L`alimentation de complément du jeune enfant

L`alimentation de complément du jeune enfant
L’ALIMENTATION DE COMPLÉMENT
DU JEUNE ENFANT
Éditeurs scientifiques
Serge TRÈCHE,
Bruno de BENOIST,
Djami1BENBOUZID, Francis DELPEUCH
Organisé en collaboration avec
:
la FAO, l’UNICEF, 1’USAIDet l’université Senghor
ORSTOM Éditions
~NST~U
FRANCAIS
T
DE RECHERCHE SCIENTIFIQUE POUR LEDÉVELOPPEMENT EN C ~ ~ P E R A T I O N
Collection COLLOQUES et SÉMINAIRES
PARIS 1995
La loi du II mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une
part, que les ((copiesou reproductions strictement réservbes à l'usage privé du copiste
et non destinées à une utilisation collectiven et, d'autre part, que les analyses et les
courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, ((toute représentationou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants
droit ou ayantscause, est illicite)) (alinéale' de l'article 40).
Cette représentation ou reproduction, par quelque procedé que ce soit, constituerait
donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.
ISSN 0767-2896
ISBN 2-7099-1289-9
O ORSTOM Éditions 1995
SOMMAIRE
Résumé
Avant-propos ...................................................................................
PRFMIERE PARTIE :
SECONDE PARTIE :
TROISIEME PARTIE:
1
L'alimentation de complément
en Afrique: apersu et
t .
amelloration
nécessaires ............................
5
Principes généraux d'amélioration
des aliments de complément .....................
67
Production de farines de sevrage
en atelier...................................................
153
QUATRIEME PARTIE: Approches pour promouvoir
l'alimentation de complément ................. 267
CINQUIEME PARTIE:
Opérations de transfert de
technologies à la portée des
ménages ou des communautés ................. 299
Recommandations ..........................................................................
369
Liste des participants ......................................................................
373
Ouvrages et articles de référence...................................................
385
Table des matières ...........................................................................
387
RESUME
INTRODUCTION
L'objectif généralde cet atelierétait de proposer, sur la base de l'expérience accumulée
par des pays africains, un ensemble de directives pour promouvoir une alimentation
il s'agissait de:
de complément correcte chez le jeune enfant. Plus spécifiquement,
- passer en revue les méthodes de préparation d'aliments de complément en mettant
l'accent sur :
. les problèmes rencontrésdans la gestion des unités deproduction ;
. les transferts de technologie au niveau des ménageset des communautés ;
. l'éducation et la sensibilisationdu public ;
- faire un bilan des expériences - à présent menées - de fabrication de farines infantiles
;
dans les paysfrancophones de la Région africaine
- dégagerdes stratégies nationales et proposer des directives pour la promotion de
programmes visant à assureraujeuneenfant
une alimentation de complément
appropriée.
Les pays invités ont été les pays francophones et lusophonesdu continent africain qui
. mènent actuellement des programmes de promotion de l'alimentation de complément
du jeune enfant, ou bien qui ont l'intention de le faire dansun proche avenir, à savoir
l'Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cap Vert, le Cameroun, le Congo,
la Côte d'l'voire, Djibouti, l'Egypte, laGuinée, Madagascar, le Mali, le Maroc, le
Mozambique, le Niger, le Rwanda,le Tchad, le Togo et la Tunisie.
L'atelier a été divisé en IO sessions. 5 sessions ont été consacrées à des exposés des
participants et des facilitateurs dont les textes, résumés ici, sont donnés intégralement
dans les 5 parties de cet ouvrage ; 5 autres sessions ont été consacrées à des travaux de
groupe et à desdiscussions
dont les principalesconclusions sont données en
conclusion des parties auxquelles ellessont rattachées.
e :un dCfi pour l'enfantet gour sa mtre
Au cours des premiers moisde la vie, le jeune enfantpasse &une alimentation lactke et
liquide h une dimentation diversififiCe et solide : c'est la période du sevrage. La plupart
des &finitions du sevrage sont centrkes sur la nature de l'alimentation et ne tiennent
pas assez compte de l'environnement dans lequel se dhroule le sevrage. Sur la base
d'arguments mkcaniques, physiologiques et nutritionnels, il apparait que ]le sevrage ne
devrait pas dkbuter avant les 5ges de 4 ou 6 mois. La fonction de dkglutition arrive A
maturitk vers 4-6 mois. Le volume de rktention gastrique et les fonctions digestives
constituent des facteurs limitants, en particulier pour ce qui est du volume et de la
consistance des reps. La teneur en nutriments du lait maternel audeli de 6 mois,
surtout pour l'knergie et les micronutriments, n'est plus suffisante pour couvrir les
besoins de l'enfant.
Un dilemme du sevrage, au moins d'un point de vue diktktique, consiste h trouver un
compromis entre les 4 pamdtres que sont l'âge, la consistance du repas, son volume
et sa valeur nutritive pour assurer A l'enfant la couve~turede ses besoins nutritionnels.
Dans la recherche de ce compromis, l'accent ne devrait pas Ctre uniquement mis sur la
sur celle des micronutriments en
question de l'apport knergktique,maisaussi
diversifiant le repas avec des aliments riches en fer et en vitamine A et en assurant la
poursuite de l'allaitement maternel.Cet aspect mérite une attention particulière parmi
les groupes de popuPati0n où le risquede carence en vitamine A est klevi.
Il faut aussi prendre en compte, dans le bon dfiCroulementdu sevrage, les modditb qui
dkpendent de nombreux paramètresqu'il s'agisse de la skcurité alimentaire, de
l'environnement sanitaire, culturel, social et économique et surtout le rble de la m&re
dont le niveau d'kducation et la disponibilitk sont déterminants non seulement sur la
valeur nutritive du reps mais aussi sur son degrk d'hygiène et sa frkquence.
Enfin le processus du sevrage est indissolublement lié l'allaitement maternel. Aussi
est-il nkcessaire que lapromotion de l'allaitement maternelsoit toujours associée A des
campagnes &mklioration des pratiques de sevrage.
ina Faso (Y.C.
Une analyse critique de l'alimentation infantile h travers ses diffkrentes ktapes et
composantes révhle que malgré une prkvalence tris 6lev6e de l'allaitement maternel
(98 %), il n'y a pas lieu dese rkjouir des pratiques desevrage auBurkina Faso. En effet,
l'alimentation infantile est loin d'Ctre optimale car entachke de beaucoup d'erreurs à
tous les stades du diveloppement. Ces erreurs consistent en la mise au sein tardive du
ii
nouveau-né, le rejetdu colostrum, le sevrage trop précoce ou au contraire trop tardif,
l'utilisation d'aliments de complément inadéquats, une fréquence journalière des repas
insuffisante etl'observation de nombreux interdits alimentaires.
Pratiques de sevrage au Congo (F. Tchibindat)
Au Congo, l'allaitement au sein estlarègle,mais
en milieu urbain le phénomène
d'allaitement mixte gagne du terrain. Les bouillies sont introduites précocement à un
l'enfant nepermet pasdeles
utiliser et .où leur
moment où laphysiologiede
consommation entre en compétition avec le laitmaternel. Le platfamilialest
la
également donné trop précocement.
Son
introduction signe l'arrêt de
consommation desbouillies
qui ne jouent plus leur rôle de transition vers
l'alimentation solide. La valeur nutritionnelle des bouillies traditionnelles est médiocre
et leur faible fréquence journalière de consommation ne permet pas de compléter
suffisamment les apports de lait maternel.Tout cela pourrait expliquer les prévalences
élevéesde malnutrition protéino-énergétique : enmilieu rural, 27,5 % des enfants
d'âge préscolaire souffrent deretard de croissanceet 5,5 % de maigreur.
Pratiques de sevrage à Djibouti (M.A. Mohamed)
Une enquête nutritionnelle menée par le Ministère de la santé publique en 1990 a
montré que 90 YO des femmes commencent à allaiter leurs enfants dès la naissance,
mais que ce chiffre baisse à partir de 6 mois, de sorte qu'a 9 mois seulement 50 % des
femmes allaitent encore leur enfant et qu'a l'âge de 18 mois elles ne sont plus que
10 %. Les causes de cette diminution de la fréquence de l'allaitement maternel sont
nombreuses : arrivée sur le marché des laits artificiels et des aliments de sevrage ;
traditions et croyances ; changementdela structure familialelié à l'urbanisation
8 à 12 mois tandis que
rapide. Dans les régions rurales, le sevrage n'a pas lieu avant
dans les régions urbaines, les aliments de sevrage
sont introduits très précocement,
parfois dès l'âge de2 mois.
L'expérience en matière defarine de sevrage est encore limitée. Récemment,une farine
a été introduite. Elle est à base d'aliments traditionnels : farine de mals, farine de
sorgho et farine de lentille additionnéed'huile et de lait. Cette farine a pour avantage
d'être bien acceptée, facilement disponible et peu chère. Une étude d'acceptabilité est
en cours.
'
L'alimentation de complément du jeune enfanten Egypte
(S. A. Abdelaal)
Différentes enquêtesréalisées ces dernières annéesen Egypte (1988, 1991), ont montré
qu'au cours des 5 premiers mois 70 % des nourrissons étaient nourris exclusivement
...
111
L 2L
TIONDE COMPLEMENTDUJEWE ENFANT
au sein. A partir du 6ime mois, une proportion importante de nourrissons rqoit un
allaitement mixte. LadurCe moyennede l'allaitement au seinestactuellement de
17 mois. Cependant l'habitude d'un sevrage prkcoce pourmit jouer nkgativement sur
le statut nutritionnel des enfants.Plusde
deux tiers des nourrissons sont sevrés
brutalement (72 96 enmilieu m d et 64 Bk0 en milieuurbain). Les aliments de
complkment sont gknkdement des farineux (riz, fkculents, biscuits, pain,pommes de
terre et patates douces).Les
aliments protidiques sont consommks en qumtitk
insuffisante et particuliirement ceux d'origine animale. Les aliments prkparés
industriellement ne sont consommksque par une minoritC.Les
bouillies sont
gknkralement de viscositk Bevke : on ajoute de l'huile ou du sucre (ou les deux), ou
1?& de fleur de malt pour allonger le gruauipais.
1'E te enmatihre d'aliment de sevrage A bas prix pour la
L'expériencede
rihabilitation nutritionnelle des endamts remonte A plus de 20 ans. Ces aliments riches
en protkines vég6tales pouvaient &treprkparks, soit locdement, à domicile, comme le
Sesamena et le Arabeana, soit industriellement comme la Supramine. En Egypte, le
sevrage au moyen d'aliments locaux est de toute manikre le plus concevableet le plus
acceptable en raison de ses avantages kconomiques que cela soit au niveau familial, au
niveau communautaire ou au niveau national.
Les pratiques alimentaires au coursdes deys premikres annies de la vie, dans les pays
africains, ont ktk comparkes aux recommandations actuelles. O n a utilisk les résultats
de diff6rentes enquktes dkmogmphiqueset de sans6 @DS) et du questionnaire envoyk
aux participants del'atelier pouritablir les indicateurs desmodes d'allaitement
maternel proposks par ]L'Oh&et suggkrer de nouveauxindicaEeun.
La rkgion africaine reste une des rkgions
du monde où l'alimentation au sein estla plus
rkpandue et dure lepluslongtemps, mais il existe une grandediversité dans les
pratiques d'allaitement et de sevrage. U n gmnd nombre d'enfants sont ainsi nourris
avec des pratiques qui s'kloignent beaucoup des recommmdations actuelles et on note
qu'une faible proportion d'enfants de moins de 4 mois sont nourris exclusivement au
sein et qu'une proportion insuffisante d'enfants reGoit une alimentation
complémentaire en tempsopportun, c'est A dire à partir de six mois.
Ainsi, dans de nombreux pays, il faut lutter à lafois contre l'introduction trop
prkcoce d'aliments de complkmentet contre leur introduction trop tardive puisqu'une
proportion importante d'enfants n'a pas encore reçu d'aliments solidesà Yâge $'un an.
Les données sur laqualitketlafréquencedesrepas
sont peunombreuses,mais il
apparaît que les bouilliestraditionnelles,donnkescommepremier
aliment de
complément, ont une densité knergktique faible, inférieureà celle du lait maternel
.
En matière d'orientation des programmes et des messages, il est utile de noter que les
pays qui ont le meilleur statut du point de vue de l'alimentation au sein ne sont pas
nécessairement ceux qui ont le meilleur statut en ce qui concerne l'alimentation de
complément. La relation inverse qui existe entre le taux d'urbanisation des pays ou
leur développement économique et la durée d'alimentation au sein est moins évidente
quand on considèrel'âge d'introduction des aliments de complément qui semble
davantage dépendre de croyances culturelles fondamentales.
D'une manière générale, l'analyse de la situation constitue un des autres points qu'il
conviendrait d'améliorer, qu'il s'agisse de décrire les pratiquesalimentairesdans
différents groupes de population ou d'identifier les déterminants et les contraintes de
ces pratiques.
Que ce soit en matière d'analyse dela situation ou en matière de programmes, il
semble ainsi nécessaire que l'intérêt et les efforts portés à l'alimentation au sein se
déplacent un peu pour prendre en compte l'alimentation de l'enfant dans sa globalité.
En conclusion, plusieurs questionssur l'orientation et la stratégie des programmes qui
visent à l'amélioration de l'alimentation complémentaire des jeunes enfants ont été
soulevées.
PRINCIPES GENERAUX D'AMELIORATION
DES ALIMENTS D E COMPLEMENT
Contrôle de qualitédes aliments de complément (S. Doyran)
Pour mettre en oeuvre un contrôle de qualité efficace les gouvernements doivent faire
face à de nombreuses difficultés. Ils sont de plus en plus conscients du besoin de
prévenir la commercialisation de produits nocifs pour lasanté ou susceptibles de
tromper le consommateur. Il importe donc, pour la réussited'un politique de contrôle
de qualité, que soit élaborée une stratégie cohérente pour le contrôle alimentaire.
Cette stratégie devrait comprendre l'adoption d'une législation de base accompagnée
d'une réglementation actualiséerégulièrement, une définition claire du rôle des
différentes administrations concernées, une concertation des autorités avec les secteurs
de l'éducation et de l'industrie et avec les consommateurs aux niveauxnational et local
et l'identification des domaines etdes mesures prioritaires. Le Comité de coordination
du Codexpour l'Afrique joue de ce point de vueun rôle important.
En ce qui concerne le contrôle de qualité en général,les actions dépendent du type de
production. Les grandes unités de fabrication ont le plus souvent mis en oeuvre un
systèmed'assurancequalité, notamment ISO 2000. Il appartient aux autorités de
coopérer avec les industries dans la définition des programmes de contrôle de qualité
et d'effectuerces contrôles en usineou par sondage sur les produits finis.
V
Il faut aussi prendre en compte les problimes de contamination microbiologique et
par les mycotoxines en raison de leurs répercussions kconomiques et nutritionnelles
consid6rables.
Le codex a établi des normes pour les produits destinks A l'alimentation infantile, en
particulier pour les aliments traitks à base de ckrkales pour nourrissons et enfants en
bas bge, et des lignes directrices pour la mise au point de prkparations dimentaires
d'appoint.
Aliments desevragecontamin&
diarr&&eet de ma%nutrition
: facteurderisquemajeurde
Les infections et la malnutrition qui les accompagne sont responsables d'une partie
importante des quelques 13 millions de dkcks de nourrissons et d'enfants de moinsde 5
ans qui se produisent chaque annke dans le monde. Les maladies diarrhkiques sont les
infections les plus frkquentes, aprèsles infections respiratoires, chezle nourrisson et le
jeune enfant et ce sont elles qui ont le retentissement le plus grave sur la croissance.
Les
maladies
diarrhkiques ont de tout temps kt6 attribuées a u problèmes
d'approvisionnement en eau et d'assainissement.Pour essayer de prévenir ces maladies
les gouvernements et lesorganisationsnon-gouvernementalesse
sont souvent
contentés defaire porter leursefforts sur l'approvisionnement en eau et sur
l'assainissement et de favoriser l'allaitement maternel.
La prksente analyse, bas& sur les Ctudes rapportées dans la littkmture, met en évidence
conditions d'hygiine sont
que les aliments de sevrageprkparésdansdemauvaises
fr&pemment contaminés par des germes pathogknes et constituent donc un facteur
majeurderisquedemaladiesdiarrhkiques
et de malnutrition. Compte tenu des
donnkes connues, il apparaîtque leseffortsactuelsnesuffisentpas
h prkenir les
maladies diarrhkiques : il faut donner prioritk à l'éducation des mkres sur les principes
de l'hygikne alimentaire, en particulier pour ce qui concerne les aliments de sevrage.
Des programmes kducatifs basés sur le s y s t h e d'analyse des risques de dktermination
des points critiques pour leur maîtrise (E"CP), prenant kgalement en compte les
facteurssocio-culturels,devraient2tre
intkgrks A tous les programmesnationaux
d'alimentation et de nutrition et en particulier, aux programmes d'alimentation des
nourrissons.
Innocuit& et efisponibilit.6desnutrimentsdanslesalimentsde
csmglkmene (P.
La qualitk d'un aliment doit rkpsndre A des objectifs d'acceptabilité et de sécurité. La
skcuritk inclut l'innocuitk, du point de
vue
microbiologique
aussi
bien
que
toxicologique, et la valeur nutritionnelle, celle-ci ktant considérée tant en termes de
vi
Résumé
composition chimique qu'en termes de biodisponibilité
des
nutriments. La
biodisponibilité des nutriments dépendde leur nature et de leur environnement
physico-chimique, des traitements technologiquessubis,delaprésencedefacteurs
antinutritionnels ainsi que del'équilibre alimentaire. A titre d'exemple, les traitements
thermiques (cuisson, stérilisation, séchage) sont susceptibles, selon leur sévérité, soit
d'améliorer la valeur nutritionnelle (digestibilité,
inactivation
des
facteurs
antinutritionnels), soit dedégraderdes
nutriments : ainsilalysine,acideaminé
essentiel pour l'enfant, peut se trouver facilement partiellement indisponiblisée.
Les facteurs antinutritionnels constituent une autre source d'indisponibilisation.
Certains facteurs (inhibiteurs d'enzymes,lectines) sont thermolabiles et donc inactivés
par des traitements thermiques appropriés (autoclavage). D'autres, en revanche,
chaleur
(polyphénols,
phytates).
Les phytates entraînent une
résistent à la
indisponibilisation duphosphore ainsi que des cations (calcium,
fer...) et des protéines.
De ce point de vue, dans les stratégies d'amélioration de la qualité nutritionnelle, on
peut avoir recoursà des enzymes endogènes (germination),à des procédés fermentaires
ou à l'ajout de préparations enzymatiques d'origine industrielle.
En conclusion,la qualité alimentaire(innocuité + valeur nutritionnelle) dépendra
conjointement de l'objectif nutritionnel de départ, de la composition en nutriments
biodisponibles, de la présence
de
facteurs
antinutritionnels et de l'histoire
technologique duproduit.
Techniquespouraugmenter
(S. Trèche)
la densitéénergétiquedesbouillies
Dans certains
contextes
caractérisés
par une faible
fréquence
journalière de
consommation (moins de 3 fois/jour) et l'utilisation de produits de base n'ayant pas
subi de traitements particuliers, les bouillies préparées à partir de produits locaux ne
sont pas capables de compléter l'apport en énergie du lait maternel pour couvrir les
besoins énergétiques des nourrissons.
Les solutions possibles pour y remédier sont examinées. L'utilisation de traitements
enzymatiquesconsistanten
l'incorporation de sourcesd'alpha-amylasesapparaît
comme le procédé le plus efficaceetle plus commode. Parmi les sources d'alphaamylases utilisablespour la préparation des bouillies au niveau des ménages, les farines
de céréalesgermées sont les plus efficaces. Au niveau des unités de production,
l'utilisation d'enzymes produites industriellement présente de nombreux avantages :
coût réduit, activité amylolytique constante, commoditéd'emploi...
Un certain nombre de facteurs
de
variation
de
l'efficacité
des
traitements
enzymatiques sont à prendre en considération : activité amylolytique de la source
enzymatique utilisée ; origine botanique des sources d'amidon incorporées dans les
farines ;p H de la bouillie ;modalités depréparation, en particulier de cuisson...
vii
Dans la marche A suivre pour mettre au point un prockdk de fabrication d'une farine
infantile permettant la prkpantion de bouillies de densitk knergtique suffisante, le
choix de la source enzymatique et des quantitks incorporer intervient h la fin de la
phase de conception lorsque laformule et les autres prockdés ont ktk choisis. Ce choix
et cette dhermination nkcessitent d'estimer la viscositk de bouilliesprkparées j, la
concentmtion correspondant la densitk éner
La production de la superamine est actuellement interrompue. Avant de dkcider d'une
relance du prockdk de fabrication industrielle dece produit, il importe de s'assurer de
l'existence d'un marché potentiel et de ladisponibilitk des ingrhdientsdebase.
Concrktement, il s'agira de comparer les bknkfices que l'on pourrait escompter de la
qui
mise au point de recettes facilement applicables au niveau des mknages et ceux
semient tir& de l'utilisation d'une farine produite industriellement, daru le cadre d'un
projet de d6veloppement où seraientintkgrkes production agricole et industries de
transformation.
e Ouando : ~ s ~ ~ ~ t ~ ~
Les farines pour enfants
commercialisation et moyens mis n oeuvre pour atteindre %es
Il est difficile d'affirmer aujourd'hui que les farines Buando (Farines ler et 2kme ige),
produites industriellement, sont utiliskes par les populations des zones rudes qui
constituaient les groupes cibles au début de l'expkrience. Les enquu&tesmedes par le
Centre International de l'Enfance, sur l'utilisation des anciennes farines ont rkvklk que
seulement 15 des utilisateurs se retrouvent dans cette catkgorie de la population. En
effet,bien que des actionssoiententreprisesafinde
rendre les prix accessibles, le
pouvoir d'achat en milieu rural demeure si faible qu'il estdifficile A beaucoup de
familles d'acheter les farines Buando.
Pour tenir compte de cette situation, il a étk dkcidt. de créer progressivement des
points de vente dans toutes les rkgions du Bénin pour permettre à tous ceux qui en ont
les moyens d'avoir de la farine à leur disposition, de vulgariser des formules de farines
enrichies pour permettre aux mires de prkparer elles-mimes des farines 21 domicile et
d'intensifier l'kducation nutritionnelle pour permettre l'utilisation des ressources
disponibles pour une meilleure alimentation.
viii
Le Musalac :farine de sevragedu Burundi (J.B. Nsavyimana)
La diffusion de la farine Musalac est basée sur une politique commerciale qui vise à ce
que toute la population y ait accès. Pour ce faire, il a été décidé de mettre l'accent sur
les différents
paramètres
qui conditionnent son accessibilité : l'accessibilité
géographique par la
mise
en
place
d'un système
de
distribution (grossistes,
boutiquiers) et la multiplication des unités de production dans les différentes régions
du pays ; l'accessibilité financière par une politique sociale qui vise à rendre stable le
prix de vente du Musalac au niveaudu consommateur (bien que non subventionné le
Musalac est 12 fois moins cherque les produits importés comme le Cérélac) ;
l'accessibilité culturelle, enfin.
La farine Micafau Cap Vert(E. Vera Cruz)
La farine Micaf en est actuellement au stadede l'expérimentation avant sa production
à l'échelle industrielle. U n certain nombre de contraintes ont gêné la mise en place du
projet qui a débuté en 1986.
Vitafort : une farineinfantile
Congo (F. Tchibindat)
de hautedensitéénergétiqueau
Cette farine se caractérise par l'incorporation d'amylases produites industriellement
dans un mélange de farines préparéesà partir de produits locaux.
Sa commercialisation a commencé enoctobre 1992. Vitafort a fait des débuts timides
dans un contexte socio-politique difficile. La promotion par les services de santé de ce
produit nouveau a été insuffisante. Néanmoins, grâceà une formule et une promotion
nouvelles dans le cadre d'une nouvelle politique de santé du pays, les perspectives
paraissent bonnes.
Vitafort sont installés ou en cours
Desstagiaires
formés dans l'atelierpilote
d'installation dans le pays. La commercialisation est essentiellement assurée dans les
réseaux descentres de santé intégrés.
Les problèmes qui continuent à se poser sont : le financement et l'organisation du
contrôle de qualité ; la concurrence d'autres farines ne permettant pas la préparation
; l'accessibilité du produit aux enfantsdes
de bouillies de densité énergétique améliorée
familles lesplus démunies.
ix
15~ L I ~ E ~ ~ A TCQMPLEMEmDU
~ Q N ~ E
J E W E ENFANT
Evaluatisn du programme
ctamine de 1 72 h 1993 au
Depuis 1972, le Muoc dispose d'une farine, 1'Actamine 5, dont la composition ktait
initialement identique A celle dela Supermine produite en Algérie. Produite
industriellement, la formule a kté remanike en 1978 et sa valeur caloriqueest passke de
415 Kcal/100 g à 357 Kcal/100 g9 avec une teneur en protéines passant de 203 g
h 21,1 g pour 160 g de matière shche.
La production de l'ktamine a kt6 considkrablement accrue dans le cadre d'un
programme d'assistance alimentaire qui s'est traduit par ]la fourniture d'importantes
A la fin de ce
quantitksde lait en 1988 par le "Catholic ReliefService"(CRS).
programme, la distribution de l'Actamine a kté maintenue, mais en programmant son
achat sur le budget Etat du Ministkre de la santé publique. Les erkdits allouks n'ont
permis d'acheter que 159 tonnes, (638 tonnes en 1988), quantitk qui ne peut couvrir les
besoins que de35 à 40 96 des enfants de moins de cinq ans rkellement malnutris.
Les solutions alternativesau ciblageactuel, à savoir distribution dans les locditks
rurales dkfavoriskes et les agglomkrations pkri-urbaines, ainsi qu'en milieu hospitalier,
consistent en : un projet de marketing socid en faveur de la farine de sevragepour en
atténuer la charge budgktaire et promouvoir sa vente auprks du public ; la recherche
dela participation communautaire parI'kducationsanitaire
et nutritionnelle, la
et l'encouragementde la consommation de
promotion del'allaitementmaternel
denrkesalimentaireslocales ; laprise en charge et lesuivi des enfants dkpistks
maldourris ou à risque demalnutrition, ceci gr& a une surveillancede la croissance,à
la sensibilisationdes mères et à leur éducation.
itamin :farine de sevrage du Ni
Bitamin est une farine de sevrage fabriquke au Niger depuis 1991. Elle a une haute
valeur nutritive car elle fournit 406 Kcal/lOO g. Elle est composke de mil (67 %), de
nikbC (20 %O), d'arachide (10 %) et de pain de singe(3 %).
Bien que la capacité de production soit de 4 tonnes/mois, la quantité commercialiske
par mois est souvent infkrieure A 1 tonne en raison &une insuffisance du réseaude
commercialisation. La mise en place de la fabrication de cette farine n'a apparemment
pas contribuk A rkduire les taux de malnutrition car le Niger demeure le pays de la
sous-région qui a le plusfort taux de malnutrition.
Le Ssssrna :farine de sevrage du
La farine Sosoma est un mklange de farines de sorgho, de sojaet de maïs. Produite par
une organisation non-gouvernementale,c'est un produit mandais. Elle a rencontré au
début pas mal de critiques. Certains consommateurs lui auraient préfirk un goût sali,
x
Résumé
tandis que d'autres étaientattachés au goûtsucré. Mais au fur et mesureque la
production s'est étendue au niveau national, la farine Sosoma a été acceptée par les
consommateurs, surtout les enfants. L'atelier a débutéavec une production de 400 kg
par jour ; sa capacité de production est de 3 O00 kg/j, mais l'unité est actuellement
arrêtée.
Fabricationdefarinesenrichies
Tchad (O.Yomadji-Outangar)
à partirdeproduitslocauxau
Les farines Vitafort du Tchad sont produites de manière semi-artisanale depuis 1993
par un groupement de femmes avec le soutien de 1'ONG Médecin Sans Frontière /
Belgiqueet
du Centre National de Nutrition et de TechnologieAlimentaire
(CNNTA) .
Les ingrédients entrant dans sa composition sont descéréales (sorgho blanc, sorgho
rouge, mil, maïs ou riz), des légumineuses (haricot niébé) et des graines oléagineuses
(arachides). Les procédés et équipements utiliséssont très simples : le décorticage et la
mouture peuvent être réalisées en utilisant les équipement loués sur les marchés ; la
torréfaction estréaliséedans
une marmiteenaluminium
sur lesfarinesprises
pratiqué dansles
séparément et non sur lesgrainscommecelaesthabituellement
autres unités deproduction.
La production de mai à décembre 1994 a été en moyenne de5,6 tonnes par mois avec
89 % de la production vendue à 1'ONG AICF. Différents problèmes restent à régler
pour assurer la pérennisation de laproduction.
L'unité de production de farines Nutrimix au Togo (K.D. Agbo)
La farine Nutrimix a été mise au point à partir d'ingrédients locaux par l'Institut de
nutrition et de technologie alimentaire (INTA) du Ministère du développement rural.
Elle est présentée sous deux formes
(ler âge et 2ème âge). Le procédé de fabricationest
semi-artisanal. Des tests positifs d'acceptabilité effectués au niveau des centres sociaux
et sanitaires de la ville de Lomépar la division mère et enfantdu Ministère de lasanté
et des affaires sociales ont permis à 1'INTA de faire la promotion de la farine dans le
cadrededeuxstratégiescomplémentaires
: d'une part, la production et vente
; d'autre part, la vulgarisation desrecettesau
promotionnelle auniveaudeLomé
niveau national par l'organisation de séminaires de formation en nutrition pour les
agents de santéet les autres acteurs du développement social.
A ce stade des activités de l'atelier, on peut dire que la farine nutrimix se vend bien
mais connaît des difficultésrelatives à l'organisation de la production et de la
commercialisation. L'INTA doit s'organiser pour résoudre ces problèmes dans un
cadre deconcertation avec les promoteurs privés qui seront les bénéficiaires des acquis
xi
des recherches et prestations, notamment au niveau des technologies de production et
auniveau du contrble dequalitk. D'ores et dkjàles promoteurs privks peuvent
s'organiser en groupements de manikreA bknkficier de cet appui.
L'unit4 de production des farines
.@,
Pleth-Suka)
La farine Viten est un mklange defarinesdeckrkales
(maïs, riz, sorgho) et de
lkpmineuses (soja) conçue et réalhke par l'Association de jeunes diplbmks crkateurs
(AJDC).Elleest
le fruit du programmede
nutrition de l'Organisation non
gouvernementale EDEN, qui estle parrain de I'APC. Le projet a bénkficik &un
soutien de la Banque Mondiale et de l'appui technique de 1'BMuQI. L'OMS a aussi
fourni un appui institutionnel qui a permis l'amélioration de la viscositk et de Pa
densitk calorique des bouillies. En tant que Pm/PRlfI, Viten est appelke h kvoluer
passant de l'étape anisande à une ktape semi-industriellequi nkcessite une maitrisise des
prockdks defabrication. EDEN entretient des relationsinformelles avec1'Ecole
nationale supérieure d'ingénieurs pour les mises au point technologiques. Elle a aussi
accks au Dkpartement de nutrition etdessciences
alimentaires de I'Universitk de
Legon (Ghana) pour les problkmes relatifsA. la nutrition.
Diffkrentsaspectsdes
expkriencesprkckdemment exposkes et de quelquesautres
expkriences connues en Afrique sont syntlhktiskei et analysks'afin de faire ressortir les
aspects
similitudes et les particularitksdecertaines
d'entre elles.Lesdiffkrents
envisagis sont regroupks en 4 tableaux concernant : les cmctkristiques g6nkdes des
unit& de production ; les ingrkdientsutilisés ; la composition en nutriments des
farines produites ;la densitk knergktique des bouilliesprkparkes A partir de ces farines.
Les principales conclusionsà l'issue de cette analyseconcernent : la grande disparitéau
niveaudescapacitésde
production ; lamise en oeuvre peu frkquente deprockdks
technologiques spéciauxpermettant de préparer des farines pouvant 6tre reconstitu6es
sous forme de bouillies dedensitk knergktique suffisante;l'incorporation friquente de
locales ;le
soja dans des mklanges dont la base est le plus souvent constituke de cérbdes
niveau trop élevé des teneurs en protkines de nombreuses farines.
Par ailleurs, la mise sur le marché au Bknin et au Togo de farines l e p Age destinkes A
&treintroduites dans l'dimentation du jeune enfant avantPige de 4 mois est dknoncke
comme contraire aux recommandationsélaborkes par les organisations internationales.
xii
f.
Résumé
Technologies et équipementsutilisablespour
farines infantiles(M. Sanogo)
la fabricationde
La première question abordée est celle du choix et de l'installation des équipements
nécessaires à la mise en place d'un atelier de production des farines infantiles de taille
artisanale d'une capacité de production d'environ 2 tonnes par mois. Ensuite sont
examinéesles conditions d'implantation qui dépendent d'un certain nombre de
paramètres, notamment ceux relatifs à la situation géographique, et le problème de
l'aménagement des locaux.
Pour ce qui estdes équipements, le choix est fonction du niveaude production
envisagé, de la polyvalence des équipements et des possibilités locales de maintenance.
En raisonde leur importance, certainsparamètresdevraientfaire
l'objet d'une
attention particulière : robustesse du matériel, facilité d'utilisation, disponibilité des
pièces susceptibles de s'user.
Les équipements les plusfréquemment rencontrés au niveau des ateliers sont les
décortiqueurs, les mortiers et lesappareils permettant de thermosouder lessacs en
plastique.
En moyenne, les coûts' d'investissement en matériel sont compris entre 5 et
10 millions de francs CFA pourdes productions mensuelles de1 à 2 tonnes.
Création et gestiond'ateliers de fabricationdefarinesinfantiles
(O. Legros)
Comptetenu des particularitésdumarché
des farinesinfantileset des difficultés
économiques que connaissent les pays africains, la création de petites entreprises de
fabrication de farines infantiles est un réel défi. Il est proposé, à travers l'exposé, de
suivre le cheminement d'un jeune entrepreneur en deuxphases.
La première phaseconcerne la préparation du projet, elleconsiste à répondre à
6 questions clés : Quelle est la cible visée ? Quelle formule ou composition choisir ?
Quel emballage utiliser? Quel schémade production adopter? Quel prix fixer ?
Comment financer l'entreprise ?
La deuxièmephase est relative à laréalisationdu
projet proprement dite.Elle
commence par un formation approfondie qui permet à l'entrepreneur d'acquérir les
connaissances, le savoir-faireet le comportement nécessaire à la réussite. Vient ensuite
la mise sur le marché avec les problèmes liésà la conception de la marque.
xiii
L ~ L ~ ~ E N T ~ T ICOMF'LEMENT
~NDE
D U JEUNE ENFANT
ucation pour la sant6 : introduction gCnkrale (D. Benbouzi
Souslesigle
IEC (Information, Education et Communication), on regroupe des
entités diffkrentes qui ne peuvent &treabordkes ici, toutes les trois en m&metemps. ll
s'agira donc principalement,
d'envisager
la mise en oeuvre d'une Cducation
nutritionnelle susceptible d'entraher des modifications de comportement favorisant
l'adoption de pratiques pertinentes pour l'introduction d'diments de complément
durant la pkriodede sevrage.
O n considérera successivement l'audiencea laquelle on s'adresse, les &knentsqui sont
a l'origine des rksistancesau changement, lesmessages kiaborer, les médias et leur
les
conditions de la pkrennitkdescampagnes
utilisation, enfin on envisagera
d'information.
Elaboratiom de stratkgies de communication sociale pour amk%iorer
Un programme visant A amkliorer l'alimentation de complément durant la pkriode de
sevrage doit avoir pour objectifd'encourager non seulementla modification des
comportements alimentaires actuelsdu nourrisson, mais aussi la confection de recettes
Il doit aussi avoir pour objectifded6velopper
et de
auniveaudesménages.
promouvoir de nouveaux ingrédients et de nouveaux produits alimentaires fabriquks
aussi bienauniveau
communautaire quepar un distributeur ou un fournisseur
centd.
Pour cela on ne perdra pas de vue le principe fondamental du "mwlwting social'' :/'.ce
h us2 choix de prodaits (o. de comportement$, les gens choisimnt le produit (o. doptmotzt
le comportement)qui lewpanzît l e p l z ~attirant.
~
Pour dkterminer l'approche à utiliser dansun programme d'amklioratisn des pratiques
de sevrage, il faut au préalable : faire le bilan des information existantes ; riunir les
informations supplkmentaires nkcessaires sur lecontexteculturel
; formuler des
combinzisons d'aliments adéquates dan point de vue nutritionnel ; faire participer les
mires A la mise au point de nouvelles recettes et pratiquesde sevrage ; mener des essais
A domicile. Ce n'est qu'alors qu'on élaborera les messages et on choisira lesmkdia
pour les vkhiculer.
Politiques de promotion sanitaire multimkdia (B. Surugue)
-
Les bénkfices - pour la santk et le développement du nourrisson d'une transition
progressive et harmonieuse entre une alimentation lactée et le plat familial justifient
xiv
Résumé
pleinement l'élaboration et la mise enoeuvre devastescampagnes
de promotion
sanitaire multimédia. Cependant, des campagnes de promotion mal conçues peuvent
induire deseffets pervers particulièrement nuisibles au développement sanitaire des
populations. Afinde réduire cesrisques, on peut proposer un cadre opérationnel
rigoureux fondé sur les données scientifiques et techniques disponibles.
Le dispositif présenté intègre l'ensemble des composantes qui interviennent dans la
définition et dans la mise en oeuvre des politiques de promotion sanitaire. Selon les
objectifsstratégiques et les groupes cibleschoisis,desapproches et des outils sont
conçus qui prennent en compte lesbesoins,lesmoyens,
la prise en charge et la
réceptivité des utilisateurs ciblés. L'éventaild'outils et de méthodes de communication
multimédia ainsi prescrits etleur bon usage coordonné doivent répondre durablement
aux besoinset aux habitudessociales et culturelles des utilisateurs.
Cette approche multimédia permet de générer des systèmes d'aide à la décision pour
lesresponsablespolitiques,demieuxmobiliserlespartenairesaudéveloppement,
d'améliorer la communication scientifique et technique entre lesspécialistes,de
stimuler les communautés rurales, et cela dans la perspective de servir les utilisateurs
les plus directement concernés, en l'occurrence
les mères et lesenfants enbas âge.
OPERATIONS DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIES ALA
PORTEE DES MENAGES OU DES COMMUNAUTES
Les farines Misola au Burkina Faso (S. Soubeiga)
C'est devant l'ampleur du problème de malnutrition protéino-énergétique chez les
enfants de moins de 5 ans que l'équipe de santé de Fada, en 1982, a mis au point une
farine enrichie pour aider les mères à nourrir leurs enfants en utilisant des produits
locaux.
La farine Misola est un bon exemple de produit fabriqué de' manière artisanale. Au
départ, cette farine était composée de lait, de mil, de soja, d'arachideadditionnée de fer
et de
vitamines.
Compte tenu des multiples
problèmes
d'approvisionnement
rencontrés avecle lait et les vitamines, la composition dela farine a évolué et ne
contient plus, à présent, que des produits locaux : mil (60 ?O), soja (20 %), arachide
(10 %), sucre (9 %) et sel (1"/O).
A la fin de 1994, le paquet de 500 g de farine Misola coûtait 225 Fcfa. Dans 100 g de
farine, il y a 420 kcal et 18 g de protéines. La politique du projet de production de la
farine Misola est actuellement derendre le produit accessible à toute la population. La
production annuelle est de10 O00 sachets de 500 g de farine par an qui sont distribués
dans les communes de Fada et de N'Gourma, les 30 formations sanitaires du Gourma
xv
et dans les provinces delaGnagna,dela
T a p a et dans les pharmaciesde
Ouagadougou.
Outre la production de farine de complkment,l'unit6 de production Misola forme aux
techniques de production de farine de sevrage le personnel d'autresunitksde
production installkes selonle mime modhle.
Le Ministhre de lasantk du Congo, dans le cadre de son projet d'appui aux activitks de
nutrition (Ppiinnr), a mis
au
point en collaboration avec I'ORSTOM et
AGRICONGO desstmtkgies pour promouvoir, en milieuxurbainet
rural, des
techniques de sevragead6quates. En milieu rural, cette stratkgies'est traduite par
l'opkration d'kducation nutritionnelle et de transfert de technologie sur le plateau de
Kukuya.
Le premier objectif de cette opkration consisteA diffuser auprès detoutes les femmes
Cléments
d'kducation nutritionnelle visant. à
en âge d'élever des enfants des
promouvoir l'allaitement maternel et un calendrier de sevrage adaptk. Elle consiste
kgalement en la vulgarisation d'un mode de prkpapation i domicile de bouillies de
haute densitk knergktique utilisant la farine de maïs
germCe comme source d'amylases.
L'opkratisn est rCalisCeen s'appuyant sur des animatrices villagebises. Les diffkrents
ingrkdientsutilisés pour laprkparation des bouillies sont : dumanioc,de la pâte
d'arachide ou de courge, du sucre, de la farine de
maïs germC et d5 l'eau. Pour réaliser
leurs dkmonstrations, les animatrices ont reçu un dotation en matkriel de cuisine et en
quelques ingrkdients' tels que le sucre maïs
et legermk.
L'opkratisn a reçu un accueilfavorabledela population. Cependant comme pour
toute innovation, ilexisteencore
de fortes pesanteurssocio-culturellesm&me
si
l'utilisation d'animatricesoriginaires du plateau permet de contourner en partie
certains blocages. Par ailleurs, on constate que seules les femmes ayant un enfant en
âge de consommer de la bouillie se sont rkellement intkresskes au projet.
Le changement de comportement au niveau des pratiques de sevrage s'est avkrk plus
difficile que l'adoption d'une technologie culinaire nouvelle : lesrkticences ont kté
plus marqukes pour les modifications du calendrier de sevrage que pour la prhparation
de la nouvelle bouillie.Une approche socio-culturelle s'avère nkcessaire pour prendre
en compte ces contraintes et assurer la pkrennitk del'operation.
xvi
R&sumé
Transfert de technologie en matière d'alimentation de complément
:
expérience du CREDESA à Pahou au Bénin(A. Sagbohan)
Dès sa création, le CREDESA s'est préoccupé des problèmes nutritionnels et a mis
l'accent sur l'éducation desmères ainsique sur la mise enplaced'activités
de
développement visant laproduction agricole et la génération de revenus.En outre, un
programme de surveillance de la croissance des enfants de O à 5 ans et un programme
concernant la réhabilitation nutritionnelle à domicile des enfants malnutris ont été
mis en oeuvre.
Cette mise en place a conduit le CREDESA à adopter des formules simples à base
d'aliments locaux pour promouvoir l'alimentation de complément. Du point de vue
technologique, la mise au point a consisté dans le développement de formules testées
ont
individuellement et collectivement auprès des mères. Des unités de mesures locales
été définies pour quantifier les ingrédients : petite boîte vide de conserve de tomate,
cuillère à soupe, nombre de feuilles, poignéeou botte de légumes...L'établissement de
correspondances entre ces unités demesurelocalementaccessibles
et les quantités
exprimées en grammes ont permis d'apprécier le contenu énergétique et la teneur en
protéines des différents mélanges infantiles. Les différents calculs ont été faits en se
référant à une table de composition des aliments.
Les aliments de compléments sont essentiellement des bouillies, des sauces, des pâtes,
des purées et des ragoûts. Les bouillies peuvent être simples ou enrichies ;ces dernières
sont données à l'enfant en complément du lait maternel à partir de 6 mois.Elles
remplacent les bouillies simples préparéesà partir d'une seule farinede céréales (maïs,
sorgho ou riz). Les formules enrichies sont additionnées de farines de légumineuses
(soja, haricot, arachide), de petits poissons séchés, de crevettes ou d'oeufs.
Les axes principaux de la politique du CREDESA en matière d'alimentation du jeune
enfant sont : l'encouragement de l'allaitement maternel avec sa prolongation le plus
longtemps possible ;l'accroissement de la production agricole locale ; la vulgarisation
de pratiques de sevrage appropriées ;le respect de l'équilibre alimentaire à travers une
meilleure utilisation des produits locaux ; la diffusion de connaissances relatives aux
aliments et à leurs combinaisons permettant la couverture des besoins nutritionnels ;
la promotion d'une bonne hygiène alimentaire.
Techniques de maltage :expériences au niveau des pays(A. Verster)
Cette présentation a porté sur lagermination
des
céréales
comme technique
permettant d'augmenter la densité énergétiquedes bouillies et sur son utilisation dans
deux pays qui ont des expériences intéressantes:l'Inde et la Tanzanie.La fermentation
qui n'augmente pas significativementla densité énergétiquen'a pas été discutée.
xvii
E ~ E I ~ E N T A T I Q NCQMFLEMENTDU
~E
JEUNE ENFANT
En Inde, h Baroda, des farines enrichiesen a m y l et
~ additionnées
~
desucre et d'huile
ont kté misesau point ; les grainesdeckréales sont préalablement dkgermkes. En
Tanzanie, c'est une farine mdtée base de millet ou de sorgho appelée ES Kimea P qui
kpaisse.
est ajoutkeh la bouillie debase habituellement de consistance
Des problèmes d'acceptabilité etdepkrennitk d'utilisation se sont posks ; ils sont
principalement liés au surcroh de travail pour la mire et au code de la prkparation de
bouillies contenant des quantités plus importantes de farine. En outre, en Tanzanie,
les mères ont parfois peur de donner aux enfants de la bouillie enrichie de Q Kimea B
car cette derniire rentre dans la prkparation de la bikre traditionnelle et, de ce fait, est
parfois considérke commecontenant de l'dcool. Par ailleurs, ilfaut prkciser, comme le
dit le Pr Gopddas, qu'une technologie traditionnelle n'est pas nkcessairementune
technologie pratiquke individuellementdans tous les ménages.
Findement, sepose la question del'impactde ces aliments sur la croissance de
l'enfant. Il se pourrait que le bénkfice de tels alimentssur l'ktat nutritionnel du jeune
enfant ne tienne pas uniquement h la seule augmentation de la densité énergktique,
mais à d'autres paramktres. Ainsi, une ktude rkaliske à la Jamaïque a montrk qu'entre
une bouillie épaisse et une bouillie maltéede mhme densitk énergktique, il n'y avait pas
de diffkrence en termes de consommation calorique et que la seule diffkrence résidait
dans la durke du repas, c'est-à-diredans le temps nkcessaire pour nourrir l'enfant. Ceci
pourrait &treun argument solide en faveur des farinesmaltks.
Evaluation de l'impact d'un programme d'amilioration des
pratiques de sevrage : selhemas et contraintes
Une m6thodologie rigoureuse estindispensable pour mener à bien l'kvaluation de
l'impact d'un programme nutritionnel, c'est A dire des effets de ce programme sur
l'état nutritionnel de la population cible.
Dans une premikre partie, les aspects thkoriques de la mkthodologie, dont le point
essentiel est de recourir h une comparaison entre un groupe soumis A l'intervention
évaluke et un groupe qui ne l'est pas Cgroupe 't6moin"), sont passés en revue. Mais
pour que les résultats de cette comparaison soient interprktables,les kléments pouvant
interfkrer dans larelation entre ktat nutritionnel et participation h l'intervention, "dits
facteurs de condusion",doivent &treau minimum identifiks, si possible mesur&, et au
mieux contr6lé.s. Ces facteurs de confusion peuvent hre multiples. On en distingue
4 sources principales : non comparabilitk des groupes ; biais d'information ; effets du
la moyenne.
temps ;phénomkne de rkgression vers
Pour constituer un groupe soumis à intemention et un groupe tkmoin, diffkrents
schémas d'ktude sont possibles permettant de contrbler plus ou moins les différents
types de facteurs de confusion.O n les classe selon trois catkgories : schémas ici/ailleurs
;
(comparaisondans l'espace) ; schkmas avandaprks (comparaisondansletemps)
xviii
Rbsumé
schémas mixtes (comparaison à la fois dans le temps et dans l'espace). Ces derniers
sont les plus performants, car ils permettant de contrôler le maximum de biais, mais
aussi les plus difficiles à mettre en oeuvre du point de vue pratique. Quel que soit le
type de schéma employé, deux autres éléments sont importants dans l'évaluation de
l'impact d'un programme : le choix des indicateurs de résultat et celui des modalités
d'échantillonnage. En définitive, l'interprétation que l'on peut fairedes résultats d'une
évaluation d'impact dépend en premier lieu de la méthodologie adoptée, mais doit
tenir compte également des conditions de mise en pratique de cette méthodologie ainsi
que du contexte de l'intervention elle-même.
Dans une deuxième partie est exposé, à titre d'exemple, le plan d'étude mis en place au
Congo pour l'évaluationdel'impact dedeuxstratégies d'intervention ayant pour
objectif l'amélioration de l'alimentation de complément du jeune enfant. Ces deux
stratégies, développées à l'échelle pilote, concernent l'une le milieu urbain, l'autre le
milieu rural. Le schéma générald'évaluation est cependant le même dans les deux cas,
de type mixte " contrôlé ",c'est-à-dire faisant appelà un groupe témoin et à un groupe
l'un et l'autre avant et après
soumis à intervention géographiquement distincts, étudiés
l'intervention. On décrit ensuitecomment ont été effectués, pour la mise enoeuvre de
l'étude, les choix
concernant
les indicateurs de résultat, les
co-variables
potentiellement confondantes, les populations cibles, les zonesd'étude et les modalités
d'échantillonnage.
En conclusion, sont soulignées l'importance de préparer l'évaluationd'un programme
d'intervention nutritionnelle dès sa phase de conception et la nécessité de disposer de
moyens suffisants pour avoir deschancesraisonnables
d'obtenir des résultats
interprétables.
CONCLUSION ET PERSPECTIVES
A la suite desexposésetdes travaux de groupe, des recommandations ont pu être
élaborées en vue de l'amélioration de l'alimentation de complément dans lespays
africains. Cesrecommandations concernent notamment :
- le respect des normes et directives existantesou en cours d'élaboration concernant la
placerespectivedel'allaitementmaternel,des
substituts dulait maternel et des
aliments de complément dansl'alimentation du nourrisson etdu jeune enfant ;
-les qualités nutritionnelles et hygiéniques
requises
pour les aliments
de
complément et les mesures à prendre pour en assurer lecontrôle ;
- l'importance deréaliserlesétudespréalablesnécessairesaulancementde
tout
programme d'amélioration de l'alimentation de complément ou à l'implantation
d'unités de production de farines infantiles;
xix
L ~ L ~ ~ E N T DE
A TC~ ~ NEMENT DU JEUNE ENFANT
- la nkcessaire intkgration des programmes visant
promouvoir une alimentation de
;
complkment correcteaux politiques nationales de dkveloppement sanitaire
- l'intkrit du dkveloppementderecherches oriermtkes sur l'action et la nkcessitk
d'kvduer de manière rigoureuse les programmes mis
en oeuvre ;
- P'klaboratisn de banques de donnkes et d'une terminologie scientifique et technique
h
permettant aux
Utilisateurs
potentiels dedisposer
desélkmentsnkcessaires
l'&boration de programmes relatifsaux aliments de complément.
XX
2t
AVANT-PROPOS
par le DrGraeme CLUGSTON
Chef de l’Unité de nutrition
Division de l’alimentation et de lanutrition
OMS, Genève
Les interventions destinées à prévenir et prendre en charge la malnutrition chez les
enfants dans les pays en développement s’adressent traditionnellement au groupe des
moins de cinq ans. Cependant, l’accord semble se faire sur le fait que lesmenaces
nutritionnelles les plus graves pèsent sur les nourrissons et les jeunes enfantsdurant la
période qui vadu6ème
au 24èmemoisdelavie.
Morbidité et mortalité sont
importantes carla malnutrition, qu’elleinterviennedirectement ou indirectement,
joue malheureusement un rôle déterminant dans leur genèse. Nous l’avonsencore
vérifié récemment en analysant,en collaboration avec la Banque Mondiale, les chiffres
de mortalité infantile dansle monde. La malnutrition apparaît en tant que cause sousjacente dans 54 % des décès chez les enfants de moins de cinq ans. Globalement, un
million trois centmilleenfants meurent directementchaqueannéedufait
de la
malnutrition. Lesmaladiesinfectieuses,en
particulier la diarrhée, sont les plus
fréquentes à ces âges. C’est aussi à cette période de la vie qu’apparaissent les cassures
des courbes de poids et que s’installeune malnutrition chronique qui se traduira plus
tard dans l’enfance par un retard staturo-pondéral.
C’est donc autour de l’âgede 6 mois que tous les enfants doivent recevoir une
alimentation de complément appropriée tandis que l’allaitement maternel continuera
jusqu’à deux ansou plus.
L’alimentation de complément doit être introduite quand le lait de la mère ne suffit
plus à couvrir les besoins nutritionnels du nourrisson, ce qui se produit, généralement,
entre le quatrième et le sixième mois de la vie. Cette période s’achève quand l’enfant
ne prend plus le sein et qu’il partage le repas familial.
De nombreuses études ont
montré que des pratiques inappropriées dans la manière d’introduire l’alimentation de
complément sont des déterminants importants dela malnutrition chez lesjeunes
enfants, ainsil’introduction trop précoce ou trop tardive d’un aliment autre que lelait
ou la séparation brutale et prkcoce du sein. De plus, les aliments destinks à 6tre des
complkments du lait de la mire deviennent souventdes remplaçants de ce m&me lait.
Il était parfaitement dans le mandat de %’Organisation
Mondide de la Santk de se
pencher sur les problèmes de l’alimentation de complément en Afrique.
Les deux
bureauxrkgionaux,del’Afrique
et de %aMkditerranke orientale, ont eu le mérite,
malgré leurs Cnormeschargesde travail, de rkunir les pays francophonesdeleurs
régionsrespectivement pour fairele point sur l’alimentation et les alimentsde
complément. Cet atelierinterpays,organisé conjointement avec ORSTO TOM eten
collaboration avec la FAO, l’UNICEF, USAID et l’Université Senghor,a considéré le
problkme sous deux angles : d’une part, enrkalisant une analysedespratiques
alimentairesen usage lors dela pkriode desevrage,d’autre part, enpassantplus
longuement en revue les aliments de complément et notamment les farines dites de
<< sevrage E) dans leur composition, leur fabrication etleur utilisation, l’objectif étant de
développerdesstratkgiesnationales pour <c la promotion deprogrammesvisant à
assurer au jeune enfant une alimentation de complkmentappropriée D.
Il faut situer cet atelier dans une perspective historique qui remonte aux dkbuts des
années 86, où l’OMS a marquk son attachement au problkmedela nutrition des
toute
nourrissons et des jeunes enfants en accordant d’abord l’allaitement maternel
l’attention qu’il méritait. Cette époque a culmink avec la Déclaration d’hnocenti en
1996. Nous sommesentrésmaintenant dans une autre phase oh l’alimentationde
complkment doit &re considérée commeun second volet aussi important pour le bien
&trenutritionnel des enfants.
L‘atelierd’Alexandrie, tenu en Novembre 1 94, qui rCunissait cette fois lespays
francophones d‘Afrique a k l q i sa réflexion,sept ans aprks une réunion tenue i
Nairobi où il avait étk surtout question de l’utilisation de produits fermentCs pour la
préparation des farines de sevrage(’) en se penchant sur les farines de complkment en
gknéd. Il s’agit là de deux étapes importantes. Néanmoins, le domaine est plus vaste
et il nous faut rkpondre 1quelques autres questions fondamentalespour pouvoir créer
les conditions d’intervention les meilleures dans laprkvention de la malnutrition.
- Quel est le meilleur moment pour l’introduction d’aliments de complCment et quels
sont les indicateurs que lesfamilles pourraient utiliser pour déterminer quand
commencer d’apporter autre chose que le lait maternel l’enfant ?
- Quelle doit 6tre la composition opti,maledes aliments de complkment;quels doivent
ttre, en particulier, leur contenu en micronutriments et leur densitk énergktique ?
(1) Pour ame‘lorm I‘crlimen.t&on desjefrnes enfants en Aj+iqne orientale et austrde :urne technologie ù la port&
des ménages. Compte rendu d‘un atelier tenu à Nairobi (Kenya) du 12 au 16 octobre 1897 UNICEF,
SIDA Sdde et CRDI Canada @ublik en français par
le CRDI, Onawa, 1989, IDRC-265f )
-
2
Avant-propos
- Quelles devraient être la fréquence idéale des repas, les quantités
à donner et quels
types d’ustensiles utiliser?
- Quels sont les relations qui existent entre les attitudes vis à vis de
l’alimentation de
complément et lemaintiendel’allaitement au sein et quels sont les moyensde
maintenir la fréquenceet la duréede l’allaitement maternelà leur niveau optimum ?
- Quels sont les relations qui existent entre l’état nutritionnel des mères allaitantes, les
modes d’allaitement et la nécessité d’introduire des aliments de complément?
- Quelles sont les contraintes sociales, culturelles et économiques qui peuvent
gênerles
pratiques les plus appropriées en matière d’alimentation de complément
?
Ces réunions ont fourni une contribution majeure
et
des recommandations
prises
de
décisions
pertinentes ont été adoptées qui devraient permettre des
importantes danslespays.Cesdécisionsdevraient
porter sur lavulgarisationdes
informations les plusrécentes sur l’alimentationdecomplément, tant auprès des
personnels de santéetdugrandpublicqu’auprès
des producteurs d’aliments de
sevrage, qu’ils opèrent à l’échelle artisanaleou industrielle. De plus, la mise en oeuvre
du Code international de commercialisation des substituts du laitmaternel doit
demeurer une préoccupation constante et tous les efforts doivent être déployés pour
son application effective.
A Alexandrie, la tenue d’une réunion satellite sur le thème de l’atelier a été à l’origine
du lancement d’une initiative conjointe de l’OMS et de l’UNICEF sur l’alimentation
de complément. Cette initiative, dont la première étape consiste à réaliser une revue
desconnaissancesscientifiquesactuelles sur le sujet, a pour objectifambitieux de
répondre aux questions énumérées ci-dessus. Les mises à jour scientifiques devraient
permettre d’identifierlesespacesnouveauxde
recherche et dedévelopper des
terrain pour la prise en charge de
directives pratiques à l’usagedespersonnelsde
cette
l’alimentation infantileaux âges à risque. Ainsi donc, nousespéronsque
initiative s’inscrira tout naturellement dans un continuum où Alexandrie a été un
moment cléet où, à l’horizon 2000, nousdevrions voir les taux de malnutrition
protéino-énergétiqueatteindre enfin les limites de l’acceptable.
Genève, Juin 1995
3
4
PREMIERE PARTIE :
L' ALIMENTATIONDE
COMPLEMENT EN AFRIQJ. :
APERCU ET AMELIORATIONS
NECESSAIRES
LE SEVRAGE :
UN DEFI POUR L'ENFANT ET POUR SA MERE
Bruno DE BENOIST
Bureau Régional del'OMS pour l'Afrique, Brazzaville (Congo)
1. INTRODUCTION
,
Au cours de la première année de la vie, rarement au-delà, le jeune enfant subit un
événement d'une portée considérable sur le plan nutritionnel : le sevrage. Il passe, en
à une alimentation diversifiée et solide.
effet, d'une alimentation lactée et liquide
Ce changement alimentaire devrait s'inscrire naturellement dans cours
le
du processus
d'adaptation du nourrisson à son nouvel environnement extra-utérin. Cependant, il
constitue dans de nombreux cas une véritable agression nutritionnelle qui emporte
l'enfant dans le cycle infernal de la diarrhée et de la malnutrition, avec tous les effets
néfastes sur sa croissance etson développement psychomoteur.
Le risque d'une telle évolution est d'autant plus grand quel'enfant vit dans un milieu
où les aliments de base sont difficilement accessibles (soit qu'ils sont trop chers, soit
qu'ils ne sont pas disponibles),lesservicesdesantérares,les
conditions d'hygiène
inadéquates et l'éducation nutritionnelle des mères insuffisantes, voire impuissante à
améliorer les pratiques traditionnellesde sevrage.
à
La question est donc de savoir comment aiderle nourrisson etlejeuneenfant
traverser cette phase d'adaptation alimentaire danslesmeilleures
conditions. Une
connaissance plus précise desdiversfacteurs qui entrent dansleprocessusdesevrage
doit permettre d'identifier ceux qui comportent un risque d'entrave à une conduite
correcte du sevrage. C'est ce que précisément nous allons essayer de faire : examiner
certains aspects du sevrage pour voir où se situe le problème du point de vue
nutritionnel et, de là, tenter de traquer la solution.
2. DEFINITION DU SEVRAGE
Pour commencer, qu'est-ce que le sevrage ? Les réponses sont nombreuses, centrées
pour la plupart sur la nature de l'alimentation : arrêt de l'allaitementmaternel,
L 'ALIMENZATION BE COMPLEMENTBUJEUNE ENFXNT
introduction d'aliments solidesou encore de tous aliments autres que le laitmaternel,
y comprisle lait de vacheou les laits dérivés.
Ces approches ont pour point commun d'2tre restrictives et de ne pas prendre en
compte toute la complexitk ducontexte $ans lequel se dkveloppe le sevrage. Pour 2tre
opérationnelle, et donc dkboucher sur l'action, une définition du sevrage devrait le
cerner dans sa totalitk. Cependant les composantes quientrent dans le phknomine du
sevrage sont très nombreuses. Si certaines d'entre elles sont universelles, &autres en
revanche sont ktroitement dépendantes de facteurs sociaux et culturels et donc très
variables dans leur nature. Par conskquent, pour rendre compte de la complexitk du
sevrage, il est nécessaire delui reconnaltre au moins cinq déterminants:
- nutritionnels : il s'agitde compléter les apports nutritifs du lait maternel pour
rkpondre aux besoins dunourrisson ;
- adaptatifs : le sevrage consiste d a n s le passage d'une alimentation baske sur le lait
maternel à une alimentation baske sur les ckréales ;
- socio-culturels : le sevrage est un apprentissage au cours duquel l'enfant s'initie A des
aliments dont le goGt et la texture sont diffkrents de ceux du lait maternel et, par
conskquent, nouveauxpour lui ;
- psycho-affectifs : le sevrage entraîne une modification de la relation de l'enfant avec
la mkre dans le sensd'une moins grande dkpendance;
- temporels : le sevrage estun phknomène progressif s'ktalant dans le temps.
L'bge de &but du sevrage est très variable. Il devrait se situer dans la tranche &Bge
situCe entre le quatrikme et le sixikme mois. Le choix de cette tranche d'bge n'est pas
arbitraire. II reposesur des arguments i la fois mkcaniques, physiologiques et
nutritionnels qui sont liks à l'ktat dematuration de l'organisme.
Bu point de vue mécanique, le
nourrisson ne peut pas dkglutir d'aliments solides avant
1'2ge de 4 i 6 mois en raison dela présence du réflexe de protmsion de la langue. Vers
5 QU 6 mois, il commenceà porter des objets à la bouche et, i 7 mois, il est capablede
mastiquer. Par ailleurs, la capacitk de rktention de l'estomac n'exckde pas 200 ml à
4 mois et 250 à 300 ml à 6 mois. Le rksultat, en pratique, est qu'un enfant de 6 mois
peut difficilement ingérer un volume d'aliments supérieur 300 ml en un seul repas.
Du point de vue physiologique (Schmitz et McNeisch, 19871, la fonction du gofit
arrive à maturité vers l'ige de 6 mois de sorte qu'un jeune enfant de cet âge peut
manger des aliments degoGts diff6rents et donc découvrirdenouveauxaliments,
diffkrents du lait de sa mère. La capacité d'absorption et de digestion de l'amidon et
des graisses est suffisante chez un enfant âgé de 4 A 6 mois : l'amylase pancréatique est
active dès le premier mois ; les sels biliaires et la lipase pancrkatique sont actifs avant
Le sevrage:un déJpour 1'enfant etpour samère
trois mois. Les protéines sont normalementabsorbées, encore que la muqueuse
intestinale du nourrisson est perméable aux grosses molécules protéiques qui peuvent
donc la traverser sans être dégradées et cela peut durer jusqu'à un âge très variable.
D'où la possibilité de réactions de type allergique. Quant aux fibres, leur digestion
la colique qui
reste incomplète jusqu'àl'âge de 12 mois du fait de l'insuffisance deflore
joue un rôle essentiel dans leur digestion. Aussi ne sont-ellespas indiquées au moins
pendant les 6 premiers mois.Il fait attendre l'âge de 4 à 6 mois pour que lepouvoir de
concentration etd'acidification du reinsoit suffisant pour éviter qu'une charge
osmotique trop élevée entraîne une déshydratation hypernatrémique comme on peut
le voir lors de l'administration de lait de vache non dilué (la teneur ensel et en
protéine élevée du lait de vache multiplie son pouvoir osmotique par 3 ou 4) chez le
jeune nourrisson, surtout avant 3 mois.
Du point de vue nutritionnel, la concentration en nutriments du lait maternel est
théoriquement trop faible pour couvrir les besoins du nourrisson à partir de 6 mois.
Cela est d'ailleurs plusvrai pour l'énergie quepour les protéines dont la teneur est en
fait suffisantejusqu'àlafinde
la premièreannée. Sur labase de la composition
moyenne du laitmaternel(OMS, 1987) et de l'estimation desbesoins en énergie
(FAO/OMS/UNU, 1986), on constate qu'il faut environ un litre de lait maternel
pour couvrir les besoins en énergie d'un enfant de 6 mois et environ un litre et demi
pour couvrir les besoins en énergie d'un enfant de 12 mois (tableau 1).
Tableau 1
Apports énergétiques du lait maternel et besoins
du jeune enfant.
Age
(en mois)
1
2
3
6
Lait nécessairepour couvrir les Besoins
besoins énergétiques(en ml/jour)
654
754
847 593
888
(en Kcal/j)
458
528
622 4
700 5
742
1000
1060
1457 1020 12
Source: d'après FAO/OMS/VNU, 1986
Ces quantités dépassent à la fois le volume moyen
de lait que peut produire une
femme dans la journée et le volume de liquide que peut consommer en 24 heures un
enfant dont l'âgeest situé entre 6 et 12 mois. Il faut cependant souligner que ces
chiffres n'ont qu'une valeurindicativecarils'agit
de moyennes qui subissent
d'importantes variationsintra-individuelles. Pour preuve, il estdes
enfants qui
croissent normalement sous allaitement exclusif au-delà de 6 mois, montrant qu'au9
L 2LIMENTATION BE CQMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
delh de cet bge le lait maternel peut encoresatisfaire lesbesoins nutritionnels de
certains enfants.
GE
Au-del&de 6 mois, ln teneur en micronutriments du lait maternel n'est plus suffisante
pour couvrir les besoins de l'enfant encore
que lesconskquencesde cet ktat soient
atténukes par le fait que la biodisponibilitk des micronutriments du lait maternel est
tris élev6e. En admettant qu'un enfant h partir de 6 mois consomme en moyenne
506 d de lait par jour et si l'on s'en tient aux trois principaux micronutriments pour
lesquels le nourrisson de plus de 6 mois est le plus vulnérable quand il est carencé, A
savoir le calcium, le fer et la vitamine A, on remarque que le lais maternel couvre à
peine 16 ?& de ses besoins en fer et moins du tiers de ses besoins en vitamine A et en
Calcium (WHO, 1989).
Par ailleurs, les bouillies de sevrage du fait de leur composition qui consiste en un
tubercules
et de
légumineuses
sont pauvres en
mllange de ckrldes ou de
micronutriments, particulikement dansles 3 micronutriments prkcitls.Aussi, le
risque est klevk quel'enfantdéveloppe une carenceau moment du sevrage si des
mesures préventives nesont pas prises.
Une des premikres mesures consiste Q enrichir le lait maternel en supplkmentant la
mère allaitante avec du fer et de la vitamine A. Cela permet Q l'enfant de faire des
réserves qui le protkgent pendant le sevrage. U n autre mesureest de diversifier le
rkgime alimentaire du nourrisson, en ajoutant h la bouillie de ckriales un ou deux
repas A base d'aliments riches en fer ou en vitamine A comme les fruit, les lkgumes
verts h feuilles sombres et leslkpmes i pulpe jaune (tableau 2).
Tableau 2
Apports journaliers d'aliments susceptibles de couvrir les besoins en vitamine A du
jeune enfant.
Source :adapté de N m m n , 1892
D'ailleurs, il ne suffit qued'une petite quantitk de lkgumes pour couvrir les besoins en
vitamines A. En outre, l'addition de lkgumes a l'avantage d'apporter à la fois du fer et
de la vitamine A dans la mesure où la plupart des légumes riches en vitamine A sont
10
Le sevrage :un d é !pour 1'enfantetpour samère
en même temps riches en fer. Ces mesures sont particulièrement indiquées parmi les
groupes de population exposés au risque de carenceen vitamine A. Quant aux dérivés
lactés, ilsont entreautres l'avantage d'apporter du calcium.
5. ALLAITEMENT MATERNELET SEVRAGE
Le sevrage est la substitution progressive du lait maternel par des aliments non lactés.
En ce sens, l'allaitement maternel et le sevrage sont deux processus indissolublement
liés. Par conséquent, il est essentiel que la promotion de l'allaitement maternel soit
toujours considérée en association avec l'amélioration de l'alimentation de sevrage, et
non pas séparée, comme elle
l'a été jusqu'à présent.
D'ailleurs poser la question de la duréede sevrage revient à poser celle de la durée de
l'allaitement maternel. Celui-cidevrait être poursuivi idéalementjusqu'àl'âgede
24 mois. Cela se justifie du point de vue nutritionnel : une mère qui ne peut fournir
quotidiennement des produits lactés et des produits animaux à son enfant, lui assure,
en poursuivant l'allaitement, un apport minimal de protéines de bonne qualité, mais
aussi contribue à couvrir ses besoins en calcium et en micronutriments. Cela se justifie
aussi du point devueaffectif et psychologique : le prolongement de l'allaitement
maternel permet à l'enfant de se détacher progressivement de sa mère en se donnant
du même coup le tempsd'apprendre à s'adapter aumonde qui l'entoure.
6. ROLE DE LA MERE DANS LE SEVRAGE
La mère devrait faire l'objet de plus d'attention, car elle joue un rôle essentiel dans le
processus de sevrage: elle décide du momentoù l'enfant va prendre son premier repas
solide ; elle assure la préparation du repas de l'enfant et partant détermine sa valeur
nutritive et son niveau d'hygiène ; elleveille sur la santé de l'enfant ; ellegèrele
budget avec lequel elle achète les aliments de l'enfant et se charge, le cas échéant, de
cultiver des aliments pour l'enfant.
Il y a, néanmoins, deuxpoints qui méritent une attention particulière :
- le niveau d'éducation :plus il est élevé, meilleure sera la capacité de la mère
à adopter
des pratiques de sevragesaines, à poursuivre l'allaitement maternelen dépit des
et à
contraintes sociales, à s'affranchir des coutumesalimentairesinadéquates
échapper à l'influence des conseils néfastesde son entourage ou des médias ;
- le temps disponible : entre les soins à apporter à la famille et son travail, la mère a
peu de temps pour s'occuper de son enfant. Une mère qui a du temps disponible
pourra l'utiliser pour diversifierlerepasdel'enfantencuisinantdeslégumes,
respectera les règles d'hygiène lors de la préparation des repas, donnera le repas à
11
L ~LIMENTAT~ON COMPLEMENT
DE
DU JEUNE ENFANT
l'enfant dans les meilleures conditions en respectant son rythme, pourra prkparer
plusieurs repas par jour plut& que d'en préparer un seul pour la journke ce qui aura
pour avantage non seulement de multiplier les repas, mais aussi d'&ter de conserver
le repas dans des conditions d'hygiène l'exposant à la contamination. N&nmoins, il
est rare que la mère i t suffisamment de temps A consacrer i son enfant, aussi est-il
important de lui permettre d'avoir acc& un diment de sevrage facile à prhparer, de
bonne valeur nutritive, composk de produits loca~~x,
bon muchi et acceptable pour
l'enfant commepour la mère.
I
La pkriiode de sevrageest une pkriode h risqueilevkdecarence
nutritionnelle.
D'knormes efforts ont kté menés au cours de ces dernières annkes pour promouvoir
l'allaitement maternel, dors que la questiondu sevrage a kt6 laisske un peu de cotk, ne
recevant pas toute l'importance qu'elle miritait. Certes les aspects di6tktiques ont fait
l'objet de nombreux travaux qui ont abouti b la mise au point de technologies qui
permettent la fabrication d'aliments de sevrage adaptés aux conditions locales et qui
apportent au jeune enfant une solution au dilemme de la densite5 knergktique de la
bouillie en relation avec le volume ingkr-4. Cependant, force est de constater que ces
technologies sont encore loin d'etre largement dihskes et ne rkpondent qu'en partie à
l'ensemble des questions quesoul&ventles pratiques de sevrage.
D'abord, l'alimentation de sevrageest l'allaitementmaternel sont deux processus
Ctroitementliks.La nature de ce lien ne relive pas de la substitution, mais de la
complkmentaritk : l'aliment de sevrageneremplace
pas le lait maternel, mais le
complkte &oh le nom "d'aliments de c0mplCment" dont on l'affecte de plus en plus
souvent, prkcidment pour souligner ce rSle. En pratique, cela devrait se refléter dans
les programmes
d'kducation
et de mobilisation dont l'objectif doit btre
de
maternel et
promouvoir, non pas de façonisolke,maisensemblel'allaitement
l'amhlioration des pratiques de sevrage.
Ensuite, la phasede sevrage correspond i une pkriode det r b grande susceptibilittk à la
carence en micronutriments. Et ce d'autant qu'on s'adresse à un groupe de population
à risque, non seulement parcequ'il rkside dans une rkgion où la production de fruits et
de lkgumes riches en vitamine A et en fer est limitCe, mais aussi papce qu'il appartient
à un milieu social défavorable, quel que soitle niveau de la production agricole locale.
La reconnaissance de l'ampleur des carences en micronutriments et du rôle joué par
une alimentation de sevrage inapproprikedans leur genkse devrait faire porter l'effort
sur la manière d'accroître l'apport en micronutriments, particulikrement en vitamine
A et en fer. C'est précisément là où on retrouve l'importance du rôle nutritif du lait
12
Le sevrage :un défipour 1'enfantet pour samère
maternel, complété par une alimentation de sevrage diversifiée, au besoin enrichi en
A.
aliments riches en vitamine
Enfin, l'environnement aussi biensanitaireque
social, éconornique ou culturel
interfère de façon déterminante sur les pratiques de sevrage et la valeur nutritive de
l'alimentation de complément. La mère a ici une fonction fondamentale à remplir car
elle contrôle la plupart des paramètres qui entrent dans le processus du sevrage au
point que le sevrage est tout autant un défi pour la mère quepour l'enfant.
Seule la reconnaissance de la dimension multiple des facteurs qui interfèrent avec le
phénomène du sevrage et la priseen compte de ces facteurs dans les programmes ayant
pour objectifsd'améliorer
les pratiquesde
sevrage aboutira à protéger l'état
nutritionnel de l'enfant pendant sa phase de croissance rapide et, par conséquent, lui
garantir la "sécurité nutritionnelle" nécessaire à son développement harmonieux.
REFERENCES
1986 - Besoins énergétiques et besoins en protéines. Série de rapports
techniques n0724, Genève,OMS.
FAO/OMS/UNU,
NEWMAN v., 1992
- VitaminA and breastfeeding.Wellstart.
OMS, 1987 - Quantité et qualité du lait maternel. Rapport sur une étude collective de
l'OMS consacrée à l'allaitement au sein, Genève,OMS.
SCHMITZ J., MCNEISCH AS., 1987 - Developement of structure and function of the
gastro-intestinal tract: relevanceofweaning. In Ballabriga A., Rey J., éd: Weaning:
Wb,Whatand When.Nestlé Nutrition series, 10, Raven Press, New York: 1-43.
WHO, 1989
- Minor and trace elements in breast milk. Report of a joint WHO/AIEA
colloborative study, WHO/AIEA, Genève.
13
E '4lEIMENTATKVVDECOMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
14
LES PRATIQUES DE SEVRAGE
AU BURKINA FASO
Jean CélestinSOMDA
Direction de la santé de la Famille, Ministère de
la santé publique,
Ouagadougou (BurkinaFaso)
1. INTRODUCTION :QUELQUES DONNEES SUR LE
STATUT NUTRITIONNELDES ENFANTS D'AGE
PRESCOLAIRE
1.1. Malnutrition protéinodnergétique(MPE)
D'après l'enquête EDSBFeffectuéeen
1993 sur 4172 enfants de moins de 5 ans
(figure 1) :
- la prévalence du retard de croissance (MPE chronique) chez les enfants de moins de
5 ans serait de 29 % ("aille/Age C - 2 ET ;NCHS) avec 11 % de malnutrition sévère
("/A C - 3 ET;NCHS) ;
- la prévalence de l'émaciation (MPE aiguë) serait de 13 Oh (PoiddTaille < - 2 ET ;
NCHS) avec 3 % de forme sévère (P/T < - 3 ET ;NCHS) ;
- la prévalence d'insuffisance pondérale serait de 30 % (Poids/âge < - 2 ET ; NCHS)
avec 8 Oh de forme sévère (P/A C - 3 ET ;NCHS).
Ces prévalencessont maximales chez les enfants de 6 à 23 mois (figure2).
1.2. Carences nutritionnelles spécifiques
1.2.1. Ankmie
Une enquête nutritionnelle dans 9 provinces du pays réalisée en 1987 a établi que la
prévalencedel'anémie(taux
Hémoglobine < llg/IOO ml) étaitde 70 % chez les
enfants de moins de 5 ans.
30
I
.....................
........
30
-. . . . . . . . . . . . . . . . . .- ....
...
I
I
-
-.II-.
J
g
g
/
/
g
......... ."
/
"..73
......
.. ._...."..............................
Population
de
référence
croissance
Retard de
Insuffisance
Emaciation
pondérale
EDSBF 1993
La malnutrition protkino-Cner&ique chez les enfants de moins
de 5 ans au Burkina Faso.
Prkvalence de la malnutrition protéino-énerghtiqueselon l'ilgau
e
Burkina Faso.
16
Les pratiques de sevrage auBurkina Faso
1.2.2. Troubles dus à la carence enI&
Différentes enquêteschezlesenfantsdemoinsde
5 ans ont donné les résultats
suivants :
- dans 6 villages Sissili en 1989 : 2,28 % goitre visible ;
- au Passoré en 1990 (Dr Liliou): 11 % de goitre global ;
- au Pissoré et Namentenga en 1991 @SASF/Medicus Mundi Barcelone) : 64 % de
goitre total dont3,s YO de goitre visible.
. .
1.2.3. Hypovmnmose A
Une enquête effectuée dans 6 provinces en 1989 a mesuré une prévalence de cécité
nocturne de 1,14 %.
Dans le nord du Burkina Faso, en 1989, on a mis en évidencedesprévalencesde
2,82 % de cécité nocturne, de 0,18 % de kératomalacie et de 2,15 YOde tâche de Bitôt.
1.3. Les maladies diarrhéiques
Selon une enquête DMP effectuée en 1993, laprévalence ponctuelle desmaladies
diarrhéiques est de 11,9 % ; leur incidence est de 6,s épisodes par enfant et par an.
Selon l'enquête EDSBFde 1993 (effectué sur 5 483 enfants de moins de 5 ans), la
prévalence ponctuelleest de 20 % ;elle s'élève à 32 % chez les 6-23 mois.
Ces
prévalences
relativement
élevées
de
sous-nutrition, de carences en
micronutriments et de maladies diarrhéiquessont en partie imputables a des pratiques
de sevrage inadéquatesdont nous présenterons danscet exposé lespoints saillants.
2. L'ALLAITEMENT MATERNEL
L'enquête EDSBF a permis de constaterque le pourcentage d'enfant de moins de 5 ans
98 %. Cependant ce chiffrecachebeaucoupde
ayant été allaitéauseinestde
problèmes car le calendrier d'allaitement optimal n'est pas respecté pour beaucoup
d'enfants.
2.1. Délai de mise au sein et utilisation du colostrum
48 % des enfantssont mis au sein lepremier jour après la naissance dont 29 % dans la
première heure.
85 X des femmesà Bobo, 88 % à Ouagadougou et 78 % à Ziniaré (en milieu rural) ont
administré une autre substance avant la première tétée. La nature de cette substance
17
varie : eau simple, eau chaude, eau suer&, eau aciddke au jus de citron, jus de fruit,
lait artificiel, lait d'une autre femme, tisanes, infusions.
Le colostrum est jeté dans 51 % descas A Bobo et 86 K descas A Ganzourgou en
milieu rural. II1 est donnk l'enfant dans 71 X des cas A Ouagadougou et dans 38 % des
donner le colostrum varie dans des
cas Ziniwk enmilieurural.Lerefusde
proportions importantes selon les ethnies (figure 3).
Beulh
niera
Dopori etc..
Bobo Dioula
Dioula
8QnoUfQ0tC..
Gaurouai etc..
Etrangers etc..
Toussion etc..
GourrnaPEhs etc..
O
10
PD
80
40 6 0
Pourcentage
80
70
80
Figure 3
Importmce du refus de donner le colostrum en fonction des ethnies.
2.2. Indicateurs de suivi de l'allaitement maternel
L'allaitement maternel exclusif est pratiquC dans seulement3 % des cas chez les enfants
de O à 4 mois avec une durkemoyenne de 12 jours (figure 4).
Le taux d'allaitement maternel complétk i partir de 4-5 mois est de 18 % . Le taux
d'allaitementmaternel
compPkt6 en temps opportun est de 62 % à Bobo et
Ouagadougou etde 58 B/o A ZiniarC en milieurural.
Les pratiques alimentaires des enfants entre 6 et 9 mois sont rksumCes sur la figure 5.
Le taux de poursuite de l'allaitement maternel est de 96 %' O
(96Yo i Ganzourgou en milieu rural) et de 19 o/Q 3 ans.
A 1 an, de 75 % à 2 ans
C'est i l'ige de 2-3 mois quel'allaitement artificiel est le plus pratiqué (&3 %).
Les modes d'allaitement par tranche d'ige sont rksumés sur les figures 6 et 7.
18
Les pratiques de sevrage au Burkina Faso
Allaitement e t eau
32%
Completement sevrés
.....................
...............
..................
.......................
. .......................
.........
...................
.....................
....................
.........................
......................
................................
..........................
.................
..................
.......................
Allaitement seul
(recommandé)
3%
3% Allaitement e t
aliments solides
Allaitement e
Figure 4
Allaitement maternel chez les enfants de moinsde 4 mois au Burkina
Faso.
Allaitement
Allaitement seul
Completement
43%
Allaitement e t aliments
solides (recommandé)
EDSBF 1993
Figure 5
Pratiques alimentaires des enfants de 6 à 9 mois au Burkina Faso.
19
6, kpLIMENTATI0N DE COMPLEMENTDU J E W E ENFANT
cj
0-6
6-11
12-97
18-23
24-29
30-35
classe ei'Bge (mois)
0 Dlvara
ULM
aeu~ament ULM
+ autres ellrnslnta
Figure 6
Modes d'allaitement par tranche d'Bge au Burkina Faso (ktude
pilote).
Figure 7
Modalitésd'allaitementchez
les enfants de moins de 3 ans
(valeurs calculkes sur des classesd'&e de 3 mois d'intervalle).
Les pratiques de sevrage
au Burkina Faso
3. UTILISATION DES BOUILLIES
3.1. Age d'introduction et de cessation
L'âge moyen d'introduction des bouilliesestde
5,O & 2,8 mois à Bobo et
Ouagadougou ;il est de 5,7 mois à Ziniaré en milieu rural.
Il est difficile de préciser l'âge de cessation des bouillies
:à
Ouagadougou 30 % des
mères donnent de la bouillie de 8 à 24 mois et 23 % jusqu'au refus de l'enfant d'en
consommer ; selon l'enquête EDSBF, à 35 mois 94 YO des enfants continuent de
consommer la bouillie.
3.2. Nature des bouillies
3.2.1. E
. . u rural
n
La bouillie simple decéréaleslocales(mil,
sorgho, maïs)est la plus répandue. O n
trouve une faible proportion de bouillies de céréales enrichies par des légumineuses
locales (pâte et tourteaux d'arachide, soumbala), du lait ou de la poudre de poisson
séché.
A Ganzourgou, 60 YO des femmes ajoutent du beurre de karité ou de huile et 53 YO du
sucre ou du miel. A Bazéga, 36 % des bouillies sont additionnées de soumbala, de
viande ou de poisson et 21,5 YO de beurre de karité ou d'huile ;4 Y0 des bouillies sont
servies avecdu lait.
Les farines composées de fabrication artisanale (MisoldKasona, Den-mugu) ont une
consommation très limitée.
..
3.2.2. E u t u L . ~
urbain
O n trouve en plus des farines utilisées en milieurural :
- des bouillies fermentées (kokobaga) que les mères seprocurent par achat ;
- des farines infantileslocales (Vitaline) ;
- des farines infantiles
importées:Cérélac, Blédine,Phosphatine, Milupa ;
- des farines fabriquées artisanalement, en particulier MisoldKasona qui occupe 7
du marché ouagalais.
3.3. Valeur nutritionnelle des bouillies
Les principaux paramètres de la valeur nutritionnelle des bouillies consommées au
Burkina Faso sont donnés dans le tableau
1.
21
%
Tableau 1
Description et valeur nutritionnelle des bouillies les plus frkquemment utiliskes
Burkina Faso.
ES DE
BB%TI[EEPES
Bouillie
Farine de mil
simple de mil
7
soja grillk :20
Missla Ksona Arachide gril& : 10
Sucre :9
Sel : 1
Mil grillk ou brisure
de riz : 66
Lait en poudre :30
Den-Mugu
Haricot : 10
Sulfate de fer : f00mg
Sulfate de zinc :60mg
Blk :
Mjis :
64
14-15
60
14-15
106 - 105
14
a00 - 105
15,5
Lait Ccrinnk en poudre :
Vitdine
Arachide :
Sucre :
Vitamines :
Minkrauw :
Blk :
Cerehc
Lait en poudre :
Huiles vkgktales :
Sucre :
Vitamines :
Minkraux :
22
au
Les pratiques de sevrage auBurkina Faso
3.4. Fréquences de préparation et dedistribution des bouillies
3.4.1.
..
Les préparations spéciales pour les enfants sont rares ; la préparation de bouillies est
généralement assujettieà la préparation du tô (1 ou 2 fois par jour).
Le nombre de bouillies servi à l'enfant varie énormément d'une enquête à l'autre en
raison de problèmes méthodologiques:
- à Toécé/Toudou de 1980 à 1981, les enfants de 6 à 24 mois recevaient de 0,84
à 3,78 bouillies par jour ;
dans 4 provinces du pays @am, Namentenga, Sanmatenga, Yatenga),
on a observé
en 1894 une moyenne de 1 repas par jour chez les enfants de 3 à 5 mois,de
0,66 repas par jour chez les enfantsde 6 à 8 mois et de 1,22 à 2,77 repas par jour
chez les enfants de9 à 36 mois ;
- dans 9 provinces, on a enregistré en 1987 de 3 à 4 repas par jour chez les enfants
de O à 5 ans.
-
3.4.2. E
. . u urbain
n
Lesfréquences sont plus élevées compte tenu du nombre derepas quotidien (2 3 fois/jour),de la facilitéd'achat de labouillieet del'existencede préparations
spéciales pour les enfants en bas âge (bouillies enrichies, farines infantiles).
A Ouagadougou en 1992 on a estimé que 9 YO des enfants avaient 1 bouillie par jour,
19 % avaient 2 bouillies par jour et 70 YO avaient 3 bouillies par jour.
4. ALIMENTS SOLIDES
4.1. En milieu rural
Selon différentes enquêtes plat
le familial était introduit :
- aux alentours de 12 mois en 1980/81 à Toécé/Toudou ;
- aumême moment que lesbouillies(entre
3 - 8 mois)
à Bam, Namentenga,
Sanmatenga et Yatenga en 1984 (au Yatenga il serait mêmeintroduit avant 2 mois) ;
- entre 8 et 24 mois, mais le plus souvent avant12 mois, dans 9 provinces en 1987.
23
A Ouagadougou et Bobo en 1491,l'Ag moyen d'introduction du plat familial était de
8,32 f 4,l mois.
A Ouagadougou en 1992, on a pu observer que d& 4 A § mois l'enfant est a prkpark
en ktant habittu&au goût de la sauce, que la soupe de poisson est introduite vers 7-8
mois et que le tS et le riz sont donnCs vers
bj
Toutes les Ctudes B notre connaissance n'ont fait qu'effleurer le prsblime des interdits
alimentairesdans la mesure où elles se sont contentéesde les rkpertorier sans
rkellement chercher à les comprendre ni à mesurer leur impact nutritionnel au niveau
collectif ou individuel.
Les interdits dimentaires sont omniprksents dans nos sociktks et varient knormkment
d'une zone ethno-gkographique à l'autre ; par ailleurs, au sein de la mime ethnie il
existe des disparitks d'une famille (ou clan) à l'autre.
En gknkral tout le monade a un interdit dimentaire, lik son appartenance ethnique,
familiale, religieuse, au sexe, à l'ige, A son rang socialou à son ktat de santk. Le cas des
enfants en bas fige demeure particuliirement pr6occupantparcequ'ilscumulent
obligatoirement les interdits des parents, ceuxliCs B leur ige (c'est à dire h leur stade de
dkveloppement), b leur sexe et parfoism&meA leur rang de naissance.
En rkditk ces interdits sont la rksultantedela
coutume et de la mentalitk des
communautis. C'est 3. dire de l'entendement qu'ils ont des phénomines sanitaires et
nutritionnels. C'est ainsi qu'il faut distinguer, d'une part, les vrais c< tabous 8 qui sont
skculaires, immuables, hkrit& de la tradition et, d'autre part, des croyances qui font
que la sociktk attribue à certains aliments, ii tort ou A raison, certaines 4 valeurs
nkfastes pour l'enfant. Autant il est pratiquement impossible de modifierles premiers,
autant les secondsdoivent 6tre enrayks par lebiais de lasensibilisation et de
l'kducation nutritionnelle.
Le tableau 2, klabork à partir d'un inventaire des interdits alimentaires de l'enfant en
bas ige rhpertoriks lors de l'enqu&tede la Sissili aupris de 3 ethnies (Nouni, Mossi, et
Peuh), traduit la confusion qui rigne entre les <( vrais B et e faux B interdits. O n peut
signaler que les 3 groupes classiques d'aliments (knergktiques, constructeurs et
protecteurs) sont concernksaveccependant un kventail plus fourni au niveaudes
aliments riches en protkines.
)>
24
Les pratiques de sevrage auBurkina Faso
Tableau 2
Aliments interdits à l'enfant en bas-âge.
Aliments
Aliments
Lnergétiques
constructeurs
et D r o d w
Oeufs
d
Miel
Viande
rô
Lait en poudre non
Farine de mil
bouilli
Do10
Omelettes
Biscuits
Lait de vache
Sucre
Grande quantité de
~ouscous
viande
Animal non égorgé
Volaille morte
lihzuls
[gname
Panthère
Patate
Chat
Fabirama
Caïman
Perdrix
Singe
Beurre de karité
Poulet
Chien
Lièvre
Ecureuil
Gibier
Porc
Aliments
protecteurs
Autres
Lkeumes
Piments
Feuilles de haricot Sel
rotems des parents
Café
Enairs
Mangues
Landolphia
Raisin
Mangue verte
Néré
Fruits
Arachide
Soumbala
Voandzou
5 de
iource :Appdchion initi
MSAS - Worldre
-
la Province de la Siss,
En milieu urbain, les brassages ethniques, le niveau d'instruction relativement élevé, et
l'occidentalisation progressivedelatypologiealimentaire
ont tendance à faire
disparaître beaucoup d'interdits alimentaires.
25
E 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENT DU JEUNE ENFINT
Une analyse critique de l'alimentation infantile A travers ses diffkrentes ktapes et
composants r 6 d e que malgr6 un pourcentage tris klevk de recours A l'dpllaitement
maternel (98 %)),il n'y a pas lieu de se glorifier. En effet l'alimentation infantile est
loin d'&tre optimale carentachkedebeaucoup
d'erreurs à tous lesstadesde
d6veloppement de l'enfant. Ces erreurs sont principalement :
- la mise au sein tardivedu nouveau nk ;
- le rejet du colostrum ;
- le sevrage pr6coce ou tardif ;
- l'utilisation d'aliments de complkment inadkquats;
- un nombre de repaspar jour insuffisant ;
- l'existence denombreux interdits alimentaires.
26
PRATIQUES DE SEVRAGE AU CONGO
Félicité TCHIBINDAT
Direction de la santé dela Famille, Brazzaville (Congo)
1. ALLAITEMENT MATERNEL
1.1. Modalités de début d'allaitement maternel
100 ?O desnouveau-nésallaitésconsomment
d'abord du colostrum : au Congo, la
pratique qui consiste à ne pas donner le colostrum aux nouveau-nés a disparu.
Des enquêtes d'évaluation hospitalières dans le cadre de l'initiative u hôpitaux Amis
demiseauseinvariaitaveclespratiques
desbébés B ont montré queledélai
hospitalières. Si la mère est séparée de son enfant à la naissance, le délai peut aller
jusqu'à 6 heures (RSF, 1994). En revanche, dans le cadre des hôpitaux concernés par
l'initiative, le délai a été ramené à moins de30 minutes.
1.2. Modalités d'allaitement maternel
O n constate que l'allaitement au sein prédominant est pratiqué par 100 % des mères
d'enfants entre O et 5 mois en milieu rural (tableau1) . En milieu urbain, si 98,3 ?O des
enfants sont allaités à la naissance, 20,1% d'entre eux (contre 1,8 % en milieu rural)
reçoivent également du lait artificiel.
Jusqu'à 12 mois, plus de 95 % des enfants en milieu rural et plus de 88 % en milieu
urbain sont encore au sein. A partir de 12 mois, il y a une chute de l'allaitement au
sein qui n'est plus pratiqué pour la classe d'âge 18-23 mois que dans 26,9 % des cas en
milieu rural et dans 15,4 % des cas en milieu urbain (Dinga, 1991).
1.3. Informations relativesà la durée d'allaitement
La durée moyenne de l'allaitementmaternelcalculéselonla
Méthode de Ferry
[(Nombre d'enfants allaités de moins 24 mois/Nombre total d'enfants de moins de
24 mois) x 241 est de 18,5 à 20,5 mois en milieu rural (Cornu et al., 1990 ;Tchibindat
et al., 1994) et de 16,4 mois en milieuurbain (Dinga, 1991).
Les bouillies sont introduites pr&xcement, le plus souvent avant l'ige de 4 mois
(tableau 2) : plus du tiers des enfants sont d6jà à la bouillie avant Yâge de 3 mois. Les
raisonsinvoqukes sont les pleurs de l'enfant considkrb comme des synonymes de
faim.
Tableau 2
FrCquence de consommation des bouillies au Congo (96 de 1 ~ 2 q2 m~ t ~d~chrtiavoir
di9tribHe'deltt bozlillie h lem enfint azl c o m des demiires 26 heures).
18-23
(90)
Source :Corn# et al., 699.?*
28
18,6
(188)
Pratiques de sevrage au
Congo
2.2. Age de cessationde la consommation des bouillies
Dans les zones rurales, l'utilisation des bouillies chute rapidement au-delà de 6 mois.
En milieu urbain, plus de lamoitié des enfants entre 6 et 8 mois et un enfant sur trois
entre 9 et 17 mois consomme encore de la bouillie (tableau2).
L'âge moyen d'arrêt de la bouillie est de 5,6 mois en milieu rural (Tchibindat et al.,
1994) et de 8 mois en milieuurbain (Dinga, 1991).
2.3. Nature des bouillies consommées
..
2.3.1.
se-
conswudes
En 1990, plus de 80 % des bouillies consommées par les enfants de moins de 24 mois
étaient préparées à partir de produits locaux (tableau 3). Les bouillies importées ne
sont consommées que dans 11,5 % des cas en milieu rural et 18,6 % des cas en milieu
urbain. Les bouillies locales sont principalement préparées à partir de pâte de maïs
fermentée et, en zones rurales, deproduits dérivés du manioc.
produites localementcomme Vitafort à
Depuis 1992, il existed'autresfarines
Brazzaville(Tchibindat et Trèche, 1995) et les farines permettant de préparer les
bouillies de haute densité énergétique sur le plateau Kukuya (Moukolo et al., 1995) ;
leur consommation est encore marginale car elles
sont nouvelles.
Tableau 3
Nature des bouillies consommées au Congopar les enfants de moins de
2 ans (en%).
Zones rurales
Ingrédient principal
Farines imDortées
Produits locaux
dont :
- Maïs
- Manioc
- Autres
88,5
47,2
21,8
19,4
Brazzaville
18.6 11.5
81,4
77,9
123
22
1
Source :Trèche et al., 1992.
2
.
3
.
..
2
#
.
7 les- b
..
En plus du produit de base (maïs ou manioc), les mères ajoutent souvent du sucre
(73 % en zone urbaine et 50 % en zone rurale) et dans une moindre mesure du lait
(50 % en zone urbaine et 22 % en zone rurale) (tableau 4). Elles ajoutent aussi parfois
de la pâte d'arachide ou de courge ou des légumes.
29
L ~ L I ~ E N T A T DE
I QC
~
Ingrkdients
Produits debase
Farine
Pite fermentke
Ingrédients supplémentaires
Sucre
Lait
Autres
Soswce: Trèche etMmm.nba,
EMENT DU JEUNE ENFANT
Zones rurales
Brazzaville
98,1
094 199
99,6
5Q
22
16
73
58
6
%91.
2.3.3.
La bouilliede maïs est faite à basede pite de maïs fermentkeappelée potopoto
dans un peud'eau froide. Ensuite la
(Bouvier, 1992) qui est miseensuspension
suspension estverske dans de l'eau bouillante et estlaissée cuire pendant quelques
minutes jusqu'à obtention de la consistance voulue.
La bouillie de manioc est obtenue à partir de farine de manioc (dans 53 Q/o des cas) ou
d'un produit humide (47% des cas) consistant en une pke défibrée kgouttée précuite
ou non. Quelle que soit la %ormedu produit de base, dans 96 ?6 des cas, il est mis en
suspension dans de l'eau froide puis versé dans l'eau bouillante ou chauffé au bainmarie (Trèche etMassamba, 1991 ;Trèche et& 1992).
La bouillie Vitafort est obtenue en mklangeant un volume d'eau A un volume de
farine. Le mhhnge est mis à chauffer A feu doux pendant 10 h 15 minutes ("chibindat
et Trèche, 1995).
La bouillie h haute densith énergétique prhparée sur le plateau kukuya est obtenue h
partir &un mélange de pâte de manioc dkfibrke égouttke et prhcuite, mklang6e à de la
farine de maïs germé et de la pite d'arachide ou de courge et du sucre. Ce mélange est
délayé dans de l'eau et cuit à feu doux pendant 16 A 15 minutes (Louyat de Bibantsa,
9994, Moukolo et al., 1995).
2.3.4.
La concentration moyenne des bouillies traditionnelles prkparéesà partir de pots-poto
et de manioc est de 15,l g de matière sèche @AS) pour 160 ml de bouillie, ce qui
correspond à une densité énergétiqued'environ 66 Kcal pour 100 g de bouillie (Trèche
et al., 1992). En revanche, la concentration moyenne des nouvelles bouillies tellesque
30
Pratiques desevrage au Congo
Vitafort et la bouillie du plateau Kukuya est de plus30
deg MS pour 100 g de bouillie
ce qui donne unedensitéénergétique d'environ 120 Kcal pour 100 g debouillie
(tableau 5).
La teneur en protéines brutes des farines locales varie entre 1 et 7,5g pour 100 g MS
dans le cas des bouillies traditionnelles ; celle des nouvelles bouillies est supérieure à
IO g pour IO0g de matièresèche (tableau 5).
Tableau 5
Composition globale des différentes bouillies utilisées
au Congo.
M. sèche
(g/lOOgbouillie)
(g/lOOgMS)
(g/lOOgMS)
(g/lOOgMS)
Protéines
Lipides
Fibres
Densité énergétique
Poto-pot0
Manioc
15,l
7,5
3,
0,s
60
15,l
1J
2,1
60
Vitafort
Bouil. Kukuya
33,O
10,o
34,O
13,6
721
2,6
125
122
Source :Trèche et al., 1992.
2.4. Modalités de distribution
La fréquence moyenne de consommation est de l'ordre de 2 bouillies par jour. La
fréquence de 3 bouillies par jour est surtout rencontrée chez les enfants de moins de
9 mois et en milieu rural (tableau 6).
Lorsque les enfants consomment une bouillie par jour, cette consommation se fait
préférentiellementlematinoul'après-midienmilieu
rural et le matin enmilieu
urbain. Dans le cas de deux bouillies parjour, c'est lematin et lesoir (tableau 7).
Tableau 6
Fréquence journalière de consommationdes bouillies auCongo chez les enfantsqui en
consomment régulièrement.
Classe d'âge
(en mois)
1 b/j
00-02
03-05
06-08
1
rural
(1987)
2 b/j
3 b/j
Congo urbain Congo
(1990)
1 b/j 2 b/j
3 b/j
152955,,,s2O
130
52,
7,2
,7l
13,5 64,7
21,s
20,7
56,4
22,9
1478,,97
33,3
42,5
42,5
38,l 1510,,9O
42,l
47,4
10,5
09-1
1s,s
37,O
55,6
7,4 3Y2447,
12-23
Source :Cornu et ai., 1993.
31
15,O
TION DE COMPLEMENTDU J E m E
T3bileau 7
Moments de consommation des bouillies (96 des mhes
qmt
donni m moment
Les bouillies traditionnelles ayant une densitk knergétique moyenne de 60 Kcal pour
S sont en gknkral consommkes deux fois par jour. Si l'on prend le cas &un
enfant de 6 mois, ses besoins peuvent 6tre 6valuks à 780 kcal/jour, Selon les travaux de
Vis et d (1981), les mkres en Afrique Centrale peuvent fournir en moyenne 543 ml de
lait par jour, soit environ 380 kcal. L'alimentation complémentaire (ici la bouillie)
doit donc apporter A cet enfant de6 mois environ 400 kcal/jour.
En moyenne, un enfant qui prend deux bouillies par jour va consommer 340 ml
(environ 170 ml de bouillie par r e p s compte tenu de lacapacit6de son estomac), soit
environ 204 Kcal. Il y aura donc un déficit de couverture des besoins knergCeiques de
Pr& de 206 Kcal, c'est-&dire deplus de 25 K (Trèche, 1991).
C'est pour rkpondre à cette situati que de nouvelles bouillies comme Vitdort ou la
bouillie vulgariske sur leplateau
kuya (A 120 Kcal pour 100 g de MS) ont CtC
61aborCes par l'Orstom, produites par Agricongo (pour Vitafort) et tmsfkrkes par le
Ministkre de la Santé au niveau
des mknages.
3.1. Age d'introduction desdiffirents types d'aliments
Le plat familial est introduit plus prkcocemenr en zone rurale (17,9Obe des enfants de
de 6 mois)
moins de 6 mois) qu'en zone urbaine (9,3 K des enfantsdemoins
32
r
Pratiques de sevrage au Congo
(tableau 8). L'âge moyen d'introduction de plat familialest de 7,5 mois en milieu
urbain (Dinga, 1991) et de 6,l mois en milieu rural (Tchibindat et al., 1994).
En milieu rural, les féculents, en particulier le manioc sous ses diverses formes, sont
introduits précocement (18,1% des enfants de moins de 6 mois). Il s'agit en fait d'un
véritable repas puisque les protéines animales sont consommées au même moment
(15,9 % des enfants) (tableau 9).
En milieu urbain, les féculents sont introduits un peu plus tard et sous des formes plus
diversifiées. Le matin,le petit citadin consommesurtout du blé sous forme de pain ou
beignets et le midi du manioc comme aliment debase de son repas.
Tableau 8
Fréquence de consommation du plat familial en fonction de l'âge (9'6 de mères ayant
des dernihes 24 heures).
déclaré enavoir donnéà leur enfant au cours
Congo rural
Classe d'âge
(en mois)
00-02
03-05
(212)
06-08
09-1 1
12-23
ph)
391
17,9
71,8
81,l
96,5
effectif
(51)
(130)
(138)
(82)
(133)
(507)
Congo urbain
(1990) (1987)
(%)
effectif
220
9,3
(150)
60,9
83,2
(119)
91,l
(440)
pu, 1991.
Tableau 9
Fréquence de consommation des différentes catégories d'alimentsen fonction de l'âge
(en %).
Source: Cornu et al., 1990; Dinga, 1991.
33
3.2. Friquence des repas en fonction de 1'8ge
Dis que l'enfant estauplatfamilial,
le nombre de repas venantenplus du lait
maternelvarie peu avec l'âge. En moyenne,ilreçoitdeux
repas enplus du lait
rural, pris de 36 ?6 des enfantsne
maternel (tableau 10). Cependant,enmilieu
repivent qu'un repas en plus du lait maternel ce qui est nettement insuffisant pour
couvrir leurs besoins knergktiques.
odalitks de distribution
En milieu sural, ]leplat familial est consommksoit le matin (%3,8Blo des enfants), soit le
soir (83,4 %) ;en milieu urbain, c'est surtout le midi (V,2 YO des enfants) (tableau 11).
Ces diffkrenees sont rkvilatrices de deux modes de vie diffkrents : la paysanne va aux
champs le matin et ne revient que lesoir, si bien que le repas familial a lieu le matin et
le soir ;en revanche, en milieu urbain,le repas familial a lieule mi&.
Tableau 11
Frkquence de consommationdu plat familial enfonction du moment de la journke (%
de mires aymt d~chre'avoir donni i lem en$& da6 reps fcrrnillnl m moment considkri
Source :Comp2p1et al., 1993.
34
Pratiques de sevrage au Congo
4. INTERDITS ALIMENTAIRES
Seulement environ 30 % des enfants sont touchés par les interdits alimentaires, Ces
interdits concernent surtout les viandes (29,9 %) et les poissons d'eau douce (28,4 %)
(tableau 12) (Tchibindat et al., 1994).
Les volatiles sont interdits pour prévenir les crises convulsiveset l'épilepsie ; la viande
de serpent dessécherait la peau (Dinga,1991).
L'huile de palmeest aussi citée commeinterdit, en particulier pour la mère enceinteet
allaitante pour prévenir lesaffectionsrespiratoires(bronchite)et
pour l'enfant
souffrant de bronchite ou de toux.
Tableau 12
Type d'aliments interdits à l'enfant d'âgepréscolaire
interdit pour le t p e d'aliment considirg.
(96 d'enfantstouchés
par un
effectif
20
131
17
23
17
185
176
10
24
13
616
Aliments
Tubercules et fruits amylacés
Feuilles et légumes
Crudités et cuidités
Noix et graines
Fruits
Viandes
Poissons
Oeufs
Corps gras et huiles
Autres
Total
Source :Tcbibindat et al., 1994.
5. CONCLUSION
De l'examen des pratiques de sevrage au Congo, il ressortque :
- l'allaitement au sein est la règle mais, en milieu urbain, le phénomène d'allaitement
mixte gagne du terrain ;
- les bouillies sont introduites précocement à un moment où la physiologie del'enfant
ne permet pas de les utiliser et où leur consommation entre en compétition avec le
lait maternel ;
35
,
Lkl
TI0N DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
- le plat familial est introduit pr&ocement et coYncide avec l'au& de la consommation
des bouillies qui ne jouent plus alors leur &le de transition vers l'alimentation
solide ;
-la valeur nutritionnelle des bouilliestraditionnelles estmkdiocre etleur faible
frkquence de consommation ne permet pas de compléter suffisamment les
apports du
lait maternel ;
-la fr&puence de consommation des repas venant en plusdu lait maternel est
irnsuffisante pour satisfaire les besoins nutritionnels des enfants.
Tout cela explique les privdences élevées de malnutrition protéino-énergktique au
Congo : en milieu md,2-93 % des enfants d'8ge priscolaire souffrent de retard de
croissance et §,§ % de maigreur.
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31
38
L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT DU
JEUNE ENFANTEN EGWTE
Dr Sadek Ali ABDELAAL
Ministère de la Santé et Université du Caire, Le Caire (Fgpte)
1. INTRODUCTION
Le sevrage aété défini comme la manière dont un enfant est habitué à se passer du lait
maternel (Webster, International Dictionary, vol. III, 1989). Toutefois ce terme recouvre
plusieurs réalités.Certainsl'emploient
pour signifier l'arrêt total de l'allaitement
maternel, d'autres pour désigner une alimentation de complémentlorsque le lait
maternel devient
insuffisant
en
apport protidique ou énergétique pour
un
développement harmonieuxdu nourrisson (Whitehead, 1985).
Les recommandations et pratiques en matièred'alimentation solide pour le nourrisson
divergent beaucoup selon lespays. Avant 1920, lesalimentsde supplément étaient
rarement recommandés pour les enfants de moins d'un an. Les premiers suppléments
introduits dans le régime alimentaire étaientl'huile de foie de morue pour prévenir le
rachitisme et le jus d'orange contre le scorbut. Les cinquante années suivantes, il fût
recommandé d'ajouter, vers l'âge de6 mois, des céréales ainsi que desfruits et légumes
en purée. Depuis, une large variété d'aliments pour bébés est devenue disponible et a
été introduite, de plus en plustôt, dans l'alimentation du nourrisson.
A partir de ce moment là, l'introduction d'aliments de complément a eu
pour but :
- d'apporter de l'énergie, du fer, des vitamines et éventuellement d'autres éléments ;
- de préparer l'enfant à une alimentation plus diversifiée;
- de remédier à d'éventuelles carences en minéraux rares.
Si Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) écrivait dans sa Physiologie du goût : rDkmoi ce que tu manges et je te dirai qui tu es Y, les raisons pour lesquelles les mères
introduisaient des aliments solidesdans le régime de leur nourrisson recouvraient à la
fois le dksir de voir leur bkbk gagner rapidement du poids,la disponibilité d'aliments
solides approprikset l'idke, non fondke, qu'ajouter des aliments solides estun signe de
maturitk et aide le nourrisson A faire des nuits complktes.
L'allaitementausein
est un facteur important non seulement pour le bon
dkveloppement et la santé du bkbk mais il permet aussi, grdce A ses retentissements sur
la fertilit6, l'espacementdes naissances.
Toutes les enquites conduites en Egypte d u m t la dernikre dkcennie, en particulier la
ec Egyptian Pertility Survey P (EFS ; enquete sur la fertilitk en Egypte) de 1980 et la
a Egyptian Demographic Health Survey 8) (EDHS) de 1988, indiquent que
l'allaitement au sein chez les femmes kgyptiennes est gknkralisk (Anonyme, 1992). Les
donnkes collectkes en 1991 au cours de l'enqu&teMCHS (a Maternal and Child Health
Suwey B ;enquete sur la santk de la rnke et de l'enfant) confirment kgdement ce fait.
Plus de $6 % des femmes marikes de diffkrents iges ont allait6 au sein leur dernier
enfant (figure 1).
1
:t
Figure 1
Frkvalence de l'allaitementmaternel en fonction de l'âge des mkres.
Comme attendu, les femmes vivantenmilieu
rural allaitentplus volontiers leur
dernier enfant que celles vivant en milieuurbain (figure 2).
L 'alimentationde compliment dujeune enfant en Egypte
Moi8
1
20
I
15
10
5
O
Urbain
Rural
Urbain Urbain
bas
Gov.
Rural
Urbain
Rural
bas
haut
haut
Figure 2
Durée moyenne de l'allaitement enfonction du lieu de résidence.
La fréquence des tétées est supérieure, comme attendu, parmi les enfants nourris à la
demande que parmi ceux nourris à horaires fixes. Sur le plan national, environ 20 %
des nourrissons nourris à la demande recevaient 7 à 8 tétées par jour contre seulement
10 % de ceux nourris à horaires fixes. De même, le nombre de tétées de nuit des
à celui des autres
enfants nourris à la demandeétaitsensiblementsupérieur
nourrissons.
Fort heureusement cette enquête (h4CHS) a montré quelagrande
majorité des
derniers nouveau-nés en vie en 1991 était nourrie exclusivement au lait maternel, en
particulier pendant les cinq premiers moisde leur existence. A partir du sixième mois,
une proportion importante de nourrissons recevaitun allaitement mixte. Etant donné
que l'allaitement au sein esttrès largement répandu, commeindiqué précédemment, la
proportion des derniers nouveau-nés en vienourris au biberon et au lait artificiel était
de moins de 5 %.
Le niveau d'éducation de la mère joue un rôle également : les femmes illettrées ont
davantage recours à l'allaitement naturel pour nourrir leurs enfants et cela quel que
soit l'âge du nourrisson : environ 8 mères illettrées sur 10 nourrissaient leurs enfants
exclusivement ausein, les autres pratiquaient un allaitement mixte.
La proportion de mères illettrées allaitant au biberon était négligeable. Au contraire,
un grand nombre de mères ayant un niveau d'éducation secondaire ou universitaire
n'utilisaient l'allaitement naturel au sein exclusif seulement au cours du premier mois
suivant l'accouchement ; la proportion de nourrissons exclusivement nourris au sein
41
E 2LIMENTATdoN DE CBMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
tombait ensuite brutalement de 82 % pour les enfants de 6 A 1 mois à environ 57 %
pour ceux de 2 A 3 mois et A 49 % pour ceux agis de 12 mois et plus.
La dur& moyenne de l'allaitement au sein au niveau
national, bien que problkmatique
puisque fondée sur des données souvent fausskes par 1'Age ou un rapport inexact, est
d'environ 18 mois pour les derniers nouveau-nésen vie ;elle dkcroltB environ 17 mois
pour les enfants nks les cinq dernihres annkes avantl'enqu&tenationale.
Cependant, et bien que l'dlaitement au sein soit clairement ktabli en Egypte par cette
enquCte nationale, Pa durée de l'allaitement et les habitudes desevragepr6coce
pourraient causer du tort au statut nutritionnel de l'enfant kgyptien et rkduire son
immunitk naturelle, résultat d'une consommation insuffisante de lait maternel.
Environ 4 % des derniers nouveau-n6s en vie et 7 Yo des enfants envie nés au cours des
5 dernières années ont ktk sevrks très t8t (moins de 3 mois). On notera que les enfants
sevrés de manière précoce sont nés, dans leur majorité, de mères8gke.s de moins de
26 ans (figure 3). Ce fait est peut Gtre dG au manque d'expkrience de ces trks jeunes
femmes quant aux rnkthodes appropriées.
Pourcentage
/1
. .
..... ..
1
80
Figure 3
Pourcentage d'enfants arritant de consommer du lait maternel avant
l'Age de 3 mois en fonction de 1'8ge desmires.
En cas de survenue d'une diarrhée, environ 70 B/o des femmes ont continué à donner la
m&mequantitk de lait maternel. Seulement environ 4 Y0 d'entre elles ont donné une
8 Z et 9 Y! des nourrissons
quantitk supkrieure de lait à leurenfanttandisque
recevaient respectivement moins ou pas du tout de lait maternel. Les deux derniers
groupes d'enfants se sont trouvés en danger à cause du manque de liquide dans leur
42
L 'alimentationde complément dujeune enfant en Egypte
corps (tableau 1). La proportion d'enfants recevant plus de lait maternel pendant un
épisode de diarrhée qu'en temps normal est près de 4 fois supérieure pour les enfants
vivant en zone urbaine que pour ceux vivant en zone rurale. Pareillement, les enfants
issus des mères ayant un bon niveau d'éducation ont reçu plus de lait maternel que
ceux issus de mères illettrées. Il donc semble exister une meilleure connaissance des
soins à apporter à un enfant en phase de diarrhée parmi les mères éduquées et celles
vivant en milieu urbain.
Tableau 1
Distribution des enfants selon les modalités d'allaitement suivies durant les épisodes
diarrhéiques.
3. L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT
3.1. Age d'introductiondes aliments de complément
Aucun aliment solide ou presquen'est donné pendant lepremiermois. Environ
3 enfants sur 10 ont reçu les premiers aliments solides entre 4 et 5 mois, 6/10 avant
8 mois, 8/10 avant 10 mois ;à partir de 12 mois, presquetous les enfants recoiventdes
aliments solides. Au niveau national, l'âge moyen auquel le nourrisson diversifie son
alimentation est évalué à 7 mois et ce dans les deux groupes de référence (les derniers
43
L ~ L I ~ N T ~ T DE
I OCOMPLEMENT
N
BU JEUNE ENFANT
nouveau-nés en vie et l'ensemble des enfants en vie n&sau cours des cinq derniires
années) (tableau 2). O n notera également que l'intervalle moyen entre l'introduction
de l'alimentation de complkment et le
sevrage dkfinitifP kt6 d'environ 11 mois.
Lesmkresles plus jeunes ont kt6 lespremières A diversifier ll'dimentation de leur
enfant. Il existe environ un mois d'kcart dans l'introduction d'aliments de
complkment entre les enfants nks de mères de moins de 20 ans et ceux qui sont nks de
m&res$$es de 40 A $9 ans. Cela est peut4tre da au fait que ces jeunes mires ont
proportionnellement un meilleur niveau d'kducation, donc une meilleure
connaissance que les autres de la nkcessitk de diversifier l'alimentation de l'enfant dès
que possible aprèsle 4ime mois de vie.
Tableau 2
Age moyen d'introduction des aliments solides et intervalle moyen entre le dkbut de
la complkmentationet le sevrage définitif selonl'ige de lamère.
mkre
e 20 ans
20 - 29 ans
30 - 39 ans
40 - 49 ails
Age moyen d'introduction
Intervalle moyen entre le
des aliments solides
dkbut dela complkmentation
de complkmentet le sevrage
et le sevrai
re dkfinitif
Dernier nk
Tous les enfants Dernier né
Tous les enfants
vivant
de moins de 5 an
de moins de 5 ans
vivant
8,05
6,58
6,55
10,34
6,78
7,03
10,945
11,22
7,21
7,12
12,76
12,39
7,56
7,48
I
i
I
Ensemble
6,%8
J,13
11,01
1
1035
Le lieu de résidence et le niveau d'kducation des mères influent kgalement sur I'dge
moyen d'introduction des aliments solides et l'intewalle moyen entre le &but de la
comppllémentation et le sevrage dkfinitif. Les valeurs de ces deux indicateurs sont plus
4) et,
klevhes, d'une part, dans les zones m d e s que dans les zones urbaines (figure
d'autre part, pour les mères illettrhes quepour celles ayant un haut niveau d'kducation
(figure 5). On peut en conclure que la modernisation va de pair avec l'introduction
prkcoce d'aliments de complément.
44
L'alimentation de complkment dujeune enfant en Egypte
Mois
14
Urbain
Rural
Urbain Urbain
Urbain
Rural
Gov.
bas
mAWAC
EB
Rural
bas
haut
haut
IT-IACISD
Figure 4
Influence du lieuderésidence
sur l'âgemoyen à l'introduction des
aliments de complément(AM-MC)et
sur l'intervalle moyen entre
l'introduction des aliments et le sevrage définitif (IT-IAC/SD).
Mol8
12
10
8
8
4
2
O
Non scolarls4
Pr4paratolre
Secondaire
et primaire et universitaire
Non
dlpl6m4
mAM-IAC
IT-IACISD
Figure 5
Influence du niveau
d'éducation
des
mères
sur l'âge moyen à
l'introduction des aliments de complément (AM-MC) et sur l'intervalle
entre l'introduction des aliments de complément et le sevrage définitif
(IT-IAC/SD) .
45
Dans les pays en voie de dkveloppement dont P'Egypte, les aliments de complément
sont principalement des farineux : riz, féculents, biscuits, pain, pommes de terre et
. Les alimentsprotidiques sont consommks en
quantité insuffisante et particuliirement ceux d'origine animale :lait, fromage, oeufset
sont consommksque par une
viande. Les alimentsprkparésindustriellementne
minorité.
Dans le groupe des enfants de moins de six mois, les ckréales (principalement blk et
riz) prkparées 8 la maison sont les plus utilisées ainsi qu'un dessert 8 base d'amidon
appel6 cg mahalabeya B.Les Ikgumes, principalement les haricots, sont peu utilisks en
Egypte dans ce groupe d'8ge. Supramine, une protkine qui facilitelesevrage,
subventionnke par le gouvernement,étaitutiliske par uneminoritk. Donner aux
nourrissons del'eau et du sucre est une tradition d a n s certaines zones rurales qui
persiste toujours A nos jours.
Pour le groupe d'âge de 18 8 24 mois et les jeunes enfants, une plus grande variktk de
nourriture est utiliske : les enfants consomment plus decéréales, defkeulents,de
et le menu
légumes et desucre.Le lait desmammifkres et sesdkrivks,lesbiscuits
familial constituent plus souvent l'alimentation de l'enfant qu'un régime spkcialement
priparé pourlui ou que des prkparations industriellespour jeunes enfants.
Le principal problkme concernantl'alimentation de sevrage préparée à la maison est sa
faible densitk énergktique qu'il faudrait augmenter afin qu'elle soit adaptke la faible
capacité de l'estomac du nourrisson (habituellement 3 % de son poids, soit environ
200 A 300 ml en période de sevrage). En mime temps, ce repas doit &treéquilibrk pour
rkpondre auxbesoinsénergétiquesdu
nourrisson. Bien que cCrkales et lkpmes
contiennent une grande quantitk d'amidon, ils deviennent gklatineux à la cuisson et
produisent une pite gluante etkpaisse s'ils ne sont pas diluks avecde l'eau. Cette haute
viscosité limite la densitk knergktique de l'aliment de sevrage semi-liquide ou semisolide. En général, ce problkme est résolu en Egypte soit en ajoutant de l'huile ou du
sucre (ou les dew), soit en ajoutant 1 % de fleur de malt pour allonger le gruau épais.
Concernant l'expkrience de 1'Egypte relative 8 l'utilisation d'aliments de sevrage bon
marchk pour la réhabilitation nutritionnelle des enfants, il y a eudéjà une vaste
expérience qui remonte à plus de vingt ans. Ces aliments richesen protéines vkgktales
se prkparent soit localement à domicile comme par exemple le Sesamena B et le
a Arabeana s, soit industriellement comme la Supramine.
Le sevmge avecdes alimentslocaux en Egypte est de toute maniire davantage
concevable et acceptable sur le plansocio-culturelenraison
de ses avantages
kconomiques aux niveaux familial,
communautaire et national.
Q
46
L'alimentation de complément dujeune enfant en Egypte
3.3. Raisons et modalités du sevrage définitif
La figure 6 donne les raisons invoquéesen cas de sevrageprécoce. De manière
générale, l'insuffisance de lait, lamort du nourrisson ou le refus del'enfant ont été les
causes principales desevrage précoceparmi les deux groupes d'enfants référencés.
Les raisons invoquées varient selon l'ordre denaissance du nouveau-né. Parmi les
nourrissons nés de femmes ayant moins de3 enfants, les principales raisonsde sevrage
précoce sont une insuffisance du lait maternel et le refus de l'enfant, ce qui pourrait
venir d'un manque d'information et d'expériencedelamèredansl'allaitement.
Lorsque lenombre d'enfants augmentepour la même mère,la mort de l'enfant est une
des principales causes d'un sevrageprécoce,enplusdecellescitéesprécédemment.
Lorsque l'ordre de naissance dans la famille atteint son maximum, sept ou plus, la
seule et unique raison du sevrage précoce aété la mort de l'enfant. Ceci confirme bien
le mauvaisniveaudesantéetdesoinsapportésauxderniersnésdefamilles
très
nombreuses.
Maladie de la mère:
Maladie de l'enfant; 27
Refus de l'enfant: 22,7
Figure 6
Raisons invoquéespar les mères lors de sevrage définitif des enfants avant l'âge de
trois
mois.
Il est généralement reconnu que dans le monde arabe l'allaitement se termine d'une
façon brusque. Il est vrai que le sevrage définitif se réalise de façon plutôt sévère et
pourrait, par conséquence,causerdesdommages
émotionnels et des traumatismes
psychologiques. La pratique la plus répandue est d'enduire le mamelon de substances
amères à base d'aloès, de quinine, d'huile de ricin ou même de piment afin de donner
au sein un goût repoussant.
47
DE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
En Egypte, selon l'enqu2te nationale plus de deux tiers des nourrissons n b au cours
des cinq annkes qui ont prkckdk l'enqu6t.e ont kt6 sevr6s brutalement. Un sevrage
rapide est la pratique la plus répandue dans les milieux puraux et particuli&rementen
HauteEgypte et chez les enfantsde mkres analphabktes. Tandis que 72 K des
nourrissons ktaient sevrks brutalement en milieu rud, 64 % l'étaient de mime fason
en milieu urbain. Les femmes de 46 et 49 ans, celles vivant en milieu pural et en HauteEgypte et celles qui ont CtC A 1'Ccofe mais n'ont aucun dipl8me sont celles qui
pratiquent le plus longemps l'allaitement au sein (24 mois ou plus).
Pour conclure, la pkriode de sevrage du nourrisson est la pkriode la plus délicate de sa
vie. Ceci est principalement dii A la baisse de niveau des anticorps d&riv&de la mire
apr& les premiers six mois, à la vulnkrabilitk de l'enfant exposk pendant cette période
à des sources d'infection dans son environnement et nourri traditionnellement avec
des alimentsde sevrage de basse densitk knergétique le plus souvent prkpar& et
conservés de manikre non hygiénique.
Voila pourquoi, le processus de sevrage est non seulement d'une impoaance majeure
l'enfant, maisaussi
pour l'avenir de sa nation et
pour le dkveloppernentde
kventuellement sa destinée ; commedisaitVoltaire (16% 1778) : s Le sort d'une
nation repose souventsur la bonne ou mauvaise digestion deson Premier Ministre 8 .
-
ANONYME, 1992 - <t Child feedingweaning
practices B. National confirence in
fidings of &&
- an
mateml and chilB hedth s ~ m 9 .
MOISEW. et dl., 19
tw0 years at Cair0
-
Feeding & weaningpract
vernomte. Bdl. Nutr. h t . )
of infants and children less than
WHITEHEAD
R.@., 1985 - The human weaning process. Pedi~ttvâc5,75(suppl) : 189-193.
48
SYNTHESE SUR LES PRATIQUES DE SEVRAGE
EN AFRIQUE ET PERSPECTIVES SUR LES
AMELIORATIONS NECESSAIRES
Francis DELPEUCH
Laboratoire de Nutrition Tropicale (UR44), Centre Orstom, Montpellier (France)
1. INTRODUCTION
Etablir une synthèse sur les pratiques de sevrage amène à considérer l'ensemble de
l'alimentation de l'enfant au cours d'un processus qui commence avec l'introduction
systématique en quantités significatives d'aliments de complément, et qui finit avec
l'arrêt d'un allaitement maternel régulieret substantiel. Ce processus de sevrage estpar
par des modifications
excellence une période de transition marquée à lafois
qualitatives et quantitatives des pratiques.
Il est généralement admis que les problèmes alimentaires les plusimportants au cours
de cette période concernent les points clés suivants : modes d'allaitement maternel ;
pratiques alimentaires (âge d'introduction des alimentsdecomplémentprécoce ou
tardif, fréquence desrepas,aspectsrelationnels)
; qualité des
régimes(énergie,
protéines, micronutriments, contamination des aliments).
Il s'agit donc d'un processuscomplexe,multidimensionnel,dépendantdel'âgede
l'enfant et de multiples déterminants, et qui peut être décrit et analysé de différentes
manières. Envisager
les
améliorations nécessaires suppose
de
partir des
recommandations généralement admises en matière d'alimentation du jeune enfant, et
de procéder à une analyse desituation des pratiques et de leurs déterminants basée sur
des indicateurs opérationnels qui fassent l'objet d'un consensus minimum sur leur
définition et leur mode de calcul, et sur la manière de collecter les données nécessaires
pour les établir.
Dans ces deux domaines, recommandations et indicateurs,l'effort de standardisation le
plus significatif aété réalisé sous l'égide de l'organisation mondiale de la santé(OMS),
notamment en 1991 pour la définition et les indicateursdes.modes d'allaitement
maternels oJcrHO/CDD, 1991).
L ~ L ~ ~ E N DE
T COMPLEMENT
A T ~ ~ ~ D U JEUNE ENFANT
Les perspectives d'amélioration envisagées dans cette synthise seront baskes sur ces
recommandations (WHO/CDD, 1991) qui ont kt6 adoptées en 1992 par le plan
d'action de la Confkrence internationale sur la nutrition QOMS/FAO, 1992) et qui
peuvent se résumer ainsi: tous les enfants doivent $tre nourris exclusivement au sein
jusqu'h l'iige de 4 h 6 mois. A partir de 6 mois la quasi-totalité des enfants devrait
recevoir des aliments nutritionnellement adéquatset non contaminés, en complément
dulaitmaternel. Jusqu'i deux ans ou plus, lesenfantsdevraient continuer A itre
nourris au sein et avec ces alimentsde complkments.
A p i s le sevrage, les enfants doiventcontinuer h bknéficier d'une alimentation saine et
nutritionnellement adéquate.
Jusqu'i présent un nombre limitk d'indicateurs a kté proposk (WHB/@DB,1991) :
- Le taux d'allaitement maternel exclusifest la proportion de n~urrissonsde moins
de 4 mois nourris au sein exclusivement, c'est
A dire sans aucun autre liquide ou
solide ;
- .Le taux d'allaitement maternel paridominant est la proportion de nourrissons de
moins de 4 mois essentiellement nourris au sein : cette proportion comprend les
enfants qui regivent de l'eau, de l'eau sucrke et des jus de fruits mais exclut tout
autre lait, liquide i base d'aliments et solide ;
- Le taux d'alimentation somplCmentaire en temps opportun est la proportion de
nourrissons âgés de 6 A 9 mois A qui l'on donne du lait maternel et un complkment
car jugke trop
d'aliments. La qualitkdeces
aliments n'a pas kté priseencompte
difficile h mesurer ;
- Le taux de p~ursuitede l'allaitement maternel (1 an) est la proportion d'enfants
iigks de 12 j, 15 mois qui sont allaités au sein;
- Le taux de poursuite de I'allaitement maternel (2 ans) est la proportion d'enfants
$g:ks de 20 h 23 mois qui sont allaités au sein;
- Le taux d'alimentation au biberon est la proportion de nourrissons de moins de
12 mois h qui l'on donne de la nourriture ou une boisson au biberon.
Ces indicateurs ont d'abord ktk choisis pour décrire les modes d'allaitement maternel
considérh les plus importants par rapport h la santé de l'enfant, notamment en
référence h la déclaration* hnocenti B sur la protection, l'encouragement et le soutien
de l'allaitement maternel (WHO/UNICEF, 1991). Ils ont aussi été sélectionnés pour
50
._
'
Synthèse etperspectives sur lespratiques de sevrage
leur facilitédecollecteet
d'interprétation, et leur aptitude à mesurer les progrès
Ils
enregistrésdans
l'exécution des programmes qui encouragentl'allaitement.
permettent ainsi des comparaisons à l'intérieur d'un pays dans le temps et entre zones
ou groupes de population mais peuventaussi servir à des comparaisons entre pays et à
dégager d'éventuelles spécificitésrégionales.
Bien que focalisés sur l'allaitement maternel,ces indicateurs vont au delà cartraduisant
un ensemble de recommandations en matière d'alimentation par rapport à l'âge de
l'enfant. La présente synthèse s'appuiera donc d'abord sur ces indicateurs.
Ils ont été, par ailleurs, l'objet d'une critique récente soulignant que les données
collectées pour les établir permettent decalculer d'autres indicateursadditionnels,
et al.,
potentiellement utiles, et ceci sans effort supplémentaire de collecte ("Cann
1994). On illustrera ainsi à l'aide dequelquesexemplesle
type d'indicateurs qui
pourraient déjà être proposés pour mieuxapprécier
les pratiquesrelatives
à
l'alimentation de complément, et mieux orienter les programmes et messages dans ce
domaine.
2.3. Les sources des données utilisées
En parallèle aux efforts normatifs réalisés par l'OMS sur les recommandations et les
indicateurs, les enquêtes démographiques et de santé (EDS) représentent la principale
et standardisée
de
données
qui permettent
tentative de collectesystématique
notamment de calculer ces indicateurs (Sommerfelt et al., 1991). Rappelons qu'il s'agit
d'enquêtes transversales sur des échantillons nationaux des femmes de15 à 49 ans et de
leurs enfants deO à 5 ans.
En plus du questionnaire établi pour l'atelier, la présente synthèse s'est appuyée sur
des résultats obtenus par les EDS dans les pays suivants : Burundi (1987), Cameroun
(1991), Ghana (1988), Madagascar (1992), Malawi (1992), Mali (1987),
Maroc (1987),
Namibie (1992), Niger (1992), Nigéria (1990), Ouganda (1989), Rwanda (1992),
Sénégal
(1986),
Tanzanie (1991), Togo (1988), Tunisie (1988), Zambie (1992),
Zimbabwe (1989). Ces résultats figurent dans différents documents issus de ces EDS
(Atinmo et al., 1993 ; Kaite et al., 1993 ; Lowe et al., 1993 ; Macro International Inc.,
1993a; 1993b ; 1993c; 1993d; 1993e ; 1993f; 19938; 199311 ; 1993i; 1993j ; 1993k ;
19931 ; 1993m ; Neste1 et al., 1993 ; Oumarou et al., 1993 ; Macro International Inc.,
1994a ; 1994b ; 1994~).
Une des limites, qui doit inciter à une certaine prudence dansl'interprétation, est que
cesEDS s'étalent dans le temps entre 1986 et 1992 ; il n'est pas impossible que par
rapport aux enquêtes les plus anciennes, certaines pratiques aient sensiblement évolué.
51
3.1. Les indicateurs actuelsde 1'0
Les taux d'allaitement maternel exclusif varient considkrablement mais A l'exception
du Burundi et du Rwanda, les pays sont loin de l'objectif assignant une alimentation
taux
auseinexclusive
pour tous jusqu'i 4-6 mois, beaucoupdepaysayantdes
extrimement faibles (figure 1).
Les taux d'allaitement maternel prkdominant sont beaucoup plus klevks ; donner de
l'eau en plus du lait maternel constitue une pratique encore très r6pandue et explique
en grande partie les très faibles taux d'allaitement exclusif obsewks dans denombreux
pays. Cependant le taux d'enfants qui ne bknkficient pas d'un allaitement pridominant
reste éle&, variant entre un enfant sur quatre et plus d'un enfant sur deux clans la
quasi totalité des pays (figure2).
Sur 18 pays, 4 seulement ont un taux d'alimentation complkmentaire en temps
' (figure 3) ; les progris i accomplir sont donc la aussi
opportun au dessus de 80 %
importants.
La situation est beaucoup plus satisfaisantepour le taux de poursuite de l'allaitement
maternel A un an, avec 11 pays sur 14 ayant des taux proches ou suphrieurs A 90 qh
(figure 4). En revanche le taux de poursuite A deux ans ne dkpasse jamais 75 % et est
inférieur à 50 % dans pays sur 14 (figure 5).
En ce qui concerne le taux d'alimentation au biberon les donnkes que nous avions
n'ont pas permis d'ktablir l'indicateur recommandk,à savoir letaux chez les enfants de
moins de 12 mois, mais seulementle taux chez les moins de 4 mois. Dans cette
tranche d'ige 1%pays sur 19 ont des taux infirieurs à 5 %, mais 4 pays ont des taux qui
d6passent 30 % (figure 6).
utres indicateurs
Les indicateurs proposés par l'OMS, permettent d'ktablir les proportions d'enfants qui
sont nourris selon les recommandations actuelles.Ils permettent donc de mesurer les
progris accomplis et ceux qui restent A accomplir. Cependant ils ne disent rien sur les
enfants qui ne sont pas nourris selon ces recommandatisns, en particulier en ce qui
&unproblime
concerne les aliments decomplkments : avant 4 mois,s'agit-il
d'introduction trop pricoce ou d'un a r & de l'alimentation au sein 3 Entre 6 et 9 mois
s'agit-il d'une introduction trop tardive ou à nouveau d'un xr6t de l'alimentation au
t-il encore des enfants qui ne repivent pas encore
sein ? Après 12 moisya
d'alimentation solide ?
52
Synthèse et perspectives sur les pratiquesde sevrage
Burkina Faso
O
20
40
60
pourcentage
Figure 1
Taux d'allaitement maternel exclusif (enfants
80
1O 0
< 4 mois).
_I
O
20
40
60
pourcentage
80
1O 0
Figure 2
Taux d'allaitement maternel exclusif et avec eau (enfants < 4 mois).
53
L 'ALIMENTATIOMDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFXNT
Zimbabwe
Malawi
Togo
Ham bie
Madagascar
Cameroun
Niner
I
Burundi
Namibie
Tanannie
Ghana
Tunisie
NigBria
Maroc
Mali
88
4
Figure 3
Tauxd'alimentationcomplimentaireentempsopportun(enfantsde
9 mois).
6A
Burundi
Burkina Fa50
Togo
Ghana
Niger
SBnBgaI
Mali
Zambie
Zimbabwe
Nigeria
Ouganda
CWlleroUïl
Maroc
Tunisie
0
20
80
pourcentage
40
80
-
Figure 4
Taux de poursuite de
de l'allaitement
l'allaitement maternel
maternelA un an (enfants
(enfants de 12 à
15 mois).
54
100
Synthèse et perspectivessur lespratiques de sevrage
Burkina Faso
Burundi
Togo
Niger
Ghana
Mali
NigBria
Ouganda
SBnBgal
Cameroun
Zambie
Zimbabwe
Tunisie
Maroc
O
40
60
pourcentage
20
80
1O 0
Figure 5
Taux de poursuite de l'allaitement maternel à deux ans (enfants de20 à
23 mois).
Rwanda
Burundi
Burkina Faso
Ouganda
Niger
Mali
Zambie
Zimbabwe
Tanzanie
Malawi
Madagascar
SBnBgal
Togo
Maroc
Cameroun
Namibie
NigBria
Tunisie
Ghana
31
O
20
40
60
pourcentage
80
Figure 6
Taux d'alimentation au biberon (enfants < 4 mois).
55
1O 0
E 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Plusieursinelicateurssimples,
construits A partir des m8mes donnkespourphlient
rkpondre A ces questions.
Ainsi il appamh qu'avant 4 mois, le problkme principal dans tous les pays n'est pas
l'arrêt de l'alimentation ausein mais l'introduction d'aliments solides : le taux
"d'alimentation au sein et aux aliments solides" est supkrieur A 16 B/o dans 11 pays sur
18 ;il d6passe 26 % dans 7 pays et 36 % dans 3 pays (figure7).
Entre 6 et 9 mois le mode d'alimentation au seinsans aliments solides encomplkment,
concerne plus d'un enfant sur dix dans 17 pays sur 18 ;plus d'un enfant sur cinq dans
12 pays et plus d'un enfant sur trois dans 7 pays (figure 8). Par comparaison letaux de
sevrage complet dans cettetranche d'ige ne dépasse 5 % que dans 4 pays.
Entre 12 et 15 moisplus &un enfant sur dix continue a nerecevoiraucune
alimentation solide en complkment du sein, dans 9 pays sur les 12 pour lesquels on a
pu rkcupkrer l'information (figure 9). Dans deux pays, un enfant sur quatre est
concerni. Dans la majoritk des pays, le problème de l'absence d'alimentation solide
touche, dans cette tranche d'ige, plus d'enfants quele sevrage complet !
Burundi
Rwanda
Namibie
Tanzanie
hladelegascar
Mali
NigBria
Maroc
8&n&al
Ghana
Niger
Zambie
Tunisie
Ouglanela
Cameroun
Zimbabwb
Toge
Malawi
60
40
90
20
10
0
'10
20
30
40
Figure 7
Taux d'allaitement maternel avec solideset taux de sevrage complet
(enfants < 4 mois).
56
60
Synthèse et perspectives sur les pratiques de sevrage
Zimbabwe
Malawi
Zambie
Togo
Cameroun
Madagascar
Namibie
Tunisie
Ouganda
Niger
Senegal
Rwanda
Maroc
Burundi
Tanzanie
Ghana
Nigeria
Mali
8ana aolldea
08avrage aomplot
3
12
23
28
20
60
50 40
30 20
10
O
10
20
30 40
50 60
Figure 8
Taux d'allaitement maternel sans solides et taux de sevrage complet (enfants
de 6 à 9 mois).
Niger
Zambie
Togo
StSnegal
Burundi
Cameroun
Ouganda
Maroc
Tunisie
Ghana
Mali
NigBria
60
40
30
20
10
57
O
10
20
30
40
50
Ainsi que cela a dkjh été soulignk, l'Afrique resteune des régions du monde oh
l'alimentation au sein est la plus rkpandue et dure le plus longtemps (Perez-Escamilla,
1993). Il existecependant une grande divepsitk dans les pratiques d'allaitement en
particulier, et de sevrage en gknkral, et un grand nombre d'enfants sont nourris avec
des pratiques qui s'&oignent beaucoup des recommandations actuelles.
Les efforts doivent notamment porter :
- sur l'alimentation au sein exclusive qui est loin de toucher tous les enfants de moins
habitude culturelle mais aussi une pratique
de 4-6 mois : donner de l'eau est une
mkdicale encore acceptke dans de nombreux endroits, ce qui conduit plusieurs pays à
des taux d'allaitement exclusif très faibles. De plus, une proportion dijh.importante
d'enfants rqoit des aliments de compllément ;
-sur l'augmentation de la proportion d'enfants nourris ausein au cours des deux
premières années;
- sur l'augmentation de la proportion d'enfants qui repivent en temps opportun, c'est
h dire A partir de 6 mois, une alimentation de complkment h l'alimentation au sein,
saine et adéquate au plan nutritionnel.
Sur ce dernier point, OR a vu que beaucoup d'enfants $gis de plus de 6 mois ne
recevaient pas encore d'aliments solides mais encore faut-ilajouter que selon le peu de
donnkes dont on dispose, la frkquenceet la qualité desrepas sont loin d'itre
satisfaisants : ainsi, et sans empiéter sur lesexposksde
la seconde partie, les
questionnaires reps montrent que :
- les frkquences de repas sont en moyenne plus proches de 2 h 3 par jour que des 4 à 6
recommandés selonl'bge des enfants ;
- les bouillies traditionnelles, données comme premier aliment solide, ont une densité
knergétique infkrieure, et souvent très infkrieure, A celle du lait maternel qui est de
l'ordre de 70 Kcal/100 ml : 34 à 60 @al/l00 ml pour les bouillies à base de mil et
sorgho au Burkina Paso, 44 B 64 au Gabon, 40 au Congo que ce soit A partir de
manioc ou de ma%. On peut estimerque lesdensitksen
autres nutriments et
micronutriments sont kgalement souvent très insuffisantes.
Par ailleurs, on ne sait pratiquement rien sur les quantitks d'aliments de complément
qui sont introduites au début : trop klevées et perturbant l'alimentation au sein ? ou
trop faibles et n'assurant pas une couverture suffisante des besoins ? Faut-il penser
qu'une autorégulation de l'appktit del'enfantsuffit
en gknkral 21 &ter cesdeux
kcueils ?
,
Synthèse et perspectives sur les pratiques
de sevrage
En termes de programmes et d'orientation desmessages, il n'est pas certain que les
efforts consentis jusqu'à présent en faveur de l'alimentation au sein soient suffisants
dans le domaine de
pour garantir des pratiques
alimentaires
satisfaisantes
l'alimentation de complément.
Ainsi, il est intéressant denoter que les pays qui ont le meilleurstatut du point de vue
de l'alimentation au sein exclusive avant 4 mois, ne sont pas ceux qui ont la plus forte
proportion d'enfantsrecevant une alimentation de complément dèsle6èmemois
(figure 10).
De même les facteursdéterminants l'arrêt de l'alimentation au sein ou l'utilisation du
biberon, qui sont maintenant mieuxconnus, ne sont pas forcémentceux qui
déterminent aussiles bonnes ou lesmauvaises pratiques concernant les aliments de
complément. Ainsi la relation inverse qui existe entre le taux d'urbanisation des pays
ou leur développement économique mesuré par le produit national brut (PNB) par
habitant, et la durée d'alimentation au sein (figure ll), est-elle moins évidente quand
on considère l'introduction trop précoced'alimentssolides(figure
12) ou leur
introduction trop tardive (figure 13).
D'autres facteursculturels,sociaux
sont en cause : Dettwyler (1986) avaitainsi
identifiéauMaliplusieurscroyancesfondamentalesconcernant
l'alimentation des
enfants : un enfant n'a pas besoin d'aliment solide avantenviron 8 mois ;si un enfant
a faim il mangera mais s'il ne veut pas manger il ne doit pas être forcé ; seul l'enfant
lui-même saitquand il a faim et quand il a assez mangé.
Al'inverse, dansbeaucoupderégions,la
plupart desmères considèrent qu'il faut
compléter le lait maternel dès le plus jeune âge. Ainsi, au Niger, à Zinder, 40 % des
mères pensent qu'une alimentation de .complément doit être donnée au cours des
3 premiers mois et 50 VO des enfants dece groupe d'âge adéjà reçu des aliments solides
(Oumarou et al., 1993).
5. CONCLUSION
Ainsi, que ce soit en matière d'analyse de situation ou en matière de programmes, il
semble nécessaire que l'intérêt porté à l'alimentation au sein se déplace un peu pour
prendre en compte l'alimentation de l'enfant dans sa globalité. Pour ces deux aspects,
la présente tentative de synthèse conduit, en guise de conclusion à quelques réflexions
et questions qui sont autant de thèmesde discussionpour les sessions suivantes :
59
Alimentation eomplbmentaire 6-9 moi5 (%)
100
IB
-
80
mm
....
........^. ..........
~
.............
............. ..........
I.--"^
"
~
"
lx
O
.............
~
......
..... .................................
..
-......
".
-
B
EJ
t
40 ........................................
.
20
0
......
-.
.
_. ....".... ...."
-.
.
~
........
"
....
"
- - -. -_." ..................
......." ..........
I
40
60
80
Allaitement exclusif avant 4 mois (59)
.....
100
Figure 10
Relation dans les paysentre le taux d'alimentation complémentaire en
temps opportun et le taux d'allaitement maternelexclusif avant 4 mois.
Du&e de I'alkdtement (mois)
30 25
-
20
-
15
-
-
10 -'
5-
-
0-
0
10
20
30
40
Taux de population urbaine (%)
50
60
Figure 91
Relations dans les paysentre la durie de l'allaitement maternel et(a) le taux
de population urbaine (b) le PNB par habitant.
Synthèse et perspectives sur les pratiques de sevrage
I
PI
...."."
.... "...........
........
"
^
............ ....
~
PI
.........
..............
"
_ _--
20
t
,O
10
...................
..............
l
J
O
w)
20
90
40
60
Taux de populatbn w b a h t%)
n
.-
1I
-
..
.. _..I._
-
......................
P I m
..
...................
PI
P
,
80
Figure 12
Relations dans les pays entre le taux d'alimentation avec solides avant
4 mois et (a) le taux de population urbaine (b) le PNB par habitant.
...... ..........................
50
^
..... -. ...........................
*O
~
_-
"_
...................
p3
~
....
40
mm
~
i-
........
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"-
.........
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mm
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1;;
10 ...I
O
O
m
x)
30
40
60
Taux d a population urbaine (XI
O
O
80
.
....
200
..........
....................................
,
m
,
...........
"
1
600
800 1000
PNB / habitant (SUS)
400
,
,
1200
1400
Figure 13
Relations dans les pays entre le tauxd'alimentation sans solidesà 6 - 9 mois
et (a) le taux de population urbaine (b) le PNB par habitant.
61
L 2L
TION BE COMPLEMENTBU JEUNE
NT
- d'une maniire génkrale l'analyse de situation sur l'alimentation des jeunes enfantsne
semble pas suffisante, notamment si l'on veut prendre en compte les pratiques
mistantes et les critkres de dkcisions des mires pour s'appuyer sur elles et introduire
plus de rationalitk nutritionnelle dans ces dkcisions. Dans bien des cas, l'information
pourrait &tremkliorée à moindre coQt en exploitant mieux
ou d'efforts supplé
et sans avoir h faired'ktudes
entattion de donnCes par catégories d'aliments et classe
garde aux limitations imposkes par les effectifs dans chaque classe d'ige. Cependant
l'identification des dkterminants et des contraintes A une introduction en temps
opportun d'aliments de complément de qualitk satisfaisante reste le plus souvent h
réaliser : croyances culturelles, insécuritk dimentaire des mknages, disponibilitk en
alimentsadkquats,chargedetravailet
répartition du temps,responsabilité du
systkme de santk(manque de contacts, messages non ou peuadaptés, messages
conflictuels...), connaissances en matière d'hygikne, etc.
on a vu que les pratiques incorrectes ne concernent pas tous les enfants ; dks lors se
la question du ciblage
des
pose,
dans
ce
domaine comme dans biend'autres,
programmes : faut-il faire porter les efforts sur la population gknérale des enfants ou
bien seulement sur des groupes ou individus cibles et sur quels critkres ? groupes h
risque de malnutrition ? groupes basés sur les d6terminants des mauvaises pratiques ?
critkres sociaux? etc.
- Faut-il coupler systématiquement les activités visant modifier les pratiques avec des
en
programmes visanti la diffusion eth l'utilisation de nouveaux aliments (fabriqués
atelier ou fabriqub au niveaudesmknages)
et faisantappel i des innovations
technologiques ? En particulier pour que soit pris en compte les crit&resde qualité :
kquilibre nutritionnel, micronutriments, etc.
- Quelles sont les alternatives pour m6liorer l'alimentation complkmentaire du jeune
enfant lorsqu'il n'y a pas de "farines infantiles''? Les a t-on suffisamment essaykes ?
-L'objectif final n'ktant pas
seulement
une amélioration des pratiques et de
l'alimentation mais une amklioration du dkveloppement des enfants, ne faut-il pas
intégrer systkmatiquement les programmes visant aux changements de pratiques avec
les activités depromotion de la croissance?
-
ATIIWO T., GFUNGE N., ONYEZILI N.,NESTEL P., LUTTER C.,RUTSTEIN S.O., 1993 Nutrition and health status of infants and Young children in Nigeria. Findings from
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.
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~
RESUME DE LA DISCUSSION GENERALE
DE LA PREMIERE PARTIE
1. La discussion générale aporté sur la définition du sevrage qui, pour certains, a une
connotation négativeen ce sensqu'elle correspondrait à l'arrêt del'allaitement
maternel en ignorant la complémentarité. Par "processus de sevrage", on entend le
passage progressif pour le nourrisson, du lait maternel, comme unique source de
nourriture, au régime familial habituel.
2. A la question de savoir si dans sa résolution WHA/47, l'OMS avait modifié ses
recommandations sur l'introduction d'aliments de complément entre 4 et 6 mois,
puisque cette résolution mentionne "environ 6 mois", la réponse a été que l'OMS
utilisait toujours la notion d'introduction d'alimentsde complément entre 4 et
6 mois, les nourrissons étant différents dans leurs besoins physiologiques et dans les
étapesde leur maturation. L'introduction d'alimentsde complément entre 4 et
6 mois a pour effet que tout enfant recoive un aliment de complément à l'âge de
6 mois environ. Il n'y a donc pas de changement dans la politique de l'OMS. Cette
référence à "environ 6 mois" existe dans les rapports du Directeur Général sur le
sujet depuis plusd'une décennie.
3. Il y a des pays, notamment la Tunisie, où l'on conseille aux mères de préparer à
leurs enfants des alimentsde sevrage à partir du repasfamilial,enfaisantbien
attention de les hacher finement et de les écraser avant de les donner aux enfants.
à base debouillies, cette
Comparée auxalimentsdecomplémentuniquement
alternative paraît intéressante et l'on a proposé qu'elle soit discutéelors des travaux
de groupe.
4. Plusieurs intervenants on insisté sur lanécessaireprise
en compte des tabous
nutritionnels dont l'importance ne doit pas être négligée. Le soutien
d'anthropologues et desociologues au cours desenquêtes
nutritionnelles est
fortement recommandé, enparticulier pour étudier les tabous concernant les jeunes
enfants et les mères.
5. Enfin, les participants ont insisté sur la
nécessité
d'une clarification des
terminologies dans ledomaine de l'alimentation de complément.
6, 'ALlMEhT'TION
DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
66
SECONDE PARTIE :
PRINCIPES GENERAUX
D'AMELIORATION DES
ALIMENTS DE COMPLEMENT
CONTROLE DE QUALITE
DES ALIMENTS DE COMPLEMENT
Selma DOYRAN
Division dela Nutritionet des politiques alimentaires,
FAO, Rome (Italie)
1. INTRODUCTION
La Conférence internationale sur la nutrition (CIN) a fait ressortir que les aliments ne
devraient pas seulement être disponibles en quantité suffisante, mais devraient être
sains et d'une qualité nutritionnelle appropriée. Celaest d'une importance particulière
dans le casdes aliments pour les enfants en bas âge, pour lesquels les intoxications
alimentaires peuvent avoir des conséquences plus sévères et représentent un facteur
considérable
de
mortalité infantile. De même
les
déficiences
nutritionnelles
handicapentgravementla
santé et la croissancedesenfants.
Les gouvernements
doivent prendre en compte le contrôle de qualité, y compris la qualité sanitaire des
aliments, enrelation avec lapolitique nutritionnelle.
2. DIFFICULTES
RENCONTREES
DANS
LA
OEUVRE DU CONTROLE DE QUALITE
MISE EN
Pour mettre en oeuvre un contrôle de qualité efficace les gouvernements doivent faire
face à de nombreuses difficultés,notamment l'augmentation de la population urbaine,
lesdistances entre les zonesde production et de consommation, les évolutions
technologiques et l'internationalisation du commerce. D'autre part, compte tenu des
ressources limitées dans les administrations, particulièrement dans les pays en voie de
développement, des priorités doivent être définies ;pour des raisons économiqueson a
tendance à définir les exportations comme priorité ce qui se fait parfois au détriment
d'autres contrôles. Il est donc essentiel que, pour les autorités nationales, la sécurité et
laqualité des alimentsvendus sur lemarché intérieur soient considérées comme
importantes.
L 2LIMENTATION DE COMPLEhfENTDU JEUNE ENFANT
Lamauvaisequalitk.
des importations constitue une prkoccupation skrieuse et de
nombreux pays ont dfi intensifier leurs contrbles à cet égard. Mais le plus difficile est
le csntrdle de qualitk des produits fabriquks au niveau national, pour des raisons de
cofit et des difficultés, soit géographiques, soit d'infrastructures, car il est plus facile
d'inspecter les produits qui sont concentrés au point d'exportation ou d'importation
que la production nationale répartiesur tout le territoire.
la
Les gouvernements sont de plus en plusconscients du besoindeprkvenir
commercialisation de produits nocifs pour la santé ou susceptibles de tromper le
consommateur. Au vu de la complexitk des systkmes de production agro-alimentaires
une approche intkgrke impliquant l a diffkrents secteurs éconorniques est nkcessaire
pour assurer une protection effective du consommateur et pour optimiser des
ressources qui sont souvent rkduites. Lors de la dernikrerkunion du Comitk de
coordination du Codex pour l'Afrique (Abuja, 1992) et de l'Atelier rkgional F A 0 sur
la gestion des programmes de contr8le qui l'avait précédée, l'accent avait été mis sur
les facteurs de rkussite dela politique de contrble de qualité:
- la mise en place d'une stratkgie cohkrente pour le contrble alimentaire comprenant
;
une lkgislation de base et une rkglementation actualisée r&ulikrement
- une définition claire du raie des différentes administrations concernkes ;
-une concertation des autorités avecles institutions d'kducation, l'industrie et les
consommateurs au niveau nationalet local ;
- le renforcement des structures de contrdle, y compris les laboratoires ;
- l'identification des domaines et des mesures prioritaires, l'dimentation infantile ktant
un de ces domaines.
A cet kgard, une sériedemanuels a kté publike par laDivision des politiques
alimentaires et de la nutrition @SN) dans la Skrie Alimentation et Nutrition. Cette
série qui est destinée auxautorités de contrble et sert de rkférence dans les projets mis
en oeuvre par la F A 8 concerne :
- le contrhle de qualitk,y compris l'exportation et l'importation ;
- la gestiondes programmes decontr8le ;
- l'kchantillonnage et les analyses ;
- l'andyse microbiologique ;
- la formation à l'analyse des mycotoxines ;
- l'assurance de qualité en laboratoire.
En ce qui concerne le contrble de qualité en général, les actions dépendentdu type de
production : les grandes unités de fabrication ont le plus souvent mis en oeuvre un
système d'assurance qualité,notamment ISO 9000, et les projets actuellement en cours
tendent à utiliser cette approche dans les pays en dkveloppement. Il appartient aux
70
Contrôle de qualité des aliments de complément
autorités decoopérer avecles industries dansladéfinitionde
ces programmes et
d'effectuer un contrôle secondaire en usine ou par sondage sur le produit fini.
Un autre aspect important est l'étiquetage afin d'assurer une information loyale et
claire du consommateur et de donner le mode d'emploi dans le cas des aliments de
complément prêts à l'emploi. Pour cefaire, on peut sebaser sur les normes
internationales :
Lignes directrices générales concernant l'étiquetage nutritionnel (CAC/GL 2-1985 ;
Rév. 1-1993) ;
- Norme générale pour l'étiquetage des denrées alimentaires préemballées (CODEX
STAN 1-1985 ;Rév. 1-1991) ;
-Norme générale pour les mentions d'étiquetage et lesallégations concernant les
aliments diététiques ou de régime préemballés(CODEX STAN 146-1985) ;
-Directives sur l'étiquetage nutritionnel et Norme générale pour les mentions
d'étiquetage ;
- allégations concernantles aliments diététiqueset de régimes (comprenant les aliments
pour enfants).
-
3. PROBLEMES POSES PAR LES MYCOTOXINES
La contamination et la mauvaise qualité des aliments représentent encoreun problème
sérieux et ont des répercussions économiques etnutritionnelles considérables.
Dans le cas spécifique des aliments de complément, l'un des problèmes majeurs pour
l'industrie et les services de contrôle en Afrique et dans les pays de climat tropical en
général est la contamination lors de l'utilisation des matières premières locales. Les
mycotoxines, et surtout les aflatoxines, présentent un danger sérieux pour la santé
dans le maïs, les arachideset certaines légumineuses.Les niveaux decontamination très
élevés peuvent entraîner une toxicité aiguë directe. La F A 0 a publié un manuel sur les
pratiques pour la prévention de la contamination par les mycotoxines (1979) et suit
cette question prioritaire à travers de nombreusesactions. La F A 0 a organiséde
nombreux ateliers régionauxsur le contrôle de cette contamination qui ont fait l'objet
de plusieurs publications, en particulier l'atelier régional sur les aflatoxines au Caire
(1990) au cours duquel les pays ont échangé leurs expériences dans la maîtrise de la
contamination, notamment auniveaudela
production. La création d'un réseau
interafricain sur les mycotoxines permettant auxpaysdemieuxéchanger
leurs
expériences avait été initiée. Il avait été aussi recommandé queles pays établissent une
réglementation à cet égard.
par exemple, est
L'action au niveau de laproduction, à travers la vulgarisation agricole
très importante carsilesaliments
sont préparés non pas industriellement ou de
71
mmini&reartisanale, mais au niveau familial, il est tris difficiledes'assurer pu- un
contrôle direct queles matikres premikresne sont pas contaminées.
Un autre problkme du contrdle des mycotoxines par les services de contrdle est
l'kchantillonnage ; une consultation technique F A 0 sur l'kchantillonnage pour les
arachides et le maïs a eu lieu à Rome en 1993 (voir la revue Food and Nutrition
no 55).
Un cours de formation rkgionde sur l'analyse des mycotoxines autres que l'aflatoxine
aura lieu au Botswana en dkcembre 1994, ce qui permet de mettre en place des actions
dans divers pays pour disposer de plus d'informations sur les autres contaminations.
Le Comitk du Codex sur les additifs et contminants et le @omit6sur les ckrkales et les
lkpmineuses ktudient kgalement ces questions, tant pour dkfinir des limites maximales
que pour ktablir des recommandations permettant de diminuer la. contamination h %a
source.
En ce qui concerne la contamination microbiologique, les industries les plus
importantes effectuent un auto-contrôle et appliquent des prockdures d'assurance de
qualitk. Dans ce cas les autoritks de contrôle ont un double r81e : conseil lors de la
mise en place de ces prockdures dans les unit& de fabrication et contrôle secondaire
pour vkrifier soit la mise en place del'auto-contrôle, Soit la skcuritk du produit fini.
un contrôle au cours duprocessus
de fabrication,
O n tend h kvoluervers
principalement par l'utilisation du systkme m C C P (I4zarcl Andysis Critical
Csntrol Point). Ce systkme a d'abord ktk mis en place dans de grandes unit&, mais il
peut s'appliquer B tous les niveau, petite/moyenne industrie, transport et
distribution, car il s'agit de principes générauxpour une dkmarche logiquepermettant
d'identifier les risques decontamination et de les maitriser.
A cet kgard, le ComitkduCodex
surl'hygiine alimentaire a ktabli deslignes
directrices pour l'app,pllication du systkme MACCP (supplkment 1-volume 1 CAC/GL
18-1993).
De mime, les Principes gknkraux d'hygiène alimentaire peuvent servir de basse pour
assurer l'hygikne à la production ; ils sont en cours de rkvision et comprendront en
particulier un volet sur l'kducation du consommateur en matière d'hygikne.
Dans le domaine de l'alimentation infantile, il existe aussi des dispositions d'hygikne
spkcifiques regroupkes dans le Code d'usage en matikre d'hygikne pour les aliments
destinks aux nourrissons et enfants enbas ige (CAC/RCP 21-1979).
72
Contrôle de qualité des aliments de complément
5. PRECISIONS SUR LE FONCTIONNEMENT DU CODEX
Ayant parlé d'un certain nombre de normes Codex en rapport avec le contrôle de
qualité, il convientde donner quelques précisionssur le fonctionnement du Codex.
5.1. Généralités
La CAC, composée de 150 membres, a été établie en 1962 par la F A 0 et l'OMS pour
mettre en oeuvre le programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires avec
pour objectifs de protéger la santéduconsommateuretdefaciliterlecommerce
international. Plusieurs normes spécifiques (et textes connexes) ont été élaborés par la
CAC pour les aliments pour nourrissons et enfants enbas âge, s'agissant d'un domaine
d'action prioritaire. Ces normes servent de référence dans le commerce international
et leur importance à cet égard a été mis en relief dans les accords du GATT, SPS et
TBT, aux termes
desquels
les
pays
membres
devraient
suivre les normes
internationales lorsqu'ellesexistent.Dansle
cas du SPS, il estspécifiquementfait
référence au Codex (normeset textes concernant laprotection de la santé).
Ces mesures ont été établies dans la perspective du commerce international mais elles
sont utilisées par de nombreux paysmembrescommebasede
leur législation
nationale. On doit noter que les normes établissent des critères minimaux et laissent
certains domaines où il appartient aux gouvernements de décideren fonction de leur
situation et besoins particuliers.Lors de la mise en place de programmes de
législation,
et de contrôle alimentaires dans les pays, la F A 0 et l'OMS recommandent d'utiliser
ces normes internationales. Compte tenu des problèmes que peuvent rencontrer les
pays importateurs, notamment enAfrique,concernant la qualité des alimentsde
complément (et des aliments en général), le statut des normes Codex dans le cadre du
GATT est un facteur important qui permet par exemple à un paysd'exiger la
conformité des aliments importés à une norme internationale ce qui lui donne une
garantie mtme s'il n'a pas un règlement national spécifique.
5.2. ExemplesdenormesCodexconcernantlesproduitspour
l'alimentation infantile
Parmi les normes Codex pour les produits de l'alimentation infantile, on peut faire
ressortir celles qui concernent directement le sujet:
73
E'ALIiidENTATION DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFmT
5.2.1.
Elle s'applique aux farinesspéciales et produits cérkdiers destinés j: complkter le
rkgime alimentaire des nourrissons et enfants en bas dge. Cette norme, qui a été
réplièrement réviske depuis sa première publication en 1976, comprend des exigences
de composition nutritionnelle :
- une teneur minimale en protéines de 15 % du poids sec, la qualité des protéines
n'&tantpas inférieure A 70 YO de celle de la caséine;
- une teneur minimum de 10 % de protkines de lait dans cas
le des biscuits au lait;
- une teneur en sodium maximum de 166 mgil00 g.
5.2.2.
Lors de la discussion de la norme ci-dessus les pays en voie de dkveloppernent ont
exprimk leur souhait de lignes directrices de la F A 0 et de l'OMS pour la prkparation
de ces produits à partir dematikrespremikresdisponibleslocalement.Afinde
rkpondre j: ce besoin, ceslignesdirectrices ont ktk élaborées par le CCNFSDU et
adoptées par la CAC en 1991.
Elles ktabllissent des dispositions pour la formulation de ces produits, dkfinis comme
des aliments destinks aux nourrissons au cours de la pkriode de sevrage, en tant que
supplkments du laitmaternel, de substituts du lait maternel et d'autres aliments
disponiblesdanslepays où le produit est vendu. Ces dispositions concernent des
exigences nutritionnelles, les
techniques
de
transformation et de fabrication, les
exigences d'hygiène, le conditionnement, l'étiquetage et le mode d'emploi.
Dans l'optique d'une rationalisation et d'une simplification des normes, il a kté décidk
de combiner la norme et les lignes directrices ci-dessus. Ce texte a été distribuk pour
commentaires des gouvernements et doit 6tre considkré par la prochaine session du
Comitk Codex sur la nutrition et les aliments diktktiques et de régime (27-31. man
1995, Bonn) ; il est donc important que les gouvernements fassent part de leurs
observations et souhaits en la matière.
5.2.3.
Les normes Codex dans ce domaine couvrent aussi d'autres aspects ou produits tels la
liste consultative de sels minéraux et vitamines dans les aliments pour nourrissons et
enfants en bas ige (CAC/GL 10-1979) etles ababy foods~)en conserve (CODEX
STAN 73-1981). L'ensemble de ces textes peut servir de rkférence dans la définition
des critères de qualitk.
74
'
ALIMENTS DE SEVRAGE CONTAMINES:
FACTEUR DE RISQUE MAJEUR DE
DIARRHEE ET DE MALNUTRITION(')
Yasmine MOTARJEMI, Fritz KAFERSTEIN, Gerry MOY
et Fernando QUEVEDO
Unité de salubrité des aliments, Divisionde l'Alimentation et de laNutrition,
OMS, Genève (Suisse)
1. INTRODUCTION
Les aliments de sevrage contaminés sont responsables d'une proportion importante
des maladies diarrhéiques chez le nourrisson et le jeune enfant, surtout dans les pays
en développement. On estime à 1,4 milliard le nombre d'épisodes diarrhéiques dont
sont victimes chaque année dans le monde (à l'exclusion de la Chine) les enfants de
sont décédés
moins de cinq ans. En 1990, plus de 3 millions d'entre euxen
(WHO/HST, 1992). Jusqu'à 70 % desépisodes diarrhéiques pourraient avoir pour
origine desgermespathogènestransmis
par les aliments (Esrey,1990 ; Esrey et
Feachem, non publié). Il n'en reste pas moins qu'on oublie ou qu'on néglige
fréquemment le rôle important de la salubrité(*) des aliments dans la prévention des
maladies diarrhéiques. Souvent, les stratégies de prévention des maladies diarrhéiques
et de la malnutrition qui leur est associée se contentent de promouvoir l'allaitement
maternel ou d'améliorer l'approvisionnement en eau et l'assainissement,négligeant
d'enseigner aux manipulateursd'aliments, notamment aux mères defamille, les
dans les études
principes d'hygiène alimentaire (Henry, 1991). Il n'estpasrare,
cherchant à déterminer pourquoi les enfants souffrent dediarrhée, que soient
totalement omis les facteurs qui influent sur la salubrité des aliments.
(1) Cet article est déjà paru en anglais sous le titre
u Contaminated weaning food : a major risk factor for
n parlesmêmesauteursdans
BulIetin cf the Worki He&
diarrhoeaandassodatedmalnutrition
Ouganization, 71 (1): 79-92 (1993).
(2) Ce terme désigne ici toutes les conditions
à respecter et les mesures à prendre au cours dela production,
du traitement, de la conservation, de la distribution et de la préparation des aliments pourenfaire
sorte
que ces derniers soient sans danger, sains, bons et propresàla consommationhumaine (OMS, 1984).
E 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENT BU JEUNE ENFANT
La prksente malyse montre bien que la contamination des aliments est l'une des
principales causes des maladies diarrhéiques et de la malnutrition qui leur est associke
et qu'en matikrede prévention de cesmaladies chez le nourrisson et l'enfant, la
salubrité des aliments est aussi importante que l'allaitementau sein ou la mise en place
d'un bon approvisionnement en eau etdel'assainissement. Tout doit &tre mis en
oeuvre pour améliorer l'hygihne alimentaire.Il faut considérerque l'enseignement des
principes d'hygiine alimentaire qui s'adresseauxmanipulateurs
d'aliments, en
particulier aux mères de famille, par le biaisdes soinsde santé primaires et des
programmes d'alimentation des nourrissons, est une stratkgie importante de
prévention des maladies diarrhéiques (Tomkins, 1991).
Le lait maternel est un diment nutritif gknéralement sans danger pour le nouveau-nk
et l'allaitement complet au sein, c'est-i-dire le fait de ne donner au nourrisson aucun
autre liquide ni aucune autre nourriture que le lait maternel, le protige de la diarrhée
en diminuant son exposition aux germes pathogènes d'origine alimentaire ou transmis
par l'eau.L'allaitement maternel peut kgalemene diminuer lagmvitkdesmaladies
diarrhéiques et a un effet déterminant sur la prkvention des décès qui y sont associb
(Akré, 1989 ;JHU/WHO, 1989 ; De Zoysa, 1991). Toutefois, lorsque l'enfant atteint
l'ige de 4 A 6 mois, le lait maternel doit &trecomplétk, puis par la suite (> 2 ans)
remplack par des aliments appropriksjusqu'i ce que l'enfant s'habitue progressivement
à la nourriture familiale.Avec l'introduction des aliments de sevrage. qui, dans de
nombreux pays sont préparcs dans de5 conditions où les rigles d'hygiine ne sont pas
respectées, les nourrissons qui jusqu'ici n'ont été nourris qu'au lait maternel peuvent
&treexposks A desdoses infectantes de germes pathogines d'origine alimentaire. Be
nombreuses
érudes
rapportent une
incidence
maladies
des diarrhkiques
particulièrement éllevke aprks le dkbutdu sevrage (Bure11 et Rowland, 1979). Bans une
étude sur les nourrissons et les enfants d'un village maya du Guatemala,
notk que la prévalence de nombreuses infections augmentait au cours du sevrage. De
leur cbtk, Rowland etMcGollum (1977) signalent une incidence particdiirement
klevée des maladies diarrhéiques entre 7 et 18 mois, avecun pic A l'iige de 9 mois. De Ihz
mCme façon, Black et al. (1982a ; 198%) observent que la prhlence de la diarhke
atteint un pic pendant le second semestre suivant la naissance, pour s'abaisser ensuite
au fur et à mesure que l'ige augmente. La diminution de l'incidence desmaladies
d'origine alimentaire avec l'âge s'explique par l'acquisition probable d'une immunitk
suscitke par l'exposition rkpétke aux germespathogknes. Une étude effectuke par
SnyderetMerson
(1982) indique que ]la médiane de l'incidence desmaladies
74
Aliments de sevrage contaminés
:facteur de risque majeur
diarrhéiques est de trois à six épisodes par an, l'incidence la plus forte se retrouvant
dans la deuxième moitié de la petite enfance.
Pour diverses raisons dans de nombreuses cultures
le sevrage débute à un âge plus
précoce qu'il ne serait nécessaire du point de vue strictement nutritionnel, c'est-à-dire
entre 4 et 6 mois. Les enquêtes récentes indiquent que l'allaitement complet au sein se
pratique très peu fréquemmentet que de l'eau,diverses tisanes, de l'eau deriz et autres
aliments du même type sont souvent introduits dans l'alimentation du nourrisson à
un âge très précoce (OMS, 1991).
En conséquence, les aliments de sevrage contaminés peuvent augmenter
maladie diarrhéique,même au cours des tout premiers moisde la vie.
le risque de
3. GERMES PATHOGENES TRANSMIS PAR LES ALIMENTS
Le nourrisson et le jeune enfant sont très sensibles aux maladies d'origine alimentaire
et, s'ils consomment des aliments contaminés,sont susceptibles decontracter des toxiinfections qui les rendront malades et entraîneront souvent leur décès. Si les maladies
d'origine alimentaire peuventêtre provoquées aussi bien par des substances chimiques
que par desagentsbiologiques, on s'intéresseraici tout particulièrement à celles
d'origine biologiqueparcequ'elles sont responsables d'une part considérable des
maladies diarrhéiques. Toutefois,il convient de noter que les nourrissons et les enfants
sont également sensibles à divers contaminants chimiques présents dans les aliments,
par exemple au plomb, et qu'une telle contamination pose d'importants problèmes de
santé publique dans plusieurs pays(PNUD/FAO/OMS, 1988).
On a identifié divers germes pathogènes à l'origine des maladies diarrhéiques. Il s'agit
de bactéries telles qu'ficherichia Coli, Shigella spp., Salmonella spp., Vibrio cholerae O 1
et Campylobacter jejuni,
de
protozoaires comme Giardia lamblia, Enramoeba
histolytica, Cryptosporidium spp., et de virus entériques comme les rotavirus (Black et
al., 1980 ; 1989 ; Gomes, 1991 ; Huilan et al., 1991 ; WHO/CDD, non daté). En
outre, Bacillus cereus,
Staphylococcus
aureus,
Clostridium pefringens et divers
helminthes sont des germes couramment transmis par la nourriture et qui provoquent
des maladies s'accompagnant souvent de diarrhées.
à E. Coli entéropathogène sont
Dans lespaysendéveloppement,lesinfections
probablement les plus courantes et engendrent jusqu'à 25 % des épisodes diarrhéiques.
La transmission d'E. Coli a été précisément rattachée aux aliments de sevrage.C. jejuni
est à l'origine de 5 à 15 % des diarrhées du nourrisson dans le monde. La shigellose
77
E 2LdMENTATdON DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
constitue un important problkme desantk publique dans Iles pays en dkveloppement et
moins de 5 ans
est responsable de 10 A 15 % des diarrhkesaigu&chezles
(WHO/CDD, non dat6).Le choléra reste kgalement une cause importante de
morbidité et de mortalitk dans bon nombre de pays en développement, surtout en
Asie, en Afrique et plus récemment en Amérique du Sud. Entre le dkbut de l'épidkmie
qui a eulieuau
Pérou en janvier 1991 et la fin mai 1992, lecholkra a touchk
866 666 personnes dans le monde et entrahk 26 066 dkcks (donnkes non publikes de
l'OMS, 1992). Les rotavirus sont plus frbquents chez les enfants Agis de 6 A 24 mois et
sont responsables de20 % de l'ensemble des décès par diarrhée chezles moins de 5 ans
@e Zoysa, 1985) ; ces virus posent des problkmes dans les pays en dkveloppement
comme dans les pays industrialisés. En outre, les infestations parasitaires intestindes
sont frkquentes partout dans le monde et peuvent m&me&treplus importantes que les
infections bactkriennes dans certains pays. L'amibiase,la giardiase, la cryptosporidiose
et l'ascaridiasefigurent parmi les infestationsparasitairesalimentaires
courantes
(Comité OMS d'experts, 1988). L'amibiase est l'une des parasitoses intestinalesles plus
communes ; elle peut &tremortelle (18) et l'on a relevé une forte prkvalence de cette
affection chezles enfants aumoment du sevrage (Shetty et d.>1990 ;Mata e~al., 1977).
4.
c
a
Les mdadies transmises par les aliments peuvent provoquer des troubles skvères et/ou
prolongks, notamment des diarrhées aiguEs, liquides et sanglantes (entrahant une
dkshydratation s&re ou des uldrations), une mkningiee et des mdadies chroniques de
divers systkmes : rknal, articulaire,cardio-vasculaire,respiratoireet
immunitaire
(Archer, 1984 ;Davies et Gothefors, 1984 ;Archer et Young, 1988). Dans une &tude,il
est rapport6 qu'environ 2 % des adultes infectks par unesouche arthritogine de
salmonelle peuvent prksenterpar la suite une arthrite réactionnelle (Archeret Young,
1988). Un certain nombre de malades, en particulier chezlesenfants,infectks
par
E d i entérohkmorragique peuvent prksenterun syndrome hémolytique et u r h i q u e
caractkrisé par une insuffisance rknale aigu? (Gross, 1996 ; Taylor, 1990). Toutefois, le
retentissement nutritionnel des infections d'origine alimentaire est le plusgrave.
L'association entre maladies diarrhkiquues et malnutrition a fait l'objet d'innombrables
études qui ont kté analysées par Tomkins et Watson (198 . En dépit dela nature
et malnutrition, est
il
complexe
de
l'interaction entre maladies
infectieuses
génkralement admis que lesmaladiesinfectieusespeuventaffecterlacroissancede
l'enfant une fois le sevrage commencC (figure 1) (Nlata, 1971 ; 1978 ; Rowland et al.,
1988). Une maladie infectieuse peut entraîner une diminution des apports alimentaires
78
Aliments de seiwage contamin&:facteur de risquemajeur
en raison d'une anorexie. De plus,danscertainescultures,
les parents peuvent
également contribuer à diminuer la ration alimentaire de l'enfant en l'empêchant de
manger ou en remplaçant certains aliments pendant la maladie (Ekanem et Akitoye,
1990). Un mauvais apport alimentaire aggravé par la perte d'éléments nutritifs du fait
des vomissements, desdiarrhées,delamalabsorption
et delafièvre pendant une
période prolongée (diarrhée
persistante),
entraîne
l'apparition de carences
nutritionnelles ayant des conséquences
graves
sur la croissanceetlesystème
immunitaire du nourrisson et de l'enfant. Ainsi, un nourrisson dont la résistance est
à d'autres maladies (notamment aux
infections
supprimée devient
vulnérable
respiratoires) et se retrouve ensuitepris dans un cerclevicieuxde malnutrition et
d'infections (figures 2 et 3). Dans une telle situation, bon nombre de nourrissons et
d'enfants ne survivent pas. Chaque année, environ 13 millions d'enfants de moins de
5 ans meurent dans les pays en développement ; dans la plupart des cas, ces décès sont
imputables à des infections et à la malnutrition qui leur estassociée (Tomkins
et Watson ;1989).
Il existe très peu d'éléments en faveur d'un retentissement nutritionnel des infections
chez les nourrissons nourris exclusivement au sein (Scrimshaw et al., 1983 ; Rowland
al., 1988 ; Tomkins et Watson, 1989). Cela souligne à nouveau l'importance de ce
type d'alimentation pour la prévention de la malnutrition, en particulier au cours des
4 à 6 premiers moisdelavie.Lelaitmaternelcompenselesperteseneau
et en
éléments nutritifs qui se produisent au cours de la diarrhée. Compte tenu des effets
protecteurs de ce lait contre ladiarrhée et la malnutrition, ilestrecommandé de
poursuivre l'allaitement maternel pendant au moins 2 ans (Akré, 1989 ; De Zoysa et
al., 1991).
et
De nombreuses études ont mis en évidencelefait
que les infections peuvent
provoquer des retards de croissance au cours de la période de sevrage.
Dans l'une
d'elles par exemple, on a étudié la relation existant entre la morbidité et la croissance
au cours des 2 premières années dela vie dans une cohorte de 126 nouveau-nés d'une
commune de Gambie (Rowland et al., 1988) : le poids pour l'âge moyen dépasse les
normes du National Center for Health Statistics (NCHS)au cours dela première
moitié de la petite enfance, mais on observe ensuite un déficit moyen de 1,2 kg à l'âge
d'un an.
79
O
3
6
9
12
2115
18
24
27
30
33
36
AG€ EN MOIS
Source :Matta, 1971
Figure '1
Courbedecroissanced'unenfant
présekm des épisodes fréquentsde dixrh&e et
d'autres infections@estmits hori20auglx indiquent la dgrée de Id maladie imfictieusd.
Diarrhee
Mort
Malnutrition
1 Source : Cours sur la diarrhée :manuel de IYtudiant (sous presse).
Figure 2
Ladiarrhée
et lamalnutrition conjupies forment un
cercle vicieux entrahant une digradation del'ktat de santk
et trop souvent encore le dkcès.
Aliments de sevrage contaminés
:facteur de risque majeur
Contamination des aliments
Maladie :
-
incidence
- gravité
- durée
-
Perte de poids
Retard de croissance
bbaissement
de
l'immunité
Lésion des muqueuses
1
J
1
Perte de l'appétit
Perte de nutriments
Malabsorption
Altération du métabolisme
I
insuffisant
t
Manque de nourriture
;ource: adaptk d'aprks Tomkins et Watson, 1989
Figure 3
Cycle dela malnutrition et de l'infection.
Il existe très peu d'éléments en faveur d'un retentissement nutritionnel des infections
chez les nourrissons nourris exclusivement au sein (Scrimshaw et al., 1983 ; Rowland
et al., 1988 ; Tomkins et Watson, 1989). Cela souligne à nouveau l'importance de ce
type d'alimentation pour la prévention de la malnutrition, en particulier au cours des
4 à 6 premiers mois de la vie.Le lait maternelcompenselespertes
en eauet en
éléments nutritifs qui se produisent au cours de la diarrhée. Compte tenu des effets
protecteurs dece lait contre ladiarrhée et la malnutrition, il estrecommandé de
poursuivre l'allaitement maternel pendant au moins 2 ans (Akré, 1989 ; De Zoysa et
al., 1991).
81
L XLIMENTATION DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
De nombreuses&tudes ont misenkvidencelefait
que les infections peuvent
provoquer des retards de croissance au cours de la pkriodedesevrage. Dans l'une
d'elles par exemple, on a étudik la relation existant entre la morbiditk et fa croissance
au cours des 2 premikes annCes de la vie dans une cohorte de 126 nouveau-nks d'une
commune de Gambie (Rowland et dl., 1988) : le poids pour l'ige moyen dépasse les
normes du National Center for Health Statistics (NCHS) au cours de la première
moitié de la petite enfance, mais on observe ensuiteun dCficit moyen de 1,2 kg à 11'8ge
d'un an.
On estime queles maladies diarrhéiques sont responsables de la moitik (et les maladies
respiratoires d'un quart) dece dkficit et que l'effet des premières sur la croissanceaprh
le dkbut du sevrageest
quatre foisplus
important quechezles
nourrissons
exclusivement nourris au sein. E. Coli entkrotoxinoghe est le germe le plus
fréquemment isolkchezles
nourrissons de 6 12 mois atteints de diarrhke. O n
considère que les E. Coli provenant d'aliments de sevrage contaminks sont en partie
responsables dela perte de poids engendrée par la diarrhke.
A Keneba, en Gambie, il a kgdement ktk d6montr6 que la diarrhke &taitla principale
cause del'insuffisance pondérale obsemkechezlesenfants
entre 6 mois et 3 ans
(Rowland et al., 1988). Des résultats semblables ont étk obtenus dans d'autres ktudes.
effets
des
maladies
infectieuses
sur le
Dans des 6tudes longitudinales sur les
dkveloppement statturo-pondéral des nourrissons menées A Huascar, une communauté
périurbaine dkfavoriske de Lima, les poids moyensau cours des premiers 5 B 6 mois de
la vie sont proches de ceux de la population de réfkrence du NCHS : ensuite, ce poids
moyen diminue par rapport a w dsnnCes de rkfkrence et les taux d'hypotrophie et
d'amaigrissement augmentent progressivement au cours de la premikre annke (Lapez
et al., 1989). Une étudeeffectuée dans la population &un village guatémaltkque a
également rkvklk que. l'incidence des maladies infectieuses, en particulier des maladies
diarrhkiques, &taitextrgmement klevke au cours de la pCriode de sevrage (6-24 mois) et
que ces maladies infectieuses ktaient une cause importante de perte pondCrale, d'arrit
de croissance et de retardstaturo-pondkral (Mata, 1977).
On a kgalement Ctudik l'effet des infections sur les apports alimentaires chez l'enfant :
par exemple, Martorell et al. (1980) rapportent une plus forte diminution des apports
alimentaires au cours des maladies diarrhéiques qu'au cours des maladies respiratoires.
De nombreuses ktudes indiquent que parmi toutes les maladies infantiles courantes,
seules les maladies diarrhkiques ont un effet négatif important sur la croissance. Des
études rkaliséesau Guatemala par Martorell et &el.(1975a) suggèrent que les enfants
atteints de diarrhke pendant une courte pkriode montrent une augmentation de taille
82
Aliments de sevrage contaminés:facteur de risque majeur
et depoidssensiblement plus élevéequeceux
atteints pendant une périodeplus
longue. En outre, les enfants atteints de diarrhée à E. Coli entérotoxinogène montrent
des gains de poids moins marqués pendant ces épisodes (Martorell et al., 1975b). Une
étude effectuée chez des enfants mexicains des régions rurales
et visant à déterminer les
relations qui existent entre les maladies infantiles et l'accroissement du poids et de la
taille, amontré que si les infectionsdes voies respiratoires supérieureset inférieures ne
modifient en rien les gains de poids, une fréquenceélevée d'infections diarrhéiques les
diminue (Condon-Paoloni et al., 1977). Les données de la surveillance basée dans les
villages provenant d'études longitudinales effectuéesdanslesrégionsrurales
du
Bangladesh montrent que parmi les maladies courantes seules les maladies diarrhéiques
ont un retentissement important sur lacroissance,au bout de2mois en ce qui
concerne le poids et de 1 an en ce qui concerne la taille ; les maladies diarrhéiques
représentent 20 Y0 de la différence observée dans le développement statural entre les
enfants de l'étude etla population de référenceinternationale au cours des 5 premières
années dela vie (Blacket al., 1984). C'est pour les infections à E. coli entérotoxinogène
sur l'état
et à Shigella spp. qu'on aobservéleretentissementleplusmarqué
nutritionnel. Les diarrhées associées à E. Coli représentent 30 % desépisodes
%)
diarrhéiques et ont modifié le gain de poids bimestriel. La shigellose (prévalence, 15
a un effet négatif sur la croissance staturale bimestrielleet annuelle (Black et al., 1984).
et l'ascaridiases'accompagnent
Lesparasitosesalimentairestellesquelagiardiase
parfoisde carences nutritionnelles, telles quela malnutrition protéino-calorique,
l'anémie ferriprive et l'avitaminose A. Par exemple, au Guatemala, il a été noté dans
une étude portant sur un garçon de14 mois que cet enfant avaitmontré une croissance
à l'âgede
6 mois) ;
normale jusqu'au moment du sevrage(quiacommencé
l'introduction d'aliments semi-solides à ce moment-là s'est accompagnée d'épisodes
diarrhéiqueset d'un ralentissement de la croissance. Lorsqu'on l'a traité, on s'est
aperçu que cet enfant était
atteint de malnutrition protéino-calorique oedémateuse
(kwashiorkor) etétait infecté par G. lamblia (Solomon et al., 1990).
5. ALIMENTS DE SEVRAGE CONTAMINES
De nombreusesétudes ont montré que les alimentsde sevrage préparésdansde
mauvaises conditions d'hygiène sont fréquemment fortement contaminés par des
germes pathogènes et qu'ils constituent un facteur de risque majeur de transmission
des maladies, en particulier des maladies diarrhéiques.Par exemple, Black et al. (1981 ;
1982c) montrent qu'au Bangladesh 41 YO des échantillonsd'alimentsproposésaux
enfants au moment du sevrage contiennent E. Coli. Le lait et les aliments préparés
séparément pour les nourrissons sont plus fréquemmentet plus fortement contaminés
83
par E. c01i que les diments prkparks pour les adultes, comme leriz bouilli. Le degré de
contamination est lik A la conservation des aliments de sevrage A des tempkratures
contiennent
ambiantes Bevkes. Pris de la moitik des échantillons d'eau de boisson
kgalement E. c01& maislescolonies
y sont approximativement d i fois moins
nombreuses
que
dans
les
kchantillons
de
nourriture solide. Une découverte
extr&mementimportante a ktk celle de Pa corrélation chez l'enfant entre la proportion
d'kchantillons d'aliments contaminks par E. c0li et le nombre annuel d'épissdes
diarrhéiques associés à E. Coli entkrotoxinogkne. La contamination bactkrienne des
aliments de sevrage et de l'eau de boisson a kgalement kt6 étudiée dans les rkgions
rurales du Bangladesh par Henry et al. (1990). Sur environ 900 échantillons d'aliments
fécaux,les aliments
etd'eau de boisson analysCs à la recherchedecoliformes
"mouillks" tels que le lait et le riz (en particulier le "panta bath"), qui constituent une
part importante du régime de sevrage de l'enfant entre 6 et 23 mois, sont ceux qui
contiennent les plus fortes concentrations de coliformes fécaux; d'autre part, pendant
lasaisondespluies,lorsque
la température ambiante augmente, le degrk
de
contamination augmente kgalement.
Ces
rksultats
indiquent que les aliments sont
contaminks par des matikres fkcales et peuvent donc servir de vkhicules i des germes
pathogknes gknkdement transmis par la voie féco-orale,comme $higella spp et
% choleutze.
En outre, desktudesmenéesdans
d'autres rkgions montrent une contamination
importante des aliments de sevrage. Barre1 et Rowland (1979) se sont aperçus qu'une
grande partie des aliments consommks par les nourrissons et les jeunes enfants dans
une rkgion rurale de Gambie contenaientdes germes pathogknes.Pendant la saison des
pluies(chaude), lorsque les
maladies
diarrhkiques
atteignent leur pic, le tiers des
aliments sont contaminksimmédiatementaprès leur préparation par des quantités
inadmissibles &un ou plusieurs germes pathogknes ; cette proportion passe à 96 %
' au
bout de 8 heures de conservation.Au Myranmar,les aliments consommés par les
enfants âgks de 6 A 29 mois ont kt6 examinés A larecherche de quatre bactkries
entkropathogknes. Sur les 775 échantillons d'aliments testks, 505 étaient positifs pour
E. colis 28 pour K cholera non-01
et
6 pour $&n0nella spp. E. c0ji et
K choleme non-01 ont kté isolés dans, respectivement, 29 et 5 échantillons &eau de
boisson sur un total de 113 kchantillons Q i n Nwe et al., 199%).Au Pérou, des
denries faisant partie du menu des nourrissons one kt6 analysées au moment de leur
consommation : le laitet les alimentsspkcidementprkparks pour les nourrissons
(ckrkales ou purkes)ktaient tris frkquernmentcontaminés, alors que les aliments
consommés par la famille,parexemplelessoupes,lesragofitsetlesaliments
frits
l'étaient moins souvent. Pour la plupart des denrkes, la frkquence dela contamination
est like au lapsdetemps
qui s'estécoulédepuis
leur préparation. Les germes
84
.,
,.
Aliments de sevrage contamin&:facteur de risque majeur
particuliers qu'on y a retrouvé étaient les suivants : Salmonella spp., Aeromonas
hydrophila, K cholerae non-O1et E. Coli entérotoxinogène (Black et al., ,1989).
Comme les aliments de sevrage sont souvent choisis parmi lesdivers aliments qui
constituent le régime des adultes, les conditionsd'hygiène dans lesquelles ces aliments
pour adultes sont préparés interviennent également. L'application du système
d'analysedesrisqueset
détermination des points critiques pour leur maîtrise
(J"CP)(')
dans les foyers en République dominicaine, a montré que les aliments
cuits, en particulier les haricots, le riz, le lait en poudre, contenaient des quantités
élevées de B. cereus, S. aureus et de coliformes fécaux (Michanieet al., 1987 ; 1988) si la
relation temps/température n'était pas respectée('). Au Guatemala, on s'est aperçu que
les tortillas (galettesde maïs) étaient fortement contaminéespar des coliformes, B.
cereus et des staphylocoques avant et après cuisson (Caparelli et Mata, 1975). En El
Salvador, 18 % des aliments au total étaient contaminés par E. Coli (Soundy et Rivera,
1972). Enfin, l'étude d'une grande épidémie urbaine de choléra survenue en Guinée a
permis de déterminer que c'était une sauce à l'arachide favorisant la croissance de K
cholerae qui était probablement responsable de la transmission de la maladie(St Louis
et al., 1990).
6. ERREURS DE MANIPULATION DES ALIMENTS
Les sourcesde contamination alimentaire sont nombreuses : fumier,eaupolluée,
mouches,nuisibles,animauxdomestiques,ustensiles
et vaissellesales, mains sales,
environnement pollué dufait del'absenced'assainissement,déjections
d'animaux
domestiques, poussière et saleté, etc. Les aliments crus sont fréquemment la source de
contaminants puisque certains d'entre eux peuvent abriter naturellement des agents
pathogènes ou provenir d'animaux infectés (figure4).
La vaisselle, les ustensiles de cuisine, les biberons, les tétines, etc. mal lavés
sont une
source potentielle de contamination. Une étude effectuée dans une région rurale du
Kenya a montré que 44 YO des assiettes n'étaient pas propres sur le plan strictement
hygiénique (Van Steenbergen et al., 1983). L'analyse desrisqueseffectuée dans les
(3) Il s'agit d'une nouvelle approche de la prévention et de la lutte contre les maladies d'origine alimentaire
:
elle consisteiidentifier les dangers associés aux différentes étapes du traitement et
la manipulation
de
des
aliments, iévaluer les risques qui
y sont liés età déterminerles opérations pourlesquelles des mesures de
salubrité seront efficaces
(Bryan,1992).
(4) Par non-respect de la relation temps-température, on entend toute situation dans laquelle les exigences
minimales en matière de relationtemps-températurevisant i réduire le tauxdescontaminants iun
niveausansdanger n'ont pas été satisfaites edou danslaquellel'aliment a été entreposé dans des
conditions de temps-température permettant une prolifération bactérienne.
85
E ' ~ ~ I ~ E N T DE
A ~COhfPLEMENT
I ~ N
DU JEUNE ENFANT
foyers en Rkpublique dominicaine a montrk que les couteau de cuisine et les fouets
ktaient contaminCs par Sa~monelldspp. (Michanie et al., 1987) et pllusieurs ktudes ont
indiqu6 que les biberons ne sont pas toujours suffisamment lavks ni stkrilisks
O/lickanie et dl., 1987 ;Bryan et al., 1988).
Nuisibles et
animaux
domestiques
Figure
Sources de contamination alimentaire possibles.
Aliments de sevrage contaminés
:facteur de risque majeur
Grey (1991) a analysé les données selon lesquelles les mouches contribueraient à la
transmission des agents des maladies diarrhéiques.On peut retrouver chez les mouches
de nombreux germes pathogènesprovoquant des diarrhées chezl'homme, notamment
K cholerae,Shigella
spp.,Campylobacter,
E. Coli, les poliovirus et Entamoeba
histolytica, et bon nombre d'entre eux peuventsurvivre jusqu'à 10 jours dansles
téguments deces insectes.
Les mouches peuvent également renfermer des germes pathogènes dans leurs intestins
et les déposer sur les aliments lorsqu'elles régurgitentou y déposent leurs excretas. Si
Esrey n'a pas pu conclure qu'elles jouaient un rôle dans la transmission des maladies
diarrhéiques, les mouches n'en sont pas moins une source potentielle de
contamination des aliments et de l'eau.Plusieursétudes font également état de la
présence d'animaux domestiques infectésdans les locaux d'habitation (Michanie et al.,
1983, représentant un facteur derisquesupplémentairede
contamination des
aliments.
Lefaitde toucher dela nourriture avecdesmains contaminées a été lacausede
nombreuses flambées de maladies d'origine alimentaire. Pour les germes pathogènes
dont la dose minimale infectante est faible et pour lesquels l'organisme humain est le
principal réservoir, à savoir Shigella spp., S. typhi, la contamination des mains est un
facteur de risque particulièrement important. Lors d'une flambée de cholérasurvenue
en Guinée le repasà base de riz contaminé responsable de l'épidémie avaitété préparé
par une personne ayant nettoyé les draps et lavé le corps d'une victime du choléra et
lui ayant notamment fait des lavements (St Louis, 1990). Il y a plus de chances d'avoir
des cas multiples de choléra dansles familles ou les foyers lorsque le cas initial est une
femme ou une personne appelée à manipuler dela nourriture (Roberts, 1992).
Néanmoins, on néglige ou on oublie fréquemment de se laver les mains après avoirété
aux toilettes ou avoirchangélescouches
d'un nourrisson et avant de préparer les
repas. En étudiant les habitudes de préparation des aliments de migrants vivant à la
périphérie de Lima, Bryan et al. (1988) ont observé que les mères ne se lavaient pas
toujours les mains après avoir changé les bébés et que, lorsqu'elles le faisaient, c'était
souvent dans la même bassine d'eau que celle utilisée pour préparer les aliments et
laver les ustensiles de cuisine. Capparelli et Mata (1975) rapportent que ce sont les
mainssalesdesfemmes
ayant préparé les tortillas qui ont constitué l'une des
principales sources de contamination alimentaire chez les indiens guatémaltèques des
régions rurales.De lamême façon, ila été noté à Lagos que sur 265 cuisiniers il n'y en
avait que 43 qui se lavaient les mains avant de préparer un repas (en présence d'un
observateur) (Ekanem et al., 1991) ; s'il n'y avait pas eu d'observateur, ce nombre
aurait probablement été encore inférieur.
87
L'ALIMENTATION DE CBMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Pendant leur culture, les aliments tels que les légumes, les fruits et les fruits de mer
peuvent &tre contaminés par desgermespathogènes.
L'emploi d'eaux uskes non
traitha et du fumier en agriculture, ainsi que d'eau demer polluée augmente le risque
de contamination (Geldreich et Borndner, 1971 ; ErcoPani, 1976). Des flambées de
choléra, de fikvre typhoïde, d'hépatite virale, d'amibiase, &ascaridiase et de fasciolase
par l'utilisation d'eaux uskes et du fumier
d'origine alimentaire,
provoquées
contaminés sont bien documendes @ry.;p.,2977 ;Mara et Cairncross, 19%).
La contamination des aliments de sevrage par des matikres fkcales P kté friquernment
rapportke et le manque d'assainissement fondamental en est certainement un facteur
dkterminant. L'eau utiliske pour la préparation de la nourriture el%e-m6meest une
source d'agentspathogènes et, danslesrkgions
rurales, cette eauesttrkssouvent
contaminke.
Certains germes existent naturellement dansl'environnement, par exemple dans le sol
et sont en conséquence des contaminants endogènesdecertainsaliments. Bo ceregs en
est un exemple puisqu'on retrouve souvent ses spores dans le riz et le lait en poudre.
Au Royaume-Uni, on le retrouve dans 70 3'% des kchantillons de riz non cuit
@owland, 1985) ;si les normes tempdtempkratures de conservation d'un plat prkpark
à base de riz et/ou de lait en poudre ne sont pas respectées, les spores de B. cerem qui
ont survécu à la cuissonpeuventgermer
et produire une toxine. Clostriditam
botzdinum en est un autre exemple puisqu'il s'agitd'un contaminant naturel du sol qui
peut donc Gtre prisent danscertainsaliments.Certains
produits d'origine animale
peuvent abriter des bactéries pathogknes ou des parasites et les enquetes menées dans
certains pays industridisks ont montrkque jusqu'à 86-100% desvolailles peuvent ktre
contaminkes par Gmpylobactw et/ou SalmonelLz @obcrts, 1990).
En plus des sources de contamination mentionnkes ci-dessus, il y a également le risque
de contamination croisCe au cours dela manipulation des diments, qui peut se
produire à tout moment : soit par contactdirect entre des aliments crus et des
aliments cuits, soit indirectement par le biais des insectes, des rongeurs, ou en raison
de la contamination des mains, des surfaces depr6paration ou des ustensiles de cuisine.
Les germes pathogknes peuvent donccontaminer la nourriture de diverses manières,et
à diversstadesde
la chaPne alimentaire, surtout au cours de la préparation. des
aliments. Dans les conditions dkfavorables qui règnent dans de nombreux pays, en
particulier dans les quartiers pauvres et les régions rurales, le risque de contamination
des aliments de sevrage au cours de leur priparation est encore major& Toutefois, en
ce qui concerne lescausesdesmaladies
d'origine alimentaire, les facteurs les plus
souvent incriminés sont les suivants : les aliments sont prkparés plusieurs heures avant
88
i~
i.
1'
Alinlents de sevrage contaminés:facteur de risque majeur
d'être consommés et sont conservés dans de mauvaises conditions ; ils sont
insuffisamment cuitsou réchauffés (OMS, 1984).
Quelle que soit la source de la contamination alimentaire, les germes pathogènes et
certainesde leurs toxinespeuvent être détruits par un traitement à lachaleur
approprié et on peut ramener leur nombre à des niveaux inoffensifs par une cuisson
ou un réchauffage adéquats. Toutefois, contrairement à ce que l'on pourrait croire,
une cuissonnormalen'élimine
pas forcément tous lesgermes. De plus,dansla
préparation du porridge ou des gruaux, on évite souvent une cuisson prolongée car
elle donne un aliment trop glutineux et trop visqueux pour les jeunes enfants. En
conséquence, selon l'importance de la contamination initiale et la durée de la cuisson,
un certain nombre de germes peuvent survivre. Beaucoup d'aliments constituent un
milieu riche et favorisent la croissancedes germes, ainsi que la production de toxines.
Dans des conditions favorables, une seule bactérie peut se multiplier et en donner
1 million (106) en 10 heures. En tenant compte de ce que la dose minimale infectante
des germes pathogènes va de quelques germes
(10 au plus) à 104 ou 106,même la
survie d'un petit nombre de germes dans des alimentsfraîchementpréparés peut
présenter un danger, en particulier si cet aliment est conservéà température ambiante
pendant plusieursheures ou jusqu'aulendemain, ce qui est souvent le cas. Pour
certainsmicro-organismes, lesalimentscuits
constituent même un milieuplus
favorable que les produits crus, carlacuisson réduit la flore compétitive. Side la
nourriture est contaminée par un tel germe après cuisson, par exemple parce que la
personne qui la manipule a les mains contaminées, et qu'elle est ensuite conservée à
des températures inappropriées pendant longtemps (> 4 heures), elle sera davantage
susceptible d'engendrerune maladie.
Dans ce contexte, il importe de se souvenir que le réservoir de nombreux germes
pathogènes, par exemplede S. aureus, est l'organismehumain. La proportion de
personnes en bonne santé qui portent des staphylocoques à un moment donné
peuvent se situer entre 30 % et 50 %, 15 à 35 % d'entre elles étant des porteurs
permanents (Bergdoll, 1989). De plus, si le chauffage permet d'abaisser le nombre des
bactéries, notamment desbactériespathogènes,certainestoxines,commecelles
produites par les staphylocoques ou certaines souches de B. cereus, sont thermostables
et ne sont pas détruites par la cuisson.
Certaines pratiquestraditionnellesprésentent desavantages du point de vuede la
salubrité des aliments. Par exemple, dans de nombreux pays africains, on a l'habitude
u l'ogi Bwigéria),
de donner aux nourrissons descéréales
fermentéescomme
l'ugi +épublique-Unie de Tanzanie, Ouganda, Kenya) et le u mahewu .(Afrique du
Sud, Zimbabwe) (Tomkins et al., 1988). Du fait de la fermentation lactique par des
((
89
bactéries et des levures, le pH de ces élkments tombe en dessous de "43, pH auquel les
multiplier. @es
germes associés A la pourritureou à lamaladienepeuventse
techniques de conservation des aliments sont non seulement pratiques, surtout si le
combustible n'est pas tris abondant ou si les mires sont obligkes de prkparer les r e p s
i l'avance et qu'elles manquent demoyens pour les conserver correctement, mais
affrent également de nombreux avantages nutritionnels (TomBeins et al., 1988 ; Nout,
1996 ; King et Ashworth, 1991). Plusieurs &des effectukes en Afrique ont montré
l'importance de cette technologie traditionnelle pour assurer et amkliorer la qualit6
microbiologique des aliments de sevrage (Mensah et al., 1996 ; Odugbeni et al., 1991).
Mensah et d.(1990) ont montr6 que le porridge ferment6 ktait moins contaminé que
celui qu'il ne l'était pas et qu'au bout de plusieurs heures de conservation, le premier
était bienmoins contamink que le second.
Outre certaines desétudes mentionnies plus haut, il y en a quelques autres qui
ktablissentlelien qui existe entre la contamination des aliments de sevrage et la
survenue desmaladies diarrhéiques. L'une d'entre elles,effectuée au Kenya, vaut la
peine qu'on s'y attarde. On a recherchksi les aliments pour nourrissons étaient
contaminés A Kiambu, un district de la pkriphkrie de Nairobi, où les taux de maladies
diarrhkiquesktaient faibles par rapport auxautres rkgions
du pays. Le degrk de
contamination des aliments pour nourrissons y estkgalement relativementfaible et
dans plus de 75 % des cas, ces aliments sont consommés presque immkdiatement apris
avoir kt6 préparks.Aucours du sevrage,lesmkres sont directementresponsablesde
l'alimentation de leurs nourrissons et dans la plupart des cas, les aliments sont cuits
relativement longtemps. Il est à noter que lorsqu'on a retrouvk des contaminations
importantes, la manipulation des aliments aprb leur préparation hait gknkrdement
incriminke. Par exemple, lorsque ces diments avaient kt6 cuits A des eempkratures
élevkes, les mkes y avaient ajout6 soit du lait froid, soit des restes pour les refroidir prockdé ayant pu favoriser la riintroduction de germes pathogknes (Pertetet al., 1987).
Une corrélation entre la contamination desalimentsdesevrageet%esmaladies
diarrhkiques est égalementétablie par lesktudes sur lesrisquesassociés au sevrage
précoce. Par exemple,Elegbe et Ojofeitimi (198o) ont retrouvk plus souvent des
germes entkropathogines dans les selles des enfants recevant des aliments
de sevrage
que chez leurs homologues exclusivement nourris au sein. Par ailleurs, Gordon et al.
(1963) ont fait l'observation suivante : les enfants nks au printemps et au cours de la
saison chaude et skche, peu avant et au moment du pic de prkvalence des diarrhkes,
présentaient les taux de mortalitk par maladie diarrhéiqueles plus faiblesau cours de la
première annke. Ils ktaient en majorité nourris au sein au moment du risque maximal.
Les enfants nés en automne, dont le sevrage commence 1 la saison skche et chaude,
c'est-kdire au moment où le risque est le plus grand, ont les taux de mortalitk les plus
élevks de toutes les cohortes constitukes dlaprks lemois de naissance.
j
j
:
1
i
Aliments de sevrage contaminés
:facteur de risque majeur
Enfin, il faut mentionner qu'il existeégalementdesétudes
qui n'ont pasréussi à
établir une corrélation nette entre la contamination desalimentsdesevrage
et la
morbidité diarrhéique (Lloyd-Evans et al., 1984). Une explicationpossible à ce
phénomène est que l'on recherche souvent un nombre limité de germes pathogènes
dans les aliments etnon pas tous ceux potentiellement présents.
Dans cette analyse,l'accent a porté jusqu'ici sur la contamination biologique des
aliments de sevrage, en raison de l'étendue et de la gravité de ses conséquences chez le
nourrisson et l'enfant et du rôle que peuvent jouer les personnes appelées à préparer
ces aliments pour nourrissons. Toutefois, la contamination chimique des aliments doit
également être évoquée, puisquede nombreuses flambéesd'intoxication chimique sont
survenues à la suite d'erreurs dues à l'ignorance ou à la négligence des manipulateurs
d'aliments. Par exemple,dans un certain nombre de cas,les
aliments ont été
contaminés en raison du mauvais emballage et de la fuite de pesticides au cours de
l'entreposage ou du transport, ou parce que les aliments avaientété conservés dans des
récipients
ayant
précédemment
contenu des pesticides,
mais
n'ayant pas été
correctement lavésavant d'être réutilisés. Il estégalementarrivéquedesgraines
été
destinées à des plantations et traitées pour cela par des fongicidesaient
consommées ; on a également pêché des poissons dans des mares où poussait du riz
traité par les pesticides ; ou encore, on a moissonné trop tôt après leur traitement par
les pesticides des céréales. Les problèmes posés par l'intoxication par des biotoxines
marines sont de plus en plus fréquentsdans de nombreuses parties du monde et, si les
fruits de mer font partie du régime alimentaire des nourrissons et des enfants, ces
derniers seront également touchés en cas de contamination.
7. CONTRAINTES D'ORDRE SOCIO-CULTUREL
Bien que les facteurs de risque des maladies transmises par les aliments
soient bien
connus, leur prévention peut être entravée par de nombreuses contraintes sociales et
culturelles. Parmi les nombreux facteurs qui aggravent la situation, on peut citer
l'infrastructure sociale, l'ignorance, les croyances et les pratiques erronées, les tabous,
la pauvreté, le manque de nourriture et d'eau potable, l'absence d'assainissement, la
pénurie de combustible et le manquede temps.
Les croyances et les habitudes alimentaires ont des répercussions importantes sur la
salubrité des aliments. Malheureusement, dans de nombreuses sociétés, on comprend
mal le lien qui existe entre diarrhée et contamination des aliments. Par exemple, en
Ouganda, certains parents pensent que la diarrhée est provoquée par les dents de lait
91
L~ L I ~ E N T A T I O
COMPLEMENTDUJEUNE
~~E
ENFMT
(Bwengye, 1989). A Orissa,en Inde, 65 9b des mères pensent que la diarrhée est
provoquée par le mauvais oeil, 44 70par une indigestion, %O 96 par le fait de manger
des aliments "chaud" comme la mangue et les oeufs, 8 %' O par l'kruption des dents, et
35 %
' par des aliments mangks par des mires qui allaitent ; de nombreuses mkres
la diarrhke (Mohapatra, 1989). Dans de
rendent leur propre laitresponsablede
nombreuses cultures, lesselles des bébésne sont pas considérkes comme sales ni
contaminantes (Fukumoto et Del Apila9 1989). Par exemple, dans une CtudebasCe
dans la communautk sur l'ktiologie de la diarrhke en Papou~ie-Pdouvelle-~uinke,
les
enfants dont les mkes ne considkrent pas lesselles de bkbCs comme descauses
importantes de contamination présentent un risque 7,4 fois plus important d'avoir
une diarrhke que les enfants dont les mères en connaissent l'importance. Par ailleurs, le
risque de contamination des aliments est 6,8 fois plus grand pour les enfants dont les
mères ne c o & & - e n tpas comme importante cette voie de transmission (Buknya et
al., 1996).
De nombreuses
pratiques
culinaires
traditionnelles et préférences dimentaires
contribuent A un manque d'hygiène dans la préparation des aliments. O n peut citer
parmi elles la prédilection qu'ont certaines sociktb pour le poisson cru et les viandes
insuffisamment cuites, la conservationdes denrkes phrissables 5 tempbrature II b'nnte,
et le fait que personnes qui font la cuisine nese lavent pas les mains avant deprkparer
les repas (Abdussalm et al., 1989). Brryran et 1. (1988) rapportent que de nombreux
migrants vivant dans un quartier pauvre de la pkriphkrie de Lima ne posskdent pas de
rkfrigkrateur pour consemer leur nourriture ;cependant, ceux qui en posskdent un ne
savent pas que les alimentscuitsdoivent y h r e conservé entre les reps, ou ont
l'habitude dene pas réfrigkrerlesalimentscuits.
A ces probBmes s'ajoutent les
croyances culturelles et les tabous. Dans presque toute 1'Amkrique latine, on pense
que l'on se "chauffe" les mains au contact des fers à repasser et des fours à poterie ou
en travaillant avec des substances "chaudes" telles que la chaux. On croit aussi que
à l'eau froide provoque des crampes et des
l'exposition de mains"chaudes"
rhumatismes, et les gens s'abstiennent donc de se laver les mains, souvent des heures
durant (Abdussalam et al., 1989).
Le manque d'eau est égalementuneraison
importantepour
ne pas se laver
correctement les mains ni bien nettoyer les ustensiles cuisine. Selon certaines études,
l'amklioration de l'approvisionnement en eau a un impactplus important sur la
réduction du taux de morbidité diarrhéique que les seules amkliorations dela qualité
de l'eau (Esrey, 1985). L'absence de sanitaires augmente le risque de contaminer les
aliments par de la matière ficale.
Aliments de sevrage contaminés:facteur de risque majeur
Il ne fait aucun doute que le manque de temps est l'un des principaux facteurs qui
gouvernent le mode d'alimentation des nourrissons. Si, en plusdes'occuper
des
à l'extérieur, leur emploi du
nourrissons et des enfants, les mères doivent travailler
tempssurchargé interfère avec leur capacité à s'occuper des. enfants : en pareilles
circonstances, ellesne préparent pas toujours les repas conformément aux principes de
salubrité. En outre, pourpouvoir pratiquer leurs activitésà l'extérieur, certaines mères
peuvent commencer à sevrer leurs enfants plus tôt qu'il n'est préconisé, c'est-à-dire
avant l'âge de 4 à 6 mois (Simpson-Hebert et Makil, 19S5). Cela peut entraîner un
risque accru de maladies d'origine alimentaire.
La préparation des aliments (cuisson) peut consommer une partie importante du
combustible domestique. Dans beaucoup depays en développement, la pénurie de
bois de chauffage a des répercussions
sur l'état nutritionnel des familles rurales, en
particulier sur celuidesnourrissons
et des enfants. Pour satisfaire aux exigences
nutritionnelles quotidiennes des nourrissons et des enfants(qui
ont de petits
estomacs), il faut les nourrir plusieursfois par jour. Lorsqu'il y a pénurie de
combustible et/ou manque de temps, que ce soit pour la préparation des repas ou
pour rassembler du bois de chauffage, les ménages ont tendance à économiser sur la
consommation de combustible et sur le temps mis à préparer les aliments en adoptant
des pratiques qui peuvent s'avérer préjudiciablesà la santé de l'enfant. Par exemple, il
a souvent été observé que, pour économiser combustible et temps, la nourriture est
préparéeengrandesquantités
pour plusieursrepas,
et est parfois
également
insuffisamment cuite puisconservéejusqu'aurepas
suivant, souvent à température
ambiante. S'il y a pénurie de combustible, les aliments de sevrage peuvent être servis
froids ou sans avoir été correctement réchauffés. Outre le risque d'infections, une
cuisson insuffisante peut également engendrer des problèmes d'ordre nutritionnels en
rendant l'aliment de sevrage moins agréable au goût ou moins digeste : par exemple,
certaineslégumineuses contiennent des inhibiteurs dela trypsine qui empêchent
l'absorption des protéines, mais qui pourraient être détruites par une cuisson correcte
(Brouwer et al., 1989).
Enfin, en cas de pénurie alimentaire, on donne davantage la priorité à la quantité de
nourriture disponible qu'à sa qualité, et les considérations relativesà sa salubrité sont
souvent secondaires. Parfois, on emploie des ingrédients qui ne sont pas propres à la
consommation. L'absencedecertainsingrédientsmodifieles
propriétés physicoqu'il favorise la
chimiques de l'aliment (qui est par ailleursbon)detellefaçon
croissance rapide des germes. Par exemple, une flambée de choléra observée dans un
village africain était associée à des restes de gruau de millet dans lequel le lait aigre qui
lui est traditionnellement ajouté était devenu impossible à trouver en raison de la
sécheresse (St Louis, 1990).
93
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFT'
Les maladies transmises par les aliments, outre les souffrances qu'elles engendrent du
fait des dkcès et des troubles de santé qui leur sont associks, font peser sur les soins de
sant6 et la sociktk toute. entikre.des c o i h &conorniques gigantesques.
Les épisodes diarrhkiques qui, dans certains pays,surviennent en moyenne 16 fois par
enfant au cours de la première annke de la vie, sont l'une des raisons les plus
frkquentes d'hospitdisation des
enfants.
Dans
certaines
rigions, ces
maladies
reprksentent au moins 36 % des hospitalisationspkdiatriques(Claeson et Merson,
1996). Au Bangladesh, par exemple, les syndromes diarrhéiques reprksentent 52 % de
toutes les hospitalisations (Black et al., 1980 ; 1982a) ; et dans une ktude effectuke au
Mali sur les cas de nourrissons et d'enfantshospitdisks
avecdes
sympt6mes
d'intoxication, 44 ?& étaient d'origine alimentaire, lafrkquence la plus klevke &nt
'i
retroude chezles moins de 5 ans(Sidibe et al., 1991). L'augmentation descoGtsdes
soins de santé constitue sansaucun doute un knormefardeau éconsmique pour de
,
nombreux pays, en particulier pour ceux dont lesressources sont limitées (,Pm, .
1991).
~
9.
TE :
TI0
E DES
[i
Pour &ter des souffrances inutiles à des millionsd'enfants et de parents et pour
de la
essayerdebriser le cerclevicieuxdelamaladie,dusous-dkveloppementet
pauvret&,une intervention urgenteetrentable estnécessaire. ~ctueIIement,iln'existe
aucun vaccincapable d'assurer une protection g&nkrale contre les toxi-infections
alimentaires et il est peu probable qu'il y en ait jamais un. On essaie de mettre au
; mais ces
point des vaccins contre certaines maladies comme le choléra et la shigellose
efforts en sont encore au
stade
de
la rechercheexpkrimentale. Les
maladies
diarrhiiques ont de tout temps kté associkes à la contamination de
l'approvisionnement en eau et à l'absence d'assainissement et des efforts importants
ont kt6 consentis pour les privenir en améliorant l'approvisionnement en eau et les
sanitaires. Une analyse de l'impact de ces mesures sur la lutte contre les maladies
diarrhéiques chez le jeune enfant a montré que, m&me dans les conditions les plus
favorables,le taux de morbiditk n'avait ktk réduitquede 27 % @srey, 1985). En
Europe, .où l'on disposegknéralement d'eau potable et desanitaires efficaces,
l'incidence des maladies d'origine alimentaire a kté multipliée par trois depuis 1984 et
94
'
Aliments de sevrage contaminés
:facteur de risque majeur
l'on pense que dans certains pays industrialisés
ce type d'affection touche environ
10 ?40 dela population (Archer et Kvenberg,1985 ; Todd, 1989 ; WHO, 1992 ;
Hoogenboom-Vergedaal et al., non daté). S'il y a de nombreuses raisons à une telle
augmentation, les flambées de maladies transmises par les aliments trouvent presque
toujours leur origine dans une ou plusieurserreurs commisesau stadefinalde la
préparation des repas.
Il faut
La prévention decesmaladies
requiert uneapprochemultidisciplinaire.
améliorer les conditions de l'environnement, assurer notamment un
et il faut créer
approvisionnement en eau non contaminéeetl'assainissement,
l'infrastructure sociale permettant auxmèresdemieuxs'occuperde
leurs enfants.
Toutefois, il faudra peut-être des années pour mettre en place ces mesures et elles ne
suffiront pas à elles seulesà prévenir les toxi-infections alimentaires.Les manipulateurs
d'aliments (y compris toutes les mères de famille) doivent recevoir un enseignement et
apprendre comment protéger les nourrissons et les enfants des dangerstransmis par les
aliments. Comme l'alimentation des nourrissons et desjeunesenfantsdépend
étroitement du degré
de
connaissances
de
leurs
mères
en
matière
d'hygiène
alimentaire, c'est bien là une des interventions les plus importantes qui puisse être
d'hygiène
envisagée. U n programmevisant à enseignerauxmèreslesprincipes
alimentaire devrait par conséquent être intégré à chaque système de soins de santé
primaires et incorporé dans les programmes nationaux d'alimentation des nourrissons
ou d'alimentation et de nutrition.
L'expérience quel'on a des programmes éducatifsdans d'autres domaines comme celui
de la promotion d'une alimentation appropriée pour améliorer l'état nutritionnel, a
montré qu'il s'agit là d'interventions réalisables et rentables. Par rapport à d'autres
interventions, les coûts de l'éducation pour la santé sont relativement faibles alors
qu'elle permet d'obtenir des modifications durablesdes comportements en matière de
santé du groupe cible(Feachem, 1984 ;Ashworth et Feachem, 1985).
Compte tenu de l'augmentation spectaculaire de l'incidence desmaladies d'origine
alimentaire dans le monde entier, il y a lieu de lancer des actions immédiates pour
protéger les groupes les plus vulnérables de la société, à savoir les nourrissons et les
enfants. L'analyse des données publiées montre clairement qu'une des pratiques les
plus néfastes entraînant un risque accru de toxi-infection alimentaire est le fait de
et de les
conserver des aliments cuitsà température ambiante pendant plusieurs heures,
servir sans
les
avoircorrectementréchauffés.Parconséquent,
pour remédier
axé sur le
immédiatement à ce problème, il faudrait lancer un programme éducatif
respect de la relation tempshempérature au cours de la cuisson et de la conservation
95
des aliments en faisant appel h diverses structureseS,
notamment dans le cadre des soins
de santk primaires.
Le contexte socio-culturel n'ktant pas le m2me d'un pays à l'autre, cela signifie qu'A
long terme ces programmes kducatifs devront &trefondés sur l'analyse dktaillée des
dangers associb aux habitudes alimentaires, sur la situation sociale et kconomique et
sur les posssibilitks technologiques de la sociktk cible. Une telle approche fera appel A
deux types d'études. La premikredevra s'attacher h recueillirdesdonnkes
socioculturelles et demandera l'aide d'anthropologues ou de socisllopes pour ktudier les
habitudes, les croyances et les rituels h l'origine de problèmes de salubrité particuliers
et pour recueillir les donnkes socio-culturelles nkcessires h laplanification d'un
programme éducatifacceptable pour la population. Le second type d'études sera
l'analyse des risques et dkterminattion des points critiques pour leur mahise. Ceci
implique l'identification systkmatique des dangers i chaque ktape de laprbpmtion des
aliments en kvaluant les risques et en d6terminant les opérations pour lesquelles des
mesures de salubrité seront efficaces. C'est ici que l'on fera appel i la compktence des
sp6cidistes de la science desaliments.
En conclusion,il est clairquela prévention de la diarrhke chez le n ~ ~ r r i s s oetn
l'enfant nécessite une approche multidisciplinaire, visant A promouvoir et A dkfendre
l'allaitement maternel, tout en insistantsur la pr6paPation et la manipulation correctes
A cet kgard, l'enseignement des principes d'hygikne
des aliments de
sevrage.
alimentaire aux mères de famille constitue l'une des plus importantes interventions qui
puissent &treentreprises pour mkliorer l'ktat sanitaire et nutritionnel du nourrisson
et de l'enfant.
Nous remercionsvivement pour leurs contributions h ce document les diffkrents
services del'OMS : Nutrition, Lutte contre les malades diarrhkiques, Santématernelle
et infantile etPlanificationfamiliale,
et Approvisionnement public en eau et
Assainissement.
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104
INNOCUITE ET DISPONIBILITE DES NUTRIMENTS
DANS LES ALIMENTS DE COMPLEMENT
Pierre BESANçON
Unité de nutrition, Laboratoire de Génie Biologiqueet
Sciences des aliments,Université Montpellier II (France)
1. INTRODUCTION
Avec pour premier objectif la couverture des besoins nutritionnels du jeune enfant, la
conception d'aliments de complément fait toujours intervenir un certain nombre de
traitements - domestiques ou industriels - dont il est nécessaire de savoir quelles en
sont les incidences en termes de valeur nutritionnelle et d'innocuité. Par ailleurs les
facteurs antinutritionnels souventprésentsdans
lesmatièrespremières
d'origine
végétale doivent être éliminés, sous peine de voir disparaître le bénéfice d'une bonne
formulation du produit.
2. QUALITES DE L'ALIMENT
2.1. Quelques définitions
Tout aliment doit répondre en terme de qualité à un double objectif de sécurité et
d'acceptabilité (figure 1). La première de ces composantes est de pouvoir garantir une
totale innocuité au plan microbiologique, c'est-à-dire l'absence
de germes pathogènes ;
le produit doit être également exempt de produits toxiques naturels ou néoformés au
cours des traitements.
L'acceptabilité d'un aliment
dépendra
à des
degrés
divers
de
ses
qualités
organoleptiques (saveur,
arômes,
couleur, texture...),
des
qualités
de
services
incorporés (par exemple les aliments partiellement ou tout prêts à l'emploi) , et bien
entendu de qualités économiques (prix). La conception et l'élaboration d'un aliment
devrait intégrer l'ensemble deces paramètres.
L 'AEIMENTATKINDE CBMPLEMENT BUJEUNE ENFANT
Qualit6 hygienique
Absence de toxicitd
Qualites de service
Valeur nutritionnelle
Valeur 6consmiqus
Figure a
Quditks d'un aliment.
- Prot&ineo:Acldes amln63, AAE
- Lipides: Acldes gras,
- Glueides: complexes,slmp~es, p o ~ y o ~ s
- Fibres: Insolubles. solubles
-- El&rnents
rnindrauw
Vitamines
- CompoaQoPolyphBnols,
mineurs:
hel&rosldes,
AG€
peptldes, acides amln8c+
lacleurs problollquea
Nature physicochimique de8 constituants
Environnement physicschimique
Traitements technologiques
Presenee de faeteuro antinutritionnels
Contaminenk, eompos4s toxiques
Equilibrea alimentaires
Figure 2
Valeur nutritionnelle d'un aliment.
La qualitk nutritionnelle (figure2) est d'abord fonction de la cornposition centésimale
de l'aliment ou de ses ingrédients, telle qu'elle apparaît dans les tables decomposition.
O n peut kvidemment pousser plus ou moins loin l'analyse en allant jusqu'aux teneurs
Innocuité et disponibilité des nutriments dans les aliments de complément
en acidesaminés, en particulier essentiels,enacidesgraset
à leur équilibre entre
saturés, monoinsaturés, et polyinsaturés, en différents types de glucides, simples ou
complexes,enfibres,solubles
et insolubles,endifférentsélémentsminéraux
et
vitamines et enfin en substances secondaires présentes en faibles quantités, mais qui
peuvent jouer des rôlesintéressants au planbiologique(antioxydants,facteursde
protection, peptides...).
Un autre aspect important à prendre en compte dans l'évaluation nutritionnelle de
l'aliment estla biodisponibilité des nutriments, c'est-à-dire leur aptitude à être
réellement libérés au cours des processus digestifs, à être absorbés correctement puis
utilisés
efficacement
au
niveau
métabolique.
La biodisponibilité dépend de
l'environnement physico-chimique des molécules, des procédés technologiques subis,
de l'absence de facteursantinutritionnels et, éventuellement, del'équilibre du régime.
2.2. Evaluation de la qualité
La qualité nutritionnelle d'un aliment s'évalue principalement au travers de l'analyse
chimique. Le recours à des méthodes in vivo permet d'avoir une évaluation dela
biodisponibilité des nutriments. Les essais sur l'animal de laboratoire, le jeune rat en
croissance le plus souvent, permettent d'avoir, lorsqu'ils sont bien pratiqués et dans
des temps assez courts de quelquessemaines,uneévaluationprécisedelaqualité
pondérale et de
nutritionnelle des aliments. Aux critères classiquesdecroissance
digestibilité (matière sèche, matières azotés),
on peut adjoindre l'analyse de constantes
sanguines, la détermination des concentrations en nutriments circulants et en réserve
dans les organes.
Cependant ces essais sont lourds et onéreux.Il existe des méthodes alternativesin vitro
d'évaluation de la biodisponibilité dont les résultats sont assez bien corrélés avec ceux
desessais in wiwo. La lysine, acide aminé essentiel qui doit se trouver en quantité
équilibréedans le régime du jeuneenfantencroissance,
est susceptible d'être
partiellement indisponibilisée par blocage chimique, notamment à l'issue des
traitements thermiquesd'alimentsprotéiques
et surtout enprésence de glucides
réducteurs (glucose,lactose) ; danscecas, l'analyse globaledesacides aminés après
hydrolyse acide de lafraction protéique donne la teneur en lysine totale non détruite.
L'emploideréactifsspécifiques
qui fixent lesliaisonsaminéeslibres(extrémités
E - M 2 des résidus lysyls dans les protéines), tels que lefluorodinitrobenzène (FDNR)
ou bien encore une hydrolyse partielle de la protéine par la trypsine donnent une
appréciation de la lysine disponible, non bloquée, en général bien corrélée avec la
lysine nutritionnellement disponible.
107
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTBU JEUNE
NT
Enfin les experts F A 8 et OMS ont prkconisk la mkthode dite DISCO pour
l'évaluation de la qualitk des protkines : elle associe une détermination chimique de la
teneur en acidesaminks, le calcul de l'indice chimique de la protkine analyske par
rapport à une protkine de rkfkrence ou une combinaison-type d'acides aminks ainsi
qu'une mesure de Ia digestibilitk de l'azote : on dktermine alors un indice DISCO qui
est le produit de la digestibilitk in vivo par l'indice chimique (ou score chimique).
L'kvduation toxicologique passe par des protocoles biens ktablis et souvent beaucoup
plus longs.Elle
porte sur lessubstancesnaturellestoxiques,les
contaminants
lourds), les additifs et auxiliaires
chimiques (produits phytosanitaires,
mktaux
technologiques, les produits nkoformks & l'issue des traitements. Les essais sur l'animal
de laboratoire à des doses croissantes permettent de dkterminer des doses maximales
sans effet (?SE) ; la DSE affectke d'un coefficient de sécuritk gknkralement
de 160
permet de fixer une dose journalière admissible
(DJA) chez l'homme ; on tient compte
ensuite des niveaux prkvisionnels de consommation des aliments vis&, pour proposer
des teneurs autoriskes.
Les traitements, qu'ils soientdomestiques,artisanaux
ou industriels,applicables 21
l'élabomtion d'aliments de complkmentspour l'enfant, ont des buts divers :
- skparer et purifier les parties comestibles des matières premikres;
- amkliorer les conditions de conservation (pasteurisation, stkrilisation);
- modifier ou amkliorer les propriktb fonctionnelles(solubilitk, viscositk,fluiditk,
aptitude h la formation de gels...) ou nutritionnelles (digestibilitk) ;
- amkliorer les qualitks organoleptiques (saveurs,
&mes ...).
Ces traitements sont de différentesnatures :
- traitements de nature physique :
. thermiques : chaleur, froid ;
. rnkcaniques : hautes pressions ;
. de fractionnement : centrifugation, filtration ;
. d'irradiation :micro ondesS,U.V., rayons gamma ;
. de rkduction de l'activitkde l'eau :déshydratation, ajouts de solut&.
1O8
Innocuité et disponibilité des nutriments dans
les aliments de complément
-traitements de nature chimique :
. alcalins ;
.oxydants ou réducteurs ;
.acides ;
- traitements enzymatiques :
.hydrolyse de protéines,de polysaccharides,de glycosides ;
. inactivation de composés toxiques;
. synthèses.
séparation et
Traitements de
conservation
I
Traitements peu séveres
pH moyens
températures moderées
courte durée
Modifications d e
propriétés fonctionnelles
ou organoleptiques
I
1
Traitement: sévères
pH extr6mes
températures élevées
interactions avec d'autres
composés
+
modifications de la
structure primaire
molticules
1
perte de valeur nutritionnelle
1
(digestibilitb, valeur biologique)
rbduction de biodisponibilitb
aDDarition de Droduits toxiques
Figure 3
Différents types de traitements et effetssur la valeurnutritionnelle.
3.2. Effets des traitements sur l'innocuitéet la valeur nutritionnelle
Du faitde leur diversité et surtout des conditions plus ou moins sévèresdes
traitements, les effets nutritionnels sont variés et pourraient être répertoriés à trois
niveaux :
1 O9
- effets plut& favorables si les conditions de traitement sont douces etbien maitriskes ;
- perte lkgkre de valeurnutritionnelle pour des traitements modkrks ;
- pertes skv&raet apparition de dériv6 toxiques dans les conditions les plus sévkres.
3.2.1.
Les traitements ont souvent pour objet d'amkliorer la qualit6 nutritionnelle de
produits peu comestibles A l'ktat naturel. Ainsi lors du traitement bar exemple la
cuisson),dans la mesure où seulela conformation gknkrale des macromolkcules
(structure secondaire, tertiaire et/ou quaternaire des protéines) est modifiée, sans
&ration desmolkcules constitutives (structureprimaire), on observe plut& une
amklioration dela digestibilitk du fait de la dknaturation
thermique des protkines, dela
gklatinisation de l'amidon, de l'inactivation d'enzymes indisirables (lipoxygknxes), de
la destruction de facteurs antinutritionnels thermolabiles. Ce sera donc le cas pour les
graines de Ikgumineuses utiliskes dans de nombreuses formulations.
3.2.2.
De nombreuses causes de pertes de nutriments ou de rkduction de la biodispowibilitk
sont envisageables :
- pertes d'acides m i n & par oxydation, dksamination, dkcarboxylation, isomkrisation;
- pertes d'acides gras par oxydation ;
-pertes d'klkmentsminkraux et de vitaminesparsolubilisation ou kliminationde
parties non cowsommkes de la plante ou des tissus animaux;
- pertes de vitaminespar oxydation ou par hydrolyse ;
- perte de digestibilitk par modification des conditions d'hydrolyse, par formation de
liaisons covalentesinter- ou intra-msllkculaires;
-perte debiodisponibilitk par modification des nutriments au niveaumslkculaire.
Dans les cas les plus skvères, ces pertes sont accompagnkes de l'apparition de produits
toxiques ou mutagknes.
E'entraPnement par les eaux de lavage et/ou de cuisson de mslkcules de faible taille
moléculaire (sels minkraux,vitamineshydrosolubles)
est inéluctable. Ces pertes
peuvent 2tre limitkes en optimisant le prockd6 (taille des particules, qualitk de l'eau,
durée, temppkrature, p H...) ; de m&me pour lesvitaminesliposolubles,
les pertes
peuvent être importantes lorsqu'on klimine lis matikres grasses ou lors de prockdks de
raffinage des huiles (carotkndides, vitaminesA, et E).
110
Innocuité et disponibilité des nutriments dans les aliments de complkment
3.2.2.2. Modifications de molécules
De nombreux acidesgrasetacidesaminés
sont fragiles et peuvent être altérés. Les
acides gras polyinsaturés à longue chaîne,classe à laquelle appartiennent les acides gras
essentiels, sont très facilement oxydables. En présence d'agents oxydants (oxygène,
métaux, radicaux libres), se forment des peroxydes lipidiques, eux-mêmes considérés
comme toxiquesou prooxydants par exemple vis-à-vis des protéines.
Les conséquences
se situent à deuxniveaux : organoleptique(rancissement) et nutritionnel (perte
d'acides gras essentiels, risques toxiques).
Certains acides aminés (tableau 1) sont également très sensibles à certaines conditions
de pH, de température, d'oxydation, à la présence de glucides réducteurs (glucose,
fructose, lactose), depolyphénols...
Tableau 1
Sensibilité de quelques acides aminésà différents agents physiques
ou chimiques.
Chaleur Glucides
pH
Polyphénols
Oxydation
-
++
+++ +++++
+++
Lysine
.......................................................................................................................................................................................
++++
++++
++
+++
...........C
.........................................................................................................................................................................
Y. steine
Méthionine
+
++++
......................................................................................................................................................................................
+
+
+
+
++
++
...................................................................................................................................................................................
Tryptophane
++++ ++++
Asparagine
+Glutamine
3.2.2.3. Formation de liaisons covalentes
Des liaisons fortes inter- ou intra-moléculaires peuvent se produire entre protéines, à
l'intérieur d'une même protéine ou entre protéines et glucides. La réaction de Maillard
débute par la réaction entre une fonction aminée libre (lysine) et la fonction réductrice
d'un glucide pour continuer par toute une série de modificationset de réarrangements
moléculaires. C'est le cas aussi de la liaisondu type aspartyl-lysine, glutamyl-lysineou
bien lysinoalanine. Dans chacun de cescasdes résidus lysyls sont impliqués : cela
conduit à une réduction de le digestibilité,à une perte de biodisponibilité de la lysine,
plus difficilement libérableou moins accessible nutritionnellement.
3.2.2.4. Néoformationde composés toxiques
Dans les cas les plus extrêmesde nombreux dérivés peuvent apparaîtreà partir d'acides
aminés ou d'acides gras. Il peut s'agir de dérivés oxydés : aldéhyde malonique à partir
; acidesaminéssoufrésoxydés,telsquelesulfoxyde
de
d'acidesgrasinsaturés
méthionine, la méthionine-sulfone. Il s'agit aussi de dérivés cyclisés ou polymérisés à
111
L 2LIMEm'TIONDE
CO~~LE~E
DU
N JEUNE
T
ENFANT
partir d'acides g m , ou de tryptophane, d'acide glutamique, de crkatinine. Certains de
ces composés(carbolines,imidazoquinoline,imidazoquinoxaline)
sont doués de
propriktés mutagknes : ilsapparaissent lors de traitements thermiques s&&res. Les
sous l'effet de la chaleur subir des
acides gras polyinsaturéspeuventégalement
cyclisationset des polymkrisatisns conduisant descomposks peu digestibles et
potentiellement toxiques.
3.3. Les traitements thermiques
Ce sont probablement les traitements les plus utilisks aussi bien au niveau domestique
qu'artisanal et industriel. L'action de la chaleur intervient h plusieurs niveaux:
- traitements de cuisson:
. four, sous-vide, micro-ondes ;
. cuisson-extrusion ;
. friture plate ou profonde .
- blanchiment ;
pasteurisation (autoclavage), stkrilisation (U.H.") ;
- skchage :
. kvaporation ;
.sêchage sous videou par évaporation ;
.lyophilisation.
- grillage et. torréfaction.
-
Le couple temps-tempkrature est dkterminant pour l'évaluation de I'efficacitk et/ou
deseffets. On pourrait nkanmoins en premikre approximation considkrer trois
gammes de tempkratures commele montre le tableau2.
au del; de
146°C
Tableau 2
Traitements thermiques et effets nutritionnels.
Effets nutritionnels
Traitements
blanchiment, pasteurisation, dénaturation des protêines,
amklioration dela digestibilitk,
cuisson A l'eau, sous-vide,
inactivation de facteurs
micro-ondes, atomisation
antinutritionnels
réaction de Maillard,
perte de lysine disponible,
stkrilisation .
ponts covalents
rkaction de Maillard,
destruction d'acides minks
friture, g!illage,
isomérisations, ponts covalents
torrkfactmn
dkrivks toxiques
112
Innocuité et disponibilitédes nutriments dansles aliments de complément
La réaction de Maillardelle-même, à partir d'une protéine (principalement les résidus
lysyls) et d'un glucideréducteur (glucose, lactose...) peut être globalement décomposée
en trois étapes :
-la première, dont certaines des réactions sont au début réversibles, conduisant aux
composés d'Amadori, n'a qu'assez peude conséquences au plan nutritionnel ;
-la seconde conduit à la formation de composés intermédiaires, des prémélanoïdes,
non colorés. O n assiste à une réduction très significative
de la valeurnutritionnelle et
à l'apparition de composés mutagèneset tératogènes.
la troisième aboutit à la formation de composés volatils et odorants et de pigments
colorés, de haut poids moléculaire et insolubles, les mélanoïdines qui ne sont pas
absorbables.
-
Un exemple connu grâce aux travaux des laboratoires NESTLE en Suisse montre la
perte de lysinenutritionnellement disponible dansdes laits en poudre (tableau 3).
Tableau 3
Pertes de lysine dans des laits enpoudre (lysine exprimée en g/16 gN).
Lait lyophilisé
Lait séchépar atomisation
Lait séchésur cylindre
- conditions modérées
- conditions sévères
Lysine
totale
Lysine
disponible
8
8
8
8
Lysine
disphotale %
100
100
7
6
5
2
70
30
Cesrésultats sont significatifs.Dansle casde la poudre de lait obtenue dans des
conditions de séchage les plus sévères, la lysine totale est détruite de 25 70alors que la
lysine nutritionnellement disponible est perdue à 75 %.Cela signifie que même la
lysine non détruite est en partie rendue non disponible. Le produit le plus sévèrement
besoins
nutritionnels du jeune enfant.
traité n'est plus apte à couvrir les
Heureusement la maîtrise des technologies industrielles permet de limiter de telles
pertes. Il faudrait souhaiter que les fabrications artisanalessoient aussi bien contrôlées.
Il faut préciser enfin que même à des températures intermédiairesmais en augmentant
le temps on assiste à une détérioration de la disponibilité de la lysine: conservation de
lait pendant plusieurs moisà 6OoC par exemple.
113
Lesmatikrespremières,notamment
d'origine végktale et surtout lesgrainesde
légumineuses, entrant dans la composition d'aliments de complkments sont
susceptibles d'apporter des composés indksirables par leurs effets, oufacteurs
antinutritionnels, qui pour la plupart sont heureusement faciles à kliminer.
Comme l'indique le tableau 4, ces composks appartiennent à des classes chimiques très
différentes et se manifestentpar deseffets exdmement variks. Certains ont un
caracthre très ubiquitaire : les inhibiteurs d'enzymes, les lectines, les pslyphknols, les
phyvtates... D'autres sont beaucoup plus spkcifiques et ne se rencontrent que dans
quelques esp&cesou familles vkgCtales : le gossypol du coton, les composks cyanogènes
du manioc, les facteurs favogènes de la fkve ou de quelques autres Ikgumineuses... Ces
composks représentent pondédement une part assez faible dans lesgraines ou les
diffkrentes parties de la plante et leur analyse pose des problèmes spkcifiques pour
les &miner sont nombreux et
chacun d'entre eux.Lestraitementssusceptiblesde
dbpendent essentiellementde leur nature physico-chimique.
A titre d'exemple quelques uns de ces facteurs constitutionne%ssont 6voqu6s dans le
tableau 4.
Toutes les graines et en particulier celles de lhgumineuses contiennent des inhibiteurs
d'enzymes ; les plus nifastesparleurs effets sont les inhibiteurs deprotéases qui
agissent sur les enzymes proeColytiques pancrkatiques aucours de la digestion;Il s'agit
de protéines de poids molkculaire moyen (8000 à 22000) qui inhibent spécifiquement
la trypsine et/ou la chymotrypsine. Les structures de ces inhibiteurs et leur mode
d'action sont connus et largement décrits.
Les effets sont rksurnks dans le tableau 5. O n a montrk cependant que l'hypertrophie
du pancrkas ne se manifestait que chez les espèces de petite taille : sourisis,rat, poulet,
cobaye, mais pas chez le chien, le porc le veau. Les données manquent dans %'esphce
humaine en particulier chez le nourrisson. ieux vaut
donc envisager un traitement
d'klimination : ces composks sont heureusement pour la plupart dknaturables par la
chaleur. Généralement l'autoclavage ou la torrkfiction s0m suffisants pour inactiver
les inhibiteurs de protéases des graines classiquement utiliskes (haricot, soja). Dans le
cas du soja un traitement d'autoclavage par voie humide de 10-26 mn A 1 W C esse
suffisant.Desvérificationsseraient
nécessaires sur desgrainesmoins connues qui
pourraient contenir des inhibiteurs plus thermorésistants.
114
Innocuité et disponibilité des nutriments dans les aliments de complément
Tableau 4
Facteurs antinutritionnels.
2OMPOSES D E NATURE AZOTEE OU PROTEIQUE
- Lectines, hemagglutinines
- Inhibiteurs d'enzymes : amylases, protéases, lipases
- Peptides à activité biologique
- Acides aminésou dérivés :mimosine, L-DOPA,
selenoaminoacides, lysinoalanine
- Acides a m i n é s lathyrogènes
- Produits de la réactionde Maillard
;LUCIDES
- Xylose
- alpha-galactosides
- Béta-glucanes
;LYCOSIDES, HETEROSIDES
- Facteurs cyanogènes
- Facteurs favogènes:vicine
- Facteurs goitrigènes:glucosinolates
- Glycosides aéroidiques et triterpenoïdiques :saponines
- Phytooestrogènes
2OMPOSES DE NATURE PHENOLIQUE.
- Acide chlorogénique
- Flavonoïdes
- Gossypol
- Polyphénols, tanins
JPIDES
- Acides
cycliques,
gras
oxyde%
- Acide érucique
?HYTATE
- Acide phytique et sels d'acide phytique
ILCALOIDES
VIYCOTOXINES
Tableau 5
Effets des inhibiteurs de protéases.
- interaction et formation de complexes avec les
affinité variable
selon les espèces
...Protéases
....................................................................................................................................................................................
à sérine
- hypersécrétion pancréatique
- hyperplasie pancréatique rat,
poulet, cobaye
-...........................................................................................................................................................................................
réduction de croissance
rat (pancréas)
................................................................................................................................................................................
- Potentialités
...
carcinogènes
souris, hamster
- effets protecteurs, anticarcinogène
115
Les lectines ou agglutinines sont prbentes dans tout le rigne vigétal et dans toutes les
parties de la plante ; elles sont en particulier tris abondantes (4 8 3 % du poids sec)
danslesgrainesdelégumineuses.
Il s'agit de protkines, de poids moléculaire Clevé,
éventuellement glycosylkes, qui prksentent la particularité d'avoir une affinitk pour
des motifsglycmiquesde molkcules glycsconjup6e.s
oprotéines). Les diffkrentes
lectines
reconnaissent
de
f a p n spkcifique
les
motifs
glycaniques
qui leur
correspondent.
Les effets antinutritionnels ou kventuellement toxiques sont essentiellement dus à leur
capacitk de fixation sur les glycoprotéines membranaires au niveau de la muqueuse
intestinale, entrahant une rkduction descapacitésdigestives et d'absorption et des
troubles gastro-intestinaux
(diarrhées,
nausées). Certaines
lectines
manifestent
kgalement
des
effets
cytotoxiques : c'est la cas des
lectines
du haricot
(phytohémagglutinine) ou des graines de ricin (ricine).Les lectines de pois,de lentilles,
de five sont considkrkes comme non toxiques et sanseffet antinutritionnel sur la
croissance.
L'élimination des effets dklktkres des lectines passe par une dknaturation thermique ;
génkralement il faut des conditions de traitement thermique au moins aussi sévires que
pour inactiver les inhibiteurs de protéases.
Il s'agit d'un groupe tris diversifiéde composés phknoliques plus ou moins
polymkrisés ou condensés(tanins). Les polyphknolscondensés sont constituksde
proanthocyanidines pollymériques, difficilement hydrolysables et non absorbables. Ils
sont abondants dans certainesckréales (sorgho) et les graines de lkpmineuses.
Les interactions des tanins avec les protéines, d'une part, dans l'aliment et, d'autre
part, dans le tractus digestif au niveau de la muqueuse intestinale expliquent
leurs
effets antinutritionnels : baisse de digestibilitk des protéines, blocage dela lysine. Mais
par ailleurs on leur attribue aussi des effets antioxydants favorables.
L'klimination des tanins n'est pas une opération facile. Les traitements thermiques
sont inefficaces sur les tanins condensés. Mieux vaut kcarter les parties de le plante qui
en contiennent le plus.
Il s'agit d'oligosides pr6sents dans les graines de légumineuses, contenant du galactose
dont lesliaisonsosidiquesne sont pas hydrolysables par lesenzymesdigestives de
l'espice humaine. Leur transit dans le tractus digestif les conduit dans le colon ou gros
116
'
Innocuité et disponibilité desnutriments dansles aliments de complément
intestin où ils sont fermentés par la microflore digestive, produisant des phénomènes
deflatulence et de diarrhée.L'élimination
desalpha-galactosides peut sefaire
partiellement par solubilisation ou, éventuellement, par voie enzymatique au cours de
la germination ou d'une fermentation des graines.
4.6. Phytates
Il s'agitde sels d'acide phytique ou acide myoinositolhexaphosphorique. Très
ubiquitaire dans les grainset graines, les phytates représentent jusqu'à 1 à 5 % du poids
sec de certainesgraines et constituent une forme très peu disponible dephosphore par
comparaison avec les autres formes de phosphore organique ou certains phosphates
un facteur
minéraux. Les phytates sont également
considérés
comme
d'indisponibilisation de cations : fer,calcium,manganèse,cobalt,cuivre,zinc.Les
phytates interagissentégalement avecles protéines en formant aveccelles-cides
liaisons stables ; à ce titre, les phytates peuvent être considérés comme de potentiels
inhibiteurs d'enzymes (amylase, protéases).
Les phytates sont difficilement hydrolysables dans le tube digestif des mammifères et
de l'homme, sauf chez les ruminants qui possèdent les enzymes efficaces au niveau du
rumen (phytasesbactériennes). L'action desphytasesvégétales,présentesdansles
graines, est possible mais généralement pas dans les
conditions physiologiques du tube
digestif.
La présence,en trop grande quantité, de phytates dans l'alimentation peut être
responsable d'indisponibilisation non seulementde phosphore et decalcium mais
surtout d'oligo-éléments dont lacarence peut être impliquéedans les syndromes
d'anémie.
L'élimination des phytates pourrait passer par unevoie
d'insolubilisation par
complexion ;une voie enzymatique est envisageable.
4.7. Voies enzymatiques d'amélioration dela qualité nutritionnelle
On connaît l'intérêt desamylases pour améliorer les propriétés fonctionnelles
(viscosité) des produits amylacés incorporés dans des aliments de sevrage. De même,
dans lecas de facteurs antinutritionnels difficilement extractibles, tels que lesphytates,
le recours à une voie enzymatique semble raisonnable et envisageable. Les phytates
sont en principe hydrolysables par des phytases qui sont soit présentes dansle végétal
lui-même, soit présentes dans le tube digestif de certains mammifères, soit produites
par un cert4ns nombre de micro-organismes.
Les stratégies d'élimination des phytates pourraient donc être les suivantes (figure 4).
Partant du principe que les procédés physiques sont peu efficaces, on peut recourir à
des phytases endogènes (végétales) ou exogènes (microbiennes). Dans le premier cas il
117
s'agit de faire agir l'activité phytasique de la graine elPem8me soit par trempage soit
par un début de germination. La deuxikme voie a recours B des phytases exogknes
ajoutkas dans le milieu : il peut dors s'agir &un prockd6 fermentaire au cours duquel
se dkveloppent des micro-organismes producteurs de phpses. C'est ce que 1'08 peut
observer au cours de fermentations lactiques. Une dernihre SOhtiOn consistemit à
apporter dans le milieu au cours d'un trempage par exemple, non un micro-organisme
mais une priparation enzymatique qui contiendrait une activitéphytasique. On
connaît en effet des champignons ( A s p e ~ i l snigm, A. f i c m m ) , des levures
(S~cch~rwl.uzyces
cerwisiac), des bactkries (Bacill24s subtilis) qui produisent des phytases.
Certaines de ces souchesmicrobiennes sont dkjb utilisées dans l'industrie pour
produire d'autres activitks enzymatiques.
pourrait
Enfin, l'klimination des alpha-gdactosidesdegrainesdelégumineuses
kgalement passer par une solution enzymatique de cette nature (alpha-galactosidases
microbiennes).
b-lT
A. niger, A. flcuum
B. suhtilis, E. coii
S. cerevisiae
IP5 IP4
IP3 IP2 IP1
A
Fe Ca Mn
Cu Zn
l
Figure 4
Stratégies possiblespour l'élimination des phytates.
118
Innocuité et disponibilité des nutriments dans les aliments de complément
5. CONCEPTION
D'ALIMENTS ET MAITRISE DE LA
QUALITE
La conception d'aliments de complément pourrait passer par trois étapes principales
figure 5) :
OBJECTIFS
NUTRITIONNELS
antinutritionnels
4
biodisponibles
l'inactivation
ad itifs
TRAITEMENTS ~-.~uxiliaires
valeur nutritionnelle
de I'innocuite
conservation
transformation
inactivation FAN
technologiques
V
Donnees socioeconomiques
Acceptabilite du produit
1
/
PRODUCTION ~-+OMMERCIALISATION~
Figure 5
Stratégie deconception d'un aliment desevrage.
- la formulation du produit qui dépend :
. des objectifs nutritionnels, qui sont de couvrir tout ou partie des besoins
du jeune enfant;
. du choix desmatièrespremières, conditionné par laconnaissancedes
teneurs en nutriments disponibles etdes facteurs antinutritionnels.
- Une étape de mise aupoint des traitements avec pour objectifs :
.d'améliorer les conditions de conservation (qualité microbiologique);
.de conférerdes qualités organoleptiques acceptables;
. d'inactiver les facteurs antinutritionnels et réduire les teneurs en composés
indésirables ;
.éventuellement améliorer
lesqualités nutritionnelles par des opérations
d'enrichissement (minéraux, vitamines)ou hydrolytiques (amylase...).
119
b, ~
~ ~ ~ E N T A TCOMPLEMENTBU
~ ~ N B E
JEUNE ENFANT
Cette ktape peut se terminer par un essai sur l'animal de Laboratoire, deseinkA valider
in vivo les opkrations technologiques retenues.
-Une phase de production ( e ~de commercialisation) qui spis optimisation de la
formule et des traitements devra intkgrer les possibilitks de contrble et le suivi de la
quditk sur diffbrents paramitres &finis durant laphase de mise au point. Ceci
justifie de mettre en place dis le dipart un système de contrble de la qualité et des
risques (syrstime HACCP).
Le systime de contrble est A envisager h plusieurs niveaux (figure6) :
l
Centre de
recherche et
développement Analyses et essais chimiques, -j
mierobiologiquea, nutritionnels
selon normes nutritionnelles
et normes de a6curit6
j
I
Optimisation
technique et $esnomique
respect des BPI
Atelier de
production
II ,
I
en continu: paramgtres
de fabrication,
Figure 6
$mime de contrble qualitk.
120
j
,
:
Innocuité et disponibilitédes nutriments dansles aliments de complément
- miseau
point du procédé : cette étape met en oeuvre
des analyses chimiques et
microbiologique destinées à démontrer l'innocuité du produit et sa conformité par
ou internationales,
ainsi
que des
analyses
rapport à des normesnationales
nutritionnelles destinées à garantir la qualitérequise par rapport à des apports
recommandés. Ces opérations de mise au point du procédé, faites dans le souci du
respect des bonnes pratiques industrielles(BPI), peuvent se faire en coopération avec
les centres de rechercheet développement ;
- miseau point du procédé : cette étape met en oeuvre desanalyseschimiqueset
microbiologique destinées à démontrer l'innocuité du produit et sa conformité par
nationales
ou internationales,
ainsi
que
des
analyses
rapport à des normes
rapport à des apports
nutritionnelles destinées à garantir la qualitérequisepar
recommandés. Ces opérations de mise au point du procédé, faites dans le souci du
respect des bonnes pratiques industrielles(BPI), peuvent se faire en coopération avec
les centres de rechercheet développement ;
- contrôle-qualité continu : réalisé par l'atelier de production lui-même, en continu ou
quotidiennement, sur la base de critères simples servant
d'indicateurs de qualité ;
- système de contrôle périodique, réalisé par des services officiels, destinéà s'assurer de
l'innocuité, de la valeurnutritionnelle et de la valeur marchande
du produit.
Il est souhaitable que, dès la phase de mise
en place du procédé, l'ensemble de ces
contrôles et analyses soit conçu selonles recommandations du système HACCP.
6. CONCLUSION
Aucun procédé n'est tout à fait idéal, de même que beaucoup de composés considérés
comme antinutritionnels peuvent aussimanifester,selon
le contexte, deseffets
bénéfiques. La solution réside souvent dans la recherche de conditions optimales, de
compromis. Par exemple, les traitements thermiques (humidesou par voie sèche) sont
à lafoisbons
pour améliorerlavaleur
nutritionnelle, inactiver des facteurs
antinutritionnels, mais néfastes si les conditions trop sévères d'application aboutissent
à des phénomènes d'indisponibilisation. Les données sont connues et parfaitement
maîtrisables ; seule l'expérimentation permet de trouver une solution optimale, en
tenant compte également des données socio-économiqueslocales notamment dans les
pays en développement. Autrement .dit la démarche doit être pragmatique et adaptée à
chaque contexte et à chaque objectif.
121
E 'ALMENTATIQNB E CQMPLEMENT D WJEUNE ENFANT
122
TECHNIQUES POUR AUGMENTER LA DENSITE
ENERGETIQUE DES BOUILLIES
Serge TRECHE
Laboratoire de Nutrition Tropicale (UR44),Centre Orstom,
Montpellier (France)
1. INTRODUCTION
Le "Dietary bulk" que l'on peut traduire en
français
par gros volume ou
encombrement des aliments a été mentionné comme facteur possible de l'étiologiede
la malnutrition protéino-calorique chez les jeunes enfants depuis les travaux deNicol
(1971) au Nigéria et deRutishauser (1974) en Ouganda au début des années 1970. Mais
c'est depuis la parution au début des années 80 d'une série d'articles d'une équipe de
chercheurs suédois (Ljungqviste t al., 1981 ; Hellstrom et al., 1981 ; Brandtzaeg et al.,
1981 ; KarlssonetSvanberg,1982)
et les travaux de Desikachar (1980 ; 1982), de
Gopaldas (1984) et de Gopaldas et al. (1986) en Inde que l'on a commencé à
reconnaître lanécessité, compte tenu delacapacitéstomacale
réduite desjeunes
enfants, d'augmenterla densité énergétiquedes aliments de complément, enparticulier
lorsque l'enfant ne bénéficieque d'un nombre limité de repas.
Plusrécemment,plusieursarticles
consacrés auxrelations entre l'alimentation de
complément, le niveau d'ingéré énergétique et la malnutrition protéino-énergétique
ont souligné l'importance d'identifier etdevulgariserdesmoyensadaptésaux
différents contextes des pays en développement
pour augmenter la densité énergétique
des aliments élaborésà partir de produits locaux (Walker, 1990;Creed de Kanashiroe t
al., 1990 ;Brown, 1991;Ashworth et Draper, 1992).
2. QUAND FAUT-IL AUGMENTERLA DENSITE
ENERGETIQUE DES BOUILLIES ?
Les études réalisées sur les pratiques de sevrage et la valeur nutritionnelle des bouillies
traditionnellement utilisées dans plusieurscontextesafricains permettent de mettre
L ~ L ~ ~ E ~ T ADET COMPLEMENT
~ O N
DU JEUNE ENFANT
facilement en évidence l'intkrtt, sinon la nkcessitk, d'augmenter la densiek knergktique
des bouillies desevrage.
Pour rendre notre dkmonstrationplus concrkte, nous prendrons l'exemple d'un
contexte bien prkcis : celui du Congo. Dans ce pays, les enquites sur les pratiques de
sevmge ont montrk que parmi les enfants consommant réplikrement de la bouillie,
seulement 22 % en zones rurales et 21 % A Brazzaville en consommaient plus de deux
fois par jour (Cornu et al.,199%).
Ces bouillies sont, dans plus de 80 % des cas, prkparkesavecdes produits locaux,
essentiellement A partir d'une pite de maïs ferment& appelke polo-polo ou de farinede
manioc (Trkche et af., 1992 ; 1993).Les dkterminatisns de teneur en matikre skche
effectukes sur prks de 366 kchantillonsdebouillies
prClevks au moment de leur
consommation montrent que les concentrations moyennes des bouillies de maïs et de
manioc sbnt, respectivement, de 14 et 16 g de matiire skche pour 100 g de bouillie ce
qui veut dire, en estimant que 1 g apporte 4 kcal, que la moitik des bouillies donnCes
aux enfantsont une densitk knergktique inf6rieure A 60 Kcal/100 ml (figure 1).
Pendant la pkriode de consommation de bouillies, la plupart des enfants congolais ne
prennent donc que 1 ou 2 fois par jour une bouillie dont la densitk knergktique est le
plus souvent infCrieure A 60 Kcd/100 d.Si on prend l'hypothbe, conforme aux
travaux de Vis et d. (1981) au Zaïre, que les mkres en Afrique Centrale fournissent en
moyenne 540 ml delait par jour, soit 386 Kcal,celasignifieque
l'alimentation
complkmentaire devraitfournir 385 Kcal à un jeune garpn de 6 mois dont les besoins
knergktiques peuvent 8tre estimés A 765 "al.
Pour fournir ces 385 Kcd, il faudrait 640 ml d'une bouillie de densitk knergktique
kgale A 60 Kcal. Or il est reconnu que compte tenu de sa. capaciek stomacale riduite,
un enfant de cet 8ge ne peut pas ingérer en un seul repas plus de 150 A 206 ml de
bouillies. En prenant unemoyennede
170 ml par repas, on montre aiskment
(figure 2) :
- qu'il est nécessairequelesbouilliesaient
une densitk kne
126 Kcal/i66 ml pour que la prise de deux bouillies par jour soit suffisante pour
permettre %acouverture de ses besoins knergétiquesen complkment du lait maternel;
- qu'il faudrait au moins 4 bouillies par jour pourcouvrir ces m h e s besoins lorsquela
densitk knergktique des bouillies ne dépassepas 66 Kcd/100 ml.
Dans les contextes caractkrisés A la fois par une fourniture delaie insuffisante, une
faible fréquence de distribution desbouillies et l'utilisation d'aliments desevrage à
basede ckrkales ou detubercules n'ayant pas subi de traitementsappropriks, les
bouillies ne sont donc pas capables de compléter les apports du lait maternel pour
couvrir les besoins knergktiques des jeunesenfants.
124
Techniquespour augmenter la densité énergétiquedes bouillies
Frequence (%)
_""
....
2 5 1 1....
2o
1.1
1
3 5
... . .... .
7 9 11 13 15 17 19
Teneurenrnatibresbche
. . .. .
.. .... ..
...
.
21 23 25 27 29 31 33 35
(g / 100 g
de bouillie)
Figure 1
Distribution de la teneur en matière sèche des bouillies consommées en
zones rurales auCongo.
Figure 2
Couverture desbesoinsénerétiques
$,un garçon .de six moisen fonction dela
fréquence dedistribution et de a densite energetique des bouillies.
9
125
Pour y rem6dier, la premikresolution qui vient h l'esprit est d'augmenter la frkquence
de distribution des bouillies : 4 bouillies par jour permettraient de couvrir les besoins
avec des bouillies de densitC knergétique kgale h 60 Kcal/lO0ml. Malheureusement, les
ktudes rkaliskes montrent que compte tenu de l'occupation des mkes par les travaux
agricoles ou le petit commerce, les recommandations danscesens ne sont, dans la
plupart des cas, pas suivies d'effets.
Une autre solution semble pouvoir &re d'augmenter la concentration en farine, c'estj,
dire d'introduire dans un même volume de bouillie plus
de farine ou de p h . Mais des
mesuresdeviscositk
sur desbouillies traditionnellement utiliskes au Congo ont
montrk (Trèche et Giamarchi, résultats non publiks) que plus les enfants sont jeunes
plus ils prkfkrent des bouillies fluides (figure3) alors que la viscositk des bouillies, que
l'on a l'habitude de mesurer avec des viscosimètres rotatifs et qui s'exprime en Pas,
augmente très vite avec leur concentration quel que soit leur ingrédient principal.
Pour &tre facilement acceptable par les plus jeunes, les bouillies devraient avoir
une
viscosité ne dépassant pas 1,5 Pas, alors que l'évolution de la viscositk des bouillies en
fonction de leur concentration montre qu'il n'est paspossible,sans
traitements
spéciaux, de pr6parer des bouillies de maïs, de manioc ou de riz ayant i 1%fois une
Pas
concentration supkrieure à IO g MS/fOO ml et une viscositévoisinede1,5
(figure 4).
D'autres solutions encore peuvent &treproposkes :
- agir en faveur des mires, notamment pour leur permettre de rkduire leur activitk
et/ou leur procurer une meilleure alimentation defaçon à leur permettre de
produire plus de lait ;
-introduire dansdesbouilliesdesingrédientsrichesenknergie,
en particulier de
l'huile, ou ne modifiant pas de manière sensibleleur consistance comme le sucre.
Mais l'expérience montre que ces solutions qui la plupart du temps vont à l'encontre
des modes de vieou sont trks coGteuses sont trks difficilesà faire accepter.
Bien qu'elles aient ktk ]le plus souvent rkdiskes avec des enfants dgks de plus d'un an
bknkficiant de plus de deux repas
par jour, plusieurs ktudes (Brown et
et al., 1996 ; Sanchez-Grinan et al., 1992 ; Mujibur Rahman et al., 1994) tendent à
montrer qu'il existe une relation positive entre la densité Cnergktique d'une bouillie et
la quantité de matière s&he ingérée par les enfants. De ce fait, la solution la plus
efficace pour augmenter I'ingérk inergétique des nourrissonssemble donc &tre
d'améliorer la densitk knergétique des bouillies en mettant en oeuvre des traitements
qui modifient les propriktks physico-chimiques des amidons de façon à rkduire à un
niveau acceptable par les jeunes enfants leur viscositk lorsqu'elles sont préparkes à des
concentrations en matière skche suffisantes.
126
Techniquespour augmenîer la densité énergbtiquedes bouillies
Age (mois)
Fi ure 3
Variation de la viscosité
des boui lies en fonction de l'âge des enfants.
P
Concentration des bouillies (g MS/lOOg)
127
3.1. Les choix possibfes
En thkorie, ilexistedeuxvoies
pour fairevarierlaviscosité
d'une prkparation
d'amidon en milieu aqueux : d'une part, la rCticulation qui nécessite l'addition de
molkeules organiques polaires comme
des monoglyckrides ou des acides gras et qui fait
passer l'amylose d'une forme amorphe à une forme compacte en hklice qui empCche
l'eau de pknktrer dansla molkcule ;d'autre part, la dkpolymkrisationqui raccourcit les
leur
fragments non ramifiksdeschaînesconstitutivesdesamidonsréduisantainsi
capacitk de gonflement.
La dkpolymkrisation peut &treobtenue de plusieurs manikres :
-en appliquant des traitements hydrothermiques drastiquescommele séchage sur
cylindres ou la cuisson-extrusion qui provoquent l'éclatement des grains d'amidon,
puis dkplient et cassentles chahes constitutives @ansen et al., 1981 ; Colonna et
Bulkon, 1994) ;
- par hydrolyse acide qui solubilise prkfkrentiellement les zona amorphes des grains
chahes
d'amidon en s'attaquant aux liaisonshkmiacktalsalpha(1-4)terminalesdes
d'amylopectine et d'amyloseprovoquant ainsi une &duetion de leur longueur ;
- enfin par hydrolyse enzymatique en utilisant des alpha-amylases qui en s'attaquant
au hasard aux liaisons alpha(1-4) non terminales des chaînes permettent l'obtention
de dextrines ramifiées ou non dont le degré de polymkrisation dépend de l'ktat du
substrat et des conditions hydrolyses, en particulier de la durke,du pH et de la
tempkrature.
Compte tenu du prix de revient des traitements nkcessaires A la dkpolymkrisation des
amidons par les deux premiers types de prockdks, de l'impossibilitk de les réaliser au
niveau familial et des difficultés que poserait la Pkgalisatisn du prockdk d'hydrolyse
acide, c'est l'hydrolyse enzymatique qui apparai"t comme leprockd6 leplus intéressant.
Il existe plusieurs sources naturelles d'alpha-amylases potentiellement utilisables
:
- les alpha-amylases animales: décoction depancrkas ;salive humaine ;lait maternel... ;
- lesalpha-amylasesbactkriennes
produites industriellement ou provenant du
dkeloppement de souches non pathogknes sur le substrat lui-mihe ;
-les alpha-amylasesvkgétalesnaturellementpr&entesdanscertainsvégktaux
ou
apparaissant au moment de la germinationdes grainesou des tubercules.
Les solutions le plus souvent proposkes par les diffkrents auteurs pour augmenter la
densitk énergktique des bouillies prkparkes à partir de produits de base tropicaux ont
128
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
été jusqu'à maintenant la fermentation préalable des principaux composants amylacés
(Tomkins et al., 1989) et l'emploi de céréales germées ou l'incorporation de petites
quantités de farines de céréales
germées
particulièrement
riches
en
amylases
(Desikachar, 1980 ; Brandtzaeg et al., 1981 ; Desikachar, 1982 ; Mosha et Svanberg,
1983 ; Gopaldas et al., 1988 ; 1989 ;Malleshi et Amla, 1989 ;Mosha et Lorri, 1989). A
ces deux sourcesnous pouvons ajouter les enzymes produites industriellement que les
ont conduit à proposer, en particulier pour
travaux que nous avonsmenés
l'incorporation dansdesfarines produites en petits ateliers(Trèche et Giamarchi,
1991 ;Sanogo, 1994 ;Trèche et Legros,1994).
3.2. Effets de la fermentation
L'utilisation de céréales fermentées pour la préparation debouilliesde sevragese
rencontre dans de nombreux pays (Tomkins et al.,1989 ; Cornu et al., 1993) : ogi
nigérian ;poto-poto congolais ; mahewu sud africain ; uji du Kenya ;Kenkey ghanéen ;
le Bogobe duBotswana ; lenasha duSoudan ; l'obuserade l'Ouganda ; le njera
d'Ethiopie ;le motoho ou le leshele-shele du Lesotho...
En Tanzanie, l'utilisation d'une farineappeléeudagadérivéederacinesde
manioc
fermentées à l'air permet de réduire la viscositédes bouillies mais, cette fermentation
; Mlingi,
apparaît commedifficilementmaîtrisable(HakimjeeetLindgreen,1989
1989).
La fermentation, qui présentede nombreux avantages, notamment auniveaude
la
réduction des
risques
de
contamination
l'acceptabilité des produits et de
microbienne (Mensah et al., 1991 ; Svanberg et al., 1992 ; Lorri et Svanberg, 1994),
peut diminuer de façon notable la viscosité dans des bouillies de faible ou moyenne
concentration en matière sèche,mais jusqu'à maintenant aucuneétude n'a démontré la
possibilité d'obtenir par simple fermentation*desbouilliesdedensitéénergétique
supérieure à 100 Kcal/100 ml.
3.3. Utilisation de céréales germées
L'incorporation de quantités croissantesdefarinesdecéréalesgermées
permet de
à une
réduireconsidérablement
la viscositédebouilliesdesevragepréparées
concentration satisfaisante (figure 5).
Mais les quantités de farines germées à introduire peuvent varier considérablement en
fonction du substrat : pour obtenir des bouillies ayant à la fois une concentration
égale à 30 g MS/100 g et une viscosité de 1 Pas, il faut utiliser respectivement 3 fois, 2
129
L YLdMENTATdoNDE CQMPLEMEhJTDUJEUNE ENFANT
fois 1 h et 2 fois plus de farine de maïs germk avec des bouillies de riz, maïs, et mi%
qu'avec une bouillie de manioc (figure6).
-- .
...........
O
- ...
..
-
.
5
IO
15
20
Taux d'incorporation du sorgho malt6 (%)
25
I
Figure 5
Effet de l'addition de sorgho malte sur %aviscositk de bouillies A base de
manioc prkparkes h la concentration de 30 g RIS pour 106 g de bouillie.
Ce qui signifie que pour une viscositk donnée, l'augmentation de concentration, donc
de densitk knergktique, permise par une quantitk donnée de farine de ckrkde germke
est beaucoup plus importante pour les bouillies de manioc que pour celles de ckrides
comme lemaïs (figure 7).
Les conditions optimales de germination des grains de sorgho ou de maïs sont les
suivantes :
- dkcorticage manuel des grains de sorgho, pour ater les glumes et les glumelles, ou
égrenage des kpisde màis ;
trempage des grains dans de l'eauh température ambiante durant 24 heures ;
- dép6t des grains sur un tissu maintenu humideà tempkrature ambiante et à l'abri des
rayons directs du soleil ; cette phase de germination dure environ 48 heures, jusqu'à
apparition d'une plantule de 5 cm environ ;
- séchage au soleil des grains germés pendant2 à 3 jours ;
- dégermage manuel des grainspar ablation des plantules séchkes ;
- kcmement des grains dhgermbs avecun pilon ou unbroyeur à marteaux.
-
130
'II
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
35
30
.
.
25
20
-
.. . .
15
10
5
O
Manioc
Riz
Mil
Mais
OriQine botanique du composant principal
~~
Figure 6
Taux d'incor oration de farine de maïs germé nécessaire pour obtenir
des bouillies e viscosité 1 Pa.s à la concentration de 30 g MS pour 100 g
de bouillie enfonction de l'origine botanique du composant principal.
B
Viscositb (Pascal.aeconde)
61
3 -. "... ""......
__^..-
"-.I_.I
n-
......
.......
"
..........
~
-
...............
__
Concentration des bouillles (g MS/ 1OOg)
Figure 7
Effet de l'addition de 10 % de farLe de sorgho malté sur la viscosité de
bouillies de maniocet de maïs.
13 1
E~ L I ~ E ~ A T I O
COMPLEMENTDUJEWE
N ~ E
ENFmT
L'efficacitk des farines de ckrides germkes A riduire la viscositk des bouillies peut se
mesurer en dosant leur activitk amylolytique (Bernfeld, 1955). Il existe au niveau de
cette activitk amylolytique une importante variation inter- et intm-spkcifique et, pour
une varikté donnie, elle varie avec les kventuels traitements subis antkrieurement par
les graines, en particulier leur durie de stockage.
Etant donnkqu'ellenenkcessite
que des ingrkdientts gknCrdement disponibles au
niveau de chaque mknage, la prkparation de bouillies de densité knergktique mkliorke
en utilisant de la farine de ckrkalesgermCes est en principepossible dans chaque
famille. Les modes de prkpamtion doivent tenir compte de la nature et des
caractkristiques des disponibilitks alimentaires. Un exemple peut Ctre donnk pour un
contexte d'Afrique Centrale où lesseulsalimentsdisponiblesutilisables
sont le
manioc, Pa phe d'arachide ou de courge et de faibles quantitis de maïs prèche, 1994) :
la formule calculke de f a p n i permettre %aprkparation de bouillies ayant une teneur
en protkines de 10 g1'100 g de matiire skhe et une concentration d'environ 36 g de
matiire skche pour 180 ml de bouillie est la suivante: 65 % de pste de manioc, 32 ?& de
pite d'mchide et 3 7' de farine de maïs germk (figure 8).
1-
(Mifuwo) DE MANIOC
5 cuillers 3 cafb
NIAïS GERME
1 morceau
I
MELANGE
1 verre "bambou"
I
Cuisson àfeux doux
BOUILLIE ENRICHIE
I
Figure 8
Exemple de schéma de fabrication d'une bouillie enrichie et de densitk
knergetique amkliorkepour un contexte d'Afrique Centrale.
132
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
Le mode de préparation de la bouillie est très simple : on dilue dans de l'eau froide
l'ensemble des ingrédients, on chauffe à feu doux en remuant jusqu'à l'apparition de
bulles eton maintient à ébullition pendant 5 minutes avant delaisser refroidir.
Différents essais à l'échelle pilote ont montré qu'il était possibledevulgariser ces
procédésauniveau
desménages. Toutefois, une part importante desréticences
rencontrées tient au fait que la préparation des farines de céréales germées demande
un
temps de préparation relativement long. Ces difficultés préparation
de
nous ont amené
à proposer d'autres sourcesenzymatiqueslorsque
les farinesinfantilesétaient
produites en ateliers de fabrication.
3.4. L'utilisation d'enzymes produites industriellement
Compte tenu de leur prix de vente réduit, l'idée a été d'incorporer dans les farines de
sevrage produites dans de petits ateliers artisanaux des enzymes importées produites
industriellement.
Des travaux effectués en laboratoire ont permis de sélectionnerune enzyme de qualité
alimentaire, la BAN produite par NOVO Industries A h , dont les caractéristiques
l'amidon au
(tableau 1) lui permettent d'agir sur lesmoléculesconstitutivesde
moment de la préparation des bouillies par les mères (Trèche et al., 1991 ; Trèche et
température optimaled'activité
(72OC) la rend
Giamarchi, 1991). En effet,sa
particulièrement efficacedans une zone de température où les grains d'amidon ont
dépassé leur température de gélatinisation et sont donc particulièrement sensibles aux
amylases; par ailleurs, le fait que cette enzyme soit détruite lorsque la bouillie est
maintenue à ébullition pendant un temps suffisant évite que celle-ci se liquéfie au
cours de son refroidissement.
De très faibles quantités de BAN sont suffisantes pour réduire considérablement la
viscosité de bouillies (figure 9) mais comme aveclesfarines de céréales germées on
constate que les quantités de BAN nécessaires pour obtenir des bouillies de même
concentration et de même viscosité varient considérablement enfonction de la nature
de l'ingrédient principal de la bouillie (figure IO) : l'augmentation de concentration,
donc de densité énergétique, permise par l'incorporation de BAN pour une viscosité
donnée est beaucoup plus importante avec le manioc qu'avec des céréales comme le
maïs.
Un exempledeschémade fabrication defarinesdesevragededensitéénergétique
améliorée utilisant des enzymes produites industriellement est donné sur la figure 11
(Sanogo, 1994 ;Trèche et Legros, 1994 ;Trèche et cd., 1995).
133
L 2LIMENTATIBNDE CQMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Tableau 1
Caractéristiques de l'enzyme industrielle
utilisCe dans l'atelier Viujôrt au Congo.
NOM :
..........................................................................
NATURE ET ORIGINE :
.........................................................................
FORME:
.........................................................................
EMBALLAGE
:
.........................................................................
DUREE DE STOMAGE :
.........................................................................
PRD(APPROXIMATIF :
.........................................................................
INNOCUITE :
...................................................................................................
~ndo-mylase
bactkrieme @ a d u s subtilis)
.........................................................................................................
microgrand6
..................................................................................................
Lt de 40 ~g
~
......................................................................................................
6moisa2So C ; p h ~ d ' u n a r n a 5 ~ C
........................................................................................................
300 FF /Kg rendu au Congo
......................................................................................................
Codorme aux sppkcifications recommandpkespar
FAO/WO/JEFCA et FCC pour les exnimes de
qualitk alimentaire
........................................................................................................
$00
par gnmme
.........................................................................
p)
f?i"VlTE AMYLASIQUE :
......................................................................... .........................................................................................................
PH OPTIMAL :
690
......................................................................... ....................................................................................................
TEMPERAT~R?~
OPTIR3ALE
:
.........................................................................
PRODUITS DE DEGRADATION :
720 c (de 42 j $5 0 c l'activitk relative reste
supkrieure au Z/3 de l'activitkoptirnale)
....................................................................................................
Desrines de dii'firents degris de poiymkrisation ;
(7 KNU (Kilo-Unité Alpha-amylase Novo):quant
heure selon la méthode stmdard NOVO.
134
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
Tri manuel
Trempage
Séchage sous serre
Dépelliculage
Vannage
Torréfaction
Broyage
I
Séchage
complémentaire
Tri manuel
Lavage
SBchage complémentaire
Broyage
I
Broyage
LEGUMINEUSES
SUCRE
PREMEMNGEES
Ensachage
FARINE
DE SEVRAGE
Figure 11
Schéma defabrication d'une farine infanti!e à base de maïs et de manioc permettant la
préparation de bouillles de densité énergétlque améliorée.
135
Comme nous l'avons dijà vu l'efficacitkdesprockdks basés sur l'incorporation de
sources enzymatiques pour rkduire la densitk knergktique des bouillies dépend de la
plus ou moins grande activité amylolytique de la source enzymatique et de l'origine
botanique des amidons contenus dans les bouillies, mais il existe d'autres facteurs A
prendre en compte au cours de la mise au point de prockdés transfirables au niveau
des ateliers ou des ménages.
La plupart des alpha-amylases ont des activitks maximdes à des pH lkgirement acides :
4,i* A 5,4 pour les malts d'orge ; 6 pour la BAN.
Pour la BAN nous avons vkrifik que sa capacité A rkduire la viscositkde bouillies
prkparies à une concentration optimum hait à peu pr& stable dans lazone de pH 5,5
A 9 (figure 12). Mais il n'est pas possible d'utiliser ces alphamylases avec des aliments
fermentks dont les pH sont le plus souvent infkrieursà 4.
-
\ .............
...." .
l
Figure 12
Influence du pH de la bouillie sur l'efficacité de la BAN A réduire
la viscosité de bouillies de manioc prkparkes
A la concentration de
27 g pour 966 g de bouillie.
Techniquespour augmenter la densitè ènergètique des bouillies
4.2. La nature des autres constituants dela bouillie
La plupart des exemples donnés jusqu'à maintenant concernaient des mélanges simples
composés d'une farine riche en amidon et d'une source enzymatique. Les aliments de
des
sevrage contiennent généralementenplus
une source protéique, dusucreet
compléments minérauxetvitaminiques.
En fonction de leur composition et des
quantités incorporées
certains
de
ces ingrédients
peuvent
n'avoir qu'un effet
négligeable sur la viscosité de la bouillie (compléments minéraux
et vitaminiques),
permettre une augmentation de la densité énergétique sans modificationnotable de la
viscosité (sucre, corps gras) ou bien être responsable d'une augmentation importante
de la viscosité (farine de haricot) (figure 13). Il est donc nécessaire de tenir compte de
tous les ingrédients incorporés lorsqu'on détermine les quantités de sources
enzymatiques à introduire dans les bouillies.
O
O
,
5
I
15
20
25
30 35 40
Quantite d'amylases ( U / 1OOg MS)
10
45
!
Fi ure 13
Effets du taux d'incorporation e BAN sur laviscositédebouillies
préparées à la concentration de 30 g / IO0 g de bouillie enfonction de la
nature des ingrédients utilisés.
f
4.3. Les modes de préparation des bouillies
Pour bien comprendre l'importance desmodes de préparation des bouillies sur
l'efficacité des traitements enzymatiques, il est indispensable d'avoir à l'esprit, d'une
part, que les amidons nesont vraiment sensibles aux enzymes que lorsque,en solution
137
E ~ L I ~ E N ~ COMPLEMENTDU
A ~ I ~ ~ ~ JEUNE
E
ENFANT
dans l'eau, ils ont dépassk leur température de gklatinisation, c'est i dire 55 A 65°C et,
d'autre part, que les enzymes sont inactivkes au deli d'une certaine tempkrature
dépendante du type d'enzyme.
E'efficacitk du prockdé dépendra donc dela duréependantlaquelledesenzymes
encore actives seront en contact avec l'amidon d6ji gklatinisk,c'est à dire la dur&
pendant laquelle l'aliment de sevrage dduk dans de l'eau restera & une tempkrature
comprise entre environ 60" et 80°C en fonction des sources enzymatiques.
Cette durée dépend du mode de prkparation. Le mode apparemment le plus simple
froide et 1chauffer progressivement
consiste à diluer tous les ingrkdients dans de l'eau
jusqu'i l'apparition debullesensurfacepuis
de maintenir un certain temps à
kbulllition. C'est celui utilisk en conditions standardides dechauffage dans tous les
essais que nous avons exposés jusqu'i maintenant.
Pour ce mode de préparation nous avons pu vérifier que l'efficacitédu procédé, c'est A
dire la viscosittk des bouillies prkparées variait Iigkrement avec la puissance de chauffe
c'est A dire ]la vitesse de chauffage (figure14).
Far ailleurs nous avons compark ce mode de préparation (A) A plusieurs autres, en
cuisson de façon
particulier à celui qui consiste à retirer du feu la casserole en cours de
A laisser aux enzymes le temps d'agir (3) et à un troisikme, se rapprochant du mode
traditionnel de prkparation au Congo, consistant i verserdansde l'eau bouillante
l'aliment de sevrage préalablement mis en suspensiondans de l'eau froide et à laisser à
l'enzyme du temps pour agir avant de remettre sur le feu le récipient utilisk pour la
cuisson (C). Pour le mklange maniodsorgho malté, c'est le prockdk C, bien que son
efficacité &pende des volumes respectifs d'eau bouillante et d'eau froide utiliisks, qui
est le plus performant pour réduire la viscositk (tableau2).
Notons que pour d'autres mklanges, d'autres modes de prkparation sont susceptibles
de se rkviler les plus efficaces.Le choix de la source et des quantités d'enzymes à
incorporer est donc indissociable de celuidu mode de prkparation.
4.4. Les traitements teehnolo iques subis par les sources
d'amidon de la bouillie
Différents essais ont montrk que la granulométrie desfarinesdecéréales
ou de
tuberculesinfluaitpeu
sur l'efficacité du prockdélorsqueles
particules restaient
infkrieures i O,$ mm. En revanche, les traitements thermiques, comme le grillage des
manioc sur
grains demaïs avant mouture ou le séchage complémentaire de cossettes de
138
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
des plaques métalliques chauffées, pouvaient augmenter
sensibilité des amidons aux enzymes.
-v
g
ou diminuer notablement la
A Réchaud à pétrole
160
140
120
f ;
O
2
3
4
5
6
7
8
9
1
0
1
Vitesse de chauffage en degrésl mn
1
1
2
Figure 14
Effet de la ra idité de chauffage sur l’efficacité de la BAN (12 U/100 g
matière &chef)àréduire la viscosité de bouillies de manioc préparées
à la
concentration de 30 g pour 100 ml de bouillie.
Tableau 2
Variation de la viscosité de bouillies
de manioc/sor ho (90/10 ;m/m) préparées
à la concentration de 30 g MS pour 100 g de bouil le en fonction de leur mode
de préparation.
H
Procédé de préparation
A : - Dilution de la farine dans de l’eau froide
- Chauffage progressif jusqu’à l’apparition de bulles (85OC)
- Maintien 5 min à ébullition
B : - Dilution de la farine dansde l’eau froide
- Chauffage jusqu’à 65°Cet maintien 5 min hors du feu
- Chauffage progressif jusqu’à l’apparition de bulles
(85OC)
- maintien 5 minà ébullition
C :-Versement dans de l’eau bouillante de la farine diluée
dans un
peu d’eau froide et maintien 5 min en dehorsdu feu
- Chauffage progressif jusqu’à l’apparition de bulles
(85OC)
- maintien 5 min à ébullition
139
Viscosité
5,38 Pas
2,47 Pas
1’10 Pa.s
u POINT
5.
Les diffkrentes ktapes, dansl'ordre chronologique, sont :
- réunir des informations sur la situation nutritionnelle des enfants de moins de deux
ans et sur les pratiques de sevrage observées afin de dkterminer dans quelle mesure
cette augmentation est n6cessaire : les &lémentsde dkcision les plus importants sont
la nature desbouilliesactuellementutiliskes
et leur fr6quencejournalikrede
distribution ;
- établir A partir des alimentslocalementdisponiblesdesformulespossibles d'aliments
de sevrage permettant de couvrir les besoins en nutriments lorsque les apports en
knergie sont couverts ;
- dkcider, en fonction du contexte d'utilisation, si desprockdks hydrothermiques
classiques (cuisson extrusion, skchage sur cylindre...) peuvent hre utilisks où s'il est
nécessaire, pour augmenter la densité knergktique desbouillies,de recourir à des
traitements enzymatiques génkralement moins codteu et plusfaciles à mettre en
oeuvre dans lecontexte technologique des pays en dkveloppement ;
- que ce soit au niveau d'ateliers ou au niveau des mknages vkrifier, d'une part, que la
fabrication de ces formules nepose pas de problkme technologique insurmontable, et
d'autre part, que ces formules peuvent effectivement être prkparkes avec la qualitk
nutritionnelle escomptée et qu'elles sont acceptables non seulement du point de vue
organoleptique mais aussi dupoint de w e culturel et Cconomique ;
- enfin seulement choisir la source enzymatique la glus approprike et dkterminer les
quantitks incorporer.
Ce choix de la source enzymatique sera en principe diffirent selon que l'aliment de
ou au niveau des ménages.
sevrage est destiné A 6tre prépark dans des ateliers
Au niveau des ateliers, le prix de revient et la nkcessitk de fabriquer des produits de
qualité constante seront les klkmenrs dkterminants : la source la moins onkreuse, de
qualitklaplus
constante etlaplus
commode d'emploi semble être les enzymes
produites industriellement. Leur seul inconvknient est de devoir, dans la plupart des
pays en développement, être importkes mais les quantités nécessaires restenttrks
faibles. D'autres sourcespeuventgtreenvisagées
: les malts d'orge utilisb dansles
brasseries dans la mesure où ils pourraient &trerevendus à des prix intéressants ; la
production de farines de ckrkaleslocales germks à condition d'obtenir desactivitks
amylolytiques à peu pris constantes.
Au niveau des ménages et des communautés, lasolution la plus appropriée semble être
l'utilisation de farines de ckrkales germées en dkpit de la durée de leur préparation.
D'autres solutions ont kté ou peuvent être envisagkes : addition dansles bouillies
prkparkes à de fortes concentration de salive ou de lait maternel afin que les amylases
146
.
Techniquespour augmenter la densité énergétique des bouillies
réduisent leur viscosité ; utilisation d'autres sources d'amylases naturelles (farines de
tubercules germés, écorce de certaines plantes...).
L'étape suivante consiste à déterminer les quantitésde la source enzymatique à
introduire en fonction du mode de préparation des bouillies qui sera recommandé :
pour celades bouillies à ladensitéénergétiquesouhaitée
sont préparées selon le
procédé choisi en utilisant des quantités croissantes d'enzymes jusqu'à ce que l'on
obtienne des bouilliesayant la consistance désirée.
En principe, la viscosité se mesure de manière standardisée à l'aide d'un viscosimètre
rotatif qui est un appareil relativement coûteux. Au cours de nos travaux nous avons
misenévidence que laconsistancedesbouillies
pouvait également être mesurée à
l'aide d'une sorte de consistomètre commercialisé sous l'appellation polyvisc par la
firme Kinematica et dont le principe consiste à mesurer la distance parcourue par le
front d'un fluide dans un laps de temps donné. Pour un amidon donné, les mesures
effectuées au polivisc sont ktroitement corrélées à celles réalisées au viscosimètre, ce
qui permet de l'utiliser pour mesurer dans des conditions relativement rigoureuses et
reproductibles la consistance des bouillies (figure15). Mais en premièreapproximation
les quantités d'enzymes à introduire peuvent être déterminéesenestimantsans
appareillage spécial la consistance des bouillies.
-
20
100
40
60
80
120
140
160
180
2oc
Vitesse d'écoulement (mm / 30s)
I
Fi ure 15
Relation entre laviscositéet
a vitesse d'kcoulementdebouillies
préparées à la concentration de 30 g MSOur 100 ml de bouillie,a rès
traltement enzymatique en fonctlon
la nature de l'ingre lent
principal.
K
&
141
8
Il existe des contextes dans les pays en dbveloppement, notamment en Afrique,
oh
l'augmentation des apports en énergie et en nutriments essentiels dans l'alimentation
des enfants pendant la pkriode de sevrage semble pouvoir Ctre facilement réaliske en
amkliomnt la densité knergétique
des bouillies.
Diffbrentsprocédks utilisant des amylses naturelles ont ktk ktudiks, mais jusqu'i
maintenant n'ont kt6 vulgarisks qu'A l'kchelle pilote dans certaines zones, enparticulier
en Afrique de l'Est. Bien que la préparation de farinesde cérkales germées demande du
temps, leur incorporation dans les bouillies estun prockdé efficace rkalisable aussi bien
dans de petites unitks de production que dans les minages. Au niveau de ces derniers,
c'est souvent le seul procédk utilisable. Pour les unités artisanales de fabrication de
farines de sevrage, l'utilisation d'enzymes industrielles est une alternative trhs efficace
d'une grande commoditkd'emploi et d'un coQt r6duit.
Sauf lorsque les bouillies n'entrent que pour une faible part dans I'alimentation de
complément au lait maternel ou quand les modes de vie permettent d'en distribuer au
moins 4 fois par jour aux jeunes enfants, la mise A disposition des enfants de bouillies
de sevragededensitkknergbtiquesuffisantedevrait
constituer une des priori& de
toute stratkgie ayant pour objectif l'améliorationde l'alimentation des enfants pendant
la période desevrage.
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146
food
t0
proteinenerg
I
RESUME DE LA DISCUSSION GENERALE
DE LA SECONDE PARTIE
1. Il a d'abord été rappeléque le Codexreprésentait une activité importante
dépendante de l'intérêt que lui portent les ministères de la santé des Etats membres
et qu'il est essentielqueceux-cisemobilisent
pour y participer activement,
notamment au niveau du choix des thèmes abordés et au moment desprisesde
décision.
2. Il a ensuite été rappelé que les normes du codex sont à l'heure actuelle difficilement
applicables aux aliments de complément produits localement dans la mesure où il
n'existe de recommandations précises que
pour les protéines.
3. Il a également été souligné qu'il n'y avait pas de compétition mais complémentarité
entre les systèmes HACCP (Hazard Analysis Control Check Point) et ISO 9000.
Leursobjectifs
sont néanmoins un peudifférents.Lesystème
HACCP est
applicable aux grandes comme aux petites industries. En fait, sa démarche dans le
domaine de l'hygiène peut être appliquée au contrôle de qualité en général ainsiqu'à
une grande diversité de circonstances et d'éChelles. Cette démarche peut être prise
en compte dans tous les projets misen oeuvre, y compris ceux concernant
l'alimentation dans les familles.
4.En ce qui concerne les maladies diarrhéiques, la question a été posée de savoir si le
picdefréquence était strictement corrélé à I'âge d'introduction de l'aliment de
complément. Un autre facteur doit être pris en compte : la poursuite ou l'arrêt de
l'allaitement maternel dans la mesure où le lait maternel contient des facteurs antiinfectieux.
5. En ce qui concerne les techniques permettant d'augmenter la densité énergétiquedes
bouillies, la discussiona porté sur l'applicabilité des critères retenus aux aliments de
complément produits au niveau des ménages. Il en est ressorti que, dans la plupart
descas,ces critèrespeuvents'appliquer mais que les moyens de les prendre en
compte et d'assurer leur contrôle sont différents. Un second point de la discussiona
fait ressortir un manque d'éléments de référenceà plusieurs niveaux (relation entre
viscosité et densité énergétique ; relation entre densité énergétique et contenu en
nutriments) et la nécessité de rendre ces Cléments accessibles sous une forme simple
L ~ ~ ~ ~ E N T A TCOALPLEMENT
~ O N ~ E DU JEUNE ENFANT
et appropriike aux personnes s'occupant des aliments de complkment produits
partir de produits locaux.
A
6. L'intér& d'e3qwimer les teneurs en nutriments par rapport au contenu Cnergktique
des aliments de complkment a kt6 soulignk ainsi que celui de mieux
connaître la
viscositk souhaitablepour les bouillies.
148
SYNTHESE DES TRAVAUXDE GROUPE
SUR LE THEME : CRITERES DE QUALITE
DES ALIMENTSDE COMPLEMENT
A l'issue de la session consacrée aux principes généraux
d'amélioration des aliments de
complément, les participants répartis en 3 groupes ont réfléchi sur le thème "critères
de qualité des aliments de complément" à partir, de 5 questions qui leur ont été
proposées. La restitution s'est faiteen plénière par un rapporteur pour chaque groupe.
Les réponses données parles 3 groupes aux 5 questions peuvent être synthétisées de la
manière suivante :
1. QUESTION 1 :Quel estl'ordred'importancedescritèresde
qualité
aliments
des dans
différents
les
environnements reprisentés ?
Aucun des trois groupesn'aestimépossiblede
donner des ordres d'importance
différentsselon les environnements représentés. Un des groupesa néanmoins fait
remarquer que certains critères pouvaient être qualifiés d'intrinsèques à l'aliment (ex:
qualité microbiologique, teneur en nutriments...) par opposition à d'autres considérés
comme extrinsèques car dépendant dela perception des caractéristiques concernées
(acceptabilité organoleptique,prix ....)
Deux des groupes ont interclassé les différents critères selonun ordre à peu de choses
près identique :
1. Innocuité :
- qualité
microbiologique
- qualité toxicologique
2. Accessibilité :
- coût ou difficulté d'obtention des
matières premières;
- acceptabilité organoleptiqueet culturelle
- commodité d'usage (durée de
conservation et facilité depréparation)
3. Qualité nutritionnelle :
- Densitéénergétique
- contenu en nutriments
- biodisponibilité des nutriments
Le troisième groupe a prkfkrk rkpartir, sanslesclasser par ordre d'importance, ces
techniques et
m&mes critkresen trois catigories : critèressocis-culturels,critkres
technologiques, critkres kconorniques.
Les rkponses donnkes par les trois groupes peuvent ttre synthktiskes en reprenant les
critères pricidemment &finis :
Elle peut &treestirnke à partir du contrale de qualité qui est à considérer à 3 niveaux :
par des directives kdictkesde façon clairepar les organismes techniques ;
grice 2 l'adoption de textes rkglementaires, 2 la mise en place de laboratoires
de contr6le et à la mise en oeuvre d'un systhme de contrble rigoureux des conditions
de fabrication ;
après qu'une campagne IEC aitdonnklesklkments
aux personnes
concernkes pour juger par elles-m&nesde la qualitk des aliments.
Pour la prise en compte des critkes regfoupis ici, il estnkcessaire de mener, dans
chaquecontexte, desétudessocio-culturelles et Ccomorniques et de caractkriserles
prkfirences orgrnoleptiques des consommateurs ce qui nkcessite la mise en place d'une
kquipe pluridisciplinaire.
ualiti nutritionnelle
Les besoins sont de plusieurs ordres :
- des directives pricises sur la valeur
nutritionnelle (densitk knergktique, contenu en
nutriments) que doivent avoirles aliments en fonction des contextes d'utilisation ;
- des recommandations sur les modes de fabrication permettant de prendre en compte
leur influence sur la biodisponibilitk desproduits ;
- des campagnesIEC pour sensibiliser etinformer les consommateurs.
150
Synthèse sur les critères de qualitédes aliments de complément
3. QUESTION 3 : Quels sont les critères qui peuvent faire l'objet
d'une standardisation ?
Une distinction a été proposée entre critères :
standardisables :essentiellement ceux relatifs à l'innocuité.
: ceux relatifsà la valeurnutritionnelle des aliments.
non standardisables: la plupart de ceuxrelatifs à l'accessibilité. Toutefois, des
indications générales sur la manière de les prendre en compte dans chaque contexte
pourraient être proposées à un niveau régional.
4. QUESTION 4 :Quelles études ou recherchescomplémentaires
sont nécessaires
pour
définir
les
critères
de
qualité des aliments de complément?
Une distinction a été proposée entre les études et les recherches devant être réalisées à
un niveau régional susceptibles d'être utilisées par plusieurs pays et celles qu'il est
et éventuellement pour chaque
nécessairede mener à l'intérieur dechaquepays
contexte.
4.1. Au niveau international
- établissement
d'une banque dedonnées sur la composition en nutriments des
produits utilisables pour l'élaboration d'aliments de complément;
- inventaire et, éventuellement, mise en point et sélectiondes procédés technologiques
utilisablesauxdifférentsniveaux
et susceptiblesde conférer aux produits les
caractéristiques requises (densité énergétique suffisante, commodité de préparation,
préservation dela biodisponibilité des nutriments....) ;
- identification des équipements appropriés ;
- mise au point de recommandations ou d'un logiciel pour aider à la formulation des
farines composées.
4.2. Aux niveaux nationaux
- enquêtes préalables à l'élaboration de stratégies d'amélioration de l'alimentation de
complément : enquêtes sur la situation nutritionnelle ; enquêtes sur les pratiques de
sevrage, y compris les étudessocio-anthropologiques sur les tabous et interdits
alimentaires ;études sur la disponibilité et l'accessibilité des aliments;
- étude des déterminants de l'acceptabilitédes aliments de complément ;
151
L~
~
I
- ktude
~
E
N
T
~
~
I ENFANT
~
~
~ C C sur
P les pratiques de préparation
niveau des ménages.
~
E
~
des dimems de complkment au
- formation des agents des structures concernkes ;
- mise en placeou renforcement des structures de contrble ;
- mise h disposition des informations et des outils nécessaires en particulier :
.des
documents sur les objectifs nutritionnels, les prockdk et les
iquipements utilisables ;
. une banque de données sur la qualité nutritionnelle des diments
incorporables dans les formules ;
. un logiciel d'aide h la formulation ;
. la possibilitéd'avoirrecours i un rkseau d'experts dans les diffkrents
domdnes concern6s.
~
TROlSlEME PARTIE :
PRODUCTION DE FARINES DE
SEVRAGE EN ATELIER
PRODUCTION ET COMMERCIALISATION
D'UNE FARINE DE SEVRAGE :
L'EXPERIENCE ALGERIENNE
Jean-Paul GRANGAUD" et Mohamed K. KELLOU""
:>
:w
Service depédiatrie, CHU d'Alger (Algérie)
Division de laNutrition, Institut National de Santé Publique, Alger(Algérie)
1. INTRODUCTION
Le fait d'utiliser avec succès, en 1963, dans un centre de récupération nutritionnelle à
Alger, une préparation à base deblé dur etdelégumineuses a incité un groupe
d'experts animé par A. Raoult et A. Buffa à convaincre le gouvernement algérien de
produire industriellement une farine de
sevrage riche en protéines.
2. COMPOSITION ET VALEUR NUTRITIONNELLE
Cette farine, la Superamine, fut produite industriellement à partir de 1969, par la
Société nationaledes semoules, pâteset couscous, d'abord à Blida puis à Setif.
Les différents ingrédients utiliséssont donnés dans le tableau1 :
Tableau 1
Ingrédients utiliséspour la fabrication
de 100 kg; deSuperamine.
.....................................................
Farine de
dur blé
à 75 %.........................
i
?!!.kg.
i ..........................
38 kg
..................................................
Farine de
ois ......,....
chiches
.......................................................................................
Fariye
p i l l e sde
18 kg
ecréme
Lait
.).
kg
10
.........................................................
............................
i........... >.kg.
Saccharose
..........................................................
..................................................
Vitamine A
........,..
i ..............................
2 500 OOOUI
Vitamine D3
i 400 O O O U I
...........................................................................................
800 mg
..................................................
Vitamine B2
.......,..............................
Carbonate de calcium
i
500 g
Y
P
Les farines de blé dur et de pois chiches ktaient précuites à la vapeur et psskes sur un
cylindre selon le prockdk G pasta E) permettant d'obtenir une semoule très fine @uffa,
1967a). Lelaitécrkmket
le saccharoseainsi que les c0mplCmentsminCraux et
vitaminiques ktaient ajoutks
par la suite.
et 1969 par l'Institut centrdpour
Cette farine a ktk andyske en 1967,1968
l'dimentation et la nutrition d'Utrecht ;sa composition est dsnnke dans le tableau 2.
Tableau 2
~ompositionen nutriments de la Superamine produite
de 1967 1969 (pour 166 g de farine).
Calories
.....................................................................
414 Kcd
*..............................................
2699 g
.................................................................................................................
Protéines &JI?N=JO>
....................................................................
Lipides
i..................................... 4?.......
58
.................................................................
Sucres (dont 54 g digestible) *f
.......... X g .
Cellulose
1 9 2 : a;
.....................................................................
*.............................................
Cendres
0,69
..................................................................... *............................................. g
Eau
795 6
.....................................................................
+.............................................
Calcium
..................................................................... *.............................................
460 mg
406 mg
...................................................................
*.............................................
Phosphore
$60 mg
Potassium
..................................................................................................................
140 mg
+............................................
Fer
14,5
mg
...................................................................................................................
Vitamine
A
2608
..................................................................... *.............................................. UI
Vitamine D3
460 UI
.....................................................................
..............................................
vitamine
BI
645
..................................................................... +.............................................mg
Vitamine B2
6,87 mg
...................................................................
MagnCsium
.b
Par ailleurs9 elle a été contr6lke indemnede tout produit toxique et de toute
contamination microbiologique 1013d'analyses répp&tkes l'Institut Pasteur d'Alger.
Les modditb de prkparation recommand6es pour la Superamine variaient selon l'ige
de l'enfant et selon que la farine surprotéinke était proposée ou non comme un
aliment exclusif à l'intention des enfants malnutris. Ces modalitks sont rksumkes dans
le tableau 3 emprunt6 Raoult (6976).
L'expérience algérienne
Tableau 3
Recommandations d'utilisation de la Superamine.
Age en
mois
Nombre de
bouillies par
jour
Quantité de farine
en g
en nombre de
cuillères à
soupe rases
30
3
Quantité d'eau ou
de bouillon par
bouillie (en cm3)
En complément du lait maternel
3-4-5
1 150
0
6-7
2 180
5
0
8-9-10
3
5
0
11à 30
3 200
6
200
En utilisation exclusive
0
~
~
3-4-5
6-7
8-9-10
11à 15
16à30
5 150
180/200 30
4
4
40
4 200
50
4
60
2
3
4
5
6
La farinedevait être diluéedansl'eautièdepuis
période de3 à 5 minutes.
200
200
portée à ébullition pendant une
pédiatriealgérois ont
Lesessaiscliniques
entrepris, dès 1966, d a n s lesservicesde
montré qu'elle était bien acceptée par les enfants et qu'elle permettait une croissance
pondérale satisfaisante.
4. EVOLUTION DE LA PRODUCTION
La production annuelle, qui avait atteint 800 tonnes la première année,passa ensuite à
1200 tonnes, puis à 3 O00 tonnes à partir de la mise en route d'une nouvelle ligne de
fabrication à l'unité de Setif.En 1976, la production de Superamine semblait stabilisée.
Cette expérience était citée en exemple, et il était question d'étendre le processus de
fabrication aux pâtes alimentaires et au couscous, afin d'obtenir des aliments pour
adultesenrichis en protéines.Parallèlement, un programme d'intensification des
cultures de légumineuses était envisagé au niveau du Ministère de l'Agriculture. Deux
points sombres étaient toutefois signalés : d'une part, la présentation peu attrayante
157
dans des sachets en plastique, et d'autre part, la contamination de certains lots par des
salmonelles.
Le trhs bas prix de vente des sachets (0,80 SA) nettement infkrieur au prix de
production
DA) ktait de
plus
discuté
en ce qui concernait ses
avantages
bilan
(accessibilitk du produit) et ses inconvénients(dkprkciation). En dkpitdece
positif> la production de fa Supernine a Ceé interrompue en 1984, et ceci pour
plusieurs raisons :
- en premier lieu,la production de lkpmineuses, loin d'augmenter, a stagnC puis
chuté. De ce fait, le pays s'est trouvé contraint d'importer 75 96 de ces ingrédients. Il
en a ktk de m&mepour le blC dur>et m&me,pour le lait kcrkmk dont la fourniture par
le P M a ktk interrompue en 9990. Ces diffkrentes contraintes ont eu un
retentissement sur la rkgularitk de la production ;
- en second lieu, le choix de soutenir le prix la vente de la Superamine a eu pour
conséquence un manque A gagner pour la socikté productrice, même si celle-ci était
indemniske par 1'Etae.Elle a donc prkfkré se tourner vers la production de pâtes
alimentaires et de couscous, dans lia mesure où les Cquipements et les penonnels de
production requis étaient les m&mesque pour la farine de sevr . Cette polyvalence
de la ligne de production qui9en son temps avait kt6 considkrke comme unatout du
fait de la flexibilitk qui enrksultait(Buffa,
asOb), s'est retoumke contre la
production de Superamine ;
- en troisième lieu, des contaminationsinduitesprkciskmentparl'absence
d'un
personnel spkcidisé ont contribuk A lasurvenue de ruptures dans le circuitde
commercialisation ;
- enfin, l'autorisation par le mianistire du commerce de mettre sur le marchC une faine
impos-tke, normoprotCinke, instantanCe et de surcroît prksentée dans un emballage
plus attrayant, a dktourné les consommateurs vers cet aliment.
5. PERSPECTI
Bien que %afarine enrichie en protéines ait disparu depuis maintenant dix ans, elle
de
restecitée
par une grande partie du personnelde
santé et parbeaucoup
consommateurs comme un produit qui mkriterait d'Ctre A nouveau produit ; et ceci
1985 avec
d'autant plus que la crise
kconomique
qui frappe lepaysdepuis
l'effondrement des cours du pétrole risque d'entdner une réapparition des formes
graves de malnutrition protkino-énergktique qui avaient pratiquement disparues $ans
les années 80 (Kellou, 1980).
Avant de dkcider d'une relance du procédk de fabrication industrielle de ce produit, il
conviendrait de s'assurer de l'existence d'un marché potentiel et de la disponibilité des
158
,
,
,
L 'exptience algbrienne
ingrédients de base. Concrètement, il s'agira de comparer les bénéfices respectifs que
l'on pourrait escompter de la mise au point de recettes applicables facilement dansles
ménages, et ceux qui seraient tirés d'une farine produite industriellement, dans le cadre
d'un projet de développement où seraient intégrées production agricole et industries
de transformation.
REFERENCES
-
BUFFA A., 1967a Rapport final. Revue
del%A.A,n05 (mai).
-
BUFFA A., 1967b L'alimentation protéique dans les pays en voie de développement:
expérience enTurquie et en Afrique du Nord. Les Carnetsde l'enfance, 6: 141-183.
KELLOU M.K., 1993 - Evolution de la situation dimentaire et nutritionnelle en Algérie.
Communication présentée à ''l'Atelier méthodologique sur le ciblage des populations
risque nutritionnel",FAO/Orstom/IAM, 7-11novembre 1993,Alexandrie @apte).
à
RAOULT A., 1970 - Une solution au problème du sevrage: la Superamine algérienne.
Les Carnets de l'enfance, 1: 139-167.
159
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
160
LES FARINES POUR ENFANTS DE OUANDO:
ACCEPTABILITE, COMMERCIALISATION
ET MOYENS MIS EN OEUVRE POUR
ATTEINDRE LES GROUPES CIBLES
Robert 2.METOHOUE
Usine de fabricationdes superfarines Ouando, Porto Novo (Bénin)
1. INTRODUCTION
L'expérience béninoise dans le domaine de l'alimentation de complément du jeune
enfant a commencé au début des années 70, dans le cadre d'un programme de lutte
contre la faim et la malnutrition. Les enquêtes menées à cette époque ont établi la
réalité de lamalnutrition dans notre pays et dégagé les principales causes. L'une d'elles
était la pratique traditionnelle desevrage qui consiste à donner auxenfants une
bouillie de faible valeur énergétiqueet protidique.
Dans la recherche de solutions à ce problème des farines de sevrage ont été mises au
point au Centre Horticole et Nutritionnel de Ouando (CHNO)(');àpartir des produits
agricoles locaux (céréales, légumineuses), deux types de farine
ont été élaborés :
- une farine premier âge, composée de maïs, sorgho, riz, sucre et destinée aux enfants
de 3 à 6 mois ;
- une farine 2ème âge composée de maïs, sorgho, haricot, arachide et sucre ou de maïs,
sorgho, soja et sucre.
Le schémagénéraldefabricationest
très simple et s'inspire des technologies
alimentairesbéninoises. Il comprend les opérations suivantes : nettoyage,triage et
lavage, grillage, mélange,mouture et ensachage.
(1) Le CentreHorticoleetNutritionnel deOuando (CHNO) a été crééen 1963, dans le cadre d'un
programme de lutte contrela faim au Bénin. Il est situéà Porto Novo (capitale administrative duBénin)
dans un quartier périphérique appelé Ouando. Le CHNO est une structure d'appui aux activités de la
DANA, Direction de l'Alimentation et de la Nutrition Appliquée, qui est la structure spécialisée du
Ministère du Développement rural, chargée depromotion
la
de la nutritionet de l'alimentation.
Le dk-veloppement de 1'expCrienceOuando a suivi cinq étapes.
Cette vulgarisation a ktk plus paaicullikrement réaliske en faveur des couches les plus
dkfavoriskes de la population. Le but était d'amener les mires A prkparer elles-mhmes
la farine de leurs enfants selon
la formule du CHNO.
.2. Installation d'une unit6 artisanale de production
Cette unitk est apparue nkcessaire pour qu'un produit fini soit h la disposition des
mères qui n'avaient pas le temps de préparer les farines de leurs enfants en raison de
leurs occupations professionnelles.
%es farines produites devaient kgalement pouvoir &treutiliskes pour la rkcupkration
des enfants malnutris rqus au CHNO dans le cadre de ses activitks de surveillance
nutritionnelle.
mtlioratisn daa. mode de fabrication
Cette amélioration est intervenue pour faire face à l'augmentation de la demande et
aux prkoccupations des populations. L'atelier s'est ainsi doté d'un kquipement semiindustriel en bknkficiant
de
l'aide
de
l'Institut Royal de
Mkdecine
Tropicale
d'Amsterdam (IUTsPays Bas).
Elle a permis d'atteindre une production annuelle de près de 100 tonnes par an, h
partir de 1984.
2.4. Evsluation de I'e
L'kvaluation organisie par le CHNO a ktk rkaliske par le Centre International de
Agricoles
et
l'Enfance (CE) et 1'Ecole Nationale Supkrieure des Industries
Alimentaires (ENSIAA, Massy, France)grâce A un financement du Fonds français
d'aide et de csopkration.
Elle a permisde dkgager les insuffisances et d'envisager des améliorationsau niveau de
la prisentation et de la qualiténutritionnelle de la farine,notamment de ses teneurs en
protkines et en micronutriments.
162
Les farines pour enfant de Ouando
2.5. Installation de l'usine Superfarine de Ouando
Cette installation a été financée par le Gouvernement italien à travers une ONG de
Naples, le Groupe Laïc Tiers Monde.Elle reprend lesanciennes formules qu'elle
améliore et utilise une technologie basée sur le procédé de cuisson-extrusion. Avec
cette installation, laproduction est passée de 100 tonnedan à 150 tonnedan.
3. ACCEPTABILITE
D'une façon générale les farinesOuando sont bien appréciées des consommateurs. Au
cours de l'évaluation effectuée par le CIE en 1985, 82 Yo des mères n'avaient signalé
aucun refus de l'enfant lors de l'introduction ou de la consommation habituelle des
farines. Parmi les 18 % restantes, certainesont fait mention de problèmes digestifs liés
à l'utilisation des farines : diarrhées,vomissements,régurgitations,
constipation,
nausées.Ces
problèmespeuvents'expliquer
par unecuissoninadéquate
et des
méthodes d'alimentation inadaptées pratiquéespar ces mères.
L'acceptabilité du produit par les populations dépend de plusieurs facteurs dont les
principaux, dans le cas de l'expérienceOuando, ont été :
- Les choix effectués au niveau des procédés technologiques: le schéma de fabrication
utilisé est simple et tient compte des habitudesalimentaires des populations
non seulementdestinée à
concernées ; l'opération degrillage,enparticulier,est
améliorer l'hygiène du produit et à détruire les facteurs anti-nutritionnels, mais vise
également à susciter un goût et des arômes bien connusdes consommateurs.
- La valeur nutritionnelle, notamment en ce qui concerne la teneur en protéines et le
contenu énergétique.
- L'information des mères: au départ, certaines mères ont eu tendance à considérer les
farines Ouando comme desmédicamentsdestinésauxseulsenfants
souffrant de
malnutrition, maisavecla sensibilisation, lesséancesdecauseries,lesconseilsdes
agents de santé, cetteopinion a pu être combattue.
-La facilitéd'emploi: le mode de préparation desbouillies Ouando estpresque
identique à celui des bouillies traditionnelles etdonc facile à réaliser.
Au total, on peut affirmer que l'acceptabilité des farines Ouando a été favorisée par le
choix du modede
fabrication, par laqualité
du produit et par le système
d'information.
163
La promotion de farinesne peut se faire sans l'adoption d'une politique approprike de
commercialisation. Pour mieux prksenter l'expkrience bkninoise dansce domaine nous
examinerons successivement lesprix pratiquks et les circuits dedistribution.
Au départ, les farines ont étk subventionnkes dans la mesure où la fabrication était
considtirée comme une activité à cmctkre social enfaveur descoucheslesplus
dbfavoriskes de la population. Cette subvention était r&liske sous la forme d'une prise
en charge par 1'Etat d'une partie des frais de fonctionnement (salaire du personnel, eau
et knergie). Mais actuellement il y a une évolution vers des prix qui, s'ils ne visent pas
le profit, devraient permettre A l'entreprise d'itre autonome, et A la longue d'Ctre
rentable. L'évolution des prix depuis 1977 est donnée dans le tableau1.
Tableau 1
Evohtion des prix de vente des farines Buando depuis 1977
(en Fcfa par sachet de5W g).
4.2. Les circuits de distribution.
De nombreuses structures intervenant au niveau du développement ont des activités
qui favorisent la distribution des farines Ouando. Parmi elles, on peut notamment
citer : les structures médicales, les centres de promotion sociale, les CARDER (Centre
d'Action Rkgional pour le Dkveloppement Rural), ces structures sont aussi, parfois,
des points de vente des farines.
164
,.
Les farines pour enfant de Ouando
Au départ, la distribution était réalisée uniquement dans les zones situées à proximité
des lieux de production (Cotonou et Porto Novo). Avec de développement des
actions de vulgarisation, des points de vente ont été progressivement créés dans les
autres départements. Environ 200 points de vente existentactuellement sur toute
l'étendue du territoire béninois dont 120 pour la seule ville deCotonou.
Les différents types de revendeurs peuventêtre classés en 3 catégories (tableau2 ):
maternité, hôpital, etc.) ;
elles étaient les seules à vendre les farines au départ mais actuellement, compte tenu
de l'intervention de nombreux autres revendeurs,les quantités distribuées qui
;
transitent par ce canalsont, en proportion, de plus en plus faibles
- les pharmacieset les dépôts pharmaceutiques qui écoulent environ 40% de la
production ; ce mode de distribution permet de rehausser l'image des farines et de
diminuer les importations de farines infantiles ;
- les autres revendeurs constitués par les supermarchés, les kiosques, les épiceries, les
revendeurs à domicile et qui écoulent prèsde 50% de la production.
- les structures médicales et paramédicales (centre de santé,
'
Tableau 2
Quantités de farines distribuéespar les différents types de revendeurs en
1993.
~
ler âge
Centres de santé
Pharmacies
Autres
en revendeurs
Total
en kg
en %
en kg
en ./,
en kg
&me âge
12 901
13,s
1300
10,3
451
51,O
4 902
37,7
45 433
12 653
93 601
./,
en kg
en 940
~~~~
Total
14 201
13,4
41 718 35 267 6
39,3
50 335
47,4 48,5 38,7
106 254
100 100 100
L'unité dispose d'un véhicule aménagépour la distribution. Le conducteur est aussi le
livreur ;il dessert les villes de Cotonou (3 fois/semaine), Porto Novo (2 fois/semaine)
et les zones intérieures dans un rayon de 100 km (une fois par mois ou tous les deux
mois). Pour les zones éloignées (Nord Bénin, Parakou, Natitingou), les livraisons se
font par train ou transport en commun. Des initiatives sont en cours pour créer des
représentations dans différentsendroits pour desservir les zones enclavées.
165
Il estdifficiled'affirmer aujourd'hui que les farines Ouando sont utiliskes par les
populations des zonesrurales qui constituaient lesgroupescibles
au dkbutde
l'expkrience.
En 1985, les enqu6te.s menkes par ]le CIE ont r6vClk que seulement 15 % des utilisateurs
se retrouvaient dans cette catkgorie de la population. En 1993, moins de 14 % de la
production ktaitcommercialiskeendehorsdesdkpartementsde
llOueme (Porto
Novo) et de l'Atlantique (Cotonou) (tableau 3). Bien que des actions soient entreprises
en vue de rendre les prix accessibles, le pouvoir d'achat en milieu rural demeure si
faible qu'il est difficile A beaucoup de famillesd'acheter ces farines.
Tableau 3
Quantités de farines distribuées par
Diparternent en 1993.
(Natitingou)
Total
en %
en kg
193
12 653
097
93 601
0,8
186 254
Pour tenircompte de cette situation les actions suivantessont dkveloppkes :
- crkationprogressivede points deventedansroutes les rkgions du Bknin pour
permettre àtous ceux qui en ont les moyens de se procurer les farines ;
-vulgarisation des formules desfarinesenrichies pour permettre aux rnkresdeles
préparer elles-mtmes à domicile ;
- intensification del'kducation nutritionnelle pour permettre l'utilisation des
ressources disponiblespour une meilleure alimentation.
166
LE MUSALAC :
FARINE DE SEVRAGE DU BURUNDI
Jean-BaptisteNSAVnMANA
Projet Musalac, Centre de Santé deMusaga,
Bujumbura (Burundi)
1. ORIGINE DU MUSALAC
Musaga est une des zones de la commune de Bujumbura (capitale du Burundi) ; elle
compte environ 60 O00 habitants. Actuellement, ellese peuple de plus en plus de
fonctionnaires moyens dans le cadre du projet e Encadrement des Constructions
Sociales et Aménagement de Terrains m (Ecosat)mis sur pied par le gouvernement
pour améliorer les conditions de viesuite à une épidémiede choléra survenue en1978.
Le centre de santé de Musaga, inauguré en février 1984, a été construit avec le même
primaire conformément aux
souci ; il a été désigné comme centre desanté
recommandations contenues dans la déclaration
d'Alma Ata (1978).
Pour mieux asseoir la politique sectorielle de santé, on a légitimement opté d'associer
la population à la gestion de leur propre santé. C'est ainsi qu'a été organisée dès la
première année l'élection par lapopulation d'un conseil de santé qui devait aider à la
planification età la mise en place dessoins de santé primaires.
Au cours de la première réunion avec le conseil de santé, il lui a été demandé d'aller
auprès dela population qu'il représente pour essayer d'identifier les problèmes de
santé prioritaires. De ladiscussion à ladeuxième réunion, il ressortit quedeux
problèmes étaient importants pour la population :
- le manque de moyensfinanciersrendant les soinsdesanté inaccessibles à la
population ;
- la malnutrition.
Il nous fallait une confirmation en ce qui concerne la malnutrition ; le manque de
moyens financiers était évident car lecoût des soins et des médicaments est en général
E 'ALIMENTATIQNDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
klevk par rapport aux revenus des familles. Pour ce qui est de la malnutrition, une
enquête menke auprès de 340 enfants lgks de O A 5 ans qui fréquentaient ]le centre pour
des consultations diverses a mis en kvidence que 9,7 % d'enfants avaient un indice
Poi&/Taille infkrieur A 80 3' 6 des valeursde rkfkremce. En plus, de nombreux cas
cliniques de malnutrition ktaient observés au centre de smtk pendant les consultations
gknkrdes. Leproblème ktait donc réel et il fallait agir rapidement.
Pour rkpondre au premier problème i savoir le manque de moyens financiers
pour les
soins, le conseil de santé a klabork un projet de carte d'assurance maladie abordable
pour tout le monde. Ce projet a kté vite repris par leGouvernement pour l'étendre
dans tout le pays. Aujourd'hui toute la population non salariée (ne posskdant pas une
mutuelle) peut souscrire pour 560 Fbu par an A une carte d'assurance maladie qui lui
garantit gratuitement les soins desanté dans les centres ethbpitaux publics.
En ce qui concerne ]le problème de malnutrition, le conseil de santé a dkcidk de mettre
sur pied un projet Nutrition qui devait avoir comme objectifs:
- de mettre idisposition une farine permettant de prkparer une bouillie d'une valeur
nutritive suffisamment bonne pour la rihabilitation des enfants malnutris et pour la
prévention de la malnutrition en gknkral ;
- d'amkliorer les conditions socio-kconomiques de la population en stimulant les
cultures (en particulier, le soja) sous contrat garantissant les prix des deux c&tks, en
crkant une unitk de production, donc des emplois, et enstimulant la consommation
de produits hautement nutritifs par des dkmonstmtionsculinaires, l'kducation
nutritionnelle, la publicitk et la commercialisation;
- d'utiliser Iles exc6dents dégags
pour
aider au
d6veloppernent
d'un système
d'autofinancement des soins de santé pour la population ;
- de dkvelopper d'autres produits alimentaires à partir des produits du Burundi en se
basant sur l'expkrience acquise ;
- de stimuler la coopkratiom entre diffkrents groupes et institutions qui s'occupent de
l'alimentation et de la production des aliments par voies de l'échange des idkeset des
expkriences et en s'aidant mutuellement dans l'approvisionnement en
produits de
base.
C'est A partir de ces objectifsqu'est née la farine baptiskeusalac
,)b
et qu'a kté
élaborée une politique de consommation. Comme le Musalac est une des activitb du
Centre de santé de Musaga, ces objectifs sont avant tout sociosanitaires mais, pour sa
viabilitk, certains principes commerciaux
ont d6 être respect&.
~
,
Le Musalac :farine de sevragedu Burundi
2.
PRODUCTION ET
COMMERCIALISATION
FARINE MUSALAC
DE LA
2.1. Composition et valeur nutritionnelle
Le Musalac est composé de maïs (48 %), de sorgho (22 %), de soja (20 %), de sucre
(8 %) et de lait écrémé (2 %) mélangés dans desproportions bien étudiées.
Pour sa fabrication des technologies très simples, connues par tout Murundi, sont
utilisées : nettoyage à sec, nettoyage à l'eau, torréfaction et mouture.
a atteint 40 tonnes/mois
La production qui était de 40 Kg/moisenjanvier1985
en 1990.
Sa composition chimique est la suivante : eau (7 %), protéines (14 %), lipides (8 %),
fibres (2 %) et cendres (2 %). Son contenu énergétique est de 417 Kcal pour 100 g de
farine. Les protéines ont une digestibilité de 71 % avec un indice chimique de 90 ;
l'acide aminé limitant est la lysine.
Cette composition montre bien que leMusalacest un aliment d'une haute valeur
énergétique etd'une teneur en protéines élevée. Il convient très bien aux enfantsà tout
âge. Pour des raisons de digestibilité de cette farine, on ne peut la donner aux enfants
de moins de 6 mois.
Les différentes analyses bactériologiques et mycologiques qui ont été effectuées ont
montré que c'est un produit sain qui répond aux normes internationales.
2.2. Commercialisation
LeMusalacest l'objet d'une politique commerciale qui vise à rendre accessible le
produit à toute la population en améliorantnotamment :
-son accessibilitégéographique par lamise enplace d'un système de distribution
(grossistes, boutiquiers...) et lamultiplication des unités de production dans les
différentes régions du pays. Actuellement cinq unitésautonomes sont liées à l'unité
de Musaga par un contrat de franchisage ;deux autres unités dont les bâtiments sont
terminés doivent démarrer prochainement ;
- son accessibilité financière par une politique financière sociale visantà rendre stable
le prix du Musalac au consommateur. LeMusalacest 12 fois moins cher que les
produits similaires importés bien qu'il ne soit pas subventionné ;
- son accessibilité culturelle.
169
Le Musallac est la toute premikre unitk semi-industrielle de fabricationd'une farine de
sevrage au Burundi. Il aura marquk le dkbut de l'industrialisation dimentaire par la
transformation des produits locaux del'agriculture.
Par ailleurs, il a permis le dkveloppement de la culture du soja qui auparavant n'ktait
produit qu'a petite kchelle et dont l'utilisation dans l'alimentation burundaise n'ktait
pas t r b connue. A la fin de 1989, des importations de soja depuis l'Ouganda ont kt6
nkcesaires ; depuis nous avonsentamkunecampagnedesensibilisation
auprb des
coopkmtives et des Sociktks Rkgionales de B6veloppement et actuellement le soja est
abondant sur le marchk local.Son exportation ne sera envisagke qu'aprhs la couverture
des besoins nationaux.
Le &Ausalacest ni suite h la reconnaissance d'un problkme ressenti parla population et
l'unit6 de production fait partie inthgrante desactivitks du centre de santk ; ses
objectifs sont donc tout naturellement d'ordre socio-sanitaire.
En crkmt Musalac, nous avons voulu disposer dans un premier temps d'une farine
d'une valeur nutritive suffisamment bonne pour la rkhabilitation des malnutris et
pour la prkvvention de la malnutrition en gknkrd. Dans un deuxiikme temps, le Musalac
nous a servi d'appui pour stimuler la culture et la consommation des cultures richesen
matikres nutritives par les d6monstrations culinaireset l'kducation nutritionnelle.
Afin de dkvelopper des messages d'kducation en matikre de soins de santk primaires,
des moyens ont étk mis en oeuvre :
- une bande dessinéea déjà kt6 distribuke ;
- des audio-cassettesavec des chansons Musalac et des messagesde sant6 ont kt6
rkdiskes ;
-des boites imageset des affiches sont actuellement utiliskes lors des skances
&éducation pour santé.
Par ailleurs, le Musalac a dkji fait fabriquer un modkle de latrines c Musatrine D qui a
la particularitk d'avoir un systkme CI Flap trap u permettant de se protkger des odeurs
et des mouches.
Le Musalac :farine de sevrage du Burundi
Toutes ces innovations nous ont valu, en 1990, u le prix de l'organisation Mondiale de
la Santé pour Iléducation pour la santé dans le cadre des soins de santé primaires Y et, en
1991, le prix Liguria à Rome.
:
Le Musalac a également des conséquences sociales
-dans le cadre de son programme social, le Musalac a placé des kiosques à côté de
centresde santé et donne gratuitementune tasse debouillie Musalac à tous les
enfants qui viennent en consultation. Actuellement, six centres de santéet le service
de pédiatrie de l'hôpital de référence de Bujumbura (Hôpital Prince Régent Charles)
sont ainsi soutenus ;
- les unités implantées à l'intérieur du pays ne sont pas tenues par des commerçants
mais par desassociations:handicapés
soutenus par des soeurs,coopératives,
hôpitaux ;
- il a été convenu avec ces associations quele bénéfice net, après décomptedes charges,
serait destiné automatiquement au développement des soins de santé primaires dans
leurs communes respectives. Les modalités d'utilisation de ces sommes doivent être
discutées entre leconseildegestionde
l'unité de production etles autorités
communales.
3.3. Intégration dans le contexte socio-culturel
L'utilisation de matières premièreslocales pour la fabrication du Musalac et l'habitude
de consommer des bouillies des barundi font que le produit entre facilement dans les
habitudes alimentaires de la population. La vulgarisation de la culture du soja a été
facilité par le fait qu'il se cultive comme le haricot, aliment base
de au Burundi.
Les matériaux de construction et les équipements des unités de production éparpillées
sur tout le territoire du pays et qui travaillent sous la licence Musalac sont à plus de
50 YOd'origine locale.
3.4. Fiabilité technique et économique
L'utilisation de technologies
simples
connues
par tout Murundi (nettoyage,
torréfaction, mouture) permet leur acquisition rapide par les unités de production
satellites.Le contrôle delaqualitéde
toutes les unités de production se fait
régulièrement dans les institutions locales (Faculté d'Agronomie).
Financièrement, l'unité de production Musalac a vu le jour dans des conditions très
dures. Pendant une longue période (3-4 ans), elle a connu un problème important de
disponibilitésfinancièresdanslamesure
où elle ne possédaitpasde
fonds de
171
roulement qui lui aurait permis de constituer un stock de matières premikres, de faire
face aux problkmes d'entretien ou de renouvellement des machines, des bliments et
des moyens de transport.
N6mmoins, nous avons pu fonctionner avec des crkdits bancaires et la production ne
cesse d'augmenter. D'une production artisanale de 40 kg/mois au dkbut (janvier 1985)
nous sommes arrivksA 40 tonnes/mois en 1998.
A u niveau national, il y a lieu de noter que. depuis le lancement du Musalac en 1985, ce
produit a eu un impact important sur l'kconomie du pays: en 1986, on importait des
aliments pour enfants pour une valeur de près de 30 millions de Fbu ; ce montant a
progressivement diminui, passant i moins de 10 millions en 1988.
La pknurie de farine pour pain que le pays a connu en 1988 a ktk attknuke par
l'existence sur le marchk de la farine Musalac qui a ktk adoptke par la plupart des
familles. Du reste, quand on compare le rapport du prix (150 Pbu/kg) et de la valeur
nutritive, le Musalac est l'aliment le plus appr0priC pour les enfants et pour les adultes.
C'est pour cela que le Musalac a contribué de maniire importante i l'alimentation des
sinistrb lors des kvénements rkcents survenus dans le pays et des enfants scolarisks
dans le cadre des actions dévelloppées par l'UNICEF et le
En définitive, le Mualac est un exemple de projet rkdisk avec peu de moyens, mais
qui a atteint et m h e dkpask tous ses objectifs dedipart.
D'ores et &jà, il est envisagi de diversifier la production si les moyens humains et
techniques nécessaires sont mobilisks rapidement.
LA FARINE MICAFAU CAP VERT
Eugenio VERA CRUZ
FAMA SARL, Sa0 Vicente (Cap vert)
1. JUSTIFICATIONDES BESOINS DU CAP VERT EN FARINE
DE SEVRAGE
Depuis plus de 15 ans, les îles du Cap Vert subissentles effets d'un cycle de sécheresse
presque continu. Une des graves conséquences decette sécheresse est l'incidence accrue
de la malnutrition parmi la population, surtout parmi les groupes vulnérables qui
comprennent les jeunes enfants ainsi que les femmes enceintes et les mères allaitantes.
Environ 16 O h de la population totale du Cap Vert (334 O00 habitants) est âgée de
moins de 5 ans. On estimequeplus
d'un tiers des enfantsde ce groupe sont
chroniquement malnutris.
En 1985, la production agricole du Cap Vert ne représentait que 4,2 % des besoins
alimentaires nationaux. Bien que la majeure partie du déficit soit comblée par l'aide
alimentaire internationale, cette aideestcommercialisée
à travers une entreprise
nationale d'approvisionnement et
n'est
destinée
qu'en proportion réduite à
l'amélioration de l'état nutritionnel des enfants, et pas du tout sous une forme
spécifiquement adaptéeaux besoins des nourrissons.
Les alimentsdestinésauxenfants
sont canalisés principalement par un projet du
Programme alimentaire mondial ( P M ) à travers le Ministère dela santé, du travail et
des affaires sociales. Le Ministèrecomprend deux services importants pour l'assistance
aux groupes vulnérables:
- u n réseau de centres de PMI/Planification Familiale sur toutes lesîles et dans la
plupart des "concelhos"(districts administratifs).Ces centres effectuent régulièrement
la surveillance nutritionnelle des enfants en basâge et notamment le suivi de leur
croissance. Les mères enceintes sont également pesées ainsi que, parfois, les enfants
des écoles primaires. Les centres PMI distribuent par ailleurs de l'aidealimentaire aux
enfants malnutris ;
DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFAAT
- des services sociaumg dipendant du département des affaires sociales
qui distribuent
l'aide alimentaire aux familles ayant peu de ressources.
Il existe une bonne coopération entre lesservicessociaux
et de PWPF. Des
structures adaptkes pour la distribution des diments de sevrage et pour la surveillance
nutritionnelle sont donc déjà mises en placedans le pays.
Jusqu'à maintenant, la farine IWICAF n'est produite qu'A l'kchelle artisanale dans le
centre de P M de Eulindelo. C'est un mklange de légumineuses et de ckr6ales qui, aprhs
grillage, est réduit en farine.
Les proportions du mklange sont lessuivantes : maïs
(40 %), b%k (40 %) et haricots (20 %). La torrkfaction du produit prolonge la
conservation, amkliore la digestibilitk et permet une rkduction de la quantith d'eau
utiliske par uniti de produit pour la prkparationdes bouillies.
108 g de farine fournissenten moyenne 408 Kcal et 95 g de protéines debonne valeur
biologique. La prksence dans la farine de vitamines (thiamine et riboflavine) et de fer
est importante. La composition en nutriments est la suivante :
- glucides :
72 g f l S 0 g
l f g f 100 g
- protkines :
- lipides :
5 g/100 g
- cendres :
2,5 gf100 g
- fer :
56 mgfl0O g
- calcium:
80Q mgf100 g
- vitamine Bl :
8,330 mgfl00 g
- vitamine €32 1
0,170 mg1100 g
- carotène :
0.033 mgfl00 g
Aprhs la prksentation d'une premikre esquisse d'un projet à la mi-1985, le service de
PMI a effectué des tests d'acceptabilité et a retenu pour le produit baptisk MICAP la
formule : maYs 40 %p "ctabecinhd"40 %, haricot 20 %.
a donnk son accord pour la fourniture d'une partie des mattikres premikres.
Le Ministre dilkguk charg6 de le Coopkration et du Plan a exprimk sa ferme décision
que la '%brica de Mcwsao Alimenticia" ('FAMA, fabrique de pâtesalimentaires,
174
La farine Micaf au Cap Vert
organisme para-étatique) mette en oeuvre ce programme. Dans le cadre du projet, la
FAMA est donc considérée comme un sous-traitant désigné par le Gouvernement
pour la production de la MICAF.
La FAMA avec l'aide d'un consultant expérimenté de l'Afrique Industrie Conseil et
Promotion (AICP) et de la PMI deMindel0amisau
point, enmars 1986, un
document qui constitue à la fois une étude de faisabilité et des plans de construction,
d'équipement et d'action. Une fois obtenus les moyens financiers nécessaires à la mise
en oeuvre de cette unité, la production de l'aliment de sevrage pourrait commencer
dans un délai de 6 à 8 mois.
La chaîne de production inclut en même temps la possibilité detorréfier du café et du
apprécié
dans pays).
le
La
maïs (pour produire le canzoca, produit très
commercialisation de ces produits permettrait l'utilisation à plein temps de tous les
équipements et par conséquentlarentabilisation
desinvestissements importants
nécessaires à la production d'une farine infantile d'excellente qualité.Le présent projet
fait donc partie d'un projet plusélargid'extensiondes
opérations de l'entreprise
FAMA.
3. PERSPECTIVES
Les mères capverdiennes ont déjà l'habitude de préparer de la bouillie commealiment
de sevrage pour leurs enfants et de l'introduire dans leur alimentation entre 3 et
6 mois. Mais le plus souvent, cette bouillie est préparée uniquement à partir d'une
farine de maïs ou d'une poudre de u custard B (flan) de faible qualité nutritionnelle. La
production et la distribution d'un aliment de sevrage constitué de farine enrichie dans
le cadre du présent projet devrait donc améliorerdefaçonsignificative
l'état
nutritionnel des jeunes enfants capverdiens.
Cet aliment pourrait aussi servir comme alimentd'appoint pour les femmes enceintes
et allaitantes, et pour d'autres groupesvulnérables(personnes
du troisième âge,
malades sous-nutris, etc...)
Ce projet entre donc dans le cadre des efforts déployés par le système des Nations
unies en général, et de l'OMS en particulier, pour lutter contre leseffetsnéfastes
immédiats de la sécheresse en Afrique et offre des moyens d'assurer le redressement
avant l'an 2000 de la situation alimentaire et nutritionnelle des groupes vulnérables
dans le pays.
Il contribuera de plusà la diversification des industries alimentairesdu Cap vert et à la
diminution des importations d'aliments commerciauxpour bébés qui constituent une
175
part importante des importations dimentira. La MICM pourrait ttre vendue h un
prix qui n'est que le sixikme du prix d'un alimentcommercial d'une valeur
nutritionnelle kquivdente.
Actuellement, l'installation des kquipements de l'atelier et du laboratoire de contr6le
de qualitk est dkj& terminbe. La production industrielle a étk testke. Cependant A ce
niveau certains probl&mesdemeurent qui doiventktre r6solus avant le d6marrage
effectif de la production.
f
176
VITAFORT :UNE FARINE INFANTILEDE
HAUTE DENSITE ENERGETIQUEAU CONGO
Félicité TCHIBINDAT~et Serge TRECHE""
Y
Unité de Recherchessur la Nutrition et l'Alimentation Humaines, Cité Pasteur,
Brazzaville (Congo)
*Y
Laboratoire de Nutrition Tropicale, Centre ORSTOM, Montpellier (France)
1. INTRODUCTION
Les enquêtes sur l'état nutritionnel et les pratiques de sevrage au Congo (Cornu et al.,
1987 ; 1993 ;Trèche et al., 1990) ont montré que certaines pratiques, en particulier la
précocité d'introduction et la
mauvaise
qualité nutritionnelle desaliments
de
complément, sont parmi les principaux déterminants de l'état nutritionnel des enfants
pendant lapériodede sevrage. L'atelier Vitafort est l'un des résultats des efforts
entrepris depuisla fin de1990 pour améliorer l'alimentation de complément au
Congo par les services de la Direction de la Santé de la Famille @SF) du Ministère
congolais de la Santé en collaboration avec les chercheurs nutritionnistes de l'Orstom
et de la DGRST congolaise et les ingénieurs d'Agricongo.
A partir de résultats obtenus en laboratoire (Giamarchi et Trèche, 1995),les
chercheurs de l'Orstom ont proposé des formules et desprocédéstechnologiques
de
permettant de fabriquer à partir de produits locaux des farinesinfantiles
composition en nutriments équilibrée qui puissent se préparer sous la forme de
bouillies de haute
densité
énergétique.
Les technologues et les
économistes
d'Agricongo ont alors réalisédes étudesdefaisabilité permettant de proposer un
modèle d'atelier susceptible d'être reproduit rapidement. Ce modèle a été proposé en
Afrique
mai1991 à l'occasion d'un séminaire sur u lesbouilliesdesevrageen
de la Santé etdes Affaires
Centrale organisé conjointement par le Ministère congolais
Sociales, l'Orstom, Agricongo, l'UNICEF et le BureauRégional de l'OMS pour
l'Afrique. A l'issue de ce séminaire,
la Direction de la Santé de la Famille,dans le cadre
d'un a Projet d'Appui aux Activités de Nutrition B (PAAN) financé par la
coopération française et l'UNICEF, a encouragé la création d'une unité pilote qui a
)>
L'ALIMENTATION DE CBMPLEMENT BU JEUNE
pris le nom de Vittafirt A la suite &une étude de marchk rédiske en 19%. Les activités
de l'unité pilote ont étk plackes sous le contrble ducomitkconsultatif du projet
PAAN qui regroupe l'ensembleda penonnes ayant contribukA la crekation de l'atelier
et qui joue le r6le de comitk de pilotage.
L'objectif de cette collaboration entre chercheurs, technologues, bailleurs de fonds et
bénkficiaires est de mettre A la disposition du plus grand nombre d'enfants une farine
infantile dequalitksuffisante pour contribuer efficacement h la diminution de la
prkvalencedela malnutrition p~o~kino-énergktiee.
Compte tenu des pratiques de
sevrageobservées au Congo, notamment auniveaudesfrkquences
journaliires de
distribution ("riche et d., 1992 ;Cornu et al., 1993), il est apparu indispensableque Ia
bouillie prkparke A partir de la farine Vitafort ait une densitk knergktique et des teneurs
en nutriments essentielssuffisantes pour que deux prises par jour permettent de
compPkter intégralement les apports en énergie et en nutriments du lait maternel dans
la couverture des besoinsnutritionnels A partir de 4 A 6 mois jwqu'A 8 h
Les farines Vitafort contiennent nkcessairement :
- une source knergétique principale composée&une farine, ou &un
mélange de farines,
khborke A partir d'aliments de base riches en amidon (manioc,maïs-..>
;
- une source protkique constituée par une farine de grainesde lkgumineuses (soja...) ;
- du sucre commercialen quantitek modkrke afinde ne pas accoutumer trop rapidement
les enfants augo& suc& ;
- une source d'a-amylasescapables d'hydrolyser suffisamment l'amidon au cours de la
cuisson pour limiter son gonflement et, par conskquent, la viscosité des bouillies.
'Jusqu'A maintenant, c'estla BAN 806 MG, une amylase produite industriellement
pour l'agro-alimentaire par la firme Novo-Nordisk, qui a &téutilisée ("riche, 1994 :
Gimarchi et Triche, 1995).
La composition de la farine venduede 1992 1993 a ktk la suivante:
- Farine de manioc : 43,$ %
- Farine de maïs :
30,QX
- Farine de soja :
18,6 %
- Sucre :
$,O %
- BAN 800 MG :
28 unitks Nova/ 100 g de farine (soit 6,325 g pour 1Kg de farine)
'
Vitafort :unefarine infantile de haute densité énergétique au
Congo
A partir de fin 1993,la formule a été enrichie en minérauxetenvitamines
en
incorporant 0,9 % d'un complexeminéral et 0,l % d'un complexe vitaminique
fabriqué en France selon les recommandations données par le comité de pilotage à
partir de produits de qualité alimentaire fabriqués industriellement. Par ailleurs, des
tests d'acceptabilité ayant mis en évidence que les mères
reprochaient souvent à la
farine Vitafort d'avoir un goût de manioc trop prononcé, souvent amer et pas assez
sucré, une autre formule sans manioc etcontenant 11% de sucre aété élaborée. Cette
farine, davantage appréciée par les mères des zones urbaines habituéesà donner à leur
enfant une bouillie préparée à partir de pâte de maïs fermentée, a la composition
suivante :
- Farine
maïsde
:
73,8 %
- Farine
soja de
:
14,l %
Sucre :
ll,o %
Complément minéral :
0,9 %
Complément vitaminique :
0,l %
- BAN 800 MG :30 Unités Novo/lOO g de farine (soit0,375 g pour 1Kg)
-
En milieu rural, la farine avec manioc a été maintenue, car les mères ont l'habitude
d'utiliser des bouillies à base de farine ou depâte de maniocroui.
2.2. Qualité nutritionnelle
Ainsi, la nature et les proportions des différents ingrédientsincorporés peuvent varier
selon les habitudesalimentaires,ladisponibilité et le prix desmatièrespremières.
L'essentiel est que la qualité nutritionnelle des farines respecte lesnormes établies par
le Comité Consultatif du projet PAAN et adoptées par le Ministère congolais de la
Santé. Ces normessont les suivantes :
2.2.1.
.
f
.
. .
- Coliformes totaux :
moins de
103 par g de farine
- E. Coli :
moins
10de par g farine
- Salmonella :
moins de 1 par 25 g de farine
- absence d'dspergillusflavus et de mycotoxines
2.2.2. Granulometrle
f
.
La farine
ne
doit pas contenir de particules de dimensions
supérieures
500 micromètres.
179
à
2.2.3.
Teneur
eau
en
:
Teneur en fibres(cellulose + lignine) :
Teneur en saccharose :
:
Teneur
lipidesen
Teneur en acide
1inolCique
:
Teneur en protéines brutes :
Teneur en acides minks :
Histidine :
Isoleucine :
Leucine :
Lysine :
acides
aminks
soufrks
:
Phénylalanine + Tyrosine :
Tryptophane :
Thrkonine :
Vdine :
< 8g
<3g
< 12g
>4g
9 192 g
> 10,5 et
< 16 g
> 46mg
3 248 mg
> 726 mg
3 388 mg
> 160 mg
> 560 mg
> 40mg
> 432 mg
> 460 mg
Les farines Vitafort peuvent, en outre, utiliser la mention a enrichie en min&mx ou en
vitmnines 1) quand les compléments minkmux et vitaminiques utilisb leur permettent
de contenir au moins :
- 366 mg de calciumpour 100 g MS
- 16 mg de fer pour 100 g MS
- 2 mg de zinc pour 106 g MS
- 246 yg de cuivre pour 160 g MS
- 26 yg d’iode pour 160 g MS
- 1666 UI de vitamine A pour 160 g MS
- 166 UI de vitamine B pour 160 g MS
- 32 mg d‘acide ascorbique pour 160 g MS
- 166 pg de thiamine pour 166 g MS
- 2.10 yg de riboflavinepour 100 g MS
1mg de nicotinamide pour 160 g MS
- 186 yg de vitamine B6 pour 100 g MS
- 16 pg d’acide folique pour 106 g MS
- 1,2 mg d’acide pantothénique pour 100 g MS
- 0,6 yg de vitamine BI2 pour 100 g MS
- 16 pg de vitamine KI pour 100 g MS
- 6 pg de biotine pour 100 g MS
- Q,7UI de vitamine E pour 1g d’acide linoléique
-
186
Vitafort :unefarine infantile de haute densité énergétiqueau Congo
2.2.4.
.
I
I
,.
La bouillie, après préparation selon les instructions figurant sur l'emballage, doit avoir
de
Kcal/lOO
ml
(entre
100 et
une densité énergétique (DE) proche 120
140 Kcal/lOO ml) tout en ayant une consistance suffisamment fluide pour être bien
acceptée par les enfants. Cette densité, deux fois supérieure à la densité énergétique
moyenne des bouillies traditionnelles, est nécessaire pour que les bouillies puissent
compléter les apports du lait maternel chez les enfants de 4 à 9 mois lorsque leur
fréquence de consommation est de deuxpar jour.
3. TECHNOLOGIES UTILISEES
Les traitements appliqués aux matièresbrutes (graines de légumineuses, grains demaïs)
ou semi-transformées (cossettesdemanioc)utiliséesdans
l'atelier peuvent être
regroupés de la manière suivante:
- traitements permettant d'améliorerlaqualitébactériologique des farines(triage,
lavage, séchage complémentaire, torréfaction);
-traitements permettant d'éliminer les composés toxiques et de réduire les activités
anti-nutritionnelles, en particulier latorréfaction ;
- traitements permettant de limiter le taux de fibresalimentaires(dépelliculage et
vannage des graines de légumineuses);
- traitements permettant l'élaboration d'un produit homogène(broyage,tamisage,
prémélange, mélange) ;
- traitements assurant le conditionnement (ensachage, étiquetage, thermo-soudage).
Leschémagénéraldefabricationdesfarines
de sevrage Vitafort est donné sur la
figure 1. Dans les ateliers urbains, les opérations relatives à la préparation du manioc
ont été supprimées.
de manière
Le manioc arrive à l'atelier sous formedecossettesséchéesausoleil
traditionnelle. Ces cossettes préparées à partir de racines ayant subi au moins trois
jours de rouissage pour éliminer la presque totalité des composés cyanés (teneur en
cyanures totaux inférieure à 15 ppm) ont des teneurs en eau résiduelles d'environ 14 %
ce qui justifie le séchage complémentaire réalisé sous serre ou sur des claies disposées
un broyeur à
audessus du torréfacteur. Les cossettes sont ensuitebroyéesdans
marteaux muni d'un grille de maille0,s mm (débit 350 kg/heure).
181
E ~ L I ~ E N T A TDE~ COMPEEMENTDU
~N
JEUNE ENFANT
Tri manuel
I
I
I
I
Tri manuel
Lavage
SBchage csmplBmentaire
I
Figure 1
Sch6ma de fabrication des farines infantilesVITAFORT.
Le maïs est achet6 apr& contrde desa quditk (absenced'insectes ou de graines
abhées ; humidité infkrieure à 15 %) aupris decornmergants et provient soit de
l'intkrieur du pays, soit du Zaïre. Il est stock6 jusqu'au moment de son utilisation. Les
grains subissentalors un triage manuel, un lavage et une torrkfaction msd6rke (26 mn
A IXPC) qui permet de ramener leur humiditk à un taux infkrieur A 8 %. Les grains
sont ensuite Ctdés pour subir un dernier triage au cours duquel ils refroidissent et
finissent de skcher avant de passer dans le broyeur 2t marteaux muni d'une grille de
m d l e O,5 mm (ddCbit : 350 Kglheure).
Les graines desoja proviennent de producteurs de I'intkrieur du pays. Comme les
gnins de maïs, les graines desoja sont contr6lkes et stockées jusqu'au moment de leur
utilisation. Celle-ci commence par un tri manuel, un trempage au cours duquel les
graines qui surnagent sont kliminées et un séchage sous serre. les graines sont ensuite
d6pelliculkes par passage dans un broyeur à meules et par vannage manuel. Enfin les
graines sont torréfikes (36 mn à 18O'C) avantd'5tre passéesdans un broyeur à
marteaux muni d'une grille de maille O,5 mm.
182
Vitafort :unefarine infantile de haute densité énergétique au Congo
Les enzymes sont achetées à la firme Novo Nordisk S.A. en fûts de 40 kg qui sont
stockés enarmoire frigorifique. Au cours de la semaine précédantleur utilisation, elles
sont minutieusementprémélangées à de la farine de manioc ou demaïs (50 g
d'enzymes dans 5 Kg de farine). Ce prémélange qui nécessite une balance de précision
est ensuite incorporé au taux souhaité dans la farine Vitufirt (3,35 et 3,58 Kg pour
100 Kg, respectivement, dansles farines avec et sans manioc).
Le mélange des différents composants (farine de maïs et de soja, sucre, prémélange
enzymatique et, éventuellement,farinedemanioc,compléments
minéraux et
vitaminiques) se fait dans un tonneau mélangeur actionné manuellement permettant
de mélanger en une fois 50 kg de farine. Les farines sont ensuite emballées à la main
dans des sachets transparents en polyéthylène de 50 microns d'épaisseur. Le dosage se
fait sur la base duvolume en utilisantun récipient gradué.
L'emballage est composé de deux sachets identiques inclusl'un dans l'autre ; entre les
deux sachets sont glissées deux étiquettes sur lesquelles sont figurés le nom, le logo et
diverses informations concernant l'atelier Vitafort, les caractéristiques du produit et
son mode de préparation. Les deux sachets sont ensuite fermésà l'aide d'une thermosoudeuse.
Le poids des sachets a été fixé à 250 g de façon à ce qu'ils permettent 3 à 5 jours
d'utilisation sans que le prix soit trop élevé (respectivement, 180 et 275 Fcfa le sachet
avant et après dévaluationdu franc CFA).
Le choix du nomet du logo aété particulièrement difficile: des propositions faites par
réunions ont été
le comité de pilotage ou recueilliesauprèsdemèresaucoursde
testées par sondageauprès d'échantillons représentatifs desmèresbrazzavilloises.
Compte tenu de la multiplicité des langues locales, il est apparu préférable de choisir
un nom de consonance française ; la richesse en vitamines étant aux yeux de la très
grande majorité des mères la qualité première d'une bouillie, il était difficile d'éviter
d'utiliser un radical évoquant leur présencedanslesfarines.Le
comité de pilotage
souhaitant insister sur les notions d'énergie, de force et de vitalité, un compromis a été
trouvé avec le mot VitClf0.t et le slogan N l'étzergiepour les bébés B. Ce nom et un logo
représentant un bébé joufflu ont été plébiscités par les mères aucours du sondage.
4. EQUIPEMENT ET FONCTIONNEMENT DE L'ATELIER
4.1. Equipement
L'équipement de l'atelier est essentiellement constitué de tables de tri, d'installations
de séchage, d'un tonneau mélangeur, d'une thermosoudeuse, d'une balance de portée
100 kg, d'une balance de précision, de meubles et d'un moteur diesel actionnant par
183
L 2LIMENTATPBN DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
l'intermkdi~red'un grand axe de transmission un broyeur i marteaux, un broyeur A
meules et un torréfacteur. Le bkiment est constitué de 4 pikces pour les machines, le
stockage, l'ensachageet la toilette.
Les broyeurs j, meules et à marteaux ainsi quela thermosoudeuse et les balances sont
importks. En revanche, la table de tri, %esinstallations de skchage, le torrtifacteur et le
tonneau mklangeur sont de fabricationlocale.
Le torrkfacteur est constituk par un demi tonneau mktdlique plack au dasus d'un
foyer à bois. Des pales mhalliques actionnkes par un moteur (vitesse de rotation :
6 tr/mn) permettent de remuer lesgraines (rendement : 40 Kg/h). Un systkme de
claies disposkes au dessus du torrkfacteur h l'intérieur d'une sorte de hotte permet de
r6cupérer la chaleur au moment de latorréfaction pour le skchage complémentaire des
cossettes de manioc.
Le tonneau mklangeur est constituk d'un fdt en aluminium, spkcialement amknagk
(trappe d'ouverture ; cannelures intkrieures), posk sur un support grice à des barres
mktalliques soudkes A ses parois de telle maniire que son axe principal soit inclink A
45". La rotation de l'ensemble est rkaliskeà la main A l'aide d'une manivelle et permet
de mélanger25 kg de farine en16 minutes.
.Fonctionnement
Tel qu'il a été modélisk, ce type d'atelier fonctionne avec trois A quatre personnes : le
chef d'entreprise qui s'occupeplus pmiculikrement de l'approvisionnement en
matikrespremières,duplanning
de production et delacommercialisation
des
produits, 2 ouvriers qui murent les étapes manuelles (lavage, ensachage) et mkmiskes
des transformations et un temporaire d'appoint pour les opérations de triage.
L'emploi du temps journalier de chacun des deux ouvriers peut &treschématisk de la
~ ~ s ~ de~ 4s~Kg àda? m
~ Izisc,
I z de 18 Kg de maïs et de 29 Kg de
manière suivante
soja) :
- Tri des graines :
- Torréfaction :
- Broyage :
- mélange :
- ensachage :
1heure et 30 minutes
30 minutes
30 minutes
30 minutes
3 heures
Afin de remplir son Pale d'unit6 de formation, l'atelier Viufirt est
confik
successivement à des candidats à l'installation. Apris sélection et formation sur les
aspects
techniques,
sanitaires
et gestionnaires,
chaque
candidat
entrepreneur
commence à suivre pendant quelques semaines le fonctionnement de l'atelier gkrk par
184
Vitafort :unefarine infantile de haute densité énergétiqueau Congo
son prédécesseur puis s'en voit confier la responsabilité pour une période de 4 à
6 mois. Pendant cette période, il est libre du choix de ses employés et verse au comité
de pilotage de l'atelier un loyer correspondant au montant des remboursements
d'emprunt qu'il aura à supporter lorsqu'il sera installé. A l'issue de sa période d'essai,
le comité de pilotage aide l'apprenti entrepreneur, s'il le souhaite, à monter un dossier
de demande deprêt auprès des bailleurs defonds potentiels.
4.3. Résultats économiques
La valeur totale de l'ensemble des installations, acquis avant la dévaluation du Fcfa,
était légèrement supérieure à 6 millions de Fcfa.Les investissements ont été choisis en
fonction de la dimensionartisanale qui est donnée à l'atelier. Leur montant est
compatible avec la possibilité d'endettement d'un petit entrepreneur.
Leschargesvariables
sont constituées par le coût des aliments rentrant dans la
composition de la farine(69,s %), le coût des sachets et des étiquettes (24,O %), la main
d'oeuvre temporaire (4,4 %) et les consommationsénergétiques (1,s %). Elles
représentent environ 73 % du total des charges et s'élevaient en 1993 à 666 O00 Fcfa
à l'incorporation d'enzymesimportées
d'Europe ne
par mois. Les
frais
liés
représentent que 1,4 % des charges variableset 1,1% des charges totales.
Leschargesfixes
qui s'élevaienten 1993 au total à 236 O00 Fcfa par mois sont
constituées par lecoût dela structure de l'atelier et lesfraisdepersonnel.Les
amortissements et les frais financiers s'élevaient à environ 136 600 Fcfa par mois, les
frais de personnel pour deux ouvriers qualifiésà 100 O00 Fcfa par mois. L'importance
relative des charges fixes dans les charges totales (27 %) peut être considérée comme
raisonnable par rapport à la sécurité de l'activité. Comme l'entreprise est de type
de
familial,la rémunération de l'entrepreneur n'a pas été inclusedanslesfrais
personnel.
Le chiffre d'affaires mensuelest uniquement constitué par la vente en gros de sachets
de 250 g au prix unitaire de 140 Fcfa et 225 Fcfa,respectivement,avant et après
à 8 O00 sachetsce qui
dévaluation.La production mensuelledecroisières'élève
correspond aux besoins d'environ 800 enfants entre 4 et 9 mois consommant les
bouillies Vit@x-t comme unique complément aulait maternel.
Pendant la période de 1993 où l'atelier a fonctionné normalement, le prix de revient,
toutes charges incluses, d'un sachet de farine Vitafort était de 113 Fcfa.Le prix de
vente étant de 140 F, la marge par sachet était de 27 Fcfa soit environ 20 % du prix de
vente. Sur la totalité de la production, le résultat mensuel était de 214 O00 Fcfa. Ce
résultat correspond, d'une part, à la rémunération de l'entrepreneur et, d'autre part, à
l'épargne envue d'investir dans l'entreprise et de renouveler le matériel.
185
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENT D U JEUNE ENFANT
Lamise en oeuvre de la stratégie d'amélioration de l'alimentation de complkmemt
reposant sur la commercialisation 21 bas prix d'une farine infantile de haute densité
énergétique s'est faite en deux étapes
:
- création d'un atelier-pilote sous convention entre le Ministkre congolais dela Santé et
Agricongo et dont le r6le Ctait double : production de farine Vitgfirtet formation de
jeunes entrepreneurs destinés A dkmarrer d'autres unités deproduction ;
- promotion de la farine Vit,&rt à travers des circuits de commercialisation habituels
(boutiques, kiosques)et par les Centres de Santé Intkgrts.
Malgrt les graves perturbations liées aux troubles socio-politiquessurvenus au Congo
depuis mi-%, quatre entrepreneurs formksdansl'atelier
pilote avaient ouvert un
atelier au &but de 1995 : un à Brazzaville, un à Dolisie la troisième ville du pays et
deux à Bouansa (ville secondaire située au bord de la voie ferrée reliant Brazzaville à
Pointe-Noire). Un autre entrepreneur est encoursd'installation b Brazzaville et trois
autres stagiairessont en formation.
La production etla commercialisation de la farine Viufirtse heurte némmoins à
plusieurs problèmes:
- mévente dansles circuits de commercialisation habituels;
- retard enregistrk au niveau dela promotion dans les Centres de santé enraison de la
lenteur dela réhabilitation des centres de SantéMaternelle et Infantile (ShlI) en
Centres de Santé Intégrks(CSI).
- prix de vente klevk en regard du pouvoir d'achat d'une grande partie des familles en
raison du prix des matières premikres, du coût de leur transport, de l'augmentation
importante du prixdecertainsingrédients,
en particulierlesucre,depuis
la
dtvaluation du Fcfa.
- concurrence de farines composées (céréales/lé~mineuses)produites localement sans
avoir subi de traitement permettant d'augmenter la densitk énergétique et vendue
lkgkement moins cher.
Actuellement, huit CSI sont fonctionnels à Brazzaville. Dix agents de ces @SI ont été
formks en mars 1995 pour participer à des programmes depromotion de l'allaitement
maternel, d'amélioration de l'alimentation decomplkment et de surveillance de la
croissance. La Coopération Allemande (GTZ) ayant en chargeces CSI, a signk un
avec les entrepreneurs de Brazzaville et
contrat d'approvisionnement en farine El/f"kfrt
de Dolisie.Ce contrat qui garantit aux entrepreneurs un écoulement des farinessur les
8 CS1 de Brazzavilleetlesdeux
CS1 deDolisie, est pour eux un encouragement
important. Pendant sa phase de démarrage, chaque CS1 recevra une dotation de 100
186
,
Vitafort :unefarine infantile de haute densité énergétique au Congo
sachets de Vitafirt pour les démonstrations et la vente auxmères. Ensuite lesCS1
Vitafort (250 Fcfdunité)) qui seront
financeront eux-même l'achat dessachetsde
revendus 275 Fcfa aux mères : le centre se rberve une marge de 25 Fcfa par sachet
pour financer l'achat de farine Vitafort nécessaire à la démonstration et à la
récupération nutritionnelle.
6. CONCLUSION
La sensibilisation individuelledes mères au niveau des centres de santé intégrés dansle
un volet
cadre des activitésdesurveillanceetde
promotion delacroissanceest
à disposition de la farine Vitafort au plus grand
important de la stratégie de mise
nombre d'enfants. Cette sensibilisation a pour but de modifier les habitudes de sevrage
néfastes à l'enfant, en particulier l'introduction et l'arrêt trop précoces de bouillies.
Mais le changement des comportements nécessite d'intervenir à plusieurs niveaux : le
savoir, le savoir-faire,l'estimedesoi,leréférentiel
culturel... C'est un processus
pluridisciplinaire, forcément long et semé d'embûches. Le retard pris dansle
démarrage de la promotion des farines Vitafort dans le cadre des Centres de Santé
Intégrés a été le principal facteur limitant de l'utilisation des farines.
L'atelier Vitafirtest sensiblement différent des autres ateliers de fabrication de farine
de sevrage existant en Afrique dans la mesureoù il est sous le contrôle d'un comité de
pilotage réunissant des responsables de services de santé, des acteurs du développement
et
des
chercheurs et qu'il est
censé
assurer
une triple fonction : formation
d'entrepreneurs ;vulgarisation du produit Vitafort et du label du ministère de la Santé
dont pourront bénéficier les entrepreneurs après leur installation ; support pour des
études à l'échelle pilote en vued'améliorer et de diversifier lesproduits.
Il en résulte que la rentabilité économique du modèle d'atelier mis au point dans
l'expérience Vitafirt n'est pas une fin en soi maisseulement une des conditions
indispensables à la poursuite de l'objectif principalqui est de mettre à la disposition du
plus grandnombre d'enfants des aliments de sevragede bonne valeur nutritionnelle.
Une autre caractéristique du projet Vitafort est l'importance donnée à l'amélioration
de la densitéénergétique desbouillies pour tenir compte de la faiblefréquence
journalière de leur distribution.
187
L 'AEIMENTATIQNB E CBMPLEMENT BU JEUNE ENFANT
C O W A., DELPEUCH F., SMONDON F., TCHIBINA%TF. et
nationale s w 1%utnntritionnel des enjrnts d2ge priscolaire a# Congo. Paris, Editions
Orstom, COU.Etudes et thkses, 337 p.
CORNU A.,
TRECHE S.,
~
~ J.P.,
MMSSWA
S
~ J.> DELPEUCH
~
AP.,
19%.
Alimentation de sevrage et interventions nutritionnelles au Congo.
(2UPELT-URP), 3 : 168-177.
GMAR@HI P., TRECHE S., I.995 -.Fabrication de bouillies desevrage de haute densitk
knergktique A base de manioc. In Agbor Egbe T., Brauman A., Griffon D., Trkche S.,
kd. : Tran$omation aliment&e ds8 manioc, Paris, Orstom, Coll.Colloques et
skminaires : sous presse.
19% - Techniques utilisables pour augmenter la densitk inerghique des
bouillies de sevrage. Cornmwzication prisende h 1 ktelim intetpays BMS/ORSTOM s w
1'alimenthm de compl&aentdt#jeam en.nt,20-24 Novemhe 1994, Alemdrie, Eapte.
TRECHE S.,
- Les
au Congo : composition, valeur nutritionnelle et modditks
d'utilisation. Communication priser& aux %ries joum6es I n t m t i o m l e s du G E M ,
23-27Novemhe 1992,Bdanr, Frtznce.
CHI P., P E Z E M C S., GALLON G., MASSAMBA J., 1992
188
EVALUATION DU PROGRAMME u ACTAMINE B
de 1972 à 1993 AU MAROC
Mimoun AOURAGHE
Ministère de la Santé Publique, Rabat (Maroc)
1. INTRODUCTION
La malnutrition protéino-énergétique constitue un problème nutritionnel grave chez
le jeune enfant. Elle provoque, à elle seule et/ou en association avec les infections, la
mort de plusieurs milliers d'enfants
par an.
La prise en charge de ces enfants malnutris s'inscrit dans le cadre du programme de
lutte contrela malnutrition et a pour objectif une réhabilitation nutritionnelle à partir
de l'alimentation familiale,del'éducation nutritionnelle dela population et de la
distribution d'une farine de sevrage.
Depuis sa conception, le projet de distribution d'un produit alimentaire de
complément a connu plusieurs étapesimportantes.
2. EVOLUTION DU PROJET DE DISTRIBUTIOND'UNE
FARINE DE SEVRAGE
2.1. Avant 1972
Depuis fort longtemps déjà au Maroc, le Ministère de la Santé Publique a porté une
attention toute particulière aux problèmes nutritionnels. En effet, avant les années
1970 il existait un service de nutrition à côté desservices de prévention rurale et
urbaine.
Ce service entreprenait des actions ponctuelles pour améliorer l'alimentation de la
population par la promotion de la consommation de poisson, la fabrication d'une
réhabilitation
farine depoisson
et la réflexion sur l'ouverture decentresde
nutritionnelle.
Toutes ces actions ont amené le Ministèrede la Santé Publiqueà :
L %LIMENTAT%ONDE COMPLEMENTDU JEUNE E N F m T
- rialiser en 1971 une enqukte d'envergure nationale sur l'état nutritionnel des enfants
de moins de 4 M S (ENNE 71) afin d'évaluer la frkquence
Maroc ;
- focaliser les actionsnutritionnelles sur l'enfant ;
- restmcturer le service delutte contrela malnutrition ;
- fabriquer un aliment desevrage riche en protéines.
de la malnutrition au
Devant l'importance de la frkquencede la malnutrition rkvkk par 1'ENNE 71
(46,2 % de malnutris parmi les enfants de moins de 4 ans), le gouvernement a créé en
1972 une commission interministkrielle pour l'alimentation et la nutrition (CIAN)
chagCe d'klaborer une politique nationde en matikre d'alimentation et de coordonner
toutes les actions dans ce domaine.
Parallklement, le Ministèrede la SantéPublique s'est intéressé,à l'occasion d'un projet
conjoint Gouvernement du Maroc/WCEF, A la fabrication d'une farine de sevrage
prkcuite A base de produits cultivks localement.
Cette farine,destinée A la prévention et la guérisondela malnutrition protkinoénergktique, a ktk nommk ACT.AM.D% 5. Sa valeur caloriquektait de 415 Kcal/l00 g
et sa teneur en protéines est de 20,5 g/100 g ; sa composition comprenait les
ingrédients suivants:
de
- Farine blk
28 Y0
- Farine
chiche
pois
de
38 %
lentilles
-de
Farine
19 Y0
-kcrkmé
Lait
en poudre
10 Y0
- Saccharose
5%
Carbonate
calcium
de
0,4 Y0
- Complexe vitaminique et arches
O,2 %O
-
La fabrication et la commercialisationde cette farine a ktk confike en Septembre 1971 A
la Sociktk d'Exploitation des produits Blkagineux (SEPO) dans le cadred'un protocole
santé
Ministèredela
santk publique/SEPO et d'un protocole Ministhredela
publique/UNICEF. L ' W C E F a contribué A. l'implantation de la chaînede
fabrication de cette farinepar une aide de 758600 $.
Le prix du kilogramme d'.&amine a kté fixk à 4,5 DH. Ce produit était destiné au
marché public, mais le lancement de celui-ci
n'a kt6 effectif qu'en 1977.
Le Ministère de Ia Santé Publique fut le principal client de la SEP0 mais n'a acheté
que 100 à 260 tonnes par an jusqu'en 1980. Farailleurs,bien
que sa valeur
nutritionnelle soit meilleure, 1'Actamine a été concurrencée par les produits importks
190
~
Evaluation du programme Actamine au Maroc
qui bénéficiaient d'une large publicité et étaient déjà bien implantés sur le marché
national. Face à ces problèmes cette farine a été progressivement retirée du marché
public.
En 1978, à lademandeduMinistèredelaSantéPublique,la
SEPO a modifié la
composition de 1'Actamine en remplaçant les farines de lentilles et depois chiche par
de la farine de soja. La nouvelle formule qui avait une valeur calorique de
357 KcaV100 g et une teneur en protéines de 21,l d l 0 0 g se présentait de la manière
suivante :
48
-blé
Farine de
%
-soja
Farine de
16 %
écrémé - Lait
20 Y0
15,4
- Sucre
%
- Carbonate
calcium
0,4 de
%
- Complexe polyvitaminique et arômes 0,2 %
Pour relancer la fabrication de 1'Actamine de nombreuses réunions avec les parties
concernées ont eu lieu et ila été décidé que :
- pour les administrations publiques leprix du kg d'Actamine serait de 5,50 D H ;
-les ministères à caractère
social
devraient
participer à la promotion de
la
consommation de l'Actamine, préciser leurs besoins les
et inscrire dansleur budget ;
- qu'un visa conjoint du Ministèredu Commerce et du Ministère de la SantéPublique
serait nécessairepour toute importation de farine desevrage.
Suite à cesdécisions la SEPO a repris la fabricationde1'Actaminemalgré
nombreuses difficultés douanières.
de
2.3. Période 1987-1993
Dans le cadre du Programme Alimentaire Compensatoire (PAC) PL 480 Titre II et
afin d'amortir les effets du Plan d'Ajustement Structurel (PAS) sur les couches les plus
défavorisées de la population, l'USAID/CRS (Catholic Relief Services) a fait don au
Ministère de la Santé Publique d'une importante quantité delait qui a permis de
produire 2 600 tonnes d'Actamine pendant la période1987-1990.
a assuréla
Ce lait a été cédé à la SEPO qui, en contrepartie desavaleurlocale,
fabrication de 1'Actamine. Ceci a permis une large distribution du produit au niveau
de toutes les provinces et préfecturesdu Royaume (cf paragraphe 3).
Cette augmentation de la production d'Actamine (de230 tonnedan en 1987 à 638
tonnedan en 1988) a posédegrosproblèmesdegestion,destockageet
de
191
L 2LPMENTATIONDE COMLEMENTDU JEUNE ENFANT
conservation du produit qui se sont notamment traduits par une dktérioration
d'environ 56 tonnes de produit en 1989.
Des mesures ont été prises pour amkliorer la qualitk et la gestion du produit tant au
niveau de sa fabrication que
sur les lieux de sa distribution :
- changement duconditionnement de 1'Actamine;
- inscription du numkro du lot, de la &te de fabrication et dela composition dktaillke
de %afarine sur chaque sachet;
- amélioration des conditions de stockage de 1'Actaminepar :
. le rkamknagement des locaux de stockage;
. l'acquisition de425 ktagires mktdliques;
. l'achatd'insecticide(K-Otrhine) et dematkrielde protection (gants,
casques et lunettes);
.l'&labomtion de documents appropriés pour la gestion de 1'Actamine
(registres, carnetsà souches etfiches).
L'mnke 1991 a étk marquke par l'instauration de nouvelles stratkgies delutte contre la
malnutrition dkfiniesau
cours du Siminaire Atelier pour lia Nutrition et le
D6veloppement de l'enfant qui s'est tenu à Marrakech en 1990. L'introduction de
nouveaux parmktres de dipistage de la nutrition, notamment le rapport PoiddTaille
(Pl"),
a permis de rkaliser un meilleur ciblage des enfants rkellementmalnutris.
Il est à noter que suite A des retards d a n s son mhcution, la distribution de la farine
Actamine dans le cadre duPAC s'est prolongke jusqu'en1993.
[~.
2.4. Pkriode actuelle 1993-94
A la fin du PAC, la distribution de 1'Actamine a 6t.k maintenue, mais son achat est
dksormais programmksur le budget du Ministkre de la Santé
Publique.
Cependant, les crkdits qui lui sont alloués n'ont permis d'acheter que 159 tonnes
d'actamine à raison de 18,$6 DH/Kg. Cette quantitk ne permet de couvrir que 35 à
46 ?hdes besoins des enfants demoins de 5 ans réellement malnutris.
3.1. Evolution du nombre d'enfant malnutris d6pistCs
Nous avons mentionnk que jusqu'en 1990 ledépistagedes enfants malnutris &ait
uniquement basé sur l'analyse du rapport PoiddAge @'/A) sur la fiche de croissance et
que ce n'est qu'a partir de 1991 que le rapport P/T a kt6 introduit pour mieux cibler
les enfants ?+ prendre en charge. L'analyse de ce rapport est facilitke par la mise en
192
1
L
Evaluation du programme Actamine au Maroc
place dans les structures de soins du diagramme de maigreur qui permet au personnel
de santé de visualiserl'état nutritionnel des enfants etd'en suivre l'évolution.
L'évolution du nombre d'enfants malnutris dépistés durant la période 1983-1993 est
consignée dansle tableau 1 :
Tableau 1
Evolution du nombre d'enfants malnutris dépistésde 1983 à 1993.
Critères de
dépistage
Années
'
PoiddAge
PoiddTaille
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
Nombre d'enfants
malnutris dépistés
99 520
129 965
98 852
102 186
109 565
164 873
132 628
157 278
170 220
73 893
57 798
L'analyse deces données montre qu'il y a une augmentation du nombre des malnutris
dépistés jusqu'en 1991. En revanche, à partir de 1992, date à laquelle lesnouvelles
SMI, on
stratégies ont effectivement été mises en placeauniveaudescellulesde
remarque une diminution très nette (56,6 % entre 1991 et 1992).
Ceci met en exergue la pertinence desnouveauxparamètresdedépistage
qui
permettent un meilleur ciblagedes enfantsréellement malnutris et nécessitant une
réhabilitation nutritionnelle.
3.2. Evolution du nombred'enfantsbénéficiaires
d'Actamine consommées
et des quantités
Le nombre d'enfants bénéficiaires d'Actamine dépend, d'une part, du nombre
d'enfants malnutris dépistés et, d'autre part, de la disponibilité de cette farine au sein
de laprovince ou de la préfecture.
Ceciexplique les fluctuations observéesde 1977 à 1993 auxniveaux des quantités
d'Actamine consomméesannuellement par les provinces, du nombre d'enfants
bénéficiaires et de la quantité moyenne d'Actamine consomméepar enfant (figure 1).
193
LJMENTATJON DE COMPLEMENT DU JEWNE ENFANT
Avec l'introduction des nouvelles stratkgies de lutte contre la malnutrition (1991), on
note une baisse tris nette du nombre d'enfants bknkficiaires. La diminution dela
quafltitk moyenne d'Actamine consommke par enfant en 1992 et 1993 correspond A
l'utilisation des reliquats defarine achetke dans le cadredu PAC qui devait prendre fin
en 1990 mais qui a ktk prolong6 jusqu'en W
U.
0,5
-
O
1987 1977
..'
I
l
I
I
I
I
I
I
I
I
1
I
l
I
I
I
1
1992
1982
annees
1
Figure 1
Evolution des quantités moyennes d'Actamine csnsommkes annuellement par enfant
de 9977 1993.
4.
YS
ES
G
s
Le programme de distribution d'actamine a fait l'objet de plusieurs ktudes
qui ont
andyssk l'kvolution de celui-ci et
son importance aupris des bknkficiaires.
En ce qui concerne le dkpistage des enfants malnutris, les diffkrentes ktudes qui ont
trait6 de ce volet ont rkvklk des faiblesses dans la maîtrise des nouvelles stratkgies de
dkpistage de la malnutrition bien que tout le matkriel et les supports nécessaires A la
kté disponibles et que la majorité du
surveillance de la croissance des enfants aient
personnel des centres deSM1 ait subi une formation. Ceci doit inciter au renforcement
du recyclage du personnel dansle cadre de la formation continue.
Evaluation du programme Actamine au Maroc
Cependant, il semblequedepuis l'introduction en 1991 des nouveaux indicateurs
anthropométriques de dépistage de la malnutrition, la gestion de l'aliment de sevrage
cc Actamine B soit plus appropriée : les enfants bénéficiaires sont ceux qui nécessitent
réellement une prise encharge (enfants malnutris ou à risque).
Les bénéficiairesdeceprogrammede
distribution d'Actamine sont constitués en
majorité par des ménages ayantun revenu mensuel inférieur ou égal à 1500 DH :79 %
selon l'étude finale du PAC (1992) et 62,5 %O selon Badr Etudes(1993).
Le milieu rural où la prévalence dela malnutrition et la pauvreté sont élevées a été très
peu touché (seulement 28,8 %O de bénéficiaires selon Badr Etudes).
Dans le milieu urbain les couches les plus vulnérables sont les petits fonctionnaires et
les ouvriers (44,3 %).
Cecisuggère que leprogramme de lutte contre la malnutrition doit orienter ses
actions vers le milieurural défavorisé et le milieu urbain moyen.
En définitive la majorité desmères interrogées déclarent qu'elles sont contentes de
recevoir (92,5 Oh) et d'utiliser (70,O %) 1'Actamine(selon l'étude de l'évaluation du
programme Actamine à partir de l'instauration des nouvelles stratégies de lutte contre
la malnutrition - Août 1994). Elles considèrent que cette farine améliore la santé de
l'enfant (22,9 %) et constitue une aide non négligeable aux pauvres (18,2 %O).
5. CONCLUSION
Actuellement, et bien que lamalnutrition protéino-énergétique semble neplus être un
problème majeur de santé publique dans notre pays, la production et la distribution
d'une farine de sevrage restent nécessaires malgré les nombreuses contraintes liées à sa
gestion et à son financement.
L'acquisition de 1'Actamine dans lecadredubudgetde1'Etatestdifficilement
supportable dans la conjoncture économiqueactuelle et desmesures appropriées
seront envisagées pour en assurer la meilleure
utilisation possible.
Il est préconisé en effet, de réserver la distribution de cette farine dans les localités
où lafréquence des
ruralesdéfavorisées et dans lesagglomérationspériurbaines
troubles nutritionnels chez le jeune enfant est particulièrement élevée.
Il en est de
même pour les enfants en milieu hospitalier qui constituent un groupe très vulnérable
sur le plan nutritionnel. Cette catégorie de population nécessite non seulement des
soins médicaux ou infirmiers de bonne qualité mais aussi une prise en charge globale
sur le plan hygiénique,alimentaire et nutritionnel pour que ces enfantspuissent
récupérer dans les meilleures conditions possibles.
195
6, 'ALIMENTATIONB E
COMPLEMENTDU JEUNE ENFMT
D'autres solutions alternatives seront mises en oeuvre, en particulier un projet de
marketing socid en faveur dela farine de sevragepour en attknuer la cha
et promouvoir sa vente auprh du public.
Sa composition, son mode de prkparation et son acceptabilitk par les enfants feront
aussi l'objet d'investigations
approprikes
pour la rendre plus agrkable et
nutritionnellement mieux adaptée.
La participation communautaire sera kgdement rechercihtepar 1'Cducation sanitaire et
nutritionnelle, la promotion de I'dlitement maternel et l'encouragement de la
consommation de denrkes alimentaires locales.
L'accent sera enfin missur la prise en charge et le suivi des enfants d6pistC.s mdnutris
ou risque de malnutrition et ceci grke A une surveillance rkplikre de la croissance, A
la sensibilisation desmkres et A leurkducation. La collaboration avecles autres
dkpartements ministCriels (Agriculture, Piches, Commerce et Industrie,
Enseignement,Affaires Sociales...), condition nkcessaire à larkalisation de tout
programme alimentaire et nutritionnel, sera dkveloppke.
4
BITAMIN :
FARINE DE SEVRAGE DU NIGER
Haoua MOUSTAPHA IBRAHIM
Unité de Nutrition, Direction de la santé familiale,
Ministère de lasanté publique, Niamey (Niger)
1. ORIGINE ET OBJECTIFSDU PROJET
Bitamin, farine de sevrage fabriquée au Niger, a été créée par Caritas, organisme nongouvernemental, avec l'appui du MinistèredelaSantéPublique,
de Caritas
Neerlandica et de l'Institut Royal de Médecine Tropicaled'Amsterdam afin detrouver
une solution au problème aigu de complémentarité de l'alimentation infantile et de
réduire par là le taux trop élevé de malnutrition dans le pays.
Destinée aux enfantsà partir de 6 mois, elle est adaptéeà la période de sevrage.
Les objectifs du projet sont :
- d'apporter une contribution à l'amélioration de la situation alimentaire des enfants
sous-alimentés de4 à 36 mois parmi les groupes marginaux du point de vue médical
et socio-économiqueen produisant une farine desevrage adaptée aux habitudes
alimentaires et aux goûts locaux, qui soit d'un prix inférieur aux produits importés
jusqu'à présent et queles famillessoient aussi capables de produire elles-mêmes ;
- de créerun certain nombre d'emplois pour des handicap& ;
- d'établir, à long terme, uneunité de production financièrement autosuffisante.
2. COMPOSITION ET VALEUR NUTRITIONNELLE
La composition de la farine a été établie sur labasedes propositions faites par le
MinistèredelaSantéPublique.
La méthode de préparation de la farine et sa
composition sont telles que les mères peuvent pratiquement lapréparer elles-mêmes à
la maison lorsqu'ellesne recevront plus le produit tout fait. Le produit est apte à être
utilisé comme aliment de base au cours des démonstrations réalisées dans le cadre du
programme national pour l'éducation nutritionnelle.
E 'ALIMENTATIONDECOMPEEMENTDUJEUNEENFXVT
La farine Bitamin, dont la composition est donnée dans le tableau 1, est composke
de mil (67 %), nikb6 (20 %), arachide (10 %) et pain de singe (3 %) ; son contenu
knergétique est de 406 Kcal pour 160 g de farine. Elleest soumise a des contrbles
bactkriologiques
pkriodiques
sur place
et
A des
analyses
physico-chimiques h
Amsterdam.
Tableau 1
Composition en nutriments de la farine
Bitamin (en g/100$.
Protkines
.................................................
...................................154
Lipides
...................................................................................
Glucides
67,O
.....................................................................................
Cendres
.....................................................................................
Fibres
................................................. ................................... 2,f
;
8
5
Eau
Les prockdks utilisks pour la production de Bitamin qui a commenck en 1991 sont
ceux misau point par l'Institut Royal Tropical d'Amsterdam :
- dans une premikre phase,les matikres premikres, apr& stockage, sont dkbarrasskes de
leurs impuretks par tamisage et vannage (si n6cessaire9 lavage et skchage aussi) ; une
partie du mil est d6cortiquke (environ 30 %) et tous les produits sont grillks puis
refroidis avant &&treentreposks provisoirement.
- dans une deuxikme phase, la matikres pauvres en lipides sont mklangkes dans les
proportions souhaitkes et prkmoulues dans un broyeur h marteaux. O n ajoute
ensuite les arachides et l'ensemble est moulu finement dans un moulin à meules.
- aprks refroidissement, le produit est emballk dans des sacs en plastique de 500 g et
stockk en attendant la distribution.
4. 6
La capacitk de production de l'usine est de 4 tonnes par mois. La production varie en
fonction des quantitks invendues. La farine est de couleur grise et les sachets sont de
couleur jaune ou blanche.
Malheureusement, la commercialisation de Bitamin reste faible dans la mesure
où elle
est peu connue. Les quantitks commercialiskes peuvent parfois descendre en-dessous
d'une tonndmois. Bien que laproduction de Bitamin ait commencé en1991, le Niger
demeure le pays de la sous-rkgion qui a le plusfort taux de malnutrition.
198
LE SOSOMA :
FARINE DE SEVRAGE DU RWANDA
Edith MUKAMURENZI
Unité de Nutrition, Ministère dela santé publique,
Kigali (Rwanda)
1. ORIGINE ET OBJECTIF DU SOSOMA
La farine SOSOMA tire son nom de ses trois principaux ingrédients :le sorgho, le soja
et le maïs.
Le SOSOMA est produit par DUHAMIC-ADN, unité de production alimentaire de
Kigali. L'ADRI (action pour le développementrural intégré) est une association née le
12/7/85 à l'initiative de nationaux désireuxd'aider leurs compatriotes paysanset de les
appuyer dans leur lutte pourl'auto-développement.
Beaucoup de transformations alimentaires se font dans le but d'utiliser des excédents
momentanés et de les conditionner en vue depermettre leur conservation ;telle n'est
pas le cas pour la farineSOSOMA. Au Rwanda, les productions de sorgho, de maïs et
surtout de soja sont inférieuresauxbesoinsdela
population : il n'y a donc pas
d'excédent. La production du SOSOMA est faite dans un but purement nutritionnel :
produire pour les jeunes enfants un mélange d'aliments dont la valeur nutritive est
largement supérieure à celle de chacun des alimentsqui le compose.
Au Rwanda, le sevrage est souvent confondu par les mères avecl'ablactation. Le choix
de la nature des aliments pendant la période de
sevrage tient davantage compte de leur
consistance que de leur valeur nutritionnelle, la référence étant la poussée progressive
des dents. Ainsi la banane plantain est utilisée sous forme de purée pour les enfants
avec peu de dents et sous forme entière pour ceux qui en ont davantage. Les mères
peuvent donner de la bouillie à leurs enfants, mais rarement elles penseront à ajouter
un oeuf ou du lait ; les bouillies utilisées ont une consistance adaptée à l'enfant qui
n'est pas encore capabledemastiquer,maiselles
sont de valeur nutritionnelle
insuffisante.
LIMEAJTATIBNDE COMPLEMENT D U J E W E ENFANT
Le SOSOW est une farine tris riche en élCments nutritifs, en particulier en protéines
de bonne qualité. Le tableau 1 permet decomparer les teneun en nutriments du
avec celles des faines simples de sorgho, de soja et maïs.
de
Tableau 1
Comparaison des teneurs en nutriments du mélange SOSOM avec celles des
farines qui rentrent dans sa composition.
Nutriments
pour 106 g
ae farinaes
Calories
Protkines
Lipides
Eau
Cellulose
Calcium
Fer
Vitamine B1
Vitamine PP
soja
]“al
405
33,7
17,9
g
g
g
995
4Y7
mg
mg
pg
183
GY1
710
2YQ
PR
La valeur biologiquedes protkines de la farineS O S O (91)
~ est sup6riew-e i celle des
protéines de la viande(76) et du lait (82).
La teneur en Calcium est faible mais on peut supposer que le supplkment en calcium
est trouvt5 dans le lait maternelet d’autres aliments.
Le schkma de fabrication de la
farine SOSOh4.A est donné sur la figure 1.
En fonction de la granulométrie obtenue apris mouture on distingue deux types de
farine :
- une farine très fine reconnue par l’inscription ct Mklange SOSOMA 2 b sur
l’emballage ;elle peut-&treconsommke par les enfants dès I’dge de 4 mois ;
- une farine ordinaire identifike par l’inscription e Mélange SOSOMA B et qui peut
être consommke par les enfants dès l’dge de12 mois.
200
Le Sosoma :farine de sevrage du Rwanda
Au début la production de l'atelier était de 400 kg/jour ; mais dernièrement elle s'est
élevée à 3 tonnes/jour.
1 SORGHO 1
MAïS
Var nage
Triage
Lavage
Lavage et trempage
Lavage
SBchage
Egcluttage
S6c:hage
Pesage
Gri lage
Pesage
Pesage
MB ange
Mo Jture
1er er sachage
1Bre
soudure
28me ensachage
2Bme
+
6tiquetage
soudure
Figure 1
Schéma de fabrication de la farineSOSOMA.
4. PREPARATION ET ACCEPTABILITEDE LA BOUILLIE
Les mères n'ont pas de difficulté à préparer la farine SOSOMA sous forme de bouillie
dans la mesure où ellese prépare comme les autresfarinesdecéréalesutiliséesau
Rwanda (sorgho, mais, blé, éleusine).
Pour préparer de la bouillie SOSOMA, il faut de la farine SOSOMA, du sucre et de
l'eau. Le mode de préparation est le suivant :
20 1
- choisir une mesure
(gobelet, verre...) ;
- verser dans une casserole, 3 mesures d'eau ;
- faire bouillir cette eau ;
- m8mges une mesure defarine dans une mesure d'eau;
- verser le mklange obtenu dans l'eau bouillanteet mklanger A l'aide d'une spatule ;
- laisser bouillir un moment ;
- ajouter le sucre et m6langer ;
- laisser refroidir et servir.
avant tout une farine destinkeA la préparation de bouilliemais
il est possible de l'utiliser pour pr6parer des gAteaux ou des biscuits ou pour enrichir
des sauces.
est
Au début, la farine SOS0M.A a rencontr6 pas mal de critiques dans la mesure où
certains consommateurs auraient préférh qu'elle ait un gocit salk et d'autres un gocit
sucré. Mais au dur et à mesure que la production s'est étendue au niveau national, le
a étk apprécik par ses consommateurs comme lemontre l'accroissement de
la demande.
262
FABRICATION DE FARINES ENRICHIES
A PARTIR DE PRODUITS LOCAUX
AU TCHAD
Oscar YOMADJI-OUTANGAR
Centre National de Nutrition et de Technologie Alimentaire,N'djamena (Tchad)
1. ORIGINE ET OBJECTIFS
Situé au centre de l'Afrique, le Tchad couvre une superficie de 1 284O00 km2 et était
peuplé, en avril 1993, de 6 288 261 habitants. Il fait partie des pays les plus pauvres du
et de
continent en raisonde son enclavement, de plusieurs années de guerre civile
sécheressesrépétées ; cette situation aeu une influence négative sur les structures
socio-sanitaires et a contribué à la détérioration des conditions de vie des groupes
vulnérables.
Il ressortdeplusieursenquêtesponctuelles
réaliséesau Tchadque les problèmes
nutritionnels les plusfréquemment
rencontrés sont la malnutrition protéinoénergétique, (avecdesprévalencesdemaigreur
importantes chezlesenfantsd'âge
préscolaire après l'âge de 6 mois), les anémies ferriprives, l'avitaminose A et le goitre
endémique.
C'est au cours de la période de
sevrage que l'on constate lamortalité la plusélevée. Par
ailleurs, plus de 80 % des enfants malnutris admis dansles centres de réhabilitation et
d'éducation nutritionnelles (CREN) ont un âge compris entre 6 mois et 2 ans.
Aucune enquête n'a été réalisée sur l'allaitement maternel au Tchad. Les rares données
disponibles proviennent des informations rudimentaires fournies par lesmères qui
amènent leurs enfants dans les CREN et selon lesquelles la durée d'allaitement serait
de 12 à 18 mois. Les renseignements recueillis auprès des femmes indiquent que l'âge
d'introduction de la bouillie varie le plussouvent entre 4 et 6 mois. Les bouillies sont
à partir de produits locaux ; les principaux
préparées dans la plupart descas
ingrédients sont le maïs, le mil, l'arachide, le
citron, le lait et le sucre ; le riz et le
haricot ne sont utilisés que rarement.
Dans les CREN, la malnutrition a i p Z est traitke pendant une pkriode de trois mois
avec participation de la mkre afin qu'elle puissecontinuer A la maison et prkvenir une
kventuelle rechute de l'enfant ; la venue quotidienne de la mkre au C m N est une
contrainte non nkigeable pour une mdre obligke desubvenir aux besoins de sa
hlille.
C'est dms ce contexte que l'on s'est intkressk A la fabrication d'une farine de sevrage
semi-artisanale dont l'objectif est d'amkliorerl'ktat nutritionnel de l'enfant. U n
groupement de femmes avec un soutien de 1'0NG Médecin Sans Frontikre I' Belgique
(MSF-B) et du Centre National de Nutrition et deTechnologie
Alimentaire
(CmTA) a donc commenck en 1993 la production &une farine enrichie appelke
" Vitafort
Les objectifs principaux de cette production sont :
- de mettre h la disposition des mkres une farine d'un prix accessible permettant de
prkparer une bouillie d'une valeur nutritive suffisamment bonne pour la
rkhabilitation nutritionnelle des mdnutris et pour la privention de la malnutrition
en gknkral ;
- d'mkliorer les conditions socio-kconomiquues dela population tchadienne en
stimulant les cultures (cCrkdes et Ikgumineuses) et la consommation des produits
rkcoltis ;
- de sensibiliser lesmères aux techniques desevrage.
".
Les ingrkdients doiventripondre aux critires suivants :
- &re adaptks aux besoins nutritionnels des enfants en bas 8ge ;
- être de production locale et disponibles toute l'annke ;
- 2tre bien acceptksd'un point de vueculturel.
Les aliments du Tchad ripondant A ces critkres sont constituis par des ekriales, des
légumineuses(haricot nikbk) e~ desgrainesolkagineuses(arachides,
s&same, courge).
le maïs ou le riz. Ces
Les cérkales utiliskes nt le sorgho blanc, le sorgho rouge, le mil,
ingrkdients sont des produits locaux disponiblestoute l'annke ;ils sont acketb sur les
marchés en quantitk variable en fonction de la demande et stockks dans des sacs de
106 kg.
264
Fabrication de farines enrichies au Tchad
2.2. Schéma de fabrication
Le mode de fabrication dont le schéma est donné sur la figure 1 comprend les étapes
suivantes : triage,décorticage,vannage,séchage,broyage,tamisage,
torréfaction,
mélange. Pour le sorgho rouge, la seule opération avant broyageest le nettoyage.
Le triage, réalisé manuellement, permet l'élimination des débris de panicules
ou d'épis.
à l'aide d'un
Ledécorticage,appliquéaumil,maïs,
riz et sorgho blanc,sefait
décortiqueur ;le sorgho rouge nesubit pas de décorticage.
Après lavage, les ingrédients sont séchés à température ambiante ; la durée de séchage
dépend de la nature des céréales et de l'ensoleillement.
Le broyageest réalisé à l'aide de moulins sur chaque ingrédient pris séparément;il est
suivi d'un tamisage.
La torréfaction estréalisée sur lesfarinesprisesséparément
et non sur lesgrains
comme cela est habituellementpratiqué dans les autres unités de fabrication de farines
infantiles ; ellea pour but deréduiresensiblement l'humidité et laviscosité, de
détruire lesbactéries et lesinsectes et de permettre le développement d'un goût
particulièrement apprécié. La torréfaction consiste en un grillage des farines dans une
marmite en aluminium ;pendant l'opération les farines sont en permanence remuéesà
l'aide d'une spatule en bois.Après torréfaction, lesfarinessubissent
un second
tamisage.
Les ingrédients sont ensuite mélangés pour donner les farines e Vitafort B selon les
proportions suivantes : céréales (57,2 %), niébé (23,s %), arachide (9,5 %),
sucre (9,s Oh). Lemélangedelapâted'arachideauxautres
constituants est
particulièrement difficile : il est réalisé en faisant passer simultanément à travers un
tamis des quantités appropriées depâted'arachide et d'un prémélangedes autres
constituants.
Le conditionnement se fait en sachets en polyéthylène de 100 g lorsque la farine est
destinée à la vente aux particuliers ou ensacs étanches pouvant contenir plusieurs
kilogrammes lorsqu'elle est destinéeà des programmes d'aide alimentaire.
2.3. Equipements
Les équipements mécanisés,achetés à N'djamena mais fabriqués en Inde, sont
essentiellement constitués d'un décortiqueur et de 2 moulins actionnés par 3 moteurs
diesel ; ces équipements sont souvent en panne ce qui fait que le décorticage et la
à proximité des
mouture sont leplussouvent effectuésdansdesmachinessituées
marchés.Lereste
du matériel comprend des marmitesen
aluminium et des
thermosoudeuses de ménage.
205
1
CEREALES
1
1
I
4
Torréfaction
Q
SUCRE
n
MELANGE
n
V
CONDITIONNEMENT
a
FARINES VITAFORT
Figure 1
Schkma de fabrication des farines Vitafort.
Fabrication de farines enrichies
au Tchad
Un mélangeur vertical récemment importé de France n'a pas encore été essayé. U n
véhicule de type pick-up appartenant à MSF-Best actuellementutilisé pour le
transport des matières premières et la livraisondes produits finis.
2.4. Structure du prixde revient
La structure du prix de revient, calculépour une production moyenne de 5,5 tonnes
par mois (période allant de maià décembre 1994), est la suivante :
- Coût moyen des matièrespremières :
340 Fcfa/Kg (54,1%)
- Frais de décorticage
de
et
mouture :
14 Fcfdkg
(2,2%)
- Bois de chauffe :
9 Fcfdkg
(1,4%)
-de
Frais fonctionnement :
89 Fcfa/kg (14,2%)
- Petits Investissements :
18 Fcfa/kg
(2,9%)
- Location des bâtiments :
36 Fcfdkg
(5,7%)
employés
- Salaire
des
:
103 Fcfa/kg (16,4%)
- Divers :
19 Fcfdkg
(3,0%)
Total :
628 Fcfa/kg
Le coût moyen des matières premières pour les différentes formules proposées a été
calculé entenant compte des taux moyens de pertes en cours
de traitement (22 % pour
le niébé ; 28 % pour le mil ; 40 % pour le maïs ; 16 % pour l'arachide ; 35 % pour le
sorgho ;0 % pour le riz et le sucre).
Les frais de décorticage et de mouture correspondent aux frais supportés pour traiter
les matières premières sur le marché dans la mesure où le décortiqueur et les moulins
de l'atelier n'étient pas encore fonctionnelsdurant cette période.
Les frais de fonctionnement comprennent la fourniture d'eau, d'électricité, l'achat des
produits consommables (détergents, papier...) et le prix des sachets plastiques(8 Fcfa le
sachet de 100 g) obtenus auprès d'un entreprise installéeà Douala (Cameroun).
La location de la concession dans laquelle l'atelier est provisoirement installé est de
200 O00 Fcfdmois.
Lessalairesdes 10 à 20 employés utilisés en fonction despériodesestde 25 O00 à
45 O00 Fcfa par mois selon le nombre d'heures effectué (les employés se partagent
100 Fcfa par Kg vendu). En 1994, lepersonnelétaitsupervisé
par une employée
salariée de MSF-B.
Le prix de vente pendant cette période a été f i é à 750 Fcfdkg, la différence entre le
prix de vente et le prix de revient couvre juste les investissements et certains frais
supportés par MSF-B pendant la période(salaire de la gérante,matériel...).
207
L ~ L ~ ~ E N T A DE
T I COMPLEMENT
~N
B U JEUNE ENFANT
3.
La composition en nutriments des 5 farines Yitafortest donnke dans le tableau 1.
Tableau 1
Composition en nutriments des farinesVitdort.
.c
L
La production de mai B dkcembre 1994 a kt6 de 44,6 tonnes soit une moyenne de
5,58 tonnes parmois avecdes variationsallant de 3,i" B
tonna en fonction des
commandes. 89,6 % de la production est vendue A l'ONG AICF (Action International
Contre la Faim) pour son programme d'urgence dans le Kanem. 1,7 % seulement de la
production est vendue h des particuliers, le reste étant vendu A d'autres institutions
pour des programmes d'aide alimentaire.
Vitafort est vendu au prix de 750 Fcfdkg quel que soit le type de conditionnement.
Celui destiné
aux
particuliers est un
sachet
plastique
de
100 g fermé par
thermosoudure. Pour les
organismes
achetant
du
Yitafort
l'atelier pour des
programmes de distribution alimentaires les farines sont gknkralement emballkes dans
dessacs
enplastique de 7 à 20 kg dont l'ouverture est simplementcousue.
L'identification du contenu dessacssefait
A l'aidede petits morceaux de papier
reproduits à la ronko, collés sur les sacs et qui comportent la liste des ingrkdients etla
208
'
Fabrication defarines enrichies au Tchad
date de péremption. Dans les sachets destinés à la vente, une feuille d'explication sans
illustration est insérée au milieu de la farine.
La durée de péremption a été fmée arbitrairement à 3 mois en raison des risques de
rancissement liés à la présence de la pâte d'arachide, mais aucune étude sur l'aptitude
réelle à la conservation n'a été réalisée.
5. PERSPECTIVES
Malgré une production conséquenteau cours des 8 derniersmois (5,5 t/mois en
moyenne) et une bonne acceptabilité des farines, un certain nombre de problèmes ont
été identifiés au sein de l'atelier
:
- absence de statut et de gestionnaire officiels;
- installation dans des locaux enlocation mis temporairement à disposition par MSF ;
- commercialisation effectuéeà 90 % dans le cadre d'un programme d'aide alimentaire
d'une ONG ;
- faible densité énergétiquedes bouillies ;
- prix de revienttrop élevé ;
nécessité d'organiserle contrôle de qualité
- nécessité d'apporter des amélioration aux niveauxdes procédés et des équipements.
-
Fin 1994, les responsables du CNNTA qui supervisent l'atelier en collaboration avec
MSF-B ont demandé à l'OMS l'envoi d'un expert pour élaborer des propositions
d'amélioration du fonctionnement et de la production de l'atelier Vitafort afin d'en
assurer sa pérennité.
209
L'UNITE DE PRODUCTION DES
FARINES NUTRIMIX AU TOGO
Kodjo D. AGBO:' et Abdou Rahmane D. AGBERI?
* Institut de Nutrition et de Technologie Alimentaire, Lomépogo)
** Centre d'intégration de soins à l'enfant, CHU Tokoin, Lomé pogo)
1. HISTORIQUE
L'observation ne cesse de montrer que dans l'ensemble des pays en développement
naissance à 4 ou 5 a
ns, demeure l'une des
l'alimentation des enfants,dela
préoccupations prioritaires des gouvernements eu égard à l'évolution de moins en
moins satisfaisante des indices nutritionnels. Il est vrai que pendant la période des 5 à
6 premiers mois de la vie, le nourrisson se développe grâce au seul lait maternel, si
l'allaitement est convenablement pratiqué. Mais par la suite, on doit lui donner un
complément d'alimentation afin de couvrir ses besoins nutritionnels croissants.
Traditionnellement, les complémentsalimentairesutilisés
sont sansgrandevaleur
ou de
nutritive et constitués soit du platfamilialprincipaldilué(gruaudemaïs
manioc), soit de bouillies simples de mil, de sorgho ou de maïs sucrées ou non. Pour
combler cette insuffisance, des recettes de farines de sevrageà base de produits locaux
et répondant aux habitudes de consommationont été développées da+ plusieurs pays
à partir des années 70.
En ce qui concerne le Togo, lesrecherchesentreprisesen1985
par l'Institut de
Nutrition etdeTechnologieAlimentaire(INTA)duMinistère
du développement
rural ont abouti à la mise au point d'une farine de sevrage à base d'ingrédients locaux
:
appelée u Nutrimix B. Elle est présentée sous deux formes
- Nutrimix ler âge destinée aux enfantsde 3 à 6 mois ;
- Nutrimix 2ème âge pour les enfants âgés de 6 mois et plus.
Le procédé defabrication est semi-artisanal etcomporte 4 étapes de base: le nettoyage,
le grillage, la mouture et l'emballage. Le produit fini est utilisé sous forme de bouillie,
le temps de cuisson variant de 10à 15 minutes.
Les rksultats positifs des tests d'acceptabilitk effectuks au niveau des centres sociaux et
sanitaires deLomk parla division mkre et enfants du Ministkrede la santk ont permis j,
l ' N A et au Ministkre de ]la santk et des affaires sociales de faire la promotion de la
farine auprks des agents de santk, des sagefemmes, des infirmiers, des éducatteun, des
encadreurs et des groupements
fkminim
au moyen de deux stratkgies
complkmentdres :
- production et vente promotionnelle au niveau de Eomk ;
-vulgarisation des recettesauniveaunational
par l'organisation deséminairesde
formation en nutrition axke sur l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant.
Cette action promotionnelle a kté concluante puisque:
- Nutrimix est connue et conseillke aux mères par les services compktents, pkdiatres,
centres deprotection maternelle et infantile ;
-les recettes sont utiliskesauniveaufamilialdansl'ensemble
du pays et plus
bknkficiant
des
programmes de contrdle et
de
particuliirement par les femmes
promotion de la croissance exkcutks par les structures sanitaires et des ONG (CRS,
CBNG.AT/ICB...) ;
- des initiatives privkes de production ont w le jour i EomC (VITEN, SOMEL) et
l'intérieur du pays (PALUJIED A Bapaong, Farine bkbk ferme SOUKKOTH A
Kpdimé).
Les premikres formules mises au point ont utilisé sept ingrkdients : maïs, sorgho, riz,
haricot niébk, arachide,soja, sucre. Leur combinaisona. permis de fabriquer 3 types de
:
farines qui ont kt6 soumis aux tests d'acceptabilitk
- une farine ler bge constituke de maïs, sorgho, riz et sucre;
- deux farines2kme 8ge : un mklange de maïs, riz, nikbé, arachide et sucre ;un rnklange
mai's, riz, soja et sucre.
Les rksultats des testsainsique
les difficultb techniquesobsemkes (mouture du
produit contenant dusucre ; conservation du produit avecnikbk et arachide) ont
conduit i spkrer le choix des formulesdkfinitives dont les compositions sont
exprimkes dans le tableau1.
212
,
L *unité de
production des farines
Nutrimix au Togo
Tableau 1
Composition des farines Nutrimix
Sorgho
42 %
42 %
63 %
11 %
26 %
Les céréales (maïs, sorgho et ri.) sont utilisées pour les apports en calories ; le soja
pour les apports protéiques et l'augmentation de la densité énergétique en raison de sa
teneur élevée en matières grasses. Il est conseillé d'ajouter le sucre au moment de la
consommation de la bouillie selon legoût de l'utilisateur.
L'approvisionnement en matières premières est en général mensuel pour le maïs, le
sorgho et le ri2 et s'effectue sur les marchés de Lomépar une personne responsable de
cette activité. Pour le soja, un stock d'au moins six mois est constitué à partir des
zones de production, (région centrale, régionsdes savanes). La livraison est assuréepar
deux femmes grossistesou par la ferme semencière de
Sotouboua.
2.2. Technologies utilisées
L'atelier de Nutrimix est une unité semi-artisanale ; lesschémas de fabrication des
deux farinessont donnés sur les figures 1 et 2.
Les ingrédients sont traités séparément, puis pesés et mélangés suivant les proportions
requises avant l'étape de concassage et de
mouture.
Le triagehannage est manuel et s'effectue en utilisant des tables de tri ou des bassins
de vannage : cette opération permet d'éliminer les poussières, les débris végétaux, les
graines moisies, les cailloux
et les graines d'autres variétés.
Le lavage se fait en brassant les produits dans l'eau contenue dans une bassine en vue
de lesdébarrasserdesimpuretés.
On utilise un panier à maillesadaptées pour la
filtration ;le maïs n'est lavé qu'en cas de traitement au cours du stockage.
213
I
Figure 2
Schkma de fabrication de Nutrimix 2kme dge.
214
L'unité de production des farinesNutrimix au Togo
Le séchage se fait à l'air libre en utilisant des tables de séchage d'usagecourant dans la
sous-région. Ces séchoirs sont constitués de deux types de grillage maintenus par un
cadre en bois reposant sur quatre pieds métalliques : le grillageinférieur en fer soutient
le grillage supérieur en nylon aux mailles plus petites. La durée du séchage dépend de
l'ensoleillement et de la grosseur des graines traitées: généralement, on arrive à sécher
les produits en 4 à 8 heures.
Convectomat (R)
Les graines sont grillées à l'aide de deux fours électriques de marque
avec un barème de torréfaction préétabli (2OOOC pendant 5 à 8 minutes suivant les
produits). Cette opération est très importante dans la mesureoù elle permet :
- une amélioration de la qualité hygiénique duproduit par la destruction des insectes,
des larves et des bactéries ;
- l'inactivation des facteurs anti-nutritionnels comme le facteur antitrypsique ;
- l'augmentation de la digestibilitédu produit ;
- la réduction du temps de cuisson du produit fini.
Lesgraines sont rapidementrefroidiesenquelques
minutes dans un refroidisseur
électrique KIT mis au point par l'Institut Royal de médecine tropicale d'Amsterdam
(Pays Bas).
L'atelier dispose d'un moulin à marteaux et d'un moulin à meules. Mais en cas de
surchargedetravail,
le moulin à meules d'un autre atelier estégalementutilisé.
:
L'opération de mouture s'effectue en deux étapes
- un concassage du mélange des graines grillées aumoulin à marteaux ;
-une mouture finedu mélangeconcasséau moulin à meulesmétalliquesen 2 ou
3 voire 5 passages si les meulessont émoussées.
Les farines sont mises à refroidir dans des bassines couvertes placées dans un endroit
propre de l'atelier.
Les farines sont emballées dans des sachets en polyéthylène fermés hermétiquement
par thermosoudure. Le sachet intérieur est rempli de farine à l'aide d'une u louche D
spéciale puis pesé (500 g> avec une balance de ménage de portée de 1 kg. Les étiquettes
d'identification des 2 types de farines sont introduites entre le sachet intérieur et un
sachet extérieur ; elles comportent la date limite d'utilisation (durée de conservation
6 mois) et l'adresse de 1'INTA. Cet étiquetage est incomplet car il ne comporte pas la
composition et le mode de préparation.
215
L ?ILIMENTA TION DE C
EMENTDU JEUNE ENFANT
Le mode de prkparatisn des bouillies est celui courammentemployé par les mères. Les
proportions d'eau et de farine prkonis&es sont:
- 50 g pour 550 ml d'eau pour la farine fer âge ;
- 56 g pour 450 ml d'eau pour la farine 26me 8ge.
Pour la prkparatisn, on dklaie la farine dans 156 ml d'eau puis on verse le mklange
dans un rkcipient approprik (casserole ou marmite), contenant la quantitk d'eau
restante (360à 400 ml) grkalablement portke à l'kbullition. On mklange soigneusement
h l'aide d'une spatule en boisou $'une cuillère et on laisse bouillir 18 j, 15 minutes. On
sucre selon le godt et on sert h la cuillère après refroidissement.
Il faut souligner qu'il n'y a pas eu d'enquite auniveau des mknages pour savoir
comment ktaient suiviesces recommandations d'emploi.
La composition des farines fabriqukes actuellement estdonnke dans ]le tableau 2.
Une ditermination pluscomplkte de la composition da formules actuellement
fabriqukes n'a pas pu Itre rédiskes par manque de financement. Cependant en se
rkfkrant aux rksultats d'analyses antkrieures effectukes sur des farines de mCme type
dans lesquelles ktaitincorpork 16 Yo de sucre, on peut s'attendre A d'importants dkficits
en minéraux et en vitamines.
Tableau 2
Composition en nutriments des farines Nutrimk.
216
f
L *unité de production des farines Nutrimix
Togo
au
3.2. Densité énergétique des bouillies
Pour le moment, ce paramètre n'a pas été déterminé. Mais la densité énergétique des
bouillies préparées à partir des farines Nutrimix est probablement inférieure à celle
recommandée par l'OMS (120 Kcal pour 100 ml de bouillie) compte tenu de la nature
des ingrédients etdes technologies utilisées.
3.3. Salubrité et innocuité
Outre le contrôle microbiologique des farines effectué avant la réalisation des tests
d'acceptabilité, des mesures d'hygièneont été prises à différents niveauxpour éviter les
contaminations :
-propreté quotidienne des locaux, des équipements et des ustensiles utilisés pour la
fabrication ;
- propreté des manipulateurs ;
- contrôle visuel au niveaudu tri, du séchage et de latorréfaction ;
- couverture des bassines de farine en refroidissement ;
- conseils pour la conservationdes bouillies.
3.4. Acceptabilité
Les tests effectués ont montré que les farines étaient bien acceptées. Une opération de
rétro-information dans les centres socio-sanitaires a montré que les femmes préfèrent
les farines Nutrimix aux autre farines similairesen vente dans le pays.
4. ORGANISATION DE LA PRODUCTION ET DE LA
COMMERCIALISATION
L'atelier, qui est supervisé et contrôlé par un comité de gestion, emploie:
comprenant la responsable de la fabrication, deux aides et une
responsable de lavente au niveau del'Institut ;
- 2 agents temporairesdont le meunier pris en chargepar le budget général;
- 4 aides temporaires qui font une rotation : une équipe de deux à raison de deux
semaines par mois.
- 4 agents de 1'Etat
En ce qui concerne la capacité de production, il faut mentionner que l'atelier a été
dimensionné pour des activitésderecherche.
Compte tenu de l'option vente
promotionnelle, une organisation a été mise en place pour une production maximale
217
LIMENTATION DE COMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
de 256 kg de farine par jour, soit une production mensuelle d'une tonne. L'atelier
toutefois, peut dépasser cette production en cas de commandespkciale pour les secours
d'urgence en augmentant Pa main d'oeuvre temporaire.
E'kvolution de laproduction de 1990 j: 1993 est donnkedans le tableau 3.
O n note un ralentissement de la production en 1992 et 1993. Ce ralentissement est
consécutif aux événements socio-politiques survenus dans le pays. Mais l'année 1994
connatt une reprise satisfaisante engendrke par lesmesures de divaluation du franc
CFA.
En ce qui concerne la commercialisation, elle ktait assurke au départ par les centres
socio-sanitairesqui en faisaient lapromotion et par la vente dansles locaux del ' m A
A l'occasion des foires internationales de Lomé, des foires et expositions agricoles,des
journkes mondides de l'alimentation organiskeschaqueannke
et des journkes
Mais depuis 1994, les
scientifiques de la Direction de larecherchescientifique.
pharmacies de la place en disposent pour la vente pour rkpondre h la demande des
consommateurs
Les prix pratiqués par l'Institut sont nettement en-desssusdu coût de production
(respectivement pour un sachet de500 g de farine ler 8ge et 2ème Bge : 200 et 225 Pcfa
avant la dkvaluationde janvier 1994 ;300 et 325 Fcfaapris la dkvaluation).En effet, ils
n'atteignent pas, mime après les augmentations conskcutiws h la dkvaluation, les prix
de vente recommandis par l'étude effectuée en 1989 sur les eg possibilitb d'extension
&une filikredefarines
composkesau
Togo : le cas des farines de sevrage 13
(respectivement 480 et 500 Fcfa pour les farines ler et 2ème &el.
La première action A mener concernant la production consistera ne produire qu'une
seule farine enrichie A utiliser A partir de 6 mois de f a p n à se conformer aux
sein
recommandations de l'OMS/UMICEF en matièred'allaitement exclusifau
jusqu'à 6 mois.
21
L'unité de production des farines NutrimixTogo
au
5. RESULTATS ECONOMIQUES
L'atelier et les équipements ont coûté 12 200 O00 Fcfa(années 1985 et 1986). Le
financement a été acquis sur le budget d'investissementet d'équipement de 1'Etat. Les
chargestelles que lessalaires, l'eau,l'électriciténe sont pasprisesen
compte de
manière à maintenir les prix au niveau social.
Les recettes sont constituées essentiellement par les ventes de farines Nutrimix. Les
résultats en terme de rentabilité financière n'ont pas été cernés jusqu'ici. Mais dans ce
calcul, la formation des agents de développement à la base (450) pour la vulgarisation
des formules qui constitue un produit social important serait à prendre en
considération.
6. PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT
A ce stade des activités de l'atelier, on peut dire que la farine Nutrimix se vend bien
mais l'atelier connaît des difficultés relatives à l'organisation de la production et à la
commercialisation. L'INTA doit s'organiser pour la résolution de ces problèmes dans
un cadre de concertation avec les autres promoteurs privés qui seront les bénéficiaires
des acquis de nos recherches et prestations notamment au niveau de la mise au point
des technologiesde production et du contrôle de la qualité. D'ores etdéjàles
promoteurs déjà opérationnels peuvents'organiserengroupement
de manière à
bénéficier de cetappui.
219
L'UNITE DE PRODUCTIONDES
FARINES VITEN AU TOGO
Kodjo C . PLETH-SUKA
Atelier Viten, Lomé pogo)
1. HISTORIQUE
L'inexistence sur le marché national d'aliments locaux bien équilibrés, le coût trop
élevédes alimentsinfantilesimportés, le niveau basdes revenusdela population
aggravé par la trèsrécentedévaluationdu
Fcfa et la conjoncture internationale
justifient la mise à la disposition des groupes les plusvulnérables, notamment les
enfants et les femmes enceintes, de produits locaux dont la composition en vitamines,
nutriments et oligo-éléments n'a rien à envier aux produits similaires importés.
u Viten n, farines de céréales et légumineuses, conçues et réalisées par l'Association de
Jeunes Diplômés Créateurs (AJDC) est le fruit du programme denutrition de 1'ONG
EDEN (Entreprenariat Développement Environnement Nutrition), parrain de AJDC.
Le premier volet de ce programme de nutrition a connu de 1987 à 1989 saphase
préliminaire. Cette période a permis la formulation et l'amélioration des formules
Viten. Elle était entièrement à la charge de Messieurs Akwei Richard et Pleth-Suka
Kodjo.
La période de 1990 à 1994 estconsidéréecomme
la phase dedémarragedela
production et dela distribution deViten. Ce voletduprogramme
de nutrition
d'EDEN a successivement bénéficié d'un appui financier de la Banque Mondiale pour
un montant de 5 851 184 Fcfa et de l'appui technique de 1'ONUDI à l'occasion de
deux missions de consultations ayant débouché sur la mise en place d'un système de
gestion, sur la définitiondeformules répondant auCodexAlimentarius et sur le
regroupement de la production sur un même site. Ce volet a également reçuun appui
institutionnel de l'OMS qui a permis laréduction du taux de fibres et l'augmentation
de la teneur en protéines (de 9 à 12 %) des farines, l'addition d'un complexe minéral et
vitaminique et l'amélioration de la viscosité et de la densité calorique des bouillies
préparées à partir des farines.
L ;lLP.fENTATION DE CBMPLEMENT DU JEUNE ENFINT
2.1. Ingridients
Ce sont des produits agricoles locaux comme le soja, le riz, le maïs ou le sorgho. A
certains moments, du riz importk est utilisk compte tenu du coi3 trop klevk du riz
local. Les ingrkdients des différentes formules de Viten varient et sont fonction des
habitudes alimentaires.
2.2. Techniques de fabricationdes farines
Le schkma de fabrication des farines Viten a ktk choisi pour permettre le respect de
normes de guditk des produits . Il comporte les opérations suivantes :
- stockage des matikrea premikres (maïs, soja, sorgho et riz) ;
- lavage du maïs, du soja et du sorgho ;
- torrifaction (maïs, soja, sorgho et riz) ;
- stockage des produits torrkfiks (maïs, soja, sorgho et riz) ;
- broyage etmélange ;
- conditionnement, soit, dans des sachets de polykthylkne de 500 g avec une étiquette
glisske entre deux sachets pour les produits Viten distribukspar les pharmacies et les
structures de santk, soit dans des sacs de jute de 25 kg ou dans des cartons contenant
des sachets de 500 g avec mention du nom du donateur lorsque la farine est utilisée
dans le cadrede programme d'aide alimentaire;
- stockage des produits finis.
odes de 1prCparation des bouillies
Il y a deux fapns possibles de piparer les bouillies
: une mkthode directe et une
mkthode simple.
La mkthode directe consisteà faire bouillir de l'eau, à dklayer la farine Viten dans un
peu d'eau tikde en évitant la formation de grumeau, A verser cette suspension elam
l'eau bouillante, et à remettre l'ensemble sur le feu et A le laisser bouillir pendant un
maximum de cinq minutes.
La mkthode simple consiste à faire bouillir de l'eau pendant dix minutes, A ajouter
cette eau à de la farine Viten et à mélanger l'ensemble avant de le laisserrefroidir à la
température souhaitke.
222
L 'unité de production des farinesViten au Togo
3. VALEUR NUTRITIONNELLE
Deux formules sont proposées à la vente : Viten 1 pour les enfants à partir de 3 mois
et jusqu'à 6 mois ; Viten 2 pour les enfants à partir de 6 mois. La composition en
nutriments des farinesViten 1et 2 est donnée dans le tableau1.
Tableau 1
Composition des farines Viten (pourIO0 g de farine).
f VITEN 1 f
i
VITEN2
VITEN 1
VITEN2
.Xi!.&!?.??
................t.........................................................
50UI i
50 UI
.EE%i!?
..........1......385.Xcal;..........4o!?.K%?!..
..Protéines
........................ ;
I ............... 12.g.j ...................
16.g..
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.................4............................S U I i ............................S U I
.calci.w.........i.........420.mg.j.............4?0.m~...Xi!.E.k&
................f ...............6!.!%.; ...............6!..Eg.
.........................
Phosphore +i.........300.mg.i.............380.mg.. .Xi!.&!?.B!
...............;..............O?S.!.............
n;.i %!..?2!.
..........................
Potassium *..??!?.mg.j
i
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m g.*!?2!..???g.
i
..Fer
........................ i.............9.mg.j.................?.mg.. .Xi!.&!?.B6 ...............i.............!*k?~.;
..............!?>?..!%.
.......................................
Cuivre
i
A. mg.;.................1.2K...Xi!.&e.B.!.? ............t...............!,?..M.!............... !>?.t%.
..........................
zinc
f .............8.mg.j.................!.mg.. .kaci?!?
............ t ...............!!..?K./ ...............!!..???g.
..Iode
........................ i..........1oo.k!~.~
.............. 1oo.k!g.. .as:.fo!i9??!? ..................i..............!2?..PX.LK./ ..............!??..M.
Vitamine A i
1300 UI :
1300 UI Ac. pantothénique 1
2,5 mg i
2,5 m g
4. ORGANISATION DE LA PRODUCTION ET DE LA
COMMERCIALISATION
L'équipement de l'atelier est constitué par un moulin à disque, un moulin à marteaux,
deuxréchauds à gaz, desbassines enplastique de contenance variant entre 40 et
60 litres, des bassines en aluminium, dix balances de portée 5 kg, une balance deportée
500 kg pour le contrôle du poids de matières premières, une thermosoudeuse pour
les
sacs
en
plastique,
des
cuillères-doseurs,
deux
tables
de
production (de
dimension 1,2 mx 2,4 mx,1,2 m) et trois tableauxde
production (de format
0,7 mx 1,0 mx 0,Sm). Depuis le début .du projet, 1'ONG Edena réalisé un
investissement total de 10 O00 O00 Fcfa pour le volet Viten de son programme de
Nutrition.
Lacapacitéde production de l'atelier Viten estde l'ordre de 300 kg/j et pourra
augmenter jusqu'à un maximum de800 kg/j en fonction delademande.Elle est
purement artisanale mais permet de répondre aux normes relatives à la salubrité des
produits. La polyvalencedesemployéstravaillantauxdifférentspostesdetravail
permet à la production de ne passouffrir de l'absence dutitulaire d'un poste donné.
223
La commercialisation des farines Viten est assurêe par une kquipe de trois personnes
sous la responsabilité d'un mkdecin gknéraliste. Cette kquipe est rémunkrke par une
commission sur lavente. Les principauxclientsdeViten
sont %es officinesde
pharmacie, les centres sociaux, les hbpitaux et les dispensaires qui achhent en gros
pour revendre au détail. En 1994, apris la dévaluation du Franc CFA, les produits
Viten 1 et 2 ont respectivement kté ckdis a u prix de gros de356 et 375 Fcfa.
Notons que faisant partie intkgrante du programme de Nutrition d'Eden, Viten a
jusqu'A ce jour bknificié des avantages fiscaux confirés A Eden par son statut d'8NG.
A partir de 6995, Viten doit devenir une socikté de droit privk commercial,autonome
de l'ON6 Eden.
Comme toute PRIIE/PM, Viten estappelée à évoluer pour passer d'une ktape
artisanale à une ktape semi-industrielleavec makise des procédks de fabrication.Cette
kvolution impose une approche commercialedevant permettre d'kcouler toute la
production voire mime de produire pour un mach6 avec un stock zkro. Elle nkcessite
investissements,
et une
l'acquisition de matkriel plus performant, donc des
collaboration avec desinstitutions de recherche.
Pour l'heure, Eden entretient des relationsinformelles
avec1'Ecole
Nationde
Supkrieure d'hgknieurs (ENSI) de l'université du Bénin au Togo pour les problèmes
technologiques. Elle a kgalement des relations avec le dkpartement de Nutrition et des
Sciences Alimentaires de1'UnivePsitk de Legon au Ghana pour les questions relatives h
la Nutrition. Far ailleurs, elle collabore avecun groupement f h i n i n au CentreTogo
qui doit bientbt dkmarrer laproduction d'une formule de farine infantile etelle assiste
l'entreprise U.CO. DAL. du Mali pour la mise en place d ' u ~ eunitk de production
d'aliments infantiles.
Edenreste ouverte 2 toutecoopiration pouvant contribuer l'amklioration de la
qualité des produits infantiles et des autresaliments prkpar6s A partir de produits
agricoles locaux.
224
ANALYSE DES EXPERIENCESDE PRODUCTION
DE FARINES INFANTILES EN AFRIQUE
Serge 'I'RECHE
Laboratoire de Nutrition Tropicale (UR44),Centre Orstom,
Montpellier @rance)
1. INTRODUCTION
A partir des caractéristiques des unités de production données par les participants à
l'atelier, de certaines données antérieures et de résultats d'analyses complémentaires
effectuées dans les laboratoires de l'Orstom, il est possible de faire une synthèse des
informations connues sur lesexpériencesde
production de farinesinfantiles en
Afrique.
L'analysede
ces informations permet de faire ressortir les similitudes et les
particularités de certaines expériences.
2. CARACTERISTIQUES
GENERALES
DES
PRODUCTION (tableau 1)
UNITES
DE
Les plus anciennes expériences deproduction sont nées en Algérie (1966) et au Maroc
(1972). Plusieursunités fonctionnent depuismoinsde
5 ans(Vitafortau
Congo,
Bitamin auNiger, Vitafort au Tchad, Viten au Togo).
La quasi-totalité des unités ont été créées à l'initiative des pouvoirs publics mais, dans
la plupart des
cas,
elles
ont également
reçu
le
soutien d'organisations non
gouvernementales étrangères (Ouando au bénin, Misola au Burkina Faso, Yéolac en
Guinée, Bitamin, Sosomaau Rwanda,) ou d'organismes de recherche (Vitafort-Congo,
Nutrimix au Togo). Les unitésapparues à la suite d'initiativesprivées sont peu
nombreuses (Viten, Cérévap auZaïre),maisdans
plusieurs cas la production a été
confiée au secteur privé (Superamine en Algérie, Actamine au Maroc, Micaf au Cap
Vert) ; dans certains cas,il a été prévu un essaimage devant permettre l'apparition
d'ateliers communautaires @isola, Musalac au Burundi)ou privés (Vitafort-Congo).
L 'ALIMENTATION BE
EMENTDU JEUNE ENFANT
226
n.
Analyse des expériences de production AjFique
en
6
3
a
v)
4
Y
4:
O
\O
ln
00
2
227
Lescapacitksde production sont très variables, de 1 i 2 tonnes par mois pour les
unitks servant d'ateliers pilotes et destinkes B se multiplier selon un modile identique
(Vitdort-Congo, Nutrimk) i plus de 250 tonnedmois pour les unités ayant vocation
A produire A l'kchelle d'un pays (Superamine, Cérhvap). Plusieurs unitks, notamment
parmi celles ayant les plus grandes capacitb de production (Superamine, Ckrkvap) ont
xr&k leur production.
Dans la plupart des cas, les protkdks technologiques utilisks avant mklange se limitent
essentiellement A un dkcorticagq & un grillage ou une torr6faction et A une mouture ce
qui permet, dans certains cas (Missla., Vitafort-Tchad) de les réaliser sans kquipements
spkciaux en utilisant uniquement les décortiqueurs et moulins se trouvant aux abords
des points de vente des matières premiires. Les unitks de type industriel comme celles
produisant la Superamine, Ia superfarine Ouando ou le Ckrkvap utilisent des proc6dks
hydrothermiques permettant de réaliser une vkritable prkcuisson. Vitafort-Congo est
la seule unit6 A l'échelle artisanale qui, en incorporant des amylasess,utilise un prockd6
permettant de prkparer des bouillies de densitk knergktique suffisante.
A de rares exceptions près (Superfarine Ouando), les farines sont commercialiskes dans
des sachets en plastique, le plus souvent
du polykthylène basse densitk. Plusieurs unit&
utilisent 2 sachets entre lesquels sont glisskes les htiquettes.
(tableau 2)
Sauf pour une des deux formules de Vitafort-Congos,la source knergktique principale
est constituée uniquementde ckrkales locales,essentiellement du blk dam les pays
d'Afrique du Nord,du mil, du sorgho ou du maïs dans lespays sahkliens et du maïs en
Afrique tropicale humide. Le riz est utilisk, le plus souvent en association avecd'autres
ckrkales, au Bknin, au Togo et au Tchad. L'unit6 Vitafort-Congo est la seule 21 utiliser
une farine de racines ou tubercules dans la mesure où la formule originale pr6voyait
l'incorporation de farine de manioc dont lesprockdksde fabrication dans ce pays
permettent d'kviter les risquesd'intoxication au cyanure.
S
sont dans tous les cas des lkgumineuses. A l'exception de la
Les S Q U ~ C ~protkiques
formule de Superamine klaborke il y a près de 30 ans et de celles d'unitks de certains
payssahéliens(Niger,Tchad),
toutes les formules contiennent dusoja parfois en
association avec de l'arachide.
228
Analyse des expériences de production en ARique
La quasi totalité des formulesprévoient l'incorporation de 5 à 15 % desucre.
L'utilisation de lait en poudre a été abandonnée dans la plupart des unités encore en
activité. L'incorporation de compléments minéralet/ou vitaminique n'est réalisée que
dansles unités de type industriel (Superamine,Actamine,Cérévap) ou dans celles
ayant bénéficié d'un encadrement technique important (Musalac, Vitafort-Congo). A
noter que certainesunités @isola) prévoient l'incorporation de sel.
4. VALEUR NUTRITIONNELLE DES FARINES
(tableau 3)
Le contenu énergétique des farines est voisin de 400 Kcal pour 100 g de matière sèche.
Seulesles farines riches en lipides wsola, Nutrimix 2èmeâge et Cérévap) ont un
contenu énergétique légèrement supérieuraux autres.
Les teneurs enprotéines brutes varient de 8,2 à 21,3 g pour 100 g de matière sèche.O n
note que les formules contenant le plus de protéines
sont celles qui sont de conception
les plus anciennes (Superamine, Actamine)ce qui reflète l'évolution des connaissances
sur les besoins en protéines. Par ailleurs, les formulesayant les teneurs les plus faibles
sont celles, dites deler âge, que l'on trouve au Bénin et au Togo.
Les teneurs en fibresannoncées sont trèsvariablesmais
pourraient dépendre des
méthodes utilisées pour les déterminer. Les teneurs en minéraux sont très faibles, sauf
dans les formules bénéficiant de l'incorporation de compléments minéraux.
5. DENSITE ENERGETIQUE DES BOUILLIES (tableau 4)
Pour certainesfarines, desbouilliespréparéesselonlesmodesde
préparation
préconisés à différentes concentrations ont fait l'objet de mesures de viscositédans les
laboratoires de l'Orstom.
Quand elles sont préparées à des concentrations permettant d'obtenir la consistance
souhaitable pour les jeunes enfants (1 Pas pour les enfants de 5 mois ;2 Pas pour les
à l'exceptionde celles
enfants d'environ 8 mois), toutes lesbouilliesmesurées,
préparées à partir deCérévap et de Vitafort-Congo, ont une densitéénergétique
inférieure à celle du lait maternel.
229
L 2L
TPBN DE C
EMENT DU JEUNE
230
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Analyse des Rupériences de production en AjZque
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Analyse des expériences de production
en Apique
UY
233
L 2LIMENTATdON DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
Tableau 4
Densith knerghique (DE) des bouillies.
Pays et nom de l'unit4
Benin
Superfarine Ouando
Farine Buando
1
ige 1
âge 2
Misola
Burundi
Musalac
Congo
Vitafort
Guinie
Ykolac
Niger
Bitmin
62 kcd/l00ml
53kcal/100 ml
100 kcd/lO0 ml
60 kcal/100 ml
46 kcal/f00ml
1
50 kcal/106
ml
$9 kcd/l00ml
1
Farine CSB du P.AM
44 kcal/100 ml
Les unitks de production de farines de sevrage apparues sur le continent africain au
cours des trente dernikresannéesprésentent desdifférences importantes plusieurs
niveaux :
234
Analyse des expériences production
de
en Afiique
-la taille des unités dont la capacité de production varie entre 1 et 250 tonnes par
mois ;
- les procédés technologiques misen oeuvre : si la plupart des unités se contentent de
broyer, mélanger et emballer des matières premières ayant éventuellement subi un
grillage ou une torréfaction, seulement 3 unitésproduisent (Ouando), ou ont
produit (Superamine, Cérévap), des farines instantanées;
- la composition en nutriments des farines produites, en particulier en protéines et en
micronutriments ;
-la densitéénergétique des bouillies obtenues lorsqu'elles sont préparées à des
consistances appropriées.
En revanche, on constate un certain nombre de similitudes aux niveaux de la nature
des initiateurs des unités, le plus souvent des institutions de I'Etat, et des ingrédients
principaux utilisés qui sont dans la plupart des cas des farines de céréales, de la farine
de sojaet du sucre.
Concernant laqualité
nutritionnelle des produits obtenus, on peut souligner
l'existence dans certaines farines
de :
- teneurs en protéines trop élevées, ou au contraire trop basses ;
- teneurs en fibres trop élevées (cellulose+lignine > 3 g / 100 g de matièresèche) ;
- de teneurs en minéraux beaucouptrop faibles.
Par ailleurs, les bouillies obtenues à partir de la plupart de ces farines ont une densité
énergétique beaucouptrop faible, le plus souvent inférieure à celle du lait maternel, ce
qui, compte tenu delacapacitéstomacale
réduite des nourrissons et desfaibles
fréquencesjournalières de distribution des bouillieshabituellementobservées,ne
permet pas à ces dernières de jouer leur rôle de transition à l'alimentation solide et de
compléter suffisamment les apports du lait maternelà partir d'environ 6 mois.
Signalons enfin que les farines ler âge (3 à 6 mois) proposées par les unités du Bénin et
du Togo présentent un danger dans la mesure où elles incitent les mères à introduire
de manière trop précoce des aliments de complément et queleur valeur nutritionnelle
est très nettement insuffisante lorsqu'elles sont utilisées aux environs de6 mois.
235
236
TECHNOLOGIES ET EQUIPEMENTS
UTILISABLES POUR LA FABRICATION
DE FARINES INFANTILES
Mémina SANOGO
Groupe de Recherche et d'Echanges Technologiques, Paris
(France)
1. INTRODUCTION
La création d'un atelier de fabrication de farine infantile nécessite de bien étudier la
population ciblée et son environnement. Il est également très important de réfléchir
produit. La sélection
aux moyens nécessaires à la mise enoeuvre de la fabrication de ce
de la technologie et le choix des équipements les mieux adaptés font partie de cette
réflexion. C'est le thème de cet exposéqui comprend 4 parties :
- choix de latechnologie et des équipements enfonction des moyens et des objectifs ;
- étude de l'emplacement et de l'aménagementdes locaux ;
- grandes étapes de la fabricationet présentation des équipements adaptés;
- présentation des technologies et équipementsde quelques unités deproduction.
2. CHOIX DE LA TECHNOLOGIE ET DESEQUIPEMENTS
ADAPTES
La sélection doit se faireen fonction des critères suivants:
- la taille du marché souhaitée et la stratégie adoptée : souhaite t-on répondre aux
besoinsdesenfants
d'un quartier, d'uneville, d'une région oud'un pays ? La
stratégie adoptée repose-t-elle sur l'installation d'un atelier de grande capacité pour
à proximité des lieux
toute une région ou la création de plusieurs petits ateliers situés
de consommation ?
- les moyens financiers disponibles ;
- les mati&respremikres i traiter : leur degr6de
propret6 et leur quditk peuvent
augmenter ou diminuer les tempsde prkparation; leur nature (ckrkdes, Iégumineuses)
influe sur les modes deprkparation (décorticage, grillage) ;
- l a source d'inergie disponible et son coat : raccordement A un rkseau de
distribution d'klectricitk, groupe Clectrogkne... ;
- la nature du produit fini que l'on souhaite obtenir : farine précuite ou j, cuire,
produit etrudk ;
- h disponibilitti des &quipementset les gossibilitCs de maintenance : importation
ou achat local. Il est préfkrable d'opter pour des kquipements fabriqub localement
dont la maintenancepeut &treasurke rapidement et dont les pikces de rechange sont
disponibles sur place. Penser A la formation du personnel pour les petites
rkpsarations.
Il est prkfkrablle de placerl'atelier p r b des centresde consommation qui sont la
plupart du temps les centres urbains. Ceci permet, d'une part, de limiter le transport
des produits finis et leurs &-srentuellesdktkriorations lors des manipulations et, d'autre
part, en ktant plus proche du circuit de distribution, de rkagir plus rapidement à la
demande. Mais l'atelier peut également ttre installk CQns des structures de santk situkes
dans des zones rurales oh lesbesoins sont souvent importants en raison d'une
pr6vdence plus Clev6e de la mdnutrition.
L'atelier de production de farines infantiles peut ktre installk dans des structures très
variks, de statut p r i d ou public, comme c'est actuellement le cas dans de nombreux
pays d'Afrique :
- dans un centre nutritionnel comme Ouando au Bénin ;
-dans une entreprise privée
comme
la
société
SODEPAL au Burkina Faso
(boulangerie plisserie) ;
- dans une groupement féminin comme le groupementKasona au Burkina Faso.
Au moment du choix du lieu d'implantation de l'atelier, il faut tenir compte des
nkcessités suivantes :
- accks à l'eau (forage ou eau de ville) pour permettre le nettoyage desmatières
premiires, de l'atelier etpour respecter les règles d'hygiène ;
- puisard pour la collecte des eaux
uskes ;
238
Technologies et équipements utilisables
-bon raccordement au
réseau
routier pour permettre ledéchargement
et le
chargement des matières premièreset des produits finis ;
- accès à électricité sauf si les équipements fonctionnent avec un groupe électrogène ou
des moteurs diesel.
Par ailleurs, l'atelier devraêtre placé dans un environnement sain, à savoir éloigné de
zones de contaminations telles que les décharges, les eaux stagnantes et les sources de
poussière.
3.2. L'aménagement des locaux
Les locaux doivent être assez grands pour faciliter les opérations de préparation, de
transformation et de conditionnement. L'aménagement doit être conçu pour limiter le
nombre de manipulations etle transport des matières premières et des
produits finis.
Il est impératif derespecter le principe de la marche en avantqui se rencontre dans
toutes les chaînes de production agro-alimentaire : pour éviter les contaminations, les
produits finis ne doiventjamais croiser les matières premières.
Il faut affecter une pièceou une aire spécialement aménagéeà chaque opération :
- un magasin de stockage des matières premières (mil, soja, arachide) d'environ 15 m2
ventilé sans fenêtre pour éviter lapénétration des insectes et de la poussière;
- u n magasin de stockage d'environ 10 m2 ventilé et sans fenêtre pour les produits
semi-finis (ingrédients préparés, sucre, sel)
et les sachets de farine;
- une pièce réservée à la mouture des céréales et au mélange des différents ingrédients
(environ 16 m2> ;
- une pièce pour le pesage et l'ensachage (15 à 20 m2> alimenté en électricité pour les
machines à souder les sacs ;
- un bureau pour la comptabilité et la gestion;
-une aire de lavageavec un robinet d'eau courante et une évacuation sur puits de
grande capacité; cette aire doit être située à l'extérieur des locaux pour éviter la
pénétration de l'humidité ;
- une aire deséchage cimentée et surélevéeet/ou des séchoirs detype solaire.
Il faut respecter une hygiène scrupuleuse à chaque étape de la fabrication : stockage,
transformation et conditionnement. Pour cela il est nécessaire de:
- protéger les ouvertures par des grillages et des moustiquaires pour lutter contre les
animaux, en particulier les insectes, et la poussière;
239
L 2LIMENTATIQN DE CQMPLEMENTDU JEUNE ENFAhT
-veiller h la propret6 des locaux par desbalayages quotidiens et des nettoyages
répliers des sols et des murs à l'eau javelliskesuivisderinçage à l'eau claire au
minimum une fois par semaine ;
- dkpoussikrer rkplikrement le moulin, led6coftiqueur et les autres kquipements ;
manipuler la farine avec d a louches et des cuillkres et ne pas la hisser exposke A l'air
libre ;
- hiter les e a u stagnantes ;
- former le personnel auxrkgles d'hygikne en surveillant son ktat de smtk ;
- veiller au port de tenues adéquatespour la préparation des farines (blouses, protkge
cheveux, masques pour les personnes souffrant d'affectionsrespiratoires bknignes).
-
La production defarine nkcessite de multiples opkrations (tableau 1) qui vont
s'effectuer sur différentesmatièrespremières (ckrkdes, Ikgumineuses...). Ces &tapes
comprennent :
- l'entreposage des matikres premikres;
- la transformation (triage,
lavage,
skchage,
grillage,
concassage,
mouture,
refroidissement) ;
- le conditionnement (pesage et emballage de la farine);
- le stockage duproduit fini.
Tableau 1
Les opCPations de fabrication et les kquipements utilisks.
Equipments
OpCrarions
Van
manuel,
électrique,
table de
tri
Triage
........................................
..............................................................................................................................
Bac
Lavage
.........................................................................................................................................................................
Séchoir solaire, skchoire klectrique, aire
de skcchage
Skchage
......................................................................................................................................................................
2.g
rilloir
...........................................................................................................
à
tambour,
four
traditionnel,
torrkfacteur
Canari
........................................
Refroidissement
Bassines
............................................................................................................................................................................
Pesage
et
mklangg....
Balance, tonneau mélangeur
...............................................................................................................................................................
Mouture
.......................................................................................
Broyeur A marteaux?...................................................................................
moulin h meules
Refroidissement
Bassines
............................................................................................................................................................................
Balance
Pesage
.........................................................................................................................................................................
Conditionnement Thermosoudeuse klectrique
~
240
r-
Technologies et équipements utilisables
Si l'on prend l'exemple d'un atelier pouvant produire 1 à 2 tonnes par mois, il est
préférable :
-d'utiliser de la main d'oeuvre plutôt que desmachines(sauf
si les conditions
d'hygiène s'y prêtent mal) afin de contribuer à la lutte contre le sous emploi et
d'éviter les problèmes de maintenance;
de choisir des équipements fabriqués localement en raison descoûts moins élevés, de
la maintenance plus facile et de la disponibilitédes pièces de rechange ;
- de maximiser l'utilisation de chaque équipement et leur polyvalence, en particulier
d'utiliser un seul moteur pourun décortiqueur et un moulin.
-
4.1. L'entreposage des matières premières
Il est important d'avoir des
matières
premières
propres et sèches
(céréales,
légumineuses). Un tri avant stockage et un séchage peuvent se révéler très utiles pour
éviter des pertes importantes dues aux moisissures. Le séchagepeut se faireà l'air libre
sur des aires appropriées ou des nattes. Toutefois, le séchage peut être évité en partie
en vérifiant le taux d'humidité à l'achat.
Dès réception des matières premières (céréales, légumineuses, sucre...), il est nécessaire
de les stocker dans un endroit sec à l'abri de la poussière et des attaques des insectes. Le
stockage peut se fairedans des containers ou dans une piècedestinée à cette
utilisation dont les ouvertures sont protégées des insectes.
4.2. Le nettoyage
Un triage et un nettoyage à sec permettent d'éliminer les cailloux, les graines abîmées,
les pièces métalliques et les autres corps solides présents dans les graines. Cette étape
reste très souvent manuelle et nécessite une main d'oeuvre importante. On utilise
également des vansou des vanneuses électriquesou une table detri.
Lelavage permet de débarrasser lesgrainsdelapoussières
ou des produits de
traitement comme les insecticides qui ont pu être utilisés lors du stockage. Le lavage
peut se faire dans des bassines ou des grands bacs : le fond de ces bacs est garni d'un
tamis qui retient les grains. On peut construire un bac permettant de laver 50 kg de
grains à la fois.
4.3. Le séchage
Le séchage des grains après lavage s'effectue sur des nattes, sur des aires de séchage en
ciment ou dans des séchoirs solaires. Selon les conditions climatiques,ce séchage peut
durer de 3 à 8 heures. On peut également utiliser des séchoirs électriques(en fonction
24 1
de la disponibilité en énergie et de son codt) comme pour le séchage du soja. Pour ce
dernier, un bon skchage est nkcessaire h une bonne torrkfaction.
4.4.
Es dCeortisage
Le
décorticage
demande
une
technologie
spkcifique
pour chaque
ckrkale
ou
lkgumineuse. L'opération de décorticageconsiste A dibxrasser le grain de son
enveloppe (péricarpe) ainsi que &une partie du germe. Le pkricarpe est riche en fibres
cellulosiquesindigestes;ilpeut
contenir des tanins amers qui peuvent entraver
l'assimilation des substancesnutritives. Legermeest riche en matièresgrasses qui
provoquent le rancissement de la farine. La qualitk du dkconticage conditionne la
qualité de la farine obtenue aprb mouture. La qualitk nutritionnelle des grains
décortiquks varieselon les procédés employks. Le dkcsrticagedoit conserver h la farine
le maximum de protkines et doit dCbarraser le grain du maximum de cellulose et de
matikres grasses. Un bon décorticage se cmctkrisise par un taux de rkcupkration
compris entre 75 et 85 Yo,un faible taux de brisures (mil et sorgho) et par le fait que
plus de 90 % des grains sont effectivement dkcortiquks.
L'kquuipement nécessaireest un dkcortiqueur polyvalent (mil, sorgho, riz) ou un
broyeur à meulesavecréglagepossibledel'kcartementdesmeules.
Le prockdé
mécanique est le principe de l'abrasion: le grainest progressivement usk de l'extérieur
vers l'intérieur de manière h éliminer l'enveloppe. Parmi les kquipements disponibles,
on peut citer :
-le dkcontiqueur modèle CRDUPRLAUIC qui peut fonctionner en continu ou en
discontinu. En gknkral, le mod& en discontinu est le plus utilisk car il permet de
traiter de petites quantitks en fonction des besoins. La quantité minimale à traiter est
de 10 kg. Ce procédk s'applique aux grains secs. Le décorticage est effectuk par une
skrie de plaques en carborundum ou en risindide montke sur un mhme
système de ventilation permet d'kliminerles sons sur les grands modèles ;
le dkcortiqueur h arachide dont il existe un modèle manuel A manivelle avec un dibit
pouvant aller jusqu'à 60 kg//M. Pour optimiser son fonctionnement il
faut homogknkiser les lots, avoir une humiditk constante au niveau des graines et
assurer une alimentation rkgdikre de l'appareil.
-
La torréfaction permet d'inactiver lesfacteurs antitrypsiques du soja, de tuer les
bactkries, dediminuer l'humidité et de pré-cuire les produits. Elle peut s'effectuer$ans
des fours artisanaux ou des foursélectriquesventilks
(Ouando) pour le soja, des
grilloirs h tambour pour l'arachide ou dans des canaris. Le refroidissement peut &tre
242
Technologieset équipements utilisables
réalisé dans des bacs métalliques dont le fond est percé de trous. La torréfaction est
une étape délicate et importante de la fabrication d'une farine car bien réalisée elle
contribue à augmenter la valeur nutritive du produit fini par rapport aux matières
premières. C'est également une opération importante du point de vuedu goût.
Les grilloirs rotatifs manuels améliorés sont constitués d'un tambour situé au dessus
d'un foyer et munis d'un système rotatif permettant de les remuer. Ce système peut
être manuel avec manivelle ou motorisé. Pour le soja, il permet de torréfier les grains
pendant 20 à 30 minutes à 150 OC.
4.6. Pesage des ingrédients
Avant mouture, les différentsingrédients(céréales,légumineuses,lait
en poudre,
sucre...) de la farine infantile sont pesés séparément et mélangés avant passageau
moulin.
4.7. La mouture
Les farines infantilesdemandentune
mouture fine et sèche pour une bonne
conservation. Le taux d'humidité de la farine, donc des grains, joueun rôle important
dans sa durée de conservationet dans le goût du produit fini. Plusune farine est sèche,
mieuxelle seconserve. Il estdonc important d'utiliser un équipementadapté au
broyage desgrainssecs.Le
taux d'humidité acceptableestde 16 %.Il existe deux
grands types de moulins :les moulins ou broyeurs à marteaux et les moulins à meules
(tableau 2).
Lafinessede cette mouture contrôlée par un tamis est importante car au plus la
granulométrie d'une farine est fine, au mieux elle sera assimilablepar l'enfant. Suivant
la nature du moulin, la mouture peut être effectuée par 2 ou 3 passages successifspour
obtenir une granulométrie satisfaisante. La farine est ensuite mise à refroidir dans des
bassines couvertes.
Les moulins à meules permettent de broyer les grains entre deux surfaces abrasives. Le
réglage de l'écartement des meules détermine la finesse de la farine. Plus les meules
sont rapprochées, plus la farine est fine et le débit est faible. Les différents types de
meules sont :
- les meules métalliques constituées par des plaques de broyage en fonte ou en fonte
farine et
aciérée : elles sont solides et peucoûteusesmaisrisquentd'échaufferla
nécessitent un second passagepour obtenir une farine suffisamment fine.En Afrique,
les moulins à meules métalliques sont les plus appréciés du fait de leur robustesse et
243
de leur polyvalence ; %esmaques les plus rkpmdues sont les marques HUNT et
BENTALL.
- les meules en corindon dont l'intkrtt, en raison de la duretk du matkriau, est de ne
pas perdre leur pouvoir abrasif ;
- les meules en pierre composées d'un assemblage de pierres siliceuses.
Tableau 2
Caractéristiques des deux typesde moulins utilisables.
Type de materiel
oulin à meules
Principe
Broyage par kcmement
Mouture des ckrkales skches ou
lkgkrement humides, des graines
Utilisation
olkagineuses (Braritk)
dkterminke par l'écaptement
entre les meules et leur degrk
Gmnulomktrie de d'usure
la farine
possibilitk de faire une farine
tris fine en repassant leproduit
deux fois
Dkbit théorique 20 kg/h (entrainement manège)
(fonctionnement 200 kg/h (type C O U r a l t )
660 kg/h pour deux passages
continu)
m2Uluel
Entrainement
lmanege a tEXti0n
animale
moteur (9 B 12 cv)
-
1
Maintenance
meule (retaillage/changement)
Observations
plus onéreux que le broyeur B
marteaux
Broyeur à marteaux
Broyage par percussion
Mouture des ckrkales ou autres
produits secs non olkagineu
dkfinie par le daimètre des
perforation du tamis etde la
vitesse de rotation des marteaux
farine plusgrossikre,
impossibilitk de repasser le
eroduit
deux fois
b
100 kg/h (type coupant)
moteur (5 j: 16 cv)
marteaux (retournement
changement)
tamis (changement)
fabrication loede possible par
des artisans
I
Les broyeurs A marteaux ont pour principe de pulvériser les grains en les projetant à
grandevitesse contre la chambre de broyage. Cet appareil doit itre entraînk
obligatoirement par un moteur car la vitesse de rotation des marteaux ne permet pas
un entraînement manuel. Son principal avantageest un entretien simple et peu
coûteux ; son principal inconvinient résidedansle fait qu'il s'accommode mal des
olkagineux et des ckrkdes humides. La vitesse de rotation des marteaux doit &tred'au
moins 1500 tourdminute ; le plus souvent elle est de 3 000 tourdminute pour un
244
Technologies et équipementsutilisables
moteur depuissance 5 à 7 CV. Le débit estinfluencéparplusieursfacteurs,en
particulier par lescaractéristiquesdelagrille,
le taux d'humidité des grains et la
puissance du moteur.
Lors du choix d'un moulin, il est préférable de choisir un modèle de moulin en vente
dans le payset il faut tenir compte de :
- la simplicité de maniement afinque l'opérateur contrôle facilement l'opération ;
- la facilité de réglage ;
- la facilité d'accès aux pièces d'usure courante (meules, marteaux, grilles) ;
- la réversibilité de certaines pièces (marteaux ou meules) pour diminuer les coûts de
fonctionnement ;
- la robustesse de l'appareil;
- le rapport qualité/prix.
Concernant le choix du moteur, en fonction despossibilitésderaccordementau
:
réseau de distribution d'électricité, on utilisera le plus souvent
- les moteurs électriques en milieuurbain car ils fournissentla source d'énergie la plus
pratique et la moinspolluante (absence de fumée) ;
- les moteurs thermiques diesel ou essence en milieu rural ;les moteurs diesel sont plus
chers, plus complexesmais souvent plus robustes.
4.8. Le Conditionnement
L'emballage
se
fait
dans
des
sachets
généralement
en
polyéthylène fabriqués
localement. Il est recommandé d'utiliser des sachets d'épaisseur minimale 0,35 mm si
on utilise un seul sachet ou O,2O mm si on utilise 2 sachets. Les sachets en papier sont
déconseillés à cause des risques liésà l'humidité.
Le matériel debase se compose d'une balance et d'une thermosoudeuse permettant de
souder lessacs.La thermosoudeuse fonctionne à l'électricité. Il en existe différents
modèles dont la plupart sont fabriqués dans les pays développés. Cependant il existe
à partir de résistances électriques.
des équipements artisanaux fabriqués localement
5. TECHNOLOGIES ET EQUIPEMENTSUTILISES
UNITES DE PRODUCTION
DANS 4
Les quatre unités de production dont les équipements sont présentés dans le tableau 3
ont les caractéristiques suivantes:
245
-ce sont des ateliers artisanaux avec une production mensuelle comprise entre 1 h
2 tonnes sauf pour l'atelier sknkgalais en raison &une sous capacité de l'appareil de
production et du choix de sous traiter la mouture ;
leur personnel de production est de 5 i 7 personnes en moyenne ;
- les investissements en kquipement sont compris entre 60 000 et 100 000 FF (dont le
tien est constituk par le matkriel
de mouture).
-
Tableau 3
Prksentation des kquipements utilisks dansil. ateliers africains.
SCnCgd
VITAPORT
Composition
Production
mensuelle
mil, niCbC,
d,
soja,
arachide, lait,
sucre, huile
?alme, pain de
singe, oeuf
0,4 tonne
amchide, sucre,
sel
maïs, riz, sorgho, manioc, mfs,
nikbk, arachide
soja, sucre,
enzyme
1,5 21 2 tonnes
1tonna
1,5 à 2 tomes
~~~
iC&oirs
ihermosoudeuse
skchoir solaire
aire de siichage
grille pour le
séchage
table de triage
dkcortiqueur
Ck&alt!S
fours gaz
a
installation de
sCchage
grilloir tambour
moulin à
marteaux
moulin meule +
moteur
moulin marteaux moulin disque
Equipement
balance
moteur
moulin marteaux
+ moteur
Tonneau
mélangeur
balance 100 kg
thermosoudeuse
thermosoudeuse
à pied
balance de
prkcision
thermosoudeuse
ensacheuse
nettoyeur HP
Personnel de
production
[nvestissement
Cquipement
7
non connu
6
384
6 000 FF
(1990)
65 000 FF
(1990)
100 000 FF
(1991)
80 000 FF
(1992)
246
Technologieset équipements utilisables
6. CONCLUSION
Les principaux problèmes techniques rencontrés dans le fonctionnement d'un atelier
de fabrication de farines infantilessont les suivants :
-le séchagedesmatièrespremièreslorsquel'ensoleillementestfaible
et qu'aucune
installation pouvant remplacer le séchage solaire
n'a été prévue ;
la nécessité de réaliserplusieurs passagesdansle
moulin pourobtenir
une
granulométrie suffisamment
fine
ce qui est à l'origine de contaminations
supplémentaires et d'une augmentation de la température de la farine préjudiciable à
sa valeur nutritionnelle ;
- la maintenancedes équipements.
-
247
CREATION ET GESTION D'ATELIERSDE
FABRICATION DE FARINES INFANTILES
Olivier LEGROS
Agrisud International, Frontenac (France)
1. INTRODUCTION
Comme dans toute démarche de production, la fabrication d'une farine infantile doit
part des consommateurs. Or, nous sommesici en
répondre à unedemandedela
présence d'un consommateur bien particulier qui a son mot à dire mais qui n'est ni
l'acheteur ni le décideur : le nourrisson. Les jeunes enfants sont censés consommer des
farines infantiles préparées sous forme de bouillies pendant au moins 6 mois à partir
de I'âge de 4 à 6 mois. Cependant dans les familles aisées, cette durée est généralement
plus longue alors que dans les familles les plus pauvres, l'enfant passe très rapidement
au plat familial. De ce fait, le client d'une farine infantile est un client éphémère. En
comptant 4 enfants par foyer en moyenne, un ménage ne consomme de la farine
infantile que pendant 4 périodes de 6 mois au cours de son existence. A un moment
donné, on peut estimer à environ 5 % le pourcentage de ménages ayant un enfant en
âge de consommer de la bouillie. Un atelier de fabrication est donc en face d'une
clientèle extrêmement diffuse et réduite.
Par ailleurs,ilfaut tenir compte des nombreux facteurssociauxet
culturels qui
influencent le choix d'une farine infantile. La jeune mère est tiraillée entre son mari,
ses parentes, les médecins, les assistantes sociales, les pharmaciens et les commerçants
qui ont tous un avis différent sur la question. Ellea aussi ses propres critères de choix
qui sont la réaction de son enfant faceau produit, l'évolution de sa croissance, la
fréquence desépisodes diarrhéiques,le goût etl'aspectdu
produit, les qualités
nutritionnelles et le prix qui est souvent le critère décisif. Le marché des aliments de
sevrage est donc un marché délicat.
Du côté du producteur, deux contraintes majeures s'exercent: d'une part, la nécessité
de rentabilité, sans quoi l'entreprise ne peut durer et, d'autre part, la nécessité de
souplesse de son mode de fonctionnement ce qui revient à créer une entreprise de
taille skduite compte tenu de l'environnement économique difficile dans les pays
Africains.
Le dkfi h relever ici est donc de crker une petite entreprise dans un marchk dklicat.
Dans la plupart des cas, ce dkfi ne peut 6tre relevk que si les futurs producteurs sont
aidks et accompagnés par une ou plusieurs structures d'appui qui créent autour d'eux
l'environnement favorable h leur dtkveloppement. Nous allons découvrir leur &lie en
suivant le cheminement d'un jeune entrepreneur dksireux de contribuer apporter
une solution aux problkmesd'alimentation des nourrissons dansson pays.
La phase de prkparation consiste pour l'entrepreneur à trouver la réponse h une série
de questionsclefs.
u d est l'objectif ?
Avant toute chose, notre entrepreneur doit savoir ce qu'il recherche i travers son
entreprise. Ses objectifs peuvent itre multiples : le profit, la crkation de richesses, la
crbation d'emplois ou tout simplement la santé des bébés ! Dans tous les cas il faudra
qu'il garde à l'esprit qu'une entreprise qui ne gagne pas d'argent est une entreprise qui
meurt.
En fonction de ses objectifs, il choisira une strattkgie de base pour les atteindre. Par
exemple, si ses objectifs sont d'assurer un bon revenu pour lui et sa famille tout en
aidant les mires en Peur vendant un diment kquilibrk et Cconomique, %astratkgie sera
de crker un atelier familial. Si son objectif est d'occuper son temps libre en compagnie
de quelques bknkvoles pour aiderles mires duquartier,l'activité aura une autre
sera de type
dimension. Si l'objectif estde couvrir le marchénational,l'atelier
industriel.
Dans le contexte actuel des pays Africains, c'est la petite entreprise qu'il faut mettre
en avant pour que Ba fabrication de farines infantiles fasse partie intégrante du tissu
qui constitue
kconomique despays ; la petite entreprise estlabrique6lémentaire
l'kconomie d'un pays en développement.
Pour une farine infantile, la traditionnelle étude de marchk doit 2tre beaucoup plus
rigoureuse que pour d'autres produits puisqu'il faut prendre en compte des aspects
nutritionnels et sanitaires.
250
Création et gestion d'ateliers de fabrication de farines infantiles
Ainsi,lapremière deschosesestde
connaître l'état nutritionnel des enfants pour
identifier les besoins et déterminer la population à laquelle le futur produit va être
destiné. Une étude des pratiques desevrageestaussi
indispensable pour situer le
problème dans son contexte socioculturel. Ces informations sont souvent disponibles
auprès desservices de santé ou des organisationsnationales ou internationales. La
collaboration étroite avecdes nutritionnistes seraessentielle pour apporter une
solution efficace. Une fois la cible identifiée, il ne fautpas oublier de s'assurer qu'elle
est prête à acheter un aliment de sevrage et de déterminer le budget hebdomadaire
qu'elle est prête à y consacrer.
Le critère de solvabilité de la cible peut amener le producteur à renoncer à viser la
partie de la population la plus démunie qui est souvent celle qui a le plus besoin du
produit. Des solutions particulières doiventêtre recherchées par les services publics ou
les organismes intervenant au niveau de l'aide alimentaire pour répondre aux besoins
de cette frange de population, en collaboration éventuellementavec l'entrepreneur. Il
est impossible pour une entreprise en création de prendre en compte une clientèlenon
solvable.
2.3. Quelle sera la composition du produit?
L'étude de marché se poursuit ici par un recensement des aliments de sevrage déjà
utilisés par la population ciblée: Il faut savoir quels aliments sont utilisés, comment
ils sont utilisés et où ils sont achetés. La collaboration de sociologueset de conseillers
en marketing sera icitrès utile.
La composition des produits utilisés va guider le choix de laformule, mais il faut aussi
tenir compte des disponibilités tant en matières premières qu'en technologie. En effet,
ces deux
facteurs
sont souvent limitants dans
la
réussite
des
entreprises
de
transformation des produits agricoles.
Les besoins des consommateurs étant permanentsd'un bout à l'autre de l'année, il faut
utiliser des matières premières disponibles en quantité et en qualité tout au long de
l'année. Le caractère saisonnier des productions est un facteur à prendre' en compte
mais selon les produits, il existe des commerçants qui stockent où importent et qui
proposent un approvisionnement constant. Dans certainscas, il est également possible
pour lefabricant
de stocker lui-mêmecertainesmatièrespremières
mais c'est
généralement coûteux et difficile à réaliser dans la phase de démarrage. Ainsi, il faut
sélectionner des matières premières disponibles localement, qu'elles soient produites
sur place ou importées. Le plus souvent, c'est l'aliment de base des adultes qui sera
choisi, tel que le milen Afrique de l'Ouest, le manioc en Afrique Centrale, le maïs ou
le riz dans certaines autres régions.
Les techniques
utilisées
pour la transformation des produits doivent être
soigneusement choisies après réalisation des études nécessaires car
leur inadaptation
25 1
L'ALIMENTATION DE ~
O
~ JEUNE~ENFANTL
E
~
Constituerait un frein important lamiseenplacedel'atelier.Ainsi,les
prockdCs
technologiques et les appareils à utiliser doivent &treconnus d'avance pour chaque
denrke agricole et la disponibilitk deces techniques sur place doit 2tre vkrifiée.Les
servicesde développement mupal et %esON@ sont ici d'un grandsecours pour
l'entrepreneur qui doit pouvoir trouver chez eux les réponses à ses questions et des
conseils judicieux.
C'est apris avoir fait la synthise des informations recueillies relatives h l'attente des
consommateurs, h la disponibilitket au prix des produits et à l'accessibilitkdes
technologies disponibles que l'entrepreneur et les structures qui l'appuient peuvent
mettre au point une ou plusieurs formules de farines infantiles. Ce travail est avant
tout celui des nutritionnistes mais il doit se faire en coordination avec les agronomes,
les technologues et les économistes car tous les aspects
citb prkckdemment doivent
6tre pris en compte.
Produire une seule formule n'est
pas
une
obligation. Il est
prhfkrable
que
l'entrepreneur disposedeplusieursformulesafin
qu'il puissefaire6voluerla
composition de son produit sans que les qualitks nutritionnelles soient modifiées. Il
peut ainsi faire varier les proportions des diffkrents ingrkdients, ou mime remplacer
un ingrkdient par un autre, en fonction de la disponibilitk des produits sur le marchk.
Ce genre de pratique doit se faire en tenant compte du goût des consommateurs qui
doivent 2treinformés des changements.
uel emballage choisir ?
Une fois le contenu dktermink,ilfautchoisir
un contenant, ce qui est tout aussi
important pour la rkussite de l'entreprise que la formule elle-m6me. L'emballage va
donner son aspect au produit et va permettre de communiquer avec le client.Comme
pour les matiires premikresagricoles,ilestpréfkrable
d'utiliser un emballage
disponible localement. Cela simplifie l'approvisionnement et surtout, cela limite les
stocks, donc les besoins de financement. L'emballage le
plus simple est le sachet en
po%y6thylinebasse densitk quel'on peut se procurer sur place ou dans les pays voisins.
Cependant, selonlacible et les produits à concurrencer, il seraparfois nkcessaire
d'utiliser des emballages plus ilabor& done %'approvisionnementet le niveau de stock
devront 2tre ktudib avec soin.
2.5. Comment or aniser la production ?
L'ktude des disponibilités en technologies doit &treapprofondie avec les techniciens
pour mettre au point un schémade production. Ce schkma détermine lamain
d'oeuvre nkcessaire, les machines et outillage à mettre en place, les quantitb traitkes,
etc. C'est unektape tris complexecarelle doit aussi tenir compte des moditks
252
~
Création et gestion
d'ateliers de fabrication de
farines infantiles
d'approvisionnement, des possibilités de financement, des possibilitéset du rythme de
commercialisation et, enfin, du niveau de qualification delamain d'oeuvre. Cette
étape, souvent appelée (c modélisation B se fait en collaboration avec des techniciens et
des économistes en étroite liaison avec une structure d'appui.
2.6. Quel prix fixer ?
A travers lesquelquesexpériencesobservées en Afrique,il estpossible de donner
quelques ratios économiques à respecter pour fixer le prix de vente du produit à la
sortie de l'atelier. Ces ratiossont établis de tellesorte que l'entrepreneur ait une marge
de'manoeuvre assez grande pour faire face aux aléaset aux difficultés deproduction et
de gestion :
- le seuil de rentabilité doit se situer à 40-50 % du régime de croisière prévu;
- la marge brute doit être supérieure à 30-40 % du chiffred'affairesenrégimede
croisière ;
-si l'entrepreneur se rémunère sur le résultat, celui-ci doit être au minimum de 1520 % du chiffre d'affaires.
Parfois, le prix calculé pour satisfaire ces ratios, additionné des frais de distribution,
dépasse le prix queleconsommateur
est prêt à payer. Des réajustementsdans
l'organisation, les investissements, l'approvisionnement ou le marketing doivent alors
être envisagés pour abaisser le prix de revient à un niveau qui permettra de préserver la
rentabilité et la pérennité de l'entreprise.
2.7. Comment financer l'entrepriseet son fonctionnement ?
L'entrepreneur a besoind'argent pour préparer son projet, pour mettre enplace
l'entreprise et pour la fairefonctionner à son démarrage.
2.7.1. Budgets
L'élaboration d'un tableau d'investissement et d'un tableau de trésorerie permet de
faire ressortir les besoins de financement pour la couverture desquels l'entrepreneur
doit trouver les financement correspondants.
Le tableau d'investissement fait état de
tous lesinvestissementsnécessaires (terrain,
bâtiment, matériel et outillage) évalués auprix rendu sur site. C'est la mise en place de
limiter lesinvestissements qui pèsent ensuite sur la
l'atelier. Il estconseilléde
trésorerie en cas d'emprunt. Ainsi, un jeune créateur peut démarrer son activité en
louant le bâtiment au lieu de construire, choisir de petites machines en les faisant
tourner plus longtemps, etc.
253
E 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Le tableau de trésorerie présente les entries et sorties prkvisionnelles d'argent d u m t
les 3 premikres annkes. C'est le fonctionnement de l'atelier. Bans les premiers mois de
fonctionnement, lebudget
de trésorerie ferasouventapparattredes
d&m~ses
supkrieures aux recettes. Certaines mesures et dispositions peuvent réduire cet écart
mais le reste devra trouver un financement particulier (ex : trouver des fournisseurs
pour limiter les stocks, obtenir des dklais de paiement).
2.7.2.
Le
dossier
de
financement
est
destink
h convaincre des tiers de contribuer
financikrement à la crkation de l'entreprise. Il doit présenter le projet de façon précise
avec lespartenaires qui sont d6jà impliqub dans la phase depréparation.
Une fois le dossier pr&t,l'entrepreneur part en campagne. Les premières personnes à
contacter sont les proches (famille, amis) qui souvent ont déjà été mis Q contribution
pour financer la phase de prkparation mais qui peuvent aussi participer h la mise en
place ou au fonctionnement. Ensuite,viennent les entreprises qui peuvent avoir
intértt à participer à la création d'ateliers de fabrication de farines infantiles, soit pour
leur imagede marque, soit pour leur fonctionnement propre. Les organisations
internationales (VSAD, CEE, FAO, P M , UNICEF...) sont aussi des bailleurs de
fonds importants qu'il ne faut pas négliger, d'autant plus qu'elles sont susceptibles de
donner des subventions,c'est-à-dire
de l'argent non remboursable. Enfin, les
organismes bancaires viennent naturelkment à l'esprit, maisilsne doivent pas &tre
kté envisagées.
contactks avant que les autres sources de financernent aient
Le cils de l'atelier de Dolisie au Congo est intéressant à citer. 30 B/o de l'investissement
a kt6 finmck par une subvention du FAC (Fond franpis d'aide et de coopération), le
reste par emprunt A moyen terme auprès d'une banque locale, grAce A une ligne de
créditaccord& par laCaisseFrançaisede
Biveloppement. Les stocksdematières
premikres ont kt6 financés par UR projet de santk de la coopération allemande ; ce pr2t
est remboursable en nature à raison de quelques sachets par mois pendant 2 ans qui
santé.
seront utilisés pour la rkhabilitation nutritionnelle dans les centres de
3.1. Formation
A l'échelle artisanale, une entreprise est avant tout composke d'hommes et de femmes
qui sont sarichesseessentielle.Lapremikre
pierre d'achoppement est donc la
formation qui donnera à l'entrepreneur et à son épipe les connaissances et le savoirfaire nécessaires. La formation doit porter sur cinq axes principaux :
254
Création et gestion d'ateliers de fabrication
farines
de infantiles
- Les connaissances techniques: ce sont les informations sur le sevrage, lesprocessus de
transformation des produits agricoles, l'hygiène,le fonctionnement des machines...
- Les connaissances en gestion: ce sont les informations économiques sur le marché, la
production, le travail, les financements etsur les règles comptables.
- Le savoir-faire technique: c'est l'utilisation des machines et de l'outillage,l'entretien,
le soin apporté au travail et la rapidité.
: c'est le suivi de la trésorerie, le contrôle des stocks, la
surveillance du personnel et de la qualitédu travail.
- Le comportement : c'est avoir l'esprit d'entreprise, savoir trouver des solutions aux
problèmes qui se posent, innover, aller de l'avant, motiver ses partenaires, négocier
avec sesinterlocuteurs.
- Le savoir-faire en gestion
Une bonne formation doit porter sur chacundeces cinq points sans en négliger
aucun. Les deuxpremiers points peuvents'acquérir assez rapidementauprèsde
techniciens et de conseillers de gestion de façon théorique.Les trois suivants se basent
plus sur l'expérience et ne peuvent s'acquérir que par la pratique. Il est risqué pour un
entrepreneur de s'endetter et de démarrer une activité nouvelle sans l'avoir jamais
pratiquée en se basant uniquement sur des connaissances théoriques.
Ceci soulignel'intérêt des ateliers de formation qui doivent être des entreprises à part
entière fonctionnant normalement et de manière rentable avec bâtiment, matériels et
outillage nécessaires, le tout géré par un entrepreneur expérimenté.Cesateliers
accueillent les candidats à la création d'entreprise qui acquièrent leur expérience par
apprentissage au contact du chef d'entreprise. Cette notion d'apprentissage en atelier
est très importante et peut se résumer par la maxime suivante : cc un fonctionnaire
formera un fonctionnaire, un entrepreneur formera un entrepreneur n.
Au Congo, c'est l'atelier Vitafort qui sert d'atelier de formation. Les candidats passent
d'abord 1 à 2 mois en compagnie du chef d'atelier en étant encadrés par les formateurs
d'Agricongo, Institut de pays d'Agrisud International. Puis, ils se voient remettre la
responsabilité de la gestion de l'atelier pendant 3 à 4 mois au cours desquels ils u se
font la mainn et préparent leur projet.
3.2. Mise en marché
Au cours de sa formation, l'entrepreneur doit déjà mettre au point son plan de
commercialisation avec ses partenaires en fonction de la cible supposée solvable par
rapport au prix approximatif duproduit.
255
La premikre chose 21 trouver est un nom pour le produit. Ce nom sera l'identité du
produit et doit donc Ctre dktermink avec pr6caution. Des séances de créativité peuvent
Ctre organisées avec des mires de famille et des jeunes pkres pour obtenir une liste de
noms exprimés en fonction desmessages que l'entreprise veut faire passer et de la
composition du produit. Ensuite une enquhte publique permettra de voir le nom qui
pl& le plus à la population. Il est important de donner la parole au consommateur de
base qui a souvent de bonnes idées et, puisque c'est lui qui va acheter, autant que le
nom vienne de lui ; par ailleurs, une idéejugéegéniale
par un petit groupe
d'intellectuels peut s'avérer complhtementabstraite pour le consommateur.
Le nom est souvent beaucoup plus parlant s'il estaccompagné d'une image, d'une
photo ou d'un dessin. Cette illustration est importante pour la prisentaion du
produit et doit émaner d'un artiste local qui lui seul pourra exprimer ce qui va toucher
les clients. C'est à des petits détails anodins que le consommateur reconndltra une
image qui lui rappellesa situation, son enfant ou ce qu'il souhaite trouver dansle
produit. L'image, comme le nom, doit évoquer des penskes positives dans l'esprit de
l'acheteur pour que ce dernier le donne A son enfant et le conseille autour de lui. Une
enqu2t.e publique avec 5 h 16 projets d'image permet de choisir celle qui plah le plus
par rapport à une skrie de critkres cités auparavant.
Aprks avoir trouvé un nom et une ima e, il ne reste plus qu'a concevoir une maquette
d'emballage en y indiquant les conseils de prkparation, lesdélaisdeconsenv@ltion et
toute autre information rendue obligatoire par les textes en vigueur (composition,
valeur nutritionnelle, adresse du fabricant, etc.). En ce qui concerne lesconseils de
prkparation, ilestsouvent
UEik d'illustrer les explications par desdessins pour
permettre aux personnes ne lisantpas bien la langue utiliske de prkparer correctement
le produit. Il ne faut pas omettre de tester le mode d'emploi, qu'il soit écrie ou dessink,
pour vkrifier s'il est bien compris.
3.2.2. ,T.a d i s t r i b u h
La suite d'opkrations et de transactions entre la sortie de l'atelier et le client constitue
ce qu'il est convenud'appelerla
distribution ; elle inclue les transports et le
commerce. Nous avons vu que la demande du produit est tris diffuse, le nombre de
mknages consommateurs étant faible. Pour atteindre les clients potentiels, ilfaut donc,
soit avoir un grand nombre de points de vente en utilisant les riseaux commerciaux
déjà en place (marchés, magasinsd'alimentation et pharmacies), soit toucher les clients
là où ils se concentrent inévitablement : dans les centres de santé et de PMI. La vente
par l'intermédiaire d'un grossiste est i éviter car ilest important de pouvoir contrder
,
Crkation et gestion d'ateliersfabrication
de
defarines infantiles
les lieux de vente et d'informer les vendeurs. Deux politiques de distribution sont
donc possibles :
- la vente dans les centresde santé avec ou sans kiosqueset personnel particuliers ;
- la vente dans les marchés, magasinsd'alimentation et pharmacies.
De manière générale, il faut placer leproduit là où les gens ont l'habitude d'acheter les
aliments donnés aux enfants pendant la période de sevrage. Dans les cas où le produit
est distribué par des commerçants, il faut négocier les marges et les prix à l'avance et
où viendront-ils
s'entendre avecles vendeurs. Les commerçantsseront-ilslivrés
s'approvisionner à l'atelier ? Le plus simple est d'inciter, par des différences de prix
attractives, les commerçants à venir chercher leproduit. Sinon, il faut prévoir des frais
de transport et les intégrer dans le prix de vente au commerçant. Leprix de vente au
public estcalculéen
fonction desmarges habituellementpratiquées.Ces
marges
varient en fonction des produits et des points de vente. Des étudespermettent d'avoir
des indications sur les pratiqueset lesmodesde raisonnement qui seront utiles à
l'entrepreneur. De manière générale, le commerçant recherche un bénéfice fixe par
produit, ainsi, plus le débit d'un produit est important, plus la marge unitaire peut
être faible. Des études réalisées à Brazzaville dans les magasinsd'alimentation faisaient
ressortir des marges de 10 % à 25 % pour les produits alimentaires et entre 15 % et
20 % pour les aliments de sevrage importés. En sachant combien de paquets de farines
infantiles concurrentes sont vendus chaque semaine, il est possible de
déterminer la
marge totale et ainsi de négocier la marge unitaire du nouveau produit en fonction du
nombre de sachets que l'entreprise prévoit de livrer par semaine. L'important est que
le commerçant gagne la même somme, sinon plus, avec le nouveau produit qu'avec
l'ancien.
m
.
/
3.2.3. J.qdhclte et lapromorinn
Après avoir placé le produit dans les points de vente, il faudra provoquer la rencontre
entre le client et le produit, soit en amenant le client versle produit (publicité) soit en
amenant le produit auclient (promotion). La communication de l'entreprise doit
s'orienter sur les objectifs suivants:
- faire connaître l'existence duproduit ;
- faire connaître ses qualités ;
- convaincre le client que leproduit est bon pour son enfant ;
- enseigner éventuellementle mode depréparation.
Il est difficile pour une petite entreprise dedégager un budget important pour sa
publicité. Les grands médias tels que la télévision,
la radio, les journaux sont hors de sa
portée et auraient un impact trop important par rapport à sa capacité de production.
257
Le plus efficace est d'avoir une communication de proximité par affichess, tracts et
démonstrations-dkgustations dans les centres de santk. Commela
clientèle est
kphkmire, la publicitk et la promotion doivent &trepemanentes. La client& &nt
diffuse, il faut avoir une communication ciblCe pour atteindre directement les
personnes concernkes par le produit. Toucher le client la où les chances de le trouver
et pharmacies,
sont les plus grandes : les centres deFM, maternités, centres de santk
Des actions localespeuvent permettre de faire connaitre l'entreprise et lui donner une
notoriktk importante sans dkpenser beaucoup : participation A des concours, ides aux
kcoles et auxmaternitks,financementde
campagnes devaccination,etc. Pour un
même budget, l'impact auprès du public peut êere beaucoup plus positif et important
apr& une campagne de dons qu'après une campagne utilisant des tracts. Là encore, les
moyens A mettre en oeuvre sont importants et l'appui de structures externes est
indispensable pour l'6laboration du
marketing,
la conception des outils de
communication et le financementdes campagnes.
Lorsque l'entrepreneur a fini sa formation, rassemblk les fonds nécessaires a son projet
et prkpark son plan marketing, il peut acheter ses machines et les installer dans son
bkiment ; c'est le moment où les nkgociations avec les fournisseurs prennent effet et
où les commeqants voient arriver les premiers sachets. Si le projet a Ctk bien prkpark,
l'installation se fait sans trop de difficultks avec le soutien des structures d'appui qui
conseillent et encouragent le jeune crkateur. L'entrepreneur met en place son rkseau
d'approvisionnement, met en oeuvre son plan de commercialisation et il motive et
forme son kquipe gour que leproduit soit d'une qualit6 irrkprochable dès le dkbut.
estion au quotidien
Cinq prkoccupations guidentl'entrepreneur dans la gestion del'atelier au quotidien :
3.4.1.
Pour une entreprise de fabrication de farine infantile, la qualitk est le critère le plus
important car c'est lefacteur de pkrennitk, lecritère sur lequel va sebâtir la renommke
du produit. Desrèglessimples permettent de garantir cette qualitk et c'est au chef
d'atelier de les faire respecter.Des tests simples et des analyses
permettent de contrôler
la qualitk A posteriori ; en cas de problème, l'entrepreneur doit se rapprocher des
techniciens pour identifier les causes et prendre les mesures qui s'imposent. Bans cette
optique, les contrôles ne doivent pas être considkrés comme une sanction mais comme
un outil de gestion au même titre que le livre decaisse pour la trkssrerie. Un bon
258
Création et gestion d'ateliers de fabrication
farines
de infantiles
dialogueaveclesagentsde
contrôle, véritablespartenaires,permetde
consommateur un produit de qualité.
3.4.2. Développer et
.
garantir au
.
Par ses propres moyens ou avec l'aide deses partenaires, l'entreprise en démarrage doit
contacter sans cesse de nouveaux ménages pour leur faire connaître le produit et les
convaincre denourrir leur enfant avec. Ce n'est qu'après deuxà trois ans d'efforts que
les effets de fidélisation et de bouche à oreille permettront de diminuer ou modifier la
communication. N'oublions pas que le consommateur est éphémère et qu'une mère
tard en moyenne !
qui a adopté le produit une fois n'y reviendra que deux ans plus
3.4.3. k b p la~producwn
~
a la demande
*
\
L'organisation du travaildansl'atelier est une préoccupation permanente du chef
d'entreprise pour que la production anticipe toujours la demande. Chacun sait qu'il
est difficile de modifier l'alimentation d'un enfant une fois qu'il s'est habitué à une
bouillie, c'est pourquoi les mères exigent un approvisionnement constant dans leur
point de vente habituel.
Une rupture de stock dans un point de vente et c'est plusieurs clientes durement
acquises qui se tournent vers un autre produit plus sûr. Ainsi l'entrepreneur doit-il
veiller à ce que les points de vente soient toujours approvisionnés et donc que l'atelier
ait une production de réserve pour faire face. Ce travail se fait grâce à des contacts
permanents avec les revendeurs.A l'opposé, la surproduction est à éviter car ellecoûte
cher et risque decompromettre la qualité.
3.4.4. M a i n t e n i r v e a u de stocks
Le corollaire d'une production régulière est un niveau de stock de matières premières
régulier. Qu'il manque un seulélément et toute la production estparalysée. En
revanche, un stock trop important comporte des risques dedétérioration et coûte cher
enargentimmobilisé. C'est auchef d'entreprise desurveiller les stocks et de les
maintenir à un niveau correct en fonction des possibilités d'approvisionnement.
3.4.5. Surveilla le ni-
de t
r
h
Pour acheter des matières premières, il faut généralement avoir de l'argent en caisse.
Ainsi, l'entrepreneur doit suivre avec précision les entrées et sorties
d'argent pour
Pour
tenter de maintenir un équilibre permanent entre les recettes et les dépenses.
cela, il a appris à tenir un livre de caisse qui lui permet de savoir où il en est. Ensuite,
259
L'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE
NT
c'est son pouvoir de nkgociation avec les clients et les fournisseurs qui lui garantit un
niveau minimum d'argent dans sa caisse pour faire face aux d6penses courantes. Le
bon gestionnaire de trésorerie fait payer ses clients au comptant et fait attendre ses
fournisseurs. Il est parfois difficilede suivre cet exemple mais il faut s'en rapprocher,
une panne d'argent peut &trecomparée une panne de carburant dans une voiture :
c'est l'arrêt complet. Beaucoup d'entreprises en phase de dkmarrage connaissent des
d'oh l'attention
difficultks oufont
faillite i causede problkmesdetrksorerie
particulikre qu'il faut porter A ce crit6re.
3.5. suivi mensuel
Ce n'est pas en quelques moisde formation que l'on devient un bon chef d'entreprise.
L'apprentissage se poursuit au coursde la phase de dkmarrage et il estimportant que le
jeune entrepreneur soit suivipar les structures d'appui qui l'ont formket aidk. à
s'installer. Chaque mois, l'entrepreneur doit pouvoir faire le point sur la production
et le fonctionnement de l'atelier ainsi quesur sa situation financikre pour comprendre
ce qui s'est pas6 et discuter des dkcisions à prendre pour le mois suivant. Au Congo,
ce suivi, d'une dur& de six mois i un an, est rkalisk par une cellule mise en place
conjointement par Agricongo et la
Caisse
FrmFaise de D6veloppement pour
accompagner les créateurs d'entreprise dans leur démarrage et leur donner plus de
chances de succks.
piprks avoir accompagné, au cours de cet exposb, un entrepreneur depuis son idke de
d6part jusqu'audkmarragede sa production d'alimentsde sevrage, force est de se
rendre compte que la tâche est ardue et que le parcours est semk d'embQches. Mais, la
petite entreprise est la brique qui permet de construire l'kdifice de l'kconomie d'un
pays, il faut la dkfendre et l'encou er pour permettre un développement durable.
Nous avons vu que l'entrepreneur a besoin, d'une part, de nombreuses informations
pour préparer son projet et, d'autre part, de financements, de formation et de suivi
pour le rkdiser. C'est aux organismes de recherche et de dkveloppement, de faire en
sorte que ces informations soient disponibles pour tous ceux qui ont le courage de
vouloir dCmarrer une entrepriseet de crier, avecles gouvernements,lemilieu
favorable pour que ces entreprises puissentvoir le jour et se développer.
La question qui se poseestdesavoir
comment ces programmes d'appui et
d'accompagnement peuvent &trefinancks et il serait important d'y apporter ici une
réponse pour que tout letravail rkaliskau cours de ce séminaireait un jour des
rkpercussions significativessur le terrain.
260
SYNTHESE DES TRAVAUX DE GROUPE
SUR LE THEME :UNITES DE PRODUCTION
D'ALIMENTS DE COMPLEMENT
A l'issue de la session consacrée à la production de farines de sevrage en atelier, des
travaux de groupe sur ce thème ont été proposés aux participants répartis en trois
groupes. Deux questions ont été soumises. Après que les 3 rapporteurs aient restitués
les conclusions de chaque groupe,une discussion générale a eu lieu.
1. QUESTION 1 :Le secteurpublic et plusparticulièrement le
secteursanitairea-t-il un rôle à jouerdansla
production, la promotion et la distribution des
aliments de complément ?
Silaréponseestpositive,queldevrait-êtrece
rôle ?
Les participants ont été unanimes à reconnaître que le secteur public, et plus
particulièrement lesecteurdelasanté,aeffectivement
un rôle à jouer dans la
production, la promotion et la distribution des aliments de complément, aussi bien
dans l'initiative que dans le développement des actions.
La contribution des services de santé doit s'exercer à plusieurs niveaux. Il leur revient
notamment de :
- au
niveau dela production :
. sensibiliser lesdécideurs et les opérateurs économiques à l'intérêt de
produire des aliments de sevrage ;
. définir les qualités requises et les conditions dans lesquelles doit s'effectuer
la production (normes de composition et d'innocuité des produits ; règles
d'hygiène et de salubrité des installations, du matériel et du personnel de
production ;normes de conditionnement et d'étiquetage) ;
.de contrôler la qualitédes produits ;
L ~ L I ~ E ~ ~ A T COMPLEMENTDU
I O N ~ E
JEUNE ENFMT
. de collaborer ktroitement avec les
autres secteurs publics concernés pour
les inciter A encouragerlacréation
de
ces
unitks par desmesures
incitativesvisant à faciliter lesdkmarches administratives, à allkger la
fiscalitk ou encore A. aider à l'acquisition d'équipements.
- au niveau de lapromotion :
. sensibiliser les familles, en particulier lesmkres9aux modes de prkpamtion
et aux conditions de conservationdes produits ;
.participer au ciblage despopulations ;
.protkger
les produits locaux contre l'importation abusive de produits
ktrangers ;
. faciliter l'accessibilité deces produits aux populations les plus démunies en
définissant une politique en leur faveur.
- au niveau de ladistribution :
. limiter leur participation à la distribution sauf dans le cadre de la mise B
disposition des mkdicamentsessentiels ;
. inciter les autres services publics A faciliter la mise en place de réseau de
distribution.
uelles sont les conditions de mise en oeuvre
un programme d'unit& de production de
e, qu'elles relkvent du secteur public ou du
prid, notamment en ce qui concerne :
- le choix des moda%it&et les &tapes d'une
strategie d'implantation ?
- le ~ ~ ~ ~ l de~ technolo
~ ~ ~ m e n t
a ~ p ~ o p r?~ ~ e s
Les conditions de mise en oeuvre d'un programme d'unités de production d'aliments
de complkment, qu'elles relkvent
du secteur publicou privk, incluent :
- des études de faisabilitkpour :
. évaluerlesbesoinsdes
populations en fonction des conditions socioéconomiques et culturelles (enqu&tesmixtes multisectorielles);
. prkciser le niveau de disponibilitk des matikres premikres
;
. établir un compte d'exploitation prévisionnel etun plan de financement;
. déterminer la taille des unitks enfonction du marchk potentiel ;
. définir le modkleà mettre en place, centralisé ouautonome ;
262
Synthèse sur les unités de production d'aliments de complkment
. donner les éléments nécessaires pour les choix technologiques;
.pouvoir tenir compte de la réalité de chaque communauté en vue les faire
participer au projet de création d'unités de production.
- l'élaboration de stratégiesd'implantation dont les différentes étapessont :
.une phase de préparation visant à définir :
la ciblevisée
les matières premièreset les emballages disponibles
les technologies à utiliser
. la priseen compte de :
l'accessibilité des produits
de la rentabilité de l'entreprise
de la sécurité d'approvisionnement
. la recherche de sources de financement
;
.la formation des personnesconcernéesauniveaudesconnaissances
techniques et éconorniques;
.une phase de mise du produit sur le marché : marque et image du produit,
réseau de distribution ;
.la gestion de l'atelier en vue d'assurer une qualitéconstante, de développer
et de maintenir lademande, d'adapter la production à la demande, de
maintenir un niveau de stock ;
.le suivi parun organisme conseil.
- élaboration de propositions concernant :
. l'atelier pilote en vue dela :
maîtrise de la technologie
(notion de risque)
socialisation et intégration de la technologie
réduction des coûts deproduction.
.le développement de technologies appropriées:
étude de l'existant (équipementset compétence)
formation du personnelà la maintenance
appel à la créativitéde lapopulation.
. l'impactindirect : création d'emplois(forgerons,artisans) et par suite
création de richesses.
3. RESUME DES INTERVENTIONS ET DES DISCUSSIONS
1. Il est ressorti de l'ensemble des exposés des travaux des groupes et de la discussion
générale que l'ensemble des participants considère que 1'Etat doit jouer un rôle de
263
L XLIMENTATION DE COMPLEMENTDUJEUNE
NT
catalyseur en favorisant les initiatives mais qu'il ne doit pas intervenir directement
en temps qu'acteur dans les activités deproduction. La question a été posée du r6le
que peut jouer 1'Etat dans la promotion des produits. Une autre suggestion est que
1'Etat intervienne dans la mise en placed'unités pilotes.
2. Les aspects lkgislatifs ont été peu dkveloppks mais ils sont essentiels pour dkfinir ce
qu'est une farine infantile et à quel moment elle peut ttre introduite. Ainsi, les
farines de sevrage "dites du ler ige", B partir de 3 mois, doivent hre proscrites car
en contradiction avecles recommandationsde l'OMS et de 1 ' m C m . Elles
entrent dans la liste des substituts du lait maternel.
3. La question a été poske de savoir h qui revenait l'initiative et le coût du contrale de
qualitk. Etant donnk son coGt souvent éle&, il est difficile de le laisseruniquement A
la chargedes producteurs. Toutefois, si la responsabilitb del'élaboration des normes
et des codes revient au secteur de la santé, cela ne remplace pas la responsabilitk des
producteurs A assumer la qualité et un autocontr6le de leurs produits. faut donc
souligner l'intértt desnouvellesméthodespeucouteusescomme
HACCP qui
devraient se substituer au moins en partie h %'ancienne approche qui consistait A
faire des analysessur de nombreux kchantillons deproduits finis.
a
4. Des explications ont été demandkes sur le fonctionnement de la commission du
codex travaillant sur les "aliments diétktiques ou de rkgime" et notamment sur la
question de la participation des pays qui appamtt comme une nkcessité impérieuse.
En complément de cette question, il a été prkcisé qu'il faudrait pouvoir utiliser les
rimions rigisnales et sous-rigionales et, pour ce faire, trouver des solutions
A ces &unions. Une
financières pour la participation des
pays
africains
recommandation pourrait &trefaite dans ce sens, accompagnke d'une suggestion de
dksignation depays reprksentants de la région.
En réponse, la Représentante de la F A 0 a pré& qu'il existe d a n s chaque pays un
point de contact du Codex sin sont envoyb les convocations et les documents mais
qu'il y a aussi, très souvent, des problkmes de contact et de coordination entre les
diffkrentes administrations concernkes.
Le processus de révision des normes estun processus dynamique ;ainsi les produits
B base de cérkales et Iles lignes directrices sur l'utilisation des produits locaux dans les
aliments de complkment, sont deux des points qui vont hre cbnsidérés, avec les
en matière
mkthodes HACCP, les questionsd'ktiquetage et lescodesd'usage
d'hygiène, lors de la prochaine sessiondu comitk en mars 1995.
Le problkme est que les autorités concernkes ne psssident pas ceskléments ; les
comités régionaux sont en gknkral pr6ckdés par des ateliers de un h deux jours. Le
prochain atelierconcernant l'Afrique aura lieu en Mars 95 au Nigéria et sera
264
Synthèse sur les unités de production d'aliments de complément
justement consacréaux points de contact du Codexen Afrique et au problème de la
lespays
envoient des commentaires,
diffusionde l'information. Il fautque
notamment pour exprimer leurs besoins.
5. Revenant sur le fait qu'il existe maintenant des méthodes moins couteuses pour le
contrôle de qualité, une dernière intervention pose une question sur le "comment"
de la prise en chargede ce contrôle par l'entrepreneur. Dessuggestions sont
souhaitées car les Ministères de la Santé n'ont pas les moyens de tout prendre en
charge. Il faut enfin que lespayspossèdentla
documentation sur ces méthodes
nouvelles.
265
266
QUATRIEME PARTIE :
APPROCHESPOURPROMOUVOIR
L’ALIMENTATIONDECOMPLEMENT
L'EDUCATION POUR LA SANTE :
INTRODUCTION GENEMLE
Dr Djami1 BENBOUZID
Unité de Nutrition, Division del'alimentation et dela nutrition, OMS,
Genève (Suisse)
Pour promouvoir l'alimentation de complément les approches sont multiples ;
certaines seront exposées dans les deuxcontributions suivantes.
1. Tout d'abord il faut nous entendre sur l'intitulé IEC : information, éducation,
communication, qui va servir de cadre aux discussions de groupe.Ce sigle regroupe
des activités qui appartiennent à des domaines très éloignés les uns des autres. Dans
le champ de l'éducation par exemple, on englobe éducation formelle, c'est à dire
l'enseignement au senslarge du terme, la formation de base, la formation en cours
d'emploi et la formation continue, et l'éducation informelle, c'està dire l'éducation
du public en général, où justement la communication va servir à transmettre les
messages. Il y a là une confusion entre les messages et les média, maisil faut bien se
rendre compte que la finalité consiste en une mobilisation
sociale.
2. On utilise beaucoupà l'heure actuelle des termesqui vont du u social marketing .au
marketing social B, ou à la communication sociale pour enfin réaliser une vraie
mobilisation sociale. Il ne faut passelaisser enfermer dans une dialectique de la
terminologie cardanslaplanification
dela communication les étapes à suivre
positif
dans les
doivent nous mener
de
toute façon à un changement
comportements et les pratiques d'alimentation, et notamment en ce qui concerne
les jeunes enfants durant la période du sevrage, c'est à dire celle durant laquelle on
introduit d'autres aliments en complémentdu lait maternel.
3. Au long des discussions qui ont précédé ila souvent été fait référence à l'importance
de l'éducation des utilisateurs des aliments de complément, en fait les mères qui
sont l'audienceprivilégiée,aveclespères,sûrement.
O n n'abordera pas ici
l'information scientifique et technique dont ont besoin lesopérateurs économiques,
L 'ALIMENTATION DE COMPLEMENTDU JEUVE ENFANT
qu'ils soient privés ou publics. Mime si cette information doit itre traduite en
termes comprdkhensibles ghce A un ktiquetage approprik avec des références i des
standards et des instructions intelligibles par le public qu'il soit informk ou non.
4. E'kducation du public devra donc répondre aux questions qui ont kté poskes lors
des premiers travaux de groupe, ii savoir la discussion sur les critkres d'accessibilitk,
notamment I'acceptabilitk de nouvdlles pratiques de sevmge. Il faut bien dire qu'il
s'agit le plus souvent de questions d'anthropologienutritionnelle, dont la spkcificité
est terriblement dipendante des contextesécologique,économique,sociaux
et
culturels. Ceci ne veut pas dire que pour klabsrer un message destink A un groupe
cible limitkil faut passer par une étape d'obsewatisn scientifique de plusieurs mois.
1-
5. Il faut donc situer le problhe en tenant pour acquis que le a produit quela
communication sociale va nousaider à a vendre N est un produit approprié,
addkquat, salubre et dont l'utilisation permettra i l'enfant d'utiliser son potentiel de
Autrement
croissance dans %es meilleures conditions pour les meilleurs résultats.
dit, faire biencomprendre que c'est le bonétat nutritionnel qui est vis6 car c'est à la
fois un indicateur et la résultante d'un bon ktat de santé. Il ne faut d'ailleurs pas
penser uniquement aux aliments de complément dont nous avons discuté, A savoir
les farinesinfantilesdestinées à préparer les bouilliesde sevrage,maispenser A
l'alimentation de complémentdans son ensemble, et en particulier dans ses rapports
avec l'allaitement maternel.
6. Cet diment de csmpldkment quel qu'il soit, va nous amener naturellement ii nous
pencher sur les pratiques de sevmge et ce sera A partir de l'analyse de ces pratiques
de sevrage et des modifications éventuellesqu'il faut leur apporter que se bkiront
les instruments du changement. Cette analyse est une ktape obligdke, surtout si l'on
veut introduire denouveaux produits ou remplacer des produits inadaptés ou
dangereux.
7. Il faut donc insister sur quelques points qui seront dévelsppks plus tard :
-l'audience : faut
ilidentifier
%es groupes
de
population A cibler
prioritairement ;
- les élkments qui vont provoquer la résistance au changement; ils vont servir à
ddkvelopper les stratkgies ;
- I'élaboration des messages ;
- la planificationde l'utilisation des mkdias ;
- assurer enfin la pérennité des campagnesd'information.
276
1.
1
L 'éducationpour la santé :introduction générale
Une fois qu'un message est perçu et compris et qu'il a entraîné un changement de
comportement, il importe de pérenniser cette modification des attitudes en la
faisant littéralement entrer dans les moeurs. Le meilleur moyen ou médium reste
bien éidemment l'kcole et il n'en faut pour preuve que de constater l'impact du
niveau d'éducation des mères sur le statut nutritionnel du foyer dans son ensemble.
C'est aussi, et en même temps, pour celles et ceux qui n'ont pu accéder à un
quelconque système d'enseignementformel que l'éducation nutritionnelle doit être
si soigneusement a dispensée B dans une perspective de durée biensupérieure à tous
nos plansde l'immédiat horizon 2000 ou même d'une ou deux décennies au-delà.
27 1
212
ELABORATION DE STRATEGIES
DE COMMUNICATION SOCIALE POUR
AMELIORER LES PRATIQUES DE SEVRAGE
Lonna B. SHAFRITZ, Claudia C. FISHMAN et Ellen G. PIWOZ
Academy for Education Development, Washington(USA)
1. LA COMMUNICATION, OUTIL PRIVILEGIE D'UN
PROGRAMME
COMPLET
D'AMELIORATION
DES
PRATIQUES DE SEVRAGE
La communication est un outil efficace au service du développement. Ellea contribué
à faciliter le changement et l'amélioration du comportement nutritionnel de millions
d'individus. En Afrique, notamment, 1'USAID a collaboré à des programmes
d'amélioration des pratiques de sevrage qui ont eu recours à cet outil. C'est le cas au
Burkina Faso, au Cameroun, au Ghana, au Mali, au Niger, au Nigéria, au Sénégal et
au Swaziland.
1.1. Enoncé du problème posépar l'alimentation de sevrage
A l'âge de 4-6 mois, le lait maternel à lui seul n'est plus assez nutritif pour l'enfant qui
grandit. Or, traditionnellement, les compléments utilisés sont des bouillies diluées,
élaborées à partir d'aliments de base (mil, maïs ou manioc selon les régions), qui ne
peuvent pas satisfaire à elles seules les besoinsnutritionnels. En outre, ces préparations
sont souvent nuisibles à cause des bactéries qu'elles contiennent. Le problème est que
si l'on ne donne pas, à ce moment de la vie, un aliment suffisamment énergétique et
équilibré en protéines et en micronutriments, la croissance des enfants est ralentie et
l'on observe une augmentation des tauxde morbidité et de mortalité liésaux
infections et aux maladies nutritionnelles.
Pour répondre ice problkme, un programme d'amélioration des pratiques de sevrage
doit opkrer un choix entre les objectifs suivants:
er la modification des comportements actuelsd'alimentationdu
complkmentaires
(par exemple,
nourrisson liés A l'introduction d'aliments
encourager les mires h nourrir activement les bébés dis l'dge de six mois plu& que
d'attendre que l'enfant demande à manger) ;
- Encourager la modification des recettes priparkes A la maison, notamment pour
ce qui concerne les aliments utilisés couramment$ans l'alimentation de complkment
(ajouter de l'huile ou du sucre par exemple) ;
- DCvdopper et promouvoir de R I Q U V ~ ~ Uingridients
X
pour les recettes préparées 2t
la maison (exemple des beignets de haricots frits ou des préparations grillka avec de
la farine deniébé) ;
- DCvelopper et promouvoir de nouveauxproduitsalimentaires fabriquéset
distribués au niveau cornunautaire ;
-Développer et promouvoir de nouveaux produitsalimentaires
fabriqukset
central ;
distribués par un e%iatr~buteur/~ounisseur
O n peut bien entendu envisager la combinaison des objectifs mentionnks ci-dessus.
Nkanmoins, et m6me si l'on nechoisit qu'un seul des objectifsproposés, il est
indispensable de ne pas oublier le fait que la communication, dans son intkgralitk et sa
portke, n'est ~ U ' U Rdes volets d'un programme plus vaste et qui comprend kgalement
un volet L( recherche s, la mise au point, 1a fixation du prix, la formation, la prestation
du service, la distribution et l'évduation du produit (figure 1).
COMMUNICATION
Wxation des prix
Figure 1
Diffkrents voletsd'un programme d'amélioration des pratiques de sevrage.
274
Elaboration de stratégies de communication sociale
Le u marketing de comportement social B ou le u marketing socialY se définit par un
cadre complet etbiendéveloppé
pour gérer tous les volets d'une campagnede
changement du comportement nutritionnel. Le principe fondamental du marketing
social est que Face à un choix de produits (ou de comportement$, les gens choisissent le
produit (ou adoptent le Comportement) le plus attirant pour des raisons qui leur sont
propres Y. En effet, les gens ont un choix continuel entre des comportements offrant
des bénéfices et demandant des sacrifices à différents niveaux. Quelques exemples de
comportements alternatifsrelatifsauxpratiques
desevrage sont donnés dans le
tableau 1.
Q
Tableau 1
Pour chaque comportement alternatif(telque donner à manger à la cuillère une
bouillie épaisse ou donner de force une bouillie liquide), le consommateur évalue les
bénéfices et les coûts en termesd'économie, de temps,d'énergie ou de la valeur
psychosociale qui y estassociée.Le but du programme est d'inciter le plus grand
nombre de personnes à opter pour le comportement préconisé. Comment cela est-il
possible ?
C'est là le principal défi posé au marketing social : c il s'agit de se mettre à la place de
l'autre (du bén&ciaire du programme) afin de diterminer pourquoi le comportement
proposé est meilleur que toutes les autres options en prisence Y.
Le défi du concepteur du programme est donc de se substituer momentanément au
consommateur pour voir ce que lecomportement proposé a de meilleur queles autres
options. Ce processus repose sur plusieurs étapes de recherchemenées auprès de ceux
qui devront essayer leu nouveau M comportement.
Le processuscomprend six étapesqui sont chacune indispensables aubon déroulement
du programme de marketing social et pour la mise en oeuvre duquel des décisions
275
L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
doivent Ctre prises i chaquektape : analyse,planification,test, application, suivi,
rktroaction.
La suite de la prisentation se concentrera sur les trois premikres étapes mentionnkess.
2. DEPI
E DE
Comme cela a kté soulignk plus haut, il existe diffirentes options pour améliorer les
pratiques de sevrage. O n peut par exemple modifierun comportement, des recettes ou
mettre au point de nouveauxproduits.
pour une
Conform6ment à la premikre ktape du cadre d'analyse proposk, la préférence
approche plutbt que pour une autre devrait se fonder sur l'analyse approfondie de
plmieurs types d'information. Les programmes d'mklioration du sevrage soutenus
par I'USAID dans différents endroits reposent sur la mise en oeuvre de cinq activitks
de recherches qui ont permis dans chaque cas de définir une stratkgie de marketing ou
de communication sociale. Ces cinq activités sont les suivantes :
- Paire le point des infornations existantes sur les pratiques dimentaires, les
croyancesen ce qui concerne le régimealimentaire et les maladies, ainsi que la
situation nutritionnelle (ktude sur document).
-Recueillir de nouvelles infornations permettant d'aider à choisir des aliments
utilisables. A ce stade, il est important de dkterminer les fluctuations saisonniires, la
disponibilité des aliments et les prix pratiquks (cela gAce à une enquiu&terapide aupris
de %acommunauté et j,des discussions de groupe dirigées).
- Fornulsr des combinaisons d'aliments adkquates du point de m e nutritionnel en
:
utilisant des aliments tmnsformCs i l'aide detechnologies traditionnelles @CR
maltage,fermentation).
Cette ktape se dérouleau
laboratoire ou en cuisine
expkrimentde.
Faire participer %esmkrcs 13 mise au point de nouvelles recettes et pratiques de
sevrage enutilisant les combinaisonsd'aliments et les techniques de prkparation
identifiées précédemment dans la communauté (ktape se déroulant au niveau de la
communautk). C'est ce qui a kté expkrimentk, d'une part, en Indonksie dans ]le cadre
~~ion
etchangement de comportement B (1977-1982)
du e Pmjet c o r n r ~ ~ ~ n i cnutritionnelle
autour d'une bouillie de sevrage fortifiée et, d'autre part, au Pérou, dans le cadre du
FI Projet de prise en c h q e alirnentkre de la dktr~hk.~
oh l'utilisation d'un aliment
pendant la diarrhéeet la récupération nutritionnelle a kt6 prkconisée.
-Faire des essais à domicile consistant à demanderaux mires de préparer et de
donner à leurs enfantsles aliments préparks à l'aide des nouvelles recettespendant un
temps donnk de façon à permettre à l'kquipe du projetd'obtenir une information en
retour (ktape se déroulant kgalement au niveau de la communauté).
-
276
Elaboration de stratkgies
de communication sociale
Un exemple de programme d'amélioration des pratiques de sevrage est le a Projet de
Prise en charge alimentaire de la DiarrhéeY mené dans 1'Etat deKwara au Nigéria par
1'USAID de 1985 à 1990. Dans le cadre de ce projet, une recette de bouillie desevrage
pouvant être fabriquée et vendue dans les villages par des fabricantes traditionnelles
e d'ogi
a été mise au point et testée rigoureusementau niveau des ménages. Larecette
préconise l'introduction de farine maltéepour rendre la bouillie moins visqueuse sans
en atténuer la valeur nutritionnelle; cela a permis de satisfaireles consommateurs qui
pensaient que les bouillies fortifiées étaienttrop épaisses.
)P
Au terme decetteétape,
lorsque l'approche est arrêtée et que les buts du
comportement et les objectifs du programme sont clairement définis, les autres volets
du programme peuvent être élaborés.
Il convient à présent d'analyser leséléments d'un plan ou d'une u campagne B de
communication. En dépit d'un calendrierparfoistrèsserré,
une campagnede
communication n'est pas forcément de courte durée. Il s'agit en réalité d'une a activité
organisée,
plan$ée
pour atteindre des
objectifs
préd$nis
Y.
La
campagne
de
communication doit répond à quatre questions clés :
- Quel est le but de la campagne de communication?
A qui est destinée la campagne ?
- Quels sont les messages qui seront émis ? - Quel est le médiaqui divulguera les messages?
-
2.1. L'objectif de la campagne de communication
Comme on l'a déjà indiqué, l'objectif de la campagne de communication est lié au but
général
du
programme,
tout en
s'en
distinguant
par certains
aspects.
La
communication n'est qu'un élément du programme, par exemple dans un programme
dont le but serait de apromouvoir l'utilisation régulière d'unefarine de sevrage riche en
amylase Y, le but de la communication pourrait être a d'apprendre aux mères comment
préparer la farine et les motiver à la donner régulièrement à leur enfint âgé de 6 à
24 mois Y.
Le but général d'un programme est d'introduire et d'établir un nouveau produit ou
une nouvellemesurealorsque
le but de la campagne de communication est
d'enseigner, d'encourager, de rassurer, d'effrayer, deprovoquer, de stimuler ou encore
d'influencer afin que le groupe de personnes concernées par le programme adopte le
comportement souhaitable.
C'est en évaluant dans quelle mesure
le groupe cible adoptele nouveau comportement
que les planificateurs du programme décidentdes aspects qu'ils devront souligner dans
leur programme de communication.
277
E 2EJMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Le continuum de l'adoption de comportement (ON contimwn de la risistwnce au
changement selon Lyres Srinivaan) se présente de la f a p n suivante :
L'individu :
n'est pas conscient du problkme
est conscient mais non concerné
est concerné mais ne sait pasoh obtenir l'information
est informC maisn'a pas encore essayh (peut-ktre effrayk)
a essayé une dois mais n'est pas pr& adopter entiirement
adopte rbgulièrement le nouveau comportement
est pr& A encourager le nouveaucomportement aupris d'autres
Pour mieux ktablir lebut de la campagne decommunication, il convient de découvrir,
gdce A une recherche prkliminaire, l'endroit oh la plupart du public cible est bloqué
sur ce continuum et les misons de ce blocage.Il faut dors kvduer si la campagne peut
modifier ce comportement.
Dans le projet de promotion de l'utilisation de a kimea D en Tanzanie, par exemple, le
blocage se trouvait dans les premières Ctapes du continuum : les mkres n'attachaient
pas un cmctkre prioritaire A l'enrichissement des aliments de sevrage, dors mCme que
le programme avait trouvé le moyen deles enrichir.
Dans un autre exemple, au Nigéria, 85 ?%O des mires qui connaissaient la recette du
produit (< eko ilera B l'avaient essayée au moins une fois, mais seulement 34 % d'entre
elles l'avaient dkfinitivement adopté.La connaissance, l'essaiet l'adoption de la recette
étaient corrélés de manière négative
A l'id& que se faisaient lesmires de son cofit et du
temps nécessaire à sa préparation. Si quelqu'un essaie une recette et trouve qu'elle
coGte trop cher ou prend trop de temps, il faut briser ces barrihres pour assurer la
csntinuitk du changement.
Le point sur lequel bloque lapopulation peut kgalement influencer le choix du média
pour diffuser le message. Par exemple, si le public cible manque de compétence et de
confiance, la communication demasse(laradio)neréussira
probablement qu'Ales
dirigervers
l'endroit où ils recevront soutien et conseils à titre individuel.
Inversement, la communication de masse peut &treutile clans le cas oh le public cible
est blioquk B parce qu'il ne se sentpas concerné par la question.
Par ailleurs, la premiire ktape de la planification d'une campagne de communication
est de définir un but et/ou des objectifs spécifiques mesnrableset prkvisibles en termes
d'emploi du temps.
Par exemple, l'objectif pourrait 2tre de faire conndtre un nouveau produit de sevrage
h 46 % du public cibleen 12 mois ou d'augmenter de 15 A 36 90' en 6 moisla
proportion d'acceptation d'un comportement préconisé au premieressai.
27
Elaboration destratégies de communicationsociale
2.2. Le public cible
La seconde question à laquelleilfaut
répondre pour élaborer une stratégiede
communication est l'identification du public cible du message.Cela requiert une
description préalable, claireet explicite de ce public cible.
Les cibles alternativesà qui le message peut être destiné sont :
-L'utilisateur final du produit ou la personne décidant des pratiques de sevrage (la
mère ou la personne qui s'occupe de l'enfant) ;
- un prestataire desanté ou un autre intermédiaire (le distributeur d'aliments de
sevrage) ;
- u n individu ou un groupe susceptible d'influencer l'une des deux
cibles
précédemment définies (dirigeant communautaire,
les grands-parents,père...).
Le plus souvent, le changementqui doit survenir au niveau du foyer pour accepter un
nouveau comportement passe par unedécisioncollective. Au coursde l'étape de
recherche préliminaire,ilest
donc important de savoir qui influence la prisede
décisions, quel est le degré d'autorité d'une mère ou de la personne qui s'occupe de
l'enfant et quelle est l'influence réelle des pères et des dirigeants locaux. Le choix du
ou despublicscibles corrects estunequestion
à laquelleil estessentieldebien
répondre.
Par ailleurs, on doit se demander combien de publics cibles distincts il faut viser. Cela
dépend surtout de l'importance du
budget
dont disposeleprogramme.Les
responsablesdeprogrammessaventque
desressourceslimitées ont plus d'impact
lorsqu'elles sont concentrées sur une ou deux cibles que lorsqu'elles sont dispersées.
S'il n'est pas toujours facile de suivre cette règle, il est cependant logique de ciblerles
efforts là où ils peuvent avoirle plus grand impact.
2.3. Les messages clés
Lesmessagesles
plus forts nese limitent pas à la description du comportement
souhaité. Ils prennent en compte l'un des trois éléments clés : barrières, conséquences
et bénéfices. Les barrières peuvent être physiques, émotionnelles/psychologiques ou
culturelles ; au niveau du bénéfice, on peut distinguer le bénéfice final et le bénéfice
sous-jacent.
Plusprécisément, les barrières sont lesobstacles, ou les points derésistance, à
l'adoption du produit ou du comportement. Comme on l'a dit plus haut, celles-ci
varient souvent en fonction de l'emplacement du public cible sur le continuum de
279
L 'ALIMENTAT'.ONDECOMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
l'adoption. Elles varient kgalement selon la culture, la nature du (I produit D et bien
d'autres aspects liks à la situation de la population.
Le fait de ne pas accepter le nouveau produit ou le comportement proposk peut avoir
diverses conskquences pour le public cible. Il est dors important de savoir où se situe
le public cible sur le continuum : est4 totalement inconscient des conskquences ou
indiffkrent ?
Identifier le bCnCfice est un enjeu important pour l'élabomtion desmessages de
communication. Cap, si un bknéfice existe dans l'esprit du public cible, il s'agit avant
tout &une perception et donc de quelquechose qui dkpassele produit ou le
comportement.
Le message doit &tre clair,concis,simple,prkcis,faisable,rkaliste,
crédible, peu
codteux, daptk au contexte culturel et ne vkhiculerqu'une seule idCe.
En outre, il est important de ne pas nkgliger la participation des agents de terrain a la
planification, à l'exkcution et à l'6valuation des campagnes de communication. Il est
kgalement tris important de prk-tester les messages, de les rkviser et de les re-tester.
A titre d'exemple, les messages élaborés à partir de deux enquttes sont donnks dans le
tableau 2.
Tableau 4
Exemples d'klaboration de messages.
C0fllpoltC3IleIlO:
souhaite
un enfant qui ne que les mères
N'attendez pas que
nourrissent plus l'enfant &clame à
rkclame pas h
manger, nourrissez
fréquemment
manger n'a pas
leur enfant
faim
le frkquemment
Mamans, ne
que la mire
- pour remplir
l'estomac de
donnez que votre
ne donne que
h
son
lait
lait i vos enfants
l'enfant
dis le Ier jour et
- pour que l'enfant l'enfant
dorme bien
jusqu'j 4-6 mois
Croyances
Que% doit &tre
en dkfinitive le contenu du message cl6 du programme ? Pas tout à la
fois, bien entendu ! Dans cette optique, le message que l'on souhaite faire passer doit
aller dans une seule direction, &trepknktrant et clair. Il doit évoquer explicitement les
barrières, lesconskquencesetlesbknkfices.
En principe,lefait d'kmettre un seul
message cl6par public cible a toute les chances de répondre au but de la campagne.
280
Elaboration de stratégies de communication sociale
S'il n'y a pas de choix u juste n en absolu, il y a cependant des choix plus appropriés
que d'autres pour atteindre l'objectif que l'on s'est fixé à un moment donné. Et il est
clair que les changements de comportement les plus importants se fondent sur des
pratiques qui présentent une certaine continuité avec des pratiques traditionnelles, à
condition bien entendu qu'elles soient bénéfiques. Ce processus est mis en évidence
par la recherche formative.
2.4. Moyens utilisés pour communiquer les messages
On se doit de répondre aux questions clés suivantes avant de choisir
le moyen de
communication :
- comment, où et dans quelles circonstances lepublic cible sera-t il le plus réceptif au
message ?
- Quel est le moyenqui fera passer le message aupublic cible aucoût le plus faible3
Dans chaque cas, il faut considérer lesressources disponibles, l'efficacité du moyen
retenu et son opportunité. De surcroît, il faut savoir qu'un contact fréquent et direct
au message est capital et que les canaux interpersonnels et médiatiques doivent être
évalués pour voir s'ils atteignent un nombre suffisant de personnes du public cible
avec unefréquencesuffisante pour avoir un impact.Parailleurs,
la plupart des
programmes requièrent une combinaison de média interpersonnels et de m a s média
pour être efficaces.
Parmi les principaux canaux interpersonnelsdternatifs, on peut citer ceux repris sur la
figure 2. La liste des média permettant d'atteindre les groupes ciblesest la suivante :
GROUPE MEDIA
MASSMEDIA
radio
- journaux
- affiches
- brochures
- bannières
- auto-collants
- spot publicitaire au cinéma
- calendiers
- panneaux d'affichage
opuscules
- timbres
- télévision
- expositions
-
- boite à images
- flanellographes
- maquettes
- diapositives
-transparents
- tableaux noirs
- bandes vidéo
- films
-jeux
- panneaux muraux
- pochettes de vulgarisation
- drames
-
281
L 2LIMENTATIQN DE COhPLEMENT DU JEUNE
ENFANT
YSTEME
DMINISTRATIF
. National
. Provincial
. Régional
VULGARISATION/
SYSTEME
:Oh/MUNAUTAIRE
SYSTEME
SCOLAIRE
. Auteurs
des prog.
scolaries
. Agriculture
. Sant6 / PF
SYSTEME NON
XUVERNEMENTA
. Sociétés
. Enseignants . Développement .
. Etudiants
communautaire
Groupes
Bénévoles
Groupes
Religieux
<
I
1
1
GROUPE
CIBLE
Figure a
Canaux d'organisationpermettant d'atteindre les groupes cibles.
Avant de choisir le bon média,ilfaudrabien
entendu répondreaux questions
suivantes : quels sont les fonds disponibles ? Quels sont les personnes et les talents
disponibles pour la campagne ? Quelles sont les capacitks de production disponibles A
un codt raisonnable au sein d'une institution ou dans un pays ? Enfin, des capacités
extkrieures peuvent-elles 8tre utilisies?
Concernant l'efficacitk du mkdia, on peut aussi se demander combien de personnes
appartenant au public cible, sont susceptibles d'&treatteintes par chacun des moyens
envisagés, sachant que chaque moyena des avantages et des inconvénients spkcifiques.
Pour ce qui est du cc caractkre opportun B du mkdia, on peut se poser la question
suivante : est-ce que le moyenva atteindre le public cible lorsqu'il est le plus rkceptif?
Est-ce qu'il l'atteindra lorsqu'il est prkt 8 prendre la dkcision concernant leproduit ou
le comportement (par exemple dans lespoints de ventes).
Pour multiplier leschancesde
rkception du message, on pourra utiliserplusieurs
il est
moyens simultanément. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on choisitunmkdia,
important de tenir compte de ce que le message fait et dit, de l'endroit, du moment et
des circonstances de sa diffusion. Sur ce point, la recherche formative peut aider à
prendre la bonne dkcision.
282
Elaboration de stratégies de communication sociale
Plusieurs médias actifs, interactifs et peu onéreux se sont révélésefficaces en milieu
rural sahélien pour inciter les populations à changer leur comportement nutritionnel.
Il s'agit des cartes de conseils, des boîtes-à-images, des théâtres mobiles, de matériel
exposé auxpoints de vente ou de feuilles volantes illustrées.
L'exempledu *Projet de Sevrage Y de CARE menéau Cameroun estégalement
intéressant. L'objectif était de changer les pratiques alimentaires des enfants dans une
province reculée connaissant lestaux les plus élevés de malnutrition infantile du pays.
La radio et le matérielimprimé ne parvenantpas jusqu'aux mères, leprojet a fait appel
à desagentscommunautaires.
On leur a demandédedispenser
une éducation
nutritionnelle par le biais de groupes de discussion, de démonstrations culinaires, des
activités de surveillance de la croissance assorties de conseils individuels et de visites
régulières. Une étude d'impact en 1989 a conclu que la proportion d'enfants ayant
participé à un suivi de la croissance dans les16 villages couverts par l'étude est passée
de 13 % à 44 % enl'espacede six mois.Le nombre demères venant aux séances
d'éducation nutritionnelle a, quant à lui, été multiplié par 8 passant à pratiquement
50 Oh. En outre, les mères dans la zone d'intervention avaient davantage tendance à
donner des bouillies enrichies et des
fruits à leurs enfants quecelles du groupe témoin.
3. CONCLUSION
Avant de lancer une campagnede communication, tout programme se doit d'être prétesté auprès d'un échantillonsignificatif du public visé.Si besoinest, on doit y
apporter les modifications nécessaires. Il faut également prévoir un moyen de réunir
l'information tout au long deladurée du programmeetmesurer l'impact de ce
dernier dans le but de mieuxpréparer d'éventuels programmesfuturs.
Combien de temps tout cela prend-il ? Après quelques mois de recherchepréliminaire
intense et une campagne d'essai des produits et d'observation des comportements, une
équipe pourrait probablement répondre à la plupart des questions posées en quelques
à l'espritque le fait de vouloir changer le
semaines.Maisilfautbiengarder
comportement d'autres personnes est une entreprise extrêmement complexe et qu'un
seul outil de communication n'y suffira pas. Il est indispensable de recourir à divers
outils pour toucher différents publics et atteindre les multiples objectifs prévus à des
moments distincts.
Après avoir bien analysé, planifié, et testé les différents éléments du programme, il
sera prêt à être lancé. Bonne chance!
283
284
POLITIQUES DE PROMOTION
SANITAIRE MULTIMEDIA
Bernard SURUGUE
Organisation mondiale de la Santé, Genève(Suisse)
1. INTRODUCTION
Lorsqu'il s'agit de promouvoir des choix qui engagentla santé humaine, des
considérations d'ordre déontologique sont derègle.Biendesexemples
mettent en
évidence
les
effets
pervers
d'une information mal
gérée
ou
d'une
absence
d'information dans n'importe quel domaine d'activité, celaest d'autant plus grave
lorsque l'alimentation et la santé du jeune enfant sont en jeu. C'est pourquoi, on ne
saurait être trop vigilantafin
d'éviter toute dériveoumauvaise
utilisation de
l'information. Cela requiert une conscienceet un engagementaffirmésde l'intérêt
public. Le mandat d'un responsable de la promotion sanitaire consiste à garantir une
médiation pertinente entre les producteurs d'informations et les consommateurs de
cette information. Sa fonction estde valoriser lesacquisdelaScience
et de la
Technologie afinde les rendre accessibles à ceux qui en ont besoin. Il met en oeuvre et
gère des mécanismes appropriés capables de :
- faciliter la circulationdes flux d'information ;
- veiller au maintient de laqualité de l'information ;
- surveiller l'usage qui en est fait.
Cette médiation est conditionnée par la variété des objectifs à atteindre, l'état de l'art
de la connaissancesur le sujet à valoriser, les audiences visées, les ressources humaines,
techniques et financières, les dimensions institutionnelles, économiques et culturelles
du cadre opératoire envisagé.
L'avancement des travaux présentés au cours de cet atelier, consacré à un sujet bien
délimité,indique qu'il est utile de jeter dès à présent lesbases d'un dispositifde
promotion multimédia fondé sur l'analyse des besoins exprimés ou prévisibles. La
mise en oeuvre d'un tel dispositif et le déclenchement des activités de promotion sont
L 2L
TIONDE COMPLEMENTDU JEUNE
NT
des actes stratkgiquues conditionnks par des choix et desdécisions politiques.Le
skquentielles
.successives,
dispositif général prksentk comporte quatre phases
mutuellement conditionnies. Jl a pour but d'aider à la difinition et A la remise en
oeuvre depolitiques de promotion sanitaire idaptkes selon lesdiffkrenteskchelles
d'intervention envisagkes.
L'objectif est d'Lyaminer, %esconditions de mise en oeuvre de politiquesde promotion
sanitaire multimkdia dkvollues à la riussite de la transition progressive et harmonieuse
entre une alimentation lactke et le plat familial au bknkfice du jeune enfant entre 6 et
24 mois. Par multimédia, on entend l'usage coordonnk de tous les moyens et de tous
les supports appropriks selonles diffkrentes kchelles d'interventions.
POSITIF DE P
2.1. Phase d : Identification et analysedes besoins en promotion
sanitaire multirnddia
La phase d'identification et d'analyse des besoins en promotion sanitaire s'apparente à
une ktude de marchk.L'enjeuestde
mettre enadkquation l'état de l'art de la
connaissance actualiskeavec la satisfactiondesbesoinsdesutilisateurs.
Les actions
envisagkes à ce niveau ont pour but :
- de dkfiniret d'klaborer les messages A promouvoir ;
- d'assurer le suivi au quotidien des progrès accomplis, de l'actualité;
- de formaliser avec les groupesde population concernkslesbesoinsspécifiques et
définir des mkthodes et des outils appropriés capables deripondre A ces besoins ;
- d'explorer des mkthodes et des techniques innovatricesahptkes capables d'améliorer
l'impact des activitks depromotion sanitaire ;
- d'identifier les besoins
en
information du
grand
public
travers les
mk&a
disponibles ;
- de proposer des guides pratiques actualisks pour la formation et l'kducation;
- de mobiliser les ressources humaines, techniques et financikres;
- d'impliquer d'avantage les professionnels de la communication dans les activitks de
promotion sanitaire.
L'ktat de l'art est détenu par la communautk scientifique et technique spkcialiste du
sujet, enl'occurrence les spkcidistes de l'alimentation de sevrage du jeune enfant.C'est
le noyau dur du dispositif sur lequel les diffkrentes activitks de promotion sanitaire
286
Politiques de promotion sanitaire multimedia
pourront se fonder. En matièrede promotion de l'alimentation de sevrage, une
première étape pourrait être la recherche.
2.1.1. Promotion de la recherche
La communauté d'intérêt scientifique et technique a besoin d'échanger,de partager, de
confronter toute information utile à l'avancement de la connaissanceet de reproduire
des résultats valorisables auprès des utilisateurs. La tenue de cet atelier inter-pays y
répond en partie, mais
la
formalisationdurable
d'un système d'informations
à accélérerla communication entre
scientifiques et techniquesseraitdenature
spécialistes.
De nombreux participants ont expriméleurbesoinen information scientifique et
technique concernant les technologies appropriées pour la fabrication des aliments de
complément, l'état nutritionnel dunourrissonet
du jeuneenfant, les habitudes
alimentaires, les critèresd'acceptabilitéalimentaires,
les pratiques traditionnelles
agricoles et culinaires,lasécuritéalimentaire, les critèresculturels,linguistiques et
de
nutritionnelle.
sociaux inhérents à la mise en oeuvre de programmes promotion
2.1.2. Promotion de l'éduwbn et de la f o r d o n prof-
. .
Si l'enfant de 6 à 24 mois est l'utilisateur final d'une campagne de promotion qui
concerne sa propre alimentation, il est vrai qu'il dispose de moyens réduits, mais non
négligeables, pour exprimer ou manifester sa satisfaction ou son contraire. C'est bien
sûr sa mère ou sa nourrice qui se trouve en première lignepour lui prodiguer les soins
et lui fournir une alimentation équilibrée. La sensibilisation desmères,des futures
mères et I'éducation des jeunes filles sont à l'évidence des objectifs prioritaires d'une
campagne de promotion sanitaire intégrée comprenant notamment la promotion de
l'allaitement maternel et la promotion d'une alimentation decomplément avec
l'ensemble de ses implications pratiques. Le dispositif préconisé mettra en oeuvre le
système scolaire,les médis, la sensibilisation du public, en particulier des jeunes filles
et des femmes.
Des besoins en formation ont été identifiésaubénéficedespersonnelsdesanté,
y
compris à la périphérie, des personnels des secteurs d'activité liés à la production
agricole et alimentaire, des groupements associatifs, des responsables communautaires,
des formateurs, etc. Des approchesspécifiques couvrent ces besoins en agissant sur les
conditions de travail et sur la formation professionnelle.
287
2.1.3.
Une prioritk a ktk exprimke, en vue d'intkgrer dans les stratkgies de
promotion de
l'alimentation de sevrage, les groupes depopulation les plus dkmunis et de d&velopper
des mécanismes qui permettent de faire faceaux situations d'urgence.
Les stratkgies de promotion sanitaire sont par dkfinition intersectorielles. La mise en
oeuvre de stmtkgies appliqukes à la promotion de l'alimentation de sevmge rev& A
l'kchelle de chaque paysun caractkre interministkrielqui se traduit par la dkfinition de
mkcanismes de coordination dans chaque ministère technique concernk.
2.1.4.
I1 s'agit à cestade,deconsoliderlaréglementation,c'est
A dire d'atteindre les
structures et les personnels chugks de la lkgislation, de la fabrication, du contrble, de
la commercialisation, dela vulgarisation des produits et des mkthodes prkconiskes.
1s connaissance
L'accks A la connaissanceestunerevendication
qui s'apparente à un &oit. Il
conditionne le progrès social et économique et il est ktroitement conditionnk par le
niveau de développement de chaque pays. O n observe depuis peu une accklkration
sensible de l'accks 1l'information y compris dans certains% M A (pays moins avancés).
Cela se produit de concert avec les avanckes de la démocratie, avec la popularisation
croissante d'outils informatiques, bureautiques, mkdiatiques et grice aux moyens de
tklkcommunications qui transcendent frontières politiqueset clivages culturels. Les
actions envisagkes i ce niveau ont pour but :
-d'identifier les sources d'information utile en rapport avecles prioritks dkfinies
pendant la premikre phase;
- de sklectionneret de consolider la masse d'information utile constamment actudiske ;
- d'ktablir des riseaux et des lieux deconsultation de réfkrence ;
- de rendre accessible au plus grand nombre les sources de connaissance.
2.3. Phase 3 :Production multimedia
A ce stade, il s'agit deproduire des outils spkcialement conçus enfonction des groupes
cibles pressentis.On ne peut pas éviter la discussionsur les capacitks deperception des
groupes cibles envisagés car en fait, c'est la que tout se joue. En effet, le respect et la
goGts (ceuxde
priseen compte des habitudeset des pratiquesalimentaires,les
l'enfant), les règles culturelles et religieuses, les traditions agricoles, la connaissancedes
288
I.
Politiques de promotion sanitaire multimedia
tradipraticiens, etc, conditionnent largement l'impact potentiel de toute mesure de
promotion sanitaire.
Ici l'esprit de créativité estde mise tant dans le choix des outils de médiation que dans
les méthodes d'analyse et de traitement du contenu de l'information. Ceux-ci devront
être à la fois performants, adaptés, accessibles et acceptés par les utilisateurs potentiels
et coordonnés dans une logique de campagnepromotionnelle. Les actions envisagées à
ce niveau ont pour but :
- de produire desmatérielsmultimédia
: communiquésde
presse, programmes
radiophoniques et télévisuels,
films,
vidéo,
expositions,
affiches,
brochures,
;
dépliants, bases et banques de données, guides, manuels, etc.
- de préparer des campagnes depromotion multimédia ;
- d'inciter la production nationale, localeet individuelle.
2.4. Phase 4 :Dissémination, promotion, relation avec le public
Cette phase correspond audéclenchementdesactivitésdéfinies
en phase 1 et
développéesau cours desphases 2 et 3. Cet actestratégique est conditionné en
fonction des différentes échelles d'intervention envisagées : instances internationales,
Gouvernements (ministèresdelaSanté,del'éducation,dela
communication, de
l'agriculture, dudéveloppement rural, desaffairessociales,etc.),maires,chefs
de
village, associations communautaires, centres de santé, écoles, etc.
1, en utilisant les
L'objectif de phase 4 est d'atteindre les objectifs, déterminés en phase
outils prescritsselon une approchemultimédiatique mettant enoeuvre, selon les
circonstances, les moyens de communications disponibles : les réseaux satellitaires, le
théâtre traditionnel, les écoles, les radios locales, etc.
3. PUBLICS CIBLES
En termes de communication, u l'unité u opérationnelle la plus pertinente d'une
campagne de promotion est certainement en première ligne, la mère nourricière de
transition entre
l'enfant de 6 à 24 mois, l'enfant le bénéficiaire, l'harmonieuse et saine
son alimentation lactée et le
plat
familial
l'objet de celle-ci. Pour atteindre
convenablement ces objectifs, des familles d'intermédiaires plus ou moins diversifiés
sont à prendre en considération sans exclusive. Par exemple, si l'on considère le point
de vue des Institutions publiques internationales, ce seront leurs Etats Membres qui
constitueront les intermédiaires de première intention à travers leurs organes
un cadredéontologique,législatif,
directeurs respectifs ; il s'agiraalorsdedéfinir
289
L ~ L I ~ E N T A T ~COMPLEMENT
~N~E
DU JEUNE ENFANT
scientifique et technique de rkfkrence, puis d'inciter les Etats Membres à identifier
leurs besoins en promotion sanitaire ainsi queles moyens pour y répondre.
A l'kchelle d'un Etat, l'objectif est de dkfinir et de mettre en oeuvre des politiques et
desstratkgiesde promotion delasantk, à travers desmkcanismes de concertation
intersectorielsintkgrant : Santk publique, Affairessocides,Education, Agriculture,
Développement md, Communication, Dkcentdisation. Ces politiques doivent
ensuite 8tre relaykes à travers les diffkrentes familles d'intermédiaires jusqu'àl'extr&me
pkriphérie des provinces dans chaque pays, c'està dire auprès du grand public.
Des approchesspkcifiquespeuvent stimuler des communautés d'indr6t tels que la
communauté :
- des bailleurs de fonds afin de coordonner la mobilisation des ressources humaines,
techniques, technologiqueset financikres ;
- scientifique et technique afin de l'inciter à relever de nouveaux défis;
- desenseignants et des formateurs pour produire des matkrielsdidactiques plus
performants ;
- des collectivités locales;
- des autsritks traditionnelles et religieuses ;
- des mouvements associatifs en particulier les associations de femmes.
L'ensemble de ce dispositif est conçu pour adapter desmessagesdestinés
à des
audiencesspécifiques. Une constante coordination estindispensableainsi
qu'une
C'est en réalitk
ce
dernier point, qui est
kvduation des mesuresappliqukes.
probablement leplusdifficile à assurer correctement car lesmesures d'impact en
matike de communication, de promotion ou d'information sont tris dkatoires. Les
effets d'une campagne de promotion peuvent 6tre visibles seulement aprb des mois,
parfois des annhes, mais toujours difficilement mesumbles et a fortiori quantifiables.
1 en tant que
Cette fonction d'kvduation est exprimke dans le schkma de la figure
rktroaction de l'ensemble du dispositif. M$me si cette fonction est dklicate A assumer,
des indications tris utiles peuvent &trefournies au moyen d'enquhes et de sondages
effectués sur des kchantillonnages d'audience pertinents. Leur analyse permet d'ajuster
au fur et à mesure les stratkgies depromotion nouvelles.
Une mesureimmkdiate est suggérke pour crker une banquededonnkesfactuelles
sklective
accessible
et
en
ligne.
U n tel outil serait
de
nature à accélérer
Politiques de promotion sanitaire multimedia
considérablement la promotion d'une alimentation de sevrage équilibrée du jeune
enfant.
.
etc..
decentralisation
eau
I
nutrition
pauvrete
micronutriments
ecoles
econornie
statut sanitaire de l'enfant
budget
carte sanitaire
l
FLUX D'INFORMATION
I
I
UTILISATEURS
externes:
Figure 1
Dispositif depromotion sanitaire multimedia.
Le contenu de cette banque de données pourrait, dans un premier temps, intégrer
l'information scientifique et technique relative à la composition en nutriments des
produits qui interviennent dans la fabrication des aliments de complément destiné à
29 1
L XLIMENTATIONDE CBMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
l'enfant de 6 A 24 mois. Ce type d'information devrait &tred'accb facile et rapidepour
lesspkcialistesdanslespays.
Cette information de base pourrait &tre ensuite,
reconditionnkz et complktkedanschaquepays,
pour &tre assimilable par les
communautéslocalesauprès
desquelles cette information devrait &tre largement
diffusée.
Et si des efforts sont consacrés pour mieux répondre A l'un des besoins du nourrisson
et du jeune enfant, il serait bon d'associer et si possible &int&grerdans une telle
: paludisme,
initiative, des réponsespossibles à d'autresbesoinsessentielstelsque
rougeole, maladies diarrhéiques, vaccinations, etc.
Ce sukavoI, bienque trop rapide, démontre qu'un besoinurgent, de promotion
à l'alimentation de sevrageest attesté A tous les
sanitairemultimédiaappliquée
niveaux. Selon les Cchelles d'interventions envisagées et selon les pays, destravaux sont
nkcessaires pour daborercas par cas des politiques appropriées.
Comme conclusion à cette présentation succincte, je voudrais simplement, exprimer
toute I'humillité que j'éprouve en proposant des méthodes de promotion à un public
de culture africaine pour lequel communiquerest un art.
292
RESUME DELA DISCUSSION GENERALE
DE LA QUATRIEME PARTIE
1. Les intervenants ont insisté sur les confusions méthodologiques contenues dans les
termes de "marketing social" et de "communication". Une question a porté sur le
problème de traduction. du terme de "marketing" qui, enanglais,signifie
commercialisation. Il a alors été précisé que le "marketing social" est une démarche
globale qui prend en compte lesaspectsles plus divers de l'intervention sur un
programme. On peut le définir comme "la recherche d'une liste de facteurs qui
empêchent ou entravent le comportement souhaité". Le but du "marketing social"
est en fait d'étudier le pourquoi et le comment du choix des produits etdes
comportements les plus attirants par les individus.
En plus du problème de terminologie, seposeceluidela
participation des
populations ciblées par les programmes. Une intervenante a insisté sur le fait que,
en fin de compte, c'étaitlafaçon dont les acteursperçoivent et expliquent les
pratiques et les comportementsauxquels les programmess'intéressent.L'idée a
même été lancée de faireintervenir des conférenciers sur ce thème.
2. Un autre problème évoquéparles
intervenants estceluidel'insuffisancedes
programmes et, plus
particulièrement,
de
l'absence
d'indicateurs
pertinents
d'évaluation dans le domaine de la communication. En général, l'absence de volet
"communication sociale" est mentionné comme étant la cause de nombreux échecs
dans les programmes. La "communication sociale" permetde comprendre ce qui se
passe réellement et de déterminer les populations cibles.Le problème, a dit un
intervenant, est que les objectifs de la recherche, ou du programme, sont souvent
déterminés avant quedes enquêtes sur les pratiques et les comportements de sevrage
n'aient été menées.
Les objectifs de la recherche doivent être clairs et quantifiables, pour préparer une
meilleure étude d'impact finale.
On a égalementévoquéleproblèmedelasegmentationdes
populations cibles
(groupe de mères, de pères, ..) et des rapports de ces groupes avec le processus de
décision ayant trait aux pratiques desevrage.
3. L'approche "communicationsociale" permettrait de mieux déterminer les canaux de
transmission des messages à délivrer aux populations cibles. On a cité la radio locale
et le griot commepossiblesvecteurs
d'information. Ainsi, on pourrait mettre
l'accent sur le changementde comportement souhaitk.
Mais en plus des messages, il faut aussi mettre l'accent sur le savoir-faire en associant
les intkressks, d'oh l'importance de laparticipation communautaire. Cette d6marche
a pour but d'aider les populations i comprendre le programme, de les associer h sa
mise en oeuvre et non pas de leur dicter des savoir-faire.
Pour rkdiser l'approche communication, le personnel de santk doit travailler de
concert avec d'autres secteurs dela recherche.
4. La tiche de la communication socialeest donc difficile. Il y a souvent un dkcdage
entre les besoins des chefsde projet et les spkcialistes de la communkation. Souvent
la tiche de ces dernien n'est pas facile. Parmi les "habitudes traditionnelles", il y a
des pratiquesancestrales et des pratiquesplus rkcenteslikes
la publicité qui
poursuivent des enjeuxdivers. Pourqu'un programme rkussisse, il faut donc
engager des moyens d'information puissants pour dklivrer des messagesconcrets.
Enfin, les scientifiques
doivent
comprendre
I'intérGt d'une recherche
pluridisciplinaire. On ne peut se contenter de s'adresser qu'a une seule catkgorie de
personnes; il faut donc s'associer et faire preuve d'humilitktout en communiqumt
ses apkriences.
294
=
SYNTHESE DES TRAVAUX DE GROUPE SURLE
THEME :ROLE DE L'IEC DANS LA PROMOTION
DE L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT
Comme précédemment répartis en trois groupes,les participants ont réfléchiaux
qui leur étaientproposées. Les
réponses à donner auxdeuxsériesdequestions
réponses peuvent être synthétisées de la manière suivante.
..
1 QUESTION 1 : Quels sont lesgroupesciblesquidevraient
bénéficierd'unprogrammedepromotiondes
pratiquesdesevrage
et surquelscritèresles
définiriez-vous ?
Les groupes cibles devant bénéficier en priorité d'un programme de promotion des
aliments de complémentsont :
- les femmes enceintesou allaitantes et plus généralement les femmes enâge
de procréer ;
- les chefs defamille ;
- les prestataires de soins ;
les promoteurs commerciaux ;
- les responsables decommunauté ;
- les groupes de décideurs et de producteurs ;
- les groupement de femmes;
- les élèves.
-
Ces groupes cibles doivent être choisis en priorité parmi les communautés à taux de
malnutrition élevé ou ayant des pratiques de sevrage inadéquates. Il a été noté que la
présence d'enfants scolarisés dansles communautés est un critère important à retenir
car ils contribuent à assurer la pérennité des messages.
E 'ALIMENTATIQN DE CQMPEEIVIENTDU JEUNE ENFANT
2 :Pour chacun des groupes cibles, qricisez :
- la nature des informations ip collecterpour
Clabsrer les mes
le type
de mess
0lTWïIuniquer
il qui revient la responsabilitk d'klaborer ces
messages
les mkdias les plus aPppr.opri$s pour ~Chiculer
ces messages
- comment kvaluer l'impact de ces messages 3
-
2.1. Pour le groupecible composc des meres, des familles et des
communautes
Les informations B collecter pour Claborer les messagesconcernent :
- l'ampleur des problèmes ;
- les pratiques de sevrage et lestechniques culinaires;
- les habitudes alimentaires et les aliments disponibles;
- les dCterminants socio-culturelset Cconomiques du sevrage : le budget des minages, le
niveau d'alphabétisation, la languede communication, l'organisation familiale, les
connaissances et pratiques, la prédisposition au changement ;
- le canalle plus accessible pour passer les messages.
Le type de message A communiquer d6pendra de la nature des problèmes identifiés car
les messages doivent rkpondre aux problèmes tels qu'ils se posent et être adaptks au
public cible. En outre, ils doivent itre clairs, pertinents, précis,rassurants, tenir
compte du savoir-faire et du savoir-6treet être chargés d'kmotion.
Ces messages doivent être élaborés par une Cquipe pluridisciplinaire comprenant les
techniciens, des communicateurset desrepr6sentant.s
du groupe de population
bénéficiaire. En outre, les messages doivent être pr6-testés auprès dela population cible
avant d'itre adoptks et diffus&.
Lesmédiasles plus appropriCs pour vkhiculer cesmessages sont la radio rurale, la
télévision, les centres de rassemblementreligieux(mosqubes,temples,églises),les
griots, les marchés et toutes les manifestations publiques.Les ON@,les associations de
jeune (élèves, scouts...) peuvent aussi diffuser les messages.Il existe aussi des techniques
de diffusion comme lethkkre, la chanson et les dessins d'enfants. Enfin, il fautciter la
communication interpersonnelle.
Synthèse sur le rôle de 1'IEC
Pour évaluer l'impact de ces messages, il faut:
-identifier les indicateurs (Ex : nombre demères ayant adopté le comportement
message...) ;
souhaité ;fréquence de la diffusion du
- mener desenquêtes sur les changements decomportement par rapport aux habitudes
de départ en sachant que les résultats de telles enquêtes doivent être interprétés avec
prudence.
2.2. Pour le groupe cible composé des prestataires de soins
Les informations nécessaires pour élaborer les messages peuvent être collectées à l'aide
; connaissances et pratiques
d'enquête CAP (connaissancesetpratiquesdesevrage
d'éducation).
Le type de message à communiquer dépendra de lanature des problèmes identifiéspar
l'enquête CAP.
L'élaboration des messages se fera avec les personnes responsables du programme en
collaboration avec des personnes ressources.
Les médias lesplus appropriées pour véhiculer ces messages sont les structures de santé
et les établissementsde formation. On pourra utiliser aussiles séminaires, les
conférences ou.les jeux de rôle.
L'évaluation de l'impact des messages devrait être de la responsabilité desinitiateurs du
programme et peut se faire par la simple observationdu personnel ou par la mesure de
l'état nutritionnel.
2.3. Pour le groupe cible des producteurs d'aliment de complément
La stratégiedevraitconsister
d'abord à identifier ces producteurs ainsi que les
informations et les technologies qu'ils utilisent. Ensuite, il s'agit d'établir des normes
nutritionnelle et, à partir de là,
relatives à la salubrité, l'innocuité etlavaleur
d'élaborer les messages.
2.4. Pour le groupe cible des décideurs
Il faut faire une analysede situation ayant pour but de préciseretde
problème :
- recenser les études faites ailleurs concernant
la même problématique ;
- recenser les expériences menées dansd'autres pays ;
- estimer le rapportcoût/efficacité ;
- évaluer les quantités de fonds mobilisables.
297
définir le
.L ;1EIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Pour ce groupe, comme pour le prkckdent, les messages peuvent itre transmis au cours
de &unions. La mise en place &une commission techniquepeutfaciliter
la
mobilisation.
ClNQUlEME PARTIE :
OPERATIONSDETRANSFERT
DETECHNOLOGIES
A LA PORTEE
DES MENAGES OU DES
COMMUNAUTES
LES FARINES MISOLA
A U BURKINA FASO
Simone SOUBEIGA
(1)
Projet de farine Misoldkasona, Centre féminin d'aliments
de sevrage, Ouagadougou (BurkinaFaso)
Aliment de haute valeur
protéino-énergétique
conçu
pour
lutter
contre la
malnutrition, la farine Misola est fabriquée au Burkina Faso depuis 1982 à partir de
céréales et de légumineuses cultivées en région sub-sahélienne
@
-h
Soja
l - Arachide).
1. HISTORIQUE DE MISOLA
L'aventure MISOLA a pour point dedépartune
nécessité concrète et non une
volonté théorique : l'épuisement des aliments de supplémentation, fournis jusqu'en
1981 par l'aide internationale, au Centre de Réhabilitation et d'Education
Nutritionnelle (C.R.E.N.) de l'hôpital deFada N'gourma a obligé l'équipe de
pédiatrie à trouver une alternative enrépondant à plusieurs questions :
QHefaire ?
Utiliser ce qui était disponible pour mettre au point une formule de farine permettant
de disposer à nouveau d'un aliment préventif et curatif de la malnutrition et d'éviter
qu'une telle situation de pénurie ne se reproduise.
De qaoi disposait-on ?
- d'un C.R.E.N. dans un hôpital public ;
- d'une animatrice dévouée ;
- d'un directeur provincial de
la Santé désireux
d'entreprendre ;
- de mères inoccupéesattendant que leurs enfantsgrossissent ;
- du matériel culinaire du C.R.E.N.;
(1) La présentation faite à l'atelier d'Alexandrie a été complétée à partir du texte d'une communication du
Dr François Laurent intitulée u L'aventure Misola * et présentée au séminaireatelier sur les bouillies de
sevrage en Afrique Centrale (21-24/05/91, Bureau de l'OMS/AFRO, Brazzaville).
- du marché etdes commeqants de la ville;
- d'un petit financement de1'O.N.G. Frkres des hommes
B.
<{
Quibit qmi ?
Pour structurer 1'Unitk de Production (V.P.), il a kt6 nkcessaire de définir le r81e et
d'utiliser les compktences de chacun, d'observer, d'encourageret de dkvelopper ce qui
marchait le mieux et de donner A chaque intervenantla responsabilitk qui lui revenait.
Les premiers mois ont ktk consacrks par l'animatrice du C.R.E.N. A la mise au point
d'une formule de farine énergétique
et
protkinke,
efficace pour traiter les
malnutritions en profitant au mieux des ressources agricoles locales, en respectant les
habitudes alimentaires et en cherchant la meilleure tolérance digestive possible.
par quelques
Le C.W.E.N. a fourni les locaux,lematérieldebasecomplkté
installations spbcifiques (séchoirs,tambours i griller).
Les Directeurs Provinciaux de la Santk, particulièrementmotivks par cc produire
burkinabk D, ont soutenu ce travailauprb de l'administration de la santé.
Les femmes engagkesont apport6 leurs compktenceset leur travail.
L'O.N.6. de soutien a panaicipC à larecherche(miseau
point de la. formule,
dkveloppement de technologies approprikes) et a contribué au financement pour les
investissements enpetit matkriel, analyses ponctuelles, voyages de suivi
du projet.
L'aventure Misola pouvait commencer. De cette première U.P. allaientnaître d'autres
fonction des
U.P.,chacune
conpe et fonctionnant un peudiffkremmenten
spkcificitks locales.
Cependant, le projet restemodeste ; son impact nutritionnel est très limité et la
production restait en 1991 de l'ordre d'une tonne par mois pour l'ensemble des quatre
U.P. du Burkina Faso.
Misola est une farine de sevrage, elle lutte contre les malnutritions parce que c'est un
aliment complet qui contient des vitamines, des protCines, des glucides, des lipides et
des sels minéraux.
Au départ, en novembre 1982 la composition ktaitla suivante : mil, soja lait, arachide
plus les additifs (fer, complexe vitaminique) d'où est venu lenom Misola.
Compte-tenu de multiples problimes rencontrksavec le lait et les vitamines, ces
ingrkdients ont ktk retirksetla formule actuelleutilise uniquement des produits
et un peu de sel.
locaux telsque le mil,le soja, l'arachide, le sucre
362
Les farines Misola auBurkina Faso
La composition de la farine Misola est basée sur l'association céréale/légumineuse,
association qui permet un équilibre des acides aminés voisin de celui des
protéines
animales. La céréale et le petit mil apportent glucides et protéines ; les légumineuses,
arachide et soja, sont richesenprotéines
et enmatièresgrasses
qui permettent
d'augmenter la valeur énergétiquede la farineet d'apporter des acides grasinsaturés.
La production moyenne annuelle est de 5 tonnes. Misola est présentée sous forme de
sachets de 220 g et de 500 g ; elle est vendue au prix de 225 Fcfa les 500 g (contre
400 Fcfa les400 g pour les farines importéesdu type Cérélac).
Les principales formules préparées actuellement
sont données dans les tableaux 1 et 2 ;
leur valeur nutritionnelle est donnée dans le tableau 3. Les analyses bactériologiques
réalisées au laboratoire de nutrition delaDSF
ont parfoisrévélé un niveaude
contamination trop élevé (tableau4).
Tableau 1
Composition des formules Misolades principales unitésde production (pour 100 g
de farine).
Ingrédients
(d
Mil
Soja
Arachide
0
Haricot
0
Lait en poudre 0
sucre
0
pain de
singe
(g)
sel
0
sulfatede fer (mg)
sulfate de zinc (m&
0
MISOLA
60
20
10
9
l
MISOPA
58
23
DEN-MUGU
60
10
30
5
3
1
100
60
Tableau 2
Formules Misola préparées au niveau des communautés.
Ingrédients
grillé
I
Mil
Sojagrillé
Arachide grillée
Sucre enpoudre
Sel
303
Volumes
3 vol
1 vol
1/2 vol
1/4 vol
selon le coût
DU JEUNE ENFANT
L 2LIMEIVTATIQNDE
Tableau 3
Composition chimique et valeur nutritive des farines de sevrage.
FAD
13-15
12-13
52
11
63
430
Sea.
%O
30
2
77
0,601
16
10-12
51
11
62-63
412428
2-3
GY7
0,001
4,57
4,93
13-15
13
49
13
62
426-421
3
797
15
14
15
14
8
15
13
63
436
63
430
67
400
68
409
2
6
2
2
2
7
8
NB :Les annalyses ont CtC effectutes par le laboratoire de nutrition @SF)
dCpartememd de: Rouen (France).
ee le
9
laboratoire Agro-vCt6rinaire
Tableau 4
Analyse bactériologiquedes farines de sevrage.
0
0
0
0
0
0
0
0
0
300/g
~‘
3001’
Les avantages des farines Misolapar rapport aux autres farines sont leur coût modkré,
%afacilité du mode de préparation et leur goût bien accepté par les enfants.
Elles peuvent 6tre enrichies aprks préparation avec du jus d’orange, de citron ou de
tomate, de la farine de pain de singe,du poisson ou de la viande.
304
Lesfarines MisoIa au BurkinaFaso
3. ORGANISATION DE L'UNITE DEPRODUCTION
TECHNOLOGIES UTILISEES
ET
3.1. Plan des unités de production
Les unités de production artisanales, lorsqu'elles sont créées, peuvent être conçues
selon plusieurs plans:
- un plan u compact u, qui permet de réduire les coûts, mais oblige à construire tout
en une fois;
- u n plan u éclaté B, où des bâtimentsdistincts abritent les différentesétapesde
fabrication. Ce type de plan est plus adapté aux aménagements et aux évolutions, si
l'on dispose d'un grand espace clos.
Le plan donné sur la figure 1 estceluide
Sourou au Burkina Faso.
l'U.P. construite à Toma, province du
Fabrication
4x6 = 24 m2
Figure 1
Plan de l'unité construite à Toma (Province duSourou).
305
L'ALIMENTATION DE CBMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Le grillagedesingrédientsfacilite
la digestibilitk et donne à la bouillie un gofit
apprécié meme desenfants dénutris et anorexiques. L'utilisation d'aliments locaux
permet le passage sans difficulté à une alimentation familiale traditionnelle. L'apport
de vitmine C et de bkta-caraine (provitamine A) peut se faire par l'adjonction, en
fin de cuisson, de jus
de fruit frais.
La fabrication de la farineMisola fait appel i des techniques artisanales traditionnelles
permettant une parfaite maitrise technologique. Le mode
de fabrication s'adapte à
trois contextes socio-économiques:
- la farine EabriquCe dans des unit& de production artisanales régionales est destinkeA
Ia vente. @es unités bien Cquipkes (pesage des ingrédients, ensachage) permettent de
fabriquer un produit de qualité et decomposition suivie. Elles sont gkrées selon une
politique de recouvrementdes coQts;
- la farine fabriquke de façon communautaire d a n s les centres de santé (SM, CREN)
permet à chaque mire ayantparticipk A lafabrication d'emporter chezelle la
quantité de farine nécessaire a son enfant jusqu'i la séance suivante. La technologie
simplifiée et la mesure des proportions d'ingrédients en volumes et non en poids
permettent d'utiliser le matériel de cuisine
traditionnel ;
-l'enseignement delarecette delabouillieMisolaseplacedans
une perspective
sont
d'kducatisn nutritionnelle et de prkparation de bouillies enrichies, telles qu'elles
utilisées dans certainesSM ou CREN.
Si la farine est mal conservée, elle peut &treinfectée par des insectes (charangons) ou
dktruite par les souris et les cafards. Une farine mal conservéeou manipulke peut &tre
A l'origine de gastro-entkrites (diarrh&e) chez l'enfant, raison pour laquelle diffkrents
contrbles sont réalisth au niveau du stockage des matiires premikres(mil,soja,
arachide) et des produits finis.
A l'intkrieur des U.P., les précautionssuivantes sont prises : lavagedesmains
;
tamisage de la farine d a n s des plats propres r6servés à cet effet ; refroidissement à l'abri
avant l'ensachage ; thermosoudage rkalisk de manièreà kviter de laisser de l'air dans les
sachets ;conservation des sachetsdans des bonbonnes fermkes hermétiquement.
Si elle est préparée et stockée dans des conditions satisfaisantes, une farine peut être
conservée pendant 6 mois et parfois plus.
306
Lesfarines Misola au Burkina Faso
4. CADRE INSTITUTIONNEL ET ACTIVITES DU
P R O G W M E MISOLA
4.1. Cadre institutionnel
Les Unités de Production fonctionnent de
façon
décentralisée
et
autonome,
idéalement grâceà un triple concours :
Autorité Médicale Locale, chargée de la supervisionde 1'U.P. et de définir le groupe
cibleafin d'intégrer Misoladans un projet de santé publique de lutte contre la
malnutrition ;
-Association Féminine, chargée de lafabrication et de lacommercialisationdela
farine afin d'intégrer Misola dans un projet d'activité féminine rémunératrice;
- Organisation Non Gouvernementale de soutien qui permet lefinancement des
investissements.
-
La production communautaire fonctionne selonlemêmeschéma,maisdefaçon
moins stricte.
Au Burkina Faso, la production de farine Misola s'intègre dans le Plan d'action pour
la production et la vulgarisation de farine de sevrage à base de produits locaux défini
par le Ministère de la Santé et de l'Action Sociale et la Direction de la Santé de la
Famille. Il bénéficie du soutien actif de l'UNICEF et de sa contribution financière.
Au Mali, le médecin directeur du cercle de Tenenkou gère le projet depuis 1993. La
coordination est assurée en France par le CFDAM et l'association Diafarabé-France
qui suivent les différentes U.P., en liaison avec le Ministère de la Santé etl'UNICEF
dupays concerné etavecles
O.N.G. de soutien. Desmissionsdesuivi
sont
régulièrement effectuées dans
les U.P.
4.2. Activités réalisées dans l'unité de Fada N'Gourma
-Formation du personnel en technique de production de farine de sevrage de type
u Misola ;
- Production de farineH: Misola ;
- Vente locale de farinedans la communede Fada N'Gourma ;
- Fourniture de farine de sevrage dans les 30 formations sanitaires du Gourma et des
provinces dela Gnagna etde la Tapoa etdans les pharmacies de Ouagadougou.
)P
)P
307
L'unit&Misola de Fa& joue le r6le de Centre national de formation en technique de
production Misola. Ella a formk les kquipes de production suivantes : kquipe de P8
(1983), équipedeZabrk (1987), kquipe de Diabo (1987), kquipe du secteur 36 de
kquipe de
Ouagadougou (19991, kquipe de Tenkodogs (19891, kquipe de Tsma (1989)1),
(1993,
Kouritenga (1989), &pipe del'association PaglaBiigYidgri,kquipesBam
NW), kquipe Diafarabk (Mali) en1992.
A partir du fonctionnement des quatre U.P. principales, il est possible de répondre a
cinq questionsvitales pour que detelles U.P. artisanales,faiblementfinancées,
puissent jouer un r6le de Santé Publique et
passer le cap de la phase expkrimentale.
La composition de la farine Misola correspond A un choix de matières premières dont
l'approvisionnement est facile toute l'année (jour le soja, sa culture s'en est trouvé
stimulée) et bon marchk au moment de la rkcolte(intédt de constituer des stocks).
L'approvisionnement en matikres premikreset la production sont confiks aux femmes
responsables de1'U.P. habituées A ces tâches dans leur vie familiale.
Les techniques mises en oeuvre s'inspirent desmkehodes traditionnelles et ont étk
adaptées progressivement pour 6tre plus efficaces (gain de temps en diminuant et en
simplifiant lesktapes defabrication, gain d'énergie, diminution despertes).Le
matkriel ktant simple, aucune pannen'arrite les femmes dans leurs tbches.
Le matkriel utilisk a kt6 acquis sur place, ce qui facilite son renouvellement : pas de
dépendance
technologique.
Le
moulin est
machines
spkciales
donc pas de
généralement en villeou appartient au groupement fkminin.
L'approvisionnement et la production sont rendus fiables lorsque ces tâches sont
partagées ou confiées A un groupementfkminin.En effet,le groupement féminin
col%aborantA 1'U.P. est génkralement compétent pour trouver desfemmesactives,
pour contribuer à trouver lesmeilleurscircuits
d'approvisionnement et pour
promouvoir les ventes.
La proximitk des producteurs de matikres premikres et des sites dedistribution facilite
l'approvisionnement et la distribution et contribue A réduire les coiits.
Les farines Misolaau Burkina Faso
5.2. Comment structurer l'unité de production ?
L'aboutissement de 8 ans d'expérience a conduit à structurer les trois pôles : une
structure de santé, un groupement féminin, une O.N.G. de soutien. L'ensemble des
U.P. est soutenu par le Ministère dela Santé et sa Direction Santé de la Famille, par
des organismes comme l'UNICEF Burkina et par une association(groupeconseil
Misola) qui a un rôle deconseiller technique et de coordinateur des O.N.G. de
soutien notamment.
C'est peut-être une des particularités des U.P. Misoladetravaillerauseindes
structures desanté. Cette collaboration constitue un atout majeur pour avoir un
impact de santé publique.En effet, cette implantation :
- facilite l'accès aux groupes cibles;
- permet de sensibiliser le personnel desanté à l'importance de la nutrition des enfants
pour leur santé ;
- valorise l'aliment commeproduit capable de donner une bonne santé et de cc soigner
la malnutrition B;
- permet de bénéficier desstructures de distribution des médicaments, des vaccins...
La collaboration d'un groupement fémininà une U.P.a plusieurs avantages :
- "privatiser" l'outil de production enintéressantfinancièrement lesfemmes à la
production ;
- bénéficier deleur connaissance et de leur permanence sur le terrain ;
- bénéficierde leur sens pratique dès lors qu'ellespeuventmaîtriser leur outil de
travail ;
-permettre une sensibilisation directe desmères du groupe à la nutrition de leurs
enfants.
La collaboration d'une O.N.G. de soutien permet d'envisager une aide financière.
Cette collaboration s'articule
souvent
avec d'autres volets d'un projet de
développement et permet d'intégrer 1'U.P. dans un contexte plus large.
La création d'un réseau, regroupant les différentes U.P., est nécessaire pour garder la
cohérencedel'objectif
(Santé Publique) et des moyens(artisanaux, groupements
féminins). Ce réseauest coordonné par la Direction delaSantéetdelaFamille
(Ministère de la Santé),
par l'UNICEF et par leGroupe Conseil Misola.
309
L 'ALlMENTATlON DE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Le remboursement d'investissements importants, en particulier ceux nkcessaires à la
construction de locaux, n'estpas l'ambition de ce type de projet. En revanche, l'autofinancement desfraisde fonctionnement et si possiblel'auto-financementdesréinvestissements et de la croissancefont partie des objectifs h atteindre.
Afin de déterminer le seuil de rentabilitkd'une U.P., on peut procéder comme suit :
nkcessaires 21 la fabrication
d'un kg de farine ;
déterminer le prix de vente raisonnable, permettant une accessibilitk au plus grand
nombre (deux itrois fois le prix des matiires premières) dans un esprit de Santk
Publique ;
calculerleschargesfixes par mois (salaireses, loyers, eau, transports, klectricitk, rkinvestissement, perteset imprévues...) ;
on peut alors dkterminerla production-vente minimalenkcessaire h l'équilibre
kconomique de1L'U.P. artisanale en divisantle montant des charges fixespar la marge
rCcupérke sur chaque kg vendu. Par exemple en 1991 à 1'U.P. de Fada N'gourma :
. Prix de revientdes matibres premieres: 230 Fcfa/kg ;
.Prix de vente :506 Fcfdkg ;
. Soit une marge brute de 276 Fcfdkg ;
. les charges fixes ktant de 98 666 Fcfa par mois, la quantitk minimum à
vendre chaque mois étaitde (90 000/270) soit 333 Kg.
- calculer le prix de revient en matières premikres brutes
-
-
-
La nkessitk.d'unegestionrigoureuseimpose
un certain nombre demesures, en
particulier la tenue d'une comptabilitksoigneuse pour lesachats,les
stocks, la
production et les ventes et le fait de refuser les
dons aux indigents en préfkrant susciter
pour eux l'achatde farine par les organismes dont c'est la vocation.
La comptabilitk ordinaire peut &treconfike au groupement féminin dont dkpendent
les meuniires. Le groupement fkminin a intkr&tà voir la production-vente crottre
(emplois féminins)et A promouvoir l'utilisation de la farine parles mkes qu'il rkunit.
La gestion est superviske par le mkdecin dela province de 1'U.P. ou par la responsable
du groupement féminin.
L'intégration de 1'U.P. dansles structures de santk permet de notables économies
(énergie, entretien des locaux...), voire dans certains cas la prise en charge de salaires.
En contre partie, les services de la Santé disposent d'une réponse crkdible, quoique
très insuffisante, auproblème de la malnutrition.
310
4
Les farines Misola au BurkinaFaso
Reste à résoudre le problème des investissements. Les U.P. créées jusqu'ici disposent
de locaux prêtés par la Santé ou construits par 1'O.N.G. de soutien : il a donc été
possibledecommencerrapidementenadaptantla
production aux capacités du
marché, puisde l'augmenter progressivement.
Si l'on ne dispose pas de ces facilités,il faut trouver un terrain et un financement pour
construire. Mais il faut prendre garde que les refus de mise à disposition de locauxpar
la santé ou par un groupement ne soient pas significatifs d'un désaccord sur les
objectifs (U.P. à but lucratif sans soucide Santé Publique) ou d'un désintérêt pour le
projet, donc un prélude à un échec. Si la volonté de créer une U.P. est réelle, il est
généralement possiblede trouver des locaux, si modestes soient-ils départ.
au
Les investissements en matériels deproduction ont été supportés en partie ou totalité
par 1'O.N.G. de soutien. L'UNICEF Burkina a également largement contribué au
soutien et à l'équipement de ces unités.
5.4. Commentatteindrelesgroupescibles
nutritionnel des enfants
et améliorerl'état
Atteindre les groupes cibles constitue probablement le problème le plusdifficile,
beaucoup plus difficileque d'atteindre la population solvable,et cette difficultéa
limité jusqu'ici l'extension du projet.
La collaboration avec les services de Santé est ici indispensable, même
pour des U.P. à
but commercial. Cette collaboration permet :
- de concevoir etdedévelopperle projet dans un souci de Santé Publique où la
nutrition fait partie de laprévention ;
- de sensibiliserle personnel de Santé à la nutrition infantile (sessions de formation) ;
- d'utiliser les structures de distribution et de vente des médicaments;
- desusciter des programmes de lutte contre la malnutrition comme il existe des
programmes de vaccination;
- d'organiser des campagnes de vulgarisation pour susciter l'usage par les mères des
aliments decomplément à partir de 4 à 6 mois.
Disposer 1'U.P. dans un Centre de Santé contribue donc à renforcer le lien SantéNutrition. La dispersion desU.P. sur le territoire facilitela distribution versles
groupes cibles plus facilement accessibles. Un autre moyen d'atteindre les groupes
cibles est de mettre en place les "Fabrications Villageoises Communautaires" de farine.
311
n'est pas suffisant qu'un nourrisson mange à sa faim. L'aliment qui
calme sa faim doit avoir une bonne valeur nutritionnelle. Il est donc important de
pouvoir garantir la quditk du produit, c'est i dire la stabilitk de sa formule, l'absence
de
toxicitk
(aflatoxines)
et sa bonne conservation,
en
respectant
les normes
internationales d'aliment de cette catkgoriie.
I1 faut, mais il
Cette exigence de qualité constitue un critire fondamental pour gagner et fidéliser des
marchés I)? maisaussi pour itre crkdibleauprèsdesorganismesnationauxet
internationaux susceptibles d'acheterde la farine dansle cadre deleurs actions delutte
contre la malnutrition.
Il est bien &dent que ces types d'U.P. ne peuvent prktendre h un contrhle de qualitk
de type industriel, avecanalysescomplhtes et systkmatiques des lots, et correction
kventuelle de laformule en fin de fabrication. Il faut donc prendre un soin particulier
h la prkpmtion de lafarine :
- exigences d'hygihne ;
- rigueur de fabrication (points sensibles : triage des graines, grillage);
- rigueur des mesurespour les mdmges ;
- qualitk du conditionnement.
CC
Cette constante rigueur de fabrication, complhke si possible d'analyses trimestrielles
(composition en nutriments et aflatoxines; contr6le bactériologique) constitue la seule
garantie de qualitk.
contr6le biologique
Le suivi dela qualitk incombe a laresponsablede1'U.P.Le
incombe plu& aux Services de Nutrition. Le CO& des analyses pour contréles des
qualitks, très onkreux,ne pourra en effet 2treprilevk sur le budget de 1'U.P.
ou d'autres
L'intervention du laboratoire d'analyseduMinistèredelaSanté,
(O.N.G.de
laboratoires, pourra nkcessiter
des
financements
complkmentaires
soutien).
L'impossibilitk financière d'assurerun contr6le scientifique decette farine artisanale a
malheureusement servi par le passé de prktexte A une institution pour ne pas acheter
cette farine dans le cadre de la campagne de lutte contre les effets de la skcheresse en
1991 au Burkina Paso et pourlui prkférer des produits agro-alimentairesimportcs ; un
autre organisme, lui, a su faire prkvaloir l'intkrit de l'utilisation de ressources locales
et a commandk 12 tonnes de farine dans le cadrede cette mime campagne. Il semble
donc que la volonté politique internationale soit également nkcessaire pour permettre
ce type $'U.P. de fonctionner.
312
L'OPERATION D'EDUCATION NUTRITIONNELLE
ET DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIE SUR
LE PLATEAU KUKUYA(CONGO)
Abel 2.MOUKOLO', Félicité TCHIBINDAT", Serge TRECHE"',
Yves MARTIN-PREVEL~', Stéphane PEZENNEC**, Norbert GAMI:':'
et Yvette LOUYAT DE DIBANTSA**
:b
Service denutrition de laDirection de la Santé dela Famille,
de la Santé, Brazzaville (Congo)
** Laboratoire deMinistère
Nutrition Tropicale, Centre Orstom, Montpellier (France)
1. JUSTIFICATION
La malnutrition protéino-énergétiqueau Congo seprésentesous ses deux formes
habituelles : la maigreur et le retard de croissance. Chez l'enfant d'âge préscolaire, la
prévalence de maigreur (mesurée parl'indice poids pour taille au seuil de -2 E.T.) est
de 4 %, alors que la prévalence deretard de taille (mesurée par l'indice taille pour âge
au seuil de -2 E.T.) est de 21% (Cornu et al., 1990).
L'enquête nationale sur l'état nutritionnel des enfantsd'âgepréscolaireau
Congo
réalisée en 1987 a montré que la région écologique des plateauxà laquelle appartient le
plateau Kukuya (districtdeLékana)étaittrèstouchée
par les problèmesde
malnutrition. En 1987, la prévalence de maigreur s'élevait à 8,5 % et celle des retards
de croissanceà 27,5 % chez les enfants deO à 59 mois.
En avril 1992, une nouvelle enquête nutritionnelle a été réalisée sur le plateau Kukuya
par le Laboratoire d'Etudes sur la Nutrition et l'Alimentation &ENA) du Centre
DGRST-ORSTOM de Brazzaville. Son objectif principal était de rechercher l'origine
O à 59 mois, puis d'identifier et de
des problèmes demaigreurchezlesenfantsde
à la malnutrition
hiérarchiser selon leur importance, les facteursderisqueliés
protéino-énergétique ; les objectifs secondaires étaient de fournir des données de base
permettant de proposer des solutions aux problèmesnutritionnels rencontrés.
E 'ALIMENTATION DE CQMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Les rksultats de cette enquite ont confirmk les taux deprkvalence de malnutrition
élevés observés auparavant,notamment les retards de croissance (Kameli,1992).
Parmi les diffkrents facteurs de risque identifiks,l'utilisation d'un calendrier de sevrage
inadéquat, c'est-&dire inadaptk aux besoins nutritionnels et h la physiologie du jeune
enfant a ktk mise en kvidence (Garni et al., 1995 ;Massamba et al., 1995).
Par ailleurs, l'analyse d'kchantillons de bouillies prCparkes sur le Plateau Kukuya a
montre l'existence de caractkristiquesnutritionnelles dkfavorables (Trèche et al., 1992 ;
Cornu et al., 1993 ; @amiet al., 1995) :
-une concentration en
matière
sèche
moyenne
de 15 g/166 g de
bouillie
correspondant à une densitkknergktique d'environ 60 kca1/100 ml,insuffisante
compte tenu de la faible frkquence journalihrede distribution des bouillies ;
- une teneur en protéines souvent infkrieure h 1 g pour 100 g de matikre sèche ktant
donnk que ces bouillies sont le plus souvent uniquement composkes de farine de
manioc, de sucreet d'eau.
Le choix du plateau Kukuya, situk h 900 km de Brazzaville, pour mettre en oeuvre une
intervention nutritionnelle a donc eu plusieurs misons :
- l'existence de prkvalences de malnutrition protkino-knergktique klevkes et de
pratiques de sevrage inadaptéessur la zone kcollogique des plateaux ;
- l'homogknkitk sur le plan humain et culturel du plateau Kukuya dont la densitk de
population (16 O60 habitants répartis sur les 450 km2 du district de Lkkana, soit une
densitkde 35 habitantdkm2) est très supkrieure A la moyenne nationale (Garni,
1992) ;
- l'homogknkitkdes productions agricoles qui rendaitpossiblede
proposer des
sur la totditk du plateau.
technologies
applicables
c
t.
t-
2.1. Les grandes lignes de la strate
A partir de 1991, le Ministire de la Smtk tmvers le Projet d'Appui aux Activitks de
Nutrition (PMW 21 klabork, en collaboration avec d'autres partenaires notamment le
Laboratoire d'Etudes sur la Nutrition et l'Alimentation (LENA) de I'ORSTOM et
l'Institut de Recherchepour l'Appui au Dkveloppement Agricole enZones Tropicales
(AGRICONGO), deux stratégies en vue d'améliorer l'alimentation
de complkment du
et al., 1993).
jeune enfant congolais (Tchibindat
La première de ces stratkgies concerne essentiellement le milieuurbain et repose sur la
fabrication et la promotion de farines infantiles priparkesà partir de produits locaux
(Tchibindat et Trèche,1995).
3 14
Education nutritionnelle et transfert de technologies au Congo
La seconde, destinée à être mise en oeuvre à l'échelle pilote sur le plateau Kukuya, a
consistédans l'opération d'éducation nutritionnelle et de transfert de technologie
culinaire qui est présentée ici.Cette stratégie poursuit deux objectifsprincipaux :
-la diffusionauprès de toutes lesfemmesenâge
d'élever des enfants de messages
d'éducation nutritionnelle visant à promouvoir l'allaitement maternel exclusif de O à
4,voire 6 mois, et un calendrier desevrage adapté;
- la vulgarisation de technologies alimentairespermettant aux mères de préparer, avec
les aliments locaux disponibles en permanence pour toutes, des bouillies de haute
densité énergétique et enrichies en protéines.
2.2. La formation des animatrices villageoises
Le moyen retenu pour la mise en oeuvre de cette opération a été le recours à des
"animatrices villageoises" sélectionnées au sein de la population devant bénéficier de
l'opération puis formées par l'équipe s'occupant du projet. Chaque animatrice devait
s'occuper d'une des 12 zones délimitéessur le plateau.
La formation a eu 8 objectifs qui ont chacunfait l'objet d'un module spécifique.
L'essentiel du message à transmettre à l'animatrice a été regroupé dans un document
intitulé "Aidemémoire de l'animatrice'' (Pezennec et al., 1993). La formation a
compoi-té unephase théorique et une phase pratique.
A l'issuedelaphase
d'acquisition desconnaissances nutritionnelles de base,les
animatrices devaient:
- objectif 1 : avoir des connaissances élémentairessur les besoinsnutritionnels ;
- objectif 2 : savoir comment l'alimentation permetdesatisfaire
lesbesoins
nutritionnels ;
- objectif 3 : savoir comment satisfaire les besoins nutritionnels de l'enfant de 0-2 ans ;
- objectif 4 :connaître les principaux signes de lamalnutrition ;
- objectif 5 : savoir préparer une bouillie de sevrage de haute densité énergétique et
enrichie en protéines.
Chaque module a été abordé par l'équipe en charge de la formation en faisant au
maximum appel à la participation des animatrices, à leurs connaissances déjà acquises
et en suscitant des questions.
Dans une seconde phase, laformation a porté sur les principes d'organisation :
315
- objectif 6 :ttre capable de
donner aux mères l'essentiel du message nutritionnel et
leur apprendre à prkparer la bouillie desevrage mkliorke ;
- objectif 7 :savoir organiser et planifier au niveau de la zone qu'elle aura à charge les
séances d'kducation nutritionnelle et de dkmonstration culinaire ;
- objectif 8 :8tre capable d'auto-évaluer leur travail et d'identifier lesblocages à la
diffusion des messages nutritionnels.
Pour des raisons financières les 12 animatrices n'ont pas pu &treformkes au m&me
moment. Elles ont ktk &partiesen
2 kquipes de 6 animatriceschacune.
Les
6 animatrices des zones les plus touchkes par la malnutrition ont 6th formkesles
premiires (janvier 1993) ;celles des 6 autres zones nel'ont ktk que 3 mois plus tard.
Il a kt6 dkcidk que le travail des animatrices se ferait
en 2 phases :
- une phase de diffusion des messages nutritionnels et des techniques depréparation de
la bouillie enrichie à toutes les femmes de sa zone en ige de s'occuper d'un enfant.
Au cours de cette phase prkvue pour durer 3 mois et pour occuper les animatrices à
plein temps (6 jours sur 71, les animatrices devaient atteindre toute la population
cible de leur zone ;
- une phase de suivi prévuepour durer 21 mois et au cours de laquelle, les animatrices
devaient travailler à tiers temps (environ 2 jours par semaine ). Le travail consiste à
rendre visite a u femmes dans leurs villages avec un planning de travail propre à
chaque animatrice de façonà renforcer l'action initike pendant la premikre phase.
Les 12 animatrices retenues ont r e p une indemnitk mensuelle, du matériel nicessaire
pour les dkmonstrations (ustensilesdecuisine,maïs
et papeterie)et une bicyclette
pour se diplacer sur financement duprojet PAAN.
La supervision a ktk rkaliske A 2 niveaux : la supewision par une personne résidantsur
le plateau et recrutke comme superviseuse locale et la supervision
par les membres de
l'kquipe s'occupant du projet.
2.3.1.
Dans chacun des 2 groupesde
formation, une animatrice a été choisie pour
coordonner le travaildes autres, assurer la liaison avec l'équipe s'occupant du projet et
jouer ainsi le rôle de superviseuse locale.
Education nutritionnelle et transfert de technologies au Congo
Lasuperviseusedevaitveiller
à laconservation du message nutritionnel et des
techniques culinaires. Pour cela, elle devait réunir les animatrices 2 fois par mois et
visiter dans sa zone au moins une fois par mois chacune des 5 animatrices qui lui
étaient rattachées.
2.3.2.
..
*
s1 occupant du projet
par 1 equlpe
1 )
Elle a concerné le travail des animatrices et des superviseuses locales. Des visites de
contrôle ont été réalisées, d'une part vers la moitié et, d'autre part, vers la fin de la
première phase de travail.Au cours de la seconde phase, des visites de contrôle ont eu
lieu environ tous les 4 mois (PAAN,1994).
Au cours de ces visites, une réunion de toutes les animatrices était organisée au cours
de laquelle elles exposaient les problèmes rencontrés afin que les solutions possibles
ressortent d'une discussion collective.Les "cahiers de séances" et de supervision étaient
vérifiés et des questions étaient posées aux animatrices sur les points restés obscurs.
Des précisions étaient données pour les éventuelles questions des femmes restées sans
réponse.
L'équipe visitaient également les animatrices dans leur zone au cours de leurs séances
d'éducation nutritionnelle. Enfin, des entretiens ont eu lieu avec les femmes après les
séances et au hasarddes rencontres dans les villages.
3. TECHNOLOGIES TRANSFEREES
L'objectif recherché était de transférer des technologies permettant la préparation de
bouillies enrichies en protéines (10 g de protéines pour 100 g de matière sèche) ayant
bouillie,
soit
une concentration de 30 g de matière sèche pour 100 g de
approximativement 120 Kcal pour 100 ml, tout en conservant une viscosité comprise
entre 1 et 1.5 Pas. (Trèche et al., 1991 ; Trèche, 1994 ; 1995 ; Louyat de Dibantsa,
1994).
3.1. Ingrédients utilisés
Les différents ingrédients utilisés pour la préparation de la bouillie à haute densité
énergétique sont le manioc ("kifuwo"), la pâte d'arachide ou de courge, le sucre, la
farine de maïs germé etl'eau (figure 1).
3 17
Mise en suspension dans l'eau froide
Q
l---
Chauffage jusqu'à épaississement
Diminution de l'intensitê
du chauffage juequ'k IiquCfaction
souhait6e
1
Agitation de la bouillie
hors; de ln source de chaleur
jusqu'A liqudfaction souhnitêe
I
1
Chauffage jusqu'à apparition des bulles
en surface
#
mantien 5 minutes environ sur la source de chaleur
1
Bouillie enrichie
Figure 1
Procédé de prkparation de
la bouillie enrichie.
3.2.1.
Les procédks technologiques utilisks pour l'obtention de "Kihwo" sont identiques à
ceux utilisés pour les premikres étapes de la préparation de la chikwanpe (Trkche et
Massamba, 1995) :
- rouissage des racines de manioc pendant 2 A 4 jours lorsque le rouissage se fait dans
l'eau ou pendant 2 3 jours lonsqu'il est réalisk sous terre (@&uniet Triche, 19%) ;
- kpluchage, dkfibrage par décantation, égouttage;
- laminage de la pdtesur un plateau en bois;
- modelage sousla forme d'une grosse boule enveloppéede feuilles;
- cuissonde cette boule dansunegrande marmite tapissée depaille ou delianes
pendant une demi-heure à trois quart d'heure ;
- malaxage de la boule après refroidissement sur le plateau en bois : la partie centrale,
partiellement cuite, constitue le"Kifuwo" qui estutilisk pour la préparation des
bouillies.
318
Education nutritionnelleet tramfert de technologies au Congo
3.2.2.l%gvabn de la
Le mode de préparation utilisé pour l'obtention de farines de maïs germée est donné
sur la figure 2 bouyat de Dibantsa,1994) :
- tri et lavage des grains de maïspour écarter ceuxqui ne peuventpas germer ;
- trempage des grains dans un excès d'eau pendant 48 heures et étalement sur un tissu
propre et humide ;
- germination à température ambiante et à l'abri des rayons directs du soleil jusqu'à
l'obtention d'une plantule de 3 cm environ (de 72 à 96 heures sont nécessaires) ;
- séchage des grains au soleilou à l'intérieur de la caseprès du feu pendant 3 à 4 jours ;
- enlèvement des racines et de la plantule après séchage des grains
;
- pilage des grains aumortier suivi éventuellementd'un tamisage ;
-stockage dela farine dans un récipientbienfermé à l'abri de l'humidité et des
ravageurs.
triage
*
trempage dans l'eau ( 2 jours)
à t' ambiante
4
lavage
*
germination sur tissu humide (3-4 jours)
*
1 Grains germés 1
séchage au soleil (3 à 7 jours)
*
*
*
dégermage
pilage
+
tamisage
Farine de maïs
germée
Figure 2
Mode de préparation des farines demaïs germé.
319
~ ' ~ L I ~ E N T ACOMPLEMENTDU
T I ~ ~ ~ E
JEUNE ENFANT
La capacitk de la farine de maïs germk rendre la bouillie moins &paissepeut varier
selon les variktés, la durke de conservation et les modalitb de germination : il faut
donc augmenter ou diminuer la quantitk de farinede ckride germke en fonction de ses
caractéristiques et de la consistance des bouillies souhaitées.
3.2.3.
Les technologies traditionnellement utiliskes pour prkparer de la pke d'arachide ou de
la pâte de courgesont données sur la figure 3 (Louyat de Dibantsa,1994).
I
h
Courge
décorkicage
I
décorticage
...
I
écrasage
(meule de pierre)
vannage
Ï
Pâte
I
(meule de pierre)
I
de
courge
Pâte d'arachide
Figure 3
Technologies traditionnelles de transformation des graines de courgeet d'arachide.
ode de cuisson des ouillies enrichies
Le mode de cuisson de la bouillie a été adaptk aux pratiques habituelles des mires du
plateau Kukuya.
- mélange de tous les ingrkdients ;
- cuisson de la bouillie à feu trks doux ou au "bain marie" jusqu'àl'apparition de bulles
en surface ;
- cuisson pendant au moins5 minutes supplémentaires.
320
Education nutritionnelle et transfrt de technologies au Congo
4. EVALUATION
L'opération a débuté en janvier 1993. Les missionsdesupervision ont permis de
constater un déroulement normal des opérations.
L'évaluationde l'intervention dont leschémaestexplicitéendétail
par ailleurs
(Martin-Prével et al., 1995) comporte uneévaluation deprocessus et une mesure
d'impact nutritionnel. La première évaluation de processus effectuée à la fin de 1993 a
permis de constater queles messages nutritionnels étaient dans l'ensemble bien retenus
et les technologies assimilées (Louyat de Dibantsa,1994).
5. CONCLUSION
L'alimentation pendantlapériode desevrage, enraisondepratiquesalimentaires
traditionnelles inappropriées, est certainement un desfacteursétiologiqueslesplus
importants de la malnutrition sur le Plateau Kukuya.Les connaissances et les attitudes
des mères jouent un rôle très important dans laconduite du sevrage.
L'opération d'Education Nutritionnelle et de Transfert de Technologie Alimentaire
sur le PlateauKukuya a reçu un accueil favorable dela population. Cependant comme
dans toute innovation, il existe encore de fortes pesanteurs socio-culturelles même si,
le recours à des animatrices issues du plateau permet tant soit peu de contourner les
blocages misen évidence.
On constate par ailleurs que le changement de comportement en terme d'amélioration
du calendrier de sevrage se heurte à plus de difficultés que l'adoption de la nouvelle
bouillie.
La prise en compte plus poussée des déterminants socio-culturels des comportements
l'on veutassurer la
alimentaires est une approche à privilégierdansl'avenir,si
pérennité de l'innovation technologiqueet desmessages d'éducation nutritionnelle
dans ce type d'intervention.
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323
L ~ L ~ ~ E N T A TDE
~O
CQMPLEMENT
N
D U JEUNE ENFANT
324
TRANSFERT DE TECHNOLOGIE EN MATIERE
D'ALIMENTATION DE COMPLEMENT :
I'EXPERIENCE DU CREDESA A PAHOU (BENIN)
Aristide SAGBOHAN,
Centre Régional pour le Développement etla Santé (CREDESA),
Cotonou (Bénin)
1. INTRODUCTION
Le Centre Régional pour le Développement et laSanté(CREDESA)mènedes
activités visant la promotion des soins de santé primaires depuis 1983. Ces activités
concernent la recherche, laformation des agentsde santé etles services.
Dès le départ, la nutrition occupe une place de choix. Elle prend son essor à partir de
1986-1987 suite à une grande étude sur laprévalenceetles
déterminants des
malnutritions protéino-énergétiques. Cette étude donne des taux de prévalence très
élevés, 10-15 YO pour la malnutrition aiguë et 25-35 % pour la malnutrition chronique
parmi les enfants de moins de 5 ans. Les taux de prévalence, faibles la première année,
augmentent graduellement durant la deuxièmeet la troisième annéede vie de l'enfant.
Les facteurs sous-jacents misen évidence sont :
- la pauvreté à l'origine d'une insuffisance alimentaire avec comme corollaire la noncouverture des besoins nutritionnels énergétiques et protéiques;
- la morbidité avec en-tête le paludismeet les infections ;
- les mauvaises relations entre la mère et l'enfant ;
-les mauvaises relations entre les membres du coupleconduisant
à une non
participation du mari auxcharges du ménage ;
- une insuffisance des connaissances auplan del'alimentation des groupes vulnérables.
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Ces constatsont amenk le CKEDESA 1mettre l'accent sur l'kducation des mères et la
mise enplaced'activitksdedkveloppementvisantla
production agricole et la
gknkration de revenus.
En outre, un programme de surveillance de la croissance des enfants de 0 b 5 ans et un
autre concernant la rkhabilitation nutritionnelle à domicile des enfants malnutris ont
kté mis en oeuvre.
La mise en place de ces programmes a conduit le CREDESA b adopter des formules
simples à basse d'aliments locaux pour promouvoir l'alimentation des enfants en bas
âge.
2.1. Enqu&.s
1
Plusieurs enqdtes dont celles sur les dkterminants des malnutritions protkinoknergétiques ont permis de connakre les disponibilitks dimentaires locales et les
habitudes alimentairessurtout en ce qui concerne l'alimentation de complkment.
Lespossibilités et les techniques localesde transformation des aliments ont été
ktudikes.
ise BU point technologique
Ayant prisconnaissancedesalimentslocalementutilisables
pour l'alimentation des
enfants, le CRFDESAa entrepris une mise au point technologique. Ce travail permet
desauvegarder la valeur nutritionnelle desaliments.Ainsi,desfarinessimplesetdes
mklanges de farine pour bouillies, sauces, pites, purkes et ragoûts ont kt6 conçus.
Ces formulesont kté testkes individuellement et collectivement au niveau de certaines
mkes.
Des unitks localesont kt6 définies pour quantifier les ingrkdients :
- la petite boite vide de conserve detomate permet de mesurer les farines ;
- la cuillèreà soupe permet de mesurerles liquides notamment les huiles ;
- le nombre d'unitks permet de quantifier la tomate (fruit), les petits poissons, les
oeufs, la patate douce, le manioc
...;
- la tranche ou morceau permet dequantifier l'igname, la viande... ;
- le nombre de feuilles, poignéeou botte permettent de mesurer les lkgumes.
326
'-
,
L'expérience du CREDESA à Pahou (Bénin)
Les correspondances entre ces unités de mesure localement accessibles et le poids ont
permis d'apprécier la valeur nutritionnelle des différents mélanges infantiles aux plans
énergétique et protéique. Les différents calculs ont été faits en se référant à une table
de composition des aliments. Cette démarche a permis de mettre au point les aliments
de sevrage exposésdans le chapitre qui suit.
3. ALIMENTS D E COMPLEMENT
Ils sont essentiellement faits de bouillies, de sauces, de pâtes, de purées
et de ragoûts.
3.1. Bouillies
Ce sontles bouillies simpleset les bouillies enrichies.
3.1.1.
.. .
Elles sont préparées à l'aide de farines de céréales uniquement (maïs, sorgho, riz). La
farine d'une seule céréale suffit. Elle permetd'obtenir la première bouillie de l'enfant
introduite entre 4 et 6 moisencomplément du laitmaternel. Certaines bouillies
simples sont préparées à l'aide d'un bouillon delégume.
3.1.2.
..
. .
Ce sont des bouillies faites de mélanges de farines de céréales et d'aliments riches en
protéines. Les aliments protéiques utilisés sont lesfarinesdelégumineuses(soja,
haricot, arachides), depetits poissons séchés, des crevettes et des oeufs.
Ce sont des mélanges doubles d'une céréale et d'un aliment protéique, ou triples de
deux céréales et d'un aliment protéique ou inversement d'une céréale et dedeux
aliments protéiques.
Les bouillies enrichies sont données aux enfants en complément du lait maternel à
partir de 6 mois. Elles remplacent les bouillies simples.
Letableau 1 présente les quantités d'ingrédients qui rentrent dans lesmélanges
doubles ou triples de bouillies enrichies ainsi que leurs équivalents poids.
327
DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFMT
Tableau 1
Ingrédients entrant dans la composition des bouillies enrichies.
NGREDIENTS
Farine de
céréale
(maïs,
sorpho. riz1
Farine de haricot
Farine d'arachide
............................................................
Farine de petits
oissons
.E........................................................
Oeuf
............................................................
Farine de ssia
m s m s LOCALES
3 bottes vides deconserve
de
tomate
.............................................................
1 boi'te vide de conserve de
tomate
.............................................................
1 botte vide de conserve de
tomate
.............................................................
2 cuillerées soupe
.............................................................
1 gros oeuf ou 2 petits
..........................................................
1 botte vide de conserve
40 g
...........................................................
............. 66.8.............
40 E
I
I
A partir de ce tableau, on peut obtenir plusieurs associations,par exemples :
- la farine de mais et la farinede soja donnent un mélange double ;
- la farine de sorgho, la farinede riz et la farine depetits poissons donnent un mklange
triple ;
- la farine de mais, la farine de haricot etun oeuf donnent un mklange triple.
Au cas oh on utilise deux farinesde cérkales diffkrentes,on constitue la quantité totale
de farine de céréale requise l'aide d'une part égale de la farine de chaque cérkale. Il en
est de mime pour l'utilisation de deux aliments protéiques différents.
Les bouillies sont consommées par l'enfant dans une mime journée. Comme $ans le
cas debouilliessimples,certainesbouilliesenrichies
sont préparées B l'aide d'un
bouillon de légume.
Dans certains cas particuliers où l'on recherche une densité knergétique plus élevée
surtout pour la récupération d'enfants malnutris, on ajoute de l'huile à l'aide d'une
cuiller A soupe. La quantid d'huile ajoutée dépend du niveau énergktique recherchk.
Une cuillerke B soupe d'huile correspond à 15 grammes.
3.1.3.
Il s'agit soit :
- de sauces simples aux poissons;
- de saucescomposéesauxpoissonsetlégumes
ou aux poissonsenrichiesaux
...);
légumineuses (soja, graine de courge, graine de néré, arachide
328
L 'expériencedu CREDESA à Pahou (Bknin)
Les pâtes accompagnent souventles sauces. Elles sont préparées:
- soit à l'aide d'une farine de céréale simple ou enrichie au soja
;
-soit à l'aide d'une farinederacine ou tubercule : manioc (gari),igname, patate
douce ;
- soit à l'aide de tubercules bouilliset pilés.
Les sauces et les pâtes rentrent dans l'alimentation des enfants à partir de 6 mois, âge
auquel les mères commencent à leur donner le plat familial. Le tableau 2 donne les
ingrédients qui rentrent dans une sauce-type.
Tableau 2
Ingrédients rentrant dans la composition des sauces.
MESURES LOCALES EQUIVALENTS-POIDS
INGREDIENTS
Petits poissons ou farine de 6 poissons ou 3 cuillerées à
60 g
soupe
.E...................................................................................................................................................................................
oissons
1 boîte de
conserve
de
o ai^^ de courge écrashe
40 g
tomate
........................................................................................................................................................................................
1 botte
....................................................................................................................................................................................
Lépmes-feuilles
200 g
2
cuillerées
à
soupe
.................................................................................................................................................
Huile de palme
30%.............
1 moyenne
Tomate (fruit)
50 g
....................................................................................................................................................................................
2 tranches
S0.g.............
Oignon
...................................................................................................................................................
Sel
..KR.
incée
.................................................................................. :
..............................
..............................................................
Eau
?hlitre environ
La graine de courgepeut-être remplacée par de la farine desoja ou d'arachides grillées.
La saucepeut également être préparée sans légume-feuille.
3.1.4. Butres recettes
Les purées sont simples ou enrichies. Elles sont à base de haricot ou de tubercules
(igname, patate douce,
manioc).
On met
y
toujours de l'huile. L'élément
ou l'oeuf.
d'enrichissement des purées de tubercules est le poisson séché
Les ragoûts sont à base de tubercules et d'huile. Ils sont toujours enrichis aux petits
poissons, à l'oeuf ou à la viande. Comme lessauces et lespâtes,les purées et les
ragoûts sont introduits dans l'alimentation de l'enfant à partir de 6 mois.
Le tableau3 donne la composition d'une purée de haricot et d'une purée d'igname.
329
L 'ALIMENTATION BE C
EMENTBU JEUNE ENFANT
Tableau 3
Composition de purées d'haricot et d'igname.
- Haricot sec
1 boîte de
conserve
de tomate
La farine demanioc (gari) enrichie à l'huile et auxpoissons ou à l'oeuf rentre
kgalement dansl'alimentation de l'enfant surtout à partir de la deuxième annke.
Elle se fait Q travers des skances individuelles et collectives d'kducation nutritionnelle
et de dkmonstration culinaire.
Les skances d'kducation nutritionnelle individuelles ont lieu avec les mères des enfants
admisdansleprogrammederkhabilitation
nutritionnelle A domicile. Lesséances
d'kducation nutritionnelle collectives ont lieu au niveau des groupements de femmes
constitués le plus souvent volontairement Q lademandedesfemmes. Le d&ir naît
après que lesfemmes aient vu desenfants malnutris rkcup6rks seulement avecdes
aliments locaux. Le résultat suscite leur curiosité et elles cherchent A connattre les
recettes qui ont ktk exécutkes. La frkquence des skances d'kducation nutritionnelle est
de une Q deux par mois.
Les femmes sont t r b motivées pour connaître les diffkrentes combinaisons culinaires
que l'on peut rkdiser avec %esalimentslocaux. Les recettes ainsi obtenues sont
acceptables, abordableset faisables.
5. VALEUR
MCETTES UTILISEES
ELLE ET @OUT MO
Les valeursénergktique et protéique des diffkrentesrecettesainsi
figurent dans le tableau4 :
330
que leur coCtt,
L'expérience du CREDESA à Pahou (Bénin)
Tableau 4
Valeur nutritionnelle et coût des différentes recettes.
Recettes
- Bouillie simple
- Bouillies enrichies
- Sauces
- Pâtes
- Purées
Contenu en
Energie (Kcal)
Teneur en
protéines (g>
11,3
18 - 35
27 - 49
11,3
22-27
450-568
Coût journalier
FCFA
us $
35
50
75-100
20
50
0,07
O, 1
0,15-0,2
0,04
OJ
Ce tableaupermet de constater qu'à peu de frais, les mèrespeuvent donner à manger à
leurs enfantsdes mets d'une bonne valeur nutritionnelle.
5. CONCLUSION
La politique duCREDESA en matière d'alimentation des enfantsen bas-âgese
poursuit normalement à travers différentes interventions nutritionnelles offrant des
opportunités d'atteindre les mères et les enfants. Cette politique se traduit par :
- l'encouragement de l'allaitement maternel avec sa prolongation le plus longtemps
possible ;
- l'accroissement dela production locale ;
- le bon sevrage des enfants;
-le souci de l'équilibre alimentaire à travers une meilleure utilisation des produits
locaux pour mieuxcomposer et préparer lesrepasavec
une diversificationde
l'alimentation des enfants ;
- l'accent sur la bonne connaissance des aliments et les combinaisons favorables à la
couverture des besoins nutritionnels et au maintien d'un bon état nutritionnel ;
- la promotion d'une bonne hygiène alimentaire.
Il y a une émulation des mères autour des recettes proposées. Elles lesappliquent avec
enthousiasme pour la bonne alimentation de leurs enfantset de leur famille.
33 1
332
TECHNIQUES DE MALTAGE :
EXPERIENCES AU NIVEAU DES PAYS
Anna VERSTER
Bureau Régional del'OMS pour la Méditerranée
orientale, Alexandrie (Egypte)
1. INTRODUCTION
La germination de graines de céréales, que l'on appelle aussi "maltage", est utilisée au
niveau des ménages comme technique permettant d'améliorer la densité énergétique
des bouillies.
La fermentation, utiliséetraditionnellementdansbeaucoup
depaysafricains,
a
plusieurs avantages importants, maiselle n'est pas très efficace pour augmenter la
densité énergétiquedes bouillies. On ne considéreradonc ici que le maltage.
Tout au long de cet atelier, plusieurs communications ont traité de l'incorporation
d'amylases au cours de la fabrication de farines infantiles en atelier. La promotion de
techniques de germination/maltage au niveau des ménages a été mise en oeuvre dans
un certain nombre de
pays.
Deux
expériences
ont fait l'objet de
plusieurs
(FRA) en Inde etcelles
publications : celles utilisant desfarinesrichesenamylases
utilisant de la "kiméa" en Tanzanie.
1. L'EXPERIENCE INDIENNE
Des recherches ont été conduites en Inde, principalementà l'Université de Baroda, sur
l'utilisation de farinesgermées. Ces recherches sesont prolongées sur le terrain par des
étudesdefaisabilité du transfert auniveaudesménagesdes
technologies misesau
d'ONG ou auniveaudecentres
de
point, notamment dans le cadredeprojets
réhabilitation nutritionnelle. Plusieursde cesessais de transfert s'adressaient à des
mères illettrées dansdes bidonvilles.
L 2LIMENTA TIQN DE CQMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Traditionnellement les mkres indiennes prkparent une bouillie liquide (5 % de farine)
avec du sucre "jaggery" et parfois un peu d'huile. Les bouillies prkparkes avec de la
farine riche en amylases, pour leur part, sont caractkriskes par une tris haute densitk
knergktique : on rajoute du sucre "jaggery", de l'huile et de la farine F M à dela
bouillie tris épaisse contenant 30 g de farine pour 100 ml de bouillie.
Le prockdk de priparation de cetteF M est, dans ses grandes lignes, lemime que celui
dkcrit par Triche (1995). En Inde, on insiste sur l'importance dy dkgermage. Pour le
broyage, les mires utilisent les moulins commerciaux quel'on trouve localement.
En Tanzanie, l'kquipe du "Tanzanian Food and Nutrition Centre" (TFNC) a ktk très
active dans la recherche de rnkthodes destinkesb augmenter la densitk knergktiquue des
bouillies infantiles. Ces recherchesont abouti au dkveloppement de l'utilisation de la
"kiméa".
La bouillie traditionnelle donnke aux enfants, presque partout en Tanzanie, est une
bouillie très liquide A base de farinede maïs et d'eau avec une concentration trks faible
de farine (5 B 8 %).D'autres ingrkdients, enfonction de leur disponibilitk, de leur prix,
du temps dont disposent les mkres pour la préparation et bien sur aussi de leur niveau
d'kducation, sont parfois ajoutés.
Par ailleurs, une farine maltke B base
de
millet ou de sorgho est
prkparke
traditionnellement par %es femmeslors de la prkpamtion de la bikre locale. Cette farine
maltée est appelée "Ecimka'' en Swahili.
une ktude pilote sur le terrain,
En 1983, aprksdesrecherchesenlaboratoireet
l'utilisation de la kimka à 6th encouragke dans le cadre d'une campagne de promotion
qui marquait le dkbut du programme conjoint TJ"EF/OMS d'appui à la nutrition
ONSP) A Iringa en Tanzanie. Beaucoup a kté kcrit A propos de ce programme, je me
limiterai iciA ce qui concerne la a kiméa D.
La promotion dela
u kimka u faisait partie des 6 stratkgies
élaborkes
pour
6 stmtkgies
l'amélioration de la nutrition desenfantsdanslarkgiond'Iringa.Ces
l'allaitement
maternel,
la
salubrité et
l'hygiène,
la
consistaient à encourager
distribution fréquente de repas, l'utilisation de mélanges d'aliments, l'incorporation de
kiméa B ou d'huile danslesbouilliesetla
distribution de quantitkssuffisantes
d'aliments à chaque repas.
On montrait aux femmes comment préparer une bouillietrès épaisse qu'elles devaient
laisser refroidir avant d'y ajouter, en remuantbien, une cuilleréede Q kimka B
((
334
Techniquesde maltage :expériences au niveau des pays
(tableau 1). En raison d'une fréquence importante des diarrhées, il aété recommandé,
par la suite, de réchauffer la bouillie avant de
la donner à l'enfant.
Le procédé de préparation de la << kiméa B diffère de manière importante de celui
utilisé en Inde et au Congo, en cesens que l'on nedemandait pas auxmèresde
dégermer les graines avant de lesbroyer.
Tableau 1
Préparation de bouillie avec "Kiméa" en Tanzanie.
1. PREPARER UNE BOULLLIE TRES EPAISSE
2. LA LAISSER REFROIDIR
3. AJOUTER UNE PETITE CUILLEREE DE KIMEA
4. BIEN REMUER
5. ATTENDRE LA LIQUEFACTION (RECHAUFFER)
6. NOURRIR L'ENFANT
3. QUESTIONS A SE POSER A LA SUITE DES EXPERIENCES
INDIENNES ET TANZANIENNES
Les expériencesprésentées ont été l'objet denombreusesévaluations et critiques.
Certains aspects de ces évaluations ont été examinés par Ashworth et Draper (1992).
Nous n'aborderons ici que certaines questions considérées comme les plus
pertinentes.
3.1. L'acceptabilité et la pérennité des technologies transférées
En Tanzanie, comme d'ailleurs en Inde, l'enthousiasme pour la n kiméa B a été très
grand audébut, pendant et juste après la campagne, maisnombre
le
de femmesqui ont
continué à utiliser la technique a diminuéavec le temps.
Les constatations suivantes peuvent être faites :
-il est évident qu'une campagnecommecelle
qui s'estdérouléeen
Tanzanie a
bénéficié de ressources considérables, aussi bien humaines que matérielles,
et qu'il
;
n'était pas possible demaintenir un tel effort pendant la période de suivi
- il a été aussi suggéré que les femmes associaient lan kiméa B à la production de bière
et craignaient donc de donner à leurs enfantsune nourriture contenant de l'alcool. Il
serait important de vérifier la véracité de
cette suggestion par des méthodes d'enquête
qualitative rapide ;
335
L 'ALIMENTATJON DE COMPLEMENT DU JEUNE ENFANT
Y
la préparation de la 4 kiméa B entrahe un travail supplkmentairepour les mères qui
sont dkjh débordka. A ce proposs le Professeur Gopaldas de I'Universitk de Baroda
a
faitremarquer qu'une technologie traditionnelle n'est pas nkcessairement une
technologie pratiquke individuellement auniveaudechaquemknage
et a suggkré
d'identifier desfemmes-spkcidistes qui pourraient préparer la farine maltke et la
vendre. De la mime façon, en Tanzanie, ce ne sont pas forckment toutes les femmes
qui préparent la bière locale: on peut donc imaginer pIusieurs modèlesau niveau de
la communauté pour faciliter la préparation de F M ou de 4 kimka D ;
il a kté suggkrk que le coit de la farine nkcessaire pour préparer une bouillie kpaisse
ktait trop élevk pour les snknages. Le Professeur Gopaldas signale que la farine de
ckrkales est l'ingrkdient le moins cher de la bouillie, de prix bien inférieur A celui de
l'huile. Une bouillie contenant 5 o/B de farine coite au mknage 2,P p. de roupie par
160ml correspondant h environ 26 Kcd. Une bouillie contenant 30 % de farine
coiterait 15 p. de roupie pour 100 ml, soit environ 120 fical. L'addition par la m&re
de10grammes
d'huile
une bouillie de 26 Kcal, pour obtenir une densitk
knergétique de 116 Kcal/l60ml, coiterait 40 p. de roupie pour 166 ml.
La question de la toxicitk,en particulier en Tanzanieoù l'on utilise les graines maltées
avec leur poussesvégétales, doit ttre examinie. En effetcela constitue un risque
important de toxicitk cause du cyanure qui se dkveloppe au cours de la germination
des grains de sorgho.
Toutefois, Dada et Denby de l'Institut de Développement des Ressources naturelles
(NQ du Royaume Uni ont &tudik des échaptillons de cc kimka D provenant de
Tanzanie et n'ont pas trouvé de taux de cyanure inquiktants. Ils ont donc conclu que
le prockdk traditionnel rkduit le contenu en cyanure à un niveau ne prksentant pas de
risp.
Finalement, la question de savoir si l'utilisation de a Kim& I) ou d'autres sources
d'amylases a vraiment un effet favorable sur la croissance doit itre posée. Il n'est
d'ailleurs pasnécessaire
defairegermer
desckrkales
pour obtenir une action
amylasique : on peut aussi remuer la bouillie avec une cuillère mouillée avec d e la
ou prk-mastiquer l'aliment comme le
font aussi certains parents.
salive de la maman
Il est donc nkcessaire d'étudier, non seulement la nature et le contenu de ]la bouillie,
mais surtout l'impact sur l'ktat nutritionnel de tout ceteffort. Il se pourrait, par
ailleurs,quelebénéfice
de cette technologie ne résidepas,
ou du moins pas
336
Techniques de maltage :expériences au niveau des
pays
uniquement, dans l'effet d'augmentation dedensitéénergétique mais dans d'autres
aspects.
Les résultats d'une étude contrôlée réalisée en Jamaïqueillustrent ce point (Stephenson
et al., 1994).Les auteurs de cette expérimentation ont donné à trois groupes
comparables d'enfants, soit une bouillie liquide, soit une bouillie épaisse, soit enfin,
une bouillie maltée et liquide. Les enfants pouvaient mangerautant qu'ils le voulaient
et la bouillie épaisse avait la même densité énergétique que la bouillie maltée.L'étude
n'amontré aucunedifférencedans la consommation d'énergie par repas entre la
bouillie épaisse et la bouillie maltée. La seule différence résidait dans le temps qu'il
fallait pour nourrirl'enfant.
Il se pourrait bien que ce soit dans la réduction du temps nécessaire pour nourrir
l'enfant que l'on trouve la raisond'être principale des farines maltées.
REFERENCES
-
ALNWICK D., MOSES S., SCHMIDT O.G., 1989 Pour améliorer l'alimentation des jeunes
enfants en Afiique orientale et australe :une technologie à la portée des ménages. Compte-
rendu d'un atelier tenu à Nairobi, Kenya, 12-16Octobre 1987, IDRC-265fYOttawa.
-
ASHWORTH A., DRAPER A, 1992 Thepotential of traditional tecbnologiesjôr increasing
energy density of weaning foods. WHO/CDD/EDP/92.4, Document OMS, Genève,
50 p.
GOPALDAS T. - Comments by Pr Tara Gopaldas, Head WHO Collaborating Centre
for Research and Training in Nutrition, University of Baroda, in correspondence with
Dr M. Gurney, WHO/SEARO.
STEPHENSON D.M., GARDNER J.M.M., WALKER S.P., ASHWORTH A., 1994
- Weaning
Food viscosity and energydensity : their effect on ad libitum consumption and energy
60:465-469.
intakes in Jamaican children.Am. J Clin. NUL,
TRECHES., 1995 - u Techniques pour augmenter la densité énergétiquedes bouillies B.
In Trèche S., deBenoist
B., Benbouzid D. Delpeuch F., éd: L'alimentation
complémentaire du jeune enfant, Paris, Editions Orstom, Collection Colloques et
séminaires: sous presse.
337
r
338
EVALUATION DE L'IMPACT D'UN PROGRAMME
D'AMELIORATION DES PRATIQUES DE SEVRAGE :
SCHEMAS ET CONTRAINTES
Yves MARTIN-PREVEL, Serge TRECHE, Francis DELPEUCH
Laboratoire de Nutrition Tropicale (UR44),Centre ORSTOM,
Montpellier @ance)
1. INTRODUCTION
Comme pour toute action de Santé Publique, l'évaluation d'un programme dans le
domaine de la nutrition est un Clément fondamental pour orienter les interventions
futures. Nous allons traiter icidel'évaluationde
l'impactd'un
programme
nutritionnel, c'est-à-dire de l'évaluation cherchant à juger des effets de ce programme
au niveau de son objectif final, qui doit être l'amélioration de l'état nutritionnel de la
population cible. Ceci doit être distingué de l'évaluation dite "de processus", ou "de
fonctionnement" du programme, qui consiste notamment à vérifier si les actions
la
prévues ont été ou non effectuées, à mesurer la pénétration de la stratégie au sein de
population, à identifier et analyser les principales sources de blocage etc. Bienentendu
l'évaluation d'impact n'exclut pas et ne doit pas occulter celle de fonctionnement.
Nous envisagerons tout d'abord, dans une première partie, les bases méthodologiques
pour l'évaluation d'impact dans le domaine de la nutrition. Nous avons considéré ici
le cas d'interventions tournéesvers la malnutrition protéino-énergétique, maisles
principes méthodologiques développés restent bien entendu valables pour les études
d'impact sur d'autres formes de malnutrition. En revanche nous avons délibérément
type transversal, les plusadaptées à
restreint notre propos à desévaluationsde
l'évaluation de l'impact au niveau de la santé publique, les méthodes longitudinales,
plus précises mais plus complexes à mettre en oeuvre, étant davantage tournées vers
des évaluations de type recherche.
Nous prisenterons ensuite dans une seconde partie, B titre d'illustration, les schkmas
mis en placeau Congo pour l'kvaluationde deuxstratkgies d'amklioration des
pratiques desevrage.
2.1. Principes GCnlrau
L'évaluation d'impact d'un programme nutritionnel ne peut pas se limiter à la seule
description de l'état nutritionnel de la population ayant bknkficik de l'intervention.
Une cornparaison est absolument nkcessaire avec l'ktat nutritionnel d'un ou plusieurs
ttmoins, et qui peuvent2tre
issus d'une autre
autre(s) groupe(s), servantde
population, ou bien de la m&mepopulation avant intervention, ou encore des deux A
la fois.
Cette comparaison doit alors permettre fondamentalement de répondre à la question
elle diffkrence, ou p e l l e part de Id diffiremx, observ& entre les potqes, e5t
attribwble 2l'intemention ? S.La réponse à cette question n'est jamais facile
h obtenir.
Le degr6 de plausibilitk, pour imputer i l'intervention une diffkrence observée, est
d'autant plus important que l'étude d'évaluation permet de supprimer les facteurs de
confusionpotentiels, ou pour le moins de mesurer leur influence pour en tenir
compte dans l'analyse. Ceci a pour premier et essentiel corollaire que l'kvaluation
d'impact doit &treprkvue et mise en place en m h e temps que l'intervention ellemCme.
Une riflexion prkalableest donc nkessaire, non seulement pour dkfinir le schéma
d'ktude et les variables h recueillir afin decontrbler les éventuels facteurs de confusion,
mais encore pour choisir les indicateurs de rksultat pertinents, déterminer la taille et la
nature de l'kchantillsn, ktablir le budgetnkcessaire etc. Nous allons passer enrewe ces
diffkrents points de façonthkorique, mais souvent, en pratique, une ktude de faisabilitk
devra &treeffectuée pour déterminer à quelles conditions une évaluation d'impact peut
&trerkalisCe avec des chances raisonnablesd'aboutir.
2.2. Les facteurs de confusion
On appelle facteur de confusion tout élément qui influence l'ktat nutritionnel de la
population cible de l'intervention, etqui,
bien quenefaisantpas
partie du
ou au
programme, estlik à sa réalisation. Ils constituent I'écueil majeuréviter,
minimum à contrôler, dans les évaluations d'impact.
340
Schémas et contraintes
pour 1'kvaluation d'un programme d'amélioration
Un exemple type : si l'intervention consiste en une supplémentation alimentaire des
enfants, mais quela participation au programmeentraîne par ailleursun meilleur accès
de la croissance des enfants, l'effet
aux soins, il sera impossible de distinguer, au niveau
de la supplémentation de celui des soins. La modification de l'accessibilité
aux soins est
alors facteur de confusion pour l'évaluation de l'impact dela supplémentation.
Cet exemple est particulièrementdémonstratif, maisen pratique les facteurs de
confusion peuvent être beaucoup plus difficiles à identifier. Il est donc nécessaire de
recueillir systématiquement un certain nombre de variables réputées influentes sur
l'état nutritionnel, et dont on examinera par la suite si leur niveau est identique selon
qu'il y a ou non intervention. On peut considérer 4 sources principales de facteursde
confusion :
- non comparabilité des groupes ;
- biais d'information ;
effets du temps;
- régression vers la moyenne.
-
L'idéal, pour une évaluation d'impact, est que les groupes comparés soient le plus
possible semblables pour tous les facteurs pouvant influencer l'état nutritionnel, et ne
diffèrent que par leur participation au programme considéré. Alors une différence
observée entre lesgroupes peut être attribuée au programme. Il faut donc étudier
soigneusement la comparabilité des groupes, à partir d'informations recueillies sur les
facteurs de confusion potentiels.On peut distinguer trois niveaux :
- communautaire : équipementssanitaires, accès à l'eau potable et à l'électricité,
environnement en général ;
- familial : taille, revenus, niveau d'études, habitudes alimentaires et toutes variables
socio-économiques;
individuel : âge, sexe, statut vaccinal et autres informations sur l'état de santé.
-
En pratique les groupes nesont évidemment jamais totalement comparables, ne seraitce que par le choix le plussouvent limité des groupes d'intervention et témoin, et par
les raisonséthiques ou politiques qui motivent cechoix. L'important est donc de
connaître et de mesurer les différences pré-existant entre les groupes, puis de suivre
leur évolution au cours de l'intervention. Il est alors possible de prendre en compte
ces différences dans l'analyse des résultats par des techniques statistiquesd'ajustement.
Mais ces techniques d'ajustement entraînent une réduction depuissance statistique
dans les comparaisons, soulignant la nécessité de choisir des groupes le plus possible
comparables au départde l'étude.
341
Plus important encore, il y a lieu de rechercheret d'kviter toute cause systkmatique et
like au programme de différence entre les
groupes,
notamment un kventuel
phknomkne d'auto-sklection, une rkpartition non dkatoire des perdus de vue ou un
effetde 1'Bge dans le casde comparaisons avadaprks. Ils'agit dors de vkritables
facteurs de confusion, à l'origine de diff6rences entre les groupes qu'il sera impossible
de prendre en compte dans l'analyse.
2.2.2.
On désigne ainsi le résultat &une diffkrence qui existe non pas au niveau des groupes
de l'étude, mais dans la façondont l'information a kté recueillie pour chacun d'eux. Le
simple fait d'employer pour le recueil des donnkes une méthodologie non strictement
identique dans les diffkrents groupes, ou bien des kquipes d'enqu2teua diffirentes, ou
encore des moyens demesures non kquivalents, peut suffire à introduire au niveau des
résultats une diffkrence artificielle entre les groupes. Il y aura alors confusion avec les
effets de l'intervention.
2.2.3.
L'étas nutritionnel des populations est, comme la quasi-totditk des phknomènes de
santk, soumis aux effets dutemps (à distinguer des effets de l'fige). Lorsque des mesures
sont faites à des moments différents, il peut devenir difficile de savoir si lesvariations
observkes sont likes aux effetsdu temps ou A ceux d'une intervention.
ORdistingue principalement deuxtypes d'effets du temps:
- La tendance skculaire, qui traduit une kvolution gCnkde de l'ktat nutritionnel dans
une population et qui estle plus souvent modkrée,saufévknements
extkrieurs
importants (situation de guerre par exemple) ;
-La tendancesaisonnikre, qui traduit cette foisune ivolution cycliquede l'ktat
nutritionnel, et dont l'effet peut &treimportant sur les groupes lesp h vulnkmbles.
2.2.4.
Il s'agit du phknomkne selon lequel lorsque des sujets sont sklectionnks aux extremes
d'une distribution, la valeur de la variable mesurkechezces sujets a tendance, lors
d'une seconde mesure,à se rapprocher spontankment de la valeur centrale.La cause de
ce phknomkne est qu'une partie des individus sklectionnksl'auront kt6 par hasard, à la
suite de fluctuations de la variable ou des erreurs de mesure. Ceci a naturellement peu
de chances de se
reproduire pour les memes individus lors d'une deuxième mesure.
342
Schémas et contraintes pour1'évaluation d'un programme d'amélioration
Notons que ce phénomène neseragênant
pour l'évaluation d'impact que si le
programmes'adresse à des individus, et non à des populations, et concerne des
individus sélectionnéspour des valeurs extrêmes d'indices
nutritionnels.
2.2.5.l3anaqu
En développant lesdiversfacteursde
confusion ci-dessus nous avonsévoqué
essentiellement le cas où ces facteurs conduisentà attribuer à tort à l'intervention une
différence observée. Mais l'inverse est tout aussi possible, et le facteur de confusion
empêche alors d'observer une différence pourtant réelle. Le risque de conclure à tort,
lui, est de toutes façons aussi grave dansun sens ou dans l'autre.
2.3. Les différents schémas d'étude
Leschémaextrême,maximaliste,estceluidel'expériencerandomiséeen
double
aveugle. C'est celui qui, bien conduit, offrirait les résultats les plus probants quant à
l'effet d'une intervention sur l'état nutritionnel de la population cible enpermettant le
contrôle du maximum de facteurs de confusion,mais en pratique il n'est évidemment
à l'échelle d'un programme
de
santé
publique.
D'ailleurs la
pas
réalisable
randomisation ne sera quasiment jamaispossible en pratique pour de nombreuses
raisons, notamment éthiques et politiques, si bien quel'on ne peut concevoir que des
schémas ditsu quasi-expérimentauxn.
Nous envisageronsiciles
principaux types deschémasréalisables,endécrivant
brièvement leurs intérêts et leurs limites. Pour chacun d'eux des variantes .existent,ou
nous retiendrons.
peuvent être inventées, mais c'est le principe général que
Ainsi que nous l'avons déjà suggéré, l'évaluation d'impact fait appel à la comparaison
d'un groupe d'intervention avec un groupe témoin. La comparaison peut s'effectuer
dans l'espace (a ici/ailleurs n), dans le temps (u avant/après B), ou à la fois dans le
temps et dans l'espace (schémas mixtes, les plus
performants maisles plus lourds à
réaliser). La figure 1 illustre les différents typesde schémas que nous allons présenter.
2.3.1. Schkma
. .
ICI/*
L'intervention est réalisée au niveau d'une population u A n ; Au bout d'un certain
temps, dépendant bien sûr du type d'intervention, l'état nutritionnel du groupe cible
de cette population u A n est comparé à celui d'une population u B n, non soumise à
l'intervention.
343
.
L ~ L I M E N T ~ TDE~ COMPLEMENTBU
~N
JEUNE ENFANT
Intervention
intervention
intervention
1
n
intervention
Figure 1
Principaux sch6mas d'kaluation.
344
Schémas et contraintespour 1'évaluationd *unprogramnte d'amélioration
Comme on l'a détaillé plushaut, il est en premier lieufondamental que les groupes A
et B soient le plus possible comparables. Toutefois même si cette comparabilité est
l'état nutritionnel, une différence
respectée, pourtous
lesfacteursinfluençant
observée entre les groupes ne pourra pas être imputée avec certitude à l'intervention
dans la mesure où rien ne permet d'affirmer que cette différence n'existait pas avant
l'étude.
Un autre problème de ce type d'étude réside dans le choix des populations devant être
soumis, ou non, à l'intervention. Il intervient souvent à ceniveaudes contraintes
éthiques ou politiques qui vont à l'encontre de la comparabilité. D'autre part, il est
souvent souhaitable, pour la bonne comparabilité,que
les populations soient
géographiquement proches. Mais la proximité des groupes d'intervention et témoin
est sourced'un phénomène dit u de contamination P, traduisant le fait que les sujets de
la zone témoin peuvent enfait être atteints par l'intervention. Ceci entraîne des
difficultés pour identifier clairement participants et non-participants au programme.
Enfin ce type d'étude est le plus exposé au biaisd'auto-sélection.
2.3.2. Schkma a A d A p r è s B
L'état nutritionnel du groupe cible de la population a A B est mesuré au temps zéro,
c'est-à-dire juste avant le début de l'intervention, puis il est mesuré à nouveau au bout
d'un certain délai. Ce type de schéma cherche à s'affranchir des problèmesde
comparabilité en utilisant comme groupe de comparaison la population soumise à
intervention elle-même. En revanche, cesschémas s'exposentaux effets du temps,
pouvant biaiser l'étude de plusieurs façons:
lorsque l'évolution de l'état nutritionnel est jugée sur les même enfants avant et après
intervention, intervient l'effet de l'âge : pour tous les indicateurs anthropométriques
les faibles valeurspar rapport aux références standard sont plus ou moins fréquentes
selon l'âge, indépendamment detout programme ;
-si le programme porte sur unepartieseulementdela
population, sélectionnée
généralement par les faibles valeurs d'indices anthropométriques, on se heurte au
phénomène de régression versla moyenne ;
- enfin dans tous les cas, même lorsque l'évaluationporte surl'ensemble d'une tranche
d'âge dans la population avant et après intervention, subsiste au minimum l'effet de
la tendance séculaire.Ce dernier peut être modéré si le délai d'étude est relativement
sur la
court. On peut par ailleursessayerdel'estimerindirectement(données
mortalité ou la morbidité, ou encore la surveillance de la croissance,les taux de
vaccination etc.), mais cette estimation sera toujours partielle en l'absencede groupe
témoin.
-
345
L ~ L I ~ E N T A DE
~ I C~ N
EMENT D U JEUNE ENFANT
2.3.3.
Leur principe est de réaliser une comparaison A la fois $ans le temps et dans l'espace,
afin d'kviterau mieux les inconvknientspropres A chaque type de comparaison.
Le CI schkma contrSlé s consiste h mesurer l'ktat nutritionnel de la population cible
avant et aprks intervention, et ceci A la fois dans le groupe d'intervention et dans un
groupe tkmoin. La comparaison avandaprès au niveau de ce dernier permet d'estimer
la tendance skculaire, et donc de corriger Cventuellement la comparaison avandaprks
auniveaudu
groupe d'intervention. Dans un tel schCma sila comparabilité des
groupes est vérifike avant le dkbut du programme, puis contrSlketout au long de son
déroulement, alors on peut avoir une présomption de causalitk vis A vis de
l'intervention pour lui imputer une modificationde l'état nutritionnel. Par ailleurs un
alors Ctre plus facilement identifib et
certain nombre de facteurs de confusion peuvent
leurs effets mesurks. Ceci peut parfois Ctre pris en compte dans l'analyse, mais il faut
savoir quecela diminue le nombre de degrés de liberté et donc ampute la puissance des
comparaisons effectukes. Ce EC schkma contrSlé >> est mkthodologiquement le plus
performant. Il est en contrepartie assez difficile h mettre en oeuvre, notamment en
raison du choixdes populations devant servir de tkmoin.Outre les problkmes 6voqués
pour le schkma simple EI ici/ailleurs B A propos du choix &graphique, il faut faire
admettre, kthiquementet politiquement, qu'une population reste en dehors du
programme pendant une durke suffisantepour permettre de juger des modifications de
l'état nutritionnel dans legroupe soumis h intervention.
Le <t schémaprogressif s propose un compromis aux problèmesd'acceptabilitk
évoquksci-dessus. Au lieu de laisser une population sans intervention pendant une
longuedurke,lamiseenplaceduprogrammesefaitde
maniire progressive,
communauté par communautk, avec un délai plus acceptable. Ceci permet d'une part
une comparaison E< ici/ailleurs ps , d'autre part une estimation de la tendance séculaire
par les mesures successives sur les nouveaux entrants (qui sont les tkmoins), et m&me
l'estimation d'un Q effet-dose B. Toutefoisl'analyseestpluscomplexe
et moins
puissante que dans leschkma contré%. Par ailleurs la comparabilitkest plus difficile A
assureret à contrBler sur lescommunautkssuccessives.
Enfin, et surtout, l'ordre
d'inclusion des communautés dans l'ktude est
SouVmE
lik
à des probldmes
d'accessibilité (géographique, culturelle etc.), dont on peut craindre qu'ils ne sont pas
indkpendants du risque nutritionnel. Ceci peut donc introduire un facteur de
confusion.
346
Schémas et contraintes pour 1'évaluation d'un programme d'amélioration
2.3.4. Remaraue
Nous avons essentiellement considéré jusqu'ici que les schémas d'étude s'adressent à
des communautés. Les mêmes schémas peuvent se concevoir au niveau des individus,
d'automais il s'ajoute alors desécueils supplémentaires. En particulierlebiais
sélection devient beaucoup plusimportant, et même souvent impossibleà préciser. Le
problème de la répartition non aléatoire des perdus de vue devient également très
une source supplémentairedebiais,
non
difficile à contrôler. Enfinilapparait
négligeable, liée auxerreurs de classification des individus dans les groupes
d'étude.
2.4. Indicateurs de résultats
Dans la grande majorité descas il s'agit d'indices anthropométriques, et nous nous
limiterons à donner quelquesprincipes pour leur utilisationdanslecadre
d'une
évaluation d'impact. Parmi les indices disponibles (poiddâge, poiddtaille, taille/âge,
périmètre brachial etc.), le choixd'un indicateur de résultatva dépendre :
- des objectifs du programme, ainsi que
de ceux de l'évaluation;
- de la situation de base (quel indice està un faible niveau au départ ?);
- de la durée de I'étude (important selon la sensibilitédes indices) ;
- des moyens techniques et financierspour le recueil des mesures.
Au niveau de l'expressiondes indices, il estbon de rappeler:
- que les vitesses de croissance sont généralement plus sensibles aux interventions que
les valeurs brutesdes mesures ;
- que l'expression en centiles ou en 2-scores est standardisée sur une population de
référence mais pas sur I'âge ;
- que les moyennes desindices sont moins sensiblesaux erreurs (de mesure,
d'estimation desâgesetc.),et
pluspuissantes
pour les comparaisons,que le
pourcentage de sujets situés en dessousd'une valeur seuil;
- que ce pourcentage en revanche est plus intéressant pour la prise de décisions de
politique sanitaire.
2.5. Echantillonnage
L'élément le plus important est le choixdela tranche d'âge sur laquelle portera
l'évaluation d'impact. Bien entendu ce choix doit se porter sur les âges qui ont le plus
de chances d'être sensibles à l'intervention, et donc pas nécessairement sur toute la
tranche soumise à cette intervention. Elargir le groupe d'étude au-delàdes âges
sensibles entraîne un effet de dilution, pouvant atténuer ou masquer l'effet réel ; à
l'inverse, une tranche d'âge rétrécie revientà une perte de puissance.
347
E ~ E I M E ~ T DE
~ TCOMPLEMENTDU
I ~ ~
JEUNE ENFANT
La dimensiondel'kchantilllonest
une autre question importante. I1 existe des
méthodes de calcul du nombre de sujets nkcessaire, que nous ne détaillerons pas ici.
Nous soulignerons uniquement que ce calcul nécessite de conndtre ou d'estimer un
certain nombre deparamètres et defairequelques
hypothbes sur les rksultats
attendus. Ceci constitue frkquemment une raison supplémentaire pour rkaliser une
étude de faisabilité prkalable.
Rappelons par ailleursle r8le dela deetion de l'kchmtillon dansla plupart des
facteurs de confusion koquks plus haut (comparabilitkdesgroupes,effetsde
l'ige,
régression vers la moyenne,erreurs de classification).
L'évduation d'impact d'un programme nutritionnel nCcessite donc un schéma d'ktude
soigneusement klaboré. Un certain nombre de choix sont à faire,dedkcisions A
prendre, qui doivent &tre réflkchis selon les objectifsduprogramme, les moyens
disponibles, les considérations de terrain, les données debaseetc. Tout ceci peut
conduire B renoncer à cette kvaluatisn d'impact lonsqu'il n'est pas possible de mettre
en place un plan ayant des chances raisonnables desucc&.
Bans le cas contraire, de toutes fapns, la miseenplace
d'un schkma a priori
performant ne constitue pas une garantie quant a u conclusions qui pourront en ttre
tirkes. En effet, il seratoujours nkcessaire de vérifier que,malgrk les prbcautions prises,
des facteurs de confusion ne se sont pas glissés dans l'ktude. Ceci est essentiel pour
l'interprktation des résultats, ainsi que pour la validitk interne de l'kvduation, c'est-idire pour ktablir que ce qui a kt6 mesuré reprksente bien la rkalitk dans les groupes
concernb.
Mais il faut aborder ensuite le problime de la validitk externe, B savoir dans quelle
mesure les conclusions de l'kvaluation d'impact peuvents'appliquer i d'autres
populations. I1 s'agit tout d'abord d'un problime de reprksentativid, mais il faut
kgalement savoir si l'intervention évaluée peut ttre reproduite facilement au niveau
d'un
d'autres populations. A ce sujet il faut souligner que le management exceptionnel
programme auniveaudezonespilotes
constitue une limitation importate B la
vdiditk externe d'une étude.
3.
Au Congo, deux stratkgies pour l'amélioration de l'alimentation complkmentaire du
jeune enfant pendant la période de sevrage ont étk mises en place dans deszones tests :
348
Schémas et contraintes pour
1'haluation d'un programme d'amélioration
l'une vise le milieu urbain et l'autre est tournée vers le monde rural. Ce travail a été
initié par le Laboratoire d'Etudes sur la Nutrition et l'Alimentation du Centre
DGRST-ORSTOM de Brazzaville, en étroite collaboration avec la Direction de la
Santé et de la Famille, dans le cadre d'un Projet d'Appui aux Activités en Nutrition
financé par la Coopération Française et géré par l'UNICEF.
Nous ne fournirons pasici dedonnéeschiffrées
sur les résultatsde l'évaluation
d'impact (celle-ci n'étant de toute façonpasterminée),maisnous
chercherons à
illustrer les divers problèmes de méthodologie exposés
dans la première partie.
3.1. Brève description des deux stratégies
B
.
3.1.1. h-mugeurbaine
La stratégie urbaine s'adresse à des
familles
au
sein
desquelles
l'aliment
complémentaire donné aux nourrissons est quasiment toujours une bouillie achetée
dans le commerce. L'intervention pilote repose sur la promotion et la
commercialisation de la farine de sevrage u Vitafort M ("chibindatet Trèche, i995)
dans un des quartiers anciennement urbanisé de Brazzaville, Poto-Poto. Son prix de
vente est, à qualité nutritionnelle comparable, de 3 à 5 fois inférieur à celui des farines
importées, et reste, rapporté au nombre de calories, équivalent à celui de la pâte de
maïs fermentée utilisée localementpour la préparation des bouillies traditionnelles. La
délimitation de lazone d'intervention a été calquée sur celle descirconscriptions sociosanitaires correspondant à deux Centres de Santé Intégrés dansle nouveau Programme
National deDéveloppementSanitaire.
La stratégie d'intervention comporte une
action desensibilisationauxproblèmesdu
sevrage de l'enfant pour lesagentsdes
centres de santé, et particulièrement ceux chargés de la surveillance de la croissance.
Cette sensibilisation estbien entendu répercutée auniveaudesmères
et inclut la
promotion de l'allaitement maternel,
le
respect
du
calendrier
de
sevrage et
l'information sur la farine Vitafort.
3.1.2.
I
.
En milieu rural la zone d'intervention est constituée par le Plateau Kukuya, situé à
environ 400 km au nord de Brazzaville. Les détails de l'intervention sont exposés par
ailleurs (Moukolo et al., 1995). Elle repose donc sur la formation d'a animatrices en
éducation nrrtrionnelle et technologie alimentaire n, recrutées localement,et qui ont une
fonction essentielle de relais entre les structures de santé et lacommunauté. Leur rôle
comporte d'une part une action d'éducation nutritionnelle, tournée principalement
vers la promotion de l'allaitement maternel et le calendrier de sevrage, et d'autre part
349
6, X,IMENTAT'.OAJ
DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
la vulgarisation de technologies alimentairespermettant, i partir d'aliments locaux, la
prkparation de bouillies de hautedensitk knergétique enrichies en protkines.
U n schkma identique a kté retenu pour l'kvaluation de ces deuxstratkgies
d'intervention, urbaine et r u d e , comprenant :
- d'une part, une kvaluation en terme de bb processus N, constituke par l'observation et
populations cibles. Les
l'analysede la pknktration desstratégiesauniveaudes
indicateurs retenus concernent le degrk d'information sur lesalimentsdesevrage
amkliorks proposks, leur notoriktk,leurtaux
d'utilisation, les modificationsdes
pratiques de sevrage et d'alimentation du jeune enfant etc. La méthode employke est
ici la r6alisation d'enqu&testrmsvendes successives sur un kchantillon reprksentatif
de lapopulation soumise A I'intewention ;
- d'autre part, un kvaluation en terme d'impact sur l'ktat nutritionnel des enfants
soumis à l'intervention. Il s'agit d'un schkma du type a contr6lk B tel que nous
l'avons décrit plus haut. Pour chaque zone d'intervention (urbaineetrurale) op1
dkfinit une zone tkrnoin qui lui soit le plus possible comparable pour toutes les
caractéristiques pouvant influencerl'ktat nutritionnel. Desenquetes dites B point
zéro IP ont été rkaliskes, dans les zones d'intervention et dans les zonestkmoins,
permettant deprkciser
la
situation nutritionnelle dedkpartetd'ktudier
la
comparabilitk entre les groupes. La rkpktition deces enquites avec une mkthodologie
identique $ans toutes les zones, deux ans après la mise en place des interventions,
de la situation nutritionnelle dans la zone
permettra de jugersil'kvolution
d'intervention s'avkre diffkrente de celle obsewke en zone tkmoin. Par ailleurs, les
enquêtes transversales effectuées pour l'kvaluation de processuspermettront de juger
du maintien de la comparabilitkentre les groupes.
3.3. Aspects pratiques
Le schkma g k n k d de l'ktude ayant kt6 ktabli, il restait h rksoudre tous les problèmes de
choix des indicateurs et des variables potentiellement confondantes, de &finition des
populations cibles et des échantillons, et de dklirnitation des zones d'intervention et
témoins.
Avant de passer en revue ces diversklkments, signalons que denombreusesktudes
nutritionnelles ont kté rkaliskes depuis 5 ans au Congo, tant au niveau de Brazzaville
qu'en milieu rural. Ces études nous ont fourni toutes les données de base nkcessaires i
la mise en place de notre programme, si bien que nous avons pu faire l'kconomie
d'enqdtes de terrain lors de notre ktude de faisabilitk.
Schémas et contraintes pour
1'évaluation d'un programme d'amélioration
3.3.1.
. .
L'aspect essentiel de lamalnutrition au Congo est une prévalence assez importante des
retards de taille. L'hypothèse principale qui sous-tend notre étude est que ces retards
de taille sont au moins en bonne partie liés à des mauvaises pratiques de sevrage, ainsi
Il était donc
qu'au problème de faible densité énergétique des bouillies de sevrage.
logiquede retenir commeprincipalindicateurderésultatdu
programme l'indice
anthropométrique taille/âge.Bien entendu desmesuresdepoids
sont également
l'intervention sur
effectuées, de façonà pouvoir juger aussi de l'influence éventuelle de
les autres indices, et notamment sur les maigreurs. Mais c'est l'indice taille/âge qui a
été retenu pour les calculs denombres de sujets nécessaires.
Comme nous l'avons indiqué plus haut, cet indice sera exprimé préférentiellementen
2-scores. On considérera à la fois la valeur moyenne de l'indice dans les différents
groupes et le pourcentagedesujetssituésen
dessousde 2 déviations standard. Le
premier indicateur sera plusperformant dans les comparaisons, le second permettra de
vérifier, avec l'étude de sa distribution, que l'intervention a bénéficié aux sujets les
plus à risque.
3.3.2. Choix des co-variddes
Les études préalables dont nous disposions nous ont permis d'identifier les principales
variables, essentiellement d'ordre socio-économique ou concernant les pratiques de
sevrage, dont il a été démontré l'influence sur le statut nutritionnel des jeunes enfants
au Congo. Toutes ces variables ont donc été recueilliesdanslesenquêtes u pointdesgroupes. D'autres variablesréputées
zéro B, afin de vérifierlacomparabilité
comme facteurs de confusion potentiels ont également été inclues par sécurité dans
l'étude, même si les travaux précédents n'avaient pas
démontré leur rôle au Congo. Le
même questionnaire sera reproduit pour les enquêtesenfin d'intemention, et les
principales variables sont également étudiées lors des enquêtes pour l'évaluation de
processus, de façonàjuger du maintiende la comparabilité des groupes.
La population cible de l'intervention est constituée par les enfants pendant la période
allant de l'introduction d'un aliment de complément jusqu'à l'âge du passage au plat
4 à 9 mois. Toutefois, vu le type
familial, soit grossomodolesenfantsde
d'intervention, il ne s'agit là que de ce qui est recommandé ; l'analyse de l'évolution
des pratiques de sevrage au cours de l'intervention permettra de dire plus précisément
quelle tranche d'âge a été concernée en réalité.
35 1
6,~
A
~
~ COMPLEMENTDU
~
E
~ JEUNE
~
~
~
~
O
~
~
La population cible de l'hluation d'impact a kt6 choisie nettement plus luge,
puisque l'on constate au Congo une prkvalence croissante des retards de t d l e jusque
si l'influence de
vers l'âge de 2 ans (m&mesi l'on ne peutsavoiractuellement
mauvaises pratiques de sevrage se répercute jusqu'à cet ige). Etant donnk que d'autre
pan la durée prévue du programme pilote est de deux ans, on a retenu comme cible
pour l'ktude d'impact la tranche de 4 à 27 mois. Ainsi toute la gknkration enqu&tke en
fin d'ktude aura Cti concernke par l'intervention. Mais l'on est conscient que ce choix
comporte un risque de dilution de l'effet éventuel del'intervention si celui-ci était plus
limitk dans le temps.
3.3.4.
Pour la stratégie urbaine la zone d'intervention a kté définie à partir des Centre de
Sand Intkgrks. Au Congo le Plan National de Dkveloppement Sanitaire (P.N.D.S.)
prévoit la rkhabilitatisn des dispensaires en C.S.I., ou parfois la crkation de ces C.S.I.
dans des zones où la couverture sanitaire Ctait jugie insuffisante. Un des principes du
P.N.D.S. est que chaque C.S.I. prend en charge une Circonscription Socio-Sanitaire
géographiquement dklimitkeavec prkcision. La population de cette circonscription est
recenske et bknkficie d'un certain nombre d'actions de Santk Publique. Il était donc
tout i faitlogique de calquer la dklimitation des zones d'étude sur cellede ces
circonscriptions, et c'est ce qui a kté fait, h quelques exclusions p r b concernant des
petits flots d'habitat très différents du reste de la zone. Cette dkcision a kt6 prise ktant
donnkle trks faible pourcentage de population dans ces flots, et dans le souci de
sauvegarder l'homogénkitksocio4conomique.
'
Quant au choix des C.S.I. retenus pour l'itude, il a été guidé par lesklkments
suivants :
-zone d'intervention suffisamment éloignkedela
zone tkmoin pour limiter les
phknomènes decontamination ;
- quartiers deniveauxsocio-kconomiqueséquivalents
pour avoir la
meilleure
comparabilitk. initiale possible
;
- mime ktat d'avancement de la mise en placedu P.N.D.S., avec comme corollaire que
le soutien de cette mise en place relève de la même agence de développement
;
- éviter les interférences avecd'autres programmes de recherche dans le domaine de la
nutrition qui se dkroulent également à Brazzaville.
Compte tenu de tous ces éléments le choix ktait très restreint. Ce sontfinalement deux
quartiers anciennement urbanisés deBrazzaville qui ont 6th retenus, Bacongo et Poto352
E
Schémas et contraintespour 1 'évaluation d'un programme
d'amélioration
Poto, dans lesquelslamise
enplace du P.N.D.S.est soutenue par l'UNICEF et
prévoyait la mise en service de respectivement 3 et 2 CS1 courant 93.
3.3.4.2. Stratégie rurale
Cette fois le problème était très différent puisque la zone d'intervention a été définie
très tôt. Il s'agit du Plateau Kukuya, situé environ à 400 km au nord de Brazzaville,
pour lequel desdonnéesdebase
concernant l'état nutritionnel etleshabitudes
alimentaires étaient disponibles. L'intervention, d'ailleurs, est spécifiquement conçue
pour cette zone, notamment au niveau des technologies alimentaires.
La difficulté résidait donc d'abord dans le choix d'un schéma d'étude, puis dans celui
d'une zone témoin. La première solution envisagée a été de diviser le Plateau en deux
zones (une d'intervention et une témoin) ; mais cela s'est avéré impossible pour des
raisons d'acceptabilité par la population, et également à cause de la faiblessede
l'effectif disponible.Il a donc été décidé deprendre pour zone témoin le Plateau voisin
de Djambala, dont la population est très proche du point devue ethnique. La
proximité peut être source de contamination, maiscelle-ci devrait être négligeable
étant donné le type d'intervention. La mise en place du P.N.D.S., qui concerne tout le
Congo et pourrait être un facteur de confusion important, est heureusement
programmée dans une même phase pour l'ensemble de la région.Toutefois ce choix a
posé des problèmes d'échantillonnage quenous évoquons ci-dessous.
3.3.5. E!hu&ug
3.3.5.1. Nombrede sujets nécessaire
C'est le premier aspect à considérer. Disposant de donnéessur les retards de taille dans
les populations concernées par l'étude, nous avonsdressé le tableau 1 pour la
construction duquel nous avons, en quelquesorte, effectué les calculs e à l'envers B, de
façon à présenter, pour divers niveaux d'effectifs, les hypothèsesqui doivent être faites
sur les résultats del'intervention pour envisager un résultat statistiquement significatif.
Cela permet de donner un ordre de grandeur et de juger rapidement des chances de
succès de l'étude. Par la suite un calcul u à l'endroit M peut être réalisé pour préciser la
taille de l'échantillon, en fonction des hypothèses de résultats qui seront finalement
retenues. Dans notre étude ceci n'a pas été fait, d'une part, car les hypothèses de
résultats ne sont pas faciles à faire, d'autre part car nous avons rapidement décidé de
recourir, nous y reviendrons plus loin, à une étude exhaustive dans les populations
cibles.
353
L 'ALMENTATION DE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
Tableau 1
Hypothkses dediffkrencesnkcessaires
entre deux popdations selonl'effectifde
l'kchantillon, pour une mise en kvidencesignificative au seuil 5 70 et avec une
puissance de96
? h o
:eInitial
17,s K
a0 Y3
22,5%
25%
273%
30%
- 9,9
- 1O,4
- IO,$
- P1,2
- 7,2
-7,6
-7,9
- 8,O
- 6,0
-6,3
-6,5
-67
-53
- 5,5
- 5,7
- 5,$
- 4,3
-4,s
-4,6
- 4,7
groupe
- 427
-5,5
1-
6,0
-54
1000
1506
- OJ.5
I- l
3,3
-3,6
Dans le tableau 1 nouslisons par exemple, l'intersection de la colonne 30 % de
prévalence initiale et dela ligne 560 sujets par groupe,la valeur a - 8 Oh B. Ceci signifie
que si laprkvalence réelle duretard de tailledans la population soumise B intervention
est de 30 9b au temps zkro, et que cette prkvalence a chutk de 8 % apris intervention,
un effectifde 566 sujets par groupe sera nkcessaire pour mettre en kvidence cette
diffkrenceréelle entre les deux populations csrnparkes, au seuil 5 3'0 etavec une
puissance de96 %.
Il faut bien comprendre quecela ne signifie pas qu'une diffkrence &au moins 8 % doit
&tre0bservC.e sur les échantillons pour que l'ktude soit concluante. Cela signifie bien
que si la diffkrence réelle (mais qui restera inconnue) entre les popdations (et non les
8 70, les fluctuations d'kchantillonnage font que, avec une
kchantillons)estde
distribution normale dela variable,larkalisation de 100 kchantillons de 2 x 560
personnes permettrait statistiquement $6 fois @uissance = $6 %) la mise en kidence
d'une diffkrence significative au seuil5 Yo.
Dans notre ktude nous avons considkrC qu'en milieu urbain, oh la prévalence initiale
des retards de taille est estimke à '15 %,un effectif de 1506 enfants par groupe ktait
souhaitable. En effet cela permettrait la mise en kvidence, aux conditions fixées, d'une
diffkrence réelle de3,6 % dans la population. Compte tenu du fait que l'adhksionde la
population à l'intervention neseracertainement
pas massive,il s'agiraitlà &un
résultat déjà satisfaisant. En milieu pural en revanche la prévalence initiale est estirnke
354
Schémas et contraintespour 1'évaluationd'un programme d bmélioration
aux alentours de 30 %, et l'on peut espérer une participation nettement plus forte à
l'intervention. Dans ces conditions une diminution de 8 à 10 % de la prévalence peut
être envisagée, et un effectif de 500 sujets par groupe nousa semblé suffisant.
3.3.S.2. Critères d'inclusion/exclusion
Le seul critère qui nous a paru important concerne la durée de résidence dansla zone
retenue. En effet, il est préférable de faire porter l'évaluation uniquement sur des
enfants ayant été soumis, ou du moins ayant pu être soumis, à l'intervention. Pour
cela il est nécessaire que ces enfants aient résidé dans la zone depuis leur naissance.
Nous avons toutefois laissé une tolérance d'absence temporaire fixée à 1 mois avant
l'âgede 9 mois et à 3 moisde 9 à 27 mois.Bien entendu lesmêmescritères
s'appliquent à la zone témoin, de façon à préserver la comparabilité. En milieu rural
il pas été jugé nécessaire
en revanche, où la population est beaucoup moins mobile, n'a
d'imposer ce type de critère.
3.3.5.3. Constitution des échantillons
La limite a été icilatailledes populations dans leszones d'étude. En effet, étant
données les difficultés rencontrées pour délimiter les zones d'étude, celles-ci se sont
avérées être de taille modeste.
En milieu urbain, essentiellement pour des raisons d'homogénéité, il n'était possible
de retenir que les circonscriptions socio-sanitaires correspondant à deux C.S.I.pour le
quartier Poto-Poto et trois C.S.I.pour Bacongo. La population résidant dans ces zones
était estimée auxalentours de 30 000 habitants pour chaque quartier, soit un potentiel
d'environ 2000 enfants de 4-27 mois. Compte tenu d'une proportion importante
d'exclusions à prévoir, l'enquête exhaustive restait le seul moyend'atteindre l'objectif
fixé de 1500 enfants par groupe. L'échantillon était donc constitué de tous les enfants
âgés de 4 à 27 mois et répondant aux critères de résidence dans la zone considérée.
Pour approcher le plus possible l'exhaustivité ail été nécessaire de dresser des plans des
quartiers, parcelle par parcelle, et de faire un gros travail de recensement. Finalement
moins de 1 % des sujets recensés n'ont pu être enquêtés, et moins de 2 % ont refusé de
participer.
Dans la zone d'intervention en milieu rural, c'est-à-dire sur le Plateau Kukuya, une
importante enquête nutritionnelle avait déjà été effectuée en Avril 1992. La méthode
retenue avait été celle du sondage en grappes, avec unefraction de sondage de 0,4. La
population totale étant de l'ordre de 16000 habitants, c'est finalement un peu plus de
400 enfants de 4 à 27 mois qui se sont retrouvés dans I'échantillon, dont 25 %
provenant de la petite ville de Lékana. Pour des raisons évidentes d'acceptabilité, il
était impossible de pratiquer une nouvelle enquête juste avant l'intervention, début
355
LIMENTATPON DE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
1993. Nous avons donc dii nous contenter de cet kchantillon,un peu infkrieuraux 566
sujets souhaités.Dans la zone tkmoin, peuplkeenviron de 16 000 habitants également,
le problkme ktait que pris de 66 % des sujets résident dans %aville de Djambala. La
reproduction de la mime méthode d'enquete qu'en zone d'intervention (sondage en
grappes)aurait conduit à un kchantillonconservantgrossomodo
66 % desujets
Q urbains E)?
en disproportion donc avec les 25 % dans l'enqugte faite sur le Plateau
&~kuya. Nous avons donc kt& conduits à stratifier notre Cchantillon sur la rbidence
pour respecter cette répartition 25-75 % entre a centre t) et a pkriphkrie D. Le sondage
en grappes a étC reproduit pour la ville de Djambala, mais pour la pkriphérie le calcul
donnait une estimation de 356 à 460 enfants de 4-27 mois au total. De nouveau tout
sondage kt& inutile et l'enqdte a kt6 exhaustive pour les enfants des villages hors de
Djambala.
3.4.1.
i
Notre ktude vise l'évaluation d'impact d'un programme dont lesstratkgies ont étk
définies en fonction de l'analyse prkalable de la situation nutritionnelle. Cependant h
mise en place simultanéedu Programme National de Développement Sanitairenous a
impos& de moduler l'intervention prkvue. L'impact kvalué sera donc celui &un
,CS package
l'intervention au niveau des pratiques de sevrage couplée à un programme
sanitaire beaucoupplus vaste, encomparaison avec l'impact du seul programme
sanitaire. Cecipose différents problimes :
- risque de biais lik A un avancementdu P.M.D.S. diffkrant d'une zone A l'autre ; c'est
malheureusement ce que l'on a constaté au niveau rural, le Plateau de Lkkana ayant
fait l'objet de davantage d'attention dans la mise en place du P.N.D.S. que le plateau
voisin. Toutefois, il faudraattendre l'évaluation finalepour savoir sile niveau des covaxiables retenues a effectivement été modifié de f a p n sensible dans une zone par
rapport à l'autre ;
- risque de dilution del'effetde l'intervention nutritionnelle : en cas d'impactde
l'intervention nutritionnelle mineur par rapport à celui du programme sanitaire, la
différence d'kvolution entre zones d'intervention et témoin peut ne plus apparai'tre
significativement ;
- problime d'interprétation : on nedisposepasd'élkments
pour supposer
l'indépendance des impacts, au niveauanthropomktrique, de chacun des programmes
(l'inverse est mgme plus vraisemblable). Toute conclusion quant à l'effet de la seule
intervention nutritionnelle devient donc impossible.
356
,
l
Schémas et contraintespour 1'baluationd'un programme d'amélioration
3.4.2.
* .l des
GrouDes
La comparabilité initiale des groupes estsatisfaisante en milieu urbain mêmesi,
comme attendu, des différences pré-existententre les deux quartiers de Brazzaville. En
revanche la différence de méthodologiepour la constitution des échantillons en milieu
rural, ajoutée au fait que les deux zones n'ont pas été enquêtées la même année, pose
un problème. Même si l'analyse établit la comparabilité initiale des diverses variables
retenues, il restera le point d'interrogation delatendanceséculaire
pour l'année
séparant les deux enquêtes. Si elle a été négligeable, il n'y a pas de problème. Si elle a
été dans le sens d'une aggravation de l'état nutritionnel, cela risque de masquer un
impactréel du programme. Sielle a été danslesens d'une amélioration de l'état
nutritionnel, cela risque à l'inverse d'exagérer l'effet de l'intervention. On devra donc
essayer d'estimer par ailleurs cette tendance séculaire.
Le maintien de la comparabilité des groupes au cours de l'étude doit être vérifié. Au
niveau rural, ainsi quenous l'avons signalé au paragraphe précédent,on redoute ici un
facteur de confusion produit par l'implication
plus
précoce
des
agences
de
développement pour la mise en place du P.N.D.S. au niveau
du Plateau de Lékana,par
rapport à celui de Djambala.Mais au niveauurbain la situation est bien pire, en raison
des importants événementssocio-politiques qui ont secouélacapitalecongolaise
depuis lamise en place de l'étude. Ceux-ci ont tout d'abord considérablement freiné le
déroulement de l'intervention, la production et la diffusionde la farineVitafort ayant
été interrompues plusieurs mois.
Mais
surtout ces événements ont provoqué
d'importants mouvements de population, concernant à la fois la zone d'intervention
et la zone témoin, y compris avecpassages d'un quartier à l'autre. Il a donc fallu
renoncer à une évaluation d'impact en milieu urbain, qui, à l'évidence, ne peut plus
donner de résultats interprétables.
3.4.3.
Au niveau rural l'implication des différents acteurs, pour la réalisation pratique de
l'intervention nutritionnelle dont nous cherchonsà évaluer l'impact, a été importante.
Si cette évaluation s'avère concluante, malgré les problèmes possibles d'interprétation
des résultats évoqués plushaut, il faudra se poser la question de lareproductibilité de
l'intervention à une échelle supérieure. En effet, bien que la stratégie évaluée ait été
conçue pour s'intégrer dans la politique nutritionnelle nationale, les moyens humains
et financiers mis en oeuvre à une échelle pilote, ainsi que la motivation des acteurs,
sont souvent des facteurs importants de succès d'une intervention.
357
L'kvaluation d'impact d'un programme nutritionnel s'avire donc relativement
complexe du point de m e méthodologique et, nous l'avons illustré, les contraintes de
terrain rendent sa réalisation encore plus difficile. Finalement, la mise enoeuvre d'une
telle Ctude
est
essentiellement une af€aire
de
compromis entre ce qui est
mkthodologiquement acceptable etce qui est possible en pratique.
Le problime de la reproductibilitk doit &tre relativiskdansla mesure où lesdélais
d'étude nkcessaires font que, de toutes façons, 1'6valuationd'impact sera rarement utile
au programme lui-même. Il s'agit donc de pouvoir direavant tout si le type
d'intervention qui est kvaluk donne ou non des rksultats probants en terme d'impact
sur l'état nutritionnel dela population cible.Parailleurs,
l'6valuatisn d'impact
s'accompagne d'une kvaluation dite de fonctionnement D, qui fournira des
informations prkcieuses pour adapter le programme A une autre situation, et pour
l'intégrer dans unepolitique nationale.
Se donner les moyens Q'kvaluer l'impact d'un programme par& logiquement
fondamental pour faire kvoluer les politiques d'interventions nutritionnelles. Il est
pourtant m e qu'A l'issue d'une intervention dans le domaine dela nutrition on puisse
savoir dans quelle mesure les objectifsvisks ont Ctk atteints. Ceci est lik essentiellement
aux difficultks méthodologiquesde l'kvaluation d'impact, à son coût, et A la dur& de
l'ktude qui la rend wlnkrable vis
vis
de
modifications importantes et non
maîtrisables du contexte gknkral. On insistera donc pour conclure sur une double
nkcessitk :
-celle de concevoir l'kvaluation d'impact d'un programme enmhme temps que le
programme lui-mihe, de € a p n dkfinir un schémaQ'ktudeadaptk au mieuxaux
particularitks du programme commeaux contraintes budgktaires ;
- celle d'explorer et
de
développer
toutes Iles mkthodes d'évduation dites
cc qualitatives L) qui, si elles ne peuvent remplacer les résultats
quantitatifs d'une étude
d'impact, sont plus légkres et plus facilement mises en oeuvre.
B O W E R J., HEMON D., CORDER S., DEEQRIENICF., STÜCKER I., STENGEL B., CLAVEE J.,
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358
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éd.), Paris, FlammarionMédecine-Sciences, Paris,398p.
RUMEAU-ROUQUETTE c., BREART G., PADIEU R.,
1995 - u Vitafort: une farine infantile de haute densité
énergétique au Congo Y. Zn Trèche S., de Benoist B., Benbouzid D., Delpeuch F., éd:
L'alimentation de complément du jeuneenfant, Paris, EditionsOrstom: sous presse.
TCHIBINDAT F., TRECHE S.,
1983 - Measuring
changes
Organization, 104 p.
WHO,
in nutritional status, Geneva, World Health
359
L XLIMENTATIONDE COMPLEMENTDUJEWNE ENFMT
360
RESUME DE LA DISCUSSION GENERALE
DE LA CINQUIEME PARTIE
1. En ce qui concerne les transferts detechnologie,la
l'opportunité d'ajouter du seliodédanslesbouillies,
régions où la carence eniode est sévère.
question a été soulevéede
particulièrement dansles
2. Pour les programmes de promotion des pratiquesde sevrage appropriées, la
mobilisationdela population constitue un volet important. I1 faut notamment
profiter des organisationsexistantes de femmes et utiliser tous lescanauxde
communication possiblescommelesgroupementsdefemmes
et les animatrices
intervenant dans le projet Pahou.
3. En outre, l'évaluation detelsprojetsdevraitse
concentrer non seulement sur
l'attitude des mères, mais aussi sur l'impact nutritionnel au sein de la population
cible.
362
SYNTHESE DES TRAVAUXDE GROUPE SUR LE
THEME :TRANSFERTS DE TECHNOLOGIE EN
VUE DE LA PRODUCTION D'ALIMENTS
DE COMPLEMENT AUX NIVEAUX
FAMILIAL ET COMMUNAUTAIRE
Pour ces derniers travaux de groupe, ila été demandé aux participants:
- de faire ressortir les points forts et les faiblesses
de l'expérience Misola du Burkina
Faso (ler groupe), du projet Pahou auBénin@èmegroupe)etde
l'opération
d'éducation nutritionnelle et de transfertdetechnologie du plateau Kukuya au
Congo (3ème groupe) ;
- d'analyser les conditions de leur applicabifité dans les différents pays représentés au
sein des différents groupes de travail
;
- de proposer d'autresmodalitésdetransfertadaptées
représentés.
aux contextes despays
Points forts
Points faibles
- bonne diffusion et vulgarisation
- risques Clevés de contamination
des formules
au cours de la fabricationet au
niveau dustockage
- choix des zones,
- insuffisance du contrdle
ktudede faisabilitk,
planification, kvaluation
~~
- amilioration de
- souplesse et adaptation de
problkme posé au dipart et
l'intervention proposke
- absence decontrdle des bouillies
prkparkes A la maison
la
formule
I
~
- manque d'adiquation entre le
la solidaritkentre
les membres dela communautk
I
~
- reproductibilitk des unitks et
- suppression des compos&
polyvitaminiques
utilisation de technologies
traditionnelles
- formation de personnel
- utilisation de mesures locales
I
- possibilitk dexporter l'expkrience
I
- utilisation de disponibilités
I
alimentaires locales
1- autonomie des unités
364
Synthèse sur les transferts de technologie
2. L'OPERATION D'EDUCATION NUTRITIONNELLE ET DE
TRANSFERT DE TECHNOLOGIE DU PLATEAU KUKUYA
(Congo)
2.1. Analyse
Points faibles
Points forts
- responsabilisation de la communauté
- absence d'identificationdes
dans lechoix des animatrices réseaux existants
- absence d'identificationdes
- diversification des activités
facteurs de motivation des
animatrices pour l'après projet
des animatrices
- implantation du projet dans
une
zone où la population en fait
la demande
- pérennité du projet non assuré
au moment de son lancement
- tendance à l'intégration des
animatrices dans les systèmes
de santé
- collaboration avec les responsables
de la communauté dans la mise en
oeuvre du projet
2.2. Conditions d'applicabilité et modalités de transfert
2.2.1.
.\
..
u
f
#
- identifier lesréseaux
qui existent (ASC, groupement defemmes, organisation de
;
crédits-épargne) et les utiliser au lieu de créer des réseaux parallèles
- se référer aux habitudesdes mères vis à vis des aliments de sevrage, notamment en ce
qui concerne la manièredont elles se lesprocurent (achat ou autoproduction) ;
- les pays qui ont déjà des activités de transfert de technologie devraient mener des
recherchesopérationnelles pour identifier les problèmes et trouver des solutions
adéquates ;
il faudrait informer le plus possible tous les acteurs qui sont impliqués dans les
transferts de technologie;
-
365
L ~ ~ I ~ E N T ~ T I OCOMPLEMENTDU
NDE
JEUNE ENFANT
-il faut une politique nationaledans le domaine dusevrage pour harmoniser les
actions des intervenants.
2.2.2.
Burkina Faso : du point de vue des principes, l'expkrience peut être appliquke mais il
faudrait utiliserles r6seaux de communication eseistants pour en assurer la pkrennitk.
Djibouti : Djibouti n'est pas un pays agricole mais pourrait réaliser un transfert de
technologie pour des denrkes importkes. Toutefois, ceci ne concernerait qu'une petite
partie de la population car la majoritk est urbaine.
Maroc :il existe dkj8un projet similaire mais qui n'est pas ktendu A tout le pays : il y a
des rbgions où l'on prépare les aliments de sevrage et d'autres oh on ne le fait pas.
Togo : le transfert de technologie sefait dkji auniveaudes
communautés. Les
structures existent pour cela (groupementde
femmes,
crbelits-hpargne).
Il faut
envisager seulement de conduireune recherche spirationnelle dans le domaine.
Cameroun : le transfert est une activitk intCgrke dans le systime de santé par le biais
des @omit&de santk des villages ou des quartiers qui s'occupent de toutes les activitb
likes A la survie de l'enfant. Le problime de motivation a ktk rksollu par la création de
caisses de secours et la sensibilisation des services de santk pour qu'ils offrent un bon
accueil aux membres des comités de santk.
Synthèse surles transferts de technologie
3. PROJET PAHOU (Bénin)
3.1. Analyse
Points forts
Analyse de lasituation :recensement
des besoins, utilisation des structures
et ressources locales
Points faibles
faible bienque
corrigée parl'adjonction d'huile
- Densité énergétique
Implication des mères dansle
développement des recettes
- Le fait qu'il y ait deux
. Suivi enfonction de la disponibilité
- l'absence
,
et des besoins dela population
bouillieset
que la bouillie simple decéréales soit
inadéquate sur le plannutritionnel
d'analyses delaboratoire
pour connaître la composition réelle
des bouillies
.Faible coût
~~~~~~~~~
~
. Diversité des ingrédients
.-.Bonne transition entre l'allaitement
maternel et leplat familial
- Richesse en protéines, vitamines
et minéraux
- Auto-financement
Il a, par ailleurs, été remarqué que dansdes programmes de ce genre, il était nécessaire
d'envisager une évaluation d'impact en tenant compte des autres actions afinde
contrôler les autres facteursqui jouent sur l'état nutritionnel.
3.2. Conditions d'applicabilité et modalitésde transfert
Madagascar :transposable sousréserve de corriger les points faibles.
Niger : transposable sous réserve d'une étude d'acceptabilité des recettes de sevrage et
des modalités de leur promotion.
Tchad : transposable à condition de renforcer la disponibilitédes produits locaux et la
promotion et la vulgarisationdes recettes après les avoir testées.
367
Cameroun : transposable dans la situation kconsmique actuelle car il permettrait de
satisfaire les populations qui ont un faiblie pouvoir d'achat. a faudrait, nkanmoins, en
corriger les points faibles.
Togo :il existe une exphrience similaire en coursqui s'appuie sur les centres sociaux.
Mozambique : tmnsposable en ]l'intégrant aux projets s'adressant aux communautés
rurales, lapolitique du Mozambique ktant d'encouragerles produits locaux.
Egypte :Il existe des recettes localesqui pourraient mener les nutritionnistes A initier
un programme sirnilaire avec les ingrédients locaux.
RECOMMANDATIONS
Définissant :
le
sevrage
comme
étant la période pendant laquelle l'enfant passe
progressivement d'une alimentation lactée auplat familial
et reconnaissant que:
l'allaitement maternel, pendant les deux premières années delavie,est
importante condition au maintien du bon état nutritionnel de l'enfant ;
une
la qualité de l'allaitement maternel est déterminée par l'état nutritionnel de la
mère ;
Les participants recommandent que:
1. les Etats membress'efforcent de mettre en oeuvrerapidement les résolutions
relatives à la promotion de l'allaitement maternel, au Code de commercialisation
des substituts du lait maternel et à l'alimentation de complément du nourrisson et
du jeune enfant, adoptées par l'AssembléemondialedelaSanté
et le Comité
régional de l'OMS pour l'Afrique(') ;
2. conformément à la
résolution
de
l'Assemblée
mondiale
de la Santé sur
l'alimentation de l'enfant et du nourrisson (WHA47.5), les aliments de complément
destinés à l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant devraientêtre introduits à
partir del'âge 6 moisenviron.Celaimplique
par conséquentque la vente, la
promotion ou la distribution gratuite d'aliments de complément spécifiquement
destinés aux enfants âgés de moins de6 mois nesoient pas autorisées ;
3. les aliments de complément destinés à l'alimentation du nourrisson et du jeune
enfant venant en appoint au lait de la mère ;ils aientune valeur nutritive telle que la
couverture des besoins du nourrisson et du jeune enfant en énergie, en protéines et
en micronutriments, notamment en fer,en vitamine A et en iode,soit assurée ;
(1) En particulier, les résolutions sur la nutrition du nourrisson et du jeune enfant (WHA47.5)
et sur la
situation nutritionnelledans la région africaine (AF/RC44/R10).
4. la valeur nutritive des aliments decomplkmentdestinés
à l'alimentation du
nourrisson etdujeuneenfant
et leursmodalitksde fabrication industrielle ou
artisanale fassent l'objet dedirectives spicifiques ; enl'absence de directives
nationales, des directives internationales pourraient servir de cadre de rkfkrence à
l'klaboration d'une réglementation nationale ; dans cette optique, les Comitks du
CodexAlimentariusapparaissentcomme
un lieu approprG pour aborder ces
questions et faire en sorte que la spkcificitk des pays africains soit prise en compte;
aussi, les Etats membres devraient-ils &treencouragés h participer plus activement
aux rkunions du Codex Alimentarius et à commenter les documents soumis aux
sessions des Comitksdu Codex Alimentarius;
5. les critèresdequalit6 des alimentsdecomplkmentdestinks à l'alimentation du
nourrisson et du jeune enfantincluentlasalubritk(qualitk
microbislogique et
absencedetoxicité),l'accessibilitk(coût,disponibilitkdesmatièrespremikres),
l'acceptabilité pour les utilisateurs, les
commoditks
d'usage
qualitk
la
et
nutritionnelle (densitk knergktique, composition en nutriments, biodisponibilitk) ;
pour prendre en compte ces critkres, il faudrait:
- mettre en placeun systkme decontr6le de qualitk;
- promouvoir de bonnes pratiques de fabrication et ktablir des mesures de
contr6le baskes sur lesystkme HACCP@)d'andyse des risques-points
critiques pour leur maîtrise ;
- informer les mkres et kduquuer les futures mkres sur les rkgles de salubrité et
les aspects nutritionnels de l'alimentation de complkment du nourrisson et
du jeune enfant ;
- identifier et promouvoir des technologiespermettant d'améliorer la qualit6
i
hygibnique et nutritionnelle des alimentsdecomplkmentdestinks
l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant;
-former le personnel de santk et d'autres secteursdansles
structures
concernkes ;
- conduire des ktudes HACCP sur les pratiques de prkparation des aliments
de complkment destinksA l'alimentation du nourrisson et du jeune enfant
dans les mknages ;
6. le processus d'klabomion d'un programme visant i promouvoir une alimentation
de complkment correcte chez le nourrisson et le jeune enfant se fonde sur une
analyse approfondie des pratiques
de
sevrage respectant la dimension
multifactorielle des d6terminants du sevrage ;cette analyse devrait donc intégrer en
(2) Hazard Analysis Critical Control Point Systcm.
370
Recommandations
plus des déterminants sanitaires, nutritionnels, agricoles et technologiques, les
aspectsculturels,socio-économiquessans
oublier la question delasécurité
alimentaire ;
7.la décision d'implanter une ou des unités de production d'aliments de complément
destinés au nourrisson et au jeuneenfantrepose
sur desanalyses pertinentes,
prenant en compte la question de la taille de l'unité, mais aussi celle de sa raison
d'être ; au cas où l'implantation s'avérerait nécessaire, il conviendrait de privilégier
les unités de petite taille qui favorisent les initiatives locales et communautaires ;
8. les mesures envisagéespour améliorer et promouvoir l'alimentation de complément
du nourrisson et du jeune enfant tiennent particulièrement compte des besoins des
groupes les plus démuniset des situations d'urgence ;
9. les programmes visant à promouvoir une l'alimentation de complément correcte
chez le nourrisson et le jeune enfant:
-s'articulent avecles politiques nationales de développement sanitaire et,
plus spécifiquement, avec le système de soins de santé
primaire, de façon à
être étroitement associés aux activités de promotion de la croissance au
niveau desformations sanitaires;
-portent dans leur évaluation non seulement sur les pratiques de sevrage,
maisaussi
sur l'état nutritionnel car en définitivel'objectifdetels
programmes est d'améliorer l'état nutritionnel des nourrissons etdes
jeunes enfants;
- s'appuyent
également sur desrecherchesorientées
sur l'action ; ces
dernières devraient être conduites :
. auniveaurégional : sur l'inventaire,la miseau point et la
sélection de procédéset d'équipements utilisables;
. au niveau national :sur l'amélioration de la valeur nutritive, sur
l'acceptabilité et l'accessibilité des aliments de complément du
nourrisson et du jeune enfant, sur la valorisation des recettes
traditionnelles, sur les aspects socio-culturels et économiques et
sur les technologies liées à la transformation des produits
alimentaires ;
37 1
L 'ALIMENTATION DE C'
EMENT DU JEUNE ENFANT
- incluent un volet
de formation sur la promotion et la gestion des unitksde
production d'diments de complkment;
- se fondent A tous les stades de leur 8aboration, de leur mise en oeuvre et
de leur kduation sur les communautés
concernkes
participation interactive soit promue ;
et que leur
10. une banque de donnkes sur la composition en nutriments des matières premikres
utilisables dans la fabrication des aliments de csmplkment du nourrisson et du
jeune enfant soit ktablie au niveau international et largement diffuske auprès des
groupes d'utilisateurs dans les pays ;
II. la terminologie scientifique et technique et le mode d'expression des normes
relativesauxalimentsde compliment du nourrisson et du jeune enfant soient
actualisées avec l'assistance des agences du système des Nations Unies concernies,
notamment la FAO, l'OMS et l'UNICEF.
372
LISTE DES PARTICIPANTS
Algérie
-Jean-Paul GRANGAUD
Téléphone :2(213) 66 57 89
Professeur
Télécopie
86
2 : (213)
76 51
Chef du service de Pédiatrie,CHU d'Alger
Conseiller du Ministrede la santé
Direction de la santé maternelle et infantile
Alger, Algérie
- Mohamed KELLOU
Médecin
Chef Division de lanutrition
Président du Comité national de nutrition
Institut national de santépublique
4 Chemin El Bakr, El Biar, Alger, Algérie
Téléphone : (213) 2 91 80 48
Télécopie : (213) 2 91 27 37
Bénin
- Cyriaque GNINTOUGBE
Médecin nutritionniste
Responsable du servicede santé maternelle et
infantile, de planification familialeet de nutrition
Ministère de la santépublique
Cotonou, Bénin
- Robert METOHOUE
Responsable de fabrication des farines
de Ouando
Ouando, Bénin
- Aristide SAGBOHAN
Téléphone : (229) 3 1 11 42
Télkcopie : (229) 31 25 20
Chercheur en nutrition
ISBA/CREDESA
BI? 03 0457 Cotonou, Bénin
313
L 2LIMENTA TION DE COMPLEMENT BU JEUNE ENFANT
- Marie
Berthe
BUEDMOGO
Télkcopie
Médecin
Administrateur du Programme Santé
61 BP 3420 Bugadougou, Burkina Faso
Télkphone :30 62 35
: 30 O6 69
- Bambara SAIDBU
Tkléphone : 30 68 6.1
Nutritionniste
Unité de nutrition,
Direction la Santé dela Famille,
Ministère de la saneé publique
BP 7247, Ougadougou, Burkina Faso
Télkphone : 30 68 64
-Jean Célestin SOMDA
Nutritionniste
Direction de la santk dela famille
Ministère de la santk publique
BP 7247, Ougadougou, Burkina Faso
- Sirnone SOUBEIGA
Directrice de production
Projet de farine MisoldKasom
Centre féminin d’aliments de sevrage
Bugadougou, Burkina Paso
Conseiller technique en nutrition
Projet de lutte contre les maladies tropicales
Ministkre dela santk publique
Bujumbura, Burundi
- Fitina MWAJUMA
Tklkphone : 22 47 46
Nutritionniste
Projet de lutte contre les maladies
transmissibles
Buyenzi, Burundi
374
Téléphone :22 29 99
-Jean Baptiste NSAVYIMANA
Coordinateur technique
Projet Musalac
Ministère de la santépublique
Centre de santé deMusaga
Bujumbura, Burundi
Cameroun
-Jean Claude LOWE
Chef du service denutrition
Ministère de la santé publique
Yaoundé, Cameroun
Téléphone : 22 66 28
- Edmond NDJIPKEU
Téléphone :22 39 17
Chef du service national d'éducation
pour la santé
Ministère de la santépublique
Yaoundé, Cameroun
Cap Vert
- Anna Paula MONTEIRO FREITAS
Téléphone : 31 18 79
Nutritionniste
Hospital de Baptista de Sornsa
Sa0 Vicente, Cap Vert
- Eugenio Albert0 VERA -CRUZ
Téléphone : 31 22 09
Ingénieur technique
FAMA SARL
San Vicente, Cap Vert
375
- Abel Zphirin MOUKOLO
Téléphone : (242) 83 55 53
Technicien supkrieurde santk publique
Direction de la santé de la famille
Wnistkre de la santépublique
BP 13217 Bmzzavil'le, Congo
- Félicité TCFlIE3HVJDA.T
Téléphone : (242) 83 55 53
Direction de la Santé de la famille
Projet d'appui aux activitks de nutrition
kfinistkre dela santé publique
B'P 13127 Brazzaville, Congo
- Ambroise TEBI
TC1éphone :22 4404 Poste 266
Médecin nutritionniste
Laboratoire de nutrition
Institut national de smtk publique
Abidjan, CBte d'Ivoire
- Mahdi Ali MO-D
Tkléphone : 34 O8 38
Coordinateur des programmes de nutrition
H6p'piealde Bdhale
Djibouti
- Sadek ABDELML
Téléphone : 340 55 10
Télécopie : 340 55 10
Conseilles du Ministre de lasanté
Ministkre de la santtk
Pédiatre, Université du Caire
Le Caire, Egypte
376
Guinée
- Sékou TidianeKOUROUMA
Médecin, pédiatre,nutritionniste
Directeur de l'Institut de nutrition
et de santé de l'enfant
Ministère de la santé
Conakry,Guinée
- Macoura OULARE
Téléphone : (224)10
44 20
Médecin nutritionniste
Division del'alimentation et de lanutrition
Direction nationale dela santé
Ministère dela santé publique
BP 585, Conakry, Guinée
Madagascar
- Hary RALAIARISON-RAHARIZELINA
Enseignant-chercheur
Laboratoire d'anthropologie nutritionnelle
Faculté des Sciences
Université d'Antananarivo
BP 906, Antananarivo 101, Madagascar
Mali
- Djebril SEMEGA
Téléphone : (223) 22 45 26
Chef du Service denutrition,
Division de la santé familiale
Ministère de la santé
publique
BP 1149 E, Bamako, République du Mali
377
L 'ALPMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
aroc
- Mimoun AOURAGHE
Ministkre de la santk publique
Rabat, Maroc
- Maria de Lourdes FDALGO
Responsabledu Dipartement de nutrition
Ministère de la santk
CP 264 Maputo, Mozambique
- kmael Carina Hassane S W L G Y
Tkliphone : (285) 1 42 17 38
TklCcopie : (285) 142 17 38
Tklépphone : (285) 142 17 38
TBCcopie : (285) 1 42 17 38
Département de nutrition
Ministère de la santé
CP 264 Maputo, Mozambique
- Haoua MOUSTAPHA IBRAHIM
Nutritionniste
Unit6 de nutrition
Direction de la santk familiale
Ministère de la santk publique
Niamey, Niger
- Jérome-Oumarou TRAPSIDA
Economiste
Ministère del'industrie
BP 11700 Niamey, Niger
3 78
Rwanda
- Thomas KARENGERA
Directeur de la Santé
Ministère de la santé publique
Kigali, Rwanda
- Edith MUKAMUREN21
Téléphone : (250)
74
866-752
Nutritionniste-diététicienne
Unité de nutrition
Ministère de la santé publique
Kigali, Rwanda
Tchad
- Oscar Yomadji OUTENGAR
Nutritionniste
Centre national de nutrition et de
technologie alimentaire
Ministère de la santé publique
BP 440,N'djamena, Tchad
- Barounga Nouhou FATIME
Téléphone : (235)51 46 40/05
Télécopie : (235)51 31 59
Responsable nationale
Programme de lutte contre les maladies
diarrhéiques
Ministère de la santé publique
N'djamena, Tchad
Togo
- Abdou Rahmane Diparidé
AGBERE
Pédiatre, Responsablede l'Unité D
U.R.O. / Centre d' Intégration de soins
à l'Enfant
Hôpital de jour, Centre hospitalier
universitaire Tokoin
BP 57 Lomé, Togo
379
Téléphone :21
48
62/21
O1 25
23
L 'ALIMENTATIONDE COMPLEMENTDU JEUNE ENFANT
- Kodjo Doh AGBO
Télkphone :25
(228)
41 18
Directeur
Institut de nutrition et technologie
alimentaire (INTA)
BP 1242 Lomk, Togo
- Kodjo Crédo PLETH-SUIgPh
Tkliphone
7797
: 27
Télécopie : 27
97 77
Responsable
technique de production
Viten
BP 16057 Lomk, Togo
- Somdou TELOU
Tklkphone :21 55 40
Directrice
Centre social duquartier de
BP 1247 Lomk, Togo
- Sara J
Mkdecin
Responsable du programme national de périnatalitk
Direction des soins desmtk de base
Ministire de la smtk publique
Bab Sadoun, Citk Welvert
Tunis, Tunisie
- Selma DOYRAN
Tkliphone
58 25 : 52
Fonctionnaire chargk des normes
alimentaires
Division dela nutrition et des politiques
alimentaires
FAO, Via delleterme di Caracalla
66100 Rome, Italie
3 80
26
UNICEF
- Joanne CSETE
Téléphone : (212) 326 73 82
Télécopie : (212) 326 73 36
Conseiller en nutrition
Section de nutrition
UNICEF, 3 UN Plaza (€3-1OF)
New York, NY 10017, Etats Unis
d'Amérique
- Amadou KONTE
Téléphone : 53 760/53 784
Chef duprojet de nutrition
Nouakchott, BP 620, Mauritanie
ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES
Academy for Education Development
- Lonna SHAFRITZ
Animatrice
1255 23rd St
NW Washington DC 20037, Etats Unis d'Amérique
Agrisud
- Olivier LEGROS
Téléphone : (33) 56 23 50 74
Télécopie : (33) 56 23 50 73
Ingénieur agro-économiste
18 route de Lorrijon
33760 Frontenac
Groupe de rechercheet d'échange technologique
- Mémina SANOGO
Téléphone : (33) 1 40 05 61 6!
Télécopie : (33) 140 05 61 10
211 rue La Fayette
75010 Paris, France
381
- Pierre BESsll\aCON
Tkléphone : (33) 67 63 36 49
Tklécopie : (33) 67 63 36 49
Professeur
LGBSA / Unitk de nutrition
34895 Montpellier CEDEX 5 France
University of California, Davis
- Kenneth BROWN
Professeur
Department of Nutrition
Davis Ca 95616-8669, USA
Syfia - Periscoop
- Pierre Barrot
Tklkphone : (33) 67 61 13 61
Journaliste
Parc scientifique Agrspolis
34397 Montpellier CEDEX 5
- Djami1 BENBOUZID
Fonctionnaire mkdical
Tklkcopie
Unitk de nutrition
Division de l'alimentation et de la nutrition
1211 Genhe 27, Suisse
3 82
Tkléphone : (41) 22 791 33 22
: (41) 22 791 41 56
- Bruno de BENOIST
Conseiller régionalen nutrition
Bureau régional de l'OMSpour l'Afrique
B.P. 6 Brazzaville, Congo
- Yasmine MOTARJEMI
Spécialiste scientifique
Unité FOS
Division del'alimentation et de la nutrition
Genève, Suisse
- Bernard SURUGUE
Téléphone : (242) 83 91 O8
Télécopie : (242) 83 94 O0
Téléphone : (41) 22 791 35 58
Télécopie : (41) 22 791 07 46
Téléphone : (41) 22 791 27 56
Télécopie : (41) 22 791 41 86
Education et promotion de la santé
1211 Genève 27, Suisse
- Barbara UNDERWOOD
Téléphone : (41) 22 791 33 22
Télécopie : (41) 22 791 41 56
Unité de nutrition
Division de l'alimentation et
de lanutrition
1211 Genève 27, Suisse
- Anna VERSTER
Téléphone : (203) 48 202 23/24
Télécopie : (203) 48 38 916
Conseiller régionalen nutrition
Bureau régional del'OMS pourla
Méditerranée orientale
Alexandrie, Egypte
ORSTOM
- Francis DELPEUCH
Directeur de rechercheOrstom, UR 44
Laboratoire de nutrition tropicale
Centre Orstom
BP 5045 F 34032 Montpellier CEDEX 1
- Charles-Edouard deSUREMAIN
Socio-anthropologue, Orstom, UR 43
Laboratoire de nutrition tropicale
Centre Orstom
BP 5045 F 34032 Montpellier CEDEX 1
383
Téléphone : (33) 67 61 74 66
Télécopie : (33) 67 54 78 O0
Téléphone : (33) 67 61 74 73
Télécopie : (33) 67 54 78 O0
- Bernard MAIRE
Directeur derecherche Ontom, UW 44
Laboratoire de nutrition tropicale
Centre Orstom
BP 5045 F 34632 Montpellier CEDEX 1
TBiphone
74: (33)
61 67
68
Tklécopie : (33) 67 54 78 60
- Yves
Tilkphsne : (242) 83 62 65
Tklkcopie : (242) 83 13 37
- Serge TRECHE
Tkliphone : (33) 67 61 75 95
TklCcopie : (33) 67 54 78 O6
TIN-PREVEL
Epidémislogiste, Orstom, UR 44
BP 181 Brazzaville,Congo
Directeur de recherche Orstom, UR 44
Laboratoire de nutrition tropicale
Centre Orstom
BI? 5045 F 34632 Montpellier CEDEX 1
3 84
OUVRAGES ET ARTICLES DE REFERENCE
- L a situation nutritionnelle dans la Région africaine. Rapport du Directeur régional.
AFR/RC44/R5,0MS/AFROy Brazzaville, 1994.
- La nutrition chez le nourrisson et le jeune enfant. Rapport de situation et d 'évaluation;
et état delamise
en oeuvre du Code international de commercialisation des
substituts du lait maternel.
- Rapport du Directeur général, A47/6, OMS, Genève, 1994.
- Le
point sur 1'alimentation dunourrisson; Les aliments contaminés :cause majeure de
diarrhée et de malnutrition chez les nourrissons et les jeunes enfants, n03, avril 1993.
OMS, Genève.
- Ashworth A. and Draper A. The potential of traditional technologiesfor increasing the
eneqy density of weaningjbods. WHO/CDD/EDP/92.4, OMS, Genève, 1992.
- J. Akre. L'alimentation du
nourrisson :les bases physiologiques. Bulletin de l'OMS,
Supplément au volume67, OMS, Genève, 1989.
- D.B. Jeliffe et E.F.P. Jeliffe.
Prise en charge diététique de la diurrhée infantile. Publié
par l'OMS et l'UNICEF, 2ème édition, OMS, Genève, 1993.
- OMS/UNICEF.
Le sevrage, de l'allaitement maternel Li l'alimentation familiale,1989.
OMS, Genève.
- M.
Sanogo. La production artisanale des farines infantiles :Expériences et procédés.
Collection " Guide pratique ",Edition du Gret, Paris, 1994.
- E. Piwoz. Améliorer les pratiques alimentaires pendunt la maladie et
laconvalescence de
l'enfant. Soutien pour l'Analyse et la Recherche en Afrique, Analysedes ressources
Sanitaires et Humaines pour l'Afrique, USAID, 1994.
385
386
TABLE DES MATIERES
Sommaire
Résumé
Avant-propos par le Dr G. Clugston.......................................................
1
PREMIERE PARTIE : L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT EN
AFRIQUE :APERCU ET AMELIORATIONS
NECESSAIRES
1.1.
1.2.
1.3.
1.4.
1.5.
1.6.
Le sevrage:un défi pour l'enfant et pour sa mère
B. de Benoist,OMS/AFRO .................................................................
7
Les pratiques desevrage au Burkina Faso
J.C. Somda, BurkinaFaso....................................................................
15
Pratiques de sevrage auCongo
F. Tchibindat, Congo..........................................................................
27
L'alimentation de complément du jeune enfant
en Egypte
S. A. Abdelaal, Egypte .........................................................................
39
Synthèse sur les pratiques desevrage en Afrique et perspectives
sur les améliorations nécessaires
F. Delpeuch, ORSTOM ......................................................................
49
Résumé de la discussion générale de la première
partie ........................
65
SECONDE PARTIE : PRINCIPES GENERAUX
D'AMELIORATION DES ALIMENTS
DE COMPLEMENT
2.1.
Contrôle dequalité des alimentsdecomplément
S. Doyran, F A 0 ....................................................................................
3 87
69
L ~ L I ~ E ~ DE
~ C~ T IEMENTDU
O ~
JEUIWE ENFANT
2.2.
Alimentsde sevrage contaminb : facteur de risquemajeur
de diarrhkeet de malnutrition
Y. Motarjemi, F. Kderstein, G. M Qet~F. Quevedo, OMS ................... 75
2.3.
Innocuitk et disponibilitk des nutriments dms les aliments
de complkment
P. Besançon9Universitk ontpellier II..................................................
165
Techniques pour augmenter la densitkknergétiquedesbouillies
S . Trèche, ORSTOM ............................................................................
123
2.5.
RCsumk de la discussion gknkde delaseconde partie ...........................
147
2.6.
Synthbe des travauxde
upe sur le thème : critkresde
qualitkdesalimentsdecomplkment ....................................................
149
Production et commercialisation d'une farine
de sevrage :
l'expérience algkrienne
J.P. Grangaud et M. .Kellou, Algbrie .................................................
155
2.4.
3.1.
3.2.
3.3.
3.4.
3.5.
Les farines pour enfants
de
Ouando : acceptabilitk,
commercialisation et moyens mis en oeuvrepour
atteindre les groupes cibles
R.Z. Metohoué, Bénin ..........................................................................
,
i.
161
Le Musalac:b i n e de sevrage du Burundi
J.B. Nsavyimana, Burundi ....................................................................
167
La farine Micaf au Cap vert
E. Ver, Cruz,Cap Vert ........................................................................
173
Vitafort : une farine infantile de hautedensitk
énergktique auCongo
F. Tchibindat et Serge Triche, Congo .................................................
177
388
3.6.
Evaluation du programme Actaminede 1972 à 1993 au Maroc
M.Aouraghe,Maroc
3.7.
3.8.
3.9.
3.10.
3.11.
3.12.
3.13.
3.14.
3.15.
189
Bitamin : farine de sevragedu Niger
H. Moustapha Ibrahim, Niger .............................................................
197
Le Sosoma :farine desevrage du Rwanda
E. Mukamurenzi, Rwanda ...................................................................
199
Fabrication de farines enrichies
à partir de produits
locaux au Tchad
..
O. Yomadp-Outangar,Tchad ..............................................................
203
L'unité de production de farinesNutrimix au Togo
K.D. Agbo et A.D. Agbere, Togo ........................................................
211
L'unité de production des farines Vitenau Togo
K.C. Pleth-Suka, Togo .........................................................................
221
Analyse des expériences deproduction de farines
infantiles en Afrique
S . Trèche, ORSTOM ............................................................................
225
Technologies et équipements utilisablespour la
fabrication de farines infantiles
M. Sanogo, GRET ................................................................................
237
Création et gestion d'ateliersde fabrication de farines infantiles
O. Legros, Agrisud ...............................................................................
249
Synthèse des travaux de groupesur le thème :
Unités de production d'aliments de complément ..................................
261
QUATRIEME PARTIE :
4.1.
...........................................................................
APPROCHES POUR PROMOUVOIR
L'ALIMENTATION DE COMPLEMENT
L'éducation pour lasanté : introduction générale
D. Benbouzid, OMS .............................................................................
3 89
269
TION DE COMPLEMENTDUJEUNE ENFANT
Elabontion de stmtigies de communication sociale
pour amkliorer les pratiques de sevrage
E.B. Shafritz, C.C. Fishman et E.G. Piwoz, A D ..................................
273
Politiques de promotion sanitaire multimkdia
B. Surupe, OMS ...................................................................................
285
4.4.
Rksmmk de ladiscussion génkrde de la quatrikme partie ........................
293
4.5.
Synthèse des travaux de groupe sur le thème : R81e
de 1'EC dans la promotion de I'alimentation de complément ............... 295
5.1.
Les farines Misolaau Burkina Faso
S. Soubeiga, Burkina Faso ......................................................................
301
L'opération &éducation nutritionnelle et de transfert
de technologie sur le plateauKukuya (Congo)
A. Moukolo, F. Tchibindat, S . Trèche, Y. Martin-Prével,
S . Pezennec, N. @amiet Y. Loupe de Dibantsa, Congo .......................
313
Transfert de technologie en matièred'dimewtatisn de
complkment : exppkrience du CMDESA à Pahou (Bknin)
A. Sagbohan, Bénin ...............................................................................
325
Techniques de maltage : expériences au niveau despays
A. Verster, OMS ....................................................................................
333
Evduation de l'impact d'un programme d'ainkliOPation
des pratiques de sevrage: schkmas et contraintes
Y. Manin-Prével, S . Trèche et F. Delpeuch, ORSTOM ........................
339
Résumé de la discussion générale de la cinquième
partie ........................
361
4.2.
4.3.
5.2.
5.3.
5.4.
5.5.
5.6.
396
5.7.
Synthèsedetravauxdegroupesur
lethème :
Transferts detechnologie en vue de la production d'aliments
de complément au niveaux familial et communautaire...........................
363
RECOMMANDATIONS ..................................................................................
369
LISTE DES PARTICIPANTS ............................................................................
373
OUVRAGES ET ARTICLES DE REFERENCE ..............................................
385
39 1
Achevê d'imprimer sur rotative
par l'imprimerie Darantiere2 Dijon-Quetigny
ORSTOM Éditions
Dépôt légal : novembre 1995
Nod'impression : 95-1124
Diffusion
32, avenue Henri Varagnat
F-93143 Bondy Cedex
ISSN : 0767-2896
ISBN 2-7099-1289-9
Cliché de couverture :
Bernard Maire
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