Le grand entretien avec Hamid Zanaz. L`Union des Organisations

Le grand entretien avec Hamid Zanaz. L`Union des Organisations
Le grand entretien avec
Un premier tour islamo-vigilant
Hamid Zanaz.
Durant la campagne, les thèmes liés à l'islam, s’ ils n'ont pas été les principaux
(et heureusement, notre premier souci étant économique) se sont régulièrement
invités : piscines non-mixtes, viande halal, le salafisme avec Mohammed Merah, et
enfin l'UOIF avec six prédicateurs criminogènes privés de visas. Sur ce dernier
point, c'est grâce à un article de l'Observatoire de l'islamisation daté du 19 mars
(un kilo de "j'aime" sur Facebook ), repris par des associations juives puis par un
communiqué du FN que le gouvernement a été acculé à la réaction. Nous nous
félicitons d'être devenus un média influent et incontournable sur la question islamique. Le livre Ces maires qui courtisent l'islamisme (éditions Tatamis,2010), cité
par le journaliste du Figaro Ivan Rioufol le 4 avril pour illustrer la complaisance de
certains politiques avec le totalitarisme vert, est en cours de réimpression.
> Présentation de son livre
« L’islamisme, vrai visage de
l’islam »
> L’islamophobie ou peur raisonnable de l’islam ?
Pages 2 à 5
L’Union des Organisations
Islamiques de France (UOIF)
> Et si ils avaient déjà gagné?
> Analyse du mouvement :
origines, personnalités, influences, écoles et mosquées.
Pages 6 à 11
Les Frères Musulmans dans
le texte (3)
> Le « Droit du Jihâd » par
Yussuf Al-Qaradawi.
Page s 12 et 13
Le « Projet » des Frères Musulmans en Europe:
> Le document trouvé chez le
banquier des Frères Musulmans en Europe, Yussef Nada,
intime du père de Tariq Ramadan et Qaradawi.
> Reproduction intégrale du
mode d’emploi de la conquête
de l’Occident.
Page 20
Syrie
> L’armée Syrienne Libre:
composition et influences.
Page 23
Histoire : naissance du Wahhabisme (partie 1)
La dernière ligne droite de la campagne, avec les opérations du parquet antiterroriste contre des dizaines de salafistes, des expulsions d'imâms, le durcissement
de ton de Nicolas Sarkozy envers l'UOIF, et le professionalisme de Claude
Guéant , ont marqué un tournant dans le traitement de la question islamique. On a
enfin retrouvé un ton "pasquaien", l'ancien ministre de l'Intérieur -quelque soit ses
défauts par ailleurs- avait su gérer l'après attentat de St-Michel en 1995 avec un
traitement préventif, en interdisant Qaradawi de séjour (ses livres avec) et en éloignant ou internant bon nombre d'islamistes ("il faut terroriser les terroristes"). A
l'époque, Madame Pasqua avait reçu un port d'arme et s'entrainait, les menaces
étaient déjà bien réelles...
Après un quinquennat plein de désillusions, une désindustrialistaion continue,
une insécurité non jugulée, une immigration toujours non maîtrisée, celui qui a voulu un débat sur l'identité nationale, puis un autre sur l'islam, tout en se faisant traiter
de "raciste" et d'"islamophobe" (accusations grotesques), qui a interdit le voile à
l'école et la burqa suscitant les cris d'offraies des évêques et de la gauche, a atteint
27% des voix. Ce n'est pas rien, surtout avec en embuscade un Bayrou au discours économique convaincant et un Dupont-Aignan très virulent .
Marine Le Pen, qui a un discours sur l'islam plus courageux -et surtout cohérenten demandant l'interdiction des Frères Musulmans de l'UOIF, et l'arrêt de l'immigration de peuplement, atteint un très bon 18%, ce malgré la circonspection de
l'électorat de droite quant au retour au Franc et les sorties guignolesques du père.
Soit 45% d'électeurs islamovigilants, sans compter les voix de Nicolas Dupont
Aignant (2%) lui aussi ferme sur la laicité.
Autant dire que l'Observatoire de l'islamisation aura toute sa place dans la construction des débats à venir, et qu'il est déjà un outil de décision pour ses 60 000
visiteurs uniques mensuels, dont nombre de journalistes et conseillers politiques.
Il ne nous manque plus qu'à dépasser le cap des 200 abonnés au mensuel, afin
d’assurer notre pérennité. Notre France le mérite bien, que ceux qui nous soutiennent soient ici remerciés.
> Du « pacte de Nadj » au
pacte pétrolier américain.
Page 25-27
1
Ouvrages parus:
Traducteur et journaliste indépendant, Hamid
Zanaz collabore à différentes publications
arabes et françaises. Contributeur permanent
à la revue de la ligue des rationalistes arabes,
Al Awan, il donne aussi des conférences sur
l’islam Il est l’auteur de nombreux essais, tant
en arabe qu’en français, sur différents problèmes sociétaux touchant à la sexualité, à la
politique ou à la science dans le monde islamique.
L’impasse islamique, la religion contre la vie, préface de
Michel Onfray, Octobre 2009, paru chez Libertaires
Réformer l’Islam? Autopsie d’une illusion caractérisée, Editeurindépendant.com, mars 2008
En arabe :
Réponse décisive aux intégristes, Dar Saqui, Beyrouth,
2009
Le sens et la colère, introduction à la philosophie de Cioran, éd. La maison des sciences arabes, Beyrouth, et Ikhtilaf, Alger, 2009
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Vient de paraitre en mars 2012:
Peut-on mesurer le poids du courant rationaliste et pro
-laïque en Algérie ? Est-il structuré ? Peut-il exister
sans craindre les pressions islamistes ?
Il est très difficile de parler d’un courant rationaliste structuré en Algérie. Mais, des rationalistes, des laïcs, des
athées, des agnostiques… ils sont nombreux, même s’ils
vivent leur liberté de conscience dans une certaine clandestinité. Il ne faut pas oublier que la culture ambiante est
quasiment islamiste. La société algérienne s’est gravement
islamisée malgré la défaite militaire de l’islamisme !
Votre livre "l'islamisme vrai visage de l'islam" est-il
diffusé en Algérie ?
« L’islamisme vrai visage de l’islam », un titre comme ça
n’a aucune chance d’être distribué en Algérie, ni dans aucun autre pays musulman !
Les médias ont-ils parlé de votre livre?
Hormis Ivan Rioufol dans les colonnes du Figaro, et
quelques sites laïques, aucun journal n’a soufflé mot jusqu’à présent. Mais je ne suis pas surpris du tout, il n’y a
plus de journaux dignes de ce nom en France aujourd’hui.
Ni radios ni tv d’ailleurs.
Question: Pouvez-vous vous présenter ?
Hamid Zanaz: Je suis citoyen du monde, né arabe en Algérie. J’ai enseigné la philosophie à l’Université d’Alger jusqu’en 1989. J’ai quitté l’enseignement pour travailler dans
la presse indépendante naissante. Je vis en France depuis
1993., je suis aujourd’hui traducteur et journaliste indépendant. J’ai commis quelques essais tant en Arabe qu’en
Français, sur le danger islamiste et la nécessité de la séparation entre la religion et la vie publique. D’ailleurs un de
mes livres s’intitulait : L’impasse islamique, la religion
contre la vie. En Arabe j’ai publié « Réponse décisive aux
obscurantistes ».
En quoi l'islamisme radical ne serait pas une déviance
de l'islam dit du "juste milieu" ?
Bien malin celui qui prétend trouver une différence essentielle entre l’islamisme radical et cet islam dit du ‘juste milieu’ !
L’intégrisme est d’ailleurs inscrit dans la nature de toute
religion, c’est son essence même. Cet islamisme radical
est le fils légitime de l’islam. C’est le résultat logique que
portait dans son ventre sa vision théologique du monde. En
d’autres termes, il y a un seul Coran et donc un seul islam.
Les islamistes radicaux et les autres musulmans utilisent
les mêmes versets dans leurs prières. Le verset suivant est
-il destiné uniquement aux intégristes : « O prophète ! Incite les croyants à faire la guerre! Vingt braves d’entre eux
terrasseront deux cents mécréants. Cent en vaincront mille
parce que les incrédules ne comprennent rien. » ?
Avez-vous reçu une éducation islamique durant votre
enfance? Si oui, qu'est-ce qu'on vous a appris?
Bien sûr, comme tous les enfants dans le monde islamique. L’éducation islamique est obligatoire dans tout le
cursus scolaire. Personne n’y échappe. On a tout appris !
Comment faires ses ablutions, prier, jeûner, défendre
l’islam, et même comment préparer le mort, la façon de le
laver avant l’enterrer. Je me demande comment je ne suis
pas tombé dans l’islamisme, après tout ce lavage systématique de cerveau.
Que vous inspire le soufisme qui est présenté comme
un mysticisme sympa en France ?
C’est toujours le même corpus de textes et des rites incompatibles avec l’esprit de la modernité : les droits fondamentaux de l’homme, l’égalité entre les sexes, la liberté de
penser, de croire ou ne pas croire etc.. Soufisme ou pas, la
source reste identique, et le problème entier. Il y a qu’une
seule solution : expurger ces textes fondateurs de tout ce
qui en fait une idéologie incompatible avec l’esprit des Lumières.
Comment avez-vous vécu la guerre civile des années
90 en Algérie ?
Cette terrible tentative d’islamisation par la violence en Algérie a montré une chose : la religion est toujours néfaste
et peut toujours mener au désastre.
3
Quels sont les principaux mouvements islamistes en
Algérie, politiques ou sociaux ? Ont-ils des ramifications en France ?
Faute de sondages crédibles, il n’est pas facile de décrypter la situation. Mais les islamistes du MSP (Mouvement de
la société pour la paix), les Frères Musulmans algériens,
occupent le terrain médiatique et associatif. Et ils sont présents dans toutes les équipes gouvernementales depuis
plus d’une quinzaine d’années. Ils ont toujours présenté
des candidats en France à l’élection législative algérienne.
Extrait de L’islamisme, vrai visage de l’islam, page 45 :
« L’islamophobie ou peur raisonnable de l’islam ?
La peur de l’islam serait-elle devenue vraiment un comportement culturel en France ? C’est ce que titrait le journal
arabophone Al-Khabar hebdo après une interview avec un
propagateur français du vocable, Vincent Geisser, celui qui
a voulu dérouter les lecteurs en donnant une image tronquée de la situation des musulmans en France, comme si
ce pays était devenu leur tombeau ! Peur pathologique,
comme le prétendaient l’interviewer et l’interviewé. On ne
croise pas facilement en France des gens normalement
constitués qui détestent les musulmans parce qu’ils sont
La Grande Mosquée de Paris, fédération de 700 mosquées en France, semble donner tous les gages de
bonne convivialité avec la France, peut-on faire confiance à son expérience et autorité pour encadrer un
islam tolérant ?
Quelle est la nature de cet islam tolérant encadré en
France par ces mosquées et associations ? Ces associations ont des buts que les politiques et le medias ne connaissent pas ou ne veulent pas voir. Si rien n’est fait, le
musulman formaté en France par ces institutions en vient
un jour ou l’autre à poser des questions aux politiques
telles que : Allah m’a autorisé à prendre quatre femmes,
pourquoi me l’interdisez-vous ? Pourquoi n’appliquez-vous
pas le droit pénal coranique au moins dans les territoires
où se concentrent les musulmans ?
Pour le dire sans détour, ces mosquées sont en train d’entretenir le problème. Calme relatif aujourd’hui peut-être,
mais crise certaine demain.
simplement musulmans ou parce qu’ils détestent l’islam
comme religion individuelle. Même la minorité raciste n’ose
plus exprimer publiquement sa haine de l’autre. Les lois
sont en alerte et les salauds de racistes sont punis par les
tribunaux, vilipendés par les médias, et vomis par la société civile…
En revanche leurs homologues en terre d’islam sont
comme des poissons dans l’eau. Non seulement, ils traitent
tous ceux qui ne sont pas musulmans d’infidèles et d’ennemis d’Allah, mais ils appellent impunément à les éliminer
de la surface de la terre. Et cela au vu et au su de tous et
dans la presse officielle et les sermons du vendredi transmis par la télévision étatique. Qu’on ne s’étonne donc pas
L'université islamique de Constantine est la plus prestigieuse d'Algérie. Qu'y apprennent les étudiants ?
Averroes, Avicenne, Al-Farabi ? Quelle charia ? Des
sciences humaines et sociales ?
Rien de tout ça. Tout tourne autour de la charia et comment l’appliquer ! Comment démontrer la supériorité de
l’islam ? Le propager puis l’imposer ? Il y a un laboratoire
des études de la foi et la différence entre les religions, un
autre sur les études chariatiques, un troisième sur les techniques de la Da’wa (prosélytisme) et communication etc…
En un mot, cette Université est une arme au service de la
vérité coranique, comme toutes les universités de ce
monde arabo-islamique.
si, lors de la messe de la nuit de Noël 2011, des intégristes
nigériens ont assassiné 40 fidèles. La secte salafiste Boko
Haram* veut ainsi forcer les chrétiens à quitter le nord du
pays majoritairement musulman. De semblables violences
ont lieu également, en Egypte à l’égard des Coptes, en Irak
et dans d’autres pays musulmans où subsistent d’importantes communautés chrétiennes.
Comment voyez-vous la situation évoluer en France ?
Si les racistes occidentaux cachent leur haine par peur de
la loi et de la bonne conscience environnante, leurs équivalents musulmans ne craignent ni la loi ni le ridicule ni leur
coreligionnaires acquis théologiquement à leur cause. Ils
avancent à visage découvert. Redisons-le, il suffirait aux
Occidentaux d’ouvrir les yeux sur tout ce qui se dit sur eux,
Entre l’islam et la République, ce n’est pas d’un match amical qu’il s’agit, mais un conflit ontologique. La collision
entre le Moi islamique et le Surmoi républicain est inévitable. Sans le retour à une laïcité rigoureuse, le ‘vivre ensemble’ reste toujours menacé.
et sur les qualificatifs dont ils sont affublés dans les livres
de musulmans, pour devenir tous hostiles au monde islamique. Le respect exigé par les musulmans n’est pas réciproque. Sur la chaîne Al jazeera et devant des millions de
téléspectateurs arabes, un prédicateur saoudien déclarait,
en conclusion à une série de conférences sur l’islam, don4
nées pendant plus de quatre mois en Europe : « Toute la
civilisation occidentale ne vaut pas une seule poussière
sous la chaussure de notre prophète Mohamed. »
*« L’éducation occidentale est un sacrilège »
Hamid Zanaz, L’islamisme vrai visage de l’islam, éditions
de Paris/Max Chaleil, Mars 2012, 9 euros. Page 45.
5
années) alimenteront sans discontinuer les mosquées de
l’UOIF, c’est mécanique.
Ce titre peut paraître provocateur, mais beaucoup d’informations permettant de saisir la véritable dynamique de
cette fédération d’associations islamiques n’ont pas été
données par la presse, faute de place dans des articles
courts formatés pour le grand public ou simplement par
ignorance.
Et, admettons, ce qui est fort peu probable, que les 450
associations cultuelles rattachées à l’UOIF soient dissoutes. Ses membres créeraient alors d’autres associations sous d’autres nom et mettant soigneusement dans
leur statut le respect des valeurs républicaines, et comme
la justice ne fonctionne pas avec des procès d’intention ils
auront toujours le bénéfice du doute.
L’UOIF a certes essuyé un revers, après l’interdiction
de territoire de six prédicateurs (grâce à un article de
l’Observatoire qui a été partagé des milliers de fois sur Facebook dès le lendemain du décès de Merah), mais en
quoi cela ferait baisser l’influence et la progression du
mouvement ?
Autre victoire des dirigeants de l’UOIF, ils ont tous obtenus la nationalité française, alors qu’ils sont tous -et
encore grâce à la double nationalité- marocains,
comme Fouad Alaoui, son ex président né au Maroc en
1961, ou Amar Lasfar de la mosquée de Lille Sud, né
en 1960 également au Maroc et ayant été naturalisé
français par la magie républicaine en 1997.
Aucunement, car les axes de progression de l’UOIF ne
sont en rien remis en cause:
- 40 lieux de cultes supplémentaires par an sont affiliés à
l’UOIF et 450 mosquées affiliées en 2012.
L’Union des organisations islamiques de France a été
créée en 1983 par deux étudiants étrangers. Les initiateurs
de cet embryon de fédération d’associations musulmanes
que se veut l’UOIF sont trois étudiants originaires du
Moyen-Orient résidant dans l’Est de la France : Ahmed
Mahmoud, né le 5 mars 1947 à El-Minia en Egypte, Zuhair
Mahmood ayant pour sa part vu le jour le 1° juillet 1952 à
Mossoul en Irak, tous deux élèves-ingénieurs et Mohamed
Khaldoun Bacha, né en 1955 en Syrie, terminant à ce
moment des études de médecine à Besançon. Ils sont respectivement président de l’Association des musulmans de
France, de l’Association islamique de l’Est de la France
(AIEF) et du Centre culturel islamique de Franche-Comté
(CCIFC).
- Déjà plusieurs collèges et lycées sous contrat avec l’état
ou non, à Décines, Lille, Marseilles, Vitry, de nombreux
projets qui ne seront pas interdits.
- Les ouvrages de référence des Frères Musulmans sont
disponibles dans toutes les librairies musulmanes et en
vente en ligne.
- Les cheikh de référence, notamment ceux interdits de
séjour, diffusent leurs idées sur les chaînes satellitaires
arabes (Al-Nas, Al-Arabya, Iqra, Al-Jazeera…) et sur les
sites internet incensurables.
- L’UOIF a les deux écoles d’imâms les plus fréquentés en
France, l’IESH à Saint-Léger-du-Fougeret et sa nouvelle
antenne à La Courneuve. Malgré les enseignements basés
sur ceux du cheikh Al-Qaradawi interdit de séjour, qui y a
donné souvent des « maste-class » aucun gouvernement
UMP ou PS n’osera fermer ces centres islamistes.
A sa naissance, l’UOIF ne représente que six à sept
associations faméliques en effectifs dont, outre celles qui
viennent d’être citées, l’AMAM, le GIF et la Ligue socioculturelle islamique à Lille. Le président de cette dernière,
le cardiologue syrien Mohamed Jammal, connu pour son
rôle au sein des Avant-Gardes islamiques, la fraction activiste de la branche syrienne des Frères Musulmans, deviendra même, le 8 juillet 1985, le trésorier de cette coalition, à laquelle, au fil des mois s’adjoindront quelques
autres petits groupes islamistes aux effectifs tout aussi réduits.
A moyen et long terme il suffit de regarder la courbe de
progression de l’UOIF dans le paysage islamique français
pour comprendre qu’aucune raison ne limitera sa trajectoire.
Ces dix dernières années ont été dynamiques pour le
mouvement, de très belles grandes mosquées, souvent
avec minaret ont éclos : Mulhouse, Hérouville-ST-Clair
(Caen), Nantes, Poitiers, Massy…
Le 28 octobre de la même année, deux Tunisiens :
Ahmed Jaballah, d’Antony en banlieue parisienne, frère
du président du Groupement islamique en France et Abdallah Ben Mansour, membre fondateur et chef de file du
GIF à sa création - à l’époque, il est le principal animateur
du Rang Islamique en France - prennent les commandes
de l’Union des organisations islamiques en France, respectivement en qualité de président et de secrétaire général.
Cela correspond au transfert du siège de l’UOIF de Nancy
à Amiens et à l’accentuation de son caractère cosmopolite.
Et les projets de mosquées manquent pas, comme à Bordeaux où Alain Juppé a fait acheter pas sa municipalité 1
hectare afin d’en mettre 8000 mètres carrés à disposition
pour une Grande mosquée pilotée par l’islamiste Tareq
Oubrou de l’UOIF.
Les vannes grandes ouvertes de l’immigration (voir à ce
sujet notre dossier sur le bilan migratoire des 10 dernières
En effet, en plus de ses créateurs Syriens, Egyptiens,
Irakiens et Tunisiens, on note cette année là l’apparition
6
dans son conseil d’administration - qui ne comprend en
1985 aucun Français, même par naturalisation - d’un ingénieur yéménite vivant à Limoges : Abderrahman Bafadel,
né le 9 avril 1948 à Hadramaout (Yémen du Sud).
(Entretien de Sylvain Besson avec Abdallah ben Mansour, 27
mars 2005, cité dans La conquête de l’Occident, le Projet secret
des islamistes, Seuil, 2005, page 100 )
Lors d’un entretien avec le journal algérien l’Expression
du 16 mai 2002, Lhaj Thami Breze dut s’expliquer sur la
présence au congrès de la même année, du chef des
Frères musulmans algériens de l’époque, Mahfoud Nahnah (mort en 2003) dirigeant du Mouvement de la société
pour la paix MSP).
« Votre organisation n’est-elle pas proche des Frères musulmans?
Nous sommes des Frères musulmans, mais nous
ne sommes pas les Frères musulmans. Tout le monde, à
mon avis, doit être fier des Frères musulmans. Cheikh
Nahnah a un mouvement de Frères musulmans. Les
Frères
musulmans
représentent
le
renouveau.
Nous sommes une tendance, un mouvement qui puise ses
fondements, sa doctrine de la France indépendamment de
toute appartenance idéologique ou politique. Les Frères
musulmans, nous les connaissons bien, sont le meilleur des mouvements qui existent. Ils ont su bien
s’adapter à la modernité et ils ont su aussi adapter le discours et la pratique de l’islam à notre époque. Moi, je
pense comme Cheikh Nahnah qui est un personnage moderne et modéré. »
26 ans après sa création l’UOIF est désormais présidée par un Marocain de Cenon, en Gironde, Lhaj Thami
Breze (photo), né en 1957 à Dar El Gueddari (Maroc), qui
se présente comme un spécialiste en sciences politiques.
Jusqu’à cette nomination, il était essentiellement connu
comme le principal animateur du Conseil islamique de la
région Aquitaine.
Son arrivée en 1996 à la tête de la structure complexe
qu’est devenue l’UOIF entraînera le départ du poste de
secrétaire général d’Abdallah Ben Mansour, remplacé par
un voisin à Cenon du nouveau président : Fouad Alaoui
Bouarraqui, né le 30 septembre 1961 à Taza (Maroc). Ce
dernier est le fondateur de l’UISEF, l’Union islamique des
sections des étudiants de France, qui a vu le jour en 1989
à Bordeaux.
Ainsi fonctionnent les Frères Musulmans à travers le
monde, en associations autonomes sans liens organiques
avec la direction générale basée au Caire, afin de s’intégrer nationalement et de ne pas pâtir de l’image sulfureuse
des mouvements frères de l’étranger optant pour un activisme plus musclé.
Jusqu’au milieu des années 90, l’UOIF s’appelait Union
des organisations islamiques « en » France et non « de »
France. Ce qui change tout. Cela change, de son point de
vue, que la France est en passe de devenir une terre
d’islam (Dar al islam). Il est vrai que lorsque l’on observe
des mosquées sortir de terre tous les mois, que l’on trouve
déjà normal que la charia soit appliquée dans les écoles
(pas de porc dans les cantines) et dans les piscines
(horaires spéciaux dans plusieurs villes), avec un Aid el
Kebir férié concédé par une circulaire de l’Education nationale, on ne saurait leur donner tort.
L’UOIF est de tendance salafiste réformiste, c'est-à-dire
le courant qui a inspiré les Frères Musulmans. La réforme
prétend revenir aux sources de la foi du prophète, en recréant la société islamique des 4 premiers Califes, dit
Râshidûn (bien guidés). Le mot salafisme tire son nom des
pieux ancêtres (salaf essalih), compagnons du prophète.
Fouad Alaoui (photo), toujours secrétaire général de
l’UOIF avoua par le passé que Faycal Mawlawi, chef de
la branche libanaise des Frères Musulmans, la Jaamat
Islamya, a « longtemps été » une de ses « références religieuses ». D’ailleurs, ce dernier avoue avoir aidé l’UOIF à
ses débuts : « J’ai contribué à la création des deux organisations, au niveau français d’abord, puis au niveau européen » affirma-t-il au journaliste Sylvain Besson en parlant
de la FOIE (Fédération des Organisations Islamiques d’Europe) coordonnant les associations nationales d’Europe.
Abdallah ben Mansour, l’ancien secrétaire général, assume totalement la filiation intellectuelle entre l’UOIF et
les Frères Musulmans : « Pour avoir une mosquée, il faut
une association. Nous, les étudiants, nous étions les gens
les plus lettrés de la communauté, nous avons créé les
douze associations qui se sont réunies au sein de l’UOIF.
Elles étaient pilotées par les étudiants parce qu’ils étaient
l’élite des musulmans de France. Même s’ils n’en étaient
pas membres, tous ces étudiants étaient issus de l’école,
de la pensée des Frères Musulmans. Il n’y a pas de liens
organiques entre les organisations qu’ils ont créés en Europe et les Frères, mais notre grille de lecture générale
coïncide avec celle des Frères »
Les Frères Musulmans tunisiens sont également présents
au sein de l’UOIF. Rached Gannouchi, vainqueur des
élections tunisiennes, est le fondateur en 1972 de la Jama’a Islamia bi Tounes (Le Groupement Islamique en Tunisie ou GIT), qui devint l’expression locale du courant proégyptien au sein des Frères Musulmans. L’année suivante,
un délégué est dépêché à La Mecque où se tient, conjointement aux cérémonies du pèlerinage, une des très rares
7
réunions ayant rassemblé les principaux responsables des
divers courants divisant les Frères Musulmans.
man : «… l’Islam est une religion suprême par rapport à
toutes celles qui l’ont précédé. C’est Dieu qui en a décidé
ainsi et il en est le garant. [...] Il est écrit que cette religion
l’emportera inéluctablement sur toutes les autres religions.
Mais au prix d’un long parcours parsemé d’embûches. Une
seule condition est requise : la communauté musulmane en
tant que concept politique doit être unie dans la Miséricorde.
[...] Le principe primaire de cette croisade est le prosélytisme dans les lieux de prière.
[...] Il ne faut pas croire ceux qui vous disent que la
politique ne doit pas se faire dans l’enceinte de la mosquée. Où se fait donc la politique ? La mosquée est le
siège du gouvernement islamique. Où le prophète Mahomet et ses nobles successeurs conduisaient-ils les affaires
de l’Etat ? N’est-ce pas dans la mosquée que la justice est
rendue, l’enseignement dispensé et même l’entraînement
ainsi que la conduite des opérations militaires ?
[...] Qu’est-ce que cette séparation de l’Etat et de la religion ? L’Ilmania [laïcité], c’est un concept de Kouffars
[infidèles]. Regardez, par exemple, le grand Babbass [le
Pape] et les religieux chrétiens ou les rabbins, ne tiennentils pas de discours politiques ? Le musulman devrait-il seul
s’abstenir de s’occuper de politique ?
[...] Aujourd’hui la plupart des nations arabes sont dirigées par des Mounafiqoun [hypocrites]. Ces derniers se
disent islamiques. En réalité, ils règnent sur les terres d’Allah au profit des kouffars, alors que le Prophète a mis en
garde les musulmans de prendre pour tuteurs les chrétiens
et les juifs. Ces gouvernements d’hypocrites sont plus dangereux que ces derniers et il importe de les combattre en
priorité. [...] Ils se sont coalisés avec les gens du Livre [les
chrétiens et les juifs] pour fouler le sol de la presqu’île Arabique, siège des deux Lieux Saints et qui plus est, pour
combattre un pays musulman. Pourtant le prophète a dit :
«j’ai purifié cette terre pour toujours, il n’y a pas de place
pour deux religions». [...] les musulmans luttent partout et
l’Islam connaît un état de grâce sans précédent. [...] Au
siècle dernier, les musulmans étaient au nombre de 20
à Paris. Aujourd’hui, ils sont plus de deux millions. [...]
Les mosquées, les établissements et les quartiers musulmans ont connu, depuis une vingtaine d’années,
une expansion vertigineuse en France. [...] L’Iran, le
Soudan sont devenus des états islamiques. L’lslam politique avance en Jordanie, au Pakistan, au Yémen, en Turquie, en Russie, en Bulgarie. [...] La formidable révolution
islamique en Algérie est sans précédent. [...] Priez pour
qu’elle soit bénite… ».
A cette occasion, le représentant tunisien ainsi que son
homologue algérien, le cheikh Mahfoud Nahnah prêtèrent pour la première fois- le rituel serment d’allégeance (El
Baya’a) au nom de leurs organisations, à celui qui était
encore à ce moment le guide suprême de la Confrérie,
l’Egyptien Hussein Al Houzaib.
Le 6 juin 1981, le GIT prendra l’appellation de Mouvement de la tendance islamique (MTI) qui se transformera
en avril 1989 en un parti politico-religieux : En-Nahdha.
Plus ou moins manipulés, un certain nombre de ses adhérents passeront rapidement dans la clandestinité avant de
se lancer dans une rocambolesque tentative de coup d’Etat
ayant pour but d'instaurer une République populaire islamique en Tunisie. Fuyant la répression, consécutive à plusieurs attentats, les cadres de cette structure islamiste se
retrouveront nombreux en France dans les associations
constituant l'UOIF, où ils seront rejoints par Rached Ghannouchi, après son expulsion d’Egypte en 1989.
Rached Ghannouchi (photo) et Salah Karker (islamiste
mêlé à la préparation d’attentats visant quatre hôtels en
Tunisie le 2 août 1987, ce qui lui vaut d’être depuis décembre 1987 l’objet d’un mandat d’arrêt international) seront jusqu'au départ de France du premier ou l’assignation
à résidence du second, parmi les principaux hôtes officiels
des premiers congrès annuels que l’UOIF tint au Bourget.
Durant son séjour en France, de 1989 à 1992, Ghannouchi
y prendra chaque année la parole à la tribune, En-Nahdha
disposant, tout comme le FIS jusqu’en 1993, d'un stand
dans l’enceinte de ce rassemblement. Invariablement, au fil
des étals installés dans le hall et les couloirs, on trouve
aussi bien des tchadors et des Corans que des cassettes
vidéo. Ces dernières - disponibles le reste du temps dans
la plupart des mosquées inféodées à l’UOIF - sont parfois
surprenantes. Comme l’une d’entre elles, reprenant une
conférence du cheikh Ghannouchi, enregistrée en 1992, au
Bourget et qui est très révélatrice.
Et Ghannouchi d’exhorter son auditoire : «N’oubliez surtout pas que vous êtes ici des immigrés au sens de l’immigration du Prophète avec ses compagnons pour étendre
l’Islam. [...] Vos prédécesseurs étaient des ouvriers. [...]
Tachez de devenir des patrons [...] Epargnez et créez des
entreprises, telles que des sociétés de taxis, des boucheries. [...] Faites en sorte que pas un seul franc ne tombe
ailleurs que dans la poche d’un musulman... ». En avril
1996, dans une tribune publiée par Die Zeit, quotidien
d’Hambourg, le leader d’En-Nahdha se prononcait d’ailleurs clairement sur le sujet de la violence et de l’emploi de
la force pour instaurer le règne d’Allah : «... L’Islam frappe
à toutes les portes. Il progresse par les moyens pacifiques
partout où c’est possible. Mais si les portes lui restent fermées, alors il cherche à les ouvrir, parfois sous la pression
du peuple, parfois en faisant usage de la violence... ».
La transcription partielle de ce document en effet ne
manque pas d’intérêt, si l’on se remémore que lors de ses
rencontres avec des journalistes ou des hommes politiques
tant européens qu’américains, cette figure emblématique
de l’islam radical tient des propos non violents et aime donner d’elle-même une image moderniste, démocrate et pluraliste. Or, la traduction des discours de Rached Ghannouchi - de ses prêches plutôt - en arabe distille une toute
autre vision des convictions de ce chef religieux musul-
L’UOIF dispose de deux écoles d’imams afin de diffu8
ser cette idéologie de conquête. Le centre de Saint Léger du Fougeret, dans la Nièvre, est le site historique du
pompeux Institut européen de sciences humaines (IESH),
qui ouvrit ses portes en 1990 grâce à des fonds Séoudiens.
Ahmed Jaballah, président de l’UOIF à la fin des années
80, est un des responsables de l’enseignement. Dans un
texte à destination de ses élèves, « Nos religions et leurs
interdits, le cas de la religion musulmane » il énonce une
série d’agissements méritant des « sanctions judiciaires ».
Parmi les différentes actions répréhensibles, on peut lire
« L'apostasie est totalement prohibée. ». Cela est très inquiétant, car la sanction pénale envers les apostats prévue
par l’islam (sunnite ou chiite) est la mise à mort du contrevenant. Le centre de Saint-Léger du Fougeret a parfois
d’autres utilités, comme par exemple en septembre 1993,
quand une délégation koweïtienne sollicita les responsables de l’institut pour conclure un accord commercial
portant sur l’achat de viande. Mieux, en janvier 1994 le ministre des Biens Islamiques et des affaires religieuses de
ce même Koweït promu Ahmed Jaballah superviseur en
France des viandes exportées vers le Koweït. Un privilège
très honorifique et peut-être non sans arrières pensées
financières. Au niveau de la mentalité des élèves de
l’école, un certain Nabbil Ennasri se présenté par le site
Oumma.com comme « actuellement étudiant en théologie
musulmane à l’Institut européen des sciences humaines de
Château-Chinon » et qui « a séjourné dans plusieurs pays
du Golfe (Qatar, Emirats Arabes Unis) » s’est fendu d’un
article intitulé sobrement « A quand les prochaines
émeutes en France ? » mis en ligne le 11 octobre 2009.
Ecrit suite à la relaxe par la Cour d’assise d'un policier
ayant tué un cambrioleur arabe en délit de fuite, il se termine par cette sentence : " Qu’on ne s’étonne pas alors
si une autre flambée de violences, plus dure et plus
violente, risque d’embraser à nouveau les banlieues
françaises. En tout cas, vous ne pourrez pas dire qu’on
ne vous aura pas prévenu…". Voilà qui a le mérite de la
clarté.
plus grand criminel contemporain du Moyen Orient, afin de
lui rendre un hommage appuyé. Lors de l’offensive Israélienne de janvier 2009, l’UOIF publia des communiqués où
elle condamna un « génocide » commis par des « criminels
de guerre », mais sans condamner les tirs du Hamas sur
les civils israéliens, et surtout sans dénoncer la méthode
du Hamas consistant à utiliser les civils palestiniens
comme boucliers humains. Effectivement, comme l’explique Fathi Hamad, représentant du Hamas au conseil
législatif de l’Autorité palestinienne « pour le peuple palestinien, la mort est devenue une industrie dans laquelle excellent les femmes et tous les gens de cette terre, les personnes âgées y excellent, les djihadistes y excellent, les
enfants y excellent. Par conséquent, [les Palestiniens] ont
créé un bouclier humain de femmes, d’enfants et de djihadistes contre la machine à bombarder sioniste, comme
s’ils disaient à l’ennemi sioniste : nous désirons la mort
comme vous désirez la vie »
Ainsi, le Hamas, en amassant des civils près des zones
de tirs de roquettes et des zones de villégiature de ses activistes, cherche délibérément à instrumentaliser la population afin de peaufiner sa communication et de crier au
« génocide ». Ce procédé, également usité par le Hezbollah, n’a pas l’air de choquer les musulmans Français.
L’UOIF entretient des relations troubles avec d’exmembres du gouvernement soudanais qui est actuellement
au banc de la communauté internationale pour cause
d’épuration ethnique au Sud Soudan. L’ancien ministre des
Affaires religieuses du Soudan, Issam Al Bashir, est tous
les ans un des invités vedette du rassemblement annuel au
Bourget. La question est également de savoir pourquoi le
ministère de l’Intérieur autorise de lui délivrer un visa, tout
comme à Hani Ramadan (de nationalité suisse), afin d’animer les conventions de l’UOIF.
L’UOIF met en garde ses fidèles à ne pas s’intégrer à la
société française. Son objectif est de préserver la Oumma
de l’influence néfaste de l’Occident, de la maintenir en vase
clos et d’obtenir à l’avenir l’autorisation de vivre selon la
charia, comme il se pratiquait dans les départements d’
Algérie avec la cohabitation du droit islamique et du droit
français.
Le Conseil européen de la fatwa et de la recherche,
structure juridique consultative l’UOIF, dont fait partie le
directeur des études Amhed Jaballah, est dirigé par Yussuf
al Qaradawi qui s’est prononcé sans ambages sur la nécessité de tuer les apostats et les homosexuels dans son
livre de référence « Le licite et l’illicite en islam » (El Qalam,
2001). Le sanguinaire Qaradawi qui a déjà été invité à
l’école d’imam de l’UOIF pour donner des conférences aux
apprentis imams, est toujours mentionné comme membre
du « conseil scientifique » de l’école. Il est donc assez cocasse que l’UOIF ait pris pour thème lors de son congrès
annuel en 2004 « La liberté religieuse », alors que celle-ci
est punie de mort par ses références doctrinales. A l’heure
où ces lignes sont écrites, en octobre 2009, Qaradawi apparaît sur la page d’accueil du site Internet de l’UOIF dans
un encadré promouvant son nouveau livre Le sens des
priorités.
A cet égard, Farid Abdelkrim, qui fut longtemps un
membre actif de l’UOIF, propose que les musulmans résistent à la culture française au sein d’enclaves territoriales tel
Astérix face au Romains. Il a d’ailleurs écrit un livre parodiant Astérix, après la sortie de son livre « Islam de France,
ils sont fous ces musulmans » . Voici le contenu du quatrième de couverture :
« Nous sommes en 2005 après Jésus-Christ. Toute la
Gaule est occupée par les Gaulois...Toute ? Non ! Des
villages peuplés d'irréductibles musulmans résistent
encore et toujours à l'intégration. Et la vie n'est pas
facile pour les garnisons de républicains laïcs gaulois
des camps de Marseillorum, Strasbourgum, Villeubarnnum, Saint-Denisum et Roubaixum »
L’UOIF peut se targuer d’être la première organisation islamique de France, capable de réunir lors de ses
congrès annuels au parc des exposition du Bourget,
plus de 80 000 personnes sur trois jours.
L’organisation se range du côté du Hamas lorsque le
mouvement armé entre en conflit avec Israël. Ce qui est
logique : le Hamas est la branche palestinienne des Frères
Musulmans. Après la neutralisation du cheikh Ahmed Yassine en mars 2004, le mois suivant lors du congrès annuel
de l’UOIF, toute la salle applaudit la mémoire d’un des
9
On peut difficilement faire pire en terme de provocation
envers la France. Si Farid Abdelkrim démissionna de
l’UOIF en juin 2005, il n’en fut pas moins amicalement invité en tant que conférencier au meeting d’avril 2009 de la
Rencontre annuelle des musulmans de France, ayant réuni
selon la presse pas moins de 150 000 personnes, organisé
par le mouvement. Sur le site officiel du meeting, Farid Abdelkrim est pourtant toujours présenté en 2009 comme
« membre de l’UOIF ». Quoiqu’il en soit, celui qui présida le
mouvement de jeune de l’UOIF, les Jeunes Musulmans de
France, peut être considéré comme tout à fait représentatif
de l’orientation idéologique du mouvement.
En 2004, Amar Lasfar (photo avec Martine Aubry) ouvre
un lycée musulman reconnu par l’Etat, le lycée Averroès,
dont les locaux se situent juste au dessus d’une mosquée.
Le responsable musulman annonçait alors à la presse
« C’est un grand jour pour l’islam de France et la communauté musulmane qui ont fait un grand chemin pour la réussite de ce projet. Ce lycée est aussi une vitrine, un laboratoire pour l’UOIF. ». Deux ans plus tard, un deuxième
lycée sera ouvert par l’UOIF, à Décines dans la région
lyonnaise, ce qui coûtera son poste au recteur d’académie
Alain Morvan, ayant osé émettre des réserves, il sera débarqué par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur.
Autre provocation, celle de Lhaj Thami Breze, président
de l’UOIF ayant affirmé lors d’un congrès de l’UOIF « Le
Coran est notre constitution » le 12 février 2003 au Bourget.
Affirmation
minimisée
comme
une
simple
« maladresse » par Tareq Oubrou, imam de la mosquée de
Bordeaux dont nous avons dressé le portrait dans le chapitre « Les excellentes relation d’Alain Juppé ».
Dans un entretien dans la revue Homme et migration en
1999 il récusait le concept de citoyenneté républicaine auquel il substituait l’appartenance à la oumma, où la charia
serait amenée à remplacer les lois impies de la république
dans des enclaves territoriales : « Dans l’islam la notion
de citoyenneté n’existe pas, mais celle de communauté
est très importante, car reconnaître une communauté,
c’est reconnaître les lois qui la régissent. Nous travaillons à ce que la notion de communauté soit reconnue
par la République. Alors, nous pourrons constituer une
communauté islamique, appuyée sur les lois que nous
avons en commun avec la République, et ensuite appliquer nos propres lois à notre communauté »
Dans la même veine, avant de réorienter sa stratégie de
communication, il affirma : « L’Assimilation suppose pour
les populations islamiques se fondre à terme dans la population. Ceci est exclu car cela signifie l’abandon de la loi
islamique […] Il n’y aura pas de dérogation à cette règle ».
Autre sortie verbale édifiante, celle de Tariq Suwaidan
(photo), Cheik Koweitien invité au vingt-sixième congrès
de l’UOIF en avril 2009, citant un hadîth prédisant la conquête de Rome, conformément à une célèbre prophétie de
Mahomet reconnue par le monde sunnite. Tariq Swaidan
enjoint les musulmans à ne pas craindre de citer ce hadîth,
et reçoit de la salle des applaudissements nourris !
L’UOIF contrôlerait 450 mosquées et bénéficie du soutien des mairies socialistes pour l’édification de ces dernières comme à Poitiers, Nantes (Jean-Marc Ayrault a fait
financé intégralement la partie culturelle de la mosquée de
l’UOIF sur fond municipal) et Villeurbanne. Les maires
UMP ne sont pas en reste comme nous l’avons vu à Bordeaux, Mulhouse, Woippy, Marseille et bien d’autres villes
de droite .
Pour l’organisation, la loi sur l’interdiction du port du
voile à l’école est « scélérate » :
« au nom de la défense de la laïcité, une loi scélérate
décrétée le 15 mars 2004, exclut des jeunes filles françaises de l'enseignement public au motif de leur habillement. »
En ce qui concerne les écoles, l’UOIF est la seule organisation a avoir ouvert deux établissements d’enseignement
secondaire, un à Lille avec le Lycée Averroès, et à Décines avec le collège-lycée Al-Kindi, ce dernier ouvert
contre l’avis du recteur Alain Morvan qui avoua avoir subi
des pressions de la part du Ministère de l’Intérieur de
l’époque, Nicolas Sarkozy. L’ambition du Lycée Al-Kindy fut
développée par une des responsables lors d’un reportage
vidéo réalisé par l’UOIF lors du meeting du Bourget en avril
2009. L’objectif premier de l’école ne serait pas de préparer
prioritairement des jeunes aux filières professionnelles
mais « de les former et de les aider à devenir des futurs
porteurs de projets, que ce soit au niveau de l’éducatif, que
ce soit au niveau d’associations, pour permettre justement
la structuration de la communauté musulmane au sein de
la France entière ». En somme préparer les futurs cadres
qui mettront sur pied un réseau national parallèle d’éducation islamique. Preuve que les inquiétudes du recteur Morvan n’étaient pas infondées, voici ce que rapporte le journal
Lyon Plus dans son édition du 22 mars 2010 : « Samedi
dernier, c’était journée portes ouvertes au lycée Al Kindi.
Beaucoup de monde et des élèves heureux de montrer leur
travail. Dans une salle de présentation des cours de civilisation islamique, des affiches qui expliquent les ablutions.
Et un panneau sur le mariage, réalisé par deux élèves de
Seconde, où on lit : « Les femmes doivent obéir à leur ma-
Amar Lasfar, recteur de la mosquée de Lille-Sud, a
beaucoup obtenu de la mairie socialiste ces dernières années. Ce Marocain né en 1960 a été naturalisé français en
1997. Il est le responsable de la propagation de l’orthodoxie de la foi [la Da’wa, en arabe].
10
alors :
« les soutiens financiers apportés par la Ligue islamique mondiale pour aider à la pratique du culte musulman sont possibles » en précisant, pour faire contrefeu, sous réserve qu’elle ne contrôle pas les objets qu’elle
finance. Mais on voit mal des mosquées dépendantes d’un
robinet saoudien critiquer le Wahhabisme…
ri, sauf si c’est contraire aux préceptes de l’islam. Elles ne
doivent pas sortir sans leur permission. »
A Vitry-sur-Seine, c’est un collège dénommé « Education
et Savoir » qui est ouvert depuis mars 2008, qui suivant le
programme de l’Education nationale, agrémenté de cours
d’arabe et d’éducation islamique. A Marseille, l’UOIF vient
également de lancer un collège dénommé Ibn Khaldoun,
ouvert depuis la rentrée de septembre 2009, avec deux
classes de sixième.
Son organisation ?
C’est Le Monde qui nous l’apprit dans son édition du 16
octobre 2007 :
Nicolas Sarkozy avait inconsidérément légitimé
l’UOIF en l’incorporant dans le Conseil français du
culte musulman (CFCM). Se justifiant, le Président
avait affirmé que « les partisans d’un islam plus épicé
ont leur place à l’intérieur du Conseil Français du Culte
Musulman » le 19 septembre 2005 à l'Académie des
sciences morales et politiques...
« un haut fonctionnaire du ministère de l’intérieur, spécialiste de l’islam, remplira les fonctions de directeur général
aux côtés du président, le recteur de la Grande Mosquée
de Paris, Dalil Boubakeur[…] Outre la présidence Afin de
conserver les équilibres entre les composantes de l’islam
français, les parties prenantes ont décidé, lundi 15, d’instaurer une présidence tournante et de confier, dans deux
ans, la tête de la Fondation au vice-président de l’Union
des organisations islamiques de France (UOIF), Fouad
Alaoui. »
Irresponsable, le ministère de l’Intérieur promit à
l’UOIF la présidence de la Fondation des œuvres pour
l’islam de France, et ce dès 2009.
Ainsi, tant que l’UOIF bénéficiera de financement orientaux, de l’apport d’une immigration musulmane, rien n’arrêtera son expansion. Quatre collèges et lycées ont ouvert en
l’espace de moins de dix ans, combien dans dix ans ? 450
mosquées affiliées sur les presque 3000 que compte la
France, et les autres fédérations islamiques ne sont pas
moins orthodoxe en terme de doctrine. La Charia sunnite
est à 80% la même suivant les écoles juridiques et s’accorde sur les fondamentaux, notamment sur la propagation
(Dawa’) et la logique communautariste.
Voici une présentation de cette Fondation permettant de
mieux comprendre son objet :
Voici une présentation de cette Fondation permettant de
mieux comprendre son objet :
Son rôle ?
Selon Dominique de Villepin, lors du discours d’annonce
de la création en mars 2005 :
« Mettre à disposition des locaux ou des terrains
pour des loyers symboliques, par le biais de baux emphytéotiques de très longues durée, consentir des garanties d’emprunt pour la construction d’édifices cultuels, exonérer de certains impôts les lieux de culte et
les associations qui les gèrent » A noter que le rapport
Machelon, commandé par Nicolas Sarkozy, préconise de
« saisir le juge administratif » (p.19) ce pour contraindre les
maires refusant la pratique des baux emphytéotiques
(pratique légalisée en catimini par l’UMP par ordonnance,
en avril 2006).
La France peut encore réagir en stoppant le phénomène
de l’immigration massive. Mais il faudra pour cela se réapproprier notre souveraineté face à Bruxelles et aux conventions européennes protégeant le droit d’asile, le regroupement familial, les délivrances de visas. Et réformer le code
de la nationalité, 130 000 étrangers, dont une grosse moitié
correspond aux pays du Maghreb, devenant français
chaque année. Sans parler du droit du sol...
Ses moyens ?
La Fondation reçoit des fonds de mécènes anonymes,
souvent étrangers. « Les monarchies du Golfe ont envoyé
des signaux positifs » rapportait Cécilia Gabizon du Figaro
en mars 2005. A ce jour, 1 million d’euros ont été collectés.
Les citoyens français n’ont toutefois pas le droit de connaître l’origine exacte de ces fonds, alors que les propriétaires de la Caisse des dépôts, c’est eux ! Le Figaro a rapporté dans son édition du 13 octobre 2007 les propos d’un
fonctionnaire anonyme expliquant également une technique de financement par des entreprises françaises, en
contrepartie de bonnes relations avec des clients de la péninsule arabique…
Le Moyen Orient wahhabite va-t-il être le premier bailleur de fond de la Fondation ? Cela est fort possible :
le mardi 8 octobre 2002, Nicolas Sarkozy recevait officiellement le Secrétaire général de la Ligue islamique
mondiale, Abdallah Turki. Le communiqué officiel de
l’Intérieur, cité dans le Figaro du 09/10/2002, rapportait
11
Traduit de l'article arabe de IslamOnline.net, 8 Janvier
2011 :
"(...) Je tiens à préciser ici la différence entre les modérés
et les extrémistes, ou les «défensifs (les djihadistes)" et
"offensifs (djihadistes)", comme on les appellent certains.
Certains partisans du djihad offensif n'ont pas été justes
envers ceux qui détiennent le point de vue opposé. Ils ont
mis des mots dans leurs bouches, qu'ils ne disent pas, et
les ont accusés de ce qu'ils sont innocents. Ils disent: "Ils
(les djihadistes défensifs) n' acceptent pas le jihad offensif
en toute circonstance, sous quelque forme, ou pour toute
raison, ils ne croient le djihad légitime, sauf dans une condition, lorsque les musulmans sont attaqués dans leurs
maisons et sur leurs terres. C'est la façon dont ils se représentent l'opinion des modérés ou des défensifs (les djihadistes).
Ayant renoncé à venir au congrès de l’UOIF suite à un appel de Sarkozy à l’émir du Koweit Al-Thani, proche de lui,
Yussef Al-Qaradawi, nous l’avions vu, s’est clairement
exprimé pour la justification du meurtre des apostats, des
homosexuels et des juifs, les musulmans étant appelé à
répéter le « châtiment divin » de la Shoa (en janvier 2009
sur Al-Jazeera)
Je pense qu'ils ne sont pas justes avec la partie adverse,
et ne sont pas précis et honnêtes dans la présentation de
leurs points de vue. Celui qui lit et cherche à comprendre les "modérés" , comprendra qu'ils acceptent le
jihad offensif, et l'attaque des infidèles sur leurs terres,
pour plusieurs raisons, y compris ce qui suit:
Président de l’Union Mondiale des Savants musulmans,
ayant intégré l’université islamique d’Al-Azhar, il est une
autorité non discutée chez les sunnites.
1 - Afin de garantir la liberté de propager l'appel à l'Islam
[Dawa'], pour éviter la fitna dans la religion , et éliminer les
obstacles physiques qui empêchent l'appel à l'Islam d'atteindre la multitudes des gens. Ce fut la raison pour laquelle les conquêtes des califes bien-guidés [rashîdûn] et
des compagnons [du Prophète] se firent, ainsi que ceux qui
les ont suivis dans la justice. Ils se sont employé à supprimer le pouvoir des tyrans qui contrôlaient les corps et les
esprits des hommes, et qui a dit quoi Pharaon dit à ceux de
son peuple qui crurent (en l'islam): "Avez-vous cru avant
que je vous ai donné la permission de croire? " Il s'agit de
la forme de réalisation de l'objectif exprimé dans la parole
du Tout-Puissant: "Combattez-les jusqu'à ce que il n'ya
plus de fitna.[de divisions]"
Nous vous présentons ce mois-ci une traduction d'un extrait du livre Cheikh Yusuf al-Qaradawi Fiqh al-Jihad [Le
droit du Jihad], qui a été publié sur IslamOnline.net. Le président du Conseil européen de la fatwa et de la recherche ,
structure de production juridique de l'UOIF, défend la position des 'modérés' selon ses termes, contre les attaques
des extrémistes qui prétendent que les modérés n'accepteraient pas le jihad offensif. Al-Qaradawi soutient que les
modérés ne s'opposent pas au jihad offensif sous certaines
conditions, y compris lors des raids en territoire ennemi.
Ce qui est intéressant à la lumière des déclarations des
apologistes musulmans et porte-parole de l'Ouest, qui ont
l'habitude de soutenir que l'Islam signifie vraiment une
lutte spirituelle intérieure contre le péché, et dans la mesure où il ne se réfèrent à la guerre, elle serait purement
défensive. Mais quand on lit les justifications d'al-Qaradawi
donne pour le jihad offensif, vous trouvez que par sa définition même les musulmans «modérés» acceptent le jihad
offensif contre les infidèles sous presque n'importe quel
prétexte.
2 - Pour assurer la sécurité de l'Etat islamique et de ses
frontières, quand ils sont menacés par les ennemis (de
l'Etat islamique) qui guettent et conspirent contre elle. C'est
ce qu'on appelle de nos jours présente la «guerre préventive». C'est l'une des prérogatives du souverain, et est en
conformité avec le droit à la légitime défense. La plupart
des conquêtes islamiques étaient de ce type de guerre préventive, après que l'état islamique a été attaqué très tôt au
cours du règne du Prophète par les deux grands royaumes
de la Perse et Byzance. Le conflit avec Byzance a commencé avec les batailles de Mu'ta et Tabuk, et le conflit
12
avec la Perse a commencé avec Chosroès déchirer le
Livre du Prophète (PSL) [c.-à- l'] Coran, et en menaçant ce
qu'il menaces qu'elle fait peser.
C'est la grâce d'Allah pour les Arabes, avec ce qu'il leur
était favorable: le Coran a été envoyé dans leur langue, le
Messager a été envoyé parm eux, et la Kaaba et la mosquée al-Haram al-Masjid et Nabui sont dans leur des
terres. Ils sont devenus les gardiens de l'islam, et les prédicateurs choisis pour effectuer l'appel aux habitants de la
planète.
3 - Pour enregistrer les opprimés parmi les prisonniers musulmans, ou ceux qui vivent dans un statut de minorité, qui
souffrent d'afflictions, de persécutions, et de torture aux
mains des oppresseurs arrogants qui régnent sur eux sans
droit. Comme le Très-Haut dit: «Et pourquoi devrait-vous
pas combattre dans le sentier d'Allah et de ceux qui, étant
faibles, sont maltraités (et les opprimés) - Hommes,
femmes et enfants, qui disent:" Notre Seigneur ! Fais-nous
sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assignenous de Ta part un qui va protéger;! Et assigne-nous de Ta
part un secoureur "[Coran 4:75].
Allah sait mieux."
Un autre article concernant le déclenchement du djihâd
fut mis en ligne par islamonline.net, le 8 janvier 2011. Il
faut rappeler que Islamonline est le sixième site musulman mondial en terme de fréquentation.
Il s'agit d'une réponse à une question d'un internaute musulman :
Si les peuples opprimés et persécutés, même si elles ne
sont pas musulmans, demandent l'aide de l'Etat islamique,
et si l'Etat islamique possède la capacité de les sauver,
alors il devrait répondre à leurs cris et leur venir en aide.
Pour conquérir le dirigeant injuste, aider les faibles, et de
dissuader l'oppresseur de l'opprimé est un devoir religieux
en vertu de la charia. Il est aussi un devoir moral au sein
de chaque religion. Chaque société protège la vertu, et
garantie de hautes valeurs morales, si l'opprimé est musulman ou non musulman.
"Question: Quand est-il permis de lutter contre les nonmusulmans, et quand est-il pas permis? S'il vous plaît donner des précisions.
Mufti: Dr Imad Mustafa, professeur de Fiqh et ses origines,
dans les universités d'Al-Azhar et Umm al-Qary.
Au nom de Dieu, Dieu soit loué, et les prières et la paix
soient sur le prophète de Dieu, etc:
4 - Pour supprimer tous les polythéisme de la péninsule arabique, qui est considéré comme une nation
libre et pure de l'islam et de ses citoyens. Par conséquent, elle est un bastion spécial pour l'islam, dont la
protection n'est pas partagée avec quiconque.
[Mahomet a clairement dit qu'il n'y avait pas de place
pour deux religions dans la Péninsule arabique].
Lutter contre les non-musulmans est ce qui est connu dans
la jurisprudence islamique comme le Jihad dans le chemin
de Dieu. Le djihad est un devoir prescrit en cas d'agression
des infidèles contre les musulmans, car il faut leur résister,
faire le djihad contre eux, et se défendre contre eux. Ceci
est, selon le texte du Coran, pour Dieu Tout Puissant a dit:
"Combattez dans le sentier d'Allah ceux qui vous combattent, mais ne transgressez pas En effet, Allah n'aime pas
les transgresseurs.». (Coran 2:190) . Ce type de djihad est
connu sous le nom djihad défensif, et c'est un devoir accepté par tous les savants islamiques et tous ceux qui sont
sages, et il est approuvé, de nos jours par les chartes internationales reconnues. Cependant, l'occupant et ses collaborateurs sont venus à considérer cela «terrorisme».
Par Allah qui est sagesse, le Hedjaz et la péninsule arabique autour est le refuge et l'incubateur de cette religion.
L'islam cherche à s'y réfugier, à chaque fois afflictions essais sont portées par les différentes factions. L'histoire a
confirmé pour nous son utilité et l'importance à travers les
âges à travers laquelle la Umma a passé.
Sur cette sage des versets de la sourate al-Tawba ont été
envoyés vers le bas sur l'immunité de déclarer (le contrat
avec) les polythéistes, et leur délai de quatre mois, période
pendant laquelle ils ont erré autour de la terre [voir Coran
9:1-3 ]. Après quoi ils avaient à choisir pour eux-mêmes:
accepter l'islam, s'écarter de cette terre [c.-à- la péninsule
arabique], ou le combat. Ces quatre mois sont ceux qui
sont appelés interdit parce qu'il a été interdit de se battre
lors de leur. Le Tout-Puissant dit: "Mais quand les mois
sacrés sont passés, combattez et tuez les païens partout où vous les trouverez, saisissez-les, assiégez-les,
et guettez-les dans toute embuscade (de guerre), mais
s'ils se repentent, et accomplissent la Salat et acquittent la
Zakat, alors ouvraient leur les bras, car Allah est Pardon et
Miséricorde "[Coran 9:05]. Allah a voulu que les Arabes de
choisir d'entrer l'islam avant les quatre mois ayant pris fin,
et donc faire de la péninsule un lieu pur pour l'islam, et de
faire les Arabes de cette zone de l'Islam et de ses premiers
soldats , pour porter son message au monde.
Ensuite, il y a un autre type de lutter contre les nonmusulmans connue sous le nom jihad offensif. Érudits
islamiques ont divergé sur la question de jihad offensif, qui
est de poursuivre les infidèles dans leur propre pays sans
aucune agression de leur part. Certains chercheurs sont
allés jusqu'à dire que ce djihad est illégitime, tandis que
d'autres sont allés jusqu'à dire qu'il est légitime et même
nécessaire.
Cependant, il ne peut y avoir désaccord sur le fait le jihad
offensif n'est pas totalement interdit, pour deux écoles
[de la jurisprudence islamique] ont jugé que le jihad offensif
est permis en vu de sécuriser les frontières de l'Islam,
d'étendre la religion de Dieu à des gens dans les cas où
les gouvernements l'empêcheraient, comme le Pharaon a
fait avec les enfants d'Israël, [il est permis pour] supprimer
toutes les religions hormis l'islam de la péninsule arabique,
et pour sauver le captif et le faible. [...]
13
« Le Projet » des Frères Musulmans pour l’Occident
Un document trouvé chez le banquier des Frères Musulmans en Europe
Al-Taqwa et ses dirigeants ont attiré une première fois l'attention des agences de renseignements occidentales au
cours des années 90? Une cassette vidéo des Groupes
islamiques armés (GIA) algériens avait alors circulé avec
l'adresse d'une société, la Gulf Company, que dirigeait un
associé de la banque. Les services italiens s'étaient penchés sur d'autres activités de cet homme, Ahmed Idriss
Nasreddin. Ils avaient jugé curieux ses envois en Bosnie,
en pleine guerre islamiste contre la Serbie, de légumes
facturés à des prix exhorbitants. Ils avaient aussi constaté
qu'il payait le loyer du Centre islamique de Milan, dirigé
jusqu'en 1995 par un membre du groupe armé égyptien
Gamaa islamiya. Un rapport de la CIA avait décrit AlTaqwa comme un établissement lié au terrorisme.
Le journaliste Suisse Sylvain Besson a été le premier à
révéler le contenu du « Projet » saisi par la police chez
Yussef Nada, le banquier des Frères Musulmans en
Europe.
Au lendemain des attentats de New-York et de Washington, l'Amérique porte de nouvelles accusations contre AlTaqwa. Le 7 novembre 2001, la Maison Blanche déclare
que la société a prodigué "des conseils financiers et des
services de transfert de fonds" à Al-Qaida et d'autres
groupes islamistes radicaux. Peu après, une lettre adressée à la Suisse par le département américain du Trésor
affirme qu'Al-Taqwa, fondée en 1988 "avec un appui significatif des Frères Musulmans égyptiens", a financé le Hamas palestinien, le Front islamique du salut et les GIA en
Algérie, ainsi que le mouvement islamiste tunisien Ennahda.
La lettre précise que la société aurait recueilli dans ses
bureau de Malte et de Lugano des fonds venus du Koweit
et des Emirats arabes unis, qui étaient destinés à Al-Qaida.
En octobre 2000, Al-Taqwa aurait débloqué une "ligne de
crédit clandestine pour un proche associé d'Oussama BenLaden" grâce à un stratagème sophystiqué:
Au départ, une perquisition chez le directeur
de la première banque islamique d'Europe.
Début novembre 2001, une perquisition est lancée au domicile de Youssef Nada, un égyptien directeur de la
banque Al-Taqwa ("la crainte de Dieu"), Youssef Nada,
dont l'institution a été cité par Georges W Bush comme une
source de financement d'Al-Qaida. Deux grandes villas
luxueuses forment ce coin de paradis à côté de Lugano en
Suisse. Le deuxième locataire n'est autre que Ali Ghaleb
Himmat, un des dirigeants des Frères Musulmans en
Europe, fondateur du Centre islamique de Munich avec
un certain Said Ramadan (+1995). D'ailleurs, un des meilleurs ami de Said Ramadan, Yussuf Al-Qaradawi, médiatisé ces derniers jours suite au refus de Nicolas Sarkozy à
laisser ce cheikh influent prêcher au congrès de l'UOIF, fut
l'un des gros actionnaires d'Al-Taqwa.
"Ce lieutenant de Ben Laden avait une ligne de crédit dans
une institution financière du Moyen Orient, qui retirait
[l'argent] d'un numéro de compte similaire auprès de la
banque Al-TAqwa. Contrairement aux autres comptes même ceux des clients privés-, celui-ci était bloqué par le
système informatique et il fallait des privilèges spéciaux
pour y avoir accès. Aucun nom identifiable n'était associé
au compte"
(source: lettre de George B.Wolfe du département américain du Trésor au procureur général adjoint Claude Nicaté
(Suisse), datée du 4 janvier 2002, "Re: Al-Taqwa/Nada
Management organization".)
Le dirigeant libanais des Frères Musulmans Fayçal Mawlaoui (+2011), et membre fondateur de l'UOIF en France,
expliqua qu'Al-Taqwa a longtemps servi de caisse
d'épargne à diverses composantes des Frères Musulmans,
Les structures off shores de Al-Taqwa sont aussi perquisitionnées au Liechtenstein, mais l'essentiel de ses activités
s'opèrent aux Bahamas.
14
selon son entretien avec le journaliste Sylvain Besson:
La Culture et les Qualités de l'armée de Dieu, par Said
Hawwa. Il décrit les méthodes qui conviennent "au jihad
politique dans les pays infidèles". Ainsi, le Projet n'est pas
un texte isolé, mais s'inscrit dans une réflexion plus large
des Frères. Le spécialiste du renseignement israélien Reuven Paz interrogé par le journaliste Sylvain Besson dans
son enquête "La conquête de l'occident-le Projet secret des
islamistes" (Seuil, 2005) explique :
"A l'époque, la présence de banques islamiques était très
limitée dans le monde arabe. La banque travaillait d'une
façon islamique, et le Mouvement Islamique du Liban
(autre nom des Frères) avait placé à peu près 100 000 dollars chez Al-Taqwa. Nous touchions des dividendes d'environ 7000 dollars par an. Lorsque la banque a fait faillité,
l'argent a été perdu."
"ce Projet fait partie de la charte de l'organisation internationale des Frères musulmans, qui a été établie officiellement le 29 juillet 1982. Il reflète un vaste plan qui
remonte aux années 60, avec l'immigration d'intellectuels
Frères musulmans, principalement des Syriens et des
Egyptiens, en Europe. Avant l'été 1982, ils avaient déjà
réussi à établir un réseau de "centres culturels" à Genèves,
Munich, Londres, Vienne...L'idée de l'organisation internationale vient notamment de Said Ramadan (père de Tariq),
qui voulait déplacer le centre de gravité des Frères Musulmans vers l'Europe et l'Amérique du Nord".
Mais avant cette "faillite", la banque verte avait accumulé
deux-cent millions de dollars, provenant surtout d'aristocrates et de religieux des pays du Golfe selon Mushtak
Parker de Islamic Banker Magazine.
En plus de ses fonctions de gestionnaire, la société soutenait financièrement toutes les institutions des Frères Musulmans en Occident, dont la Fondation islamique de Leicester en Grande-Bretagne où Tariq Ramadan étudia, , l'institut américain WISE proche du Jihad islamique palestinien.
Selon Fayçal Mawlaoui, la banque a sombré lors de la
crise monétaire asiatique de 1998, après un investissement
malheureux dans une fabrique de textile en Malaisie. Lorsqu'elle a été mise en liquidation, fin 2001, ses pertes se
montaient à quelque 75 millions de dollars.
Début 2005, trois ans après les perquisiations, l'enquête
concernant Al-Taqwa fut classée faute de preuves. Des
deux côtés de l'Atlantique, certains enquêteurs admettaient
ne pas disposer d'éléments démontrant un soutien direct
de la société à des activités terroristes. Mais "l'opération
Lago" nom de code de la perquisition préparée secrètement par Interpol dans les villas de Youssef Nada et
Ali Ghaleb Himmat, ont donné des résultats intéressant
sur le plan de l'idéologie des Frères.
Said Ramadan (1926-1995), photo ci-dessus, fut très
proche de Ali Ghaleb Himmat de la banque Al-Taqwa.
Dèjà, en mars 1960, il participa à une réunion à Munich
avec lui et quatre autres "cerveaux" des Frères, afin
d'étudier la création d'une mosquée et d'un "centre culturel", initiée par leur association la "Communauté islamique
d'Allemagne du Sud". Munich, où résident de nombreux
anciens combattants musulmans ayant servi le Reich, et
comptant nombre d'étudiants musulmans, était un point
stratégique d'établissement. En 1973, il s'en écarte suite à
des querelles intestines et la bévue du directeur du centre
ayant avoué à la presse l'appartenance du Centre aux
Frères Musulmans ! D'ailleurs, dans les années 70 et 80,
Munich devint un lieu de réunion pour les chefs suprêmes des Frères Musulmans. trois futurs Guides de
la confrérie s'installèrent en Allemagne à cette époque:
Mustafa Mashour (guide de 1996 à 2002) dont nous vous
avons présenté les écrits sur le Jihad dans le numéro 5 du
mensuel de mars 2012, Ma'moun al-Hodeibi (2002-2004),
et Muhammad Akef (2004-2010) qui résida plusieurs années dans une résidence attenante au centre islamique de
Munich ! D'autres membres éminents des Frères participèrent aux assemblées du Centre de Munich à cette époque,
dont Kurshid Ahmad, haut dirigeant des Frères au pâkistan (Jamiat-i-islami) et Issam al-Attar, chef des Frères Musulmans syriens en exil.
Selon un document de la police fédérale suisse "L'enquête
Al-Taqwa (opération Lago) révèle plus que de simples
transferts d'argent de et vers la Suisse. En fait, les tonnes
de documents trouvés chez Youssef Nada (directeur des
structures d'Al-Taqwa) et Ali Ghaleb Himmat (son second)
confirment aussi le rôle joué par les Frères Musulmans
dans l'inspiration et le soutien-direct ou indirect- à l'islam
radical dans le monde entier"
En effet, parmi les "tonnes" d'écrits, de lettres et de
notes manuscrites trouvés le 7 novembre 2001, les enquêteurs suisses ont découvert le Projet, un document
planifiant la conquête idéologique et matérielle de l'occident, étape par étape, discrète au début, répondant
un un "Jihâd civilisationnel". Nous le reproduisons à la
fin de notre article.
La conquête de l'Europe, planifiée dès les années
70 par les têtes pensantes des Frères
La "bible" officielle des Frères Musulmans en matière de
pénétration des sociétés non-musulmanes était déjà connu. Il s'agit d'un ouvrage publié à Beyrouth en 1979 intitulé
15
La conférence clé de 1977 à Lugano chez Yussef
Nada
Le gratin des Frères musulmans était donc
proche du banquier de Lugano.
Dans son livre qui est déjà une référence, malheureusement non traduit en français, The New Muslim Brotherood
in the West (Columbia University Press, 2010), le chercheur Lorenzo Vidino s'est entretenu avec Youssef Nada
se son rôle dans l'émergence des Frères en Occident.
Lors de la perquisition chez Yussef Nada à Lugano, les
policiers mirent la main sur un document croustillant. Une
vidéocassette tournée lors d'un voyage en 1993 en Afghanistan. On y reconnait Mustafa Mashour, futur Guide suprême des Frères musulmans, Ahmad Hussein alors leader du Jamat-e-Islami pakistanais, le co fondateur d'AlTaqwa Ghaleb Himmat et Yussuf Al-Qaradawi du Conseil
européen de la fatwa et proche de l'UOIF (Frères musulmans en France). On entend Mashour faire un speech qui
n'aurait dû filtrer au delà des chefs des Frères. Il commence par féliciter la victoire des Afghans (légitime face à
l'occupation soviétique), puis dit souhaiter que le Jihad
libère les territoires musulmans occupés de la Palestine,
de Bosnie, de l'Inde, de la Tchéchénie. Mais il ne s'arrête
pas là. "Je vous assure, dit-il, que comme l'Union soviétique est tombée, l'Amérique et l'Ouest succomberont, avec l'aide d'Allah"
Après avoir rappelé la création par la Ligue islamique mondiale (Arabie Séoudite) du Conseil islamique européen en
1973 basé en Grande Bretagne, dirigé par Salem Azzam,
tout comme le financement par la même Ligue de Said
Ramadan, Lorenzo Vidino rapporte de son entretien
avec Yousef Nada la tenue d'une conférence du Conseil islamique européen à Lugano en juillet 1977 ! Parmi les présents, le cheikh Yussuf Al-Qaradawi
(récemment interdit de séjour par Nicolas Sarkozy, il devait
se rendre au congrès de l'UOIF), Khurshid Ahmad
(Frères pakistanais), un fondateurs du mouvement de jeunesse islamique WAMY (financé par la Ligue séoudienne),
Abu Sulayman, qui finança Al-Qaida, parmi 30 autre
hauts dirigeants des Frères Musulmans !
Mashour est alors le numéro 2 des Frères Musulmans
égytpiens, siège mondial de l'organisation. A sa mort, en
novembre 2002, 100 000 égyptiens lui rendirent hommage
au Caire.
Les Frères Musulmans financés par l'Arabie Séoudite en
réunion à Lugano chez Nada. A méditer pour ceux qui perçoivent les Frères comme un remède contre les salafistes...
Son successeur au poste de Guide en 2004, Mohammed
Akef, ne disait pas autre chose : "L'islam envahira l'Europe et l'Amérique, parce que l'islam a une logique et
une mission"
Cette réunion fut appelée la "Première conférence internationale sur l'islamisation des savoirs", d'où naquit
l'International Institute for islamic Thought (IIIT), d'abord
implanté aux Etats-Unis, qui a dorénavant une antenne en
France, dispensant des formations pour imâms, organisme
où vient l'imâm de Bordeaux Tarq Oubrou de l'UOIF donner des conférences (voir Ces maires qui courtisent l'islamisme, premier chapitre sur Bordeaux et l'IIIT).
Syed Mawdudi (1903-1979) Fondateur du parti islamiste
Jamaat-e-Islami (Pakistan) et "rénovateur" de la pensée
frériste avait également annoncé :
«L’islam cherche à détruire tous les états et les gouvernements opposés à l’idéologie et au programme de l’islam
où qu’ils soient sur terre. (…) Le but de l’islam est d’instaurer un état fondé sur son propre programme et sa
propre idéologie. (…) L’objectif du jihad islamique consiste
à éliminer les systèmes non-islamiques et à les remplacer
par un système islamique de gouvernement. L’islam
n’entend pas limiter cette révolution à un seul état ou
à quelques pays; le but de l’islam c’est de provoquer
une révolution universelle.»
Discours à Lahore – Jihad in Islam, pp. 6 et 22
Dans son livre Auspices of the Ultimate Victory (Les
signes annonciateurs de la victoire finale) (section Yesterday versus Today), Youssef Qaradawi présente Syed
Mawdudi comme l’un des principaux responsables du
renouveau islamique du XXe siècle avec Hassan alBanna et Sayyid Qutb. Quant à Tariq Ramadan, il présente Mawdudi comme l’un des principaux représentants
du courant dit «réformiste salafiste» de l’islam auquel il
appartient dans son livre Western Muslims and the Future
of Islam (New York, Oxford University Press, 2004, p. 26).
(photo: Yussef Nada)
16
4. Concilier engagement politique et nécessité d’éviter l’isolement d’une part, éducation permanente des générations
et travail institutionnel d’autre part.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le contenu du
Projet retrouvé chez Yussef Nada.
Un responsable occidental qui l'a étudié décrit le Projet
comme «une idéologie totalitaire d'infiltration qui représente, à terme, le plus grand danger pour les sociétés européennes»: «Le Projet, ce sera un danger dans dix ans,
dit-il: on va voir émerger en Europe la revendication d'un
système parallèle, la création de «parlements musulmans»,
ce qui existe déjà en Grande-Bretagne… Commencera
alors la lente destruction de nos institutions, de nos structures.» Pour ce fonctionnaire, qui a demandé à ne pas être
cité nommément dans l'enquête du journaliste Sylvain Besson, le Projet n'est pas un simple texte de réflexion, mais
une «feuille de route» dont certains éléments ont été mis
en œuvre dans le monde réel: il préfigure notamment le
début de la guérilla contre Israël dans les territoires palestiniens occupés, et le soutien apporté ces dernières années
par les Frères musulmans à divers groupes islamistes armés, de la Bosnie aux Philippines.
5. S’employer à établir l’Etat islamique, parallèlement à des
efforts progressifs visant à maîtriser les centres de pouvoir
locaux par le biais du travail institutionnel.
6. Travailler avec loyauté aux côtés des groupes et institutions islamiques dans divers domaines en s’accordant sur
un terrain d’entente afin de «coopérer sur les points de
convergence et de mettre de côté les points de divergence».
7. Accepter le principe d’une coopération provisoire entre
les mouvements islamiques et les mouvements nationaux
dans des domaines généraux et sur les points d’entente
tels que la lutte contre la colonisation, la prédication et
l’Etat juif sans pour autant devoir former des alliances. Cela
requiert, en revanche, des contacts limités entre certains
dirigeants, au cas par cas, tant que ces contacts ne contreviennent pas à la loi. Néanmoins, il ne faut pas leur prêter
allégeance ou leur faire confiance, sachant que le mouvement islamique doit être à l’origine des initiatives et des
orientations prises.
Voici maintenant l'intégralité du "Projet" :
8. Maîtriser l’art du possible, dans une perspective provisoire, sans abuser des principes de base, sachant que les
préceptes d’Allah sont tous applicables. Il faut ordonner le
convenable et interdire le blâmable1, tout en donnant un
avis documenté. Mais il ne faut pas chercher une confrontation avec nos adversaires, à l’échelle locale ou mondiale,
qui serait disproportionnée et qui pourrait aboutir à des attaques à l’encontre de la dawa2 ou de ses disciples.
"Au nom d’Allah clément miséricordieux,
01.12.1982
Vers une stratégie mondiale pour la politique
islamique
9. Construire en permanence la force de la dawa dans le
monde islamique et soutenir les mouvements engagés
dans le jihad dans le monde musulman, à des degrés divers et autant que possible.
(Points de départs, éléments, procédures et missions)
Ce rapport présente une vision globale d’une stratégie
internationale pour la politique islamique. Selon ses
lignes directrices, et en accord avec elles, les politiques islamiques locales sont élaborées dans les différentes régions. Il s’agit, tout d’abord, de définir les
points de départ de cette politique, puis d’énoncer les
composantes de chaque point de départ, ainsi que les
procédures les plus importantes liées à chaque point
de départ ; nous suggérons enfin quelques missions, à
titre d’exemple uniquement, puisse Allah nous protéger. Ci-dessous, les principaux points de départ de
cette politique :
10. S’aider des systèmes de surveillance divers et variés,
dans plusieurs endroits, pour recueillir des informations et
adopter une communication avertie et efficace, à même de
servir le mouvement islamique mondial. En effet, la surveillance, les décisions politiques et une communication efficace sont complémentaires.
11. Adopter la cause palestinienne sur un plan islamique
mondial, sur un plan politique et par le biais du jihad, car il
s’agit de la clé de voûte de la renaissance du monde arabe
d’aujourd’hui.
12. Savoir recourir à l’autocritique et à une évaluation permanente de la politique islamique mondiale et de ses objectifs, de son contenu et de ses procédures afin de s’améliorer. C’est un devoir et une nécessité selon les préceptes
de la charia.
1. Connaître le terrain et adopter une méthodologie scientifique pour la planification et la mise en œuvre.
2. Faire preuve de sérieux dans le travail.
3. Concilier engagement international et souplesse au niveau local.
([1] Concept cité dans le coran, devenu l’un des objectifs
centraux de la confrérie : on l’a aussi traduit par « comman17
der le bien et pourchasser le mal ».
Eléments :
[2] Dawa : signifie littéralement, appel, invocation, exhortation, prière. Le terme désigne ici le travail des Frères pour
propager l’islam.)
Clarté des objectifs principaux de la dawa aux yeux de
tous et clarté des objectifs temporaires visant à exploiter
les énergies, les canaliser et les orienter.
Consentir des efforts suffisants au service des travailleurs
de l’islam et conjuguer ces efforts vers un seul et même
objectif.
Le premier point de départ : connaître et adopter une
méthodologie scientifique pour la planification et la
mise en œuvre.
Y consacrer suffisamment de temps.
Dépenser l’argent judicieusement.
Eléments :
Procédures :
Connaître les facteurs influents dans le monde, qu’il
s’agisse des forces islamiques, des forces adverses ou
des forces neutres.
Exploiter toutes les énergies des travailleurs au service de
la dawa, chacun à son niveau (le critère d’efficacité étant
que chacun doit se consacrer à la tâche qui lui est réservée).
Recourir aux moyens scientifiques et technologiques nécessaires à la planification, l’organisation, la mise en
œuvre et le suivi.
Mobiliser le maximum d’adeptes et de responsables.
Procédures :
Récolter de l’argent efficacement, contrôler les dépenses
et investir dans l’intérêt général.
Créer des observatoires pour recueillir l’information, la
stocker à toutes fins utiles, s’en servir le cas échéant en
s’appuyant sur des moyens technologiques modernes.
Missions suggérées :
Créer des centres d’études et de recherches et produire
des études sur la dimension politique du mouvement islamique.
Procéder à un sondage réservé aux travailleurs de l’islam
(l’homme adéquat à l’endroit adéquat).
Missions suggérées :
Etablir des calendriers avec les horaires des travailleurs et
des spécialistes et utiliser ces efforts à bon escient et en
temps voulu (effort adéquat au bon moment).
Etablir une carte des doctrines dans le monde pour avoir
une vision globale du monde depuis cent ans jusqu’à nos
jours et analyser la situation actuelle à la lumière de cette
configuration en tenant compte des changements advenus
et prévus.
Engagement des institutions économiques adéquates
pour appuyer la cause financièrement.
Le troisième point de départ : Concilier engagement
international et souplesse au niveau local.
Etablir une carte des doctrines du monde musulman.
Etablir une carte des mouvements islamiques du monde
musulman.
Eléments :
Faire des études politiques et scientifiques successives
dans divers domaines islamiques, qui portent plus particulièrement sur les évènements actuels.
Définir les lignes générales que tout le monde doit suivre.
Laisser une marge pour qu’il y ait suffisamment de souplesse au niveau local pour les questions qui ne s’opposent pas aux lignes générales de la politique islamique
mondiale.
Faire une étude scientifique qui dresse l’historique des
mouvements islamiques contemporains et l’utiliser.
Le deuxième point de départ : Faire preuve de sérieux
dans le travail
Procédures :
Le Mouvement, au niveau mondial, définit les domaines et
18
les questions islamiques d’ordre général qui requièrent
l’engagement de tous selon des priorités préalablement
définies.
tutions et les créer en fonction des priorités établies dans
chaque pays.
La direction locale définit les questions locales qui relèvent
de ses prérogatives, selon le principe de souplesse et selon des priorités préalablement définies.
Missions suggérées :
Faire des études relatives aux expériences des politiques
islamiques et en tirer des leçons.
Missions suggérées :
Donner un avis politique islamique sur les questions urgentes.
Engagement islamique mondial pour une libération totale
de la Palestine et la création d’un Etat musulman, mission
qui incombe à la direction mondiale.
Soutenir des questions locales importantes dans un cadre
islamique telles que les questions des travailleurs, des syndicats, etc.
Etablir un dialogue au niveau local avec ceux qui travaillent
pour la cause selon la ligne politique mondiale du Mouvement. C’est à la direction locale de définir les contours de
ce dialogue.
Créer un certain nombre d’institutions économiques, sociales et dans le domaine de la santé et de l’éducation,
selon les moyens à disposition pour servir le peuple dans
un cadre islamique.
Le cinquième point de départ : S’employer à établir l’Etat
islamique, parallèlement à des efforts progressifs visant à
maîtriser les centres de pouvoir locaux par le biais du travail institutionnel.
Le quatrième point de départ : Concilier engagement
politique et nécessité d’éviter l’isolement d’une part,
éducation permanente des générations et travail institutionnel d’autre part.
Eléments :
Eléments :
Canaliser la pensée, l’éducation et le travail afin d’établir un
pouvoir islamique sur terre.
Liberté politique dans chaque pays en fonction de la conjoncture locale, sans pour autant participer à un processus
de prise de décision qui serait contraire aux textes de la
charia.
Influencer les centres de pouvoir locaux et mondiaux au
service de l’islam.
Inviter tout le monde à participer aux conseils parlementaires, municipaux, syndicaux et à d’autres institutions dont
les conseils sont choisis par le peuple dans l’intérêt de
l’islam et des musulmans.
Procédures :
Préparer une étude scientifique sur la possibilité d’établir le
règne d’Allah partout dans le monde selon des priorités
établies.
Continuer d’éduquer les individus et les générations et de
garantir la formation des spécialistes dans divers domaines
selon un plan préalablement étudié.
Etudier les centres de pouvoir locaux et mondiaux, et les
possibilités de les placer sous influence.
Construire des institutions sociales, économiques, scientifiques et dans le domaine de la santé et pénétrer le domaine des services sociaux pour être en contact avec le
peuple et pour le servir par le biais des institutions islamiques.
Conduire une étude moderne sur les concepts de soutien à
la dawa islamique et à la loi islamique, et plus particulièrement sur les hommes influents dans l’Etat et le pays.
Missions suggérées :
Procédures :
Rédiger une Constitution islamique à la lumière des efforts
déployés jusqu’à aujourd’hui.
Etudier les environnements politiques divers et les probabilités de réussite dans chaque pays.
Rédiger des lois islamiques, civiles, etc.
Planifier des missions d’études spécialisées qui se penchent sur des domaines rares tels que la communication,
l’histoire de l’islam, etc.
Choisir un endroit et le mettre au rang de nos priorités afin
d’y établir un pouvoir islamique et y concentrer tous nos
efforts.
Faire des études de faisabilité qui portent sur diverses insti19
points d’entente tels que la lutte contre la colonisation, la prédication et l’Etat juif sans pour autant devoir former des alliances. Cela requiert, en revanche,
des contacts limités entre certains dirigeants, au cas
par cas, tant que ces contacts ne contreviennent pas
à la charia. Néanmoins, il ne faut pas leur prêter allégeance ou leur faire confiance, sachant que le mouvement islamique doit être à l’origine des initiatives et
des orientations prises.
Œuvrer dans diverses institutions influentes et les utiliser
au service de l’islam.
Recourir au travail d’institutions islamiques spécialisées,
économiques, sociales, etc.
Le sixième point de départ : Travailler avec loyauté au
service des groupes et institutions islamiques dans
divers domaines en s’accordant sur un terrain d’entente afin de « coopérer sur les points de convergence
et mettre de côté les points de divergence ».
Eléments :
Conjuguer tous les efforts contre les forces suprêmes du
mal en vertu du principe selon lequel il faut «lutter par un
mal par un moindre mal».
Eléments :
Circonscrire la collaboration aux bases dirigeantes ou à
un nombre limité d’individus pour maximiser le profit et
minimiser les éventuels inconvénients.
Coordonner le travail islamique dans une seule direction
pour qu’il permette de jeter les bases de la croissance de
la société musulmane et de consacrer le pouvoir d’Allah
sur terre.
Travailler dans cette optique pour réaliser des objectifs
préalablement définis par la dawa.
Chacun œuvre selon ses capacités dans le domaine qu’il
choisit et qu’il maîtrise, l’essentiel étant la loyauté et la
coordination des efforts.
Procédures :
Procédures :
Faire une étude pour évaluer les domaines qui ont fait
l’objet d’une entraide entre des mouvements islamiques et
d’autres mouvements et en tirer des leçons.
Etudier les domaines qui peuvent faire l’objet d’une coordination avec les autres et en délimiter les contours.
Etudier la réalité des mouvements islamiques, en évaluer
l’expérience pour entamer une collaboration entre eux.
Etudier la pensée et les plans des autres mouvements.
Eviter de créer de nouveaux mouvements islamiques dans
un pays qui compte déjà ne serait-ce qu’un mouvement,
sérieux et complet.
Missions suggérées :
Chaque pays doit étudier les possibilités, à l’avenir, de
renforcer la collaboration interne.
Missions suggérées :
Coordonner le travail de tous ceux qui œuvrent pour
l’islam, dans chaque pays, et établir un contact de qualité
avec eux, qu’il s’agisse d’individus ou de groupes.
Le huitième point de départ :
Maîtriser l’art du possible, dans une perspective provisoire, sans abuser des principes de base, sachant
que les préceptes d’Allah sont tous applicables. Il faut
ordonner le convenable et interdire le blâmable, tout
en donnant un avis documenté. Mais il ne faut pas
chercher une confrontation avec nos adversaires, à
l’échelle locale ou mondiale, qui serait disproportionnée et qui pourrait aboutir à des attaques à l’encontre
de la dawa ou de ses disciples.
Réduire les différends qui existent entre les travailleurs de
l’islam et s’employer à résoudre leurs conflits selon la charia.
Le septième point de départ :
Accepter le principe d’une coopération provisoire
entre les mouvements islamiques et les mouvements
nationaux dans des domaines généraux et sur des
Eléments :
20
Evaluer l’éducation des individus et ne pas recourir excessivement à l’éducation moderne typique qui ne correspond
pas à la réalité, qui est dépourvue de souplesse et qui peut
avoir de graves conséquences telles que la confrontation
entre individus pour une simple remarque ou un simple
manquement.
Maintenir le jihad en éveil dans l’Oumma.
Procédures :
Construire une force de sécurité autonome pour protéger la
dawa et ses disciples localement et mondialement.
Donner un avis documenté et scientifique, sous forme de
discours, de communiqués ou de livres qui portent sur les
évènements importants que vit notre Oumma. (Tr. communauté musulmane).
Etudier les mouvements engagés dans le jihad dans le
monde musulman et au sein des minorités musulmanes
pour mieux les connaître.
Eviter que le mouvement se heurte à des confrontations
majeures qui pourraient encourager ses adversaires à lui
porter un coup fatal.
Missions suggérées :
Jeter des ponts entre les mouvements engagés dans le
jihad dans le monde musulman et entre les minorités musulmanes, et les soutenir autant que possible, dans le
cadre d’une collaboration.
Procédures :
Faire une étude pour évaluer les expériences des mouvements islamiques afin d’éviter les erreurs fatales.
Faire évoluer les méthodes d’éducation des individus pour
qu’elles soient à la fois exemplaires et réalistes et pour
qu’elles soient fidèles aux principes, tout en octroyant une
souplesse suffisante qui permette d’affronter la réalité.
Le dixième point de départ :
S’aider des systèmes de surveillance divers et variés,
dans plusieurs endroits, pour recueillir des informations et adopter une communication avertie et efficace,
à même de servir le mouvement islamique mondial. En
effet, la surveillance, les décisions politiques et une
communication efficace sont complémentaires.
Missions suggérées :
Faire évoluer les programmes d’initiation des adeptes et
procéder à une sensibilisation sur la base des expériences
passées.
Préparer les individus selon des méthodes éducatives modernisées.
Eléments :
Prendre des décisions politiques pour recueillir des informations importantes et précises.
Diffuser la politique islamique pour qu’elle soit largement et
efficacement couverte par les medias.
Le neuvième point de départ :
Procédures :
Construire en permanence la force de la dawa islamique et soutenir les mouvements engagés dans le
jihad dans le monde musulman, à des degrés divers et
autant que possible.
Créer un système de surveillance moderne, par le biais de
la technologie de pointe (ce qui complètera peut-être l’observatoire suggéré).
Créer un centre médiatique efficace et sérieux.
Eléments :
Protéger la dawa avec la force nécessaire pour garantir sa
sécurité à l’échelle locale et mondiale.
Missions suggérées :
Mise en garde des musulmans quant aux dangers qui les
menacent et aux complots internationaux fomentés à leur
encontre.
Entrer en contact avec tout mouvement engagé dans le
jihad où qu’il soit sur la planète, et avec les minorités musulmanes, et créer des passerelles, selon les besoins, pour
les soutenir et établir une collaboration.
Donner un avis sur les questions d’actualité et les questions d’avenir.
21
Le onzième point de départ :
Le douzième point de départ :
Adopter la cause palestinienne sur un plan islamique
mondial, sur un plan politique et par le biais du jihad,
car il s’agit de la clé de voûte de la renaissance du
monde arabe d’aujourd’hui.
Savoir recourir à l’autocritique et à une évaluation
permanente de la politique islamique mondiale et de
ses objectifs, de son contenu, de ses procédures afin
de s’améliorer. C’est un devoir et une nécessité selon
les préceptes de la charia islamique.
Eléments :
Eléments :
Donner un avis, sous un angle islamique, sur tous les sujets, les solutions, les problèmes relatifs à la question palestinienne en se basant sur les préceptes de l’islam.
Faire une autocritique constructive pour éviter les écueils.
Procéder à une évaluation constante sur des bases scientifiques qui permette d’édifier des politiques.
Préparer la communauté des croyants au jihad pour la libération de la Palestine. On pourra conduire l’Oumma pour
réaliser les desseins du mouvement islamique surtout si la
victoire nous revient, si Allah le veut.
Améliorer les politiques islamiques en tirant profit des expériences passées doit être un objectif clair et primordial.
Créer le noyau du jihad en Palestine, aussi modeste soit-il,
et le nourrir pour entretenir cette flamme qui va éclairer le
seul et unique chemin vers la libération de la Palestine, et
pour que la cause palestinienne demeure vivace jusqu’au
moment de la libération.
Procédures :
Evaluer les pratiques actuelles et tirer profit des expériences passées.
Demander aux responsables dans les divers pays ainsi
qu’aux individus de chaque pays de donner leurs avis
quant aux directions, aux méthodes et aux résultats obtenus.
Procédures :
Recueillir suffisamment de fonds pour perpétuer le jihad.
Faire un sondage sur la situation des musulmans et de
l’ennemi en Palestine occupée.
Missions suggérées :
Missions suggérées :
Produire un document officiel sur la politique islamique
mondiale.
Faire des études sur les juifs, ennemis des musulmans, et
sur l’oppression infligée par ces ennemis à nos frères en
Palestine occupée, outre les prêches et les publications.
Sensibiliser les pays, les responsables et les individus à
cette politique.
Lutter contre le sentiment de capitulation au sein de l’Oumma, refuser les solutions défaitistes, et montrer que la conciliation avec les Juifs porterait atteinte à notre mouvement
et à son histoire.
Commencer à appliquer cette politique, à l’évaluer annuellement et à l’améliorer le cas échéant.
Faire des études comparatives entre les croisades et
Israël, et la victoire sera du côté de l’islam.
Créer des cellules de jihad en Palestine, les soutenir pour
qu’elles couvrent toute la Palestine occupée.
Créer un lien entre les moujahidin en Palestine et ceux qui
se trouvent en terre d’islam.
Nourrir le sentiment de rancœur à l’égard des Juifs et refuser toute coexistence.
22
Syrie
L’Armée Syrienne Libre (ASL)
au Qatar. C’est méthodique, clair, argumenté, et donc très
éloigné de la plupart des analyses disponibles sur le sujet
sur le « marché médiatique mainstream ».
Par ailleurs il a publié en mars un ouvrage (en français)
consacré à la crise syrienne et à la désinformation qu’elle a
suscitée, Syriana, la conquête continue, aux Editions Couleurs Livres (préface de Michel Collon).
« Un regard sans complaisance, mais pas sans arguments, sur l'opposition syrienne
Nous avons cru utile de reproduire l’article, ou plus exactement la partie de l’article, intitulé Le terrorisme anti-syrien
et ses connexions internationales, que vient d’écrire le
militant d’extrême-gauche belge, d’origine turque, Bahar
Kimyongür. Nous avons sélectionné en effet, le paragraphe que Kimongür a consacré à l’ASL, son état actuel,
ses activités, ses soutiens. Kimyongür est particulièrement
concerné par le sujet, son père étant issu de la minorité
arabe alaouite du Hatay, province turque limitrophe de la
Syrie, où sont implantés les camps de réfugiés syriens,
mais qui sert de base aussi aux bandes ASL contrôlés par
le gouvernement turc. Bahar Kimyongür est, de fait, très
engagé contre la politique, intérieure et extérieure, d’Erdogan, même si c’est en Belgique, où il est né, qu’il milite,
dans les rangs de l’extrême-gauche. Son soutien à une
organisation similaire turque, considéré comme « terroriste
» par Ankara, lui a justement valu une condamnation à de
la prison par la justice belge – finalement annulée au terme
de… trois procès en appel, la ou les procédure s’étant étalées entre 2006 et 2010 ! Par ailleurs, notre homme a été
l’objet d’une demande d’extradition de la part de l’Etat turc,
demande rejetée par la Belgique.
Le mythe de l’ASL
par Bahar Kimyongür
Il faut le reconnaître: les chasseurs de dictateurs qui peuplent les rédactions des grands organes de presse sont
passés maître dans l’art du camouflage quand il s’agit de
présenter des « résistants » qui servent les intérêts de leur
camp. En véritables chirurgiens esthétiques, ils vous transforment l’Armée syrienne libre (ASL) en mouvement de
résistance démocratique brave et sympathique composé
de déserteurs humanistes dégoûtés par les atrocités commises par l’armée syrienne. Il n’y a aucun doute que l’armée du régime baassiste ne fait pas dans la dentelle et
commet d’impardonnables exactions contre des civils,
qu’ils soient terroristes, manifestants pacifistes ou simples
citoyens pris entre deux feux. A ce sujet, les médias mainstream nous abreuvent ad nauseam de crimes imputés aux
troupes syriennes parfois à raison mais le plus souvent à
tort.
Car en termes de cruauté, l’ASL ne vaut pas vraiment
mieux. Seuls quelques rares journalistes comme le néerlandais Jan Eikelboom osent montrer l’envers du décor,
celui d’une ASL sadique et crapuleuse. La correspondante
à Beyrouth du Spiegel, Ulrike Putz vient, elle aussi, d’égratigner la réputation de l’ASL. Dans une interview mise en
ligne sur le site de l’hebdo allemand, Ulrike Putz a mis en
lumière l’existence d’une « brigade d’enterrement » chargée d’exécuter les ennemis de leur sinistre révolution à
Baba Amr, le quartier insurgé de Homs repris par l’armée
syrienne. L’égorgeur interrogé par Der Spiegel attribue
200 à 250 exécutions à sa brigade des croque-morts,
soit près de 3% du bilan total des victimes de la guerre civile syrienne depuis un an. Du côté des institutions humanitaires, il a fallu attendre la date fatidique du 20 mars
2012 pour qu’une éminente ONG, à savoir Human
Rights Watch, dont la traduction signifie bien « guetteur des droits de l’homme » reconnaisse enfin les tor-
Il y a donc un sérieux contentieux entre Bahar Kimyongür
et le gouvernement turc. Et donc l’ASL auquel il consacre
ce texte très intéressant, apparemment bien renseigné,
assorti d’une analyse rapide de la désinformation des médias occidentaux sur le sujet. Sur les effectifs possibles de
l’ASL, sur son mode de recrutement, sur la concurrence
des autres groupes armés, politico-religieux, Kimyongür dit
des choses intelligentes et fort crédibles.
L’article complet de Kimyongür passe en revue justement
les autres groupes djihadistes, et il se livre aussi à une
inspection des appuis dont l’opposition armée jouit en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak, en Arabie séoudite et
23
tures, exécutions et mutilations commises par les
groupes armés opposés au régime syrien. Après 11
mois de terrorisme insurgé… A la bonne heure ô infaillible
sentinelle ! «Sah Al Naum», comme on dit en arabe à quelqu’un qui se réveille.
ce sont davantage des groupes armés salafistes qui donnent la réplique à l’armée syrienne. Ces salafistes, particulièrement violents et déterminés, proviennent dans leur
grande majorité de la mouvance sunnite radicale active au
Liban.
Passons à une autre info qui écorne un peu plus la renommée de l’Armée syrienne libre et leurs appuis atlantistes.
D’après des sources diplomatiques et militaires, l’ASL,
cette armée dite de « déserteurs » manquerait d’effectifs
militaires. Pour pallier cette pénurie de combattants, l’ASL
enrôlerait des salafistes à tour de bras. C’est le cas du bataillon Al Farouq de l’ASL qui s’était rendu célèbre par ses
enlèvements d’ingénieurs civils et de pèlerins iraniens, par
ces tortures et ces exécutions sommaires. La difficulté de
recruter des conscrits est somme toute fort logique puisqu’un déserteur est par définition un homme qui abandonne le combat. Déserter signifie quitter la guerre. Dans
le cas syrien, de nombreux déserteurs se constituent réfugiés et quittent le pays. La propagande de guerre occidentale affirme que s’ils quittent l’armée ou ne répondent pas
aux appels sous les drapeaux, c’est parce qu’ils refusent
de tuer des manifestants pacifiques. En réalité, ces jeunes
recrues craignent autant de tuer que de mourir. Ils affrontent un ennemi invisible rompu aux techniques de guérilla,
qui tire aveuglément sur des pro- et des anti-régime et qui
n’hésite pas à liquider ses prisonniers selon un rituel sordide de décapitation et de dépeçage. La terreur qu’inspirent les groupes armés dissuade légitimement de nombreux jeunes de risquer leur vie en circulant en uniforme.
Alors, ils choisissent de quitter l’armée et le pays.
A part le fait d’être impitoyable, infiltrée par des groupes
sectaires et en manque d’effectifs, l’Armée syrienne libre
est désorganisée. Elle n’est pas chapeautée par une direction centrale et unifiée.
De nombreuses indications, notamment les saisies
d’armes réalisées à divers postes-frontières du pays,
montrent que l’ASL reçoit des armes de l’étranger et ce,
depuis le début de l’insurrection, ce que l’ASL démentait
avant de demander ouvertement une intervention militaire
étrangère sous forme de bombardements, d’appui logistique ou de création de zones-tampons. Au début de son
insurrection, le groupe armé dissident ne voulait visiblement pas donner l’image d’une cinquième colonne agissant pour des forces étrangères ni compromettre ces généreux mécènes que l’on devine. On se souviendra que
dans le documentaire de propagande anti-Bachar réalisé
par Sofia Amara, intitulé « Syrie : Permis de tuer » et diffusé sur la chaîne franco-allemande Arte en octobre 2011,
un soldat de l’ASL est sur le point de révéler ses fournisseurs étrangers quand son supérieur le somme de se
taire.
Par exemple, les déserteurs kurdes syriens se réfugient
dans la région autonome du Kurdistan irakien. A Erbil surtout, dans un quartier peuplé de Kurdes syriens que l’on
surnomme « le petit Qamishli ». D’autres rejoignent les
camps de réfugiés d’Irak, du Liban, de la Turquie ou de la
Jordanie. Le terme de «déserteur » servant à désigner les
militaires qui ont fait défection pour rejoindre le camp adverse et tirer sur leurs anciens camarades est donc inapproprié. Il serait plus correct de parler de transfuges.
Voici une analyse de Maghreb Intelligence, une agence
que l’on ne peut soupçonner de collusions avec le régime
de Damas et qui appuie la thèse de la démobilisation des
jeunes appelés, de la faiblesse de l’ASL et de la présence
de salafistes armés sur le champ de bataille :
« D’après un rapport émanant d’une ambassade européenne à Damas et corroboré par des enquêtes menées par des centres de recherches français à la frontière turque, l’Armée Libre Syrienne -ALS- ne compterait en tout et pour tout que quelque 3000 combattants.
Ils sont pour la plupart armés de fusils de chasse, de
Kalachnikov et de mortiers de fabrication chinoise provenant d’Irak et du Liban. D’après ce rapport, l’ALS n’a
pas pu enrôler la majorité des 20 000 militaires qui auraient déserté l’armée de Bachar Al Assad. D’ailleurs,
l’ALS est particulièrement présente dans les camps de réfugiés établis sur le territoire turc. A Hama, Deraa et Idlib
24
Histoire
Naissance du Wahhabisme, partie 1 (1740-1945)
Il commence à sérieusement inquiéter les Ulémas officiels
lorsqu’il décide de détruire la tombe d’un frère du calife
Omar, mort durant « les guerres d’apostasie » (632-634),
et de lapider une femme qui a commis l’adultère, pratique
certes écrite dans les textes coranique mais qui avait disparu.
Aussi, son initiative d’écrire à tous les potentats arabes du
monde musulmans en les appelant à adopter sa doctrine
achèvent d’exaspérer les ulémas.
Le chef de la tribu locale des Bani Khaled, qui contrôle la
région voisine de l’Asha peuplée de chiites se plaint au
protecteur de Al-Wahhab, Ibn Muammar, des conséquences des prêches de l’idéologue voulant tuer les Chiites Ce
dernier expulse alors Al-Wahhab de sa région natale.
Al-Wahhab trouva alors refuge dans la ville de Dir’iyya,
dans la région du Nadj, chez ses disciples dont deux
furent les frères de l’émir Ibn Saoud. Un rendez-vous
historique fut pris, où l’émir se déplaça à la rencontre
du cheikh al-Wahhab.
L’entretien résume alors cette alliance entre le royaume et
l’idéologie extrémiste :
L’émir Ibn Saoud: « Réjouis-toi d’être accueilli dans la ville
plus amène que tu viens de quitter et sois assuré des honneurs et de la protection.
Le cheikh AL-Wahhab: Réjouis-toi également des honneurs, de la gloire et de la puissance qui t’attendent, pourvu que tu adhères au crédo de l’unicité divine proclamé par
tous les prophètes, du premier au dernier (il n’est de dieu
que Dieu); celui qui s’y tient et le met en œuvre est assuré
de dominer la terre et les hommes.
Le livre de Hamadi Redissi qui nous à aider à réaliser
cette synthèse. Professeur de philosophie politique à
l’Université de Tunis, il a été agressé physiquement en
février dernier par des salafistes en Tunisie comme d’autres intellectuels...le totalitarisme wahhabitte est plus fort
que jamais.
- L’Emir: O cheikh! Ceci est indubitablement la religion de
Dieu et de son Prophète; réjouis-toi de ta victoire; nous
appliquerons ce que tu ordonnes et ferons le jihad contre
ceux qui s’écartent de l’unicité divine? Seulement, je dois
poser deux conditions: j’ai bien peur que tu nous quittes et
que tu ne t’allies à quelqu’un d’autre, une fois que nous
t’apporterons notre soutien et que nous combattrons au
nom de Dieu- si jamais il nous assurait ensemble la victoire. Quant à la deuxième condition, mes sujets me doivent selon un règlement, une part de leur récolte, et j’ai
bien peur que tu me dise que je ne dois rien leur prendre.
Le pacte de Nadj en 1745, comment l’émir Saoud
fit du Wahhbisme sa religion d’état
Al-Wahhab fils de cadi, a appris le coran par cœur dès
l’âge de dix ans. Il devient imâm à douze puis entrepend
des voyages initiatiques au Hedjaz (région de la Mecque
et Médine), à Bassora en terrain chiite, puis revient
auprès de son cadi de père en 1740 à Huraymala. Il y
rédige son « oeuvre » phare Le Livre de l’unicité ou le
droit de Dieu sur ses serviteurs (Kitab al-Tawhid), et peu
après Lumières sur les questions douteuses où il exprime
son aversion pour les adeptes du paganisme qu’il faut
exterminer.
-Le Cheikh :Pour ce qui est de la première condition, tends
la main: sang pour sang et destruction pour destruction,
quant à la seconde, peut être que Dieu permettra de conquérir un bien plus grand butin.
L’émir tend sa main et accorde l’allégeance au cheikh
au nom de la religion de Dieu, de son Prophète, du jihad, de l’application des règles islamiques et de la
commanderie du bien et de l’interdiction du mal »
25
du prophète, le tout transféré dans le fief de Abdelaziz
Saoud, fils de Muhammad et nouvel émir, à Dir’iyya.
Rapporté par Hassine ibn Ghannam (+1810) disciple et
biographe attitré d’Ibn al-Wahhab dans son livre Rawda
[jardin].
Les Wahhabites sont détestés par les habitants. Ils imposent leur ordre impitoyable, interdisent le tabac, les livres
mystiques (tel le Jardin des parfums de Yafi’i), ils banissent les chapelets lors de la prière, les litanies, le rappel
méritoire du souvenir des hommes de bien disparus, la
célébration festive du Mouled (célébrant la naissance du
Prophète). La prééminence religieuse des chérifs est abolie, la prière est obligatoirement menée par un imâm wahhabite. Selon le chroniqeur Ibn Bishr, seule source historique disponible, les islamistes passèrent une dizaine de
jours à détruire les symboles du paganisme « jusqu’à ce
qu’ils les eussent réduits en cendres ».
Lors du premier règne du roi Muhhamad Ibn-Saoud, de
1745 à 1818, l’extension de l’embryon étatique du Nadj est
lancée grâce au djihâd qui devient un des piliers doctrinaux.
Hamadi Redissi, professeur à l’université de Tunis et auteur du « Pacte de Nadj » auquel nous empruntons nombre d’informations, écrit :
« Les wahhabites ont réinventé le manichéisme. Force
contre force: « musulmans », gens « de la religion», « de la
croyance », « de la communauté », « de l’unité et de la
foi », contre « les impies », les « gens de l’erreur », les
« égarés », les « apostats » et « les partisans de la discorde ». Le jihad est donc légitime. Trois cibles sont particulièrement visées: les Bédouins ignorants, les saints innovateurs, les ulémas égarés.
Les Ulémas sont mis au parfum: ils doivent maintenant se
plier à la seule école juridique hanbalite, remise au goût
du jour par les wahhabites.
Le troisième descendant de Ibn Saoud succédant à Abdelaziz, Saoud Ibn Saoud, rallie la tribue bédoine la plus
importante de l’Arabie, les Anza riche de 60 000 hommes.
Les conquêtes s’égrènent les unes après les autres, d’une
façon désordonnées et dans toutes les directions, d’est en
ouest, du nord au sud, du Nadj vers le Hedjaz. Bahrein,
Koweit, Qatar, Yémen, Syrie et Irak ne sont pas éparnés.
La guerre, entreprise sur un modèle classique, est un ballet sans fin d’incursions et de retraites, de raids-suerprise
et d’expéditions punitives à l’ancienne »
La Porte siffle la fin de la récréation
L’empire Ottoman s’inquiète des velléités guerrières de la
secte, et ordonne au Khédive égyptien Muhammad Ali en
décembre 1807 de « résoudre la question des Wahhabites ». Le gouverneur Damascène, Youssef Pacha, aussi
sous domination ottomane, lui propose une action conjointe.
En 1763 ils perdent 400 hommes contre les Yéménites et
les habitants du Nadjran, mais perçoivent ce camouflet
comme une épreuve divine « pour connaitre ceux qui luttent et ceux qui sont constant dans l’adversité » (Coran,
sourate 47:31)
En 1808, une lettre du commandement militaire ottoman
établi au Hedjaz signale que la prière dans les Lieux
saints se fait au nom de Saoud, « chef de la bande des
sortants usurpateurs », qui s’est autoproclamé « calife des
musulmans ». De plus, Saoud a osé remplacé le
« revêtement du bonheur » en soie noire qui recouvre la
Kaaba (que les Egyptiens renouvellent en grande cérémonie chaque année au pèlerinage) par une banale étoffe
ceinte de rayures rouge, sur lequel Saoud a fait inscrire
« il n’est autre dieu que Dieu , Saoud est le calife de
Dieu ». C’en est trop.
Le professeur Redissi explique que « les wahhabites appliquent les règles du jihad à la carte. Ils détruisent les plantations, pillent les récoltes, démolissent les édifices et les
maisons, évacuent les bourgs et les villages. Ils exécutent
les combattants et leur tranche parfois la gorge »
Riyad ne tombe qu’en 1773 après de longues tentatives
qui feront 1700 morts parmi les wahhabites.
La région de l’Asha tombe en 1793, puis c’est au tour de
l’Iraq d’être dans la ligne de mire.
Al-Wahhab meurt en 1793.
14 000 hommes sont mobilisés par Muhammad Ali. La
campagne commence en 1811. La Mecque tombe en
1813. Saoud meurt en 1814 et est remplacé par son fils
Abdallah qui ne pourra que s’incliner. Le fief wahhabosaoudien, Dir’iyya est prise en 1818 après six mois de
siège. Vingt-et-un princes saoudiens meurent lors de la
prise de la ville, c’est l’hécatombe et beaucoup de wahhabites passent au camp adverse.
En 1801, suite à une violente dispute entre caravaniers
wahhabites et chiites sur la tombe sacrée de l’imâm Ali ,
vénérée par les chiites à Karbala, 30 wahhabites sont tués. La riposte est impitoyable, 14 000 hommes sont dépêché en renfort côté wahhabite, et le massacre marquera
jusqu’aux chroniqueurs européens de l’époque. Un massacre qui a fait entre 2000 et 5000 victimes selon les
sources. Enfants, femmes enceintes éventrées . Ce fut le
point de départ de l’aversion irrémédiable entre chiites et
wahhabites, qui s’exprime encore aujourd’hui dans ce
même Irak où se situe Karbala.
Le roi Abdallah est fait prisonnier. Il est accusé d’avoir
pillé la tombe du prophète. On le promène trois jours dans
les rues en l’humiliant, puis il est exécuté. Dir’iyya est
rasée puis vidée de ses habitants. C’est aujourd’hui une
curiosité archéologique de vieilles pierres. Les rescapés
de la lignée des Saoud émigrent au Qatar et au Koweit
auprès de la famille Sabbah, de la tribu wahhabite des
Anza.
Pour prendre La Mecque, cinquante-six expéditions guerrières sont menées rapporte le chroniqueur Zayni Dahlan.
La ville tombe une première fois en 1803, Médine en 1805.
Les richesses de Médines sont aussitôt pillées : le trésor
du prophète riche en bijoux en or, l’épée du calife Haroun
Al-Rashid, une étoile en diamant surplombant le tombeau
Aussitôt les égyptiens repartis, un cousin des Saoud, Turki, restaure le wahhabisme entre 1821 et 1834. Il prend
26
Riyad pour capitale et ne contrôle guère que le Najd.
Saoud lève une armée pour affronter les Ikwan en 1929/
C’est l ‘épisode de la « discorde ». Les Ikwan sont mattés.
Puis c’est la lignée des Rachid qui y règne au début du
Xxeme siècle.
Une discorde de courte durée. Ibn Saoud emploit en
1930 les précieux djihadistes Ikwan pour un jihad contre Abdallah de Jordanie. En 1932 contre les Yéménites.
Abdelaziz Ibn Saoud ressuscite la secte et forme
le troisième royaume.
Au début du XXeme siècle, la famille royale réfugiée au
Koweit entreprend de reconquérir le Najd. En 1902, Abdelaziz prend d’assaut Al-Masmak, le palais de Riyad, avec
une quarantaine d’hommes, dont les noms figurent depuis
sur une plaque commémorative d’or à l’entrée du Palais.
Abdelaziz a 18 ans.
L’historien Philby parle alors en 1936 de « Pax Wahhabica », la pénisule arabe étant alors pacifiée (le djihâd
dans cette zone est terminé), les vétérans de la guerre son
choyés par Saoud.
Lors de la rencontre très fameuse de Ibn Saoud avec Roosevelt sur le bateau Quincy de 1945 afin de célébrer le
« pacte pétrolier » qui permettra aux saoudiens d’obtenir
l’aide technologique des américains afin d’extraire leur
pétrole, Ibn Saoud fut accompagné d’un lieutenant du chef
Ikwan Ibn Badjid, Majid ibn Khatila qui aura le titre de
« Sultan de la religion ».
Limité en homme, il cherche à s’attirer à lui les tribus environnantes, et pour ce faire endoctrine des nomades au
wahhabisme. Il crée des campements pour les sédentariser et rallie à lui les tribus des Mutayr, ‘Utayba, Harb et
Shummar. Le gouvernement fixe l’emplacement d’une
nouvelle ville, fournit le matériel agricole, bâtit les habitations, et construit évidemment les mosquées. Les imâms
s’occupent de l’administratif, chaque colonie est dirigée par
un émir, des ulémas leur enseignent le wahhabisme.
Les Frères deviennent la phalange armée de
Saoud.
Cet ensemble formaté va devenir la secte des Ikwan , des
Frères, (à ne pas confondre avec les Frères Musulmans
qui ne verront le jour qu’en 1928 en Egypte).
Leur force de frappe comprend 150 000 hommes !
Le jihad est alors relancé tous azimuts. En 1920 l’aviation
anglaise arrête leur progression vers le Koweit, malgré leur
soutien au roi Saoud, ils veulent marquer l’arrêt de ses enfants turbulents.
Les Anglais obligent Ibn Saoud à signer un traité territorial
avec le Koweit le 7 décembre 1922. Ils installent au même
moment le roi Fayçal en Irak et Abdallah en Transjordanie
un peu plus tard.
Le Pacte de Quincy a été scellé en février 1945 sur le croiseur USS Quincy (photo) entre le roi Ibn Séoud, fondateur
du royaume d'Arabie saoudite, et le président américain
Franklin Roosevelt, de retour de la conférence de Yalta.
Les Ikwan ne comprennent pas ces soumissions diplomatiques et marchent sur Karbala en 1922.
Il s’articule sur cinq points :
- Le président Roosevelt en compagnie de Abdelaziz Al
Saoud et de William Leahy sur le Quincy
Faycal Ibn Saoud (ne pas confondre avec le Fayçal d’Irak),
ainé de Abdelaziz, décide en 1924 lors d’une conférence à
Ryad d’envoyer ses Ikwan reprendre La Mecque et Médine, après que le chérif Hussein contrôlant le Hedjaz
(région de ces deux villes) ait interdit le pèlerinage aux
Ikwan.
En 1926 les Ikwan attaquent la caravane égyptienne se
dirigeant vers le pèlerinage.
- La stabilité de l’Arabie saoudite fait partie des “intérêts
vitaux” des États-Unis qui assurent, en contrepartie, la protection inconditionnelle du Royaume contre toute menace
extérieure éventuelle.
- Par extension la stabilité de la péninsule arabique et le
leadership régional de l’Arabie saoudite font aussi partie
des « intérêts vitaux » des États-Unis.
Puis les Ikwan acceptent mal l’encadrement de Saoud, sa
reconnaissance des frontières avec ses voisins, son ouvertures aux nouvelles technologies « diaboliques » (radio;
télégraphe, téléphone), l’autorisation à des bédouins
Irakiens et Transjordaniens à faire paître leurs troupeaux
sur les terres saoudiennes, et quelques concessions aux
chiites et chaféites.
- En contrepartie, le Royaume garantit l’essentiel de l’approvisionnement énergétique américain, la dynastie saoudienne n’aliénant aucune parcelle de son territoire, les
compagnies concessionnaires ne seraient que locataires
des terrains.
En 1928, Ibn Saoud est obligé d’organiser une conférence
géante avec les chefs de tribus et les Ikwan réunissant 16
000 personnes à Riyad. Cela n’apaise guerre les esprits et
Les autres points portent sur le partenariat économique,
27
commercial et financier saoudo-américain ainsi que sur la
non-ingérence américaine dans les questions de politique
intérieure saoudienne.
Une remarque sur ce numéro ? Participer au future courier des lecteurs ? veliocas@gmail.com
En vous abonnant pour 12 numeros, vous assurer notre
pérennité.
Comme l’écrit Hamadi Rédissi, « les Frères (Ikwan) ont
formé une armée morale de « libres chevaliers » (…)[qui]
introduisent l’ascétisme, la brutalité et le martyre- des
mœurs étrangères jusque-là à des nomades incultes qui
ne se battaient que par esprit de vengeance ou à des fins
de razzia. Ils généralisent le fanatisme à grande
échelle. Leur aura demeure à ce jour intacte auprès
des milices religieuses, les comités du contrôle du
vice et de la promotion de la vertu. »
L’abonnement vous donne droit à un exemplaire dédicacé
de Ces Maires qui courtisent l’islamisme, ou, si vous
l’avez déjà, au livre Entre la haine et l’espoir, sur le contenu des chaînes sattelitaires arabes.
71 euros pour l’abonnement qui donne droit de télécharger tous les anciens numéros.
Les grands entretiens precedents :
Mars 2012: Professeur Marie Thérèse-Urvoy , islamologue de l’université et arabisante.
Janvier 2012 : Professeur Sami Aldeeb Abu Salieh, islamologue de l’université et arabisant.
Décembre 2012: Historien Louis Chagnon, sur son livre
la conquête musulmane de l’Egypte.
Novembre 2012 : Historien Paul Fenton, directeur adjoint
du department d’études arabes et hébraique à l’université
Panthéon-Sorbonne sur son dernier ouvrage, L’exil au
Maghreb, conditions des Juifs sous l’islam de 1148 à
1912.
S’abonner en ligne ou par chèque à l’ordre de la société
d’édition :
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