LE TRANSPORT INTERURBAIN CHERCHE SA VOIE

Keo
DES IDÉES NEUVES
SUR LA MOBILITÉ
JUILLET 2011
LE TRANSPORT
INTERURBAIN
CHERCHE SA VOIE
Quelques réponses au défi de la mobilité dans les territoires
AIX-LES-BAINS : PLONGÉE
RÉUSSIE DANS LE
TRANSPORT URBAIN
Une offre hiérarchisée autour d’un pôle multimodal
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ÉDITO
2
PRENDRE LE LARGE…
Voilà soixante-quinze ans que les congés payés ont
été votés en France.
Les « grandes vacances » sont aujourd’hui devenues
une véritable institution, que ce numéro estival de Keo’
a décidé de célébrer en vous invitant à prendre le large…
Keo’Focus quitte la ville pour suivre ces chemins
de traverse qu’empruntent chaque jour les transports
en commun afin de desservir des territoires ruraux
et périurbains autrefois voués à l’isolement.
Keo’Polis et Keo’Visa vous proposent de découvrir
Washington et Aix-les-Bains, deux villes aux antipodes,
partageant un point commun : un réseau made in Keolis
qui permet aux habitants comme aux touristes de profiter
des charmes de la cité.
Et parce que prendre le large, c’est aussi prendre le temps,
Keo’Idées s’interroge sur le retour de la marche à pied
et sur l’art de flâner.
CET ÉTÉ, PRENEZ LE TEMPS DE VOYAGER !
Keolis
Présent dans 12 pays à travers
le monde, Keolis est un opérateur
majeur du transport public
de voyageurs en Europe et dans
le monde. Le Groupe propose une
chaîne de solutions de transport
adaptées aux besoins des territoires
et des clients voyageurs.
Keolis – 9, rue Caumartin –
75320 Paris Cedex 9
Tél. : 01 71 18 00 00
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2
Keo’ LE MAGAZINE
Keo’, le magazine corporate
du groupe Keolis, se propose
d’explorer le thème de la mobilité
durable. Actualités, succès, métiers,
innovations, débats, opinions…
Keo’ fait circuler des idées neuves
sur la mobilité !
RÉDACTION
• Directrice de la publication :
Lucile Chevallard
• Responsable du comité
de rédaction : Eva Rouquié
• Illustrations : Antoine Levesque,
Mr Supreme
• Iconographie : © Keolis, Fotolia,
Getty, Buzzcar, MBD Design, Franck
Juery, Vincent Bourdon, Bruno Delessard,
Pascal Lebeau, John Raleigh, Philippe
Sautier/SIPA, Maxence Garcia, Prod DB ©
Studio Canal - Tiger Aspect Production Universal - Working Title Films / DR, ©
Conseil Général du Calvados 2004
• Conception et rédaction :
(Réf : KEOL010)
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Keolis • Juillet 2011
4
8
Tracé du Grand Paris,
funiculaire de Grasse,
Open Data à Rennes…
l’actualité des transports
et de la mobilité
À Montbéliard,
information rime
avec mutualisation :
visite guidée d’une
centrale de mobilité
Keo’ACTU
SOMMAIRE
3
Keo’TEAM
10
Keo’VISA
Happy birthday
Virginia Railway Express !
12
Keo’ZOOM
Libéralisation des TER,
mode d’emploi
16
Keo’POLIS
Aix-les-Bains : plongée
réussie dans le transport
urbain !
20
Keo’FORUM
13
DSP ou régie :
que choisir ?
22
Keo’IDÉES
Keo’FOCUS
Rachel Thomas :
quelle place pour les
piétons dans la ville ?
LE TRANSPORT
INTERURBAIN
CHERCHE SA VOIE
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Keo’ACTU
4
CÔTÉMOnde
ILE-DE-FRANCE
Le Grand Paris
sur les rails
es contours
du plus grand
projet de
transport lancé
en Europe à ce jour ont
enfin pris forme ! Le 26 mai
dernier, le conseil de
surveillance de la Société
du Grand Paris a voté à
l’unanimité le tracé du
supermétro automatique
qui circulera autour de la
capitale. Objectif affiché :
accueillir quotidiennement
2 millions de voyageurs
supplémentaires sur le
réseau d’Ile-de-France,
tout en soutenant
le développement
économique et territorial
de la région. Les trois lignes
principales, d’une longueur
totale de 200 km (lignes
L
© Buzzcar
La prolongation de la ligne 14
du métro parisien est une priorité.
rouge, bleue et verte),
compteront 57 nouvelles
gares. Une procédure
de concertation pour
une quatrième ligne a
également été lancée.
L’investissement, financé
par la Région Ile-de-France,
les collectivités et l’État,
est estimé à 20,5 milliards
d’euros, auxquels
s’ajouteront 12 milliards
pour l’amélioration des
infrastructures existantes.
Première étape des travaux,
qui s’échelonneront jusqu’en
2025 : le prolongement
de la ligne 14 vers la mairie
de Saint-Ouen, qui devrait
être opérationnel en 2017.
LE CHIFFRE
1,6 %
C’est la hausse de la fréquentation
sur l’ensemble des réseaux de transport
français en 2010 (source : UTP).
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Keolis • Juillet 2011
5
AUTOPARTAGE
Location très
particulière
En mai, un nouveau service d’autopartage
entre particuliers a vu le jour en France :
Buzzcar. Le concept a été imaginé par
l’Américaine Robin Chase, fondatrice
de Zipcar, leader mondial sur ce marché.
Buzzcar propose, via une application
smartphone, de faire le lien entre les
conducteurs occasionnels et les propriétaires
de voitures pour une location à l’heure ou à la
journée. Une fois membre de la communauté,
il suffit de quelques clics pour envoyer
sa demande au propriétaire de la voiture
la plus proche. Le coût de la location est
d’environ 7,30 €/heure ou 75 €/jour, essence
et assurance incluses. Buzzcar gère
la réservation, le paiement, l’assurance
et suggère les tarifs de location selon
la voiture. En fin de prestation,
les deux parties se notent mutuellement
à la manière d’un réseau social ou
d’un site de vente en ligne.
NOMINATION
Michel Bleitrach, président de Keolis, a été élu à l’unanimité,
le 9 juin dernier, président de l’Union des Transports Publics et
Ferroviaires (UTP), le syndicat professionnel des entreprises de
transport urbain. Élu pour deux ans, il succède à Cyrille du Peloux,
ex-directeur général de Veolia Transport.
ALLEMAGNE
Coup de pouce
à l’industrie
automobile
verte
En pleine rigueur budgétaire,
le gouvernement allemand
a tranché en faveur de
l’injection, sur deux ans,
d’un milliard d’euros dans
la recherche sur la voiture
électrique. S’y ajoutent
12 milliards promis par
le secteur privé. L’idée :
faire du marché allemand
un pilote sur le secteur
et développer un avantage
concurrentiel au niveau
mondial. L’Allemagne vise
6 millions de véhicules
électriques d’ici à 2030. Selon
le président du directoire de
Daimler, le pays devrait
atteindre 100 % de voitures
électriques en 2050.
FUNICULAIRE
RETOUR
EN « GRASSE »
Le transport par câble revient à la
mode. Après Lyon, Pau, Le Havre,
c’est au tour de Grasse de remettre
en service son funiculaire, suspendu
depuis 1938. Entièrement
automatiques, les nouvelles cabines
au design futuriste, d’une capacité de
60 personnes chacune, permettront
aux utilisateurs de relier sans peine la
gare SNCF au centre-ville, sur un
parcours de 570 m avec deux stations
intermédiaires. Les travaux devraient
démarrer à la fin de l’année pour une
inauguration courant 2013.
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Keo’ACTU
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CÔTÉ
eO
Carburant
Faire face à
la hausse des prix
Le prix du carburant a augmenté de 30 % en 2010. Pierre Jorieux, ingénieur
énergies et innovations technologiques chez Keolis, fait le point sur les
solutions imaginées par le Groupe pour faire face à cette flambée des coûts.
Quelle a été l’incidence de la hausse
du prix des carburants pour Keolis ?
Après les salaires, le carburant représente
le deuxième poste de dépenses du Groupe.
L’impact économique de la hausse du prix
du baril est donc très important.
Heureusement, cette augmentation n’a pas
que des effets négatifs : elle incite les
voyageurs à emprunter les transports en
commun. Toutefois, cette amélioration de la
fréquentation ne compense pas totalement
le manque à gagner.
Quelles actions ont été mises en
place ? Nous avons actionné plusieurs
leviers. Tout d’abord, les achats : Keolis
possède une plateforme informatique
d’enchères inversées commune à toutes les
filiales, permettant de négocier les prix
auprès des fournisseurs. Du côté de la
maintenance, nous savons que, si nos
véhicules sont bien entretenus, ils
consomment moins : un pneu bien gonflé
peut faire économiser jusqu’à 10 % de
carburant ! Enfin, nous travaillons avec les
constructeurs pour concevoir des véhicules
moins gourmands en carburant et
expérimenter les nouvelles technologies
hybrides, qui semblent prometteuses.
Sur le terrain, comment avez-vous
sensibilisé vos équipes ?
La sensibilisation des conducteurs à l’écoconduite est un volet essentiel. Elle se fait
par le biais de formations obligatoires
(FCO), renouvelées tous les cinq ans.
Nos équipes peuvent « surveiller »
leur consommation. En Suède,
nous avons déployé des outils
permettant aux conducteurs
de visualiser leur consommation
en temps réel. En France, nous testons
des dispositifs équivalents. Nous menons
également des études sur des systèmes
permettant de contraindre l’accélération et
la vitesse des véhicules.
Les « nouveaux » carburants
pourraient-ils devenir à terme
une alternative au pétrole ?
Malheureusement, ils ne constituent pas
une réponse économique à l’augmentation
du coût des carburants fossiles. Ils sont
encore plus chers que le gazole et indexés
sur son prix. À moyen terme, de nouvelles
générations plus performantes devraient
voir le jour. Sans remplacer intégralement
les énergies fossiles, elles permettront de
diminuer notre dépendance à leur égard.
À lire dans Eo’Mag, notre dossier
sur la mobilité verte.
INFO VOYAGEURS
Depuis le 6 juin, les malvoyants lyonnais
peuvent écouter les annonces d’arrivées des rames et
de perturbations des 118 panneaux d’information disposés
le long des quais du métro. Il leur faut pour cela avoir
téléchargé sur leur téléphone portable une application
gratuite et activé le Bluetooth. Cette mesure s’inscrit
dans les dispositions de la loi Handicap du 11 février 2005,
visant à rendre accessibles les panneaux d’information
à l’ensemble des usagers. C’est une première en France !
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6
GOLD COAST
L’aventure
australienne
se poursuit
Le consortium GoldLinQ, dont
fait partie Keolis, a été choisi
par l’État du Queensland,
en Australie, pour gérer la future
ligne de tramway de Gold Coast.
Le projet fait l’objet d’un partenariat
public-privé, conclu pour une
durée de dix-huit ans, et évalué
à près de 730 millions d’euros.
Il concerne le tracé, la construction,
le financement, l’exploitation
et la maintenance de la future ligne
de tramway qui, longue de
13 kilomètres, reliera Gold Coast
University Hospital à la plage de
Broadbeach. Ses 16 arrêts, seront
desservis par 14 rames.
Fréquentation attendue :
50 000 voyageurs par jour.
La mise en service est attendue
pour 2014.
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LE LAB
OPEN DATA : DONNÉES
EN LIBERTÉ
L
es données non nominatives collectées
par les organismes publics constituent un vrai
patrimoine immatériel. L’Open Data consiste
à centraliser ces données pour les mettre à
la disposition de tous, via des portails Internet en libre
consultation. Transports, inventaires des bibliothèques, reliefs
géographiques… Toute l’information publique peut être
réutilisée et rediffusée. En mars 2010, Keolis Rennes a ouvert
une plate-forme dédiée (http://data.keolis-rennes.com)
donnant accès aux données du vélo STAR. En septembre,
ce sont les données transport (bus, métro) et celles de Rennes
Métropole qui ont été libérées. L’idée : permettre aux citoyens
de les exploiter pour élaborer de nouveaux services et usages.
En un an, 60 applications liées aux transports ont été créées.
Bienvenue dans la ville 2.0 ! À l’ère du tout numérique,
l’Open Data met les données publiques à la disposition
des citoyens. Décryptage d’une démarche qui permet
de développer le transport public.
Régulation
L’Agence pour le patrimoine
immatériel de l’État, créée
en 2007, supervise l’accès
aux données publiques et
leur emploi.
Développement
Le dispositif est en place
à Paris et à Rennes, et
en cours d’installation
au Havre, à Nantes,
Brest, Lyon, Bordeaux…
4
Via les applications, les données
peuvent circuler de citoyen
à citoyen, et être échangées
de mobile à mobile.
2
Après s’être inscrit
sur la plate-forme,
l’utilisateur peut
effectuer une
requête pour
récupérer les
données qui lui
permettront de creér
son application
(smartphone, Web…).
1
3
Plusieurs applications
utilisant la
géolocalisation
ont été développées
grâce aux données
publiques de
transport (horaires
des bus, disponibilités
des vélos…).
AGENDA
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7
Une fois extraites de
leur serveur d’origine
(mairie, opérateur
de tranport,
bibliothèque…),
les données sont
mises à la disposition
des utilisateurs
sur une plate-forme.
> 29/08/11 : lancement du nouveau réseau de bus AtouBus à Lyon > Fin août : publication
du cahier des charges pour la réponse à l’appel d’offres du réseau de transport de Rennes.
05/09/11 : lancement des vélos à Lille (V’Lille) et première étape du plan bus.
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Keo’TEAM
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QUAND
INFORMATION
RIME AVEC
MUTUALISATION
Les habitants de Montbéliard,
Lons-le-Saunier, Vesoul
ou Obernai disposent
d’un centre téléphonique
commun pour préparer
leurs déplacements ou
réserver un transport
à la demande. Découverte.
Une fois la demande traitée par les
conseillères, le PC régulation prend
le relais pour la gestion des requêtes
de transport à la demande.
Les téléconseillères traitent
environ 40 000 requêtes
par an.
Pour gagner en efficacité,
les requêtes de transport à
la demande sont souvent
mutualisées quand trajets
et horaires correspondent.
Afin de répondre au mieux aux demandes,
les téléconseillères doivent avoir une
connaissance parfaite de l’ensemble des sites.
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Keolis • Juillet 2011
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À L’ORGANISATION
S
i chaque réseau de
transport urbain de grande
agglomération est équipé
d’une centrale
d’information et de réservation, il
n’en va pas de même pour les réseaux
des villes de petite et moyenne taille.
Afin d’offrir aux voyageurs de ces petits
réseaux la même qualité de service,
Keolis a créé à Montbéliard, en 2007,
une centrale d’appels partagée.
Au cœur de l’hôtel tertiaire Numerica,
trois téléconseillères reçoivent
et traitent quotidiennement les appels
des réseaux de plusieurs communautés
d’agglomération : le Pays de
Montbéliard, Lons-le-Saunier et Vesoul,
en Franche-Comté, ainsi qu’Obernai, en
Alsace. En fin d’après-midi, elles
prennent également le relais
de leurs collègues de Livo, le réseau
vosgien. « Ce service mutualisé est
unique », souligne Paul de Montecler,
directeur du développement
commercial chez Keolis Grand Est.
Il nécessite une parfaite connaissance
de l’ensemble des sites, d’autant
que les demandes des voyageurs
se réfèrent souvent à des lieux
« générateurs de déplacements »
– clinique, commerce, bureau de poste,
etc. – plutôt qu’à l’intitulé précis des
stations. « Toutes nos téléconseillères se
rendent sur le terrain pour connaître ces
villes et apprendre à s’y repérer,
explique Paul de Montecler. C’est un
métier de contact humain, qui nécessite
réactivité et vivacité ! » résume-t-il.
De 7 à 19 heures sans interruption, du
lundi au samedi, l’équipe de trois
personnes, supervisée par Cécile
Lefebvre, fournit par téléphone horaires,
itinéraires, tarifs ou renseignements sur
l’état du trafic. L’équipe peut également
accéder à la base de données de
la SNCF si le déplacement envisagé
nécessite un trajet en TER. Reliée aux
services de régulation par messagerie
électronique ou téléphone, elle organise
également les transports à la demande,
qu’il s’agisse de la desserte ponctuelle
de quartiers ou de communes ne
bénéficiant pas d’une ligne régulière,
ou bien du déplacement de personnes
à mobilité réduite. Un savoir-faire
multiple pour une expertise unique.
LE DIRECTEUR DU
DÉVELOPPEMENT
COMMERCIAL
PAUL
Savoir s’adapter à la demande
Isabelle Courgey, téléconseillère
AU TÉLÉPHONE
ISABELLE
« Ce travail demande
de savoir s’adapter
très vite à toutes les
situations, car nous
traitons les demandes
d’information et
également les
commandes pour le
transport à la demande.
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9
Pour ces dernières,
comme il suffit d’une
seule demande pour
déclencher l’envoi d’une
voiture, mon rôle est de
regrouper les requêtes
des clients pour
permettre aux chauffeurs
d’établir les itinéraires
et les horaires les plus
adaptés et ainsi optimiser
le trajet. En cas de
demandes liées à des
CÉCILE
ÉCHANGE
ET ÉCOUTE
Cécile Lefebvre,
superviseur des
téléconseillères
« Chacune de nous a
plusieurs casquettes,
car nous devons pouvoir
intervenir à tout moment
et sur tout sujet. Il faut
décrocher avant la
quatrième ou cinquième
sonnerie, même en période
de pointe. Nous y parvenons
à 97,5 % et, pour les 2,5 %
restants, nous rappelons
nous-mêmes les voyageurs.
Je m’occupe de
l’encadrement de l’équipe
(plannings, congés, etc.),
du suivi de la qualité et
des statistiques d’appels :
en moyenne, nous traitons
40 000 à 50 000 requêtes
par an, tous réseaux
confondus. En cas
d’intempéries ou de
mouvements sociaux, le
chiffre peut dépasser
60 000, voire 70 000.
Contrairement aux platesformes de télémarketing,
nous ne sommes pas là pour
vendre mais pour renseigner
le client. Notre intérêt n’est
pas la rentabilité, mais le
service rendu. Cela se traduit
par une véritable écoute. »
perturbations de trafic,
il s’agit d’être réactif
et surtout de garder
son calme car les clients
peuvent vite devenir
agressifs. Et, pour éviter
l’engrenage, nous
devons prendre sur
nous, être patients
et entretenir le dialogue
en expliquant la
situation et en faisant
preuve de pédagogie. »
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Keo’VISA
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HAPPY BIRTHDAY,
VIRGINIA RAILWAY
EXPRESS !
Il y a un an, Keolis démarrait l’exploitation de Virginia Railway
Express, le réseau ferroviaire desservant les banlieues sud et ouest
uest
de Washington. Plongez dans l’album photo anniversaire !
1
1. Premier contrat
aux États-Unis pour
Keolis. Ce réseau de
145 km est composé de
2 lignes en forme de Y.
2. Les 30 trains
sont accessibles aux
personnes à mobilité
réduite.
3. À bord, des
passagers se rendant
2
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3
à Washington se
détendent dans des
rames à deux niveaux
très lumineuses.
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Keolis • Juillet 2010
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4. Depuis un an,
la fréquentation n’a cessé
de progresser et atteint
une moyenne de 19 000
voyageurs par jour.
6. Même les vélos sont
autorisés à bord des trains !
4
6
7
5
5
5. Sur le quai comme
à bord, le rôle des
contrôleurs est multiple :
ils informent les passagers,
organisent la montée…
7. Améliorer
la propreté des trains
a été l’une des priorités de
Keolis depuis la reprise du
réseau.
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Keo’ZOOM
12
LIBÉRALISATION DES TER,
MODE D’EMPLOI
La libéralisation des lignes ferroviaires régionales
vient de franchir une étape importante avec la
publication attendue du rapport Grignon. Objet :
les modalités d’expérimentation de l’ouverture
à la concurrence des trains express régionaux (TER).
LE POINT SUR…
25 millions
Ce que dit le rapport Grignon
Ouverture à la
concurrence, fin du
monopole de la SNCF sur
les lignes TER : le rapport
Grignon (du nom du
sénateur Grignon) vient
d’être publié après deux
longues années d’attente.
Partant de l’hypothèse
d’une ouverture à la
concurrence des TER en
2019, ce document
préconise les conditions
d’expérimentation qui
permettront aux Régions
de confier leurs services
de transport de voyageurs
à des opérateurs privés. Il
passe en revue l’ensemble
des thématiques : type de
contrat, périmètre
d’expérimentation,
propriété du matériel
roulant, gestion de la
maintenance et accès aux
services en gare… Surtout,
il répond à la question
épineuse du statut des
cheminots SNCF. En cas
de changement
d’opérateur, le sénateur
suggère que les contrats
de travail soient transférés
d’un employeur à l’autre
sur la base du volontariat,
les cheminots conservant
leurs droits à la retraite et
leurs régimes spéciaux de
prévoyance et de sécurité
sociale. Une nouvelle
convention collective de
branche est à prévoir…
de voyageurs empruntent
chaque année les trains
express régionaux (TER).
3,7 Md€
de chiffre d’affaires
pour les TER en 2010,
ce qui représente une
progression de 38 %
en cinq ans.
LES ENJEUX…
Pour les acteurs
ferroviaires
Avec une augmentation de
40 % des voyageurs en moins
de dix ans et de 38 % du chiffre
d’affaires en cinq ans, les TER
offrent de belles perspectives
de développement aux
opérateurs privés. Ce marché
s’ouvrira sous la forme de
délégations de service public,
qui obligeront l’opérateur
à prendre en charge le risque
industriel sur les coûts et
tout ou partie du risque
commercial lié à l’exploitation
du service. Point à éclaircir :
l’accès pour tout nouvel
entrant, dans des conditions
transparentes, aux services
en gare. Il incombe au futur
décret Gares d’apporter
ces garanties.
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12
Pour les Régions Pour la SNCF
Les Régions consacrent environ
4,3 milliards d’euros par an
aux TER. La possibilité d’une
ouverture à la concurrence
constitue donc une piste
importante de gains de
productivité et de réduction
de coûts. Le rapport estime
qu’il appartient à l’autorité
organisatrice régionale
de choisir le périmètre
des services concernés par
l’expérimentation. Pour
autant, il n’est pas question
de confier dès le début
des régions entières aux
opérateurs privés, mais plutôt
de mettre en concurrence, à
titre expérimental, la SNCF sur
des groupements de lignes
territorialement cohérentes et
économiquement équilibrées.
La priorité pour l’entreprise
est de sécuriser ses positions
tout en garantissant les
droits de ses 25000 agents
affectés aux TER. Les
éléments fondamentaux du
statut des cheminots seraient
maintenus : intégralité de la
couverture sociale propre au
régime spécial des agents,
garantie de pouvoir partir en
retraite selon les conditions en
vigueur à la SNCF, garantie de
l’emploi et de la progression
de carrière. En revanche, une
nouvelle convention collective
de branche, applicable
à l’ensemble du secteur
ferroviaire, est à l’étude afin
d’harmoniser les conditions
de durée et d’organisation
du travail.
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Keo’FOCUS
LE TRANSPORT
INTERURBAIN
CHERCHE
SA VOIE
En marge des agglomérations, les territoires
interurbains échappent au transport collectif
de masse. Qu’ils soient périurbains ou ruraux,
la voiture y règne en maître. Des solutions
sur mesure permettent de satisfaire en partie
les besoins de mobilité de leurs habitants,
mais leur coût freine leur généralisation.
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Keo’FOCUS
14
LE TRANSPORT INTERURBAIN CHERCHE SA VOIE
A
les territoires interurbains sont
ujourd’hui, 53 %* de la population
UN HABITAT DISPERSÉ,
multipolaires. C’est le cas dans
française vit hors des périmètres
DES FLUX DE
les départements qui comptent
de transports urbains (PTU), en
DÉPLACEMENTS TRÈS
plusieurs villes à forte attractizone rurale ou interurbaine. Ces
ÉCLATÉS ET UN FORT
vité, comme le Finistère avec
territoires présentent des caracTAUX DE MOTORISATION.
Brest et Quimper, ou encore les
téristiques communes : une faible
Côtes-d ’Armor avec Saintdensité de population, dix fois
Brieuc, Guingamp et Lannion…
inférieure à la densité urbaine, un
Ces structures ont chacune leurs particularités :
habitat dispersé, des flux de déplacements éclatés
ainsi, le vocable « interurbain » désigne aussi bien
et un fort taux de motorisation. Autant de facteurs
des communes dépendantes d’une ville-centre (ou
qui expliquent que la mobilité quotidienne des habiles communes limitrophes de cette dernière) que
tants de ces territoires ne cesse d’augmenter, tandis
des bourgs ruraux vivant quasiment en autarcie, ou
que celle des citadins est en baisse.
encore des communes de petite taille, dépourvues
de commerces, de services et d’emplois.
Des territoires à géométrie variable
Dans ces territoires à géométrie variable, les déplaPlus nombreux et plus longs qu’en agglomération,
cements vers la ville-centre sont loin d’être la règle
les déplacements interurbains sont aussi plus
et ne représentent au total que 5 % des trajets. Les
complexes, car, à l’inverse du modèle urbain bâti
trois quarts des déplacements se font à l’intérieur
en « étoile », où la ville-centre polarise la mobilité,
du territoire interurbain. Or l’éclatement des temps
de travail, la dispersion spatiale de certaines
activités ou des populations, les destinations périphériques et les horaires atypiques limitent l’accessibilité par les lignes régulières. Aussi, faute d’une
offre de transport public adéquate, la voiture reste
le moyen de transport majoritaire pour les déplacements de proximité : 80 % des actifs du périurbain l’utilisent pour aller travailler ; en zone rurale,
ils sont 98 %*. « Le périurbain est le territoire de
prédilection de la voiture, utilisée même pour de
courtes distances. Les ménages y sont d’ailleurs
massivement motorisés, puisque un sur deux dispose de deux voitures », remarque Bruno Le Corre,
DÉCRYPTAGE
Qu’est-ce que l’interurbain?
53 %
de la population française vit en zone
rurale ou interurbaine.
151164.GRP.indd
14
> Avec l’accroissement
de la périurbanisation, il
devient difficile de
distinguer l’espace
urbain de l’espace rural.
Qualifiés par l’Insee
« d’aires urbaines
et d’aires d’emploi
de l’espace rural », les
territoires interurbains
comprennent :
l’espace rural, composé
de petites unités urbaines
et de communes
rurales, qui représente
70 % de la superficie
totale de la France
métropolitaine ;
la couronne périurbaine,
qui recouvre l’ensemble
des communes dites
« monopolarisées », car
situées à la périphérie
d’un pôle urbain ;
les communes dites
« multipolarisées »,
qui sont situées à
l’extérieur de la couronne
périurbaine et dont au
moins 40 % des actifs
travaillent dans plusieurs
aires urbaines.
6/07/11
9:41:56
Keolis • Juillet 2011
15
chargé d’études mobilité à l’agence d’urbanisme
et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise.
Des catégories d’usagers diverses
Pour autant, le véhicule particulier ne peut représenter la seule réponse aux besoins de transport des
zones rurales, où 12 % des ménages ne disposent
pas de voiture. Et si le ramassage scolaire est la
première raison d’être du transport public dépar-
3/4
des déplacements
sont réalisés en
voiture dans les
espaces ruraux
et faiblement
urbanisés.
(source Insee)
temental, les conseils généraux ne peuvent laisser
de côté toutes les catégories d’usagers tributaires
d’une offre de transport tout au long de la journée
pour se rendre sur leur lieu de travail, d’études ou
de loisirs, faire leurs courses, aller chez le médecin
ou dans une administration : jeunes et adultes sans
permis, retraités en perte d’autonomie, personnes
à mobilité réduite ou en situation précaire, ou
encore ménages dont l’unique voiture est utilisée
par une personne du foyer.
MOTS CROISÉS
LA RENTABILITÉ : À QUEL PRIX ?
Denis Longin,
vice-président du conseil
général du Rhône en charge des
transports hors agglomération
Michel Granger,
vice-président du conseil
général du Calvados en charge
des transports
Anne Meyer,
directrice du département
Clientèle, Exploitation
et Recherche à l’UTP
« La problématique du
transport est essentielle
dans le Rhône. Petit en
« Nous avons instauré une
nouvelle politique tarifaire
« Depuis vingt ans, la majorité
des réseaux urbains a adopté
la tarification unique dans
superficie mais très peuplé,
le département est caractérisé
par l’agglomération lyonnaise,
très étendue. Nous avons mis en
œuvre la tarification unique à 2 €
depuis le 1er janvier 2008 sur
nos 25 lignes interurbaines pour
permettre au plus grand nombre
d’accéder au transport public.
L’impact sur la fréquentation est
significatif : elle a augmenté de
plus de 50 % en trois ans. Nous
avons dû mettre plus de véhicules
en circulation, mais nous avons
fait le choix politique de ne pas
chercher la rentabilité. »
151164.GRP.indd
15
en 2007 sur 9 zones, contre 20
auparavant, et en réduisant
presque de moitié les tarifs,
qui s’échelonnent entre 1,60 €
et 10,60 €. Cette tarification,
beaucoup plus lisible pour les
usagers et très proche de celle
pratiquée en zone urbaine, a
entraîné une augmentation de la
fréquentation de 20 à 25 % selon
les lignes. Ce système nous paraît
juste et équilibré, car il permet
à la fois d’attirer les usagers vers
les transports publics interurbains
et de maintenir un taux
de couverture des dépenses
de fonctionnement à 20 %. »
une logique d’unicité du territoire.
Cette tendance se poursuit au
niveau départemental malgré
l’accroissement des PTU. Mais dans
les zones interurbaines, on peut
s’interroger sur la pertinence
et la viabilité à long terme d’une
tarification unique. Les prix ont
peu évolué depuis 1994, malgré
l’extension des territoires desservis
et la montée en gamme de l’offre.
Nous prônons alors un meilleur
affichage du coût de la mobilité et
une modulation de la tarification
qui prenne en compte la durée
et la distance des déplacements. »
6/07/11
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Keo’FOCUS
16
LE TRANSPORT INTERURBAIN CHERCHE SA VOIE
Par ailleurs, le transport interurbain ne doit pas
être pensé à sens unique, de la périphérie vers le
centre : en effet, touristes et citadins, moins motorisés, veulent aussi sortir de la ville pour accéder
aux campagnes ou aux bords de la mer environnants. À Lyon, par exemple, pendant la période
estivale, des navettes relient le centre-ville aux
parcs situés en périphérie. Pour satisfaire les
besoins de chacun de ces marchés, les opérateurs
s’efforcent de proposer des solutions alternatives
à la voiture individuelle.
Une palette de solutions adaptées à chacun
Complémentaire des réseaux de transport existants, le transport à la demande (TAD), qui fonctionne à l’initiative des usagers, sur réservation,
connaît depuis quelques années un fort développement. « En quatre ans, le nombre de communes
hors PTU desservies par un transport à la demande
a doublé », constate Tristan Guilloux, responsable
du groupe Analyses et prospective de la mobilité
au sein du département des déplacements durables du Certu. Grâce à sa souplesse, à son coût
en partie maîtrisable et à son adaptabilité aux
contextes locaux, le transport à la demande est
adapté à la desserte des zones peu denses. Quelles
Les opérateurs
s’efforcent
de proposer
des solutions
alternatives
à la voiture
individuelle.
que soient ses modalités de fonctionnement
– horaires variables ou fixes, arrêts à domicile ou
à des points de dépose –, il permet d’estimer au
plus juste les besoins en mobilité des habitants.
Autre tendance émergente : la banalisation du
transport scolaire en ligne régulière ouverte à tous.
« Un moyen d’offrir un service supplémentaire à
des usagers qui se heurtent à une fréquence limitée du transport », souligne Tristan Guilloux. Dans
certains départements, des expérimentations très
innovantes – et reproductibles – offrent également de nouvelles perspectives. Dans l’Essonne,
une ligne interurbaine effectue un arrêt sur l’autoroute A 10, tandis qu’en Isère une ligne express
utilise la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute.
Dans le Tarn, une ligne express suit le tracé de la
quatre-voies entre Toulouse et Albi et ne dessert
que les aires de covoiturage aménagées le long de
LE TRANSPORT
À LA DEMANDE CONNAÎT
UN FORT DÉVELOPPEMENT.”
côté
Après les pavés, la plage
Devant la désaffection
des transports publics
au profit de la voiture
pendant l’été, le conseil
général du Calvados a
instauré depuis plus de
dix ans une promotion
tarifaire sur cinq lignes
interurbaines régulières,
qui assurent la desserte
des communes du
littoral depuis les villes
de Caen et de Bayeux.
Baptisée « Spot », l’offre
permet aux touristes et
aux citadins de ces deux
villes-centres d’effectuer
un aller-retour dans la
journée vers les plages
des Côtes de Nacre ou
du Bessin au tarif unique
de 3,25 € dans la limite
de cinq zones. Ce service
fonctionne en juillet et
en août, tous les jours
151164.GRP.indd
16
de la semaine entre
9 h et 19 h, avec une
fréquence d’environ
un bus toutes les heures
au départ de Caen et
de cinq bus par jour
au départ de Bayeux.
Une initiative qui vise
à désengorger les
parkings situés le long
des plages, à dynamiser
l’activité économique
des stations balnéaires
et à valoriser l’attractivité
touristique du bord de
mer et de ses environs.
Tous les usagers des
Bus verts du Calvados
bénéficient en prime
d’un tarif préférentiel
à l’entrée du musée
de la Tapisserie de
Bayeux, du musée
des Beaux-Arts et
du Mémorial de Caen.
6/07/11
9:42:24
Keolis • Juillet 2011
la route. Des offres de transport rapide capables
de concurrencer la voiture ou qui jouent sur l’intermodalité avec les véhicules particuliers.
L’intégration tarifaire et de l’information, qui
consiste à harmoniser les tarifs et l’information
voyageurs sur l’ensemble des réseaux, est également un levier efficace pour attirer les populations
vers les transports départementaux et favoriser
l’intermodalité. Dans l’Oise, par exemple, grâce à
la coopération entre les autorités organisatrices
du département, de la région et des agglomérations, les voyageurs disposent d’une information
globale sur l’offre de transport à l’échelle régionale. Enfin, la tarification unique, adoptée par près
d’un département sur deux, contribue à améliorer
la visibilité de l’offre et à augmenter la fréquentation des transports publics interurbains.
Un modèle économique en devenir
Les transports collectifs départementaux (hors
transport scolaire) ont suivi l’évolution démographique des territoires interurbains, de plus en plus
prisés par des ménages en quête de verdure ou
d’un logement moins cher. En témoigne la forte
progression du nombre de voyages entre 2006
et 2009 (+ 25 %). Toutefois, ces trois dernières
années, la hausse de la fréquentation a nettement
ralenti et oscille autour de 1 à 2 % par an, transport
scolaire compris. « Les transports collectifs départementaux doivent être pensés comme un maillon
de la chaîne des déplacements, en intermodalité
avec les autres transports publics et la voiture individuelle. Cela suppose une étroite coopération entre
les autorités organisatrices départementales et
urbaines, aussi efficace que l’extension continue
des PTU, dont la superficie a augmenté de 52 %
entre 2001 et 2008. Or, cette nécessaire coopération n’est pas encore mature », relève Tristan
Guilloux. Pour Bruno Le Corre, la faible rentabilité
économique demeure un frein majeur au dévelop-
25 %
d’augmentation du nombre de voyages
en transports collectifs départementaux
entre 2006 et 2009. (Source Certu)
151164.GRP.indd
17
17
5%
des déplacements
sont effectués
en transports
en commun dans
les territoires
interurbains. Ils
sont le fait, pour
les trois quarts,
des enfants et
des étudiants.
(source Certu)
pement des transports interurbains : « Qu’il s’agisse
du transport à la demande, du covoiturage ou de
l’autopartage, les solutions proposées restent dans
le champ de l’expérimentation et ne constituent pas
un modèle économique structuré. La demande est
trop individualisée et les flux trop restreints pour
que l’on puisse infléchir profondément la courbe de
l’usage de la voiture. » Pourtant, au-delà des besoins
locaux, les transports interurbains répondent à trois
enjeux d’envergure : maintenir le lien social en assurant le droit au transport pour tous, contribuer à
réduire la pollution en se substituant à la voiture et
dynamiser l’activité économique en désenclavant
les territoires.
* Toutes les données chiffrées sont issues d’une étude du
Certu de septembre 2009 sur les enjeux de déplacements
durables pour les espaces ruraux et périurbains.
côté
UN MARCHÉ
ENCORE VIERGE
Le transport interurbain
est un marché encore
vierge, avec des demandes
de mobilité diverses
et difficiles à financer
compte tenu de l’absence
de versement transport
en interurbain. À nous,
exploitants, en concertation
avec les élus, de faire
preuve d’imagination et
de hiérarchiser le réseau,
en dopant l’offre sur les axes
à potentiel et en proposant
des solutions de mobilité
simples et rapides.
Par exemple, la ligne
express Caen-Ouistreham,
qui circule sur une quatrevoies, compte peu d’arrêts
mais garantit des départs
toutes les heures. Cette offre
a généré une augmentation
de la fréquentation de 15 %.
Le département prévoit de
proposer ce type de produit
sur d’autres lignes autour de
Caen. En Île-de-France, Keolis
exploite avec Veolia trois
lignes express qui empruntent
l’autoroute A 14 pour desservir
La Défense. Ces lignes à forte
Martin Roman,
chef de projet marketing
interurbain chez Keolis
fréquence fonctionnent de
6 h à 21 h du lundi au samedi,
et relient les communes de
Mantes-la-Jolie, Vernouillet
et Les Mureaux à un pôle
d’échanges sur le site de
La Défense. Nous songeons
à transposer dans les
territoires interurbains des
produits existant dans
les réseaux urbains, comme
les lignes Flexo, qui desservent
les arrêts à la demande des
voyageurs. Jouer la carte
de l’intermodalité ou de la
complémentarité avec la
voiture est plus efficace et
rentable que de chercher
un maillage fin du territoire.
6/07/11
9:42:36
Keo’POLIS
18
Aix-les-Bains, nichée sur les berges du lac du Bourget,
a confié les rênes de son réseau de transport urbain à
Keolis en 2008. La station thermale et son agglomération
bénéficient désormais d’un réseau multimodal tous
publics, sous la marque Ondéa. Anatomie d’une réussite.
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longue durée, elle permet
au voyageur d’y louer un
vélo ou d’y déposer son vélo
personnel avant de prendre
le train. Mais, à présent,
il faut songer à l’avenir, et
les projets sont nombreux.
Nous souhaitons notamment
créer à l’automne une ligne
de bus express qui desservira le technopôle de Savoie,
Technolac, à l’instar de ce qui
existe à Chambéry.
TRESSERVE
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François Gruffaz,
président de la commission
déplacements à la Calb
Ch. de la Thiébaude
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Le bilan de Keolis est très
satisfaisant ! Ils ont relevé
le défi malgré les difficultés.
Et les résultats sont là : la
fréquentation a augmenté
de 47 % entre septembre
2008 et septembre 2010,
et l’offre kilométrique bus de
20 %. Nous avons également
été séduits par Ondéa,
le nom proposé par Keolis
pour le réseau, décliné en
un logo dont l’ondulation
rappelle celle du lac.
Le professionnalisme et
le sérieux des équipes sont
visibles jusque dans l’alignement au millimètre des
véhicules chaque soir !
Au niveau commercial,
des propositions ont été
faites par les équipes Keolis
pour améliorer la qualité
du service, comme
la mise en place de navettes
prenant le relais des bus
pour les voyageurs arrivant
par les derniers trains du
soir. La plus grande surprise
a été le succès de la « vélo
station ». Comprenant
86 vélos, dont six électriques,
en location courte ou
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Un bilan très satisfaisant
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epuis 2008, les 50 000
habitantsdelacommunauté
d’agglomération du Lac du
Bourget (Calb), rejoints l’été
par 30 000 curistes et un grand nombre
de touristes, empruntent le réseau de
transport urbain redessiné par Keolis.
Succédant à ST2A, Keolis a su répondre
à la forte volonté de changement de la
Calb : passer d’une offre centrée sur le
transport scolaire à une offre hiérarchisée et élargie à tous les publics. Ainsi,
les clients n’ont plus à s’interroger sur
les heures de passage des bus puisque
la fréquence et les horaires des deux
lignes du centre-ville sont identiques
tout au long de la semaine et pendant
les vacances scolaires. Autre nouveauté,
la création d’un pôle multimodal à la
gare, regroupant l’ensemble des
modes de transport. Sur 250 mètres
sont ainsi disponibles les trains, les
cars du conseil général, les bus du
réseau Ondéa, les navettes pour l’aéroport de Lyon, les taxis, etc. Enfin, Keolis
y exploite une « vélo station » depuis
mai 2009. Avec beaucoup de succès
puisque 721 contrats ont été signés à
fin avril 2011, représentant plus de
7 000 journées de location.
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AIX-LES-BAINS :PLONGEE
REUSSIE DANS LE
TRANSPORT URBAIN
Rives du Lac
6/07/11
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Keolis • Juillet 2011
19
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Une véritable course
contre la montre remportée !
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La communauté d’agglomération du Lac
du Bourget regroupe 18 communes et
50 000 habitants.
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Arrêt dans un seul sens
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(titres de transport Ondéa interdits)
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La « vélo station », proche de la gare,
permet de louer un vélo ou de déposer son
vélo personnel avant de prendre le train.
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exploitons près de 95 %
du réseau en propre.
Le renouvellement des
véhicules est en cours,
car ils doivent tous être
accessibles aux personnes
à mobilité réduite d’ici à
2015. Pour accompagner
la hausse de fréquentation, nous avons recruté
18 conducteurs supplémentaires et ainsi doublé
nos effectifs. Nos efforts
semblent payer, puisque,
selon une enquête de
l’automne 2009, 85 %
des clients sont satisfaits.
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directeur opérationnel
Keolis Aix-les-Bains
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supports d’information,
un site Internet… Notre
direction régionale s’est
beaucoup impliquée
pour nous aider. Un atelier
de maintenance financé
par la Calb et ajusté à nos
méthodes d’exploitation
a aussi été créé, à côté
des bureaux et du dépôt.
Pour l’exploiter, nous
avons recruté en interne
un chef d’atelier et
embauché deux mécaniciens. Contrairement
à ST2A, qui sous-traitait
30 % du réseau, nous
Notre projet était très
ambitieux, notamment
sur l’évolution du trafic
et les résultats financiers.
Or nous n’avions que huit
mois pour être prêts, entre
la reprise de l’exploitation
en janvier 2008 et le
lancement du nouveau
service en septembre. Il a
fallu rassurer le personnel,
repris à 100 %, le former
à notre culture et à
nos outils. Sans oublier
le changement d’image,
impliquant une nouvelle
signalisation, de nouveaux
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Lieu
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Le nouveau logo Ondéa évoque les
ondulations des eaux du lac…
6/07/11
9:50:31
Keo’FORUM
20
DSP OU RÉGIE :
QUE CHOISIR ?
La régie et la délégation de service public (DSP)
sont, en France, les deux grands modes de
gestion des services de transport public. La DSP
représente, hors région parisienne, 90 % des
réseaux. L’autorité organisatrice de transport
(AOT) passe un contrat avec une société privée.
Si elle choisit la régie, elle crée un établissement
public industriel et commercial (Épic). Analyse.
L'ÉLU
André Lefeuvre,
vice-président du conseil
général d’Ille-et-Vilaine
en charge des transports
“Développer
un savoir-faire”
Notre réseau interurbain de
25 lignes et 253 cars est organisé
en fonction des pôles d’activité
du département. Notre nouveau
schéma de transport, qui se met en
place le 1er septembre pour huit ans,
se partage entre une gestion à 75 %
en DSP, comme avant, et 25 % en
régie. Cette année, nous avons
divisé l’offre en quatre lots, dont un
en régie, sans préciser lequel des
lots était concerné. Nous avons eu
trois réponses, dont celle de Keolis,
la plus compétitive. Pourquoi avoir
changé ? En choisissant de mettre
en régie une partie de notre réseau,
nous allons développer en interne
un réel savoir-faire en transport,
vivre une expérience concrète,
tout en travaillant en partenariat
et en transparence avec Keolis.
Cette expertise nous permettra
d’être plus vigilants en termes
de propositions d’évolution tout
au long du contrat. À son issue,
il y aura deux sortants, ce qui
continuera à assurer une saine
concurrence.
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20
6/07/11
9:53:30
Keolis • Juillet 2011
21
côté
LE PRÉSIDENT DU GART
LE DÉLÉGUÉ GÉNÉRAL DE L’UTP
Bruno Gazeau,
délégué général de l’UTP
(Union des transports publics
et ferroviaires)
“La DSP est innovante”
Qu’il s’agisse de DSP ou de régie,
il y a, depuis le règlement européen
sur les obligations de service public
entré en vigueur en décembre
2009, un contrat qui définit le rôle
et les objectifs de chaque partie :
AOT et entreprise. Ces deux modes
de gestion diffèrent cependant.
Née au XIXe siècle, la DSP, typiquement française, domine le paysage
de la gestion du transport public
dans l’Hexagone. Elle a fait ses
preuves et s’exporte même à
l’étranger. C’est une vitrine du
savoir-faire des entreprises
françaises. Elle est régulièrement
remise en appel d’offres. Cela incite
l’AOT à réfléchir à son projet de
transport : le mode utilisé, le type
de voirie empruntée, la vitesse commerciale souhaitée, car cela influe
sur l’attractivité du transport public.
Le délégataire est un véritable
partenaire de l’AOT, qui intervient sur
le marketing, la tarification, la gestion
des plaintes… et qui supporte non
seulement le risque industriel, mais
également le risque sur la fréquentation. La contribution de l’AOT est
en effet de plus en plus forfaitaire
dans les contrats, ce qui a un effet
incitatif sur les opérateurs. La régie
Épic évolue beaucoup et tend de
plus en plus à s’inspirer du modèle
contractuel de la DSP dans ses
relations avec l’AO.
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21
Roland Ries,
président du Gart, sénateur
du Bas-Rhin, maire de Strasbourg
“Le libre choix pour
les collectivités”
Le choix du mode de gestion de leur
réseau de transport urbain relève
du principe de libre administration
des collectivités territoriales, auquel
le Gart est très attaché. Certaines
AOT optent pour la gestion directe
via une régie ou une société publique
locale (SPL), mais la DSP domine
nettement (89 %). L’optimisation des
coûts et la qualité de service sont
les arguments mis en exergue dans
le choix d’une gestion déléguée.
Le succès de la DSP repose aussi
sur la possibilité qu’offre la loi Sapin
d’un dialogue compétitif permettant
d’optimiser les offres et aux
opérateurs d’apporter d’éventuelles
variantes. Par ailleurs, avec les
contrats de délégation avec
contribution forfaitaire, l’intervention
financière est programmable sur
la durée du contrat : un atout en
période budgétairement contrainte.
En 2007, les contrats de gestion à
prix forfaitaire ne représentaient plus
que 13 % (39 % en 2000), contre
71 % pour les contrats à contribution
forfaitaire : le risque commercial est
donc aujourd’hui porté en majorité
par le délégataire. Cette évolution
traduit la volonté des AOT de
responsabiliser davantage
les délégations tout au long
de la durée du contrat.
Patrick Jeantet,
directeur général
France de Keolis
“UN
TRANSPORT
PUBLIC
PERFORMANT”
Pour une AOT, choisir la
régie signifie conserver le
contrôle complet de toute
la chaîne du transport :
de la définition du réseau et
de sa politique
commerciale à sa mise en
œuvre. Cependant, comme
l’AOT fixe les règles, définit
la stratégie et exécute le
service, elle est à la fois juge
et partie. De plus, la régie
reste une entité locale qui,
en général, ne porte que
sur un seul réseau de
transport : elle ne bénéficie
pas de l’expertise d’un
groupe exploitant de
nombreux réseaux, parfois
même dans de nombreux
pays. La DSP, confiée à un
opérateur reconnu, permet
d’accéder à un très vaste
réseau de managers et de
bénéficier des innovations
développées dans les
différents réseaux opérés
par le groupe délégataire.
Régulièrement remise en
appel d’offres, la DSP
permet de proposer des
améliorations à un coût
optimal et de répondre
au mieux aux besoins
évolutifs de l’AOT.
Certaines autorités locales
ont développé un système
intermédiaire : la société
d’économie mixte, qui
leur permet, tout en
conservant un contrôle
actionnarial de l’exploitant,
d’accéder à l’expertise
du partenaire privé.
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9:53:40
Keo’IDÉES
22
INTERVIEW
Rachel Thomas
Sociologue urbaine
La marche à pied en milieu urbain est-elle
une nouvelle tendance ?
Les piétons sont en effet de plus en plus nombreux en ville.
Cette tendance fait écho à la montée des préoccupations
environnementales et de santé publique. En marchant trente
minutes par jour, on diminue les risques de maladies cardiovasculaires et d’obésité, et on améliore les capacités
respiratoires et cardiaques. C’est également une pratique
économique, qui s’intègre dans une nouvelle façon de penser
le « vivre ensemble » : depuis les années 2000, le concept de
slow city, ou ville douce, a émergé en Europe. Espaces verts et
de loisir, zones piétonnes, essor du commerce de proximité :
autant de façons de valoriser la marche à pied.
Quelles sont les nouvelles pratiques piétonnes ?
De plus en plus de gens délaissent leur voiture au profit
de la marche. De nouveaux concepts émergent tels que les
« pédibus », modes alternatifs au ramassage scolaire mis en place
par la mairie, la communauté éducative et les
parents. Les enfants se regroupent à un arrêt
défini pour se rendre à l’école à pied, encadrés
par des parents volontaires. Ils suivent un
trajet déterminé en respectant un horaire, un
peu comme une ligne de bus scolaire ! Autre
tendance, le geocaching, qui permet de
découvrir la ville à pied, sans guide, en
organisant ses parcours tout seul à l’aide d’un
GPS ou d’Internet. En revanche, on remarque
que les trajets domicile-travail ne s’effectuent
à pied que pour des trajets de moins de quinze minutes.
“LA VILLE PEUT FAIRE
DIFFÉRENTS CHOIX
POUR PRIVILÉGIER
LES PIÉTONS”
Comment les villes s’organisent-elles face à la montée
de ce phénomène ?
> Bio express
2000 : thèse sur le
thème de l’accessibilité
des piétons à l’espace
public urbain.
2002 : chargée de
recherche au CNRS,
au Cresson (Centre
de recherche sur
l’espace sonore et
l’environnement urbain).
2005 : parution de
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22
Les Trajectoires
de l’accessibilité
(éd. À la Croisée).
2010 : invitée du
Laboratorio Urbano
(Brésil) et publication
de Marcher en ville.
Faire corps, prendre
corps, donner corps
aux ambiances
urbaines (éd. Archives
contemporaines).
Plusieurs choix s’offrent à elles. La première option est d’élargir
l’espace réservé aux piétons et d’améliorer le cadre esthétique
pour associer marche et plaisir – en végétalisant, en éditant des
plans avec des parcours piétons thématisés, en installant une
signalétique avec le temps de parcours, etc. Les villes peuvent
également inverser le rapport de force entre piétons et voitures ;
dans les « zones de rencontre », la vitesse est limitée à 20 km/h
et la priorité est accordée aux piétons… Ces choix vont de pair
avec le développement des transports doux, comme le vélo, et
les transports propres – tramways, bus fonctionnant avec du gaz
naturel, du biodiesel, etc. Et, pour inciter les habitants à les utiliser
davantage, les parkings relais se multiplient. Du côté des
usagers, des associations écologistes ou de défense de la
mobilité douce sont également très actives : la reconquête
de la ville par les piétons est en marche !
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9:55:22
Keolis • Juillet 2011
Internet
livres
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11
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14 ao
VELO
de
locipè
Du Vé b’
li
au Vé
151195.GRP.indd
expositions
EXPOSITION Voyages à vélo : du vélocipède au Vélib’ – du 13 mai
au 14 août – Paris, Galerie des bibliothèques – La petite reine et son histoire
seront mises à l’honneur dans cette exposition proposée par la Ville de Paris,
la Bibliothèque nationale de France et la Fédération française de cyclotourisme, à l’occasion des 150 ans du pédalier à vélo.
SALONS
China
International Rail Transit Technology Exhibition – du 22 au 24 août –
Shanghai (Chine) – Ce salon aura pour thématiques : l’infrastructure ferroviaire, le matériel roulant, les systèmes d’information, les projets de rail
urbain… Metro Expo 2011, Salon international annuel du métro, tramways
– du 7 au 9 septembre – Guangzhou (Chine) – Cet évènement créé en 1989
a joué un rôle important dans la construction du métro de Guangzhou.
C’est aujourd’hui une référence en Chine qui voit croître depuis dix ans ses
projets de transports publics et notamment ceux concernant le
métro.
MANIFESTATIONS Semaine européenne de la mobilité
et de la sécurité routière – du 16 au 22 septembre – Chaque année, l’objectif de l’évènement est d’inciter les Français à adopter une démarche écocitoyenne pérenne en privilégiant les déplacements doux et alternatifs :
LIVRE De la voiture au vélo,
transports publics, autopartage, vélo...
en route vers le changement – Hervé Bellut – Dangles – En France, moins de
5% des personnes utilisent le vélo pour se rendre au travail, contre 37% à
Copenhague par exemple. Hervé Bellut propose dans cet ouvrage sa méthode
pour développer l’utilisation du vélo au quotidien. Aller au travail en vélo semble
pour beaucoup irréalisable, mais la lecture de ce guide pourrait bien en
convaincre certains.
INTERNET L’inconnu du métro – http://linconnudumetro.metrofrance.com/ – Dans le métro, Marie Dinkle joue l’indiscrète : elle photographie ses voisins de banquette et ébauche leur portrait
entre deux stations. Blog original et incroyablement humain, il redonnera le
sourire aux Franciliens utilisateurs des transports en commun.
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LES VACANCES DE MR. BEAN (2007), RÉALISÉ PAR STEVE BENDELACK,
AVEC ROWAN ATKINSON, WILLEM DAFOE, EMMA DE CAUNES.
TOUJOURS PLUS
LOIN, TOUJOURS
PLUS DRÔLE
C’est à bord de l’Eurostar que Mr. Bean s’échappe
de son Angleterre natale en direction du sud
de la France… Un regard gentiment burlesque
sur la mobilité ? Sans doute : le héros britannique
n’atteindra sa destination qu’au prix de plusieurs
détours tous plus absurdes les uns que les autres.
Une célèbre invitation au rire et aux vacances.
Alors… n’attendez plus et bonne route !
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