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Jardinage écologique en Lorraine
Avant-propos
De la réflexion à l’action,
du jardinage au jardinage écologique !
La protection de l’environnement est désormais bien ancrée
dans notre conscience mais malgré cette forte volonté de
bien faire, notre passage à l’acte est encore bien timide.
Le jardinage symbolise parfaitement cette contradiction.
Alors qu’en tant que consommateurs d’eau nous sommes
90% à être préoccupés par la pollution par les pesticides,
nous sommes encore 90%, en tant que jardiniers, à utiliser ces
mêmes produits, sans nous rendre compte que nous
contribuons ainsi à la pollution que nous refusons à nos
robinets.
Ce " paradoxe du jardinier " peut s’expliquer par de
multiples raisons telles qu’un manque d’information, une
pression publicitaire vantant la facilité des traitements
phytosanitaires, la volonté d’obtenir des résultats rapidement
ou encore le manque d’une offre de produits écologiques
adaptés ou leurs coûts plus élevés.
Pour aider les jardiniers à lever ces difficultés d’ordre
technique, un groupe de travail initié par le GRAPPE
Lorraine a réalisé ce " Guide du jardinage écologique en
Lorraine " qui décrit, en 47 fiches, comment résoudre les
principaux problèmes au jardin de la manière la plus
respectueuse de l’environnement.
Cet ouvrage a fait l’objet d’une large concertation entre
jardiniers expérimentés et spécialistes des questions
environnementales pour nous donner un conseil efficace et
adapté à notre région.
Toutefois, nous ne devons pas oublier que le jardin est avant
tout un milieu vivant qui a ses propres lois que nous devons
apprendre à respecter pour ne pas créer de déséquilibres qui
transformeraient alors notre loisir en corvée.
C’est pourquoi, les rédacteurs de ce guide ont souhaité aller
au-delà d’une simple approche technique et nous proposent
une initiation à l’écologie du jardin qui nous rappelle que les
principales qualités du jardinier sont la curiosité, la
modération et la patience !
Guide du jardinage écologique
en Lorraine
Mode d’emploi
Utilisation et reproduction du guide de jardinage écologique
Ce guide est un ouvrage collectif dont la réalisation, l’impression et la diffusion ont été financées par
l’AREL, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, les Conseils Généraux de Meurthe-et-Moselle, de Meuse et des Vosges
et la FREDON.
Sa duplication à l’identique, de tout ou partie de l’ouvrage est libre de droit afin de faciliter sa diffusion
auprès des jardiniers, notamment au travers d’actions de sensibilisation des organismes de protection de
l’environnement, des associations de jardinage, des écoles ou encore des collectivités.
Les frais effectifs de duplication et, le cas échéant, d’envoi postal pourront être facturés au destinataire final
de l’exemplaire reproduit après demande d’une autorisation à l’AREL.
En revanche, toute reproduction à but commercial ou lucratif est formellement interdite.
Le guide, en pratique
Le " guide du jardinage écologique en Lorraine " est à la fois un guide pratique de formation aux techniques d’un
jardinage respectueux de l’environnement et un guide d’initiation à l’écologie au jardin.
Il est constitué de 47 fiches regroupées en 4 grandes parties :
Le jardin, un milieu vivant : cette première partie décrit les grands principes qui permettent de
préserver ou retrouver un équilibre naturel entre les différentes populations végétales et animales du jardin,
en jouant sur son aménagement, sur le choix des espèces et des variétés ainsi que sur la nutrition des plantes.
En respectant ces principes naturels, le jardinier maintiendra ses plantes en bonne santé et celles-ci
résisteront d’autant mieux aux attaques diverses.
Différents types de traitements : de la prévention au chimique en passant par le non traitement et
les solutions alternatives et naturelles, cette seconde partie donne aux jardiniers les clés pour protéger leurs
plantes tout en respectant leur environnement.
Les animaux indésirables : cette partie présente les principaux animaux indésirables au jardin et leur
biologie afin de mieux comprendre leur développement et les méthodes pour les éviter ou les éliminer.
Les maladies des plantes : cette partie présente les principales maladies fongiques et bactériennes au
jardin afin de mieux comprendre leur apparition et leur développement et les méthodes pour les éviter ou
les contenir.
Conseils de lecture
Les deux premières parties, plus théoriques, concernent une approche globale du jardinage et doivent
être abordées dans leur ensemble. La présentation sous forme de fiches simplifiera néanmoins la
consultation ultérieure de points particuliers.
Les fiches des parties 3 et 4 sont à étudier individuellement lorsque des problèmes apparaissent dans
le jardin. Néanmoins, afin de se familiariser avec les animaux indésirables et les maladies, il pourra être utile
de les lire toutes, au moins succinctement, afin de faciliter la découverte des causes d’un symptôme ou tout
simplement pour mettre en œuvre les techniques préventives propres à chaque animal indésirable ou
maladie.
Des planches photos permettent de visualiser rapidement les plantes utiles, les auxiliaires, les animaux
indésirables et les symptômes des principales maladies.
Légende des symboles utilisés
Fréquence d’apparitions de dégâts
Peu fréquent
Assez fréquent
Fréquent
Très fréquent
Degré des dommages causés par le parasite ou la maladie
Peu dommageable
Moyennement dommageable
Parties de la plante atteinte par les dégâts
Fruits
Feuilles
Tiges-tronc
Racines
Très dommageable
Sommaire :
Le jardin :
un milieu vivant en recherche d’équilibre
Choisir une solution de traitement :
chimique, naturel ou rien du tout ?
Les animaux indésirables :
mieux les connaître et raisonner
nos pratiques
Les maladies :
mieux les connaître et raisonner
nos pratiques
Sommaire
Avant-propos
Mode d’emploi
Le jardin
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Choisir une solution
de traitement
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
Le jardin : un écosystème vivant
Le jardinage : quelles pratiques pour quels objectifs ?
Aménager son jardin pour créer de la biodiversité
Sol et climat : les points clés pour des plantes en bonne santé
Associations de plantes : compagnonnage et synergies au jardin
Rotation des cultures : un jardin bien organisé
Fertilisation : une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
Compostage : le recyclage s’invite au jardin
Les arbres fruitiers : plantation et variétés
Production de semences : comment sélectionner les souches les mieux adaptées à son jardin ?
Comment prévenir plutôt que guérir : la prophylaxie au jardin
Qu’est-ce qu’un pesticide ?
Les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
Comment utiliser des pesticides dans les meilleures conditions ?
Auxiliaires : les alliés naturels du jardinier
Les auxiliaires en image
Les plantes au secours des plantes : les produits naturels
Les plantes utiles en image
Les produits minéraux de traitement
Les techniques alternatives de désherbage
Les animaux indésirables en image
Acariens
Aleurodes
Altises
Carpocapses
Cochenilles
Doryphores
Insectes xylophages
Limaces et escargots
Micromammifères indésirables
Mouches du poireau et de la carotte
Nématodes
Pucerons
Taupins
Thrips
Vers blancs - Hannetons
Les maladies et leurs symptômes en image
Botrytis
Chancres
Cloque du pêcher et maladie de la pochette du prunier
Fonte des semis
Mildious
Monilioses
Oïdiums
Rouilles
Taches noires du rosier
Tavelures
Glossaire
Bibliographie
Crédits photos
Liens
Les animaux
indésirables
Les maladies
21
22
23
24
25
26
27
28
29
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32
33
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41
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43
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45
46
47
Le jardin :
un écosystème vivant
Qui aurait l’idée de planter un nénuphar au milieu de sa pelouse ou un cocotier dans
son verger, certainement personne, mais beaucoup se préoccupent des "mauvaises"
herbes qui s’acharnent à coloniser les espaces libres du potager,
des taupinières qui apparaissent au milieu du gazon ou encore des chenilles
qui broutent les feuilles des choux et des arbres fruitiers.
Quel rapport direz-vous ?
UN PEU D’HISTOIRE NATURELLE...
En passant du statut de chasseur-cueilleur à celui d’éleveur et de
cultivateur, l’homme a commencé à imposer sa propre vision
du monde, ses propres règles, sans toujours prendre en compte
celles qui régissaient la vie jusque là.
En fonction de ses besoins, de ses principes, de ses idées, pour
construire sa maison et produire sa nourriture, il défricha la forêt
primitive, délimita des parcelles, les mis en culture et y éleva des
animaux.
Le jardin, espace clos soustrait à la nature et géré par l’homme, était né.
Avant ce fait marquant, pendant 3,5 milliards d’années, la vie sur notre planète n’avait cessé
d’évoluer selon d’autres règles, colonisant sous de multiples formes, du micro-organisme à la baleine
bleue, les milieux les plus variés. Des glaces polaires aux déserts, du fond des océans à la forêt
équatoriale, partout présente, exubérante ou invisible, s’adaptant, se diversifiant, participant
activement à l’évolution de notre planète.
Si la sédentarisation remonte à plus de 10 000 ans, c’est depuis quelques décennies
seulement, qu’une science - l’écologie - s’est développée pour déchiffrer les énigmes
qui régissent la vie et mettre en évidence les rapports complexes qui unissent les êtres
vivants et le milieu où ils vivent.
Une flaque d’eau, un éboulis, une prairie, une forêt, un jardin…
permettent à des communautés végétales et animales, sans oublier
les micro-organismes, de trouver des conditions qui leur sont
nécessaires pour s’établir et prospérer, pendant quelques heures ou
quelques centaines d’années.
n°1
1/4
Le jardin :
un écosystème vivant
Chaque milieu avec ses habitants constitue ce qu’on appelle un écosystème, minuscule ou immense,
fugitif ou apparemment stable, simple ou complexe, question d'échelle, de point de vue. Le temps et
l’espace sont-ils les mêmes pour une bactérie et un pin millénaire, la perception d'un écosystème
est-elle la même du fond de son hamac ou du satellite qui gravite au-dessus ?
Partons, au petit matin, à la découverte de notre "écosystème
jardin", l’esprit ouvert et l’œil curieux.
La pluie de la nuit s’en est allée. Sous le prunier, dans l’herbe rase, des centaines de petits
turricules* de vers de terre sont apparus.
Un oiseau sombre a repéré un curieux double tube rosé qui, à défaut d’assurer la descendance des
lombrics, profitera à celle de la famille merle.
Combien sont-ils ces vers de terre mangeurs de terre ?
Des milliers dans ce petit bout de verger, à creuser des kilomètres de galeries qui aéreront le sol,
favoriseront l’infiltration des eaux, le passage des racines, tirant la nuit venue les feuilles mortes dans
les profondeurs du sol, agents incontournables du recyclage des matières organiques, artisans
méconnus de la fertilité des sols et accessoirement pourvoyeurs de protéines pour les merles, les
musaraignes, les chouettes, les carabes ou les blaireaux.
A proximité, là où le terrain a été tassé par les travaux des années
passées, les vers semblent bien moins nombreux, les grandes feuilles
des rumex commencent à virer au brun, un grand papillon blanc s’y
était suspendu pour la nuit, une piéride du chou, qui ne déploiera plus
ses ailes, victime d’une araignée crabe couleur rouille, mimétisme
étonnant et efficace.
Dans la parcelle de fraisiers, les véroniques, petites plantes rampantes aux
minuscules fleurs bleues terminent leur saison. Sur le sentier, autour d’un
petit tas noir et brillant, plusieurs limaces sont rassemblées. Situation
paradoxale, c’est là l’indice laissé par le hérisson, grand amateur de ces
mollusques peu appréciés mais si efficace dans le recyclage des végétaux
souffreteux.
Un carabe profite de l’aubaine et emporte sa nourriture du jour.
A quelques mètres de là, une mésange bleue s’envole de la ligne de
choux, plusieurs chenilles dans le bec. Dans quelques jours, les 8 petits
déserteront le trou du pommier avant que les lérots ne les trouvent.
Autour de la flaque d’eau où se baigne la troupe de moineaux, c’est la débandade. Un petit rapace
gris bleu s’éloigne au ras du sol, une petite forme ébouriffée dans les serres, l’épervier lui aussi doit
nourrir sa descendance, comme ces bourdons qui disparaissent sous terre dans l’ancienne galerie
de campagnol, le jabot rempli de nectar.
n°1
2/4
Le jardin :
un écosystème vivant
En quoi la connaissance des espèces, la compréhension de leurs besoins et de leurs
relations avec leur milieu peuvent-elles nous aider à mieux jardiner ?
Il suffit de passer quelques instants dans un jardin pour y découvrir
toute une vie qui, connue ou méconnue, désirée ou non, s’active
en dehors de notre volonté, utilisant l’espace, tissant des liens
et des relations complexes qui font de ce lieu un endroit unique,
en constante évolution, susceptible de nous entrouvrir la porte d'une
meilleure compréhension pour gérer un petit lopin de terre dont nous avons,
pour quelque temps, la responsabilité.
Au fil du parcours dans le jardin, constatations et interrogations se sont succédées.
Dans la partie du potager où le sol a été tassé, les rumex et un chardon se sont installés à la place
du mouron et des véroniques. Dans la ligne de choux, seules les feuilles du premier, planté au ras
de l’allée, sont dévorées par des chenilles en pleine santé. Sur les autres, de minuscules restes
desséchés montrent qu’elles ne se sont pas développées, victimes d’attaques de guêpes parasites.
L'an passé, d'autres chenilles avaient totalement défolié, juste avant la période de
sécheresse, un jeune prunier qui cette année est en pleine vigueur.
Comment de nouvelles plantes pourraient-elles s’installer si les vers, les
taupes ou les campagnols ne remontaient pas cette terre, exempte de
toute concurrence, point de départ pour les graines en sommeil.
Autant d'observations que chacun peut faire et qui, si l'on s'y
arrête un peu, nous montrent la grande complexité de la nature,
où les relations entre les êtres vivants ne se limitent pas à qui
mange qui.
Un tassement peut entraîner l'apparition de nouvelles plantes qui, étonnamment, seront capables,
par leur puissant système racinaire de rétablir en quelques années une circulation d'air et d'eau
interrompue.
Un micro-climat un peu trop sec verra une plante ravagée par des "parasites" qui ne se
développeront pas sur le reste de la ligne.
La perte apparemment catastrophique du feuillage d'un arbre peut bizarrement lui permettre de
passer une période de forte sécheresse en lui évitant de périr de déshydratation.
Les relations hôte/parasite sont-elles bien toujours celles que l'on
imagine et ne devrions-nous pas, de temps en temps, prendre le
temps de nous arrêter, de regarder, d’observer, d’attendre un peu
avant d’agir ?
Pensons à tout ce petit monde qui travaille 24h/24 dans nos sols, sur nos
plantes, dans notre jardin, accordons leur un peu d'attention et, modestement,
essayons d'apprendre à travailler avec eux. Combien sommes-nous à aller voir,
la nuit tombée, si le hérisson n’est pas à la chasse aux limaces ?
n°1
3/4
Le jardin :
un écosystème vivant
Pour revenir à nos exemples d'introduction, les espèces qui s'installent spontanément
sont les plus adaptées à la situation du lieu et du moment. Elles reflètent un état passager et peuvent
nous servir d’indicateurs pour mieux connaître les particularités de notre jardin.
Recherchons les plantes qui auront des besoins similaires et installons les à l’endroit
qui leur sera le plus favorable ou recréons les conditions qui leur seront nécessaires. Le
nénuphar prospérera au milieu de la pelouse si nous lui avons installé un bassin et le cocotier
passera l'hiver sans problème dans un verger climatisé, question d'échelle, de moyens et quelquefois
de démesure... Essayons de rester modeste, la complexité de la vie dépasse notre logique.
Notre jardin est le théâtre de relations multiples, mettant en scène de nombreux
acteurs, certains appréciés, d’autres moins, mais tous ont leur place. Pour en devenir le chef
d’orchestre, pour prendre de bonnes décisions, apprenons à les connaître, notre compréhension du
monde est encore bien superficielle mais nos actions ne sont pas anodines.
Soyez attentif, votre jardin peut vous apporter plus que de
simples productions, notre planète en a bien besoin.
n°1
4/4
Le jardinage :
Quelles pratiques pour quels objectifs ?
Après la télévision, le jardinage est le deuxième loisir pratiqué par les français !
Sur les 23 millions de foyers en France, 13 millions ont un jardin extérieur
et 4 millions ont un jardin d’intérieur.
En Lorraine, c’est près d’un foyer sur deux qui possède un potager ou
un jardin d’agrément. C’est dire aujourd’hui l’importance que revêtent
les activités de jardinage pour les français.
1. DIFFERENTS TYPES DE JARDINS
En fonction de leur destination et de leur conception, on
distingue essentiellement chez les jardiniers amateurs
deux grands types de jardins :
Les jardins de production (ou jardins vivriers) :
ils sont destinés à fournir à un foyer une part plus ou
moins grande de l’alimentation familiale en légumes et
fruits.
Les jardins décors :
leur vocation est de créer une ambiance esthétique; on
l’utilise comme lieu de détente, de repas conviviaux, de
promenade…
n°2
1/4
Le jardinage :
quelles pratiques pour quels objectifs ?
Ces deux types de jardin sont de plus en plus souvent liés comme le montrent les
exemples ci-contre.
Dans une moindre mesure, certains particuliers créent des jardins thématiques : collections de
plantes (rosiers, orchidées, plantes grasses…), jardins ethnobotaniques… qui peuvent être à usage
privé ou dans certains cas, ouverts partiellement au public.
Le point commun à ces différents types de jardins est bien sûr qu’on y
note la présence de végétaux (herbacés, ligneux) auxquels il va falloir assurer
dans le temps des conditions de croissance les meilleures possibles, en assurant
un suivi, des soins et un entretien régulier.
2. DIFFERENTES MANIERES DE JARDINER
Actuellement, chez les jardiniers, on peut observer essentiellement deux tendances qui peuvent
être complémentaires et qui varient selon le tempérament, les besoins et la sensibilité de chacun :
Une orientation "classique",
pratiquée, enseignée et vulgarisée depuis de nombreuses décennies :
La fertilisation du sol se fait le plus souvent sous des formes minérales
et chimiques, directement assimilables par les plantes. Ces éléments sont
très solubles et peuvent donc subir des phénomènes de lessivage, avec
comme conséquence la pollution des eaux souterraines.
Les parasites et les maladies sont combattus le plus souvent avec des molécules
chimiques de synthèse. Celles-ci ne sont pas toujours bien utilisées par les jardiniers
(cf. enquête AREL 2003) et leur emploi peut présenter des risques réels pour l’utilisateur
et son environnement.
Une orientation plus récente, appelons la "naturelle " ou " bio",
qui fait appel à des méthodes de travail différentes :
Le sol est considéré comme un support comprenant des êtres vivants
capables de fournir des éléments nutritifs pour nourrir les végétaux. Des
amendements organiques frais (exemple des engrais verts) et des
amendements organiques "prédigérés" (exemple du compost) (cf. fiches 7
et 8) sont apportés régulièrement au sol, où les micro-organismes se
chargent de les fragmenter, rendant ainsi disponibles différents nutriments
pour la plante.
n°2
2/4
Le jardinage :
quelles pratiques pour quels objectifs ?
La gestion des parasites et des maladies se pratique différemment :
1
par le choix de variétés résistantes et adaptées,
2
par la mise en œuvre de certaines techniques préventives (associations de
plantes (cf. Fiche 5), rotation des cultures (cf. Fiche 6), mise en place de cultures
"nettoyantes"…), aménagement écologique du jardin (cf. Fiche 7),
3
par la manière d’appréhender le problème : dois-je intervenir dès que la
moindre présence du ravageur est notée ?
4
par l’utilisation de produits présentant de faibles risques pour l’utilisateur et son
environnement (décoctions et macérations de plantes, produits du commerce "bio",
cf. Fiche 17).
Les principales techniques mises en œuvre pour ces 2 orientations possèdent des
avantages et des inconvénients résumés dans le tableau ci-dessous :
TRAVAUX
ORIENTATION
TECHNIQUES
AVANTAGES
INCONVENIENTS
Classique
Labour
Permet un émiettement en
hiver du sol des terres
lourdes
Perturbation de la vie microbienne
du sol
Naturelle
Décompactage (pas de
retournement du sol)
Ne perturbe pas l’activité
biologique du sol
Peu aisé lorsque le sol est fortement
peuplé d’adventices
Classique
Sarclage
Travail du sol
Désherbage chimique
Entretien des
adventices
Naturelle
Apport
d’éléments
nutritifs
Lutte contre
les parasites
et maladies
n°2
Mulching (paillage)
Permet un émiettement de
la couche superficielle et
donc l’aération du sol
Rapidité de mise en oeuvre
- Peu de pousse
d’adventices
- Favorise l’activité
biologique du sol, limite les
pertes en eau
- Refuge pour les insectes
auxiliaires vivant sur le sol
Laisse le sol nu
Toxicité des molécules pour
l’utilisateur et l’environnement
Peut être un refuge pour les limaces
et escargots
Désherbage thermique
Pas de résidus toxiques
dans le sol et les cultures
Demande une certaine technicité ;
ressource utilisée non renouvelable
(gaz naturels et pétroliers )
Classique
Apports d’engrais sous
forme chimique
Facilité d’emploi
Pollution des milieux aquatiques
Naturelle
Apports de fertilisants sous
forme organique (compost,
engrais verts,…)
Libération progressive des
éléments dans le sol
Classique
Molécules chimiques de
synthèse
Facilité de préparation
Risques pour l’utilisateur et
l’environnement
Naturelle
Pièges à phéromone,
pièges mécaniques,
décoctions et macération
de plantes, utilisation
d’auxiliaires...
non intervention !
Peu de
conséquence
sur le milieu.
Demande une certaine réflexion ; le
coût de certains produits peut être
plus élevé… les résultats pas
toujours rapides !
Difficulté à obtenir des composts
sains, exempt de graines d’adventices
ou de germes pathogènes (maladies
fongiques). Surplus de travail avec les
engrais verts
Piège à glue
3/4
Le jardinage :
quelles pratiques pour quels objectifs ?
Au dire des jardiniers "bio", ce type de jardinage s’avère intéressant et passionnant.
Néanmoins, sa mise en pratique demande une bonne connaissance du monde du vivant et
notamment des relations inter espèces (relations plantes/prédateurs, plantes/auxiliaires…).
Les solutions techniques pour répondre à un problème donné ne sont pas toujours évidentes et
faciles à mettre en œuvre pour le jardinier amateur. Celui-ci devra souvent faire preuve de patience
pour obtenir des résultats satisfaisants.
De par cette pratique, le jardinier se préoccupe non seulement de sa
santé et de son environnement proche, mais il essaie aussi de prendre
en compte des critères de "durabilité" (développement durable) dans
le choix des produits qu’il utilise. En particulier, il cherchera d’abord à
valoriser les ressources disponibles dans son jardin ou à proximité avant de
se rendre à sa jardinerie ou dans les commerces. Et lorsqu’il s’y rendra,
il cherchera des produits fabriqués à partir de ressources renouvelables, avec des
technologies non polluantes, si possible localement ou dans un cadre de
commerce équitable.
Plus qu’une pratique de travaux, le jardinage bio est avant tout
une démarche globale qu’il s’agit d’appliquer de manière
raisonnée et raisonnable.
n°2
4/4
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
Que représente un jardin à l’échelle de la planète,
cette toute petite surface de quelques dizaines ou centaines de mètres carrés,
rien ou presque, l’équivalent d’une goutte d’eau dans la mer.
Mais si, sur ces quelques mètres carrés on cultive la vie, on la respecte,
on favorise sa diversité, alors ces minuscules parcelles, s’additionnant à d’autres,
deviennent rapidement les maillons non négligeables d’une chaîne
essentielle à la circulation des espèces.
Si la sédentarisation a permis dans un premier temps la diversification des
paysages, l’industrialisation, l’urbanisation et l’intensification des pratiques
agricoles ont réduit la biodiversité et banalisé les espaces. Aujourd’hui, de
nombreuses espèces ne trouvent plus les conditions qui leur sont nécessaires ou
sont victimes de pratiques qui les mettent en danger.
Les jardins ‘‘d’amateurs’’ n’ont pas de contraintes de rentabilité, de normes et de
standards, ils peuvent allier aisément productions de qualité et lieu de vie.
Deux points sont à prendre en considération pour aménager et gérer un jardin de
manière écologique :
d’une part, éviter de créer des conditions défavorables aux espèces que l’on
souhaite introduire ou voir s’installer,
d’autre part, favoriser la biodiversité.
1. LES ERREURS À ÉVITER
Un animal qui ne trouve plus les conditions nécessaires dans le milieu où il vit pourra essayer de se
déplacer pour retrouver un milieu adéquat.
Une plante installée à un endroit inadapté ou dans des conditions
inappropriées, plante d’ombre en plein soleil, arbre planté trop
profondément par exemple, subira rapidement différentes
‘‘attaques parasitaires’’ qui révéleront le problème. Un processus
est en route, la plante non viable à cet endroit ou dans ces conditions
est en passe d’être éliminée, dure loi de la nature dont profitera toute
la chaîne des ‘‘parasites’’ et des décomposeurs.
n°3
1/6
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
Souvent le premier réflexe est de chercher à identifier le ‘‘symptôme’’, champignon,
puceron, chenille… pour l’éliminer en pensant avoir réglé le problème qui bien souvent est ailleurs.
Exterminer une colonie de pucerons ne repositionnera pas l’arbre à la bonne profondeur.
Installé au bon endroit, au bon moment, dans des conditions satisfaisantes, l’adaptation et le
développement se font généralement sans problème, ce point est essentiel.
Une plante ne se choisit pas seulement sur son esthétique ou sur notre envie de
l’installer dans notre jardin pour son usage, mais, avant tout, en fonction de ses besoins
en matière de sol et d’environnement.
Remarquons que tout traitement, même bio, aura des répercutions sur l’environnement et qu’il est
préférable de mettre tous les atouts de son côté pour les limiter au maximum.
Favoriser la biodiversité !
Rappelons brièvement que la première manière de favoriser la biodiversité est de limiter les
actions qui lui portent préjudice : apports d’engrais directement assimilables qui perturbent
les relations micro-organismes du sol/plante, traitements phytosanitaires aux conséquences
difficilement contrôlables, non respect de la vie du sol qui entraînera plus ou moins rapidement des
difficultés d’alimentation chez les plantes, interventions à des moments inappropriés ou sans
précaution…
La prise en compte de ces règles de base permettra la mise en place de relations plus complexes
au sein du jardin et permettra de contenir les problèmes dans des limites raisonnables.
Outre les "bonnes pratiques", il est également possible de favoriser la biodiversité dans son jardin
par la mise en place de différents aménagements envisageables selon la surface du
jardin et les espèces que l’on souhaite voir s’installer.
Exemples d’aménagements
dans un jardin naturel
n°3
2/6
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
2. LA MARE
Si vous évitez l’erreur d’y introduire des poissons, la mare deviendra très rapidement
un point central pour de nombreux auxiliaires. Les amphibiens tout d’abord, qui manquent
cruellement de point d’eau pour leur reproduction. Si tritons et grenouilles n’ont pas encore
disparu de votre environnement, ils trouveront un jour ou l’autre le chemin de votre mare tout
comme le feront les insectes, tant aquatiques que terrestres. Vous serez peut-être surpris en
remplissant votre mare de voir amerrir un dytique ou une notonecte venus de nulle part. Les
libellules rapidement viendront y pondre, les abeilles s’y abreuver et les gerris y patineront à loisir
à la recherche d’un moucheron imprudent. Si vous avez pris la précaution de créer une zone à faible
pente, les oiseaux du jardin viendront régulièrement y boire et s’y baigner.
Du côté des mammifères, peut-être aurez-vous
la chance d’y voir une musaraigne aquatique
en plongée, ou découvrirez-vous qu’un hérisson
n’hésite pas à la traverser pour y attraper
quelque grenouille imprudente.
Aujourd’hui, toutes les jardineries proposent des bâches pour créer une mare. Préférez, sur au
moins un côté, l’aménagement de pentes douces et de paliers à la place de berges
abruptes, ce qui facilitera le réchauffement des eaux au printemps et permettra la sortie
des animaux qui y tomberaient. Si la surface le permet, prévoyez une zone d’une profondeur
suffisamment importante, au moins 60 cm, qui constituera une zone refuge en été comme en hiver.
Une zone marécageuse, zone bâchée en communication avec la mare, permettra l’implantation
d’une végétation spécifique souvent spectaculaire, comme par exemples, salicaires, lysimaques,
eupatoires, qui marient esthétique et intérêt écologique.
Ayez à l’esprit que les plantes d’eau croissent très rapidement et qu’il n’est pas
nécessaire d’en introduire beaucoup au départ. Pensez aux plantes indigènes dans vos choix
et n’hésitez pas à rechercher des propriétaires de mares qui pourront vous donner des
informations et vous fournir des plants. Pour de petites mares, évitez toutefois les plantes à fort
développement comme les phragmites et les typhas.
Enfin, lorsque la mare est bien établie, n’hésitez pas à enlever au moins un tiers de la
végétation en fin de saison. Ces matériaux constitueront un bon apport pour le compost après
avoir été laissés pendant 24h au bord de l’eau afin que les animaux qui s’y trouvaient puissent
regagner la mare.
Une autre option est de laisser la mare se combler progressivement constituant ainsi un milieu très
particulier et de créer d’autres mares à proximité pour recommencer le cycle. Cette approche
permet d’avoir des habitats différents susceptibles d’attirer des espèces aux besoins particuliers.
n°3
3/6
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
3. MUR DE PIERRE,TAS DE SABLE, ZONE EN TERRE
BATTUE…
Le jardinier est souvent obnubilé par la fertilité du sol de son jardin, ce qui se justifie
au potager ou au verger. Mais de nombreuses espèces recherchent des conditions bien
différentes. Murets de pierres sèches, amas de pierraille, tas de sable et terre battue pourront leur
servir de lieu de ponte, d’hivernage, de terrain de chasse ou d’habitat. Les milieux très pauvres au
microclimat très particulier deviennent aujourd’hui de plus en plus rares, du fait notamment de
l’apport d’éléments nutritifs dans les eaux de pluie.
N’hésitez pas à sacrifier quelques mètres carrés pour les recréer.
Les spirales à insectes et à herbes
aromatiques sont particulièrement
esthétiques.
Plantes aromatiques
sur une pierraille.
4.TAS DE BOIS
Un tas de bois dont la base est aménagée de manière à laisser une cavité de quelques
dizaines de centimètres permettra peut-être à un hérisson d’y passer l’hiver ou d’y
élever sa nichée. Les oiseaux, rouge-gorge, troglodyte pourront y faire leur nid. Les coléoptères
xylophages y pondront et les lézards s’y chaufferont avant de partir en chasse.
L’hermine pourra s’y installer également
surtout si une petite caisse y est
intégrée.
5. ABRI À REPTILES
Les reptiles peuvent facilement être observés au jardin en disposant un pare-brise de
voiture dans un endroit ombragé, face convexe vers le sol, recouvert d’un carton et d’une bâche
plastique. Soulevez doucement le plastique, puis le carton pour découvrir les différentes espèces
dont vous ne soupçonniez peut-être pas l’existence et pensez en fin de saison à déplacer le parebrise sur un sol humide pour favoriser l’hivernage des reptiles.
A titre d’exemple, la couleuvre à collier pourra y être observée même en absence de milieu
aquatique à proximité.
n°3
4/6
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
6. PIQUETS
Dans une zone où les points d’affût pour les oiseaux n’existent pas,
les piquets sont de bons moyens pour attirer les rapaces qui chassent
en attendant qu’une proie, campagnol, mulot… se manifeste.
Buse, faucon crécerelle, chouette effraie notamment viendront peut-être s’y
poser. Ces petits aménagements sont très utiles dans les zones où les
campagnols peuvent faire des dégâts importants, en particulier dans les jeunes
vergers.
7. GÎTES DIVERS
Nichoirs à oiseaux, à chauves-souris, gîtes à insectes, abris à
hérissons… des aménagements spécifiques peuvent être
réalisés pour de nombreuses espèces.
Toutes recherchent des conditions particulières pour se reproduire,
pour s’abriter ou pour passer quelques mois de repos dans l’attente du
retour du printemps. Connaître leurs besoins à ces différents moments
de l’année permettra de mettre en place des aménagements adaptés;
domaine encore largement inexploré, n’hésitez pas à expérimenter par
vous-même.
Nichoir
sur piquet
dans un
nouveau verger
Les espèces cavernicoles, qui utilisent des cavités pour nicher, manquent
de plus en plus de sites de reproduction ; ce qui entraîne la baisse de
leur population.
Si vous avez de vieux arbres, laissez-en au moins un en place, son déclin puis sa mort
permettront à de nombreuses espèces d’y trouver gîte et nourriture, notamment dans
les anfractuosités qui apparaîtront au fil du temps.
Toutes les espèces de petits oiseaux prélèvent une nourriture animale pour élever leur nichée, ce
qui représente plusieurs dizaines de kilogrammes de chenilles et d’insectes divers par couvée.
Pensez à installer les nichoirs à l’automne, surtout si vous pratiquez le nourrissage en
hiver.
Fagot de tiges creuses, bûche perforée de trous
de différents diamètres, nichoirs en bois, en
béton, en terre cuite, planche installée sous une
toiture, fenêtre de grange ou de grenier
maintenue ouverte… autant de petits
aménagements qui peuvent être utiles tant aux
abeilles solitaires qu’aux oiseaux et à divers
mammifères.
n°3
5/6
Aménager son jardin
pour créer de la biodiversité
Avis aux curieux :
Préférez toujours les observations à distance,
il serait dommage de permettre à une espèce de s’installer pour la voir
abandonner sa nichée à cause de notre seule curiosité.
8. LES HAIES
Autour de l’aire de compostage et du jardin, en ligne ou regroupés en boqueteau, les arbustes ou
même les arbres, si le terrain le permet, sont importants pour l’ambiance qu’ils créent, mais
aussi pour les abris et la nourriture qu’ils procurent à de nombreux animaux (bourgeons, feuilles,
fleurs, fruits).
Privilégiez, sans pour autant exclure les autres, les arbustes
indigènes bien adaptés à nos contrées, plutôt que les essences
exotiques quelquefois envahissantes et les variétés classiques plutôt que les
sélections (cf. Fiche n°15).
9. FLEURS ET PRAIRIES FLEURIES
Pour le choix des fleurs, pensez à étaler les floraisons et les
productions tout au long de l’année. En effet, les premiers insectes
se réveillant de leur sommeil hivernal ont besoin du pollen et du nectar
des plantes printanières. De la même manière, les syrphes, vulcains,
petites tortues et abeilles se régaleront de la floraison tardive du lierre.
Préférez les fleurs simples aux doubles qui produisent moins
de pollen.
En outre, en espaçant les tontes sur une partie de votre gazon, vous permettrez aux fleurs de
s’épanouir et d’attirer de nombreux insectes.
Pour les prairies fleuries, fauchez tardivement, octobre
pour une coupe, mai et octobre pour deux coupes. Pensez à
régler la lame de votre tondeuse en position haute et à démarrer la
fauche au centre de la parcelle de manière à permettre aux animaux
présents d’en sortir par la périphérie et éviter les moments (pluie,
à la fraîcheur du matin) où insectes et reptiles manquent d’énergie
pour se déplacer rapidement, surtout en fin de saison.
Ces quelques aménagements sont des exemples, des points de départ pour une prise en compte
de la biodiversité et de la gestion de la nature. Peut-être les mettrez-vous en œuvre comme moyen
de lutte biologique, pour avoir le plaisir d’héberger telle ou telle espèce ou pour enrichir la
biodiversité de votre jardin… Peu importe, ils vous permettront de faire de belles
découvertes, de participer à la mise en place d’une conception du jardinage
respectueuse de l’environnement et de vous posez des questions sur nos relations avec les
règnes de la nature et sur notre place dans ce jardin.
n°3
6/6
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Les plantes sont des organismes vivants à l’interface du sol et de l’air.
Elles sont donc soumises à la fois à la nature de la terre dans laquelle poussent leurs racines
et aux conditions climatiques de l’atmosphère dans lequel s’épanouit leur feuillage.
Le choix des espèces que l’on veut cultiver chez soi va donc être largement dépendant
de ces deux paramètres et le jardinier devra en avoir une bonne connaissance
pour éviter les déconvenues.
1. LE CLIMAT LORRAIN
Le climat lorrain se définit par des étés chauds et humides
et des hivers froids. A dominante continentale, il présente
cependant, sur le massif vosgien, les particularités à la fois d'un
climat montagnard (hiver long et froid, avec chutes de neige
abondantes, et étés chauds et bien ensoleillés, avec des écarts de
température jour/nuit importants) et océanique par l'abondance des
pluies.
1.1. Conséquences sur les cultures
Si certaines espèces sont peu exigeantes quant au climat dans lequel elles poussent, d’autres le sont
en revanche beaucoup plus.
Au sein d’une même espèce, on trouve généralement plusieurs variétés ayant chacune des
exigences propres (besoins en eau et besoins en chaleur).
Le jardinier, en achetant ses semences, a tout intérêt à bien se renseigner sur les
besoins propres à chacune des variétés qu’il veut cultiver. Généralement, on trouve ces
informations sur les sachets de semences (pas toujours hélas). Les conseils d’un voisin jardinier
ayant une certaine expérience ou d’une association de jardiniers peuvent aider à faire le bon choix
quant au choix de variétés adaptées aux conditions locales.
n°4
1/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Légumes
n°4
Exigences vis-à-vis des conditions climatiques
Ail
Craint les excès d’humidité
Artichaut
Craint le gel et les excès d’humidité;
à cultiver en situation chaude
Asperge, poireau, pois, radis,
salsifi et scorsonère
Peu exigeants vis-à-vis du climat
Aubergine
Un des légumes le plus exigeant en chaleur
(culture sous serre recommandée)
Betterave, carotte
Craignent les étés trop chauds
Céleri
Aime les situations chaudes et humides
Chicorée frisée et scarole
Légumes à cultiver en arrière saison
(pour éviter la montée à graine)
Chou brocoli et de Bruxelles
Aiment les situations chaudes et humides
Chou fleur et chou pommé
Aiment les climats humides et tempérés
Concombre, cornichon, courge,
courgette, échalote, melon
Aiment les situations chaudes, pas trop humides
Endive, fève, mâche, panais
Peu exigeants
Epinard
Redoute les situations trop chaudes
(pour éviter la montée à graine)
Fenouil
Aime les situations chaudes et humides
Fraisier et haricots
Redoutent les périodes froides,
pluvieuses et très chaudes
Laitue
Craint les périodes chaudes
(pour éviter la montée à graine)
Navet
Craint les périodes chaudes (légume des demi-saisons)
Oignon
Craint les périodes humides
Piment et poivron
Légumes très exigeants en chaleur (culture abritée)
Pomme de terre
Craint les périodes froides et humides
Tétragone
Peu exigeant ; supporte la sécheresse
Tomate
Idem pomme de terre ; les écarts importants de
température jour/nuit (régions montagneuses)
lui sont très néfastes ;
à cultiver de préférence sous abri
2/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
1.2. Créer un micro-climat favorable dans un jardin
Pour les espèces exigeantes en chaleur (tomates, aubergines,
poivrons, melons…) le jardinier dispose de plusieurs moyens pour
modifier les conditions micro-climatiques au sein de son jardin :
Par la mise en place de tunnels, serres, châssis froids,
châssis chauds…
Par la plantation de haies avec des arbustes au feuillage persistant ou marcescent qui gardent
leurs feuilles mortes comme le charme par exemple. L’effet sera meilleur en périphérie du jardin,
en atténuant les rigueurs climatiques (froid, sécheresse).
Par l’installation de murets ou de murs autour des jardins, qui ont les mêmes fonctions
climatiques qu’une haie. Attention, toutefois, aux turbulences qui peuvent se produire derrière les
murs par grand vent (voir Editions Soltner).
2. LE SOL : QUELQUES RAPPELS
2.1. Comment se forme un sol ?
La terre que nous cultivons n’a pas toujours été présente à la surface de la Terre. Il a fallu des milliers
d’années pour que se forme cette mince couche.
Au départ, il y a la "roche mère", qui peut être de nature très différente selon l’endroit
géographique où l’on se trouve.
Exploration des racines
à travers le sol et le sous-sol
n°4
3/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Sous l’effet de facteurs climatiques (la pluie, le vent, le gel) et d’une multitude d’êtres vivants
(bactéries, champignons, micro-faune et macro-faune) ces roches se désagrègent. Combinées
avec des éléments organiques (qui proviennent de la décomposition des végétaux), elles formeront
avec le temps une couche plus ou moins épaisse de terre, dite "terre arable".
La grande variabilité des roches conduit à une grande variété de sols.
2.2. La composition minérale des sols
En s’altérant, la roche mère va former principalement quatre types de matériaux :
des fragments de roches non altérés;
des minéraux individualisés, non altérés;
des minéraux nouveaux produits par altération des minéraux d’origine :
les argiles dites "minéralogiques";
des corps dissous (ou des solutions colloïdales).
Les dimensions des particules solides qui résultent de la décomposition de la roche mère sont
de granulométrie très différente, ainsi :
< à 2 um* : les argiles
de 2 à 20 um : les limons fins
de 20 à 50 um : les limons grossiers
de 50 à 200 um : les sables fins
de 200 à 2000 um : les sables grossiers.
(*um : micromètre ou micron) (1 mm = 1000 um).
En fonction du pourcentage respectif en chacun des éléments précédemment cités, on
définit la texture du sol : on parle alors de sol sableux, de sol limoneux… avec différents
intermédiaires possibles : sol sablo limoneux, sol argilo limoneux sableux…
n°4
4/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Avec un peu d’habitude, on peut arriver à déterminer la texture d’un sol (voir tableau ci-dessous).
Texture
du sol
Sol sec
Les grains de sables Le sol se modèle très
sont visibles
difficilement, il se
à l'œil nu.
brise au toucher.
Sols sableux
Le sol coule entre
les doigts comme
du sucre.
Le sol est très
granuleux et abrasif.
Sols limoneux
Le sol a une
apparence
poudreuse
ou farineuse.
Avantages
Inconvénients
Facile à travailler
Sol plutôt pauvre
Meuble et aéré
Réserve utile*
en eau faible
Sol humide
Le sol ne colle pas
entre les doigts;
il est rude et abrasif
au toucher.
Pas de battance
Réchauffement
rapide
Le sol est très doux
et glissant comme
du savon.
Il est possible de
former un ruban avec
la terre en la roulant
entre les mains ; le
Le sol est doux au ruban se casse si on
toucher.
essaie de le plier.
Sol usant (outils...)
Sol riche
Plutôt facile à
travailler
Réserve utile
correcte
Battance* élevée
Tassement en
condition humide
Aération moyenne
Terre fine
Le sol est peu collant.
Le sol est très
collant, lisse
et brillant.
Sols argileux
Le sol est formé de Le sol se modèle très
mottes très dures,
facilement; il est
difficiles à briser. possible de former de
longs rubans flexibles
en roulant la terre
entre les mains.
Sol "lourd"
Bonne réserve
utile
Terre riche
Tassement important
Travail du sol
compliqué
Sol froid
Mauvaise aération
L’expérience de la bouteille :
1
1 - Mettre dans une bouteille d’un litre la moitié de terre de son
jardin et remplir avec de l’eau.
2 - Secouer énergiquement. Laisser reposer.
3 - Observez le dépôt qui se forme : au fond les cailloux, sables,
graviers et au dessus des couches
de limons et d’argiles de plus en plus fines.
2
3
Cela donne une idée approximative de la granulométrie
des composés minéraux du sol.
n°4
5/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
2.3. La matière organique des sols : l’humus
En général, l’humus ne représente que 5 % de la masse totale d’un sol.
Il provient essentiellement de la décomposition de végétaux (accessoirement d’animaux morts ou
d’excréments).
La dégradation de la matière organique en humus est le fait notamment d’organismes
microscopiques (bactéries, champignons, petits animaux…) et macroscopiques (vers de terre,
taupes…).
La présence d’humus dans le sol est très importante car il possède de nombreuses
fonctions :
Il
Il
Il
Il
Il
Il
participe à la désagrégation de la roche mère,
joue un rôle dans la thermo protection (isolation) du sol,
influence la structuration et la porosité du sol,
protége le sol de certaines formes d’érosion,
stocke et libère des éléments nutritifs (phénomène d’humification),
influence le pH*.
* : pH : potentiel Hydrogène : valeur comprise entre 0 et 14 permettant de définir l'acidité d'un
échantillon (de 1 à 7 : valeurs acides; 7 : valeur neutre; de 7 à 14 : valeurs basiques).
La structure du sol :
Elle se définit par le mode d’assemblage des divers constituants solides.
Elle est le fait de la cimentation des éléments minéraux grossiers (limons, sables) par des éléments
colloïdaux (argiles et humus associés en complexes argilo humiques*).
* Le complexe argilo humique, base de la fertilité des sols :
Une des caractéristiques du sol est de créer un lien intime entre le monde minéral (argiles) et le
monde organique (humus).Tous deux sont de polarité négative. En général, ce sont les ions calcium,
magnésium ou potassium, de polarité positive, qui assurent la liaison entre l’humus et l’argile.
n°4
6/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
En l’absence d’un des éléments, par exemple l’humus, l’eau peut entraîner les argiles par lessivage :
on parle alors de structure instable.
La structure idéale pour le développement de la grande majorité des plantes potagères est la
structure dite "grumeleuse". Les jardins qui ont reçu des apports en matière organique pendant
des décennies ont généralement ce type de sol.
Elles se caractérise par un assemblage de macro-agrégats ("grumeaux") qui laissent à l’air et à l’eau
la possibilité de circuler entre eux (le sol "mousse").
Ce type de sol est très facile à travailler. La faune, la flore du sol et les racines des végétaux y
trouvent des conditions optimales de développement. Ce sont des sols très fertiles.
2.4. Appliqué à la Lorraine
En Lorraine, on distingue principalement trois grands types de roches :
les roches dites "basiques" : marnes (mélange d’argile et de calcaire), calcaires, craies…
que l’on trouve majoritairement en Meurthe et Moselle et Meuse, dans l’ouest vosgien et sur
une partie de la Moselle.
les roches granitiques : granit, gneiss… localisées surtout sur le massif vosgien.
les roches gréseuses : grès rose, grès bigarré, grès à poudingue… localisées sur la partie
nord du massif vosgien.
Sol argileux du plateau lorrain
Sol calcaire du Barrois
n°4
7/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Propriétés des sols issus de ces roches mères et conséquences sur l’entretien
des sols :
Propriétés chimiques
et physiques des sols
Sols issus de roches
basiques
Sols issus de roches
granitiques
Sols issus de roches
gréseuses
Sols issus d’alluvions
(le long des cours
d’eau, en fond
de vallée)
n°4
Sols à pH neutre, voir basique ;
en général, ce sont des sols
"lourds", difficiles à travailler,
sujets à des phénomènes de
battance (croûte en surface après
une pluie) en sols limoneux.
Conséquences
sur l’entretien du sol
Eviter de travailler le sol en
conditions humides (phénomènes
de tassement) ; faire des apports
réguliers en matières organiques
(compost, engrais verts) pour
améliorer la structure et diminuer
le pH. Un bêchage à l’automne
permet un émiettement du sol
(sous l’action du gel hivernal).
Faire des apports réguliers en
matières organiques, en éléSols à pH acide, ce sont des sols ments calciques (marnes, dolomie, chaux…), en phosphore
faciles à travailler (présence de
(phosphates naturels...) et en
sable), propices à la culture des
magnésium (dolomie, magnéfruits et des légumes à la condition de faire des apports minéraux sie…) pour entretenir les stocks.
Ces sols sont en général bien
(notamment calciques, phosphapourvus en potasse (issus de la
tés et magnésiens)
dégradation des feldspaths).
Un engrais vert limite les pertes
en lessivage pendant l’hiver.
Sols à pH très acides, souvent
très carencés en éléments fertilisants, faciles à travailler mais se
lessivent et se dessèchent vite.
L’excès d’acidité est défavorable
à la culture des fruitiers et des
légumes.
Le pH dépend de la nature des
alluvions (granite, grès, calcaire…
souvent on constate un mélange
de différentes roches, les rivières
lorraines traversant souvent des
formations géologiques différentes) ; ce sont en général des sols
très fertiles, peu carencés.
Faire des apports réguliers en
argile (coûteux), en matières
organiques (compost, engrais
vert fortement recommandé),
en phosphore, potasse, calcium,
magnésium…
Faire des apports réguliers en
différents éléments minéraux
et des apports organiques
(compost) pour entretenir les
stocks dans le sol.
8/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
2.5. L’analyse de sol
Pourquoi faire une analyse ?
L'objectif de l'analyse de sol est de connaître les capacités du sol, son aptitude à produire des
légumes, des fruits, des fleurs... On appelle cela la fertilité du sol.
Cette fertilité est liée à l'état physique (sable, limon, argile), à l'état d'acidité, à la teneur en humus
et en éléments nutritifs disponibles (l'azote, le phosphore, la potasse ou le calcium...).
Grâce à l'analyse, il est alors possible de :
réaliser les redressements nécessaires pour améliorer la fertilité,
raisonner et ajuster la fertilisation,
comprendre les problèmes de culture de façon à agir avec pragmatisme.
Les analyses de sol peuvent être complétées par un conseil personnalisé en fonction des problèmes
spécifiques rencontrés dans le jardin et par un plan de fumure (en général sur 3 ans) vous aidant
dans le choix des produits de fumure à utiliser.
Le coût d’une analyse est très variable (compter en moyenne cinquante euros). Seulement une
dizaine de laboratoires propose ce type d’analyses en France. Pour les trouver, renseignez-vous
auprès de votre jardinerie ou bien de l’association des Jardiniers de France qui organise parfois des
commandes groupées.
2.6. Préférences des légumes en fonction du pH du sol
Les plantes n’apprécient pas toutes les mêmes degrés de pH du sol.Aussi il peut être utile de faire
une analyse du degré de pH du sol de son jardin pour vérifier qu’il est compatible avec les espèces
que l’on souhaite cultiver.
Pour mesurer le pH du sol :
Mélanger de la terre avec de l’eau déminéralisée,
Laisser décanter quelques minutes pour
que l’eau redevienne claire,
Plonger une bande de papier pH (disponible dans les
magasins d’aquariophilie ou dans les pharmacies) dans l’eau,
Lire le résultat par comparaison de la couleur avec le
gradient de couleur de référence fourni avec le papier.
n°4
9/10
Sol et climat :
les points clés pour des plantes en bonne santé
Le tableau suivant présente les grandes tendances d’adaptation des légumes aux
gammes de pH.
- : pH non adapté pour ce légume
+ : pH convenant à ce légume
++ : optimum de pH pour ce légume.
Légume
Ail
Asperge
Aubergine
Artichaut
Basilic
Betterave
Carotte
Céleri
Choux
Chou brocoli
Ciboulette
Concombre et cornichon
Courge et courgette
Cresson
Échalote
Épinard
Fenouil
Fraise et framboise
Groseille
Haricot
Laitue
Maïs
Navet
Oignon
Oseille
Persil
Poireau
Pois
Poivron
Pomme de terre
Potiron
Radis
Rhubarbe
Romarin
Sauge
Thym
Tomate
n°4
pH inférieur
à 5,5
pH compris
entre 5,5 et 7,0
pH 7
pH compris
entre 7 et 7,5
-
++
+
++
++
+
++
++
++
++
++
+
+
++
+
++
++
+
++
++
+
++
+
+
+
++
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
++
+
++
+
+
+
+
+
++
+
++
++
++
+
+
++
+
+
+
+
+
+
++
++
++
+
+
-
+
+
+
+
+
++
++
+
++
++
++
++
++
++
+
+
+
++
+
+
+
+
+
+
+
+
+
pH supérieur
à 7,5
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
-
+
-
+
+
10/10
les associations de plantes :
compagnonnage et synergies au jardin
Dans le potager, les légumes et les autres plantes peuvent avoir entre eux de véritables affinités
comme des inimitiés notoires. Et si, concernant certains compagnonnages,
les botanistes et chercheurs sont toujours en quête d’explications,
il existe des affinités dont l’intérêt est clairement expliqué.
Certaines plantes secrètent par leurs racines des substances chimiques (oeillet d’Inde)
ou produisent des huiles essentielles répulsives (romarin, thym)
dont l’impact peut être positif ou gênant.
Quoi qu’il en soit, explications ou pas, le jardinier peut tirer avantageusement profit
de ces associations pour repousser les parasites ou favoriser la qualité de ses légumes.
Quelques exemples d’interactions positives expliquées :
Grâce à leurs racines profondes et pivotantes (pissenlit, consoude...), certaines plantes fertilisent
naturellement le sol en favorisant la remontée à la surface de minéraux nutritifs qui profitent alors
aux autres cultures.
D’autres (pois, fève, haricot…) fixent l’azote grâce aux bactéries
qu’elles hébergent dans les nodosités de leurs racines.
D’autres encore se protègent mutuellement,
chacune faisant fuir les ravageurs de l’autre
(oignon, carotte).
L’entraide peut aussi être de nature à attirer un
parasite sur l’une pour protéger l’autre comme la
capucine qui attire les pucerons qui délaissent
alors les haricots.
Fèves
Association oignon-carotte
n°5
1/4
Les associations de plantes :
compagnonnage et synergies au jardin
Autres exemples d’associations contre les parasites :
Le céleri empêche, par sa présence, la piéride de pondre
sur le chou.
L’origan repousse les parasites du concombre, du melon
et de la vigne.
La laitue chasse l’altise.
La sauge, la camomille, le romarin, la menthe,
le thym et la mélisse éloignent la piéride.
L’oeillet d’Inde protège des nématodes, des altises
et des pucerons.
Il existe aussi des mariages de raison qui, par bon sens, nous amènent à
associer des plantes qui ont les mêmes besoins en eau ou en
fertilisation (cucurbitacées, maïs, haricot) et facilite la tâche du jardinier
dans ses travaux.
Association maïs-haricot
N’oublions pas les plantes aromatiques,
qui, pour la plupart, servent de bouclier naturel
pour éloigner les insectes en brouillant leur système de repérage
de leurs aliments préférés ou simplement en étant répulsives.
Enfin, les fleurs en jumelage avec les légumes améliorent la production en attirant les
insectes butineurs qui assurent une meilleure pollinisation et donc une meilleure fructification.
n°5
2/4
Les associations de plantes :
compagnonnage et synergies au jardin
Tableau récapitulatif des associations favorables et défavorables :
Épinard-tomate
Ail
Aneth
+
Asperge
Ail-pomme de terre
Aubergine
Basilic
Chou fleur
+
Chou rave
Concombre, cornichon
+ +
Courge
Epinard
Fenouil
+
-
Fève
Fraisier
Haricot nain
Haricot à rames
+
+
+ +
Laitue, salade
Maïs
+
+
+
+
+
+
+
-
Melon
+
+ +
+
+
+
- + +
+
+
- + +
+ + + + +
+
+ +
-
Panais
Persil
Poireau
Pois
Pomme de terre
+ +
+
- + - +
+
- - + + + + + +
+ + - + + +
+ + + +
- + +
- -
- +
Navet
Oignon
+ + +
-
+ +
+
+ + +
+ +
- +
Echalote
+
+
+
+
+
+ +
Potiron
Bet
tera
ve
Car
otte
Céle
ri
Ail
+
Ane
th
Asp
erge
Aub
ergin
e
Bas
ilic
+
Tomate
Chic
orée
Cho
u
Cho
u fle
ur
Cho
u ra
ve
Con
com
bre,
corn
Cou
rge
icho
n
Ech
alot
e
Epin
ard
Fen
ouil
Fèv
e
+
- + + + +
Radis
+
+
+
+ + +
+ + + + + +
+
+ + +
+
+ +
+
+ + +
- + - - +
+
- +
+
+
+ - - +
+
+
+ +
+
+ - + +
+
+
+ + + - - +
+ + +
+
+ + + + +
+ + + +
- -
Chou-oignon
+
+
+
+
- -
+
+
+
+
+ + - +
+
Rad
is
Tom
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+
-
Chou
Pom
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on
Chicorée
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sil
Poir
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Pois
+ +
+
+
+
+
Céleri
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et
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non
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Carotte
Frais
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nain
Har
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de
Maï
s
Melo
n
+ + + +
Betterave
Exemples :
Légumes compatibles : "haricot-carotte",
Légumes incompatibles : "pois-échalote".
n°5
3/4
Les associations de plantes :
n°5
compagnonnage et synergies au jardin
4/4
la rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation
avec nutrition et protection
La rotation des cultures est la succession de plantations
différentes sur une surface donnée au cours d’une
même année ou année après année. Elle s’oppose à
l’assolement qui représente l’occupation de l’ensemble
des parcelles du potager à un moment donné.
Rotation et assolement se déterminent bien sûr selon les besoins qualitatifs et quantitatifs du
jardinier mais surtout en fonction des besoins de chaque plante. En ce sens, pour être efficace,
il ne faut pas oublier de prendre en compte les principes des associations des cultures.
A noter que la rotation se justifie pleinement pour les potagers de taille importante.
Pour de petits jardins, les parcelles étant plus compactes et rapprochées les unes des autres,
les insectes et les champignons pourront passer facilement de l’une à l’autre
réduisant l’intérêt de cette pratique.
1. PRINCIPE
Les jardiniers amateurs (et professionnels) ont tout intérêt à pratiquer une rotation
des cultures pour des raisons pratiques, prophylactiques et économiques :
tous les légumes n’ont pas les mêmes besoins nutritifs : certains sont très gourmands
alors que d’autres se satisfont de peu. De plus, chaque légume a ses exigences propres. Certains
mobilisent beaucoup d’éléments azotés, d’autres nécessitent des apports importants en potasse ou
en phosphore sans oublier les oligo-éléments. Cultiver plusieurs années de suite, le même légume
au même endroit va appauvrir le sol et peut aller jusqu’à l’épuisement d’un ou plusieurs éléments
nutritifs. La rotation permet d’atténuer cet appauvrissement spécifique et de limiter les besoins en
apports fertilisants spécifiques extérieurs. La rotation "moyenne" les exportations en éléments
nutritifs sur le cycle et permet de se contenter d’apport de fond (compost…) plutôt que d’apport
en engrais spécifique chaque année.
tous les légumes n’exploitent pas les mêmes couches du sol : sur la durée de la rotation,
la succession de plantes ayant des réseaux racinaires de profondeurs différentes va permettre
d’utiliser les éléments nutritifs du sol, qu’ils soient en surface ou en profondeur.
n°6
1/6
La rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation avec
nutrition et protection
les légumes hébergent différents parasites et maladies qui survivent d’une année à
l’autre et qui vont pouvoir se développer plus facilement chaque année, s’ils retrouvent leurs plantes
de prédilection. La rotation va permettre "d’assainir" la situation en évitant que le parasite ne
retrouve son hôte l’année suivante.
certaines cultures sont dites "salissantes" c'est-à-dire
qu’elles se laissent facilement envahir par les herbes indésirables
comme, par exemple, la carotte. A l’inverse, d’autres sont dites
"nettoyantes" car elles se développent rapidement avec un feuillage
important ne laissant pas de places aux herbes indésirables. C’est le
cas, par exemple, de la pomme de terre. Dans ce cas, la rotation des
cultures consiste à alterner cultures salissantes et nettoyantes
limitant ainsi le besoin de désherbage.
2. PRATIQUE
Afin de mieux s’y retrouver, il est conseillé de tenir un carnet sur
lequel on fait figurer les différentes cultures, année après
année. Le terrain est découpé en micro-parcelles, auxquelles on
donne un numéro. Généralement, le jardin est divisé en quatre parties.
On parle alors de rotation quadri-annuelle (cf. exemple de rotation en
fin de fiche). Il faut toutefois savoir que plus la rotation est longue et
plus celle-ci est efficace. Par exemple, en agriculture biologique, les
rotations peuvent s’étaler sur 15 ou 20 ans.
Chaque culture doit y être notée, ainsi que les apports
(engrais minéraux et organiques) qui y ont été faits.
Schéma des rotations du potager
2.1. Choix de rotation selon le besoin de fertilisation
Pour simplifier le travail du jardinier, la rotation peut se faire en
fonction des exigences en fertilisation.
Dans le tableau ci-dessous, sont répertoriés les principaux
légumes cultivés avec leurs exigences vis-à-vis de la fumure
organique (compost) :
Exigences des légumes en apport nutritif (compost)
Apport
Apport moyen
Apport important
nul ou très faible
(entre 100 et 300 kg de compost
pour 100 m2)
(plus de 300 kg de compost
pour 100 m2)
Ail, chou de Bruxelles, cresson,
crosne, échalote, endive, fève,
haricot (toutes les espèces), mâche,
navet et radis (apport faible), oignon
n°6
Betterave, blette, carotte, chicorée,
laitue, pois, pomme de terre,
panais, salsifis et scorsonère
Artichaut, aubergine, céleri,
chou pommé, chou-navet, chou-rave,
toutes les cucurbitacées en général,
épinard, fenouil, fraise, maïs, piment,
poivron, tomate
2/6
La rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation avec
nutrition et protection
Avec ce type de rotation, le jardin est souvent divisé en quatre parcelles (une cinquième parcelle
reçoit les cultures pérennes : fraisiers, framboisiers, fleurs…).
En année 1 :
Parcelle 1 : faire un apport important de fumier ou de compost (plus de 300 kg pour 100 m2).
Planter les légumes demandant des apports importants (cf. tableau).
Parcelle 2 : refaire un apport de fumier ou de compost mais dans des proportions moindres
qu’en parcelle 1 (entre 100 et 300 kg pour 100 m2). Planter les légumes demandant des apports
moyens (cf. tableau).
Engrais vert sur parcelle au repos
Parcelle 3 : ne faire aucun (ou très léger) apport et cultiver les légumes demandant des apports
nuls ou faibles (cf. tableau).
Parcelle 4 : cette parcelle est mise en repos. Souvent, on y cultive un engrais vert (moutarde,
phacélie, sarrasin, vesce…).
En année 2 :
La parcelle 1 devient 2, la parcelle 2 devient 3, la parcelle 3 devient 4 et la parcelle 4 devient 1.
2.2. Choix de rotation selon les types de légumes
Dans le potager, coexistent généralement différentes formes de légumes tels que des
légumes racines (navet), des légumes feuilles (épinard) ou encore des légumes fruits (tomate).
Or, chacune de ces formes végétatives a des besoins spécifiques en éléments minéraux.
Par exemple :
Les légumes à feuilles consomment principalement de l’azote,
Les légumes à graines consomment principalement du phosphore,
Les légumes à racines, à tubercules et à bulbes ainsi que les légumes à fruits consomment
principalement de la potasse.
n°6
3/6
La rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation avec
nutrition et protection
Aussi, une des méthodes pour définir la rotation peut être de regrouper les plantes ayant des
systèmes végétatifs semblables :
Parcelle 1 :
Parcelle 2 :
Parcelle 3 :
Parcelle 4 :
Légumes à racines,
à tubercules
et à bulbes
(Préférence pour
la potasse)
Légumes feuilles
(Préférence
pour l’azote)
Légumes à graines
et à fruits
Engrais vert
Chicorée
Oignon
Laitue
Carotte
Romarin
Ail
Chou
Betterave
Camomille
Céleri
Bette
Oignon
Poireau
Radis
Fenouil
Lin
Persil
Pomme de terre
Fraise
Raifort
Epinard
Souci
Endive
Navet
Mâche
(Préférence pour
la potasse et
le phosphore)
Parcelles 5 et 6 :
Capucine
Haricot
Plantes pérennes et
éléments fixes (serres...)
Ciboulette
Concombre
Potiron
Maïs
Courgette
Courge
Petit pois
Melon
Aubergine
Souci
Tomate
Basilic
n°6
4/6
La rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation avec
nutrition et protection
2.3. Choix de rotation selon les familles botaniques
Les espèces d’une même famille ayant généralement les mêmes parasites et les mêmes besoins
nutritifs, il est encore possible d’organiser la rotation en regroupant sur la même parcelle les plantes
appartenant à la même famille botanique (cf. tableau ci-dessous) :
Classification selon les familles
chénopodiacée
astéracée
cucurbitacée
apiacée
graminée
labiée
liliacée
ombellifère
papilionacée
polygonacée
rosacée
solanacée
valérianacée
bette, betterave, épinard…
artichaut, salade, tournesol…
courge, courgette, concombre, cornichon, melon, potiron…
chou, navet, radis…
blé, maïs…
basilic, lavande, menthe, romarin, thym…
ail, asperge, oignon, poireau…
aneth, carotte, cerfeuil, céleri, fenouil, persil…
fève, haricot, lentille, pois…
oseille, rhubarbe…
fraisier, framboisier, ronce…
aubergine, piment, pomme de terre, poivron, tomate…
mâche…
2.4. Autres paramètres à prendre en compte
En plus des exigences en fertilisation, il convient à l’intérieur de chaque parcelle de tenir compte
des affinités et des inimitiés qui existent entre les différents légumes (cf. Fiche 5).
Enfin, il faut également tenir compte du fait que certaines plantes cultivées avant ou après d’autres
peuvent engendrer des résultats décevants, voire catastrophiques.
Le tableau présenté ci-dessous s’appuie sur les résultats de travaux réalisés par
l’Institut National de Recherches Agronomiques.
n°6
5/6
La rotation des cultures :
ou comment faire rimer organisation avec
nutrition et protection
Avant et après la culture de…
Plantes à ne pas cultiver…
cucurbitacées
tomate, poivron
aubergine
fabacées (fève, pois, haricot, trèfle…)
liliacées (ail, oignon, échalote, poireau)
fabacées (fève, pois, haricot, trèfle…)
betterave
carotte, oignon, endive
carotte
pomme de terre, maïs, betterave, endive
céleri
betterave, carotte, endive, haricot
endive
carotte, maïs
épinard
carotte, endive
courgette, courge, melon
pomme de terre, carotte, céleri
haricot
carotte
laitue
haricot
oignon
maïs, carotte
pomme de terre
carotte, endive, poireau
tomate
betterave
3. EN CONCLUSION
Il est parfois difficile d’établir un système de rotation au sein d’un potager tant les critères qui
président à sa mise en place peuvent être nombreux et complexes.
Dans la pratique, il s’agit surtout d’éviter les grosses erreurs (voir ci-dessous). Ensuite, il faut tenir
compte des exigences en fumure pour chaque légume. Enfin et si possible, il faut appliquer
les autres règles de rotation présentées ci-dessus.
Les grosses erreurs à éviter :
Les légumes à bulbes et les crucifères ne doivent revenir au même
endroit qu’après un minimum de quatre années,
Pour certaines maladies comme le rhizoctone violet
(qui touche la carotte, l’asperge, la betterave, l’endive et le fraisier
et qui se traduit par la pourriture du système racinaire),
il faut respecter un intervalle de cinq ans minimum,
même chose pour les tomates et les pommes de terre lorsqu’elles sont sujettes
à des maladies fongiques, bactériennes ou virales.
n°6
6/6
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
Les plantes ont des besoins nutritionnels spécifiques qu’elles satisfont
en puisant les éléments nutritifs dans le sol via leur réseau racinaire ou,
de manière plus anecdotique, dans l’air, grâce à leur feuillage.
Dans les jardins, la nutrition des plantes peut être perturbée par plusieurs facteurs :
les exportations successives (tontes, ramassages des feuilles, récoltes des fruits et des légumes…)
appauvrissent le sol en empêchant le retour des minéraux par décomposition et diminuent
progressivement la quantité de minéraux disponibles pour une nouvelle culture,
les espèces choisies ne sont pas adaptées aux caractéristiques naturelles du sol et, si le
jardinier souhaite vraiment poursuivre leur culture, ces caractéristiques devront être modifiées,
le tassement du sol (piétinement) ne permet plus un bon développement racinaire
et la plante n’arrive plus à s’alimenter,
une mauvaise alimentation en eau peut empêcher la plante de puiser
les éléments dont elle a besoin.
Pour les deux premiers facteurs, il est possible d’intervenir par des apports d’engrais, de
compost, d’amendements divers ou d’engrais verts.
1. LES BESOINS DES PLANTES ET LEUR MILIEU
1.1. Les besoins des plantes
1.1.1. Les éléments de base
L’azote
L’azote est à la base de la fabrication des protéines végétales. Il favorise le
développement des feuilles, accélère la végétation et stimule la croissance. Un
excès d’azote sensibilise les plantes aux maladies, au froid, provoque de mauvaises
fécondations et bloque la maturation des fruits. Le manque d’azote se traduit par des
feuillages jaunâtres (chlorose…) et une végétation languissante.
n°7
1/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
De manière naturelle, l’azote de l’air est transformé par différents phénomènes (foudre) en azote
utilisable par les plantes. Cet apport "gratuit" correspond à environ 10 kg d’unités fertilisantes par
hectare et par an.
En outre, certaines espèces de bactéries du sol fixent l’azote atmosphérique et le rendent
utilisable par les plantes. Ce phénomène est très variable selon la nature du sol (aération,
humidité).
Les racines des légumineuses (pois, fève, haricot…) peuvent même "héberger" certaines de ces
bactéries augmentant alors de manière très importante cette fixation d’azote (jusqu’à 300 kg
d’unité d’azote par hectare en conditions idéales !!). A l’automne, il est préférable de n’enlever
que les tiges en laissant les racines se décomposer dans le sol.
Toutefois, dans les jardins, ces apports naturels sont généralement insuffisants et il faut alors
apporter de l’azote soit sous forme "chimique" (sulfate d’ammoniaque, ammonitrate, urée…) ou
bien sous forme organique (fumier, compost, corne broyée…).
Le phosphore
Le phosphore stimule le développement des racines, consolide les tissus et aide à la
mise à fruits. Le manque de phosphore se remarque par des taches rouges sur un
feuillage vert foncé, les fleurs sont peu nombreuses et avortent.
Il s’exprime en unité d’acide phosphorique (P2O5) et se trouve en général sous la
forme de phosphate (phosphate de calcium…).
Le potassium
Il régularise la circulation de la sève, améliore la résistance des plantes aux maladies
et au froid, intensifie la couleur des fleurs et améliore la saveur des fruits.
Le potassium est exprimé en unité de potasse (K2O) et est apporté sous forme de
chlorure, de sulfate ou de nitrate de potassium.
1.1.2. Les éléments secondaires et les oligo-éléments
Il s’agit d’une vingtaine d’éléments minéraux autres que N-P-K nécessaires à la croissance des
plantes.
On distingue :
les éléments secondaires (calcium, soufre et magnésium),
des oligo-éléments (fer, manganèse, cuivre) nécessaires en quantité infimes.
En cas de carence, certaines maladies spécifiques peuvent se développer telles que l’apparition de
taches liégeuses sur les pommes en cas de carence en bore.
En général, le sol en contient suffisamment de manière naturelle. Les engrais N-P-K en contiennent
également, en quantité variable selon les formes, mais globalement suffisante.
n°7
2/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
Néanmoins, certaines plantes en consomment plus que la moyenne et peuvent nécessiter des
apports spécifiques. C’est le cas, par exemple, du soufre pour les oignons ou de la magnésie pour
les fraises.
Enfin, il faut également faire attention aux risques d’interactions entre les minéraux car
certains d’entre eux peuvent rendre inassimilable par la plante d’autres minéraux indispensables. Par
exemples, trop de calcaire bloque le fer et un excès de potasse bloque la magnésie.
1.2. Les facteurs déterminants de la fertilisation
1.2.1. Facteurs agronomiques
La composition du sol joue un rôle très important sur l’alimentation des plantes.
Sols argileux : en général, riches en éléments fertilisants qui sont bien fixés par l’argile.
Sols siliceux, sableux : souvent pauvres en éléments fertilisants car ils ne sont pas retenus
et sont entraînés par lessivage avec l’eau. La fertilisation doit se faire régulièrement, en petites
quantités.
Sols calcaires : la décomposition de la matière organique se fait rapidement mais les
éléments fertilisants peuvent être bloqués par la forte alcalinité du sol et provoquer des
carences.
Sols humifères (riche en matière organique) : en général, riches en éléments fertilisants
mais si le milieu est trop acide (terre "de bruyère"), beaucoup restent inassimilables par la plante.
Terre "franche" : sol équilibré qui combine richesse en éléments minéraux, en matière
organique (humus), ainsi qu’un pH neutre.
1.2.2. Facteurs biologiques
A chaque stade de leur développement, les plantes ont des besoins spécifiques dans les
3 éléments principaux (N P K) et ces besoins varient d’une espèce à l’autre.
Si la fertilisation ne répond pas précisément à ces besoins, la plante risque de ne pas donner le
résultat escompté. Par exemple, un excès d’azote par rapport au P et K risque d’entraîner une forte
croissance des tiges et des feuilles au détriment de la floraison et de la production de fruits.
Le choix d’un engrais doit tenir compte de ces paramètres.
1.2.3. Facteurs climatiques
La libération des substances nutritives évolue rapidement avec la
chaleur et l’eau et plus lentement avec le froid, tout comme la capacité
de la plante à absorber les éléments du sol. L’apport d’engrais doit être
fait au "bon moment" lorsque la plante en a besoin et est capable de
l’absorber.
n°7
3/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
1.2.4. Facteurs économiques
Les rendements des cultures sont limités par l’élément nutritif présent en plus petite
quantité. Aussi, un surdosage en N-P-K ne permettra pas de compenser une carence en soufre.
Une analyse chimique du sol peut ainsi permettre d’éviter des gaspillages d’engrais et des surcoûts
inutiles.
2. ENGRAIS, ENGRAIS VERTS ET AMENDEMENTS
Les engrais enrichissent le sol en éléments nutritifs et nourrissent les plantes. Les amendements eux
améliorent principalement l’état physico-chimique du sol et sa consistance. Les engrais verts et les
engrais organiques combinent à la fois les bénéfices des engrais et ceux des amendements.
2.1. Les amendements
2.1.1. Les amendements à dominante calcaire
Lorsque le sol est trop acide, il peut être intéressant de faire un apport
d’amendement calcaire qui, en relevant le pH, va favoriser la vie des
micro-organismes ainsi que la transformation des fumures organiques
en humus puis en éléments assimilables par les plantes. En outre,
l’élément calcium va favoriser la formation d’agrégats de particules de
sols et d’humus rendant le sol plus meuble, plus aéré et plus facile à
cultiver.
Il existe plusieurs types d’amendement calcaire :
cendre de bois : contient en plus du carbonate de chaux, tous les éléments nécessaires aux
plantes sauf le soufre et l’azote. Il faut penser à bien l’incorporer au sol.
marne, craie et calcaire broyé : généralement issus de carrières locales. Epandre des petits
morceaux de préférence en automne pour que la pluie et le gel les dégradent pendant l’hiver et
enfouir le tout au printemps.
lithothamne : il est issu du broyage de résidus d’algues marines fossiles (c'est-à-dire non
renouvelables). Sa récolte détruit les fonds marins, aussi son utilisation doit se faire avec
parcimonie.
chaux : apports de 10 à 20 g par m2 mais elle peut avoir un effet brutal. De même, il ne faut
pas appliquer la chaux juste avant ou après des engrais.
2.1.2. Les amendements organiques
Les produits à base de matière organique tels que les composts ou les fumiers sont
décomposés par les micro-organismes du sol et libèrent leurs éléments nutritifs
graduellement. En outre, leur décomposition aboutit à de l’humus qui améliore les caractéristiques
physiques et chimiques du sol.
n°7
4/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
Le fumier peut être apporté à la dose de 4 à 500 kg pour 100 m2.
Il renferme pour 1 tonne, 4 à 5 kg de N, 2 à 3 kg de P, 5 à 6 kg de K.
C’est donc un engrais en même temps qu’un amendement.
Même si les pratiques agricoles ont beaucoup changé, il arrive qu’il
existe encore quelques résidus de pesticides dans la paille, il est donc
préférable d’utiliser des fumiers décomposés.
Le compost issu de la transformation de tous les déchets
végétaux de la maison et du jardin est précieux.
En plus de la matière organique et des engrais, il est très riche en
oligo-éléments.
2.2. Les engrais verts
Il s’agit de plantes annuelles spécialement cultivées sur les parcelles inoccupées du
jardin. Une fois arrivée à maturité (attention, avant monté à graine), elles sont fauchées et enfouies
dans le sol. En se décomposant, ces engrais verts augmenteront la teneur en matière organique du
sol allégeant ainsi sa structure et le rendant plus perméable.
Si les engrais verts sont des légumineuses, ils produiront en plus un engrais azoté
naturel.
Par ailleurs, tous les engrais verts peuvent absorber les nitrates (résidus d’engrais azotés dans le sol
à l’issue de la récolte) qui seraient lessivés par les pluies, si le sol était sans couverture végétale
pendant l’automne.
2.2.1. Les plantes utilisées
Le seigle :
produit de l’humus
et étouffe les mauvaises herbes.
La moutarde :
elle pousse très vite.
Ne pas planter dans
un terrain contaminé
par la hernie du chou.
L’épinard
Le trèfle
incarnat, la
luzerne :
fixe l’azote de l’air.
La phacélie :
produit de l’humus et étouffe les
mauvaises herbes. Elle donne en
plus des jolies fleurs visitées par les
abeilles et autres insectes amateurs
de pollen et de nectar.
2.2.2. Plantation des engrais verts
Les engrais verts peuvent être plantés en place à la volée sur une parcelle fraîchement
récoltée. Si l’engrais vert est peu développé ou s’il a été détruit par le gel, il peut être directement
enfoui. Dans les autres cas, il faut le détruire (broyage avec une tondeuse à gazon ou fauchage) avant
de l’enfouir.
Une fois fauché, il faut laisser sécher une semaine, puis, l’incorporer au sol. Il se décomposera alors
et se transformera en humus.
n°7
5/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
Attendre quelques semaines avant de semer ou de planter car l’enfouissement de l’engrais vert peut
avoir un effet dépressif sur l’azote disponible dans le sol pour les racines et ralentir la croissance
des plantes (un jaunissement des feuilles est possible). Une fois qu’il est bien décomposé, l’azote est
libéré et est à nouveau disponible pour les plantes.
2.3. Les différentes sortes d’engrais
La fertilisation peut se faire de façon organique ou minérale.
2.3.1. La fertilisation organique
Elle améliore la structure du sol et apporte en même temps une riche flore
microbienne. C’est, en outre, un apport d’humus stable qui est un excellent rétenteur en eau et
en éléments fertilisants. L’argile et l’humus forment le complexe argilo-humique, réservoir de tous
les ions positifs constituants les engrais.
La matière organique permet de restaurer le niveau de fertilité des sols. Elle améliore
l’enracinement par une action directe sur le développement des racines.
Les apports d’éléments fertilisants sont relativement faibles : environ 2% de N, 1% de P et 1% de K,
et des oligo-éléments.
À noter que l’azote libéré par les micro-organismes en quantité, lors de
périodes favorables à la décomposition de la matière organique, est lessivé,
comme pour l’azote minéral, s’il n’y a pas de consommation immédiate.
Les engrais organiques ne sont pas que des composts ou fumiers,
ils peuvent être de la corne broyée, du sang desséché (très long à se
transformer) ou encore des fientes de volaille (guano).
Certains engrais organiques sont très longs à se transformer et sont plutôt
conseillés pour les plantations d’arbres et d’arbustes.
2.3.2. La fertilisation minérale
Les engrais minéraux sont des supports plus ou moins enrichis avec
les principaux éléments N, P, K. De part leurs origines, certains possèdent
des oligo-éléments et du calcium. La libération des éléments se fait par
dissolution dans l’eau du sol d’où un risque d’importants lessivages.
En particulier, l’azote sous forme de nitrate est très soluble et doit être
apporté uniquement lorsque la plante en a besoin sous peine d’être perdu.
Ainsi, un apport d’azote à l’automne ou en hiver est presque totalement
perdu pour les plantes et est donc autant inutile que polluant.
n°7
6/8
la fertilisation
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
A l’inverse, en cas de sécheresse, les éléments ne seront pas dissous et ne seront pas disponibles
pour les plantes.Aussi un apport d’engrais en été ne sert à rien, s’il n’y a pas de pluie ou d’arrosage.
Enfin, les engrais N-P-K n’ont aucune action favorable sur la structure du sol.
Les engrais minéraux peuvent être à libération lente de par leur fabrication (exemple les enrobés)
ou par la nature du stockage de l’azote.
L’azote organique de synthèse peut être sous forme :
D’urée formaldéhyde : dégradée progressivement par les micro-organismes du sol en azote
assimilable.
D’Isodur sous forme IBDU (Isobutylidène diurée) : se dissout plus ou moins rapidement
avec l’eau. Cette libération d’azote se fait indifféremment de l’activité biologique du sol ou des besoins
des plantes.
On trouve dans le commerce des engrais :
simples, contenant un seul élément, surtout l’azote.
composés, contenant deux éléments, souvent P et K.
ternaires, contenant les trois éléments.
Ils peuvent être :
Compactés : grain arrondi, régulier la composition est identique de chaque grain.
Enrobés : granulé enrobé de résine ou de soufre ce qui permet une libération lente sous
l’action de l’eau ou de la chaleur limitant les pertes par lessivage.
Solubles ou Liquides pour un apport par arrosage d’où un effet rapide.
Sur un sac d’engrais il apparaît des chiffres qui indiquent les quantités d’unités fertilisantes apportées
par 100 kg d’engrais, le premier chiffre indique toujours N, le second P et le troisième K.
2.3.3. Et les autres
D’autres décoctions ou purins sont utilisés en culture biologique, ils peuvent être
considérés comme des engrais ou comme des stimulateurs de végétation : cas de l’ortie et de la
consoude.
n°7
7/8
la fertilisation
n°7
une nutrition adaptée pour des plantes résistantes
8/8
Les auxiliaires
les alliés naturels du jardinier
1. LE JARDIN, UN EQUILIBRE ECOLOGIQUE
ET BIOLOGIQUE
Aménagements au jardin favorisant
la biodiversité et les auxiliaires
La conception même du jardin joue un rôle essentiel dans la création d’un équilibre naturel.
De nombreux insectes utiles sont présents de manière naturelle dans nos jardins même si
souvent ils passent inaperçus. Ils peuvent jouer un rôle très important pour freiner le
développement des ravageurs.
Malgré leur intérêt, de nombreuses espèces d’animaux et de plantes, importantes pour l’équilibre
biologique d’un jardin ou d’une région, sont encore particulièrement menacées. La suppression
des haies et l’extension des constructions les privent de leur espace vital. En outre, de nombreux
auxiliaires* sont détruits par les pesticides* et les engrais chimiques, la circulation
routière ou le travail intensif du sol.
2. LES AUXILIAIRES, QU’EST CE QUE C’EST ?
Manger et être mangé est une des grandes lois de la nature. Le jardin n’échappe pas à la
règle et, en vertu de cette dernière, tout être vivant s’attaquant aux plantes cultivées possède luimême des ennemis naturels, qui deviennent en l’occurrence des auxiliaires du jardinier.
Il existe deux grands types d’auxiliaires : les prédateurs (par exemple les coccinelles) et les
parasites (par exemple les guêpes parasitoïdes).
n°15
1/12
les auxiliaires
les alliés naturels du jardinier
Tableau comparatif des deux types d’auxiliaires existants :
Les Prédateurs
Les Parasites
Chassent et dévorent leurs proies
Pondent dans le ravageur qui sert alors de
nourriture aux petits qui le dévorent de l’intérieur
Peuvent se nourrir de nombreuses espèces de
ravageurs
Une espèce de parasite ne peut parasiter qu’une
espèce donnée de ravageurs
Ont un potentiel de multiplication assez élevé
Ont un potentiel de multiplication très élevé
Ex : Coccinelles et carabes : les larves et les
adultes chassent
Il existe des parasites de pucerons
Syrphes et chrysopes : seules les larves sont des
prédateurs, les adultes se nourrissent de pollen
Il existe des parasites de chenilles
Oiseaux insectivores, musaraignes et reptiles, les
proies assurent le nourrissage des adultes et de
leurs petits
La liste des auxiliaires décrits ci-après n’est pas exhaustive. Seuls sont présentés les principaux
auxiliaires.
3. LES INSECTES AUXILIAIRES
3.1. La coccinelle
Auxiliaire le plus connu, la coccinelle à 7 points est un prédateur
efficace. Chaque adulte mange entre 80 et 150 pucerons par jour, il
peut également se nourrir de petites chenilles et d’acariens. La
coccinelle s’active à partir du début du mois de mai dès que les
températures dépassent 12°C jusqu’à début juillet, avec un pic d’activité
en juin. Elle s’accouple au cours du printemps et chaque femelle pond
quelques dizaines d’œufs jaunes sous les feuilles ou sur une tige
à proximité des colonies de pucerons. Une coccinelle à 7 points peut
pondre jusqu’à 500 œufs en une saison. L’œuf de coccinelle éclot au
bout de 5 jours.
Chaque larve* peut consommer, 200 à 600 pucerons en 10 jours. Puis
elle se transforme en nymphe* (équivalent à la chrysalide chez les
papillons) qui au bout de 5 jours se transforme elle-même en adulte.
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Existe-t-il plusieurs sortes de coccinelles ? Oui, car le nombre de points sur les dos des
coccinelles ne correspond pas à leur âge mais à leur espèce. En effet, il existe des coccinelles à 2
points, des coccinelles à 7 points, des coccinelles à 14 points et des coccinelles à 22 points. Dans
une même espèce, les couleurs des coccinelles peuvent varier : rouge avec des points noirs,
noir avec des points rouges ou jaune avec des points sombres.
3.2. La syrphe
L’adulte est un insecte butineur qui intervient dès les premiers
beaux jours. Il est souvent confondu avec une guêpe à cause de la
couleur jaune et noire de son abdomen mais il est inoffensif. La syrphe
adulte vole comme une mouche en faisant du sur-place au-dessus des
fleurs.
L’accouplement et la ponte ont lieu au début du printemps. Le
nombre d’œufs pondus et donc de larves à éclore, est lié à la quantité de
pollen et de nectar disponible en sortie d’hiver (fleurs de jacinthe, de
jonquille, cornouiller mâle et plantes sauvages).
La larve de syrphe mange de 400 à 700 pucerons en 10 jours de vie et dans une moindre
mesure des jeunes chenilles. Il y a plusieurs générations de syrphes par an. La larve est une sorte
d’asticot dont la taille atteint de 10 à 15 mm en fin de croissance. Elle saisit ses proies et les
vide de leur contenu, laissant leurs dépouilles sèches (sur la plante dans les colonies de pucerons)
que vous pouvez facilement observer. Les adultes hivernent à l’abri sous les feuilles mortes et
sous les plantes vivaces.
3.3. La chrysope
La chrysope est un petit insecte vert allongé avec de grandes ailes
membraneuses transparentes repliées en arrière. Ses yeux sont à l’origine
de son nom commun : la mouche aux yeux d’or. En hiver, elle se réfugie
souvent dans les trous d’arbres, dans les remises ou les maisons. C’est
souvent à ce moment qu’on la remarque. L’adulte est butineur mais la
larve est carnassière.
La ponte de chrysope a une allure spécifique : les œufs sont pondus au bout
d’un petit filet de 2 à 3 mm.
Avec ses allures de dragon, la larve de chrysope consomme en deux à trois
semaines environ 500 pucerons ou 10 000 acariens. De 2 à 4 générations de
chrysopes se succèdent de mai à septembre. La chrysope intervient un peu
plus tard que les autres auxiliaires et complète leur travail.
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3.4. Le perce-oreille
Le perce-oreille aussi appelé forficule est bien connu des jardiniers. Il est
omnivore et il préfère les nourritures animales. A défaut, il se rabat
parfois sur des fleurs et sur des fruits sucrés déjà attaqués par d’autres
animaux. Il est très utile de mai à octobre où il s’attaque aux pucerons
cendrés, aux psylles, aux petites chenilles et aux cochenilles.
Connaissez-vous la vie des perce-oreilles ?
Les jeunes forficules sont élevés par leur mère dans des abris souterrains. Ils
s’éparpillent à partir du mois de mai dans la végétation à la recherche de
nourriture. Ils sortent la nuit et retournent dans un abri naturel (trou dans les
écorces, pierres…) ou artificiels (pots de fleurs renversés remplis
de paille..). Si les forficules s’avèrent trop nombreux et deviennent
nuisibles, il suffit de déplacer en journée les insectes qui se sont
réfugiés dans les pots que vous aviez préalablement disposés.
3.5. Les guêpes parasites
Les pucerons sont souvent détruits par des parasites internes. Le plus
courant est une petite guêpe nommée Aphidus qui pond un œuf
dans chaque puceron. Une femelle peut parasiter de 200 à 1 000 pucerons.
Le puceron grossit sous l’action de la larve qui le parasite et devient gros
comme une tête d’épingle de couleur or, avant de mourir. On peut en
déceler facilement sous les feuilles des plantes. Cet Aphidus intervient très
tôt. Les petites guêpes sont des auxiliaires discrets mais efficaces
dans le potager, le verger et le jardin d’ornement.
Y a t-il d’autres espèces de micro guêpes dans le jardin ou le verger ?
Oui. De nombreuses espèces de micro-guêpes sont parasites d’insectes ravageurs.Au stade adulte,
elles se nourrissent de fleurs ou vivent sur leurs réserves. Elles sont très efficaces contre les
chenilles : noctuelles, teigne du poireau, piéride du chou, tordeuses…
3.6. Les carabes
De nombreux carabes ainsi que leurs larves sont des prédateurs utiles :
ils mangent des chenilles et des limaces. Les carabes hivernent à l’état
adulte et cherchent souvent refuge en automne dans les maisons, on les
trouve souvent dans les caves. Les larves sont très voraces. Les carabes
sont surtout actifs la nuit. Le jour, ils se cachent sous des pierres, des
écorces ou des plantes.
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3.7. Les araignées
Les araignées si souvent craintes, jouent un rôle important dans la régulation des
populations d’insectes potentiellement nuisibles. Des recherches ont montré que, selon les
endroits, on pouvait trouver des toiles d’araignées à proximité de foyers de mouches et de
moucherons mais aussi à coté de colonies de pucerons ou de thrips. Certaines peuvent même
manger de petits escargots et de petites limaces. Les araignées ne mangent que les proies
qu’elles ont elles-mêmes tuées. Il existe de très nombreuses espèces qui sont souvent difficiles à
distinguer.
4. LES MAMMIFERES
4.1. La chauve-souris
Bien qu’elles soient totalement inoffensives pour l’homme, les chauves-souris sont souvent craintes
en raison de leur aspect et de leur comportement. Elles sont particulièrement utiles parce
qu’elles chassent à la tombée de la nuit. Elles mangent les insectes comme les carpocapses,
les phalènes, les noctuelles, les tipules et les hannetons que les autres animaux insectivores diurnes
tels que la plupart des oiseaux, ne peuvent pas attraper.
4.2. Le hérisson
Le hérisson est très utile aux jardiniers. Il les débarrasse des
limaces, des chenilles, des souris et d’autres nuisibles. On peut lui
pardonner d’aimer les fraises et de manger de temps en temps les
œufs des oiseaux. Le hérisson reste caché la journée et sort la nuit
pour chercher sa nourriture.
Les ennemis naturels du hérisson sont le renard et le chien mais il est surtout menacé par le
trafic automobile, par les insecticides appliqués dans les champs et dans les jardins et par les
produits anti-limaces.
4.3. La musaraigne
Les musaraignes sont des auxiliaires particulièrement précieux. Elles
détruisent en une journée leur propre poids d’insectes, de larves et
de limaces. Elles peuvent également se nourrir de souris. Les chiens et
les renards les évitent en raison de leur forte odeur musquée. Les
chats les attrapent mais ne les mangent pas. On les protégera en
laissant sur le sol des tas de branches et de feuillage et en
s’abstenant de détruire les haies et les buissons ou en réimplantant.
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4.4. Les amphibiens
Les batraciens sont les bienvenus au jardin. Hormis le bruit des
croassements au printemps, on ne leur connaît pas d’inconvénients. Ils se
nourrissent de petits animaux exclusivement vivants : vers, limaces et larves.
Leurs œufs et leurs larves servent de nourriture aux poissons et les adultes
à certains animaux rampants et aux oiseaux.
Ils sont menacés par le trafic routier et les pesticides mais aussi par la
destruction des sites de pontes (zones humides). Les espèces
sédentaires peuvent être acclimatées en créant un étang
adapté. Les espèces fidèles à leur lieu de frai reviennent toujours frayer
au même endroit mais peuvent se déplacer entre-temps dans un rayon de
2 à 3 km. Un bon étang à amphibiens peut servir à peupler toute une
région.
4.5. Les reptiles
Apercevoir un lézard au jardin est une chance, car ces petits reptiles
se nourrissent de mouches, chenilles, criquets, limaces et escargots. Le lézard
des murailles fréquente les abords des ruines, les talus secs ou de vieux murs
ou murets qui lui offrent des cachettes et des zones exposées au soleil. Il est
présent jusqu’au Nord de la France.
4.6. Les oiseaux
4.6.1. Mésange charbonnière
La mésange charbonnière virevolte avec entrain dans les branches des arbres
et des arbustes à la recherche de sa nourriture. Elle est insectivore. On
estime qu’un couple de mésanges avec leurs petits (jusqu’à 12 par an) peut
manger 30 kg de chenilles. En dehors des périodes de nidification (début avril
à mi-août) elle mange également des graines, des fruits et des baies.
Les mésanges charbonnières font leur nid dans toutes sortes de cavités. Pour
les nichoirs artificiels, il faut prévoir un diamètre de l’orifice de 30 mm.
4.6.2. Mésange bleue
Son comportement est analogue à celui de la mésange
charbonnière.
On peut favoriser les mésanges bleues en installant des nichoirs avec un
orifice de 26 mm. Il est préférable de les positionner à une hauteur
inférieure à 2 m pour limiter la prise de possession des nichoirs par les
moineaux qui ont sensiblement la même taille que les mésanges bleues.
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Les mésanges bleues étant moins nombreuses que les mésanges
charbonnières, on installera un nichoir avec un orifice de 26 mm
pour trois nichoirs avec un orifice de 30 mm. Il faut disposer environ
1 nichoir pour 5 ares qui peut être complété avec des nichoirs pour d’autres
espèces d’oiseaux.
ATTENTION ! Beaucoup de nichoirs vendus dans le
commerce sont trop petits pour les nichées des mésanges ce
qui peut entraîner des chutes d’oisillons.
Pour aller plus loin :
Pour obtenir une bonne efficacité, une pose groupée de nichoirs avec vos
voisins peut être une bonne solution. La Ligue Protectrice des Oiseaux (LPO)
peut vous aider dans cette démarche à l’image de l’opération mise en place à Liverdun (54).
5. COMMENT RENDRE SON JARDIN ACCUEILLANT
POUR LES AUXILIAIRES
5.1. Créer de la diversité
Nous avons vu que de nombreux insectes auxiliaires se nourrissent de pollen
et de nectar au stade adulte. Il faut donc des fleurs toute l’année dans le
jardin potager, le verger et le jardin d’ornement. La floraison doit être
abondante aux périodes cruciales pour les butineurs : en fin d’hiver pour
nourrir les premiers butineurs et en automne pour fournir des réserves
nutritives aux insectes qui hivernent au stade adulte. Il faut choisir des fleurs
faciles à entretenir, rustiques et riches en pollen et en nectar.
Dans les haies, plantez le sureau, le sorbier, le chèvrefeuille, le cornouiller mâle, le fusain, le noisetier,
la viorne obier, le lierre. Le projet de renouvellement ou de plantation d’une haie doit être réfléchi.
Pour favoriser les auxiliaires, il n’est pas question de céder à la solution de facilité
(souvent la plus économique) et d’implanter une haie de thuyas ou de lauriers. Outre leur faible
intérêt paysager, ces haies resteront peu accueillantes pour les auxiliaires et plus sensibles aux
maladies. La faible diversité d’une haie monospécifique en fait un désert écologique
nuisible à l’équilibre et à la santé de votre jardin.
5.2. Utiliser des plantes relais
Certaines plantes sont capables d’attirer certaines espèces de
pucerons qui ne vivent que sur cette plante et n’iront pas attaquer
les autres plantes cultivées; on les appelle les plantes relais. De
nombreuses plantes sauvages ou horticoles peuvent servir de plantes
relais : sureau, noisetier, aulne, buis, laurier tin, charme, lierre,
capucine, chèvrefeuille et même l’ortie.
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Comment ça marche ?
Les pucerons présents sur les plantes relais servent de nourriture aux
insectes auxiliaires lorsque ceux-ci ont terminé de manger ceux des
plantes cultivées comme les rosiers ou les pommiers. Les plantes relais
sont des plantes secondaires du jardin sur lesquelles il n’est pas grave que
des pucerons ou des chenilles de petites tailles s’installent, au contraire !
Elles permettent aux auxiliaires de ne pas mourir de faim ou de ne pas
quitter le jardin lorsque tous les pucerons présents sur les plantes
cultivées sont détruits. En trouvant d’autres proies sur les plantes relais, les
auxiliaires restent au jardin, toujours prêts à intervenir. C’est cela
l’équilibre biologique dans le jardin. Voilà pourquoi il faut accepter la
présence de quelques pucerons dans le jardin, notamment sur certaines
plantes qui sont moins sensibles voire même choisies pour cette fonction.
5.3. Favoriser la survie des auxiliaires
Pour favoriser la survie des auxiliaires pendant l’hiver et les intempéries, offrez-leur des abris et
des "couettes" qui les aideront à résister à la pluie et au froid. Les feuilles mortes au pied des
arbustes serviront d’abris à de nombreux auxiliaires (coccinelles, carabes, araignées…). Avec leur
feuillage persistant et les branchages, les plantes vivaces couvre-sol assurent aussi de bons
abris. En revanche, un jardin tiré à quatre épingles, ratissé au moindre débris de végétal, livré au gel
et aux pluies battantes aura peu de chance d’offrir aux insectes auxiliaires des abris pendant l’hiver.
Ils seront obligés de migrer vers des sites plus favorables ou mourront, laissant le champ libre aux
pullulations de ravageurs.
5.4. Attirer les insectes auxiliaires au jardin
Vous pouvez semer ou planter des fleurs parmi les légumes pour attirer les insectes
auxiliaires contre les pucerons et autres ravageurs. C’est utile et c’est joli.
Pour cela, choisissez des fleurs faciles à cultiver et qui ont tendance à se ressemer toutes seules.
Prenez garde à choisir des plantes à faible développement pour ne pas risquer de
concurrencer les légumes.
Par exemples : des soucis, des œillets de poète, des cosmos
nains, des lavatères, des reines marguerites, des zinnias, de la
nielle, des coquelicots ou encore de la bourache…
Vous pouvez aussi laisser monter à fleurs les légumes
dans le bout des rangs, soit en les laissant sur place, soit en les
repiquant : des chicorées scaroles à fleurs bleues, des scorsonères
à fleurs jaunes, des poireaux, des choux à fleurs jaune paille….
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6. LES APPORTS D’AUXILIAIRES : LA COMPLEXITE
DES LACHERS
Les auxiliaires naturels peuvent tarder à venir lors d’une invasion de ravageurs, sans compter qu’ils
peuvent parfois nous rester invisible (même s’ils sont bien là!). C’est pourquoi les jardiniers
amateurs sont tentés d’acheter des auxiliaires issus d’élevages.
Avant d’acheter, il faut savoir que si aucun traitement chimique n’est réalisé, les auxiliaires
naturels viennent coloniser le jardin dans les 2 à 3 semaines qui suivent l’invasion des
ravageurs. Pour une efficacité équivalente par rapport aux auxiliaires issus d’élevages, les auxiliaires
naturels présentent en outre l’avantage d’être gratuits. Un peu de patience peut ainsi s’avérer
payante !
Depuis quelques années, les professionnels qui réalisent de la culture sous serres se tournent vers
l’utilisation d’auxiliaires issus d’élevages pour lutter contre les ravageurs. Aujourd’hui, les jardiniers
amateurs ont également accès à ces auxiliaires dans certaines jardineries ou en vente par
correspondance. Il faut néanmoins garder à l’esprit que les lâchers d’auxiliaires, pour être
efficaces doivent être réalisés dans des conditions strictes et nécessitent des connaissances
en botanique et en entomologie* dont seuls les professionnels et les jardiniers très éclairés
disposent.
Cette technique de lutte présente deux principaux avantages :
L’élimination du stress chimique de la plante dû aux traitements insecticides et fongicides
qui la fragilisent souvent.
La suppression des risques pour l’environnement et l’applicateur des pesticides lors de
leur manipulation et de leur utilisation.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que les auxiliaires issus d’élevages sont des organismes vivants
qui nécessitent des conditions climatiques adaptés, une mise en place immédiate après l’achat et un
respect strict de certaines règles pour qu’ils soient efficaces. C’est pourquoi, la lutte biologique*
avec des auxiliaires d’élevages doit être plutôt privilégiée dans des espaces clos, sous
serre, dans une véranda ou à l’intérieur de la maison.
Comme pour la réalisation d’un traitement chimique, il faut se poser la question de l’utilité du
lâcher d’auxiliaires. Pour cela, il faut estimer si les dégâts provoqués par les ravageurs sont
réellement dommageables et déterminer si les auxiliaires naturels ne sont pas déjà présents ou, en
tout cas, ne vont pas rapidement se développer dans le jardin.
6.1. Les auxiliaires artificiels contre les pucerons
6.1.1. Coccinelle à deux points - Adalia bipuncta
Cette coccinelle se nourrit de pucerons et est plutôt active dans les
arbres et les arbustes.
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Avant l’introduction des larves de coccinelles, il faut empêcher les fourmis de monter sur les
plantes car elles attaquent les coccinelles pour protéger les pucerons. Il est possible de mettre de
la glue sur le tronc des arbres ou de verser du marc de café au sol pour les plantes plus basses. Il
faut verser le flacon contenant les larves de coccinelles sur le feuillage à proximité des pucerons.
Vous pouvez également vous servir d’un pinceau pour disposer les larves de coccinelles ou pour
les passer d’une plante à une autre.
6.1.2. Coccinelle asiatique à 7 points – Harmonia axyridis
Couramment utilisé pour la lutte contre les pucerons sous serre mais aussi en plein champ par les
professionnels et par les jardiniers amateurs, cet auxiliaire est de plus en plus contesté.
Par rapport à la coccinelle à deux points, cette coccinelle est très vorace et polyphage*,
sa fécondité est très élevée et elle est capable de vivre dans de nombreux milieux différents. En
outre, elle peut être facilement élevée en masse et nourrie avec les œufs de papillons alors que les
autres espèces de coccinelles nécessitent un apport frais de pucerons.
Le problème est qu’aujourd’hui on s’est rendu compte que la coccinelle asiatique est une
espèce invasive, c’est-à-dire qu’elle se reproduit à très grande vitesse et qu’elle représente une
menace pour nos espèces locales qui n’ont plus assez de nourriture. De plus, elle est capable
de se nourrir directement de larves d’autres coccinelles. Des études au Canada et aux
Etats-Unis ont nettement mis en évidence l’impact négatif des coccinelles asiatiques sur les
coccinelles locales.
En France, l’INRA a mis au point une coccinelle asiatique incapable de voler qui de ce fait présente
moins de risques mais qui a néanmoins une grande capacité à se déplacer en marchant.
6.1.3. Les parasites de pucerons – Aphidius colemani, Aphidius ervi
et Aphelinus abdominalis
Photo Biobest
Les auxiliaires naturels, les auxiliaires parasites agissent spécifiquement sur
une espèce de ravageurs. Avant de réaliser un lâcher, il est donc
indispensable de savoir déterminer précisément l’espèce de
pucerons à détruire, ce qui est loin d’être chose facile.
Aphidius colemani : s’attaque aux petites espèces de pucerons : puceron
vert du pêcher, puceron noir des cucurbitacées, puceron des mauves.
Aphidius ervi : s’attaque aux grosses espèces de pucerons : puceron de la tomate que l’on peut
également retrouver sur les rosiers et les chrysanthèmes, puceron déformant du poivron, puceron
de la digitale.
Aphelinus abdominalis : s’attaque au puceron de la tomate que l’on peut également retrouver
sur les rosiers et les chrysanthèmes.
Pour une bonne efficacité de ces auxiliaires, les températures doivent être de l’ordre de 20 à 25°C.
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les auxiliaires
les alliés naturels du jardinier
6.2. Les autres auxiliaires d’élevages
6.2.1. Encarsia formosa contre les aleurodes (mouches blanches)
L’Encarsia formosa est un parasite de l’espèce d’aleurode majoritaire dans
l’Est de la France. Pour qu’un maximum d’aleurodes soit parasité et donc que la lutte
soit efficace, il faut réaliser trois lâchers à une semaine d’intervalle.
Photo Biobest
À noter que contre les aleurodes, il est souvent plus simple d’utiliser les
associations de plantes.
6.2.2. Les nématodes contre les otiorhynques, les hannetons et les limaces.
Les nématodes n’ont pas toujours eu bonne presse. Il est vrai qu’en se développant dans les racines
de nombreuses plantes, certaines espèces de ces vers microscopiques provoquent
l’apparition de nécroses ou de grosseurs qui perturbent le fonctionnement et parfois font
dépérir les végétaux. Mais seules quelques rares espèces sont à redouter. La plupart se contente de
dégrader la matière organique pour la transformer en humus, mais certaines combattent
directement des insectes nuisibles. Parmi elles :
Heterorhabditis bacteriophora s’attaque aux vers blancs du hanneton et aux larves
d’otiorhynques.
Steinernema carpocapsae contre les larves de tipules et les chenilles terricoles.
Steinernema feltiae contre les larves des mouches du terreau et les larves de tipules du gazon.
L’espèce Phasmarhabditis hermaphrodita est spécifique des limaces.
Les nématodes pénètrent dans les ravageurs par les ouvertures naturelles (bouche, anus...) ou des
blessures. Ils libèrent alors une bactérie dans la cavité abdominale de l’insecte qui entraîne une
infection généralisée et provoque la mort. Les préparations de nématodes sont à diluer dans
de l’eau et à épandre à l’arrosoir. Pour être efficace, le sol doit être humide et sa température
d’environ 15°C.
6.2.3. Bacillus Thurengensis
Présentes naturellement dans les milieux, ces bactéries sécrètent dans leurs cellules des
substances toxiques pour les insectes. En se nourrissant sur une plante traitée, le ravageur en
ingère. Dans son intestin, certaines enzymes digestives libèrent et activent la toxine qui entre alors
en action et entraîne une septicémie généralisée. En quelques heures, la larve cesse de s’alimenter
et meurt en 1 à 4 jours. Pour être intoxiqué, l’insecte doit impérativement avaler la préparation
bactérienne et donc se nourrir de la plante. C’est pourquoi les insectes utiles sont normalement
épargnés.
Il existe une souche de Bacillus qui est autorisée dans les jardins en France :
Bacillus Thurengensis var. Kustaki contre les chenilles de papillon (noctuelle, chenilles
processionnaires, piéride du chou).
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les auxiliaires
les alliés naturels du jardinier
AVERTISSEMENT !
Bacillus Thurengensis var. Tenebrionis contre les larves de doryphores. Le produit
commercialisé (Novodor) n’est pas autorisé pour les jardiniers amateurs.
Bacillus Thurengensis var. Israelensis contre les larves de moustiques, mouches du
terreau, tipules des gazons. Aucun produit n’est encore autorisé en France.
6.2.4. Et encore…
Ravageur
Auxiliaires discponibles
Utilisation
Acarien
Acarien - Amblyseius
californicus
Eté dehors, abri
Acarien - Phytoseiulus
Eté dehors, abri
Cochenille
Coccinelle - Cryptolaemus m.
Eté dehors, abri
Thrips
Acarien - Amblyseius
cucumeris (en sachet)
Abri
7. LA LUTTE BIOLOGIQUE : RISQUE ZERO ?
En 1920, un insecte parasite, Aphelinus mali, fut introduit en France pour lutter contre les
colonies de pucerons lanigères américains sur les pommiers. Plus récemment, une petite guêpe
parasite a été lâchée pour contenir le développement de la cicadelle américaine dans le sud de la
France. Voici quelques belles réussites dans le domaine. Mais attention un organisme utile
peut devenir nuisible.
Il arrive parfois que certaines introductions tournent au fiasco. A l’aise dans son nouveau milieu et
de plus en plus boulimique, l’organisme mandaté peut s’intéresser à autre chose. Par exemple, la
mangouste importée dans les Iles Caraïbes devait éliminer les rats qui pullulaient dans les
plantations de canne à sucre. Elle le fit, mais s’attaqua aussi à certains oiseaux, serpents ou lézards
indigènes qui sont aujourd’hui en voie de disparition. Notre coccinelle à 7 points a provoqué en
Amérique la quasi-disparition d’un papillon, le bleu porte-queue. Et on commence à
connaître actuellement en France les ravages de la coccinelle asiatique.
Attention donc ! Les introductions de nouveaux auxiliaires doivent faire l’objet
d’études préalables et sont à manipuler avec précaution. Il est indispensable de se
limiter à des auxiliaires qui ont un régime alimentaire spécifique et qui n’ont pas la
possibilité de pulluler dans des milieux naturels.
La lutte biologique en milieu confiné apporte une certaine garantie.
Alors prudence !!
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le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Le compostage est un processus biologique qui permet de transformer les déchets organiques
en un amendement organique comparable à l'humus : le compost.
Cette transformation naturelle est réalisée grâce à l'action de micro-organismes tels que des
champignons microscopiques et des bactéries, en présence d'eau et d'oxygène.
Le compostage est une technique complexe qui doit être menée activement et avec assiduité,
surtout si on veut éviter les problèmes d’odeurs, d’invasions par les insectes et les animaux ou
encore la propagation des graines de plantes.
Si le jardin est assez grand et les contraintes plus limitées, en terme de place pour le composteur
notamment, il est alors possible de pratiquer un compostage passif sur une durée beaucoup plus
longue et qui nécessitera moins de surveillance.
Les règles décrites dans cette fiche s’adressent principalement
aux jardiniers utilisant des composteurs préfabriqués en
plastiques ou en bois, de petites dimensions et devant être
intégrés dans des petits jardins, à proximité d’habitations
ou de zones de vie (aire de jeux, terrasse…).
1. LE PROCESSUS DE COMPOSTAGE
Le processus de compostage se décompose en deux phases distinctes.
1.1. La phase de fermentation
C'est la phase de décomposition de la matière organique. Durant celle-ci, les bactéries
sont à l'œuvre et la conséquence de cette activité des micro-organismes est l'élévation de la
température. Celle-ci peut atteindre 60 à 65°C. C'est durant cette montée en température que
les germes, les maladies et adventices peuvent être neutralisés.
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Cette phase de décomposition est accompagnée par une réduction importante du volume qui se
produit les premiers jours après la mise en tas, ou en bac.
ATTENTION : Il faut choisir un composteur d’une taille adaptée aux quantités de déchets
produites par votre jardin car s’il y a peu de déchets à composter dans un grand composteur, les
pertes de chaleur seront assez importantes pour empêcher la montée en température.
1.2. La maturation
Durant cette phase, la température se stabilise. Les champignons colonisent la matière et les
micro-organismes de plus grande taille apparaissent : vers de terre, cloportes, mille-pattes… et
décomposent à leur tour les bouts de bois devenus tendres.
A l’issue de cette étape, le matériau de départ a perdu totalement son aspect d'origine et au fur et
à mesure de la décomposition de la matière organique, l'humus s’est formé.
Larve de cétoine dorée
Cloportes
Evolution de la température au cours du compostage
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
2. LES DÉCHETS À COMPOSTER
Le compostage concerne tous les déchets organiques. Cependant, pour réaliser son propre
compost, il faut faire attention à bien doser les apports de déchets carbonés et de déchets azotés.
C'est ce que l'on appelle le rapport C/N. Ce rapport doit idéalement être de 30.
Les matières carbonées :
Ce sont les déchets "bruns" : les tailles, branchages, écorces, feuilles mortes, cartons…
Seuls, ils se compostent lentement.
Les matières azotées :
Ce sont les déchets "verts" : tonte de gazon, restes de légumes, épluchures de fruits…
Ils se décomposent rapidement mais seuls, ils se tassent rapidement et pourrissent par manque
d’oxygène.
La règle d'or :
Pour bien composter, il faut mélanger les déchets entre eux pour faciliter
l'aération et éviter le pourrissement et les mauvaises odeurs.
Si le jardin est suffisamment grand, il peut être envisagé
de stocker les déchets bruns (tailles, feuilles) en automne et en hiver
pour les mélanger dans le composteur à chaque ajout de déchets verts
au printemps et en été.
Toutefois, certains déchets ne peuvent pas être compostés soit :
pour des raisons sanitaires : si la montée en température n’est pas parfaite, les bactéries ou
les graines de mauvaises herbes risquent de survivre.
parce qu’ils attirent des animaux (mouches, fourmis, rats, chats…) et que cela peut être
gênant dans certaines circonstances (habitations proches, déchets éjectés du tas de compost…).
parce qu’ils ne sont pas dégradés par les micro-organismes.
Exemples de déchets
compostables
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Tableau récapitulatif des déchets compostables
Pain
Chêne
Paille
Fleurs séchées
Branches de bouleau
Lierre
Ecorce d'arbre
Foin
Mauvaises herbes sans
graine
Plantes en pot
Branches d'acacia
Coquilles d'œufs
Noisetier
Reste de légumes
Feuilles
Lambeau de laine
Branches de peuplier
Fumier – urine
Aiguille de conifère
Carton
Restes de fruits
Filtres à café
Sachets de thé
Fleurs coupées
Sciures de bois non
traité
Excréments de
rongeurs
Lambeaux de coton
Os
Liseron
Plantes malades
Magazines, papier glacé
Cendres de charbon
Métal
Excréments de chat
Bois de palette
Excréments de chien
Plastique
Contre plaqué
Illustré
Chiendent
Litière d'animaux
Terre
Verre
Mauvaises herbes
montées en graine
Sable
Contenu sac
d'aspirateur
OUI
Fleurs
Tonte de gazon
Branches de marronnier
NON
Langes jetables
Sauces
A EVITER
selon les
situations
n°8
Tontes de gazon après
désherbage sélectif
Excréments humains
Coquilles de noix, de
noisettes
Trognon de choux
Déchets de viande
Croûtes de fromage
Epluchures d'agrumes
Déchets de poisson
Laitages
Tiges de rosier
Graisse, huile
Les déchets à exclure
Pourquoi ?
Tontes de gazon désherbé
avec des granulés sélectifs
à longue action
Le compost risque d’avoir une action désherbante lorsqu’il sera
utilisé l’année suivante.
Plantes malades, litières
et excréments d’animaux
Lors de l'épandage, risque de propagation de la maladie ou des
germes à tout le jardin. Ce problème est normalement résolu si le
compost est bien monté en température.
Mauvaises herbes montées
en graine
Risque de les ressemer à travers le jardin, peut être résolu si le
compost est bien monté en température.
Viande, poisson, laitage
Ne compostent pas mais pourrissent en dégageant de mauvaises
odeurs qui risquent d'attirer des animaux dans le composteur. En
petites quantités et s’ils sont bien mélangés, ils ne provoquent pas
vraiment de désagrément.
Cendre de charbon,
de coke
Contiennent des métaux lourds dangereux pour la santé.
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Au final, le choix de composter l’un ou l’autre de ces déchets dépend des contraintes propres à
chaque jardinier.
Ainsi, si la montée en température est bien effectuée ou si le compostage se fait sur plusieurs
années ou si les invasions d’animaux ne posent pas de problèmes, le jardinier pourra traiter luimême la plupart de ces déchets.
Que faire des déchets organiques non compostables ?
Le jardinier devra éliminer ses déchets indésirables pour le composteur par d’autres
voies :
la déchèterie pour les plantes malades ou montées à graines ou les branches : le compostage
industriel garantie la montée en température et la destruction des éléments indésirables,
le brûlage des plantes malades si un arrêté municipal l’autorise (se renseigner en mairie),
enfin, en l’absence d’autre solution, le jardinier jettera le déchet aux ordures ménagères.
3. CHOISIR SON COMPOSTEUR
Selon la quantité de déchets à traiter, la place dont dispose le jardinier et son souci
esthétique, il pourra choisir entre plusieurs solutions.
Avantages
Techniques
En tas
En plastique
En bois
(acheté)
En bois
auto-construit
(palettes…)
En grillage
En dur
n°8
Gratuit
Compact
Bonne isolation
Couvercle intégré (en général)
Déchets à l’abri des petits
mammifères et des oiseaux
Inconvénients
Encombrants
Accessibles aux animaux
Pas d’isolation => montée en
température difficile
Faible volume de déchets traités
=> plusieurs bacs nécessaires
Environ 15 à 60 € (selon aides des
communautés de communes)
Risque de casse en cas de choc
lors des mélanges
Compact
Bonne isolation (si modèle fermé)
Couvercle intégré (en général)
Risque de pourriture du bois
Mauvaise isolation (si modèle ajouré)
Environ 30 à 60 €
Gratuit
Mauvaise isolation
Peu onéreux
Mauvaise isolation
Bonne isolation (si fermé)
Résistant
Coûteux
Ne peut plus être changé de place
Mauvaise isolation si ouvert en silo
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Faire son composteur en palettes recyclées !
A
1 - Récupérer 4 palettes,
2 - Déclouer 2 des palettes (palettes B),
3 - Placer les 2 autres face à face, obliquement (palettes A),
B
4 - Relier les 2 palettes A avec les planches des palettes B en
réduisant régulièrement leur longueur de bas en haut,
5 - Clouer 2 barres de soulèvement pour permettre le
déplacement du composteur lorsqu’il est plein,
tout en laissant le compost en place.
4. COMMENT COMPOSTER ?
4.1. La méthode
Aérer le tas
Les micro-organismes ont besoin d'oxygène.
Brasser régulièrement (1 à 2 fois par semaines) pour décompacter le tas et amener de l'oxygène
jusqu'en bas.
Isoler le tas (surtout en période froide)
Les pertes de chaleur peuvent être importantes et limiter la montée en température : un
couvercle ou une couche de paille (qui sera mise de côté à chaque nouvel apport de déchet) sur le
haut du tas permettent de limiter ces pertes.
Surveiller l'humidité
Trop d'humidité empêche l'aération, freine le processus de compostage et entraîne le dégagement
de mauvaises odeurs. La pose d’un couvercle évite les excès d’humidité liés à la pluie. Il est
également possible d’assécher le compost avec un apport de déchets carbonés.
Pas assez d'humidité, les déchets deviennent secs, les micro-organismes meurent et le processus
s'arrête. Il est alors utile d’arroser le compost pour ne pas arrêter le processus.
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Activateurs de compost : utile ou pas ?
Il existe différents activateurs de compost qui peuvent être utilisés pour accélérer le
processus. Ils peuvent avoir deux fonctions différentes :
Ils peuvent contenir des micro-organismes qui vont servir à ensemencer les déchets et
accélérer le démarrage du processus. Du compost mûr peut être mélangé avec les déchets
verts pour jouer ce rôle de starter.
Ils peuvent contenir de l’azote ce qui va permettre de rééquilibrer le rapport C/N,
notamment si on a mis trop de branches broyées. Un apport de tonte de pelouse ou d’orties peut
jouer ce rôle.
Ces deux solutions "maison" sont généralement suffisantes et évitent d’acheter des
activateurs de compost spécifiques en jardinerie.
4.2. Les astuces
Pour tester le taux d'humidité :
Il doit être environ de 60 %. Pour pouvoir le vérifier, il suffit
de presser une poignée de compost dans sa main.
il est trop humide si un filet d'eau s'en échappe,
il est trop sec si aucune goutte d'eau ne vient à perler
et si le compost s'effrite,
il est idéal si quelques gouttes perlent entre les doigts
et si le compost paraît élastique, souple.
Broyer les petites branches et les feuilles
mortes à la tondeuse à gazon
afin d'accélérer le processus de dégradation (en multipliant
les surfaces d'attaque pour les micro-organismes.)
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
4.3. Problèmes rencontrés, solutions à apporter
PROBLEMES
RENCONTRES
Odeurs désagréables
Présence de fourmis,
cloportes, zones
blanchâtres et
filamenteuses
CAUSES
SOLUTIONS
Compost trop humide
Ajouter des matériaux riches en carbone :
paille, feuilles, sciure de bois.
Arrêter l'arrosage.
Manque d'oxygène
Le tas manque d'oxygène bien souvent
parce qu'il est trop humide. Ajouter du
carbone. Brasser. Si l'odeur persiste, étaler
le compost au soleil, laisser sécher,
brasser, puis le réintégrer dans l'appareil.
Mélange trop riche en matière azotée
(majorité de tontes de pelouse et de
déchets de cuisine)
Ajouter des matériaux riches en carbone.
Faire sécher désormais les tontes de
pelouse avant de les mettre dans le
composteur. Ne plus arroser pendant un
moment (jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de
mauvaises odeurs).
Résidus de viande, poisson, excréments
Les déchets animaux ne doivent pas
entrer dans la composition du compost.
Ne déposer que des déchets végétaux.
Compost trop sec
Ajouter des matières humides (pelouse,
déchets de cuisine), brasser et arroser
Mouches : restes de repas décomposés
en surface du tas ou résidus de viande,
poisson
Enfouir les déchets de cuisine dans le tas
ou sous une couche de broyat.
Moucherons : trop humide
Ajouter des matériaux secs (paille,
branches).
Disparition des micro-organismes soit :
par manque d'air
S'ils n'ont pas d'oxygène, les microorganismes sont asphyxiés. Il faut donc
brasser et mélanger les déchets
organiques pour faciliter l'aération et
éviter le pourrissement des déchets
Excès d'humidité
Lorsqu'il y a un excès d'humidité, la
température baisse. Cela freine le
processus de fermentation et asphyxie les
micro-organismes. Il faut donc assécher.
Pour avoir mis trop d'activateur
Trop d'activateur tue les microorganismes. Il faut en user avec
parcimonie. Exemple : 20 grammes de
chaux par an au maximum (cela
représente l'équivalent d'un dé à coudre !)
ne pas oublier que les activateurs naturels
sont les plus efficaces : purin d'orties,
compost mûr…
Invasion d'insectes
Le composteur ne
monte pas en
température et/ou
met plusieurs années
avant de produire
du compost
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
5. L’utilisation du compost
Les bienfaits du compost :
- Il favorise la croissance des végétaux et
des racines.
- Il améliore la porosité du sol.
- Il améliore la capacité de rétention d'eau.
- Il limite l'apparition de maladies.
- Il favorise l'absorption des éléments
indispensables à la croissance des plantes.
Les conseils d'utilisation
Le compost peut être utilisé pour toutes cultures : légumes, fleurs annuelles, plantes vivaces,
gazon, arbres, arbustes. Mais attention, le compost ne s'utilise jamais pur : il est préférable de
l'employer mélangé avec de la terre ou du terreau. Les conditions d'utilisation peuvent également
varier en fonction de la nature des sols et des besoins nutritifs des plantes.
n°8
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Le compostage individuel
le recyclage s’invite au jardin
Les techniques d'utilisation
Pour les jardins potagers
Besoins nutritifs
Espèces concernées
Dosage
Importants
Pomme de terre, chou, tomate,
poireau, cornichon
3-4 Kg par m2
Moyens
Epinard, endive, carotte, oignon,
betterave rouge, navet, fenouil, ail
2-3 Kg par m2
Faibles
Haricot, petit pois, radis, fraise
1 Kg par m2
Pour les jardins d'agrément
Besoins nutritifs
Espèces concernées
Les arbres et arbustes
fruitiers
Entretien
Plantation
20 Kg par m2
20%-40% de compost
mélangé à de la terre
En amélioration du sol
Sol sableux
15 Kg par m2
tous les cinq ans
7 Kg par m2
tous les trois ans
Sol argileux
Les plates-bandes
Entretien
0,5 Kg par m2
La pelouse
Plantation
Entretien
7 Kg par m2
1-3 Kg par m2
Nouvelles jardinières
1/3 de compost, 1/3 de
terre, 1/3 de sable
20% de compost
incorporé au mélange
Les jardinières,
les plantes
d'intérieur, les fleurs
et le rempotage
n°8
Dosage
Jardinières anciennes
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
La Lorraine est une Terre de vergers où le patrimoine variétal n'a cessé de croître au fil du
temps. Les guerres, les déplacements, les échanges ont permis aux variétés de voyager et ainsi
certaines variétés lointaines sont implantées dans la région depuis très longtemps. En 1895, les
pépinières Simon Louis Frères à Plantières-les-Metz éditent "Le guide pratique de l’amateur de
fruits".Y sont décrites les variétés qui se trouvent dans leurs vergers de collection : plus de 1000
variétés de pommes, 1500 de poires - dont certaines proviennent de Chine, du Japon ou de
Russie - beaucoup de cerises, d’abricots, de pêches et de prunes… et 10 variétés de coings,
6 de nèfles, 4 de cornouilles et 25 de vignes.
Vergers
Vergers divers
divers en
en Lorraine
Lorraine
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Les fruits d’obtention locale, comme ceux fournis par les pépiniéristes,
ont été longtemps indispensables dans l’économie domestique
quotidienne. Ce patrimoine, certes vieillissant mais encore présent, fait
de nous de riches héritiers. Le secret de cette diversité tient
autant à la passion et à l’acharnement des hommes qui l’ont
façonnée qu’aux conditions écologiques et économiques
locales.
Ainsi, autour de l'église, point central de ralliement pour la population locale, s'est organisé un village
souvent groupé. Les maisons accolées possédaient fréquemment en façade un poirier (au nord) ou
une vigne (au sud) pour, disait-on, assécher les fondations (il existe aussi, plus rarement, des
pommiers, des pruniers, des abricotiers de façade). A l'arrière de la maison, le jardin souvent clos
précédait le verger. Cet ensemble bâti était entouré de prairies et de prés-vergers ; venaient ensuite
les champs de culture.
Le début du vingtième siècle amorce un déclin encore sensible aujourd’hui. Les cultures
s’intensifient et la France adopte des méthodes d’outre atlantique. On standardise les vergers de
production. Le stockage en chambre frigorifique fait son apparition et devient vite indispensable à
la commercialisation. 1932 donne le signal du déclin de notre patrimoine variétal avec la
parution du catalogue officiel des espèces et variétés cultivées. 10 ans plus tard, le Comité
Technique Permanent de la Sélection des plantes cultivées (CTPS) doit veiller à la réglementation.
En 1960, le catalogue officiel devient une référence obligatoire et la liste devient très limitative pour
être en classe I. Les deux principaux critères retenus, sont l’intérêt cultural et commercial pour la
production fruitière française. On note cependant qu’une seule variété ancienne de notre
pays a été retenue : la Reinette du Canada. En classe II, les critères retenus sont l’intérêt local,
régional ou d’amateur. Les producteurs de fruits ne peuvent donc plus proposer toutes nos variétés
anciennes à la vente. Les habitudes évoluent : les campagnes se vident, le verger coûte notamment
du temps de travail et il devient tellement plus facile d’avoir des "beaux fruits" toute l’année en se
rendant simplement au supermarché…
En 1929, Georges Jannin, inspecteur général de l’agriculture, écrivait :
"Même si une race locale pure ne paraît pas satisfaire aux indications économiques
du moment, il est du devoir public d’assurer la conservation d’un
nombre suffisant d’individus de cette race pour reconstituer celle-ci dès que les
circonstances viendront à se modifier. Il s’agit là de la sauvegarde d’un héritage".
Après ces quelques lignes d’histoire fruitière le décor est planté. Le verger n’est pas une culture
passéiste où labeur et sueur sont nécessaires pour avoir de bons et beaux fruits. A
condition d’avoir suffisamment de terrain, un minimum compatible (ex : enclavé en forêt de sapin,
ou dans des marais, il faut savoir se résigner à trouver un autre terrain), si les bons choix sont
faits avant la plantation et l’utilisation que l’on va en faire, le verger est déjà pour
moitié réussi.
C’est donc avant de planter
qu’il est important de réfléchir…
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
1. ... A LA SURFACE, AU TYPE DE SOL, AUX ESPECES
L’arbre fruitier doit être adapté à la nature du
sol. En général, il s’agit d’un arbre greffé qui
comprend 3 parties différentes :
le porte-greffe : on choisit une variété qui
s’adapte au sol ; c’est la partie basse qui est en
terre ;
l’intermédiaire : il s’agit d’une variété qui
fait un tronc bien droit ;
la partie haute : c’est la partie aérienne qui
porte les fruits et dont on choisit la variété en
fonction des fruits désirés.
Le porte-greffe est généralement un "Franc", quand l’arbre est acheté chez un
pépiniériste. Ce porte-greffe présente l’avantage de s’adapter plus facilement aux
situations, même les plus difficiles (terrain très sec, compact, humide, etc.) et d’être très vigoureux.
Son inconvénient majeur concerne l’occupation au sol car, étant très vigoureux, il ne
convient pas aux surfaces réduites.Votre choix peut alors se tourner vers le choix d’un porte-greffe
moins vigoureux, mais la difficulté est de trouver le pépiniériste qui vous fera un greffage à façon. Il
est aussi possible de se procurer (auprès d’associations) un porte-greffe moins vigoureux et de le
greffer vous même, il nécessitera cependant plus de soins et une fertilisation plus soutenue.
Quelle surface pour quelle espèce ?
Noyer, Châtaignier
15 X 15 mètres
Cerisier (Bigarreaux ou Guignes)
12 X 12 mètres
Pommier, Néflier, Poirier
8 X 8 mètres
Prunier Abricotier
7 X 7 mètres
Cognassier, Pêcher, Noisetier, Cerises aigres
6 X 6 mètres
2. ... A LA FORME DE L’ARBRE
Le choix entre basse tige, demi tige, et haute tige est source de confusion. Ce qui
différencie ces 3 formes est la hauteur du tronc et en aucun cas le développement de la
ramure qui dépend de la vigueur du porte-greffe. Il est fréquent de prendre un arbre en basse tige
qui, greffé sur un porte-greffe vigoureux, aura le développement de branches d’un arbre de plein
champs. Un basse tige n’est pas un arbre nain, il a simplement un tronc plus court d’un mètre, ce
qui peut rendre problématique l’entretien et l’utilisation du terrain.
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Les premières branches : pour un basse tige sont à 0.60 m du sol,
pour un demi tige sont de 1.30 m à 1.50 m,
pour un haute tige sont de 1.70 m à 2 mètres.
Quelques exemples de formes d’arbres fruitiers
Prélèvement des greffons
Prélever les rameaux de l’année
(pas de nœud), sur des branches saines
et vigoureuses (15 à 20 cm).
Si nécessaire, tailler l’arbre pour une
récolte l’année suivante.
3. … AUX VARIETES
Si possible prendre des rameaux sur
la périphérie de l’arbre,
pas dans le prolongement du tronc,
ne pas prendre les gourmands, ils ont des
bourgeons trop espacés et ne produiront
pas de fruits (gourmands = branches verticales
poussées, très vigoureusement dans l’année,
suite à une taille sévère).
Il est fortement conseillé de diversifier les variétés car cela permet :
d’étaler la floraison dans le temps et d’échapper aux jours de gelée au moins pour une
partie des arbres ;
d’avoir des fruits à différentes périodes de l’année, avec des utilisations et des saveurs
différentes ;
de produire des fruits chez les variétés autostériles : leur pollen ne pouvant pas
féconder leurs propres fleurs, ces variétés nécessitent la présence d’autres variétés pour être
fécondées. C’est le cas, par exemples, des variétes Reine-Claude, Bigarreau, Boskoop, Doyenné
du Comice ou Duchesse d’Angoulême ;
de contribuer à maintenir une grande diversité variétale et à préserver le patrimoine
génétique local.
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
La méthode traditionnelle consiste à replanter des variétés locales que l’on peut
recréer selon les manières suivantes :
Pour les noyers : en les semant sur une tuile enterrée (25 cm) de façon à ce que le pivot
racinaire soit dévié lors de sa croissance ce qui facilite sa transplantation ultérieure.
Pour les pêchers de vigne, le semis est intéressant pour sélectionner des plants peu ou
pas sensibles à la cloque. Les noyaux locaux ou du commerce sont semés en ligne dans le potager
et les deux premières années, on élimine tous les sujets présentant une sensibilité à la maladie.
La troisième année, on transplante à la place définitive. La quatrième année, l’arbre produit ses
premiers fruits.
Pour les pruniers, il faut récupérer des rejets de pruniers non greffés (mirabelles, quetsches,
Damas, Seugnette, etc.).
Les pommiers et poiriers doivent être greffés. Pour gagner un peu de temps, il est possible
de les acheter chez un pépiniériste qui produit lui même ses arbres. On y trouve un certain
nombre de variétés anciennes et locales.Vous pouvez aussi lui faire greffer la variété à laquelle
vous tenez, (qu’elle ait un nom ou pas) on appelle cela un greffage à façon. Pour cela, vous devez
convenir avec lui du moment le plus opportun pour lui fournir vos greffons (*voir encadré :
prélèvement des greffons). En général, le greffage à façon coûte le même prix qu’un autre arbre
en général.
Pour les cerisiers, la multiplication se fait comme précédemment par greffage à façon, sauf
s’il s’agit de cerisier aigre, dite cerise de ville ou aussi type Montmorency. Dans ce cas, on peut
prélever des rejets comme pour les pruniers.
Loin de pouvoir vous fournir une liste exhaustive des variétés présentes dans la région,
nous vous proposons ici des variétés anciennes rustiques et adaptées au territoire.
Certaines sont disponibles chez les pépiniéristes, d’autres dans des vergers conservatoires et
associations de sauvegarde ou encore chez quelques rares particuliers conscients ou inconscients
de leur richesse.
Les variétés récentes ne sont pas citées ici, pour plusieurs raisons. D’abord, nous avons peu
de recul sur ces variétés en verger amateur en terme de rusticité, de conservation, de mode de
production…
En outre, parce que les fruits sont de formes de couleurs et de goûts plus standardisés et sont déjà
largement répandus et promus par la grande distribution.
Les variétés sont globalement polyvalentes et l’utilisation du fruit est
précisée seulement lorsqu’elle est unique. Sans précision, le fruit est
donc consommable de toutes les manières classiques.
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
3.1. Pommiers
Pomme de Mai : petit fruit, maturité de mi-septembre à mai, rose et blanc, très bon,
chair blanche, ferme, sucrée.
Belle Fleur Jaune : assez grosse, maturité novembre à février, pomme allongée, jaune à chair dense
et parfumée.
Boïken moyenne : maturité décembre à avril, côtelée, sucrée, parfum délicat, peu vigoureux.
Borowitsky : assez gros, maturité fin août, jaune strié de rose, tendre juteuse et parfumée.
Boskoop : gros, maturité novembre à janvier, fruits réguliers, chair de reinette, parfumée,
fruit de bouche et de cuisson.
Bovarde
Calville Blanc d’Hiver : très gros, maturité décembre à avril, fruit côtelé, chair jaune juteuse et dense,
parfumée très bon fruit de bouche.
Calville du roi : moyen, maturité décembre à avril, chair mi-tendre, juteuse, douce.
Christ kindel : petit rouge très foncé, maturité décembre à février, chair très blanche et ferme,
fleurit tard, fruit de bouche et de décoration.
Chataignier : moyen à gros, maturité novembre à mars, rouge sombre, chair blanche très juteuse, très
fertile, port pleureur.
Orange de Cox : assez gros, maturité octobre à janvier, chair fine, tendre, juteuse, sucrée acidulée,
fertile mais peu vigoureux.
Fenouillet : gris moyen, maturité décembre à avril, grise, chair anisée et musquée, très sucrée et douce.
Coutelle de France : gros, maturité novembre à mars, rugueux, type reinette, chair mousseuse, très
parfumée.
Rambour d’Hiver : gros, maturité novembre à mars, jaune rayé rouge, chair demi-fine, sucrée, variété
très rustique.
Kandil Sinap’s ou Couillon de Coq : moyen, maturité d’octobre à février, fruit de
forme très particulière, très allongé, jaune et rouge, chair fine.
Belle Fleur d’Argonne ou Belle Fleur Rouge : très gros, maturité octobre à décembre, fruit lavé
de rouge, chair fine, tendre, juteuse, très sucrée et parfumée.
Transparente Blanche : petit à moyen, maturité fin juillet, pomme de moisson, chair tendre, sucrée
acidulée, parfumée à manger sous l’arbre.
n°9
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Transparente de Croncels : gros fruit, maturité septembre, jaune et légèrement rouge, chair tendre
et parfumée, variété productive.
Court-Pendu : moyen, maturité octobre à mars, aplati, type reinette, très sucrée acidulée, odorante,
rustique..
Tard Fleurit : moyen, maturité novembre à avril, chair blanche, croquante, ferme, juteuse, sucrée
acidulée, parfum doux, fleurit tard, se conserve très bien, très rustique.
Grand Alexandre : très gros, maturité septembre à octobre, jaune et rouge, chair un peu verdâtre,
fine juteuse, acidulée, très parfumée,.
Gravenstein : moyen, maturité septembre à octobre, chair blanche, sucrée acidulée, convient en
altitude.
Grillot
Gros Locard : gros, maturité décembre à mars, chair très ferme, cassante, très juteuse, acidulée, un
peu sucrée, très vigoureux, rustique, convient au cidre.
Jacques Lebel ou Double des Vosges : assez gros, maturité septembre à novembre, épiderme
jaune, lisse et gras, chair blanche demi-fine, juteuse, sucrée délicieuse en beignets.
Mottet : moyen, maturité décembre à mai, chair fine, croquante, sucrée acidulée, très rustique des
Vosges.
Moyeuvre ou Moulin ou Auberive ou Saint-Louis : moyen, maturité octobre à février, rose
fuschia, chair tendre, fine, sucrée et assez parfumée.
Ontario : gros, maturité janvier à mai, chair délicate, fondante, sucrée acidulée, peu juteuse, rustique.
Petite Réau ou Bon pommier ou Bellerange : petit à moyen, maturité décembre à mars, chair
demi-fine, très dense, juteuse, très sucrée, parfum particulier, très rustique.
Peupion ou Calvine, Goutte de Sang, ou Ste Catherine : moyen, maturité octobre à janvier,
chair très blanche, croquante, juteuse, très parfumée.
Pomme Cloche ou Glockenapfel : gros, maturité novembre à juin, de forme conique, jaune,
croquante, juteuse, acidulée très bonne aussi pour le jus..
Pomme Pointue ou Tête d’Ane ou Gueule de Mouton ou Pomme Banane : moyen à
gros, maturité décembre à juin, croquante, très sucrée, juteuse, acidulée, parfum vanille, aussi bonne en
jus, pas bon à cuire.
Rambour d’Eté : gros, maturité août à septembre, chair fine, croquante, très juteuse, rafraîchissante,
sucrée acidulée.
Rambour Papeleu : moyen à assez gros, maturité octobre à janvier, chair croquante, juteuse, bien
sucrée, très bonne aussi pour le jus et le cidre, très rustique et fertile, peut se confondre avec Rambour
d’hiver mais elle est souvent moins grosse.
Reinette Baumann : moyen, maturité décembre à mars, jolie pomme, chair ferme, fine, très sucrée
acidulée et bien parfumée, grande fertilité.
Reinette de Blenheim : gros à très gros, maturité octobre à janvier, chair blanche, ferme, demi-fine,
sucrée acidulée, juteuse, parfum doux, très bonne aussi pour le jus, faiblement auto-fertile à polliniser par
Cloche, Ontario, Cox,Transparente de Croncels.
Reinette de Landsberg : gros, maturité novembre à janvier, chair tendre, sucrée acidulée, juteuse et
peu parfumée, convient aussi pour le jus, très fertile.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Reinette Grise d’Hiver : moyen, maturité décembre à avril, chair verdâtre, croquante, acidulée,
sucrée peu juteuse, bien parfumée, fertile et rustique.
Saint Georges : moyen à assez gros, maturité janvier à avril, légèrement côtelée, chair blanche, sucrée,
croquante, juteuse, peu parfumée, convient à l’altitude.
Templine
Vaucharde : moyen, maturité novembre à avril, fruit pointu, chair juteuse, parfumée, non acidulée,
sucrée, très rustique.
Winter banana : moyen maturité novembre à janvier, chair ferme, très sucrée, fine, acidulée, parfum
banane, bonne fertilité.
3.2. Poiriers
Les poiriers sont faiblement autofertiles. Un poirier seul a donc besoin d’un autre poirier qui
fleurit en même temps dans le voisinage pour être pollinisé et donner des fruits. Ci-dessous des
affinités ont été citées, ce qui n’exclut pas d’autres combinaisons possibles, mais non répertoriées.
Poirier de Curé : gros fruit allongé et vert, maturité novembre décembre, pollinisé par
conférence ou prêtre.
Poirier de Prêtre : fruit moyen rond et brun, résistante à la tavelure, maturité
novembre décembre auto fertile.
Clapp’s Favorite : gros fruit, maturité août septembre, chair blanche, fine, parfumée, juteuse, acidulée,
rustique, résistant à le tavelure, fertile, floraison tardive, pollinisé Beurré Hardy.
Duc de Bordeaux : fruit de taille moyenne jaune, résistant à la tavelure, maturité novembre décembre
pollinisé par Beurré Hardy ou William.
Jeanne d’Arc : gros fruit jaune et rouge, maturité novembre à décembre, résistant tavelure
St Rouin : petite taille, variété patrimoniale, petite poirotte très parfumée, maturité
septembre, se mange blette excellente en eau de vie, auto fertile.
Poirier de Sabot : synonyme Catillac, gros fruit, maturité janvier à mars, variété très ancienne, poire à
cuire.
Bergamote Espéren : taille moyenne, maturité décembre à janvier, fine parfumée arbre productif et
peu vigoureux.
Beurré d’Apremont : gros fruit couleur cannelle, maturité octobre à novembre, très fondant, sucré et
parfum musqué.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Beurré Hardy : fruit assez gros, maturité septembre à octobre, fondant, juteux, sucré, parfumé,
floraison tardive, sensible à la tavelure, pollinisé par Triomphe de Vienne.
Beurré Lebrun : fruit moyen à gros, maturité septembre à octobre, résistant à la tavelure, vigoureux,
fertile.
Comtesse de Paris : taille moyenne, maturité novembre à décembre, floraison mi tardive, sensible à
la tavelure, très fertile, rustique et peu exigent.
Conférence : taille moyenne, maturité octobre à novembre, fondant, juteux, parfumé, sucré, résistant à
la tavelure, rustique, pollinisé par William ou Doyenne du Comice.
Doyenné du Comice : fruit gros à très gros, maturité octobre à novembre fondant, juteux, sucré,
parfumé, pollinisé par Conférence et William, un peu sensible à la tavelure, fertile et vigoureux
Jeanne d’Arc : gros fruit, maturité novembre à décembre, chair blanche juteuse sucrée et parfumée,
savoureuse, résistante à la tavelure.
Messire Jean : fruit de taille moyenne, maturité novembre, chair croquante, demi fine, juteuse, sucrée,
très agréable au couteau, elle est bonne à tout même à sécher.
3.3. Pruniers
Abricotine : maturité fin août, excellente prune jaune orangée, chair fine, juteuse, bien sucrée, noyaux
non adhérent.
Damas Royale : maturité fin août, taille moyenne, c’est un excellent fruit jaune, très sucré, parfumé et
rustique.
Perdrigon : maturité fin août début septembre, grosse prune rose, juteuse, ferme, très sucrée, acidulée,
bien parfumée, bonne vigueur, fertile noyaux non adhérent, rustique.
Quetsche d’Alsace : maturité septembre, gros fruit sucré, parfumé, noyau non adhérent, résistant aux
maladies, cueillette échelonnée, rustique, se prête bien au séchage.
Quetsche de Letricourt : maturité fin septembre, gros fruit jaune, très sucré,
parfumé, rustique, se prête bien au séchage.
Ste Catherine : maturité mi septembre, variété très ancienne, taille moyenne, très bon fruit jaune, très
rustique, auto-fertile, se sèche comme le pruneau d’Agen.
Mirabelle de Nancy : maturité fin septembre, grosse, jaune et rouge, sucrée et
parfumée, se prête bien au séchage.
Prune à cochon : bon fruit à maturité variable et échelonnée de fin août à mi
octobre, de couleur bleue, sucrée parfumée, le noyau est adhérent, très rustique.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Seugnette : maturité mi-août, bleue, sucrée, parfumée, excellente en confiture, noyau adhérent, très
rustique.
Coco jaune : maturité juillet à août, savoureuse, juteuse, sucrée avec un bon parfum, le noyaux est non
adhèrent, rustique.
Damas (bleue, rouge, noir, violet) : maturité variable selon la variété : de août à fin septembre,
sucrée, juteuse, parfumée, noyau non adhérent, très rustique.
Mirabelle de Metz : maturité fin septembre, plus petite que celle de Nancy, très sucrée, parfumée,
souvent utilisée en eau de vie.
Madeleine : maturité mi-juillet, grosse, violette, juteuse, sucrée, avec un agréable parfum, productive et
rustique.
Noberte ou Norberte ou Prune de Norbert : maturité fin octobre, petite, très sucrée, très
parfumée, noyau adhérent, très rustique, excellente en eau de vie.
Perdrigon ou Perdrigone ou Patrigone : maturité fin août, de couleur rouge, très grosse, chair
orangée, fondante, très sucrée, noyau non adhérent, se prête bien au séchage, rustique.
Prune de Monsieur : maturité mi-août, très grosse, rose violacé, chair fine, fondante, sucrée, noyau
non adhérent, assez parfumée.
Prune de Prince : maturité mi-septembre, petit, très ferme, très sucrée, très parfumée, noyau non
adhérent, rustique.
Quetsche de Buhl : maturité août, taille moyenne, chair ferme et savoureuse, sucrée, auto-fertile et
très productif, noyau non adhérent.
Reine Claude Dorée ou Verte : maturité fin août, assez grosse, jaune verte, fondante, très juteuse,
très sucrée, délicieux parfum, vigoureux, productif à condition d’être pollinisé par Reine Claude d’Oullins,
Quetsche d’Alsace ou Mirabelle.
3.4. Cerisiers
Cerise Aigre : maturité juillet, rouge transparente, acidulée, sucrée, résistante aux
maladies, variété de rejet locale, généralement auto fertile.
Montmorency : maturité juillet, rouge transparente, acidulée, peu sucrée, résistante aux maladies,
faiblement auto-fertile.
Bigarreaux Blanc de Champagne ou Jaune de Buttner
ou Bigarreaux d’Or : maturité mi juin, gros fruit jaune, croquant, sucré, rustique,
attire moins les oiseaux.
Early-Rivers : maturité échelonnée de fin mai à début juin, une des meilleures variétés de guigne,
grosse, très juteuse, très sucrée, peu exigeante.
Anglaise Hâtive : maturité fin mai, fruit de première qualité, très fertile, très vigoureux, floraison
tardive, rustique.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Cerises à Kirsch : Marie Jean Diaude, Longue Queue,Tinette, Noire de Fougerolles, ces variétés sont
rustiques, productives, très souvent bonnes en bouche aussi
Géant d’Hédelfingen : très gros fruit noir et très sucré, fin juin, très fertile, floraison tardive, bon
pollinisateur peu exigent
Griotte de Nord : gros fruit acidulé, sucré, griotte de première qualité. L’arbre est vigoureux, productif
et la floraison est tardive
3.5. Autres fruits
Coing ‘Champion’ : maturité mi-octobre, gros coing qui se plait bien dans la région, très belle
silhouette de l’arbre.
Nèfle ‘Gros Fruits’ : très belle silhouette de l’arbre, floraison printanière et beau
feuillage automnal, attire les oiseaux, se mange blette,
Noyer ‘Rouge de Moselle’ : à cerneaux rouges, bon fruit de taille moyenne, se
conserve bien.
Noix de semis : de taille très variable, généralement moyennes à grosses si elles sont
achetées chez un pépiniériste.Très rustique.
Châtaignier de semis : de taille très variable, généralement moyenne à grosse si elles sont achetées
chez un pépiniériste, très rustique.
Pêche de vigne, pêche sanguine, pêche de semis : les trois variétés sont très
rustiques, plus encore si vous les semez vous-même.
Abricot ‘Canino’ : fin juillet, très gros fruit, très productif, très savoureux.
Abricot de semis : de taille très variable, très rustique, très vigoureux (à semer soi-même).
Abricot pêche de Nancy : maturité août, gros fruit qui convient à la région lorraine, fertile et
vigoureux.
Noisetier ‘Merveille de Bollwiller’ : gros fruit de production, savoureux et de bonne conservation.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
4. … A LA COMMANDE DES ARBRES
A la commande, vous aurez à choisir la circonférence des arbres : 6/8 cm 8/10 cm 10/12cm.
Notez que plus le diamètre est important, plus la reprise de l’arbre est difficile.
Vous devrez également choisir la forme (basse tige / haute tige) de l’arbre (voir rubrique 2).
5. … A LA RECEPTION DES ARBRES
La réception peut se faire de décembre (chute naturelle des feuilles de fruitiers) à
mars (avant le débourrement des bourgeons).
Soyez vigilant quant à l’état physique et sanitaire des arbres, refusez les arbres ayant des
rameaux malades ou desséchés, des taches brunes dans leur section, des blessures sur l’écorce ou
un point de greffe mal cicatrisé.
Veillez à ce que les racines aient du chevelu (petites radicelles) et ne les laissez pas se
dessécher lors du transport. Protégez les radicelles avec une bâche et mettez-les en jauge
humide en extérieur, avec suffisamment de terre pour qu’elles soient à l’abri du gel. Plantez-les le
plus rapidement possible (ne jamais mettre dans un garage chauffé).
6. … A LA PLANTATION ET AUX PREMIERES ANNEES
Ne pas oublier de faire le plan du verger avec les noms des variétés (les étiquettes se cassent
et s’effacent).
Faire le trou en général de 50cm X 50cm et 40cm de profondeur.
Habiller les racines : c’est nettoyer les racines avec le sécateur ; c’est-à-dire couper
proprement les racines abîmées et mortes (rééquilibrer la partie souterraine par rapport à
l’aérienne) et procéder au pralinage : faire un mélange de terre argileuse d’eau et de bouse de vache
(à défaut une poudre est vendue dans le commerce sous l’appellation pralin). Le mélange doit être
un peu épais de façon à ce qu’il se colle aux racines lors du trempage. Ce mélange permet une
meilleure reprise de l’arbre et lui apporte les éléments nutritifs nécessaires à portée de racines.
Cette opération dispense de mettre du fumier ou du compost au fond du trou.
Planter l’arbre 5 cm au-dessus du niveau où il était en
pépinière (c’est visible) car le sol va encore se tasser et arroser
abondamment pour chasser l’air restant.
Penser à protéger le tronc des frottis du gibier à l’aide
d’une protection physique aérée (ex : grillage à poule).
Placer un tuteur du côté du vent dominant et mettre le lien
souple en 8 pour éviter les blessures dues aux frottements entre
l’arbre et le tuteur.
1
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2
1 - Tronc abîmé ; 2 - Tronc protégé
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Désherber manuellement ou pailler au pied de l’arbre les 3 premières années.
Les 2 premiers étés, lorsque le temps est sec, arroser toutes les semaines au moins 20 litres
par arbre.
Enlever les fleurs les 2 premières années, pour que l’arbre utilise ses hormones pour
développer ses racines et des branches. Plus tard, une fois bien implanté, il sera alors capable de
bien nourrir les fruits.
Plantation d’un arbre avec une protection
des racines contre les campagnols
7. LA LORRAINE ET LES VERGERS
En Lorraine, il existe des Opérations Programmées d’Amélioration des Vergers
(OPAV) qui sont des opérations globales et publiques destinées aux collectivités
territoriales. Leur objectif est de relancer une dynamique autour des vergers familiaux qui
constituent un élément typique du paysage traditionnel lorrain. En outre, les OPAV permettent de
sauvegarder des variétés fruitières traditionnellement implantées en Lorraine.
Pour y parvenir, elles s’appuient sur une implication forte des populations qui contribuent à la
transmission des usages et savoir-faire locaux.
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les arbres fruitiers
plantation et variétés pour un verger lorrain
Les moyens mis en œuvre dans ces OPAV sont :
L’animation du dispositif : réunions publiques, permanences conseils, coordination des
partenaires impliqués;
La sensibilisation et la formation (stages sur l’arboriculture familiale, la transformation et
l’utilisation des fruits, actions pédagogiques à destination des scolaires et tout public);
Les interventions chez les habitants et pour les communes (aides financières à l’achat
d’arbres ou sur des travaux de taille);
L’étude du patrimoine local (recherches variétales, création de vergers conservatoires,
communaux,…).
Informations pratiques : Meuse Nature Environnement
83 rue de Véel - 55000 Bar le Duc - 03 29 76 13 14 David Merlier
Associations impliquées dans la sauvegarde du patrimoine fruitier lorrain :
(conseils, formation d’arboriculture fruitière)
Meuse Nature Environnement
83 rue de Véel 55000 Bar le Duc 03 29 76 13 14 mne.asso@wanadoo.fr
Les Croqueurs de Pommes en Lorraine
De Lorraine : Michel Jaquemin 10 rue de Lyautey - 54136 Bouxières aux Dames
Des Vosges du sud (3 provinces) : Emile Montemont : 241 rue du couvent - 88410 Monthureux
Du Centre Vosges : Pascal Seyer : 61 bis Avenue Kennedy - 88000 Epinal
Du Bar Der Perthois : Bruno Dickx : 2 rue de Tivoli - 52410 Eurville
Laquenexy Jardins fruitiers CDEF
4 rue Bourger et Perrin 57530 Laquenexy
Fédération des Producteurs de fruits du Bas Rhin
9 rue de Kirrwiller - 67330 Bouxwiller - 03 88 03 31 64
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Production de semences
Comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
La production de semences potagères à l’échelle familiale peut
répondre à différents objectifs. Ce peut être pour perpétuer une
variété rare ou intéressante car ayant donné de bons résultats de
culture (rusticité, précocité de récolte, résistance à la montaison
pour les salades, résistance à certains insectes ou maladies…).
Pour des passionnés qui possèdent une certaine expérience, cela
peut aboutir à la création de variétés nouvelles (combien de
variétés anciennes et même récentes sont attitrées du nom
de son inventeur). Pour d’autres, la motivation
peut être liée à un souci d’économie ou d’autonomie…
Produire ses propres semences de légumes, de fleurs…
requiert un certain savoir-faire, qui demande de
comprendre certains mécanismes biologiques
propres à la reproduction des végétaux.
Ces mécanismes ne sont pas toujours évidents à comprendre. Les jardiniers ont souvent constaté
ce phénomène lorsque par exemple des graines récoltées sur des fleurs jaunes donnaient naissance
en seconde génération à des fleurs avec des coloris différents de celui des parents de départ.
Ce savoir-faire s’est longtemps transmis à travers les générations, ce qui a permis de
créer, d’enrichir et de transmettre un patrimoine variétal considérable.
L’objet de cette fiche est de comprendre quels sont les mécanismes biologiques
propres à la reproduction des végétaux afin d’en tirer les conséquences pratiques lorsque l’on
souhaite produire à petite échelle des semences potagères issues de son jardin.
La plupart des variétés sont protégées par leurs obtenteurs. Leur
multiplication, même pour un jardinier amateur, est donc interdite
par la loi ! Pour plus d’informations, consulter le site de l’Office Communautaire des Variétés
Végétales (O.C.V.V.) http://www.cpov.europea.eu
ATTENTION !
Pour les autres variétés, les semences produites ne doivent pas sortir d’un cadre à usage privé.
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Production de semences
comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
1. QUELQUES RAPPELS SUR LA REPRODUCTION
DES VÉGÉTAUX
1.1. La fécondation des phanérogames (les plantes à graines)
et ses conséquences pratiques
On distingue deux types de fécondations :
Iris
L’autogamie : dans ce cas, le pollen et l’ovule viennent de la
même plante c'est-à-dire d’un seul et même individu du point de vue
génétique. Si le pollen et l’ovule sont de la même fleur, on parle alors
d’auto-pollinisation. Les végétaux qui utilisent ce mode de
fécondation reproduisent fidèlement d’une génération à l’autre les
caractères parentaux. La variabilité des caractères observés sur les
descendants résulte uniquement de la variabilité génétique qui
existe au sein même de la souche. Pour ce type de végétaux, on peut
donc relativement aisément arriver à perpétuer les caractères de la
variété.
L’allogamie : le pollen qui féconde l’ovule provient d’une
fleur d’un autre individu distinct génétiquement. On parle alors de
fécondation croisée.
Chez ces végétaux, les descendants ont alors des caractères tout
autre des parents dont ils sont issus.
Plantes autogames
Certains arbres fruitiers
(abricotier, citronnier, pêcher)
Pavot
Plantes allogames
Certains arbres fruitiers
(cerisier, poirier,
pommier, prunier)
Les céréales (sauf maïs et seigle)
Les vignes
Les légumineuses à
graines
(pois, haricot, fève, lentille,
lupin, soja…)
Certaines graminées fourragères
(maïs et seigle)
Certaines légumineuses fourragères
Les solanacées (tomate,
(luzerne, trèfle…)
pomme
Quasiment toutes les alliacées (ail, poireau,
de terre, poivron,
oignon, échalote, ciboule,ciboulette),
aubergine…)
les apiacées (céleri, carotte, panais, aneth,
Certaines salades
carvi, fenouil…), les astéracées (artichaut,
(laitue)
chicorée, salsifi…sauf laitue),
les brassicacées (chou, navet, radis),
les chénopodiacées (épinard, tétragone,
cresson…) les cucurbitacées (courge,
courgette, melon, pastèque…)
et les lamiacées (crosne, menthe, origan,
marjolaine, thym, mélisse…)
n°10
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Production de semences
comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
1.2. Les variétés hybrides
D’apparition plus récente, les hybrides ont été créés dans le but de produire des végétaux
à croissance plus vigoureuse, à production plus élevée et plus homogène.
Les semences d’hybrides (on parle souvent de F1) sont le résultat d'un croisement entre deux
variétés d'une même espèce, sélectionnées sur plusieurs générations pour certains traits
caractéristiques. Il n'est pas recommandé de récolter les semences produites par les hybrides F1
car elles ne reproduiront pas fidèlement les traits de leurs parents. On dit que ces semences
(F2, c'est-à-dire de deuxième génération) sont instables.
2. LA PRODUCTION DE SEMENCES
Pour conserver les caractères propres d’une variété, il importe de
pratiquer une sélection des individus que l’on veut multiplier. En
effet, si on se contente de récolter les semences sur n’importe quelle
plante, on risque fort d’obtenir un résultat décevant.
Les caractères variétaux propres à chaque variété ne sont pas fixés
de manière immuable. Plusieurs facteurs tels que la nature du sol,
les conditions climatiques et les techniques appliquées à la culture
peuvent également contribuer à modifier ces caractères.
L’objectif premier du jardinier est donc d’empêcher que la
variété ne dégénère, tout en conservant les caractères qui lui
confèrent ses qualités. Pour le jardinier amateur, ce choix reste très
subjectif.
2.1. Les critères de sélections
En l’absence de sélection sur les porte-graines (plantes sur lesquelles on va récolter les semences),
on risque fort d’obtenir des résultats décevants. Les principaux critères sur lesquels vont
s’opérer la sélection sont les suivants :
La germination : on recherche à cultiver des individus à levée rapide. On peut alors dès le
semis ne conserver que les individus ayant répondu fidèlement à ce critère. On peut marquer (avec
un fil de laine par exemple) les individus ayant levé les plus rapidement.
La croissance : il faut observer attentivement la pousse des végétaux : les plants chétifs,
montrant des signes de maladies, les plants malformés… seront éliminés.
Ce critère influence la régularité dans la croissance du végétal et donc la précocité de la période
de maturité.
La floraison (pour les plantes ornementales) : en fonction de son choix personnel, on peut
privilégier des plantes pourvues de grosses ou, au contraire, de petites fleurs avec des coloris de
son choix. Dans ce cas, il n’est pas toujours très aisé de reproduire les couleurs et seule une
sélection rigoureuse dans le temps peut permettre d’atteindre l’objectif souhaité.
n°10
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Production de semences
comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
La fructification : on peut opérer une sélection sur la taille des fruits (petits, moyens, gros
calibres), sur leur saveur (sucrée, acidulée, douce, amère…), sur le nombre de graines dans le fruit.
La montaison : chez les salades, on recherchera les plants qui restent au stade pommaison le
plus longtemps.
La résistance :
- à certaines conditions climatiques : résistance à la sécheresse, aux gelées…
- à certaines maladies (mildiou, oïdium…)
- à certains parasites (pucerons, chenilles défoliatrices…).
La récolte :
- sur le rendement (en quantité de légumes ou fruits produits)
- sur la forme : de la racine (longue, courte, formes
particulières…), du fruit, de la pommaison (chez les salades)…
- sur la couleur…
La saveur et le goût…
La consistance, la teneur en eau…
L’aptitude à la conservation (pour les légumes tels que les
pommes de terre, les carottes, les ails, les échalotes…).
2.2. Culture des porte-graines
Les différentes espèces de plantes possèdent chacune leur propre rythme biologique.
On distingue :
Les plantes annuelles : germination, croissance et fructification se déroulent sur une année, en
général sur une période allant du printemps à l’automne. On récolte donc les semences à la fin du
cycle végétatif du végétal.
Les plantes bisannuelles : la première année, le végétal produit uniquement feuillage et racine.
La fructification se produit la seconde année. Ces deux cycles végétatifs sont séparés par une
période hivernale. Le climat lorrain en hiver étant particulièrement rigoureux, il faut donc protéger
la plante des rigueurs hivernales : soit en la couvrant avec des feuilles (chou, céleri…), des branches,
des bâches… soit en la rentrant sous un abri (ail, oignon…), soit en la stockant en silo (carotte,
navet, chou…).
Les plantes vivaces : leur durée de vie s’étend sur plusieurs années. En
général, la production de graines se fait à partir de la deuxième année, voire
plus tard (pour les arbres notamment).
Les premiers travaux de culture sont les mêmes que pour une culture
normale : semis, plantation, arrosage, entretien, taille… On veillera toutefois
à pratiquer des plantations plus espacées afin de permettre aux plantes de
fleurir plus aisément.
En général, les porte-graines sont tuteurés pour éviter la verse
des hampes florales.
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Production de semences
comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
Il faut aussi veiller à protéger les graines, notamment des oiseaux qui apprécient particulièrement
certaines espèces (radis, mâches…). L’utilisation de filets est donc vivement recommandée.
Pour les plantes allogames, les risques d’hybridations étant élevés, on a tout intérêt à
isoler les portes-graines. Pour cela deux méthodes existent :
En l’absence de plante de la même espèce (sauvage ou cultivée),
on peut les laisser en place (attention toutefois au vent et aux
insectes qui peuvent acheminer le pollen sur de longues distances).
La méthode la plus sûre consiste à placer des voiles
spéciaux qui ne laissent pas passer les pollens. Le voile pour être
efficace doit emballer complètement la plante (du sol jusqu’à la
cime). Il faut les installer juste avant l’apparition des premières fleurs.
2.3. Récolte et conservation des semences
Lorsque les graines se détachent du porte-graine, il est temps de les récolter. Récoltées
trop tôt, les semences n’ont pas emmagasiné les réserves nécessaires à leur conservation. Récoltées
trop tard, on risque fort de retrouver la récolte éparpillée au sol !
Le changement de couleur des graines qui passent du vert au beige, puis au brun, indique l’arrivée
des semences à maturité.
Chez les fruits charnus (melon, courge…), on récolte les fruits au fur-et-à mesure de leur arrivée
à complète maturation.
2.3.1. Le séchage
Le séchage doit se faire dans un endroit ombragé, à l’abri de l’humidité et doit être progressif.
Pour les plantes à inflorescence : on attache les inflorescences en bouquets et on les suspend
dans un sac en papier ou en tissu, par exemple dans un grenier. Lorsque les tiges et les feuilles
deviennent cassantes au toucher, il est temps d’extraire les semences.
Pour les plantes à fruits charnus : on attend que les fruits montrent des signes de maturité
complète (flétrissement, ramollissement des chairs) pour extraire les graines et les sécher.
Le cas particulier des semences de tomates :
Pour les tomates, on conseille de récolter la pulpe du fruit que l’on met dans un bocal.
On place le tout dans un endroit chaud. Au bout de quelques jours, la pulpe fermente
(l’acidité produite au cours de la fermentation détruirait d’éventuelles maladies…) et il se
forme une moisissure blanche à la surface de celle-ci.
On récupère le tout dans une passoire et on lave les graines à grande eau
avant de les mettre à sécher.
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Production de semences
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2.3.2. L’extraction des semences
Si extraire et trier les graines des gousses de haricots est
une opération aisée, il n’en n’est pas forcément de même
pour toutes les plantes.
Pour des semences de petite taille, dans la mesure du possible, il faut
essayer de récolter le moins possible de déchets.
Les trois principales techniques d’extraction sont :
L’extraction manuelle : au-dessus d’un récipient, on frotte les inflorescences entre les mains
(pour les peaux sensibles, il vaut mieux se munir de gants).
L’extraction par battage : se pratique pour les plantes à gousses. On place les gousses dans
un sac solide et à l’aide d’un battoir (planchette en bois…), on bat le sac.
L’extraction au tamis : à l’aide de tamis de différentes mailles, on frotte les inflorescences sur
les mailles du tamis.
Après les opérations d’extraction, il faut nettoyer les semences en les séparant des impuretés
(restes de feuilles et de tiges). Cette opération peut se faire de trois manières différentes :
Le tri sur table (pour les grosses graines) : on dispose le tout sur une table et on trie
manuellement.
Le tri à l’assiette (pour de petites
quantités de graines) : dans une assiette
creuse, on dispose une petite quantité du
mélange à trier. Par un mouvement de
rotation de l’assiette, on fait en sorte que
les déchets (plus légers) se retrouvent en
surface. On retire le plus gros des déchets
soit manuellement, soit en soufflant
légèrement. Il faut recommencer l’opération
plusieurs fois.
Le tri au tamis (pour des quantités
importantes de graines) : le mode
opératoire est le même que pour la
technique citée précédemment.
2.3.3. Le stockage des semences
Avant de stocker les graines, il faut s’assurer que celles-ci soient parfaitement sèches.
Un test simple consiste à mordre dans les graines. Si elles restent molles sous la dent, il faut
continuer le séchage. Les graines correctement séchées "croquent" sous la dent.
Les récipients de stockage peuvent être de nature très diverse : des enveloppes papiers,des sacs
de toile…
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Production de semences
comment sélectionner les souches les mieux
adaptées à son jardin ?
Les sachets de semences doivent être soigneusement étiquetés (variété, date de récolte,
provenance).
Il faut éviter de stocker les semences dans des meubles réalisés en panneaux
de particules. En effet, les colles utilisées comme liant pour la réalisation de
ces panneaux ont un effet inhibiteur sur la germination !
Le lieu de stockage doit être un endroit frais et sec, à température constante. Il faut
veiller à ce que les rongeurs n’y aient pas accès !
Il se peut que certaines graines soient aussi la proie d’insectes (charançons, mites…).
Pour éviter ce risque, on peut opérer de la manière suivante :
avant le stockage, laisser séjourner les semences 48 heures au congélateur.
Passé ce laps de temps, les emballer hermétiquement dans un bocal en verre par exemple.
ajouter dans les sachets de semences des substances répulsives ou/et insecticides
(cendre de bois, poudres de plantes insecticides: absinthe, tanaisie…).
2.3.4. Durée germinative maximale en année des semences
Elle correspond à la période durant laquelle une graine reste capable de germer.
TYPE DE PLANTE
Cerfeuil, ciboule, ciboulette et oignon,
radis d'été et d'hiver
2 ans
Panais, piment et poivron, poireau et salsifi,
tournesol
3 ans
Bette à cardes ou poirée, brocoli, carotte,
choux, épinard, persil
4 ans
Haricot, fève, gourgane et petit pois
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Durée germinative moyenne
(en années)
4 ans et plus
"Fines herbes" (basilic, marjolaine, romarin,
sarriette, thym…)
5 ans, mais il vaut mieux utiliser les
semences de l'année précédente
Artichaut, asperge, aubergine, betterave,
chicorée, endive, laitue, épinard et oseille,
navet et rutabaga
5 ans
Tomate
6 ans
Céleri branche et rave, cucurbitacées
(citrouille, concombre, courge, melon,
pastèque et potiron)
8 ans
Maïs
10 ans
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adaptées à son jardin ?
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Comment prévenir
plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
Chaque année en France, près de 80 000 tonnes de substances phytosanitaires sont utilisées, ce
qui fait de notre pays le troisième utilisateur au niveau mondial.
Les pesticides sont utilisés pour protéger les cultures contre les organismes nuisibles (ravageurs
et maladies, ou plantes indésirables).Tout comme les médicaments, les produits phytosanitaires
doivent être employés pour des raisons précises, à la bonne dose et au bon moment. Si les
préconisations d’utilisation ne sont pas suivies, le jardinier risque de ne pas atteindre l’effet
escompté ou pire d’entraîner des conséquences graves pour les plantes, pour l’environnement,
ou même pour sa santé, celle de ses proches et celle de ses animaux domestiques (cf. Fiches
n°12 et 13). Si ces produits peuvent apporter une solution à un problème ponctuel observé au
jardin, ils ne constituent jamais une solution de gestion durable de son jardin.
Qui dit gestion durable et équilibrée du
jardin dit anticipation des problèmes. Il est
en effet généralement possible de limiter
considérablement l’utilisation de pesticides
grâce aux mesures prophylactiques !
1. QU’EST CE QUE LA PROPHYLAXIE ?
La prophylaxie se définit comme l’ensemble des actions ou techniques ayant pour but de prévenir
l’apparition ou la propagation des organismes nuisibles tels que les champignons, les bactéries
ou encore certains insectes.
Autrement dit et, par analogie avec la santé humaine, la
prophylaxie au jardin, c’est le même principe que l’hygiène de
vie pour le jardinier !
Généralement, une bonne hygiène de vie passe, entre autres,
par une alimentation équilibrée, un minimum d’activité physique,
du repos, une bonne hygiène corporelle telle que le lavage des mains
ou encore l’évitement de pratiques dangereuses (tabagisme, exposition
à des polluants…). Dans le cas contraire, l’organisme se fragilise et
tombe plus souvent malade nécessitant une consultation médicale et la
prise de médicaments ou de pesticides dans le cas du jardin.
n°11
1/6
Comment prévenir plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
La prophylaxie est donc principalement un moyen de lutte préventif, par opposition aux
pesticides qui représentent un moyen de lutte curatif comme les médicaments.
La prophylaxie représente ainsi la base des bonnes pratiques de jardinage pour un jardin en
bon état, tout comme une bonne hygiène est la base d’un jardinier en pleine santé !
2. LES PRINCIPALES MESURES PROPHYLACTIQUES
A ENVISAGER
La prévention au jardin consiste à créer un cadre favorable au développement équilibré de
la flore et de la faune, par une diversité des milieux et des espèces. L’objectif est de maintenir
les plantes en bon état de santé, de limiter les attaques d’organismes nuisibles par un contrôle de
leur population et d’éviter les pratiques propices au développement des maladies. Pour atteindre
cet équilibre naturel, le jardinier doit appliquer les techniques préventives dès l’aménagement
physique du jardin. Il devra également faire attention au choix des plantations et aux soins qu’il
leur apporte au quotidien.
Remarque : les fiches du référentiel portant sur la présentation d’un nuisible possèdent chacune
une rubrique portant sur les mesures prophylactiques à envisager en fonction du ravageur
considéré (Fiches n° 21 à 36 et 37 à 47).
2.1. Lors de la mise en place des cultures
2.1.1. Connaître son jardin
Il est important de bien connaître
l’état du sol destiné à recevoir la
nouvelle plantation, surtout si la
culture précédente a connu des problèmes
parasitaires. Une vérification de la nature
et de la texture du sol, des conditions
d’ensoleillement et d’humidité du jardin s’avère
indispensable (cf. Fiche n°4 : "Sol et climat"). Il faut
également penser à protéger son sol et éviter de le
laisser nu, notamment en y implantant un engrais vert.
2.1.2. S’assurer de la qualité sanitaire des plants
L'utilisation de semences ou de plants sains permet d'éviter
l’importation et le développement de maladies
(cf Fiche n° 41 : "La fonte des semis" et Fiche n° 10 : "Production de
semences" pour plus d’informations). Aussi, il est important de
bien examiner les plants afin de vérifier qu’ils sont indemnes de
toutes contaminations lorsque l’on fait ses achats.
n°11
2/6
Comment prévenir plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
2.1.3. Choisir des variétés résistantes ou tolérantes
Il s’agit de choisir des plantes compatibles avec son jardin et adaptées au climat local.
Les variétés résistantes sont souvent des variétés hybrides appelées F1, en particulier pour les
aubergines, les carottes, les choux, les concombres, les courgettes, les épinards, les melons, les
tomates… Ces hybrides sont particulièrement intéressants pour les espèces non adaptées au climat
lorrain (tomates, poivrons par exemple). L’inconvénient des semences F1 est que la propriété qui
est affichée est perdue lors de la replantation des semences qui en sont issues.
Pour d’autres espèces (carottes, haricots, laitues, poireaux, petits pois, radis…), il ne s’agit pas de
variétés hybrides F1, mais soit de nouvelles variétés spécialement sélectionnées, soit d’anciennes
variétés rustiques.
Elles ont pour avantage d’avoir une bonne résistance vis-à-vis des maladies. Les semences de
ces variétés sont souvent un peu plus onéreuses mais le jardinage n’en sera que plus facile et les
récoltes plus saines et plus belles.
En ce qui concerne les arbres fruitiers, le choix doit également porter sur des variétés
fruitières rustiques et locales qui tolèrent mieux les ravageurs et maladies (cf. Fiche
n°9 : "Plantation et variétés des arbres fruitiers").
2.1.4. Association des cultures
Les plantes peuvent avoir des interactions très importantes
entre elles qui favorisent ou gênent leur développement. Une
plante peut également protéger une autre plante contre un parasite
ou attirer des auxiliaires. Il est généralement préconisé d’éviter de
planter l’une à côté de l’autre des espèces de la même
famille botanique qui peuvent être attaquées par les mêmes
parasites ou maladies. Le mariage des légumes avec des fleurs est
également intéressant. Les œillets d’Inde ou les roses d’Inde, par
exemples, ont un pouvoir répulsif vis-à-vis des pucerons qui
transmettent de nombreuses maladies aux légumes (cf. Fiche n°5
"Les associations de plantes").
Associations " oignons/carottes "
2.1.5. Espacer les plantes
L’espacement des cultures favorise "leur aération" et
limite ainsi la prolifération des nuisibles par contact,
particulièrement
pour
les plantes sujettes aux maladies fongiques et aux ravageurs.
A l’inverse, pour les associations de plantes, les bénéfices sont
perdus si l’espacement entre les plants est trop important.
Rangs espacés
n°11
3/6
Comment prévenir plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
2.1.6. Réaliser des rotations des cultures
La succession de plantations sur une surface donnée s’appelle la
rotation des cultures. Certaines plantes épuisent le sol en prélevant
une grande quantité d’éléments nutritifs qui ne seront plus présents
pour la culture suivante. La rotation des cultures permet de réduire les
contaminations inter annuelles et l’appauvrissement des sols.
2.2. Lors de l’entretien des cultures
2.2.1. Éliminer les sources d'infection
Pour retarder au maximum l'apparition de maladies et donc les
traitements, il serait souhaitable de travailler la zone cultivée avec
du matériel sain.
Ainsi il est conseillé de désinfecter à l’alcool ou à l’eau de javel
diluée à 3 % tous les outils en contact avec une plante malade.
En pratique, un chiffon imbibé de solution désinfectante sera passé sur
les lames des sécateurs et autres cisailles, entre chaque branche ou, a
minima, entre chaque arbre ou plante.
Il est aussi recommandé de commencer à travailler de préférence dans les zones saines et
de terminer par les zones malades.
Il est important d’éliminer tous les organes malades sur les plantes et les déchets au sol en les
brûlant, si un arrêté municipal l’autorise ou en les emmenant à la déchèterie pour y être compostés.
Le compostage domestique des végétaux malades est déconseillé (cf. Fiche n°8
"Compostage"), car, contrairement aux installations professionnelles, la montée en température
n’est en général par suffisante pour détruire les spores de champignons.
Enfin, d’une année à l’autre avant de réutiliser des pots ou des jardinières, en particulier pour
des semis, il est préférable de les laver soigneusement. C’est également le cas pour les tuteurs
qui devront être désinfectés (flamme ou javel) en particulier s’ils sont en bois.
2.2.2. Réduire physiquement la contamination par la couverture du sol
avec un paillage
Fraisier paillé
n°11
Le sol peut contenir des maladies sous forme de spores qui atteignent
le feuillage par éclaboussures lorsqu’il pleut. Le paillage permet
d’éviter les éclaboussures en isolant les plantes et les légumes
du sol. Il est possible d’utiliser, par exemples, de la paille, des écorces
de pin, des tontes de gazons préalablement séchées, du carton
ou du papier journal. Cette technique a également l’avantage
d’empêcher le développement des mauvaises herbes, de
limiter l’évaporation de l’eau et de limiter l’érosion (plus
d’informations sont disponibles sur la Fiche n°20 "Techniques
alternatives au désherbage").
4/6
Comment prévenir plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
2.2.3. Bien gérer l’eau et l’arrosage
L’arrosage est un élément important du jardinage. Il est important de suivre quelques règles
de base afin de gérer au mieux l’arrosage du jardin :
Un arrosage le soir ou le matin est préférable, de façon à ce que le sol soit refroidi ce qui
évite une évaporation trop importante. En outre, pour les plantes les plus sensibles aux maladies,
on privilégiera l’arrosage tôt le matin ce qui permet aux feuilles de sécher plus rapidement qu’avec
un arrosage en soirée.
En ce qui concerne les jeunes plantations, plus sensibles à la sécheresse, il convient d'être
vigilant et de les arroser plus régulièrement que les plantes déjà installées.
Toutefois, espacer le délai entre deux arrosages force le système racinaire à se développer
en profondeur. À l’inverse, un arrosage superficiel privilégie un développement des racines en
surface et les rend donc plus sensibles à la sécheresse.
Un sol nu et compact est à proscrire car il ne permet pas à l’eau de s’infiltrer et augmente
les pertes d’eau par ruissellement et par évaporation. Le travail du sol permet de réduire l’arrosage
en limitant les pertes d’eau. Un binage vaut deux arrosages !
Il est conseillé d’arroser les plantes au pied, sans mouiller le feuillage, surtout pour les
plantes sensibles aux maladies comme les rosiers, les tomates ou les cucurbitacées.
Il n’est également pas non plus recommandé d’arroser en plein soleil car les gouttes d’eau
sur le feuillage peuvent jouer le rôle d’une loupe et brûler localement les feuilles.
Éviter une prolifération trop importante des mauvaises herbes qui peuvent faire de la
concurrence à vos plantes en termes de consommation d’eau.
Le geste écocitoyen !
Pour l’arrosage, pensez à recycler
l’eau de pluie en installant une cuve
de stockage sur les gouttières !
2.2.4. Éviter les excès d’azote
Il est vivement déconseillé d’apporter une trop forte dose d’azote dans les cultures, qu’il
soit d’origine minérale ou organique. En effet, les apports excessifs d’azote fragilisent les plantes et
les rendent plus sensibles à certaines maladies du feuillage et favorisent la prolifération de
ravageurs comme les pucerons ou les cochenilles (cf. Fiche 7 "La fertilisation"). De plus, l’excès
d’azote risque de s’accumuler sous forme de nitrates dans les légumes et dans les sols et de
polluer les cours d’eau et les nappes d’eau souterraines. Il est donc préférable d’éviter les
apports directs et de privilégier l’épandage de compost mûr (= bien décomposé).
n°11
5/6
Comment prévenir plutôt que guérir ?
la prophylaxie au jardin
2.2.5. Observer régulièrement les cultures
L’observation régulière des cultures permet de déceler rapidement des attaques de ravageurs et de
pouvoir intervenir rapidement avant un développement trop important.
2.2.6. Privilégier les auxiliaires
Les insectes auxiliaires peuvent limiter le développement de
populations d’insectes nuisibles. Par exemple, une seule larve de
coccinelle peut dévorer plus d’une centaine de pucerons ou plus d’un
millier de cochenilles.
Il existe de nombreux insectes utiles bien moins connus que la
coccinelle mais également plus efficaces comme par exemple les
syrphes et les chrysopes (cf. Fiche n°15 "Auxiliaires").
n°11
6/6
Qu’est-ce qu’un pesticide ?
1. DEFINITION
L’usage de pesticides* est maintenant tellement répandu dans notre société que nous avons
tendance à oublier que ces produits sont d'abord mis sur le marché pour détruire et contrôler
des organismes vivants jugés indésirables ou nuisibles.
Egalement appelés produits phytosanitaires,
produits phytopharmaceutiques, produits
agro pharmaceutiques ou encore produits
de traitement, les pesticides sont, pour
les principaux, destinés à tuer les herbes
(herbicides), les insectes (insecticides), à lutter
contre les maladies (fongicides) ou à éliminer
divers rongeurs (raticides, rodonticides).
2. COMPOSITION
Les produits pesticides que l’on peut acheter en
grandes surfaces ou en magasins spécialisés sont appelés
"spécialités commerciales" et sont composés de deux
types de substances :
une ou plusieurs substances actives qui confèrent
au produit l’effet escompté;
des additifs ou adjuvants qui permettent de
renforcer l’efficacité et/ou la sécurité du produit ou encore
de faciliter leur emploi.
Exemples de fonction
des additifs contenus
dans les pesticides :
- Agent anti-moussant
- Emulsifiant*
- Conservateur
- Stabilisant*
- Epaississant
- Mouillant*
- Agent liant
+
Matière active
n°12
- Répulsif
=
Adjuvant
Produit
1/4
Qu’est-ce qu’un pesticide ?
A noter qu’il existe également des produits dits naturels, fabriqués par les jardiniers à partir
de plantes sauvages et qui peuvent assurer les mêmes fonctions (cf. Fiche n°17).
3. QUANTITÉS UTILISÉES PAR LES JARDINIERS
La France est le 1er consommateur européen de pesticides et le 3ème consommateur
mondial derrière les Etats-Unis et le Japon. Entre 70 000 et 90 000 tonnes de substances actives
sont utilisées dans notre pays chaque année (UIPP 2004). En 2004, ces substances se répartissaient
en 57 300 tonnes de molécules de synthèse et 18 800 tonnes de produits à base de cuivre et de
soufre.
Les utilisateurs de ces produits sont variés : l’agriculture pour la plus
grande part mais aussi les gestionnaires de voiries et d’espaces
verts et les particuliers.
Ces derniers consomment pour leur jardin entre 3 et 5 % des
pesticides, soit environ 2 900 tonnes par an.
Même si cette part semble faible quantitativement, les traitements faits par les particuliers
peuvent être plus polluants que ceux réalisés par les professionnels car :
ils sont souvent surdosés par manque de connaissance et par réflexe psychologique,
ils sont réalisés à proximité de point d’eau (fossés, puits, ruisseaux) et sur des surfaces
imperméables et semi-imperméables (allées, dallage…) propices au ruissellement des eaux de
pluies,
les pulvérisateurs sont généralement vidés et rincés à l’égout ce qui contamine
directement les rivières.
Une étude menée par le Sisyphe* sur le bassin versant de la Marne a montré que
jusqu’à 30% des exportations de pesticides transférés à la rivière étaient dus aux
utilisations urbaines.
Aussi, même en étant des utilisateurs occasionnels de pesticides, les jardiniers amateurs
peuvent être à l’origine de pollution non négligeable des eaux.
n°12
2/4
Qu’est-ce qu’un pesticide ?
4. MODE D’ACTION DES PRODUITS
Selon les spécialités commerciales et les matières actives qui les composent, les pesticides
peuvent agir de plusieurs manières :
Insecticides et acaricides
Contact
Ingestion
Inhalation
Asphyxie
n°12
Déposé sur la
plante, le produit
pénètre dans
le ravageur.
Quand le
ravageur mange
la plante, il ingère
en même temps
le produit.
A l’état de
vapeur, le produit
est respiré par
le ravageur.
Ces produits à
base d’huile
recouvrent les
ravageurs et les
étouffent en
empêchant leur
respiration, que ce
soient des œufs
ou des adultes.
Herbicides
Contact
Le produit
appliqué sur la
plante agit en
brûlant les tissus.
Action rapide
mais seules les
parties touchées
sont détruites.
Le produit est
absorbé par les
herbes
Systémique
indésirables et
circule via la sève
dans la plante.
Antigerminatif
Fongicides
Préventive
Déposé sur la
plante, le produit
empêche les
champignons de
s’installer.
Curative
Le produit est
absorbé par la
plante. Cette
dernière détruit
le champignon
présent dans ces
tissus.
Le produit
empêche la
germination des
graines.
ATTENTION !
les produits antigerminatifs sont inefficaces sur surface
imperméable.
la bouillie bordelaise a une action fongicide et n’est pas
efficace contre les pucerons ou les doryphores.
3/4
Qu’est-ce qu’un pesticide ?
5. PRÉCAUTIONS D’EMPLOI
Les pesticides sont des produits de traitement des plantes. Certes, ils présentent un intérêt
pour protéger les cultures contre les organismes nuisibles mais il est toutefois important de savoir
que leur utilisation présente des risques pour l’environnement et la santé, comme c’est
le cas pour les médicaments utilisés en santé humaine.
En outre, le jardin étant un milieu vivant en équilibre, chaque
traitement peut créer un déséquilibre biologique qui
va entraîner la fragilisation des plantes, voire le
développement de nouveaux problèmes. Par exemple, les
traitements insecticides répétés favorisent le développement des
espèces d’insectes ou d’acariens les plus nuisibles qui n’ont plus de
concurrence ou de prédateurs.
Si l’emploi de ces produits semble inévitable dans certains cas, le
respect strict des préconisations inscrites sur l’étiquette
des produits est donc indispensable.
Aussi avant même d’acheter un produit de traitement,
il est impératif de lire l’étiquette attentivement !
n°12
4/4
Les risques d’utilisation
des pesticides
pour l’environnement et la santé
Les pesticides, qu’ils soient de synthèse, minéraux ou
naturels sont spécifiquement conçus pour tuer des
organismes entrant en compétition avec les plantes
cultivées, nuisant à leur croissance ou à leur
reproduction (mousses, champignons, bactéries,
herbes indésirables, insectes, rongeurs, acariens,
mollusques, vers, nématodes, virus, etc...).
Ils sont donc nécessairement toxiques, à différents
degrés, pour l’environnement et pour l’Homme.
Les pesticides sont-ils des produits dangereux ?
Au même titre que les piles, les huiles de moteurs, les peintures et vernis, les pesticides sont des
produits dangereux.
Ils peuvent être classés comme :
corrosifs (C)
toxiques (T)
ou très toxiques (T+)
nocifs (Xn) ou irritants (Xi)
comburants (O)
inflammables (F)
Où trouver l’information sur les
dangers des produits ?
Sur l’étiquette : les symboles de risques donnent
une information sur la toxicologie ou les
propriétés physico-chimiques des produits.
n°13
dangereux pour l’environnement
(N)
explosifs (E)
Soyez vigilant
et lisez les étiquettes !
Certaines campagnes publicitaires sur
les produits visent à rassurer les
consommateurs et ne reflètent pas la
réalité sur les dangers liés à l’utilisation
des pesticides et leur complexité de
mise en œuvre.
1/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
1. LES RISQUES POUR L’ENVIRONNEMENT
Les pesticides utilisés lors de traitements par les jardiniers
peuvent être dispersés dans l’environnement de diverses manières.
Notamment, ils peuvent :
être transportés par le vent et redéposés à côté des surfaces
traitées,
s’évaporer dans l’atmosphère et retomber sur les sols avec les
pluies,
ruisseler sur le sol jusqu’à un cours
d’eau (fossé, égout, ruisseau…) en cas de
forte pluie,
se fixer sur les particules du sol et être
entraînés par le vent avec les poussières,
être entraînés à travers le sol par les
eaux de pluie jusqu’aux nappes d’eau
souterraines.
Risques de pollution de l’environnement par les pesticides
n°13
2/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
Une fois que les pesticides sont dans l’environnement, ils peuvent avoir, selon leur toxicité et selon
la dose disséminée, les mêmes effets sur la faune et la flore sauvage que ceux recherchés
par l’utilisateur sur les espèces indésirables.
Notamment, une toxicité aiguë peut se manifester avec une forte mortalité de poissons,
d’invertébrés ou de végétaux en cas de pollution accidentelle dans un cours d’eau.
A la longue, la présence de pesticides dans l’environnement, même en très petites
quantités, peut avoir des effets chroniques qui peuvent perturber les cycles de reproduction
des espèces et entraîner une réduction de la biodiversité.
En outre, les rivières et les nappes d’eau souterraines servent à l’alimentation humaine en eau
potable. Aussi, lorsque celles-ci sont contaminées par des pesticides, il faut mettre en place des
traitements coûteux de potabilisation.Au-delà d’une certaine teneur en pesticides, l’eau peut même
être déclarée impropre à la consommation.
2. LES RISQUES POUR LA SANTE
Le risque de contamination est proportionnel à la durée de l’exposition du jardinier au produit et
à la dangerosité même du produit.
Il dépend également du type de produit utilisé. D’une manière générale, on considère que :
les désherbants sont plus toxiques pour les milieux aquatiques,
les insecticides, acaricides, anti-rongeurs et anti-limaces présentent des risques
importants surtout pour les utilisateurs et les animaux, notamment, domestiques.
Soyez vigilant et protégez-vous !
Pendant la phase de préparation d’un traitement,
le risque est maximal puisque vous manipulez
des produits concentrés !
2.1. Deux types de toxicité
Dès lors que le jardinier ne se conforme pas aux règles très strictes d’utilisation et ne se protège
pas lors de la préparation et de la pulvérisation, les pesticides peuvent avoir un effet important sur
la santé.
n°13
3/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
On distingue deux types de toxicité :
Toxicité à court terme (ou toxicité aiguë) : dans le cas où l’utilisateur a absorbé dans son
organisme une forte dose de produits phytosanitaires durant un faible laps de temps.
Ces symptômes apparaissent alors rapidement et prennent la forme de nausées, maux de tête,
irritation, allergies…
Toxicité à long terme (ou toxicité chronique) : dans le cas où l’utilisateur intègre dans son
organisme des doses parfois infimes de produits phytosanitaires mais de façon répétées, cela peut
provoquer des cancers, des malformations ou des maladies neurologiques.
ATTENTION !
Les dommages causés à la santé ne
sont pas toujours visibles immédiatement et n’apparaissent
parfois que bien des années plus tard. De plus, les symptômes
d’intoxication peuvent continuer à se manifester même après
l’arrêt de l’utilisation de ces produits.
Effets des pesticides sur l’Homme
Les effets des produits phytosanitaires sur l’être humain
Effets
immédiats
Dans un délai de quelques
heures à quelques jours
TOXICITÉ
Ë
Dans un délai de quelques
semaines à 40 années
TOXICITÉ
Par absorption le plus souvent
d’une dose unique massive
Troubles
troubles
- irritations
- vomissements
- gonflement des
yeux et mains
Effets à long terme
Par administration répétée de
petites doses pouvant entraîner
l’accumulation dans’l’organisme
Risquesde
de
Risque
- difficultés
respiratoires
- parfois décès
- cancers
- maladies neurologiques
- troubles de la reproduction
- stérilité
- autres...
Les études visant à analyser les liens entre une exposition aux pesticides et ses effets sur la santé
à long terme sont nombreuses, mais compte-tenu des nombreuses pollutions cumulées (effet
"cocktail") auxquelles sont soumis les personnes (pesticides, polluants industriels, domestiques…),
il est très difficile d’obtenir des certitudes sur l’impact d’une seule matière active.
n°13
4/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
2.2. Les différentes voies de contamination
Un produit peut pénétrer dans l’organisme par différentes voies :
ATTENTION ! Quelle que soit la voie de pénétration,
les produits chimiques passent dans le sang. Le sang les
diffuse à tout le corps. C’est ainsi qu’ils peuvent se fixer
sur différents organes (foie, reins, cerveau, système nerveux)
qu’ils endommagent.
2.3. Classement des produits phytosanitaires par degré de toxicité
Les produits phytosanitaires ne présentent pas tous la même toxicité vis-à-vis de l’homme.
Le degré réel de toxicité aiguë est exprimé en valeur DL-50. Il s'agit de la dose de produit
phytosanitaire suffisante pour provoquer la mort de 50% des animaux de laboratoire qui ont été
exposés à la préparation. Plus la valeur DL-50 est élevée, moins le produit est toxique et donc,
moins il est dangereux pour l'utilisateur.
Quelques exemples de produits toxiques pour les hommes :
Anti-limace (Métaldéhyde) DL50 : 630 mg de matières actives par kg de matière vivante.
Anti-doryphore (Deltaméthrine) DL 50 : 66 à 138 mg/kg selon les formulations.
n°13
5/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
Toutefois, ce critère ne renseigne pas sur la toxicité à long terme des produits.
La DL-50 n’est pas indiquée sur les étiquettes de produits phytosanitaires.
Pour la connaître, il faut se renseigner auprès de l’AFSSA*
ou sur le site Internet AFSSA-Agritox.
http://www.dive.afssa.fr/agritox/guides/guide-agritox.html
2.4. Comment lire l’étiquette d’un produit phytosanitaire ?
La valeur de la DL-50 n’est pas la seule information renseignant sur le degré de toxicité
d’un produit. De nombreuses informations sont rassemblées sur l’étiquette. On y retrouve le
classement toxicologique du produit mais aussi des phrases dites de "risques" et de "conseils de
prudence" qui nous apportent des consignes vis-à-vis de l’utilisation de ces produits.
Etiquette : mode d’emploi
ATTENTION !
Il est important de
suivre scrupuleusement
ces recommandations et,
en cas de doute, il faut
demander plus
d’informations à un
professionnel.
2.5. Les principaux facteurs qui influencent le degré de toxicité d’un produit
chimique
Différents facteurs interviennent sur le degré de contamination d’une personne et ce quel que soit
le produit utilisé.
La voie de pénétration,
La quantité qui pénètre dans l’organisme,
La toxicité du produit : plus un produit est toxique, plus la dose suffisant à provoquer une
intoxication est petite,
L’état du produit : la finesse des particules augmente le degré d’absorption (poudre,
gouttelettes, aérosols…). Les gaz et vapeurs sont donc, en principe, les plus dangereux.
L’élimination de l’organisme : le risque de maladie est d’autant plus élevé que le corps
élimine ou dégrade difficilement le produit,
La variation biologique : âge, sexe, sensibilité personnelle…
n°13
6/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
2.6. Comment limiter l’impact des pesticides sur la santé ?
1 Bien aménager son jardin pour favoriser l’équilibre entre les nuisibles
et les auxiliaires et éviter l’apparition de dégâts.
2 Avoir recours aux bonnes pratiques de prophylaxie et à des méthodes
alternatives pour l’entretien du jardin : ne pas utiliser de pesticides permet
d’éviter les risques.
Si l’utilisation des produits chimiques vous semble indispensable,
il est impératif de lire les étiquettes des produits et de :
3 Choisir les produits les moins toxiques :
il faut privilégier les produits qui ne portent pas de symboles toxicologiques.
4 Porter les équipements de protection adaptés (cf. Fiche 14).
QUE FAIRE EN CAS D'ACCIDENT ?
En cas d'ingestion accidentelle, il convient de ne pas faire boire
l’intoxiqué (surtout pas de lait ni d’alcool) et de ne pas le faire vomir.
Il faut prévenir les services de secours :
Pompiers : 18
Samu : 15
Services d’urgence à partir d’un portable : 112
Centre antipoison (Nancy) : 03
83 32 36 36
Il faut aussi toujours garder les emballages ou les étiquettes des produits
pour les montrer au médecin.
En cas de projections accidentelles dans les yeux ou sur la peau, il convient de laver à l’eau
très abondamment (un quart d’heure est indispensable pour les yeux).
Consulter ensuite un médecin par précaution.
n°13
7/8
les risques d’utilisation des pesticides pour l’environnement et la santé
n°13
8/8
Comment utiliser
des pesticides
dans les meilleures conditions ?
Pour avoir des récoltes abondantes ou simplement pour que le jardin réponde aux attentes
du jardinier, il est parfois nécessaire de lutter contre des herbes non souhaitées,
des insectes, des champignons… Dans un premier temps,
il faut toujours s’orienter vers des techniques alternatives.
Un grand choix de produits phytosanitaires, plus connus sous le nom de pesticides, est disponible
sur le marché.Toutefois, ces produits, comme tout produit chimique, ne sont pas anodins.
Il est donc impératif de limiter au maximum les risques de contamination
pour l’utilisateur et l’environnement.
1. LES CONDITIONS D’UTILISATION
1.1. Avant le traitement
Faire un diagnostic précis pour savoir si un traitement est
nécessaire. Dans près de 50% des cas, les symptômes observés
(jaunissement, tâches, retard de croissance…) sont dus à des problèmes
physiologiques liés à un sol et à un climat inadaptés ou à une mauvaise
nutrition de la plante.
Choisir le produit adapté au problème à traiter, en identifiant précisément l’insecte ou la
maladie provoquant les symptômes, la quantité de mauvaises herbes présentes, la nature de la
surface (perméable ou non) et en vérifiant qu’il porte la mention "Emploi Autorisé dans les
Jardins (EAJ)".
Réglementation
L’arrêté du 23 décembre 1999 du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche prévoit
l'attribution de la mention "Emploi Autorisé dans les Jardins (EAJ)" pour les produits
ne présentant pas de risques majeurs dans la limite du respect des précautions
d’emploi. Cette mention est obligatoire depuis octobre 2000.
Plus récemment, un arrêté du 6 octobre 2004 interdit pour un usage non professionnel
tous les produits classés explosifs, toxiques, cancérigènes, mutagènes*, tératogènes* ou reprotoxiques. Il est
donc interdit d’utiliser des produits obtenus auprès d’agriculteurs, d’arboriculteurs ou autres
professionnels des espaces verts.
n°14
1/6
Comment utiliser des pesticides
dans les meilleures conditions ?
Une fois achetés, stocker les produits dans une armoire fermant à clé, avec des étagères
métalliques ou plastiques (surtout pas en bois qui absorberait les éventuelles coulures), hors de
portée des enfants et des animaux domestiques et ne contenant pas de denrées alimentaires. Il est
recommandé d’éviter de garder des produits plus de 3 ans. Au-delà, ils perdent leur efficacité et
il faudra les apporter à la déchèterie.
Etiquette : mode d’emploi
ATTENTION !
Il est très important de lire les
recommandations d’utilisation
sur l’étiquette et notamment les
délais d’emploi avant récolte
pour les fruits et légumes !
Porter une tenue adaptée à tout traitement :
gants (nitrile/néoprène mais pas en
latex), bottes de jardinage, vêtements
à manches longues, pantalon (par
exemple un bleu de travail). Il existe
également des combinaisons et des
masques à cartouche vendus dans les
magasins qui sont particulièrement
recommandés pour les traitements
des arbres où l’utilisateur reçoit des
retombées de produit de traitement.
Protections individuelles de l’applicateur
Se renseigner sur les conditions météorologiques :
Pour être efficace et limiter les risques pour la santé et l’environnement,
il ne faut pas traiter :
- en dessous de 5°C et au-dessus de 20°C.
- quand il risque de pleuvoir dans les 24 heures qui suivent
l’application, pour ne pas diminuer l’efficacité du produit par
dilution ou par ruissellement du produit vers le milieu aquatique. Ces
produits se retrouvent alors dans les cours d’eau et les nappes
phréatiques.
- dès le moment où il y a du vent, pour éviter toute projection de
produit sur les personnes et les plantes qui ne sont pas à traiter.
n°14
2/6
Comment utiliser des pesticides
dans les meilleures conditions ?
Remarque : il est préférable de traiter le soir quand les températures sont
plus fraîches, avec une humidité élevée et sans vent.
De plus à ce moment, les abeilles volent moins.
Utiliser un matériel adapté :
Ne jamais traiter avec un arrosoir : le pulvérisateur garantit un meilleur
résultat, avec des gouttes d’eau moins grosses qui ne ruissellent pas et un
volume d’eau 4 fois inférieur. Il peut être utile d’avoir 2 pulvérisateurs. Le
premier sera utilisé pour le désherbage et le second pour les traitements
des plantes ce qui évitera tout risque de brûlure sur les plantations.
Etalonner chaque année le pulvérisateur car les buses peuvent se
boucher et il n’aura pas forcément le même débit d’une année à l’autre. Pour
l’étalonner, remplissez-le avec 10 cL d’eau et appliquez sur une surface
imperméable d’un mètre de large (bande dessinée à la craie sur une
terrasse…). Une fois toute l’eau épandue, mesurez la longueur de la bande
mouillée. En multipliant par 10, vous obtiendrez la surface traitée par votre
pulvérisateur pour un litre de produit. Reportez ce chiffre dans le calcul de
la dose.
Calculer précisément la dose et le volume d’eau nécessaire pour le traitement.
Exemple de calcul du volume
2
Surface à traiter _______________en m
Exemple de calcul de dose
Surface à traiter
______________ en m2
X
/
Dose recommandée ______________ en mL de produit/m2
Surface couverte
2
avec 1 litre
ou en g de produit/m
2
_______________ en m /L
Reporter ici le résultat de l’étalonnage
du pulvérisateur (à faire chaque année).
Volume à épandre _____________ en L
=
Quantité de produit
à utiliser
_______________ en mL ou en g
1.2. Pendant le traitement
Préparation de la bouillie (eau + produit de traitement) :
Remplir le pulvérisateur sur une allée de gravier ou sur le gazon
mais jamais au-dessus d’un évier, d’une évacuation d’eaux usées ou
d’un égout,
ATTENTION !
Les stations d’épuration ne sont pas
conçues pour traiter la pollution par les pesticides. Par
conséquent, il est primordial d’éviter tout rejet direct ou
indirect vers les égouts afin de limiter la pollution des rivières
et des nappes phréatiques et au final de l’eau potable.
n°14
3/6
Comment utiliser des pesticides
dans les meilleures conditions ?
Mettre un peu d’eau dans le pulvérisateur, ajouter le produit et compléter avec de l’eau
pour atteindre le volume souhaité,
Si le bidon est vide, le rincer 3 fois et compléter le pulvérisateur avec cette eau de rinçage
jusqu’au volume souhaité.
Faire attention aux zones traitées :
Attention, toutes les surfaces ne doivent pas être traitées de la même manière :
Zones interdites : abords de puits, caniveaux, bouches d’égout, fossés,
mares, ruisseaux…
Zones à risques : zones imperméables ou en pente (terrasses, dallages,
zones goudronnées ou bétonnées…)
Zones à risques plus faibles : toutes les zones perméables (allées,
graviers, gazons, potagers…)
ATTENTION ! Tenir les enfants et les animaux
domestiques à l’écart des zones traitées pendant le traitement
et pendant plusieurs jours après.
Et aussi en intérieur !
Beaucoup de pesticides sont commercialisés en bombes aérosols pour traiter les plantes
d’intérieur.
Ils présentent les mêmes risques que ceux utilisés au jardin. Aussi, il est conseillé de :
Sortir les plantes à l’extérieur ou sur un balcon pour les traiter,
Si ce n’est pas possible, ouvrir les fenêtres et aérer longuement pendant et
après le traitement et pendant 2 jours,
Porter au minimum des gants avec les bras couverts et de se changer après
traitement.
1.3. Après le traitement
S’il reste de la bouillie à la fin du traitement, la diluer avec au moins 2
volumes d’eau pour un volume de bouillie et l’épandre sur la zone déjà
traitée,
n°14
4/6
Comment utiliser des pesticides
dans les meilleures conditions ?
Rincer l’intérieur du pulvérisateur et les buses et épandre l’eau de rinçage sur les zones déjà
traitées,
Rincer les équipements de protection (gants et bottes) au jardin, laver les vêtements et se
doucher rapidement.
Remarque : en 2007, certaines jardineries ont fait le choix de limiter les ventes de
produits phytosanitaires aux jardiniers amateurs. Ces produits ne sont accessibles
qu’après avoir demandé conseil à un vendeur.
Toujours se souvenir du principe de base des traitements :
"Le bon produit, à la bonne dose, au bon endroit,
et au bon moment".
2. LA GESTION DES DECHETS
2.1. Les résidus de produits et les emballages vides sont des déchets
dangereux
Les déchets issus de l’utilisation de produits phytosanitaires sont de deux types :
Les produits non utilisés : ce sont des produits périmés ou des résidus de
produits dont l’utilisateur n’a plus besoin,
Les emballages : même vides, ils ont été en contact avec le produit et
contiennent encore un reliquat de matières actives.
Les produits non utilisés et les emballages vides
sont des déchets dangereux. Ils ne peuvent donc pas
être jetés à la poubelle avec les ordures ménagères
classiques. En effet, leur incinération dans un incinérateur
non conçu pour les déchets dangereux ou leur enfouissement génèreraient des rejets toxiques dans
l’eau, l’air ou le sol. Certaines molécules, une fois dispersées dans l’environnement, s’accumulent le
long de la chaîne alimentaire et présentent des risques pour la santé humaine.
Il existe des collectes spécifiques pour les emballages vides et les produits
périmés des professionnels. Ces collectes ne sont pas accessibles aux
particuliers. Si le gardien de la déchèterie n’accepte pas les déchets des
particuliers et les renvoie vers ces collectes, il est conseillé de lui demander
de se renseigner auprès de sa collectivité et de repasser ultérieurement.
En outre, les emballages plastiques et métalliques de pesticides sont parfois
traités par les gardiens comme des recyclables classiques et non comme des
déchets dangereux. Dans ce cas, il est important de préciser que même si
l’emballage a l’air vide, il contient toujours des molécules dangereuses.
n°14
5/6
Comment utiliser des pesticides
dans les meilleures conditions ?
2.2. Comment se débarrasser des déchets ?
Les résidus de produits doivent être apportés à la déchèterie,
dans leur emballage d’origine.
Les déchets seront pré-triés par le gardien de la déchèterie, puis
stockés en toute sécurité dans une armoire étanche fermée à clé.
Ils seront ensuite dirigés vers une installation de traitement adaptée.
L’armoire à déchets dangereux
En cas d’absence de déchèterie, il faut questionner la mairie pour savoir si d’autres
solutions ont été mises en place. Certaines collectivités proposent aux habitants des
collectes ponctuelles des déchets ménagers dangereux.
2.3. Que deviennent les déchets ?
Les emballages en plastique et en métal sont nettoyés, puis broyés pour être recyclés. Les
emballages non nettoyables et les résidus de produit, pour lesquels il n’existe pas de process de
valorisation, sont incinérés à très haute température dans un four tournant. Une partie de
l’énergie des fumées issues de la combustion est récupérée dans une chaudière qui
fournit de la vapeur, réutilisée en interne pour fabriquer de l’électricité ou vendue à l’extérieur.
A la sortie de la chaudière, les gaz refroidis subissent un traitement qui capte les polluants et les
amène aux normes de rejet dans l’atmosphère.
n°14
6/6
Les auxiliaires
en image
Larve de chrysope
Aphidius
Colemani
Chrysope
Carabe
Coccinelle
n°16
1/4
les auxiliaires
en image
Crapaud
Grenouille
Œuf de
chrysope
Forficule
n°16
Guêpe parasite
2/4
les auxiliaires
en image
Larve de coccinelle
Lézard des murailles
Mésange bleue
Couple de
rouge-queue
n°16
Mésange
charbonnière
3/4
les auxiliaires
en image
Musaraigne
Punaises
Larve de syrphe
Syrphe
n°16
4/4
Les plantes au
secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
Les préparations à base de plantes sont une "science nouvelle" qui n’ont, jusqu’à maintenant,
fait l’objet d’aucune étude vraiment scientifique (si ce n’est récemment quelques essais en Suisse
et en Allemagne). Les résultats présentés ci-dessous sont donc essentiellement le fruit
d’expériences faites par des particuliers, dans leur jardin.
Quelques plantes utiles :
Les avantages de ces préparations sont multiples :
Elles sont rapidement biodégradables à 100 % (aussi faut-il les utiliser rapidement !),
Elles sont économiques (le matériel et les matières nécessaires à la mise en œuvre sont à la
portée de tous);
Elles ne sont, en général, pas toxiques pour l’utilisateur et les animaux domestiques (tout au
plus répulsives !) (sauf la Rue qui peut provoquer des dermites et l’Euphorbe dont le latex
contenu dans la plante est très irritant pour la peau et les yeux),
Elles sont souvent fabriquées avec des "mauvaises herbes";
Utilisées correctement (dosage, période d’application), elles n’ont pas d’effet traumatisant
pour les plantes.
On distingue essentiellement quatre grands types de préparations :
Les extraits fermentés, encore appelés "purins",
Les décoctions,
Les infusions,
Les macérations (dans l’eau, dans l’huile).
n°17
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les plantes au secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
Produits naturels hors la loi ?
L’article 70 de la Loi d’orientation agricole du 22 décembre 2005 interdit la mise
sur le marché l’utilisation et la détention de tout produit phytosanitaire
qui ne bénéficie pas d’une autorisation de mise sur le marché.
Dans un communiqué de presse du 19 septembre 2006, le Ministère de
l’Agriculture a précisé que cette interdiction ne concernait pas les préparations
effectuées par les particuliers car elles ne rentrent pas dans le cadre d’une
mise sur le marché.
En outre, la promotion et la divulgation de recettes de préparations naturelles
restent également autorisées.
1. LES EXTRAITS FERMENTES
Le principe de fabrication est relativement simple : on laisse fermenter des végétaux dans de l’eau
à température ambiante.
Quelques conseils pour réussir les préparations :
Utiliser de préférence de l’eau de pluie (éviter absolument
l’eau calcaire) ; l’eau du robinet peut convenir à la condition que le
pH soit acide ; les eaux à pH basique peuvent être corrigées en
ajoutant du vinaigre d’alcool.
Utiliser de préférence des récipients en matière plastique ; les récipients en métal sont
à proscrire à cause de la corrosion, à moins d’utiliser des contenants en inox,
Il faut brasser la préparation au moins une fois par jour (l’apport d’oxygène est
nécessaire pour ce type de préparation),
Garder une température constante : les écarts de température trop importants, des
périodes froides (en dessous de 15°C) ou trop chaudes (au dessus de 25°C) sont néfastes aux
préparations,
Ne pas mélanger des plantes d’espèces différentes dans la cuve,
Certaines plantes, parce qu’elles contiennent des huiles essentielles en grande quantité,
ne conviennent pas pour les fermentations (sauge, thym, romarin, menthe, lavande…),
Pour éviter les mauvaises odeurs, il existe quelques astuces : ajouter une poignée
d’angélique fraîche (ou de sauge, de thym, de menthe ou de camomille) pour dix litres de
préparation, après quatre ou cinq jours de fermentation (idem avec de la poudre de basalte :
une petite poignée pour dix litres),
Filtrer minutieusement la préparation. C’est une opération souvent longue et
fastidieuse, surtout pour les préparations que l’on pulvérise. Filtrer une première fois avec un
tamis à mailles larges, puis repasser une seconde fois à travers un bas en nylon. Cela évite aussi
un nouveau départ de fermentation si le produit est stocké pour un usage ultérieur,
Stocker les produits dans des récipients opaques en plastique ou en verre dans un
endroit frais (cave, silo) et à l’abri de la lumière.
n°17
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les plantes au secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
2. LES DECOCTIONS
Elles sont obtenues en faisant bouillir les plantes dans de l’eau.
Au préalable, on peut les laisser infuser dans l’eau pendant une journée.
Laisser bouillir pendant vingt à trente minutes; utiliser de préférence un récipient en
inox muni de son couvercle; laisser refroidir la préparation sans ôter le couvercle (une partie
des essences pourrait alors se volatiliser);
Ces préparations ne se conservent pas longtemps, il faut donc les utiliser rapidement.
3. LES INFUSIONS
A la différence des décoctions, la plante ne bout pas avec l’eau. C’est seulement après que
l’eau ait frémi que l’on y incorpore les plantes. Un couvercle est placé sur le récipient. Après
refroidissement, filtrer et, comme pour les décoctions, utiliser dans les 24 heures.
Certains l’utilisent encore chaude (pas plus de 45°C) (cas des traitements insecticides).
4. LES MACERATIONS (EXTRAITS A L’EAU FROIDE)
Le principe est simple : laisser les plantes (hachées finement de préférence) infuser
dans de l’eau froide pendant vingt quatre heures.
Certaines préparations peuvent se faire avec de l’huile végétale (voir recettes plus loin).
Macération de prêle
Macération d’ortie
5. PRECAUTIONS D’UTILISATION DES PREPARATIONS
NATURELLES
Pour traiter le feuillage, il est préférable d’utiliser un pulvérisateur qui sera étalonné
chaque année (cf. Fiche 14).Toutefois, les erreurs de dosage ont moins de conséquences sur
les plantes et l’environnement du fait de la biodégradabilité rapide des préparations naturelles.
Certaines plantes peuvent être irritantes voire toxiques. Il est conseillé d’adapter sa
tenue en fonction des risques propres à chaque plante et, au minimum, de ne pas
laisser de peau découverte et de porter des gants.
n°17
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les plantes au secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
A l’issue du traitement, s’il vous reste de la préparation :
- Conservez-la pour un traitement ultérieur (durée de conservation variable selon
préparation),
- Pulvérisez les restes sur la zone traitée,
- Versez les restes au bas du composteur (en haut du tas, les propriétés antifongiques
et insecticides de certaines préparations pourraient perturber le processus de compostage).
6. QUELQUES RECETTES
Légende des tableaux suivants :
Types de préparation :
Utilisation :
MH : macération dans l’huile
P : pulvérisation
ME : macération dans l’eau
A : arrosage à l’arrosoir
EF : extrait fermenté
D : décoction
I : infusion
En dehors de cas particuliers pour
lesquelles l’indication est donnée, les
plantes s’utilisent fraîches.
6.1.Tableau des dilutions
Dilutions
n°17
Correspondances
5%
5 cl dans 1 litre
ou 50 cl dans 10 litres
1 volume d’extrait
+ 19 volumes d’eau
10%
10 cl dans 1 litre
ou 1 litre dans 10 litres
1 volume d’extrait
+ 9 volumes d’eau
20%
20 cl dans 1 litre
ou 2 litres dans 10 litres
1 volume d’extrait
+ 4 volumes d’eau
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contre les parasites et les maladies
6.2. Les plantes à action insecticide
n°17
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contre les parasites et les maladies
6.3. Les plantes à action fongique et bactéricide
n°17
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les plantes au secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
6.4. Plantes à action répulsive contre les animaux ravageurs
n°17
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les plantes au secours des plantes
n°17
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
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les plantes au secours des plantes
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
6.5. Les plantes engrais et à action stimulante*
n°17
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les plantes au secours des plantes
n°17
les produits naturels de lutte
contre les parasites et les maladies
10/10
Les plantes utiles
en image
Achillée
Absynthe
Ail
Armoise
n°18
1/6
les plantes utiles
en image
Bardane
Bourrache
Camomille
Capucine
n°18
2/6
les plantes utiles
en image
Consoude
Euphorbe épurge
Fougère
Matricaire
n°18
3/6
les plantes utiles
en image
Mélisse
Noyer
Prêle
Raifort
n°18
4/6
les plantes utiles
en image
Rue
Rumex
Sauge
Soucis
n°18
5/6
les plantes utiles
en image
Sureau
Tanaisie
Thym
Valériane
n°18
6/6
Les produits minéraux
de traitement
Une fois toutes les techniques préventives de lutte contre les maladies, les ravageurs et les
herbes indésirables mises en place, il est tout de même possible que des problèmes apparaissent.
Dans un premier temps, il faut réfléchir :
quels seront leurs impacts réels dans le jardin et
est-ce que les dégâts causés vont provoquer la mort des plantes
ou une perte significative de récolte ?
Si, oui, avant de sortir l’arsenal des produits chimiques, on peut se demander
s’il n’existe pas des produits ayant moins d’impact sur l’environnement et la
santé. Il existe des produits qui sont autorisés en culture biologique.
Les plus connus sont à base de cuivre et de soufre. Certes, ces produits sont
des alternatives à la majorité des pesticides mais il ne faut pas oublier
qu’ils restent néanmoins des produits qui, appliqués régulièrement,
peuvent s’accumuler et avoir un impact sur l’environnement.
Il faut les utiliser avec parcimonie.
1. LES PRODUITS A ACTION FONGICIDE, BACTERICIDE
ET/OU INSECTICIDE
1.1.Le cuivre
Le cuivre était déjà utilisé très anciennement pour lutter contre les maladies dues à des
champignons sur la vigne. On l’utilise contre la tavelure et le mildiou de la vigne, des pommes
de terre et des tomates. Le cuivre permet également de lutter contre des maladies causées par des
bactéries : feu bactérien, pourritures molles…
Les produits à base de cuivre empêchent la germination des spores*. Ils ont donc
une action essentiellement préventive. L’action curative est limitée aux attaques récentes
et peu développées.
n°19
1/6
les produits minéraux de traitement
1.1.1. Principales formes utilisées
Bouillie bordelaise
La bouillie bordelaise est une solution de sulfate de cuivre additionnée de chaux. On peut
assimiler cette bouillie à un désinfectant que l’on applique sur les plaies. A utiliser de manière
préventive au moment de la chute des feuilles à l’automne et juste avant le débourrement des
bourgeons au printemps.
Il ne faut pas perdre de vue que la bouillie bordelaise est toxique et peut causer de graves
brûlures sur certains feuillages : on parle alors de phytotoxicité. Attention à respecter les
dosages.
Oxychlorure de cuivre : convient mieux aux légumes.
Hydroxyde de cuivre : obtenu par traitement du sulfate de cuivre à la soude.
L’hydroxyde de cuivre et l’oxychlorure de cuivre sont moins phytotoxiques* que la bouillie
bordelaise.
1.1.2.Toxicologie
Les produits à base de cuivre sont peu toxiques pour l’homme.
1.1.3. Ecotoxicité
Les sels à base de cuivre sont dans la plupart des cas non toxiques pour les vertébrés, les
insectes vivant dans l’air et les oiseaux. Par contre, le cuivre est toxique pour les poissons
et un certain nombre d’organismes aquatiques. Il fait partie des molécules indésirables dans les eaux
destinées à la consommation et dans les nappes phréatiques.
De plus, le cuivre s’accumule dans les premiers centimètres du sol et peut devenir toxique pour les
organismes du sol, notamment les vers de terre. Il s’agit là d’un problème bien connu dans les sols
où la vigne est cultivée.
Alors attention à ne pas surdoser lors des traitements !
Astuce :
Si les pommes de terre ou les tomates sont bleues en fin
de traitement c’est qu’il y a eu surdosage !
Le brouillard pulvérisé sur les plantes ne doit
normalement pas laisser de traces bleues sur le feuillage.
Si ces marques bleues apparaissent c’est que le produit
s’est accumulé sur la feuille jusqu’à ruisseler, entraînant
un gaspillage et une pollution inutiles.
Pomme de terre
et tomates bleues à éviter
n°19
2/6
les produits minéraux de traitement
1.2. Soufre
Le soufre est utilisé depuis de nombreuses années pour lutter contre la tavelure
et l’oïdium.
Comme le cuivre, le soufre a une action préventive* mais l’action curative*
contre les champignons est limitée. Le soufre appliqué sur le feuillage crée une barrière contre
les spores*. Cet élément s’oxyde au contact des feuilles et prend une forme qui brûle les spores.
Le soufre a peu d’activité résiduelle, son efficacité est d’environ une semaine. Ne pas traiter par
temps pluvieux.
On ne recommande pas son usage à moins de 10°C et à plus de 28°C. Lorsque les
températures sont inférieures à 16°C, l‘efficacité est inférieure à celle du cuivre.
1.2.1. Les principales formes
Le soufre peut être appliqué en poudre lorsque le feuillage est humide mais on le trouve plus
facilement sous forme mouillable à pulvériser. Le soufre mouillable est aussi appelé soufre
micronisé. Plus le soufre est en poudre fine, plus il sera efficace.
1.2.2. Ecotoxicité
Le soufre est toxique pour les fruits et les feuilles. Les variétés de pomme Cox orange et
Red delicious sont sensibles au soufre qui provoque des taches sur les fruits.
Le soufre est acidifiant pour le sol mais une surcharge pour le sol en soufre est moins dangereuse
que dans le cas du cuivre.
Le soufre est inoffensif pour les abeilles mais s’avère nuisible pour certains insectes et acariens
utiles tels que les punaises, les acariens prédateurs et les hyménoptères parasites.
1.3. Le permanganate de potassium
Il s’agit d’un sel de potassium riche en manganèse, utilisé également en médecine humaine. Il
a une action stimulante de la végétation en raison de l‘oxygène qu’il contient et une action
désinfectante. Il est principalement utilisé pour son action curative sur les oïdiums. C’est pourquoi,
il est utilisé comme additif au soufre mouillable.
A des concentrations trop élevées, il provoque des taches sur les
feuilles et les fruits.
n°19
3/6
les produits minéraux de traitement
1.4. La silice
Le silicate de soude est un produit alcalin liquide et riche en silice. On peut l’utiliser, surtout
en été, à titre préventif contre les maladies sur les arbres fruitiers et les vignes. L’action de
la silice est de renforcer la résistance naturelle. Certains producteurs de fruits et de raisins utilisent
le silicate de sodium pour raffermir les tissus des fruits ce qui les rend plus résistants aux
attaques d’insectes et de maladies. En France, ce produit n’est pas répertorié comme produit
phytosanitaire mais est autorisé en agriculture biologique.
1.5. Le bicarbonate de sodium
Le bicarbonate de sodium (NaHCo3) peut être utilisé comme traitement
fongicide dès apparition des symptômes et après chaque pluie.
Généralement, il est utilisé en association avec un savon doux pour
augmenter sa résistance à la pluie sur les feuilles.
Attention, à partir de 20g de bicarbonate par litre d’eau, soit environ une cuillère à soupe,
des risques de brulures légères sont possibles.
1.6. Les huiles minérales
Les huiles minérales sont généralement appliquées en hiver par temps frais et sec afin de limiter
les populations d’insectes et d’acariens ravageurs hivernants.
Elles agissent par asphyxie et intoxication sur des œufs d’insectes, des formes hivernantes d’acariens
et des cochenilles. Elles peuvent également avoir un effet répulsif notamment contre l’aleurode
des serres mais aussi beaucoup d’autres ravageurs. Elles sont peu toxiques pour les
mammifères et ont une rémanence d’action très courte ce qui les rend inoffensives pour les
insectes utiles seulement quelques jours après l’application de ces huiles.
Lors du traitement, il faut continuellement agiter le pulvérisateur au risque de pulvériser
dans un premier temps de l’eau puis dans un second temps, l’huile qui serait alors trop
concentrée et pourrait être toxique pour les plantes.
1.7. La chaux
Dans les vergers, il est de coutume de badigeonner les troncs avec une solution de chaux.
Cette pratique a deux objectifs principaux :
éliminer les insectes qui peuvent se cacher dans l’écorce du tronc,
réduire le risque de gel des fleurs au printemps en retardant de quelques jours le
fleurissement. En effet, le blanc évite l’échauffement du tronc au printemps et ralentit la montée de
sève ce qui va retarder le fleurissement de quelques jours.
n°19
4/6
les produits minéraux de traitement
L’inconvénient est que ce traitement n’est pas sélectif et va
éliminer également les auxiliaires qui vivent sur le tronc.
En outre, dans un cadre familial où la production n’a pas de vocation
économique, le gain obtenu par la diminution des risques de gel n’est pas
significatif.
Aussi, cette pratique, bien qu’appréciée par certains pour son
côté esthétique, n’est pas conseillée !
2. LES PRODUITS CONTRE LES HERBES INDESIRABLES
2.1. Le chlorate de soude
Ce produit est très utilisé voire trop utilisé par les jardiniers amateurs. Cet herbicide total
sert également à dévitaliser les souches. Il convient uniquement pour des surfaces non
cultivées telles les cours, les terrasses ou les trottoirs. S’il se retrouve dans un sol, plus rien n’y
poussera pendant un moment. Veiller à ce que le produit ne puisse pas être entraîné vers
des plantes cultivées ou un cours d’eau. Le chlorate de soude est faiblement toxique pour
l’homme. Il est fortement explosif et rend inflammable les matières organiques qu’il imprègne.
Attention à bien rincer les appareils et les vêtements après usage.
2.2. Sulfamate d’ammonium
Il peut être utilisé pour dévitaliser des souches, débroussailler et tuer les herbes
indésirables vivaces ou annuelles. Pas de risque pour les plantes voisines. Il s’agit d’un produit
minéral qui se dégrade en trois semaines en sulfate d’ammoniaque non toxique.
3. LES PRODUITS CONTRE LES MOUSSES
3.1. Sulfate de fer
Le sulfate de fer est utilisé pour détruire la
mousse dans les gazons. Il peut être utile pour
diminuer le pH d’un sol trop calcaire et lorsque
les végétaux présentent des symptômes de
carence en fer. En revanche sur un sol acide, le
sulfate de fer acidifie la terre et contribue à la
rendre moins perméable et donc plus favorable
aux mousses.
Le sulfate de fer ne doit pas être utilisé sur les
pavés au risque de les tacher.
n°19
5/6
les produits minéraux de traitement
3.2. Cyanamide de chaux
Il s’agit d’un produit à base d’azote et de chaux qui est à la fois un engrais (apport d’azote)
et un anti-mousse. Si le sol d’un gazon est trop acide, l’apport de calcaire permet de rendre le
sol plus basique et d’améliorer sa structure. Mais attention, il faut respecter le dosage parce
qu’à trop forte dose, la cyanamide de chaux peut brûler une pelouse.
L’utilisation de la cyanamide de chaux est déconseillée :
pour les potagers car les légumes préfèrent les sols à tendance acide
pour les massifs floraux car le développement du feuillage sera favorisé au détriment de la
floraison.
n°19
6/6
Les techniques
alternatives
au désherbage chimique
Quel jardinier n’a jamais rêvé un jour d’une terre où les mauvaises herbes ne pousseraient plus !
Pourtant leur développement est signe de fertilité puisqu’il n’y a que les sols stériles qui
persistent sans herbes spontanées. Si la place leur est laissée, les herbes indésirables envahissent
progressivement le terrain. Pour les empêcher, il existe certes des désherbants chimiques mais
également un grand nombre de solutions alternatives nettement moins polluantes, sans oublier
que nous pouvons toujours essayer d’accepter un peu plus leur présence.
1. POUR QUELLES RAISONS FAUT-IL ÉVITER D’UTILISER
DE DESHERBANTS CHIMIQUES CHEZ SOI ?
Le désherbage chimique des cours, des terrasses,
des entrées de garage ou des dallages est une
source de pollution loin d’être négligeable. Sur ces
surfaces, les désherbants chimiques ne sont pas absorbés
par le sol où ils pourraient être en partie dégradés par les
micro-organismes mais sont entraînés, dès la première
pluie vers les égouts qui se déversent à leur tour dans les
ruisseaux et les rivières. La pollution des eaux atteint alors
des niveaux importants pendant plusieurs jours. Une
étude menée par le Sisyphe sur la Marne a évalué
à 20 à 30% la part des pesticides dans la rivière
venant du désherbage en zone urbaine.
Risque de pollution lors du désherbage des allées
Au jardin potager et dans les massifs de fleurs, les désherbages chimiques répétés fragilisent
la terre en détruisant une forte proportion des organismes du sol. La structure du sol s’abîme, la
terre se tasse et les plantes cultivées sont asphyxiées tandis que les herbes indésirables coriaces,
mieux adaptées aux conditions difficiles, en profitent pour s’installer.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
2. QU’EST-CE QU’UNE MAUVAISE HERBE
ET QUE LUI REPROCHE-T-ON ?
Les mauvaises herbes désignent toutes les plantes qui poussent naturellement là où nous ne
le désirons pas. Le terme "mauvaises herbes" est impropre vu les qualités que certaines plantes
recèlent parfois sur le plan pharmaceutique ou culinaire (pissenlits, orties…), alors pourquoi ne
pas parler plutôt d’herbes indésirables ou d’adventices ?
Nous voulons en général éliminer ces herbes car :
elles étouffent les semis à croissance lente,
elles concurrencent les plantes cultivées pour l’utilisation de l’eau et des
éléments nutritifs,
elles servent d’abri aux limaces, insectes et autres parasites (mais attention elles
peuvent également servir d’abri et de nourriture aux insectes amis du jardinier).
Mais en général, la présence de mauvaises herbes agresse avant tout les convictions esthétiques du
jardinier ("un jardin doit être propre") plutôt qu’elle n’entame la productivité réelle de son jardin.
Cas du glyphosate
(substance active de nombreux désherbants couramment utilisés)
La publicité concernant certains herbicides est exagérément optimiste quant à la biodégradabilité
de ses produits. Le rapport de l’Institut Français de l’Environnement (IFEN) de 2004 révèle que
50% des cours d’eau et des rivières sont pollués par le glyphosate (molécule souvent utilisée par
les jardiniers amateurs pour désherber) et par sa molécule de dégradation. Des études font
également part d’effets de ce produit sur la faune et la flore aquatiques mais aussi sur la santé
humaine.
ALORS PRUDENCE !
n°20
2/10
les techniques alternatives
au désherbage chimique
3. PROPOSITIONS DE SOLUTIONS POUR LES ABORDS
DES MAISONS
3.1. Pour les dallages et les surfaces bétonnées et bitumées
3.1.1. A la main !
Les mauvaises herbes peuvent être arrachées à la main. C’est un travail physique demandant
un peu de patience mais pour ceux qui aiment le jardinage c’est aussi un passe temps agréable. Pour
éviter d’être envahi par les herbes indésirables et d’y passer trop de temps, pensez à arracher les
herbes régulièrement et par temps légèrement humide pour que ce soit plus facile. Les
herbes extirpées pourront être mises sur le tas de compost si elles ne sont pas encore montées
en graines.
3.1.2. A l’eau bouillante !
C’est à se demander comment les herbes arrivent toujours à
trouver les joints et la moindre fissure pour se développer. Une
solution vraiment efficace pour se débarrasser de ces
herbes est l’eau bouillante. C’est simple, non polluant et très
bon marché. Certes, ce procédé peut paraître archaïque mais vous
serez enchanté par ses résultats.
Vous pouvez utiliser l’eau de cuisson des légumes, des
pommes de terre et des pâtes. Il vous suffit ensuite de verser
immédiatement et lentement cette eau bouillante sur les herbes à détruire. Il faudra insister plus
sur les herbes les plus coriaces (effet limité sur le plantain).
Cette technique est aussi efficace que les désherbants chimiques et beaucoup plus
rapide (pas de calcul de dose, application minutieuse du produit, rinçage du pulvérisateur et
application des eaux de rinçage sur un terrain vague).
3.1.3. A la flamme !
Il existe actuellement sur le marché des petits systèmes
à gaz produisant une flamme. Il faut alors appliquer la
flamme deux à trois secondes (selon la taille de la plante)
sur la plante à détruire.
Cette technique est très intéressante car elle a le
mérite d’être simple et rapide. Il ne faut néanmoins pas
oublier qu’elle est plus polluante que l’eau bouillante de
cuisson.
n°20
3/10
les techniques alternatives
au désherbage chimique
3.1.4. Pour les allées
Les herbes indésirables ont tendance à se développer
régulièrement sur les allées gravillonnées. En installant un film
perméable ou plus précisément un géotextile sous les gravillons, vous
empêcherez la germination des graines et la pousse de ces herbes. En
outre, vous éviterez que les gravillons ne s’enfoncent dans le sol.
Autre solution, vous pouvez diriger vous-même l’enherbement en
semant un gazon en dehors des zones de passage et de roulement des
roues que vous tondrez en même temps que le reste de votre pelouse.
Si les allées et venues des véhicules et des piétons ne suffisent pas à contrôler le développement
des herbes et que vous souhaitez utiliser un désherbant chimique, vous n’aurez alors qu’à désherber
la zone de passage ce qui représentera tout de même une réduction de près de 80% des
quantités de désherbants nécessaires.
Et pourquoi ne pas accepter la présence des herbes ?
Lorsque l’herbe s’installe dans les joints des pavés, cela peut être très joli et ne
pas donner l’impression que ce n’est pas entretenu. Il faut savoir que l’herbe
qui pousse entre les pavés a un développement limité par le passage
des véhicules et le piétinement.
Vous avez également la possibilité d’aménager vos allées ou
terrasses avec des caillebotis enherbés. Il s’agit de dispositifs qui
permettent de stabiliser une surface avec un treillis alvéolé en béton ou
en plastique à remplir avec de la terre et à semer en gazon.
3.2. Propositions de solutions pour les massifs de fleurs et d’arbustes
3.2.1. Ne provoquez pas vous-même des situations incontrôlables
Certaines plantes sont capables de produire des milliers de graines qui peuvent germer pendant
plusieurs années. Pour éviter l’invasion, éliminez les plantes indésirables avant qu’elles ne
montent en graines.
Si votre terre est envahie de nombreuses racines de plantes coriaces comme le liseron ou le
chiendent, il faut absolument éviter de passer un outil rotatif comme une moto-bêche ou
motoculteur.Vous allez multiplier les racines à l’infini. Bêchez de préférence avec une bêche à
dents pour éviter de couper les racines et faciliter leur extraction.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
3.2.2. Pensez à couvrir le sol avec des paillages
"La nature a horreur du vide !". Pour éviter que les herbes
indésirables s’installent sur la terre nue, la solution consiste à recouvrir
la terre avec un paillage. Il n’est pas nécessaire d’acheter des paillages,
pensez d’abord à recycler certains déchets verts que l’on a souvent en
quantité importante chez soi. Le recyclage permet alors d’obtenir un
paillage gratuit tout aussi efficace que ceux qui sont commercialisés.
3.2.3. Paillages à partir de déchets verts recyclés
Composition
du paillis
Epaisseur
Durabilité
Conseils de mise en
place et remarques
Tontes de gazons
5 à 10 cm
Quelques semaines
Au préalable, faire sécher un
à deux jours les tontes.
Feuilles mortes
Pailles de céréales
Tailles de thuya
10 cm
Pensez à laisser quelques
Une année, selon l’épaisseur branches basses à la base de vos
du paillage
arbustes pour maintenir les
feuilles contre le vent.
5 à 10 cm
Il est possible de broyer la paille
avec la tondeuse afin de
Une année, selon l’épaisseur
l’épandre plus facilement entre
du paillage
les fleurs et les plantes
annuelles.
5 cm
Une à deux années
Inconvénient : Limite fortement
l’activité biologique sous le
paillis.
Paillages commercialisés.
Les plus connus sont les écorces de pin. Il existe plusieurs tailles, les plus petites sont réservées aux
petits végétaux et les plus grosses pour les plus gros végétaux. L’épaisseur à installer dépend de la
taille de vos écorces : environ 7 cm pour les petites écorces et jusqu’à 10-12 cm pour les grosses
écorces.
Les écorces de pins ont tendance à acidifier le sol. Elles sont
favorables aux azalées et aux hortensias mais déconseillées pour les
rosiers.
Les différents paillages présents sur le marché :
les coques de cacao, très jolies mais coûteuses
(penser à les arroser lors de la pose pour qu’elles s’agglomèrent),
les paillettes de lin ou de chanvre : pour les fleurs et les
vivaces,
les broyats de branches,
les graviers et les ardoises concassées pour les rocailles,
les toiles en feutre biodégradables à poser avant la
plantation.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
ATTENTION !
Evitez de poser des bâches en plastique, elles diminuent nettement
la vie du sol. De plus, elles ne sont pas biodégradables. Dans un jardin, elles doivent être
enlevées au bout de 3 à 5 ans, lorsque les plantes couvrent complètement le sol.
Remarques sur le paillage
Avant de mettre un paillage, désherbez manuellement la surface de votre massif à
recouvrir.
Ne craignez pas la propagation de maladie, la nature est bien faite. Les gains apportés par le
paillage sont énormes par rapport aux risques de maladies. Au contraire, le paillage limite les
éclaboussures lors des pluies et donc limite la propagation de maladies comme le mildiou.
Néanmoins, dans certains cas les paillages peuvent attirer les limaces et les campagnols.
Les autres avantages du paillage :
les paillages limitent l’évaporation, vous aurez moins besoin d’arroser,
les paillages constituent des abris pour les insectes amis du jardinier,
les paillages permettent une meilleure régulation de la température à la surface du sol et
donc un meilleur enracinement de vos plantes.
les paillages favorisent une vie importante dans le sol : vers de terre, insectes, bactéries et
champignons favorables aux cultures.
3.2.4. Pensez à couvrir le sol avec des végétaux
Certaines plantes ont la
capacité de couvrir le sol
densément. Elles sont intéressantes
pour le jardinier car plantées au pied
d’arbustes, de rosiers ou de grandes
plantes vivaces, elles empêchent la
pousse des herbes indésirables.
On choisira des plantes résistantes,
non envahissantes qui demandent
peu d’entretien : les vivaces comme le
géranium vivace, l’alchémille, la
consoude naine, le lamier blanc (qui
par ailleurs évite la pousse des orties)
répondent à ces critères.
Avant de planter les végétaux couvre-sol, assurez-vous que votre massif est exempt de
mauvaises herbes. Respectez les distances de plantation et paillez en attendant que les plantes
s’installent.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
Dans le même ordre d’idées, pensez à imbriquer au
maximum vos plantes dans vos massifs pour laisser le
moins de place possible aux herbes indésirables.
Remarque : certaines plantes sauvages ont une belle
floraison et peuvent s’implanter dans vos massifs.
Sachez les reconnaître et les laisser se développer.
3.3. Propositions de solutions pour les pelouses
Pour la plupart des jardiniers, une belle pelouse doit être tondue courte et être constituée
uniquement d’herbes à gazon. Il faut savoir que ce type de pelouse est très exigeant en tonte,
en arrosage, en fertilisation, en anti-mousse et en désherbants chimiques ; bref un entretien loin de
respecter notre environnement !
Au lieu d’être en lutte permanente contre la nature pour avoir une pelouse de type anglais,
pourquoi ne pas avoir une pelouse plus naturelle dans laquelle des pâquerettes
fleurissent ?
Tout d’abord, il existe de nombreux mélanges de gazons dont certains sont adaptés aux
terrains secs ou aux zones d’ombre. Pensez donc à choisir des mélanges de gazons adaptés à votre
terrain.
En outre, nous avons toujours tendance à tondre trop court le gazon. Il est alors affaibli,
mal enraciné et plus sensible à la sécheresse. En tondant plus haut, votre herbe sera plus
vigoureuse et arrivera mieux à concurrencer les plantes indésirables et la mousse. Si
les pissenlits, les rumex et les plantains résistent, sachez qu’il existe dans le commerce de nombreux
outils malins (couteau désherbeur, arrache racines…) pour désherber votre pelouse.
En ce qui concerne l’apport d’engrais, au lieu de fertiliser avec des engrais chimiques, préférez
apporter une fine couche de compost bien mûr à la surface de votre gazon.
Quant à la mousse, au lieu d’entrer dans le cercle vicieux de l’éradication chimique avec le sulfate
de fer, il faut d’abord connaître son origine. La mousse se développe lorsque la terre est trop acide,
le sol trop tassé et que la pelouse est à l’ombre. Pensez dans un premier temps à scarifier
votre pelouse (une fois tous les deux ans). Le scarificateur a un rôle à la fois préventif et curatif
contre la mousse en l’arrachant et en aérant le sol.
Le sulfate de fer, produit anti-mousse, augmente l’acidité du sol et favorise le retour de
la mousse. Vous pouvez apporter de la chaux ou du cyanamide de chaux (produit qui apporte
également une fraction d’engrais) pour que le sol de votre pelouse soit moins acide. Cette
technique est à éviter sur les terrains trop calcaires.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
3.4. Propositions de solutions pour le potager
3.4.1. Biner pour désherber mécaniquement
Pour le jardin potager, comme dans les massifs, n’oubliez
pas que "UN BINAGE VAUT DEUX ARROSAGES".
En effet, le binage casse la croûte superficielle du sol, créant
ainsi une couche "isolante" qui va limiter l’évaporation de
l’eau du sol et favoriser la pénétration de l’eau des pluies
d’orages. Ainsi l’eau reste disponible pour les plantes.
3.4.2. Semer en rang plutôt qu’à la volée.
Pour les plantes peu couvrantes, en semant en rang étroit, il sera plus facile et plus rapide d’éliminer
les herbes indésirables. En effet, vous n’aurez qu’à désherber manuellement sur le rang et
entre les rangs, un rapide coup de binette suffira.Alors que si vous semez à la volée, il vous faudra
tout désherber manuellement.
En plus de semer en ligne, il est possible de mettre un peu de compost au fond du rang
afin de limiter la pousse des herbes indésirables et, lorsque les plantules ont levé, d’ajouter
un paillage en inter-rang.
3.4.3. La technique du faux semis
La technique du faux semis consiste à préparer la
terre comme si vous vous apprêtiez à semer
votre potager. Attendez alors 2 semaines pour
que les herbes indésirables poussent. Sarclez alors
la surface et semez vos graines. Cette technique est
efficace mais elle demande d’être un peu prévoyant.
Si vous êtes pressés, vous pouvez recouvrir la terre
d’un géotextile, vous gagnez alors une semaine
d’attente.
3.4.4. Le paillage
Comme expliqué dans les paragraphes précédents, le paillage présente de nombreux avantages.
Il peut également être aisément utilisé dans le potager.
n°20
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les techniques alternatives
au désherbage chimique
3.4.5. Couvrez la terre avec des " engrais verts "
Dès qu’une partie de votre jardin n’est plus
occupée, vous pouvez semer des engrais verts
comme la moutarde, la phacélie, le colza d’hiver
ou le seigle.
Ces plantes présentent de nombreux avantages
pour les jardiniers :
elles travaillent le sol en profondeur et
améliorent sa structure,
elles protègent le sol des intempéries,
elles empêchent les herbes indésirables
de pousser.
Un mois et demi avant de semer, coupez votre engrais vert (tondeuse ou débroussailleuse).
Laissez-le faner /sécher une semaine et incorporez-le au sol. Il aura alors le temps de se
décomposer et de se transformer en humus. Si ce délai n’est pas respecté, l’enfouissement de
l’engrais vert peut avoir un effet dépressif sur l’azote disponible dans le sol pour les racines
et ralentir la croissance des plantes (un jaunissement des feuilles est possible).
3.4.6. Cas particulier des productions fruitières
Pour la vigne, les arbres fruitiers (hormis
les premières années), les framboisiers
ou les groseilliers, il est possible de
couvrir le sol avec de l’herbe entre
les rangs et aux pieds.
En effet, dans un cadre familial, l’impact
de la concurrence de l’herbe pour l’eau
consommée par les fruitiers peut être
tout à fait acceptable.
Pour l’entretien de l’enherbement, un
passage de débroussailleuse, de coupe
bordure ou de tondeuse suffit.
n°20
9/10
les techniques alternatives
au désherbage chimique
4. CONCLUSION
Sur les dalles et les terrasses, pensez à l’eau bouillante.
Ne pas laisser un sol nu, pensez aux paillages, aux plantes couvre-sol
ou aux engrais verts.
Ne tondez pas trop court votre gazon et pensez à le scarifier.
Semez en rangs étroits.
Ne vous laissez pas envahir par les herbes indésirables avant d’agir.
Lorsque vous désherbez manuellement, pensez à le faire régulièrement
(quelques minutes chaque jour) pour vous éviter un travail laborieux.
Acceptez la présence d’herbes indésirables.
n°20
10/10
Les animaux
indésirables
en image
Tetranyque
Tysserand
Aleurodes
Altise adulte
Carpocarpse
des pommes
Carpocarpse
des prunes
Cochenille farineuse
n°21
1/6
les animaux indésirables
en image
Doryphore adulte
Larves de doryphore
Cossus
Chenille de sésie
Xylebore adulte
n°21
2/6
les animaux indésirables
en image
Zeuzères
Limaces
Campagnol
n°21
3/6
les animaux indésirables
Mouche
de la carotte
en image
Pupe de mouche
du poireau
Mouche du poireau
Fourmis - Pucerons
Pucerons
n°21
4/6
les animaux indésirables
en image
Taupins
Larve de hanneton
n°21
5/6
les animaux indésirables
n°21
en image
6/6
Fréquence :
Dommage :
( )
Les acariens
Les acariens ne sont pas des insectes mais des arachnides
car ils possèdent quatre paires de pattes. Cependant, à la différence des autres arachnides,
leur thorax et leur tête sont soudés en une seule partie.
De nombreuses espèces d’acariens sont présentes dans les jardins lorrains. Ils sont généralement
petits (0,3 à 0,7 mm) et peuvent à peine être observés à l’œil nu. Bien qu’ils soient capables de
se multiplier très rapidement, il existe pour chaque espèce d’acarien ravageur une ou plusieurs
espèces d’acariens prédateurs souvent capables de réguler les populations en l’absence de
traitements chimiques. La présence en grand nombre d’acariens ravageurs peut être considérée
comme un indicateur d’intensité des cultures car certains produits phytosanitaires utilisés
fréquemment favorisent la multiplication des acariens par leur action acaricide non sélective.
Les espèces les plus nuisibles et les plus fréquemment observées en Lorraine sont le tétranyque
tisserand ou acarien jaune tisserand (Tetranychus urticae) qui se retrouve souvent
aux jardins et l’acarien rouge (souvent appelé araignée rouge) (Panonychus ulmi)
présent davantage dans les vergers ou sur la vigne.
Ces deux espèces piquent et sucent la sève des plantes sur les faces inférieures des feuilles.
Si la biologie, les plantes hôtes et les dégâts provoqués par ces deux espèces diffèrent, les
moyens de lutte sont quant à eux les mêmes, quelle que soit l’espèce d’acarien concernée.
1. DESCRIPTION
A peine visible à l’œil nu, le tétranyque tisserand ou acarien jaune
est difficile à détecter. La taille de l’adulte est comprise entre
0,3 et 0,5 mm, sa couleur varie du jaune clair au vert foncé selon la plante
hôte, les oeufs sphériques ont un diamètre inférieur à 0,1 mm.
La femelle de l’acarien rouge est visible à l’œil nu et mesure de
0,4 à 0,7 mm de long. Son corps est ovale de couleur rouge ou rougebrun. Les mâles sont beaucoup plus petits et de couleur orangée. L’œuf
est rouge brique. Celui d’été, plus petit, est moins pigmenté que l’œuf
d’hiver. Lorsqu’ils sont nombreux, les œufs sont visibles à l’œil nu,
généralement à la base des bourgeons.
n°22
1/4
les acariens
2. BIOLOGIE ET PLANTES HOTES
Le tétranyque tisserand se développe sur plusieurs générations qui se suivent très rapidement
durant l’été. Ils passent d’une plante à l’autre, si elles se touchent, par le sol, pour de faibles
distances, par des objets, des personnes ou par le vent, grâce à l’aide d’un fil de soie qui lui sert de
"parachute". A tous les stades actifs, Tetranychus urticae tisse à la face inférieure des
feuilles des toiles soyeuses. Il hiverne sous divers abris ou à proximité de sources de chaleur.
L’acarien jaune tisserand est l’acarien ravageur le plus courant dans les jardins.
Il est particulièrement polyphage* et près de 200 hôtes sont susceptibles de l’accueillir parmi
lesquels :
des plantes ligneuses ornementales et fruitières : rosier, aubépine, cerisier, érable, frêne,
peuplier, pommier, prunier, saule, sureau, tilleul ou vigne.
des plantes herbacées ornementales et légumières : haricot, concombre, achillée,
capucine, clématite, chrysanthème, dahlia, digitale, hibiscus, tournesol, lavande, œillet, pensée, ricin,
rose trémière, verveine ou violette.
Différentes plantes hôtes de l’acarien jaune :
En ce qui concerne les acariens rouges, l’éclosion des œufs présents sur les rameaux durant
l’hiver débute en général en avril ou mai en fonction de la température printanière. Plusieurs
générations (de 5 à 8) se succèdent sans interruption jusqu’à la fin de l’été. La durée du cycle varie
selon la température et l’hygrométrie. La plus haute densité de population est observée en
juillet-août. Le dépôt des pontes d’hiver commence dès la mi-août.
Les plantes hôtes de l’acarien rouge sont la vigne et les arbres fruitiers tels que le pommier, le
prunier, le pêcher, le cerisier ou le groseillier.
Ces deux acariens se multiplient plus rapidement par temps chaud et sec et dans les
sites peu aérés (serres ou cultures intensives).
3. DEGATS
En ce qui concerne le tétranyque tisserand, les dégâts directs
sont dus aux piqûres nutriciales. Les feuilles prennent un
aspect moucheté puis se dessèchent. En cas de pullulation, les
plantes touchées peuvent mourir. Des toiles sont tissées sur les
végétaux infestés.
n°22
2/4
les acariens
Elles assurent une excellente protection contre le vent, les
prédateurs et les traitements phytosanitaires. Ces mêmes toiles
peuvent enserrer les organes de la plante et entraver leur
développement. De tels dégâts indirects sont à craindre en serre et
sur les plantes d’intérieur où les colonies de cet acarien
peuvent atteindre des densités élevées.
L’acarien rouge peut lui aussi provoquer des dégâts
considérables sur les cultures. Au printemps, les larves issues des
œufs d’hiver peuvent se rassembler et provoquer la crispation et
le rabougrissement des pousses sur lesquelles elles s’installent. En
été, les feuilles de vigne ou d’arbres fruitiers jaunissent, brunissent
puis prennent un aspect plombé aisément reconnaissable. Suite
aux attaques - en particulier si celles-ci sont conséquentes - les
feuilles chutent prématurément ; ce qui nuit à la bonne mise
en réserve du végétal avant l’hiver et donc à sa vigueur pour le
printemps suivant.
4. LUTTE PREVENTIVE
Il est important de maintenir les plantes vigoureuses en les fertilisant de façon équilibrée et en
arrosant en période de sécheresse. Il convient cependant d’éviter les excès d’engrais
azotés et les tailles trop sévères qui favorisent la prolifération de nouvelles pousses tendres et
succulentes pour les acariens. Pour les cultures sous abris, il est important de bien aérer.
De façon générale, les acariens sont des prédateurs opportunistes qui se développent
souvent sur des végétaux traités avec des produits insecticides ou acaricides (de synthèse ou
d’origine naturelle) ou même fongicides (à base de mancozèbe notamment).
5. LUTTE BIOLOGIQUE
La méthode biologique la plus efficace et la plus répandue consiste à utiliser des acariens
prédateurs, les phytoséiides qui sont les ennemis naturels des acariens.
Ces auxiliaires sont de loin les plus efficaces pour lutter contre le tétranyque jaune et
l’acarien rouge bien que les punaises prédatrices (anthocorides), coccinelles, staphiliens ou
chrysopes puissent également jouer un rôle de prédation. Naturellement présents dans
l’environnement, ces acariens prédateurs peuvent être implantés dans le jardin via des
végétaux qui sont déjà occupés (la vigne sauvage est réputée abriter fréquemment des
phytoséiides). Il est également possible de se les procurer chez quelques fournisseurs (cf. Fiche
"Auxiliaire"). Dans tous les cas, il est important de favoriser la présence de ces prédateurs naturels
en augmentant la diversité des plantes au jardin.
Une autre méthode consiste à arroser copieusement le feuillage, le tronc et les branches avec
un jet d’eau puissant pour déloger les acariens et augmenter le taux d’humidité. En période de
canicule, on peut également arroser fréquemment le feuillage car les acariens préfèrent les
conditions sèches.
n°22
3/4
les acariens
Attention, cette méthode augmente cependant l’incidence des maladies fongiques (tavelure,
oïdium…).
ATTENTION !
En ce qui concerne les produits biologiques, les
produits à base de pyrèthres naturels peuvent être efficaces mais ne sont
en aucun cas sélectifs envers les acariens et les insectes auxiliaires.
Il est également possible de réaliser des traitements d’hiver à base d’huile de vaseline qui
permettent de détruire une partie des œufs d’acariens rouges présents sur les rameaux des arbres
fruitiers.
Enfin, il existe plusieurs produits naturels à base d’ail ou d’ortie qui peuvent être faits soimême et qui ont la réputation d’être efficaces contre les acariens.
6. LUTTE CHIMIQUE
La lutte chimique n’est à utiliser qu’en dernier recours. Il existe dans le commerce des
produits acaricides qui sont efficaces contre les larves ou les adultes (ils ne le sont pas contre les
œufs d’acariens rouges). Ils posent tous le problème de la non-sélectivité envers les insectes ou
acariens auxiliaires. Se lancer dans des traitements acaricides, c’est casser l’équilibre naturel
ravageurs/auxiliaires et c’est donc se contraindre à voir réapparaître le ravageur tôt ou tard. La
meilleure solution pour limiter la présence de ces deux acariens ravageurs est de
favoriser la diversité biologique au jardin et au verger.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°22
4/4
Fréquence :
Dommage :
( )
Les aleurodes
ou mouches blanches
L’aleurode ou mouche blanche est un insecte minuscule qui cause de réels dégâts
principalement aux cultures en serre et sur les choux en extérieur.
1. DESCRIPTION
Ces petites mouches blanches, longues de 2 mm, apparaissent surtout en fin d’été et durant les
automnes secs. Leurs ailes sont blanches et sont en forme de toit au repos. Leur corps est
jaunâtre, mais tout l’insecte est comme saupoudré de cire blanche. On trouve la mouche
blanche à la face inférieure des feuilles sur laquelle elle pond ses œufs. La larve d’aleurode
est vert jaunâtre.
On trouve principalement en Lorraine une espèce
d’aleurodes : l’aleurode des serres Trialeurodes
vaporarium.
On peut les rencontrer sur de nombreuses cultures
maraîchères (tomate, concombre, aubergine,
choux…) et ornementales (gerbera, poinsettia,
hibiscus…). Ces mouches blanches s’envolent en
"nuage" au moindre mouvement de feuille, ce qui les
rend facilement repérables.
2. BIOLOGIE
Les aleurodes se reproduisent sans interruption et donnent plusieurs générations par an.
La femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs durant ce temps. Ces œufs sont déposés sur la face
inférieure des feuilles les plus jeunes. Après l’éclosion, les larves passent par 4 stades de
développement pour atteindre le stade adulte. Au premier stade de son développement, la
larve se déplace en rampant avant de s’immobiliser pour devenir une nymphe* au quatrième stade.
La nymphe est blanche, ovale, avec des yeux rouges visibles. En moyenne, l’aleurode accomplit
son cycle de vie en 35 jours. L’insecte n’a pas de stade particulier pour hiverner et peut survivre
tant qu’il trouve de la végétation.
3. DEGATS
Les aleurodes occasionnent surtout des dégâts dans les espaces clos tels que les serres où elles
se reproduisent rapidement.
n°23
1/4
les aleurodes
ou mouches blanches
Ce sont des insectes de la même famille que les pucerons qui provoquent les mêmes dégâts
qu’eux. Avec leur appareil buccal, les aleurodes aspirent la sève de la plante, ce qui en diminue la
vigueur. En outre, en piquant la plante, elles peuvent leur transmettre des virus tels que les
jaunisses ou les mosaïques. Enfin, elles secrètent en abondance une substance sucrée appelée
miellat (aspect collant) qui favorise le développement de la fumagine (moisissure noirâtre
qui ralentit la croissance de la plante).
Dégâts de
fumagine
Attaque sur choux
4. LUTTE PREVENTIVE
Tout d’abord, il faut éviter la surfertilisation, surtout les excès d’azote qui favorisent des
pousses tendres plus appétantes pour les aleurodes. En particulier, évitez au maximum l’utilisation
d’engrais à absorption rapide (c’est à dire surtout des engrais chimiques).
Maintenez le sol humide par des arrosages et un mulching.
De la menthe poivrée (de préférence en pot pour éviter la
propagation dans le jardin) ou de la sarriette entre les rangs peut
avoir une action répulsive.
Il est aussi possible de préparer une solution répulsive à
pulvériser sur les plantes sensibles. Il faut mélanger 1/2 litre
d’alcool à 70°+ 20 feuilles de menthe poivrée + 20 pétales de
géranium rouge + quelques fleurs de thym. Les laisser macérer 15
jours, filtrer et pulvériser dans le jardin.
Aérez bien les serres et châssis.
Enfin, des pièges encollés de couleur jaune permettent de
capturer un grand nombre d’aleurodes adultes.
n°23
2/4
les aleurodes
ou mouches blanches
5. LUTTE ECOLOGIQUE
Utilisation d’agents de lutte biologique :
Il existe une guêpe parasite, Encarsia formosa, qui peut être utilisée comme agent de lutte
biologique contre les aleurodes. La lutte biologique avec Encarsia formosa est très complexe et
demande une bonne connaissance et une bonne observation des aleurodes. Pour être efficace, il
faut faire 3 lâchers à 1 semaine d’intervalle. Il est recommandé de commencer à introduire
les agents de lutte biologique lorsque les populations d’aleurodes sont faibles. Différents sites
Internet proposent ces insectes à la vente. Ils sont généralement très coûteux.
6. LUTTE CHIMIQUE
Les traitements chimiques sont déconseillés car les aleurodes ont développé une certaine
résistance à ces produits.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°23
3/4
les aleurodes
n°23
ou mouches blanches
4/4
Fréquence :
Dommage :
Les altises
Aussi appelées puces terrestres, les altises sont de petits insectes coléoptères retrouvés
principalement sur les plantes de la famille des bracicacées*.
1. DESCRIPTION
Les altises adultes sont longues de 2 à 3 millimètres, leur couleur
varie du vert au bleu foncé, parfois elles peuvent être rayées jaunes.
Leurs pattes arrière sont bien développées pour le saut.
Altise adulte.
La larve de couleur jaunâtre a l'abdomen couvert de taches brunes. La
tête et les pattes sont noires. Elle mesure 5 à 6 mm de long.
2. BIOLOGIE
Les jeunes adultes apparaissent au printemps dès les premières chaleurs (mai) après avoir
effectué leur hivernation (diapause*) dans le sol ou s’être cachés dans des débris végétaux. Les
altises s’alimentent de feuilles et après accouplement, les femelles pondent dans le sol au pied des
plantes.
Les larves se nourrissent de racines ou de feuillages avant de se nymphoser* dans le
sol. La seconde génération d’adultes émerge en juillet-août. Ils peuvent se maintenir en activité
jusqu’en novembre avant de trouver un abri hivernal.
La chaleur et la sécheresse favorisent leur développement.
3. DEGATS
Les principales plantes attaquées sont le chou, le radis, la
betterave et le navet. Les principaux dégâts sont causés aux
jeunes plants.
Dégâts sur chou.
Les dommages apparaissent tôt au printemps dès le retour du
temps chaud. A peine écloses, les nouvelles feuilles sont
criblées de nombreux trous ronds : les altises adultes ont
quitté leur abri hivernal et dévorent les jeunes pousses de bon
appétit.
Les trous s’agrandissent au-fur-et-à-mesure que les feuilles se développent. Les plants infestés
subissent une baisse de vigueur ainsi qu’une maturation retardée et inégale.
n°24
1/2
les altises
4. LUTTE PREVENTIVE
Garder le sol dans de bonnes conditions de fertilité pour que les jeunes plantes se
développent rapidement et souffrent moins des attaques des altises; faire toutefois attention aux
excès d’azote qui produisent un feuillage tendre plus favorable aux attaques de ce ravageur.
Les débris de plantes dans le jardin peuvent encourager les altises à hiverner sur place et
doivent donc être enlevés après la récolte des légumes.
Les altises préfèrent les temps secs. Ainsi, il est conseillé de semer et planter précocement
dans des sols meubles et humides.
Le travail du sol près des plants à faible profondeur (1-2 cm) va détruire une grande
quantité d’œufs et de larves d’altises.
Enfin, il est utile d’encourager la présence d’oiseaux insectivores
tels les rouges-queues et les mésanges.
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Placer des plaques jaunes engluées ou des cuvettes jaunes à
moitié remplies d’eau près des plantes infestées.
Engraisser une planchette ou un carton avec de la graisse à traire
et balayer la zone infestée avec ce piège : les altises effrayées
sauteront et resteront collées sur le support.
En cas d’infestation au semis, recouvrir celui-ci d’un paillage pour
que les altises n’y aient pas accès.
Si présence d’altises, traiter avec une infusion de tanaisie ou une
décoction de sureau noir.
L’extrait fermenté de tomate a une action répulsive contre
ce ravageur (utiliser les gourmands de tomates pour la préparer).
6. LUTTE CHIMIQUE
Si les méthodes de lutte préventive et biologique restent insuffisantes, il existe des produits
spécifiques pour jardin à base de deltaméthrine ou de cyperméthrine pour lutter
contre les altises. Il ne faut néanmoins pas oublier que ces produits chimiques détruisent toute
la faune auxiliaire et posent donc à terme des problèmes de déséquilibre du sol.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°24
2/2
Fréquence :
Dommage :
( )
Les carpocapses
ou vers des fruits
Les carpocapses sont des papillons (lépidoptères) nocturnes dont les chenilles
se nourrissent de fruits. Ces ravageurs sont donc souvent à l’origine des fruits véreux
que l’on peut trouver au verger.
Il existe 2 espèces de carpocapses en Lorraine, le carpocapse des pommes et des poires
(Cydia pomolella L.) et le carpocapse des prunes (Cydia funebrana Tr).
Pour ces 2 espèces, la biologie et les moyens de lutte sont différents.
Attention, les dégâts (fruits véreux) observés sur la cerise ne sont pas dus au carpocapse,
mais à une petite mouche : la mouche de la cerise (Rhagoletis cerasi)
qui se capture grâce à des pièges englués de couleur jaune.
1. LE CARPOCAPSE DES POMMES ET DES POIRES
1.1. Description
Le carpocapse des pommes et des poires est un papillon qui mesure de 15 à 22 mm
d’envergure. Les ailes sont grises avec une tache brune ovale aux extrémités bordées de liserés
bronzés. Les ailes postérieures sont de couleur brun cuivré.
Ses plantes-hôtes sont principalement
le pommier, le poirier, le
cognassier ou plus rarement en
Lorraine le noyer ou l’abricotier.
Carpocapse adulte.
n°25
1/6
les carpocapses
ou vers des fruits
1.2. Biologie
En Lorraine, deux générations se succèdent au cours de la saison (trois générations sont
fréquemment observées dans les régions à climat méditerranéen).
En hiver, les larves diapausantes (en sommeil) à l’abri dans un cocon blanchâtre sont cachées
dans les anfractuosités de l’écorce ou dans différents abris au niveau du sol.
Les adultes de la première génération apparaissent en
général vers la mi-avril dans nos régions. L’accouplement a
lieu lorsque la température nocturne est supérieure à 15°C. La
femelle pond le lendemain une cinquantaine d’œufs directement
sur les fruits verts ou sur les feuilles et branchages. Ces œufs
sont visibles à l’œil nu, ils sont en forme de lentilles convexes de
1,3 mm de diamètre. L’éclosion se produit 10 à 21 jours plus
tard selon les cumuls de températures.
Chenille baladeuse de carpocapse.
La jeune chenille - qui mesure alors 1,4 mm de longueur - pénètre dans le fruit, dans
un délai de 2 à 5 jours. Son développement dure 3 à 4 semaines puis elle tisse un cocon de 9 à
10 mm de longueur dans un abri. La plupart des chrysalides donne la deuxième génération.
La deuxième génération a un comportement identique, la femelle a cependant une
fécondité plus importante (jusque 100 œufs).
1.3. Dégâts
Le point de pénétration de la larve se fait souvent au contact
de deux fruits ou d’un fruit et d’une feuille. Il peut
également être observé dans la cavité de l’œil.
Les galeries de pénétration sont en spirales, toujours
encombrées de déjections. La larve se dirige vers le cœur et
s’attaque aux pépins provoquant la chute du fruit. Les
larves de seconde génération peuvent être retrouvées dans les
fruits au moment de la récolte.
1.4. Lutte préventive
Il est d’abord nécessaire de favoriser les auxiliaires naturels : petites chauves-souris et
tous les oiseaux insectivores tels que les mésanges charbonnières, les mésanges bleues ou les
chardonnerets.
n°25
2/6
les carpocapses
ou vers des fruits
1.5. Lutte biologique
L’un des moyens de lutte biologique est la prophylaxie. Il s’agit de récolter les fruits
véreux durant toute la saison et de les détruire. Cette technique peut être mise en place lors
de l’éclaircissage qui permet de sélectionner les plus beaux fruits mais nécessite que les arbres aient
une taille adaptée (technique difficile à mettre en œuvre sur les vergers de hautes tiges).
Piège à chenilles
Autre moyen efficace, l’installation de bandes pièges dès
le mois de juin. Il s’agit ici de ceinturer le tronc d’arbre avec une
bande de carton ondulé d’une vingtaine de cm de hauteur placée
à au moins 20 cm du sol. Les ondulations du carton doivent avoir
au moins 4 mm de largeur et doivent faire face au tronc sans quoi
la chenille ne formera pas de cocons. Les larves qui sortent des
fruits pour se nymphoser descendent alors le long du tronc et
s’installent dans les bandes qui représentent un abri idéal. Sur les
arbres isolés, ces bandes pièges sont très efficaces. On détruit les
bandes de carton environ un mois après avoir capturé les
premières chenilles (des contrôles sont nécessaires pour
déterminer cette date).
On peut également augmenter l’efficacité du système en plantant des petits pieux qui
dépassent d’une quarantaine de cm du sol. Il faut ensuite accrocher une bande de carton
ondulé sur les pieux que l’on plante à une vingtaine de cm de part et d’autre du tronc.
Les pièges à phéromones - substances synthétiques identiques aux
produits secrétés par les insectes comme message sexuel - peuvent
être mis en place au mois d’avril dès que les températures
deviennent plus douces. Ils permettent de capturer uniquement les
carpocapses mâles. Il est donc difficile de considérer cette méthode de
piégeage comme une solution de lutte qui se suffit à elle seule. Il
convient de la combiner aux autres moyens de lutte décrits plus haut.
Ces pièges sont néanmoins de bons indicateurs de présence du
carpocapse et permettent éventuellement de déterminer des pics de
vols pour caler un traitement insecticide chimique.
Peu d’insecticides biologiques peuvent être utilisés dans la lutte contre le carpocapse
des pommes et des poires. Les produits à base de pyréthrine ne sont pas autorisés en France
pour la lutte contre le carpocapse. Il existe un virus, le virus de la granulose, mais ce dernier n’est
pas homologué pour les particuliers non professionnels. Seuls les insecticides naturels à base de BT
(Bacillus thuringiensis) sont autorisés contre le carpocapse. Ils agissent uniquement sur la larve par
ingestion et nécessitent donc une application à un stade très précis et très court (durant le stade
baladeur qui ne dure que 2 à 5 jours). Les produits à base de BT sont donc souvent peu
efficaces dans la lutte contre le carpocapse.
n°25
3/6
les carpocapses
ou vers des fruits
Il existe également plusieurs produits naturels à
base notamment d’absinthe, d’ortie ou de
rhubarbe qui peuvent être faits soi-même et qui
ont la réputation d’être efficaces contre le
carpocapse.
(cf. Fiche "Produits naturels")
1.6. Lutte chimique
Plusieurs produits à base d’alphamétrine, de bifenthrine, de deltamétrine ou de
phosalone sont disponibles sur le marché. L’idéal, dans ce cas, est de déterminer le stade
d’application optimal de traitement grâce aux captures effectuées par le piège à phéromones. Ces
insecticides sont cependant non sélectifs et éliminent également les insectes auxiliaires du verger.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
2. LE CARPOCAPSE DES PRUNES
2.1. Description
Le carpocapse des prunes est également un
papillon nocturne. Les adultes sont plus
petits que pour son homologue des pommes,
ils mesurent 13 à 15 mm d’envergure. Les
ailes antérieures sont brun foncé, les ailes
postérieures gris brunâtre. Ce ravageur est
spécifique aux pruniers. En Lorraine, il sévit
principalement sur les mirabelles, les quetsches
et les reines-claudes. En général, les variétés
précoces de prunes sont moins sensibles.
n°25
4/6
les carpocapses
ou vers des fruits
2.2. Biologie
Deux générations se succèdent au cours de la saison.
L’insecte hiverne sous forme larvaire à l’intérieur d’un cocon soyeux, mais à la différence
du carpocapse des pommes, il se niche souvent dans le sol plutôt que dans les anfractuosités des
troncs.
Les premiers papillons issus de la génération hivernante apparaissent à partir de la
mi-avril en Lorraine. Lorsque la température crépusculaire atteint les 14° C, la femelle pond sur
les jeunes fruits (1 oeuf par fruit). La larve creuse aussitôt une galerie dans la prune, il n’y a donc
pas de "stade baladeur".
Les larves issues de la deuxième génération donneront un second vol courant juillet.
2.3. Dégâts
Les fruits touchés présentent des galeries superficielles
et des écoulements gommeux caractéristiques. Les
fruits attaqués en mai-juin tombent au sol (première
génération) mais cette chute peut se confondre avec la
chute physiologique qui se produit naturellement à cette
période. Lors de la deuxième génération (juilletaoût), les dégâts sont plus nombreux et peuvent
provoquer des monilioses (pourritures des fruits). C’est ce
second vol qui donnera des fruits véreux lors de la
récolte des mirabelles et des quetsches.
Dégâts de
carpocapse
sur prunier
n°25
5/6
les carpocapses
ou vers des fruits
2.4. Lutte
La lutte est-elle pertinente ?
La lutte contre ce ravageur ne se justifie pas toujours. Contrairement à ce qui peut se passer sur le
pommier, il est rare que les attaques du carpocapse des prunes touchent la totalité des
fruits. De ce fait, il reste généralement suffisamment de fruits sains pour assurer une récolte
correcte. Au cours de la première génération, les dégâts ont même un effet positif. Ils
servent à limiter la charge des arbres sur des variétés très productives (comme le mirabellier de
Nancy ou la quetsche d’Alsace), ce qui réduit le risque de cassures de branches devenues trop
lourdes par le poids des fruits.
Le même type de lutte préventive que pour le carpocapse des pommes peut être mis
en place.
Il existe également des pièges à phéromones qui permettent de capturer les papillons mâles.
Ces pièges fonctionnent sur le même modèle que pour le carpocapse des pommes mais la
phéromone est spécifique et ne fonctionne que sur le carpocapse des prunes.
Il est à noter que les produits biologiques à base de Bacillus thuringiensis ne sont pas
efficaces contre le carpocapse des prunes car la larve ne possède pas de "stade baladeur".
Concernant la lutte chimique, un facteur limite son intérêt. Il s’agit du port des arbres car ces
derniers sont généralement taillés en hautes tiges et leur hauteur peut facilement atteindre 4 ou 5
mètres. Pour les jardiniers amateurs, un traitement chimique (avec un pulvérisateur à dos par
exemple) sur un tel volume de branches est difficile à mettre en œuvre. Si la lutte chimique
est quand même envisagée, les mêmes produits - utilisés avec les mêmes recommandations - que
pour le carpocapse des pommes peuvent être employés.
n°25
6/6
Fréquence :
Dommage :
( )
Les cochenilles
Depuis 3000 ans, les cochenilles font l’objet d’une exploitation artisanale et industrielle
bénéfique pour la production de colorants, laques et cires.
Cependant, en phase de pullulation, elles peuvent représenter des ennemis redoutables pour un
grand nombre d’espèces arbustives et de plantes d’ornement.
1. DESCRIPTION
Les cochenilles font partie de l'ordre des Homoptères, tout comme les pucerons. Sous notre
climat, on retrouve principalement : les diaspidides sur les lauriers, les fruitiers et les
agrumes, les coccides ainsi que les cochenilles farineuses sur les plantes
d’appartements.
Différentes espèces de cochenilles :
Cochenille du laurier
Cochenille australienne
Cochenille virgule du pommier
Les mâles et les femelles de cochenilles ne se ressemblent pas, ainsi :
Les femelles (les seules visibles) sont des insectes sédentaires, d’une longueur variant entre
1 à 5 mm, sans yeux, sans aile et souvent sans patte;
Les mâles sont de minuscules moucherons, de 2 mm de longueur qui ont une durée de vie
très courte (de 2 à 3 jours environ). On ne les voit quasiment jamais.
2. BIOLOGIE
Selon les espèces et le climat, il peut y avoir de 1 à 3 générations par année.
Les cochenilles hivernent sur les plantes généralement sous forme d’oeufs. Au printemps,
lors de l'éclatement des bourgeons (mi-mai à mi-juin), les œufs éclosent.
n°26
1/4
les cochenilles
Après l'éclosion des œufs, les jeunes larves mobiles sortent de leur bouclier protecteur
pour coloniser de nouveaux territoires. Durant cette courte période, les jeunes insectes sont plus
vulnérables car ils n'ont pas encore de carapace. La sécrétion d’un premier bouclier prend une
dizaine de jours.
Vers la fin de l’été, après l'accouplement, les mâles meurent et les femelles pondent
leurs œufs sous leur bouclier ou dans un sac blanc situé au bout de leur abdomen. La ponte peut
se prolonger jusqu’à la fin d’août. Chez la plupart des espèces, les femelles meurent suite à la ponte
mais les œufs subsistent. Ils demeurent à l'abri sous la carapace des femelles mortes ou dans un sac
de cire blanc jusqu’à leur éclosion, au printemps suivant.
3. DEGATS
Quand les colonies de cochenilles prennent beaucoup d'envergure, on peut appréhender des
dégâts. Ces suceurs ont des pièces buccales semblables à celles des pucerons. Comme eux,
ils se nourrissent de la sève de leurs hôtes et secrètent un miellat qui attire les guêpes et les fourmis
et peut favoriser le développement d’un champignon noir et poudreux : la fumagine.
Lorsqu'ils pullulent, ces insectes peuvent faire mourir des branches, et parfois même l'hôte entier.
Sur les conifères, on peut voir : des pustules
écailleuses brunâtres ovales ou en forme de poire
sur les rameaux et les bourgeons, des petits
boucliers circulaires blanchâtres sur les écailles
(cochenille du genévrier) et de minuscules taches
blanches allongées sur les aiguilles (cochenille des
aiguilles) donnant aux conifères un aspect enneigé
même en été.
Sur les feuillus, on peut voir des petites boules
blanches semblables à des grains de maïs soufflés
sur les rameaux (cochenille floconneuse) ; de
minuscules bosses grisâtres ou brun rougeâtre en forme de coquille d’huître ou hémisphériques sur
les branches, de petits disques dorés enfouis dans l'écorce des branches et du tronc (cochenille du
chêne), des petites bosses circulaires au contour rougeâtre sur les fruits (Pou de San José) et de
petits insectes ovales au corps annelé, entourés de filaments cireux blancs semblables à des
cloportes sur les branches et le tronc (cochenille de Comstock).
4. LUTTE PREVENTIVE
Éviter d’acheter un arbre ou un arbuste infesté : inspecter
scrupuleusement les jeunes rameaux et le dessous des feuilles pour ne
pas ramener ces insectes dans votre jardin.
Inspecter régulièrement les végétaux. Le repérage précoce
permet d'intervenir localement et de prévenir les infestations
plus difficiles à contrôler. Un feuillage prématurément jauni, un
rassemblement de fourmis et de guêpes, des amas de cire blanche ou des
renflements d'une substance collante et sucrée révèlent généralement la
présence d'insectes suceurs.
n°26
2/4
les cochenilles
Prévenir les blessures sur l'écorce (tondeuse, débroussailleuse) et éviter les surdoses
d'engrais qui stimulent la croissance de pousses tendres et appétantes pour les insectes suceurs.
Désinfecter régulièrement les outils de taille (alcool à brûler ou à la flamme).
Isoler, si possible, les végétaux infestés. Les manipulations et les outils de taille favorisent la
dissémination des cochenilles.
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Tailler d'abord les branches mortes ou trop fortement infestées pour diminuer la population
d'insectes.
Sur le tronc et les grosses branches : frotter avec une brosse douce trempée dans une
solution savonneuse ; prendre soin de ne pas abîmer l’écorce.
Sur les feuilles et les jeunes rameaux : frotter avec un linge doux ou une brosse à dents
trempée dans une solution savonneuse ou d’alcool. Refaire le traitement pour s’assurer d’éliminer
toute la population. Quelques œufs ou insectes oubliés suffisent amplement pour rebâtir une
nouvelle colonie.
Dans le cas d’une infestation très sévère, prélever des boutures (à traiter) et détruire le
plant mère. Ramasser et détruire les branches, les feuilles et les fruits infestés.
Encourager la présence de prédateurs et de parasites naturels (punaise, coccinelle, larve
de syrphe, guêpe parasite) en favorisant la diversité des plantes et en évitant l'usage des pesticides.
Larve de syrphe
Coccinelle
n°26
Punaises
3/4
les cochenilles
6. LUTTE CHIMIQUE
Elle s'avère très difficile, car ces insectes peu mobiles sont protégés par leur carapace.
C'est au stade de la jeune nymphe, quand elle migre vers les nouveaux rameaux ou les nouvelles
pousses que les cochenilles sont les plus vulnérables. Dans le cas extrême où aucune autre méthode
citée précédemment n’a abouti, on peut alors appliquer des huiles insecticides ou huiles
paraffiniques en traitement hivernal.
n°26
4/4
Fréquence :
Dommage :
Le doryphore
Le doryphore (Leptinotarsa decemlineata) est un insecte de l’ordre des coléoptères de la famille
des chrysomélidés, aux élytres jaunes rayés de noir, ravageur des feuilles de pomme de terre et
d'autres solanées (dont les aubergines). Cet insecte a été importé d’Amérique du Nord
(Colorado) à la fin de la première guerre mondiale.
Plant de pomme de terre sain
Plant de pomme terre attaqué
1. DESCRIPTION
L’insecte adulte mesure de 10 à 12 mm de long, il est de
forme ovale, fortement bombé sur le dessus. La tête jaune
porte une tache frontale en forme de V. Le thorax, brun roux,
présente quelques taches noires. Les élytres jaune clair ont
chacune cinq bandes noires caractéristiques.
Les larves sont de couleur rouge orange à la naissance
et deviennent plus foncées par la suite. En fin de croissance,
elles mesurent 11 à 12 mm de long. Le corps arqué, mou, porte
deux rangs de taches noires sur les côtés.
2. BIOLOGIE
Les adultes passent l’hiver enfouis dans le sol. Ils en sortent au printemps lorsque le sol s'est
suffisamment réchauffé. Très vite, ils recherchent le feuillage des pommes de terre dont ils se
nourrissent.
n°27
1/4
le doryphore
Les œufs, ovoïdes, de couleur jaune orangé, sont déposés par
petits paquets de 20 à 30, collés à la face inférieure des feuilles.
Les œufs éclosent au bout de 10 à 15 jours et donnent naissance
à des larves qui se nourrissent des feuilles. Le doryphore peut
aussi attaquer d'autres solanées cultivées (tomates,
aubergines…) ou des espèces sauvages (daturas, morelle
noire, douce amère…). Après trois mues, la larve a terminé
son développement. Elle s’enfouie alors dans le sol pour se
nymphoser et donner ainsi naissance à l’insecte adulte.
Œufs de doryphore
Le cycle complet se déroule sur une période allant de
un mois à un mois et demi. En fonction du climat, il peut y
avoir deux ou trois générations par an (en Lorraine, on note
généralement deux générations).
À la fin de l'été, les adultes survivants s'enfouissent dans le sol
pour hiberner en profondeur, à l’abri du gel.
Jeunes larves écloses
3. DEGATS
Les adultes, comme les larves, dévorent les
feuilles et les tiges de la pomme de terre. Lors
de fortes infestations, les rendements en tubercules
peuvent s’en retrouver fortement affectés.
Lamier
blanc
4. LUTTE PREVENTIVE
La lutte préventive repose principalement sur une
surveillance très attentive des cultures. A la moindre
apparition d’adultes, il faut inspecter attentivement tous les
plants et détruire tous les adultes rencontrés en les écrasant
entre les doigts ou en les récoltant dans une bouteille en
plastique.
On conseille aussi de respecter un intervalle de rotation
entre les cultures de quatre ans.
Certains semenciers fournissent aussi des graines de lin que
l’on sème entre les rangs (après buttage des plants) et autours
des cultures. Le lin mais aussi le lamier blanc (ou fausse
ortie) auraient une action répulsive sur ces insectes.
Lin
n°27
2/4
le doryphore
On peut aussi faire pousser des plants de datura stramoine (Datura stramonium) dans
son potager comme plante compagne pour réduire la population de doryphores. Le datura
renferme un produit très toxique (un alcaloïde). Il attire les adultes du doryphore qui pondent sur
le plant. Les larves, lorsqu'elles naissent, se mettent aussitôt à dévorer les feuilles, s'empoisonnent
et meurent. Attention, toutes les parties du datura étant très toxiques il faut être très vigilant avec
les jeunes enfants et les animaux pour ne pas qu'ils mangent les tissus de cette plante, surtout les
fruits et les graines.
ATTENTION ! A noter que la bouillie bordelaise n’a aucun effet sur
les doryphores. Pour rappel, il s’agit d’un traitement fongicide et non pas
insecticide.
5. LUTTE ECOLOGIQUE
Les biopesticides à base de Bacillus thuringiensis subsp tenebrionis sont très efficaces
contre la larve du doryphore. Une première application bien planifiée au moment où 10 % des
œufs sont pondus, suivie de deux autres applications après cinq à sept jours d'intervalle pourront
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
offrir une efficacité égale à celle des insecticides conventionnels.
6. LUTTE CHIMIQUE
De nombreux insecticides ont été mis sur le marché, mais depuis quelques années on s'est
rendu compte que le doryphore développait une résistance à ces produits.
n°27
3/4
le doryphore
n°27
4/4
Fréquence :
Dommage :
( )
Les insectes xylophages
Les insectes xylophages sont des insectes qui se nourrissent de bois pendant au moins une
période de leur cycle de développement. Il existe deux types d’insectes xylophages :
Les insectes du bois sec (charpentes, poutres, meubles…). Les insectes du bois sec envahissent
le bois déjà utilisé pour des constructions. Citons par exemple : le lyctus brun, la petite vrillette, la
grosse vrillette/horloge de la mort, et le capricorne des maisons. Dans le sens large, les insectes
sociaux (fourmis, termites) en font également partie.
Les insectes du bois frais. Les insectes du bois frais envahissent surtout les arbres malades ou
les bois abattus mais peuvent également, dans certains cas, s’attaquer à des arbres sains.
L’objet de cette fiche portera uniquement sur les insectes du bois frais s’attaquant aux arbres
fruitiers.
Parmi les principaux ravageurs du bois et des écorces rencontrés en Lorraine, nous
nous intéresserons :
au scolyte des fruitiers,
au cossus gâte bois (Cossus cossus) des arbres fruitiers, forestiers et ornementaux,
à la zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina) des arbres fruitiers,
à la sésie du pommier (Synanthedon myopaeformis).
1. LES SCOLYTES ET XYLEBORES EN LORRAINE
En Lorraine, principalement 5 espèces de scolytes peuvent occasionner de graves dégâts
dans les vergers. Ces 5 espèces ne correspondent pas aux scolytes des forêts.
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les insectes xylophages
Parasites secondaires, ces insectes s’attaquent principalement aux arbres affaiblis. Les
dégâts peuvent être présents sur la plupart des espèces fruitières. Lorsqu’un arbre est dépérissant
ou stressé, il émet dans l’air un cocktail de substances naturelles qui sont potentiellement
attractives pour les scolytes et les renseignent sur l’état de faiblesse de l’arbre. La prise en
compte de cet élément de biologie du ravageur ("relations plantes-hôtes/scolytes") est
capitale pour définir la stratégie de lutte à adopter.
1.1. Description
Les 5 espèces de scolytes ravageurs d’arbres fruitiers présentes en Lorraine
peuvent se classer en 2 catégories différentes liées à leur biologie :
Scolyte
rugueux adulte
LES SCOLYTES : Les dégâts sont principalement causés par
les larves qui se nourrissent du bois. En Lorraine, on trouve 2
espèces de scolytes : le scolyte du pommier (Scolytus mali) et
le petit scolyte des arbres fruitiers ou scolyte rugueux
(Scolytus rugulosus).
Larve de scolyte rugueux
LES XYLEBORES : Les dégâts sont uniquement causés
par les femelles adultes qui forent le bois en profondeur pour y
pondre. Les larves se nourrissent d’un champignon qui se
développe dans les galeries et qui a été introduit dans l’arbre par
la femelle adulte au moment du forage. Dans notre région, sont
présentes 3 espèces de xylébores : le xylébore disparate
(Anisandrus dispar), le xylébore de saxeni (Xyleborus
saxeseni) et le petit scolyte noir des feuilles (Xylosandrus
germanus).
1.2. Biologie
Xylébore disparate mâle
Xylébore disparate femelle
Les scolytes et xylébores mesurent en général de 3 à 10 mm de longueur. Ils sont de couleur
brun clair à noir. La tête est encapuchonnée sous le thorax et les antennes sont terminées par une
"massue". Leurs larves sont blanches à tête noire, trapues, recourbées et dépourvues de pattes.
Trois espèces de xylébores (de gauche à droite :Anisandrus dispar,
Xyleborus saxeseni, Xylosandrus germanus).
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les insectes xylophages
Selon les espèces, les périodes de vol sont différentes. Pour les espèces engluées sur les
pièges rouges en Lorraine, les premières sorties commencent dès que la température maximale
journalière atteint ou dépasse le seuil de 18°C ; c’est-à-dire en général de la fin mars à la mi-avril.
Selon les espèces, un ou deux vols peuvent se succéder au cours de la saison, en général jusqu’au
mois de juillet.
1.3. Dégâts
Les premiers symptômes de dépérissement apparaissent en général quinze jours après le début
de l’attaque, c’est-à-dire après le début du forage par les femelles adultes en motivation de ponte.
Les autres symptômes observés peuvent être :
des trous d’entrée ou de sortie de quelques millimètres sur l’écorce,
des coulées de sciure indiquant l’entrée des galeries creusées par les scolytes,
des décollements d’écorce consécutifs à la mort de celle-ci,
la présence de mousse noirâtre.
Dégâts de scolyte rugueux sur
branche de prunier.
Dégâts de Xylébore disparate.
L’arbre attaqué peut ainsi débourrer et fleurir normalement puis se mettre tout à coup à sécher.
On peut observer un dépérissement brusque et apoplectique de l’ensemble des branches
situées au-dessus de la zone attaquée. Ainsi, une infestation de scolytes pourra se traduire par le
dessèchement d’un seul côté de l’arbre ou d’une seule charpentière, le reste du houppier
semblant toujours sain.
Le danger présenté par ce type de ravageur est d’autant plus important que l’attaque
passe souvent inaperçue à ses débuts.
1.4. Lutte
1.4.1. Les mesures prophylactiques
La prophylaxie consiste à éliminer du verger toutes les possibilités de propagation du
ravageur. Pour cela, il convient dans un premier temps de recenser les facteurs favorables à la
dissémination des scolytes dans le verger : il s’agit de tous les bois de fruitiers (vivants ou morts)
infestés par des scolytes et tous les arbres fruitiers affaiblis ou stressés, donc susceptibles d’attirer
des scolytes dans le verger.
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les insectes xylophages
Ce qu’il faut faire :
arracher et brûler toutes les branches touchées, sans oublier les souches.
Ce qu’il ne faut pas faire :
entreposer ou abandonner du bois de coupe (issu de fruitier) dans le verger.
* Une prophylaxie scrupuleuse et continue constitue la base de la lutte.
1.4.2. La lutte chimique : une option mal adaptée
La lutte chimique contre les scolytes des arbres fruitiers est très limitée, principalement à cause
de la toxicité des produits phytosanitaires utilisés vis-à-vis de la faune sauvage :
auxiliaires, abeilles... Les larves sont de plus inaccessibles car protégées dans le bois ou sous
l’écorce. Enfin, compte tenu de la biologie de l’insecte, le positionnement d’un traitement reste
problématique.
1.4.3. Le piégeage massif
Réalisé de façon intensive, le piégeage permet de lutter contre ces ravageurs. Mais cette
technique n’est efficace que contre les xylébores. Il s’agit d’une technique de lutte alternative
aux traitements chimiques, non polluante et a priori plus adaptée à la biologie de ces insectes. Elle
est basée sur un système de plaques engluées de couleur rouge sous lesquelles est
suspendu un flacon contenant un liquide attractif qui peut être soit de l’alcool éthylique pur
ou à 50 % de teneur alcoolique soit de l’alcool dénaturé avec de l’éther (disponible chez certains
fournisseurs) aux mêmes doses. Pour limiter la consommation en alcool des pièges, il est possible
de mélanger un alcool coupé à moitié (titré à environ 50°) avec un gel alimentaire, type poudre de
gel de xanthane (8 grammes par litre de mélange) disponible dans les commerces de produits
agroalimentaires.
Piège à xylébores
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les insectes xylophages
Pour un piégeage massif de xylébores disparates et de saxeseni et X. germanus, la
technique est la suivante :
pose de 8 pièges éthyliques (croisillons rouges englués + flacon évaporateur) par hectare
de verger,
répartition homogène dans le verger et renforcée près des haies,
mise en place des pièges à partir de début mars (en fonction des températures
maximales) jusqu’en juillet au moins (jusque septembre sur les zones à forte présence de
xylébores),
vérification régulière du niveau d’alcool éthylique : prévision de 1/2 à 1 litre d’alcool
par piège et par semaine (la consommation varie en fonction de la teneur du mélange et de la
température extérieure),
vérification régulière de l’état des panneaux englués : nettoyage (en raclant) puis
réengluage avec une bombe de glu aérosol si ça ne colle plus. Un changement complet des
panneaux peut être réalisé une fois par saison.
* Il convient toutefois de toujours avoir à l’esprit que la meilleure technique pour lutter
contre les scolytes et les xylébores est la lutte prophylactique. Un dispositif de piégeage ne
peut être mis en place sans le respect des recommandations prophylactiques de base
détaillées dans cette fiche.
2. LE COSSUS GATE BOIS (COSSUS COSSUS)
2.1. Description
L’insecte adulte est un grand papillon de nuit,
de 70 à 80 mm environ d’envergure.
Fréquence :
Dommage :
Le corps est relativement massif et velu.
La larve est une chenille de 100 mm de long
environ au corps rouge brunâtre au-dessus, jaune
clair sur les côtés. La tête est noire.
Cossus
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Larve de cossus
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2.2. Biologie
Les adultes apparaissent en juin-juillet et volent la nuit.Après accouplement, les oeufs sont
pondus par paquet de 15 à 50, dans les anfractuosités des écorces ou au collet des arbres. 15 jours
plus tard, les jeunes chenilles pénètrent en groupe dans l’écorce où elles s’alimentent jusqu’à la fin
de l’automne. Elles restent inactives et groupées pendant l’hiver et dès la deuxième année, elles
creusent des galeries individuelles plus profondes dans le bois.
2.3. Dégâts
Dégâts de cossus
sur tronc de cerisier
Seule la chenille est xylophage et nuisible pour les
arbres fruitiers. De plus, elle s'attaque au bois vivant. Vu
la taille des chenilles, 8 à 10 cm à terme, les dégâts
occasionnés peuvent être importants, d'autant qu’ils
sont rarement isolés. En cas d'attaques sévères, de très
typiques agglomérats rougeâtres peuvent parfois être
aperçus aux pieds des arbres. Constitués de sciure grossière,
d'excréments et de soie, ils dégagent une odeur non moins
caractéristique de "vinasse".
L'arbre peut d'ailleurs en dépérir, voire périr, d'autant que les blessures causées sont la porte
ouverte à de multiples agents pathogènes (maladies, champignons).
2.4. Lutte biologique
L'empirique fil de fer souple glissé dans les galeries a bien peu de chance de trouver une victime.
Les arbres attaqués étant généralement malades ou vieillissants, il est en fait bien souvent
préférable de les abattre et de les brûler, ce qui limitera beaucoup plus les risques de
propagation.
Toutefois, il est parfois possible de limiter les dégâts et en quelque sorte de reculer
l'échéance. Il suffit souvent de dégager un peu la base de l'arbre et le départ des racines
pour apercevoir des galeries plus ou moins superficielles. Par delà ce premier constat, il faut
rechercher les zones où l'écorce "sonne le creux" et une fois cette dernière enlevée, on débusque
souvent bon nombre de chenilles de toutes tailles et donc de tous âges.
Des pièges cylindriques à phéromones* existent dans le commerce. Ils permettent de
limiter la présence des papillons et de limiter ainsi les pontes et les attaques des larves.
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les insectes xylophages
3. LA ZEUZERE DU POIRIER
(ZEUZERA PYRINA)
Fréquence :
Dommage :
3.1. Description
L’insecte adulte est un papillon de 50 à 60 mm
environ d’envergure chez la femelle et de 35 à
40 mm chez le mâle.
Les ailes sont blanches avec des taches bleuâtres.
La larve est une chenille de 50 à 60 mm de long au corps
jaune vif marqué de petits points noirs.
Zeuzère
Larve de zeuzère
3.2. Biologie
Les papillons sont présents de juin à août. Les oeufs sont pondus par centaines, groupés dans
les fentes de l’écorce.
La durée d’incubation varie de 7 à 27 jours en fonction de la température. Les jeunes chenilles
tissent alors un nid soyeux d’où elles ne sortiront que lorsque la température, l’humidité et
l’éclairement seront favorables. Elles gagnent ensuite l’extrémité des rameaux où elles pénètrent.
En fin d’été, la chenille migre et pénètre plus loin dans les rameaux lignifiés.
3.3. Dégâts
La jeune larve s’attaque d’abord aux extrémités des
jeunes pousses dont elle provoque le dessèchement. Sur le
poirier, elle s’attaque aussi aux extrémités des dards et des
bourses.
Au cours de leur développement, les larves migrent par l’extérieur
au niveau des branches et des troncs en y creusant des galeries
ascendantes.
Il s’ensuit une accumulation d’excréments et de particules de bois qui sont rejetés par les trous
d’entrée ainsi qu’un dessèchement des branches qui peuvent casser sous l’action du vent.
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3.4. Lutte préventive
Lorsque l’attaque et les dégâts sont signalés suffisamment tôt, les parties végétales atteintes
peuvent être coupées et brûlées. Par la suite, lorsque l’attaque est trop avancée, aucune lutte
chimique ne peut être conseillée.
3.5. Lutte biologique
Des pièges à phéromones spécifiques contre ce ravageur sont
commercialisés. Ils permettent de limiter la présence des
papillons.
Fréquence :
Dommage :
4. LA SESIE DU POMMIER
(SYNANTHEDON MYOPAEFORMIS)
4.1. Description
L’adulte est un insecte de 25 mm environ avec des ailes
bien caractéristiques : elles sont transparentes, sans
écaille et les marges sont bleutées avec des reflets
métalliques. De plus, il possède une large bande orangée sur l’abdomen.
La chenille mesure 20 à 25 mm en fin de développement.
Larve de sésie
Sésies adultes
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4.2. Biologie
Le vol des adultes a lieu entre fin mai et août. La femelle pond entre 100 à 200 œufs. Dès les
éclosions, les larves pénètrent dans l’écorce et creusent des galeries très sinueuses, elles se
nymphosent la troisième année.
4.3. Dégâts
Les larves s’installent dans les aspérités, principalement dans les chancres* ou dans les
broussins* et parfois dans les branches.
La jeune chenille creuse ses galeries sous l’écorce provoquant des bourrelets cicatriciels qui
favorisent, entre autres, le développement de chancres à Nectria.
Elles affaiblissent les arbres et peuvent entraîner leur mort s’ils sont jeunes.
4.4. Lutte préventive
Sur des pommiers attaqués au niveau du porte greffe* (si celui-ci est au pied), il est possible
de butter les arbres pour limiter la présence et l’installation des larves.
4.5. Lutte biologique
Peu de moyens de lutte existent contre ce
ravageur.
Il existe des pièges à phéromones qui peuvent
limiter la présence des larves dans le verger.
Il est également possible de réaliser des
emplâtres de lithothamme* au pied des
arbres touchés au niveau du porte-greffe ou des
broussins* en fin de récolte.
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les insectes xylophages
5. LUTTE BIOLOGIQUE VALABLE POUR L’ENSEMBLE DES
INSECTES XYLOPHAGES
Les oiseaux et les chauves-souris sont de très bons auxiliaires pour la lutte contre les
ravageurs xylophages présentés. Il est possible d’installer des nichoirs pour que ces auxiliaires soient
les plus efficaces possibles.
6. LUTTE CHIMIQUE VALABLE POUR L’ENSEMBLE DES
INSECTES XYLOPHAGES
Les traitements chimiques ne sont réalisables qu’au moment du vol des adultes car à
partir du moment où les larves se trouvent dans les arbres, les produits ne sont plus efficaces. En
effet, les produits disponibles n’ont pas la capacité de se répartir dans l’arbre. Afin de traiter au
bon moment, il faut au préalable mettre en place des pièges pour déterminer au mieux les
périodes de vols.
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Fréquence :
Dommage :
Limaces et Escargots
Les limaces et escargots sont des ennemis des jardins fréquemment trouvés. Ils s’attaquent à
toutes les plantes cultivées et à la plupart des plantes sauvages.
1. DESCRIPTION
Les limaces et les escargots appartiennent à l’embranchement des mollusques.
Les escargots sont munis d’une coquille leur permettant de survivre à des conditions extrêmes
de chaleur ou de sécheresse. Ils peuvent vivre jusqu’à 7 ans.
Escargot Petit gris
Escargot
des jardins
Escargot de Bourgogne
On retrouve différents types de limaces dont la taille varie de 2 à 10 cm. Elles peuvent être
de couleur ocre-jaune, brun rouge ou encore gris et noir. Elles vivent de 9 à 12 mois.
Limace rouge
Grande loche grise
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limaces et Escargots
2. BIOLOGIE
Dès les premiers beaux jours, les limaces et les escargots sortent de leur abri hivernal. Ils vont se
loger dans des endroits propices à leur survie, c’est-à-dire dans un environnement humide.
Les limaces et escargots sont hermaphrodites, c’est-à-dire qu’ils ont à la fois les organes mâle
et femelle. Ils se reproduisent en pondant de 30 à 120 œufs qu’ils déposent dans le sol. Une fois les
œufs éclos, les jeunes sortent dans le sol pour se nourrir.
Le jour, ces gastéropodes* se cachent dans des lieux sombres et frais comme les mottes de terre,
les roches, sous les planches de bois. A la tombée du jour, ils sortent de leur abri en quête de
nourriture. Ils sont également plus actifs par temps nuageux ou après une légère pluie.
Leur période d’activité s’étend globalement d’avril à octobre, après quoi limaces et escargots
hibernent jusqu’au printemps suivant.
3. DEGATS
Lorsque les gastéropodes envahissent les potagers, les massifs, ils peuvent causer des dégâts
importants ; en particulier en ce qui concerne les limaces qui se nourrissent abondamment.
Les limaces et escargots s’attaquent aux semis, aux racines, aux tubercules et aux jeunes plantules.
L’apparition de larges trous déchiquetés, de dépôts gluants sur les feuilles de certaines plantes
et de légumes et le mauvais démarrage de plantes repiquées sont des indications de leur présence.
4. LUTTE PREVENTIVE
Les limaces apprécient les terres mal structurées dont les fissures larges et profondes
constituent d’excellents refuges pour l’hiver et l’été. Améliorez donc la structure du sol par
le travail de la terre au printemps de préférence par temps sec et ensoleillé. De plus, le travail
mécanique élimine une grande partie des pontes ainsi que les jeunes limaces.
Certaines plantes répulsives peuvent servir de barrières naturelles (moutarde, persil,
trèfle, cerfeuil, capucine, tagettes, bégonias, cassis). Cette méthode n’est efficace que si les rangées
de plants ont une largeur suffisante.
En cas de forte pression de limaces et escargots, il est préférable d’éviter d’enfouir la
matière organique fraîche (tels les engrais verts) pour ne pas les attirer.
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limaces et Escargots
Protégez leurs ennemis naturels : le hérisson, la musaraigne, les orvets, les carabes, les
oiseaux tels que les corneilles, les étourneaux, les grives.
Musaraigne
Carabe
5. LUTTE BIOLOGIQUE
De nouveaux produits, à base de phosphate de fer sous forme de granulés ne polluant pas le
sol et sans risque pour les animaux, sont maintenant disponibles en jardinerie. En ingérant ces
appâts, les limaces ne s’alimentent plus et meurent en quelques jours. Ces produits s’avèrent très
efficaces.
Une autre méthode consiste à éloigner les limaces et escargots en s'appuyant sur le fait qu'ils
n'apprécient guère de se déplacer sur des surfaces rugueuses. Il suffit donc de déposer, autour
des plantes que l'on souhaite protéger, des éléments qui les feront rebrousser chemin tels la
cendre ou la sciure de bois (éviter la sciure de résineux, de chêne ou de bois traités), des
aiguilles d’épicéas, des coquilles d’œufs en miettes, des disques de ponceuse.
Dans le cas de la cendre de bois et de la sciure, il faut en remettre très régulièrement surtout après
une averse qui aura lessivé le sol.
Le piégeage consiste à attirer les limaces et escargots
en leur créant un abri idéal. Déposez dans le jardin des
pelures de melons, des pots de fleurs renversés (en prenant soin
de laisser un espace qui servira d’entrée), tuiles rondes ou tout
autre abri potentiel. Les planches destinées à se déplacer dans le
jardin ou un simple morceau de carton feront également
l’affaire. Le jour, les limaces et escargots s’y réfugieront pour se
protéger du soleil. Il suffira ensuite de les ramasser à la main pour
les éliminer.
Cache à limaces
Certains commerces commencent à vendre des clôtures électriques à disposer autour de la
zone à protéger afin que les limaces et les escargots n’y entrent pas. Facile à mettre en place, elle
consiste à fixer un ruban constitué de plusieurs fils inox sur un support (isolant de
préférence). Ces fils sont alors reliés soit à un transformateur ou à une batterie de voiture.
ATTENTION !
Il est souvent conseillé d’utiliser des coupelles de
bières. Cette technique attire également des auxiliaires du jardin tels que
les carabes qui sont des prédateurs des limaces et qui vont se noyer aussi.
Elle est donc déconseillée si l’on veut protéger les auxiliaires.
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limaces et Escargots
6. LUTTE CHIMIQUE
La méthode de lutte chimique la plus courante est l’utilisation de produits contenant du
métaldéhyde ou du méthiocarbe souvent sous la forme de granulés.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
ATTENTION ! Il ne faut pas oublier que les oiseaux, les animaux
domestiques et les jeunes enfants peuvent être attirés par ces appâts et il
y a donc risque d’empoisonnement. Afin de limiter ce risque, préférez un
produit qui contient du Bitrex® qui est un additif dont la très forte
amertume permet de réduire les risques d’absorption. Néanmoins, les
risques d’ingestion ne sont pas nuls, il semble important de préciser qu’une
poignée d’anti-limaces peut provoquer la mort d’un grand chien.
Utilisez ces produits de préférence par temps humide, en fin d’après midi ou le soir lorsque
les limaces et escargots sont les plus actifs. Ces appâts attirent les limaces et escargots qui se
déplacent pour aller les consommer. Il est donc inutile de surdoser l’application en recolorant
son jardin floral ou potager en bleu. 25 à 50 granulés par mètre carré suffisent !! Respectez
impérativement les doses d’emploi indiquées sur les contenants.
Les granulés, plutôt que d’être dispersés,
peuvent également être disposés en
petit tas sous des abris tels que des
tuiles rondes ou dans des bouteilles en
plastique. Abrité par la pluie, le produit
restera actif plus longtemps et vous ferez
des économies tout en protégeant la
faune auxiliaire qui n’aura plus accès aux
granulés.
Il faut le savoir !
Effets bénéfiques : Certains escargots se nourrissent de chenilles et pucerons et
peuvent donc être bénéfiques. De plus, ces mollusques comme les limaces digèrent
les déchets végétaux et facilitent leur décomposition.
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Fréquence :
Dommage :
Lutte contre les
micromammifères nuisibles
Dans l’esprit des amateurs de jardinage, les taupes et les campagnols, comme la plupart
des autres petits rongeurs sont des mammifères nuisibles.
La confusion est inquiétante car la taupe est loin d’être un animal à pourchasser puisqu’il s’agit
d’un important allié du jardinier qui se nourrit de vers, de larves et d’insectes.
Les taupes ne grignotent pas les racines même s’il leur arrive de les couper
ou de les briser lorsqu’elles leur bloquent le passage.
L’inconvénient d’une surpopulation de taupe est le fait que les campagnols peuvent utiliser
leurs galeries, ce qui facilite leurs déplacements. En outre, contrairement à une idée assez
répandue, les taupes ne sont pas hémophiles* et disperser des morceaux de verre
dans leur galerie ne servira donc à rien.
D’autres micromammifères ont un effet bénéfique dans le jardin comme la musaraigne qui est
insectivore ou le mulot qui se nourrit d’insectes, de vers, d’escargots et de quelques végétaux.
Seul le campagnol terrestre (aussi appelé rat-taupier) peut être réellement qualifié de
nuisible car il commet des dégâts dans les cultures où il creuse des galeries
et ronge les racines des végétaux.
Nuisible
Non nuisible
1. DESCRIPTION
En Lorraine, on trouve principalement deux espèces de campagnols pouvant endommager les
cultures : le Campagnol des champs et le Campagnol terrestre. Ce deuxième est le plus
dangereux, quelle que soit la culture touchée.
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lutte contre les micromammifères nuisibles
Le campagnol terrestre pèse de 100 à 300 g et mesure de 15 à 25 cm de long, dont 6 à 7 cm de
queue. Il a un pelage brun-roux, plus ou moins foncé dessus, et gris-beige, plus ou moins foncé,
dessous. Son museau est épais et arrondi, ses oreilles sont courtes. On le différencie du campagnol
des champs car les oreilles de ce dernier sont bien visibles et il est de taille inférieure.
Moyen de reconnaissance : observation des galeries
Galerie de taupe
Galerie de campagnol terrestre
30 à 50 cm
15 à 25 cm
10 à
30 cm
6 cm
5à
10 cm
8 cm
5
cm
6
cm
Contrairement à celles des taupes, les galeries du
campagnol terrestre sont ovales, proches de la
surface du sol. La terre est rejetée en tas irréguliers
alors que les taupinières de taupes sont rangées en
ligne.
En outre, l’entrée de la galerie est en général en pente pour les campagnols alors qu’elle
est verticale pour les taupes.
2. BIOLOGIE
Le campagnol terrestre vit dans tous les types de sol et préfère la proximité de l’eau. Il est
actif nuit et jour.
Il vit en couple. Il a 2 à 7 petits par portée et 2 à 4 portées par an. Il est apte à la reproduction
à l’âge de 2 mois. Le campagnol terrestre n’hiberne pas et vit environ 2 ans.
3. DEGATS
Le régime du campagnol terrestre est végétarien :
il se nourrit principalement des parties souterraines des plantes,
racines, bulbes, tubercules, et n’hésite pas à s’attaquer aux grosses
racines des arbres (principalement les fruitiers), qu’il ronge
progressivement leur donnant une forme caractéristique en
poignard. Ces dégâts sont insidieux car le dépérissement des
arbres est progressif et souvent, quand il devient apparent, il est
trop tard pour les sauver.
Dégât de
campagnol sur racine
Outre les dégâts commis sur les cultures, le campagnol terrestre peut être le vecteur de
nombreuses maladies pour l’homme (échinococcose alvéolaire, listériose, trichinose).
C’est pourquoi, il est important de limiter sa population.
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lutte contre les micromammifères nuisibles
4. LUTTE PREVENTIVE
Lors de la plantation de jeunes arbres, entourez les
racines de grillage serré (grillage à poulets, maille de
diamètre 13 mm). Si vous êtes dans une zone à campagnols,
cette technique est à mettre en place car elle est imparable.
Si les pieds d’arbres sont couverts de mulch à l’automne,
il est important de surveiller régulièrement.
Les bonnes pratiques d’hygiène contribueront à éloigner
les campagnols et d’autres rongeurs : ramassez tout ce qui
pourrait servir de nourriture, comme les légumes laissés
dans le jardin à la fin de la saison.
Protection
contre les
campagnols
L’herbe haute permet aux campagnols de se cacher des
prédateurs : en cas de pullulation, fauchez régulièrement.
Les semences, les aliments pour oiseaux et les bacs à
compost peuvent attirer les rongeurs. Il faut donc veiller à les
rendre inaccessibles.
En cas de pullulation, détruisez les galeries par un travail
mécanique du sol.
Evitez de bâcher vos arbustes, fraisiers ou autre car cela
attire les campagnols qui y seront à l’abri.
Enfin, pour les vergers, il est possible de faire pâturer des
moutons dont le piétinement va faire fuir les campagnols.
PROTEGEZ LEURS ENNEMIS NATURELS :
Implantez des nichoirs et des perchoirs artificiels : les rapaces diurnes et
nocturnes font une grande consommation de campagnols.
Ménagez des abris pour les belettes, les hermines, les renards en laissant des tas
de pierre ou des vieux murs. Ces petits mustélidés n’hésitent pas à pourchasser les
campagnols jusque dans leurs galeries.
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lutte contre les micromammifères nuisibles
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Le piégeage est une méthode efficace tant que les
populations ne sont pas trop importantes. Le piège le
plus couramment utilisé est le piège-appâts.
Les campagnols étant sensibles à l’odeur humaine, les
pièges ne doivent pas être manipulés à main nue.
L’appât peut être constitué de carottes qui ont l’avantage
de ne pas attirer les taupes.
Exemples de
piège-appâts
La façon la plus efficace de réduire la population de
campagnols grâce à cette méthode est de disposer un
grand nombre de pièges pendant une ou deux nuits.
Il est possible de faire fuir les campagnols grâce à des
répulsifs naturels à mettre dans les galeries :
purin de sureau : 1 kg de feuilles de sureaux mises à
macérer dans 10 l d’eau pendant 10 jours. Une haie
composée de sureaux plantés très serrés de façon à obtenir
un réseau de racines dense est aussi un excellent moyen de
maintenir les campagnols à distance.
copeaux de thuya
ail
déchets de poisson
Enterrez à moitié des bouteilles sans fond ou des tubes en PVC orientés vers les vents
dominants : le vent produit un sifflement qui dérange les campagnols.
6. LUTTE CHIMIQUE
Cette méthode de lutte est à adopter en ultime recours, seulement si les autres pratiques sont techniquement impossibles à mettre en œuvre ou si leur efficacité est insuffisante.
Les produits autorisés sont à base de bromadiolone ou de difénacoum. Ce sont des
anticoagulants qui provoquent la mort par hémorragie. Ils se présentent sous la forme d’appâts
empoisonnés.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°30
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Fréquence :
Dommage :
Les mouches de la
carotte et du poireau
1. LA MOUCHE DE LA CAROTTE
ET DU POIREAU
1.1. La mouche de la carotte
La mouche de la carotte (Psila rosae anciennement Chamaepsila
rosae) est un ravageur des potagers et des cultures
maraîchères qui affecte principalement les carottes et dans une
moindre mesure le persil, le céleri, l’aneth, le panais, le cumin et autres
ombellifères.
1.2. Description
L’adulte mesure 8 millimètres. Le corps est noir, brillant avec une
tête brun-rouge, des pattes jaunâtres et des ailes plus longues que
le corps (12 millimètres environ).
1.3. Biologie
Ces adultes sont lents, peu actifs ; ils se posent et se nourrissent sur les plantes basses les plus
variées. La ponte s’effectue dès le mois de mai, dans la terre, au pied des plantes variées. Peut-être
même sont-ils capables de pondre sur des plantes appartenant à d’autres familles.
Les œufs sont très petits, difficiles à voir; chaque femelle peut en déposer jusqu’à 150. Dix à douze
jours après la ponte, les larves éclosent et se dirigent dans le sol vers la plante hôte.
Les larves achèvent leur développement
en un mois environ. Elles sont alors
cylindriques, mesurent de 6 à 7 mm de
longueur et ont une couleur blanc jaunâtre
brillant. Ces larves se transforment en un petit
tonnelet dur, brunâtre : on les trouve, soit dans
la plante attaquée, soit, beaucoup plus souvent,
dans le sol au voisinage de la racine.
n°31
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les mouches de la carotte et du poireau
Le cycle biologique de la mouche de la carotte est caractérisé par un étalement considérable
des sorties des adultes et du développement des larves.
Les larves de la première génération, issues des œufs pondus pendant le premier vol donnent
de nouveaux adultes à la fin du mois de juillet.
La deuxième génération d’adultes apparaît à la mi-septembre et jusqu’à la fin novembre.
1.4. Dégâts
Après avoir consommé les petites racines, les larves de la
mouche de la carotte pénètrent sous la peau de la racine
et creusent des galeries irrégulières, sinueuses, très souvent
orientées vers l’extrémité inférieure. Au cours de sa croissance,
la carotte se crevasse ; des pourritures peuvent s’instaurer et
donner un goût amer à la racine. La plante, mal alimentée, cesse
de grossir. Les dégâts sont les plus graves pour les jeunes
semis. Ils se signalent souvent par un jaunissement ou un
rougissement du feuillage, accompagné d’un flétrissement dû à la
mauvaise alimentation en eau de la plante.
Il est aussi à noter que les dégâts causés par la deuxième génération sont très étalés dans le
temps et ils se poursuivent pendant tout l’automne.
1.5. Lutte préventive
De nombreux moyens de lutte préventive peuvent être mis en place afin de limiter le
développement de la mouche de la carotte.
Espacer dans le temps le retour d’une culture de carotte afin de minimiser au maximum la
multiplication de la mouche de la carotte. On doit éviter en particulier une culture de carotte
primeur derrière une carotte de conservation.
Eviter un sol trop meuble.
Eviter d’utiliser des engrais organiques riches en azote
et préférer le compost mûr.
Planter à proximité des oignons et des
poireaux.
Au moment du semis, mélanger les graines avec
des grains de poivre.
Répandre de la tanaisie séchée et réduite en poudre dans les rangs de carottes ; la forte
odeur dégagée par cette plante leurre la mouche de la carotte qui épargne les cultures.
Lorsqu’une culture de carotte a été fortement infestée, il est nécessaire d’attendre que
les larves aient eu le temps de se nymphoser avant de mettre en place une autre
culture car on a pu observer des attaques de larves de mouche de la carotte sur des laitues
lorsque celles-ci étaient mises en place trop rapidement derrière une culture infestée.
n°31
2/6
les mouches de la carotte et du poireau
1.6. Lutte biologique
Avec des moustiquaires, dresser des barrières verticales d’environ
80 cm de hauteur : ces ravageurs restent coincés dans ces pièges car ils
essaient toujours de s’échapper vers le haut en direction de la lumière.
Piéger les mouches lors de la période des vols à l'aide de panneaux
peints en jaune ou en orange et enduits de glu.
1.7. Lutte chimique
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
Les principes qui président à l’élaboration des méthodes de lutte chimique sont les mêmes que
pour la Mouche du chou ou celle de l’oignon : il est difficile d’atteindre les adultes qui ont des
périodes de sortie, de vol et de ponte échelonnée. L’observation de ces mouches ou de leur ponte
n’est pas aisée. Les larves sont difficiles sinon impossible à tuer quand elles ont atteint
les carottes et y ont pénétré. Il faut donc créer autour des racines de la plante une zone de
protection imprégnée d’une substance insecticide qui tuera les jeunes larves après leur éclosion,
quand elles cherchent à atteindre leur nourriture.
En cas d’observation de pourrissement, faire un traitement au cuivre.
2. LA MOUCHE MINEUSE DU POIREAU
(PHYTOMYZA GYMNOSTOMA)
Fréquence :
Dommage :
La mouche mineuse du poireau (Phytomyza gymnostoma), nouveau
ravageur en France, fait des dégâts importants sur les Allium
cultivés, principalement le poireau, l’oignon et la ciboulette. Ces
dommages ont d’abord été observés sur des poireaux en Alsace et la
mouche mineuse est actuellement présente dans une grande partie de
l’Est de la France.
n°31
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les mouches de la carotte et du poireau
2.1. Description
Mouche grisâtre mate d’environ 3 mm de longueur avec
une tête et une partie ventrale jaune et des pattes noires.
2.2. Biologie
Les mouches du poireau passent l’hiver sous forme de
pupes* (petits cylindres marron). Au début de l’année, les
adultes émergent et s’accouplent. Les œufs sont pondus
dans les feuilles. Après éclosion, les jeunes asticots se
nourrissent des feuilles en creusant des galeries.
2.3. Dégâts
Au printemps, les dégâts surviennent après le premier vol.
Les poireaux en culture sont alors de petite taille et quelques
asticots suffisent à tuer une plante ; aussi assiste-t-on à un
dépérissement plus ou moins important des parcelles.
En automne, les poireaux sont de plus grandes tailles et
survivent même en hébergeant des populations importantes de
larves. Les poireaux attaqués présentent des galeries
creusées verticalement. Les asticots se nourrissent des
feuilles en progressant du haut vers le bas. Les mines ne
pourrissent pas, elles ont dans certains cas un aspect propre de
teinte blanchâtre due aux parois des cellules mortes.
Il arrive aussi que la coloration soit brun rose, bien visible sur
la partie basse blanche des feuilles. Il est aussi courant
d’observer de graves déformations de la plante. En effet,
lors de la croissance, la fragilisation des feuilles externes
provoque leur éclatement et des poussées latérales des feuilles
centrales en croissance, ce qui déstructure complètement le
plant.
n°31
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les mouches de la carotte et du poireau
2.4. Lutte préventive
Couvrir les cultures avec un filet à mailles fines (moustiquaire ou filet anti-insectes) afin
d’empêcher les adultes d’accéder aux feuilles.
Planter un peu plus tard pour qu’il n’y ait pas de présence de feuilles pendant le vol des
adultes.
Faucher les poireaux dès que la ponte a eu lieu. Ainsi les œufs ou les jeunes larves ne
peuvent se développer et sont éliminés.
En cas d’attaques récurrentes, il est recommandé de récolter ce qui est récoltable et
d’éliminer tous les résidus végétaux de poireaux, d’oignons et d’ails cultivés dans le même
milieu. En effet, ce qui caractérise ce ravageur est qu’il semble entièrement inféodé à ces végétaux
pour toutes les phases de son cycle. Leur absence dans un espace suffisamment vaste pendant une
partie du cycle élimine le ravageur.
En cas d’enfouissements, ceux-ci doivent être profonds et il est préférable de bâcher
soigneusement les composts.
Réaliser des rotations des cultures qui permettent de réduire la pression d’attaque des
adultes.
Tremper les jeunes plants dans de l’eau additionnée de quelques gouttes d’eau de
javel pendant 5 minutes au moment du repiquage.
2.5. Lutte chimique
L’utilisation d’insecticides de type pyrèthre paraît a priori peu pertinente car ces
produits ont une faible rémanence* qui les rend peu efficaces compte tenu de la période brève
de vol de ces insectes.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
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les mouches de la carotte et du poireau
n°31
6/6
Fréquence :
Dommage :
Les nématodes
Les nématodes ou "vers ronds" forment un groupe zoologique à la fois homogène
par leurs caractères et très diversifié par les milieux qu’ils colonisent et qui représentent presque
tous les milieux naturels possibles. Une proportion importante de ces nématodes du sol
s’attaque aux plantes. On compte actuellement 3 000 espèces de nématodes nuisibles
pour les végétaux. Parmi les espèces les plus répandues et les plus dangereuses,
citons le nématode des tiges et des bulbes.
1. DESCRIPTION
Les nématodes sont les plus simples des animaux organisés : vers effilés, transparents et
généralement microscopiques, ils ne possèdent ni appareil respiratoire, ni appareil de circulation du
sang, ni muscles.
Les nématodes attaquant les végétaux mesurent presque tous moins d’un millimètre
de long. Leur bouche contient toujours un stylet, aiguille creuse, que l’animal enfonce dans les
tissus végétaux pour en aspirer le contenu, d’où le nom "d ‘anguillules" qui leur est dévolu.
Signalons que le groupe des nématodes comprend aussi des espèces utilisées depuis
quelques temps pour la lutte biologique contre certains nuisibles. Ainsi, c’est avec succès
qu’ont été introduits les nématodes de la famille des Heterorhabditis et des Steinernema
carpocapsae pour parasiter les larves d’otiorhynques (Otiorhynchus suleatus) et d’hannetons
horticoles (Phyllopertha horticola). Quant à l’emploi de la famille Phasmarhabditis hermaphrodita
contre les escargots et les limaces, il a été récemment autorisé.
2. BIOLOGIE
Du point de vue de leur comportement vis-à-vis des plantes, les nématodes phytophages*
peuvent être séparés en deux catégories d’importance égale.
ceux dont le cycle se déroule intégralement dans le sol et qui ne s’attaquent qu’aux
racines : ce sont les plus nombreux. Selon les espèces, les nématodes parasites des parties
souterraines peuvent vivre en permanence dans le sol ou, au contraire, pénétrer dans les tissus
végétaux pour y effectuer une part importante de leur cycle biologique.
ceux qui s’attaquent aux parties aériennes des plantes : tiges et parfois feuilles. Ces
nématodes nagent à la surface des tiges et des feuilles dans la pellicule d’eau qui les recouvre après
une pluie ou une rosée. Ils pénètrent ensuite à la base des tiges où ils creusent des cavités. En
l’absence d’eau, ils entrent en vie ralentie et peuvent ainsi survivre très longtemps jusqu’à la
reconstitution de la pellicule d’eau.
n°32
1/4
les nématodes
De plus, dans un cas comme dans l’autre, certaines espèces passent toute leur vie au même
endroit sur la plante tandis que d’autres peuvent se déplacer à la recherche d’un nouveau
lieu d’alimentation ou pour effectuer une nouvelle phase de leur cycle.
Les nématodes pondent leurs œufs dans le sol ou sur les plantes. Si les conditions sont
défavorables (froid ou sécheresse), ils peuvent demeurer dans le sol pendant des dizaines d’années.
Leur multiplication dépend de l’humidité et de grandes quantités d’oxygène dans le sol. Ils
prospèrent surtout dans les sols légers.
3. DEGATS
Les symptômes d’attaque de nématodes sont rarement spécifiques et donc
difficilement décelables. Les plus visibles sont ceux occasionnés par les parasites des parties
aériennes : déformations ou nécroses. Les dégâts causés par les nématodes dans les racines
prennent la forme de lésions, de kystes ou de gales. Le plus souvent, les attaques de nématodes se
traduisent par une diminution de la végétation.Toutefois, celles-ci ne sont décelables que lorsque la
population atteint un degré assez prononcé du fait d’une multiplication importante des parasites
dans le sol.
Aux dégâts que provoquent les nématodes par leur
propre action peuvent s’ajouter ceux provoqués par des
maladies dues à des champignons ou à des bactéries dont ils
peuvent aggraver les symptômes ou déclencher leur apparition.
Enfin, plusieurs maladies à virus de plantes cultivées sont
obligatoirement transmises par des nématodes. Il est alors
difficile de reconnaître les dégâts causés par les nématodes dont
l’impact est ainsi fréquemment attribué à d'autres facteurs.
Les cultures les plus exposées sont celles pratiquées sous
abri pour lesquelles les conditions de végétation et donc de
développement des nématodes, sont favorables toute l’année.
Cependant, les cultures de plein air, même pratiquées très au
Nord, peuvent être l’objet de graves attaques en raison des
conditions d’adaptation de certaines espèces de nématodes.
4. LUTTE
Sauf dans de rares cas où les nématodes se trouvent concentrés en un endroit précis de la plante,
l’éradication complète de ces parasites ne peut être envisagée. Leur dissémination dans le sol et
leur résistance aux contraintes font qu’une population non négligeable demeure hors
d’atteinte. L’objet des méthodes de lutte est donc, soit, d’éliminer suffisamment de nématodes
pour que leurs populations descendent en-dessous du niveau dommageable aux plantes,
soit, de protéger les plantes contre leurs attaques.
n°32
2/4
les nématodes
5. LUTTE PREVENTIVE
Les précautions prophylactiques consistent à éliminer toutes les sources de contamination :
éliminer les débris de végétaux infectés et nettoyer les outils (bêche, râteau). Ces méthodes ne sont
pas suffisantes en elles-mêmes, mais sont un complément indispensable à des moyens plus efficaces.
Il est également fortement recommandé d’observer toutes les parties des plantes lors de
la plantation (semences, tubercules, plants racinés, bulbes) pour éviter d’importer des plantes
infestées.
6. LUTTE BIOLOGIQUE
Semer de la phacélie et du sarrasin
avant les cultures pour leur action
nématicide.
S’il y a des nématodes dans les
semences, trempez-les dans l’eau chaude.
Favoriser la rotation des cultures. Il
est à noter que certains nématodes
s’adaptent facilement à différentes cultures,
toutefois la monoculture tend à les
multiplier et donc à aggraver les problèmes
qu’ils posent.
Planter des œillets d’Inde ou de la
tagète entre les rangs.
7. LUTTE CHIMIQUE
Il n’existe à l’heure actuelle aucun produit phytosanitaire de lutte efficace contre les
nématodes autorisé sur le marché à cause des dommages causés à l’environnement et de leur
très forte toxicité vis-à-vis des utilisateurs.
n°32
3/4
les nématodes
n°32
4/4
Fréquence :
Dommage :
( )
Les pucerons
On compte des milliers d’espèces de pucerons dans le monde dont plusieurs centaines en
Europe. Ces petits insectes très prolifiques vivent en denses colonies sur les jeunes pousses et
sous les feuilles d’une vaste gamme de plantes ornementales et potagères.
Parmi les espèces rencontrées le plus fréquemment,
on peut citer le puceron cendré (Dysaphis
plantaginea), le puceron vert (Aphis pomi),
le puceron mauve (Dysaphis priri), le puceron des
galles rouges (Disaphis devecta) ou encore le puceron
lanigère (Eriosoma lanigerum). Ils font tous
partie des ravageurs les plus rencontrés dans
nos jardins lorrains.
1. DESCRIPTION
Les pucerons font partie de l’ordre des Homoptères*, comme les aleurodes et les cochenilles. Les
adultes ont un corps en forme de poire mesurant entre 1 et 4 mm, ils sont munis de six pattes.
Ils peuvent avoir deux paires d’ailes ou être aptères (sans ailes). Leur tête porte de longues antennes
et un rostre suceur articulé (pièce buccale) et leur abdomen est muni d’un genre de queue ou de
deux petits tubes appelés cornicules qui facilitent l’écoulement du miellat.
Un puceron cendré
Colonie de pucerons noirs
n°33
1/6
les pucerons
2. BIOLOGIE
La métamorphose des pucerons est dite incomplète car il n’y a pas de stade larvaire. Les
jeunes naissent semblables aux adultes puis subissent quatre mues successives.
Les pucerons ont un cycle biologique inhabituel et
complexe. Certains pucerons passent leur vie sur la même
plante tandis que d’autres doivent changer de plantes hôtes pour
compléter leur cycle vital (c’est le cas par exemple du puceron
cendré du pommier par exemple, qui rejoint sa plante hôte - le
plantain – à l’automne). Certaines espèces s’adonnent à la
reproduction sexuée tandis que d’autres se multiplient
uniquement par clonage (sans fécondation). Quelques
espèces combinent ces deux méthodes en produisant d’abord
une succession de générations unisexuées (femelles) suivies de
quelques générations bisexuées (mâles et femelles) permettant
l’accouplement et la fécondation des œufs.
Dans notre région, les pucerons hibernent habituellement
sous forme d’œufs (petits, noirs et luisants), cachés entre les écailles des bourgeons, les crevasses
de l’écorce ou enfouis dans la terre. Certaines fourmis, qui font l’élevage des pucerons pour leur
miellat, abritent les œufs dans leur nid pour l’hiver et les transportent au printemps sur les plantes
hôtes.
Dès les premiers beaux jours, sortent des œufs des femelles
aptères*, appelées fondatrices, qui donnent naissance
directement à des jeunes pucerons déjà formés (ovovivipares) sans
avoir besoin d’être fécondées. Chaque femelle peut rapidement
(au bout de 8 jours en moyenne) engendrer de trente à quatrevingt jeunes. Une dizaine de générations peut ainsi se succéder au
cours de la saison, la descendance théorique d’une femelle
fondatrice au bout de quelques mois est énorme et les colonies de
pucerons peuvent rapidement envahir les cultures en l’absence
d’ennemis naturels.
3. DEGATS
Il convient tout d’abord d’être très attentif au printemps
pour repérer les pucerons qui peuvent très rapidement
provoquer des dégâts sur les jeunes pousses gorgées de sève.
Leur pompage de sève incessant provoque quelquefois
l’enroulement des feuilles (pucerons cendrés), retarde la
croissance et déforme les pousses des arbres fruitiers.
Dégât type du puceron cendré
n°33
2/6
les pucerons
Certains pucerons s’enduisent d’une sécrétion cireuse
blanche semblable à du coton (pucerons lanigères), d’autres
sont à l’origine de la formation de galles (pucerons des galles
rouges) qui provoquent une boursouflure et une coloration
rougeâtre souvent confondues avec la maladie de la cloque du
pêcher (due à un champignon).
Les pucerons attaquent aussi bien les légumes et les
fleurs (salades, fèves, pois, chrysanthèmes, …) que les arbres
et arbustes fruitiers et d’ornements (pommiers, pruniers,
cerisiers, pêchers, vigne, rosiers, sapins, pins…).
Dégât sur framboisier
Du miellat, une substance sucrée et gluante
recouvre alors les feuilles et les tiges, ce qui attire les
fourmis, les guêpes et les abeilles.
Fourmis "éleveuses" de pucerons
4. LUTTE PREVENTIVE
De nombreux moyens de lutte préventive peuvent être mis en place afin de limiter l’impact
des pucerons. Il est illusoire (et inutile de surcroît) d’espérer les éradiquer totalement. La solution
idéale est de conduire son jardin de manière à obtenir des populations de pucerons les plus
faibles possible et des populations de prédateurs et parasites les plus variées possible.
Un jardin équilibré n’est pas un jardin sans puceron, mais un endroit où les colonies restent
suffisamment faibles pour ne pas causer de tort aux plantes, tout en permettant au cortège habituel
de leurs ennemis de se maintenir en permanence.
Éviter la surfertilisation :
Les engrais à absorption rapide, c’est-à-dire surtout les engrais chimiques, modifient la composition
de la sève et la rendent plus appétante pour les pucerons. Eviter la surfertilisation et préférer le
compost mûr favorisant une croissance plus équilibrée des plantes et limitant l’arrivée des
pucerons.
Faire des associations :
Le mélange de culture est un moyen de freiner la
colonisation des pucerons. Il est possible d’intercaler
quelques "plantes pièges", les capucines ou les pétunias
conviennent bien à cet usage. À l’inverse, certains
végétaux ont un effet réputé répulsif contre les
pucerons, c’est le cas des œillets d’Inde, de l’ail, de la
lavande ou de la mélisse.
n°33
Mélisse
3/6
les pucerons
Laisser une place aux plantes sauvages :
La tolérance d’un couvert d’herbes folles - si la culture
n’est pas dominée – est favorable aux insectes auxiliaires.
La couverture du sol profite aux carabes qui sont des
prédateurs du puceron. Les syrphes adultes, autres
prédateurs, sont attirés par la moutarde, le sarrasin ou la
phacélie en fleurs.
Les arbres et arbustes, en particulier plantés en haies,
jouent un rôle similaire de réservoir à auxiliaires, les
nourrissant par leurs pucerons et par leurs fleurs. Le
sureau et le noisetier conviennent particulièrement,
associés à l’églantier, à la ronce et au lierre.
Sureau noir
Placer des abris :
Les populations d’auxiliaires (coccinelles, syrphes ou
perce-oreilles) peuvent être favorisées en leur fournissant
des abris pour l’hiver ou pour la journée.
Les coccinelles hivernent à l’état adulte dans les fentes de
rochers, sous les feuilles mortes. Il est donc possible de
construire des abris artificiels imitant ces fentes (style
mille-feuilles en bois) et il est important de ne pas brûler
ni évacuer les feuilles mortes au pied des haies.
Il est possible d’installer, dès l’été dans les arbres, des abris
où les chrysopes se réfugieront à l’arrivée du froid. Un simple
bidon en plastique de quelques litres avec une
ouverture à la base et bourré de fibres de bois, accroché
dans un arbre, peut faire un bon abri à chrysopes.
Les perces-oreilles, insectes nocturnes, sont souvent pris
pour des ravageurs alors qu’ils sont de très bons prédateurs
contre les pucerons. Il est possible de les capturer et de les
placer au pied des plantes attaquées par les pucerons. Pour
cela, placez un pot de fleur à l’envers contenant de la
paille légèrement humide dans les lieux fréquentés par les
perces-oreilles. Veillez à laisser un espace assez grand
pour qu’ils puissent s’y réfugier à la levée du jour.Vous
n’aurez plus qu’à transférer le pot en pleine journée.
n°33
4/6
les pucerons
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Au printemps, le plus tôt possible, placer une
bande collante autour des troncs des arbres
sensibles pour empêcher les fourmis d’aller porter les
œufs de pucerons sur de nouvelles pousses tendres en
développement.
Durant l’été, lorsque les pucerons sont présents,
arroser les tiges et les feuilles avec un jet d’eau
sous pression de façon à déloger les insectes.
Il est également possible de couper et d’éliminer
les tiges et feuilles trop infestées ou d’écraser
manuellement les insectes regroupés sur la plante.
Des pulvérisations à base d’eau savonneuse ou de décoction de feuilles de rhubarbe ou
d’ortie peuvent réduire fortement les populations de pucerons.
Il existe également plusieurs produits naturels à base notamment de consoude, d’ortie,
de rue ou de feuilles de noyer qui peuvent être faits soi-même et qui ont la réputation d’être
efficaces contre les pucerons.
Des produits de traitement à base de substances naturelles comme le pyrèthre
naturel sont disponibles en jardinerie.Attention, ces produits peuvent constituer une solution dans
les cas où la pression en pucerons est forte mais ils ne sont pas sélectifs et n’épargnent donc pas
les insectes auxiliaires.
Il est également possible de procéder à des lâchers de larves de coccinelles lorsque l’on
en trouve dans le commerce.Attention, s’assurer préalablement que l’espèce de coccinelle relâchée
est d’origine européenne.
6. LUTTE CHIMIQUE
De nombreux insecticides chimiques sont en vente dans le commerce.Aucun d’entre eux n’est
véritablement sélectif. Ils risquent donc de briser l’équilibre écologique du jardin. Ils ne sont à
conseiller qu’en ultime recours en tenant compte du fait qu’ils sont nocifs pour
l’environnement mais également pour l’Homme. La lutte biologique préventive est toujours
une meilleure solution car elle offre une alternative à long terme et respecte la richesse écologique
du jardin.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°33
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les pucerons
n°33
6/6
Fréquence :
Dommage :
Taupins
Communément appelées "vers fil de fer", les larves de taupins sont répandues dans les jardins.
Elles s’attaquent principalement aux légumes à racines ou à tubercule
tels que la carotte, la pomme de terre ou la betterave.
Ils sont souvent présents lors de la reprise de jardins peu entretenus.
1. DESCRIPTION
L’adulte est un coléoptère* de
forme allongée, à carapace dure et de
couleur sombre. Son corps est
habituellement fuselé et mesure de 1
à 3 cm de long.
La larve est mince, cylindrique, de couleur allant de l’ocre
au cuivre avec une tête brun foncé. Elle a 3 paires de
pattes et sa partie postérieure se termine par une courte
pointe marron. Elle atteint 3 cm de longueur en fin de
cycle. Les vers fil de fer apprécient l’humidité et
sont sensibles à la sécheresse.
2. BIOLOGIE
Le cycle évolutif dure de 3 à 6 ans selon l’espèce et la larve se nourrit activement pendant 2
à 5 ans. Dans les zones habituellement infestées, tous les stades larvaires peuvent être présents en
même temps au cours de la saison de végétation.
n°34
1/4
Taupins
La larve développée se transforme habituellement en nymphe* dans des cellules de terre
souterraines, à la fin de l’été ou au début de l’automne, pour parvenir au stade adulte en moins de
3 semaines et hiverner. Les adultes émergent du sol le printemps ou l’été suivant et s’accouplent.
Après quoi les femelles s’enfoncent à une profondeur de 2.5 à 15 cm dans le sol et pondent de 50
à 300 œufs. Comme les femelles volent difficilement, les infestations sont lentes à se
propager d’un jardin à l’autre.
Les œufs prennent 3 à 4 semaines pour éclore et la nouvelle larve se nourrit de résidus végétaux
ou de racines de nombreuses plantes. Les larves s’enfoncent et montent dans le sol pour s’adapter
aux conditions d’humidité, de température et d’alimentation. Elles remontent au printemps lorsque
la température de la couche superficielle est de 10 ° C. Elles hivernent généralement en profondeur
pour ne pas être touchées par le gel.
La larve du dernier stade larvaire amorce la nymphose* soit immédiatement, soit au
printemps après avoir passé l’hiver à l’abri dans la loge.
3. DEGATS
Dégâts de larves sur pomme de terre
Les larves de taupins apparaissent surtout la
deuxième année suivant l’implantation du
jardin. Au printemps, les larves creusent des galeries
dans les semences de pommes de terre, dans les
racines et les pousses de croissance. Plus tard, durant la
saison de végétation, les vers fil de fer se nourrissent
des parties souterraines de la pomme de terre, de la
carotte, de la betterave, de l’oignon, de la tomate, du
poireau.
Elles creusent des galeries de 3 mm de diamètre
et de 4 cm de profondeur (plus petits que ceux faits par les vers blancs). Les plantent attaquées
meurent ou sont impropres à la consommation. Les larves s’attaquent également aux racines des
salades, aux racines des gazons et des jeunes arbres.
4. LUTTE PREVENTIVE
La première année d’implantation du jardin, cultivez surtout des
bracicacées* (chou, brocolis, cresson), et déplacez ces cultures les
années suivantes.
Le sarrasin cultivé un an avant l’implantation du jardin permet de
"nettoyer" la zone infestée avant l’implantation du jardin.
Protégez leurs ennemis naturels : la taupe, la musaraigne, les
carabes, les oiseaux tels que les corneilles, les étourneaux, les grives.
Apportez du fumier ou du compost pour augmenter la résistance
des cultures.
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Taupins
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Les œufs sont localisés dans les 5 à 10
premiers centimètres du sol de mi-mai à début
juillet. Ils sont très sensibles à la déshydratation, il est
donc recommandé de réaliser un griffage du sol et de
laisser sécher.
Les larves de taupins apprécient les sols
compacts et humides : travaillez le sol plusieurs
fois afin de bien l’ameublir, l’aérer et le drainer.
Disposez des appâts : enfoncez des carottes ou des pommes de terre coupées en deux dans
le sol, la face coupée se trouvant à environ 5 cm de profondeur. Contrôlez et détruisez
régulièrement les larves attirées.
Labourez le sol tard à l'automne pour exposer les vers au gel et à leurs prédateurs.
Des pièges à phéromones* sont expérimentés et pourraient apparaître sur le marché.
6. LUTTE CHIMIQUE
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
Si les méthodes de luttes préventives et biologiques restent insuffisantes, il existe des produits
spécifiques pour jardin à base de diazinon pour lutter contre les taupins. Il ne faut néanmoins
pas oublier que ces produits chimiques détruisent toute la faune auxiliaire et posent donc
à terme des problèmes de déséquilibre du sol.
Il est important d’intervenir au bon moment : au printemps (avril, mai) à la remontée
des larves ou au début de l’automne (septembre) avant l’hibernation des larves.
Ces produits agissent par ingestion et contact : il faut donc les incorporer dans la couche
superficielle du sol humide.
n°34
3/4
Taupins
n°34
4/4
Fréquence :
Dommage :
Les Thrips
Originaires des régions tropicales, ces insectes ont été introduits lors des échanges de plantes.
Amateurs de lumières tamisées, les thrips passent le plus clair de leur
temps cachés à l’abri des regards indiscrets.
Les thrips attaquent surtout les pois, les oignons, les poireaux et, plus rarement, les courges,
les tomates et les choux fleurs. Ils peuvent aussi attaquer les glaïeuls et les rosiers.
Dans la véranda ou la serre, ils apprécient les températures chaudes et sont actifs toute l’année.
Ils s’en prennent aux orchidées, aux palmiers et aux ficus.
1. DESCRIPTION
Les thrips sont de petits insectes allongés de 1 à 3 mm (peu visibles)
dont les ailes, longues et étroites, sont frangées de longues soies
permettant un vol planant qui peut durer, selon les espèces, de
quelques secondes à plusieurs heures.
Thrips adultes
2. BIOLOGIE
La reproduction asexuée (c’est-à-dire en l’absence de mâles) est fréquente. Lorsque la
reproduction est sexuée, l’accouplement a lieu quelques heures après leur apparition. Chaque
femelle pond environ une centaine d’œufs dans les feuilles. Les larves qui apparaissent sont très
mobiles et commencent immédiatement à se nourrir. La transformation des larves en adultes
est réalisée dans le sol. Les larves et les adultes vivent sur la surface inférieure des feuilles à l’abri
de la lumière.
En Lorraine, une à deux générations seulement sont présentes dans l’année. En hiver, ils
entrent en vie ralentie.
n°35
1/4
Les Thrips
3. DEGATS
Suivant les espèces, les thrips peuvent se nourrir des feuilles, des fleurs ou des bulbes. Ils
piquent les tissus végétaux et injectent leur salive toxique.
Sur feuilles : les plages de cellules mortes apparaissent comme des taches claires formées de
petits points blancs nacrés brunissant peu à peu. Les feuilles peuvent se dessécher et tomber. Sur
jeunes feuilles, les piqûres entraînent des malformations. Ces symptômes ressemblent à ceux causés
par les acariens; cependant lorsqu’il s’agit de thrips, des déjections sous forme de petites
gouttelettes brunâtres parsèment le feuillage.
Dégâts sur poireau
Dégâts sur pois
Dégâts sur chrysanthème
Sur fleurs : certains thrips floricoles se nourrissent sur les pétales, y provoquant les mêmes
taches que sur feuilles. Lorsque les thrips attaquent le bouton floral, celui-ci avorte et la floraison
est totalement compromise.
Sur bulbes : sous l’action des piqûres, les bulbes s’assèchent et deviennent brun-noirâtre. Des
pourritures peuvent alors s’installer par les blessures ainsi occasionnées.
Les thrips se développent sur de nombreuses plantes, surtout par temps chaud et sec et peuvent
propager des virus.
4. LUTTE PRÉVENTIVE
Le contrôle des populations de thrips est complexe car :
Leur détection est difficile car ils vivent cachés.
Le fait que les œufs soient insérés dans le végétal et que la nymphose se déroule le plus souvent
dans le sol rend inaccessible une partie des individus aux insecticides.
n°35
2/4
Les Thrips
Différentes mesures prophylactiques existent pour lutter contre les thrips.
Il est ainsi recommandé de :
Respecter une rotation suffisante des cultures de plein air en raison de la survie dans le
sol de la forme larvaire;
Eviter l’excès de sécheresse et de chaleur;
Semer précocement les pois et les oignons;
Arroser les faces inférieures de feuilles avec un jet d’eau froide;
Tremper dans l’eau chaude (20 minutes à 50°c) les plants et les bulbes;
Couper les branches attaquées;
Mettre en place des pièges englués, jaunes ou bleus (couleurs plus attractives pour les
thrips) afin de les détecter.
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Des acariens et des punaises prédatrices peuvent venir s’installer naturellement dans le jardin
pour lutter contre les thrips si vous ne faites pas de traitements chimiques.
6. LUTTE CHIMIQUE
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
Certaines cultures sont un refuge naturel pour les thrips, difficilement atteints par les traitements insecticides comme par exemple, chez le rosier, où les attaques débutent dans le bouton
floral.
Un seul insecticide chimique est autorisé dans le commerce. Il semble également judicieux de
traiter le soir, quand la lumière décline et par température encore élevée afin que les individus
conservent un comportement actif et sortent des caches.
n°35
3/4
Les Thrips
n°35
4/4
Fréquence :
Dommage :
Les vers blancs
Communément appelés vers blancs, les larves de hannetons sont de plus en plus répandues
dans les jardins. Il existe différentes espèces de ce type de coléoptères*,
les larves de hannetons communs étant les plus nuisibles.
Les vers blancs se nourrissent de légumes à tubercules (pomme de terre, carotte, navet, etc.),
de racines de gazon. Les hannetons adultes se nourrissent
des feuilles des arbres fruitiers ou forestiers.
1. DESCRIPTION
Le hanneton commun adulte mesure de 20 à 30 mm. Ses pattes, ses
antennes et ses élytres* (protection rigide des ailes) sont rouge-brun.
Le hanneton de la Saint-Jean et le hanneton horticole ont une
taille inférieure : 15 à 20 mm pour le premier, 8 à 10 mm pour le second.
Attention à ne pas confondre les adultes
avec les carabes qui sont des prédateurs de limaces et d’escargots.
Leur larve, le ver blanc, mesure de 30 à 45 mm en fin de
développement. Son corps est blanc et arqué, la tête et les pattes sont
brunes.
Larve de cétoine
Cétoine dorée
La reconnaissance de la larve de hanneton est
importante pour ne pas le confondre avec celle de la
cétoine dorée. La larve de la cétoine vit dans les
milieux où les végétaux se décomposent c'est-à-dire principalement dans
les tas de compost ou dans les endroits où le jardinier a mis du terreau
(pots de fleurs…). Elle n’est pas nuisible. L’adulte butine les fleurs les
plus variées.
n°36
1/4
Les vers blancs
Le moyen de reconnaissance le plus sûr est de déposer la larve sur une surface plane; si elle
se déplace sur le dos, c’est une larve de cétoine.
2. BIOLOGIE
Les hannetons communs volent de fin avril à mai.Après l’accouplement, les femelles pondent
leurs œufs dans les premiers centimètres de terre d’un gazon ou d’un potager. Les vers blancs
remontent à la surface en juin et juillet et se nourrissent jusqu’en automne. Ils hivernent à 30-40
cm de profondeur et reviennent au printemps à proximité de la surface du sol pour manger des
racines. C’est cette année-là (la seconde) que les dégâts sont les plus importants. Les vers
blancs hivernent à nouveau pour se transformer en nymphes et prendre leur vol la troisième année.
Le hanneton de la Saint-Jean a un cycle bisannuel. Sa période de vol s’étale de juin à août.
Quant au hanneton horticole, son cycle est annuel. C’est la seule espèce qui vole le jour, de
début mai à début juin.
3. DEGATS
Les hannetons adultes mangent les feuilles d’arbres et des buissons mais ne causent que des
dommages limités.
Les vers blancs se nourrissent de racines de préférence fibreuses telles que l’herbe de gazon.
Une pelouse attaquée par des vers blancs présente des taches de gazon mort que les mauvaises
herbes risquent d’envahir. Si votre pelouse présente ces symptômes, essayez de tirer dessus : si vous
pouvez la soulever comme un tapis, il est possible que vous ayez affaire à des hannetons.Vous verrez
2
alors probablement des larves. Si vous en comptez plus de 5 par m , ils risquent de causer
d’importants dégâts.
Les larves des hannetons de la Saint-Jean et des hannetons horticoles sont plus petites et causent
moins de dégâts que celles du hanneton commun.
4. LUTTE PREVENTIVE
Un bon nettoyage du jardin à l’automne aidera à réduire le nombre de vers blancs qui
hiverneront. Enlevez les vieilles plantes et les mauvaises herbes, raclez le gazon pour en retirer le
chaume.
Les pelouses vigoureuses tolèrent un plus grand nombre de vers blancs. Pensez à aérer,
défeutrer et à avoir une fertilisation équilibrée de votre gazon.
Les hannetons préfèrent déposer leurs œufs dans des pelouses coupées à ras en été. Il faut donc
élever la hauteur de tonte à 6 ou 8 cm du sol.
Favorisez l’installation des ennemis naturels des vers blancs tels les hérissons ou les
oiseaux.
n°36
2/4
Les vers blancs
5. LUTTE BIOLOGIQUE
Les larves de hannetons sont sensibles aux chocs mécaniques et à la déshydratation. Labourez ou
bêchez votre jardin de début mai à fin septembre. Il en est de même si vous comptez établir un
nouveau gazon, labourez un an avant si cela est possible.
Le géranium vivace est réputé être un répulsif naturels des hannetons. Une implantation de
quelques plants pourrait limiter l’infestation de vers blancs.
En cas de faible infestation, il est possible de contrôler les adultes par un ramassage à la main, de
préférence le matin lorsqu’ils sont encore engourdis.
En cas de grosse infestation, si vous maîtrisez le cycle du hanneton commun et que vous avez
déterminé l’année du vol, il est possible de poser des filets sur votre jardin, ou sur votre pelouse.
Ces filets à mailles fines sont à poser avant l’envol du hanneton (début mai en Lorraine) : les
hannetons ne pourront pas s’envoler, les femelles ne pourront pas pondre. Ce système est
compliqué à mettre en place sur de grandes surfaces, mais permet de bien contrôler le nuisible.
On trouve dans le commerce le nématode Heterorhabditis bacteriophora qui est capable de
parasiter le hanneton de type horticole.
6. LUTTE CHIMIQUE
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
Si les méthodes de luttes préventives et biologiques restent insuffisantes, il existe des produits
spécifiques pour jardin à base de diazinon pour lutter contre les vers blancs. Il ne faut
néanmoins pas oublier que ces produits chimiques détruisent toute la faune auxiliaire et
posent donc à terme des problèmes de déséquilibre du sol.
Il est important d’intervenir au bon moment : au printemps (avril, mai) à la remontée des
larves, ou au début de l’automne (septembre) avant l’hibernation des larves.
Ces produits agissent par ingestion et contact : il faut donc les incorporer dans la couche
superficielle du sol humide.
n°36
3/4
Les vers blancs
n°36
4/4
Les maladies
et leurs symptômes en image
Botrytis Cinerea
Chancres
Maladie de la pochette
n°37
1/6
les maladies
et leurs symptômes en image
La cloque du pêcher
Mildiou
n°37
2/6
les maladies
et leurs symptômes en image
Cerises momifiées
(moniliose)
Monilioses
n°37
3/6
les maladies
et leurs symptômes en image
Oïdiums
Rouilles
n°37
4/6
les maladies
et leurs symptômes en image
Tavelure
sur poirier
Taches noires
du rosier
Tavelures
n°37
5/6
les maladies
n°37
et leurs symptômes en image
6/6
Fréquence :
Dommage :
Les botrytis
Communément appelés "pourriture grise", les botrytis sont souvent la bête noire du jardinier
car les dégâts engendrés peuvent être spectaculaires. Il existe plusieurs espèces
(Botrytis cinerea, Botrytis squamosa et allii, Botrytis porri) qui ont chacune
une ou plusieurs plantes hôtes.
1. PLANTES ATTEINTES
Plusieurs espèces de fruits et légumes : la vigne, le fraisier, le
groseillier, les oignons, les salades, les courges, melons et courgettes sont
particulièrement sensibles.
Pourriture grise sur
framboisier
Espèce
Culture attaquée
Botrytis cinerea
Tomate, aubergine, concombre, petit pois,
haricot et flageolet, fraise, laitue,
chicorée (plein air ou sous abris),
vigne ("pourriture noble*")
Botrytis squamosa et allii
Oignon et échalote
Botrytis porri
Poireau et ail
Dans certaines conditions très rares, le botrytis se développe sur la peau des raisins et en modifie la
composition en ajoutant ses arômes spécifiques, si recherchés dans les vins liquoreux et en concentrant
le sucre et les arômes naturellement contenus dans le raisin. On parle alors de pourriture noble.
n°38
1/4
les botrytis
2. DESCRIPTION
Chez Botrytis cinerea, on voit apparaître sur le feuillage un feutrage gris qui se développe
rapidement sur la culture. Les tissus atteints meurent rapidement et de grosses taches
brunes/rouges apparaissent sur les fruits ou feuilles.
Botrytis squamosa provoque une brûlure des feuilles (ou une pourriture foliaire) qui se
produit principalement au cours de périodes humides (pluies ou rosée) à des températures
comprises entre 12 et 25° C. De petites taches ovales (1,5 mm de diamètre), de couleur jaune ou
blanche, peuvent être observées. Les feuilles fortement contaminées meurent au bout de 5-12
jours.
Botrytis allii et porri provoquent la pourriture des bulbes, mais peuvent aussi s’attaquer à la
partie supérieure du bulbe (collet), notamment pendant les périodes froides et humides
(septembre/octobre).
Sur la vigne, les feuilles se couvrent d’un feutrage blanc/grisâtre. Les grappes aussi peuvent être
touchées (surtout en fin de saison) et elles aussi se couvrent de moisissures blanches/grisâtres
(sur l’ensemble du vignoble français, on estime les pertes à 15-40% des récoltes selon les conditions
climatiques de l’année).
3. BIOLOGIE ET DEGATS
Les botrytis sont des parasites dits "de faiblesse", c'est-à-dire qu’ils vont attaquer une plante
poussant dans de mauvaises conditions de sol et/ou de climat. Présents partout dans la nature, ils
se conservent sur les débris de végétaux morts et dans le sol sous forme de mycélium*
(et aussi de sclérotes* qui peuvent rester viables pendant plusieurs années). La sporulation
abondante de conidies (spores de champignons disséminées dans le milieu extérieur) leur assure
une grande dissémination. L'infestation se fait souvent en deux temps : tout d'abord, le
champignon s'installe en parasite primaire sur les parties mortes ou sénescentes* (blessures,
sépales, feuilles sénescentes ou desséchées…). De là, il gagne ensuite les tissus sains de la plante.
Botrytis sur
aubergine
n°38
Dès la fécondation, les fleurs sur le point de faner sont une
excellente base nutritive pour le botrytis, ce qui explique que la
floraison soit pour de nombreuses cultures légumières le début
de la période de risques maxima, surtout si les conditions
climatiques sont favorables à ce champignon. A partir du point
d'infection, le botrytis se multiplie en force et peut
atteindre la tige à laquelle la feuille est attachée ou le fruit
portant encore la fleur fanée. Souvent, cette maladie se
développe à partir de foyers, puis envahit toute la culture. Du fait
de sa sporulation abondante, le botrytis est une maladie
fréquente et grave, crainte par de nombreux jardiniers et
producteurs de fruits, légumes et fleurs.
2/4
les botrytis
4. FACTEURS A RISQUES
Les attaques de botrytis sont à redouter dès que certaines conditions climatiques sont
réunies :
une hygrométrie atmosphérique très élevée, proche de la saturation,
des températures à partir de 10° C (optimum 15 à 20° C),
en cas de pluie, d’orage, de rosée, de brouillard, de condensation.
D'autres facteurs favorisent ou aggravent les dégâts de botrytis :
une fumure azotée surdosée,
un temps gris ou couvert, un éclairement insuffisant (serres et tunnels l'hiver),
une culture mal aérée (trop serrée, trop feuillue, envahie de plantes adventices…),
une irrigation mal conduite (excès d’eau).
5. LUTTE PREVENTIVE
certaines variétés de légumes ou de fruits sont moins sensibles que d’autres. Seule votre
expérience ou celle d’autres jardiniers peuvent vous aider à faire votre choix,
éviter les apports azotés trop importants,
veiller à avoir une bonne structure du sol (voir fiche sur le sol et le climat),
aérer les plantations (distances entre les rangs et inter lignes),
supprimer les feuilles mortes, malades,
éviter les arrosages par aspersion du feuillage, arroser de préférence le matin afin que la
végétation sèche avant le soir,
utiliser des produits à base d’extraits végétaux (prêle, ail, capucine) associés à du soufre, des
poudrages de roche (basalte, lithotamme),
certaines associations de plantes peuvent aider à lutter contre le botrytis (ex : fraisier/ail),
6. LUTTE BIOLOGIQUE
Produits à base de soufre et d’extraits végétaux.
n°38
3/4
les botrytis
7. LUTTE CHIMIQUE
Produits à base de carbendazime et de procymidone.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°38
4/4
Fréquence :
Dommage :
Les chancres
des arbres fruitiers
En Lorraine, les chancres sont des maladies très répandues dans nos vergers.
On distingue deux types d’agents pathogènes : des champignons et des bactéries.
I. LES CHANCRES FONGIQUES
(DUS A DES CHAMPIGNONS)
Les organismes responsables peuvent être :
Nectria galligena, Gloeosporia album et Eutypa lata qui est responsable de la maladie nommée
"chancre européen".
1.1. Nectria galligena
1.1.1. Plantes atteintes
Les fruitiers à pépins (pommiers essentiellement et parfois sur les poiriers).
1.1.2. Biologie
Cette maladie est fréquente lors de périodes climatiques humides. La contamination des arbres
peut se produire toute l’année, mais c’est essentiellement à l’automne, lors de la chute des feuilles
que les arbres sont les plus sensibles (lorsque les feuilles tombent, il se crée des petites plaies au
niveau de l’attache du pétiole sur le rameau). Le bois endommagé (plaies de taille, branches cassées,
arrachage de l’écorce au pied des arbres par des engins de débroussaillage…) et les bourgeons
peuvent aussi être des portes d’entrée pour ces champignons.
Sur les rameaux et les branches infectés, l’écorce se craquelle et sur les parties nécrosées, on peut
observer des petites pustules (rouges corail en hiver et blanches en été). La plaie s'agrandit pour
former un chancre étendu ceinturant le rameau. Sur les grosses branches, la lésion évolue
pendant plusieurs années : elle se creuse et forme un ou plusieurs bourrelets concentriques en
périphérie. Les parties situées au dessus du chancre dépérissent.
Les fruits (pommes et les poires) peuvent également présenter des pourritures sèches au niveau
de l'oeil et du pédoncule avant maturité ou lors de leur conservation.
n°39
1/8
les chancres
des arbres fruitiers
1.1.3. Dégâts
Les champignons s’attaquent aux tissus vivants de l’arbre (liber et
cambium), sur le tronc, les grosses et les petites branches. Les arbres
infestés, du fait d’une mauvaise alimentation en sève, végètent et
lorsque le chancre fait le tour du tronc, meurent ! (notamment chez
de jeunes arbres).
Les fruits atteints par la maladie pourrissent, l’épiderme offre un aspect
ridé sur lequel apparaissent des coussinets sporifères* blanc
jaunâtre.
REMARQUE :
sur poirier, le désherbage du sol sous l’arbre
avec du glyphosate peut provoquer
des symptômes similaires à ceux d’un chancre.
Chancre européen
sur pommier
1.2. Gloeosporium album et G. perennans
1.2.1. Plantes atteintes
Les fruitiers à pépins (pommiers, poiriers).
1.2.2. Biologie
La contamination se fait à la faveur de blessures (plaies de taille, gélivures*…) sur les rameaux.
Les champignons s’attaquent aux tissus vivants de l’arbre (liber et cambium).
1.2.3. Dégâts
Avec Gloeosporium album ce sont essentiellement les jeunes rameaux qui sont touchés par cette
maladie. L’écorce prend un aspect ridé et le rameau finit par se dessécher.
Avec G. perennans, l’ensemble de la ramure de l’arbre peut être infecté.
1.3. Eutypa lata
Responsable de la maladie nommée "eutypiose".
1.3.1. Plantes atteintes
La plupart des arbres fruitiers, les cassissiers, les groseilliers et les essences ligneuses
d’ornement (sauf les conifères).
n°39
2/8
les chancres
des arbres fruitiers
1.3.2. Biologie
La contamination se fait à la faveur de blessures (plaies de taille, gélivures*…) sur les rameaux.
Les champignons s’attaquent aux tissus vivants de l’arbre (liber et cambium).
1.3.3. Dégâts
La maladie se manifeste par la présence de chancre sur les rameaux et les branches qui,
faute d’être suffisamment alimentés en sève, dépérissent. Dès le printemps, sur les branches
infectées, la végétation prend un aspect buissonneux. Les feuilles sont plus petites, chlorotiques*,
frisottées, crispées, nécrosées et les jeunes rameaux ont des entre-nœuds courts et une croissance
ralentie. Les inflorescences ont un développement normal jusqu'à la floraison puis se
dessèchent.
1.4. Méthodes de lutte contre le Nectria galligena, Gloeosporia album
et Eutypa lata
1.4.1. Facteurs à risques
Les terrains hydromorphes* (où l’eau stagne) sont des lieux propices pour le développement
de la maladie. Sur ce type de terrain, il est préférable d’éviter de planter des arbres fruitiers.
1.4.2. Lutte préventive
Planter les arbres dans des terrains où l’eau s’évacue
facilement (sinon drainer le terrain).
Éviter les excès de fertilisation (surtout azotés).
Certaines variétés sont sensibles à cette maladie
(Exemples : Cox’s Orange, les Reinettes, Starking…).
En cas de blessures sur les arbres (branches cassées),
couper proprement la branche et badigeonner la plaie avec une
préparation à base de "brou de noix" (recette ci-dessous).
Chancre européen sur cerisier
Après chaque taille : enduire les grosses plaies avec du brou de noix.
Recette du brou de noix
Remplir un seau avec des brous (partie charnue verte qui entoure la noix)
au moment de la chute des noix.
Recouvrir avec de l’eau et laisser macérer un mois.
Passé ce délai, filtrer la préparation.
Laisser l’eau s’évaporer et lorsque la préparation est réduite de moitié,
mettre en bouteille. Ce produit, très concentré en tanin, s’applique sur les plaies
de taille et évite que les champignons et insectes contaminent le bois.
Attention, ce produit tache fortement et durablement !
Il est vivement conseillé de porter des gants pour l’appliquer.
n°39
3/8
les chancres
des arbres fruitiers
Faut-il appliquer ou non des mastics
sur les plaies de taille ?
Rappel :
L'écorce est une enveloppe étanche offrant une protection mécanique des parties ligneuses de
l'arbre. Son rôle est essentiel. Elle est difficilement franchie par les parasites. Elle protége
également du dessèchement les tissus sous-jacents.
Lorsque l'aubier (voir schéma) est mis à nu lors de blessure ou de taille, l’arbre réagit en
élaborant des substances inhibitrices (tanins, lignine, subérine), notamment, vis-à-vis du
développement des champignons.
Pour mieux comprendre ce phénomène, il est utile de se référer au modèle CODIT
(COmpartimentalisation of Decay In Trees (compartimentage de la carie chez les arbres), Shigo
et Marx (1977)). Pour expliquer ce phénomène, ce modèle présente le compartimentage des
cellules de l’arbre comme une série de modifications anatomiques provoquées par une blessure
ou une infection. Il en résulte la formation de quatre murs qui isolent la zone atteinte et forment
un compartiment étanche.
Les barrières du CODIT sont donc doublement utiles, elles protégent l'arbre directement en
constituant une barrière physico-chimique entre l'espace potentiellement colonisable par les
micro-organismes et les tissus de l'arbre.
Alors, mastic ou pas mastic ?
L'usage bénéfique de ce type de produits reste encore à prouver à ce jour. De multiples
observations de terrain démontrent souvent le contraire. En effet, leur emploi entraîne la
retenue de l'humidité et favorise le développement de champignons pathogènes. On pourrait
faire la même remarque sur la méthode qui consiste à remplir les cavités des arbres creux avec
du ciment.
Comment bien tailler une branche ?
La taille peut être comparée à une opération de chirurgie arboricole et l’un des problèmes
auquel doit faire face un chirurgien est celui de la cicatrisation.
De même que notre peau, qui nous protège du milieu extérieur et qui se referme après une
blessure, la peau des arbres (l’écorce) est dotée d’un mécanisme de cicatrisation qui permet aux
blessures de se refermer.
C’est en connaissant ces mécanismes et en pratiquant des coupes facilement cicatrisables que
nous allons pouvoir tailler les arbres sans leur causer de dommages irréparables.
Généralement, il est conseillé de laisser un "tire-sève", c'est-à-dire une branche de
diamètre inférieure à celle que l’on veut couper et qui favorise la cicatrisation en
continuant à alimenter les tissus en sève après la coupe.
n°39
4/8
les chancres
des arbres fruitiers
Plan de coupe correct :
la coupe idéale se situe selon un plan parallèle au tire-sève restant.
n°39
5/8
les chancres
des arbres fruitiers
1.4.3. Lutte biologique
Sur les chancres :
Avec un couteau, enlevez soigneusement les zones atteintes par les chancres et les badigeonner
avec du jus d’oseille.
Si la branche est fortement atteinte, il faut la couper et la brûler.
1.4.4. Lutte chimique
En automne, du début à la fin des chutes de feuilles, faire deux traitements à trois semaines
d’intervalle en pulvérisant du sulfate de cuivre.
On peut trouver dans le commerce des produits désinfectants. Lors de leur application sur les
parties chancreuses, préalablement nettoyées, il faut les manipuler avec prudence et porter des
gants (non perméables aux produits : en nitrile ou en néoprène).
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
2. LES CHANCRES BACTERIENS
2.1. Organismes responsables
Pseudomonas morsprunorum,
Pseudomonas syringae.
2.2. Plantes atteintes
Les abricotiers, cerisiers, marronniers, pêchers et pruniers.
Chancre bactérien
sur cerisier
n°39
6/8
les chancres
des arbres fruitiers
2.3. Biologie
Les agents pathogènes pénètrent dans l’arbre par les blessures, les plaies de taille, les
cicatrices faites par les feuilles à leur chute. Au printemps, ils infectent les bourgeons, les
fleurs et plus tardivement les jeunes feuilles.
Pendant les mois d'été chauds et secs, les populations bactériennes sont généralement basses. À
l'automne, particulièrement lorsque les conditions climatiques sont humides et fraîches, les
bactéries se multiplient et peuvent envahir les arbres hôtes à travers les cicatrices foliaires
jusqu'à deux ou trois jours après la chute des feuilles.
2.4. Dégâts
Une partie des bourgeons infectés ne s'ouvrent pas et
peuvent éventuellement mourir.
De petits chancres (nécrose sur l’écorce du rameau)
finissent par se former sur les branches, à la base des
bourgeons morts, d’où souvent il exsude* de la gomme à la
fin du printemps ou au début de l'été. Au début de l’été, des
branches entières peuvent mourir.
Chancres sur cerisiers
Les feuilles situées aux extrémités des
branches infectées se flétrissent
souvent et finissent par mourir pendant
l'été ou au début de l'automne.
Les bactéries peuvent également faire
apparaître des taches nécrotiques
sur les feuilles (d’abord vert clair puis
devenant rapidement brunes) et sur
les fruits (taches noires).
Au
printemps
suivant, les
bactéries se multiplient sur le
pourtour des chancres qui se sont
formés l'année précédente et elles sont
propagées à des tissus sensibles par les
insectes, le vent et les éclaboussures de
pluie.
n°39
Gommose
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les chancres
des arbres fruitiers
2.5. Facteurs à risques
Le gel et les conditions climatiques fraîches et humides au printemps favorisent l'infection.
Les vergers de cerises douces croissant à proximité des vergers de cerises acides présentent
souvent plus de chancres bactériens (les cerisiers à cerises acides sont souvent infectés, mais
semblent mieux immunisés contre cette maladie que les cerisiers à cerises douces).
Les tailles d’éclaircie sévères où beaucoup de bois vivant est retiré.
2.6. Lutte préventive
Choisir des variétés résistantes.
Éviter les excès de fertilisation (surtout azotée).
Tailler en été ou à la fin de l’hiver et éviter de trop éclaircir l’arbre
(pratiquer une taille "douce").
2.7. Lutte biologique
En cas de blessures sur les arbres (branches cassées), couper proprement la branche et
badigeonner la plaie avec du brou de noix.
Après chaque taille : enduisez les grosses plaies avec du brou de noix.
Sur les chancres :
Si la branche est fortement atteinte, il faut la couper et la brûler.
2.8. Lutte chimique
Aucun produit n’est à ce jour disponible dans le commerce.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°39
8/8
Fréquence :
Dommage :
la cloque du pêcher
et la maladie de la pochette du prunier
Fréquentes sur pêchers et pruniers, ces deux maladies cryptogamiques* (maladies des plantes
occasionnées par des champignons) ont un fonctionnement sensiblement analogue ce qui
permet d’envisager un moyen de lutte sensiblement identique.A l’origine des maladies, on trouve
deux champignons appartenant au même genre mais d’espèces différentes (Taphrina
deformans pour le pêcher et taphrina pruni pour le prunier).Très impressionnants,
les symptômes liés à ces maladies sont cependant souvent peu dommageables pour
les arbres fruitiers qui ne sont pas directement mis en péril.
1. LA CLOQUE DU PECHER
1.1. Description
Très courante en Lorraine, cette maladie est observée sur la quasitotalité des pêchers non traités. Elle se traduit par des
déformations des feuilles qui peuvent atteindre l’intégralité de l’arbre.
D’une année sur l’autre, si la maladie est systématique, les arbres sont
affaiblis et leur potentiel de production amoindri.
La cloque du pêcher s'attaque aux feuilles, aux jeunes pousses et
parfois aux fruits, qu'elle altère en surface.
Les feuilles atteintes changent de couleur et deviennent généralement
rouge ou vert pâle. Ces dernières se caractérisent par un aspect "tordu"
et enroulé, puis s'épaississent et se boursouflent, lorsque l'infection
progresse.
L'évolution naturelle de la maladie est un brunissement des
feuilles qui se flétrissent et tombent de l'arbre à la fin juin ou début juillet.
Après cette chute, les bourgeons dormants produisent généralement de
nouvelles feuilles. Par la suite, des écoulements de gomme surviennent
fréquemment.
n°40
1/4
la cloque du pêcher
et la maladie de la pochette du prunier
1.2. Biologie
L’infestation des jeunes feuilles a lieu au printemps, dès que commence l’écartement des
écailles des bourgeons à bois (différents des bourgeons à fleurs). Les spores*, qui se sont
conservées durant la mauvaise saison sur ces écailles et à la surface des rameaux, s’installent sur les
ébauches foliaires à la faveur des pluies. La durée d’incubation varie de deux à trois semaines en
général. La cloque est favorisée par des printemps frais et humides qui prolongent la période de
réceptivité de la plante au champignon.
1.3. Lutte préventive
La lutte préventive est essentielle vis-à-vis de ce champignon car en saison, une fois les feuilles
touchées, aucun traitement ne peut être efficace contre cette maladie cryptogamique.
Il est important de ne pas laisser de fruits momifiés (vieux fruits de la saison passée) en hiver sur
les rameaux.
Certaines variétés de pêchers sont réputées assez résistantes vis-à-vis de ce champignon
(Mazarine, Précoce de Hale,Tournier, Roussanne de Rodez…). La localisation du lieu de plantation
de l’arbre peut également limiter l’impact du champignon.Ainsi, à l’abri d’un mur bien exposé, les
pêchers sont souvent moins sensibles à la cloque.
1.4. Lutte biologique
La lutte biologique pour cette maladie repose sur une action préventive. Elle consiste à faire un
traitement cuprique (produit à base de cuivre, type bouillie bordelaise) après la chute complète
des feuilles en automne et au moment du gonflement du bourgeon.Attention, les feuilles de pêchers
sont très sensibles au cuivre, il est donc essentiel de ne pas faire ce traitement en cours de
végétation ou de floraison.
Il est également possible de planter tout autour de votre pêcher des pieds d’ail (par exemple ail
décoratif) ou de la ciboulette, de préférence en automne pour une meilleure efficacité. L’ail protège
de manière générale les cultures contre les maladies cryptogamiques.
Une autre technique, plus empirique, consiste à enfouir tout autour de l’arbre, à 10 cm de
profondeur des morceaux de zinc de 10 cm de côté qui avec le temps dégageront une substance
qui renforcera les défenses de l’arbre.
1.5. Lutte chimique
Il existe très peu de produits curatifs autorisés pour les particuliers permettant de lutter
contre la cloque du pêcher, notamment, après le stade " gonflement des bourgeons ". Il est
néanmoins possible de trouver un produit fongicide à base de dodine (fongicide de synthèse)
que l’on peut utiliser jusqu’à l’apparition des premières feuilles. Il est vivement recommandé de
mettre en œuvre les luttes préventives non chimiques.
n°40
2/4
la cloque du pêcher
et la maladie de la pochette du prunier
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
2. LA MALADIE DE LA POCHETTE SUR PRUNIER
2.1. Description
Cette maladie cryptogamique est très
fréquente en Lorraine, principalement sur les
mirabelliers mais aussi sur les quetschiers. Elle
touche les fruits qui se caractérisent par une forme
allongée, arquée (en forme de bananes), une teinte
jaune puis se couvrent d’une pruine blanchâtre.
Lorsque l’on ouvre les fruits, on constate qu’ils sont
creux et sans noyau. Les fruits atteints se
dessèchent en cours de saison et tombent.
Il est rare que cette maladie touche l’intégralité des
fruits, aussi il n’est pas nécessaire de procéder à
une lutte si les dégâts sont peu importants et
peu fréquents.
Prunier
Prunes atteintes par
la pochette
n°40
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la cloque du pêcher
et la maladie de la pochette du prunier
2.2. Biologie
Les spores des champignons hibernent entre les écailles des bourgeons et dans les
anfractuosités de l’écorce. Peu avant le débourrement, ils fusionnent pour donner naissance à un
mycélium.Au moment de la floraison, ce mycélium va pénétrer dans la fleur. Par la suite, les jeunes
fruits vont s’allonger en restant creux et sans noyau.
Le champignon se développe inégalement chaque année en fonction des caractéristiques
climatiques printanières (février, mars). Si cette période est humide et relativement douce, le
risque de voir apparaître la maladie est plus important.
2.3. Lutte préventive
Elle consiste essentiellement à faire tomber les fruits atteints et desséchés restés sur l’arbre
lors de la taille (cette opération limite également les monilioses sur fleurs au printemps suivant).
2.4. Lutte biologique
La lutte biologique est également préventive car aucun traitement n’est efficace une
fois les symptômes observés. Elle consiste à réaliser un traitement avec un produit à base de
cuivre (type bouillie bordelaise) au stade précis du gonflement des bourgeons (au moment
où leurs écailles commencent à s’écarter). Si le traitement est réalisé au bon moment, il est en
général suffisant pour limiter l’action du champignon (faire attention au risque de lessivage lors du
traitement).
2.5. Lutte chimique
Aucune lutte chimique n’est efficace en cours de saison lorsque les dégâts sont apparents.Toutefois,
les produits fongicides utilisés contre le monilia fleur peuvent s’avérer efficaces pour
limiter le développement du champignon.
n°40
4/4
Fréquence :
Dommage :
la fonte des semis
La fonte des semis est une maladie très fréquente qui se manifeste surtout sur les semis
en serre même si on peut aussi la rencontrer en culture de plein champ.
Dès lors que les plantules sont atteintes, il n’existe plus aucun remède.
La prévention reste le seul moyen efficace pour lutter contre cette maladie.
Semis sain
1. PLANTES ATTEINTES
La quasi totalité des plantes potagères peuvent contracter cette maladie. Les
brassicacées, les cucurbitacées, les tomates, le céleri et les salades sont les plantes les plus sensibles
à cette maladie.
2. ORGANISMES RESPONSABLES
Plusieurs espèces de champignons microscopiques vivant dans le sol et sur les
semences peuvent causer cette infection, notamment, les champignons du genre Fusarium,
Pythium, Rhizoctonia, Botrytis et Phytophthora.
3. SYMPTOMES
Les principaux symptômes observés se traduisent par une mauvaise germination
(on observe que les graines pourrissent avant de germer), le brunissement des graines et de la base
des plantules (étranglement au niveau du collet). Les plantules s’affaissent et meurent rapidement.
En cas d’attaque plus tardive (plantule au stade 2/3 feuilles), les plantes poussent difficilement.
n°41
1/4
la fonte des semis
ATTENTION !
Par certains symptômes, la confusion peut être faite
avec le mildiou ou les nématodes (voir les fiches correspondantes).
1
1 : Plant atteint,
2 : Pourriture de grain
de pois dû au Pythium,
3 : Fonte de semis
sur pois dû à Pythium,
2
3
4
4 : Fonte de semis
sur lentille dû à Fusarium
4. FACTEURS A RISQUES
lors de périodes humides et froides, en sol froid et détrempé,
en hygrométrie atmosphérique élevée (humidité de l’air importante),
sols compacts à pH acide.
n°41
2/4
la fonte des semis
5. LUTTE PREVENTIVE
Pratiquer un semis clair. Dans le cas contraire, éclaircir le plus rapidement possible les semis
trop denses,
Éviter les arrosages excessifs. On préconise de vaporiser le feuillage plutôt que d’arroser le
sol (mais attention à cette pratique qui peut encourager le développement d’autres maladies…),
Désinfecter les outils et les contenants (tremper dans une solution faite d’un volume de
javel pour 9 volumes d’eau),
En cas de doute sur la qualité sanitaire des semences, il faut les désinfecter : Placer les
graines dans un sac en coton, immerger le sac dans de l’eau chauffée et maintenue à 50°C pendant
15 minutes (pour le chou-fleur, le chou rave et le navet); pendant 25 minutes pour les autres choux
(vert, frisé, de Bruxelles), l’aubergine et les tomates; 47°C pour les semences de céleri pendant 13
minutes ; après ce traitement, il faut étendre les graines afin de les faire sécher.
Autre moyen pour la désinfection des semences : envelopper les semences dans un sac en
coton et les faire tremper dans une infusion à 50°C de camomille allemande (Matricaria recutita)
(50 fleurs par litre d’eau) pendant 15 minutes; les faire sécher ensuite. Le raifort et la prêle auraient
les mêmes effets dans des conditions opératoires similaires.
Autre recette, à utiliser en pulvérisation sur les semis et les toutes jeunes plantules : Hacher fin 100 grammes de bulbe d’ail, mélanger avec un litre d’eau et le verser dans une
bouteille. Fermer la bouteille et la placer dans un endroit chaud. Trois jours après, filtrer la
préparation et pulvériser pur.
Dès que les graines ont germé, il est préférable d’ôter le dôme (plaque de verre,
plastique transparent) qui couvrait le contenant, car la fonte des semis est favorisée par des
conditions de forte humidité et par le manque d’aération.
En culture de plein-champ :
Eviter de planter en sol froid, humide, compacté,
La mise en place d’une culture précédente d’avoine (comme engrais vert) est susceptible
de limiter l’infestation (les racines d’avoine secrètent un composé du genre saponine qui détruit les
spores des champignons);
En caissette de semis :
Utiliser un substrat bien drainant (l’ajout de sable améliore le drainage).
Utiliser un substrat sain. Si on utilise un compost maison pour faire ses semis, il est préférable
de le stériliser (dans un plat en verre ou en métal, étaler le substrat sur 10 cm d’épaisseur, couvrir
avec un papier d’aluminium et chauffer dans un four pendant 30 minutes à 90°);
Ajouter à la surface du substrat de la cendre ou du charbon de bois.
n°41
3/4
la fonte des semis
La meilleure façon d’éviter la fonte des semis est l’utilisation :
de contenants et de substrats stérilisés;
de semences du commerce certifiées (normalement, lorsqu’on achète ces
produits dans le commerce, on a une certaine assurance quant à leur qualité
sanitaire);
de semences "maison" saines (cf. Fiche 10 "Semences").
6. LUTTE BIOLOGIQUE
Utilisation de produits à base d’extraits végétaux (cf. Fiche 17 "Produits naturels"),
En cas d’apparition de la maladie, il vaut mieux recommencer en prenant en compte
les éléments cités précédemment.
7. LUTTE CHIMIQUE
Pas de lutte chimique.
n°41
4/4
les mildious
En cas de risque important d’apparition de la maladie (succession de journées orageuses, grêle sur
le feuillage), appliquer un traitement à base de cuivre.
2.5. Lutte biologique
En cas d’attaque, il faut réagir très vite !
Il est possible de traiter le mildiou de façon naturelle
à l'aide d'une solution à base de bicarbonate de soude et
de savon à vaisselle. Il suffit de mélanger les ingrédients
suivants : 15 grammes de bicarbonate de soude (environ
1 c. à soupe), 40 ml (2 1/2 c. à soupe) d'huile horticole ou
de savon doux à mélanger dans 4 litres d'eau.
Appliquer des traitements réguliers à base de cuivre dès apparition de la maladie et tant que les
conditions restent favorables au développement du mildiou (chaud et humide).
ATTENTION !
Lors des traitements à base de cuivre, comme pour
l’ensemble des traitements liquides, la pulvérisation doit mouiller les feuilles avec
de fines gouttes sans aller jusqu’au ruissellement qui, dans le cas de la bouillie
bordelaise, va laisser des traces bleues.
Pour que le produit agisse, il n’est donc pas nécessaire de "repeindre en bleu" les
pommes de terre ou les tomates. Les traces bleues représentent seulement un
gaspillage et une pollution potentielle du sol.
2.6. Lutte chimique
Quelques molécules chimiques de synthèse sont autorisées en jardinage amateur : le manèbe, le
mancozèbe, le cymoxanil et le métirame.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°42
5/8
les mildious
3. PLASMOPARA VITICOLA SUR VIGNE
3.1. Biologie
Le champignon passe l’hiver dans les débris des végétaux enfouis dans le sol sous forme
de fructifications sexuées (oospores*), qui constituent la source de contamination primaire. Elles
donnent ensuite naissance à des fructifications asexuées responsables de contaminations
secondaires.
3.2. Symptômes et dégâts
En début de saison de végétation, sur la face inférieure des
feuilles, on constate la formation de taches
translucides jaune pâle (les "taches d'huile"). Ces
feuilles se couvrent ensuite d'un feutrage grisâtre et
chutent prématurément.
Taches huileuses sur
feuille de vigne
Plus tard dans la saison, à la fin de l'été, on assiste à la
formation de taches polygonales limitées par les
nervures, sans duvet ("mildiou mosaïque" ou "mildiou
d'automne"). Les jeunes rameaux et les vrilles atteints
portent des taches brunes plus ou moins allongées.
Les inflorescences malades se reconnaissent au
brunissement des inflorescences qui se couvrent de duvet
(surtout par temps humide).
Les grains atteints se dessèchent.
Inflorescence atteinte
par le mildiou
Le mildiou provoque des pertes de récolte, des
problèmes de maturation et d'affaiblissement de la
souche.
3.3. Facteurs à risques
Chaleur et humidité sont des facteurs indispensables au développement du
champignon : l'eau pour la contamination et l'infection, l'humidité saturante pour la sporulation et
la température avec un optimum de 20-25 °C mais on admet 11° C < T<30° C.
n°42
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les mildious
3.4. Lutte préventive
À l’achat, choisir des variétés annoncées comme peu sensibles,
Bardane
Tanaisie
Exposer ses plantations au Sud (un mur exposé au Sud convient parfaitement pour cette
culture),
Tailler et palisser les tiges de manière à ce que le feuillage ne soit pas en contact avec le sol
et sèche rapidement,
Pailler au pied des plantations,
Pulvériser des préparations à base de bardane, tanaisie et sauge (voir Fiche "Les produits naturels
de lutte"),
En cas de risque fort d’apparition de la maladie (passage de grêle, périodes orageuses), appliquer
un traitement à base de cuivre,
À l’automne, retirer les feuilles et les résidus de récolte et les détruire.
3.5. Lutte biologique
Le cuivre et ses dérivés, associés éventuellement à du silicate de soude ou de l’argile,
peuvent être utilisés en préventif et en curatif (un traitement tous les 15 jours pendant la saison de
végétation) (voir précaution d’emploi du cuivre sur la Fiche n°19).
3.6. Lutte chimique
Plusieurs molécules chimiques de synthèse sont autorisées en jardinage amateur : la
bifenthrine, le cymoxanil le manèbe, le mancozèbe, le mefenoxam, le métirame et le propinèbe.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°42
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les mildious
n°42
8/8
Fréquence :
Dommage :
Les monilioses
(monilia laxa; monilia fructigena; monilia linhartiana)
En Lorraine, les monilioses sont des maladies très répandues dans les vergers.
Ces maladies, provoquées par des champignons du genre Monilia apparaissent sur les fleurs des
arbres au printemps et sur les fruits en été. Les signes les plus visibles se traduisent par un
pourrissement des fruits sur la branche et chez les fruitiers à noyaux, des écoulements de
gomme sur le bois. Il existe plusieurs espèces de monilias.
La lutte contre cette maladie
repose principalement sur la
prévention.
1. ORGANISMES RESPONSABLES
Monilia laxa est à l’origine de la moniliose des fleurs.
Monilia laxa et fructigena sont à l’origine de la moniliose des fruits.
Monilia linhartiana est à l’origine de la moniliose du cognassier.
2. PLANTES ATTEINTES
Les fruitiers à pépins (pommiers, poiriers) et les fruitiers à noyaux (cerisiers, pruniers, pêchers,
abricotiers) sont atteints par Monilia laxa et fructigena, les cognassiers par Monilia linhartiana.
Certains arbustes d’ornement peuvent aussi être infestés par les monilias (les cornouillers,
Malus "Golden Hornet", pommiers décoratifs, par exemples) et contaminer les arbres fruitiers.
3. SYMPTÔMES
Monilia laxa s’attaque aux fleurs et aux fruits. Le champignon hiverne sous forme de
coussinets sporifères* de couleur grisâtre sur les rameaux, les fruits momifiés, les pousses et les
fleurs desséchées de l’année précédente.
n°43
1/4
les monilioses
(monilia laxa; monilia fructigena; monilia linhartiana)
Coussinets sporifères
Monilia laxa
sur cerises
Cerises momifiées
Coussinets
sporifères de
Monilia laxa sur
prunes
Au printemps, les spores transportées par la pluie et
le vent, contaminent le pistil des fleurs (les fleurs
de griottiers et d’abricotiers sont particulièrement
sensibles). La maladie se propage au pédoncule de la fleur,
puis à la brindille fruitière et au final, c’est l’ensemble de la
ramure de l’arbre qui se retrouve infestée. Les organes
atteints se recouvrent de fructifications grisâtres
et finissent par se dessécher. Lorsque la maladie atteint les
branches, les nécroses formées sur celles-ci empêchent la
sève de circuler librement ce qui se traduit par leur
dessèchement. Dans les cas graves, cette maladie
peut entraîner la mort de l’arbre. Pour les pruniers
et cerisiers, on observe souvent des écoulements de
gomme à proximité des zones contaminées (à ne pas
confondre avec la gommose*). Monilia laxa s’attaque
aussi aux fruits (plus particulièrement les fruitiers à
noyaux) : ceux-ci pourrissent et se couvrent de
coussinets sporifères grisâtres disposés irrégulièrement
sur l’épiderme du fruit.
Monilia fructigena s’attaque aux fruits des fruitiers à
noyaux et à pépins (les noisetiers, les groseilliers et les vignes
peuvent aussi être touchés). Les coussinets sporifères sont de
couleur brun fauve et chez les fruitiers à pépins, ils sont disposés
en couches concentriques.
Monilia linhartiana ne s’attaque qu’au cognassier. Très
jeunes, les feuilles se couvrent de larges taches brunâtres sur
lesquelles apparaissent très vite des filaments grisâtres (en froissant
les feuilles contaminées, on sent très nettement une odeur
d’amande amère). La maladie s’étend très vite aux fleurs,
provoquant ainsi leur chute, puis descend dans les rameaux. Les
jeunes fruits contaminés se dessèchent et restent momifiés (fruits
desséchés) sur l’arbre jusqu’à l’année suivante.Au printemps suivant,
de petites pustules de couleur orange apparaissent sur les rameaux
qui en fructifiant assurent de nouveau la contamination de l’arbre.
Monilia fructigena
sur pêches
Cercle de Monilia
sur pêches
4. FACTEURS À RISQUES
Pour les fleurs (du stade boutons blancs à la chute des pétales), lors de périodes pluvieuses et à
température douce.
Pour les fruits, la contamination se fait à partir de blessures sur l’épiderme du fruit (après un
passage de grêle, morsures d’insectes, présence de tavelure…).
n°43
2/4
les monilioses
(monilia laxa; monilia fructigena; monilia linhartiana)
5. LUTTES PRÉVENTIVE ET BIOLOGIQUE
Seul Monilia laxa (la "moniliose des fleurs") nécessite la mise
en place de traitements particuliers; pour les monilioses des
fruits, le simple fait de ramasser les fruits malades et momifiés
(prophylaxie) limite fortement les infestations futures.
Cueillir sur l’arbre et ramasser au sol tous les fruits
momifiés, couper et brûler tous les rameaux secs pour éviter une
nouvelle contamination.
Faire un traitement au sulfate de cuivre ou à la prêle
(décoction de 100 grammes de plante par litre d’eau, utilisée non
diluée) ou de silicate de soude juste avant la floraison et à la chute
des feuilles.
En période de floraison, après une forte pluie ou grêle, faire
un traitement à l’infusion de feuilles et racines de raifort
(100 gr de plante par litre d’eau ; à utiliser pur).
Éclaircir les fruits s’ils sont trop nombreux pour éviter que
ceux-ci ne s'entrechoquent et ne se blessent.
Sur les fruitiers en espaliers (arbres de faible vigueur), il est
envisageable d’emballer les fruits dans des sachets de papiers
sulfurisés.
6. LUTTE CHIMIQUE
Il existe des produits fongicides (à action préventive et curative) efficaces contre les monilioses
(produits à base de myclobutanil et fenbuconazole).
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°43
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les monilioses
n°43
(monilia laxa; monilia fructigena; monilia linhartiana)
4/4
Fréquence :
Dommage :
( )
Les oïdiums
ou maladie du blanc
Appelée aussi "maladie du blanc", cette maladie bien connue des jardiniers, peut,
certaines années, causer des dommages assez importants sur les cultures
(notamment sur les cucurbitacées). En général, cette maladie apparaît tardivement,
aussi il n’est pas toujours nécessaire d’intervenir.
La lutte contre cette maladie repose principalement sur la prévention.
1. ORGANISMES RESPONSABLES ET LES PLANTES
ATTEINTES
L’oïdium est en fait un terme générique pour désigner une série de maladies fongiques
propres aux végétaux et causées par des espèces de champignons différentes.Voici une liste des
principales plantes qui peuvent être attaquées par les différentes espèces d’oïdiums que l’on
rencontre en Lorraine :
vigne
groseillier à maquereaux
pommier et cognassier
bégonia
cucurbitacées
rosiers
Oïdium sur feuille
de poirier
Maladie du blanc sur
grappe de raisin
Oïdium sur feuille
de concombre
n°44
1/4
les oidiums
ou maladie du blanc
2. BIOLOGIE
Le champignon se conserve sous forme de mycélium pendant l'hiver sur les bourgeons
et les restes de végétation tombés au sol.Au printemps, il sporule et attaque les jeunes feuilles après
le débourrement. La sporulation intensifie la contamination. En Lorraine, la maladie apparaît souvent
en été.
3. SYMPTOMES ET DEGATS
La maladie se traduit le plus souvent par des foyers qui évoluent très rapidement.
Son attaque commence par l'apparition d'un feutrage, blanc à blanc grisâtre, d'aspect farineux à la
surface des feuilles, des tiges et parfois des fleurs (exemple : boutons floraux des rosiers), d'où son
surnom local de "meunier". L'oïdium peut provoquer des déformations sur les feuilles, qui prennent
un aspect boursouflé, gondolé. Le champignon se multiplie préférentiellement sur les organes jeunes
(jeunes feuilles en cours de croissance).
Oïdium
sur concombre
Oïdium sur poirier
Oïdium
sur betterave
4. FACTEURS A RISQUES
Contrairement à d'autres groupes de champignons (mildiou, rouilles...), il apparaît
même par temps relativement sec. C'est souvent en mai ou à l’automne qu'il commence son
apparition, favorisé par l’humidité encore bien présente et l'arrivée de la chaleur qui se présentent
par une succession de brouillards matinaux et de journées ensoleillées.
Les écarts de température importants entre la nuit et le jour constituent des facteurs
favorisant l'apparition de ce champignon.
n°44
2/4
les oidiums
ou maladie du blanc
5. LUTTE PREVENTIVE
Veiller à appliquer une rotation parcellaire rigoureuse des cultures : au moins trois ans entre
chaque culture sensible,
Bien récolter les résidus de récolte et les détruire,
Eviter de planter des variétés sensibles,
A la plantation veiller à espacer suffisamment les plants,
Dès que la maladie apparaît, supprimer rapidement les parties atteintes (voire les sujets
entiers) pour éviter sa propagation,
Ne pas arroser les feuillages lorsqu'il fait chaud,
Traiter préventivement au soufre les sujets sensibles : le soufre peut être utilisé en lutte
préventive (avec un traitement en fin d'automne et début du printemps pour les arbres fruitiers)
ou en lutte semi curative. Il est autorisé en agriculture biologique et peut être employé très près
de la récolte car il est totalement biodégradable. Cependant, mal utilisé, il peut provoquer des
dégâts sur la végétation : avant de l’utiliser, bien lire les précautions d’emploi sur la notice !
6. LUTTE BIOLOGIQUE
Sous réserve de traiter dès l'apparition des premiers symptômes de la maladie, les traitements
suivants peuvent être efficaces :
Traitement au lait : une étude de W. Bettiol (1999) indique qu'une vaporisation régulière du
feuillage avec un mélange d'eau et de lait (9 partie d’eau pour 1 ou 2 de lait) permet d'éradiquer
l'oïdium. Utiliser de préférence un lait écrémé ou demi écrémé pour éviter les odeurs de
décomposition des graisses du lait. Ne pas surdoser le lait sinon d'autres types de champignons
pourraient se développer.
Rumex
L’ortie, le sureau noir ou le rumex peuvent être
utilisés en préventif et en curatif (cf. Fiche 17 "Produits
naturels de lutte").
Traitement à base de bicarbonate de soude (son
pH basique empêche la sporulation* du champignon) :
dissoudre 5 g (1 cuillère à café) de bicarbonate de soude
par litre d’eau et ajouter 1 cuillère à café de savon de
Marseille liquide. Pulvériser cette solution sous et sur le
feuillage. A renouveler après chaque grosse pluie.
n°44
Sureau noir
3/4
les oidiums
ou maladie du blanc
Traitement au permanganate de potassium : diluer 1,5 g de permanganate de potassium
(disponible en pharmacie) dans 1 litre d’eau. Pulvériser l’arbre sur l’ensemble de son houppier, y
compris le tronc. Renouveler sous 15 jours. On pourra augmenter la dose à 15 g/l dans les cas
difficiles (dans ce cas, avant d’appliquer le traitement, veiller à protéger le système racinaire de
l’arbre avec une bâche). Il est conseillé de compléter ce traitement 48 heures plus tard avec un
soufre sublimé ou mouillable.
Traitement au soufre (voir paragraphe précédent).
Lorsque la maladie se développe tardivement (par exemple à partir de
septembre sur cucurbitacées), il n’est pas utile de traiter. Il sera plus rapide et
plus économique d’éliminer les plants attaqués.
7. LUTTE CHIMIQUE
Traitement à l'eau de javel (en préventif et en curatif) : diluer 25 cl d’eau de javel pour deux
litres d'eau, et appliquer le produit le soir (éviter absolument de faire ce traitement en plein soleil).
Le résultat est garanti même avec une forte infection. C'est un moyen radical de soin pour les
rosiers sensibles à cette maladie.
Quelques molécules chimiques de synthèse sont autorisées en jardinage amateur : le
fénarimol, le mancozèbe, le myclobutanil, le propiconazole, le triadimenol…
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°44
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Fréquence :
Dommage :
variable selon
espèces et
variétés
Les rouilles
Les rouilles sont des maladies dues à des champignons, les urediniomycètes. Ils comprennent
6 000 espèces et sont des champignons parasites des plantes (surtout conifères et plantes à
fleurs). Ils ont des cycles de vie très variés qui nécessitent souvent deux hôtes intermédiaires.
A l’aide de leurs hyphes* (filaments), ils se nourrissent des substances nutritives des plantes,
provoquant ainsi un affaiblissement de celles-ci, voire dans les cas les plus graves, leur mort.
Les rouilles se développent principalement lors de
périodes humides.
Rouilles sur rosier – faces
supérieures et inférieures
Les rouilles peuvent provoquer chez certaines
espèces des dégâts considérables (céréales,
poireaux).
Rouille du framboisier
n°45
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les rouilles
Le tableau ci-dessous présente les principales rouilles que l’on peut rencontrer dans les
jardins lorrains.
n°45
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les rouilles
n°45
3/6
les rouilles
n°45
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les rouilles
Lutte chimique
La lutte chimique contre les rouilles utilise des fongicides à base de propiconazole et de
myclobutanil.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
Rouille de l’ail
Rouille du prunier
n°45
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les rouilles
n°45
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Fréquence :
Dommage :
variable selon
variétés
la maladie des
taches noires du rosier
Redoutée par les jardiniers et particulièrement par les amateurs de rosiers, cette maladie est
due à un champignon. Les rosiers infectés s’affaiblissent et peuvent dans les cas les plus graves
se retrouver sans feuillage. En l’absence d’intervention, les taches noires se développeront
chaque année jusqu'à l'épuisement du rosier. Les variétés de rosier offrent plus ou moins de
résistance au champignon, prenez ce critère en considération lors de votre choix variétal.
La lutte contre cette maladie repose principalement sur la prévention.
1. ORGANISME RESPONSABLE
Marssonina rosae.
Taches noires
n°46
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la maladie des taches noires du rosier
2. PLANTES ATTEINTES
Les rosiers cultivés, mais aussi les espèces spontanées (rosiers botaniques du genre
églantier) peuvent contracter cette maladie.
3. BIOLOGIE
Le champignon se conserve pendant la période hivernale sous forme d’organes de
fructification contenus dans les feuilles mortes des rosiers tombées au sol. Au printemps, des
spores* issus des périthèces* assurent la contamination primaire : le mycélium se
développe sous l’épiderme formant ces taches caractéristiques (voir paragraphe suivant). Ces
taches "fructifient", assurant ainsi de nouvelles contaminations et cela, jusqu’à l’automne.
4. DEGATS
Sur les feuilles, le champignon se développe sous forme de taches plus ou moins arrondies,
brunâtres ou violacées, visibles surtout à la face supérieure, tandis que la face inférieure est marquée
d'un point brunâtre estompé. Ces taches isolées ou confluentes mesurent entre 1 mm et 12 mm
de diamètre et sont entourées d'une auréole jaunâtre capable de s'étendre à la totalité du limbe*.
En plein été, les feuilles jaunissent et tombent,
entraînant une diminution rapide de la
croissance et de la floraison.
Les rameaux peuvent aussi être atteints :
ils prennent alors des teintes violettes à
noirâtres.
Dégâts sur feuillage
Remarque : ne pas confondre cette maladie
avec la chlorose ferrique : dans ce cas, les feuilles
sont jaunes et les nervures principales restent
vertes.
5. FACTEURS A RISQUES
Les printemps humides et les étés chauds et humides sont propices à l’apparition de cette
maladie.
Les rosiers plantés dans des sols lourds (terrains argileux) et humides, en situation
ombragée ou peu aérée, ou trop densément sont plus sujets aux attaques du champignon.
n°46
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la maladie des taches noires du rosier
6. LUTTE PREVENTIVE
Tailler les rameaux atteints par la maladie et ramasser toutes les feuilles mortes et les
détruire.
Ne pas arroser le feuillage.
Pratiquer une taille qui aère au maximum
le végétal afin d’éviter que l’eau stagne trop
longtemps sur le feuillage.
Pailler le pied des rosiers (remarque : les
rosiers n’apprécient pas les écorces) ou
introduire des plantes d’accompagnement
au pied de ceux-ci pour éviter qu’en cas de
pluie les gouttes d’eau chargées de terre et
potentiellement de germes pathogènes,
n’éclaboussent et ne contaminent le feuillage.
Un traitement à base de sulfate de
cuivre au débourrement (éclosion des
bourgeons) et un autre à l'entrée de l'hiver
permet de conserver un bon état sanitaire des
rosiers.
7. LUTTE BIOLOGIQUE
Dès qu’une attaque se manifeste, le soufre peut être utilisé en traitement curatif contre les
attaques de Marssonina rosae.
8. LUTTE CHIMIQUE
Le mancozèbe et le manèbe sont deux substances homologuées contre la maladie des
taches noires qui peuvent être utilisées en préventif.
Le myclobutanil et le propiconazole peuvent être utilisés en traitement curatif.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
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la maladie des taches noires du rosier
n°46
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Fréquence :
Dommage :
Tavelures
La tavelure est certainement le champignon le plus craint dans les vergers de production
de pommes. Dans les vergers familiaux, les dégâts restent acceptables dans la mesure où la
tavelure n’altère en rien ni la chair ni le goût des fruits. En ce qui concerne le poirier,
le risque de tavelure est bien moins important.
La lutte contre cette maladie repose principalement sur la prévention.
1. ORGANISMES RESPONSABLES ET PLANTES ATTEINTES
Tavelure de la pomme
Venturia inaequalis
(tavelure de la pomme).
Venturia pirina
(tavelure de la poire).
n°47
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Tavelures
2. BIOLOGIE
Le champignon se conserve en hiver sous forme de périthèces* dans les feuilles mortes
ou dans le bois des plantes infectées. Au printemps, les périthèces mûrissent et libèrent des
spores* qui sont disséminées, notamment, lorsqu’il pleut par le biais d’éclaboussures sur les
organes verts de l'arbre. Les premiers coussinets de conidies (taches vert olivâtre) apparaissent 20
jours plus tard. Ils constituent les premiers foyers d’infection dits contaminations primaires. Si cellesci sont contrôlées, le risque disparaît. Sinon les taches vont libérer de nouvelles conidies. Ce sont
les contaminations secondaires qui vont perdurer durant tout le cycle végétatif.
En cas de forte attaque, la maladie peut provoquer la chute prématurée des fruits, accélérer la
chute des feuilles et donc affaiblir les arbres. Au printemps suivant, ces arbres sont moins pourvus
en bourgeons à fruits.
A noter que le champignon peut se développer à des températures comprises
entre 7 et 25°C. Les attaques de tavelure peuvent donc encore se développer
tardivement à l’automne.
3. SYMPTOMES ET DEGATS
Chez le pommier, au premier stade d’apparition de la maladie, on observe sur la face supérieure
des feuilles et des rameaux des taches vert olive. Dans un second temps, ces taches prennent une
teinte gris noir. Sur les fruits touchés, des taches en relief de couleur brune apparaissent. La partie
touchée se développe moins rapidement, créant ainsi une légère dépression, déformant le fruit. En
vieillissant les taches deviennent liégeuses et se craquèlent.
Les fruits sont moins beaux mais peuvent quand même être consommés ou conservés sans aucun
problème.
Sur le bois, en cas de très forte attaque, des chancres peuvent se développer.
Chez le poirier, les taches sur les feuilles sont situées sur leur surface inférieure.
Taches de tavelure sur pommes
n°47
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Tavelures
4. FACTEURS A RISQUES
La présence de pommiers fortement atteints sur le secteur proche.
Les années chaudes et humides sont propices au développement de cette maladie.
Un sol laissé à nu au pied de l’arbre.
5. LUTTE PREVENTIVE
L'important dans la lutte contre la tavelure est de contrôler l'infection primaire. La
meilleure stratégie pour prévenir toute infection primaire est de limiter la possibilité de production
de spores. La clé de la prévention repose donc sur le devenir des feuilles qui tombent à l'automne.
On peut :
ramasser les feuilles et les brûler ou les composter (voir fiche sur le compostage). Il est
aussi bon de ramasser les fruits atteints par la maladie et tombés à terre.
favoriser la décomposition rapide des feuilles :
- en tondant après la chute des feuilles, de façon à hacher les feuilles et ainsi accélérer leur
décomposition,
- en stimulant la vie microbienne dans le sol du verger en apportant du compost,
- en apportant une source d'azote soit après ou juste avant la chute des feuilles (une macération
d’ortie par exemple).
On préconise aussi de :
laisser croître la végétation au pied des arbres (ou semer un engrais vert) jusqu'au stade
de pleine floraison des pommiers au printemps. Cette végétation agirait comme un filtre à
ascospores.
prendre toutes les mesures pouvant accélérer le séchage des feuilles et des fruits. Il
s'agit donc d'avoir une bonne circulation d'air dans le verger.A l'implantation d'un verger, il faut tenir
compte de l'orientation, de l'emplacement et de l'espacement des fruitiers et des brise-vent (voir
fiche sur les variétés fruitières lorraines). La taille des pommiers doit se faire de façon à améliorer
la pénétration du soleil et du vent. Des expériences allemandes ont prouvé que la tavelure est plus
importante sur des pommiers non taillés. Cependant, il vaut mieux éviter les tailles abusives qui
favoriseraient les invasions de tavelure (pratiquer des tailles dites "douces").
pour les vergers de petite taille, après que les feuilles soient tombées, épandre du
compost sous les arbres et mulcher le sol avec de la paille, du foin ou de l’herbe.
de manière générale, dans des sols froids, compacts et humides, il vaut mieux éviter de
planter des fruitiers et si c’est déjà le cas, ne pas s’obstiner après plusieurs attaques répétées.
n°47
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Tavelures
6. LUTTE BIOLOGIQUE
Si les risques d’attaques sont faibles, un traitement à base
d’argile avant et après floraison suffit généralement (on
peut renforcer l’action du traitement en associant des extraits
de prêle, d’algues ou de macération d’ortie bien diluée).
Lorsque les risques sont importants, appliquer avant
floraison un traitement à base de soufre associé à un
peu de cuivre (rapport de 6 pour 1). Après floraison, à la
suite de périodes pluvieuses, traiter régulièrement (tous les 8
à 15 jours) avec du soufre, tout en diminuant les doses
progressivement.
(Conseils d’utilisations du cuivre et du soufre, cf. fiche n°19 sur
les traitements minéraux).
7. LUTTE CHIMIQUE
Quelques molécules chimiques de synthèse sont autorisées en jardinage amateur :
le mancozèbe, le myclobutanil, le fenbuconazole, le dodine et le pyriméthanil.
Ces produits sont dangereux pour l’Homme et son environnement.
Bien lire la notice sur l’emballage et respecter les consignes
qui y sont données avant de les utiliser.
n°47
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Glossaire
Action curative
Définit l’action d’un produit qui a pour but de détruire une
maladie ou un ravageur qui est déjà installé sur une plante.
Dose létale 50
Dose de pesticides qui tue la moitié des individus d'un
échantillon donné.
Action préventive
Définit l’action d’un produit qui empêche une maladie ou un
ravageur de s’installer sur une plante.
Elytres
Ailes antérieures des coléoptères, dures et coriaces, pouvant
former un étui sous lequel se replient les ailes postérieures et
protégeant celles-ci.
Aptère
Ce terme signifie "sans ailes".
Ascospore
Spore issue de la reproduction sexuée des champignons
Ascomycètes (contrairement aux conidies qui sont des spores
issues d'une reproduction asexuée).
Autofertile
Se dit des plantes dont les fleurs peuvent s'autoféconder.
Autostérile
Se dit des plantes qui ont besoin d'un individu de la même
espèce génétiquement différent pour se reproduire.
Auxiliaires
Insectes et animaux utiles au jardinier.
Battance
Phénomène de tassement superficiel des terres limoneuses dû
à la pluie et aboutissant à la formation d'une croûte dure et
peu perméable limitant l'aération du sol, la pénétration des
pluies suivantes mais aussi gênant la germination des graines et
augmentant, en pente, le ruissellement et le risque d'érosion.
Brassicacées
Importante famille de fleurs dans laquelle se trouvent les
choux, les radis, le colza.
Broussins
Excroissance apparaissant sur certains arbres (frêne, orme,
érable, noyer…) à la suite de défauts de circulation de la sève
notamment au niveau du point de greffe.
Cambium
Tissu vivant des tiges et des racines des dicotylédones à
l'origine d'une part des tissus transportant la sève brute
(Xylème) et la sève élaborée (Phloème).
Chancres
Malformation de l'écorce.
Chlorose
Décoloration plus ou moins prononcée du feuillage en relation
avec une perturbation physiologique qui peut être due à un
agent pathogène ou à une carence (exemple : la chlorose
ferrique qui est liée à une carence en fer).
Coléoptère
Insecte possédant deux paires d'ailes et dont la première paire
est coriace et résistante afin de protéger les ailes postérieures
qui servent au vol. Exemples : les coccinelles, les scarabées, les
doryphores.
Conidies
Spores des champignons permettant la reproduction asexuée
(contrairement aux ascospores issus d'une reproduction
sexuée).
Coussinets sporifères
Structures reproductrices qui engendrent les spores*.
Cuprique
Se dit des traitements à base de cuivre.
Cuticule
Carapace des arthropodes et en particulier des insectes. Elle
constitue un véritable exosquelette par comparaison au
squelette interne des vertébrés.
Débourrement
Stade prémice du printemps où le bourgeon gonfle et où il est
possible d’apercevoir sous les écailles, ce qui se trouve à
l’intérieur.
Diapause
Arrêt temporaire de l'activité ou du développement chez les
insectes.
Emulsifiant
Substance qui permet de mélanger deux liquides qui ne sont
pas naturellement miscibles, par exemple de l'eau et de l'huile.
Exemple d'émulsifiant: jaune d'œuf, savon...
Entomologie
Science qui étudie les insectes.
Epiderme
Couche superficielle de la peau constituée de cellules mortes
qui se desquament.
Etalonnage
Acte qui permet de mesurer le débit de chantier du
pulvérisateur.
Exsudation
Sortie de liquide à travers une paroi. Chez les végétaux,
l'exsudation peut se faire au niveau des racines, des feuilles
(coulée de sève sous l'effet de la pression racinaire), ou au
niveau de blessures.
Fumagine
Moisissure se développant sur le miellat (excréments sucrés)
des insectes piqueurs (aleurodes, pucerons…).
Gastéropode
Les gastéropodes forment une famille qui comprend les
limaces et les escargots.
Gélivures
Gerçures, fentes des arbres et des pierres causées par une
forte gelée.
Gommose
Écoulement de résine (substance pâteuse translucide) chez
certains végétaux en réaction à l'attaque d'un pathogène principalement sur les arbres à fruits à noyaux.
Gourmands (sur tomate)
Aussi appelés drageons il s'agit de ramifications secondaires qui
apparaissent à l'aisselle des feuilles de la tige principale et qui
vont produire des tiges secondaires détournant ainsi une partie
de la sève destinée à la production de fruits sur la tige
principale.
Greffon
Œil, branche ou bourgeon implanté sur une autre plante
(porte-greffe ou sujet) en vue de réaliser une greffe.
Hémophile
Se dit d’un individu qui a une tendance plus ou moins grave à
faire des hémorragies. Contrairement aux idées reçues, la
taupe n'est pas hémophile.
Hibernation
État d'activité métabolique ralentie avec une forte baisse de la
température pour permettre à l'organisme de passer l'hiver.
Exemples d'animaux hibernants: marmottes, hérissons,
grenouilles, loirs…
Hivernation
État d'activité métabolique ralentie mais, contrairement à
l'hibernation, la température est réduite de quelques degrés
seulement. Ainsi, les animaux hivernants peuvent se réveiller.
Exemples d'animaux hivernants : ours, blaireaux…
Homoptère
Ordre d’insectes caractérisés par 4 ailes identiques. Parmi les
homoptères on retrouve les cigales, les pucerons, les
cochenilles.
Hydromorphe
Se dit des sols régulièrement saturés d'eau.
Glossaire
Hyphe
Filament long et/ou ramifié constituant l'appareil végétatif de
certains champignons.
Larve
Premier stade de développement des insectes après l’éclosion
de l’œuf.
Liber
Aussi appelé phloème, il s'agit d'un tissu vivant composé de
cellules criblées qui permettent la circulation de la sève
élaborée.
Limbe
Partie plane, élargie, étalée de la feuille ou d'un pétale.
Lithothamne
Coraux marins exploités comme amendements dans les
jardins. La surexploitation menace l’épuisement des ressources
en lithotamne.
Lutte biologique
Elle consiste à combattre les ennemis des cultures en utilisant
leurs pathogènes, prédateurs ou parasites naturels. L'objectif
principal est de réduire le recours aux pesticides chimiques.
Mésophile
Se dit des espèces vivant à des températures allant de 5 à
65°C. En général, les bactéries dites mésophiles ont un
optimum de développement entre 25 et 40°C.
Métamorphose
Passage du stade larvaire d’un insecte au stade adulte.
Mouillant
Le mouillant permet au produit de mieux rester en contact
avec les feuilles et d’éviter qu'il ruisselle sur la feuille et tombe
sur le sol.
Mutagène
Se dit des agents qui change le génome (en général l’ADN)
d’un organisme vivant.
Mycélium
Se dit des filaments (hyphes) enchevêtrés provenant des spores
et constituant le thalle ( appareil végétatif élémentaire des
végétaux inférieurs (algues, champignons, lichens, etc.…) qui
sont dépourvus de feuille, de racine et de tige) de certains
champignons.
Nécrose
Constitue la mort d'une cellule par accident traumatique. Au
jardin, la nécrose concerne plus globalement le dépérissement
d'un tissu végétal dû à une maladie, une piqûre d'insecte ou
encore le gel.
Nématicide
Substance ayant une action létale sur les nématodes.
Nymphe
Forme immature de certaines espèces d’insectes qui intervient
dans le processus d'une métamorphose. Cet état n'est pas à
confondre avec celui de larve. La nymphe est le dernier stade
de développement de l'insecte avant d'atteindre sa forme
adulte.
Phéromone
Substance ou mélange de substances intervenant dans la
communication chimique entre individu et qui est susceptible
de modifier, chez un congénère, son comportement ou sa
physiologie. Les phéromones utilisées dans le piégeage sont
sexuelles et permettent d’attirer l’insecte du sexe opposé. Il va
alors s’engluer dans le piège empêchant alors l’accouplement.
Phytophage
Qui mange des plantes.
Polymère
Substance constituée d'enchainements répétitifs de
macromolécules de même nature chimique. Exemples :
protéines, cellulose, caoutchouc, polystyrène, PVC…
Polyphage
Désigne des organismes vivants de nourritures variées.
Porte-greffe
Plante qui reçoit le greffon et qui est de la même espèce ou
d'une espèce voisine de celle du greffon. Le porte -greffe
développe les racines alors que le greffon développe les tiges,
les fleurs et les fruits.
Prophylaxie
Ensemble des mesures préventives permettant d'éviter le
développement d'une maladie.
Pupe
Chez les insectes diptères, il s’agit du stade intermédiaire entre
la larve et l’adulte durant laquelle se déroule la métamorphose
(équivalent au stade de nymphe chez les lépidoptères).
Rémanence
Durée pendant laquelle un produit va continuer à être actif
sans qu’il soit nécessaire de renouveler son application.
Sarcler
Débarrasser une culture de ses mauvaises herbes,
manuellement ou à l'aide d'un outil.
Sclérotes
Forme de mycélium de certains champignons, capable de
résister au gel en restant dans un état de vie latente.
Sénescence
Vieillissement, ralentissement de l’activité vitale due au
vieillissement.
Spores
Élément unicellulaire produit et disséminé par des végétaux ou
des champignons et dont la germination donne soit un nouvel
individu (cas des bactéries), soit une forme préparatoire à la
reproduction sexuée (chez les champignons, on parle de
mycélium primaire).
Sporifère
Qui a des sporanges c'est-à-dire des organes qui contiennent
des spores de reproduction asexuée, ou qui a des sporocystes,
dans le cas d’une reproduction sexuée.
Sporulation
Phénomène de formation et de libération des spores.
Nymphose
Passage de la larve à la nymphe.
Stabilisant
Le stabilisant permet à la matière active de ne pas se dégrader
trop vite.
Oospores
Spores à paroi épaisse issue de la reproduction sexuée chez
certains champignons.
Thermophile
Se dit des organismes pouvant vivre et se multiplier entre 40
et 70°C.
Périthèce
Enveloppe de la fructification (asque) de certains champignons.
Turricule
Déjection des vers de terre formant de petits tas à la surface
du sol.
Pesticides
Produits chimiques utilisés pour détruire différents organismes
pouvant être nuisibles au jardin : herbes indésirables, maladies,
insectes…
Bibliographie
Bibliographie et conseils de lectures complémentaires
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Les pesticides : Réglementation et effets sur la santé
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Maison de la consommation et de l’environnement,
Moins utiliser les désherbants au jardin
GRAS D, Le ver de terre au jardin, Ulmer
Maison de la consommation et de l’environnement,
Techniques alternatives contre les maladies et les
ravageurs
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GUET Gabriel, Mémento d’agriculture biologique
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Connaître et reconnaître
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MANSONVILLE, Guide des semences & plants
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Site d’information du Ministère de l’Agriculture –
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Editions Eugen Ulmer France, 2001
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THOREZ Jean-Paul, Le guide du jardinage biologique,
éditions Terre Vivante, Avril 2004, 314p.
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– écologie et économie,Terre Vivante, janvier 2006,
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TRACOL André, MONTAGNEUX Gérard, Les
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WAGNER Hans, Le poireau préfère les fraises ; les
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Vivante
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jardin, Editions Terre vivante
www.aujardin.info
www.croqueurs.idf.com
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www.eap.mcgill.ca
www.eap.mcgill.ca/agoBio/ab330-04.htm
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www.gnis.fr
www.inra.fr
www.lamaisondesinsectes.free.fr
Jardinage écologique en Lorraine
Crédits photos
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http://res2.agr.ca/saskatoon/result/lettre
0101-letter0101_f.htm : Fiche n°41, Pythium
sur pois - pourriture des graines, Pythium sur
pois - fonte des semis, Lentilles atteintes du
pourridié fusarien. c
André CHATROUX :
http://photosdenature.free.fr/public/ima
ges/177.html : Fiche n°15, Syrphe adulte,
Lézard des murailles ; Fiche n°16, Crapaud,
Lézard des Murailles, Syrphe adulte ; Fiche
n°21, Chenille de cossus, Fourmis et pucerons,
Taupins, Fiche n°26, Coccinelle ; Fiche n°33,
Pucerons et fourmis. c
André KARWATH : Fiche n°15, mésange
bleue ; Fiche n°16, mésange bleue.
Antony JOLY : Fiche n°42,Taches de mildiou
sur tige ; Fiche n°1, prunus, verger ; Fiche n°2,
potager, potager, jardin d'agrément, jardin
ornemental simple, jardin mixte, potager fleuri,
potager fleuri, Collection de rosiers, culture sur
compost, fraisier paillé ; Fiche n°3, fleurs
variées ; Fiche n°5, Fève ; Fiche n°6, Carotte,
compost ; Fiche n°7, épinard, courgette, fumier,
compost, boîte engrais –étiquette ; Fiche n°8,
composteur, Cloportes, Larve de cétoine,
déchets de cuisines et déchets verts, tas de
compost, composteur plastique, silo grillagé,
silo en agglo, compost mûr, culture sur
compost, compost sur pelouse ; Fiche n°9,
verger, verger, Noix ; Fiche n°10, Tournesol,
Fève, pomme de terre, Bleuet, Soucis, Graines
diverses, Graines diverses, Graines diverses ;
Fiche n°11, Aménagement jardin, Désinfection
sécateur, paillage fraisier ; Fiche n°13, Ruisseau ;
Fiche n°14, graviers ; Fiche n°15, Forficule,
Mangeoire à oiseaux, Pucerons sur ortie ; Fiche
n°16, Mésange charbonnière, Punaises ; Fiche
n°11, expérience avec bouteille ; Fiche n°19,
tomates traitées, Boite de bicarbonate, Tronc
chaulé ; Fiche n°20, potager "sale", allée
gravillonnée, Caillebotis enherbé, Paillage tonte
de pelouse, Paillage écorce, Plante couvre sol,
Plante couvre sol, Plante couvre sol, massif de
fleurs dense, framboisiers enherbés ; Fiche
n°21, Larves de doryphore, Limaces ; Fiche
n°22, plantes hôtes, Plantes hôtes ; Fiche n°23,
Attaque de mouches blanches sur choux
romanesco ; Fiche n°26, Punaise ; Fiche n°27,
Pied de pomme de terre sain, Pied de pomme
de terre infesté, Dégâts ; Fiche n°29, Limaces,
escargot de jardin, limaces sur oignon, attaque
limaces, limaces noires sur fraise, granulés anti
limaces utilisation sous cache ; Fiche n°31,
Carotte ; Fiche n°32, œillets d'Inde ; Fiche n°33,
Pucerons sur cosmos, Puceron ailé, Plante
envahie par pucerons, Dégât de puceron
sur framboisier, perce oreille, tronc avec
bande engluée ; Fiche n°37, Mildiou sur
pommes de terre, Maladie des taches noires
sur rosier, Tavelure sur poirier ; Fiche n°38,
Botrytis sur framboisier ; Fiche n°41, Semis
sain ; Fiche n°42, Début d'attaque sur tomates,
Tomate
cerise
atteinte,
Préparation
bicarbonate de soude ; Fiche n°43, Prêle pour
préparer une décoction ; Fiche n°44,
Préparation bicarbonate de soude ; Fiche n°46,
Massif de rosier,Taches noires sur rosier,Taches
noires sur rosier ; Fiche n°47, Pommier, tavelure
sur feuille de poirier.
AREL : Fiche n°5, Epinard-tomates, ail-pomme
de terre ; Fiche n°9, verger, verger, cerisier
haute tige, arbre basse tige, Cerise aigre, tronc
abîmé, protection tronc ; Fiche n°12, emballages
pesticides, étiquette ; Fiche n°14, Egout barré ;
Fiche n°19, pomme de terre traitée ; Fiche
n°28, arbres fruitiers divers, arbres fruitiers
divers, arbres fruitiers divers ; Fiche n°30,
Pâturage mouton ; Fiche n°42, mildiou sur
pommes de terre, pommes de terre en rangs
espacés.
BASF : Fiche n°21, Chenille de sésie ; Fiche
n°28, Larve de sésie ; Fiche n°30, Dégât sur
racine ; Fiche n°32, Comparaison carotte saine
et carotte infestée ; Fiche n°42, Mildiou sur
pommes de terres, Taches huileuses sur feuille
de vigne, Mildiou sur grappe de raisin à la
floraison ; Fiche n°43, M laxa sur cerises ; Fiche
n°44, Oïdium sur grappe de raisin, oïdium sur
concombre. c
BIOBEST : Fiche n°15, Aphidius colemani,
Encarsia formosa ; Fiche n°16, Aphidius
colemani. c
CPIE MMV : Fiche n°3, nichoir à insectes ;
Fiche n°5, Thym ; Fiche n°6, Potager - vu
d'ensemble, engrais vert, engrais vert ; Fiche
n°7, phacélie ; Fiche n°10, Ail tuteuré ; Fiche
n°17, Ail, soucis, Prêle, Bourache, Noix,
Armoise, Macération de prêle, Macération
d'ortie ; Fiche n°18, absinthe, achillée, ail,
armoise, bardane, capucine, consoude,
euphorbe épurge, fougère, matricaire, mélisse,
noyer, prêle, raifort, rue, rumex, sauge, soucis,
sureau, valériane ; Fiche n°20, potager "propre",
désherbage à la flamme, Binette, engrais vert ;
Fiche n°19, serres différentes ; Fiche n°22,
Plantes hôtes, Plantes hôtes ; Fiche n°25,
Préparation à base d'orties ; Fiche n°19, Sols
différents ; Fiche n°30, Piège et mise en place,
Piège-appât ; Fiche n°32, phacélie ; Fiche n°33,
Sureau ; Fiche n°34, binage ; Fiche n°36, cétoine
adulte ; Fiche n°37, Mildiou sur tomate, Oïdium
sur poirier, Rouille du groseillier, Rouille de
lavataire (rose trémière) ; Fiche n°39, chancre
sur cerisier, Noix, chancre bactérien sur
cerisier ; Fiche n°41, Fonte de semis ; Fiche
n°42, mildiou sur tomate, tomates avec paillage
plastique, tomates avec paillage paille, tomates
sous abris, tomates sous serre, Tanaisie pour
préparer une macération, Bardane pour
préparer un extrait fermenté ; Fiche n°38,
Serres ; Fiche n°43, Raifort pour préparer une
infusion ; Fiche n°44, Oïdium sur poirier,
Oïdium sur poirier, oïdium sur concombre,
Sureau pour préparer un extrait fermenté,
Rumex pour préparer un extrait fermenté ;
Fiche n°45, Rouille sur rosier- face supérieure,
Rouille sur rosier- face inférieure ; Fiche n°46,
Rosiers paillés ; Fiche n°47, Préparation d'une
décoction de prêle. c
http://meteocentre.com/forums/index.p
hp?s=65469ee4d287bc0f415bcaa5db94f5
70&showtopic=4023&st=225 : Fiche n°1,
rosée sur herbe.
MSA : Fiche n°13, Effets des produits
phytosanitaires sur l'être humain, Voies de
contamination de l'homme par les produits
phytosanitaires. c
http://www.partage-images.net : Fiche
n°15, Chèvrefeuille ; Fiche n°21, Colonie de
pucerons noirs ; Fiche n°33, pucerons noirs ;
Fiche n°27, Lamier blanc.
Nathalie BACHARD,
http://www.couleurssauvages.com/index.htm : Fiche n°21,
Campagnol. c
Imprimis : Fiche n°11, Phacélie ; Fiche n°27,
Doryphores adultes, Œufs, Larves. c
Office pour les Insectes et leur
environnement (OPIE) – COUTIN,
http://www.inra.fr/internet/Hebergemen
t/OPIE-Insectes/pa.htm : Fiche n°21, Altise
adulte, Carpocapse adulte des pommes,
Carpocapse des prunes, Cossus gâte-bois,
Xylébore disparate mâle, Chenille de zeuzère,
Zeuzère, Mouche de la carotte, Larve de
hanneton ; Fiche n°22, Dégâts sur aubergine,
Quelques acariens jaunes circulent sur le
tissage, Dégâts acariens rouges sur pommiers ;
Fiche n°24, Altise adulte, Dégâts d'altise sur
chou ; Fiche n°25, Carpocapse adulte des
pommes, Chenille ; Fiche n°25, Carpocapse des
prunes, Chenille de carpocapse des prunes ;
Fiche n°26, Cochenille australienne, cochenille
du pommier, cochenille rouge du poirier ; Fiche
n°28, Larve de scolyte rugueux, Xylébore
disparate mâle, Xylébore disparate femelle,
Dégât de scolyte rugueux, Dégât de xylébore,
Adulte de cossus gâte bois, Larve de cossus
gâte bois , Dégâts de cossus gâte bois, Adulte
de zeuzère du poirier, Larve de zeuzère du
poirier ; Fiche n°31, Adulte de mouche de la
carotte, Pupe de mouche de la carotte, Dégâts
de la mouche de la carotte ; Fiche n°32, dégâts
causés par les nématodes sur racines de
concombre ; Fiche n°34, adulte taupin au repos,
dégâts de taupins sur pommes de terre ; Fiche
n°35, adulte de thrips, thrips adultes sur feuille
de maïs, Dégâts sur poireau, Dégâts sur pois ;
Fiche n°36, Hanneton adulte, Larve de
hanneton. c
INRA, http://www.inra.fr/hyppz : Fiche
n°23, Fumagine sur tomate ; Fiche n°28,
Scolyte rugueux ; Fiche n°37, Botrytis sur
aubergine ; Fiche n°39, Chancre européen sur
pommier ; Fiche n°42, mildiou sur concombre fausse mosaïque ; Fiche n°43, M fructigena sur
pêches ; Fiche n°44, Oïdium de la betterave. c
INRA – BENASSY : Fiche n°26, cochenille
du laurier. c
INRA – BONDOUX : Fiche n°37, Cloque du
pêcher, Tavelure sur pommier ; Fiche n°40,
Cloque du pêcher ; Fiche n°47, Tavelure du
pommier. c
INRA – BOUHOT : Fiche n°37, Oïdium sur
concombre. c
INRA – BUGARET : Fiche n°42, Taches
huileuses de mildiou sur vigne. c
CRAL : Fiche n°43, sol calcaire du barrois, sol
argileux profond. c
INRA – COTTON : Fiche n°21, Tetranyque
tysserand, Aleurodes adultes et larves ; Fiche
n°22,Tetranyque tysserand, Acariens rouges. c
Delphine RETZINGER : Fiche n°2, sol nu ;
Fiche n°3, haie naturelle ; Fiche n°19, pelouse et
mousse. c
INRA – COUSIN : Fiche n°42, Feutrage de
mildiou sur pois. c
FREDON Franche Comté : Fiche n°30,
Non nuisible, galeries taupes campagnols,
nuisible. c
INRA - FAIVRE-AMIOT : Fiche n°37,
Rouille du framboisier ; Fiche n°45, Rouille sur
framboisier. c
FREDON IDF : Fiche n°21, Mouche du
poireau, Pupe de mouche du poireau ; Fiche
n°31, Adulte de mouche du poireau, Pupe de
mouche du poireau, Dégâts de la mouche du
poireau. c
INRA – GARDAN : Fiche n°37, chancre
bactérien sur cerisier ; Fiche n°39, chancre
bactérien sur cerisier. c
FREDON Lorraine : Fiche n°2, application
pesticide, piège englué ; Fiche n°3, Piquet
pour rapace, nichoir sur piquet ; Fiche n°5,
oignon-carotte ; Fiche n°7, moutarde ; Fiche
n°11, Aménagement jardin, association
carottes-oignons, Espacement des cultures,
Auxiliaire : coccinelle ; Fiche n°12, caniveau ;
Fiche n°13, Exemple d'étiquette d'un produit
phytosanitaire ; Fiche n°14, Exemple d'étiquette
d'un produit phytosanitaire, Protections
applicateurs, Gants, pulvérisateur, Préparation
de la bouillie, pavés ,Vidange à l'égout,Armoire
à déchets dangereux ; Fiche n°15, Coccinelle,
Larve de coccinelle, Chrysope adulte, Ponte de
Chrysope, Nichoir à forficule, Guêpes
parasitoïde, Carabe, Coccinelle 2 points,
Momie de Puceron ; Fiche n°16, Chrysope
adulte, Carabe, Œufs de chrysope, Guêpes
parasitoïde, Forficule, Larve de coccinelle ;
Fiche n°20, eau bouillante, pavés enherbés,
Paillage feuilles mortes, Paillage paille, Paillage
cacao, Paillage broyat de branches, Plante
couvre sol, Semis en rang ; Fiche n°21,
Cochenilles farineuses, Pucerons cendrés,
Larves de taupins ; Fiche n°23, Plaque jaune
engluée ; Fiche n°24, Plaque jaune engluée ;
Fiche n°25, Dégât de carpocapse des pommes,
Bande cartonnée contre le carpocapse des
pommes, Piège à phéromone contre le
carpocapse, Dégât de carpocapse des prunes ;
Fiche n°28, Trois espèces de xylébores (de
gauche à droite, Anisandrus dispar, Xyleborus
saxeseni, Xylosandrus germanus), Piège à
xylébores, Dégât du noyer, Piège à Zeuzère,
Piège à sésie ; Fiche n°29, limace rouge ; Fiche
n°31, association carottes-oignons, Plaque
jaune engluée ; Fiche n°33, Puceron cendré,
Dégât type du puceron cendré, Chrysope
adulte ; Fiche n°34, larve taupin ; Fiche n°35,
Dégâts causés par des thrips sur chrysanthème
; Fiche n°36, Carabe, Larve de cétoine ; Fiche
n°37, Maladie de la pochette ; Fiche n°40, La
maladie de la pochette sur prunier, La maladie
de la pochette sur prunier ; Fiche n°12,
Composition d'un pesticide. c
http://environnement.ecoles.free.fr :
Fiche n°29, escargot de Bourgogne, escargot
petit gris, limace grande loche grise ; Fiche
n°15, Hérisson.
http://hortiauray.com : Fiche n°37, Rouille
de l'ail ; Fiche n°38, Botrytis sur aubergine ;
Fiche n°45, Rouille sur ail, Rouille sur prunier ;
Fiche n°47,Tavelure sur pomme. c
Patrick LIBOUREL,
http://liboupat2.free.fr/ : Fiche n°36,
Hanneton de la Saint Jean. c
INRA – GOLINSKY : Fiche n°37, Moniliose
sur pêche ; Fiche n°43, M fructigena sur pêches,
M fructigena sur pêches. c
Philippe MILLARAKIS : Fiche n°18, tanaisie. c
INRA – GROSCLAUDE : Fiche n°37,
Tavelure sur pommes ; Fiche n°43, M fructigena
sur pêche ; Fiche n°47,Tavelure sur pomme. c
UPJ : Fiche n°14, Logo "Emploi autorisé dans
les jardins".
INRA – MORVAN : Fiche n°39, gommose
sur prunier. c
INRA – ONILLON : Fiche n°23, Aleurodes
adultes et larves. c
INRA – RAINAL : Fiche n°42, Mildiou sur
laitue ; Fiche n°37, Mildiou sur laitue. c
INRA – VEGH : Fiche n°37, Chancre
européen sur pommier,Tubercule atteint par le
mildiou, Cerises momifiées - M laxa, Moniliose
sur cerise ; Fiche n°39, chancre bactérien sur
cerisier ; Fiche n°42, Mildiou sur tubercules de
pommes de terres ; Fiche n°43, M laxa sur
cerises, Cerises momifiées - M laxa. c
Koppert : Fiche n°15, Larve de Syrphe ; Fiche
n°16, Larve de Chrysope, Larve de Syrphe ;
Fiche n°26, Larve de syrphe. c
LPO : Fiche n°15, Nichoir à mésange.
c
Maison de l'Environnement de Vaudigny :
Fiche n°1, lombrics, carabe, mésange bleue,
lépidoptère, hérisson ; Fiche n°3, Coccinelle,
grenouille, abeille ; Fiche n°15, Carabe et
limace, Grenouille, Couple de rouge queue ;
Fiche n°16, Carabe et limace, Grenouille,
Couple de rouge queue ; Fiche n°24, Rougequeue ; Fiche n°29, Carabe. c
Ministère de l'agriculture de l'Ontario :
Fiche n°40, La cloque du pêcher. c
Meuse Nature Environnement : Fiche n°3,
Ambiances diverses, spirale aromatique ; Fiche
n°5, œillet –tomate ; Fiche n°9, poirier façade,
poirier plein champs, Panier de fruits, pomme
de mai, pomme calville d'automne, Couillon de
coq, poire de curé, poire de prêtre, Saint Rouin,
Blanche de Letricourt, Prune à cochon, Blanc
de champagne, Nèfle, Noix rouges, pêche ;
Fiche n°17, Préparation macération de
rhubarbe anti pucerons ; Fiche n°18, bourrache,
camomille ; Fiche n°28, arbres fruitiers divers ;
Fiche n°40, Pêcher ; Fiche n°9, Schéma
plantation arbre ; Fiche n°8, Composteur à
fabriquer ; Fiche n°30, Extrait schéma
plantation arbre. c
SRPV : Fiche n°28, Adulte sésie piégés.
c
Valérie ANTOINE : Fiche n°1, nénuphar et
fleurs ; Fiche n°2, cerises, iris, fleurs, salades ;
Fiche n°3, mare, nichoir, gazon fleuri ; Fiche n°5,
Chou-laitue, chou-oignon ; Fiche n°8, déchets
verts ; Fiche n°10, Pavot, Fleurs ; Fiche n°10, Iris
; Fiche n°11, Récupération d'eau de pluie; Fiche
n°17, Récupération eau de pluie ; Fiche n°18,
thym ; Fiche n°29, Limaces ; Fiche n°34, choux ;
Fiche n°47, Fleur de pommier. c
Virginie DUVALLET : Fiche n°5, maïs–
haricot ; Fiche n°7, trèfle incarnat ; Fiche n°10,
Pavot ; Fiche n°15, Bourrache ; Fiche n°17,
Camomille ; Fiche n°20, Paillage paille sous
tomate ; Fiche n°23, Menthe poivrée ; Fiche
n°27, Lin ; Fiche n°33, Mélisse. c
www.dinosoria.com : Fiche n°11, 15, 16,
29,34, musaraigne.
www.photo-libre.fr : Fiche n°10, Fleur de
pommier ; Fiche n°12, pulvérisateur agricole ;
Fiche n°15, crapaud à choisir ; Fiche n°16,
Crapaud.
Liens
Pour en savoir plus sur…
… L’environnement en Lorraine
Agence Régionale de l’Environnement en Lorraine (AREL) / Metz (57) / 03.87.31.81.55
www.arel.asso.fr
Agence de l’eau Rhin-Meuse (AERM) / Moulins-les-Metz (57) / 03.87.34.47.00
www.eau-rhin-meuse.fr
Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) / Metz (57) / 03.87.39.99.99
www.lorraine.ecologie.gouv.fr
… Les pesticides, les organismes nuisibles, la réglementation
Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments / www.afssa.fr
Observatoire des résidus de pesticides (ORP)
http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/index.php
Base de données E-phy sur les matières actives homologuées - http://e-phy.agriculture.gouv.fr/
DRAF - Service Régional de Protection des Végétaux / Malzéville (54) / 03.83.30.41.51
www.draf.lorraine.agriculture.gouv.fr/
Fédération RÉgionale de Défense contre les Organismes Nuisibles (FREDON) de Lorraine
Malzéville (54) / 03.83.33.86.70.
Unité de recherche sur la structure et le fonctionnement des systèmes hydriques
www.sisyphe.upmc.fr
… La nature, les vergers, la biodiversité, le jardinage écologique
CPIE de Moyenne Montagne Vosgienne / Lusse (88) / 03.29.51.10.81- www.cpiemmv.com
Meuse Nature Environnement - http://mne.asso.free.fr/
Association des Jardiniers de France / Valenciennes (59) / 03.27.46.37.50
www.jardiniersdefrance.com
Maison de l’environnement de Vaudigny (54) / 03.83.52.40.05 - http://www.mdecg54.fr/
Institut Eco consommation / http://www.eco-consommation.be / rubrique fiche conseil /
fiche n° 77 sur les associations de plantes.
Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) – www.lpo.fr
NOE – Sauvegarde de la biodiversité - http://www.noeconservation.org/
… L’agriculture biologique
Institut Technique de l’Agriculture Biologique / http://www.itab.asso.fr
et en particulier la rubrique "Fiches techniques".
Centre des Groupements des Agrobiologistes de Lorraine / http://www.bioenlorraine.fr
Partenaires
Le Guide du jardinage écologique a été réalisé par l’Agence Régionale de
l’Environnement en Lorraine dans le cadre des travaux du GRAPPE*
et avec la participation financière de :
* Le GRAPPE Lorraine ou Groupe Régional d’Actions
contre la Pollution Phytosanitaire de l’Eau
Ce groupe de travail rassemble les administrations, les agences de l’eau, les collectivités, les organismes
socioprofessionnels, les établissements de recherche et de formation, les instituts professionnels agricoles,
les utilisateurs, les producteurs d’eau potable et les consommateurs concernés par la pollution des eaux
par les produits phytosanitaires. Il a pour mission de coordonner et d’appuyer les actions (études et
intervention) vis-à-vis de la pollution des eaux par les pesticides.
Dépôt légal 1er trimestre 2008
Document édité en 1500 exemplaires par l’Agence Régionale de l’Environnement en Lorraine
Directeur de publication : Daniel BEGUIN.
Comité de rédaction :
Alexandra CHALONS,Thomas COUTAL, Marie-Pierre JOUANS,
Virginie MICHEL, Anne OBERLE,
Delphine RETZINGER de la FREDON Lorraine
Olivier BRUNET du CPIE de Moyenne Montagne Vosgienne
Virginie DUVALLET de Meuse Nature Environnement
Antony JOLY de la Région Lorraine
Michel FONTAINE de l’Association des Jardiniers de France
Michel THOMASSIN
Caroline JOLY de la CUGN
Frédéric GOSSELIN du Conseil Général de Meurthe et Moselle
Maison de l’environnement
Comité de relecture
Béatrice HAUSSARD de la Région Lorraine
Anne DIVO et Pascal VAUTHIER de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse
Arnaud JOULIN de la DRAF - SRPV
Patrice MULLER du CFPPA de Metz Courcelles-Chaussy
Jean Pierre LAPERROUSAZ
Emile DARGENT, Raymond DEPAIX, Noël COLLIGNON,
Association des jardins Ouvriers de Nancy
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