projet ATM 2012 2014 - VF - Association Trans Musicales

projet ATM 2012 2014 - VF - Association Trans Musicales
« un art de (se) vivre »
Association Trans
Musicales
Projet artistique et culturel
Années 2012 / 2014
A.T.M. – 10-12, rue Jean Guy – CS 73912 – 35039 Rennes Cedex
Tél. : 02 99 31 12 10 – Fax : 02 99 30 79 27 – www.association-transmusicales.com
Siret : 338 864 267 00020 – APE 9001 Z – n° de TVA intracommunautaire FR 273 388 642 67
N° de licence : 1032088-1032089-1032090
Sommaire
L’art est la matière
Propos liminaires
Un art de (se) vivre
Spectacle bien / bon vivant
Chronique d’un monde à entendre et/ou à écouter
L’art et la manière
Mise en forme
Finalités, fondamentaux et principes
Thématique de convention 2012/2014
Perspectives 2012/2014
Priorités 2012
Annexes
-
schéma de posture
architecture de projet
détail de l’architecture de projet
fiche de synthèse
2/15
L’art est la matière
Propos liminaires
Il serait erroné de penser que l’on écrit un projet totalement nouveau et différent tous les trois
ans. Cela signifierait que toutes les idées ont été traduites en actes, que toutes les
possibilités de réalisation ont été expérimentées, que toutes ces actions ont été conduites et
même parfaitement achevées. Il suffirait donc de passer à autre chose.
Mais à quelle autre chose ? A l’instar d’un peintre exécutant en de multiples versions un seul
motif ou d’un metteur en scène réalisant film après film une longue fresque autour d’un
même sujet, nous élaborons encore et toujours notre projet sur l’utopie qui a forgé notre
naissance, celle de choisir librement sa vie culturelle.
Et l’artisanat du spectacle vivant se complait dans ce refrain quotidien : « Toujours sur l’établi
tu remettras ton ouvrage ». Alors trente ans suffisent à peine à ciseler la rencontre unique du
concert à venir. Il ne saurait y avoir de pause dans le travail, d’arrêt dans l’évolution du
projet, de stagnation dans sa capacité à retranscrire les évolutions artistiques et culturelles.
Nous espérons simplement que ce projet maintenant esquissé dans ces pages sera plus
abouti dans sa mise en œuvre, plus dense dans ses concrétisations et plus généreux dans
le souffle qui l’animera.
Un art de (se) vivre
Toute œuvre d’art est une possibilité permanente de métamorphose,
offerte à tous les hommes.
Octavio Paz
Réponse au questionnaire d’André Breton
L’important dans une œuvre étant moins ce que l’artiste a voulu montrer
que la manière dont elle interfère sur la sensibilité de qui la reçoit …
Emile Brami. Rigor mortis
Tant d’années ont passé depuis l’apparition des Rencontres Trans Musicales de Rennes, en
1979, à l’époque événement de jeunes gens modernes pour être maintenant festival de
musiques actuelles. Ces ajouts terminologiques ricochent chacun sur le temps, ingrédient
déterminant en musique mais qui ne l’est pas moins dans la vie. Et rien n’est venu modifier
notre propre rapport au temps, à ce moment présent qu’il nous faut vivre.
Pour expérimenter notre condition humaine intensément, nous avons choisi la musique, le
rock précisément. Eprouver la vie par et dans la relation à l’art, telle est toujours notre
matière tout autant que notre conviction.
La relation à l’art n’est qu’une des nombreuses formes de la vie culturelle. Nous aurions pu
expérimenter notre énergie sur un autre terrain de curiosité mais nous l’aurions sans doute
fait avec la même passion, à nouveau sous la forme d’un voyage, tout autant d’agrément
que d’initiation, dans la matière choisie et dans nous-mêmes. Etre acteur culturel consiste
alors à réunir les conditions du départ pour les protagonistes en partance et proposer autant
de chemins qu’il est nécessaire afin que chacun puisse embarquer.
Car, nous entrainant dans un mouvement esthétique1, l’art nous émeut, il nous met en
mouvement.
1
Rappelons le sens premier d’esthétique : terme formé sur le grec !"#$%&"'(), « qui a la faculté de sentir ; ou de comprendre »
d’après !"#$*+,µ!" « percevoir par les sens, par l'intelligence, comprendre ». Dictionnaire Bailly.
3/15
Bouleversement profond ou imperceptible vibration, en nous remplissant de paroles, de
musiques, de formes, de gestes qui ne sont pas les nôtres, il nous ramène à nous-mêmes et
nous confronte à notre humanité.
Les œuvres se ressentent, se perçoivent ; elles déclenchent émotions et sentiments. Nous
oublions trop souvent que l’art est affaire de sensations et de perceptions : du sensible
touchant des sensibilités. L’art requiert pleinement toute notre intelligence, sereine et entière
dans l’étendue de ses différentes dimensions. Si l’œuvre est une conjonction esprit/matière
dans le travail du créateur, elle est alors réconciliation du sensitif et de l’idéel chez la
personne qui la perçoit.
Ainsi l’art nous fait-il accéder à une forme de connaissance par cette épreuve des sens.
Faire sens par les sens, ce n’est rien moins qu’une mise en signification du monde dans
laquelle l’être humain peut trouver puis prendre sa place.
En conséquence, la relation à l’art et la vie culturelle, dans laquelle elle est enchâssée, n’ont
besoin d’aucune autre justification à l’existence que ce droit à nous permettre d’exercer notre
humanité selon notre fantaisie. Il y va de la liberté de prendre soin de soi2.
L’art est, pour nous, un des lieux du questionnement sur notre condition, un des espaces
d’interrogation sur notre monde. Et le spectacle vivant est notre lieu de prédilection pour
cette rencontre entre l’art et ses amateurs.
Spectacle bien / bon vivant
La société d’aujourd’hui n’en finit plus de rejeter notre relation à l’art aux marges de nos vies
quotidiennes. Certes, de ce point de vue, la situation n’a jamais été idéale, ni même
favorable. Mais cette civilisation de fausse prodigalité nous éloigne insidieusement de l’art,
que ce soit par l’absence d’une éducation artistique simplement accessible à tous mais aussi
par une compétition scolaire à coups de performances intellectuelles, puis par un exercice
professionnel à pas cadencé dans le cadre d’une société du chiffre et de la consommation.
Ne sommes-nous pas entraînés dans un mouvement productiviste qui, s’accélérant sans
cesse, nous vide des pensées, émotions et perceptions considérées comme inutiles à notre
rendement social ? Dans notre course à l’avoir, nous en oublions d’être. La confrontation
avec l’art est là pour nous le rappeler.
Alors, nous réaffirmons le besoin de donner à écouter et voir, à vivre et ressentir ces
propositions artistiques orchestrées par le spectacle vivant, dont l’expression même dit, à
l’heure du virtuel, l’importance et la particularité de ce mode de mise en relation avec l’art
pour lequel artistes en performance et spectateurs en instance sont physiquement réunis. Et
ce d’autant plus qu’une autre forme de déshumanisation s’étend sur notre planète
mondialisée dont la duplication industrielle a transformé l’œuvre en produit et uniformisé la
relation à l’art, ou à ses succédanés, en standards marketing de consommation culturelle.
Dans ce tourbillon accélérateur de tous les tempi (du speed dating au fast food), le spectacle
vivant reste connecté avec une forme ancienne de temps collectif autour d’une communauté
éphémère. Une fois franchies les portes du spectacle (quels que soient les expressions
artistiques et leur contexte d’exploitation), il n’y a rien d’autre à faire que d’être spectateur.
De la société des loisirs nous passons à l’état de loisir. Il nous est en effet loisible de
disposer de toutes nos capacités/potentialités quand le spectacle vivant propose un temps
convoquant toutes les dimensions humaines.
2
Cf Texte d’interrogations en préalable à l’autoévaluation : le terme culture vient du latin colere dont tous les dérivés conservent
l’idée de « développer par un soin qui est une marque d’honneur ».
4/15
Le spectacle vivant n’offre-t-il pas une relation à l’art singulière, peut-être plus ample, plus
complète car elle entremêle l’intime du ressenti au collectif de la situation, qui plus est dans
le moment même où l’art prend forme sous nos yeux ? Définissant un espace-temps, il crée
un monde sensoriel ancré dans un espace différencié3, jusqu’au festival qui instaure un
monde sensoriel fictif complet dans une autre convention de spectacle. Ainsi, nous
concevons les Trans comme une mise en scène de spectacles pour laquelle nous créons un
espace où il fait bon vivre pour se laisser aller au plaisir d’une promenade artistique.
Remplacer Watteau par Nirvana : à chacun son époque, à chacun sa destination !
Le spectacle vivant est expérience où chacun devient interprète, l’un de ses œuvres, l’autre
de ses émotions. En cela, il ouvre certaines portes de la perception. Et notre rôle est d’en
entrouvrir le plus grand nombre possible.
Chronique d’un monde à entendre et/ou à écouter
Qu’est-ce que le style ? Un point de vue et un seul.
Andrée Putman
Affublées d’un qualificatif des plus pervers, les musiques dites actuelles représentent un
vaste domaine qui, bien au-delà de la myriade d’esthétiques le composant, traverse le
traditionnel, le populaire, le non académique, etc.
Nées dans l’énergie de la contre culture rock mais devenues un des piliers de l’industrie des
loisirs et du divertissement, elles déversent dans les tuyaux des NTIC une marée de sons,
du plus calibré au plus déjanté, du plus dévergondé au plus faussement subversif. Ainsi,
banalement, les musiques actuelles manifestent du meilleur comme du pire.
Alors dans un panorama aussi étendu et profond, des musiques traditionnelles au jazz, au
rock, aux musiques électroniques, il n’y a que l’embarras du choix pour programmer. Mais,
quelle est la ligne artistique, vecteur de notre choix ? Par où passe cette démarcation,
synonyme de programmation ?
« Nées dans l’éphémère d’une revendication, les Rencontres Trans Musicales s’incarnent
toujours dans leur nom : il symbolise le projet, immédiatement, à la fois dans sa philosophie
et dans son action. Le préfixe « trans » signifie le mouvement, l’exploration. Il évoque une
quête, celle de l’inattendu. Et ce périple à l’intérieur de toutes les musiques se place sous le
signe de la curiosité. La motivation du voyage sans cesse recommencé est bien la rencontre,
aventure humaine cristallisée autour de l’émotion artistique. Cette recherche de nouveaux
sons est une invitation à ressentir ensemble ces émois artistiques avec l’intensité d’une
première fois. »
Prolongeons maintenant cet extrait du précédent projet écrit en 2006.
L’attrait pour l’inconnu et plus précisément l’inattendu est une inclinaison fondatrice de notre
posture. L’habitude émousse les sens alors qu’à l’inverse le charme du mystère pimente la
surprise et conduit au choc de la première fois. Mais la qualité d’inconnu ne peut être la
seule piste dans cette quête de nouveaux sons ; de même, le caractère de nouveauté ne
peut être considéré comme critère pertinent en programmation.
3
Marion Ségaud, in Anthropologie de l’espace, définit l’espace différencié comme « un jeu raffiné de renvoi et de composantes
de la « nature » et de la culture, de l'individu et de la société, jeu à chaque fois original et dont l'originalité qualifie cet espace en
le différenciant des autres fondant et expérimentant l'identité du groupe ».
5/15
La programmation est analyse de singularité
A cet endroit, parlons musique, création, technique. Sans même recourir aux canons
occidentaux classiques de la beauté, apprécier l’acte de création dans l’objectif de
programmation s’opère techniquement sur les qualités formelles de l’œuvre.
La matérialité de l’œuvre se construit sur cette multitude d’éléments concrets4, mis en forme,
qui va concourir à la définition du style et à la construction de l’identité du créateur.
Le programmateur est juge de la capacité du créateur à être auteur, i-e être à l’origine de sa
proposition artistique. Certes, il n’y a pas de création ex nihilo, tout créateur s’inscrit dans
des systèmes de filiation autour de ce qu’il va reconnaître comme ses influences maîtresses.
Mais le dépassement de ces imitations et emprunts pour affirmer un style en propre est la
preuve de l’autonomie du créateur et son achèvement dans la maturité de son expression.
Prenons l’exemple des figures de style en écriture5 pour définir, toutes disciplines
confondues, le style d’un créateur comme étant cet écart par rapport à la norme stylistique
de l’époque. Est auteur celui qui va venir augmenter, enrichir l’histoire de sa discipline.
La programmation est cette analyse des différences, démontrant la capacité de l’artiste à
s’inscrire dans l’histoire des arts originalement, en propre parmi un ensemble de groupes
empruntant des chemins comparables.
La programmation est re création
Programmer n’est pas créer au sens où ce travail s’inscrit dans une réalité de création qui lui
est extérieure et antérieure. Cependant la programmation crée un paysage artistique inédit
et unique.
En cela, elle est une leçon particulière d’histoire artistique par le témoignage circonstancié
de la création du temps présent, quand elle échappe à la dictature de la mode, de l’audimat
et que, dans le même mouvement, elle donne à voir la perspective dans laquelle ces
musiciens s’inscrivent.
En long, en large ou en travers, elle atteste de l’existence d’artistes, de mouvements,
d’esthétiques. Par un jeu de connexions et de télescopages, la programmation réunit ce qui
est épars dans le foisonnement de la production. Elle donne forme.
L’art et la manière
Mise en forme
La forme, c’est le fond qui remonte à la surface
Victor Hugo
Un projet peut être considéré comme un écosystème, certes né dans l’apesanteur des idées
mais, qui, au fur et à mesure du passage dans la pesanteur atmosphérique du concret, se
leste de toute la matérialité nécessaire à son existence. Il faut voir ici à la fois la liaison et la
logique entre les idées inscrites dans le projet et leur transcription dans l’action : ainsi le dire
et le faire ne sont que les deux faces de la même pièce.
4
Liste sans doute infinie, mais tentons : compositions, structures de compositions, choix des instruments, orchestrations,
sonorité, effets spéciaux, tonalité, phrasé, rythme, placement des voix, choix des langues, écriture des textes, etc …
5
Une figure de style est le procédé d’expression qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue et donne une expressivité
particulière au propos.
6/15
Un écosystème fait sens et sa mise en œuvre y participe logiquement : elle s’organise autour
des mêmes systèmes référentiels agissant comme soubassement de la juste concrétisation
des idées qui lui ont donné vie. Nous référant à un écrit précédent « texte d’interrogations en
préalable à l’autoévaluation de la mise en œuvre du projet de l’ATM », nous esquissons ici
l’architectonique de construction du projet.
Nos définitions interprétatives
A l’ATM, le projet artistique travaille les compétences de création et d’interprétation et le
projet culturel travaille les compétences d’appropriation des propositions artistiques, tout en
respectant pour l’un comme pour l’autre l’autonomie des personnes, artistes ou spectateurs,
dans leur choix.
A l’apprentissage des artistes correspond l’éducation des publics. A la maîtrise du geste en
art doit correspondre la maîtrise du jugement, donc du choix, en culture.
Nous définissons le projet artistique comme le travail d’accompagnement des créateurs vers
leur fonction artistique, qui s’établit dans la rencontre avec le public. Ce projet artistique
démarre avec le choix de programmation, seuil de reconnaissance de l’intérêt de la création
dans l’objectif d’une présentation aux publics. A partir de là se construit un programme –
l’accompagnement artistique – visant à améliorer, approfondir, les différents savoir-faire des
métiers de la création et de l’interprétariat jusqu’à la maîtrise de la scène, élément
déterminant dans la rencontre avec les spectateurs.
Le projet culturel vise à ce que les publics puissent goûter la proposition qui leur est faite,
c’est-à-dire qu’ils y aient accès, et trouvent leurs aises et leurs propres repères dans cette
mise en expérience. C’est en ce point que se structure le programme d’action culturelle.
Fondamentaux, finalités, principes
Fondamentaux
Où il est simplement question de liberté de choix.
De liberté donc.
Mais encore faut-il qu’il y ait plusieurs options, sans quoi il n’est plus possible de parler de
choix. Nous retrouvons ici l’axiome de la diversité culturelle et de la pluralité artistique, déjà
proposé comme clé de voûte des finalités de notre précédent projet. Sans cette
reconnaissance, il n’est point de respect de l’altérité, d’acceptation des différences, de
dépassement possible de notre condition par l’art qui nous remplit de ce que nous ne
sommes pas.
Ces fondamentaux agissent en tant que conditions de notre autonomie de personne.
Finalités
Le projet artistique a pour finalités :
-
travailler les musiques actuelles en tant qu’art et expression artistique,
affirmer la diversité des propos artistiques,
rendre compte de leur richesse,
en accompagner le renouveau.
Pensé comme dynamique de la rencontre avec le projet artistique, le projet culturel travaille
à rendre accessibles les différentes propositions et, en conséquence, à accompagner toute
forme de mise en relation avec le projet artistique.
7/15
Pour ce faire, les finalités du projet culturel sont :
-
travailler les musiques actuelles en tant que culture et expérience culturelle,
affirmer la pluralité des compétences des publics,
développer esprit critique et capacité de jugement,
proposer différents modes relationnels à chaque objectif d’accès.
Principes
1) La curiosité, comme un appétit inextinguible, en est l’élément principal ; elle se décline par
le mouvement de recherche dans le projet artistique et le mouvement de découverte dans le
projet culturel.
Mouvement de recherche
- l’éclectisme, affirmant la richesse des expressions et formes artistiques,
- l’originalité, ou la singularité dans l’histoire de l’art,
- l’expérimentation, nécessaire à tout renouvellement des formes.
Mouvement de découverte
- la sagacité, rassemblant les savoirs et savoir être mobilisés par la fonction de
spectateur,
- la compétence, validant l’analyse, l’esprit critique, le jugement
- l’implication, en opposition à « l’accusation » de passivité souvent faite au spectateur.
2) La permanence de l’action est un second principe
Parce qu’il est difficile d’être à l’aise quand l’univers ne vous est pas familier, la mise en
familiarité se construit dans le temps par la répétitivité et dans la multiplicité des propositions
de rendez-vous :
- travailler une permanence et une proximité avec l’art,
- travailler une permanence et une proximité avec les conditions techniques de
réalisation et production artistique,
- travailler une diversité de connexions sur des temps différents.
3) L’autonomie du champ d’action
Le spectacle vivant est un moment particulier dans les différentes possibilités de la rencontre
artiste/spectateur. Rencontre humaine sur le mode artistique, elle doit s’affranchir des
contraintes technologiques conduisant au formatage d’un produit pour retrouver une liberté
de l’œuvre.
-
autonomie du spectacle vivant par rapport aux autres canaux de diffusion des
œuvres,
indépendance par rapport aux lois commerciales du marché,
capacité de différenciation par rapport aux modes.
Thématique de convention
Cette partie poursuit les différentes analyses présentées au cours de notre travail d’autoévaluation.
L’ATM est à un moment charnière de son parcours où plusieurs grands enjeux se dessinent :
à la fois conforter le projet dans sa singularité et améliorer les moyens de son organisation,
d’un autre côté, structurer la mise en œuvre du projet tout en consolidant le schéma
économique dans l’objectif général d’arriver à l’indispensable mise en adéquation
objectifs/moyens.
8/15
Et nous reprenons in extenso la proposition d’une stabilisation en plateau de l’activité :
• achever la formalisation sur une colonne vertébrale commune aux différentes actions,
• travailler à l’approfondissement et l’amélioration des actions,
• mieux articuler les actions entre elles.
Nous proposons trois grandes thématiques de convention
- événement et permanent,
- cohérence et cohésion,
- réseaux et territoires.
Et définissons un objectif transversal
- renforcement des capacités de production artistique, sur toutes les dynamiques du projet.
-
Evénement et permanent
o rééquilibrage saison / festival
o définition hors festival d’une saison dans laquelle l’Ubu est à la fois l’ancrage
du projet en accompagnement artistique + action culturelle et une salle de
diffusion parmi d’autres
Cette thématique tente de réduire l’opposition grand festival/petite salle en les considérant
comme des outils différents d’un même projet. Il s’agit d’adapter le projet à la configuration
des lieux sans en forcer les contraintes architecturales pour se conformer aux besoins
artistes/spectateurs. Nous reprenons les constats successifs sur l’Ubu, trop petit pour
accueillir l’intégralité du projet ATM hors festival.
-
Cohérence et cohésion
o Cohérence de projet
o Cohésion des moyens humains de mise en œuvre : gouvernance, équipe,
parties prenantes
Nous approfondissons ici la réflexion Agenda 21 articulée autour de la notion d’architecture
organique, léguée par Frank Lloyd Wright, et des principes du design selon lesquels de la
fonction naît la forme. Après un bilan général des six premières années de travail, elle est
conduite maintenant dans l’objectif d’une maîtrise du geste de production. C’est pourquoi,
nous thématisons notre prochain cycle sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE)
avec, à court terme, une certification norme ISO 20121 pour l’ATM.
-
Réseaux et territoires
o Proximité par rapport aux territoires : du local à l’international
o Partenariat
Quel que soit le territoire d’intervention, l’action se construit à l’attention de ses publics et en
lien avec les structures du territoire, œuvrant sur les champs culturel, social, jeunesse,
éducation. Sauf dans le cas exceptionnel de Trans à l’export, ces partenariats s’envisagent
sur des cycles reconductibles et évolutifs. Ces actions s’expriment dans le cadre de notre
« trilogie » de travail : programmation, accompagnement artistique, action culturelle.
9/15
Perspectives 2012/2014
Trois directions se croiseront dans notre travail de production.
La première liée à la période plateau
-
enclenchement d’une période plateau
o pas de création de nouveaux projets
o stabilisation des programmes d’action
o approfondissement des logiques de travail à l’intérieur des projets en cours
! possibles nouvelles actions
o répercussion des baisses de produits sur le budget des actions
! géométrie variable des actions
La seconde liée aux thématiques de convention
-
rééquilibrage projet Trans / projet hors Trans
o priorisation des projets permanents
! programmation en saison
! métropolisation du Jeu de l’ouïe
! consolidation Mémoires de Trans
! extension de Guides & incursions
o croisement des projets
! Tournée des Trans / Trans à l’export
! Mémoires de Trans / Jeu de l’ouïe
-
à l’international, maillage partenarial et dynamique de réseau
o partenariat européen LIVE-DMA/Trans
o consolidation de la présence internationale sur les Trans
o travail de constitution d’un réseau à l’échelle européenne, via une perspective
de rapprochement avec d’autres salles de musiques actuelles
o renforcement Rencontres & Débats.
La troisième liée à l’objectif transversal de renforcement des capacités d’investissement en
production artistique :
- renforcement des capacités d’accompagnement artistique
- renforcement des programmations générées par l’action culturelle.
Priorités 2012
-
-
-
étendre la métropolisation du Jeu de l’ouïe
intégration permanente de Mémoires de Trans
o deux postes équivalents temps plein dédiés au projet
o mise en place d’un comité éditorial afin de réfléchir à l’utilisation des archives
et leur recontextualisation
o coproduction INA/ATM : projet Fresque interactive des Rencontres Trans
Musicales
o démarrage de la reconstitution des cartographies pour chaque édition Trans
o poursuite du travail d’archivage et de numérisation sur la période 1994-1998
renforcement de Guides & incursions, projet proposant aux publics scolaires la
construction d’un véritable parcours découverte au cœur des musiques actuelles et
de notre projet artistique et culturel, grâce à la collaboration avec un professeur
conseiller relais
approfondissement et formalisation du programme d’accompagnement artistique
stabilisation / intégration renforcée des Rencontres & Débats
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12/15
Détail de l’architecture de projet
Par dynamique de travail
- Programmation
o Trans
! Kaléidoscope
! Tournée des Trans
! Focus (régional et européen)
! Les Trans dans les prisons
! Danse hip hop
! Arts visuels
o Saison autour de l’Ubu
! Arts visuels
! Hors les murs
- Accompagnement artistique
o Répétitions, filages
o Résidences
o Création Aire Libre
o Conseil, mise en rencontre à l’intersection réseaux et professionnels
- Action culturelle
o Education artistique et culturelle
! Jeu de l’ouïe
! Mémoires de Trans
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-
Mémoires de Trans
o constitution du fonds
o numérisation des archives
o développement d’un site internet dédié
o Fresque Rencontres Trans Musicales/INA
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Fiche de synthèse
Récapitulatif des fondamentaux, finalités, principes de l’ATM
Fondamentaux
Liberté de choix
Pluralité artistique
Diversité culturelle
Autonomie de la personne, qu’elle soit artiste ou spectateur
Projet
Suivant le schéma de posture, notre projet évolue dans un champ de force entre deux pôles
artiste/spectateur que l’on pourrait qualifier de « deux faces d’une même pièce ». Une
présentation technique en miroir traduit ces deux faces du même projet.
Finalités du projet artistique
• travailler les musiques actuelles en tant qu’art et expression artistique,
• affirmer la diversité des propos artistiques,
• rendre compte de leur richesse,
• en accompagner le renouveau,
Finalités du projet culturel
• travailler les musiques actuelles en tant que culture et expérience culturelle
• affirmer la pluralité des compétences des publics,
• développer esprit critique et capacité de jugement,
• proposer différents modes relationnels à chaque objectif d’accès.
Principes
-
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-
curiosité
mouvement de recherche dans le projet artistique
– éclectisme, affirmant la richesse des expressions et formes artistiques
– originalité, ou la singularité dans l’histoire de l’art
– expérimentation, nécessaire à tout renouvellement des formes
mouvement de découverte dans le projet culturel
– sagacité, rassemblant les savoirs et savoir être mobilisés par la
fonction de spectateur
– compétence, validant l’analyse, l’esprit critique, le jugement
– implication, en opposition à « l’accusation » de passivité souvent faite
au spectateur
permanence de l’action
– travailler cette permanence par une proximité avec l’art
– travailler cette permanence par une proximité avec les conditions
techniques de réalisation et production artistique
– travailler une diversité de connexions sur des temps différents, variés
et complémentaires
autonomie du champ d’action
– autonomie du spectacle vivant par rapport aux autres canaux de
diffusion des œuvres
– indépendance par rapport aux lois commerciales du marché
– capacité de différenciation par r apport aux modes
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Récapitulatif des objectifs sur les dynamiques de travail
Objectifs de la programmation qui définit la stylistique et valide l’entrée dans le projet
(artistique et culturel)
• proposer un spectre de programmation large, traversant les esthétiques et les
mouvements,
• établir au travers d’une présentation éclectique des parcours significatifs dans la
création contemporaine,
• privilégier les artistes singuliers dans la production du moment,
• privilégier l’expérimentation,
Objectifs de l’accompagnement artistique qui assume le choix artistique dès l’entrée
dans le projet
L’accompagnement artistique commence dès l’amont du concert et dépasse la simple
diffusion
• approfondir et améliorer les différents savoir-faire des métiers de la création à
l’interprétariat,
• mettre en place les différentes conditions de ces apprentissages,
• favoriser l’accomplissement de la fonction d’artiste,
• participer au dynamisme de la scène locale et régionale,
Objectifs de l’action culturelle qui englobe toutes les formes de relation à tous les
publics
• réduire l’impact des obstacles entravant la relation des publics à la proposition
artistique,
• par une facilitation d’accessibilité économique, financière et sociale,
• par une facilitation d’accessibilité physique, géographique et territoriale,
• par une facilitation d’accessibilité cognitive et symbolique.
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