateurs, pour donner un présage symbolique du changement du temps. Cette
pratique devient presque rituelle dans la prière des rogations ; on rapporte d''Omar qu'il s'y
conforma.)."
270
Musulmans restés à la Mecque au milieu des Quraysh et en butte à leurs mauvais traitements.
271
Jeux de mots intraduisibles en français entre "ghifar" et pardonner, aslam et préserver. (n. du
trad.)
210
Aussitôt commença une sécheresse qui détruisit tout au point qu'on dut manger des peaux, des
cadavres et des charognes. Chacun regardait le ciel croyant voir quelque vapeur tant il souffrait de la
faim. Abu-Sufyan vint trouver le Prophète et lui dit :
-"Ô Mohammed, tu ordonnes d'être soumis à Allah et bon envers ses parents : or tes contribules
sont sur le point de périr ; invoque donc Allah en leur faveur." Allah a dit : "Guette le jour où le ciel
apportera une vapeur visible272 jusqu'à ce passage" certes vous retournerez (à l'infidélité)273; "Le jour
où nous infligerons la plus grande épreuve"274 , or l'épreuve eut lieu le jour de Badr ; et la fumée,
l'épreuve, le massacre prédits par le Coran se réaliseront comme la prédiction du verset I de la
sourate Er Rum.275
(Bukhari, Sahih 1/15/3).
Du fait de la population de demander à l'imam des rogations lorsqu'elle souffre de la sécheresse. Le
père d''Abdallah ibn Dînar a dit : "J'ai entendu Ibn-'Omar citer ce vers de Abu-Talib : "Et à cause de
son blanc visage, le nuage sollicité donnera la pluie. Il sera le soutien des orphelins et le protecteur des
veuves."
Omar ibn Hamza rapporte que Salim tenait de son père le propos suivant : "Parfois je me
remémorai les paroles du poète tout en regardant le Prophète faire les rogations (en chaire) ; car il
n'était pas descendu que l'eau se précipitait de toutes les gouttières."Et ces paroles "Et à cause de son
blanc visage, le nuage sollicité donnera la pluie. Il sera le soutien des orphelins, le protecteur des vieux"276
sont de Abu-Talib."
D'après Anas ibn Malik : 'Omar ibn El-Khattab, lorsqu'une sécheresse survenait, fait les rogations
en invoquant le nom d'El-Abbas ibn 'Abdelmuttalib ; il disait :
-"Ô mon Allah, nous nous recommandions auprès de toi de notre Prophète et tu nous donnais de la
pluie, (maintenant) nous nous recommandons auprès de toi de l'oncle paternel de notre Prophète,
donne-nous la pluie."
Et alors la pluie tombait.
(Bukhari, Sahih 1/15/4).
Du changement de la disposition du manteau pour les rogations.D'après 'Abdallah ibn Zayd : Le
Prophète ayant à faire les rogations changea la disposition de son manteau.D'après 'Abdallah ibn
Zayd : Le Prophète sortit pour se rendre au mosalla. Il fit la prière des rogations en se tournant vers
272
Q 44/9.
Q 44/49.
274
Q 44/15.
275
Le verset I de la sourate Er-Rum, qui prédit la future victoire des Grecs sur les Perses, est donné
d'ordinaire par les Musulmans, comme une preuve de la mission prophétique de Mohammed, cette
prédiction s'étant réalisée. (N. d. T.).
276
Extrait d'une qasîda de 110 vers attibuée à Abu-Talib ; le personnage dont il est question ici serait
le Prophète enfant, qui, dans une sécheresse au temps du paganisme, aurait déjà obtenu de l'eau
pour Quraysh. (N. d. T.).
273
211
la qibla après avoir retourné son manteau ; puis il pria deux rika'.Selon Ibn-'Oyayna, dit El Bukhari,
cet 'Abdallah ibn Zayd serait celui qui vit en songe l'appel à la prière.277
(Bukhari, Sahih 1/15/5).
Par la disette Allah punit les hommes lorsqu'ils ont violé les prescriptions divines.278
(Bukhari, Sahih 1/15/6).
Des rogations dans la grande mosquée.'Abdallah ibn Abu-Namir a entendu Anas ibn Malik
rapporter ce fait qu'un homme, un vendredi, entra par la porte qui fait face à la chaîne tandis que
l'Envoyé d’Allah, debout, faisait le prône. Cet homme se dirigea vers l'Envoyé d’ Allah qui était
debout et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les routes sont désertes ; invoque Allah pour qu'il nous
envoie la pluie".
L'Envoyé d’Allah éleva alors ses deux mains et s'écria par trois fois :
-"Ô mon Allah, donne-nous la pluie !"
A ce moment, ajouta Anas, par Allah ! nous ne voyions pas dans le ciel le moindre nuage, la
moindre brume, rien enfin et cependant aucune tente, aucune maison ne nous dérobait la vue du
Sal'. Bientôt on vit s'élever derrière cette montagne un nuage semblable à un bouclier. Arrivé au
milieu du ciel ce nuage s'étendit, puis la pluie tomba. Par Allah ! nous ne vîmes pas le soleil durant
une semaine. Ensuite, le vendredi suivant, un homme pénétra par la même porte (que l'homme
précédent) tandis que l'Envoyé d’Allah, debout, faisait le prône. Alors faisant face au Prophète qui
était debout, cet homme dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les chemins sont déserts ; invoque Allah pour qu'il
arrête la pluie."
L'Envoyé d’Allah leva les mains et s'écria :
-"Ô mon Allah (fais qu'il pleuve) autour de nous, non sur nous ; ô mon Allah (fais qu'il pleuve) sur
les tertres, sur les montagnes, les collines, les vallées et les forêts !"
Aussitôt la pluie cessa et nous sortîmes marchant au soleil."Sharîk dit : "Je demandai à Anas si
c'était le même homme que le premier. Il me répondit qu'il n'en savait rien."
(Bukhari, Sahih 1/15/7).
Des rogations faites, durant le prône du vendredi, sans se tourner vers la qibla. Charîk rapporte
d'après Anas ibn Malik, qu'un vendredi un homme entra dans la mosquée par la porte qui est du
côté de la maison de l'extinction de la dette (cette maison, qui avait appartenu à 'Omar, fut vendue
277
Ce personnage vit en songe l'adhan ou appel à la prière, avant qu'il ne fût institué ; à la suite de
son rêve le Prophète prescrivit l'adzan) ; mais cela est douteux, car le personnage en question ici
était 'Abdallah ibn Zaïd ibn 'Asim-El-Mazin des Ansar. (n. du trad.)
278
On ignore par suite de quelles circonstances les hadiths qui devaient figurer sous cette rubrique
ont disparu. (N. d. T.).
212
après sa mort pour acquitter une dette. Ce fut le calife Mo'awiya qui l'acheta. On l'appela d'abord
"maison de l'acquittement de la dette d''Omar", puis tout simplement "maison de l'extinction de la
dette."), tandis que l'Envoyé d’Allah, debout, faisait le prône. Il se dirigea vers l'Envoyé d’Allah qui
était debout et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les chemins sont déserts ; invoque Allah pour qu'il
fasse pleuvoir."
L'Envoyé d’Allah éleva alors ses deux mains et s'écria par trois fois :
-"Ô mon Allah, fais pleuvoir."
A ce moment, ajoute Anas, par Allah ! nous ne voyions pas dans le ciel le moindre nuage, la
moindre brume et cependant aucune tente, aucune maison ne nous dérobait la vue du Sal'. Bientôt
on vit s'élever derrière cette montagne un nuage semblable à un bouclier. Arrivé au milieu du ciel,
ce nuage s'étendit, puis la pluie tomba. Par Allah ! nous ne vîmes pas le soleil durant une semaine.
Ensuite, le vendredi, c'est-à-dire le vendredi suivant, un homme pénétra par la même porte (que
l'homme précédent), tandis que l'Envoyé d’Allah, debout, faisait le prône. Alors faisant face au
Prophète qui était debout, cet homme dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les chemins sont déserts ; invoque Allah pour qu'il
arrête la pluie."
L'Envoyé d’Allah leva les mains et s'écria :
-"Ô Allah, (fais qu'il pleuve) autour de nous, non sur nous, ô mon Allah, (fais qu'il pleuve) sur les
tertres, les collines, le fond des vallées et les forêts !"
Aussitôt la pluie s'arrêta et nous sortîmes marchant au soleil. Sharîk dit : "Je demandai à Anas si
c'était le même homme que le premier. Il me répondit qu'il n'en savait rien."
(Bukhari, Sahih 1/15/8).
Anas ibn Malik a dit : "Un vendredi, tandis que l'Envoyé d’Allah faisait le prône, survint un homme
qui dit : "
-Ô Envoyé d’Allah, la pluie fait défaut, invoque Allah pour qu'il fasse pleuvoir."
Le Prophète fit l'invocation et il y eut une telle pluie que nous eûmes peine à rentrer dans nos
demeures. La pluie ne cessa de tomber jusqu'au vendredi suivant. Cet homme ou un autre, ajouta
Anas, se leva alors et dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, invoque Allah afin qu'il éloigne de nous la pluie."
L'Envoyé d’Allah prononça ces mots :
"Ô Allah, autour de nous, mais non sur nous !"
Aussitôt je vis les nuages se disperser à droite et à gauche et verser la pluie mais non plus sur les
habitants de Médine."
(Bukhari, Sahih 1/15/9).
213
De ceux qui se contentent de la prière du vendredi en manière de rogations. Anas dit : "Un homme
vint trouver l'Envoyé d’Allah et lui dit :
-"Les troupeaux périssent, les chemins sont déserts."
Le Prophète fit une invocation et nous reçûmes la pluie de ce vendredi au vendredi suivant. Cet
homme revint alors et dit :
-"Nos maisons s'effondrent, nos chemins sont défoncés, les troupeaux périssent. Prie Allah de faire
cesser la pluie."
Le Prophète dit alors :
"Ô Allah, (fais qu'il pleuve) sur les tertres, sur les collines, dans les vallées et sur les forêts !"
Aussitôt Médine fut débarrassée des nuages comme on se débarrasse d'un manteau."
(Bukhari, Sahih 1/15/10).
De l'invocation lorsque les routes sont défoncées par l'abondance de la pluie. Anas ibn Malik a dit :
"Un homme vint trouver l'Envoyé d’Allah et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les chemins sont déserts ; invoque Allah."
L'Envoyé d’Allah invoqua Allah et la pluie tomba du vendredi au vendredi. Alors un homme vint
trouver l'Envoyé d’Allah et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les maisons s'effondrent, les chemins sont défoncés, les troupeaux périssent."
L'Envoyé d’Allah prononça ces mots :
-"Ô Allah, (fais qu'il pleuve) sur les sommets des montagnes, sur les collines, dans le fond des
vallées et sur les forêts !"
Médine fut débarrassée de la pluie comme on se débarrasse d'un manteau."
(Bukhari, Sahih 1/15/11).
Que, suivant certains, le prophète ne changea pas la disposition de son manteau en faisant les
rogations un vendredi.
D'après Anas ibn Malik : Un homme se plaignit au Prophète du dépérissement des troupeaux et de
la détresse des familles. Le prophète demanda à Allah de faire pleuvoir. Anas ne dit pas que le
Prophète changea la disposition de son manteau, ni qu'il se tourna du côté de la qibla.
(Bukhari, Sahih 1/15/13).
Les infidèles demandent l'intervention des musulmans lors de la sécheresse (pour qu'ils fassent des
rogations). Masruq a dit : "J'allai trouver Ibn-Masud qui me dit : "Les Quraysh ayant tardé à
embrasser l'islamisme, le Prophète invoqua Allah contre eux. Aussi une sécheresse commença qui
les fit périr ; ils (durent) manger des cadavres et des os."
Alors Abu-Sufyan vint trouver le Prophète et lui dit :
-"Ô Muhammed, tu es venu nous ordonner d'être bons envers nos parents. Or tes contribules
périssent, invoque Allah (en leur faveur).
214
Le Prophète récita (ces paroles du Coran) : "Guette le jour où le ciel apportera une vapeur
visible"...279
Puis, les Quraysh retournèrent à l'infidèlité ainsi que l'indiquent ces mots :
-"Le jour où nous infligerons la plus grande épreuve, nous nous vengerons"280
[Cette épreuve] c'était le jour de Badr."Asbat, d'après Mansur, ajoute : "L'Envoyé d’Allah fit une
invocation ; les Quraysh reçurent la pluie qui dura sept jours. Puis, comme le peuple se plaignait de
cette surabondance de pluie, le Prophète s'écria :
-"Ô mon Allah, autour de nous, non sur nous !" Les nuages s'éloignèrent de dessus sa tête et
allèrent verser la pluie sur des populations voisines.
(Bukhari, Sahih 1/15/14).
De l'invocation : "Autour de nous, non sur nous !" Quand il y a abondance de pluie. Anas ibn Malik
a dit : "Un vendredi le prophète faisait le prône. Les fidèles se levèrent en disant à grands cris :
-"Ô Envoyé d’Allah, la pluie fait défaut, les plantes sont grillées, les animaux succombent ; invoque
Allah afin qu'il nous donne la pluie."
Le Prophète s'écria alors par deux fois :
-"Ô Allah, abreuve-nous."
Anas ajouta : "J'en jure par Allah, nous ne voyions pas à ce moment la moindre brume de nuage. un
nuage se forma à l'instant et la pluie tomba. Le prophète descendit de la chaire et fit la prière.
Depuis le moment où il se fut éloigné la pluie ne cessa de tomber jusqu'au vendredi suivant.
Lorsque (ce vendredi-là) le Prophète se leva pour faire le prône, on lui cria :
-"Les maisons s'effondrent, les routes sont défoncées ; invoque Allah afin qu'il retienne la pluie loin
de nous."
Le Prophète sourit et dit :
-"Ô Allah, autour de nous, non sur nous !"
A l'instant une éclaircie se produisit sur Médine et la pluie tomba en dehors de la ville sans qu'une
seule goutte en tombat à l'intérieur. Je regardai alors Médine qui semblait être entourée d'une
auréole."
(Bukhari, Sahih 1/15/15).
Des prières des rogations faites debout. Abu-Nuaym rapporte de Zuhayr, qui le tenait de AbuIshaq, que 'Abdallah ibn Yazîd-el-Ansari était sorti avec El-Bara ibn 'Azib et Zayd ibn Arqam pour
faire des rogations. Il se tint debout, mais non sur une chaire, et pria deux rika' en récitant à haute
voix (les sourates du Coran) ; il y eut ni appel à la prière, ni iqama. Abu-Ishaq ajoute que 'Abdallah
ibn Yazîd vit281 le Prophète. 'Abbad ibn Tamîm raconte que son oncle paternel, qui était un des
279
Q 44/15.
Q 44/15.
281
ou plus exactement : « rapportait qu'il avait vu le Prophète agir ainsi ». (N. d. T.).
280
215
compagnons du Prophète, lui a rapporté que le Prophète, étant sorti avec les fidèles pour faire des
rogations en leur faveur, se leva et fit son invocation debout. Ensuite il se tourna du côté de la qibla
et changea la disposition de son manteau. La pluie se mit alors à tomber.
(Bukhari, Sahih 1/15/16).
Qu'il faut réciter le Coran à haute voix dans la prière des rogations. D'après 'Abbad ibn Tamîm, son
oncle paternel a dit : Le prophète, étant sorti pour faire des rogations. Il tourna le dos aux fidèles et
dirigea sa face vers la qibla pour faire l'invocation. Puis il changea la disposition de son manteau et
pria ensuite pour nous deux rika' en récitant à haute voix du Coran."
(Bukhari, Sahih 1/15/19).
Des rogations faites au mosalla.D'après l'oncle paternel de 'Abbad ibn Tamîm, le Prophète sortit
pour se rendre au mosalla282 faire les rogations ; il se tourna du côté de la qibla, pria deux rika' et
retourna son manteau. Sufyan ajoute que Masudi l'a informé qu'il tenait d'Abu-Bakr que le
prophète mit le côté droit (du manteau) à gauche.
(Bukhari, Sahih 1/15/21).
Du fait des fidèles de lever les mains en même temps que l'imam lors des rogations. Yahya ibn Sayd
a entendu Anas ibn Malik dire : "Un homme, un arabe du désert, vint trouver l'Envoyé d’Allah un
vendredi et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les familles disparaissent, le peuple meurt."
L'Envoyé d’Allah leva ses deux mains et fit une invocation. Les fidèles levèrent leurs mains en
même temps que l'Envoyé d’Allah en faisant l'invocation. Nous n'étions pas sortis de la mosquée,
dit Anas, que la pluie tomba et nous ne cessames de voir tomber la pluie jusqu'au vendredi suivant.
L'homme revint vers l'Envoyé d’Allah et lui dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les voyageurs sont arrêtés, les chemins sont impossibles." Suivant Charîk, Anas
aurait dit : "le prophète leva les mains (si haut) que je vis le blanc de ses aisselles."
(Bukhari, Sahih 1/15/22).
Du fait de l'imam de lever les mains pour les rogations.Anas ibn Malik a dit : "Le prophète n'élevait
jamais ses mains durant aucun invocation sauf pour les rogations ; alors il les élevait au point qu'on
voyait le blanc de ses aisselles."
(Bukhari, Sahih 1/15/24).
282
Un endroit à l'air libre pour faire des prières exceptionnelles.
216
De celui qui est inondé par la pluie au point que sa barbe en ruisselle. Anas ibn Malik a dit : "Au
temps de l'Envoyé d’Allah une sécheresse sévit sur la population. Un vendredi, pendant que
l'Envoyé d’Allah faisait la prière en chaire, un bédouin se leva et dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les troupeaux périssent, les familles ont faim. Invoque Allah afin qu'il nous
abreuve."
L'Envoyé d’Allah, ajoute Anas, éleva ses deux mains. Aucune brume n'était dans le ciel à ce
moment. Bientôt, continue Anas, des nuages pareils à des montagnes s'amoncelèrent, et le Prophète
n'était pas descendu de la chaire que je vis la pluie ruisseler sur sa barbe. Nous reçûmes la pluie,
poursuivit Anas, ce jour-là, le lendemain, le surlendemain et les jours suivants jusqu'au vendredi
qui vint après. Ce même bédouin ou un autre individu, dit encore Anas, se leva et dit :
-"Ô Envoyé d’Allah, les maisons s'effondrent, les troupeaux sont noyés ; invoque Allah en notre
faveur."
L'Envoyé d’Allah éleva ses deux mains en s'écriant :
-"Ô Allah, autour de nous, mais pas sur nous !" A peine l'Envoyé d’Allah avait-il fait signe de ses
deux mains vers un point du ciel que les nuages s'y dissipèrent et que Médine se trouva entourée
d'une sorte d'auréole. La pluie fut si abondante que le torrent de Qana coula durant un mois. Anas
termine ainsi : "Personne ne vint des contrées voisines sans parler de cette pluie diluvienne."
(Bukhari, Sahih 1/15/25).
Lorsque le vent souffle. Humayd a entendu Anas ibn Malik dire : "Lorsque le vent soufflait avec
violence on le reconnaissait au visage du Prophète."283
(Bukhari, Sahih 1/15/26).
De ces paroles du prophète : "J'ai été aidé par le vent d'est."284 D'après Ibn-'Abbas, le prophète a dit
:
-"J'ai été aidé par le vent d'est, tandis que 'Ad a péri par le vent d'ouest."
(Bukhari, Sahih 1/15/27).
De ce qui a été dit au sujet des tremblements de terre et des signes précurseurs. D'après Abu
Hurayra, le prophète a dit :
-"L'heure dernière ne se lèvera pas avant que la science ne disparaisse, que les tremblements de
terre deviennent fréquents, que le temps se rapproche285, que les troubles se manifestent, que le
283
Le grand vent effrayait le Prophète ; il craignait toujours que ce fût l'annonce d'un chatiment
céleste. (N. d. T.).
284
Allusion, suivant les commentateurs, au vent qui renversa les tentes des Confédérés dans la
guerre du Fossé et les décida à fuir sans combat. (N. d. T.).
285
les commentateurs ne sont pas bien fixés sur le sens de cette expression. Les uns pensent que
cela veut dire que, l'axe du monde s'étant déplacé, les jours seront partout égaux aux nuits. D'autres
y voient une allusion à l'arrivée prochaine de la fin du monde (N. d. T.).
217
haradj ne soit venu à son comble, c'est-à-dire l'habitude du meurtre, au point que les richesses
seront surabondantes parmi vous et déborderont." D'après Ibn Omar, le prophète dit :
-"Ô Allah, bénis-nous dans notre gauche et dans notre droite."
Certains compagnons ayant ajouté :
-"Et dans notre haut pays."
Le prophète répéta :
-"Ô Allah, bénis-nous dans notre gauche et dans notre droite."
Certains compagnons ayant répété :
-"Et dans notre haut pays", le prophète répondit :
-"Là-bas il y aura des tremblements de terre et des troubles grace auxquels la race du diable
s'élèvera."
(Bukhari, Sahih 1/15/28).
De ces mots du Coran : "Et vous placez votre reconnaissance à traiter le Coran d'imposture"286 Zayd
ibn Khalid al Johani a dit : "L'envoyé d’Allah fit pour nous la prière du matin à El-Hodaïbiya à la
suite d'une pluie qui avait eu lieu pendant la nuit. Quand le prophète fut revenu à sa place il se
tourna vers les fidèles et dit :
-"Savez vous ce qu'a dit votre Seigneur ?
- Allah et son Envoyé le savent mieux que personne, répondirent-ils.
- Ce matin, a dit Allah, répliqua le prophète, il y a de mes adorateurs qui ont cru en moi et n'ont pas
cru aux étoiles. Mais ceux qui ont dit que c'était grace à telle ou telle étoile, n'ont pas cru en moi et
ont cru aux étoiles."
(Bukhari, Sahih 1/15/29).
Personne, si ce n'est Allah, ne sait quand viendra la pluie. – Abu Hurayra a dit, d'après le Prophète,
qu'il y avait cinq choses que Allah seul connaissait. Selon Ibn Omar, le prophète a dit :
-"Il y a cinq choses dont la clé du secret n'est connue que de Allah seul : Personne ne sait ce qui
aura lieu demain ; nul ne saura jamais d'avance ce qui est dans les matrices ; personne ne saura ce
qu'il fera demain ; aucun être ne sait dans quel pays il mourra ; enfin, nul ne sait quand la pluie
viendra."
(Muslim, Sahih 375).
Des invocations avant d’entrer dans les toilettes :
Anas ibn Malik rapporte que le Prophète, avant d’entrer dans les toilettes, disait :
- Ô Allah, je cherche refuge auprès de toi contre les démons de la race mâle et femelle.
(Muslim, Sahih 899)
Des invocation à dire en temps venteux
286
Q 56/81.
218
Aïsha, épouse du Prophète a rapporté que le prophète disait lorsque le vent soufflait très fort :
- Ô Allah, je te demande de m’accorder son bien, le mieux qui s’y trouve et le bien dont il est
chargé, et je cherche refuge auprès de Toi contre son mal, le pire qui s’y trouve et le mal dont il est
chargé
(Muslim, Sahih 484).
Aïsha rapporte que le prophète disait pendant la prosternation et l’inclinaison :
-Gloire à Toi Allah, notre seigneur et louange à toi, seigneur absous-moi ».
(Muslim, Sahih 486).
Aïsha rapporte également : il fut une nuit où je m’était réveillée sans trouver le prophète sur le lit et
lorsque je me suis mise à le chercher, j’ai posé ma main sur l’intérieur de ses deux pieds joints, alors
qu’il se prosternait et disait :
- Ô Allah, je cherche refuge en Ton agrément contre Ta colère, en Ton pardon contre Ton
châtiment, je me réfugie auprès de Toi contre Toi ; je ne puis dénombrer des louanges pour Toi. Tu
es comme Tu T’es loué Toi-même ».
(Abu Dawud, Hadith 466).
Nous n’oublions pas également que celui qui prie récite la prière d’Abraham pendant le tashahud ( la
position assise) et qui ne comporte pas de prière sur le prophète.
Cependant, parmi les invocations spécifiques qui comportent la prière sur le Prophète il y a :
-Celles à dire en entrant dans une mosquée :
Abu Humayd et Abu Asyad ont rapporté que le prophète a dit :
-Si quelqu’un d’entre vous entre dans une mosquée, il doit prier pour le Prophète de dire :
-Ô Allah, ouvre-moi les portes de Ta miséricorde ;
et lorsqu’il en sort, il doit dire également :
-Ô Allah, je te demande de m’accorder de Ta grâce.
(Muslim, Dawud 384).
Des invocations à dire lorsqu’on entend l’appel à la prière
Abd Allah ibn Omar ibn Aas rapporte qu’il a entendu le prophète dire :
-Si vous entendez le muezzin, répétez ce qu’il dit puis priez pour moi, car toute personne qui aura
prié pour moi une seule fois Allah priera pour lui dix fois. Ensuite, demandez à Allah de m’accorder
la place éminente, car c’est une station au paradis que seul le serviteur d’Allah mérite et je voudrais
être ce serviteur. J’intercéderai en faveur de toute personne qui aura demandé à Allah de
m’accorder cette place éminente.
219
4
Sacrifices
Sacrée boucherie
220
1
Introduction générale
Faire saigner pour le Seigneur
Comme dans tout système religieux, notamment les plus archaïques, le sacrifice reste l’acte
fondamental et fondateur. Pour les anthropologues, il est une aubaine, et quasi une chose
pornographique: le sacrifice les met en transe, agite leur imagination en tout sens, et les fait
écrire pendant des dizaines de kilomètres de lignes. Enlevez le sacrifice à René Girard,
qu’est-ce qui lui reste à raconter? Trêve de plaisanterie (mais les prophètes, à force, on n'en
peut plus), car le phénomène est en effet essentiel, et s’il a permis de dire souvent n’importe
quoi, c’est qu’il est véritablement difficile à appréhender, et que les lectures qu’on peut en
avoir sont nombreuses. Pour l’humanité, pour les Arabes, pour l’islamisme aussi, même si
dans ce dernier cas, la confusion règne.
Il constitue le lien entre les hommes et le surnaturel, et regroupe les individus dans la
consommation des viandes. Ici, le rite est laissé dans toute sa nature primitive, alors que
dans le judaïsme et le christianisme, il y a contestation ou transformation du rite. Il n’y a
aucune différence entre le rituel précédent et celui qu’organise le mouvement provoqué par
287
Muhammad. C’est ainsi que l’islamisme se place dans la continuité des religions antiques,
sur le plan du rituel.
Une des clés de compréhension du sacrifice est celle-ci (mais il y en a tant d'autres, dans un
phénomène qui touche l'ensemble de l'Humanité): en imposant des règles strictes à la mise à
mort et à la consommation d'un animal, l'humain tente de faire oublier qu'il est un animal
lui aussi, en tout point équivalent à l'organisme qu'il va tuer. Sortir donc de l'animalité,
entrer dans l'humanité par le rite, et devenir l'homo religiosus.
Qu'il nous soit permis d'affirmer que le procédé, commun à l'humain générique, s'il est
poussé à ses extrémités, confine à la catastrophe: qui fait l'ange fait la bête, dit le proverbe.
288
Guy G. Stroumsa, La fin du sacrifice : les mutations religieuses de l'Antiquité tardive, Paris 2005
221
L'humain perd tant d'humanité à rejeter sa part animal, qui lui est constitutive. Les
cyniques ne disaient pas autre chose. Les musulmans, par les entraves multiples qu'ils ont
pu d'imposer, sont ceux qui ont voulu d'éloigner le plus de l'animalité, et de ce fait, ils ont
fini par s'approcher de la bestialité, dans les rapports avec autrui... Qui fait l’ange fait la
bête.
L’islamisme provoque sur ce point un brusque retour en arrière dans les mentalités: il est
bien connu que les rituels les plus archaïques sont aussi les plus efficaces et les plus respectés.
Ils comblent aussi l’attirance sinistre de l’espèce humaine pour la mise à mort d’êtres
vivants, mise à mort ici mise en scène, et qui espère conjurer celle de chacun, la maîtrise de
la violence, et la manipulation du sang, matière qui émerveille.
Autrefois, le sacrifice, qui est rappelons-le, un élément central de tout système religieux,
était conçu, sur le plan théologique, comme un moyen d’entrer en relation avec le
surnaturel, par l’intermédiaire d’un animal considéré comme une victime, au sens noble du
terme. Sur le plan étymologique, et dans son essence, il est positif, et correspond à une
transformation favorable d’une chose : rendre sacré, mot-à-mot.
Ainsi s’établit un contrat entre hommes et dieux, commun à de multiples cultures. Bien
entendu, quand l’aspect alimentaire de l’acte apparaît, une incohérence surgit : le sacrifice
n’en est plus un, puisque l’humain en profite. Chacun trouvera une solution au dilemme.
Certains finiront par rejeter le sacrifice comme relation, en entier, et la Bible des juifs
commence à en porter la trace. Pour autant, il n’était pas question de supprimer ce qui
plaisait tant, la fête, et le barbecue. Alors là aussi, l’homme a dû ruser. L’islamisme est en
plein dans cette difficulté : maintenir dans la pratique un rite qui n’a plus sa justification
théologique. On verra plus loin les façons de s’en sortir, qui ne brillent pas par leur
inventivité, ce qui fait que le rite n’est plus vraiment quoi qu’on en dise, un sacrifice, mais
plutôt une mise à mort rituelle.
Nous avons dit relation, mais il est possible de raffiner un peu l’analyse et de trouver des
fonctions précises derrière ce terme. Il existe d’abord la fonction de Communion, qu’elle
réunisse, dans un acte symbolique, un repas, hommes et dieux, et hommes entre eux. Ensuite
se faufile le sacrifice d’Expiation, qui a pour but de faire ressentir un manque et à la fin qui
est un genre de peine, plus spectaculaire que les autres. Il est reconnaissable par la
consommation de la viande, non pas par le sacrifiant, mais par les autres. Le mal qui est
expié est rarement moral, mais rituel.
Enfin, et cela ne choquera personne, la propitiation est ce que l’on recherche, c’est-à-dire la
chance, un avantage particulier, une faveur. Là, on se trouve dans le schéma de la
contrepartie, du « do ut des », « Je donne pour que tu donnes ».
L’islamisme aura à gérer toutes ces formes, rejetant, intégrant, modifiant ce qui se faisait
avant, et à la fin, il n’y aura guère que l’apparence des choses plutôt que le phénomène luimême. A la fin donc, le vrai grand sacrifice surgira comme un mirage plus que comme une
réalité.
Car le sacrifice, même incompris, reste un pilier social, comme le repas du dimanche : il est
l’occasion idéale pour que s’exprime les tendances et les structures des sociétés. Nous en
présentons deux : la domination de l’homme sur la femme, car le rite exclut la femme, et
l’homme tient le couteau, et tue, au nom de sa famille : il est celui qui peut tuer, et qui
222
nourrit. Ainsi est consacrée sa prééminence. Autre tendance profonde des sociétés
islamiques, et qui est en lien avec la précédente : l’intégration de la violence la plus
sanglante et la plus collective possible, au cœur du système. La viande, le sang, le couteau,
le mort, tout ce qui horrifie les enfants, lesquels (les garçons) étant intégrés au spectacle dès
que possible. Comme le rite, aussi atroce soit-il, est intégré à la fête, à la convivialité et la
cuisine succulente des femmes, la violence qu’il contient à rabord est vite compris comme
inévitable, et peut même être mis en valeur.
Ainsi va le sacrifice sanglant alimentaire, tel que les ethnologues et anthropologues le
connaissent. Ce sont là les règles précises, et il serait plus honnête de rappeler que très vite,
dans le monde musulman, de multiples usages erratiques se sont constitués, avec des
exceptions innombrables. L’islamisme nous a habitué à la coexistence de règles impérieuses,
de menaces lugubres, et à côté, d’un laissez-aller allié à la complaisance la plus large.
Le lien, dès lors, avec la doctrine, est très distandu, et même, osons le dire, absent. C’est
comme si le rite se développait sans contrôle véritable, et sans signification précise,
reproduit par mécanique pendant des générations, et voilà qui le rend absurde, au sens
strict. L’effort de spiritualisation, qui consiste à le lier à la fable d’Abraham est finalement
pathétique, tandis que de l’autre côté du spectre subsistaient diverses pratiques fondées sur
la contrepartie, et tirant vers la magie, puisqu’elles désiraient contrôler des forces.
Ce qui reste ? Le sang, le mort, la violence, et la nourriture, voilà les éléments
imperturbables du sacrifice à la mode islamique. Après, tout devient flou et disparate et la
fonction du sacrifice islamique, pour les anthropologues, reste obscure, ce qui explique que
même René Girard n’en parle pas ! Si l’on voulait résumer, cela se ferait ainsi, par une série
de séparation, pour enfin effacer l’imbécile idée que tout est lié : sacrifice mecquois #
sacrifice de la fête # sacrifice d’Abraham #sacrifice magique de contrepartie.
La fabrication progressive du système islamique d’action et de pensée a laissé subsister des
formes qui n’ont pas grand chose à voir avec la doctrine, et qui achève de donner à
l’ensemble une allure bariolée et finalement sympathique.
Reprenons la liste :
1-sacrifice commis à la Mecque pendant le pèlerinage : en apparence, la base.
2-celui qui en est dérivé, qui se répand dans le monde, et tente de s’accrocher à l’exemple
d’Abraham.
3-le sacrifice de la naissance.
Et là, viennent les formes plus hérétiques :
4-le sacrifice d’expiation, très souvent mentionné par les textes : celui effectué par
quelqu’un qui a commis une erreur quelconque dans le rite. Par exemple, qui a décidé de
laisser libre cours à sa frénésie sexuelle, alors qu’il était en état de sacralisation (le cas le
plus fréquent, à ce qu’il semble, et nous vou s en offrons quelques exemples). Ou qui a tué un
moustique. Grave, très grave tout ça, mais par chance, la réparation est tellement facile :
sacrifice offert à ses voisins. La procédure a dû attiser la surveillance de l’entourage. On
peut aussi subodorer que l’idée est venue afin de se concilier les populations voisines des
rituels mecquois, qui voulaient profiter de la manne. Le sacrifice devient pénalité, et
distribution de ressources : la religion comme on l’imagine est bien loin. Le résultat est que
tous les estomacs sont contentés et chacun est content ; c’est la fête.
223
Les vœux (NUDHUR) , enfin sont aussi accompagnés de sacrifices , qui sont soit préalables,
soit conditionnels : la distinction n’est pas claire. D’un côté, le procédé est mal vu,
déconseillé. Mais si le vœu a pour objet un sacrifice, inclus dans une promesse, il est aussi
mal vu de ne pas tenir sa parole… L’esprit juridique n’est pas très éloigné.
On rappelle à ce moment l’antique sacrifice d’Abd al Muttalib, qui était de ce type
justement. Il va de soi que la doctrine de pouvoir absolu et inconditionnel d’Allah convient
mal à ces petits marchandages, qui pourtant ont subsisté.
Les seuls sacrifices clairement prohibés concernent les cultes funéraires : interdiction de
sacrifier près d’une tombe, pour un mort. Là, ceux qui sont visés sont sûrement les chrétiens,
et leur culte des saints. Comme chaque fois que des ennemis sont désignés, la mesure est
respectée avec plus de sérieux….
Le sacrifice enfin est aussi un paravent : autrefois, il existait une multitude de moyens de
marquer sa vénération, en perdant quelque chose ; en gros, l’offrande, quelle qu’elle soit.
Le sacrifice, avec son caractère massif et spectaculaire, fait oublier toutes les autres
procédures d’offrandes, qui restent dans l’ombre. Cela pouvait aller du gâteau au troupeau
entier réservé pour la divinité.
Il est néanmoins possible que l’institution des fondations pieuses a été la suite des offrandes
païennes, transformées en réglementation et administration…
sacrifice végétal?
(Q6/136-8).
+++++++++++++++++++
(Malik, Muwatta 865).
Malek a rapporté que Ibn Shehab a dit:
-Celui qui fait offrande d'une bête, à titre d'amende ou de vœu, ou offrande d'une jouissance, et que
cette bête soit, au cours de la route, attaquée par un mal, doit en échange,en offrir une autre.
(Malik, Muwatta 866).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar a dit:
-Celui qui sacrifie une bête, puis que celle-ci s'égare ou périsse, si elle est un vœu, elle est à
échanger par une autre, et si elle est offerte volontairement, il peut, s'il le veut, ou l'échanger pour
une autre, ou ne rien faire.
(Malik, Muwatta 867).
Malik a rapporté qu'il a entendu, les hommes versés dire:
Celui qui fait une offrande, comme sanction ou sacrifice, ne peut rien manger de sa chair.
224
(Malik, Muwatta 871).
Sulayman Ibn Yassar a rapporté que Habbar Ibn Al-Aswad vint, le jour du sacrifice, alors que Omar
Ibn Al Khattab égorgeait une offrande, et lui dit:
-Ô prince des croyants! Nous avons commis une erreur en comptant, croyant que ce jour était le
jour de la station à Arafa»! Omar lui répondit: «Allez à la Mecque, faites avec vos compagnons, les
tournées processionnelles, et égorgez des offrandes si vous en avez avec vous. Puis rasez-vous,
coupez vos cheveux et revenez chez vous. Dès que le pèlerinage ultérieur est arrivé, faites le et offrez
les offrandes. Si vous ne les trouvez pas, jeûnez pour trois jours durant le pèlerinage, et sept autres
quand vous serez chez vous».
Malik a dit: «celui qui combine le pèlerinage et la visite pieuse, puis qu'il rate le pèlerinage, il doit
accomplir ultérieurement un autre, en combinant le pèlerinage et la visite pieuse, et en avançant
deux offrandes: l'une pour avoir combiné le pèlerinage et la visite pieuse, l'autre pour le pèlerinage
qu'il avait déjà raté».
(Malik, Muwatta 872).
Ata Ibn Abi Rabah a rapporté que Abdallah Ibn Abbas fut demandé au sujet d'un homme qui a
commercé avec sa femme, alors qu'il était à Mina, avant de déferler au tawaf el ifada »?
Il l'ordonna d'égorger une chamelle».
(Malik, Muwatta 873).
Ikrima, l'esclave de Ibn Abbas a rapporté:
-Je crois que ce n'était que Abdallah Ibn Abbas qui avait dit:
-Celui qui a eu des rapports avec sa femme, avant le déferlement, qu'il fasse une visite pieuse et une
offrande».
(Malik, Muwatta 874).
Malik a dit: «Qu'il a entendu Rabi'a Ibn Abi Abdel-Rahman dire qu'il est du même avis qu'Ibn
Abbas, à propos de ce qui est rapporté par Ikrima.
Malek a ajouté: «C'est ce qu'il m'est de plus plaisant d'entendre».
On demanda à Malik au sujet d'un homme qui a oublié le déferlement jusqu'à ce qu'il fût sorti de la
Mecque et retourné chez lui»?
Il répondit:
-Je pense que, s'il n'a pas eu des rapports avec sa femme, qu'il revienne déferler. Mais s'il a eu des
rapports avec sa femme, qu'il revienne déferler faire le tawaf el ifada, puis qu'il fasse une visite
pieuse et une offrande. Et il n'est pas admissible qu'il achète son offrande de la Mecque et de l'y
égorger. Cependant, s'il ne l'avait pas amenée avec lui, du lieu où il a fait la talbiat pour une visite
pieuse, il peut se l'acheter à la Mecque. Puis qu'il l'amène en dehors de l'enceinte sacrée pour la
conduire de nouveau à la Mecque pour l'y égorger.
225
(Malik, Muwatta 868).
On rapporta à Malik que Omar Ibn Al-Khattab, Ali Ibn Abi Taleb et Abu Hurayra ont été sollicité au
sujet d'un homme qui a eu des rapports avec sa femme, tout en étant en ihram.
Ils répondirent:
-Ils continueront les rites du pèlerinage jusqu'à l'accomplir; mais en revanche ils auront à faire,
l'année qui suit, un autre pèlerinage, et à offrir un animal en expiation».
Ali Ibn Abi Talib ajouta:
-S'ils font la talbiat pour un pèlerinage l'année qui suit, ils devront resté séparé jusqu'à
l'accomplissement du pèlerinage».
(Malik, Muwatta 869).
Yahya Ibn Sayd a entendu Sa'id Ibn al-Mussayab dire (en parlant aux fidèles):
-Que pensez-vous d'un homme qui, en état d'ihram, a eu des rapports avec sa femme»?
Comme leur réponse fut suspendue, Sa'id poursuivit:
-Un homme qui tout en étant en ihram a eu des rapports avec sa femme; il envoya consulter les
hommes versés à Médine. Quelques uns ont dit: «ils doivent se séparer jusqu'à l'année qui suit».
Sa'id dit: «qu'ils accomplissent les rites du pèlerinage qui leur manques; terminant, qu'ils rentrent
chez eux » S'ils sont aptes à faire, l'année qui suit, le pèlerinage, qu'ils l'accomplisent et qu'ils
avancent une offrande. Ils feront la talbiat du lieu où ils avaient commencé leur pèlerinage gâché,
l'année précédente, et se sépareront jusqu'à ce que leur pèlerinage soit achevé».
- Malik a ajouté: «Ils avanceront pour offrande, une chamelle».
- Malik a dit au sujet de l'homme, qui a eu des rapports avec sa femme, au cours du pèlerinage, alors
qu'il était à distance entre le déferlement de Arafa et le fait de jeter les cailloux, «qu'il doit offrir un
sacrifice, et faire l'année qui suit, un pèlerinage». Et il a ajouté: «S'il a eu des rapports avec sa
femme, après avoir lancé les cailloux, il aura à faire une visite pieuse, et une offrande, sans qu'il ait
en revanche un pèlerinage ultérieur».
- Malik a aussi dit: «celui, qui gâche son pèlerinage ou sa visite pieuse, à cause de ses rapports avec
sa femme, il doit une offrande même s'il n'y a pas eu une éjaculation. S'il y en a eu une, il doit de
même une offrande».
- Malik a finalement dit: «Au cas où l'homme éjacule sans qu'il ait des rapports charnels (ayant pensé
ou ragardé sa femme) il ne doit rien. Si l'homme enbrasse sa femme sans qu'il n'y ait éjaculation, il
ne doit qu'une offrande. D'autre part, la femme avec qui son mari a eu des rapports charnels, alors
qu'elle faisait une visite pieuse ou un pèlerinage, obéissant par là à ses ordres, elle doit une
offrande, et un pèlerinage ultérieur, si ces rapports ont eu lieu soit au cours du pèlerinage, ou au
cours d'une visite pieuse. Elle doit une autre visite pieuse, rattrapant celle qui a été gâchée, et une
offrande».
226
2
Bibliographie
Nous intégrons, encore dans le désordre, plusieurs tendances dans ce registre : les rares
travaux sur le sacrifice islamique proprement dit, et ses origines. Il a fallu alors étendre le
point de vue. Alors il y a l’énorme problème de la nourriture carnée qui dérive du sacrifice,
ses aspects hautement financiers, plus que religieux, en fait, et toutes ses répercussions,
sociales ou hygiéniques, d’un rite quasi préhistorique qui surgit tout entier et plein de sa
brutalité dans notre nouveau siècle.
Et puis, nous avons ajouté quelques études sur les sacrifices en général, pour remettre celui
promu par l’islamisme dans son contexte, puisque le sacrifice est une notion fondamentale
de tout système religieux, et un sujet particulèrement complexe et prisé par les
anthropologues de tout poil. En France, P. Bonte et M. H. Benkheira monopolisent le
champ de recherche, avec sérieux semble-t-il, quoique souvent, la manière d’expliquer
confine à l’apologie tacite.
Les publications islamiques, quant à elles, cultivent leur indigence, agitent leurs mognons de
raisonnements, et elles exhibent confusément l’ exemple d’Abraham et de son fils
mystérieux… Le sens véritable du sacrifice leur est inconnu, et ce n’est pas si grave, au fond
de laisser certains dans leur ignorance. L’essentiel est qu’ils ne corrompent point autrui de
leur inculture conquérante et de leur connaissance qui n'est qu'usurpation.
Coll., Sacrifice in the Bible. (ed. Roger T. Beckwith and Martin J. Selman), Grand Rapids, 1995;
Robert J. Daly, The Origins of the Christian Doctrine of Sacrifice, Philadelphie, 1978;
id., “Is Christianity Sacrificial or Antisacrificial?” Religion 27, 1997;
227
C. Hamès, « Le sacrifice animal au regard des texte islamiques canoniques », Archives de Sciences
sociales des religions 101/1998 ;
M.H. Benkheira, « La nourriture carnée comme frontière rituelle. Les boucheries musulmanes en
France », Archives de Sciences sociales des religions 92/1995
M. Espéronnier, « La sunna du sacrifice. Les recommandations d’ibn al Hajj al Abdari », Revue des
Etudes Islamiques 50/1982
Stella Georgourdi, “Sanctified Slaughter in Modern Greece: the ‘Kourbania’ of the Saints.” In
Cuisine of Sacrifice;
James G. Williams, “Sacrifice and the Beginning of Kingship.” Semeia 67/1994
M. H. Benkheira, "Artificial death, canonical death : ritual slaughter", Food and Foodways 8/2000 ;
P. Bonte, A.-M. Brisebarre, A. Gökalp, Sacrifices en islam, Paris 1999 ;
P. Bonte, A.-M. Brisebarre, A. Gökalp, "sanglant mais juste : l'abattage en islam", Etudes rurales
1998 ;
P. Bonte, A.-M. Brisebarre, A. Gökalp, "Ceci n'est pas un cadavre,. Le problème de la mise à mort
en islam", in P. Legendre (ed.), Du pouvoir de diviser les mots et les choses 2/1998 ;
P. Bonte, "Quand le rite devient technique. Sacrifice et abattage rituel dans le monde musulman",
Techniques et cultures 21, 1992 ;
R. Firestone, Encyclopaedia of the Qur'an, sv. sacrifice ;
E. Francesca, id., sv. slaughter;
B.W.W. Dombrowski, “Killing in sacrifice: the most profound experience of God ?”, NUMEN 231976;
George Buchanan Gray, Sacrifice in the Old Testament: Its Theory and Practice, New York 1971;
Georges Gusdorf, L'expérience Humaine du Sacrifice, Paris, 1948 ;
Victor Turner, “Sacrifice as Quintessential Process: Prophylaxis or Abandonment?” History of
Religions 1977;
D.M.L. Urie, “Sacrifice Among the West Semites”, Palestine Exploration Quarterly 1949;
Anna-Marie Brisebarre..., La fête du mouton : un sacrifice musulman dans l'espace urbain, Paris, 1998;
Anonyme (isl.), Le sacrifice (Les belles histoires du Coran), Villemomble 2002 (ouvrage pour la
jeunesse) ;
Walter Burkert, “Killing in Sacrifice: A Reply”, NUMEN 1978;
Tom Bremer, “Sacrificial Slaughter and Dressing Up: Gender Articulations in Muslim Rituals.”
Religious Studies Review 22/1996;
Abdellah Hammoudi, The Victim and Its Masks: An Essay on Sacrifice and Masquerade in the Maghreb.
,Chicago, 1993;
M. Benkheira, ”La nourriture carnée comme frontière rituelle. Les boucheries musulmanes en
France” , Archives de Sciences Sociales des Religions, 92/1995;
id. "Le prix de la vie: notes sur la question sacrificielle en islam", Sacrifier, se sacrifier, Chilly-Mazarin
2005.
F. Bergeaud , Le chevillard et le sacrificateur : la viande halal entre logiques économiques, légales et
religieuses , Paris 2004;
C. Hames, " Le sacrifice animal au regard des textes islamiques canoniques ", Archives de Sciences
Sociales des Religions, 101/1998;
Samir Zemmour, Le marché de la viande halal: évolutions, enjeux, perspectives, Paris, 2006
Stanley A. Cook, “The theory of sacrifice”, Journal of Theological Studies 1921;
Walter Burkert, "The Problem of Ritual Killing." In Violent Origins. ed. E. R. G. Hammerton-Kelly
Stanford, 1987;
Jan, Quaegebeur,ed. “Ritual and Sacrifice in the Ancient Near East”, Orientalia Lovaniensia Analecta
55. Leuven: Peeters, 1993;
J. van Baal, "Offering, Sacrifice and Gift." Numen 23, 1976;
M. F. C. Bourdillon, M. Fortes, eds. Sacrifice . New York, 1980 ;
Richard Foltz, Animals in Islamic Traditions and Muslim Cultures, Oxford 2006;
Al-Hafiz Masri, Islamic Concern for Animals, Petersfield 1987;
Al-Hafiz Masri, “Animal Experimentation: The Muslim Viewpoint.”, in Tom Regan (ed.) , Animal
Sacrifices:Religious Perspectives on the Use of Animals in Science, Philadelphie 1986;
H. Hubert, M. Mauss, "Essai sur la nature et la fonction du sacrifice," L'Année sociologique 1899;
228
Emilio Platti , “Le Sacrifice en Islam, Le sacrifice dans les religions (ed. Marcel Neusch), Paris 1994 ;
F. Dassetto, “Le rite de l’Aïd en question.” La Libre Belgique, 29 Décembre 2006.
3
Autres traditions bouchères
Le judaïsme, qui est la référence dans ce domaine, propose plusieurs types de sacrifices ,et
tend peu à peu à le rejetter comme un point secondaire de la doctrine. Le christianisme,
pour sa part, préfère l’exclure complètement, pour le remplacer par des substituts
288
symboliques : les paroles du Christ dans les Evangiles sont sans ambiguité à ce propos.
Mais nous ne sommes pas là pour faire du prosélytisme en faveur du christianisme.
Car il n’y a rien de bien ou mal à entourer d’une agrégat rituel le fait de tuer un être vivant,
fut-il une carotte, afin de marquer l’importance de l’acte. Nous avons peu à peu oublié, en
décongelant nos plats cuisinés, nous hachis parmentiers, en ouvrant nos boîtes de raviolis,
que tous ces mets sont faits d’animaux et de plantes, savamment mélangés et apprêtés, et
non de glucides, protides et lipides (et sels minéraux).
Il rest qu’il n’est pas du tout inutile de rappeler les deux doctrines monothéistes, voire aussi
celles des Arabes païens, puisque le sacrifice islamique, rite protéiforme et instable quant à
son statut, est issu d’une difficile synthèse entre les trois façons de faire: soit la notion de
contrat, et de contrepartie, qui est à la base du geste, soit le caractère inconditionnel du
sacrifice, dont ne dépend plus la divinité, soit enfin, le sacrifice sublimé, et intégré dans le
coeur de la doctrine.
La question du sacrifice pourrait être une clé des origines de l'islamisme, et cela peut en
surprendre plus d'un et plus d'une. Elle est une question polémique, quoique cela nous
semble étrange en nos jours de steaks hachés surgelés.
229
Résumons la situation: le christianisme régi par Byzance, le judaïsme de l'exil, tous deux
avaient rejeté le sacrifice alimentaire animal. Le premier pour magnifier le sacrifice
symbolique du Christ et présenter l'Eucharistie, l'autre, parce que le Temple avait été
détruit, et la communauté dispersée. Mais cette tendance à l'abandon d'un rite universel,
dont le rôle est central sur le plan social et économique (la viande, la boucherie, le méchoui)
n'était pas partagé par tous. En Arabie, des groupes hétérodoxes ont dû se replier sur cette
pratique et se mettre sur la défensive. Tels étaient les hanif dont nous avons tant parlé. Sur
ce plan, l'islamisme reprend leurs thèses, d'une manière bien plus affirmée et agressive.
Ce n'est peut-être pas pour rien que la sourate la plus grosse et la plus lourde de tout le
Coran, la N°2, a acquis comme surnom, la Vache, ou la Génisse. Ce genre d'animal est bien
entendu rare dans le Hejaz et encore plus dans la région de la Mecque, où l'herbe est
rarissime. Le nom vient d'une parodie d'une extrait de la Torah (Nombres 19/11), qui
mentionne un sacrifice de vache rousse par Moïse. Il y a deux fragments coraniques sur le
sujet,
qui
ne
coïncident
guère.
Ce choix pourrait être en fait une sorte de provocation, au moins de proclamation: le
nouveau système tient en mettant l'épisode en exergue à afficher son attachement à l'égard
du sacrifice animal (et en reprochant encore aux Juifs l'abandon de la pratique). Le
contenu du texte insiste sur les modalités techniques du rite, et surtout sur les critères de
choix de l'animal, comme pour rappeler aux juifs les règles anciennes...
(Q2/67-73).
(Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple: ‹Certes Allah vous ordonne d'immoler une
vache›. Ils dirent: ‹Nous prends-tu en moquerie?› ‹Qu'Allah me garde d'être du nombre des
ignorants› dit-il.
Ils dirent: ‹Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle doit être›. - Il dit:
‹Certes Allah dit que c'est bien une vache, ni vieille ni vierge, d'un âge moyen, entre les deux. Faites
donc ce qu'on vous commande›.
Ils dirent: ‹Demande donc pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise sa couleur›. - Il dit: ‹Allah
dit que c'est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir›. Ils dirent: ‹Demande pour nous à
ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle est car pour nous, les vaches se confondent. Mais, nous y
serions certainement bien guidés, si Allah le veut›.
Il dit: ‹Allah dit que c'est bien une vache qui n'a pas été asservie à labourer la terre ni à arroser le
champ, indemne d'infirmité et dont la couleur est unie›. - Ils dirent: ‹Te voilà enfin, tu nous as
apporté la vérité!› Ils l'immolèrent alors mais il s'en fallut qu'ils ne l'eussent pas fait.
Et quand vous aviez tué un homme et que chacun de vous cherchait à se disculper!... Mais Allah
démasque ce que vous dissimuliez.
Nous dîmes donc: ‹Frappez le tué avec une partie de la vache›. - Ainsi Allah ressuscite les morts et
vous montre les signes afin que vous raisonniez.
230
289
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 30 c-d).
Parmi ces idoles, figurait aussi Dhul Khalasa. (…)
Les Banu Umama de Bahila ibn Asur desservaient son culte. Elle recevait l'adoration et les offrandes
des Hatlam, des Bakila, des Azd as Sarah et de leurs voisins parmi les clans des Hawazin.
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 29 d).
Les Arabes avaient l’habitude de sacrifier gros et menu bétail en l’honneur de ces statues, bétyles,
pierres et de leur présenter des offrandes.
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 36 a).
(Jafar ibn abu Hilas) dit alors :
Ma chamelle fut effarouchée par les victimes égorgées autour de Suayr, pendant que les deux fils de
Yaqdum accomplissaient leur visite à l’idole...
(Corpus coranique d'Othman 51/56-9).
Je n’ai créé les démons et les hommes que pour qu’ils m’adorent.
Je ne désire d’eux nul don et je ne désire pas qu’ils me nourissent.
En vérité, Allah est le donateur, celui qui détient la force, le ferme.
4 Coran et sacrifice
La doctrine du sacrifice n’est pas du tout établi dans le corpus coranique comme un
ensemble. C’est la Sunna qui doit se charger d’établir les règles. Ici, nous avons en fait le
290
291
292
Ed. T.O.B.
Sacrifice intégral sans consommation.
Jeûne des Hébreux.
231
résultat d’une rencontre assez mouvementée entre les traditions arabes païennes et les rites
juifs. On peut distinguer une sorte de progression générale de l’institution du sacrifice, mais
sans que soit précisé sa fonction, parce qu’il s’agit simplement de la reprise d’un usage très
ancien, jamais compris, mais célébré. De toute manière, le sacrifice n’est pas au centre de la
doctrine. Il est présent, mais à côté, et en morceaux.
En fait, la place du sacrifice permet un peu d’explorer le processus de composition du
Coran, en fait.
Cet appel à sacrifier (« Egorge ! ») se situe dans une des toutes premières sourates, quand
aucune disposition n’est encore prévue pour organiser les rituels musulmans. Il s’agit encore
293
du schéma païen du fidèle entretenant une relation personnelle avec une divinité topique
(« son » seigneur, celui du temple). Il concerne essentiellement les chameaux, comme dans la
religion arabe primitive. A ce moment, on est encore dans la religion arabe, la strate la plus
ancienne. Tout y est: le but à attendre, positif (abondance, ou autre…), la prière, et la mise
à mort.
On devrait attacher à cette strate toutes les prescriptions concernant les sacrifices devant
avoir lieu pendant le sacrifice. Tout y est, les victimes, leur décoration, le sanctuaire, les
officiants. Sans doute, à un moment est venu s’ajouter un peu d’esprit juridique qui a
modifié l’aspect général (les exemptions, par exemple).
Ensuite, moment capital dans l’évolution de la doctrine, qui fait passer dans un autre mode,
un autre monde, l’exclusivisme. Un fragment coranique (voire 2) veut rejeter la notion de
contrat, et au-delà, finalement, le sacrifice lui-même. Ce rite est donc vu comme nourricier
du dieu.
En d’autres termes, cessez de croire que le sacrifice va nourrir et apaiser le dieu. Le dieu
s’en tape de la fumée et du sang. Déjà chez les Hébreux, la tendance s’était manifestée, non
sans troublé la foule des fidèles. Alors à quoi bon sacrifier? Les premiers musulmans, ou
proto-musulmans, ont connu le même dilemne. Il n’y avait plus de véritable et traditionnelle
justification. Alors, on peut imaginer qu’il y a eu deux types de remplacement d’un acte
tellement banal et constitutif des sociétés primitives. Alors les rédacteurs du Coran n’ont pas
pris le risque de l’annuler, comme ont fait les premiers chrétiens.
D’abord, le lien avec la nourriture est renforcé, et avec l’idée de pureté. S’il n’y a pas de
sacrifice, la viande n’est pas pure et immangeable. Alors mieux vaut sacrifier pour avoir
son content de protéines. Et la foule n’a pas trop posé de questions, les babines alléchées par
la barbaque promise. Mais cela ne suffisait pas, alors on a ajouté un peu de mythologie, et
une petite allusion au fameux sacrifice abrahamique a suffi pour mettre en émoi les mêmes
masses. Il faut admettre que cette histoire est d’une efficacité redoutable, et qu’elle n’a pas
fini de faire parler. Nous ne parlerons justement au moment de l’exposé sur les fêtes, et leurs
justifications mythologiques.
Le recueil coranique est ainsi une indication de l’évolution de la doctrine, et de la mise en
place de l’islamisme, entre des habitudes arabes et les règles juives, soumis aux mêmes
contradictions et aux mêmes solutions. Ensuite, les prescriptions strictes se sont édifiées, et
elles n’ont pas été respectées par tout le monde.
293
J.Teixidor, ‘Dieu de la tribu ou Seigneur du lieu? Aspects de la divinité chez les Sémites de
l'Ouest’, Revue de l'Histoire des religions 205, 1988
232
(Corpus coranique d'Othman 108).
En vérité, nous t’avons donné l’abondance.
294
Prie donc en l’honneur de ton seigneur et sacrifie (WANBAR) !
En vérité, celui qui te hait se trouve être sans héritier.
inversion du sens du sacrifice: Allah ne prend plus la victime... rupture du pacte
habituel????
(Corpus coranique d'Othman 22/37).
++++++++++++++
(Corpus coranique d'Othman 3/179).
Allah a entendu ceux qui ont dit: Allah a conclu un pacte avec nous, ordonnant de ne point croire
en un envoyé avant qu’il ne nous impose une oblation
295
que consume le feu.
296
297
L'allusion coranique au pseudo-sacrifice.
(Corpus Coranique d'Othman 37/103-107).
Or quand nous eures prononcé le salam et qu'il eut placé l'enfant front contre terre, nous lui
criâmes: "Abraham! Tu as cru en ton rêve! En vérité, c'est là l'épreuve évidente!"
Nous le libérâmes contre un sacrifice solennel et nous le perpétuâmes parmi les modernes.
(Corpus coranique d'Othman 2/196).
Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faite un sacrifice
qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes avant que l'offrande [l'animal à sacrifier] n'ait atteint
son lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection de la tête (et doit se
raser), qu'il se rachète alors par un Siyam ou par une aumône ou par un sacrifice. Quand vous
retrouverez ensuite la paix, quiconque a joui d'une vie normale après avoir fait l'Umra en attendant
le pèlerinage, doit faire un sacrifice qui lui soit facile. S'il n'a pas les moyens, qu'il jeûne trois jours
pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit en tout dix jours. Cela est prescrit
297
Norman Calder, “The sa'y and the jabn: some notes on Qur'an 37:102–3”, Journal of Semitic Studies
31/ 1986
233
pour celui dont la famille n'habite pas auprès de la Mosquée sacrée. Et craignez Allah. Et sachez
qu'Allah est dur en punition.
(Corpus coranique d'Othman 2/207).
Et il y a parmi les gens celui qui se sacrifie pour la recherche de l'agrément d'Allah. Et Allah est
Compatissant envers Ses serviteurs.
La règle mosaïque.
(Corpus coranique d'Othman 2/67).
(Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple: ‹Certes Allah vous ordonne d'immoler une
vache›. Ils dirent: ‹Nous prends-tu en moquerie?› ‹Qu'Allah me garde d'être du nombre des
ignorants› dit-il.298
Le sacrifice et le pèlerinage.
(Corpus coranique d'Othman 22/33-4).
[De ces bêtes-là] vous tirez des avantages jusqu'à un terme fixé; puis son lieu d'immolation est
auprès de l'Antique Maison.
A chaque communauté, Nous avons assigné un rite sacrificiel, afin qu'ils prononcent le nom d'Allah
sur la bête de cheptel qu'Il leur a attribuée.
Le rejet du contrat.
(Corpus coranique d'Othman 51/56-9).
Je n’ai créé les démons et les hommes que pour qu’ils m’adorent.
Je ne désire d’eux nul don et je ne désire pas qu’ils me nourissent.
En vérité, Allah est le donateur, celui qui détient la force, le ferme.
(Corpus coranique d'Othman 22/36).
Nous vous avons désigné les chameaux (et les vaches?) bien portants pour certains rites établis par
Allah. Il y a en eux pour vous un bien. Prononcez donc sur eux le nom d'Allah, quand ils ont eu la
patte attachée, [prêts à être immolés]. Puis, lorsqu'ils gisent sur le flanç mangez-en, et nourrissez-en
le besogneux discret et le mendiant. Ainsi Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez
reconnaissants.
Ni leurs chairs ni leurs sangs n'atteindront Allah, mais ce qui L'atteint de votre part c'est la piété.
Ainsi vous les a-t-Il assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d'Allah, pour vous avoir mis sue
le droit chemin. Et annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants.
298
la vache donne son nom à la fameuse sourate II.
234
5 Tuer (des bêtes) au nom d’Allah
La belle affaire! Tuer des animaux, prendre leur chair pour se nourrir, voilà une activité
banale et constante, capitale et vitale.
L’important, selon les textes, est d’islamiser le rituel, éviter à tout prix que ceux qui le
pratiquent s’écartent de la discipline, et perdent le sens qu’on essaie à toute force de lui
inculquer. Le meilleurs exemple est l’insistance qui est mise sur l’obligation d’invoquer
Allah au moment de la mise à mort, sans trop savoir pourquoi d’ailleurs. Le mot est lâché
soit à partir de la Bismilla, soit du takbir, comme d’ailleurs au moment des exécutions
capitales, comme c’est étrange.
Par exemple, il est permis que des juifs ou chrétiens sacrifient, mais alors ils devront
prononcer la formule, ce qui va les islamiser: trop malin. Mais l’interdiction est absolue
pour les païens. De toute façon il faut les tuer ou les convertir, en cas de rencontre. Les
femmes? Peuvent-elles sacrifier? Franchement, la question est peu posée, et dans la
pratique, sauf rite très excentrique, non. Quoi qu’il en soit, la proclamation permet d’être
sûr que tout a été fait sans la souillure d’un infidèle. Et puis, il faut l’intention, sorte de
mécanisme psychologique qui revient à penser à ce que l’on fait pendant qu’on le fait. A
priori, cela paraît une chose banale, mais qui ne l’est pas forcément pour qui suit à la lettre
la doctrine islamique.
Ensuite, le public peut trouver dans toute cette ample littérature des détails subtils ou
infimes, sur les pratiques, avec des mises au point qui veulent chirurgicales, au sens figuré,
ou propre. L’explication est simple: il fallait fournir à tout sacrificateur, qui peut être
n’importe qui (qui au moins est chef de famille) les clés, le mode d’emploi du sacrifice réussi,
ou pas trop raté. Quand on sait à quel point il est difficile de tuer un animal, on mesure à
quel point une pratique parfaite devait être difficile. Ainsi s’explique aussi le nombre
d’exemptions et d’exceptions possibles.
Au moins six termes différents désigne cet acte:
1- zabh, centré sur le fait de trancher la gorge: même là les détails foisonnent, parce que les
pratiquants se sont posés mille questions, attachés qu’ils étaient à l’orthopraxie. Ainsi, que
doit-on sectionner dans le mouvement? La carotide, les deux carotides, ou/et la veine
jugulaire, ou doit-onnaller jusqu’au bout de l’autre côté, ou peut-on creuser du côté de la
235
colonne vertébrale? Et au dessus des cordes vocales, ou en dessous, et que faire de
l’oesophage?299
2- QURBAN: l’idée de communion, et en réalité, la tradition juive qui revient, voire même
chrétienne, et cela correspond à l’eucharistie, dans ce cas.300
3- NAHR. Lit. “trancher la jugulaire”, quand on perce la poitrine du chameau: la méthode
demande un grand doigté, et n’est pas donnée à tout le monde.301
4- DAHHA, inconnu du Corpus coranique: concerne une heure du matin propice au
sacrifice.
5- HADI: celui pratiqué avant tout à la Mecque, à Mina.302
6- MANSAK: bon, ça personne n’a jamais compris ce que c’était.303
Mais il n’existe pas mille façons de trancher une gorge. Les outils sont d’abord faits de
métal, lames et tiges pointues. Le bois ou la pierre sont autorisés. Seuls les ongles et les dents
posent problème : les employer reviendrait à retourner à l’animalité et cela, l’islamisme ne
l’apprécie pas.
La pratique est connue, toujours, puisqu’elle est toujours en usage, dans les pays islamiques,
et les autres, dans les conditions qui révulsent ceux qui ne les acceptent pas. Le cahier des
charges est obscurément précisé, mais dans des centaines de textes incohérents mais
complets : pas d’étourdissement de l’animal, qui doit être conscient de ce qui lui arrive,
égorgement, si possible en direction de la Mecque, expulsion violente du sang, et saignement
de la viande. L’orientation est là encore une affaire de débat, car il faut éviter de gâcher un
rite si la bête est tuée juste dans une autre position. La qibla a dû s’imposer lentement. La
question du temps, aussi, mérite d’être posée : il est bien certifié qu’on ne peut faire de
sacrifices qu’à la lumière du jour : le but est d’empêcher l’adoration des étoiles, par le rite,
comme cela se passait avec les Arabes d’avant. Le plus étrange est que la disposition est à
l’inverse complet de ce qui était dit de la prière. Va comprendre…
Si l’opération est conduit par une troupe d’imbéciles fébriles, le carnage peut durer
longtemps. Le plus important est qu’au final, le sang gicle, coule, asperge, et s’enfonce dans
le sol. Le principe païen de perte du sang subsiste à ce moment, sans d’ailleurs que
l’islamisme en soit conscient.
Nous ne sommes pas dupes pour autant : un abattoir est un endroit brutal, mais quelques
règles d’amélioration, ce qu’on appelle le progrès, permettent au moins de limiter, la
violence à un niveau minimal. Ce n’est pas le cas dans l’islamisme, et les conséquences, y
compris psychologiques, sont importantes. Nous les avons déjà évoquées. La prise en compte
de la souffrance de l’animal est nulle dans les textes doctrinaux. Il n’y a qu’une tentative
299
Corpus Coranique 2/63, 2/46, 5/ 4; 37/101 (dans ce dernier cas, pour le pseudo-sacrifice
d’Abraham) ; de l’hébreu zebach, Gen. 36/ 54.
300
Le mot est directement tiré de l’hébreu ( korban, Lev. 51/14, litt. “approcher”)..
301
Corpus Coranique 108/1-2.
302
cf. Corpus coranique 2/198, 5/ 2. 90, 98, 27/85.
303
cf. Corpus Coranique 22/35,2/122,196
236
récente, et peu fiable et peu appuyés sur les références, qui tentent de le faire croire, pour
écarter les critiques extérieures.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 454).
L’apôtre d'Allah sacrifiait les animaux de sa main et disait alors :
-Au nom d’Allah !
304
(Dawud, Hadith 22/4845).
305
... l’apôtre d’Allah commanda qu’on lui apporte un bélier
avec des pattes noires, un ventre noire
et des cercles noirs autour des yeux pour qu’il puisse le sacrifier. Il dit à Aïsha:
-Donne-moi un grand couteau, puis il ajoute: aiguise-le sur une pierre.
Elle le fit. Puis il prit le couteau et le bélier ; il le place sur le sol et le sacrifia
306
en disant:
-Ô Allah, accepte ce sacrifice de la part de Muhammad et de la famille de Muhammad et de l’ umma
de Muhammad.
(Malik, Muwatta 20/43/141).
Je l’ai vu sacrifier un animal durant sa umra
307
, en dehors de la maison de Khalid ibn Usayd, où il
habitait. Je l’ai vu planter sa lance dans la gorge de l’animal qu’il sacrifiait, jusqu’à ce que la pointe
passe par l’épaule.
(Tabarânî, Sahih 4496).
Abû Umamah: « Mangez ce qui a été égorgé au niveau des veines jugulaires tant que cela n'a pas été
fait au moyen d 'une dent ou d 'une griffe.
(Bukharî, Sahih 5513).
Anas a dit : le prophète a interdit de ligoter les animaux , ce qui pourrait les exposer aux tirs et les
tuer.
(Bukhari, Sahih 73/1).
D'après El Bara, le prophète dit:
-Aujourd'hui nous allons tout d'abord faire la prière, puis au retour nous immolerons les victimes.
Quiconque aura agi ainsi se sera conformé, à notre tradition. Celui qui aura immolé tout d'abord
n'aura fait autre chose que procurer de la viande à sa famille, mais il n'aura en rien participé au rite
religieux. Alors Abu Borda ibn Dinar, qui avait déjà immolé sa victime, se leva et dit :
306
310
Par la technique du DHABH, par un égorgement complet, avec ouverture de la trachée-artère.
Le commentaire du juriste.
237
308
-J'ai une jeune chèvre d'un an.
-Immole-la, lui répondit le prophète, mais pareille chose ne sera plus valable désormais pour
personne après toi.
Suivant un autre isnad, d'après al Bara également, le prophète a dit :
-Celui qui fera l'immolation après la prière aura accompli les rites et se sera conformé à la tradition
des musulmans.
D'après Anas ibn Malik, le prophète a dit :
-Quiconque aura égorgé sa victime avant la prière n'aura fait qu'un acte personnel et celui-là seul
qui aura immolé après la prière aura accompli les rites et se sera conformé à la tradition des
musulmans.
(Bukhari, Sahih 73/7).
Le prophète immolait deux béliers et nous, nous en immolions deux également.
...L’envoyé d'Allah se retourna vers deux béliers blancs
309
tachés de noir et à longues cornes et les
immola de sa main.
Oqba ibn Amir rapporte que le prophète lui ayant donné un troupeau de chèvres afin de le répartir
entre ses compagnons pour le sacrifice rituel, il resta après le partage une jeune chèvre. Comme il
faisait part de cela au prophète, celui-ci lui dit:
-Sers t-en pour ton sacrifice rituel.
(Malik, Muwatta 1061).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar disait:
-Quand on égorge une chamelle, l'on doit même égorger le petit qu'elle a dans son ventre, s'il est
complètement créé et que son poil a poussé. Une fois qu'il est retiré du ventre de sa mère, on doit
l'égorger afin de laisser le sang couler de son ventre».
(Malik, Muwatta 1062).
Sayd Ibn Al-Moussayab disait:
-L'immolation de ce que garde la femelle des animaux, se fait à la suite de l'immolation de la mère,
s'il a été complètement créé et que son poil a poussé.
(Malik, Muwatta 1049).
Jaber Ibn Abdallah a rapporté: Nous avons sacrifié des victimes avec l'Envoyé d'Allah l'année de
Hudaybiyya, à savoir une chamelle au nom de sept personnes, et une vache au nom de sept.
238
(Malik, Muwatta 1050).
Abu Ayub Al-Ansari a rapporté: «Nous faisions offrande d'un mouton, que tout homme sacrifiait en
son nom et au nom de sa famille. Mais plus tard, les hommes allaient par ostentation, faire offrande
en surplus, cherchant par là à se distinguer».
Malik a dit:310 «Ce que j'ai de mieux entendu pour l'offrande d'une chamelle, ou d'une vache, ou
d'un mouton, c'est que l'homme en fasse sacrifice en son nom, et aux noms des membres de sa
famille, d'une chamelle; ou qu'il immole une vache et un mouton qu'il possède, en faisant participer
sa famille; mais celui qui achète une chamelle, ou une vache, ou un mouton avec un petit groupe de
personnes pour l'immoler en commun, et où chacun payera ce qu'il doit pour prix, en s'emparant
après, de la viande de la bête sacrifiée, cela est désapprouvé. Le hadith que nous avons entendu au
sujet de l'offrande en commun, n'est admis que pour les membres d'une famille».
(Malik, Muwatta 1043).
Nafi a rapporté: «Abdallah Ibn Omar voulait faire offrande alors qu'il était à Médine. Il me chargea
de lui acheter un bélier cornu et d'un certain âge puis de le sacrifier le jour de l'Adha»,où les
hommes faisaient la prière. Achevant ma mission, dit Nafi, on porta le bélier sacrifié à Abdallah Ibn
Omar qui se rasa la tête, vu qu'il était malade, et qu'il n'avait pas participé à la fête, priant avec les
hommes. Nafi rapportant ce qu'a dit Abdallah Ibn Omar:
-Le fait de se raser la tête n'est pas une obligation pour celui qui a fait une offrande», mais, continue
Nafi: «Ibn Omar l'avait fait».
(Muslim, Sahih 3621).
D'après Jundab Ibn Sufyân, J'étais présent aux côtés du prophète le jour du sacrifice. Le prophète
fit la prière et, au moment de s'en aller, il remarqua qu'on avait égorgé des bêtes de sacrifice avant la
fin de la prière et dit :
-Que celui qui a immolé sa bête de sacrifice avant de faire la prière ou pendant que nous faisions la
prière, immole une autre bête de sacrifice. Quant à celui qui ne l'a pas encore immolée, qu'il
commence à l'égorger (en prononçant) le nom d’Allah.
(Bukhari, Sahih 73/ 13).
Anas rapporte que le prophète immola deux béliers blancs tachés de noir à longues cornes, en
posant le pied sur la joue de chacun d’eux et leur coupant ensuite de sa main les deux carotides.
(Malik, Muwatta 1051).
Ibn Shahab a rapporté que l'Envoyé d'Allah n'a sacrifié en son nom, et au nom de sa famille, que,
soit une chamelle, soit une vache».
(Malik, Muwatta 1053).
239
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar n'a jamais fait sacrifice au nom de ce qu'une femme porte
dans son ventre.
(Malik, Muwatta 1054).
Urwa a rapporté qu'on demanda à l'Envoyé d'Allah :
-Ô, Envoyé d'Allah des bédouins nous apportent de la viande, et nous ne savons pas, s'ils ont
prononcé le nom d'Allah, lors de l'égorgement de l'animal, ou non»?
L'Envoyé d'Allah répondit:
-Prononcez-le nom d'Allah, et mangez-en.
(Malik, Muwatta 1055).
Yahia Ibn Sa'id a rapporté que Abdallah Ibn Ayash ibn Abi Rabia Al-Makhzum a ordonné un
domestique d'égorger une bête. Quand le domestique allait le faire, il lui dit:
-Prononce le nom d'Allah ! ; le domestique répondit:
-Je l'ai déjà dit.
Abdallah reprit sa demande:
-Malheur à toi, prononce le Nom d'Allah; le domestique répondit:
-Je l'ai déjà prononcé. Alors Abdallah Ibn Ayach s'écria:
-Par Allah, je ne mangerai pas de sa chair.
(Muslim, Sahih 3638).
D'après Râfi' Ibn Khadij, j'ai dit :
-Ô envoyé d’Allah nous allons rencontrer l'ennemi demain et nous n'avons pas de couteaux.
-Hâte-toi, répondit le prophète et fais couler le sang en prononçant le nom d’Allah. Mange de tout
animal, exception faite de ses dents ou de ses ongles. Voici pourquoi; la dent est un os et l'ongle est
le couteau des Abyssins.
Nous prîmes comme butin des chameaux et des moutons. Un chameau ayant échappé, un homme
lui décocha une flèche et le cloua sur place.
- Ces chameaux, dit alors l’envoyé d’Allah s'effarouchent comme les animaux sauvages. Si l'un d'eux
vous échappe, agissez comme on vient de le faire.
(An Nawawi, Hadith 640).
Selon Shaddad ibn Aws , le messager d’Allah a dit:
-Allah a prescrit de faire humainement tout ce qu’on fait. Quand vous tuez, tuez humainement et
quand vous égorgez, égorgez humainement. Que l’un de vous aiguise bien son couteau et allège au
maximum les souffrances de la victime.
240
(Malik, Muwatta 1061).
Quand on égorge une chamelle, on doit même égorger le petit qu’elle a dans le ventre, s’il est
complètement formé, et que son poil a poussé. Une fois qu’il est retiré du ventre de sa mère , on
doit l’égorger afin de laisser couler le sang de son ventre.
(Malik, Muwatta 895).
… l’envoyé d’Allah étant à Mina, a dit :
-Voilà l’endroit du sacrifice, et tout endroit à Mina est un lieu de sacrifice.
Il a dit aussi :
-Voilà un endroit de sacrifice (désignant al Marwa), comme toutes les routes larges de la Mecque, et
les chemins, qui sont aussi des lieux de sacrifice.
311
(Dawud, Hadith 22/4845).
... l’apôtre d’Allah commanda qu’on lui apporte un bélier
312
avec des pattes noires, un ventre noire et
des cercles noirs autour des yeux pour qu’il puisse le sacrifier. Il dit à Aïsha :
-Donne-moi un grand couteau (HARBA)
313
, puis il ajoute : aiguise-le sur une pierre.
Elle le fit. Puis il prit le couteau et le bélier ; il le place sur le sol et le sacrifia en disant :
-Ô Allah, accepte ce sacrifice de la part de Muhammad et de la famille de Muhammad et de l’
umma
314
de Muhammad.
(ibn Sa’d, Tabaqat I 294).
Quand l’apôtre d'Allah voulait offrir un sacrifice, il achetait deux béliers bien gras, portant des
cornes. Après avoir récité les prières et récité le Khutba, l’un des deux était amené à l’endroit sacré ;
il l’égorgeait avec un couteau, de sa propre main. Il disait ensuite :
-Ô Allah ! C’est de la part de mon peuple, qui atteste ton unicité et ma prophétie. Ensuite, on
amenait l’autre, et il le sacrifiait pour lui-même, de sa propre main. Il disait alors :
-C’est de la part de Muhammad et de la famille de Muhammad. Lui, et les membres de sa famille le
mangeaient et nourissaient aussi les pauvres. Il sacrifiait souvent les béliers dans la rue près de la
maison de Moawiyya.
Pratique du sacrifice
(Malik, Muwatta 20/43/141).
317
Aïsha.
241
Je l’ai vu sacrifier un animal durant sa umra
315
, en dehors de la maison de Khalid ibn Usayd, où il
habitait. Je l’ai vu planter sa lance dans la gorge de l’animal qu’il sacrifiait, jusqu’à ce que la pointe
passe par l’épaule.
(Bukhari, Sahih 5565).
Le Prophète a sacrifié deux béliers cornus et bigarrés ; il les a égorgés lui-même après avoir dit :
- Bismi Allahi, Allahu Akbar » et après les avoir couchés et mis son pied sur leur nuque .
(Hanbal, Musnad 4935).
D’après Abd Allah Ibn Omar: le Prophète procédait au sacrifice durant les dix années qu’il a passé à
Médine.
(Bukhari, Sahih 5547).
D’après Uqba ibn Amir , le Prophète avait distribué des bêtes à sacrifier à ses compagnons et Uqba
(le rapporteur), qui reçu un chevreau, dit :
–« ô Messager d’Allah ! Je n’ai reçu qu’un chevreau ! »
–« sacrifie-le »
(Bukhari, Sahih 55645).
D’après al-Bara ibn Azib,le Prophète a dit :
- Celui qui procède au sacrifice après la prière s’en est bien acquitté et s’est conformé à la pratique
prescrite aux musulmans.
(Bayhâqî, Sunan 9/278).
… d'après Sa'îd Ibn Jubayr : l'égorgement doit se faire entre la gorge et la base du cou.
(Mâlik, Muwatta 1411).
…Ibn 'Abbâs a dit : Si les veines jugulaires sont rompues et que le sang coule, la viande vous est
permise.
(Bukharî, Sahih 9/631).
Le prophète a dit :
-Tout ce dont le sang s'est épanché et sur lequel a été mentionné le nom d'Allâh , peut être mangé
tant que cela n'a pas été effectué au moyen d'une dent ou d'une griffe.
(Muslim, Sahih 3624).
D'après Al Barâ' Ibn 'Azib: Mon oncle maternel Abu Burda a immolé sa bête de sacrifice avant la
prière. Le prophète dit :
-Cette brebis est immolée pour sa chair!
L'homme dit alors :
242
-Envoyé d’Allah, j'ai une chèvre âgée de moins d'un an.
Le prophète de répondre :
-Sacrifie-la donc; elle te suffit, mais dorénavant une telle chose ne suffira plus à personne. Et il
ajouta :
-Quiconque égorge sa bête de sacrifice avant la prière, il l'aura fait pour son propre compte et
quiconque l'égorge après la prière, il l'aura fait pour l'amour d’Allah et aura suivi la tradition des
musulmans.
(Muslim, Sahih 3633).
D'après 'Uqba Ibn 'Amir, le prophète lui ayant donné un troupeau de chèvres afin de les distribuer
à ses compagnons pour qu'ils les sacrifient, il en resta après le partage un chevreau. Comme il fit
part de cela au prophète celui-ci lui dit :
-Sers-t'en pour ton sacrifice.
(Muslim, Sahih 3635).
D'après Anas Ibn Mâlik, le prophète immola de ses mains deux béliers cornus, dont la couleur tirait
sur le blanc. Il commença par prononcer la basmala, puis le takbîr et finit par poser le pied sur le
cou de chaque bête et l'égorger.
6
Du chameau au mouton
D’autres victimes de l’islamisme
243
Le terme de victime s’est laïcisé de nos jours. Et il est devenu d’autant plus négatif, alors
qu’autrefois, il était réservé à ceux des animaux qui étaient mis de côté, et mis en valeur,
pour être sacrifié : l’entreprise était positive et admirable.
Nous approchons ici d’un aspect inévitable du sacrifice, et de tous les sacrifices : la finance,
l’argent, l’économie. L’Arabie est globalement terre d’élévage, de petit élevage, et de petits
pasteurs, qui s’accrochent à leurs troupeaux ou bien meurent. Alors le sacrifice, la
destruction de telle ou telle partie du cheptel est toujours une affaire importante, souvent, le
premier né d’un troupeau, tué à des fins propitiatoires.
A l’origine, le corpus coranique ne dit pas grand chose : une bête du troupeau, et reste à
savoir de quelle bête il s’agit. Quand une telle injonction est faite, la religion est encore le
paganisme, pour lequel il était de coutume de sélectionner, puis tuer et consommer en partie
un animal. Comme cela ne suffisait pas à se gâcher la vie, les juristes ont fait du zèle.
N’importe laquelle, d’accord, mais quelle est la meilleure possible ? Là , les cervelles ont
commencé à bouillir. Le choix n’était pas immense dans le Hejaz, aux ressources limitées.
En gros, on touche ici à une question importante, qui expose encore une fois la construction
a posteriori du système de l’islamisme. Au départ, le seul animal possible était le chameau
(dromadaire, disons). Alors, les juristes ont estimé qu’il était l’animal privilégié de la
Mecque et de son pèlerinage. Ailleurs, on arrive à un autre modèle, à une bestiole qui n’a
rien à voir : le bélier. Animal biblique et mythique, qu’il faut vendre aux populations grâce
au sacrifice d’Abraham. Entre nous, plus facile de tuer un chameau qu’un bélier… Si on
vous parle de vache, c’est du n’importe quoi. Une vache, ça mange énormément, et ça ne
tient pas en Arabie. Voilà pourquoi on parle de la vache rousse dans la sourate II, dans un
discours pseudo-biblique. Comme si on vous disait « sacrifice de kangourou ». "Selon Abu
Hurayra, Aïsha a entendu quelqu'un dire qu'il avait entendu l'envoyé d'Allah dire: pour le
sacrifice de Mina, si vous n'avez pas de bélier, je préconise la mise à mort d'un kangourou".
Là, même un musulman (en se faisant violence, et au risque d'un claquage de méninges)
dirait : oh, là, je vois quelque chose de pas normal, non, non, non… Une vache en Arabie,
c’est plus rare qu’un kangourou. Une vache, ça bouffe son poids en herbe toute une
semaine, mieux qu'une tondeuse à gazon, et ça meurt vite à sucer des cailloux.
Donc, pour la race de l’animal, vous êtes renseignés. Pour le détail, nous traiterons des
questions alimentaires ailleurs.
Mais il y a encore des choses, des critères, des questions, des problèmes. La race des juristes
islamiques est de celles qui ne se fatiguent jamais et qui pullulaient. Dans des sociétés aussi
torturées par la sexualité, le sexe de l’animal n’est pas une affaire anodine : le mieux est un
mâle entier, en toutes circonstances, et même là, la virilité est mise sur une piédestal. Ensuite
viennent les animaux castrés, et à la fin, grasses et penaudes, les femelles, en dernier choix,
au bout du troupeau. Les vérificateurs ont faire leur boulot, armés qu’ils sont des nombreux
hadiths pointilleux : on ne laissera passer aucune bizarrerie, et malheureux à la bête qui
n’a qu’une corne, ou une tache mal placée, car elle sera épargnée.
Au final, le gagnant est le bélier, un beau mâle vigoureux, avec deux cornes, roux si
possible, assez vieux : une sorte de parallèle du musulman tel qu’il s’aime, en fait, comme
un modèle de virilité. Il n’est pas anodin que des récits montrent Muhammad en personne
sacrifier un bélier (plutôt qu’un bouc, quand même).
L’animal est choisi, quel bonheur, et le but de la manœuvre est maintenant de le distinguer
des autres, afin qu’il quitte son animalité, et tous les ethnologues connaissent cela. Il est
alors licite de le parer, de guirlandes (QILADA) ou de diverses façons, y compris avec des
244
chaussures : la culture matérielle de l’Arabie est pauvre, et elle l’est restée toute son
Histoire, et même de nos jours, où l’on peut se rendre compte que même l’argent n’achète
pas la culture. Il est accepté aussi que l’on lacère la pauvre bête, et cet usage n’est qu’un
prolongement de ce qui se faisait autrefois. L’islamisme en marche avait dû composer avec
les habitudes des peuples.
L’événement capital, pour l’ensemble de l’islamisme, reste l’abandon du chameau, comme
viande et comme monture. Là, on peut se dire qu’on n’a plus affaire au même mouvement,
dans et hors d’Arabie. Quand arrive le cheval et le mouton, commence un autre chose.
(Corpus coranique d'Othman 5/2).
Ô vous qui croyez! ne déclarez pas non sacrés ni les choses sacrées d’Allah, ni le mois sacré, ni les
offrandes, ni les victimes sacrées se rendant au temple sacré recherchant faveur et satisfaction de
leur seigneur.
(Corpus coranique d'Othman 22/37-38).
Pour vous, nous avons placé les animaux sacrifiés, parmi les choses sacrées d’Allah.
Un bien s’y trouve pour vous.
Invoquez sur eux, vivants, le nom d’Allah.
Quand ils sont sans vie, mangez-en et nourrissez l’impécunieux et le démuni.
Ainsi, vous ont été livrées ces victimes, espérant que peut-être vous serez reconnaissants.
Ni leurs chairs ni leur sang n’atteindront Allah, mais seule la piété de vous l’atteindra.
Ainsi, ces victimes vous ont été livrées pour que vous
316
proclamiez la grande ++++d’Allah, en
reconnaissance de ce qu’il vous a accordé.
Annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants.
(Corpus coranique d'Othman 5/2).
Ô vous qui croyez !
Ne déclarez pas non sacrés ni les choses sacrées d’Allah ni le mois sacré, ni les offrandes, ni les
victimes parées de guirlandes ni ceux se rendant au temple sacré recherchant faveur et satisfaction
de leur seigneur !
(Corpus coranique d'Othman 2/67-9).
(Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple: ‹Certes Allah vous ordonne d'immoler une
vache›. Ils dirent: ‹Nous prends-tu en moquerie?› ‹Qu'Allah me garde d'être du nombre des
ignorants› dit-il.
Ils dirent: ‹Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle doit être›. - Il dit:
‹Certes Allah dit que c'est bien une vache, ni vieille ni vierge, d'un âge moyen, entre les deux. Faites
donc ce qu'on vous commande›.
245
Ils dirent: ‹Demande donc pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise sa couleur›. - Il dit: ‹Allah
dit que c'est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir›.
(ibn Maja, Hadith 23.1.1).
… le messager d’Allah a demandé ce que les animaux doivent être évités comme des sacrifices. Il a
indiqué avec sa main et dit:
-Quatre
Al-Bara a fait un geste avec sa main et dit:
-Ma main est plus courte que la main du messager d'Allah,
Un animal boiteux dont la claudication est évidente, un animal borgne qui n’a manifestement plus
qu’un oeil, un animal qui est manifestement mal, et un animal maigre, sans graisse sur lui.
(Malik, Muwatta 1041).
… on avait questionné l’envoyé d’Allah à propos des sacrifices que l’on ne doit pas offrir. Il fit signe
de la main, et dit 4. Al Bara fit le signe de la main (en disant « ma main est plus courte que celle de
l’envoyé d’Allah): ceux qui ont une difformité évidente, et qui boitent, les animaux borgnes, ceux
qui sont malades, les maigres, qui manquent de graisse.
(Malik, Muwatta 896 ).
Aïsha a ajouté : le jour du sacrifice, on nous a apporté de la viande de bœuf. Je demandai :
-D’où cela vient ?
On me répondit :
-L’envoyé d’ Allah a fait immoler un bœuf au nom de ses femmes.
(Malik, Muwatta 1044).
Bushayr Ibn Yassar a rapporté que Abu Bourda Ibn Niar,avait fait une offrande, avant que l'Envoyé
d'Allah ne l'ai faite, le jour de l'adha. Il affirma que l'Envoyé d'Allah l'avait ordonné de faire une
autre offrande. Abu Burda lui répondit:
-Je n'ai qu'une chèvre d'un an révolu à sacrifier, ô Envoyé d'Allah».
Il lui dit:
-Si tu ne peux sacrifier qu'une telle chèvre, sacrifie la.
La décoration des victimes de sacrifices.
(Malik, Muwatta 854).
246
… quand Abdullah ibn Omar envoyait son offrande de Médine, il l’ornait et la marquait à Dhul
Hulayfa ; il l’orna de deux chaussures autour du cou et la marqua d’une blessure sur le côté gauche
de la bosse.
(Malik, Muwatta 1745).
…je crois que l’envoyé d’Allah dit :
-Une fois que les gens rentrent chez eux, dis-leur de ne pas garder un collier en corde ou en d’autre
matière, attachée au cou d’un chameau.
(Malik, Muwatta 1041).
Al-Bara Ibn Azab a rapporté que l'on a demandé à l'Envoyé d'Allah à propos des sacrifices qu'on
ne peut jamais offrir. Il fit signe de sa main et dit
-Quatre». Al-Bara, faisait signe de sa main et dit:
-Ma main est plus courte que celle de l'Envoyé d'Allah et cite les animaux qui ne sont pas à sacrifier
à savoir ceux dont la difformité est claire et boitent, les animaux qui sont borgnes, ceux qui sont
effectivement malades, et finalement les maigres qui ne sont pas graisseux.
(Malik, Muwatta 1042).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar s'abstenait de sacrifier les animaux non âgés, et ceux qui
sont difformes.
La préparation des victimes.
(Bukhari, Sahih 18/106-115).
De celui qui marque sa victime et lui met une guirlande à Dhul Hulayfa, puis qui se met en ihrâm. Nâfi a dit que ibn Omar, quand il emmenait une victime de Médine, lui mettait une guirlande et la
marquait à Dhul Hulayfa. Pour la marquer il lui entaillait la partie droite de la bosse avec un
tranchet pendant qu'elle était agenouillée et tournée du côté de la qibla.
El Miswar ibn Makhrama et Marwân ont dit : "A l'époque de Hudaybiyya, le prophète partit de
Médine à la tête d'environ cent treize de ses compagnons. Arrivé à Dhul Hulayfa, le prophète mit
une guirlande à sa victime et la marqua, puis il se mit en ihrâm pour la visite pieuse.
Aïsha a dit : "Je tressais de ma main les guirlandes pour les victimes du prophète. Il les leur mettait
lui-même autour du cou, il les marquait et les conduisait. Mais ces opérations ne faisaient point que
rien de ce qui lui était permis (auparavant) lui fût interdit.
De la tresse des guirlandes pour les victimes, chameaux ou boeufs.
Suivant ibn 'Omar, Hafsa a dit au prophète : "Ô envoyé de Allah, pourquoi tous les fidèles ont-ils
quitté l'ihrâm alors que toi tu ne l'as pas quitté ? - C'est que moi, répondit-il, j'ai feutré ma tête et
mis une guirlande à sa victime et la marqua, puis il se mit en ihrâm pour la visite pieuse.
247
Aïsha a dit : "L'envoyé de Allah emmenait sa victime de Médine et c'est moi qui tressais les
guirlandes de cette victime. Il ne s'abstenait après cela de rien de ce dont on s'abstient dans l'ihrâm.
De la marque du chameau victime (WASM) . - Urwa a dit, d'après El Miswar, que le prophète mit
des guirlandes à sa victime, qu'il la marqua et qu'il prit l'ihrâm de la visite pieuse.
Aïsha a dit : "Je tressai les guirlandes de la victime du prophète ; il marqua la victime, lui passa les
guirlandes - ou, suivant une variante, je les lui passai - puis il l'envoya au temple de la Mecque. Pour
lui, il resta à Médine et ne s'abstint de rien de ce qui lui était permis en temps normal."
..."Celui qui a choisi une victime devra s'abstenir de tout ce dont s'abstient le pèlerin tant que sa
victime n'aura pas été égorgée."
317
"Moi-même, dit-elle , j'ai tressé de mes mains les guirlandes de la victime de l'envoyé de Allah ;
l'envoyé de Allah les passa de ses mains au cou de la victime qu'il envoya ensuite au temple de la
Mecque par les soins de mon père. L'envoyé de Allah ne s'interdit rien des choses que Allah lui
avait rendues licites jusqu'au moment où la victime fut égorgée."
De l'enguirlandement des moutons.
Aïsha a dit : "Une fois le prophète choisit pour victimes des moutons."
Aïsha a dit : "C'est moi qui tressai les guirlandes pour le prophète ; il les passa lui-même au cou des
moutons et demeura dans sa famille vivant de la vie normale."
Aïsha a dit : "C'est moi qui tressai les guirlandes des moutons pour le prophète ; il expédia ces
moutons et continua à vivre de la vie normale."
Aïsha a dit : "Je tressais pour les victimes du prophète, c'est à dire je tressais les guirlandes, avant
qu'il ne prît l'ihrâm."
Des guirlandes en laine (teinte).
La mère des Croyants
318
a dit : "Je tressais les guirlandes des victimes avec de la laine (teinte) que
j'avais."
Du fait de mettre des chaussures au cou de la victime.
...le prophète vit un homme qui conduisait son chameau victime par le licol.
-"Monte-le, lui cria-t-il.
- C'est un chameau victime, objecta l'homme.
- Monte-le, reprit le prophète."
Abu Hurayra ajoute : "Je vis ensuite cet homme monté sur son chameau victime marchant à côté du
prophète, et le chameau avait des chaussures autour du cou."
Du caparaçon sur le chameau victime.
ibn 'Omar ne fendait le caparaçon qu'à l'endroit de la bosse. Quand il égorgeait se victime il enlevait
le caparaçon afin qu'il ne fût pas abîmé par le sang et il faisait don ensuite de ce caparaçon.
318
Aïsha, selon une terminologie très postérieure.
248
Ali a dit : "L'envoyé de Allah me donna l'ordre de faire cadeau du caparaçon du chameau victime
qui venait d'être égorgé ainsi que de la peau de l'animal."319
(Corpus coranique d'Othman 5/1-2).
Ô vous qui croyez ! remplissez vos engagements pris.
Licite est pour vous la bête des troupeaux, sauf celles dont énumération vous a été communiquée.
Ne considérez point comme licite le gibier tué alors que vous êtes sacralisés !
Allah décide de ce qu’il veut.
Ô vous qui croyez ! ne déclarez pas non sacrés ni les choses sacrées d’Allah, ni le mois sacré, ni les
offrandes, ni les victimes sacrées se rendant au temple sacré recherchant faveur et satisfaction de
leur seigneur.
(Corpus coranique d'Othman 22/28-9).
Ils viendront par tout passage encaissé, pour attester les dons qui leur ont été faits et invoquer le
nom d’Allah à des jours connus, sur des bêtes de troupeaux qu’Allah leur a attribuées. Mangez de
ces bêtes et nourrissez en les miséreux et les besogneux.
(Malik, Muwatta 862).
Urwa a rapporté que l’homme chargé de garder les offrandes demanda à l’ envoyé d’Allah :
-Ô envoyé d’Allah, que dois-je faire des animaux malsains ?
Il dit :
-Toute bête sacrifiée qui devient malsaine est à égorger ; jette-lui ensuite son collier d’ornement
dans son sang, et laisse-là, pour qu’elle soit mangée par les autres.
(Tirmidhi, Hadith 1505).
ibn Yassar a dit: «J'ai demandé à Abu Ayyub al-Ansari comment les sacrifices se faisaient du temps
du Messager d'Allah et il dit:
-On sacrifiait un mouton pour sa famille et pour soi-même. On en mangeait et en offrait aux autres.
(Ibn Kathir, Tafsir 2/19).
Ne mangez pas la viande d'autres que celle des Gens du Livre ou des Musulmans.
319
La peau sert à fabriquer du cuir ; c’est une source importante de revenu, qui est souvent négligée
par les études.
249
7 L’adoration du dieu Bidoche
Le sacrifice est enfin une affaire de boucherie, qui est laissé entre les mains de techniciens,
bouchers, donc, qui deviennent sacrificateurs (mais pas directement des prêtres). Le recueil
coranique ne donne pas de règle précise; ce sont donc des usages arabes ou inspirés du
judaïsme qui vont codifier les gestes. Il est seulement précisé que lors de la mise à mort (mais
sais t-on quand l'animal meurt exactement?), le nom d'Allah doit être prononcé, sans quoi
la viande sera interdite.320 L'usage est conforme aux coutumes proche-orientales.
De la viande avant toute chose: la nourriture la plus riche, celle qui permet d’être plus fort
que les autres, plus en forme, plus puissant: celle du chef de meute.
Le rite est l’occasion de manger de la viande, de réunir la communauté, d’intégrer,
d’exclure, et de montrer la hiérarchie dans le groupe par le choix des morceaux. Le sujet est
bien connu depuis les progrès de l'ethnologie.
320
Q 6/118/21.
250
La viande possède un statut tout à fait particulier, lié au statut de l’animal, et à sa présence
constante auprès de l’homme, et son rôle vital, et sans doute aussi à la rareté de apports en
protéines. La mise à mort reste une destruction d’un être vivant , un acte de domination de
l’homme sur la nature.
Tout système religieux primitif se doit alors de contrôler le lien avec l’alimentation carnée.
Les informations des textes permettent enfin d’imaginer un peu la diète de ces populations,
ou plutôt de leur élite.
A la fin de l’observation du sacrifice islamique, protéiforme au possible, apparaît son anse
la plus solide: l’alimentation, et son contrôle strict, sous prétexte de purification, par l’acte
du sacrifice, alors même que la finalité n’est plus qu’exclusivement alimentaire. Seul
subsiste de l’ancienne mentalité l’élimination du sang, qui était autrefois la part des dieux,
qui coulait dans le sol. Le rite hallal, le fameux, a conservé la pratique, sans rien y
comprendre par ailleurs. Insistons: purification, purification, purification, telle est la clé de
la manoeuvre, ce qui permet de relier le sacrifice primitif (le Egorge coranique) et l’immense
consommation hallal. Le pari de la purification plutôt que celui de l’hygiène, le plus
souvent, car nous sommes encore dans un monde magique. Magie, boucher, microbes, bon
appétit.
Mais comment va se construire le modèle économico-social du circuit de la viande
islamique? D’une toute autre manière, et à la fin peu religieuse, s’appuyant principalement
sur l’exigence de pureté rituelle, qui en toute fin, sera une argument marketing aussi
efficace qu’imbécile. Le sacrifice est loin de tout cela.
Les témoins voyaient bien que la viande, si merveilleuse, était sujette à une putréfaction
rapide (de 2 à 4 jours), que des bactéries, que les miasmes intestinaux de toute bête infestait
vite la carcasse et la disputait à la fin à la consommation humaine. La priorité vient à
l'humain avant les asticots, selon le prophète.
Et l’on voyait bien que ceux qui finissaient par consommer en étaient, par punition divine,
croyait-on très malades et pouvaient en périr. La catastrophe sanitaire qu’était la
conservation des viandes a certainement, par une réaction bien compréhensible, aboutit à
l’obession de la pureté rituelle, qui faisait croire que la pourriture pouvait ainsi être
combattue.
Le miasme est bien un des agents les plus efficaces de l’édification des religions. On a
inventé d’abord contre eux les rites, la purification et les religions, jusqu’au jour béni où
l’eau de Javel a été inventée…
Le modèle du circuit économique est sans doute juif, celui du kasher. Rien dans les premiers
textes ne permet d’organiser un tel système, qui en fait s’appuie sur le monopole et sur
l’exploitation de la clientèle, soumise à une dîme. Religion et économie font toujours bon
ménage, mais rares sont les occasions de le voir aussi clairement. Pour autant, ce qui frappe
ici, c’est autre chose: le fait que dans le sacrifice canonique, la viande n’est plus un objet
économique, puisqu’il est partagé, quelque soit sa propriété. Alors, en réalité, l’abattage
hallal, il faudra en convenir ne vient pas de là.
(Muslim, Sahih 10/3616).
251
... les gens de la période pré-islamique avaient coutume de vendre la viande des chameaux sacrifiés à
habal al habala.
Habal a habala signifie qu’une chamelle doit donner naissance et le nouveau-né donne naissance
aussi. Le messager d’Allah a interdit cette procédure.
(Bukhari, Sahih 47/787).
Nous étions 130 personnes en compagnie du prophète qui nous demanda si nous avions à manger.
Il y avait un homme qui avait environ un sa
321
de blé, qui fut mélangé à de l’eau.
Un très grand païen arriva avec un troupeau de moutons. Le prophète lui demanda :
-Pourrais tu nous vendre un mouton, ou nous l’offrir?
-Je vous le vends.
Le prophète acheta le mouton qui fut sacrifié. Le prophète ordonna que son foie et ses intestins
soient grillés.
(ibn Kathir, Tafsir 6).
Il n’est pas permis de consommer ce qui a été sacrifié sans que le nom d’Allah soit prononcé. C’était
une pratique des Quraysh païens que de manger des animaux morts et de manger ce qui avait été
tué pour les idoles. Allah ensuite a enjoint à manger de la viande d’animaux sacrifiés quand son
nom est mentionné pendant le sacrifice.
322
(ibn Bukayr, Sira).
Parmi eux, il n'y avait personne de plus honnête dans sa conduite et ses intentions. Il
323
s'était
séparé des idoles et se tenait à l'écart de la religion des juifs, des chrétiens et de toutes les sectes, à
l'exception de la religion d'Abraham, déclarant l'unité d'Allah et rejetant tout le reste. Il ne
mangeait pas la viande des sacrifices de son peuple et montrait de son hostilité en se séparant de
leur façon de vivre.
La distribution des viandes.
(ibn Kalbi, Livre des Idoles 17 a).
Ils avaient, en effet, l’habitude de distribuer la chair des victimes à ceux qui assistaient aux sacrifices
ou se trouvaient là à l’occasion.
La viande des sacrifices.
325
Q 5/51.
252
324
(ibn Bukayr , Sira).
ibn Ishaq a dit : j'ai su que l'apôtre d'Allah, parlant de Zayd ibn Nufayl a dit :
-Il a été le premier à me blâmer pour le culte rendu aux idoles, et m'a interdit de le faire. Je revenais
de Ta’if avec Zayd ibn Harithah et je suis passé près de Zayd ibn Amr, sur un endroit en haut de la
Mecque, parce que les Quraysh le montrait aux autres publiqmeent, parce qu'il avait abandonné
leur religion. Je suis venu et je me suis assis à côté de lui. J'avais avec moi un sac rempli de viande
venant de nos sacrifices à nos idoles, que Zayd ibn Haritha portait, et je lui en ai offert. J'étais un
jeune gaçon à l'époque. J'ai dit :
-Mange de cette nourriture, mon oncle.
Il répondit :
-Neveu, c'est une part de vos sacrifices, ceux que vous avez offert à vos idoles, n'est-ce-pas.
Quand j'ai répondu que cela en était, ildit :
-Si tu demandais aux filles d'Abdul Muttalib, tu saurais que jamais je n'ai mangé de ce qui vient de
ces sacrifices, et je ne le ferai jamais.
(Muslim, Sahih 3630).
D'après Anas, le jour du sacrifice, le prophète dit :
-Quiconque aura immolé sa victime avant la prière, devra refaire le sacrifice.
Un homme se leva alors et dit :
-Ô envoyé d'Allah, ce jour-ci est un jour où l'on aime à manger de la viande.
Il fit allusion à ses voisins besogneux pour lesquels il avait hâté l'immolation, et je crois que l’nvoyé
d’Allah l'a cru. L'homme poursuivit :
-J'ai une jeune chèvre âgée de moins d'un an que je préfère à deux chèvres de boucherie, dois-je
l'immoler?
Le prophète le lui autorisa.
Je ne sais, dit Anas, si cette autorisation fut accordée à d'autres que lui ou non. Le prophète s'en
alla ensuite vers deux béliers qu'il immola. Les fidèles se portèrent vers les béliers et se les
partagèrent - ou, suivant une variante - prirent chacun un morceau de viande.
(Bukhari, Sahih 72/21).
D’après Aïsha, certains fidèles dirent au prophète :
-Des gens (des bédouins) nous apportent de la viande et nous ne savons pas si on a invoqué ou non
le nom d’Allah.
-Invoquez le nom d’Allah sur cette viande, répondit le prophète, et mangez-la.
Ces fidèles, ajoute Aïsha, avaient cessé depuis peu d’être idolâtres.
253
(Malik, Muwatta 1056).
Ata Ibn Yassar a rapporté qu'un homme des Ansar, de Banu Haritha menait au pâturage une
chamelle laitière, au bout de mourrir, il prit un bâton pointu et l'égorgea. On demanda, à ce propos,
l'Envoyé d'Allah qui dit:
-II n'y a pas de mal, mangez de sa viande.
(Malik, Muwatta 1057).
Muath Ibn Sad (ou Sa'd Ibn Muath)a rapporté qu'une esclave à Ka'b, gardait ses moutons dans une
montagne appelée Sal; l'une des brebis, allant périr, elle prit une pierre avec laquelle elle l'égorgea.
On requit à ce sujet l'Envoyé d'Allah qui dit:
-II n'y a pas de mal à cela, mangez de sa chair.
(Malik, Muwatta 1058).
On demanda Abdallah Ibn Abbas à propos des bêtes égorgées par les chrétiens Arabes? Il répondit:
-II n'y a pas de mal à cela». Puis il récita ce verset: Celui qui, parmi vous, les prend pour amis, est
des leurs.325
(Muslim, Sahih 3639).
Récit de 'Alî ibn 'Abu Tâlib, Abu 'Ubayd a dit : J'assistai au premier jour de la fête du sacrifice avec
'Ali Ibn 'Abî Tâlib. Celui-ci fit la prière avant de procéder au prône, puis s'adressa aux fidèles en ces
termes :
-L’envoyé d’Allah nous a interdit de manger la chair de vos victimes après le troisième jour.
(Muslim, Sahih 3648).
D'après Salama Ibn Al-'Akwa' , le prophète a dit :
-Que celui d'entre vous qui a fait le sacrifice ne garde plus dans son habitation rien de la chair des
bêtes du sacrifice le matin du quatrième jour. L'année suivante, on demanda à l'Envoyé d’Allah si
l'on devait faire comme cette année comme dans l'année précédente.
-Non! L'année précédente a été dure pour le peuple et j'ai désiré que vous veniez en aide aux
pauvres en leur distribuant la viande de vos bêtes du sacrifice.
Le sacrifice sanglant alimentaire.
(Corpus coranique d'Othman 22/35-38).
A chaque communauté, nous avons donné une pratique cultuelle pour que ses membres invoquent
le nom d'Allah sur la bête de troupeaux qu'il leur a attribuée.
Votre divinité est une divinité unique.
A elle soumettez-vous !
254
Prophète !, annonce la bonne nouvelle aux modestes dont les cœurs s'émeuvent quand Allah est
invoqué !
Annonce-la aux constants dans l'épreuve qui les atteint, à ceux qui accomplissent la prière et qui
font dépense en aumône sur ce que nous leur avons attribué !
Pour vous, Nous avons placé les animaux sacrifiés, parmi les choses sacrées d'Allah.
Un bien s'y trouve pour vous.
Invoquez sur eux, vivants, le nom d'Allah !
Quand ils sont sans vie, mangez-en et nourrissez-en l'impécunieux et le démuni. Ainsi vous ont été
livrées ces victimes, espérant que peut-être vous serez reconnaissants.
Ni leurs chairs ni leur sang n'atteindront Allah, mais, seule, la piété venue de vous l'atteindra. Ainsi
ces victimes vous ont été livrées pour que vous proclamiez la grandeur d’Allah, en reconaissance de
ce qu’il vous a accordé.
Précautions sanitaires?
(Bukhari, Sahih 64/12, 2).
...lorsque Abu Sayd ibn Malik al Khodri revint d’expédition, sa femme lui présenta de la viande qui
venait des sacrifices.
-Je ne mangerai pas de cette viande, s’écria t-il, avant de m’être renseigné.
Il se rendit alors chez son frère utérin, Qutada ibn en Numan, qui avait assisté à Badr, et il lui posa
la question.
-Il est survenu, répondit-il, une décision infirmant la défense de manger de la viande provenant des
sacrifices après trois jours de leur durée.
(ibn Maja, Hadith 23.4.7).
…le messager d’Allah a interdit de manger la viande des animaux sacrifiés au bout de trois jours.
Certaines personnes du désert est venu au moment du sacrifice à l'époque du messager d'Allah et
le messager d’Allah a déclaré:
-Stockez pendant trois jours, et de donner ce qui reste comme sadaqa.
Elle a dit que plus tard, quelqu'un dit au messager d'Allah, que les gens avaient l'habitude de faire
usage de leurs animaux de sacrifice, de faire fondre la graisse et de tanner la peau.
(Malik, Muwatta 1046).
Jaber Ibn Abdallah a rapporté que l'Envoyé d'Allah avait interdit de manger la chair des bêtes
sacrifiés après trois jours. Puis il a ajouté:
-Mangez de cette chair, faites en l'aumône, faites en une provision, et épargnez en.
255
(Malik, Muwatta 1047).
Abdallah Ibn Waked a rapporté que l'Envoyé d'Allah
a interdit de manger la chair des offrandes
après trois jours. Abdallah Ibn Abi Bakr, rapportant cela, a dit: «J'ai raconté cela à Amra Bint AbdelRahman qui dit: «J'approuve ce qui est dit par Abdallah Ibn Waqed, car j'ai entendu Aïsha, la
femme du Prophète dire:
-Une foule de pauvres bédouins était présente, le jour de l'adha, du temps de l'envoyé d'Allah.
S'adressant aux fidèles, l'Envoyé d'Allah a dit:
-Faites une réserve pour trois jours, et une aumône pour ce qui est du reste.
Aïsha, continua, et dit:
-Quand cela a été fait, on a dit à l'Envoyé d'Allah r que les gens conservèrent la graisse des bêtes
victimes, dans les outres afin de s'en servir ultérieurement.
L'Envoyé d'Allah r les interrogea:
-Pourquoi faire cela»?
On lui répondit:
-Vous avez interdit de manger la viande des sacrifices après trois jours.
Il répliqua:
-Je vous l'avais interdit, car toute une foule (de bédouins) était arrivée à Médine, or à présent,
mangez-en, faites-en l'aumône et une réserve.
Il désignait par «la foule», les pauvres hommes arrivés à la Médine.
(Bukhari, Sahih 72/21).
D’après Aïsha, certains fidèles dirent au prophète:
-Des gens (des bédouins) nous apportent de la viande et nous ne savons pas si on a invoqué ou non
le nom d’Allah.
-Invoquez le nom d’Allah sur cette viande, répondit le prophète, et mangez-la.
Ces fidèles, ajoute Aïsha, avaient cessé depuis peu d’être idolâtres.
(Bukhari, Sahih 64/12, 2).
326
...lorsque Abu Sayd ibn Malik al Khudri revint d’expédition , sa femme lui présenta de la viande
qui venait des sacrifices.
-Je ne mangerai pas de cette viande, s’écria t-il, avant de m’être renseigné.
Il se rendit alors chez son frère utérin
327
, Qutada ibn an Numan, qui avait asisté à Badr, et il lui
posa la question.
327
De la même mère.
256
328
-Il est survenu, répondit-il, une décision infirmant la défense
de manger de la viande provenant
des sacrifices après trois jours de leur durée.
8 Droit du sacrifice
La viande coûte cher. Voilà le premier point, et on se jette pas par la fenêtre l’argent d’un
animal sacrifié. Il doit être dévoré, et exploité, jusqu’à sa peau. Ensuite, le partage est
toujours affaire de friction, que ce soit entre voleurs, comme entre meurtriers. Alors, il vaut
mieux désigner une autorité chargée de s’en charger. Et puis surtout, le rituel a été constitué
de bric et de broc, à partir d’un amas de coutumes primitives, assaisonnée de détails juifs,
ou au contraire, s’écartant le plus possible des pratiques des autres communautés. D’une
part, donc, étant donné l’archaïsme des rites, on aurait pu s’attendre à une unité ou à une
unification. Mais l’humanité est ainsi faite qu’elle fait n’importe quoi, et s’affole quand elle
est affamée. Vu le bazar qui en a résulté, une fois de plus, les juristes, engeance maudite
sous toutes les latitudes, mais ici sont césarisés, ont été appelés en renfort, et munis de leurs
calames et de leurs barbes luisantes, ils se sont attachés à légiférer comme des fous.
Cela n’empêche que ce qui mène la danse dans la continuelle pratique des masses, même
quand elle est caporalisée par des élites brutales et volontaires.
Voyez alors ce qu’en dit une certain Malik, pas plus méchant, pas plus gentil qu’un autre,
pas plus malin non plus. Ce héros anonyme et tranquille régit les actes rituels et les
préoccupations de nos frères humains d’Afrique du Nord, du Maghreb, donc, et donc,
d’Europe.
329
Risala malikite, ed. L. Berchet, Alger 1975.
257
(Malik, Muwatta).
(1041)
Al-Bara Ibn azeb a rapporté que l'on a demandé à l'Envoyé à propos des sacrifices qu'on ne peut
jamais offrir. Il fit signe de sa main et dit «quatre». Al-Bara, faisait signe de sa main et dit: «Ma main
est plus courte que celle de l'Envoyé d'Allah (salallahou alayhi wa salam) (Sur lui la grâce et la paix
d'Allah) et cite les animaux qui ne sont pas à sacrifier à savoir ceux dont la difformité est claire et
boitent, les animaux qui sont borgnes, ceux qui sont effectivement malades, et finalement les
maigres qui ne sont pas graisseux».
(1042)
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar s'abstenait de sacrifier les animaux non âgés, et ceux qui
sont difformes». Malik a dit: «C'est ce que j'ai entendu de mieux».
(1043)
Nafi a rapporté: «Abdallah Ibn Omar voulait faire offrande alors qu'il était à Médine. Il me chargea
de lui acheter un bélier cornu et d'un certain âge puis de le sacrifier le jour de «L'adha»,où les
hommes faisaient la prière. Achevant ma mission, dit Nafi, on porta le bélier sacrifié à Abdallah Ibn
Omar qui se rasa la tête, vu qu'il était malade, et qu'il n'avait pas participé à la fête, priant avec les
hommes. Nafi rapportant ce qu'a dit Abdallah Ibn Omar: «Le fait de se raser la tête n'est pas une
obligation pour celui qui a fait une offrande», mais, continue Nafi: «Ibn Omar l'avait fait».
(1044)
Bushayr Ibn Yassar a rapporté que Abu Burda Ibn Niar,avait fait une offrande, avant que l'Envoyé
d'Allah ne l'ai faite, le jour de l'adha. Il affirma que l'Envoyé d'Allah l'avait ordonné de faire une
autre offrande. Abou Bourda lui répondit: «Je n'ai qu'une chèvre d'un an révolu à sacrifier, ô
Envoyé d'Allah». Il lui dit: «Si tu ne peux sacrifier qu'une telle chèvre, sacrifie la».
(1045)
Abbad Ibn Tamim a rapporté que Umayr Ibn Ashkar, avait fait sacrifice avant de participer à la
prière du jour de l'adha. Rapportant cela à l'Envoyé d'Allah , il lui conseilla de sacrifier une autre
victime offrande».
(1046)
Jabir Ibn Abdallah a rapporté que l'Envoyé d'Allah avait interdit de manger la chair des bêtes
258
sacrifiés après trois jours. Puis il a ajouté: «Mangez de cette chaire, faites en l'aumône, faites en une
provision, et épargnez en».
(1047)
Abdallah Ibn Wakid a rapporté que l'Envoyé d'Allah a interdit de manger la chair des offrandes
après trois jours. Abdallah Ibn Abi Bakr, rapportant cela, a dit: «J'ai raconté cela à Amra Bint AbdelRahman qui dit: «J'approuve ce qui est dit par Abdallah Ibn Waqid, car j'ai entendu Aïsha, la
femme du dire: «Une foule de pauvres bédouins était présente, le jour de l'adha, du temps de
l'Envoyé d'Allah. S'adressant aux fidèles, l'Envoyé d'Allah a dit:
«Faites une réserve pour trois jours, et une aumône pour ce qui est du reste». Aicha, continua, et dit:
«Quand cela a été fait, on a dit à l'Envoyé d'Allah que les gens conservèrent la graisse des bêtes
victimes, dans les outres afin de s'en servir ultérieurement». L'Envoyé d'Allah
les interrogea:
«Pourquoi faire cela»? On lui répondit: «Vous avez interdit de manger la viande des sacrifices après
trois jours». Il répliqua: «Je vous l'avais interdit, car toute une foule (de bédouins) était arrivée à
Médine, or à présent, mangez-en, faites-en l'aumône et une réserve». Il désignait par «la foule», les
pauvres hommes arrivés à la Médine.
(1048)
Abu Sayd Al-Khudri a rapporté qu'en rentrant d'un voyage, sa femme lui offrit de la viande à
manger». Il lui dit: «Fais, que ça ne soit pas la viande des offrandes»! Elle répondit: «Elle l'est». Abu
Sayd répliqua:
«L'Envoyé d'Allah ne l'avait-il pas interdite»? Sa femme reprit: «Après ton voyage, l'Envoyé nous
l'avait permise».
Abou Sa'id cherchant à se renseigner, on lui répondit: «L'Envoyé d'Allah a dit: «Je vous avais
interdit la chair des offrandes à manger après trois jours; mais à présent, mangez la, faites une
aumône et une provision. Je vous avais aussi interdit de faire nabidh (du raisin ou des dates
trempées dans l'eau), or maintenant, faites nabidh, mais rappelez vous que tous les intoxicants sont
haram interdits.Finalement je vous avais interdit la visite des tombes, or, à présent je vous permet
de les visiter, mais sans proférer des propos indécents et inconvenables (à savoir de ne rien dire de
mal aux morts).
(1049)
Jabir Ibn Abdallah a rapporté: «Nous avons sacrifié des victimes avec l'Envoyé d'Allah l'année de
Hudaybiyya, à savoir une chamelle au nom de sept personnes, et une vache au nom de sept».
(1050)
259
Abu Ayub Al-Ansari a rapporté: «Nous faisions offrande d'un mouton, que tout homme sacrifiait en
son nom et au nom de sa famille. Mais plus tard, les hommes allaient par ostentation, faire offrande
en surplus, cherchant par là à se distinguer».
Malik a dit: «Ce que j'ai de mieux entendu pour l'offrande d'une chamelle, ou d'une vache, ou d'un
mouton, c'est que l'homme en fasse sacrifice en son nom, et aux noms des membres de sa famille,
d'une chamelle; ou qu'il immole une vache et un mouton qu'il possède, en faisant participer sa
famille; mais celui qui achète une chamelle, ou une vache, ou un mouton avec un petit groupe de
personnes pour l'immoler en commun, et où chacun payera ce qu'il doit pour prix, en s'emparant
après, de la viande de la bête sacrifiée, cela est désapprouvé. Le hadith que nous avons entendu au
sujet de l'offrande en commun, n'est admis que pour les membres d'une famille».
(1051)
Ibn Shihab a rapporté que l'Envoyé d'Allah n'a sacrifié en son nom, et au nom de sa famille, que,
soit une chamelle, soit une vache».
Malek a dit: «Je ne sais laquelle avait été mentionnée par Ibn Shihab».
(1052)
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar a dit: «On peut faire sacrifice, deux jours, après la fête de
Al-Adha».
(...) On rapporta à Malek que Ali Ibn Abi Taleb était pour les mêmes propos».
(1053)
- Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar n'a jamais fait sacrifice au nom de ce qu'une femme porte
dans son ventre».
Malik a dit: «Le sacrifice est une sunna et non une obligation et je ne suis pas pour celui qui,
capable d'accomplir cette sunna, et pourtant il la néglige».
Les sacrifices dans le rite malikite.
329
(al Qayarawani, Risala malikite 16).
Les sacrifices désignés sous le nom de adhiya
330
sont d'obligation traditionnelle pour
qui peut les faire. Le minimum de ce qui peut être considéré comme valable et suffisant
pour ce genre de sacrifices, c'est, s'agissant d'ovins, un jadha, c'est-à-dire un animal
d'un an révolu ou, selon une autre opinion, de huit mois [au moins], ou de dix mois
selon une troisième opinion. Pour les caprirs, c'est un thani, t'est-à-dire un animal de
330
G. Hawting, « The slaughter of dahiyya during hajj and the origins of `Id al-adha » , Jerusalem
Studies in Arabic and Islam, 31/2006.
260
plus d'un an, qui est entré dans sa deuxième année. Pour les sacrifices dits adhiya,
quand on prend pour victimes des caprins ou des bovins ou des camelins, l'animal
devra au moins être thanî. Chez les bovins, le thanî est l'animal dans sa quatrième
année. Chez les ovins, les mâles non châtrés sont préférés, pour la dahîya, aux mâles
châtrés. Ces derniers sont préférés aux fernelles qui, à leur tour, sont préférables aux
caprins mâles et femelles. Les caprins non châtrés sont préférables aux caprins femelles
et celles-ci sont préférables aux camelins et aux bovins pour les sacrifices dits dahîya.
Pour les sacrifices dits hadaya [faits en cours de pèlerinage], les chameaux sont
préférables. Viennent ensuite les bovins, puis les ovins, puis les caprins. Mais quelle
que soit l'espèce à laquelle appartient la victime, elle ne devra être ni borgne, ni malade,
ni nettement boiteuse, ni maigre au point de ne plus avoir de graisse. On devra [en
somme] éviter soigneusement de choisir un animal présentant un vice quelconque.
C'est ainsi qu'] on ne choisira pas une bête très petite, ni une bête à l'oreille coupée ou
à la corne cassée, si la blessure qui en résulte est encore à vif, sinon, on peut choisir une
telle bête,
L'homme égorgera lui-même sa victime (DAHIYA) en lui tranchant la jugulaire (DHABH) ,
après que l'imâm aura fait le sacrifice selon l'un des deux modes d'égorgement dits
331
dhabh ou nahr. au matin du jour du sacrifice.
Celui qui a fait le sacrifice en
employant le mode d'égorgement dhabh avant que l'imâm n'ait lui-même sacrifié, soit
par dhabh, soit par nahr, devra recommencer son sacrifice. Les fidèles qui n'ont point
d'Imâm devront se baser, sur la prière et sur l'égorgement dhabh faits par l'imâm le
plus voisin. Le fidèle qui fait, pendant la nuit, le sacrifice dit dahîya ou le sacrifice dit
hadîya
332
n'aura pas fait un sacrifice valable.
Les jours du sacrifice
333
sont au nombre de trois au cours desquels on égorge par
dhabh ou par
nahr jusqu'au coucher du soleil du dernier. Parmi ces trois jours, le premier est le
préférable. Le fidèle qui laissera passer jusqu'à l'après-midi du premier jour sans faire
son sacrifice fera bien, selon l'opinion de certains docteurs, d'attendre au lendemain
matin du second jour.
On ne doit rien vendre des victimes dahîya, ni peau., ni autre chose.
Lors de l'égorgement par dhabh, on place la victime en direction de la qibla et le
sacrificateur dit : «Bismillâh ! et Allâh akbar».
Si, pour le sacrifice dahîya, il ajoute ces mots :
331
332
333
10 dhû'l hijja..
Spécial au pèlerinage.
Pour l’Aïd al Kabîr.
261
-« Seigneur, accepte cela de nous ! », il n'y aura aucun inconvénient à cela.
L'oubli de la formule Bismillâh lors de l'égorgement des victimes dahîya ou autres
n'entraîne pas l'interdiction de manger la chair des dites victimes. Mais si le
sacrificateur s'est abstenu intentionnellement de prononcer cette formule, la chair des
victimes ne pourra être consommée. La même distinction [entre l'intention et la nonintention] vaut pour les animaux capturés à la chasse à l'aide d'oiseaux de proie .
Ni la chair, ni la peau, ni la -raisse, ni les tendons, ni rien d'autre ne doit être vendu des
victimes dahîya, aqîqa et nusk (hadâyâ ou victimes sacrifiées en, cours de pèlerinages).
L'homme peut manger de la chair de ses victimes (dahiya), mais il est préférable qu'il en
fasse l'aumône sans pourtant qu'il en soit obligatoirement tenu.
Il ne mangera pas, non plus, de la victime sacrifiée en expiation d'un manquement aux
prescriptions de l'état d'ihrâm, ou d'une infraction à l'interdiction de la chasse sur le
territoire sacré ou en exécution d'un vœu en faveur des pauvres. Il ne mangera pas
davantage de la chair de l'animal qu'il entendait immoler en sacrifice bénévole durant le
pèlerinage et qui est mort avant d'arriver au lieu du sacrifice. Mais il pourra manger de
tous les autres genres de victimes, si cela lui plaît.
L'égorgement dit dhakât consiste à trancher la gorge et les jugulaires de l'animal. Un
sectionnement moindre est insuffisant et non valable. Si après avoir sectionné une
partie seulement de ce qui a été dit, le sacrificateur s'interrompt pour achever ensuite
l'égorgement, l'animal ne peut être mangé. S'il sectionne plus avant au point de
trancher la tête de l'animal, il commet un acte blâmable, mais l'animal est mangeable,
l'égorgement pratiqué par la nuque rend la bête inconsommable.
Pour les bovins, on les égorge [généralement] par dhabh. Mais, si l'on procède par nahr,
l'animal n'en est pas moins consommable. Pour les chameaux, on doit employer le nahr.
Si l'on procède par dhabh, la bête n'est pas consommable. mais il y a divergence
d'opinions à ce sujet. Pour les ovins, on doit employer le dhabh. Si on emploie le nah'r,
on ne peut en manger. Mais, là encore, il y a divergence d'opinions. Le petit dans le
ventre de sa mère est considéré comme égorgé avec elle, et de la même manière, s'il a
atteint son plein développement fœtal et a déjà du poil.
La bête étranglée avec une corde ou autre moyen de strangulation. assommée avec un
bâton ou autre instrument contondant, celle qui a fait une chute grave d'une certaine
hauteur ou qui a été blessée grièvement par des coups de corne ou qui a été la proie des
fauves, si tous ces accidents sont de nature à entraîner sa mort, ne pourra être mangée,
même si on l'égorge rituellement. En cas de nécessité absolue, on peut, sans
inconvénient, manger la chair des animaux morts sans être égorgés rituellement
(MAYYITA)
, s'en rassasient et 1'utilisent comme vivres de route ; mais dès qu'on peut
s'en passer, il faut la jeter. On peut utiliser la peau de la mayyita quand elle est tannée.
262
Mais on ne priera pas dessus et on ne pourra la vendre. On peut sans inconvénient
prier sur les peaux de fauves quand ils ont été égorgés rituellement et on peut
également les vendre. On peut utiliser la laine de la mayyita ainsi que ses poils et tout
ce qu'on en enlève [habituellement] quand elle est vivante. Pour nous, Malékites, il est
préférable que tout cela soit [préalablement] lavé. Cependant, on ne devra utiliser ni les
plumes, ni les cornes, ni les ongles (ou sabots), ni les canines des animaux morts sans
égorgement rituel. L'utilisation des défenses d'éléphants est blâmable encore que ce
point soit controversé.
Le beurre fondu, l'huile ou le miel liquide dans lesquels une souris est morte doivent
être jetés. Il n'y a pas de mal à s'éclairer avec de l'huile et autres corps gras [ainsi]
rendus impurs, mais il faut se garder d'en
faire usage pour l'éclairage dans les
mosquées. Si les denrées où la souris est morte sont à l'état solide, on jettera la souris
avec la partie qui l'entouré et on pourra manger ces aliments. Mais Sahnûn fait cette
réserve : à moins que la souris morte n'y ait séjourné longtemps, auquel cas on doit tout
jeter.
On peut sans inconvénient manger des aliments des gens du Livre [Chrétiens ou Juifs]
et des animaux immolés par eux. Il est blâmable de manger des parties graisseuses des
animaux [égorgés par] les Juifs d'entre les dites gens du Livre, mais, ce n'est pas
formellement interdit. On ne doit pas manger ce qui a été égorgé par les Mages. Ceux
de leurs aliments qui ne comportent pas d'égorgement ne sont pas interdits.
Chasser pour se divertir est blâmable, mais chasser dans un autre but que la distraction
est licite [= a le caractère d'indifférence légale]. Tout gibier tué par ton chien ou par ton
faucon dressés à la chasse est de consommation licite, à condition que tu aies lancé
dessus [à dessein] les dits animaux. Il en va de même pour le gibier que les bêtes de
proie ont mortellement atteint avant que tu n'aies pu l'égorger. Mais le gibier que tu
auras pu saisir avant que les bêtes de proie ne l'aient mortellement atteint, tu ne
pourras le manger qu'après l'avoir égorgé rituellement. Tout ce que tu auras chassé
avec tes flèches ou avec ta lance, mange-le. Si tu arrives à temps pour l'égorger
rituellement, égorge-le. S'il disparaît après avoir été touché mortellement par ta flèche
[et que tu les retrouves ensuite], tu peux le manger tant qu il ne se sera pas écoulé une
nuit avant que tu ne le retrouves. Selon une autre opinion, cette prescription ne
s'applique qu'au cas où le gibier a été tué par des bêtes de proie et n'a été retrouvé par
le chasseur qu'après une nuit. Mais quand on retrouve le gibier percé par la flèche à un
endroit où la blessure faite doit normalement entraîner la mort, on peut le manger sans
inconvénient.
Les animaux domestiques ne sont pas consommables dans les mêmes conditions que le
gibier.
263
Quant au sacrifice dit aqîqa, c'est une pratique traditionnelle recommandable. On le fait
pour le nouveau-né à son septième jour en égorgeant un ovin ou caprin remplissant les
conditions d'âge et de qualité que nous avons définies pour les victimes dites dahîya.
Dans les sept jours, le jour de la naissance n'est pas compté. Si l'immolation se fait au
matin, on évitera de toucher l'enfant avec quelque quantité que ce soit du sang de la
victime. On mangera de la chair de la victime et on en fera l'aumône. On pourra en
casser les os. Si on rase les cheveux du nouveau-né et si on fait l'aumône de leur pesant
d'or ou d'argent, cela est recommandable et bon. Si on oint la tête du nouveau-né avec
un parfum au safran (KHALÛQ) au lieu du sang qu'on employait à cette fin au temps du
paganisme, il n'y aura aucun inconvénient à cela.
9 Aqiqa, un truc de juifs
Une bizarrerie, une oddity, comme disent les Anglo-Saxons, ou alors une aberration.
Disons mieux, une survivance préhistorique, mais fascinante dans son application. Les
infidèles sont surtout mis hors de la confidence.
Le bizarre de l’affaire est qu’Allah n’est pas dans le coup, et que le prophète se raccroche in
extremis à la branche. Le rite est universel, puisqu’il veut protéger les nouveaux-nés, et se
veut propitiatoire, donc, à leur égard. Les gens y tenaient alors beaucoup, et l’islamisme a
dû composer avec la tradition, trop forte. Le sacrifice devait apporter la baraka, et il n’était
pas question d’y toucher. Alors le prophète, toujours disponible, est venu dire quelque chose.
Dès qu’on le sort de sa boîte, il dit ce que l’on veut, il est bien pratique le prophète. Non
seulement, il a autorisé le sacrifice, mais il l’a conseillé. Si prophète, alors silence, et ne
pensez pas trop. En gros, il s’agit de sacrifier une petite bête, un mouton, par exemple, en
334
parallèle avec un autre sacrifice universelle, la première coupe de cheveux du bébé . Les
ethnologues expliquent que la coupe a un rapport avec l’idée d’une rupture avec le corps de
la mère, corps dont sortent tous les Arabes, mais ils ont bien du mal à le supporter. Alors
l’aqiqa comme coupe ressemble plus à une entreprise de purification, transformée en
offrande de cheveux. Le sacrifice d’animal renforce le premier rite, et le fait oublier, et puis
ajout une dimension communautaire : on vient voir le bébé, féliciter etc… Le fait que la
viande –en général- n’est pas consommée renforce l’idée d’une purification, et peut-être
même une idée apotropaïque : rejeter le mauvais œil, le destin vers l’animal, pour épargner
334
Chelhod 1955, p. 137-140; J. Henniger, « Zur Frage des Haaropfers bei den Semiten » , Die Wiener
Schule der Völkerkunde. Fest 25 Jahr. Bestandes, Horn 1956.
264
l’enfant. Les avis divergent sur le nombre d’animaux : un ou deux, et si possible, tout plus
pour un garçon.
Pour accroître encore la force des paroles prophétiques, elles ont été associées à Hasan et
Hussein, ses deux petits-fils au destin tragique : l’aqiqa ne leur a pas trop porté chance,
mais mieux vaut le garder pour soi.
La cérémonie doit avoir lieu environ une semaine après la naissance, soit quand le
nouveau-né paraît viable. Il n’y a pas de rapport avec le baptème, surtout, parce qu’il ne
faut pas se rapprocher trop du baptème des chrétiens. Là réside peut-être l’explication
finale de l’institution dans l’islamisme : les premiers musulmans n’avaient pas de fête liée à
la naissance, comme le baptème chrétien. Alors, l’aqiqa a été promue. Même chose par
rapport aux juifs : l’aqiqa ne doit surtout pas coïncider avec la circoncision… Mais des
textes disent aussi le contraire, comme toujours.
Enfin, pour ne pas trop non plus se rapprocher des racines païennes, le visage de l’enfant
ne doit pas être aspergé de sang ; mais celui-ci est remplacé par des matières comme des
épices, rouges, si possible, pour des parfums.
Le rite est donc un exemple de la construction graduelle des institutions de l’islamisme, y
compris dans ses dispositions de détail. Comme la construction a certainement posé
problème, elle a suscité la rédaction, et l’invention, d’un bon nombre de récits prophétiques.
(Bukhari, Sahih 71/2).
Salman ibn Amir ad Dabbi a entendu l’envoyé d'Allah dire :
-Avec l’enfant il faut une aqiqa. Répandez pour cela du sang en sacrifice et écartez de lui le mal.
(Ibn Mâjah, Hadith 2562).
…d’après Salman Ibn-Âmir El-Dabiy : j’ai entendu le messager d’Allah dire :
- Pour chaque nouveau né, une aqiqa, faites donc couler du sang pour lui, et ôtez lui, les impuretés.
(Ibn Mâjah, Hadith 2561).
Aïsha a dit : le messager d’Allah nous a ordonné de sacrifier deux bêtes pour le garçon et une bête
pour la fille.
(Ibn Mâjah, Hadith 2565).
D’après El Hassan Ibn-Samura, le prophète a dit :
-Chaque nouveau né est tributaire de sa ‘Aqiqa’, qui est sacrifiée le septième jour. Son crâne est
aussi rasé et un nom lui est donné ce jour là.
(Dawud, Hadith 2835).
... Umm Kurz al Kabiyya qui l’a interrogé sur El-`Aqîqa et le prophète a répondu:
-On sacrifie deux moutons (ou caprinés) pour le garçon et un pour la fille, il n’y a pas de mal à ce
qu’ils soient mâles ou femelles
265
(Malik, Muwatta 1082).
Un homme de Abi Damra a rapporté d'après son père qu'on a demandé à l'Envoyé d'Allah au
sujet de l’aqiqa. Il répondit:
-Je n'aime pas la négligeance des obligations, comme s'il avait répugné l'écoute de ce terme. Il dit:
-Celui, à qui Allah a accordé un enfant, j'aime bien qu'il fasse un sacrifice à son égard, s'il est
capable.
(Malik, Muwatta 1083).
Jafar Ibn Muhammad a rapporté d'après son père que Fatima, la fille de l'Envoyé d'Allah avait
pesé, ce qui étaient coupés des cheveux de Hassan, de Hussein, de Zainab et de Umm Kulthum puis
elle avait payé une aumône en argent valant le poids des cheveux coupés.
(Malik, Muwatta 1084).
Muhammad Ibn Ali Ibn Hussein, a dit:
-Fatima, la fille de l'Envoyé d'Allah avait pesé les cheveux coupés de Hassan et de Hussein, puis a
payé l'aumône du poids en argent.
(Malik, Muwatta 1086).
Muhammad Ibn Ibrahim Ibn al Harith a rapporté qu'il a entendu son père dire qu'il lui était
acceptable de faire sacrifice, comme aqiqa, même d'un oiseau.
(Malik, Muwatta 1087).
On rapporta à Malek, qu'on a fait sacrifice aux noms de Hassan et Hussein, fils de Ali Ibn Abi Talib.
(Malik, Muwatta 1088).
Hisham Ibn Urwa a rapporté que son père Urwa Al-Zubayr sacrifiait aux noms de ses enfants, mâles
et femelles, un mouton pour chacun.
(Bukhari, Sahih 5472).
D’après Salman Ibn Amir al Dabiy : j’ai entendu le messager d’Allah dire :
-Pour chaque nouveau né, une aqiqa, faites donc couler du sang pour lui, et ôtez lui, les impuretés.
(Ibn Majah, Hadith 2561).
Aïsha a dit :
-Le messager d’Allah nous a ordonné de sacrifier deux bêtes pour le garçon et une bête pour la fille.
(Tirmidhi, Hadith 1559).
D’après al Hassan ibn-Samura, le prophète a dit :
-Chaque nouveau né est tributaire de sa Aqiqa, qui est sacrifiée le septième jour. Son crâne est
266
aussi rasé et un nom lui est donné ce jour là .
(Ibn Majah, Hadith 4132).
Selon Burayda, le prophète a dit :
-La aqiqa est immolée le septième jour, ou le quatorzième jour, ou le vingt et unième.
(Tirmidhi, Hadith 1559).
D’après El-Hassan Ibn-Samoura, le prophète a dit : « chaque nouveau né est tributaire de sa
‘Aqiqa’, qui est sacrifiée le septième jour. Son crâne est aussi rasé et un nom lui est donné ce jour là
(Tirmidhi, Hadith 1513).
D'après Aïsha , Le messager d'Allah leur a ordonné d'égorger pour la 'Aqiqa du garçon deux brebis,
et pour la fille une brebis.
(Dawud, Hadith 2838).
…le prophète a dit :
-Tout garçon né est l’objet d’une gage qui consiste à sacrifier un mouton au 7e jour de sa naissance,
à lui raser la tête et à lui donner un nom.
10 Le fantasme des sacrifices humains
Ils ne sont pas là où l'on croit
336
Cf. R. Firestone, Jihad, 1999, p. 146,n.77 : « La culture amazonienne et celle des pasteurs arabes,
toutes les deux, limitent la hausse de leur population, au moins autant par l’infanticide des filles
qu’elles le fond par les pertes au combat. »
267
Mais il est possible que les Arabes, comme les autres peuples sémitiques, aient pu avoir
recours à ce type de pratique, de manière exceptionnelle, comme le montrent de multiples
338
indices, présents aussi dans la Bible.
Et le jihad ? On sait qu’il n’est jamais loin, et qu’il rode.
La codification du meurtre dans le cadre du jihad doit aussi être froidement considéré
comme un sacrifice humain. Le sacrifice humain obéit à des mécanismes symboliques
distincts du sacrifice alimentaire; l’élimination de l’ennemi est un acte de foi comme un
autre, sans toutefois qu’on ait à le consommer. Il serait utile de procéder à l'examen
clinique des corps de ceux qui ont été tués dans le passé au nom de l'islamisme, et de
répertorier les modes de mise à mort. De nos jours, l’égorgement des ennemis est une
tendance qui revient à la mode, et qui n’est pas du tout étrangère à la doctrine: le but est de
vider de son sang l’infidèle, pour que son corps soit hallal, en fait.
Alors, le jihad est-il un sacrifice? Oui, et non. Rien n’est simple, et la question mérite
toujours d’être posée.
D’abord, notons que le sacrifice islamique est un patchwork mal fagotté: il vient de partout,
mélange ceci et cela et ne ressemble à rien, et le sang coule à la fin. A ce moment, tout peut
ressembler, ou avoir quelque chose de proche avec le sacrifice.
Ici, il y a une question de mort. Un vivant va devenir un mort. Le passage est violent. Le
sang coule. Par son acte, le candidat change de nature: il n’est plus humain, il est une
merveille, admirée par tous. La communauté a accepté alors de perdre ses meilleurs
membres, volontairement, puisqu’elle les a formés pour cela.
A ce moment, oui, le jihad, soit le sacrifice de soi, et des autres, au service de son système
religieux et de son expansion, est une forme de sacrifice, ce que confirme le statut du sang
dans la question.
On retrouve dans l’usage du sang des martyrs, matière fluide et précieuse des
comportements déjà vus dans les sacrifices animaux de la période pré-islamique. Cette foisci, ce sont des hommes qui versent le sang, leur sang et le sang des autres, qui le répandent
et s’en aspergent. Ce sang-ci, glorieux et attirant, est la contre-partie du sang menstruel des
femmes, objet absolu de répulsion. Il correspond au sang qui autrefois était jeté sur les
statues et les autels, celui des sacrifices.
Le corps des combattants tués dans le jihad est aussi l'objet d'attentions particulières: les
funérailles sont distinctes de celles du commun des mortels.
338
Omri Boehm, “Child Sacrifice, Ethical Responsibility and the Existence of the People of Israel.”
Vetus Testamentum 54, 2004; Seth Daniel Kunin, “ The Death of Isaac: Structuralist Analysis of
Genesis 22 .” Journal for the Study of the Old Testament 64, 1994; Jon D. Levenson, The Death and
Resurrection of the Beloved Son: The Transformation of Child Sacrifice in Judaism and Christianity . New
Haven, 1993; David J. Pleins, “Son-Slayers and Their Sons.” Catholic Biblical Quarterly 54, 1992;
Willi Plein, Martin S. Bergmann, In the Shadow of Moloch : The Sacrifice of Children and Its Impact on
Western Religions . New York, 1992.
268
Le shiisme a développé une théologie centrée autour de la notion de martyre, sur la figure
du martyr, à partir de "glorieux exemples".
Le rite et l’invocation du premier de ces textes indiquent une forte influence païenne dans
cet épisode. Le sang des sacrifices est aspergée sur la pierre, et le seigneur de la Ka’ba est
l’appelation la plus primitive de la divinité des musulmans.
Le shahid est le témoin d'abord, puis celui qui apporte une preuve, ensuite celui de la foi, et
au final le martyr. Le texte coranique a insisté sur la notion de martyr, dans un contexte
guerrier, celui qui témoigne de sa foi en risquant sa vie, au nom de quelque chose: c'est un
beau thème de propagande.
Dans les temps ultérieurs, le titre sera attribué à divers personnages de valeur, de surtout
les combattants. Mais au sens large, n'importe quel musulman qui meurt est un martyr.
Mais le mort au combat, comme dans nombre de cultures, obtient dans l'islamisme un statut
très privilégié, et très tôt dans l'établissement de cette doctrine. La nouveauté vient du fait
que le fait est sacralisé et normalisé. Il est fait sacré: sacrifié.
La concurrence est donc rude pour un système qui viendrait plus tard, et qui n'aurait pas
droit à se servir d'un outil aussi efficace que le sang des innocents. Le personnage de
Muhammad, très tôt conçu comme impeccable et intouchable, n'a pas droit au martyre
véritable: il plongerait vite dans une forme de christianisme, et s'il disolverait.
Il fallait donc trouver autre chose.
C’était donc la question du sacrifice de soi. Maintenant, le sacrifice des autres, par la guerre
qu'il faut régler à coup de sabre. Ce serait revenir en arrière vers les textes innombrables
qui traitent des massacres, des tortures et des meurtres. Le problème est moins difficile ici:
l’élimination des adversaires est aussi une cérémonie, qui a un sens, comme un meurtre
ritualisé, ainsi que faisaient les Précolombiens. On n’est pas dans le sacrifice proprement dit
(qui serait par exemple suivi de mandication), ni vraiment en dehors: il y a dans les
procédés des premiers musulmans une mise en scène de la violence qui fait penser à la mise
en place d’un vrai rituel, avec ses victimes, ses prêtres qui officient, ses dieux, qui assistant à
la scène.
Nous allons présenter, simplement, l’épisode de l’exécution de Banu Qurayza, qui mérite
d'être diffusé au lieu d'être escamoté comme d'ordinaire.
Le jihad, autre violence au nom de la divinité, a causé un nombre inégalable de victimes,
qui, parfois, sont désignées par le vocabulaire sacrificiel. Mais ce sont alors les ennemis qui
sont touchés, et cela ne compte guère. Quand le GIA et autres groupes se plaisaient à
égorger les civils le long des routes algériennes, le procédé utilisé était nettement de type
sacrificatoire, et non plus pénal. Quand les otages se font égorgés, là aussi, l’archétype est
sacrificiel, et le sang des hommes est offert à Allah. Les victimes étaient des souillures, aux
yeux des sacrificateurs, et la procédure était cathartique. En conclusion, les frontières sont
floues entre les comportements, et l'on distincte plusieurs types de mises à mort et autant de
motivations, autour du sacrifice alimentaire et sanglant, pilier principal.
Il faut consacrer un petit chapitre à cette question, parce que le sacrifice évoque
mécaniquement le sacrifice humain, comme une sorte de fantasme, dont se fait l’écho le
fameux sacrifice d’Abraham, pseudo-sacrifice, sur Isaac (ou Ismaël pour les Arabes, mais
269
ceci est une autre histoire). Le récit, sorte de best-seller au Proche-Orient d’autrefois, s’est
multiplié, et il a servi de modèle au sacrifice principal islamique, et a été aussi récupéré
d’une manière maladroite, dans la biographie de Muhammad…
(Psaume 106/38).
Ils ont répandu un sang innocent, le sang de leurs fils et de leurs filles, qu'ils sacrifièrent aux idoles
cananéennes, et le pays fut sali par des flots de sang.
(Corpus coranique d'Othman 6/ 138-152).
De même leurs associés ont paré de fausses apparences pour beaucoup d’associateurs, le meurtre de
leurs enfants, afin de faire périr ces associateurs et de travestir pour eux le culte.
(..)
Ne tuez pas vos enfants de crainte du dénuement.
(Corpus coranique d'Othman 16/59-61).
Ils donnent leurs filles à Allah -gloire à lui- alors qu’ils ont des fils qu’ils désirent et que, lorsqu’on
annonce à l’un d’eux une femelle, son visage s’assombrit.
Suffoqué, il se dérobe aux siens par honte de ce qui lui est annoncé, se demandant s’il conservera
cette enfant pour son déshonneur ou s’il l’enfouira dans la poussière.
Ô comme détestable est ce qu’ils jugent.
(Tabari, Tafsir 6/140).
Ceux qui, par sottise (SAFAHAN) et sans rien savoir, tuent leurs enfants.
C’est-à-dire qui font de telles choses par ignorance de leurs droits et de leurs devoir, par manque
d'intelligence et à cause de leurs rêves inconsistants et du peu de compréhension dont ils font
preuve tant en ce qui concerne le mal immédiat que comporte ce genre d'acte qu'en ce qui concerne
le caractère terrible du châtiment par lequel Allah les punira.
... ibn Jurayj rapporte que Ikrima a dit :
Le passage
ceux qui tuent leurs enfants par sottise sans le moindre savoir
fut descendu à propos des gens de la tribu des Rabia et Mudar339 qui enterraient leurs filles vivantes.
Les choses se passaient ainsi : Le mari imposait à sa femme de laisser une fille sur deux en vie et
339
Deux anciennes confédérations tribales : l’auteur ne prend guère de risque en ajoutant cette
précision.
270
d'enterrer l'autre vivante. Lorsqu'une fille devait être ainsi enterrée, le mari quittait un certain
temps sa femme après lui avoir dit :
-Tu seras pour moi comme le dos de ma mère si, quand je reviendrai, tu ne l'as enterrée !
Il la quittait et pendant ce temps la femme creusait une fosse pour pour sa fille et faisait venir les
femmes de son clan qui se rassemblaient auprès d’eux.
Elles se passaient l'enfant l'une à l'autre jusqu'au dernier moment : quand la femme voyait au loin
revenir son mari, elle se hâtait aussitôt de poser
la fille dans sa tombe et de la recouvrir de terre.
(Genèse 22/1-2, 9-13).
Or, après ces événements, Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit:
-Abraham.
Il répondit:
-Me voici.
Il reprit:
-Prends ton fils, ton unique, Isaac, que tu aimes. Pars pour le pays de Moriyya et là, tu l'offriras en
holocauste sur celle des montagnes que je t'indiquerai. (...)
Lorsqu'ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait indiqué, Abraham y éleva un autel et disposa les
bûches. Il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel au dessus des bûches. Abraham tendit la main pour
prendre le couteau et immoler son fils. Alors l'ange du seigneur l'appela du ciel et cria:
-Abraham, Abraham!
Il répondit:
-Me voici.
Il reprit:
-N'étends pas la main sur le jeune homme. Ne lui fais rien, car maintenant je sais que tu crains Dieu,
toi qui n'as pas épargné ton fils unique pour moi.
Abraham leva les yeux, il regarda, et voici qu'un bélier était pris par les cornes dans un fourré. Il alla
le prendre pour l'offrir en holocauste à la place de son fils.
340
L'allusion coranique au pseudo-sacrifice.
(Corpus Coranique d'Othman 37/103-107).
Or quand nous eures prononcé le salam et qu'il eut placé l'enfant front contre terre, nous lui
criâmes:
-Abraham! Tu as cru en ton rêve! En vérité, c'est là l'épreuve évidente!
Nous le libérâmes contre un sacrifice solennel et nous le perpétuâmes parmi les modernes.
340
Norman Calder, “The sa'y and the jabn: some notes on Qur'an 37:102–3”, Journal of Semitic Studies
31, 1986
271
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois 1/91).
Voici la cause pour laquelle Abdallah fut offert en sacrifice: du temps d'Abd al Muttalib, qui était un
des principaux personnages de son peuple et grand-père du prophète, le puits de Zamzam se trouva
détruit, et les sources qui l'alimentaient tarirent. Abd al Muttalib fut affligé de cet événement. Il
avait dix fils qu'il amena avec lui, et ils se mirent tous à creuser dans l'endroit où avait été la source.
Mais quoiqu'ils eussent creusé la terre profondément, l'eau ne paraissait pas. Alors Abd al Muttalib
fit un voeu à Allah, en disant:
-Si cette eau revient, et si ce puits recouvre son état premier, j'offrirai en sacrifice un de mes fils.
Lorsqu'il eut fait ce voeu, l'eau sortit du puits par la puissance d'Allah. Après cela, Abd al Muttalib
convoqua ses dix fils et leur dit:
-J'ai fait voeu à Allah de telle et telle façon. Qu'en pensez-vous?
Ses enfants répondirent:
-C'est à toi de décider, et il est juste que tu commandes: fais ce que tu voudras.
Ils convinrent tous de tirer au sort et d'immoler celui que le sort désignerait. Le sort tomba su
Abdallah, père du prophète.
Alors Abd al Muttalib dit:
-Comment sortir de la position dans laquelle je suis, car j'ai fait un voeu!
Mais son coeur s'opposait à ce qu'il fit périr son enfant, et de ses dix fils il n'y en avait aucun qu'il
aimât autant qu'Abdallah. Abd al Muttalib aurait voulu perdre tout ce qu'il avait, et ne pas immoler
Abdallah. La mère d'Abdallah appartenait à la famille des Banu Zuhra qui était une des plus
puissantes de la Mecque. Les Banu Zuhra se réunirent donc tous et ils dirent à Abd al Muttalib:
-Nous ne souffrirons jamais que tu immoles cet enfant.
Mais Abd al Muttalib ne savait quel moyen employer, parce qu'il avait fait un voeu et qu'il ne
pouvait plus choisir. Il dit:
-Que ferai-je? A quel moyen aurai-je recours pour racheter Abdallah?
Alors les Banu Zuhra lui dirent:
-Il y a dans la ville de Khaybar des astrologues qui possèdent la Torah: va les trouver, afin qu'ils te
disent ce que tu dois faire pour éviter d'immoler Abdallah.
Abd al Muttalib partit et se rendit à Khaybar. Il raconta son histoire aux astrologues, depuis le
commencement jusqu'à la fin. Ces juifs dirent à Abd al Muttalib, lorsque celui-ci eut achevé son
récit:
-Mets d'un côté Abdallah, et de l'autre, un chameau; tire-les au sort, et si le sort désigne Abdallah,
ajoute un second chameau au premier et recommence le tirage jusqu'à ce que le sort ne tombe plus
sur Abdallah, mais sur les chameaux. Alors tu offriras tous ces animaux en sacrifice. Abd al Muttalib
retourna à la Mecque et il exécuta ce que les astrologues lui avaient prescrit de faire. (...)
272
Cela est passé en usage parmi les Arabes, et quiconque voulait sacrifier une personne immolait à sa
place 100 chameaux.
(ibn Sad, Tabaqat I 2, 62).
341
-Père, que fais-tu de moi?
Je me suis mis à la couvrir de terre et elle de crier :
-Mais tu me couvres de terre ! Vas-tu me laisser seule ici et partir?
J’ai continué à jeter de la terre jusqu’à ce qu’elle fut entièrement couverte et sa voix étouffée. Je
n’avais jamais eu tant de pitié pour celles que j’avais enterrées vivantes avant elle.
Interdiction de l'infanticide.
342
(Inscription de Matira au Yémen).
Qu’il soit interdit à la cité de Matirat d’intenter tout procès sans l’ordre et la permission des Banu
Sukhaym, et interdit de donner en marage une fille de la cité de Matirat, en tout lieu et cité autre
que la cité de Matirat, et interdit de tuer sa fille à toute la tribu Dhu Matira.
343
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1335).
Salamah ibn Salamah a dit :
-De quoi nous félicitent-ils? Par Allah, nous n’avons rencontré que des vieilles femmes chauves,
comme des chameaux entravés pour le sacrifice, et puis nous les avons massacrés.
Le messager d’Allah sourit et dit :
-Mon neveu, c’étaient les membres du sénat.
344
Un meurtre ritualisé en Arabie.
Il frappa trois fois fois.... Le premier coup fut porté bas en direction des jarrets et, tandis que 'Obaid [le
meurtrier] chancelait, un deuxième coup fut porté haut, entamant profondément le cou, en vue de permettre
au sang de jaillir comme d'un tuyau brisé ; le troisième, rapide et souple tel un coup de fouet, alors que
l'homme, sur le point de tomber, s'affaissait désespérément, lui ouvrit la poitrine exposant aux yeux avides les
dernières palpitations du coeur".
(H. C. Armstrong, Lord of Arabia, 1938, p. 61).
J. Chelhod ajoute à propos d'une exécution spontanée :
C'est le mode typique de la mise à mort d'une victime dans le rituel arabe. Tout y est : les jarrets coupés, la
victime égorgée, la poitrine ouverte pour en retirer ici le coeur, ailleurs le foie, comme dans le sacrifice.
Certes, aucune précaution spéciale n'est prise pour prévenir une grande effusion du sang. Mais une telle
prescription, difficile à observer, semble de plus en plus oubliée.
(J. Chelhod ,Le sacrifice chez les Arabes 1955, p. 104)
343
345
Ed. State of New York University.
Le fils d’Az Zubayr futur trublion et forcené.
273
(ibn Sad , Tabaqat II 92).
Ils se rendirent à l’apôtre d'Allah. L’apôtre d'Allah donna des instructions à leur sujet , à
Muhammad ibn Maslama. Ils furent enchaînés et mis de côté. Leurs femmes et enfants furent
apportés et mis de côté. On les mit sous la garde d’Abdallah ibn Salam et rassembla leurs biens ,
leurs armes , leurs ustensiles domestiques et vêtements qui étaient dans les forts. On trouva alors
1500 sabres , 300 cottes de mailles , 2000 lances , 1500 boucliers et boucliers de cuir ; il ; y avait aussi
du vin et des jarres à vin , et le vin fut vidé , et non considéré comme faisant partie des lots. On
découvrit aussi de nombreux chameaux porteurs d’eau , et du bétail. L’apôtre d'Allah autorisa Sad
ibn Muath à décider de leur sort. Il donna l’ordre suivant: que tous ceux qui sont passés par le rasoir
soient tués , que les femmes et les enfants soient asservis , et que leurs biens soient distribués.
Ensuite , l’apôtre d'Allah dit:
-Tu as décidé en conformité avec le jugement d’Allah , qui est au dessus des sept cieux.
L’apôtre d'Allah rentra le 7 dhul Hijja. Il ordonna qu’ils soient tous amenés à l’intérieur de Médine ,
où des tranchés avaient été creusés , à l’emplacement du marché. L’apôtre d'Allah s’assit alors avec
ses compagnons et ils furent amenés par petits groupes. Leurs têtes furent tranchées. Ils étaient
entre 600 et 700. L’apôtre d'Allah choisit Rayhana bint Amir pour lui-même et ordonna que le butin
soit partagé. Un cinquième des biens et captifs fut séparé du reste et vendu au plus offrant. Il divisa
la somme entre les musulmans. Il y avait en tout 3072 parts.
(Bukhari, Sahih
4437).
Le jour du Fossé, on m'avait mis
345
, moi et 'Omar ibn 'Abu Salama, avec les femmes dans le fort de
Hassân. Ce dernier courbait le dos, je me redressais sur lequel pour voir et à mon tour, je lui
courbais le dos pour qu'il puisse voir. Je vis alors mon père, monté sur son cheval, pendant les
armes, allant vers les Banû Qurayza. Abdullâh ibn Urwa a rapporté d'après 'Abdullâh ibn Az Zubayr
:
-A mon retour (à la maison), j'ai raconté cela à mon père.
- Tu m'as donc vu, ô mon fils?, me dit-il.
- "Oui", repris-je.
Il a donc dit :
-
"Par Allah! l'envoyé d'Allah accola, ce jour-là, mon nom à ceux de son père et de sa mère,
en disant : "Je sacrifierais pour toi mon père et ma mère".
(Tirmidhi, Hadith Qudsi 223).
274
Tirmidhi l'a rapporté aussi dans son Sahih, chapitre sur la sourate La famille d'Imran, en ces termes
:
Ibn Massud, a été interrogé au sujet de la parole du Très Haut: “Ne croispas que ceux qui sont tués
dans la voie d’Allah soient morts. Ils sont plutôt vivants, auprès de leur Seigneur pourvus”.
346
Il a répondu: Nous avons déjà interrogé (le prophète à) à ce sujet, et il nous a été répondu ceci:
-Leurs âmes prendront la forme d'oiseaux verts, qui se promèneront à leur guise dans le Paradis,
puis ils viendront se loger dans des lampes suspendues au Trône. Ton Seigneur les regardera puis
leur dira: “Voulez-vous que Je vous ajoute quelque chose et je vous l'ajouterai?”. Ils diront:
“Seigneur, que désirons-nous de plus que cela, alors que nous nous promenons à notre guise dans
le Paradis!” Il les regardera de nouveau et leur dira:
-“Voulez-vous que Je vous ajoute quelque chose et je vous l'ajouterai?”
En voyant que la réponse à cette question est inévitable, ils diront:
-“Tu rends nos âmes à nos corps afin que nous puissions revenir à la vie terrestre et mourir de
nouveau dans ta voie”.
Tirmidhî a dit de ce hadith qu'il est bon et authentique.
(Bukhari, Sahih 78/90, 2).
Jundab a dit: tandis que le prophète marchait, il heurta une pierre, tomba et son doigt s’étant mis à
saigner, il dit:
Tu n’es , ô mon doigt, qu’un doigt couvert d’un peu de sang!
Car tu n’as pas souffert dans la voie d’Allah.
347
(Muslim, Sahih 32/3353).
D'après Jundub Ibn Abu Sufyân, pendant une des batailles, le doigt du prophète fut blessé; le
prophète dit alors :
-"Tu n'es autre qu'un doigt en sang. Et ce qui t'a atteint, est dans le sentier d'Allah, le grand".
(Bukhari, Sahih 64/28,7).
Lorsque Haram ibn Milhan, qui était mon oncle maternel, fut transpercé par la lance le jour de Bir
Mauwa, il prit du sang de la plaie, s’en aspergea le visage en disant:
-J’ai gagné le martyre, j’en jure par le maître de la Ka’ba.
(Bukhari, Sahih 23/ 73, 1).
346
Corpus coranique 3/169
348
K. Marx-F. Engels, Sur la religion, Textes choisis, traduits et annotés par G. Badia, P. Bange et É.
Bottigelli, 1968.
275
Le prophète donna l’ordre d’ensevelir les guerriers tués à Ohod deux par deux dans la même pièce
d’étoffe. Puis pour chaucun de ces couples, il s’enquit de celui des deux qui savait le plus le Coran,
et quand on le lui eut désigné, il le fit placer le premier dans la fosse. Après cela, il ajouta:
-Je témoignerai en faveur de ces braves au jour de la résurrection.
Il enjoignit qu’on les ensevelit couverts du sang de leurs blessures sans les avoir lavés. Le prophète
ne fit point de prières pour eux.
276
5
Festivals et festivités
1 Présentation générale
Imaginons nos proto-musulmans, qui sont des genres de chimères issus de traditions
compliquées et mal assorties, et que jamais les chercheurs n'arriveront à identifier vraiment.
A la rigueur, certes, le jihad paraît et il est apparent. Mais après... Alors ces gens, qui ont
plus ou moins existé, ne devaient pas trop s'amuser, mais ils voyaient des gens qui eux
s'étaient déjà fait des fêtes, des moments où l'on riait.
Alors, par réaction, il advint la reprise d’autres traditions. Arabes, juives, et surtout rien
chez les chrétiens, ou très peu. Il y a chercher, aussi, dans la question des fêtes.
L’instauration des fêtes a une finalité éminemment sociale : rassembler et créer une identité. Partout sur la
terre.
Ensuite, un but polémique: faire autant que les juifs et les chrétiens, et faire autrement, pour éviter que tout se
confonde. Et puis s’écarter enfin des bédouins qui font à leur façon.
277
Même les doctrines les plus sinistres et plus débilitantes pour l'espèce humaine ne peuvent se passer de moments
festifs, même si la fête est sinistre ou morne ou glauque, même quand elle se donne en l'honneur de quelques
uns seulement, ou pour le plaisir d'un petit nombre, quand elle se fonde sur de terribles malentendus sociaux et
se borne à contraindre des individus à suivre les événements les moins dignes d'intérêt.
Il est aussi remarquable qu'aucune fête islamique ne se dérive en spectacle, et qu'elle ne soit jamais l'occasion
de création et de représentation. S'il existe un art qui ne puisse être islamique (entre autres, car peu d'arts sont
islamiques en vérité, et peu d'artistes en fin de compte -et faites vos comptes-), il y a bien le théâtre parmi
ceux-ci.
Alors personne ne s'étonne guère qu'aucune festivité islamique, pas de festislamique, pas de festival, ne puisse
se répandre et se développe, pour enfin présenter aux autres, les infidèles, un portrait de soi-même, soit jovial,
soit bienveillant, soit progressiste, et toujours généreux. Non. Il ne faudra jamais compter sur soi, pour une
multitude de raisons, parmi lesquelles gît, pour le pire toujours, la ségrégation abominable des femmes. Car la
festivité islamique, dédiée au divertissement des mâles, si les danseuses du ventre sont en grève ou sont
indisposées par leurs menstrues, n'a plus comme finalité que l'embrassade de moustache, l'échange de sueurs
ou la furtive sodomie, comme du temps des janissaires. Alors n'espérons pour le moment rien de mieux. Tant
que les femmes seront vues comme des proies impures, rien ne pourra être tiré de beau et de bon.
Alors ce n'est pas demain qu'il y aura un carnaval du Caire, un gay pride à Bagdad et une techno-parade à
Jedda. De telles fêtes ne peuvent être possibles que parce qu'elles sont des expressions de contestation, et déjà,
unmöglich pour les muslims. Et puis après, elles sont des expressions d'individus, qui osent se perdre dans la
foule, et qui se veulent, finalement, et au-delà de tous les excès et dérives, responsables. Toutes choses que
l'islamisme ne permet point, et qui en font un fascisme déjà trop vieux, et qui mériterait de ne plus être là.
Nous sommes bien désolés de vous décevoir. Le chapitre sur les fêtes ne sera pas festive, et à la rigueur, les
amateurs de viande seront les seules vraiment satisfaits. Ceux qui comptent sur une fête islamique pour
s'amuser ou rencontrer l'âme soeur feraient mieux de fréquenter (et ils le font, tant mieux) les fêtes infidèles,
finalement moins impures que leur propre frustration. Le salut ne viendra que des festivités traditionnelles,
qui ont réussi à se maintenir, grâce à la résistance que l'Humanité, au fil des siècles, a toujours réussi à
opposer aux idéologies les plus affligeantes. Parce que dans les villages les plus divers, ou dans les villes les
plus ouvertes, les humains ont tout fait pour se départir de la teinte blafarde des rochers entourant la Mecque,
de la saleté malodorantes des barbes des guides, et de la tristesse des lignes illisibles du Livre.
La déficience en fêtes de l'islamisme sera certainement un des causes de son rapide et inévitable déclin. Le
système ne peut séduire, et répugne même à la séduction. Rien ne sera ludique, rien ne sera créatif, rien ne
sera improvisé. Il n'y a plus que le pétrole, et la brutalité machiste qui tiennent encore l'édifice, et peut-être
même la frustration sexuelle et la laideur physique de ses gardiens et gardiennes.
Maintenant, ce sont les rituels collectifs qu’il faut observer. On ne dira pas ici l’importance
sociale de la religion et de ses manifestations, ayant pour finalité la cohésion de la société.
Dans le cas de la société musulmane, le rite est constamment présent pour imposer une
348
forme de discipline plaquée artificiellement sur la vie du groupe.
Le carcan rituel renforce encore les carcan des oppressions politique, économique et sociale.
278
2
Le calendrier
Le temps de la stratégie
Le découpage du temps correspond à celui du terrain, qui forme des sanctuaires: la
préoccupation est la même, c'est-à-dire la maîtrise absolue des choses. Alors le calendrier
(pas seulement celui des fêtes) est religieux.
Dans ce domaine, il faut citer l’important commentaire de Tabari, qui observe avec finesse
et une curiosité d’esprit rare l’établissement du calendrier chez les musulmans et dans les
autres cultures. La chronologie est une des passions de Tabari, et comme il est certainement
plus intelligent que musulman, il développe cette qualité rare, dans des proportions
néanmoins islamiques, c'est-à-dire bornées- qu'est la curiosité désintéressée.
Ainsi, se distingent les centres d’intérêt véritables de chacun des peuples de ce temps.
On aurait tort de croire que la mise en place d'un calendrier est une chose technique et
secondaire. C'est en fait une étape essentielle de la constitution de l'identité d'un groupe ,
notamment religieux, et le phénomène se vérifie dans toutes les sectes naissantes: le
calendrier, la mise en place de dates fixes, de repères temporels précis, est un symbole
sectaire manifeste.349 Le procédé est insidieux, et redoutable quand il lui est demandé de
structurer sans se faire voir le groupe, de le distinguer des autres, et de contraindre, l'air de
rien, les individus à la discipline collective. L'honoré public pourrait croire que considérer
le calendrier comme une véritable arme est excessif. Mais il a le temps alors de changer son
avis.
Il y aura eu, avec la fin de la période prophétique, une importante réforme, qui est celle du
calendrier, avec le rejet d'un mois intercalaire.
350
Ce sont des questions très techniques a priori , mais au total, encore une occasion de se
séparer encore de tous les autres systèmes, pour affirmer symboliquement l’unicité -et la
supériorité- de l’islamisme sur les pratiques païennes, juives, mazdéennes et chrétiennes. La
réforme du calendrier est par conséquent une étape commune à la constitution des sectes.
349
S. Talman, "The calendar reckoning of the sect from the judaean desert", Scripta Hiero. 4/; J.
Wansbrough, The sectarian milieu, p. 48.
351
Q 10/5;Q2/185-9.
279
Il s'agit aussi de supprimer une institution bédouine leur permettant de faire coïncider le
calendrier sacré et le rythme naturel des saisons, par la création d'un mois (SHAHR)
intercalaire. L’initiative de bouleverser la chronologie est une méthode sectaire bien établie
de toute manière.
On y apprend donc qu’il y a douze mois dans l’année: MUHARRAM, SAFAR, RABI I-II,
JUMADA I-II, RAJAB, SHABAN, RAMADAN, SHAWWAL, DHUL QADA, DHUL HIJJA. Ils sont
établis selon des phases lunaires, qu'il faut alors observer.351 Le début du mois est la
nouvelle lune, et le premier mois, MUHARRAM, depuis longtemps. Pour encore accroître la
dévotion, à partir d'Omar, on fera croire que l'Hégire doit débuter par ce mois.
On y apprend donc qu’il y en a quatre qui sont sacrés: RAJAB, DHUL HIJJA, DHUL QADA,
AL MUHARRAM.
On y apprend donc qu’il est interdit d’en intercaler un supplémentaire: le NASI.
La règlementation est aussi l’occasion d’attaquer les chrétiens avec violence, eux qui ne
comptent pas le temps de la même manière. Le totalitarisme doit veiller à uniformiser les
comportements de tous, jusqu’à imposer des normes communes à tous, et dans tous les
domaines.
(Corpus coranique d'Othman 9/36-7).
Auprès d'Allah, marqués dans l'Écriture d'Allah au jour où il créa les cieux et la terre, les mois sont
au nombre de douze.
Parmi eux, quatre sont sacrés.
Voilà la religion immuable.
Ne vous lésez point mutuellement, durant ces quatre mois!
352
Combattez toutefois les associateurs
totalement, comme ils vous combattent totalement, et sachez
qu'Allah est avec les pieux !
Allah fit alors descendre sa présence divine sur son envoyé et les croyants.
Il fit aussi descendre des légions que vous ne voyiez point.
Il infligea le tourment à ceux qui étaient infidèles.
Voilà la récompense des infidèles.
Ensuite, Allah reviendra plus tard de sa rigueur, contre qui il voudra.
Allah est absoluteur et miséricordieux.
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois III 115).
Dans l'année même de l’Hégire, le prophète ordonna de dater les lettres et les actes à partir de cette
année-là, comme point de départ d'une ère. L'usage de compter les années à partir d'une ère est
354
Hypothèse d'un point de départ précis pour les fêtes mobiles.
280
353
très ancien chez les Arabes et chez les Persans , comme chez toutes les nations dans toutes les
contrées. Quand il se passait un événement, comme par exemple l'avènement d'un roi ou une
guerre entreprise par un roi, ou une famine, ou quelque autre fait important, dont la renommée
s'était répandue dans le monde, on le prenait comme point de départ d'une ère, et l'on datait les
lettres et les actes, tel jour, tel mois et telle et telle année depuis tel grand événement, qui servait
d'ère. Puis, s'il se passait un autre fait important, on comptait à partir de ce dernier fait, en
abandonnant le précédent.
Tel était l'usage des habitants de la terre. Cette manière de compter est très ancienne, parce qu'il est
absolument nécessaire de connaître l'époque où chaque écrit a été fait. Or on ne connaît pas
exactement l'espace de temps qui s'est écoulé depuis qu'Allah a créé le monde. On avait établi un
comput
354
depuis l'apparition d'Adam sur la terre jusqu'à sa mort, ensuite depuis le déluge de Noé ;
car ce sont des événements importants dans le monde. On aurait bien pu compter à partir de cette
époque ; mais on ne sait pas exactement depuis combien de temps ces événements ont eu lieu ; il y
a désaccord sur chacun d'eux. Par conséquent, il est nécessaire pour tous les hommes et tous les
peuples de prendre comme point de départ d'une ère quelque grand événement qui s'est passé
parmi eux. On dit que les descendants d'Abraham comptaient les années à partir de l'époque où il
fut jeté dans le feu. Plus tard, parmi les Arabes, chaque événement important survenu parmi eux
servait de point de départ d'une ère. Or, au temps de Qusayy ibn Kalab, il survint, parmi les Banu
Nazar et les Banu Maadd ibn Adnan, un événement mémorable. Il y avait, à cette époque, chaque
année, à un endroit nommé Okaz, une foire de sept jours, où se réunissaient tous les Arabes du
Hedjaz, de Syrie, du désert, du Bahrayn, du Yamama, du Yémen et de toutes les autres contrées.
Une certaine année, lors de cette réunion, il éclata une guerre parmi eux, dans laquelle un grand
nombre d'hommes furent tués. C'était un événement important, dont le bruit s'était répandu dans le
monde entier, jusque dans le pays de Rum
355
, dans la Perse et dans la Mésopotamie. Les Arabes
donnaient à cette année le nom de am, et comptaient à partir de cette année. Plus tard, ce fut
l'année de l'Éléphant qui servit de point de départ d'une ère. Les Abyssins ayant amené d'Abyssinie
un éléphant pour détruire le temple de la Ka'ba, Allah les avait fait périr.
356
C'était également un
événement important, dont le bruit s'était répandu dans le monde entier. Puis, lorsque le prophète
eut atteint l'âge de quinze ans, et que les habitants de la Mecque entreprirent de démolir et de
reconstruire le temple de la Ka'ba, cet événement, également important, servit de point de départ
d'une ère parmi les habitants de la Mecque, tandis que les autres Arabes continuaient de compter à
partir de l'année de l'Eléphant.
358
357
Tabari lui-même.
281
Lorsque le prophète vint à Médine, il ordonna de compter le temps à partir du jour de la fuite, parce
que cet événement était important, et que ce jour l'islam se manifesta. Ce jour est devenu
mémorable, et cette ère est restée jusqu'à aujourd'hui ; car, depuis lors, aucun événement plus
important ne s'est passé, pour motiver un changement d'ère, et il n'arrivera jamais qu'elle soit
changée.
Muhammad ibn Jarir
358
, dans cet ouvrage, dit que, d'après une tradition, ce n'est pas le prophète
lui-même qui établit cette ère ; que, du temps du prophète, on ne comptait pas les années, et que
cette ère fut établie après lui. Quelques-uns prétendent qu'elle fut fixée du temps d'Abu Bakr, par
son lieutenant dans le Yémen, nommé Yaya ibn Omayya. D'autres disent qu'elle a été établie par
Omar ibn Khattab, dans les circonstances suivantes: Abu Musa al Ashari lui écrivit un jour que les
lettres du prince des croyants lui arrivant toujours sans être datées, il ne savait pas à quelle époque
remontaient ses ordres, et, pour qu'il le sut, il faudrait dater les lettres. Omar, trouvant qu'Abu
Musa avait raison, établit alors l'année de la Fuite. Muhammad ibn Jarir rapporte une autre version,
d'après laquelle le fait se serait passé ainsi:
Un jour, Omar lisant un écrit où la date était marquée, on lui fit observer que c'était l'usage des
Perses de dire: “tel jour de tel mois, en telle année depuis l'année où tel événement mémorable s'est
passé”.
359
Omar, trouvant cette coutume très bonne, réunit tous les compagnons du prophète et leur dit :
-Nous allons compter nos années à partir de l'année de la naissance du prophète, car il n'y en a pas
de plus sacrée pour les musulmans.
360
Quelques-uns répliquèrent :
-Comptons à partir de l'année où il reçut sa mission prophétique, qui est plus sacrée ; car c'est le
moment de l'origine et de l'apparition de l'islam.
Omar dit :
-Comptons à partir du jour où le prophète effectua sa fuite à Médine ;
car en cette année se
361
manifesta le pouvoir de l'islam, la vérité s'affermit et l'erreur fut confondue
; aucun fait plus
important que celui-là n'est survenu dans le monde. Par conséquent, l'année de la Fuite fut établie
comme ère.
Les traditionnistes et les chronologistes regardent avec raison la première version comme plus vraie.
En effet, une ère est une chose généralement connue, qui ne peut être ignorée par personne, et
Omar en connaissait l'usage. Il est constant, d'après des traditions avérées, que les Arabes
comptaient anciennement à partir de l'année de l'Éléphant et à partir de la reconstruction de la
359
Indice de l'influence perse dans le domaine administratif.
368
Masudi, Les Prairies d'Or, Traduction française de C.-A.-C. Barbier de Meynard et A. Pavet de
Courteille, revue et corrigée par C. Pellat ... Paris, 1971-2 (réed).
282
Ka'ba. Il n'est donc pas possible que le prophète ait négligé cet usage, et qu’Omar ait du en être
informé, pour l'établir. On rapporte une parole du prophète, que nous allons transcrire, quoiqu’elle
ne se trouve pas dans cet ouvrage de Tabari, qui est inexact en ce qui concerne l'établissement de
l'ère de l'Hégire.
Le prophète a dit :
-Certes, le temps est revenu en sa révolution au jour où furent créés les cieux et la terre. L'année se
compose de douze mois, et chaque mois a trente jours. Quatre de ces mois sont sacrés: rejeb et trois
autres consécutifs : dhul qalda, dhul hijja et muharram.
La raison de cette parole était que les Arabes rejetaient chaque année l'un des douze mois, en
disant, au mois de rejeb, qu'ils s'abstiendraient pendant ce mois de faire la guerre, et qu'ils ne
compteraient cette année que de onze mois. Quelquefois ils déclaraient qu'ils feraient la guerre
pendant ce mois, et, la guerre terminée, ils tiendraient pour sacré à sa place le mois de shaban ou de
ramadan. Ils appelaient ces mois nusa, au singulier nasi, c'est-à-dire retard, parce qu'ils
transportaient la sainteté du mois de redjeb au mois de ramadhan ou à un autre mois. Or, une
certaine année, ils avaient observé la sainteté du mois de rejeb, et n'avaient pas fait la déclaration
relative à la guerre ; et, l'année suivante, Allah révéla ce verset:
Le nasî'
362
est un surcroît d'infidélité, » etc.
363
Ensuite Allah ordonna au prophète de porter de nouveau l'année à douze mois, comme il est dit
dans le Coran:
Le nombre des mois est de douze devant Allah, etc.
364
Donc ces manières de compter le temps ont été révélées d'en haut. Depuis qu'il y a des hommes sur
la terre, ils en ont eu besoin, et quant aux grandes époques, ils les comptaient à partir d'une année
où il était survenu un événement important. Puisque le prophète réglait l'année et les mois,
comment aurait-il pu négliger l'ère?
La version de Muhammad ibn Jarir est d'ailleurs contestée par les savants. La véritable ère a été
établie par le prophète
365
; elle subsiste encore aujourd'hui, parce que depuis la fuite il ne s'est
point passé d'événement plus important, pour que cette ère ait du être changée.
(Corpus coranique d'Othman 9/ 36-7).
Auprès d'Allah, marqués dans l'écriture d'Allah au jour où il créa les cieux et la terre, les mois sont
au nombre de douze.
Parmi eux, quatre sont sacrés.
Voilà la religion immuable.
Ne vous lésez point mutuellement, durant ces quatre mois !
366
Combattez toutefois les associateurs
totalement, comme ils vous combattent totalement, et sachez
qu'Allah est avec les pieux !
283
367
Le mois intercalaire
n'est qu'un surcroît dans l'infidélité par quoi sont égarés ceux qui sont
infidèles.
Ceux-ci le déclarent non sacré une année et le déclarent sacré une autre, afin d'être en accord avec
le nombre de mois qu'Allah a déclarés sacrés, en sorte qu'ils déclarent non sacré ce qu'Allah a
déclaré sacré !
368
(Masudi, Prairies d'Or 965).
La troisième prérogative était le déplacement des mois sacrés ; les nasa'a qui en étaient chargés
appartenaient aux Banu Malik ibn Kinana. Le premier d'entre eux fut Abu1 Qalammas Hudhayfa
ibn Abd, qui eut pour successeur son fils Qila ibn Hudhayfa. A la naissance de l'islam, le dernier qui
remplit ces fonctions fut Abu Thumama. Or il faut savoir que lorsque les Arabes, ayant terminé les
cérémonies du pèlerinage, se disposaient à rentrer dans leurs foyers, ils se réunissaient auprès du
nasi. Celui-ci, se levant au milieu d'eux, disait :
-Allah, j’en déclare non sacré cinq, l'un des deux safar, c'est-à-dire le premier, et je transfère (NASAA)
l'autre à l'année prochaine .
Puis vint l'islam, et les mois sacrés revinrent au point de départ qu'ils avaient eu au début. C'est à
quoi fait allusion cette parole du prophète:
-Le temps a accompli sa révolution comme au jour où Allah a créé les cieux et la terre, etc.
Allah a en vue cet usage lorsqu'il dit:
369
Le mois intercalaire n'est qu'un surcroît dans l’infidélité,
etc...
Umayr ibn Qyas al Firasi se fait gloire de cela lorsqu’il dit dans un poème dont il est l’auteur:
Ne sommes-nous pas ceux qui imposons au peuple de Maadd le transfert des mois non sacrés en les
changeant en mois sacrés?
3 Ashura
370
G.R. Hawting, "The tawwabun, atonement and 'Ashura," Jerusalem Studies in Arabic and Islam, vol.
17, 1994; Yitzhak Nakash, “An Attempt To Trace the Origin of the Rituals of ashura”¸ Die Welt des
Islam 33, 1993; sur la forme shiite, cf. Mahmoud Ayoub, Redemptive Suffering in Islam: A Study of
the Devotional Aspects of 'Ashura' in Twelver Shi'ism. La Haye, 1978; Jalal al-Haqq, Ayatullah
Murtada Mutahhari, “'Ashura: Misrepresentations and Distortions”, Al-Tawhid 13/2007.
284
Un jeûne juif et un étouffe-chrétien
Ashura est une fête plus qu’un jeûne, dans l’histoire de l’islamisme. Muhammad avait
décidé de calquer les premières habitudes de sa communauté sur celles de juifs, et une
journée de jeûne avait donc été instituée pour le dizième jour du mois de muharram. Mais
comme Muhammad a tiré ses conclusions de l’attitude des juifs, et a décidé de rompre avec
eux, l’ashura a été délaissé, tout comme la prière vers Jérusalem. Mais à l’origine, c’est une
fête juive: le “dixième jour” en araméen” correspond au Yom Kippour, le “Jour de
l’expiation”.
Mais comme la piété populaire prend prétexte de tout ce qui a été dit, fait, imaginé par
Muhammad, le jour de l’ashura sera récupéré un peu partout, dans un but de festivité
religieuse supplémentaire. On ne sait pas trop pourquoi, mais c’est ainsi. Dans les milieux
populaire, des usages anciens sont repris dans une forme de syncrétisme. Pour les shiites, il
en va autrement, et l’ashura devient alors une cérémonie totalement démesurée au regard
de son origine : c’est la période de deuil pour le meurtre de Husayn à Kerbala en 680. Elles
se sont développées comme moyen de contestation politique, spectaculaire et brutale de la
part des shiites, jusqu’à nos jours.
370
Mais c’est aussi un dessert turc alévi, trop nutritif…
Le jeûne vint à l'islam à partir du judaïsme, par le biais de la pratique pré-islamique de faire un jeûne le
10ème du jour de muharram, qui était connu sous le nom d'ashura, et correspondait au Yom Kippour des
juifs. Après l'émigration du prophète Muhammad à Médine, et le changement de direction de prière de
Jérusalem à la Mecque, la durée du jeûne a été allongée de un à dix jours, soit les 10 premiers jours de
muharram. Et après la dernière rupture entre les musulmans et les juifs, tout le mois de ramadan a été
réservé au jeûne.
(Ali Dasthi, Vingt trois années, p.54-5).
Le statut de l’ashura.
(Malik, Muwatta 665).
Urwa a dit qu’Aïsha, la femme du prophète a dit : le jour d’ashura était un jour de jeûne pour les
Quraysh, dans la période de jahiliyya, et il en était de même pour l’envoyé d’Allah qui , lorsqu’il
arriva le jour d’ashura à Médine, il le jeûna, et ordonna qu’on le jeûne. Mais quand fut prescrit le
jeûne au ramadan, il fut considéré comme le seul jeûne à faire, et on suspendit le jeûne du jour
d’ashura, en laissant aux gens la liberté de le faire ou de ne pas le faire.
L’Ashura.
285
(Muslim, Sahih 6/2499).
Aïsha rapporte que les Quraysh faisaient le jeûne le jour de l’ashura dans l’époque de la jahiliyya et
l’envoyé d'Allah l’observait aussi. Quand il a émigré à Médine, il a observé lui-même le jeûne et a
ordonné aux autres de le respecter. Quand le jeûne est devenu obligatoire au moment du ramadan,
il a dit:
- Celui qui désire observer le jeûne de l’ashura peut le faire, et celui qui veut l’abandonner peut le
faire.
(Muslim, Sahih 19/4364).
Quand l’envoyé d'Allah est arrivé à Médine, il a trouvé les Juifs observant le jeûne le jour de
l’ashura.
371
On demanda aux Juifs pourquoi et ils ont répondu:
-C’est le jour où Allah a accordé la victoire de Moïse et de son peuple, les fils d’Israël, sur le
pharaon, et nous observons le jeûne pour exprimer notre gratitude.
Là dessus, l’envoyé d'Allah a dit:
-Nous avons des liens plus proches que vous avec Moïse.
Et il ordonna de faire le jeûne ce jour là.
4 Fêtes profanes
Divine surprise, et vraiment, celle-là, personne ne l'attendait. Il n'était pas dans la nature
de l'islamisme de favoriser quoi que ce soit qui ne soit et ne fut islamique. Mais la genèse
chaotique du système a pu engendrer des monstres tels que ceux qui suivent. Le public
attentif, dans la masse immense de cette littérature acéphale, a pu, par jeu ou par ennui,
extirper des textes absurdes et contradictoires, qui s'opposent à tout le reste du discours.
C'est bien le cas ici même, et rien que ceci mérite un petit chapitre: des fêtes profanes sont
protégées par quelque propos prophétique, sans vraiment argumentation, ou plutôt une qui
est redoutable, l'idée qu'une communauté se doit de posséder des fêtes pour elle. Un tel
éclair de lucidité fait douter de l'origine même de cette saillie: est-ce donc une pensée
islamique d'un cerveau islamique, ou une inspiration diabolique?
Le musulman pieux ou demi-pieux pourra néanmoins se rassurer, parce que ces propos
n'ont pas connu un très grand retentissement, noyés qu'ils sont dans le mainstream
islamique. Ils avaient été composés pour des circonstances particulières, que personne ne
372 Cf. Marijan Molé, “La danse extatique en islam", Sources orientales 6, 1963. Sur les interdictions,
cf. une référence des islamistes, dans , J.R. Michot, Musique et danse selon Ibn Taymiyya, Paris 1991.
286
connaîtra, et figurent ensuite à titre d'exception, oubliées jusqu'à ce qu'un érudit plus
libéral ne s'en empare pour satisfaire ses contemporains et s'attirer de la gloire.
On notera pour finir que dans ces récits, Muhammad est vu comme le bon chef, bonne pâte,
arrangeant, tandis que ses sbires principaux, Abu Bakr et Omar, font office de vilains
protagonistes.
De toute manière, l'essentiel de la doctrine, et même un fragment coranique, sont hostiles à
l'idée de divertissement profane, ne serait-ce que par la défiance vis-à-vis de toutes les
productions artistiques, chant, danse, poésie.
Dans le monde islamique par excellence, entre Médine et la Mecque, le désert culturel est
absolu, la stérilité des sols équivaut celle des imaginations, et rien ne viendra troubler la
sinistre piété.
(Muslim, Sahih 1479).
'Aïsha dit : Abu Bakr entra chez moi pendant que j'avais deux jeunes servantes des 'Ansâr qui
chantaient en répétant les poèmes de leur tribu inspirés par la bataille de Bu'âth. Ces deux filles ne
faisaient pas métier de chanter. Abu Bakr s'écria alors :
-"Quoi! Des chants diaboliques dans la maison du prophète !".
C'était un jour de fête, et l'envoyé d'Allah lui répliqua :
-"Ô Abu Bakr, chaque communauté a une fête et c'est la nôtre".
(Muslim, Sahih 1485).
Alors que les Abyssins jouaient avec leurs javelots en présence du prophète, 'Omar ibn Al Khattâb
survint. Quand il fit sur le point de ramasser quelques petits cailloux pour les lapider, le prophète
lui dit :
-"Laisse-les".
372
(Corpus coranique d'Othman 24/31).
Que les croyantes ne frappent point le sol de leurs pieds pour montrer leurs atours qu'elles cachent!
5 La fête de rupture du jeûne
287
Cette fois-ci, la sincérité des participants ne peut pas être mise en doute, puisque
l'événement marque la fin d'une période funeste, de diminution physique et de contrition
morale. Le danger est maintenant que la festivité ne devienne une sorte de mardi-gras, de
grand défouloir débraillé, en gros, osons le proférer, une fête profane. Alors le but de toute
la doctrine est d'islamiser en faisant feu de tout bois, alors que le public n'est pas vraiment à
l'écoute. Le but n'est sans doute pas atteint, en dépit des appels piteux à la prière et à
l'austère sermon. La fête est dans les faits plutôt festive, et la tendance est inévitable. Il faut
373
avouer qu'elle n'a pas de caution coranique, et ceci est un signe intéressant.
(Tabari, Histoire des prophètes et des rois VII 1281).
(Cette année, il ordonna aux gens de payer la zakat al fitr .
374
On dit que c’est un ou deux jours avant
le fitr que le prophète s’est adressé aux gens pour le commander de faire cela. Cette année, il est
parti à al Musalla et a fait la prière de id. C’est la première fois que les gens sont sortis faire la prière
de id à al Musalla.
(Muslim, Sahih 1464).
ibn Abbâs a dit : J'ai assisté à la prière de fitr avec l'envoyé d'Allah ainsi qu'avec Abu Bakr, et
Chacun d'eux la faisait avant de prononcer le sermon. Le transmetteur a ajouté : Il me semble
encore voir. Le prophète descendre (de sa chaire) vers l'endroit où les hommes avaient pris place et
se mettre à marcher parmi leurs rangs (pour les égaliser) jusqu'à ce qu'il arrivât, accompagné de
Bilâl, aux rangs des femmes. Quand il eut terminé la récitation de ce verset :
-Ô prophète! Quand les croyantes viennent te prêter serment d'allégeance, (et en jurent) qu'elles
n'associeront rien à Allah, il dit (en adressant aux femmes) :
-"L'êtes-vous aussi?".
-"Certes oui, ô envoyé d'Allah", répliqua une seule femme qui n'est pas connue du transmetteur.
- "Faites donc l'aumône", poursuivit l'envoyé d'Allah. Bilâl étendit alors son vêtement et dit : "Allezy, que je sacrifie pour vous père et mère".
Les femmes se mirent à jeter sur le vêtement de Bilâl leurs grosses bagues sans chaton et leurs
anneaux.
377
S. Bashear, "Abraham's sacrifice of his son and related issues", Der Islam 67/1990.
288
(Muslim, Sahih 1466).
Le jour de la fête de la rupture du jeûne, le prophète se leva et commença par faire la prière avant
de prononcer le sermon. Quand le prophète eut terminé son prêche aux fidèles, il descendit (du
minbar) et se rendit auprès des femmes, tout en s'appuyant sur la main de Bilâl. Il les exhorta (à faire
le bien); et Bilâl d'étendre son vêtement pour que les femmes y jettent leurs aumônes".
(Muslim, Sahih 1468).
On ne faisait pas d'appel à la prière ni au jour de la fête de la rupture du jeûne, ni à celui de la fête
du sacrifice". ... au jour de la fête de la rupture du jeûne, on ne faisait pas un premier appel à la
prière avant que l'imam ne vienne à la mosquée, ni après son arrivée. De même, il n'y a pas de
second appel ni aucune sorte d'appel ni rien".
(Malik, Muwatta 428).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar faisait une lotion le jour de «Al-fitr» avant de se rendre à la
mosquée, pour faire la prière.
(Malik, Muwatta 432).
Hisham ibn Urwa a rapporté que son père mangeait le matin, le jour de la fête, avant de se rendre à
la mosquée».
Ibn Shehab a rapporté que Sayd Ibn Al Mussayab lui a dit:
-On ordonnait aux gens de manger le matin, le jour de la fête du fitr avant de se rendre à la
mosquée.
(Malik, Muwatta 435).
Nafi a rapporté que Abdullah Ibn Omar, ne faisait aucune autre prière que celle du fitr, ni rien
avant, ni rien après.
(Malik, Muwatta 438).
Hisham ibn Urwa a rapporté que son père, le jour de la fête du fitr, faisait chez lui une prière avant
d'accomplir celle de la fête dans la mosquée».
289
6 La fête du sacrifice,
universelle grillade
Pour communier et se rassembler contre les autres, la communauté nouvelle a besoin d’une
376
fête375, à l’image de celle des Juifs, qui en possèdent plusieurs, grandes et vénérables.
377
L’épisode célèbre du sacrifice d’Isaac par Abraham en fournit un prétexte idéal. La fête
du sacrifice faisait au départ partie des rites du pèlerinage du hajj (d’où le nom du mois
dhul hijjah). Le personnage Muhammad l’extirpe de ce contexte trop mecquois à son goût.
Le mot de festivité ne convient pas réellement : l’occasion n’a pas pour but une quelconque
réjouissance humaine, car tout y est organisé dans un but strictement religieux et rituel.
A quoi bon se mentir? La fête a un fondement alimentaire et jouissif, et à partir de ses
origines, c’est la bidoche, la barbaque qui a fait prospérer l’institution. Ceci se voit avec
précision quand on ose se pencher sur l’archéologie du rite, parce qu’il est tout à fait
possible d’isoler les origines, quoique les sources islamiques, sourdes, aveugles et imbéciles
comme de bien entendu, ne l’ont guère entrevu: il était une fois le rite d’Arafat, un des
sanctuaires de la vallée de la Mecque, autrefois. On y égorgeait peinard les animaux, pour
quelque divinité du coin, après quoi, on s’en restaurait, grillés, à braise, comme vous voulez.
Pour renforcer encore le rite, certains, à une époque indéterminable, ont décidé d’intégrer
l’épisode à un circuit, un pèlerinage, le fameux Hajj. On mit alors l’étape d’Arafat en
bonne position, puisqu’elle correspondait à la fin du périple. Faim, soif, fatigue, ennui: les
foules errantes dans la vallée mecquoise, abruties de soleil et de poussière allaient enfin
290
souffler, boire, dévorer, et aussi fricoter avec les femmes, sans doute. Bref, du bon temps,
après les moments déplaisants du pèlerinage. Ce sera donc le 10 mois de Dhul Hijja, celui
du pèlerinage donc. La bouffe est la base de tout, et le sacrifice n’en est pas vraiment un, au
sens ethnologique du terme, déjà sous les Arabes, et encore moins sous l’islamisme, quand il
modifie les pratiques et les significations. Il n’est guère question de contrat, et de relation, et
de perte: on parlera donc mieux de boucherie rituelle. Au départ, c’étaient les chameaux,
omniprésents, qui étaient concernés, là, le caractère arabe n’est pas contestable, et le Coran
s’en fait l’écho. Le problème est qu’ensuite, le chameau est totalement oblitéré, et remplacé
par des types de bétail très différents, moutons, boucs, chèvres, voire petits bovins: une faune
méditerranéenne, celle aussi du croissant fertile.
Bien évidemment, il a fallu donner le change, et convaincre les foules d’accomplir le
sacrifice. Facile quand c’était à Arafat: on le fait depuis toujours, et l’odeur de la viande
grillée… Mais quand ceux qu’il fallait convertir et convaincre se trouvaient à des milliers
de kilomètres, l’affaire était plus ardue. Alors quelqu’un a eu une idée géniale. Qui,
personne ne sait. Abraham! Bon sanf, mais c’est bien sûr. Le vrai faux sacrifice, ressort
romanesque génial qui tient en haleine les foules à l’imaginaire chétif. Là se rassemble tous
les fantasmes, et toutes les idées saugrenues, et les pires desseins de l’humain… L’acte
gratuit, la pulsion destructrice, la tentation de l’absurde, qui agite Abraham, autant
qu’Agamemnon en Aulide. La Bible s’en empare, sans surprise, et puis le Coran en reprend
un petit bout. Au départ, le pauvre fils est Isaac, puis les proto-musulmans, plutôt, en font
un Ismaël, leur ancêtre qu’ils se sont accaparés. Le passage coranique est assez anodin,
mais on en fera un pilier, moment d’extase communautaire et de grande débauche de
viande. Le sens du sacrifice d’Abraham n’est pas difficile à trouver, et un enfant lui-même
l’aurait inventé. Première phase, l’ordre d’un dieu tout puissant, et en réponse, l’obéissance
forcénée d’Abraham. Deuxième phase, après un suspence prodigieux, repris depuis des
centaines de fois par Hollywood, l’innocent est sauvé, et par la miséricorde divine, et
personne ne pense plus que la scène avait tout de même un petit côté sadique et masochiste.
Ensuite, pour légitimer l’envie de manger un animal, en groupe, le modèle d’Abraham est
mis en valeur et devient celui de tout musulman chef de famille. N’oublions jamais que le
rite est là, avant tout sacraliser le rôle du chef, du mâle, celui qui peut tuer, celui au
couteau. La cène est familiale, et la scène est aussi collective, et il est coutume de sacrifier en
masse, de se rassembler, hors des lieux habituels. La fête est toujours le moment d’exception.
Le sacrifice est d’abord fait par le chef du groupe, de la petite foule ou de la tribu. Puis,
tous les autres, qui lui sont soumis, on prie ensuite, avec de longues invocations, et un
sermon classique mais vigoureux brode sans que le génie soit convoqué sur Abraham et sa
fureur infanticide (soumission, miséricorde, etc…).
Dans le détail, même si le rite est un abattage sacré, et non un sacrifice, il a fallu des rites
annexes pour le mettre en valeur, et le mieux a été trouvé avec l’accomplissement de règles
précises, non seulement de l’abattage, mais aussi de purification des pratiquants, très strict,
ce qui n’empêche pas qu’après, chacun patauge dans le sang chaud et la merde. On
s’ablutionne, se parfume, on se restreint de manger, on évite de se ronger les ongles, et on
s’arrange pour tuer soit même, et sinon, d’être le plus près possible de la mise à mort,
comme si la communion se faisait par le sang, comme chez les anciens Arabes. Aucune
femme ne doit être là, ne serait-ce que pour respecter de primitifs interdits.
291
Comme dans les fêtes païennes, l’occasion est celle d’un fourre-tout de pratiques, qui varient
selon les endroits et les périodes. Il est ainsi courant, et pas forcément apprécié de tous, de
visiter les morts, dans une sorte de toussaint islamique.
A la fin, une festivité collective, pas très sexy, de boucherie, virile et sanglante, qui installe
le rôle de l’homme-mâle comme celui d’un meurtrier assumé d’animaux. La fête retrouve
pleinement son rôle de vecteur d’affolement collectif, et belle période de refus de réflexion,
dans le culte de la viande et du sang, chaude et chaud.
Le remarquable n’est certes pas l’idée de tuer pour se nourrir, mais plutôt la gloire que l’on
en tire, et qui persiste: un indice de fonctionnement des plus primitifs, dont il pourra jamais
rien sortir de bon.
La Tradition va dire l’essentiel, parce que le recueil coranique, s’il donne des règles
précises, ne précise pas à quel rite il s’applique: on sait seulement que cela concerne le
pèlerinage, que c’est près de la Mecque. Rien de plus. Arafat est évoqué pour un autre
rituel, en 2/194.
(Corpus coranique d’Othman 22/33-37).
[De ces bêtes-là] vous tirez des avantages jusqu'à un terme fixé; puis son lieu d'immolation est
auprès de l'Antique Maison. A chaque communauté, Nous avons assigné un rite sacrificiel, afin
qu'ils prononcent le nom d'Allah sur la bête de cheptel qu'Il leur a attribuée. Votre Dieu est certes
un Dieu unique. Soumettez-vous donc à Lui. Et fais bonne annonce à ceux qui s'humilient, ceux
dont les coeurs frémissent quand le nom d'Allah est mentionné, ceux qui endurent ce qui les atteint
et ceux qui accomplissent la Salat et dépensent de ce que Nous leur avons attribué. Nous vous avons
désigné les chameaux378 bien portants pour certains rites établis par Allah. Il y a en eux pour vous
un bien. Prononcez donc sur eux le nom d'Allah, quand ils ont eu la patte attachée, [prêts à être
immolés]. Puis, lorsqu'ils gisent sur le flanç mangez-en, et nourrissez-en le besogneux discret et le
mendiant. Ainsi Nous vous les avons assujettis afin que vous soyez reconnaissants. Ni leurs chairs ni
leurs sangs n'atteindront Allah, mais ce qui L'atteint de votre part c'est la piété. Ainsi vous les a-t-Il
assujettis afin que vous proclamiez la grandeur d'Allah, pour vous avoir mis sur le droit chemin. Et
annonce la bonne nouvelle aux bienfaisants.
(Corpus coranique d’Othman 5/2-3).
Ô les croyants! Ne profanez ni les rites du pèlerinage (dans les endroits sacrés) d'Allah, ni le mois
sacré, ni les animaux de sacrifice, ni les guirlandes, ni ceux qui se dirigent vers la maison sacrée
cherchant de leur Seigneur grâce et agrément. Une fois désacralisés, vous êtes libres de chasser. Et
ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous
inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes oeuvres et de la piété et
ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur
en punition!
378
Hamidullah ajoute “et les vaches”.
292
Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un
autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un
coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne
soit morte -.
(Corpus coranique d’Othman 2/196).
Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faite un
sacrifice qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes avant que l'offrande [l'animal à sacrifier] n'ait
atteint son lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection de la tête (et
doit se raser), qu'il se rachète alors par un siyam ou par une aumône ou par un sacrifice.
La justification mythologique.
(Corpus coranique d'Othman 37/103-9).
Or quand ils eurent prononcé le salam379 et qu’il eut placé l’enfant front contre terre, nous lui
criâmes:
-Abraham! Tu as cru en ton rêve! En vérité, c’est là l’épreuve évidente!
Nous le libérâmes contre un sacrifice solennel et nous le perpétuâmes parmi les modernes. Salut sur
Abraham.
380
(Tabari, Histoire des prophètes et des Rois VII 1362).
Alors l’envoyé d'Allah retourna à Médine, et la fête d’al Adha
381
fut établie. On dit que l’envoyé
d'Allah fit le sacrifice avec ses compagnons qui avaient les moyens de l’accomplir, le dix du mois de
Dhu al Hijja. Il emmena les gens à al Musalla pour une fête. Durant la fête, il sacrifia deux moutons
à cet endroit de ses propres mains, et selon d’autres, un seul mouton.
(...)
Quand nous sommes rentrés du combat contre les Banu Qaynuqa, nous avons sacrifié le matin du
dix de Dhu al Hijjah. C’était le premier Adha que les musulmans ont vu. Nous avons sacrifié sur le
territoire des Banu Salimah, et dix sept victimes furent comptées à ce moment.
(Ibn Maja, Hadith 2/1307).
L’envoyé d’Allah a dit :
-Les femmes musulmanes recluses dans leurs maisons peuvent en sortir pendant la fête de l’Aid.
380
Ed. State of New York University.
M.J. Kister, "Rajab is the month of God", A study in the persistence of an early tradition", Israel
Oriental Studies 1/1971; M. Plessner, "Radjab", EI 2.
382
293
(Bukhari, Sahih 83/32, 2).
Zyad ibn Zubayr a dit:
-J’étais avec ibn Omar quand un homme lui a posé a la question suivante:
-J’ai fait voeu de jeûner tous les mardis ou tous les mercredis tant que je vivrai. Or ce jour tombe le
jour de la fête des sacrifices.
-Allah, répondit ibn Omar, a ordonné d’accomplir les voeux que l’on fait et il nous a interdit de
jeûner le jour de la fête des sacrifices.
L’homme renouvela alors sa question, et ibn Omar lui fit la même réponse sans y rien ajouter.
(Malik, Muwatta 1045).
Abbad Ibn Tamim a rapporté que Umayr Ibn Ashkar, avait fait sacrifice avant de participer à la
prière du jour de l'adha. Rapportant cela à l'Envoyé d'Allah il lui conseilla de sacrifier une autre
victime en offrande.
(Tirmidhi, Hadith 773).
Le Prophète a dit :
- Le jour d’Arafa, le jour du Sacrifice et les jours de Tashriq sont des jours de fête pour les adeptes
de l’Islam, des jours pendant lesquels on doit manger et boire.
(Bukhari, Sahih 1742).
D’après Ibn Omar
le Prophète s’arrêta le jour du Sacrifice entre les stèles, au cours de son
pèlerinage, et dit :
-C’est le plus grand jour du pèlerinage.
(Tirmidhi, Hadith 697).
Le Prophète a dit:
-Le jeûne commence le jour où vous le commencez et se termine le jour où vous le terminez et le
jour du sacrifice est le jour que vous prenez pour tel.
7 Le mois de rajab
294
Un long article de M.J. Kister382 permet de faire le point sur l'évolution confuse et saccadée
du statut de ce mois, inférieur en dignité à celui de ramadan, mais qui tente néanmoins de
se faire une petite place. L'argument principal qu'il propose pour cela est que le petit
pèlerinage, l'umra, se déroule justement au mois de rajab. Mais son défaut est d'avoir été
bafoué par Muhammad lui même au cours du raid de Nakhla, alors qu'il tenait tout son
prestige de l'interdiction de la violence pendant toute sa durée.
L'essentiel des débats tourne autour de la validité, ou de la valeur d'un sacrifice spécial, de
brebis, le RAJABIYYA, ou la pratique d'un jeûne facultatif. La concurrence est forte, c'est
le ramadan en personne... La pratique doit être issue de la fête juive de Pessa, et correspond
au sacrifice traditionnel du premier né du troupeau.383
Les érudits se sont acharnés à résoudre les contradictions, et à établir un consensus, ou un
compromis, en jouant sur les mots: pas interdit, pas obligé, conseillé, pas conseillé, etc...384
Au cours d'une surenchère classique, les arguments s'empilent, pour favoriser le mois: on
image que rajab est le mois de la naissance de Muhammad, ou le mois de sa conception, ou
que Abraham ou Jésus y sont nés.
Une multitude de petits récits sans intérêt atteste du flottement dans la doctrine, concernant
le mois de rajab. Voici une sélection de ces documents dont la futilité n'égale que le
pittoresque et l'emphase. L'opposition classique entre les exigences des érudits et les
penchants populaires est très repérable dans ces débats.
(Hanbal , Musnad 12/71350).
Le prophète a dit:
-Pas de sacrifice des premiers nés, ni d'animaux à tuer au mois de rajab.
(Tirmidhi, Hadith 6/312).
Le prophète a dit:
-La fête du sacrifice abroge chaque sacrifice, le jeûne du ramadan abroge tous les jeûnes.
(ibn al Jawzi, Kitap al Mawduat 2/206-7).385
Le mois de rajab est un grand mois. Celui qui jeûne un jour de ce mois, Allah comptera pour lui
une récompense de 1000 ans de jeûne. Celui qui jeûne 2 jours, 2000 ans, 3 jours, 3000 ans. Et sept
jours, les portes de l'Enfer seront fermées pour lui.
383
J. Henninger, Pre-islamic Bedouin Religion, Studies on Islam, New York 1981.
M.J. Kister, "Rajab", p. 195.
385
Ed. Le Caire 1966 (trad. M.J.Kister).
384
295
8 Les deux fêtes
Elles sont souvent indifférenciées : par économie d’invention, mieux vaut imaginer quelque chose pour les
deux, et après, le public choisira entre les deux.
Un point de plus en faveur de la thèse de l'artificialité de la doctrine. Le fatras a été composé peu à peu, et
sous pression de contextes très postérieures.
La Sunna est bien à mi-chemin du code Napoléon et de la Belle au Bois dormant : le juridisme et le conte de
fées. Ou alors le compte de Fées.
Nous traiterons pourtant chaque fête pour elle-même. Ainsi le présent dossier sera constitué de récits où les
fêtes sont indifférenciées, alors même que chacune est très différente de l'autre, par leur genèse et leur
caractère.
(Malik, Muwatta 427).
Malik a rapporté qu'il a entendu, plus d'un uléma dire: «Du temps de l'Envoyé d'Allah
jusqu'aujourd'hui, on ne faisait, ni à la fête de «Al-fitr» , ni à celle de «Al-adha», le premier et le
deuxième appel à la prière».
(Malik, Muwatta 429).
Ibn Shéhab a rapporté que l'Envoyé faisait la prière des deux fêtes, «Al-fitr» et «Al-adha», avant le
prône.
(Malik, Muwatta 431).
Abu Obayd, l'esclave de Ibn Azhar a dit: J'ai assisté à la fête, avec Omar Ibn Al-Khattab, qui fit la
prière, puis la prière achevée fit le prône en disant:
-L'Envoyé d'Allah a interdit de jeûner ces deux jours: le jour de la fin du jeûne et l'autre le jour où
vous mangez de la chair de vos animaux victimes».
Abu Obayd ajouta: Puis j'ai assisté au jour de la fête avec Osman, qui vint à la mosquée, faire la
prière, ensuite, achevant la prière, il fit le prône et dit: «aujourd'hui, deux fêtes se sont réunies pour
vous (c'était un jour de vendredi). Celui qui habite à «Al-Alia»386 et veut attendre la prière du
386
Les bourgs entourant la Médine.
296
Vendredi. Qu'il l'attende, et celui qui désire retourner chez lui, je le lui autorise».
Poursuivant, Abu Obayd dit: J'ai assisté aussi à la fête avec Ali Ibn Abu Talib, Ali vint à la mosquée,
fit la prière puis le prône.
(Muslim, Sahih 1473).
'Umm 'Atiyya a dit :
-"Le prophète nous ordonna de faire sortir le premier jour des deux fêtes les nubiles et les vierges
cachées aux regards pour se rendre à la mosquée. Il donna cependant l'ordre aux femmes
indisposées de s'écarter de l'oratoire des musulmans".
(Malik, Muwatta 433).
Ubaydallah Ibn Abdallah Ibn Utba Ibn Masud a rapporté que Omar Ibn Al-Khattab demanda à Abu
Waqid al Laithi au sujet de la récitation faite par l'Envoyé d'Allah les jours des deux fêtes, de Al-fitr,
et Al-adha»? Il lui répondit:
-Il récitait les deux sourates: «Qaf, par le glorieux Coran»387 et«L'heure approche et la lune se
fend».388
(Malik, Muwatta 434).
Nafi l'esclave de Abdallah Ibn Omar a rapporté: «J'ai assisté aux fêtes de Al-fitr et Al-adha, avec Abu
Hurayra ; en priant, il fit sept takbirs au début de la première rakat avant la récitation, et cinq takbirs
avant la récitation dans la deuxième rakat».
Malek a dit: «C'est bien ce que nous pratiquons à Médine».
On demanda à Malek au sujet d'un homme qui, au moment de la prière du Eid arrive à la mosquée,
alors que les gens ont terminé la prière». Il répondit:
-Il peut ne pas faire la prière ni à la mosquée, ni chez lui. Mais je ne trouve pas d'inconvénient s'il la
fait à la mosquée ou chez lui, et dans ce cas, il fera sept takbirs avant de réciter dans la première
raka't et cinq dans la deuxième».
(Malik, Muwatta 439).
Malek a dit: «la tradition incontestable, que nous appliquons, a déjà passé; elle consiste à ce que
l'imam, le jour de la fête du fitr ou celle de l'adha, sort de chez lui pour arriver juste à la mosquée,
au moment de la prière».
On demanda à Malek, au sujet d'un homme qui fait la prière de la fête avec l'imam :
-Pourra-t-il quitter la mosquée avant de se mettre à l'écoute du prône»?
Il répondit:
-Il ne doit pas sortir avant que l'imam le fasse.
387
388
Q 50.
Q 54.
297
(Dawud, Hadith 1134).
A l’arrivée du Prophète à Médine, les habitants avaient deux jours consacrés aux activités ludiques.
Et il leur dit :
-Allah vous les leur a remplacés par deux jours meilleurs : le jour de la rupture du jeûne et celui du
Sacrifice.
(Muslim, Sahih 1471).
Le prophète, Abu Bakr et s'acquittaient de la prière de l'id (faite à l'occasion des deux fêtes) avant de
prononcer le sermon".
(Muslim, Sahih 1472).
Quand quand l'envoyé d'Allah se rendait à la mosquée le premier jour de la fête du sacrifice ou de
389
celle de la rupture du jeûne, il commençait par la prière. Lorsqu'il l'acheva et fit le taslîm , il se
tenait debout en faisant face aux fidèles assis dans les lieux des prières. S'il pensait à faire une
expédition, il en informa les gens, et s'il y avait autre chose, il leur ordonnait de le faire. Il répétait
souvent :
-"Faites l'aumône!" -c'étaient les femmes qui faisaient le plus l'aumône- puis il s'en allait.
9 Les nuits qui arrivent
(et dont on ne fait rien)
La nuit est formidable, et elle a ceci d'original qu'elle n'est pas le jour, qu'il y fait sombre,
et que normalement, tout le monde va se coucher, par peur, surtout, peur du noir et du vide
(nous humains faisons les fiers depuis l'électricité, rien de plus). Alors elle n'est pas vraiment
humaine, dans les sociétés primitives, et ce qui s'y passe est forcément extra-ordinaire.
Ainsi, une nuit est déjà une fête.
389
La salutation finale.
298
L'islamisme va autoriser la survie de deux fêtes nocturnes, inspirées par le paganisme, et
recouvertes d’un peu d’islamisme.
La première est la Laylat al Bara, La nuit de la Fortune, après le ramadan; une fête des
morts, à l’origine, venue de Perse. Pour lui conférer un peu de cachet, on ajoute que ce jourlà, Muhammad a perdu une dent (celle de la bataille d’Ohod?).
L'autre est la Laylat al Qadr, La nuit du pouvoir (ou de la décision, du jugement); sorte
de dernière nuit de l’année, ou la première: la plus importante. Elle doit correspondre plus
ou moins au solstice d’été, et à la fête juive de Suqqot: autrefois, elle devait être le début de
l’année nouvelle. Bref, une nuit importante, mais sans trop savoir pourquoi. Elle
s’accompagnait de pratique de retraite rituelle, ce qui indique une origine pré-islamique.
Alors, on en a fait le moment où sont descendues sur Muhammad les premières sourates…
C'est à partir de cette invention qu'elle réussira à s'implanter, puisque le calendrier officiel,
d'une manière plus qu'étrange, ne prend jamais en compte le premier contact mystique de
Muhammad, et le début de la révélation. Sans doute la population a-t-elle eu envie de
célébrer le moment, quoique celui-ci provoque quelque gêne auprès des théologiens et autres
magiciens.
Le Coran lui même décrit les phases de révélation durant cette "Nuit du Destin "390 ou “Nuit
du Décret”. La traduction du mot varie et souvent, on résoud vite l’énigme en estimant que
le décret est alors le Coran. La notion du “nuit du décret” est en réalité d’origine hébraïque
et mésopotamienne: c’est le jour du partage du destin de chacun pour l’année. Le dieu
babylonien Marduk rédigeait aussi ses “décrets” sur des tablettes pour fixer les destins
humains.
Notons en passant que l'islamologue C. Luxenberg a rapproché l'élaboration du mythe
cette fameuse nuit d'un autre mythe, celui de la nuit de Noël.391
Un fragment coranique
approprié est ensuite utilisé pour assurer pour longtemps la
postérité de la nuit du destin, même si le sens des versets reste imperméable.
Un esprit critique, moqueur et maléfique dirait que les fêtes nocturnes pourraient vite passer
pour des adorations des astres. La doctrine a certainement vu ces choses avec réticence....
(Corpus Coranique d’Othman 97).
Nous l'avons fait descendre durant la nuit de la destinée.
Qu'est-ce qui t'apprendra ce qu'est la nuit de la destinée?
La nuit de la destinée vaut mieux que mille mois.
(...)
392
390
Fethi Benslama, La nuit brisée : Muhammad et l'énonciation islamique, Paris, 1988; Franz Taeschner,
“ Ein Gebet am Schlusse der Feier der "Nacht der Bestimmung" (Lailat ul-qadr, Kadir gecesi) “, Die
Welt des Islam 4, 1955; Imad A. Ahmad, "The dawn sky on Lailat-ul-qadr (Night of power),"
Archaeoastronomy, 11, 1989-93
391
Ch. Luxenberg, "Noël dans le Coran", in Enquêtes sur l'islam, Hommages A. Moussali, Paris 2004
392
Interpolation tardive.
299
Salut elle est jusqu'au lever de l'aube.
(Tafsir al Jalalayn 97).
“Et qui te dira ce qu'est la nuit d'Al-Qadr?” : Que sais-tu, ô Mohammad, de cette nuit?
“La nuit d'Al-Qadr est meilleure que mille mois”: La nuit des décisions est meilleure que
mille mois qui ne renferment pas cette nuit, car les bonnes œuvres qui seront accomplies
dans cette nuit auront plus de mérite que celles faites dans les autres mille nuits. D'après
Mujahid, le messager d'Allah parla un jour d'un homme des Fils d'Israël qui avait porté la
cuirasse mille mois pour combattre dans la voie d’Allah. Comme ce récit étonna les
musulmans, Allah révéla, à la suite, la sourate de la Destinée et dit qu'elle est meilleure que
les mille mois durant lesquels cet Israélite avait porté la cuirasse pour la cause d’Allah.
11 Sacré mois de ramadan...
(Jeûnes et pieux)
Pas de contestation, ramadan est le mois islamique par excellence, et tout le monde le sait,
personne ne peut plus passer à côté, que ce soit pour ceux qui s'y conforme ou les autres qui
le subissent.393 Pour illustrer la suprématie, quelques exemples sont proposés: Muhammad
serait aussi né en ramadan, Jésus aurait reçu l'Evangile au mois de ramadan, croit-on, en
faisant croire que l'Evangile, INJIL est une sorte de Coran tombé sur Jésus, comme sur
Muhammad.394 Bref, tout en ramadan, le 14 juillet autant que le 11 septembre, Noël et
Pâques, allons-y allons-y, tant qu'il n'y a pas la preuve du contraire.
Serait-ce vraiment une fête? Oui et non. Oui, parce que les comportements sont bouleversés,
comme on a vu dans le chapître sur le jeûne. Oui, parce qu'il y a des bornes avant et après.
393
394
K. Lech, Geschichte des islamischen Kultus. I Das Ramadan Faste, Wiesbaden 1979.
U. Rubin, The Eye of the Beholder, p. 195.
300
Non, parce que cela se traîne un mois entier, en tirant la langue, mais en faisant le beau
face aux infidèles, et à la longue, la dimension festive se fait furtive.
Le fait majeur est le jeûne, bien entendu. La borne de la période, celle que chacun attend,
est une autre fête, et la tradition séculaire a eu l'habilité d'agrémenter le moment de sortes
de moments intermédiaires, baptisées en "nuits", certainement sur le modèle chrétien de la
Nativité. Car il est si difficile de construire un système entièrement nouveau...
Le corpus coranique assure l'obligation de jeûner durant un mois, et cela suffit à imposer le
magique mimétisme, principal moteur de l'islamisme, encore plus puissant s'il est grégaire.
Le jeûne (SIYAM, ou SAWM) , finalement placé au mois de ramadan a pour but de renforcer
la cohésion d’une communauté religieuse par la contrainte d’une commune obligation, qui
concerne forcément l’humanité toute entière, par l’alimentation: le croyant est
physiologiquement un tube digestif, pourvu quelquefois d’autres organes.
La religion musulmane use sans restriction de la méthode, efficace puisqu'elle implique le
corps, l'asservit à une discipline insensée et affaiblit la capacité de raisonnement. Un de ses
motifs plus ou moins avoués est aussi d'affaiblir sexuellement les jeunes hommes qui n'en
peuvent plus de la frustration que leur impose la société (l’argument a servi au christianisme
aussi). A l’intention des infidèles, l’on clamera plutôt des mots comme patience, spiritualité,
fraternité, modestie, etc… Mais dans toute chose, il y a des apparences et des réalités, une
théorie et une réalité.
(Corpus coranique d'Othman 2/181-3).395
Ô vous qui croyez !, le jeûne vous a été prescrit (KUTIBA ALAYKUM) comme il a été prescrit à ceux
qui furent avant vous, espérant que peut- être vous serez pieux.
Jeunez des jours comptés!
Celui qui, parmi vous, sera malade ou en voyage jeûnera un nombre égal de jours.
A ceux qui peuvent jeûner mais ne le font point incombe un rachat, la nourriture d'un pauvre ;
quiconque fait volontairement un bien plus grand, cela est bien pour lui.
Jeûner est un bien pour vous! , si vous vous trouvez savoir.
Le mois du jeûne est le mois de ramadan dans lequel on a fait descendre la révélation comme
direction pour les hommes et preuves de la direction et de la salvation.
Quiconque verra de ses yeux la nouvelle lune (HILAL) , qu'il jeûne ce mois!
Celui qui, parmi vous, sera malade ou en voyage jeunera un nombre égal d'autres jours.
Allah veut pour vous de l'aise et ne veut point de gêne.
Achevez cette période de jeûne!
Magnifiez Allah par gratitude qu'il vous a dirigés!
Peut-être serez-vous reconnaissants.
395
Ed. Blachère.
301
Quand mes serviteurs t’interrogent sur moi, dis-leur que je suis près et réponds à l'appel de qui me
prie quand il me prie!
Qu'ils répondent à mon appel et qu'ils croient en moi!
Peut-être seront-ils dans la rectitude.
Durant la nuit du jeûne, je déclare pour vous licite de faire galanterie avec vos femmes: elles sont un
vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles.
Allah a appris que vous vous êtes trahis vous-mêmes, mais il est revenu de sa rigueur contre vous et
a effacé votre faute.
Maintenant, cohabitez avec elles et recherchez ce qu'Allah a prescrit pour vous.
Mangez (KULU) et buvez jusqu'à ce que se distingue pour vous le fil blanc du fil noir, à l'aube!
Ensuite, faites jeûne complet jusqu'à la nuit!
Ne cohabitez point avec elles alors que vous êtes en retraite dans la mosquée sacrée!
Voilà les lois d'Allah.
Ne vous en approchez point pour les transgresser!
Ainsi Allah expose ses signes aux hommes, espérant que peut-être ils seront pieux.
(Bukhari, Sahih Fath, 3277).
Le prophète a dit :
-Lorsque arrive le mois de Ramadan, les portes du Paradis sont ouvertes et celles de l'enfer fermées,
tandis que les démons sont enchaînés
(Bukhari, Sahih Fath 37).
Le prophète a dit :
-Celui qui jeûne le mois de ramadan avec foi en comptant sur la récompense divine, ses péchés lui
seront pardonnés.
(al Qayraawani, Risala ).
396
Le jeûne du mois du ramadan est une prescription à caractère d'obligation divine. On
commence le jeûne à la vue de la nouvelle lune
lune
398
397
et on le rompt à la vue de la nouvelle
, que le mois soit de trente ou de vingt-neuf jours. Si le croissant est caché par
des nuages, on compte trente jours à partir du premier du mois précédent, puis on
jeûne et l'on fait de même pour la rupture du jeûne.
Le fidèle devra nourrir en son cœur l'intention de jeûner dès la première nuit de
ramadan ; mais cette intention n'est pas requise pour le reste du mois. Le jeûne sera
401
Allusion dans Corpus coranique 2/158, 2/189, 2/196-199, 22/27-36;.
302
poursuivi jusqu'à la nuit. La tradition veut que l'on fasse diligence pour rompre le jeûne
et que l'on prenne le repas nocturne dit sah'ur le plus tard possible. Quand on a des
doutes sur le lever du jour, il faut s'abstenir de manger. On ne doit pas jeûner le jour
du doute et ce, à titre de précaution, pour éviter de l'englober par erreur dans le mois
de ramadan. jeûner ce jour-là n'est pas valable, même s'il se trouve qu'il fait partie du
mois de ramadan. Cependant, on peut le faire, à titre purement bénévole.
Celui qui, au matin de ce jour de doute, ne mange ni ne boit et qui acquiert ensuite la
certitude que ledit jour fait partie du mois de ramadan, n'aura pas accompli un jeûne
valable. Il devra s'abstenir de manger pendant tout le reste de la journée et jeûner
pendant un autre jour à titre compensatoire.
Quand un voyageur arrive de voyage, non à jeun, ou quand la femme ayant ses
menstrues recouvre l'état de pureté légale durant la journée, l'un et l'autre pourront
manger pendant le reste du jour.
Celui qui, jeunant bénévolement, rompt - intentionnellement ce jeûne, ou entreprend
un voyage en cet état et rompt son jeûne en raison de ce voyage, est tenu d'un jour de
jeûne à titre compensatoire. Mais, s'il a rompu le jeûne par simple oubli, il n'est tenu
d'aucune compensation. Au contraire, quand il s'agit d'un jour de jeûne obligatoire et
qu'il l'a rompu dans ces conditions, il est tenu de le compenser.
L'usage du cure-dents est permis pour le jeûneur durant toute la journée. Il n'est pas
blamâble qu'il se fasse poser des ventouses (ou tirer du sang) à moins qu'on ne craigne
que cela ne provoque une grande faiblesse. Celui qui est pris de vomissements en
ramadan, n'est pas tenu d'un jeûne compensatoire. Mais, s'il cherche lui-même à se
faire vomir et qu'il y parvienne, il est tenu d'une compensation.
Si la femme enceinte a des craintes pour (la vie de) l'enfant qu'elle a dans son sein, elle
rompra le jeûne et ne sera pas tenue de fournir (à un pauvre) la nourriture (expiatoire
d'usage). Selon une autre opinion, elle doit fournir cette nourriture. La femme qui
allaite son enfant, si elle craint pour la santé de celui-ci et ne trouve point de
remplaçante salariée, ou si le nourrisson n'accepte d'être allaité que par elle, aura la
faculté de rompre le jeûne, avec obligation de fournir la susdite nourriture (à un
pauvre). Il est recommandé au vieillard très avancé en âge, quand il rompt le jeûne de
fournir ladite nourriture. Celle-ci consiste dans tous ces cas en un mudd
399
pour chaque
jour de jeûne à compenser.
De même cette nourriture devra être fournie par celui qui a négligé de compenser le
jeûne d'un ramadan précédent et qui se laisse ainsi surprendre par la venue du
ramadan suivant.
303
Les impubères ne sont pas tenus du jeûne, tant que le garçon n'a pas de pollutions
nocturnes et que la fille n'a pas ses règles. C'est la puberté qui entraîne pour eux
l'obligation d'accomplir les actes religieux corporels. Allah Très Haut a dit:
Quand les enfants parmi vous ont atteint la puberté qu'ils demandent la permission
d'entrer.
400
304
6
Les pèlerinages et leurs rituels
1 Présentation générale
Tourner en rond et trouver un sens à sa vie et à sa mort
Les pèlerinages, ou les vertus du pluriel: comme aurait pu dire l'envoyé d'Allah, le pluriel
est bien la marque de la vérité. Il ne l'a pas dit, chantre de l'unicité qu'il aurait pu être...
305
Les rituels antiques sont pratiquement restés les mêmes à l’époque musulmane, sur un plan
formel, et ils sont au moins au nombre de 6. Muhammad a voulu en changer le sens. L’esprit
ritualiste est resté aussi fort dans l’une et l’autre période et chaque geste individuel ou
colletif est bien connu, par d’innombrables descriptions, autour du phénomène central du
grand pèlerinage.401
Les rituels collectifs, pèlerinages et rondes, restent quasi-inchangées dans leur structure. La
fonction de cette catégorie de rites est de délimiter et sacraliser le territoire d’une
communauté, d’intégrer l’individu à un processus collectif et de simplement parader devant
un public, non sans lui donner une impression de perte de sa personnalité. C'est aussi un
mystère, au sens antique du terme: la participation à des rites qui écrasent et font
disparaître et qui permettent surtout au participant d'acquérir pour la suite de son existence
(et dans l'au-delà?) une qualité supérieure qui le distingue des autres, et un prestige social
facile à obtenir. Rien qu'à se démarche, on peut deviner dans un village qui est hajji, et qui
ne l'est pas.
La nouveauté principale semble être celle de la signification donnée par Muhammad, le
Coran et la doctrine.402
Mais elle est apparu avec un décalage certain, bien plus tard. Le rite est toujours
primordial. En réalité, la nouveauté fondamentale réside dans la réunion des deux types de
pèlérinage: le petit, et le grand. En poussant un peu loin, il serait assez séduisant
d'imaginer que l'islamisme a pu naître justement de ce type de réforme rituelle, aux
implications sociales et économiques considérables. Il se crée alors un déséquilibre dont on
ne devine pas toutes les conséquences. D'ailleurs, il faut remarquer que la séparation entre
les deux rites étaient toujours appliquée par les habitants de la région, jusque vers 1900: un
pèlerinage pour les Quraysh et les Mecquois en général, et un autre pour les bédouins des
alentours.
A la Mecque, on tourne autour de beaucoup de choses. Le tour de la Ka’ba (UMRA) est le rite
principal des Arabes puis celui obligatoire des musulmans. Plus on est de fous, plus on se
presse: à l’origine, UMRA exprime l’idée justement d’aller à un endroit rempli de monde,
pressé, populeux. Ailleurs dans le désert, les gens sont rarement les uns sur les autres.
N’oublions pas cette promiscuité volontaire et exceptionnelle, qui ajoute encore au
merveilleux du site.
On tourne entre les rochers de Safa et Marwa, puis autour de celui d’Arafa, de Muzdalifa,
le tout en décrivant par tous ces points le tracé d’une autre ronde. A chaque étape
correspondent des gestes primitifs, effectués autrefois en faveur de divinités locales,
identifiées par toutes ces étapes. La piété réside essentiellement dans le respect pointilleux
des rites, qui doivent être effectués dans un ordre précis. L'obséquiosité à l'égard du divin
est grandement encouragée, obséquiosité dont on imagine qu'elle est le contrepoint du
sadisme.
Avoir donné un caractère d’obligation à ce rite circulaire, pour des milliards de personnes
est une belle oeuvre de Muhammad, à partir d'un simple rituel local. Mais c’est aussi le
signe d’un grand succès pour le seigneur de la Ka’ba. Malheureusement, c’est aussi un
402
Il est tout de même très remarquable que les mentions du pèlerinage édictées par Muhammad
dans son Coran sont datées, selon la chronologie traditionnelle, de la période médinoise: elles ne
peuvent être appliquées immédiatement, et sont comme des voeux pieux.
306
phénomène de concentration humaine extrême et inadaptée au milieu, qui s’avère
403
catastrophique sur de nombreux plans, économiques, écologiques, hygiéniques.
Ainsi, l’islamisme n’a rien inventé du pèlerinage, à une exception près, que l’on relève
rarement: l’obligation. Le paganisme, ou polythéisme, instaure rarement une obligation
universelle. Alors, cela signifie que la nouvelle doctrine décide d’innover en imposant à
tous. Bien entendu, de nos jours, pas fous, on insiste sur les exemptions: “chacun selon ses
moyens”. Ne soyons pas dupes: l’obligation est réelle, et originelle, parce qu’elle s’appliquait
à un cercle étroit, une petite région, et une population réduite. Ce n’est que par la suite,
quand l’islamisme est devenue une religion impérialiste, la religion d’un empire arabe, que
des esprits pratiques ont ajouté la modification.
La Mecque est aussi devenu Babylone, métropole commerciale, immense cantine, comme un
kebabland sans Mickey, temple du sacrobusiness, dominée par des tours énormes d'hôtels
au luxe tapageur. On y dépense, on y investit, et l'Etat royal en retire toujours des
ressources considérables. C'est un autre gisement pour le régime, qui engraisse sur le dos de
la foule qui se contente de dévorer des bouts de poulets et des boulettes de riz aussi bouilli et
grillé l'un que l'autre.
Mais après tout, c'est un petit pèlerinage, médiocre en fait par le nombre de participants:
l'effet de masse le rend spectaculaire aux yeux des infidèles, puisque tout le monde
débarque en même temps pour la grand-messe, et la foule se presse et parfois s'écrase. Rien
de commun avec les pèlerinages indiens, monstrueux en foule mais discrets, et même ceux de
Lourdes ou Compostelle, qui dépassent les 10 millions de participants annuels, plutôt
pacifiques ou paraplégiques.
Très peu de ces rituels est dit dans le Coran: les pratiques appartiennent à une strate plus
ancienne. Cela signifie aussi que tout le monde savait de quoi il s'agissait. Tourner en rond
n'a rien de sorcier. Le livre de référence ne se mêle pas des rituels et des gestes.
La nouveauté principale réside dans l’association de deux rituels séparés, voire opposés:
voilà le génie de l’islamisme enfin découvert. Les textes indiquent, par leur foisonnement,
que la jonction a été problématique, et le résultat est clairement complexe, et difficile à
gérer pour les participants. Chaque fois, ce sont des rapports de force, et des concessions
subtiles, que le grand pèlerinage, le Hajj, fait à l’umra, le petit pèlerinage. Et quand il faut
faire les deux, c’est le grand désordre, et des centaines d’inventions prophétiques pour s’en
sortir.
Alors, permettez nous d'insister sur ceci, en majuscule et soulignement:
DISTINGUER LE PETIT PÈLERINAGE: Kaba et Safa/Marwa, tout le temps.
LE GRAND PÈLERINAGE: on ajoute Arafat, Muzdalifa, Mina.
Au total: 6 rituels et 6 sanctuaires, juxtaposés et reliés par une sauce blanche islamique. La
synergie vise à étourdir, comme le goût aigre de la sauce qui remonte de l'oesophage.
403
Par exemple, le pèlerinage de la Mecque est le foyer de multiples épidémies se répandant en
Méditerranée, comme le choléra au XIXème siècle.
307
Mais quand un pèlerin a fait tous ses efforts, voire ruiné sa famille et privé ses enfants de
moyens de s’éduquer (notamment les filles), eh bien , il veut faire les deux rituels, quant à
faire… Il se sentira bien mieux ensuite.
Les rituels n’ayant certainement pas changé dans leur forme archaïque avant et après
Muhammad404 , il vaut en faire maintenant la liste:
1-purification du pèlerin.
2-entrée dans le sanctuaire.
3-prière et invocation vers la Ka’ba.
4-contact direct ou geste vers la pierre noire.
5-7 tours de l’édifice, 3 rapides et 4 lents.
6-7 tours rapides autour des rochers de Safa et Marwa.
7- Ingestion de l’eau du puits Zemzem.
8-marche vers Mina405 .
9-campement à Mina.
10-marche vers Arafat.
11- station debout (WUKUF) devant le mont de la Miséricorde (JABAL AL RAHMA) .
12-marche et campement à Muzadalifa.
13-ramassage de 49 cailloux à Muzdalifa.
14-marche vers Mina.
15-jet des pierres contre des piliers: Simulacre de lapidation de Satan (JAMARAT AL AKABA) .
16-sacrifice (AYD AL ADA).
17-Coupe (FAQSIR) ou rasage des cheveux (HALQ).
18-deuxième jet de pierres (JAMRAT AL WUSTA).
19-troisième jet de pierres (JAMRAT AL SAGHRA).
20-retour à la Ka’ba.
21-7 tours de l’édifice, 3 rapides et 4 lents.
22-quatrième jet de pierres (facultatif).
23-pèlerinage à Médine (facultatif).
Les fonctions du pèlerinage peuvent être en conclusion froidement évoquées: 1/sacralisation
et appropriation de l’espace,
2/cohésion des différents sanctuaires et dieux, par synergie, ou résolution d'une concurrence
nuisible,
3/Constitution d'un pôle d'échanges commerciaux, dont les cultes sont des prétextes,
4/ Épreuve pour initiés, qui s'assimilent à des mystères, permettant de constituer une caste
supérieure.
Il est vraisemblable qu’à l’origine l’offrande du voile de la Kaba eut lieu, comme celle des housses des
victimes, au cours de la grande fête de la ‘umra. Mais la date de celle-ci est incertaine : les traditions ne
s’accordent pas sur les époques où le Prophète en célébra plusieurs. Il semble qu’elles ne se soient réunies
que pour condamner la ‘umra du 27 du mois de radjab en laquelle je persiste à trouver l’héritière de la ‘umra
préislamique.
405
Mot-à-mot, le “Souhait”.
308
La ‘umra de rajab n’apparait chez les historiens qu’en de rares exemples : en 624, les razzieurs envoyés par
Muhammad contre les Mecquois se camouflent en pèlerins de la ‘umra de radjab . En 638, le calife ‘Omar
célèbre cette ‘umra et en 656, c’est sous le prétexte de la préparer que les Égyptiens sont réunis à Médine et
assassinent ‘Othman. ‘Ali autorise Talha et az-Zubaïr à la célébrer. En 676, le calife Mu‘awiya conduit la ‘umra
de rajab . Quatre ans plus tard, le calife dissident de Mecque, ‘Abdallah Ibn az-Zubaïr, prétendit rendre à la
Kaba toute sa valeur préislamique : il rouvrit la seconde porte de la Kaba, près de l’angle yéménite et il
célébra solennellement la ‘umra de radjab.
Il reconstruisit le mur du hidjr. L’achèvement de ces travaux fut célébré, le 27 rajab par une ‘umra solennelle,
pour laquelle on alla se sacraliser à at-Tan‘im. Ibn az-Zubaïr y sacrifia cent victimes et chacun l’imita, dans la
mesure de ses moyens. « Ils firent de ce jour-là une fête solennelle, et cette ‘umra a été jusqu’à aujourd’hui
(vers 800) une coutume légale pour les gens de Mecque. Ils se rassemblent et ne manquent point de la
célébrer ce jour-là chaque année. » Il est probable que la réprobation que la ‘umra de radjab a suscitée chez
les juristes orthodoxes de Damas et de Bagdad provient à la fois du mauvais souvenir qu’avait laissé la rupture
d’Ibn az-Zubaïr avec le califat omayyade, et de leur opposition aux émirs ‘Alides de Mecque qui célébraient
encore cette cérémonie au XIIe siècle .
Un hadith de ‘Aïcha nous apprend que ‘Abdallah Ibn ‘Omar le fils du calife, affirmait que l’une des quatre
‘umra du Prophète avait été célébrée en rajab. En l’entendant ‘Aïcha protesta violemment et Ibn ‘Omar se tut.
Les traditionnistes s’accordent à dire que rajab de Mudar, comme ils l’appellent, était un mois sacré ; on le
nommait aussi le Sourd, car « on n’y entendait pas le tumulte de la guerre, ni un appel au secours, ni le
tapage des combats, ni le fracas des armes. C’était un mois sacré . »
La seule description détaillée de la ‘umra que l’on connaisse est celle d’Ibn Djubaïr qui y prit part en 1183,
sous la dynastie des émirs zaïdites. Elle fut conduite par l’émir Mukthir en personne, qui alla en prendre
l’ihram à At-Tan‘im. Elle se déroula en un immense concours de population, avec illuminations et acrobaties
propitiatoires .
A cette époque, les Mecquois célébraient une autre ‘umra, moins solennelle, le 27 ou le 29 ramadan, à
l’exemple prétendu du Prophète. C’était une sorte de remplacement de la ‘umra de rajab que les juristes
avaient organisée. Un hadith rapporte qu’un groupe de pieux personnages la célébraient, mais que dans leur
vieillesse, ils y renoncèrent. Elle était approuvée par Muslim.
Les pèlerins de la ‘umra allaient se sacraliser à at-Tan‘im. C’était, sans doute, un ancien lieu sacré, qu’avait
islamisé la ‘umra de ‘Aïcha en 632 : la mosquée de ‘Aïcha y recouvre, peut-être, quelque pierre sainte ; on
l’appelle aussi « la tente de Perle ». Au XIIe siècle, les passants lapidaient à at-Tan‘im les tombes d’Abu
Lahab, l’oncle maudit du Prophète, et de sa femme. Une porte de Mecque tire son nom de ce lieu.
Un petit fait de l’époque coranique, en 625, confirme l’importance d’at-Tan‘im, lieu sacré. Des razzieurs
musulmans sont capturés par des B. Lihyan qui livrent deux d’entre eux à des Quraysh qui ont à venger des
morts de Badr ; l’un des deux est emmené à at-Tan‘im, où il est sacrifié solennellement .
Néanmoins, l’opinion recommande au pèlerin de la ‘umra de se sacraliser de préférence à Al Hudaïbiya ou à
Al Jirana, à l’imitation du Prophète . A l’époque coranique, les rites de la ‘umra consistaient en les divers
actes d’adoration de la Kaba, accompagnés d’un sacrifice, qui était réalisé, sans doute, sur le roc d’As Safa ou
d’Al Marwa. Un hadith affirme pourtant que le Prophète n’accomplit point, lors de son grand pèlerinage de
632, la course entre les deux rocs . Au IXe siècle, ce sont les cérémonies autour de la Kaba qui constituent
l’essentiel de la ‘umra ; le reste s’efface .
(M.Gaudefroy-Demonbynes, Mahomet, p. 482-5).
2
Bibliographie
Que va-t-on y trouver ? Le sujet a été assez abondamment traité car il plait, de toute les manières. D’abord, il
a été l’apanage de ceux (pas celles) qui y sont allés. Les musulmans, d’abord, qui ont voulu que leur pèlerinage
309
ne soit pas confidentiel, et se sont crus obligés de toute raconter par le menu, mais pour alimenter encore les
curiosités. Ce seront des récits de vertueux miniaturistes, qui n’apportent pas grand chose, outre leurs
exhaltations sulpiciennes. La nouveauté, et l’intérêt viennent de la visite d’infidèles, qui se sont cachés,
camouflés, déguisés pour pénétrer dans le téménos sacro-saint, duquel les infidèles sont normalement exclus.
Mais l’interdiction, toujours en usage, attise les curiosités et la fascination. L’archétype de ces aventuriers est
l’Anglais Burton. Ensuite arrivent les gros bataillons de littérature islamique, vantant le pèlerinage avec ce
qu’il faut d’obscurantisme et de continence intellectuelle ; leur but est d’inculquer les règles strictes et
contraignantes de cet amalgame de rites dépareillés.
Ensuite, ce sont les ouvrages réellement scientifiques, mais en nombre restreint hélas. Distinguons parmi
ceux-ci les études traitant de l’intérieur des rites, dans le Haram, ou dans les environs, et celles qui s’attachent
au rituel depuis l’extérieur, comme les tribulations des pèlerins depuis le départ, et toute l’atmosphère
attenante. Nous ferons une place à un grand sujet, totalement écarté de nos jours, c’est-à-dire la question de la
catastrophe sanitaire qu’a constitué et que constitue toujours potentiellement le pèlerinage mecquois, à travers
notamment les risques d’épidémies qu’il fait courir à une échelle mondiale.
Dans la masse, à vous de distinguer le boulgour de l'ivraie.
F. E. Peters, The Hajj: the muslim pilgrimage to Mecca and the holy places, Princeton, 1994 ;
D. Long, The Hajj Today. Albany, 1979 ;
R. Burton, A personal narrative of a pilgrimage to al Madina et Meccah, New York, 1893;
Cl. L. Pickens, “The Mecca Pilgrimage” , The Muslim World 24/1934;
B. Schnepp, Le Pélerinage de La Mecque, infidèles qui ont visité La Mecque, Djedda , Paris, 1865;
Gary Peter Daniels , Mecca and the hajj : a phenomenological study (thèse), Ann Arbor 1986;
Albert Le Boulicaut, Au pays des mystères : pèlerinage d'un chrétien à la Mecque et à Médine, Paris,
1913;
Abû Hâmid al-Ghazâlî (isl.), Les secrets du pèlerinage en islam (trad. Maurice Gloton), Beyrouth, 2001;
Yacoub Roty (isl.), Guide du pèlerin, Paris, 2004;
id., Les rites du pèlerinage, Paris, 2000 (ouvrage pour la jeunesse) ;
M. al-Thenayian, “The Yemeni Highland Pilgrim Route between San'a and Mecca Its History and
Archaeology”, ARAM 8-1996;
Michael Wolfe, One thousand roads to Mecca : ten centuries of travelers writing about the Muslim
pilgrimage , New York,1997;
P. Pareja, Islamologia II, Madrid 1952-4, p. 538;
A l i S h a r i a t i ( t r a d . L a l e h B a k h t i a r ) . Hajj: Reflections on its Rituals. C h i c a g o 19 9 3;
M i c h a e l W o l f e (e d .) One Thousand Roads to Mecca: Ten Centuries of Travelers Writing about the Muslim
Pilgrimage, N e w Y o r k 1 9 9 7;
D a v i d L o n g , T h e H a jj T o d a y , A l b a n y 1 9 7 9 ;
M. N. Pearson, Pious Passengers. The hajj in earlier times, Londres 1994;
R. F. Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to al-Madinah and Meccah. On the Hajj and Muslim
life, thought and studies generally in the middle of the nineteenth century. Readable and accurate to a degree,
Londres, 1898;
G.R. Hawting, "The Hajj in the second civil war," Golden Roads: migration, pilgrimage and travel
in mediaeval and modern Islam, ed. I.R. Netton, Richmond 1993;
Muhammad Asad, The road to Mecca, New York 1954;
C. F. Beckingham,. "Hakluyt's description of the Hajj," Arabian Studies, 4/1978 ;
D. F. Eickelman, J. Piscatori (eds.), Muslim travellers: pilgrimage, migration, and the religious
imagination. Londres 1990;
Muhammad Jawad Mughniya, « The Hajj according to five schools of Islamic fiqh », Al-Tawhid
3/1986;
M. N. Pearson, Pious passengers: the Hajj in earlier times. Delhi 1994;
C. L. Pickens, "The Mecca pilgrimage," Moslem World, 24/1934;
W. R. Roff, "Sanitation and security: the imperial powers and the nineteenth century Hajj," Arabian
Studies 6/1982;
id., "Pilgrimage and the history of religions: theoretical approaches to the Hajj," Approaches to Islam
in religious studies, R. C. Martin (ed.), Tucson 1985;
310
Muhammad Salahuddin, "The political role of the Hajj," in Hajj in focus. Ed. Zafarul-Islam Khan,
Yaqub Zaki (ed.). Londres 1986;
J. Teitelbaum, "Pilgrimage politics: the Hajj and Saudi-Hashemite rivalry, 1916-1925," in The
Hashemites in the modern Arab world: essays in honour of the late Professor Uriel Dann. A.Susser and
A.Shmuelevitz (eds.). Londres 1995;
Steve A. Johnson, “The umranic nature of Ibn Khaldun's classification of the sciences”. Muslim
World 81/1991;
M.Arkoun, Pilgerfahrt nach Mekka, Zürich 1978;
Ahmad von Denffer, “Wallfahrt nach Mekka. Das Wichtigste über ´Umra und Hagg”, Schriftenreihe
des Islamischen Zentrums München 15/2002;
Richard. Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to el-Medinah and Meccah. I. el-Misr. II. ElMedinah. III. Meccah, Londres 1855;
Sir Richard Burton, Personal Narrative of a Pilgrimage to Mecca, Londres 1915; Gerald Hawting,
'Discussion in Islamic law of being prevented from completing a pilgrimage (ihsar), Studies in Islamic
and Middle Eastern texts and traditions in memory of Norman Calder, Oxford 2000;
Dr. Mohammad A. R. Al-Thenayian, “The Yemeni Highland Pilgrim Route between San‘a and
Mecca : Its history and archaeology”, ARAM 8/1996;
H. Rashid, etc…, “Viral respiratory infections at the Hajj: comparison between UK and Saudi
pilgrims”, Clinical Microbiology & Infection 14/ 2008;
Robert R. Bianchi, “What Does the Hajj Mean?“, Guests of God 2004;
Suraiya Faroqhi, Pilgrims and sultans : the Hajj under the Ottomans, 1517 – 1683, Londres 1996;
S A Husain, A Guide To Hajj ,New Delhi 1977;
G.R. Hawting, "The Hajj in the second civil war," Golden Roads: migration, pilgrimage and travel in
mediaeval and modern Islam, Richmond 1993 ;
G. Hawting, "The slaughter of dahiyya during hajj and the origins of `Id al-adha" , Jerusalem Studies
in Arabic and Islam 31 ;
Suliman Bashear, "Hanifiyya and the Hajj", Studies in the Early Islamic Tradition ; André Binggeli,
“Foire et pèlerinages sur la route du Hajj: à propos de quelques sanctuaires chrétiens et musulmans
dans le sud du Bilad al-Sam d’après le Kitab al-azminad’Ibn Masawayh (9e s.)”, ARAM 19/2007;
Ann Parker, Avon Neal, Hajj Paintings: Folk Art of the Great Pilgrimmage , Washington, 1995;
Philippe Gautret…, “Pilgrims From Marseille, France, to Mecca: Demographics and Vaccination
Status”, Journal of Travel Medicine 14/2007 ;
N.Leiper, “The Hajj: The Muslim Pilgrimage to Mecca and the Holy Places” , Annals of Tourism
Research 26/1999;
C.E. Bosworth, “Sanawbari's Elegy On the Pilgrims Slain in the Carmathian Attack On Mecca
(317/930): a Literary-Historical Study”, Arabica 19/ 1972;
M. Borrmans, "Les prières du pèlerinage à la Mecque", Recherches d'Islamologie, Recueil
Anawati/Gardet, Louvain 1977.
Oscar-Bey Rendelmann, Le Choléra de La Mecque - Nouvelle édition, considérablement augmentée...,
Angers, 1895;
F. Duguet, “Le Pélerinage de la Mecque et le choléra au Hedjaz”..., La Presse médicale 14 février 1932
; C. Stékoulis, Le Pélerinage de La Mecque et le choléra au Hedjaz, Constantinople, 1883;
J. Duguet, Le Pèlerinage de La Mecque au point de vue religieux, social et sanitaire par le docteur Duguet,
médecin-général, inspecteur général du Conseil sanitaire, maritime et quarantenaire d'Egypte ; avec une
préface de M. Justin Godart, Vendôme-Paris 1932;
Pierre-Yves Merlet, Le choléra au XIXè siècle : le pèlerinage à La Mecque et son rôle dans l'entente
sanitaire internationale (1866) (thèse), Rennes 2004;
Dr A. Buez, Une mission au Hedjaz (Arabie) : contributions à l'histoire du choléra, le pélerinage de la
Mecque, les services sanitaires...de la Mer rouge , Paris? 1873;
Louis-Léon Delarue, Le pélerin de la Mecque : son hygiène, ses maladies (thèse), Paris, 1892;
Cornelia Essner, “Cholera der Mekkapilger und Internationale Sanitätspolitik in Ägypten (18661938)”, Die Welt des Islam 32/1992
311
3 Les rituels primitifs de la Mecque
Les jeux de la plus ancienne humanité
Plus un sanctuaire est ancien, plus il est vénérable, moins ses rituels sont compris, plus ils
sont respectés. Le but de tous les récits est alors de faire remonter le plus loin possible la
fondation du sanctuaire, en dépit du bon sens, à l’évidence.
Pour la Mecque, la tradition musulmane remonte à Adam. Peut-on faire mieux? Si, on peut
toujours faire mieux avec la Tradition musulmane: la Kaba, première construction
humaine, axe du Monde, flottant sur l'océan primordial, existant même avant la création
du Monde: cela ne coûte pas plus cher en encre d'écrire ceci ou cela. Pour les mystiques, elle
est la version matérielle d'une autre Kaba immatérielle et sublime, selon le schéma déjà
imaginé pour le Coran. Les anges aussi la prennent en référence, et tournent autour d'elle
en nuées.
Après, Abraham: Le tour de force de la doctrine islamique est de déformer la Bible en
détournant l’aventure d’Abraham vers la Mecque , dont il serait le fondateur. Le Coran
l’affirme d’abord , puis la Sunna , dans un récit mythologique étonnant, et appartenant à
la fin de la prédication mohammédienne, quand il faut régler le statut du sanctuaire
406
conquis sur les Mecquois.
Cette longue légende racontée selon Bukhari mérite d’être citée in extenso. On devine
derrière le très léger vernis biblique , des comportements tribaux très primitifs et
417
M. H. Benkheira, "Les non-musulmans et le haram. Contribution à l'étude de la notion de
territoire sacré en islam", in A. Le Boulluec, A la recherche des villes saintes, Turnhout 2004 ; M.J.
Kister, "Sanctity joint and divided: on holy places in the islamic tradition", Jerusalem Studies in
Arabic and Islam 20, 1996.
312
prosaïques. Le texte est très long, ce qui indique le caractère central du sanctuaire dans la
doctrine, même quand celle-ci se compose une théologie cohérente et développée: on en
revient toujours au lieu, à la terre et à la brique.
Il se pourrait que la recherche de la source recouvre une sorte de réalité, dans le sens où
cette quête nous indique que la source est effectivement le début à tout.
Quant à la pierre noire, elle est aussi un abîme pour les imaginaires, sortie de terre au
moment du déluge, ou bien enchâssée dans la Kaba par Adam en personne, noircie par
l'impureté des femmes.
Pour conclure: la Mecque, MAKKA, et son pèlerinage apparaissent, à première vue, comme
les vestiges les plus anciens de la création de l’islamisme. Une sorte de strate profonde,
immémorielle, archéologique. Dans un sens, cela a toutes les allures de la réalité.
Dire enfin qu'il s'agit de jeux n'a rien de méprisant, et la dimension ludique est toujours
une dimension sérieuse.
"Le pèlerinage primitif était vraisemblablement un rituel de demande de pluie qui avait lieu à période fixe,
après le déclin des grandes chaleurs de l'été, dans la haute plaine de l'Arafât, à l'est du territoire mecquois ! Il
aurait été pratiqué par les Bédouins. Il ne se serait d'ailleurs pas confondu avec le rituel célébré à La Mecque
qui se déroulait quant à lui indépendamment, au printemps. Ce deuxième pèlerinage autour de la Ka'ba
donnait lieu également à des sacrifices, mais ils avaient lieu sur place – ils ont aujourd'hui complètement
disparu. C'est peu avant de mourir que Mahomet aurait regroupé les deux pèlerinages comme pour réunir –
politiquement – sous une seule bannière les Bédouins, les gens des oasis et les caravaniers, toutes catégories
de population qu'il dominait désormais. Le caractère saisonnier du rituel extérieur à La Mecque dont
décidaient les seuls Bédouins se trouvait parallèlement aboli par un verset coranique." Interview de J.
Chabbi, Clio 2007).
(ibn Hisham, Conduite de l’envoyé d’Allah 15).
Le roi
407
demanda ce qu’il devrait faire quand il serait là-bas. On lui dit de faire ce que faisaient les
gens de la Mecque: tourner autour du temple, le vénérer et l’honorer, se raser la tête et se conduire
avec humilité jusqu’à la sortie du sanctuaire.
Le roi demanda pourquoi il ne devrait pas faire autrement. On lui répondit que c’était vraiment le
temple de leur ancêtre Abraham, mais que les habitants des environs l’avait entouré d’idoles, et que
le sang qu’ils répandaient là étaient des obstables insurmontables. Ils étaient des polythéistes
impurs, selon eux.
(Le roi) poursuivit son voyage vers la Mecque, tourna autour de la Ka’ba, sacrifia, se rasa la tête, resta
là six jours à sacrifier des animaux, qu’il distribuait ensuite à la population, et il leur donnait aussi
du miel à boire.
Le fondement du culte des Quraysh.
408
(Corpus coranique d'Othman 106).
A cause de l’entente des Quraysh, de leur entente dans la caravane d’hiver et d’été, qu’ils adorent le
seigneur du temple qui les a munis contre la fin et les a mis à l’abri d’une crainte.
313
La légende d’Abraham , Ismaël et Agar à la Mecque.
(Bukhari , Sahih 60/9 , 3).
On rapporte , avec quelques variantes , d'après Sayd ibn Jubayr , que Ibn Abbas a dit :
-La première fois que les femmes se servirent d'une ceinture , ce fut quand la mère d’Ismaïl en fit
usage pour dissimuler la trace de sa fuite à Sarah. Ensuite Abraham emmena Agar avec son fils
Ismaïl , à qui elle donnait le sein , et les laissa près de l'emplacement du Temple , à côté d'un grand
arbre , au-dessus de Zemzem , à la partie la plus élevée de la mosquée. A cette époque , il n'y avait
personne à La Mecque et on n’y trouvait pas d'eau. Abraham abandonna là Agar et son fils , en leur
laissant une sacoche pleine de dattes et une outre remplie d'eau : puis il se mit en marche pour
s'éloigner.
La mère d'Ismaïl le suivit en lui disant :
-Abraham , où vas-tu? Tu nous abandonnes donc dans cette , vallée où il n'y a ni être humain ni
rien. Elle avait répété ces mots à plusieurs reprises sans que Abraham se retourne , quand elle finit
par lui dire :
-Est-ce Allah qui t'a ordonné d'agir ainsi?
-Oui , répondit-il.
-Alors , il ne nous laissera pas périr , s'écria-t-elle.
Abraham continua sa marche jusqu'au moment où il fut arrivé à un col d'où Agar et son fils ne
pouvaient plus le voir. Alors , tournant son visage du côté du Temple , il éleva les mains et fit une
invocation en ces termes :
-Seigneur , je viens d'installer une partie de ma descendance dans une vallée qui ne produit point
de grains , auprès de ton temple sacré ... ils en seront reconnaissants.
409
La mère d'Ismaïl se mit ensuite à allaiter son fils. Elle but de l'eau (qui lui avait été laissée) jusqu'à
ce que le contenu de l'outre fut épuisé. Alors elle eut soif et son fils eut soif aussi. Elle vit bientôt
celui-ci se tordre - ou suivant une variante - se rouler. Ne pouvant pas supporter un tel spectacle ,
elle partit , et , comme elle trouva que Safa était la montagne la plus rapprochée d’elle , elle y monta
et , dominant la vallée , elle chercha des yeux si elle n'y voyait personne. Et elle ne vit personne.
Alors elle descendit des hauteurs de Safa : puis , arrivée dans la vallée , elle retroussa les pans de sa
tunique et courut comme un homme éperdu. Elle traversa la vallée , gagna al Marwa , monta à son
sommet et regarda de nouveau si elle ne voyait personne. Et elle ne vit personne. Sept fois elle
répéta ce manège.
Ibn Abbas ajoute que le prophète a dit:
-C'est (en souvenir) de cela que les fidèles font la course entre les deux montagnes
pèlerinage.
410
pendant le
411
Arrivée au sommet de al Marwa , Agar entendit une voix.
314
-Chut! dit-elle , en s'adressant à elle-mème. Elle prêta l'oreille et entendit de nouveau. Alors elle dit
:
-Tu t’es fait entendre. Si tu as par devers toi un moyen de secours , (secours-moi).
Alors apparut un ange à l'endroit où se trouve le puits de Zemzem. Il frappa le sol de son talon - ou
suivant une variante - de son aile et bientôt l'eau se montra. Agar se mit à faire un bassin , semblant
dire de sa main: “Ainsi”.
Puis elle se mit à puiser de l'eau dans son outre et l'eau (de la source) bouillonnait de nouveau
chaque fois qu'elle venait d'en prendre.
Ibn Abbas ajoute que le prophète a dit :
-Allah fera miséricorde à la mère de Ismaïl , car , si elle avait laissé Zemzem - ou suivant une
variante - si elle n'avait pas puisé d'eau , Zemzem serait devenue une source d'eau courante.
Agar but et allaita son enfant.
-Ne redoutez aucun danger , dit alors l'ange , car ici s'élèvera le temple de Allah et ce temple sera
bati par cet enfant et son père. Et Allah ne laisse point périr les siens. Le Temple formait , audessus du sol , une éminence pareille à un monticule. Quand les eaux envahissaient la vallée , elles
passaient à droite et à gauche. Agar resta ainsi jusqu’au jour où vint à passer une troupe de Jurhum
- ou suivant une variante - des gens d'une famille des Jurhum , arrivant par la route de Keda. Ils
campèrent dans la partie basse de la Mecque et virent un oiseau qui planait.
-Cet oiseau , dirent-ils , tournoie autour d'une
source d’eau. Or , depuis le temps que nous
fréquentons cette vallée , il n'y a jamais eu. d'eau. Envoyez donc un éclaireur -ou suivant une
variante - deux éclaireurs.
Le , ou les éclaireurs , ayant découvert de l'eau , revinrent , annoncèrent qu'il y avait de l'eau et tous
les Jurhum se rendirent à cet endroit. Comme la mère d’Ismaïl était auprès de l'eau , les Jurhum lui
dirent :
-Nous autorises-tu à camper ici auprès de toi?
-Oui , répondit-elle , mais vous n’aurez aucun droit de propriété sur cette eau.
- C'est entendu , répliquèrent-ils.
Ibn Abbas ajoute que le prophète continua en ces termes. Cette demande des Jurhum fit plaisir à
Agar , qui aimait la société. Les Jurhum campèrent donc auprès d’elle et envoyèrent dire à leurs
contribules de venir s'installer avec eux. Bientôt un certain nombre de familles furent établies en cet
endroit. L'enfant grandit , apprit la langue arabe des Jurhum et , en grandissant , il s'acquit leurs
sympathies et leur admiration. Aussi , quand il eut atteint (l’âge de la puberté) , il lui firent épouser
une femme choisie parmi eux. Puis , la mère d’Ismaïl étant morte , Abraham arriva (à La Mecque) ,
après que Ismaïl avait été marié : il venait s'informer du sort de ceux qu'il avait abandonnés.
Ne trouvant pas Ismaïl , Abraham demanda de ses nouvelles à sa femme.
-Mon mari , répondit celle-ci , est sorti pour aller se procurer notre subsistance.
-Et quelle est votre existence et votre situation? demanda Abraham.
315
-Nous sommes , reprit-elle , dans la détresse , dans l'angoisse et dans la peine.
Elle exhala ses plaintes à Abrabam , qui lui dit :
-Quand ton mari reviendra , salue-le et dis-lui m qu'il change le seuil de sa porte.
A son retour , Ismaïl , qui semblait avoir eu vent de quelque chose , dit à sa femme:
-Est-il venu quelqu'un?
- Oui , répondit-elle , un vieillard de telle et telle façon : il m'a demandé de tes nouvelles : je lui en
ai donné. Puis , comme il s'informait de notre existence , je lui ai annoncé que nous étions dans la
misère et la peine.
-T'a-t-il fait quelque recommandation? ajouta Ismaïl.
-Oui , répliqua-t-elle : il m'a chargé de te saluer et de te dire: “Change le seuil de ta porte”.
-Cet homme , s'écria Ismaïl , c'est mon père , et il m'enjoint de me séparer de toi. Retourne donc
dans ta famille.
Et il répudia sa femme et épousa une autre femme des Jurhum.
Abraham s'éloigna et demeura absent le temps que Allah voulut , puis il revint et , ne trouvant pas
Ismaïl , il entra chez sa femme et lui demanda des nouvelles de son mari.
-Il est parti pour aller m chercher notre subsistance , répondit-elle.
-Et comment êtes-vous , dit Abraham , s'informant ainsi de leur existence et de leur situation.
-Nous sommes heureux et dans l'aisance , répliqua-t-elle.
Et elle rendit grâces à Allah.
-Que mangez-vous ? reprit Abraham.
- De la viande , dit-elle.
- Et que buvez-vous? ajouta Abraham.
-De l'eau! n répondit-elle.
Alors Abraham s'écria :
-Allah bénisse pour vous la viande et l'eau!
A cette époque , ajouta le prophète , ils n'avaient point de grains à La Mecque : sinon il eût
demandé à Allah de les bénir pour eux. La viande et l'eau n'auraient pu seules suffire à personne
autre part qu'à La Mecque : ailleurs , ils n'auraient pu s'en contenter.
Quand ton mari sera de retour , ajouta Abraham , salue-le et enjoins-lui de maintenir le seuil de sa
porte.
Ismaïl étant rentré dit :
-Est-il venu quelqu'un?
-Oui , répondit sa femme , il est venu un vieillard de belle apparence - et elle en fit l'éloge , - qui
m'a demandé de tes nouvelles : je lui en ai donné. Puis , comme il s'informait de notre facon de
vivre , je lui ai dit que nous étions heureux.
-T'a-t-il fait quelque recommandation? ajouta Ismaïl.
-Oui , répliqua-t-elle , il m'a chargé de te saluer et il t’enjoint de conserver le seuil de ta porte.
316
-C'est mon père , s'écria Ismaïl , et toi tu es le seuil : il m'enjoint de te garder.
Abraham s'éloigna et demeura absent le temps que Allah voulut , puis il revint et trouva Ismaïl
occupé à se tailler des flèches à l'ombre d'un grand arbre , près de Zemzem. En apercevant son père
, Ismaïl se leva pour le recevoir et tous deux se comportèrent comme un père avec son fils et un fils
avec son père.
-Ô Ismaïl , dit ensuite Abraham , Allah m'a donné un ordre à exécuter.
-Exécute ce que le Seigneur a ordonné , répondit Ismaïl.
-Tu dois m'aider! reprit Abraham.
-Je t'aiderai , répliqua Ismaïl.
- Allah , ajouta Abraham , m'a enjoint de batir un temple ici.
Et , ce disant , il désigna un tertre qui dominait les alentours. Alors ils élevèrent tous deux les
assises de ce temple , Ismaïl apportant les pierres et Abraham maçonnant. Quand la construction
atteignit une certaine hauteur , Ismaïl apporta cette pierre
412
à son père qui monta dessus pour
maçonner , pendant qu'il lui apportait des pierres. Tous deux disaient alors :
-Seigneur
413
, accepte notre œuvre , car tu es celui qui entend tout et qui sait tout.
Ensuite ils continuèrent à batir tous les deux se portant successivement tout autour du temple et
disant:
-Seigneur , accepte notre œuvre , car tu es celui qui entend tout et qui sait tout.
Ronde autour d’un prophète.
Le texte qui suit est une scène comique en apparence, mais qui trahit la
persistence de très archaïques comportements, d’expression d’hommage envers la
divinité. Le tour autour de Muhammad (à cloche-pied), assimile celui-ci à une
idole. L’adoration mohammédienne aboutit à des aberrations de ce genre.
(Hanbal, M u s n a d 1/857).
Ali a dit : je suis allé chez le prophète, avec Jafar et Sayd, et le prophète a regardé Sayd :
-Tu es mon affranchi.
Et à ce moment, Sayd commença à sautiller sur une jambe tout autour du prophète, et alors le
prophète dit à Jafar :
-Tu me ressembles dans ce que je fais et dans mes manières.
Alors Jafar sautilla derrière Sayd.
Le prophète dit à Ali :
-Tu viens de moi et je viens de toi.
Et alors il sautilla après Jafar.
317
La ronde des Hums et des autres.
(Azraqi, Chroniques de la Mecque I 115).
414
Les Hums
respectaient strictement les mois sacrés et ne maltraitaient jamais leurs protégés et ne
maltraitaient personne. Ils tournaient autour de la Ka’ba vêtus de leurs vêtements. (...) Les étrangers
avaient coutume de tourner autour du temple en étant nus, hommes et femmes. Les Banu Amir
Banu Sasaa et les Akk ont été parmi ceux qui faisaient cela. Quand une femme tournait nue, elle
mettait une main derrière et une devant elle.
Les rondes de femmes et leurs fesses.
(Bukhari, Sahih 9, 88, 232).
L’apôtre d’Allah a dit : L’heure
415
ne sera pas établie avant que les fesses des femmes de la tribu des
Daws ne se remettent à remuer autour de Dhul Khalasa.
416
Dhul Khalasa était l’idole de la tribu des Daws, qu’ils vénéraient du temps de la période préislamique d’ignorance.
La transformation des rondes.
(Bukhari, Sahih 60/23).
Nous avions considéré que faire les rondes était alors une coutume de la période pré-islamique
d’ignorance, et quand l’islam est arrivé, nous avons décidez d’abandonner cette habitude. Mais Allah
révèla : En vérité, Safa et Marwa sont parmi les symboles d’Allah. Donc, il n’est pas mal pour ceux
qui font le pèlerinage de la Maison et ceux qui font la purification de faire des rondes autour d’elles.
318
4 L’islamisation des pèlerinages
Les rites de la carpe et du lapin
Pourquoi donc? Parce que les deux rites n'ont strictement rien de commun, et qu'ils ont été
imbriqués l'un dans l'autre à la va-vite, et que sur ce ciment tout frais l'islamisme a posé les
bases d'un de ses piliers...
Après 630, Muhammad avait laissé un délai aux Arabes qui voulaient se rendre à la Ka’ba,
sans doute pour ne pas provoquer de révolte chez les bédouins, et une perte financière trop
forte pour les Mecquois: des rituels pratiqués au même endroit pour deux religions
différentes ont pu cohabiter quelques mois. Mais cette concession n’est pas faite pour durer.
Muhammad, conforté, bien entendu par une “révélation” adéquate, envoie Abu Bakr
417
418
interdire définitivement l’accès au sanctuaire.
C’est une déclaration de guerre (et
surtout de victoire) totale contre le paganisme, présente dans le Coran, et qui clôt cette
phase de extermination religieuse.
A partir de ce moment, le schéma directeur du pèlerinage musulman est figé dans un
ritualisme parfait, que personne ne vient remettre en cause. Il est bloqué sur l'organisation
précédente. Deux éléments ont changé seulement: la disparition/transformation des
idoles419, et puis la nudité des pèlerins.420
Disons ainsi, pour le moment, pour ensuite, reprendre la formulation habituelle, et trop
vague, de pèlerinage. En fait, ce sont des déplacements humains codifiés, répétés, sensés
avoir un sens particulier.
Ils sont les rituels les mieux connus, en apparence du moins, de nos jours. De l’extérieur, le
public préfère en avoir une vision globale et unitaire. C’est oublier qu’ils sont divisés en
deux, tout d’abord, et cela depuis le débat.
419
420
Transformation dans le cas de la Pierre Noire, des stèles sataniques.
Ou quasi-nudité, selon les textes, qui se laissent aller à la grivoiserie.
319
La distinction est fondamentale entre le “petit” et le “grand”: deux rites concurrents, à
l’origine, qui ont été rassemblés, sans doute après négociation et compromis. Les Mecquois
de pure souche sont rétifs aux rituels d'Arafat et aux autres cultes lointains.
Ensuite, ils sont chacun des agglomérats de rituels n’ayant aucun rapport entre eux, que des
mythologies grossières ont tenté de rejoindre. La principale fonction des rituels était de
demander à la divinité que la pluie tombe, après les terribles chaleurs estivales. Le dieu du
ciel et de la montagne devait alors fertiliser la terre, comme dans tout le Proche-Orient.
Le petit, l’UMRA donc, est celui qui consiste en des tours de sanctuaire.
A la Mecque , on tourne autour de beaucoup de choses. Le tour de la Ka’ba est le rite
principal des Arabes puis celui obligatoire des musulmans. On tourne entre des rochers de
Safa et Marwa, qui sont distants de 300 mètres, et après deux kilomètres de courses et de
bousculade, on se sent tellement mieux. Le rite est populaire, car il est de coutume de
formuler au terme de la petite suée, in petto, des demandes personnelles à la divinité. Pour
les érudits, le rite est dit péripatétique.
Le grand, le HAJJ est une extension du précédent. Il faut se rendre ensuite aux sanctuaires
extérieurs, celui d’Arafa , de Muzdalifa , le tout en décrivant par tous ces points le tracé
421
d’une autre ronde. A chaque étape correspondent des gestes primitifs.
Avoir donné un caractère d’obligation à ce rite circulaire , pour des milliards de personnes
est une belle oeuvre de Muhammad , à partir d'un simple rituel local. Mais c’est aussi le
signe d’un grand succès pour le seigneur de la Ka’ba.
Les rituels n’ayant certainement pas changé dans leur forme archaïque avant et après
422
Muhammad
, il vaut en faire maintenant la liste, qui vaut pour les temps les plus
primitifs. En gros, ce qui suit correspond aux étapes principales, en dehors des variations
doctrinales de telle ou telle école juridique:
(I)
1-purification du pèlerin, avec proclamation.
2-entrée dans le sanctuaire.
3-prière et invocation vers la Ka’ba.
4-contact direct ou geste vers la pierre noire: un bisou, une caresse; des attitudes très
sensuelles, et très primitives.
5-7 tours de l’édifice , 3 rapides et 4 lents.
(une prière si possible, des demandes)...
6-7 tours rapides autour des rochers de Safa et Marwa.
423
Nous, nous savons que ce sont des idoles préislamiques, qui dans le cadre du marchandage de
630, ont pu subsister: en échange, le rituel à leur égard est devenu (ou est resté?) de nature
apotropaïque. Les légendes sont venues enjoliver un rituel devenu bizarre pour les fidèles. Alors, on
a fait croire que ces stèles (ou la plus grande) correspondait à Satan, qui aurait tenté d'empêcher que
successivement, Abraham, Ismaël et Agar n'accomplissent le sacrifice.
320
7- Ingestion de l’eau du puits Zemzem.
(II)
8-marche vers Mina, jusqu'à la nuit.
9-campement à Mina.
10-marche vers Arafat, et arrivée le matin.
11- station debout (WUKUF) devant le mont de la Miséricorde (JABAL AL RAHMA).
12-marche rapide et désordonnée et campement à Muzadalifa; sorte de jogging désarticulé
et comique, bousculade de lemings bardés de serviettes de bain blanches.
13-ramassage de 49 cailloux à Muzdalifa, parce qu'on ne sait pas quoi faire. Maintenant
moins de cailloux, parce qu'il n'y en a plus...
14-marche vers Mina.
15-jet des pierres contre des piliers (JAMARAT AL AKABA).423
16-sacrifice (AYD AL ADA), et distribution générale; en fait, gros gâchis à la saoudienne.
17-Coupe ou rasage des cheveux.
18-deuxième jet de pierres (JAMRAT AL WUSTA).
19-troisième jet de pierres (JAMRAT AL SAGHRA).
20-retour à la Ka’ba, comme pour faire un compromis entre les 2 rituels.
21-7 tours de l’édifice , 3 rapides et 4 lents; ou bien, parfois un seul tour.
22- moment de détente pendant 3 jours, à Mina, sur les vestiges du sacrifice précédent; alors
fête foraine sans attraction, sur un terrain détrempé de sang, poisseux, et malodorant.
L'amusement le plus commun est donc la fornication, comme on peut, avec une femme
légitime, ou avec quelque prostituée, profitant de la manne que représente autant d'hommes
esseulés, exhaltés, et riches. Scandale suprême, les comportements homosexuels ne sont pas
inconnus.424 Sodome dans le Hejaz, qui l'aurait cru...
23-quatrième jet de pierres (facultatif).
24-pèlerinage à Médine (facultatif).
Un peu plus loin, des chapitres entiers seront consacrés à chacun de ces rituels, pris
séparément. Globalement, les piliers sont le tour de la Kaba d'un côté, et de l'autre,
l'exhaltation de Mina, très très loin de là.
Alors qu'en chiffres globaux, le pèlerinage de la Mecque n'est pas si important, tout est
rendu catastrophique par l'afflux massif dans une courte période. Les problèmes de police
sont immenses: bousculades, bagarres, meurtres, viols. Ceux d'hygiène aussi, puisqu'aucune
installation valable n'est prévu; les masses impliquées ne peuvent se laver, même si elles
suent et se démènent dans la poussière pendant des heures et des jours. Les installations
sanitaires sont insuffisantes et chacun fait ses besoins un peu partout, quand justement les
intestins sont les plus rebelles. L'obsession de la pureté est confrontée à la saleté la plus
repoussante, dans le paradis des miasmes.
Toute la littérature a été composée au fil des années et des siècles parce qu'il y a eu
d'énormes difficultés de cohérences entre le passé et le présent, entre le paganisme et
424
Pour tout cela, allez consulter le témoignage rare de S. Zéghibour, dans sa Vie quotidienne à la
Mecque...
321
l'islamisme, entre la réglementation et l'inspiration personnelle, entre enfin et surtout le
petit pèlerinage du tourniquet, et le grand pèlerinage du parcours de santé. Rappelons que
les deux circuits n'ont rien à voir entre eux, et que leur cohabitation est toujours source de
perturbation et d'incertitude. En général, trois solutions ont été proposées dans le passé et
toujours maintenant:
1/ On fait les deux pèlerinage séparément, avec ce qu'on appelle l'IFRAD. La méthode est
rarement pratiqué, ou alors par des voisins du sanctuaire, ou alors par des gens qui pour
une raison ou pour une autre, refuse avec obstination l'un ou l'autre des circuits. Cela peut
être le fait de tribus toutes proches, qui n'acceptent pas, par exemple, le culte du dieu de la
Kaba.
2/ Le plus courant, pour des raisons économiques, est l'intégration du petit pèlerinage dans
le grand. On devine bien pourquoi: quand on vient, on préfère tout concentrer dans un seul
mouvement. Mais les problèmes persistent, parce que les rites, et les dieux honorés, sont
différents. Comme ça coince, on sort le prophète du placard ou du formol, et on essaie de
combiner les deux.
3/ Il y a enfin, pour les moins pressés, le TAMATTU, qui consiste à faire l'UMRA et une
pause et après, l'autre pèlerinage. Cela permet de se détendre un peu. Mais comme à la
Mecque, il n'y a strictement rien à faire d'utile et d'intéressant, peu de pèlerins choississent
maintenant de prendre ce chemin là. Ceux qui devaient en profiter autrefois étaient les
notables, les riches qui voulaient s'amuser vraiment, ou bien, ceux qui voulaient copuler
avec des femmes entretemps, profitant de leur séjour loin de chez eux.
Alors il ne faudra guère s'étonner si tous les textes cherchent à proposer ou imposer une
ligne de conduite cohérente pour les pèlerins, en guise de compromis.
Chaque fois, Muhammad est sollicité, son personnage plutôt, ainsi que ses compères et
successeurs. Jamais au grand jamais aucun n'osera sortir de l'injonction par mimétisme, et
personne ne proposera l'idée miraculeuse, l'explication. Dans la biographie prophétique, la
construction des règles et réglementations a été présenté à quatre moments bien précis: dans
le pèlerinage de l'accomplissement, après Hudaybiyya, puis au moment de la conquête, puis
quand les païens sont expulsés du culte de la Kaba et enfin, le pèlerinage de l'Adieu,
concernant le Hajj cette fois-ci.
La question, vraiment de la réunion des 2 pèlerinages doit être vue comme un axe de
recherche et de réflexion sur les origines de l'islamisme. Le fait que les auteurs musulmans
n'en parlent jamais est un indice supplémentaire de l'importance du fait, car dès que
quelque part la vérité et son intelligence semblent inévitables. Rien que le fait que le petit
pèlerinage est privilégié dans les textes sur le grand devrait intriguer...
Pour l'historien, le résultat n'est pas le même: la documentation permet de comprendre de
quoi étaient faits les rites, et quelles pouvaient être les origines de ceux-ci.
(Corpus coranique d'Othman 9/1-2).
322
Désaveu de la part d'Allah et de Son messager à l'égard des associateurs avec qui vous avez conclu
un pacte425:
Parcourez la terre durant quatre mois; et sachez que vous ne réduirez pas Allah à l'impuissance et
qu'Allah couvre d'ignominie les mécréants.›
Et proclamation aux gens, de la part d'Allah et de Son messager, au jour du Grand Pèlerinage,
qu'Allah et Son messager, désavouent les associateurs. Si vous vous repentez, ce sera mieux pour
vous. Mais si vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Allah à l'impuissance. Et
annonce un châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas.
A l'exception des associateurs avec lesquels vous avez conclu un pacte, puis ils ne vous ont manqué
en rien, et n'ont soutenu personne [à lutter] contre vous: respectez pleinement le pacte conclu avec
eux jusqu'au terme convenu. Allah aime les pieux.
Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les,
assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat
et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.
Et si l'un des associateurs te demande asile, accorde-le lui, afin qu'il entende la parole d'Allah, puis
fais-le parvenir à son lieu de sécurité. Car ce sont des gens qui ne savent pas.
Comment y aurait-il pour les associateurs un pacte admis par Allah et par Son messager? A
l'exception de ceux avec lesquels vous avez conclu un pacte près de la Mosquée sacrée. Tant qu'ils
sont droits envers vous, soyez droits envers eux. Car Allah aime les pieux.
Comment donc! Quand ils triomphent de vous, ils ne respectent à votre égard, ni parenté ni pacte
conclu. Ils vous satisfont de leurs bouches, tandis que leurs coeurs se refusent; et la plupart d'entre
eux sont des pervers.
Ils troquent à vil prix les versets d'Allah (le Coran) et obstruent Son chemin. Ce qu'ils font est très
mauvais!
Ils ne respectent, à l'égard d'un croyant, ni parenté ni pacte conclu. Et ceux-là sont les
transgresseurs.
Mais s'ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, ils deviendront vos frères en
religion. Nous exposons intelligiblement les versets pour des gens qui savent.
Et si, après le pacte, ils violent leurs serments et attaquent votre religion, combattez alors les chefs
de la mécréance - car, ils ne tiennent aucun serment - peut- être cesseront-ils?
(Corpus coranique d'Othman 2/189).
425
Le début du texte ressemble à s'y méprendre à un titre de document: serait-ce un extrait
d'archives intégré au corpus, pour lui donner un peu plus de profondeur historique et
d'authenticité?
323
Ils t'interrogent sur les nouvelles lunes - Dis: ‹Elles servent aux gens pour compter le temps, et
aussi pour le Hajj [pèlerinage]. Et ce n'est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par
l'arrière des maisons. Mais la bonté pieuse consiste à craindre Allah. Entrer donc dans les maisons
par leurs portes. Et craignez Allah afin que vous réussissiez!›.
(Corpus coranique d'Othman 2/196-200).
Et accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faite un
sacrifice qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes avant que l'offrande [l'animal à sacrifier] n'ait
atteint son lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection de la tête (et
doit se raser), qu'il se rachète alors par un Siyam ou par une aumòne ou par un sacrifice. Quand
vous retrouverez ensuite la paix, quiconque a joui d'une vie normale après avoir fait l'Umra en
attendant le pèlerinage, doit faire un sacrifice qui lui soit facile. S'il n'a pas les moyens, qu'il jeûne
trois jours pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit en tout dix jours. Cela est
prescrit pour celui dont la famille n'habite pas auprès de la Mosquée sacrée. Et craignez Allah. Et
sachez qu'Allah est dur en punition. 426
Le pèlerinage a lieu dans des mois connus. Si l'on se décide de l'accomplir, alors point de rapport
sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. Et le bien que vous faites, Allah
le sait. Et prenez vos provisions; mais vraiment la meilleur provision est la piété. Et redoutez-Moi, ò
doués d'intelligence!
Ce n'est pas un pêché que d'aller en quête de quelque grâce de votre Seigneur. Puis, quand vous
déferlez depuis Arafat, invoquez Allah, à al- Mashar-al-Haram (Al-Muzdalifa). Et invoquez-Le
comme Il vous a montré la bonne voie, quoiqu'auparavant vous étiez du nombre des égarés.
Ensuite déferlez par où les gens déferlèrent, et demandez pardon à Allah. Car Allah est Pardonneur
et Miséricordieux.
Et quand vous aurez achevé vos rites, alors invoquez Allah comme vous invoquez vos pères, et plus
ardemment encore. Mais il est des gens qui disent seulement: ‹Seigneur! Accorde nous [le bien] icibas!› - Pour ceux-là, nulle part dans l'au- delà.
Le petit pèlerinage.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 886-7).
426
Un premier verset, d'une taille considérable; on peut deviner des ajouts massifs (apocryphes?) de
nature réglementaire et documentaire.
324
427
L’apôtre d'Allah partit de al Jirana pour faire le petit pèlerinage . Il donna des ordres pour que le
reste du butin soit gardé à Majanna près de Marrul Zahran. Ayant accompli le pèlerinage, il rentra à
la Médine. Il laissa Attab ibn Asid en charge de la Mecque. Il laissa aussi avec lui Muadh ibn Jabal
pour instruire la population dans la religion, et leur enseigner le Coran. Lui-même fut suivi par le
reste du butin. (...)
Les gens ont fait le pèlerinage cette année de la façon dont les Arabes païens le faisaient. Attab a fait
le pèlerinage avec les musulmans cette année. Les gens de Ta’if ont persisté dans le polythéisme et
leur obstination, dans leur ville...
Tourisme
Point de départ de l’organisation de l’empire musulman. Médine reste le centre politique, et
la Mecque, une prestigieuse dépendance à contrôler (cf. la sécession d'ibn Zubayr contre les
califes ommeyades de Damas).
L’infidèle est religieusement impur. L’interdiction a toujours cours de nos jours ; c’est le
seule endroit au monde, avec Médine, où un être humain n’a pas le droit de se rendre du fait
de ses convictions religieuses.
(Tabari, Livre des prophètes et des rois III 318-9).
Au commencement du mois de dhul qada, les Arabes non musulmans vinrent faire le pèlerinage à la
Mecque, prétendant qu'ils y étaient autorisés par une convention qu'ils avaient conclue avec le
prophète. Celui-ci voulait que l'accès de la Mecque fut interdit désormais à tous les infidèles, et
Allah révéla la sourate al Barat :
428
Déclaration de dégagement, de la part d'Allah et de son prophète, à ceux des infidèles avec lesquels
vous avez conclu des traités. Vous pouvez parcourir le pays encore pendant quatre mois.
429
Allah ordonna au prophète d'accorder sécurité à tous ceux qui avaient des traités, pendant les
quatre mois de rejeb, dhul qada, dhul Hijja et muharram
430
, ensuite de rompre ces traités et
d'annoncer:
-Allah et son prophète se dégagent de toutes relations avec les infidèles ; ces quatre mois expirés, les
traités sont nuls, l'islam sera regardé comme la religion générale. Ne faites pas de nouvelles
conventions.
Qu'ils deviennent musulmans, sinon que le sabre et la guerre décident!
Allah ordonna au prophète de publier cette déclaration à la Mecque, le jour du pèlerinage, lorsque
les Arabes de toutes les tribus y seraient réunis.
Il dit en outre:
430
Les mois sacrés traditionnels : Muhammad a la sagesse d'instituer une période de transition.
325
-Les infidèles sont impurs, et la maison d'Allah est pure ; interdis-leur l'accès du temple après cette
année. Fais annoncer que tu leur accordes sécurité pendant l'espace de quatre mois ; si, pendant ce
temps, ils deviennent musulmans, c'est bien ; sinon, ne les laisse plus entrer à la Mecque et fais-leur
la guerre.
Au mois de dhul qada, le prophète fit partir Abu Bakr et plusieurs de ses compagnons, pour
accomplir le pèlerinage avec les musulmans. Dans la huitième année de l'hégire, Attab ibn Asid,
nommé gouverneur de la Mecque, après la prise de la ville au mois de ramadan, avait présidé aux
cérémonies du pèlerinage, auquel assistaient musulmans et idolâtres. Or, dans la neuvième année,
Abu Bakr, en accomplissant le pèlerinage également avec les croyants et les infidèles, était chargé en
même temps d'annoncer à ces derniers qu'à l'avenir ils ne seraient plus admis à la Mecque. En effet,
ce fut la dernière fois que les infidèles vinrent faire le pèlerinage. Le prophète remit à Abu Bakr les
trente premiers versets de la sourate Al Barat, et lui ordonna de les réciter devant les hommes réunis
à Arafat, en leur annonçant que désormais aucun infidèle ne serait admis à la Mecque.
Le lendemain du départ d'Abu Bakr, le prophète ordonna à Ali d'aller le rejoindre, de prendre
d'entre ses mains les versets de la sourate et de les réciter aux hommes. Ali les ayant reçus d'Abu
Bakr, celui-ci revint et dit:
-Apôtre d'Allah, est-ce que j'ai commis quelque faute, ou y a-t-il eu quelque révélation?
Le prophète répondit:
-Tu n'as commis aucune faute ; mais ces versets de la surate Al Barat sont un message d'Allah, et un
message d'Allah ne peut être communiqué que par un homme de ma famille, des Banu Hashim.
C'est pour cela que j'ai envoyé Ali, qui est de ma famille. Maintenant retourne, emmène Ali avec toi
; tu présideras aux cérémonies du pèlerinage, et Ali dira de ma part la révélation d'Allah. Abu Bakr
partit, en emmenant vingt chameaux destinés à être sacrifiés, à la Mecque, à l'intention du prophète,
et cinq autres chameaux qu'il voulait sacrifier pour lui-même.
Abd er Rahman ibn Awf, partit avec lui et emmena également un certain nombre de chameaux
pour le sacrifice. Le pèlerinage fut donc accompli sous la présidence d'Abu Bakr, et la révélation fut
récitée par Ali. Ils revinrent ensuite à Médine.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 919).
L’apôtre d'Allah resta là le reste du mois de ramadan, shawwal et dhul qada. Il envoya Abu Bakr à la
tête du pèlerinage, en l’année 9, pour permettre aux musulmans de faire le pèlerinage, alors que les
polythéistes étiaent à leurs stations de pèlerinage. Abu Bakr et les musulmans sont partis au moment
prévu. Une révélation est intervenue, permettant de rompre l’accord passé entre l’apôtre d'Allah et
les polythéistes selon lequel personne ne devait être écarté du temple quand il venait, et personne
ne devait avoir de crainte pendant le mois sacré. C’était l’accord passé entre l’apôtre d'Allah et les
326
polythéistes ; en même temps, il y avait des accords particuliers entre l’apôtre d'Allah et les tribus
arabes, pour des points précis.
(Ibn Hanbal , Musnad 4, p. 286).
On rapporta au prophète que des gens disaient:
-Voilà 5 jours que nous sommes partis pour Arafat et on nous a autorisés à profiter de nos femmes.
Pouvons-nous profiter sexuellement de nos femmes?
Quand ces nouvelles arrivèrent au prophète, il devint furieux.
Aïsha dit:
-Qui t’a mis en colère? Envoie le en enfer!
Le prophète a répondu:
Pourquoi ne serai-je pas en colère? J’ai donné une instruction et elle n’a pas été suivie.
431
(ibn Kathir, Tafsir 9).
Allah commande à ses serviteurs croyants qui sont purs dans la religion et en eux-mêmes, d’expulser
les infidèles qui sont ignobles sur le plan religieux, de la Maison Sacrée. Après la révélation de ce
verset, les idolâtres ne sont plus autorisés à s’approcher de la Maison. Ce verset a été révélé la 9ème
année de l’Hégire. Le messager d’Allah a envoyé Ali avec Abu Bakr pour annoncer aux idolâtres
qu’aucun infidèle (MUSHRIK) ne pourrait faire le pèlerinage cette année, et qu’aucune personne nue
ne pourrait faire la tournée autour de la Maison.
Allah a complété ce décret, le transformant en décision juridique, et ainsi, en fait réel.
La rupture du pacte.
Là encore, le ton est très brutal: l’appel au meurtre réapparait, hors d’un contexte guerrier.
Voici le signe que Muhammad a maintenant toute latitude pour s’imposer, et loin de
s’amollir, il veut augmenter encore le pouvoir de contrainte. Spectacle d’une tyrannie
théocratique.
Muhammad ose le déclarer après avoir rompu unilatéralement tous les pactes conclus. La
psychologie appelle cela un transfert.
Le fragment pose problème, de toute manière (comme tout le corpus, mais un peu plus
encore).
(Corpus coranique d'Othman 9/3-8).
Proclamation d'Allah et de son apôtre, aux hommes, au jour majeur du pèlerinage:
432
Allah, ainsi que son apôtre, sont déliés à l'égard des associateurs.
Si vous revenez de votre erreur, cela sera un bien pour vous.
431
433
Source: risala.net.
Rejeb, dhul qada, dhul Hijja et muharram.
327
Si au contraire vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Allah à l'impuissance !
Fais grâcieuse annonce d'un tourment cruel, à ceux qui sont infidèles!
Exception pour ceux des infidèles avec qui vous avez conclu un pacte, qui ensuite ne vous ont point
fait dommage et n'ont prêté assistance à personne contre vous.
Respectez alors pleinement votre pacte avec eux jusqu'au terme qui les lie!
Allah aime les pieux.
Quand les mois sacrés seront expirés
433
, tuez les infidèles quelque part que vous les trouvez!
Prenez-les!
Assiégez-les!
Dressez pour eux des embuscades!
434
S'ils reviennent de leur erreur, s'ils font la prière et donnent l'aumône
, laissez-leur le champ
libre!
Allah est absoluteur et miséricordieux.
Si, parmi les associateurs, quelqu'un te demande protection comme client, accorde-la-lui jusqu'à ce
qu'il entende la parole d'Allah.
Ensuite, fais-le parvenir au lieu de tranquillité qui est le sien!
En vérité, ils ne tiennent nul serment.
Peut-être cesseront-ils.
Ne combattrez-vous point des gens ayant violé leurs serments et ayant médité d'expulser l'apôtre,
après qu'ils vous ont attaqués les premiers ?
Les redoutez-vous alors qu'Allah est plus digne que vous le redoutiez, si vous êtes vraiment croyants
?
Combattez-les!
Par vos mains, Allah les tourmentera et les couvrira d'opprobre, alors qu'il vous secourra
victorieusement contre eux, qu'il guérira le ressentiment des croyants et chassera la colère de leurs
cœurs.
Allah revient de sa rigueur envers qui il veut.
Allah est omniscient et sage.
Estimez-vous que vous serez abandonnés et qu'Allah ne connait pas encore ceux d'entre vous qui,
menant combat dans le chemin d'Allah, n'ont pas pris d'adjoints en dehors d'Allah, de son apôtre et
des croyants ?
Allah est informé de ce que vous faites.
(Muslim, Sahih 2178).
Ibn Abbas a dit : on estimait que l'accomplissement de la 'Umra pendant les mois consacrés au Hajj
435
Q 2/196.
328
était la plus grande ignominie sur terre; on appelait muharram safar et on disait :
-Lorsque les plaies du dos du chameau guérissent, qu'il n'en reste plus de traces et que safar se
termine, alors l'accomplissement de la 'Umra devient licite à ceux qui le désirent".
Le prophète et ses compagnons arrivèrent dans la matinée du quatrième jour (de dhûl-hijja) en
faisant la Talbiya pour le Hajj. Le prophète leur ordonna de transformer la Talbiya en la faisant pour
la 'Umra, ce qui les contraria. Ils dirent alors :
-Ô envoyé d'Allah Jusqu'à quel degré faut-il quitter l'ihrâm?
- "Il faut le quitter complètement", répondit-il.
(Malik, Muwatta 771).
Muhammad Ibn Abdallah Ibn Al-Harith Ibn Abdel-Muttalib a rapporté qu'il a entendu Sa'd Ibn Abi
Waqas et Al-Dahaq Ibn Qais, l'année où Mu'awia Ibn Abu Sufyan fit le pèlerinage faire allusion à at
Tamattu. Al-Dahaq Ibn Qays a dit: cela ne sera fait que par celui qui est ignorant de l'ordre d'Allah
à Lui la puissance et la gloire. Sa'd de répondre: ce n'est pas correct ce que tu viens de dire, ô fils de
mon frère. al-Dahaq lui répondit: Or, Omar Ibn Al-Khattab l'a interdit; Sa'd reprit: L'Envoyé
d'Allah, a fait cela, et nous l'avons, accomplie avec lui.
(Malik, Muwatta 772).
Sadaqa Ibn Yassar a rapporté que Abdallah Ibn Omar a dit:
Par Allah! Faire une visite pieuse et offrir un sacrifice avant le pèlerinage, m'est plus réjouissant que
faire une visite pieuse, à la suite du pèlerinage au mois de dhul-Hijjà.
(Malik, Muwatta 773).
Abdallah Ibn Dinar a rapporté que Abdallah Ibn Omar disait:
Celui qui fait la visite pieuse aux mois de shawwal ou dhul Ki'da ou dhul-Hijja, avant le pèlerinage
puis réside à la Mecque jusqu'au moment du pèlerinage, peut jouir d'une vie normale s'il fait le
pèlerinage. Et il sacrifiera l'offrande qui lui est simple à avoir; s'il ne la trouve pas, qu'il jeûne pour
trois jours durant le pèlerinage, et sept quand il rentrera chez lui.
Malik a interprété cela en disant: S'il réside à la Mecque jusqu'au pèlerinage, et fait son pèlerinage la
même année.
Malik, à propos d'un Mecquois qui abandonne cette ville pour résider ailleurs, puis revient faire une
visite pieuse au cours du mois du pèlerinage et reste à la Mecque, d'où il commencera le pèlerinage a dit: cet homme aura joui d'une vie normale et devra faire l'offrande ou jeûner s'il ne possède pas
d'offrande, et sera ainsi considéré comme étant un Mecquois.On demanda à Malik au sujet d'un
homme qui n'est pas un Mecquois, mais qui se rendit à la Mecque pour une visite pieuse durant le
mois du pèlerinage et décidant d'y rester jusqu'à faire le pèlerinage. Sera-t-il tenu pour un homme
qui jouit d'une vie normale? Il répondit: Oui, certainement il aura une vie normale, mais il n'est pas
329
considéré comme un Mecquois, même s'il décide d’y demeurer. Et cela, parce qu'il est entré à la
Mecque bien qu'il ne soit pas un de ses habitants, et le sacrifice et le jeûne sont obligatoires pour
ceux qui ne sont pas des Mecquois. Et cet homme veut bien y demeurer, mais il ne sait pas s'il
pourra y rester avec certitude, n'étant pas un Mecquois.
(Malik, Muwatta 774).
Yahya Ibn Sayd a rapporté qu'il a entendu Sayd ibn Al-Mussayab dire: Celui qui effectue une visite
pieuse aux mois de shawwal, ou dhul Kida ou dhul-Hijja, puis réside à la Mecque jusqu'à ce que le
pèlerinage ait lieu, il peut jouir d'une vie normale au cas où il fera le pèlerinage. Il fera l'offrande si
cela lui paraît simple, ou il aura à jeûner pour trois jours durant le pèlerinage et sept quand il rentre
chez lui.
(Malik, Muwatta 775).
Malik a dit: Celui qui fait une visite pieuse aux mois de shawwal, ou dhul-Ki'da ou dhul-Hijja, puis
revient chez les siens, et accomplit l'année même le pèlerinage, n'aura pas à faire offrande: car
l'offrande est obligatoire pour celui qui a fait une visite pieuse au mois du pèlerinage puis il
demeure (à la Mecque) jusqu'à la période du pèlerinage, pour l'effectuer. Et toute personne qui se
rend à la Mecque de toutes les provenances, pour y rester, afin qu'il fasse la visite pieuse durant le
mois du pèlerinage et par la suite effectue le pèlerinage, il n'est pas tenu comme celui qui jouit
d'une vie normale; par conséquent, il n'a pas à faire de sacrifice, ni à jeûner, et il est considéré tout
comme un Mecquois si il habite à Makka dans cette période.
On demanda à Malik, à propos d'un Mecquois qui quitta pour être à la frontière, ou pour un voyage
quelconque, puis rentra à la Mecque, en voulant y demeurer, qu'il y ait des parents ou non; il entra à
la Mecque pour accomplir l'umra, et sa visite pieuse a été commencée des lieux qui furent
déterminés par l'Envoyé d'Allah ou plus proche que ça. Dans ce cas, sera-t-il comme celui qui jouit
d'une vie normale ,tamattu? Il répondit:
Il n'a pas besoin de faire une offrande ni de jeûner comme celui qui jouit d'une vie normale, car
Allah Le Béni et Le Très-Haut a dit dans Son Livre : Voilà pour celui qui n'a pas une famille auprès
de la mosquée Sacrée. 435
(Malik, Muwatta 746).
Aïsha, la femme du Prophète a rapporté: Nous quittâmes, l'année du pèlerinage d'adieu, avec
l'Envoyé; quelques uns d'entre nous firent la talbiat de la visite pieuse, d'autres celle du pèlerinage
et celle de la visite pieuse à la fois, d'autres enfin firent tout simplement pour un pèlerinage.
L'Envoyé de sa part, fit la talbiat pour le pèlerinage. Ainsi, ceux qui ont fait la talbiat pour une visite
pieuse, ont quitté l'état d'ihram. Par contre, ceux qui l'ont faite pour un pèlerinage seul, ou pour un
pèlerinage et une visite pieuse à la fois, n'ont quitté l'ihram que le jour du sacrifice.
330
(Malik, Muwatta 750).
Jafar Ibn Muhammad a rapporté d'après son père que Al-Mikdad Ibn Al-Aswad entra chez Ali Ibn
Abu Talib à Al-Sukia alors qu'il donnait à boire à ses chamelets, et à les faisait manger des feuilles
d'arbres desséchées en les mouillant avec l'eau. Il lui dit: Voilà Othman Ibn Affan qui interdit toute
combinaison faite entre un pèlerinage et une visite pieuse. Alors Ali Ibn Abu Talib sortit, et je vis
ses mains tout couvertes des traces de la nourriture des chamelets, jusqu'aux bras, pour se rendre
chez Othman Ibn Affan; il lui dit:
-C'est toi qui interdis la combinaison d'un pèlerinage et d'une visite pieuse?
Othman répondit: Tel est mon avis!
Ali, emporté de colère, sortit en disant:
-Ya Allah! Me voilà répondre à ton appel pour faire un pèlerinage et une visite pieuse à la fois.
Malik a ajouté: De la tradition suivie, c'est que, celui qui fait combiner un pèlerinage et une visite
pieuse à la fois, n'aura pas à se tailler les cheveux, ni à quitter l'état d'ihram, jusqu'à ce qu'il
accomplisse son sacrifice s'il a un animal à sacrifier, et par conséquent, il fera la désacralisation le
jour du sacrifice à Mina.
(Malik, Muwatta 751).
Suleyman Ibn Yassar a rapporté que l'Envoyé d'Allah l'année du pèlerinage d'Allah, sortit pour
effectuer le pèlerinage à la Mecque. Parmi, ses compagnons, il y avait ceux qui firent pour un
pèlerinage et une visite pieuse à la fois, qui ne quittèrent pas l'état d'ihram et ceux qui l'avaient faite
pour une visite pieuse et qui avaient quitté l'état d'ihram.
(Malik, Muwatta 752).
Malik a rapporté qu'il a entendu les hommes versés dire: celui qui fait la talbiat pour une visite
pieuse et veut encore accomplir un pèlerinage, pourra le faire tant qu'il n'a pas encore fait les
tournées processionnelles autour de la Maison, ni le parcours entre Al-Safa et Al-Marwa. D'ailleurs
Ibn Omar a fait de pareil en disant:
-Si on me repousse de la Maison, je ferai comme nous l'avons fait avec l'Envoyé. Puis Ibn Omar se
tourne vers ses compagnons et dit: leur situation en est une, et je vous prends à témoins que je
tolère le pèlerinage et la visite pieuse en commun.
Malik a dit: Les compagnons de l'Envoyé, l'année du pèlerinage d'Allah, ont fait la talbiat pour une
visite pieuse. Puis l'Envoyé d'Allah leur dit:
-Celui qui possède déjà son offrande, qu'il fasse la talbiat pour le pèlerinage et la visite pieuse en
commun, puis qu'il ne quitte pas l'état d'ihram avant que ses rites ne soient tout accomplis.
(Malik, Muwatta 756).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar brusquait la talbiat au cours du Hajj une fois qu'il arrivait
331
au Haram afin qu'il fasse la tournée processionnelle, et le parcours entre Al-Safa et Al-Marwa. Puis
il reprenait la talbiat jusqu'à son départ de Mina pour Arafat. Mais sitôt qu'il partit, il rompait la
talbiat, et faisait de même au cours d'une visite pieuse quand il entrait dans la Maison Sacrée.
(Muslim, Sahih 2401).
Abu Hurayra a dit : Au cours du Hajj ayant lieu avant celui d'adieu et présidé par Abu Bakr AsSiddîq, sur ordre du prophète. Celui-là m'a chargé d'être à la tête du groupe des hérauts ordonnés
de faire savoir aux gens, au jour de la fête du sacrifice, qu'à partir de cette année, il n'est pas permis
ni à un polythéiste de faire le Hajj, ni à un homme nu de faire les tournées rituelles autour de la
Maison.
(Muslim, Sahih 2145).
...Abu Musa conseillait la pratique du tamattu 436. Un homme lui dit :
-Fais attention à ce que tu dis! Ne sais-tu point que l'émir des Croyants a introduit certaines
innovations sur les rites du Hajj et de la 'Umra.
Plus tard, Abu Musa rencontra Umar et l'interrogea sur ce sujet.
-Je sais, répondit-il, que le prophète et ses compagnons l'ont pratiqué, mais je réprouve que les
pèlerins aient des rapports charnels avec leurs femmes à l'ombre des arbres, puis qu'ils continuent
les rites du Hajj en ayant les têtes dégouttant d'eau (à cause des ablutions majeures).
(Muslim, Sahih 2146).
D'après 'Abdullâh Ibn Shaqîq, proscrivait le tamattu; alors que le recommandait. Après s'être
entretenu avec dit :
-Tu sais que cela se pratiquait du vivant du prophète?
Il lui répondit :
-C'est vrai, mais nous avions peur.
(Muslim, Sahih 2159).
Abdullah ibn Omar a dit : Lors du Hajj d'adieu, l'Envoyé d'Allah pratiqua le Tamattu' en séparant
l'accomplissement de la 'Umra de celui du Hajj par la désacralisation au cours des mois consacrés au
Hajj, il emmena une offrande de Dhûl Hulayfa. Il commença d'abord par prononcer la Talbiya pour
la 'Umra, ensuite pour le Hajj. Les gens accomplirent aussi avec lui la 'Umra séparée du Hajj. Il y
avait parmi eux, ceux qui avaient des bêtes à sacrifier qu'ils avaient amenées avec eux et d'autres qui
n'avaient pas d'offrandes. Lorsque l'Envoyé d'Allah arriva à La Mecque, il dit :
-Que celui qui a une offrande, la sacrifie et qu'il ne quitte pas l'état d'ihrâm avant d'accomplir le
Hajj. Quant à celui qui n'a pas une bête à sacrifier, qu'il accomplisse les tournées rituelles autour de
436
Action de séparer l'accomplissement de la 'Umra de celui du Hajj par la désacralisation.
332
la Maison et le parcours entre As-Safâ et Al-Marwa puis qu'il se raccourcisse les cheveux et quitte
l'état d'ihrâm, ensuite qu'il fasse la Talbiya pour le Hajj et immole sa bête du sacrifice et s'il ne
trouve pas d'offrande, qu'il jeûne trois jours durant le Hajj et sept autres quand il rentrera chez lui.
Quand l'Envoyé d'Allah arriva à La Mecque, il commença par toucher le coin de la Pierre noire,
puis accéléra les pas au cours des trois premières tournées autour de la Ka'ba et marcha durant les
quatre autres, ensuite, il fit deux rak'a auprès de la station d'Abraham, fit le taslîm et partit. Ensuite,
il accomplit sept fois le parcours entre As Safâ et Al Marwa et il ne quitta l'état d'ihrâm qu'après
avoir accompli son Hajj, sacrifié son offrande le jour de sacrifice et fait les tournées du déferlement.
Dès qu'il eut terminé, ces dernières tournées autour de la Maison, il se désacralisa. Ceux qui avaient
des bêtes à sacrifier, firent comme l'Envoyé d'Allah.
(Muslim, Sahih 2164).
D'après Nâfi', Abdullah ibn Omar s'étant rendu à La Mecque pour accomplir la 'Umra au moment
des troubles437, a dit : "Si on m'empêche d'arriver à la Maison, je ferai comme nous avons fait avec
l'envoyé d'Allah. Il fit donc l'ihrâm pour la 'Umra. Et quand il fut près de Al-Baydâ', il se tourna
vers ses compagnons en disant :
-Les deux438 découlent de la même commande. Je vous prends donc pour témoins que j'ai
l'intention d'accomplir le Hajj avec la Umra.
Puis, il partit. Arrivé à La Mecque, il fit sept tournées autour de la Maison et sept fois le parcours
entre As-Safâ et Al-Marwa, sans rien ajouter439 et crut que cela est suffisant. Puis, il immola son
offrande.
(Malik, Muwatta 831).
Hisham Ibn Urwa a rapporté que son père a dit: Celui qui fait la tournée supplémentaire, Allah lui
considère son pèlerinage complet. Mais, s'il est retenu pour une raison quelconque, la tournée
autour de la Maison Sacrée, doit être le dernier rite qu'il a à accomplir. Mais s'il est retenu par
quelque chose, ou qu'il en soit défendu. Allah lui considérera son pèlerinage pour accompli.
Malik a finalement dit: Pour l'homme qui ignore que le dernier rite à accomplir, est la tournée
autour de la Maison, et qu'il n'est pas au courant, qu'après avoir quitté les lieux saints, je pense qu'il
n'aura rien à faire à moins qu'il ne soit encore tout proche de ces lieux; alors il doit revenir faire la
tournée puis après, quitter la Maison Sacrée une fois la tournée d'adieu accomplie.
(Malik, Muwatta 766).
On rapporta à Malik que l'Envoyé d'Allah a fait trois visites pieuse: l'année de Al-Hudaybiyya,
l'année de la convention , et celle de Al-Ju'rana.
437
Sans doute la révolte d'ibn Zubayr.
Le Hajj et la 'Umra.
439
N. d. T.: il fit à une seule reprise les sept tournées autour de la Maison et les sept parcours entre
les deux monts pour s'acquitter des rites du Hajj et de la 'Umra à la fois, au lieu de les faire double.
438
333
Umra el Kada: c'est la Umra conclut dans l'accord de Al-Hudaybiyya les musulmans devaient revenir
l'année suivante.
(Malik, Muwatta 767).
Urwa a rapporté que l'Envoyé d'Allah n'a effectué que trois visites pieuses: l'une fut au mois de
shawwal et les deux autres pendant dhul-Ka'da.
(Malik, Muwatta 768).
Abdal Rahman Ibn Harmala al-Aslami a rapporté qu'un homme demanda à Sayd Ibn Al Mussayab:
Puis-je faire une viste pieuse avant le pèlerinage? Il répondit:
-Certes, oui, car l'Envoyé d'Allah avait fait une visite pieuse avant le pèlerinage.
(Muslim, Sahih 2350).
ibn Abbas a dit : (Au moment du départ), les gens avaient l'habitude de prendre diverses directions,
l'Envoyé d'Allah leur ordonna alors de ne pas rentrer chez eux avant de faire les dernières tournées
autour de la Maison.
(Muslim, Sahih 2306).
D'après ibn Abbas, on a interrogé le prophète au sujet de l'ordre à respecter en accomplissant ces
actes : l'égorgement du sacrifice, le rasage des cheveux et le jet des cailloux et il répondit : Il n'y a
aucun péché.
(Muslim, Sahih 2197).
Selon Anas, l'envoyé d'Allah fit quatre fois la 'Umra, toutes au cours du mois de dhûl-qi'da, à
l'exception de celle qu'il fit conjointement avec son Hajj. Elles sont comme suit : la 'Umra d'Al
Hudaybiya ou accomplie à l'époque d'Al Hudaybiya au mois de dhûl-qi'da; celle de l'année suivante
durant le mois de dhûl-qi'da; celle de Al-Ji'râna, lors du partage du butin, provenant de Hunayn; et
celle accomplie avec son seul Hajj.
(Malik, Muwatta 769).
Sayd Ibn al-Mussayab a rapporté que Omar Ibn abu Salama a demandé la permission de Omar Ibn
Al-Khattab, pour faire une visite pieuse au mois de shawal, et il eut la permission. Ayant accompli la
visite pieuse, Omar Ibn Abu Salama rentre chez les siens, sans accomplir le pèlerinage.
5 Les pèlerins de la Mecque
334
Au tour des touristes
La Mecque est un sanctuaire international, ou plutôt inter-arabe. Il doit attirer les pèlerins,
les protéger, les héberger, les nourrir, les abreuver. Ce savoir-faire décide de la prospérité
de la cité entière. Avec l’islamisation, le centre devient mystique pour des milliards
d’individus, agissant dans une forme de transe gigantesque.
Les textes détaillent avec un luxe parfois ridicule de précision tout ce qu'il faut faire ou pas,
dans des circonstances les plus diverses. Le but ultime est que le pèlerin se sente entravé
dans un réseau formidable, excitant, délirant, ridicule, amoindrissant, humiliant, imbécile,
étonnant, débilitant, de ce qu'il faut faire ou pas, et ainsi, devenir au sens absolu un esclave,
un soumis, ce que le musulman se doit d'être vis-à-vis de sa divinité. C'est le premier point.
Il est capital parce que de cette façon, le musulman en pèlerinage est un super-musulman
parce que super-soumis. Il n'y a pas que cela, pas que du négatif et de l'affligeant.
L'accumulation de règlementation doit aussi distinguer le pèlerin de l'humain, tout comme
dans le sacrifice, la victime se distingue de l'animal. Ainsi, l'attitude et l'allure du pèlerin
est un déguisement. Il est connu sous le nom d'IHRAM, où chacun retrouvera sans peine
l'idée de pureté, et d'interdit, comme HARAM, et il devient un genre d'uniforme.
Alors, il y aura là des informations, bien sûr, sur le costume: deux bandes de tissus, pour le
haut (RIDA), et le bas (IZAR), de façon à ressembler à des retraités balnéaires, ou des
curistes. La tête, des cheveux en moins, et les poils, jusqu'aux plus intimes, jetés au vent
(mais nous reparlerons plus loin des poils), et puis rien sur la tête (y compris pour les
femmes, ce qui indique bien que le rite n'a rien d'islamique). Mais les femmes sont rares, et
pas vraiment bienvenues. Il faut aussi des sandales genre tongs, toutes simples.
Le public sera surpris de noter aussi tout ce qui est écrit ou dit sur les parfums, les onguents,
les colorants, etc... Autorisés, ou interdits? Cela dépend de la fantaisie de telle ou telle
source, et des circonstances précises d'une période inconnue.
La trêve d’Allah.
440
(al Kalbi).
444
Cf. M. Gaudefroy-Demonbynes, Encyclopédie de l'Islam, sv. Shaiba..
335
Lors du pèlerinage de la Mecque, il y avait trois mois de Trêve d'Allah, mais les gens se partageaient
en trois groupes à ce propos: ceux qui pratiquaient l'abomination et violaient même le territoire
sacré, où ils allaient jusqu'à assassiner et piller
: ceux qui s'en abstenaient et observaient
scrupuleusement les mois de la Trêve d'Allah : et enfin les fantaisistes (ALKH AL AHWÂ) ,
partisans du membre Banu Tamim Sulsul ibn Aws, qui permettait de combattre les profanateurs de
la Trêve d'Allah. ibnal Kalbi ajoute: C'est ce que disaient les Banu Tamim : mais nous sommes
certains qu'il s'agit là du Kinan Qalammas et de ses ancêtres (et non pas de Sulsul). Qalammas est
celui qui inaugura l'intercalation dans le calendrier lunaire arabe. Les profanateurs de la Trêve
d'Allah étaient les tribus Tayy, Khathlam, et une partie des Banu Asad ibn Khuzaymah. Les nobles
parmi les Arabes se rendaient à ces foires, tout comme les commerçants : car les rois
récompensaient les nobles et partageaient avec eux une partie des gains commerciaux que faisaient
ces rois. Les nobles régionaux assistaient aux foires de leurs régions, mais à Ukaz, on s'y rendait de
toutes les régions. Avec cette particularité que, les nobles qui s'y rendaient portaient des voiles,
pour rester inconnus, cela par peur d 'être surpris un jour, et faits prisonniers par des brigands
professionnels qui demanderaient de lourdes rançons. Le premier qui abandonna cette coutume et
jeta son voile fut le Anbar Turayf.
(Muslim, Sahih 2012).
D'après Ibn Omar un homme demanda à l'Envoyé d'Allah :
-Que doit porter un homme en état d'ihrâm?".
-Ne portez pas, répondit l'Envoyé d'Allah ni les chemises, ni les turbans, ni les pantalons, ni les
burnous, ni les chaussons. Si vous ne trouvez pas de sandales, vous pouvez porter les chaussons
mais en les coupant de dessous les chevilles. Ne portez pas les vêtements teintés avec du safran ou
du mémécycle.
(Muslim, Sahih 2015).
Ibn Abbas a dit : J'ai entendu le prophète dire en chaire : "Le port des pantalons est permis à celui
qui ne trouve pas d'izâr et le port des chaussons est permis à celui qui ne trouve pas des sandales. Il
s'agissait de l'homme en état d'ihrâm".
(Muslim, Sahih 2017).
D'après Yalâ ibn 'Umayya un homme, portant une tunique parfumée avec du khalûq vint trouver le
prophète se trouvait à Al-Ji'râna et lui dit :
-Que m'ordonnes-tu de faire pendant ma 'Umra?".
A ce moment, le prophète reçut la Révélation et on le couvrit d'un vêtement. Yalâ dit : Comme j'ai
tellement souhaité voir le prophète au moment où il recevait la Révélation.
Il écarta alors le pan du vêtement et je vis le prophète respirer bruyamment comme un jeune
chameau. Une fois la Révélation terminée, il demanda :
336
-Où est l'homme qui m'interroge au sujet de la 'Umra? Débarrasses-toi des traces de la teinture
jaune ou du parfum, ôte ta tunique et accomplis durant la 'Umra les mêmes rites que tu accomplis
durant le Hajj".
(Muslim, Sahih 2023).
D'après Ibn Omar, l'envoyé d'Allah sortait (de Médine) par le chemin d'Ash Shajara et y rentrait par
celui d' Al-Muarras; et il entrait à La Mecque par le défilé le plus élevé; et en sortait par le défilé le
plus bas.
(Muslim, Sahih 2206).
D'après ibn Omar, l'envoyé d'Allah passa la nuit à Dhu Tuwâ, et le matin il entra à La Mecque.
(Muslim, Sahih 2022).
Selon ibn Abbas, le prophète fixa le point de rencontre des pèlerins de Médine à Dhûl Hulayfa;
celui des pèlerins de la Syrie à Al-Juhfa; celui des pèlerins de Najd à Qarn Al-Manâzil; et celui des
pèlerins du Yémen à Yalamlam. Puis il dit :
-Ce sont leurs points de rencontre et ceux des autres pèlerins voulant pratiquer le Hajj ou la 'Umra,
même s'ils ne sont pas des autochtones. Quant à ceux qui habitent dans l'intervalle entre La Mecque
et l'un des points de rencontre des pèlerins, qu'ils commencent l'état de l'ihrâm de chez eux. Quant
aux habitants de La Mecque, qu'ils commencent l'état de l'ihrâm de chez eux.
(Muslim, Sahih 2024).
D'après ibn Omar, l'envoyé d'Allah a dit : le point de rencontre des pèlerins de Médine est Dhûl
Hulayfa; celui des Syriens est Al-Juhfa; celui des gens de Najd est Qarn. ajoute : J'ai appris que
l'envoyé d'Allah avait dit également :
-Le point de rencontre des pèlerins yéménites est Yalamlam".
(Muslim, Sahih 2381).
ibn Omar a dit que l'Envoyé d'Allah a dit :
-La femme ne doit pas entreprendre un voyage de plus de trois jours à moins d'être accompagnée
d'un parent qui lui est interdit en mariage (MAHRAM).
(Muslim, Sahih 2383).
D'après Abu Sayd , l'envoyé d'Allah a dit :
- Ne sanglez vos montures que pour aller à trois mosquées : ma mosquée que voici, la Mosquée
Sacrée (de La Mecque) et la mosquée Al-'Aqsa.
Je l'ai entendu dire également :
-Que la femme n'entreprends point un voyage de plus de deux jours à moins qu'elle ne soit
accompagnée d'un parent qui lui est interdit en mariage ou de son mari.
337
La protection des pèlerins.
441
(al Kalbi).
ibn al Kalbi rapporte, sur l'autorité de son père, que lorsque quelqu'un sortait de sa maison, en
qualité de pèlerin
442
, ou de dajj
443
, il conduisait les animaux du sacrifice, qu'il marquait avec les
signes coutumiers du sacrifice: colliers et blessures manifestes de l'animal : et lui- même, il portait
les vêtements du pèlerinage. Cela lui valait la sécurité même parmi les profanateurs de la trêve
d'Allah. Si le dajj était tout seul, craignait pour sa vie, et ne trouvait pas les animaux du sacrifice
rituel, il marquait sa propre personne avec les signes de l'animal du sacrifice : il portait un collier de
poils de chèvre ou de chameau et marquait sa personne avec de la laine (QUFAH) : cela le rendait
inviolable. Et lorsqu'il voulait rentrer de la Mecque, il portait un collier de l'écorce des arbres du
territoire sacré. Si un dajj ou quelqu'un d'autre allait à la Mecque, sans connaitre ces coutumes, et
sans porter les vêtements de pèlerin, il risquait d'être pillé par les profanateurs de la trêve d'Allah.
Les fonctions rituelles.
(ibn Taimiya, Traité de droit 3).
Après la conquête de la Mecque, en effet, les Banu Sayba
les clefs de la Ka'ba. Abbas
445
444
avaient remis au prophète
déjà chargé du ravitaillement en eau (SIQAYA) des
pèlerins, les lui demanda afin d,'avoir en outre la garde (SIDANA) de la maison d’Allah.
Allah révéla alors ce verset, donnant l'ordre de remettre les clefs de la Ka'ba aux Banu
Sayba.
(Muslim, Sahih 2029).
D'après Abdallah ibn Omar, la formule de la Talbiya que prononçait l'envoyé d'Allah était :
-Allah! Me voici répondre à ton appel. Tu n'as pas d'associé, me voici répondre à Ton appel. La
louange et les bienfaits T'appartiennent, ainsi que la Royauté, Tu n'as pas d'associé.
Les Médinois doivent porter leurs habits d'ihrâm à partir de la mosquée de Dhûl-Hulayfa.
(Muslim, Sahih 2033).
Ibn Omar a dit : Contrairement à vos mensonges attribués à l'envoyé d'Allah, votre Baydâ' là, le
prophète ne l'a pas prise pour lieu de rencontre des pèlerins et n'a commencé à prononcer la
Talbiya qu'à partir de la mosquée de Dhûl-Hulayfa.
(Muslim, Sahih 2040).
Aïsha a dit : J'ai l'envoyé d'Allah avant sa sacralisation et après sa désacralisation avant qu'il
445
Cousin de Muhammad : cf. F. Buhl, Encyclopédie de l'Islam I, p. 10.
338
n'accomplisse les dernières tournées rituelles autour de la Maison Sacrée.
(Muslim, Sahih 2059).
D'après As-Sa'b Ibn Jaththâma Al-Laythî , J'ai offert au prophète (de la chair) d'un âne sauvage,
alors qu'il se trouvait à Al-'Abwâ' ou à Waddân, mais il l'a refusée. Remarquant mon
mécontentement, le prophète m'a dit :
-Je ne l'ai refusée que parce que je suis en état d'ihrâm.
(Muslim, Sahih 2062).
Abu a dit : Quand nous atteignîmes Al-Qâha avec le prophète certains d'entre nous étaient en état
d'ihrâm et d'autres ne l'étaient pas. Je remarquai que mes compagnons se montraient quelque
chose l'un à l'autre. J'aperçus alors un âne sauvage. Je harnachai mon cheval et je pris ma lance.
Mon fouet étant tombé alors que je montai à cheval, je demandai à mes compagnons, qui étaient en
ihrâm, de me le ramasser. Mais, ils me répliquèrent :
-Par Allah! Nous ne t'aiderons aucunement à le chasser". Sur ce, je descendis et ramassai mon
fouet, puis pus attraper l'âne par derrière alors qu'il était caché derrière un tertre, je le frappai de
ma lance et lui coupai les jarrets. Ensuite, je l'apportai à mes compagnons. Les uns dirent :
-Mangez-en; et des autres dirent :
-N'en mangez pas. J'allai donc joindre le prophète qui nous avait devancé et lui posai la question :
-Mangez-en, répondit-il, c'est licite.
(Muslim, Sahih 2087).
ibn Abbas, le prophète fit une saignée, alors qu'il était en état de sacralisation.
(Muslim, Sahih 2088).
D'après Abu Buhayna, sur la route de La Mecque, l'Envoyé d'Allah fit une saignée au milieu de sa
tête, alors qu'il était en état de sacralisation.
(Muslim, Sahih 2091).
D'après Abu Ayyub al Ansari 'Abdullâh Ibn Hunayn a dit : 'Abdullâh ibn Abbas m'envoya chez Abu
Ayyub al Ansari Je le trouvai en train de se laver auprès d'un puits, en se voilant par un vêtement. Je
le saluai.
- "Qui est-ce?", demanda-t-il.
- "Je suis 'Abdullâh Ibn Hunayn. C'est 'Abdullâh ibn Abbas qui m'a envoyé pour te demander
comment l'Envoyé d'Allah se lavait la tête lorsqu'il était en état d'ihrâm", lui répondis-je.
Abu Ayyub abaissa alors le vêtement pour me montrer sa tête. Puis, il s'adressa à celui qui lui verse
l'eau, en disant :
-Verse. Il se mit à frotter sa tête en passant ses mains dans un va-et-vient et me dit à la fin :
-C'est ainsi que j'ai vu l'Envoyé d'Allah laver sa tête".
339
(Malik, Muwatta 802).
Rabi'a Ibn Abi Abdallah Ibn Al-Hudayr a rapporté qu'il a vu Omar Ibn Al-Khattab, ôtant, tout en
étant en ihram, la teigne de son chameau, dans la boue à Al-Sukia.
Malik a dit: Quant à moi je répugne à cela.
(Malik, Muwatta 803).
Alqama Ibn Abi Alqama a rapporté que sa mère a entendu que Aicha, la femme du Prophète a été
interrogée au sujet de l'homme en état d'ihram, peut-il se gratter la peau? Elle répondit: oui, qu'il se
la gratte, et se la frotte à un tel point qui si on m'avait noué les mains et je n'avais pour moyens que
mes pieds, pour me gratter la peau, je les userais.
(Malik, Muwatta 804).
Ayub Ibn Mussa a rapporté que Abdallah Ibn Omar regardait dans le miroir pour un mal que lui
causaient ses yeux, tout en étant en ihram.
(Malik, Muwatta 805).
Muhammad Ibn Abdallah Ibn Abi Mariam a rapporté qu'il a demandé à Sayd Ibn Al-Mussayab s'il
peut se couper l'ongle brisé, tout en étant en ihram?
Abdallah Ibn de répondre:
-Certainement, coupe le.
- On demanda à Malik au sujet d'un homme se plaignant d'une douleur à l'oreille. Peut-il y verser
du suc d'un arbre qui n'est pas parfumé tout en étant en ihram? Il répondit: Je ne vois pas du mal à
cela, même il peut aussi en boire.
Malik a ajouté: Je ne trouve pas de mal à ce qu'un homme en état d'ihram crève un abcès, perce une
pustule, et se coupe une veine si c'est une nécessité.
(Malik, Muwatta 806).
Abdallah Ibn Abbas a rapporté: Al-Fadl Ibn Abbas montait en croupe de l'Envoyé d'Allah quand
vint une femme de Khatam, consulter l'Envoyé d'Allah. Al-Fadl se mit à la fixer du regard et elle le
fixait à sont tour; l'Envoyé d'Allah faisait détourner le visage de Al-Fadl de l'autre côté. La femme,
dit:
-Ô Envoyé d'Allah, la prescription d'Allah, au pèlerinage, est une obligation difficile pour mon père
qui a atteint un certain âge, et il ne peut plus se maintenir sur le dos d'une monture. Puis-je
accomplir, le pèlerinage à sa place?
Il lui répondit:
-Oui, certainement.Ceci se passait lors du pèlerinage d'Adieu.
340
(Malik, Muwatta 807).
Malik a dit: le pèlerin retenu par un ennemi, de sorte qu'il ne peut arriver à la Maison Sacrée, est
libéré de son irham, il égorge son offrande, se rase la tête là où il est retenu; et par conséquent, il n'a
à s'acquitter de rien.
(Malik, Muwatta 808).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar, partant pour une visite pieuse, à la Mecque, lors du
conflit446, a dit: si on va m'interdire d'arriver à la Maison Sacrée, je ferai, ce que nous avons déjà fait
avec l'Envoyé d'Allah. Ainsi, il fit la talbiat pour une visite pieuse, car l'Envoyé avait fait la talbiat
pour une visite pieuse l'année de Hudaybiyya. Puis Abdallah, pensant à ce qu'il a fait. dit: le
pèlerinage et la visite pieuse sont tous deux un même devoir. Puis s'adressant à ses compagnons il
leur dit:
-Puisque tous les deux sont un même devoir, je vous prends à témoins que j'ai donné l'ordre de
rassembler le pèlerinage et la visite pieuse. Puis il réussit à accéder à la Maison Sacrée, compléta le
tawaf trouvant ainsi qu'il avait accompli les rites, il sacrifia sa victime.
Malik a dit: tel est ce qui est traditionnellement suivi, par celui qui est retenu par un ennemi, tout
comme le cas du Prophète et de ses compagnons. Quant à celui qui est retenu dans d'autres
conditions (ou situations), il ne peut se désacraliser s'il n'est pas arrivée à la Maison Sacrée.
(Malik, Muwatta 809).
Salem Ibn Abdallah a rapporté que Abdallah Ibn Omar a dit: le pèlerin retenu à cause d'une
maladie ne doit pas quitter l'ihram, avant qu'il n'ait fait la tournée processionnelle autour de la
Maison Sacrée, et le parcours entre Al-Safa et Al-Marwa. Et s'il se trouve obligé de porter des habits
comme de coutume, par nécessité, ou même de prendre des médicaments, qu'il fasse cela, mais en
se rachetant par une offrande.
(Malik, Muwatta 810).
On rapporta à Yahya Ibn Sayd que Aicha, la femme du a dit: l'homme qui est en état d'ihram, ne
peut se désacraliser qu'après son arrivée à la Maison Sacrée.
(Malik, Muwatta 811).
Ayub Ibn Abi Tamima Al-Sakhtiani a rapporté qu'un homme des habitants de Basra, a, dans le
temps, raconté: ayant prit la route pour la Mecque, il m'est arrivé, en route, d'avoir une fracture à
ma cuisse. J'ai envoyé un messager à la Mecque où se trouvaient Abdallah Ibn Abbas, Abdallah Ibn
Omar et autres les consultant à mon sujet. Personne ne m'a autorisé de quitter l'ihram. Ainsi, je suis
resté tout près de la source d'eau pour sept mois (là où j'ai brisé ma cuisse), jusqu'à ce que je fus
guéri; alors j'ai quitté l'ihram après avoir accompli une visite pieuse.
446
L’intevention d’al Hajjaj contre la Mecque.
341
(Malik, Muwatta 812).
Salem Ibn Abdallah a rapporté que Abdallah Ibn Omar a dit: celui qui, pour être tombé malade, se
trouve incapable d'arriver à la Maison Sacrée, ne doit jamais quitter l'ihram avant qu'il n'ait
accompli la tournée processionnelle autour de la Maison Sacrée, et parcouru le trajet entre Al-Safa
Et Al-Marwa.
(Malik, Muwatta 813).
Sulayman Ibn Yassar a rapporté que Sayd Ibn Huzaba Al-Makhzuni, devient malade en route vers
la Mecque, tout en étant en ihram. Il s'informa de ceux qui se trouvaient auprès de la source d'eau,
et croisa Abdallah Ibn Omar, Abdallah Ibn Al-Zubayr et Marwan Ibn Al-Hakam. Leur rapportant ce
qui lui était arrivé, tous lui ordonnent de se remédier de ce dont il lui est de nécessité, et de faire
une offrande. Une fois, se sentant guéri, il aura à faire la visite pieuse puis il se désacralisera,
attendant le pèlerinage de l'année qui suit pour l'accomplir, et faire l'offrande qui lui paraît de
facile.
- Malik a dit: c'est ce qui est, pour nous, de traditionnellement suivi, pour celui qui est empêché,
pour une autre cause, que celle de l'ennemi. Et Omar Ibn Al-Khattab, avait ordonné, Abu Ayoub
Al-Ansari, et Habbar Ibn Al-Aswad, qui ratant le pèlerinage et arrivant le jour du sacrifice, de se
désacraliser après une visite pieuse, puis de rentrer chez eux, toujours en état de désacralisation.
Puis, l'année qui suit, ils auront à faire le pèlerinage et à offrir leurs victimes; au cas où ils leur
seront introuvables, ils auront à jeûner pour trois jours tout en étant en pèlerinage, et pour sept
jours, une fois qu'ils seront chez eux.
Malik a ajouté: celui qui est en état d'ihram et qui sera inhibé du pèlerinage soit à cause d'une
maladie, ou autre cause, ou par erreur de compter les jours, ou par l'invisibilité du croissant, étant
tenu comme empêché, il devra s'acquitter des mêmes obligations que le pèlerin empêché.
On demanda à Malik à propos d'un Mecquois qui faisait la talbiat pour un pèlerinage, puis subit une
fracture, ou une diarrhée, ou que sa femme a à accoucher, que fera-t-il? Il dit: celui qui en est
soumis à ces conditions, est déjà pris pour empêché. Par suite, il aura, à s'acquitter de toutes les
obligations qui sont appliquées à tout le monde.
Malik a dit: pour l'homme, qui arrive, aux mois du pèlerinage, faire la visite pieuse, qui une fois
celle-ci terminée, il fera la talbiat du pèlerinage à partir de la Mecque, puis qu'il subisse une fracture
ou quelque chose qui l'empêche d'être à la même station avec les autres gens, je pense, dit-il, qu'il
doit persister jusqu'à ce qu'il soit rétabli, où il sortira au territoire libre puis reviendra à la Mecque,
faire la tournée processionnelle autour de la Maison Sacrée, et le parcours entre Al-Safa et alMarwa, après quoi il se mettra hors de l'état d'ihram. Il devra faire le pèlerinage l'année qui suit et
offrira une victime.
On interrogea Malik au sujet de celui qui fait la talbiat pour un pélerinage à partir de la Mecque,
puis accomplit la tournée processionnelle autour de la Maison Sacrée, et le parcours entre Al-Safa et
342
Al-Marwa, après quoi il tombe malade, et n'arrive pas à être à la même station avec les gens. Malik
répondit: si cet homme a manqué le pèlerinage, s'il réussit, il sort au territoire libre, entrera pour
une visite pieuse, fera la tournée processionnelle autour de la Maison Sacrée et le parcours entre alSafa et al-Marwa, car sa première tournée ne visait pas une visite pieuse. Pour cela, il doit achever
les rites mentionnés, et fera l'année qui suit, le pèlerinage et l'offrande est à envoyer. Mais s'il n'est
pas l'un des habitants de la Mecque, et qu'il subisse une maladie qui l'écarte du pèlerinage, il fait la
tournée processionnelle autour de la Maison et le parcours entre Al-Safa et Al-Marwa. Ensuite, il est
en état d'ihram pour une visite pieuse, fait une tournée processionnelle autour de la Maison et le
parcours entre Al-Safa et al-Marwa, car sa première tournée et sa course ne visaient que le
pèlerinage. L'année qui suit, il devra faire un pélerinage et offrir une offrande.
(Bukhari, Sahih 18/3).
- Du pèlerinage fait à chameau.
...le prophète envoya avec elle son frère 'Abderrahman qui lui fit faire la visite pieuse à partir de al
Tenîm et la fit monter ensuite en croupe sur le bât du chameau.
Omar a dit : "Sanglez vos chamelles pour le pèlerinage, car c'est un des deux jihâd." "Anas fit le pèlerinage sur un chameau de bât et cependant ce n'était pas un avare. Il rapporte que
le prophète fit le pèlerinage sur une chamelle qui était une bête de charge."
Aïsha a dit : "Ô envoyé d'Allah, vous avez fait la visite pieuse et moi je ne l'ai pas faite."
- "Ô 'Abderrahman, réplique le prophète, emmène ta soeur et fais-lui faire la visite pieuse à partir
de El Tanim."
Abderrahman prit sa soeur en croupe sur une chamelle et lui fit faire la visite pieuse.
(Bukhari, Sahih 18/17).
Il faut laver trois fois les vêtements parfumés de Khaluq.
... le prophète était à El Ji'râna, un homme vint le trouver et lui dit : "Ô envoyé d'Allah, que pensestu d'un homme qui prend l'ihrâm pour une visite pieuse alors qu'il est couvert de parfums ?"
Le prophète se tut un instant, puis, la révélation lui venant, 'Omar fit signe à Yala de s'approcher ;
Yala s'approcha et vit l'envoyé d'Allah qui était complètement recouvert par un voile. Passant sa tête
sous ce voile, Yala vit l'envoyé d'Allah le visage tout rouge et respirant bruyamment. Puis, secouant
cet état de torpeur, le prophète dit :
-"Où est l'homme qui m'a fait une question au sujet de la visite pieuse ?" Et, cet homme lui ayant été
amené, il dit :
-"Lave-toi trois fois du parfum que tu as sur toi ; débarrasse-toi de ta tunique et agis pour la visite
pieuse comme tu agirais s'il s'agissait du pèlerinage."
343
(Bukhari, Sahih 18/18).
Des parfums quand on est en état d'ihrâm ; de ce qu'il faut revêtir pour se mettre en état d'ihrâm,
de la toilette des cheveux et des onguents.
ibn 'Abbâs a dit :
-"L'homme en état d'ihrâm peut respirer des parfums, se regarder dans un miroir et se servir
comme remède des choses qu'il mange, huile ou grains.
Atâ a dit : "Il est permis d'avoir une bague et de porter une bourse ceinture."
ibn 'Omar fit la tournée processionnelle, étant en état d'ihrâm et le ventre serré par un tawb.
'Aïsha ne voyait aucun inconvénient à ce que ceux qui conduisaient sa litière portassent des
caleçons.
"ibn 'Omar s'enduisait le corps d'huile ." Comme je rappelais à Ibrahîm (que ibn 'Omar interdisait
les parfums), il me répondit :
-"Ne suis pas ses indications, car El-Aswad m'a rapporté ces mots de Aïsha : "Il me semble encore
voir briller le parfum sur le côté de la tête de l'envoyé d'Allah au moment où il était en état d'ihrâm."
(Bukhari, Sahih 18/19).
447
De celui qui fait la telbiya les cheveux pommadés.
Abdallah ibn 'Omar a dit : "J'ai entendu le prophète faire la telbiya ayant les cheveux pommadés."
(Bukhari, Sahih 18/21).
... un homme dit : "Ô envoyé d'Allah, quels vêtements doit porter celui qui est en état d'ihrâm ? Qu'il ne porte, répondit l'envoyé d'Allah, ni chemise, ni turban, ni pantalon, ni burnous, ni
bottines. Toutefois que celui qui ne trouverait pas de sandales mette des bottines qu'il coupera audessous des chevilles. Ne mettez aucun vêtement qu'aient touché du safran ou du wars."
(Bukhari, Sahih 18/22).
Du fait d'être sur une monture et de se mettre en croupe pendant le pèlerinage.
ibn 'Abbâs rapporte que Usâma fut en croupe de l'envoyé d'Allah depuis 'Arafa jusqu'à el
Muzdalifa, puis qu'à el Muzdalifa, le prophète prit en croupe El Fadl jusqu'à Mina. Chacun d'eux,
ajoute ibn 'Abbâs, dit que le prophète ne cessa de faire la telbiya jusqu'au moment où il lança les
cailloux
448
de l'Aqaba.
(Bukhari, Sahih 18/38).
Du fait de se laver quand on entre à la Mecque.
447
Mot à mot "feutrés", c'est à dire collés les uns contre les autres, afin d'éviter la vermine.
448
JAMRAH; le nom est ensuite donné aux piliers qui reçoivent cette lapidation. Les piliers sont
ensuite nommés comme JAMRATU 'L-AQIBAH, SHAITANU 'L-KABIR “Le grand diable”.
344
Nâfi a dit : "Aussitôt arrivé sur le territoire sacré, ibn 'Omar cessait de faire la telbiya ; il passait la
nuit à Dhu Towa, y faisait la prière du matin et se lavait. Il racontait que le prophète agissait
exactement ainsi."
(Bukhari, Sahih 18/39).
De l'entrée à la Mecque de nuit et de jour.
ibn 'Omar a dit : "Le prophète passa la nuit à Dhu Tuwa ; il y resta jusqu'au matin et entra ensuite à
la Mecque." ibn 'Omar faisait de même.
(Bukhari, Sahih 18/40).
Par où faut-il entrer à la Mecque?
ibn 'Omar a dit : "L'envoyé d'Allah entrait à la Mecque par le défilé le plus élevé ; il en sortait par le
défilé le plus bas."
(Bukhari, Sahih 18/41).
Par où doit on sortir de la Mecque.
D'après ibn Omar l'envoyé d'Allah entrait à la Mecque par Kadâ en prenant le défilé le plus élevé
qui se trouve à El Bathâ ; il en sortait par le défilé le plus bas.
D'après Aïsha, le prophète, quand il alla à la Mecque, entra dans cette ville par la partie la plus
élevée et en sortit par la partie la plus basse.
(...)
Hishâm ibn Orwa rapporte que son père tenait de Aïsha que, l'année de la prise de la Mecque, le
prophète entra dans cette ville par Kadâ, la partie la plus élevée de la Mecque. Hishâm ajoute : Urwa
entrait par Kadâ et par Koda, le plus souvent par Koda qui était plus rapproché de son campement.
D'après Hishâm ibn Orwa, l'année de la prise de la Mecque, le prophète entra dans cette ville par
Kadâ, l'endroit le plus élevé de la Mecque. Urwa entrait le plus souvent par Koda qui était plus
rapproché de son campement.
Bukhâri dit que Kadâ et Koda sont deux noms de localités.
(Malik, Muwatta 716).
Abdallah Ibn Omar a rapporté qu'un homme demanda à l'Envoyé d'Allah quel habit doit mettre,
celui qui est en état d'ihram. L'Envoyé d'Allah répondit:
-Ne portez ni chemise, ni turban, ni pantalons, ni bournos, ni bottines. Si quelqu'un ne trouve pas
des sandales, qu'il mette des bottines en les coupant jusqu'au dessous des chevilles. Et ne mettez
surtout pas des vêtements touchés du safran ou de teinture jaune.
On demanda à Malik sur des propos rapporté du qui aurait dit: Si l'homme ne trouve pas un izar,
345
qu'il mette des pantalons.
Malik répondit: Je n'ai pas entendu ce hadith, et je ne crois pas qu'un homme pourra mettre des
pantalons, car le Prophète les avait interdits, parmi tant d'autres habits sans aucune exception faite
comme: cela a été fait pour les bottines.
(Malik, Muwatta 717).
Abdallah Ibn Omar a rapporté que l'Envoyé d'Allah a interdit à celui qui est en état d'ihram, de
mettre des vêtements teintés de safran ou de teinture jaune, et a dit: celui qui ne trouve pas des
sandales, qu'il mette des bottines en les coupant jusqu'au dessous des chevilles.
(Malik, Muwatta 718).
Nafi a rapporté qu'il a entendu Aslam l'affranchi de Omar Ibn Al-Khattab raconter à Abdallah Ibn
Omar que Omar Ibn Al-Khattab a vu Talha Ibn Ubaydallah mettre, en état d'ihram, un vêtement
coloré; il lui dit:
-Pourquoi mets-tu, un tel vêtement, Talha? Celui-ci répondit:
-Ô prince des croyants! Cette couleur n'est que de la boue! Omar reprit: vous, qui êtes une minorité,
vous n'êtes que des modèles pour être imités par des gens; si un ignorant avait vu un tel vêtement, il
aurait à dire: Talha Ibn Ubaydallah, mettait, en état d'ihram, des vêtements colorés! ainsi, ne mettez
donc pas de ces vêtements colorés.
(Malik, Muwatta 720).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar réfutait qu'un homme mette, en état d'ihram une ceinture.
(Malik, Muwatta 721).
Yahya Ibn Sayd a rapporté qu'il a entendu Sayd Ibn Al-Mussayab dire qu'un homme en état
d'ihram, pourra, à la rigueur, porter une ceinture au-dessous de ses vêtements, s'il réduit ses
extrémités à de franges attachées les unes aux autres.
Malik ajoute: C'est ce que, j'ai de mieux entendu, à ce sujet.
(Malik, Muwatta 727).
Aïsha, la femme du prophète a dit: Je parfumais l'Envoyé d'Allah pour sa sacralisation avant qu'il
ne soit en état d'ihram, et pour sa désacralisation avant qu'il fasse ses tournées processionnelles
autour de la Maison.
(Malik, Muwatta 709).
Abdel Rahman Ibn Al-Kassim a rapporté d'après son père que Asma Ibn Oumais a mis au monde
346
Muhammad Ibn Abu Bakr à «Al-Baida». Cela a été transmis par Abu Bakr à l'Envoyé d'Allah qui dit:
-Donnez lui l'ordre de faire une lotion, après quoi, elle peut se mettre en état d'ihram, et faire la
talbiat».
(Malik, Muwatta 710).
Sayd Ibn Al Mussayab a rapporté que Asma Bint Umays accoucha Muhammad Ibn Abu Bakr à Dhul
Hulayfa. Abu Bakr lui donna l'ordre de faire une lotion, puis de se mettre en état d'ihram et de faire
la talbya».
(Malik, Muwatta 7011).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar faisait une lotion avant de se mettre en état d'ihram, et pour
son entrée à la Mecque et pour être de statut la veille de Arafa».
(Malik, Muwatta 712).
.... Je lui répondis: «Abdallah Ibn Hunayn, Abdallah Ibn Abbas m'a envoyé pour t'interroger
comment l'Envoyé d'Allah se lavait la tête, tout en étant en ihram»? Abu Ayoub posa la main sur le
vêtement et l'abaissa, de sorte que sa tête m'était visible puis il dit à un homme de lui verser de l'eau
sur la tête, tout en disant:
-Verse l'eau, et Abu Ayyub se frotta la tête de par ses mains en les faisant passer de derrière en avant
et réciproquement puis dit: «C'est ainsi que j'ai vu faire, l'Envoyé.
(Malik, Muwatta 714).
Nafi a rapporté que Abdallah Ibn Omar, en arrivant près de la Mecque, il demeurait passant la nuit à
Dhu Tuwa, entre les deux passages étroits de cette montagne, et restait tel jusqu'au matin. Puis il
faisait la prière de l'aube pour entrer ensuite à la Mecque en suivant le passage le plus haut, et ne se
trouvait dans cette ville pour le pèlerinage ou pour une visite pieuse, qu'après avoir fait une lotion à
Dhu Tuwa, et ordonnait les musulmans se trouvant avec lui de faire de pareil.
(Malik, Muwatta 728).
Ata Ibn Yassar a rapporté qu'un bédouin, mettant une chemise couverte de parfum vint auprès de
l'Envoyé d'Allah alors qu'il était à Hunayn. Il lui dit:
-Ô Envoyé d'Allah! J'ai fait la talbiat pour une visite pieuse, comment dois-je l'accomplir?
L'Envoyé d'Allah lui répondit:
-Va ôter ta chemise, et débarrasse toi des traces du parfum, puis fait les rites de la visite pieuse
comme tu as à les faire pour un pèlerinage.
(Malik, Muwatta 729).
Aslam, l'affranchi de Omar Ibn Al-Khattab a rapporté que Omar avait senti du parfum alors qu'il
était à Al-Shajara; il dit:
347
-De qui, cette odeur, provient-elle?
Mua'wia Ibn Abu Sufyan lui répondit:
-C'est de moi qu'elle provient, Ô prince des croyants.
Omar répliqua: -De toi? Par Allah.
Mua'wia ajouta:
-C'est Umm Habiba qui m'a parfumé, Ô prince des croyants.
Omar lui dit:
-Je te conjure instamment de revenir chez elle, afin qu'elle t'en débarrasse.
(Malik, Muwatta 730).
Al Sayt Ibn Zubayd a rapporté d'après diverses provenances de ses siens, que Omar Ibn Al-Khattab
a senti, étant à Al-Shajara, l'odeur d'un parfum et à ses côtés, se trouvait Kathir Ibn Al-Salt. Omar
s'écria:
-D'où vient ce parfum?
Kathir répondit:
-C'est de moi, ô prince des croyants; j'ai pommadé ma tête et je n'ai pas voulu me la raser.
Omar lui dit:
-Va auprès du tronc d'un palmier, frotte-toi la tête afin de la bien laver. Et Kathir Ibn Al-Salt,
accomplit ce qu'il a à faire.
Malik dit: II s'agit d'un petit fossé qui se trouve au tronc d'un palmier.
(Malik, Muwatta 731).
Malik a rapporté d'après Yahia Ibn Sa'id, Ahdullah Ibn Bakr et Rabi'a Ibn Abi Abdel-Rahman que
Al-Walid Ibn Abdel-Malik demanda à Salem Ibn Abdallah et Kharija Ibn Zayd Ibn Thabit pour la
question du parfum, après avoir lancé les pierres de la Jamara, après s'être rasé la tête, et avant de
déferler? Salem le lui a interdit, par contre Kharija ibn Zayd l'a autorisé. Malik a dit: Ce n'est pas
interdit qu'un homme se soigne d'un produit mais dépourvu du parfum avant qu'il ne se mette en
état d'ihram, avant de déferler de Mina, après avoir lancé les pierres de la Jamara.
On demanda à Malik d'un mets refermant du safran, peut-t-il être mangé, par un homme en état
d'ihram? Il répondit: Oui si, il a été cuit au feu, il peut être mangé par un homme en état d'ihram, et
s'il n'a pas été cuit il ne peu pas être mangé par un muhrim.
348
6 Partir et revenir
Un billet pour un avenir meilleur
et un au-delà garanti
Bien assez vite, il a fallu motiver les populations, dont beaucoup sans doute ne
comprenaient pas pourquoi il fallait faire un si long et si périlleux périple, pour tourner en
rond, jeter des pierres, et tuer un bouc. En plus des risques physiques, en plus que
simplement la perte de temps qui en résulte, il y a la ruine financière des familles, qui est en
jeu. Même dans des pays en état de catastrophe et en proie à la faim, l'appétit des notables
reste aigu quant à l'accomplissement du pèlerinage, car il pourra consacrer leur puissance
auprès des populations.
Des textes ont alors été rédigés, et ils ont utilisé tous les arguments possibles pour enjoindre
les musulmans de partout à participer aux rites, même s'ils n'y comprenaient rien. A la
vérité, ces textes ne sont pas si nombreux, moins nombreux que ceux qui préconisent le jihad
ou la prière. Il est probable qu'un effet d'entrainement a eu lieu, comme de la compétition
entre la jalousie de ceux qui ne sont pas partis, et la prétention de ceux qui en sont revenus.
La
longueur
du
chemin
a
même
joué
en
sa
faveur.
Mais bon, le mieux a été que le Coran lui-même, clair pour une fois, a donné des directives
précises, et alors, il n'était plus possible de rechigner.
Les arguments ne sont pas très nouveaux, que ce soit pour encourager à l'UMRA, au HAJJ,
ou aux deux. Il y a d'abord le paradis qui est promis, et puisque le thème est terriblement
coranique, cela marche bien. Ainsi, on comprendra que certains veuillent en particulier
mourir à la Mecque, car il leur a été dit que cela garantissait l'entrée au paradis. L'autre
idée est le pardon des fautes, la miséricorde par le rituel, ce qui est commun à beaucoup de
systèmes.
Quoi qu'il en soit, le parallèle avec le jihad guerrier est évident, mais le pèlerinage est vu
comme inférieur en vertu, quoi qu'il en soit.
Il serait enfin erroné de négliger une constante de toute l'histoire que nous vous racontons:
le paradigme prophétique. Si le prophète s'est mis le doigt dans le nez et compte jusqu'à
dix, tout le monde se met le doigt dans le nez et compte jusqu'à dix. Or, dans son histoire, il
apparaît que le héros fait tout ce qu'il peut pour faire ses pèlerinages, et plutôt 3 fois
qu'une. S'il manifeste une telle fièvre de pèlerinage, c'est bien qu'il y a une raison, et puis
qu'il faut le faire. Alors les récits développent en détail les pèlerinages, même ceux qui sont
avortés. On a alors droit à la représentation du pèlerinage de l'Accomplissement, puis à
349
celui de l'Adieu, très important, parce qu'il met en scène les dernières prescriptions
concernant les rites, comme un mode d'emploi.
449
La visite (UMRA AL QADIYYA) est l’occasion de promulguer des règles rituelles en activité
450
pour des siècles. Muhammad réalise son rêve en entrant dans le sanctuaire. Il y détourne
le sens des rites traditionnels, et surtout, veut montrer sa force à ses anciens compatriotes,
qui ont manifesté à son égard bien plus que de la tolérance. Il en profite aussi réactiver des
451
liens utiles, pour épouser une autre de ses femmes , et continue d’insister pour rester
quelque temps encore: autant d’occasion de tester la capacité de réaction de ses adversaires.
Du point de vue des Médinois, il devient celui qui a ouvert à nouveau l’accès au
452
sanctuaire , qui reste païen à ce moment.
Pour clore sa carrière prophétique, Muhammad fait une dernière et courte apparition à la
Mecque, pour effectuer le pèlerinage, qui va devenir celui de l’Adieu (HAJJA AL WADA) ,
453
pour ajouter un peu de pathos, en dehors du moment de la mort elle-même.
C’est
l’occasion de rappeler les règles du rituel aux fidèles et plus largement d’achever sa
454
carrière publique. Ces décisions sont jusqu’à nos jours strictement respectées, sans aucune
réflexion par des fidèles qui ne savent pas qu’ils suivent en fait des rituels d’origine païenne
à peine modifiés. Il est très remarquable que le chef ait tenu obstinément à conserver
l’essentiel des rituels mecquois: il manifeste ainsi une fidélité étonnante envers sa patrie et sa
tribu, que l’idéologie qu’il promeut ne peut pas modifier, sous peine d'ébranler le fragile
édifice. Il serait vertigineux de songer que, peut-être, le mouvement créé en 622 n’avait
450
L. Kinberg, "Literal dreams and prophetic Hadîts in classical Islam--a comparison of two ways of
legitimization," Der Islam 70/1993
454
R. Blachère, “L’allocution de Mahomet lors du pèlerinage de l’adieu”, Mélanges Massignon, Damas,
1956 et C. Adang, “The prophet’s farewell pilgrimage: the true story, according to ibn Hazm”,
Jerusalem Studies in Arabic and Islam 30, 2005 ; D. J. Stewart, Encyclopaedia of the Qur'an, sv.
Farewell pilgrimage; R. Bell, Journal of the Royal Asiatic Society 1937; A. L. Prémare, "Le discourstestament du prophète de l'islam", Mélanges J.E. Bencheikh, Damas 2001.
350
finalement pour but que de réformer le sanctuaire de la Kaba, et de faire revenir chez elle
une secte hérétique, sans entrainer de conséquences aussi dramatiques pour l’Humanité.
Le texte qui a subsisté n’est pas forcément celui qui a réellement été prononcé: il est constitué
d’une série de commentaires de versets coraniques agencés à propos, et daterait sans doute
du IXème siècle, sous une influence abbasside.
Il en profite pour vite légiférer encore un peu, et lourdement, dans le domaine de la
455
condition féminine...
Il existerait des traditions pour prétendre que celui qui a prononcé le sermon n'aurait pas
été Muhammad, déjà souffrant, mais Omar.456
(Bukhari, Sahih 18/1).
De l'obligation du pèlerinage; du mérite qu'il y a à le faire. - De ces paroles du Coran : "...Il est du
devoir des fidèles, pour quiconque peut s'en acquitter, de faire le pèlerinage à la Demeure sainte. - Celui qui
méconnaîtra cette obligation, eh bien, Allah peut se passer des mondes.".
457
"al Fadl était en croupe de l'envoyé d'Allah. Une femme de Khatham étant venue, al Fadl se mit à la
regarder tandis qu'elle le regardait également. Comme le prophète avait détourné le visage de al
Fadl d'un autre côté, cette femme dit :
-"Ô envoyé d'Allah, l'obligation prescrite par Allah à Ses adorateurs de faire le pèlerinage s'applique
à mon père; mais celui-ci est un vieillard âgé qui est incapable de se tenir sur sa monture. Puis-je
faire le pèlerinage à sa place ?
- Oui, répondit le prophète."
Ceci se passait lors du pèlerinage d'adieu.
(Bukhari, Sahih 18/3).
On demanda au prophète quel était l'acte le plus méritoire :
-"La foi en Allah et en son envoyé, répondit-il.
- Et ensuite, ajoute-t-on ?
-La guerre sainte dans la voie d'Allah.
- Et quoi encore après cela, reprit-on.
- Un pèlerinage pieusement accompli, répliqua-t-il."
...Aïsha, la mère des Croyants, a dit :
456
A. Hakim, "Umar b. al Hattab: l'activité religieuse et morale", Arabica 55/2008, p.4: ses avis
auraient été rejetés ensuite.
457
Corpus coranique 3/91-2.
351
-"Ô envoyé d'Allah, nous voyons que la guerre sainte est l'acte le plus méritoire ; ne pourrions-nous
pas faire la guerre sainte ?
- Non, répondit-il, mais le djihâd le plus méritoire, c'est un pèlerinage pieusement accompli."
...J'ai entendu le prophète prononcer ces paroles : "Celui qui aura fait le pèlerinage pour Allah, sans
commettre d'actes impudiques, ni de péchés, reviendra tel qu'il était le jour où sa mère l'a mis au
monde."
(Muslim, Sahih 2380).
Abu Hurayra a dit : L'Envoyé d'Allah nous prêcha en disant :
-Ô gens! Allah vous a prescrit le Hajj, accomplissez-le donc.
Un homme demanda :
-Doit-on l'accomplir chaque année, ô envoyé d'Allah!
L'Envoyé d'Allah garda le silence, et l'homme de répéter sa question. A la troisième fois, l'Envoyé
d'Allah dit :
-Si je dis oui, ce sera obligatoire et vous ne pourrez plus le faire.
Puis il ajouta :
- Laissez-moi tant que je vous laisse car ce qui causa la perte de ceux qui vous ont précédés, ce fut
l'excès de questions et leurs divergences sur leurs prophètes. Faites donc ce que je vous ordonne
autant que vous le pourrez et abstenez-vous de tout ce que je vous interdis.
(Malik, Muwatta 776).
Abu Hurayra a rapporté que l'Envoyé d'Allah a dit:
-D'une Umra à l'autre Umra les péchés commis entre ces deux Umra sont effacés et le pèlerinage
Hajj pieusement accompli n'a pour rétribution que le Paradis.
(Malik, Muwatta 778?).
On rapporta à Malik qu'Othman Ibn Affan, parfois en faisant sa visite pieuse, il ne descendait pas de
sa monture, jusqu'à son retour.
- Malik a dit: la visite pieuse est une sunna, et je ne connais pas même un musulman qui a toléré
s'en abstenir.
(Muslim, Sahih 2403).
D'après Abu Hurayra, l'envoyé d'Allah a dit : La 'Umra efface les péchés commis dans l'intervalle la
séparant d'une autre; et le Hajj pieusement accompli n'aura d'autre récompense que le Paradis.
(Muslim, Sahih 2404).
D'après Abu Hurayra, l'envoyé d'Allah a dit : Quiconque se rend à cette Maison et s'abstient de dire
352
des obscénités ou de commettre d'actes impudiques, reviendra tel qu'il était le jour où sa mère
l'avais mis au monde.
(Bukhari, Sahih 2/457).
D’après Ibn Abbas, le Prophète a dit :
-« Il n’y a pas de jours pendant lesquels les bonnes œuvres sont plus aimables à Allah que ces dix
jours ».
–Même le combat dans le chemin d’Allah ! Lui dit-on
–Même le combat dans le chemin d’Allah, à moins qu’il soit mené par un homme qui y engage sa
personne et ses biens et y laisse tout »
(Dawud, Hadith 1765).
Il est rapporté que le Prophète a dit :
-Certes, le jour du Sacrifice est le plus important jour auprès d’Allah.
(Bukhari, Sahih 1742).
D'après ibn Omar, le Prophète s'arrêta le jour du Sacrifice entre les stèles, au cours de son
pèlerinage, et dit :
-C'est le plus grand jour du pèlerinage.
(Tabari, Tafsir 2/194).
L'année suivante, en dhul qida, le prophète
et ses compagnons entrèrent à la Mecque, où ils
restèrent trois jours pour y faire la Visite pieuse. Les associateurs avaient été fiers de les repousser le
jour de Hudaybiyya mais Allah leur imposa une réparation équivalent en faveur du prophète et il
l'introduisit à la Mecque le même mois de dhul qida au cours duquel ils l'avaient repoussé. C'est
pourquoi Allah dit :
Le mois sacré contre le mois sacré et les choses sacrées profanées exigent une réparation
équivalente.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 788).
L’envoyé rentra de Khaybar vers Médine, et il resta là du premier mois de rabi à celui de shawwal,
ordonnant le départ de raids de pillage et d’expéditions.
Au mois de dhul qada - le mois pendant lequel les polythéistes l’avaient empêché de faire le
pèlerinage- il entreprit le pèlerinage de l’accomplissement, au lieu de la umra dont ils l’avaient
exclu. Ces musulmans qui avaient été exclus avec lui partirent dans la septième année et les
Mecquois le surent et réagirent. Les Quraysh disaient entre eux: Muhammad et ses compagnons
sont en perdition, en attente, en état de privation.
353
(...)
L’explication du nom de l’épisode.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois III 262).
Cette visite des lieux saints est appelée visite de l'accomplissement, parce que c'était l'exécution de
la visite projetée l'année précédente, que les musulmans n'avaient pu accomplir alors, ayant été
obligés de retourner de
Hudaybiyya. Le prophète se mit en route avec tous ses compagnons
musulmans. Les Quraysh les laissèrent entrer dans la ville avec leurs chameaux. Le prophète, qui,
ainsi que ses compagnons, s'était constitué en état pénitentiel et s'était fait raser la tête, fit son
entrée assis sur un chameau, que Abdallah ibn Rawaha conduisait par la bride, et il s'avança
directement vers le temple.
Les précautions de Muhammad.
(Tabari, Histoire des Prophètes et des Rois III 263).
Le prophète avait amené soixante chameaux destinés pour le sacrifice, cent chevaux et d'autres
chameaux qui servaient de montures à ses hommes. Il avait ordonné que chacun emportat toutes ses
armes, que l'on fit porter par des bêtes de somme, qui, ainsi que les chevaux, étaient en arrière du
cortège ; car, redoutant quelque trahison de la part des Quraysh, il voulait avoir à sa disposition des
armes et des chevaux. Les Quraysh, apprenant que le prophète avait avec lui des chevaux et des
armes, eurent des appréhensions. Ils lui firent dire:
-Nous voulons la fidèle exécution du traité que nous avons conclu avec toi ; à quoi doivent te servir
ces chevaux et ces armes? Le prophète répondit :
-Nous les laissons en dehors de la ville ; mais si vous ne teniez pas vos engagements, au moins
aurais-je des armes et des chevaux.
458
Comme les Quraysh restèrent fidèles au traité , le prophète fit garder les chevaux et les armes par
Muhammad ibn Maslama, en lui recommandant de rester en dehors de la ville.
Une allusion coranique?
(Tafsir Jalalayn 110).
Lorsque vient le secours d'Allah ainsi que la victoire...
Révélée tout entière pendant le pèlerinage d'adieu, après la sourate du Repentir Lorsque la victoire
d’Allah et la prise de La Mecque se réalisent pour toi, ô prophète,
... et que tu vois les gens entrer en foule dans la religion d'Allah,
et lorsque tu vois les gens entrer en masse dans l'islam, la religion d’Allah, après qu'il eût été
embrassé par des individus l'un après l'autre, et tu vois les Arabes venir soumis,
459
"Sacré" : se dit d'une catégorie spéciale de hadiths, sensés provenir directement de la divinité.
354
...alors, par la louange, célèbre la gloire de ton seigneur et implore son pardon. Car c'est lui le grand
accueillant au repentir.
commentaires: célèbre les louanges de ton Seigneur et implore son pardon car iI est Celui qui
accepte le repentir. Après la lecture ou la récitation de cette sourate, il est recommandé de répéter
fréquemment cette invocation:
Gloire et louange à Allah. J'implore son pardon et je reviens vers lui repentant". A savoir que la
prise de La Mecque eut lieu en l'an huit après l'Hégire et le prophète mourut au mois rabi premier
en l'an dix.
Al Zuhari rapporte: Quand le Messager d’Allah entra à La Mecque l'an de sa prise, il envoya Khaled
ibn Al Walid à la tête d'une troupe pour combattre les Quraysh qui se trouvaient au bas de cette
ville et ils furent vaincus. Puis il ordonna de déposer les armes et cesser toute hostilité contre eux.
Les gens alors commencèrent à embrasser l'islam en masse et aussitôt cette sourate fut révélée.
Les ultimes règles du pèlerinage.
(ibn Hisham, Conduite de l'envoyé d'Allah 970).
L’apôtre d'Allah s’installa à Arafa et il dit:
-Cette station va avec la montagne qui est au dessu et tout Arafa est une station.
Quand il s’installa à Quzah, le matin d’al Muzdalifa, il dit:
-C’est la station et tout al Muzdalifa est une station.
Quand il allla sacrifier à l’endroit des sacrifices, à Mina, il dit:
-C’est l’endroit des sacrifices et tout al Mina est un endroit pour les sacrifices.
L’apôtre d'Allah acheva le hajj et il montra aux hommes les rites, et leur apprit que qu’Allah avait
prescrit pour le hajj, les stations, les jet des pierres, la circambulation du temple, et tout ce qu’il
avait permis et interdit. C’était le pèlerinage de l’accomplissement et le pèlerinage de l’adieu parce
que l’apôtre d'Allah n’est plus allé en pèlerinage après cela.
(Tirmidhî, Hadith 2863).
Selon el Hârith el Ash’arî, le prophète a dit :
- Je vous donne cinq commandements qu’Allah m’a ordonné : l’obéissance aux autorités, le djihâd,
l’émigration, et l’union de la communauté. En déviant de cette union d’un empan, on délie l’Islam
de son cou jusqu’à ce qu’on y revienne. Et en revendiquant des noms de l’ère païenne, on compte
parmi les gens de l’Enfer.
Un homme s’exclama :
- Messager d’Allah ! Même si on fait la prière et le jeûne ?
- Même si on fait la prière et le jeûne. Donnez-vous les noms qu’Allah vous a donnés ; Il vous a
appelés musulmans, croyants et serviteurs d’Allah !
355
(ibn Maja, Hadith Qudsi
459
105-6).
460
...le prophète a invoqué le pardon d'Allah en faveur de sa communauté, le soir du jour de l'Arafat.
Allah a exaucé son invocation en lui disant:
-Je leur pardonne, à 1'exception de l'oppresseur, car Je me vengerai de lui à place de sa victime.
Le prophète lui a dit alors:
-Seigneur, si tu veux, tu accorderas le paradis à l'opprimé et tu pardonneras à l'oppresseur.
Mais il ne lui a pas répondu à ce moment-là. Le lendemain, alors qu'il était à Muzdalifa, il fit la
même invocation, et il fut exaucé dans qu'il demanda. On vit alors le prophète rire -ou sourire-.
Abû Bakr et Omar lui dirent:
-Ô toi pour qui nous sacrifierions pères et mères!
461
Il y un moment de cela tu ne riais pas! Qu'est-
ce qui te fait rire donc, puisse Allah te maintenir dans cet état?
Il leur répondit:
-L’ennemi d'Allah, Iblis,
apprenant qu'Allah
a exaucé mon invocation et a pardonné à ma
communauté, a pris de la terre et a commencé à se la jeter sur la tête, en invoqua le malheur et la
ruine.
C'est le désespoir dans lequel il se trouvait, qui m'a fait rire.
(...)
En Nisay a rapporté un autre hadith sur le jour de l'Arafat. (...) Le messager d'Allah a dit:
-Il n’y a pas de jour où Allah affranchit le plus du feu, des serviteurs, mâles et femelles, comme le
jour d'Arafat. Il
462
se rapproche, par sa miséricorde, de ceux qui y sont rassemblés, puis il s’en
enorgueillit auprès de ses anges, en leur disant:
-Que veulent ces gens-là?
460
Somme de Hadiths Qudsi, ed. M. Boudjenoun, Paris 2006.
461
Ils sont près au sacrifice des autres, et non d'eux mêmes, au nom de leur chef, et non de la
divinité.
462
Allah.
356
7 Divine vertu du tourniquet
La circambulation
On a déjà vu que le fait de tourner autour d’un point central était une caractéristique
commune à toutes les religions sémitiques. Nulle part ce n’est aussi bien attesté qu’à la
Mecque. Les rituels n’ont pratiquement pas évolué depuis, et ils font partie d’un ensemble de
463
pratiques communes à tout le Proche-Orient antique.
L’invocation des pèlerins (la
talbiyah) est une formule qui semble particulièrement archaïque, et peut-être ( et même
sûrement) préislamique: "LABBAIKA! ALLAHUMMA! LABBAIKA! LABBAIKA! LA SHARIKA
LAKA! LABBAIKA! INNA 'L-HAMDA WA N'NI'MATA LAKA, WA 'L- MULKA LAKA! LA SHARIKA
LAKA!".
Les peuplades sibériennes continuent à pratiquer des rituels shamaniques dont la ronde est
l'élément le plus caractéristique. Ils se figurent un "axus mundi", souvent un grand arbre