Agir ensemble pour des mobilités urbaines durables

Agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Du quartier au territoire
Agir ensemble pour
des mobilités urbaines
durables
Auteur de l’ouvrage : Élise Gaultier
Directrice de la publication : Catherine Decaux
Avec l’appui au Comité 21 de :
• Gilles Berhault, président, qui a aussi apporté
son expertise sur le numérique
• Antoine Charlot et Dorothée Briaumont,
qui ont impulsé ce projet
• Isabelle Boudard, Lauriane Gabelle, Morgane
Jegaden, Vivian Dépoues, Ludivine Pâques
Remerciements :
Aux partenaires pour leur soutien technique et financier
à l’élaboration, la rédaction et la publication
de cet ouvrage : ADEME, SNCF, VINCI, GDF Suez
Aux experts qui ont apporté une relecture attentive,
experte et bienveillante sur cet ouvrage :
• Diane Bouchenot, Bertil de Fos,
et Marc Fontanès – Auxilia
• Marie Castelli, Avere
• Georges Ribière, Comité 21
Aux acteurs, membres, partenaires et amis du Comité 21,
qui ont contribué à cet ouvrage en apportant expertise,
retours d’expérience et illustrations :
• Collectivités locales : Angers Loire Métropole,
Communauté urbaine de Dunkerque, Conseil général
du Nord, Conseil général du Territoire de Belfort,
Echirolles, Le Havre, Nantes Métropole, Sceaux,
Vannes agglomération, SMTC Clermont-Ferrand
• Entreprises : Caisse des dépôts, Eiffage, Ekodev,
IKEA, Monoprix, VINCI
• Acteurs institutionnels : MEDDE, ADEME
À Alexandre, homme inspirant et encourageant.
Création graphique : Pascale Michon
Crédits photos (couverture) : © Petair, © AustralianDream.
© Comité 21
© Victoires Éditions, 2014
Comité 21
Comité français
pour le développement durable
132 rue de Rivoli - 75001 Paris
Tél. : 01 55 34 75 21
Fax : 01 55 34 75 20
www.comite21.org
www.agenda21france.org
Élise Gaultier
Du quartier au territoire
Agir ensemble pour
des mobilités urbaines
durables
2
Sommaire
sommaire
Préfaces
5
6
Ademe : Virginie Schwarz
sncf : Jean-Louis Jourdan
Édito
Gilles Berhault
7
Introduction
8
Mode d’emploi
11
Partie 1
Définir une stratégie collective
et transversale
Définir la mobilité durable
Réaliser un diagnostic exhaustif
1. Définir le périmètre pertinent
2. Améliorer la connaissance globale
des déplacements urbains
3. Intégrer les dimensions du foncier
et de la prospective
Des acteurs formés, concernés
et concertés
15
18
12
4. Faire dialoguer entreprises, salariés
et collectivités
33
5. La collectivité animatrice territoriale
35
18
Une stratégie en perpétuelle
amélioration
21
1. Articuler les plans de déplacements
36
24
2. Concevoir autrement les projets
3. Évaluer la politique de mobilité
durable et son impact
38
27
1. F ormer les professionnels
27
2. F ormer tous les publics
29
3. R
enforcer la concertation
30
Coopérer et être solidaire
à l’international
36
40
46
Partie 2
Éduquer les acteurs aux nouveaux usages
liés à la mobilité durable
Changer les réflexes
1. Connaître son impact grâce aux
éco-comparateurs
2. Promouvoir les comportements
responsables
50
50
52
Faciliter les changements
de comportements
1. Transmettre une information claire
et de qualité aux usagers
2. Inciter les organisations à mettre
en place des plans de déplacements
3. Former à l’éco-conduite
48
56
56
58
60
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Sommaire
Partie 3
Adopter des modes responsables
de consommation d’espace
Partager l’espace
64
Partager les services et les lieux
de vie grâce au numérique
62
76
1. Intégrer la variable du temps
2. Favoriser la mixité fonctionnelle
et la densité
54
1. P
artager l’automobile
76
67
78
3. Partager la voirie
69
2. E
xplorer les potentiels d’open data
3. E
ncourager les alternatives
« numériques »
4. Promouvoir les tiers-lieux
71
5. Organiser la multimodalité
74
81
Partie 4
Lutter et s’adapter face
au réchauffement climatique
Faciliter le report modal
des voyageurs, des touristes
et des marchandises
1. Inciter et faciliter l’utilisation
des vélos
2. Redonner au piéton sa place
dans la ville
3. Agir sur les déplacements
des touristes
4. Repenser la logistique urbaine
5. Saisir les opportunités du transport
urbain fluvial
86
86
89
Réduire l’impact carbone
lié aux déplacements
1. C
ompenser les émissions carbones
2. D
iminuer les consommations
liées à l’éclairage
Prendre en compte l’adaptation
au changement climatique
84
101
101
103
106
91
94
97
Partie 5
Préserver la biodiversité et les ressources
naturelles
Ouvrir la voie à la biodiversité
112
1. Eviter, réduire, compenser
112
2. Réaménager les carrières
3. Articuler les tracés avec la trame
verte et bleue
4. Préserver et recréer de la biodiversité
le long des voiries
Gérer les synergies
voirie-biodiversité
1. Assurer l’intégration paysagère
des infrastructures et des chantiers
2. Faire des voiries des lieux de
pédagogie sur la nature en ville
Réduire l’impact environnemental
à toute étape du cycle de vie
des voiries
110
124
114
1. E
co-concevoir les structures
et matériaux de la route
124
116
2. P
réserver la ressource en eau 126
118
121
121
123
Gérer durablement les routes
1. R
ecycler et réhabiliter le revêtement
« usagé »
2. P
roduire des matériaux
localement
3. A
llonger la durée de vie
des infrastructures
128
128
130
132
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
3
4
Sommaire
Partie 6
Lutter contre les exclusions
et les discriminations
1. Garantir l’accessibilité de tous
2. Assurer les déplacements des
personnes en difficulté financière
136
138
3. Prévenir la vulnérabilité énergétique
4. Favoriser l’insertion par l’activité
économique
134
140
142
Partie 7
Préserver la santé des hommes
Se prémunir contre les atteintes
à la qualité de l’air
1. Pour une démocratie sanitaire
autour de la qualité de l’air en ville
2. Concrétiser des plans cohérents
d’amélioration
3. Améliorer les technologies
4. Lutter avec discernement contre
le tout automobile
146
146
Lutter contre la pollution sonore
Garantir la sécurité des personnes
153
1. Assurer la sécurité routière de tous
2. Garantir la cohabitation et la sécurité
des personnes dans les transports
en commun
155
Réduire les risques pour la santé
des professionnels de travaux
150
144
158
161
161
164
167
Partie 8
Soutenir une nouvelle économie
de la mobilite durable
Favoriser les achats responsables
1. Orienter la demande
vers les véhicules propres
2. Déployer les infrastructures
de recharge
3. Faciliter la circulation
et le stationnement des véhicules
propres
Assurer le financement
des transports collectifs
172
172
176
180
182
1. E
quilibrer le financement
des services de mobilité
182
2. T rouver de nouveaux financements ?
187
Définir des modèles économiques
soutenables pour les services
de transports partagés
193
1. Sécuriser les acteurs et les dispositifs
193
2. Diversifier les acteurs impliqués
198
Conclusion
Index
Développer une nouvelle
économie locale
1. Créer des services de proximité
2. Garantir le dynamisme économique
autour des lieux et axes
de transports en commun
Encourager l’innovation
industrielle
1. Assurer un effet d’entrainement
dans les filières et sur les territoires
2. Saisir les opportunités des grands
programmes de R&D
3. Généraliser la formation
de collectifs
4. Offrir des opportunités
de financement
170
201
201
204
206
206
210
214
216
219
220
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
5
Préface
Virginie Schwarz
Ademe
La demande de mobilité
fait désormais partie de nos modes
de vie urbains
Plusieurs facteurs nous amènent toutefois au- des nouvelles technologies qui rend le citoyen
jourd’hui à repenser cette mobilité, dans une acteur, offreur de solutions et diversifie les réapproche beaucoup plus intégrée et interdis- ponses appropriées aux besoins.
ciplinaire.
Au regard de ces multiples enjeux, il est néEn premier lieu, la création et le financement cessaire de mobiliser tous les leviers d’action
de nouvelles infrastructures de transports et tous les acteurs locaux, publics et privés :
trouvent leurs limites, compte tenu du besoin l’aménagement, les modes d’organisation inde modernisation de l’existant.
novants, que ce soit pour le transport de voyageurs ou de marchandises (logistique, transPar ailleurs, la mobilité évolue progressivement
port du dernier kilomètre), le recours à des
du « monomodal » à l’intermodalité, de l’infrastechnologies des transports plus efficientes
tructure au service ; de la logique d’offre à la
(véhicules moins polluants, déploiement des
qualité d’usage.
infrastructures de recharge des véhicules
De plus, les enjeux environnementaux liés à la électriques), ainsi que des changements de
mobilité sont particulièrement significatifs avec pratiques (commerce en ligne, covoiturage,
une part toujours importante - et en hausse - télétravail). Enfin, cela suppose de structurer
de la consommation d’énergie finale (32%) et une véritable filière économique et industrielle
des émissions de CO2 (35%).
de la mobilité autour du déploiement de ces
nouvelles solutions, créatrice de croissance et
Enfin, les autres enjeux sociaux et sociétaux,
d’emploi.
économiques et territoriaux qui touchent à
la mobilité, par exemple le budget transport, Relever les défis de la mobilité dans la ville
pèsent plus lourdement sur les ménages mo- durable nécessite de nouvelles réponses
destes lorsqu’ils sont dépendants de l’automo- et de nouvelles formes de collaboration.
bile. Ainsi, la mobilité questionne directement Cet ouvrage illustre bien les mutations déjà
l’organisation de la ville et du territoire, mais à l’œuvre et propose aux territoires des
aussi les pratiques, en particulier avec l’apport exemples concrets pour agir et innover.
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
6
Préface
Jean-Louis Jourdan
Directeur développement durable, SNCF
Mobilité : des enjeux renouvelés
La mobilité des personnes et des biens a, de • À cet égard, les nouveaux usages de la
tous temps, façonné les modes de vie et de
voiture – autopartage, covoiturage, taxis
consommation. Pourtant, de nouveaux encollectifs – vont s’industrialiser et compléter
jeux interpellent la demande de mobilité mais
les offres structurantes du territoire, grâce
aussi les offres modales, les usages, la gouveraux réseaux sociaux qui rapprochent insnance … et la contrainte énergétique. Citons
tantanément l’offre et la demande. La
notamment :
banalisation de nouveaux services numériques rend la population actrice de la pro• La dissociation croissante des lieux de d’haduction des offres et appelle de ce fait des
bitat, de travail et de consommation, largemodèles économiques nouveaux. L’écoment facilitée par une mobilité facile et une
nomie sociale et solidaire peut répondre à
énergie peu chère, atteint ses limites : on ne
une partie de cette demande nouvelle en
peut plus demander aux transports de comvalorisant le lien social et la territorialisation
penser les errements d’aménagement du
des offres.
territoire et d’étalement urbain.
• La mobilité future sera aussi faite de so• La contrainte énergétique, dont le récent
briété énergétique, de moindres émissions
débat public a rappelé l’inéluctabilité, exige
de gaz à effet de serre, de pertinence
une mobilité raisonnée et sobre. Les solutions
modale, de solidarité territoriale … à
de mobilité seront adaptées au contexte
l’heure où la dépense publique est fortelocal, aux différentes échelles territoriales.
ment contrainte. Ce sont autant de défis
La multimodalité devient alors évidente
à relever pour les acteurs multiples de la
et s’organise notamment dans des lieux
mobilité.
d’échange reconfigurés. Les transports collectifs classiques, urbains et ferroviaires régio- Ces déterminants nouveaux de la mobilité
naux, répondent de façon systémique aux structurent les orientations stratégiques de
besoins des territoires à différentes échelles. SNCF à l’horizon 2020, notamment la comLa baisse du coût des transactions pour les plémentarité et l’intégration des différents
entreprises, l’accès à l’emploi, aux services modes, l’offre de mobilité de porte à porte,
et aux marchés est facilitée par une bonne la révolution digitale du service avant, penarticulation des modes et par une complé- dant et après le déplacement, la contribumentarité efficace.
tion à la transition et à la sobriété énergétiques, la personnalisation des services grâce
• La gouvernance de la mobilité, aujourd’hui
au « big data » et l’articulation opérationfragmentée, est interrogée par des modèles
nelle des modes de transport dans les pôles
économiques nouveaux, associant de mad’échange, nouveaux lieux de vie urbains.
nière étroite les collectivités, les opérateurs et
Autant d’occasions de repenser la relation
les citoyens. Malgré la métropolisation croisaux clients finaux et aux collectivités terrisante du territoire, les zones rurales et périurtoriales et de développer des innovations
baines, sous réserve de relégation, devront
collaboratives avec les multiples parties prefaire face au renchérissement de la mobilité
nantes locales.
individuelle.
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
édito
Édito
Gilles Berhault
A
u-delà de la continuité bâtie, les
moyens de déplacements structurent une cohérence territoriale :
ils tissent autant qu’ils définissent la ville.
Pour les habitants, la mobilité conditionne
l’accès au travail, aux loisirs, à la santé et
offre toutes les libertés. C’est donc une revendication importante. La réponse à cette
revendication a longtemps été le scooter
et la voiture, moyens effectivement pratiques pour faire du porte à porte avec un
gain d’autonomie.
Mais ces moyens de déplacements montrent aujourd’hui l’étendue de leurs coûts
individuels et collectifs. Le temps, les coûts
et maintenant l’empreinte environnementale sont des limites. Et bien souvent les propriétaires de ces voitures ont du mal à évaluer un vrai coût global intégrant la valeur
d’achat… et négligent totalement le coût
collectif en termes d’infrastructure et de
santé. Dans les métropoles d’aujourd’hui, la
difficulté de stationnement est aussi un argument à quitter le modèle de la ville faite
pour la voiture individuelle.
Pour autant, le changement de système est
difficile. La mise en œuvre des décisions du
Grenelle de l’environnement touchant les
déplacements s’avère bien plus complexes
que celles qui concernent le bâtiment. Les
résistances à l’éco-taxe démontrent encore une fois combien il est difficile de prioriser environnement, qualité de vie et santé,
face à la préservation de modèles de transports nuisibles. Il s’agit de reparler de planification et d’aménagement des territoires
tout en les croisant dans une approche synchrone de l’évolution des comportements,
dans une révolution politique ambitieuse.
Toutefois, les solutions sont nombreuses
– notre ouvrage en rend bien compte –,
et elles méritent maintenant d’être généralisées. De nombreux outils sont à la dis-
position de ceux qui gèrent les territoires,
notamment grâce aux systèmes d’information, souvent coproduits avec les usagers.
La géolocalisation a été d’un apport très
utile pour rendre interopérables les transports publics et favoriser la marche à pied.
Internet permet la mutualisation de vélos
ou le covoiturage. Les moteurs électriques
permettent le développement de moyens
de locomotions moins bruyant et émetteurs
de gaz à effet de serre (en étant très prudent aussi sur l’empreinte de la fabrication
d’électricité et l’obsolescence des batteries). D’évidence, la voiture sans chauffeur
permettra de renforcer la capacité de mutualisation et l’interconnexion des véhicules
à l’arrêt permettra de créer un stockage en
réseau.
Enfin, la question de la mobilité induit celle
de l’immobilité. Nous avons à réduire les
déplacements. Des solutions existent déjà
sur le plan médical permettant d’établir un
diagnostic à distance, ou bien évidemment
avec le développement exponentiel depuis un an des tiers lieux et autres espaces
de télétravail.
Beaucoup reste à faire en termes d’innovation, et donc de création de richesses et
d’emplois. C’est à cela aussi que le Comité
21 invite les entreprises et les centres de recherche. Il y a beaucoup à faire pour la ville
durable, enjeu économique et sociétal.
Le débat devra s’ouvrir à l’occasion de
prochaines échéances électorales, mais
plus globalement dans la société : de
quels modes de vie et modes de ville voulons-nous ? La mobilité n’est plus un temps
entre deux espaces, mais un vrai tiers-espace de vie, où nous pouvons travailler,
avoir des loisirs… garder une vraie socialisation. La mobilité est un enjeu de gouvernance de la ville durable et surtout de
démocratie.
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
7
8
Introduction
introduction
L
a réflexion sur les déplacements dans la ville durable a été initiée en 2010 lors de trois groupes de travail avec les adhérents
du Comité 21 sur la Ville durable, et s’inscrit en prolongement
de plusieurs ouvrages du Comité 21 sur les quartiers et la ville durable.
Bibliographie du Comité 21 sur les quartiers et la ville durable
disponibles sous www.comite21.org / rubrique Publications
• Les quartiers durables : un exem- • Note 21 du Comité 21 « Barcelone,
de la qualité de vie au développement durable », 2009
2007
• Du quartier à la ville durable : vers
• Enjeux et définition de la Ville duun nouveau modèle urbain (Edition du
rable : intervention d’Anne-Marie SacComité 21 – auteur : Antoine Charlot – en
ple de démarche intégrée et participative : étude du Comité 21, avril
quet, ancienne directrice générale du
Comité 21, aux Rencontres Angers 21
des 13 et 14 octobre 2005
collaboration avec l’AMGVF et avec le
soutien de la Caisse des dépôts, de GDF
SUEZ et de VINCI – 160 pages – 20 euros)
Ce nouvel ouvrage du Comité 21 prend acte des changements
qui sont déjà à l’œuvre dans les politiques publiques, les technologies et les comportements en faveur d’une mobilité responsable, notamment à travers le développement des alternatives
à la voiture individuelle.Mais il propose d’aller plus loin, d’agir à la
hauteur des enjeux réels !
•
Ces enjeux ne concernent pas que l’énergie, les changements climatiques et la pollution en ville, mais touchent aussi
la biodiversité, la cohésion sociale et l’intégration des individus, la facilitation de la recherche ou du retour à l’emploi,
et la création de nouvelles activités et nouveaux emplois liés
aux nouveaux usages et modes de déplacements.
•
La mobilité ne concerne pas que le périmètre de la ville,
aussi durable soit-elle ! Elle est ciment d’un territoire durable
fondé autour d’un bassin de vie ou d’emploi, qui unit la ville à
sa couronne périurbaine et aux territoires alentours. La vulnérabilité énergétique touche et touchera de plus en plus de
ménages périurbains, parfois appelés « néo-ruraux ».
•
La mobilité durable ne se résume pas au report modal !
Autrement dit, il ne suffit pas de développer les transports
publics pour freiner l’usage de la voiture. La mobilité résulte
des interrelations entre l’offre de transport, la localisation de
l’habitat et la répartition spatiale des activités.
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Édito
« doter les territoires
de stratégies collectives
et chiffrées de mobilité
durable »
Elle ne pourra donc se résoudre sans
une réflexion globale et intégrée de l’organisation du territoire, et notamment la
maîtrise de l’urbanisation et du foncier.
• La mobilité durable ne consiste pas
à verdir les politiques de transports et ne
se réduit pas à l’atteinte des objectifs
d’un plan de déplacements urbains ! Parce qu’elle interroge directement le fonctionnement urbain et les habitudes urbaines, elle
recouvre plusieurs domaines d’actions qui font système autour
d’elle : le changement des comportements, l’usage des nouvelles
technologies, le croisement avec d’autres politiques (urbanisme,
logement, jeunesse, emploi, insertion…).
•
Il ne s’agit pas de faire de la mobilité durable « sans le savoir »,
mais de doter les territoires de stratégies collectives et chiffrées
de mobilité durable, enrichies d’objectifs précis et assortis d’une
mesure des résultats et des impacts. Ces stratégies doivent s’appuyer sur de la prospective qui porte non seulement sur les chiffres
des évolutions démographiques ou du profil socio-économique
du territoire, mais aussi sur les usages des personnes. Le design,
appliqué aux politiques publiques, y trouve toute son utilité. Ensuite, ces stratégies doivent être ancrées dans le réel. Plutôt que
s’incarner dans des projets symboliques, elles doivent disséminer
leurs objectifs dans les autres documents de planification et les
plans de déplacements ou stratégies de mobilité des autres acteurs (notamment les PDE).
•
Les initiatives existantes en matière de mobilité durable se
concentrent particulièrement sur les déplacements des habitants
entre leur domicile, leur travail et leurs divers lieux d’usage dans
la ville (écoles, loisirs, équipements publics…)… au détriment de
réflexions et d’actions sur les touristes (de loisirs, d’affaires). Il ne
s’agit pas ici de sectoriser les publics – marchandises, résidents
permanents, résidents temporaires et visiteurs –, mais plutôt de
plaider pour une prise en compte de la spécificité des enjeux de
déplacements de chacun et chaque chose, et la réconciliation
de tous les usagers.
•
Outre la voirie, les véhicules et les usages, cet ouvrage traite également de l’environnement dans lequel ils s’inscrivent : le paysage, le mobilier urbain, les réseaux qui passent au-dessus ou
en-dessous des voies. C’est pourquoi le guide abordera aussi les
questions de lutte contre la pollution lumineuse liée à l’éclairage
public, la présence de la biodiversité sur les voiries, ou encorel’intégration paysagère des infrastructures.
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
9
10
• Les actions sur les transports de
voyageurs éclipsent quasiment partout
les actions sur le transport de marchan« le passage à la logistique dises. Or le passage à la logistique ururbaine durable est baine durable est également clé pour
réduire l’impact carbone des déplaégalement clé pour réduire cements
en ville. Il commence bien
l’impact carbone des sûr avec les réflexions sur le dernier kilodéplacements en ville. » mètre des transports de marchandises,
mais ce guide présentera quelques
bonnes pratiques, ainsi que des pistes d’état des lieux dressées par
le Comité 21 dans son nouveau groupe de travail sur la logistique
durable.
Les degrés d’avancement et d’innovation divergent d’une ville à
l’autre, d’une aire urbaine à l’autre – parfois même d’une commune
à l’autre sur la même aire urbaine : ce guide identifie les bonnes pratiques à généraliser, afin que la somme des actions individuelles apporte des résultats à la hauteur des enjeux.
Ce guide promeut donc une approche intégrée et collaborative de
la mobilité durable. Il fédère en effet les approches environnementalistes, énergétiques, mais aussi sociologiques, économiques et même
psychologiques, touchant la place des déplacements dans la vie et
les représentations de chacun. Il encourage les collaborations entre
toutes les parties prenantes de la mobilité, de l’usager au sociologue,
du directeur des ressources humaines à l’étudiant, de l’élu à l’urbaniste, …
Rédigé entre 2010 et 2014, fruit d’une réflexion mature du Comité 21,
son équipe et ses adhérents, sur les enjeux de la ville et de la mobilité
durables, il définit les grands objectifs d’une stratégie de mobilité urbaine durable. Composant son sommaire, ces objectifs sont présentés
en fiches pratiques comprenant :
•
une synthèse des enjeux et des préoccupations qui doivent guider tout décideur, illustrés par une bibliographie,
•
des recommandations opérationnelles,
•
des bonnes pratiques innovantes.
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
mode d’emploi
Comment se servir de ce guide ?
Recommandation
thémathique
Renvois vers d’autres
recommandations
proposées dans
l’ouvrage, liées
à la même thématique
Nom de la sous-partie,
pour se repérer
dans le sommaire
20
Une stratégie en perpétuelle amélioration
1.4.2 Concevoir autrement les projets
bilité durable doivent se décliner dans la manière de concevoir tous les
projets. Pour cela, ils peuvent :
•
utiliser des référentiels existants, notamment ceux de la ville durable,
•
créer leur propre référentiel local, en mobilisant notamment les départements, pionniers en France sur la route durable.
Mais ce mouvement peut aussi être ascendant, dans une démarche
pragmatique
expérimentaux, et ainsi en tester la faisabilité et la pertinence, avant
territoire !
Voir la recommandation 1.4.1 Articuler les plans de déplacements.
Pour en savoir plus
•
•
Sous-recommandation,
avec leur explication
Les outils de l’aménageur : Eco-quartiers.fr propose une sélection
de guides et de dossiers, de méthodologies qui font référence
dans les projets d’aménagement. www.eco-quartiers.fr
Le cadre de référence de la ville durable européenne : outil
web destiné à aider les villes à promouvoir et à améliorer leurs
actions en matière de développement urbain durable intégré.
www.rfsc.eu
Bonnes pratiques
Un référentiel national de
certification Route Durable
parties intéressées, implique tous les intervenants de l’opération et traite ainsi
En collaboration avec Certivéa (orga- de tous les items développés dans cet
- ouvrage : ressources naturelles, changement climatique, insertion, innovaNord a élaboré en juillet 2010 un premier tion, achats responsables, gestion des
- emprises et limitation de la consommarable. Ce document a pour ambition de tion d’espace etc. Sous l’impulsion du
mettre à disposition de tous les maîtres Département du Nord, l’élaboration
d’ouvrage un outil permettant de pas- de la version 2 de ce référentiel est en
ser en revue l’ensemble des préoccupa- cours d’expérimentation dans 20 projets
tions de développement durable d’un et devrait s’achever en juin 2014. Un des
projet routier (de la programmation, impacts attendus de cette nouvelle verà la conception puis la réalisation des sion est de renforcer l’attractivité de la
travaux). Il vise la contribution positive
d’une route à la vie sociale et écono- courantes de petite taille : projets « lomique comme à l’aménagement d’un caux », en sus des projets « structurants »
territoire. Cette approche transversale pour lesquels avait été conçue la preinsiste sur la concertation de toutes les mière version du référentiel. lenord.fr
Bibliographie et
sitographie courte pour
des ressources en lien
avec le thème
de la page
Paragraphe explicatif
sur les enjeux
Liens interactifs vers d’autres
parties de l’ouvrage et vers
des documents externes
ressources
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Bonnes pratiques : exemples
concrets français et étrangers
qui viennent illustrer les
recommandations d’actions
et de résultats chiffrés
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
11
48
Comité 21 • Du quartier au territoire durable : agir ensemble pour des mobilités durables
49
2.
Éduquer les acteurs
aux nouveaux usages
liés à la mobilité
durable
N
ous sommes à la fois des utilisateurs directs ou indirects de transports, à travers
nos déplacements physiques ou du chemin parcouru par les marchandises
que nous achetons et consommons. Par nos choix quotidiens, nous avons tous
une influence importante sur les émissions liées aux transports.
Mais l’information ne fait pas tout !
C’est une véritable révolution – ou vélorution ?! – dans les réflexes quotidiens et les
comportements qu’il s’agit de poursuivre pour en finir avec la culture hégémonique
de l’automobile ! L’intention est là : selon une étude sur les Français et l’écomobilité
publiée en avril 2012 à partir d’un sondage Mobivia Groupe/ViaVoice, 54% des Français se disaient prêts à laisser leur voiture au garage, et jusqu’à 62% des habitants des
villes de plus de 200 000 habitants ! Vraiment ?
L’éducation des citadins et des acteurs socioéconomiques relève d’une responsabilité partagée par l’Etat, les collectivités locales, mais aussi les entreprises et la société
civile elles-mêmes.
Du quartier au territoire durable : agir ensemble pour des mobilités durables • Comité 21
© ra2 studio - Fotolia.com
Pour faire les bons choix, nous devons être informés des impacts des déplacements
que nous faisons ou générons au regard du développement durable. Ces impacts
portent non seulement sur le niveau d’émissions de gaz à effet de serre sur le territoire,
mais aussi en termes d’impacts sur la santé, sur la biodiversité et les ressources naturelles et sur la qualité de vie.
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Changer les réflexes
2.1 Changer les réflexes
2.1.1 Connaître son impact
grâce aux éco-comparateurs
Toute la chaîne des déplacements fait aujourd’hui l’objet d’une connaissance fine des impacts carbone. Elle se matérialise par les éco-comparateurs, outils de mesure et de comparaison des impacts carbone
et environnementaux. Ils présentent également les dispositifs de compensation carbone. L’information est un outil clé d’aide à la décision et
déclenche les changements de comportements.
Voir également la recommandation 4.2.3 Compenser les émissions carbones liées aux déplacements
• Connaître l’impact environnemental des chantiers
Des éco-comparateurs informent sur les performances écologiques des chantiers de construction ou réfection d’infrastructures, en
termes de consommation de matières premières, d’énergie, émissions de GES et de polluants, productions de déchets, …
• Mettre en place des éco-comparateurs à l’intention des voyageurs
Tout voyageur ou transporteur de marchandises peut désormais
comparer les modes de transports possibles (avion, train, voiture)
pour des destinations en France et en Europe selon leurs émissions
de CO2. Outre la durée du transport et le coût, il dispose d’un troisième critère pour choisir son mode de transports. Le plus connu :
ecocomparateur.voyages-sncf.com
• Améliorer l’information sur les impacts carbone des produits
de consommation
Cela passe par le calcul et la mise en évidence de la part du fret
de marchandises dans le total des émissions de gaz à effet de serre
d’un territoire ou de l’activité d’une entreprise.
© M.studio – Fotolia.com
• Améliorer l’information sur les impacts carbone d’événements
Des outils ont été développés pour mesurer leur impact carbone
et informer le public des manifestations professionnelles, culturelles,
sportives, parfois dès la réservation.
• Assurer la visibilité de l’étiquetage CO2 des voitures en vente12
L’étiquetage des véhicules ou car labelling a été mis en place par une
réglementation de la Commission européenne. Il est obligatoire pour
toutes les voitures neuves vendues en France depuis le 10 mai 2006.
12 Extraits du Guide du Marketing durable, Comité 21, 2010
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Changer les réflexes
Les véhicules sont répartis en 7 classes, de A (émissions de CO2 inférieures à 100g/km et faible consommation de carburant) à G (émissions de CO2 supérieures à 250g/km et consommation élevée).
Encore faut-il que les concessionnaires affichent cette étiquette
de manière visible et soient capables de la commenter devant les
clients !
• À toute étape de la chaîne, lutter contre la désinformation et traquer
les contre-exemples
L’Autorité de régulation professionnelle de la publicité assure la surveillance des contenus des messages publicitaires aux côtés des associations de défense de l’environnement et des consommateurs.
Les citoyens eux-mêmes peuvent saisir un jury de déontologie publicitaire pour faire cesser une publicité aux arguments écologiques
abusifs. Une charte d’engagements et d’objectifs pour une publicité éco-responsable a été signée en avril 2008 entre le Ministère en
charge du développement durable, le secrétariat d’État à l’industrie et à la consommation et les publicitaires. www.uda.fr
Bonnes pratiques
Modéliser les impacts avant
de décider : l’outil Gaïa
Eurovia, filiale de VINCI, a conçu Gaïa*, un
outil informatique permettant aux décideurs
publics et privés d’étudier l’impact environnemental de leur chantier. Reprenant la méthode
de l’analyse de cycle de vie, Gaïa modélise
l’impact environnemental de chaque étape
d’un chantier – de l’extraction de matériaux
dans la carrière au compactage de la couche
de roulement sur la chaussée. Il propose des
indicateurs environnementaux, qui évaluent
les consommations de ressources naturelles et
d’énergie, les émissions polluantes et les déchets ainsi que la préservation de la qualité de
vie des riverains. www.eurovia.com
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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Changer les réflexes
2.1.2 Promouvoir les comportements
responsables et sobres en carbone13
Une fois informés, les acteurs doivent être orientés vers des modes de
consommation plus responsables et accompagnés dans leurs changements de comportements. Les messages et les images publicitaires
émettent des signaux faibles et véhiculent des préjugés positifs ou négatifs vis-à-vis de certains comportements ou certaines pratiques. Organiser
des campagnes régulières de promotion et de rappel tout au long de
l’année (par exemple la Semaine de la mobilité et la campagne Bougez autrement http://www.bougezautrement.gouv.fr/), et mesurer leurs
effets à court, moyen et long terme, permettront d’ancrer les nouveaux
comportements vertueux. La promotion de comportements responsables et sobres en carbone est une responsabilité collective, impliquant :
• L’Etat
La promotion des mobilités douces et actives est animée par le Ministère du développement durable et le Ministère de la Santé dans
le cadre du Plan national santé environnement. www.sante.gouv.fr
Voir également la recommandation 4.1.1 Inciter et faciliter l’utilisation
des vélos
• Les collectivités locales
Lors de nombreux événements nationaux et locaux (Semaine du
développement durable, Semaine européenne de la mobilité, …),
elles organisent et soutiennent de nombreuses animations sur la maîtrise des déplacements individuels, l’achat de véhicules propres,
l’offre locale de transports publics, le covoiturage, la promotion
des mobilités douces et actives, et aujourd’hui la promotion des
produits locaux pour favoriser les circuits courts. Cette promotion
commence à payer : la publication du CERTU en décembre 2010
« Et si les Français n’avaient plus seulement une voiture dans la
tête ? »14 a montré une nette amélioration globale de l’image des
modes alternatifs à la voiture. Mais des disparités subsistent entre les
agglomérations selon les formes urbaines, les cultures locales et les
politiques de déplacements menées depuis quelques décennies.
• La société civile
Né en 2005 en Californie, le mouvement « locavore » encourage
les consommateurs à choisir leur nourriture produite dans un rayon
allant de 100 à 250 kilomètres maximum autour de leur domicile.
Outre la réduction des émissions de GES liés aux transports, ce type
de choix permet de manger plus sainement des produits de saison
et de soutenir les filières agricoles locales. En France, les Associations
pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), créées en
2003, s’inscrivent dans ce mouvement. www.reseau-amap.org
13 ademe.typepad.fr
14 Réalisée à partir des résultats de 19 Enquêtes Ménages Déplacements. Disponible sous
www.certu.fr
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Changer les réflexes
• Les publicitaires et les communiquants Force est de constater que les campagnes publicitaires des multinationales de l’automobile sont très percutantes par leur quantité
et leur qualité, relativement à la promotion des modes doux de déplacements financée par des autorités organisatrices de transports.
Un juste équilibre entre la promotion publicitaire des automobiles et
celle des modes de déplacements alternatifs est donc à rechercher.
Pour en savoir plus
• Guide du marketing durable, Comité 21, 2011 – Fiche n°9 : Comment mettre en place une stratégie publicitaire responsable ?
• Les organisateurs d’événements et les tour-opérateurs Ils peuvent mettre en place des dispositifs d’incitations et de facilitation du report modal, avec des tarifs préférentiels, des opérations
de promotion, la distribution de kits de mobilité… La mobilité durable
est l’un des champs d’actions des écofestivals.
Bonnes pratiques
La preuve par le test grandeur nature
en zone piétonnisée à Bologne !
Bologne, en Italie, a été distinguée par la
Commission Européenne lors de la Semaine
européenne de la mobilité 2011 pour ses
actions et sa communication auprès des
citoyens lors de sa Semaine de promotion
des déplacements propres et sobres. Durant cette semaine, elle a testé la piétonisation d’une zone de centre-ville et mené
de nombreuses animations à cet endroit.
La municipalité a organisé des visites à
bicyclette, des ateliers vélos et des stands
de formation à la réparation, des jeux, des
promenades et une exposition sur les véhicules électriques. Des officiers de police ont
informé et conseillé les familles, leur expliquant les consignes de sécurité pour se
déplacer à vélo. Les citoyens ont bénéficié
d’un point d’information sur les nouveaux
services offerts aux cyclistes. Artistes itinérants, marchands et associations sportives
ont accueilli et distrait plus de 60 000 visiteurs.
www.mobilityweek.eu
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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Changer les réflexes
Bonnes pratiques
Les meilleures pratiques françaises
dans le guide de la mobilité durable
Le Guide de la mobilité durable, édité par
l’Association des directeurs généraux des
communautés de France, Cofely Ineo (GDF
Suez) et le Syndicat national des directeurs
généraux des collectivités territoriales, présente plusieurs bonnes pratiques de communication des collectivités sur les projets de
transports : Grand Roanne agglomération
sur la campagne Star sans ma voiture organisée en 2011, la Communauté urbaine de
Dunkerque, et le Département de Seine-Maritime. www.cofelyineo-gdfsuez.com
Pour le club volley de Mulhouse, les
petits gestes font les grandes victoires !
L’Association sportive PTT Mulhouse Volley a
décidé de s’engager en 2009 pour réduire
les émissions de gaz à effet de serre liées à ses
activités. En relation avec Mulhouse Alsace
Agglomération, GDF Suez et La Poste, elle a
élaboré un « projet développement durable »
comportant un axe transports. L’objectif est
de modifier les habitudes d’un maximum
de personnes en les sensibilisant. Trois actions
principales sont menées : formation à l’écoconduite des joueuses, proposition d’un tarif
réduit aux spectateurs venant en tram et covoiturage des joueuses pour l’entraînement.
www.aspttmulhousevolley.fr
Le Collectif des festivals bretons
a lancé un « Plan de Déplacements
Festivalier »
Lancé en collaboration avec des Autorités
Organisatrices des Transports du territoire, il
vise à améliorer les déplacements des festivaliers, leur accessibilité et mobilité vers les
festivals. L’enquête sur les déplacements
des festivaliers qui a porté sur une vingtaine de festivals en Bretagne a permis de
dégager quatre axes d’actions à mettre
en œuvre sur la période 2013 – 2015 : des
dispositifs de transports facilitant la mobilité
et l’accessibilité des festivaliers ; la communication et l’information sur les modes
de transports ; les services pour l’accueil
des festivaliers sur le territoire du festival ; la
coordination des acteurs et des dispositifs
de transport. En 2013, trois festivals se sont
portés volontaires pour des expérimentations autour du renforcement des lignes
de cars des réseaux départementaux, en
partenariat avec les Conseils départementaux du Finistère, du Morbihan et d’Ille-etVilaine : Le Cornouaille à Quimper, Au Pont
du Rock à Malestroit et Bonus à Hédé. Le
site internet du Collectif propose également
des ressources et retours d’expérience sur la
place des transports dans les écofestivals.
http://www.lecollectifdesfestivals.org/collectif/ressources-thematiques/transports/
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
© Christian Müller - Fotolia.com
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Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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Faciliter les changements de comportements
2.2 Faciliter les changements
de comportements
2.2.1 Transmettre une information claire
et de qualité aux usagers sur les modes
et itinéraires de transports alternatifs
à la voiture
Les modes sont de plus en plus nombreux et diversifiés, les trajets plus
complexes, les déplacements plus minutés. L’existence et la visibilité de
l’information sont clés pour inciter à l’utilisation des transports en commun car, selon Bruno Marzloff15, « la moitié de la mobilité, c’est de l’information. » La qualité de l’information et son instantanéité sont aujourd’hui
facilitées par l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et
de la communication.
Une véritable chaîne ininterrompue d’information doit être à la disposition de l’usager de transports pour informer les usagers des transports
à toutes les étapes de leurs déplacements, en utilisant la variété des
supports multimédias :
• avant de partir : les collectivités et leurs opérateurs de réseaux développent des sites Internet d’information exhaustive sur l’offre de
mobilité. Ils informent tous les types d’usagers sur l’ensemble des
réseaux locaux de transports. Ils proposent des calculateurs d’itinéraires combinant les divers modes de transports, et offrent désormais
la possibilité d’acheter son titre de transports depuis chez soi grâce
à la billettique sans contact.
• pendant le déplacement : du smartphone à l’écran lumineux dans
les stations et dans les véhicules, il existe une large variété de supports
multimédias pour informer les usagers des transports en commun en
temps réel de l’état du trafic et de diversifier les services proposés
dans les transports : accès à Internet, renseignements sur les lieux de
services et de loisirs à proximité des arrêts, divertissements, etc.
• aux stations de transports en commun : de nombreuses stations
de transport en commun et véhicules disposent d’un plan de
l’ensemble du réseau de transports de l’agglomération et d’un
tableau lumineux qui précise le temps d’attente d’ici le prochain
passage du bus.
15 http://www.rslnmag.fr/post/2012/08/28/Covoiturage-autopartage-la-voiture-a-lheure-du-numerique.aspx
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Faciliter les changements de comportements
Mais l’information doit aussi pouvoir être utilisée par les personnes malvoyantes, malentendantes ou analphabètes ! La diffusion d’information
sonore des stations et dans les véhicules reste à généraliser. La lisibilité
des panneaux d’information doit s’améliorer, notamment en termes de
taille de caractères, de contrastes lumineux, d’implantation sur la voirie.
Les autorités organisatrices de transports, les collectivités doivent travailler dans ce sens en concertation avec les associations de sensibilisation
aux différents handicaps.
Voir également la recommandation 6.1 Garantir l’accessibilité de toutes
les personnes aux moyens de transports et à la voirie
Bonnes pratiques
Une information intermodale
et centralisée : les collectivités
bretonnes s’unissent !
Perth emploie les méthodes
de marketing pour lutter contre
les préjugés anti-transports collectifs
Les Autorités organisatrices de transports présentes dans le Finistère ont mis en place en
2008 Viaoo29, un site Internet commun, dédié
aux transports en commun : bus, car, train, bateau et avion sur le département. Il centralise
les informations et actualités des réseaux de
transport partenaires et propose un calculateur d’itinéraire. www.viaoo29.fr
Dès 1997, Perth, la plus vaste ville de l’ouest
australien, a conjugué déploiement de
nouvelles infrastructures de transports en
commun (ferry, bus et trains) et lutte contre
la dépendance psychologique à la voiture dans son programme « Travelsmart ».
En affrétant un service de bus gratuit et de
trains desservant le centre-ville, les autorités
de Perth ont corrigé la perception des habitants qui croyaient que les offres alternatives
à leur automobile multiplieraient par deux
leur temps de trajet et par trois leur budget.
Le programme « Travelsmart » comportait
une campagne téléphonique de marketing
individuel (29 000 appels téléphoniques et
37 000 lettres envoyés aux habitants !), des
actions éducatives, une meilleure information sur les trajets faisables sans automobile ;
l’implication du secteur privé sur des plans
de déplacements verts pour les employés.
Cette bonne pratique est détaillée dans
l’étude du CETE Méditerranée « Le marketing comme outil de gestion de la mobilité –
évolutions apportées par les nouveaux systèmes d’information », août 2008.
www.cete-mediterranee.fr
Des informations ludiques
et dynamiques dans les transports
Orange Business Services a développé une
solution de transport intelligent : Information
Dynamique des Voyageurs, à destination des
prestataires de transports. Il s’agit d’un service
d’informations pratiques (prochains départs,
temps d’attente, infos trafic, etc.) et de divertissement (informations touristiques, locales, jeux,
vidéo, etc.). A bord comme au sol, les voyageurs disposent en temps réel des informations
dynamiques par SMS, MMS, applications mobiles, portail web, etc. Les solutions d’informations sont développées en fonction des besoins
de l’entreprise, et favorisent aussi l’amélioration
de sa connaissance client.
www.orange-business.com
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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Faciliter les changements de comportements
2.2.2 Inciter les organisations à mettre
en place des plans de déplacements
Aménageuses, incitatrices, animatrices, exemplaires, les collectivités
sont les acteurs les mieux placés pour inciter et aider les organisations
dans la mise en place de plans.
Convaincre les organisations
L’initiative peut venir de l’entreprise, d’un groupe de parents, ou même
de la collectivité. L’exercice présente en effet plusieurs intérêts individuels et collectifs. Elle permet d’aider les personnes qui ne peuvent financer une voiture et soulager les ménages – notamment les travailleurs
pauvres. Elle constitue un projet fédérateur qui peut s’inscrire dans une
démarche « Qualité », un système de management environnemental,
une démarche d’éco-responsabilité ou encore un Agenda 21.
Accompagner les bonnes volontés
Développés à l’initiative des parents, de l’école ou de la collectivité, les
Pédibus séduisent de plus en plus, mais connaissent un succès mitigé en
raison de la faible disponibilité des parents, de la méconnaissance de la
démarche et surtout d’un déficit d’aménagements sur la ville et autour
de l’école.
Soutenir toutes les étapes de l’élaboration
Des communautés urbaines ou d’agglomération ont construit une véritable politique publique de soutien, qui comprend réalisation de diagnostics, animations de réunions de concertation avec les parties prenantes, promotion des initiatives, collecte et suivi des indicateurs.
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Faciliter les changements de comportements
Bonnes pratiques
Vannes agglomération finance
un Conseil en mobilité pour
les établissements de son territoire
Pour atteindre ses ambitions : réduire d’environ 10% la part de l’automobile sur le territoire, en faisant passer sa part modale de
69% en 2008 à 63% à horizon 2020, le Plan
de déplacements urbains de Vannes agglomération a dédié une partie de son plan
d’actions à l’objectif Agir sur les comportements, notamment en promouvant les Plans
de déplacements d’établissements (entreprises, administrations, scolaires). Début
2012, la Communauté d’agglomération a
donc recruté un Conseiller en mobilité, chargé d’apporter aux établissements publics et
privés du territoire un appui méthodologique
et technique gratuit dans toutes les étapes
d’un Plan de déplacement : définition des
objectifs, réalisation d’enquêtes , mise en
place du plan d’actions… En 13 mois d’activité, 22 structures (entreprises ou administrations) ont été accompagnées par Vannes
Agglo, six d’entre elles avaient déjà mis en
place un PDE et trois en ont fait aboutir un,
par l’élaboration d’un plan d’actions. Enfin,
quatre entreprises ont amorcé un diagnostic. Cet accompagnement est promu sur le
site Internet de la Communauté d’agglomération, sous la rubrique du Plan de déplacements urbains. www.agglo-vannes.fr
Au Grand Lyon, une véritable
politique publique du Grand Lyon
autour du pedibus
Sur le territoire du Grand Lyon, 73 écoles de
37 communes étaient desservies en 2010
par 142 lignes quotidiennes de Pédibus (plus
cinq lignes de Vélobus), et concernaient
plus de 2 000 enfants. Un nombre élevé,
grâce aux différents outils déployés par la
Communauté urbaine : une exposition itinérante sur les déplacements domicile-école,
des brochures d’informations et un support
de présentation pour sensibiliser les différents acteurs, un fichier informatique (sous
format Excel) pour exploiter les données
collectées lors de l’enquête et pour établir
le diagnostic, des photos aériennes du périmètre scolaire, une formation annuelle pour
mettre en place son Plan de Déplacement
Domicile-Ecole, un blog spécifique : blogs.
grandlyon.com des interventions d’associations à l’éducation à l’environnement dans
les écoles, guide pratique sur les Pédibus.
www.grandlyon.com – Contact : [email protected]
grandlyon.org
À Nantes, 100 000 salariés sensibilisés
aux transports doux via le Plan
de mobilité d’Entreprise
Le Plan de mobilité entreprise (PME) est un dispositif d’accompagnement aux entreprises
qui aident leurs salariés au report modal. Il a
été construit en partenariat avec les opérateurs de service de mobilité de l’agglomération et l’association « Place au vélo ». Il offre
aux employeurs et aux salariés des réductions
tarifaires ou des aides financières ; un accès
privilégié à l’information sur les services mobilité ; l’accès au Club Mobilité ; ainsi qu’un service d’assistance et de conseils personnalisé.
En février 2014, après dix ans d’existence, le
PME rassemblait 362 employeurs (petites et
grandes entreprises, entreprises publiques et
privés, institutions, communes), soit 104 000
salariés (33% des salariés de l’agglomération).
www.nantesmetropole.fr
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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Faciliter les changements de comportements
2.2.3 Former à l’éco-conduite
Informés sur l’influence du trafic automobile sur le climat et les nuisances
en ville, les conducteurs peuvent modifier en conséquence leur comportement au volant, et adopter des réflexes d’éco-conduite. « L’écoconduite© est un nouveau style de conduite basé sur une sollicitation modérée des organes d’un véhicule entretenu et adapté au
besoin du conducteur dans le but de limiter les émissions de CO2 et
la consommation de carburant. » (source : eco-conduite.fr) L’écoconduite commande notamment d’entretenir régulièrement son véhicule,
adapter son freinage et son démarrage, contrôler sa vitesse.
Pour les organismes dont les activités sont étroitement liées aux transports
ou qui disposent d’une flotte importante de véhicules, l’éco-conduite
présente des bénéfices économiques et sociaux. Ils portent sur l’économie de carburant, de maintenance des véhicules, ou encore la réduction de l’accidentologie. C’est pourquoi certaines entreprises et administrations ont initié des programmes de formation de leurs conducteurs.
Pour en savoir plus
• eco-conduite.fr, le site Internet dédié à l’éco-conduite, animé par
Securitrans
• Guide de formation à l’éco-conduite : ce guide méthodologique
a pour but de faciliter la mise en place de formations sur ce sujet. Il
propose divers conseils d’experts de l’Ademe et des retours d’expérience. Téléchargeable gratuitement sous www2.ademe.fr
Comité 21 • Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables
Faciliter les changements de comportements
Bonnes pratiques
Les facteurs pionniers
de l’éco-conduite !
En 2007, La Poste a commencé à former ses
60 000 postiers à l’éco-conduite. Elle indique
aujourd’hui avoir réalisé de significatives économies de carburant (de 0,5 à plus de 1 litre
économisé sur un parcours de 23 kilomètres) –
et diminué de 8 % en moyenne ses émissions
de CO2 (l’économie devait atteindre fin 2009
quelque 10 millions de tonnes). Le nombre
d’accidents de circulation de ses voitures
a également diminué. Sa filiale Mobigreen,
créée en 2009, a développé une offre complète de solutions d’éco-conduite (sensibilisation, formation) auprès des organisations
publiques ou privées utilisant des flottes de
véhicules et souhaitant lancer cette pratique
auprès de son personnel. www.mobigreen.fr
par Fiat pour sa gamme de véhicules équipée
de l’interface Blue & Me, sous la forme d’une
clef USB qui enregistre et analyse les détails de
la conduite, ou encore l’application d’écoconduite sur IPhone de ALD Automotive (entreprise de location automobile longue durée),
analysent et restituent à l’automobiliste l’historique de ses trajets assorti de conseils pour
améliorer l’écoconduite.
www.nomadicsolutions.biz / www.fiat.com /
www.aldautomotive.fr
La Mairie de Changé subventionne
des stages d’éco-conduite
En 2010, la Mairie de Changé, dans le cadre
de l’élaboration de son Agenda 21, a créé des
stages d’éco-conduite pour les agents qui utilisent des véhicules communaux et pour les habitants qui le souhaitent. Deux conventions sont
ainsi signées avec l’auto-école Mary et l’assoDes applications pédagogiques
ciation des auto-écoles mayennaise UDEC 53.
et ludiques pour les particuliers
Le logiciel ÉcoGyser® (conçu par Nomadic La collectivité subventionne à hauteur de 50%
Solutions), le dispositif Ecodrive mis en place le prix total du stage. www.change53.fr
Du quartier au territoire : agir ensemble pour des mobilités urbaines durables • Comité 21
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C
et ouvrage du Comité 21 intitulé Du quartier au territoire : agir
ensemble pour des mobilités urbaines durables présente les changements qui sont déjà à l’œuvre dans les politiques publiques,
les technologies et les comportements en faveur de nouvelles mobilités
urbaines, notamment à travers le développement des alternatives à la
voiture individuelle. Mais il propose d’aller plus loin ! Il dessine les contours
d’une bonne gouvernance de la mobilité durable et aborde les questions
des financements, de la maîtrise foncière et l’aménagement du territoire.
Parce que la mobilité durable interroge directement le fonctionnement
urbain et les habitudes individuelles, ce guide de 224 pages recouvre
plusieurs domaines d’actions qui font système autour d’elle : le changement des comportements, l’apport des nouvelles technologies, la santé
humaine mais aussi la biodiversité, la cohésion sociale, l’emploi et la création de nouvelles activités économiques.
Dans une approche intégrée et collaborative, il s’adresse à toutes les parties prenantes de la mobilité, de l’usager au sociologue, du directeur des
ressources humaines à l’étudiant, de l’élu à l’urbaniste.
Rédigé par Elise Gaultier, cet ouvrage s’appuie sur les retours d’expériences
de ses adhérents et partenaires, qui ont contribué à l’enrichir et l’illustrer.
Il s’agit du troisième ouvrage du Comité 21 lié à la ville durable, après
Du quartier à la ville durable : vers un nouveau modèle urbain (Edition du
Comité 21 – auteur : Antoine Charlot – 2010) et le rapport du Comité de
prospective du Comité 21 La ville, nouvel écosystème du XXIe siècle – Ville,
réseaux, développement durable (auteur : Bettina Laville – mars 2012).
En collaboration avec :
Diff usion
Presses universitaires de France
Distribution
Union-Distribution
ISBN 978-2-35113-227-2
Avec le soutien de :
Prix TTC : 21 euros
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