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les cahiers
Piloter et gérer
la retraite complémentaire
e
N° 1 / 3 trimestre 2010
de la Retraite Complémentaire
L’enjeu
Convergence informatique :
réussir ensemble
Tour d’horizon des réalisations
et nouveaux défis
le point sur
Gouvernance :
état des lieux
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Sommaire
No 1 —
32
10
Entretien avec Philippe Durance, professeur associé
au Conservatoire national des arts et métiers
Premier bilan, un an après
la signature de l’accord sur
la gouvernance des groupes
de protection sociale
14
Tour d’horizon des réalisations
et nouveaux défis pour le programme
de convergence informatique
04 / Actualités
14 / L’enjeu
➔ RIS électronique : accessible en direct
Convergence informatique :
réussir ensemble
➔ Une feuille de route pour les accords
➔ Revisiter notre organisation pour réussir
➔ Du nouveau sur le site www.agirc-arrco.fr
de branche
les déploiements
➔ Pas d’EIG en 2010 !
➔ Les défis de l’après-démarrage
➔ La loi de réforme des retraites
➔ Partager les expériences, accompagner
➔ Forum de l’investissement
➔ Salon des micro-entreprises
➔ Qualité de service : remédier à l’insatisfaction
➔ AISS : tendances émergentes
➔ La bourse de l’emploi évolue
➔ Vers la norme 4DS en janvier 2012
08 / Tendances
Activité des femmes :
quelles évolutions depuis 1975 ?
10 / Le point sur
Gouvernance : état des lieux
12 / À venir
le changement
22 / Regards croisés
Formation des administrateurs :
échanger et mieux comprendre
25 / RC mode d’emploi
Le point sur les formations réservées
aux administrateurs
26 / Droit et réglementation
Comment s’appliquent les dates d’effet ?
28 / Jurisprudence
« Décristallisation » des pensions :
décision du Conseil constitutionnel
Un nouveau site pour l’action sociale
30 / Enquêtes et analyses
Premier baromètre des métiers de la retraite
complémentaire et de la prévoyance
32 / L’entretien
N° 1 — 3e trimestre 2010
Les Cahiers
de la retraite
complémentaire
Tél. : 01 71 72 12 00
Fax : 01 44 67 61 23
www.agirc-arrco.fr,
www.agirc.fr, www.arrco.fr
16-18 rue Jules-César
75592 Paris Cedex 12
Directeur de la publication :
Jean-Jacques Marette
Rédacteur en chef :
Catherine Favre
Rédacteurs en chef adjoints :
Anne-Pascale Dicque,
Nathalie Reboul
Rédaction : Rajae Khalid
(p. 4), Nathalie Reboul
(p. 4, 5, 7, 25), Caroline Mille
(p. 5), Martine Atrax (p.6),
Brigitte Briard (p. 7),
Frédérique Nortier (p. 8-9),
Pierre Chaperon (p. 10-11),
Anne-Pascale Dicque
(p. 12-13), Yann Cabaret
(p. 14 à 21), Philippe Artru
(p. 22 à 24), Laurence Nicolas
et Betty Sanchez (p. 26-27),
Sophie Michas (p. 28-29),
Gaëlle Vacher (p. 5, 30-31)
Conception et réalisation :
Impression : CIA
Dépôt légal : Octobre 2010
No ISSN : 0 998-2949.
Philippe Durance :
de la transaction à la relation client
34 / Europe
PEFC/10-31-1614
L’information des actifs en Europe
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Édito
/ 03
Avenir de la retraite complémentaire
L’
Des lois, des systèmes et des hommes.
avenir de notre système de retraite est au cœur de notre actualité.
La période est importante tant pour les régimes de base en
attente des décisions législatives que pour les régimes que
nous représentons. Sitôt bouclée la réforme du régime général,
ce sera au tour des partenaires sociaux, gestionnaires
des régimes complémentaires, d’« entrer en négociation ».
Au-delà de tout débat partisan, ce sera l’occasion pour eux
de rappeler leur attachement à la gestion paritaire de ces
régimes qui a largement fait la preuve de son efficacité
depuis plus de soixante ans. Le passé en témoigne.
Au cours de ces réunions, ils devront prendre la mesure du
contexte économique, législatif et réglementaire qui pèse sur
nos ressources ainsi que des conséquences de la nouvelle loi.
Les réflexions porteront sur les paramètres d’équilibre,
l’architecture des régimes complémentaires, leurs modalités
de gestion. En tant que gestionnaires des régimes, notre devoir
est de garantir la pérennité du système et de maintenir le pacte
social entre les générations. Pour cela, il faut non seulement
bien gérer mais aussi sécuriser les ressources.
Au-delà de ces enjeux d’importance, la retraite complémentaire poursuit avec succès les efforts qu’elle a engagés
pour rendre aux entreprises et aux participants le service qu’ils
sont en droit d’attendre. À trois ans du déploiement complet
de l’Usine Retraite dans l’ensemble des groupes paritaires de
protection sociale, le chemin parcouru est immense. Toutes
les briques sont à ce jour produites et déployées dans l’un ou
“Notre devoir est de garantir
la pérennité du système
et de maintenir le pacte
social entre les générations.”
l’autre des groupes précurseurs. Et cette année, l’intégralité
des briques va être progressivement déployée au sein d’un
premier groupe. Cette mise en fonctionnement grandeur nature permettra de tester la cohésion et la viabilité de l’ensemble des composantes du système informatique unique de la
retraite complémentaire.
Le succès de ce chantier considérable, entamé en 2004,
conditionne l’avenir même de la retraite complémentaire.
Des investissements financiers lourds auront été consentis au
fil de l’avancée du programme de convergence informatique
dont nous attendons à court terme un retour sur investissement : modernisation de notre image et de nos outils
informatiques, amélioration de la qualité de notre service,
rationalisation de nos coûts de gestion… Grâce aux efforts
déployés, nous sommes déjà en mesure de jouer un rôle
majeur dans la sphère de la protection sociale et de répondre
au service global attendu par nos concitoyens.
Pour faire le point de ce chantier, nous avons le plaisir de
vous inviter à parcourir les pages de votre magazine d’information nouvelle formule dont vous avez en main le premier
numéro. Nous vous en souhaitons une bonne lecture. l
Bernard Van Craeynest
Président de l’Agirc
Bernard Van Craeynest
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Gérard Ménéroud
Président de l’Arrco
Gérard Ménéroud
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“Le
usin
l’ave
com
Actualités
04 /
www.agirc-arrco.fr
Du nouveau sur Internet
RIS électronique
Accessible en direct
Le site Internet Agirc-Arrco évolue pour mieux s’adapter aux besoins des internautes,
faciliter l’accès à l’information et donner plus de visibilité(1).
Le site de l’Agirc et celui de l’Arrco ont été allégés d’une partie de leur contenu au
profit des pages consacrées à chacune des fédérations sur www.agirc-arrco.fr.
(1) Fréquentation du site de janvier à juin 2010 : + 27 % par rapport à 2009. Nombre de pages vues : + 15 %.
L’écran d’accueil a été repensé. Dès l’ouverture, davantage
de visibilité est donnée à la diversité des contenus. Grâce
à un format élargi (1 024x768, résolution d’écran majoritaire
des internautes), l’organisation se fait sur trois colonnes.
Un espace est dédié à la presse.
Les derniers communiqués
sont mis en ligne.
Au second semestre 2011, tout assuré, quel
que soit son âge, aura la possibilité d’accéder
en temps réel, grâce à son identifiant*
et à un mot de passe, à son relevé de situation
individuelle (RIS) via le site Internet de
l’un de ses régimes de retraite d’affiliation.
Par exemple, auprès des régimes Agirc et Arrco,
en se connectant sur le site de son groupe
de protection sociale. Le RIS contient
l’ensemble des droits à retraite constitués,
tous régimes confondus.
Si le document ne peut être composé
immédiatement, l’intéressé sera averti
par courriel dès que son RIS sera en ligne
(en principe le lendemain). Il pourra alors le
consulter pendant quinze jours. Aujourd’hui,
on peut recevoir son RIS par courrier
en le demandant au gestionnaire de
l’un de ses régimes d’affiliation.
* Numéro de Sécurité sociale.
Une feuille de route
pour les accords de branche
Les blocs consacrés aux actualités, aux dossiers
ou aux documents multimédias sont modulables
en fonction des besoins et de la ligne éditoriale.
La rubrique « Documentation et multimédia »,
accessible par onglets, a été réorganisée pour
mettre en valeur l’information et offrir une
meilleure lisibilité. Une bibliothèque de vidéos
sur la retraite complémentaire est disponible.
Trois nouvelles rubriques ont été
créées : « Comprendre sa retraite
complémentaire », « Demander sa
retraite complémentaire », « La retraite
complémentaire à votre service ».
En un clic, elles donnent accès à des
informations pratiques (les cotisations,
comment ça marche ? Vos démarches,
etc.) ou à des services (annuaires,
calculer votre retraite, etc.).
En 2009, deux accords ont été conclus au sein
de la branche retraite complémentaire
et prévoyance. L’un consacré à la diversité
et à l’égalité des chances, l’autre à l’emploi des
seniors. Pour les mettre en œuvre, l’Association
d’employeurs a établi une feuille de route pour
trois ans : les actions visent la promotion
de la diversité, l’égalité professionnelle
hommes/femmes, la gestion de la diversité
des âges et l’emploi des personnes en situation
de handicap. Pour coordonner l’ensemble
des actions, la branche s’est dotée d’un
« coordinateur diversité ». Il agit en relation
avec les « correspondants diversité »
et les directions des ressources humaines
des groupes de protection sociale ainsi
qu’avec des partenaires extérieurs.
➔ lire aussi l’article sur le site Internet
de l’action sociale p. 12 et 13.
+ 5 millions d’actifs
destinataires d’une
information retraite dans
le cadre de la campagne
du droit à l’information,
en 2010.
+ 7,2 %
en 2010. Le cap du million
d’entreprises ayant effectué
leur DADS-U sur
net-entreprises.fr est franchi
(1 080 268).
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Actualités
— En bref
Droit à
l’information
Pas d’EIG en 2010 !
Le 27 août, le Gip Info Retraite et les 35 régimes
qui le composent ont lancé leur campagne
annuelle d’information Retraite. Cette année,
ce sont quelque 5 millions de personnes qui
recevront, directement dans leur boîte aux
lettres, un courrier récapitulant l’ensemble
des droits à retraite obtenus depuis le début
de leur carrière.
Pour autant, 2010 ne sera pas exactement
une année comme les autres. Réforme des
retraites oblige, les actifs nés en 1954 ou 1955
ne recevront pas d’estimation indicative
globale (EIG). Les nouvelles mesures venant
tout juste d’être votées par le Parlement,
le Gip Info Retraite, en accord avec le
ministère du Travail et de la Solidarité, a décidé de reporter l’envoi de ces documents à
2011. En attendant, les actifs concernés recevront une « estimation indicative globale sans
estimation », autrement dit, l’équivalent d’un
relevé de situation individuelle (RIS).
Sont également touchées par cette disposition les EIG rectificatives adressées à partir
du mois de juillet 2010 aux personnes nées
entre 1950 et 1953 et ayant reçu leur EIG
dans le cadre des campagnes 2008 et 2009.
En revanche, pas de changement pour
les actifs nés en 1960, 1965, 1970 et 1975.
Leur relevé de situation individuelle leur sera
envoyé entre le 27 août et le 3 décembre.
Comme prévu ! l
/ 05
Forum
de
l’investissement
Cette année encore, les
visiteurs du Forum de
l’investissement, de l’épargne
et du placement, qui s’est tenu
à Paris les 8 et 9 octobre, ont
pu s’informer sur leur retraite
complémentaire de salarié et
en simuler le montant grâce
aux représentants de l’Agirc et
de l’Arrco présents sur le salon.
Salon
des microentreprises
Les 12, 13 et 14 octobre
derniers, l’Agirc et l’Arrco
étaient présentes sur le stand
Protection sociale et emploi
du Salon des microentreprises au Palais des
congrès à Paris, aux côtés
de l’Urssaf, du RSI, de Pôle
Emploi et de la CCVRP.
Les conseillers ont informé
les futurs créateurs ou
repreneurs d’entreprises de
leurs droits et obligations en
matière de protection sociale.
La loi de réforme
des retraites
Le projet de loi de réforme des retraites de base a été adopté
par le Sénat le 26 octobre puis par l’Assemblée nationale le
27 octobre. Saisi le 2 novembre par les parlementaires de
l’opposition, le Conseil constitutionnel a 30 jours pour se
prononcer sur la validité de la réforme. Une fois le texte
définitif promulgué par le président de la République, la loi
entrera en vigueur après sa publication au Journal officiel.
Principaux points retenus
En réponse à la problématique du financement des retraites,
le législateur a introduit des mesures d’âge. L’âge légal de
départ à la retraite passe graduellement de 60 à 62 ans : il augmentera de quatre mois par an, selon l’année de naissance, à
partir du 1er juillet 2011 pour atteindre 62 ans en 2018. L’âge
de départ à la retraite à taux plein, actuellement fixé à 65 ans,
sera progressivement porté à 67 ans. Cependant, le droit au
départ en retraite à 60 ans est maintenu pour toute personne
dont l’état de santé serait dégradé suite à des contraintes professionnelles physiques importantes, des rythmes de travail particulier, etc. Le taux d’incapacité au-dessus duquel s’appliquera
cette mesure sera arrêté par décret.
Deux nouvelles dispositions d’information des actifs sont
introduites, dont les modalités d’application seront précisées par décret : un document d’information sur le système
de retraite par répartition sera envoyé aux assurés qui
valident pour la première fois un trimestre et un « rendezvous retraite » sera ouvert à 45 ans.
Enfin, un comité de pilotage des organismes de retraite
est créé. Il veillera au respect des objectifs fixés, dans
l’optique d’un retour à l’équilibre des régimes de base à
horizon 2018. Un décret à paraître en précisera la composition et les modalités d’organisation. l
En savoir +
➔ Lire Le Mémento de l’administrateur n° 74.
➔ Consulter les sites Internet : www.observatoire-retraites.org
(rubrique Dossiers) et www.retraites2010.fr
17,529 millions
de cotisants
à la retraite
complémentaire en
2009, dont 3,737
millions de cadres.
11,216 millions 2,487 millions
d’allocataires Arrco en 2009.
d’allocataires Agirc en 2009.
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enfant
Actualités
06 /
Qualité de service —
Comment remédier
à l’insatisfaction du client ?
Traiter dans les meilleurs délais les réclamations déposées(1) par les
clients de la retraite complémentaire auprès de leur caisse de retraite
est un objectif que fixent les fédérations Agirc et Arrco à ces dernières.
E
n 2008, un groupe de travail(2) a été
constitué pour assurer un suivi du traitement
des réclamations inscrit dans les contrats
d’objectifs 2008-2010 des institutions. Ses
missions : recenser les usages en la matière
et faire remonter les problématiques et
dysfonctionnements qui peuvent être liés aux
outils et process de production(3), par exemple.
La première étape pour le groupe de travail
a consisté à réunir les bonnes pratiques et à
proposer une définition de la réclamation :
« La réclamation d’un client est l’expression
justifiée ou non d’une insatisfaction à l’égard
d’une prestation de service non conforme
à ses attentes. »
Aujourd’hui, le groupe de travail a posé les
bases d’une procédure minimale et commune
de suivi dans les groupes. Ainsi, la résolution
d’une réclamation doit intervenir dans les
15 jours calendaires au maximum. Une typologie des motifs d’insatisfaction a été retenue
afin de faciliter leur examen :
• « attente manifeste » (délai trop long ou non
respecté, silence, etc.),
• « désaccord » du client,
• « incompréhension » après une relation
écrite ou orale avec une institution,
• « qualité du contact ».
La recevabilité et les modalités de traitement
des insatisfactions restent bien entendu de
la compétence de chaque groupe qui remonte,
chaque fin d’année, le volume de ses réclamations à la direction des objectifs et de la
qualité Agirc-Arrco. Celle-ci se charge d’établir
une photographie annuelle pour la retraite
complémentaire (voir colonne de droite). l
Photographie 2009
➔ La majorité des réclamations (54 %)
sont effectuées par des retraités et
demandeurs de retraite.
➔ Canal principal : le téléphone (45,8 %).
➔ Près de 86 % des réclamations sont
traitées dans un délai de 15 jours.
➔ Le délai d’attente pour une réponse
(« attente manifeste ») est un motif
d’insatisfaction récurrent.
(1) Courrier, mail, téléphone, fax ou plainte orale auprès de
l’accueil physique d’un groupe.
(2) Il est composé de représentants des groupes paritaires
de protection sociale, de la direction des objectifs et
de la qualité et de la direction de la réglementation
Agirc-Arrco.
(3) Outils communautaires de gestion : relevé actualisé de
points de retraite (rap), etc.
Les réclamations
et le GIE Agirc-Arrco
La direction de la réglementation
Agirc-Arrco reçoit elle aussi des
réclamations. Elles sont enregistrées sur
le logiciel Ennov, selon la même typologie
des motifs. C’est l’instance d’arbitrage
de la direction de la réglementation
qui traite les réclamations à caractère
réglementaire(4) et plus généralement
les demandes d’information.
(4) Un mécontentement sur les périodes
de carrières non prises en compte, par exemple.
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Actualités
/ 07
— Déclarations sociales
Vers la norme 4DS
en janvier 2012
AISS
Tendances émergentes
Plus de 300 chercheurs, décideurs politiques,
administrateurs et membres de la communauté
internationale de la Sécurité sociale se sont réunis
du 29 septembre au 1er octobre 2010, au Luxembourg,
dans le cadre de la Conférence internationale d’analyse
et de recherche organisée par l’Association internationale
de Sécurité sociale (AISS). Elle avait pour thème :
« Tendances émergentes dans un monde instable :
nouveaux défis et opportunités pour la Sécurité sociale ».
S’inscrivant dans une démarche prospective, les
participants ont pu échanger sur la manière dont
la Sécurité sociale pourrait s’adapter aux nouveaux défis
qui se présentent à elle, notamment aux transformations
structurelles de la population ou encore aux crises
multiples qui frappent le monde aujourd’hui.
En savoir +
➔ http://www.issa.int/fre/Breves-et-evenements/Events/
Conference-internationale-d-analyse-et-de-recherche-ensecurite-sociale
Internet
La bourse de l’emploi évolue
En cette rentrée 2010, la bourse de l’emploi
de la branche retraite complémentaire et prévoyance
a été totalement rénovée. Avec un design plus actuel,
plus dynamique et proche des principaux sites
de recherche d’emploi, la consultation des offres
d’emploi est désormais plus conviviale, facilitée,
mais devient surtout accessible à tous et notamment
aux personnes handicapées.
S’inscrivant dans une logique de politique globale
de promotion des métiers de la branche, la bourse
de l’emploi est depuis le mois de septembre accessible
via le site de l’Observatoire des métiers
(http://obsmetiers.rcp-pro.fr). Son ouverture
au grand public devrait par ailleurs contribuer
à attirer de nouveaux talents au sein des groupes
paritaires de protection sociale.
La norme DADS-U(1), qui permet
à toute entreprise de déclarer les
données sociales de l’année civile
précédente auprès des organismes
de protection sociale, évolue.
D
u nouveau en matière de déclarations sociales dématérialisées !
L’arrêté interministériel du 9 juillet 2010 (art. 3) annonçant la substitution
au 1er janvier 2012 de la norme 4DS (N4DS) à la norme DADS-U a été
publié au Journal Officiel le 7 août dernier. La norme 4DS a l’avantage
d’être plus simple. Elle pourrait devenir à terme celle de la future déclaration
sociale nominative (DSN)(2).
Pour préparer l’échéance de 2012, une collaboration avec des éditeurs
de logiciels de paie, qui doivent fournir une mise à jour de leur logiciel dès le
début de l’année 2011, et des entreprises volontaires a été lancée par les organismes nationaux de protection sociale. D’avril à mi-juin 2010, cette phase
pilote a permis de s’assurer de la bonne compréhension du cahier technique
N4DS qui servira de référence aux développements informatiques. Ce cahier
a été publié le 16 juillet.
Prochaine étape pour la retraite complémentaire : s’assurer que les outils
et les circuits essentiels pour le traitement des états nominatifs annuels (ENA)
dématérialisés seront opérationnels pour l’échéance de janvier 2012 sans
que cela représente une « révolution » au sein de notre organisation, tout en
allégeant les processus de traitement. l
(1) Déclaration automatisée des données sociales unifiée.
(2) Lire La Retraite complémentaire Agirc-Arrco n° 25, p. 9.
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08 /
Tendances
Activité des femmes —
L’activité des femmes, qui n’avait cessé d’augmenter au cours des quarante
dernières années, marque le pas. Mais de manière inégale selon le niveau
d’études, l’âge et le nombre d’enfants. Éclairage.
Quelles évolutions
depuis 1975 ?
Schéma 1 : le taux d’activité des femmes de 35-49 ans
dépasse à présent celui des femmes plus jeunes
(En pourcentage - Source : Insee, enquêtes emploi de 1975 à 2008, calculs Agirc-Arrco)
67 %
49 %
72 %
66 %
Hommes
76 %
72 %
78 %
77 %
80 %
79 %
82 %
80 %
25-34 ans
84 %
81 %
35-49 ans
100
35-49 ans
80
Femmes
25-34 ans
60
40
20
0
1978
D
epuis le milieu des années 1970, les
femmes sont de plus en plus présentes sur le
marché du travail. En 2008, 83 % des femmes âgées de 25 à 49 ans étaient actives (en
emploi ou au chômage). Elles n’étaient que
60 % en 1975. Pour cette même tranche d’âge,
95 % des hommes sont actifs, un taux en baisse
de deux points sur les 35 dernières années.
Cette évolution notable cache cependant
des disparités importantes.
Le poids des enfants
Alors que le taux d’activité des jeunes femmes (25-34 ans) progresse régulièrement
jusqu’au milieu des années 1990 où il atteint
1983
1988
80 %, il se stabilise lors de l’élargissement de
l’allocation parentale d’éducation (APE)(1).
Selon les études, entre 100 000 et 150 000
mères (sur les 300 000 mères de deux enfants
bénéficiant de cette mesure) ne se seraient
pas arrêtées de travailler à la naissance de leur
deuxième enfant si cette mesure n’avait pas
existé. Après 35 ans, et alors que les enfants
ont grandi et vont à l’école, les femmes reprennent le chemin du marché du travail et
leur taux d’activité augmente. Actuellement,
il est de 84 % pour les femmes âgées de 35 à
49 ans ; il était de 58 % en 1975. À ces âges,
le taux d’activité des femmes de plus de
35 ans est donc supérieur à celui des femmes
1993
1998
2003
2008
plus jeunes (schéma 1). Tandis que, dans les
années 1970-1980, les femmes jeunes se sont
massivement portées sur le marché du travail,
et continuent de travailler alors qu’elles ont
atteint la quarantaine, celles qui arrivent
depuis quinze ans sur le marché interrompent plus facilement leur carrière au moment
de la maternité (schéma 2).
Une plus grande précarité
Les femmes âgées de 25 à 49 ans sont également plus souvent au chômage que les hommes : en 2008, 6,3 % de ces femmes étaient
au chômage contre 5,5 % des hommes. Et
leurs conditions d’emploi ne sont pas non
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Tendances
/ 09
27 %
c’est l’écart de salaire
horaire entre les hommes
et les femmes.
Schéma 2 : l’activité
des femmes dépend
fortement du nombre
de leurs enfants
et de leur âge
90 %
des femmes sans
enfant sont en
activité.
(contre 94 %
des hommes)
83 %
C’est le taux
d’activité des
femmes âgées de
25 à 49 ans. Il était
de 60 % en 1975.
43 %
des femmes ayant au
moins 3 enfants dont
le plus jeune a moins
de 3 ans travaillent.
(contre 96 % des hommes)
plus les mêmes : les femmes travaillent davantage à temps partiel (30 % d’entre elles contre
4 % des hommes entre 30 et 49 ans) et occupent plus souvent des emplois précaires (10 %
contre 7 % des hommes).
Inégalité salariale
Entre 39 et 49 ans, les hommes gagnent en
moyenne 27 % de plus par heure que les femmes. Or, la montée du niveau d’éducation des
femmes aurait dû déboucher sur une forte
réduction des inégalités salariales, voire sur leur
inversion. La persistance de cette discrimination pourrait, elle aussi, être due aux enfants.
Cette hypothèse a été testée par trois chercheurs
de l’Ined et de l’Insee(2) (voir article paru dans
la revue de l’OFCE).
➔ Une comparaison entre les salaires horaires des femmes âgées de 39 ans à 49 ans n’ayant
pas interrompu leur activité professionnelle
et celles du même âge ayant interrompu leur
activité pour s’occuper de leurs enfants (soit
42 % des femmes de ce groupe d’âge) a été
établie. En moyenne, le salaire des premières est plus élevé de 23 % que celui des secondes. Cet écart s’explique très largement par
des caractéristiques observables : moindre
expérience professionnelle due à l’interruption d’activité, niveau de diplôme et conditions d’emploi.
➔ Dans un deuxième temps, les écarts de
salaire horaire ont été mesurés entre les femmes n’ayant pas interrompu leur activité et
l’ensemble des hommes, en se limitant aux
39-49 ans. Dans ce cas, et alors même que les
femmes de cette catégorie sont plus diplômées, ont la même expérience professionnelle
et un peu plus d’ancienneté dans l’emploi,
les hommes perçoivent en moyenne 17 % de
plus que les femmes. Et l’essentiel de cet écart
n’est pas expliqué par des caractéristiques individuelles ou professionnelles observables. l
(1) L’allocation parentale d’éducation (APE) était attribuée
jusqu’aux 3 ans de l’enfant à compter de la troisième
naissance de 1985 à 1994, puis du deuxième de 1994 à 2003.
Elle a été remplacée par le complément de libre choix
d’activité (CLCA), attribué dès le premier enfant depuis
le 1er janvier 2004.
(2) Ined : Institut national d’études démographiques.
Insee : Institut national de la statistique et des études
économiques.
Sources : « Activité féminine et composition familiale
depuis 1975 », C. Minni et J. Moschion - Paris : ministère de
l’Économie, de l’Industrie et de l’Emploi (Dares Analyses,
n° 27), mai 2010.
« Enfants, interruptions d’activité et écart de salaire entre
les sexes », D. Meurs, A. Pailhé et S. Ponthieux, in « Les
discriminations entre les hommes et les femmes », Revue
de l’OFCE n° 114, juillet 2010.
En savoir +
➔ L’étude complète est consultable
sur www.observatoire-retraites.org,
rubrique Dossiers.
Les Cahiers de la retraite complémentaire — N° 1 — 3e trimestre 2010
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10 /
Le point sur
Accord national —
Après un an de mise en œuvre de l’accord sur la gouvernance(1)
des groupes paritaires de protection sociale, l’heure est à
un premier bilan. Revue de détail.
Gouvernance :
A
état des lieux
vec la signature, le 8 juillet 2009,
de l’accord sur la gouvernance des groupes
paritaires de protection sociale, les parte-
naires sociaux ont exprimé à l’unanimité leur
volonté d’exercer « pleinement leur rôle dans
le pilotage et le contrôle des groupes ».
Depuis, au rythme d’une réunion par trimestre, l’instance de coordination AgircArrco-Ctip chargée de mettre en place le
cadre de cette gouvernance a mené les mis-
sions qui lui ont été confiées par l’article 16,
en fixant les premiers éléments phares de la
gouvernance des groupes paritaires de protection sociale (GPS).
Les statuts de référence des groupes(2),
modifiés par un groupe de travail ad hoc et
en lien avec le Ctip, ont été arrêtés afin de
prendre en compte les dispositions de l’accord.
Ces nouveaux statuts mettent notamment fin
à la notion de groupe simple(3), l’ensemble
Questions à
Bernard Devy - Président de l’instance de coordination
“Une gouvernance
qui s’est complexifiée”
Quel bilan faites-vous au
terme de près d’un an de
fonctionnement de l’instance
de coordination ?
Un bilan positif dans la mesure
où cette instance, qui s’est réunie
pour la première fois en décembre 2009, a très rapidement pris
ses marques, montrant toute
l’utilité de créer, au-delà des
questions qui concernent la
retraite et la prévoyance stricto
sensu, une structure de suivi des
groupes de protection sociale
eux-mêmes.
Quel point de la gouvernance
vous paraît fondamental
pour l’exercice en cours ?
Nous avons à éclairer de nombreuses questions et je ne m’inquiète
pas pour l’activité de l’instance
de coordination en 2011. Cette
instance est une concrétisation
de l’attachement des
partenaires sociaux aux groupes
paritaires de protection sociale,
structures originales dont nous
avons coutume de dire qu’elles
marchent sur deux jambes :
l’activité d’intérêt général avec
la retraite complémentaire ;
l’activité concurrentielle avec la
prévoyance et plus largement
l’assurance de personnes.
Les groupes obéissent
aujourd’hui à une gouvernance
qui s’est complexifiée et il est
essentiel qu’au travers de formations adaptées nous puissions
aider les administrateurs
d’associations sommitales
à bien comprendre leur rôle
et leurs responsabilités dans
les différentes instances
de gouvernance.
des GPS devant désormais être doté d’une
association sommitale(4) et de structures de
moyens placées sous une direction unique.
Les statuts introduisent de surcroît les
dispositions de l’accord révisant le régime des
incompatibilités appliqué aux présidences
des institutions de retraite complémentaire
(incompatibles avec une présidence ou viceprésidence d’une entité du même groupe)
ainsi que l’appellation des institutions qui
peut désormais associer le nom du groupe.
Installée en décembre 2009, l’instance
de coordination, composée des présidences
de l’Agirc, de l’Arrco et du Ctip ainsi que
des représentants des partenaires sociaux non
déjà représentés et associant les directions
générales de l’Agirc, de l’Arrco et du Ctip, a
réalisé les travaux commandés par l’accord.
L’instance a porté à sa présidence Bernard
Devy, par ailleurs vice-président de l’Arrco
(voir interview ci-contre) et Bernard Lemée,
par ailleurs président du Ctip.
“Ces nouveaux
statuts mettent
notamment fin
à la notion de
groupe simple.”
Bernard Devy /
Président de l’instance de coordination
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Le point sur
convention type
Le modèle type de convention de fonctionnement des GPS a été approuvé par les instances
de l’Agirc, de l’Arrco et du Ctip et transmis
aux présidences et aux directions générales des
groupes. Il a été soumis aux conseils respectifs
de l’Agirc, de l’Arrco et du Ctip. L’article 3 de
l’accord stipule que la convention « engage
chaque membre vis-à-vis du groupe et de ses
règles de fonctionnement et énonce clairement
les attributions respectives de l’association sommitale, des organes communs de gestion et de
chacun des membres du groupe ».
La signature de la convention de fonctionnement par un nouveau partenaire du GPS,
indépendamment de son appartenance à
l’association sommitale, marque son adhésion
aux principes de fonctionnement spécifiques
au groupe ; l’association sommitale pouvant
disposer ainsi des éléments les plus complets
sur la cartographie, les activités, les comptes
et les risques au sein du groupe.
L’article 16 de l’accord a par ailleurs confié
à l’instance de coordination Agirc-Arrco-Ctip
le soin « d’éclairer les conseils d’administration des associations sommitales » en élaborant
« une méthode permettant d’analyser la légitimité d’inscrire, dans le périmètre d’un GPS,
un partenariat, une participation ou, plus généralement, une activité du champ concurrentiel
et d’en assurer le contrôle paritaire ».
Ainsi, sous réserve de réunir un certain nom-
bre de critères, les partenariats engagés au sein
du groupe dans son champ concurrentiel doivent être soumis à l’approbation de l’association
sommitale et faire l’objet d’une lettre d’intention préalable à l’instance de coordination
Agirc-Arrco-Ctip(5). Une méthode d’analyse
s’appuyant sur la recommandation du Ctip,
publiée en octobre 2009 sur l’évolution
du champ d’activité d’une institution de
prévoyance, fournit les outils d’aide à
l’analyse de la fiabilité et de la cohérence
du projet.
C’est à l’aune de son intérêt stratégique,
de sa logique financière ou réglementaire, de
sa valeur ajoutée sur l’offre de services, de sa
prudence et de sa lisibilité qu’un projet de
partenariat sera examiné. Il le sera aussi sur
sa compatibilité avec l’identité du membre
et avec la gestion paritaire du groupe.
une année productive
Autre élément d’éclairage élaboré par l’instance
de coordination et arrêté par les trois conseils
d’administration : la définition du processus de
décision de regroupement de GPS qui associe
les fédérations Agirc et Arrco et le Ctip.
Soumis in fine à l’autorisation des fédérations Agirc et Arrco, le dossier de regroupement
de GPS doit être examiné par l’instance de
coordination et faire l’objet d’un avis consultatif du conseil d’administration du Ctip.
L’objectif de méthodologie et de normes
/ 11
confié par l’accord du 8 juillet 2009 à l’instance de coordination est ainsi en passe d’être
atteint. La mise en place de modules de formation spécifiques aux administrateurs siégeant
dans les conseils d’associations sommitales
constitue un élément supplémentaire prévu
à l’agenda 2010.
L’instance de coordination a également
décidé, en accord avec les instances de l’Agirc,
de l’Arrco et du Ctip, de s’appuyer sur une
instance de réflexion, d’analyse et de proposition composée des directeurs généraux des GPS
traitant des grands thèmes afférents au fonctionnement des groupes de protection sociale.
Les GPS ont été informés le 19 juillet 2010,
par une lettre commune Agirc-Arrco-Ctip
signée du président et du vice-président
de l’instance de coordination, des résultats
de cette première année de travail faisant suite
à l’accord.
Pour clore sa première année de mandat,
l’instance de coordination va, comme le
prévoit l’article 16 de l’accord, établir une
première version du rapport annuel sur les
groupes de protection sociale et mettre à jour
la cartographie des groupes élaborée lors des
travaux préparatoires de l’accord. l
(1) Lire Retraite complémentaire Agirc-Arrco, n°s 23,
25 et 26.
(2) Ensemble de textes, adoptés par les groupes, qui
posent les objectifs et les règles de fonctionnement.
(3) Ce type de groupe, composé d’organismes paritaires
et/ou d’organismes à but non lucratif, est constitué
en une association ayant un double rôle politique et
de gestion.
(4) Structure unique de pilotage et de contrôle , à la tête
du groupe paritaire de protection sociale.
(5) C’est ainsi que le projet de partenariat entre le
groupe Malakoff Médéric et la CNP Assurances a
été examiné par l’instance de coordination qui a
transmis à l’association sommitale du groupe un
avis favorable en juin 2010.
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à venir
12 /
Réfléchir et agir pour demain —
Mis en ligne le 5 octobre dernier, le nouveau site agircarrco-actionsociale.fr
propose un tour d’horizon très complet des activités de l’Agirc et de l’Arrco
dans le domaine de l’Action sociale.
Un nouveau site
pour l’Action sociale
Page d’accue
➔ La partie gauche du site renvoie vers les valeurs et les actes
fondateurs de l’action sociale.
Partie gauche
1
L
e site est destiné aux principaux
acteurs sociaux, partenaires de la retraite
complémentaire : les partenaires sociaux,
les administrateurs, les groupes de
protection sociale ainsi qu’ à toutes les
personnes et entités qui constituent l’environnement de la protection sociale
(les pouvoirs publics, les organismes partenaires, les chercheurs, les universitaires,
les experts, les associations…).
2
3
1 Nos publications
Liens vers plus de 80 documents
d’information complémentaire : textes
officiels, cartes, études, articles…
2 Les groupes de protection sociale
Liste et coordonnées des groupes
de protection sociale.
3 glossaire de l’action sociale
Définitions et sigles.
4 l’agirc et l’arrco
Informations générales sur les fédérations, leurs
missions, leur fonctionnement.
5 s’informer
➔ les annuaires : caisses de retraite,
centres de prévention, résidences…
➔ l’agenda : les inaugurations, les salons,
les évènements liés à l’action sociale.
➔ les contacts.
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6
7
à venir
/ 13
“Notre objectif : accroître
la visibilité des actions menées sur
le terrain par les groupes, dans
le prolongement des orientations
définies par les fédérations.”
Anne Saint-Laurent / Directrice de l’action sociale Agirc-Arrco
Pour l’Action sociale, la réflexion précède l’action
Suivant ce principe, le site propose une navigation horizontale
autour de la page d’accueil.
age d’accueil
5
6
➔ La partie droite présente les actions dans les trois domaines d’intervention
de l’action sociale : la prévention du vieillissement, le soutien à domicile,
l’accompagnement en établissement.
Partie droite
7
8
4
6 se documenter
Accès à tous les documents utiles sur le thème de
l’action sociale : textes officiels, études, rapports,
bilans, notices d’information, articles parus dans
les publications de l’Agirc et de l’Arrco…
8
9
9
➔ le soutien à domicile : l’aide à domicile
d’urgence, le conseil-logement en ergothérapie,
l’aide aux aidants…
➔ l’accompagnement de la perte d’autonomie
dans des établissements spécialisés : le plan
médico-social et sanitaire, la bientraitance…
centre de prévention, extension du dispositif
Sortir Plus, démarrage du conseil-logement
en ergothérapie…
9 Bilans de l’Agirc et de l’Arrco
Les rapports d’activité de l’Action sociale.
7 Rubriques pour les trois grandes
orientations de l’Action sociale
➔ la prévention : les centres de prévention,
le bilan de prévention, le service Sortir Plus,
les études « Bien vieillir »…
8 Des exemples concrets d’action
Pour chaque type d’action, des exemples
concrets sont donnés et mis à jour
régulièrement : inauguration d’un nouveau
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L’enjeu
Comprendre —
Année après année, le programme de convergence
informatique, lancé en 2004 par les partenaires sociaux,
améliore concrètement le service de la retraite complémentaire.
Tour d’horizon des réalisations et nouveaux défis.
Convergence
informatique :
réussir ensemble
R
egroupement des plates-formes informatiques, mise
en place de traitement pour compte commun,
construction des briques de l’Usine Retraite par les groupes
producteurs, début des déploiements dans les groupes précurseurs… même si, en termes de coûts informatiques, le
temps du retour sur investissement n’est pas encore venu, les
acquis du programme de convergence permettent déjà de
répondre à la forte demande de service global émanant des
salariés et des entreprises. Jean-Jacques Marette, directeur
général de l’Agirc et de l’Arrco, se dit, plus que jamais, confiant
dans la capacité de la communauté informatique de la
retraite complémentaire à relever les prochains défis : « Nous
pouvons être fiers du formidable travail accompli jusqu’ici.
Nous avons su dépasser les difficultés d’une phase complexe
de production et l’implication que nous pouvons observer
dans les groupes constitue aujourd’hui la meilleure garantie
de réussite pour les prochains déploiements et l’accompagnement des gestionnaires sur le terrain. » l
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L’enjeu
/ 15
24 %
C’est, compte tenu du poids
des briques et des groupes,
l’avancement relatif du
déploiement de l’Usine Retraite
en 2010. Il sera de 40 % en 2011,
72 % en 2012 et 98 % en 2013.
Le contexte
Les acquis
de la convergence
:
Les trois volets du programme de convergence
informatique se mettent progressivement en place.
➔ Stabilisation des regroupements
de plates-formes informatiques.
De 66 systèmes d’information (SI) et 44 platesformes informatiques en 2000, nous sommes
descendus à 12 SI(1) et 6 plates-formes(2).
➔ Plusieurs traitements pour compte
commun : le Collecteur Sud par Pro BTP ;
Simplifications administratives et Editique Cicas
par Malakoff Médéric ; Appels Indirects Acoss
par Ircem.
➔ L’Usine Retraite est une réalité. Depuis un
an, des sous-ensembles de l’UR sont entrés en
exploitation et la dernière brique (Allure(3)) a été
déployée en octobre chez Réunica. Les groupes
précurseurs (AG2R, Aprionis, D&O, Réunica)
préparent déjà les versions 2 des briques pour
un début de déploiement fin 2011.
(1) SMR ADSI, GICR, GIPS, Cigma, GCA, Mornay, G3C,
Malakoff, Sicap, AG2R, Isica, Convergence.
(2) Alcire, Aramice, SI2M, Amicap, AG2R-Isica, Systalians.
(3) Elle permet le versement des retraites et la gestion
du dossier du retraité.
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16 /
L’enjeu
Comprendre —
En modernisant son image et en lui donnant plus de poids, les progrès
de la convergence informatique renforcent la retraite complémentaire.
Pour aboutir, l’informatique de la retraite complémentaire doit encore
harmoniser ses méthodes et ses outils mais aussi repenser le pilotage
de ses ressources et de ses coûts. Les explications de Daniel Lefebvre,
directeur de la DSI-RC.
O
Revisiter notre organisation
pour réussir les déploiements
ù en est le programme
de convergence informatique ?
D. L. : Toutes les briques sont produites et, de-
puis octobre, elles sont toutes déployées. Le
déploiement avance bien grâce à la forte implication des équipes informatiques dans les
groupes producteurs et des gestionnaires dans
les groupes précurseurs. Il reste évidemment
beaucoup à faire pour corriger les anomalies
sur ces premières versions des briques et les
faire évoluer pour qu’elles intègrent les spécificités réglementaires des groupes qui vont
se lancer. Dans les prochains mois, l’effort
portera moins sur les aspects techniques que
sur l’accompagnement des gestionnaires afin
d’amortir le choc du démarrage.
Quels seront les facteurs clés du succès
demain ?
D. L. : Il faut que notre mobilisation soit aussi
forte dans la phase de déploiement que dans
celle de production. Pour les prochains déploiements, nous allons pouvoir capitaliser
sur les expériences des groupes précurseurs.
À cet égard, nous allons avoir un besoin croissant de mutualiser nos ressources. Il faut que
les groupes en prennent conscience et qu’ils
acceptent de mettre leurs « sachants » à la
disposition de ceux qui vont en avoir besoin.
Sans cela, nous pourrions nous retrouver en
grande difficulté dans la phase de déploiement.
Le programme dépend, en la matière, de la
bonne volonté des groupes. Cette situation
illustre d’ailleurs les limites de notre organisation actuelle pour relever les prochains défis.
C’est pourquoi il nous faut engager de
profondes réflexions sur notre gouvernance,
au plus haut niveau.
Le schéma directeur informatique 2011-2014
répond-il à cette question ?
D. L. : La réflexion menée par la communauté
informatique RC dans le cadre du schéma
directeur nous permet d’ordonner les problématiques et de préciser nos besoins, comme
la gestion globale du patrimoine de compétences informatiques. Le schéma directeur
offre donc des pistes de réflexion sur la
gouvernance. Il affirme par exemple notre
250
collaborateurs issus des groupes
ou des plates-formes informatiques
ont été mobilisés pendant une année
dans 24 groupes de travail par
l’élaboration du schéma directeur
informatique 2011-2014.
objectif de réduire sensiblement notre recours
aux prestataires extérieurs. Pour une raison
de coûts, bien sûr, mais aussi pour conserver
la maîtrise technique de nos opérations
dans le contexte de la sophistication de nos
systèmes. D’ici à la fin de l’année, nous allons
donc lancer un projet « prestataires » visant
notamment à internaliser à nouveau un
certain nombre de tâches. l
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L’enjeu
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Mieux comprendre
nos dépenses informatiques
1PVTTJO
En 2009, les coûts informatiques se sont élevés à 483 millions d’euros. Soit une augmentation
de 43 millions d’euros par rapport à 2008 (15 millions pour la construction des briques et 21 pour
le déploiement). Un résultat décevant pour Dominique Poussin, secrétaire général de la DSI-RC :
« Certes, nous sommes en phase d’investissement mais, en toute logique, les charges liées aux
applications qui doivent prochainement disparaître devraient diminuer... »
Pour y voir plus clair, des groupes de travail associant les contrôleurs de gestion des groupes ont été
constitués en 2009, afin d’appliquer à ces dépenses une méthode d’analyse des coûts basée sur les
activités et non plus seulement sur les moyens ou ressources. « Grâce à cette démarche communautaire,
nous savons maintenant à quoi correspondent les dépenses constatées, analyse Dominique Poussin,
et nous pouvons par exemple estimer qu’environ 10 % du total des coûts correspondent à des
investissements sur d’anciens applicatifs. » Prochaine étape : approfondir ces informations auprès
des groupes et les convaincre de structurer les outils de gestion de leur plate-forme informatique
selon la même méthode d’analyse normalisée.
Schéma directeur
Au-delà de la convergence informatique
Le schéma directeur
informatique 2011-2014
donne une perspective à
l’évolution de l’informatique
RC, à travers quatre enjeux :
l réaliser le déploiement
de l’UR,
l réduire les coûts
informatiques,
l répondre aux
besoins métier,
l renforcer
l’informatique RC.
Pour Frédéric Coutard,
directeur du cadrage
stratégique, il s’agit d’aller
plus loin que le programme de
convergence informatique :
« Les orientations du schéma
directeur dépassent la mise
en place de l’Usine Retraite
ou même le programme
de convergence.
Seule, la convergence
informatique ne garantit, en
effet, ni l’harmonisation des
méthodes et des outils ni la
réduction des coûts ni, enfin,
la construction d’un système
d’information industriel
et pérenne, susceptible de
répondre aux nouveaux
besoins métier. »
$PVUBSE
Les objectifs
Une retraite complémentaire plus forte
Une image plus moderne
La mise en place de la
Plate-forme retraite
complémentaire (PRC) permet
aujourd’hui un traitement
unique des dossiers de retraite
Agirc et Arrco. Par ailleurs,
avec la mise en ligne sur
Internet du relevé actualisé
de points Agirc et Arrco, les
salariés disposent d’une vision
complète de leurs droits.
Aux yeux de tous, la RC est
désormais capable de délivrer
une qualité de service
homogène tout au long de la
carrière d’un salarié, quel que
soit son groupe d’adhésion.
Un poids renforcé
dans la retraite…
Grâce au programme de
convergence informatique, la
RC peut mobiliser l’ensemble
des ressources informatiques
des groupes et des
fédérations. Une condition
indispensable pour s’associer à
de grands projets nationaux,
des missions transverses ou
d’intérêt général comme ce fut
le cas pour la mise en place du
droit à l’information des actifs
(loi Fillon). Pro BTP avait alors
développé l’outil (Collecteur
Sud) et ainsi renforcé la place
des régimes au sein de la
protection sociale.
… et au-delà
Enfin, la retraite
complémentaire peut
participer plus activement au
service global de la protection
sociale : à travers l’Usine
Retraite qui permet d’afficher
une image homogène de la
retraite complémentaire et
d’en améliorer la lisibilité ; avec
la production des briques
« AIACOSS » et « Simplifications
Administratives » qui profitent
à l’ensemble des organismes
de protection sociale…
La retraite complémentaire
fait désormais figure d’acteur
majeur du service global
de la protection sociale,
aux côtés de l’Unédic,
de la Cnav et de l’Acoss.
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L’enjeu
Comprendre —
Anticiper et soigner les migrations, ne pas se faire aspirer par la correction
des bugs au détriment de la préparation des deuxièmes versions
des briques… tels sont les principaux défis des équipes projets
depuis le démarrage de l’Usine Retraite.
Déploiements :
les défis de l’après-démarrage
Allure
Un déploiement
bien sécurisé
➔ La brique Allure est la dernière à être
déployée. Elle est aussi, sans doute,
la plus attendue car elle remplace le
système GICR Allocataire utilisé par de
nombreux groupes. Elle peut également
être implémentée indépendamment
des autres. L’enjeu est fort vis-à-vis des
retraités et particulièrement sensible,
car cette brique traite le paiement des
allocataires. Il fallait donc un processus
de déploiement sécurisé maintenant les
deux SI pour garantir la continuité de
service « dans tous les cas ». Mais aussi
opérer trois bascules à blanc ; sept
recettes en volumétrie réelle ; démarrer
avec trente gestionnaires avant de
l’étendre à l’ensemble. Avec, pour limiter
encore les risques, un démarrage
reporté de juillet à septembre.
O
nze mois après le déploiement des
premières briques dans les groupes
précurseurs, un premier bilan s’impose. Et il
est plutôt encourageant : pour Aprionis et D&O,
par exemple, qui ont démarré les briques DNDroits-BBB l’année dernière, le retard par rapport à l’applicatif d’origine s’est limité à trois
ou quatre mois et la majorité des processus de
gestion sont aujourd’hui ouverts. « Compte
tenu du bouleversement que constitue l’abandon du système précédent, ce résultat est plutôt
satisfaisant », estime Thierry Diméglio, responsable de la direction opérationnelle des
programmes (DOP) de la DSI-RC.
Maintenance corrective et
évolutive : la pression monte
Sur le terrain, malgré ces réels motifs de fierté, l’heure n’est pas au relâchement. « Nous
sommes entrés dans une phase de gestion de
progiciel, explique le directeur de la DOP.
Nous devons à la fois maintenir la version existante et ajouter des fonctionnalités. » Les versions des briques qui tournent déjà ne seront,
en effet, pas celles que les groupes de la vague 2
pourront intégrer. Les précurseurs doivent
les faire évoluer en intégrant les particularités
(réglementaires principalement) des groupes
utilisateurs. Avec, à la clé sur le terrain, une
problématique de gestion des ressources bien
réelle. « Les chefs de projets ont naturellement
tendance à se laisser aspirer par la correction
des bugs qui gênent le bon fonctionnement
des V1 dans les groupes qui les exploitent
déjà au détriment de la préparation des V2 »,
constate Thierry Diméglio.
Or, le timing est contraignant car les particularités doivent être instruites (identification
des besoins et spécifications des fonctionnalités) avant la fin mars 2011, les six à huit mois
suivants étant consacrés au codage. « Il faut
donc rapidement dépasser ce palier et organiser les équipes car, si nous ne nous y prenons
pas maintenant, nous risquons de rater la
deuxième vague de déploiement », prévient
Thierry Diméglio.
Courir et partir à point
Pour réduire les délais de livraison et trouver
les ressources nécessaires à la construction
des versions suivantes, la DOP a engagé une
démarche d’industrialisation des process
de maintenance corrective fondée sur la
convergence des méthodes de travail et la
capitalisation de l’expérience.
Mais ce sont les groupes qui détiennent
véritablement la clé du respect des délais.
Notamment en prenant conscience de la complexité des projets de migration des données
et en les anticipant. « On imagine mal la com-
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L’enjeu
/ 19
Calendrier du déploiement
Entre 2012 et 2013, il faudra réaliser plus de 60 % du déploiement de l’UR. Passer d’un défi technique de coproduction des briques à un défi organisationnel.
2009
T3
Aprionis, D&O
Alcire
2010
T4
T1
T2
T3
2011
T4
T1
T2
2012
T3
T4
DN Droits
T1
T2
T3
Grecco
Allure
Grecco
DN Droits
Allure
ex Taitbout (Cirsic / Cirsia)
Droits
Grecco
T3
T4
Grecco
Allure
DN Droits
Ex Novalis
DN Droits / Grecco
Pro BTP, Agrica
Allure
Audiens
Allure
Malakoff Médéric, CRR
Allure*
Allure
DN Droits
ex Taitbout (Cre / Ircafex)
* Dates à l’étude, à confirmer.
T2
Grecco
DN
Mornay
SI2M
T1
DN Droits / Grecco
DN Droits / Grecco
Réunica
Amicap
2014
T4
Allure*
Prémalliance, DOM
Aramice
T3
DN Droits
Allure*
Grecco
Ex-Isica
Systalians
T2
Allure / DN Droits / Grecco
Apicil
AG2R
T1
Allure
Vauban Humanis
AG2R
2013
T4
Allure
DN Droits / Grecco
Allure
Droits
DN
Grecco
Droits
DN
Grecco
Allure
Grecco
DN Droits
Première phase de déploiement
Seconde phase
Dernière phase. L’Usine Retraite est complète
Déploiement en « big-bang »
Un support renforcé
plexité des chantiers de réhabilitation et de migration des données. Certains groupes ont,
pendant quarante ans, empilé les couches
réglementaires, les modifications de système
et les transformations de la structure des
données.
En outre, certains concepts propres à l’UR
(comme la notion de catalogue produit(1)) sont
parfaitement inconnus des systèmes natifs
de certains groupes. Il faut anticiper le plus
tôt possible ce travail préparatoire de conversion, de qualification et de réhabilitation
des données », insiste Carlos Lemos, responsable du chantier déploiement à la DOP.
D’autant que, dans un projet communautaire,
les paramétrages sont nombreux et les délais
pour obtenir une assistance, plus longs. « Il
n’est jamais trop tôt pour monter des équipes
et se lancer car il y a un monde entre la littérature sur le sujet et l’expérimentation des vraies
difficultés », conseille Carlos Lemos. l
(1) Référentiel des conditions d’adhésion contractuelles
permettant la gestion des adhésions passées et futures.
Carlos Lemos,
responsable
du chantier
déploiement
à la direction
opérationnelle
de la DSI-RC
La direction opérationnelle des programmes va
mettre en place un dispositif pour accompagner
les déploiements dans la durée et répondre plus
rapidement aux demandes. Il comportera deux
niveaux : un niveau central transverse capable
d’apporter à l’ensemble des groupes des
réponses sur le produit final, les chantiers de
migrations, la recette, tant sur les aspects
organisationnels que fonctionnels ; un niveau
décentralisé dans chaque équipe projet où
certains membres se consacrent désormais
exclusivement à trouver les réponses aux
questions du terrain.
Novalis Taitbout
L’Usine Retraite de A à Z
➔ Chez Novalis Taitbout, le programme de
déploiement se nomme « Azur, l’UR de A à Z ».
Une jolie trouvaille pour le groupe pilote qui, à
partir de 2011, déploiera l’UR dans son intégralité
et dont l’objectif est de valider le bon
fonctionnement de la solution globale. Pour la
première fois, les briques BBB, DN, Droits et Grecco
seront progressivement mises en place, au fur et à
mesure des besoins liés aux actes métier majeurs.
Et, à la différence des groupes précurseurs, les
équipes se focaliseront sur les process inter-briques.
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20 /
L’enjeu
Comprendre —
Ci-contre : Guy Brisson,
responsable accompagnement
du changement transverse
de la DSI-RC.
Avec les premiers déploiements de l’Usine Retraite, le dispositif
d’accompagnement du changement transverse met l’accent sur
les échanges entre les gestionnaires des groupes précurseurs et
les autres. Au programme, enquêtes et partage d’expériences.
P
Partager les expériences,
accompagner le changement
lus de 1 800 gestionnaires répartis dans
quatre groupes de protection sociale précurseurs utilisent actuellement l’Usine Retraite.
Des utilisateurs qu’il a fallu sensibiliser,
rassurer et former. Depuis 2008, les équipes
d’accompagnement du changement des
fédérations et des groupes ont multiplié les
modules de formations, les supports de communication (affiches, newsletter, cogito, capio,
films…) ou les outils d’aide au démarrage.
À l’écoute des nouveaux besoins
Dans ce processus d’accompagnement, un
« Baromètre UR démarrage » a été lancé
fin 2009. « Il nous a par exemple permis de
constater qu’après une première période globalement satisfaisante l’opinion de certains
gestionnaires d’Aprionis s’était dégradée. Il leur
manquait en fait un retour de la part du management dans certaines délégations locales. Grâce
au baromètre, des actions correctives ont pu être
menées très rapidement », précise Guy Brisson,
responsable accompagnement du changement
transverse de la DSI-RC.
Ces enquêtes régulières ont également permis d’identifier d’autres sources d’irritation
chez les 210 gestionnaires interrogés chez Aprionis et D&O. Dans les premiers temps du démarrage, par exemple, certains utilisateurs
avaient été surpris de ne pas disposer immédiatement de toutes les fonctionnalités.
C’est pourquoi, en début d’année 2010, la
direction opérationnelle des programmes a
élaboré des tableaux de bord, en collaboration avec les groupes et leur plate-forme informatique. Les utilisateurs disposent ainsi d’une
plus grande visibilité sur les fonctionnalités
de l’UR disponibles en phase de lancement.
Un dispositif
communautaire
par nature
En plus de l’équipe interne au GIE chargée
de la formation, de la mesure des écarts,
de la communication et de l’appui au
démarrage (paramétrage métiers des
applications), l’accompagnement du
changement transverse s’appuie sur un réseau
de 18 « porteurs » assurant le lien entre
le dispositif transverse GIE Agirc-Arrco
et le chantier de conduite du changement
propre à leur groupe.
Capitaliser sur les premiers
déploiements
En post-démarrage, l’enjeu principal de
l’accompagnement du changement transverse (ACT) est de renforcer le partage des
expériences des précurseurs pour renseigner
les groupes qui se préparent à déployer. « Audelà de l’analyse des impacts sur l’organisation
et les métiers, de la qualification du change-
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L’enjeu
Une Jirc post-démarrage
La 6e journée de l’informatique retraite
complémentaire, qui s’est tenue le 9 septembre
à la maison de la Chimie à Paris, a réuni près de
600 participants. Pour la première fois, elle
n’était pas tournée exclusivement vers les
équipes projets informatiques mais également
vers les gestionnaires et in fine les clients.
Objectif : faire le bilan de l’année écoulée et
dresser le panorama des différents chantiers en
cours. Invité spécial de cette édition, le directeur
technique et du développement de l’entreprise
Eiffel, qui a notamment conduit le chantier
du viaduc de Millau. Il a pu délivrer quelques clés
du succès de chantiers aussi complexes : des
équipes très expérimentées et une chaîne de
commandement ultra courte. Message reçu.
/ 21
Ce qu’il faut retenir
Les enjeux
➔ Faire converger intérêt général de
la retraite complémentaire et intérêt particulier
des groupes lors du développement des
briques comme du déploiement.
➔ Renforcer la place des régimes Agirc
et Arrco dans le monde de la protection
sociale en présentant une offre de service
unifiée appuyée sur un système commun.
➔ Renforcer la productivité
de la gestion par la maîtrise des coûts et
l’homogénéisation des systèmes et outils.
Les objectifs
ment et de l’adaptation des actions d’accompagnement dans des groupes qui ne se sont pas
encore mobilisés, nous devons maintenant capter l’expérience des groupes précurseurs pour
capitaliser et diffuser », insiste Guy Brisson.
Depuis le début des déploiements, les porteurs du changement intègrent ainsi dans leurs
rencontres trimestrielles de plus en plus
d’échanges intergroupes : témoignage de porteurs des groupes précurseurs, « Vis ma vie »
lors des réunions de présentation et de
sensibilisation des gestionnaires, practices
d’appropriation des méthodes et des outils,
mutualisation des méthodes…
Pour renforcer ces échanges, de nouveaux
outils ont également été développés. « Nous
avons lancé le réseau social bluekiwi en juin
2009 pour permettre aux porteurs d’échanger
entre eux et de travailler à distance. Cet outil
collaboratif est utilisé par les porteurs pour
des échanges intergroupes. Prochainement,
toutes les équipes de conduite du changement
devraient se retrouver sur bluekiwi pour
partager leurs bonnes pratiques », explique Véronique Krämer, en charge de la
Utilisation de l’UR :
des avis globalement
positifs
D’après le 9 Baromètre Démarrage Aprionis D&O, l’appréciation des gestionnaires devient
globalement positive. Depuis l’ouverture des
fonctionnalités de rectification des carrières,
les avis positifs deviennent majoritaires
concernant le fonctionnement de l’Usine
Retraite, la manipulation, le vocabulaire,
la réalisation des actes de gestion et le
dispositif d’assistance.
Les résultats sont en revanche plus mitigés
concernant la facilité à trouver l’information
et les réponses apportées aux questions.
e
communication DSI-RC. Enfin, en octobre,
un « Market Place(1)» a réuni 110 participants. À cette occasion, les groupes
précurseurs et pilote ont pu, encore plus
largement, partager leurs pratiques et leur
vision avec les groupes de la vague 2. l
(1) Lieu d’échanges : sur chaque stand, une idée/action
mise en œuvre par un groupe précurseur ou pilote est
présentée.
(2) Audiens, Mornay, Novalis Taitbout pour les briques BREF,
BAC, BST (dites briques BBB) ; Réunica pour la brique
Allure ; Malakoff Médéric pour la brique DROITS ; Aprionis,
D&O pour la brique DN et, enfin, AG2R Isica et Mornay
pour la brique GRECCO.
➔ Ramener les coûts informatiques
à 16 % des charges de gestion en 2014.
➔ Enrichir le produit Retraite
complémentaire par de nouveaux services
et une qualité sans cesse améliorée.
+ 60 %
c’est la proportion de l’UR qu’il restera à déployer
entre 2012 et 2013.
“Nous devons déployer l’Usine
Retraite pour pouvoir enchaîner
dès 2013 avec d’autres chantiers
qui permettront d’harmoniser
nos outils et nos méthodes,
de réduire nos coûts mais aussi
de faire évoluer nos outils
informatiques pour répondre
à de nouveaux besoins métier.”
Frédéric Coutard / directeur du cadrage stratégique
Le calendrier
➔ Les groupes précurseurs font tourner des
parties de l’UR en corrigeant les bugs et en
préparant les versions que déploieront les
groupes utilisateurs de la vague 2.
➔ Après la production des briques(2), les enjeux se
déportent sur l’industrialisation de la
maintenance (corrective et évolutive) et sur la
capitalisation des premiers déploiements.
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22 /
Regards croisés
Formation des administrateurs —
Six nouveaux administrateurs ont suivi récemment la formation initiale
des administrateurs des institutions Arrco. Deux journées d’immersion
totale pour se familiariser avec les rouages et le fonctionnement
du régime. à l’issue de leur formation, ils évoquent leur parcours,
leurs premiers pas dans la fonction et leurs impressions de stage.
échanger
et mieux comprendre
Nathalie
Deschamps
(CFDT)
« Des évolutions
permanentes »
Secrétaire d’agence du journal Ouest France,
Nathalie Deschamps, 45 ans, travaille à Dinan
dans l’une des rédactions délocalisées du
quotidien.
« Je suis déléguée du personnel de Ouest France
depuis deux ans et élue du CHSCT* depuis
mars 2010. Quand la CFDT m’a contactée
pour un poste d’administrateur de l’IRPS
(Institution de retraite de la presse et du
spectacle) fin 2009, j’ai répondu présente.
Je n’étais pas vraiment prête pour cette
mission mais ça m’intéressait beaucoup.
Aujourd’hui encore, je suis peu à peu tous les
dossiers. Ma démarche personnelle, c’est
d’abord d’écouter, de voir comment ça fonctionne puis de me confronter à chaque dossier.
Cette formation initiale permet de balayer tout
le domaine de la retraite complémentaire. à
l’extérieur, on sait peu, par exemple, que le
régime est géré par des caisses catégorielles ;
leurs actions sociales sont, par exemple, peu
connues. Pour des administrateurs qui sont
dans les régions, c’est aussi une manière de mieux
appréhender le fonctionnement d’instances
un peu trop parisiennes dans leur rayon
d’action. Je pense suivre d’autres formations
car je souhaite m’impliquer de plus en plus
dans le travail du conseil d’administration.
C’est à faire et à refaire, dans le sens où il y a des
évolutions permanentes au sein de l’Agirc et
de l’Arrco. J’ai rencontré des gens qui avaient
déjà suivi cette formation et étaient contents
de la refaire. C’est un tour d’horizon qu’il faut
ensuite approfondir. » l
* Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de
travail.
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Regards croisés
/ 23
Ghislaine Fruit (CFTC)
« Une autre vision sur la continuité des retraites »
Patrick Bravo (CFE-CGC)
« Confiance dans l’avenir »
Patrick Bravo, 60 ans, est retraité depuis peu
d’Adia, filiale du groupe Adecco.
« J’y ai fait l’essentiel de ma carrière, dans
la technique d’abord puis, rapidement, aux
ressources humaines. Je m’occupais des
commissions sociales et j’avais également des
fonctions dans le comité d’entreprise. À mon
départ à la retraite, on m’a proposé de devenir
administrateur de la caisse. J’ai toujours été
intéressé par le côté social ; tout naturellement,
j’ai accepté.
Malgré toute la documentation, on “débarque” un peu en terrain inconnu. Il n’y a pas
de mode d’emploi pour devenir administrateur. Ce qui m’a troublé le plus, ce sont tous
ces acronymes, ces abréviations. Il faudrait
un glossaire. Ça serait aussi très utile d’avoir
une réunion avec sa caisse de retraite avant
même de prendre son mandat.
J’ai appris beaucoup dans cette formation.
Pour autant, je ne me sens pas encore totalement au point. Il me faudra d’autres formations
spécifiques. Sur le plan humain aussi, les échanges entre les administrateurs ont été très enrichissants. Car chaque question apporte des
réponses. Cela fait bouger les choses. Ce qui
m’a frappé, c’est la profonde conviction des
directeurs du GIE Agirc-Arrco et des présidents
que le système de retraite par répartition est le
meilleur et qu’il ne peut que perdurer. Je suis
confiant dans l’avenir car j’ai réalisé qu’on ne
pourra pas remettre en cause ce système. Au
contraire, il faudrait exporter ce modèle. » l
Ghislaine Fruit, 55 ans, vendeuse technique, est
déléguée syndicale, déléguée du personnel et
élue au comité d’entreprise de Brico-Dépôt à
Béthune (62) .
« J’ai été nommée administrateur à la suite
de la démission d’un suppléant. C’est une
mission exigeante. Ce que je retiens de ces
deux jours, d’abord, c’est que tous les administrateurs ont un grand respect mutuel et
essaient d’aller dans le même sens. On juge
sur pièces pour le bien-être des gens et pour
que les retraites perdurent. Cette formation
nous donne une vision d’ensemble sur l’historique du régime, la législation, la gestion.
C’est important. Mais j’attends encore beaucoup. Je ne me suis pas sentie à l’aise dans
la partie financière
qui est complexe.
En revanche, j’en sais
plus sur l’aide sociale,
l’aide ménagère, les
allocations en cas de
décès ou les bourses
pour les orphelins.
Les questions viendront après coup. On nous
a d’ailleurs laissé les numéros des intervenants
pour que nous puissions les contacter ultérieurement. Quoi qu’il en soit, je me sens plus
forte et j’ai une autre vision sur la continuité
des retraites. Quand on visualise les courbes
d’évolution jusqu’en 2050, on se rend bien
compte des enjeux. » l
Administrateurs
Des traits communs
Engagés sous des couleurs
différentes, ces six administrateurs
ont aussi de nombreux points
communs.
à la question « Vous sentiez-vous prêts
pour cette mission ? », tous répondent
non. Ils “arrivent” en terre inconnue.
Ce qui justifie cette formation. Ils en
repartent confiants dans les régimes
par répartition.
Par ailleurs, il n’y a pas de génération
spontanée : tous se situent dans la relève
d’un prédécesseur ou dans la continuité
d’un engagement syndical ou social. On
ne devient pas administrateur par hasard.
Ils ont besoin de connaître l’essentiel
des informations pour mieux
comprendre les dossiers et cerner
les enjeux.
Tous se sentent guidés dans leur
fonction par la recherche de l’intérêt
général et la défense du système
des retraites par répartition.
Tous enfin reconnaissent les mérites
de cette formation qui leur permet
de revisiter les fondamentaux.
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24 /
Regards croisés
Roger Piskorek (CGT)
« L’unanimité sur
la répartition »
C’est la suite logique d’un parcours syndical qui
a conduit Roger Piskorek, délégué au comité
d’entreprise d’une société de transport urbain
de 530 salariés, au conseil d’administration
de sa caisse.
« En tant que partenaires sociaux, nous sommes là pour faire avancer les choses. Et ce que
chacun apporte, à son niveau, est un plus.
Même après deux années, je me sens encore
“nouveau”. Il est difficile de comprendre tous
les rouages avant d’avoir accompli au moins
un mandat. Bien sûr, nous recevons beaucoup
d’informations, mais il est difficile de s’y retrouver. Les anciens sont souvent de bon conseil.
La première fois que j’ai assisté à un conseil,
j’ai surtout écouté car je ne comprenais
pas tous les enjeux. Puis, peu à peu, on
approfondit ses connaissances et on avance.
Cette formation a été très utile. J’ai découvert
beaucoup de choses. Je ne savais pas, par exemple, que l’on allait aussi loin en matière de
prévention et d’accompagnement social, que
l’on menait une réflexion aussi approfondie
sur la problématique du vieillissement. Il m’a
peut-être manqué un temps d’échanges mais
il est vrai que le format de cette session s’y
prête peu. Ce qui ressort des réflexions de ces
deux jours, c’est l’unanimité sur les retraites
par répartition. C’est une cause entendue et
partagée par tous. Même si, en tant que syndicaliste, je suis interpellé par certaines questions, en phase avec l’actualité, et qui ne sont
pas du ressort des caisses. » l
Véronique Dransart (Medef)
« La défense d’intérêts communs »
Nommée par le Medef, Véronique Dransart,
36 ans, travaille aux ressources humaines
du Groupe L’Oréal, à Clichy (92). Elle exerce ses
fonctions d’administrateur depuis un an.
« Je suis en charge du dossier retraite pour
l’ensemble du groupe en France. J’ai pris la
succession de mon prédécesseur à ce poste
d’administrateur. Après quelques réunions,
je commence à décrypter...
Ce que je retiens de ma fonction, c’est que
nous sommes là pour
préserver et faire avancer le régime de retraite
par répartition : autour
de la table, nous
défendons des intérêts
communs. Avec pour
ma part des interrogations : comment offrir un meilleur service
aux bénéficiaires des prestations ? Comment
mieux informer les salariés jeunes et moins
jeunes ?
Ce qui est remarquable, c’est la grande
responsabilité dont chacun fait preuve en
commission. Le débat est certes trop court,
mais il est toujours orienté vers la recherche
du consensus.
J’ai trouvé cette formation très complète.
En deux jours, on aborde toutes les thématiques : les fondements du régime, le volet
réglementaire, la gestion, les grands défis
démographiques, etc. Grâce à l’intervenant
sur l’informatique, l’Usine Retraite n’a plus
de secrets pour moi !
J’ai apprécié de pouvoir rencontrer les
Présidents des caisses, qui nous ont donné une
feuille de route très claire : préserver cet esprit
de confiance qui a bâti le régime par répartition, faire vivre le pacte générationnel avec un
rôle d’alerte et de vigilance permanente. » l
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RC mode d’emploi
Philippe Pihet (FO)
« Indispensable
pour un administrateur »
Secrétaire général de l’Union départementale Force ouvrière du Rhône, Philippe Pihet,
54 ans, est également trésorier général
du syndicat national FO des cadres et organismes sociaux.
« Je suis en charge du dossier des retraites
complémentaires au SNFOCOS*. J’ai
été formé par ma confédération. En toute
logique, il y a un an, au renouvellement,
elle m’a désigné comme administrateur
Arrco. Bien sûr, je suis déjà un peu familiarisé avec le sujet. Mais en suivant ce
stage de deux jours, j’ai mesuré la différence
entre connaître un sujet et le connaître
en profondeur.
Cette formation dispensée par la
fédération apporte un autre éclairage,
notamment technique. C’est un stage indispensable pour un administrateur, car on
ne peut pas “tenir” le mandat sur le plan
politique si l’on n’est pas techniquement
au point. Par ailleurs, nous sommes dans
Administrateurs
des institutions Agirc et Arrco —
Des formations
vous sont destinées
En 2010
15 sessions de formation.
617 participants,
dont 115 en formation initiale.
En 2009 : 16 sessions de
formation. 599 participants,
dont 87 en formation initiale.
STAGES 2011
Formations initiales
➔ Administrateurs des institutions Arrco
l
mardi 29 et mercredi 30 mars
➔ Administrateurs des institutions Agirc
l
mardi 24 et mercredi 25 mai
Formations thématiques
➔ L’action sociale Agirc et Arrco
mardi 8 mars
mercredi 5 octobre
l jeudi 17 novembre
➔ La gestion financière et les
mécanismes de compensation
l jeudi 13 janvier
l mercredi 11 mai
➔ Informatique : activités d’une
institution et enjeux stratégiques
l mardi 1er février et vendredi 11 février
l mardi 22 mars et mardi 5 avril
➔ Les outils de pilotage
et la qualité de gestion
l mardi 15 mars
l mercredi 19 octobre
➔ La retraite complémentaire
et les enjeux européens
l mercredi 2 février
l mercredi 8 juin
l
l
un domaine où, par essence, il faut avoir
une perspective historique. Sinon, on ne
comprend pas pourquoi le régime a été
créé ni comment il fonctionne. Un arbre
sans racine, ça ne pousse pas. C’est l’un des
points forts de cette formation qui a été
souligné par de nombreux collègues. Nous
avons besoin de cette mise en perspective
équilibrée. Au final, ce stage m’a permis
de valider ce que j’avais déjà appréhendé
et d’approfondir certains aspects, notamment la partie financière. » l
/ 25
V
ous êtes récent dans vos fonctions ?
Les fédérations Agirc et Arrco proposent une
formation initiale vous permettant d’aborder
les fondamentaux de la retraite.
Vous connaissez déjà les principaux rouages de la retraite ? Vous pouvez dans ce cas
approfondir vos connaissances dans le cadre
d’un stage thématique.
Chaque année, les fédérations proposent
une série de stages adaptés aux administrateurs (voir programme 2011 ci-contre).
Une perception positive
Consultés en 2008 à la demande des fédérations Agirc et Arrco, les administrateurs
ayant suivi une formation se sont déclarés
plutôt satisfaits. Ces formations contribuant
selon eux à donner aux administrateurs les
moyens d’exercer activement leur mission.
Ils mettaient en avant, notamment, la qualité
des intervenants et le contenu riche et
intéressant des stages. l
* Syndicat national Force ouvrière des cadres des
organismes sociaux.
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26 /
Droit et réglementation
Droits à retraite complémentaire —
Cette fiche pratique rappelle les règles applicables pour fixer des dates
d’effet des allocations, tant en ce qui concerne la retraite que la réversion.
Comment s’appliquent les dates d’effet ?
Principes généraux
Droits directs : dispositions spé
Droits directs
La date d’effet des allocations est fixée
au premier jour du mois civil qui suit
celui de la demande de retraite, dès
lors que les conditions d’ouverture
des droits sont réunies.
Droits de réversion
Lorsque la demande de réversion est
déposée dans l’année suivant le décès,
la date d’effet est fixée au premier
jour du mois civil qui suit le décès
de l’ancien salarié non allocataire
et au premier jour du trimestre civil
qui suit le décès de l’ancien salarié
allocataire, dès lors que les conditions d’ouverture des droits sont
réunies.
Exemple : les conditions d’ouverture
des droits sont remplies au décès.
➔ Décès de l’ancien salarié non allocataire : le 18 février 2010.
• Si dépôt de la demande de réversion
avant le 18 février 2011 ➔ date d’effet :
le 1er mars 2010.
• Si dépôt de la demande de réversion
le 15 avril 2011 ➔ date d’effet :
le 1er mai 2011 (1er jour du mois civil qui
suit le dépôt de la demande).
➔ Décès de l’ancien salarié allocataire le 18 février 2010.
• Si dépôt de la demande de réversion
avant le 18 février 2011 ➔ date d’effet :
le 1er avril 2010.
• Si dépôt de la demande de réversion
le 15 avril 2011 ➔ date d’effet :
le 1er mai 2011 (1er jour du mois civil qui
suit le dépôt de la demande) au titre
du régime Arrco et du régime Agirc lorsque les droits directs ont été liquidés
après le 1er janvier 1992 ;
le 1er juillet 2011 (1er jour du trimestre civil
qui suit le dépôt de la demande) au titre
du régime Agirc lorsque les droits directs
ont été liquidés avant le 1er janvier 1992.
Lorsque l’ayant droit ne remplit pas les
conditions(1) nécessaires pour bénéficier de sa réversion au décès de l’ancien
salarié, la date d’effet de ses droits est
fixée au premier jour du mois civil(2)
qui suit celui au cours duquel les conditions d’ouverture des droits sont remplies (sans être antérieure au premier
jour du trimestre civil suivant le décès
lorsqu’il s’agit d’un ancien salarié allocataire). Bien entendu, la demande de
réversion doit être déposée dans l’année qui suit la date à laquelle les conditions d’ouverture des droits sont
réunies.
(1) Fiche pratique « Droits de réversion » - Retraite
complémentaire Agirc- Arrco, n° 23.
(2) Ou du trimestre civil lorsque les droits directs
ont été liquidés avant le 1er janvier 1992 (régime
Agirc).
Les Cahiers de la retraite complémentaire — N° 1 — 3e trimestre 2010
Rétroactivité à la date
d’effet de la pension
de Sécurité sociale
Lorsque la demande de retraite est déposée dans les trois mois suivant la date de
la notification d’attribution de la pension d’assurance vieillesse du régime
général de la Sécurité sociale ou du
régime des assurances sociales agricoles,
la date d’effet de la retraite complémentaire est la même que celle retenue pour
la pension vieillesse du régime de base.
Exemple :
➔ Date de notification de la pension
vieillesse du régime de base : le 15 mars
2010.
➔ Date d’effet de la pension vieillesse :
le 1er février 2010.
• Date de dépôt de la demande de retraite
complémentaire : le 15 juin 2010 au plus
tard pour bénéficier d’une date d’effet
au 1er février 2010.
• Date de dépôt de la demande de retraite
complémentaire : le 15 juillet 2010
➔ date d’effet de la retraite complémentaire : le 1er août 2010.
Rétroactivité à la cessation
d’activité
Lorsque la demande de retraite est présentée dans le courant du trimestre civil
qui suit celui au cours duquel la cessation d’activité est intervenue (ou la
cessation d’indemnisation au titre du
chômage, ou une incapacité de travail
pour maladie ou invalidité), la date
d’effet de la retraite complémentaire est
fixée au premier jour du mois civil
Droit et réglementation
écifiques
suivant la cessation de la dernière activité professionnelle, salariée ou non
(ou la cessation d’indemnisation ou
l’incapacité).
Exemple :
➔ Date de cessation d’activité :
le 31 janvier 2010.
• Date de la demande de retraite
complémentaire : le 30 juin 2010 au plus
tard pour bénéficier d’une date d’effet
au 1er février 2010.
• Date de la demande de retraite
complémentaire : le 15 septembre 2010
➔ date d’effet : le 1eroctobre 2010.
Date d’effet en cas
de préavis non effectué
La date d’effet de la retraite complémentaire ne peut être antérieure au premier
jour du mois civil suivant la date de la
rupture du contrat de travail(3) correspondant au terme d’une période de préavis non effectué si le participant, qui se
trouve dans une situation équivalant à
celle d’un cotisant, atteint l’âge de la
retraite au cours de cette période.
Exemple :
➔ Préavis non effectué : du 1er novembre
2010 au 31 janvier 2011.
➔ Rupture du contrat de travail :
le 31 janvier 2011.
En cas de liquidation tardive
➔ Âge de la retraite : le 15 novembre
2010.
• Date d’effet de la retraite complémentaire : le 1er février 2011 (si la demande
a été déposée dans les délais).
Rétroactivité
au 65e anniversaire
La date d’effet de la retraite complémentaire est fixée au premier jour du
mois civil suivant le 65e anniversaire de
l’ancien salarié sans activité à cet âge
lorsque la demande de liquidation est
déposée dans le courant du trimestre
civil suivant son 65e anniversaire(4).
Liquidation à l’issue de
la retraite progressive
La liquidation complète des droits à
retraite complémentaire doit intervenir au premier jour du mois civil qui
suit la cessation de l’activité à temps
partiel exercée au cours de la retraite
progressive.
Coordination européenne
La date d’effet de la retraite complémentaire est fixée en tenant compte de
la date de dépôt de la première demande
de retraite auprès de l’un des régimes
coordonnés(5) (cette disposition est également applicable pour des demandes
de réversion).
Les dispositions spécifiques énoncées
ci-dessus ainsi que la rétroactivité
systématique d’un an pour la réversion
permettent d’éviter la perte des droits.
Cependant, chaque fois que l’application de la réglementation ne permet
pas de verser un rappel d’arrérages(6)
à la date à laquelle les conditions
d’ouverture des droits étaient satisfaites, les anciens salariés ou leurs ayants
droit ont la possibilité de soumettre
leur situation particulière à l’examen
des institutions. l
(6) Sommes dues par une caisse de retraite
à un retraité ou un ayant droit et représentant
le montant des allocations dues depuis la date
d’effet de la retraite.
(3) Et ce, quelle que soit la date d’effet retenue
par le régime de base.
(4) L’âge de 65 ans est susceptible d’être modifié
à la suite des réformes de la retraite.
(5) Lire La retraite complémentaire Agirc-Arrco
n° 26, p. 34.
Les Cahiers de la retraite complémentaire — N° 1 — 3e trimestre 2010
/ 27
28 /
Jurisprudence
« Décristallisation » des pensions —
Le Conseil constitutionnel a rendu le 28 mai dernier
une décision historique en abrogeant les dispositions légales
qui fondaient le gel des pensions des ressortissants
des États anciennement sous souveraineté ou tutelle de la France.
historique
Une décision
du Conseil constitutionnel
D
ans le domaine des retraites, l’accession à l’indépendance
des pays autrefois sous souveraineté de la
France s’est traduite par l’adoption d’un arsenal législatif complexe organisant la « cristallisation » des pensions. Autrement dit, le
montant des pensions des fonctionnaires
et militaires ressortissants de ces États a été
figé au fur et à mesure de leur émancipation
de la tutelle française.
Ce régime spécial a donné lieu à de nombreuses contestations car il est source de
discriminations pour les bénéficiaires de
pensions militaires de retraite cristallisées,
qui, pour la plupart, ont servi sous le drapeau
français lors des Première et Seconde Guerres
mondiales ou lors du conflit indochinois.
À titre d’exemple, à grade équivalent,
un sergent français reçoit 7 512 euros annuels,
contre 643 euros pour un Marocain,
2 681 euros pour un Sénégalais ou 3 279 euros
pour un Djiboutien(1).
Une décristallisation
par étapes
Dans le cadre de la toute nouvelle procédure
de question prioritaire de constitutionnalité(2),
le Conseil constitutionnel a rendu une
décision historique. Celle-ci consacre un
processus de « décristallisation » amorcé au
début des années 2000 avec une décision très
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Jurisprudence
“Le Conseil
constitutionnel
valide le critère
de résidence mais
sanctionne le critère
de nationalité comme
étant à l’origine
des discriminations.”
importante du Conseil d’État. Par un arrêt
du 30 novembre 2001, la Haute juridiction
administrative a en effet estimé contraire à la
Convention européenne des droits de l’homme
la loi de finances pour 1960, source juridique
de ce gel des pensions. Elle met ainsi en cause
le critère de nationalité qui fonde ces dispositions : « La différence de situation existant
entre d’anciens agents publics de la France,
selon qu’ils ont la nationalité française ou
sont ressortissants d’États devenus indépendants, ne justifie pas, eu égard à l’objet
des pensions de retraite, une différence de
traitement(3).»
À la suite de cette décision, le législateur a
adopté des mesures modifiant les conditions
de calcul des prestations, pour tenir compte
des différences de niveau de vie selon les États(4).
Ainsi le montant des pensions est-il devenu
tributaire du lieu de résidence de l’allocataire.
Par une décision et un avis du 18 juillet 2006,
le Conseil d’État avait estimé ce nouveau
dispositif compatible avec la Convention européenne des droits de l’homme, compte tenu
de la « marge d’appréciation » traditionnel-
lement reconnue aux États signataires de la
Convention pour adapter leur législation aux
exigences du droit européen.
Une étape supplémentaire a été franchie
en 2007 avec la décristallisation totale
des pensions d’invalidité et de retraite du
combattant, dites « prestations du feu ». Pour
ces catégories de pension seulement, les conditions de nationalité et de résidence ont été
supprimées à compter du 1er janvier 2007(5).
Les lois de 2002 et 2006 ont donc laissé
subsister de nombreuses disparités : entre les
titulaires de « prestations du feu » et titulaires
étrangers d’autres prestations de retraite ; entre
allocataires étrangers résidant à l’étranger et
allocataires étrangers résidant en France ; entre
les pensionnés résidant à l’étranger ; et entre
retraités étrangers et français résidant dans le
même pays étranger (à l’exception, pour ces
trois dernières catégories de discriminations,
des « prestations du feu » depuis 2007).
Mettre un terme aux disparités
C’est dans ce contexte que le Conseil constitutionnel a été saisi, par le Conseil d’État,
d’une question sur la constitutionnalité des
dispositions législatives relatives à la cristallisation des pensions. Sur le fond, le Conseil
constitutionnel fait droit à l’argumentation
des requérants(6) en estimant les mesures incriminées contraires au principe d’égalité énoncé
par l’article 6 de la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen de 1789. Les dispositions en cause « ont pour objet de garantir
aux titulaires de pensions civiles ou militaires
de retraite, selon leur lieu de résidence à l’étranger au moment de l’ouverture de leurs droits,
des conditions de vie en rapport avec la dignité
des fonctions exercées au service de l’État ;
en prévoyant des conditions de revalorisation
différentes de celles prévues par le code des
pensions civiles et militaires de retraite, elles
laissent subsister une différence de traitement
avec les ressortissants français résidant dans
le même pays étranger ; si le législateur
pouvait fonder une différence de traitement
/ 29
sur le lieu de résidence en tenant compte des
différences de pouvoir d’achat, il ne pouvait
établir, au regard de l’objet de la loi, de différence selon la nationalité entre titulaires d’une
pension civile ou militaire de retraite […] et
résidant dans un même pays étranger ; dans
cette mesure, lesdites dispositions législatives
sont contraires au principe d’égalité ».
En substance, le Conseil constitutionnel,
à l’instar du Conseil d’État, valide le critère
de résidence mais, contrairement à la juridiction administrative, il sanctionne la condition de nationalité comme étant à l’origine
de discriminations. En abrogeant les dispositions législatives sources d’inégalité de traitement, le Conseil constitutionnel impose
au législateur de supprimer un régime dérogatoire au droit commun et, ce faisant, de
mettre enfin un terme aux disparités persistantes entre anciens combattants. En cela,
cette décision, la première rendue dans le
cadre de la question prioritaire de constitutionnalité, mérite d’être saluée. l
(1) Données issues du Rapport public annuel 2010 de
la Cour des Comptes.
(2) Article 29 de la loi constitutionnelle n° 2008-724
de juillet 2008, entrée en vigueur le 1er mars 2010. Lire aussi
La Retraite complémentaire Agirc-Arrco, n° 25, p. 27.
(3) Conseil d’État, Assemblée, ministère de la Défense
c/ M. Diop, 30.11.2001.
(4) Loi n° 2002-1576 du 30.12.2002 de finances rectificative
pour 2002.
(5) Loi n° 2006-1666 du 21.12.2006 de finances pour 2007.
(6) En l’espèce, une mère et son fils se sont vu refuser
la revalorisation de leur pension militaire d’ayants cause
à compter de 1962.
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Enquêtes et analyses
Branche retraite complémentaire
et prévoyance —
Le 18 juin dernier, l’Observatoire des métiers et des qualifications
a communiqué les résultats de son tout premier baromètre prospectif
des métiers de la Retraite complémentaire et de la Prévoyance.
Interview de Mikaël Louadoudi, responsable de l’Observatoire.
P
Des métiers
en mouvement
ourquoi une analyse prospective ?
M. L. : Parce que notre secteur est engagé depuis
quelques années dans une dynamique de
changements, internes comme externes. Or,
ces évolutions ont un impact sur la branche
et ses métiers. Ce baromètre, qui sera actualisé
régulièrement, permet de pointer ces évolutions, d’identifier ce qui va changer dans
les activités, les métiers ainsi que les compétences nécessaires pour les exercer. C’est un
outil que l’Observatoire des métiers propose
aux décideurs et aux responsables des ressources
humaines de la branche pour leur donner la
possibilité d’anticiper sur le moyen comme
sur le long terme.
Vous parlez de facteurs d’évolution internes
et externes. Pouvez-vous les préciser ?
M. L. : Quatre facteurs environnementaux nous
semblent déterminants :
• les avancées technologiques avec un recours
accru aux nouvelles technologies et à la dématérialisation, la mise en place de l’Usine
Retraite(1),
• les données sociétales, parmi lesquelles la
démographie, les politiques sociales, les modes
de vie et de consommation,
• les données réglementaires : l’évolution des
cadres législatifs, réglementaires et juridiques
à l’échelle de la France et de l’Union européenne, en matière de protection sociale, par
exemple, ou encore de fiscalité,
• et enfin les facteurs économiques, comme
l’évolution des marchés et de la concurrence,
de la demande des clients et du pouvoir
d’achat.
Concrètement, quels sont les grands
changements prévisibles des dix
prochaines années ?
M. L. : Le baromètre dégage plusieurs grandes
tendances, au premier rang desquelles la place
prééminente qu’occupera la « Relation
clients ». De plus en plus, les clients exigent
d’accéder facilement aux données qui les
concernent et à l’information dispensée par
leur groupe paritaire de protection sociale,
tant dans le domaine de la retraite complémentaire que dans celui de la prévoyance.
De même, ils réclament plus d’accompagnement et de conseils personnalisés. Les métiers
du conseil et de la vente sont donc appelés à
se renforcer et à se professionnaliser dans les
années à venir.
Deuxième grande piste d’évolution qui
découle de la première : l’utilisation amplifiée
d’Internet comme canal à part entière de la
relation avec le client. D’où un besoin accru
concernant les métiers liés aux nouvelles
technologies, à la dématérialisation, à l’automatisation, bref, aux systèmes d’information.
On peut imaginer que l’accompagnement
de ces changements impactera les métiers
de l’organisation ?
M. L. : C’est en effet la troisième piste d’évo-
lution. Les métiers de l’analyse, du pilotage
et du contrôle, comme actuaire, auditeur,
conseiller qualité ou organisation, ou encore
contrôleur de gestion, ont de beaux jours devant
eux. Les métiers du conseil et du pilotage sont
d’ailleurs ceux où les recrutements ont le plus
augmenté ces dernières années.
Dernière piste d’évolution ?
M. L. : Les activités-métiers de l’action sociale
et de l’assurance de personnes. Le vieillissement de la population et l’incertitude quant
à la politique que mènera l’État en la matière
laissent présager des besoins accrus en
prestations perte d’autonomie et services d’aide
à la personne, ce qui ne manquera pas de
soulever de nouvelles questions dans les
groupes de protection sociale : quel rôle
jouer ? Quelles prestations, quels services
proposer aux clients ? Là encore, les métiers
devraient bouger… l
(1) Application unique, commune aux groupes paritaires
de protection sociale, qui couvre l’ensemble des processus de gestion de la retraite complémentaire.
en savoir plus : ➔ http://obsmetiers.rcp-pro.fr
rubriques Etudes / Prospective Métier.
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tif
Enquêtes et analyses
8 familles de métiers :
comment sont répartis les effectifs ?
(Chiffres 2009 - Source : Profil de branche 2010)
Chiffres clés 2009
(en euros)
3,7 %
43,2 %
13,2 %
12,4 %
9,4 %
6,7 %
3,3 %
7,6 %
Gestion
Action sociale
/ 31
95,2 %
30 142 salariés
en CDI
4,1 %
1 228 salariés
en CDD
Support
Développement
Système d’information
Conseil et pilotage
Finance
Management
Quels sont les métiers qui recrutent ?
(comparaison recrutement/effectif chiffres 2009 – Source : Profil de branche 2010)
Action sociale
3,8 %
3,7 %
Gestion
22,3 %
43,2 %
Support
13,6 %
12,4 %
Système d’information
6,7 %
11,4 %
Développement
22,7 %
13,2 %
Le recrutement
par familles
de métiers
Les effectifs
en place
31 662
salariés
dans la branche
retraite
complémentaire
et prévoyance
en 2009
Finance
4,3 %
3,3 %
Management
6,5 %
7,6 %
Conseil et pilotage
13,9 %
9,4 %
Ce graphique fait apparaître les métiers qui se renforcent au sein
de la branche. Aux premiers rangs desquels : le développement
mais aussi le pilotage, les fonctions informatiques...
Un mot de méthodologie
L’élaboration du baromètre s’est faite en deux temps. Première phase : l’analyse des évolutions, passées et en cours, des activités des secteurs
de la retraite complémentaire et de la prévoyance mais aussi de domaines connexes tels que la banque, l’assurance, la mutualité ou le social.
Deuxième phase : la synthèse de ces éléments par un groupe « Prospective métiers », composé d’une dizaine de directeurs Retraite et Prévoyance
et de DRH des groupes. À la clé : l’inventaire de facteurs d’évolution externes et internes qui serviront de base à une monographie sur l’évolution
des métiers des familles Gestion (parution courant 2011) et Développement.
En savoir +
➔ Voir le répertoire des métiers sur le site de l’Observatoire des métiers.
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32 /
L’entretien
Entreprises-clients —
« Le statut de client : commencement ou finalité ? », tel était le thème
de la table ronde(1) organisée le 30 juin dernier à l’occasion de la rencontre
annuelle des présidents, vice-présidents et directeurs d’institutions Agirc-Arrco.
Interview de l’un des intervenants, Philippe Durance, qui nous apporte
son éclairage sur l’évolution des relations entre entreprises et clients.
De la transaction
à la
C
relation
es dernières années, nous assistons
à des évolutions importantes dans les relations
entre les entreprises et leurs clients. Quelles
sont, pour vous les plus significatives ?
P. D. : Je crois que nous sommes passés d’un
schéma transactionnel, purement économique, dans lequel la relation avec le client était
basée exclusivement sur le bien ou le service
échangé et ses principales caractéristiques
(prix, qualité, etc.), à un schéma relationnel,
qui est global et qui intègre de nouvelles dimensions dans cette relation : l’image, l’adhésion
au « projet » de l’entreprise, la durabilité de
la relation, l’usage, la fonction rendue, etc.,
autant d’éléments constitutifs de l’intensité
de la relation. Le schéma relationnel a donné
lieu à l’apparition de pratiques participatives
fortes, telle que la co-conception par exemple.
Ce passage d’un schéma à un autre témoigne
d’un véritable renversement des relations au
sein de la société elle-même. Dans tous les
domaines – économiques, technologiques,
politiques –, l’appropriation devient une condition de réussite.
Les entreprises ont-elles pris la mesure de ces
évolutions ? Dans quel état d’esprit doiventelles se mettre pour s’adapter ?
P. D. : Je crois à la nécessité de renouveler
régulièrement le regard que nous portons sur
notre environnement. Il y a bien souvent dans
“Beaucoup
d’entreprises restent
malheureusement
enfermées dans
des visions figées
du passé. ”
Philippe Durance / philippe.durance@cnam.fr
http://phdurance.blogspot.com
les organisations un certain conformisme qui
conduit à refuser de voir le changement. Il
paraît toujours plus simple de modifier la
réalité pour l’adapter au modèle utilisé par
l’entreprise que de prendre le temps et la peine
de le reconsidérer. Mais, pourtant, c’est bien
de modèle qu’il faut changer. Pour cela, il faut
accepter de s’interroger, de remettre en question les habitudes, les routines : « Pourquoi
faisons-nous de cette manière ? » ; « Comment
pouvons-nous faire autrement ? » Ce questionnement est une condition incontournable de
l’innovation : sortir du cadre, aller au-delà.
Beaucoup d’entreprises restent malheureusement enfermées dans des visions figées
du passé, incapables d’intégrer les évolutions
de la société. Il ne faut jamais oublier que les
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L’entretien
/ 33
“Le mot ‘client’ a aujourd’hui
une connotation avant tout
commerciale, mais cela
n’a pas toujours été le cas.”
modèles ne sont qu’une représentation de la
réalité mais pas la réalité elle-même et que,
par conséquent, si l’une change, l’autre doit
obligatoirement changer. Parmi les méthodes
qui permettent cette conversion du regard, la
prospective a une place privilégiée. Elle offre
aux organisations les moyens de questionner
leurs représentations du monde, de se poser
les « bonnes » questions et de prendre en considération cette dimension souvent ignorée dans
les réflexions stratégiques qu’est l’avenir.
L’utilisation du qualificatif client, que certains
se refusent à employer, lui préférant les noms
d’abonné, d’adhérent, de membre... est-elle
révélatrice de ces évolutions ?
P. D. : Les mots sont très importants. D’une
manière générale, l’évolution du langage est
révélatrice de l’évolution de la société. Le mot
« client » a aujourd’hui une connotation avant
tout commerciale, mais cela n’a pas toujours
été le cas. Au sens originel, il s’agit de quelqu’un
qui se met volontairement sous la protection
de quelqu’un d’autre et qui obtient ainsi un
statut de « protégé ». Le mot « adhérent »,
quant à lui, fait plus ressortir une idée d’attachement ; adhérer, c’est être d’accord, avec
une idée par exemple, c’est être adepte ou
partisan. Ces deux termes mettent l’accent
sur des aspects différents : le premier semble
souligner davantage l’institution (dans laquelle
je place ma confiance), le second l’esprit
de l’institution (auquel je souscris). Il peut y
avoir là matière à débats, notamment dans
une perspective de changement important.
L’économiste, le prospectiviste que vous êtes
est-il confiant ?
P. D. : Oui, je suis confiant parce que nous
vivons une époque formidable dans laquelle
il nous faut tout repenser, certes pleine
d’incertitudes mais qui laisse à l’homme libre
la possibilité de choisir. Mais avant de faire
des choix, il faut réfléchir aux valeurs qui
nous conduisent. Là encore, beaucoup de
choses restent à faire. l
(1) Sont intervenus : Jean-Louis Bancel, président du Crédit
Coopératif ; Philippe Durance, économiste, professeur
associé au Cnam ; Christian Dutertre, professeur d’économie à l’Université Paris Diderot ; Véronique Ferrouillat,
spécialiste du marketing, ex-membre de la direction
Marketing international du groupe DHL à Boston.
En savoir +
➔ Le Mémento de l’administrateur n° 72 est
entièrement consacré à la Rencontre des présidents
et directeurs d’institutions Agirc et Arrco.
Pour aller plus loin
Vous avez dit co-conception ?
Parcours /
➔ Philippe Durance est professeur associé au
Conservatoire national des arts et métiers,
département « Management, innovation,
prospective ».
➔ Ses recherches convoquent
à la fois la philosophie et l’histoire
pour renouveler le questionnement sur
les organisations, reconsidérer leurs
représentations par les acteurs et leur
apporter ainsi une vision innovante, destinée
à dépasser les contradictions sur lesquelles
butent traditionnellement les décisions et
les actions collectives.
La co-conception désigne l’activité de conception de
produit ou de service dans laquelle le clientconsommateur joue un rôle actif. Ce faisant,
l’entreprise espère minimiser le risque du lancement d’un
produit innovant, recentrer le développement du produit
sur le client, satisfaire le besoin et réinventer un modèle
industriel et économique. Le lien créé entre l’entreprise et
le client lors de la co-conception du produit permet une
fidélisation et un partage d’informations et de valeurs.
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34 /
Europe
Information des actifs en Europe —
Gip Info Retraite, relevé de situation individuelle, estimation indicative
globale… Ces éléments constitutifs de « l’information des actifs
sur leurs droits à retraite » sont désormais connus des Français.
Mais qu’en est-il en Europe ? Arnauld d’Yvoire, secrétaire général
de l’Observatoire des retraites, répond à nos questions.
P
Stratégies et tendances
artout en Europe, la volonté d’informer
les actifs sur leurs droits à retraite s’est
imposée. Et ce, malgré des difficultés de mise
en œuvre évidentes, si l’on tient compte de
l’expérience française. Comment l’expliquer ?
A. Y. : La préoccupation de l’information des
assurés n’a jamais été absente dans les régimes de retraite mais, au fond, le besoin d’information était très limité tant que les règles
étaient stables et simples. Aujourd’hui, face
à un vieillissement sans précédent et à une
évolution économique incertaine, le passé
ne garantit plus l’avenir et, partout en Europe,
les règles des régimes de retraite changent.
Cela va de l’aménagement de l’existant,
comme en France, au changement complet
de système de retraite comme en Suède, en
Italie et dans la plupart des nouveaux États
membres. Ces changements engendrent l’incertitude et une complexité accrue avec, par
exemple, la prise en compte de conditions
propres à chaque génération. Souvent, aussi,
apparaissent pour les assurés des possibilités,
voire des obligations de choix. Tout ceci génère
un besoin croissant d’information.
Mais il y a aussi, de la part des pouvoirs
publics et de l’Union européenne, une volonté
d’informer pour que les réformes produisent
leur plein effet sur les comportements.
La réforme suédoise s’accompagne d’un effort
considérable pour montrer aux assurés dans
quelle mesure leur niveau de vie à la retraite
dépendra de l’âge auquel ils s’arrêteront de
travailler, avec l’espoir qu’ils choisiront de
s’arrêter à des âges plus élevés. L’envoi chaque année aux assurés allemands d’une estimation de leur future retraite a pour but de
les sensibiliser à la baisse programmée du
taux de remplacement dans la retraite de
base et à l’intérêt de la compléter par un effort
personnel d’épargne retraite.
Les répercussions sur les régimes ont-elles
été les mêmes d’un pays à l’autre ?
A. Y. : Les régimes sont obligés de disposer
de moyens informatiques de plus en plus
puissants. Voyez « l’Usine Retraite » pour
nos régimes Agirc et Arrco. Il faut aussi gérer
l’information en continu, c’est-à-dire pouvoir
la fournir à tout moment.
Pour certains régimes qui n’avaient pas
besoin de connaître les rémunérations et les
cotisations, mais seulement les durées de carrière et la rémunération finale, c’est un véritable bouleversement qui oblige à créer des
comptes individuels. C’est le cas, par exemple, pour les régimes des fonctionnaires français et belges, et cela l’a été pour la plupart
des nouveaux États membres.
La complexité plus ou moins grande du
système de retraite joue également. Les
régimes de retraite français réalisent une
belle performance en rassemblant une
“Souvent
apparaissent
pour les assurés
des possibilités,
voire des obligations
de choix. ”
Arnauld d’Yvoire / adyvoire@agirc-arcco.fr
information issue de 35 régimes obligatoires. Aux Pays-Bas, où les droits acquis dans le
régime de base et les fonds de pension complémentaires devraient être accessibles en
2011, ce sera à l’assuré de rassembler toutes
les informations qui le concernent.
Courant 2011, les assurés français pourront
obtenir leur relevé de situation individuelle
par voie électronique. Cette utilisation
d’Internet est-elle une tendance largement
partagée en Europe ?
A. Y. : Le recours à Internet se généralise. Le
manque de moyens peut retarder ce mouvement, mais il paraît inéluctable. En revanche,
il est intéressant de constater qu’un pays
comme la Finlande, qui avait commencé à
mettre en place une information via Internet,
a continué à le faire par courrier. Pourquoi ?
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Europe
Parce que la mise à disposition de l’information sur Internet ne touche que les assurés
qui sont demandeurs. Or, si l’on veut toucher
ceux qui ne demandent rien, il faut leur
écrire… et qu’ils lisent le courrier reçu !
au vu de leur montant estimé de retraite
et 3 % l’avancer. Ce n’est pas négligeable.
Les assurés européens ont-ils aujourd’hui
de meilleures connaissances sur leurs droits
à retraite qu’auparavant ? L’information
qui leur est délivrée modifie-t-elle leur
comportement ?
A. Y. : Il n’est pas sûr que le niveau de connais-
qu’en se développant du fait des possibilités
techniques croissantes et des exigences des
« consommateurs », éventuellement relayées
par les législations européennes et nationales.
À terme, nous ne pouvons pas exclure que l’obligation d’échanges électroniques de données
dans le cadre de la coordination européenne
ne s’étende à l’information des assurés.
Pour nos régimes, cette contrainte offre
l’opportunité d’une mise à jour permanente
des dossiers, les assurés pouvant signaler les
erreurs sans attendre le moment de leur départ
à la retraite. Elle ouvre aussi le champ à une
relation de conseil. L’assurance pension allemande s’est organisée en ce sens. Nos régimes
Agirc et Arrco amorcent cette évolution avec
les Cicas. C’est aussi un objectif pour la Cnav.
Le contact humain entre les caisses de retraite
et les assurés, aujourd’hui concentré sur le
temps fort du départ à la retraite, pourrait
demain quasiment disparaître avec une
liquidation purement électronique mais
se développer dans des relations de conseil
plus en amont. l
sance progresse au même rythme que la complexité croissante entraînée par le mouvement
de réforme. En France, les enquêtes menées
par le Gip Info Retraite montrent que les
destinataires de l’« enveloppe bleue » connaissent bien les conditions pour obtenir le
« taux plein », mais beaucoup moins les possibilités de décotes et surcotes, de rachats, de
cumul. Les régimes finlandais, qui avaient
été déçus par le faible nombre d’assurés allant
vérifier leur compte en ligne, ont également
été déçus par le peu de réactions à l’envoi
d’un courrier.
Près des trois quarts des Suédois âgés de
45 ans et plus regardent la projection de leurs
droits à retraite lorsqu’ils reçoivent leur « enveloppe orange », contre un quart seulement
des moins de 30 ans.
Ces informations modifient-elles les comportements ? En 2009, 11 % des Français
destinataires de l’« enveloppe bleue » ont
déclaré souhaiter reporter leur âge de départ
Demain, quelles pourraient être les perspectives d’évolution ?
A. Y. : L’information des assurés ne peut aller
/ 35
“Le recours
à Internet
se généralise. ”
Pour aller plus loin
Pourquoi ? Comment ?
et avec quelles
conséquences ?
La lettre de l’Observatoire des retraites
n° 17, parue en avril 2010, fait le tour
de la question de l’information des actifs
en Europe et explique pourquoi ce
mouvement est devenu irréversible.
Consultez-la en ligne sur le site
www.observatoire-retraites.org.
(1) Centres d’information, de conseil et d’accueil
des salariés.
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Les rapports d’activité 2009
de l’Agirc et de l’Arrco sont parus.
Vous pouvez les consulter en ligne sur le site www.agirc-arrco.fr, rubrique Documentation.
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