Un extrait - Editions Parenthèses

Un extrait - Editions Parenthèses
978-2-86364-262-7
www.editionsparentheses.com / Fréderic Valabrègue, Bruno Suet — La planque Treize ateliers d’artistes à Marseille / ISBN
13 ATELIERS D’ARTISTES / ARTISTS’ STUDIOS / MARSEILLE
Sous la direction de Françoise Siffrein-Blanc et Florence Denis-Loussier
Texte de Frédéric Valabrègue
Photographies de Bruno Suet
Création graphique de Françoise Oppermann
Traductions en anglais de Sacha Barral
Parenthèses
978-2-86364-262-7
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Judith Bartolani
Pierre Malphettes
Lionel Scoccimaro
Frédéric Clavère
Cristof Yvoré
Gilles Barbier
Chemins de traverse
1
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4
5
6
La Calade
p. 13
Arenc
p. 29
Le Canet
p. 41
Le Canet
p. 55
La Belle-de-Mai
p. 67
La Belle-de-Mai
p. 79
Frédéric Valabrègue
p. 91
Pierre-Gilles Chaussonnet 7
Fred Sathal 8
Yazid Oulab 9
Michèle Sylvander 10
Marie Bovo 11
Marc Quer 12
Gérard Traquandi 13
Repères
Les Carmes
p. 117
Le Panier
p. 131
La Plaine
p. 143
Saint-Victor
p. 155
Endoume
p. 167
L’Estaque
p. 179
Aix-en-Provence
p. 191
p. 204
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PLAN . MAP
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Sur la piste de treize artistes choisis, nous avons sillonné la
ville. Elle ne s’expose guère à découvert, tout juste si elle ne sème, par un fait exprès, des embûches aux promeneurs intimidés par son désordre. Les artistes eux y ont trouvé des friches accessibles, propices au travail et à la
création. À l’abri des regards, ces lieux cachés sont des espaces de liberté.
Mais la planque n’est pas confortable. Folle, rugueuse, chaotique, Marseille, cette écorchée vive, mêle le tout et
son contraire. Aveuglée de lumière, elle laisse ses artistes dans l’ombre. Gérard Traquandi y est né, y a travaillé puis
s’est éloigné, mais sans cesse y revient comme une fatalité : « Paranoïaque, sale, violente, mal élevée mais belle, à
l’excès… »
Capitale européenne de la culture en 2013, le M, treizième lettre de l’alphabet… Marseille joue du 13. Certains
voudront n’y voir qu’un hasard, nous avons voulu y voir une chance. Une chance pour que Marseille rayonne, à la
lumière de ses artistes contemporains. Un fil immatériel relie les rencontres dans les ateliers, vécues comme des
moments de grâce.
Tel un grimoire, le livre entrouvre les portes secrètes de la création. Imaginées librement, les pages blanches de
chacun des artistes révèlent l’intimité de leur travail. Certaines sont des œuvres originales. D’autres des mots témoins,
instantanés. Toutes, une vision très personnelle de cette ville oxymore.
FRANÇOISE SIFFREIN-BLANC & FLORENCE DENIS-LOUSSIER
We travelled across the city on a journey to find thirteen selected artists. It wasn’t easy to find them. The journey
seemed to be purposefully laden with traps to confuse and discourage walkers. The artists themselves came upon
this open wasteland and found it ripe for artistic practice and creativity. Safe from prying eyes, their «studio hideaways»
have become spaces of freedom. But they are far from comfortable.
Mad, rugged, chaotic Marseilles is a tormented soul that mixes everything and its opposite. A city blinded by sunlight
that leaves its artists in obscurity. Gérard Traquandi was born here, worked here and then moved away, but inevitably
keeps coming back to this city which he describes as: “Paranoid, dirty, violent, badly brought up, but beautiful in the
extreme…”.
Marseilles will be European Capital of Culture in 2013. The fact that «M» is also the thirteenth letter of the alphabet
and Marseilles happens to be the thirteenth département in France may strike some as sheer coincidence, but we
saw it as an opportunity – an opportunity for Marseilles to bask in the light of its contemporary artists. Along the way
it starts to feel like there is an invisible thread linking together our encounters in the studios – they are experienced as
moments of grace. Like a magic spellbook, the pages half-open to reveal the secret passageways of artistic creation.
Each artist is given carte blanche to reveal the depths of their work on their own blank page. Some are original
artworks and others instantaneous, personal statements.
All of them offer a very personal vision of this paradoxical city.
THE SUN IN THE DARK
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THE SUN IN THE DARK
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“Marseilles, almost as ancient as Rome, possesses no monuments.
Everything lies buried underground, everything is secret. And there
you have the image of marseilles’s luck, a fleeting good luck…
But luck cannot be learned. It is a gift, and those who have it do not
brag about it. They keep it quiet. It is their secret. That air of secrecy
one comes up against all the time in Marseilles…”
Blaise Cendrars, The Astonished Man
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« Marseille, presque aussi ancienne que Rome, ne possède aucun
monument. Tout est rentré sous terre, tout est secret. Et c’est là
l’image de la chance de Marseille, de la chance tout court…
Mais la chance, cela ne s’apprend pas. On l’a. Et celui qui l’a
ne s’en vante pas. Il se tait. C’est son secret. Un air de secret
sur lequel on bute partout à Marseille. »
Blaise Cendrars, L’homme foudroyé
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23 novembre 17 heures
On est à l’Ouest
We’re out west
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Marseille
Quartier La Calade
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Judith Bartolani
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Frédéric Valabrègue
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comme
une ville de passage. On ne resterait pas. On ne garderait pas de traces. Les musées de la ville disent qu’on ne
conserve guère. Il suffirait pourtant de mieux raconter
l’histoire des passants pour accumuler des images. Ainsi
le cinéaste Jonas Mekas s’arrêtant sur les escaliers de la
gare pour affronter la lumière ou le sculpteur Jimmie
Durham lapidant un réfrigérateur à coups de caillasses.
Ils ont marqué leur passage par un éblouissement et un
vacarme. Cependant, tout en devenant un des ateliers
artistiques de l’Europe, Marseille laisse la majorité de
ses artistes à leur anonymat. Ceux qui restent prennent
goût à ce silence. Ils se nourrissent du site, de la zone
portuaire, des collines et des gens. D’ici, ils n’attendent rien en dehors de la vie quotidienne, ce qui est déjà
énorme. Il faut les chercher dans les quartiers, disséminés dans le tissu urbain.
C’est un cliché de répéter que la tache d’humidité
sur le mur de l’atelier finit par sauter dans la peinture. Comment la ville rentre-t-elle dans les ateliers ?
Comment la lumière évoquée par Mekas, le son répercuté par Durham résonnent-ils à l’intérieur ? Chacun
vient avec sa géographie personnelle et la greffe sur la
ville. C’est poreux sans que se relève une caractéristique locale. Même les inventeurs de promenade (ils
« inventent » un parcours à travers les quartiers comme
on le dit d’une grotte rupestre : « l’inventeur » de la
grotte Cosquer…), artistes les plus ancrés dans le site
et le découvrant à l’infini, plaquent dessus leur propre
territoire. Ces promeneurs sont les descendants des
flâneurs, ces piétons de Paris qui, dans la seconde
moitié du e siècle, ont ré-inventé un usage de la
ville, des surréalistes et des situationnistes pour qui
la dérive était un acte poétique essentiel. Ils viennent
aussi après les marcheurs du Land Art comme Hamish
Fulton ou Richard Long, sauf que leurs lieux d’exploration n’appartiennent ni à la ville ni à la « nature » mais
à la lisière et à l’interpénétration de ces deux mondes.
D’une certaine manière, ils suivent les cicatrices de
cette intrication entre deux règnes. Cependant, les
angles d’attaque de promeneurs comme Laurent Malone,
Hendrik Sturm, Christine Breton, Nicolas Mémain ou
Marc Quer sont tous différents. Les perspectives révélées par les traverses de la ville ne sont jamais les mêmes.
Peut-être que si Marseille a cet attrait, c’est parce qu’elle
est remplie de ces terrains sans organisation ni identité qu’on nomme friches. Son trésor résiderait dans
une sauvagerie liminaire. La friche est un espace de
régénération qui renouvelle les possibilités réflexives
92
et poétiques des hommes. Dans le cas des promeneurs, elle est prise au sens strict et concerne davantage
le terrain vague, le rideau de canisses longeant la voie
ferrée que la réserve institutionnelle affichant ce label.
Les latins nous ont légué l’image d’une agriculture où les
plantes seraient accouplées de façon complémentaire,
les unes s’appuyant sur les autres. Ce qui ferait prospérer une plante serait un voisinage où l’on trouverait de
tout, sauf ses congénères. À Marseille, les plantes des
terrains vagues se tissent aux friches industrielles d’une
culture de l’usine et de la fabrique dont reste la nostalgie du prolétariat. L’armoise, à l’odeur aussi entêtante
que la soude des savonneries, prospère entre des rails
donnant sur des hangars désaffectés. C’est cette opportunité de la faillite qui a favorisé, au début des années
quatre-vingt, l’arrivée d’artistes venus de partout pour
se tailler des ateliers dans des fabriques, comme celles
des pâtes Bonhom ou des dattes Micasar.
 ’   un seul usage de l’atelier et
celui-ci a évolué avec toutes les définitions récentes
de l’art. Ce peut être un refuge, une cellule de moine,
un repaire, un espace d’archivage ou de stockage, une
place attenante à l’espace domestique, un laboratoire,
un bureau, un établi d’artisan, une petite entreprise,
et même le fameux atelier du e siècle rempli d’accessoires théâtraux et proche du cabinet des curiosités.
Quand on entre dans l’atelier de Marc Quer, garage situé
dans une ruelle vide de l’Estaque, village et port adjacents à la ville, on se retrouve devant un tas confus dont
peuvent être extraits des éléments pour des ensembles sculpturaux ou des installations. Le tas matriciel
débordant et informe laisse le hasard organiser des
rencontres et des associations. Tous ces objets — fripes,
vieux fanzines, morceaux de carton, inscriptions rudimentaires — constituent un lexique pour des phrases
dont les modèles sont les étals de rue sous le pont du
Cap-Pinède et autour du marché aux puces des Arnavaux.
Beaucoup d’artistes sentent la pression d’un dehors qui
les appelle sans cesse. Marc Quer qui dessine, photographie, sculpte, danse, invente des publications et des
promenades, préfère être dehors. L’atelier lui permet
d’accumuler les provisions avec lesquelles improviser. Garder l’atelier, c’est se mettre en demeure de
passer à l’acte avec tout ce que ça suppose comme ennui
et angoisse pour les obsédés de la réalisation. L’atelier,
lieu de gestation et parfois de macération, n’est pas
toujours un espace agréable. C’est aussi le lieu du doute
et du manque de recul. Il est dans le meilleur des cas
organisé comme une machine quand la production est
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bien huilée, mais sa fonctionnalité appartient à chaque
artiste, ce qui en fait en même temps une sorte de
tanière pour animal en hibernation prolongée.
Si l’ancien atelier dans sa version classique n’est plus,
pour la plupart des artistes, le lieu où tout se joue, c’est
parce qu’après la révolution picturale du plein air, le
désir de se confronter à une réalité incarnée par la ville
en général, non pas dans sa représentation mais dans
son rythme de vie et sa culture, les a poussés dehors.
Quand la vie quotidienne est devenue l’espace d’investigation et le tremplin, l’atelier a pris moins d’importance.
Il est devenu le lieu du rassemblement mais plus tout
à fait celui de la recherche. Pour Marc Quer, il est plus
important de saisir un rapport de formes et de matériaux dans la rue — rapport qu’il va traduire et mettre
en place dans son dépôt — que d’affronter le silence de
l’atelier. C’est dans l’instantanéité du regard, dans la
restitution du coup d’œil qu’il tire une sentimentalité
acide de choses pauvres mais propices à la rémanence.
Il semble que plus ses moyens sont dérisoires, plus leur
charge émotionnelle est claire. Il sait que ses matériaux
comptent un nombre suffisant d’indices et que leur
métonymie rebâtit un environnement populaire rempli
de voix et d’inscriptions. Cet environnement, ce serait
celui de n’importe quel sous-prolétariat de la planète. Il
n’y a pas là de folklore, juste une façon de favoriser une
rencontre visuelle ou langagière. Le modèle, ce peut
être le geste des métiers, celui du manœuvre plutôt que
du maçon. Ce peut être aussi les marchés du dimanche
de la Porte-d’Aix ou de la rue Longue où on étale au sol
un mouchoir puis pose une montre brisée et une paire
de chaussettes, plus pour la discussion que pour une
vente de deux sous. Cette conversation par écrits interposés — affichettes où chacun cherche son chat, tapisseries hirsutes formées par un feuilletage d’adresses et
numéros de téléphone — sème sur les murs un jeu de
pistes amorçant une rencontre. Les pièces de Marc Quer
contiennent souvent un appel au lien ou font état d’un
lien qui se défait. Elles sont remplies de rumeurs. Elles
sont des invites à jouer avec la ville. Elles répondent au
désir de laisser un signe, inscrire, mar(c)quer.
Il y aurait autre chose qui serait le pari du vernaculaire. Marc Quer a vécu son enfance à La Bricarde, une
cité au-dessus de l’Estaque. Il possède sur le bout des
doigts le répertoire des comportements de la plupart
des gens des quartiers. À partir de ses observations,
en satiriste bienveillant, et avec empathie, il tire un
type de ces gens et en instaure les lignes et la définition. Ce personnage dont il est aussi le modèle, acteur et
moqueur furieux de ses mésaventures et de ses déboires,
ce serait le Méditerranéen confronté à la confusion de
ses sentiments, une rudesse machiste cachant un cœur
d’écorché et jouant avec le pathétique de ses contradictions. L’artiste organise la surenchère d’un personnage
identifiable au premier coup d’œil tellement il caractérise le local. Il n’y a pas un mot écrit, pas un objet ni
un assemblage de Quer qui n’évoque pas ce type, qui ne
soit pas reconductible à sa manière d’être. L’autoportrait
de l’auteur et acteur et son autobiographie se dessinent derrière ses réalisations même les plus sculpturales — les installations de parpaings ou les fragments
de chantier. Il n’est pas un moi, encore moins un ego, il
est plutôt le dénominateur commun issu d’une géographie, de circonstances socio-culturelles et de particularités langagières. À travers ce type, Marc Quer nous
montre une ville collant aux symptômes et y répondant
par l’affect. Ici, face à n’importe quel événement, c’est
le corps entier de la ville qui réagit sans recul. L’artiste
place son vocabulaire de façon à ce qu’il résonne avec
le collectif. Il en condense la mythologie. Ce mode de
placement local, hauteur de ton et inflexions d’une
langue densifiée par une économie rigoureuse, est hissé
à la hauteur de ce que Baudelaire nommait avec admiration le poncif. Ce vernaculaire reconstruit est immédiatement traduisible et perceptible dans n’importe
quelle autre langue. Une publication récente réalisée
avec les Éditions P de Denis Prisset, intitulée Monsieur
Drame, où toute une série de courriels signifiant des
ruptures amoureuses plus ou moins navrantes avoisine
des images en noir et blanc de portes d’hôtels de passe
couverts de graffitis, exemplifie bien la constitution de
ce personnage à l’affect attendrissant et catastrophique.
  ’, en revenant
sur nos pas vers Marseille, de l’ouest à l’est, du couchant
au levant, comme pour parier sur la permanence du
jour, peut-être par les terrains vagues de terres rouges
et les marais des briqueteries, puis traversant le parc
de la Bréguière pour passer devant les raffineries de
sucre Saint-Louis, il est plaisant de doubler La Viste
où la vue sur les digues est lumineuse, puis de remonter vers La Calade. Il y a quelque chose de remarquable à
Marseille qui est la percée des rues, du ciel aux massifs
montagneux ou du ciel à la mer. La ville est trouée par
des courants d’air. Les rues se cabrent vers une ceinture
de roches blanches ou sont barrées par la Méditerranée.
Ces espaces vastes et déserts représentent une échappée, un ailleurs à portée de main. La « viste », comme
on l’entend, c’est le point de vue, mais la « calade » est
une construction d’escaliers aux marches larges, aux
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Frédéric Valabrègue
degrés peu accentués marquetés de pierres. On monte
à La Calade pour surplomber le port au bord d’une
falaise aménagée de restanques où poussent des plantes
grasses et tomber sur cette citadelle industrielle qu’est
l’ancienne usine des Pâtes Bonhom où se trouve l’atelier
de Judith Bartolani. Il est impossible de rentrer dans ces
ateliers sans se souvenir des artistes qui s’y sont succédé.
Se surimposent en un feuilletage d’images des visages et
des travaux : Bruno Perramant, parti tenter sa chance
ailleurs après avoir traversé une indifférence douloureuse, Claude Caillol avec qui Judith Bartolani s’est longtemps associée, Jean Laube qui a réalisé ici une de ses
plus belles séries de peintures construites.
Judith Bartolani a créé aux Pâtes Bonhom l’essentiel
de ses sculptures en résine, bois et pierre qui sont des
dessins dans l’espace où le plan travaillé au sol puis
redressé à la verticale propose dans sa transparence des
événements gestuels qui tiennent de la gravure et des
inclusions de plomb dans le vitrail. Dans un premier
temps proche de ses maîtres du groupe Supports/
Surfaces comme Toni Grand puis Patrick Saytour, elle a
su se séparer de cet héritage formateur pour aller vers ce
qu’elle avait éludé longtemps, la figure revenue en force
dans des livres picturaux où le travail de la mémoire est
celui du deuil. Ainsi des sculptures aussi convaincantes
que ce grand fusain noir, arbre calciné zébrant le lieu en
un signe énergique, ont-elles fait place au monde de la
diaspora, à ces migrations fécondant la Méditerranée
puis l’Europe et dont les ferments persistent. L’œuvre
de Bartolani, qu’elle soit dessinée, peinte, sculptée
ou donne lieu à des livres uniques, des vidéos reprenant les livres avec la complicité du vidéaste Dominik
Barbier, relève d’un même sens de l’apparition ou de
la vision. Tout se joue en une pulsion violente vers le
visible. Le symbole, le signe ou le nom s’affichent en
une sorte d’instantané. Bartolani cherche une synthèse
électrique. Nul appel à l’analytique ni à un savoir à
déplier, quoique cette œuvre procède de longues études
et de documentation, mais le rassemblement de ce
qui pourrait contenir toutes les histoires du monde en
un éclair ou un tourbillon. Les visages rassemblent en
un seul ovale ceux des fresques étrusques et crétoises
ou des masques funéraires du Fayoum. L’écriture qui
accompagne les pastels, crayons, encres, pigments et
fusains est constituée par des citations de livres relatant la Shoah ou par des textes écrits par Bartolani en
des phrases simples scandées avec vigueur. La nomination des lieux terribles et la géographie des migrations
rend le son d’une litanie, presque un lamento. On se
rappelle les carnets de Charlotte Salomon et le poème
94
d’Allen Ginsberg, Kaddish, avec sa façon de psalmodier. La production de dessins et peintures de Bartolani
renseigne sur ce besoin de nomination semblable aux
généalogies : un appel des disparus, un recensement
des êtres et des cultures éteintes. C’est que la ville est
morcelée par des minorités aux parcours et aux destins
particuliers, comme hier la communauté arménienne et
aujourd’hui celle des Comores. Il semble que le terme
d’apatride résonne dans ses fibres. On pourrait comparer Marseille à un sas, une zone d’entrée qui aurait des
allures de quarantaine propice à la gestation et à la métamorphose. Dans l’anonymat de la ville, on prend pied et
langue, mais aussi on se prépare à quitter.
Après son association avec Claude Caillol où elle
avait exploré des hypothèses de design, la couleur
des matières plastiques et l’ironie des décors, Judith
Bartolani est repartie vers un aspect de son travail
annoncé par ses premières sculptures où le dessin
était si important : l’inscription et le mot. Dans le geste
d’inscrire, tout le monde s’accorde à voir du dessin.
Inscrire n’était pas encore nommer ni écrire. Dans le
dernier développement de son œuvre, Bartolani raconte.
Il lui revient les contes, les paraboles, toute une tradition du merveilleux, de la haggada — elle est juive —, et
dans le merveilleux même, la tragédie. Raconter, c’est
refaire dans sa voix la parole de beaucoup d’autres. Mais
aussi, c’est figurer, donner une figure et un visage. On
nomme pour figurer. Si un homme est nommé, cela fait
partie de son visage. Quand on nomme une plante ou un
animal par son espèce, on le qualifie. L’arbre universel
ou le poisson générique n’ont pas d’histoire. Autrefois
les anciens étaient chargés de parler de leur enfance à
ceux qui l’avaient perdue. Quand on se met à raconter,
on refait le chemin pour ne pas perdre le fil. Les contes
des anciens sont notre fil d’Ariane. C’est ce qu’a accompli Isaac Bashevis Singer pour le yiddish. Il se trouve
que Bartolani raconte, contrairement à un écrivain, en
peignant. Elle fait des livres de peintures, des livres
d’enluminures. Plutôt qu’une image à la limite du texte,
on préfère que l’enluminure soit ce qui allume la page.
Là, elle la prend toute et le texte la traverse. La peinture
suit la temporalité et le déroulement du livre mais s’affiche par éclats. Les graphismes et les couleurs ont le
timbre d’une voix. Ils ont aussi les ratures du palimpseste, de la peau. L’abondance des peintures et des
dessins poursuit un récit inépuisable. La présence du
tourbillon, page et figure leitmotiv, signifie cette accélération qui n’est pas la transe, mais l’entrée dans une
énergie aspirante appartenant aux morts, aux disparus,
aux oubliés et qui ne s’arrête pas.
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  de l’ère industrielle, particulièrement de la première moitié du siècle
dernier, ont donné à la ville sa monumentalité. La citadelle où travaille Bartolani est aujourd’hui décorée, côté
mer, d’un gigantesque ED (European Discount) sur fond
vert. Les marques nomment les bâtiments : on travaille
à Croque-Fruits, on va chez Haribo, on se rend à Panzani.
Ils n’ont jamais eu aucune prétention à la monumentalité ni au patrimoine. Ils n’ont pas été faits pour la
pérennité, et pourtant, ils ont amassé du prestige. Le
front des docks, les silos ressemblant à des jeux d’orgues, les longs murs des usines ont fini par témoigner
d’un monde dont on reconnaît la beauté. Le regard a
changé à la fin des années soixante-dix. On a commencé
à regarder l’architecture industrielle et les lieux où la
classe ouvrière a forgé son histoire quand cette dernière
disparaissait. Marseille qui avait la réputation d’être
sans véritable urbanisme et de ne pas posséder d’architectures passionnantes depuis Puget en a gagné d’autres,
inattendues. On regarde aujourd’hui avec admiration
les ensembles de La Savoisienne du chemin de Gibbes.
Ces premières  sont aujourd’hui nos châteaux.
Nicolas Mémain, promeneur dont les parcours s’arrêtent à des bâtiments peu admirés et créés par des architectes oubliés, porte son attention sur les constructions
d’urgence, barres, cubes, ensembles, bâties lors de
l’arrivée des rapatriés d’Algérie. Il montre l’inventivité
et même la force de certaines. Il a un deuxième regard
sur les utopies du logement social. La dépréciation de
tout ce qui a été bâti entre 1950 et 1970 n’est plus systématique. On ne porte plus sur certaines cités des quartiers nord un regard misérabiliste. Le paysage urbain
s’enrichit de cette connaissance.
Passant par l’immense travelling constitué par les
rocades et les bretelles d’autoroute qui ceinturent le port
au niveau d’Arenc et surplombant les anciennes minoteries, le visiteur peut avoir l’impression d’un chaos. Que
s’est-il produit pour qu’à un moment, dans la mentalité générale, ce qui était considéré comme un désordre
urbanistique découlant d’une accumulation anarchique
d’époques et d’usages ait pu gagner ce mot de beauté ?
Il a fallu que la beat generation américaine nous initie au
charme des non-sites, stations-services désaffectées,
esplanades noircies par la graisse des camions, lotissements ouvriers aux maisons semblables coincés entre le
maillage de deux échangeurs d’autoroutes. Ce que nous
avons reconduit dans Marseille, n’est-ce pas un certain
paysage urbain entropique véhiculé par le cinéma
américain et le road movie ?
  a son atelier
boulevard Roger-Salengro dans un bâtiment voisinant de hauts silos de ciment gris donnant sur la zone
portuaire. Sa petite tour carrée de pierres blanches est
aujourd’hui en face de ce nouveau phare d’Alexandrie
disproportionné qu’est la colonne neuve -, balise
noire fichée par l’architecte Zaha Hadid au cœur de ce
trade center qu’est Euroméditerranée. L’atelier a son rezde-chaussée consacré à l’usinage, son premier étage à
un bureau rempli d’avocatiers et de leurs noyaux. Dans
une salle pleine de maquettes et d’esquisses se trouve
un carré de prairie sous des lampes. Ce jardin suspendu
est une jachère, un endroit où la terre au repos laisse
pousser ce que le vent apporte. Il a tout de l’agriculture en
vase clos, expérimentale et industrielle, mais les herbes
folles issues du terrain vague n’ont dans un premier
temps pas d’utilité comestible ni médicinale. Ce sont
des plantes anonymes dont on ne décèle pas les qualités sans attention, dont on ne fait pas croître les différences sans de multiples soins. Elles peuvent gagner ces
qualités et déclarer leurs multiples richesses. Sculpteur
avant tout, Pierre Malphettes confronte des règnes et
des états. Il pose un cadre à ce qui est promis au débordement. Sur l’aléatoire, la trajectoire d’une mouche par
exemple, ou sur la croissance d’un arbre, il impose son
ordre fait de science et de technicité. A contrario, sur
l’élément technique le plus solide, le plus constant, il
amène un geste qui dérègle autant de certitude. Il joue
sur des oppositions, la binarité du poétique et du scientifique, de la matière et de l’image. L’arbre est revu par
l’ordinateur, le design et la signalétique, pourtant, c’est
sa force mythique et symbolique qui apparaît. La trajectoire de la mouche est gelée dans le néon, alors qu’elle
est un dérapage, un dessin pour rien. Cet objet d’agrément, proche de l’enseigne et propice au multiple, fige
la trajectoire non euclidienne d’un dripping. L’informe
laisse transparaître sa structure et la reconstruction
d’une pierre fait remonter sa géométrie moléculaire.
Il n’y a jamais l’ombre d’un choix ni d’un a priori moral
dans la mise en présence de forces opposées qui coexistent dans la simultanéité. Ce sont des sculptures multipistes, des feuilletages de niveaux.
Malphettes ne livre pas avec ses pièces les modalités de
leur fabrication. Ce ne sont pas des autocommentaires.
Sa sculpture ne se retourne pas vers son mode d’emploi.
Elle est le territoire circonscrit d’une série d’évocations.
Lui-même juge son travail poétique, c’est-à-dire suscitant un champ de résonances et de métaphores. Nous
avons relevé plus haut ce dialogue entre la sculpture
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Frédéric Valabrègue
et l’image que nous trouvons chez lui si présent. Une
sculpture qui fait image propose l’archéologie et le futur
de sa forme en même temps. L’image vient toujours
en avant de la sculpture parce qu’elle est frontale. Elle
s’affiche. Une sculpture de Malphettes pose en avant
de son poids une couleur ou un design qui fait douter
de sa densité. Elle fait entrer en elle un environnement sociologique ainsi que la sphère publicitaire et
marchande. Chaque forme tient compte d’un développement et d’une temporalité, comme ce caisson lumineux de couleur magenta installé dans un break pour
rouler de Marseille à l’Écosse droit sur le méridien. Il
s’agit là d’une action relatée par un livre, d’un journal de
bord consignant les différentes situations déclenchées
par une sculpture mobile dont la couleur fluorescente
n’a rien à voir avec le paysage. Voyage d’un corps étranger jurant avec tapage de le demeurer et qui, documenté
par la photographie, la vidéo et le son, constitue une
œuvre plastique dont la couleur et la forme pures, des
suprématistes aux minimalistes, sont les centres.
Dans l’atelier de Malphettes, le bureau d’études a
autant d’importance que le lieu de fabrication où sont
les machines. Il lui arrive comme tous les sculpteurs
de déléguer et de faire appel à des techniciens qualifiés pour tel ou tel matériau, la fonte d’aluminium par
exemple. Mais ce qu’il y a de frappant, c’est combien
la sculpture est prévue par des recherches et des plans
faits avec l’ordinateur. Malphettes n’est pas un artiste
conceptuel dans la mesure où il ne pense pas que tout
se joue dans une formule ou un programme, cependant
la plupart de ses sculptures témoignent de cette technologie dominante qu’est le numérique. Quand nous
parlons de sculptures-images, c’est parce que l’emploi
du numérique crée un style, celui de ses simulations. La
simulation informatique introduit dans la sculpture la
plus solide une légèreté de maquette ou un air d’irréalité. La modélisation à partir du plan et de ses facettes
confirme cette légèreté. L’informatique glisse dans
la matière quelque chose de la fiction. On sait ce qui
sépare le volume de la 3D virtuelle. Or ici, volume et 3D
sont deux couches collées ensemble.
Quand Malphettes insiste sur ce mot de poésie, terme
dangereux tellement il est pris pour de la joliesse, nous
le comprenons d’abord mal. Désigne-t-il l’ambivalence
dimensionnelle inscrite par des inversions entre surface
et volume, dessin et sculpture ? La poésie, serait-ce
pour lui la friction et la confrontation d’éléments irréconciliables ou l’étincelle produite par leur rencontre ?
Un spectateur en restant aux premières impressions
parlerait devant ses sculptures de science-fiction plutôt
96
que de poésie. Il parlerait d’un monde dont la virtualité aurait dissous tous les solides dans une image. Ici,
la science et la technologie surtout, moment le plus
réifié de la science, seraient au service d’une ligne claire
supposant le futur immédiat comme apogée du design.
Pourtant, certaines pièces nous remettent devant ce
mot de poésie dans son acception commune : une intuition, un raccourci synthétique électrisant une juxtaposition d’objets comme cette mouette en néon posée sur
un container. La poésie de Malphettes ponctionne dans
son environnement immédiat — le chaos urbain qu’il
observe de son toit-terrasse —, des éléments qui signifient l’ensemble d’un monde et d’un paysage. Quoi de
plus emblématique de Marseille que ce clabaudage de
lumière sur un container rouillé ? Et comment mettre
le mistral en conserve sinon avec quelques sacs de plastique colorés soufflés par des ventilateurs derrière une
vitrine ? Oui, dans la façon dont le carré de prairie
prévoit une terre d’asile pour la mauvaise graine, nous
ressentons la ville, et plus encore quand de dehors les
criailleries des dernières couvées ajoutent leur bandeson au gabian de néon blanc.
 -, nous
remontons vers le nord-ouest en direction du Canet et
de place des États-Unis. Le long du cimetière anglais,
un mur de pierres détourées par le ciment n’en finit
pas. Des cheminées de briques et des usines trop retapées s’intriquent à des cités glaçantes comme Marine
— où la stagnation du sous-prolétariat n’est pas encore
glamour —, à des résidences ruinées comme Les
Rosiers — car rien n’est plus à l’abandon qu’une copropriété de chômeurs —, et à des rues pavillonnaires avec
deux maisonnettes coquettes pour une . Sextant
et plus est une association occupant une ancienne
fabrique dans une de ces rues. Toute la vie artistique
de Marseille s’appuie sur des associations. Sextant est
épaulée par une structure institutionnelle, celle de la
Friche La Belle-de-Mai. Les associations artistiques ne
sont pas faites de simples colocataires réunis pour payer
un loyer mais de personnes réunies par des conversations et des affinités. Ce ne sont ni des collectifs ni des
communautés. Elles ne constituent pas des groupes et
n’écrivent pas de manifestes. Elles se méfient même
des effets de groupe. Mais dire qu’elles partagent seulement les conditions économiques de production et de
diffusion de leur travail serait insuffisant. Le temps
de l’atelier favorise une porosité. La mise en commun
d’une circulation dans des espaces ouverts oblige à un
rythme qui se négocie. L’artiste travaille en présence
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  ,  ’  
des autres. En cela, l’association génère une accumulation de comportements et vit de cette énergie. Une autre
objection souvent entendue serait que l’association est
la solution obligée qui convient après l’école d’art. Elle
poursuivrait les mêmes conditions de travail, comme si
celles-ci étaient confortables. À Sextant, cela fait longtemps que Frédéric Clavère, Sylvie Réno ou même Lionel
Scoccimaro sont sortis de l’école, quitte à y rentrer à
nouveau pour enseigner. Il faudrait se rendre compte de
ce que l’atelier collectif représente comme soutien dynamique pour des artistes. Ce n’est pas au niveau d’une
entraide existante que ça se joue mais à celui d’un mode
d’être avec son travail. L’équipe relaie l’individu. Cette
rumeur traverse son effort, questionne sa singularité,
l’accompagne et la déplace. La concentration accepte
d’être parasitée, déviée, interrompue. Être dérangé
serait presque une méthode, comme l’automatisme des
dessins de téléphone ou l’écoute flottante des psychanalystes. Le collectif génère une manière d’être désinhibée dans le travail qui se fait au vu et au su de tous sans
le moindre trouble. Le goût de la controverse fait passer
ses membres au-delà du jugement et de la concurrence.
Personne n’a peur. Cela, la peinture de Frédéric Clavère
l’annonce dès le passage de la porte. Puis les volumes de
Lionel Scoccimaro le répètent autrement. Autre chose :
imaginons les ouvriers qui se sont succédé dans cette
ancienne fabrique plus artisanale qu’industrielle. Peutêtre que leur manière d’être ensemble, instillée au cœur
du bâtiment, agit aujourd’hui sur celle des artistes qui
les ont suivis ?
  et les installations de Clavère
se donnent comme des exagérations, des énormités, un
grand guignol de baraque foraine ou un de ces calicots
reprenant d’un pinceau descriptif la scène la plus horrifique d’un film. C’est une peinture d’accroche qui fait du
tapage et séduit avec sa crudité. La figure saute aux yeux
et la scène se lit en un coup d’œil. On devine le collage,
l’assemblage d’images fait par Photoshop mais l’ensemble est souvent homogénéisé par la même facture et
unifié par la monochromie, grisaille ou couleur orange
par exemple (celle d’Orange mécanique ?).
Ce qui est prévu pour la reproduction de masse est
remis en place par un traitement pictural et chromatique subtil. Cette peinture issue d’un logiciel d’images
et dont les modèles sortent du flot des magazines, des
médias et du musée, passe par différents traitements,
jus légers, lavis, surfaces uniment recouvertes, aplats
sans tremblements, gestuelles maîtrisées et sans ostentation. Sa violence et sa provocation reprennent sur un
mode pop humoristique et grinçant l’ancienne terribilità
baroque, commotionnante et dérangeante, où des Judith
appliquées n’en finissent pas de couper la tête d’Holopherne, où des Tarquin n’en finissent plus de poignarder Lucrèce et où ce qui est montré par des peintres
comme Le Caravage ou Artemisia Gentileschi demeurent dans l’insupportable et l’inadmissible. La violence
du peintre assassin, de la peintre violée. La terribilità est
ce moment de l’art où l’artiste prend en charge la part
impure d’une société et la brandit sans aucune précaution et sans se soucier du goût de ses contemporains.
Cette peinture agressive se donne les moyens visuels de
casser notre réserve et notre pudibonderie. Elle montre
l’homme à travers ses turpitudes et ses déchirements
moraux. On objecterait que sur n’importe quel réseau
internet tous les défoulements sont aujourd’hui accessibles et que la surenchère dans l’horreur et l’humour
noir est tellement pléthorique qu’elle en devient indifférente. La façon dont la peinture met en place le cauchemar et le crime arrête leur flux débordant et leur assigne
une valeur iconique inscrite dans le supplice du crucifié
comme dans la figure du monstre satanique. Toute une
partie de la peinture occidentale, tellement catholique
au fond, a cherché l’incarnation. Il faut que le circoncis saigne et que tous les stigmates s’écoulent. Il faut que
le Christ pourrisse sur son morceau de bois. Comment
faire saigner une image ? Il y a toujours eu une différence énorme entre une peinture s’affrontant à la réalité
d’un modèle vivant ou du motif et celle qui recopierait
des photographies. Pourquoi avoir peur d’une image ?
La terribilità de Clavère fait l’économie de l’incarnation
en avouant la provenance de son imagerie. On n’y croit
jamais. Elle fait l’économie de la croyance. En cela, elle
n’est pas catholique, apostolique et romaine. Elle est
au contraire un blasphème : blasphémer la peinture
au nom de l’image dévoyée, de cette marchandise sans
importance dont les plaisirs faciles sont à portée de
main, blasphémer le témoignage fallacieux des images
grâce à une peinture orientant le regard vers ce qui
n’apparaît pas en premier, l’endroit où le pinceau fait
craquer la couture du montage, avouant le coup monté.
En cela, elle est inscrite dans la vanité.
Clavère est un artiste qui donne un ton profane nouveau
à des genres traditionnels comme la vanité. Il a une façon
de revisiter le musée qui fait de celui-ci le débarras d’un
accessoiriste de théâtre. Toutes les valeurs de la peinture religieuse, de la peinture d’histoire et de la scène de
genre sont abîmées par une humeur aussi facétieuse que
mécréante. Comme Le Caravage pouvait peindre une
prostituée aux pieds sales en guise de Madone mourante
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Sylvander
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Michèle
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8 janvier un café improbable
Toujours plus à l’Ouest
An unexpected coffee
Even further out west
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Repères
Index
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Pierre-Gilles Chaussonnet, plasticien, crée et
Gilles Barbier est artiste plasticien. Né en 1965 aux Nouvelles-
Hébrides, il est diplômé des Beaux-Arts de Marseille et de la faculté de Lettres
d’Aix-en-Provence. Installé et travaillant à Marseille, il est représenté par la galerie
Georges-Philippe et Nathalie Vallois à Paris, TWIG Gallery à Bruxelles, Cueto
Project à New York et Rena Bansten Gallery à San Francisco. En 2011, son travail
est exposé au Centre Pompidou (Paris-Delhi-Bombay) et à la Maison rouge (Tous
cannibales) à Paris, au Centre d’art de Colomiers et aux Freies Museum et Me
Collectors Room à Berlin.
Gilles Barbier was born in the New Hebrides in 1965 and is a graduate of the
Marseilles School of Fine Arts and the University of Provence (Aix-Marseille I). He
now lives and works in Marseilles. He is represented by the Georges-Philippe and
Nathalie Vallois Gallery in Paris, TWIG Gallery in Brussels, Cueto Project in New York
and Rena Bansten Gallery in San Francisco. In 2011 his work was on show at the
Pompidou Centre (Paris-Delhi-Bombay) and at the Maison Rouge (Tous cannibales)
in Paris, the Colomiers Art Centre, and the Freies Museum and Me Collectors Room
in Berlin.
Judith Bartolani est sculpteur et peintre. Née en 1957 en Israël,
elle est diplômée des Beaux-Arts de Marseille. Elle vit à Marseille depuis 1963 et a
exposé en Europe, aux États-Unis et en Asie. En 2006, à l’occasion de l’exposition
individuelle Nos funérailles au musée d’Art et d’histoire du judaïsme de Paris, un
catalogue avec des textes de Michel Enrici est publié aux éditions Analogues. En
2011, son travail est présenté à l’American Gallery à Marseille, au musée de Toulon
et au Mahj. Elle participe au projet européen Avatar au côté de Fearless, entre
Palerme, Marseille et Prague.
Judith Bartolani is a sculptor and painter. She was born in Israel in 1957 and
graduated from the Marseilles School of Fine Arts. She has lived in Marseilles
since 1963 and has exhibited in Europe, the United States and Asia. In 2006, a
book of her work with texts by Michel Enrici was published by Éditions Analogues
to coincide with the solo exhibition Nos funérailles at the Musée d’Art et d’histoire
du judaïsme in Paris. In 2011, her work was on show at the American Gallery in
Marseilles, the Museum of Toulon and the MAHJ museum. She is involved in the
European project “Avatar” with Fearless which takes place in Palermo, Marseilles
and Prague.
Marie Bovo
est photographe et vidéaste. Née en 1967 en Espagne,
elle est diplômée des Beaux-Arts de Marseille et vit à Marseille depuis 1998. Elle
a présenté à la Maison européenne de la photographie à Paris trois ensembles
d’œuvres : Bab-el-Louk (2006), Les Cours intérieures (2008), Grisailles (2010).
En 2011, elle participe à Sitio à la Mep à Paris, et à The Mediterranean Approach à
l’occasion de la Biennale de Venise. Représentée par la galerie Kamel Mennour, elle
y expose en 2011 Grisailles. Cette même année, elle travaille sur une vidéo, Porte
d’Aix, pour le Frac Paca.
Marie Bovo is a photographer and video artist. She was born in Spain in 1967 and
graduated from the Marseilles School of Fine Arts in 1998. She has exhibited three
collections of work at the Maison européenne de la photographie (MEP) in Paris:
Bab-el-Louk (2006), Les Cours intérieures (2008) and Grisailles (2010). In 2011,
she took part in Sitio at the MEP in Paris and The Mediterranean Approach for the
Venice Biennale. She is represented by the Kamel Mennour Gallery where she held
the exhibition Grisailles, in 2011. She also worked on a video called Porte d’Aix for
the Frac in Marseilles in 2011.
204
installe des machines inspirées du monde industriel. Il est né en 1962 dans le
Val-de-Marne. Diplômé de la faculté d’Arts plastiques d’Aix-en-Provence, il vit
à Marseille depuis 1980. En 2010, il expose au Palais de la bourse à Marseille
Henri-Germain Delauze, l’art d’entreprendre, second volet d’une grande exposition
consacrée aux hommes d’entreprise visionnaires. Il a également exposé au
domaine départemental du Château d’Avignon à l’exposition D’après nature.
En 2011, deux expositions personnelles lui sont consacrées à la galerie la Tangente
à Marseille (Verrines), et à la galerie Artmandat à Barjols avec Jean Arnaud : Petites
fantaisies militaires et Rêves de plomb. En 2012, il est accueilli en résidence au
Circa à Montréal.
Pierre-Gilles Chaussonnet is an artist who creates and installs machines inspired
by the industrial world. He was born in the Val-de-Marne in France in 1962. He is
a graduate of the Fine Arts Department at the University of Provence in Aix-enProvence and has lived in Marseilles since 1980. In 2010, he exhibited his work at
the Palais de la Bourse in Marseilles during the second part of a large exhibition
consecrated to visionary businessmen, called Henri-Germain Delauze, l’art
d’entreprendre. He also took part in the exhibition, D’après nature, at the Château
d’Avignon. In 2011, the artist held two personal shows: Verrines at La Tangente
Gallery in Marseilles and another, Petites fantaisies militaires et Rêves de plomb, at
the Artmandat Gallery in Barjols with Jean Arnaud. In 2012, he is in residence at the
Circa in Montreal.
Frédéric Clavère
est peintre et conçoit des installations. Né en
1962 à Toulouse, il est diplômé des Beaux-Arts de Marseille, et enseigne la peinture
à la Villa Arson, à Nice. Il vit à Marseille depuis 1979 où il expose régulièrement.
Plusieurs catalogues monographiques ont paru, parmi lesquels V.I.T.R.I.O.L., édité
par le Centre d’art contemporain d’Istres, en 2009. En 2011, il participe à Mauvais
genre, à la galerie Sollertis à Toulouse. Son travail est présenté au salon du dessin
Drawing Now et à Art Paris. Son exposition individuelle, Mange-moi, est présentée à
la galerie ToGu à Marseille.
Frédéric Clavère is a painter who also creates installations. He was born in Toulouse
in 1962 and is a graduate of the Marseilles School of Fine Arts. He teaches
painting at the Villa Arson in Nice. He has lived in Marseilles since 1979 and
regularly exhibits his work there. Several books of his work have been published,
including V.I.T.R.I.O.L., published by the Centre d’art contemporain d’Istres (Istres
Contemporary Art Centre) in 2009. In 2011, he took part in the Mauvais genre
exhibition at the Sollertis Gallery in Toulouse. His work is on show in the art fairs
Drawing Now and Art Paris. He also held a solo exhibition, Mange-moi, at the ToGu
Gallery in Marseilles.
Pierre Malphettes est un artiste plasticien né en 1970 à
Paris. Il est diplômé des Beaux-Arts de Bourges. Installé à Marseille depuis
1998, il expose en France : Collection Lambert à Avignon et Biennale de Lyon
en 2007, Hors-Piste au Centre Pompidou en 2009, Sculptures terrestres et
atmosphériques au Frac Paca en 2010 et dans le cadre du Parcours Saint-Germain
chez Louis Vuitton à Paris en 2011. À l’étranger, il participe notamment en 2007
à Urbanologica au LCCA à Riga, en 2010 à l’exposition universelle de Shanghai,
ainsi qu’à Workers & Philosophers, MSMS, Moscou, en 2012 à l’exposition Tapis
volants, à la Villa Médicis à Rome. Il est représenté par la galerie Kamel Mennour
qui l’expose régulièrement.
Pierre Malphettes is an artist who was born in Paris in 1970. He is a graduate of
the Bourges School of Fine Arts. He has lived in Marseilles since 1998. In France
he exhibited at Collection Lambert in Avignon and the Lyon Biennale in 2007, Hors
Piste at the Pompidou Centre in 2009, Sculptures terrestres et atmosphériques at
the Frac in Marseilles in 2010, and at Louis Vuitton as part of Parcours SaintGermain in Paris in 2011. Abroad, he took part in Urbanologica in 2007 at the LCCA
in Riga, and in 2010 at the Shanghai World Expo in Shanghai as well as Workers
& Philosophers at the MSMS in Moscow. His work will be on show in the exhibition
Tapis volants at the Villa Medici in Rome in 2012. He is represented by the Kamel
Mennour Gallery where he regularly shows his work.
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Yazib Oulab, artiste plasticien, est né en Algérie en 1958. Diplômé des
Michèle Sylvander
Beaux-Arts d’Alger et de Marseille, il vit à Marseille depuis 1988. Son travail a
été exposé régulièrement en Europe, en particulier aux Abattoirs de Toulouse et
au musée d’Art moderne Grand-Duc Jean au Luxembourg. En 2008, il participe
à l’exposition Les traces du sacré au Centre Pompidou. Son travail est présent au
Haus der Kunst (Munich) en 2009 et en 2011 au Frac Lorraine, au centre d’art
Maison Salvan à Labège, au Circulo de Bellas Artes à Madrid, au Donjon de Vez à
Paris et à la Pépinière à Ventenac-en-Minervois. En 2012, il expose au Frac Paca,
à Paris à la galerie Eric Dupont et à New York à la galerie CRG.
utilise la photographie et la vidéo dans
son travail. Née à Belfort, elle est diplômée des Beaux-Arts de Marseille où elle
est installée depuis 1961. Son travail est présent dans de nombreuses collections
privées et publiques. En 2003, le musée d’Art contemporain de Marseille lui a
consacré une exposition personnelle. De multiples expositions individuelles ont
présenté récemment son œuvre : Sleepless, Videospread à Amsterdam, Promenade
en céphalée au Moulin à la Valette-du-Var. En 2011, elle expose Almost Beautiful
Life à la Gandy Gallery de Bratislava, participe à Miroir mon beau miroir à la
Fondation Van Gogh à Arles et au PAC, Fondation Mécènes du Sud à Marseille.
Yazib Oulab was born in Algeria in 1958. He is a graduate of the Algiers and
Marseilles Schools of Fine Arts. He has lived in Marseilles since 1988. His work
is exhibited regularly in Europe at places like the Abattoirs de Toulouse and the
musée d’Art moderne Grand-Duc Jean in Luxembourg. In 2008, he took part in the
exhibition Les traces du sacré at the Pompidou Centre. His work was on show at the
Haus der Kunst in Munich in 2009. In 2011 he is exhibiting at the FRAC in Lorraine,
the Maison Salvan Art Centre in Labège, France, the Circulo de Bellas Artes in
Madrid, the Donjon de Vez in Paris and La Pépinière in Ventenac-en-Minervois. In
2012, he shows his work at the FRAC in Marseilles, the Eric Dupont Gallery in Paris,
and the CRG Gallery in New York.
Michèle Sylvander is an artist who uses photography and video in her work. She
was born in Belfort and is a graduate of Marseilles School of Fine Arts. She has
lived in Marseilles since 1961. Her work is held in several private and public art
collections. In 2003, the MAC Marseilles (Museum of Contemporary Art) held a solo
show of her work. Her work has recently been on show in several solo exhibitions:
Sleepless, Videospread in Amsterdam and Promenade en céphalée at Le Moulin in
La Valette-du-Var. In 2011, she exhibited Almost Beautiful Life at the Gandy Gallery
in Bratislava and took part in Miroir mon beau miroir at the Van Gogh Foundation in
Arles and the Printemps de l’Art Contemporain organised by the Mécènes du Sud
organisation in Marseilles.
Lionel Scoccimaro est sculpteur. Né en 1973 à Marseille, où
Gérard Traquandi est peintre et dessinateur. Il pratique
il vit toujours, il est diplômé de l’École nationale supérieure d’art de la Villa Arson
(Nice). Depuis le début des années deux mille, il expose plusieurs fois par an en
France et à l’étranger. En 2011, il multiplie ses interventions à Paris, Toulouse,
Grenoble, Nice, Arles et Londres. Deux expositions individuelles lui sont consacrées
en 2011 à la galerie Olivier Robert à Paris et à la galerie Alexia Goethe à Londres.
Il est co-commissaire avec Richard Leydier de l’exposition La dernière vague pour
Marseille-Provence 2013.
Lionel Scoccimaro is a sculptor. He was born in Marseilles in 1973 and continues
to live there. He is a graduate of the National School of Fine Arts at the Villa Arson
in Nice. Since the beginning of the 2000s he has exhibited several times a year
in France and abroad. In 2011 he will be showing his work in Paris, Toulouse,
Grenoble, Nice, Arles and London; including two solo shows, one at the Olivier
Robert Gallery in Paris and the other at the Alexia Goethe Gallery in London. He is
co-organiser of the exhibition La dernière vague, with Richard Leydier for MarseilleProvence 2013 (European Capital of Culture).
Marc Quer, plasticien, est né à Villepinte en 1965. Il est diplômé des
Beaux-Arts de Marseille. Depuis 1973, il vit à Marseille, terrain d’investigation et de
déambulation. Il y expose et publie aux Éditions P différents ouvrages : Mon cœur
maçonné, La beauté du geste, Monsieur Drame. En 2011, il travaille sur la vie de
Madame Veuve Z, 44 quai d’Arenc , à partir de recherches photographiques et des
archives de la région en vue de la création d’une œuvre originale.
Marc Quer was born in Villepinte, France in 1965. He is a graduate of the Marseilles
School of Fine Arts. He lives in Marseilles, which has been his field of investigation
and place to wander since 1973. He has exhibited and published several books at
Éditions P: Mon cœur maçonné, La beauté du geste and Monsieur Drame. In 2011,
he worked on the life of Madame Veuve Z, 44 quai d’Arenc, using photographs from
the regional archives to create an original artwork.
Fred Sathal,
née à Marseille en 1966, est à l’origine styliste — élève
de la créatrice Geneviève Sevin-Dœring — et aujourd’hui, plasticienne. Elle quitte
Marseille en 1993 pour y revenir en 2003. Elle conçoit des collections de haute
couture et de prêt-à-porter et réalise des costumes de scène, notamment pour
Roméo et Juliette, ballet d’Angelin Preljocaj. En 2009, le musée de la Mode et le
Frac de Marseille présentent deux expositions qui lui sont consacrées : Sathal
Créatures et Mon antre. À cette occasion est publié Sathal Créatures, aux éditions
Images en Manœuvres. En 2011, elle présente son travail de photographe Land Art
in Pilipinas.
Fred Sathal was born in Marseilles in 1966. She now works as an artist after
originally working as a fashion designer (she was a student of the fashion designer
Geneviève Sevin-Dœring). She left Marseilles in 1993, but returned to live in
2003. She designs haute couture and ready-to-wear collections and creates
stage costumes, including the costumes for the Angelin Preljocaj ballet company’s
production of Romeo and Juliet. In 2009, the Musée de la Mode (Fashion Museum)
and the FRAC in Marseilles held two exhibitions dedicated to Sathal: Sathal
Créatures and Mon antre. To coincide with the exhibitions Images en Manœuvres
Éditions published a book of her work, Sathal Créatures. In 2011, her photography
will be on show in Land Art in Pilipinas.
également la photographie et la céramique. Né en 1952 à Marseille et diplômé
des Beaux-Arts de Marseille, il vit entre Paris, Marseille et Aix-en-Provence. Son
travail est régulièrement exposé en France et à l’étranger. En 2011 les expositions
L’objet photographique, une invention permanente, à la Maison européenne de la
photographie, 60 ans de céramique contemporaine au musée Magnelli à Vallauris,
Peintures récentes à la galerie Laurent Godin puis au Château de Jau révèlent
entre autres les différentes formes de ses œuvres. Les galeries Laurent Godin à
Paris et Catherine Issert à Saint-Paul-de-Vence montrent régulièrement son travail.
Une monographie a paru aux éditions Actes Sud (2002). Deux ouvrages sont en
préparation : l’un, aux éditions Rue Visconti, met en lumière les photographies de
l’artiste les plus récentes, l’autre, aux Éditions P, est intitulé G T et propose une
rétrospective de son travail des deux dernières années.
Gérard Traquandi is an artist who paints and draws. He is also a photographer
and potter. He was born in Marseilles in 1952 and is a graduate of the Marseilles
School of Fine Arts. He lives and works in Paris, Marseilles and Aix-en-Provence.
His work is regularly shown in France and abroad. In 2011, different aspects of
his work were revealed in the following exhibitions: L’objet photographique, une
invention permanente at the Maison européenne de la photographie (MEP), 60 ans
de céramique contemporaine at the Magnelli Museum in Vallauris, and Peintures
récentes at the Laurent Godin Gallery followed by the Château de Jau. He also
regularly held shows at the Laurent Godin Gallery in Paris and at the Catherine
Issert Gallery in Saint-Paul-de-Vence. Actes Sud published a book about the artist’s
work in 2002. Two other publications are to be released shortly: one by Éditions
Rue Visconti, which sheds light on his latest photographic work and the other by
Editions P, under the title G T, which looks at his work from over the last two years.
Cristof Yvoré
est peintre. Né en 1967 à Tours, diplômé des BeauxArts de Toulouse, il vit et travaille à Marseille depuis 1991. Il est représenté par
Zeno X Gallery à Anvers qui diffuse son travail internationalement depuis 1994 et
qui a accueilli sa dernière exposition personnelle en 2011. Ses peintures ont été
exposées à la Michael Kohn Gallery de Los Angeles en 2009 et à la galerie Susanne
Albrecht de Berlin en 2010. Les Éditions P publient Pots, dans la collection « Sec
au Toucher », puis un poster en 2011 pour l’exposition Miranda qu’elles abritent
à l’occasion du Printemps de l’art contemporain à Marseille. En 2011, Le Monde
diplomatique diffusait son œuvre dans son édition allemande.
Cristof Yvoré is a painter. He was born in Tours, France in 1967 and is a graduate
of the Toulouse School of Fine Arts. He has been living and working in Marseilles
since 1991. He is represented by Zeno X Gallery in Anvers, which has been showing
his work internationally since 1994. He held his most recent solo show here in
2011. He has also held solo shows at the Michael Kohn Gallery in Los Angeles in
2009 and the Susanne Albrecht Gallery in Berlin in 2010. Edition P published the
book, Pots, as part of its “Sec au Toucher” collection and a poster in 2011 for the
exhibition Miranda which was presented at the Printemps de l’art contemporain in
Marseilles. In 2011, Le Monde diplomatique also published some of his work in its
German edition.
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