PROTECTION PHYTOSANITAIRE DES ARBRES FRUITIERS DANS

PROTECTION PHYTOSANITAIRE DES ARBRES FRUITIERS DANS
SERVICE DE L'AGRICULTURE
OFFICE PHYTOSANITAIRE / AURORE 1
CH-2053 CERNIER · 032 889 36 83
PROTECTION PHYTOSANITAIRE DANS LE VERGER AMATEUR
Le but de ce petit fascicule est d’aider l’amateur à reconnaître les maladies et ravageurs
les plus fréquents des arbres fruitiers, grâce à une description simple des symptômes et
dégâts qu’ils provoquent, et lui proposer des moyens de lutte. Des précisions quant à la
biologie des ravageurs et maladies sont apportées lorsqu’elles facilitent la compréhension
de la stratégie de lutte.
Avant tout recours à un produit de synthèse ou naturel pour combattre les ennemis
du verger, il est raisonnable de se reposer la question du but recherché par
l’arboriculteur amateur tant au niveau de la quantité que de la qualité de la récolte.
Des accidents climatiques, les maladies et les ravageurs endommagent ou détruisent
parfois les parties végétatives ou les fruits des arbres. La récolte de l’année est affectée, la
formation des futurs bourgeons est compromise. Des récoltes régulières et de qualité ne
peuvent être obtenues sans un minimum de soins, sinon nous devons nous contenter de
ce que la nature nous laisse. Cependant, la protection phytosanitaire seule ne garanti pas
des récoltes miraculeuses. Le choix des espèces et variétés selon l’emplacement, la taille,
la fumure et toutes les mesures culturales sont des éléments bien plus importants.
Observez régulièrement vos cultures. Une reconnaissance précoce des maladies et
ravageurs permet d’éviter des traitements ou de les rendre efficaces avec peu de produit.
De plus, la tolérance aux petits dégâts et défauts sur les fruits (seuil de tolérance
esthétique) est plus élevée dans le verger amateur que pour les produits destinés au
marché, et ceci sans que la qualité intrinsèque en soufre. Cette plus grande tolérance doit
être mise à profit pour limiter l’utilisation des produits phytosanitaires à l’indispensable,
surtout dans le verger amateur.
LA CULTURE
Climat, sol et espace
L’arbre fruitier se plaît dans un sol profond et perméable. Les remblais sont à éviter. Les
endroits aux gels printaniers fréquents, surtout à la floraison, sont fortement déconseillés.
Lorsque l’air froid peut s’écouler librement et ne risque pas de s’accumuler (haies,
bosquets, murs et bâtiments), le risque de gel diminue. Toutefois diverses sortes d’arbres
fruitiers peuvent être plantés dans un climat rude et difficile à conditions qu’ils soient placés
dans un endroit protégé, par exemple devant une façade ensoleillée, et qu’ils disposent de
suffisamment de terre et d’espace pour se développer et fructifier normalement. Les arbres
qui doivent être taillés sévèrement à cause d’un manque de place sont généralement peu
productifs.
Choix de l’espèce fruitière et de la variété
Ce choix dépendra des conditions de l’endroit (ensoleillement, situation protégée,
espace...). Les variétés tardives de pommiers, de kiwi ou de poiriers ne sont pas indiquées
pour des altitudes élevées. Les pêchers, les nectarines et les abricotiers ont besoin de
grandes surfaces et d’une situation ensoleillée. Les façades en ouest conviennent pour les
poiriers et les griottiers. Le Kiwi a besoin d’un climat de type viticole, mais sans qu’il soit
très exposé au soleil.
Il est aussi essentiel de tenir des comptes des exigences liées à la fécondation des fleurs.
Les pommiers, poiriers et cerisiers ne s’autofécondent pas toujours à satisfaction, cela
dépend de la variété. Dans le voisinage de ces arbres (allogames) doit se trouver une
autre variété apte à les féconder et qui joue le rôle de fournisseur de pollen.
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Les griottiers, les pruniers (sauf la variété Zimmers), les reines-claudes, les mirabelliers,
les cognassiers, les pêchers et les abricotiers s’autofécondent ; ces arbres (autogames)
peuvent être plantés de manière isolée. Les Kiwi par contre sont soit des plants mâles ou
femelles (dioïques). Les deux partenaires doivent être proches pour obtenir des fruits sur
les plants femelles.
Il existe de nouvelles variétés de pommes plus résistantes à la tavelure ou au feu bactérien
(variétés robustes) ce qui simplifie et diminue le nombre des éventuels traitements.
Avant de choisir une variété, réfléchissez bien à sa date de maturité, aux possibilités de
conservation dont vous disposez et à quel type de consommation (saison, séchage,
congélation, conserve, jus) vous destinez les fruits. Les variétés précoces ne sont bonnes
qu’au moment de leur pleine maturité et ne se conservent pas. Les variétés d’automne se
conservent entre 1 et 3 mois, mais il est recommandé de les consommer avant la fin de
l’année. Les variétés tardives dont les fruits sont de bonne qualité et sains se conservent
de manière prolongée dans une bonne cave (température entre 3 et 5 degrés et une
humidité relative de l’air comprise entre 80 et 90 % -rare !). Pour les caves plus sèches, les
balcons, garages et greniers, placer les fruits secs et sains dans un emballage isolant
(sagex, styropor). Remplir les boxes avec des fruits refroidis, sinon laisser le couvercle
o
ouvert jusqu’à ce que les fruits atteignent une température positive proche de 0 C.
Entreposez les boxes à l’abri du soleil. Dans tous les cas, contrôlez régulièrement l’état
sanitaire de vos stocks et n’hésitez pas à éliminer les fruits douteux avant qu’ils ne
contaminent tout le lot.
Taille
La Société cantonale neuchâteloise d’arboriculture Route de l'Aurore 4, 2053 Cernier) et
l’Association Rétropomme organisent des cours qui ont généralement lieu entre novembre
et mars.
Fumure
La nutrition des arbres fruitiers doit être suffisante et équilibrée. Trop souvent elle s’avère
excessive ou exagérée pour un élément nutritif. Une pousse annuelle de 30 à 50 cm est
normale ; au-delà il convient de diminuer l’apport d’engrais. Il est conseillé d’employer des
engrais spécifiques pour les arbres fruitiers. S’il est nécessaire d’appliquer une fumure,
l’effectuer en février mars. Quantité : 30 à 50 grammes par mètre carré de surface
couverte par la couronne et 1 mètre au-delà. Il est possible de remplacer l’engrais par du
compost de jardin bien décomposé à raison de 5 à 10 kg par 10 mètres carrés (surface
couronne).
Récoltes régulières
Certains arbres fruitiers ne forment des fruits en abondance que tous les deux ans
(phénomène de l’alternance, très prononcé chez Boskoop par exemple). Pour remédier à
cet inconvénient, on enlève, très tôt dans la saison, les jeunes fruits sous-développés,
malades, ombragés ou grêlés et en veillant à conserver le fruit central d’un bouquet.
Assortiment de fruits pour le jardin familial
Les variétés proposées se distinguent par certains critères intéressants pour l’amateur :
soit une certaine résistance aux maladies ou leur facilité à la culture, soit leur aptitude à
une bonne fécondation ou le faible risque d’alternance, soit une bonne conservation en
cave naturelle des fruits. Pour l’obtention de variétés locales et plus particulières ou
anciennes, prendre contact avec Rétropomme (Association neuchâteloise pour la
sauvegarde du verger de type traditionnel, C.P. 750, 2002 Neuchâtel)
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Assortiment de fruits pour le verger amateur
Dates de récolte
JUIN
JUILLET
AOUT
SEPT
OCT
NOV
Pommes
Transparente blanche
Vista Bella *fb
Primerouge
Retina*/**
Saturn*
Spartan
Jakob Lebel * fb
*Resi*
Topaz* / * fb
Boskoop **
Florina* /**
Arlet
Ontario
Reinette de Champagne
*fb
Variétés
précoces
automne
conservation
Poires
Griffard
Trévoux
précoces
Williams
Beurré Hardy
Harrow Sweet**
automne
Conférence * fb
Joséphine de Malines
conservation
Cerises
Burlat
Magda
Basler-Langstieler
Kordia
Schauenburger
Sunburst
Stark Hardy Giant
Aemeli
Griotte du Nord
Prunes
Hermann
Zimmers
Bühler
Fellenberg
Berudge
Reine-Claude
verte d’Oulins
Mirabelle
de Nancy
Coings * fb
Ronda
Vranja
Pêche et Nectarine
Redhaven
Nectared 4
Abricot
Bergeron
Royal
Kiwi
Bruno
Hayward
* Variétés résistantes à la tavelure / ** "résistantes" au Feu bactérien / *fb très sensibles au feu bactérien
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PLAN DE TRAITEMENT POUR LES FRUITS A PEPINS
Les produits phytosanitaires doivent s’appliquer de manière judicieuse et économe ; leur
utilisation ne se justifie qu’en fonction d’une observation et d’expériences passées ainsi
qu’en tenant compte de la sensibilité des variétés et de l’endroit. Le plan de traitement n’a
pas de valeur de recommandation générale.
mars
avril
8
1
mai
Juin
juillet
août
sept
oct
MALADIES
Tavelure/Oïdium
(1)
1
1
1
Moniliose
RAVAGEURS
2
Pucerons
7
Cheimatobie
7
Carpocapse
3 ou 4
3
4
Acarien rouge
Phytopte du poirier
Période d’attaque
1
2
3
4
5
6
7
8
9
Fongicides
Captane +
3
4
5
6
9
Floraison
1 à 9 périodes des traitements
Matières actives
Insecticides / acaricides / auxiliaires
Pirimicarbe/coccinelles
Virus de la granulose
Fénoxycarbe Inségar)
Savon noir
Huile minérale
Bande de glu autour du tronc
Cuivre
Soufre à 2% après récolte
MALADIES DES FRUITS A PEPINS
La tavelure (des pommes et poires)
Sur les feuilles, au printemps, le champignon provoque des taches légèrement translucides
puis olivâtres avec un aspect velouté, le limbe se déforme (pomme), ensuite l’intérieur de
la tache brunit. Les fruits sont tachetés de zones nécrosées et liégeuses ; lors d’attaques
sévères ils se crevassent. Sur poires, les rameaux chancrés sont fréquents.
Le champignon de la tavelure hiverne sur les feuilles mortes où il forme des ascospores.
Ces spores seront éjectées dès le printemps, lors des périodes pluvieuses, entre le
débourrement et fin mai. Durant cette période, le danger d’infection par la tavelure est
maximal. Le ramassage des feuilles à l'automne permet de diminuer les risques de
Tavelure l'année suivante. Pour des variétés robustes, peu sensibles à la tavelure (voire
assortiment des variétés) et implantées dans des endroits peu exposés, on peut renoncer
aux traitements contre la tavelure. Sinon la tavelure et l’oïdium peuvent être combattus de
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manière suffisante avec 4 à 5 traitements annuels. Le premier traitement, au débourrement
des bourgeons, peut se faire au cuivre. Ensuite, il est recommandé d’appliquer un
fongicide juste avant et immédiatement après la floraison puis 14 jours plus tard. Les
variétés très sensibles à la tavelure devraient ensuite être traitées toutes les 2 à 3
semaines (pommes surtout), particulièrement par temps de pluie. Il ne faut pas employer
de soufre mouillable après floraison sur la variété Cox Orange et pour des arbres en
espalier situés à des endroits ensoleillés.
Dans les endroits où la moniliose est fréquente, un traitement combiné contre la tavelure et
la moniliose est particulièrement indiqué à la floraison.
L’oïdium
Les tiges atteintes d’oïdium avec des bourgeons déformés doivent être éloignées durant la
taille d’hiver. Les bourgeons déformés peuvent aussi être éliminés dès le débourrement.
Pendant la période de végétation, il faut couper les pousses recouvertes d’un feutrage
blanc (champignon). Sur les variétés sensibles Gravenstein, Idared, Jonathan, Ontario et
Orange Suisse, 4 traitements combattent l’oïdium de manière satisfaisante. Si l’on ne doit
traiter que l’oïdium du pommier, l’application de soufre mouillable uniquement suffit.
La moniliose
Les fleurs atteintes se distinguent par un brunissement puis un flétrissement précoce qui
affecte aussi la branche. Les organes attaqués sèchent et se recouvrent de fructifications
(poussière) grises. Sur les fruits touchés se forment des coussinets (spores) de couleur
brun fauve, épais et disposés en cercles concentriques. Ensuite les fruits se momifient.
Lors de la taille d’hiver, il faut couper et éliminer les fruits momifiés et les branches sèches.
Un traitement (éventuellement combiné contre la tavelure) est indiqué si un dégât a été
constaté l’année précédente.
Sur pommier, après une attaque sévère l’année précédente, le premier traitement a lieu au
début de la floraison et le second dès la chute des pétales. Sur cognassier, le premier
traitement s’effectue lors du déploiement des premières feuilles et le second à floraison.
La rouille grillagée du poirier
Cette rouille n’apparaît que sur le poirier et le genévrier. Sur les feuilles de poirier se
forment d’abord de petites, puis de plus grandes taches brillantes de couleur jaune-orange.
Vers l’automne apparaissent d’abord des petits renflements en forme de bosse, puis des
excroissances en fuseau sur le dessous des feuilles. La rouille grillagée hiverne sur les
pousses de genévriers d’ornement sensibles et cause des renflements de la tige. Ces
renflements sont facilement reconnaissables en avril, par temps humide, lors de la
formation de masses gélatineuses jaune-orange (spores). Si la maladie se développe sur
un poirier, alors un genévrier malade doit se trouver dans les environs (rayons de 500
mètres). La chaîne d’infection peut être interrompue en éliminant les genévriers sensibles à
la maladie. Une feuille de poirier infectée par la rouille grillagée ne transmet pas la maladie
aux autres feuilles de poirier, mais uniquement aux genévriers.
RAVAGEURS DES FRUITS A PEPINS
Les pucerons
On reconnaît facilement une attaque de pucerons à l’enroulement des feuilles colonisées.
La présence de fourmis trahit souvent celle des pucerons cachés sous les feuilles. Il est
nécessaire de contrôler régulièrement la présence de pucerons dès le printemps. Depuis le
débourrement jusqu'à la floraison, les feuilles et jeunes pousses sont occupées par
l’inoffensif puceron vert migrateur qu’il n’est pas nécessaire de combattre. Un traitement se
justifie seulement lors d’une forte attaque du puceron cendré du pommier ou du poirier
(espèces grises). Le puceron vert peut apparaître plus fortement en été, mais il cause
rarement des dégâts sur des arbres un peu âgés. Des colonies isolées peuvent être
retirées manuellement avec un peu de coton.
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Le puceron lanigère
Les colonies sont reconnaissables à l’aspect ouateux de leurs sécrétions cireuses qui
cachent les pucerons. Les premières infections passent souvent inaperçues et se déclarent
au pied des arbres et dans les crevasses du tronc ou sur les anciennes plaies de taille. Un
brossage permet d’éliminer les colonies.
Le carpocapse (ver des pommes et des poires)
Le papillon du carpocapse est actif durant les chaudes soirées d’été. Les chenilles (larves)
issues des œufs, pondus par les papillons, creusent une galerie en spirale avant de
s’enfoncer plus en avant dans le fruit pour finalement atteindre la zone des pépins. Les
galeries sont encombrées d’excréments. Le développement de ces larves dure 3 à 4
semaines. Les chenilles qui sortent du fruit avant le début d’août ont la possibilité de se
nymphoser immédiatement et forment le second vol de papillons.
Les préparations à base de virus de la granulose agissent spécifiquement contre les
jeunes larves du carpocapse. La date du premier traitement est communiquée par la firme,
en général à la fin juin et doit être répété jusqu'à 6 fois dans la saison.
Avec le fénoxycarbe (Inségar), le premier traitement intervient au début juin et le second 4
semaines plus tard. En cas de doute sur l’opportunité de traiter, il est préférable de
renoncer au premier traitement au fénoxycarbe en juin (attaques du premier vol), mais de
lutter contre la deuxième génération (vol) qui hivernera.
Les pièges à phéromones, les bandes gluantes et les bandes de carton ondulé ne
permettent pas de lutter efficacement contre le carpocapse. Les pièges à phéromones
n’attrapent que les mâles, ils sont utilisés pour surveiller le vol des papillons et indiquer la
date optimale du traitement.
Cheimatobies (chenilles arpenteuses)
Ces chenilles vertes forment un pont lors de leur déplacement, se nourrissent de feuilles
dès le printemps et s’attaquent aux fruits dès la floraison. Elles rongent la pulpe des fruits
plus moins profondément et laissent des traces liégeuses. Souvent, les fruits atteints
tombent prématurément. La présence de chenilles isolées ne signifie pas forcément un
dégât d’importance ; elles seront très appréciées par les oiseaux.
Pour les arbres attaqués au printemps, des bandes gluantes peuvent être posées en
octobre autour des troncs. Elles empêchent les femelles ailées de monter le long du tronc
et de poser leurs œufs sur la couronne de l’arbre. Les chenilles issues d’œufs pondus en
dessous de la bande gluante vont grimper le long du tronc au printemps à la recherche de
nourriture. Ceci explique que les bandes gluantes doivent rester en place jusqu’au mois de
mai. Les chenilles ont terminé leur croissance après la floraison. A partir de ce moment, il
ne vaut plus la peine de les combattre par un traitement.
L’acarien rouge (araignée rouge)
Les morsures de ces acariens, d’une taille inférieure à 1 millimètre, causent une coloration
gris-brun du feuillage qui n’assimile plus ; la croissance de l’arbre est compromise. Leur
développement explosif est à craindre en été. Les acariens rouges ont des ennemis
naturels très efficaces : les acariens prédateurs (les typhlodromes par exemple). Si l’on
ménage ces acariens prédateurs en surveillant la toxicité des produits de traitement
utilisés, la lutte contre les acariens rouges s’accomplit naturellement. Lorsque les
populations d’acariens rouges sont importantes, un traitement acaricide après la floraison
possède la meilleure efficacité.
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Phytopte du poirier
Le phytopte du poirier, un minuscule acarien, provoque d’abord de petites ampoules ou
boutons verdâtres puis rouges sur les feuilles. Sur feuilles âgées ces galles deviennent
brunes et finalement noirâtres. Un traitement est possible à l’huile minérale, seulement au
printemps suivant, lors du débourrement.
Psylles du poirier
Le psylle dépose des œufs jaunes ovales sur les jeunes pousses au printemps. A ces
endroits, se formeront des colonies de larves plates, de couleur jaune-brun, qui piquent les
feuilles, ce qui les déforme et diminue la vigueur de l’arbre. Le miellat rejeté par les larves
provoque la formation de fumagine, un enduit noir et compact (en fait des champignons)
qui souille les fruits. Des colonies isolées peuvent être brossées ou retirées manuellement
avec un peu de coton.
PLAN DE TRAITEMENT DES FRUITS A NOYAU
Les recommandations générales faites pour le plan de traitement des fruits à pépins
s’appliquent, bien entendu, aussi pour les fruits à noyau.
février
mars
avril
CERISIERS
Moniliose
1
Maladie criblée
1
mai
juin
4
5
Carpocapse des
prunes
3
Pucerons
ABRICOTIERS
Moniliose
1
4
4
3
Pucerons
1
2
3
4
5
oct
3
PRUNIERS
Maladie des
pochettes
Fongicides
Captane +
sept
2
Pucerons
Période d’attaque
août
(1)
Mouche de la cerise
Variétés tardives
PECHER
Cloque du pêcher
juillet
Floraison
1 à 5 : périodes des traitements
Matières actives
Insecticides/acaricides/auxiliaires
Voile au sol
Pirimicarbe / coccinelles
Cuivre
Fénoxycarbe (Insegar)
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MALADIES DES FRUITS A NOYAU
Les monilioses
Mêmes symptômes que sur fruits à pépins. Il faut enlever et éliminer les fruits momifiés et
les pousses sèches lors de la taille d’hiver. La lutte est préventive, par un traitement avant
fleur (apparition des boutons floraux) qui sera répété sur fleur (dès 1/3 des fleurs ouvertes)
si le temps est pluvieux ou après un gel.
La maladie criblée des cerisiers
Les feuilles sont couvertes de taches brunes dont le centre nécrosé finit par se détacher
(feuilles criblées de trous). Les rameaux attaqués développent des chancres qui exsudent
de la gomme.
Si la maladie apparaît régulièrement et avec force, un traitement préventif au cuivre (à 0,3
%) est recommandé lors du débourrement, ou peu avant la floraison avec d'autres
fongicides Lors de conditions météorologiques pluvieuses et sur des variétés sensibles, il
conseillé de répéter le traitement juste après la floraison.
La maladie des pochettes du prunier
Les fruits sont fortement déformés, souvent aplatis et contournés, et dépourvus de noyau.
Une croûte blanchâtre recouvre les fruits atteints. L’apparition de cette maladie est
favorisée par un temps froid et humide à la floraison. Elle se manifeste souvent dans les
vergers situés à plus de 600 mètres d’altitude.
La cloque du pêcher
Les feuilles atteintes s’épaississent, se boursouflent et prennent une coloration jaunâtre
puis rougeâtre. Les jeunes pousses infestées sont tordues et déformées et souvent elles
se nécrosent. Les feuilles fortement cloquées tombent prématurément. La maladie
apparaît toujours très soudainement, au départ de la végétation. Un temps froid et pluvieux
lors de l’ouverture des bourgeons favorise la maladie.
La lutte est uniquement préventive et doit être envisagée en cas d’attaque l’année
précédente. Les traitements ont lieu à l’automne, après la chute des feuilles, et au
printemps au premier gonflement des bourgeons.
RAVAGEURS DES FRUITS A NOYAU
La mouche de la cerise
Entre mai et juillet, selon les expositions, la mouche pond des œufs sur les fruits lorsque
les cerises commencent de rougir (elles prennent d'abord une couleur jaune). Les petites
larves éclosent 6 à 12 jours plus tard et creusent une galerie jusqu’au noyau. Les larves
terminent leur développement 3 à 4 semaines plus tard, quittent le fruit et tombent au sol
où elles s’enfoncent de quelques centimètres pour hiverner sous forme de pupe.
Les variétés précoces ne doivent pas être traitées, les larves ne sont pas encore
développées. Pour les variétés mi-tardives et tardives, le traitement a lieu en début juin,
mais au plus tard 3 semaines avant la récolte. En fauchant l’herbe sous les cerisiers avant
le traitement, on préserve les abeilles et on favorise la sortie groupée des mouches, à
l’époque de la ponte, ce qui facilite la lutte.
L’attaque peut aussi être réduite par la pose d'un voile sous la couronne sur l'herbe
préalablement fauchée.
Les pucerons
Dès la fin de la floraison, il faut contrôler régulièrement la présence des pucerons. La lutte
s’effectue comme pour les fruits à pépins.
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L’hoplocampe des prunes
Les œufs sont déposés à la base de la fleur, sous le calice, durant la floraison et dévorent
les jeunes fruits. Une attaque d’hoplocampe contribue à éclaircir les fruits lorsque la charge
est trop importante. Un traitement juste après la floraison peut être envisagé lorsque la
charge en fruits est faible et que l’attaque de l’année précédente a été importante.
Le carpocapse des prunes
Les attaques sont particulièrement virulentes dans les climats doux et sur les variétés
tardives. Les Bérudges n'ont pas besoin d'être traitées. Dans les endroits situés à moins de
650 mètres d’altitude, en Suisse romande, le carpocapse se développe toujours en deux
générations annuelles (vol de papillons, puis ponte et développement d’une chenille dans
le fruit). L’importance de la seconde génération diminue avec l’altitude. Les papillons
pondent des œufs isolés sur les fruits encore verts.
Les attaques qui interviennent jusqu’au début du mois de juin passent souvent inaperçues,
les fruits tombent prématurément lors de la chute physiologique, ce qui contribue à réguler
la charge en fruits si elle est trop importante. Les attaques de la seconde génération, qui
commencent vers la mi-juillet, sont plus à craindre ; les fruits véreux restent sur l’arbre et
les larves formeront la génération de l’année suivante.
PRECAUTIONS A PRENDRE AVEC LES PRODUITS DE TRAITEMENT DES PLANTES
Stockage
Les produits de traitement des plantes doivent être conservés dans les emballages
d’origine fermés, au sec et à l’abri du gel. Afin d’éviter tout risque d’accident, ils doivent
être hors de portée des enfants et des animaux.
Utilisation
Il faut travailler proprement et avec soin. Les produits de traitement sont plus ou moins
toxiques pour les humains. Les symboles de risque correspondent aux dangers courus lors
d’un contact direct ou en cas d’absorption du produit. Elle ne donne aucune indication sur
la dégradation du produit ou du danger qu’il représente pour l’environnement. C’est
pourquoi il est nécessaire de respecter les indications figurant sur les emballages au sujet
des doses d’emploi, de la préparation de la bouillie et des mesures de précaution à
prendre lors de l’application. Ne pas traiter par températures élevées. En cas d’intoxication,
prendre tout de suite contact avec un médecin. Le centre suisse d’information
toxicologique, à Zürich, renseigne sur les mesures à prendre en cas d’intoxication (no 145).
Reste de bouillie
La quantité de bouillie à pulvériser doit être calculée à l’avance de la manière la plus
précise possible. D’éventuels restes de bouillie doivent être dilués avec le même volume
d'eau et répandus sur les arbres déjà traitées, sans qu’elle ruisselle sur les feuilles.
Protection des abeilles
Celui qui travaille avec des produits toxiques est tenu de prendre les mesures appropriées
pour protéger l’homme, les animaux et l’environnement. Tout produit toxique pour les
abeilles ne doit pas entrer en contact avec des fleurs ouvertes. Il faut aussi veiller à ne pas
contaminer les abreuvoirs à abeilles. Les produits utilisés durant la floraison, doivent être
épandus lorsque les abeilles ne volent pas.
Délai d’attente
Dans le but de protéger le consommateur, des délais d’attente ont été fixés pour le
traitement des plantes de cultures qui produisent une récolte comestible. Ces délais ont été
établi de manière à ce que les cultures soient protégées jusqu’à la récolte et que les
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parties comestibles ne soient pas chargées inutilement en résidus. En respectant les
conditions d’application spécifiées sur l’emballage, la quantité de ces résidus est inférieure
aux valeurs maximales tolérées ; elle est supportable pour la santé. Durant les 3 dernières
semaines avant la récolte, aucun traitement ne doit être appliqué sur les arbres fruitiers. Le
délai d’attente est toujours indiqué sur le mode d’emploi.
Produits pour le traitement des plantes
L'index des produits phytosanitaires de l'Office fédéral de l'agriculture renseigne sur les
produits autorisés en Suisse.
http://www.blw.admin.ch/themen/00011/00075/00294/index.html?lang=fr
Quantités indicatives de bouillie pour les arbustes et arbres
Haies et framboisiers
Arbustes et petits fruits
Hauteur
1 à 2 mètres
1 à 1, 5 mètres
Quantité de bouillie
3 à 5 dl par mètre linéaire
3 à 5 dl par plante
Basses-tiges
2 à 3 mètres
5 dl à 1 litre par arbre
Demi-tiges
3 à 5 mètres
3 à 4 litres par arbre
Hautes-tiges
4 à 6 mètres
5 à 8 litres par arbre
Il faut respecter les recommandations figurant sur l’étiquette et l’emballage des produits de
traitement des plantes.
Le surdosage est inutile car il n’augmente pas l’efficacité du traitement.
Conseil de saison
L’office phytosanitaire publie 3 bulletins par an destinés aux arboriculteurs amateurs. Ces
bulletins renseignent sur les possibilités de lutte au gré des saisons et en fonction des
maladies et ravageurs qui surviennent.
Cernier, 2011
Robert.Poitry@ne.ch
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