La Plasticité du langage

La Plasticité du langage
DOSSIER DE PRESSE
septembre 2012
Fondation Hippocrène
Propos d’Europe 11
La plasticité du langage
Entre les mots
du 6 septembre au 6 octobre 2012
Entre les langues
du 16 octobre au 16 décembre 2012
Sous le haut patronage du Ministère des Affaires étrangères et européennes
RELATIONS AVEC LA PRESSE
Agence Catherine Dantan
Marc Fernandes
7, rue Charles V – 75004 Paris
Tél. 01 40 21 05 15
marc@catherine-dantan.fr
www.catherine-dantan.fr
SOMMAIRE
Communiqué de presse
p.3
Entretien avec Michèle Guyot-Roze, présidente de la Fondation Hippocrène
p.4
Propos d’Europe 11 : La plasticité du langage
• L’exposition
Propos de Jeanette Zwingenberger, commissaire
p.6
Premier volet : Entre les mots
Parcours
p.7
Les artistes
p.14
Second volet : Entre les langues
Parcours
p.18
Les artistes
p.22
• Événements
p.25
La Fondation Hippocrène
• Présentation
p.26
• Les actions :
p.28
Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe
Propos d’Europe
• L’ancienne agence de Mallet-Stevens, siège de la Fondation
Les informations pratiques
p.29
p.30
2
Communiqué de presse
Fondation Hippocrène
Propos d’Europe 11 :
La plasticité du langage
Entre les mots
du 6 septembre au 6 octobre 2012
Entre les langues
du 16 octobre au 16 décembre 2012
Pour fêter les 20 ans de sa création, la Fondation Hippocrène présentera à la rentrée prochaine une manifestation
exceptionnelle, ludique et poétique : La plasticité du langage. Elle réunira, au cours de deux expositions
successives, une trentaine d’artistes qui exploreront les divers aspects, phoniques et graphiques, de la « matérialité
de la langue ».
Quand les artistes s’en emparent, les mots et les lettres obéissent à d’autres règles, construisant des jeux féconds qui
ne laisseront pas le visiteur inactif. Vidéos, peintures, photographies et installations présentées dans l’ancienne
agence de Mallet Stevens, siège de la Fondation Hippocrène, témoigneront de la formidable plasticité de ce matériau.
À une époque dominée par le caractère essentiellement informatif du langage transmis par les flux numériques, les
travaux de ces créateurs élaborent un corpus vivant ouvrant un champ de perceptions nouvelles.
La plasticité du langage est une exposition dynamique qui se déploie en deux temps : le premier, intitulé Entre les
mots se déroulera du 6 septembre au 6 octobre. Le second, Entre les langues du 16 octobre au 16 décembre 2012.
Cette manifestation, placée sous le commissariat de Jeanette Zwingenberger, s’inscrit dans un programme
d’expositions annuelles, Propos d’Europe, destiné à soutenir et faire connaître la création européenne contemporaine,
puisque telle est la mission que s’est fixée la Fondation Hippocrène. Dans le cadre des Propos d’Europe, la Fondation
proposera également une table ronde avec les artistes et un concert en lien avec le thème de l’exposition.
Liste des artistes participant à cet événement :
I.Entre les mots : Ben, Julien Blaine, Alighiero Boetti, Philippe Cazal, Henri Chopin, Claude Closky, Johan Creten, Jean
Daviot, Peter Downsbrough, François Dufrêne, Jean Dupuy, Mounir Fatmi, Raymond Hains, Isidore Isou, Maurice
Lemaître, Laurent Mareschal, Henri Michaux, Georges Noël, Jaume Plensa, Ernest T, Agnès Thurnauer, Pierre Tilman et
Agnès Rosse, Jacques Villeglé, Gil Joseph Wolman.
II.Entre les langues : Art & Language, Basserode, Alighiero Boetti, Eva T. Bony, Sophie Calle, Philippe Cazal, Jean Daviot,
Angela Detanico et Rafael Lain, Sammy Engramer, Mounir Fatmi, Elsa Mazeau, Tania Mouraud, Nina
Papaconstantinou, Vittorio Santoro, Agnès Thurnauer, Jorinde Voigt, Max Wechsler.
La Fondation Hippocrène, créée en 1992 par Jean et Mona Guyot, est une fondation d'utilité publique familiale et
indépendante dont la mission principale est de contribuer à renforcer la cohésion entre les jeunes européens. Elle fait
« Vivre l’Europe » en soutenant financièrement des projets aussi bien culturels, éducatifs, qu’humanitaires et sociaux.
En plus des expositions d’art contemporain Propos d’Europe depuis 2002, elle est à l’initiative depuis 2010 du Prix
Hippocrène de l’éducation à l’Europe : concours organisé au sein des établissements scolaires en partenariat avec le
Ministère de l’éducation nationale, qui récompense les meilleurs projets européens - www.prixhippocrene.eu.
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Entretien
Avec Michèle Guyot Roze, présidente de la Fondation Hippocrène
La Fondation Hippocrène fête aujourd’hui ses 20 ans, quel bilan tirez-vous de ces deux décennies ?
En cette circonstance, mes pensées vont d’abord à mes parents qui ont créé cette fondation en 1992.
À l’époque, c’était une aventure car il y avait très peu de fondations de ce type en France. En
européens de la première heure, mes parents portaient en eux la foi inébranlable en la jeunesse et
au rôle essentiel qu’elle avait à jouer dans la poursuite de la construction européenne. C’est dans cet
esprit qu’en l’espace de vingt ans, nous avons soutenu quelques sept cents projets principalement
dans les domaines de la culture, de l’éducation et, dans une moindre mesure, du social et de
l’humanitaire. C’est un chiffre important qui prouve que la société civile a une part importante à
mener dans la consolidation d’une Europe citoyenne, en complément de ce que font les pouvoirs
publics. Nous recevons aujourd’hui chaque année plus de trois cents demandes de projets… En deux
décennies, nous avons également fédéré différents réseaux de partenaires et d’amis qui
démultiplient notre action ; certains nous soutiennent financièrement, comme le Cercle des Amis de
la Fondation Hippocrène, d’autres engagent des projets qui rejoignent les nôtres. Ces différentes
initiatives ont mis en évidence en France un riche tissu d’associations pour l’Europe qui développent
des actions concrètes sur le terrain. Nous avons par ailleurs établi des liens avec d’autres fondations
dans différents pays avec lesquels nous créons des partenariats, en particulier l’Allemagne, la
Belgique et la Hongrie. Enfin la Fondation Hippocrène est membre fondateur du Centre Français des
Fondations dont je suis membre du conseil d’administration en tant que représentante des
fondations familiales. Les moyens des pouvoirs publics diminuant, les porteurs de projets se
tournent d’avantage vers nous, d’autant que le thème de l’Europe et des jeunes est un domaine peu
représenté dans le paysage des fondations françaises. Notre aide, même minime, est la plupart du
temps déterminante.
Que vous inspire la réception, en 2011, de la distinction de Grand Mécène de la Culture ?
J’en ai été très étonnée car cette distinction est réservée aux grands mécénats. Je me suis dit que
c’était une véritable reconnaissance du bien fondé de notre action. Pour moi c’est un encouragement
à poursuivre notre soutien à la culture. Mon père, qui fut parmi les premiers à regretter qu’elle soit
absente des préoccupations de l’Europe, a beaucoup soutenu la musique. Aujourd’hui, nous mettons
l’accent sur l’art contemporain, tout en continuant à soutenir des projets musicaux, et ce depuis
qu’en 2000 nous avons acquis ces locaux conçus par Mallet-Stevens, où nous organisons chaque
année des expositions. La culture constitue, je pense, un excellent vecteur des valeurs de l’Europe.
Dans l’entrée de la fondation, est exposée une œuvre de Jean Daviot Savoir. Faut-il y voir un
emblème de l’esprit dans lequel vous œuvrez ?
On traverse le savoir, réalisé en buis, pour entrer dans la Fondation. Cette œuvre illustre
l’importance que nous accordons à la culture et à l’éducation dans le choix des projets que nous
soutenons. Dans « savoir » il y a « voir », nous dit Jean Daviot qui résume ainsi le sens de l’exposition
que nous présentons pour fêter nos 20 ans, et qui a pour thème, et titre, la Plasticité du langage.
Cette exposition entre dans la programmation des Propos d’Europe que vous poursuivez pour la
onzième année consécutive. En quoi l’art participe t-il d’un « vivre ensemble » européen ?
L’art, j’en suis convaincue, est un formidable vecteur d’échange et de communication dans un espace
européen traversé d’une multitude de langages différents. Il porte à la fois la mémoire et les valeurs
de l’Europe, la paix, la solidarité, la tolérance, le respect des autres ainsi qu’une culture commune. En
fait cela n’a rien de nouveau, les artistes ont toujours circulé en Europe. L’art, au delà de la diversité
des langues, œuvre pour la compréhension des peuples.
4
La Fondation possède-t-elle une collection ?
La Fondation possède une petite collection initiée par mon père. Je l’enrichis de manière régulière.
J’achète des œuvres à chaque exposition que nous organisons et j’en fais don à la Fondation. Y
figurent des œuvres de Jérôme Schlomoff, Elsa Mazeau, Carlos Pazos, Esther Shalev-Gerz, Jean
Daviot, Pol Bury, Basserode, Johan Creten… La collection regroupe aujourd’hui près de quarante
pièces.
Vous occupez un lieu exceptionnel, les locaux de l’agence de l’architecte Mallet-Stevens : outre les
expositions, quelles autres activités s’y déroulent ?
Lorsque nous avons acquis ce lieu, nous l’avons entièrement restauré, en partant des photos de
l’époque que nous avons pu trouver. Des réunions de travail s’y tiennent régulièrement, des tables
rondes qui réunissent artistes et historiens d’art, ainsi que des concerts de musique de chambre
organisés par Dominique Probst à l’occasion de chaque exposition. Le prochain aura lieu les 26 et 27
juin. Il nous arrive aussi fréquemment de mettre nos locaux à la disposition d’autres associations.
Nous sommes devenus une petite Maison de l’Europe !
Les difficultés que traverse l’Europe actuellement ont-elles tendance à vous inquiéter ou à
renforcer votre engagement et, dans cette perspective, avez-vous de nouveaux projets pour les
années à venir ?
Une inquiétude, oui, c’est indéniable. On remarque partout des réflexes nationalistes et on peut
regretter la lenteur de l’Europe dans des situations qui demandent l’urgence. Cependant, il ne faut
pas oublier que l’Europe a fait beaucoup en soixante ans, un laps de temps très court au regard de
l’Histoire. L’Europe est une construction très singulière, unique au monde. Nous sommes plus que
jamais déterminés à poursuivre notre action auprès des jeunes afin de faire progresser en eux le
sentiment d’appartenance à l’ensemble européen. Nous venons de remettre le Prix Hippocrène de
l’Education à l’Europe dans l’enceinte du Parlement européen. Cinq classes y étaient présentes. Ce
fut un grand moment pour les élèves, intense et marquant. Ce prix souligne l’importance de leur
participation à l’Europe citoyenne ; je salue le travail des professeurs orienté dans cette direction.
Devant l’urgence à développer la construction d’une citoyenneté européenne, nous allons, dans les
années à venir, renforcer nos actions dans le sens de l’éducation à l’Europe, et si possible élargir le
champ de nos expositions : après la France, La Plasticité du Langage pourrait être réalisée dans
différents pays. Nos autres axes stratégiques vont consister d’une part à encourager les médias à se
former sur les questions européennes et, d’autre part, à œuvrer pour la diminution des risques de
fracture sociale en Europe en engageant d’avantage de projets sociaux, du type de ce que nous avons
fait pour les orphelins roumains. Par ailleurs, la modification de nos statuts en 2009 nous a permis
d’abriter la Fondation Evens France, qui travaille sur des thèmes proches des nôtres, et la Fondation
Frateli qui aide des jeunes des milieux défavorisés à entrer dans la vie professionnelle. L’ensemble de
ces actions, concrètes et novatrices, ont un effet de levier sur l’Europe et là se porte la poursuite de
tous nos efforts.
Michèle Guyot-Roze
Présidente de la Fondation Hippocrène, membre du conseil d'administration de la Maison de
l'Europe de Paris, des Amis du Musée national d'art moderne. Elle représente les fondations
familiales au sein du conseil d'administration du Centre français des fonds et fondations, et est
Chevalier de l'Ordre National du Mérite et Chevalier de la légion d'Honneur.
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Propos d’Europe 11 : La plasticité du langage
L’exposition
Propos de Jeanette Zwingenberger, commissaire
« La Plasticité du langage » veut donner à voir et à entendre la façon dont notre monde imaginaire
est structuré par le langage, à travers des œuvres qui rendent tangible l’interaction entre textuel et
figural, champ poétique et champ plastique, idée et forme. L’exposition explore à travers divers
médias – vidéo, peinture, photographie et installation – les multiples aspects de la « matérialité de la
langue » comme mode de construction de nouvelles perceptions. Alphabet, mot et phrase
constituent le premier matériau de ces artistes qui expérimentent la plasticité de la langue aux sens
phonique et graphique. Qu’ils permutent l’ordre des lettres à l’intérieur des mots, par exemple, ou
s’attaquent aux lettres elles-mêmes, et les fragments se disséminent en un puzzle qui invite à des
lectures multiples. La dimension visuelle et auditive apporte à l’abstraction de la langue une
dimension concrète et poétique.
Le parcours de l’exposition va du lettrisme au Nouveau Réalisme, de la poésie expérimentale à la
scène actuelle, réunissant autant d’artistes précurseurs que d’artistes contemporains. Ce vaste
panorama témoigne de la place centrale du langage dans la scène artistique française et européenne
à travers le temps, avec ses continuités et ses ruptures. De l’après-guerre à aujourd’hui, certains de
ces artistes sont venus de toute l’Europe pour vivre en France, amenant avec eux leur culture et
inventant des modes de pensée à travers leur langue, devenue pour eux la source d’une nouvelle
forme de créativité. Ils embrassent aussi bien l’écriture, la poésie, la musique que la performance et,
si leur poésie sonore ou phonétique peut être asémantique, tout ce qu’elle perd en signification, elle
le gagne en plasticité. Ce « bruissement de sens », selon la belle expression de Roland Barthes,
génère une ouverture à un autre imaginaire et nous met en phase avec le tissage de la langue de
chacun – comme un corps vivant.
Cette exposition entend ainsi proposer une autre vision que celle de l’art conceptuel américain. Elle
se situe davantage dans l’espace de l’équivoque, celui qu’aimait à explorer le surréalisme avec ses
références freudiennes. Ce plaisir ludique pour les jeux de mots et de formes, avec les lapsus, les
calembours, les anagrammes et les homophonies, ne s’est-il d’ailleurs pas répercuté sur les écrivains
étrangers vivant en France, tels que Gertrude Stein, James Joyce ou encore Samuel Beckett ? La
technique du double sens est centrale dans cette langue française qui est par excellence celle de la
diplomatie et qui se prête aussi bien au détournement poétique qu’à la dérision. C’est ce qu’exprime
la célèbre phrase de Marcel Proust : « Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue
étrangère. Sous chaque mot, chacun de nous met son sens ou du moins son image qui est souvent un
contresens.» Gilles Deleuze répond : « Un style, c’est arriver à bégayer dans sa propre langue ».
Jeanette Zwingenberger
Historienne de l’art et membre de l’AICA (Association Internationale des Critiques d'Art), sa thèse de doctorat
Hans Holbein le Jeune, L'ombre de la mort a été publié chez Parkstone Press (Londres, 1999). Elle a été
commissaire de plusieurs expositions en Europe, notamment L’Homme-Paysage, Visions artistiques du paysage
anthropomorphe entre le XVIe et le XXIe siècle, Palais des beaux-arts de Lille et Berlin (2006-2007) ; Une image
peut en cacher une autre : Arcimboldo, Dali, Raetz, Galeries nationales du Grand Palais de Paris (2009) ; Tous
Cannibales, La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, Paris (2011) et au Me Collectors Room Berlin
(2011). Depuis 2009, elle est commissaire de l’exposition annuelle de la Fondation Hippocrène (Propos
d'Europe 8.0 : Paris/Berlin ; Propos d'Europe 9.0 : des artistes espagnoles à Paris ; Propos d’Europe 10 : Des
artistes belges).
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Les visuels ci-dessous sont mis à la disposition de la presse pour la durée unique de l’exposition : La plasticité
du langage présentée à la Fondation Hippocrène, à Paris, du 6 septembre au 16 décembre 2012.
Légendes et mentions sont obligatoires.
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dépasser 72 dpi.
Entre les mots
Cette première partie réunit des œuvres d’artistes qui travaillent directement la matière des lettresmots-choses en nous la rendant palpable. La langue avec laquelle nous sommes nés et que nous
manions tous les jours, souvent sans y prendre garde, devient alors un espace concret, visible. Cette
langue qui existe avant nous et dans laquelle nous nous inscrivons, cette trame qui nous traverse et
nous contraint à l’exercice quotidien du chiffrage et du déchiffrage, fait naître un espace artistique
décalé par rapport à la soi-disant réalité et à ses automatismes, un espace peuplé de signes étranges
et de paroles mystérieuses. Les différentes positions artistiques rassemblées ici nous plongent dans
l’espace sonore et énigmatique de la prime enfance, de « lalangue », selon le mot de Lacan, et nous
font toucher la dimension sensorielle de l’intime : à chacun de vivre l’expérience subjective et
d’inventer son espace imaginaire.
L’accrochage dense s’apparente à un mur de langage et le foisonnement d’œuvres compose un
parcours qui donne des clés de lecture pour rentrer dans la plasticité du langage.
Parcours :
Œuvre in situ
Peter Downsbrough
PHASE/S - AND, ET Wall piece, 2012
Lettres adhésives
Dimensions variable
© Adagp, Paris 2012 / Peter Downsbrough &
Artists Rights Society, New York
7
Raymond Hains
La double tôle "Knorr", 1962
Affiches lacérées sur panneau de tôle galvanisée
160 x 200 cm
Collection particulière
© Leïla Voigt / Adagp, Paris 2012
Jacques Villeglé
Alphabet, 2008 (lettre A)
Technique mixte sur bristol
26 dessins de 21 x 15 cm chacun
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012
Georges Noël
Palimpseste ineffable, 1961
Technique mixte (acétate de polyvinyle, silice, pigments) sur toile
73 x 100 cm
Collection particulière
© Adagp, Paris 2012
Ben
Pour le plaisir d’écrire, 1975
Huile sur toile, 73 x 92 cm
Courtesy Galerie Lara Vincy, Paris
© Adagp, Paris 2012
Philippe Cazal
Compacité (FIN), 2012
Miroir sablé, attaches métalliques,
120 x 100 x 0,5 cm
Exposition 10 ans d'Interface, Interface, Dijon
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012 / Photo Fred Buisson
8
Agnès Thurnauer
Série des Portraits
Portrait Grandeur Nature
(Jacqueline Lacan), 2009
Résine et peinture époxy
120 cm diamètre
JNF productions
Collection M et Mme Epry
© Agnès Thurnauer / Adagp,
Paris 2012
Portrait Grandeur Nature
(Romane Opalka), 2009
Résine et peinture époxy
120 cm diamètre
JNF productions
Courtesy de l’artiste
© Agnès Thurnauer /
Adagp, Paris 2012
Portrait Grandeur Nature
(Miss van der Rohe), 2009
Résine et peinture époxy
120 cm diamètre
JNF productions
Collection M et Mme Roze
© Agnès Thurnauer / Adagp,
Paris 2012
MO T, 2006
tirage unique sur toile
73 x 92 cm
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012
YOU, 2009
tirage unique sur toile
73 x 92 cm
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012
Jean Daviot
Série Écart des mots
DIRE, 2005
tirage unique sur toile
73 x 92 cm
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012
Alighiero Boetti
Perdere la bussola, années 80
broderie sur tissu
16,5 x 18,5 cm
Courtesy Galerie Tornabuoni Art
© Adagp, Paris 2012 / Thomas Hennocque
9
Œuvre in situ
Ernest T.
Travail réfléchi, 1985
Lettres adhésives, installation variable selon l’espace
Collection Daniel Bosser
Claude Closky
Untitled (lo), 2010
Acrylique sur toile
150 x 162 cm
Courtesy Galerie Laurent Godin, Paris
© Galerie Laurent Godin, Paris
Johan Creten
La Langue, 1989
Sculpture en bronze patiné à la cire perdue
27 x 65 x 15 cm, Edition de 8 sur un socle en bronze
Collection Fondation Hippocrène
© Adagp, Paris 2012 / Photo Bruno Lapeyre
Jaume Plensa
Jaume Plensa
Idle Reader, 2009
Fer peint, edition de 11
61 x 41 x 42 cm
Courtesy Galerie Lelong
© Adagp, Paris 2012
Shadow study XXXIII, 2010
Technique mixte sur papier
158 x 112 cm
Courtesy Galerie Lelong
© Adagp, Paris 2012
Œuvre recréée pour l’occasion
Pierre Tilman et Agnès Rosse
Les statues n'ont pas de poils, 2006
Collier avec lettres découpées, bois, peinture, corde et
texte encadré sous verre
320 x 250 cm
Courtesy Pierre Tilman et Agnès Rosse
© Pierre Tilman et Agnès Rosse
10
Julien Blaine
La langue n’a point d’os, 2005
Vidéo extrait de poême
Collection Lerka, Saint Denis de La Réunion
Gil Joseph Wolman
Décomposition Spectateur, c’était 50 ans, 1980
Assemblage de cartons et papiers séparés en deux,
textes imprimés et cartons de diapositive sur film plastique transparent
61 x 46 cm
Courtesy Galerie Natalie Seroussi
© Adagp, Paris 2012
Gil Joseph Wolman
La bible, anonyme, Série W. la liberta, 1982
Papiers découpés, montage entre feuilles de plexiglas
54,5 x 54,5 cm
Courtesy Galerie Natalie Seroussi
© Adagp, Paris 2012
François Dufrêne
Cantate des Mots Camés, 1977
Œuvre sonore
Collection particulière
Isidore Isou
Tablette Barbare III, 1961
Huile sur toile
65 x 53 cm
Collection Elke et Arno Morenz
11
Maurice Lemaître
Passeport pour Liliane, 1966
Huile sur toile
27 x 35 cm
Collection Elke et Arno Morenz
© Adagp, Paris 2012
Henri Chopin
Dans les temps cruels des religions mortelles, 2005
dactylopoème, machine à écrire sur papier
141 x 36 cm
Collection Frédéric Aquaviva
Henri Michaux
Sans titre, 1944
Dessin Encre (plume)
32 x 24 cm
Collection particulière
© Adagp, Paris 2012
Henri Michaux
Sans titre, 1971
Tableau acrylique
32.5 x 50 cm
Collection particulière
© Adagp, Paris 2012
12
Jean Dupuy
Here, 1988
Acrylique sur toile
232,5 x 159,5 cm
Courtesy Loevenbruck,
Paris
© Adagp, Paris 2012 /
Photo Nicolas Calluaud
Hein ?, 1990-2011
Gouache et papier
contrecollé sur bois et
moteur et gouache et
graphite sur papier.
Sculpture : 10 x 7 x 9 cm;
Anagramme : 29,7 x 21 cm
Courtesy Loevenbruck, Paris
© Adagp, Paris 2012 / Photo
F.Gousset
Laurent Mareschal
Sémataphore, 2012,
Texte de vue écrit en Sémataphore, tirage noir et blanc
55 x 25 cm
Courtesy Galerie Marie Cini
© Photo Tami Notsani
Mounir Fatmi
The Beautiful language, 2010
Video, 16 minutes 30, SD, 4/3, B&W, stéreo.
Courtesy de l’artiste et Galerie Hussenot, Paris
© Adagp, Paris 2012 / Photo Mounir Fatmi
13
Les artistes :
Ben, né en 1935 à Naples en Italie, vit et travaille à Nice.
Ses « écritures » constituent sa marque de fabrique, elles sont en forme de performances,
installations et peintures. Ses citations récurrentes, simples mots rédigés sur des toiles ou autres
objets portent sur une remise en question de la place de l'artiste dans la société ainsi que sur le
marché de l’art.
Julien Blaine, né en 1942 à Rognac (Bouches-du-Rhône), vit et travaille à Marseille.
Un des créateurs de la poésie action, connu pour sa poésie-performance, il crée en 1973 la revue
internationale Doc(k)s. Aujourd’hui il poursuit et publie sa recherche sur la poésie élémentaire sous
le titre Les Cahiers de la 5e feuille.
La langue n’a pas d’os est une performance où Julien Blaine fait comme s’il ne savait plus comment
placer sa langue dans sa bouche. Il nous fait revivre l’apprentissage du langage dans sa motricité,
dans sa dimension de maîtrise corporelle.
Alighiero Boetti, né en 1940 à Turin, mort en 1994 à Rome.
Boetti est une des figures phares du mouvement Arte Povera. Ses tableaux-broderies représentent
des cartes appelées « mappa » ou labyrinthes de lettres à déchiffrer tels des rébus. Il pose la
question de l’identité et de l'anonymat. La lecture du sens caché, liée à l’espace de l’initiation, est au
cœur de son œuvre.
Philippe Cazal, né en 1948 à La Redorte (Aude), vit et travaille à Paris.
Philippe Cazal s’approprie les slogans, les enseignes publicitaires, leur aspect iconique de lettres,
pour les tourner en dérision en faisant éclater la linéarité de notre lecture. Un mot est disséminé sur
l’espace du tableau, il se laisse lire dans tous les sens, opérant une multi-dimensionnalité. Il crée ainsi
une interaction entre l’image du mot et les diverses combinaisons de lectures possibles.
Henri Chopin, né en 1922 à Paris et décédé en 2008.
Henri Chopin, artiste et poète sonore français, publie en 1955 son premier recueil de poésies, Signes,
avant de devenir, dès la fin des années cinquante, en opposition au Lettrisme, un créateur et un
propagateur de la poésie sonore, notamment grâce à la revue pionnière multimédia Ou. Il conçoit
dès le début des années 1960 d’impressionnants « dactylopoèmes », oeuvres graphiques réalisées à
l’aide de sa machine à écrire.
Claude Closky, né en 1963 à Paris, vit et travaille à Paris.
Claude Closky joue des lettres et de leurs formes. En explorant la typographie, il propose une
réflexion sur le graphique qui fait apparaître une nouvelle figuration de l’alphabet. Ici, une
architecture picturale construite avec des fragments de lettres agrandies.
Johan Creten, né en 1963 à Sint Truiden (Belgique), vit et travaille à Paris.
La langue, tête recouverte de signes, évoque les tatouages des Maoris. Elle s’inscrit dans sa période
nomade. Montré lors de sa première exposition individuelle en 1986 à la galerie Meyer des arts
premiers, (Paris) Creten se promenait toute la nuit dans le métro parisien avec sa sculpture sous le
bras. Elle devenait un objet polymorphe lui servant d’arme, un fétiche érotique ou encore, un enfant
qu’il portait dans ses bras.
Jean Daviot, né en 1962 à Digne, vit et travaille à Paris.
Les œuvres « L’écart des mots » travaillent sur l’espacement – l’entre deux – des mots ainsi que la
permutation des lettres qui ouvrent à différents niveaux de sens. Il met en évidence le processus
d’associations entre textes et images, d’une partie visible donnée à voir et d’une autre partie qui est
donnée à penser.
14
Peter Downsbrough, né en 1940 à New Brunswick (New Jersey), vit et travaille essentiellement à
Bruxelles.
Peter Downsbrough écrit des mots dans l’espace qui se donnent à lire d’un certain angle de vue, telle
une anamorphose. Il traite ainsi l’architecture du lieu comme un livre à lire. Cette discontinuité qui
suspend le sens puis son redressement rend tangible le processus, cet autre temps de la
compréhension de la lecture.
François Dufrêne, né en 1930 à Paris.
Principalement connu comme affichiste, il est un des précurseurs de l’utilisation des « dessous »
d’affiches. Il crée l’ultralettrisme, mode de poésie phonétique qui atomise le langage, explorant les
possibilités vocales d’une musique concrète. Le poème Cantate des Mots Camés se produit de luimême à partir d’une syllabe mère à travers des contraintes très serrées, chaque syllabe devant
trouver son homophonie à une distance maximale de cinq vers.
Jean Dupuy, né en 1925 à Moulins, vit et travaille à Pierrefeu.
Les équations poétiques de Jean Dupuy constituent des textes anagrammatiques en couleurs qui
fonctionnent comme des partitions musicales à déchiffrer. Le dispositif spatial de la toile Here
évoque la poésie en mouvement basée sur son Ars combinatoria mais aussi ses performances. Mais
surtout le hasard, dont il dit : « Le hasard, c’est moi. »
Mounir Fatmi, né en 1970 à Tanger (Maroc), vit et travaille entre Paris et Tanger.
The Beautiful language est riche en textes et en images, mais est difficile à lire. La technique du cutup, popularisée dans les textes de William Burroughs est appliquée ici aux images, avec des
fragments d'échanges tendus apparaissant dans un mode non linéaire. Les images sont extraites de
L'Enfant sauvage, le film de François Truffaut de 1970, basé sur l'histoire vraie, de la fin du 18e siècle,
d'un garçon "non civilisé" pris en charge par un médecin et étudié comme un spécimen de la
différence. Les images choisies montrent l'enfant en train d'être mesuré, enseigné et testé, et
exposent ainsi le processus d’un apprentissage de la lecture, comme métaphore de la violence du
monde adulte
Raymond Hains, né en 1926 à Saint-Brieuc et décédé en 2005 à Paris.
Raymond Hains a travaillé, comme son ami Jacques Villeglé, sur les affiches lacérées et a co-créé le
Nouveau réalisme, où décollage et geste de lacération, appropriation poétique du réel de l’espace
urbain, constituent le terrain d’action. En partant des affiches de leurs matières premières, les
Nouveaux réalistes travaillent la dissolution et l’éclatement des lettres dans une juxtaposition
rythmique, créant des grandes compositions abstraites colorées.
Plus tard, Hains prend ses distances avec ce mouvement pour poursuivre une recherche personnelle
autour des calembours et autres jeux de langage, qu'il utilise comme révélateurs de rapports cachés
unissant des éléments disparates.
Isidore Isou, né en 1925 à Botosani (Roumanie) et mort en 2007 à Paris.
Isidore Isou, de son vrai nom Jean-Isidore Isou Goldstein, est un poète, artiste, cinéaste et
économiste français du XXe siècle. Il est le fondateur et principal théoricien du Lettrisme (1945). En
tant que bâtisseur de systèmes, Isou mène son combat à travers un corpus de textes - démesuré.
Son système pictural est basé sur l’organisation de lettres puis de signes nommée « hypergraphie »,
dépassant à la fois l’art plastique figuratif et abstrait. En 1956, il théorise « l’art infinitésimal »,
élaborant des oeuvres purement mentales, avant de demander la participation active du public avec
« l’art supertemporel » dès 1960.
15
Maurice Lemaître, né en 1926 à Paris.
Ecrivain et poète, il est l’artiste le plus prolifique du mouvement lettriste et est également un
cinéaste reconnu d’avant-garde et underground, ainsi que l’auteur d’une œuvre photographique de
première importance. Ses oeuvres picturales allient un sens du détail et de la technique à une
originalité et une inventivité remarquables.
Laurent Mareschal, né en 1975 à Dijon, vit et travaille à Paris.
Le test d'acuité visuelle auquel convie Laurent Mareschal met face à une langue de son invention : le
Sémataphore, dérivée du Sémaphore. Inventé par les frères Chappes au lendemain de la Révolution
française (1793), ce code fût entre autres utilisé par les postes établis sur le littoral pour
communiquer par signaux optiques avec les navires.
De ce langage codifié, Laurent Mareschal crée une extension poétique qui comprend tout le corps,
une sorte de chorégraphie qui n'utilise pas seulement les bras, mais aussi les jambes. Cet alphabet à
partir des mouvements du corps constitue d'ailleurs la base d'autres langages notamment
chorégraphiques. L’humour de cette pièce consiste à ce que la vue du spectateur soit mise à
l’épreuve, voire même tout son corps dans cette quête d’un autre langage qui propose en somme un
nouvel alphabet chorégraphique.
Henri Michaux, né en 1899 à Namur et mort en 1984 à Paris.
Ecrivain, poète et peintre, Henri Michaux se consacra tout d’abord à l’écriture avant et dès 1925, en
parallèle, il commence à s'intéresser à la peinture et à tous les arts graphiques en général. Exposé
pour la première fois en 1937, il ne cesse ensuite de travailler, au point même que sa production
graphique prend en partie le pas sur sa production écrite. Durant toute sa vie, il pratiquera autant
l'aquarelle que le dessin au crayon, la gouache que la gravure ou l'encre. Il s'intéresse également à la
calligraphie qu'il utilisera dans nombre de ses œuvres.
Les premiers "alphabets" d’Henri Michaux datent de 1927. Ils sont les prémisses de ce que René
Bertelé nommera "l'espéranto lyrique" de Michaux. Cette recherche d'un langage plus immédiat que
le verbal sera ponctuée par d'autres "alphabets", en 1944 (dont un exemplaire est ici exposé), puis
parle mouvements de 1951, qui abandonneront tout référent pour le "mouvement" pur.
Jusqu'à la seconde guerre, la recherche du signe passe par le dessin. À partir des années 1950, la
peinture prend le relais. Le signe se forme dans un geste, une action, évoquant ici une calligraphie
arabe.
Georges Noël, né en 1924 à Béziers et mort en 2010 à Paris.
« Fluides ou saccadés, hachurés ou éparpillés en signes isolés, contrôlés ou à la dérive, ses
graphismes charrient une énergie mystérieuse où se fait sentir l’écho de codices précolombiens, des
tablettes cunéiformes, ou encore des références à la poésie ou à la musique. » Margit Rowell
Jaume Plensa, né en 1955 à Barcelone, où il vit et travaille.
Après une formation classique, travaillant le bronze, la fonte et le fer forgé, il incorpore dans ses
travaux différents objets, dont des objets de récupération, avant de revenir par la suite à une
technique bien plus classique. Il abandonne ensuite la figuration pour travailler uniquement sur les
formes et les volumes, et introduit des matériaux ou dispositifs technologiques, principalement afin
d'introduire de la lumière ou des oppositions entre la transparence et l'opacité. Enfin, conservant cet
acquis et ce savoir-faire, il abandonne l'abstraction et revient vers la figuration qu'il réintroduit peu à
peu pour faire naître des jeux de sens avec les dispositifs lumineux qu'il a choisi. Dans son travail, la
figure humaine est récurrente, le corps constitué de lettres, comme une seconde peau, évoque le
langage qui nous habite.
16
Ernest T., né en 1943 à Mons (Belgique), il vit et travaille à Paris.
Son œuvre se présente sous forme de canulars, de rébus ou de caricatures, dans la veine de l'esprit
dada, potache et des imagiers d'avant-guerre. Ses œuvres se déclinent en citations sur les artistes et
le milieu de l'art ou encore en peintures ou en sculptures. Ironisant sur ce milieu très codé et sérieux,
il revendique le statut de la modestie en faisant de nombreuses références à l'Histoire de l'art.
Agnès Thurnauer, née en 1962 à Paris, où elle vit et travaille.
Ses portraits se présentent sous la forme surdimensionnée de badges où le nom se fonde d'abord
sur une confusion du genre. Le féminin et le masculin conditionnent nos identités sociales. Ici, par la
permutation des prénoms, l'artiste épingle les normes classiques de la représentation pour les ouvrir
à de nouvelles inventions de soi. Elle réalise un inventaire fictif et ludique, une histoire de l’art
parallèle féminisée.
Pierre Tilman, né en 1944 à Salernes (Var), vit et travaille à Sète.
Agnès Rosse, née en 1971, vit et travaille à Paris et à Sète.
Ce collier de lettres évoque les pendentifs initiaux de notre enfance lorsque nous apprenions à lire et
à dire notre nom. L’enchaînement de mots et leur permutation possible s’inscrivent toujours dans un
lien à l’autre et aux autres, ici à l’amour. Cet alphabet en couleur compte l’abécédaire du couple
artiste : Agnès Rosse et Pierre Tilman.
Jacques Villeglé, né en 1926 à Quimper, vit et travaille à Paris et à Saint-Malo.
Après des études aux Beaux-Arts de Rennes où il fait la connaissance de Raymond Hains, Jacques
Villeglé part à Nantes en 1947 étudier l'architecture. D'abord collecteur d'objets sur les plages (il
réalise des sculptures à partir des débris du mur de l'Atlantique), l'artiste devient dès 1949 collecteur
d'affiches lacérées. Il se dénomme alors « affichiste » et proclame la « guérilla des signes », les
affiches étant les « reflets de la culture dominante ». Sa première exposition personnelle a lieu en
1959, et en 1960, il est l'un des membres fondateurs du Nouveau Réalisme. Aux côtés de son ami
Raymond Hains, avec lequel il réalise le film Pénélope, Villeglé s'approprie les déchirures abstraites et
lyriques de la ville, instille dans ses œuvres une dose de contestation politique, détourne la publicité
et la presse. En parallèle aux expérimentations lettristes de Hains, Villeglé invente son alphabet
sociopolitique, La Guérilla des signes, en juxtaposant pictogrammes archaïques et idéogrammes
politiques. La lecture se situe entre les caractères graphiques et les associations portant les traces de
réalités historiques.
Gil Joseph Wolman, né en 1929 à Paris et décédé en 1995 à Paris.
Membre historique du lettrisme, figure majeure, discrète et poétique, des avant-gardes
contestataires, cinéaste, plasticien, poète et écrivain français, il fonde en 1952 l’Internationale
lettriste avec Guy Debord, avec qui il cosigne le Mode d’emploi du détournement, publié en 1956
dans la revue Les Lèvres nues. Il invente l’art scotch en 1963, technique d’arrachage et de
prélèvement avec du ruban adhésif, qu’il reporte sur des baguettes ou tableaux. En 1977, il crée des
oeuvres autour de la notion de « séparation », des « décompositions » aux « déchets d’oeuvres ».
17
Entre les langues
Le second volet pose la question de la pluralité des langages, de la compréhension entre les
différentes cultures, dans une dimension plus abstraite.
Il aborde le langage sous sa forme architecturale, comme un dispositif visuel et graphique, et il
interroge l’articulation entre texte et image.
La mise en espace de l’exposition s’apparente à un langage construit comme une grammaire dont
témoignent les différentes approches des artistes. Dans une dynamique interactive, le spectateur
pourra ainsi construire son propre univers.
Parcours :
Mounir Fatmi
Entre les lignes, 2010
Scie circulaire en acier
150 cm
Courtesy l’artiste et Galerie Hussenot, Paris
© Adagp, Paris 2012 / Photo Aline Biasutto
Oeuvre in situ
Tania Mouraud
I have a dream
Impression jet d'encre
Installation
Alighiero Boetti
Clessidra cerniera e viceversa, 1981
Œuvre sur papier
150 x 100 cm
Collection Agata Boetti
© Adagp, Paris 2012 / Photo André Morin
Art & Language
Index 17 n°1, 2002
Dessin, impression laser sur papier collé sur carton
101,9 x 64, 9cm
Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac
18
Jorinde Voigt
Symphonic Area Var. 6, 2009
encre, crayon sur papier
80 x 180 cm
Collection M et Mme Roze
© Adagp, Paris 2012
Œuvre recréée pour l’occasion
Agnès Thurnauer
Olympia, 2005
Acrylique sur toile
160 x 280 cm
Collection de Philippe Méaille
© Agnès Thurnauer / Adagp, Paris 2012
Sophie Calle
Prenez soin de vous. Journaliste d'agence de presse, Bénédicte Manier,
2007
photographie couleur, texte
63 x 78 x 4 cm + 25 x 78 x 4 cm
Courtesy Galerie Perrotin
© Adagp, Paris 2012 / Photo Florian Kleinefenn / Aia Productions
Elsa Mazeau
Bories, 2009
Installation photographique et sonore, tirages
Lambda contrecollés sur Dibon
160 x 110 cm
Collection M et Mme Roze
© Elsa Mazeau
Philippe Cazal
KO OK, 2001
Mobilier de collectivité, structure métallique et piètement métallique,
6 chaises, 2 plaques en aluminium (découpe au jet d’eau)
Table : 160 x 80 x 75 cm, plaques : 80 x 80 x 2 cm chaque
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012 / Photo Jean-Paul Planchon
19
Basserode
Passé, Présent, Futur (Français, Allemand, Anglais), 2002
5 toupies sculptures en plâtre
Courtesy de l’artiste
© Basserode
Eva T. Bony
Livre 26 / 1951, 2010
Livre, caoutchouc, fil
21 x 30cm
Courtesy de l’artiste
© Eva T. Bony
Jean Daviot
Bocca del mondo, 2007
Vidéo
Courtesy de l’artiste
© Adagp, Paris 2012 / Photo Jean Daviot
Angela Detanico Rafael Lain
Harmonie, 2010
Encre de chine et tirage pigmentaire sur papier
65 x 50 cm
œuvre unique
Courtesy Galerie Aboucaya
Angela Detanico et Rafael Lain
Mebsuta, 2007
Texte composé en Helvetica concentrated
tirage pigmentaire sur papier et verre sérigraphié
40 x 40 cm
oeuvre unique
Courtesy Galerie Aboucaya
20
Sammy Engramer
Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, 2010
Livre 24 x 34 cm
Courtesy de l’artiste
© Sammy Engramer
Vittorio Santoro
The truth about your
tolerance for crueity, 2007
Dessin sur papier
164.2 x 113.7 cm
Collection Daniel Bosser
© Photo André Morin
A meditation on the
inevitable, 2007-2008
Dessin sur papier
154.5 x 104 cm
Collection Daniel Bosser
© Photo André Morin
Nina Papaconstantinou
Paul Eluard, Poèmes, 2011
Papier copie carbone
43 x 33 cm
© Nina Papaconstantinou
Italo calvino, sotto il sole
Giaguaro, 2004
Papier copie carbone
43 x 33 cm
© Nina Papaconstantinou
Max Wechsler
Sans titre, 1998
papier marouflé sur contre-plaqué
40 x 30 cm
Courtesy de l’artiste
© Max Wechsler
21
Les artistes :
Art & Language, vit et travaille à Middleton Cheney, Oxfordshire.
Art & Language désigne l’œuvre artistique et littéraire née de la collaboration de deux artistes,
Michael Baldwin et Mel Ramsden, ainsi que des textes collectifs auxquels est associé Charles
Harrison. Leur procédure s'appelle l'heuristique (système qui pense ses propres règles). Le collectif
Art & Language déconstruit les textes et les images sous forme d’index, comme des « conversations »
qui forment une texture. Le langage et l’art s’entremêlent ici avec des outils d’analyse issus de la
philosophie et de la théorie du langage. Les textes et les schémas créent une cartographie mentale
rendant tangibles les associations d’idées, leurs combinaisons et leurs cheminements possibles.
Basserode, né en 1958 à Nice, vit et travaille à Paris.
Depuis le début des années quatre-vingt, Basserode remplit des carnets de notes de croquis, exécute
des sculptures, des photographies, des environnements, des installations. Son œuvre multiforme
porte essentiellement sur le nomadisme, la mémoire, le langage et le temps. Les sculptures de
toupies exposées évoquent autant des jouets que des objets mathématiques qui interrogent notre
lecture du temps. Elles cristallisent cette mise en mouvement de notre soi-disant réalité par l’acte
artistique. Le langage s’apparente alors à un tourbillon de mots.
Alighiero Boetti, né en 1940 à Turin, mort en 1994 à Rome.
Cette œuvre évoque la phrase de Maurice Blanchot : « Pour dire une chose, il faut deux voix pour
celui qui la dit et celui qui l’entend. » De part et d’autre d’une feuille de papier japon, deux
personnes se font face, les mains en avant, dépliant ce qui ressemble à une fleur de texte dont le
cœur est béant, déchiré. Cette ouverture, au centre de l’œuvre, ce vide, s’apparente à une page
vierge, « trou blanc » d’où naîtront la pensée, l’écriture et le dessin.
Eva T. Bony, née en 1957 à Athènes, vit et travaille à Paris.
Son travail sur le texte imprimé exprime sa recherche et son étonnement devant la matière. Le livre
devient un objet étrange, enserré entre deux plaques de caoutchouc noir, matière opaque qui ne
laisse apparaître que quelques mots, fragments du texte initial. L’artiste livre ses annotations,
adresse une lecture intime au spectateur. Cette lecture d'un livre qui ne se feuillette pas, sans titre et
sans auteur, interroge notre propre relation au livre et à son avenir. Concentration et dissémination
se reflètent dans cette nouvelle forme hybride entre tablette antique et médium numérique. Pour
l’artiste d’origine grecque, il s’agit d’une « Allégorie qui expose la difficulté de la langue, de la lecture,
de la compréhension, de la transmission. De l’impossible lecture ».
Sophie Calle, née en 1953 à Paris, vit et travaille à Paris.
La lettre Prenez soin de vous adressée à différentes personnes par Sophie Calle met en interaction
sphère publique et sphère privée. À travers le partage des espaces intimes du langage, elle exhibe les
malentendus du quotidien et conjure l’angoisse de l’absence, question centrale de notre époque, où
tout semble à portée de main.
Philippe Cazal, né en 1948 à La Redorte (Aude), vit et travaille à Paris.
Philippe Cazal « cultive l’ambiguïté […] entre deux cultures, la savante et la vulgaire. Accessible au
premier coup d’oeil, l’oeuvre cache sous un humour grinçant plusieurs niveaux de lecture. L’ironie et
la dérision la traversent comme vecteurs de déstabilisation et indicateurs de contre-tendance »
Élisabeth Couturier.
22
Jean Daviot, né en 1962 à Digne, vit et travaille à Paris.
Dans cette œuvre sonore issue d’un poème de Mallarmé, Jean Daviot lit le texte pour l’énoncer en
lecture inversée et à nouveau en sens inverse. Ces multiples plissements produisent une confusion
babylonienne. Impression d’une polyphonie de toutes langues qui permet de comprendre comment
chaque langue est régie dans sa sonorité singulière.
Angela Detanico et Rafael Lain, vivent et travaillent à Paris.
D’origine brésilienne, Angela Detanico est née en 1974, et Rafael Lain en 1973,
Ils ont représenté le Brésil à la Biennale de Venise en 2007 et leur travail fait l’objet de nombreuses
expositions en France et à l’étranger (Jeu de Paume, Paris, 2008). Leur prochaine exposition
personnelle va avoir eu lieu à la galerie Martine Aboucaya (Paris) en septembre 2012.
L’œuvre bicéphale d’Angela Detanico et Rafael Lain convoque la linguistique, le graphisme en créant
un alphabet incarné et matérialisé par des objets, des densités d’encre, des quantités de couleurs.
Leur œuvre exposée représente un ciel en lettres grecques qui forme la constellation Harmonia.
Cette cartographie de lettre-étoiles montre d’une manière poétique que notre appréhension du
monde passe toujours par le langage.
Sammy Engramer, né en 1968, vit à Tours.
Dans la lignée de Marcel Broodthaers, Sammy Engramer développe un travail qui traduit son intérêt
pour le langage, le sens et les images dans leurs collisions comme dans leurs collusions. Oscillant
entre graphie et image, ses œuvres jouent sur leur lisibilité comme sur leur visibilité, sur la confusion
opérée entre signifiants et signifiés, entre jeux de mots et traits d’esprit et sont à lire comme à
regarder. Avec Un coup de dés jamais n’abolira le hasard, Sammy Engramer part de l’enregistrement
d’une lecture du poème de Mallarmé pour en extraire l’image graphique des ondes sonores. Le texte
s’apparente à un bruissement de sens. Sa transcription numérique engendre une équivoque entre
l’imagerie médicale et le timbre de la voix, sa tessiture. On passe d’une image sonore à un signifiant
visuel.
Mounir Fatmi, né en 1970 à Tanger, vit et travaille entre Paris et Tanger.
Mounir Fatmi construit des espaces et des jeux de langage qui questionnent la religion, la politique
visant la diversité des cultures. Au sens du perspectivisme, il fait entrechoquer différents angles de
vue afin de montrer des différentes positions possibles. La scie, c’est ce qui coupe en deux, sépare. La
roue renvoie aux engrenages, que son œuvre bouscule. Son œuvre est une invitation à lire entre les
lignes, entre-deux par delà les dualités, les principes binaires.
Elsa Mazeau, née en 1974, vit au Pré Saint Gervais et travaille partout.
Les œuvres d’Elsa Mazeau privilégient l’image et prennent la forme d’installations photographiques,
vidéos ou sonores, parfois interactives. L’espace public est son atelier, elle tente d’y souligner
l’importance du réinvestissement par les habitants et la temporalité d’un lieu pratiqué. Elle provoque
des rencontres avec des inconnus qui deviennent modèles, acteurs ou narrateurs ; leur parole lue,
jouée ou écrite, est mise en scène au sein d’architectures. Ainsi, le contexte de prise de vue et le
langage opèrent des décalages, provoquant la disparition du temps et la construction d’une
géographie mobilisée au service des corps, afin de définir un cadre social différent. Ses installations
font référence aux codes de l’image de communication, la délimitation entre l’espace public et privé
semble ainsi détruite par l’immixtion des médias. Cet usage pointe les mutations de nos mondes en
voie de globalisation. C’est en empruntant simultanément au passé et au présent et afin de défaire
l’aspect familier des choses, qu’elle tente de convoquer la poésie et l’humour autour d’une question
fondamentalement politique : « Qu’est-ce que je voudrais être et que je ne suis pas ? ». Explorant la
construction de notre identité, ces portraits nous invitent à reconsidérer nos choix et nos origines, ils
révèlent une somme d’identités mobiles et un espace de réinvention possible.
23
Tania Mouraud, née en 1942 à Paris, vit et travaille à Paris.
Dans ses wall paintings, Tania Mouraud pervertit les codes publicitaires avec ses « non-messages »
ou « anti-messages » qui ressemblent à des grilles noires. La phrase célèbre de Martin Luther King, « I
have a dream », est conçue dans une typographie d’immenses lettres noires, qui sont tellement
rapprochées et étirées qu’elles deviennent presque illisibles.
Nina Papaconstantinou, née en 1968, vit et travaille à Athènes.
Tel un scribe ancien, l’artiste recopie de son écriture minutieuse un texte littéraire ou philosophique
sur une feuille blanche. Le processus de son écriture en tant qu’expérience et réflexion compose le
sujet même de son travail. Le temps de cette mise en espace du texte s’apparente à un exercice de
méditation. Ce processus de translation transforme le manuscrit en une texture de lettres, une trame
que le spectateur n’arrive plus à déchiffrer. La relation spécifique au texte, le passage de la lecture à
son rendu dense en palimpseste constitue l'énigme de son œuvre. Comme l’artiste nous le dit, ses
dessins sont le reflet d’une image du texte, mais loin d’être le texte lui-même. Les lignes qui
s’écoulent le long de la page, évoquent le rythme de la mer, la couleur bleue est celle de la
Méditerranée, le spectateur est envoûté par cet autre temps incarné par ce dessein.
Vittorio Santoro, vit et travaille à Paris et à Zurich.
Son travail est enraciné dans l'observation du quotidien, qu'il transcende en révélant ses réalités
historiques, esthétiques, socio-politiques, ou même métaphysiques latentes. Sa pratique est tantôt
marquée par des compositions visuelles complexes, par la fusion de références variées, tantôt par
des gestes dépouillés et chargés à la fois. The time-based text works sont des fragments de textes,
disposés sur l’étendue blanche d’une feuille de papier, retranscrits et travaillés presque comme une
sculpture par leur inscription quotidienne répétée au même endroit au moyen d’une pointe de
graphite, durant une période allant de trois à six mois voire plus. (Fondation d’entreprise Ricard)
Agnès Thurnauer, née en 1962 à Paris, où elle vit et travaille.
Les peintures d’Agnès Thurnauer sont une matérialisation du mode de fonctionnement de l'esprit
visant à relier entre eux des objets apparemment sans lien et les différents sens qu'ils peuvent
susciter. L’artiste aborde l'image comme un lieu « entre », un espace de dialogue et non pas comme
un périmètre défini. Son tableau de l’Olympia se réfère à Manet. Sur l’image de cette femme nue
sont inscrits des mots qui l’a désigne, les mots d’amour, de haine, vulgaire et poétique que le
spectateur lit toute en la regardant, créant un espace intime entre cette femme dénudé et le lecteur,
tel un discours entre amoureux. Les images sont des lieux de la mémoire que l’artiste conjugue et
réactive dans l’éternelle remise en jeu de sa peinture.
Jorinde Voigt, née en 1977 à Frankfurt, vit et travaille à Berlin.
Son œuvre, forme de décodage de notre monde par son langage artistique, crée une nouvelle
cartographie des perceptions et des représentations. Jorinde Voigt les appelle: "notations". Sa
lecture des Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes, est à l’origine de ses dessins. Sa
démarche : noter quelle image associer quel mot afin de trouver des formes élémentaires qui soient
communes à chacun. En somme, il s'agit d'une sorte de vocabulaire visuel à travers lequel, nous
percevons le monde, sans nous en rendre compte. Souvent les éléments de ses dessins sont annotés
selon une vitesse, une rotation et un moment temporel tel qu'elle les perçoit à ce moment-précis.
C'est comme si l'artiste devient pilote d'avion et évolue dans une spatialité aérienne.
Max Wechsler, né en 1925 à Berlin, vit et travaille à Paris.
Ce qui, de loin, a l’apparence d’une structure minérale se révèle être de près un kaléidoscope
constitué de microscopiques fragments imprimés. Cette surface picturale faite de lettres et de bribes
de mots offerts à toutes les interprétations crée une profondeur spatiale énigmatique. La multiplicité
de strates permet de créer une multitude de mots.
24
Événements
> Table ronde
Débat avec les artistes et Jeanette Zwingenberger, commissaire de l’exposition.
Le 25 octobre 2012, de 19h-21h.
Au palais de Tokyo.
> Soirée de charabia
Avec Antoine Poncet, créateur de L'anthologie du Charabia.
Date et horaires à venir.
À la Fondation Hippocrène.
> La Plasticité de la langue et l’invention dyslexique
Au mois de novembre se tiendra une table ronde sur le thème « La Plasticité de la langue et
l’invention dyslexique » en présence d’artistes ainsi que de Nouria Gründler (psychanalyste,
fondatrice et directrice de la consultation Lien Popi-Centre Dominique Mahieu Caputo) et François
Ansermet (psychanalyste, professeur aux Universités de Lausanne et de Genève, chef du Service
universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux Universitaires de Genève).
Cette table ronde s’inscrit dans le cadre du séminaire « Les enfants de la science » de l’Envers de
Paris et de la Fondation Agalma.
Date et horaires à venir.
À l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
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La Fondation Hippocrène
Présentation
La Fondation Hippocrène, créée en 1992 par Jean et Mona Guyot, est une fondation d’utilité
publique familiale, indépendante et privée dont la mission principale est de contribuer à renforcer la
cohésion entre les jeunes européens. Elle fait « Vivre l’Europe » en soutenant financièrement des
projets aussi bien culturels, éducatifs, qu’humanitaires et sociaux. Depuis 2006, Michèle Guyot-Roze,
présidente, et Nicole Merville, vice-présidente, poursuivent la mission de la Fondation.
Les missions
Soutenir des projets : La Fondation Hippocrène agit en soutenant financièrement des projets à but
non lucratif aussi bien culturels, éducatifs, que dans le domaine de l'humanitaire et du social. Le
choix de la Fondation, qui ne fait pas appel à des fonds publics, est de consacrer un budget limité aux
frais de fonctionnement afin que plus de 75% du budget ne soit consacré aux subventions. Les fonds
sont constitués par le fruit des investissements du capital de la Fondation et également par des dons
provenant de particuliers ou d'entreprises. Certains dons sont affectés par leurs donateurs à des
projets. En 2011, la Fondation Hippocrène, qui a reçu la distinction de Grand Mécène de la culture, a
ainsi soutenu financièrement 47 projets dont 29% dans le domaine des échanges européens, 25%
pour l’éducation, 24% pour la culture, et 22% pour le social et l’humanitaire.
Créer des réseaux : La Fondation Hippocrène contribue aux rencontres entre jeunes européens. Elle a
notamment créé un réseau d'artistes européens à travers les expositions Propos d'Europe. Elle
contribue également aux rencontres entre acteurs européens de la société civile en organisant deux
à trois fois par an des déjeuners entre associations européennes en présence d'un représentant du
Secrétariat d'État aux Affaires européennes.
Agir en partenariat : en 2010 la Fondation Hippocrène a souhaité élargir son champ d'action en
créant le « Cercle des amis de la Fondation Hippocrène » et en devenant fondation abritante.
La Fondation Hippocrène a initié également des projets avec des organismes qui partagent certains
de ses objectifs comme la Fondation Evens, la Fondation Karolyi, La Maison de l'Europe de Paris ou
encore la Direction des affaires européennes du Ministère de l'éducation nationale.
L'Éducation des jeunes à l'Europe : en 2010 la Fondation a fait de l'éducation des jeunes à l'Europe
une priorité en créant le prix Hippocrène de l'éducation à l'Europe. La formation à l'Europe, la
mobilité, les échanges et les projets communs sont les meilleurs moyens pour les jeunes de
concrétiser leur appartenance à un ensemble commun et la prise de conscience d'une citoyenneté
européenne.
26
Jean Guyot
Jean Guyot était un Européen convaincu de la première heure qui a été appelé par Jean Monnet à
devenir responsable financier de la CECA au moment de sa création. Sa carrière, ses actions, ont
ensuite été toute sa vie marquées par un engagement européen profond et indéfectible, notamment
à travers sa carrière de banquier d’affaire à la banque Lazard. Son engagement pour l’Europe
dépasse cependant le cadre de la finance et s’élargit à tous les domaines, institutionnels,
humanitaires et artistiques. En 1992 il décide, avec sa femme Mona, de créer la Fondation
Hippocrène, afin d’inscrire dans la durée ses aides personnelles. Il s’agit de faciliter, dans la mesure
de moyens évidements limités, toutes espèces de projets européens ou conçus par eux avec
l’ambition d’ « entretenir la flamme » en transmettant l’esprit des « pères fondateurs ». Cette
fondation lui a permis de poursuivre ses multiples engagements attachés à l’essor de l’Europe
jusqu’à la fin de sa vie en 2006 et continue à faire vivre les projets qui répondent à cet idéal.
Origine du nom de la fondation
Le nom de la fondation a été choisi en référence à cette source légendaire qui jaillit d’un rocher que
le cheval ailé Pégase avait frappé de son sabot. La source Hippocrène devint par la suite un lieu
d’élection pour les poètes et pour les muses...
Le Conseil d’administration
Les fondateurs
† Jean Guyot, Président Fondateur Honoraire
† Mona Guyot, Fondatrice Honoraire
Michèle Guyot-Roze, Présidente (fille des fondateurs)
Nicole Merville, Vice-présidente (fille des fondateurs)
Alexis Merville, Vice-président (petit-fils des fondateurs)
Boris Walbaum, (petit-fils des fondateurs)
Les membres qualifiés
Paul Jaeger, trésorier
Matthieu Delouvrier
Pierre Denis
Martine Meheut
Marc Walbaum (petit-fils des fondateurs)
Les membres de droit
Un représentant du Ministère des Affaires Européennes, du Ministère de l’Intérieur, du Ministère de
la Culture
L’équipe de la Fondation
Dorothée Merville, Directrice, (petite-fille des fondateurs)
Patricia Quevedo-Henry, Coordinatrice de projets culturels
Membres du Comité d’Honneur du Cercle des amis
Jimmy Roze, Président
Claire Gibault
Philippe Herzog
Catherine Lalumière
Jérôme Vignon
Marina de Brantes est la présidente d'honneur des 20 ans de la Fondation.
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Les actions de la Fondation
En plus du soutien financier accordé aux projets organisés par des associations, la Fondation
complète son action pour l’Europe et la jeunesse à travers deux projets dont elle est à l’initiative, le
Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe, et Propos d’Europe, expositions d’art contemporain.
Prix Hippocrène de l’éducation à l’Europe
La Fondation Hippocrène est persuadée que l’éducation à l’Europe dès le plus jeune âge reste le
meilleur moyen pour préparer les générations futures à vivre l’Europe ensemble, et l’objectif du prix
Hippocrène est de récompenser des projets de partenariats scolaires organisés entre des classes
d’écoles primaires, collèges, lycées, lycées professionnels en France avec des classes en Europe.
Depuis 2010, la Fondation Hippocrène organise et finance à hauteur de 40.000 euros par an le Prix
Hippocrène de l’éducation à l’Europe, concours proposé aux établissements scolaires qui
récompense les meilleurs projets de partenariat européen élaborés par une classe et ses professeurs.
Il s’agit de soutenir la formation à l'Europe, la mobilité, les échanges, et les projets communs qui
sont les meilleurs moyens pour les jeunes de concrétiser leur appartenance à cet ensemble commun
qu'est l'Europe. Après avoir été lancé dans l’académie de Paris en 2010, dans cinq académies en
2011, le Prix Hippocrène est désormais ouvert à l’ensemble des 30 académies.
Il s’agit de présenter un projet original élaboré par une classe avec son/ses professeurs dans le
domaine de la citoyenneté européenne. Dans le cadre d’une mobilité, il est centré sur la découverte
d’une autre culture, de la rencontre et d’échanges avec de jeunes Européens.
Le prix est soutenu par la Maison de l’Europe de Paris et l’Association européenne de l’éducation qui
sont notamment membres des jurys. Mais également par le Ministère de l’éducation nationale, de la
jeunesse et de la vie associative (DREIC) et l’Agence Europe Éducation Formation France (2e2f).
Propos d’Europe
Depuis 2002, la Fondation présente des expositions d’art contemporain intitulées Propos d’Europe,
sous la direction artistique de l’artiste Jean Daviot, et fait connaître les œuvres d’artistes travaillant
en Europe en leur proposant de se rencontrer. Propos d’Europe a pour but d’exposer les œuvres
d’artistes vivant dans plusieurs pays du continent dont la création est nourrie de leur culture. Grâce à
cette initiative, plusieurs dizaines d’artistes se sont rencontrés, formant un kaléidoscope de la
création artistique européenne contemporaine. En une dizaine d’année, la Fondation a ainsi créé un
véritable réseau d’artistes en Europe.
L’exposition La plasticité du langage constitue la 11e édition de Propos d’Europe.
Rappel des précédentes expositions :
2002 la première édition : l’empreinte, le langage, la mémoire ; 2003 la deuxième édition : l’espace
construit ; 2004 la troisième édition : des territoires ; 2005 Propos d’Europe IV, en partenariat avec le
Centre Georges Pompidou, a mis en pleine lumière le siège de la Fondation, ancienne agence de
Robert Mallet-Stevens à l’occasion de l’exposition autour de l’architecte ; 2006 la cinquième édition
présente cinq artistes de cultures anglaise, française, roumaine et serbe : réminiscence ; 2007 Propos
d’Europe VI, hommage personnel au fondateur, Jean Guyot, décédé en septembre 2006 ; 2008
Propos d’Europe VII : Paris-Budapest, rencontre entre de jeunes artistes français et hongrois ; 2009
Propos d’Europe VIII : Paris-Berlin ; 2010 Propos d’Europe IX : des artistes espagnols à Paris ; 2011
Propos d’Europe X : des artistes belges.
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L’ancienne agence de Mallet-Stevens, siège de la
Fondation Hippocrène
Photo : © André Morin 2010 pour la Fondation Hippocrène
Depuis l'année 2001, l'ancienne agence de l'architecte Mallet-Stevens (1886-1945), fondateur de
l'Union des Artistes Modernes (1929), constitue le siège de la Fondation.
La Fondation fait vivre ce lieu en organisant chaque année les expositions Propos d’Europe et en
accueillant également des rencontres ponctuelles entre artistes, écrivains, chercheurs et porteurs de
projet qui ont en commun l’idée de dépassement des frontières nationales.
En 2005, pour l’exposition Propos d’Europe IV, la Fondation Hippocrène a mis en pleine lumière
l’ancienne agence de Mallet-Stevens, en partenariat avec le Centre Georges Pompidou, à l’occasion
de l’exposition Robert Mallet-Stevens, architecte (1886-1945).
Jérôme Schlomoff
Photographies noir et blanc de la série du 12, rue Mallet-Stevens, Paris, 2005.
Œuvres présentées dans le cadre de l’exposition Propos d’Europe IV (2005).
Collection Fondation Hippocrène.
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Les informations pratiques
Fondation Hippocrène
Adresse
Michèle Guyot-Roze,
Présidente
12 rue Mallet-Stevens - 75016 Paris
Tél : 01 45 20 95 94
Site : www.fondationhippocrene.eu
Dorothée Merville,
Directrice
Accès
Héloïse Cullet-Quéré,
Coordinatrice de projets culturels
M° Ranelagh ou Jasmin, ligne 9
Bus 22
Jours et horaires d’ouverture
Du mardi au samedi de 14h à 19h
Tarifs
Entrée libre
Commissariat de l’exposition
Jeanette Zwingenberger
jzwingenberger@gmail.com
Relations avec la presse
Agence Catherine Dantan
Marc Fernandes
7 rue Charles V - 75004 Paris
Tél. 01 40 21 05 15
marc@catherine-dantan.fr
www.catherine-dantan.fr
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