Responsabilité juridique de l`infirmier 2012

Responsabilité juridique de l`infirmier 2012
RESPONSABILITÉ
JURIDIQUE DE
L’INFIRMIER
Dr M.SEGONDY/J.PERRIN
Définitions
PYRAMIDE DE KELSEN :
– Loi :
de portée générale, définit les grandes orientations générales.
– Décrets :
Autonomes ne relevant pas du domaine de la loi
d’application ils précisent et organisent l’exécution de la loi
Permettant de tenir compte des particularismes
– Arrêtés :
Complétant les décrets d’application en précisant les détails
nécessaires à l’exécution du décret
– Circulaires :
Essentiellement des explications de textes, aucune valeur juridique
Textes régissant la profession d’I.D.E.
Art. L 473 à 486 Code de Santé Publique
Décret du 16 février 1993 n° 93-221 règles
professionnelles
Décret du 15 mars 1993 : « actes professionnels
et à l’exercice de la profession »
Circulaire 30 mai 1997 : « conditions d’exercice
d’un certain nombre d’actes … »
Décret du 11 février 2002 n° 2002-194 de
compétence
Décret du 29 juillet 2004
Responsabilités
La responsabilité trouve sa source dans des
textes divers
– Les lois pénales ou civiles : Pouvoir législatif
(assemblée nationale, sénat)
– Les décrets, les arrêtés qui émanent du pouvoir
exécutif (Président de la République, gouvernement)
– Les règles de bonnes pratiques, les recommandations
des sociétés savantes
Mais les juges s’appuient aussi sur la jurisprudence
Responsabilités
La responsabilité civile : chacun doit répondre
des conséquences de ses actes. Obligation de
réparer le dommage causé à autrui.
Faute - lien de causalité – préjudice
La responsabilité pénale : pour qu’il y ait faute,
il faut que celle-ci soit expressément codifiée
dans le code pénal. Elle correspond à une
sanction ( au nom de la société ) résultant d’une
infraction codifiée par le code pénal entraînant
des peines de prison et/ou des amendes.
Responsabilité civile
Responsabilité civile
Art. 1382 du C.C.
« Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un
dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer »
Art. 1383 du C.C.
– « chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non
seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou par
son imprudence »
Art. 1384 du C.C.
– « on est responsable non seulement du dommage que l’on
cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé
par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses
que l’on a sous sa garde… »
– Principe : Faute – préjudice – lien de causalité
Responsabilité pénale
Responsabilité pénale
– Les comportements que la société définit comme répréhensibles
sont appelés infractions, elles sont applicables à tous citoyens :
Contraventions (T. police)
Délits (T. correctionnel)
Crimes (Cour d’assises)
– Pour les professionnels de santé :
Infractions contre les personnes (volontaires ou
involontaires)
Non assistance à personne en péril (art. 223-6 al. 2
du C.P.)
Imprudence, négligence ou inobservation des
règlements (coups et blessures) (art. 222-19 et 22220 du C.P.)
Infractions aux obligations légales
Violation du secret professionnel (art. 226-13 et
226-14 du C.P.)
– Pour que l’infraction soit caractérisée, il faut qu’une faute ait été
commise
Responsabilité administrative
Responsabilité administrative
Le droit administratif distingue 3 types de fautes :
Dans l’acte médical
Dans l’organisation ou le fonctionnement
du service
Simple, commise par le personnel
paramédical à l’occasion d’actes de soins
de leur ressort
Secret professionnel
Décret 16 février 1993 art.4,5,28
L’article 226-13, 226-14 du code pénal
Le secret couvre ce qui est vu, entendu ou
déduit, il couvre ce qui est déjà connu…
La violation du secret constitue une
infraction intentionnelle
La négligence, l’imprudence constituent
une faute professionnelle
Secret professionnel
Décret No 93-221 du 16 février 1993 relatif aux
règles professionnelles des infirmiers et
infirmières intégré au Code de la Santé Public
Art. 1er - Les dispositions du présent décret
s'imposent à toute personne exerçant le
profession d'infirmier ou d'infirmière telle qu'elle
est définie à l'article L. 473 du code de la Santé
Publique, et quel que soit le mode d'exercice de
cette profession.
Secret professionnel
Art. 4 - Le secret professionnel s'impose à tout
infirmier ou infirmière et à tout étudiant
infirmier dans les conditions établies par la loi.
Le secret couvre non seulement ce qui lui a été
confié, mais aussi ce qu'il a vu, lu, entendu,
constaté ou compris.
L'infirmier ou l'infirmière instruit ses
collaborateurs de leurs obligations en matière de
secret professionnel et veille à ce qu'ils s'y
conforment.
Secret professionnel
Art. 5 - L'infirmier ou l'infirmière doit, sur le lieu de son
exercice, veiller à préserver autant qu'il lui est possible la
confidentialité des soins dispensés.
Art. 7 - Lorsqu'un infirmier ou une infirmière discerne dans
l'exercice de sa profession qu'un mineur est victime de sévices ou de
privations, il doit mettre en oeuvre les moyens les plus adéquats pour
le protéger, en n'hésitant pas, si cela est nécessaire, à alerter les
autorités médicales ou administratives compétentes lorsqu'il s'agit
d'un mineur de quinze ans.
Secret professionnel
Article 226-13 du code pénal
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000
art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en
vigueur le 1er janvier 2002)
La révélation d'une information à caractère
secret par une personne qui en est dépositaire
soit par état ou par profession, soit en raison
d'une fonction ou d'une mission temporaire, est
punie d'un an d'emprisonnement et de
15000 euros d'amende.
Secret professionnel
Secret partagé : seules les informations
utiles sont à partager entre plusieurs
professionnels.
Le titre ou la profession ne donne aucun
droit d’accès aux informations d’un patient
si cette personne ne participe pas à la prise
en charge.
Secret professionnel
Art. 226-14 du CP : L'article 226-13 n'est pas applicable
dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du
secret. En outre, il n'est pas applicable :
1º A celui qui informe les autorités judiciaires,
médicales ou administratives de privations ou de sévices,
y compris lorsqu'il s'agit d'atteintes sexuelles, dont il a eu
connaissance et qui ont été infligées à un mineur ou à
une personne qui n'est pas en mesure de se protéger en
raison de son âge ou de son incapacité physique ou
psychique ;
Secret professionnel
2º Au médecin qui, avec l'accord de la victime,
porte à la connaissance du procureur de la
République les sévices ou privations qu'il a
constatés, sur le plan physique ou psychique,
dans l'exercice de sa profession et qui lui
permettent de présumer que des violences
physiques, sexuelles ou psychiques de toute
nature ont été commises. Lorsque la victime est
mineure, son accord n'est pas nécessaire ;
Secret professionnel
3º Aux professionnels de la santé ou de l'action sociale
qui informent le préfet et, à Paris, le préfet de police du
caractère dangereux pour elles-mêmes ou pour autrui des
personnes qui les consultent et dont ils savent qu'elles
détiennent une arme ou qu'elles ont manifesté leur
intention d'en acquérir une.
Le signalement aux autorités compétentes effectué dans
les conditions prévues au présent article ne peut faire
l'objet d'aucune sanction disciplinaire.
Les infirmières et le
secret
L’article L4314-3 du CSP rappelle :
« Les infirmières ou infirmiers et les élèves
se préparant à l’exercice de la profession
sont tenus au secret professionnel dans les
conditions et sous les réserves énoncées à
l’Art. 226-13 du Code Pénal. »
Obligation de discrétion
professionnelle
Art. 26, loi du 13 juillet 1983, statut des
fonctionnaires :
« les fonctionnaires doivent faire
preuve de discrétion professionnelle
pour tous les faits, informations ou
documents dont ils ont eu
connaissance dans l’exercice de leurs
fonctions »
L’indiscrétion professionnelle est une faute
disciplinaire. Sauf la dénonciation d’un crime ou
d’un délit qui est un devoir particulier du
fonctionnaire ( Art. 40 du CPP )
Comme le secret professionnel, l’obligation de
discrétion professionnelle est opposable à la police
en phase d’enquête
La police ne peut avoir accès au registre des
admissions sans commission rogatoire du juge
d’instruction. Tout malade ou blessé non inculpé a
le droit de se faire soigner anonymement face aux
services de police.
Le secret professionnel est une obligation
juridique de droit pénal, dont les IDE
répondent devant les tribunaux
L’obligation de discrétion professionnelle est
une obligation statutaire des IDE dont elles
répondent devant leur employeur
Seuls le directeur de l’établissement, le juge
d’instruction ou des OPJ munis d’une
commission rogatoire peuvent relever l’IDE
de cette obligation
L’information au patient
Loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la
qualité du système de santé
– Art. L.1110-4 du CSP :
« toute personne prise en charge par un
professionnel, un établissement, un réseau de
santé ou tout autre organisme participant à la
prévention et aux soins a droit au respect de sa vie
privée et du secret des informations la
concernant… »
L’information au patient
« en cas de diagnostic ou de pronostic grave, le secret médical ne
s ’oppose pas à ce que les familles, les proches de la personne
malade ou la personne de confiance définie à l ’article L. 1111-6
reçoivent les informations nécessaires destinées à leur permettre
d ’apporter un soutien direct à celle-ci, sauf opposition de sa part. »
« le secret médical ne fait pas obstacle à ce que les informations
concernant une personne décédée soient délivrées à ses ayants droit,
dans la mesure où elles leur sont nécessaires pour leur permettre de
connaître les causes de la mort, de défendre la mémoire du défunt
ou de faire valoir leurs droits, sauf volonté contraire exprimée par
la personne avant son décès. »
L’information au patient
– Art. L. 1111-7 :
« toute personne a accès à l’ensemble des informations
concernant sa santé détenues par des professionnels et
établissements de santé…. À l ’exception des informations
mentionnant qu’elles ont été recueillies auprès de tiers
n’intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou
concernant un tel tiers. »
– Art. L 1111-2 :
« la volonté d’une personne d’être tenue dans l’ignorance
d’un diagnostic ou d’un pronostic doit être respectée, sauf
lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission. »
L’information au patient
Le consentement :
Art. L. 1111-4
– « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être
pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne
et ce consentement peut être retiré à tout moment »
– « lorsque la personne est hors d’état d’exprimer sa volonté,
aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée,
sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de
confiance prévue à l'article L. 1111-6, ou la famille, ou à
défaut, un de ses proches ait été consulté »
– « le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit
être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa
volonté et à participer à la décision »
DECRET DES ACTES PROFESSIONNELS
Décret n° 2004-802 du 29 juillet 2004
R4311-1
– L'exercice de la profession d'infirmier ou d'infirmière
comporte l'analyse, l'organisation, la réalisation de
soins infirmiers et leur évaluation, la contribution au
recueil de données cliniques et épidémiologiques et
la participation à des actions de prévention, de
dépistage, de formation et d'éducation à la santé.
Dans l'ensemble de ces activités, les infirmiers et
infirmières sont soumis au respect des règles
professionnelles et notamment du secret
professionnel. Ils exercent leur activité en relation
avec les autres professionnels du secteur de la santé,
du secteur social et médico-social et du secteur
éducatif.
R 4311-4 :
Lorsque les actes accomplis et les soins dispensés
relevant de son rôle propre sont dispensés dans un
établissement ou un service à domicile à caractère
sanitaire, social ou médico-social, l'infirmier ou
l'infirmière peut, sous sa responsabilité, les
assurer avec la collaboration d'aidessoignants, d'auxiliaires de puériculture ou
d'aides médico-psychologiques qu'il encadre et
dans les limites de la qualification reconnue à ces
derniers du fait de leur formation. Cette
collaboration peut s'inscrire dans le cadre des
protocoles de soins infirmiers mentionnés à l'article
R. 4311-3.
R4311-5 dans le cadre de son rôle propre
– accomplit les actes ou dispense les soins
suivants visant à identifier les risques et à
assurer le confort et la sécurité de la
personne et de son environnement et
comprenant son information et celle de
son entourage
R4311-7 soins en application d'une prescription
médicale qui, sauf urgence, est écrite .
R4311-8 soins à accomplir sur prescription médicale
écrite, qualitative et quantitative, datée et signée, à
condition qu'un médecin puisse intervenir à tout
moment
– un protocole thérapeutique doit être :
Nominatif
Daté, signé
Inséré dans le dossier du patient
R4311-8 soins sur prescription, à
condition qu’un médecin puisse intervenir
à tout moment
C’est-à-dire présent dans le service !
– Pose de dispositifs d’immobilisation.
– Utilisation d’un défibrillateur manuel.
R4311-10 participation à la mise en œuvre
par le médecin
– Premier sondage vésical chez un homme en
cas de rétention.
– Pose de systèmes d’immobilisation après
réduction.
– Transports sanitaires urgents entre
établissement ou du lieu de détresse vers un
établissement.
R4311-14
– En cas d’urgence, et hors protocole,
l’infirmier(e) décide des gestes à pratiquer en
attendant que puisse intervenir un médecin.
– ATTENTION, la loi ne définit pas
l’urgence
R4312-10
– Pour garantir la qualité des soins qu’il
dispense et la sécurité du patient,
l’infirmier(e) a le devoir d’actualiser et de
perfectionner ses connaissances
professionnelles.
R4312-14
– L’infirmier(e) est personnellement
responsable des actes professionnels qu’il est
habilité à effectuer.
– Dans le cadre de son rôle propre il est
également responsable des actes qu’il assure
avec la collaboration d’AS, d’Auxiliaires de
Puériculture qu’il encadre.
R4312-26
– L’infirmier(e) agit en toute circonstance dans
l’intérêt du patient
R4312-29
– Il vérifie et respecte la date de péremption et
le mode d’emploi des produits et matériels
qu’il utilise.
– Il doit demander au médecin prescripteur un
complément d’information chaque fois qu’il
le juge utile, notamment s’il estime être
insuffisamment éclairé.
L’éthique professionnelle
L’éthique doit vivre d’un échange toujours
renouvelé entre les situations qui s’offrent
à nous, notre propre réflexion sur nousmême et sur notre comportement
Éléments de base
– La franchise car tout mensonge induit à un moment un mal être
par rapport au soigné ou à sa famille et peu détruire la confiance
du soigné dans le soignant
– Principes moraux
Kant 1788
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (22 août
1795) « ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas
qu’on vous fit - Faites constamment aux autres le bien que
vous voudriez en recevoir »
Le serment de Florence Nightingale publié en 1893
Evinas (1905-1995)
La démarche éthique est toujours un
compromis qui n’appelle pas de solution
toute faite mais qui essaye humblement, en
fonction du meilleur des données de la
science, de concilier les intérêts parfois
contradictoires entre patient, ses proches,
son médecin, les soignants, et la société.
La démarche éthique intègre nécessairement les valeurs de la
société, des soignants et du patient, tout en se soumettant à un
nombre important de contraintes et d’exigences :
–
–
–
–
–
Flux permanent de patients
Disponibilité limitée en lits d’hospitalisation
Accessibilité au plateau technique
Situations très variées (IDM. CNH. MADI. Misère physiologique…)
Forte charge émotionnelle…
Le service d’accueil apparaît de ce fait
– Au mieux comme un point de référence
– Au pire comme la seule issue
La chaîne éthique
– Elle n’a de sens qu’au service du malade
– Les maillons de celle-ci sont les intervenants qui la connaissent
Famille
Personne de confiance
IDE
Médecin
– Alors que la médecine moderne tend à fragmenter le patient selon
l’organe atteint, l’âge, le sexe…, la démarche éthique se doit de lui
redonner les autres dimensions :
–
–
–
–
Humaine
Spirituelle
Culturelle
Sociale
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Thank you for your participation!

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