télécharger - Théâtre de la Tempête

télécharger - Théâtre de la Tempête
d’après le roman de Mark Haddon
adaptation Simon Stephens
mise en scène Philippe Adrien
texte français Dominique Hollier
Dossier
à l’attention
des enseignants
Représentations
du 11 septembre
au 18 octobre 2015
8 salle Serreau
du mardi au samedi 20 h
dimanche 16 h
8 durée 2 h 15
8 rencontre-débat
avec l’équipe de création,
dimanche 13 septembre
après la représentation
Théâtre de la Tempête
Cartoucherie, Rte du Champde-Manœuvre, 75012 Paris
8 infos et réservations
– www.la-tempete.fr
– tél. 01 43 28 36 36
collectivités Amandine Lesage
8 tarifs
plein tarif 20 €
tarifs réduits 15 € et 12 €
mercredi tarif unique 12 €
8 accès métro ligne 1 jusqu’au
terminus Château de Vincennes
(sortie 6) puis bus 112 ou navette
Cartoucherie.
Vos contacts
8 presse
Pascal Zelcer // 06 60 41 24 55
[email protected]
8 administration & tournée
ARRT / Philippe Adrien
Marie-Noëlle Boyer,
Guillaume Moog
Caroline Sazerat-Richard
Aurélien Piffaretti
– tél. 01 43 65 66 54
– [email protected]
Le Bizarre Incident du
chien pendant la nuit
d’après le roman de Mark Haddon (Éditions Pocket)
adaptation Simon Stephens, texte français Dominique Hollier
mise en scène Philippe Adrien
—avec
Pierre Lefebvre Christopher —Juliette Poissonnier Siobhan —
Sébastien Bravard Ed (père de Christopher) —Nathalie Vairac Judy
(mère de Christopher) —Bernadette Le Saché Mme Alexander / femme
snob —Mireille Roussel Mme Shears / Mme Gascoyne / Femme dans
le train / Femme Hampstead Heath / Commerçante —Laurent Montel
Roger (M. Shears) / Policier de garde —Laurent Ménoret Policier 1 /
M. Thompson —Tadié Tuéné Révérend Peters / Rhodri / Oncle Terry /
Policier gare / Agent service gare / Policier londonien.
—décor Jean Haas —lumières Pascal Sautelet assisté de
Maëlle Payonne —vidéo Olivier Roset assisté de Michaël
Bennoun —musique et son Stéphanie Gibert assistée de Farid
Laroussi —costumes Cidalia Da Costa assistée de Anne
Yarmola —maquillages Pauline Bry —chorégraphie Sophie
Mayer —collaboration artistique Clément Poirée —direction
technique Martine Belloc et Erwan Creff.
Production : ARRT/Philippe Adrien, compagnie subventionnée par le ministère
de la Culture, avec le soutien de l’Adami (L’Adami, société des artistes-interprètes,
gère et développe leurs droits en France et dans le monde pour une plus juste
rémunération de leur talent. Elle les accompagne également par ses aides
financières aux projets artistiques), en coréalisation avec le Théâtre de la Tempête.
>> Cette pièce est présentée avec l’aimable autorisation de Warner Bros. Entertainment.
L’auteur original, l’adaptateur théâtral et la traductrice sont représentés dans les pays
de langue française par l’agence MCR, Marie-Cécile Renauld, Paris www.paris-mcr.
fr, en accord avec Mark Haddon représenté par Cursing and Sobbing Ltd et Simon
Stephens représenté par Casarotto Ramsay & Associates Ltd.
C’est une histoire de famille.
Ça parle de ce que c’est qu’élever
un enfant, ou bien… être élevé
par des parents. C’est aussi
une célébration du courage,
qui se manifeste ici dans
un environnement des plus
inattendus ; le courage et
la famille se retrouvant
intimement liés au sein de cet
environnement. Simon Stephens
Christopher Boone, quinze ans, possède une intelligence et une logique
imparables ; il aime les listes, les plans et la vérité, et c’est un fan de Sherlock
Holmes ; mais tout seul il n’est jamais allé plus loin que le bout de sa rue.
Il réussit des exercices de mathématiques très difficiles et comprend la
théorie de la relativité. Ce qu’il ne comprend pas, ce sont les autres êtres
humains. À part la jeune Siobhan qui suit sa scolarité et l’aide à écrire ce
récit, et son père qui connaît ses troubles comportementaux, les autres
sont pour lui comme des étrangers… Lorsqu’il découvre le chien de sa
voisine transpercé d’une fourche, Christopher décide de retrouver le
meurtrier et son enquête l’entraîne dans un véritable parcours initiatique… Son sens de l’observation, la rigueur de sa pensée, l’absence totale
de duplicité sont propres à débusquer mensonges et lâchetés. Les adultes
n’ont qu’à bien se tenir… Ce petit chef-d’œuvre d’imagination et de suspense nous introduit aux émotions et aux vertiges d’un jeune garçon
autiste pour qui « le monde est plein de choses évidentes que personne
ne remarque. » Un autre regard sur notre réalité…
C’est une amie comédienne qui, ayant assisté sur Broadway à une représentation de
The Curious Incident of the Dog in the NightTime, d’après le roman de Mark Haddon,
m’a alerté : le spectacle l’avait transportée.
Ce titre, en français Le Bizarre Incident du
chien pendant la nuit, me parut d’abord pour le
moins énigmatique, mais mon interlocutrice
me communiquait un tel enthousiasme que
je l’écoutai volontiers. Si je me fie à de tels
élans spontanés, c’est peut-être en songeant à
Jouvet pour qui mettre en scène était comme
tomber en amour : « aimer et admirer »… Oui,
aimer et faire partager à d’autres ce sentiment, ma question étant toujours de renouveler la surprise et le bonheur du théâtre.
« C’est l’histoire d’un jeune garçon
autiste ! » Il y avait là de quoi m’intriguer…
le théâtre m’ayant toujours semblé, comme
le disait Kafka dans ses conversations avec
Janouch, plus fort lorsqu’il nous met en prise
sur la dimension mentale. Un « autiste » : c’est
bien sûr la supposition d’autres mondes,
d’autres perceptions et d’autres modes
d’être…
Après plusieurs séances de lecture de
l’adaptation théâtrale de Simon Stephens,
je commençai à entendre vraiment le texte
et singulièrement la parole de Christopher.
Une histoire véridique mais débarrassée
du pathos qui souvent nous encombre au
théâtre et précisément dans le registre dramatique. On pourrait peut-être appeler cela
du nom de notre héros, l’effet Christopher. Et
pour la première fois, moi qui depuis toujours suis plutôt réticent à cet égard, je vais
donc me risquer à mettre en scène sur le
mode du « théâtre récit » qui est le parti-pris
de l’adaptation.
Du fait d’une appréhension différente du
monde et des autres qui isole Christopher
de façon particulière, le régime qui consiste
à raconter en jouant et à jouer en racontant
– oui, cet effet de « distance » apparaît tout
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
à fait adéquat : le chœur, la troupe de comédiens partage les rôles mais assume également la narration, pour Christopher et avec
lui. On se demande du reste qui pourrait
résister au pouvoir de ce jeune garçon dès
lors que, le premier, il a trouvé le chien de
madame Shears avec une fourche de jardinier plantée dans le corps. Tel Sherlock
Holmes, son héros, il se lance le défi de
trouver l’assassin de Wellington ! C’est ainsi
que débute son parcours initiatique. Il ira
jusqu’au bout. Ayant découvert le coupable
en la personne de son père et du même coup
libéré de son devoir d’obéissance filiale, il
surmontera toutes les épreuves jusqu’à
affronter le monstre – le métro londonien –
caché dans le ventre de la terre pour finalement rejoindre sa mère et triompher dans
un concours de mathématiques.
Un récit dont la réalisation scénique présente une grande exigence mais aussi quan-
PAS DE LARMOIEMENTS inutiles
ni de sophistication clinique :
l’auteur privilégie l’observation
du quotidien d’un adolescent
très doué avec ses angoisses et
phobies. (…) Christopher est
atteint du syndrome d’Asperger,
un autisme de haut niveau, qui
fait de lui un génie des sciences,
mais un être dépendant des
autres au jour le jour. Sa colère
peut parfois être impressionnante, sa compréhension des
règles sociales reste superficielle,
alors que sa mémoire est
excellente, et sa faculté de
tité de chances à courir. Comme on sait,
l’autisme a pour conséquence une perception amplifiée, violente et parfois traumatique du monde extérieur et de ses désordres.
Ainsi, plutôt qu’à illustrer le parcours de
Christopher, nous nous attacherons à éprouver et à transmettre les émotions, sensations,
rythmes, syncopes et autres accidents subis
ou vécus par lui.
Enfin, il me semble que l’écoute de
Christopher comme son expression parlée
pourrait donner à entendre ou simplement
à deviner – dans le mouvement de l’énonciation comme au milieu du silence où l’être
parlant cherche le chemin de sa pensée
– l’énorme travail de la langue : murmures,
bruissements, fracas des syllabes et des
mots ; tumulte et passion du sens qui depuis
les premiers âges, sans relâche, accaparent
l’humanité.
raisonnement implacable. Il peut
tout aussi bien se couper du
monde dans une intense phase
d’observation que devenir
inquisiteur pour son enquête.
Le récit est un véritable puzzle
que le lecteur s’amuse à
reconstruire en même temps que
Christopher. Le Bizarre Incident
du chien pendant la nuit nous fait
découvrir l’autisme de façon
surprenante et ouvre de
nombreuses pistes de lecture.
Franck Boussard
Philippe Adrien
LA FAÇON dont le cerveau de
Christopher fonctionne fait penser
à un ballet. L’agilité avec laquelle
il passe d’une pensée à une autre,
puis à une autre encore, est
l’agilité d’un danseur. Cette
caractéristique du personnage
se prête extraordinairement bien,
sur le plateau, à une transcription
physique de cette danse de
l’esprit. Cela contribue grandement à rendre théâtral ce que le
roman crée, en extériorisant de
manière totale et concrète le
cerveau – et la pensée – de
Christopher Boone.
Simon Stephens
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
C
hristopher
— Dans le
bus en allant à l’école
on a croisé quatre
voitures rouges
d’affilée.
Donc aujourd’hui,
c’est un Bon Jour…
Je vais essayer de
découvrir qui a tué
Wellington parce qu’un
Bon Jour, c’est un jour
pour faire des projets
et organiser des choses.
Siobhan
— Qui est
Wellington ?
Christopher
— Wellington est
un chien qui
appartenait à ma
voisine Mme Shears…
A propos du roman
UN AUTISTE Mène l’enquête
Dans un formidable roman, Mark
Haddon nous donne à découvrir
l’univers logique et décalé d’un
adolescent presque comme les
autres. Enquête sur un best-seller.
(…) Christopher est surdoué et
autiste - même si l’auteur se garde
bien d’utiliser ces deux adjectifs
- et vit seul avec son père dans
une petite ville anglaise où il ne se
passe jamais rien. Enfin presque…
Car la vie de notre ado va être
bouleversée par un bizarre
incident. Un matin, il retrouve le
chien de Mrs Shears, la voisine,
mort, une fourche plantée dans le
ventre. Christopher ne crie pas, ne
pleure pas. Il caresse le chien, se
demande qui l’a tué et pourquoi.
La palette émotive du garçon est
en effet très réduite. Seule la
colère semble avoir droit de cité
dans son étrange paysage mental.
Elle est le moteur qui l’incite à
chercher une solution à tout ce
qui peut déranger la mécanique
parfaitement réglée de son
existence. Une mécanique
essentielle, vitale. Christopher ne
peut vivre sans une compréhension cartésienne absolue du
monde qui l’entoure. Tout ce qui
tend à nuancer - pire, à transformer - le réel tel qu’il l’appréhende
est une menace. (…) Le jeune
garçon va pourtant se mettre à
écrire une histoire, mais une
histoire vraie. Pour lui, l’assassinat
du chien ne peut demeurer un
mystère. Non pour quelque raison
morale, mais parce qu’il trouble
l’ordre des choses. Fort de la
lecture du Chien des Baskerville - la
seule fiction qui trouve grâce à ses
yeux, parce qu’il admire la logique
implacable de Sherlock Holmes -,
Christopher se lance dans une
enquête dont il consigne chaque
détail dans un journal découpé
comme un livre. (…) La lecture est
captivante. Sans doute parce que
la langue de Christopher, le
narrateur, est à son image : simple,
carrée. Quand les « gens
normaux » usent et abusent de la
métaphore ou de l’euphémisme et
manipulent le langage, le jeune
garçon utilise le mot juste, taillé
au cordeau. La langue est un outil
pour décrire une réalité précise,
qu’il est d’ailleurs souvent le seul à
voir. Avec Sherlock Holmes, auteur
de cette phrase dont il se repaît à
l’envi : « Le monde est plein de
choses évidentes que personne
ne remarque jamais. » Christopher
observe sans interpréter. Il pose
sur les êtres et les choses un
regard impassible, dénué de toute
velléité digressive. Ce pragmatisme obsessionnel va se révéler
extrêmement efficace. En
enquêtant sur la mort du chien, le
garçon découvre un secret familial
qui déroge totalement à son sens
de l’ordre. Et c’est finalement lui,
l’ “anormal“, qui va remettre sur les
bons rails le monde des
“normaux“.
« Christopher n’est pas si différent
de nous que cela, remarque Mark
Haddon. Je lui ai donné des
habitudes, des attitudes et des
façons de penser empruntées à
des gens de mon entourage qui
ne sont pas du tout anormaux ! Je
crois que nous avons tous en
commun quelque chose avec tout
autre être humain, aussi étrange
soit-il. » La création du jeune
autiste n’a d’ailleurs pas été
préméditée par son auteur : « J’ai
commencé par écrire le meurtre
du chien. J’ai trouvé la scène assez
drôle. Je me suis dit que si elle
était décrite par une voix très
distanciée, ce serait encore plus
drôle. Et puis je me suis demandé
à qui pouvait bien appartenir
cette voix ! » (…) Haddon n’explore
pas une particularité mentale, il se
sert de cette particularité mentale
pour faire œuvre littéraire.
L’écrivain fait tellement corps avec
son personnage qu’il parvient à
mettre le lecteur dans le même
état d’osmose.
• Alexie Lorca, L’Express
UN LIVRE D’EXCEPTION
Un roman authentique, captivant
et attachant, récompensé 18 fois
dans le monde entier. Il a reçu
notamment le Booker Prize 2003
et le Whitbread 2004.
Une œuvre exceptionnelle.
• Sunday Telegraph
Drôle et insolite.
• Le Point
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
A propos du roman (suite)
Le Bizarre Incident n’est pas
du tout un livre sur
Christopher. Mais sur nous.
Cela m’a toujours semblé injuste
que l’expression « syndrome
d’Asperger » apparaisse sur la
couverture du roman. Le principe
du livre veut que Christopher
lui-même en soit l’auteur ; or, il
n’utilise jamais ces termes à son
sujet, se décrivant plutôt comme
« quelqu’un qui a des problèmes
comportementaux ». Je préfère
l’ironie de ces derniers mots, qui
incluent tout le monde – qui n’a
pas de problèmes comportementaux ? – et qui sont l’expression de
Christopher. Les étiquettes en
révèlent très peu sur leurs sujets,
mais beaucoup sur leurs auteurs.
Dans les années 80, j’ai passé
plusieurs mois à travailler dans un
Centre d’Apprentissage pour
Adultes à Londres. A l’époque, il y
avait de nombreux débats sur la
façon de désigner les gens qui
avaient des « difficultés d’appren-
tissage », souvent considérés
comme des « handicapés
mentaux ». L’un des « apprentis »
de ce centre, Clive, m’avait confié
qu’il pensait qu’on devrait les
appeler « Les Chiens Obéissants ».
Sa suggestion me revient à
chaque fois que j’entends des
gens bien intentionnés cherchant
des mots politiquement corrects ;
Clive est très certainement appelé
un « client » maintenant.
L’autre raison pour laquelle je
regrette l’utilisation de l’expression « syndrome d’Asperger » est
qu’elle induit un questionnement
particulièrement malsain à mon
goût : Christopher est-il une
représentation fiable de
quelqu’un souffrant de sa
condition ? (…) On ne se poserait
pas la question si le personnage
était un violoncelliste, une
lesbienne ou un archevêque. Un
tel « modèle » n’existe pas. C’est
également vrai pour les handicapés et les autistes, qui sont aussi
variés et uniques que tout autre
« groupe » de la société.
Christopher est-il un personnage réaliste et crédible ? Telle est
la vraie question, la seule que l’on
devrait se poser face à tout
personnage de fiction. Est-il
suffisamment riche et multiple ?
(…) A vrai dire, lorsque j’ai créé
le personnage de Christopher, je
me suis fait une liste de toutes ses
croyances, habitudes, bizarreries
et comportements, que j’ai
empruntés à certains de mes amis
et connaissances. Je ne nommerai
pas celui qui ne peut pas manger
si les différents aliments se
touchent dans son assiette, ni
celle qui ne peut pas s’asseoir sur
des toilettes qui ont déjà été
utilisées par un étranger. Il est
cependant facile de remarquer
qu’aucun des deux ne serait
étiqueté « handicapé ». Ainsi,
aucune des caractéristiques de
Christopher ne sort en soi de
l’ordinaire ; c’est le nombre et la
combinaison de ses excentricités
qui lui causent tant de difficultés.
Bien sûr, mon roman parle du
handicap et de l’attitude que nous
adoptons face à lui ; mais son
propos, bien plus large, englobe
les mathématiques, la famille,
l’espace, la mort, la loyauté, les
cartes, Sherlock Holmes, la vérité,
le courage, Swindon, les rails…
(…) Si je voulais provoquer, je
dirais que le sujet du Bizarre
Incident n’est pas vraiment le
personnage de Christopher. Ce
dernier est un outsider, et
l’attirance de l’écrivain pour les
outsiders en tous genres vient
uniquement du fait qu’ils lui
permettent d’adopter un poste
d’observation privilégié sur
nous-mêmes. Si je voulais
vraiment provoquer, je pourrais
dire que Le Bizarre Incident n’est
pas du tout un livre sur Christopher. Mais sur nous.
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Mark Haddon
A propos du roman (suite)
Un adolescent autiste en
quête du sens des choses et
de la vie.
Comme tous les autistes,
Christopher ne comprend pas les
métaphores et les plaisanteries –
par exemple, « il fait un temps de
chien » ou « avoir un squelette
dans le placard » : « Je trouve qu’on
ferait mieux d’appeler ça un
mensonge, parce qu’un chien n’a
rien à voir avec le temps et que
personne n’a de squelette dans
son placard. » Les hommes sont si
bizarres avec les mots. D’un côté,
ils les utilisent pour décrire des
choses vagues qui n’existent pas.
De l’autre, « ils parlent beaucoup
sans se servir de mots » ; « quand
les gens vous disent ce que vous
devez faire, c’est généralement
déconcertant et ça n’a pas de
sens. Par exemple, ils disent
souvent « Tais-toi », mais ils ne
vous disent pas pendant combien
de temps. » Pour Christopher, il est
idiot de ne pas dire ce qu’on veut
dire avec les mots adéquats. (…)
Comme beaucoup d’autistes, il
ne peut supporter qu’on le
touche, même si c’est un très
proche (père ou mère). Son père a
trouvé un code : tendre la main en
éventail pour solliciter un contact.
Les autres qui cherchent le
contact physique sans que ce soit
forcément de l’agression suscitent
en lui des réactions très violentes.
Il n’aime ni le jaune, ni le brun, ni
les aliments qui se touchent ; là
encore, sont rendues avec finesse
des caractéristiques fréquentes
des personnes autistes : leurs
phobies ou obsessions étranges,
leur relation difficile à leur propre
corps et à celui des autres, leur
incapacité à synthétiser des
informations parfois, même le
contenu d’une assiette. (…)
Cette histoire nous montre que
la « folie » n’est pas forcément là où
les hommes le disent. Christopher
constate que les adultes mentent,
ne cessent de se raconter des
histoires inutiles ou absurdes, en
tout cas sans logique. Ils
fantasment, croient bêtement en
Dieu ou s’imaginent qu’ils peuvent
parler avec les morts. Ils veulent
voyager et voir des choses
nouvelles, comme si ce qui les
entoure ne suffisait pas.
Christopher dresse le constat. Il en
souffre aussi. Il remarque, par
exemple : « Je pense que les gens
croient au paradis parce qu’ils
n’ont pas envie de mourir, parce
qu’ils veulent continuer à vivre et
qu’ils n’ont pas envie que d’autres
gens s’installent dans leurs
maisons et jettent leurs affaires
dans la poubelle. »
Christopher, comme dans un
classique roman d’éducation, va
se lancer dans son parcours
initiatique ; lui qui vit dans un
univers globalement privé du sens
que nous lui donnons (…) va
mener une enquête sur sa propre
vie et sur les mensonges de son
père. (…) Les adultes devront
apprendre à se montrer à la
hauteur de cet adolescent,
redoutablement efficace, lui, pour
décaper nos erreurs et nos
lâchetés. (…)
La leçon du roman est
inattendue : certes, Christopher
est porteur d’un handicap lourd
qui perturbe considérablement sa
vie (…) ; mais ceux qui l’écoutent
s’enrichissent à son contact et
deviennent « neufs » comme si le
contact accepté avec l’autisme
nous rendait une part de notre
innocence perdue : les autistes
vont toujours à l’essentiel. (…) Un
autiste est dans le monde alors
que le sujet pensant cartésien,
distinct de tout le reste, devenu
objet, qui a modelé l’Occident,
nous en a séparés à jamais. Jamais
Christopher n’est présenté comme
un malade mental à guérir ou à
rééduquer mais comme une autre
sorte d’humain, atypique, qui par
la rareté et le caractère imprévisible de son comportement, nous
donne au contraire une leçon de
vie : dans la vie, pour comprendre,
il faut se battre ; pour accepter une
vérité difficile, il faut du cran ; pour
résoudre un problème, il ne suffit
pas d’être logique, enfin à la mode
humaine…Pour accepter de vivre,
tout simplement, il faut chercher
un vrai sens aux mots, aux choses
et regarder notre finitude en face :
Christopher ne fait pas de la mort
un tabou comme le font les
Occidentaux…
Danièle Langloys,
www.autisme42.org
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
A propos de l’adaptation théâtrale
InterviewS
de Simon Stephens
– Qu’est-ce qui vous a poussé à
adapter Le Bizarre incident…
pour la scène ?
Mark m’a demandé de le faire
pour lui. J’en ai été immensément
flatté, tout d’abord parce que
j’avais adoré son œuvre, mais
aussi parce qu’elle m’avait inspiré
plusieurs pièces avant même que
je rencontre son auteur. J’étais à la
fois intimidé par la célébrité du
roman initial et fasciné par le défi
que représente toujours une
nouvelle adaptation d’un roman
au théâtre. En lisant le roman, j’ai
été extrêmement intrigué par les
parents de Christopher. Je me
demandais à quoi ces deux
personnages clés pourraient bien
ressembler ; et quel meilleur
moyen de le découvrir que de
transposer l’œuvre sur scène ?
– Comment vous y êtes-vous pris
pour adapter un roman que son
auteur lui-même qualifiait
d’ « ‘‘intransposable’’ au
plateau » ?
Les dialogues sont dotés d’une
force théâtrale inhérente. Je les ai
tous retranscrits, à part. C’est en
effectuant ce travail que j’ai pensé
à utiliser le personnage de
Siobhan comme narrateur. Elle est
l’un des trois seuls personnages
qui lisent le livre de Christopher, et
son point de vue pourrait se
rapprocher de celui du lecteur. Je
crois aussi que beaucoup de gens
peuvent s’identifier à cette
relation que maintient Christopher avec son professeur favori.
Elle est un personnage périphérique dans le roman mais devient
absolument centrale dans la
pièce.
– Pourquoi pensez-vous que
cette histoire attire un si large
public, aussi bien de lecteurs que
de spectateurs ?
Je pense que c’est une histoire de
famille. Ça parle de ce que c’est
d’élever un enfant, ou bien d’être
élevé par ses parents. C’est aussi
une célébration du courage, qui se
manifeste ici dans un environnement des plus inattendus.
– L’adaptation théâtrale a-t-elle
été une collaboration entre vous
et Mark ?
Presque pas du tout. Il m’a dit que
j’avais carte blanche. Il a été très
encourageant durant tout le
processus d’écriture, et suivait
mon travail. Il le suivait cependant
d’assez loin pour que je puisse
écrire librement.
– Quand vous avez adapté ce
roman, aviez-vous déjà l’idée que
l’histoire pourrait se dérouler, sur
scène, à l’intérieur même de
l’esprit de ce garçon ?
Je crois que c’est une idée forte,
que Mark Haddon lui-même
jugeait pertinente et vers laquelle
il me poussait. (…) La façon dont
le cerveau de Christopher
fonctionne fait penser à un ballet.
L’agilité avec laquelle il passe
d’une pensée à une autre, puis à
une autre encore, est l’agilité d’un
danseur. Cette caractéristique du
personnage se prête extraordinairement bien, sur le plateau, à une
transcription physique de cette
danse de l’esprit. Cela contribue
grandement à rendre théâtral ce
que le roman crée, en extériorisant de manière totale et concrète
le cerveau - et la pensée - de
Christopher Boone. Le fait qu’il
danse physiquement est central
sur le plateau, c’est par ce biais
que son mode de réflexion
atypique peut être transposé dans
son comportement extérieur. »
• Cuny TV, Theater Talk
• What’s On Magazin,
janvier 2015
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Extraits de l’adaptation théâtrale
extrait 1
CHRISTOPHER. – J’ai décidé que
je vais essayer de découvrir qui a
tué Wellington parce qu’un Bon
Jour, c’est un jour pour faire des
projets et organiser des choses.
SIOBHAN. – Qui est Wellington ?
CHRISTOPHER. – Wellington est
un chien qui appartenait à ma
voisine Mme Shears qui est notre
amie mais maintenant il est mort
parce que quelqu’un l’a tué en le
transperçant avec une fourche. Et
je l’ai trouvé, et après un policier a
cru que je l’avais tué mais je ne
l’avais pas tué, et ensuite il a
essayé de me toucher alors je l’ai
frappé et j’ai dû aller au
commissariat.
SIOBHAN. – Mince alors.
CHRISTOPHER. – Et je vais trouver
qui a vraiment tué Wellington et
en faire un projet. Même si Papa
m’a dit de ne pas le faire.
SIOBHAN. – Il te l’a dit ?
CHRISTOPHER. – Oui.
SIOBHAN. – Je vois.
CHRISTOPHER. – Je ne fais pas
toujours ce qu’on me dit.
SIOBHAN. – Pourquoi ?
CHRISTOPHER. – Parce que quand
les gens disent quoi faire, en
général ça embrouille et ça ne
veut rien dire. Par exemple, les
gens disent souvent « tais-toi »
mais ils ne disent pas pendant
combien de temps on doit se taire.
SIOBHAN. – Non. Pourquoi ton
père t’a dit de ne pas essayer de
découvrir qui a tué Wellington,
Christopher ?
CHRISTOPHER. – Je ne sais pas.
SIOBHAN. – Christopher, si ton
père t’a dit de ne pas faire quelque
chose, peut-être que tu ne devrais
pas le faire. Bon, aujourd’hui on
est censé écrire des histoires, alors
si tu écrivais ce qui vous est arrivé
à toi et à Wellington ?
CHRISTOPHER. – D’accord, je vais
le faire.
extrait 2
CHRISTOPHER. – Je crois qu’on
tuerait un chien seulement si a) on
le déteste ou b) on est fou ou c) on
veut faire de la peine à Mme
Shears. Je ne connais personne
qui détestait Wellington donc si
c’est a), c’est sans doute un
étranger. Je ne connais pas de
fous non plus, donc si c’est b), c’est
sans doute aussi un étranger.
SIOBHAN. – D’accord.
CHRISTOPHER. – Mais la plupart
des meurtres sont commis par
quelqu’un que la victime connaît.
En fait, on a plus de chances de se
faire assassiner par un membre de
sa famille le jour de Noël.
SIOBHAN. – C’est vrai, ça ?
CHRISTOPHER. – Oui, c’est vérifié.
Il y a donc beaucoup de chances
que Wellington ait été tué par
quelqu’un qu’il connaissait. Je
connais une seule personne qui
n’aimait pas Mme Shears, et c’est
M. Shears qui a divorcé de Mme
Shears et qui l’a laissée pour aller
vivre ailleurs et qui connaissait
très, très bien Wellington. Ce qui
veut dire que M. Shears est mon
suspect numéro un.
SIOBHAN. – Christopher.
CHRISTOPHER. – Je vais prendre
des renseignements sur M. Shears.
extrait 3
ED. – Je viens d’avoir un coup de
fil de Mme Shears. Qu’est-ce que
tu foutais à fouiner dans son
jardin ?
CHRISTOPHER. – Je faisais des
investigations pour essayer de
trouver qui a tué Wellington.
ED. – Combien de fois il faut que
je te le dise, Christopher ? Je t’ai
dit de ne pas fourrer ton nez dans
les affaires des autres.
CHRISTOPHER. – Je crois que c’est
sans doute M. Shears qui a tué
Wellington.
ED. – (crie) Je ne veux pas
entendre prononcer le nom de cet
homme dans ma maison.
Temps. Tout le monde sur scène
s’arrête et regarde Ed et Christopher.
CHRISTOPHER. – Pourquoi ?
ED. – Cet homme est méchant.
CHRISTOPHER. – Ça veut dire qu’il
aurait pu tuer Wellington ?
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Mark Haddon
Mark Haddon est né à Northampton en 1962. Après
avoir obtenu ses diplômes en littérature anglaise à
l’université d’Oxford et d’Edimbourg, il travaille avec
des enfants et adultes handicapés mentaux et
physiques. Egalement illustrateur et dessinateur
humoristique, il collabore au New Statesman,
Spectator, Private Eye, Sunday Telegraph et The
Guardian. Il publie son premier livre pour enfants en
1987, Gilbert’s Gobstopper, suivi d’une quinzaine
d’autres volumes dont il assure souvent lui-même
l’illustration, comme pour The Sea of Tranquillity
(1996). Il est l’auteur des séries Baby Dinosaurs et
Agent Z dont Agent Z and the Penguin from Mars a été
adapté en une série télévisée pour enfants. A partir
de 1996, outre des séries pour la radio, Haddon
travaille sur plusieurs projets pour le petit écran et
est récompensé par la Royal Television Society
Award. En 2003, il publie The Curious Incident of the
Dog in the Night-Time (Le Bizarre Incident du chien
pendant la nuit), un succès retentissant et immédiat
en Grande-Bretagne puis dans le monde entier, qui
obtient le prestigieux prix Whitbread du Meilleur
roman et le prix Commonwealth Writers du Meilleur
Premier livre. Son deuxième roman A Spot of Bother
est sorti en 2006 (paru en français, en 2007, sous le
titre Une situation légèrement délicate). Auteur
complet, Haddon a également publié un recueil de
poésie The Talking Horse and the Sad Girl and the
Village Under the Sea (2005). Mark Haddon vit à
Oxford avec sa femme et leurs deux enfants.
Simon Stephens
Simon Stephens est l’un des auteurs les plus en vue
parmi la nouvelle génération de dramaturges
anglais. Né à Stockport (Manchester) en 1971, il
entreprend des études d’Histoire à l’université de
York et y découvre le théâtre. Il commence à écrire à
l’âge de 21 ans, s’installe à Édimbourg et monte ses
pièces dans des théâtres indépendants. En 1998,
Bluebird, créée par G. Anderson, est très remarquée
au Festival des jeunes auteurs du Royal Court à
Londres, qu’il intègre en 2000 comme auteur en
résidence et où il enseignera dans le cadre du Young
Writers Programme de 2001 à 2005. Il y écrit Herons
(2001). Puis à Manchester, en résidence au Royal
Exchange, il écrit Port (2002). Qu’elles explorent le
mode de vie familiale et individuelle de la classe
ouvrière ou de la classe moyenne anglaises, ses
pièces dessinent un paysage du nouveau millénaire
aussi exact, âpre, noir et désespéré qu’empreint d’un
humanisme tendre, une forme d’espérance. Ses
personnages, perdants ou victimes, ne cessent de se
débattre pour échapper à leur enfermement. Si son
œuvre rejoint la grande tradition du naturalisme
anglais, son réalisme est d’abord poétique. Dans One
Minute (2003), Stephens approche l’écriture du «
cauchemar urbain » de façon plus expérimentale.
Puis viennent : Christmas (2004), Country Music
(2004), On the Shore of the Wide World (2005 ; prix
Olivier de la Meilleure Pièce), Motortown (2006),
Pornography (2007), Harper Regan (2008), Seawall
(2009), Heaven (2009), Punk Rock (2009), A Thousand
Stars Explode in the Sky (2010), T5 (2010), Marine
Parade (2010) et The Trial of Ubu (diptyque avec Ubu
Roi, 2010). Sa pièce la plus connue est The Curious
Incident of the Dog in the Night-Time (Le Bizarre
Incident du chien pendant la nuit, 2010) d’après le
roman de Mark Haddon ; après des productions en
Angleterre et en Allemagne, la pièce est montée sur
Broadway en septembre 2014 ; elle sera jouée pour la
première fois en France en septembre 2015, dans la
mise en scène de Philippe Adrien.
Ses autres pièces présentées en France ont été mises
en scène par Tanya Lopert : Country Music (en 2006)
et Punk Rock (2013) ; Laurent Gutmann Pornography
(2010) ; Lucas Hemleb Harper Regan (2011).
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Philippe Adrien
• Fonde en 1985 l’Atelier de recherche et de réalisation théâtrale
(ARRT) à la Cartoucherie.
• Directeur du Théâtre de la Tempête depuis 1996.
• Professeur au Conservatoire national d’art dramatique
de 1989 à 2003 et auteur de Instant par instant, en classe d’interprétation
(éd. Actes Sud-Papiers).
• A réalisé récemment :
Bœsman et Léna de A. Fugard ; La Maison d’à côté de S. White (Théâtre
du petit St-Martin) ; La Grande Nouvelle de J.-L. Bauer et Ph. Adrien ;
L’École des femmes de Molière (nomination pour le Molière 2014 de la
mise en scène du Théâtre public, en tournée depuis novembre 2014) ;
Protée (Prix Poquelin) et Partage de midi de P. Claudel (nomination
Palmarès du théâtre 2013) ; Exposition d’une femme d’après B. Solange ;
Bug ! de J.-L. Bauer et Ph. Adrien ; L’Affaire de J.-L. Bauer ; Les Chaises de
E. Ionesco ; La Tortue de Darwin de J. Mayorga ; Le Dindon de G. Feydeau
(4 nominations aux Molières 2011)…
C’est à la fin des années 60 que Philippe Adrien, alors
acteur, se fait connaître comme auteur dramatique :
La Baye montée en 1967 par Antoine Bourseiller, avec
Jean-Pierre Léaud et Suzanne Flon – puis trente ans
plus tard par Laurent Pelly – révèle déjà un goût et
un art du désordre qui plus tard mèneront Philippe
Adrien vers des auteurs « irrévérencieux » : Jarry,
Gombrowicz, Witkiewicz, Cami ou encore Copi… Le
metteur en scène s’affirmera dans les années 70 au
sein d’un travail collectif d’expérimentation : L’Excès
d’après Georges Bataille ; L’Œil de la tête – effet Sade
(auteur qu’il retrouvera en 1989 avec le texte d’Enzo
Cormann Sade, concert d’enfers) ; Le Pupille veut être
tuteur de Peter Handke ; La Résistance : autant de
questions ou provocations au théâtre, à son cadre, à
ses contenus. C’est en Allemagne qu’il aborde pour
la première fois un auteur du répertoire : Molière,
qu’il ne quittera plus ; ce seront Dom Juan, George
Dandin, puis une pièce qu’il lui consacre en 1979 : Le
Défi de Molière.
Le début des années 80 va constituer une
charnière : Jarry (Ubu roi et Ubu cocu), Witkiewicz (La
Poule d’eau) prolongent le geste libérateur et
provocateur du cycle précédent : le théâtre y reste
défini comme transposition scénique de processus
mentaux, et c’est avec l’œuvre de Kafka que ce
mouvement va ensuite cristalliser : Une Visite,
adaptation de L’Amérique, en révèle la dimension
loufoque et jubilatoire. Rêves de Kafka place l’activité
onirique au cœur même de la création.
Nommé en 1981 directeur du Théâtre des Quartiers
d’Ivry, à la suite d’Antoine Vitez, Philippe Adrien y
présente Monsieur de Pourceaugnac de Molière,
Homme pour homme de Brecht, La Funeste Passion du
professeur Forenstein dont il est l’auteur, et La Mission
de Heiner Müller.
En 1983, il est invité à mettre en scène à la
Comédie-Française Amphitryon et Le Médecin Volant
de Molière. Suivront, avec la même troupe, Maman
revient, pauvre orphelin de Jean-Claude Grumberg,
Point à la ligne de Véronique Olmi, L’Incorruptible de
Hugo von Hofmannsthal, Monsieur de Pourceaugnac
de Molière, Extermination du peuple de Werner
Schwab, Arcadia de Tom Stoppard et Les Bonnes de
J. Genet.
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Dans le même temps, Philippe Adrien met en
scène Tennessee Williams à deux reprises : Un
tramway nommé désir, avec Caroline Cellier, au
Théâtre Eldorado, puis Doux oiseau de jeunesse, avec
Claudia Cardinale, au Théâtre de la Madeleine.
Cette période est aussi pour Philippe Adrien
marquée par son enseignement (1989-2003) au
Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique.
De nombreux projets naîtront de cette pratique du
répertoire : Shakespeare (Hamlet, puis Le Roi Lear),
Marivaux (Les Acteurs de bonne foi et La Méprise),
Claudel (L’Annonce faite à Marie), Brecht (La Noce chez
les petits bourgeois), Beckett (En attendant Godot),
Vitrac (Victor ou les enfants au pouvoir), Gombrowicz
(Yvonne, princesse de Bourgogne), Copi
(L’Homosexuel), Armando Llamas (Meurtres de la
princesse juive)… et en 2010, Le Dindon de Feydeau,
récompensé par 4 nominations aux Molières, 3
années de tournée et une reprise estivale au Théâtre
de la Porte Saint-Martin.
Ses relations avec le continent africain ont conduit
Philippe Adrien à monter au Théâtre de la Colline
Kinkali d’Arnaud Bédouet (Molière du meilleur
spectacle de création en 1997) ; à aborder la question
de la colonisation avec Mélédouman de Philippe
Auger, puis Le Projet Conrad, adaptation de la
nouvelle Un Avant-poste du progrès et, en 2014,
Boesman et Lena de l’auteur sud-africain Athol
Fugard. Il porte aussi à la scène le roman d’Amos
Tutuola L’Ivrogne dans la brousse.
Par ailleurs, une fructueuse collaboration avec
Bruno Netter, acteur aveugle, et la Compagnie du
Troisième Œil, composée de comédiens handicapés
et valides, a donné une résonance inédite au Malade
imaginaire de Molière en 2001, puis au Procès de
Kafka, à Œdipe de Sophocle, à Don Quichotte de
Cervantès et aux Chaises de Ionesco.
On ne saurait dissocier le parcours artistique de
Philippe Adrien du Théâtre de la Tempête, à la
Cartoucherie, dont il est depuis 20 ans le directeur et
le programmateur : lieu d’accueil et de création,
ouvert aux jeunes compagnies comme aux metteurs
en scène confirmés, aux propositions les plus
contemporaines comme au vaste trésor du
répertoire.
Ces dernières années, La Mouette puis Ivanov ont
placé Tchekhov parmi les auteurs de référence de
Philippe Adrien, aux côtés de Claudel - Partage de
midi, Protée - et de Molière - L’École des femmes,
spectacle nominé pour les Molières 2014 et 2015, en
tournée jusqu’en 2016.
Ce répertoire dramatique ne saurait cependant
éluder l’inquiétude et la curiosité dont témoignent
les auteurs contemporains : Juan Mayorga La Tortue
de Darwin, Werner Schwab Excédent de poids,
insignifiant amorphe, et d’après Blandine Solange
Exposition d’une femme, lettre d’une psychotique…
Enfin, deux pièces coécrites avec Jean-Louis Bauer :
Bug ! se propose, sous la forme d’un périple rêvé à
travers notre mémoire et les enjeux scientifiques et
artistiques actuels, de « faire un point » sur notre
civilisation ; La Grande Nouvelle, variation
contemporaine du Malade imaginaire, ironise sur le
désir actuel d’immortalité.
Nature – selon Molière ; Vie – selon Tchekhov ;
Esprit – selon Claudel : tels pourraient être les maîtres
mots d’un parcours qui ne cesse de mettre en
tension – sans espoir de résolution – ordre et
désordre, contrainte et liberté, forces et forme, fini et
infini, soit un portrait de l’humanité « aussi proche
des poubelles que de l’éternité ».
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Les artistes du Bizarre Incident…
Sébastien
Bravard
Formation à
l’École du
Théâtre
national de
Strasbourg.
A joué notamment avec
A.-L. Liégeois La Duchesse de Malfi
de Webster, Rapport aux bêtes de
Revaz, Édouard II de Marlowe,
Embouteillage, et La Maison d’os
de Dubillard ; G.-P. Couleau Les
Justes de Camus ; J.-M. Patte La
Comédie de Macbeth et Manque
de Kane ; G. Delaveau Peer Gynt
d’Ibsen ; G. Bouillon Songe d’une
nuit d’été de Shakespeare et La
Surprise de l’amour de Marivaux ;
B. Sobel Bad Boy Nietzsche de
Foreman ; J.-B. Sastre Tamerlan de
Marlowe ; P. Golub La Puce à
l’oreille de Feydeau, Le Cabaret de
la Grande Guerre de Dugowson ;
A. Bas Matériau Platonov d’après
Tchekhov et aussi C. Thiry,
G. Shelley, E. Cormann, N. Casale,
G. Aperghis, E. Pommeret…
Cofondateur de la cie Les Loups :
Canis Lupus, Les Éphémères
d’après Les Vagues de V. Woolf et
Peuçot (en tournée 2015).
Pierre
Lefebvre
Formation au
Studio-théâtre
d’Asnières.
A joué
notamment
avec Ph. Adrien L’Ivrogne dans la
brousse deTutuola, L’Ecclésiaste,
Rêves, Le Dindon de Feydeau, Bug !
et La Grande Nouvelle de Bauer
et Adrien, L’École des femmes de
Molière ; A. Madani Méfiez-vous
de la pierre à barbe, et Le Songe
d’une nuit d’été de Shakespeare ;
J.-P. Klein Rien à lui, tout à lui ;
M. Cochet En voie / En voix
d’Hikikomori de Schivre… Cinéma
avec Ph. Locquet Je vous aime très
beaucoup. Télévision avec L. David
Cours toujours.
Bernadette
Le Saché
ComédieFrançaise de
1977 à 1981.
A notamment
joué avec
J. Rosner Le Mariage de Figaro de
Beaumarchais ; J.-P. Roussillon
L’École des femmes de Molière ;
J.-L. Boutté Les Acteurs de bonne
foi de Marivaux et Edith Détresses
de Bauer ; G. Strehler La
Villégiature de Goldoni ; P. Ionesco
La Célestine de De Rojas ;
M. Lonsdale La Vie mode d’emploi
de Perec et Les Premières
fiançailles de Franz K. de et avec
B. Le Saché et M. Lonsdale ;
L. Mayor Le Chemin de Damas de
A. Strindberg ; J.-L. Paliès Les
Jardins de France de Doutreligne ;
J. Champagne Les Femmes russes ;
A. Campo L’Histoire du soldat de
Stravinsky et Ramuz ; L. Terzieff
Meurtre dans la cathédrale de
T.S. Eliot ; A. Alexis Les Sincères de
Marivaux ; A.-L. Liégeois
Embouteillage ; D. Wittorski Ohne ;
Ph. Adrien Le Dindon de Feydeau
et Bug ! de Bauer et Adrien ;
G. Wilson Turandot de Brecht ;
L. Wurmser Entre les actes de
Woolf ; P. Houriet, J.-L. Bauer…
Cinéma avec J. Doillon,
B. Tavernier, V. Schlöndorff,
C. Chabrol, A. De Caunes…
Télévision avec S. Moati,
G. Mordillat et N. Companeez.
Laurent
Ménoret
Formation au
Conservatoire
national d’art
dramatique.
A joué
notamment avec L. Laffargue Les
Géants de la montagne de
Pirandello ; G. Lavaudant La Mort
d’Hercule d’après Euripide ; J.-Y. Ruf
Mesure pour mesure de
Shakespeare ; C. Poirée Dans la
jungle des villes de Brecht,
Beaucoup de bruit pour rien et La
Nuit des rois de Shakespeare ;
E.-A. Maillet Hiver de J. Fosse ;
Ph. Adrien Bug ! de Bauer et
Adrien ; M. Rémond André ;
J. Châtel Petit Eyolf d’après
H. Ibsen… Cinéma avec
J.-M. Ribes, A. Malherbe,
A. Resnais et B. Podalydès.
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Laurent
Montel
Pensionnaire à
la ComédieFrançaise, de
1997 à 2002, il
joue sous la
direction de T. Hancisse,
J. Lavelli, J. Connort, D. Mesguich,
N. Lormeau, G. Werler, V. Vella, et
avec D. Mesguich Le Diable et le
bon Dieu de Sartre, Dom Juan de
Molière, Le Prince de Hambourg
de Kleist, Cinna de Corneille et
Hamlet de Shakespeare… ;
W. Mesguich Comme il vous plaira
de Shakespeare ; S. Anglade
L’Oiseau vert de C. Gozzi et Le Cid ;
J.-L. Benoit De Gaulle en mai
d’après Foccart, La Nuit des rois
de Shakespeare. Il écrit avec
S. Gabrielle la trilogie jeune public
Eby… jouée partout en France. Il
travaille avec l’ensemble musical
FA7 pour qui il écrit Petit Tom et
Pierre de la lune (avec le
compositeur O. Dejours), et
conçoit Veillée douce avec
S. Frydman.
Juliette
Poissonnier
Formation au
Conservatoire
national d’art
dramatique.
A joué
notamment avec Ph. Adrien Le
Dindon de Feydeau, Bug ! de
Bauer et Adrien ; J.-M. Patte Titre
provisoire ; T. Lavat La Maman et la
putain de Eustache, Êtes-vous
prêts à servir votre reine de
Chouchan, Pique-nique au bord du
Styx de Recoing ; J. Nichet Le Jour
se lève, Léopold de Valletti et
Casimir et Caroline de Horváth ;
L. Laffargue Othello et Le Songe
d’une nuit d’été ; E. Demarcy-Motta
Marat-Sade de Weiss ; I. Ronayette
On ne badine pas avec l’amour de
Musset ; X. Letourneur J’aime
beaucoup ce que vous faites de
Greep ; L. Fréchuret Ouz de
Calderón ; B. Lavigne Le Palmarès
du théâtre, Variations théâtrales ;
G. Darier Qui est qui ? ; J. Franco et
G. Mélanie Pour combien tu
m’aimes ?. Cinéma avec M. Berry,
M. Charef, Ph. Garel, M.-F. Pisier,
A. Berberian, A. Chabat, P. Braoudé,
J. Biras, O. Doran, P. Leconte,
V. Guignabodet, D. Le Pêcheur…
Mireille
Roussel
Formation au
Conservatoire
national d’art
dramatique.
A joué
notamment avec Ph. Adrien
Grand Peur et misère du IIIe Reich
de Brecht ; L. Lagarde Le Petit
Monde de Courteline, Sœurs
et Frères de Cadiot, Platonov et
Ivanov de Tchekhov, Le Cercle
de craie caucasien de Brecht, Oui
dit le très jeune homme de Stein ;
N. Casale Antoine et Cléopâtre
de Shakespeare ; J.-Y. Lazennec
Voyage en Sicile de Pirandello ;
N. El Azan Le Collier d’Hélène de
C. Fréchette ; Célie Pauthe S’agite
et se pavane de Bergman ;
R. Muňoz Majorette ! de R. Muňoz
et M. Roussel. Cinéma avec
L. Achard, C. Corsini, J.-P. Civeyrac,
Ph. Garrel, B. Cauvin, F. Girod, B. Sy,
P. Rabate…
Tadié Tuéné
Comédien de
1974 à 1983 au
Centre culturel
français de
Yaoundé au
Cameroun ; intègre ensuite le
Conservatoire national supérieur
d’art dramatique. A joué
notamment avec D. Lykoudis
Œdipe à Colone d’après Sophocle ;
M. Touré Orphée noir d’après
Senghor ; D. Lurcel Mange-moi
et Debout de N. Papin, Une saison
de machettes d’après Hatzfeld ;
Ph. Adrien L’Ivrogne dans la
brousse de Tutuola, Le Projet
Conrad, Bœsman et Léna de
Fugard ; A. Bourseiller Le Bagne
de Genet ; V. Goethals Bureau
national des Allogènes, Et si nos
pas nous portent de Cotton ;
G. Dambury Verre cassé d’après
Mabanckou. Conteur et
animateur au Festival de l’enfance
en Guadeloupe.
Nathalie
Vairac
A joué
notamment
avec Ph. Adrien
Bœsman et
Léna de
A. Fugard, Andromaque de Racine,
La Noce chez les petits bourgeois
de Brecht (version créole) ;
O. Jeannelle Les Caprices de
Marianne de Musset ; S. Limbvani
Othello ; A. Ollivier Les Nègres de
Genet ; S. Kouyaté Œdipe de
Sophocle ; S. Joco Elle de Genet ;
J.-C. Sormain Microfictions d’après
Jauffret ; S. Akrich Lettres à
l’humanité de Pliya. Cinéma
avec Amar Saraka Bâ ; P. Legitimus
Antilles sur Seine ; H. Henriol Les
Baobabs ne poussent pas en hiver.
Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit : dossier à l’attention des enseignants
Pistes pédagogiques
Le roman de Mark Haddon, Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit,
publié en Angleterre en 2003 et en France en 2004, fait partie de ces
livres dont le succès scolaire est assuré tant il réunit de conditions pour
une exploitation pédagogique multiple. C’est d’ailleurs le pari des
éditeurs puisqu’il est paru en poche chez Pocket en collection classique
et en collection pour la jeunesse, celle-ci étant agrémentée d’un riche
dossier littéraire et pédagogique réalisé par Sylvie Barès.
Nous vous invitons à consulter par ailleurs les pistes pédagogiques
proposées par :
• Catherine Mercier, du Lycée Yourcenar (Beuvry) :
http://www.recherches.lautre.net/wp-content/uploads/2014/06/
r46_109-124_mercier_1_modifie.pdf
Interventions en milieu scolaire, rencontres avec vos élèves…
Nous pouvons organiser pour vos élèves, en amont ou à l’issue de la représentation à laquelle ils assisteraient,
une rencontre ou un atelier de pratique théâtrale avec un ou plusieurs artistes du spectacle.
Pour en savoir plus sur les modalités pratiques et possibilités de calendrier, vous pouvez contacter :
• Amandine Lesage, pour les représentations au Théâtre de la Tempête (du 11 septembre au 18 octobre 2015) :
tél. 01 43 28 36 36 - [email protected]
• Guillaume Moog, pour les représentations en tournée (saison 2016/17) :
tél. 01 43 65 66 54 - [email protected]
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