Aujourd`hui en France, 3,8 millions de ménages

Aujourd`hui en France, 3,8 millions de ménages
MARS 2014 - N°2
LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE,
Aujourd’hui en France, 3,8 millions de
ménages se trouvent en situation de précarité
énergétique. Aux côtés des collectivités, des
services sociaux et des associations, EDF mobilise
ses compétences, ses équipes et ses ressources
pour accompagner et soutenir les populations
les plus fragiles. P. 9-16
TÉMOIGNAGE P. 7
Compagnie des Alpes : vers un
aménagement durable des stations de ski
PARLONS-EN P. 18
Stratégies énergétiques locales
et solidarité entre territoires
SOLIDARITÉ P. 22
L’École de la deuxième chance
Kiosque
LE LOGEMENT SOCIAL
EN FRANCE
L’institution HLM gère
4,5 millions de logements où
vivent près de 10 millions de
personnes. Ces chiffres illustrent
le poids du logement social
dans le parc immobilier français
et l’économie de l’habitat.
Depuis quelques années, le
secteur est éprouvé par une
crise aux origines multiples :
dépréciation de son image,
paupérisation grandissante des
locataires, dégradation du bâti,
déliquescence des liens sociaux,
enfermement territorial…
Dans cet ouvrage, l’auteur,
Jean-Marc Stébé, professeur
à l’université Nancy 2, retrace
l’histoire de l’habitat social et
livre une synthèse des concepts
qu’il mobilise.
Agenda
Manifestation
Du 11 au 14 mars 2014 • Cannes
MARCHÉ INTERNATIONAL DES
PROFESSIONNELS DE L’IMMOBILIER (MIPIM)
Chaque année, le MIPIM réunit les plus grands acteurs de l’ensemble
des secteurs de l’immobilier professionnel (bureaux, résidentiel,
commerces, santé, sport, logistique). Quelque 20 000 participants,
plus de 4 000 investisseurs en provenance de 80 pays sont attendus. 2 000 sociétés parmi les plus importantes du marché, dont
EDF, présenteront leurs produits et services sur les 19 000 m2 de la
zone d’exposition.
• http://www.mipim.com
Salon
© EDF- Philippe Eranian
Sommaire
• Éditions PUF, collection « Que sais-je ? »
128 pages, octobre 2013
À la une.............................................................. page 3
Jean-Pierre Frémont, directeur EDF Collectivités
Focus territoires...................................... page 4
ÉNERGIE 3.0,
TRANSFORMER
LE MONDE ÉNERGÉTIQUE
POUR STIMULER
LA CROISSANCE
Témoignage.................................................. page 7
Agnès Pannier-Runacher, Compagnie des Alpes
Du 23 au 25 avril 2014 • Grenoble
Horizons............................................................ page 7
MOUNTAIN PLANET, SALON MONDIAL
DE L’AMÉNAGEMENT DE LA MONTAGNE
En vue.................................................................. page 8
Grand Angle................................................. page 9
Contre la précarité énergétique, EDF aux avant-postes du combat
Repères............................................................ page 17
Parlons-en.................................................... page 18
Présence......................................................... page 20
www.edfcollectivites.fr
Une publication d’EDF Collectivités.
Directeur de la publication : Jean-Pierre Frémont
Direction de la rédaction : Corinne Chouraqui, Pierre Guelman
et Olivier Molinero
Conception, rédaction, réalisation : euro2c.
Photo de couverture : Christophe Beauregard.
EDF S.A.
Capital de 930 004 234 € - 552 081 317 R.C.S Paris
www.edf.fr
Origine 2012 de l’électricité ;
80,4 % nucléaire, 12,5 % renouvelables (dont 7,8 % hydraulique),
3,1 % charbon, 2,4 % gaz, 1,2 % fioul, 0,4 % autres
Indicateurs d’impact environnemental sur www.edf.com
L’énergie est notre avenir, économisons-la !
Imprimé sur papier PEFC.
Contact magazine :
EDF Direction Collectivités
20, place de la Défense - 92050 Paris La Défense CEDEX
Des bâtiments qui produisent
leur propre énergie et nous
assistent dans notre vie
quotidienne ? Des outils de
pilotage simples pour rendre
la maison confortable, économe
et ouverte sur le monde ?
Des villes plus durables,
plus sûres, plus intelligentes
facilitant la vie des
consommateurs-citoyens ?
Selon l’auteur, Rudy Provoost,
la convergence entre le
monde de l’énergie et l’univers
numérique va engendrer une
mutation d’une portée similaire
à la révolution électrique de
la fin du XIXe siècle. Il explique
comment ces changements
s’opéreront et stimuleront la
croissance ; quels outils et services
inédits apparaîtront; comment
l’ensemble de l’organisation de la
filière énergétique se réinventera
et quelles perspectives d’emplois
et d’activités nouvelles on peut en
attendre.
• Éditions du Cherche Midi,
3 octobre 2013, 19 €.
Pour son 40e anniversaire, le Salon de l’aménagement de la montagne change de nom pour devenir Mountain Planet. Une nouvelle
appellation qui reflète l’internationalisation de cette manifestation
biennale devenue le plus grand salon professionnel mondial de
sa catégorie. Si les Alpes demeurent le premier marché, 59 pays
étaient représentés en 2012 et l’on attend encore davantage
de visiteurs étrangers en 2014 avec la montée en puissance de
nouvelles destinations (pays de l’Est, Asie). Passant en revue les
sports d’hiver comme les loisirs d’été, Mountain Planet s’impose
comme le salon de la montagne des quatre saisons. Les acteurs
de la mobilité urbaine y trouveront aussi leur compte avec le développement du transport par câble, conçu pour le milieu de l’altitude
et de la neige, qui devient un mode de transport alternatif un peu
partout sur la planète.
• http://www.mountain-planet.com
Concours
Du 27 juin au 15 juillet 2014 • Versailles
CONCOURS SOLAR DECATHLON
Le concours d’habitat solaire, lancé en 2002 aux États-Unis à l’initiative du Département de l’énergie et d’Al Gore, aura lieu pour la
première fois en France du 27 juin au 15 juillet 2014. Émanant de
16 pays, les 20 projets sélectionnés seront exposés en grandeur
nature dans le parc du château de Versailles. Deux projets français,
l’un présenté par une équipe parisienne, l’autre par une équipe nantaise, sont en compétition. La France est tenante du titre avec une
équipe de Rhône-Alpes qui avait remporté la précédente édition, en
2012 à Madrid, avec son projet CANOPEA, concept de « nanotours »
durables comportant des maisons unifamiliales à chaque étage et,
dans sa partie supérieure, un espace de vie et de services communs.
• http://www.solardecathlon2014.fr/fr
À la une
L’ÉNERGIE DE TOUS
LES TERRITOIRES
L
a détection précoce
des personnes vulnérables et l’établissement, à leur intention, de liens directs
constitue, pour EDF, un
enjeu crucial de prévention
de la précarité énergétique.
C’est pourquoi notre
coopération avec tous les
acteurs locaux, élus, travailleurs sociaux, associations se
renforce sur un objectif principal : l’accompagnement de
nos clients les plus fragiles.
Engagés dans la promotion et la mise en œuvre du
tarif de première nécessité
(TPN) dès sa création, nous
déployons aujourd’hui les
mêmes efforts pour hâter
la montée en puissance
de la loi Brottes, entrée en
vigueur cet hiver et porteuse
de l’objectif de plus que
doubler le nombre de foyers
bénéficiaires.
© EDF - Pascal Sittler
En tant qu’acteur majeur
de l’économie nationale,
notre groupe, conscient de
ses responsabilités, agit le
plus possible dans les territoires contre les inégalités sociales. Les dispositifs
développés en faveur de l’insertion professionnelle des
jeunes éloignés de l’emploi
témoignent de cette volonté.
La solidarité constitue
une valeur ancrée au cœur
des missions d’EDF, entre-
prise de service public. Nous
sommes attachés à faire vivre
cette responsabilité sociale
même dans un contexte
devenu plus concurrentiel.
Car nous avons la conviction
que la réponse aux enjeux
énergétiques d’une collectivité ne peut s’exonérer de cet
engagement solidaire.
Notre Groupe, conscient
de ses responsabilités,
agit contre les inégalités
sociales
Tous les territoires peuvent
compter sur notre mobilisation déterminée pour les
aider à relever leurs défis économiques et sociaux. Nous
sommes à vos côtés.
Jean-Pierre Frémont
Directeur EDF Collectivités
EDF & VOUS
Ce guide apporte aux élus et aux
collectivités locales une information
pratique sur les activités et les enjeux
d’EDF présentés en 7 thèmes :
• contexte énergétique français et place
d’EDF sur le marché électrique ;
• offres d’accompagnement des projets
énergétiques des territoires ;
• installations de production et leurs
enjeux industriels et environnementaux ;
• e ngagements vis-à-vis des clients et
actions de solidarité et de prévention
de la précarité énergétique ;
• activités régulées de distribution
et de transport de l’électricité des
gestionnaires de réseaux indépendants ;
• économie de l’électricité ;
• futur de l’électricité.
« EDF et Vous » est diffusé au Salon des
maires en novembre puis toute l’année
lors des congrès d’élus ou de rencontres
s’adressant aux collectivités locales.
Il est également disponible auprès
des associations nationales d’élus.
3
Focus
territoires
© EDF - Christophe Bachet
Rénovation = – de CO2
+ de formation
Habitat •
précise des gains réalisables en
consommation d’énergie et en
émissions de CO2. Une stratégie
de subvention des travaux pourra
être proposée. Consultés pour
avis sur cette étude, les notaires
et les agences immobilières ont
manifesté leur intérêt et attendent
de connaître les bouquets et
les solutions de financement
associées pour les faire connaître
aux a­ cquéreurs potentiels des
maisons concernées. Visant
i n i t i a l e m e n t à r é d­ u i r e l e s
consommations énergétiques et
l’empreinte environnementale
du territoire, l’expérimentation
devrait, en outre, contribuer à la
professionnalisation des artisans
et à la valorisation des outils
de formation locaux existants,
favoriser la création, avec le
Rémy Rebeyrotte président de la communauté de communes de l’Autunois et Yves Chevillon directeur
EDF Commerce Région EST.
concours des professionnels de
l’immobilier, d’un observatoire du
logement de l’Autunois-Morvan et
aider la collectivité dans la mise en
œuvre d’un PRIS (Point rénovation
info service), conformément à ses
obligations (plan de rénovation
énergétique de l’habitat et
territorialisation de celui-ci).
EN
SAVOIR • Retrouver son PRIS ?
http://renovation-info-service.gouv.fr/
+
trouver-un-conseiller/step0
© EDF - Sophie Brandstrom
EDF et la communauté de
communes de l’Autunois (CCA)
ont signé deux conventions pour
expérimenter une démarche de
dynamisation des chantiers de
rénovation de maisons sur le
territoire des 61 communes du
Pays Autunois Morvan. Dans un
premier temps, EDF a identifié
les zones à faible performance
énergétique à rénover en
priorité, puis un bureau d’études
local a commencé l’analyse
des typologies d’architectures
de maisons énergivores et la
qualification des « bouquets
de travaux » à réaliser. EDF et
la communauté de communes,
appuyés par le bureau d’études
et l’ADIL 71, vont ensuite bâtir
des scénarios prospectifs de
rénovation avec une estimation
Manche •
Des toits qui chauffent
Dans le cadre de sa stratégie d’adaptation du territoire à la lutte contre le changement climatique, le Conseil général de la Manche
a conclu un contrat de performance énergétique (CPE) avec EDF Optimal Solutions, portant sur la rénovation de 24 bâtiments
dont 6 ont été équipés d’une installation photovoltaïque en toiture de 36 kWc chacune. Réalisées clés en main par la société
Sunvie, deux centrales sont intégrées au bâti et quatre en toitures terrasses. L’intégration des centrales photovoltaïques
complète les travaux de rénovation et d’isolation des bâtiments réalisés dans le cadre du CPE : isolation thermique intérieure
ou extérieure, remplacement de menuiseries extérieures, pose de faux plafonds, VMC, mise en place de chaufferies biomasse.
Sur les quatre toitures terrasses, Sunvie a mis en œuvre une nouvelle isolation (isolant FoamGlass), une étanchéité bitumineuse
et un système de pose Surfa 5 Solar (SMAC) comme support d’installation des modules photovoltaïques Sunpower de 320 Wc.
Les toitures rénovées contribuent à l’atteinte des objectifs du CPE par l’apport d’une isolation renforcée et des kWh produits.
4
Focus
territoires
Les chasseurs alpins
montrent l’exemple
Le quartier Roc Noir à Barby, en Savoie, qui abrite le 13e bataillon
de chasseurs alpins, est le premier site militaire à s’équiper
d’installations éco-responsables. Le partenariat du ministère de
la Défense et d’EDF Optimal Solutions a permis la rénovation
énergétique de 30 bâtiments (soit une superficie chauffée de
plus de 41 500 m2) avec, à la clé, une réduction de 46 % des
consommations et de 50 % des émissions de CO2. Pour y parvenir,
des moquettes solaires ont été installées sur les toits, couvrant
30 % des besoins en eau chaude sanitaire du site. Une centrale
bois permet de chauffer 39 % des bâtiments et des pompes à
chaleur chauffent 14 bâtiments grâce à l’énergie prélevée sur l’air
extérieur. Au total, les énergies renouvelables représentent 58 %
des consommations des bâtiments rénovés.
moquettes
solaires
pompes à
chaleur
-46 % -50 %
de consommations
énergétique
d’émissions
de CO2
Mobilité •
Toulouse innove
Toulouse Métropole a lancé, pour une durée
d’un an, une expérimentation d’autopartage
de véhicules électriques et de nouvelles
stations de charge. Premières du genre en
France, les stations sont équipées d’une
borne permettant la recharge de 80 % de
la capacité des batteries d’un véhicule en
25 à 30 minutes contre six à huit heures
pour une borne classique. Grâce à un
système de stockage d’énergie intégré à
la borne, seule 20 % de l’électricité est
fournie en temps réel par le réseau, ce qui
permet de limiter les pics de consommation.
Exploitées par Sodetrel, la filiale d’EDF
spécialisée dans la mobilité électrique, ces bornes peuvent
également communiquer des données de facturation ou de
disponibilité via une application smartphone.
© VilledeToulouse - Patrice Nin
Les véhicules
électriques gagnent
du terrain
Tarbes •
Avec les cinq nouveaux véhicules électriques
qu’elle a acquis, ce sont désormais 5 % du
parc automobile de Tarbes qui font appel
à ce mode de propulsion. La ville disposait
déjà de quatre véhicules électriques affectés
aux agents en charge de l’entretien des
bâtiments municipaux et de la voirie. Les élus,
au premier rang desquels le maire, ne sont
pas en reste puisque leur véhicule de service
est une Renault Zoé 100 % électrique. Pour
encourager l’utilisation de ce type de véhicule,
deux bornes de recharge gratuite ont été
installées dans la ville.
VERBA
TIM
« L’autopartage
a toute sa place
en milieu rural »
© www.tarbesendirect.fr
© EDF - William Beaucardet et Christel Sasso / © Fotolia - ZIHE
Savoie •
centrale
bois
Michel Eprinchard,
maire de Sauzé-Vaussais (79)
à l’occasion de l’inauguration
de la voiture électrique Mia.
5
Focus
territoires
e-Fan •
Ça plane pour lui !
Ce n’est pas encore le remplaçant d’Airbus… même si la branche
recherche du géant de l’aéronautique s’est associée à la mise au point
de l’e-Fan, premier avion électrique français, fabriqué par ACS, une
petite entreprise de Saint-Sulpice-de-Royan (17) qui emploie une dizaine
de salariés. Le petit appareil, doté d’une structure en carbone pour en
limiter le poids et d’une batterie au lithium-polymère, affiche une
autonomie de vol d’une heure lui permettant de couvrir quelque
160 kilomètres. Si l’on est donc encore loin de voir des passagers boucler leur ceinture à bord d’un e-Fan de ligne, les
technologies mises en œuvre n’en dessinent pas moins des
perspectives prometteuses pour le transport aérien.
013
- DR
Véhicules électriques •
vitesse supérieure
Paris passe à la
La mairie de Paris et Sodetrel, filiale d’EDF spécialisée dans les infrastructures
de recharge électrique, ont signé, dans le cadre du dernier Congrès des maires
de France, une convention de partenariat pour l’exploitation de 400 points
de recharge supplémentaires sur des zones de livraison partagées dans tous
les arrondissements parisiens. Les nouvelles bornes peuvent être utilisées
à la fois par les résidents parisiens, qui bénéficient d’un accès préférentiel
de nuit pour une recharge prolongée, et par les professionnels mobiles
(professions libérales, livreurs, dépanneurs, etc.), qui disposent d’une recharge
plus rapide pendant la journée. Cette convention s’inscrit dans l’ambitieux
programme de la Ville de Paris en faveur de la mobilité électrique. Il comprend
l’agrandissement de stations Autolib’ existantes pour y installer environ
300 bornes de recharge publiques en supplément des 250 en service et
l’installation de bornes de recharge rapide en stations-service implantées sur
le domaine public de la ville, principalement le long du boulevard périphérique.
Par ailleurs, la mise en place d’un service de mobilité électrique inédit fera appel
à trois innovations : un système d’accès et de paiement unique pour l’ensemble
des infrastructures de charge de Paris, la réservation à distance des points de
recharge (via internet ou smartphone) et une gestion intelligente de la recharge
évitant les pics de consommation ou les appels de puissance trop importants sur
le réseau électrique. Cette nouvelle convention de partenariat réaffirme la volonté
commune de la Ville de Paris et d’EDF de promouvoir et développer des solutions
de mobilité urbaines innovantes et faiblement émettrices de CO2.
… y compris pour les transports
en commun
À l’occasion des dernières Rencontres nationales des transports publics à
Bordeaux, le constructeur Iveco a présenté Ellisup, un autobus 100 % électrique
de nouvelle génération qui devrait être testé dans les rues de Paris. Doté de
nombreuses innovations, le prototype, conçu en partenariat avec la RATP, EDF,
le CEA et Michelin, présente une autonomie de huit à dix kilomètres. En bout
de ligne, le déploiement d’un pantographe permet la recharge des batteries au
lithium dans le temps record de quatre minutes. Avec un espace intérieur optimisé par l’intégration des moteurs dans les roues, le véhicule peut
accueillir de 10 à 20 % de passagers de plus qu’un autobus classique. Outre les véhicules hybrides rechargeables et électriques, EDF apporte sa
contribution au développement d’un large éventail de modes de transport électriques : trams, trolleybus, bateaux électriques…
© EDF - Thierry Mouret
I-2
© EIV
6
Témoignage
Horizons
Trois questions à
Agnès
PANNIERRUNACHER
Quels sont vos projets prioritaires ?
APR La Compagnie des Alpes organise majoritairement
des activités de plein air. Nous devons poursuivre des efforts
constants pour en diminuer l’impact sur l’environnement,
notamment en matière d’énergie. L’exercice même de ces
activités nous amène assez naturellement à aborder l’ensemble
des thématiques de coopération identifiées. Je souhaiterais
cependant mettre l’accent sur un projet lancé en avril 2013 par
la Compagnie des Alpes aux côtés de la Caisse des dépôts, des
banques et des collectivités locales. Il porte sur la rénovatioan
de l’immobilier touristique de montagne et vise à rendre
les appartements plus attrayants, afin d’attirer davantage de
vacanciers. Alors que la mise en œuvre de ce projet bat son
plein, il est assez naturel que l’optimisation énergétique des
installations soit en première ligne des préoccupations et des
premiers travaux de coopération menés avec EDF.
Quelles sont pour vous les principales caractéristiques
de la station durable de demain ?
APR Il s’agit d’une station qui met notamment à l’honneur
l’efficacité énergétique au sens large. Celle de ses bâtiments et
de ses équipements, l’éclairage public, la mobilité électrique et
les énergies renouvelables. C’est une réflexion d’ensemble qui
amène aussi à réfléchir sur la façon de vivre la montagne, de
gérer les flux et pics de fréquentation, de la rendre naturellement
accessible et respectée. Une station où l’ensemble des parties
prenantes, collectivités locales et acteurs sociaux professionnels,
travaillent de concert sur ces objectifs. C’est déjà en bonne voie.
Lisbonne •
Un projet urbain sobre et
ambitieux en temps de crise
Dans le cadre de sa série de conférences sur les villes durables, EDF
accueillait à Paris, le 13 décembre dernier, différents représentants
portugais, dont Manuel Salgado, adjoint au maire en charge de
l’urbanisme de Lisbonne. Tandis que le centre-ville n’a cessé de
se vider de sa population ces dernières décennies, le projet urbain
porté par l’équipe municipale a pour ambition de valoriser l’espace
public, réduire la place de la voiture – en renouant notamment avec
la tradition d’ascenseurs publics, de tramways et de funiculaires –,
réconcilier la ville avec son fleuve majestueux, le Tage, etc. Un
exemple de cette régénération urbaine lisboète : la requalification
de la Ribeira das Naus et de l’ancienne cale sèche (Doca Seca) de
l’époque des grandes découvertes.
Cameroun •
Barrage hydroélectrique XXL
L’État camerounais, EDF, la Société financière internationale (SFI)
et le groupe canadien Rio Tinto ont signé en novembre dernier un
accord portant sur la construction d’un barrage hydroélectrique d’une
puissance de 400 MW sur le fleuve Sanaga, dans le centre du pays.
L’investissement, d’un montant de l’ordre de 6 milliards d’euros, est
lié au projet d’extension de l’usine de la société Aluminium du Cameroun (Alucam), filiale du groupe canadien Rio Tinto, qui consomme
près de la moitié de l’électricité produite au Cameroun et projette
de faire passer sa production annuelle d’aluminium de 90 000 à
300 000 tonnes.
© EDF - Franck Oddoux
© Dream on
Quelles sont les grandes
lignes de l’accord que
vous avez signé avec
EDF Collectivités ?
APR Il s’agit d’un
partenariat conjoint ayant
pour objectif de promouvoir
un aménagement durable
et performant des stations
de ski en matière d’énergie.
Cet accord fait suite à la
conclusion d’un contrat de fourniture en énergie verte par EDF
à l’ensemble des domaines skiables de la Compagnie des Alpes
pour les deux années à venir. Dans ce cadre, plusieurs thèmes de
coopération ont été identifiés :
• l’aménagement durable des stations de montagne, avec une
réflexion notamment sur leur potentiel en énergies renouvelables,
sur la réduction de la pollution lumineuse et sur les réseaux
électriques intelligents ;
• l’efficacité énergétique de l’immobilier de montagne,
avec la rénovation énergétique des appartements acquis par
la Compagnie des Alpes ;
• la performance énergétique des domaines skiables et des parcs
de loisirs, avec des projets d’optimisation énergétique des
installations, en particulier dans la production de neige de culture ;
• la mobilité électrique dans les stations de montagne
et les parcs de loisirs.
© Jean-Marie Ramès
Directrice générale déléguée
de la Compagnie des Alpes
7
En vue
Chaque trimestre, une sélection de distinctions,
certifications, labels décernés à des territoires engagés
dans la gestion responsable de l’énergie.
© anshar73
quelque 200 agents
communaux et concerné
plus de 280 équipements
dont l’hôtel de ville, le
centre culturel, les grandes
infrastructures sportives et
l’éclairage public. Grâce à
ces efforts, la municipalité
est parvenue à stabiliser
sa facture énergétique
annuelle malgré une
hausse de 18,5 % des tarifs.
http://collectivites.edf.com/
•actualites-et-temoignages/
actualites-et-temoignages/tous-lestemoignages/g-ginesta-280845.html
La fontaine du Soleil, place Masséna à Nice.
À l’occasion de la remise des premiers Trophées Climat
Energie des Alpes-Maritimes, la CCI Nice-Côte d’Azur
a reçu le prix Trophée Entreprises/Aménagement Durable
pour son projet efficacité énergétique de l’éclairage
sur le territoire de Saint-André-de-la-Roche. Alors
que l’éclairage représente 17 % de la consommation
d’électricité de la commune, l’étude réalisée préconise,
d’une part, d’éviter l’usage de lampes incandescentes
60 W et de lampes halogènes au profit de luminaires à
LED et, d’autre part, la pose d’économiseurs d’énergie.
L’initiative a fédéré de grands acteurs institutionnels
comme EDF, ERDF et la métropole Nice-Côte d’Azur aux
côtés des acteurs de la filière de l’éclairage. Cette première
édition des Trophées Climat Energie des Alpes-Maritimes
a été un succès puisque 28 communes, 8 collectivités et
établissements publics, 25 entreprises et 7 associations ont
fait acte de candidature.
LE RÉSEAU DE CHALEUR DE MELUN
CERTIFIÉ PUBLI-CERT
Lors du dernier Congrès des
maires de France, la Société
Thermique de l’Almont
(STHAL), filiale de Dalkia,
Veolia Environnement et
EDF, a reçu la certification
Publi-Cert© pour ses
prestations et sa performance
environnementale dans
l’exploitation du réseau
de chaleur de la ville de
Melun qu’elle assure par
délégation de service public.
Les 70 000 MWh d’énergie
géothermique fournis
par le réseau alimentent
6 500 équivalent logements,
8
soit 30 % des habitants de
Melun, en chauffage et en eau
chaude sanitaire. Développée
par l’agence de notation
extra financière ARCET
Cotation, le certificat de
performance développement
durable éco-cert est, à ce
jour en France, la seule
procédure d’évaluation et de
cotation de la performance
permettant de situer le niveau
d’intégration des normes et
principes de développement
durable dans la gestion
déléguée de services publics
et des régies publiques.
ÉCO-MAIRES :
LA VILLE DE
SAINT-RAPHAËL
RÉCOMPENSÉE…
Décernés en décembre
dernier, les 23es trophées
éco-actions organisés
par l’association les
Eco-maires, ont, comme
chaque année, distingué
des municipalités engagées
dans des politiques
environnementales et de
développement durable
remarquables. Pour le
thème énergie-climat, la
ville de Saint-Raphaël (Var)
a été primée pour son
système de management
de l’énergie ISO 50001.
La ville a été la première
collectivité territoriale
française à obtenir cette
certification internationale
à la suite d’un travail en
profondeur de gestion
économe des dépenses
d’énergie, qui a mobilisé
© virginievanos
TROPHÉES CLIMAT ÉNERGIE :
LA CCI NICE-CÔTE D’AZUR LAURÉATE
Ruelle de Saint-Raphaël.
… ET LA COMMUNAUTÉ
D’AGGLOMÉRATION DU
GRAND DAX PRIMÉE AU
SALON ENERGAÏA
Le Prix Éco-Maires, remis
en décembre dernier
à Montpellier lors du
salon EnerGaïa, a été
attribué à la communauté
d’agglomération du
Grand Dax (Landes), pour
son projet d’optimisation
des consommations
énergétiques des
établissements thermaux
de la région.
Les actions de diagnostic,
de partage d’expérience
et de formation
entreprises ont permis
aux dix établissements
thermaux aquitains
parties prenantes de la
démarche de dégager des
potentiels d’optimisation
particulièrement
intéressants pour une
activité mettant en
jeu d’importantes
consommations
énergétiques.
© EDF - Christophe Beauregard
Grand
Angle
LUTTER CONTRE
LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE,
C’EST POSSIBLE…
La précarité énergétique se caractérise par les
difficultés éprouvées par un foyer à assumer
le coût de la fourniture d’énergie nécessaire
à la satisfaction de ses besoins élémentaires
en raison, notamment, de l’insuffisance de
ses ressources ou de ses conditions d’habitat.
D’après l’INSEE, 3,8 millions de ménages dont
les dépenses d’énergie représentent au moins
10 % des revenus se trouvent dans cette situation.
9
Grand
Angle
LUTTE CONTRE LA
PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE :
TOUS CONCERNÉS
À l’instar de l’eau ou de l’alimentation, l’énergie est un bien vital. Dès 2005, les pouvoirs publics instauraient un tarif de première nécessité (TPN) dont le dispositif vient
d’être renforcé par la loi Brottes. Investie dans sa mission historique de service public,
EDF ne se contente pas d’appliquer les textes, elle multiplie les initiatives pour en renforcer l’efficacité et lutter contre la précarité énergétique.
© EDF - Christophe Beauregard
Le temps est un facteur décisif. Aussi, les clients en difficulté sont-ils
invités à se signaler avant l’accumulation des impayés. Par pudeur,
ignorance des dispositifs ou toute autre raison, nombreux sont
ceux à ne pas entreprendre la démarche. Les difficultés à honorer
les factures d’électricité étant souvent l’arbre qui cache la forêt de
problèmes plus étendus, EDF parvient à détecter des cas de détresse
financière grâce aux informations en provenance des organismes
chargés d’attribuer le TPN et de l’administration.
UN ENGAGEMENT HUMAIN
ET FINANCIER SANS ÉGAL…
Pour optimiser la coopération avec les acteurs sociaux, EDF a mis en
place 380 conseillers solidarité pour aider les travailleurs sociaux des
collectivités à trouver des solutions aux situations les plus difficiles.
Le Groupe a mis en place 380 conseillers solidarité pour informer les clients fragiles.
Ces professionnels sont en relation constante avec les acteurs locaux
de la solidarité. Pour faciliter l’échange et l’instruction des quelque
vant même l’interdiction des coupures d’électricité pen- 600 000 dossiers traités conjointement chaque année, un outil
dant l’hiver aux clients en défaut de paiement, EDF en en ligne, le Portail d’Accès aux Services Solidarité d’EDF (PASS),
prémunissait non seulement les bénéficiaires d’une aide sera ouvert au deuxième trimestre 2014. Dans un premier temps
des fonds de solidarité logement (FSL), conformément quelques services sociaux de chaque région y auront accès avant
à la réglementation, mais aussi les bénéficiaires des tarifs sociaux. une généralisation progressive dans les mois suivants. Ce portail
Dans le même esprit, EDF avait plaidé en faveur de l’attribution va permettre la formulation des demandes et les échanges en ligne
automatique du TPN. Mise en place en mars 2012, la mesure avec les conseillers EDF de manière souple et rapide. Par ailleurs,
s’était déjà traduite par l’accroissement significatif du nombre de pour favoriser le partage d’expérience entre les acteurs régionaux,
bénéficiaires. Désormais, ses équipes se mobilisent pour
EDF organise des forums solidarité dans toute la France.
atteindre l’objectif de 4 millions de foyers visé par la loi « Le temps
Depuis plus de vingt-cinq ans, EDF est partenaire des
Brottes (voir page 16).
est un facteur FSL. Plus de 200 000 familles en bénéficient. Gérés par
Faire connaître les tarifs sociaux de l’énergie aux per- décisif »
les conseils généraux, ils aident les ménages défavorisés
sonnes éligibles et les démarches pour y accéder c’est
à accéder à un logement, s’y maintenir et assumer leurs
bien ; leur tendre la main avant qu’elles ne se trouvent en précarité dépenses d’énergie. Avec une participation de 23 millions d’euros
énergétique, c’est mieux. À cet effet, EDF mobilise ses 5 000 conseil- en 2013. EDF est le premier contributeur aux FSL après les conseils
lers clients placés aux avant-postes pour déceler les foyers en dif- généraux.
ficulté et concrétiser un de ses engagements clients : « Vous aider Avec l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux
dans les moments difficiles. » En 2013, plus de 466 000 clients ont d’action sociale (UNCCAS), c’est depuis 2008 que des partenabénéficié d’un soutien adapté à leur situation dans le cadre du pro- riats ont été engagés. À l’image de la convention signée fin 2013, à
gramme « accompagnement énergie ».
Boulogne-sur-Mer, avec l’union départementale des CCAS, ils
A
10
© EDF - Christophe Beauregard
Grand
Angle
En 2013, plus de 325 000 clients ont bénéficié d’un soutien adapté à leur situation dans le cadre du programme « accompagnement énergie ».
spécifiques, les correspondants solidarité (voir page 14). Ils complè­
tent l’action des conseillers solidarité qui, eux, sont au contact des
travailleurs sociaux.
… PARTAGÉ AVEC LE MONDE
ASSOCIATIF
DÉTECTER LES PUBLICS FRAGILES
POUR MIEUX LES AIDER
De nombreux projets sont aussi menés avec le monde associatif.
EDF apporte, par exemple, un soutien de l’ordre de 1,5 million
d’euros au programme Toits d’abord de la Fondation Abbé Pierre.
Comme le souligne Patrick Doutreligne, délégué général de la fondation : « C’est dans les “passoires thermiques’’ qu’on loge les plus
modestes, ceux qui n’ont pas le choix de leur habitat. Avec EDF,
nous inversons la logique au bénéfice des ménages confrontés à
la précarité énergétique. » Toits d’abord doit permettre la remise à
niveau énergétique d’environ 3 000 logements sociaux et la création
de pensions de famille économes en énergie. Les travaux font l’objet
de la plus grande attention : « En matière de rénovation du parc existant, soit 99 % des logements habités, la fondation est favorable à
un saut qualitatif d’entrée de jeu : on voit des logements réhabilités
ressortir avec une étiquette énergie de niveau F, voire G… C’est un
mauvais calcul, à tous points de vue ! » déplore Patrick Doutreligne.
D’une manière générale, les clients d’EDF accompagnés par une
association comme la Croix-Rouge française, SOS Familles Emmaüs,
le Secours populaire ou le Secours catholique bénéficient d’un diagnostic personnalisé dans le cadre du service « accompagnement
énergie ».
Pour faciliter les relations avec les travailleurs sociaux et les organismes caritatifs, EDF met à leur disposition des interlo­cuteurs
Qui mieux qu’une banque peut déceler les problèmes financiers ?
Dans sa préoccupation d’intervenir au plus tôt auprès de ses abonnés
fragilisés, EDF a conclu une convention avec la Fédération nationale
du Crédit agricole qui a lancé un dispositif d’aide innovant. Baptisé
Point Passerelle, il permet aux personnes victimes d’un accident de
la vie d’évoquer leurs problèmes d’argent et d’être conseillées afin
de trouver une solution. La convention donne aux Points Passerelle
© EDF - Christophe Beauregard
c­ omportent diverses actions liées à l’énergie : aides ­financières,
­formation, maîtrise de la demande d’énergie, communication sur
les tarifs sociaux…
Dès l’ouverture d’un dossier FSL, EDF s’abstient de toute coupure d’électricité.
11
Grand
Angle
© EDF - Christophe Beauregard
PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
« C’est dans les passoires
thermiques qu’on loge
les plus modestes »
Au contact direct des foyers, les structures de médiation sociale conduisent une autre forme d’action solidaire.
TRAITER LE MAL À LA RACINE
L’allégement de la facture énergétique constitue le meilleur moyen
d’éviter l’endettement sur ce poste de dépense. D’où le dynamisme
de la politique d’information conduite par EDF via les conseillers
clients, la distribution de la brochure « Les bons gestes pour faire des
économies… » ou par le biais de partenariats. Comme celui conclu avec
l’association Unis-Cité dans le cadre de son programme Médiaterre
proposant à des jeunes en service civique de rencontrer des habitants
de quartiers populaires pour les aider à mieux consommer l’énergie.
EDF assure la formation des volontaires. L’année dernière plus de
10 000 familles ont été aidées dans une cinquantaine de villes.
Résorber l’habitat énergivore, c’est traiter la précarité énergétique à la
racine. On ne s’étonnera donc pas de l’importance du soutien d’EDF
aux programmes de rénovation. EDF s’est engagée en septembre
2011 auprès de l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (Anah),
dans le cadre du programme Habiter Mieux. La convention a permis
d’enclencher la rénovation de près de 50 000 logements sur la période
2011-2013. Sur cette période, EDF a apporté son soutien financier
à hauteur de 28 millions d’euros – soit environ 29 000 logements
12
© EDF - Christophe Beauregard
la possibilité d’inclure le paiement des factures d’énergie dans leur
champ d’intervention et d’assister les clients communs au réseau
bancaire et à EDF, en les aidant, par exemple, dans l’obtention de
facilités de règlement de leur facture d’énergie, une avance de trésorerie à taux préférentiel ou encore un microcrédit pour financer des
travaux d’amélioration énergétique de leur logement.
Au contact direct des foyers, les structures de médiation sociale
conduisent une autre forme d’action solidaire. Lieu d’accueil unique
pour les personnes en difficulté d’intégration, les Points d’information et de médiation multiservices (PIMMS) apportent un soutien
aux démarches de la vie quotidienne. Pour celles liées à l’énergie,
EDF propose à leur personnels d’accueil des formations aux tarifs
sociaux et à la maîtrise de l’énergie. Membre fondateur de l’Union
nationale des PIMMS, EDF en assure la présidence jusqu’en 2015.
De nombreux projets sont aussi menés en collaboration avec le monde associatif.
aidés.). EDF s’implique aussi dans les contrats locaux d’engagement
d’aide aux propriétaires occupants ou bailleurs pour la réalisation de
travaux d’économie d’énergie et l’offre « Montant de charges » d’EDF
Collectivités, conçue avec les bailleurs sociaux, a débouché sur la
rénovation de 151 000 logements sociaux en 2012 et 135 000 en 2013.
La solidarité s’inscrit dans la ville durable. À Bordeaux, plus de
100 familles ont bénéficié de l’offre « Rénovation solidaire » d’EDF,
dans le cadre d’un partenariat de ville durable et solidaire avec la municipalité. Pour donner aux collectivités les moyens de bâtir une stratégie
prospective de lutte contre la précarité énergétique, EDF a, par ailleurs,
conçu « Optimisation énergétique stratégies territoriales », un outil
d’extrapolation des consommations d’énergie, de la précarité énergétique et des besoins de transports d’un territoire à l’horizon 2030. Engagements client EDF
EN •http://engagements.edf.com/les-engagements-edf--moi-201731.html
SAVOIR • Partenariats
+
http://collectivites.edf.com/territoires-durables/precarite-energetique/
accompagner-la-solidarite-au-quotidien/accompagnement-92335.html
© EDF - Christophe Beauregard
© Jean-Marc Baudet
CONSEIL GÉNÉRAL DU JURA :
FAIRE BAISSER LA FACTURE DE PLUS DE 500 FAMILLES
ENTRETIEN AVEC
CHRISTOPHE PERNY,
PRÉSIDENT DU
CONSEIL GÉNÉRAL
DU JURA
Comment est née l’idée
du partenariat entre le
conseil général du Jura et
EDF autour du programme
Énergie Logis ?
CP L’accompagnement social
et la prévention des expulsions
sont aujourd’hui au cœur des
missions du département.
Les problématiques de précarité
impactent de plus en plus les
familles et fragilisent leur accès
ou leur maintien dans un
logement. Depuis quatre ans,
le département est confronté à
une hausse constante des
demandes d’aides FSL (Fonds
solidarité logement) au titre de
l’énergie. Ainsi, en 2012,
356 000 euros d’aides ont été
versés à ce titre contre
191 000 euros en 2008, soit plus
de 86 % d’augmentation. Afin de
faire face à ce phénomène qui ne
cesse de s’amplifier au fil des
années, le département a
souhaité s’engager sur des actions
préventives dans le domaine de la
consommation énergétique des
ménages. Cette volonté a rejoint
l’une des préoccupations d’EDF,
contributeur financier au FSL,
engagé dans la lutte contre la
précarité énergétique. C’est de ce
rapprochement qu’est né le
dispositif « Énergie Logis ; Mieux
vivre dans un logement sain et
économe ».
Quel est l’objectif du
programme Énergie Logis ?
CP Il s’agissait dans un premier
temps de permettre à quelque
300 familles en situation de
précarité de bénéficier d’un
accompagnement adapté afin
qu’elles puissent mieux maîtriser
leur consommation d’énergie. Ce
projet ambitieux couvre l’ensemble
du département, en s’appuyant
sur un réseau de seize partenaires
locaux (Adil, Ajena, ARS, Jura
Habitat, CAF du Jura, Secours
catholique, etc.). Ce dispositif,
financé par le conseil général du
Jura et EDF Collectivités, a disposé
d’une enveloppe globale initiale de
125 000 euros. Il a débuté fin 2012
et s’est poursuivi sur toute l’année
2013 avec le concours de
différents acteurs locaux :
communes, organismes sociaux,
CCAS, associations caritatives,
relais de services publics et
bailleurs publics. Le dispositif vise
notamment à maîtriser les
consommations énergétiques et à
faciliter l’appropriation des
écogestes.
Quelles sont les actions
proposées conjointement
par le conseil général du
Jura et EDF Collectivités ?
Deux axes de travail ont été
choisis : l’accompagnement
individuel d’abord, avec 56 foyers
CP
concernés dans le Jura, et
l’accompagnement collectif
ensuite qui a touché 150 foyers
l’an dernier au travers d’ateliers
pratiques (repérer les faiblesses
d’isolation et agir, connaître les
différents modes de chauffage et
choisir le bon, gérer sa
consommation d’eau, etc.)
EDF Collectivités a notamment
proposé un atelier pour connaître
les grands principes de la maîtrise
de l’énergie, ainsi qu’un autre pour
décoder sa facture d’électricité.
C’est au travers de cette
sensibilisation sur le long terme
que le conseil général du Jura
et EDF pourront agir sur
les habitudes de vie et de
consommation des citoyens en
situation de précarité. Et ainsi
contribuer à faire baisser leur
facture, tout en gardant un
nécessaire confort de vie.
Vu le succès de cette opération,
Énergie Logis a été reconduit pour
2014 avec l’accompagnement de
200 nouvelles familles. EN
SAVOIR • http://www.jura.fr
+
13
PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
RENCONTRE
AVEC...
LAURENT SCHRUB
Correspondant solidarité
Solidaire, Laurent l’est dans
l’âme. Mécanicien de formation,
un diplôme d’économiegestion en poche (décroché en
cours du soir), il débute chez
EDF‑GDF Services à la fin des
années 1980, avant de rejoindre
ERDF puis EDF. Pompier
volontaire pendant vingt ans,
secouriste chez EDF, Laurent
a progressivement fait de la
solidarité son métier au fil de
son expérience, personnelle et
professionnelle.
D
epuis 2007, Laurent Schrub est basé à Sarreguemines, en Moselle. Son métier : correspondant solidarité pour trois départements (Meurthe-et-Moselle,
Moselle et Vosges). « Une partie de mon temps est consacré
à animer des réunions d’information pour les familles en
difficulté, à l’occasion notamment d’opérations de lancement des kits énergie solidarité délivrés depuis 2007 par
EDF », retrace Laurent. Aux côtés des élus, des travailleurs
sociaux et de bénévoles associatifs, c’est l’occasion pour lui
d’expliquer la politique de solidarité d’EDF, de promouvoir
les tarifs sociaux…
Chaque année, le correspondant solidarité définit avec les
conseils généraux le montant et les modalités des aides
apportées par EDF au fonds de solidarité logement (FSL),
rencontre régulièrement les associations caritatives, les
travailleurs sociaux, pour entendre clairement leurs remontées sur les difficultés rencontrées par les populations en
situation de précarité. « Pour faire ce métier, il faut aimer
aider autrui, confie Laurent, qui vit ici son septième hiver.
Mon expérience au sein d’un service achats durant dix
ans m’a donné le sens de l’organisation, l’amour de la
communication… »
Inlassablement, Laurent est l’auditeur attentif des familles
en difficulté qui, selon l’habitat, le territoire, subissent de
plein fouet les conséquences de la crise. « En trois ou quatre
ans, on est passé en France de 400 000 TPN à plus d’un
million et demi aujourd’hui… », constate Laurent, plus
déterminé que jamais. 
14
Grand
Angle
LE 5
NOV.
2013
À LONGWY
(MEURTHE-ET-MOSELLE)
Un an après, Laurent revient à Longwy tenir
une réunion publique devant des familles
bénéficiaires du kit énergie solidarité. Les
économies sont-elles à la hauteur des
espérances ? Même si le kit est gratuit, il est
important d’assurer le SAV. Échange cordial
et instructif.
LE 14
NOV.
2013
À VILLERUPT
(MEURTHE-ET-MOSELLE)
Lancement du kit énergie solidarité devant
des familles en situation de précarité énergétique. Ampoules, multiprises, thermomètre, brochure… Le nécessaire et son
mode d’emploi pour maîtriser la consommation d’énergie.
LE 15
NOV.
2013
À BACCARAT
(MEURTHE-ET-MOSELLE)
À chaque lancement du kit énergie solidarité, Laurent ouvre
sa grande valise en bois : lampes basse consommation,
thermomètre, coupe-veille automatique, douchette à
turbulence, réducteur de débit pour robinet d’évier, dépliants
d’informations pratiques… Tout ce qu’il faut avoir et savoir pour
alléger les factures d’eau et d’électricité.
Photos du reportage : © EDF - Christophe Beauregard
En présence du maire de la ville berceau de
la célèbre cristallerie du même nom, Laurent
dresse le bilan du kit énergie solidarité, distribué un an plus tôt à des familles de la commune. Venus en nombre, les représentants du
conseil général, du Secours populaire, de l’OPH
Lunéville, des Restos du cœur, de Meurthe-etMoselle Habitat, et de l’Union des associations
familiales 54 n’en perdent pas une miette.
15
Grand
Angle
PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE
LOI BROTTES
UNE AVANCÉE
SIGNIFICATIVE
L e décret relatif aux tarifs sociaux
de l’énergie en application de la loi
du 15 avril 2013 portée par François
Brottes* a été publié au JO le 6 novembre.
La nouvelle réglementation produit donc
son effet dès cet hiver. Ses dispositions
doivent permettre de faire passer le
nombre de foyers bénéficiaires du tarif de
première nécessité (TPN) de 1,6 million
de foyers à 4 millions, soit environ
8 millions de clients.
*Député de la 5e circonscription de l’Isère, président de la commission
des affaires économiques de l’Assemblée nationale
EN http://www.developpement-durable.gouv.fr/
SAVOIR •Le-tarif-de-premiere-necessite-TPN.html
Éligibilité
Tarification
Extension du TPN à tous
les foyers dont le revenu
fiscal annuel de référence
est inférieur à 2 175 euros
par part (l’administration
devient ainsi une source
supplémentaire de
détection d’éligibilité)
et aux résidences
sociales conventionnées.
Auparavant, l’attribution
était réservée aux seuls
ayants droit à la couverture
maladie universelle
complémentaire (CMUC)
ou à l’aide pour une
complémentaire de
santé (ACS)
Instauration d’un forfait
se traduisant par une plus
forte diminution de la
facture des bénéficiaires
du TPN. L’abattement
atteint désormais 109
euros pour un foyer de
2 personnes titulaire d’un
contrat de 6kVA contre
94 euros en moyenne avec
le système précédent
(40 à 60% de réduction
sur l’abonnement et les
100 premiers kWh).
Coupure
pour défaut
de paiement
Interdiction entre
le 1er novembre et
le 15 mars. Restriction
possible de puissance
à 3 kVA permettant
l’utilisation simultanée de
l’éclairage, un téléviseur,
un réfrigérateur,
un congélateur et un
appareil à résistance.
© Assembléenationale.
+
Principales dispositions
16
Repères
LES CHIFFRES
DE LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE
UN
PHÉNOMÈNE
EN PROGRESSION
Sources : ADEME, INSEE
Sources : ADEME, INSEE
UN PHÉNOMÈNE LIÉ À LA CRISE ÉCONOMIQUE
La précarité énergétique commence quand la
part des dépenses consacrées à l’énergie est
supérieure à 10% des revenus.
3,8 millions
de ménages sont en situation
de précarité énergétique
2 fois
DÉPENSES EN ÉNERGIE
PLUS IMPORTANTES EN ZONE RURALE
LES MÉNAGES LES PLUS PAUVRES CONSACRENT
15% DE LEURS REVENUS AUX DÉPENSES
ÉNERGÉTIQUES, CONTRE 6% POUR LES PLUS
RICHES
La précarité énergétique implique un mauvais
état des logements, mal isolés. Elle se traduit par
une restriction sur les dépenses de chauffage et
une vulnérabilité face aux variations des prix.
La part des dépenses énergétiques des 20%
des ménages les plus pauvres est
2,5
fois plus élevée que la part des 20%
des ménages les plus riches.
Soit
8,2
millions de personnes
=
La facture énergétique d'un Parisien est
inférieure de
13,5%
44 %
de la population
(chiffres 2009)
à celle d'un habitant d’une commune rurale (en
raison de la part du fioul dans le chauffage, de la
taille de l’habitat et des dépenses de carburant).
Pour les ménages modestes,
DOUBLEMENT EN 30 ANS
des dépenses contraintes
(loyer, énergie, télécoms, assurances...)
UN ENGAGEMENT D’EDF
TARIFS DE PREMIÈRE
NÉCESSITÉ* (TPN)
*Tarifs appliqués aux plus démunis,
sur critères sociaux.
ACCOMPAGNEMENT
+ de 466 000 clients
ont bénéficié d’une offre
«accompagnement énergie*» en 2013.
* dispositif personnalisé de prévention
2013
1,6 million
INVESTISSEMENT
23 millions d’euros
en 2013 pour le fonds de solidarité logement
dont bénéficient 201 000 familles.
ou de résolution des problèmes de paiement
8 000 kits MDE
135 000 logements
380 conseillers
28 millions d’euros
(Maîtrise de la Demande en Énergie)
distribués en 2012 à des ménages en difficulté
(avec une ampoule basse consommation, un
économiseur d’eau et une multiprise coupe-veille).
sociaux rénovés en 2013 dans le cadre de l’offre
«montant des charges».
de bénéficiaires
cible
2014
4 millions
de bénéficiaires
dédiés à l’accompagnement de clients démunis en
plus des 5 000 conseillers EDF, qui sont tous
formés pour faire face aux situations de précarité.
de 2011 à 2013 au fonds d’aide à la rénovation
thermique de 29 000 logements.
17
Parlons-en
STRATÉGIES ÉNERGÉTIQUES
TROUVER LE BON ÉQUILIBRE ENTRE LES TERRITOIRES
Pierre Veltz, P-DG du conseil d’administration de l’établissement public de ParisSaclay, et Jean-Noël Guillot, directeur projet Ville durable chez EDF, échangent
sur les enjeux de la gestion locale des stratégies énergétiques.
JEAN-NOËL GUILLOT
Jean-Noël Guillot, ingénieur diplômé de
l’INSA Lyon, débute sa carrière dans le
domaine des contrôles non destructifs pour
la maintenance industrielle puis nucléaire
chez EDF. Il est ensuite en charge du
développement des usages performants de
l’électricité pour l’habitat. Pour l’ouverture
à la concurrence des marchés de l’électricité
pour les particuliers, il a assuré la mise en
place puis le pilotage opérationnel des
centres de relation clients particuliers
et professionnels. Depuis 2011,
il conduit le projet Ville durable au
sein d’EDF Commerce pour le
développement de services et
de solutions énergétiques
bas carbone pour une
ville et des territoires
durables.
PV Jadis, chacun avait conscience du caractère local,
concret de l’énergie (bois, eau, vent, etc.). Le xxe siècle a
amené une perception de plus en plus abstraite et une dissociation croissante entre lieu de production et contexte
d’utilisation de l’énergie. La centralisation électrique française a accentué ce phénomène. La montée des énergies
renouvelables (EnR), liées aux ressources locales, la problématique de la sobriété, remettant le consommateur en
position active, changent la donne. La volonté des territoires
et des collectivités locales de retrouver un rôle plus actif
s’inscrit dans une tendance profonde où l’idée d’autonomie
exprime le besoin de protection et la volonté d’ouvrir des
« clairières » dans la jungle mondialisée, selon le mot du
philosophe allemand Rüdiger Safranski.
JNG Sur la toile de fond nationale de l’indépendance
énergétique et de limitation des émissions de CO2, l’énergie
est aussi un des leviers stratégiques de développement économique et de compétitivités des territoires. La question
énergétique impacte des domaines comme la construction
et les transports. Prises au niveau local, ces décisions ont
des conséquences sur les articulations, la complémentarité
et l’équilibre entre global et local. Se pose alors la question
de l’échelon territorial le plus pertinent en fonction des
questions énergétiques posées.
©
ED
F
PV La préférence pour le local ne doit pas devenir un
dogme idéologique. Les diverses EnR n’ont pas le même
rapport au territoire. La chaleur est par nature un sujet local,
voire microlocal, alors qu’il y a des raisons puissantes de
gérer l’électricité à échelle nationale et internationale, du
moins tant que le stockage n’aura pas connu de bond technologique substantiel. Quand on se préoccupe de « bonne »
échelle, il faut savoir si on parle de technique, de régulation,
de stratégie, de gouvernance… Techniquement, une bonne
échelle peut être le quartier ou un ensemble de quartiers.
Stratégiquement, l’agglomération étendue est souvent pertinente : elle inscrit les choix énergétiques dans un contexte
global : bâtiments, politiques de mobilité, aménagement,
gestion des déchets et économie circulaire, etc. Ces sujets
peuvent mobiliser les habitants autour d’un projet d’innovation, et procurer un sentiment de fierté locale. La Région
et la na­­tion sont les lieux naturels de définition et de mise
en œuvre de règles commu­nes. Elles doivent
jouer un rôle clé dans la promotion du volet
industriel de la transition énergétique,
toujours minoré en France. J’ajoute que
la question des outils de mesure (au-delà
18
Parlons-en
JNG La production ne doit pas être la seule préoccupation
énergétique de territoires. Une stratégie énergétique doit
porter un intérêt prioritaire à l’amélioration et à l’optimisation des utilisations de l’énergie. L’évolution de l’usage des
bâtiments, résidentiels comme tertiaires, des transports, de
l’industrie même, où la proximité est un facteur clé, offre la
plus grande latitude à l’initiative locale, notamment pour
« décarboner » les besoins énergétiques locaux constitués
aujourd’hui majoritairement de produits fossiles. Les collectivités ne disposant pas du même potentiel d’EnR, se
pose, par ailleurs, la question de l’équité et de la solidarité
territoriales en matière de ressources énergétiques.
PV Un des fondements du pacte républicain est que les
atouts naturels locaux ont vocation à devenir des biens
publics partagés. L’accent mis sur l’autonomie locale peut
dériver vers l’égoïsme territorial. Un territoire doté d’une
source géothermique stable peut légitimement en faire un
atout de développement, et se mettre partiellement à l’abri
des fluctuations d’offre et de prix. Mais cette source doit être
considérée comme un bien patrimonial public et ne pas
générer de rente indue pour des acteurs privés. Un avantage
au local ne dispense pas des devoirs de solidarité et d’équité
interterritoriale. Dans un contexte décentralisé, la régulation
doit être adaptée, mais reste essentielle.
« Un avantage local
ne dispense pas des
devoirs de solidarité. »
JNG L’optimisation énergétique locale doit prendre en
compte les équilibres dynamiques entre production et
besoins locaux. Si, pour la chaleur, le caractère plus prévisible des productions et les facilités de stockage thermiques
facilitent la gestion de ces équilibres, il n’en va pas de même
des EnR électriques, intermittentes avec des capacités de
production finies. La prise en compte de la sécurité d’approvisionnement sous l’angle des équilibres offre/demande, des
approvisionnements en énergies fossiles mais aussi de la
sécurité des réseaux vis-à-vis des agressions externes,
d’ordre climatique par exemple constituent aussi des sujets
à prendre en compte.
souvent sous maîtrise d’ouvrage publique ; enfin, une gestion « intelligente », par la création de plates-formes numériques facilitant les optimisations décentralisées et de nouvelles infrastructures valorisant la complémentarité des
besoins énergétiques des acteurs (chaud, froid, électricité).
Un mix d’EnR sera mis en œuvre. Et nous étudions un
réseau de chaleur basse température (géothermie) servant
d’échangeur entre utilisateurs en excès ou en déficit (smart
énergie), couplé à un smart grid électrique. Un projet très
novateur, surtout à cette échelle.
JNG Dans un nouveau quartier, il faut aborder l’énergie
des transports et l’efficacité de l’éclairage public. La mixité
entreprises/logements est propice au développement de
transports électriques partagés (navette, auto, vélo), de mobilités douces, de transport en commun. L’optimisation précoce des implantations d’infrastructures de recharge électrique et du réseau d’éclairage s’intègre à la réflexion sur
l’urbanisme. PIERRE VELTZ
Diplômé de l’École polytechnique, ingénieur
du corps des Ponts, Pierre Veltz a été
directeur de l’ENPC, président de ParisTech
et directeur de l’Institut des hautes études
de développement et d’aménagement des
territoires européens dont il préside le
conseil scientifique. Après avoir dirigé la
Mission d’aménagement de la région
capitale, il est depuis 2009 délégué
ministériel pour le développement
du cluster du plateau de Saclay.
Membre du CA de l’ENS, de
l’Académie des technologies et du
Comité de prospective de l’Agence
nationale pour la Recherche
et, depuis 2010, P-DG du CA de
l’établissement public de ParisSaclay, Pierre Veltz est
l’auteur d’ouvrages sur les
questions territoriales.
©P
aris-S
acla
y
de la comptabilité économétrique actuelle) est essentielle,
pour refléter les enjeux et tenir compte des impacts sociaux
et environnementaux des activités.
PV Le territoire de Paris Saclay relève typiquement d’une
approche multi-échelles. Il s’insère dans le Grand Paris mais
se divise en sous-projets, autant d’échelles pertinentes du
point de vue énergétique. Nos réflexions les plus avancées
concernent la ville campus qui émerge au sud du plateau.
Un vaste projet scientifique, mais aussi d’aménagement
faisant l’objet d’un contrat de développement territorial.
Nous avons défini, avec la communauté d’agglomération du
plateau de Saclay et six communes, une stratégie d’éco-­
territoire très ambitieuse autour de trois mots clés : global,
sobre, malin. Une approche systémique, liant mobilité,
immobilier, déchets, gestion des espaces naturels et agricoles, biodiversité ; une économie de ressources, notamment
grâce à nos prescriptions pour les programmes immobiliers,
19
Présence
UNE HYDROLIENNE EN ESSAI SUR LA LOIRE
C
© EDF - Valéry Wallace
© EDF - Jean-Luc Petit
e printemps, EDF procédera à l’essai, pendant un an, d’une hydrolienne immergée dans la Loire, à Orléans. Composée de deux
axes verticaux permettant de superposer deux à quatre turbines, selon la hauteur d’eau, l’hydrolienne a été conçue par la société
grenobloise Hydroquest, EDF étant co-détenteur des brevets. À l’instar du prototype installé en mai dernier sur la rivière Oyapock, en
Guyane, l’hydrolienne sera suspendue à une barge flottante. Elle produira de 30 à 50 kW en fonction du débit du fleuve.
SACLAY : PREMIÈRE PIERRE DE L’EDF LAB
E
n octobre dernier, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et le
président d’EDF, Henri Proglio, ont posé, à Saclay (Essonne), la
première pierre d’EDF Lab. Ce centre de formation et de recherche, le
plus grand en Europe, va permettre au groupe EDF « d’être à l’avantgarde de la recherche et de l’innovation », selon les mots du chef du
gouvernement.
20
AUDE : RÉNOVATION DE DEUX
CENTRALES HYDROÉLECTRIQUES
A
près trois ans de travaux, les équipes d’EDF ont achevé
le chantier de rénovation des centrales hydroélectriques
de Nentilla et Escouloubre, dans l’Aude. 50 millions d’euros
ont été investis pour améliorer la sûreté et la performance de
ces installations datant des années cinquante et soixante-dix.
Dans le département de l’Aude, l’hydroélectricité produit environ 325 GWh par an, soit l’équivalent de la consommation de
135 000 personnes.
DORDOGNE : LAISSEZ PASSER
LES POISSONS !
L
e SMPVD (Syndicat mixte du Pays de la Vallée de la
Dordogne) et la division production ingénierie hydraulique, unité de production Centre (Limoges) d’EDF ont
conclu une convention de partenariat technique et financier
pour la réalisation du programme 2013-2015 de construction
de passes à poissons. 15 ouvrages situés sur les cours de la
Bave, de la Cère et du Mamoul sont concernés.
© David Queyrel
Présence
VOIES NAVIGABLES DE
FRANCE : DES BARRAGES
AUTOMATISÉS
S
hema, filiale d’EDF et Bameo, filiale à
50 % de Vinci Concessions, ont conclu
un contrat de partenariat de 312 millions
d’euros avec Voies navigables de France
(VNF) portant sur la conception, le financement, la construction, puis l’exploitation, la maintenance et le gros entretien
renouvellement (GER) de 29 barrages
automatisés sur l’Aisne et la Meuse. Il est
prévu d’équiper 3 barrages de microcentrales hydroélectriques. La mise en service
des barrages est prévue en 2020.
UNE MAISON DU BARRAGE
AU LAC DE VOUGLANS
E
DF a lancé des consultations avec les
collectivités locales en vue d’un partenariat
pour la construction d’un centre de découverte et d’information à l’aval du barrage de
Vouglans (Jura). Le projet comprend notamment un espace consacré à la découverte
de l’ouvrage et une exposition sur l’énergie
hydroélectrique. L’aménagement permettra
aussi d’accueillir diverses manifestations et
des conférences. Fermé au public depuis
l’instauration du plan Vigipirate, le barrage
de Vouglans était l’un des sites les plus visités
de la région. EDF envisage une inauguration
au printemps 2015.
L’HYDRAULIQUE
RECRUTE
P
La Maxe (Moselle), l’agence de
maintenance thermique Est
(AMTE) d’EDF spécialisée dans
les interventions sur les groupes
turboalternateurs et les turbines à
combustion s’est installée dans de
nouveaux locaux. D’une superficie
de 2 100 m2 et conforme aux labels
BBC et HQE, le bâtiment dispose
d’un système de gestion technique
centralisée qui permet de réduire la
consommation d’énergie de moitié
par rapport à une construction
­classique.
LE
SAVIEZVOUS ?
Avec plus de 20 000 MW
de puissance installée
sur 435 sites, EDF est le
1er producteur hydroélectrique
de l’Union européenne
© EDF - Cyrus Cornut
À
© BAUDOIN
MOSELLE : NOUVEAUX
LOCAUX POUR L’AMTE
our accompagner son développement
et compenser les départs à la retraite
qui resteront encore nombreux dans les
prochaines années, EDF va recruter quelque
300 personnes par an jusqu’en 2015 dans
son activité hydraulique. Les embauches,
essentiellement des techniciens et des jeu
nes ingénieurs du CAP à bac + 5, se feront
dans les domaines de l’exploitation, la maintenance, la mécanique hydraulique ou le
génie civil mais aussi dans des postes de
robinetiers et de chaudronniers. 11 % des
cadres et 32 % des salariés d’exécution et
de maîtrise seront intégrés par la voie de
contrats d’alternance.
LORRAINE : UN PACTE POUR L’EMPLOI
J
ean-Pierre Masseret, président de la
Région Lorraine, et Henri Proglio,
président-directeur général d’EDF,
ont signé, en novembre dernier, un
protocole d’accord dans le cadre du
Pacte Lorraine 2014-2016. L’accord va
permettre aux PME-PMI régionales
de bénéficier des compétences et de
l’expertise d’EDF, notamment dans les
domaines du nucléaire et de la rénovation énergétique pour développer des
projets industriels créateurs d’emplois.
EDF accompagnera la Région dans
la mise en place de plate-formes de
formation. Parallèlement à ces actions,
le groupe entend accroître les impor-
tants investissements qu’il consent en
Lorraine dans les domaines de la rénovation énergétique du bâtiment, de la
mobilité électrique, du nucléaire, des
énergies renouvelables, des réseaux
intelligents, des services énergétiques
aux entreprises et aux collectivités mais
aussi de la solidarité par le biais de
partenariats.
EN http://collectivites.edf.com/
SAVOIR •actualites-et-temoignages/
actualites-et-temoignages/toutes-les-
+
actualites/region-lorraine-285496.html
21
Présence
ÉCOLE DE LA DEUXIÈME CHANCE
LA FONDATION EDF RENFORCE SON PARTENARIAT
© EDF MÉDIATHÈQUE / TOMA
Pour 2014-2015, la Fondation d’entreprise EDF a fait de la solidarité sa priorité.
Engagé dès l’été 2012, le projet de mécénat en faveur du réseau des Écoles de
la deuxième chance en France sera à l’avenir renforcé.
A
u cœur de la problématique sociale de
l’exclusion, les Écoles de la 2e chance
(E2C) proposent un enseignement initial en
direction des jeunes « décrocheurs ». Initiative
européenne lancée en 1995, les E2C aident
chacun de ces jeunes à comprendre le monde
dans lequel il évolue, à se situer dans la société.
Destinées à former de futurs salariés, les E2C
promeuvent la formation en alternance au
sein des entreprises. En 2012, le dispositif
comptait plus d’une centaine d’écoles (plus
de 11 500 jeunes accueillis), réparties sur
18 régions et 48 départements. À leur sortie,
près de 60 % des stagiaires ont un emploi,
ou une formation qualifiante. Depuis 2009,
et le soutien de la fondation, les délégations
régionales d’EDF sont très impliquées sur
le terrain, via des propositions concrètes en
termes d’accueil, de stages, voire d’emplois.
En octobre 2011, le rapport de l’IGAS
(Inspection générale des affaires sociales)
émettait la proposition de doubler le nombre
FAITS
&
CHIFFRES
En dix-sept ans, plus de 2 000 projets
ont reçu le soutien du fonds Agir pour
l’emploi EDF et 12 000 personnes
ont pu retrouver le chemin de l’emploi.
BASTIA :
UN PARTENARIAT POUR L’INSERTION
LA CENTRALE DE BOUCHAIN
CRÉE DES EMPLOIS
J
L
acques-Thierry Monti, directeur régional d’EDF, et Alain
Doaré, directeur du lycée professionnel d’enseignement
maritime et aquacole de Bastia, ont signé en fin d’année dernière une convention de partenariat sur la formation et l’insertion professionnelle, notamment par le développement des
contrats d’apprentissage. EDF proposera aux élèves des visites
de ses installations et des stages. De son côté, le lycée maritime
mettra son expérience pédagogique et ses équipements à la
disposition des salariés d’EDF dans le cadre de la formation
professionnelle.
22
d’E2C sur le territoire. Fin 2011, le Parlement
européen recommandait le développement de
ce type de structure en Europe, avec le recentrage des fonds européens sur ces publics et
programmes.
’agence Pôle emploi de Denain (Nord) a convié plusieurs centaines de demandeurs d’emploi à une réunion d’information à
Bouchain, pour les informer des futurs besoins de recrutement à
la centrale EDF à cycle combiné gaz en construction sur la commune. Depuis juillet 2013, deux conseillers Pôle emploi sont présents en permanence sur le site de la centrale pour accompagner
les entreprises dans leurs embauches. La construction va entraîner
le recrutement de 61 tuyauteurs et de 40 à 50 soudeurs en mission d’intérim jusqu’à fin 2015. Jusqu’à 650 personnes pourraient
travailler sur le site pendant les pics d’activité.
Présence
E
n décembre dernier, Marc Leurette, délégué régional d’EDF,
a remis les premiers Trophées de l’engagement solidaire en
Bourgogne.
Cinq associations engagées dans le domaine de la solidarité ont
été récompen­sées et se sont vu attribuer une aide financière :
• le trophée Coup de chapeau (3 000 €) a été décerné à l’association Écoute mes mains (Dijon), pour l’aider à poursuivre son
action en faveur du développement des liens entre sourds et
entendants, particulièrement auprès des jeunes publics ;
• le trophée Coup de projecteur (2 000 €) est allé à 3 associations : Autisme 58 (Guérigny), pour le soutien et le conseil
qu’elle apporte aux familles concernées, Fondalim (Dijon),
pour son projet d’épicerie solidaire au profit des étudiants les
plus défavorisés de l’université de Bourgogne, et Un café pour
le monde (Dijon), café solidaire et éco-engagé, pour l’aider à
améliorer ses conditions d’accueil, en particulier des personnes
à mobilité réduite ;
• le trophée Coup de pouce (1 000 €) a été attribué au Club
Kiwanis (Autun), pour son aide aux familles démunies et aux
enfants handicapés. Le prix contribuera à l’achat d’un fauteuil
électrique adapté aux portes étroites, pour un jeune myopathe. RECRUTEMENTS
EN 2013 :
EDF DANS LE TOP 5
© EDF - Jean-Luc Petit
ENGAGEMENT SOLIDAIRE :
LA BOURGOGNE EN POINTE
A
vec près de 6 000 recrutements
en CDI en 2013, le groupe EDF
se place à nouveau dans le top 5
des entreprises qui recrutent en
France, aux côtés de Mac Donald,
Vinci et SNCF. Une dynamique qui
concerne toutes les régions, avec
en tête l’Île-de-France et RhôneAlpes-Auvergne, et tous les métiers :
la production (avec près de 3 000
recrutements), la distribution
(plus de 1 700 recrutements) et la
commercialisation (plus de 660
recrutements).
Un nouvel embauché sur deux a
moins de 26 ans, et les 3 quarts ont
moins de 30 ans.
L’alternance constitue pour EDF un vrai levier de recrutement : 3 000
alternants ont été accueillis en 2013 et près d’un nouvel embauché
sur 4 est un alternant formé par le Groupe.
Décryptage
ÉCOGESTES : PETITS GESTES, GRANDES ÉCONOMIES
CETTE RUBRIQUE
EST
LA VÔTRE
N’hésitez pas à nous envoyer
+
vos suggestions de décryptage sur notre site
• www.territoiresdescollectivitesedf.fr
CHAUFFAGE
Le chauffage, c’est 62 % de la
consommation d’énergie d’une
habitation (appartement ou
maison). Une part qui tend à
baisser, grâce aux travaux de
maîtrise de l’énergie dans
l’habitat, aux réglementations
thermiques, et à un comportement plus économe des
ménages : en baissant de 1 °C la
température, on allège de 7 %
sa consommation d’énergie.
ISOLATION & CHAUDIÈRE
les casseroles, adapter la taille de
celles-ci à celle des plaques, etc.
De 10 à 15 %, c’est le taux de
déperdition moyen d’énergie
lié aux fenêtres dans un logement. Les bons gestes : fermer
ses volets et rideaux, les portes
des pièces non chauffées et aérer
5 minutes par jour pour renouveler l’air. Côté chaudière, ne pas
oublier l’entretien annuel : outre
l’obligation légale, on peut ainsi
consommer de 8 à 12 % d’énergie en moins.
ÉCLAIRAGE
L’éclairage représente 9 % de
l’énergie consommée. D’où l’intérêt d’éteindre la lumière chaque
fois que l’on sort d’une pièce et
de privilégier les ampoules basse
consommation pour les éclairages
longue durée (jusqu’à 80 % d’économie par rapport à une lampe à
incandescence).
EAU CHAUDE & CUISSON
Choisir un ballon d’eau chaude
adapté au nombre de personnes
vivant dans le foyer et ne pas
modifier le réglage de la température, au risque de dégrader la
qualité de l’eau et la durée de vie
de l’équipement. Côté cuisson
(7 % de l’énergie consommée),
penser à mettre un couvercle sur
TÉLÉ, HI-FI, ORDINATEUR,
SMARTPHONE, TABLETTE
La télé, les ordinateurs et autres
appareils multimédias « pèsent »
1 5 % d e l a c o n s o m m a t i o n
moyenne d’énergie du foyer.
Quant à la consommation des
appareils électriques en veille, elle
peut représenter jusqu’à 10 % du
total consommé !
Sources : ADEME / www.moinsdeco2.fr Chauffage, eau chaude, cuisson, éclairage, télévision, smartphone… pour chacun de ces besoins,
il existe des réflexes très simples à adopter au quotidien pour un impact direct sur la facture d’électricité.
23
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