magazine - Société des Eaux de Marseille

magazine - Société des Eaux de Marseille
Publication du Groupe des Eaux de Marseille
DOSSIER
SOUS LA
MENACE
LES PLAGES
PATRICIA
INTERVIEW
LE MESSAGE D’ESPOIR DE
RICARD
DÉCRYPTAGE
FACTURE
COMPRENDRE SA
SEPTEMBRE 2012 - N°1
D’EAU
www.eauxdemarseille.fr
SOMMAIRE
ÉDITORIAL
L’EAU ET SES
DÉSASTRES
La période d’été dans l’hémisphère Nord est
celle de tous les dangers : sécheresse, canicule,
vents violents, feux de forêts, destructions agricoles, moussons et inondations, famines et épidémies.
Elle attire l’attention des médias par la force des
images qui amplifie la détresse des populations
touchées.
Les désastres liés à l’eau, qu’elle se fasse rare
ou au contraire présente à l’excès, font aujourd’hui partie du quotidien planétaire. Ils ont
des conséquences immédiates et concrètes sur
l’alimentation et la centaine de millions d’habitants de la planète : le déficit de production du
maïs dans l’Ouest américain et la faible mousson sur une grande partie de l’Inde en sont des
exemples frappants aux conséquences non seulement locales mais internationales.
C’est notre devoir d’agir et de proposer des solutions pour diminuer les effets de ces aléas que
la nature impose. Des solutions locales plutôt
que globales car il ne saurait y avoir de règles
uniques pour des systèmes hydrologiques et
écologiques différents.
Répartir plus intelligemment les populations
pour éviter les concentrations urbaines et littorales. Eviter la déforestation partout où elle est
source d’érosion et de stérilité. Repenser notre
usage de l’eau pour diminuer les situations de
famine et la progression des maladies hydriques.
Réduire les effets des désastres liés à l’eau
(Water related disasters) est un des grands challenges qui s’imposent aujourd’hui à la communauté internationale. Sur ce sujet aussi, dans
l’esprit du 6ème Forum Mondial de l’Eau de
Marseille, il est venu le Temps des Solutions.
LOÏC FAUCHON
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DOSSIER
Eaux de baignade :
l’Europe durcit le ton
ACTUALITÉ
Fontaines de Marseille
ou les chemins de l’eau
ECO-CITOYENNETÉ
Rouler propre,
c’est possible
ZOOM SUR...
Carry-le-Rouet
port d’attache entre
pinèdes et falaises
ACTUALITÉ
Chantiers : les
ingénieurs sur 3 fronts
DÉCRYPTAGE
Comprendre
sa facture d’eau
ACTUALITÉ
Le Groupe publie
son bilan RSE
L’INVITÉE
Le message d’espoir de
Patricia Ricard
Publication du Groupe des Eaux de Marseille 25, rue Edouard Delanglade - 13006 - Marseille
Tél : 04.91.57.60.25 e-mail : accueil@eauxdemarseille.fr
Directeur de la publication : Patrick Fancello Rédacteur en chef : Thierry Gardetto Photos : Jean-Marie Huron, Hervé Le Dû Une équipe de correspondants : Elisabeth Alix, Catherine Allard, Nadine Azra, Marie-France Barbier, Daniel Bras, Marie-Claude Charlier, Bruno Coye, Carine Ferrier, Sophie Fleury, Laurent Marchetti, Guillaume Lemaire, Adeline Leveque, Laurent Moscardi, Gilles Offmann, Sabine Payen, Mélanie Potoczny, Alain Robert, Myriam Santiago,
Christiane Triolo. Flashage et impression : INA - 16 avenue du Labbé - ZI Les Paluds - 13400 - Aubagne.
Le Groupe des Eaux de Marseille a souhaité produire cette publication dans le respect de l'environnement. Ainsi, l'impression a été réalisée avec des encres et vernis BIO, à base d'huile végétale. Le papier sélectionné pour ce magazine est
du Condat Silk certifié 100% PEFC. Il est composé de fibres à base de bois issues de forêts gérées durablement.
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DOSSIER
L’EUROPE
DURCIT
LE TON
EAUX DE BAIGNADE
La nouvelle directive européenne qui
entrera en vigueur l’an prochain pourrait
conduire à la fermeture de nombreuses
plages de la région.
PAR ANNA GALVAN
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DOSSIER
L
a qualité des eaux de baignade constitue l’un des attraits majeurs de la région
provençale. En témoigne une
augmentation sensible, pour la seule
agglomération marseillaise, des séjours touristiques enregistrés en période estivale par rapport à l’année
dernière. Une aubaine pour l’activité
économique du domaine maritime
méditerranéen qui fait vivre plus de
140.000 personnes. C’est dire si la
protection durable du littoral méditerranéen est indispensable.
Après les grandes résolutions,
l’heure est à l’action. D’importantes
flux polluants de la terre vers la
mer, qui constituent 80% de la
charge polluante actuelle”, affirme
Martin Guespereau, Directeur Général de l’Agence Rhône Méditerranée Corse. “Avec l’application de la
directive européenne 2006/7/CE à
compter de 2013, 75% des plages
des Bouches-du-Rhône - dont 90%
dans la commune de Marseille -,
pourraient être fermées plus souvent, voire de façon définitive. L’atteinte de la bonne qualité des eaux
de baignade passera par un renforSUITE EN PAGE 6
La mairie
de Cassis
a mis en place
des patrouilles
bleues.
La Sem contribue tout au long de l’année à la qualité des eaux d’une quarantaine de plages de la région provençale.
mesures se mettent en place grâce
aux efforts de concertation des parties prenantes - collectivités, gestionnaires, entreprises, société
civile, scientifiques.
Grâce aux différents dispositifs engagés, “Mare Nostrum” devrait avoir
encore de beaux jours devant elle.
Mais à quel prix ? Les plages du littoral pourront-elles encore
longtemps rester ouvertes à la
baignade ? Pas sûr…
“Il y a encore des efforts à faire en
ce qui concerne la diminution des
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A Cassis et dans
l’ensemble du parc
national des
Calanques, les
opérations de
sensibilisation des
plaisanciers et des
touristes au respect
de l’environnement se
sont multipliées.
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QUESTIONS A...
MARC DE CANEVA
Adjoint au maire de Cassis chargé
de l’environnement
la volonté politique de Danielle
- Cassis fait référence en matière
de qualité des plages. Pour quelles Millon, Maire de Cassis, et aux investissements effectués pour assuretombées ?
rer une qualité des eaux de
Marc de Caneva : “Cassis a obtenu, baignade optimale.
dès 2009, le Pavillon bleu pour ses
- Quelles sont les particularités de
vos actions ?
M. de C. : La certification prend en
compte les procédures mises en
place, notamment la réaction en
cas de crise, en identifiant au plus
tôt les causes d’une pollution
éventuelle. Sans oublier l’auto surveillance, l’information, la sensibilisation du public… Bref, toutes les
mesures préconisées par les directives européennes en ce domaine
sont déployées, et même au-delà.
- Plus précisément ?
plages surveillées de la Grande Mer
et du Bestouan. Et le Pavillon bleu
des ports de plaisance pour sa calanque de Port-Miou, le seul site de
ce type en France à être ainsi labellisé.
Cassis est aussi la première commune des Bouches-du-Rhône à
avoir obtenu, l’été dernier, la certification de son Système de gestion
de la qualité des eaux de baignade
– une certification reconduite cette
année, lors d’un audit. Ceci, grâce à
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M. de C. : Nous avons mis en place
des équipes de saisonniers que
nous avons spécialement formés.
Vers 9 heures, ils effectuent une
inspection et rendent compte des
pollutions visuelles éventuelles.
Ces mêmes agents sont chargés,
dans la matinée, de distribuer des
cendriers de plage recyclables et
de sensibiliser le public aux écogestes. Une sensibilisation que des
patrouilles nautiques, accompagnées d’un policier municipal, effectuent à leur tour auprès des
plaisanciers. Nos saisonniers polyvalents sont tous maîtres-nageurs
et sauveteurs afin de pouvoir intervenir en mer au besoin…”
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DOSSIER
SUITE DE LA PAGE 4
cement de l’assainissement et par
le traitement des eaux de pluie
dans les secteurs sensibles”,
précise t-il.
L’Agence RMC a également annoncé
cet été qu’elle allait engager un
budget de 75 millions d’euros annuel jusqu’en 2018 afin de réduire
les rejets polluant en mer et atteindre un bon état écologique de la mer
à l’horizon 2020.
PRÉVENTION ET RÉACTIVITÉ
En tant que délégataire, la Sem gère
le service public d’assainissement
des communes du littoral méditerranéen des Bouches-du-Rhône
(hors Marseille et Martigues) et
l’Est du Var, soit environ 150 km de
pourtour côtier. Dès 2007 et bien en
avance sur le calendrier d’application de la nouvelle directive, la Sem
a élaboré les profils de vulnérabilité
des plages de Cassis.
Ceux-ci consistent à recenser les
sources potentielles de pollution,
les bassins versants pluvieux et les
points de vigilance sur le réseau
d’assainissement, mais aussi à identifier les activités humaines polluantes en amont. Dès 2011, date
butoir pour les responsables des
collectivités, les profils de baignade
de toutes les plages des communes
de Cassis, Bandol, Saint-Cyr, La Ciotat, Ensuès-la-Redonne et Carry-leRouet, soit une trentaine, avaient
été entièrement finalisés.
En partenariat avec le CNRS, la Sem
a mis au point une méthode très
précise de biologie moléculaire
pour laquelle un brevet a été déposé. Elle permet d’effectuer des
analyses répondant aux exigences
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LE CONTRÔLE À CASSIS
Dès l’ouverture de la saison balnéaire à Cassis, le 11
mai, un premier prélèvement est effectué, très tôt le
matin, afin de contrôler la qualité bactériologique de
l’eau. Les analyses sont réalisées par le laboratoire des
Eaux de Marseille, tous les vendredis jusqu’à la fin mai,
trois fois par semaine en juin, et tous les jours pendant
les mois de juillet et août. Les prélèvements s’effectuent alternativement sur deux plages différentes.
Ceux-ci continuent, en septembre, trois fois par semaine jusqu’au 15, puis tous les vendredis jusqu’au 30 soit bien au-delà des obligations réglementaires.
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Les prélèvements sont
effectués dès les premières
lueurs du jour, “à la fraîche”.
UN NOUVEAU BREVET POUR
DES ANALYSES ENCORE
PLUS RAPIDES
Le partenariat entre le Centre National
de Recherche Scientifique (CNRS) et la
Sem s’est matérialisé par la mise au
point d’une méthode rapide et innovante de biologie moléculaire appliquée à l’analyse réglementaire des
eaux de baignade: la qPCR-abo ( PCR
quantitative “Alive Bacteria Only” : en
français “bactéries vivantes uniquement”).
Ce procédé permet de mesurer le
nombre de bactéries vivantes de type
Escherichia Coli et entérocoques
(germes témoins d’une contamination
fécale) dans un échantillon d’eau de
mer afin de vérifier le respect des
normes sanitaires. Le nombre de bactéries E. Coli vivantes doit être inférieur à 2000 dans 100 ml, soit
l’équivalent d’un petit verre d’eau.
La particularité de cette technique est
de mettre en œuvre une méthode performante – en termes de sensibilité de
détection et de comptage des germes
en question-, simple à mettre en place,
peu onéreuse à industrialiser et rapide
(3 heures environ pour obtenir les résultats). La méthode employée est
basée sur le comptage des chromosomes des bactéries vivantes constitués d’ADN (méthode sélective). Les
bactéries mortes sont neutralisées par
un procédé spécifique, empêchant de
comptabiliser leurs chromosomes dans
le résultat de l’analyse.
Un brevet pour la France a été déposé
conjointement par le CNRS et la Sem
en décembre 2010 auprès de l’INPI
(Institut National de la Propriété Industrielle), suivi d’un nouveau dépôt de
brevet à l’international en avril 2012,
afin de protéger ce système novateur,
fiable et économique.
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Les analyses sont réalisées
quotidiennement dans le
laboratoire de la Société des Eaux de
Marseille.
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DOSSIER
SUITE DE LA PAGE 6
de l’Agence Régionale de la Santé et
disponibles en 3 ou 4 heures. Le laboratoire du Groupe propose également des analyses plus rapides, avec
des résultats au bout de 1h30 à
2 heures. Ces dernières représentent
un outil efficace de prévention et
d’aide à la décision, qui est proposé
aux communes du littoral afin de
parer à une pollution intempestive
et de prendre des mesures d’ur-
gence, comme la fermeture temporaire de la plage.
Le Groupe des Eaux de Marseille
s’est également doté de l’outil de
prévision météo Prédict, couplé en
temps réel avec le système de télégestion Panorama 2, qui gère pas
moins de 100.000 informations par
an. “Ce dispositif permet à l’exploitant d’organiser la gestion des opérations préventives et curatives sur le
LA RÉGLEMENTATION
Jusqu’à la fin 2014, la directive européenne 76-160/CEE
fixe des critères minimaux de qualité des eaux de baignade basés sur le comptage des Eschérichia coli et des
entérocoques.
Depuis 2011, la nouvelle directive 2006/7/CE exige en
outre une étude de vulnérabilité aux pollutions des
plages (profils). Depuis cette année, une surveillance et
un classement de la qualité des eaux et le contrôle visuel
de certains polluants – goudrons, déchets, cyanobactéries, macro algues, phytoplancton...
A partir de 2013, si les résultats des analyses bactériologiques (plus strictes) sont de qualité insuffisante pendant
5 années consécutives, un avis permanent déconseillant
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réseau d’assainissement, et de
connaître par exemple à tout moment l’état de remplissage de ses
ouvrages”, explique Jean Coconi, de
la Direction de l’Ingénierie. “Il permet d’anticiper les épisodes orageux
de façon à gérer le flux des eaux pluviales afin d’éviter la saturation des
réseaux urbains d’assainissement et
surtout, de prendre les mesures qui
s’imposent sans attendre”.
la baignade peut être émis.
Le label Pavillon Bleu a été créé par l’Office français de la
fondation pour l’éducation à l’environnement en 1985. Il
prend en compte globalement les critères exigés par la
directive européenne ainsi que des critères de développement touristique et économique durable : équipements, gestion des déchets…
La certification Qualité des eaux de baignade a été créée
en 2008 par le ministère de l’Environnement. Il s’agit
d’une démarche qui intègre les exigences de la directive
européenne et au-delà, car elle intègre, outre l’information du public, la prévention et la gestion de crise en cas
de pollution.
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ACTUALITÉ
ART ET EAU
A LA DÉCOUVERTE DES
FONTAINES DE MARSEILLE
En collaboration avec l’association Label Marseille, la Société des Eaux de
Marseille a mis à l’honneur les fontaines marseillaises au travers d’un bel
ouvrage de 120 pages. Le photographe Jean-Marie Huron et l’écrivain
Olivier Emran ont parcouru la cité phocéenne à la découverte de ce patrimoine. La moitié des bénéfices des ventes de ce livre sera reversée à une
association humanitaire œuvrant au service des populations maliennes
connaissant le manque d’eau chronique.
Disponible en librairie ou par mail : livrefontainesdemarseille@gmail.com
LE SONDAGE
n 67% des clients de la Sem
déclarent boire systématiquement l’eau du robinet.
n 90% d’entre eux se disent
satisfaits de la qualité de l’eau
distribuée.
Le photographe allemand Heinz Maier
s’est spécialisé récemment dans des
prises de vue de gouttes d’eau dans
diverses situations, l’espace de quelques secondes. En gros plan, elles composent de magnifiques œuvres d’art.
Pour s’en émerveiller, rendez-vous sur
www.topito.com/top-sculptures-liquides
(Baromètre 3S Marketing 2011)
LE CHIFFRE
10326
C’est le
nombre
des adhérents
au Pacte
Mondial
dans le
monde.
Le Groupe des Eaux de Marseille les a rejoints en publiant,
pour la 5ème année consécutive ses engagements pour le
Pacte mondial des Nations
Unies.
L’entreprise s’applique à en
respecter les dix principes,
dont le respect des Droits de
l’homme, des conditions de
travail et de l’environnement.
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SCULPTURES
AQUATIQUES
RENDEZ-VOUS SUR
EAUx DE MARSEILLE TV
Les vidéos les plus récentes réalisées
par le Groupe des Eaux de Marseille
sont désormais disponibles sur
YouTube, via la chaîne "Eaux de Marseille TV". Une autre manière de découvrir l'entreprise en plongeant au
cœur de ses installations et de ses
métiers.
Le 10 août dernier, à l'heure des Jeux
Olympiques de Londres, plus de 380
internautes avaient déjà visionné le
clip "Des champions portés
par l'eau de
Marseille"
avec les
nageurs du
CNM.
www.youtube.com/eauxdemarseilleTV
LA PHRASE
“La vie c’est de l’eau. Si vous
mollissez le creux de la main,
vous la gardez. Si vous serrez les
poings, vous la perdez.”
Jean GIONO
L’INFO
AGGLOPOLe PROveNCe :
L’eAU POUR LA SeM
Le conseil communautaire
d’Agglopole Provence a décidé
de confier la délégation du service de l’eau des 17 communes de
son territoire à la Société des
Eaux de Marseille. Les nouveaux
contrats démarreront à compter
du 1er janvier 2013, pour une
durée de douze ans.
ÉCO-CITOYENNETÉ
ROULER
PROPRE
A
POSSIBLE
C’EST
Dans le cadre de sa démarche environnementale, la
Sem multiplie les initiatives pour encore mieux
préserver l’environnement. Et d’abord dans son
fonctionnement même, qu’il s’agisse de mieux trier
les déchets ou de limiter sa production de gaz à
effet de serre.
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près avoir choisi d’équiper une partie de sa
flotte de véhicules au
gazole ‘‘vert’’ et ses
deux-roues d’un dispositif ‘‘stop and
go (1)’’, l’entreprise expérimente
“l’électrique” pour une partie de ses
véhicules d’intervention.
Economes en énergie et autonomes
sur d’assez longues distances - 150
kilomètres environ -, les véhicules
électriques constituent aujourd’hui
une alternative crédible aux énergies
polluantes. Certes, la production
électrique émet des gaz à effet de
serre, mais le bilan reste globalement positif. Alors, pourquoi ces moteurs ‘‘propres’’ ne parviennent-ils
pas à supplanter leurs homologues
thermiques conventionnels ? La réponse réside principalement dans le
prix d’achat du véhicule, soit autour
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N
TÉMOIGNAGE
PHILIPPE HONORÉ
Directeur en charge de la
modernisation
POUR ALLER PLUS LOIN
La vieille batterie au nickel-fer, inventée par Thomas Edison au
début du 20e siècle et rapidement supplantée par le moteur thermique, vient subitement de refaire parler d’elle grâce à l’utilisation
des nanotechnologies. Grâce à elles, en effet, une batterie nickel-fer
pourrait se recharger en deux minutes et demie et se décharger en
moins de 30 secondes. Cette avancée pourrait concurrencer les batteries actuelles de type lithium-ion longues à recharger. Une seule
de ces batteries ne pourrait pas alimenter une voiture pour l’instant,
mais l’industrie automobile cherche à en améliorer la capacité.
‘‘L’EAU DE MARSEILLE
PARMI L’UNE DES
MOINS ÉMISSIVES
AU MONDE !’’
“La Sem n’a pas attendu l'ère
du développement durable
pour réduire sa production de
gaz à effet de serre. En 1956,
elle a ainsi installé une turbine
au centre de production d’eau
potable de Ste-Marthe, à Marseille, qui exploite le différentiel altimétrique entre la
ressource et la zone de distribution. Elle a fait de même, en
1973, lors de la construction
du centre de Vallon Dol sur les
hauteurs de la cité phocéenne. Revendue exclusivement à Edf, cette énergie
compense largement la
consommation de ces deux
ouvrages de production d’eau
potable. Sans oublier le canal
de Marseille conçu, en 1850,
par l’ingénieur Franz Mayor de
Montricher sur un principe entièrement gravitaire, c’est-àdire sans recours à des
systèmes de pompage. C’est
ce qui nous fait dire qu’en plus
d’être d’une qualité exceptionnelle, l’eau de Marseille est
sans doute l’une des moins
‘‘émissives’’ du monde en gaz
à effet de serre !”
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La Sem va s'équiper d'utilitaires Renault Kangoo Zéro Emission (maquette
ci-dessus) et de véhicules 4 places Peugeot ION.
de 30.000 euros pour un modèle de
milieu de gamme.
DÉVELOPPEMENT DURABLE
Au demeurant, les experts s’accordent sur un point : le moteur électrique pourrait s’imposer au fur et à
mesure de la montée des prix du pétrole. Et si aujourd’hui les entreprises
et les administrations sont les premières à s’y intéresser, c’est avant
tout pour mieux répondre aux impératifs de développement durable.
Prochainement soumises à des bilans
carbone, elles devront mesurer leur
impact environnemental et afficher
leurs résultats en ce domaine dans
leurs rapports d’activité.
Quant aux particuliers, ils pourraient
progressivement eux aussi adopter
ce mode de carburant grâce à une
baisse des tarifs liée au jeu de la
concurrence et au rechargement plus
rapide des accus (8 heures aujourd’hui) grâce à l’évolution de la
technologie.
Le véhicule électrique affiche aussi
des avantages en terme de qualité de
conduite. En conservant de la souplesse et de la puissance sans le bruit
du moteur, le conducteur se retrouve
apaisé, comme dans une «bulle»,
c’est-à-dire moins nerveux et, du
coup, moins exposé aux risques d’accident. D’autant, aussi, que les centre-villes, en Europe, tendent à se
fermer progressivement aux automobiles trop invasives et polluantes.
1) ‘‘stop and go’’ : système consistant à couper automatiquement le moteur lorsque le
scooter est à l’arrêt. Une façon de moins
polluer.
Geoffroy TOCHE
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ZOOM SUR...
CARRY-LE-ROUET
PORT D’ATTACHE ENTRE
Le relief abrupt de son massif calcaire se détache sur un fond
bleu intense, entre ciel, mer et garrigue. La perle de la Côte
Bleue, Carry-le-Rouet, a de quoi attirer chaque année de
nombreux touristes et plaisanciers. Elle est très prisée aussi
des citadins stressés à la recherche d’un havre de paix pour
s’y fixer, à quelques encablures de la cité phocéenne. Ils le
trouvent autour de ce port de pêche qui a su garder son authenticité.
En haut : la Sem effectue des prestations
de services d'entretien des équipements
des 24 ports de MPM dont Carry fait partie.
En bas : Le réservoir du Jas Vieux (2 000 m3)
a été d'un grand secours lors des
incendies de 2009.
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PINÈDES ET FALAISES
S
a population oscille entre
6500 et plus de 20 000 habitants pendant la saison
estivale, avec un pic lors
des célèbres “oursinades” en février
qui drainent de nombreux visiteurs
de toute la région. Face à ces fluctuations saisonnières, la commune a su,
au fil des ans, anticiper et gérer ces
changements de façon à préserver
cette qualité de vie tant convoitée.
Notamment en matière de services
publics, comme l’eau potable et l’assainissement.
UNE ÉVOLUTION ÉTUDIÉE
La distribution d’eau potable a
presque doublé sa capacité depuis
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quatre ans, grâce à la construction
d’un nouveau réservoir de 2000 m3 au
Jas Vieux. Le but du projet était de sécuriser l’alimentation en eau potable
en période de pointe et de subvenir
ainsi à des besoins exceptionnels en
cas d’incendie. “A Carry, on se souvient du premier grand feu de l’été
2009 qui a ravagé la Côte Bleue, met-
tant en danger plusieurs habitations,
notamment dans le quartier du Jas
Vieux” rappelle Patrice Cubilier, le Directeur des Services Techniques de la
ville. “Cet ouvrage a permis de délivrer aux équipes de secours les volumes d’eau nécessaires et d’éviter
ainsi des conséquences bien plus
graves.” La commune joue la carte de
la prévention, mais aussi de la préservation de ses étendues de pinède méditerranéenne qui caractérisent son
environnement naturel exceptionnel.
Pas question de perdre le moindre
mètre cube du précieux liquide. “La
Communauté urbaine Marseille Provence Métropole compte mettre en
place sous peu la sectorisation permanente du réseau d’eau potable
afin d’améliorer encore un taux de
rendement qui est déjà très élevé, à
plus de 85%”, indique Renaud de Carmantrand, responsable de l’agence
de Vitrolles de la Sem, en charge de
la gestion des réseaux d’eau potable
et d’assainissement pour le compte
de la commune.
Quant à l’assainissement, grâce à la
construction en 2011 d’une station
de relevage et sa conduite de refoulement, les habitants du quartier de la
Grande Mona au Rouet ont pu enfin
être raccordés au réseau d’assainissement collectif. Aujourd’hui, ce taux
atteint presque 100%.
BAIGNADE EN CONFIANCE
Afin de parer aux problèmes de débordement du réseau d’eaux usées
lors des épisodes pluvieux significaSUITE EN PAGE 14
EN CHIFFRES
eau potable : 2 stations de filtration-ozonation (Giraudets et Valtrède), 46 km de
conduites, 3 réservoirs pour une capacité totale de 5250 m3 et 717 984 m3 d’eau
consommés.
Assainissement : 45 km de collecteurs d’eaux usées, 11 postes de relevage et
une station de traitement intercommunale (Sausset - Carry-le-Rouet).
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ZOOM SUR...
SUITE DE LA PAGE 13
tifs, le poste de relevage de la
Tuilière ainsi que sa conduite de
refoulement devraient être complètement réhabilités sous quelques
mois. Un appel d’offres a été lancé
par Marseille Provence Métropole
pour la réalisation de ce projet. La
commune, soucieuse de préserver
également la qualité des eaux de baignade de son littoral a fait appel à la
Sem pour les contrôles réglementaires, mais aussi afin d’effectuer des
analyses rapides. “En cas de suspicion
de pollution, cette méthode
permet d’effectuer une fermeture
préventive de la plage par arrêté municipal, jusqu’à un retour à des résultats satisfaisants” explique Patrick
Giustiniani, Directeur adjoint des Services Techniques. “Avec des résultats
en 2 heures, nous pouvons renouveler les prélèvements jusqu’à 3 fois
dans la journée et réagir presque en
temps réel afin de rouvrir la plage au
public le jour même, notamment le
vendredi, et éviter de pénaliser ainsi
les baigneurs durant tout le week
end.”
Anna GALVAN
BON À SAVOIR...
Avec ses 125 km de côtes entre Sausset-les-Pins et la Ciotat, ses 24 ports
et 8600 anneaux, la façade littorale
de MPM représente le premier pôle
de plaisance français.
Suite à un appel d’offres, Eaux de
Marseille Services a remporté un
marché pour des prestations d’entretien de l’ensemble des ports. La Sem,
avec le concours des filiales du
Groupe Ecotec et Bondil, effectue des
opérations diversifiées : maintenance
électrique, entretien des systèmes
d’eau potable et d’eaux usées, ainsi
qu’une multitude de travaux de maçonnerie, ferronnerie, serrurerie…
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QUESTIONS A...
FRANCIS CARPENTIER
Coordonateur des ports de la Côte Bleue auprès de la
Direction des ports de la Communauté urbaine MPM
Quelle est votre mission auprès de
la Direction des ports MPM ?
Francis Carpentier : “En tant que
coordonnateur pour l’ensemble des
8 ports de la Côte Bleue (Carry-leRouet, Sausset-les-Pins, Rouet
plage, la Madrague de Gignac, Figuières, Petit Méjean, Grand Méjean et La Vesse), mon rôle est de
faire respecter la réglementation,
mais aussi d’être un facilitateur
entre les différents acteurs concernés par les activités portuaires, notamment par l’accompagnement
des élus locaux.
dispositif de vidéosurveillance et
de la wifi. Les sanitaires ont été entièrement rénovés et alimentés en
eau chaude par une centrale à panneaux solaires. Ceci afin de satisfaire les besoins des clients usagers
de façon durable et respectueuse
de l’environnement. C’est pourquoi
nous avons confié à la Sem la gestion des réseaux internes d’eau potable et d’assainissement, l’entretien
des installations électriques et des
dispositifs de sécurité. Son professionnalisme a su répondre à nos attentes.
F.C : Les ports de la Côte Bleue comptent un total d’environ 1500 anneaux,
dont 600 uniquement sur le port de
Carry. L’activité presque exclusive du
port de Carry est la plaisance. La place
de la pêche de tradition, bien que
marginale, est préservée, car elle tient
un rôle central dans le cadre des activités commerciales et touristiques de
la commune.
Nous veillons à fournir un service
public de qualité aux plaisanciers.
Cette année, le port s’est doté d’un
F.C : Dès l’année prochaine, un projet de réfection de la zone de carénage d’un montant de 700.000
euros devrait permettre la mise en
conformité suivant les dernières
dispositions règlementaires, avec la
mise en place d’une déchetterie sélective, de débourbeurs (bacs décanteurs, séparateurs à huiles) et
de systèmes de récupération et
traitement des eaux usées. Toute la
zone de carénage et sa périphérie
ont été repensées.”
Quelles sont les activités principales du port de Carry-le-Rouet ?
Quels sont les principaux projets à
venir ?
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ACTUALITÉ
LES CHANTIERS
LES INGÉNIEURS SUR 3 FRONTS
A CABRIèS, UN BASSIN éCRêteUR De CRUeS
Afin de protéger le hameau de Calas des crues du ruisseau du Valat de Fontaube, la
commune de Cabriès a décidé de construire un bassin écrêteur de crues, aménagé
avec une digue de cinq mètres qui ferme le vallon et une conduite de vidange pour
limiter le débit en sortie. Suite à un appel d’offres, c’est la direction de l’Ingénierie
de la Sem qui a été retenue pour les études et la supervision des travaux. Le bassin
a été dimensionné pour 24 000 m3, le volume correspondant à des crues vicennales
(20 ans) que subit le cours d’eau. Les travaux ont été finalisés à la mi-août. La phase
de végétalisation des talus de l’ouvrage démarrera le mois prochain.
VRAI-FAUx
LA DéPOLLUtION
DeS eAUx USéeS
A - La Sem gère la collecte et
l’épuration des eaux usées
dans plus de 70 communes
c VRAI
c FAUX
B - La moitié des Français
(47%) pense que les eaux
usées sont utilisées pour
produire de l’eau potable
c VRAI
c FAUX
C - Pour accélérer la
dégradation des composés
organiques, il faut apporter
artificiellement de l'oxygène
dans les eaux usées
+
DeS FOURMIS
POUR DéPOLLUeR
Suite à la marée noire de 2009,
où 4,5 millions de litres de pétrole se sont déversés dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône),
les scientifiques du CNRS se sont
lancés un nouveau défi : la dépollution naturelle à l’aide d’insectes, des fourmis granivores.
Ces petites ouvrières ramènent,
à leur nid, des graines ramassées
jusqu’à 30 mètres de leur base.
Graine après graine, le sol
retrouve sa configuration d’origine et l’écosystème est restauré.
15
A MARSeILLe, Le ReCALIBRAGe
DU RUISSeAU DeS AyGALADeS
C’est un chantier exceptionnel, par son
ampleur et sa durée, qui se poursuit
depuis le début de l’année au pied de la
tour CMA CGM. Trois années d’études auront été nécessaires au groupement formé
par la Sem et le bureau d’études Ingerop
afin de redimensionner ce ruisseau et
mettre fin aux inondations récurrentes
dans le secteur Euromed, au cœur du nouveau quartier des affaires marseillais. A
terme, l’actuelle galerie du ruisseau des
Aygalades devrait doubler sa capacité d’évacuation des eaux de ruissellement.
RÉPONSES
-
A -VRAI B - VRAI C - VRAI
A CAvAILLON, Le CUveLAGe DU CANAL St-JULIeN
La Sem effectue des prestations de maîtrise d’œuvre pour le compte de l’Association syndicale du canal de Saint-Julien. Cet ouvrage du 11ème siècle assure l’irrigation des terres agricoles de la plaine cavaillonnaise. Ce marché concerne les études
et le suivi des travaux de cuvelage du canal avec la pose d’un revêtement en béton
en forme de U à l’intérieur de l’ouvrage.
Ceci afin d’éviter les dépôts de limons et
autres alluvions dans les fossés d’irrigation des cultures adjacentes.
c VRAI
c FAUX
Le FLeUve Le PLUS
POLLUé DU MONDe
L’Inde reçoit un prêt d’un
milliard de dollars par la
Banque Mondiale (soit 700
millions d’euros) pour
dépolluer le Gange, un fleuve
long de 2500 kilomètres. Ce
fleuve, représentant une
ligne de vie pour 1,2 milliard
de personnes, est le plus
pollué au monde. Nettoyer le
Gange représente l’un des
projets les plus ambitieux jamais réalisés au cours des 20
dernières années.
DÉCRYPTAGE
MIEUx COMPRENDRE
Votre facture d’eau détaille l’ensemble des données
de votre abonnement domestique suivant trois parties :
SeRvICe De L’eAU
POtABLe : captage, adduction, traitement,
stockage, distribution et
contrôle de qualité, gestion des abonnements.
SeRvICe De
L’ASSAINISSeMeNt : collecte et dépollution des
eaux usées, contrôle des rejets dans le milieu naturel,
gestion des abonnements
tAxeS et ReDevANCeS
DeS ORGANISMeS
PUBLICS (Agences
de l’eau, Etat).
1
1 Votre numéro de contrat d’abonne-
ment, à rappeler lors de tout contact.
2 La référence de votre facture et son
mode de calcul: sur la base de votre
consommation réelle grâce au relevé de
votre compteur, ou sur celle d'une estimation.
2
3 Le montant à payer, la date limite et le
mode de règlement.
4 La synthèse de votre compte pour vous
permettre de suivre vos consommations et vos
paiements d’un semestre à l’autre.
5 Un message pratique pour vous aider à
mieux consommer ou l’actualité du service.
3
4
5
6 Les montants mensuels qui seront prélevés
si vous avez opté pour la mensualisation.
A NOteR…
Le tarif de l’eau domestique pour les clients de
Marseille, Allauch, Aubagne, La Penne-sur-Huveaune, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons ne comporte pas de part ‘‘abonnement’’. Les
factures sont uniquement calculées en fonction
des consommations de chacun.
Le SAvIez-vOUS ?
Un foyer de 3 personnes qui
consomme 120 000 litres d’eau par
an, dépense pour son budget Eau
environ 1 euro par jour. C’est le prix
du service de l’eau.
6
+
de détails sur
eauxdemarseille.fr
16
VOTRE FACTURE D’EAU
7 Le type d’abonnement et la consommation : nature de
votre compteur, dates de relevés, ancien et nouvel index,
volume consommé.
7
8 La distribution de l’eau avec :
- l’abonnement ou “partie fixe”
- la location du compteur (si elle n’est pas incluse dans
l’abonnement)
- la consommation facturée en fonction du relevé d’index. Elle peut faire l’objet d’un tarif uniforme, progressif ou dégressif *
- la part du distributeur destinée à la Sem.
- la part de la collectivité.
8
9 La collecte et le traitement
9
10
des eaux usées avec :
- l’abonnement ou “partie fixe”
- la location du compteur (si elle n’est pas
incluse dans l’abonnement)
- la consommation facturée en fonction du
volume d’eau consommé.
- la part du distributeur destinée à la Sem ou
à la société en charge de l’assainissement.
- la part de la collectivité.
Le poste service d’assainissement non collectif peut être mentionné pour les propriétaires de fosses septiques.
10 Les redevances et taxes :
11
Les redevances consacrées à la lutte
contre la pollution et à la modernisation
des réseaux sont reversées à l’Agence de
l’eau.
La TVA reversée à l'Etat (le taux est de
5,50% pour la partie Eau potable et de 7% pour
la partie Eaux usées).
11 Les différents moyens de paiement à votre disposition.
- Consultez vos consommations
- Payez votre facture en ligne
17
* Le montant de la facture d’eau peut faire l’objet d’un tarif
uniforme (quelle que soit la consommation, le prix du mètre
cube reste fixe), dégressif (plus la consommation est importante, moins le prix du mètre cube est élevé) ou progressif
(plus la consommation est importante, plus le prix du mètre
cube est élevé).
ACTUALITÉ
RSE
LE GROUPE PUBLIE SON BILAN
Gazole vert et véhicules électriques, soutien au Pacte Mondial, interventions d’urgence avec “Water Help” sont autant d’initiatives qui illustrent l’engagement du
Groupe des Eaux de Marseille en matière de responsabilité sociétale. Le bilan RSE
(Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) 2011 est à feuilleter sur internet.
A NOTER
Le 24 avril 2012, un décret relatif aux obligations de transparence en matière sociale et
environnementale a été voté. Il oblige les entreprises à publier un bilan RSE à partir de
2013. Le Groupe a devancé cette obligation. Un bilan RSE est publié depuis 2010.
SUR L’AGENDA
n 15 et 16 septembre
Journées européennes du Patrimoine. Visites guidées de sites d’exploitation de la Sem (Marseille,
Vitrolles, La Roque d’Anthéron).
n Du 21 septembre
au 1er octobre
Foire Internationale de Marseille
n 28 octobre
Les 2O km de Marseille-Cassis
n Jusqu’au 31 octobre
Expo: l’arrivée de l’eau à Marseille.
Musée du terroir marseillais.
n Du 13 septembre au 8 décembre
Expo : les Architectures de l’eau
à Marseille. Aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.
POUR UNE
PÉDAGOGIE
DE L’EAU
Afin que chaque écolier
comprenne que « L’eau est
notre trésor » et qu’il faut le
préserver, la Société des Eaux
de Marseille conduit des
interventions dans les classes
de CM1 pour leur apprendre
le circuit de l’eau du robinet
jusqu’à la mer ou la rivière.
Vous êtes professeur de CM1
et souhaitez bénéficier d’une
intervention, écrivez-nous :
accueil@eauxdemarseille.fr.
INFOS CONSO
3 CONSeILS POUR UNe
eAU De BONNe QUALIté
n laissez couler l’eau
une minute avant de la
consommer, surtout le matin.
n pour préparer thé, café
ou pâtes, préférez l’eau froide à
l’eau chaude, qui stagne dans
les ballons.
n lavez régulièrement
vos carafes et bacs à glaçons.
CARAFeS FILtRANteS
OU PAS ?
L’utilité des carafes filtrantes
est contestée car souvent les
cartouches ne sont pas changées régulièrement. Celles-ci
doivent être remplacées une
fois par mois et la carafe doit
être conservée au réfrigérateur. Concernant l’eau distribuée par la Société des Eaux
de Marseille, ces carafes ont
un intérêt très limité, cette eau
étant de très bonne qualité et
contrôlée régulièrement.
Consultez la qualité de l’eau
dans votre commune sur
eauxdemarseille.fr
ou sur quechoisir.org
(étude qualité de l’eau)
18
L’INVITÉE
PATRICIA
RICARD
LE MESSAGE D’ESPOIR DE
Depuis plus de vingt ans, la petite-fille de Paul Ricard
milite tous azimuts et avec passion au service de la cause
"verte". Récemment nommée au conseil d’administration
de la Société des Eaux de Marseille, une responsabilité
qu’elle assure parmi beaucoup d’autres pour le compte
de prestigieuses institutions, Patricia Ricard livre ici ses
raisons d’espérer en l’avenir de la planète.
Propos recueillis par THIERRY GARDETTO
19
eau
inf ’m
a gazine
L’INVITÉE
UN ENGAGEMENT
PERMANENT
1986. Patricia Ricard est nommée administratrice de l’Institut océanographique Paul
Ricard, fondé en 1966 par son
grand-père. Elle en est la présidente depuis 2005.
1991. Elle crée avec MariePierre Cabello, les « Mardis
de l’Environnement », une
émission qu’elle va animer
pendant dix-huit ans.
Dès 1992. Elle développe,
préside et anime de nombreux festivals de documentaires sur les sciences de
l’homme et de la nature.
1995-1998. Patricia Ricard
crée, lance et anime le magazine «Vert de Terre» sur la
chaîne MCM.
1998-2001. Sur la chaîne Planète Forum, elle assure la
présentation et l’animation
d’une émission hebdomadaire sur les thèmes de la nature et de l’environnement.
2007-2008. Elle est nommée
administratrice de l’Institut
Européen d’Ecologie puis de
WWF France. Elle est désignée comme Conseiller technique développement
durable pour la réunion des
Chambres de commerce et
d’industrie du Var.
2009-2010. Membre titulaire
du Conseil consultatif des
Terres australes et antarctiques françaises. Participe au
Grenelle de la Mer. Nommée
au Conseil Economique Social
et Environnemental au titre
de personne qualifiée de l’environnement.
2012. Est désignée administratrice de la Société des Eaux
de Marseille.
“
- epuisement des ressources, érosion de la biodiversité, démographie galopante… que pensez-vous
des discours plutôt alarmistes sur
l’environnement ?
Patricia Ricard : “Ce type de discours a eu le mérite d’alerter l’opinion, d’éveiller les consciences.
Mais une fois l’alerte donnée et entendue, on ne va pas non plus passer notre temps à expliquer que
tout est fichu ! Il faut au contraire
cesser de faire peur et expliquer
qu’il est possible de créer un cercle
“Je rêve
plutôt que développer l’espoir. Toujours en s’inspirant de la nature, on
devrait au contraire inviter au mystère, à la séduction, à la tendresse
et à l’enthousiasme. Ce n’est pas
un hasard, de ce point de vue, si
‘‘Avatar’’ a connu un succès mondial au moment où ‘‘Le naufrage
du Titanic’’ faisait un bide absolu.
- Les gens ont besoin d’être
rassurés ?
P. R. : L’écologie est une éducation
universelle. C’est donner des
champs de confort, de sécurité et
de développement dans le cadre
L’île des Embiez a été acquise par Paul Ricard en 1958.
vertueux entre l’économique, le social, l’environnemental…
- De quelle manière ?
P. R. : Il faut convaincre, à l’appui
d’exemples simples, que l’on peut
créer de la valeur ajoutée en rendant notre écosystème productif.
Et quand vous expliquez ces choses
là, les gens comprennent. A un moment il faut juste les accompagner
dans leur réflexion.
- Mais comment sensibiliser sans
inquiéter?
P. R. : La mauvaise méthode, c’est
de susciter les trois émotions – la
peur, l’angoisse et la culpabilité –
qui poussent au déni et à la fuite
‘‘Penser plus petit,
mais plus généreux’’
d’un partage solidaire des savoirs.
Au fil de l’histoire, on est passé du
concept de nature menaçante (la
nature c’est sale, les animaux ça
fait peur) à celui de nature menacée (on va tout perdre). On a juste
oublié de s’arrêter à la case ‘‘nature, merveilleux mode d’emploi’’.
- C’est-à-dire ?
P. R. : Les scientifiques Albert
Jacquart et Jean-Marie Pelt nous le
rappellent : le vivant est une dynamique à ce jour inexpliquée qui
transforme l’aléatoire en harmonie.
20
que la terre entière soit un immense parc naturel”
Or, nous, êtres humains, transformons cette harmonie en chaos. Il
faut qu’on se recale un peu sur les
rythmes et sur les compréhensions
de la nature pour essayer de ‘’danser’’ avec elle.
- Comprendre la nature pour
mieux la respecter ?
P. R. : En effet. Je suis surprise
qu’on puisse encore distinguer
l’eau ‘‘terrestre’’ de l’eau de mer,
alors que c’est la même à un moment différent de son parcours. On
a l’impression qu’on ne s’intéresse
à l’eau que pour la boire. Or, il est
important d’avoir aussi conscience
ment grâce à l’épuration des eaux
usées. Mais la Méditerranée n’en
demeure pas moins la mer qui reçoit le plus d’impacts anthropiques
tant par les bateaux qui la traversent que par les eaux de ruissellement qui s’y déversent depuis les
bassins les plus peuplés du monde.
C’est tout simplement l’effet du
cycle de l’eau qui reste un phénomène encore mal compris.
‘‘On est à l’ère des
passerelles’’
- Ce parc ne présente-t-il pas trop
de contraintes ?
P. R. : Malgré leur réticence, tous
les acteurs d’une zone ainsi protégée en ont vite compris l’intérêt
économique, qu’il s’agisse de la Vanoise ou de la réserve de Port-Cros
où il ne restait que quatre mérous
à sa création. Dans la nature, tout
fonctionne à condition que chacun
accepte de donner une petite part.
Il va falloir apprendre à partager.
- Le partage dans une approche
générale ?
P. R. : C’est là que réside l’espoir.
Les chercheurs de l'institut
Paul Ricard bénéficient d’une
reconnaissance internationale.
Poisson discret et
mystérieux, le célèbre
cheval de mer fait partie
des espèces menacées.
qu’on peut abîmer un bébé dauphin à cause d’un bidon de white
spirit jeté à l’évier par facilité. Etre
plus respectueux, c’est en réalité
être plus malin autant pour soimême que pour nos enfants.
- vous pensez notamment à la Méditerranée ?
P. R. : D’énormes progrès ont été
réalisés pour la protéger, notam-
21
- La création récente d’un parc national des calanques dans le périmètre de Marseille, par exemple,
vous paraît-il aller dans le bon
sens ?
P. R. : L’aspect intéressant de ce
parc c’est qu’il comporte justement une zone marine et une
zone terrestre en périphérie urbaine. Du coup, on n’a plus de
rupture entre ces deux zones, protégées par un panachage d’autorisations des activités humaines.
Mon rêve serait que la terre entière soit un parc à l’intérieur duquel nous pourrions tous être
heureux et à l’abri de nousmêmes !
Pour avoir l’heure, il faut que
toutes les pièces de la montre
soient en état de marche. Or, il est
difficile de réparer une montre si
on n’en connaît pas le fonctionnement. Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est cette
compréhension globale.
- Comment l’acquérir ?
P. R. : Je crois surtout à la valeur
d’exemple de tous les nouveaux
donneurs d’espoirs qui développent des micro-solutions à travers le
monde et qui les enrichissent avec
l’appui d’internet (cf. les sites sparknews.com et artisansduchangement.com). Ces solutions simples,
SUITE EN PAGE 22
eau
inf ’m
a gazine
L’INVITÉE
L’INSTITUT
OCÉANOGRAPHIQUE
PAUL RICARD
En 1966, Paul Ricard crée l’Institut océanographique qui
porte son nom en réaction à
l’une des premières pollutions
industrielles en Méditerranée :
le rejet de résidus du traitement de la bauxite (boues
rouges), au large de Cassis…
Dès sa création, son fondateur
lui fixe la mission de faire
connaître et protéger la mer. Il
dote ainsi cette association de
type 1901 d’un centre de recherches qui abrite, sur l’île
des Embiez, une équipe per-
SUITE DE LA PAGE 21
donc faciles à comprendre et à reproduire, ont l’avantage d’être adaptées aux contextes naturels locaux. Il
va falloir penser plus petit qu’avant
mais un peu plus généreux.
- Dans ce contexte, les grands sommets comme celui de Copenhague
ou Rio+20 font-ils avancer la cause
de l’environnement ?
P. R. : Bien sûr. Ces sommets sont
comme de grandes réunions de travail on l’on convie les meilleurs
élèves dans un esprit de transversalité. Ils sont utiles et débouchent le
plus souvent sur des engagements
importants. Il faut seulement avoir
la sagesse de laisser travailler ceux
qui travaillent.
- Il en est de même concernant le
Forum mondial de l’eau ?
manente de scientifiques dont
les travaux portent principalement sur l’écologie littorale, la
microbiologie marine, l’aquaculture, la lutte antipollution et
la préservation de la biodiversité marine.
Reconnu comme un acteur majeur de la protection de la mer,
l’Institut propose des visites du
musée aquarium des Embiez,
des conférences et des expositions, dans le cadre de vastes
campagnes de sensibilisation.
Pour en savoir plus : www.institut-paul-ricard.org
P. R. : J’ai relevé de belles initiatives
lors de l’édition 2012 à Marseille. Et
d’abord celle d’avoir associé en permanence eau potable et assainissement. J’ai aimé aussi le Village des
solutions. Le bon sens a plus de
clients que la haute technologie et
il coûte moins cher. J’apprécie l’idée
que dans la même heure et au
même endroit, cohabitent le
‘’hippo roller’’ et le filtre à UV de
dernière génération. Le site internet du Forum, aussi, était très bien
fait.
- Quelles perspectives intéressantes offrent les nouvelles technologies de l’information ?
monde y ont échangé l’espace de
24 heures. A la clé : le coût d’une
journée d’électricité, quasiment aucune émission de Co2 et un formidable échange d’expériences sur un
site visité gratuitement par un million de personnes !
‘‘Le bon sens, c’est la
forme la plus aboutie
de l’intelligence’’
- Quel type d’expériences
concrètement ?
P. R. : Il y a beaucoup de gens généreux, aujourd’hui, dont je souhaiterais modéliser les bonnes idées. Et,
notamment, dans les sociétés précaires où le bon sens, le travail, la
solidarité font émerger des solutions qui vont permettre à tout le
monde de vivoter et de travailler
un peu. C’est alors que peut intervenir un ingénieur, par exemple,
qui va ‘‘manager’’ cette solution informelle.
- Comme une passerelle à développer entre deux mondes ?
Environ 5000 scolaires
visitent chaque année
l’Aquarium - Musée des
Embiez et suivent un
programme de sensibilisation à l’environnement
marin.
P. R. : Internet est une invention
formidable qui permet de faire
beaucoup plus avec beaucoup
moins. Il y a plusieurs mois, j’ai
ainsi pu participer à une sorte de
Forum en ligne baptisé ‘‘24 heures
sur la terre’’. En connexion Skipe,
environ 5000 animateurs de microprojets écologiques à travers le
22
- L’émergence de grands pays industriels comme la Chine ne
constitue-t-il pas un frein à votre
optimisme ?
P. R. : Il faut résolument convaincre
ces états que l’écologie va dans le
sens de l’économie. “It’s good for
the planet, it’s good for the wallet”
(“C’est bon pour la planète, c’est
bon pour le portefeuille’’). Certes,
je suis moins optimiste quant aux
émissions de Co2, alors que la
Chine prévoit une centaine d’aéroports supplémentaires d’ici dix ans.
Mais, là encore, des solutions existent à la fois pour capter le Co2
émis et développer de nouvelles
énergies.
- Peut-on trouver des solutions
à tout ?
P. R. : J’aimerais qu’on ressorte déjà
les bonnes vieilles recettes d’antan
pour les rendre efficientes au regard de notre compétence d’aujourd’hui. Une sorte de bon sens
paysan revu et corrigé, multiplié à
grande échelle. Paul Ricard, mon
grand-père qui avait le cerveau
bien branché sur le cœur, disait
que le bon sens était la forme la
plus aboutie de l’intelligence. Au
18e siècle, on l’appelait le sens
commun. J’aime bien la notion du
bien et du commun mélangés.
Nous avons là un vrai projet !
‘‘Plutôt que la course,
faisons la ronde’’
- L’action de l’Institut océanographique Paul Ricard en est-il l’illustration ?
P. R. : Oui, avec la chance de bénéficier depuis 47 ans du soutien moral
et financier d’une entreprise partenaire. L’entreprise d’aujourd’hui honore les valeurs de son fondateur.
Son président m’a ainsi permis d’embaucher deux jeunes chercheurs à
l’institut dans une conjoncture économique pourtant difficile.
- Pensez-vous que des entreprises
comme la Société des eaux de
Marseille ont un rôle important à
jouer dans la préservation de l’environnement ?
P. R. : Forcément, puisque son métier consiste à gérer la ressource au
plus près des besoins, distribuer une
eau de qualité et traiter les effluents
afin de préserver le milieu naturel.
Cet entretien a été réalisé près d’un mois avant le
décès de Patrick Ricard, l’un des 3 fils de Paul Ricard.
Le Goupe des Eaux de Marseille renouvelle ici ses
plus sincères condoléances à la famille.
23
Ancrée dans le patrimoine régional,
la Sem a en outre une dimension
humaniste qu’incarne parfaitement
Loïc Fauchon, son président.
- est-ce l’une des raisons pour lesquelles vous venez d’entrer au
Conseil d’administration de la Sem ?
P. R. : Cette proposition, je l’ai
reçue comme un honneur. Elle est
sans doute liée à ma curiosité pour
l’environnement et donc pour les
problématiques liées à l’eau. Bref,
j’étais la femme de la situation dans
un contexte de parité croissante au
sein des instances dirigeantes…
C’est une façon aussi de resserrer
les liens entre Veolia, la Sem et
l’Institut Paul Ricard à travers un
partenariat renforcé dans de nombreux domaines - eaux de baignade, dessalement, etc. Sans
oublier ma dimension de candide,
proche des associations et animée
de projets pédagogiques. L’Institut
reçoit pas moins de 5000 enfants
par an !
“
P. R. : Absolument. On est à l’ère
des passerelles. L’ancien monde va
aider le nouveau monde à émerger et le nouveau monde va éduquer l’ancien. De la compétence,
d’un côté, et de la conscience, de
l’autre. Voilà un mode d’échange
qui me paraît prometteur. Comme
j’ai coutume de le dire, je ne vois
pas le bien partout mais j’en
cherche toujours la possibilité !
- La sensibilisation des enfants à
l’environnement est-elle une clé
majeure ?
P. R. : Elle s’exerce dans les écoles
primaires, depuis six ans environ,
avec des résultats remarquables.
Les cerveaux d’enfants sont de magnifiques champs du possible. On
leur apprend trop de choses trop
tard. Je milite d’ailleurs pour l’apprentissage, dès le plus jeune âge,
de la chimie et de la biologie. L’important, c’est que les enfants puissent se forger une nouvelle vision
du monde basée sur la mutualisation et l’équilibre, plutôt que sur la
compétition. A sept milliards
d’êtres humains sur la planète, on
ne pourra pas continuer longtemps
à faire la course. Il va falloir commencer à faire la ronde !”
LA SEM S’ENGAGE
Depuis 2007,
Depuis 2007,
la Société des Eaux de Marseille affirme sa
la Société des Eaux de Marseille affirme sa détermination
détermination à appliquer
à appliquer les 10 principes du Pacte Mondial.
les 10 principes du Pacte mondial des Nations Unies.
Un engagement fort, qui se retrouve au quotidien
Un engagement fort, qui se retrouve au quotidien
dans toutes ses actions.
dans toutes ses actions.
www.eauxdemarseille.fr
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