Protection des céréales, des oléagineux et des légumineuses à

Protection des céréales, des oléagineux et des légumineuses à
Protection des céréales, des oléagineux et des légumineuses à grain entreposés à la ferme contre les insectes, les acariens et les moisissures
Publication 1851/F (éd. rev.)
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Protection des céréales, des oléagineux et des légumineuses à grain entreposés à la ferme contre les insectes, les acariens et les moisissures
Les recommandations relatives à l’usage des pesticides énoncées dans la présente
publication ne sont données qu’à titre indicatif. L’application d’un pesticide
doit être réalisée conformément au mode d’emploi indiqué sur l’étiquette du
produit, comme le prescrit la Loi sur les produits antiparasitaires. Il faut toujours
lire l’étiquette. Le pesticide devrait aussi être recommandé par les autorités de la
province. Comme les recommandations relatives à l’emploi des pesticides peuvent
varier d’une province à l’autre, il convient de consulter un représentant du service
agricole provincial pour obtenir de plus amples renseignements.
Illustrations de la page couverture
(Haut) Cellules d’acier utilisées pour l’entreposage de grain à la ferme dans l’Ouest
canadien (bas, de gauche à droite) moisissure d’Aspergillus sur le blé, ciron des
champignons et curcujides roux.
Ce document est disponible sur Internet au site du Centre de recherche sur les
céréales : http://www.agr.gc.ca/science/winnipeg/
Agriculture et Agro‑alimentaire Canada, Publication 1851/F (éd. rev.)
©Centre de recherche sur les céréales 2001
195, chemin Dafoe, Winnipeg (Manitoba) Canada R3T 2M9
Remplace 1851/F
Also available in English under the title
Protection of farm-stored grains, oilseeds and pulses from insects, mites and moulds
2
Préface
La présente publication traite des ravageurs des céréales, des oléagineux et
des légumineuses à grain entreposés à la ferme et décrit les méthodes permettant
de détecter leur présence, de les réprimer et de prévenir leurs dégâts. Comme
l’entreposage prolongé de ces récoltes est généralement effectué à la ferme, c’est
dans les cellules d’entreposage utilisées à la ferme que les ravageurs sont les plus
susceptibles de causer des dégâts. Pour prévenir et réduire ces dommages, le
producteur doit reconnaître le problème et recourir aux méthodes courantes de
lutte. L’efficacité des méthodes d’entreposage que nous préconisons repose sur
l’application de pratiques de gestion rigoureuses et sur une connaissance générale
des insectes, acariens et moisissures. Pour protéger adéquatement les récoltes
entreposées, nous insistons sur l’importance de maintenir les températures basses
en assurant une bonne ventilation des grains.
Rédacteur en chef : N.D.G. White
Auteurs
Dave Abramson (Ph.D.)
Centre de recherche sur les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Winnipeg
(Man.).
Colin J. Demianyk (Ph.D)
Centre de recherche sur les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Winnipeg
(Man.).
Paul G. Fields (Ph.D.)
Centre de recherche sur les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Winnipeg (Man.).
Digvir S. Jayas (Ph.D.)
Department of Biosystems Engineering, University of Manitoba, Winnipeg (Man.).
John T. Mills (Ph.D., retraité)
Centre de recherche sur les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Winnipeg (Man.).
William E. Muir (Ph.D.)
Department of Biosystems Engineering, University of Manitoba, Winnipeg (Man.).
Blaine Timlick
Commission canadienne des grains, Winnipeg (Man.).
Noel D.G. White
Centre de recherche sur les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Winnipeg (Man.).
3
Table des matières
Préface
3
Bonnes pratiques d’entreposage
5
Introduction
6
Protection des denrées
entreposées
Types d’entreposage
Prévention des détériorations
Ventilation
Séchage en cellule avec
apport d’air extérieur
Séchage en cellule avec
apport d’air chauffé
Prévention des infestations
Insectes
Acariens
Champignons de
conservation (moisissures)
7
7
8
10
12
13
13
13
14
15
Détection des problèmes
Détérioration et infestations
Surveillance durant l’entreposage
Nécessité de la surveillance
Température de la masse
Concentration de dioxyde
de carbone
Dispositifs de dosage du
dioxyde de carbone
15
18
20
20
20
Identification des organismes
Ravageurs communs dans les
denrées entreposées
Coléoptères
Psocoptères
Lépidoptères
Acariens
Moisissures de conservation
Mycotoxines
23
4
22
23
23
25
31
32
32
37
38
Lutte contre les infestations
Refroidissement et purification
du grain
Traitements insecticides
Précautions à prendre durant
l’application d’un insecticide
Utilisation de concentrés
Traitement des grains
Fumigation
Application
Précautions à prendre durant
la fumigation
39
39
40
43
43
43
44
45
46
Légumineuses à grain
Insectes
Féverole
Haricots
Pois
Soja
47
47
47
48
50
51
Renseignements additionnels
55
Remerciements
55
Noms vernaculaires et scientifiques
des principaux ravageurs du
grain entreposé
56
Références
57
Lectures additionnelles
58
Facteurs de conversion pour le
système métrique
59
Bonnes pratiques d’entreposage
• Prévenir les pertes causées par les insectes, les acariens et les moisissures en
entreposant correctement les céréales, les oléagineux et les légumineuses à
grain. Il est plus facile, plus sûr et moins coûteux de prévenir les infestations
que de les réprimer.
• Préparerlacelluleavantd’entreposerlanouvellerécolteenbalayantlesolet
les murs à l’aide d’un balai ou d’un aspirateur, en brûlant ou en enfouissant
les balayures chargées de grains gâtés ou infestés, en obturant les fissures
afin d’empêcher la neige, la pluie ou les insectes volants de pénétrer dans la
cellule et en pulvérisant un insecticide de contact recommandé sur le sol et
les murs.
• Installer un système de ventilation afin de refroidir le grain et de réduire la
migration de l’humidité.
• Assécherlesgrainsgourdsouhumidespeuaprèslarécolte,cesderniersétant
plus susceptibles de moisir ou d’être infestés par les insectes que les grains
secs, puis les refroidir.
• Inspecterlesrécoltesentreposéestoutesles2 semainesafind’ydécelerlessi­
gnes éventuels d’un échauffement ou d’une infestation, vérifier la température
ou la concentration de dioxyde de carbone et surveiller l’activité des insectes
en installant des pièges ou des sondes ou en examinant des échantillons de
grain tamisé.
• Assécherlesgrainséchauffésoumoisis.Silesgrainséchauffésnepeuventêtre
asséchés immédiatement, il est possible de ralentir leur détérioration en les
ventilant pour les refroidir ou en les déplaçant et en les mélangeant avec des
grains plus frais.
• Prévenir ou réprimer les infestations d’insectes en ventilant les grains pour
les refroidir ou en les mélangeant avec des grains plus froids.
• Vérifier l’espace vide dans les entrepôts entre janvier et mars et éliminer la
neige qui pourrait s’y être accumulée avant qu’elle fonde.
• Durantlesapplicationsd’insecticide,observerlesmesuresdesécurité.Seules
les personnes détenant un permis approprié devraient être autorisées à appli­
quer des fumigants.
5
Introduction
La protection des céréales et des oléagineux entreposés contre les dété­
riorations fait partie intégrante de leur production. Laissées sans protection,
ces récoltes risquent d’être déclassées. Comme le poids et la qualité des grains
échauffés ou infestés par les insectes et les acariens diminuent rapidement,
l’agriculteur doit se montrer vigilant s’il ne veut pas voir son revenu amputé
de plusieurs milliers de dollars. L’entreposage des céréales et des oléagineux
à l’état frais et sec dans des cellules propres, non infestées, étanches et bien
ventilées prévient ces pertes, maintient la qualité du grain et en facilite la
commercialisation.
Parce qu’ils sont petits et fuient la lumière, les insectes et les acariens qui
infestent les grains entreposés en vrac peuvent pénétrer profondément dans la
masse. Dans les cellules vides, ils se cachent dans les fissures et les crevasses et
peuvent y survivre dans les résidus jusqu’à l’arrivée de la nouvelle récolte. La
plupart d’entre eux ne s’attaquent pas aux grandes cultures et ne sont pas récoltés
avec les grains, même si, sous des latitudes plus chaudes, le charançon du riz et
le petit perceur des céréales infestent les céréales dans les champs. Les ravageurs
des denrées entreposées se nourrissent également de matières animales et végé­
tales desséchées et de moisissures. Certaines espèces parviennent à survivre dans
de la nourriture contenant seulement 8 % d’eau. Les insectes qui résistent au
froid peuvent passer l’hiver dans les récoltes entreposées. L’été, certains insectes
s’envolent et peuvent être transportés par le vent depuis les résidus de grains et
lesalimentspouranimauxqu’ilsinfestentjusquedanslesentrepôtsdegrainset
même dans les maisons.
Au Canada, bon nombre des insectes et acariens qui infestent les céréales et les
oléagineux entreposés sont résistants au froid et survivent à l’hiver en trouvant un
habitat protégé parmi les grains, en s’adaptant au froid ou, dans le cas de certains
acariens, en se transformant en un stade résistant qui ne s’alimente pas. Les insectes
et les acariens se reproduisent rarement à des températures inférieures à 17 °C et
à 3 °C, respectivement. Toutefois, lorsque les grains entreposés se réchauffent, les
insectes, particulièrement le cucujide roux et le tribolium rouge de la farine, se
multiplient rapidement et causent des dommages importants. Une forte teneur
en eau des grains accroît également le risque d’infestation par les insectes et les
acariens et provoque l’échauffement et la dégradation des grains. Les insectes, les
acariens ainsi que les moisissures qui provoquent l’échauffement et la détériora­
tion des récoltes entreposées sont inactifs à basse température (sous le point de
congélation dans le cas des moisissures). L’hiver, le refroidissement des récoltes
entreposées s’effectue plus rapidement et plus uniformément dans les petites
cellules que dans les cellules plus grandes non ventilées. Les grains et oléagineux
secs risquent moins de s’altérer que s’ils sont gourds ou humides. Les grains et
oléagineux gourds sont particulièrement vulnérables aux infestations d’acariens.
6
Le canola est souvent infesté par les acariens et les moisissures. La teneur en eau
du canola destiné à un entreposage prolongé devrait être inférieure à 8 %.
Les céréales et les oléagineux récoltés renferment de petites quantités de
moisissures (champignons) de conservation qui se développent durant l’entrepo­
sage et provoquent la dégradation des grains. Par temps chaud, les moisissures se
développent rapidement dans les grains entreposés gourds ou humides (tableau 1).
Si les grains sont exposés à des conditions chaudes et humides durant la récolte
et l’entreposage, certains champignons peuvent produire des substances toxiques
appelées mycotoxines.
Il est plus facile de comprendre les problèmes soulevés par l’entreposage
des céréales et des oléagineux si l’on considère l’amas de grains en vrac comme
un écosystème dans lequel les organismes vivants (p. ex. grains, insectes,
acariens et moisissures) et le milieu physique (p. ex. température, humidité
et oxygène) interagissent. Habituellement, la qualité du grain diminue len­
tement, mais elle peut s’accélérer lorsque certaines conditions apparaissent
dans la masse entreposée non perturbée, au point où la récolte peut se dégrader
complètement.
Protection des denrées entreposées
Types d’entreposage
Pour prévenir les infestations et protéger la qualité des récoltes durant
l’entreposage prolongé, il est essentiel que les cellules soient bien construites et à
l’épreuve des intempéries. Les cellules installées sur un terrain surélevé bien drainé
protègent efficacement les récoltes contre les fortes pluies et les crues printanières.
Lorsqu’elles sont vides, les cellules en acier fournissent moins d’habitats favorables
à la reproduction des insectes que les greniers en bois vides, quoique des insectes
peuvent se cacher dans la poussière et la paille sous les planchers perforés.
Il faut ériger les cellules en acier sur une dalle de béton armé afin d’empêcher
la formation de fissures et le transfert de l’humidité au travers du plancher. Les
fissures du plancher et les joints entre la dalle et la paroi de la cellule doivent
être étanchéifiés à l’aide d’un calfeutrant. La dalle de béton doit être légèrement
convexe pour permettre l’écoulement de l’eau. Il faut éviter de remplir la cellule
au-delà de la virole supérieure et laisser amplement d’espace au-dessus de la surface
du grain pour permettre l’inspection et le prélèvement d’échantillons. Il convient
d’installer un système de ventilation afin de refroidir la récolte et d’empêcher la
migration de l’humidité de façon à réduire au minimum le risque de détérioration
et d’infestation par les insectes ou les acariens durant l’entreposage.
Lorsque les rendements sont supérieurs à la moyenne, les récoltes sont
souvent entreposées dans des hangars ou des granges. Dans ce cas, il faut
prendre toutes les précautions qui s’imposent pour empêcher la détérioration
7
des récoltes et obturer les fissures dans les planchers de béton au moyen d’un
calfeutrant.
L’entreposage temporaire du grain peut se faire dans des cellules circulaires
en contre-plaqué. Ces cellules devraient être érigées sur un terrain surélevé et sec.
Il faut également conférer au sol sous le grain une forme conique afin de favoriser
l’évacuation de l’eau de pluie et de fonte. Les abords de la cellule doivent être
désherbés ou déchaumés, de manière à ce qu’ils ne servent pas d’abri aux souris.
Il faut donner à l’amas de grains une forme conique la plus prononcée possible
afin de favoriser l’évacuation de l’eau de pluie et de fonte et d’éviter la présence
d’un vide entre le bord supérieur de la cellule et la surface de la récolte. Il faut
éviter de marcher sur les grains, car l’eau pourrait s’accumuler dans les dépressions
laissées par les empreintes de pas. Si la récolte façonnée en cône est recouverte
d’une pellicule de plastique, il faut assujettir cette dernière à l’aide de tulle pour
filet de pêche ou de plusieurs vieux pneus afin de l’empêcher de battre au vent et
de se déchirer. Les pellicules perforées à chaque coin pour permettre à l’humidité
de s’échapper peuvent laisser entrer plus de neige que les feuilles non perforées.
Prévention des détériorations
La plupart du temps, la détérioration débute près du sommet du centre de la
masse entreposée, où la migration de l’humidité et l’infiltration de neige peuvent
provoquer une hausse de la teneur en eau (figure 1). Il est possible de préserver à
peu de frais la qualité des céréales et des oléagineux entreposés en faisant circu­
ler de l’air à travers la masse. Cet air peut être soit insufflé, soit aspiré au moyen
d’un ventilateur (figure 2) raccordé à la cellule par des conduites ou un plancher
perforés. Si l’air est insufflé, la couche supérieure de la masse sera la dernière à se
refroidir. Il faut alors examiner le dessus de la masse pour déterminer si toute la
masse est refroidie ou si des signes d’altération commencent à se manifester. Si
l’air est chassé hors de la cellule par inversion de l’écoulement d’air, la dernière
partie à se refroidir sera la couche inférieure. Dans ce cas, la détérioration peut
se produire dans le fond de la cellule, et elle est alors beaucoup plus difficile à
maîtriser ou à surveiller.
Pour prévenir la détérioration des grains, les producteurs peuvent recourir
à la ventilation pour :
•
•
•
refroidirlarécolte;
assécherlarécoltesansapportdechaleur;
assécherlarécolteavecapportdechaleur.
Ventilation
Objet La ventilation a pour but de préserver le grain sec entreposé en le refroi­
dissant et en prévenant la migration de l’humidité. Un système de ventilation
8
Figure 1. Migration de l’humidité dans une cellule non ventilée en automne et en hiver.
Figure 2. Unité de ventilation.
9
bien conçu et bien utilisé ne nécessite que de petits ventilateurs peu dispendieux,
mais le débit d’air généré est trop faible pour assécher la récolte entreposée. La
ventilation permet de préserver la qualité de l’orge brassicole sans provoquer
l’apparition de résidus de pesticides, d’odeurs de moisissures ou de dommages
dus à la germination.
Débit d’air Le débit d’air généré par les systèmes de ventilation varie habituel­
lement entre 1 et 2 L/s par mètre cube de grains ou d’oléagineux.
Dimensions du ventilateur Habituellement, les ventilateurs utilisés pour le re­
froidissement des récoltes sont relativement petits. Ainsi, une cellule cylindrique
mesurant 6,4 m de diamètre et de 6,8 m de hauteur à l’avant-toit et contenant
215 m3 (6 000 boisseaux) de blé peut exiger un ventilateur d’une puissance d’à
peine 250 à 600 W (la taille exacte dépend de l’efficacité du modèle utilisé et de
la grosseur du ventilateur).
Lorsque l’objet premier de la ventilation est de refroidir la récolte et d’em­
pêcher la migration de l’humidité, l’utilisation de conduites placées sur le sol
ou noyées dans ce dernier produisant une circulation d’air non uniforme est
habituellement acceptable. Les planchers perforés produisent un débit uniforme
dans toute la masse et réduisent le risque de formation de poches non ventilées
favorisant la détérioration. Mais même avec un tel système, le volume d’air qui
circule au centre de la cellule est plus faible (figure 3). Il faut installer des trappes
dans les planchers et les conduites afin de faciliter l’extraction des accumulations
de résidus susceptibles d’abriter des ravageurs.
Le grain récolté par temps ensoleillé peut être de 8 °C plus chaud que la
température ambiante au moment de son entreposage. La température du grain
entreposé peut également être élevée si le grain n’a pas été refroidi correctement
après avoir été asséché à l’air chaud. Lorsqu’une ventilation ascendante est
amorcée pour refroidir le grain, l’humidité condense sur le toit plus froid de la
cellule et retombe sous forme de gouttes d’eau sur la surface de la masse. Cette
condensation s’amenuise à mesure que le toit de la cellule se réchauffe. L’instal­
lation de bouches d’évacuation dans le toit permet d’atténuer ce problème, et
une ventilation uniforme permet d’éliminer le surplus d’humidité à la surface de
la masse.
Fonctionnement du ventilateur Le passage forcé d’air frais de l’extérieur à
travers la masse de grains ou d’oléagineux provoque l’ascension d’un front de
refroidissement à travers la masse depuis le point d’admission d’air jusqu’à son
point d’évacuation. Pour que le front de refroidissement traverse complètement
la masse, il faut environ 240 h ou 10 jours de ventilation continue au débit de
1 L/s par mètre cube. Il faut laisser le ventilateur fonctionner sans interruption
jusqu’à ce que le couche supérieure de la masse soit à la même température que
10
Figure 3. Déplacement des front refroidissant et asséchant à travers des masses de
grain ventilée en automne.
l’air extérieur. Le refroidissement initial après la récolte peut permettre d’abaisser
la teneur en eau de la masse de 0,5 à 1,0 %.
Normalement, la meilleure stratégie de lutte consiste à laisser fonctionner
le ventilateur sans interruption après la récolte jusqu’à ce que la température des
grains entreposés soit inférieure à 20 oC. Lorsque la température de l’air extérieur
est inférieure d’environ 5 oC par rapport à celle de la récolte, il faut laisser tourner
le ventilateur sans interruption jusqu’à ce que le nouveau front de refroidissement
traverse complètement la masse de grain. En hiver, il faut laisser fonctionner le
ventilateur jusqu’à ce que l’écart entre la température du grain entreposé et la
température ambiante soit minimal.
Séchage en cellule avec apport d’air extérieur
Marche à suivre Il est possible d’abaisser la teneur en eau de la récolte en fai­
sant passer de l’air de l’extérieur à travers la masse. Dans l’Ouest canadien, l’air
11
extérieur peut être utilisé à cette fin avec un apport de chaleur, sauf en hiver. Il
n’est alors réchauffé que par le ventilateur et le moteur. L’assèchement débute au
point d’admission de l’air dans la masse, habituellement au bas de la cellule. Un
front asséchant se forme et progresse lentement vers le haut de la masse. Sous ce
front, le grain se trouve à la température de l’air entrant, et son humidité est en
équilibre avec celle de ce dernier. Par exemple, un apport d’air présentant une
humidité relative de 70 % permettra d’abaisser la teneur en eau du blé à 14 à 15
%, et celui du canola, à 8 à 9 %. Le grain se trouvant au-dessus du front conserve
la même teneur en eau qu’il présentait au moment de son entreposage, à 1 % près.
Pour être efficace, le front doit avoir traversé toute la masse avant que les premiers
signes de détérioration se manifestent. La vitesse d’ascension du front dépend
principalement du débit d’air par unité de masse de grain ou d’oléagineux.
Pour être en mesure d’assécher toute la récolte le plus rapidement possible, il
faut veiller à ce que le débit d’air qui traverse la masse soit uniforme. Si la cellule
est pourvue d’un plancher complètement perforé et si la surface de la masse est
plane, le débit est généralement uniforme, à moins qu’un noyau central de grains
et de criblures (impuretés) compactés ne se forme sous le bec de remplissage.
Dans les cellules où la transition entre le ventilateur et la caisson de répartition
sous le plancher se fait mal, le débit d’air au travers de la masse près de l’entrée
du ventilateur est réduit.
Sélection du débit Pour réduire le plus possible les frais d’exploitation et les coûts
du matériel, il faut choisir le débit minimal acceptable, c’est-à-dire le débit qui
permet d’assécher complètement la récolte tout juste avant qu’elle ne subisse une
détérioration inacceptable au cours des pires années de séchage. Les producteurs
devraient s’adresser à un représentant de leur service provincial local de génie des
systèmes biologiques ou de génie agricole pour obtenir des recommandations
concernant le débit et le matériel.
Choix de la cellule Pour un diamètre donné, les cellules plus hautes exigent des
ventilateurs plus puissants, donc plus énergivores. L’économie réalisée en assé­
chant des masses de grain ou d’oléagineux moins hautes doit être comparée à la
hausse des coûts de l’acier et du béton, le diamètre de la cellule devant être accru
pour que cette dernière puisse accueillir la même quantité de grains.
Fonctionnement du ventilateur En automne, il faut laisser le ventilateur fonction­
ner sans interruption jusqu’à ce que la température de la masse soit descendue
à -10 oC ou jusqu’à ce que le grain soit complètement sec. Au printemps, si les
grains n’ont pas séché complètement au cours de l’automne précédent et si la
récolte ne s’est pas détériorée, il faut reprendre le séchage dès que la température
de l’air dépasse le point de congélation. Même par temps humide ou pluvieux, le
ventilateur doit fonctionner sans interruption. Même si l’air humide réhumidifie
12
légèrement le fond de la masse, le front principal d’assèchement poursuivra son as­
cension dans la masse. Si le ventilateur continue de fonctionner pendant quelques
jours après la période de temps humide, l’humidité se dispersera probablement
dans la masse sans provoquer de détérioration. La réhumidification peut même
être avantageuse au plan économique si la teneur en eau de la couche inférieure
de la masse a chuté sous la teneur maximale permise pour la vente. Même si le
séchage améliore la qualité de la récolte, l’abaissement de la teneur en eau en
deçà de ce seuil réglementaire réduit la masse marchande et, par conséquent, la
valeur marchande de la récolte. Toutefois, en provoquant l’expansion des grains
ou des oléagineux, la réhumidification peut causer une déformation des parois
de la cellule.
Séchage en cellule avec apport d’air chauffé
Il est possible de réduire l’humidité relative de l’air admis dans la masse
en augmentant sa température à l’aide d’une source de chaleur. Par exemple, si
l’on élève de 20 oC à 25 oC la température d’une masse d’air présentant un taux
d’humidité relative de 70 %, ce taux baisse à 50 %. La teneur en eau d’une masse
de blé chute à 14 ou 15 % si ce blé est exposé à de l’air présentant une humidité
relative de 70 %, mais à 10 ou 11 % s’il est exposé à de l’air présentant une hu­
midité relative de 50 %. Même si le blé se conserve beaucoup mieux lorsque sa
teneur en eau se situe entre 10 et 11 %, sa masse marchande est réduite d’environ
4 à 5 %, et sa valeur marchande est amputée d’autant sous le régime réglementaire
actuel. Par conséquent, l’utilisation de chaufferettes au propane, de fournaises,
de collecteurs solaires, etc. pour chauffer le grain peut se révéler une option peu
rentable. Habituellement, le recours à des sources de chaleur additionnelles s’avère
rentable uniquement lorsque l’humidité de l’air extérieur reste élevée pendant de
nombreux jours, comme c’est le cas dans certaines régions de l’est du Canada. Par
temps chaud, l’ajout de chaleur exige un ventilateur plus gros et un séchage plus
rapide, parce que la récolte se détériore plus rapidement. Plus tard en automne,
un éventail de taille plus modeste et moins dispendieux peut être utilisé avec un
appareil de chauffage.
Prévention des infestations
Insectes
Pour prévenir les infestations et les réprimer, il est essentiel de connaître l’ha­
bitat et le cycle vital des insectes. Des études ont montré que la plupart des greniers
vides abritent de faibles populations d’insectes et d’acariens. Les aliments pour
animaux, les camions et la machinerie agricole sont d’autres sources d’infestation.
Certains insectes peuvent voler ou marcher, ce qui accroît leur capacité d’infester
les récoltes entreposées. Pour prévenir l’infestation et la détérioration des récoltes
entreposés, il convient de prendre les mesures suivantes avant la récolte :
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• Réduirelepluspossiblelescribluresenéliminantlesmauvaisesherbesdansles
cultures;lesinsectesnepullulentpasdanslesrécoltesentreposéescontenant
peu d’impuretés.
• Nettoyer les entrepôts de grains, de préférence à l’aide d’un aspirateur, et
brûler ou enfouir les balayures.
• Réparer les entrepôts et les rendre étanches aux intempéries avant de
les utiliser.
• Nepaslaisserdedéchetsdegrainsoud’alimentspouranimauxs’accumuler
àl’intérieurouàl’extérieurdesentrepôts.
• Désherberlesabordsdesentrepôts.
• Nepasentreposerlarécoltedansdescellulessituéesàproximitéd’aliments
pour animaux susceptibles d’être infestés.
• Environunesemaineavantl’entreposagedelarécolte,pulvériseruninsecticide
homologuésurlesmursetlesoldesentrepôtsvides.
• Touteslesdeuxsemaines,inspecterlesgrainsetoléagineuxentreposésàl’état
gourd : 1) en enfonçant la main en différents points de la masse pour y déceler
des signes éventuels d’échauffement ou d’encroûtement; (2) en plongeant
une tige de métal dans la masse à diverses profondeurs afin d’y déceler des
signes d’échauffement et en retirant cette tige, après au moins 15 minutes mais
préférablement après 60 minutes, pour en apprécier la chaleur sur le poignet
ou dans la paume.
• Entreposerlesrécolesuniquementdansdescellulespropresetvides;lescellules
qui renferment du vieux grain risquent d’être infestées.
• Vendrecommealimentspouranimauxlesgrainslesplushumidesd’abord.
• Serappelerquelesgrainsouoléagineuxfraisetsecssedétériorentrarement.
Acariens
Pour prévenir ou réprimer les infestations causées par les acariens, il est
recommandé d’appliquer les mesures suivantes :
• Veilleràcequelateneureneaudescéréalesdemeureinférieureà12%etcelle
du canola, inférieure à 8 %.
• Transborderlescéréalesoulesoléagineuxdansunecellulevideafind’éliminer
les poches de grains humides ou, en hiver, refroidir les céréales à l’aide d’un jet
d’air pulsé jusqu’à obtention d’une teneur en eau de 15 ou 16 %.
Champignons de conservation (moisissures)
Pour prévenir l’activité des moisissures de conservation, il faut accorder
une attention particulière à la teneur en eau et à la température de la masse au
moment de la mise en cellule, en particulier si la récolte est entreposée dans des
cellules non ventilées. La température de la masse doit être vérifiée toutes les
semaines ou toutes les deux semaines. Les grains ou oléagineux très humides
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ou trop chauds doivent être asséchés ou refroidis par ventilation (voir la section
Prévention des détériorations). On peut utiliser un épandeur pour disperser les
criblures (grains petits, abîmés et ratatinés, graines de mauvaises herbes, paillettes
et paille) dans la masse. Il convient de garder en tête que l’augmentation de la
masse volumique apparente dans la cellule réduit le débit d’air qui est poussé au
travers de la masse. La neige soufflée par le vent doit être enlevée avant qu’elle
ne fonde, car elle pourrait favoriser la croissance des moisissures. Pour stopper
l’échauffement ou la détérioration de la récolte, il faut retourner la masse pour la
refroidir et disperser les poches d’humidité, ou encore la ventiler ou l’assécher. Il
est important d’être accompagné d’une autre personne lorsqu’on monte sur les
cellules ou qu’on y pénètre. Il faut également porter un masque protecteur afin
d’éviter d’inhaler des spores de moisissures en brisant des croûtes de moisissures
dans la cellule ou en manipulant des grains ou des oléagineux gâtés.
Détection des problèmes
Il faut inspecter régulièrement les stocks de céréales et d’oléagineux afin d’être
en mesure de déceler les premiers signes éventuels d’infestation ou d’altération. Il
est recommandé de prélever des échantillons dans la masse toutes les 2 semaines
pour déceler la présence éventuelle d’insectes ou de signes d’échauffement. Pour
déterminer si la récolte est infestée par des insectes, il faut placer l’échantillon de
céréales ou d’oléagineux dans un entonnoir muni d’un treillis pendant plusieurs
heures (figure 4). En s’éloignant du grain qui s’assèche graduellement, les insectes
et les acariens finissent par tomber dans un flacon collecteur.
Pour vérifier si les céréales sont infestées par des insectes, on peut également
tamiser des échantillons prélevés en surface à l’aide d’un tamis no 10 (mailles de
2,0 mm). Pour les graines de canola, plus petites, il faut utiliser un tamis no 20
(mailles de 0,85 mm). Le prélèvement des échantillons dans la masse s’effectue
à l’aide d’une sonde. Avant d’entreprendre l’inspection des échantillons en vue
d’y détecter le mouvement d’insectes, il faut réchauffer les échantillons pendant
quelques minutes. Il faut vérifier si les céréales et les oléagineux sont échauffés en
évaluant la température de la surface de la masse ou celle d’une tige métallique
enfoncée dans la masse pendant une heure.
Pour déceler la présence éventuelle d’acariens, il faut utiliser un tamis no 20
ou 30 (mailles de 0,595 mm). Les échantillons de poussière et de criblures peu­
vent être examinés à la loupe dès qu’ils atteignent la température ambiante. Les
pullulations d’acariens dans les criblures ressemblent à des amas de poussière en
mouvement. Moins nombreux, les acariens ressemblent à de petits fragments de
poussière et sont plus difficiles à détecter.
Aux fins de la détection, la capture des insectes s’effectue à l’aide de sondes
tubulaires en plastique criblées de petits trous. Ces trous sont trop petits pour
laisser passer les grains, mais ils laissent passer les insectes qui, en y pénétrant,
15
Figure 4.
Dispositif utilisé
pour l’extraction
des insectes et des
acariens infestant
les céréales et
les oléagineux :
A. Ampoule;
B. Entonnoir en
métal; C. Treillis
métallique soudé
à l’entonnoir;
D. Bocal collecteur
en verre; E. 200 g
de grain; F. 50 mL
d’alcool à 70 %
ou d’eau.
tombent dans le piège sans pouvoir s’en échapper (figure 5). On n’utilise habi­
tuellement pas de pièges dans les cellules d’entreposage des oléagineux, car les
insectes n’y causent généralement pas de problèmes. Lors du nettoyage d’échan­
tillons dans un détecteur d’impuretés, on peut observer les insectes libres dans le
plateau de l’aspirateur.
Utilisés à des fins de surveillance, les pièges peuvent détecter les infestations
dès qu’elles se forment, et les producteurs ou les préposés de silos à grains peuvent
intervenir avant que les dommages ne soient trop importants. On peut installer
despiègesdanslesentrepôts,lesélévateurs,leswagonsetlesbateauxpourvérifier
les grains à toutes les étapes de l’entreposage et du transport. Les pièges doivent
être enfoncés dans le centre de la masse, car c’est dans cette zone que les insectes
se concentrent généralement, les températures et l’humidité y étant plus élevées.
On peut laisser les pièges dans la masse pendant environ une semaine (les insectes
adultes de certaines espèces résistantes au froid continuent d’être capturés jusqu’à
10 oC) avant de les récupérer en tirant sur une corde prévue à cette fin. Il est im­
portant d’identifier les insectes capturés, car les ravageurs granivores doivent faire
l’objet de traitements chimiques, tandis que les espèces mycophages indiquent
que le grain est en train de se dégrader et devrait être transbordé dans une autre
cellule ou asséché.
16
Tableau 1. Teneur en eau (%) des grains de céréales, d’oléagineux ou de légumineu­
ses à grain gourds ou humides.
Teneur en eau
(poids humide)
Produit
Gourd (%)
Humide (%)
Blé
Blé dur ambré
Sarrasin
Avoine
Orge
Graine de lin
Canola
Moutarde
Seigle
Pois
Maïs
Soja
Tournesol
14,6-17,0
14,6-17,0
16,1-18,0
13,6-17,0
14,9-17,0
10,1-13,5
10,1-12,5
9,6-12,5
14,1-17,0
16,1-18,0
15,6-17,5
14,1-16,0
9,6-13,5
>17,0
>17,0
>18,0
>17,0
>17,0
>13,5
>12,5
>12,5
>17,0
>18,0
17,6-21,0
16,1-18,0
13,6-17,0
Source: Commission canadienne des grains, 2001.
Figure 5. Piège en plastique utilisé pour la détection des insectes dans les denrées
entreposées.
17
Détérioration et infestations
L’humidité et les températures moyennes à élevées favorisent la prolifération
des moisissures de conservation et des insectes. Si leur croissance est ininterrom­
pue, ces organismes peuvent provoquer la détérioration et l’échauffement des
céréales et des oléagineux et des infestations.
Même lorsque les céréales et les oléagineux ont été entreposés à l’état sec, la
migration de l’humidité à l’intérieur de la masse ou la pluie ou la neige qui pénètre
dans la cellule par les orifices de ventilation du toit ou par d’autres ouvertures
peuvent provoquer la formation de zones humides.
Le grain situé à proximité des parois et sous le toit se refroidit à mesure que
la température de l’air extérieur s’abaisse en automne et durant l’hiver. Dans les
cellules non ventilées de fortes dimensions (diamètre d’au moins 6 m), le grain
situé au centre de la masse conserve sensiblement le même température que celle
qu’il avait au moment de sa récolte jusque vers le milieu à la fin de l’hiver. Cet
écart de température à l’intérieur de la masse détermine un mouvement ascendant
de l’air au travers du noyau chaud central. Pendant que l’air chaud et humide
monte, les grains froids se trouvant au sommet de la masse absorbent l’humidité
de l’air. L’humidité de la masse d’air ascendante peut aussi se condenser ou geler
sur la paroi interne du toit froid (figure 1).
Chaque type de récolte présente des caractéristiques d’entreposage parti­
culières. Le succès de l’entreposage dépend principalement de la teneur en eau
et de la température du grain, de la durée de l’entreposage et du moment où
l’entreposage débute. Si l’on connaît le taux d’humidité et la température d’une
récolte au moment de sa mise en cellule, on peut prévoir comment cette culture
va se comporter durant l’entreposage. La figure 6 montre l’effet combiné de la
teneur en eau et de la température du grain sur le succès de l’entreposage du
canola, qui peut ou non se gâter en l’espace de 5 mois. Pour passer de la partie
« détérioration » du graphique à la partie du bas, il suffit d’assécher le canola
ou de le ventiler pour le refroidir.
Dans le cas du blé, on peut également prédire si une récolte se conservera
sans détérioration pendant au moins six mois en se fondant sur l’effet combiné
de l’humidité et de la température du grain au moment de la mise en cellule
(figure 7).
Surveillance durant l’entreposage
Nécessité de la surveillance
Les grains entreposés sont des organismes vivants, et leur valeur marchande
peut chuter rapidement s’ils se détériorent. Pour que le séchage en cellule soit
efficace, il faut surveiller quotidiennement la masse entreposée et bien com­
prendre les processus de séchage et de détérioration. Ainsi, pour maintenir
la valeur des grains durant l’entreposage, il faut mesurer régulièrement leur
18
Figure 6. Diagramme de la durée d’entreposage du canola en fonction de la teneur
en eau et de la température des graines au moment de la mise en cellule. Lorsque la
teneur en eau dépasse 13 %, même les graines froides se détériorent rapidement.
Figure 7. Diagramme de la durée d’entreposage du blé montrant les zones où la
détérioration survient en moins de 10 jours ou en l’espace de 10 à 30 jours ou de 1
à 3 mois ou ne débute pas avant au moins six mois.
19
teneur en eau et leur température afin d’appliquer les mesures correctrices
qui s’imposent s’il y a lieu de craindre que les grains se détériorent avant le
séchage.
Pour effectuer cette surveillance, il est recommandé d’entrer dans les cellules,
d’observer l’état et l’odeur du grain se trouvant à la surface de la masse et, au moyen
d’une sonde, de prélever des échantillons dans les profondeurs de la masse. Parce
qu’elle est fastidieuse, difficile et dangereuse à réaliser, cette procédure est souvent
omise. La présence d’une détérioration en cours se détecte par un changement de
la température ou de la concentration de dioxyde de carbone, ou des deux. Une
odeur de moisi, des moisissures (vertes, bleues, jaunes, blanches) et des masses de
grains agglutinés peuvent être présentes.
Température de la masse
La méthode de surveillance la plus simple et la couramment utilisée consiste
à mesurer la température du grain dans la masse à l’aide de capteurs électriques
installés à demeure ou de façon temporaire (figure 8). Ce dispositif consiste en
un câble et en un appareil de mesure portatif à piles. Le câble est enfoncé dans le
centre de la masse et ressort de la cellule de manière que le connecteur se trouve
à hauteur d’oeil. Le câble fournit des lectures à tous les 1,2 m. Le premier point
de lecture devrait se trouver à 0,3 à 0,6 m sous la surface de la masse (une fois le
grain tassé). L’appareil de mesure est raccordé au connecteur, et les mesures de
température dans la masse sont enregistrées.
En mesurant régulièrement la température dans la masse pendant la ven­
tilation, il est possible de suivre la progression du front de refroidissement. La
ventilation est interrompue lorsque la température à l’intérieur de la masse atteint
celle de l’air extérieur, et elle est reprise lorsque la température de l’air extérieur
chute à environ 5 °C sous celle de l’intérieur de la masse.
La détérioration du grain due à la prolifération de moisissures ou d’insectes
s’accompagne d’une consommation d’oxygène et d’une libération de chaleur,
de dioxyde de carbone et d’eau. La chaleur peut faire grimper la température du
grain en train de se détériorer. En conséquence, dans une masse non ventilée, la
mesure de la température peut aider à déceler l’altération des grains. Toutefois,
l’utilisation et l’interprétation des données de température peuvent soulever des
difficultés.
• La température des masses importantes de céréales ou d’oléagineux change
lentement, à tel point qu’au centre d’une cellule de 6 m de diamètre, la tem­
pérature peut être maximale en hiver et minimale en été.
• Lorsqu’une petite poche de grains se détériore, la température au centre de
cette dernière peut atteindre 65 oC, tandis qu’à seulement 50 cm plus loin,
elle peut s’établir à seulement 10 oC. Pour déceler ces petites poches, il faut
mesurer la température en de nombreux points ou, à tout le moins, aux endroits
où le risque de détérioration est le plus élevé.
20
Figure 8. Dispositif de surveillance des températures à l’intérieur des cellules
constitué de quatre câbles capteurs (A à D) suspendus à partir du toit. Les câbles A,
B et D sont situés à mi‑chemin entre la paroi et le centre de la cellule, tandis que le
câble C est suspendu près du centre. Note : les câbles mesurant plus de 8 à 12 m de
longueur doivent être supportés pour empêcher que le toit ne s’affaisse sous l’effet
du poids des câbles (McKenzie et al., 1980). Il faut fixer les câbles au plancher afin
d’éviter que le grain ne les pousse latéralement et produise des erreurs de lecture.
• La présence de basses températures à l’intérieur de la masse ne signifie pas
nécessairement que la récolte est à l’abri de tout risque de détérioration. À -5
o
C,certainesmoisissurespeuventcommenceràcroîtrelentement;au-dessus
de 10 oC, les moisissures et les acariens peuvent se multiplier rapidement. Tou­
tefois, la plupart des insectes ne prolifèrent que si la température à l’intérieur
de la masse est supérieure à 20 oC.
• Inversement,laprésenceàl’intérieurdelamassedetempératuressupérieures
à la température de l’air ambiant n’est pas nécessairement un signe de dété­
rioration. Les récoltes sèches de qualité uniforme peuvent être entreposées en
excellent état par temps chaud. Toutefois, en pareil cas, les insectes qui arrivent
21
de l’extérieur et ceux qui se cachent dans les murs et les débris jonchant le sol
d’une cellule malpropre peuvent déclencher une infestation en se multipliant
rapidement. Pour empêcher les insectes de se reproduire, il faut refroidir la
récolte en la retournant ou en la ventilant. Si la récolte est entreposée dans de
grosses installations non ventilées, la température près du centre de la masse
peut demeurer relativement élevée durant tout l’hiver.
Concentration de dioxyde de carbone
Une deuxième façon de détecter une détérioration en progression causée par
des moisissures ou des insectes consiste à mesurer la concentration de dioxyde
de carbone (CO2) dans l’air intergranulaire. La dégradation biologique qui se
produit normalement parmi les céréales et oléagineux entreposés consomme de
l’oxygène et libère du dioxyde de carbone. La teneur en CO2 de l’air extérieur
oscille entre 0,03 et 0,04 % (300 à 400 ppm). La présence de concentrations
supérieures à ces valeurs dans une cellule indique qu’une activité biologique
(moisissures, insectes, acariens ou respiration du grain) est en train de causer la
détérioration de la récolte.
Comme le CO2 se disperse dans la masse de grain entreposée, il n’est pas né­
cessaire de prélever les échantillons directement dans les poches de détérioration,
même s’il est préférable de concentrer l’échantillonnage là où la détérioration se
produit habituellement, notamment dans le centre de la masse, à environ 1 ou
2 m sous la surface. Occasionnellement, la détérioration peut se produire autour
des portes si celles-ci sont mal étanchéifiées, ou encore directement au-dessus du
plancher, près de la paroi de la cellule, si l’eau qui suinte et se condense sur les parois
ou qui pénètre par les bouches de ventilation humidifie le plancher. Ces foyers de
détérioration peuvent libérer de fortes concentrations de CO2 qui peuvent être
détectées partout dans la cellule. Il est recommandé d’effectuer l’échantillonnage
en plusieurs points de la cellule afin de déterminer si ces concentrations élevées
sont localisées ou au contraire réparties à l’échelle de la cellule.
Dispositifs de dosage du dioxyde de carbone
Des échantillons d’air peuvent être prélevés dans des tubes en plastique de
faible calibre installés temporairement ou en permanence dans la masse de grains,
au moyen d’une pompe actionnée à la main, d’une seringue ou d’une pompe
électrique. La concentration de CO2 peut être mesurée à l’aide d’un détecteur
électronique.
Une option moins dispendieuse consiste à utiliser des tubes doseurs à usage
unique, peu coûteux (5,00 $ chacun en 2000), qui changent de couleur selon la
concentration de CO2 qui les traverse (figure 9). Ces tubes sont disponibles chez
la plupart des détaillants de matériel de sécurité.
22
Identification des organismes
Ravageurs communs dans les denrées entreposées
Plus d’une centaine d’espèces d’insectes et d’acariens se rencontrent au
Canada dans les denrées entreposées, mais seules quelques-unes d’entre elles
peuvent causer des dommages importants. Les autres espèces sont mycophages,
détritivores, prédateurs ou parasites.
Chez les coléoptères et les lépidoptères, les plus communs des insectes associés
aux denrées entreposées, le cycle vital comporte quatre stades : l’oeuf, la larve,
la nymphe et l’adulte (figure 10). Pour leur part, les psocoptères et les acariens
Figure 9. Dispositif de dosage du CO2 permettant de détecter la détérioration des
céréales et des oléagineux.
présentent seulement trois stades, soit l’oeuf, la nymphe et l’adulte.
Oeuf Les œufs sont déposés soit dans les crevasses du tégument des grains, soit
dans la poussière et les débris accumulés dans les cellules d’entreposage. Chez
certaines espèces, comme la calandre des grains, la femelle dépose ses œufs à
l’intérieur des grains.
Larve C’est le seul stade de croissance. La larve consomme plusieurs fois son
propre poids de nourriture et, comme son tégument est rigide, elle doit muer
périodiquement pour grossir. La découverte d’exuvies dans les céréales, les oléa­
gineux et leurs produits indique que des insectes sont ou étaient présents.
Nymphe Formée après la dernière mue larvaire, la nymphe ne se nourrit pas.
Chez certaines espèces, elle est enfermée dans un cocon tissé par la larve. Durant
sa vie nymphale, l’insecte subit une métamorphose interne et externe complète
23
Figure 10. Cycles vitaux d’insectes infestant les denrées entreposées : A. Coléoptère;
B. Lépidoptère.
qui mène au stade adulte.
Adulte Les adultes des espèces d’insectes qui infestent les denrées entreposées
mesurent entre 0,1 et 1,7 cm de longueur. Le corps est pourvu de trois paires
de pattes et se divise en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen. Les pièces
buccales et les organes sensoriels sont situés sur la tête. Le thorax porte les pattes
et les ailes. L’abdomen renferme les organes reproducteurs. Les adultes se dépla­
cent dans les interstices entre les grains et, à l’exception des lépidoptères et des
ptinidés, peuvent pénétrer profondément dans la masse. Certains de ces insectes
peuvent voler et ont une vaste aire de répartition. Les coléoptères possèdent des
ailes peu développées, et certaines espèces sont même incapables de voler, quoique
le cucujide roux et le tribolium rouge de la farine volent très bien.
Coléoptères
Les coléoptères qui infestent les produits entreposés se ressemblent sou­
vent, mais ils diffèrent par leur comportement et le type de dommages qu’ils
occasionnent. Il importe d’identifier les espèces présentes avant d’intervenir. Le
guide détaillé rédigé par Bousquet (1990) peut se révéler fort utile à cette fin.
Une description des principaux coléoptères infestant les céréales et les oléagineux
entreposés au Canada est présentée dans les paragraphes suivant.
Cucujide roux Dans la plupart des régions du Canada, ce coléoptère (planche Ia
et b) est le principal ravageur des grains entreposés. Il se nourrit habituellement du
germe (embryon) du grain. Les infestations graves provoquent l’échauffement et
la détérioration du grain. L’adulte, de forme aplatie, rectangulaire, luisant, brun
24
roux, mesure 0,2 cm de longueur et possède de longues antennes en chapelet
projetées vers l’avant en forme de « V ». Le cucujide roux se déplace rapidement
parmi le grain chaud et peut voler lorsque la température de l’air dépasse 23 oC.
La femelle dépose ses œufs dans les crevasses des grains et dans la poussière de
grains. Les larves, minuscules, pénètrent dans le germe des grains endommagés
et s’en nourrissent. Dans le blé présentant une teneur en eau de 14,5 % et une
température de 31 oC, le développement de l’oeuf à l’adulte s’effectue en l’espace
d’environ 21 jours.
Cucujide plat Par l’aspect et les habitudes alimentaires, il ressemble au cucujide
roux, mais les mâles possèdent des antennes plus longues. Le cucujide plat est
un ravageur important du grain entreposé dans le nord des États-Unis, et il se
rencontre aujourd’hui dans les cellules d’entreposage dans le sud des Prairies
canadiennes.
Tribolium rouge de la farine Ce ravageur (planche IIc et d) se développe dans les
céréales et les oléagineux entreposés à la ferme et dans les silos primaires dans les
provinces des Prairies et la majeure partie du Canada. L’adulte est brun rougeâtre
et mesure 0,4 cm de longueur. Les larves et les adultes se nourrissent de grains
brisés. Le développement de l’oeuf à l’adulte est bouclé en 28 jours lorsque les
conditions de température et d’humidité sont optimales (31 °C et 15 %). Le
développement est plus lent en présence de faibles conditions d’humidité (8 %).
Par temps chaud, les adultes volent et peuvent être transportés par le vent dans
les maisons ou d’autres bâtiments.
Tribolium brun de la farine L’adulte (planche IIe) ressemble à celui du tribolium
rouge de la farine et il est difficile de l’en distinguer sans l’aide d’un microscope
ou d’une loupe. Les larves et les adultes se nourrissent de farine, d’aliments pour
animaux et d’autres matières moulues. Contrairement au tribolium rouge, le
tribolium brun est plus commun dans les meuneries que dans les autres types
d’installations d’entreposage, et les adultes ne volent pas.
Tribolium noir d’Amérique Le tribolium noir d’Amérique est semblable au
tribolium rouge de la farine, mais il est plus gros et noir. Il est commun dans
les entrepôts vides, mais il pullule rarement dans les céréales et les oléagineux
entreposés à la ferme.
Coléoptères mycophages Ces ravageurs infestent généralement les céréales et les
oléagineux humides ou gourds et se nourrissent de la poussière et des moisissures
qui leur sont associées. Les lots de semences sèches entreposés en vrac à proximité
de lots de grains gourds ou humides peuvent aussi être infestés. Le cucujide des
grains, le Lathridius minutus et le Cryptophagus varus sont les coléoptères myco­
25
phages les plus couramment rencontrés dans les céréales et oléagineux entreposés.
Comme certaines espèces de coléoptères mycophages ressemblent au cucujide
roux et sont approximativement de la même taille, il importe d’entreprendre la
lutte chimique seulement après avoir confirmé l’identification des insectes dé­
tectés. Le cucujide des grains est semblable au cucujide roux, mais il est capable
d’escalader une paroi de verre, alors que le cucujide en est incapable.
La découverte de coléoptères mycophages dans les céréales et les oléagineux
entreposés est aussi préoccupante que celle du cucujide roux, car elle témoigne de
la présence d’une forte humidité et de moisissures, deux facteurs qui accélèrent
la dégradation de la récolte. Il importe alors d’assécher la récolte afin de briser
les poches de grains gourds ou humides. Comme la fumigation ne freine pas la
détérioration causée par les moisissures ou l’échauffement, il faut déplacer la
récolte sans tarder afin d’éviter sa dégradation et des pertes considérables.
Cucujide dentelé des grains Ces coléoptères (planche Ic) sont plus communs dans
l’avoine que dans le blé, l’orge ou le canola, en particulier dans le sud de l’Ontario
et du Québec. L’adulte est brun et mesure environ 0,3 cm de longueur. Son thorax
est armé latéralement de six projections dentelées. Dans le grain chaud, lorsque
les conditions sont optimales (31 à 34 oC et 14 à 15 % d’humidité), le cycle vital
de l’oeuf à l’adulte est bouclé en l’espace d’environ 22 jours.
Calandre des grains La calandre des grains (planche Ie) est l’un des pires rava­
geurs des grains entreposés au monde. Ce charançon est rare dans les Prairies,
mais il est présent en Ontario et dans les silos portuaires à Vancouver. Les adultes
possèdent un rostre distinctif qu’ils utilisent pour creuser les grains de céréales.
Après avoir foré un trou dans un grain, la femelle y dépose un seul oeuf, puis en
obture l’ouverture au moyen d’un bouchon de consistance gélatineuse. Les larves
se nourrissent de l’endosperme et achèvent leur croissance à l’intérieur du grain.
Les adultes forent des trous d’émergence sur le côté des grains. En présence de
conditions optimales (26 à 30 oC et 14 % d’humidité), le développement de l’oeuf
à l’adulte s’effectue en l’espace de 25 à 35 jours. L’adulte mesure 0,3 à 0,4 cm de
longueur et est incapable de voler. Surpris, il replie ses pattes sous son corps et
feint d’être mort.
Charançon du riz Depuis quelques années, le charançon du riz (planche If) se
rencontredanslesentrepôtsdusud-ouestdel’Ontarioetdanscertainssilosdes
Prairies. Il mesure 0,2 à 0,4 cm de longueur et porte quatre taches orange rougeâ­
tre bien visibles sur les élytres (première paires d’ailes cornées repliées au-dessus
de l’abdomen). Le développement de l’oeuf à l’adulte s’effectue en 28 jours à
30 oC et à 14 % d’humidité. L’adulte peut voler et s’attaque à de nombreuses
autres céréales que le riz. Le développement larvaire et la nymphose ont lieu à
l’intérieur des grains.
26
a
b
c
d
e
f
Planche Ia Grains de blé infestés par des cucujides roux.
b Cycle vital du cucujide roux (de gauche à droite) :
œufs, larve, nymphe, adulte.
c Cycle vital du cucujide dentelé des grains (de gauche à droite) :
œuf, larve, nymphe, adulte.
d Cycle vital de la pyrale indienne de la farine (de gauche à droite) :
œuf, larve, chrysalide, adulte.
e Cycle vital de la calandre des grains (de gauche à droite) :
œuf, larve, nymphe, adulte.
f Cycle vital du charançon du riz (de gauche à droite) :
œuf, larve, nymphe, adulte.
(Source : Sinha et Watters, 1985).
27
a
b
c
d
e
f
Planche IIa Cycle vital du ténébrion meunier (de gauche à droite) :
œufs, larve, nymphe, adulte.
b Larve de cadelle sur des grains de blé.
c Grains de blé infestés par des triboliums rouges de la farine adultes.
d Cycle vital du tribolium rouge de la farine (de gauche à droite) :
œufs, larve, nymphe, adulte.
e Cycle vital du tribolium brun de la farine (de gauche à droite) :
œufs, larve, nymphe, adulte.
f Cycle vital du tribolium noir d’Europe (de gauche à droite) :
œufs, larve, nymphe, adulte
(Source : Sinha et Watters, 1985).
28
a
d
b
e
c
f
Planche III Quelques insectes ravageurs (a à c) et non ravageurs (d à f) associés
aux céréales et aux oléagineux :
a Pyrale méditerranéenne de la farine.
b Pyrale de la farine (adulte).
c Pyrale de la farine (larve).
d Anthicidé.
e Charançon de la racine du fraisier.
f Dermeste du lard.
(Gracieuseté de Lloyd Harris, Agriculture Saskatchewan,
Regina, Sask.).
29
Petit perceur des céréales Cet insecte est un ravageur important du blé dans les
plaines des États-Unis. L’adulte a le corps brun foncé et cylindrique et mesure 0,2
à 0,3 cm de longueur. La tête est invisible lorsque l’insecte est vu du dessus. Les
adultes volent bien. Les larves forent des galeries dans les grains. Dans les grains
chauds, le développement s’effectue en l’espace de 25 à 30 jours. Le petit perceur
des céréales se rencontre occasionnellement dans le grain et a été capturé dans
des pièges à phéromone en divers endroits des Prairies canadiennes et dans des
silos portuaires à Vancouver et Thunder Bay. Toutefois, cet insecte est rarement
observé dans le grain entreposé au Canada, et il est peu probable qu’il parvienne
à survivre tout l’hiver dans les cellules agricoles dans l’ouest du Canada.
Ptine velu Le ptine velu est essentiellement un ravageur de la farine de blé et
des aliments pour animaux, mais il peut aussi infester le grain entreposé près de
la surface. Les larves et les adultes sont armés de mandibules puissantes qui leur
permettent de percer de gros trous irréguliers dans l’endosperme des grains.
L’adulte mesure 0,35 cm de longueur et possède de longues pattes arachnéennes
et de longues antennes filiformes. Cet insecte est univoltin (une seule génération
par année). Souvent, trois ou quatre larves peuvent agglutiner cinq à huit grains
pour former un amas à l’intérieur duquel elles se nourrissent et croissent pendant
jusqu’à 5 mois. Par la suite, chacune se tisse une loge nymphale d’où émergera
d’adulte.
Le ténébrion meunier Le ténébrion meunier (planche IIa) est le plus grand colé­
optère vivant dans le grain entreposé, mais il n’est pas commun en milieu agricole.
D’abord attiré par les aliments pour animaux, il peut ensuite infester les grains
entreposés en train de se détériorer. L’adulte est noir et mesure environ 1,5 cm de
longueur, tandis que la larve est jaune et mesure de 0,2 à 2,8 cm de longueur. Le
ténébrionmeunierpréfèrelesendroitsobscursethumidesdanslesentrepôtsou
les cellules d’entreposage d’aliments pour animaux. L’adulte vit plusieurs mois,
tandis que la larve peut prendre un ou deux ans avant de se nymphoser lorsque
les conditions sont défavorables. En raison de sa grosseur, il est facile à détecter
et semble souvent plus abondant qu’il ne l’est en réalité. Sa présence est un signe
de mauvaises conditions d’entreposage ou de déficience sannitaire.
Psocoptères
Les psocoptères sont légèrement plus gros qu’un ciron de la farine. Les adultes
ont le corps mou et mesurent environ 1,0 mm de longueur. La tête est robuste et
porte de longues antennes. Certaines espèces sont ailées et peuvent être confon­
dues avec de petites mouches (figure 11c). La femelle pond une centaine d’œufs
en trois semaines. Les individus issus de cette ponte atteignent l’âge adulte au
cours de l’été. Le développement de l’oeuf à l’adulte s’effectue en environ 21 jours
à 27 oC et à 13 % d’humidité. Certains adultes peuvent survivre 51 jours sans
30
nourriture. La plupart des années, les psocoptères ne causent aucun problème
grave, même s’ils peuvent se nourrir de grains endommagés et vivent dans le grain
gourd ou humide. Parfois, sans raison apparente, ils forment des pullulations sur
de vastes territoires, sans cependant causer de dommages importants aux récoltes
entreposées. Ils cohabitent habituellement avec d’autres insectes ou des acariens
plus destructeurs des céréales et oléagineux entreposés, se nourrissant souvent de
leurs œufs.
Lépidoptères
Ces insectes nuisibles sont répandus dans le centre du Canada ainsi que sur
les côtes est et ouest. Les lépidoptères ne se nourrissent pas à l’âge adulte, mais
leurs larves (ou chenilles) sont pourvues de pièces buccales puissantes et causent
des dommages superficiels importants au grain entreposé. Les basses températures
hivernales neutralisent habituellement les infestations de lépidoptères, qui se
trouvent principalement confinés aux couches superficielles des grains humides
ou gourds plus susceptibles de s’échauffer.
Pyrale indienne de la farine Ce papillon (planche 1d) est commun dans le cen­
tre du Canada où il infeste principalement le maïs et les aliments transformés
destinés à la consommation humaine ou animale, ainsi que partout au pays dans
Ô
Ô
A
Ô
B
Ô
C
Figure 11. Images prises
au microscope électronique
à balayage : A. Cheyletus
eruditus, acarien pourvu
de fortes pièces buccales
préhensiles (flèches); B. Ciron
de la farine; C. Psocoptère ailé
à longues antennes (flèches).
31
lesentrepôtsetlesmagasins.
Pyrale de la farine Modérément résistant au froid, cet insecte (planche IIIb et c)
peut hiberner dans les greniers de ferme non chauffés des Prairies et y prospérer
au cours de la saison chaude. La pyrale de la farine se rencontre habituellement
dans les poches de grain humide et moisi. Les larves ont la tête noire et le reste
du corps crème et mesurent environ 2 cm de longueur à la fin du dernier stade. À
l’aide d’une substance soyeuse, elles agglutinent les grains en amas. L’adulte a une
envergure de 2,5 cm. Les ailes antérieures sont brun pâle avec des taches basales et
apicales brun foncé. Chaque aile est traversée de deux bandes blanches sinueuses.
En été, le cycle vital est bouclé en approximativement deux mois.
Teigne des semences, Endrosis sarcitrella et pyrale méditerranéenne de la farine Ces
lépidoptères (planche IIIa) se rencontrent fréquemment dans les silos portuaires
surlescôtesestetouest.
Acariens
Les acariens sont les plus petits des ravageurs des denrées entreposées. Bien
qu’ils soient communs dans les grains présentant une teneur en eau de 14 à 17
%, ils passent inaperçus en raison de leur taille microscopique. Appartenant à la
même classe que les araignées et les chilopodes, les acariens sont des créatures
fragiles et difficiles à voir à l’oeil nu (figures 11 et 12). Contrairement à l’insecte
adulte, qui possède une tête, un thorax et un abdomen bien démarqués et six pat­
tes, l’acarien possède un corps en forme de sac portant huit pattes chez l’adulte,
six chez la larve. Les acariens sont résistants au froid, et la plupart des espèces
associées aux denrées entreposés se nourrissent de grains brisés, de semences de
mauvaises herbes, d’impuretés et de moisissures et peuvent causer des infestations.
Certains acariens, comme le Cheyletus eruditus, se nourrit d’individus de sa pro­
pre espèce, d’autres acariens ou d’œufs d’insectes et se reproduit dans les poches
de grains gourds et humides de céréales et de canola. Environ huit espèces sont
communes dans les entrepôts de ferme et les silos. Certaines espèces confèrent
aux céréales et aux oléagineux une forte odeur de menthe. Le cycle évolutif des
acariens comporte les étapes suivantes : oeuf, larve pourvue de six pattes, deux
ou trois stades nymphaux pourvus de huit pattes et adulte pourvu de huit pattes.
Certains acariens passent par un stade de développement mobile ou inactif au
cours duquel ils ne s’alimentent pas (deutonymphes hypopes). Ils deviennent
alors résistants aux basses températures hivernales, à la dessiccation, à la famine
et à la plupart des fumigants. Ce stade peut se prolonger sur de longues périodes
jusqu’à ce que les conditions redeviennent favorables.
Ciron de la farine Cet acarien (figures 11B et 12A) s’attaque au germe (em­
bryon) des graines, réduisant de ce fait leur faculté germinative, et propage divers
32
33
Brun foncé, noir
Brun foncé, noir
Brun rougeâtre
Brun foncé, noir
Brun rougeâtre
Brun Brun foncé, noir
Brun foncé
Brun pâle
Brun rougeâtre
Tribolium audax
Tenebroides mauritanicus
Tribolium confusum
Tribolium madens
Cryptolestes pusillus
Ahasverus advena
Sitophilus granarius
Ptinus villiger
Rhyzoperthe dominica
Lepinotus reticulatus
Liposcelis bostrychophilus
Tribolium castaneum
Tribolium noir d’Amérique
Cadelle
Tribolium brun de la farine
Tribolium noir d’Europe
Cucujide plat
Cucujide des grains
Calandre des grains
Ptine velu
Petit perceur des céréales
Psocidés
Tribolium rouge de la farine
Brun rougeâtre
Oryzaephilus surinamensis
Tenebrio molitor
Cucujide dentelé des grains
Ténébrion meunier
Dispersée = Présence régulière mais infestations localisées
Rare = Rencontrée occasionnellement seulement
Brun, noir
Brun
Brun foncé, noir
Sitophilus oryzae
Cryptolestes ferrugineus
Charançon du riz
Cucucjide roux
Brun
Coloration de
l’adulte
Nom scientifique
Nom vernaculaire
12-17
3
2
3-4
2-4
1
2-3
2-4
3-4
2
2
4-5
2-4
6-10
3-4
Longueur
de l’adulte
(mm)
Filiforme
Massue
Filiforme
Massue
Massue
Filiforme
Massue
Filiforme
Massue
Massue
Filiforme
Massue
Massue
Massue
Massue
Antennes
Tableau 2. Coléoptères infestant les denrées entreposées au Canada
Non
Oui
Non
Oui
Non
Oui
Non
Non
Oui
Oui
Oui
Non
Non
Non
Non
Non
Capable
de grimper
sur une paroi
en verre
Rarement
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Non
Non
Oui
Oui
Oui
Non
Oui
Non
Capable
de
voler
120
20
21
24
20
21
25
58
28
21
22
25
20
70
25
Développement
œuf‑adulte
le plus
rapide
Grains moisis
Céréales brisées
Céréales brisées
Grains de céréales
Céréales brisées,
Farine
Moisissures
Grains de céréales
Farine, aliments
pour animaux
Grains de céréales
Moisissures
Céréales brisées
Farine
Farine
Grains de
céréales brisés, grains humides Farine
Nourriture
Commun
Dispersée
Commun
Dispersée
Commun
Commun
Rare
Dispersée
Dispersée
Commun
Dispersée
Dispersée
Commun
Dispersée
Dispersée
Présence
dans l’est
du Canada
Commun
Dispersée
Commun
Dispersée
Commun
Commun
Rare
Dispersée
Rare
Commun
Dispersée
Rare
Commun
Dispersée
Rare
Présence
dans l’ouest
du Canada
34
Crème et brun
Brun et havane
Gris et noir
Blanc
Plodia interpunctella
Pyralis farinalis
Ephestia kuehniella
Endrosis sarcitrella
Pyrale indienne de la farine
Pyrale de la farine
Pyrale méditerranéenne
de la farine
8-11
10-15
15-20
8-10
8-11
Longueur
de l’adulte
(mm)
Filiforme
Filiforme
Filiforme
Filiforme
Filiforme
Antennes
Blanc
Blanc
Lepidoglyphus destructor
Typophagus putrescentiae
Blanc, havane
Acarus siro
Ciron des champignons
Orange, jaune
Tarsonemus granarius
Blanc
Coloration de
l’adulte
Ciron de la farine
Cheyletus eruditus
Nom scientifique
Tarsonème des grains
Nom vernaculaire
0,3-0,5
0,3-0,5
0,3-0,6
0,1-0,2
0,4-0,6
Longueur
de l’adulte
(mm)
­
­
-
­
-
Antennes
Tableau 4. Acariens infestant les denrées entreposées au Canada
Brun
Hofmannophila
pseudospretella
seulement
Teigne des semences
Coloration de
l’adulte
Nom scientifique
Nom vernaculaire
Tableau 3. Lépidoptères infestant les denrées entreposées au Canada
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Capable
de grimper
sur une paroi
en verre
OuiLarve
OuiLarve
OuiLarve
OuiLarve
OuiLarve
Capable
de grimper
sur une paroi
en verre
Non
Non
Non
Non
Non
Capable
de
voler
Oui
Oui
Oui
Oui
Oui
Capable
de
voler
9
19
14
5
19
Développement
œuf‑adulte
le plus
rapide
24
30
42
25
365
Développement
œuf‑adulte
le plus
rapide
Moisissures
Céréales, moisissures
Germe de grains
de céréales
Moisissures
Acariens, œufs
d’insectes
Nourriture
Produits céréaliers,
marchandises sèches
Farine
Grains moisis,
marchandises sèches
Produits céréaliers,
fruits secs,
marchandises sèches
Produits céréaliers,
marchandises sèches
Nourriture
Commun
Commun
Commun
Commun
Commun
Présence
dans l’est
du Canada
Ports
Rare
Ports
Commun
Oui
Présence
dans l’est
du Canada
Commun
Commun
Commun
Commun
Commun
Présence
dans l’ouest
du Canada
Ports
Rare
Ports
Commun
Ports de la
C.-B.
Présence
dans l’ouest
du Canada
champignons microscopiques (moisissures) dont il se nourrit également. Le
grain gravement infesté est altéré et devient impropre à l’alimentation animale.
Les bovins laitiers et d’autres animaux de la ferme peuvent souffrir de troubles
gastriquesetd’autressymptômesaprèsavoiringérédesalimentsinfestés.L’adulte
mesure 0,3 à 0,6 mm de longueur, la femelle étant plus grosse que le mâle. Le
corps est blanc perle à brun jaune, lisse et luisant, et son extrémité postérieure
porte quatre longs poils. Les populations peuvent augmenter de 700 % en l’es­
pace d’une semaine dans les céréales et oléagineux entreposés, particulièrement
en automne. Les femelles peuvent pondre environ 500 œufs au cours de leur vie
de 42 jours. À 20 oC et à 14 % d’humidité, le cycle vital de l’œuf à l’adulte est
bouclé en 14 jours. Les adultes et tous les stades immatures, à l’exception de la
deutonymphe hypope, périssent en l’espace d’environ une semaine lorsqu’ils sont
exposés à la température de -18 oC. Les œufs peuvent survivre environ 12 jours
à - 10 oC ou 2 à 3 mois à 0 oC.
Lepidoglyphus destructor Cet acarien (figure 12D) est l’espèce la plus commune
dans les denrées entreposées. Il est résistant au froid et peut vivre dans les céréales
et oléagineux tant secs que gourds. Il se déplace rapidement par mouvements
saccadés et se nourrit de grains brisés, de poussières de grains et de champignons
microscopiques. L’adulte est blanc et mesure 0,3 à 0,5 mm de longueur. Il porte
de nombreux poils raides plus longs que le corps. Dans les greniers de ferme, les
infestations chroniques surviennent généralement entre juin et novembre. Cet
acarien peut survivre plus de 7 jours à -18 oC.
Cheyletus eruditus Cet acarien (figure 11A) se nourrit d’individus de sa pro­
pre espèce, de cirons de la farine, de Lepidoglyphus destructor et d’œufs et de
larves d’insectes. Comme il n’est pas assez abondant pour éliminer les acariens
ravageurs des céréales ou des oléagineux, il n’est pas très utile comme agent de
lutte biologique contre les acariens granivores. Il a le corps en forme de losange,
blanc avec une ligne longitudinale blanc crayeux s’étendant sur tout le corps, et
il mesure 0,4 à 0,6 mm de longueur. La bouche est entourée d’appendices pré­
hensiles en forme de pinces. Les pattes sont longues. Cet acarien est actif durant
toute l’année dans les céréales entreposées, mais ses effectifs sont généralement
modestes. Dans la plupart des céréales et oléagineux gourds, il peut se reproduire
entre 12 et 27 oC.
Tarsonème des grains Cet acarien mycophage (figure 12E,F) est fréquemment
observé dans les vieux stocks de céréales et d’oléagineux entreposés à la ferme. En
présence de conditions optimales (30 oC et humidité de 17 %), le développement
de l’oeuf à l’adulte est bouclé en 7 jours. Comme il se nourrit de certaines moisis­
sures, sa présence est le signe d’une dégradation du grain. L’adulte est blanc clair et
35
A
B
C
D
E
F
Figure 12. Images prises au microscope électronique à balayage de certains
acariens causant des dommages importants aux denrées entreposées : A. Ciron de
la farine; B. Aeroglyphus robustus; C. Ciron des champignons; D. Lepidoglyphus
destructor; E. Tarsonème des grains femelle, vu d’en haut; F. Même spécimen, vu de
côté (la barre sur chaque photographie représente 0,1 mm).
36
mesure moins de 0,2 mm de longueur. Il peut survivre environ 17 jours lorsqu’il
est exposé à une température de 30 oC et à une humidité relative de 90 %.
Moisissures de conservation
Ces organismes se présentent surtout sous la forme de spores dans le sol et
dans la matière végétale en décomposition. Ces spores contaminent les céréales
et les oléagineux en faibles nombres au moment de la récolte.
Quand le grain est peu humide, les moisissures de conservation sont habi­
tuellement inactives. Toutefois, lorsque l’humidité s’élève, comme dans le grain
gourd, humide ou accidentellement mouillé, la germination des spores s’enclen­
che. Plusieurs espèces des genres Aspergillus et Penicillium se rencontrent sur les
grains. Chaque espèce de moisissure exige des conditions d’humidité et de tem­
pérature particulières pour germer et croître et se développe selon une séquence
définie. La première espèce décompose les substances nutritives du grain grâce à
son activité enzymatique et produit ainsi l’humidité nécessaire à la germination
des autres moisissures.
Les moisissures de conservation peuvent diminuer la qualité des céréa­
les et des oléagineux en provoquant l’échauffement et la dégradation ou le
tassement ou l’agglomération des grains, en réduisant leur faculté germi­
native et en produisant des mauvaises odeurs et des mycotoxines. Pour de
plus amples renseignements sur les moisissures et leurs effets sur les denrées entre­
posées, consulter Storage of cereal grains and their products, 4e édition, chapitre 9
(Sauer, 1992). Les spores microscopiques des moisissures provoquent diverses
affections humaines et animales, telle la maladie du poumon de fermier et des
allergies.
Mycotoxines
Les mycotoxines sont des substances naturelles produites par les champignons
qui sont toxiques pour les humains et la plupart des animaux de la ferme. Ces
toxines sont présentes dans les aliments à base de grain pour animaux, les denrées
alimentaires et les poussières. Les Aspergillus et Penicillium qui se développent
dans les céréales entreposées commencent à en produire après huit semaines si
les conditions de température et d’humidité sont favorables. Les mycotoxines
sont présentes dans toutes les régions du Canada où l’on entrepose du grain.
Bien qu’elles soient extrêmement toxiques à l’état pur, les mycotoxines ne
sont habituellement pas présentes dans le grain sec, à moins que ce dernier ait
été mouillé accidentellement. Les trousses modernes de détection utilisant le
principe du dosage immunoenzymatique permettent de détecter facilement la
présence des mycotoxines, même lorsque celles-ci sont présentes en faibles concen­
trations (habituellement de l’ordre de quelques parties par million). Même à de
telles concentrations, les mycotoxines présentes dans les aliments pour animaux
37
peuvent présenter une menace pour la santé des animaux de ferme, réduire le
rendement des élevages et provoquer une mortalité accrue. Les producteurs qui
soupçonnent une intoxication par les mycotoxines devraient faire analyser des
échantillons d’aliments pour animaux et consulter leur vétérinaire.
Les mycotoxines sont habituellement produites lorsque des grains de cé­
réales entreposés sont contaminés par des moisissures des genres Penicillium
et Aspergillus. Cette contamination peut résulter d’un entreposage incorrect ou
d’une humidification accidentelle causée par un suintement ou la condensation.
Des mycotoxines bien précises ont été identifiées lors d’essais d’entreposage sur
du grain humide. La présence d’ochratoxine et de citrinine est habituellement
décelée dans des lots de céréales contaminés par Penicillium, tandis que celle de
la stérigmatocystine s’observe dans les lots gravement infestés par l’Aspergillus
versicolor. Le risque que ces toxines soient produites à des concentrations poten­
tiellement nocives pour le bétail dépend du type de culture :
• risquefaible :avoine,blérouxvitreuxdeprintemps,bléàteneurmoyenneen
protéines,orgeàdeuxrangs;
• risquemodéré : maïs,orgeàsixrangs,orgeàgrainnu;
• risqueélevé : bléambrédur.
Bien que les aflatoxines soient des contaminants bien connus des céréales
et des oléagineux en provenance des pays tropicaux et des États-Unis, des en­
quêtes menées au Canada ont révélé que ces toxines ne sont pas présentes au
pays.
Durant les étés pluvieux, d’autres moisissures peuvent causer des problèmes
avant la récolte et l’entreposage. Des champignons du type Fusarium peuvent
infecter le blé et l’orge sur pied et provoquer une maladie appelée fusariose
de l’épi. Les plants atteints produisent des grains ratatinés blancs ou roses. La
mycotoxine la plus fréquemment observée est le désoxynivalénol, mais d’autres
mycotoxines plus puissantes produites par des Fusarium peuvent également être
présentes. La détection du désoxynivalénol est facile avec les trousses modernes
utilisant le principe du dosage immunoenzymatique. Le porc est affecté par la
présence de seulement quelques parties par million de désoxynivalénol dans
ses aliments, mais les autres animaux résistent remarquablement bien à cette
mycotoxine. Les Fusarium réduisent également le rendement et la qualité des
céréales et compromettent la valeur boulangère du blé et la qualité brassicole de
l’orge, mais elles ont besoin d’une humidité très élevée pour croître et elles ne
se développement généralement pas dans les récoltes entreposées. Pour de plus
amples renseignements sur les mycotoxines, consulter Mycotoxins in agriculture
and food safety (Sinha et Bhatnagar,1998).
38
Lutte contre les infestations
Pourempêcherlesravageursdesepropageràd’autresentrepôtsdegrains,il
faut réprimer les infestations dès qu’elles sont détectées. Le choix de la méthode
de lutte dépend de l’état du grain, de la température au centre de la masse, des
espèces d’insectes ou d’acariens en cause et de la période de l’année.
Refroidissement et purification du grain
Une méthode de lutte efficace contre les insectes en hiver consiste à abaisser la
température du grain. À cette fin, on peut soit mélanger et transférer le grain infesté
dansunautreentrepôtpourabaissersatempératureàenviron10 °C,soittransborder
une partie de la récolte dans un camion ou la répartir en petits tas à l’extérieur afin
de l’exposer aux basses températures hivernales pendant une ou plusieurs journées
avant de la retourner à l’intérieur. Toutefois, la ventilation donne habituellement de
bien meilleurs résultats. Les insectes ne se développent pas et ne se nourrissent pas à
des températures inférieures à 10 oC. En bas de 0 oC, ils finissent par mourir. Pour
sa part, le cucujide roux meurt :
•
•
•
•
après1 semainelorsquelatempératuredugrainestabaisséeà-20 °C;
après4semaineslorsquelatempératuredugrainestabaisséeà-15oC;
après8semaineslorsquelatempératuredugrainestabaisséeà-10oC;
après12semaineslorsquelatempératuredugrainestabaisséeà-5oC.
Comme le cucujide roux est l’espèce la plus résistante au froid, les combinaisons de
température et de durée d’exposition présentées ci-haut permettront d’éliminer la
plupart des autres insectes associés aux céréales et oléagineux entreposés. Il convient
toutefois de noter que les basses températures indiquées ci-haut ne tuent ni les cham­
pignons, ni les acariens.
La purification du grain permet également de réprimer les infestations. Pour
combattre les infestations en surface causées par les lépidoptères, les acariens et les
ptines, il faut éliminer et détruire les portions infestées et agglutinées par des toiles,
passer un râteau à la surface de la masse afin de briser les croûtes qui pourraient s’y
être formées et assécher la masse de grain.
Équipement pneumatique pour la manutention du grain La plupart des insectes
menant une existence libre aux stades adulte et larvaire peuvent être éliminés durant
le déchargement des cellules à l’aide d’un « grain-vac ». Les insectes sont tués par le
contact abrasif et l’impact occasionné par le passage du grain à travers le tube de dé­
chargement.Ce traitement estencore plus efficace si le tubede déchargementest coudé
à 90 degrés, car les insectes percutent alors les parois du tube plus violemment.
Terre de diatomées L’utilisation d’une poudre non toxique composée de restes
de diatomées préhistoriques donne de bons résultats contre le cucujide roux.
39
Au contact de cette poudre, la couche cireuse qui recouvre les téguments de
l’insecte est absorbée, condamnant le cucujide à une mort par déshydratation.
L’application de la terre de diatomées sur le grain peut être effectuée au moment
du chargement de la cellule, mais elle est plus efficace si elle est réalisée sur le grain
sec au moment de la récolte. Il peut s’écouler jusqu’à cinq ou six semaines avant
que le traitement donne des résultats.
Pouréliminerlesinsectesquiviventdanslesrésidusdanslesentrepôtsvides,
il faut utiliser uniquement un insecticide approuvé à cette fin et prendre les pré­
cautions qui s’imposent durant la manutention et l’application du produit. Les
insecticides homologués sont choisis en grande partie en fonction des critères
suivants :
•
•
•
•
•
leurtoxicitéestfaiblepourlesmammifères,maisélevéepourlesinsectes;
ilsneprovoquentniladétériorationdesaliments,nil’apparitiond’odeur;
leurseffetssurl’environnementnepersistentpas;
leurapplicationestsûre,économiqueetfacile;
ilslaissentpeuderésidusoudesubstancestoxiquesdanslesaliments.
Certains insecticides sont plus efficaces que d’autres et agissent sur une
période plus longue. Le malathion de qualité supérieure, la cyfluthrine, le py­
rèthre avec du pipéronyl butoxyde et la terre de diatomées sont actuellement les
insecticides homologués pour le traitement des cellules vides. Pour la protection
prolongée des céréales entreposées, l’ajout de malathion de qualité supérieure ou
de terre de diatomées se révèle efficace.
Comme les formulations liquides ou en poudre d’insecticides n’agissent que
par contact et ne pénètrent pas dans les tas de grains ou de poussière laissés sur le
sol,ilfautéliminertouslesrésidusprésentsdanslesentrepôtsavant d’appliquer
l’insecticide choisi.
Après avoir dissous le concentré émulsifiable de malathion dans de l’eau
propre, il faut appliquer sans tarder l’émulsion laiteuse obtenue sur les surfaces
métalliques et le bois afin d’éviter la séparation de l’émulsion. Les concentrés émul­
sifiables se dégradent rapidement sur les surfaces en béton, mais elles demeurent
efficaces pendant jusqu’à un an sur les structures en bois ou en acier. Il ne faut
jamais pulvériser ces produits près des interrupteurs ou des boîtes à fusibles.
Les poudres mouillables peuvent être pulvérisées sur le béton, la brique, le
métal ou le bois (figure 13B). Il faut mélanger la poudre mouillable de malathion
avec de l’eau propre dans un récipient séparé avant de remplir le pulvérisateur. Les
poudres mouillables laissent de petites taches blanches sur les surfaces peintes.
Par temps froid, les solutions huileuses d’insecticides doivent être préférées
aux bouillies à base d’eau parce qu’elles ne gèlent pas. Pour les préparer, on peut
mélanger l’insecticide à du kérosène désodorisé conformément aux instructions
figurant sur l’étiquette. Ces solutions peuvent être appliquées près des interrup­
40
teurs. Les surfaces ligneuses ou métalliques peuvent être traitées et les cellules vides
soumises à une nébulisation. Toutefois, l’application d’une solution huileuse sur
les surfaces en plastique ou en caoutchouc est à éviter.
Traitements insecticides
Mise en garde : Au Canada, la résistance aux insecticides (en particulier au
malathion) est observée de plus en plus fréquemment parmi les insectes
associées aux denrées entreposés, en particulier chez la pyrale indienne de
la farine dans le centre du Canada et chez le tribolium rouge de la farine,
le tribolium brun de la farine et le cucujide roux dans la majeure partie du
pays. L’usage répété d’un même type d’insecticide au même endroit accroît
le risque de résistance chez l’insecte cible. Il convient donc de recourir à
plus d’une méthode de lutte et de prévention et d’utiliser un insecticide
uniquement dans les cas où c’est absolument nécessaire.
Pour lutter contre les insectes qui se cachent sous le plancher ou derrière les
murs, il est préférable d’utiliser des poudres insecticides, car ces endroits sont
difficiles à traiter avec des préparations liquides. Ces poudres se présentent ha­
bituellement sous la forme de farine de blé traitée enduite d’une formulation de
malathion. Pour appliquer ce type de préparation, on peut utiliser une poudreuse
ou balayer la poudre dans les fissures du plancher.
Les oléagineux absorbent les insecticides de contact des surfaces traitées.
Par conséquent, on évitera de traiter les cellules destinées à leur entreposage.
Si l’entrepôt est infesté, la marche à suivre consiste à balayer minutieusement
toutes les surfaces, à détruire les balayures et à appliquer des quantités modérées
d’insecticide de contact uniquement à la jonction du plancher et des murs.
Si des insectes ravageurs des denrées entreposées sont visibles sur les murs
extérieurs de l’entrepôt, il faut traiter les murs et le sol autour de l’entrepôt.
Même si ces insectes ne sont pas facilement visibles, il est plus prudent de traiter
nonseulementlegrainrépandusurlesol,maisaussilesabordsdel’entrepôtet
ledessousdesentrepôtssurélevés.
Précautions à prendre durant l’application d’un insecticide
• Lirelemoded’emploisurl’étiquetteets’yconformer.
• Vérifierlepulvérisateuretlestuyauxafindedétecterlaprésence
éventuelle de fuites.
• Éviterderenverserdel’insecticide.
• Porterunmasqueprotecteurmunidesfiltresapprouvésdurantle
traitementd’enceintesclosescommelesentrepôtsvides.
• Porterdesvêtementsprotecteurs,uncasquedur,deslunettes
de sécurité, des bottes de travail en caoutchouc et des gants de
caoutchouc durant le mélange et la pulvérisation.
41
A
B
Figure 13. A. Traitement du grain au moyen de comprimés de fumigant; B.
Traitement d’un entrepôt vide avec un insecticide de contact. Tel qu’on peut le voir
sur les deux photographies, l’opérateur doit porter un masque à gaz recouvrant
entièrement le visage, des gants de caoutchouc, une combinaison appropriée et un
casque dur.
Utilisation de concentrés
Le volume d’eau requis pour diluer les concentrés émulsifiables ou les poudres
mouillables dépend de la quantité d’insecticide dans le concentré et de la dose
recommandée contre le ravageur. L’exemple suivant montre comment calculer
le volume d’eau à ajouter à un concentré émulsifiable à 50 % pour obtenir une
bouillie de pulvérisation de malathion à 1 % :
(50 - 1)/1 = 49/1 = 49
Par conséquent, il faut ajouter une partie (0,1 L) d’une émulsion à 50 % à
49 parties (4,9 L) d’eau pour obtenir une bouillie de pulvérisation à 1 %.
L’utilisation d’une bouillie de pulvérisation de malathion à 1 % est recom­
mandéepourlaluttecontrelecucujiderouxdanslesentrepôtsvides.Labouillie
doit être appliquée uniformément à raison de 5 L par 100 m2 à l’aide d’un pulvéri­
sateur portatif à air comprimé pourvu d’une buse à orifice de 0,4 mm (concentrés
émulsifiables ou solutions huileuses) ou de 0,8 à 1,2 mm (poudres mouillables)
de diamètre.
42
Traitement des grains
Ce traitement ne saurait remplacer les bonnes pratiques d’entretien. Toute­
fois, des formulations spéciales de malathion de qualité supérieure existent pour
le traitement durable des céréales (8 mois à 1 an) contre les insectes au moment
de l’entreposage. Ces formulations peuvent être pulvérisées sur le grain ou mé­
langées au grain sous la forme d’une poudre composée de farine de blé traitée, à
des doses variant selon le débit du grain dans la vis à grain.
Mode d’emploi Si la dose d’insecticide appliquée est supérieure à la dose re­
commandée, le prix de vente du grain risque d’être réduit par l’odeur de produit
chimique qui s’en dégagera. Le grain traité ne doit pas être vendu dans les 7 jours
suivant son traitement ni offert comme aliment aux animaux dans les 60 jours
suivant l’application.
Pour le traitement du grain, la dose recommandée de malathion de qualité
supérieure à 1 % s’établit à 0,8 L/t de blé. Le tableau 5 précise les quantités et doses
de malathion à utiliser à cette fin. Le traitement confère une bonne protection
contre les insectes, mais le grain devrait être entreposé dans de bonnes conditions
et renfermer moins de 14 % d’eau, sinon l’insecticide se dégradera rapidement
et son activité résiduelle diminuera.
Fumigation
Les fumigants produisent des gaz qui sont toxiques pour les insectes du grain
entreposé. Seules les formulations solides sont homologuées pour usage agricole.
Comme ces produits sont également toxiques pour les humains et les animaux,
leur utilisation devrait être confiée uniquement aux personnes qui ont reçu une
formation appropriée. Il faut éviter d’inhaler les vapeurs et suivre le mode d’emploi
inscrit sur l’étiquette (voir la section Précautions à prendre durant la fumigation).
Le CO2 est homologué pour la fumigation du grain, mais les cellules doivent alors
être parfaitement étanches. Les trémies faites de pièces d’acier soudées peuvent
être rendues étanches au coût d’environ 300,00 $. Le coût de la fumigation à la
glace sèche (CO2) est comparable à celui du traitement à la phosphine, mais les
résultats sont plus longs à venir.
Le phosphure d’aluminium solide peut également être utilisé comme
fumigant mais, comme il libère de la phosphine au contact de l’humidité at­
mosphérique, son emploi ne devrait être envisagé que dans les circonstances
suivantes :
• l’application est réalisée par un opérateur compétent détenant un
permis approprié.
• latempératuredugrainestd’aumoins10 oC. Les fumigants atteignent leur
efficacité maximale lorsque la température est supérieure à 20 oC. Si la tem­
43
•
•
•
•
pérature du grain est inférieure à 5 oC, la fumigation est contre-indiquée, et
il est préférable de refroidir le grain en le transportant dans une autre cellule
ou en le ventilant pour réduire l’ampleur de l’infestation.
le grain infesté est entreposé dans une cellule qui peut être étanchéifiée par
obturation des fissures, crevasses et autres ouvertures de manière à ce qu’elle
retienne le gaz pendant au moins 5 jours.
ilfautcombattrel’infestationrapidementavantdevendrelegrain.
l’opérateurdisposed’unéquipementdesécuritéappropriéenbonétat(masque
à gaz couvrant tout le visage, gants en caoutchouc et vêtements protecteurs et
cartouche filtrante recommandée pour la phosphine).
Destubesdétecteursdegazoud’autresmatérieldedétectionsontdisponibles.
Tableau 5. Quantité et dose de malathion de qualité supérieure requises pour le
traitement du grain. 1
Débit (blé)
Dose (pulvérisation à 1 %)
t/h
t/min
L/h
L/min
3
6
9
12
15
0,05
0,10
0,15
0,20
0,25
2,4
4,8
7,2
9,6
12,0
0,04
0,08
0,12
0,16
0,20
1
La Commission canadienne des grains ne recommande pas l’application de traitements protecteurs pour les raisons suivantes :
•lesinsectespourraientnepascauserdeproblèmes;
•d’autresmesuresdeluttecommelaventilationouledéplacementdugrainsontpréférables;
•lestraitementsoccasionnentl’accumulationderésiduschimiquesdanslegrain.
Application
Au moment de calculer la dose de fumigant à appliquer en considération de
la capacité de la cellule, il faut tenir compte de l’espace libre au-dessus du grain en­
treposé. Il importe d’utiliser le nombre de comprimés ou de pastilles recommandé
par le fabricant. Les comprimés de fumigant solide (phosphure d’aluminium ou
de magnésium) peuvent être ajoutés au moment du déchargement du grain dans
la cellule étanchéifiée par une vis à grain ou enfoncés à intervalles réguliers dans
la masse une fois la cellule remplie. Pour le traitement des cellules d’une capacité
d’environ 27 tonnes, il faut laisser tomber les comprimés de fumigant par des
tuyaux en métal enfoncés dans le grain (figure 13A). À cette fin, il faut d’abord
choisir une douzaine de points répartis également à la surface du grain et les
jalonner avec des piquets de bois, puis enfoncer un tuyau de 3 cm de diamètre et
de 1,5 m de longueur à chaque point pour ensuite y laisser tomber un comprimé
44
de fumigant à tous les 15 cm à mesure que le tuyau est retiré. Le traitement doit
être amorcé dans la partie la plus éloignée de la porte de la cellule. Avant de fermer
la cellule, il faut insérer quelques comprimés dans l’orifice de la vis à grain.
Dans les cellules dont le sommet ne peut être étanchéifié, il faut recouvrir
le grain d’une pellicule de polyéthylène afin de réduire la perte de fumigant et
d’accroître l’efficacité du traitement.
Légumineuses à grain
Insectes
Les insectes causent rarement des dégâts aux légumineuses à grain entrepo­
sées. Seules les bruches, de la famille des Bruchidés, peuvent infester les graines
au champ et continuer de se multiplier pendant l’entreposage [Bruchus brachialis
F.,labruchedesvesces (F.);Bruchus pisorum(L.),labruchedupois(F.);Bruchus
rufimanus Boh., la bruche de la gourgane (F.) et Acanthoscelides obtectus (Say), la
bruche du haricot (F.)].
Féverole (Vicia faba L.)
Risque relatif de dégâts associés à l’entreposage : faible
Normes de teneur en eau :
Grain sec :
Grain gourd :
Grain humide :
jusqu’à 16,0 %
de 16,1 % à 18,0 %
plus de 18,0 %
Directives d’entreposage La teneur en eau maximale recommandée pour l’entre­
posage des féveroles est de 16 % au Canada et de 15 % en Grande-Bretagne. Au
Manitoba, des féveroles ayant une teneur en eau de 14,2 % et n’ayant pas subi de
dégâts par le gel ont été stockées pendant deux ans sans subir de dommages. Des
grains de piètre qualité endommagés par le gel qui avaient été entreposés l’hiver
à plus de 15 % d’humidité ont souvent subi des dommages par échauffement
l’été qui a suivi.
Directives de séchage Il est recommandé de sécher les grains à une température
ne dépassant pas 32 oC. Le séchage devrait se faire en deux étapes si l’on doit
réduire la teneur en eau d’au moins 5 % pour atteindre 16 % de teneur en eau
enentrepôt.Laisserpasserquelquesjoursentrechaqueétapeafindepermettre
à l’humidité interne du grain de migrer à la périphérie. Il ne faut pas sécher
les grains rapidement à des températures élevées, car les grains peuvent fendre
et perdre leur pouvoir germinatif. Les grains peuvent aussi devenir surséchés
à la périphérie et sous-séchés à l’intérieur. Des grains sous-séchés deviennent
45
Précautions à prendre durant la fumigation
Lorsqu’on utilise un fumigant, il faut respecter à la lettre les instructions inscrites
sur l’étiquette et prendre les précautions suivantes :
• Toujoursporterunmasqueàgazcouvranttoutlevisagedurantlafumigation,
que le grain soit déjà entreposé dans une cellule ou qu’il soit en train d’y être
déchargé, ou lorsqu’on pénètre dans une cellule ayant été fumigée. Les respira­
teurs sont inefficaces chez les hommes portant la barbe, car ils ne procurent pas
un joint étanche autour du visage.
• Avant le début du traitement, toujours introduire un nouvelle cartouche fil­
trante dans le masque à gaz. Utiliser le type recommandé pour la phosphine.
Cette cartouche ne protège pas contre les fortes concentrations à l’intérieur des
bâtiments (plus de 2 % dans l’air) et ne fournit pas d’oxygène.
• Nejamaistravaillerseul.
• Porterdesgantssecsencotonouenunautrematérielimperrespirant.Aérerles
gants utilisés et les autres vêtement protecteurs contaminés dans une enceinte
bien ventilée avant de les laver.
• Porterunecombinaisonetuncasquedur.
• Transporteràl’airfraistoutepersonneprésentantdessymptômesdesurexpo­
sition à un fumigant (étourdissement, vision trouble, vomissements et douleurs
abdominales) et appeler immédiatement un médecin.
• Après l’application du fumigant, clouer ou cadenasser les portes, sceller les
ventilateurs et apposer un avis sur la porte.
• Ventiler les enceintes fumigées jusqu’à ce que la concentration de phosphure
d’hydrogène soit redescendue à 0,3 ppm ou moins avant d’autoriser à y pénétrer
les travailleurs ne portant aucun équipement de protection. Comme la ventilation
du grain traité peut prendre plusieurs semaines par temps froid, vérifier à partir
de l’extérieur de la cellule et à l’aide de tubes détecteurs s’il reste du gaz avant
de pénétrer et de demeurer dans la cellule pendant une période prolongée.
• Ne pas nourrir le bétail de grain traité à moins d’avoir démontré, à l’aide de tubes
détecteurs ou d’autres analyses, que ce grain est exempt de gaz.
• Toujourstenircomptedeladirectionduvent.Siunehabitationoudesanimaux
se trouvent à proximité de la structure à traiter et que le vent souffle dans cette
direction, reporter la fumigation jusqu’à ce que le vent soit tombé ou ait changé
de direction.
• Ne pas effectuer de fumigation par temps très venteux.
• Par mesure de prudence, toujours se tenir contre le vent durant l’application
du fumigant pendant le remplissage de la cellule. Éviter de se tenir face au vent
quand une cellule est en cours de fumigation.
• Laphosphinepeutréagiraveccertainsmétaux,notammentlecuivre,lelaiton,
l’argent et l’or, et provoquer leur corrosion en présence de conditions de tem­
pérature et d’humidité élevées. Enlever ou protéger le matériel comportant des
composantes contenant de tels métaux (moteurs électriques, filage et systèmes
électroniques).
46
pâteux et, lors d’un entreposage prolongé, rancissent et s’échauffent. Lorsque la
température de séchage dépasse 40 oC, la peau du grain se ratatine ou se fissure,
surtout celle des grains très humides. Il faut empêcher que le grain ne se fissure,
car cela crée une porte d’entrée pour les microorganismes qui entraînent une
détérioration du grain.
Facteurs de déclassement Les féveroles sont déclassées lorsqu’elles contiennent
des grains échauffés et/ou pourris ou qu’elles dégagent une nette odeur d’échauf­
fement ou de moisi. L’intégrité du grain est également un facteur de classement.
Les féveroles sont classées Échantillon lorsqu’elles contiennent plus de 1 % de
grains chauffés et/ou pourris ou qu’elles dégagent une nette odeur d’échauffe­
ment ou de moisi.
Aspect des grains échauffés et moisis Les grains échauffés et/ou pourris ont une
coloration anormale. Le tégument du grain varie de brun foncé à noir tandis que
les cotylédons, sur des grains disséqués, sont havane ou bruns.
Problèmes d’entreposage La récolte se fait normalement lorsque la gousse est noire
et le pédoncule ratatiné. La perte d’eau étant lente dans le cas des légumineuses
à gousses épaisses et charnues et à grosses graines, une période plus longue de
mûrissement et de séchage peut être exigée avant le moissonnage-battage, en
particulier dans les climats froids. Les graines contenues dans les gousses situées
dans la partie supérieure du plant sont immatures lorsque la récolte se fait trop
tôt. Ces mêmes graines ont aussi une teneur en eau plus élevée que celles des
gousses situées plus bas. En raison des problèmes liés à une période de mûrisse­
ment prolongée, à une récolte tardive, aux dégâts par le gel et à une période de
séchage prolongée, il est fréquent que les féveroles qui sont mises en cellules ne
soient pas uniformes et qu’il faille par conséquent les surveiller attentivement
pendant la période d’entreposage.
Haricots (Phaseolus vulgaris L.)
Cette espèce de légumineuse comprend, entre autres, le petit haricot blanc,
aussi connu sous le nom de « fève blanche » (production la plus importante),
le haricot rouge clair et le haricot rouge foncé, le haricot noir, le haricot pinto, le
haricot rose, le petit haricot rouge, le haricot blanc Great Northern, le haricot à
oeil jaune et le haricot canneberge.
Risque relatif de dégâts associés à l’entreposage : faible
47
Normes de teneur en eau :
Grain sec :
Grain gourd :
Grain humide :
aucune
aucune
plus de 18,0 %
Directives d’entreposage Une teneur en eau de 18 % ou moins est recommandée
pour l’entreposage des haricots. Si l’on veut les stocker à long terme et s’en servir
comme semences, une teneur en eau de 18 % est trop élevée, même à une tem­
pérature de 5 oC (tableau 6). Pour les stocker jusqu’à un an, il est recommandé
d’amener la teneur en eau à au plus 17 %. Les haricots doivent être récoltés une
fois les gousses sèches et le grain durci, mais avant le début de l’égrenage. Idéale­
ment, la teneur en eau des haricots doit être entre 16 % et 18 % au moment du
moissonnage-battage. Si elle est plus basse, les dégâts peuvent être importants et
entraîner des pertes financières, puisque les grains cassés ou fissurés peuvent servir
seulement d’aliments pour le bétail.
Directives de séchage Le séchage est essentiel lorsque les haricots sont récoltés
au stade humide en raison de la mauvaise température ou pour éviter des pertes
excessives dues à l’égrenage. La température maximale pour le séchage des grains
se situe entre 27 oC et 32 oC. Le séchage doit se faire lentement et, au besoin,
en deux étapes pour éliminer l’excès d’humidité (voir féverole). Une attention
particulière doit être apportée au séchage, car les grains peuvent fendre, même
à des températures relativement basses. Les fissures constituent un facteur de
déclassement et elles augmentent à des températures élevées. Durant le séchage,
il faut garder l’humidité relative de l’air chauffé au-dessus de 40 %.
Facteurs de déclassement Les haricots sont déclassés lorsqu’ils contiennent des
grains échauffés ou moisis ou qu’ils ont une odeur d’échauffement ou une nette
odeur de moisi. Les haricots sont classés Échantillon lorsqu’ils contiennent plus
de 1 % de grains échauffés ou qu’ils dégagent une odeur d’échauffement ou une
nette odeur de moisi, ou lorsqu’ils contiennent plus de 1 % de grains moisis. Les
grains moisis sont caractérisés par la présence de moisissures bleu foncé à l’exté­
rieur du grain, qui se développent dans les fissures des grains endommagés par
les machines, ou de moisissures variant du jaune au noir à l’intérieur du grain,
qui se développent dans la région centrale concave, commune au haricot rouge
clair et au haricot rouge foncé.
Aspect des grains échauffés Les petits haricots blancs échauffés ont un tégument
de couleur terne allant de crème à acajou. La couleur devient plus intense dans la
région du hile. En coupe transversale, la couleur des cotylédons varie de havane
à brun foncé. Les cotylédons de couleur très pâle sont classés comme des grains
48
endommagés plutôt que comme des grains échauffés. Dans le cas des haricots
rouge clair et des haricots rouge foncé qui sont échauffés, le tégument est d’une
couleur terne, variant de rouge foncé à noir. Il faut fendre les haricots pour dé­
terminer le degré et l’intensité des dégâts causés par la chaleur.
Problèmes d’entreposage Les dommages dus à la manutention mécanique des
grains est un problème qui s’accentue lorsque la température et le taux d’humi­
dité sont bas. Pour réduire les dommages, il faut utiliser, dans toute la mesure du
possible,destransporteursàcourroieoudeschargeursàbennefrontaleplutôtque
des vis à grain. Il faut également éviter de laisser tomber les grains d’une hauteur
excessive, en particulier sur un plancher de béton.
POIS (Pisum sativum var. arvense (L.) Poir.)
Risque relatif de dégâts associés à l’entreposage : faible
Normes de teneur en eau :
Grain sec :
Grain gourd :
Grain humide :
jusqu’à 16,0 %
de 16,1 % à 18,0 %
plus de 18,0 %
Directives d’entreposage Les pois doivent être récoltés lorsque les grains sont
parvenus à maturité et qu’ils sont fermes à l’intérieur de la gousse. La récolte
des cultivars à grain jaune commence lorsque les grains ont une teneur en eau
de 16 %. Les cultivars à grain vert, eux, sont récoltés lorsqu’ils ont une teneur
Tableau 6. Nombre estimé de semaines jusqu’à la diminution du pouvoir germinatif
des haricots bruns
Teneur en eau (à l’état humide, en %)
Température
d’entreposage
(°C)
25
20
15
10
5
11
12
13
14
16
18
20,5
23
Période maximale pour un entreposage sûr
(en semaines)
31
55
100
200
370
22
40
75
140
270
16
28
50
95
170
11
19
30
60
110
7
13
20
38
70
4
7
12
20
39
2
3,5
6
11
20
0,5
1,5
3
4,5
9
49
en eau de 18 % ou plus afin de préserver leur couleur, puis, s’ils sont destinés à
l’entreposage, ils sont séchés jusqu’à ce qu’ils atteignent une teneur en eau de
16 % ou moins.
Directives de séchage La température maximale de séchage est de 45 oC pour les
grains destinés à servir de semences, de 70 oC pour ceux destinés à des utilisa­
tions commerciales et de 80 oC à 100 oC pour ceux destinés à l’alimentation des
animaux. Une température au-dessus de 45 oC nuit au pouvoir germinatif des
pois, surtout les pois verts.
Facteurs de déclassement Les pois sont classés Échantillon lorsqu’ils contiennent
plus de 0,2 % de grains échauffés ou qu’ils ont une odeur d’échauffement ou de
brûlé ou une nette odeur de moisi.
Aspect des grains échauffés Les pois échauffés ont un tégument de couleur terne
et des cotylédons d’une couleur anormale allant de havane pâle à brun foncé.
Problèmes d’entreposage Pendant l’hiver, une croûte superficielle peut se former
sur la couche supérieure des pois entreposés à une teneur en eau de 15 % à cause de
la migration de l’humidité et de l’infiltration de la neige, surtout s’ils sont stockés
à chaud et sans ventilation. Les grains ont tendance à s’agglutiner et, si on ne les
remue pas, ils noircissent sous l’action des moisissures. Afin d’empêcher qu’ils ne
s’agglutinent, il faut marcher périodiquement sur la couche supérieure de grains
dans la cellule ou déplacer les premiers 30 cm de grains à l’aide d’une pelle.
Au printemps, avant de déplacer le premier chargement, il faut examiner la
couche supérieure de grains. S’il y a une croûte noire, il faut l’enlever avec une
pelle, sinon le premier chargement sera contaminé au moment du mélange. Ce
genre de problème est particulièrement fréquent dans les cellules en acier qui
sont trop remplies et aussi dans les bâtiments Quonset. Pour l’éviter, on utilise un
chargeur à benne frontale pour diviser les grains et remuer les couches supérieures.
Si des cellules à grains sont utilisées pour entreposer des pois, elles devront être
renforcées, car, à cause de leur calibre et de leur forme, les pois exercent une plus
grande pression latérale que le blé.
SOJA (Glycine max (L.) Merrill)
Risque relatif de dégâts associés à l’entreposage : modéré
50
Normes de teneur en eau :
Grain sec :
Grain gourd :
Grain humide :
Grain mouillé :
Grain trempé :
jusqu’à 14,0 %
de 14,1 % à 16,0 %
de 16,1 % à 18,0 %
de 18,1 % à 20,0 %
plus de 20,0 %
Dans le cas du soja, les teneurs en eau maximales permises pour les catégories
(U.S.) 1, 2, 3 et 4 sont respectivement de 13, 14, 16 et 18 %.
Directives d’entreposage Par temps sec, à l’automne, la teneur en eau du soja
parvenu à maturité passe de 15 % au lever du jour à 10 % le midi. Le soja se
réhydrate de nouveau la nuit suivante, et le cycle recommence le lendemain.
On peut récolter le soja lorsque sa teneur en eau est faible, mais cela entraîne
un accroissement des pertes au champ et des dommages importants causés par
la machinerie. On peut réduire ces pertes en récoltant le soja quand il contient
plus d’eau, avant que les gousses soient complètement mûres, puis en le séchant
jusqu’à ce qu’il atteigne une teneur en eau propice à l’entreposage.
Pour le soja destiné à des utilisations commerciales, une teneur en eau de
13 % et de 10 % convient pour des périodes de stockage allant respectivement
jusqu’à un an et jusqu’à cinq ans. Ces pourcentages ne tiennent pas compte de
facteurs comme l’accumulation de semences fines sous les goulottes. Pour une
même température et une même teneur en eau, le soja s’entrepose moins bien que
lemaïségrené;eneffet,pourunehumiditérelativede65 %etunetempérature
de 25o C, la teneur en eau du soja au point d’équilibre est de 2 % de moins que
pour le maïs égrené.
Des moisissures de conservation peuvent se développer lentement dans le soja
entreposéàdesteneurseneauvariantentre12et12,5 %;lavitessededéveloppe­
ment augmente quand la teneur en eau dépasse ce niveau. Lorsque la teneur en
eau varie entre 12,5 et 13 %, les moisissures n’entraîneront probablement pas une
perte de l’aptitude technologique du soja dans l’année, même si la température
favorise leur croissance; par contre, la germination pourrait en être gênée. Le
développement de moisissures de conservation dans du soja dont les teneurs en
eau vont jusqu’à 13 % peut toutefois présenter un danger : il peut s’intensifier de
façonsoudaine,inexpliquéeetparfoisincontrôlableetprovoquerl’échauffement
des fèves.
Dans le cas d’un ensilage prolongé, les fèves de soja qui sont légèrement
ou moyennement envahies par des moisissures de conservation sont davantage
menacées que les fèves saines et peuvent se détériorer plus rapidement. Une fois
51
que les moisissures de conservation ont partiellement envahi les graines, elles
peuvent continuer de croître et de causer des dégâts à des teneurs en eau et à des
températures légèrement plus basses qu’elles ne le feraient dans du soja sain.
Directives de séchage Les températures maximales pour sécher le soja sans l’en­
dommager sont de 43o C lorsqu’on le destine à servir de semence et de 49o C
lorsqu’on le destine à des utilisations commerciales.
Facteurs de déclassement Le soja est déclassé lorsqu’il contient des fèves échauf­
fées, moisies ou rances, ou qu’il dégage une odeur d’échauffement ou une nette
odeur de moisi ou une odeur désagréable. Les fèves échauffées sont déclassées
suivant des exigences de classement reconnues. Aux fins du classement, on tient
compte des fèves moisies et rances en même temps que des fèves échauffées. Le
soja qui renferme plus de 5 % de fèves échauffées ou qui dégage une nette odeur
d’échauffement ou de moisi est classé Échantillon.
Aspect des fèves échauffées, moisies et rances Dans le soja échauffé, la couleur du
tégument varie de l’olive au brun foncé et celle des cotylédons, sur des fèves cou­
pées en deux, de l’ocre au brun foncé. Les fèves moisies sont ridées et déformées,
ont une couleur qui varie de brun moyen à brun foncé et sont souvent couvertes
d’une moisissure grise. Elles peuvent aussi avoir une texture spongieuse et une
odeur désagréable. Les fèves rances présentent une coloration rose foncé.
Teneur en
eau (%)
Stock destiné à des
utilisations commerciales
Stock destiné à
servir de semence
10-11
10-12,5
13-14
14-15
4 ans
De 1 à 3 ans
De 6 à 9 mois
6 mois
1 an
6 mois
Douteux, germination à vérifier
Douteux, germination à vérifier
Problèmes d’entreposage La plupart des cas graves de perte de qualité du soja
entreposé sont attribuables à un manque de connaissance des conditions exactes
qui prévalent dans les différentes parties de la masse. Les responsables doivent
connaître, à tout moment, les teneurs en eau et les températures des fèves au sein
de la masse et les maintenir à de faibles niveaux afin d’éviter le développement de
moisissures. L’état des stocks au début de l’entreposage influence grandement leur
conservabilité future. Les problèmes d’entreposage sont aggravés par la mise en
cellules de fèves déjà légèrement ou moyennement envahies par des moisissures
de conservation, par la présence d’une quantité importante de fèves cassées ou
fendues et par la présence de semences fines dans les goulottes. Les fèves cassées
52
ou fendues ainsi que les semences fines (surtout des graines de mauvaises herbes)
constituent des cibles de prédilection pour l’échauffement et la détérioration
qui s’ensuit. Celle-ci commence généralement dans les goulottes parce que les
graines de mauvaises herbes à teneur élevée en eau s’y accumulent, empêchant
l’air de pénétrer durant la ventilation. Même si, au moment de la mise en cellules,
le soja contient seulement de 2 à 5 % de semences fines, les goulottes peuvent en
compter entre 50 et 80 %.
Le ressuage constitue aussi un sujet d’inquiétude. Il se produit quand on
retire les fèves refroidies de la cellule et qu’on les expose à un air qui est chargé
d’une humidité relative élevée et dont la température est de 8 à 10o C supérieure
à celle des fèves. Dans ces conditions, l’humidité de l’air se condense sur les fèves
et, lorsqu’on les remet dans la cellule, l’effet cumulatif du ressuage peut causer de
l’échauffement.
Le danger de combustion spontanée du soja est réel, puisque, contrairement
aux températures d’échauffement des céréales qui ne dépassent pas habituelle­
ment 55o C, les températures atteintes par le soja lors de l’échauffement peuvent
dépasser 200o C. À une telle température, le poids sec des graines endommagées
par l’échauffement diminue de 30 % au moins.
53
54
Renseignements additionnels
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la répression des infesta­
tions dans le grain entreposé à la ferme, écrire aux adresses suivantes :
•
ProtectionofStoredGrainsandOilseedsStudy,Centrederecherchesur
les céréales, Agriculture et Agroalimentaire Canada, 195, chemin Dafoe,
Winnipeg (Man.) R3T 2M9. Téléphone : (204) 983-5533
http://www.agr.gc.ca/science/winnipeg/
•
DepartmentofBiosystemsEngineering,UniversityofManitoba,Win­
nipeg (Man.). http://www.unmanitoba.ca/faculties/agricultural_and_
food_sciences/biosystems_engineering/home.html
•
l’entomologiste,Commissioncanadiennedesgrains,303,rueMain,Win­
nipeg (Man.) R3C 3G8 http://www.cgc.ca
•
entomologistesetservicesdevulgarisationprovinciaux.
Ce document est disponible sur Internet au site du Centre de recherche
sur les céréales : http://www.agr.gc.ca/science/winnipeg/
Remerciements
Les auteurs remercient R.W. Sims d’avoir fourni les photographies et
les illustrations.
Mise en page : R. Sims, M. Shillinglaw, Centre de recherche sur les céréa­
les, Winnipeg.
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Noms vernaculaires et scientifiques
Des principaux ravageurs du grain entreposé
Cadelle
Tenebroides mauritanicus (Linnaeus)
Calandre des grains
Sitophilus granarius (Linnaeus)
Charançon du maïs
Sitophilus zeamais (Motschalsky)
Charançon du riz
Sitophilus oryzae (Linnaeus)
Ciron de la farine
Acarus siro Linnaeus
Ciron des champignons
Typophagus putrescentiae (Schrank)
Cucujide dentelé des grains
Oryzaephilus surinamensis (Linnaeus)
Cucujide des grains
Ahasverus advena (Waltl)
Cucujide plat
Cryptolestes pusillus (Schönherr)
Cucujide roux
Cryptolestes ferrugineus (Stephens)
Petit perceur des céréales
Rhyzopertha dominica (Fabricius)
Psocoptères
Lepinotus reticulatus Enderlein
Liposcelis bostrychophilus Badonnel
et autres espèces
Ptine velu
Ptinus villiger (Reitter)
Pyrale de la farine
Pyralis farinalis Linnaeus
Pyrale indienne de la farine
Plodia interpunctella (Hübner)
Pyrale méditerranéenne de la farine
Ephestia kuehniella (Zeller)
Tarsonème des grains
Tarsonemus granarius Lindquist
Teigne des semences
Hofmannophila pseudospretella (Stainton)
Ténébrion meunier
Tenebrio molitor Linnaeus
Tribolium brun de la farine
Tribolium confusum Jacquelin du Val
Tribolium noir d’Amérique
Tribolium audax Halstead
Tribolium noir d’Europe
Tribolium madens (Charpentier)
Tribolium rouge de la farine
Tribolium castaneum (Herbst)
Aeroglyphus robustus (Banks)
Cheyletus eruditus (Schrank)
Cryptophagus varus Woodroffe & Coombs
Endrosis sarcitrella (Linnaeus)
Lathridius minutus (Linnaeus)
Lepidoglyphus destructor (Schrank)
56
Références
Bousquet, Y. 1990. Beetles associated with stored products in Canada: An iden­
tification guide. Agric. Can. Publ. 1837. 224 pp.
Commission canadienne des grains. 2001. Guide officiel du classement des grains
(édition de 2001). Commission canadienne des grains, Winnipeg (Man.).
451 pp.
McKenzie, B.A., Van Fossen, L., Stockdale, H.J. 1980. Managing dry grain in
storage. Agric. Eng. Digest 20. 10 pp.
Sinha, R.N., Watters, F.L. 1985. Insectes nuisibles des minoteries, des silos-élé­
vateurs, des usines à provendes et méthodes de désinfestation. Agric. Can.
Publ. 1776. 290 pp.
57
Lectures additionnelles
Anonyme. 1984. La conservation des grains secs. Gouvernement du Québec, ministère
de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Publ. 84-0018. 48 pp.
Atlantic Agriculture. 1985. Field crop guide for the Atlantic Provinces 1985-1990.
Ministries of Agriculture of New Brunswick, Prince Edward Island, Newfoundland,
and Nova Scotia. Publ. 100. Agdex 100.32. 52 pp.
Bereza, K. 1986. Insects in farm-stored grain. Ontario Ministry of Agriculture and Food.
Publ. 229. Agdex 100.623. 12 pp.
Bond, E.J. 1984. Manual of fumigation for insect control. FAO Plant Prot. Bull. 54.
432 pp.
Friesen, O.H. 1981. Heated-air grain dryers. Agric. Can. Publ. 1700. 25 pp.
Gerber, H.S., Buonassissi, A. 1988. Successful management of farm-stored grain. Pest
control notes. Ministry of Agriculture and Fisheries, British Columbia. 3 pp.
Jayas, D.S., White, N.D.G., Muir, W.E. (eds). 1995. Stored Grain Ecosystems. Marcel
Dekker, N.Y. 757 pp.
Mills, J.T. 1989. La détérioration et l’échauffement des produits agricoles entreposés :
comment les prévenir, les détecter et y remédier. Agric. Can. Publ. 1823F. 115 pp.
Morris, D., Bereza, K. 1982. Harvesting and storing quality grain corn. Ontario Ministry
of Agriculture and Food. Agdex 111.736. 5 pp.
Muir, W.E. 1999. Grain preservation biosystems: Dept. Biosystems Engineering,
University of Manitoba, Winnipeg, M.B. 400 pp.
Sauer, D.B. (ed.). 1992. Storage of cereal grains and their products, 4th edn. Amer. Assoc.
Cereal Chem. St. Paul, Minnesota. 615 pp.
Sinha, K.K., Bhatnagar, D. (eds.). 1998. Mycotoxins in agriculture and food safety. Marcel
Dekker, NY. 511 pp.
Spieser, H. 1983. Digital thermometer for grain temperature sensing. Ontario Ministry
of Agriculture and Food., Agdex 111.736. 4 pp.
58
Facteurs de conversion pour le système métrique
Unités impériales
Longueur
pouce
pied
verge
mille
Facteur
de conversion
x 25
x 30
x 0,9
x 1,6
Unités métriques
millimètre
centimètre
mètre
kilomètre
(mm)
(cm)
(m)
(km)
Surface
pouce carré
pied carré
verge carrée
mille carré
acre
x 6,5
x 0,09
x 0,836
x 259
x 0,40
centimètre carré
mètre carré
mètre carré
hectare
hectare
(cm2)
(m2)
(m2)
(ha)
(ha)
Volume
pouce cube
pied cube
verge cube
once liquide
chopine
pinte
gallon impérial
gallon US
x 16
x 28
x 0,8
x 28
x 0,57
x 1,1
x 4,5
x 3,8
centimètre cube
decimètre cube
mètre cube
millilitre
litre
litre
litre
litre
(cm3, mL, cc)
(m3)
(m3)
(mL)
(L)
(L)
(L)
(L)
Masse
ounce
livre
tonne courte
(2 000 lb)
Température
degrés Fahrenheit
Pression
livres par pouce carré
Puissance
cheval-vapeur
x 28
x 0,45
x 0,9
gramme (g)
kilogramme (kg)
tonne (t)
(0F-32) x 0,56
ou (0F-32) x 5/9
degrés
Celsius (0C)
x 6,9
kilopascal (kPa)
x 746
x 0,75
Vitesse
pieds par seconde
milles à l’heure (mi/h)
x 0,30
x 1,6
Agriculture
gallons par acre
pintes par acre
chopines par acre
onces liquides par acre
tonnes par acre
livres par acre
onces par acre
plantes par acre
x 11,23
x 2,8
x 1,4
x 70
x 2,24
x 1,12
x 70
x 2,47
watt (W)
kilowatt (kW)
mètres par seconde (m/s)
kilomètres à l’heure (km/h)
litres par hectare
litres par hectare
litres par hectare
millilitres par hectare
tonnes par hectare
kilogrammes par hectare
grammes par hectare
plantes par hectare
(L/ha)
(L/ha)
(L/ha)
(mL/ha)
(t/ha)
(kg/ha)
(g/ha)
(plantes/ha)
59
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