ND Jardiner080208.indd - Mes courses pour la planète

ND Jardiner080208.indd - Mes courses pour la planète
Collection « Et si on vivait autrement ? »
Ces guides présentent des informations sur notre environnement proche, à la fois précises,
« exemplaires » et dénuées de tout catastrophisme. Ces informations, privilégiant
une approche active et participative, ont pour but d’offrir des outils de réflexion et de choix,
pour des citoyens qui ne sont pas seulement des consommateurs, mais aussi des acteurs
décideurs à leur échelle. Des personnes qui ont leur conscience, leur libre arbitre
et leur capacité d’agir. À chacun, donc, de faire ses choix, pour vivre autrement, dans le plus
grand respect de l’environnement...
sommaire
Vert et bio ...........................................2
Pour un jardin au naturel .....................2
L’esprit et les moyens ..........................3
Retour aux sources ..............................4
Les purins : les plantes au secours
des plantes .........................................26
Les préférées du jardinier bio .............28
Diversité et lutte bio .......................... 30
Les sols différents par nature ..............6
Un système vivant ...............................7
Le b.a.-ba des sols ...............................8
Amender évidemment ... ....................10
Fertiliser naturellement ... ...................11
...mais modérement ... ........................11
Vous avez dit compost ? ... .................12
Les auxiliaires : ils roulent
pour vous................................................30
Coquelicots, bleuets, etc... .....................32
À l’abri d’un mur de pierres sèches........32
Les haies sauvages.................................32
Butinage au potager ...............................33
Des oiseaux en toute saison...................33
Coccinelles, mode d’emploi ...................34
Papillons et chenilles ..............................35
Moins d’eau plus d’idées................... 14
Aux grands maux, les remèdes bio ... 36
La terre première ............................... 6
Éloge de la sobriété.............................14
Le sol, un réservoir .............................15
Plantes, le bon choix ...........................15
Belles et sobres ..................................16
Bien arroser ........................................17
Le goutte-à-goutte a la cote ................18
Rien de tel que le paillage ...................18
De l’eau, comme s’il en pleuvait..........20
Toujours plus d’eau.............................21
La nature a de la ressource ...............22
Ces plantes que l’on dit mauvaises... ..22
De l’usage des engrais verts ...............23
Mariage de plantes..............................24
La rotation des cultures ?
Simple et efficace................................25
Privilégier les traitements naturels ......... 36
Ces dangers qui guettent
les plantes ...............................................36
Lutter contre les ravageurs ....................38
Halte aux maladies cryptogamiques ...... 39
Toujours plus bio .............................. 40
Des légumes anciens au jardin ..............40
Semez naturel .........................................41
Quel bois pour le jardin ? .......................41
Le citadin peut aussi être bio..................42
Pensez à l’avenir .....................................44
Pour aller plus loin ............................ 46
Index ................................................. 48
textes de Virginie de La Batut et Danielle Marti
dessins de Lionel Le Néouanic
Vert et bio
Les Français ont la main verte,
le goût pour les belles plantes,
et plus de 69 % d’entre eux possèdent
un jardin. Mais, et c’est paradoxal,
ce loisir vert n’est pas toujours
respectueux de l’environnement alors
qu’il existe tant de solutions alternatives
simples. Donc aujourd’hui, finis les
pesticides et l’arrosage intensif, l’époque
est au jardinage en douceur !
Pour un jardin au naturel
Un gazon trop vert et trop bien entretenu, des fleurs trop rouges
et des allées sans le moindre brin d’herbe seraient-ils les signes
d’un jardin pollué ? N’exagérons rien, mais à l’heure où la protection de l’environnement devient une cause nationale, il est
temps de s’arrêter et de s’interroUn beau jardin
ger sur nos pratiques jardinières.
peut s’obtenir de Et de se poser les bonnes quescar en arrosant trop soula manière la plus tions,
vent, en utilisant trop d’herbicides,
naturelle et la plus en soignant parfois à outrance ce
simple du monde. jardin que l’on est si fier de posséder, on risque d’aller à l’encontre d’une nature que l’on pense aimer. A contrario, et comme
le souligne une étude sur le jardin réalisée pour l’Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts,
40 % des Français possédant un verger ou un potager disent
utiliser des « recettes de grand-mère » pour régler des problèmes importants d’entretien ou de maladie et 22 %, des produits
bio. Ce qui veut dire que la connaissance et le respect de la nature sont déjà, en partie du moins, dans les mœurs. Reste simplement à persuader le plus grand nombre qu’un beau jardin ou
un beau potager peuvent s’obtenir de la manière la plus naturelle
(et la plus simple) du monde.
À LIRE
Jardiner durablement,
les solutions bio qui
marchent vraiment,
par Jean-Michel Groult,
Éd. Ulmer.
Ni plaidoyer
ni pamphlet, un ouvrage
qui livre de manière
alerte explications
et conseils pour jardiner
de façon naturelle.
Indispensable (et drôle).
2
L’esprit et les moyens
Jardiner bio, jardiner durable, jardiner responsable, voire
écolo... À chaque expression, sa définition. La première consiste à
définir un type de jardinage bannissant tout recours aux herbicides
et aux pesticides, la deuxième à avoir au jardin un comportement
le plus naturel possible. On dira qu’il y a, d’une part, des moyens
de respecter l’environnement : recours à des pratiques telles que
la fabrication du compost ou
d’extraits végétaux aux vertus
curatives (purin d’ortie, déInterview
coction de prêle...), présence
d’animaux auxiliaires pour
lutter contre les ravageurs,
gestion avisée et économe
de l’eau, emploi de végétaux
Pouvez-vous nous
adaptés au sol et au climat
présenter la ferme
de Sainte-Marthe ?
de son jardin, utilisation limiC’est une propriété familiale,
tée de biopesticides... Autant
implantée au cœur de la Sologne
de gestes qui seront détaillés
des étangs. Ce territoire protégé
au fil des chapitres. Mais il y a
est entouré par la forêt de Bruaaussi l’esprit. Il paraît indispendan, ancien domaine de chasse
sable de réapprendre à regaret de pêche des rois de France. À
der la nature ; il faut accepter de
chaque génération, la ferme s’est
voir parfois des mauvaises herenrichie de nouvelles terres, bois
bes pointer leur nez, avoir de la
et étangs, jusqu’à la conversion
patience et laisser à certaines
de mes parents à l’agriculture
biologique en 1969. J’ai pris
plantes le temps de s’installer
leur succession en 1974 et en ai
quitte à ce qu’elles aient maufait un lieu d’expérimentation et
vaise mine la première année et
de promotion d’une agriculture
reconnaître que quelques pucerespectueuse de la santé et de
rons sur un rosier ne signifient
l’environnement. Depuis 1992,
pas forcément invasion...
l’entreprise est enregistrée comBref, il ne s’agit plus d’asme Centre européen de formaservir la nature et de voution professionnelle permanente
loir jardiner façon Versailles
et liée par contrat à la région
(même si en certains d’enCentre et à l’Union européenne.
Ses productions sont labellisées
tre nous sommeille un Roi« Agriculture biologique » deSoleil...), mais de vivre avec
puis 1974. Ses semences sont
elle et de la respecter. Le
distribuées dans le monde enplus difficile ce n’est pas de
tier, par différents réseaux, dont
jardiner mais de bien conles catalogues spécialisés.
naître les végétaux... autant
donc apprendre à le faire.
Philippe Desbrosses
Directeur du Centre pilote
européen, ferme expérimentale
de Sainte-Marthe en Sologne
Vous avez constaté
une perte de biodiversité
notamment dans les
potagers.
Comment réagir ?
Tout le monde peut constater
l’érosion de la biodiversité. Nous
avons perdu en un siècle 75 %
des variétés comestibles cultivées en 1900.
Il y avait 1 000 variétés de pommes en France il y a cent ans ;
aujourd’hui seulement une dizaine sont à l’étal des marchands.
Même problème pour les légumes, nous avons pourtant
250 variétés de tomates multicolores en collection, 107 de cucurbitacées, 30 de haricots, 20 de
salades, etc.
C’est donc, non seulement une
nécessité et un plaisir de préférer les variétés locales ou régionales, mais un devoir pour nous
tous de préserver ce patrimoine
inestimable que nos prédécesseurs avaient patiemment
élaboré.
3
Vert et bio
Retour aux sources
À LIRE
Tous ceux que
la réflexion sur la nature
passionne pourront
lire Gilles Clément,
Une écologie
humaniste
avec Louisa Jones,
Éd. Aubanel.
Le développement du jardinage bio est naturellement lié à la
prise en compte de la protection de l’environnement. Mais si
aujourd’hui on jardine « autrement » et mieux, c’est aussi parce
que le regard porté sur le jardin et la nature s’est modifié. Et
ce changement, on le doit à des hommes, des jardiniers, des
paysagistes, des amateurs qui ont bousculé les pratiques et les
idées reçues. Petit retour en arrière pour mieux avancer.
La Sagesse
du jardinier
Éd. Œil neuf.
LE JARDIN EN MOUVEMENT DE GILLES CLÉMENT
Créateur, entre autres, du parc André Citroën, des jardins du
quai Branly à Paris et des jardins du Domaine du Rayol dans le
Var, Gilles Clément est aussi un théoricien et le tenant d’une écologie humaniste dont les idées ont considérablement influencé
les pratiques et les paysagistes au cours de ces vingt dernières années. Les écrits comme les réalisations de cet écrivain,
ingénieur horticole et enseignant à l’École nationale supérieure
du paysage de Versailles, reposent
« Faire le plus
tous sur une grande observapossible avec, le tion et un respect de la nature et
de sa diversité, et préconisent
moins possible
une intervention a minima de
contre ».
l’homme, donc du jardinier.
Partisan du « faire le plus possible avec, le moins possible contre », il développe ses théories à travers notamment le Jardin
en mouvement (livre publié en 1991) et le Jardin planétaire,
ouvrage mais aussi grande exposition parisienne (2000) dont la
finalité n’était autre que de réconcilier l’homme avec la nature. Il
est également l’inventeur du concept de « Tiers Paysage » : des
lieux-refuges où la diversité animale et végétale peut s’épanouir
en toute liberté.
Éloge
des Vagabondes
Éd. Nils.
LES PLANTES EN FÊTE
Le jardin, ce sont aussi la qualité et la diversité des plantes que
l’on y fait pousser. Et en la matière, les choses également ont
évolué.
Autant le dire, au début des années 1980, horticulture et botanique se portaient plutôt mal en France. On ne parlait plus de
jardin mais d’espace vert, le thuya régnait en maître, le seul hortensia représentait la riche famille des Hydrangeas... C’est sous
l’égide de quelques amateurs éclairés rassemblés dans une
association, l’APBF (Association des parcs botaniques de France), que l’horticulture française a fait sa révolution. Révolution
4
Bio et fleuri
Le centre Terre vivante
Implantée sur
la commune de
Mouans-Sartoux
(Alpes-Maritimes),
la Bastide du
Parfumeur a pour
vocation de préserver
le patrimoine horticole
et paysager de la
région et a mis en
culture les nombreuses
plantes à parfum qui
faisaient autrefois
sa renommée...
Le tout nouveau
parcours des senteurs
se double d’un jardin
100 % écologique,
qui dispose d’une
composterie, d’un
atelier de confection
de purins et propose
de nombreuses
animations autour
du développement
durable et de la
biodiversité.
À visiter !
www.labastidedu
parfumeur.org
L’association Terre vivante est née en 1979 à Paris. Ses fondateurs, tous passionnés d’écologie, voulaient montrer la
faisabilité des principes écologiques, dans le jardin, l’habitat, l’énergie, l’alimentation...
En 1980, ils publient Les Quatre Saisons du jardinage, la seule
revue française traitant du jardinage bio, puis se lancent dans
l’édition de livres spécialisés sur l’écologie pratique.
Le Centre Terre vivante voit le jour en 1994 sur le domaine
de Raud près de Grenoble. Ouvert au public d’avril à octobre, on y visite des jardins biologiques, des expositions sur
l’habitat écologique, sur l’énergie...
Aujourd’hui, la petite association est devenue une Scop
– société coopérative de production – performante, qui
emploie 32 salariés permanents et se place parmi les
100 premiers éditeurs français.
www.terrevivante.org
qui est passée par un rassemblement au domaine de Courson
(Essonne) en 1982, puis par les désormais fameuses Journées
des plantes, qui ont été un tremplin pour la diffusion de nouvelles espèces.
C’est à Courson qu’ont été présentées les premières graminées,
que roses anciennes, sauges, bambous ou viburnums sont sortis de l’ombre. Puis sont venues les
fêtes des plantes vivaces (au prinLes Journées
temps) et des légumes oubliés (à
des plantes ont
l’automne) de Saint-Jean-de-Beauété un tremplin
regard (Essonne), puis Doullens...
pour la diffusion Les rendez-vous sont aujourd’hui
multiples, les principaux proposent
de nouvelles
aussi conférences et animations
espèces.
reflétant souvent les préoccupations des jardiniers bio (jardiner sans arroser, jardiner avec les
insectes auxiliaires...) et rassemblent surtout une cohorte de pépiniéristes spécialisés qui sont autant d’hommes et de femmes
de terrain. Allez-y !
5
La terre première
« Connais ton sol » :
voici le premier
principe du jardinier
respectueux
de l’environnement.
Connaître la nature
de la terre, savoir
l’enrichir, la soigner
pour permettre à son jardin
de prospérer sont autant de questions essentielles,
auxquelles il répondra avec... un bon sens terrien !
Revue de détail, de l’analyse du sol à la fabrication
du compost.
Les sols différents
par nature
L’humus :
la vitalité
des sols
De la nature du sol va dépendre le choix des végétaux et par
conséquent l’aspect et la composition du jardin. Avant d’entreprendre ses plantations, un jardinier doit donc s’en préoccuper sous peine de s’épuiser en de vaines tentatives, s’obstinant
à planter dans des terres acides
De la nature
des végétaux qui ne s’y plaisent
du sol va
guère ou forçant en vain sur les
fertilisants...
dépendre
Il suffit de creuser un trou pour
les choix
s’en apercevoir, le sol n’est ni unides végétaux.
forme ni homogène, il se compose de minéraux originaires des roches du sous-sol (argiles, limons, sables...), d’humus (matière organique issue des feuilles
mortes, des cadavres des insectes du sous-sol et des excréments) et d’une multitude d’êtres vivants (champignons, inver-
Reconnaissable à sa
couleur brun foncé, il
assure l’aération du
sol. À l’automne, la
terre reçoit la cellulose
et la lignine, matières
constitutives des
feuilles, des branches
mortes, des herbes
sèches... ainsi que de
l’azote contenu dans
les pigments bruns
des feuilles.
Transformés par
d’innombrables
bactéries, ces débris
enrichissent la terre et
préservent sa fertilité.
6
À LIRE
tébrés et micro-organismes). D’un lieu à l’autre, sa texture et sa
structure diffèrent, et par conséquent ses propriétés physiques
et chimiques varient : l’eau en
Rien de tel qu’un particulier n’y circule pas de la
sol riche en humus même manière.
En fonction des reliefs, du climat,
et équilibré.
de la nature de la roche mère, des
activités humaines aussi, les sols sont donc plus ou moins fertiles et plus ou moins cultivables.
Jardinez
avec la nature ;
les bases
du jardinage
écologique,
Vincent Albouy,
Éd. Édisud.
Un système vivant
Rien de tel qu’un sol riche en humus et équilibré pour
réussir son jardin car les déchets végétaux et animaux
« recyclés » décomposés
par les organismes vivants
du sous-sol, sont les aliInterview Stéphane Marie
ments des plantes. Il imporJournaliste et jardinier, rédacteur
te donc de maintenir l’actien chef de l’émission « Silence,
ça pousse » sur France 5
vité de la terre. Il n’est pas
inutile de le rappeler, l’usage
Quels conseils
Quelles sont, selon
de pesticides et d’engrais
donneriez-vous
vous, les bonnes
chimiques, de ce point de
au
jardinier
débutant
pratiques, pour une
vue, peut être désastreux.
La terre n’est pas un support
neutre pour les cultures, elle
participe pleinement du cycle de la vie. D’où la nécessité de préserver aussi sa
qualité. À force de culture,
elle s’épuise, perd de son
aération, de sa perméabilité.
Il faut l’aider à se régénérer.
Et bonne nouvelle pour ceux
qui ne disposent que d’un
sol médiocre : grâce à des
amendements variés, il est
toujours possible de l’améliorer. Mais avant d’entreprendre quelque action que
ce soit, il faut apprendre à
déterminer la nature du sol.
et soucieux de respecter
l’environnement avant
de se lancer ?
Il faut regarder le milieu, l’exposition au soleil, l’orientation des
vents dominants, la nature du
sol... Ainsi évitera-t-il de choisir
des végétaux contre nature. Le
plaisir du jardin, c’est de voir les
choses grandir sainement. Le
jardinage est une conversation
entre le jardinier, les plantes et
le sol. Il est important de chercher à comprendre les plantes.
Je conseille de ne jamais aller
trop vite : une plante a besoin
de temps pour s’installer. Lorsqu’elle pousse trop rapidement,
elle est fragilisée et sensible aux
attaques des champignons, des
maladies.
gestion saine du jardin ?
Faire son compost : c’est pour
moi la base. Ensuite, bien travailler la terre, sans trop la
retourner pour ne pas déranger l’écosystème. Pailler est
également incontournable, cela
permet de gérer l’arrosage et
facilite la gestion des mauvaises
herbes. Accueillir les insectes
auxiliaires et employer des
purins aident grandement... Il
s’agit de retrouver les gestes de
nos grands-parents. Il faut dédramatiser le jardin. Si un rosier
souffre un temps du manque
d’eau, il suffit de le rabattre, il
repartira. Il faut accepter qu’à
certaines périodes, le jardin soit
moins joli : il le sera plus tard. La
perfection n’a pas d’intérêt !
7
La terre première
Le b.a.-ba des sols
Pour bien jardiner, on l’a dit, il faut savoir quelle est la nature
physique et chimique du sol.
Schématiquement, on en distingue quatre sortes : les sableux
(aussi appelés siliceux), les argileux, les calcaires et les humifères ou acides.
Quant à la terre dite franche, c’est celle qui a toutes les qualités
et que le jardinier s’efforce d’obtenir...
LES SOLS ARGILEUX
Avantages : fertiles, ils retiennent bien l’eau.
Inconvénients : lourds, ils sont difficiles à travailler. Collants
par temps humide, durs par temps sec, ils ont tendance à devenir très compacts : l’air et l’eau circulent donc mal et les racines
peinent à s’implanter.
Pour les améliorer : on peut les alléger grâce à des ajouts de
sable et de terreau. Il est conseillé de bêcher en grosses mottes et d’apporter du compost à la fin de l’automne et, si cela est
possible, de drainer.
À savoir : les graminées, les boutons d’or, les chèvrefeuilles et
côté arbres, les charmes, les hêtres et les chênes s’y plaisent.
LES SOLS SABLEUX
Avantages : légers, ils sont faciles à travailler et bien drainants.
Inconvénients : ils ne retiennent ni l’eau ni les éléments fertilisants
et se dessèchent donc
très vite durant les grosPetite leçon de modelage
ses chaleurs.
Pour qui veut une première indication sur la nature de son
Pour les améliorer :
sol, rappelons qu’une terre argileuse est collante une fois
fumiers et compost
mouillée, qu’une terre sableuse est rugueuse au toucher
doivent être apportés
(lorsqu’on l’écrase dans la main des grains de sable s’échapen quantité seulement
pent). Pour plus de certitude, les manuels de jardinage reà la fin de l’hiver, sinon
commandent souvent le test dit du boudin. Il s’agit ni plus
les nutriments seront
ni moins que d’une séance de modelage ! Avec une boule
lessivés par les pluies
de terre humide, faites un petit boudin : si l’opération est
avant de profiter aux
facile, un peu comme avec la terre glaise du potier, vous
plantes.
avez vraisemblablement affaire à une terre argileuse ; si elle
À savoir : ils convienest facile sans plus, on penchera pour un sol limoneux ;
nent aux ajoncs et aux
et si la terre se fendille systématiquement, c’est qu’elle est
genêts, aux fougères,
certainement sableuse. Ce test n’a aucune prétention scienbruyères, hortensias,
tifique mais il donne une indication utile.
camélias, peupliers,
pins maritimes...
8
Les plantes
repères
Quelle composition chimique ?
Du genêt dans votre
jardin ? Votre sol
pourrait bien être sec
et acide. Des ronces ?
Vous seriez en terrain
humifère. Des boutons
d’or ? Il a des chances
que celui-ci soit frais
et riche...
Ne négligez pas
ces plantes
qui poussent
spontanément
sur votre terrain.
Parce qu’elles se
développent dans des
milieux particuliers,
elles peuvent vous
donner des indications
précieuses sur la
nature de votre sol.
La méthode n’est
pas infaillible mais
repérer ces plantes
indicatrices est
aussi une matière
d’apprendre à
regarder la nature
et à vivre avec !
En fonction de la composition chimique de votre sol, vous
sélectionnerez les plantes à semer, les végétaux à planter.
Petit rappel : le pH (le potentiel Hydrogène) mesure
le degré d’acidité du sol. Un pH de 4 témoigne d’un sol
très acide, à 8 il est très alcalin, 7 marquant la neutralité.
La terre idéale a un pH compris entre 6,5 et 7,5. Bon à
savoir : les sols sableux ont tendance à être acides, et les
terres argileuses sont globalement neutres, ou faiblement
acides ou alcalines... Pour déterminer la nature chimique
de votre sol, sur une poignée de terre versez du vinaigre
blanc : si une effervescence apparaît, c’est que le sol est alcalin. Le plus simple reste d’acheter en pharmacie ou dans
une jardinerie un coffret d’analyse. Cependant, sachez que
le pH de votre jardin n’est pas toujours, et loin s’en faut,
uniforme.
LES SOLS CALCAIRES
Avantages : ils se travaillent bien, sont en général bien drainants, se réchauffent vite.
Inconvénients : ils manquent souvent de consistance mais, par
temps de pluie, deviennent boueux et collants. Leur alcalinité
peut provoquer de la chlorose (disparition partielle de la chlorophylle) chez de nombreuses espèces.
Pour les améliorer : l’apport de tourbe acide ou de terreau des
forêts équilibre un sol calcaire.
À savoir : la vigne, le coquelicot, le bleuet, le chardon, la menthe, le buis, le chêne, le charme, le merisier, le noyer sont des
plantes de terre calcaire. En revanche, certains végétaux comme
l’hortensia ne supportent pas d’y être plantés...
LES SOLS HUMIFÈRES
Avantages : ils sont riches en humus.
Inconvénients : leur acidité contrarie la croissance de certaines
cultures et favorise l’attaque d’insectes nuisibles.
Pour les améliorer : fumier de bovin et craie sont utiles pour
compenser une trop forte acidité.
À savoir : ils conviennent à toutes les plantes dites de terre de
bruyère : rhododendrons, azalées, camélias, bruyères, fougères,
ajoncs, genêts, mousses, prêles, châtaigniers, sorbiers, sureaux,
pins...
9
La terre première
Amender évidemment…
Respecter
les doses
prescrites
La croissance des végétaux dépend bien sûr de la qualité du sol.
Et si le milieu idéal n’existe pas, disons qu’une terre fertile est
celle qui a l’humus le plus riche, qui est pourvue d’une intense
activité biologique et dont les carences minérales sont limitées.
Elle est alors aérée et perméable, plus souple et donc plus facile
à travailler. Le sol fertile par excellence est celui de la forêt !
On commencera toujours par amender sa terre afin d’améliorer ses propriétés (physiques ou chimiques) grâce à l’apport de
substances organiques qui vont la stimuler et favoriser la circulation de l’air et de l’eau. Ces amendements organiques sont
élaborés à partir de fumier, de marc de raisin, de paille, de compost, d’algues...
Le fumier composté convient à tous les sols dont il améliore
la structure en stimulant le développement des vers et autres
insectes de la terre. Certains amendements dits argileux sont
composés essentiellement de terre, de marne ou de tourbe.
Ils permettent de limiter l’assèchement des sols sablonneux
et d’améliorer leur cohésion. Les amendements composés de
Bio ou pas, une trop
grande quantité
d’engrais pollue.
Les plantes
consomment
uniquement ce dont
elles ont besoin,
le reste est stocké
dans la terre. L’azote
sera transformé en
azote ammoniacal
puis en nitrates qui se
retrouvent dans les
nappes phréatiques
détériorant leur qualité.
Sachez par ailleurs
que les plantes n’ont
généralement besoin
d’apports nutritifs que
durant les périodes
de formation des
bourgeons, des feuilles
et des fruits : inutile
de les employer à
d’autres moments.
Consultez les notices
explicatives sur les
boîtes ; elles indiquent
généralement très
clairement comment
utiliser les engrais.
Du terreau pour quoi faire ?
Tout simplement pour assurer un bon et solide développement du système racinaire. Aussi appelé « support de
culture », le terreau est composé de matières d’origine végétale, que ce soit de la tourbe (blonde ou brune), des écorces
de fibres ou du compost et des algues. Les tourbières tendant
toutefois à s’épuiser, et devant être préservées, la tourbe est
remplacée par des cosses de noix de coco ou d’autres fibres végétales. Entrent également dans la composition du terreau des
substances animales tels les fumiers de bovin, de cheval, les
fientes de poule... Attention, n’achetez pas n’importe quel
terreau ! Des critères de qualité très stricts ont été élaborés :
le terreau commercialisé doit être homogène, stabilisé d’un
point de vue biologique et ne doit comporter aucun élément à risque : pas de boue d’épuration ou autres métaux
lourds. Vérifiez que l’emballage porte bien le logo d’un
organisme certificateur (Ecofert notamment). Le terreau
peut s’utiliser pur ou en apport en pleine terre. S’il favorise
la vie des micro-organismes, il ne procure cependant pas
tous les éléments nécessaires à la croissance des végétaux.
10
sable de carrière ou de rivière sont utiles aux sols argileux :
ils allègent et augmentent la perméabilité de ces sols lourds et
compacts. Les amendements calciques contenant du calcaire
broyé permettent d’alléger la structure de la terre et de compenser l’acidité des sols nuisible aux micro-organismes et donc à
l’alimentation des plantes. Tous se trouvent en jardinerie.
Identifier
les besoins
• Votre plante est
chétive et son feuillage
jaunit ? N’aurait-elle
pas besoin d’azote ?
Fertiliser naturellement…
• Son feuillage est
de plus en plus
sombre, sa floraison
limitée ? De l’acide
phosphorique pourrait
lui être utile.
Après avoir amélioré la structure physique de sa terre, on peut,
avec parcimonie, apporter les éléments nutritifs dont les plantes
auront besoin pour se développer. Et pour ce faire, le jardinier
bio, bien qu’il n’utilise pas d’engrais chimiques, n’est pas démuni. Il a à sa disposition le compost, les engrais organiques et
les engrais verts. Petit rappel : les engrais verts sont des plantes (moutarde, trèfle, épinard, seigle, pois, lupin, phacélie...) que
l’on sème, sur des parcelles non cultivées, en automne ou au
printemps. Une fois coupées puis enfouies dans le sol, elles vont
se décomposer et enrichir naturellement la terre en matières
organiques et en azote.
• Elle est sensible
aux maladies,
ses fruits manquent
de saveur ?
Une carence en
potassium est
probable.
...mais modérement
Qui n’a pas eu la tentation de déverser des tombereaux d’engrais au pied de ses plantes aux allures fatiguées ? Pourtant de
la mesure s’impose. Les engrais sont utiles lorsque le sol ne
contient pas les éléments nutritifs nécessaires. À savoir les trois
principaux nutriments des plantes : azote (N), phosphore (P),
potassium (K), le fameux trinôme NPK. L’azote, indissociable de
la photosynthèse, assure la croissance des feuilles, du gazon,
reverdit le feuillage. L’acide phosLes engrais
phorique, lui, aide au développement racinaire, à la floraison et à la
sont utiles si le
fructification. Le potassium entre
sol n’a pas les
en jeu dans les fonctions nutritives
élements nutritifs et aide à l’élaboration des substances de réserve. Il renforce les dénécessaires.
fenses naturelles de la plante. Ces
seuls éléments ne suffisent pas, viennent s’ajouter des éléments
secondaires mais précieux, comme le calcium, le soufre, le magnésium, le fer, le manganèse, le cuivre, chacun répondant à des
besoins spécifiques... Le jardinier bio préférera les engrais organiques, d’origine animale ou végétale, aux engrais minéraux
produits par l’industrie chimique...
11
La terre première
Vous avez dit compost ?
Et pourquoi
pas
le lombricompostage ?
Si les anciens autrefois pratiquaient couramment le compostage
dans les campagnes, il est grand temps de le remettre à l’honneur.
D’autant que sous ce nom se cache
Il va améliorer
une action simplissime : le stockage
la fertilité et la
en tas de déchets organiques (végétaux ou animaux), qui sous l’effet de
structure des
la fermentation se décomposent pesols.
tit à petit. Le compost a l’avantage
de nourrir le sol tout en recyclant les déchets verts et ceux de la
cuisine.
Il va améliorer la fertilité et la structure du sol, fournir les
éléments nutritifs nécessaires à la croissance des plantes tout
en permettant par ailleurs de limiter le traitement par la collectivité des déchets de la maison car 30 % des déchets ménagers
sont facilement décomposables. Le compost est une solution
simple, naturelle et économique.
Dans cette variante
du compostage,
on introduit des vers
de terre (les lombrics)
dans le compost pour
accélérer le processus
de décomposition des
matières organiques.
Cette méthode est
appréciable lorsque
vous avez peu de
déchets : idéale en
ville sur un balcon.
Vous trouverez dans
les jardineries des
lombricomposteurs
ainsi que les vers. Il
faut en poids de vers
au moins le double
de la quantité de
déchets que vous
leur fournirez tous
les jours (les vers
rouges de Californie
couramment employés
consomment chaque
jour l’équivalent
d’une à deux fois leur
poids). Un système de
compartiment vous
permettra de récolter
votre compost sans
perdre les vers au bout
de deux à trois mois.
Certains récupèrent
également le
liquide brun foncé
provenant des
déchets organiques
déposés dans le
lombricomposteur.
Ce « thé de vers »
s’utilise dilué dans
l’eau d’arrosage.
OÙ INSTALLER UN COMPOSTEUR ?
Que votre jardin soit vaste ou réduit, ou encore que vous disposiez seulement d’une terrasse, il y a toujours moyen de composter. L’idéal est de trouver un emplacement à l’écart mais facilement accessible, à l’abri du vent et exposé à la mi-ombre.
On peut installer son « tas » directement sur le sol après l’avoir
tapissé de branchages ou acheter en jardinerie un composteur.
QUE COMPOSTER ?
Tous les déchets végétaux. En quantité raisonnable, les résidus de tonte et les feuilles mortes ; les fleurs fanées bien sûr
mais également les « mauvaises » herbes type chiendent, liseron, pissenlit (attention cependant, lorsqu’elles sont en graines
ne les recyclez pas dans un composteur : la température n’est
pas assez élevée pour détruire les graines). Les tailles de haies,
de buissons, de rosiers une fois broyées sont aussi appréciées
pour obtenir un compost équilibré (évitez néanmoins le thuya, il
apporte trop d’acidité).
En provenance de la cuisine, vous pouvez également jeter épluchures, fruits abîmés, marc de café, coquilles d’œuf concassées,
restes de repas à l’exclusion des coquillages et des os qui ne se
décomposent pas. Pour éviter les mauvaises odeurs, il est conseillé de limiter les apports de viande.
L’ajout de litière animale, de fumier de la basse-cour ne pose pas
de problème si les animaux sont en bonne santé.
12
Pensez enfin à ajouter la cendre de votre cheminée ou de votre barbecue : riche en potasse, elle enrichira le compost.
À proscrire : tous les plastiques, le verre, les cailloux, les métaux,
les sacs d’aspirateur, les végétaux traités, les plantes malades...
Limitez au maximum le carton et le papier imprimé en couleurs.
Richesses
des poubelles
Un tiers des déchets
qui finissent dans
la poubelle d’un
Français pourrait
être composté.
Une tonne de déchets
verts permet
d’obtenir environ
500 kg de compost.
COMMENT FAIRE ?
Il est indispensable de varier les déchets et de les mélanger. Le
mieux est de procéder par couches successives, alternant déchets secs et humides, morts et riches en sève, gros et fins. Les
tontes doivent être sèches avant d’être placées dans le composteur. Ajoutez du compost mûr au mélange, le processus de décomposition s’en trouvera accéléré. Mélangez chaque nouvelle
couche avec celle du dessous, sans jamais tasser : l’air doit circuler. Veillez à protéger votre tas des intempéries. Grand froid et
excès d’eau lui sont néfastes.
Par contre en cas d’apport massif de déchets secs (feuilles mortes, broyat de branches), il est recommandé d’arroser le tas. La
présence de filaments blanchâtres vous donnera une bonne indication, elle témoigne souvent d’un manque d’eau. Si, au contraire, vous constatez un écoulement régulier, le compost doit
être séché.
Comptez au minimum
six mois avant de pouvoir placer le compost
dans vos plates-bandes. Notez aussi qu’un
bon compost est souple
et n’a pas d’odeur !
MAINTENANT,
UTILISEZ-LE
Le mieux est d’épandre votre compost à
l’automne et au printemps, en surface au
pied des arbustes ou
entre les rangs de légumes et de fleurs au
potager. Inutile de l’enfouir ; un très léger bêchage lui permettra de
s’incorporer.
Binage et grelinette
Travailler la terre est indispensable, cela évite à la fois
le dessèchement et le tassement du sol qui entraînent
l’asphyxie des insectes et bactéries du sous-sol.
Mais il importe de ne pas perturber l’organisation de ce
sous-sol.
Les micro-organismes ayant besoin d’oxygène vivent près
de la surface ; ceux qui n’en ont pas besoin, en profondeur : le
bêchage, en retournant la terre, inverse leur position, et les
tue... Or, on l’a vu, pour que les plantes se développent, il
faut une terre vivante.
En conséquence, le jardinier bio n’utilisera pas une bêche
mais une grelinette qui brise la croûte en surface sans pour
autant déranger la vie du sol : pour les cultures, le résultat
sera le même.
Ce travail permet de limiter les remontées d’eau (« un binage vaut deux arrosages »), de favoriser l’infiltration de l’eau
de pluie ou d’arrosage et la pénétration de l’oxygène...
13
Moins d’eau
plus d’idées
Le fait est avéré
et préoccupant :
les ressources
mondiales en eau
potable se raréfient.
La chasse au gaspillage est donc
décrétée et il est temps d’adopter
de bons réflexes : planter des végétaux
sobres, limiter l’arrosage,
récupérer l’eau de pluie. Plan d’action.
Éloge de la sobriété
Eau précieuse
L’eau douce représente
moins de 3 % du total
de l’eau présente
sur Terre. Pour
70 %, elle se trouve
dans les glaciers
polaires. On estime
que les réserves en
eau douce sont à
peu près constantes,
en revanche la
consommation
mondiale au cours
du XXe siècle a été
multipliée par sept.
À CONSULTER
> www.jardin-sec.com
Site de la pépinière
d’Olivier Filippi.
14
Vitale pour la nature et le jardin, l’eau est une ressource menacée. Si l’industrie et l’agriculture mettent en danger les nappes phréatiques, tous les consommateurs ont aussi leur part de
responsabilité. Lessives, produits ménagers, pesticides, engrais
concourent à détériorer sa qualité.
Les ressources en eau ont, en outre, tendance à se raréfier. Les
aléas climatiques, les périodes de sécheresse et la surconsommation en font un bien désormais
Tous les
précieux. En France, par exemple,
consommateurs la pluviométrie annuelle moyenne
ont aussi leur part est de 700 mm. Mais derrière la
stabilité de ce chiffre, se cache une
de responsabilité. irrégularité de plus en plus grande
des apports d’eau ; pas d’eau puis trop d’eau mettent à mal la
végétation. L’urbanisation contribue par ailleurs à l’imperméabilisation de certaines zones et donc à un déficit en eau encore
accru par la disparition de nombre de haies, fossés, mares...
Autant de raisons donc pour surveiller sa consommation...
Le sol, un réservoir
Que d’eau !
En fonction de sa nature (argileuse ou sableuse), de sa profondeur (certains sont très minces), un sol peut contenir entre 50
et 300 litres d’eau par mètre cube. Si la réserve est d’autant plus
importante que le sol est profond, cela ne profite toutefois pas
à toutes les plantes. Le gazon, par exemple, n’a que des racines
de surface, alors que la betterave et la pomme de terre plongent
les leurs jusqu’à un ou deux mètres de profondeur. Cela étant, la
capacité de rétention du sol peut être augmentée grâce à l’apport
d’humus (notamment en terre sableuse).
En France,
la consommation
domestique
représente 24 % de la
consommation totale
(l’agriculture 68 %,
l’industrie 5 %,
et l’énergie 3 %).
Chaque Français
utilise 137 litres d’eau
par jour dont 60 litres
pour la douche et
le bain, 30 litres
pour les sanitaires,
18 pour laver le linge,
15 pour la vaisselle
et 9 pour le jardin.
Plantes, le bon choix
Face aux périodes de sècheresse de plus en plus fréquentes et
pour restreindre sa consommation, on choisira des plantes peu
gourmandes en eau (vous
trouverez des exemples à la
page suivante) et on priviléInterview
giera celles adaptées au sol
et au climat de sa région.
Pour ce faire, voici une petite
« leçon de choses » à l’usaLa sécheresse ne
ge des néophytes... Schéconcerne-t-elle que
matiquement, il faut savoir
le Sud ?
que pour puiser l’eau dans
Que l’on se trouve dans le sud
le sol, les plantes sont pourde l’Angleterre, dans le Midi ou
vues de poils absorbants
en Israël aux portes du désert,
(des cellules très allongées,
nous avons tous fait face au manmesurant 1 mm) situés sur
que d’eau, dans des proportions
la couche externe de leurs
différentes... Il est vrai que la sécheresse fait peur, pourtant elle
racines. Toutes n’ont pas le
ouvre sur une flore méconnue
même potentiel d’absorpd’une extraordinaire richesse.
tion, certaines plantes dites
Trop souvent encore, on installe
xérophiles ont la capacité
de luxuriants jardins qui ne tiend’aspirer de l’eau dans une
nent qu’avec un apport massif
terre très sèche, d’autres –
d’eau. C’est une aberration. Il est
hygrophiles – doivent avoir
important de regarder son milieu
de l’eau facilement à dispoavant de planter des végétaux et
sition. Jusqu’à un certain
de profiter de la gamme botanique
point, la plupart parviennent
endémique. Il faut aussi planter
des sujets jeunes afin qu’ils prenà s’adapter à la sécheresse,
nent bien racine.
mais certaines en raison
de leur morphologie sont
Olivier Filippi
Botaniste et pépiniériste,
spécialiste des plantes
pour climat sec.
Un jardin de plantes
sèches est-il possible
sous tous les climats ?
Un jardin sec peut fort bien être
installé dans le nord de l’Allemagne à condition de réfléchir au
drainage. Il faut créer une bosse
remplie de sable de gravier et de
terre, une montagne en quelque
sorte pour que l’eau ne stagne
surtout pas. On peut alors utiliser des plantes du Bassin méditerranéen. Jardiner sans arroser
est simple, il faut un terrain
pauvre, n’ajouter ni compost ni
engrais, drainer, pailler ; ensuite
reste le plus amusant, tailler les
buissons, former les parterres.
On compose un jardin de structures qui joue sur les textures,
les couleurs des feuillages, leurs
effets graphiques.
15
Moins d’eau...
capables de faire face à la chaleur et au manque d’eau, notamment les plantes méditerranéennes. Plus on ira vers le sud, plus
on choisira ce type de plantes. À l’inverse, dans les régions humides, autant sélectionner des végétaux aimant l’eau.
Le gazon :
une pompe
à eau
Pour un mètre carré
de green, il faut un
mètre cube d’eau
d’arrosage chaque
année ! Une hérésie
dans les régions
chaudes. Pour limiter
les besoins en eau
de votre gazon,
ne le tondez pas trop
(pas plus du tiers
de sa longueur).
Et surtout admettez
qu’il puisse avoir
l’été des allures de
paillasson. Mieux
encore, plantez
des espèces plus
résistantes : le
Cynodon à croissance
rapide, le Zoysia (pour
des petites surfaces)
ou le Stenotaphrum
qui supporte un
faible gel... Tous
ces végétaux sont
des couvre-sols, la
première année il
faudra les arroser et
leur laisser le temps
de s’installer avant
de les couper (pour
certains, une fois par
mois en saison).
Belles et sobres
Les plantes adaptées au sol sec offrent des textures surprenantes, des couleurs variées, une floraison abondante, et leur présence au jardin ne l’appauvrit pas loin s’en faut. Avec plus de
75 000 espèces, la diversité botanique en climat sec est même
plus grande que dans les régions tempérées. Sans doute parce que les végétaux se sont adaptés au cours de leur évolution
suivant les spécificités du sol, de l’altitude, de l’exposition au
soleil. Chacun a mis en place une stratégie propre, il y a ceux
qui meurent en été, les plantes qui se cachent dans le sol (les
géophytes, plantes dont les tiges souterraines sont des rhizomes, des tubercules ou des bulbes), celles qui réduisent leur
respiration (les sclérophytes), et encore celles qui conservent
l’eau (les succulentes, telles les Crassula ou les Kalenkoé), celles qui ont un double système racinaire ou encore celles qui développent poils et feuillage gris pour se protéger de la chaleur
Des végétaux super résistants
À LIRE
Pour un jardin
sans arrosage
d’Olivier Filippi,
Éd. Actes Sud.
Un jardin sans eau
de Brigitte
Lapouge-Dejean,
Éd. Édisud.
16
• Arbres
Alisier, arbre de Judée, aulne blanc, charme, chêne vert,
robinier, tamaris... Parmi les conifères : cèdre du Liban,
cyprès vert, genévrier commun, pin sylvestre...
• Arbustes
Arbre à papillons (buddleia), genêt, santoline, laurier
noble, ciste.
• Plantes aromatiques
Verveine, romarin, thym, sarriette, origan, marjolaine,
myrte, sauge.
• Vivaces
Ail, bruyère, clématite, giroflée ravenelle, gueules-de-loup,
gypsophile, œillets, muflier, véronique.
• Graminées
Pennisetum, miscanthus, stipa, herbe de la pampa.
• Succulentes
Orpin, sedum.
Gros
consommateur
Changez vos habitudes de plantations !
On estime qu’un
asperseur consomme
1 m3 d’eau par heure.
Au prix de l’eau, faites
le calcul de votre
facture !
Remplacez vos plates-bandes d’annuelles, très gourmandes
en eau, par des vivaces. Leur diversité est grande et vous
aurez beaucoup moins de travail d’arrosage. De même
peut-être faut-il en climat sec réinventer le potager. Tomates, courges, aubergines sont, elles aussi, très exigeantes
en eau. Pourquoi ne pas envisager un potager composé de
légumes d’automne et d’hiver ? Riche en poireaux et en
pois chiches...
Stress
hydrique
Quand les plantes
manquent d’eau,
elles sont, nous disent
les spécialistes,
soumises à un stress
hydrique.
S’il se prolonge,
elles vont stopper
leur croissance,
assurant ainsi un
temps leur survie.
Certaines plantes vont
jusqu’à sacrifier leurs
feuillages, voire
leurs branches
(les arbres par
exemple). À l’inverse,
la salade accélère
son développement,
« monte en graines »
(comme pour assurer
sa postérité ?) en
cas de sécheresse
prolongée.
(artémises, agaves, santoline, cistes)... La plupart sont remarquables par leur texture, leur aspect, ainsi que par la beauté et
la longévité de leur floraison. Des qualités d’autant plus appréciables que ces belles ne demandent pas ou peu d’entretien et
zéro arrosage. Gardez bien à l’esprit que leur plus grand ennemi
est l’arrosage, qui les empêche de développer leur système racinaire. Une plante qui, dans la nature, résiste à la sécheresse
ne pourra jamais survivre au jardin si elle est arrosée. La partie
souterraine de ces végétaux est extrêmement importante ; plus
le sol est pauvre, mieux c’est. Et surtout : pas de compost, pas
d’humus, pas d’engrais : place aux cailloux !
Bien arroser
Quoi de plus facile : on branche le tuyau d’arrosage, on ouvre le
robinet et de l’eau par litres se déverse dans les massifs et dans
les lignes de culture du potager. Est-ce bien raisonnable ? Car
toute l’eau ainsi distribuée n’est pas forcément utile. Le jardinier
responsable préférera apporter la
Apporter la juste juste dose, au bon moment et au
plus près des racines.
dose, au bon
Quand plus aucune trace d’humimoment et
dité n’est visible à la surface de la
au plus près
terre, il est temps d’arroser : jamais dans la journée, mais le soir,
des racines.
à la fraîche, après le coucher du
soleil ou pour les lève-tôt aux aurores, et directement au pied
des plantes. Sachez de plus qu’une pluie inférieure à 10 mm ne
vous dispense pas d’arroser. Oubliez l’aspersion, il n’y a guère
que la pelouse qui l’apprécie. Elle manque de précision, arrose
17
Moins d’eau...
Doser son
arrosage
En terre sableuse,
il est judicieux
d’apporter
régulièrement des
petites quantités d’eau
(le sable ne retient
pas l’eau) et en terre
argileuse des quantités
plus généreuses
mais moins souvent.
Une plante irriguée
consomme plus d’eau
qu’une plante livrée
à elle-même : cette
dernière a l’obligation
de s’adapter, elle
résistera mieux du
coup à un manque
d’eau occasionnel.
des zones qui peuvent s’en passer, et est très sujette à l’évaporation sous l’effet du vent et du soleil. Pire, en mouillant les
feuillages, elle est propice au développement de maladies.
va de plus enrichir le sol. Il constitue aussi une sorte de chape
protectrice amortissant les variations de température au niveau
du sol : moins chaud en été, moins froid en hiver.
Le goutte-à-goutte a la cote
PRÉPARER LE SOL AVANT LE PAILLAGE
Il convient au préalable d’enlever toutes les plantes indésirables, racines comprises, puis d’ameublir la terre et d’apporter du
compost, enfin on nivellera la terre pour obtenir un paillis le plus
régulier possible.
Autrement dit le micro-arrosage. Cette technique, qui permet
d’irriguer sous faible pression, apporte l’eau directement au pied
des plantes. Elle imbibe ainsi le sol lentement en limitant les
pertes par évaporation ou par ruisPour les plantes, sellement. Pour cela, il faut installer
de quoi tenir une un réseau de canalisations constitué
de tuyaux microporeux qui diffusemaine ; pour
sent de l’eau sur toute leur longueur.
le jardinier, des
L’eau ne doit pas jaillir mais littéralement suinter. Relié à un programmaéconomies.
teur (une horloge réglant l’heure et la
durée de l’arrosage), ce système est autonome et s’il est raccordé à
un pluviomètre peut se mettre en marche seulement en cas de besoin. Les jardiniers professionnels notent que pour une largeur
de sol de 35 cm environ, le tuyau délivre 9 litres d’eau par mètre
et par heure, soit l’équivalent d’une pluie de 25 à 30 mm en une
nuit. Pour les plantes, de quoi tenir une bonne semaine ; pour le
jardinier, l’occasion de sérieuses économies (jusqu’à 50 % par
rapport à l’aspersion pour un résultat équivalent).
Il y a quelques bémols toutefois, à commencer par le coût de
l’installation ; celle-ci aura de plus du mal à fonctionner en cas
d’eau calcaire qui entartre les tuyaux. Ce système est à privilégier au potager où la croissance rapide des légumes requiert
constamment de l’eau. Difficile à mettre en place dans tous les
massifs, il ne convient pas à une majorité d’arbres qui ont besoin d’apports importants et fractionnés.
Rien de tel que le paillage
À LIRE
Le Guide malin
de l’eau au jardin
par Jean-Paul Thorez,
Éd. Terre vivante.
18
Utilisée au potager et dans les massifs, la méthode du paillage
(le mulching des Anglais) consiste à tapisser le sol d’un paillis
organique ou minéral. Non seulement celui-ci va permettre de limiter l’évaporation et par conséquent de préserver le taux d’humidité, mais il empêche également les « mauvaises herbes » de
s’installer (du coup pas besoin de désherbant, le jardinier naturel appréciera !) et protège le sol de l’érosion... Sans compter qu’il offre un excellent abri aux insectes (coccinelles, vers
luisants, carabes...). En se décomposant, le paillis organique
Lessivage
Sous l’effet des pluies
souvent abondantes
à l’automne, le sol
nu des potagers
s’appauvrit.
On dit qu’il est lessivé,
c’est-à-dire nettoyé
de ses substances
fertilisantes. Pour
limiter les dégâts, il
est conseillé de semer
des plantes couvre-sol
qui seront arrachées
au printemps suivant.
QUEL PAILLIS ?
À l’origine, on utilisait la paille des céréales (d’où le nom de
paillis), aujourd’hui sa nature est fonction des cultures. Au pied
des arbres, arbustes, rosiers, plantes vivaces, un paillage qui
se dégrade lentement est recommandé. On emploiera des plaquettes de chêne, du broyat de branches, des écorces de pin
maritime (pour les plantes de terre de bruyère) ou même des
feuilles mortes épaisses broyées ou pourquoi pas des morceaux
de carton. Veillez à contenir la couche de paillis entre 5 et 10 cm
d’épaisseur. Pour les annuelles et les légumes, on privilégiera un
paillis à décomposition rapide, que cela soit des tontes de pelouse, des paillettes de lin ou de chanvre, des coques de cacao.
Dans ce cas de figure,
le paillis sera très léger entre les légumes
Le BRF, entre compost et paillis
type laitues, navets,
haricots poussant raVenue du Québec, il y a environ une dizaine d’années, le
pidement, un peu plus
BRF (Bois Raméal Fragmenté) est une méthode naturelle
épais (2 cm environ)
et alternative de fertilisation et de protection du sol, qui
pour les tomates, articonsiste à utiliser du bois frais déchiqueté comme litière.
chauts, courgettes, poCe broyat augmentera à long terme la fertilité du sol grâce
tirons qui restent dans
aux champignons décomposant le bois. Placés au pied des
le potager plus avant
fruitiers, des vivaces et des rosiers, il fera aussi office de
dans la saison.
paillis. Attention, les bois déchiquetés doivent être gorgés
de sève et porter des feuilles (les branches ne peuvent donc
À QUEL MOMENT ?
venir que de l’élagage, et ne peuvent pas être achetés prêt à
Après la levée des seemploi en jardinerie !). Il est déconseillé d’utiliser des résimis, mais avant les
neux (le thuya en particulier), et le broyat doit être relativepériodes de sécheresment fin. Employez le BRF dès que vous l’avez fabriqué.
se, ce qui nous amène
vers les mois de maiPour en savoir plus, plongez-vous dans Le BRF vous
juin ; le sol est alors
connaissez ? par Jacky Dupety, Éditions de Terran,
humide mais il n’est
ou consultez le site www.lesjardinsdebrf.com
pas froid. Placé trop
19
Moins d’eau...
De l’usage du
récupérateur
d’eau
• Pensez à le couvrir :
une sécurité pour
les enfants mais
aussi pour les animaux
qui pourraient tomber
dedans.
Cela évitera également
que des moustiques
s’y installent.
tard, le paillage aura l’effet inverse, il absorbera les pluies et ne
les laissera pas s’infiltrer. En septembre-octobre, il protégera les
derniers légumes et les plantations des premières gelées.
l’automne mais ensuite plusieurs mois sans pluie peuvent se
succéder : une grande cuve s’impose pour emmagasiner toute
l’eau possible.
De l’eau,
comme s’il en pleuvait
Toujours plus d’eau
Autrefois dans les campagnes, il n’était pas un jardin, pas un
potager sans une citerne pour récolter l’eau de pluie. Le jardinier
bio n’a rien inventé : il se contente de remettre à l’honneur une
pratique tombée en désuétude. En France, il tombe en moyenne
700 mm d’eau par an. Pourquoi ne pas en tirer avantage ?
• Nettoyez les filtres
et enlevez les feuilles
ou gros débris
qui pourraient
pourrir dans l’eau.
L’EAU DE PLUIE, NOTRE AMIE
Gratuite, propre (au sens ou elle n’a besoin d’aucun traitement),
l’eau de pluie a le mérite d’autre part de ne puiser sur aucune
réserve. Elle est à disposition de tous. Pour ce faire, il suffit de
brancher un récupérateur sur la gouttière.
En France, la moyenne annuelle d’eau de pluie récupérée par
mètre carré de toiture est de 600 litres. Même pendant les mois
de faibles précipitations, 30 à 40 litres par mètre carré de toiture
peuvent être récoltés.
• Avant les premiers
gels, vidangez
le récupérateur.
IDÉALE POUR LES PLANTATIONS
N’étant ni calcaire ni chlorée, elle est parfaite pour les plantations d’autant plus qu’elle sera utilisée à température ambiante
car les végétaux, eux aussi, n’aiment pas l’eau froide ! Un bémol cependant : l’eau provenant de toits couverts de toile goudronnée, de matériaux d’étanchéité bitumés est chargée de particules d’hydrocarbures, très polluants. Quant aux tanins issus des
bardeaux de bois, il leur faut un an avant de disparaître de l’eau.
À LIRE
Arroser sans gaspiller,
par Michel Beauvais,
Éd. Rustica.
20
BIEN S’ÉQUIPER
Selon les cas vous pourrez vous procurer en jardinerie une cuve
de 200 à 800 litres. Veillez à la surélever afin de pouvoir placer
sans difficulté votre arrosoir sous le robinet.
En guise de réservoir, certains récupèreront, par exemple, d’anciens tonneaux chez les vignerons : une solution économique
et esthétique. Pour une plus grande contenance, vous pouvez
connecter plusieurs cuves entre elles, acquérir un modèle de
2 000 litres ou encore porter votre choix sur une citerne à enterrer. Il faudra alors l’équiper d’une pompe. Les besoins en
stockage varient. Dans le Midi, l’essentiel des pluies tombe à
Redécouvrez
l’arrosoir !
Il est l’instrument
d’arrosage par
excellence pour
les petites surfaces
et les balcons.
Il permet de recueillir
l’eau n’importe où
(au robinet, dans une
mare, une citerne...)
et de l’apporter très
précisément là où
elle est nécessaire.
UN PUITS AU JARDIN
Creuser un puits afin d’utiliser l’eau de source contenue dans le
sous-sol de votre propriété est parfaitement légal (article 641 du
Code civil). Si vous ne prélevez pas plus de 1 000 m3/an pour votre
usage domestique, inutile de faire une déclaration et même de demander une autorisation en préfecture.
Par contre, un ouvrage souterrain de plus de dix mètres de profondeur doit être déclaré (article L 301 du Code minier). Sachez
qu’aucune connexion
ne peut être faite entre
le réseau public et l’eau
Pour une bonne gestion de l’eau
de votre source. Ques1. En zones chaudes, re- qu’à la Sainte-Catherine,
tion d’hygiène ! Veillez
noncez aux plantes exi- le 25 novembre, « tout bois
aussi à sécuriser votre
geantes en eau.
prend racine ».
puits par une grille ou
2. Réduisez gazon, plates- 6. Apportez régulièrement
un couvercle.
bandes d’annuelles, potées des amendements type
qui nécessitent des arrosa- compost, fumier, terreau...
ges fréquents.
7. Usez du paillis pour proUNE MARE : UTILE
3. Placez les plantes les plus téger la terre.
ET AGRÉABLE
gourmandes en eau dans 8. Binez car « un binage
Outre l’agrément qu’elles coins du jardin les plus vaut deux arrosages ». Il
le peut apporter au jarabrités des ardeurs du soleil freine l’évaporation de l’eau
din, la mare a un rôle
et du vent desséchant.
qui remonte à la surface du
de bassin de rétention
4. Suivez le rythme des sai- sol par capillarité.
d’eau très utile en cas
sons : plantez à la bonne 9. Sarclez les mauvaises
de forte intempérie ou
période, évitez le repiquage herbes, elles concurrencent
à l’inverse en période
en godets. Dans les régions vos plantes dans leur rede sécheresse. Sans
sèches, privilégiez les cultu- cherche d’eau.
oublier qu’elle favores de demi-saison et les va- 10. Pensez à installer des
rise la biodiversité. Si
riétés locales bien adaptées haies, brise-vents.
l’assec (absence temaux conditions climatiques. 11. Récupérez l’eau de
poraire d’eau) risque
5. Plantez des arbres les plus pluie.
d’être préjudiciable à la
jeunes possible, à l’autom- 12. Arroser astucieusefaune de la mare (les
ne de préférence pour qu’ils ment, par micro-irrigation,
poissons principalepuissent s’installer correc- ou à l’aide d’un arrosoir, de
ment), la flore, quant à
tement. La coutume veut préférence le soir.
elle, repartira après les
premières pluies.
21
La nature a de
la ressource
Les herbes dites « mauvaises »
sont-elles si nuisibles ? Au jardin,
les vertus des unes viennent pallier
les faiblesses des autres, et aucune
n’est inutile. Tant et si bien que
certaines associations sont
recommandées au potager et que l’on
soigne et fortifie les plantes par les
plantes grâce aux extraits végétaux.
Ces plantes
que l’on dit mauvaises…
Faux semis
mais vraie
ruse
Quel jardinier n’a pas maudit les pieds de pissenlit qui prospèrent au milieu de son gazon ou le liseron qui s’enroule
autour de ses plants d’haricots ? Faut-il pour autant faire
une chasse impitoyable aux indésirables ? Pas si sûr ! Refusons en tout cas l’usage des herbicides si néfastes pour
l’environnement et les nappes phréatiques. Et adoptons la
bio attitude, celle qui consiste à prévenir plutôt qu’à désherber. Pour cela une solution toute
simple, pas de terre nue. La naAdoptons
ture a horreur du vide et les adla bio attitude
ventices (nom savant pour desiqui consiste à
gner les mauvaises herbes) font
prévenir plutôt
leurs choux gras des sols qu’on
leur abandonne. Dès lors paillez
qu’à désherber.
(le paillis est décidément une panacée), installez des plantes couvre-sol dans les recoins, sur
les talus (des géraniums à grosses racines, de la consoude à
grandes fleurs), tondez votre gazon assez haut (6-8 cm de hauteur) afin que les graines des indésirables ne puissent pas germer et que les pousses de pissenlits soient étouffées. Et – mais
Le principe du fauxsemis est simple.
Le sol préparé pour
les semailles est
abandonné quelques
jours à la nature :
les « mauvaises »
graines germent alors
en toute quiétude.
Un bon binage
aura ensuite raison
d’elles et vous aurez
éliminé toute une
série de concurrents.
Vos semis auront
de fait plus de
chance de n’être
pas immédiatement
envahis et étouffés
par des plantes
plus robustes.
22
Le choix
des outils
cela n’est pas rien – admettez qu’il faut de l’huile de coude pour
arracher les intrus. Rappelez-vous enfin, les plantes qui poussent sans y être invitées ne sont pas toutes si mauvaises : pourpier, chénopode bon-henri (épinard sauvage) ou même pissenlit
sont comestibles !
Un couteau désherbeur
est nécessaire
pour déloger
pissenlit, rumex,
chardon : leurs racines
pivotantes s’enfoncent
profondément
dans la terre
et il faut les supprimer
entièrement pour
venir à bout de
ces indésirables.
Un sarcloir suffit
contre les herbes
annuelles (mouron
blanc, mercuriale,
lamier pourpre) :
une fois la partie
aérienne arrachée,
les racines meurent.
De l’usage des engrais verts
Moutarde, phacélie, sarrasin, seigle, trèfle, autant de plantes à
croissance rapide, autant d’« engrais verts » précieux alliés du
jardinier. En le couvrant, elles protègent le sol qui, s’il reste nu, risLes plantes à
croissance rapide que d’être lessivé et donc de perdre tous ses éléments nutritifs.
protègent le sol
Autre avantage de ces plantes seen le couvrant.
mées entre deux cultures, elles se
substituent aux mauvaises herbes
qui envahissent immanquablement les terrains laissés vierges de
toute végétation. Ces plantes ont pour autre intérêt de maintenir la
vie du sous-sol et d’améliorer le drainage. Enfouies dans la terre une
fois fauchées, elles fertilisent le sol. On l’aura bien compris, le jardinier bio a tout intérêt
à les employer après
la récolte. Il les sèmeLe désherbeur thermique, oui mais...
ra entre fin août et début septembre. Dans
Même si son utilisation est préférable à tous les herbicides, cet
les régions les plus au
outil, sorte de canne à l’effet chalumeau, reliée à une bouteille
nord, le gel aura raison
de gaz, n’en demeure pas moins consommateur d’énergie et
de leur vitalité, il suffidoit à ce titre être employé avec retenue. Il n’est pas tant quesra alors d’enfouir les
tion de brûler les végétaux que de les affaiblir sans pour autant
résidus grâce à un bon
porter préjudice aux micro-organismes présents dans le sol
bêchage (à la grelinet(le temps de chauffe est trop court pour être nuisible). Le déste comme il se doit !).
herbeur thermique est particulièrement adapté aux surfaces
Au contraire, si l’hiver
gravillonnées, pavées ou bitumées (trottoirs, allées). On sera
est doux, il faudra les
particulièrement prudent en période de sécheresse. Sachez
faucher et les laisser
néanmoins qu’il n’est d’aucun effet sur les plantes dotées d’une
faner puis les enterracine à pivot, type pissenlit. Autre solution ponctuelle, on peut,
rer quelques semaicomme cela a été expérimenté au parc de la Tête d’Or à Lyon,
nes avant la nouvelle
« ébouillanter » les plantes indésirables. Le résultat sera
culture. On peut égale même qu’avec un désherbeur. L’eau de cuisson encore
lement les semer au
bouillante des pommes de terre, des haricots ou même des
printemps pour qu’elpâtes fera parfaitement l’affaire mais gare aux brûlures lors
les servent de couverdes transvasements d’eau !
ture végétale.
23
Ressources...
Mariage de plantes
Plantes
et pucerons
Œillets d’Inde, menthe,
thym, absinthe et
sarriette éloignent les
pucerons alors que
la capucine les attire
irrésistiblement.
À LIRE
Le Poireau préfère
les fraises,
les meilleures
associations
de plantes,
par Hans Wagner,
Éd. Terre vivante.
Mariages réussis :
associations
écologiques au jardin
d’ornement,
par Brigitte
Lapouge-Dejean,
Éd. Terre vivante.
24
Adieu le potager bien ordonné, les lignes de légumes en rangs
serrés d’un côté, les fleurs de l’autre. Les associations de plantes – autrement dit la juxtaposition de plantes amies – peuvent
être très profitables. Elles permettent aux unes de protéger les
autres et préviennent l’approche
L’association de d’insectes nuisibles. Bien sûr,
cela ne va pas sans effet revers
plantes amies
car les divers végétaux sont parpeut être
fois alors en compétition, dans la
très profitable.
quête d’éléments nutritifs ou du
soleil, mais le jardinier bio tentera
de contrebalancer avantages et inconvénients sachant que la situation idéale n’existe pas et qu’il s’agit de trouver un équilibre.
Pour une association harmonieuse, on évitera de placer côte à
côte des plantes de la même famille botanique...
Les œillets d’Inde, par exemple, sont réputés pour leurs actions
bénéfiques auprès des tomates. Un truc de grands-mères ? À
l’origine, sans aucun doute, une habitude née de l’observation.
Mais la recherche a conforté la pratique. Ces fleurs sécrètent
au niveau des racines des substances nuisibles aux vers microscopiques (les nématodes) déLes oeillets
truisant les racines des plantes.
d’Inde,
En conséquence, une plante placée près d’un œillet ne sera pas
notamment,
attaquée... sauf si les nématodes
sont réputés
sont en trop grand nombre dans la
pour leurs actions terre, auquel cas l’œillet ne pourra
bénéfiques auprès pas faire face... L’association ne
fonctionne, en effet, qu’à un cerdes tomates.
tain niveau d’infestation difficile à
déterminer. Il faut dès lors être philosophe : multiplier les bonnes pratiques qui permettent au jardin de prospérer au mieux et
faire confiance à la nature !
On retiendra donc que maïs, haricots grimpants et courges forment une association bénéfique à tous (le maïs sert de tuteurs
au haricot, la courge fait un paillis vivant et, certains le prétendent, le haricot apporte de l’azote au maïs, qui en est très demandeur), que le céleri planté à proximité des choux éloigne
les piérides, et par extension les chenilles de ces papillons qui
affectionnent les feuilles de choux.
Le poireau et les oignons protègent la carotte d’une mouche dévastatrice pour ce légume, le thym à l’odeur prononcée fait fuir
les limaces... Au Centre Terre vivante, Yves Perrin, responsable des
jardins, a expérimenté avec succès l’association cosmos-choux : la
fleur cache le légume à la piéride, joli papillon blanc, qui du coup
passe son chemin...
On peut imaginer aussi, et c’est une autre forme d’association, que dans un massif, des fleurs à tige rigide comme
des roses trémières tiennent
Une association des fleurs à tige molle... À noter
également que maladies et ravaefficace à un
geurs se propagent avec d’autant
endroit ne le sera plus de facilité que les pieds d’un
pas forcément
même légume se succèdent sans
discontinuer ; mieux vaut multià un autre.
plier les plantations et les intercaler. Tout cela a naturellement un côté empirique et on gardera à l’esprit qu’une association efficace à un endroit ne le
sera pas forcément à un autre, le tout étant lié à la complexité
de la nature.
De bonnes
associations
Quelques associations
ont été testées
avec succès au
Centre Terre vivante.
• La ciboulette ou l’ail
au pied des pommiers
évite la tavelure.
• Des sauges et de
la rue sont bénéfiques
aux poiriers.
• Des capucines
seront mêlées
aux haricots : elles
attirent les pucerons
habituellement friands
des plants de haricots
mais aussi les insectes
se nourrissant
de pucerons.
Elles peuvent donc
n’être pas elles-mêmes
infestées de pucerons.
La rotation des cultures ?
Simple et efficace
Chaque plante, selon ses besoins spécifiques, pompe dans le
sol les éléments nutritifs dont elle a besoin dans des proportions
variables. Elle va donc épuiser certaines ressources, tout juste
en entamer d’autres et en dédaigner quelques-unes. L’hiver ne
suffit ni pour que le sol se régénère ni pour que les bactéries et
maladies disparaissent.
Sur une parcelle donnée, il est donc prudent de planter année
après année des légumes (la question se pose surtout au potager) n’ayant rien à voir les uns avec les autres.
Cela pour éviter l’épuisement des sols et obtenir de beaux légumes sains.
Le principe est simple. Il suffit de diviser le potager en quatre
parcelles, de dédier chacune d’entre elles à un groupe de légumes particuliers et de procéder par rotation. Un plan sur quatre ans fera se succéder les légumes fruits (tomate, aubergine,
cucurbitacées comme les courges, courgettes, concombres,
melons, citrouilles...), légumes racines (carotte, radis, céleri,
fenouil, persil...), légumes feuilles (chou, brocoli, navet, choufleur), légumes graines (lentille, pois, fève, haricot...) sans
oublier de laisser une parcelle au repos en la couvrant, par
exemple, d’engrais verts.
À LIRE
Mauvaises Herbes Utilitaires au jardin,
par Lucienne
Deschamps
et Annick Maroussy,
Éd. Ouest-France.
25
Ressources...
Les purins : les plantes
au secours des plantes
Du mouillant
pour quel
usage ?
Qu’il soit prêt à
l’emploi ou qu’on le
prépare soi-même, le
mouillant, constitué
d’eau et de savon
permet une meilleure
absorption par les
feuilles des végétaux
des produits de
traitement : extraits
végétaux ou autres.
Le mot à lui seul est repoussoir : la seule notion de purin évoque des effluves pestilentiels, ce qui rebute généralement nombre de jardiniers.
Mais aujourd’hui, ces extraits végétaux, comme il convient plus
justement de les appeler, sont très peu odorants. Leur intérêt
est grand : ils donnent un coup de fouet à des plantes fragilisées par la grêle, le manque d’eau ou l’attaque de ravageurs et
ils ont des propriétés insecticides ou répulsives. Et surtout, ils
stimulent la croissance des plantes et renforcent leurs défenses immunitaires. Selon leur mode de fabrication, ce sont des
macérations, des infusions ou des décoctions. Le plus souvent
toutes sont utilisées diluées dans de l’eau de pluie. Sachez également que si le purin d’ortie est le plus courant et sans doute
l’un des plus efficaces, ces extraits peuvent être fabriqués à partir de plantes très diverses (de l’absinthe à la prêle) en fonction
des résultats escomptés.
Définitions
• Un parasite est
un être vivant qui tire
ses ressources sur
ou dans l’organisme
d’une plante.
• Le ravageur est
un animal (insecte,
acarien, nématode,
gastéropode
ou petit vertébré),
qui occasionne
d’importants dégâts
sur une plante cultivée.
LES EXTRAITS FERMENTÉS
Fabriqués autrefois de manière empirique, ils sont aujourd’hui
obtenus en suivant une vraie méthodologie. Rien de très compliqué mais on sait déterminer avec exactitude à quel moment
ils sont prêts, et combien de temps on peut les utiliser. On se
reportera avec profit aux ouvrages spécialisés, comme l’excellent Purin d’Ortie et Cie (Éd. de
Ils pourront
Terran) pour avoir les recettes précises. Les extraits utilisent des
être conservés
quelques mois à plantes sommairement tranchées
et de l’eau de pluie. On compte en
l’abri de la lumière général 1 kg de plantes pour 10
et de la chaleur. litres d’eau. Les préparations doivent se faire dans des lieux ventilés, à l’ombre, pour plus de commodité près d’un point d’eau.
On utilisera des bacs en plastique, type poubelles, qui ont
l’avantage d’être neutres chimiquement contrairement au fer ou
au bois.
La fermentation prend entre 5 jours et un mois. Il convient donc
de surveiller de très près l’extrait et de le brasser quotidiennement. Lorsqu’il n’y a plus de petites bulles, on le filtre et on le
met immédiatement en bidons. Ces derniers pourront être conservés quelques mois à l’abri de la lumière et de la chaleur.
26
Des plantes
et des effets
Du purin à tout va ?
• Elles sont stimulantes
pour leurs congénères
et favorisent la
vie microbienne
du sol : achillée,
bardane, consoude,
fougère aigle, ortie,
pissenlit, souci,
tomate, valériane.
Y aurait-il ainsi un remède pour chaque maladie ? La pharmacopée du jardinier bio est-elle infaillible ? Certainement
pas. Si l’on connaît bien les résultats obtenus avec l’ortie, la
consoude et la prêle, ceux des autres extraits, décoctions, macérations et autres infusions sont plus aléatoires. Parfois le
jardinier parvient à juguler la crise, parfois il est impuissant
face à une maladie trop virulente ou à une attaque trop massive d’insectes ou de champignons. Pour autant, il ne faut pas
renoncer à employer les extraits végétaux. Que chacun fasse
ses essais, il n’y a aucun risque. Jardiner bio, on l’a déjà dit,
c’est l’addition de bonnes pratiques... En gardant toutefois à
l’esprit que rien n’est garanti et qu’il n’est pas toujours utile
de sortir le pulvérisateur... À chacun de déterminer son seuil
de tolérance ; tout en se rappelant que les ravageurs sont aussi
indispensables au jardin !
• En extrait et
préventivement,
elles ont une action
fongicide : ail,
absinthe, capucine,
prêle, sauge.
• Leur senteur
rebute insectes et
parasites : absinthe,
euphorbe, lierre,
lavande, mélisse,
menthe, ortie, prêle...
LES DÉCOCTIONS
Elles sont obtenues après ébullition. Les plantes – toujours
coupées grossièrement – sont mises à tremper à température ambiante. Vingt-quatre heures plus tard, on les fait bouillir
20 à 30 minutes à couvert. Une fois la décoction refroidie, on
filtre. Elle est prête à l’emploi mais ne se conserve pas plus de
deux jours.
• Elles limitent
les invasions
d’insectes dans
les cultures : ail,
consoude, fougère
(mâle et aigle),
ortie, sureau.
LES INFUSIONS
Une fois les fragments de plantes plongés dans l’eau, on met le
mélange à bouillir. Dès que l’eau frémit, on arrête le feu. Dès que
l’infusion refroidit, il reste à filtrer. Ce mode de préparation est
surtout utilisé en insecticide. Ces extraits légers conviennent à
des jardins globalement en bonne santé. Il est souvent nécessaire d’utiliser des concentrations plus fortes (donc des extraits
fermentés ou des décoctions). Les infusions se conservent quelques jours au réfrigérateur.
LES MACÉRATIONS
La plus simple des préparations, puisqu’il s’agit de laisser tremper dans de l’eau froide pendant 24 heures des plantes soigneusement hachées. Après filtrage, elle est prête à emploi sans dilution. Pratique en dépannage.
27
Ressources...
Les préférées du jardinier bio
Obstacles
physiques
L’ORTIE N’A PAS QUE DU PIQUANT !
Il ne faudrait pas jeter l’anathème sur cette urticacée qui s’épanouit sur les sols riches. Ses vertus sont bien plus grandes
qu’on ne le croit. Engrais naturel, antiparasitaire, diurétique,
l’ortie est loin d’être une mauvaise herbe. Ses jeunes pousses
peuvent être mangées comme des épinards, ou entrer dans
la composition de sauces. La pharmacopée apprécie ses vertus anti-inflammatoire, antihémorragique, diurétique, dépurative, stimulante. Les jardiniers
Engrais naturel,
l’emploient en extraits fermenl’ortie est loin
tés ou en infusion car elle est un
excellent insectifuge. Plus end’être une
l’extrait, riche en azote, famauvaise herbe. core,
vorise la germination des semences et renforce les défenses immunitaires des plantes.
Grâce à son action, les fleurs sont plus vigoureuses et les fruits
des arbustes (type framboisiers, groseilliers) sont plus parfumés et plus nombreux. Attention néanmoins, le purin d’ortie doit
être employé avec mesure justement en raison de sa teneur en azote.
Qui dit azote dit nitrate et pollution si les apports sont trop abondants !
Respectez bien la dilution (1 volume de purin pour 10 litres d’eau)
et notez que les tomates, choux et courges se contentent parfaitement de deux apports par an. Du purin d’ortie prêt à l’emploi est
disponible en jardinerie : soit sous forme liquide, soit en poudre à
mélanger avec de l’eau.
Soigner naturellement
les plantes passe
aussi par l’installation
d’obstacles
physiques : des filets
qui empêchent les
insectes volants de
se répandre sur les
cultures, des colliers
faisant barrage aux
rampants, de l’eau
savonneuse, des
pièges colorés
ou à phéromone...
Tout cet arsenal aide
le jardinier à maintenir
dans les limites
de l’acceptable la
population d’insectes
parasites du potager...
LA CONSOUDE CICATRISE ET FERTILISE
En paillage (elle attire les limaces), en compost (elle accélère le
processus de décomposition), préparée en extrait (elle fait office
d’engrais et d’antiparasite) : la consoude est utile au jardin. Elle
appartient à la famille des borraginacées (comme la vipérine, le
myosotis et la bourrache) et compte 27 variétés. Son nom d’origine latine signifie « qui favorise la soudure », un clin d’œil aux
vertus cicatrisantes de l’allantoïne, substance très présente dans
la consoude qui stimule la multiplication cellulaire ! Riche en potasse, c’est un excellent fertilisant à employer pour favoriser la
floraison et la fructification. Fraisiers, groseilliers, framboisiers,
tomates et autres solanacées apprécient tout particulièrement
ses effets. Insecticide naturel, le purin de consoude est très
efficace contre les pucerons. Attention, s’il est utile d’avoir ce
type de plantes, il faudra veiller à les contenir car elles sont
très envahissantes !
28
Du bon usage des plantes
• Absinthe (Artemisia absinthium)
Insectifuge, fongicide. Pulvérisé pur sur le sol, l’extrait fermenté
repousse les limaces, les fourmis, les noctuelles...
• Ail (Allium sativum)
Insectifuge, fongicide. Employée pure, la décoction permet
d’éviter la fonte des semis, la cloque du pêcher et la pourriture
du fraisier.
En macération huileuse diluée à 5 %, il aide à lutter contre les
pucerons, les acariens, les chenilles, les asticots. Il est très peu
apprécié par les chevreuils qui passent leur chemin.
• Consoude (Symphytum officinalis et S. x uplanticum)
Action fertilisante et stimulante. Elle stimule la flore microbienne du sol, favorise la pousse des semis et le développement foliaire des cultures. Les feuilles de consoude fraîches
sont de bons accélérateurs de compost.
L’extrait fermenté dilué à 20 % est un excellent fertilisant pour
le sol. Dilué à 5 %, on peut l’employer en pulvérisation sur les
semis. La préparation en jus concentré est utile pour désinfecter les plaies de taille.
• Fougère aigle (Pteridium aquilinum)
Insecticide et répulsive. L’extrait fermenté peut être employé seul
ou avec de l’ortie ou de la prêle. Excellents effets insecticides contre le taupin sur la pomme de terre ; efficace contre les pucerons
(notamment le puceron lanigère) et la cicadelle de la vigne.
• Lierre (Hedera helix)
Insectifuge et insecticide contre les aleurodes, acariens et pucerons. S’emploie en extrait fermenté dilué à 5 %.
• Ortie (Urtica dioica)
Essentiellement action fertilisante. Elle fortifie et stimule la flore
microbienne du sol et la végétation. Bon activateur de compost,
elle favorise la décomposition des matières organiques.
En infusion, elle est insectifuge et parfois insecticide. L’extrait
fermenté favorise la germination des semences et renforce les
défenses immunitaires des plantes.
• Prêle des champs (Equisetum arvense)
Insectifuge, dynamiseur de croissance, fongicide. Elle est utilisée à titre préventif et parfois curatif contre de nombreuses
maladies cryptogamiques et a aussi une action répulsive sur
le ver du poireau et l’araignée rouge. La silice présente dans sa
constitution renforce la résistance des cultures.
À LIRE
Les plantes
au secours
des plantes : purin
d’orties et compagnie,
par Bernard Bertrand,
Jean-Paul Collaert
et Éric Petiot,
Éd. de Terran.
29
Diversité
et lutte bio
Non seulement le jardinier va
protéger les animaux, papillons
et autres insectes vivant dans
son jardin, mais il va aussi, dans
une certaine mesure, les utiliser
pour préserver ses cultures.
Les auxiliaires :
ils roulent pour vous
L’importance
des
jardiniers
Un jardin dans lequel fleurs, légumes et herbes aromatiques se
mêlent, un potager ponctué d’arbustes, de bosquets et d’arbres
fruitiers ont pour avantage d’attirer une multitude de petites bêtes, insectes, papillons, oiseaux et
un cortège de rongeurs. Bref, de
Des milieux
constituer des milieux vivants et
vivants et
diversifiés, qui vont s’organiser et
diversifiés, qui
s’autoréguler. Respectueux de la
vont s’organiser
flore, le jardinier le sera bien sûr
de la faune. Et tout en veillant sur
et s’autoréguler.
cette biodiversité, il va aussi pouvoir en tirer parti et composer avec ceux qu’on appelle les auxiliaires, autrement dit les prédateurs des ravageurs.
Fondée en 2001,
l’association Noé
Conservation a pour
mission la protection
de la biodiversité en
France et dans les
régions francophones.
Elle agit sur le terrain
lors de missions
de sauvegarde
et organise des
opérations de
sensibilisation pour
faire évoluer
les comportements.
Les jardiniers ont un
rôle majeur à jouer
car la surface des
jardins en France
équivaut à quatre
fois la surface des
réserves naturelles.
Chacun à son niveau
peut protéger la
biodiversité.
www.
noeconservation.org
À titre d’exemple, on dira que le hérisson se nourrit de
limaces et d’escargots, sauvant par là-même les choux et les
salades ; que les coccinelles raffolent des pucerons des
rosiers ; ou encore que les araignées grignotent mouches et
moustiques.
Connaître les relations des uns avec les autres permet d’orchestrer ce qu’on appelle la lutte biologique au jardin. Un élément de
plus pour un comportement au plus près de la nature.
30
À LIRE
Est-il alors utile de souligner combien l’usage de pesticides éradiquant sans distinguo toutes les espèces a des répercussions
sur tout l’équilibre du jardin ?
Si les coccinelles n’ont pas de pucerons à disposition, elles iront
peupler un autre jardin, et le vôtre sera sans défense face à une
invasion inopinée ! Si un insecte se met à pulluler sans
que sa population soit réguInterview
lée par son ravageur, cela
témoigne d’un déséquilibre
de votre « écosystème ».
Pour réintroduire des préQue faire dans son
dateurs, on trouve dans les
jardin pour avoir
jardineries des paquets de
davantage d’insectes ?
coccinelles ou des chrysoNous avons listé dix engagepes (autre prédateur des puments pour le jardin. Le premier
cerons), mais ne vaut-il pas
et le plus simple consiste à
mieux que la nature gère
laisser pousser quelques planelle-même ses ressources ?
tes sauvages nécessaires aux
Acceptez donc que certaiinsectes pour leur cycle de vie.
nes de vos plantes soient
Ensuite, il faut installer des plancolonisées, cela contribue
tes nectarifères, car leur disparition entraîne la diminution
au développement de votre
de la population des insectes
jardin et soyez bien persuapollinisateurs.
dé que plus celui-ci comNous combattons aussi le
portera d’espèces de plantes
« béton vert » : la pelouse couet d’animaux, moins il sera
pée à ras et les haies de thuyas.
exposé aux invasions de
Les insectes n’y trouvent ni de
ravageurs.
quoi se nourrir, ni où se cacher
Conclusion, il n’y a pas de
jardin sans petites bêtes.
Reste donc à leur fournir de
quoi se nourrir et s’abriter.
Le jardinier attentif cultivera
ainsi des fleurs s’épanouissant tout au long de l’été afin
d’apporter le plus longtemps
possible des ressources aux
insectes pollinisateurs ; il
ménagera également des
abris pour ses hôtes à poils,
à plumes, et à six pattes !
et se reproduire. Aménager des
massifs d’aromatiques comme
les lavandes permet d’autre part
l’arrivée des papillons... Récupérer l’eau, faire son compost,
s’interdire engrais, pesticides,
herbicides, limiter l’éclairage
nocturne comptent parmi les
bonnes pratiques...
En 2008, quels sont vos
projets ?
Après la diffusion de l’exposition internationale « Biodiver-
Insectes amis
de nos jardins,
par Vincent Albouy,
Éd. Edisud.
Coralie Beltrame
Chargée du programme
« Flore et Insectes »
chez Noé Conservation
sité & Humanité : nos vies sont
liées » dans le monde entier,
nous lançons dès mai 2008,
une nouvelle exposition sur la
biodiversité dont la Fondation Nature & Découvertes est
partenaire. Intitulée « Biodiversité nos vies sont liées »,
celle-ci présente à travers vingt
thèmes illustrés de quarante
photos d’artistes, les enjeux liés
à la biodiversité et les façons
d’œuvrer pour la protéger.
Le but de cette campagne ?
Changer notre façon de voir !
En effet nos comportements et
nos modes de consommation
sont les principaux responsables de la disparition des espèces vivantes. La sauvegarde de
la biodiversité exige des changements drastiques : consommer
moins et mieux, économiser
l’eau et l’énergie, manger local
et de saison, autant de gestes à
adopter jour après jour...
Car si nous sommes la cause
principale de la disparition de
la biodiversité, nous pouvons
aussi en devenir le remède !
31
Diversité et lutte bio
Les taupes
sont de retour
C’est la désolation
au jardin, lorsque leur
présence se signale
par de petits tas de
terre régulièrement
répartis sur la pelouse
ou dans les platesbandes. Chacun
a essayé mille et
un systèmes pour s’en
débarrasser, en vain
la plupart du
temps. Mais faut-il
vraiment leur faire
la chasse ? Pas si
sûr ! Mammifères
insectivores, elles
se nourrissent de vers
de terre mais aussi
de larves d’insectes
dont celles des taupins
(coléoptères dont
la larve attaque les
racines des plantes).
Et puis, les galeries
qu’elles creusent
ont le mérite d’aérer
la terre et d’assurer
son drainage. Aérées
et légères, les terres
déblayées à la surface
du sol serviront
au rempotage.
Coquelicots, bleuets, etc.
Butinage au potager
« Un spectacle grouillant de vie, mystérieux, dynamique, qui paraît hors de tout contrôle...» Christopher Lloyd, propriétaire des
célèbres jardins anglais de Great Dixter, botaniste et chroniqueur
renommé (aujourd’hui décédé),
parlait ainsi des prairies fleuries
N’hésitez pas
et notamment de celles qui entouà abandonner
raient ou prolongeaient son jardin
un recoin de votre très structuré. Se défendant d’être
jardin à la flore
un « écologiste étriqué », mais
néanmoins soucieux d’environnesauvage.
ment et de biodiversité, il a consacré tout un livre à ces étendues de narcisses, de graminées et
autres herbes folles, qui – naturelles ou recréées – poussent aux
quatre coins du monde et où virevoltent papillons et bourdons.
« Dernier refuge pour une flore menacée, la prairie nous ramène
à la nature », a-t-il écrit. De quoi donner des idées au plus strict
des jardiniers... N’hésitez donc pas vous non plus à abandonner
un recoin de votre jardin à la flore sauvage et à offrir un refuge
idéal à toute une microfaune.
Pas d’aubergine sans abeilles, pas de tomates sans bourdons
ni de melons, de fraises et de pastèques sans guêpes, frelons
et autres insectes pollinisateurs... Assoiffés de nectar et de pollen, ils jouent sans le vouloir un rôle central dans la fécondation de nombreuses plantes, déposant sur le pistil – organe reproducteur femelle –, du pollen, agent mâle de la fécondation.
Ainsi naissent les fruits, ainsi la reproduction de l’espèce est-elle
assurée. Parmi les insectes pollinisateurs, l’abeille est la plus
courante et la plus appréciée des jardiniers. Pour les amateurs,
rien de tel que d’accueillir les abeilles sauvages avec quelques
nichoirs.
À l’abri d’un mur
de pierres sèches
C’est presque un inventaire à la Prévert. À l’abri du mur, il y a un
hérisson et des lézards, des araignées et des guêpes, un mulot
et une mésange. Dans ses interstices, des géraniums dont l’herbe à Robert, du lichen et des fougères côté ombre, lavande et
romarin face au soleil... Un mur de pierres, aussi modeste qu’il
soit, est riche d’une vie variée. Alors avec un peu de patience et
pourquoi pas avec des enfants, rassemblez des pierres du pays
et construisez-le. L’opération n’a rien de très compliqué.
À LIRE
Prairies fleuries,
par Christopher Lloyd,
Éd. Ulmer.
Les haies sauvages
CONTACT
Véronique Catteau,
13, rue Georges-Bizet,
44330 Vallet.
Tél. / Fax : 02 40 33 79 17.
> www.lamaison
desinsectes.fr
32
Elles étaient autrefois nombreuses dans les campagnes, on les a
hélas fait disparaître ou remplacées par des thuyas. Or les haies
diversifiées, tout en favorisant l’infiltration de l’eau dans le sol,
constituent un refuge naturel pour les oiseaux et les insectes qui
apprécient les arbustes à baies et petits fruits comme les cornouillers ou les noisetiers. Elles permettent aussi de diminuer
l’évaporation de l’eau dans les zones ainsi protégées des vents.
Où trouver des
auxiliaires ?
La Maison des insectes
expédie, sous quelques
jours, des auxiliaires
nécessaires pour faire
face aux ravageurs de
votre jardin. Elle peut
même se charger
de l’identification
du ravageur si vous
lui postez une feuille
de la plante attaquée.
www.lamaisondes
insectes.fr
Des oiseaux en toute saison
Des miettes pour les
moineaux, des graines
pour les grives, de la
graisse pour les mésanges... À la saison
froide, pourquoi ne pas
apporter aux oiseaux,
précieux auxiliaires du
jardinier (puisqu’ils
raffolent des insectes
et des larves), de quoi
se nourrir grâce aux
mangeoires de toutes
sortes proposées dans
les jardineries ? Dans
l’idéal, vous disposerez plusieurs mangeoires avec des graines
différentes à un emplacement en hauteur
à l’abri du vent et vous
veillerez à leur propreté afin de ne pas attirer
souris ou rats. L’été, si
les oiseaux trouvent de
quoi manger, ils ont en
revanche besoin d’eau.
Cela étant, pour que le
Qui mange qui ?
• La coccinelle se nourrit de cochenilles, de pucerons,
d’aleurodes et d’acariens.
• Les larves de chrysope consomment une quarantaine
d’acariens à l’heure et des centaines de pucerons en cours
de croissance.
• Le hérisson se régale de hannetons, de limaces et d’escargots avec un appétit d’autant plus féroce qu’il sort d’hibernation (cela tombe bien, au printemps limaces et escargots
sont particulièrement nombreux !).
• La musaraigne est un petit mammifère très vorace : elle
mange des vers, des insectes mais aussi des limaces et des
escargots.
• La grive, tout comme le ver luisant, est aussi friande d’escargots dont elle fracasse les coquilles contre les pierres.
• L’orvet prédateur s’attaque aux vers et aux limaces.
• Les carabes, coléoptères carnassiers, vivent d’insectes, de
vers et de limaces...
• Les araignées tendent le piège de leur toile à toutes sortes
d’insectes volants et d’autres chassent au sol.
• Belettes et fouines maintiendront dans une proportion acceptable campagnols et mulots.
• Les chauves-souris se régalent d’insectes variés.
• Les crapauds enfin vous débarrasseront de chenilles, limaces, larves et escargots.
33
Diversité et lutte bio
jardin ait quelque attrait pour les volatiles, il faut planter des arbres et des arbustes, voire des haies. Grives et rouges-gorges
apprécient l’aubépine et le noisetier, les mésanges se plaisent
dans les branches du sureau, du hêtre et du chêne.
Répression
L’abondance des
espèces de papillons
vivant dans les prairies
a été réduite de moitié
en 14 ans en Europe.
En région parisienne,
au cours du
XXe siècle, une trentaine
d’espèces
de papillons de jour
ont disparu.
(Source Noé
Conservation.)
Coccinelles, mode d’emploi
Dans l’ordre des coléoptères (350 000 membres dans le monde
dont les scarabées, les hannetons, les charançons, les doryphores...), la coccinelle est sans nul doute la favorite des enfants
qui s’émerveillent devant cette petite bête écarlate et comptent
soigneusement ses points avant de la laisser s’envoler. Friande
de pucerons, elle est aussi depuis quelques années considérée
comme la reine des auxiliaires au jardin.
Au nombre d’une centaine en France, les espèces de coccinelles
se comptent par milliers à travers le monde et toutes ne sont
Pour un jardin à papillons
• Pas de jardin à la française ! Mais des plates-bandes
variées, composées de fleurs très colorées, à corolle profonde produisant beaucoup de nectar (vivaces et annuelles)
et ponctuées d’arbustes, le tout fleurissant à tour de rôle
du début du printemps à la fin de l’été ! À noter que les
papillons sont très attirés par les fleurs de couleur jaune et
par celles de couleur violette !
• Installez des haies diversifiées mêlant chèvrefeuille,
noisetiers, sureaux, troènes... pour qu’ils puissent se protéger du vent.
• On le redit : abandonnez un coin du jardin à la nature,
afin que les espèces sauvages s’installent. Les papillons
indigènes apprécieront mais aussi les sauterelles, les hérissons, les crapauds et les oiseaux... À l’inverse, le gazon est
désastreux pour leur survie.
• Sachez enfin que thym, romarin, lavande, sauge, serpolet,
menthe verte, fenouil, basilic, ciboulette, estragon, mélisse,
origan et sarriette sont des plantes recherchées autant par
les chenilles que par les papillons.
34
pas rouges : il en est des noires, des jaunes et des orange. Leur
durée de vie varie généralement de quelques mois à deux ans.
L’hiver venu, cela peut surprendre, les coccinelles hivernent.
D’où l’utilité de leur ménager des abris dans les murs ou d’installer
un « hôtel » à coccinelles (on en trouve dans les jardineries !) pour
qu’elles passent l’hiver à l’abri du froid et du vent.
Papillons
des villes
Comment attirer
quelques papillons
sur vos balcons ?
En groupant les pots
plutôt qu’en les
éparpillant et en les
plaçant dans un endroit
ensoleillé et abrité.
S’ils contiennent des
fleurs sauvages aux
couleurs vives ou des
aromates, vous aurez
mis toutes
les chances
de votre côté !
DES LARVES VORACES
Avec le redoux, elles sortent de leur léthargie et commencent à
se reproduire. Pas n’importe où. Parce que leurs larves ne se
déplacent pas pour se nourrir, les œufs (jusqu’à 1 500 par coccinelle) sont déposés sur les plantes infestées de pucerons. Si les
larves en consomment en un mois entre 80 et 250, leur appétit
une fois adulte diminue fortement. En fonction des espèces et de
leur activité, elles peuvent en manger 20 à 100 par jour. En cas
de pénurie de pucerons (au tout début du printemps et à la fin
de l’été), nos bêtes à bon Dieu se sustentent grâce au pollen et
au nectar des fleurs sauvages.
Capturer
les limaces
Papillons et chenilles
Rien de tel qu’un
hérisson pour
lutter contre les
limaces ! Mais face
à une invasion trop
importante pour
l’appétit de ce précieux
auxiliaire, vous pouvez
essayer des pièges
avec de la bière sans
alcool qui nouent
les limaces et les
escargots.
C’est plus efficace
que d’entourer les
plantations avec
de la cendre, de
la sciure ou des
paillettes de lin. Mais
la bière n’attire pas
que les limaces : les
carabes (coléoptères
carnassiers) amateurs
d’escargots et de
limaces viennent
aussi s’y noyer...
Attention à bien
retirer les pièges.
Avec plus de 130 000 espèces vivant la nuit et environ
25 000 volant le jour, les papillons représentent 10 % des espèces animales connues dans le monde. Seuls les coléoptères font
mieux (environ 25 % des espèces décrites)...
En France, il y aurait 275 espèces de papillons de jour dont le
rôle est essentiel à l’équilibre de la nature. Sans ces insectes
qui se nourrissent du nectar des
Les papillons
fleurs, la pollinisation de certaines
fleurs se ferait moins bien. Sans
représentent
chenilles, les oiseaux se nour10 % des espèces les
riraient avec difficulté. Or ils sont
animales connues fragilisés. Manque de plantes hôtes
pour les chenilles, déficit de nourdans le monde.
riture pour les adultes, habitat de
plus en plus difficile à trouver : leur diversité décroît. La liste des
espèces protégées en France compte 26 papillons. Pour qu’il y
ait des papillons, il faut des haies, des prairies fleuries, pas de
pollution ni d’insecticides...
Mais il faut aussi accepter les chenilles dans son jardin... Et
comme on n’a pas envie de voir, par exemple, les chenilles de
la piéride du chou abîmer nos plantations, il faut les tenir à distance en laissant pousser des espèces sauvages qu’elles apprécient, comme le saule, le sureau, la salicaire, l’ortie...
35
Aux grands maux,
les remèdes bio
Si la prévention et la lutte
biologique ont échoué,
comment combattre
les maladies qui menacent
les végétaux, éloigner
ravageurs et nuisibles ?
Si vous êtes amené
à utiliser un pesticide
ou un herbicide
chimique, lisez avec
attention la notice qui
stipule les conditions
d’emploi et les risques
encourus. Utilisez
des gants et respectez
les doses prescrites.
L’opération ne se fera
ni par grand vent, ni
par temps de pluie,
ni par forte chaleur.
Veillez à ce que les
produits ne soient
pas entraînés vers
des points d’eau et
ne consommez pas
les fruits et légumes
sitôt le traitement fait.
Rangez enfin tous vos
produits hors
de portée des enfants.
Pas question de jeter
les emballages avec
les ordures ménagères,
sans les avoir rincés
soigneusement.
On estime que 10 % des produits phytosanitaires d’origine chimique sont utilisés par des particuliers, or, la France est au 1er
rang européen de l’utilisation des pesticides. Ces pesticides sont
en grande partie des herbicides appliqués au potager et dans le
jardin d’ornement (massifs, pelouse, allées...).
Sauf exception, on bannira leur emploi et pour soigner ses végétaux, on aura recours soit aux propriétés des purins et autres
décoctions de plantes, soit à des produits d’origine végétale et
biodégradables, autrement dit écologiquement « acceptables ».
Tout en ayant présent à l’esprit que ces produits sont des médicaments, et que comme tout remède, ils doivent être utilisés
avec parcimonie, au risque d’obtenir des effets contraires et de
polluer l’environnement. Et qu’il vaut toujours mieux prévenir
que guérir...
Ces dangers
qui guettent les plantes
Les maladies cryptogamiques sont provoquées par des champignons qui se développent aux dépens de la plante. Les plus connues sont le mildiou, l’oïdium, le pourridié, le chancre, la cloque,
la tavelure.
36
Pensez à nettoyer
régulièrement
vos outils avec
de l’alcool afin que
maladies et bactéries
ne se transmettent
pas aux plantes saines.
Les nématodes, des vers microscopiques, se nourrissent principalement des racines. Ils survivent dans la terre d’une saison à
l’autre. S’en débarrasser est extrêmement difficile.
Les limaces raffolent, elles aussi, des plantes. Côté rongeurs,
mulots, souris et campagnols apprécient les jeunes pousses et
en creusant causent des dégâts dans le potager ; ragondins, rats
musqués, mulots gris et taupes ne sont pas davantage les bienvenus au jardin, sans parler des insectes et des larves.
Interview
Privilégier
les traitements naturels
Traiter : code
de conduite
Nettoyage
Les maladies bactériennes et virales se reconnaissent aux chloroses (jaunissement) et aux taches qui apparaissent sur les
feuilles. Le plus souvent, elles s’attaquent aux cultures intensives, mais le jardinier peut constater leurs dégâts sur ses bégonias, pommes de terre, tomates, poiriers, pommiers... Elles sont
difficiles à identifier, donc à combattre.
Que fait le jardinier
bio pour faire face aux
attaques d’insectes ?
L’idéal est que l’équilibre s’établisse naturellement.
L’objectif majeur du jardinier bio
est de prévenir les crises afin
d’éviter toute intervention.
Pour ce faire, il convient avant tout
de favoriser la biodiversité.
Mêler fleurs, légumes, aromatiques, arbres et arbustes, disposer
de haies offrant un gîte pour les
oiseaux et le cas échéant créer
une mare...
Telles sont les toutes premières
précautions.
Ainsi les populations d’insectes se
réguleront d’elles-mêmes la plupart du temps.
La poussée des pucerons sera, par
exemple, contrebalancée par l’apparition des colonies de ses ravageurs : les larves de coccinelles ou
les syrphes.
Mais en cas de crise,
il faut bien agir. Que faire ?
Rappelons un principe de base :
l’intervention sera la plus légère
et la plus ciblée possible. Pour
commencer, on peut passer un
jet d’eau sur les plantes attaquées
par les pucerons, utiliser de l’eau
savonneuse, enlever à la main les
chenilles sur le choux... En dernier
recours, on emploiera un insecticide à base de plantes.
Car même s’il est végétal, son
utilisation est néfaste pour l’environnement : il tue le gêneur mais
en même temps d’autres insectes
bénéfiques... Pyrèthre, BT, bouillie
bordelaise nous aident à faire face
mais il faut veiller à les utiliser à
Yves Perrin
Responsable des jardins
de Terre vivante
bon escient et en quantité limitée.
Cela dit, à force d’observation, le
jardinier finit par repérer les signes
avant-coureurs de la maladie : les
plantes affaiblies seront les premières attaquées. On peut donc
les fortifier avant qu’elles ne soient
assaillies... Pour cela les purins
d’ortie, de consoude et la décoction de prêle ont leur utilité.
Au centre Terre vivante, nous
cherchons à expérimenter toutes
ces préparations afin de pouvoir
confirmer ou non leur efficacité.
Nos essais nous montrent que
si on emploie les purins d’ortie
et de consoude sur des tomates,
les rendements augmentent de
30 % en moyenne. Les plantes
sont en meilleure santé et donc
moins souvent malades...
37
Les remèdes bio
Lutter contre les ravageurs
Du soufre
contre
l’oïdium
Comme on l’a vu dans le chapitre précédent, le jardinier bio
a en priorité recours à la lutte biologique. Pour lutter contre les insectes ravageurs, il dispose en outre de trois alliés :
le savon noir liquide (dilué à 3 %) contre les pucerons, le pyrèthre
et le bacille de Thuringe (Bacillus thuringiensis, préparation
microbienne).
L’autre fléau au
printemps est la
maladie du blanc,
autrement dit
l’oïdium. L’arrivée
des températures
clémentes liée
à une forte humidité
favorise
le développement
d’une famille
de champignons
dévastateurs :
le Sphaerotheca
pannosa pour le
rosier, le Podosphaera
leucotricha pour le
pommier, etc.
L’oïdium se reconnaît
au feutrage blanchâtre
d’aspect farineux
qui apparaît sur les
feuilles, les tiges et
parfois les fleurs.
Il provoque une
déformation des
feuilles – un peu
comme un gaufrage
– qui jaunissent, se
dessèchent et tombent
prématurément.
Un conseil, brûlezles sous peine de
propagation ! Pour
soigner, les jardiniers
bio emploient des
décoctions de
prêle mais aussi du
soufre. Il se présente
comme la bouillie
bordelaise sous forme
de poudre que l’on
additionne à de l’eau.
Un traitement qui ne
doit pas être effectué
par forte chaleur.
LE PYRÈTHRE
Cette substance extraite des fleurs de chrysanthème de Dalmatie (Chrysanthemum cinerariaefolium) est, une fois séchée, un
excellent insecticide. Biodégradable, la poudre (attention la pyréthrine également vendue en jardinerie est d’origine chimique)
est particulièrement efficace contre les pucerons, les chenilles
du chou, les pyrales, les scarabées et les mites de l’araignée.
Pour nombre de jardiniers, son emploi reste une solution de
dernier recours, lorsque la survie de jeunes arbres est en jeu...
LE BACILLUS THURINGIENSIS (BT)
Sans doute, le biopesticide le plus connu. Inoffensif pour les
abeilles et les bourdons, le bacille s’attaque uniquement aux lépidoptères, aux diptères et aux coléoptères (inutile dès lors de
traiter les plantes que ces espèces n’apprécient pas !). Il n’est
efficace que par ingestion, et n’est actif que sur les larves. Le
produit se trouve dans le commerce sous forme de poudre que
l’on humidifie et que l’on vaporise plusieurs fois à 8 /10 jours
d’intervalle. On peut l’utiliser jusqu’à la récolte, pensez seulement à bien laver vos légumes avant de les manger.
La roténone interdite dans les jardins
Depuis l’automne 2006, son usage n’est plus autorisé dans
les jardins. Son principe actif, issu de racines séchées et
moulues de plantes d’origine tropicale, agit en paralysant
le système nerveux des insectes et des animaux à sang froid.
Mais la roténone n’est pas sans danger pour certains insectes auxiliaires comme les coccinelles, les punaises carnivores et leurs larves, les vers de terre et les poissons. Par
ailleurs, une étude récente a mis en évidence une relation
entre l’absorption de roténone et la maladie de Parkinson.
Son emploi reste autorisé en agriculture.
38
Halte aux maladies
cryptogamiques
Mention
obligatoire
« Emploi autorisé
dans les jardins ».
Depuis septembre
2000, cette mention
doit obligatoirement
figurer sur les
emballages des
produits que vous
utilisez au jardin.
En jardinerie, les
rayons « amateurs »
et « professionnels »
sont clairement
délimités pour
éviter toute erreur.
Pour autant, vous
devez savoir que
mal employées, ces
substances peuvent
être dangereuses.
Conformez-vous
strictement au
mode d’emploi.
Le mildiou, l’oïdium, le monilia ou la tavelure sont toutes des
maladies provoquées par un champignon. Elles sont dévastatrices et extrêmement difficiles à combattre. Du potager au verger, de la roseraie aux plates-bandes, le jardinier a tout intérêt à
veiller au grain. Il prendra garde de ne pas utiliser des fongicides
trop agressifs qui détruisent indifféremment tous les champignons du sol puisque beaucoup, on l’a vu, sont indispensables à
sa fertilité. Heureusement, des traiDes traitements
tements biologiques curatifs mais
surtout préventifs sont à sa disbiologiques
position. La toute première chose
curatifs mais
est d’éviter de créer des conditions
surtout préventifs favorables à la prolifération de ces
sont à disposition. champignons parasites. Ce qui signifie bien aérer le sol, éviter que
de l’eau ne stagne sur les feuilles – favorisant ainsi la présence
de foyers d’humidité – et, nous l’avons vu s’astreindre à une rotation régulière des cultures. D’autres précautions sont à suivre
à la lettre : les parties malades des plantes doivent impérativement être coupées et brûlées pour que la maladie ne se dissémine pas (en aucun cas elles ne doivent être mises au compost !).
Ensuite, dans la plupart des cas, le traitement s’impose.
BOUILLIE BORDELAISE CONTRE MILDIOU
La bouillie bordelaise reste l’un des plus efficaces fongicides contre les maladies cryptogamiques. Mise au point vers 1880, elle
était utilisée pour protéger les vignes du mildiou mais son usage
s’est très vite généralisé à d’autres cultures (contre le mildiou de la
pomme de terre, de la tomate, la cloque du pêcher, la tavelure du
pommier ou du poirier, le chancre bactérien de nouveau du pommier et du poirier). Reconnaissable à sa couleur bleue turquoise,
elle est une solution de sulfate de cuivre et de chaux. On la trouve
dans le commerce sous forme de poudre à diluer dans de l’eau que
l’on pulvérise ensuite à titre préventif à l’automne – à la chute des
feuilles – et au printemps (dès le mois de février pour les fruitiers).
On évitera les jours de pluie ou de forte chaleur, et on ne consommera pas les légumes cueillis immédiatement après l’application de
la bouillie. Les arbres fruitiers à noyaux ne doivent pas être traités
lorsqu’ils sont en fleurs. La quantité de cuivre déversé sur les cultures doit être limitée à 6 kg par hectare et par an.
39
Toujours
plus bio
Un peu de cohérence !
Rien ne sert de savoir faire
un compost, de traiter
ses plantes avec du purin
d’ortie si, par ailleurs, on
gaspille eau et électricité,
si la piscine est chargée
de chlore et le mobilier
de jardin bien peu
durable. Plaidoyer pour
une bio attitude !
Des légumes anciens
au jardin
CONTACTS
Ferme
de Sainte-Marthe,
(graines biologiques)
Tél. : 02 54 44 23 15,
> www.fermede
saintemarthe.com
Le Potager
d’un curieux,
J.-L. Danneyrolles, La
Molière, 84400 Saignon.
Tél. : 04 90 74 44 68,
lepotager@wanadoo.fr
40
Les statistiques établies par les spécialistes laissent rêveur :
80 % des légumes cultivés en France ont disparu en 50 ans. De
fait, qui connaît – mais surtout qui cultive – l’ache des montagnes
(L. Levisticum Linné) ? Ses feuilles fraîches sont très aromatiques et
relèvent potages, viandes et pot au
Les statistiques
feu. Le coqueret du Pérou, l’énothère onagre appelée aussi jambon du
laissent rêveur :
les très ornementales mo80 % des légumes jardinier,
relles de Balbis ou tomate « litchi »,
cultivés en France les tomates cœur de bœuf, les tomates roses côtelées de Valence sont
ont disparu
très peu cultivés par les jardiniers.
en 50 ans.
Sauf par quelques-uns, notamment à la ferme Sainte-Marthe (Sologne), au Potager d’un curieux
(Saignon), à Valmer (Touraine), à Saint-Jean-de-Beauregard où l’on
cultive des espèces anciennes et surtout où l’on vend et échange
des graines.
C’est une manière de sauver le patrimoine végétal et de manger diversifié. Une préoccupation qui a mobilisé, dès la fin des
années 1970, l’association des Croqueurs de pommes qui s’est
donné pour objectif de sauvegarder la diversité des arbres fruitiers. Elle engage les membres de l’association à planter des espèces locales et rares qui souvent sont les plus adaptées aux
conditions du terroir.
Pourquoi ne pas vous lancer dans la culture de légumes oubliés
ou inconnus, une belle manière de surprendre vos convives par
des petits plats inhabituels !
Informez-vous,
formez-vous !
Pensez aux stages
et aux journées de
formation !
On a évoqué les stages
de jardinage
de la Ferme de
Sainte-Marthe,
en Sologne,
ou de Terre vivante,
près de Grenoble,
et il y en a sûrement
d’autres près de chez
vous. Vous pouvez
retrouver des stages
de jardinage bio dans
l’Agenda
des activités
de Nature
& Découvertes.
www.
natureetdecouvertes.
com
Semez naturel
Elles ne sont pas forcément faciles à trouver, mais on sèmera de
préférence des graines et des semences issues de l’agriculture
bio, c’est-à-dire, rappelons-le, produites sans pesticides ni engrais chimiques.
Encore une fois, Intelligence verte et la Ferme de Sainte-Marthe
sont en pointe à ce niveau. Mais on peut citer aussi l’association
Kokopelli dans le Gard.
Quel bois pour le jardin ?
Pense-t-on à la déforestation lorsqu’on s’installe dans son fauteuil en teck pour profiter de la tranquillité de son jardin ? Pas
forcément. Seulement voilà, le goût pour les essences exotiques
(notamment le teck) n’est pas sans conséquences pour les forêts tropicales. On ne saurait donc trop recommander de veiller
à n’acheter que des meubles dûLe goût pour
ment labellisés. Le label FSC (Forest Stewardship Council) assure
les essences
que le bois utilisé provient de foexotiques
rêts gérées de façon écologique et
n’est pas sans
durable, dans le respect des poconséquences
pulations autochtones. De même
la marque européenne PEFC (Propour les forêts
gramme européen des forêts certropicales.
tifiées), apparue en 2002, offre
certaines garanties quant à la gestion durable des forêts. Enfin,
sachez aussi que vous n’êtes pas obligé de choisir du bois exotique. Certains bois européens peuvent eux aussi parfaitement
convenir à une utilisation en extérieur : ainsi le robinier ou faux
acacia (Robinia pseudoacacia L.) est deux fois plus dur et aussi
résistant aux intempéries que l’iroko.
CONTACT
Croqueurs de
pommes, (association
nationale des amateurs
bénévoles pour la sauvegarde des variétés
fruitières régionales
en voie de disparition) :
Tél. : 03 84 21 41 70.
> www.croqueursde-pommes.asso.fr
41
Toujours plus bio
Élixirs
Les jardineries s’y mettent aussi
Le marc de café
ou les restes de
café bouilli peuvent
être utilisés comme
amendement.
Une fois refroidie,
l’eau de cuisson des
légumes ou des œufs
est excellente pour
les plantes (on évitera
néanmoins l’eau de
cuisson des pommes
de terre, toxique).
Conseils, informations écrites ou via Internet, engagement
en faveur du développement durable : les grandes enseignes de jardinerie, du moins la plupart d’entre elles, commencent aussi à jouer le jeu.
Cet engagement se traduit par différents partenariats : concours à la fondation Nicolas Hulot pour les unes et soutien
à l’Observatoire des Papillons des jardins, mis en place par
Noé Conservation (lire page 31) pour les autres.
Les enseignes, de plus en plus, se veulent aussi un « relais »
d’information pour l’environnement au jardin et mettent
à disposition du public guides pédagogiques et fascicules
fort utiles. De plus en plus concernées par l’état de la planète, elles ont toutes étendu leur rayon « bio ».
Le citadin peut aussi être bio
La tendance est aussi au jardinage en ville. Et outre le plaisir
d’embellir vos abords, c’est le meilleur moyen d’introduire en
ville de la biodiversité. Vous ne disposez pas d’un balcon et encore moins d’un jardin ? Mais avez-vous pensé à vos rebords
de fenêtres ? Aux cours des immeubles ? Aux murs pignons ? Il
n’y a aucune raison de ne pas les fleurir, et toutes les raisons de
le faire de la manière la plus bio possible...
CONTACT
Ateliers gratuits
à Bordeaux : les rendezvous de Bernard
le jardinier, un samedi
sur deux et tous les mercredis à la Maison du
jardinier, au parc Rivière,
rue de Rivière.
Renseignements
au 05 56 10 32 75.
42
MICRO-JARDIN À LA FENÊTRE
À condition de bien arrimer vos jardinières, afin de ne pas risquer de chute intempestive (ce qui engagerait votre responsabilité civile en cas d’accident), vous pouvez composer sur le
rebord de vos fenêtres de splendides potées. Bien entendu, il
convient de suivre quelques règles de base : bien drainer les
pots qui doivent toujours être percés, regrouper les plantes par
affinité. Plantez ensemble celles qui apprécient les terres calcaires, et composez une autre jardinière avec celles qui préfèrent
l’acidité...
Terres, amendements, outils, pots, plantes sont disponibles en
jardinerie (rappelons-le : privilégiez les terreaux certifiés, garantie de qualité). Même en ville, on trouve très facilement les
éléments indispensables. Et tous les principes du jardinage bio
peuvent être appliqués dans ces micro-jardins. Faire son compost, on l’a vu, est possible grâce au lombricompostage. Évitez
les arrosages intempestifs – paillez l’été – et choisissez pour les
emplacements les plus exposés au soleil et au vent desséchant,
des plantes peu gourmandes en eau.
Éviter tout engrais et soins chimiques est un choix. Moyennant
quoi, si vous mêlez aromatiques, fleurs et quelques légumes, si
vous disposez d’un peu plus de place, insectes et oiseaux viendront égayer vos fenêtres.
Pour l’hiver, ménagez-leur des abris avec des graines et des
boules de graisse. Notez néanmoins que nourrir les pigeons est
interdit dans bien des grandes villes.
À CONSULTER
Deux brochures
téléchargeables sur le
site de la Ville de Paris,
fort utiles pour tous les
citadins : « Jardinons
la ville ; des pistes pour
créer un jardin pédagogique » et « Jardinez
Bio dans la cour, à la
fenêtre, sur le balcon
ou au jardin ».
> www.paris.fr
Les villes passent au vert
Peu à peu les métropoles françaises se convertissent à
une gestion différenciée de leurs espaces verts. À Paris, le jardinage bio commence à s’imposer. En 2007, 59 espaces verts
de la capitale ont été certifiés « espaces verts écologiques » par
Écocert, ce qui signifie que l’on veille à réduire les nuisances
et les risques (la pollution par les produits phytosanitaires
notamment qui sont, tout comme les engrais, interdits), la
consommation d’eau et à favoriser la biodiversité végétale
et animale. Leur entretien est adapté en fonction du lieu
et des usages.
Même politique à Lille, où l’on abandonne la tonte chaque
fois que c’est possible au profit du fauchage. Des haies d’essences régionales ont été plantées, les mauvaises herbes ne
sont plus systématiquement combattues : résultat, la faune
se réinstalle dans l’agglomération lilloise : des papillons
comme « la belle dame », « le paon du jour », « Robert le
diable » sont revenus, des chauves-souris, des criquets et
des sauterelles également.
Bordeaux installe progressivement des espaces verts exemplaires en termes de pratiques d’entretien, et la ville incite
ses habitants à jardiner écologique. Elle a édité à leur intention une brochure détaillant quatre mesures : pailler, faire
son compost, choisir des végétaux peu gourmands en eau,
éviter les produits chimiques.
À Marseille, la direction des parcs et jardins expérimente
au parc Mathilde ce même type de gestion ; à Lyon, le jardin botanique pratique la lutte biologique...
43
Toujours plus bio
ET SI ON JARDINAIT DANS LA COUR DE L’IMMEUBLE ?
Avec l’accord de votre copropriété, vous pouvez aussi investir la
cour de votre immeuble. En fonction de l’ensoleillement, habillez
les murs de multiples grimpantes : jasmin, chèvrefeuille, lierre
pour des expositions à l’ombre ; bignones, glycine, clématites,
rosiers si le soleil pénètre dans la
En fonction de
cour. Bon à savoir, aucune de ces
plantes n’abîmera les murs, au
l’ensoleillement,
elles auront un effet réhabillez les murs contraire
gulateur, atténuant été comme hide multiples
ver les températures. Une ou deux
coupes pour contenir leur croisgrimpantes.
sance devraient suffire.
Dans la cour, vos potées prendront de l’ampleur : n’importe quel
récipient peut convenir. Pensez à le percer systématiquement
pour que l’eau ne stagne pas et à ne pas employer des récipients de produits toxiques.
Jardiner
à Paris
• www.paris.
fr propose un
programme
détaillé de cours,
conférences,
brochure sur le
jardinage bio
à l’usage des
citadins, etc.
• Rendez-vous
à la Maison du
jardinage, dans
le parc de Bercy, il
s’y passe toujours
quelque chose :
cours, mais aussi
expositions,
café-jardins, trocs
Main verte .
• Il est aussi possible
de devenir membre
d’une association
gérant un jardin
partagé. Environ
une quarantaine à
Paris, ces espaces
de jardinage collectif
sont gérés par des
associations liées
par convention pour
une durée limitée
(un an renouvelable
jusqu’à 5 ans) à la
mairie de Paris.
Pensez à l’avenir
LA PISCINE EN QUESTION
En 2000, il y en avait 708 000 ; aujourd’hui, la France compte 1
346 000 piscines hors sol et enterrées. Pour s’équiper, il existe
aujourd’hui des solutions « durables ». Les pisciniers ont fait
des progrès en matière de traitement d’eau (plus de sel, moins
de chlore) et de systèmes de filtration : certains consomment
moins d’eau que d’autres, voire pas du tout (un système classique utilise jusqu’à 2 mètres cubes d’eau par semaine !). Vous
pouvez veiller aussi à ne poser sur les plages que du bois provenant de forêts certifiées.
Et pourquoi ne pas envisager une piscine naturelle ? Celles-ci
mettent en jeu des systèmes de filtration par les plantes, éprouvées en Europe du Nord depuis bientôt vingt ans. Tout comme dans les lacs naturels, l’eau est régénérée par un système
de filtres végétalisés excluant tout produit chimique, filtres et
UV. Des végétaux sélectionnés pour leurs propriétés épuratrices
(papyrus, iris d’eau, carex, joncs...) sont plantés sur un substrat minéral composé de couches de graviers de granulométries
différentes.
Pour tout
renseignement :
Cellule Main verte
Maison du jardinage
Parc de Bercy
41, rue P. Belmondo
75012 Paris
Tél. : 01 53 46 19 19
L’eau courante circule en circuit fermé successivement dans une
cascade oxygénante, un bassin de régénération, un bassin de
baignade, une colonne de décantation, un bassin de filtration. Il
44
faut cependant prévoir un espace relativement important – au minimum de 60 m2 (pour 20 à 25 m2 de baignade) – afin d’installer les
trois zones de baignade, de régénération des eaux et de filtration.
Les différents fabricants (Biotech, Binova, BioTop) ont chacun des
techniques qui leur sont propres mais tous travaillent l’intégration
dans le jardin et le traitement naturel des eaux. Il faut néanmoins
savoir que la gestion des plantes prend du temps et qu’à ce jour,
ces bassins sont relativement chers.
Le parc
du chemin
de l’Ile
C’est un lieu
formidable qui met
en application les
préceptes du jardin
« durable » : des
prairies sauvages
partiellement fauchées,
des bassins multiples
remplis de roseaux,
papyrus et autres
plantes filtrantes qui
épurent l’eau de la
Seine, des oiseaux,
des crapauds à
foison...
Un site encore secret
en bord de fleuve...
Rue Gutenberg,
92000 Nanterre.
Informations
au 01 49 73 79 27.
L’ÉCLAIRAGE EN DOUCEUR
Avez-vous déjà vu le halo lumineux qui, le soir, semble phosphorer au-dessus de Paris ?
La pollution lumineuse, surtout en ville, est devenue problématique ; d’un point de vue gestion de l’énergie mais aussi pour la
sauvegarde des espèces qui vivent
Oui à l’éclairage la nuit. Les papillons de nuit sont
irrésistiblement attirés par les lamqui sculpte les
padaires sur lesquels ils meurent
massifs, mais
grillés. Et leurs prédateurs ont bien
compris qu’à proximité des souren douceur !
ces lumineuses, il y a un extraordinaire garde-manger ! Noé Conservation alerte sur les dangers
d’un éclairage nocturne trop puissant et engage à diminuer les
sources lumineuses. Alors oui à l’éclairage qui sculpte les massifs, mais en douceur !
Les éclairages solaires et les Leds sont désormais disponibles et
équipent des luminaires aux formes les plus design et fonctionnant même à l’énergie solaire. Vous pouvez créer ainsi pour la
soirée une ambiance assez féerique. Mais pensez à tout éteindre
en allant vous coucher !
À LIRE
Les plus belles
piscines
écologiques,
par Frank von Berger,
Éd. Ulmer.
UNE TOITURE VIVANTE POUR LA MAISON
Enfin, pourquoi ne pas envisager une toiture végétalisée ? Les
techniques provenant comme souvent de l’Europe du Nord sont
particulièrement bien adaptées aux hangars et autres entrepôts
à toitures plates ou faiblement pentues, mais on voit de plus en
plus de maisons chapeautées de plantes – majoritairement des
sédums – résistantes à la sécheresse, au gel et au vent, capables
de se régénérer toutes seules...
CONTACTS
> www.bionova.fr
> www.biotech.fr
À CONSULTER
Outre l’aspect esthétique non négligeable, ces toitures ont
l’avantage de jouer un rôle de protection thermique et phonique,
de retarder l’écoulement des eaux et donc de diminuer les volumes d’eau reversés dans le réseau des eaux usagées.
>
45
Sur les toitures
végétalisées :
www.soprema.fr
> www.eco
vegetal.fr
Pour aller plus loin
Pour prolonger et compléter les idées et les pratiques évoquées
dans ce guide, voici une série d’informations pratiques,
de sites et de livres, à consulter sans modération !
CARNET D’ADRESSES
LIVRES
Jardinage bio : outre les ouvrages cités au fil
des pages, on consultera :
• POUR UN JARDIN SANS ARROSAGE.
par Olivier Filippi, Éd. Actes sud.
• LAROUSSE DU JARDIN BIO,
une encyclopédie pour aborder tous les
aspects du jardin bio.
• LA CONSOUDE, TRÉSOR DU JARDIN,
par Bernard Bertrand, Éd. de Terran
• LE GUIDE DU JARDINAGE BIOLOGIQUE,
par Jean-Paul Thorez, Éd. Terre vivante
• AGENDA DU JARDINIER 2008,
WWW.TERREVIVANTE.ORG
Terre vivante Domaine de Raud
38710 Mens. Tél. 04 76 34 80 80.
WWW.FERMEDESAINTEMARTHE.COM
Ferme Sainte-Marthe
41200 Millançay.
WWW.JARDIN-SEC.COM
Pépinière Filippi, RN 113 34140 Meze.
Tél : 04 67 43 88 69.
LE POTAGER D’UN CURIEUX
La Molière,
84400 Saignon.
Tél. : 04 90 74 04 61.
Salons
• MARJOLAINE, SALON BIO ET NATURE.
En novembre au parc Floral de Paris. Bois de
Vincennes. www.salon-marjolaine.com
• PLANÈTE DURABLE : un salon pour informer et aider le consommateur à adopter un style de vie plus respectueux de l’environnement.
Mi avril, Paris Expo-Porte de Versailles.
www.planete-durable.com
LABELS ET LOGOS
Le jardinier bio étant aussi un acheteur, il aura
intérêt à choisir en priorité des produits labellisés. Petit rappel pour s’y retrouver dans la forêt
des labels.
• ECOFERT : décerné par l’organisme de certification Ecocert, ce label, accordé aux fertilisants et composts, garantit l’origine naturelle
des matières premières avec lesquelles ils sont
fabriqués et leur traçabilité.
• AB : le label Agriculture Biologique garantit
qu’au moins 95 % des ingrédients sont issus
de l’agriculture biologique, c’est à dire produits
sans engrais chimiques, sans pesticides et
sans OGM.
• NF ENVIRONNEMENT : un des deux écolabels
(avec l’Ecolabel européen) officiels (délivré par
l’AFAQ AFNOR), qui garantit aux consommateurs
à la fois l’efficacité et la limitation des impacts environnementaux de 17 familles de produits (dont
les composteurs, les sacs sortis de caisses, les
revêtements de sol, les peintures...).
• LE LOGO DU RECYCLAGE, figuré par un
ruban de Moebius, signifie que les emballages
sont recyclables (pas forcément qu’ils seront
recyclés).
• ECO-EMBALLAGE : signifie que le producteur cotise auprès de la société Eco-Emballage,
société qui agit en faveur du recyclage et de la
protection de l’environnement.
• LE LABEL FSC (Forest Stewardship Council)
concerne les meubles en bois et produits dérivés. Il garantit que le bois utilisé provient de
forêts gérées de façon écologique et durable.
Éd. Terre vivante
• JARDINAGE FAMILIAL BIOLOGIQUE
par U. Lindner, Éd. Ulmer.
RENDEZ-VOUS
Journées des plantes
Encyclopédies généralistes
• L’ENCYCLOPÉDIE DES VIVACES,
Collectif, Éd. Gallimard
• L’ENCYCLOPÉDIE DES GRAMINÉES,
par Rick Darke avec Christophe Valayé,
Éd. du Rouergue.
• ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE DES
15 000 PLANTES ET FLEURS DE JARDIN,
collectif, Éd. Larousse.
46
• DOMAINE DE COURSON,
91680 Courson-Monteloup.
Tél. : 01 64 58 90 12. www.domaine-decourson.fr : troisième week-end de mai et
troisième week-end d’octobre.
• DOMAINE DE SAINT-JEAN DE BEAUREGARD, 91 940 Saint-Jean de Beauregard.
Tél. 01 60 12 00 01.
www.domsaintjeanbeauregard.com :
fête des plantes vivaces en avril ; fête
des plantes, fruits et légumes oubliés en novembre.
ET SI ON JARDINAIT BIO ?
• Abandonner tout produit chimique : herbicide, pesticide,
engrais.
• Ne cultiver que des plantes et des légumes adaptés
au climat et à la région, privilégier les espèces locales.
• Récupérer l’eau de pluie et arroser avec parcimonie : privilégier le micro-arrosage.
• Faire son compost ; une manière de recycler ses déchets
et d’assurer la fertilité du sol.
• Pailler, pour moins arroser et pour lutter contre les mauvaises herbes.
• Accueillir insectes et oiseaux : installer des haies diversifiées et laisser en pairies une
partie de votre jardin.
• Au potager, veiller à la rotation des cultures et travailler les associations de plantes
amies.
• Limiter l’éclairage nocturne et privilégier le solaire.
47
Index
Antiparasite ……………… 28
Araignée …………… 30, 33
Arrosage ……… 2, 7, 13, 14,
…………………… 17, 18, 21
Association de plantes … 24
Auxiliaire ………… 30, 33, 34
Azote …………… 10, 11, 28
Bacille de Thuringe ……… 38
Bêchage ………………… 23
Binage ………… 13, 21, 22
Biodiversité …… 3, 5, 21, 30,
…………………… 32, 37, 43
Biopesticide ………… 3, 38
Bois Raméal Fragmenté … 19
Bouillie bordelaise … 38, 39
Calcaire ………………… 11
Champignon parasite …… 39
Champignon ……… 27, 36
Chenille ………… 35, 37, 38
Compost … 3, 6, 7, 8, 10, 11,
12, 17, 21, 28, 29, 31, 40, 43
Composteur ……………… 12
Couteau désherbeur …… 23
Couverture végétale …… 23
Culture …………………… 7
Déchet organique ……… 12
Déchet végétal ………… 12
Déchet vert ……………… 12
Décoction … 27, 29, 36, 38
Désherbeur thermique … 23
Drainage ………………… 23
Eau d’arrosage ………… 16
Eau de pluie
14, 20, 21, 26
Eau savonneuse …… 28, 37
Eau …… 3, 7, 8, 13, 15, 16,
… 18, 26, 31, 32, 33, 40, 43
Éclairage nocturne ……… 45
Éclairage solaire ………… 45
Écologie ……………… 4, 5
Écorce de fibres ………… 10
Élément fertilisant ……… 8
Engrais chimique …… 7, 41
Engrais …… 10, 11, 14, 23,
………… 25, 28, 31, 42, 43
Évaporation ……………… 18
Extrait fermenté …… 28, 29
Extrait végétal … 3, 22, 26, 27
Fertilisant …………… 6, 28
Flore microbienne ……… 29
Fongicide………… 27, 29, 39
Fumier ………… 8, 9, 10, 21
Gazon …… 2, 11, 16, 21, 34
Goutte-à-goutte ………… 18
Graine ……………… 40, 41
Haie …… 21, 32, 34, 35, 37
Herbicide 2, 3, 22, 23, 31, 36
Hérisson …… 30, 33, 34, 35
Humus …… 6, 7, 10, 15, 17
Infusion ………… 27, 28, 29
Insecte auxiliaire …… 7, 38
Insecte nuisible ……… 9, 24
Insecte pollinisateur
31, 33
Insecte ……… 13, 27, 28, 30,
……………… 31, 32, 37, 38
Insecticide …… 26, 27, 28,
……………… 29, 35, 37, 38
Limace…………………… 37
Lombricompostage … 12, 43
Lutte biologique …… 30, 35,
…………………… 36, 38, 43
Macération ………… 27, 29
Maladie cryptogamique 36, 39
Matière organique ……… 11
Mauvaise herbe …… 3, 7, 21
Micro-irrigation ………… 21
Micro-arrosage ………… 18
Micro-jardin ……… 42, 43
Micro-organisme… 10, 11, 23
Nappe phréatique … 14, 22
Nitrate …………………… 28
Nuisible ………… 22, 24, 36
Nutriment ……………… 11
Oïdium ……………… 38, 39
Oiseau ………… 32, 33, 34,
…………………… 37, 43, 45
Ortie………………… 28, 35
Oxygène ………………… 13
Paillage …… 18, 19, 28, 43
Paille …………………… 10
Paillis …………… 19, 21, 22
Papillon de nuit ………… 45
Papillon ………… 31, 34, 35
Parasite ………………… 26
Pelouse …………… 17, 32
Pépiniériste …………… 5, 15
Pesticide chimique ……… 42
Photosynthèse …………… 11
Piscine…………………… 44
Plantation …………… 6, 20
Plate-bande ……… 17, 21, 32
Pluviomètre ……………… 18
Pollution lumineuse …… 45
Potager … 3, 17, 18, 19, 20,
… 22, 25, 27, 32, 33, 36, 39
Prairie fleurie ……… 32, 35
Prairie sauvage ………… 45
Produit chimique…… 43, 44
Produit phytosanitaire 36, 43
Puceron 3, 28, 29, 35, 37, 38
Puit ……………………… 21
Purin d’ortie … 3, 26, 37, 40
Purin de consoude … 28, 37
Purin …… 5, 7, 26, 27, 36
Ravageur ………… 3, 26, 27,
…………………… 31, 33, 36
Récupérateur d’eau …… 20
Refuge naturel ………… 32
Rempotage ……………… 32
Repiquage ……………… 21
Sable ………………… 8, 11
Sécheresse … 15, 17, 21, 23
Semence ………………… 41
Semis …………………… 22
Sol acide ……………… 8, 9
Sol argileux ………… 8, 9, 11
Sol calcaire …………… 8, 9
Sol humifère ………… 8, 9
Sol sableux ……………… 8
Sol siliceux ……………… 8
Soleil …………… 18, 21, 24
Terre acide ……………… 5
Terre argileuse ………… 18
Terre fertile ……………… 10
Terre franche …………… 8
Terre sableuse ………… 18
Terreau des forêts ……… 9
Terreau ………… 8, 10, 21
Tourbe ………………… 9, 10
Comment est né ce livre ?
Il a été réalisé par les éditions Plume de carotte
au printemps 2008 pour les magasins Nature & Découvertes.
Virginie de la Batut et Danielle Marti l’ont écrit.
Lionel le Néouanic en a fait les dessins.
Geneviève Démereau en a créé la maquette,
qui a été réalisée par Catherine Racine.
Audrey Calvo-Guiochet en a fait le suivi éditorial
avec l’aide de Laura Puechberty.
Henri Taverner en a corrigé les textes.
Le tout sous la supervision de Françoise Vernet
et de Carine Evano, de Nature & Découvertes.
Il a été imprimé à Toulouse par l’imprimerie Ménard en mars 2008.
Le livre que vous avez entre les mains a été réalisé par Plume de carotte,
première maison d’édition française certifiée ISO 14001
(certification de qualité environnementale sur la conception et la réalisation de livres).
Il a été imprimé par Ménard, société labellisée Imprim’vert, dans ses locaux à Labège (31),
à moins de 20 km des bureaux de Plume de carotte.
Il est composé d’un papier respectueux de l’environnement, blanchi sans
chlore et certifié PEFC (Pan European Forest Council), garantissant une gestion des forêts
économiquement viable, respectueuse de l’environnement et socialement respectueuse.
Ce papier provient d’un papetier situé à 300 km de chez l’imprimeur et a été fabriqué
spécialement au format pour éviter les chutes de papier.
L’impression s’est faite avec des encres à base d’huile végétale et la finition avec des
vernis non plastiques.
Les eaux de mouillage des machines, les plaques et les produits de développement
ont été recyclés.
www.natureetdecouvertes.com
Pour être plus proche de la nature...
Le site de Nature & Découvertes propose du contenu informatif
et pédagogique sur la nature et l’environnement ainsi qu’une large
sélection d’offres de produits.
De quoi compléter les informations contenues dans ce guide,
donner mille et une idées pour des activités et des sorties, trouver
des renseignements sur un sujet qui vous passionne et plus de
1 500 articles, livres et équipements qui combleront les petits
et les grands...
Vous rêvez d’un jardin généreux et en bonne santé sans avoir recours à un arsenal
de produits chimiques ? Ce petit livre vous révèle une multitude d’idées et de gestes
simples pour chouchouter votre jardin. De l’arrosage économe à la recette
du purin d’ortie en passant par la liste des petites bêtes utiles, le jardin peut
devenir un milieu riche en biodiversité.
Des astuces pour mieux connaître votre bout de terre et participer un peu
à la bonne marche de la planète.
dans la même collection
1, avenue de l’Europe
78117 Toussus-Le Noble
Tél. : 33 (0) 1 39 56 01 47
Fax : 33 (0) 1 39 56 91 66
nature@nature-et-decouvertes.com
www.natureetdecouvertes.com
Le siège social, les entrepôts et les magasins de Nature & Découvertes sont certifiés ISO 14 001
pour le respect de l’environnement.
collection communication – 03/08
Être Écocitoyen
Éduquer à l’environnement
Votre Habitat au naturel
Le bio dans votre assiette
Vivre avec la nature
La Cosmétique BIO
Être Écovoyageur
Être Consom’acteur
Être solidaire
Le Commerce équitable
Les Énergies renouvelables
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