Méthode de super lecture

Méthode de super lecture
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Méthode
de
SUPER LECTURE
Guide pratique pour multiplier
votre vitesse de lecture
en 10 jours
Par Jacques Crousset
© Association PEDAGOPOLE - 2005
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SOMMAIRE
INTRODUCTION ET MODE D'EMPLOI
IMPORTANT
LEÇON 1 : l'ŒIL, CET INCONNU
LEÇON 2 : LES GRANDS PRINCIPES DE BASE
LEÇON 3 : DU MOT A MOT AU BALAYAGE
LEÇON 4 : N'OUBLIEZ PAS VOTRE MEMOIRE
LEÇON 5 : SAVOIR SE CONCENTRER : UN ART
LEÇON 6 : RECAPITULONS
LEÇON 7 : APPRENEZ A LIRE LA PRESSE RAPIDEMENT
LEÇON 8 : QUE FAIRE DEVANT UN TEXTE DIFFICILE
LEÇON 9 : COMMENT APPRENDRE PLUS VITE
LEÇON 10 : DONNEZ-VOUS LES BONS OUTILS EVALUATION
CONCLUSION
GLOSSAIRE ANNEXES
TABLE DES MATIERES
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INTRODUCTION
ET
MODE D'EMPLOI
Vos études vous empêchent-elles de faire des choses qui vous tiennent à coeur ? Lire
les livres qui vous intéressent vraiment ? Aller au cinéma, camper, pratiquer votre
sport favori ou voir plus souvent vos amis, etc. ?
En somme, estimez-vous que vos études ne vous laissent pas suffisamment de temps
pour "vivre" ?
A vrai dire, ce sont là différentes facettes d'un même problème : vos études vous
"mangent" tout votre temps.
Et pourtant, même s'il est indispensable de consacrer de longues heures à vos études,
il est en réalité possible de réduire de beaucoup vos heures d'études ou de
recherches.
Comment ? Tout simplement en apprenant à lire plus vite.
Il est évident que lire plus vite est un atout énorme pour gagner du temps. Par
exemple :
•
si vous avez des lectures obligatoires à effectuer pour certains cours, vous
pourrez vous consacrer plus rapidement aux commentaires ou aux analyses
proprement dites, retrouver plus facilement des passages à citer ou à
commenter, etc. ;
•
lors de la révision en vue d'un examen, vous serez en mesure de survoler un
maximum de matières en moins de temps;
•
lors de vos travaux de recherches, vous saurez trouver plus vite les
informations qui vous sont utiles, mais aussi élargir considérablement votre
champ de recherche et rendre des travaux plus documentés que vos
condisciples.
Mais les avantages de la lecture rapide ne s'arrêtent pas là. Comme vous le
constaterez en suivant notre méthode, la lecture rapide, c'est davantage que
simplement lire plus vite.
C'est aussi apprendre à :
•
lire mieux : le lecteur "ordinaire" même s'il est très intelligent a tendance à "lire
mal". Il ne déplace pas ses yeux correctement et perd beaucoup de temps à
subvocaliser et à faire des retours inutiles (voir chapitre 1) ;
•
mieux mémoriser : la lecture efficace vous amène à mieux structurer le
processus de mémorisation et à pratiquer la vision photographique;
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•
penser plus vite : en développant une vision plus globale (ce qui est la base de
la lecture rapide), vous ne vous égarez pas dans un labyrinthe de détails
inutiles. Votre esprit devient plus synthétique, mais aussi plus intuitif;
•
mieux réussir vos examens : lors d'un examen, vous lirez vos questions plus
vite et ferez vos analyses de textes plus rapidement. Vous pourrez également
donner des réponses plus documentées en enrichissant vos connaissances
générales;
•
mieux gérer votre temps : apprendre à gérer son temps, c'est notamment savoir
se concentrer sur l'objectif essentiel à réaliser et ne pas s'égarer dans les
détails. C'est exactement le même principe que la lecture rapide;
•
agir plus efficacement dans la vie courante : la lecture rapide est une excellente
école pour développer votre pouvoir de concentration et de synthèse. Parce
que vous "lisez" mieux les situations, votre action sera plus directe et plus
précise.
Cet ouvrage s'adresse donc tout particulièrement à tous ceux et celles qui suivent des
études ou qui dans leurs activités professionnelles ont une masse d'informations
importantes à lire et à retenir. Il a été conçu pour vous enseigner une façon nouvelle de
lire afin de faciliter votre travail.
Cet ouvrage est simple, d'accès facile et en même temps exhaustif. Vous y
découvrirez le monde sans doute encore inconnu pour vous qu'est la lecture rapide.
Des techniques de base jusqu'au MIND MAPPING, en passant par les moyens pour
améliorer votre mémoire, pour vous relaxer lorsque vous êtes trop tendu, etc. C'est
aussi une méthode qui vous fera gagner beaucoup de temps lorsque vous lirez.
Beaucoup de méthodes de lecture rapide ont tendance à brûler les étapes sans tenir
compte des cas particuliers et de tout ce qu'implique le fait de voir et de lire.
A l'inverse, nous vous proposons ici un véritable cours de "yoga de la lecture" qui vous
permettra d'assouplir et "d'étirer" votre regard en améliorant votre pouvoir de
relaxation mentale et musculaire, de concentration, de mémorisation, etc.
Ainsi, vous serez en mesure de VOIR MIEUX POUR LIRE MIEUX ET PLUS VITE,
BEAUCOUP PLUS VITE...
Comment utiliser efficacement cette méthode
Cette méthode se divise en 10 leçons. Nous vous suggérons de consacrer 10 jours à
sa lecture, à raison d'une leçon par jour, laquelle devrait durer environ 45 minutes.
Mais vous pouvez étaler cet apprentissage sur 20 jours à raison d'une leçon d'une
demi-heure par jour.
Chaque leçon contient en général assez de matière pour remplir vos trois quarts heure
d'étude. Certaines leçons toutefois sont plus théoriques que d'autres, aussi vous
recommandons-nous de les compléter en lisant de manière accélérée soit un journal,
soit une revue, soit encore un livre, de préférence facile et à la typographique aérée.
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Dites-vous bien que cet investissement vous servira toute votre
vie et vous fera gagner des centaines d'heures. Laissez-vous
guider leçon après leçon et surtout faites chacun des exercices
qui vous sont proposés. Vous ne le regretterez jamais.
A ce propos, il serait très utile, lors de vos leçons, que vous ayez toujours à la portée
de la main, outre du papier et un crayon pour prendre des notes, un journal et un livre
de chevet. Ces deux outils de travail vous serviront non seulement à compléter vos
leçons mais aussi à approfondir de manière plus pratique les connaissances
récemment acquises.
De même, il serait bon que vous disposiez d'une fiche de lecture sur laquelle vous
pourriez noter vos progrès leçon après leçon. Différents modèles de fiches sont
disponibles, mais le plus populaire est sans aucun doute la grille : en abscisse,
inscrivez le nombre de semaines de 1 à 10, et en ordonnée le nombre de mots par
ordre croissant : 300, 400, 500 et ainsi de suite jusqu'à 1 500 ou plus, si vous le
désirez.
Après chaque leçon, vous vous accorderez une minute pour lire un texte d'environ 1
500 mots (4 à 5 pages d'un livre ordinaire). Votre lecture terminée, cochez l'endroit où
vous vous êtes arrêté, soustrayez le nombre de mots restants de celui que vous avez
lu, et portez le résultat obtenu sur votre grille d'évaluation. Vous le verrez : en très peu
de semaines vous ferez des progrès spectaculaires.
Pourquoi ? Parce qu'entre-temps vous aurez changé votre "vision" de la lecture. Il ne
nous reste plus qu'à vous souhaiter un bon parcours à l'intérieur de ces pages.
Symboles utilisés pour les exercices :
signifie : temps limité ou chronométrez-vous
# signifie : vous devez écrire ou souligner des mots
* signifie : utilisez votre index
Les exercices sont numérotés de la façon suivante :
exercice n° 3.2, signifie exercice n° 3 de la leçon n° 2.
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IMPORTANT
Evaluation
Ne tournez pas cette page avant d'avoir évalué votre vitesse actuelle de lecture et
votre mémoire. Ces résultats vous seront indispensable pour comparer vos progrès
lorsque vous aurez acquis les principes de la super lecture.
Chronométrez le temps que vous allez mettre pour lire les trois pages ci-après.
Début du texte :
OÙ EST LA REALITE
Le Hublot
Il m'est arrivé hier une aventure étrange. J'ai fait des courses dans un supermarché.
Dans le magasin, je ne me suis rendu compte de rien. C'est après, de retour à la
maison, que j'ai été surpris. J'avais ramené tout ce qui figurait sur ma liste. Ainsi, parmi
les milliers d'articles disposés sur des dizaines de rayons, je n'ai vu que ceux qui
m'intéressaient et non les autres, tous les autres, qui ne présentaient pas d'intérêt pour
moi. Ma bulle ne disposait pas de hublot pour eux. Une chose me stupéfie. J'ai dû
croiser des centaines de gens qui poussaient, comme moi, un caddie devant eux. Je
ne me souviens d'aucun d'entre eux. Ils n'existaient pas pour moi. Pas plus que je
n'existais pour eux. Et pourtant je sais qu'ils étaient là. Ils avaient leurs préoccupations,
leurs centres d'intérêt, leur réalité. Une réalité à laquelle je n'appartiens pas. Sauf si un
jour je présente un intérêt quelconque pour l'un d'eux. Alors il développera un nouveau
hublot à mon image, ou plutôt à l'image qu'il se fabriquera de moi.
La preuve
Dans un de ses ouvrages, La Promesse de l'aube, Romain Gary raconte ses années
de guerre. Un jour, il se retrouve à l'hôpital, terrassé par une dysenterie amibienne. Il
dépérit rapidement. Les médecins le croient perdu. Epuisé par la maladie, il est tenté
de se laisser aller au repos éternel. Une seule chose l'en empêche, un tout petit fIl qui
le retient à la vie: tous les matins, il reçoit une lettre de sa mère, qui lui dit sa foi en lui,
en sa force, en sa volonté de triompher. Ces lettres lui parlent, le touchent au plus
profond de lui-même, comme si sa mère avait été présente à ses côtés, lui interdisant
de la quitter. Il a lutté contre la mort, il a voulu survivre à tout prix pour revoir celle qui
l'aimait tant qu'il n'avait pas le droit de la décevoir. Une fois rétabli et de retour à Paris,
il apprend que sa mère est morte depuis longtemps. Avant de mourir, elle a écrit des
centaines de lettres, les a confiées à un ami qui devait les envoyer régulièrement à son
fils, tout le temps que durerait la guerre.
Quelle formidable ressource ! Il avait lutté pour revoir celle qui le soutenait alors qu'elle
avait déjà disparu pour tout le monde, mais pas pour lui. Dans son esprit, elle était bien
vivante, elle l'attendait, elle croyait en lui. La preuve ? Une lettre par jour. Comment
douter ? Et puis, a-t-on toujours besoin d'une preuve ? Ne vivons-nous pas en fonction
de ce qui est vrai pour nous, quand bien même ça ne le serait que pour nous seuls ?
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Notre monde n'est-il pas fait de ce que nous sommes, de ce que nous faisons, disons,
ou pensons ?
UN MONDE DE COMMUNICATION
Un territoire familier mais inexploré
Tous nos comportements constituent des réponses que nous fournissons à
l'environnement. Ils nous permettent de nous épanouir, de nous protéger, de nous
défendre, de nous enrichir, de vivre une réalité qui correspond à ce que nous jugeons
satisfaisant, utile, souhaitable ou salutaire. Par eux, nous communiquons
constamment avec notre environnement immédiat. Nous sommes tous, toujours, en
communication. L'action quotidienne la plus banale, comme ces courses que j'ai faites
au supermarché, est le résultat d'une série de communications. La première s'est
produite entre moi et mon environnement domestique. J'ai voulu faire du café, il n'y
avait plus de fIltre. J'ai ouvert le placard, je me suis aperçu que les réserves avaient
fortement diminué. Un certain nombre de messages ont circulé entre mon placard et
moi: en haut, un vide, le sopalin est fini; au centre, presque plus de riz ni de pâtes; la
conclusion s'est imposée à moi, il était temps que je fasse des courses.
Une seconde sorte de communication a suivi, qui a pris la forme d'un dialogue avec
moi-même. Un dialogue, car effectivement je m'y suis posé des questions et j'ai
apporté la réponse :
" Tiens, si je prenais du '" ?
- Non, il en reste.
- Et si j'achetais des..., une ou deux boites ? - Une seule boite, je serai déjà assez
chargé. ... etc. "
Important
Une troisième forme de communication a pris le relais, sans parole celle-ci, constituée
de tous les réflexes sollicités pour faire obéir l'ascenseur, retrouver la voiture, l'ouvrir,
s'y installer. Puis, en voiture, une série de communications simultanées. Tout d'abord,
celle qui s'est installée entre moi-même et moi-même dans ma tête : je fais référence à
toutes ces pensées qui nous viennent au volant. Et, en même temps, toutes les
interactions entre mes mains et le volant, le levier de vitesse, les clignotants, les
essuie-glaces, entre mes pieds et les pédales. Et puis, de temps en temps, le message
d'un feu rouge, d'une nouvelle à la radio ou d'un air de musique qui me sortait de ma
rêverie. En bref, tous les signaux auxquels nous réagissons continuellement.
Dans le supermarché, c'était un festival: les promotions sur de grandes affiches
accroche l'œil, les produits qui assaillent le regard de toute part, tous ces gens, que je
n'ai pas vus, concentrés sur leurs pensées, les rayons, leur petit chariot d'achats.
La communication fait partie intégrante de notre milieu naturel. Nous y baignons en
permanence. C'est le territoire qui nous est le plus familier, bien qu'il soit inexploré. Le
langage y est partout présent : nous mettons en mots tout ce que nous pensons, tout
ce que nous percevons, et confondons ces mots avec la réalité. Car leur signification
dépend entièrement de ce que nous sommes. Transmettons-les à un autre individu, il
les interprétera dans sa réalité à lui, une réalité qui nous est inconnue.
J'avais loué une maison dans un village, au nord de Montpellier. La propriétaire m'avait
assuré au téléphone que c'était une petite maison idéale, comportant tout ce dont on
pouvait rêver, au cœur du plus beau petit village de 1 'Hérault. Je m'y voyais déjà,
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installé à mon bureau dans une vaste pièce dont les fenêtres dominaient le village et la
campagne alentour et donnaient au loin sur une chaîne de montagnes. Les enfants y
joueraient à loisir dans un beau jardin intérieur. J'irais tous les jours sur la place en bas,
m'asseoir à une terrasse ombragée, en face de l'église, où je pourrais me délecter des
récits quotidiens des gens du pays. Je suis arrivé dans un village écrasé de soleil; nulle
place ombragée, pas de terrasse de café. La maison était encaissée dans une étroite
ruelle, les fenêtres ouvraient sur la maison d'en face. Une seule table, dans une salle à
manger, au rez-de-chaussée, si sombre qu'en plein midi il aurait fallu allumer pour lire.
A l'étage, des chambres, encombrées de grands lits, aux volets bien clos pour éviter la
chaleur. Pour tout jardin, une minuscule courette en béton entourée de hauts murs. Et
la pauvre femme de me montrer fièrement la salle de bains, le réfrigérateur, la
gazinière toute neuve. De louanger la fraîcheur des lieux, l'emplacement exceptionnel
à deux pas de la supérette. Non, il n'y avait pas de table à l'étage, mais celle de la salle
à manger n'était-elle pas suffisante ? Je dus masquer ma déception et taire mes
remarques; de toute évidence, nous ne tenions pas le même langage. Après tout,
j'étais le seul responsable, j'aurais pu être plus précis au téléphone. Mais il était trop
tard, et malgré mon silence, à mon visage ou dans le ton de ma voix, mon interlocutrice
se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Ce langage-là, celui qui n'est pas fait
de mots, signifie davantage que toutes nos palabres, toutes ces vaines tentatives que
nous déployons pour masquer notre pensée.
Gérard Bénéjean, extrait de " Comment utiliser les pouvoirs de la PNL."
Notez ici votre temps de lecture. Minutes : ...... .. secondes : ..........
Ce texte est composé de 1 274 mots.
Sans regarder à nouveau le texte, veuillez répondre aux questions suivantes :
1/ Quel est le nom de l'ouvrage de Romain Gary qui est cité :
…………………………………………………………
2/ Qu'est ce que la mère de Romain Gary a fait avant de mourir :
...............................................................................
3/ Quand l'auteur a voulu faire du café, que lui manquait-il :
………………………………………………………..
4/ A côté de quelle grande ville l'auteur a-t-il loué une maison :
………………………………………………………..
5/ Cette maison se trouve à deux pas de quoi :
………………………………………………………..
Vous trouverez les réponses en annexes à la fin de l'ouvrage.
Nombre de bonnes réponses : ............
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LEÇON 1
COMPRENDRE LE
FONCTIONNEMENT DE L'ŒIL
POUR MIEUX L'UTILISER
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On ne lit pas qu'avec ses yeux. N'importe quel bon lecteur rapide vous le dira : on lit
non seulement avec ses yeux mais aussi avec sa tête, son cerveau, si vous préférez.
L'œil, en lecture rapide, ne sert qu'à percevoir les signes et les transmettre au cerveau,
qui les déchiffrera. C'est là un point essentiel à comprendre si l'on veut s'initier à la
lecture rapide. Contrairement à ce que l'on peut penser, l'œil ne déchiffre pas les
signes un à un, il ne se déplace pas de façon continue le long d'un texte.
Des tests scientifiques l'ont démontré : le regard progresse par bonds, saute d'un bloc
de mots à l'autre, au rythme de 1/40ème de seconde environ, en s'arrêtant d'abord aux
marges. Les spécialistes de la lecture rapide estiment qu'un lecteur doué embrasse
d'un seul coup d'œil de 15 à 20 signes, alors qu'un lecteur moyen doit se contenter de
5 à 6.
Mais l'œil, comme toute autre partie du corps humain, est un organe qui s'éduque, qui
s'apprivoise. Il est possible d'agrandir son faisceau visuel tout simplement en
pratiquant quotidiennement certains exercices que nous vous recommanderons.
Après quelque temps, vous pourrez lire 3 à 4 mots à la fois, ainsi que le font tous les
lecteurs entraînés.
Les 7 règles de base
La lecture, assurément, est un art et, comme tout art, elle mérite d'être pratiquée dans
les règles. Quelques conseils de base s'imposent donc, conseils que vous ferez vôtres
au cours de votre période d'entraînement, mais aussi plus tard dans le cadre de vos
études quand il s'agira de lire des textes rapidement.
En effet, sans vouloir présenter la lecture rapide comme une technique ardue loin de là
notre intention, du reste, - on ne la pratique pas comme on pourrait s'adonner à une
activité de détente. Il faut savoir qu'en lecture rapide le cerveau entre en phase active
- pour ne pas dire en effervescence - et que, pour maintenir ladite phase, on doit
respecter certaines conditions.
Règle de base n° 1
Pour lire, ne choisissez pas votre fauteuil le plus confortable. Un fauteuil trop moelleux
risque d'entraîner une perte de vigilance de votre part et de saper vos efforts pour
arriver à un prompt résultat. Jetez plutôt votre dévolu sur un siège assez rigide tout de
même pour soutenir votre attention.
Règle de base n° 2
Ne lisez jamais sous un éclairage tamisé ou insuffisant. Ce faisant, vous risquez
de fatiguer inutilement vos yeux et de perdre votre vigilance. Entourez-vous de
préférence de deux sources d'éclairage. La première peut provenir du plafonnier, de
façon que la pièce dans laquelle vous vous trouvez soit complètement éclairée; la
deuxième, d'une lampe que vous aurez pris soin d'installer à proximité, soit derrière
vous, soit sur votre table de travail.
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Règle de base n° 3
Pour lire un texte difficile, un conseil : munissez-vous d'un crayon de couleur de type
"marqueur" et soulignez les passages qui vous apparaissent incompréhensibles. Ne
vous attardez pas sur ces passages. Plus tard, lors d'une éventuelle relecture, vous
chercherez à en comprendre le sens.
Règle de base n° 4
Si vous vous trouvez en situation de stress, interrompez votre entraînement et
attendez que tout revienne à la normale. Le stress est en effet le pire ennemi de la
lecture rapide. Il vous fait perdre votre concentration, et vous empêche de comprendre
le sens d'un texte.
Règle de base n° 5
Ne lisez pas de trop près. Les yeux ne sont pas prévus pour une vision rapprochée et
prolongée. Même si vous n'en prenez pas conscience, vous les fatiguez inutilement à
la longue. C'est même là une cause de vieillissement oculaire.
En conséquence, maintenez au moins une distance de trente centimètres entre votre
visage et la page
Sachez en outre que le fait de lire à une bonne distance favorise le développement de
la vision panoramique.
Règle de base n° 6
Les bienfaits de la musique - en particulier, classique - ne sont plus à démontrer. Elle
adoucit les mœurs, dit-on souvent. En lecture rapide, la musique a aussi sa place. De
fait, maints spécialistes recommandent de pratiquer ce type de lecture de préférence
dans un environnement musical. Outre qu'elle détend le système nerveux, la musique
aiguise les facultés perceptives et favorise la concentration.
Toutefois, n'en faites pas une règle absolue. Bien des lecteurs privilégient le calme. A
vous de choisir en toute liberté l'environnement dans lequel vous souhaitez poursuivre
votre entraînement.
Règle de base n°7
On appelle "fixations" ces blocs de signes ou de mots sur lesquels l'œil s'arrête
momentanément pour transmettre l'information au cerveau. Ce terme reviendra
souvent tout au long de ces pages. Retenez-le.
Il va de soi que moins l'œil marquera d'arrêts - de fixations -, plus vite il pourra
parcourir un texte. Les fixations ralentissent la lecture, il s'agit donc d'en diminuer le
nombre autant que faire se peut.
En ne dépassant pas 3 à 4 fixations par ligne (le nombre idéal toutefois est de 2), vous
devriez être en mesure d'accroître de façon notable votre vitesse de lecture.
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Un des principes fondamentaux de la lecture rapide, comme vous le verrez très
bientôt, consiste donc à diminuer le nombre de fixations. Mais pour ce faire, il faut
d'abord élargir son champ de perception, perdre l'habitude de lire une phrase mot à
mot. Le mot à mot, comme nous l'avons tous appris à l'école primaire, est bien sûr le
baba de la lecture, mais c'est aussi un facteur de ralentissement considérable.
Ainsi, comment lirez-vous la phrase suivante ?
Ma voiture est brusquement tombée en panne.
Comme vous êtes encore assez peu familiarisé avec la lecture rapide, il est probable
que votre œil fera le découpage qui suit :
Ma
voiture
est
brusquement
tombée
en
panne.
Bref, vous lirez chaque mot de manière détachée, et, par conséquent, vous
perdrez du temps. Voici une autre façon de procéder, nettement plus efficace Que la
précédente :
Ma voiture
est brusquement
tombée
en
panne.
Ici, il ne s'agit plus de mot à mot mais d'une lecture par groupe de mots. Déjà, comme
vous le pouvez le constater, votre œil a réalisé un gain de temps appréciable. Il ne
s'est pas arrêté à chaque détail de la phrase, à chaque signe, mais à chaque élément
important. En d'autres termes, de 7 fixations il est tombé à 3.
Voici la façon idéale de lire la même phrase :
Ma voiture est brusquement
tombée en panne.
Difficile ? De prime abord, oui. Parvenir à lire une phrase en 2 fixations seulement au
lieu de 7, cela ne se fait pas du jour au lendemain, assurément. Mais avec un peu de
pratique (une heure par jour pendant dix jours suffiront), vous y arriverez aisément.
Cela n'est qu'une question d'entraînement. Tout ce dont votre œil a besoin pour élargir
son faisceau, c'est d'une façon nouvelle de considérer la lecture, une approche
sensiblement différente de la réalité du mot. Oubliez pour l'instant que vous êtes un
lecteur ou une lectrice moyenne, dites-vous que vous pouvez vous aussi doubler,
sinon tripler votre vitesse de lecture.
RAPPEL
Qu'est-ce qu'une fixation ? Une fixation est un mot ou un groupe de mots sur lequel
l'œil s'arrête momentanément pour transmettre l'information au cerveau. Moins l'œil
marque de fixations, plus il est performant.
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Exercice n° 1.1
Cet exercice - et ceux qui suivent - visent à élargir votre faisceau visuel. Chaque mot
et chaque groupe de mots représentent un point de fixation lui-même symbolisé par ce
petit rond noir (˚). Lisez-les le plus vite possible tout en vous attachant à ne faire qu'une
seule fixation au niveau du tiret noir.
Après une première lecture, chronométrez-vous et inscrivez le résultat sur une fiche de
comparaison que vous conserverez. Détail important : lisez les 3 colonnes une à une
en commençant par celle de gauche. Une fois l'exercice terminé, répétez-le.
bien
˚
échapper
˚
à la bonne heure
˚
et
˚
glacier
˚
complètement nul
car
˚
batelier
il était écartelé
soit
˚
tout beau
˚
admirablement vu
˚
suite
dirait-il
jusqu'à plus soif
˚
˚
˚
˚
alors
immobilité
˚
˚
˚
˚
souvent absent
˚
zut
˚
chef-d'œuvre
˚
donnez-le lui
˚
ainsi
˚
une chose
˚
elle était là rieuse
˚
bien
˚
on croit
˚
que rien n'existe
˚
pitié
˚
un troupeau
˚
un arbre défolié
˚
disons
˚
verdure
˚
tout un émoi
˚
cause
˚
allons-y
˚
un silence étrange
˚
Secondes : .......
Secondes : ......
Secondes : .....
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Exercice n° 2.1
Dans l'exercice précédent, vous aurez sûrement remarqué que vous n'avez guère mis
plus de temps à lire la deuxième colonne que la première, et la troisième que la
deuxième. Pourquoi ? Parce que déjà vous avez accru votre vigilance. Continuez.
Pour l'exercice suivant, le principe est le même : concentrez-vous sur le tiret noir et
lisez le plus rapidement possible. Une différence toutefois : comme il s'agit d'un texte
continu, vous devrez sauter d'une colonne à l'autre à chaque ligne. Encore une fois,
chronométrez-vous et répétez l'exercice.
Cette nuit-là
˚
tous les fauves
˚
s'étaient mis
˚
à rugir à l'envi.
˚
Les hommes qui
˚
nous accompagnaient
˚
avaient très peur
˚
et menaçaient
˚
de nous quitter
˚
si nous ne leur
˚
promettions pas
˚
de repartir dès
˚
le lendemain,
˚
à la première lueur
˚
de l'aube.
˚
Bref, tout allait
˚
très mal et
˚
nous ne savions
˚
plus comment
˚
nous sortir de ce
˚
qu'il faut bien
˚
qualifier de pétrin.
˚
Suite de l'exercice
)
15
Heureusement,
˚
j'eus une idée.
˚
j'appelai tous les
˚
hommes et leur
˚
tins un véritable
˚
discours. En résumé,
˚
je leur offris de
˚
doubler leur solde
˚
s'ils changeaient
˚
d'idée et décidaient
˚
de rester avec nous.
˚
Ils se consultèrent
du regard et,
˚
fort curieusement,
ils dirent oui,
un oui retentissant.
˚
˚
˚
˚
Secondes : ......
Exercice n° 3.1
A présent, vous allez vous familiariser avec un nouveau type de lecture : la lecture en
Y. Le but est toujours le même, agrandir votre faisceau visuel. Lisez comme toujours
par fixations, en conservant le même rythme. Ne diminuez pas le nombre de vos
fixations, qui devrait être de 2 par ligne, soit une par colonne.
Ce texte est tiré de Chronique du règne de Charles IX de Mérimée.
16
Mergy revint
partager le logis
de son frère;
il alla remercier
la reine mère et
reparut à la cour.
En entrant dans le
Louvre, il s'aperçut
qu'il avait hérité en
quelque sorte de la
considération de
Comminges. Des
gens qu'il ne
connaissait que de
vue le saluaient
d'un air humble et
familier. Les
hommes, en
lui parlant,
cachaient mal
leur envie
sous les
dehors d'une politesse
empressée, les femmes
le lorgnaient et lui
faisaient des agaceries;
car la réputation de
duelliste était alors
surtout un moyen
de toucher leur coeur.
Trois ou quatre hommes
tués en combat singulier
tenaient lieu de beauté,
de richesse et
d'esprit. Bref,
quand notre héros
paraissait dans
la galerie du Louvre,
il entendait un
murmure s'élever
autour de lui.
Voici le jeune
Mergy qui a
tué Comminges.
Comme il est
jeune! Quelle
gracieuse tournure !
Comme il a bon
air! - Comme sa
moustache est
bravement troussée !
Sait-on qui
est sa maîtresse ?
Et Mergy cherchait
en vain dans
la foule les yeux noirs et
les sourcils noirs de madame
de Turgis. Il se présenta
même chez elle; mais il
apprit que fort peu de
temps après la mort de
Comminges elle était partie
pour une de ses terres,
éloignée de Paris de vingt
lieues. S'il fallait en croire
les mauvaises langues, la
douleur que lui avait causée
la mort de l'homme qui lui
rendait des soins l'avait
obligée de chercher une
retraite où elle put en paix
entretenir ses ennuis.
Secondes : .....
17
DEUX PIEGES A EVITER :
LA SUBVOCALISATION ET LES REGRESSIONS
La subvocalisation
Nous avons tous appris à lire de la même manière : en subvocalisant. Qu'est-ce que
subvocaliser ? C'est tout bonnement lire en prononçant mentalement les mots que
rencontre notre œil. Un test très simple suffira à vous convaincre de cet état de fait :
posez votre index sur votre gorge et lisez en même temps. Si vous sentez vos cordes
vocales vibrer, ne serait-ce qu'imperceptiblement, cela signifie que vous subvocalisez.
La subvocalisation, tout comme les trop nombreuses fixations, ralentit la lecture. Qui
plus est, elle nuit à la compréhension car elle vous oblige à faire un effort
supplémentaire, à porter une double attention aux mots. On devrait plutôt parler ici de
quadruple attention puisque articuler un mot prend 4 fois plus de temps que
simplement le percevoir.
La subvocalisation est donc un frein dont vous avez intérêt à vous débarrasser. Un truc
facile peut vous aider en ce sens : pendant que vous lisez, essayez de ne pas bouger
les lèvres. Si vos lèvres bougent, il y a tout lieu de croire que votre gorge en fait autant.
De même, évitez de prononcer les mots dans votre tête. Laissez plutôt vos yeux
photographier l'information et votre cerveau fera le reste sans le support de vos lèvres
ni de vos cordes vocales.
Articuler intérieurement un mot est certes un processus normal, puisque c'est en partie
de cette façon que s'est fait votre apprentissage de la lecture, mais pour qui veut
progresser, augmenter sa vitesse, voilà un poids dont il faut veiller à se défaire. Car,
disons-le, lire rapidement, c'est lire d'une façon nouvelle, oublier en bonne partie ce
que l'on a appris.
Supprimer la subvocalisation est donc possible.
Comment ? Uniquement en prenant conscience que l'essentiel, ce n'est pas le signe
qui se trouve sous vos yeux mais le sens que revêt ce signe. En d'autres termes,
n'attachez pas d'importance à ce qui compose le mot, c'est-à-dire les signes, mais
bien plutôt à sa signification.
Laissez se débrouiller encore une fois votre cerveau, lui seul est en mesure de faire le
lien avec ce que lisent vos yeux. Et retenez bien ceci : il n'est nullement nécessaire
que votre œil perçoive tous les signes d'un mot pour que votre cerveau comprenne le
sens de ce mot.
18
Bien souvent, il lui suffit de quelques signes, plus précisément, de la place de ces
quelques signes dans une phrase, et le reste se fait de lui-même, sans effort
particulier. Voici un exemple :
Je n'irai pas au rendez-vous qu'ils m'ont fixé. Voyant que la phrase débute par une
négation (je n'irai), votre œil, qui aura vite fait d'envoyer ce message à votre cerveau,
glissera très rapidement sur le mot pas (qui ne fait ici que renforcer la négation), pour
s'en aller tout droit vers le terme final (m'ont fixé). Au passage, il prendra note du motif
de la phrase (rendez-vous), mais tout naturellement il n'enregistrera que des premiers
signes (exemple : rend...), qui lui suffiront amplement pour recomposer le sens de ce
mot.
RAPPEL
Mettez vos yeux au service de votre cerveau et non votre cerveau au service de
vos yeux.
2'
Exercice n° 4.1
Tâchez de lire toutes les phrases suivantes en deux minutes ou moins.
Ne vous attachez pas à leur sens, ce sont des allitérations. Evitez de bouger les lèvres
et de prononcer les mots mentalement. Comme pour les exercices précédents,
répétez-le ensuite et comparez vos résultats.
Le rajah ragea d'avoir gagé tous ses gages sur le Gange.
Glaciale, la glacière glissa glissando sur la glissière.
Ferme, il ferma la fenêtre et s'en fut vers le fût le long des futaies.
Cafetier, un café sans caféine et gare à vous si vous caftez avec mon cafetan ! Le
défendeur se défendit sans se fendre de fadaises avec le fagotier. Doucement, les
douces ! Doutez-vous de ma douleur ou de ma douceur doublée de doutes ?
Calmement, sans calculer, elle y alla de quelques calembredaines sur les calendes
grecques.
Assez d'assauts ! Assassins, assassinez mais sans assauts ni arsenaux.
Les rameurs râlaient et raillaient les rares ramages du rieur riant sans rames. A quoi
sert l'acide déxoribonucléique sinon à sertir de selles cellules salines de Simon?
A Bombay, une bombe tomba sur la tombe bombée de la bonne.
En sifflant, it s'insinua vers la sortie et simula avec solennité un soliloque. Tous les
haleurs halaient le long de l'eau en ahanant et en anhélant.
Le dédoublement des doublons se fait en doublant le douanier durant le doublage.
Trempés et tremblants, ils trinquèrent tranquillement tout en trimant sur leur treillis.
Le hunier hume le fumet d'une fumeterre et ulule dans une nuée de bulles. Anne
grimpe sur son âne et ânonne des âneries de toute son âme.
Un cadavre calciné calait calmement à fond de cale.
Son éléphantiasis était éléphantesque dans son élégance chryséléphantine.
Première lecture :
minutes ….….
secondes ….…..
Deuxième lecture : minutes ….….
secondes ………
19
2'
Exercice n° 5.1
Allons-y maintenant de quelques figures de style tirées de nos classiques. Vous y
retrouverez de tout : outre quelques allitérations, des paronymes, des homonymes,
etc. Lisez-les sans oublier un seul mot et tâchez de le faire en moins de 2 minutes.
Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé", (Racine)
Dans sa bouche, à ces mots, sent sa langue glacée... (Boileau)
Je m'instruis mieux par fuite que par suite, (Montaigne)
Ils donnent à la vérité, ce que nous donnons Il la vanité. (Massillon)
Egiste, écrivait-il, mérite un meilleur sort,
Il est digne de vous, et des dieux dont il sort, (Voltaire)
Je te vois toujours en treillis. (Verlaine)
Rome vous craindra plus que vous ne la craignez. (Corneille)
Demoiselle belette au corps long et fluet,. (Lafontaine)
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir... (Baudelaire)
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,.. (Mallarmé)
De sa fin éternelle éternel aliment. (Delille)
Seuls aussi bons aux spleens sont les couchants de juin. (Laforgue)
Dans l'enfer de son corps mon esprit attaché... (Du Bellay)
Et sous tous ces amours qui fleurissent la vie... (Barbey d'Aurevilly)
Fait siffler ses serpents, s'excite à la vengeance. (Boileau)
Jusqu'au fond de nos coeurs notre sang s'est glacé... (Racine)
Fille auguste qui fit flamboyer ma douleur. (Verlaine)
U, cycles, vibrements divins des mers virides... (Rimbaud)
Plus Mars que le Mars de la Thrace. (Fontanier)
Droite et roide est la côte, et le sentier étroit. (Boileau)
Minutes : ........ secondes : .......
Exercice n°6.1
30" Voici à présent un petit texte de Proust tiré de Le Côté de Guermantes que nous nous
sommes plu à semer de quelques contresens. Lisez-le et soulignez ou encerclez
chacun des mots qui vous apparaîtra incongru. Nous vous accordons 30 secondes
pour ce faire. Vous trouverez le nombre d'erreurs, en annexes, en fin d'ouvrage.
Je sentais que je lui déplaisais en ballant chaque matin au-devant d'elle; mais si même
j'avais pu le courage de pester deux ou trois jours sans le paire, peut-être sept
abstention qui eût représenté four moi un tel sacrifice, Mme de Guermantes ne l'eût
même pas remarquée, ou l'aurait attribuée à quelque empêchement indépendant de
ma volonté. Et en effet, je n'aurais pu réussir à cesser d'aller sur sa route qu'en
m'arrangeant à être dans l'impossibilité de le faire, car le besoin sans cesse renaissant
de la rencontrer, d'être pendant un instant l'objet de son attention, la personne à qui
s'adressait son salut, se besoin-là était plus port que l'ennui de lui déplaire. Il aurait
fallu m'éloigner pour quelques temps; je n'en avais pas le courage. J'y plongeais
20
quelquefois. Je disais alors à Françoise de faire mes balles, puis aussitôt après de les
défaire. Elle n'aimait pas cela, elle disait que je "balançais" toujours, car elle usait,
quand elle ne voulait pas rivaliser avec les poternes, du tangage même de
Saint-Simon. Il est vrai qu'elle aimait encore moins quand je parlais en paître.
Nombres d'erreurs trouvées : ....... Réponse en annexes.
Les régressions
La meilleure façon de perdre du temps en lisant, c'est de revenir constamment en
arrière sous prétexte que l'on n'a pas compris ce que nos yeux ont vu, dans un premier
temps. On appelle ce phénomène "régression".
Que ce soit pour vérifier l'orthographe d'un mot, le sens d'un terme ou une idée qui
nous a échappé, cette manie constitue un lourd handicap dont il faut vous défaire.
Certes, il est des occasions où l'on ne peut éviter de régresser. Ainsi, lorsque vous
lisez un texte difficile, émaillé d'embûches tant techniques que stylistiques, il est
normal de revenir en arrière pour faire le lien avec ce que l'on vient de lire. " en va de
même lorsque l'on a affaire à un document confus ou à des notes rédigées trop
rapidement.
Mais le danger est d'abuser de cette tendance lors de la lecture de journaux, de
revues, etc. Ce sont souvent des textes faciles, dont on devrait en général saisir le
sens au premier coup d'œil, sans qu'il soit nécessaire de faire machine arrière. En
régressant, on s'imagine que ce qui n'était pas clair à la première lecture, voire à la
deuxième, va tout à coup se révéler signifiant. Rien n'est plus faux, Vous avez
sûrement déjà remarqué que plus on régresse, plus on s'acharne à vouloir saisir
rétrospectivement la substance d'un texte, moins on comprend, bien souvent, ce que
l'on lit. Cela s'explique aisément. Outre le fait qu'elle ralentit notre lecture, la tendance
à régresser crée de la confusion dans notre esprit, entretient le doute, si bien que l'on a
beau se croire attentif, on n'en perd pas moins le fil conducteur.
La tendance à régresser se corrige-t-elle ? Bien sûr. Mais pour y parvenir, force nous
est d'avouer qu'il n'existe aucune forme d'exercice. La vigilance est la seule arme
contre cette habitude néfaste. En lisant un texte, quel qu'il soit, restez constamment
sur vos gardes. Ne régressez qu'en cas d'absolue nécessité. Dites-vous que
régresser, sauf rares exceptions, ce n'est pas mieux comprendre, mais bien plutôt
sombrer davantage encore dans la confusion.
1'
Exercice n° 7.1
Lisez le texte suivant en une minute ou moins et répondez aux quelques questions à la
fin destinées à mesurer votre compréhension. Si vous vous voyez pris en flagrant délit
de régression, notez-le à chaque fois dans la marge à l'aide d'un signe particulier.
21
# Naissance d'un monde
Le spectacle se déroule à la distance de 3 700 années-lumière de nous, mais il est
grandiose, car il s'agit sans doute de la naissance d'un système solaire, avec son futur
cortège de planètes orbitant autour d'un noyau stellaire. La description vient d'en être
faite par un groupe de chercheurs des Observatoires de Grenoble et de Paris, qui ont
utilisé le grand télescope de l'European Southern Observatory de La Silla (Chili) et se
préparent à publier un papier sensationnel dans la revue "Astronomy and
Astrophysics".
L'objet observé était connu. Il se nomme Z CMa (Canis Majoris), mais on savait
simplement qu'il s'agissait d'un objet stellaire jeune. Désormais, grâce aux dernières
observations faites à La Silla, on en possède un portrait détaillé, très étonnant. Il faut
dire que le télescope de La Silla dispose d'un système unique au monde, dit "d'optique
adaptive": son miroir déformable est reconfiguré cent fois à chaque seconde par un
système informatique, de manière à compenser les perturbations dues à l'atmosphère
terrestre. L'image obtenue est à peu près aussi fine que si l'instrument était situé dans
le vide spatial.
On s'est ainsi aperçu que Z CMa était en réalité constitué de deux étoiles. La première
n'est encore qu'une protoétoile infrarouge en cours d'allumage. L'autre, située à 15
milliards de kilomètres de la première, est une étoile jeune, "de type FU Orionis", ne
rayonnant encore principalement que dans l'infrarouge. Et qui éjecte, dans deux
directions diamétralement opposées, de vastes quantités de matière. Cette matière
forme autour de l'astre un "disque d'accrétion" de 60 milliards de kilomètres de
diamètre, dont les astronomes pensent qu'il "pourrait être le prélude à un futur système
planétaire". En rêvant un peu, on a même le droit d'imaginer qu'un jour lointain des
êtres vivants apparaîtront sur l'une ou l'autre de ces futures planètes. Et que,
bénéficiant d'un soleil en double, ils seront bronzés toute l'année.
Le Nouvel Observateur, n° 1471
Question n° 1.
A combien d'années-lumière se déroule le spectacle observé à travers le télescope de
l'European Southern Observatory ?
A) 7 300
B) 4 700
C) 5 300
D) 3 700
Question n° 2.
Comment se nomme l'objet observé à travers ce télescope ?
A) Z OMo
B) M ZCa
C) Z CMa
D) C ZMa
Question n° 3.
De quel système unique au monde le télescope de l'European Southern Observatory
est-il équipé ?
A) D'un système dit "d'optique adoptive".
B) D'un miroir convexe.
22
C) D'un système dit "d'optique adaptive".
D) D'un système dit "d'optique normative".
Question n° 4.
De quoi est constitué l'objet observé ?
A) De deux étoiles.
C) De deux systèmes planétaires.
B) De deux planètes.
D) De trois protoétoiles.
Question n° 5.
Quelle est la sorte de matière se formant autour de l'astre observé ?
A) Un disque de concrétion.
C) Un disque d'accrétion.
B) Un disque en révolution.
D) Un risque de dilution.
Combien de régressions avez-vous faites ?
Nombre : ....
Les réponses figurent en annexes en fin d'ouvrage.
Si vous avez obtenu 4 bonnes réponses et plus, avec seulement 2 régressions ou
moins, vous êtes sur la bonne voie. Pour les autres, patience, d'ici la fin de ce volume,
vous viendrez à bout de votre fâcheuse tendance à revenir en arrière.
Exercice n° 8.1
15" Lisez le texte suivant en 15 secondes ou moins et notez le nombre de vos régressions.
Parcourez ensuite le même texte mais imprimé de manière continue (voir page
suivante) et voyez lequel vous a pris le moins de temps et vous a obligé à faire le
moins de régressions. Vous serez surpris du résultat.
Version 1
Les crapauds de labo
Nouvelle coqueluche des
chercheurs, Xenopus laevis,
ou xénope - petit crapaud
originaire d'Afrique du Sud -, est
en passe de détrôner la souris
blanche comme animal de
laboratoire: le professeur
Christian le Pench, qui a
entrepris de l'élever au Centre de
Recherche en Biologie
moléculaire de Montpellier, en
vend déjà plus de 2 000
23
par an à de nombreux
laboratoires, en France et
à l'étranger, et sa production
ne cesse de croître. Avantages
du xénope : chez la femelle, les
ovocytes (des cellules uniques)
atteignent la taille
"énorme" de 1 millimètre,
ce qui facilite considérablement
l'observation des mécanismes
de division - dont
le dérèglement caractérise
le cancer. D'autre part,
il est relativement facile
de modifier ces ovocytes
par génie génétique,
pour leur faire fabriquer
des substances d'intérêt
biologique ou pharmaceutique.
Version 2
Les crapauds de labo
Nouvelle coqueluche des chercheurs, Xenopus laevis, ou xénope - petit crapaud
originaire d'Afrique du Sud -, est en passe de détrôner la souris blanche comme animal
de laboratoire: le professeur Christian le Pench, qui a entrepris de l'élever au Centre de
Recherche en Biologie moléculaire de Montpellier, en vend déjà plus de 2 000 par an à
de nombreux laboratoires, en France et à l'étranger, et sa production ne cesse de
croître. Avantages du xénope : chez la femelle, les.ovocytes (des cellules uniques)
atteignent la taille "énorme" de 1 millimètre, ce qui facilite considérablement
l'observation des mécanismes de division - dont le dérèglement caractérise le cancer.
D'autre part, il est relativement facile de modifier des ovocytes par génie génétique,
pour leur faire fabriquer des substances d'intérêt biologique ou pharmaceutique.
Alors ? Quelle est la version qui vous a donné le plus de fil à retordre, qui vous a forcé
à régresser le plus souvent ?
Il y a fort à parier qu'il s'agit, chose étonnante, de la version 1.
A première vue, la version 1, à cause de sa disposition typographique, semble plus
facile à parcourir. Dans les faits, comme vous avez pu le constater, il n'en est rien.
Cette disposition fragmentée oblige l'œil à se déplacer plus souvent et provoque des
arrêts. Résultat, vous faites davantage de régressions et votre lecture est plus lente.
C'est la version 2, parce qu'elle permet à l'œil d'embrasser plus de signes à la fois, qui
se lit le mieux et le plus vite. Retiendrez-vous la leçon ?
24
Rappelez-vous que :
. En lisant, ne bougez pas les lèvres, ainsi vous
éviterez de subvocaliser.
. Pour diminuer le nombre de vos fixations, faites
régulièrement des exercices d'élargissement du champ
visuel.
. Les retours en arrière (régressions) sont inutiles. Ils
retardent la lecture et sèment la confusion dans votre
esprit.
25
LEÇON 2
LES GRANDS
PRINCIPES DE BASE
DE LA LECTURE RAPIDE
26
LE DOIGT, VOTRE OUTIL DE TRAVAIL
Déjà, vous avez assimilé des notions dont vous n'aviez guère entendu parler
jusque-là. Ainsi, vous savez qu'il importe de diminuer le nombre de vos fixations, sous
peine de stagner dans vos habitudes de lecture, et vous êtes conscient qu'il convient
de livrer une lutte de tous les instants à la subvocalisation et aux régressions.
Voyons maintenant une notion nouvelle : l'utilisation du doigt.
Que vient faire le doigt en lecture rapide ? Demanderez-vous. Exactement la même
chose que votre œil : vous aider à augmenter votre vitesse de lecture. Le doigt, en
effet, est un outil essentiel : il est en quelque sorte votre troisième œil, celui qui vous
guide mais qui aussi vous pousse à aller encore plus loin, plus vite.
Songez à ces enluminures du Moyen Age où l'on voit un vénérable moine recopier un
manuscrit tout en suivant du doigt l'original. Non seulement, en procédant de la sorte,
ne perdait-il pas le fil de ce qu'il avait à recopier, mais de plus il accentuait la cadence
et gardait son esprit concentré sur son travail.
Lire avec le doigt, une survivance enfantine ?
A première vue, il semble bien que oui, puisque c'est entre autres de cette façon que
nous avons appris à reconnaître nos premiers mots, à déchiffrer nos premières
phrases. Mais faites vous-même l'expérience : choisissez un article de journal ou un
passage de livre et lisez-le avec vos yeux seulement.
Ensuite, recommencez mais cette fois avec l'aide de votre doigt. Laissez ce dernier
courir aussi vite que possible sous les lignes.
Quelle conclusion en tirez-vous ? Que votre vitesse, sans qu'il ait été besoin d'un effort
particulier, s'en est trouvée augmentée.
L'explication est simple : le doigt, jumelé à l'œil, crée un effet de dédoublement qui
incite le cerveau à multiplier ses performances, à progresser sans qu'il soit vraiment
nécessaire de forcer le rythme.
Pensez à une barque. Avec un seul rameur, si puissant soit-il, elle avancera, peut-être
même très vite. Ajoutez-en un deuxième : sa vitesse, inéluctablement, doublera, ou
peu s'en faut.
Réhabilitons le doigt
*
Exercice n° 1.2
Lisez ce texte aussi vite que possible en mettant seulement vos yeux à contribution.
Cela fait, recommencez en y ajoutant le doigt. Chronométrez vos deux lectures. .
L'intelligence-machine
Le commun langage nomme encore esprit ce qui se moque de l'esprit. Mais qui
comprendra tout à fait ce que signifie l'art comique ? Le rire, comme dit l'autre, est le
propre de l'homme. Et il me semble, en effet, que les animaux sont diablement sérieux.
27
Toutefois les animaux ne sont point ridicules, parce que, autant qu'on peut savoir, ils
ne pensent rien du tout. L'homme a le privilège d'être ridicule, et la puissance aussi de
se juger tel. Car tout est dans le même homme, l'esprit qui se croit comme l'esprit qui
se moque. Les deux ensemble font l'homme. L'homme qui se croit n'est que la moitié
d'un homme. Et tout cela revient à dire, ce qui est de tous connu et de tous oublié, que
c'est par le doute que l'homme achève ses pensées. D'où l'on voit que les pensées ne
s'achèvent pas comme un édifice, où l'on met un petit drapeau, et puis c'est fini.
Ridicule celui qui met un petit drapeau sur le haut de ses pensées, comme s'il se
disait : "Maintenant je n'ai plus rien à apprendre."
Sûrement, il y a quelque chose de mécanique dans l'esprit, ou, si l'on veut, d'animal et
d'aveugle, comme nous voyons d'instinct. Nous revenons aisément au même trou
chercher l'os, comme fait le chien. Le cheval veut prendre le chemin qu'il a une fois
pris. J'ai connu un chien de chasse qui allait toujours voir au même buisson, y ayant
une fois trouvé un lièvre; et l'animal est presque ridicule en son attitude de déception;
mais le chasseur rit. L'homme rit encore mieux du docteur qui retourne toujours au
même buisson; c'est que le docteur a la prétention de penser; et le ridicule est à croire
que l'on sait une fois pour toujours. Polichinelle, dans Liluli, dit bien au jeune
enthousiaste, qui veut être tout âme : "Méfie-toi de l'âme; c'est une bête comme une
autre." Il faut risquer son âme si on veut la sauver. Et, bref, l'esprit n'est pas une
machine bien montée. Dès qu'il est machine, il est plus bête qu'une bête.
Alain
Première lecture : …. secondes : ….
Deuxième lecture : …. secondes : …
*
Exercice n° 2.2
30" Parcourez le texte de Daniel Defoe, cette fois en 30 secondes ou moins, et toujours en
vous servant de votre doigt. Mais de plus, faites courir votre doigt en négligeant les
mots ou les lettres qui se trouvent aux extrémités des lignes, de manière à aller plus
vite encore (voir exemple ci-dessous.)
Exemple :
Mais je suis tout ensemble maître de danse et sa première danseuse. Ce pas du
dandysme intellectuel, si piquant par l'extrême simplicité des moyens, ne saurait
satisfaire pleinement une double vie d'action et de pensée. Tandis qu'applaudirait le
public, moi qui bats la mesure et moi la ballerine, n'aurais-je pas honte du signe
misérable que j'écrirais ? C'est trop peu de borner son orgueil à l'approbation d'une
plèbe. Laisse ces Barbares participer les uns des autres.
Maurice Barrès, Sous les soleils des Barbares
Journal de l'année de la peste
Ce fut vers le début de septembre 1664 que, comme mes voisins, j'entendis dire
incidemment que la peste avait reparu en Hollande; car elle y avait été très violente,
particulièrement à Amsterdam et à Rotterdam, en l'année 1 663 ; elle fut alors apportée
28
avec certaines marchandises, d'aucuns disent d'Italie, d'autres du Levant, par leur
flotte de Turquie; ou encore de Candie ou de Chypre. Peu importe d'ailleurs d'où elle
venait; tous s'accordaient qu'elle avait de nouveau pénétré dans la Hollande. Nous
n'avions en ce temps-là rien de semblable aux journaux imprimés pour répandre les
rumeurs ou les nouvelles, et les embellir des inventions des hommes, comme je l'ai pu
voir pratiquer par la suite. Ce genre de renseignements, on le tirait des lettres de
marchands et autres qui correspondaient avec le continent; les nouvelles se
transmettaient ensuite uniquement de bouche en bouche, ce qui fait qu'elles n'étaient
pas instantanément répandues par tout le pays, comme elles le sont maintenant. Il
semble cependant que le gouvernement en avait pleine connaissance et que l'on tint
plusieurs conseils sur les moyens à adopter pour empêcher le mal d'arriver jusqu'ici;
mais on garda tout cela très secret. De là vint que la rumeur s'éteignit comme elle était
venue, et les gens commencèrent de l'oublier comme une chose qui ne les concernait
guère et qu'ils espéraient d'ailleurs fausse; jusqu'au jour où, à la fin de novembre ou au
début de décembre 1664, deux hommes, des Français dit-on, moururent de la peste
dans Long Acre ou plus exactement vers le haut de Drury Lane. La famille dans
laquelle ils demeuraient s'efforça de le cacher autant que possible, mais la nouvelle
s'étant répandue par les commentaires du voisinage, les secrétaires d'Etat en eurent
connaissance; et, pour s'assurer de la vérité de la chose, ils donnèrent mission à deux
médecins et à un chirurgien de se rendre à cette maison et d'y mener une enquête. Ce
qui fut fait. Ces informateurs, ayant trouvé sur les corps des deux défunts des signes
évidents de la maladie, firent connaître publiquement leur opinion que les deux
hommes étaient morts de la peste. Sur quoi, le renseignement fut donné au clerc de la
paroisse, qui lui-même le transmit à l'administration. Ainsi la chose parut-elle dans
l'état des décès sous la forme habituelle :
Daniel Defoe, Peste : 2. Paroisses contaminées : 1
Temps de lecture : ……. secondes …….
Ce texte comporte 385 mots
LE SURVOL : UNE TECHNIQUE INDISPENSABLE
Supposons que vos examens approchent. Une sensation d'urgence s'empare de
vous.
Vous avez un livre à lire dans le but de compléter un travail de recherche.
Instinctivement, que ferez-vous ?
Vous soupèserez ledit livre, vous le feuilletterez, par curiosité vous parcourrez la
quatrième de couverture pour savoir de quoi parle l'auteur, vous jetterez un coup d'œil
à la typographie, au nombre de pages, vous consulterez la table des matières s'il s'en
trouve une. Bref, vous pratiquerez une forme de ce que l'on appelle en lecture rapide le
survol.
Pour qui veut apprendre à lire vite, le survol est une technique incontournable.
Définissons-la comme une stratégie de lecture visant à s'imprégner, dans un temps
relativement court, du contenu d'un texte, de son idée de base et des grands axes
autour desquelles il tournera.
29
Son but est simple : nous aider à mieux comprendre notre lecture, à aller à l'essentiel.
Selon que l'on lit un roman ou un ouvrage technique, il existe différentes façons de
pratiquer le survol. Néanmoins, elles reposent toutes sur le même postulat :
l'imprégnation.
Pour lire vite et bien un texte, il faut en effet, dans un premier temps, s'imprégner et de
son esprit et de sa matière. C'est la condition sine qua non pour accéder à l'étape
suivante, la lecture proprement dite.
Une photo en pièces détachées
Pour bien vous faire à l'idée de la technique du survol, imaginez que l'on vous donne la
photo en pièces détachées d'un ami et qu'on vous demande de l'identifier.
Que ferez-vous ?
Dans un premier temps, vous examinerez une à une toutes ces pièces, vous tenterez
d'établir un rapport de cohérence entre elles, mais très vite vous vous rendrez compte
que la tâche se révèle quasi impossible.
De fait, chacune de ces pièces prise séparément a beau être en soi signifiante,
représenter un fragment du personnage, elle n'en demeure pas moins un objet isolé,
détaché de son contexte.
Si vous assemblez les morceaux, que se passe-t-il ?
Votre perception change du tout au tout. De fragmentaire, votre vision devient totale.
Par la vertu d'une seule opération, vous avez enfin établi le rapport de cohérence tant
recherché.
Lorsque vous abordez un livre, il en va de même. Vous êtes tout d'abord désorienté
par ces diverses parties qui semblent se chevaucher sans ordre. Cet ordre, vous
pouvez l'établir rapidement par la technique du survol. Vous passerez ensuite en toute
confiance à la phase suivante, la plongée dans le texte.
30
Les 5 étapes du survol
Peu importe le type de texte que vous souhaitez appréhender, les étapes à suivre sont
sensiblement les mêmes :
Etape n° 1 : Identifier le texte
Qui est l'auteur ? Parcourez la page de garde pour connaître ses publications
antérieures et lisez éventuellement la notice biographique.
Y a-t-il une préface, une mise en garde ? Que dit la quatrième de couverture ? La table
des matières est-elle révélatrice ? L'ouvrage est-il récent, ancien ? Que savez-vous de
la maison d'édition ? La présentation d'ensemble est-elle claire (chapitres bien divisés,
intertitres...) ?
Avez-vous lu une ou des critiques sur cet ouvrage ?
Etape n° 2 : Connaître l'intention
Où l'auteur veut-il en venir ? Quelle est son intention ? Pour le savoir :
•
lisez rapidement quelques pages au début. Généralement, l'auteur y expose
son projet, les idées qu'il entend développer;
•
lisez la fin. Si l'ouvrage est bien conçu, l'auteur utilisera les dernières pages
pour résumer ses conclusions, livrer un ultime message. Si la conclusion fait
matériellement défaut, parcourez ces dernières pages en tâchant de repérer les
transitions, les mots-clés.
Etape n° 3 : Anticiper sur le contenu
C'est en règle générale à cette étape que se noue le lien dialectique entre l'auteur et le
lecteur. C'est ici que les questions surgissent.
Pourquoi devrais-je lire ce livre ? Que m'apportera-t-il ? Comment l'auteur traitera-t-il
de la question qui m'intéresse ? A-t-il quelque chose de neuf à dire ? A quoi dois-je
m'attendre de sa part ? Sa vision des choses est-elle compatible avec la mienne ?
Comme on le voit, il s'agit de se demander si l'on trouvera des réponses à ses attentes,
et quelles sortes de réponses. De leur qualité, de leur pertinence dépend notre intérêt
pour l'ouvrage.
Etape n° 4 : brève analyse du contenu
A cette étape, vous voudrez savoir comment s'articulent entre eux les grands thèmes.
A cette fin :
•
vous lirez les titres et les sous-titres de chapitres;
•
vous partirez à la recherche des mots-clés que vous avez déjà en tête ou qui
servent de pivots à l'auteur;
31
•
vous vérifierez si le déroulement de l'ouvrage correspond à la table des
matières;
•
vous jetterez, s'il y a lieu, un coup d'œil aux tableaux, de même qu'aux croquis,
schémas, etc., pour vous assurer qu'ils sont clairs.
Etape n° 5 : Etablir le bilan
Ici, vous cessez votre lecture et vous vous posez les questions suivantes :
•
ce livre apporte-t-il un éclairage neuf aux questions que je me pose ? Répond-il
à la plupart de celles-ci ?
•
comment s'articule-t-il par rapport aux autres ouvrages traitant du même
problème ?
•
dois-je en faire la lecture ?
•
que pourrai-je en retirer ?
Survole-t-on un ouvrage de fiction de la même manière qu'un manuel de
droit ?
Force nous est de vous faire une réponse de Normand : oui et non. Il va de soi que
pour un ouvrage de fiction les étapes à suivre sont moins nombreuses, ne serait-ce
que parce que sa présentation matérielle est différente d'un manuel de droit.
Ainsi, on trouvera assez rarement, dans un roman, un recueil de nouvelles, une table
des matières, un index des personnages cités, etc. On y trouvera tout au plus le titre de
chacune des nouvelles du recueil ou le titre des divisions, s'il y a lieu.
Mais pour le reste, le cheminement à suivre et le mot d'ordre (imprégnation) sont les
mêmes, à quelques variantes près : identification de l'ouvrage, lecture de la page de
garde et de la quatrième de couverture, brève analyse de style (lire, pour ce faire,
l'incipit et quelques paragraphes ça et là), rapide coup d'œil pour voir si l'histoire et/ou
le thème développés sont compatibles avec nos goûts, et ainsi de suite jusqu'au bilan
final. Un lecteur rapide bien entraîné peut absorber un roman de deux cents pages
environ en à peine une heure, tout simplement parce qu'il aura pris la peine au
préalable de le survoler, de s'imprégner de son esprit et de sa matière.
Cet exploit n'est certes pas à la portée du premier venu (et d'ailleurs est-il souhaitable
de lire aussi rapidement dans tous les cas ?). Mais il prouve tout de même que le
survol est une étape essentielle à observer si l'on veut pénétrer au coeur même d'un
texte et par la suite en obtenir l'information désirée (et aussi le plaisir).
QU'EST- CE QU'UN MOT- CLE ?
Un mot-clé est un mot qui peut nous aider à saisir l'idée générale d'un texte et/ou nous
inciter à pousser plus loin notre recherche. Ce peut être un nom, une date, un concept,
voire un terme courant.
32
Exemple : vous êtes étudiant en marketing; vous avez besoin de savoir quel sens
revêt exactement le mot "vente" dans le domaine de l'automobile.
Vend-on une automobile comme on vend un ordinateur ? Chaque fois que vous
rencontrerez le terme vente ou vendre ou un de ses équivalents linguistiques dans une
brochure traitant du sujet, vous serez donc enclin à vous arrêter et à lire ce qui suit.
LE REPERAGE, LE BALAYAGE ET L'ECREMAGE
Tout comme le survol, le repérage, le balayage et l'écrémage sont des stratégies de
lecture qu'il est important d'assimiler pour aller plus avant. Chacune d'elles, comme
vous le verrez, poursuit un but bien spécifique, qui consiste pour l'essentiel à
rechercher et à trouver rapidement l'information désirée.
Le repérage
Sans le savoir, nous pratiquons tous ce que les Américains appellent le "skip reading",
à savoir le repérage.
Que ce soit en consultant un horaire de chemin de fer, le bottin téléphonique, en
parcourant les annonces classées, un guide de télévision, en cherchant un mot dans
un dictionnaire, quotidiennement il nous faut partir à la recherche d'informations
précises, ponctuelles.
Le repérage est bien entendu une technique qui, pour être efficace, exige une grande
agilité visuelle. Il force l'œil à opérer de multiples et rapides déplacements, souvent
même à l'intérieur d'un espace très restreint.
Il s'agit à vrai dire d'une méthode de type exploratoire, qui consiste à "sauter"
rapidement par-dessus tout ce qui est accessoire, au moyen d'un balayage soit
vertical, soit diagonal.
Dans le cours d'un travail, il peut vous arriver d'avoir besoin d'une définition ou d'une
opinion sur un sujet que vous savez figurer dans un texte donné. Comme le texte en
question peut être long, force vous sera d'utiliser la technique du repérage.
Le balayage
On distingue différentes formes de balayage. Pour l'instant, contentons-nous de
quelques notions de base sur les deux principales : le balayage vertical et le balayage
en diagonale.
On entend par balayage vertical le fait de parcourir un texte de haut en bas, en laissant
son doigt courir le long de la marge de gauche. C'est une technique rapide, efficace,
que l'on utilise surtout pour repérer un nom, un indice, une statistique dans une
colonne ou tout autre forme de texte.
En ce qui concerne le balayage en diagonale, il se pratique sous forme de zigzag. Il est
requis lorsqu'il s'agit de trouver l'idée principale dans un texte ou de mettre le doigt sur
les mots-clés. Ainsi que vous le verrez plus loin, on l'applique principalement lors de la
phase dite de l'écrémage.
33
Pour plus de détails sur le balayage, reportez-vous au chapitre suivant.
RAPPEL
N'oubliez pas votre plus précieux outil : votre index. Dorénavant, utilisez-le dans vos
lectures quotidiennes et dans tous vos exercices.
*
Exercice n° 3.2
15" Vous avez 15 secondes pour repérer dans ces 3 colonnes de nombres la fréquence
d'apparition du chiffre 7. Inscrivez le résultat obtenu à la fin.
1904
2721
3489
1985
4778
6389
1023
4562
6981
6214
5592
4965
1570
4029
5210
42087
90653
72947
36598
59631
71298
54673
87712
35480
89350
41983
09541
62308
83013
17320
449104
100713
017729
880149
869711
573280
501854
973516
321602
415733
635871
229814
231569
464911
389042
Nombre de fois où le chiffre 7 apparaît : .......
Temps de lecture : ……. secondes
Voir réponse en annexes.
*
Exercice n° 4.2
15" Vous avez 15 secondes pour repérer dans ces 3 colonnes de nombres la fréquence
d'apparition du chiffre 3. Mais cette fois avant de commencer, vous allez visualiser
mentalement le chiffre 3. Inscrivez le résultat obtenu à la fin.
34
1904
2721
3489
1985
4778
6389
1023
4562
6981
6214
5592
4965
1570
4029
5210
42087
90653
72947
36598
59631
71298
54673
87712
35480
89350
41983
09541
62308
83013
17320
449104
100713
017729
880149
869711
573280
501854
973516
321602
415733
635871
229814
231569
464911
389042
Nombre de fois où le chiffre 3 apparaît : ......
Temps de lecture : ……. secondes
Voir réponse en annexes.
*
Exercice n° 5.2
Il s'agit cette fois de trouver le nombre d'apparitions de la lettre c. Vous avez à nouveau
15 secondes pour en venir à bout. Ne craignez pas de vous servir de votre index et de
visualiser la lettre c avant de commencer.
éir9zuV9
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KJ kjsAopxfghc
biu _ _ _ _cfR5i
kA _wj{9éjhhy
A
35
Nombre de fois ou la lettre c apparaît : …….
Temps de lecture : …. Secondes Voir réponses en annexe
Vous n'avez pas tout trouvé ?
L'exercice n'était pas facile. Il avait pour but de vous familiariser avec une technique
d'application, le repérage.
*
5"
Exercice n° 6.2
Dans ce court extrait du Génie du christianisme de Chateaubriand, trouvez le nombre
de fois où le terme chrétien ou l'un de ses dérivés (christianisme, chrétienne, etc.) fait
son apparition. Temps imparti : 5 secondes. Votre lecture terminée, répondez à la
question finale, sans relire le texte.
Il est donc très probable que, sans le christianisme, le naufrage de la société des
lumières eût été total. On ne peut calculer combien de siècles eussent été nécessaires
au genre humain pour sortir de l'ignorance et de la barbarie corrompue dans lesquelles
il se fût trouvé enseveli. Il ne fallait rien de moins qu'un corps immense de Solitaires
répandus dans les trois parties du globe, et travaillant de concert à la même fin, pour
conserver ces étincelles qui ont rallumé chez les modernes le flambeau des sciences.
Encore une fois, aucun ordre politique, philosophique ou religieux du paganisme n'eût
pu rendre ce service inappréciable, à défaut de la religion chrétienne. Les écrits des
anciens, se trouvant dispersés dans les monastères, échappèrent en partie au ravage
des Goths. Enfin, le polythéisme n'était point, comme le christianisme, une religion
lettrée, si nous osons nous exprimer ainsi, parce qu'il ne joignait point, comme lui, la
métaphysique et la morale aux dogmes religieux. La nécessité où les prêtres chrétiens
se trouvèrent de publier eux-mêmes des livres, soit pour propager la foi, soit pour
combattre l'hérésie, a puissamment servi à la conservation et à la renaissance des
lumières.
Nombre de fois où le terme chrétien ou christianisme apparaît : .....
Question
Quel est le nom de la religion qui, aux yeux de Chateaubriand, n'est point lettrée ?
Votre réponse : ...........................................
Voir réponse en annexes.
:
36
L'écrémage
L'écrémage est aussi une technique que nous employons tous, notamment en lisant
les journaux. Définissons-le de la façon suivante : c'est l'art de retenir seulement ce qui
est important dans un texte.
De fait, il est certains textes qu'il n'est pas nécessaire de lire entièrement (un article de
journal, par exemple) mais dont il nous faut par contre dégager l'idée principale. Soit
pour en faire un résumé, soit pour rédiger un travail, soit encore pour se tenir au
courant d'un fait quelconque.
Au moyen de la technique dite du balayage en diagonale, on s'appliquera donc à en
tirer l'essentiel.
Au stade de l'écrémage, vous aurez besoin de toutes les connaissances que vous
avez acquises jusqu'ici. Avez-vous encore tendance à faire de trop nombreuses
fixations ? Si oui, il vous faudra apprendre à les diminuer pour de bon, car la règle de
l'écrémage veut que l'on embrasse le plus de signes possible à la fois, de manière à
retenir ce qui est important seulement.
Comment arriver au but vite et bien ?
Plusieurs techniques sont à votre disposition. A vous de choisir, parmi les quatre que
nous vous proposons, celle qui vous convient le mieux, dans le cadre de lecture qui
sera le vôtre. Vous pouvez également, si vous en ressentez le besoin, employer une
formule mixte : par exemple, alterner balayage en diagonale et balayage vertical, et
ainsi de suite. Toutes les options sont ouvertes.
1ère suggestion :
Balayez le texte en diagonale (ou en zigzag), tout en cherchant les mots-clés. Lorsque
vous en trouvez un, lisez au complet la phrase dont il fait partie, et continuez votre
balayage.
2ème suggestion :
Parcourez le début de chaque ligne seulement en recherchant les mots-clés. Faites
comme ci-dessus pour la suite.
Cette technique est excellente pour la lecture de journaux, de revues et pour tous les
textes qui se présentent sous forme de colonnes.
3ème suggestion :
Si le texte que vous avez à écrémer vous semble bien construit, lisez attentivement les
quelques paragraphes du début; faites de même pour la conclusion et revenez ensuite
au milieu, où vous jetterez quelques coups de sonde ça et là, de manière à avoir une
idée du développement. De cette façon, vous devriez être en mesure de dégager les
éléments principaux.
4ème suggestion :
Attardez-vous aux titres et intertitres tout en étant attentif aux mots-clés et aux termes
de liaison (comme, cependant, toutefois, par contre, par conséquent, donc, etc.), qui,
outre qu'ils expriment en général une nuance dans le développement, sont le signe
d'une amorce d'argumentation.
37
Exercice n° 7.2
Le texte qui suit porte sur une méthode thérapeutique d'origine japonaise appelée
Reiki, qui se pratique sous forme d'imposition des mains. Effectuez d'abord un survol
(pas plus de dix secondes) et écrémez-le ensuite en vingt secondes selon la technique
qui vous convient le mieux.
Etant donné le caractère succinct du texte, nous vous suggérons la technique en
diagonale, mais libre à vous d'en choisir une autre.
Votre lecture terminée, répondez à la question se trouvant à la fin, sans relire le texte.
La méthode Reiki
Le traitement de base est, comme son nom l'indique, le premier traitement en Reiki,
celui qui s'applique au plan physique; c'est aussi le traitement que l'on peut donner
après avoir reçu l'initiation au premier degré.
Il prévoit une vingtaine de positions : six pour la tête, cinq pour le thorax et une dizaine
pour le dos et les jambes, de manière à tenir compte de tous les organes. On garde
chaque position de trois à cinq minutes, en respectant les principes du traitement de
base Reiki ; on se place sur la gauche de la personne qui reçoit et on commence par le
côté droit.
Pour soigner une maladie ou encore pour traiter une personne qui entre pour la
première fois en contact avec le Reiki, nous donnons le traitement de base quatre fois
de suite, sur quatre jours consécutifs. Ces traitements répétés ont pour but d'assurer à
l'organisme un apport d'énergie suffisant pour rétablir la circulation d'énergie dans les
régions bloquées chroniquement. Ils ont aussi pour effet de faire parcourir toutes les
phases de la guérison à la personne traitée : avec le premier traitement, elle prend
contact avec l'énergie; avec le deuxième, elle reçoit une quantité d'énergie suffisante
pour débloquer les stases et l'énergie se met à travailler sur le plan physique d'abord,
puis psychique; le troisième traitement est souvent synonyme de crise: les symptômes
s'aggravent, des douleurs ou des dépressions se déclarent; puis, avec le quatrième,
qui est un traitement d'intégration, l'équilibre et l'harmonie se rétablissent. Si le patient
est satisfait de la manière dont il se sent après la série de quatre traitements de base,
le traitement s'arrête là. Mais s'il s'agit d'une maladie grave ou chronique, on
poursuivra le traitement à raison d'une ou deux séances hebdomadaires.
Dans ce cas, on aura également recours au traitement à distance. Il n'y a pas de
contre-indication pour le traitement de base. (...) Pour les personnes sensibles ou qui
souffrent de problèmes de la peau, nous plaçons un mouchoir entre les mains et la
peau, plus particulièrement aussi pour la position des yeux.
Le traitement de base peut se faire chez vous dans n'importe quelle pièce, sur un
matelas ou, si vous préférez, sur une table de massage ou encore sur une table
normale que vous recouvrez d'un matelas. Pendant le traitement, le silence n'est pas
indispensable, il contribue cependant à créer une atmosphère méditative et encourage
la prise de conscience et l'intériorisation. On peut aussi créer une très belle
atmosphère en passant une musique douce.
Vous pouvez garder les yeux ouverts ou les fermer, comme bon vous semble, mais il
vaut mieux, au début en tout cas, les garder ouverts, juste pour vous aider à rester là,
en contact avec l'autre, conscient de ce vous faites et de ce qui se passe pour l'autre.
Avec les yeux fermés, on risque parfois de se laisser entraîner par ses propres
pensées et son imagination.
Tiré de Reiki, force universelle de "vie
38
Question : Quelle est, selon vous, la caractéristique principale de la méthode Reiki ?
Réponse : .............................................................................................
Relisez maintenant le texte à votre vitesse habituelle. Que découvrez-vous ? Malgré
votre première lecture plutôt fulgurante, vous aviez déjà réussi à saisir, au moins dans
ses grandes lignes, l'essence de cette méthode. Une seconde lecture, même lente,
n'était pas vraiment nécessaire, si vous ne vouliez pas en avoir une connaissance
approfondie.
RAPPEL
Le repérage et l'écrémage sont deux techniques de lecture sélective. Elles ont pour but
de nous aider à obtenir une ou des informations rapidement, sans qu'il soit besoin de
lire un texte en entier.
Dans le cas du repérage, l'on sait ce que l'on cherche (l'heure de départ d'un train, la
définition d'un mot), alors que pour l'écrémage, on le sait plus ou moins, on l'apprend
en cours de route.
39
LA FIXATION MENTALE
La fixation mentale n'est pas une technique de lecture proprement dite. Elle en est
plutôt le complément. Elle accompagne en général le survol, voire elle en découle.
Comparons-la à un appareil photo : elle joue le même rôle, celui de "fixer" une image;
celle d'un texte que l'on vient de survoler. En d'autres termes, il s'agit d'un instantané,
vite pris mais qui nous aide à pénétrer davantage encore dans un texte, à en
comprendre à la fois et l'esprit et la matière.
Techniquement, la fixation mentale s'applique de la façon suivante : on survole d'abord
le texte que l'on a à lire, après quoi on en détache ses yeux et, pendant quelques
secondes, on s'en fait une image. C'est cette image qui par la suite nous sera d'un
précieux secours lors de notre lecture.
Bref, quelles sont les étapes à suivre pour lire vite et bien un texte ?
•
en faire d'abord le survol;
•
faire ensuite une fixation mentale;
•
enfin, passer à la lecture proprement dite, à l'aide du doigt.
Ces 3 étapes sont essentielles. Elles font obligatoirement partie du circuit
"Super lecture". Gardez-les toujours en tête.
•
*
Exercice n° 8.2
Ce texte de Malraux contient près de 780 mots. Faites-en un survol d'une durée de 20
secondes, suivi d'une fixation mentale, puis lisez-le en 1 mn 30. Evitez de régresser et
de subvocaliser.
Vers cinq heures, visiblement las, Klein arrive et se laisse aussitôt tomber d'un coup,
les mains sur les genoux, dans un fauteuil dont le rotin grince sous son poids. Il est
grand, large d'épaules, et son visage très particulier me surprend : on rencontre parfois
ce type en Angleterre, mais rarement en Allemagne. Dans ces yeux clairs surmontés
de sourcils touffus, ce nez écrasé et cette barre formidable de la bouche tombante,
prolongée par des rides profondes qui, du nez, rejoignent le menton, dans ce large
visage plat, dans ce cou massif, il y a du boxeur, du dogue et du boucher. Sa peau, en
Europe, était sans doute très rouge, car ses joues portent de petits signes de
couperose; ici, elle est brune, comme celle de tous les Européens. Il s'exprime d'abord
en français, avec un fort accent de l'Allemagne du Nord qui donne à sa voix un peu
enrouée un ton chantant, presque belge; mais, très fatigué, il s'exprime avec
40
beaucoup de peine, et prend bientôt le parti de parler allemand. Meunier, de temps à
autre, résume en français leur conversation.
La grève générale de Canton, destinée à affermir le pouvoir des chefs de la gauche, à
affaiblir la puissance des modérés et, en même temps, à atteindre à Canton même,
chez les riches marchands opposés au Kuomintang et qui font du commerce avec les
Anglais, la source principale de la richesse de Hongkong, dure depuis quinze jours
déjà; Borodine et Garine sont obligés de faire vivre près de cinquante mille hommes
sur les fonds de grève, c'est-à-dire sur les impôts levés à Canton et les fonds envoyés
par les innombrables Chinois révolutionnaires des "colonies". L'ordre de grève
générale à Hongkong, faisant cesser le travail de plus de cent mille ouvriers, oblige
le Gouvernement Cantonais à allouer un salaire de grève à un tel nombre de
travailleurs que les fonds destinés à ces salaires seront épuisés dans quelques jours;
déjà les allocations ne sont plus données aux manœuvres. Or, dans cette ville où la
police secrète anglaise a été jusqu'ici impuissante à détruire les organisations
cantonaises, la police des rues, assurée par les volontaires armés de mitrailleuses, est
trop forte pour permettre le triomphe d'une émeute. Les mouvements de violence qui
ont eu lieu ces jours derniers ont été limités à des bagarres. Les ouvriers devront donc
reprendre le travail, - ce qu'attendent les Anglais.
Garine, qui est actuellement chargé de la direction générale de la propagande,
n'ignore pas plus que Borodine à quel point le moment est critique, à quel point cette
grève colossale, malgré sa puissance qui frappe de stupéfaction tous les Blancs
d'Extrême-Orient, est menacée d'écroulement. Tous deux ne peuvent agir qu'à titre de
conseillers et ils se trouvent en face de l'opposition formelle du Comité souverain à
décréter les mesures sur lesquelles ils comptaient. Tcheng-Dai' use, dit Klein, de toute
son influence pour les empêcher d'agir. D'autre part, le mouvement anarchiste se
développe de la façon la plus dangereuse - ce qu'il était facile de prévoir - et une
série d'attentats terroristes a commencé à Canton même. Enfin, le vieil ennemi du
Kuomintang, le général Tcheng-Tioung-Ming (grâce aux subventions des Anglais ?)
est en train de lever une nouvelle armée pour marcher sur la ville.
Notre bateau est parti.
Je ne vois plus maintenant de l'île qu'une silhouette où sont piquées d'innombrables
petites lumières, et qui diminue lentement, noire sur le ciel sans force. Les immenses
figures de publicité se découpent au-dessus des maisons. Publicité des plus grandes
sociétés anglaises, qui, il y a un mois encore, dominaient la ville de tous leurs globes
allumés. L'électricité devenue précieuse ne les anime plus, et les couleurs dont elles
sont peintes disparaissent dans le soir. Un brusque tournant les remplace soudain par
un pan nu de la côte montagneuse de Chine, argileuse et rongée d'une herbe courte
dont les taches déjà disparaissent dans la nuit criblée de moustiques, comme il y a
trois mille ans. Et l'obscurité remplace cette île rongée par d'intelligents tarets qui lui
laissent son aspect impérial, mais ne lui permettent plus de dresser sur le ciel,
symboles éteints de ses richesses, que de grands signes noirs...
Les Conquérants
Première lecture : ……. minute(s) ……. secondes
Deuxième lecture : …... minute(s) ……. secondes
Erreur ! Signet non défini.
41
Rappelez-vous que :
•
Lire avec le doigt accélère la vitesse.
•
Avant de plonger dans un texte, faites-en toujours un survol.
•
Un mot clé constitue un temps fort dans un texte, apprenez à
les repérer.
•
Le repérage, l'écrémage et les 4 formes de balayages font
partie de la trousse de base du lecteur rapide. Relisez leur
définition au besoin dans le glossaire et attachez-vous à en
maîtriser les subtilités.
•
Après avoir survolé un texte, faites toujours une fixation
mentale (photographie mentale).
42
LEÇON 3
DU MOT A MOT
AU BALAYAGE
43
Un lecteur moyen lit de 150 à 300 mots/minute. Sa faible performance s'explique parce
qu'il se contente du mot à mot, qu'il ne cherche pas à élargir son champ visuel et que
fréquemment il revient en arrière dans l'espoir de rattraper une idée ou un mot perdu.
Le lecteur rapide, lui, évite tous ces pièges. Il se fraie aisément son chemin entre les
lignes, l'esprit toujours attentif, car il sait que plus il va vite, plus les risques de
dérapage sont grands.
Il laisse son cerveau décrypter l'information, n'ayant besoin que d'une seule courroie
de transmission : ses yeux. Il ne lit pas un mot au complet, il le reconnaît à ses
premiers signes et à la place qu'il occupe dans la phrase. Il ne prononce pas, il envoie
l'image des signes que son œil rencontre directement à sa matière grise.
Bref, le lecteur rapide est un lecteur qui va résolument de l'avant, qui anticipe sur le
mouvement de sa propre lecture et qui sait comment moduler sa vitesse. Est-ce votre
cas ? A l'étape actuelle, vous demander de maîtriser tous les arcanes de la lecture
rapide et en adopter le comportement idoine reviendrait, ainsi que le dit le proverbe, à
mettre la charrue avant les bœufs.
L'essentiel, à ce stade de votre entraînement, est de vous donner les outils pouvant
vous assurer une multiplicité de parcours visuels. C'est ce que nous ferons dans ce
chapitre. Le reste, comme en toute chose, n'est qu'affaire de répétition et de bonne
volonté.
AMELIOREZ VOTRE FLEXIBILITE VISUELLE
Votre espoir d'augmenter votre vitesse de lecture restera toujours à l'état larvaire si
vous ne songez pas à éduquer votre principal instrument de travail, votre oeil. C'est
aussi votre organe le plus sollicité. Songez à ce qui vous entoure, aux myriades de
sensations, de couleurs, de mots que vous percevez journellement.
Votre oeil, physiologiquement, est bâti comme n'importe lequel de vos sens. Il reçoit
d'abord l'impression qui vient de l'extérieur (comme une lentille de caméra) ; cette
impression, il la transmet au cerveau par la voie du système nerveux (le chiasma
optique), qui, à son tour, la déchiffre et en donne une lecture plus ou moins nuancée.
C'est à un Américain, le docteur Norman Bates, que l'on doit la plupart des travaux qui
ont inspiré les principes de la lecture rapide. C'est lui qui, le premier, a mis en évidence
le fait que l’œil, contrairement aux autres sens, est mu par un ensemble de muscles et
qu'il était possible de pallier ses défaillances en rééduquant ces muscles. A cette fin, il
a mis au point un ensemble d'exercices qui font toujours école auprès des spécialistes
de la vue. Nous vous proposons 3 de ces exercices que vous pourrez exécuter dès
que vous en sentirez le besoin au cours de votre entraînement et plus tard, quand vous
voudrez soit reposer votre oeil, soit le stimuler. Le premier s'appelle le métronome, le
second le palming (ou chambre noire) et le dernier, le shifting.
Le métronome
Cet exercice fait travailler les muscles oculaires. Bien qu'il porte le nom de métronome,
il ne requiert pas la présence de cet objet. Utilisez plutôt une musique de type syncopé,
par exemple une pièce de jazz où les rythmes rapides alternent avec les rythmes lents.
44
Exercice n° 1.3
(Durée : 5 minutes)
Installez-vous à une table sur laquelle vous poserez vos avant-bras, pouces tournés
vers le haut. L'écartement de vos bras ne doit pas excéder la largeur de votre carrure.
Asseyez-vous confortablement, dos droit.
Au rythme de la musique, sans bouger la tête, regardez tour à tour votre pouce gauche
et votre pouce droit. Il se peut que vous trouviez au début cet exercice difficile, mais
persévérez, il vous fera le plus grand bien.
Au bout de 5 minutes, passez à l'étape suivante, le palming.
Le palming
Le palming est une technique de détente visuelle. Très simple d'exécution, elle vous
apportera soulagement, voire l'impression, comme le disait l'un de ses grands
adeptes, le célèbre écrivain anglais Aldous Huxley, de jouir d'une vision plus claire.
Exercice n° 2.3
(Durée : 10 minutes)
Prenez place dans un endroit tranquille, peu éclairé, et couvrez vos yeux avec les
paumes de vos mains. Evitez à tout prix d'exercer la moindre pression sur vos globes
oculaires. En conséquence, posez vos paumes sur les os de vos pommettes et faites
en sorte que vos doigts appuient sur votre front seulement. Aucune source de lumière
ne doit pénétrer dans les deux chambres noires que vous aurez ainsi créées. Pour
accroître la sensation de détente, entourez-vous de musique.
Le shifting
Cet exercice renforcera .votre mobilité visuelle. Il requiert un certain effort musculaire
mais il s'adresse à tous, en particulier aux myopes, nombreux comme on le sait dans
les rangs des lecteurs !
Exercice n° 3.3
(Durée : 6 minutes)
Asseyez-vous dans un endroit calme et bien éclairé. Tout en gardant la tête droite,
projetez rapidement vos yeux complètement à votre gauche. Tenez la position
pendant 30 secondes. Faites ensuite de même vers la droite, puis en haut et enfin en
bas. Répétez l'exercice au complet 3 fois.
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LES 4 FORMES DE BALAYAGE
Sachez que l’œil du lecteur rapide ne se déplace pas avec plus de célérité que
celui du lecteur lent. En effet, la durée de fixation (1/4 de seconde) ne varie pas d'un
type de lecteur à l'autre. Tout simplement, le lecteur rapide embrasse plus de signes à
la fois. Le lecteur lent (ou moyen) arrive à lire simultanément de 5 à 10 signes, alors
que pour le lecteur rapide ce nombre passe à plusieurs dizaines de signes.
Un autre atout, non négligeable, du lecteur rapide : l'usage du doigt. Grâce au doigt, en
effet, le lecteur rapide augmente sa vitesse et surtout il évite les régressions. Pourtant,
il ne confond pas rapidité avec précipitation, comme on a un peu trop tendance à le
croire.
Autrement dit, il ne lit pas vite pour lire vite. Il lit vite pour mieux comprendre et obtenir
rapidement l'information qu'il désire sans avoir besoin d'engloutir des quantités
astronomiques de mots.
D'où l'utilité des techniques de balayage. Ces dernières, nous l'avons vu, ont pour but
d'accélérer notre parcours au fil d'un texte et arriver ainsi au but que nous nous
sommes fixé. Ce but peut être de rechercher une information ponctuelle, une idée, un
thème, voire tout bonnement d'accroître notre vitesse de lecture.
Une constante se dégage des techniques de balayage : elles dotent le lecteur d'un
ensemble de moyens visuels pour aller plus avant.
Le balayage en diagonale
En balayant un texte en diagonale, l'intention du lecteur n'est pas de tout lire mais de
partir "à la pêche" d'informations, de dégager des idées, d'en extraire ce qui est
important. La vitesse de lecture peut alors atteindre 2 000 mots/minute.
Le balayage en diagonale se pratique sous forme de zigzags : l’œil tente de repérer les
mots-clés uniquement, par un va-et-vient de gauche à droite. Voici un exemple :
l'usage du doigt s'impose lors du
balayage en diagonale. Il mobilise
votre attention et vous empêche de
retourne inutilement en arrière. Vous
ne devez être préoccupé que par
une seule chose : l'information que
vous cherchez à obtenir. Laissez votre
oeil glisser sur le texte en un seul
mouvement continu.
Le balayage vertical
Davantage encore que le balayage en diagonale, le balayage vertical vise à obtenir
des informations précises, ponctuelles. L’œil photographie le texte dans son ensemble
de haut en bas, en suivant tantôt la marge de gauche, tantôt le centre, tout dépendant
de l'information recherchée. Ce type de balayage est surtout approprié pour la lecture
de textes en colonnes, tels les journaux, les revues, etc. Il exige un certain
entraînement, l’œil ne pouvant tout capter d'emblée. Il est fortement recommandé de
le pratiquer quotidiennement avec des journaux.
46
La vitesse de croisière moyenne lors
du balayage vertical peut atteindre 4
000 mots/minute. L'ouverture du
champ visuel doit être à son
maximum et le degré d'attention
correspondre à la difficulté du texte.
Plusieurs utilisent cette technique au
moment du survol ou pour entamer
des travaux de correction.
Le balayage horizontal
Ici, le lecteur désire lire intégralement le texte qu'il a sous les yeux; il veut tout
comprendre, débusquer les moindres détails. Le rythme est donc plus lent mais en
même temps beaucoup plus rapide qu'en lecture normale.
Le but visé est double : retirer une satisfaction complète de l'acte de lire et arriver à une
vitesse de lecture oscillant autour de 800 mots/minute.
Il est impératif, par conséquent, de diminuer le nombre de fixations.
Pour ce faire, entraînez-vous régulièrement à l'aide, par exemple, d'un roman facile
que vous avez déjà lu, à la typographie aérée. Il se peut qu'au début vous éprouviez
des difficultés de compréhension, mais persévérez.
Du reste, rappelez-vous cet adage toujours actuel en lecture rapide : mieux vaut lire
plusieurs fois rapidement un texte qu'une seule fois lentement. Votre intellect
retient alors davantage.
Avec votre doigt, lisez chaque mot composant
ce texte en n'en négligeant aucun.
Souvenez-vous qu'il est interdit de régresser et
de subvocaliser. A présent, selon un
mouvement ondulé, commencez à rétrécir
votre parcours de manière à diminuer vos
fixation,s. Accélérez le rythme jusqu'à ce que
vous sentiez le danger de confusion
apparaître. Si vous perdez li fil conducteur, ne
vous découragez pas, c'est une simple
question d'entraînement.
Le balayage horizontal élaboré
On n'accède à ce type de balayage qu'après avoir maîtrisé le balayage horizontal
classique. Techniquement, le balayage horizontal élaboré consiste à lire une ligne sur
deux tout en continuant de rétrécir son parcours visuel. La vitesse atteinte est
d'environ 1 000 mots/minute.
A cette vitesse, le lecteur ne perd pas le fil conducteur, mais il doit faire le sacrifice de
quelques détails. Son but est de parvenir à dégager le sens premier du texte et non
d'en faire une lecture complète et définitive. S'il sent malgré tout que certains détails
47
importants lui échappent, à lui de ralentir. Il n'est jamais bon de livrer une course contre
la montre pour le simple plaisir de la performance. Lire vite, en effet, signifie d'abord,
comprendre vite.
Vous lisez d'abord la première ligne et
rapidement, toujours secondé par votre
doigt, vous passez à la troisième, sans
oublier la deuxième, dont aurez pris soin de
photographier les détails importants au
passage. Vous n'oubliez pas de rétrécir
votre parcours visuel de manière à simplifier
autant que faire se peut vos retours à la
ligne.
LISEZ ENCORE PLUS VITE
*
Exercice n° 4.3
1 '30" Vous allez maintenant mettre à l'épreuve vos connaissances. Lisez complètement mais
très rapidement cet extrait de L'Education sentimentale de Flaubert. Vous avez 25
secondes pour le survoler; faites ensuite une fixation mentale.
Temps de lecture : 1 mn 30.
Technique : balayage horizontal.
Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, le Ville-de-Montereau, près de partir,
fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard. Des gens arrivaient hors
d'haleine; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation; les
matelots ne répondaient à personne; on se heurtait; les colis montaient entre les deux
tambours, et le tapage s'absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s'échappant
par des plaques de tôle, enveloppait tout d'une nuée blanchâtre, tandis que la cloche,
à l'avant, tintait sans discontinuer. Enfin, le navire partit; et les deux berges, peuplées
de magasins, de chantiers et d'usines, filèrent comme deux larges rubans que l'on
déroule. Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous
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son bras, restait près du gouvernail, immobile. A travers le brouillard, il contemplait des
clochers, des édifices dont il ne savait pas le nom; puis il embrassa, dans un dernier
coup d’œil, l'île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame; et bientôt, Paris disparaissant, il
poussa un grand soupir.
M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s'en retournait à Nogent-sur-Seine,
où il devait languir pendant deux mois, avant d'aller faire son droit. Sa mère, avec la
somme indispensable, l'avait envoyé au Havre voir un oncle, dont elle espérait, pour
lui, l'héritage; il en était revenu la veille seulement; et il se dédommageait de ne pouvoir
séjourner dans la capitale, en regagnant sa province par la route la plus longue.
Le tumulte s'apaisait; tous avaient pris leur place; quelques-uns, debout, se
chauffaient autour de la machine, et la cheminée crachait avec un rôle lent et
rythmique son panache de fumée noire; des gouttelettes de rosée coulaient sur les
cuivres; le pont tremblait sous une petite vibration intérieure, et les deux roues,
tournant rapidement, battaient l'eau.
La rivière était bordée par des grèves de sable. On rencontrait des trains de bois qui se
mettaient à onduler sous le remous des vagues, ou bien, dans un bateau sans voiles,
un homme assis pêchait; puis les brumes errantes se fondirent, le soleil parut, la
colline qui suivait à droite le cours de la Seine peu à peu s'abaissa, et il en surgit une
autre, plus proche, sur la rive opposée.
Des arbres la couronnaient parmi des maisons basses couvertes de toits à l'italienne.
Elles avaient des jardins en pente que divisaient des murs neufs, des grilles de fer, des
gazons, des serres chaudes et des vases de géraniums, espacés régulièrement sur
des terrasses où l'on pouvait s'accouder. Plus d'un, en apercevant ces coquettes
résidences, si tranquilles, enviait d'en être le propriétaire, pour vivre là jusqu'à la fin de
ses jours, avec un bon billard, une chaloupe, une femme ou quelque autre rêve. Le
plaisir tout nouveau d'une excursion maritime facilitait les épanchements. Déjà les
farceurs commençaient leurs plaisanteries. Beaucoup chantaient. On était gai. " se
versait des petits verres.
Frédéric pensait à la chambre qu'il occuperait là-bas, au plan d'un drame, à des sujets
de tableau, à des passions futures. Il trouvait que le bonheur mérité par l'excellence de
son âme tardait à venir. Il se déclama des vers mélancoliques; il marchait sur le pont à
pas rapides; il s'avança jusqu'au bout, du côté de la cloche; - et, dans un cercle de
passagers et de matelots, il vit un monsieur qui contait des galanteries à une
paysanne, tout en lui maniant la croix d'or qu'elle portait sur la poitrine. C'était un
gaillard d'une quarantaine d'années, à cheveux crépus. Sa taille robuste emplissait
une jaquette de velours noir, deux émeraudes brillaient à sa chemise de batiste, et son
large pantalon blanc tombait sur d'étranges bottes rouges, en cuir de Russie,
rehaussées de dessins bleus.
La présence de Frédéric ne le dérangea pas. Il se tourna vers lui plusieurs fois, en
l'interpellant par des clins d’œil; ensuite il offrit des cigares à tous ceux qui
l'entouraient. Mais, ennuyé par cette compagnie, sans doute, il alla se mettre plus loin.
Frédéric le suivit.
La conversation roula d'abord sur les différentes espèces de tabac, puis, tout
naturellement, sur les femmes. Le monsieur en bottes rouges donna des conseils au
jeune homme; il exposait des théories, narrait des anecdotes, se citait lui-même en
exemple, débitant tout cela d'un ton paterne, avec une ingénuité de corruption
divertissante. .
Il était républicain; il avait voyagé, il connaissait l'intérieur des théâtres, des
restaurants, des journaux, et tous les artistes célèbres, qu'il appelait familièrement par
leur prénom; Frédéric lui confia bientôt ses projets; il les encouragea. Mais il
49
s'interrompit pour observer le tuyau de la cheminée, puis il marmotta vite un long
calcul, afin de savoir "combien de coups de piston, à tant de fois par minute, devait,
etc." - et, la somme trouvée, il admira beaucoup le paysage. Il se disait heureux d'être
échappé aux affaires.
Frédéric éprouvait un certain respect pour lui, et ne résista pas à l'envie de savoir son
nom. L'inconnu répondit tout d'une haleine :
- Jacques Arnoux, propriétaire de l'Art industriel, boulevard Montmartre.
Un domestique ayant un galon d'or à la casquette vint lui dire :
- Si Monsieur voulait descendre. Mademoiselle pleure.
Il disparut.
L'Art industriel était un établissement hybride, comprenant un journal de peinture et un
magasin de tableaux. Frédéric avait vu ce titre-là, plusieurs fois, à l'étalage du libraire
de son pays natal, sur d'immenses prospectus, où le nom de Jacques Arnoux se
développait magistralement.
Le soleil dardait d'aplomb, en faisant reluire les gabillots de fer autour des mâts, les
plaques du bastingage et la surface de l'eau; elle se coupait à la proue en deux sillons,
qui se déroulaient jusqu'au bord des prairies. A chaque détour de la rivière, on
retrouvait le même rideau de peupliers pâles. La campagne était toute vide. Il y avait
dans le ciel de petits nuages blancs arrêtés, - et l'ennui, vaguement répandu, semblait
alanguir la marche du bateau et rendre l'aspect des voyageurs plus insignifiant encore.
A part quelques bourgeois, aux Premières, c'étaient des ouvriers, des gens de
boutique avec leurs femmes et leurs enfants. Comme on avait coutume alors de se
vêtir sordidement en voyage, presque tous portaient de vieilles calottes grecques ou
des chapeaux déteints, de maigres habits noirs, râpés par le frottement du bureau, ou
des redingotes ouvrant la capsule de leurs boutons pour avoir trop servi au magasin;
ça et là, quelque gilet à châle laissait voir une chemise de calicot, maculée de café; des
épingles de chrysocale piquaient des cravates en lambeaux; des sous-pieds cousus
retenaient des chaussons de lisière; deux ou trois gredins qui tenaient des bambous à
ganse de cuir lançaient des regards obliques, et des pères de famille ouvraient de gros
yeux, en faisant des questions. Ils causaient debout, ou bien accroupis sur leurs
bagages; d'autres dormaient dans des coins; plusieurs mangeaient. Le pont était sali
par des écales de noix, des bouts de cigare, des pelures de poires, des détritus de
charcuterie apportée dans du papier; trois ébénistes, en blouse, stationnaient devant
la cantine; un joueur de harpe en haillons se reposait, accoudé sur son instrument; on
entendait par intervalles le bruit du charbon de terre dans le fourneau, un éclat de voix,
un rire; - et le capitaine, sur la passerelle, marchait d'un tambour à l'autre, sans
s'arrêter. Frédéric, pour rejoindre sa place, poussa la grille des Premières, dérangea
deux chasseurs avec leurs chiens.
Temps de lecture : ……. minute(s) ……. secondes.
Ce texte comporte 1 208 mots
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L'ELARGISSEMENT DU CHAMP VISUEL
Au risque de nous répéter, nous dirons que tout l'art de la lecture rapide repose sur un
pilier : l'élargissement du champ visuel. Plus vous développerez le vôtre, plus vite vous
ferez des progrès.
Elargir votre champ visuel correspond à une intention bien définie : pouvoir passer
aisément d'un rythme de lecture à un autre sans que le degré de compréhension en
souffre. Un bon lecteur rapide, avons-nous déjà dit, non seulement lit plusieurs
dizaines de signes à la fois mais arrive à les saisir tous. Il ressemble à ce personnage
de Balzac, Louis Lambert, qui, d'un seul coup d’œil, pouvait appréhender de trois à
quatre phrases en même temps et les assimiler. Sans doute l'auteur de La Comédie
humaine exagérait-il les performances visuelles et intellectuelles de son héros (qui
était à la vérité son double), mais il n'en demeure pas moins que voilà le type d'objectif
à atteindre.
Un bon conseil, lorsque vous lisez : tenez votre texte à bonne distance de votre
oeil, soit environ 30 cm. De cette façon, vous devriez être en mesure de percevoir
davantage de signes. Si vous lisez de trop près, comme c'est le défaut de la grande
majorité des lecteurs, vous risquez d'épuiser sans raison vos yeux et de rétrécir
inutilement votre champ visuel.
Exercice n° 5.3
Ceci est un exercice d'élargissement du champ visuel. Vous n'avez aucune limite de
temps. Il se présente sous forme de cellules de mots dont il vous faut percevoir chaque
membre simultanément. Tenez le texte à bonne distance. Concentrez-vous sur le mot
ou les deux mots situés au centre de chaque groupe.
oeuf
aimerais
gel
peau
oscillant
ainsi
âne
annuelle
tube
puis
glucides
elle
bât
dérape
illusion
sel
selle
élucide
détonne
leçon
glisse
serpentin
diététique
vite
bâton
ordonnée
chapiteau
alors
écoute
nous croyons
illusoirement
hésitant
pensait
incidemment
impossibilité
relation
entrée
pressentirais
constituante
carnage
poème
harmoniseront
avec sévérité
remise
épuisée
désolation
sentimentales
littéraire
liront
exprime
honte à toi
mon expérience
chercheur
brimée
coloré
vous disiez ?
ne disons rien
elle aime
endort
résumé
bien informé
très tranquilles
en silence
adulte
51
j'insiste
ils fourniront
cela conviendra
mouvement
atteinte
essayez
jouez le tout
ils s'adapteront bien
raccourcissez
comprend
indéfini
déréliction
occasionnellement
obligeance
horizon
Exercice n° 6.3 : concentration visuelle
Lisez entièrement la description de l'exercice suivant avant de le mettre en pratique.
Il a été conçu par étapes de manière à faciliter sa mise en application. L'idéal,
cependant, serait que quelqu'un vous le lise pendant que vous l'exécutez. Durée de
l'exercice : environ 5 minutes.
1ère étape :
Concentrez-vous sur cette lettre : A. Regardez-la bien. A présent, fermez les yeux et
mettez la tête dans vos mains.
2ème étape :
Reconstituez mentalement la lettre A ; dites A ; très doucement faites-la pencher à 45
degrés; attendez quelques instants puis renversez-la complètement; maintenant,
remettez-la sur ses deux pieds.
3ème étape :
A côté de la lettre A, ajoutez la lettre B ; concentrez-vous sur ces deux lettres.
4ème étape :
Déplacement vertical des lettres: mettez B au-dessus de A. Concentrez-vous sur A,
puis sur B et à nouveau sur A ; laissez quelques secondes d'intervalle entre chaque
moment de concentration.
5ème étape :
Inversez les deux lettres : B est à gauche, A à droite. Concentrez-vous sur B à gauche
puis sur A à droite.
6ème étape :
Remettez les deux lettres à l'endroit. Concentrez-vous sur A à gauche et B à droite.
7ème étape :
Ouvrez les yeux.
52
Petits conseils pratiques d'ordre général
•
Vous avez parfois les yeux fatigués en lisant ? Soulagez la tension en
clignant souvent des paupières.
•
Pratiquez le "flashing" lors d'une promenade à pied, regardez rapidement les
affiches, les publicités jalonnant votre parcours. Choisissez-en
quelques-unes et, à chaque fois, fermez les yeux et essayez de vous
rappeler ce que vous avez vu.
•
Entre deux séances de lecture, ou entre deux chapitres, faites une courte
séance de "palming" (2 à 3 minutes suffiront).
•
Evitez de froncer les sourcils en lisant. Froncer les sourcils fatigue les
muscles palpébraux (muscles des paupières).
•
Un conseil que nous vous réitérerons plus loin : pensez en images.
Lisez-vous une description de paysage ou la narration d'une aventure ?
Tentez de les "voir" en images. En d'autres termes, faites-vous votre propre
cinéma. Vous verrez qu'il s'agit là d'un moyen efficace pour anticiper sur le
contenu de votre lecture et donc pour aller plus vite.
DEVELOPPEZ VOTRE AGILITE VISUELLE
L'oeil sera toujours plus rapide que la main. En effet, selon François Richaudeau, qui a
introduit la lecture rapide en France, "des tests scientifiques ont montré que des yeux
entraînés peuvent capter ce qu'ils voient en 1/100e de seconde."
*
1'
Exercice n° 7.3
Vous avez 1 minute pour lire ce court texte. Technique requise: balayage horizontal
élaboré (1 ligne sur 2). Survolez-le d'abord pendant 5 secondes, puis faites une
fixation mentale. A la fin, répondez au questionnaire, destiné à mesurer votre degré de
compréhension.
M. de Troisvilles, comme l'appelait encore sa famille en Gascogne, ou M. de Tréville,
comme il avait fini par s'appeler lui-même à Paris, avait réellement commencé comme
d'Artagnan, c'est-à-dire sans un sou vaillant, mais avec ce fonds d'audace, d'esprit et
d'entendement qui fait que le plus pauvre gentillâtre gascon reçoit souvent plus en
espérances de l'héritage paternel que le plus riche gentilhomme périgourdin ou
53
berrichon ne reçoit en réalité. Sa bravoure insolente, son bonheur plus insolent encore
dans un temps où les coups pleuvaient comme grêle, l'avaient hissé au sommet de
cette échelle difficile qu'on appelle la faveur de cour, et dont il avait escaladé quatre à
quatre les échelons.
Il était l'ami du roi, lequel honorait fort, comme chacun sait, la mémoire de son père
Henri IV. Le père de M. de Tréville l'avait si fidèlement servi dans ses guerres contre la
Ligue, qu'à défaut d'argent comptant, - chose qui toute la vie manqua au Béarnais,
lequel paya constamment ses dettes avec la seule chose qu'il n'eût jamais besoin
d'emprunter, c'est-à-dire de l'esprit, - qu'à défaut d'argent comptant, disons-nous, il
l'avait autorisé, après la reddition de Paris, à prendre pour armes un lion d'or passant
sur gueules avec cette devise: Fidelis et fortis. C'était beaucoup pour l'honneur, mais
c'était médiocre pour le bien-être. Aussi, quand l'illustre compagnon du grand Henri
mourut, il laissa pour seul héritage à monsieur son fils son épée et sa devise. Grâce à
ce double don et au nom sans tache qui l'accompagnait, M. de Tréville fut admis dans
la maison du jeune prince, où il servit si bien de son épée et fut si fidèle à sa devise,
que Louis XIII, une des bonnes lames du royaume, avait l'habitude de dire que, s'il
avait un ami qui se battît, il lui donnerait conseil de prendre pour second, lui d'abord, et
Tréville après, et peut-être même avant lui.
Aussi Louis XIII avait-il un attachement réel pour Tréville, attachement royal,
attachement égoïste, c'est vrai, mais qui n'en était pas moins un attachement. C'est
que, dans ces temps malheureux, on cherchait fort à s'entourer d'hommes de la
trempe de Tréville. Beaucoup pouvaient prendre pour devise l'épithète de fort, qui
faisait la seconde partie de son exergue; mais peu de gentilshommes pouvaient
réclamer l'épithète de fidèle, qui en formait la première. Tréville était de ces derniers;
c'était une de ces rares organisations, à l'intelligence obéissante comme celle du
dogue, à la valeur aveugle, à l'oeil rapide, à la main prompte, à qui l'oeil n'avait été
donné que pour voir si le roi était mécontent de quelqu'un, et la main que pour frapper
ce déplaisant quelqu'un, un Besme, un Maurevers, un Poltrot de Méré, un Vitry. Enfin,
à Tréville, il n'avait manqué jusque-là que l'occasion; mais il la guettait, et il se
promettait bien de la saisir par ses trois cheveux si jamais elle passait à la portée de sa
main. Aussi Louis XIII fit-il de Tréville le capitaine de ses mousquetaires, lesquels
étaient à Louis XIII, pour le dévouement ou plutôt pour le fanatisme, ce que ses
ordinaires étaient à Henri III et ce que sa garde écossaise était à Louis XI.
De son côté, et sous ce rapport, le cardinal n'était pas en reste avec le roi. Quand il
avait vu la formidable élite dont Louis XIII s'entourait, ce second ou plutôt ce premier
roi de France avait voulu, lui aussi, avoir sa garde. Il eut donc ses mousquetaires
comme Louis XIII avait les siens, et l'on voyait ces deux puissances rivales trier pour
leur service, dans toutes les provinces de France et même dans les Etats étrangers,
les hommes célèbres pour les grands coups d'épée. Aussi Richelieu et Louis XIII se
disputaient souvent, en faisant leur partie d'échecs, le soir, au sujet des mérites de
leurs serviteurs. Chacun vantait la tenue et le courage des siens, et tout en se
prononçant tout haut contre les duels et contre les rixes, ils les excitaient tout bas à en
venir aux mains, et concevaient un véritable chagrin ou une joie immodérée de la
défaite ou de la victoire des leurs. Ainsi, du moins, le disent les Mémoires d'un homme
qui fut dans quelques-unes de ces défaites et dans beaucoup de ces victoires.
Tréville avait pris le côté faible de son maître, et c'est à cette adresse qu'il devait la
longue et constante faveur d'un roi qui n'a pas laissé la réputation d'avoir été très fidèle
dans ses amitiés. Il faisait parader ses mousquetaires devant le cardinal Armand
Duplessis avec un air narquois qui hérissait de colère la moustache grise de son
éminence. Tréville entendait admirablement bien la guerre de cette époque, où, quand
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on ne vivait pas aux dépens de l'ennemi, on vivait aux dépens de ses compatriotes :
ses soldats formaient une légion de diables-à-quatre, indisciplinés pour tout autre que lui.
Débraillés, avinés, écorchés, les mousquetaires du roi, ou plutôt ceux de M. de
Tréville, s'épandaient dans les cabarets, dans les promenades, dans les jeux publics,
criant fort et retroussant leurs moustaches, faisant sonner leurs épées, heurtant avec
volupté les gardes de M. le cardinal quand ils les rencontraient; puis dégainant en
pleine rue, avec mille plaisanteries; tués quelquefois, mais sûrs en ce cas d'être
pleurés et vengés; tuant souvent, et sûrs alors de ne pas moisir en prison, M. de
Tréville étant là pour les réclamer. Aussi M. de Tréville était-il loué sur tous les tons,
chanté sur toutes les gammes par ces hommes qui l'adoraient, et qui, tout gens de sac
et de corde qu'ils étaient, tremblaient devant lui comme des écoliers devant leur maître,
obéissant au moindre mot, et prêts à se faire tuer pour laver le moindre reproche.
Alexandre Dumas, Les Trois mousquetaires
Ce texte comporte 942 mots
Questionnaire
1. Quelle était la devise de M. de Tréville ?
A) Mortis et sanctis
B) Fidelis et mortis
C) Fidelis et fortis
D) Fortis et fidelis
2. Comment le roi Louis XIII considérait-il M. de Tréville ?
A) Comme un courtisan fidèle
B) Comme un serviteur .fidèle mais servile
C) Comme un homme dont il fallait se méfier
D) Comme un serviteur digne de confiance
Quel était le titre exact de M. de Tréville ?
A) Capitaine des mousquetaires
B) Grand officier de la couronne
C) Commandant des mousquetaires D) Mousquetaire du roi
4. Quel était le véritable nom du cardinal de Richelieu?
A) Poltrot de Méré
B) Armand Duplessis
C) M. de Maurevers
D) M. de Besme
5. Quelle était la réputation des mousquetaires du roi ?
A) Soldats se comportant toujours bien
B) Dignes serviteurs du cardinal de Richelieu C) Soldats débraillés, avinés et
indisciplinés
55
D) Soldats désobéissant même à M. de Tréville
Votre score : .....
Voir réponses en annexes.
Vous avez moins de 4 bonnes réponses sur 5 ?
Ne vous découragez pas. Maîtriser le balayage horizontal élaboré ne se fait pas du
jour au lendemain; cela demande de l'entraînement. A titre d'entraînement, prenez
votre journal quotidien, une revue, un prospectus ou n'importe quel imprimé pouvant
se lire rapidement et repérez un ou deux articles pouvant vous intéresser. Fixez-vous
une limite de temps très courte et tentez d'extraire l'idée principale de chacun des
articles.
Si, à votre premier essai de balayage, vous n'y arrivez pas ou si vous nagez en plein
brouillard, persévérez. La lecture rapide, c'est un peu comme une discipline sportive : il
faut recommencer encore et encore pour parvenir à un résultat, si peu satisfaisant
puisse-t-il vous apparaître de prime abord.
Rappelez-vous que :
•
La flexibilité de votre oeil est très importante. Pour l'améliorer, faites
aussi souvent que possible les 3 exercices que nous vous avons
proposés dans ce chapitre : le métronome, le palming et le shifting.
•
Les 4 techniques de balayage sont : le balayage vertical, le balayage
diagonal, le balayage horizontal et le balayage horizontal élaboré.
Chacune de ces techniques doit être utilisée dans un contexte précis :
lecture de la presse, recherche d'information, lecture intégrale, etc.
56
LEÇON 4
AMELIOREZ
VOTRE MEMOIRE !
57
UNE FACULTE A CULTIVER
Etes-vous de ceux ou de celles qui croient que mémoire et lecture rapide sont vraiment
aux antipodes l'une de l'autre ?
Pensez-vous, comme on l'entend parfois dire, qu'il est impossible de balayer en un
rien de temps un texte et d'en retenir la substance ?
Si oui, détrompez-vous. Mémoire et lecture rapide sont des compagnes
indissociables. Pour le véritable lecteur rapide, en effet, lire vite signifie d'abord et
avant tout comprendre vite et bien.
Quoi de plus évanescent que la mémoire ? Quoi de plus difficile à saisir ? Il coule de
source qu'elle a partie liée avec notre cerveau, mais quant à savoir où elle loge très
exactement, on ne peut que faire des hypothèses.
Reste que tout comme les yeux, tout comme la plupart des muscles de notre corps,
elle a besoin, pour bien fonctionner, d'être stimulée fréquemment. Laissez-la en friche,
ne faites aucun effort pour retenir un numéro de téléphone que l'on vient de vous
donner, et vous verrez le résultat. On peut donc dire de la mémoire qu'elle a l'élasticité
et l'efficacité d'un muscle.
UNE MOBILISATION DE TOUS LES SENS
En réalité, il ne faut pas parler d'une mémoire mais de mémoires. Dans le processus
d'élaboration des souvenirs et de la rétention des connaissances, tous les sens sont
appelés à la rescousse : l'ouïe, la vue, le toucher, l'odorat, le goût. On ne fait donc pas
référence à un seul ensemble de circuits au terme duquel se trouverait une mémoire
unique apte à restituer tous les souvenirs qui y sont imprimés mais à plusieurs
ensembles qui finissent par se compléter.
Ainsi, une voix entendue jadis peut déclencher en vous un autre souvenir, celui du
visage rattaché à cette voix. De même, une saveur retrouvée risque de mettre en
branle vos autres sens : le toucher (le gâteau était-il sec ou mou ?), l'odorat (était-il
parfumé au citron ou à la vanille ?), la vue (de quelle couleur était-il ?), et ainsi de suite.
A ces cinq mémoires reliées aux sens, ajoutons-en une sixième, la mémoire motrice.
C'est cette dernière qui, entre autres fonctions, nous permet de taper avec agilité sur
un clavier d'ordinateur tout en lisant ou en écoutant le texte à retranscrire, ou qui
encore nous dicte la séquence de gestes à effectuer lorsque l'on joue au tennis.
Mais ce qui nous intéresse ici au premier chef, c'est la mémoire "intellectuelle". La
mémoire "intellectuelle", c'est bien sûr la plus connue. Elle est le chef d'orchestre, si
l'on veut, de nos mémoires. C'est à elle que nous faisons appel lorsqu'il s'agit non
seulement de retenir une colonne de chiffres ou une page d'un livre que l'on aime bien
mais aussi de résoudre un problème mathématique.
58
LA MEMOIRE INTELLECTUELLE
On distingue 2 types de mémoire intellectuelle : la mémoire à court terme et la mémoire à
long terme. Toutes deux, comme leurs noms l'indiquent, ont pour support le temps.
La mémoire à court terme est assurément la plus labile des deux. Elle nous permet
une multiplicité de petits actes quotidiens, dont retenir une statistique lue en passant
dans le journal ou un numéro de téléphone tiré du bottin, mais sans plus. Dans un
temps relativement court (quelques secondes parfois suffisent), nous oublierons ou
cette statistique ou ce numéro de téléphone, sinon les deux, si l'effet de répétition ne
s'exerce pas. Pourquoi cela ? Parce que la mémoire à court terme fonctionne un peu à
la manière d'un miroir : elle réfléchit une image, elle ne la retient pas.
En outre, elle est sujette à toutes les interférences imaginables. Un coup de téléphone
impromptu, un geste à accomplir, une note à rédiger rapidement font que vous aurez
perdu jusqu'au souvenir du nom de votre interlocuteur en quelques secondes. Selon la
neurobiologiste Guillemette Isnard, spécialiste de la mémoire, le temps nécessaire à la
mémoire pour emmagasiner une information est d'environ 20 secondes. Si à l'intérieur
de ces 20 secondes une interférence survient, l'information se perd.
Pour qu'une information ne se perde pas, en d'autres termes, pour que la mémoire à
long terme intervienne, il faut qu'elle (l'information) soit reliée à un événement ou
qu'elle vienne s'ajouter à une chaîne d'autres informations déjà en place dans notre
mémoire.
Par exemple, si vous devez réaliser un travail sur la vie du poète Arthur Rimbaud et
que vous en savez déjà beaucoup sur celle-ci, il y a de fortes chances pour que vous
reteniez plus facilement tout détail nouveau dont vous pourriez prendre connaissance
à la faveur d'une nouvelle lecture sur ce dernier. Le même phénomène se produit
dans le cas d'un simple numéro de téléphone: vous mémoriserez bien celui d'un ami
ou d'une amie, même si vous ne le composez pas souvent, alors que celui d'une
simple relation restera à jamais lettre morte si vous n'avez pas pris soin de le noter.
Qu'est-ce qui fait courir la mémoire ?
La mémoire est un mécanisme subjectif. Contrairement à un ordinateur qui stocke
volontiers les données que vous lui soumettez (dans la mesure de ses capacités, bien
entendu), elle opère un tri, elle emmagasine ce qu'elle veut bien emmagasiner.
Cela signifie donc que ce qui la "fait courir", ce sont les émotions. Amours, deuils,
peines, joies, colères, humiliations, etc. influeront beaucoup sur sa capacité de stocker
ou non une information. Vous l'aurez vous-même remarqué : la mémoire n'est plus la
même lorsque l'on vit une émotion trop forte, tel qu'un deuil ou une séparation. Elle ne
fonctionne plus avec la même aisance, voire elle se met parfois à nous jouer des tours.
Comme dit l'adage : "La mémoire suit le coeur."
A l'inverse, un contexte plus ou moins exempt de soucis, une circonstance heureuse
comme la réussite d'un examen ou une promotion, donneront une impulsion nouvelle
aux mécanismes de rétention du cerveau. Ils seront comme autant d'aiguillons incitant
l'esprit à emmagasiner davantage de connaissances. En résumé, fuyez les émotions
trop fortes, ce sont les pires ennemies de la mémoire.
59
Apprenez à contrôler vos émotions
Il n'est pas toujours facile de contrôler ses émotions, surtout lorsque l'on est d'une
nature impulsive. Mais c'est tout de même chose possible si l'on observe ces
quelques règles :
Evitez les situations stressantes, telles que vous lancer à la dernière minute
dans un travail ou vouloir tout faire en même temps. Sa chez gérer votre temps
de manière à ne pas vous mettre dans une posture inconfortable risquant
d'entacher la qualité de votre travail.
Ne dramatisez jamais un problème. Avez-vous de la peine à assimiler une
matière, un travail vous donne-t-il du fil à retordre ? N'insistez pas. Sortez, faites
une promenade, ensuite revenez à la charge. Vous le constaterez : vous aurez
les idées plus claires.
Apprenez à relâcher la tension. Si vous avez les nerfs à fleur de peau ou si,
comme on dit couramment, le couvercle de la marmite risque de sauter, laissez
tout tomber et adonnez-vous à une autre occupation. La mémoire, répétons-le,
est vivante : elle a ses limites, elle s'épuise si on la sollicite trop.
Ayez une attitude positive. Si vous entreprenez un travail en vous disant que
vous n'arriverez pas à le terminer parce que vous n'avez pas confiance en vos
capacités, il est évident que vous compromettez vos chances dès le départ.
Dites-vous plutôt que si d'autres l'ont fait, vous pouvez le faire.
Dites non à la dépression. Si vous traversez une phase difficile de votre vie
(deuil, séparation, échec), lancez-vous momentanément dans une autre
occupation. Mauriac disait qu'il n'avait pas connu de chagrin qu'une heure de
lecture n'avait pu guérir. Faites de même : lisez, pratiquez un sport, allez
danser, bref, sortez de votre univers quotidien. Ce n'est pas toujours chose
aisée, mais il y va de votre propre survie émotionnelle.
Testez votre mémoire visuelle
Exercice n° 1.4
Vous avez 5 secondes pour observer ces lettres. Ensuite, recouvrez cette page et
reproduisez-les dans l'ordre sur une feuille de papier.
GWO
BVU
AMT
Si vous avez réussi à reproduire 6 lettres, votre mémoire visuelle est excellente.
60
Exercice n° 2.4
Observez bien cette liste de mots. Vous avez 3 minutes pour les mémoriser.
Recouvrez cette page, laissez s'écouler une minute ou deux et écrivez-les sur une
feuille de papier en tâchant de respecter l'ordre initial.
1. Palais
6. Lance
11. Requin
16. Orange
2. Glace
7. Neige
12. Tableau
17.Mémoire
3. Machine
8. Cadence
13. Nuée
18. Règle
4. Entrée
9. Doigt
14. Zinnia
19. Froid
5. Bazar
10. Action
15. Muscle
20. Pomme
Combien de mots avez-vous retenu ? ....... Si 10 mots et +, votre score est très
honorable.
Exercice n° 3.4
Munissez-vous d'un cache que vous apposerez sur la deuxième ligne de chiffres
ci-après. Lisez très rapidement la première ligne (pas plus d'une seconde),
reproduisez-la de mémoire sur une feuille de papier, puis passez à la seconde ligne
tout en cachant la troisième. A la fin, comptez votre nombre d'erreurs par colonne.
621
478
393
747
241
573
192
387
864
565
337
691
506
369
835
674
638
164
542
334
489
390
641
737
252
146
809
224
406
790
642
427
951
750
174
992
711
449
248
255
540
221
916
779
61
Nombre d'erreurs : …….
Nombre d'erreurs : …….
Si vous n'avez pas fait plus de 10 erreurs par colonne, tout va pour le mieux dans le
meilleur des mondes. Autrement, il va falloir travailler un peu plus pour rendre votre
mémoire performante
Sachez retenir : quelques principes de mnémotechnie
Premier principe :
Pour retenir ce qu'on lit, il faut d'abord respecter un principe de base incontournable :
démontrer de l'intérêt. A quoi sert de se lancer à corps perdu dans une lecture si
d'emblée elle ne nous intéresse pas ?
Toutefois, il arrive que l'on soit obligé de lire certains ouvrages, comme lorsque l'on on
a une dissertation à rendre ou un travail quelconque exigeant des références; et ces
lectures, avouons-le, ne soulèvent pas toujours notre enthousiasme; nous préférerions
parfois nous en passer.
Dans un tel cas, quelle est l'attitude à adopter, si l'on tient malgré tout à fournir un
travail satisfaisant ?
La réponse est simple : rester ouvert, se montrer actif. Ce qui signifie ceci : "posez des
questions" à vos lectures et cherchez les réponses à ces questions. C'est de cette
façon seulement que vous vous en tirerez et, surtout, que vous arriverez à susciter en
vous l'intérêt nécessaire.
Second principe :
La mémoire vient en lisant. Si vous ne lisez pas ou peu, ou si encore lire vous fait l'effet
d'un pensum, vous ne pourrez guère développer votre mémoire. Lisez beaucoup,
accumulez des connaissances, car c'est de cette façon seulement que vous serez en
mesure de faire des associations, des recoupements qui vous permettront de tisser
des liens entre divers éléments. Pensez à l'apprentissage des langues : apprendre
une seconde langue est parfois difficile, mais en apprendre une troisième, puis une
quatrième et ainsi de suite l'est beaucoup moins, parce que d'une langue à l'autre
certains mots reviennent, certaines structures réapparaissent.
Troisième principe :
Apprenez à vous connaître. Dans quel domaine votre mémoire est-elle le plus efficace,
dans lequel l'est-elle le moins ? La lecture d'un livre d'histoire vous stimule-t-elle
davantage que celle d'un manuel de science ? Quel type de mémoire possédez-vous:
visuel, auditif, olfactif? La réponse à toutes ces questions devrait vous mettre sur la
bonne piste lors de vos prochaines lectures.
Quatrième principe :
En lisant, prenez des notes. La reformulation, dans vos propres termes vous aidera :
- à mieux comprendre votre lecture.
-
à retenir davantage.
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Dans le même ordre d'idées, après avoir lu un livre, un article, etc., parlez-en autour de
vous. La reformulation orale a aussi son importance car elle vous force à développer
un esprit de synthèse et, surtout, à aller à l'essentiel.
Cinquième principe :
Pratiquez la réactivation. Stocker des connaissances, retenir ce qu'on lit, c'est une
chose; les garder suffisamment longtemps en mémoire en est une autre. Il faut donc à
l'occasion réactiver ce que l'on a appris. Voici comment, selon Tony Buzan, l'on
pratique la réactivation :
" ... La première réactivation devrait avoir lieu environ dix minutes après une séance
d'une heure et devrait elle-même durer dix minutes. Ceci permet de prolonger de
vingt-quatre heures la durée de mémorisation jusqu'au moment de la seconde
réactivation qui, elle, durera de deux à quatre minutes. Après quoi, la mémorisation
durera probablement une semaine, au bout de laquelle une nouvelle réactivation de
deux minutes aura lieu. La suivante ne prendra place qu'un mois plus tard... Après
cette période, les connaissances se fixeront dans la mémoire à long terme."
Sixième principe :
Sachez distinguer l'utile de l'accessoire. Demandez-vous quel est le degré d'utilité de
vos lectures: tel document vaut-il vraiment la peine d'être lu de fond en comble, tel
chapitre est-il absolument nécessaire à la compréhension générale de tel livre? Ne
restez jamais passif devant vos lectures. Au besoin, même, remettez-les en question.
Parcourez la table des matières de tous les livres que vous devez lire et allez droit au
but.
Septième principe :
Développez votre esprit d'observation. Ayez une mémoire photographique.
Entraînez-vous en détaillant des visages, des objets. Ce faisant, accolez-leur des
sensations : ce visage est-il sympathique, antipathique ? Si oui, pourquoi, à cause de
quel détail en particulier ? Cet objet, là, que vous venez de voir, risque-t-il d'attirer
l'attention de quelqu'un d'autre ? Qu'est-ce qui le distingue ou ne le distingue pas de la
masse d'objets que l'on trouve sur cet éventaire, par exemple ? Développer son esprit
d'observation est le corollaire essentiel de la mémoire. Sans esprit d'observation, il est
difficile de retenir quoi que ce soit, car cela signifie que l'on ne s'implique pas dans une
lecture. Plus le degré d'implication est grand, meilleures sont les chances de retenir.
Huitième principe :
Maîtrisez l'art des associations. Faire des associations, établir des rapports même
imaginaires entre des objets, des faits est un des trucs mnémotechniques les plus
anciens mais aussi les plus efficaces. Faire des associations permet essentiellement à
l'esprit de comprendre qu'une chose est semblable à une autre ou, à l'inverse,
complètement différente. L'esprit, pour se retrouver dans un dédale d'informations, a
besoin de points de repère, et ces points de repère, la technique des associations les
offre gracieusement.
Voici un court exercice qui vous aidera à vous familiariser avec cette technique.
63
Exercice n° 4.4
Pour chaque couple de mots ci-après, trouvez deux autres mots susceptibles selon
vous de les mettre en rapport. Vous avez 2 minutes.
L'exercice terminé, demandez-vous pourquoi entre deux mots comme table et soleil,
par exemple, vous avez mis fleur et couteau plutôt qu'ombre et lumière. Vos réponses
sont bien entendu personnelles.
glacier ………………
………………
silence
poirier ………………
………………
matin
vague ………………
………………
poussière
New York ………………
………………
fenêtre
blancheur ………………
………………
mot
cuisine ………………
………………
allée
éternité ………………
………………
horizon
acier ………………
………………
synthèse
avocat ………………
………………
prison
café ………………
………………
nuit
Nombre d'associations : …….
QUEL TYPE DE MEMOIRE POSSEDEZ-VOUS ?
Pour paraphraser la neurobiologiste Guillemette Isnard, nos mémoires sensorielles
ont les mêmes propriétés que les structures de base dans un édifice. Si ces structures
sont fragiles, l'édifice s'écroulera. Les autres matériaux auront beau offrir toutes les
garanties de solidité, il sera toujours périlleux de pénétrer dans ce bâtiment. Ainsi
donc, il importe de faire la paix avec nos mémoires sensorielles, de les rendre aussi
solides que possible, d'autant qu'elles sont fortement reliées à nos émotions. Les
émotions, ainsi que nous l'avons vu, peuvent aussi bien inhiber la mémoire
intellectuelle (celle qui nous permet d'apprendre) que la stimuler. A nous de savoir les
canaliser.
Les exercices qui suivent sont inspirés directement ou indirectement de la Méthode
Isnard, telle que nous pouvons la retrouver dans l'ouvrage L'Enfant et sa mémoire.
Vous remarquerez qu'ils se pratiquent tous les yeux fermés. Selon l'aisance avec
laquelle vous les effectuerez, vous découvrirez les types de mémoires qui fonctionnent
le mieux chez vous.
64
La mémoire motrice :
Dans une pièce qui vous est familière, fermez les yeux et marchez tout en tâchant
d'éviter les obstacles. Fiez-vous, dans vos déplacements, à votre connaissance des
lieux. Vous pouvez faire cet exercice à tout moment de la journée, par exemple en
vous rendant de la cuisine à la salle à manger, etc.
Autre exercice : sur une table, posez différents objets, puis fermez les yeux et
prononcez le nom de celui que vous désirez atteindre en premier. Joignez le geste à la
parole. Continuez ainsi jusqu'à ce que vous ayez atteint tous les objets.
La mémoire tactile :
Cet exercice est dérivé du précédent. Faites poser sur une table plusieurs objets, et
fermez les yeux. Prenez un premier objet et tâtez-le doucement, lentement.
Identifiez-le grâce aux sensations qui en émanent : chaud/froid, rugueux/lisse,
rond/anguleux, etc. Faites de même avec les autres objets.
La mémoire visuelle :
Vous pouvez faire cet exercice où que vous soyez. Si vous êtes dans la rue,
concentrez-vous sur un objet en particulier (une publicité, un modèle de voiture...),
puis fermez les yeux pendant quelques secondes et essayez de recomposer
mentalement cet objet dans tous ses détails. Si vous êtes à la maison, jetez un coup
d'oeil rapide par la fenêtre et reconstituez ce que vous avez vu.
La mémoire gustative :
Un peu comme le font les chevaliers du taste-vin, entraînez-vous à distinguer à
l'aveugle des saveurs d'abord éloignées (salé/sucré, dur/mou), puis de plus en plus
rapprochées (jus de différentes sortes, confiseries, charcuteries diverses...). N'ayez
crainte, votre mémoire est en mesure de discriminer toutes ces saveurs et textures.
La mémoire olfactive :
Réunissez des objets porteurs d'odeurs familières (vêtements, objets de toilettes,
parfums, crèmes, fruits) et identifiez-les tour à tour sans les regarder.
Ne les touchez pas, demandez à quelqu'un de les porter à votre nez.
La mémoire auditive :
On peut varier à l'infini cet exercice. Un premier exemple : fermez les yeux et essayez
de vous rappeler, jusque dans ses moindres inflexions, la voix d'un parent ou d'un ami
que vous n'avez pas vu depuis longtemps. Un deuxième exemple : si vous êtes un
fervent de musique, concentrez-vous, lors de l'audition d'un morceau, sur un
instrument en particulier; ne le perdez pas de l'oreille, si l'on peut dire, suivez-le jusque
dans ses pauses, essayez de prévoir quand il résonnera à nouveau.
La mémoire, ça se soigne
Dissipons toute ambiguïté : il n'existe aucune panacée susceptible de donner à votre
mémoire l'allure d'un vaste entrepôt dans lequel vous pourriez tout ranger. Un temps, il
fut question des pouvoirs "miraculeux" du phosphore, substance que l'on trouve en
65
abondance dans la chair du poisson et dans la cervelle des animaux, mais rien n'a
jamais été prouvé de ce côté. Le rapport estomac/mémoire, en effet, est des plus
fragiles; il ne repose pour l'instant que sur une vague série d'approximations.
Chose certaine, une alimentation saine et un rythme de vie régulier auront toujours
leur importance. Il peut paraître fastidieux de revenir là-dessus, mais la mémoire, ça se
soigne, et ce, au même titre que le corps en général. Les besoins sont identiques : un
minimum d'heures de sommeil de manière à ne pas épuiser le cerveau, et une
alimentation correcte, variée, incluant notamment beaucoup de calcium et de
potassium (eh oui !).
Suivez l'exemple du sportif. Ce dernier veille à la santé de son corps non seulement en
s'entraînant régulièrement mais aussi à celle de son cerveau en tâchant de conserver
intact son pouvoir de concentration.
Un conseil :
Avant d'étudier ou d'entreprendre un travail requérant une certaine dose d'énergie
intellectuelle, mangez toujours légèrement. Un repas copieux, bien arrosé est certes
toujours agréable à prendre, mais n'allez surtout pas étudier ou rédiger une
dissertation ensuite. Le processus de digestion, en effet, exige un apport constant
d'oxygène, et si vous avez beaucoup mangé, c'est votre cerveau qui en souffrira, étant
moins oxygéné qu'à l'accoutumée. D'où la sensation de somnolence,
d'engourdissement cérébral dont vous serez inévitablement la proie.
UN DEMON A COMBATTRE : LE MANQUE D'ATTENTION
Beaucoup se plaignent de leur mémoire, la jugeant infidèle, alors qu'en réalité le grand
coupable, c'est le manque d'attention. "L'attention, disait le duc de Lévis en
paraphrasant Montaigne, est le burin de la mémoire." Sans cette qualité primordiale,
l'aspirant à la lecture rapide aura toujours peine à progresser. Si vous souffrez de ce
défaut somme toute assez répandu (qui ne s'est jamais senti jadis "s'envoler" pendant
un cours de mathématiques ou de géographie !), voici donc ce que vous pourriez faire
pour remettre les choses à leur place :
•
fixez-vous toujours un but en lisant : recherche d'informations, plaisir du texte,
etc. Ne lisez jamais si vous n'en éprouvez pas l'envie. Sortez plutôt,
adonnez-vous à une autre occupation;
•
organisez toujours vos lectures; en d'autres termes, faites un plan et
accordez-vous un délai;
•
ne lisez pas si vous êtes en état de fatigue ou de stress. Cherchez plutôt à
vous reposer. Ce conseil vous semblera peut-être simpliste, mais
beaucoup
en font fi, préférant forcer leur attention, au risque de ne rien
retenir;
•
on ne le répétera jamais assez : soyez toujours motivé, curieux, bref,
intéressez-vous aux autres, à la façon dont ils pensent, à leurs points de vue,
etc. Le manque d'attention vient souvent de ce que l'on est trop centré sur
soi-même, oubliant que l'on fait partie d'un tout qui s'appelle le monde;
•
devant un problème en apparence insoluble, évitez de vous énerver. Ne
"décrochez" pas. Reprenez-le autant de fois que nécessaire, et si cela ne suffit
66
pas, laissez le reposer. Vous verrez que dans bien des cas la solution finira par
s'imposer d'elle-même;
•
si vous devez mémoriser une colonne de chiffres, une série de dates ou de
formules et que cela vous semble à l'avance fastidieux, ayez d'abord une idée
claire du but poursuivi. Demandez-vous si la mémorisation de cette colonne de
chiffres ou de cette série de formules n'a pas pour but de vous conduire à une
étape ultérieure, où vous aurez besoin de toutes ces connaissances. Si vous
répondez par l'affirmative, vous verrez votre degré de motivation augmenter;
•
évitez de lire ou de travailler dans une atmosphère où les interruptions sont
fréquentes; ménagez-vous une bulle de calme. Une interruption, si minime
soit-elle, brise le rythme, vous oblige à revenir en arrière, vous faisant par
conséquent perdre du temps.
Etes-vous un lecteur attentif ?
1'
*
Voici un texte tiré du Mémorial de Sainte-Hélène de Las Cases; nous l'avons amputé
de quelques mots. Voici ces mots dans le désordre :
France, privilège, égalité, classe, émigration, mouvement, nobles, justice, Révolution,
coutumes.
Remettez ces mots à leur place dans les espaces blancs prévus à cet effet.
Vous avez 1 minute.
La Révolution française n'a pas été produite par le choc de deux familles se disputant
le trône; elle a été un …………… général de la masse de la nation contre les
privilégiés. La noblesse française, comme celle de toute l'Europe, date de l'incursion
des barbares qui se partagèrent l'empire romain, En France les ………………
représentaient les Francs et les Bourguignons, le reste de la nation, les Gaulois, Le
régime féodal qui s'introduisit, établit le principe que toute terre avait un seigneur, Tous
les droits politiques furent exercés par les prêtres et les nobles; les paysans furent
esclaves, partie attachée à la glèbe, La marche de la …………………. et des lumières
affranchit le peuple, Ce nouvel état de choses fit prospérer l'industrie et le commerce;
la majeure partie des terres, des richesses et des lumières était le partage du peuple
dans le dix-huitième siècle, Les nobles cependant étaient encore une ………………..
privilégiée; ils conservaient la haute et la moyenne justice, avaient des droits féodaux
sous un grand nombre de dénominations et de formes diverses, jouissaient du
………………. de ne pas supporter aucune des charges de la société; de posséder
exclusivement les emplois les plus honorables, Tous les abus excitaient les
réclamations des citoyens, La ………………… eut pour but principal de détruire tous
les privilèges; d'abolir les justices seigneuriales, la ……………….. étant un
inséparable attribut de l'autorité souveraine; de supprimer les droits féodaux comme
un reste de l'ancien esclavage du peuple; de soumettre également tous les citoyens et
toutes les propriétés, sans distinction, aux charges de l'Etat, Enfin elle proclama
l'égalité des droits, Tous les citoyens purent parvenir à tous les emplois, selon les
talents et les chances de la fortune, Le royaume était composé de provinces qui
67
avaient été réunies à la couronne plus ou moins tard; elles n'avaient entre elles
aucunes limites naturelles; elles étaient différemment divisées, inégales en
étendue et en population; elles avaient un grand nombre de ……………….. ou lois
particulières pour le civil comme pour le criminel, étaient plus ou moins privilégiées,
très inégalement imposées, soit par la quotité, soit par la nature des impositions, ce qui
obligeait à les isoler les unes des autres par des lignes de douane. La ………………..
n'était pas un Etat; c'était la réunion de plusieurs Etats placés à côté les uns des autres
sans amalgame, Les événements des siècles passés, le hasard, avaient déterminé le
tout, La Révolution, guidée par le principe de l'……………….., soit entre les citoyens,
soit entre les diverses parties du territoire, détruisit toutes ces petites nations et en
forma une nouvelle: il n'y eut plus de Bretagne, de Normandie, de Bourgogne, de
Champagne, de Provence, de Lorraine, etc.; il y eut une France, Une division de
territoire homogène, prescrite par les circonstances locales, confondit les limites de
toutes les provinces: même organisation judiciaire, même organisation administrative,
mêmes lois civiles, mêmes lois criminelles, même organisation d'imposition: le rêve de
bien des gens de tous les siècles se trouva réalisé, L'opposition que la cour, le clergé,
la noblesse mirent à la marche de la Révolution, et la guerre des puissances
étrangères, amenèrent la loi de l'……………….., le séquestre des biens des émigrés,
que, par la suite, on dut vendre pour subvenir aux besoins de la guerre.
Votre score : ………. mots sur 11
Réponses en annexe
8 bonnes réponses et plus :
Votre degré d'attention est excellent compte tenu de la vitesse de lecture à laquelle
vous avez été soumis. Persévérez, vous jouissez déjà d'une bonne longueur d'avance
sur le lecteur moyen.
6 bonnes réponses et plus :
Votre degré d'attention est bon. Toutefois, il y a lieu de l'améliorer. Demandez-vous ce
qui a pu causer ces quelques "dérapages" qui vous ont entraîné à donner de
mauvaises réponses. Etiez-vous trop nerveux en abordant ce texte ? Avez-vous
négligé l'étape du survol ?
5 bonnes réponses et moins :
Votre cas n'est pas désespéré, tant s'en faut. Sans doute n'avez-vous pas encore
suffisamment maîtrisé le couple lecture rapide/attention. Entraînez-vous
régulièrement, ne négligez aucun des conseils qui vous sont donnés dans cet
ouvrage.
68
Rappelez-vous que :
Chaque sens possède sa propre mémoire.
•
On distingue 2 types de mémoire : la mémoire à court terme et la
mémoire à long terme.
•
Ce qui fait "courir" la mémoire, ce sont les émotions. Le contrôle de
celles-ci est donc une priorité.
•
Pour retenir, il existe un principe de base qu'il faut savoir respecter :
démontrer de l'intérêt.
•
Le manque d'attention est le principal ennemi de la mémoire.
69
LEÇON 5
COMMENT AMELIORER
VOTRE CONCENTRATION
70
Etes-vous fatigué, tendu, en état de stress ? Si oui, ne vous adonnez surtout pas à un
exercice de lecture rapide, vous perdriez votre temps. Vous ne seriez pas en mesure
de vous concentrer. Pour pratiquer la lecture rapide avec efficacité, il faut respecter ce
principe minimal : être capable de se concentrer. Que signifie "se concentrer" ?
Essentiellement ceci : savoir donner une direction unique à son esprit, éviter
l'éparpillement, la dispersion mentale.
Nous vivons dans un monde où les sources de distraction abondent, où le travail
intellectuel se fait dans des conditions de plus en plus difficiles. Nous sommes
constamment sollicités par les choses les plus diverses. Radio, télévision, rumeur
urbaine, imprimés, publicités, tous ces stimuli, tour à tour, détournent notre attention,
empêchent le retour sur soi.
A notre décharge précisons que le psychisme, à l'état naturel, est porté vers la
dispersion. "Il est habité par l'instabilité même, écrit Paul Valéry. Il est livré à une sorte
de désordre qui ne lui est pas généralement sensible. Il ne perçoit que les éléments de
ce désordre, qui est le changement en soi, sans repères."
C'est donc à sa manière une "bête" qu'il s'agit de domestiquer. Et comment
pouvons-nous arriver à cette phase de domestication, de quelles armes
disposons-nous ? D'un seul et unique moyen qui de tout temps a fait ses preuves : la
concentration mentale.
La concentration mentale est la condition même du travail intellectuel. Sans
concentration mentale, il est évident que le rendement de l'esprit sera toujours faible.
L'esprit, pour fonctionner, a besoin de balises, d'un cadre de référence.
Où espérer trouver ces balises, sinon dans la concentration mentale ?
MULTIPLIEZ VOTRE FORCE DE CONCENTRATION
Se concentrer, c'est aussi prendre conscience qu'on existe, qu'on est le centre de
sensations diverses auxquelles il nous appartient d'imprimer une direction. En d'autres
mots, savoir se concentrer c'est être présent au monde, être en mesure de discipliner
sa force intérieure et de dicter à son corps et à son esprit la conduite à tenir.
En lecture rapide, la concentration mentale est essentielle. Dites-vous qu'il est vain
d'aborder un livre, un document si tout votre esprit n'est pas tendu vers cette lecture.
Pensez encore une fois au sportif : s'il doit exécuter un saut, il ne sera préoccupé que
par ce saut. Toute son énergie tant physique que mentale, culminera vers ce point
unique : le passage au-dessus de la barre horizontale. S'il laisse entrer en lui la
moindre source de distraction (la rumeur de la foule, un malaise physique soudain...), il
ratera probablement son objectif. Par conséquent, habituez-vous dès à présent à
enfermer votre énergie dans un cadre unique. Ne vous dispersez pas inutilement.
Soyez conscient de vos automatismes. Nous sommes tous la proie d'automatismes.
En lisant, par exemple, nous répétons souvent des gestes superflus, comme de
retourner en arrière, prononcer mentalement un mot alors qu'un simple balayage
oculaire aurait suffi.
A partir de maintenant, analysez vos forces et vos faiblesses. Etes-vous facilement
distrait par mille et une choses, en proie à une agitation que vous avez peine à
contrôler dès que vous ouvrez un livre ?
Si c'est le cas, lisez attentivement ce chapitre, nous vous y donnons des moyens pour
obvier à vos difficultés. Ces moyens se révéleront efficaces dans la mesure où vous
les appliquerez sérieusement.
71
LA CONCENTRATION MENTALE EST LA CLE DU SUCCES
Comment croyez-vous que tous ces hommes, toutes ces femmes que vous admirez
en sont venus à occuper la situation de prestige dont ils jouissent ? Tout simplement,
ils ont canalisé leur énergie vers un but unique, un but qu'ils se sentaient capables
d'atteindre parce qu'ils avaient la force de concentration nécessaire.
Ils ne se sont pas dispersés en cours de route. Ils se sont astreints à une discipline
aussi bien d'ordre mental que physique qui leur a permis de cheminer par étapes. Ils
ont appliqué leur esprit à une chose, une seule, et c'est la raison qui leur a valu de
parvenir où ils sont.
Certes, il faut faire la part du talent naturel, mais ainsi que le disait Voltaire, le talent
sans la sueur n'est rien. Il faut travailler, sans relâche, faire le ménage en soi,
apprendre à se connaître.
La concentration mentale vous aidera dans ce sens; elle vous poussera à atteindre
votre objectif. Celui-ci est-il d'arriver à lire 800 mots à la minute, 1000 mots ou
seulement 500 ? A vous de décider. Mais une fois votre but fixé, appliquez-y tous vos
efforts.
SAVEZ-VOUS VOUS CONCENTRER ?
Exercice n° 1.5
Se concentrer, ce n'est pas seulement s'enfermer dans une bulle hermétique et
s'abstraire du monde. C'est aussi et surtout acquérir la maîtrise de son énergie tant
physique que mentale. C'est parvenir à un équilibre qui nous permet de libérer notre
esprit de tout parasite. Eprouvez-vous de la difficulté à atteindre cet état ?
Aimeriez-vous savoir où vous en êtes de ce côté ? Répondez aux quelques questions
qui suivent.
)
72
Vrai Faux Parfois Points
1. En classe ou au travail, je regarde souvent l'heure.
2. J'écoute plus souvent la télévision que je ne lis.
3. Je me laisse parfois envahir par une émotion forte au
point d'oublier tout le reste.
4. En travaillant ou en étudiant, j'aime écouter de la
musique rythmée (rock, disco...).
5. J'ai tendance à m'énerver pour tout et pour rien.
6. Je suis du genre à courir après mon temps.
7. Il m'arrive d'avoir un comportement indécis.
8. Quand je n'aime pas un travail, je sombre dans la rêverie.
9. Il faut me répéter une chose plusieurs fois pour que je
la retienne.
10. Si je trouve un sujet difficile, je "décroche".
11. Je ne suis pas observateur de nature.
12. En règle générale, je préfère la routine à la nouveauté.
13. Etudier, écouter une explication me demande toujours
un effort.
14. Le calcul mental n'est pas mon point fort.
15. En voiture, il m'arrive souvent de prendre la mauvaise
direction ou de me tromper de sortie.
16. Au concert, au théâtre ou au cinéma, j'ai peine à rester
attentif.
1 7. Quand je ne comprends pas une démonstration
(scientifique, technique, littéraire ou autre), j'ai tendance
à passer outre.
18. Ne suscitent mon attention que les domaines qui
m'intéressent.
19. Lire un livre jusqu'au bout m'est difficile.
20. Assister à un cours ou à une conférence me fatigue
mentalement et physiquement.
Chaque fois que vous avez répondu :
- Vrai
inscrivez
2 points
- Faux
0 point
- Parfois
1 point
Votre score :........ points.
5 points et moins :
Bravo ! Vous êtes doué d'une force de concentration peu commune. Voilà qui vous
aidera grandement dans votre apprentissage de la lecture rapide.
73
De 6 points à 1 5 points :
Bonne force de concentration. Vous êtes un excellent candidat à la lecture rapide.
Cernez vos quelques points faibles et vous serez à même de faire de grands progrès.
De 16 points à 25 points :
Force de concentration moyenne. Les événements ont plus souvent raison de vous
que vous des événements. Surveillez vos points faibles, veillez à ce qu'ils n'entravent
pas votre présent apprentissage. Entraînez-vous régulièrement.
26 points et plus :
Force de concentration faible. Visiblement, vous avez de la difficulté à vous intéresser
à ce qui vous entoure. Vous sentez-vous trop sollicité ? Trop de choses à la fois vous
préoccupent-elles ? Voyez où vous en êtes de ce côté, analysez-vous. Mais, surtout,
ne cédez pas au découragement. En vous entraînant régulièrement, vous
progresserez.
CINQ BONS TRUCS POUR AUGMENTER
VOTRE FORCE DE CONCENTRATION
• De la musique en toute chose. Lorsque vous lisez, créez une ambiance
musicale. Vous n'en serez que plus détendu, partant, plus réceptif à votre lecture.
La musique, de préférence douce, non seulement apaise, développe votre sens
esthétique, mais aussi neutralise tous les autres bruits de fond.
• Evitez les sièges trop confortables. Adoptez une posture correspondant au degré
d'attention que vous devez porter à votre lecture : dos droit, muscles tendus,
sens en alerte.
• Surveillez vos heures de sommeil et votre alimentation. Ce conseil, nous ne le
répéterons jamais assez. A quoi sert de se lancer à corps perdu dans une lecture
si l'on n'est pas sûr d'en assimiler la matière, faute d'une bonne nuit de sommeil
et d'une nourriture adéquate ? Mettez toutes les chances de votre côté en ayant
un mode de vie aussi régulier que possible.
• Jouez aussi souvent que possible à des jeux requérant une bonne force de
concentration : échecs, dames, cartes, etc. Ces activités, en plus de favoriser en
vous la détente, de vous donner l'occasion de vous concentrer sur un problème,
vous aideront à développer votre sens de la stratégie. En lecture rapide, c'est un
des atouts les plus précieux.
• Faites toujours comme si vous étiez en train de lire un roman policier. Que se
passe-t-il lorsque vous lisez un roman policier ? Vous anticipez sur le contenu du
roman en tâchant de deviner, à l'aide d'indices qui vous semblent crédibles, qui
est le meurtrier, qui est le voleur, etc. De la sorte, vous entrez complètement
dans le texte, vous en épousez les formes en prévision de la fin. Faites de même
avec tout livre ou tout document dont vous devez achever la lecture. Anticipez
sur le contenu, faites des hypothèses, des projections, et, par la suite, vérifiez si
ces hypothèses, ces projections étaient les bonnes. Vous le verrez, c'est un
excellent moyen pour s'intéresser à ce qu'on lit.
74
JOUEZ A VOUS CONCENTRER
Exercice n° 2.5
#
2'
Vous avez deux minutes pour fixer votre attention sur cette liste de mots. Après ce laps
de temps, notez le numéro de la page, fermez le livre et essayez, de mémoire, d'en
retranscrire au moins 10 sans faire de fautes.
Neurone
Imbécillité
Stockfisch
Myase
Zloty
Enzootie
Déchaux
Va-et-vient
Epierrer
Apocryphe
Lydien
Bayer
Rollmops
Caparaçon
Wassingue
Mnémonique
Dattier
Rougeoiement
Volubilis
Amoncellement
Nombre de mots : ....... sur 20.
1'
Exercice n° 3.5
Accordez-vous 1 minute seulement pour trouver une réponse à chacun de ces
problèmes. N'utilisez ni crayon, ni papier.
38 + 46 - 24 x 2 =
138 : 1 2 + 2 x 10 =
16 x 5 - 38 + 18 =
125 : 5 x 6 - 25 =
84 : 4 + 28 : 7 =
Voir réponses en annexes.
SOYEZ UN LECTEUR DYNAMIQUE
S'impliquer est une des clés du succès en lecture rapide. Cela signifie que vous entrez
de plain-pied dans un texte et que vous cherchez tout de suite à en extraire la
quintessence. Votre but est-il de connaître l'idée principale seulement d'un article qui
vient de paraître ? Comme si cela vous était tout à fait naturel, vous ferez le vide en
vous et immédiatement vous laisserez vos yeux balayer le texte à la vitesse voulue.
Tant que vous n'aurez pas trouvé ce que vous recherchez, vous continuerez au rythme
souhaité. Il en va de même si vous n'avez besoin que d'une statistique : vos yeux
plongeront au sein de la colonne de chiffres à étudier et si votre technique est bonne,
vous vous arrêterez en un rien de temps sur l'objet de votre quête.
75
En bref, vous impliquer c'est mettre toutes vos capacités mentales en jeu en vue
d'atteindre le but que vous vous êtes fixé. Ce but peut varier d'un ouvrage à l'autre,
mais le principe de base est toujours le même : trouver la clé du livre que l'on a à lire.
Et comment peut-on trouver cette clé ? En apprenant à se concentrer. Grâce aux
quelques techniques simples que nous vous avons ici enseignées, vous êtes en
mesure d'aborder tout texte entrant dans votre champ de compétence. Il est vrai que
l'on ne peut pas tout lire rapidement (L'Etre et le néant de Jean-Paul Sartre poserait un
défi considérable même au lecteur rapide le plus chevronné), mais dans l'ensemble
(c'est surtout le cas pour les textes d'information), rares sont les écrits qui peuvent
échapper à l'oeil vigilant du lecteur rapide.
PLAISIR ET CONCENTRATION
Lire n'est pas une opération mécanique ne mettant en jeu que les yeux et la faculté du
cerveau de donner un sens à l'information. C'est essentiellement une activité de
construction qui engage notre esprit. Comme le dit Philippe Pigallet, lire c'est
construire "de la signification et non un enregistrement passif de perceptions
visuelles".
Dans ce sens, la lecture fait intervenir une notion nouvelle : le plaisir. De fait, comment
construire de la signification si l'on n'éprouve pas de plaisir devant un texte ? Comment
arriver à se concentrer si notre esprit renâcle à la tâche ?
Il faut donc prendre plaisir à lire, mais aussi à décrypter un texte. Pour y arriver, il
existe un moyen qui a fait ses preuves et dont nous avons déjà parlé un peu plus haut:
l'anticipation. Il faut anticiper sur sa lecture, anticiper sur la pensée de l'auteur,
anticiper sur la tournure finale du paragraphe que l'on est en train de lire.
Comme l'écrit Sartre dans Situations III : "En lisant, on prévoit, on attend. On prévoit la
fin de la phrase, la phrase suivante, la page d'après : on attend qu'elles confirment ou
qu'elles infirment ces prévisions; la lecture se compose d'une foule d'hypothèses, de
rêves suivis de réveils, d'espoirs et de déceptions; les lecteurs sont toujours en avance
sur la phrase qu'ils lisent, dans un avenir seulement probable qui s'écroule en partie et
se consolide en partie à mesure qu'ils progressent. "
C'est en anticipant que l'on pénètre au coeur d'un texte, que l'on en retire du plaisir et
que notre force de concentration est à son meilleur niveau. Du reste, la structure
même de la langue française permet l'anticipation.
L'on sait, par exemple, qu'un substantif est en général précédé d'une préposition et
que, selon le contexte de la phrase, il est parfois suivi ou précédé d'une épithète. De
même, un verbe prend généralement place dans l'énoncé (la phrase) et il est presque
toujours suivi d'un attribut ou d'un complément.
Bref, pour celui dont la lecture est une habitude et la langue un outil de travail
journalier, il semble tout à fait naturel d'anticiper.
EN ANTICIPANT, DIMINUEZ L'INCERTITUDE
Tous, lorsque nous abordons un livre, nous cherchons à diminuer notre incertitude.
Tous, nous souhaitons augmenter nos connaissances.
La diminution de l'incertitude, en vérité, est une théorie qui appartient au monde de la
communication. Elle se définit comme suit : à toute recherche d'information doit
correspondre une baisse de l'incertitude. On dira qu'il y a baisse de l'incertitude si le
76
lecteur comprend et assimile le texte qu'il a sous les yeux. A l'inverse, il y aura
incertitude totale si le lecteur ne comprend rien ou presque rien à ce qu'il lit, soit parce
que ses connaissances sur le sujet traité sont faibles, soit parce qu'il ne réussit pas à
faire le lien structurel entre les différentes parties du texte, soit encore parce que le
degré de motivation n'est pas suffisant.
En anticipant, en tentant de prévoir le cheminement de la pensée de l'auteur, en
édifiant des constructions qui resteront à vérifier, le lecteur diminue le risque
d'incertitude.
Certes, si vous vous trouvez devant un texte réputé difficile ou si vous avez à vous
familiariser avec un sujet qui vous échappe en tout ou en partie, il va de soi que vos
tentatives d'anticipation seront affectées par votre incertitude fondamentale. Mais en
règle générale l'anticipation demeure un outil de base, la clé permettant d'entrer dans
la grande majorité des textes. Elle fait pour ainsi dire partie de la trousse du lecteur
rapide.
Entraînez-vous à en maîtriser les subtilités. Continuez de faire ce que tout lecteur
pratique naturellement en lisant (l'anticipation), mais en prenant clairement conscience
qu'il s'agit là d'un moyen pour augmenter votre force de concentration, donc votre
vitesse de lecture.
LA PART DE L'AUTOSUGGESTION
Sans vouloir invoquer ce que les sociologues appellent la "pensée magique", disons
que l'autosuggestion, au même titre que l'anticipation qui est plutôt une technique de
lecture, constitue une arme de choix pour qui cherche à améliorer sa force de
concentration. L'autosuggestion est en quelque sorte une forme d'autohypnose, mais
en même temps elle aide l'individu à acquérir la maîtrise de ses forces psychiques.
Elle se pratique de la façon que nous connaissons tous : on se persuade que l'on peut
accomplir tel acte ("je réussis à lire ce livre en deux heures", "je trouve en dix secondes
l'idée maîtresse de ce document"), bref, on s'investit d'une énergie essentiellement
positive, à telle enseigne que par la force de notre volonté nous arrivons souvent à nos
fins.
En lecture rapide, comme en n'importe quelle autre activité requérant un minimum de
concentration, l'autosuggestion n'est pas à négliger, tant s'en faut. L'idée de base est
simple : se convaincre que l'on peut et que l'on doit arriver au but fixé.
Mon but est de m'améliorer à chaque séance de lecture rapide ? Je m'améliore.
FAITES-VOUS UN ALLIE DE VOTRE INCONSCIENT
A l'évidence, l'autosuggestion relève de l'inconscient. On pourrait d'ailleurs la décrire
comme étant une façon consciente d'influer sur notre inconscient.
Plusieurs facteurs contribuent à former notre inconscient : l'école, la société,
l'éducation reçue à la maison, etc. Tous ces facteurs sont de type passif : nous ne
pouvons rien contre eux, nous les subissons; ce qu'ils déclenchent en nous, ce sont
des automatismes propres à chaque situation.
En matière d'autosuggestion, il en va autrement. Ici, le processus est en grande partie
conscient. C'est l'individu et personne d'autre qui décide d'agir sur son inconscient en
vue d'atteindre un objectif. C'est lui et lui seul qui croit à la réalisation de cet objectif.
Ainsi donc, faire de son inconscient un allié se révèle une tâche des plus utiles, surtout
si l'on vise à accroître sa motivation et sa force de concentration. La bonne vieille
77
analogie avec le sportif a toujours cours ici. Le sportif a un objectif en vue et plus rien
pour lui n'existe en dehors de cet objectif : il se doit de l'atteindre.
Faites de même. Après tout, à la manière du sportif, votre objectif est d'abord et avant
tout quantitatif : vous désirez augmenter votre vitesse de lecture, vous voulez lire plus
de mots à la minute.
Exercice n° 4.5
Survolez ce texte en 5 secondes et fixez-vous un temps de lecture aussi court que
possible : 1 minute, 2 minutes. Dites-vous que ce temps de lecture est réaliste et
réalisable. Mesurez ensuite votre vitesse souhaitée par rapport à la vitesse atteinte.
Constatez-vous une différence ?
L'Art de vouloir
Deux jugements faux dans tous nos essais. Nous pensons tout d'abord que la chose
est très facile; et, après un premier essai, nous jugeons qu'elle est impossible. Ceux
qui ont fait tourner un diabolo, jeu oublié, savent que c'est une tentative ridicule et sans
espérance. Que dire du violon, du piano, de l'anglais ?
Le spectacle de ceux qui sont déjà avancés fortifie d'abord notre courage, mais
presque aussitôt le ruine par une comparaison qui écrase. C'est pourquoi la curiosité,
le premier élan, l'ardeur de tout commencement ne promettent pas beaucoup aux
yeux du maître; il sait trop que ces provisions sont promptement dévorées; il attend
même que le désespoir et la maladresse soient en raison de la première ambition, car
il faut que toutes ces choses d'entrée, bonnes ou mauvaises, soient enterrées et
oubliées; alors le travail commence. C'est pourquoi, si l'on travaille sans maître, les
essais prennent fin juste au moment où le travail devrait commencer.
Le travail a des exigences étonnantes, et que l'on ne comprend jamais assez. Il ne
souffre point que l'esprit considère des fins lointaines; il veut toute l'attention. Le
faucheur ne regarde pas au bout du champ.
L'école est un lieu admirable. J'aime que les bruits extérieurs n'y entrent point. J'aime
ces murs nus. Je n'approuve point qu'on y accroche des choses à regarder, mêmes
belles, car il faut que l'attention soit ramenée au travail. Que l'enfant lise, ou qu'il
écrive, ou qu'il calcule, cette action dénudée est son petit monde à lui, qui doit suffire.
Et tout cet ennui, là autour, et ce vide sans profondeur, sont comme une leçon bien
parlante; car il n'y a qu'une chose qui importe pour toi, petit garçon, c'est ce que tu fais.
Si tu fais bien ou mal, c'est ce que tu sauras tout à l'heure ; mais fais ce que tu fais.
Cette simplicité monastique n'est jamais acceptée par ses vraies causes, quoique,
dans le fait, on s'y trouve heureusement réduit. " Ô solitude, Ô pauvreté !" Tout homme
est un poète qui se plaint. J'ai ouï conter, au sujet d'un enfant bien doué, que son
maître de piano occupait une bonne partie de son temps à lui parler des biographies,
des écoles et des genres; ce qui prépare peut-être à parler passablement de
Beethoven, mais nullement à jouer ses oeuvres. Or, parler passablement n'est pas
difficile; c'est jouer qui est difficile. Et enfin il n'y a de progrès, pour nul écolier au
monde, ni en ce qu'il entend, ni en ce qu'il voit, mais seulement en ce qu'il fait.
Or, cette sévère méthode, qui raccourcit si bien les vues sur le monde, est justement
ce qui y donne entrée. Car, à s'informer de tout, on ne sait jamais rien. On apprend la
politique en transmettant des ordres et en copiant des dépêches, non autrement.
J'irais jusqu'à dire qu'en tout travail, le désir de bien faire doit être usé d'abord; ce dont
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tout métier se charge, et le métier d'écolier comme les autres. Car le désir vise trop
loin, et gâte l'action présente en y mêlant celle qui suivra. Si exercé que soit le pianiste,
il y aura toujours autant de déceptions que d'ambitions. Par quoi il est ramené à son
travail, et lui confie tout. Ici commence toute grandeur.
Je veux expliquer par là que la patience consiste à se passer de preuves; et l'épreuve,
en tout son sens, signifie cela. Ainsi le mot des impatients est-il toujours qu'ils ne
retiennent rien, qu'ils ne font pas de progrès, que tout est difficile. Ce tour d'esprit n'est
pas méprisable; j'y vois du sérieux, une sévérité pour soi-même, une noble idée de la
perfection; mais ce sont des vertus prématurées. Il faut surmonter cette timidité
orgueilleuse. L'ambition se porte alors toute à des actions qui sont toujours à portée,
comme de régler l'emploi du temps; et, par cette humble police de soi, l'esprit se trouve
délivré sans qu'on en doute. Cet art de vouloir ne se perd plus; mais je ne vois pas qu'on
puisse l'acquérir hors du collège; et les Tard-Instruits, comme dit Platon, ne l'ont jamais.
Alain, Propos
Ce texte comporte 682 mots
SAVOIR SE RELAXER, C'EST SAVOIR SE CONCENTRER
Qui dit concentration, dit aussi relaxation. L'on n'ose pas imaginer ces deux notions
l'une sans l'autre tellement elles nous semblent imbriquées. De fait, la relaxation,
lorsqu'elle est menée à bon port, favorise la concentration, et la concentration, en tant
que processus de rétention d'énergie, implique la relaxation.
Mais d'abord, qu'est-ce que la relaxation ? Bien qu'une multiplicité de définitions soient
accolées à ce terme, on peut dire, sans trop de risque de se tromper, qu'elle est "une
technique de recherche d'un repos le plus efficace possible, en même temps que
d'économie des forces nerveuses mises en jeu par l'activité générale de l'individu".
Dans un sens plus large encore, en empruntant à l'étymologie, la relaxation pourrait
être vue comme un processus de "relâchement" de tout l'être, une mise en liberté du
corps et de l'esprit.
Relaxation n'est pas détente oisive
Il existe mille et une façons de se relaxer. On peut en effet trouver la détente en allant
au cinéma, au théâtre ou, plus simplement encore, en écoutant de la musique ou en
faisant une balade dans son quartier.
Ces façons de se relaxer, à la portée de tous, même si elles calment provisoirement le
corps et l'esprit, ne sont toutefois pas des méthodes.
Une méthode implique un cheminement, des techniques et un but à atteindre. Aller au
cinéma crée certes un changement de cadre qui peut être bienfaisant pour l'esprit,
mais rien ne dit que votre esprit ne retombera ensuite dans ses vieilles ornières, et ne
sera pas aussi tendu qu'auparavant.
Nous connaissons tous des gens que l'affairement quotidien rend nerveux, irritables et
qui cherchent le défoulement dans les moindres occasions de détente. Cela signifie-t-il
que leur esprit est en meilleur état de fonctionner par la suite ? Bien sûr que non.
79
Ils n'auront pas appris à se relaxer véritablement mais seulement à se détendre. La
détente est provisoire, toujours à reconquérir, alors que la relaxation, si l'on en connaît
les principes de base, fait partie de la vie de tous les jours, nous aide à accomplir nos
tâches avec efficacité.
LES DEUX GRANDES METHODES DE RELAXATION
Il va de soi que, dans le cadre de cet ouvrage, il nous est impossible de dresser un
inventaire, fût-il partiel, des méthodes de relaxation que l'on trouve sur le marché. Il en
existe en effet une foultitude, mais nous ne nous tromperons pas en disant que les
deux principales sont le training autogène de J. H. Schultz et la relaxation progressive
d'Edmund Jacobson. Ces deux méthodes - que nous nous contenterons de vous
exposer succinctement - ont du reste inspiré une nuée d'épigones, qui les ont plus ou
moins adaptées à leurs besoins spécifiques.
Le training autogène de Schultz
J.H. Schultz présenta pour la première fois sa méthode en 1911. Psychanalyste dans
la mouvance de Freud, il avait remarqué que lors de l'état d'hypnose, le corps éprouve
des sensations caractéristiques : lourdeur dans les membres, chaleur diffuse, etc.
Voulant reproduire ces sensations dans le but d'induire d'une manière somatogène la
déconnexion organique qui caractérise l'état hypnotique, il mena diverses expériences
et finit par développer une méthode de relaxation originale, basée sur une série
d'exercices tenant compte des auto-observations des sujets sous hypnose.
La méthode de Schultz se divise en deux cycles : le cycle inférieur et le cycle
supérieur. Pour des raisons d'ordre pratique, nous nous pencherons uniquement sur le
cycle inférieur, qui est le cycle premier, celui que tout débutant doit savoir maîtriser.
Quant à la base de la méthode elle-même, elle repose sur la concentration passive, à
savoir sur des suggestions que le sujet fait siennes : suggestions de chaleur, de
pesanteur, de calme, etc.
Comment pratique-t-on le training autogène ?
La condition première pour pratiquer le training autogène est de disposer d'une pièce
tranquille, à l'abri de tout stimulus extérieur. L'éclairage doit être minimal et la
température normale. Vous devez éviter d'être habillé trop chaudement ou de manière
incommode, de façon à ne pas gêner vos mouvements.
Trois positions sont recommandées, à adopter selon les circonstances :
• La position du fauteuil.
Vous choisissez un fauteuil confortable au dossier élevé et vous laissez vos bras
reposer sur les accoudoirs. La tête est appuyée contre le dossier et vous gardez les
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jambes légèrement écartées. Vous fermez les yeux. Comme pour toutes les autres
positions, vous cherchez à atteindre le maximum de confort.
• La position du cocher de fiacre.
Vous prenez place sur un siège ordinaire et vous faites ce qu'on appelle
communément le dos rond. Vos avant-bras reposent sur vos cuisses mais sans
appuyer, vos jambes sont écartées et votre tête retombe vers l'avant. Comme toujours,
vous fermez les yeux. Tous vos muscles, tout votre être aspirent au repos.
• La position couchée.
Vous vous étendez sur un lit ou sur un divan et votre tête repose sur un coussin ou
directement sur le lit ou le divan si vous êtes plus à l'aise ainsi. Vos mains sont posées
à plat parallèlement à votre corps, paumes vers le haut. La pointe des pieds est
tournée vers l'extérieur mais sans effort. Vos yeux sont toujours fermés de façon à
éviter les stimuli optiques et à favoriser les représentations mentales.
Notez bien :
Chaque exercice ne doit pas durer plus d'une minute et demie. La première étape est
la suivante : l'induction au calme. Sans parler, vous vous dites : "Je suis tout à fait
calme." Vous vous répétez plusieurs fois cette formule, jusqu'à la "ressentir"
Expérience de la pesanteur
Concentrez-vous mentalement sur cette formule : "Mon bras droit est lourd, de plus en
plus lourd." Si vous êtes gaucher, dites plutôt : "Mon bras gauche est lourd, de plus en
plus lourd." Respirez normalement, sans effort. Ne vous crispez pas sur l'idée de
pesanteur, tâchez plutôt de vous détendre tout en pensant à l'idée de pesanteur. Il
n'est pas du tout dit que vous atteindrez cet état à votre premier essai. Mais
normalement, au bout de quelques jours, vous devriez être en mesure de l'éprouver.
Expérience de la chaleur
Le principe est le même que pour l'exercice précédent : provoquer en vous la chaleur
en vous répétant de 6 à 7 fois cette formule : "Mon bras droit est tout à fait chaud."
Dans les premiers temps, intéressez-vous à cette partie de votre corps uniquement.
Le coeur
Ici, le but est la relaxation de l'activité cardiaque. Vous devez "sentir" battre votre
coeur. La formule utilisée est : "Mon coeur bat calmement." Au besoin, mettez votre
main sur votre coeur pour être davantage à son écoute.
La respiration
Vous ne cherchez pas à changer votre respiration mais à vous "sentir" respirer. Pour
mieux y parvenir, pensez à l'air pénétrant dans vos poumons, gonflant votre cage
thoracique. Répétez-vous de 6 à 7 fois cette formule : "Ma respiration est tout à fait
calme." Selon Geissmann et Durand de Bousingen, on peut employer cette autre
formule, plus abstraite : "Je suis toute respiration."
La chaleur abdominale
Ici, la chaleur est ressentie au niveau du plexus solaire. Elle est douce, agréable et
elle irradie dans tout le ventre. La formule à employer est : "Mon plexus solaire est
tout à fait chaud."
81
La tête
Pour éviter une vasodilation trop forte de la tête, Schultz recommande de concentrer
cet exercice au niveau du front en répétant cette formule : "Mon front est
agréablement frais." En même temps que vous évoquez cette sensation de fraîcheur,
pensez à une brise courant sur votre front, à un bain chaud duquel émerge votre tête, etc.
Le training autogène est à la portée de tous
Comme vous le voyez, ces exercices sont faciles et ne requièrent aucune adaptation
particulière. Cependant, comme pour la lecture rapide, il est recommandé de les
pratiquer régulièrement, si l'on cherche à atteindre une certaine maîtrise. Selon Schultz,
il faut compter entre un et six mois pour acquérir la maîtrise de ces exercices. Au début,
de 5 à 15 minutes par jour suffisent; avec le temps, on peut même songer à raccourcir
cette durée.
La relaxation progressive d'Edmund Jacobson
La méthode de Jacobson est tout à fait différente de celle de Schultz. Elle est basée
sur la théorie du tressaillement nerveux. Jacobson avait en effet noté, à la suite d'une
série d'observations portant sur l'activité neuro-électrique des muscles, qu'il suffit de
penser à commettre un acte pour que le ou les muscles correspondants se mettent à
tressaillir, même imperceptiblement.
Un exemple : il suffit d'avoir l'intention de parler pour qu'aussitôt les muscles de la
sphère laryngée et faciale révèlent leur potentiel d'action.
Pour Jacobson, il existe un rapport évident entre le vécu émotionnel et la tension
musculaire. Même à l'état de repos apparent, un muscle, selon lui, reste sous
l'influence des processus mentaux du moment. Grâce à un appareillage sophistiqué
qu'il a lui-même mis au point (un électro-neuro-myomètre), il a réussi à mesurer ce
rapport, d'ordre parfois infinitésimal.
Contrairement à Schultz, Jacobson n'utilise aucune forme de suggestion dans sa
méthode. Il estime plutôt que la maîtrise des muscles du corps est la fin recherchée. Il
qualifie sa méthode de progressive parce que la relaxation, pour être complète, doit
d'abord se faire région par région, muscle par muscle.
Une séance de relaxation progressive dure environ une heure, à raison d'une à trois
fois par semaine. Mais ceci est une indication d'ordre thérapeutique seulement. Selon
vos besoins et votre disponibilité, vous pourrez user comme bon vous semble de cette
méthode, quitte à n'en emprunter que des éléments.
1ère étape : la décontraction des bras
Durée : 30 minutes.
- Couché sur le dos, les yeux fermés, essayez pendant 20 minutes, 30 si vous êtes
particulièrement tendu, de ne pas bouger.
Toujours couché, vous élevez, dans un premier temps, le bras et vous inclinez la main
en arrière, vers le poignet. Vous gardez la position pendant quelques instants tout en
vous concentrant sur la sensation de chaleur que ce geste engendre. Laissez ensuite
retomber le bras. Accordez-vous quelques minutes de repos et recommencez
l'exercice deux fois.
82
- Même exercice que ci-dessus mais avec les deux bras. A la fin, reposez-vous
pendant 10 minutes.
2e étape : les jambes
Durée : 25 minutes.
En position couchée, étendez les pieds et fléchissez les orteils, sans l'aide des
genoux. Cessez brusquement le mouvement et recommencez deux autres fois.
- Répétez l'exercice ci-dessus, mais cette fois détendez progressivement les pieds et
les orteils.
- Répétez à nouveau l'exercice mais en vous concentrant sur la sensation de chaleur
qui accompagne la détente des pieds et des orteils.
3e étape : la respiration
Durée : 10 minutes.
Vous conservez la position couchée, mais si vous préférez, vous pouvez vous mettre
sur le côté.
- Pendant 10 minutes, restez ainsi en respirant de temps en temps 2 à 3 fois plus
profondément que d'habitude, mais sans forcer. Demeurez à l'écoute des variations de
votre respiration.
4e étape : le front
Durée : indéterminée.
- Debout devant un miroir, froncez le front et levez les paupières. Peu à peu, laissez
vos muscles se relâcher. Fermez lentement les yeux et détendez-les.
- En position couchée, répétez l'exercice ci-dessus. Répétez à nouveau, en vous
concentrant sur la sensation de détente qui va du front et des yeux jusqu'à vos bras,
vos jambes et votre cage thoracique.
5e étape : les yeux
Durée : indéterminée.
- En position couchée, regardez vers la droite pendant 30 secondes en tâchant de
ressentir la tension oculaire. Ramenez vos yeux à la normale mais sans rien regarder
en particulier. Prenez conscience de la sensation de détente engendrée par ce geste.
- Recommencez en projetant vos yeux vers la gauche, ramenez-les à la normale, puis
regardez vers le haut et enfin vers le bas, sans oublier d'observer un temps de détente
entre chaque exercice.
83
6e étape : muscles de la sphère vocale.
Durée : indéterminée.
Comptez jusqu'à 10 en vous concentrant sur l'activité des muscles de la langue, des
lèvres, de la mâchoire, du cou et de la cage thoracique.
Lorsque vous avez fini de compter, détendez chacun de ces muscles pendant 2 à 3
minutes. Répétez l'exercice deux autres fois.
- Comptez jusqu'à 10 mais à mi-voix, puis en murmurant. Détendez-vous.
- Comptez jusqu'à 10 mais intérieurement et en vous représentant les chiffres. Même
si les muscles de la sphère vocale n'ont en apparence pas bougés, vous ressentirez
malgré tout une sensation de détente.
Erreur ! Signet non défini.
Rappelez-vous que :
• Savoir se concentrer est une des clés de base en lecture
rapide.
• Evitez la dispersion mentale et l'éparpillement.
• En anticipant, on accroît son plaisir de lecture et on
diminue son incertitude.
• Se faire un allié de son inconscient, c'est multiplier sa
force de concentration et son degré de motivation.
• Les deux grandes méthodes de relaxation sont le training
autogène de J.J. Schultz et la relaxation progressive
d'Edmund Jacobson. Durant votre entraînement de
lecteur rapide, pratiquez l'une ou l'autre de ces
méthodes, selon votre choix. Elles rendront votre
entraînement plus efficace et plus facile.
84
LEÇON 6
OU EN ETES-VOUS ?
85
A ce stade de votre entraînement, il est temps de faire le point. Vous avez accumulé
beaucoup de connaissances, beaucoup de notions nouvelles, aussi le moment est-il
venu de vous retourner pour vous rendre compte du chemin parcouru.
Mesurez votre vitesse de lecture
Votre premier réflexe sera sans doute de vous demander si vous lisez plus
rapidement qu'avant. Après tout, n'est-ce pas là le but poursuivi ? Répétons qu'un
lecteur moyen enregistre de 150 à 300 mots à la minute et qu'un aspirant à la lecture
rapide, après quelques leçons, suivies d'un entraînement régulier à raison d'une heure
par jour, peut espérer franchir le cap de 400, voire de 500 mots à la minute. Est-ce votre
cas ?
Exercice n° 1.6
1'
*
Ce texte de Blaise Cendras tiré de Bourlinguer contient exactement 520 mots.
Survolez-le en 10 secondes, puis lisez-le en 1 minute. Si en 1 minute vous n'avez pas
tout lu, cochez l'endroit où vous vous êtes arrêté, et calculez le nombre de mots
restants.
Anvers
Lors de mon dernier passage à Saint-Pétersbourg j'avais eu l'occasion d'embarquer
ces caisses sur un cargo à destination d'Anvers, en port dû, et je n'avais pu les
dédouaner à l'arrivée, n'ayant plus d'argent, et depuis..., depuis, les frais de
magasinage à Anvers s'étaient multipliés, près d'un an s'étant écoulé, et je venais de
recevoir avis que les Autorités du port allaient les faire passer en vente publique et je
m'étais dit que peut-être pourrais-je racheter mes bouquins en douce et pour moins
cher que le montant des frais, les amateurs de livres n'étant pas précisément les
habitués des ventes de warrants, et c'est probablement ainsi, en faisant luire à ses
yeux les résultats d'une magnifique opération de carambouillage qui nous rapporterait
des mille et des cents, ce qui nous dépannerait tous les deux, que j'avais dû arriver à
convaincre Korzakow de m'accompagner à Anvers, où nous traînions sur le port depuis
des semaines, le ventre vide, les pieds vannés, sales et hirsutes (une partie du trajet
Paris-Anvers s'était faite à pinces, l'autre, en brûlant le dur), couchant dans les docks
vides et sans espoir de trouver les quatre sous dont j'avais besoin pour dédouaner ou
racheter mes bondieu de bouquins, sans aucune envie, ni lui ni moi, d'aller nous mêler
aux débardeurs, d'en mettre un coup et d'y donner la main, ayant tous les deux le
travail en horreur, ne voulant pas nous soumettre, flânant, baguenaudant sur le port,
guettant l'occase, nous demandant sous quel travestissement de hasard l'occasion
allait se présenter, nous moquant de nous-mêmes, injuriant tout le monde, rigolant,
ayant épuisé tout notre crédit dans tous les estaminets des quais, ne rencontrant plus
personne pour nous payer un verre, les gonzesses se foutant de nous, surtout celles
de "Chez Julia", où Korzakow prétendait avoir fait une touche le soir de notre arrivée,
86
n'arrivant plus à freiner le moulin à paroles qui nous avait déjà intoxiqué et fait bavarder
à perte de vue tout le long de la route et nous raconter des histoires comme les Slaves
font pour s'étourdir, en ville, à la campagne, au bivouac, surie trimard, jour et nuit
durant l'interminable voyage du transsibérien ou la lente, la longue, la monotone
descente du Volga en bateau en vapeur, parlant de Dieu, de l'univers, de l'amour, de la
vie, la fameuse govoretschka qui fait que pour un étranger l'immense Russie n'est
qu'un inquiétant meeting qui remet tout en question, un camp volant, govoretschka à
laquelle je m'étais entraîné en pratiquant trois années de suite la foire de
Nijni-Novgorod, avec Rogovine, mon ancien patron, qui m'avait associé à ses affaires
de bijoux, ce qui me permettait de tenir tête à Korzakow, qui, sinon, m'eût possédé...
Mais cent fois, entre Paris et Anvers, je m'étais dit que seule l'épaisseur du petit
volume que j'avais dans ma poche (c'était Les Testaments de Villon) me séparait de
mon compagnon et m'empêchait de devenir une parfaite canaille, comme lui. Mais
sait-on jamais ?
Peut-être que je me trompais. On n'est pas fait d'une pièce. Et cent fois tout le long de
la route j'avais pu me rendre compte par quoi Korzakow m'attirait...
Nombre de mots restants : …….
.
S'il vous reste environ une centaine de mots que vous n'avez pu lire, ne vous
inquiétez surtout pas, vous êtes dans la norme. Néanmoins, continuez de vous
entraîner régulièrement en lisant journaux, revues, documents, livres à la vitesse
maximale.
L'important, une fois ce livre refermé, est de poursuivre votre apprentissage en tirant
profit de la moindre occasion de lecture.
. S'il vous reste au-delà de 100 mots, ne cédez pas au découragement.
Cependant, demandez-vous si vous vous êtes entraîné chaque jour.
Avez-vous lu chacun des chapitres de ce livre bien attentivement ? Avez-vous profité
de la lecture des journaux, des imprimés divers pour améliorer votre vitesse ?
Dites-vous bien que la lecture de ce manuel est certes très importante, mais
également vos efforts à le mettre en pratique dans la vie quotidienne.
Avez-vous diminué le nombre de vos fixations ?
Les fixations sont un des plus grands facteurs de ralentissement de la lecture. Il faut
donc veiller à en diminuer le nombre, sinon les progrès que vous pourrez faire risquent
d'être limités. Le nombre idéal de fixations est d'environ 2 à 3 par ligne, tout dépendant
de la typographie et de la densité du texte. Plus un texte fourmille de détails, plus sa
typographie est serrée, plus il compte de mots ne faisant pas partie du vocabulaire
courant, plus le lecteur sera contraint d'accumuler les fixations. Mais, en règle
générale, la plupart des textes que nous sommes appelés à lire n'ont pas plus de 8 à
10 mots par ligne, ce qui facilite grandement la tâche du lecteur rapide.
87
Exercice n° 2.6
Voici un petit exercice "en X" destiné à vous rafraîchir la mémoire en matière de
fixations. Commencez toujours par porter vos yeux sur le centre du groupe de mots, de
manière à englober entièrement celui-ci.
PEINTURE
Presque tout ce que nous
possédons sur la peinture
romaine, aussi bien au
Vatican que sur place, pro
vient des villes
miraculeusement ensevelies.
Le rattachement à la peinture
grecque se devine plus qu'il ne
se constate, puisque les
éléments de comparaison
nous font défaut.
Y chercher le morceau
serait procéder à
contre-sens : un dessin
souvent maladroit, presque
toujours sans nerf,
dénote la main d'artisans
dont la dextérité s'emploie
à diversifier agréablement
les surfaces. Ils les ornent
de feintes architectures,
ouvrent des fenêtres
sur des paysages pleins
d'animation, un peu trop
encombrés de fabriques, et plus faits pour amuser
le spectateur que pour satisfaire un goût sourcilleux.
Ils représentent avec facilité des amours,
des scènes mythologiques, parfois des natures
mortes, dont l'accent de vérité dépasse de
beaucoup la convention habituelle des
personnages. Il sort de cette production
courante quelques oeuvres:
Les Noces Aldobrandines,
au Musée du Vatican,
montrent des groupes
savamment différenciés
par les attitudes et qui se tiennent
en un rythme grave et noble. La gamme
des tons, à base de gris a de la distinction.
L'une des plus récen- tes découvertes : la grande
décoration à la cire
qui fait succéder sur les
murs d'une petite salle
pompéienne les scènes
d'une initiation aux
mystères dionysiaques
par des personnages
à peu près grands comme
nature, est certainement
le reflet de quelque chose de
magistral. Ce n'est pourtant
pas, sans doute, l'oeuvre du
maître lui-même : trop de
mollesses de dessins s'y
opposent mais le
copiste ou l'adapteur
qui a peint cette femme nue
emportée dans la tourmente
de la danse, ou cette autre
qui se réfugie dans le giron
d'une compagne drapée,
celui-là a su voir et
comprendre ce qu'il a vu.
Pierre de Colombier, Histoire de l'art
88
Exercice n° 3.6
Même principe que ci-dessus. Concentrez-vous toujours sur le centre du groupe de
mots. Ne faites qu'une seule fixation par colonne et lisez très rapidement.
né à Rouen en 1821,
Flaubert (Gustave),
romancier français,
(Seine-Inférieure)
mort dans sa
propriété de Croisset
des études de droit
en 1880.
Il commença d'abord
à la littérature.
qu'il abandonna
pour se consacrer
menant une sorte
/1 ne vécut guère
que pour son oeuvre,
maison de Croisset.
d'existence de
cénobite dans sa
Madame Sovary,
En 1857 il
publia son roman
une évocation de la
qui fut poursuivi
comme immoral; puis
L'Education
vie carthaginoise:
Salammbô (1862) ;
Antoine, sorte de
sentimentale (1874); la Tentation de saint
Flaubert avait
méditation théologique et philosophique que
Trois contes (La
remaniée pendant
vingt-cinq ans (1874) ;
Hérodias, Un coeur
Légende de Saint
Julien l'Hospitalier,
publié un roman inachevé,
simple) [1877].
Après sa mort, on a
de la sottise bourgeoise;
Souvard et
Pécuchet (1881), satire
un livre d'impressions de voyage, Par les champs et par les grèves (1885),
nombreuses oeuvres de
une abondante
correspondance et de
jeunesse qu'il
n'avait pas voulu publier.
Il y avait, chez Flaubert,
deux hommes qui s'opposaient
violemment. Par tempérament,
il était pleinement romancier.
Dans sa vie, sa correspondance,
son oeuvre, ce romantisme se traduit
par une haine grandiloquente du
bourgeois, dont il a fait la caricature,
d'ailleurs vigoureuse,
dans le Monsieur Homais
de Madame Sovary, et
dans Bouvard et Pécuchet.
Du romantisme, Flaubert a le goût du personnage
somptueux, des tableaux éclatants, fourmillant
d'une vie bigarré
et violente.
Larousse, Dictionnaire du xxe siècle
89
A PROSCRIRE :
LA SUBVOCALISATION ET LES REGRESSIONS
Subvocaliser, rappelons-le, c'est prononcer mentalement le mot, la phrase que l'on lit,
ce qui retarde de beaucoup le débit de la lecture.
Régresser, cela signifie faire machine arrière au cours de sa lecture, sous le motif de relire
une phrase, un mot qu'on estime n'avoir pas compris ou dont on veut vérifier le sens.
Subvocaliser et régresser sont deux habitudes tenaces dont même l'aspirant le plus
sérieux à la lecture rapide a peine à se débarrasser. Lorsque vous lisez, soyez
toujours sur vos gardes. Ne retardez pas indûment votre lecture en prononçant les
mots que votre oeil rencontre (le balayage oculaire suffit amplement) et évitez de
régresser; du reste, sauf cas de force majeure (texte mal écrit, mal construit ou trop
touffu) les régressions sont toujours inutiles.
* LE DOIGT, VOTRE AUXILIAIRE DE LECTURE
Rares sont les méthodes de lecture rapide prônant l'utilisation du doigt. Pourtant, il s'agit là
d'un outil indispensable remplissant on ne peut mieux sa mission : augmenter la vitesse
de lecture. Le doigt, employé régulièrement, mobilise l'attention et oblige l'esprit à rester
en constante effervescence.
N'OUBLIEZ PAS LES CINQ ETAPES DU SURVOL
Vous avez sûrement, et depuis longtemps, fait du survol une technique de lecture
indispensable. Continuez, car le survol est votre meilleur compagnon de route. Son but
: s'imprégner, dans un temps très court, de la matière et de l'esprit d'un texte.
Sans imprégnation, il est difficile de s'orienter à travers les dédales d'un texte.
Considérez le survol comme un guide. Dites-vous que lui seul peut vous aider à cerner
un texte.
Répétons les 5 étapes du survol :
1. Identifier le texte
2. Connaître l'intention de l'auteur
3. Anticiper sur le contenu
4. Analyser brièvement le contenu
5. Faire le bilan.
90
RENOUEZ AVEC LE REPERAGE ET L'ECREMAGE
Repérer, pour le lecteur rapide, c'est partir à la recherche d'informations précises,
ponctuelles : une statistique, un numéro de téléphone, un cours -boursier, une
définition, etc. C'est une technique requérant une bonne agilité visuelle, mais que nous
pratiquons tous à l'occasion.
Ecrémer, au contraire, consiste à trouver l'idée principale dans un texte. En écrémant,
on part en quelque sorte à l'aventure, sans itinéraire précis (nous finissons par trouver
l'objet de notre quête en cours de route seulement), alors qu'en repérant on sait ce que
l'on cherche.
Exercice n° 4.6 (repérage)
30"
En 30 secondes, trouvez, parmi ces titres de la Bourse de Paris, ceux dont le cours
sont égaux ou supérieur à 53€.
Page suivante
)
91
valeur
Code
FR0000120404
Accor
FR0000125924 AGF
Cours
Variation
33,35 €
- 0,45 %
Ouv.
+ haut
+ bas
33,60 €
33,80 €
33,25 €
Volume
932 908
51,80
+ 0,10 %
51,90
52,20
51,65
320 131
132,20
- 0,38 %
133,00
133,00
131,80
220 296
11,82
+ 0,34 %
11,90
11,93
11,75
7 617 271
16,10
+ 1,39 %
16,01
16,23
15,97
3 829 506
FR0000120628 Axa
17,93
+ 0,84 %
17,80
18,12
17,78
9 319 978
FR0000131104 BNP Paribas
54,00
- 0,83 %
54,70
54,80
53,85
3 031 909
FR0000120503 Bouygues
33,10
+ 0,46 %
32,97
33,28
32,72
1 079 016
FR0000125338 Capgemini
23,92
+ 0,84 %
24,03
24,11
23,55
1 852 394
FR0000120172 Carrefour
35,30
- 0,28 %
35,55
35,60
35,09
2 344 030
FR0000125585 Casino Guichar
58,20
+ 0,34 %
58,00
58,65
58,00
226 370
FR0000045072 Credit Agricole
23,62
- 0,76 %
23,88
23,88
23,36
3 138 206
FR0000120644 Danone
67,85
- 0,22 %
68,05
68,30
67,50
625 882
BE0003796134 Dexia
15,95
- 1,05 %
16,11
16,12
15,91
1 231 970
24,61
- 1,16 %
24,90
24,95
23,75
6 800 311
FR0000133308 France Teleco.
22,95
+ 1,55 %
22,66
22,98
22,65
11 255 574
FR0000120537 Lafarge
72,00
+ 0,07 %
72,20
72,80
71,80
693 836
FR0000130213 Lagardere
54,20
+ 1,78 %
53,40
54,35
53,30
733 028
FR0000120321 L'Oreal
56,20
+ 0,45 %
56,10
56,55
56,05
1 031 347
FR0000121014 LVMH
56,70
+ 0,71 %
56,55
56,95
56,30
1 168 392
FR0000121261 Michelin
45,06
- 0,04 %
45,05
45,20
44,68
540 812
FR0000120073 Air Liquide
FR0000130007 Alcatel
LU014020594
8
NL000023519
0
Arcelor
EADS
FR0000120693 Pernod Ricard
112,50
- 0,09 %
112,80
113,10
112,00
133 118
FR0000121501 Peugeot
49,44
+ 0,28 %
49,40
49,68
49,31
918 813
FR0000121485 PPR Pinault Pri
77,15
+ 1,05 %
76,80
77,40
76,65
557 035
FR0000130577 Publicis
25,39
+ 2,01 %
24,82
25,70
24,82
1 766 905
Renault
66,00
+ 0,76 %
65,50
66,45
65,35
839 873
FR0000125007 Saint Gobain
44,44
- 1,02 %
45,00
45,00
44,32
1 195 943
FR0000120578 Sanofi Aventis
59,55
+ 0,51 %
59,35
59,65
59,10
3 041 912
FR0000121972 Schneider
52,65
- 0,47 %
53,00
53,40
52,45
990 154
FR0000130809 Societe Genera.
75,00
- 0,20 %
75,35
75,50
74,80
1 694 497
FR0000121220 Sodexho A
21,92
- 0,59 %
22,18
22,33
21,65
487 240
15,74
+ 1,16 %
15,75
15,80
15,60
7 166 009
FR0000120529 Suez
17,82
- 1,05 %
18,00
18,05
17,69
5 450 169
FR0000054900 TF1
24,37
+ 3,92 %
23,52
24,50
23,52
1 481 286
FR0000121329 Thales
33,29
+ 5,21 %
33,20
33,86
32,16
9 419 050
FR0000131906
NL000022622
3
STMicroelectron
FR0000184533 Thomson
18,54
+ 0,22 %
18,55
18,59
18,40
2 423 845
166,70
- 0,71 %
168,00
168,30
165,70
3 268 033
24,31
- 0,45 %
24,41
24,51
24,16
1 212 907
FR0000125486 Vinci
91,70
+ 0,38 %
91,30
91,85
91,05
466 480
FR0000127771 Vivendi Univers.
22,78
- 0,18 %
22,94
23,05
22,66
7 023 540
FR0000120271 Total
FR0000124141 Veolia Environ.
Nombre de titres trouvés : ……….
Voir réponse en annexes.
92
Exercice n° 5.6 (repérage)
15"
*
Ce texte traite de l'auto-incompatibilité dans le domaine des plantes. Vous avez 15
secondes pour trouver la propriété du gène Locus S. Cela fait, relisez le texte à votre
vitesse pour voir si vous avez bien compris.
Comment les plantes évitent l'inceste
Les développements récents de la génétique moléculaire permettent de percer à jour
les secrets de la reproduction des plantes. En particulier, le mécanisme
d"'auto-incompatibilité" qui évite que le pollen d'une plante ne féconde les fleurs
provenant de la même plante. 95% des espèces végétales sont hermaphrodites,
c'est-à-dire possèdent à la fois les organes mâles - les grains du pollen - et des
organes femelles - le pistil. S'il n'existait pas un dispositif rendant obligatoire la
pollinisation croisée - autrement dit la pollinisation entre individus différents -, les
plantes auraient tendance à s'autoféconder. Et .l'appauvrissement génétique entraîné
par cette "consanguinité" aurait abouti à l'extinction de nombreuses espèces. Pour
surmonter ce handicap, certaines plantes possèdent un groupe de gènes, appelé
locus S, qui fonctionne un peu comme le système immunitaire des animaux et permet
au pistil de rejeter le pollen provenant du même individu. Les premiers gènes S ont été
isolés par des chercheurs américains sur le chou fourrager (Brassica oleracea) et
australiens sur un tabac ornemental (Nicotinia alata). Poursuivant ses travaux, une
équipe lyonnaise (laboratoire de reconnaissance cellulaire et d'amélioration des
plantes, CNRS-INRA-ENS) a comparé les séquences des gènes S du chou et du
tabac (La Recherche, avril 1993). Elles sont totalement différentes, mais le
fonctionnement général est analogue chez les deux plantes : la structure du gène S
rappelle un peu celle des gènes qui permettent la reconnaissance du soi et du non-soi
chez les animaux. Mais chez les plantes le système fonctionne à l'inverse du système
immunitaire : le soi est rejeté tandis que le non-soi est accepté. Le détail du
mécanisme est cependant loin d'être élucidé. Ainsi les chercheurs lyonnais viennent
de mettre en évidence une lignée de choux capable de s'autoféconder alors qu'elle
possède un des gènes qui entraînent normalement l'auto-incompatiblité. Bref, la
sexualité des plantes n'a pas fini de nous étonner.
Le Nouvel Observateur, n° 1485
Exercice n°6.6 (écrémage)
40"
*
Vous avez 40 secondes pour lire cet extrait d'article et dire si l'auteur estime qu'Einstein
est un philosophe et pourquoi. Faites par la suite une relecture pour vérifier la
pertinence de votre réponse. En cours de route, n'oubliez pas la technique du mot-clé.
Dans le présent cas, ils sont simples : Einstein, philosophe, et toute forme d'affirmation
ou de négation.
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Einstein entre physique et métaphysique
Einstein est-il un philosophe ? Non, disent la plupart de ceux qui ont suivi de près la
mutation provoquée par la théorie de la Relativité dans la pensée scientifique de ce
siècle. Physicien de génie, esprit libre, inventif, passionné d'abstraction, le petit
employé du bureau des brevets de Berne a certes donné à penser aux philosophes
autant qu'aux scientifiques en révolutionnant, dès 1905, les conceptions de l'espace,
du temps, de la causalité. Mais on ne saurait confondre la portée philosophique de ses
théories scientifiques avec ce travail systématique, exposant de manière explicite et
rigoureuse une métaphysique cohérente, qu'on dénomme une philosophie. Cet esprit
seulement scientifique, uniquement préoccupé de comprendre le monde tel qu'il est, a
pourtant fréquenté, de manière précoce et durable, les oeuvres des philosophes. Vers
quinze ans, à Munich, il lit déjà Kant. Ce furent ensuite Hume, Mach, Schopenhauer,
qui accompagnèrent, à des titres divers, sa vie et sa pensée. Vers 1920, il compose un
poème à propos de l'éthique qui commence par ces vers : "Combien j'aime cet
honnête homme 1 Plus qu'avec mots ne puis le dire." On peut toujours répondre
qu'aimer les philosophes n'implique pas d'être l'un d'eux. Rien n'interdit non plus de
penser que le goût d'Einstein pour la philosophie est en fin de compte aussi étranger à
la théorie de la Relativité générale que sa pratique du violon et sa prédilection pour
Mozart et Bach.
Tel est à peu près l'avis d'Abraham Pais, auteur d'une étude précise et bien
documentée sur la vie et l'oeuvre d'Einstein, devenue un ouvrage de référence depuis
sa parution aux Etats-Unis il y a une dizaine d'années. Ce physicien, qui fréquenta la
légende vivante de 1946 à 1955 à Princeton, écrit en effet : "II est indéniable
qu'Einstein était sincèrement curieux de philosophie." Mais il refuse aussitôt à cette
curiosité la moindre conséquence sur l'élaboration de son travail scientifique : "Si la
philosophie a indiscutablement contribué au développement de sa personnalité, il est
clair également que ses connaissances acquises dans ce domaine n'ont joué qu'un
rôle direct sur ses grands actes de création."
Si l'on y regarde de plus près, la situation n'est peut-être pas aussi claire que l'affirme
Abraham Pais. Il est évident qu'Einstein n'a pas élaboré ses travaux théoriques en se
souciant plus, ni même autant, de Spinoza que de Maxwell, ou de la Critique de la
raison pure que de l'expérience de Michelson et Morley. Il est possible également qu'il
ne suffise pas de le croire sur paroles quand il avoue : "Je ne suis pas vraiment un
physicien, mais un philosophe, et même un métaphysicien." Mais il convient
d'examiner attentivement la place qu'occupe un travail d'ordre philosophique au sein
du processus de la découverte scientifique. Jamais en effet Einstein n'a récusé la
dimension intrinsèquement philosophique de sa démarche, bien que lui-même ait
généralement refusé de s'y attarder. Quelques mois avant sa mort, dans une lettre à
George Jaffé datée de janvier 1954, il écrit notamment: "Le physicien n'est pourtant
rien d'autre qu'un philosophe qui s'intéresse à certaines choses particulières; sinon ce
n'est qu'une sorte de technicien."
Roger-Pol Droit, Le Monde
NE PERDEZ PAS DE VUE LA FIXATION MENTALE
La fixation mentale est une importante technique de pré-lecture. Ayez-la toujours
présente à l'esprit avant d'entamer un texte. Comment la pratique-t-on ? On survole
d'abord le document à lire, puis on ferme les yeux pendant quelques secondes et on
s'en fait une image. Durant cette étape, vos yeux ont les mêmes propriétés qu'une
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lentille de caméra : ils enregistrent ladite image et la transmettent au cerveau, qui la
décode et l'imprime de façon durable ou non dans votre mémoire.
Pourquoi la fixation mentale est-elle si importante ? Outre qu'elle convie l'esprit à un
effort de concentration supplémentaire, elle favorise l'anticipation, en d'autres mots,
elle contribue à augmenter votre rythme de lecture et votre degré d'implication. Ne
négligez jamais cette étape, intégrez-la dans vos habitudes de lecture.
Récapitulons.
Les deux étapes de la pré-lecture sont :
- le survol
- la fixation mentale.
VOULEZ-VOUS AMELIORER VOTRE FLEXIBILITE VISUELLE ?
Des yeux souples, reposés seront toujours plus efficaces que des yeux fatigués. Ils
engloberont plus de signes à la fois lors de la lecture et ils transmettront plus
rapidement au cerveau l'information recueillie.
Comment pouvez-vous améliorer votre flexibilité visuelle ?
En pratiquant régulièrement les exercices décrits à la leçon 3, à savoir le métronome,
le palming et le shifting.
Relisez ce chapitre et, au besoin, procurez-vous le livre du grand romancier Aldous
Huxley, L'Art de voir. Huxley était en effet affligé d'une grave maladie de l'oeil (kératite
ponctuée) qui lui interdisait presque la lecture. En pratiquant les exercices du Dr
Norman Bates, comme il l'avoue lui-même, sa vue n'a pu que s'améliorer.
Dans ce même livre, vous trouverez une multitude de considérations, du reste fort
pertinentes, sur l'hygiène de l’œil et, surtout, sur les nombreuses connexions existant
entre celui-ci et le reste du corps.
RAPPELEZ-VOUS LES QUATRE FORMES DE BALAYAGE
La maîtrise des quatre formes de balayage fait partie de la panoplie du lecteur rapide.
Ce sont en quelque sorte des passe-partout permettant l'accès à la plupart des textes.
Pratiquez-les chaque fois que cela vous est possible. Voici, pour mémoire, les étapes
à suivre :
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Le balayage horizontal
Commencez votre entraînement par le balayage horizontal. C'est le plus facile, mais il
vous faudra exercer quotidiennement votre oeil pour arriver à le maîtriser. Dès à
présent, lisez journaux, revues, livres, manuels en ayant toujours pour but de diminuer
le nombre de vos fixations.
Au début, vous éprouverez sûrement des difficultés de compréhension, votre oeil
n'étant pas habitué à un semblable rythme, mais persévérez, vous finirez par vous
imprégner de cette technique nouvelle de lecture.
Pour vous entraîner, procurez-vous un roman facile et à la typographie aérée, tel
L'Etranger de Camus ou Vol de Nuit de Saint-Exupéry (de préférence en édition de
poche), et utilisez-le chaque jour comme support d'entraînement.
Procédez de la manière suivante :
- lisez 2 pages selon la technique du balayage horizontal;
- ajoutez-en 2 autres et recommencez votre lecture depuis le début;
- ajoutez-en encore 3 autres et recommencez votre lecture cette fois en retranchant
les 4 premières;
- ajoutez à nouveau 3 pages en retranchant les 3 précédentes.
Après une semaine, passez à l'étape suivante.
Le balayage horizontal élaboré
Comme base d'entraînement, choisissez des textes dont vous aurez à dégager le
sens premier et, en suivant la technique déjà enseignée (lire une ligne sur deux),
essayez de les écrémer.
Maîtriser ce type de balayage n'est pas toujours aisé, l'oeil devant démontrer
beaucoup d'agilité, mais en commençant votre entraînement avec des textes plutôt
faciles (lisez les opinions des lecteurs dans les journaux, les critiques de cinéma, de
théâtre) et en augmentant peu à peu le degré de difficulté, vous développerez
inévitablement une bonne habileté.
Le balayage diagonal
Lorsque que vous aurez franchi les deux premières étapes, le balayage en diagonale
sera pour vous un jeu d'enfant. Souvenez-vous que la technique utilisée est le zigzag.
Le but peut être de trouver l'idée principale d'un texte ou de repérer une information
utile.
Votre meilleur allié, dans ce cas encore, sera votre doigt. Par son utilisation, vous
obligerez votre oeil à glisser rapidement le long des lignes et à développer sa propre
stratégie de lecture.
Le balayage vertical
Cette forme de balayage est surtout utilisée pour la recherche d'informations
ponctuelles. Les journaux, les revues, les dépliants, le bottin téléphonique, en bref, les
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imprimés se présentant sous forme de colonnes, seront donc ici votre terrain
d'entraînement privilégié. L'important est de le pratiquer chaque jour.
Si vous ouvrez le bottin, par exemple, prenez une page au hasard et fixez-vous comme
tâche de repérer tous les Henri y figurant; ou encore, tous les numéros de téléphone
commençant ou finissant par un 7.
Si vous êtes un lecteur de journaux assidu, lisez-les en suivant la marge de gauche ou
la ligne médiane. Après quelque temps, vous constaterez qu'il n'est pas toujours
nécessaire de tout lire pour comprendre le sens d'un article ou la portée d'une
information qui y est diffusée.
SOUVENEZ- VOUS QUE LA FORME DU MOT REMPLACE LE MOT
Il n'est pas nécessaire, tant s'en faut, de lire au complet un mot pour le
comprendre. Sa forme seulement suffit. Des études ont en effet démontré que l'oeil
humain de lui-même complète une forme inachevée; il va en quelque sorte au-delà de
la forme elle-même, pour lui assigner une signification immédiate. Voici un exemple :
Ce cercle est bien sûr incomplet.
Cependant, sa forme est suffisamment
évocatrice pour que votre oeil termine de
lui-même le dessin et transmette à votre
cerveau l'idée de cercle; il le fait sans se
poser de questions; c'est une façon de
faire qui lui est tout à fait naturelle.
Faites vous-même l'expérience de cet état de fait en lisant le texte suivant :
IL ETAIT UNE FOIS DEUX AMIS
Petite histoire d'une grande découverte
Il était une fois deux amis. Ils s'étaient rencontrés dans un groupe d'étude en
psychologie à l'université de Santa Cruz en Californie. Ils furent aussitôt attirés l'un
vers l'autre. Il faut dire qu'ils se démarquaient beaucoup du reste du groupe. L'aîné,
John Grinder, était le directeur de ce centre de recherche. Professeur de linguistique, il
était parfaitement trilingue anglais, italien, allemand. Disciple de Noam Chomsky, il
était l'auteur d'un guide de grammaire transformationnelle auquel il devait sa
réputation de linguiste. Il avait trente-deux ans quand il vit arriver Richard Bandler dans
son groupe d'étude
Voici le même texte non amputé de sa moitié inférieure :
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IL ETAIT UNE FOIS DEUX AMIS
Petite histoire d'une grande découverte
Il était une fois deux amis. Ils s'étaient rencontrés dans un groupe d'étude en
psychologie à l'université de Santa Cruz en Californie. Ils furent aussitôt attirés l'un
vers l'autre. Il faut dire qu'ils se démarquaient beaucoup du reste du groupe. L'aîné,
John Grinder, était le directeur de ce centre de recherche. Professeur de linguistique, il
était parfaitement trilingue anglais, italien, allemand. Disciple de Noam Chomsky, il
était l'auteur d'un guide de grammaire transformationnelle auquel il devait sa
réputation de linguiste. Il avait trente-deux ans quand il vit arriver Richard Bandler dans
son groupe d'étude
POUR RETENIR, IL FAUT SAVOIR EXERCER SON ATTENTION
La mémoire appelle forcément l'attention. Sans attention, en effet, la mémoire est une
coquille vide. C'est grâce à l'attention que nous portons aux choses, aux événements,
aux êtres, que nous mémorisons des expériences et que nous pouvons adopter une
ligne de conduite et répondre de manière adéquate aux stimuli extérieurs.
L'attention est un processus réfléchi, conscient. Elle fait appel à cette partie de
nous-mêmes que l'on nomme la volonté. En étant attentifs, nous attachons de
l'importance à ce qui se déroule en nous et autour de nous et en tirons les
enseignements les plus divers.
Dans ce sens, on peut dire que faire attention, c'est renforcer notre Moi, c'est lui
donner un objet à valoriser, une image autour de laquelle il pourra tisser tout un réseau
de convictions.
A différents degrés, nous manquons tous d'attention. Rares, par exemple, sont les
cours que nous pouvons écouter en entier. Même lors du plus palpitant d'entre eux, il
vient toujours un moment où nous "décrochons". Cela est tout à fait normal, car l'esprit
humain a de temps à autre besoin de s'évader de lui-même, sinon il étouffe, devient
moins productif.
Là où il faut sonner l'alarme, c'est lorsque ce manque d'attention devient chronique,
nous empêche de tirer profit de la matière enseignée. Alors, il faut envisager des
mesures de correction.
Dans cette fin de chapitre, nous vous en enseignerons quelques-unes. Lisez-les bien,
vous verrez qu'elles sont faciles à appliquer.
POUR EXERCER VOTRE ATTENTION, APPRENEZ A VOUS
DECONTRACTER
En tant qu'étudiant, vous êtes sûrement familier de cette situation: vous êtes dans
votre chambre en train d'étudier ou dans une salle de cours en train d'écouter le
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professeur, et vous avez beau faire, solliciter toutes vos réserves d'attention, plus rien
n' "entre".
C'est le blocage le plus complet. Quels que soient les efforts que vous fournissiez pour
revenir à la surface, vous vous heurtez à un mur.
Cette situation à vrai dire, se produit souvent. Elle n'indique pas un défaut d'attention,
mais au contraire une surenchère d'attention.
Que faire pour se sortir de cet état de tension, où l'esprit est trop rigidement fixé sur un
sujet ? Une seule chose : se décontracter. En effet, pour exercer utilement son
attention, il faut d'abord être calme et détendu. L'attention est contrôle de soi, contrôle
sur son entourage.
Voici deux façons de vous décontracter
. La première est très simple, mais très efficace : marcher et respirer. Rien de mieux,
pour apaiser un esprit sous tension, que de s'adonner à cet exercice. Le cerveau
décompresse, se vide de son énergie inutile. Le simple fait de se déplacer à son
rythme suffit souvent à apporter la détente. Il s'agit de savoir prendre le temps.
.
La deuxième façon est à la fois gestuelle et mentale. Elle consiste à tracer dans
l'espace des figures diverses (cercle, carré, losange, triangle, spirale), puis de fermer
les yeux et de continuer mentalement à tracer ces formes. On peut leur ajouter des
caractéristiques de son cru (couleurs), voire se représenter des formes nouvelles :
rangées d'arbres parallèles, rails de chemin de fer, champ de blé ployant sous le
vent... Le tout est de faire en sorte que l'esprit se détache totalement de la réalité.
On peut aussi se décontracter mentalement en exécutant, à deux mains, le signe
symbole de l'infini (
∞).
Les trois moyens d'exercer votre attention
. Sachez vous organiser
Développer son attention est une chose, savoir sur quoi la porter en est une autre. En
conséquence, apprenez à situer l'objet de votre attention, rendez intéressant ce qui
doit l'être. Pour cela, il faut relier cet objet aux connaissances que l'on .possède déjà. Il
s'agit :
- d'établir des liens de parenté ou de contiguïté entre les faits (ceci est à côté de cela
dans le temps ou dans l'espace) ;
- de faire des associations d'idées par la voie du raisonnement (tel chapitre de tel
roman me rappelle tel autre souvenir de lecture, etc.).
. Sachez simplifier
La mémoire a beau faire, elle ne peut pas tout retenir. Il faut donc effectuer un tri parmi
la masse de faits qui s'imposent à nous. A cette fin, la schématisation est le meilleur
outil de travail. Schématiser, c'est simplifier, classifier les connaissances à retenir
selon un ordre prédéterminé.
Si l'on vous donne une suite de mots à mémoriser, il y a fort à parier que vous en
oublierez plusieurs si ceux-ci ne s'inscrivent pas dans un schéma de référence précis.
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Si, par contre, vous réussissez à établir des liens logiques entre eux, ces derniers ne
seraient-ils que d'ordre phonétique, votre mémoire sera davantage mise à contribution
et retiendra mieux. Ce qui signifie que plus on classe, plus on subdivise, bref, plus on
simplifie, plus l'esprit emmagasine de connaissances de façon durable.
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. Utilisez la répétition
La répétition ne représente pas l'idéal, si l'on veut retenir des connaissances.
Cependant, elle a son utilité. La meilleure façon de pratiquer la répétition, c'est encore
par la voie de la réactivation prônée par Tony Buzan (voir Leçon 4, p. 62). La
réactivation n'est pas une répétition mécanique n'engageant que la mémoire. C'est
l'utilisation réfléchie d'une technique de mémorisation consistant à apprendre par
paliers. C'est une méthode dynamique et qui ne prendra pas trop de votre temps. Par
conséquent, si vous devez fixer dans votre mémoire une série de dates ou de chiffres,
un ensemble de formules chimiques ou mathématiques, bref, toutes choses qu'il serait
difficile de relier à un système de référence, pratiquez la réactivation.
LA MEILLEURE ALLIEE DE LA CONCENTRATION EST L'ANTICIPATION
Le lecteur idéal est celui qui peut anticiper sur la pensée de l'auteur. Sans anticipation,
le plaisir de la lecture est voisin du zéro absolu. Si l'on ne prend pas goût à
l'anticipation, cela signifie que l'on ne s'implique pas. Et si l'on ne s'implique pas, il est
évident que notre intérêt diminue en conséquence.
En anticipant, en tâchant de percer à l'avance les intentions de l'auteur, notre attention
s'éveille et notre degré de motivation monte. Si vous éprouvez des difficultés à
anticiper, c'est que vous êtes trop passif devant vos lectures.
Vous demandez-vous, par exemple, si vous voulez vraiment entrer dans le texte que
vous devez lire ? Etes-vous véritablement décidé ? Savez-vous de quoi traite ce texte
et la nature de l'information qu'il vous apportera ? Votre but est-il de lire pour vous
détendre ou pour obtenir des informations dont vous avez besoin pour compléter un
travail ou passer un examen ?
Ces questions, de prime abord, paraissent simples, mais rappelez-vous toujours ceci :
vos objectifs de lecture, quels qu'ils soient, doivent toujours être clairs. Si vous ne
clarifiez pas vos buts dès le départ, il coule de source que votre degré de motivation en
souffrira. Dites-vous, pour le reste, que plus vous mettrez vos capacités psychologiques
à contribution en lisant, plus grand sera le profit que vous en retirerez et plus grand aussi
le plaisir.
En résumé, faites-vous toujours un devoir d'anticiper, quel que soit le texte que vous
avez sous les yeux. L'anticipation est la clé de la motivation.
SACHEZ VOUS RELAXER
Le stress dû aux études existe. La somme de travail que l'on demande aux étudiants,
aujourd'hui, est parfois énorme, à ce point qu'il peut être tentant de succomber à la
pression sous prétexte que la tâche est trop lourde. Vous devez donc apprendre à
vous arrêter, à vous ménager des pauses.
En restant continuellement sous tension dans l'espoir, par exemple, de terminer un
travail, vous risquez :
- de bâcler ce travail et de regretter amèrement votre obstination;
- de mettre en péril votre motivation, voire votre enthousiasme.
Le stress, c'est bien connu, obéit à un sentiment de culpabilité.
On se sent coupable de tout :
- de ne pas être capable de finir son travail à temps;
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- d'éprouver de la difficulté face à une matière;
- de ne pas avoir su trouver l'information nécessaire;
- de courir sans arrêt après son temps;
- de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour tel travail, etc.
A ce grand mal, il n'existe qu'un seul remède : la relaxation. Marchez, faites du sport,
mettez en pratique les méthodes de relaxation décrites plus haut, accordez-vous des
pauses. C'est de cette façon seulement que vous conserverez intacte votre motivation.
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LEÇON 7
APPRENEZ À LIRE
LA PRESSE RAPIDEMENT
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MODULEZ VOTRE VITESSE DE LECTURE
Peut-on tout lire rapidement ? Non. La super lecture, c'est un peu comme la clé
anglaise du plombier : il est des moments où il faut s'en servir parce que l'objectif à
atteindre le commande, d'autres où on doit la ranger au profit d'un autre outil. La
lecture rapide s'adresse à tous mais pas à tous les textes. En d'autres mots, il faut
savoir moduler sa vitesse de lecture en fonction de l'écrit que l'on a sous les yeux.
Ainsi, Montaigne est certes très agréable à lire, mais si vous y allez un peu trop
rapidement, vous risquez de n'y comprendre goutte, voire de ne retirer aucune
impression valable de votre lecture. Il en va de même si vous avez à retrouver votre
chemin dans les entrelacs d'un manuel de droit. Dans ce cas précis, les principes de
base de la lecture rapide s'appliquent (survol, fixation mentale, etc.), mais ne songez
pas à atteindre une vitesse de croisière oscillant autour de 1 000 mots à la minute.
En bref, la lecture rapide est un excellent outil de travail, mais comme toute bonne
chose elle a ses limites. Chercher à les outrepasser reviendrait à nier son utilité.
Que peut-on lire rapidement ?
Imaginez que vous êtes au volant d'une voiture et que vous roulez allègrement sur une
grande artère. Soudain la circulation se densifie. Que faites-vous ? Vous ralentissez,
vous n'avez guère d'autre choix. Vous adoptez une autre allure, de manière à vous
fondre dans le flot de la circulation. Vous avez beau regarder partout autour de vous,
nulle échappée possible; il vous faut patienter.
La même chose se produit en lecture rapide. Certains écrits se prêtent
merveilleusement à un rythme accéléré. D'autres, au contraire, réclament une lecture
plus lente que la normale.
Ils sont en quelque sorte trop denses pour subir l'épreuve de la lecture rapide. Pour les
comprendre, il faut les lire selon la loi du mot à mot. Dans cette catégorie, incluons les
oeuvres à caractère spéculatif (philosophie, morale), la poésie, les ouvrages de
science, les manuels de droit et tout ce qui est à caractère technique en général.
Mais attention, cette vérité n'est pas à prendre au pied de la lettre. Un lecteur rapide,
devant Les Provinciales de Pascal ou le Traité de médecine expérimentale de Claude
Bernard, lira plus vite que la moyenne. Grâce à sa faculté d'anticipation, à son degré
d'implication dans le texte, il jouira inéluctablement d'une longueur d'avance sur son
voisin, moins au fait des techniques de lecture rapide.
Ce que l'on peut lire rapidement sans crainte de se tromper, ce sont en particulier les
textes dits d'information. Entendons par là les journaux, les revues, les oeuvres de
détente (romans policiers, biographies, etc.), les ouvrages de référence et ainsi de
suite. Dans ce chapitre, nous allons, entre autres choses, nous intéresser à la lecture
des journaux et des revues. Nous verrons qu'il y a une façon efficace de les lire et d'en
tirer le maximum. La lecture des journaux et des revues représente un temps d'arrêt
dans notre journée, et doit être source d'information utile.
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On ne lit pas les journaux et les revues comme on lit un livre
On lit en général les journaux et les revues pour s'informer mais aussi pour en tirer des
idées, une façon de penser. La technique du repérage ne s'applique donc pas ici
(encore qu'il soit possible de l'employer pour les cotes de la Bourse, les résultats
sportifs, etc.), mais bien plutôt celle de l'écrémage. L'écrémage, répétons-le, est une
stratégie de lecture visant à parcourir un texte dans le but d'en extraire l'idée principale
seulement.
Lorsque l'on lit les journaux et les revues, d'instinct on adopte un autre comportement.
On part d'abord à la recherche de ce qui peut nous attirer (lecture donc des gros titres),
puis une fois que l'on a trouvé, on s'immerge dans le texte, quitte à en abandonner la
lecture plus vite que prévu, soit parce que l'information est trop mince, soit parce que la
manière dont le journaliste traite le sujet ne correspond pas à nos attentes.
Savoir lire la presse :
une excellente entrée en matière
Savoir lire la presse est d'une importance que l'on ne mesure pas toujours. Le lecteur
qui a appris à maîtriser les arcanes d'un texte d'information, qui sait en tirer rapidement
la substance, est mieux préparé qu'un autre à aborder des ouvrages plus complexes.
Sa manière d'appréhender un écrit quel qu'il soit est plus critique vis-à-vis de ce qui
peut être accessoire au sein d'un texte. Mieux qu'un autre, il est en mesure de faire le
tri parmi le flot d'informations qu'on lui propose. Il ne consomme pas passivement, il
choisit.
Savoir choisir, voilà qui résume tout l'art de la lecture. C'est pourquoi nous ne vous
encouragerons jamais assez à lire la presse au jour le jour. Non seulement c'est une
excellente façon de vous entraîner à lire vite, mais cela vous ouvre la voie vers des
lectures plus consistantes.
Quelques suggestions pour lire vite et bien journaux et revues
On ne dispose pas toujours du temps que l'on souhaiterait pour lire les journaux et les
revues. Souvent il faut aller au plus pressé, même si on a l'habitude de lire qu'un seul
journal. Voici donc quelques suggestions susceptibles de vous aider dans ce sens.
•
La technique qui s'impose d'emblée est le balayage vertical Mais on peut aussi
alterner avec le balayage en diagonale, qui se révèle en règle générale excellent
lorsqu'il s'agit de repérer les mots-clés.
•
Ne perdez pas de temps à tout lire si un article ne vous intéresse que
modérément. Lisez le premier paragraphe pour voir si l'information proposée
correspond au titre, sinon cherchez tout de suite les mots-clés et sautez à la
conclusion. Si l'information correspond au titre, lisez ensuite quelques
paragraphes au centre (1 ou 2 suffiront), après quoi allez à la conclusion.
•
Si un article vous intéresse vraiment, il va de soi que vous le lirez en entier, mais
auparavant, utilisez le survol et la fixation mentale. Ces techniques vous aideront
105
non seulement à prendre la mesure du texte mais aussi à anticiper, c'est-à-dire à
augmenter votre vitesse de lecture.
•
Lorsque vous avez trouvé l'idée principale d'un article, au moyen par exemple
du balayage en diagonale, ralentissez votre lecture de manière à bien assimiler
cette idée, puis augmentez votre cadence en suivant la marge de gauche ou le
centre, jusqu'à la conclusion.
•
Dites-vous toujours qu'un article bien construit est nécessairement émaillé de
jalons et que ce sont ces jalons que vous devez repérer. Ils vous aideront à
cerner rapidement l'idée principale.
•
Faites-vous un devoir de reformuler mentalement ce que vous venez de lire.
Cela vous aidera à assimiler plus rapidement le contenu de votre lecture et à
stimuler votre mémoire.
10"
Exercice n° 1.7 (fait divers)
Un fait divers, aussitôt lu, disparaît de notre mémoire. C'est la loi du genre.
Cependant, parce qu'il est d'une lecture facile et que sa matière est en général peu
dense, il représente une excellente base d'entraînement pour le lecteur rapide. Vous
avez 10 secondes pour lire l'article ci-dessous. Votre lecture terminée, faites une
reformulation mentale, puis relisez le texte pour vérifier votre degré de compréhension.
Trois ados allemands ont avoué
La messe noire a fini par tourner au meurtre
I
ls ont avoué, à petits mots
précis et froids, des mots qui
leur ressemblent, le meurtre
de leur copain. Sans émotion
excessive. Puis ils ont décrit le
rituel macabre qui a suivi sa
mise à mort. La confession des
trois lycéens de 17 ans qui
viennent
de
reconnaître
l'assassinat de l'un de leurs
camarades de classe, âgé de
15 ans, à Nordhausen, en
ex-RDA, a fait frémir d'horreur
toute l'Allemagne.
Cela s'est passé à la fin du
mois d'avril. "II nous gênait...
Nous l'avons étranglé à l'aide
d'un câble électrique. Puis,
comme
il fallait bien faire disparaître le
corps, on est allé l'enterrer en
pleine nuit, au coeur de la
forêt. Nous avons toujours
gardé ce secret pour nous..."
Tous donnent la même
version, a indiqué le procureur
de
Nordhausen,
Gerd
Stoermer. Les lycéens ont été
inculpés jeudi de meurtre et
écroués. Tous trois sont issus
de "bonnes familles, sans
aucun problème particulier", a
précisé M. Stoermer. S'ils ont
avoué le meurtre, les trois
adolescents observent cependant le silence sur le motif
de leur acte. Mais l'adolescent
aurait été tué
pour avoir tenté de s'opposer à
ses agresseurs, des adeptes
du culte de Satan, qui auraient
notamment
célébré
des
messes noires. Le procureur
de Nordhausen estime que
cette hypothèse ne peut être
exclue, mais aucun élément,
pour le moment, ne la
confirme. Les parents du
lycéen avaient signalé le. 29
avril la disparition de leur fils à
la police. Le corps de celui-ci
avait été découvert quatre
jours plus tard, grâce â son
tee-shirt abandonné dans la
forêt.
France-Soir
106
Exercice n° 2.7 (fait divers)
30" Temps de lecture : 30 secondes. Faites ensuite une reformulation mentale et vérifiez
comme ci-dessus votre degré de compréhension. Procédez de même pour tous les
autres exercices de ce chapitre.
48 heures après l'attentat de Neuilly. Un suspect et quinze zozos arrêtés
La menace avait été prise au
sérieux. La réponse n'a pas
tardé : 48 heures après le
mini-attentat du parking de
Neuilly, les policiers de
l'antiterrorisme ont procédé à
un vaste coup de filet dans les
milieux d'extrême gauche.
Lundi matin, quinze personnes
ont été interpellées. Parmi
elles, la section antiterroriste
de la brigade criminelle estime
tenir l'auteur des mystérieux
tracts signés "H.B.". Elle
procède, dans cet esprit, à
l'audition de Franck Menenger,
décrit comme "un Pied Nickelé
de la révolution".
La bombe qui avait explosé
samedi matin au 113, avenue
du
Roule,
à
Neuilly
Hauts-de-Seine), avait "ému"
la Place Beauveau. Si les
dégâts
matériels
étaient
mineurs, la portée n'en
demeurait
pas
moins
symbolique.
L'engin,
de
fabrication artisanale, avait en
effet soufflé les portes d'un
parking situé à deux pas de la
mairie de Nicolas Sarkozy,
l'actuel ministre du Budget, et
du domicile de Charles
Pasqua. Sur place, les
policiers retrouvaient un tract,
signé"H. B. ", dont l'auteur
menaçait de "déclencher une
nouvelle explosion, bien plus
importante, avec cette fois des
victimes nombreuses".
Cet avertissement faisait suite
à une série de messages
envoyés
à
plusieurs
commissariats et au ministère
de l'Intérieur. Le 7 mai, la
dernière lettre signée "H. B. ",
parvenue au poste de police
du XIXe arrondissement, avait
ainsi prévu l'imminence d'une
action. En caractères gras, on
pouvait lire: "dans les jours
prochains aura lieu une
explosion revendiquée pour
affirmer sa capacité de
destruction. "
Pistes
Intrigués par les deux initiales,
les policiers de la SA T se sont
interrogés sur leur sens.
L'hypothèse d'une action des
Basques de Herri Batasuna,
proche d' ET A, n'a pas été
prise au sérieux. Compte tenu
du caractère spécifiquement"
antipolicier", "H.B." pouvait en
revanche signifier Hassan
Benhamed, du nom du jeune
Marocain tué lors de son
interpellation par un C.R.S., à
Béziers, le 29 décembre
dernier. Cette piste n'était pas
non plus la bonne.
Les policiers en ont aujourd'hui
la certitude, ces deux initiales
sont celles des noms de
familles de Jean-François
Honoré, 35 ans, et de
Marie-Hélène Belgoul, 40 ans,
arrêtés le 6 février dernier
après un hold-up dans une
agence du Crédit Agricole de
Bazoches-Ies-Gallerandes,
près d'Orléans. Ce 6 février, en
fin de matinée, un trio de
malfaiteurs cagoulés et armés
s'était fait remettre 22000 F
avant de s'enfuir dans une
Peugeot 405 blanche. Après
un rocambolesque accident,
deux des trois malfaiteurs
étaient
arrêtés
par
les
gendarmes de Pithiviers.
Affiches
Honoré et Belgoul, militants de
la
Ligue
communiste
révolutionnaire, intéressaient
aussi les renseignements
généraux. Les spécialistes de
l'antiterrorisme ont découvert
un plan détaillé du quartier des
femmes de Fleury-Mérogis, là
où sont détenues Nathalie
Menigon et Joëlle Aubron, les
deux "figures" d'Action directe.
Les enquêteurs recherchaient
le troisième couteau, en fuite
depuis le hold-up. Ils l'ont
retrouvé lors des dernières
manifestations
après
la
"bavure"
mortelle
du
commissariat parisien des
Grandes-Carrières
(XVIIie).
Parmi
les
deux
cents
manifestants photographiés,
les R.G. remarquaient un
personnage, grand, brun,
chaussé de rangers, qui
correspondait à leur suspect
du Loiret. Franck Menenger,
30 ans, a été interpellé hier à
Belleville, chez sa compagne.
A son domicile, dans le XVe,
une collection de faux papiers,
de
cachets
encreurs
administratifs, du matériel
informatique, mais aussi de la
littérature militante et des
affiches semblables à celles
retrouvées sur les murs de la
station Jules-Jofrin ont été
découverts.
France-Soir
107
Exercice n° 3.7 (politique) Temps de lecture : 30 secondes.
M. Balladur demande aux députés de ne pas s'impatienter
La situation économique a tenu
la vedette lors de la deuxième
séance des questions au
gouvernement, mercredi le 21
avril, à l'Assemblée nationale.
Celle-ci a donné l'occasion au
Premier
ministre,
Edouard
Balladur, de rassurer les
députés de la majorité sur la
célérité du gouvernement à
présenter des mesures de
redressement économique et
social.
"Ne vous impatientez donc pas!
Le gouvernement n'a nul besoin
d'être stimulé. Nous travaillons
beaucoup et vite !" Edouard
Balladur a tenu, lors de la
séance des questions au
gouvernement, mercredi 21
avril, à l'Assemblée nationale, à
se blanchir de tout soupçon
d'immobilisme. Il s'est pour cela
donné la peine d'intervenir
après
le
ministre
des
Entreprises et du Développement économique, Alain
Madelin, interrogé par Jean
Falala (RPR, Marne) sur les
mesures à l'étude pour les
PME." J'entends, ici ou là, et il
m'arrive, même, de lire qu'une
certaine impatience gagnerait la
représentation nationale", a
déclaré le Premier ministre.
"Vous aurez tout le loisir, a-t-il
continué, d'examiner en détailla
politique de redressement économique et social qui se
reflétera dans le collectif
budgétaire que le Conseil des
ministres adoptera le 5 mai. Il a
précisé
que
"ce
collectif
comprendra
des
mesures
sociales, des mesures économiques pour les entreprises,
des mesures en faveur du
logement, et des économies
indispensables
pour
éviter
l'affaiblissement
de
nos
finances publiques". La majorité
des questions posées par les
députés a porté sur la situation
économique de la France :
problèmes
du
logement
évoqués par Jean Proriol
(UDF-PR, Haute-Loire), traitement social du chômage par
Nicole Catala (RPR, Paris),
déficits nationaux par JeanPierre
Delalande
(PR,
Val-d'Oise) et Alain Bocquet
(PC, Nord), délocalisations par
Marc
Laffineur
(UDF,
Marne-et-Loire)
et
Louis
Mexandeau (PS, Calvados).
Les interrogations sur les
transferts d'emplois publics
parisiens en province ont permis
à Edouard Balladur de préciser
sa position et de lever toute
ambiguïté : "II y a dix-huit mois
environ, certaines décisions
concernant la délocalisation des
services publics ont été prises.
Je ne reviens pas sur les
conditions dans lesquelles elles
ont été préparées, annoncées
et, pour certaines, mises en
oeuvre... Le gouvernement a
l'intention de donner suite à ce
qui a été effectivement décidé.
Pour le reste, je demanderai au
ministre d'Etat, ministre de
l'Intérieur et de l'Aménagement
du territoire, et au ministre
délégué en charge de ce
domaine d'étudier, en liaison
avec le ministre de la Fonction
publique, les mesures à
envisager
dans
l'avenir."
"L'opinion que j'exprime ainsi
(...) est celle du gouvernement",
a encore précisé M. Balladur un
peu plus tard, mettant ainsi fin
aux "cafouillages" de certains
de ses ministres. Les zones
rurales
Autre
inquiétude
parlementaire, autre confirmation du Premier ministre : la
suspension de toute fermeture
des services publics dans les
zones rurales évoquée lors du
discours de politique générale.
En réponse à Patrick Ollier
(RPR,
Hautes-Alpes),
M.
Balladur
a
étécatégorique:
"Tous les services publics sont
concernés, y compris l'Ecole.
Toutes les décisions les visant
sont suspendues pour six mois,
délai qui sera mis à profit pour
étudier les modifications à
apporter
notamment
aux
contrats de plan (...). Il s'agit
d'une suspension à effet
immédiat. "De son côté, Charles
Pasqua, ministre d'Etat, ministre
de l'Intérieur, interrogé par
Patrick
Balkany
(RPR,
Hauts-de-Seine) sur le dépôt
d'un projet de loi sur la police
municipale, a annoncé qu'il
saisira le Parlement, "peut-être
avant la session de printemps
(...), de propositions relatives à
l'encadrement, à la formation, à
l'utilisation des polices municipales". Sur le sujet, M. Pasqua
n'a pas pu s'empêcher de
rappeler que si de nombreux
maires, "quelle que soit leur
appartenance politique", ont mis
en place des polices municipales pour répondre à la
demande de leurs administrés,
"celle qui m'a fait la plus forte
impression, par sa belle tenue,
par les moyens dont elle
dispose, est celle de Pierre
Mauroy
à
Lille".
Cette
déclaration a, bien entendu,
déclenché rires et applaudissements sur les bancs de la
majorité. A l'exception d'un
incident en début de séance qui
a conduit à l'évacuation d'un
perturbateur de la tribune
réservée au public, Philippe
Séguin n'a pas eu à rappeler à
l'ordre députés et ministres. Les
uns et les autres semblent vite
avoir pris le pli des questions et
des réponses rapides et
spontanées. Même si certains
jeunes ministres anxieux, tels
Philippe Douste- Blazy, ministre
délégué à la Santé, avaient
tenté, la veille de la séance, d'
obtenir des "tuyaux" sur les
questions
auxquelles
ils
seraient soumis.
Le Monde
108
Exercice n° 4.7 (dossier) Temps de lecture : 1 minute
La revanche de l'Europe
Longtemps garantie de carrière
réussie et rapide, les MBA
américains cèdent le pas devant
les formations européennes,
MBA ou 3e cycle. Pour plusieurs
raisons : le modèle américain
des années 70 semble dépassé
et les études sont tout aussi
efficaces, plus faciles à suivre et
moins chères sur le Vieux
Continent.
La vogue des études aux
Etats-Unis serait-elle en train de
disparaître ? Si les MBA
américains restent des diplômes
prestigieux, les étudiants sont
de plus en plus nombreux à faire
le choix d'un troisième cycle
dans l'Hexagone ou d'un MBA
européen, voire français. Et les
spécialistes du recrutement les
approuvent. Pour plusieurs
raisons : les MBA américains
corres- pondent à une mentalité
d'outre-Atlantique et à une
époque, celle des années 70 où
les préoccupations n'étaient pas
les
mêmes
qu'aujourd'hui.
D'autre part, des formations
existent en Europe, adaptées à
de véritables carrières internationales et notamment aux
débouchés qu'offrent les pays
de l'Est. Sans compter que les
prix des études aux Etats-Unis
sont beaucoup plus élevés
qu'en France.
Aller vite
"Qu'attendent les étudiants d'un
MBA ou d'un 3e cycle", se
demande
Alfred
Mahdavy,
président de l'ISG (Institut
supérieur
de
gestion),
"certainement
pas
une
formation
qu'ils
pourraient
trouver à l'université. 115
recherchent une formation au
management et une dimension
culturelle et internationale. " En
réalité, ils cherchent à aller vite.
Un 3e cycle s'effectue en fin
d'études, un MBA souvent
après
quelques
années
d'expérience
professionnelle.
Mais dans tous les cas, cette
formation complémentaire à la
gestion permet d'apprendre en
un an minimum, 2 en temps
normal, ce que l'on aurait acquis
sur le terrain en entreprise en 1
0 ou 1 5 ans d'expérience
professionnelle.
Longtemps, les prestigieux MBA
de Stanford ou de Harvard ont
été réputés pour donner ce
"coup de turbo" qui permet de
franchir les étapes à grande
vitesse.
Seulement,
les
entreprises d'aujourd'hui font
face à la crise économique, aux
contraintes sociales et de
surcroît elles ploient sous une
masse
de
candidatures
spontanées.
Aussi
recherchent-elles
peut-être
autre
chose que des cadres rodés au
mythe de l'excellence. C'est en
tout cas l'avis de Bernard Krief,
président de Bernard Krief
Consulting Group : "Je ne pense
pas que les MBA américains
permettent
d'apprendre
la
quintessence de ce qui sera le
management des années 2000,
mais ce qu'était le management
des années 70."
Apprendre
le
business
international
Sa conviction est que l'un des
premiers maux des entreprises
françaises d'aujourd'hui est de
vivre sur un schéma dépassé,
celui justement du management
appris dans les business school
des années 60-70. Elles
enseignaient que dans les
entreprises "tout le monde est
beau et gentil, tout se gagne à
l'ancienneté et au mérite et que
l'on ne critique pas la direction,
faute de faire preuve de
mauvais esprit. Si l'on s'en va,
c'est que l'on a tort, peut-être
même que l'on n'est pas très
bon..." C'est un mythe de croire
que l'entreprise est là pour faire
le bonheur de ses salariés,
affirme au contraire Bernard
Krief. L'entreprise est un
marché. De là à penser que les
bases
du
management
enseigné dans les MBA ne sont
plus adaptées au contexte
d'aujourd'hui où l'on recherche
au contraire des entrepreneurs,
y compris des autodidactes à la
condition
qu'ils
aient
du
courage, du flair et de l'allant, il
n'y a qu'un pas que Bernard
Krief franchit sans hésiter.
Moins sévère, Alfred Mahdavy
constate
néanmoins :
"En
dehors du MBA de Thunderbird
de
Phoenix
en
Arizona,
l'approche américaine est à
90% américaine." En clair, on
apprend aux Etats-Unis le
business américain, pas le
business international. Sans
compter qu'une bonne partie du
programme ne fait qu'approfondir ce que l'on a déjà
étudié dans une école de
commerce française. Aussi le
président de l'ISG conseille-t-il
ce type de formation dans
quelques cas précis : pour les
jeunes qui veulent rester aux
Etats Unis, au moins de 3 à 5
ans. Dans ce cas, un MBA
américain permettra de se faire
identifier comme appartenant au
système culturel américain.
Ensuite, il sera toujours temps
de rentrer en France dans de
bonnes conditions à travers une
filiale d'un groupe américain
s'implantant en Europe.
"La mode américaine est un peu
passée", constate égaIement
Christiane Barody, directrice du
Schiller International University.
Certes
elle
souligne
les
avantages
d'un
diplôme
américain : il permet essentiellement d'appréhender une autre
culture, de connaître la façon de
travailler
des
Américains,
d'avoir une connaissance de la
langue absolument parfaite. Il
n'en reste pas moins que
l'équivalent pratiqué en Europe
peut être tout aussi efficace,
109
moins cher et plus facile à
suivre.
Le poids du coût
Et de constater que, justement,
les Américains commencent à
s'intéresser à ce qui se fait en
Europe : "Dans notre master of
arts en relations internationales,
nous avons 90% d'Américains."
Opter pour une formation au
management française permet
de terminer ses études tout en
conservant un emploi.
De tels cycles impliquent de
passer un certain nombre de
"crédits" (ou de cours), en
principe six par semestre. Dans
le meilleur des cas, ils peuvent
se suivre en douze mois (deux
semestres et une session d'été),
en général, ils durent deux ans.
Mais rien n'empêche d'étaler le
cursus sur une plus longue
période et de conserver son
activité
professionnelle
en
même temps.
Enfin, le coût peut être un
élément déterminant. Il faut
compter au bas mot 30000€ à
33000€ de frais de scolarité aux
EtatsUnis, auxquels il faut
ajouter la vie sur le campus, soit
1000€ par mois environ. En
Europe, en revanche, les prix
sont moindres : 12000€ à
15000€ de frais de scolarité
pour le MBA de l'ISG, 12000€
pour
celui
de
Schiller
International University.
Comment choisir
Reste une" question essentielle
: comment choisir ? Le titre MBA
n'est pas protégé et cela le
dessert,
affirme
Christiane
Barody. Un constat qu'Alfred
Mahdavy formule différemment :
"II faudrait trouver un autre nom
pour les formations françaises."
En réalité, la question est bien
celle-là: il existe quelques
grandes universités dont la
formation est incontestable et
reconnue, mais aussi de
multiples autres qui baptisent
leur diplôme MBA alors qu'ils
sont loin d'avoir la qualité des
grands.
Parfois cette ambiguïté peut
servir les étudiants, comme le
souligne Bernard Krief : "Les
chefs d'entreprise ne réalisent
pas toujours la différence et
apprécient le seul titre MBA.
"Mais la plupart du temps elle se
retourne contre les jeunes qui
ont du mal. Certains, telle la
Schiller International University,
autorisent les étudiants àvenir,
avant de s'inscrire, suivre
quelques cours, pour se rendre
compte de quoi il s'agit, quelle
est la scolarité et qui sont les
enseignants. L'ISG, qui propose
une
véritable
formation
internationale impliquant une
partie des étudiants en Europe
(France et pays de l'Est), une
autre
en
Amérique,
une
troisième au Japon, offre la
garantie d'un répertoire dans le
guide officiel des MBA. De son
côté, l'Institut d'études en
relations internationales (lleri)
propose
des
3e
cycles
dispensés
en
langues
étrangères : le cursus comprend
un stage obligatoire, en France
ou à l'étranger.
Le Figaro
Ce texte comporte 1153 mots
Exercice n° 5.7 (article de revue)
Temps de lecture : 30 secondes
Nos laboratoires pillent l'arsenal des guérisseurs
Sur les 300000 plantes à fleurs
et fougères recensées dans le
monde,
si
35000
sont
protégées,
65000
sont
actuellement menacées, dont
un nombre considérable de
plantes
médicinales.
Les
plantes tropicales sont, de très
loin, les plus riches en principes
actifs.
Lorsqu'on
dévaste
l'Afrique, on dévaste le réservoir
mondial. Ce continent renferme
un fonds floristique complètement étranger au nôtre,
puisqu'il Y aurait, au maximum,
deux à trois espèces communes
à la France et à l'Afrique noire.
Plus riche aussi : de 15 à 20000
espèces au Togo contre 4000
en France. Mais nous ne nous
intéressons à l'Afrique que
depuis cent petites années.
Voilà un champ de recherches
et de travail considérable. Nous
ne sommes, en France, que
deux équipes à étudier la pharmacologie sur des extraits de
plantes entières, ce qu'on
appelle les totum. Mais, derrière
tout cela, il y a le fonds
médico-magique du vaudou,
très intéressant car on y trouve
une connaissance extrêmement
importante de l'action des
plantes sur le système nerveux.
Toute l'initiation est en effet à
base d'extraits végétaux. J'ai vu
comment cela se pratiquait lors
de ma visite à un célèbre
guérisseur du Bénin. Cette
connaissance ne peut être
abordée sans une préparation
d'ordre spirituel. Si l'on se
cantonne au matérialisme qui
nous
caractérise,
on
ne
comprend rien, car beaucoup de
plantes sont présentes dans des
mélanges uniquement pour des
raisons
symboliques
ou
magiques, et non pour leurs
principes actifs. Par exemple,
un très grand arbre qui fait de
l'ombre, une plante grasse,
apportent le calme.
110
Il nous faut aborder le sujet avec
le cerveau droit et le cerveau
gauche en même temps, sinon
on n'y comprend rien. Cela
arrive
lorsqu'on
est
un
Occidental, bien dans sa peau,
bien dans son labo, mais pas
forcément dans sa tête et dans
sa relation avec d'autres ethnies
qui fonctionnent de manière
totalement différente.
Il y a énormément de plantes
médicinales dans ces flores qui
sont infiniment plus riches que
les nôtres. Des gens comme
Michel Amakoué Ahyi ont
beaucoup de mérite, car ils font,
avec les moyens du bord, la
synthèse entre la tradition et ce
qu'on peut appeler la modernité.
Ils ne rencontrent, le plus
souvent, que des pisteurs
envoyés
par
de
grands
laboratoires pharmaceutiques
qui leur "piquent" les plantes et
leurs indications thérapeutiques
et vont les étudier au labo pour
en faire des médicaments. Les
guérisseurs sont alors frustrés
car ils ne sont jamais associés
au processus et aux bénéfices
de la recherche. Généralement,
comme on n'a pas pris toute
l'ambiance qui est autour de la
plante
et
tout
l'aspect
traditionnel, on l'étudie mal.
Comme, par ailleurs, l'efficacité
d'une plante est souvent moins
grande qu'une molécule, la
plante disparaît. Or, celle-ci est
bien
davantage
qu'une
molécule. C'est un ensemble.
Les simples ne sont pas
simples. Chaque plante a sa
personnalité,
ses
caractéristiques propres. Nous sommes
dans une société qui croit tout
simplifier. Mais en réalité, plus
on simplifie, plus on se "plante"
...
Ca m'intéresse, n° 125
111
ELARGISSEZ VOTRE CHAMP VISUEL EN LISANT LA PRESSE
Lire la presse est le moyen idéal d'élargir son champ visuel. La taille des colonnes
permet en effet à l'oeil d'embrasser une multiplicité de signes à la fois et donc
d'augmenter la qualité du parcours.
Chaque jour, efforcez-vous de lire au moins quelques articles en ayant pour but de
ramener le nombre de vos fixations à 1 par ligne. Pour ce faire, vous devrez pratiquer
la lecture intégrale. Mais n'oubliez pas qu'il existe une technique qui peut vous aider
dans ce sens : le balayage horizontal.
Comment se présente un article de presse
La présentation matérielle d'un article de presse n'est assurément pas le fruit du
hasard. Elle correspond à la fois à un but et à une nécessité : capter l'attention du
lecteur de manière qu'il trouve l'information dont il a besoin.
Un article de presse, si son intention n'est pas de nature réflexive (par exemple, un
article d'idées), est conçu pour être lu rapidement et pour donner "l'heure juste" sur le
sujet traité. Sauf exception (critique littéraire, texte d'opinion, etc.), il doit être exempt
de fioritures et aller droit au but. Sa présentation sous forme de colonnes répond
à un objectif : faciliter la lecture, permettre à l'oeil d'embrasser le maximum de signes à
la fois.
Dans la lecture de la presse, on distingue, selon Philippe Pigallet, 3 niveaux :
1er niveau :
Ce qui attire l'oeil, à savoir les gros titres, les encadrés, les bandeaux, les photos, et les
articles des journalistes qu'on apprécie. C'est ce premier niveau qui fera en sorte
d'amener le lecteur à lire le ou les articles qu'on lui propose. C'est une étape
fondamentale que les concepteurs de mise en page ne négligent jamais, puisque
d'elle dépend si le lecteur sera intéressé ou non par la suite.
2e niveau :
Ce qui attire l'attention, à savoir les intertitres, les attaques et les chutes d'articles. Tout
lecteur, une fois qu'il est attiré par un gros titre ou un sujet veut connaître le traitement
réservé à l'information qu'on lui soumet. Dans ce but, il parcourra donc l'entrée en
matière (le style est-il alerte, l'article source de promesses ?), notera au passage la
pertinence des intertitres et sautera à la conclusion pour savoir si le dénouement
correspond aux attentes exprimées dans l'entrée en matière.
3e niveau :
Ce qui mobilise l'attention, à savoir le contenu de l'article lui-même. A cette étape, le
lecteur veut en savoir davantage, toutefois l'article doit obéir à un impératif : ne pas
être trop long. Selon Yves Agnés et J.-Michel Croissandeau, "II n'est pas rare, pour
des articles de 200 lignes-journal, de constater 40 à 50% d'abandons de lecture entre
le titre et le dernier paragraphe." Pourquoi ? Parce que l'auteur n'a pas respecté ce
principe incontournable : faire court, exposer l'information proposée dans un minimum
de mots de manière à ne pas retarder le lecteur.
112
Apprenez à distinguer les types d'articles
Si vous êtes un grand lecteur de journaux et de revues, non seulement français mais
aussi étrangers, vous aurez sûrement remarqué qu'il existe deux types de presse et
que ces deux types peuvent déterminer le sens de votre lecture. En bref, on distingue
la presse d'investigation et la presse de réflexion :
La presse d'investigation
Elle est surtout caractérisée par le souci des faits. Ouvrez un journal anglais ou
américain (où l'on retrouve en général cette approche journalistique) et tout de suite
vous serez frappé par l'accent mis sur l'événement et sa description.
Dans la presse d'investigation, peu d'idées sont émises, peu de commentaires aussi.
Le ton vise à l'objectivité et l'article est construit en conséquence : entrée en matière
résumant les faits, développement et conclusion.
Le lecteur à la recherche de faits trouvera amplement matière à satisfaction dans la
presse d'investigation. Son oeil repérera très vite ce qu'il cherche, simplement en
parcourant le texte. Sans trop de peine il pourra par la suite reformuler mentalement ce
qu'il a lu et se faire sa propre idée.
La presse de réflexion
Certains lecteurs trouvent la presse d'investigation trop sèche. Ils lui préfèrent la
presse de réflexion. Il faut dire que celle-ci, à l'opposé de la presse d'investigation, fait
davantage place, comme le terme l'indique, aux idées, aux mots. Les faits, dans une
certaine mesure, sont secondaires; ils servent en quelque sorte de prétexte au
développement des idées. C'est un type de journalisme que l'on pourrait qualifier d'un
peu plus partial, où la personnalité de celui qui rédige l'article transparaît parfois même
très nettement.
En conséquence, un texte issu de la presse de réflexion sera plus foisonnant, plus
multidirectionnel. Le lecteur préoccupé de faits, d'idées nettes et tranchées devra donc
faire davantage d'efforts.
Il s'en remettra ici à la technique du mot-clé, qui lui permettra de se frayer un chemin
au sein du texte et de "mettre le doigt" sur ce qui importe.
Si ce qu'il cherche, c'est plutôt une ambiance, un ton, la presse de réflexion, bien sûr,
le comblera.
113
Rappelez-vous que :
•
On ne peut pas tout lire rapidement parce que tous les textes ne se
ressemblent pas. Apprenez à moduler votre vitesse de lecture.
•
On lit la presse d'abord et avant tout pour s'informer. La recherche
d'idées est secondaire.
•
La technique la plus usitée pour lire la presse est le balayage
vertical.
•
La recherche du mot-clé, pour lire vite la presse, doit constituer une
priorité.
•
On distingue 2 types de presse : la presse d'investigation et la presse
de réflexion. On ne les lit pas de la même façon.
114
LEÇON 8
QUE FAIRE DEVANT
UN TEXTE DIFFICILE ?
115
L'un des textes les plus difficiles qui soient, c'est sûrement le Finnegans Wake de
l'écrivain irlandais James Joyce (traduit par Philippe Lavergne aux Editions Gallimard).
Ecrit dans un style maniant à l'envi les mots-valises (mots réunissant plusieurs autres
mots dans le but d'en créer de nouveaux), regorgeant de jeux de mots allusifs,
charroyant une multiplicité de langues (les exégètes en ont compté près d'une
vingtaine), composé de 17 chapitres tous différents de ton les uns des autres et surtout
mettant en oeuvre une érudition proprement vertigineuse, il a laissé et il laisse encore
songeur plus d'un lecteur, même plus de cinquante ans après sa première parution.
Traduit en français, ce texte célèbre n'en a pas moins conservé son opacité première.
Jugez-en :
"erre revie pass" Evant notre Adame, d'erre rive en rêvière, nous recourante via Vico
par chaise percée de recirculation vers Howth Castle et Environs.
Sire Tristam, violeurs d'amoeurs, manchissant la courte oisie, n'avait pâque buissé sa
derrive d'Armorique du Nord sur ce flanc de notre isthme d'Europe Mineure pour y
resoutenir le combat d'un presqu'Yseul penny : ni près du fleuve Oconee les roches
premières ne s'étaient exaltruées en splendide Georgi Dublin de Laurens Comptez en
doublant ses membres dans le temps ! nulle voix humaine n'avait dessoûlé son
micmac pour bêptiser Patrick..."
Heureusement pour nous, nous n'avons pas affaire tous les jours à ce type de prose,
sinon notre patience serait souvent soumise à rude épreuve. Mais il n'en demeure pas
moins que si la plupart des textes nous tombant sous les yeux sont en général de
lecture aisée, d'autres se révèlent un peu plus difficiles. C'est le cas d'un contrat
d'assurances, d'un prospectus technique, d'un article ou d'un ouvrage scientifique,
d'un texte de loi, etc. Certains de ces textes sont parfois rédigés dans un style lourd,
sinon alambiqué, ce qui complique d'autant leur compréhension.
Si vous êtes étudiant en droit ou en sciences, sans doute votre esprit est-il déjà formé
à ce type de lecture; sans doute arrivez-vous à cheminer sans trop de difficulté dans
les dédales de vos manuels. Mais pour le commun des mortels et des étudiants, il en
va tout autrement.
LA MARCHE A SUIVRE
S'il nous arrive à tous d'être confrontés à des ouvrages réputés difficiles, il nous arrive
également d'être tentés de déclarer forfait tant la tâche par moments nous apparaît
insurmontable. Pourtant il existe des moyens simples et faciles de sortir, sinon grand
vainqueur d'un texte parsemé d'obstacles, du moins avec le sentiment d'en avoir saisi
la teneur. Les voici :
Munissez-vous d'un marqueur
Les mots inconnus, les locutions contournées ne manquent en général pas dans un
texte difficile; il suffit de lire un simple arrêté ministériel pour s'en persuader. Aussi,
pour ne pas retarder indûment votre lecture, à chaque fois que vous butez sur de ces
mots ou une de ces locutions, prenez soin de les souligner ou de les encercler, ou
encore, solution plus pratique, de les signaler à l'aide d'un "marqueur".
Votre lecture terminée, il sera toujours temps de revenir sur leur définition. Il se peut
aussi que, chemin faisant, vous "deviniez" le sens du mot ou des mots que vous avez
116
laissés en suspens. Dans ce cas, ne vous fiez pas à votre seule intuition, vérifiez
quand même dans le dictionnaire, ne serait-ce que pour constater si vous avez fait
fausse route ou non.
*
Exercice n° 1.8
Voici un exemple de texte truffé de mots inusités et de locutions plutôt rares. Lisez-le
aussi vite que vous le pouvez sans vous arrêter aux termes que vous ne connaissez
pas, sinon pour les souligner ou les encercler. Ensuite, comptez le nombre de mots qui
vous sont inconnus et vérifiez votre hypothèse de lecture en relisant le texte lentement.
Le jugement
J'étais proprement réduit à quia. Mon adversaire, tel un hoplite de la parole, ne laissait
pas de m'abreuver de lazzi, moi qui n'en pouvait déjà plus. Il était debout tout au centre
d'une vaste agora, un public de féaux l'entourait. Derrière lui s'élevait vers un ciel d'un
bleu ineffablement céladon une lourde frondaison de palétuviers qui, hélas, était loin
de faire ombrage à son beau ramage. A parler franchement, il exultait, se gaussait de
mon impuissance à lui rendre la pareille. Sa barbe, qui n'était pas une barbe mais un
tortillon hirsute évoquant une chevelure de gorgone, dansait sur sa poitrine tel un
oriflamme en berne. Ainsi qu'une pythie assise sur son trépied, il vaticinait sur mon
compte, me descendait littéralement en flammes. Rien ne semblait vouloir endiguer
son flot vengeur. Sa parole était comme l'airain : dure, irréfragable. Elle emportait le
public, qui s'ébaudissait à l'envi. J'étais certes au plus mal. J'eusse voulu me lever et
crier haro sur cette longue vitupération. Hélas deux solides gaillards à la mine de
lansquenets me flanquaient, me privant de ce fait de mon droit de protestation. Mais je
n'en pensais pas moins. Assis que j'étais sur ce banc d'une froideur marmoréenne,
avec tout en haut ce soleil qui dardait à plomb nos nuques ployées, mon cerveau, à la
manière d'une cucurbite d'alchimiste, mélangeait mots, frustrations, rancoeurs et,
surtout, images de vengeance d'une clarté eidétique. En bref, j'étais une marmite dans
laquelle bouillaient les plus sombres présages, marmite de surcroît que touillait une
main, qui sait, de goule sans la moindre vergogne. Mon front algide me faisait mal. ln
petto je regrettais ma tendance à la procrastination ; elle ne m'avait guère payé de
retour, si j'en jugeais par la profondeur de la chausse-trappe dans laquelle je me
retrouvais. Mais il était trop tard. Trop tard pour tout, y compris pour s'abîmer dans de
noires pensées ainsi que je le faisais. L'homme cependant emplissait la place publique
de ses cris de stentor. On aurait dit une orfraie volant et piaillant autour de sa victime.
Ses mots étaient autant de flèches trempées au curare et vers moi dirigées. Comme
s'il se fût agi de donner un tour encore plus enflammé à ses propos, qui n'en avaient
pourtant nul besoin, il déployait dans l'air torpide de ce matin de juin ses pseudopodes
avec une force et une célérité qui en faisaient l'image de fléaux s'abattant sur une
rangée de têtes prêtes à subir la décollation. Je craignais le pire. Ma vie, me
semblait-il, plus que jamais était un mince fil d'archal : une main, dextre ou senestre,
aurait pu le trancher sans le moindre effort, sans même que j'eusse le temps de venir à
résipiscence. J'étais à la merci de cet homme, j'étais un ciron dans le creux de sa
main. Il me vouait une haine d'une pugnacité sans nom. Pour lui, je n'étais guère plus
qu'un coléoptère que l'on devrait priver de ses élytres. En un mot comme en cent,
j'étais un trublion sans foi ni lieu.
De son côté, le public approuvait la moindre des syllabes jaillissant de cette bouche
tordue ainsi qu'un sarment de vigne. Masse compacte, il était en coalescence avec lui.
117
Il vibrait à chacune des périodes de sa philippique térébrante. Je les voyais, tous ces
visages aux formes si étranges (visages prognathes, agnathes), ces yeux exorbités
qui étaient comme autant de sagaies lancées à mon intention. J'en éprouvais une
sensation amère, proche de la déréliction. Mon cœur, sous tous ces regards torves, se
tordait en une systole étourdissante. Je me voyais déjà finissant mes jours dans un
ergastule, sinon un infect cul-de-basse-fosse. Que m'arrivait-il donc ? A quel sommet
de forfaiture m'étais-je hissé pour mériter ce sort ? Quel crime avais-je pu commettre
pour obliger cet homme à hurler de la sorte en plein jour, noyé dans la sourde
approbation de la foule ? Avais-je l'âme si noire, dévorée de basilics ? Pourtant, cet
homme, ce grand corps étique enfermé dans une houppelande sans fin, cette
silhouette déchiquetée se découpant sous le petit pandanus, c'était mon père.
Jacques Grousset
Temps de lecture : …….
Nombre de mots soulignés : …….
Repérez les mots-clés
Un texte difficile, s'il est bien construit, contient toujours des mots-clés. Votre tâche
consiste donc à les repérer aussi vite que possible pour que vous puissiez ensuite faire
les liens qui conviennent. N'oubliez pas qu'un mot-clé constitue un temps fort dans un
texte et que de ce fait il contient une part du message que l'auteur veut faire passer.
Exemple : pour la première fois en Grande-Bretagne depuis une quinzaine d'années,
le financement de la recherche va bénéficier d'une augmentation substantielle. Un
engagement de 3,3 milliards de francs supplémentaires vient d'être annoncé par le
gouvernement pour les trois années à venir.
1'
Exercice n° 2.8
Voici un texte dont le niveau de difficulté est moyen. Il traite d'un sujet qui nous est
familier : la mémoire; la mémoire des odeurs, plus précisément. Lisez-le en 1 minute.
Nous vous demandons d'insister sur les points suivants : la méthode des trigrammes
et l'expérience que l'auteur a réalisée sur la mémoire des odeurs. Votre lecture
terminée, répondez aux quelques questions apparaissant à la fin.
Comment les odeurs sont-elles stockées dans la mémoire ?
La théorie généralement admise sur le stockage des événements dans la mémoire
visuelle et auditive est fondée sur l'affirmation que le souvenir implique l'action de la
mémoire à court terme et celle de la mémoire à long terme. Avant qu'un son ou qu'une
image puissent être stockés dans la mémoire à long terme, il faut qu'ils soient traités
dans un système plus fragile, qui ne fonctionne que pendant un laps de temps très
court (mesuré en secondes). Au cours de cette période, l'information à retenir, par
exemple, le nom d'une personne à qui l'on vient d'être présenté, doit être codé
verbalement, dénommé ou étiqueté, et répété pour qu'on ne l'oublie pas. Il faut
s'attacher tout particulièrement à ce nom car d'autres noms annoncés avant et après
vont entrer en compétition avec lui. Cependant, ce type d'interférence ne paraît pas
118
aussi gênant lorsqu'il s'agit de stocker une odeur en mémoire, comme le montre
l'expérience de mémoire à court terme qui suit.
On doit le modèle de cette expérience à LR. et M.J. Peterson qui l'avaient élaboré en
1959 pour étudier la mémorisation des syllabes sans suite logique, les trigrammes
composés de trois consonnes. On lit chaque trigramme à un sujet qui sait qu'il doit le
mémoriser. Vient ensuite un intervalle, qui varie de trois à trente secondes selon les
différents essais. Durant cet intervalle, on demande au sujet de compter à rebours
aussi vite que possible en partant d'un nombre choisi au hasard entre 100 et 999. Le
but de ce dernier exercice est d'empêcher le sujet de conserver l'image du trigramme
présente à l'esprit, de lui donner un nom et de le répéter. A la fin du compte à rebours,
on demande au sujet de répéter le trigramme. Les résultats montrent que la mémoire
commence à diminuer immédiatement et qu'elle décroît de 100 à 80% après trois
secondes seulement; après trente secondes, le résultat est proche de zéro. Sans
répétition, une information sera oubliée et ne pourra entrer dans la mémoire à long
terme. Il n'y a pas eu de codage en mémoire du fait de l'interférence. Dans notre
expérience de mémoire des odeurs à court terme, réalisée en 1973, nous avons
présenté la substance odorante (l'odeur-cible) sur un tampon d'ouate (...), au cours
d'une séance initiale d'examen. Le sujet avait les yeux fermés pendant toute la durée
de l'essai et sa tâche consistait à se souvenir de la sensation olfactive. Ensuite le sujet
à qui l'on présentait soit l'odeur-cible, soit un leurre, devait déterminer si l'odeur était "la
même" ou si elle était "différente". L'expérience est semblable en tous points, y
compris le compte à rebours, à la méthode décrite pour les trigrammes. Mais les
résultats ne le sont pas. Pour les odeurs, aucun indice ne témoigne d'un oubli avec le
temps, et le pourcentage moyen des réponses positives correctes reste très proche de
82 %, quel que soit l'intervalle de temps écoulé entre les deux parties de l'expérience.
L'absence d'une dégradation sensible de la mémoire à court terme paraît effacer la
distinction entre court terme et long terme, ce qui pourrait être une caractéristique
unique de la mémoire olfactive. Ces résultats renforcent l'idée selon laquelle elle
différerait de la mémoire visuelle et de la mémoire auditive.
Extrait de : La recherche, n° 207
Question 1.
En quoi consiste l'expérience des trigrammes réalisée pour la première fois en 1959
par L.R. et M.J. Peterson ?
A) A lire à un sujet trois consonnes pour qu'il les mémorise.
B) A répéter 3 fois à un sujet 3 voyelles pour qu'il les récite dans l'ordre.
C) A lire à un sujet trois syllabes sans suite logique et lui demander de les
mémoriser.
D) A choisir 3 nombres entre 100 et 999 et les mémoriser.
Question 2.
Que démontre l'expérience des trigrammes de L.R. et M.J. Peterson ?
A) Après 30 secondes, le sujet a presque tout oublié des trigrammes s'il y a eu
interférence entre-temps.
B) La mémoire du sujet, après 30 secondes, reste intacte à près de 80% même s'il y
a eu interférence.
119
C) 10 secondes après l'expérience, le sujet a tout oublié s'il y a eu interférence.
D) Le sujet peut réciter les trigrammes dans l'ordre après 40 secondes, même s'il y
a eu interférence.
Question 3.
Comment s'est déroulée l'expérience décrite par l'auteur de cet article sur la mémoire
des odeurs ?
A) En suivant le modèle proposé par l'expérience des trigrammes, le sujet devait
trouver la différence entre 3 odeurs distinctes.
B) Le sujet avait les yeux fermés et avait pour tâche de se souvenir des différentes
odeurs qu'il respirait.
C) Le sujet devait dire laquelle des odeurs présentées restait dans sa mémoire.
D) En suivant le modèle proposé par l'expérience des trigrammes, le sujet devait
déterminer si on lui présentait une odeur dite cible ou leurre.
Question 4.
Quelle conclusion l'auteur de cet article tire-t-il de son expérience ?
A) La mémoire des odeurs est aussi sensible aux interférences que la mémoire
visuelle et la mémoire auditive.
B) La mémoire des odeurs est encore plus sensible aux interférences que la
mémoire visuelle et la mémoire auditive.
C) La mémoire des odeurs est plus sensible aux interférences que la mémoire
visuelle mais moins que la mémoire auditive.
D) La mémoire des odeurs est beaucoup moins sensible aux interférences que la
mémoire visuelle et la mémoire auditive.
Nombre de bonnes réponses sur 4 : ……..
Voir réponses en annexes.
Consultez les notes
Maints lecteurs fuient comme la peste les ouvrages contenant des notes figurant en
bas de page ou dans un index de fin d'ouvrage. Pourtant, ces notes sont fort utiles et
permettent souvent d'épargner du temps. Du reste, un texte difficile sans notes ou
sans références constituerait une rareté. Il faut donc apprendre à les consulter, surtout
si l'on est en phase de lecture rapide. On distingue plusieurs sortes de notes, mais
arrêtons-nous aux deux principales : les notes techniques et les notes
bibliographiques.
• Les notes techniques offrent en général un complément d'information sur un
sujet précis. Elles sont d'ordre explicatif ou justificatif. L'auteur profite de ce type
de note tantôt pour se livrer à un aparté destiné à éclairer le lecteur, à lui fournir
certaines précisions, tantôt pour justifier son choix d'arguments ou d'exemples.
• Les notes bibliographiques, comme le mot l'indique, donnent au lecteur une liste
d'ouvrages à laquelle se référer s'il s'intéresse à une question en particulier.
120
Elles sont toujours fort instructives à la fois sur les sources de l'auteur et sur sa
méthode. De plus, elles permettent au lecteur de réaliser un appréciable gain de
temps car elles évitent de chercher inutilement ailleurs un complément
bibliographique.
Arrêtez-vous aux abréviations
Souvent les abréviations, pour la plupart d'origine latine, sont un mystère pour nous.
Nous ne savons pas ce qui se cache sous ces quelques signes qui, presque toujours,
apparaissent dans les notes de bas de page. Nous sommes parfois tentés de nous
demander si elles ont vraiment une signification, si elles revêtent une réelle
importance.
Eh bien oui, elles ont une signification et une importance. Comme les notes de bas de
page, elles sont destinées à éclairer le lecteur, à le renvoyer à d'autres sources, à
éveiller son attention sur tel sujet. .
Savoir les déchiffrer permet également au lecteur d'accélérer le débit de sa lecture, car
ainsi il peut reconnaître du premier coup d'oeil leur validité et leur pertinence quant à la
recherche qu'il mène.
En voici une brève liste :
Abréviations
cf.
et al.
et sq.
id.
ibid.
loc. cit.
N.B.
op. cit.
Significations
confer
et alibi
et sequens
idem
ibidem
loco citato
nota bene
opere citato
Traductions
comparer
et ailleurs
et à la suite
de même
au même endroit
à l'endroit cité
veuillez noter
dans l'ouvrage cité
COMMENT LIRE UN TEXTE TECHNIQUE
Il est plutôt rare que nous ayons à lire en entier un texte technique. Le plus souvent, ce
dont nous avons besoin, c'est d'un renseignement ou d'une suite de renseignements
ponctuels, ce qui nous dispense d'une lecture intégrale. Mais il est évident qu'on ne lit
pas un texte technique comme on lirait un roman.
Un roman est par essence une oeuvre d'imagination qui, bien qu'enfermée dans une
structure précise, laisse le lecteur libre de vagabonder d'un chapitre à l'autre.
121
Un texte technique répond à un tout autre impératif. Son but est d'informer le lecteur
sur un sujet bien déterminé. Par conséquent, sa construction est différente.
Malheureusement, les textes techniques (rapports, comptes rendus, articles, livres) sont
souvent rédigés dans un style où la lourdeur le dispute à l'opacité. Il faut donc savoir
comment les lire pour en retirer sans perdre de temps ce dont nous avons besoin.
Quelques conseils
• Dans le cas d'un article ou de tout autre écrit relativement court, si la pensée de
l'auteur vous apparaît floue, nébuleuse, parcourez l'entrée en matière pour voir
si l'hypothèse y est exposée, puis lisez quelques paragraphes dans le
développement et sautez à la conclusion. Si vous avez affaire à un ouvrage un
peu plus long, mettez en pratique les 5 étapes du survol, telles que nous les
avons décrites à la leçon 2. Elles vous aideront à gagner du temps.
• Au passage, notez les mots-clés, ceux qui vous semblent correspondre à la
pensée de l'auteur. Dès que vous en rencontrez un, lisez attentivement la
phrase dont il fait partie et celles qui en découlent immédiatement.
• Cherchez toujours à simplifier la pensée de l'auteur. L'erreur des rédacteurs
techniques (dont ce n'est pas toujours forcément le métier) consiste souvent à
fournir trop de détails, ce qui provoque une désagréable sensation de flou chez
le lecteur. Voici un exemple :
•
Florence deviendra la ville la plus importante de la péninsule au XIVe siècle en
conclusion, pour ainsi dire, d'un travail durant les siècles précédents dans le domaine
de la culture, avec les oeuvres de Dante, Boccace et Pétrarque, travail dont les étapes
ne sont pas toujours aisées à reconstruire; ces trois écrivains établirent les bases de la
langue italienne. Au XVe siècle aussi la ville prit son essor sous les Médicis, lorsque la
philosophie et l'art donnèrent naissance à l'humanisme. De nos jours, la cité antique
de Florence, limitée de façon idéale par les traces des avenues qui apparurent après
qu'on eut abattu les murs d'enceinte dont il ne reste plus que les portes et quelques
tours, vit encore dans le chaos des voitures.
LISEZ POUR ACCROITRE VOTRE VOCABULAIRE
Nous n'insisterons jamais assez sur l'importance du vocabulaire. S'il ne vous faut que
5 à 6 000 mots pour communiquer quotidiennement, remplir diverses tâches ne
nécessitant pas l'emploi d'un vocabulaire étendu, il en va tout autrement lorsque vous
avez affaire à des ouvrages réputés difficiles, de quelque nature qu'ils soient.
Si vous ne voulez pas rester en panne devant un texte, en d'autres mots, si vous
voulez accélérer votre débit de lecture, il vous faut mettre l'accent à tout prix sur le
vocabulaire. Donc, lisez, lisez toujours plus et, surtout, ouvrez le dictionnaire,
reportez-vous à des ouvrages de référence. Bref, soyez curieux et vérifiez le sens des
mots qui vous sont inconnus. On estime qu'un adulte cultivé connaît en moyenne
12000 mots. Si ce n'est pas votre cas, sachez qu'il n'est guère difficile d'accroître son
122
vocabulaire. Il suffit de se monter attentif aux idées exposées dans un texte et d'aller
ensuite "à la source" en consultant soit un dictionnaire, soit un ouvrage de référence.
Ce faisant, prenez le temps de bien lire l'étymologie du mot, son genre et surtout les
exemples qui sont apportés.
Beaucoup de lecteurs ouvrent volontiers le dictionnaire ou un ouvrage de référence,
mais peu regardent les exemples. Ce qui fait qu'ils n'ont qu'une connaissance
livresque du mot et qu'ils ne savent pas dans quel contexte l'utiliser.
Exercice n° 3.8
Voici un petit test destiné à évaluer votre vocabulaire. Il couvre différents domaines,
auxquels vous êtes appelés quotidiennement à vous mesurer, soit dans le cadre de
vos études (peu importe ici votre spécialité), soit dans un contexte plus général.
Appelons-le "Trouvez la bonne définition".
1. Escarpolette
A) pistolet
B) balançoire
C) fruit exotique
D) omelette
3. Zélote
A) patriote juif
B) poisson
C) arbre fruitier
D) confiserie
5. Compulsion
A) violente répulsion
B) impulsion irrésistible
C) type de convulsion
D) aversion
7. Prosélytisme
A) figure de style
B) zèle
C) spécialité médicale
D) étude de la prose
9. Zloty
A) métal
B) oiseau des Balkans
C) fleur des champs
D) monnaie polonaise
11. Fongique
A) relatif aux champignons
B) calmant
C) faute de logique
D) enfant très actif
2. Malabar
A) jeu de cartes
B) vin
C) homme très fort
D) variété d'olive
4. Anorexie
A) violente asphyxie
B) plante marine
C) vase étrusque
D) perte d'appétit
6. Lançon
A) poisson
B) dard
C) petite lance
D) arbre
8. Ubuesque
A) style d'architecture
B) qui ressemble à Ubu
C) couleur vive
D) comportement grotesque
10. Croup
A) type de laryngite
B) émanation de gaz
C) cancer du genou
D) vive poussée de fièvre
12. Miocène
A) glacier à la dérive
B) ère géologique
C) poison rare
D) centre de l'arbre
123
13. Prodrome
A) champ de course
B) relatif aux nombres
C) symptôme
D) faible secousse sismique
15. Thalidomide
A) gaz mortel
B) tranquillisant
C) partie du corps humain
D) relatif à la mer
17. Impécunieux
A) avare
B) affamé
C) pauvre
D) vieillard
19. Ronde-bosse
A) ouvrage de sculpture
B) dos d'âne
C) tableau circulaire
D) cahot dangereux
14. Mildiou
A) variété de houblon
B) maladie de la vigne
C) céréale
D) tapis d'Orient
16. Feston
A) grande fête
B) ornement
C) bonbon d'origine belge
D) herbe comestible
18. Déshérence
A) action de déshériter
B) absence d'héritier
C) extrême déshonneur
D) incapacité d'hériter
20. Pinéal
A) sommet élevé
B) vase grec
C) relatif à l'épiphyse
D) absence de volonté
Bonnes réponses sur 20 : .......
Voir réponses en annexes.
Evaluation
20 sur 20 : Votre performance se passe de commentaires. Vos chances d'assimiler
rapidement un texte difficile sont évidentes. Vous êtes un grand lecteur, votre
familiarité avec les mots le prouve.
15 sur 20 : Excellent score, d'autant que la plupart des mots proposés étaient difficiles.
Continuez de lire, d'enrichir votre vocabulaire, c'est l'unique façon, exception faite de
l'assimilation des techniques de lecture rapide, d'aborder sans peine n'importe quel
texte.
10 sur 20 : Votre score est plus qu'honorable, il démontre que vous prenez souvent la
peine de vérifier le sens des mots dans le dictionnaire. Vous êtes un bon lecteur, et
grâce aux techniques de lecture rapide, vous arrivez sans doute fort bien à
appréhender un texte difficile.
5 sur 20 : Posez-vous les questions suivantes : est-ce qu'en règle générale je lis
assez ? Lorsque je rencontre un mot nouveau, est-ce que je cherche à en connaître
immédiatement le sens ? Habituellement, est-ce que j'éprouve des problèmes face à
un texte difficile ? Suis-je un lecteur attentif ? La réponse à chacune de ces questions
devrait vous amener à faire la lumière sur votre comportement de lecteur.
0 sur 20 : A l'évidence, votre vocabulaire souffre de sérieuses carences. Mettez-vous
tout de suite à l'oeuvre, lisez, sinon vous rencontrerez de nombreuses difficultés au
cours de vos études. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, accroître son vocabulaire est
loin d'être une tâche insurmontable. Soyez attentif durant vos lectures, prenez des
notes et vous ferez des progrès rapides.
124
APPRENEZ A DISTINGUER LES PROCEDES D'EXPOSITION
Vous ouvrez, par exemple, un livre traitant de l'histoire de l'art. Vous remarquerez tout
de suite, selon que l'auteur appartient à l'école française ou à l'école anglo-saxonne,
que le procédé d'exposition peut être soit classique, soit multidirectionnel. Apprendre à
reconnaître ces procédés revêt une grande importance, car encore une fois il s'agit ici
d'épargner du temps et d'inutiles recherches.
• Le procédé d'exposition dit classique appartient surtout aux universitaires.
De type en général plus austère, il vise à démontrer. On aura donc ici
invariablement une entrée en matière dans laquelle l'auteur exposera
l'hypothèse qu'il entend défendre, suivie d'un développement et d'une
conclusion. Ce procédé présente des avantages puisqu'il est plus facile à suivre.
Le lecteur en quête d'informations saura tout de suite où aller pour trouver ce qui
l'intéresse. Il pourra, qui plus est, s'exercer au repérage, si ce qu'il cherche
consiste en informations précises, ponctuelles.
• Le procédé multidirectionnel est le fait des auteurs anglo-saxons. C'est un
procédé que l'on reconnaît au premier coup d'oeil et qu'apprécient les lecteurs à
cause de sa grande vivacité. Ici, seuls les faits comptent. Le style est alerte et
vise à captiver le lecteur. Le plan général n'est pas aussi visible que dans un
texte classique.
Comme le dit J.-F. Revel : "Les Américains partent sec, accumulent très vite les
exemples, leurs plumes tournent comme des radars sur une tour et captent des
impressions et informations de toutes parts. Les généralisations hâtives ne manquent
pas non plus chez eux, (…) mais tout ne repose pas sur les généralisations. (…) Chez
les Français, il y a neuf phrases générales et un exemple concret; chez les Américains,
neuf exemples concrets et une généralité."
A cause de son foisonnement même, un texte multidirectionnel offre moins de prise
aux lecteurs. Les possibilités de repérage sont amoindries en raison de son caractère
souvent imprévisible. Ici, le lecteur doit se montrer nettement plus attentif s'il veut
capter les principaux éléments du texte. L'hypothèse qu'entend développer l'auteur
n'est pas toujours évidente au premier coup d'oeil. Un examen plus approfondi
s'impose.
Si un texte multidirectionnel procure davantage de plaisir immédiat au lecteur, il n'en
demeure pas moins plus ardu à consulter. C'est là un des aspects rédhibitoires de ce
type de texte. Le lecteur désireux d'obtenir rapidement les informations dont il a besoin
devra fournir un effort supplémentaire. .
Dans un texte dont le procédé d'exposition est classique, chaque élément est à sa
place et découle du précédent. Bien que souvent moins réjouissant à lire, il offre plus
de possibilité de se retrouver au lecteur. Celui-ci, la plupart du temps, n'a qu'à jeter un
coup d'oeil à la table des matières ou à l'index des illustrations pour mettre le doigt sur
le renseignement qui lui fait défaut.
Dans un ouvrage multidirectionnel, cette facilité d'approche n'est pas aussi évidente.
Le lecteur doit y mettre du sien et redoubler de vigilance.
125
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT A LIRE DES TEXTES
DIFFICILES
Un lecteur efficace doit être en mesure de lire tout genre de texte entrant dans son
champ de compétence. Si vous êtes étudiant en art, vous aurez à vous familiariser
avec l'histoire de l'art elle-même, mais vous devrez aussi assimiler différentes
théories.
Or une théorie, par essence, relève du champ de l'abstraction. C'est une construction
intellectuelle dont il faut savoir suivre le cheminement si on veut la comprendre. Lire un
ouvrage théorique demande donc davantage d'efforts et d'implication de la part du
lecteur.
Il en va de même si vous étudiez la biologie ou tout autre discipline scientifique. Vous
devrez vous exercer sur des faits, mais pour compléter votre formation, obligation vous
sera aussi faite de tenir compte de certains travaux théoriques.
Vous n'aurez donc guère d'autre choix que d'assimiler des piles de documents.
Comment faire face à cette éventualité ? En vous entraînant aussi souvent que
possible à lire des textes un peu plus difficiles que la moyenne.
Un bon moyen de débuter votre entraînement consiste à lire des revues spécialisées :
science, histoire, art, littérature, mécanique, etc.
Si vous fréquentez assidûment les kiosques à journaux ou les bibliothèques publiques,
vous aurez remarqué que pour une même discipline (par exemple en science), il existe
une multitude de revues, plus ou moins faciles à lire. Commencez par les plus simples
et augmentez lentement le quotient de difficulté.
Un conseil : ne vous cantonnez pas à un unique champ de compétence. Si
seul le droit vous intéresse, essayez de varier en lisant, par exemple, une revue
d'histoire. Un bon lecteur doit savoir aborder différentes sortes de textes s'il
veut :
• - augmenter sa vitesse;
• - accroître ses connaissances et son vocabulaire.
Du reste, vous n'êtes pas sans savoir que nous vivons dans un monde où la
polyvalence devient de plus en plus la règle. Plus tard, vous serez peut-être appelé à
remplir une multitude de tâches, certaines demandant des compétences que vous
n'aurez pas nécessairement acquises au cours de vos études.
Exercice n° 4.8
1' 30"
Marcel Proust est l'un des auteurs les plus commentés, mais peu de gens se
sont risqués dans les labyrinthes de sa prose. On le trouve difficile. A vous de juger.
Voici un court extrait d'Albertine disparue que nous vous demandons de lire en 1 mn
30.
Votre lecture terminée, recommencez, cette fois en ramenant votre temps à 1 minute.
N'oubliez pas les deux étapes préalables, à savoir le survol et la fixation mentale.
Faites aussi une hypothèse de lecture avant de vous de lancer dans le texte et vérifiez
par la suite sa pertinence.
126
"Mademoiselle Albertine est partie !" Comme la souffrance va plus loin en psychologie
que la psychologie ! Il y a un instant, en train de m'analyser, j'avais cru que cette
séparation sans s'être revus était justement ce que je désirais, et, comparant la
médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu'elle me
privait de réaliser (et auxquels la certitude de sa présence chez moi, pression de mon
atmosphère morale, avait permis d'occuper le premier plan de mon âme, mais qui à la
première nouvelle qu'Albertine était partie ne pouvaient même plus entrer en
concurrence avec elle, car ils s'étaient aussitôt évanouis), je m'étais trouvé subtil,
j'avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l'aimais plus. Mais ces mots :
"Mademoiselle Albertine est partie" venaient de produire dans mon coeur une
souffrance telle que je sentais que je ne pourrais plus y résister plus longtemps; il fallait
la faire cesser immédiatement; tendre pour moi-même comme ma mère pour ma
grand-mère mourante, je me disais, avec cette même bonne volonté qu'on a de ne pas
laisser souffrir ce qu'on aime : "Aie une seconde de patience, on va te trouver un
remède, sois tranquille, on ne va pas te laisser souffrir comme cela." Et, devinant
confusément que, si tout à l'heure, quand je n'avais pas encore sonné, le départ
d'Albertine avait pu me paraître indifférent, même désirable, c'est que je le croyais
impossible, ce fut dans cet ordre d'idées que mon instinct de conservation chercha,
pour les mettre sur ma blessure ouverte, les premiers calmants : "Tout cela n'a aucune
importance parce que je vais la faire revenir tout de suite. Je vais examiner les
moyens, mais de toutes façons elle sera ici ce soir. Par conséquent inutile de se
tracasser". "Tout cela n'a aucune importance", je ne m'étais pas contenté de me le
dire, j'avais tâché d'en donner l'impression à Françoise en ne laissant pas paraître
devant elle ma souffrance, parce que, même au moment où je l'éprouvais avec une
telle violence, mon amour n'oubliait pas qu'il lui importait de sembler un amour
heureux, un amour partagé, surtout aux yeux de Françoise qui n'aimait pas Albertine et
avait toujours douté de sa sincérité.
Oui, tout à l'heure, avant l'arrivée de Françoise, j'avais cru que je n'aimais plus
Albertine, j'avais cru ne rien laisser de côté, en exact analyste; j'avais cru bien
connaître le fond de mon coeur. Mais notre intelligence, si lucide soit-elle, ne peut
apercevoir les éléments qui le composent et qui restent insoupçonnés tant que, de
l'état volatil où ils subsistent la plupart du temps, un phénomène capable de les isoler
ne leur fait pas subir un commencement de solidification. Je m'étais trompé en croyant
voir clair dans mon coeur. Mais cette connaissance, que ne m'aurait pas donnée les
plus fines perceptions de l'esprit, venait de m'être apportée, dure, éclatante, étrange
comme un sel cristallisé, par la brusque réaction de la douleur. J'avais une telle
habitude d'avoir Albertine auprès de moi, et je voyais soudain un nouveau visage de
l'Habitude. Jusqu'ici je l'avais surtout considérée comme un pouvoir annihilateur qui
supprime l'originalité et jusqu'à la conscience des perceptions; maintenant je la voyais
comme une divinité redoutable, si rivée à nous, son visage insignifiant si incrusté dans
notre coeur, que si elle se détache, si elle se détourne de nous, cette déité que nous ne
distinguions presque pas, nous inflige des souffrances plus terribles qu'aucune et
qu'alors elle est aussi cruelle que la mort.
Le plus pressé était de lire sa lettre, puisque je voulais aviser aux moyens de la faire
revenir. Je les sentais en ma possession, parce que, comme l'avenir est ce qui n'existe
encore que dans notre pensée, il nous semble encore modifiable par l'intervention in
extremis de notre volonté. Mais en même temps je me rappelais que j'avais vu agir sur
lui d'autres forces que la mienne et contre lesquelles, plus de temps m'eût-il été donné,
je n'aurais rien pu. A quoi sert que l'heure n'ait pas sonné encore, si nous ne pouvons
127
rien sur ce qui s'y produira ? Quand Albertine était à la maison, j'étais bien décidé à
garder l'initiative de notre séparation. Et puis elle était partie. J'ouvris la lettre
d'Albertine. Elle était ainsi conçue :
"Mon ami, pardonnez-moi de ne pas avoir osé vous dire de vive voix les quelques mots
qui vont suivre, mais je suis si lâche, j'ai toujours eu si peur, devant vous, que, même
en me forçant, je n'ai pas eu le courage de le faire. Voici ce que j'aurais dû vous dire :
Entre nous, la vie est devenue impossible, vous avez d'ailleurs vu par votre algarade
de l'autre soir qu'il y avait quelque chose de changé dans nos rapports. Ce qui a pu
s'arranger cette nuit-là deviendra irréparable dans quelques jours. Il vaut donc mieux,
puisque nous avons eu la chance de nous réconcilier, nous quitter bons amis; c'est
pourquoi, mon chéri, je vous envoie ce mot, et je vous prie d'être assez bon pour me
pardonner si je vous fais un peu de chagrin, en pensant à l'immense que j'aurai. Mon
cher grand, je ne veux pas devenir votre ennemie, il me sera assez dur de vous
devenir peu à peu, et assez vite, indifférente; aussi, ma décision étant irrévocable,
avant de vous faire remettre cette lettre par Françoise, je lui aurai demandé mes
malles. Adieu, je vous laisse le meilleur de moi-même. Albertine."
Première lecture : ……..minute et …….. secondes.
Deuxième lecture : ……. minute et ……. secondes
Ce texte comporte 900 mots
128
Rappelez-vous que :
•
Pour lire avec profit un texte difficile, la marche à suivre est la suivante :
1) se munir d'un marqueur;
2) repérer les mots clés;
3) consulter les notes;
4) savoir lire les abréviations.
•
Accroître son vocabulaire est le plus sûr allié du lecteur rapide. En
disposant d'un vocabulaire riche, vous aurez moins tendance à
régresser et à interrompre votre lecture.
•
Les deux principaux procédés d'exposition sont le procédé
multidirectionnel (surtout employé par les auteurs anglosaxons) et le
procédé dit classique (que l'on retrouve la plupart du temps dans les
travaux de type universitaire).
129
LEÇON 9
COMMENT APPRENDRE
PLUS VITE
130
Risquons un double pléonasme : on apprend à lire en lisant et on apprend à lire vite en
lisant vite. Il n'y a pas d'autre solution. Ou pour être plus précis, on ne devient pas un
lecteur efficace du jour au lendemain. Il faut pour cela repenser sa façon de lire, mettre
en place des stratégies nouvelles.
Cela ne se fait pas sans effort, car l'apprentissage de la lecture rapide comme tout
autre apprentissage a ses règles qu'il faut savoir assimiler; cependant, avec un
entraînement régulier, tout est possible.
DES AUTOMATISMES NOUVEAUX
La pédagogie traditionnelle enseigne qu'il faut d'abord mettre à la disposition de
l'enfant des automatismes qui lui permettront par la suite de reconnaître et de
comprendre un texte. Comme nous avons tous pu le constater par nous-mêmes, c'est
un processus long, parfois fastidieux, et qui tend à banaliser le rôle de la lecture, pour
n'en faire qu'un outil parmi d'autres.
La lecture rapide, elle, prend à contre-pied ce postulat. Comment ? En s'adressant
avant tout à l'intelligence du lecteur et non à sa faculté de déchiffrer les signes. En
cela, elle est une façon nouvelle d'appréhender le texte et d'instaurer un rapport entre
celui-ci et le lecteur. Elle incite ce dernier à développer des mécanismes cognitifs tout
à fait inédits. Voici un exemple :
Exercice n° 1.9
Lisez le texte de la page suivante à la vitesse qui était la vôtre (si cela vous est encore
possible) avant que vous n'entamiez votre entraînement de lecteur rapide. Notez tous
vos automatismes : tendances à régresser, à subvocaliser, etc. Notez également votre
temps.
Café
La plante qui le produit est un petit arbrisseau fort bas qui porte des fleurs odorantes.
Le café est originaire de l'Yémen, dans l'Arabie Heureuse; on le cultive aujourd'hui
dans plusieurs pays. L'historien arabe, Ahmet-Effendi, croit que c'est à un derviche
qu'est due la découverte du café, vers le XVe siècle ou l'an 650 de l'Hégire. Le premier
Européen qui ait parlé de cet arbre est Prosper Alpin, de Padoue. En 1580, il suivit, en
Egypte, un consul de la république de Venise; l'ouvrage où il en est question, écrit en
langue latine, fut adressé à Jean Morazini. J'ai vu au Caire cet arbre dans les jardins
d'Ali-Bey, on l'appelle bon ou boun; les Egyptiens, avec le grain qu'il produit, préparent
une boisson que les Arabes nomment Kawa. Le goût pour le café fut porté si loin, à
Constantinople, que les Imans se plaignirent que les mosquées étaient désertes tandis
que les cafés étaient toujours pleins. Amurat III permit alors que l'on en prit dans les
maisons particulières, pourvu que les portes fussent fermées. Le premier pied de café
qui, en 1 714, fut planté dans les jardins du Roi, à Paris, y périt; il avait été apporté par
M. de Resson, lieutenant général d'artillerie. M. Brancastre, bourgmestre
d'Amsterdam, en envoya un pied à Louis XIV, qui le fit mettre dans son jardin de Marly.
Le café ne fut connu en France qu'en 1657; ce furent les Vénitiens qui l'apportèrent les
premiers en Europe, et ce fut par Marseille qu'il fut introduit en France. Son usage
131
devint universel; les médecins s'en alarmèrent, leurs prédictions sinistres furent
traitées de rêveries; il en résulta que, malgré ces disputes, les cafés n'en furent pas
moins fréquentés.
En 1669, l'ambassadeur Mahomet Il en apporta une grande quantité en France; on
assure que le café se vendit, à Paris, jusqu'à 40 écus la livre.
Alexandre Dumas, Mon dictionnaire de cuisine
Temps de lecture : ……. minute ……. secondes
Ce texte comporte 309 mots
Que constatez-vous ?
Vous avez lu, de la même façon que vous auriez regardé passer un convoi ferroviaire
au grand complet devant vous. Peut-être aussi avez-vous eu tendance à trébucher sur
quelques mots, à revenir en arrière, voire à en prononcer certains dans votre tête.
Quoi qu'il en soit, comme vous n'étiez pas en situation de lecture rapide, d'instinct vous
n'avez pas eu le réflexe d'écrémer le texte, pour en extraire la substance qui vous
intéressait. Ce n'est pas tant l'aspect historique de ce texte qui a attiré votre attention
que le texte lui-même.
Ou si vous préférez, l'idée du train passant au loin ne vous satisfaisait pas, il vous
fallait voir tout le train.
Exercice n° 2.9
Poursuivons en puisant à nouveau dans Mon dictionnaire de cuisine de Dumas.
Restons-en à l'article café. Cette fois, lisez ce qui suit en vous servant de vos acquis de
lecteur rapide. Accordez-vous 5 secondes pour aller chercher la substance de ce
texte, puis relisez-le pour voir si vous avez bien compris.
Infusion du café
Tout le monde sait aujourd'hui comment se fait cette infusion, et l'usage de la cafetière
est trop répandu pour qu'il soit nécessaire d'en donner la description. Nous donnerons
seulement à nos lecteurs le conseil de ne pas laisser séjourner trop longtemps le café
dans des vases de fer-blanc; il contient une substance qui attaque le fer et cela lui
donne une saveur désagréable.
Le café se fait en Orient comme il se faisait autrefois chez nous, seulement on ne le passe
point à la chausse, on le laisse trouble, et les Orientaux le prennent trouble; cependant,
quand on veut précipiter le nuage qui ôte à votre café sa transparence, on n'a qu'à laisser
tomber deux ou trois gouttes d'eau froide dans la tasse et le café se précipite.
Les Orientaux font bouillir le sucre avec le café, ils vous le versent tout mousseux dans
des petites tasses du Japon maintenues par des coquilles en filigranes d'argent, que
l'on nomme fitzyanes.
Le café bu de cette façon est loin de produire l'excitation nerveuse du café fait à la
Dubelloy, qui est au reste la meilleure manière pour le prendre selon notre système; le
grand avantage des cafetières à la Dubelloy, avantage qui se retrouve dans toutes
celles où l'eau bouillante est obligée de traverser le café en poudre, c'est de donner
immédiatement du café clair, qu'on est dispensé de faire clarifier par le repos, afin de le
faire chauffer une seconde fois, ce qui altère toujours sa qualité.
Temps de lecture : ……. secondes
132
Votre relecture correspond-elle à votre première hypothèse ?
Il y a fort à parier que oui. Même si ce court texte est par essence descriptif, voire
technique, un simple balayage a probablement suffi pour que vous en captiez le
principal. Cela signifie donc qu'en changeant de rythme de lecture, vous avez
développé d'autres automatismes et que ces automatismes n'ont pas nui à la juste
compréhension du texte. Au contraire, en vous mettant délibérément en phase de
lecture rapide, votre force de concentration a augmenté. Ainsi, vous avez minimisé les
risques de "dérapage" hors texte.
Cela n'est qu'un exemple, bien entendu, mais il démontre bien que votre esprit, sur la
base d'un simple entraînement quotidien, peut acquérir force et agilité, et que ces
qualités peuvent vous être utiles non seulement pour lire rapidement mais aussi pour
prendre des notes en classe, dégager l'essentiel d'une expérience, interpréter un
graphique, etc. Comme vous le voyez, la lecture rapide débouche sur beaucoup
d'autres horizons.
APPRENDRE RAPIDEMENT : LA MEILLEURE ECOLE
Lire rapidement, et par voie de conséquence apprendre rapidement, cela ne signifie
pas brûler des étapes, comme on serait porté à le croire. Cela signifie se débarrasser
des scories qui accompagnent souvent le processus d'apprentissage lui-même. Dans
le domaine de la lecture, ces scories sont nombreuses et nous les avons déjà
nommées : subvocalisation, régressions, mot à mot. Le simple fait de les éliminer
entraîne déjà une accélération dans le processus de la lecture. Mais il y a plus. Pour
bien lire, pour que cet acte par essence créateur soit vraiment profitable, d'autres
conditions s'avèrent nécessaires.
Comment fonctionnez-vous mentalement ?
Notre cerveau a son propre mode de fonctionnement et le connaître se révèle une
nécessité si l'on veut tirer profit de nos lectures.
Ainsi, la première question à se poser est celle-ci : comment mon cerveau code-t-il les
images que je lui fournis ? Les code-t-il d'une manière visuelle ou auditive ?
Les images que vous fournissez à votre cerveau proviennent des "gestes mentaux"
que vous effectuez quotidiennement. L'attention, la compréhension, la mémorisation,
la réflexion et l'imagination sont des gestes mentaux. Chacun de nous, en faisant un
geste mental, se fabrique ses propres images. Ces images sont de type visuel ou
auditif.
Si vous êtes de type visuel, vous aurez tendance à vous représenter mentalement ce
que vous avez à apprendre. Si on vous dit pomme, par exemple, vous verrez d'abord
le fruit lui-même plutôt que le mot.
A l'inverse, si vous êtes de type auditif, c'est le mot qui d'emblée envahira votre
cerveau. Pour employer un vocabulaire plus savant, votre perception des choses sera
de l'ordre du discours mental d'abord et avant tout.
133
Etes-vous de type visuel ou de type auditif ?
La question est importante, car si nous avons tous entendu parler de ce concept
(visuel/auditif), tous nous ne savons pas nécessairement à quoi nous en tenir sur ce
sujet.
Parfois même, nous faisons fausse route. Nous nous imaginons être de type visuel
alors qu'une brève analyse peut nous révéler le contraire. Il est donc essentiel de
savoir comment votre cerveau opère en faisant un geste mental. Si vous êtes de type
visuel, votre apprentissage ne se déroulera pas de la même façon que si vous êtes de
type auditif. Il sera même dans un certain sens opposé. Vous aurez besoin de voir pour
comprendre, alors que l'auditif voudra entendre des mots, saisir le pourquoi des
choses.
Un exemple : vous êtes dans une salle de cours et le professeur explique le processus
de la photosynthèse. Il n'a apporté avec lui que très peu de documents visuels. Il
préfère, de toute évidence, verbaliser sa science plutôt que la démontrer.
Or, pour comprendre un concept, une notion ou un principe, il vous faut visualiser. Que
se passera-t-il ?
Vous sortirez probablement de ce cours avec la sensation de n'avoir pas saisi
l'essentiel de ce qui a été dit. Vous serez frustré, vous vous demanderez pourquoi
vous n'avez pas tout compris alors que dans d'autres cours de même nature, mais
avec des professeurs plus "visuels", tout se passe en général mieux.
Pour que ce cours ne reste pas lettre morte, vous devrez probablement consulter un
ouvrage présentant sous forme d'illustrations le processus de photosynthèse. Ainsi
vous ne perdrez rien.
A vrai dire, il n'existe pas de moyen miracle pour déterminer si l'on est de type visuel ou
auditif. Il suffit de se poser quelques questions, de pratiquer une introspection : "je
m'interroge pour comprendre comment je suis attentif, comment je réfléchis, comment
je mémorise, etc."
• Ainsi, vous êtes dans la rue et partout autour de vous se dressent des
enseignes, des panneaux publicitaires. Vous décidez de tenter une brève
expérience. Vous fermez les yeux et vous essayez de recréer ce que vous venez
de voir. Qu'est-ce qui spontanément apparaîtra dans votre tête ? Est-ce que ce
seront des images, des mots accompagnés d'images ? Aurez-vous tendance à
vous tenir en même temps un discours ou, au contraire, à laisser les images
s'imbriquer les unes dans les autres, de manière qu'elles finissent par prendre
sens par elles-mêmes ?
• Vous lisez un livre. D'emblée, aurez-vous une propension à vous "représenter"
l'objet de votre lecture ou êtes-vous plutôt le type de personne à se laisser
bercer par les mots, par la musique qu'ils dégagent ? En d'autres termes, est-ce
que ce sont les images qui d'abord s'imposent à vous ou les sons? Les
prochaines fois que vous lirez, posez-vous ces questions. Sans doute
aurez-vous quelques surprises.
• Vous assistez à un concert, rock ou classique. Vous appréciez à ce point la
musique que tout un flot d'images vous envahit. De quel type seront ces
images ? Est-ce que ce seront des sons, entrecoupés à l'occasion de
projections mentales ou bien des projections mentales (jeux de scène,
éclairage, façon de jouer des musiciens) que viendront embellir des sons ?
134
• Vous êtes à nouveau en classe. Le professeur explique un fait historique qu'il
estime très important pour la compréhension d'une situation contemporaine. Ici,
donc, nul diagramme, nulle illustration, nul matériel audio-visuel : des mots,
seulement des mots. Comment réagirez-vous face à ces mots ?
Aurez-vous spontanément tendance à leur chercher un support visuel, à vous
représenter mentalement ce qu'ils signifient ? Ou bien, au contraire, vous
contenterez-vous de leur signification intrinsèque, ce qui vous amènera à établir
des rapports entre eux, de façon à mieux comprendre l'exposé ?
Formulée autrement, la question pourrait être celle-ci: pour comprendre ce que
le professeur dit, avez-vous besoin de mots, d'explications ou d'images
visuelles?
Test n° 1
Victor Hugo est un auteur que l'on dit surtout visuel, mais il n'en demeure pas moins un
poète attaché à la musique des mots, même lorsqu'il écrit de la prose. Lisez
rapidement et sans vous arrêter ce court extrait de Quatre-vingt-treize et faites votre
propre analyse. Dites ce qui vous a le plus frappé : les images dont il fourmille ou les
mots, leur agencement ?
La corvette Claymore
Au printemps de 1793, au moment où la France, attaquée à la fois à toutes ses
frontières, avait la pathétique distraction de la chute des Girondins, voici ce qui se
passait dans l'archipel de la Manche.
Un soir, le 1 er juin, à Jersey, dans la petite baie déserte de Bonne nuit, une heure environ
avant le coucher du soleil, par un de ces temps brumeux qui sont commodes pour
s'enfuir parce qu'ils sont dangereux pour naviguer, une corvette mettait à la voile. Ce
bâtiment était monté par un équipage français, mais faisait partie de la flottille anglaise
placée en station et comme sentinelle à la pointe orientale de l'île. Le prince de la Tour
d'Auvergne, qui était de la maison de Bouillon, commandait la flottille anglaise, et
c'était par ses ordres, et pour un service urgent et spécial, que la corvette en avait été
détachée. Cette corvette, immatriculée à la Trinity-House sous le nom de the
Claymore, était en apparence une corvette de charge, mais en réalité une corvette de
guerre. Elle avait la lourde et pacifique allure marchande; il ne fallait pas s'y fier
pourtant. Elle avait été construite à deux fins, ruse et force; tromper, s'il est possible,
combattre, s'il est nécessaire. Pour le service qu'elle avait à faire cette nuit-là, le
chargement avait été remplacé dans l'entrepont par trente caronades de fort calibre.
Ces trente caronades, soit qu'on prévît une tempête, soit plutôt qu'on voulût donner
une figure débonnaire au navire, étaient à la serre, c'est-à-dire fortement amarrées en
dedans par de triples chaînes et la volée appuyée aux écoutilles tamponnées; rien ne
se voyait au dehors; les sabords étaient aveuglés; les panneaux étaient fermés; c'était
comme un masque mis à la corvette. Les corvettes d'ordonnance n'ont de canons que
sur le pont; celle-ci, faite pour la surprise et l'embûche, était à pont désarmé, et avait
été construite de façon à pouvoir porter, comme on vient de le voir, une batterie
d'entre-pont. La Claymore était d'un gabarit massif et trapu, et pourtant bonne
marcheuse; c'était la coque la plus solide de toute la marine anglaise, et au combat elle
valait presque une frégate, quoiqu'elle n'eût pour mât d'artimon qu'un mâtereau avec
une simple brigantine. Son gouvernail, de forme rare et savante, avait une membrure
135
courbe presque unique qui avait coûté cinquante livres sterling dans les chantiers de
Southampton.
L'équipage, tout français, était composé d'officiers émigrés et de matelots déserteurs.
Ces hommes étaient triés; pas un qui ne fût bon marin, bon soldat et bon royaliste. Ils
avaient le triple fanatisme du navire, de l'épée et du roi.
Un demi-bataillon d'infanterie de marine, pouvant au besoin être débarqué, était
amalgamé à l'équipage. La corvette Claymore avait pour capitaine un chevalier de
Saint-Louis, le comte du Boisberthelot, un des meilleurs officiers de l'ancienne marine
royale, pour second le chevalier de La Vieuville qui avait commandé aux
gardes-françaises la compagnie où Hoche avait été sergent, et pour pilote le plus
sagace patron de Jersey, Philip Gacquoil.
On devinait que ce navire avait à faire quelque chose d'extraordinaire. Un homme, en
effet, venait de s'y embarquer, qui avait tout l'air d'entrer dans une aventure. C'était un
haut vieillard, droit et robuste, à figure sévère, dont il eût été difficile de préciser l'âge,
parce qu'il semblait à la fois vieux et jeune; un de ces hommes qui sont pleins d'années
et de force, qui ont des cheveux blancs sur le front et un éclair dans le regard; quarante
ans pour la vigueur et quatre-vingts ans pour l'autorité. Au moment où il était monté sur
la corvette, son manteau de mer s'était entrouvert, et l'on avait pu le voir vêtu, sous ce
manteau, de larges braies dites bragou-bras, de bottes-jambières, et d'une veste en
peau de chèvre montrant en dessus le cuir passementé de soie, et en dessous le poil
hérissé et sauvage, costume complet du paysan breton. Ces anciennes vestes
bretonnes étaient à deux fins, servaient aux jours de fête comme aux jours de travail,
et se retournaient, offrant à volonté le côté velu ou le côté brodé; peaux de bête toute la
semaine, habits de gala le dimanche. Le vêtement de paysan que portait ce vieillard
était, comme pour ajouter à une vraisemblance cherchée et voulue, usé aux genoux et
aux coudes, et paraissait avoir été longtemps porté, et le manteau de mer, de grosse
étoffe, ressemblait à un haillon de pêcheur. Ce vieillard avait sur la tête le chapeau
rond du temps, à haute forme et à large bord, qui, rabattu, a l'aspect campagnard, et,
relevé d'un côté par une ganse à cocarde, a l'aspect militaire. Il portait ce chapeau ras
baissé à la paysanne, sans ganse ni cocarde.
Test n° 2
De Balzac, auteur universel s'il en est, on peut tout dire: psychologue, portraitiste,
satiriste, alchimiste... Son oeuvre, immense, couvre pratiquement tous les genres.
Voici un extrait où l'on voit le psychologue à l'oeuvre. Vous noterez le côté à la fois
visuel et abstrait du texte. A vous de faire le partage.
Je contemplai le comte en tâchant de deviner son caractère, mais je fus assez
intéressé par quelques traits principaux pour en rester à l'examen superficiel de sa
physionomie. Agé seulement de quarante-cinq ans, il paraissait approcher de la
soixantaine, tant il avait promptement vieilli dans le grand naufrage qui termina le
dix-huitième siècle. La demi-couronne qui ceignait monastiquement l'arrière de sa tête
dégarnie de cheveux, venait mourir aux oreilles en caressant les tempes par des
touffes grises mélangées de noir. Son visage ressemblait vaguement à celui d'un loup
blanc qui a du sang au museau, car son nez était enflammé comme celui d'un homme
dont la vie est altérée dans ses principes, dont l'estomac est affaibli, dont les humeurs
sont viciées par d'anciennes maladies. Son front plat, trop large pour sa figure qui
finissait en pointe, ridé transversalement par marches inégales, annonçait les
habitudes de la vie en plein air et non les fatigues de l'esprit, le poids d'une constante
136
infortune et non les efforts faits pour la dominer. Ses pommettes saillantes et brunes
au milieu des tons blafards de son teint, indiquaient une charpente assez forte pour lui
assurer une longue vie. Son oeil clair, jaune et dur tombait sur vous comme un rayon
de soleil en hiver, lumineux sans chaleur, inquiet sans pensée, défiant sans objet. Sa
bouche était violente et impérieuse, son menton était droit et long. Maigre et de haute
taille, il avait l'attitude d'un gentilhomme appuyé sur une valeur de convention, qui se
sait au-dessus des autres par le droit, en dessous par le fait. Le laissez aller de la
campagne lui avait fait négliger son extérieur. Son habillement était celui du
campagnard en qui les paysans aussi bien que les voisins ne considèrent plus que
la fortune territoriale. Ses mains brunies et nerveuses attestaient qu'il ne mettait
de gants que pour monter à cheval ou le dimanche pour aller à la messe. Sa
chaussure était grossière.
Quoique les dix années d'émigration et les dix années de l'agriculture eussent influé
sur son physique, il subsistait en lui des vestiges de noblesse. Le libéral le plus
haineux, mot qui n'était pas encore monnayé, aurait facilement reconnu en lui la
loyauté chevaleresque, les convictions immarcescibles du lecteur à jamais acquis à la
Quotidienne. Il eût admiré l'homme religieux, passionné pour sa cause, franc dans ses
antipathies politiques, incapable de servir personnellement son parti, très capable de
le perdre, et sans connaissance des choses en France. Le comte était en effet un de
ces hommes droits qui ne se prêtent à rien et barrent opiniâtrement tout, bons à mourir
l'arme au bras dans le poste qui leur serait assigné, mais assez avares pour donner
leur vie avant de donner leurs écus. Pendant le dîner je remarquai, dans la dépression
de ses joues flétries et dans certains regards jetés à la dérobée sur ses enfants, les
traces de pensées importunes dont les élancements expiraient à la surface. En le
voyant, qui ne l'eût compris ? Qui ne l'aurait accusé d'avoir fatalement transmis à ses
enfants ces corps auxquels manquaient la vie ?
Balzac, Le Lys dans la vallée
Quel est votre projet ?
Si on lit tel ouvrage dans un but déterminé, c'est que l'on a un projet. Avoir un projet,
c'est répondre à une intention précise. C'est avoir, par exemple, à réfléchir sur un sujet
en particulier parce que l'on a un travail à produire. C'est lire un texte parce qu'il
contient une source de renseignements dont on a besoin. C'est mémoriser les courbes
d'un graphique qui peut nous servir lors d'un examen, et ainsi de suite.
Un projet correspond à un geste mental. Sans projet, sans geste mental, le processus
d'acquisition des connaissances est considérablement amenuisé.
Prenons un exemple concret : vous partez en vacances en emportant avec vous une
pile de livres dont vous vous promettez bien de profiter. De fait, vous les lisez tous. De
retour de vacances, vous les rangez fièrement dans votre bibliothèque en pensant
encore au plaisir qu'ils vous ont procuré.
Arrive un ami qui vous demande de lui faire un compte rendu de vos lectures. Que lui
direz-vous ?
Il Y a tout lieu de croire que vous aurez peine à lui raconter par le menu ce que vous
avez lu. Il vous faudra, pour ce faire, fouiller loin dans votre mémoire. Pourquoi ?
Parce qu'en partant en vacances avec tous vos livres, vous n'aviez aucun projet précis
en tête autre que celui de vous détendre et de retirer du plaisir de vos lectures. Vous
n'aviez nul travail à fournir, aucune information à recueillir. Résultat, les connaissances
acquises lors de vos lectures resteront floues, voire impossibles à cerner.
137
Si, à l'inverse, vous aviez eu un projet précis en tête, vous auriez pu faire un meilleur
compte rendu à votre ami. En abordant vos livres, vous vous seriez posé les questions
suivantes : pourquoi est-ce que je dois lire ce livre ou ces livres ? Que contiennent-ils
qui puisse m'être utile ? Qu'est-ce que je peux en retirer et qu'en ai-je retiré ?
Comment vais-je pouvoir les résumer ? Et ainsi de suite.
Toute lecture, surtout dans le cadre d'un travail, doit être porteuse d'un projet, d'une
intention. C'est ce projet, cette intention qui vous permettra :
- de progresser dans l'ordre de l'acquisition des connaissances;
- de former votre esprit.
RAPPEL
Pour apprendre rapidement, pour retirer le maximum de ses lectures,
les deux questions obligatoires à se poser sont :
1. Comment est-ce que je fonctionne mentalement ?
2. Quel est mon projet ?
PRENEZ PLAISIR À APPRENDRE
Apprendre peut être une source de plaisir. Mais ainsi que nous l'avons signalé dans les
chapitres précédents, pour qu'il y ait plaisir, il doit y avoir motivation.
Or la motivation ne surgit pas de rien. Elle a besoin de conditions précises. Pour
illustrer ce qu'est la motivation, on raconte souvent cette petite histoire : un badaud
s'en va cheminant sur une route solitaire. Soudain, il voit apparaître devant lui un chien
écumant de rage. En temps normal, rien ni personne n'aurait fait courir ce badaud. Il
aurait considéré comme un déshonneur de prendre ses jambes à son cou, fût-ce sur
une route déserte. Mais voilà que les circonstances l'y forcent : il a une motivation.
Il en va un peu de même lorsqu'on étudie. Parfois la motivation n'est pas au
rendez-vous; il faut savoir la provoquer en se fixant un but, un projet. Mais une fois la
motivation en place, le travail n'est pas terminé pour autant. Certains étudiants
démontrent une belle ardeur à la tâche, visiblement ils veulent arriver à bon port. Mais
138
il leur manque quelque chose - une méthode de travail, une façon d'entretenir leur
motivation. Car la motivation, un peu à la manière d'un foyer de braises par temps
froid, doit être entretenue, sinon elle risque de s'éteindre à très court terme pour laisser
place au découragement.
AYEZ UNE BONNE METHODE DE TRAVAIL
Une séance de lecture (ou de travail), c'est un peu comme une compétition sportive :
cela se prépare. Et une fois que l'on est dedans, il faut savoir en retirer le maximum
dans un minimum de temps
L'auteur et pédagogue anglais Tony Buzan considère qu'une méthode
d'apprentissage fonctionnelle comporte deux phases : la phase de préparation et la
phase d'application. A l'intérieur de chacune de ces deux phases, il distingue des
étapes précises, qui sont comme autant de jalons que l'étudiant doit apprendre à
mettre en place.
La phase de préparation
La phase de préparation est assimilable à l'entraînement du sportif. Elle consiste à
bien délimiter son aire de travail et à se poser quelques questions auxquelles on doit
trouver une réponse immédiate. Voici les étapes à suivre :
Fixez-vous une durée de travail
Si vous avez un manuel à lire, déterminez à l'aide de marques facilement
reconnaissables le nombre de pages que vous avez l'intention de couvrir. Si vous
devez réviser des notes, rédiger un texte ou mémoriser une suite de formules, il est
très important que vous assigniez un début et une fin à votre séance de travail. Cette
façon de faire, héritée tout droit de la Théorie de la Forme, n'a rien d'arbitraire, elle
répond tout au contraire à des raisons précises.
Ainsi :
• En vous fixant une durée, vous avez tout de suite une vue d'ensemble de
votre aire de travail. Votre but en quelque sorte prend forme. Les associations
d'idées pourront surgir spontanément, toujours en rapport avec votre travail.
Cela vous évitera de rappeler constamment votre esprit à l'ordre.
• Vous écarterez la crainte de l'inconnu. Imaginez que vous avez un "pavé" à
lire. Si vous ne possédez aucune méthode de travail, d'emblée l'immensité de la
tâche vous apparaîtra écrasante. Vous vous demanderez, à juste titre, par quel
bout commencer. Par contre, si vous avez choisi au préalable un nombre de
pages correspondant à votre intention de lecture, et si votre but est clairement
défini, votre travail s'en trouvera grandement facilité. D'une attitude d'abandon,
vous serez passé à une attitude offensive.
139
• Vous répartirez mieux vos efforts. Supposons que vous vous êtes fixé une
durée de travail de 3 heures. Or voilà qu'au bout d'une heure, vous vous
apercevez que tout se passe merveilleusement bien, que la lumière contre toute
attente se fait. Quelle sera votre attitude ?
•
Allez-vous continuer à dévider le fil de l'écheveau jusqu'à atteindre votre
objectif de 3 heures ? Ou, au contraire, sentant que vos efforts sont
récompensés, vous accorderez-vous une pause ?
Selon Tony Buzan, la meilleure des solutions, dans ce cas, et aussi étrange que cela
puisse paraître, est de s'accorder une pause. Une pause permet au corps "de se
reposer et de se détendre (...), aux processus de compréhension et de mémoire
de fonctionner ensemble, pour une efficacité maximale (...), et aux données
récemment acquises de se greffer ou de s'intégrer à des connaissances acquises
antérieurement". Une pause doit durer de 20 à 40 minutes, peu importe le type de
travail accompli.
Mettez par écrit tout ce que vous savez
sur votre sujet de travail ou de lecture
Cette mise en forme ne devrait pas durer plus de deux minutes et se faire sous forme
de schémas ou de mots-clés. Cela vous permettra :
d'accroître votre degré de concentration et donc d'éviter le vagabondage intellectuel;
de stimuler vos connaissances acquises, c'est-à-dire votre mémoire;
de donner une direction à votre recherche;
de repérer tout de suite vos points forts et vos points faibles;
de laisser les questions surgir librement dans votre esprit.
Définissez vos objectifs
Cet exercice, également, ne devrait pas durer plus de deux minutes. Il consiste
à se poser les bonnes questions sur l'ouvrage que l'on doit lire.
Ainsi : Quels sont les thèmes dominants de ce livre et ces thèmes sont-il en rapport
avec mon travail ? Sur quoi en particulier devrai-je me concentrer ? Quel profit
pourrai-je retirer de ce livre ? Ces questions sont primordiales car elles concernent tout
le processus d'apprentissage. Si elles sont bien formulées, elles facilitent l'accès à la
phase suivante, la phase d'application.
La phase d'application
Cette phase consiste en une série d'approches allant du survol proprement dit à la
140
mise au point des connaissances acquises, en passant par la lecture
d'approfondissement. Comme vous le constaterez, beaucoup de ce qui a été déjà été
dit dans les chapitres précédents se retrouvera ici, mais sous une forme ramassée qui
vous permettra de faire le point.
Le survol
Beaucoup de gens, lorsqu'ils ouvrent un livre, commencent immédiatement par la
première page sans se préoccuper de faire un survol.
Cette façon de faire, en apparence inspirée des lois de la logique, a un sens lorsque
notre intention de lecture ne vise que la détente, le divertissement ou tout simplement
la culture personnelle. Mais il en va tout autrement lorsque nous devons lire en vue
d'un travail.
Le survol s'impose alors. Ne pas survoler un texte dans cette situation revient à
dresser la carte géographique d'une région en se promenant à pied alors qu'il est
beaucoup plus rapide et plus logique de le faire du haut des airs.
Le survol, dans le processus d'apprentissage, est une étape cruciale. Grâce à cette
technique, vous aurez :
- rapidement une vue d'ensemble du livre et de son niveau de difficulté;
- plus de facilité à établir vos points de repère;
- la possibilité de mesurer vos connaissances par rapport à celles contenues dans le
livre.
L'approche du texte
A cette étape, le lecteur cherche à repérer les informations dont il a besoin. Il est un
peu comme le cartographe de notre exemple qui commence son relevé en mettant sur
papier les principales dénivellations de terrain, les reliefs majeurs, les cours d'eau,
pour s'intéresser ensuite aux détails.
Il s'agit donc ici d'une lecture de contact. Les informations dont le lecteur a besoin pour
se faire une idée de l'ouvrage qu'il a entre les mains se retrouvent habituellement dans
l'introduction et dans la conclusion.
Ces deux parties d'un ouvrage offrent le double avantage d'offrir une vue panoramique
de la pensée de l'auteur et de ses intentions.
Le lecteur jettera également un coup d’œil aux chapitres qui l'intéressent au premier
chef, de manière à prendre la mesure des idées de l'auteur, de son style, de sa façon
de développer son argumentation. Il lira de manière plus approfondie les passages
qu'il juge nécessaires à son travail.
Ici, il est bon de savoir que les débuts et les fins de paragraphe, de même que les
débuts et les fins de chapitre contiennent souvent l'essentiel de l'information que l'on
cherche. Par conséquent, prêtez-leur toujours une grande attention, entraînez-vous à
les écrémer.
La lecture d'approfondissement
Lors de la lecture d'approche, vous aurez certainement rencontré des passages
particulièrement difficiles. La meilleure attitude dans ce cas est de les mettre
141
provisoirement de côté pour pouvoir mieux y revenir. En effet, s'attaquer "de front" à un
passage difficile retarde souvent la compréhension générale du texte.
Du reste, il est très rare qu'un passage difficile nuise à la compréhension de ce qui suit.
Il vaut mieux passer outre et compléter sa lecture d'approche.
S'il devient nécessaire pour vous de revenir sur ces passages, dans le but, par
exemple, d'obtenir un complément d'informations, il sera toujours temps de le faire.
Votre cerveau sera alors mieux préparé puisque ses mécanismes inconscients auront
pu agir pendant la pause que vous leur aurez accordée et vous jouirez d'une vue
globale du texte. En outre, à la lumière des informations recueillies lors de votre lecture
d'approche, vous pourrez relier les divers éléments manquants entre eux.
Selon la Théorie de la Forme, le cerveau humain cherche toujours à compléter ce qui
lui semble manquer. Il reconstituera ainsi un cercle auquel il ne manque qu'un trait de
plume pour être parfait. (Voir leçon 6, page 96).
Le même phénomène se produit lorsque vous lisez un livre. Si vous butez sur un
passage difficile, dont vous ne saisissez pas le sens à la première lecture, votre
cerveau, inconsciemment, fera la démarche pour compléter l'information qui lui
manque.
Un conseil : pendant la lecture d'approfondissement, annotez les passages qui vous
semblent flous. Ces annotations vous aideront à créer le lien logique qui vous fait
défaut.
La reformulation
La reformulation est la dernière étape de notre parcours. Elle obéit à un principe
simple: réécrire le texte que vous avez lu avec vos propres mots. Cette forme
d'appropriation vous sera d'un grand secours pour vérifier votre degré de
compréhension du texte, de même qu'elle vous servira à en faire une évaluation par
rapport à vos connaissances. La reformulation peut être deux de ordres : écrite ou
verbale.
Si vous lisez un texte en vue d'un travail écrit, nous vous recommandons de coucher
vos notes sur papier. Faites-le après chaque fin de chapitre (ce travail ne doit pas
excéder deux minutes).
Vous réaliserez très vite les bienfaits de cette technique. Vous noterez par exemple
que votre capacité mnémonique aura tendance à s'élever après chaque période de
reformulation, alors qu'elle aura plutôt tendance à décroître si vous en restez à la
simple lecture.
142
Rappelez-vous que :
•
Pour entrer pleinement dans un texte, deux conditions sont
nécessaires :
1 - Déterminer si l'on est un lecteur de type visuel ou de type
auditif;
2 - Avoir un projet, c'est-à-dire une intention de lecture
précise (pourquoi est-ce que je lis ce livre ?).
•
Une bonne méthode de travail est constituée de deux phases
: la phase de préparation et la phase d'application. Que vous
lisiez ou que vous soyez en séance d'étude, ces deux phases
sont essentielles dans le processus d'apprentissage.
143
144
LEÇON 10
DONNEZ-VOUS
LES BONS OUTILS
145
LISEZ PAR IMAGES
Que vous soyez de type visuel ou de type auditif, le credo reste le même : lisez par
images, fabriquez-vous vos images. Si vous êtes de type auditif, souvenez-vous que
pour vous les images, ce seront les mots eux-mêmes, leur sonorité, leur musique, leur
agencement; les évocations qui naîtront de cet ensemble feront en sorte d'accélérer le
mouvement de votre lecture.
Peu importe la catégorie d'ouvrages auxquels vous aurez affaire (en particulier ceux
qui à prime abord n'offrent pas de prise à votre imagination, comme les ouvrages
techniques, les prospectus, les textes de loi...), le profit que vous retirerez de vos
lectures sera toujours fonction des images que vous aurez créées. Plus celles-ci
seront nombreuses, variées, voire éloignées du sujet traité, plus longtemps vous
retiendrez ce que vous avez lu.
Quelle est la meilleure façon de créer ses propres images en lisant ? La réponse est
simple : en s'impliquant dans le texte.
Si vous lisez d'une manière mécanique, sans âme, bref si vous lisez parce que vous y
êtes contraint et que cette contrainte ne se transforme pas en curiosité, vous
n'obtiendrez guère de résultat. Vous aurez même perdu votre temps.
Si, par contre, vous faites l'effort d'entrer de plain-pied dans le texte, si vous tentez d'en
démonter ne serait-ce que sommairement la mécanique, les images d'elles-mêmes
afflueront dans votre tête. L'esprit, pour fonctionner, a besoin d'images. Ce sont elles
qui nourrissent votre imaginaire et qui facilitent la compréhension.
Si quelqu'un vous dit : "Mon frère était en colère ce matin", immédiatement, pour que
cet énoncé prenne tout son sens, vous vous fabriquerez vos propres images (visage
d'une personne exprimant sa colère, si vous êtes un visuel; sensation de malaise, si
vous êtes un auditif). Si vous ne vous fabriquez pas d'images, l'énoncé restera lettre
morte.
La leçon à retenir est donc on ne peut plus simple : dès que vous lisez, déclenchez la
machine à images, faites des associations.
Se fabriquer ses propres images permet de lire plus vite
Vous le remarquerez vous-même : plus un texte fourmille d'images, plus il est facile de
le lire et de le lire vite. Il éveille notre intérêt, stimule notre curiosité; nous retenons
davantage son contenu.
A l'inverse, un texte qui ne contient pas ou peu d'images est en général plus long à lire.
Il suscite moins l'enthousiasme du lecteur, et la lecture se fait plus lente. Pour ramener
la vitesse à la normale, voire pour l'augmenter, le lecteur n'a pas d'autre choix que de
mettre ses sens en éveil, en l'occurrence visualiser ce qu'il lit. Aristote, il y a près de
deux mille cinq cents ans, le disait : "Notre psyché ne pense jamais sans images."
Exercice n° 1.10
Ce passage d'une nouvelle de Maupassant (un auteur visuel qui a inspiré maints
cinéastes) contient près de 600 mots. Lisez-le à grande vitesse mais intégralement,
puis notez votre temps de lecture. Vous remarquerez à quel point son pouvoir
d'évocation facilitera votre lecture.
146
Une vendetta
La veuve de Paolo Saverini habitait seule avec son fils une petite maison pauvre sur
les remparts de Bonifacio. La ville, bâtie sur une avancée de la montagne, suspendue
même par places au-dessus de la mer, regarde, par-dessus le détroit hérissé
d'écueils, la côte plus basse de la Sardaigne. A ses pieds, de l'autre côté, la
contournant presque entièrement, une coupure de la falaise, qui ressemble à un
gigantesque corridor, lui sert de port, amène jusqu'aux premières maisons, après un
long circuit entre deux murailles abruptes, les petits bateaux pêcheurs italiens ou
sardes, et, chaque quinzaine, le vieux vapeur poussif qui fait le service d'Ajaccio.
Sur la montagne blanche, le tas de maisons pose une tache plus blanche encore. Elles
ont l'air de nids d'oiseaux sauvages, accrochées ainsi sur ce roc, dominant ce passage
terrible où ne s'aventurent guère les navires. Le vent, sans repos, fatigue la mer,
fatigue la côte nue, rongée par lui, à peine vêtue d'herbe; il s'engouffre dans le détroit,
dont il ravage les deux bords. Les traînées d'écume pâle, accrochées aux pointes
noires des innombrables rocs qui percent partout les vagues, ont l'air de lambeaux de
toile flottant et palpitant à la surface de l'eau.
La maison de la veuve Saverini, soudée au bord même de la falaise, ouvrait ses trois
fenêtres sur cet horizon sauvage et désolé.
Elle vivait là, seule, avec son fils Antoine et leur chienne "Sémillante", grande bête
maigre, aux poils longs et rudes, de la race des gardeurs de troupeaux. Elle servait au
jeune homme pour chasser.
Un soir, après une dispute, Antoine Saverini fut tué traîtreusement, d'un coup de
couteau, par Nicolas Ravolati, qui, la nuit même, gagna la Sardaigne.
Quand la vieille mère reçut le corps de son enfant, que des passants lui rapportèrent,
elle ne pleura pas, mais elle demeura longtemps immobile à le regarder; puis,
étendant sa main ridée sur le cadavre, elle lui promit la vendetta. Elle ne voulut point
qu'on restât avec elle, et elle s'enferma auprès du corps avec la chienne, qui hurlait.
Elle hurlait, cette bête, d'une façon continue, debout au pied du lit, la tête tendue vers
son maître, et la queue serrée entre les pattes. Elle ne bougeait pas plus que la mère,
qui, penchée maintenant sur le corps, l'oeil fixe, pleurait de grosses larmes muettes en
le contemplant.
Le jeune homme, sur le dos, vêtu de sa veste de gros drap, trouée et déchirée à la
poitrine, semblait dormir; mais il avait du sang partout : sur la chemise arrachée pour
les premiers soins; sur son gilet, sur sa culotte, sur la face, sur les mains. Des caillots
de sang s'étaient figés dans la barbe et dans les cheveux. La vieille mère se mit à lui
parler. Au bruit de cette voix, la chienne se tut.
"Va, va, tu sera vengé, mon petit, mon garçon, mon pauvre enfant. Dors, dors, tu seras
vengé, entends-tu ? C'est la mère qui le promet ! Et elle tient toujours sa parole, la
mère, tu le sais bien."
Et lentement elle se pencha vers lui, collant ses lèvres froides sur les lèvres mortes.
Alors, Sémillante se remit à gémir. Elle poussait une longue plainte monotone,
déchirante, horrible.
Elles restèrent là, toutes les deux, la femme, et la bête, jusqu'au matin. Antoine
Saverini fut enterré le lendemain, et bientôt on ne parla plus de lui dans Bonifacio.
Temps de lecture : ……. minutes ……. secondes
147
Exercice n° 2.10
Cet autre texte contient le même nombre de mots que le précédent, à savoir 600. Vous
remarquerez toutefois qu'il est plus aride (et plutôt horrifiant par endroits !). Il est tiré de
l'Introduction à la médecine expérimentale de Claude Bernard. Saurez-vous le lire
aussi rapidement que la nouvelle de Maupassant ? Votre capacité à créer des images
suffira-t-elle à pallier son caractère par trop conceptuel ? A vous de décider !
De la vivisection
On n'a pu découvrir les lois de la matière brute qu'en pénétrant dans les corps ou dans
les machines inertes; de même on ne pourra arriver à connaître les lois et les
propriétés de la matière vivante qu'en disloquant les organismes vivants pour
s'introduire dans leur milieu intérieur. Il faut donc nécessairement, après avoir
disséqué sur le mort, disséquer sur le vif, pour mettre à découvert et voir fonctionner
les parties intérieures ou cachées de l'organisme; c'est à ces sortes d'opérations qu'on
donne le nom de vivisections, et sans ce mode d'investigation il n'y a pas de
physiologie ni de médecine scientifique possible : pour apprendre comment l'homme
et les animaux vivent, il est indispensable d'en voir mourir un grand nombre, parce que
les mécanismes de la vie ne peuvent se dévoiler et se prouver que par la
connaissance des mécanismes de la mort.
A toutes les époques on a senti cette vérité et dès les temps les plus anciens, on a
pratiqué, dans la médecine, non seulement des expériences thérapeutiques, mais
même des vivisections. On raconte que les rois de Perse livraient les condamnés à
mort aux médecins afin qu'ils fissent sur eux des vivisections utiles à la médecine. Au
dire de Galien, Attale III Philométor, qui régnait cent trente-sept ans avant
Jésus-Christ, à Pergame, expérimentait les poisons et les contrepoisons sur des
criminels condamnés à mort. Celse rappelle et approuve les vivisections d'Hérophile et
d'Erasistrate pratiquées sur des criminels, par le consentement des Ptolémées. Il n'est
pas cruel, dit-il, d'imposer des supplices à quelques coupables, supplices qui doivent
profiter à des multitudes d'innocents pendant le cours de tous les siècles. Le grand-duc
de Toscane fit remettre à Fallope, professeur d'anatomie à Pise, un criminel avec
permission qu'il le fit mourir ou qu'il le disséquât à son gré. Le condamné ayant une
fièvre quarte, Fallope voulut expérimenter l'influence des effets de l'opium sur les
paroxysmes. Il administra deux gros d'opium pendant l'intermission ; la mort survint à
la deuxième expérimentation. De semblables exemples se sont retrouvés plusieurs
fois, et l'on connaît l'histoire de l'archer de Meudon qui reçut sa grâce parce qu'il
pratiqua sur lui la néphrotomie avec succès. Les vivisections sur les animaux
remontent également très loin. On peut considérer Galien comme le fondateur des
vivisections sur les animaux. Il institua ses expériences en particulier sur les singes ou
sur de jeunes porcs, et il décrivit les instruments et les procédés employés pour
l'expérimentation. Galien ne pratiqua guère que des expériences du genre de celles
que nous avons appelées expériences perturbatrices, et qui consistent à blesser, à
détruire ou à enlever une partie afin de juger de son usage par le trouble que sa
soustraction produit. Galien a résumé les expériences faites avant lui, et il a étudié par
lui-même les effets de la destruction de la moelle épinière à des hauteurs diverses,
ceux de la perforation de la poitrine d'un côté ou des deux côtés à la fois; les effets de
la section des nerfs qui se rendent aux muscles intercostaux et celle du nerf récurrent.
Il a lié les artères, institué des expériences sur le mécanisme de la déglutition. Depuis
Galien, il y a toujours eu, de loin en loin, au milieu des systèmes médicaux, des
vivisecteurs éminents. C'est à ce titre que les noms des Graaf, Harvey, Aselli, Pecquet,
Hallier, etc., se sont transmis jusqu'à nous.
148
Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale
Temps de lecture : ……. minutes ……. secondes
Quelle conclusion tirez-vous de cette expérience ? Une chose est certaine : si vous
avez mis le même temps à lire le deuxième texte que le premier, c'est que votre faculté
de créer des images est excellente. Du reste, le texte de Claude Bernard, malgré son
caractère uniquement scientifique, était suffisamment évocateur, ne serait-ce que par
son côté... froidement historique.
MEFIEZ-VOUS DE VOS SYMPATHIES ET DE VOS ANTIPATHIES
Votre attitude face à un texte est très importante. Dans une large mesure elle
déterminera si votre lecture sera fructueuse ou non. Voici un exemple : Jacques
Bergier est un lecteur prodige capable en temps ordinaire de lire de 10 à 20 vingt fois
plus vite que la normale. Or voilà qu'un jour la curiosité le pousse à lire le sulfureux
ouvrage d'Adolf Hitler, Mein Kampf. Mal lui en prend car les thèses défendues dans ce
livre lui répugnent au point qu'il lui faudra deux longs mois pour en compléter la lecture,
lui dont l'oeil est pourtant d'une rapidité foudroyante. Que s'est-il passé ? A l'évidence,
sa répulsion vis-à-vis de Mein Kampf a été plus forte que sa curiosité. Il s'est laissé
dominer par ses préventions, à telle enseigne qu'il n'a pu fournir la même performance
qu'à l'accoutumée.
Cette attitude est beaucoup plus répandue qu'on ne le croit. Nombreux en effet sont
les lecteurs qui ne liront un ouvrage que s'il concorde avec leurs propres opinions et
qui renâcleront à la tâche lorsque le temps viendra d'aborder un auteur qui leur plaît
moins, allant même parfois jusqu'à rejeter tous ses écrits en bloc.
Ce faisant, ils donnent assurément la preuve d'une partialité qui risque de leur être
préjudiciable, surtout dans le cadre d'une recherche. Sans s'en rendre compte ils
mettront de côté des textes souvent dignes d'intérêt.
A vrai dire, tout bon lecteur doit apprendre à se méfier de ses préjugés, que ceux-ci
soient favorables ou non à un auteur. Car un préjugé restera toujours un préjugé, à
savoir une opinion qui ne correspond pas nécessairement à la réalité.
Cependant, il arrive que l'enthousiasme ne soit pas toujours au rendez-vous
lorsque l'on aborde un sujet en particulier. Par exemple, vous détestez les
mathématiques. Vous avez donc un préjugé défavorable à l'égard de cette matière.
Quel moyen utiliser pour vous en débarrasser, pour faire en sorte que votre travail
scolaire ne souffre pas de cette "antipathie" ?
Faites appel aux techniques de motivation que nous vous avons déjà
enseignées, à savoir :
•
posez-vous les bonnes questions et cherchez les réponses sans vous
embarrasser de détails; en vous posant les bonnes questions, vous aurez déjà
fait la moitié du chemin, vous vous montrerez aussi plus objectif;
•
ayez une attitude ouverte et positive; dites-vous que les mathématiques,
comme n'importe quelle autre matière susceptible de ne pas remporter vos
149
faveurs, ont non seulement leur utilité immédiate mais aussi vous aideront plus
tard à résoudre des problèmes autrement plus compliqués; essayez de percer
leur mystère, fixez-vous ce défi;
•
ayez une bonne méthode de travail (relisez la leçon 9) et, surtout, poursuivez la
lecture de ce chapitre où nous vous enseignerons une technique (le mind
mapping) qui simplifiera considérablement votre existence.
MENAGEZ-VOUS DES PAUSES
Sans doute connaissez-vous des personnes au tempérament compulsif - on les
appelle des "bûcheurs" - qui absorbent un texte d'une traite sans se ménager une
seule pause. Sans discrimination aucune, elles lisent des quantités invraisemblables
de mots, tant et si bien qu'on se demande où elles peuvent bien les loger.
Par leur façon de procéder, ces lecteurs obtiennent-ils davantage de résultat qu'un
autre Qui lirait d'une façon plus modérée ? Force nous est de répondre que non.
De fait, et vous l'aurez probablement déjà constaté par vous-même, lire sans observer
à intervalles réguliers de courtes pauses (1 minute à chaque fois suffit) fatigue
inutilement l'esprit. Cela revient à tirer encore et toujours sur un élastique en pensant
qu'il est suffisamment solide pour ne pas se rompre.
Tous les bons lecteurs vous le diront : observer de temps à autre une pause est une
nécessité; cela incite à la réflexion et vous aide à faire le point. Par la suite, vous
pouvez repartir d'un bon pied, certain de vos arrières.
Lire, en vérité, c'est un peu comme traverser un jardin planté d'espèces diverses : si
l'on ne prend pas le temps de s'arrêter ne serait-ce que pour observer une plante en
particulier, à quoi bon le visiter ?
Il est donc parfaitement inutile de forcer votre attention en restant à pied d'oeuvre
pendant des heures et des heures. Il vaut beaucoup mieux fractionner votre séance de
travail de manière à ne pas perdre votre motivation en cours de route.
Concentrez-vous surtout sur le milieu du texte que vous avez à lire, car c'est en
général à ce moment que l'attention commence à diminuer. Suite à certaines
expériences réalisées par des spécialistes de la lecture, on s'est rendu compte, en
effet, que la majorité des lecteurs retiennent bien le début et la fin d'un texte, mais
malle développement.
SOUVENEZ-VOUS QUE LIRE VITE, C'EST PENSER VITE
Vous vous en serez certainement rendu compte : à force de lire vite, vous aurez
appris, par la force des choses, à penser vite. La lecture rapide n'a certes pas la
prétention de mener à tout à l'instar du journalisme, mais elle vous aura sans doute
inculqué des réflexes nouveaux, dont celui de pouvoir évaluer rapidement une
situation, c'est-à-dire de penser vite. La lecture rapide est un puissant catalyseur
mental. Lorsqu'on maîtrise les composantes de la lecture rapide, des tâches aussi
courantes que la prise de note, la rédaction d'un résumé de lecture deviennent
beaucoup plus faciles. Grâce à la lecture rapide, vous avez pu prendre conscience, si
ce n'était déjà fait, de l'importance de la concentration, des interconnexions à l'oeuvre
150
dans le processus de la mémorisation, de la façon dont vos yeux doivent appréhender
un texte et ainsi de suite.
Dorénavant, il vous est possible, à vous beaucoup plus qu'à un lecteur traditionnel, de
nouer rapidement les liens qui s'imposent dans l'analyse d'un problème, de procéder à
des synthèses, de dresser des bilans, etc.
Vos réactions de lecteur rapide vous seront même utiles jusque dans la vie courante.
Supposons que vous circulez en voiture ou que vous vous promenez à bicyclette.
Instinctivement, parce que vous avez développé cette faculté précieuse qu'est
l'anticipation et aussi parce que vous avez appris à votre oeil à voir large., à augmenter
son champ de perception, vous pourrez évaluer avec plus de sûreté les sources
potentielles de danger.
Par exemple, si un automobiliste roule de manière étrange, il y a tout lieu de croire que
vous saurez le repérer rapidement.
La lecture rapide n'a pas comme unique fin de vous faire gagner du temps. Elle vous
entraîne dans un mouvement qui se poursuit bien au-delà de la lecture elle-même. Elle
vous permet de prendre conscience de vos forces et de vos faiblesses et de pallier à
ces dernières de manière directe.
LIRE VITE, C'EST AUSSI COMPRENDRE VITE
Avec le recul, vous êtes maintenant en mesure de reconnaître que lire vite, c'est
comprendre vite. Au tout début de votre entraînement, sans doute avez-vous éprouvé
quelque difficulté avec cet axiome : compréhension = vitesse.
Mais rien là que de très normal, à vrai dire. La lecture rapide a en effet pour première
mission de rééduquer l'oeil, de lui enseigner une façon nouvelle de percevoir le texte;
la compréhension vient ensuite.
A présent, comprenez-vous aussi vite que vous lisez ? Les mots que votre oeil balaie
ont-ils aussitôt un sens ?
Si ce n'est pas le cas, ne vous alarmez pas pour autant. Après tout, votre initiation à la
lecture est récente. Il est très possible que vous ayez encore besoin d'aiguiser vos
réflexes.
Pour ce faire, un bon conseil : modulez toujours votre vitesse de lecture.
Un lecteur efficace, en effet, ne cherche jamais à forcer la dose. Il adapte sa vitesse de
lecture au type de texte qu'il a sous les yeux. Il évalue d'abord ce qu'il va lire, ensuite il
choisit son rythme de croisière.
N'oubliez pas que le survol peut vous être très utile dans ce sens. Il permet de gagner
du temps et, qui plus est, il a un effet bénéfique sur votre approche du texte.
En outre, la relecture conserve toujours son utilité. Si lors d'une première lecture, vous
n'avez pas saisi toute l'essence d'un texte, soit parce que vous l'avez lu trop vite, soit
parce que son degré de difficulté ne correspondait pas à vos connaissances, relisez-le
une fois, voire deux fois.
Plusieurs relectures, même très rapides, valent mieux souvent qu'une seule lecture,
même lente.
151
QU'EST- CE QUE LE MIND MAPPING ?
Le mind mapping est une technique que l'on doit encore une fois à l'auteur anglais
Tony Buzan. Pour l'essentiel - car c'est aussi une technique que l'on utilise dans le
cadre de l'apprentissage accéléré - il consiste à lire à l'aide de fiches (ou schémas
heuristiques, comme le disait au début Tony Buzan).
Selon cet auteur, en utilisant cette méthode nouvelle de travail, "des étudiants d'Oxford
ont pu achever des essais en trois fois moins de temps qu'il n'en fallait auparavant, tout
en obtenant de meilleurs résultats".
Le mind mapping s'inspire du principe de l'hologramme, c'est-à-dire de la vision en
trois dimensions. Il permet de voir tout de suite - comme sur une photo en trois
dimensions - le résultat de son travail, sans qu'il soit nécessaire de consulter des
masses de notes ou de documents.
Comment procède-t-on ? Sous forme de schémas (ou "fiches à penser") uniquement.
En cela le mind mapping est une méthode pour le moins révolutionnaire de travail. Au
lieu de prendre des notes les unes à la suite des autres sur le papier, ainsi que nous
avons tous appris à le faire, on utilise des fiches.
La grande innovation avec le système des fiches, c'est que vous commencez non pas
par le début mais par le milieu (Voir illustration page 152.) Présentées sous cette forme
(holographique), vos notes sont beaucoup plus claires et accessibles. Vous pouvez les
consulter en tout temps tout en économisant de l'espace.
Le mind mapping imite le fonctionnement du cerveau
Le mind mapping, comme outil de lecture, est ce qui se rapproche le plus du
fonctionnement du cerveau. Comme lui, il ne perçoit pas la réalité sous un seul aspect,
ainsi que le fait, par exemple, une photographie classique, mais sous plusieurs, à la
manière d'un hologramme.
En outre, son but premier est d'associer des mots à un schéma. On sait que le
cerveau, grâce à sa gigantesque capacité de stockage et à cette faculté qu'il
possède de traiter plusieurs informations à la fois, a une propension naturelle à
associer les images entre elles.
Avec le mind mapping vous vous retrouvez en territoire connu, car ici, sans le savoir
(c'est-à-dire de manière intuitive), vous obéissez au mouvement de votre cerveau. Ce
que vous lui donnez à voir, à comprendre, c'est ce qu'il souhaite appréhender à sa
façon. Vous ne le désorientez pas car vous lui posez les balises dont il a besoin. Vous
respectez sa géographie.
Ainsi, apprendre devient presque un jeu d'enfant. Vous lisez beaucoup plus vite, vous
prenez des notes plus facilement, vous retenez mieux.
Comment utiliser le mind mapping
Tout d'abord, que ce soit pour prendre des notes de lecture ou des notes de cours,
nous vous recommandons d'avoir à côté de vous deux feuilles de papier. L'une servira
à dessiner votre schéma, l'autre à recueillir l'information de base dont vous aurez
besoin pour votre schéma : formules, dates, noms, diagrammes, etc. Cette information
sera forcément incomplète, voire décousue, mais il vous sera loisible d'y mettre de
l'ordre par la suite.
152
Souvenez-vous que c'est le contenu de votre schéma qui importe et non son aspect.
Vous pourrez lui donner la forme que vous voudrez, utiliser les signes qui vous
conviendront, inclure des dessins si vous le souhaitez, ce qui compte, c'est la lecture
que vous en ferez et l'information que vous réussirez à en dégager.
Accordez-vous environ 10 minutes pour compléter votre schéma. Pendant ces 10
minutes, vous pourrez réactiver vos connaissances.
Le mind mapping : une affaire de signes
Lorsque vous dessinerez votre schéma vous serez libre d'utiliser les signes ou les
symboles de votre choix.
Cependant, comme vous ne pourrez probablement pas échapper aux lois du genre,
qui veulent que les signes grammaticaux et les figures géométriques soient les
principaux points de référence, nous vous faisons ces quelques suggestions :
Les formes géométriques
Les carrés, les rectangles, les cercles, les ellipses, etc. sont bien sûr les matériaux
de base que vous devrez utiliser en priorité; ce seront vos points de repère.
Dites-vous qu'une idée principale, par exemple, peut figurer dans un cercle et les
idées secondaires, s'inscrire dans d'autres formes auxquelles il vous sera loisible
d'attacher l'importance symbolique qui vous convient. N'oubliez pas que si un
triangle représente pour vous la solution ou l'amorce d'un problème, il vous faudra
conserver cette figure tout au long de votre schéma, afin d'en assurer la cohérence.
Les flèches
Ces dernières sont des outils indispensables lors de la fabrication d'un schéma. En
général, on les emploie pour indiquer les liens entre les idées. Elles peuvent être à
sens unique ou à double sens ou encore éclater "en gerbe" de manière à souligner
plusieurs points.
Les codes grammaticaux
Les points d'exclamation et d'interrogation, les astérisques, les crochets, les
parenthèses, certaines lettres de l'alphabet, etc. ont des valeurs diverses: faire
ressortir une idée, orienter votre recherche dans un sens donné, poser une
question, marquer le doute et ainsi de suite. L'important est de les utiliser avec
cohérence.
La couleur
Beaucoup d'utilisateurs ont une prédilection pour la couleur. A juste titre. Elle
permet d'établir une infinité de parcours à l'intérieur des schémas et, surtout, elle est
un précieux allié pour la mémoire, faisant ressortir certains rapports ou certains
idées plus que d'autres. On peut s'en servir aux mêmes fins que les flèches, soit
pour indiquer les liens possibles entre certains éléments.
Les figures holographiques (ou figures en trois dimensions)
Les figures holographiques se présentent sous forme de cubes. Elles sont donc en
trois dimensions. Leur utilisation est surtout d'ordre visuel, servant à attirer
l'attention sur deux ou trois points à l'intérieur de la même figure. Si vous croyez leur
emploi trop compliqué pour le but que vous recherchez, ne les utilisez pas.
153
Le mind mapping : un outil quotidien
Le mind mapping peut certes se révéler un précieux atout dans le cadre de vos études,
mais plus encore il vous est possible de l'utiliser dans votre vie quotidienne. Que ce
soit pour faire le bilan de votre journée ou pour préparer celle-ci, voire pour planifier un
voyage ou une simple excursion, son utilité est incontestable.
Ainsi, avez-vous l'habitude de rédiger votre journal quotidien ? Eh bien, pourquoi ne
pas le faire, les jours où le cœur n'y est pas, sous forme d'un mind mapping ? Vous
gagnerez ainsi du temps et vous obtiendrez le même résultat.
Pour vous initier au mind mapping, nous vous conseillons de commencer avec des
choses simples : un article qui vous a intéressé, un cours, une journée bien remplie,
etc. Jetez d'abord quelques notes sur le papier, et lancez-vous ! Très vite, vous ne
pourrez plus vous passer de cette nouvelle méthode de travail.
Exemple de mind mapping
A partir d'un article de dictionnaire sur le médecin Claude Bernard, nous avons réalisé
pour vous ce mind mapping. Vous constaterez qu'en quelques traits seulement, on
peut résumer plusieurs thèmes.
Bernard Claude : Grand médecin physiologiste, savant et philosophe français du XIXè
siècle (1813-1878). Claude Bernard "commença comme commis pharmacien avant
d'aborder les études médicales. Sa passion pour le laboratoire, son talent médical et
ses qualités humaines lui valurent l'affection et l'estime de tous. Il succéda à Flourens
à l'Académie Française et siégea au Sénat.
Elève de Magendie, il approfondit les recherches de ce dernier en neurophysiologie. Il
s'illustra également par ses travaux sur les fonctions digestives et hépatiques, sur les
effets des intoxications, sur les liquides de l'organisme, ouvrant ainsi la voie à la
biochimie moderne.
Mais l'oeuvre philosophique de Claude Bernard paraît plus importante encore que ses
travaux scientifiques : il fut le grand doctrinaire de la méthode scientifique en biologie.
Il s'imposa comme un positiviste fervent dans son Introduction à l'étude de la
médecine expérimentale en affirmant qu'en médecine et en physiologie nous avons
affaire à des réalités objectives, et que toute médecine ne s'appuyant pas sur les
réalités expérimentales n'est que pure fantaisie.
Exemple de mind mapping page suivante.
154
Etudes
méd
Sénat
Acad.
fran
Com
pharm
Méthode
Vie
Basée sur
expérience
s
Claude
Bernard
1813 1878
Oeuvre
Rech.
Intro. A
l'étude
médecine
expérimentale
Fonct. diges.
hépa. Intox.
liquid. organ
Neurophy
Biochimie
moderne
155
Rappelez-vous que :
•
Lire par images (visuelles ou auditives) augmente le degré de
motivation et, par conséquent, la vitesse d'exécution.
•
Un bon lecteur, devant tout texte, doit se montrer objectif, c'est-à-dire
oublier ses sympathies ou ses antipathies.
•
Observer une pause d'une minute ou deux est nécessaire lorsque
l'on lit. Cela incite à la réflexion et aide à faire le point.
•
Le mind mapping (ou système de fiches) se pratique sous forme de
schéma et il imite le mode de fonctionnement du cerveau. On peut
l'utiliser pour résumer tout un livre ou simplement un chapitre et
même un cours en entier.
156
EVALUATION
157
LECTEUR RAPIDE, OU EN ETES-VOUS ?
Exercice
Ce texte est d'un niveau de difficulté moyen.
Lisez-le en utilisant tout ce que vous savez aujourd'hui de la super lecture. Comparez
votre résultat avec celui que vous affichiez lors de votre première évaluation (texte de
la page 6).
N'oubliez pas les deux étapes préalables, à savoir le survol et la fixation
mentale.
Début de l'exercice :
IL ETAIT UNE FOIS DEUX AMIS
Petite histoire d'une grande découverte
Il était une fois deux amis. Ils s'étaient rencontrés dans un groupe d'étude en
psychologie à l'université de Santa Cruz en Californie. Ils furent aussitôt attirés l'un
vers l'autre. Il faut dire qu'ils se démarquaient beaucoup du reste du groupe. L'aîné,
John Grinder, était le directeur de ce centre de recherche. Professeur de linguistique, il
était parfaitement trilingue anglais, italien, allemand. Disciple de Noam Chomsky, il
était l'auteur d'un guide de grammaire transformationnelle auquel il devait sa
réputation de linguiste. Il avait trente-deux ans quand il vit arriver Richard Bandler dans
son groupe d'étude.
Richard, de dix ans son cadet, n'avait rien des jeunes étudiants de bonne famille qui
l'entouraient. Fils de musicien folk, émancipé dès l'âge de quatorze ans, sa première
école fut la rue. Il devint batteur et chanteur dans un groupe de rock. Puis, il se
passionna d'informatique. Pour payer ses études, il accepta des tas de petits boulots.
C'est l'un de ces jobs d'étudiant qui allait décider de son avenir. Il donnait des cours de
batterie au fils de l'éditeur Robert Spitzer. Spitzer avait fondé la Science & Behaviour
Books, qui éditait des ouvrages sur toutes les approches thérapeutiques dérivées de
l'école de Palo Alto.
Grand observateur de tout ce qui est humain, Bandler prétend avoir bien plus appris en
côtoyant les clients en tant que garçon de café, que sur les bancs de l'école. Il décida
alors d'écrire un livre à partir des bandes vidéo des séances de Fritz Pearls, le
fondateur de la psychologie gestalt. Cette observation détaillée des comportements
visait à détecter tous les signaux analogiques d'un individu, c'est-à-dire tout ce qu'une
personne transmet en plus de ses paroles, dans le ton qu'il emploie, ses gestes, ses
mimiques. Cette méthode s'inscrivait à l'époque dans la mouvance des travaux de
l'Ecole de Palo Alto.
En rédigeant cet ouvrage, Richard se découvre un don curieux. Imprégné des bandes
vidéo du grand thérapeute, il s'aperçoit qu'il peut reproduire spontanément un
comportement donné et obtenir des résultats identiques. Il organise alors un groupe
d'étude où il "fait" du Fritz Pearls. Il n'abandonne pas pour autant l'informatique, passe
son diplôme et collabore avec le Stanford Research Institute. Peu après, son éditeur
158
lui commande un second livre à partir des enregistrements de Virginia Satir, la célèbre
thérapeute familiale. Richard observe Virginia et se met aussitôt à "faire" du Virginia
Satir. Il avait ce don d'intégrer le fonctionnement des gens qu'il observait. Mais il n'avait
aucune idée de la façon dont il y parvenait. Sa rencontre avec John Grinder allait lui
permettre de hisser ce don au rang de discipline.
Nous sommes en 1973, Richard est maintenant devenu un excellent thérapeute. Un
soir qu'il raccompagne John en voiture, il lui confie ses doutes quant au mystérieux
"pouvoir" qui lui permet de provoquer le changement dans ses séances de thérapie.
John assiste aux séances, observe, note, élabore un modèle du comportement de
Richard; un modèle linguistique, puisque John est linguiste. Puis, ensemble, ils
modélisent de la même façon les comportements de Virginia Satir et Fritz Pearls ; il en
résulte le Méta modèle, le sujet du mémoire de maîtrise de Richard Bandler qui sera
publié en 1975 sous le titre: The Structure of Magic. La PNL était née.
LA PLANETE PNL
P pour Programming, ou programmation, désigne tous les processus de
communication que nous utilisons avec le monde extérieur et notre monde intérieur.
Nos fonctionnements, nos comportements s'articuleraient autour de certaines
structures sur lesquelles nous pourrions intervenir pour modifier notre représentation
de la réalité, produire des effets identiques dans des situations distinctes, atteindre le
changement.
N pour Neuro, ou neurologie, car nous recevons le monde par l'intermédiaire de nos
cinq sens. C'est l'hypothèse de base de la PNL. Il n'existerait pas de réalité que nous
n'ayons, au départ, commencé par voir, entendre, ressentir, goûter ou humer. Ce
serait notre mode de communication primaire avec la réalité, c'est par le retour à cette
perception que nous pourrions revenir à une connaissance précise de ce qui nous
arrive, de ce qui préoccupe nos semblables, de ce qui est à la base de toutes leurs
communications.
L pour Linguistique, parce que ce monde nous le mettons en mots, nous vivons une
représentation de la réalité. Ce langage nous abuse et nous fait confondre le monde
avec la manière dont nous le nommons. Par le langage, nous pouvons nous forger un
enfer ou un paradis d'une même réalité.
Mais tout cela, ce sont des mots; c'est aussi une représentation de la réalité. La PNL
est née de la fusion de la linguistique et de la cybernétique. Le linguiste s'attache à la
relation qu'entretiennent les mots entre eux, à la structure de nos langages. Le
cybernéticien s'emploie à l'étude des interactions entre les éléments d'un même
système. Il connaît la loi de la variété requise qui veut que dans tout système, c'est
l'élément qui dispose de davantage de choix qui va exercer un contrôle sur l'ensemble
du système. Or, nous développons un certain nombre de comportements. Ces
comportements étaient, au départ, ce que nous avons pu créer de mieux adapté à une
situation donnée. Quand, dans une nouvelle situation, ils ne font plus leurs preuves et
que nous ne disposons pas de comportement de remplacement, nous nous trouvons
devant une absence de choix qui nous prive de liberté et que nous identifions comme
un problème. L'issue, la survenue d'un choix nouveau peuvent alors naître d'une
mobilisation de ressources, d'une structuration différente de notre réalité, d'une
compréhension nouvelle de notre monde mis en mots.
159
La PNL se définit comme l'étude de la structure de l'expérience subjective. Subjective,
parce que chacun vit sa réalité et toute communication doit passer par une
connaissance et une reconnaissance de cette réalité. Un conseil donné à l'autre est de
peu de poids s'il n'est pas exprimé dans son langage, s'il n'appartient pas à sa réalité.
C'est par la découverte des réalités que débute cet ouvrage. Il va vous guider pas à
pas vers les outils du changement génératif, le changement qui produit du
changement.
Il ne s'agit pas, ici, d'adopter une interprétation de la réalité venue d'ailleurs. Ne
l'oublions pas, la PNL, au même titre que toutes les disciplines de l'univers du savoir,
n'est qu'une représentation humaine de la réalité. Ce n'est pas la réalité. Il convient de
l'essayer d'abord sur soi-même, puis avec les autres. De la comprendre, chacun dans
son monde, dans son langage. De la tester, de l'utiliser comme une clef de la
communication, un gigantesque passe-partout pour entrouvrir les portes de notre
monde et de celui des autres.
C'est également un formidable outil de développement personnel.
Tout ce qui est nécessaire au lecteur, c'est une grande curiosité, c'est d'être de nouveau
ouvert à une autre réalité, comme il l'était, tout nouveau-né, à toutes les vibrations du
monde. Laissez momentanément de côté tous vos préjugés pour revenir à votre (bon)
sens.
ATTACHEZ VOS CEINTURES
Ce livre est une caisse à outils. Un outil, c'est un instrument créé par l'homme pour
accomplir plus facilement certaines tâches. C'est un objet dont l'utilité dépend
entièrement de nous. Une brouette couchée sur le flanc ne peut rien faire toute seule.
Si je veux déplacer un tas de briques, elle m'en facilite le transport. Elle me permet
d'en charroyer davantage qu'avec mes bras et ma seule force physique. Pourtant, si je
la charge trop, je ne peux plus la soulever. Ou encore, si le sol est boueux ou trop
pentu, mon outil n'est plus adapté. Il me faudra effectuer des essais, peut-être
commencer par la pousser à vide, puis avec un petit chargement; un certain temps
sera peut-être nécessaire pour que mon outil remplisse son office de façon idéale.
Gérard Bénéjean, extrait de : Comment utiliser les pouvoirs de la P.N.L.
Minute : ……. secondes : ……
Ce texte est composé de : 1284 mots
Sans regarder à nouveau le texte, veuillez répondre aux questions qui suivent :
160
1/ John Grinder était directeur d'un centre de recherche et
professeur de : ……………………………………………..
2/ Robert Spitzer éditait des ouvrages sur les approches
thérapeutiques dérivées de quelle célèbre école :
……………………………………………….…………………..
3/ Que signifient les lettres
P : ……………………………
N : …………….……………..
L : ……………….…………..
4/ La PNL est née de la fusion de la : ………………………
et de la : ………………………
5/ La PNL est également un formidable outil de :
………………………….
Voir réponses en annexes
Nombre de bonnes réponses : …….
Comparez vos résultats avec ceux obtenus lors de votre première évaluation.
Nombre de bonnes réponses lors de votre première évaluation : …….
N'hésitez pas à nous faire part de vos résultats. Merci d'avance.
Lecture-rapide@mes-exams.com
161
CONCLUSION
ENTRAINEZ- VOUS REGULIEREMENT
Sans doute avez-vous atteint l'objectif que vous vous étiez fixé ou peu s'en faut. Si
c'est le cas, vous vous félicitons, mais ne criez pas victoire trop vite, car bien que vous
ayez doublé, voire triplé votre vitesse de lecture, il peut se faire que dans les jours qui
vont suivre celle-ci accuse une légère baisse.
Cela est tout à fait normal. Durant votre entraînement, en effet, votre esprit a été en
constante effervescence, pour ne pas dire sous tension, alors qu'aussitôt ce livre
refermé vous allez reprendre votre rythme de croisière habituel. Le tout est de rester
vigilant.
Si vous n'avez pas atteint votre objectif, tout n'est pas perdu, loin de là. Peut-être
celui-ci était-il trop élevé par rapport à vos habitudes de lecture. Peut-être aussi
n'avez-vous pas consacré tout le temps nécessaire à votre entraînement.
Quoi qu'il en soit, vous avez certainement amélioré votre vitesse de lecture, vous avez
acquis des techniques qui vous étaient inconnues auparavant, vous avez compris
l'importance de la mémoire et de l'attention. Qui plus est, votre attitude face à la lecture
a sans aucun doute changé.
Que vous ayez atteint ou non votre objectif, continuez de vous entraîner, ne lâchez pas
prise. Dites-vous que l'apprentissage de la lecture rapide ne diffère en rien de
l'apprentissage d'une langue étrangère. Vous aurez beau avoir suivi tous les cours
possibles, connaître le dictionnaire de fond en comble, si vous ne pratiquez pas, vous
oublierez tout ou presque. Ménagez-vous des espaces quotidiens au cours desquels
vous pourrez lire en toute tranquillité. Chronométrez-vous.
Et, surtout, diversifiez autant que faire se peut vos lectures. Ne vous cantonnez pas à
votre domaine de prédilection ou de connaissance. Souvenez-vous qu'il en va des
nourritures intellectuelles comme des nourritures matérielles : si elles sont monotones,
votre appétit diminuera.
La curiosité intellectuelle est la clé d'une vraie culture générale et de la réussite dans
les études et la vie professionnelle. Car il survient un stade où vos connaissances ne
s'additionnent plus simplement, mais se ........ multiplient !
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT.
162
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS
REGULIEREMENT
ENTRAINEZ-VOUS
REGULIEREMENT
Jusqu'à ce que cela devienne un
automatisme. Alors que maintenant vous
avez déjà, au moins, multiplié votre vitesse
de lecture par deux, en vous entraînant
régulièrement, vous la multiplierez par
trois, quatre, cinq, voire plus.
163
GLOSSAIRE
164
Balayage : Technique de lecture consistant à parcourir rapidement un texte, soit pour
en trouver l'idée principale, soit pour repérer une information précise. On distingue 4
types de balayage :
1. vertical
2. diagonal
3. horizontal
4. horizontal élaboré
Ecrémage : Technique de lecture rapide ayant pour but de dégager l'idée principale
d'un texte.
Fixation : Signe ou blocs de signes (syllabes, voyelles, mots) sur lesquels l'oeil
s'arrête momentanément pour transmettre l'information au cerveau.
Fixation mentale : Image que le lecteur garde d'un texte après l'avoir survolé.
Flashing : Exercice de mémorisation visuelle consistant à fermer les yeux pendant
quelques secondes et à essayer de se rappeler une image entrevue rapidement
(enseigne de magasin, panneau publicitaire, etc.).
Imprégnation : Action de s'imprégner de la substance et de la forme d'un texte
pendant la phase dite de fixation mentale.
Incertitude (théorie de 1') : Théorie décrivant l'attitude du lecteur face à un texte. Il y a
incertitude si le lecteur ne comprend pas.
Métronome : Exercice oculaire où l'exécutant regarde alternativement son pouce droit
et son pouce gauche sans bouger la tête, au son d'une musique rythmée.
Mind mapping : Technique d'apprentissage visant à résumer un livre, un cours, au
moyen de fiches d'aspect holographique (voir leçon 10).
Palming : Exercice de relaxation oculaire se pratiquant les yeux fermés et dans un
environnement évoquant une chambre noire (paumes des mains délicatement posées
sur les yeux).
Reformulation : Exercice mnémotechnique donnant l'occasion au lecteur de
"reformuler" dans ses propres mots ce qu'il vient de lire, soit sous forme verbale, soit
sous forme écrite.
Régression : Retour en arrière inutile lors de la lecture.
Repérage : Technique de lecture rapide dont le but est de fournir au lecteur une ou
des informations ponctuelles dont il a besoin, au moyen du balayage.
Schéma heuristique : Autre nom que donne l'auteur Tony Buzan au système de
"fiches" (mind mapping) dont il a été le propagateur.
165
Shifting : Exercice dont le but est d'améliorer la flexibilité des muscles oculaires.
L'exécutant, dans un mouvement rapide, projette son regard à gauche et tient la pose
pendant 30 secondes; il fait de même à droite. L'exercice doit être répété trois fois.
Subvocalisation : Action de lire tout en prononçant mentalement les mots que notre
oeil rencontre. La subvocalisation retarde la lecture.
Survol : Technique par laquelle le lecteur prend acte et de la substance du texte qu'il a
à lire (lecture rapide de quelques passages ici et là) et de sa présentation matérielle
(nombre de pages, division des chapitres, titres, etc.).
166
ANNEXES
167
SOLUTIONS DES EXERCICES
Page 8
Exercice d’évaluation
Les réponses sont :
1/ La promesse de l'aube
2/ Avant de mourir, sa mère a écrit des centaines de lettres à son fils qu'elle a fait
envoyer régulièrement par un ami durant toute la guerre.
3/ plus de filtre à café
4/ Montpellier
5/ de la supérette
Page 19
Exercice n° 6.1 (Proust : Le Côté de Guennantes).
Ce texte contient 12 erreurs.
Page 20
Exercice n°7. 1 (Le Nouvel Observateur : "Naissance d'un monde")
Les réponses sont : 1 = D ; 2 = C ; 3 = C ; 4 = A ; 5 = C.
Page 33
Exercice n° 3.2
Le Chiffre 7 apparaît 20 fois.
Page 33
Exercice n°4.2
Le chiffre 3 apparaît 23 fois.
Page 34
Exercice n° 5.2
La lettre c apparaît 24 fois.
Page 35
Exercice n° 6.2 (Chateaubriand : Le Génie du Christianisme)
Le terme chrétien ou christianisme apparaît 4 fois.
La religion qui aux yeux de Chateaubriand n'est pas lettrée est le polythéisme.
Page 52
Exercice n° 7.3 (Alexandre Dumas : Les Trois mousquetaires)
Les bonnes réponses sont : 1 = C ; 2 = D ; 3 = A ; 4 = 8 ; 5 = C
Page 66
Etes-vous un lecteur attentif ? (Las Cases : Mémorial de Sainte-Hélène)
Les mots, dans l'ordre, sont : mouvement, noble, civilisation, classe, privilège,
révolution, justice, coutume, France, égalité, émigration.
168
Page 74
Exercice n° 3.5
Les bonnes réponses sont : 120 - 135 - 60 - 1 25 - 7.
38 + 46 = 84 - 24 = 60 X 2 = 120
138 : 12 = 11,5 + 2 = 13,5 X 10 = 135
16 X 5 = 80 - 38 = 42 + 18 = 60
84 : 4 = 21 + 28 = 49 : 7 = 7
Page 90
Exercice n° 4.6
La réponse est 13.
Page 1116
Exercice n° 2.8 (Comment les odeurs sont-elles stockées dans la mémoire)
Les bonnes réponses sont : 1 = C ; 2 = A ; 3 = D ; 4 = D.
Page 121
Exercice n° 3.8 (Trouvez la bonne définition)
Les bonnes réponses sont :
1=B
2=C
3=A
4=D
5=B
6=A
7=B
8=B
9=D
10 = A
11 = A
12 = B
13 = C
14 = B
15 = B
16 = B
17 = C
18 = B
19 = A
20 = C
Page 158
Evaluation
Les bonnes réponses sont :
1 : linguistique
2 : Palo Alto
3 : P = Programmation
N = Neuro
L = Linguistique
4 : linguistique et cybernétique 5 : développement personnel.
169
BIBLIOGRAPHIE
Méthode de lecture rapide Richaudeau
de : François Richaudeau, Michel et Françoise Gauquelin
Editions J. M. Villette
L'art de lire
de : Philippe Pigallet
Editions ESF - Entreprise Moderne d'Edition
Les règles d'or de la lecture rapide
de : M.J. Gourmelin
Guide Marabout
La Lecture active
de : Elisabeth Rochefort-Algis
Entreprise Moderne d'Edition
Bitter sight without glasses
de : N. Bates
Granada Publishing
Une tête bien faite
de : Tony Buzan
Editions d'Organisation
Savoir se documenter
de : Geneviève Lefort
Editions d'Organisation université
170
TABLE DES MATIERES
171
INTRODUCTION ET MODE D'EMPLOI ..................................................................................3
LECON 1
Comprendre le fonctionnement de l'œil pour mieux l'utiliser............................................9
Les 7 règles de base ..........................................................................................................10
RAPPEL .........................................................................................................................12
Exercice n° 1.1 ...............................................................................................................13
Exercice n° 2.1 ...............................................................................................................14
Exercice n° 3.1 ...............................................................................................................15
DEUX PIEGES A EVITER :....................................................................................................
LA SUBVOCALISATION ET LES REGRESSIONS ...........................................................17
La subvocalisation ..........................................................................................................17
Exercice n°6.1 ................................................................................................................19
Les régressions ..................................................................................................................20
Exercice n° 7.1 ...............................................................................................................20
Exercice n° 8.1 ...............................................................................................................22
LEÇON 2
Les grands principes de base.............................................................................................25
LE DOIGT, VOTRE OUTIL DE TRAVAIL...........................................................................26
Réhabilitons le doigt .......................................................................................................26
Exercice n° 1.2 ...............................................................................................................26
Exercice n° 2.2 ...............................................................................................................27
LE SURVOL : UNE TECHNIQUE INDISPENSABLE .........................................................28
Les 5 étapes du survol .......................................................................................................30
QU'EST- CE QU'UN MOT- CLE ?......................................................................................31
LE REPERAGE, LE BALAYAGE ET L'ECREMAGE..........................................................32
Le repérage ....................................................................................................................32
Le balayage ....................................................................................................................32
Exercice n° 3.2 ...............................................................................................................33
Exercice n° 4.2 ...............................................................................................................33
Exercice n° 5.2 ...............................................................................................................34
Exercice n° 6.2 ...............................................................................................................35
L'écrémage.........................................................................................................................36
Comment arriver au but vite et bien ? ............................................................................36
Exercice n° 7.2 ...............................................................................................................37
LA FIXATION MENTALE ...................................................................................................39
LEÇON 3
du mot à mot au blayage .....................................................................................................42
AMELIOREZ VOTRE FLEXIBILITE VISUELLE .................................................................43
Le métronome ................................................................................................................43
Exercice n° 1.3 ...............................................................................................................44
Le palming ......................................................................................................................44
Exercice n° 2.3 ...............................................................................................................44
Le shifting .......................................................................................................................44
Exercice n° 3.3 ...............................................................................................................44
LES 4 FORMES DE BALAYAGE .......................................................................................45
LISEZ ENCORE PLUS VITE..............................................................................................47
Exercice n° 4.3 ...............................................................................................................47
L'ELARGISSEMENT DU CHAMP VISUEL ........................................................................50
Exercice n° 5.3 ...............................................................................................................50
Exercice n° 6.3 : concentration visuelle..........................................................................51
DEVELOPPEZ VOTRE AGILITE VISUELLE .....................................................................52
Exercice n° 7.3 ...............................................................................................................52
172
LEÇON 4
améliorez votre mémoire ....................................................................................................56
UNE MOBILISATION DE TOUS LES SENS......................................................................57
LA MEMOIRE INTELLECTUELLE .................................................................................58
Qu'est-ce qui fait courir la mémoire ? .............................................................................58
Apprenez à contrôler vos émotions ................................................................................59
Testez votre mémoire visuelle........................................................................................59
Exercice n° 1.4 ...............................................................................................................59
Exercice n° 3.4 ...............................................................................................................60
Sachez retenir : quelques principes de mnémotechnie..................................................61
Exercice n° 4.4 ...............................................................................................................63
QUEL TYPE DE MEMOIRE POSSEDEZ-VOUS ? ............................................................63
La mémoire, ça se soigne ..............................................................................................64
UN DEMON A COMBATTRE : LE MANQUE D'ATTENTION ........................................65
Etes-vous un lecteur attentif ? ........................................................................................66
LEÇON 5
comment améliorer votre concentration............................................................................69
MULTIPLIEZ VOTRE FORCE DE CONCENTRATION .................................................70
LA CONCENTRATION MENTALE EST LA CLE DU SUCCES .....................................71
SAVEZ-VOUS VOUS CONCENTRER ?............................................................................71
Exercice n° 1.5 ...............................................................................................................71
CINQ BONS TRUCS POUR AUGMENTER VOTRE FORCE DE CONCENTRATION 73
JOUEZ A VOUS CONCENTRER...................................................................................74
Exercice n° 2.5 ...............................................................................................................74
Exercice n° 3.5 ...............................................................................................................74
SOYEZ UN LECTEUR DYNAMIQUE ................................................................................74
PLAISIR ET CONCENTRATION....................................................................................75
EN ANTICIPANT, DIMINUEZ L'INCERTITUDE .............................................................75
LA PART DE L'AUTOSUGGESTION .............................................................................76
FAITES-VOUS UN ALLIE DE VOTRE INCONSCIENT .................................................76
Exercice n° 4.5 ...............................................................................................................77
L'Art de vouloir................................................................................................................77
SAVOIR SE RELAXER, C'EST SAVOIR SE CONCENTRER ...........................................78
LES DEUX GRANDES METHODES DE RELAXATION....................................................79
Le training autogène de Schultz.........................................................................................79
LEÇON 6
où en êtes-vous ?.................................................................................................................84
Mesurez votre vitesse de lecture........................................................................................85
Exercice n° 1.6 ...............................................................................................................85
Avez-vous diminué le nombre de vos fixations ? ...........................................................86
Exercice n° 2.6 ...............................................................................................................87
Exercice n° 3.6 ...............................................................................................................88
A PROSCRIRE : LA SUBVOCALISATION ET LES REGRESSIONS................................89
LE DOIGT, VOTRE AUXILIAIRE DE LECTURE............................................................89
N'OUBLIEZ PAS LES CINQ ETAPES DU SURVOL..........................................................89
RENOUEZ AVEC LE REPERAGE ET L'ECREMAGE ...................................................90
Exercice n° 4.6 (repérage) .............................................................................................90
Exercice n° 5.6 (repérage) .............................................................................................92
Exercice n°6.6 (écrémage) .............................................................................................92
NE PERDEZ PAS DE VUE LA FIXATION MENTALE ...................................................93
VOULEZ-VOUS AMELIORER VOTRE FLEXIBILITE VISUELLE ? ...............................94
RAPPELEZ-VOUS LES QUATRE FORMES DE BALAYAGE .......................................94
173
SOUVENEZ- VOUS QUE LA FORME DU MOT REMPLACE LE MOT .........................96
IL ETAIT UNE FOIS DEUX AMIS...................................................................................97
POUR RETENIR, IL FAUT SAVOIR EXERCER SON ATTENTION..................................97
POUR EXERCER VOTRE ATTENTION, APPRENEZ A VOUS DECONTRACTER .....97
Voici deux façons de vous décontracter.........................................................................98
Les trois moyens d'exercer votre attention .....................................................................98
LA MEILLEURE ALLIEE DE LA CONCENTRATION EST L'ANTICIPATION ..............100
SACHEZ VOUS RELAXER ..........................................................................................100
LEÇON 7
apprenez à lire la presse rapidement ...............................................................................102
MODULEZ VOTRE VITESSE DE LECTURE ..................................................................103
Que peut-on lire rapidement ?......................................................................................103
Savoir lire la presse : ....................................................................................................104
une excellente entrée en matière .................................................................................104
Quelques suggestions pour lire vite et bien journaux et revues ...................................104
Exercice n° 1.7 (fait divers) ..........................................................................................105
Exercice n° 5.7 (article de revue) .................................................................................109
Comment se présente un article de presse..................................................................111
Apprenez à distinguer les types d'articles ....................................................................112
La presse d'investigation ..............................................................................................112
La presse de réflexion ..................................................................................................112
LEÇON 8
que faire devant un texte difficile .....................................................................................114
LA MARCHE A SUIVRE...............................................................................................115
Exercice n° 1.8 .............................................................................................................116
Repérez les mots-clés ..................................................................................................117
Exercice n° 2.8 .............................................................................................................117
Consultez les notes ......................................................................................................119
Arrêtez-vous aux abréviations ..........................................................................................120
COMMENT LIRE UN TEXTE TECHNIQUE .....................................................................120
Quelques conseils ........................................................................................................121
LISEZ POUR ACCROITRE VOTRE VOCABULAIRE ......................................................121
Exercice n° 3.8 .............................................................................................................122
APPRENEZ A DISTINGUER LES PROCEDES D'EXPOSITION ....................................124
Exercice n° 4.8 .............................................................................................................125
LEÇON 9
comment apprendre plus vite ...........................................................................................129
DES AUTOMATISMES NOUVEAUX ...............................................................................130
Exercice n° 1.9 .............................................................................................................130
Exercice n° 2.9 .............................................................................................................131
APPRENDRE RAPIDEMENT : LA MEILLEURE ECOLE.................................................132
Comment fonctionnez-vous mentalement ? .................................................................132
Test n° 1 .......................................................................................................................134
Test n° 2 .......................................................................................................................135
Quel est votre projet ? ..................................................................................................136
PRENEZ PLAISIR À APPRENDRE .................................................................................137
AYEZ UNE BONNE METHODE DE TRAVAIL.................................................................138
La phase de préparation...............................................................................................138
Mettez par écrit tout ce que vous savez .......................................................................139
sur votre sujet de travail ou de lecture..........................................................................139
Définissez vos objectifs ................................................................................................139
La phase d'application......................................................................................................139
174
Le survol .......................................................................................................................140
L'approche du texte ......................................................................................................140
La lecture d'approfondissement ...................................................................................140
La reformulation............................................................................................................141
LEÇON 10
donnez-vous les bons outils .............................................................................................144
LISEZ PAR IMAGES ........................................................................................................145
Se fabriquer ses propres images permet de lire plus vite ............................................145
Exercice n° 1.10 ...........................................................................................................145
Exercice n° 2.10 ...........................................................................................................147
MEFIEZ-VOUS DE VOS SYMPATHIES ET DE VOS ANTIPATHIES .............................148
SOUVENEZ-VOUS QUE LIRE VITE, C'EST PENSER VITE ..........................................149
LIRE VITE, C'EST AUSSI COMPRENDRE VITE ............................................................150
QU'EST- CE QUE LE MIND MAPPING ? ........................................................................151
Le mind mapping imite le fonctionnement du cerveau .................................................151
Comment utiliser le mind mapping ...............................................................................151
Le mind mapping : une affaire de signes......................................................................152
Le mind mapping : un outil quotidien............................................................................153
Exemple de mind mapping ...........................................................................................153
EVALUATION
lecteur rapide où en êtes-vous ? ......................................................................................157
Exercice........................................................................................................................157
CONCLUSION .....................................................................................................................161
GLOSSAIRE ........................................................................................................................163
ANNEXES ............................................................................................................................166
BIBLIOGRAPHIE.................................................................................................................169
TABLE DES MATIERES .....................................................................................................170
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